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Série le Mariage dans l’Islam (3)

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre,société par chaykhaboulaliyah sur octobre 6, 2022

Il est interdit à l’homme de regarder le corps d’une femme ajnabiyyah autre que celui qui lui est licite hormis le visage et les mains. Quant au visage et aux mains, il n’est pas interdit de les regarder sauf si c’est avec désir.

La deuxième sorte du regard que l’homme peut porter sur une femme est lorsqu’il s’agit de son épouse. Il lui est permis de toucher et de voir n’importe quelle partie de son corps.

Le troisième est le regard qu’un homme peut porter sur les femmes quand il s’agit de maHram. Il est permis à l’homme de regarder le corps de la femme qui est maHram sans désir, tout sauf ce qui a entre son nombril et ses genoux.

Al-maHram : c’est celle qu’il est interdit d’épouser à jamais soit à cause des liens de sang (sa fille), soit à cause des liens d’allaitement (sa sœur), soit à cause des liens de mariage (la mère de son épouse).

Le quatrième sorte de regard est le regard qu’un homme porte à une femme qu’il envisage d’épouser. Il est permis à un homme de voir de cette femme qu’il envisage d’épouser son visage et ses mains des deux côtés, mais sans désir. En regardant le visage, celui-ci indique la beauté ou l’absence de beauté. Et les mains indiquent la douceur du corps ou pas. Il n’est pas permis qu’il voit autre que cela.

Le cinquième sorte de regard que l’homme peut porter sur une femme lorsque c’est pour la soigner. Il est permis de regarder les parties du corps dont il a besoin pour les soins. La femme ne doit pas dévoiler la totalité du corps.

Parmi les paroles qui sont parvenues des communautés antérieures : “Si tu n’as plus de pudeur, qu’est-ce qu’il te reste ?

Pour cela, il est important d’enseigner aux enfants dès leur plus jeune âge la pudeur et non le contraire. Et ceci empêche beaucoup de choses graves.

S’il lui est suffisant juste de palper sans regarder, il se limitera à cela. Bien sûr, ceci dans le cas où il n’y a pas de médecin femme pour lui faire les soins.

Par ailleurs, la femme ne consulte un médecin homme que s’il y a nécessité. Comme par exemple si le médecin homme est plus adroit (qu’il maîtrise le plus). Dans le cas où il y a le médecin femme qui est du même niveau que le médecin homme, pourquoi la femme va telle consulter un médecin homme ? En priorité, il faut qu’elle consulte un médecin femme.

Et il est permis à un homme d’aller consulter un médecin femme même s’il y a un médecin homme qui est plus adroit si le prix qu’il paye pour le médecin femme est inférieur.

Le contrat du mariage (An-nikaah)

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : “Le contrat de mariage nécessite un surcroît de précaution et de rigueur que pour les autres contrats.”

En raison des graves conséquences si une de ces conditions n’est pas remplie. En raison également de ce qu’un mauvais contrat de mariage entraîne comme perte de lignage, c’est-à-dire que s’il y a un contrat qui n’est pas valide, l’enfant sera un enfant issu de fornication et donc il ne sera pas attribué au père et donc on perd le lignage. En plus du fait de violer les interdits que Dieu a fixés c’est-à-dire que si le contrat n’est pas valable, déjà c’est un péché de ne pas faire un contrat valable et la relation entre ces deux personnes est une relation dans l’interdit…

Il dit que : “Un contrat qui n’est pas valide peut entraîner une relation interdite entre les deux personnes. Et cette relation interdite peut entraîner un enfant qui n’est pas attribué au père.”

Donc le rapport qu’il va y avoir entre ces deux personnes, alors que le contrat n’est pas valable sera une fornication. Et l’enfant issu de tel rapport sera un enfant de fornication c’est-à-dire qu’il ne va pas attribuer à son père et ne va pas l’hériter. En plus des jugements relatifs à ce sujet.

C’est pour cela que pour le contrat de mariage on fait plus preuve de précaution que pour un autre contrat.

On fait plus de précautions en apprenant les jugements par transmission orale auprès d’un enseignant qui les connaît. Puis, après les avoir appris, la personne les applique. Celui qui n’apprend pas les jugements du mariage, il se peut qu’il se retrouve dans un mariage qui est interdit qui a le même jugement que la fornication. Il arrive également qu’il se retrouve à vivre avec une femme qu’il lui est interdite. Par exemple, s’il prononce une parole qu’il ne considère pas comme étant un divorce alors que c’est un divorce. Les liens du mariage se seront coupés entre les deux.

Puis de leur ignorance, ils pensent qu’ils vivent dans le licite alors qu’ils vivent dans l’interdit.

La loi des Prophètes est venue pour préserver 5 grands sujets :

– la préservation de la raison,

– la préservation du lignage,

– la préservation des biens pour qu’ils ne soient pas dilapidés, gaspillés ou perdus,

– préserver la personne et l’âme,

– préservation de la religion qui est le plus important de tout cela/  

L’auteur dit : Il est également un devoir pour celui qui veut se marier, d’apprendre les règles du divorce. S’il n’apprend pas les lois du divorce, il se peut qu’il divorce sa femme et il pense que sa femme est toujours la sienne sans considérer qu’elle lui est devenue interdite.

La femme également, il se peut qu’elle pense qu’elle est encore l’épouse de son mari alors qu’elle lui est devenue interdite.

Pour cela, parmi les devoirs que Allaah a ordonnés d’apprendre, il y a les jugements du mariage et les jugements du divorce.

Les conditions du mariage :

Nous citons d’abord un verset qui signifie : “Protégez-vous pour un jour dans lequel vous retournerez à la vie pour être jugé par Dieu. Ensuite, chaque personne sera justement rétribuée pour ce qu’elle a acquis et ils ne subiront pas d’injustice.” 

Ce verset est le dernier verset du Qour’aan qui a été révélé.

Le Qour’aan a été descendu sur une étendue de 23 années.

Ainsi, la révélation a débuté pour le Messager alors qu’il avait 40 ans. Il est demeuré à la Mecque 13 années après le début de la révélation. Ensuite, il a émigré à Médine l’Illuminée sur ordre de Dieu et il y a vécu pendant 10 ans. Et le Qour’aan continua à lui être révélé.

La descente du Qour’aan n’était pas dans l’ordre de la récitation du livre que nous avons aujourd’hui. Mais, le Messager a enseigné à ses compagnons l’ordre de la récitation après la descente de la révélation.

Dans ce verset il y a l’ordre de faire preuve de piété.

Qu’est-ce que la piété ? La piété c’est le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits.

Quels sont les devoirs ? Ce sont les choses qui font mériter à celui qui les délaisse le châtiment dans l’au-delà.

Les devoirs ont des niveaux d’importance. Le plus haut des devoirs et le plus important, c’est de croire en Allaah et en son Messager. Ensuite, les 5 prières quotidiennes. Puis, le jeûne de RamaDaan.

Parmi les devoirs d’ordre pratique, c’est que le musulman responsable qui a besoin d’apprendre les sujets du mariage apprenne comment faire pour que le mariage soit valideet comment faire pour que le divorce ait lieu. Ceci fait partie des devoirs. Celui qui n’apprend pas cela va à sa perte. Celui qui n’apprend pas, il se peut qu’il se retrouve dans une situation que Dieu a interdite sans savoir qu’il est tombé dans l’interdit.

C’est donc un devoir que celui qui est responsable apprenne ce qui fait que le mariage est valide et ce qui fait que le mariage est effacé.

Dans le Hadiith dans lequel le Messager de Allaah a recommandé d’agir en bien envers les femmes. Parmi les paroles qu’il a dites, il a dit ce qui signifie : “Vous vous êtes rendu d’avoir un rapport avec elle par la parole que Dieu vous a ordonné de dire.”

Par la parole que Dieu vous a ordonné de dire” : c’est-à-dire par la formule du contrat de mariage. Cela veut dire que la condition du contrat de mariage est la formule, c’est-à-dire la parole que dit le père de la fille au mari ou au représentant du mari.

Comme par exemple il dit au futur mari « Je te donne en mariage ma fille une telle

Et le futur mari dit : « J’accepte ce mariage. »

Et ce, en présence de deux témoins musulmans hommes, dignes de confiance, selon Ach Chaafi^iyy.

Car le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : “Il n’y a pas de mariage sans tuteur ni de témoins de confiance.” 

[Hadiith rapporté par Al Bayhaqiyy]

Ach Chaafi^iyy a considéré ce Hadiith SaHiih. C’est de là qu’il y a eu divergence entre les deux écoles car Abouu Haniifah ne l’a pas considéré comme étant authentique.

L’auteur dit : “Celui qui fait partie des gens du commun, peut prendre l’un des deux avis, de l’une des deux écoles, en respectant les autres conditions.”

Ce sont les Hanafiites qui ont dit à propos de ce Hadiith qu’il n’est pas authentique. Mais la plupart des mouhaddith ont dit qu’il était authentique. 

Par exemple, la chaîne selon Abou Mouuça Al Ach^ariyy que Allaah l’agrée qui rapporte que le Messager de Allaah a dit ce qui signifie : “Il n’y a pas de mariage valable sans tuteur.”

[Hadiith Haçan/SaHiih rapporté par At Tirmidhiyy et AHmad Ibnou Hanbal a confirmé la chaîne de transmission de ce Hadiith]

Le contrat de mariage n’est valable :

– qu’avec un tuteur (chez certains, il faut que ce tuteur soit digne de confiance),

– deux témoins dignes de confiance,

– deux époux qui sont libres de tout ce qui empêche le mariage. Ce qui peut empêcher une femme de se marier est qu’elle soit déjà mariée à un autre, par exemple. Ce qui peut empêcher un homme de se marier est qu’il a déjà 4 femmes par exemple.

– une formule de don en mariage comme si le tuteur dit : “Je te donne en mariage ma fille” ou “Je te marie ma fille”.

– une formule d’acceptation comme si le mari ou son représentant répond en disant : “J’accepte ce mariage.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : “Il est permis au musulman d’épouser une musulmane ainsi qu’une juive d’origine et une chrétienne d’origine c’est-à-dire celle qui est née de parents juive et ses ancêtres sont juifs ou chrétienne et ses ancêtres sont chrétiens.”

Allaah a autorisé aux musulmans d’épouser des juives et des chrétiennes mais cela est extrêmement déconseillé car l’on craint qu’elle rende l’enfant juif ou chrétien.

Quand on dit qu’une chose est déconseillée, cela est quelque chose de laid mais c’est moindre que l’interdit. Le déconseillé ne comporte pas de désobéissance.

Ceci bien sûr, dans le cas où elle n’entre pas en islam. Mais si elle entre en islam véritablement puis, il fait un contrat de mariage, cela ne comporte pas de caractère déconseillé.

Parmi les lois du mariage, c’est qu’il n’est pas permis à la femme musulmane d’épouser autre qu’un musulman.

Celui qui est apostat, son contrat de mariage n’est pas valide avec une musulmane. Celui qui est mécréant d’origine également n’a pas à épouser une musulmane.

Ainsi, Allaah nous indique ce jugement dans la souurat Al-Mumtahinah, le verset 10.

Depuis le début de la révélation à notre maître MouHammad, jusqu’à environ 14 années après, il était permis à la femme musulmane d’épouser un mécréant, que ce soit un apostat ou un mécréant d’origine. Puis, 6 ans après l’immigration, Allaah a fait descendre à son Prophète la révélation qu’il était interdit au mécréant d’épouser la musulmane. Mais avant la 6e année de l’Hégire, avant la révélation de cette interdiction, dans la loi de notre maître MouHammad cela était permis.

Le contrat de mariage est valide dans n’importe quelle langue. Cependant, il est une condition que les deux témoins connaissent la langue dans laquelle le tuteur exécute le contrat.

Il est une condition pour le tuteur et les deux témoins qu’ils soient musulmans. Il n’est pas valide que le mécréant soit tuteur dans le contrat de mariage. Ici, nous parlons du tuteur de la femme qui n’est ni juive ni chrétienne.

Cependant, si c’est une juive ou une chrétienne et que c’est son père (qui a la même religion qu’elle) qui la donne en mariage à un musulman, alors le contrat est valide.

Il est une condition que le tuteur et les deux témoins soient responsables, c’est-à-dire qu’ils doivent être pubères et sains d’esprit. Il n’est pas valide que le tuteur soit un enfant ou un fou, de même que les témoins.

Il est une condition qu’ils soient de confiance (^adl) selon l’apparence, c’est-à-dire selon ce que les gens constatent d’eux.

Le contrat est valide par quelqu’un qui a un statut de confiance apparent c’est-à-dire qu’il est connu comme étant digne de confiance mais on ne sait pas dans son for intérieur s’il l’est véritablement ou pas.  Cela veut dire qu’on a su qu’il était de confiance par le fait de le côtoyer et ce n’est pas un statut qui a été confirmé par le juge.

Le digne de confiance (^adl) est celui :

– qui est musulman : on n’accepte donc pas le témoignage d’un mécréant,

– qui évite les grands péchés : on n’accepte donc pas le témoignage de celui qui commet les grands péchés comme la fornication ou l’homicide injustement, 

– qui ne persiste pas à commettre les petits péchés : son témoignage n’est pas accepté,

– qui conserve la dignité de ses semblables : c’est-à-dire qu’il conserve le comportement des gens qui sont comme lui selon l’apparence.

L’auteur donne un contre-exemple et dit : il ne va pas s’occuper de faire voler les pigeons car les gens comme lui ne le font pas. Même si lui par cette pratique il ne désobéit pas à Dieu mais les gens ne sont pas tranquilles à son sujet car certains font voler les pigeons et prennent les pigeons des voisins.

Si quelqu’un fait cela, on ne dit pas de lui qu’il est digne de confiance et on n’accepte pas son témoignage.

– De même, il ne multiplie pas les histoires drôles qui ne comportent pas d’intérêt même si elles sont permises, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de mensonges dedans.

– Le digne de confiance ne va pas beaucoup jouer aux échecs et ce qui est de cet ordre.

– Le métier d’éboueur empêche le statut de confiance dans le chapitre des témoignages, sauf s’il fait ce métier par nécessité auquel cas ce n’est pas quelque chose qui empêche son caractère de digne de confiance. Comme s’il n’a pas trouvé ce qui lui permet de gagner sa vie autre que ce métier d’éboueur. Donc, cela n’empêche pas d’être digne de confiance.

– qui est d’un bon for intérieur, c’est-à-dire que sa croyance est correcte : on n’accepte donc pas le témoignage d’un mauvais innovateur qui commet la mécréance ou un grand péché par sa mauvaise innovation.

– Qui se contrôle lors de la colère : on n’accepte pas le témoignage de celui en qui on n’a pas confiance lorsqu’il est en colère.

Si le tuteur, qui est le père, était un grand pécheur, selon certains savants chaafi^ites, il est valide qu’il soit tuteur pour le mariage même s’il n’est pas digne de confiance. Certains autres chaafi^ites ont requis que le tuteur doive être digne de confiance, même si c’est le père. S’il n’est pas digne de confiance, alors ça sera le père du père qui sera le tuteur.

Si le grand-père paternel n’est pas digne de confiance, alors ça sera son frère, le frère de la mariée, de même père et mère qui la mariera et qui sera son tuteur.

Mais d’autres savants ont dit, pour ce qui est du père, même s’il n’est pas digne de confiance mais qu’il était musulman, il est valide qu’il soit le tuteur, sar la plupart des tuteurs pour le mariage de notre époque sont des grands pécheurs.

Il est une condition pour les deux témoins :

– qu’ils soient tous deux musulmans,

– responsables, 

– dignes de confiance,

– que ces deux témoins aient leurs capacités auditives, visuelles et savent exprimer correctement ce qu’il se passe devant eux et qu’ils n’aient pas un métier rabaissant.

Le témoignage de l’aveugle, du sourd et du muet n’est pas valide. Ils sont capables de décrire ce dont ils sont témoins. Comme l’homme âgé qui oublie ce qu’on lui a dit quelque temps après qu’on lui a dit. Ils ne maîtrisent pas la parole.

– Également, celui qui a un métier rabaissant comme celui qui enlève les poubelles. Il ne commet pas de péché pour son travail, s’il accomplit les devoirs et évite les péchés. Mais son témoignage auprès du juge n’est pas accepté. De sorte que s’il avait été demandé pour témoigner chez le juge et qu’il a ce métier d’éboueur, son témoignage ne serait pas accepté chez le juge.

– De même, celui qui travaille pour déboucher les conduits sanitaires en l’avant ce qui sort des toilettes des gens, c’est un métier rabaissant. Si tel était son métier, il ne commet pas de péchés, mais son témoignage pour le contrat de mariage n’est pas accepté par le juge.

– Il est une condition d’être de sexe masculin. La femme ne peut pas être tuteur pour le contrat de mariage. Il n’est pas valide qu’elle soit témoin pour le mariage de quelqu’un d’autre. Cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être présente, mais cela veut dire que son témoignage n’est pas suffisant. Il y a divergence entre les écoles.

Le tuteur, soit il est présent lui-même, soit il mandate quelqu’un d’autre. S’il va mandater quelqu’un d’autre, s’il prend l’avis qu’il considère que le tuteur doit être digne de confiance, selon cet avis-là, celui que le tuteur mandate doit également être digne de confiance.

Quant à celui qui n’a pas requis le statut de confiance concernant le tuteur, il ne l’a pas requis non plus pour celui qui est mandaté.

Il est valide qu’aussi bien le tuteur et le mari mandatent quelqu’un d’autre. Si celui qui a été mandaté par le mari était présent, il dit au tuteur de la fille : “J’accepte son mariage pour celui qui m’a mandaté.” ou il lui dit : “J’accepte son mariage pour lui.” Et il donne le nom de celui qui a demandé en mariage.

Et les deux témoins entendent et voient la femme. Mais si les deux témoins savent qu’elle est une telle fille de untel, cela est suffisant pour les deux témoins même si la femme n’est pas présente et qu’ils ne la voient pas.

Exégèse de sourat al-Baqarah – An-Nasafiyy (versets 1 à 62)

Posted in cours général,islam,Livre,tafsir par chaykhaboulaliyah sur août 8, 2022
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D’après Abou Oumaamatah (qui est un compagnon du Prophète) que Dieu l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam dire (ce qui signifie) : récitez le Qour’aan car il intercèdera en faveur de ceux qui le récitent au Jour du jugement ».

Cela ne veut pas dire que le Qour’aan est un être vivant qui va venir mais cela veut dire que la récompense de la récitation sera en faveur de la personne au Jour du jugement. Et à la suite du Hadiith il a dit ce qui signifie : « récitez az-zaHratayne (c’est une fleur), (il a qualifié deux sourates comme des fleurs) qui sont al-baQarah et Aali ^Imraane ». Donc il a incité à réciter ces deux-là, il les a appelées d’une certaine manière, il a dit « elles viendront au Jour du jugement comme si c’était deux nuages ». Vous savez qu’au Jour du jugement le soleil va se rapprocher de la tête des gens, ceci est pour indiquer qu’elles vont protéger la personne au Jour du jugement. Comme cela a été rapporté du prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, le fait de réciter sourate al-baQarah et Aali ^Imraane qui seront comme deux nuages au Jour du jugement, AHmad ibnou Hanbal a dit : c’est-à-dire que ce sera la récompense qui viendra. Et là c’est une preuve qui indique qu’il a interprété par un autre sens que le sens apparent, chose que les assimilationnistes rejettent. 

Verset 1 : ibnou ^Abbaas a dit : Dieu a juré par ces trois lettres (alif laam miim) et il a donné une autre explication, qui signifie : « Moi, Dieu, Je sais plus que tout autre ». Et c’est cette deuxième explication qui a été donnée par ibnou Mas^ouud et Sa^id ibnou Joubayr

Verset 2 : houdan lil mouttaQiine : c’est une bonne guidée pour ceux qui font preuve de piété et la guidée c’est le chemin qui fait parvenir à la destination. Or les pieux sont déjà bien guidés. Ici c’est une demande pour qu’ils soient augmentés encore en bonne guidée. C’est une demande pour renforcer ce qui est confirmé en eux et pour le prolonger. Ils sont sur la piété et ils demandent à être augmentés sur la piété. Comme lorsque nous disons « ihdina S-SiraaTa l-moustaQiim » qui signifie « guide-nous sur le droit chemin ». Or nous sommes sur le droit chemin du fait que nous sommes musulmans ; c’est-à-dire « fais que nous persévérions sur ce chemin », c’est-à-dire « augmente-nous en bonne guidée ».

Qui est le pieux, al -mouttaQiyy ? Le pieux, dans la Loi de l’Islam, c’est celui qui se protège. Dans le mot « taQwaa », il y a le mot « wiQaayah » qui est la protection. Le pieux a une racine similaire à protection. Il se protège de faire ce qui fait mériter la punition, que ce soit faire ou délaisser. Le pieux est celui qui accomplit les devoirs et qui évite les péchés. Comme Dieu nous a annoncé à propos de ce livre qu’il est une guidée pour les pieux. Il nous informe par cela que ce livre est une certitude, qu’il n’y a pas de doute à son sujet et que c’est une vérité, qu’il n’ya pas de faux dans ce Livre.

Verset 3 : ceux qui croient au ghayb. C’est-à-dire ceux qui reconnaissent la véridicité en le ghayb. La racine du mot « ghayb » c’est « ghaaba » qui signifie s’absenter c’est-à-dire qui n’est pas quelque chose que l’on connait. C’est-à-dire que les pieux croient en la véridicité de ce que leur prophète leur a annoncé, à propos de choses qu’ils n’ont pas vues, que ce soient les sujets de la résurrection ou du rassemblement ou de l’exposition des actes et autres. C’est une preuve de leur foi, ils croient en ce que leur dit le prophète, lui qui ne parle pas sous l’effet de ses passions, mais c’est bien par révélation. La foi qui est correcte c’est de reconnaitre par la langue et de croire par le cœur.

Wa youQiimouuna S-Salaat : cela vient de al-‘iQaamah, le fait d’être debout. Ces pieux accomplissent la prière, ils persévèrent à la faire. Il a exprimé le fait de faire la prière par le fait de se lever pour l’accomplir, parce que la position debout pour accomplir la prière est un des piliers de la prière. Ici le sens est « ceux qui accomplissent la prière dans son temps ».

Wa mimmaa razaQnaahoum younfiQouune : c’est-à-dire ceux qui donnent à partir de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Cela signifie « ils donnent l’aumône, la zakaat et autre que cela ».

Verset 4 : et ceux qui croient en ce qu’il t’a été révélé. Ce sont toujours des qualificatifs des pieux. Il s’agit des croyants des gens du Livre, c’est-à-dire qui étaient juifs et chrétiens et qui sont devenus musulmans, comme ^Abdoul-Laah ibnou Salaam qui était le savant des juifs à Médine. Quand il a voulu annoncer son islam, le Prophète a invité les juifs à Médine et leur a dit : « que dites-vous de ^Abdoul-Laah ibnou Salaam ? » et celui-ci était resté dans un endroit où ils ne le voyaient pas et ils ne savaient pas qu’il était entré en islam. Ils ont dit : « c’est notre savant, c’est le fils de notre savant ». Quand le Prophète lui a dit d’annoncer aux juifs qu’il était devenu musulman, ils l’ont renié, par orgueil.

Le Qour’aan est également une bonne guidée pour les pieux car ils ont cru en la totalité du Qour’aan. 

Ils ont cru en ce qui a été révélé avant toi c’est-à-dire qu’ils ont cru en tous les livres qui ont été révélés aux prophètes.

Et qui croient avec certitude en l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils ne doutent pas ; la certitude ici est la connaissance parfaite qui ne comporte aucun doute ni aucune confusion. « AyQana » c’est avoir la certitude.

Verset 5 : ces gens-là sont sur la bonne guidée. Et cette bonne guidée, c’est leur Seigneur qui la leur a accordée. Nous disons « laa Hawla wa laa Qouwwata illaa bil Laah » c’est -à-dire que si nous accomplissons un acte d’obéissance, c’est grâce à Dieu et si on évite une désobéissance, c’est grâce à Dieu. Ils sont sur la bonne guidée mais c’est grâce à Dieu. C’est Dieu Qui a fait qu’ils sont sur la bonne guidée.

Et cette bonne guidée est de la part de leur Seigneur

Ce sont ceux-là qui sont les gagnants. Ici al-falaaH c’est-à-dire les gagnants qui vont gagner ce qu’ils ont recherché et qui vont être sauvés de ce qu’ils ont fui. Ils ont gagné le paradis qu’ils ont recherché et ils sont sauvés de l’enfer qu’ils ont fui. La réussite c’est d’atteindre l’objectif. Dans l’appel à la prière il y a « Hayya ^ala l-falaaH » c’est-à-dire la réussite. Al-moufliH c’est celui qui a réussi et qui a atteint son objectif. Regardez comment Allaah a attiré notre attention sur cette spécificité des pieux qui vont obtenir ce que nul autre n’obtiendra. Cette bonne guidée que les pieux ont eue, elle est confirmée pour eux, et elle confirme la réussite. La bonne guidée leur confirme la réussite. La définition de ceux qui réussissent ce sont les pieux qui vont réussir dans l’au-delà. Les pieux seront victorieux. Nous demandons à Dieu qu’Il nous embellisse par la tenue des pieux et qu’Il nous rassemble au Jour du jugement dans le groupe de ceux qui ont été mentionnés au début de cette sourate.

Comme Dieu a cité en premier les pieux et les vertueux, les saints, par des caractéristiques qui permettent de gagner Son agrément, et Il a indiqué que ce Livre, le Qour’aan est une bonne guidée, Il fait suivre ce verset par la mention de leur opposé qui sont les rebelles, les obstinés, ceux qui ne profitent pas de la bonne guidée. Et ce sont les versets 6 à 10

Verset 6 : il débute par la mention de ceux qui ont mécru. Le mot « kafara » en arabe veut dire « couvrir », couvrir la vérité par le reniement, Ils ont refusé la vérité en la reniant. Ceux dont il est question ici sont des mécréants bien spécifiques, comme Abou Jahal, comme Abou Lahab et leurs semblables, au sujet de qui Dieu a su qu’ils allaient mourir mécréants.  C’est comme s’Il dit : ceux qui sont mécréants, c’est équivalent pour eux que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas. L’avertissement c’est de faire craindre le châtiment de Dieu en réprimandant les gens qui commettent des péchés.

