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Croyance : Les aayah explicites et les aayah non explicites

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 21, 2011

Pour comprendre ce sujet comme il convient, il est un devoir de savoir qu’il y a dans le Qour’an des ayah explicites (mouhkamah) et des ayah non explicites (moutachabihah). Allah ta^ala dit :

]هُوَ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاءَ الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاءَ تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلَّا اللَّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آَمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِنْ عِنْدِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ[ [1]

(houwa l-ladhi ‘anzala ^alayka l-kitaba minhou ‘ayatoun mouhkamatoun hounna ‘oummou l-kitabi wa ‘oukharou moutachabihatoun fa’amma l-ladhina fi qouloubihim zayghoun fayattabi^ouna ma tachabaha minhou b-tigha’a l-fitnati wa b-tigha’a ta’wilihi wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lahou wa r-raçikhouna fi l-^ilmi yaqoulouna ‘amanna bihi koulloun min ^indi rabbina wa ma yadh-dhakkarou ‘il-la ‘oulou l-‘albab) [2].

Lesayah explicites (mouhkamah) : ce sont celles qui n’admettent qu’un seul sens du point de vue de la langue, ou encore celles dont le sens qui est visé est clairement connu. C’est le cas de Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء] [3]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui », de Sa parole :

[وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَد] [4]

(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad) qui signifie : « Et Il n’a aucun équivalent » et de Sa parole ta^ala :

[هَلْ تَعْلَمُ لَهُ سَمِيّاً] [5]

(hal ta^lamou lahou samiyya) qui signifie : « Lui connais-tu un seul semblable », c’est-à-dire qu’Il n’a assurément pas de semblable.

Lesayah non explicites (moutachabihah) : ce qui n’est pas explicite (al-moutachabih), c’est ce dont le sens n’est pas clairement connu, ou bien ce qui admet selon la langue plusieurs sens et nécessite donc une réflexion pour lui donner le sens qui est en concordance avec les ayah explicites (mouhkamah). C’est le cas de Sa parole ta^ala :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [6]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa[7]. Et de Sa parole ta^ala :

[إِلَيْهِ يَصْعَدُ الْكَلِمُ الطَّيِّبُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُه] [8]

(‘ilayhi yas^adou l-kalimou ttayyibou wa l-^amalou ssalihou yarfa^ouh) qui signifie que les bonnes paroles telles que « La ‘ilaha ‘il-la l-La» montent jusqu’au lieu honoré par Allah, qui est le ciel, et les bonnes œuvres, elles les élèvent, c’est-à-dire que les bonnes paroles élèvent les bonnes œuvres. Ceci est en accord et en conformité avec la ayah explicite :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء] [9]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

Ainsi, il est un devoir de renvoyer l’exégèse desayah non explicites auxayah explicites. Ceci concerne les choses non explicites qu’il est possible pour les savants de connaître. En revanche, ce qui est non explicite et qui est visé par Sa parole :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ] [10]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et n’en sait le terme fixé que Allah », selon la récitation rapportée du Qour’an s’arrêtant sur le terme الله (Allah), il s’agit de ce qui est de l’ordre de l’avènement du Jour dernier, de l’apparition du faux Messie (ad-dajjal), par conséquent ce n’est pas du même ordre que ce qui est visé par la ayah de l’istiwa.

Il a été rapporté du Prophète r :

(( إِعْمَلُوا بمُحْكَمِهِ وَآمِنُوا بِمُتَشَابِهِه ))

(‘i^malou bimouhkamihi wa ‘aminou bimoutachabihih) ce qui signifie : « Agissez en conformité avec ce qui est explicite de ses [ayah] et croyez en ce qui n’est pas explicite », en sachant que ce hadithest d’une légère faiblesse dans la chaîne de transmission.

Le Mouhaddith, le Hafidh, le linguiste et spécialiste du fiqh hanafiyy Mourtada AzZabidiyy, a dit dans son commentaire intitulé ‘It-hafou s-Sadati l-Mouttaqin, en rapportant du livre At-Tadhkiratou ch-Charqiyyah de Al-Qouchayriyy, textuellement ce qui signifie :

« Quant à la parole de Allah ^azza wa jall :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ] [11]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et n’en sait le terme fixé que Allah », ce qui est visé par cela, c’est l’heure de l’avènement du Jour dernier. Les idolâtres avaient en effet interrogé le Prophète r à propos de l’avènement du Jour dernier, dans quelle époque il viendrait et quand il aurait lieu. Cetteayah non explicite fait donc référence à la science de ce qui nous est caché (ghayb). Nul ne sait l’issue des choses sinon Allah ^azza wa jall.

Pour cela, Il dit :

[هَلْ يَنْظُرُونَ إِلاَّ تَأْوِيلَهُ يَوْمَ يَأْتِي تَأْوِيلُه] [12]

(hal yandhourouna ‘il-la ta’wilahou yawma ya’ti ta’wilouh) c’est-à-dire « n’attendent-ils que l’avènement de l’heure du jour dernier ? » De plus, comment serait-il possible à quelqu’un de dire à propos du Livre de Allah ta^ala, qu’il s’y trouve des choses qu’aucune créature n’aurait les moyens d’en connaître la signification et dont nul ne sait l’interprétation sinon Allah ? Ceci n’est-il pas une des façons les plus graves de porter atteinte aux sujets liés aux prophéties ? Et comment serait-il possible de dire que le Prophète r n’a pas connu l’interpré­tation de ce qu’il a transmis au sujet des attributs de Allah ta^ala et qu’il a appelé les créatures à connaître ce qui ne peut être connu ? Allah ne dit-Il pas :

[بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين]

(biliçanin ^arabiyyin moubin) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire » ? Ainsi, selon leur prétention, il leur serait obligatoire de dire qu’Il ment lorsqu’Il dit :

[بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين]

(biliçanin ^arabiyyin moubin) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire », puisque cela ne peut pas être connu selon eux ! Sinon, où serait donc cette clarté ? Le Qour’an est dans la langue des Arabes, comment prétendre que les Arabes ne le comprennent pas puisqu’il est en arabe ? Que dire donc d’une parole dont la signification revient à attribuer le mensonge au Seigneur, gloire à Lui Qui est exempt de toute imperfection ? De plus, le Prophète r appelait les gens à adorer Allah ta^ala. Si dans ce qu’il transmettait à la communauté, il y avait eu une parole dont Allah seul sait l’interprétation, les gens auraient pu lui dire : « Explique-nous d’abord Qui tu nous appelles à adorer et ce que tu dis », car la croyance en ce dont la base ne peut être connue n’est pas réalisable –c’est-à-dire n’est pas possible–. D’autre part, attribuer au Prophète r qu’il aurait appelé à adorer un Seigneur ayant pour attributs des attributs que l’on ne peut comprendre est une chose grave, qu’aucun musulman ne peut concevoir. En effet, ignorer les attributs entraîne le fait d’ignorer Celui Qui a ces attributs. Le but de ce propos, c’est que celui qui a un peu de raison sache et discerne bien que la parole de celui qui dit : (Son ‘istiwaest un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens, Son yad est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens et Son qadam est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens), cette parole est une tromperie, comportant implicitement une qualification par un comment s’agissant de Allah, la considération qu’Il aurait des ressemblants et aussi un appel à l’ignorance. La vérité apparaît ainsi clairement à celui qui est doté de raison. De plus, celui-là même qui nie l’interprétation, est-ce qu’il nie l’interprétation dans tous les cas et à propos de touteayah ou est-ce qu’il se contente de nier l’interprétation seulement à propos des attributs de Allah ta^ala ?

S’il s’abstient de l’interprétation de façon absolue, il aura aboli la Loi et les sciences de lIslam car il n’y a pas de ayah ni de nouvelle rapportée sans qu’il y ait besoin d’interpréter et de connaître les différents sens des termes et des phrases selon la langue, hormis pour ce qui est explicite, de l’ordre de Sa parole ta^ala :

[وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيم] [13]

(wahouwa bikoulli chay’in ^alim) qui signifie : « Il est Celui Qui sait absolument tout » parmi les textes rapportés ayant trait aux attributs de Allah, et de l’ordre de Sa parole ta^ala :

[حُرِّمَتْ عليكمُ المَيْتَةُ والدَّمُ ولَحْمُ الخِنْزِيرِ]

(hourrimat ^alaykoumou l-maytatou wa d-damou wa lahmou l-khinzir) [14] qui signifie : « Il vous a été interdit de consommer la maytah [15], le sang et la chair de porc » parmi les textes rapportés ayant trait aux lois. En effet, il y a des choses qu’il est indispensable d’interpréter, il n’y a pas de divergence à ce sujet chez les gens raisonnables, mis à part chez les irréligieux dont l’objectif est d’abolir les Lois de l’Islam. Sa croyance en cela entraîne l’invalidité de ce qu’il prétend être de la dévotion à la Loi de l’Islam.

S’il dit qu’il est permis de faire des interprétations d’une façon générale sauf pour ce qui a trait à Allah et à Ses attributs et qu’il n’y a pas d’interprétation possible Le concernant, cela revient donc à dire que ce qui concerne autre chose que Allah ta^ala, il serait un devoir de le connaître et que ce qui concerne le Créateur et Ses attributs, il serait un devoir de s’en éloigner ; et cela aucun musulman ne peut l’admettre. Le fond de la question est que ceux-là mêmes qui s’interdisent l’interprétation (ta’wil), ils croient en la réalité même de l’assimilation (tachbih). Seulement, ils fraudent et disent (qu’Il a un (yad) pas comme les (yad), un (qadam) pas comme les (qadam) et un (istiwa) par Son Être pas comme nous percevons les choses avec nos raisons). Alors, que celui qui fait partie des gens véridiques et dotés de compréhension dise : ce sont là des paroles qu’il est indispensable de tirer au clair. Votre parole : (Nous considérons le sujet selon le sens qui vient communément à l’esprit et nos raisons ne peuvent en saisir la signification), cette parole se contredit elle-même. Effectivement, si tu interprètes selon le sens qui vient communément à l’esprit, à ce moment-là le sens qui vient communément à l’esprit de (saq) dans Sa parole ta^ala :

[يَوْمَ يُكْشَفُ عَنْ سَاقٍ[16]

(yawma youkchafou ^an saq) [17], c’est le sens du membre inférieur qui est constitué de la peau, de la chair, des os, des ligaments et de la moelle. Si tu retiens ce sens qui vient communément à l’esprit et que tu t’attaches à admettre ces organes, c’est donc de la mécréance. En revanche, s’il ne t’est pas possible de retenir ce sens –c’est-à-dire si tu n’as pas cela pour croyance– alors où est ton principe de retenir le sens qui vient communément à l’esprit ? N’auras-tu pas abandonné le sens apparent et n’auras-tu pas reconnu que le Seigneur est exempt de ce que laisse penser le sens apparent ? Alors comment t’en tiendras-tu à retenir le sens apparent ? Si maintenant notre adversaire dit (ce sont des sens qui viennent communément à l’esprit qui n’ont pas de signification au fond), alors ça serait juger que ces ayah sont caduques, qu’il n’y avait pas d’utilité à nous les transmettre et qu’elles sont en pure perte ; et cela c’est quelque chose d’impossible. Dans la langue des Arabes, il y a de larges possibilités d’utilisation des sens figurés et beaucoup de richesse dans le langage. De plus, les arabes connaissaient les racines des mots et comprenaient les diverses significations. En définitive, celui qui s’écarte avec aversion du (ta’wil) en s’attachant au sens apparent, c’est en raison de son peu de compréhension de la langue. Quant à celui qui a de vastes connaissances dans la langue arabe d’origine [18], il lui est facile de saisir la réalité des choses.