La sagesse dans l’avertissement en sachant que dans ce verset, les mécréants, qu’ils soient avertis ou pas, cela revient au même, est de trois ordres : la première est d’établir une preuve contre eux. Ils ne pourront pas dire au Jour du jugement : Dieu, pourquoi Tu nous châties ? Pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager, on l’aurait suivi. Or, le messager a été envoyé mais eux, ils ne l’ont pas suivi. La deuxième : pour que l’envoi des messagers soit pour tout le monde. Et qu’il ne soit pas uniquement pour ceux qui vont devenir croyants. Il y a, parmi ceux qui sont mécréants, ceux qui vont profiter de cet avertissement. Et troisièmement, c’est pour que le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam soit récompensé. Quand le prophète va avertir Abou Jahal et Abou Lahab, il fait quelque chose que Dieu lui a ordonné de faire et il gagne des récompenses.

Verset 7 : Dieu a scellé leurs cœurs. Le sceau c’est de la cire qu’on met sur un manuscrit ou une lettre pour qu’on sache qu’elle a été ouverte. La cire va sécher et va se casser quand on va ouvrir la lettre. Az-Zajjaaj a dit : le sceau -al-khatam- c’est la couverture car pour s’assurer qu’une chose est bien fermée, il y a un sceau qui est apposé dessus, pour que personne n’en prenne connaissance. Ibnou ^Abbaas a donné une explication semblable, il a dit : Dieu a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils ne comprennent pas le bien, ils ne saisissent pas le bien, ils ne saisissent pas cet avertissement que le Prophète leur a donné. C’est cela le sens. Cela veut dire que Dieu a refermé leurs cœurs de sorte que la mécréance qui est contenue dans leurs cœurs ne va pas s’échapper, ils vont rester mécréants et la foi ne va pas pénétrer dans leurs cœurs. Le résultat est que leur cœur va être ténébreux, obscur et étroit dans le corps de cet esclave, de sorte qu’il ne va pas être croyant tant que cette obscurité réside dans son cœur. Le HaafiDH ibnou l-Jawziyy a dit : le cœur est le siège de la raison. Il a été appelé Qalb parce qu’il yataQallab, il change. Le cœur est le siège de la compréhension. Le cœur est ce morceau de chair qui a une forme conique qui est placé dans la partie gauche de la cage thoracique.

Dans le Qour’aan, Allaah ta^aalaa dit ce qui a pour sens : ne vont-ils pas se déplacer sur terre, n’ont-ils donc pas des cœurs par lesquels ils peuvent comprendre ou des oreilles par lesquelles ils peuvent entendre ? Dieu a fait que la compréhension a lieu par le cœur tout comme l’audition a lieu par l’oreille. Allaah nous apprend que leurs cœurs ont été scellés et Il a placé comme une couverture, une couche qui recouvre leur audition et leur vue. Al-baSar c’est la lumière des yeux, c’est ce par quoi la personne voit. Et al-baSiirah c’est la lumière du cœur, c’est ce qui permet d’apprendre et de comprendre. C’est comme si c’était deux caractéristiques que Dieu a créées, dans lesquelles il y a l’instrument qui permet de voir et de comprendre. Et al-ghichaawah c’est-à-dire une couverture, une fine couche sur quelque chose. Le chaykh, l’imam Abouu ManSouur fils de ^Aliyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : lorsque le mécréant n’a pas voulu entendre la parole de vérité, qu’il a refusé de l’entendre, lorsqu’il n’a pas observé son propre état, il n’a pas médité sur sa propre réalité ni à propos de la réalité des autres créatures, il n’aura pas vu les manifestations de l’entrée en existence. Regardons autour de nous, tout ce que nous voyons, ce sont des choses qui sont entrées en existence, elles n’existaient pas puis elles ont existé. Nous concluons après avoir vu l’existence de ces choses qui sont entrée en existence qu’il est indispensable qu’il y ait un créateur qui les a fait exister. Comme ce mécréant a refusé de faire cette réflexion-là, c’est comme si sur sa vue et son ouïe, il y a un voile, même si ce n’est pas au sens propre. Et ceci est une preuve que l’audition intervient ici.

Ils auront un châtiment éminent. Parfois il y a le mot « ^aDHiim » qu’on traduit par « éminent » et le mot « kabiir » qui est traduit par « grand ». Dans le verset c’est le mot « ^aDHiim » qui est employé. « Eminent » est le contraire de méprisable et « grand » est le contraire de « petit ». C’est comme si « éminent » est au-dessus de « grand » tout comme méprisable est plus petit que « petit ». Ici Dieu blâme ces mécréants qui n’ont pas fait cette réflexion. C’est comme si, sur leurs yeux, il y a une sorte de couverture, mais pas la couverture que les gens connaissent, c’est une couverture de ceux qui feignent ne pas voir les signes des versets de Dieu et ils auront des douleurs car ils vont subir un châtiment éminent dont Dieu seul sait la réalité.  

Information utile : le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a comparé le croyant à la tige d’une plante. Parfois le vent souffle et il la fait pencher et parfois il la laisse droite. Cela veut dire que le croyant dans ce bas-monde, il subit des épreuves. Voilà comment avaient vécu les prophètes. Celui qui étudie la biographie des prophètes, il verra qu’ils ont été fortement éprouvés. Il a comparé le mécréant au cèdre. Le cèdre est droit, il est fort parce que le vent ne le fait pas pencher, il est ferme comme une montagne. Mais quand il tombe, il tombe d’un seul coup. Ce n’est pas comme la plante qui est parfois inclinée, puis elle se redresse. Le Prophète a donc comparé le croyant à une tige qui , parfois est pliée par le vent et parfois, elle se redresse.

Versets 8 à 13.

Verset 8 : il y a parmi les gens ceux qui disent « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier » mais en réalité ce ne sont pas des croyants. Allaahou soubHaanahou wa ta^aalaa a débuté cette sourate en mentionnant ceux qui vouaient pour Dieu une adoration sincère, c’est-à-dire ceux qui n’adorent que Dieu et ne Lui attribuent pas d’associé, c’est-à-dire ceux dont les cœurs ont été conformes à leurs paroles. Ils disent qu’ils sont croyants et dans leurs cœurs, ils sont véritablement croyants. Puis Il a cité ceux qui sont mécréants, ceux qui sont mécréants par leur cœur et par leurs paroles c’est-à-dire qu’ils étaient mécréants dans leurs cœurs et ils disaient qu’ils étaient mécréants. Dans ce verset numéro 8, Allaah mentionne les hypocrites, ceux qui disent par leur langue qu’ils sont croyants mais leurs cœurs ne sont pas conformes à ce qu’ils disent. Et ce sont les plus mauvais, les plus malins parmi les mécréants, parce qu’en plus de la mécréance, ils ont rajouté la tromperie et la moquerie. C’est à leur sujet qu’a été descendu par révélation la parole de Allaah qui signifie : certes les hypocrites seront aux fins fonds de l’enfer.

EtMoujaahid que Dieu l’agrée a dit : il y a au début de cette sourate, 4 versets pour la mention des croyants puis 2 versets pour la mention des mécréants et 13 versets à propos des hypocrites. Allaah les a dévoilés pour leur reniement, leur malignité, leur impudence et Il les a cités par leur ignorance, Il les a rabaissés et les a surnommés sourds, muets, aveugles. Ceci au sens figuré : sourds parce qu’ils n’entendent pas la vérité, muets parce qu’ils ne disent pas la vérité (ils ne prononcent pas les deux témoignages) et aveugles parce qu’ils ne voient pas la vérité. Et Dieu les a qualifiés par des qualificatifs abominables.

Et la foi est définie comme suit : Ahlou s-sounnah a défini la foi par le fait de reconnaitre par la langue et croire par le cœur. Reconnaitre les deux témoignages et croire au sens des deux témoignages.

Verset 9 :  ils trompent le Messager de Dieu (car Dieu sait la réalité des choses, nul ne Le trompe) c’est-à-dire qu’ils donnent une apparence autre que ce qu’il y a dans leurs cœurs. L’apparence qu’ils donnent est qu’ils sont des croyants alors que dans leurs cœurs ce n’est pas le cas, donc ils dupent. La définition de la duperie c’est de montrer autre que ce qu’il y a dans le cœur. Et ils trompent ceux qui sont croyants. Ils donnent l’apparence qu’ils sont croyants, tout en ayant la mécréance dans leurs cœurs. Quel était leur intérêt dans cette hypocrisie ? C’est qu’ils ne soient pas combattus comme étaient combattus les autres mécréants. Et qu’il leur soit appliqué les lois relatives aux musulmans. Et d’obtenir une part des butins. Et d’autres raisons encore. Ces gens-là prononçaient les témoignages mais dans leurs cœurs, ils avaient de la mécréance. Du fait qu’ils prononçaient les témoignages, il leur est appliqué les jugements relatifs aux musulmans. Et ils obtiennent une part des butins. Et ils sont enterrés dans les cimetières des musulmans. Et il y a d’autres intérêts dans ce qu’ils font.

Et en réalité ils ne se dupent qu’eux-mêmes c’est-à-dire que si les croyants se comportant avec eux de cette manière, en réalité ils ne se trompent qu’eux-mêmes, parce que leur réalité se retournera contre eux. Leur réalité est qu’ils sont des mécréants. Et le châtiment qui est réservé aux mécréants va leur être appliqué. Quelle est la résultante de cette duperie ? C’est le châtiment dans l’au-delà et c’est eux qui vont le subir. Donc en réalité c’est comme s’ils se sont dupés eux-mêmes. Cette tromperie va les toucher eux uniquement, elle ne va pas toucher d’autres qu’eux.

Et ils ne s’en rendent pas compte. Ils ne le ressentent pas. Le ressenti c’est la perception des choses grâce aux sens. L’être humain ressent grâce à ses sens. Cette nuisance qui leur parvient est comme quelque chose qu’ils vont sentir. Et comme ils ne sentent pas qu’ils sont en train de se tromper eux-mêmes, c’est comme si le fait qu’ils persistent dans leur insouciance et leur hypocrisie, c’est comme si quelqu’un ne sentait pas. Car la réalité de cette tromperie est un châtiment pour eux.

Verset 10 : il y a dans leurs cœurs une maladie. C’est-à-dire le doute concernant la véracité de cette foi et l’hypocrisie. Parce que le doute est l’hésitation entre deux choses et l’hypocrite est quelqu’un qui est dans l’hésitation. Dieu a fait qu’il y a dans leurs cœurs une maladie, c’est-à-dire une faiblesse qui les prive de victoire, une impuissance qui les prive de pouvoir et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal en raison de leur mensonge. Ils ont menti quand ils ont dit : « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier ». La définition du mensonge est toute information à propos d’une chose contrairement à sa réalité.

Versets 11 : et s’il leur est dit « ne semez pas la corruption sur terre ». La corruption -al-façaad- c’est faire en sorte qu’une chose soit dans autre que son état de droiture, dans un état autre que ce qui est profitable. Et c’est le contraire de la chose qui est correcte – aS-SalaaH- la vertu qui est le fait d’être dans un état de droiture avec un profit. La corruption sur terre, ici c’est-à-dire la provocation des guerres et des zizanies ce qui entraine le délaissement de la droiture pour l’état des gens, pour les plantations et en général pour tout ce qui est bénéfique, religieusement et dans le bas monde. Quelle était la corruption des hypocrites sur terre ? C’est qu’ils se rapprochaient des mécréants et les remontaient (incitaient au mal) contre les musulmans, en divulguant leurs secrets et en les entrainant contre les musulmans, ce qui provoquait la zizanie entre eux.

Ils répondent : mais nous, nous sommes au contraire des gens qui réparons et corrigeons. Ils disent : nous sommes des gens qui rapprochent les croyants et les mécréants. Ils prétendent que cette caractéristique de conciliation leur est acquise, sans aucun doute d’aucune manière que ce soit et qu’il n’y a pas de corruption dans ce qu’ils font.

Verset 12 : en réalité ce sont eux les corrupteurs mais ils ne s’en rendent pas compte. Dieu leur a répliqué : ils ne se rendent pas compte que ce sont des corrupteurs, Il leur a répliqué contre leur prétention que ce sont des gens qui corrigent, des gens qui veulent le bien, d’une manière très éloquente, qui indique qu’ils méritent un grand châtiment.

Verset 13 : s’il leur est dit « soyez croyants tout comme les gens l’ont été » c’est-à-dire « ayez foi en Dieu et en Son Messager tout comme les gens ont été croyants ». Le conseil leur a été donné à ces hypocrites à deux reprises dans les versets 11 et 13 de deux points de vue : le premier afin qu’ils se rendent compte combien est laide leur position, combien elle est loin de la vérité et elle entraine à la corruption. Et le deuxième c’est de leur faire prendre conscience du bienfait de revenir sur leur position et d’être croyants tout comme les gens sont croyants. C’est pour leur montrer le chemin le plus droit pour eux, le meilleur chemin pour eux et pour ceux qui sont dotés de raison, qui est de croire en Dieu et en Son Messager. Mais leur réponse est qu’ils ont préféré rester sur leur ignorance et ils ont accusé ceux qui leur ont donné le conseil de stupides. Il y a dans ce verset une incitation à la patience pour celui qui est savant face à la réaction des ignorants. Tout comme les gens ont cru : ici il s’agit du Messager ^alayhi S-Salaat wa s-salaam et ceux qui étaient avec lui.

Ils ont dit : voulez-vous que nous soyons croyants comme les gens stupides l’ont été ? Ils les ont jugés idiots alors que ce sont eux qui sont censés.  Donc ces hypocrites, en raison de leur ignorance, ils ont cru que la voie qu’ils suivaient était la vérité et que tout autre que cette voie était fausse. Et celui qui a adhéré au faux est quelqu’un de stupide. La stupidité est un manque dans la raison, une légèreté dans la raison.

En réalité, ce sont eux les stupides mais ils ne s’en rendent pas compte. Que Dieu nous préserve du mauvais état.  

Informations utiles : le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : pharaon a vécu 400 années sans avoir un seul mal de tête, ni une douleur ni une fièvre. Tellement il était imbu de lui-même qu’il a dit aux gens : « je suis votre seigneurs suprême » c’est-à-dire qu’il était au-dessus de tous. Lorsqu’il s’est engagé dans la mer pour rattraper Mouçaa et son peuple, il a fait partie des noyés. Allaah ta^aalaa donne du répit et Il ne néglige pas. 400 années ç’est beaucoup mais c’est quoi par rapport à l’au-delà qui n’a pas de fin ? Rien du tout. Il n’a pas eu de mal de tête, il n’a pas eu de fièvre mais à quoi ça lui servira quand il sera en enfer ? Celui qui était mécréant et qui a eu le plus de félicités dans ce bas-monde, une fois qu’il sera plongé en enfer, il lui sera dit : est-ce que tu as goûté à un bien ? il dira : rien du tout. Il oubliera tout, tout. C’est pour cela que c’est un mauvais calcul ceux qui courent après ce bas-monde et qui n’ouvrent pas pour l’au-delà. Parce que le bas-monde, quelle que soit sa longueur, quelques soient les épreuves, il a une fin. Alors que l’au-delà n’a pas de fin. Celui qui est intelligent est celui qui œuvre pour ce qui n’a pas de fin. Il ne va pas oublier ce qui n’a pas de fin pour investir dans ce qui a une fin.

On raconte à propos de quelqu’un dont le cœur s’endurcissait qu’il avait fait creuser sa tombe chez lui dans sa maison. Pour adoucir son cœur, il descendait dans sa tombe et il restait quelques temps. Comme cela, ça lui rappelle qu’en fin de compte, il va y aller. C’est un moyen pour adoucir le cœur.

L’homme est appelé « insaane » car il oublie beaucoup. Que Dieu fasse que nous ayons présent dans notre cœur la crainte de Dieu, une crainte qui nous mène à accomplir les devoirs et éviter les péchés et à ne pas tomber dans l’insouciance. Que Dieu nous donne la force d’accomplir tous les devoirs et d’éviter tous les péchés.

Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit pour montrer l’éminence du savant : Jésus fils de Marie, que Dieu l’honore et l’augmente en degrés, lui et notre Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il a décrit les savants de la communauté du prophète que Dieu lui fasse miséricorde parce que Jésus, tout comme les prophètes qui l’ont précédé, ont tous su, Dieu leur a fait savoir qu’il y aura un dernier prophète qui s’appelle Mouhammad. Et il a parlé de la communauté de notre maitre MouHammad et il a dit : les savants de cette communauté sont des savants qui sont indulgents, qui sont bienfaisants et pieux. (L’indulgence c’est la patience face à la nuisance). Tellement ils ont de la science qu’on dirait des prophètes.

Rapporté par Abouu Nou^aym dans son livre « al-Hiliah »

Verset 14 : lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent nous sommes croyants. Ils dénigraient les croyants, ils faisaient croire qu’ils étaient avec eux, comme s’ils étaient des amis.

Et lorsqu’ils se retrouvent seuls avec leur chaytan. C’est lorsqu’ils ne sont pas en présence des autres mais qu’ils se retrouvent seuls avec leur chaytan, ici c’est une métaphore, c’est -à-dire ceux qui étaient comme les véritables chaytanes, qui ont été en accord avec leur chaytan, c’est-à-dire les yahouud, les mécréants des descendants de Israa’iil.

Ils leur disent : non, en réalité nous sommes avec vous. Ici il y a une explication : ils ont utilisé une figure de style quand ils se sont adressés aux croyants et une autre figure de style quand ils se sont adressés aux mécréants, pour indiquer qu’ils ne pouvaient pas montrer leur réalité puisque ce sont des hypocrites qui vivent parmi les musulmans. Ils vivaient à Médine entre les émigrants et les partisans. Ce sont des gens qui voulaient faire croire aux croyants qu’ils étaient comme eux alors qu’en réalité ils ne l’étaient pas et quand ils se retrouvaient seuls avec les mécréants, ils leur faisaient croire qu’ils étaient avec eux et c’était vrai avec eux.

Et nous ne faisions que nous moquer des croyants. C’est pour insister sur la première partie et montrer qu’ils étaient sur la religion des yahouud. Ceci est une réfutation de l’islam. Ces gens-là rejetaient l’islam. Ils repoussent l’éventualité qu’ils soient sur l‘islam. Parce que celui qui dénigre une chose, il la renie et il repousse le fait qu’il la prend en compte. Celui qui rejette une chose et s’en moque, c’est une insistance au-delà du simple rejet. Ils repoussent le fait d’être croyants donc cela confirme le fait qu’ils soient mécréants. Donc repousser le contraire d’une chose confirme ce contraire.

Verset 15 : Dieu les rétribue pour leur moquerie (on ne dit pas que Dieu se moque d’eux). Même si la rétribution de leur moquerie a été appelée « istihzaa’ » qui est le même mot, c’est pour indiquer que Dieu les punira mais le sens propre de l’istihzaa’ n’est pas possible au sujet de Dieu parce que la moquerie est motivée par l’absurdité et Dieu est exempt de l’absurdité. Dans le fait d’appeler leur punition du même nom que ce qu’ils ont fait, c’est pour dire que ce que Dieu leur fera parvenir, c’est le summum qui puisse leur arriver comme punition, humiliation et rabaissement.

Comme les punitions et le châtiment que Dieu leur fait subir s’abattent sur eux étapes par vagues (ils ont une épreuve puis une autre puis une autre)

Dieu leur donne du répit dans leur mécréance, ils s’enfoncent encore et encore. Avec le temps, Dieu leur donne du répit et ils augmentent avec leur mécréance, ils s’enfoncent davantage.

Verset 16 : ils ont acheté l’égarement en payant la bonne guidée. Ils ont échangé la bonne guidée par l’égarement, ils ont choisi l’égarement au lieu de choisir la bonne guidée. Pourquoi ont-ils fait cela alors qu’ils n’étaient même pas sur la bonne guidée ? Parce qu’ils vivaient avec des gens qui étaient croyants et eux, étaient mécréants. L’égarement est un mot qui indique quelqu’un qui a perdu son chemin. Ces gens-là n’ont pas suivi le chemin qui mène à la bonne guidée.

Leur commerce n’est pas gagnant. Le bénéfice est ce qui est au-delà du capital.Le commerce est l’activité du commerçant qui est celui qui achète et qui revend dans l’objectif de faire du bénéfice. Ici, attribuer un bénéfice suite à un commerce est dans un sens figuré. Ils n’ont pas fait de bénéfice. Le début du verset est au sens figuré et la suite également. C’est pour insister qu’il s’agit d’un sens figuré et non pas d’un sens propre.

Et ils n’ont pas été bien guidés. Ils n’ont pas connu les voies correctes du commerce parce que les commerçants qui savent gérer leur commerce, savent ce qui risque d’entrainer des bénéfices ou des pertes. Ils n’ont pas su gérer. Le sens est que le commerçant veille à préserver son capital et à faire du bénéfice. Mais eux, ils n’ont eu aucun des deux.   Le capital c’est la bonne guidée de l’islam. Or, eux, ils ont choisi l’égarement, donc ils n’ont pas de capital. S’il ne leur est resté que l’égarement, on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bénéfice, même s’ils ont obtenu certaines choses du bas monde. Parce que celui qui arrive à sauvegarder son capital, c’est comme s’il n’a pas eu de pertes. Le capital du musulman c’est la croyance du Prophète et des compagnons.  Et grâce à Dieu, cette croyance des sunnites, elle est encore en nous. La majorité de ceux qui se disent musulmans, que ce soit en Afrique ou en Asie, en Amérique, ils sont encore sur cette croyance, la croyance du Prophète et de ses compagnons. Même s’il y a un manque dans les pratiques. Il y a un relâchement dans les pratiques actuellement.

Verset 17 : leur exemple est comme celui qui a allumé un feu. Comme Il les a dévoilés dans les versets précédents, (eux, ils montraient qu’ils étaient avec les croyants), Dieu a fait suivre les versets suivants par un exemple pour augmenter en dévoilement et pour compléter cette présentation. Et les exemples aident beaucoup à dévoiler la réalité et la compréhension. Et le fait de donner des exemples est fréquent dans les livres célestes. Il y a même dans l’évangile authentique tout un chapitre qui s’appelle les exemples. L’origine du mot « mithl » c’est-à-dire « le semblable », c’est une situation semblable à cette situation-là. Si tu comprends cette situation et cette autre qui est semblable, et ainsi de suite, la première, tu vas bien la comprendre.

Leur état est comme celui qui a allumé un feu. An-Naçafiyy a dit que c’est une substance qui est impalpable mais notre chaykh a dit que le feu est une substance qui est palpable comme l’eau, sauf que sa lumière est impalpable.

Lorsque le feu a éclairé les alentours, Dieu a fait que cette lumière disparaisse. Et ce que Dieu fait disparaitre, nul ne peut le faire venir.

Il les a laissés dans une obscurité et ils ne voient pas. L’obscurité est le contraire de la lumière. Dans quelle mesure ressemblent-ils à celui qui a attisé un feu ? Après l’éclairage, ils se sont retrouvés dans l’obscurité. Après la bonne guidée, ils se sont retrouvés dans l’égarement. C’est vrai que l’hypocrite n’a jamais été dans la lumière. Il se débat dans l’obscurité de la mécréance. Comme ils n’ont pas été dans la bonne guidée, comment peut-on dire qu’ils ont profité d’une lumière ? Une première explication est qu’ils en ont un peu profité car, par la parole, ils disaient qu’ils étaient croyants. Une deuxième explication est que, après cette parole par laquelle ils prétendaient qu’ils étaient croyants, ils se sont retrouvés dans l’égarement de l’hypocrisie et donc dans l’obscurité de l’hypocrisie, qui, elle, entraine l’obscurité de la punition éternelle, puisque la punition du mécréant est un châtiment qui est sans fin, que Dieu nous en préserve.

Verset 18 : Allaah les a qualifiés d’être sourds, muets et aveugles. C’est-à-dire que leurs sens étaient sains, ils n’étaient pas, au sens propre, sourds, muets et aveugles. Mais lorsqu’ils ont refusé d’entendre la vérité et de la prononcer, ils ont refusé de prononcer les deux témoignages et ils ont refusé de la voir, donc ils ont été comparés à des gens qui sont sourds, muets et aveugles. Ils ne vont pas revenir à la bonne guidée après l’avoir délaissée.

Informations utiles :

1 – Abouu Ja^far aT-TaHaawiyy dit que Dieu a un ghaDab, Il a un riDaa mais pas comme les gens. On dit que Dieu a l’attribut de « al-ghaDab » mais on ne traduit pas par « colère ». On dit que Son ghaDab est un attribut qui n’est pas comme notre ghaDab. Le ghaDab de Dieu n’est pas comme une saute d’humeur. Nous, nous changeons d’humeur suite à des évènements.  Or Dieu ne change pas, Il n’a pas de sentiments. Alors que nous, nous avons ders sentiments. On dit au sujet du ghaDab de Dieu que c’est la volonté de châtier.

Et le riDaa de Dieu, ce n’est pas comme notre satisfaction, ce n’est pas un changement d’humeur. On dit au sujet du riDaa de Dieu qu’Il agrée, c’est la volonté de faire miséricorde, c’est la volonté de récompenser.

Donc tout ce qui peut figurer dans le Qour’aan ou dans le Hadiith, lorsque le sens apparent est qu’il surviendrait à Dieu un attribut qu’Il n’avait pas, ce sens apparent n’est pas à retenir. Mais on dit que Dieu a l’attribut de al-ghaDab et l’attribut de ar-riDaa qui sont des attributs de toute éternité.  On trouve dans le Qour’aan « raDiya l-Laahou ^anhoum » ce qui signifie que Dieu les agrée et « ghaDiba l-Laahou ^anhoum » ce qui signifie que Dieu a voulu pour eux un châtiment éternel.