Il a été dit :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lahou wa r-raçikhouna fi l-^ilm) ce qui signifie : « Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science », c’est comme s’Il avait dit : « et ceux qui sont versés dans la science aussi le connaissent et disent nous avons cru en cela ». En effet, la croyance en quelque chose n’est concevable qu’après avoir en avoir eu connaissance. Quant à la chose qu’on ne peut pas connaître –ne serait-ce que d’un point de vue–, la croyance en elle ne peut pas en résulter. Pour cette raison, Ibnou ^Abbas a dit : « Je fais partie de ceux qui sont versés dans la science ». Fin de citation de la parole du Hafidh AzZabidiyy de ce qu’il a rapporté de Abou n-Nasri l-Qouchayriyy, que Allah lui fasse miséricorde.

 

Il y a ici deux voies qui toutes deux sont correctes :

La première : la voie des gens du Salaf : –ce sont les gens des trois premiers siècles de l’Hégire–, c’est-à-dire la voie de la plupart d’entre eux. Ils faisaient une interprétation dite globale de ces ayah non-explicites en ayant foi en ces ayah et en croyant qu’elles n’ont pas le sens des attributs des corps concernant Allah mais qu’elles ont au contraire un sens digne de la glorification due à Allah, sans toutefois préciser d’interprétation. Ils ont renvoyé ces ayah aux ayah explicites telles que Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْء] [19]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

Cette voie est conforme à ce qu’a dit l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée : « Je crois fermement en ce qui nous a été rapporté de Allah conformément au sens que Allah a visé et en ce qui nous a été rapporté du Messager de Allah r conformément à ce que le Messager de Allah a visé ». Il voulait dire, que Allah l’agrée, non pas selon les significations sensitives et physiques auxquels mènent les illusions et les suppositions, et qui ne sont pas possibles au sujet de Allah ta^ala.

De plus, déclarer que les gens du Salaf n’ont jamais fait d’interprétation détaillée, comme d’aucuns le prétendent, est réfuté par ce qui figure dans le Sahih de Al-Boukhariyy, au chapitre Exégèse du Qour’an ; son expression telle qu’elle s’y trouve est la suivante :

) [20]سُورَةُ الْقَصَص( ]كُلُّ شَىْءٍ هَالِكٌ إِلاَّ وَجْهَهُ[ إِلاَّ مُلْكَهُ ويُقالُ ما يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَيهِ ا.ه.

(souratou l-Qasas : koullou chay’in halikoun ‘il-la wajhah : ‘il-la moulkah wa youqalou ma youtaqarrabou bihi ‘ilayh. ‘intaha) ce qui signifie : « souratou l-Qasas : Toute chose sera anéantie sauf Son wajh : Sauf Sa souveraineté, et on peut dire : sauf les actes par lesquels on a recherché Son agrément » Fin de citation. En effet, la souveraineté de Allah est un de Ses attributs éternels exempts de début, elle n’est pas telle que la souveraineté qu’Il accorde aux créatures.

On trouve aussi dans ce chapitre d’autres passages, par exemple l’interprétation du terme (addahik) [21] qui est rapporté dans le hadith au sujet de Allah, il y est interprété par (ar-rahmah) –la volonté de faire miséricorde–.

De même, il a été confirmé que l’Imam ‘Ahmad, qui fait partie des gens du Salaf, a lui aussi fait des interprétations détaillées. Il a été confirmé qu’il a dit : « Sa toute-puissance » à propos de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ] [22]

(wa ja’a rabbouk) qui signifie : « Et viendront [des manifestations de la toute-puissance de] ton Seigneur ». Le Hafidh Al-Bayhaqiyy a confirmé la chaîne de transmission de cette parole. Le Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy a dit à propos de Al-Bayhaqiyy : « Personne n’est venu après Al-Bayhaqiyy et Ad-Daraqoutniyy qui les égale ou qui se rapproche de leur niveau ». La parole de Al-Bayhaqiyy citée ci-dessus figure dans le livre Manaqibou l-‘Imami ‘Ahmad ; et la parole du Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy à propos de Al-Bayhaqiyy et de Ad-Daraqoutniyy, elle, figure dans le livre Al-Wachyou l-Mou^lam. Quant au Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy, c’est celui à propos duquel le Hafidh Ibnou Hajar a dit : « C’est le Chaykh de nos Chaykh » –et il vivait au septième siècle de l’Hégire–.

Il y a aussi un grand nombre de savants qui ont cité dans leurs livres que ‘Ahmad a pratiqué l’interprétation détaillée, comme le Hafidh ^Abdou r-Rahman Ibnou l-Jawziyy [23] le hanbaliyy qui est un des piliers de l’école hanbalite grâce à sa connaissance approfondie des textes de l’école ainsi que de la biographie de l’Imam ‘Ahmad.

Ainsi, Abou Nasr Al-Qouchayriyy, que Allah lui fasse miséricorde, a bien démontré la situation ignominieuse dans laquelle se retrouvent ceux qui renient l’interprétation. Abou Nasr Al-Qouchayriyy est celui que le Hafidh ^Abdou r-Razzaq AtTabsiyy a décrit comme étant l’Imam des Imams, comme l’a rapporté le Hafidh Ibnou ^Açakir dans son livre Tabyinou Kadhibi l-Mouftari.

La seconde : la voie des gens du Khalaf : Ils font leurs interprétations détaillées en précisant des significations pour ces ayah conformé­ment à ce que requiert la langue arabe. Ils ne leur ont pas donné le sens qui vient communément à l’esprit, eux non plus, tout comme les gens du Salaf. Il n’y a pas de mal à suivre leur voie et notamment lorsque l’on craint que la croyance des gens soit ébranlée, et pour les protéger de l’assimilation (tachbih). C’est le cas de Sa parole ta^ala pour le blâme de ‘Iblis :

[مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ] [24]

(ma mana^aka ‘an tasjouda lima khalaqtou biyadayy) ce qui signifie : « Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner pour ce que J’ai créé biyadayy » [25].

Il est permis de dire que ce qui est visé par le terme (biyadayy) c’est (al-^inayah) –le fait de créer en accordant un honneur– ou bien (al-hifdh) –la protection– [26].

L’exégèse de Sa parole ta^ala : [مِنْ رُوحِنَا] (min rouhina)
et de Sa parole ta^ala : [مِنْ رُوحِي] (min rouhi)

Que l’on sache que Allah ta^ala a créé l’âme et le corps ; Il n’est donc ni une âme, ni un corps. D’autre part, Allah ta^ala a adjoint –d’un point de vue grammatical– l’âme de ^Iça r à Lui-même dans le sens de la possession et de l’honneur qu’Il lui accorde et non dans le sens qu’elle serait une partie de Lui, et cela, dans Sa parole ta^ala :

[مِنْ رُوحِنَا] [27]

(min rouhina) qui signifie : « De l’âme que Nous avons créée et honorée ». Il en est de même, s’agissant de Adam, pour Sa parole ta^ala :

[مِنْ رُوحِي]

(min rouhi) [28] qui signifie : « De l’âme que J’ai créée et honorée ». Ainsi, la signification de Sa parole ta^ala :

[فَنَفَخْنَا فِيهِ مِنْ رُوحِنَا] [29]

(fanafakhna fihi min rouhina) est la suivante : « Nous avons ordonné à Jibril ^alayhi s-salam d’insuffler en Maryam l’âme qui Nous appartient et à laquelle Nous accordons de l’honneur ».

En effet, les âmes sont de deux sortes : les âmes honorées et les âmes malignes.

Les âmes des prophètes sont de la première sorte. Ainsi, l’adjonction grammaticale (‘idafah) de l’âme de ^Iça et de l’âme de Adam à Lui-même est une adjonction de possession et d’honneur.

Devient mécréant celui qui croit que Allah ta^ala est une âme. En effet, l’âme est créée et Allah est absolument exempt de cela.

De même dans Sa parole ta^ala se rapportant à la Ka^bah :

[بَيْتِيَ]

(baytiya) [30] qui signifie : « La maison que J’ai honorée », il s’agit d’une adjonction signifiant l’honneur et non de l’adjonction d’un attribut ou d’une correlation spatiale, en raison de l’impossibilité rationnelle du contact ou de la contiguïté entre Allah et la Ka^bah. De même, Sa parole ta^ala :

[رَبُّ العَرش]

(Rabbou l-^arch) qui signifie : « Le Seigneur du Trône » n’est venue que pour signifier que Allah est le Créateur du Trône qui est la plus grande créature, et non pas parce que le Trône serait un lieu pour Allah en s’asseyant dessus ou en lui faisant face sans s’asseoir dessus. La signification n’est pas que Allah serait assis sur Son Trône en contact avec lui, et n’est pas non plus que Allah ferait face au Trône en présence d’un espace entre Allah et le Trône, qu’on estime que cet espace est large ou étroit, tout cela est impossible au sujet de Allah. La distinction accordée au Trône est seulement qu’il est la Ka^bah des anges qui l’entourent, tout comme la Ka^bah est honorée par le fait que les croyants font les tours rituels autour d’elle. Parmi les spécificités du Trône, il y a que Allah n’y a jamais été désobéi car tous ceux qui sont autour sont des esclaves honorés, qui ne désobéissent à Allah pas même le temps d’un clin d’œil. Ainsi, si quelqu’un a cru que Allah a créé le Trône pour s’asseoir dessus, il a assimilé Allah aux rois qui se font faire de grands trônes afin de s’asseoir dessus, et celui qui a cru cela n’a pas connu Allah.

Devient mécréant quiconque croit au contact avec Dieu en raison de son impossibilité concernant Allah ta^ala.

L’exégèse de la ayah : [الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى]
(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa)

Il est un devoir de faire l’exégèse de cette ayah dans un autre sens que celui de l’établissement, de la position assise ou de ce qui est de cet ordre, devient mécréant qui croit en de telles choses. Il est donc un devoir de s’abstenir de retenir le sens apparent –qui vient communément à l’esprit– et l’on retient au contraire une sémantique compatible avec la raison. Par conséquent, on retient pour le terme (istawa) le sens de (al-qahr) –la domination–. En effet dans la langue des arabes, on dit qu’Untel a dominé les royaumes :

(إِسْتَوَى فُلاَنٌ عَلَى الْمَمَالِكِ)

(istawa foulanoun ^ala l-mamalik) lorsqu’il a pris les rênes du pouvoir et a fait peser son joug sur les gens, comme le dit le poète :

(قَدِ اسْتَوَى بِشْرٌ عَلَى الْعِرَاقِ مِنْ غَيْرِ سَيْفٍ وَدَمٍ مُهْرَاقٍ)

Qadi stawa Bichroun ^ala l-^Iraqi min ghayri sayfin wa damin mouhraqi

ce qui signifie :

« Bichr a dominé l’Irak assurément

sans tirer d’épée ni faire couler de sang ».[31]

L’intérêt de spécifier le Trône en le citant dans la ayah, c’est parce qu’il est la plus grande des créatures de Allah ta^ala ; ainsi, on apprend que cela concerne ce qui est plus petit que le Trône à plus forte raison. L’Imam ^Aliyy a dit : (‘inna l-Laha khalaqa l-^archa ‘idh-haran liqoudratihi wa lam yattakhidh-hou makanan lidhatih) ce qui signifie : « Allah ta^ala a créé le Trône par manifestation de Sa toute-puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même ». Ceci a été rapporté par l’Imam, le mouhaddith, faqih et linguiste, Abou Mansour At-Tamimiyy dans son livre At-Tabsirah.

Il est possible par ailleurs de dire qu’Il a un (istiwa) que Lui sait tout en L’exemptant de l’istiwa des créatures tel que la position assise et l’établissement.

Sachez aussi qu’il est un devoir de mettre en garde contre ces gens qui considèrent possible  le fait de s’asseoir et de s’éta­blir sur le Trône concernant Allah, eux qui expliquent Sa parole ta^ala :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [32]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa) par la position assise ou par le face à face par au-dessus, eux qui prétendent (qu’on ne peut concevoir l’existence d’un être que dans un endroit), leur argumentation est invalide. Eux qui prétendent aussi que la parole des gens du Salaf : « istawa sans comment » serait en accord avec leur croyance, ils n’ont pas su que le comment que les gens du Salaf ont nié, c’est justement la position assise, l’établissement, la localisation dans un endroit, le face à face avec un corps ainsi que toutes les aspects physiques ou moraux tels que mouvement, immobilité et humeur [33].