2 – Boire de l’alcool est interdit. Dans sourate al-maa’idah les versets 90 et 91, Dieu cite certaines choses : l’alcool, les paris où la personne mise de l’argent et espère gagner, les idoles qu’ils adorent pour lesquelles il est donné des offrandes, des flèches sur lesquelles il est écrit « Dieu m’a ordonné telle chose », sur une autre « Dieu ne m’a pas ordonné telle chose et sur la troisième, il n’y a rien d’écrit. Puis ils faisaient un tirage : si c’était la troisième flèche qui était tirée, comme il n’y avait rien écrit dessus, ils la remettaient et ils tiraient à nouveau, jusqu’à ce qu’ils tirent une des deux premières flèches. Ces quatre choses -là ont été qualifiées de « rijls » ce qui signifie « une souillure ». La souillure est tout ce que l’âme répugne tout ce qui entraine chez la personne un rejet. C’est le chaytane qui incite à faire cela, c’est comme si c’était devenu son œuvre à lui.

Dans le verset, il est dit « évitez-le » ne faites pas ces choses-là. Dans ce verset, il y a une insistance sur l’interdiction de l’alcool et des paris d’argent et ceci, de plusieurs points de vue. En effet la phrase a commencé par « innama » qui est un terme qui indique l’insistance. Et Dieu a cité également dans cette énumération l’interdiction de l’adoration des idoles et troisièmement, Dieu les a qualifiés de souillures. Et quatrièmement, c’est l’œuvre du chaytane.  Et le chaytane, il ne provient de lui que du mal.

Puis Dieu a ordonné de les éviter et Il a qualifié le fait de les éviter comme étant une réussite. Et si le fait de les éviter est une réussite, alors le fait de les commettre est une perte.

La suite du verset signifie : le chaytane veut provoquer l’adversité et l’animosité entre vous par l’intermédiaire du vin et des paris d’argent et il veut vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière. Ici il y a l’évocation de ce qu’engendrent le vin et les paris d’argent, comme calamités, à savoir l’animosité, l’éloignement entre les gens qui boivent de l’alcool et qui font des paris d’argent et ce sont des choses qui mènent à se détourner de l’évocation de Dieu et à se détourner du respect des horaires de la prière. Et Il a cité la prière en particulier pour indiquer combien son degré est élevé. Et à la fin du verset il est dit ce qui signifie : allez-vous en finir. Ceci pour indiquer combien il y a de danger et combien il y a de causes pour se détourner de ces choses-là qui sont mauvaises. Avec tout ce qui vous a été énoncé comme raisons pour vous en détourner, allez-vous finalement être exhortés et cesser de les pratiquer une fois pour toutes ? Ce n’est pas un simple questionnaire où on peut choisir la réponse positive ou négative.

Verset 19 : Dieu compare l’islam à une pluie qui tombe à verse car la terre profite de la pluie tout comme les gens profitent de l’islam. Dieu a comparé la religion de l’islam à la pluie car les cœurs se revivifient grâce à l’islam, tout comme la terre se revivifie par la pluie. Et Il a comparé les mécréants à l’obscurité et le tonnerre et l’éclair à la menace du châtiment que subit le mécréant. Et Il a comparé ce qui atteint les mécréants comme terreur et épreuves subies de la part des musulmans par la foudre qui tombe sur eux. Ce qui est cité dans ces versets est l’analogie de personnes qui ont été prises sous une tempête et qui ont enduré ce qu’ils ont enduré de cette tempête (l’orage, l’éclair, la foudre) sauf qu’il n’est pas cité ce qui ressemble à quoi exactement. Dieu a décrit la situation dans laquelle se sont retrouvés les hypocrites dans leur égarement et l’hésitation et la surprise dans laquelle ils se débattent, Il l’a comparé à l’étonnement et l’épreuve qu’ils subissent quand quelqu’un a eu son feu qui s’est éteint alors qu’il l’avait attisé auparavant en plein milieu de la nuit. Imaginez quelqu’un en plein milieu de la nuit qui allume un feu qui l’éclaire puis qui s’éteint. Donc il se retrouve dans un tel désarroi à l’image de ces hypocrites qui ont vu la foi (c’est l’analogie avec la lumière qui les a éclairés) sauf qu’ils n’en ont pas profité, comme celui qui a éteint son feu en plein milieu de la nuit.

Et le deuxième exemple comme celui qui se retrouve en plein milieu de la nuit obscure dans une tempête avec de l’orage, des éclairs, la peur de la foudre. Donc c’est comme l’hypocrite qui s’est retrouvé en pleine nuit exposé à tout cela. Et le deuxième exemple est encore plus éloquent que le premier parce que la situation est plus éprouvante. Car celui qui voit son feu qui s’éteint pendant la nuit, c’est certes éprouvant mais c’est plus supportable que celui qui est exposé pendant une nuit obscure à une tempête effroyable. Ce deuxième exemple a été cité après le premier, pour montrer la progression de leur état, de leur épreuve la moins grave vers la plus grave. Ils progressent du plus simple au plus difficile.

Cela veut dire que le récit de l’état des hypocrites est semblable à ces deux scénarios qui ont été mentionnés. Le premier qui est celui dont le feu s’éteint dans la nuit et le deuxième qui est en pleine obscurité et qui est exposé au tonnerre, aux éclairs et à la foudre. Les deux exemples représentent de manière indépendante chacun des deux l’état des hypocrites. Mais on peut également les représenter avec les deux exemples.

Puis on explique quelques mots de vocabulaire : « aS-Sayyib » c’est la pluie qui se déverse en abondance et ce sont aussi les nuages qui sont appelés ainsi. Et dans ce verset, le mot « Sayyib » est indéterminé, employé dans une forme indéfinie pour indiquer que c’est une pluie abondante, tout comme le feu dans le premier exemple était indéfini également.

L’auteur explique la composition du point de vue de la grammaire arabe. La mention de aS-Sayyib et du ciel, en sachant que le Sayyib ne provient que du ciel, c’est que « as-samaa’ » est déterminé, contrairement au mot Sayyib : cela indique que le mot Sayyib ici, ce sont des nuages qui viennent de l’horizon du ciel et dans cette composition, il y a une exagération pour montrer la gravité de la situation tout comme le mot Sayyib est indéterminé. Il y a ici la preuve que les nuages viennent du ciel et que c’est de là que les nuages prennent leur eau.

Le mot « ra^d » est un son, que l’on traduit en français par « orage », c’est le son que l’on entend lorsque les nuages s’entrechoquent. Le mot « ra^d » désigne également un ange, l’ange qui conduit les nuages, tout comme dans le Hadiith rapporté par At-Tirmidhiyy. Cet ange conduit les nuages avec un miHraaQ : si on prend un bout d’étoffe et qu’on l’enroule, on frappe avec comme un fouet. Le Prophète a dit que ar-ra^d est un ange qui tient à la main un miHraaQ avec lequel il fouette les nuages pour les conduire d’une région à une autre.

Et le barQ c’est ce qui brille, c’est l’éclair. BaraQa signifie « briller ».

Il a qualifié « aS-Sayyib » par la noirceur. Il a fait que ces nuages soient un lieu pour l’obscurité et si c’est pendant la nuit, c’est une double obscurité. Et s’il était visé par le mot « aS-Sayyib » la pluie, alors cela indique que la pluie tombe à verse, les gouttes d’eau sont très rapprochées les unes des autres c’est là qu’il y a une obscurité en plus de l’obscurité de la nuit. Il a fait que les nuages, c’est là qu’il y a le tonnerre et l’éclair et si c’est la pluie qui est visée, également.

Il a cité ces trois éléments cités qui sont « aS-Sayyib », l’orage et le tonnerre.

Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles. Comme Il a cité le tonnerre, l’éclair et ce qui présage de leur intensité et de la gravité de cette situation, c’est comme si quelqu’un disait : comment étaient-ils dans pareille situation ?  La réponse est : ils mettaient leurs doigts dans leurs oreilles tellement le bruit était fort. Il a cité les doigts mais pas les phalanges. Et généralement ce qu’on met dans les oreilles, c’est l’extrémité du doigt. Ici le doigt a été cité par extrapolation car dans le fait de citer les doigts, il y a une exagération qu’il n’y a pas dans les phalanges. À cause de l’intensité de la foudre, ils placent leurs doigts dans leurs oreilles. Et la foudre est un éclat d’orage dans lequel il y a une quantité de feu qui descend. Lorsque les nuages sont frottés l’un contre l’autre, il se produit un feu très puissant qui ne touche pas une seule chose sans qu’elle ne le foudroie, sauf que ce feu-là, malgré son intensité, il ne dure pas longtemps. C’est-à-dire que s’il ne trouve pas quelque chose à consumer, il s’éteint rapidement. On dit que la foudre s’est abattue sur un palmier, elle en a brûlé la moitié puis elle s’est éteinte.

Par crainte de la foudre et de la mort. La mort est la détérioration de l’état du vivant ou c’est un état dans lequel on n’a plus de perception. C’est un état qui fait suite à l’état de la vie.

Et les mécréants sont sous la puissance de Dieu. Ils n’arrivent pas à faire ce que Dieu ne veut pas. Tout ce qu’ils font est par la volonté et la puissance de Dieu. A l’image de celui qui est entouré, il ne peut pas faire plus que ce qui l’entoure

Verset 20 : l’éclair a failli arracher leur regard. Chaque fois qu’il y a un éclair, ils marchent à la lumière de cet éclair

C’est comme si cette partie du verset est une réponse à celui qui pose la question Et concernant l’éclair comment faisaient-ils ? Comment font-ils entre le moment où il y a un éclair et le moment où il n’y a pas d’éclair ? Ici, c’est une métaphore qui indique la gravité de l’état des hypocrites : leur état est similaire à la gravité qui est endurée par ceux qui sont sous cette pluie. Et la profonde hésitation. Leur état est semblable à ces gens qui sont exposés à cette tempête et leur profonde hésitation et leur ignorance entre ce qu’il faut qu’ils fassent et ce qu’il faut qu’ils délaissent. Lorsqu’il y a un éclat de l’éclair, bien qu’ils aient peur que cela les aveugle (que ça leur enlève la vue), ils profitent de cet éclair pour faire quelques petits pas. Et lorsque la lumière de l’éclair s’estompe, ils s’arrêtent et n’avancent plus. Chaque fois qu’il y a une lumière qui éclaire leur chemin, ils prennent ce chemin.

Puis l’auteur explique les nuances de la marche. La marche est le déplacement de la personne à un rythme habituel. Si la marche devient rapide, ça devient un « sa^y » (ce mot -là nous rappelle les trajets entre aS-Safaa’ et al-marwah). Et si elle est encore plus rapide, ça devient un « ^aDou^ », une course. Ibnou l-Jawziyy, ce grand savant hanbalite a dit dans son exégèse : les savants ont divergé sur l’explication de cette phrase « koullamaa ‘aDaa’a lahoum macha’ou fiihi » (chaque fois qu’il leur éclaire, ils marchent). Il y a quatre explications à ce sujet :

1/ Chaque fois que le Qour’aan leur parvient par ce qu’ils aiment, alors ils suivent ce qu’il y a dans le Qour’aan. C’est ce qui a été rapporté par ibnou ^Abbaas et aS-Souddiyy.

Et lorsqu’il n’y a plus d’éclair, ils s’arrêtent. Ils n’ont plus ce qui leur permet d’avancer, de savoir où marcher.

Et si Dieu veut, Il leur aurait fait perdre leur ouïe (par le bruit du tonnerre. Si Dieu avait voulu les rendre sourds, Il aurait pu les rendre sourds) et leur vue (par l’éclair)

Certes Allaah est sur toute chose tout puissant.

Récapitulatif : jusqu’à ce verset 20 de sourate al-baQarah, Allaah a énuméré les groupes de personnes responsables : ce sont les croyants, les mécréants et les hypocrites. Il a cité les caractéristiques de tout un chacun. Il a cité leur état et Il a cité ce qui est spécifique à chaque groupe, des choses qui les réjouissent ou qui les chagrinent. Puis il y a une introduction de ce qui vient après et Dieu s’adresse aux gens de La Mecque.

Verset 21 : ^AlQamah a dit : chaque fois qu’il y a dans le Qour’aan la parole « yaa ‘ayyouha n-naas », « ô vous les gens », cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs. Et chaque fois qu’il y a dans un verset « yaa ‘ayyouha l-ladhiina ‘aamanouu » qui signifie « ô vous qui êtres croyants », c’est une parole qui s’adresse aux gens de Médine. Et le terme « yaa » est une Harf qui est utilisée pour appeler quelqu’un qui est éloigné. Alors que pour appeler quelqu’un qui est proche, on utilise le terme « a » ou bien « ay » : on va dire par exemple « aSalaaH » ou « aySalaaH » pour appeler celui qui est proche.

Puis le terme « yaa » a été utilisé par extension pour celui qui est « dans les nuages » comme quelqu’un qui s’est assoupi par exemple, même s’il est proche. Comme il a la tête ailleurs, ila été comparé à celui qui a été éloigné. Donc si quelqu’un de proche est appelé par le terme « yaa » c’est pour indiquer que la parole qui va suivre, il convient d’y prêter une attention particulière. C’est une insistance pour que la personne appelée accorde une attention particulière à cette parole.

Nous voyons ici l’importance d’apprendre la langue arabe qui est la langue fondamentale pour la compréhension des textes du Qour’aan et du Hadiith.

Et dans le Qour’aan, il y a souvent l’appel de cette manière, avec le terme « yaa », parce que Dieu adresse à Ses esclaves des ordres et des interdits, des promesses et des menaces.  Donc il s’agit de sujets éminents. C’est donc un devoir pour les esclaves d’être extrêmement attentionnés et vigilants concernant ce que Dieu leur adresse. Il ne convient pas d’être insouciant. C’est pour cela que le terme « yaa » est présent car la plupart des gens sont dans l’insouciance. Le terme « yaa » est pour attirer l’attention et susciter la vigilance.

Ibnou l-Jawziyy dans son exégèse a dit qu’il y a eu divergence entre les savants à propos de qui est visé par ce discours « yaa ‘ayyouha n-naas » (ô vous les gens), qu’il y a eu 4 avis :

1 / C’est général pour tous les gens : et c’est l’avis de ibnou ^Abbaas. Le terme « an-naas » est le nom de l’être vivant qui est un être humain, un descendant de ‘Aadam. Il a été appelé ainsi car il change de volonté et le mouvement se dit « naous ». Il a été dit aussi qu’il a été appelé « ounaas » qui vient de « an-niçyaane » qui signifie l’oubli. L’être humain oublie.

« Ou^boudouu Rabbakoum » peut signifier « Ô vous les gens, adorez votre Seigneur », c’est-à-dire « ayez foi en Son unicité ». Ibnou ^Abbaas, que Dieu l’agrée, a dit : chaque fois que le mot « ou^boudouu » est utilisé, cela signifie « ayez foi en l’unicité de Dieu ». Et « ou^boudouu Rabbakoum » peut avoir le sens de « obéissez à votre Seigneur ».

Ô vous les gens adorez votre Seigneur Qui vous a créés. Ces gens-là étaient des idolâtres, ils considéraient leurs idoles comme étant leur seigneur. Mais ici il est spécifié « Celui Qui vous a créés » pour ne pas confondre avec les autres. Même si eux, ils considéraient leurs idoles comme étant dignes d’être adorées, il leur est rappelé ici que c’est Dieu Qui a créé les gens. Et le fait de créer c’est de donner l’existence à ce qui n’existait pas.

Et dans la langue arabe, le mot « chay’ » n’est pas traduit uniquement par le mot « chose ». Car le mot « chay’ » signifie « ce qui existe ». Et c’est pour cela qu’il est valide à propos de Dieu de dire « chay’ ». Et dans le Qour’aan, il y a le mot « chay’ » qui a été employé au sujet de Dieu. Mais dans le langage courant, le mot « chay’ » est employé dans le sens d’une « chose »

Vous ainsi que ceux qui vous ont précédés. L’argument que Dieu leur a donné c’est qu’Il est leur Créateur et qu’Il est Le Créateur de ceux qui les ont précédés. Et ils avaient reconnu cela. Comme ils avaient reconnu cela, il leur a été dit : si vous reconnaissez cela, qu’Il est votre Créateur, alors adorez-le et n’adorez plus les idoles.

Puissiez-vous devenir pieux c’est-à-dire d’accomplir les devoirs et d’éviter les péchés. Et grâce à la piété, vous serez sauvés du châtiment. « La^allaa » traduit par « puissiez-vous » est dans le sens de l’espoir et de l’incitation. Comme c’est une incitation de la part de Celui Qui est généreux, ça a le sens d’une promesse qui sera réalisée sans aucun doute. C’est l’explication donnée par Siibaway qui est une des plus grandes références dans la grammaire arabe, alors que lui-même n’était pas arabe. Et KhouTroub, un autre spécialiste a dit que cela signifie « afin que (likay) vous soyez pieux ».

Informations utiles

* Dieu voit les choses visibles par Son attribut de voir, qui est de toute éternité. Nous, nous confirmons Ses attributs qu’Il S’est confirmé pour Lui-même dans les textes, comme l’existence, l’exemption de début, l’exemption de fin, la non -ressemblance avec ce qui entre en existence, l’unicité, la puissance, la science, la volonté, la vie, l’ouïe, la vue, la parole et le fait de faire exister qui est connu par la puissance. Ces treize attributs, c’est un devoir de les connaitre en détail pour toute personne responsable, pubère, saine d’esprit, homme ou femme.

L’existence de Dieu est de toute éternité, sans début ; quant à l’existence d’autre que Lui, elle a un début. Donc tout autre que Dieu est entré en existence, c’est Dieu Qui l’a fait exister. Si Dieu ne les avait pas fait exister, ces choses-là n’auraient pas existé.  Certains soufis disent : il n’y a d’existant par Lui-même que Dieu. Ils n’ont pas dit qu’il n’est d’existant que Dieu comme ceux qui croient en l’incarnation. Ils ont dit : nul autre que Dieu n’est de toute éternité.

* Oummou Salamah une des épouses du Prophète a dit : « j’ai entendu le Messager de Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam dire : il n’y a pas un seul esclave qui est touché par une épreuve et qui dit « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à la vie pour Son jugement. ô Allaah récompense-moi pour cette épreuve et remplace ce que j’ai perdu par cette épreuve par ce qui est meilleur « . Celui qui dit cela, Dieu lui remplace mieux que ce qu’il a perdu par cette épreuve et Il le récompense pour cette épreuve. C’est-à-dire qu’Il le récompense pour sa patience face à cette épreuve.

Elle a dit : « quand mon mari est mort, j’ai fait comme nous l’avait enseigné le messager de Dieu, j’ai dit « innaa lil-Laahi wa innaa ilayhi raaji^ouune Allaahoumma ajirnii fii mouSiibatii wa akhlif lii khayran minhaa ». Et elle a dit : Dieu m’a accordé meilleur que cela, Il m’a accordé le Messager de Dieu comme mari, Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam.

Verset 22 : Allaah est Celui Qui a fait que la terre soit pour vous comme un tapis sur lequel nous pouvons nous asseoir, sur lequel nous pouvons dormir et nous vivons notre vie dessus

Et que le ciel soit pour vous comme un toit. Dieu l’a préservé du fait de tomber et de détruire ce sur quoi il pourrait arriver.  Parce que si ce n’était Dieu Qui maintient le ciel dans sa position, celui-ci serait tombé et aurait détruit la terre.

Il est Celui Qui a fait tomber du ciel de l’eau c’est-à-dire la pluie

Et grâce à laquelle Dieu fait pousser des fruits. C’est Dieu Qui a fait qu’à partir de l’eau il y ait des fruits

En tant que subsistance pour vous. C’est-à-dire qu’à partir de l’eau, Dieu a fait qu’il y ait des fruits, par Sa toute-puissance, par Sa volonté et par Son acte de créer. Mais Il a fait que l’eau soit une cause pour que les fruits sortent, parce que Dieu est tout puissant à créer la totalité sans qu’il n’y ait d’eau. Tout comme l’eau du mâle est une cause pour qu’il y ait l’enfant, Dieu est tout puissant à créer la totalité sans cette eau. En effet le fait que Dieu fasse évoluer les choses d’un état à un autre de manière progressive, alors qu’Il est tout puissant à créer le fruit directement, sans passer par les différentes étapes de maturation comme le bourgeon, les feuilles, etc. Mais Dieu fait qu’il y ait toutes ces étapes pour une sagesse, pour qu’il y ait une moralité pour nous, pour nous inciter à raisonner et que cette réflexion nous amène à considérer la toute-puissance du Créateur. L’eau de l’homme est une cause par laquelle Dieu peut créer l’enfant mais ce n’est pas cette eau de l’homme qui crée l’enfant. Si Dieu avait voulu, Il aurait créé l’enfant sans qu’il y ait cette eau de l’homme, tout comme Il a créé notre maître Aadam sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père ni d’une mère et Il a créé Jésus sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père. Donc c’est Dieu Qui est le Créateur des causes et des effets.

Puis il y a une explication concernant le vocabulaire car en arabe, il peut y avoir un même mot qui a plusieurs formes de pluriels. Les fruits en question ici, c’est une forme de pluriel très particulière, c’est un pluriel de pluriel pour indiquer entre autres qu’il y en a beaucoup.

Alors n’attribuez pas des équivalents à Dieu. C’est un ordre de n’adorer que votre Seigneur, de ne pas Lui attribuer d’associé. Parce que la base même de l’adoration, c’est de croire en l’unicité de Celui Qui est adoré. Cette partie du verset commence par la lettre « fa » qui a le sens ici de « alors » c’est-à-dire que c’est la suite de ce qui est parvenu auparavant, c’est-à-dire : regardez ce que Dieu vous a accordé comme bienfaits, Il a fait que la terre soit pour vous comme un tapis, Il a fait que le ciel soit pour vous comme un toit, Il a fait descendre l’eau qui est une cause pour faire pousser des fruits qui sont une subsistance pour vous. Donc Dieu énumère certains bienfaits qu’Il nous a accordés et après, vient le terme « alors » qui indique : prenez cela en compte, réfléchissez et méditez et ne Lui attribuez pas d’associé car ce sont autant de preuves qui indiquent l’unicité de Dieu.   

Le mot « andaad » est le pluriel de « nidd » qui signifie « équivalent ». Et l’équivalent est celui qui peut se substituer à un autre. Et Dieu n’a pas d’équivalent, Il n’a pas qui peut se substituer à Lui ni qui est égal à Lui. Et Dieu n’a pas d’opposant, c’est-à-dire Il n’a pas qui a un pouvoir supérieur au Sien. « Wa laa nidd wa laa didd » signifie que Dieu n’a pas d’équivalent ni d’opposant.

Alors que vous savez (pertinemment). Ici il y a quelque chose qui est su et qui n’a pas été mentionné : il s’agit du fait qu’ils savent que les idoles ne créent absolument rien du tout. Vous savez pertinemment que les idoles ne donnent pas de subsistance, vous savez pertinemment que Dieu est Le Créateur, Celui Qui pourvoit. Donc attribuer des équivalents à Dieu, que ce soient des idoles ou le fait de faire une représentation de Dieu, de lui attribuer un fils, c’est le summum de l’ignorance.

Dieu, dans ces versets, a énuméré les preuves qui indiquent et confirment Son Unicité et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. D’abord Dieu a créé les humains et a fait d’eux des êtres vivants. Il les a dotés de capacités. Il a créé la terre qui est pour eux un abri, sur laquelle ils se sont établis. Et Il a créé le ciel qui est comme une tente qui est attachée et Dieu a fait que le ciel est à l’image de l’homme qui introduit l’eau dans la terre qui porte et donne les fruits, tout cela en tant que subsistance pour les humains. Ce sont des preuves qui indiquent l’unicité de Dieu et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. Parce qu’aucune des créatures n’a la capacité de créer ce qui a été énuméré jusqu’ici. Aucune créature n’a la capacité de créer ni une terre ni un ciel ni une pluie ni des fruits.

Après cette première partie introductive, Dieu a fait suivre par le rappel de ce qui confirme le statut de prophète de MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et ce qui prouve le caractère miraculeux du Qour’aan. Car le Qour’aan est un défi, c’est un défi que les associateurs n’ont pas pu relever et que personne, jusqu’à aujourd’hui ne peut relever. Par le Qour’aan, Dieu a défié les associateurs. S’ils avaient été capables de relever le défi, ils n’auraient pas eu recours au combat. S’ils avaient pu composer un texte pour relever le défi que constitue le Qour’aan, ils se seraient suffi de cela. Pourquoi auraient-ils eu recours au combat ?

Verset 23 : et si vous avez le doute concernant ce que Nous avons révélé à votre esclave, (c’est-à-dire MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés). Le mot « ^abd » que l’on traduit en français par « esclave » désigne ce qui appartient et qui est doté de raison. Donc nous sommes des esclaves de Dieu parce que nous appartenons à Dieu. Et il peut y avoir un esclave qui appartient à un humain. Donc on n’appelle pas les animaux des esclaves parce qu’ils ne sont pas dotés de raison. Donc les esclaves, ce sont les humains, les jinns et les anges. Les humains sont des esclaves de Dieu, les jinns sont des esclaves de Dieu et les anges sont des esclaves de Dieu, parce qu’ils sont dotés de raison. Et ceux qui sont du même ordre qu’eux comme les femmes du paradis qu’on appelle « al-houurou l-^iin » et les serviteurs du paradis. Dieu a créé des serviteurs qui ont l’aspect humain mais qui ne sont pas des descendants de Aadam. Ils ont l’aspect d’adolescents et chaque personne au paradis aura un grand nombre de ces serviteurs. Eux aussi sont dotés de raison.

Pour ce qui est des animaux, ils ont bien des âmes mais ils n’ont pas de raison. On les appelle créatures de Dieu. Le mot « créature » est plus large que le mot « esclave » parce que les esclaves de Dieu sont aussi des créatures de Dieu. La définition d’un esclave est : un être vivant doté de raison qui appartient à autrui. Dans ce verset il y a le verbe « nazzalnaa » qui signifie « faire descendre » et on peut aussi utiliser le verbe « anzalnaa ». Il y a des subtilités entre ces deux formes. La forme « nazzalnaa » est employée pour indiquer que la révélation du Qour’aan est progressive. Ce n’est pas tout le Livre qui est descendu en même temps au Prophète MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Mais la révélation du Qour’aan a eu lieu sur environ 23 années, depuis que le Prophète avait 40 ans jusqu’à ses 63 ans.