Al-Qouchayriyy a dit :

« Et ce qui réfute leur équivoque, c’est de leur dire : existe-t-Il avant de créer le monde ou l’endroit ou non ? De par l’évidence rationnelle, ils devraient dire : « oui ». Par conséquent, si leur parole (qu’on ne conçoit un être que s’il est dans un endroit) était valable, ceci les mènerait à l’une de deux choses : soit à dire (que l’endroit, le Trône et le monde sont exempts de début) –c’est-à-dire qu’il n’y a pas de début à leur existence–, soit à dire : (le Seigneur est entré en existence), voilà à quoi aboutissent les ignorants hachawiyy [34] ; Celui Qui est exempt de début n’est pas créé et ce qui est créé n’est pas éternel » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy a dit aussi dans At-Tadhkiratou ch-Charqiyyah :

« D’autre part, s’ils disent (que n’est-ce pas que Allah dit :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [35]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa), qu’il faut donc le prendre selon son sens apparent) alors nous disons : Allah dit aussi :

[وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَمَا كُنْتُمْ] [36]

(wahouwa ma^akoum ‘aynama kountoum) et Il dit :

[أَلاَ إِنَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ مُحِيط] [37]

(‘ala ‘innahou bikoulli chay’in mouhit), il conviendrait donc aussi selon vous de prendre le sens apparent de cesayah, de sorte qu’Il serait d’après vous au-dessus du Trône, près de nous, avec nous, englobant le monde, l’entourant de tout les côtés par Lui-même, tout cela en même temps !! ».

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Et il est impossible qu’un être unique –qui ne se divise pas– soit par son être en même temps à tout endroit –partout– ».

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Ils disent eux-mêmes (que Sa parole :

[وَهُوَ مَعَكُمْ]

(wahouwa ma^akoum) signifie « par Sa science » et que

[بِكُلِّ شَيْءٍ مُحِيط]

(bikoulli chay’in mouhit) c’est l’englobement de la science), nous nous disons : et Sa parole :

[عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى]

(^ala l-^archi stawa) signifie : (qahara) –Il domine, (hafidha)Il préserveet (‘abqa)Il maintient en existence » Fin de citation.

Cela signifie qu’ils interprètent ces ayah sans retenir leurs sens apparents. Alors, comment se fait-il qu’ils reprochent aux autres d’interpréter la ayah de l’istiwa par la domination (al-qahr) ?! Qu’est-ce que c’est que ce parti pris arbitraire ?!

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Si ce que nous disons laissait penser qu’Il aurait été vaincu –avant d’avoir dominé d’après eux– alors Sa parole :

[وَهُوَ الْقَاهِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ] [38]

(wahouwa l-Qahirou fawqa ^ibadih[39] elle aussi suggérerait cela au point que quelqu’un irait dire (qu’Il aurait été dominé avant la création des esclaves), loin s’en faut, puisque les esclaves n’avaient pas d’existence avant qu’Il ne les crées ! Plus encore, s’il en était comme les ignorants se l‘imaginent (qu’il s’agirait d’un istiwaqui adviendrait à Son Être), cela suggérerait le changement et un ploiement précé­dant l’instant de l’istiwa‘ ! D’autre part Celui Qui crée (Al-Bari’) ta^ala existe de toute éternité, avant le Trône et celui qui est équitable et objectif aura su que la parole de celui qui dit (al-^archou bir-Rabbi s-tawa) est meilleure que la parole de celui qui dit (ar-Rabbou bil-^archi stawa). Ainsi, le Seigneur a pour attributs la gloire (al-^oulouww), la supériorité du mérite (fawqiyyatou r-routbah) et l’éminence (al-^adhamah) et Il est exempt d’être dans un endroit et d’être en face d’un corps » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Il est apparu un groupe de gens, s’ils n’entraînaient pas la population dans l’égarement avec ce qui se rapproche de leur façon de réfléchir et ce qui se conçoit facilement dans leur imagination, j’aurais évité d’entacher ce livre en les citant. Ils disent : (Nous nous prenons le sens apparent et nous retenons le sens apparent pour lesayah dont les sens apparents suggèrent l’assimilation et pour les nouvelles rapportées qui suggèrent limite et membre, et il n’est pas permis de faire appel à l’interprétation pour quoi que ce soit de tout cela). Et ils s’attachent, selon leur prétention, à la parole de Allah ta^ala :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ[40]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et ne sait son terme fixé que Allah ». Ces gens-là, par Celui Qui détient nos âmes par Sa toute-puissance, sont plus nuisibles à l’Islam que les mécréants déclarés. En effet, les égarements des mécréants déclarés sont clairs et les musulmans s’en écartent spontanément, alors que ceux-là ont attaqué la religion et les gens du commun d’une manière par à laquelle les plus faibles se laissent duper. Ils ont suggéré ces innovations à leurs adeptes et ont fait pénétré dans leurs cœurs la croyance que Celui Qui est adoré soubhanah a pour attribut les membres, les organes, la montée, la descente, l’appui, la position couchée, la position assise ainsi que le déplacement dans les directions » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui donc qui penche pour leurs sens apparents se mettra avec sa propre imagination à s’imaginer des choses perceptibles aux sens et aura cru dès lors des choses scandaleuses et le courant l’emportera sans même qu’il s’en rende compte » Fin de citation.

Il est donc clairement apparu que la parole de celui qui dit (que l’interprétation n’est pas permise) est une grossièreté et une ignorance. Ceci est prouvé par sa parole r en faveur de Ibnou ^Abbas :

(( اللَّهُمَّ عَلِّمْهُ الحِكْمَةَ وَتَأْوِيلَ الْكِتَابِ ))

(Allahoumma ^allimhou l-hikmata wa ta’wila l-kitab) qui signifie : « Ô Allah, apprends-lui la sagesse et l’interprétation du Livre ». Cette parole est rapportée par Al-Boukhariyy, Ibnou Majah et d’autres encore en des termes différents.