Les mécréants ont dit que si ce Livre provenait de Dieu, il ne serait pas descendu ainsi éparpillé, parfois des sourates entières, parfois des versets, selon les évènements, comme c’est le cas des poètes ou des orateurs, lorsqu’ils composent leurs textes, ils ne le font pas d’une seule traite. Ils ont dit que si c’était de la part de Dieu, il serait parvenu en une seule fois. Mais Dieu dit ce qui signifie : « et ceux qui ont mécru ont dit : pourquoi est-ce que le Qour’aan n’est pas descendu tout entier en une seule fois ? » Ils ont prétendu avoir trouvé un argument que ce ne serait pas de la part de Dieu parce que le Livre du Qour’aan n’est pas parvenu d’un seul bloc, tout entier. Et le verset 23 de sourate al-baQarah est une réplique à cette interrogation. Il a été dit : « si vous doutez à propos de ce qui est parvenu par révélation, de cette façon qui est progressive, à Notre esclave, c’est-à-dire à maître MouHammad, alors amenez donc une sourate équivalente ». Le défi est que les mécréants composent une seule sourate, un chapitre de la taille du plus petit chapitre du Qour’aan si vous en êtes capables. Et ceci correspond à un chapitre qui est composé d’au moins trois versets.

Le mot « souurah » en arabe, soit il vient de « souur » d’une ville qui est ce qui entoure une ville c’est-à-dire ses remparts ceci pour dire qu’il s’agit d’un texte qui est bordé, qui a une délimitation ou bien pour dire que ce texte comporte plusieurs informations utiles tout comme les remparts d’une ville englobent ce qu’il y a dans cette ville. Une autre explication du mot « souurah » est dans le sens du degré parce que ce chapitre du Qour’aan est comme un niveau, un degré que la personne va atteindre progressivement. La personne va lire une sourate puis une autre et ainsi de suite : c’est comme si la personne passe d’un degré à un autre. Et les sourates du Qour’aan sont classées, il y a celles qui sont longues, celles qui sont moyennes, celles qui sont courtes. Ou encore pour expliquer le haut degré de ces sourates dans la religion. Une autre explication est le mot « sou’rah » qui est une part, une partie du Qour’aan.

Quel est l’intérêt que le Qour’aan soit composé de plusieurs sourates ?  Il y a beaucoup d’intérêts, beaucoup de sagesses. Et c’est pour cela que Dieu a révélé les livres qu’Il a révélés : la torah, l’évangile, les psaumes, et tout ce que Dieu a révélé à Ses prophètes est classé ainsi par chapitres. Ce sont des chapitres qui se succèdent : les livres célestes sont ainsi. Une des sagesses est que quand un ensemble comporte plusieurs parties, c’est plus beau que si c’était d’un seul bloc. Une autre sagesse est que celui qui récite et termine la récitation d’une sourate puis qui entame un autre chapitre, cela va le motiver davantage, il va avoir plus d’ardeur pour attaquer le suivant. C’est ainsi que les récitateurs du Qour’aan ont eu cette classification en chapitres (en sourates) et de plus, le Qour’aan a été classé en quatre quarts, et en soixante Hizb et en trente jouz’. Par exemple, celui qui se fixe comme objectif de réciter tout le Qour’aan pendant le mois de ramaDaan, il se dit qu’il va réciter chaque jour un jouz’. Une autre sagesse est que celui qui va mémoriser le Qour’aan par cœur va être également motivé, il va accorder de la considération à ce qu’il a mémorisé et il va être encouragé pour poursuivre. Il y a un compagnon du Prophète qui s’appelle Anas ibnou Maalik qui a été le serviteur du Prophète depuis l’âge de dix ans. Sa mère, quand le Prophète est arrivé à Médine, elle lui a demandé de le garder à son service. Et Anas a passé les dix années que le Prophète a passées à Médine avec lui en étant à son service. Et le Prophète lui a fait beaucoup d’invocations et ainsi Anas a vécu longtemps, il a eu beaucoup d’enfants et il a été riche. Anas a dit : « quand l’un d’entre nous récitait sourate al-baQarah et sourate ‘aali-^Imraane, nous avions de la considération pour lui ». C’est à partir de là que les savants ont dit que, quand tu fais la prière, et que tu récites toute une sourate après la faatiHah, c’est mieux que si tu ne récitais que quelques versets.

Alors amenez une sourate semblable : en arabe il y a deux possibilités pour expliquer le mot semblable : soit cela concerne la similarité de la sourate ou alors cela concerne Notre esclave. Dans le cas où la similarité est avec la sourate, c’est-à-dire « amenez une sourate équivalente à ce texte, dans son éloquence, dans les informations qu’il comporte, dans le haut degré, dans la beauté du texte ». Dans le cas où la similarité concerne l’esclave (le Prophète) alors amenez un homme, comme notre maître MouHammad, qui ne sache ni lire ni écrire, qui n’a pas appris auprès des savants et qui amène un texte aussi beau que celui-là. Ici c’est un défi qui est lancé. Vous n’êtes pas capable d’amener un texte aussi beau, aussi impressionnant, aussi miraculeux que ce texte-là et vous n’êtes pas capable de trouver quelqu’un qui n’a jamais appris auprès de savants et qui vous amène un tel texte.

C’est la première explication qui a le plus d’arguments au niveau textuel, même si les deux explications au niveau de la langue, tiennent. Et ceci parce qu’il y a d’autres versets dans le Qour’aan qui ont le même sens. Dans certains versets, il est dit « amenez ne serait-ce qu’une sourate », dans d’autres versets, il est dit « amenez dix sourates » et dans certains versets, ils ne peuvent pas amener comme ce Qour’aan.

Et cette première explication est retenue car, du point de vue de la langue arabe, le style est meilleur, le fait de dire que ça se rapporte au texte et non pas au Prophète. Et le contexte depuis le début est à propos de ce qui a été révélé , c’est-à-dire le texte et non pas celui à qui il a été révélé.

Le sens global est : si vous doutez à propos du Qour’aan, s’il a bien été révélé de la part de Dieu, alors amenez donc un texte qui soit équivalent à une partie du Qour’aan.

Ici, si le pronom se rapportait au Prophète, comme c’est le cas dans la deuxième explication : si vous doutez que ce Qour’aan est bien révélé de la part de Dieu, alors amenez un homme qui soit comme MouHammad qui amène un texte semblable.

Et appelez ceux qui témoignent en votre faveur, d’autres que Dieu c’est-à-dire amenez ceux que vous considérez comme étant des divinités et que vous prétendez qu’ils seront témoins en votre faveur au jour du jugement, que vous êtes sur la vérité ou bien amenez qui témoigne en votre faveur que le texte que vous prétendez est comme le Qour’aan. C’est un défi lancé à ces gens-là qui doutent si le Qour’aan est révélé de la part de Dieu.

Si vous êtes véridiques dans votre prétention que le Qour’aan n’est pas de la part de Dieu, alors amenez un texte semblable et faites-vous aider par ceux que vous considérez comme étant votre dieu, c’est-à-dire les idoles que vous adorez. 

Conseil : d’après Jaabir ibnou Samourah, qui est un compagnon du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, il a dit : « le Messager de Dieu, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, gardait longtemps le silence, il ne parlait pas beaucoup. Et il ne riait pas beaucoup, son rire était juste un sourire ».

Et dans le Hadiith rapporté par ibnou Hibbaan, le Messager de Dieu Sala l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « garde-toi de rire beaucoup car cela va faire mourir le cœur ». Cela signifie que le cœur de celui qui rit beaucoup devient corrompu et il n’inspire plus de respect. C’est pour cela que le fait de trop rire n’est pas recommandé.

Information utile :il n’est pas permis de suivre les habitudes des non musulmans, c’est-à-dire ce qui leur est spécifique.  Le fait de fêter les anniversaires, la prétendue fête des mères ou du mariage ou ce qu’ils appellent la St Valentin, tout ceci ne fait pas partie des habitudes des musulmans, donc ce n’est pas licite.   

Verset 24 : Si vous ne le faites pas et vous ne le ferez pas alors protégez-vous d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres

Après leur avoir indiqué les moyens qui permettent de reconnaitre la véracité du Prophète, il leur a dit : si vous n’êtes pas capable d’opposer au Qour’aan quoi que ce soit de semblable, (parce qu’ils ont essayé mais ils n’ont pas pu) et que votre impuissance est avérée, c’est la preuve qu’il s’agit bien d’un miracle, alors c’est un devoir pour vous de croire en la véracité du Prophète. Alors croyez en lui et craignez un châtiment qui est réservé pour ceux qui ont démenti et qui se sont entêtés.

Si vous ne le faites pas signifie : si vous n’amenez pas un texte équivalent au Qour’aan. Et vous ne le ferez pas.

Il y a en cela deux preuves de la confirmation du statut de prophète de notre maître MouHammad Salla l -Laahou ^alayhi wa sallam. La première est que ce par quoi Dieu les a défiés est bien un miracle qui prouve leur impuissance à amener quoi que ce soit de semblable.  Et il s’agit du Qour’aan. La deuxième est que Dieu les informe qu’ils ne pourront pas amener un texte semblable dans le futur. Et ceci est un ghayb c’est-à-dire une chose cachée, que seul Dieu sait. Ghayb, ghaaba, signifie « absent », c’est-à-dire pour nous, une chose que nous ne savons pas. Soit ce sont des choses cachées, ou bien des choses qui auront lieu dans le futur ou bien qui ont eu lieu dans le passé. Et Dieu sait tout le ghayb.

Wa Qouudouha n-naaçou wal-Hijaarah : craignez ce feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres. Ce feu a une particularité, il se distingue des autres feux. C’est que ce feu est attisé par des gens et de la pierre qui s’y trouve, ce feu augmente en chaleur par les gens qui y sont jetés et par la pierre qui est du soufre. Le soufre prend feu plus facilement et il s’éteint plus lentement. Il a aussi une plus mauvaise odeur. Et il imprègne le corps. Il y a une autre explication pour la pierre : il s’agit des idoles qu’ils adoraient. Et c’est pour augmenter leur regret parce qu’ils vont se retrouver à brûler avec elles.

Dieu a joint dans ce verset la mention des gens avec la pierre parce qu’eux-mêmes se sont joints à elle, ils l’ont adorée. Et ils ont faits des idoles des équivalents à Dieu.  Comme dans le verset qui signifie : « certes vous et ce que vous adorez, autre que Dieu, vous serez le combustible de l’enfer ». Dans ce verset, Dieu les a joints à ces idoles qu’ils adoraient. Ils seront des combustibles pour l’enfer et ceci est pour les blâmer encore plus.

Dans la période antéislamique (avant la révélation à notre maitre MouHammad) qui était une période d’obscurantisme, ils avaient des pratiques très laides, ils enterraient leurs filles vivantes. Cela ne veut pas dire que l’islam est venu pour la première fois avec notre maître MouHammad. L’islam est la religion de tous les prophètes. Depuis Aadam jusqu’au prophète MouHammad, la religion est l’islam. Peu avant la venue de notre maitre MouHammad, l’islam a disparu sur terre. Donc les Arabes avaient des pratiques d’obscurantisme comme le fait d’enterrer les filles vivantes à leur naissance ou le fait d’adorer une pierre. Puis lorsqu’ils trouvaient une pierre plus jolie que la première, ils la jetaient et se mettaient à adorer la seconde. Et c’est pour cela que Dieu a révélé Sa parole qui signifie : « vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité ». C’est-à-dire ce vers quoi son âme penche.

Le feu a été préparé pour les mécréants. C’est-à-dire que le feu de l’enfer existe déjà, tout comme le paradis existe déjà. Et Dieu sait combien de personnes vont aller en enfer et combien de personnes vont aller au paradis. Et Dieu a réservé pour chacun son emplacement, parce que Dieu, rien n’échappe à sa science. Cette phrase « ou^iddat lil-kaafiriine » est à la voix passive -le feu a été préparé pour les mécréants- c’est donc une preuve que l’enfer existe actuellement et non pas comme le prétend un homme qui s’appelle Jahm fils de Safwaane qui prétend que l’enfer sera créé dans le futur. Cet homme est le dirigeant des Jahmites qui est un groupe égaré qui a disparu actuellement. D’ailleurs les savants ont répertorié les groupes égarés comme Abouu ManSouur at-Tamimiyy dans son livre « al-farQou bayna l-firaaQ ». Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : “ma communauté va se diviser en 73 groupes, tous iront en enfer sauf un seul c’est le groupe majoritaire ». Et le groupe majoritaire ce sont les sunnites. Ils ont une bonne croyance même s’ils se sont relâchés concernant la pratique. Quant aux autres groupes, ils sont nombreux en termes de nombre de groupes, mais ils sont peu nombreux en termes d’adeptes, par rapport au groupe majoritaire. Et ils iront en enfer à cause de leur mauvaise croyance.

Le Prophète a parlé d’un groupe qui s’appelle les khawaarij. L’un d’entre vous trouvera qu’il ne fait pas beaucoup de prières ni de jours de jeûne par rapport à eux. Et pourtant le Prophète a dit que l’un d’entre eux sort de la religion tout comme une flèche transperce sa cible et il a dit que s’il les trouve, il les tuera. Selon l’apparence, on voit que leur comportement est rigoureux mais en réalité, leur croyance est mauvaise. On en trouve encore à notre époque.

Donc Jahm ibnou Safwaane est un fondateur d’un de ces groupes égarés et il a été exécuté à l’époque des Omeyyades. Une fois, il a été interrogé au sujet de Dieu. Il n’a pas trouvé de réponse, il s’est retiré pendant quelques jours puis quand il est revenu, il a dit : « Dieu, c’est l’air, Il est partout, sur tout et avec tout ». Et il a prononcé d’autres paroles de mécréance. Mais nous, les sunnites, nous croyons que Dieu n’est pas un corps, donc Il n’est pas comme l’air. Dieu est un Etre Qui existe obligatoirement selon la raison parce que tout est une preuve de Son existence et nous ne connaissons pas Sa réalité. Il existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas concerné par les endroits car les endroits, c’est Lui Qui les créés. Avant l’existence des endroits, Dieu existe. Après la création des endroits, Il ne change pas. Et Dieu n’est pas concerné par le comment. Ce sont les créatures qui ont un comment, comme le fait d’être proche ou éloigné, en mouvement ou immobile. Dieu n’est pas un corps. Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Dieu a fait que dans le Qour’aan, Il cite des paroles d’encouragement et d’incitation à faire le bien avec des paroles de menace de châtiment. Ceci est pour motiver la personne à acquérir ce qui rapproche de l’objectif et pour démotiver la personne de commettre des péchés. Notre âme, elle est comme un enfant : si tu la laisses, elle va faire des bêtises. Elle a besoin d’être cadrée. Dans le Qour’aan, il y a ce cadrage.

Jusqu’au verset 23, il y a eu mention des mécréants, de leurs œuvres et de la menace de châtiment. Puis il y a eu la mention des croyants, de leurs œuvres et l’annonce de bonne nouvelle qui les attend.

Verset 25

Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres. Qui a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle ? Il s’agit du messager, notre maitre MouHammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. Il y a une deuxième explication : il s’agit de tout un chacun : tout un chacun a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle. L’auteur dit que cette explication est la meilleure parce qu’elle indique que ce sujet est éminent. Cette bonne nouvelle est quelque chose d’éminent. Puisque tout un chacun reçoit l’ordre de l’annoncer, c’est que c’est quelque chose de magnifique qui mérite d’être annoncé par tout le monde, par toux ceux qui ont la capacité de l’annoncer. L’annonce de bonne nouvelle est un seul mot en arabe – al-bichaarah – qui est le fait d’informer ce qui va entraîner la joie chez celui qui va être informé.

Parfois on trouve dans le Qour’aan ce même verbe – bichaarah – dans une menace aux mécréants « annonce-leur la bonne nouvelle d’un châtiment douloureux ». Or le châtiment douloureux n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une figure de style en arabe qui indique un surcroit de rabaissement à l’encontre de celui à qui le châtiment douloureux est annoncé. Tout comme un homme pourrait dire à son ennemi « je t’annonce la bonne nouvelle de la mort de tes descendants et le pillage de tes biens ». En réalité ce n’est pas une bonne nouvelle mais c’est pour l’humilier davantage.

« AS-SaaliHaat », c’est tout ce qui est correct parmi les œuvres. Les jugements de valeur que nous émettons sont conformes à ce que notre Prophète nous a transmis. Et il parle suite à la révélation de Dieu. Si le Prophète nous dit que telle chose est bonne, alors elle est bonne. S’il nous dit que telle chose est mauvaise, alors nous disons qu’elle est mauvaise parce qu’il sait mieux que nous notre propre intérêt. Les règles de la religion ont été enseignées par Dieu au Prophète qui nous les a enseignées et nous les appliquons. Et cela montre la force de la personne à contraindre ses passions, c’est un exercice qui n’est pas facile. Cela montre la différence entre les gens : il y a ceux qui s’empressent à obéir, à contraindre leur âme et il y a ceux qui suivent leurs passions. Ceux qui suivent leurs passions ne sont pas les plus intelligents, ils ne sont pas les plus forts. Les plus forts sont ceux qui contraignent leurs âmes à suivre la loi du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Donc les bonnes œuvres sont ce qui est conforme à la sounnah en référence au Qour’aan et au Hadiith.

On ne dit pas pour autant que le croyant entrera au paradis même sans accomplir de bonnes œuvres sous prétexte que Dieu a annoncé la bonne nouvelle aux croyants parce que Dieu a fait que cette annonce de bonne nouvelle du paradis est pour les croyants qui ont accompli les bonnes œuvres. L’annonce de bonne nouvelle dans l’absolu est pour ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres.

Par contre les croyants qui commettent les grands péchés, ils n’ont pas cette annonce de bonne nouvelle dans l’absolu. Mais ils auront une annonce de bonne nouvelle conditionnée par la volonté de Dieu. Cela veut dire que ce musulman grand pécheur qui est chargé de grands péchés (il n’a pas fait le repentir avant de mourir), que va-t-il lui arriver ? Il y a deux cas : si Dieu veut, Il lui pardonne : Il le fait entrer au paradis sans châtiment préalable. Si Dieu veut, Il le châtie à hauteur de ses péchés, puis Il le fait entrer au paradis. Dans le Hadiith le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam nous a parlé du dernier musulman à entrer au paradis : il aura comme cette terre et dix fois encore. C’est pour cela que l’intelligent est celui qui dit : ça vaut la peine que je patiente ici pour accomplir les devoirs et éviter les péchés, pour être au nombre des gagnants dans l’au-delà.

Information utile : la foi englobe les œuvres. Et la foi augmente et diminue par ses caractéristiques et pas par sa réalité. La base de la foi n’augmente pas et ne diminue pas. Il s’agit de la croyance en Dieu et en Son Prophète. Si cette base diminue, ça devient du doute et le doute est contraire à la foi. Ce qui augmente et qui diminue, ce sont ses caractéristiques. Quand on accomplit les devoirs et qu’on évite les péchés, les caractéristiques de la foi augmentent.  Si on commet des péchés et qu’on délaisse certains devoirs, les caractéristiques de la foi diminuent.

Qu’ils auront des jardins. Ici -jannaat- signifie des jardins, des vergers. Le mot -jannaa- indique le sens de cacher et de couvrir et c’est la même origine que le mot -jinn-. Les jinns, on ne les voit pas. Et -al-jounooun- c’est la folie, ça concerne quelqu’un dont la raison est cachée. Et – al-janiine – c’est le fœtus qui est caché dans l’utérus de sa mère. Et – al-jounnah – c’est la protection, c’est un bouclier par exemple. « aS-Siyaamou jounnah » : le jeûne est une protection (contre le désir). Et le paradis est appelé – jannah – en raison de nombreux jinaanes qu’il y a dedans. Le paradis est déjà créé, en raison de la parole de Dieu qui signifie : « ô Aadam, habitez toi et ton épouse, au paradis et mangez ce que vous voulez mais ne touchez pas à cet arbre, sinon vous seriez injustes

Sous lesquels vont couler des rivières : à l’image des rivières qui coulent à proximité des arbres, des arbres qui poussent sur les bords de ces rivières dans le bas-monde. Donc il y a des rivières qui coulent au paradis ; mais elles ont une particularité. Les rivières du paradis coulent sans qu’il n’y ait de lit. Les plus beaux des vergers sont ceux qui ont des arbres qui font de l’ombre et dans lesquels l’eau est courante, pas stagnante. « An-Nahr » c’est une rivière (ou un fleuve), entre le ruisseau et la mer. Et on dit à propos du Nil que c’est le « nahr » de l’Egypte. Ce qui caractérise un verger, c’est qu’il comporte une rivière avec de l’eau qui coule et le fait que l’eau coule est un symbole de grande grâce et de grand bienfait. Et Dieu a cité cette spécificité des jardins avec des rivières qui coulent avant d’autres spécificités, en raison de l’importance de cette caractéristique-là. Il peut y avoir beaucoup de spécificités dans un verger mais Dieu a cité celle-là en premier, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des rivières qui coulent.

Information utile : les attributs de Dieu sont de deux catégories. Il y a les attributs de Dieu qu’il est un devoir pour toute personne responsable de connaître et il y a des attributs de Dieu qu’il n’est pas un devoir de connaitre en détail pour toute personne responsable, mais c’est une obligation collective de les connaitre. Tous les attributs de Dieu sont cités dans le Qour’aan, parmi les deux catégories que l’on vient de citer, que ce soit l’attribut lui-même ou bien sa signification.

Conseil : le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leur épouse. Et je suis le meilleur d’entre vous avec mes épouses ». Rapporté par At-Tirmidhiyy. Cela veut dire que c’est celui qui agit parfaitement avec son épouse. Celui qui agit avec son épouse avec modestie, avec tendresse, avec miséricorde, avec bienfaisance, avec le pardon, il fait partie des meilleurs des hommes. Parce que celui qui a un tel comportement avec son épouse, alors il aura forcément le même comportement avec les autres. Malheureusement beaucoup d’hommes ont un comportement contraire à ce qui est indiqué dans ce Hadiith. Il n’est pas modeste avec son épouse, il est hautain avec elle. Ceci n’est pas convenable. Il convient qu’il soit modeste avec son épouse, qu’il agisse avec bienfaisance avec elle, qu’il ferme les yeux, qu’il pardonne ses erreurs, qu’il ne réponde pas au mauvais comportement de son épouse par un mauvais comportement.

Chaque fois qu’il leur est accordé en subsistance c’est-à-dire concernant ce qu’il y a au paradis.  Quand il leur a été dit qu’il y a des jardins au paradis, alors celui qui entend va forcément imaginer qu’il y a des fruits au paradis, soit des fruits semblables aux fruits du bas monde, soit d’autres catégories de fruits. Il a été dit que ces fruits ressemblent aux fruits du bas monde, c’est-à-dire que leurs espèces sont semblables, même s’il y a une différence dans d’autres critères que Dieu sait. Cela veut dire que du point de vue de l’aspect de ces fruits, de la douceur du goût, de la bonne odeur, il n’y a pas de correspondance entre les deux, puisque les fruits du paradis dépassent de loin en beauté les fruits du bas-monde et leur goût est de loin meilleur et l’odeur est de loin meilleure. Mais les espèces sont la même.

De n’importe quel fruit : que ce soient des pommes, des grenades ou d’autres que cela, ils vont dire cela (la phrase qui va venir). Le terme « min » est employé deux fois : « minhaa, min thamarihim », c’est pour indiquer la provenance de cette subsistance. Et le premier « min » est pour indiquer que cette subsistance provient des jardins du paradis et à partir des jardins du paradis, ce sont des fruits. C’est comme si on dit à quelqu’un : un tel m’a donné une subsistance. Il te dit : à partir de quoi ? On répond : à partir de son jardin. Il te dit : de quel fruit de son jardin t’a-t-il donné ? Tu dis : des grenades. L’expression : min thamaratin : il ne s’agit pas d’un fruit unique, mais il s’agit du genre, c’est-à-dire des pommes, des grenades, …

Ils disent : voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant. Cela est une preuve que les fruits que nous avons reçus sont semblables aux fruits du bas monde par le genre.

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent. C’est comme lorsqu’on dit : Abouu Youuçouf c’est Abouu Haniifah. On veut dire par là qu’ils se ressemblent énormément. Et le pronom « bihi » se rapporte à la subsistance qui a été accordée, dans le bas monde et dans l’au-delà. Dans cette phrase il est fait mention de ce qu’ils ont eu comme subsistance dans les deux résidences, dans le bas-monde et dans l’au-delà. Et si les fruits du paradis sont semblables aux fruits du bas monde et qu’il ne s’agit pas de nouvelles espèces, c’est parce que l’homme est plus apaisé avec les choses auxquelles il est habitué. L’homme penche plus vers ce à quoi il a été habitué. Et si l’homme voit ce à quoi il n’a pas été habitué, sa nature émet une répulsion et son âme répugne cette nouvelle chose. Par ailleurs, si l’homme voit une chose à laquelle il est habitué mais qu’il la voit avec une particularité et une faveur claire, c’est-à-dire quand il voit les pommes du paradis alors qu’il connait les pommes du bas-monde mais il constate que les pommes du paradis sont beaucoup plus douces, beaucoup plus parfumées, qui sont meilleures, alors son étonnement sera plus grand et sa surprise sera plus grande.

Et le fait que les gens du paradis disent cette expression à propos de chaque catégorie  de fruits qu’ils reçoivent en subsistance,  «  voici ce qui ressemble à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant » ( c’est-à-dire dans le bas-monde), le fait qu’ils manifestent leur étonnement à chaque fruit qui leur est accordé en subsistance au paradis, est une preuve que ce qu’ils reçoivent est grandiose et que le mérite de ce qu’ils reçoivent au paradis est extrême, tellement ils voient la différence entre les fruits du bas-monde et les fruits de l’au-delà. Chaque fois qu’ils voient un fruit de l’au-delà, ils disent cette phrase d’étonnement. Tout en sachant que c’est cette grande différence qui provoque leur étonnement à chaque fois. Ils considèrent que ce qu’ils ont eu est étonnant et que c’est un bienfait éminent. Pourtant ce sont des choses qui se ressemblent en soi tout comme l’a rapporté Al-Haçan : ils disent que ce qu’ils reçoivent comme subsistance du paradis, est de la même espèce. Et chaque fois qu’il est ramené à quelqu’un un récipient dans lequel il y a de la nourriture du paradis, il en mange et quand on lui ramène un autre récipient, il dit : « mais c’est comme ce que nous avons eu auparavant ». Mais l’ange lui dit : « mange, l’aspect est le même mais le goût est différent ».

Et il est rapporté du Prophète ^alayhi s-salaam qu’il a dit ce qui signifie : « par Celui Qui détient l’âme de MouHammad, par Sa toute-puissance, il arrive que l’homme au paradis cueille un fruit pour en consommer. Avant même qu’il n’arrive dans sa bouche, Dieu fait pousser un autre fruit à la place de ce fruit. Et quand la personne voit qu’il y a un autre fruit à sa place, avec le même aspect, elle dit cette phrase : « voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant ».

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent est une phrase qu’on appelle en arabe mouTTariDah qui revient à confirmer une information. C’est comme si on dit : un tel a bien agi envers un tel et ce qu’il a fait est bien. Ou quelqu’un a pensé faire telle chose et ce qu’il a pensé est correct. Ou la phrase du Qour’aan : ils ont rendu les habitants glorieux de cette ville humiliés et c’est comme ça qu’ils font.

Et ils y ont des épouses purifiées. C’est-à-dire pures des mauvais caractères, ce ne sont pas des femmes Tamihaat qui est le pluriel de Taamih. La femme qui est Taamih est celle qui déteste son mari et qui convoite d’autre que lui. Et qui ne sont pas marihaat, ce sont les orgueilleuses. Donc elles sont pures de tout mauvais caractère. La deuxième explication du mot « pures » est qu’elles sont pures de tout ce qui est spécifique aux femmes comme les menstrues, les lochies et le sang de maladie et pures de ce qui n’est pas spécifique aux femmes comme l’urine, les selles et le reste des choses répugnantes et diverses souillures. C’est-à-dire que ces femmes au paradis, elles sont pures de tout cela. Et dans le verset, c’est le mot « purifiées » qui est employé, car ce mot est encore plus éloquent et indique qu’elles ont été purifiées de beaucoup plus de choses. Et il y a également l’allusion qu’il y a QUI les a purifiées. Et il s’agit de Dieu, gloire à Lui.

Et ils y resteront éternellement. L’éternité ici, c’est qu’ils vont rester sans fin. C’est quelque chose qui ne s’interrompra pas. Et il y a ici l’infondé de la parole des Jahmiyyah qui prétendent que le paradis aura une fin et que les gens du paradis seront anéantis.

Nous disons « Al-Awwal » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Et « Al-Aakhir » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Quant à nous, lorsque nous disons al-awwal, c’est l’individu qui a précédé les autres et lorsque nous disons « al-aakhir » c’est celui qui est ultérieur.

La précision ici est que les musulmans resteront éternellement au paradis.

Dieu a pour attribut l’exemption de début et l’exemption de fin, ceci pour indiquer Sa parfaite toute puissance et pour nier à Son sujet le défaut et l’anéantissement. Il suffit que tout autre que Lui, il est possible l’anéantissement en considérant sa réalité mais Dieu, l’anéantissement n’est pas possible à Son sujet. Allaah est unique en cela. Il n’y a donc pas de ressemblance entre Dieu et Ses créatures concernant l’exemption de fin parce que l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est propre à Son Etre, c’est un attribut qu’Il a de toute éternité, ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé. Tandis que la non fin de Ses créatures, c’est Dieu Qui leur a accordé cela.

Par ailleurs l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est obligatoire selon la raison tandis que la non fin de certaines créatures, elle reste possible selon la raison. Ainsi la non fin du paradis et de l’enfer est possible selon la raison, elle n’est pas obligatoire selon la raison en considérant leur réalité. Tandis que l’exemption de fin de Dieu est une exemption de fin qui est obligatoire selon la raison.

Puis lorsque Dieu a mentionné dans Son Livre honoré les mouches et l’araignée et Il a donné des exemples par ces insectes, les Yahouud se sont mis à se moquer et ils ont dit : ça ne ressemble pas à la parole de Dieu. Et pour les démentir, Dieu a révélé les versets 26 à 30 de Sourate al-baQarah.

Verset 26 : Dieu n’est pas comme ceux qui ont une pudeur de donner des exemples tels un moustique c’est-à-dire que Dieu ne délaisse pas de donner en exemple même un moustique, comme celui qui délaisserait cela parce que c’est un insecte qui est méprisable. Les esclaves n’osent pas donner en exemple un moustique parce qu’il est méprisable. A l‘origine, le fait d’avoir honte ou la pudeur, c’est un changement, c’est un sentiment de faiblesse qui arrive à la personne par crainte d’être désigné par quelque chose qui est un défaut par crainte d’être blâmé. Or le changement et la crainte du blâme ne sont pas des choses possibles pour Celui Qui est exempt de début. Allaah ne craint pas le blâme de celui qui blâme, parce qu’Il est exempt de début, le changement est impossible à Son sujet. Mais comme le fait de délaisser est une implication de cela, Il l’a exprimé par ce terme-là « YastaHyi ».

Et il est possible également que cette expression provienne de la parole de mécréants qui ont dit : le dieu de MouHammad n’a-t-il pas honte de donner pour exemples les mouches et l’araignée ? Ce verset est une sorte de réplique et de réponse à la question et c’est un art de l’éloquence qui est très fin dans la langue des Arabes. En arabe, on peut dire « istaHyaytouh »   qui est un verbe transitif avec un complément d’objet direct et également « istaHyayhou minhou » comme verbe intransitif et le sens est « j’ai eu honte de lui ». Le verbe en arabe est « Darbou l-mathal » et c’est le même verbe qu’on utilise pour d’autres verbes d’action. Mais ici c’est un sens figuré de ce verbe qui est utilisé.

Le terme « maa » employé ici, indique soit la généralisation soit l’insistance. Dieu ne se garde pas comme certains qui ont honte de donner un exemple. Le mot « maa » signifie quel que soit cet exemple ou bien cela signifie « du tout » : Il ne se garde pas du tout de donner en exemple. Puis le mot « ba^ouuDah » qui signifie le moustique est un mot qui dérive de « al-ba^D » qui veut dire les parties ou les morceaux. Et le mot « ba^ouuD » à l’origine est un adjectif qui signifie une petite partie de la chose, puis il a été transformé en un nom qui a été employé pour désigner cet insecte ou ce qui est au-dessus, c’est-à-dire qui dépasse les moustiques c’est-à-dire qui a un sens additionnel au moustique qui a été donné en exemple, qui est très peu et très méprisable ou bien ce qui le dépasse dans la taille. Il a voulu par-làc répliquer à ce qu’ils ont donné comme exemple qui a été donné avec les mouches et les araignées qui ont une taille plus grande que le moustique. Et on ne dit pas : comment donne-t-Il en exemple ce qui est plus petit que le moustique ? Parce que le moustique est extrêmement petit en taille et il y a ce qui est plus petit, en l’occurrence l’aile du moustique. L’aile du moustique est plus petite que le moustique. Et le Messager de Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam l’a donnée en exemple quand il a comparé le bas monde à l’aile d’un moustique.  En effet dans le Hadiith célèbre rapporté par Al-Haakim et aT-Tabaraaniyy, le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « si le bas monde était équivalent selon le jugement de Dieu à l’aile d’un moustique, Dieu n’aurait pas accordé au mécréant une seule gorgée d’eau ».

De mêmeil n’est pas permis de déduire de ce verset « inna Laaha laa yastaHiyy », qu’on pourrait appeler Dieu « al-MoustaHiyy ». Le sens du verset est que Nous ne délaissons pas cela par pudeur, par honte comme certains humains pourraient délaisser quelque chose par pudeur. Le sens est que Dieu n’agrée pas de délaisser la manifestation de la vérité. Il ne délaisse pas la manifestation de la vérité par honte ou par pudeur comme le feraient certaines créatures. Ceci est impossible au sujet de Dieu. Il arrive que certaines créatures éprouvent de la honte ou de la pudeur et ne veulent pas manifester une vérité. Dieu n’agit pas ainsi.

Quant à ceux qui sont croyants, ils savent que c’est la vérité qui est de la part de leur Seigneur. La vérité c’est ce qui est vrai, c’est-à-dire qu’on ne peut renier. Lorsqu’une chose est confirmée et que c’est une chose obligatoire, on dit que c’est la vérité.

Quant à ceux qui ont mécru et disent mais qu’est-ce que Dieu a voulu nous indiquer par cet exemple ? C’est une sorte de dénigrement tout comme ^Aa’ichah que Dieu l’agrée a dit à propos de ^Abdoul -Laah fils de ^Amr : « qu’il est étonnant ce fils de ^Amr en Le dénigrant ». Le mot « ammaa » qu’on traduit en français par « quant à » vient dans le sens de la condition. C’est pour cela qu’il y a le mot « fa » dans « fayaQoulouune ». Et l’intérêt de cette structure est de donner une insistance, qu’on retrouve dans d’autres langues.

Et dans les deux phrases « fa’amma l-ladhiina ‘aamanouu » et « wa amma l-ladhiina kafarouu », « quant à ceux qui ont été croyants », « quant à ceux qui ont été mécréants », les deux phrases commencent par cette structure. En cela il y a un éloge éminent pour les croyants pour souligner le fait qu’ils savent que c’est la vérité et il y a un reproche aux mécréants parce qu’ils ont utilisé des mots qui indiquent une stupidité.

L’analyse grammaticale de « maadhaa » : ça peut être traduit par pourquoi et peut être analysé de deux manières différentes : qu’est-ce -que Dieu a voulu par cela ? Et le vouloir est un attribut véritable de Dieu selon Ahlou s-sounnah c’est-à-dire que Dieu a bien l’attribut de la volonté dans le sens de spécifier le possible selon la raison par certaines spécificités au lieu d’autres.

Par lequel Il égare de nombreuses personnes et par lequel Il guide de nombreuses personnes. C’est une explication pour les deux phrases qui précèdent : « quant aux croyants et quant aux mécréants » :  le groupe qui sait que c’est la vérité et le groupe qui ignore, qui se moque, les deux sont nombreux.  Et le fait de savoir que c’est la vérité de la part de Dieu, c’est une bonne guidée et ceux qui ignorent que c’est un bon exemple, c’est un égarement puisqu’ils sont arrivés à dénigrer l’exemple qui a été donné, en l’occurrence l’exemple du moustique.

Les gens de bonne guidée sont nombreux par eux-mêmes, même si, en les comptant, ils sont peu par rapport aux gens de l’égarement parce que le peu de bien guidés représente beaucoup en réalité. Et « al-iDlaal », c’est de créer l’égarement dans l’esclave : on dit que Dieu égare qui Il veut parmi Ses esclaves, c’est-à-dire qu’Il crée l’égarement en eux. Il crée en eux le fait d’agir et de commettre ce qui est un égarement. Et la bonne guidée c’est de créer l’acte de la bonne guidée. On dit que Dieu guide Son esclave, Il crée en lui les actes qui sont une bonne guidée, à savoir la foi et les actes d’obéissance. Voici le sens véritable pour ahlou s-sounnah. Et le contexte du verset est pour indiquer ce que ces ignorants parmi les mécréants ont renié, ce qu’ils ont trouvé étrange, le fait que des choses qui sont méprisables, en l’occurrence un moustique soient données en exemple, en réalité, ça ne devrait pas être quelque chose qui ferait l’objet d’un quelconque reniement ou d’un quelconque étonnement parce que l’exemple qui est donné est pour dévoiler un sens, c’est pour rapprocher ce qui n’est pas observé à ce qui est observé. Si ce qui était donné en exemple était éminent, alors ce qui est donné en exemple l’est également. Et s’il était méprisable, alors ce qui est donné en exemple l’est également. N’as-tu pas vu que la vérité est claire et éclatante et qu’il est donné pour la représenter la lumière et la clarté ! Et que le faux, comme il est à l’opposé de la vérité, il est représenté par l’obscurité. Donc comme l’état de ce qui est adoré a été donné en exemple pour les mécréants, (les mécréants ont considéré que Dieu a des équivalents et ce qu’ils ont donné comme équivalents à Dieu est très méprisable) il n’y a pas plus méprisable qu’eux, c’est pour cela que les associés que les mécréants ont attribués à Dieu, ont été comparés à la toile d’araignée, parce que la toile d’araignée est quelque chose de très fragile et c’est considéré comme moindre et plus méprisable que des mouches. Il leur a été donné l’exemple du moustique et de plus petit que le moustique, alors ces exemples ne sont pas blâmables et on ne dit pas que celui qui donne de tels exemples devrait avoir honte, parce qu’il a raison dans ces exemples qu’il donne. Ce qu’il dit est vrai et il donne l’exemple qui convient. Et pour indiquer également que les croyants qui ont pour habitude d’être objectifs, de traiter les sujets avec la raison, quand ils écoutent et qu’ils entendent de tels exemples, ils ont su que c’est la vérité, tandis que les mécréants chez qui l’ignorance a prévalu sur la raison, quand ils entendent cela, ils font preuve d’orgueil, ils s’entêtent et ils décident que c’est faux et ils font face à cela par du reniement. Et cela est la raison de la bonne guidée des croyants et de l’égarement des pervers. La louange est à Allaah Qui nous a guidés à cela et nous n’aurions pas pu être bien guidés s’il n’y avait pas eu cette bonne guidée de la part de Dieu.

Verset 26

A partir des preuves qui sont dans le Qour’aan, ne seront guidés par ces versets que ceux pour qui Dieu veut la bonne guidée. Les versets ne guident pas par eux-mêmes mais c’est Dieu Qui guide qui Il veut par ces versets. Les miracles qui sont apparus sur les mains des prophètes ont été une cause de bonne guidée pour un certain nombre de mécréants qui sont passés de la mécréance à la foi et ils sont devenus ainsi bienheureux. Et une partie de personnes ont été témoins de ces miracles mais ils n’ont pas été bien guidés par eux, ils sont donc malheureux c’est-à-dire qu’ils sont voués à l’enfer. Et tout est par la volonté de Dieu. Celui que Dieu a voulu qu’il soit bien guidé, il sera bien guidé. Et celui que Dieu n’a pas voulu qu’il soit bien guidé par les miracles des prophètes, il ne sera pas bien guidé.

Le verset « il égare par le Qour’aan beaucoup de personnes et il guide par le Qour’aan beaucoup de personnes » signifie que Dieu a voulu que le Qour’aan soit une cause de l’égarement de nombreuses personnes et Il a fait que le Qour’aan soit une cause de guidée pour de nombreuses personnes. Certains sont bien guidés par la cause du Qour’aan et d’autres sont égarés par la cause du Qour’aan. Et il est étonnant de la part de ces mécréants -là qu’ils renient les exemples que Dieu a donnés, comme l’exemple du moustique et ce qui est au-dessous. Pourtant les gens ont toujours donné des exemples avec des animaux, des oiseaux, des insectes. En réalité ces gens-là se rendent bien compte que les gens ont toujours donné des exemples avec les animaux. Par exemple, en arabe, on dit « il rassemble plus qu’une fourmi » (pour dire que quelqu’un ramasse beaucoup de choses) et « il a plus d’audace qu’une mouche » (si on chasse une mouche, elle revient) et « il a une ouïe plus fine que le singe », « plus faible qu’un papillon », « il mange plus que les mites » (qui dévorent même le bois), « plus faible que le moustique ». Celui qui a été vaincu dans le débat refuse la clarté et il rejette ce qui est clairement apparent juste par entêtement.

Et il n’égare par le Qour’aan que les pervers. Dieu égare les faaçiQ. Le faaçiQ est celui qui sort de l’objectif. Dans la Loi de l’islam, le faaçiQ qu’on traduit par « pervers » est celui qui sort du sujet en commettant le grand péché. Ici c’est l’attachement à la religion.

Dieu a pris d’eux l’engagement qu’ils ne soient pas injustes les uns envers les autres : qu’ils ne s’entretuent pas et qu’ils ne rompent pas les liens de proche parenté les uns avec les autres. Il a été dit que Dieu a pris de Ses créatures trois engagements :

1 / Le premier engagement est celui qu’a pris Dieu de la descendance de Aadam que tous reconnaissent l’unicité de Dieu dans sourate al-’A^raaf verset 172 qui signifie lorsque ton Seigneur a fait sortir du dos de Aadam ses descendants et qu’Il les a faits témoigner : n’est-ce pas que Je suis votre Seigneur ? Ils ont dit « oui, nous témoignons » et certains vont dire au jour du jugement « nous avions oublié cela ».

2 / le deuxième engagement est celui que Dieu a pris des prophètes que ceux-ci transmettent Son message et qu’ils fassent en sorte que les gens appliquent la religion en ordonnant le bien et en interdisant le mal, dans sourate al-AHzaab verset 7 qui signifie et Nous avons pris des prophètes l’engagement.

3/ Le troisième engagement est spécifique aux savants. Dieu a pris l’engagement de la part de ceux qui ont reçu le Livre de le transmettre aux gens et de ne pas le dissimuler. Mais certains l’ont caché et ils ont obtenu de l’argent et quel mauvais commerce ils ont fait. C’est-à-dire qu’ils ont vendu l’au-delà pour le bas monde.

Verset 27 : ceux qui rompent l’engagement à l’égard de Dieu après s’être engagés. C’est-à-dire ceux qui ont rompu l’engagement qu’ils ont pris à l’égard de Dieu et ils l’ont dénoué c’est-à-dire que certains n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont pas respecté leur engagement. Ils rompent ce que Dieu a ordonné d’entretenir. Ils ont rompu les liens avec les proches parents et ils ont rompu le soutien des croyants ou encore ils ont rompu le lien qu’il y a entre les prophètes et le fait d’être unis sur la vérité, en croyant en certains prophètes et pas en d’autres. Tout comme les Yahouud qui reconnaissent que Mouuçaa est un prophète mais ils ne reconnaissent pas que ^Iiçaa et MouHammad sont des prophètes.

Et ils sèment la corruption sur terre en barrant la route (ils s’attaquent aux gens qui sont sur la route) et en empêchant les gens de devenir croyants.

Ce sont eux les perdants. Au lieu d’être fidèles, d’être loyaux, ils ont rompu le lien. Au lieu de maintenir, ils ont coupé. Au lieu d’être vertueux, ils ont corrompu. Et au lieu de la récompense, ils auront le châtiment.

Verset 28 : comment mécroyez-vous en Dieu ! Ici le terme « comment » n’est pas une question, mais c’est pour marquer la surprise : comment mécroyez-vous en Dieu alors que vous avez les preuves qui vous empêchent de mécroire en Dieu ? Comment ne croyez-vous pas en Dieu alors qu’il y a des preuves qui vous appellent à la foi ? Donc c’est un reniement et un étonnement, comme si on dit à quelqu’un : comment voles-tu sans ailes ?

Alors que vous n’étiez pas vivant et Dieu vous a donné la vie. Aucun d’entre nous n’était vivant puis Dieu lui a donné la vie. Vous étiez de l’eau mélangée dans vos parents. Celui qui est dépourvu de vie est appelé « mayt » (mort) puis votre vie a commencé dans les utérus (de vos mères). Vous étiez de l’eau mélangée sans âme. Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « l’un d’entre vous se constitue dans l’utérus de sa mère pendant quarante jours (il est à l’état de liquide mélangé de ses parents) puis il devient comme un caillot de sang pendant la même période puis il devient comme un bout de chair (comme une bouchée) pendant la même période (ce qui fait cent vingt jours) puis l’ange est envoyé et pendant la même période il insuffle l’âme ». Rapporté par Al-Boukhaariyy. Donc sa parole indique que le maniyy ne comporte pas d’âmeet que l’âme est insufflée dans le fœtus après quatre mois de grossesse.

Puis Il vous fait mourir (lorsque votre terme arrive).Vous connaissez l’histoire de cet homme qui était tombé dans un puits puis on l’a remonté. On lui a donné à boire un verre de lait puis il est retombé dans le puits et il est mort. C’est-à-dire que son terme n’était pas arrivé la première fois. Donc chacun va mourir à son terme. Cela ne veut pas dire qu’on ne prend pas nos précautions : oui, on fait les causes, comme prendre un médicament, se vacciner et autres. Un jour, un homme est venu voir le Prophète que Dieu l’élève davantage en degrés et lui a demandé : « est-ce que je laisse la chamelle et je me fie à Dieu ou bien je l’attache ? ». Il lui a répondu ce qui signifie : « tu l’attaches et tu te fies à Dieu ». C’est-à-dire que tu prends la cause et tu as pour conviction que c’est Dieu Qui est le Créateur.

Et Il vous ressuscite (c’est-à-dire le jour de la résurrection)

Puis vous reviendrez à Son jugement. Vous allez être ressuscités pour la rétribution le jour du jugement. Ou alors Il vous ressuscite quand vous êtes encore dans votre tombe, c’est-à-dire que vous revenez à la vie puis Il vous fait sortir de vos tombes pour le jugement. Remarque concernant les conjonctions de coordination « fa » et thoumma ». La première est « fa » dans le verset et les suivantes sont toutes « thoumma ». Parce que la première a suivi la mort (vous étiez morts et Il vous a donné la vie quand vous étiez dans l’utérus de votre mère, il n’y a pas eu d’intermède entre les deux : on a dit qu’au bout du 120ème jour, l’âme est arrivée. Avant le 120ème jour, il n’y avait pas de vie en vous). La suite est avec « thoumma » – ensuite Il vous a fait mourir – mais entre cette vie et cette mort il y a eu un temps qui s’est écoulé et c’est notre vie dans ce bas-monde- . Et « thoumma » est utilisé après la mort car s’il est visé la résurrection, entre la mort et la résurrection, il y a le séjour dans la tombe et s’il est visé la vie dans la tombe, on sait qu’elle survient après la mort, elle n’arrive pas immédiatement. Également le retour à la vie pour la rétribution, il a lieu après la sortie de la tombe, ce n’est pas immédiatement, car il y a cinquante stations au jour du jugement, et ensuite il y aura la rétribution par le paradis ou l’enfer. Donc il y a des intermèdes. Donc le premier « fa » indique que ce qui suit est immédiat et « thoumma » indique qu’il y a un intermède entre les deux.

Pourquoi les mécréants ont-ils été blâmés dans le récit précédemment cité ? Parce que dans ce récit, il y a beaucoup se signes clairs qui devraient les détourner de la mécréance et ce récit comporte des grâces énormes qui méritent que Dieu devrait être remercié et non pas être renié.

verset 29. Il est Celui Qui a créé pour vous ce qu’il y a sur terre. C’est-à-dire qu’Il a créé ce qu’il y a sur terre pour que ce soit utile pour vous, pour que vous en profitiez pour votre bas monde et pour ce qui est de votre religion. L’auteur qui est An-Naçafiyy explique qu’il y a dans ce bas-monde des choses étonnantes qui indiquent qu’elles sont l’œuvre d’un créateur tout puissant, qui crée toute chose selon une sagesse, qui sait tout. Et il y a dans ce bas-monde ce qui rappelle l’au-delà parce que les plaisirs du bas-monde rappellent la récompense et les choses qui sont désagréables dans le bas-monde rappellent le châtiment. C’est-à-dire que les plaisirs du bas-monde nous rappellent que les plaisirs de l’au-delà sont meilleurs que ceux-là, quels qu’ils soient et que le châtiment de l’au-delà est encore plus terrible que les choses désagréables de ce bas-monde. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de son Créateur.  Ce bas-monde est une preuve de l’existence de l’au-delà car nous voyons ce bas-monde qui change comme par exemple les plantes qui, après avoir été vertes et fraiches deviennent sèches et cassantes. Le paradis comporte des plaisirs et l’enfer comporte des choses désagréables.

Al- Kathriyy ainsi que Abouu Bakr al-Ghaaaziyy et même certains groupes égarés ont déduit à partir de la parole de Allaah qui signifie « Il a créé pour vous », qu’il est valide de profiter des choses. C’est-à-dire que l’origine des choses est qu’elles sont licites jusqu’à ce qu’il y ait un texte qui les interdise. Par défaut les choses sont permises sauf s’il y a un texte qui les rend interdites. On comprend de ce verset que Dieu a créé la terre avant les cieux. Donc Dieu a créé la terre puis les cieux. Et sur terre, Il a fait que nous puissions y vivre et profiter de ce qui s’y trouve. N’est-ce pas que Dieu y a fait couler des rivières et des fleuves, y a fait exister des chemins que l’on peut emprunter pour marcher et voyager. Il a fait qu’il y ait des sources d’eau. « DaHahaa » c’est-à-dire que Dieu a fait que les endroits sur terre soient étendus et qu’on puisse y vivre, même s’il y a certains endroits où il est difficile de vivre. Quand la terre a été créée, il n’était pas possible d’y vivre. C’est après que Dieu y a fait couler des rivières, …

Au jour du jugement, après que Dieu ait fait sortir les humains de leurs tombes, les âmes vont revenir aux nouveaux corps que Dieu crée pour ceux dont le corps a été assimilé par la terre. Les gens seront séparés de cette terre et emmenés dans un lieu obscur auprès du pont qui surplombe l’enfer et la terre sera, entre-temps, complètement détruite. Elle sera aplanie, elle sera changée complètement. Les cieux seront changés également, ils seront fissurés. La terre sera comme une peau tendue, sans hauteur ni ravin, elle sera plate. Actuellement, la terre ressemble à une balle mais le jour du jugement, elle deviendra plate. Après ce changement, les gens seront amenés sur cette terre changée. Puis ils rendront des comptes et un groupe sera amené au paradis et un groupe sera en enfer. L’exposition des actes aura lieu sur la terre qui aura été changée.

Et Il a fait exister le ciel (après avoir fait exister la terre). Al-’istiwaa signifie se redresser, à l’origine en arabe. Mais ici cela veut qu’Il a fait suivre la création de la terre par la création des cieux. Dieu a d’abord la terre puis les cieux. Certains ont expliqué le terme « istawaa » par « QaSada » c’est-à-dire avoir pour destination ou pour finalité ou pour direction : et ce sens-là n’est pas correct parce qu’il laisse croire que la volonté de Dieu change. Or la volonté de Dieu est unique, comme tous Ses attributs. La volonté de Dieu n’est pas multiple.