Le Hafidh Ibnou l-Jawziyy dans son livre Al-Majalis a dit : « Il n’y a pas de doute que Allah a exaucé cette invocation du Messager ». Puis, il a fortement blâmé et dénoncé ceux qui interdisent l’interprétation et a beaucoup détaillé à ce sujet. Que celui qui veut s’en assurer davantage le lise.

La signification de Sa parole ta^ala :

[يَخَافُونَ رَبَّهُمْ مِنْ فَوْقِهِمْ] [41]

(yakhafouna rabbahoum min fawqihim) c’est la supériorité par la domination (fawqiyyatou l-qahr) et non la supériorité (al-fawqiyyah) spaciale et directionnelle –c’est-à-dire être au-dessus physiquement. Quant à la signification de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ صَفّاً صَفّاً] [42]

(wa ja‘a rabbouka wa l-malakou saffan saffa) il ne s’agit pas dans cette ayah d’une venue (maji) par le mouvement, le déplace­ment, le départ d’un lieu, la libération d’un endroit pour en occuper un autre concernant Allah, celui qui croit cela devient mécréant.

En effet, Allah ta^ala crée le mouvement et l’immobilité et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Ainsi, on ne qualifie Allah ta^ala ni par le mouvement ni par l’immobilité. Bien plus, le sens qui est visé par Sa parole :

[وَجَاءَ رَبُّكَ]

(wa ja‘a rabbouk) c’est (ja‘a ‘amrou rabbik) c’est-à-dire : « est venue la manifestation de la toute-puissance de ton Seigneur ». Il a été confirmé à propos de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ]

(wa ja‘a rabbouka) que l’Imam ‘Ahmad a dit (ja‘at qoudratouh) [43] ce qui signifie : « Sont venues [des manifestations] de la toute-puissance » c’est-à-dire les faits importants que Allah a créés pour le Jour du Jugement. Rapporté par Al-Bayhaqiyy dans Manaqibou ‘Ahmad qui a déjà été mentionné plus haut.

L’explication de la ma^iyyah de Allah [44]
citée dans le Qour’an

La signification de Sa parole ta^ala :

[وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَمَا كُنْتُمْ] [45]

(wahouwa ma^akoum ‘aynama kountoum) c’est le fait qu’Il sache tout par Sa science. Al-ma^iyyah vient également dans le sens du soutien et du don de la victoire, comme dans Sa parole ta^ala :

[إِنَّ اللهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا] [46]

(‘inna l-Laha ma^a l-ladhina t-taqaw) [47].

Ce qui est visé ici n’est ni l’incarnation ni le contact. Celui qui croit cela devient mécréant car Il est, soubhanahou wa ta^ala, exempt du contact et de la séparation par une distance.

Par conséquent, on ne dit ni qu’Il est en contact avec ce monde, ni qu’Il en est séparé par la distance, car ces deux choses sont des caractéristiques des substances [48] ; et une substance, c’est ce qui accepte ces deux caractéristiques. Allah jalla wa ^ala n’est pas un être dont l’existence a un début, Allah a réfuté cela de Lui-même par Sa parole :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

De même, on ne dit pas de Allah qu’Il est grand par la taille [49], ni petit, ni long, ni court, car Il n’a aucune ressemblance avec ce qui entre en existence et il est un devoir de chasser toute idée passant par l’esprit qui amènerait à quantifier Allah ta^ala ou à Le limiter.

Les mécréants des fils de ‘Israil ont attribué à Allah ta^ala la fatigue. Ils ont dit (qu’après avoir créé les cieux et la terre, Il se serait reposé en se couchant sur son dos) ; leur parole est de la mécréance.

Allah ta^ala est exempt de cela, tout comme Il est exempt des émotions tels que la sensibilité à la fatigue, aux douleurs et aux plaisirs. Celui à qui ces états adviennent est obligatoirement un être qui reçoit l’existence, une créature à qui advient le changement, et ceci est impossible concernant Allah ta^ala.

Allah ta^ala dit :

[وَلَقَدْ خَلَقْنَا السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا في سِتَّةِ أَيَّام وَمَا مَسَّنَا مِنْ لُغُوبٍ] [50]

(wa laqad khalaqna s-samawati wa l-‘arda wa ma baynahouma fi sittati ‘ayyamin wa ma massana min loughoub) ce qui signifie : « Et Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux dans six jours et Nous n’avons pas été atteint de fatigue ».

Ne se fatigue que celui qui utilise des organes et Allah soubha­nahou wa ta^ala est exempt des organes.

Allah ta^ala dit :

[إِنَّ اللهَ هُوَ السَّمِيعُ الْبَصِير] [51]

(‘inna l-Laha houwa s-Sami^ou l-Basir) ce qui signifie : « Certes, Allah est Celui Qui entend et Qui voit ».

Ainsi, Allah ta^ala entend tout et voit tout sans comment. L’ouïe et la vue sont deux attributs éternels, sans organe, c’est-à-dire sans oreille ni œil, sans condition de proximité, d’éloignement ou de direction, et sans propagation de rayon lumineux ou de vibration d’air.

Si quelqu’un dit (que Allah a une oreille), il devient mécréant, même s’il dit (qu’Il a une oreille pas comme nos oreilles). Ce n’est pas le cas de celui qui dit qu’Il a un (^ayn) pas comme nos yeux [52] et un (yad) pas comme nos mains [53], si toutefois il le dit dans le sens de l’attribut. En effet, ceci est permis en raison de l’emploi des mots عَين (^ayn) etيَد (yad) dans le Qour’an –concernant Allah ta^ala. En revanche, le mot أُذُن (‘oudhoun) [54] n’y figure pas concernant Allah.