Ici le mot « thoumma » vient dans le sens de « et », pas dans le sens de « ensuite ». Cela ne veut pas dire qu’il Lui serait advenu une nouvelle volonté qu’Il n’aurait pas eue auparavant. Dieu a fait que l’entrée en existence du ciel soit ultérieure à l’entrée en existence de la terre. Cela ne veut pas dire qu’Il aurait fait un acte après un acte car l’acte de Dieu ne dépend pas du temps. L’acte de Dieu de créer est de toute éternité.  Mais ce qui résulte de Son acte est la créature, Il a fait qu’une créature existe après une autre et Il a fait que le ciel existe après la terre. On ne dit pas qu’Il S’est consacré ou destiné parce que cela laisse croire que la volonté de Dieu dépend du temps. Ici cela signifie que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création du ciel. On peut dire d’une plante « istawaa » c’est-à-dire qu’elle a poussé. Et on peut dire « istawaa ilay » c’est-à-dire « il a visé », comme une flèche qu’il a tirée directement, sans faire de détour.

Et certains ont expliqué cela par le fait que Dieu a créé le ciel après la création de la terre, sans qu’Il n’ait créé quelque chose entre les deux.

« As-samaa’ » indique ici tout ce qui est dans la direction du haut, c’est-à-dire au-dessus de nous, au-dessus de la terre.

Et Il les a créés sept cieux. Cela signifie que Dieu a créé les cieux parfaits, il n’y a pas de fissure, ils sont droits.

Une autre explication de « thoumma » : est pour indiquer le mérite de la création des cieux sur la création de la terre. Les cieux ont un mérite sur la création de la terre. Cela ne veut pas dire que Dieu a créé la terre puis qu’Il n’a rien créé et Il a créé le ciel, qu’Il n’aurait rien créé entre les deux. Ce qui est visé est que le ciel est meilleur que la terre.

Et cela ne contredit pas la parole « wa l-‘arDa ba^da dhaalika daHahaa » (la terre après cela daHahaa) parce que le corps de la terre a précédé la création des cieux, mais le fait qu’il y ait des facilités de subsistance sur terre est après la création des cieux. Dieu « daHaahaa », cela signifie que Dieu a étendu la terre. Il a fait jaillir l’eau de la terre et Il a fait jaillir les pâturages de la terre et Il a fait qu’il y ait des montagnes sur terre et Il a fait qu’il y ait des choses dont nous profitions sur terre et dont les humains profitent.

 L’auteur rapporte de Al-Haçan Al-BiSriyy qu’Allaah a fait surgir la terre à partir d’un emplacement qui se trouve à Jérusalem. Au début c’était comme une pierre de la taille d’une main puis ça s’est étendu et ça a fait exister tout le reste de la terre. Mais cela n’a pas été rapporté du Prophète. Al Haçan Al-BiSriyy (qui était un successeur des compagnons) a dit qu’à partir de cette terre, il y a une fumée qui s’est dégagée et à partir de cette fumée, Dieu a créé les cieux. Et c’est à partir de là qu’ils ont expliqué le verset « thoumma    «  qui signifie que la terre et les cieux étaient collés.

Et Allaah sait absolument toute chose.  Allaah a créé des créatures parfaites, sans qu’il n’y ait de défaut et Il a créé ce qu’il y a sur terre conformément aux besoins des gens qui vont vivre sur terre. Et après la création de la terre, Allaah a fait que les djinns habitent sur terre et Il a fait que les anges habitent au ciel. Mais les djinns ont semé la corruption et le désordre sur terre. Dieu leur a envoyé des anges qui les ont chassés de la terre jusque sur des iles et sur les hauteurs des montagnes. Et les anges ont peuplé la terre à leur place. Et Allaah a ordonné à Son Prophète MouHammad de leur citer ce récit.

Verset 30 : et ton Seigneur a dit aux anges Je vais faire en sorte qu’il y ait sur terre un successeur. Parce que c’était eux, les habitants sur terre et Dieu a fait en sorte que la descendance d’Aadamleur succède. Il a dit « un » successeur. Pourquoi le singulier ? Parce que de la même manière que quand on veut citer une tribu, on cite le chef de la tribu, on dit la tribu de MouDar, de Qouraych et on vise les descendants de ce chef. Donc « un » successeur ici signifie Aadam et ses descendants. Ou quelqu’un qui dit être envoyé de Ma part parce qu’Aadam est envoyé de la part de Dieu, tout comme tous les prophètes. Donc il n’y a pas de pluriel ici parce que celui qui est visé par « khaliifah » ici est Aadam ^alayhi s-salaam.

Donc Allaah a annoncé cela aux anges afin qu’ils posent la question et qu’ils reçoivent la réponse et qu’ils sachent la sagesse que ce soit eux qui peuplent la terre avant les humains. Ici quand on parle de khaliifah concernant un prophète, ça ne veut pas dire « celui qui est mandaté mais cela veut dire « celui qui instaure » les ordres de Dieu sur terre. C’est pour enseigner à Ses esclaves la concertation avant de s’engager dans un sujet, même si Dieu n’a pas besoin de la concertation.

Donc le fait que Dieu ait annoncé aux anges qu’Il va faire en sorte qu’il y ait un successeur à eux sur terre, qu’Il va peupler la terre après eux, il y a ici une sagesse dans cette annonce. C’est la sagesse de se concerter avant de faire quelque chose, c’est-à-dire que nous, les êtres humains, il convient que nous demandions l’avis avant de nous engager dans quelque chose.

Ils ont dit (les anges) est-ce -que Tu vas faire en sorte qu’il y ait sur terre qui va semer la corruption ? (C’est-à-dire comme les djinns auparavant).

 Ici ce n’est pas une question pour émettre une objection, mais c’est une question pour demander la sagesse. Ils étaient étonnés que Dieu fasse succéder à des gens d’obéissance (eux les anges) des gens qui commettent des péchés, en l’occurrence les humains, alors que Dieu est Celui Qui crée toute chose selon une sagesse. Et comment ont-ils su que les humains commettent les péchés ? Ils l’ont su, soit parce que Dieu le leur a fait savoir ou bien parce qu’ils ont vu que c’était écrit sur la Table Préservée ou bien ils ont fait une analogie des humains sur les djinns après avoir vu ce qu’ils avaient semé comme désordre sur terre et comme injustices les uns envers les autres ou bien Dieu leur a fait savoir cela par l’intermédiaire de Jibriil ou autre que Jibriil. Mais attention, ce que nous disons ici n’a pas été rapporté dans un Hadiith authentique.

Il est rapporté par certains qu’il y avait des djinns qui ont semé la corruption, qu’ils se sont entretués sur terre avant Aadam et Dieu leur a envoyé des anges qui les ont brûlés. Certains exégètes ont rapporté que ce qui est cité dans ce verset concerne ces gens-là.

Quant aux savants pour lesquels cette information n’a pas été confirmée mais que les anges ont demandé à Dieu au sujet de ces créatures qui sèment la corruption sur terre alors qu’eux ne sèment pas la corruption sur terre, Dieu leur fait savoir certaines choses qui vont avoir lieu dans le futur.  Il leur a fait savoir ce que les fils d’Aadam allaient faire comme le fait de s’entretuer, de provoquer des guerres injustement et d’autres injustices. Donc l’interrogation des anges n’était pas une objection contre Dieu mais c’était pour connaitre la sagesse dans le fait qu’il y ait des humains alors que les humains mènent des guerres, ils sèment la corruption sur terre. Le fait que ce soit eux qui leur succèdent sur terre, que ce soit eux qui peuplent la terre, qui gouvernent sur terre, les anges ont voulu connaitre la sagesse.

Allaah tabaaraka wa ta^aalaa leur a fait savoir la sagesse. C’est parce que parmi les humains il y a les prophètes et les prophètes sont les meilleures des créatures. Il leur a donné une seule preuve : Dieu a dit aux anges de Lui donner le nom des choses. Et les anges n’ont pas su quel était le nom des choses. Et Il a dit à Aadam de les informer du nom des choses. Et Aadam leur a appris que telle chose s’appelle ainsi, que telle chose s’appelle ainsi. Ils ont donc connu la sagesse. C’est-à-dire qu’Aadam est meilleur qu’eux. Ils ont dit : Dieu a fait que les humains gouvernent la terre parce qu’ils sont meilleurs que d’autres créatures qu’eux. Les anges ont connu la sagesse et ils se sont soumis totalement à Dieu. Auparavant, les anges étaient totalement soumis, il n’y a pas eu d’objection de leur part contre Dieu. L’objectif des anges n’était pas comme celui d’Ibliis quand il a dit : « moi je suis meilleur qu’Aadam, comment vais-je me prosterner pour quelqu’un qui est fait de terre ? » et ceci était une objection contre Dieu, car c’est comme si Ibliis disait à Dieu : « Tu m’as donné un ordre qui n’est pas correct ». C’est comme s’il avait dit à Dieu : « comment m’ordonnes-Tu de me prosterner pour quelqu’un alors que je suis meilleur que lui ? Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé de terre ». Ceci est une objection à l’encontre de Dieu. C’est pour cela qu’il a mérité d’être chassé de la miséricorde de Dieu. Quant aux anges, quand ils ont reçu l’ordre de se prosterner pour Aadam, ils se sont prosternés, ils n’ont pas émis d’objection. Leur questionnement était pour connaitre la sagesse, ce n’était pas pour émettre une objection. Et quand ils ont connu la sagesse, ils ont augmenté en soumission pour Dieu.

Les noms que Dieu a fait connaitre à Aadam et que les anges ne connaissaient pas, ce sont les noms des choses. Dieu a fait qu’Aadam ^alayhi s-salaam connaisse le nom de toutes les choses, sans qu’il n’ait appris auprès de quelqu’un. C’était une grâce que Dieu a accordée à Aadam et qu’Il n’a pas accordée aux anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant Aadam mais ils ne connaissaient pas le nom des choses. Quant à Aadam, il connaissait le nom des choses alors qu’il avait été créé récemment par rapport aux anges. Ils se sont prosternés pour Aadam ^alayhi s-salaam, d’une prosternation qui consiste à poser le front par terre. Ceci est l’avis qui a été retenu par la plupart des exégètes. Et d’autres ont dit que la prosternation était une simple inclination.

Et qu’il y ait sur terre qui va faire couler du sang ? c’est-à-dire par des guerres et des assassinats ?

Alors que nous, nous Te glorifions et nous Te louons ? C’est-à-dire que nous disons que Tu es exempt d’imperfection et nous Te louons, nous Te remercions

Et nous nous purifions pour Toi. Et il a été dit que le tasbiiH et le taQdiss, c’est de considérer Dieu exempt de tout défaut et de tout mal.

Certes Je sais ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que Je sais des sagesses que vous ne savez pas, des choses qui vous échappent, à savoir qu’il y aura parmi les humains des prophètes, il y aura parmi les humains des saints et des savants.

Verset 31 : Il a enseigné à Aadam tous les noms. Aadam est un nom qui n’est pas arabe. Le plus plausible est qu’il a la même structure que Aazar, comme faa^al, une syllabe longue et deux syllabes courtes. Et Aadam serait dérivé de adiimou l’arD, de la terre, car Aadam a été créé à partir de la terre. Dieu a ordonné à un ange de prélever de la terre de différents sols de cette terre. Al-‘adiim est ce qui est à la surface de la terre. Ou al-oudma à l’image de la dérivation du nom Ya^Qouub, à partir de al-^aQb, c’est-à-dire le fait de suivre. Car Ya^Qouub a suivi IsHaaQ dans le sens que c’est son descendant. Et le nom Idriis est dérivé de dars, étude car Idriis était le premier à avoir écrit avec un calame. Cela ne veut pas dire que les autres n’écrivaient pas mais lui a utilisé un instrument particulier. Ou Ibliis qui dérive de al-iblaas. On dit « ablaça min raHmati-l-Laahi ‘an ya’iça ». Le verbe ‘ablaça signifie perdre espoir, dans le sens qu’il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Et Ibliis signifie qu’il est perdu : il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Il s’appelait auparavant ^Azaaziil.

Et d’autres savants ont dit qu’Aadam n’est pas un nom qui dérive d’un autre mot, parce que ce n’est pas un nom arabe pour qu’on puisse dire qu’il dérive d’un autre mot.

Il y a deux avis différents sur le sujet.

Que signifie ici que Dieu a enseigné à Aadam le nom des choses qui portent des noms ? Allaah ta^aalaa, après que Aadam ^alayhi s-salaam est entré en existence et que Dieu a demandé aux anges de citer le nom des choses, les anges ne savaient pas ; et Aadam, lui, il a su. Il a su que le nom de telle chose que c’est une montagne et ceci est une mer. Ceci montre qu’Aadam avait un mérite, qu’il dépassait les anges en certaines choses.

Que signifie qu’Allaah a enseigné le nom des choses ? C’est qu’Allah a montré à Aadam les noms des différentes espèces des créatures qu’Il a créées et Il lui a appris que telle chose s’appelle un cheval, telle chose s’appelle un chameau. Et d’après ibnou ^Abbaas, que Dieu l’agrée lui et son père, Dieu a enseigné à Aadam le nom de toutes les choses, même le récipient dans lequel on mange et même la cuiller avec laquelle on mange. Cette explication est parvenue dans un Hadiith dont la chaine de transmission est rapportée jusqu’au Prophète dans Al-Boukhaariyy.

Il y a un groupe égaré qui est apparu en Syrie il y a quelques temps, qui explique ce verset « wa ^allama ‘Aadama l-asmaa’a koullahaa » en disant que Dieu lui a enseigné Ses noms à Lui, parfaits, et uniquement cela. Si cela était le cas, alors le verset suivant n’aurait pas été « et lorqu’Il lui a enseigné les noms des choses », mais « lorsqu’Il a enseigné Mes noms ». Mais ce n’est pas ce qui a été dit. Dieu n’a pas dit « quand Il les a informés de Mes noms » ; mais Il a dit « quand Il les a informés des noms ». Malheureusement, ils persistent sur leur ignorance et sur leur déformation du Qour’aan.

Puis il les a cités aux anges. Aadam a cité les noms des choses aux anges en leur disant : ça, ça s’appelle un chameau, ça c’est une montagne. Donc il les a mentionnés aux anges. Ici il y a une subtilité dans la grammaire arabe concernant les formes des pluriels : quand il s’agit de pluriels d’êtres qui ne sont pas dotés de raison comme les animaux par exemple, on n’utilise pas de pronom au pluriel. On utilise un pronom qui est au féminin. Or ici il n’est pas cité un pluriel pour des êtres qui ne sont pas dotés de raison mais il est cité un pluriel « leurs noms », c’est bien un pluriel, ce n’est pas un féminin. Et ceci parce qu’Il a donné le nom d’êtres qui sont dotés de raison. Il y a parmi l’ensemble qu’Il a indiqué aux anges des êtres qui sont dotés de raison, Il a utilisé ce pronom-là. « Thoumma ^araDahoum » : « houm » ici est un pronom qui fait référence à un pluriel. Ici Allaah a dit aux anges de citer le nom des choses. Et Dieu sait que les anges ne savent pas le nom des choses. Pourquoi a-T-il demandé aux anges de citer le nom des choses alors qu’Il sait qu’ils ne savent pas ? C’est pour montrer leur incapacité face à Aadam. Aadam savait le nom des choses car Dieu le lui avait appris. Et les anges ne savaient pas à ce moment-là le nom de choses.

Il a dit : citez-Moi le nom des choses. Informez-Moi, dites-Moi,

Si vous êtes véridiques :  dans votre prétention. Quand ils ont su qu’il y aura sur terre des humains, ils ont posé la question à Dieu, ils ont dit : « pourquoi Tu fais que sur terre, il y a des gens qui vont semer la corruption au point qu’ils vont d’entretuer ? » parce qu’ils avaient vu ce que les djinns avaient fait. Ils avaient posé la question par demande de sagesse et non pas par objection contre Dieu. Dieu leur a dit « donnez-Moi le nom des choses si vous êtes véridiques » c’est-à-dire dans votre prétention que Je vais laisser sur terre des corrupteurs qui s’entretuent, qui font couler le sang. Il y a en cela une réplique et une explication. Il y a une réplique et une explication que, parmi ceux qui vont peupler la terre, il y a ceux qui méritent de gérer la terre.

Verset 32 : ils ont dit « soubHaanak ». Tu es exempt d’être ignorant de quelque chose. Rien ne T’échappe. Tu es exempt qu’il n’échappe à Ta connaissance une quelconque information et Tu es exempt qu’on émette une quelconque objection contre Toi dans ce que Tu prédestines. « SoubHaanak » est un substantif, ce n’est pas un verbe. Et il y a un sous-entendu, ça veut dire que je T’exempte d’une exemption. Si on traduit mot à mot, on dirait « Ton exemption », « l’exemption de Toi ». Et le verbe est sous-entendu, ça a le sens de « nous T’exemptons d’une exemption ».

Ils ont dit : Tu es exempt d’imperfection, nous n’avons de connaissance que ce que Tu nous as accordés comme connaissances. Nous n’avons pas de connaissances au sujet de ce que Tu ne nous as pas accordé à connaitre. Nous n’avons de connaissances que certaines choses. Et parmi les choses que nous ignorons, il y a le nom des choses. Les connaissances que nous avons, ô Allaah, c’est Toi Qui les as créées. Et il en est de même pour le reste de nos actes, que ce soient les actes qui sont en notre for intérieur comme les intentions ou les péchés du cœur. Il en est de même pour nos œuvres qui sont apparentes. Tout cela n’entre en existence que par la volonté de Dieu et Sa création. C’est Toi Qui crées en nous les connaissances et ce n’est pas nous qui les créons. Quant aux mou^tazilah que Dieu les enlaidisse davantage, ils ont prétendu que nos connaissances et nos perceptions c’est nous qui les créons. Et ceci est une de leurs mécréances, parce que quand nous disons « il n’y a de dieu que Dieu », une des explications est « il n’y a de créateur que Dieu ».

Tu es certes Celui Qui sait sans avoir besoin d’enseignant. Alors que nous,les choses que nous savons, il y a eu qui nous a enseigné. Al-Hakiim signifie que tout ce que Tu destines et prédestines est avec une sagesse. C’est-à-dire que Tu accordes à chaque chose sa juste valeur.

Verset 33 : Il (Allaah) a dit : ô ‘Aadam informe-les de leurs noms. Lorsque ‘Aadam les (les anges) a informés de leurs noms (le nom des choses)

Il (Allaah) dit : ne vous ai-Je pas dit que Je sais ce qui est caché dans les cieux et sur terrec’est-à-dire que Je sais ce qui vous (aux anges) échappe dans les cieux et sur terre des choses qui se sont déjà produites et des choses qui vont se produire.

Et Je sais ce qui apparait de vous et ce qui est en votre for intérieur

Verset 34 : et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Aadam. Ici ce n’est pas un « nous » de pluriel mais un « nous » de majesté, d’éminence. Certains ont dit que cela signifie « soumettez-vous à lui et reconnaissez son mérite ». D’après Oubay ibnou Ka^ab un compagnon, que Dieu l’agrée, et d’après ibnou ^Abbass, ils ont dit qu’il s’agissait d’une inclination c’est-à-dire sans toucher le sol. Il y a divergence ici sur l’explication car la majorité des savants ont dit que l’ordre dont il est question ici consiste à poser la tête à même le sol. Et l’ordre de se prosterner était l’ordre de se prosterner pour Aadam ^alayhi s-salaam selon l’avis le plus fort. C’était un ordre donné à Iblis et aux anges de se prosterner pour Aadam et non pas pour Dieu. Car si l’ordre de se prosterner avait été de se prosterner pour Dieu, Ibliss l’aurait exécuté. Et il s’agissait d’une prosternation de salutation. Dieu avait donné l’ordre aux anges et à Ibliis qui est un djinn de se prosterner d’une prosternation de salutation. Par le passé il était permis de se prosterner d’une prosternation de salutation. Puis ce caractère permis a été abrogé. Et l’abrogation est la fin de l’application d’une loi. Dieu a fait qu’entre les lois d’un messager et un autre, il y a des lois qui sont abrogées : des choses qui étaient permises sont devenues interdites et des choses qui étaient interdites sont devenues autorisées. Dieu fait changer les lois selon des sagesses et selon la communauté à laquelle ce messager est envoyé. Mais la loi de notre maître MouHammad ne sera plus abrogée. Elle a abrogé les lois antérieures. La prosternation de salutation a été abrogée, preuve en est la parole du Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam lorsque Salmaane le Perse qui était un compagnon, lorsqu’il a voulu se prosterner pour le Prophète, celui-ci lui aurait dit ce qui signifie : il ne convient pas pour une créature de se prosterner pour une autre créature, on ne se prosterne que pour Dieu. Mais ce Hadiith n’est pas authentifié. Par contre le Hadiith qui est authentifié concernant la prosternation pour une créature, c’est la parole que le Prophète a dit à Mou^aadh un compagnon, qui signifie : « si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari ». Tout comme l’ont rapporté Al-Hakiim, ibnou Maajah, AT-Tabaraaniyy, AHmad et d’autres.

Ils se sont tous prosternés (les anges) excepté Ibliis. Il s’agit d’une exception mounQaTa^, discontinue, c’est-à-dire que ce qui est excepté n’appartient pas à la famille de ce qui n’est pas excepté. Ils se sont tous prosternés, il s’agit des anges. Excepté Ibliis : il ne fait pas partie des anges.  C’est une exception appelée grammaticalement « discontinue », car celui qui est mentionné comme une exception n’est pas du même genre que l’ensemble dont il est excepté. Or l’ensemble est un groupe d’anges et Ibliis n’était pas un ange mais il était un djinn par le texte même du Qour’aan, et c’est l’avis retenu par Al-Haçan et Qataadah. Et parce que par ailleurs, Ibliis a été créé de feu, alors que les anges ont été créés de lumière. C’est l’avis qui est le plus fort. D’après ^Aa’ichah que Dieu l’agrée, l’épouse du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, elle a dit que le Messager a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, le djaan a été créé d’une flamme de feu et Aadam a été créé de ce qui vous a été décrit précédemment ». Rapporté par Mouslim et d’autres. Par ailleurs, Ibliis a refus d’exécuter l’ordre, il a désobéi et a fait preuve d’orgueil, tandis que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Les anges ne sont pas orgueilleux. Certains sont tellement orgueilleux que leurs têtes ne leur permettent pas de s’incliner ni de se prosterner pour obéir à Dieu. Ce n’est pas le cas des anges. La preuve également qu’Ibliis n’est pas un ange, c’est qu’Allaah ta^aalaa dit aux mécréants ce qui signifie : est-ce -que vous le considérez lui et ses descendants comme des êtres que vous adorez au lieu de M’adorer Moi. Et c’est connu que les anges n’ont pas de descendance, donc Ibliis n’est pas un ange. Il a une descendance donc il n’est pas un ange. Les anges ne se reproduisent pas, ils n’ont pas d’enfant alors que Dieu nous a appris à propos d’Ibliis qu’il a une descendance. Donc prétendre qu’Ibliis était un ange véritable est quelque chose qui est loin de la vérité.

Il (Ibliis) a refusé : c’est-à-dire qu’il s’est abstenu de faire ce qui lui a été ordonné de faire à savoir que Dieu lui a ordonné de se prosterner pour ‘Aadam

Et il a fait preuve d’orgueil : c’est-à-dire par rapport à cet acte qui lui avait été ordonné de faire.

Et il est devenu au nombre des mécréants. Ceci est une première explication : parce qu’il a refusé, il a fait preuve d’orgueil et il a réfuté l’ordre. C’est par cela qu’il est devenu mécréant et non pas parce qu’il n’a pas appliqué l’ordre. Ce n’est pas le fait de ne pas appliquer l’ordre qui a fait de lui un mécréant mais c’est le fait qu’il ait remis en cause cet ordre. En effet le fait de ne pas se prosterner, cela n’est pas en soi une chose qui fait sortir de l’islam et ce n’est pas une mécréance selon Ahlou s-sounnah contrairement à ce que disent les mou^tazilah et les khawarij. Ils déclarent mécréant celui qui commet un péché.

Ou bien une deuxième explication et il était mécréant Dieu sait de toute éternité qu’Ibliis allait devenir mécréant après avoir été croyant parce que c’est ainsi dans la science de Dieu.

Verset 35 : Nous avons dit ô toi Aadam réside toi et ton épouse au paradis. Le verbe est « sakana ». « Ouskoun » signifie « réside » qui vient du verbe « sakana d-daar » = il a habité dans la maison, il y réside. Et le mot sakana a aussi le sens de s’immobiliser. Un objet en mouvement « sakana » c’est-à-dire qu’il s’immobilise. Et al-jannah est le paradis qui est la résidence pour l’éternité, qui a été promise pour les pieux. Preuve en sont les versets nombreux. Quant aux mou^tazilah, ils ont dit que al-jannah ici, ce n’est pas le paradis de l’éternité, mais que c’est un jardin qui était au Yémen. Selon leur prétention c’est parce qu’au paradis il n’y a pas de mort et Aadam est sorti de ce jardin. Les sunnites ont répondu : ne sort pas du paradis celui qui y entre par rétribution. Celui dont la rétribution est le paradis, il n’en sortira plus jamais. Et par ailleurs notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, il est bien entré au paradis lors de la nuit du miracle du voyage nocturne et de l’ascension. Et il en est sorti. Par ailleurs, les gens du paradis sont chargés de la connaissance et du tawHiid.

Et mangez (des fruits) du paradis : le complément du nom a été omis. C’est très courant dans le Qour’aan et dans la langue arabe d’omettre le complément du nom.

Avec largesse : profitez

Où que vous vous trouviez : ici c’est un verbe conjugué au duel, qui concerne Aadam et son épouse. C’est-à-dire dans n’importe quel endroit au paradis.

Et ne vous approchez pas de cet arbre (de cette plante) : certains ont dit que c’est le blé. C’est pour cela qu’il a été dit : comment l’être humain ne commettrait-il pas de péché alors que sa nourriture est à partir de la plante qui a été la cause de la désobéissance ? Mais ce n’est pas un Hadiith. Certains ont dit : comment l’être humain peut-il échapper à la désobéissance alors que sa nourriture est du pain, fabriqué à partir du blé ? D’autres ont dit que cette plante était la vigne qui donne les raisins, parce que c’est la cause de beaucoup de désobéissances, avec le vin. D’autres ont dit que c’est le figuier. Il y a donc trois avis mais en réalité, ce qui est correct est de ne pas préciser de quelle plante il s’agit, parce que le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne nous a pas dit comment s’appelle cette plante ou cet arbre. Certes, Dieu a interdit à Aadam de consommer des fruits d’un arbre mais sans préciser lequel. Et nous n’avons pas à deviner le nom de cette plante. Ça peut être un pommier et ça peut être autre qu’un pommier. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de conséquence pour nous. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de conséquence pour nous dans le fait de consommer certains fruits sur terre suite au fait qu’Aadam a consommé du fruit de cette plante.

Sinon vous seriez au nombre des injustes. C’est-à-dire au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes ou de ceux qui ont nui à eux-mêmes. C’est-à-dire que nous aurions fait à nous-mêmes, à notre âme, qui appartient à Dieu, une chose que Dieu nous a interdite. Donc nous aurons été injustes envers nous-mêmes.

Verset 36 : le chayTaane leur a fait commettre l’interdit puisqu’Aadam et Hawwaa’ ont consommé de l’arbre qui leur était interdit. Le chayTaane a incité Aadam et Hawwaa’ à consommer de l’arbre qui était interdit. Il les a faits glisser dans le sens qu’ils ont commis ce qui était interdit et à cause de cela, ils se sont retrouvés à commettre cette chose que Dieu avait interdite. Le mot « zalla » signifie glisser ou déraper et le dérapage ou l’erreur qu’avait commise Aadam.

Certains ont dit que c’est parce qu’il s’est trompé dans l’interprétation de ce qui lui avait été dit : il valait mieux qu’il ne consomme pas de cet arbre et non pas qu’il était interdit de consommer de cet arbre. C‘est une preuve qu’il est permis d’utiliser le mot « zalla » qui signifie glisser ou déraper dans le sens de commettre une erreur à propos des prophètes comme l’ont dit les machaykh de la région de Boukhaaraa. An-Naçafiyy dit que c’est le nom de l’acte de celui qui fait le contraire de l’ordre mais sans avoir pour objectif de faire le contraire de l’ordre. Il a donné l’exemple de celui qui glisse dans la boue alors qu’il était en train de marcher, il a glissé. Est-ce qu’il voulait glisser ? Non, il n’avait pas pour objectif de glisser.

Et les savants de SamarQand ont dit qu’on ne dit pas zalla à propos des prophètes pour leurs actes tout comme on ne dit pas « péché » à leur propos. Il y a une divergence : certains savants ont utilisé le terme que les prophètes peuvent commettre des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse et d’autres ont dit qu’un ne dit pas cela, mais que les prophètes n’ont pas fait ce qui est le mieux. Mais ceci est infondé.

Certains savants Hanafites ont dit que celui qui dit que les prophètes ne commettent pas du tout de péché, il devient mécréant. Parce que dans le Qour’aan, il est écrit « wa ^açaa Aadama rabahou » ce qui signifie qu’Aadam a commis une désobéissance à son Seigneur. Donc ils ont appliqué la règle de celui qui dit une parole contraire au Qour’aan.

Mais le chaykh a dit que ce n’est pas correct de dire cela. La parole correcte est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse de caractère. Un exemple de petit péché qui comporte une bassesse de caractère c’est comme quelqu’un qui passe devant un étalage de fruits et qui vole un grain de raisin. Il est possible qu’un prophète commette un petit péché ne comportant pas de bassesse mais il s’en repent immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela.

Allaah avertit les prophètes quand ils font un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et ils font le repentir immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela. « i^lam innahou laa ilaaha ‘illal -Laah wa staghfir lidhanbika wa lill-mou’miniin wa lil mou’minaat». Il y a beaucoup de versets où il y a le terme ma^çiyah. Donc ce qui est conforme aux textes c’est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère mais Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela.

Et il les a fait sortir de ce dans quoi ils étaient. C’est-à-dire que le chayTaane a été une cause pour qu’ils sortent de là où ils étaient, là où il y avait une félicité et un honneur, c’est-à-dire le paradis. Le chayTaane est parvenu à faire glisser Aadam et Hawwaa’ pour qu’ils mangent de l’arbre dont le fruit avait été interdit ; il a réussi à faire cela après qu’il lui a été dit de sortir parce qu’il était maudit du fait qu’il avait refusé d’obéir à l’ordre de Dieu de se prosterner pour Aadam. Maudire signifie éloigner de la miséricorde. Le chayTaane était au paradis pour suggérer le mal à Aadam et Hawwaa’. Certains rapportent qu’Ibliis voulait entrer au paradis et que les anges en charge du paradis l’ont empêché de rentrer et qu’il est rentré dans la gueule d’une vipère puis qu’il est rentré à l’intérieur de cette vipère au paradis. Cela n’est pas vrai. Certains ont dit qu’il était resté à l’entrée du paradis et qu’il a suggéré de l’extérieur à Aadam de consommer du fruit interdit. Mais notre chaykh a dit qu’Ibliis a reçu l’ordre de quitter le paradis mais il a désobéi, il y est resté puis il a suggéré à Aadam de consommer du fruit de cet arbre puis il a été exclu du paradis.

Nous avons dit : descendez. C’est-à-dire la descente sur terre. Et il a été dit que cette parole « descendez » a été adressée à Hawwa’ et à Ibliss mais il a été dit aussi à cette vipère. Ce qui est correct est que la parole a été adressé à Aadam et à Hawwaa’.

En arabe il y a le singulier, le duel et le pluriel. Ici l’ordre de descendre est au pluriel « ihbiTouu » alors que l’ordre est adressé à Aadam et Hawwa’, donc on s’attendait à une forme au duel. La réponse est que ce qui est visé est Aadam, Hawwaa’ et leur descendance. Comme Aadam et Hawwaa’ sont à l’origine de tous les humains, la parole est comme si elle était adressée à tous les humains, donc au pluriel.

Vous serez les uns pour les autres des ennemis. Ce qui est visé c’est l’injustice que commettent les gens les uns envers les autres, l’animosité que les gens ont les uns envers les autres, le fait que certains jugent les autres égarés.

Et vous aurez sur terre un lieu d’établissement c’est-à-dire un lieu pour vous établir, pour y vivre.

Vous pourrez profiter de la vie, jusqu’au terme. Le terme c’est le jour du jugement ou bien la mort.

Ibraahiim ibnou Azlam a dit que le fait qu’Aadam et Hawwaa’ aient mangé de cet arbre a engendré pour nous un long chagrin c’est-à-dire que la vie est difficile sur terre. Mais ça ne veut pas dire comme le disent certains égarés qu’Aadam et Hawwaa’ ont fait un péché capital et que Jésus est venu à l’humanité pour expier ce péché capital. Aadam, comme Jésus, comme MouHammad sont des prophètes et les prophètes sont les meilleurs des gens. Nous disons que c’est un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et Aadam a fait le repentir et Dieu lui a pardonné.  

Verset 37 : Aadam a reçu de la part de son Seigneur des paroles. Dieu lui a révélé certaines choses et Aadama accepté ces paroles et il a œuvré conformément à ces paroles. Il s’agit de la parole qui signifie « ô notre Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serions au nombre des perdants ». Ces paroles sont une exhortation pour sa descendance. Il y a dans ces paroles une indication de la manière dont on peut se décharger des péchés et c’est par le repentir. Ibnou Mas^ouud que Dieu l’agrée, a dit que parmi les paroles que Dieu agrée le plus, c’est la parole de notre père Aadam ^alayhi s-salaam qui a dit, quand il a commis le péché, ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection ô Allaah et je Te loue et que soit glorifié Ton nom et que soit exemptée d’imperfection Ton éminence. Et il n’est de dieu que Toi. J’ai été injuste envers moi-même alors pardonne-moi, nul autre que Toi ne pardonne les péchés ». Et Ibnou ^Abbaas a dit qu’Aadam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu m’as créé par Ta toute puissance (biyadika) « et Dieu a dit « oui » et Aadam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu as insufflé en moi l’âme qui est honorée « et Dieu lui a révélé « oui » puis Aadam a dit « n’est-ce pas que les manifestations de Ta miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ta volonté de châtier, n’est-ce pas que Tu m’as fait résider au paradis ? « Et à la fin, Aadam dit « pourquoi m’as-Tu fait sortir du paradis ? » Et Dieu lui révèle : « c’est à cause de ton péché ». Et Aadam dit « et si je fais le repentir, est-ce que Tu me ramèneras au paradis ? ». Dieu lui a révélé que oui.

Dieu lui a fait miséricorde et lui a pardonné son péché. Il s’est suffi de citer le repentir d’Aadam parce que Hawwaa’ suivait Aadam. Et la mention des femmes dans la sounnah et le Qour’aan est souvent ainsi.

Certes Allaah est Celui Qui tawwaab, c’est-à-dire que Dieu accepte beaucoup le repentir. Même si la personne commettait mille fois un péché et que suite à ce péché, elle fait le repentir, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, en faveur de Ses esclaves.

Verset 38 : Nous avons dit descendez tous ensemble et comme nous avons vu, il s’agit de la seconde fois où cet ordre de descendre est donné. La répétition est pour insister. Une deuxième explication est parce que la première descente était du paradis jusqu’au ciel du bas monde et que la deuxième descente était du ciel vers la terre.

Il vous parviendra de Ma part un « houdaa » : c’est-à-dire un messager que Je vous envoie. Ou bien deuxième explication : un livre qui vous parviendra.

Celui qui accepte cette bonne guidée (le messager ou le livre) en y croyant, il n’y a pas de crainte à leur sujet. C’est-à-dire que dans le futur, il n’y aura pas de crainte pour eux.

Ils n’auront pas à être chagrinés. Ils n’auront pas de chagrin concernant ce qu’ils laisseront derrière eux, leur famille. Ceux qui acceptent la bonne guidée de la part de Dieu, ils n’ont pas à avoir de crainte, ni à être chagrinés pour ceux qu’ils vont laisser après eux c’est-à-dire leur famille et leurs enfants.

Verset 39 : et ceux qui ne croient pas en Dieu et en son messager et qui ont démenti les signes et les preuves que Nous leur avons envoyés. Eux ce seront les gens de l’enfer c’est-à-dire qu’ils mériteront l’enfer

Ils y resteront éternellement. Que Dieu nous en préserve.

Verset 40 : ô vous descendants d’Israa’iil. Israa’iil c’est Ya^Qouub ^alayhi s-salaam qui est le fils d’IsHaaQ qui est le fils d’Ibraahiim. Ya^Qouub est un surnom qui signifie l’élite de Dieu ou bien l’esclave de Dieu. Le mot « Israa’iil » est composé de deux mots « israa’ » qui veut dire « esclave » ou « élite » et « iil » qui veut dire « Allaah ». Donc « esclave de Dieu ». Et du point de vue grammatical, c’est un mot qui ne se décline pas parce que ce n’est pas un mot arabe. « Israa’iil » est un mot hébreu.

Dans cette phrase il a la fonction de complément du nom « Dieu » et habituellement le complément du nom porte une kasrah à la fin. Mais comme ce n’est pas un mot arabe, il ne se décline pas, il ne porte pas de kasrah à la fin mais une fatHah.

Souvenez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Dieu leur rappelle les bienfaits qu’Il leur a accordés afin qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées et pour qu’ils obéissent à celui qui leur a accordé ces grâces. Dieu a visé par là les grâces qu’Il leur a accordées et qu’Il a accordées à leurs ancêtres. Et l’auteur a énuméré ici ces grâces à savoir comment ils ont été sauvés de pharaon, de la noyade, comment Dieu leur a pardonné après qu’ils aient fabriqué et adoré un veau en or et qu’ils soient revenus à l’adoration de Dieu seul et le fait qu’ils sont restés vivants jusqu’à l’avènement de notre maitre MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Ils ont pu entendre son appel, lui qui avait été annoncé dans la torah et dans l’évangile. Les Yahouud qui vivaient à l’époque de la descente du Qour’aan, Dieu leur a ordonné d’évoquer et de se rappeler des grâces qu’Il leur a accordées, à savoir que leurs ancêtres qui étaient avec Mouuçaa, Dieu les a sauvés de pharaon et de son châtiment, Il les a sauvés de la noyade, Il a pardonné à ceux d’entre eux qui avaient adoré le veau, Il a accepté leur repentir. Puis ceux qui contemporains à notre maitre MouHammad, Dieu a fait qu’ils ont pu entendre son appel. Donc cela veut dire : remerciez Dieu en croyant en MouHammad qu’il est un envoyé de Dieu.

Et soyez fidèles à votre promesse. Tenez vos engagements, tenez la promesse que vous avez faite de croire en Moi et de M’obéir ou de croire au prophète de la miséricorde et au Livre qui est miraculeux, le Qour’aan qui est un miracle permanent pour notre prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam.

Je vous accorderai ce que Je vous ai promis. C’est-à-dire la grande récompense pour vos bonnes œuvres. Et les gens du taSawwouf ont expliqué ce verset en disant : respectez votre engagement en M’adorant dans cette résidence qui est une résidence où Je vous fais subir des épreuves, alors Je vous accorderai dans la résidence de la récompense la grande récompense de Me voir. La plus grande récompense sera de voir Dieu sans qu’Il ne soit dans un endroit ni dans une direction parce que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Et ne rompez pas cet engagement.  Cet engagement que vous avez fait de M’obéir, respectez-le et craignez-Moi. En effet, le croyant doit maintenir son cœur entre la crainte et l’espoir. La crainte d’être châtié et l’espoir d’être pardonné. La crainte du châtiment et l’espoir de la récompense. Les savants ont dit que c’est comme les deux ailes qui doivent rester en équilibre pour avancer correctement : ne pencher ni vers l’un ni vers l’autre. Ni se mettre à commettre des péchés en se croyant préservé du châtiment de Dieu, ni penser que Dieu va le punir à cause du grand nombre de péchés commis. Il faut garder son cœur entre les deux, en gardant la crainte et l’espoir.

Verset 41 : ayez foi en ce que J’ai fait descendre (c’est-à-dire le Qour’aan) qui est conforme à ce que vous avez c’est-à-dire la Torah ; il confirme l’adoration de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme l’unicité de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme la prophétie de MouHammad qui est annoncée dans la Torah. Il n’y a pas de différence entre la Torah qui a été révélée à Mouuçaa et le Qour’aan qui a été révélé à MouHammad, concernant la croyance. MouHammad n’a pas apporté quelque chose de différent de ce que Moise avait apporté.

Et ne soyez pas les premiers à y mécroire. (Au Qour’aan) Ne soyez pas, vous, les descendants de Israa’iil, les premiers à ne pas croire à MouHammad ou encore : ne soyez pas le premier groupe qui mécroit en lui ou encore : que chacun d’entre vous ne soit pas le premier à ne pas croire en lui. Il y a ici une allusion que ce devrait être eux les premiers à y croire parce qu’ils le connaissent du fait qu’il leur a été annoncé dans la Torah, ils connaissent sa description.

Et ne changez pas Mes versets en les déformant, pour des choses futiles du bas monde. Ne déformez pas Mes signes, juste pour obtenir des choses du bas monde. Par rapport à l’au-delà, le bas monde dans sa totalité ne représente rien du tout. Et il a été dit que ces choses futiles du bas monde c’était la notoriété qu’ils avaient au sein de leur peuple qu’ils craignaient de perdre, ainsi que le pouvoir, s’ils suivaient le messager de Dieu. Même au sein de cette communauté il y a certains présidents ou leaders qui contredisent la vérité pour ne pas perdre le pouvoir. Al-Boukhaariyy que Dieu lui fasse miséricorde était allé dans une ville dans laquelle se trouvait un chaykh qui était très connu. Les gens étaient sortis de la ville pour aller l’accueillir par respect pour lui. Or le savant connu de cette ville a été jaloux. Il a calomnié Al-Boukhaariyy auprès du gouverneur de cette ville, alors le gouverneur a exilé Al-Boukhaariyy de la ville.

Et craignez-Moi c’est-à-dire ne faites pas ce qui vous fait mériter Mon châtiment. C’est-à-dire ne commettez pas les péchés.

Verset 42 : et ne mélangez pas le vrai avec le faux. Ceci est adressé aux yahouud. C’est-à-dire n’écrivez pas dans la Torah ce qui n’en fait pas partie, de sorte que le vrai qui a été révélé à Moise se mélange au faux que vous avez rajouté, de sorte qu’on ne puisse plus distinguer entre le vrai et le faux.

Et ne dissimulez pas la vérité. Al-Jazm et an-nahiy. C’est-à-dire : ne faites pas ces deux choses, c’est-à-dire l’amalgame entre le vrai et le faux d’une part et la dissimulation de la vérité. Il s’agit de la vérité du fait que Mouhammad est un envoyé de Dieu et que le Qour’aan est un miracle. Et le fait d’altérer la Torah qui est le Livre révélé à Moise. Ils prétendent qu’ils n’ont pas trouvé dans la Torah l’annonce que MouHammad est un envoyé de Dieu ou qu’ils n’ont pas trouvé tel jugement.

Alors que vous savez. En connaissance de cause. C’est encore plus grave. Vous mélangez le vrai avec le faux et vous dissimulez la vérité, c’est encore plus grave et plus laid de votre part. Parce que si quelqu’un l’avait fait par ignorance, dans certains cas, il se peut que certaines choses soient excusées du fait de l’ignorance. Mais vous, vous savez ce que vous êtes en train de faire, donc c’est encore plus laid de votre part.

Verset 43 : accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakaat. C’est-à-dire fais ta prière comme la font les musulmans et donnez la zakaat comme la donnent les musulmans.

Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. Parce que les yahouud n’ont pas d’inclination dans leurs prières selon les historiens. Mais dans le Hadiith, il n’a pas été mentionné que les yahouud n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, mais c’est possible.

1/ Si on prend cette explication qu’ils n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, ce verset signifie « inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent, de ceux de la communauté de MouHammad ». C’est-à-dire « devenez musulmans de parmi la communauté de MouHammad et faites la prière tout comme il vous l’a enseigné, même si dans votre loi, il n’y avait pas d’inclination, c’est-à-dire « entrez en islam et appliquez les œuvres des gens de l’islam ».

2 / Et il est possible aussi que Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent fasse allusion à la prière, tout comme on peut faire allusion à la prière par la prosternation. Et c’est un ordre d’accomplir la prière avec ceux qui font la prière, c’est-à-dire « faites la prière en assemblée » et non pas seul.

Est-ce-que vous ordonnez la bienfaisance aux gens et là, c’est pour indiquer le blâme et l’exclamation de la part des esclaves c’est-à-dire est-ce-que vous ordonnez aux gens d’accomplir beaucoup de bien. Et leurs prêtres disaient en cachette à ceux qui leur demandaient au sujet de MouHammad, ils leur disaient de le suivre, mais eux restaient sur leur mécréance, pour ne pas perdre le pouvoir. Et parfois ils le disaient au grand jour.

Une autre explication est qu’ils ordonnaient aux gens de donner des aumônes mais eux, ils ne donnaient pas. Et lorsqu’on leur donnait les aumônes pour qu’ils les distribuent, ils les gardaient pour eux.

Et vous vous oubliez vous-mêmes. C’est-à-dire que vous oubliez de le faire. C’est-à-dire que vous ordonnez aux autres de faire le bien et vous ne le faites pas. Ceci a été exprimé par le verbe « oublier », comme si c’était un oubli.

 Alors que vous récitez le Livre. C’est un blâme et une menace, c’est-à-dire que vous récitez la Torah dans laquelle il y a la description de Mouhammad ^alayhi s-salaam où il y a la menace pour celui qui trahit, pour celui qui n’agit pas en bien et pour celui dont les œuvres ne sont pas conformes à sa parole. Vous dites des choses et vous ne les faites pas. Vos œuvres ne sont pas conformes à votre parole. Arrêtez de vous comporter d’une manière qui n’est pas conforme à ce qui a été révélé à Mouuçaa ^alayhi s-salaam dans la Torah. Est-ce que vous vous rendez compte de la laideur de ce que vous êtes en train de faire ? Ceci afin que cela vous détourne de le commettre. Le fait de prendre conscience de la laideur de ce que vous êtes en train de faire va vous détourner de le commettre. C’est une grande mise en garde.

Verset 45 : et faites-vous aider pour vos besoins à l’égard de Dieu par la patience et par la prière.

1/ C’est-à-dire en réunissant les deux c’est-à-dire faites la prière en faisant preuve de patience , face à l’effort demandé pour que vous puissiez faire la prière, en supportant ses difficultés et ce qu’elle implique comme obligation d’être sincère dans votre cœur en l’ accomplissant, en repoussant les mauvaises suggestions du chayTaane et en repoussant les mauvaises suggestions de l’âme et en veillant à respecter les règles de comportement de la prière et en ayant la crainte de Dieu lorsque vous l’accomplissez et en vous rappelant le fait que si êtes en train de faire la prière , vous vous adressez à Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre.

2/ Ou bien faites-vous aider pour affronter le choc des épreuves en utilisant la prière c’est-à-dire faites preuve de patience face aux épreuves en ayant recours à la prière, lorsque l’épreuve survient. On se rappelle de l’histoire de RaHmah, lorsque son mari a été tué et qu’elle s’est retrouvée avec des orphelins. Lorsque l’appel à la prière a eu lieu, elle a fait sa prière. Elle n’a pas dit : j’ai perdu mon mari, j’ai des orphelins, je n’ai pas de quoi les nourrir. Et Dieu lui a accordé un prodige. La prière est le recours du croyant. Il patiente en faisant la prière. Et le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’un sujet le chagrinait, il avait recours à la prière, c’est-à-dire qu’il faisait des prières surérogatoires. Il faisait des prières en demandant à Dieu qu’Il le délivre de ce tourment. Ne soyons pas comme celui qui est malade, qui connait le médicament et qui ne l’utilise pas. Allaah ta^aalaa nous a accordé la prière : si tu as des tourments, aie recours à la prière, fais des prières surérogatoires et Dieu te délivrera de ce tourment. C’est requis de notre part de prendre exemple sur le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Il convient pour chacun d’entre nous, homme ou femme, de rechercher l’aide de Dieu, si un sujet nous tourmente. Si quelqu’un est touché par une difficulté, il convient qu’il ait recours à la prière. Il ne va pas aller consulter x ou y pour chaque problème.

D’après ibnou ^Abbaas le cousin du Prophète en faveur de qui le Prophète avait invoqué Dieu pour qu’Il lui accorde la sagesse, la bonne compréhension et l’interprétation du Qour’aan, Il a été rapporté que lors du décès de son frère Houçaam, alors que lui-même était en voyage, il a fait l’istirjaa^ (il a prononcé la parole qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à Son jugement ») ceci pour nous rappeler que notre séjour est temporaire. Puis il a accompli deux rak^ah surérogatoires puis il a dit ce qui signifie : « faites-vous aider par la patience et la prière ». Il a essayé de se soulager de la grande perte de son frère en accomplissant la prière.

3/ Il a été dit que la patience signifie le jeûne parce que le jeûne consiste en une privation des choses qui rompent le jeûne. Et c’est pour cela que le mois de ramaDaan a été appelé le mois de la patience.

4 /Et il a été dit que la prière ici signifie les invocations, les supplications pour repousser cette épreuve qui vous touche. Il y a l’invocation de notre maître Youunous qui a dit quarante fois : « laa ‘ilaaha ’illa l-Laah, soubHaanak, ‘innii kountou mina l-Dhaalimiine ». Celui qui dit quarante fois cette invocation dans le dernier tiers de la nuit, pour ce qu’il veut, si Dieu veut, Dieu le lui accorde.

Wa innahaa : certains ont expliqué par la recherche de l’aide et d’autres par la prière. Et cela semble difficile, sauf pour ceux qui craignent Dieu, pour lesquels ce n’est pas difficile, parce qu’ils savent ce que Dieu a réservé pour ceux qui patientent face aux difficultés et qui font la prière. Si tu es en train de monter une pente et tu sais qu’après cette pente, il y aura du repos, alors la pente semble moins difficile. Si tu sais qu’au bout de la journée, il y aura la rupture du jeûne, les choses deviennent faciles. Ceux qui craignent Dieu, ils savent qu’en faisant preuve de patience et en faisant des prières surérogatoires, il y a aura la grande récompense du paradis et que ce sera peut-être une cause pour repousser ces épreuves. Quant à d’autres ce n’est pas le cas.

verset 46 : ceux qui pensent (qui ont pour conviction) qu’ils vont venir au jour du jugement de leur Seigneur. Ici « penser » signifie avoir pour conviction, pour croyance, c’est-à-dire qu’ils ont pour croyance qu’ils viendront au jour du jugement pour être jugés par Dieu, ils s’attendent à obtenir une récompense et ils espèrent cela. Ils ont donc la certitude, en raison de la récitation de ^Abdoul l-Laah ibnou Mas^ouud parce qu’il a récité « ya^lamouun » au lieu de « yaDhounnouun », ce qui signifie « ils savent » mais cette récitation avec le terme « ya^lamouun » n’est pas une récitation qui est moutawatir. Ils savent qu’ils vont recevoir la rétribution de la part de leur Seigneur et ils vont agir en fonction de cela. Quant à ceux qui n’ont pas la certitude qu’il y aura une rétribution et qui ne s’attendent pas à ce qu’il y ait une récompense pour les œuvres, alors c’est quelque chose qui est difficile pour eux. Le mot « Dhanna » est habituellement utilisé pour quelqu’un qui n’est pas certain mais il peut être utilisé pour ce dont on est certain, comme dans ce cas. C’est comme dans le fait de faire la prière : la plupart des gens ne sont pas heureux quand ils font la prière, c’est comme s’ils la font pour se débarrasser de quelque chose, alors que les pieux, eux, y trouvent du plaisir, ils sont apaisés quand ils font la prière.