L’exégèse de Sa parole ta^ala [فَثَمَّ وَجْهُ الله]
(fathamma wajhou l-Lah)

 

Allah ta^ala dit :

[وَلِلَّهِ الْمَشْرِقُ وَالْمَغْرِبُ فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ الله] [55]

(wa lil-Lahi l-machriqou wa l-maghribou fa’aynama touwallou fathamma wajhou l-Lah). La signification est la suivante : où que vous vous orientiez dans la prière surérogatoire, pendant le voyage, là est la qiblah que Allah agrée, c’est-à-dire : cette direction selon laquelle vous vous orientez est une direction valable pour la prière. Ainsi, le (wajh) ici n’indique pas la partie du corps –le visage, la face–.

Le jugement de celui qui croit que Allah a un organe, c’est de le déclarer mécréant, parce que s’Il avait un organe, Il serait semblable à nous et il Lui serait possible tout ce qui nous est possible à nous, par exemple l’anéantissement.

Il se peut que par le mot (wajh), on veuille dire l’objectif visé pour avoir l’agrément de Allah ta^ala, comme si on dit : « J’ai fait telle et telle chose li wajhi l-Lah », cela signifie : « J’ai fait telle et telle chose par recherche de l’agrément de Allah », c’est-à-dire en me conformant à l’ordre de Allah ta^ala.

Il est interdit de dire, comme cela s’est répandu parmi les ignorants : (‘iftahi n-nafidhah linara wajha l-Lah) [56] car Allah ta^ala dit à Mouça :

[لَنْ تَرَانِي] [57]

(lan tarani) ce qui signifie : « Tu ne Me verras pas », même si celui qui le dit ne vise pas la vision de Allah, cette parole est interdite.

L’exégèse de : [اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض]
(Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard)

 

Sa parole ta^ala :

[اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض] [58]

(Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard) signifie que Allah ta^ala est Celui Qui guide les gens des cieux et de la terre vers la lumière de la foi [59], rapporté par Al-Bayhaqiyy de ^Abdou l-Lah fils de Al-^Abbas, que Allah les agrée tous deux. Allah ta^ala n’est pas (nour) dans le sens de « lumière ». En effet, c’est Lui Qui a créé la lumière. Allah ta^ala dit :

[وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّور]

(wa ja^ala dhdhouloumati wa n-nour) [60] c’est-à-dire : « Il a créé les obscurités et la lumière ». Alors, comment se pourrait-Il qu’Il soit une lumière comme Ses créatures ! Allah est exempt de cela.

Le jugement de celui qui croit que Allah ta^ala est (nour) dans le sens de lumière, c’est de le déclarer mécréant de façon absolue. De plus, cette ayah :

[الحمدُ للهِ اللّذي خلقَ السَّمواتِ والأرضَ وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّور]

(al-hamdou li l-Lahi l-ladhi khalaqa s-samawati wa l-‘arda wa ja^ala dhdhouloumati wa n-nour) qui signifie : « La louange est à Allah, Celui Qui a créé les cieux et la terre et Qui a créé les obscurités et la lumière » est la preuve la plus explicite que Allah n’est ni un corps palpable comme les cieux et la terre, ni un corps impalpable comme les obscurités et la lumière. Par conséquent, si quelqu’un croit que Allah est un corps palpable ou impalpable, il a assimilé Allah à Sa créature et la ayah en témoigne. La plupart des mouchabbihah –ceux qui assimilent Allah à Ses créatures– croient que Allah est un corps impalpable puisqu’ils disent qu’Il est une lumière qui irradie. Cette ayah, à elle seule, suffit pour répliquer aux deux groupes.

Il y a de nombreuses croyances de mécréance, comme croire que Allah ta^ala a une couleur ou une forme. Alors, que l’homme y prenne garde de toutes ses forces et dans toutes les situations.


[1] [souratou Ali ^Imran / 7]

[2] cette ‘ayah signifie, selon la récitation sans pause après le terme إِلَّا اللَّهُ (‘il-la l-Lahou) : « C’est Lui Qui a fait descendre sur toi le Livre au sein duquel il y a des ayah explicites qui sont la base de l’interprétation du Livre et d’autres [ayah] non explicites. Quant à ceux dont les cœurs recèlent une déviance, ils se basent sur les ayah qui ne sont pas explicites à cause de leur passion à faire tomber les gens dans l’égarement et pour interpréter le Qour’an conformément à leur déviance, mais seul Allah et ceux qui sont versés dans la science en savent l’interprétation, ces derniers disent : nous avons foi en ce qui figure dans le Qour’an, tout le Qour’an est de la part de notre Seigneur, mais ne s’en rappelle que ceux qui utilisent correctement leur raison »

[3] [souratou ch-Choura / 11]

[4] [souratou l-‘Ikhlas / 4]

[5] [souratou Maryam / 65]

[6] [souratou Taha / 5]

[7] L’exégèse sera donnée plus loin

[8] [souratou Fatir / 10] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette ‘ayah et qu’il ne faut pas retenir, c’est (que les bonnes paroles monteraient jusqu’à un endroit où se trouverait Allah) ; ceci n’est pas valable car Allah existe sans endroit.

[9] [souratou ch-Choura / 11]

[10] [souratouAli ^Imran / 7]

[11] [Souratou Ali ^Imran / 7]

[12] [souratou l-‘A^raf / 53]

[13] [souratou l-‘An^am / 101]

[14] [souratou l-Ma’idah / 3]

[15] C’est le cadavre de l’animal licite à la consommation qui est mort sans avoir été égorgé de la manière légale conforme à la Loi de l’Islam.

[16] [souratou l-Qalam / 42]

[17] Elle signifie qu’au Jour du Jugement d’extrêmes difficultés y seront dévoilées.

[18] l a langue arabe dans laquelle est descendue le Qour’an

[19] [souratou ch-Choura / 11]

[20] [souratou l-Qasas / 88] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette ‘ayah et qui n’est pas à retenir est (que Allah aurait un visage et que tout aurait une fin sauf Son visage). Ceci est impossible car Allah est exempt des organes. Le véritable sens est tel que l’a dit Al-Boukhariyy dans son Sahih.

[21] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (addahik) signifie : le rire ou le sourire. Ceci est impossible concernant Allah car Il est exempt de l’humeur et du changement.

[22] [souratou l-Fajr / 22]

[23] Le Hafidh Ibnou l-Jawziyy est décédé à la fin du sixième siècle de l’Hégire, il suivait l’école de l’Imam ‘Ahmad. Il était, parmi tous les savants de l’école hanbalite, réputé, de haut degré selon eux.

[24] [souratou Sad / 75]

[25] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (biyadayy) signifie : (avec mes deux mains) et ceci est impossible car Allah ne se divise pas en parties.

[26] C’est à dire qu’Il a créé ‘Adam en lui accordant un haut degré, un bien éminent et en le protégeant.

[27] [souratou t-Tahrim / 12] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (min rouhina) signifie : (à partir de notre âme) et ceci est impossible car Allah ne se divise pas en parties.

[28] [souratou Sad / 72]

[29] [souratou l-Hijr / 29]

[30] [souratou l-Baqarah / 125 et souratou l-Hajj / 26]

[31] Si le terme (istawa) n’avait que le sens de s’asseoir ou de s’installer et n’avait pas le sens de dominer, le sens de ce vers très célèbre qui fait l’éloge de Bichr serait nul et non avenu.

[32] [souratou Taha / 5]

[33] humeur et changement d’humeur également

[34] hachawiyy c’est-à-dire mouchabbih moujassim : qui croit que Allah est un corps sans l’avouer explicitement.

[35] [souratou Taha / 5]

[36] [souratou l-Hadid / 4]

[37] [souratou Foussilat / 54]

[38] [souratou l-‘An^am / 61]

[39] Ce qui signifie : « Et Il est Celui Qui domine Ses esclaves par Sa toute-puissance »

[40] [souratou ‘Ali ^Imran / 7] selon la lecture dans laquelle on s’arrête après le nom « Alla».

[41] [souratou n-Nahl / 50] Elle signifie : « Ils craignent leur Seigneur Lui Qui a sur eux la domination absolue »

[42] [souratou l-Fajr / 22]

[43] Ainsi, par la toute-puissance de Allah, ces manifestations apparaîtront lorsque les anges seront présents en rangs pour l’éminence de ce jour-là de sorte à cerner les humains et les jinn et personne ne pourra quitter cet endroit sauf avec la permission de Allah. Celui qui aura donc la permission pourra le quitter. Ce jour-là apparaîtront de grands événements. L’enfer qui est à une très grande distance en deça de la septième terre, ce jour-là, soixante dix milles anges en traîneront une partie afin que les mécréants le voient et en soient terrifiés ; chacun de ces anges aura à la main une chaîne attachée à l’enfer et chacun d’entre eux aura une force qui surpasse celle des humains. Ils traîneront l’enfer pour que les gens le voient à partir du lieu qu’ils occuperont lors de cette étape du Jour du Jugement, ils le regarderont. Ensuite, les anges le ramèneront à sa place. Ceci n’est qu’un événement parmi beaucoup d’autres événements terribles du Jour dernier.

[44] La (ma^iyyah) de Allah, c’est l’expression…الله مع (Allah ma^a…) et le terme مع (ma^a) signifie « avec ».

[45] [souratou l-Hadid / 4]

[46] [souratou n-Nahl / 128]

[47] Cette ayah signifie : « Certes, Allah accorde la victoire à ceux qui sont pieux et les protège ». En revanche, le sens qui vient communément à l’esprit de cette ayah et qui n’est pas à retenir, c’est (que Allah serait, par Son Être même, avec ceux qui le craignent, dans chaque endroit, partout où ils sont) ; ceci est impossible car Allah existe sans endroit, on ne dit pas qu’Il est dans un endroit ni qu’Il est partout.

[48] Une substance, c’est tout ce qui a un volume, qu’il soit grand ou petit.

[49] Lorsqu’on dit Allahou ‘akbar, cela signifie qu’Il est plus puissant que tous ceux qui ont une puissance, qu’Il sait plus que tous ceux qui ont des connaissances et qu’Il est plus éminent que tous ceux qui sont éminents. Et cela ne signifie pas (qu’Il serait plus grand que tout autre par la taille et l’étendue). C’est ce que visaient les prédécesseurs (Salaf) en disant à propos des ayah non explicites (moutachabihah) : « Acceptez-les telles qu’elles sont parvenues, sans attribuer de comment« . Cela ne signifie pas qu’Il aurait un comment qui nous serait inconnu. Celui qui dirait, en se basant sur ces paroles, (que l’istiwa de Allah sur le Trône (^arch) est une position assise dont on ne connaît pas le comment), celui-là ne serait pas en accord avec les gens du Salaf, ni avec aucun autre musulman.

[50] [souratou Qaf / 38]

[51] [souratou l-Mou’min / 20]

[52] Pour l’homme, c’est l’œil. Mais s’agissant de Allah, le mot (^ayn) signifie un attribut sans comment, qui n’est pas un organe. Devient mécréant celui qui dit (que Allah a des yeux pas comme nos yeux).

[53] Pour l’homme, c’est la main. Mais s’agissant de Allah, le mot (yad) signifie un attribut sans comment, qui n’est pas un organe. Devient mécréant celui qui dit (que Allah a des mains pas comme nos mains).

[54] C’est l’oreille.

[55] [souratou l-Baqarah / 115] ce qui signifie : « À Allah appartiennent le levant et le couchant. Où que vous vous dirigiez pendant le voyage pour vos prières surérogatoires, il y a la qiblah de Allah ».

[56] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette parole et qui n’est pas à retenir, c’est (ouvre la fenêtre pour qu’on puisse voir le visage de Allah)

[57] [souratou l-‘A^raf / 143]

[58] [souratou n-Nour / 35]

[59] Allah nous fait comprendre par Sa parole ta^ala [اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض] (Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard) que c’est Lui Qui donne la foi aux habitants du ciel qui sont les anges et à qui Il veut parmi les habitants de la terre qui sont les humains et les jinn.

[60] [souratou l-‘An^am / 1]

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Commentaires fermés sur Croyance : Les aayah explicites et les aayah non explicites

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