Notre maitre ^Outhmaan ibnou ^Affaan que Dieu l’agrée, le troisième calife, a récité la totalité du Qour’aan en une seule rak^ah en une nuit. Allaah lui a accordé cela. Les prophètes et les saints trouvent une joie dans les actes d’adoration et notamment dans la prière. Dieu place dans leur cœur une joie et un apaisement qu’ils ne trouvent dans un autre acte d’adoration que dans la prière. La prière leur procure plus de plaisir que toute autre chose.

Le khouchouu^ en arabe signifie la sérénité et l’apaisement. N’est-ce-pas que le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam disait à Bilaal quand celui-ci faisait l’appel à la prière : « lance l’appel de ce qui va nous amener l’apaisement, la paix intérieure et la sérénité ».  Donc la prière est une cause d’apaisement et de sérénité.

Le khouDouu^ signifie la douceur et la soumission. C’est le fait d’abandonner toute objection contre Dieu. Nous faisons preuve d’humilité.

La glorification qui s’accompagne d’un ressenti de crainte, c’est cela le khouchouu^. C’est une crainte révérencielle. Le khouchouu^ pendant la prière c’est le fait d’avoir présent dans le cœur la crainte de Dieu, la glorification et l’amour envers Dieu. Il ne s’agit pas ici de la crainte du châtiment.

Le mot « liQaa » signifie « rencontre ». Mais ici certains ont expliqué ce mot par le fait que les croyants verront Dieu

Ils verront Dieu sans comment. Certains exégètes ont expliqué la parole « moulaaQouu rabbihim » par « ceux qui ont la certitude qu’ils vont voir leur Seigneur ». C’est une vue qui est sans comment, c’est-à-dire que ce ne sera pas une vue dans une direction. Il n’y aura pas de distance entre eux et Dieu, ni une distance proche ni éloignée. Car la distance est une relation entre deux corps. Or Dieu n’est pas un corps, donc cette relation-là ne Le concerne pas. C’est pour cela qu’on dit qu’Il est exempt de cela. Qu’est-ce qui fait que la vue d’un être soit possible rationnellement ? Ce n’est pas le fait que cet être soit dans un endroit, mais c’est le fait qu’il existe. Comme Dieu existe, il est valide selon la raison qu’Il soit vu. Il sera vu sans qu’Il ne soit dans une direction ni dans un endroit parce que la distance est impossible au sujet de Dieu. Parce que celui qui se trouve à une distance de toi, il a une limite et celui qui est limité a besoin de qui lui a donné cette limite. Or Dieu n’a pas besoin d’autrui. C’est Lui le Créateur, c’est Lui Qui donne les limites aux choses, Il n’est pas concerné par les limites. Quand on dit que Dieu n’est pas limité, cela ne veut pas dire qu’Il a une étendue qui est infinie, non, cela veut dire qu’Il n’est pas un corps ni un volume.

Et ils retourneront à la vie au jour du jugement. C’est-à-dire que nul autre que Dieu ne juge les esclaves au jour du jugement. C’est Dieu Qui fait que tel esclave sera au paradis et tel autre sera en enfer.

Verset 47 : ô vous, fils (descendants) d’Israël, rappelez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Il y a eu un verset semblable précédemment donc c’est une répétition pour insister sur le fait que Dieu leur a accordé beaucoup de grâces. Israa’iil est le nom du prophète Ya^Qouub qui veut dire « esclave » de Dieu ou « élite » de Dieu car « iil » signifie Dieu en hébreu. Et les descendants de Israa’iil sont les descendants des douze fils d’Israa’iil, les descendants des douze tribus.

Et que Je vous ai accordé un mérite (c’est-à-dire que J’ai fait en sorte que vous soyez meilleurs) sur les mondes. En arabe quand il y a un grand nombre de personnes, on dit « ^aalam », c’est le même mot que pour « monde » donc cela signifie que Dieu leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens. Cela veut dire : « Nous vous avons accordé un mérite sur de nombreuses créatures ». C’est-à-dire : vos ancêtres qui étaient musulmans, rappelez-vous des grâces que Dieu leur a accordées et qu’Il leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens et prenez exemple sur eux en croyant en MouHammad (qui est le prophète de votre époque). Si vous croyez en MouHammad, vous serez comme vos ancêtres qui étaient croyants en Moise et en les prophètes précédents.

Quant à ceux qui sont des descendants d’Israël de nos jours mais qui n’ont pas cru au prophète MouHammad et également ceux qui sont descendants du prophète MouHammad et qui ont contredit, qui se sont entêtés et qui ont démenti, ceux-là n’ont absolument aucun mérite. Ceux qui étaient meilleurs que beaucoup de monde, c’était leurs ancêtres qui étaient musulmans.

Le mérite dont il est question dans ce verset revient à leurs ancêtres qui, eux, suivaient les prophètes, à l’époque de Moise et les prophètes qui l’ont suivi. Ils croyaient en Dieu et en Ses prophètes. Ils ne démentaient pas.

Ces ancêtres-là étaient comme nous, c’est-à-dire que nous avons pour croyance que chaque prophète est véridique et qu’il est venu avec la religion de vérité qui est l’islam. Ceux à propos de qui il est fait référence parmi les fils d’Israël, ce sont les croyants., qui croyaient en tous les prophètes.

Certains se sont donnés pour illusion, à partir de ce verset, que les yahouud qui sont non musulmans et qui sont de cette époque, auraient un certain mérite. Comment auraient-ils ce mérite ? Alors qu’ils ne croient même pas aux prophètes MouHammad ni au prophète Jésus. Celui qui comprend le Qour’aan de travers, c’est une source d’égarement et également pour ceux qui suivent ceux qui comprennent de travers. En effet, les phrases peuvent être expliquées de plusieurs manières. Donc celui qui ne les comprend pas correctement aura des contradictions et il va s’égarer. Il n’y aura pas de cohérence. Allaah a éprouvé Ses esclaves : certains connaissent les explications correctes et ils donnent aux versets les sens corrects. Et ceux à qui Dieu n’a pas accordé cette réussite, ils vont donner au Qour’aan un autre sens que le sens correct et c’est une source de perdition et ils vont être égarés.

Verset 48 : et craignez un jour. Et il s’agit du jour du jugement. Il n’y aura pas une âme croyante qui pourra intercéder en faveur d’une âme, c’est-à-dire mécréante. C’est-à-dire que celui qui est venu au jour du jugement musulman, il ne va pas compenser les défaillances de quelqu’un qui est mort non croyant. C’est pour cela que le Qour’aan est un miracle permanent pour notre prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. De nos jours il y a beaucoup de gens qui ont délaissé le Qour’aan, pour eux, c’est juste un objet de décoration à la maison, malheureusement.

Et il ne sera accepté d’elle aucune intercession. Et le terme « elle » (minhaa) ici est un pronom qui fait référence à l’âme croyante. C’est-à-dire que l’âme croyante ne pourra pas intercéder pour l’âme qui est mécréante. Celui qui est croyant n’intercèdera pas pour celui qui est mécréant. L’intercession consiste à demander le bien à autrui en faveur d’autrui. Ceux qui vont intercéder au jour du jugement vont demander à Dieu le bien en faveur de tierces personnes. Au jour du jugement, aucune âme croyante n’intercèdera en faveur d’une âme non croyante.

Il a été dit que les yahouud à l’époque du prophète ont dit : « ce sont nos ancêtres qui étaient prophètes qui vont intercéder en notre faveur », alors qu’eux n’étaient pas croyants. Ce verset a été révélé pour leur couper tout espoir de l’intercession en leur faveur alors qu’ils n’étaient pas croyants. C’est comme dans un autre verset où il est dit ce qui signifie : « l’intercession de ceux qui intercèderont au jour du jugement ne leur profitera pas ».

Et le groupe des mou^tazilah qui est un groupe qui se prétendait musulman disait que le musulman qui commet un péché, il n’est plus musulman et qu’il n’y a plus d’intercession en sa faveur. Et ils prétendent que ce verset explique cela. La réplique à leur donner est que ce verset concerne l’intercession en faveur de non croyants et non pas en faveur de musulmans désobéissants.

Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : « mon intercession est pour les grands pécheurs de ma communauté ».  Rapporté par Al-Haakim.

Et il ne sera pas accepté d’eux une compensation. La compensation est pour compenser une défaillance. Actuellement, si quelqu’un a une défaillance, dans certains cas, il paye une compensation. Mais au jour du jugement, ce ne sera pas le cas : les mécréants ne pourront pas payer une compensation pour compenser leur mécréance, ils ne seront pas acquittés.

Et ils ne seront pas soutenus. C’est-à-dire que ces non croyants, au jour du jugement, personne ne va les aider.

Verset 49 : et lorsque Nous vous avons sauvés de ceux qui étaient dans le camp de Pharaon. Le mot « ‘aal » indique ceux qui suivaient Pharaon dans sa religion et « pharaon » est un titre de rois qui ont gouverné les géants comme César est un titre donné à ceux qui dirigeaient les Romains et Chosroes est le titre donné aux rois des Perses.

Nous vous avons délivrés de l’injustice que commettait Pharaon parce que Pharaon leur faisait subir des injustices, c’est comme s’il les recherchait pour leur faire parvenir la nuisance. « souu’ou l-^adhaab » : le mal du châtiment , il s’agit du mal que Pharaon faisait subir à leurs ancêtres , alors que tout le châtiment est un mal. Cela signifie le châtiment qui est extrême et qui est atroce.

Puis Il énumère les différentes sortes de châtiments que Pharaon avait fait subir à leurs ancêtres. A l’un, il égorgeait ses garçons et il laissait les filles vivantes pour qu’elles soient à leur service. Ceci parce que les devins avaient dit à Pharaon qu’il y aurait un garçon qui allait naitre et qui serait la cause de la disparition de son royaume. Et ces devins ont averti Pharaon tout comme ils ont averti An-Noumrouud à propos de Ibraahiim. Mais ce que ces deux ont essayé de faire n’a pas empêché la réalisation de ce que Dieu a prédestiné de toute éternité, à savoir que Moise est né et a été la cause de la perte de Pharaon.

Et il y a en cela un « balaa’ » de la part de votre Seigneur.  Le mot « balaa’ », s’il est expliqué par le sens de l’épreuve, il en est visé l’acte de Pharaon, c’est cela qui est une épreuve qui a été subie par les gens. Si le mot « balaa’ » était expliqué par le sens de la grâce, il fait allusion au fait qu’ils ont été sauvés de Pharaon. Donc on voit que le mot « balaa’ » peut avoir le sens de l’épreuve et il peut avoir le sens de la catastrophe.

Un « balaa’ » qui est éminent. C’est pour cela qu’on ne traduit pas le Qour’aan.

Verset 50 : Dieu leur rappelle les grâces qu’Il a accordées à leurs ancêtres qui étaient musulmans, de la communauté de Moise.  Nous avons séparé la mer en plusieurs chemins. La mer s’est écartée pourfaire apparaitre un chemin pour qu’ils puissent traverser.Et il y eut douze chemins pour les douze tribus des descendants d’Israël. Chaque tribu avait son chemin. Dieu est sur toute chose tout puissant. Ceci pour rappeler que ce ne sont pas les causes qui créent les effets. C’est Dieu Qui est le créateur des causes et des effets. S’Il veut qu’il y ait des effets sans la cause habituelle, cela a lieu.

Donc les tribus traversaient et la mer s’ouvrait pour les laisser le chemin. Dieu leur a accordé cela. Il a été dit que les descendants d’Israël, alors qu’ils étaient dans un chemin qui était séparé d’un autre par un mur (chacune des douze tribus étaient comme entre deux montagnes d’eau), ont dit à Moise : « où sont nos compagnons ? nous voulons les voir ». Allaah a révélé à Moise de faire un signe avec son bâton et il est apparu sur les murs d’eau des lucarnes à travers lesquelles ils pouvaient se voir et s’entendre.

Nous vous avons sauvés et Nous avons fait périr noyés. Pharaon et ses soldats et vous, vous observez. Vous voyez cela, vous en êtes conscients et vous ne doutez pas à ce sujet. Dieu leur rappelle cela dans l’objectif qu’ils soient croyants. Les yahouud de l’époque du Prophète MouHammad savaient cela mais ils le cachaient. Et le Prophète a su cela par révélation de la part de Dieu, car il ne lisait pas.

Verset 51 : Et Nous avons promis à Mouuçaa la révélation en quarante nuits puis vous avez pris un veau après cela 

Dieu a promis à Mouuçaa ^alayhi s-salaam la révélation et Il lui a promis de lui révéler certaines choses, parmi elles le fait d’aller à un endroit qui s’appelle « aT-Touur » dans le Sinaï (Tyr). Quand les descendants d’Israël s’étaient installés en Egypte après la mort de pharaon, ils n’avaient pas de livre. Allaah ta^aalaa a promis à Mouuçaa de lui révéler la Torah et Il lui a indiqué la date de cette révélation au mois de dhou l -Qa^dah plus dix jours de dhou l-Hijjah, ce qui fait quarante nuits en tout. Et certains parmi les fils de Israël s’étaient alors mis à adorer un veau. Un homme nommé Mouuçaa as-saamiriyy leur a fabriqué un veau à partir des bijoux qu’ils avaient emmenés et auquel ils avaient mélangé un peu de terre de l’endroit où se tenait le cheval de l’ange Jibriil et ce veau s’est mis à émettre un son alors ils se sont mis à l’adorer. Donc ceci est arrivé après que Mouuçaa soit parti à aT-Touur.

Et vous êtes injustes en cela. Et vous êtes injustes dans votre adoration du veau ; puisque vous avez voué votre adoration à ce qui ne mérite pas d’être adoré.

Verset 52 : puis Nous vous avons pardonné. Dieu leur a accordé le repentir et leur a effacé leur péché. Après que vous ayez adoré le veau, puissiez-vous remercier. Que vous remerciiez Dieu Qui vous a fait grâce du pardon suite au péché que vous avez commis.

Verset 53 : et Nous avons accordé à Mouuçaa le Livre et le fourQaane.

Et Nous avons accordé à Mouuçaa le Livre et ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais. C’est-à-dire que Dieu lui a accordé la révélation d’un livre qui est la Torah, qui, en plus d’être un livre révélé, comporte ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Ici, même s’il y a le terme « wa » qui est une conjonction de coordination, cela indique la même chose, ce sont deux caractéristiques qui se trouvent dans ce livre-là, que c’est un livre qui est révélé ET qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Il ne s’agit donc de deux livres différents mais bien d’un seul livre qui s’appelle la Torah qui remplit les deux caractéristiques citées.

Une autre explication est : Nous t’avons fait révéler le livre et le FourQaane : Le livre est la Torah et le FourQaane ce sont les miracles que Dieu a accordés à Mouuçaa, comme le bâton qui s’est transformé en un véritable serpent.

Une troisième explication de al-FourQaane est la révélation de ce qui est licite et ce qui est illicite.

Une autre explication est le fait que la mer se soit entrouverte pour les descendants des fils d’Israël. Dans le sens de la séparation puisque c’est la séparation qui a eu lieu dans la mer qui a permis d’avoir ces chemins et les tribus des descendants des fils d’Israël ont pu quitter l’Egypte pour la Palestine.

Ou encore dans le sens de la victoire qui a fait la différence entre Mouuçaa et son ennemi. Grâce à cette victoire, Mouuçaa a eu le dessus sur ses ennemis, en l’occurrence sur Pharaon et son armée.

Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire « afin que » vous soyez bien guidés. Dieu a révélé cela à Mouuçaa pour que vous soyez bien guidés.

Verset 54 : et Mouuçaa a dit à son peuple c’est-à-dire ceux d’entre eux qui se sont mis à adorer le veau.

Ô peuple vous avez été injustes envers vous-mêmes en vous mettant à adorer le veau : c’est-à-dire en considérant que c’est quelque chose qui mérite l’adoration

Alors faites le repentir à votre Créateur : c’est Lui Qui a créé les créatures et Il n’a pas créé les choses absurdement : c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé comporte une sagesse. Même la création des porcs et des singes, il y a une sagesse en cela.

Il y a en cette parole de Mouuçaa à son peuple une mise en garde et un avertissement parce qu’ils ont délaissé l’adoration de Dieu Celui Qui sait toute chose, Celui Qui crée toute chose selon une sagesse, Lui Qui les a créés et Qui a fait qu’il n’y ait pas d’absurdité dans ce qu’Il créé. Ils se sont détournés de l’adoration de Dieu, Celui Qui est exempt de toute imperfection, pour se mettre à adorer un veau qui est l’exemple-même de l’idiotie et de la stupidité.

Alors tuez-vous vous-mêmes.

Il a été dit que c’est selon le sens apparent. Certains savants ont dit que leur repentir passait par le fait de se donner la mort à eux-mêmes.

Et il a été dit que leur repentir était de se tuer les uns les autres. C’est-à-dire qu’après leur retour à l’islam, c’était une condition pour l’acceptation de leur repentir.

Troisième explication : il a été dit que ceux qui n’ont pas adoré le veau ont reçu l’ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau. Et 70.000 d’entre eux sont morts.

Cela (fait référence au repentir et au fait de tuer) vaut mieux pour vous selon le jugement de votre Créateur c’est-à-dire « cela vaut mieux pour vous que de persister sur la désobéissance ».

Il est Celui Qui a accepté votre repentir, c’est-à-dire Il est celui Qui vous fait grâce d’accepter votre repentir même si vous en faites beaucoup. Même si une personne commet un péché mille fois et fait le repentir avec les conditions remplies, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, même si ce sont des péchés qui sont graves. N’est-ce-pas que c’est grave d’adorer un veau ? Et pourtant Dieu a accepté d’eux leur repentir. C’est-à-dire qu’ils rentrent en islam et ils ne sont pas châtiés pour ce qu’ils ont fait.

Analyse grammaticale de ce verset 54 : Dieu a fait que leur repentir après avoir adoré ce veau en or, était qu’ils se donnent la mort. Et Dieu ordonne ce qu’Il veut ; comme quand Il a ordonné à Ibraahiim d’égorger son propre fils. C’est interdit d’égorger son propre fils. Et pourtant ce fut un ordre donné à Ibraahiim de la part de Dieu. Cela lui ferait gagner des récompenses. Donc Dieu a fait qu’un acte, du temps du prophète Ibraahiim, fasse gagner des récompenses et dans la Loi du prophète MouHammad, c’était un grand péché. Les lois en Islam ne sont pas selon la raison. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut. Comment est-ce qu’on a su qu’il est interdit d’épouser la sœur de notre père ? Pourquoi est-ce interdit d’épouser son propre frère ou sa propre sœur ? C’est par la Loi. Pourtant c’était permis dans la Loi d’Aadam. Et c’est devenu interdit dans les lois ultérieures. Donc les jugements ne sont pas par la raison. Les jugements sont par la transmission selon ce que le prophète de notre époque nous a transmis.

Verset 55 : Et ils ont dit ô Mouuçaa, nous ne croirons en toi que si nous voyons Allaah, mais la foudre s’est abattue sur vous (la mort vous a pris).  Vous n’avez pas pu Le voir. Il a été dit qu’un feu est descendu du ciel et qui les a brûlés. Il a été dit qu’il y avait 70 personnes qui sont parties avec notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam lorsqu’il est parti au mont Tyr pour aller demander le pardon de Dieu pour son peuple. Ils lui ont dit : nous n’avons pas participé à l’adoration du veau avec les autres, alors fais-nous voir Dieu. Mouuçaa leur a dit : j’ai demandé à Dieu mais je n’ai pas pu Le voir. La montagne n’a pas pu supporter de voir Dieu et Mouuçaa s’est évanoui. Demander de voir Dieu n’est pas quelque chose d’impossible parce que le critère pour la vision d’un être c’est que cet être existe, ce n’est pas qu’il soit dans un endroit. Comme l’a dit notre maitre Abouu Haniifah : « Dieu existe il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». D’ailleurs nous savons que les croyants, lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu, sans que Dieu ne soit au paradis ni ailleurs ; parce que Dieu n’est pas dans un endroit.

Notre maitre Mouuçaa connait mieux Allaah que nous. Il a demandé à Dieu de Le voir. Allaah lui a appris que si la montagne supportait de voir Dieu, alors lui, Mouuçaa pourrait Le voir également.  Mais la montagne n’a pas supporté, elle s’est effondrée et Mouuçaa s’est évanoui. C’est cela le sens de la réponse de notre maitre Mouuçaa à ces soixante-dix quand ils lui ont dit : fais-nous voir Dieu et qu’il leur a répondu : je n’ai pas pu Le voir. Ils lui ont répondu : » toi, tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Et Dieu a envoyé sur eux une foudre qui les a brûlés.

Les mou^tazilah prétendent que l’homme est créateur de ses actes et ils ont dit également que ce n’est pas possible que Dieu soit vu. Ils ont prétendu que ce verset est une preuve que Dieu ne peut pas être vu car ils ont dit que ces 70 n’auraient pas été châtiés pour avoir demandé quelque chose de possible. En réalité s’ils ont été châtiés par ce feu qui s’est abattu sur eux, c’est parce qu’ils avaient dit à Mouuçaa : « tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ».  Ils ont donc été châtiés pour leur mécréance et non pas pour avoir demandé à voir Dieu. Ils avaient refusé de croire en Mouuçaa ^alayhi s-salaam, alors qu’ils ont vu les miracles de sa part. Or croire aux prophètes est un devoir, dès l’apparition de leurs miracles. Et on ne demande pas à un prophète de nouveau miracle sans raison ; c’est-à-dire qu’après que le premier miracle soit apparu, c’est suffisant pour l’obligation de croire au prophète.

Mais il est possible de demander au prophète d’autres miracles, et ceci pour augmenter en certitude. Comme ceux qui ont demandé à notre maître Jésus ^alayhi s-salaam. Ses compagnons lui ont demandé une table qui descende du ciel, pleine de nourriture, alors qu’ils avaient déjà vu des miracles de sa part mais c’était pour augmenter en certitude. Concernant la demande du premier miracle, il n’y a pas de problème puisque c’est le miracle qui permet de différencier un prophète d’un charlatan. (Et le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui a lieu sur les mains de celui qui prétend la prophétie, qui est conforme à ce qu’il dit, et qui ne peut pas être contré par quoi que ce soit de semblable). Quant à ceux qui étaient avec notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam, ils ont été brûlés par la foudre qui s’est abattue sur eux, car leur demande n’était pas dans le but d’apprendre mais ils avaient demandé de la manière de celui qui montre un entêtement.

Et vous la voyez. C’est-à-dire la foudre qui s’est abattue sur eux.

Verset 56 : puis Nous vous avons ressuscités. Après votre mort, puissiez-vous remercier. Puissiez-vous remercier la grâce de revenir à la vie après la mort.

Verset 57 : et Nous vous avons abrités par des nuages. C’est-à-dire que Dieu a fait qu’il y a eu des nuages qui les protègent du soleil lorsqu’ils s’étaient perdus quarante ans dans un désert. Et Dieu a asservi pour eux des nuages qui les accompagnent dans leur marche pour les protéger de la chaleur du soleil et la nuit, il y avait un pilier de feu qui éclairait leur chemin Et leurs vêtements ne se salissaient pas et ne s’usaient pas.

Et Nous avons fait descendre al-mann : c’est une nourriture qui était comme la neige qui descendait du ciel depuis l’aube jusqu’au lever du soleil et chacun d’entre eux avait un Saa^ (qui est l’équivalent de quatre moudd)

Et du salwaa : Dieu faisait souffler un vent du sud qui leur ramenait des oiseaux qu’ils pouvaient attraper comme ils le voulaient, puis l’égorger et le manger comme ils voulaient.

Nous leur avons dit : mangez des choses délicieuses que Nous avons accordées.

Et ils ont été injustes envers eux-mêmes : c’est-à-dire que malgré tous les bienfaits que Dieu leur accorde, ils ont été ingrats. (Le péché constitue une injustice envers soi-même parce que quand quelqu’un agit envers sa propre personne autrement que conformément aux ordres de Dieu, il aura agi dans quelque chose qui ne lui appartient pas véritablement. Car nous appartenons à Dieu, donc si quelqu’un agit de façon non conforme aux ordres de Dieu, il aura été injuste envers lui-même).

Verset 58 : et Nous leur avons dit : après être sorti de cet endroit où ils s’étaient perdus

Entrez dans cette ville : c’est soit Jérusalem soit Jéricho. Qaraa signifie « regrouper » et Qariyah signifie un regroupement de personnes, donc ce verset signifie « allez dans ce village ».

Et mangez des fruits (de cet endroit) où vous voulez et mangez en abondance et entrez par la porte c’est-à-dire la porte de la ville ou la porte de la coupole où ils faisaient leur prière. Et le peuple d’Israël qui est sorti d’Egypte avec notre maitre Mouuçaa, en définitive, ils ne sont pas entrés dans la ville de Jérusalem du vivant de Mouuçaa ^alayhi s-salaam mais ils sont entrés par cette porte puis ils sont entrés dans Jérusalem après la mort de notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam

En vous prosternant. Ils ont reçu l’ordre de se prosterner en arrivant devant cette porte de cette ville en guise de remerciement pour Dieu et par humilité.

Et dites : exprimez votre besoin. (Dites à Dieu de vous décharger de vos péchés).  C’est-à-dire qu’ils demandent à Dieu de les décharger de leur péché.

Une autre explication est : dites : nous avons reçu l’ordre d’entrer dans cette ville et de nous y installer.

D’après ^Aliyy que Dieu l’agrée, il a dit qu’il leur a été dit : dites bismi l-Laahi R-RaHmaani R-RaHiim et selon ^Ikrimah, il leur a été ordonné de dire : laa ‘ilaaha ‘illa l-Laah.

Nous vous pardonnerons alors vos péchés. Et Nous ajouterons encore plus à ceux qui agissent en bien. Donc cette parole qu’ils avaient reçu l’ordre de dire était une cause pour l’augmentation de la récompense de celui qui agissait en bien et c’était une cause de pardon et de repentir pour celui qui agissait en mal.

Verset 59 : ceux qui ont été injustes ont changé les paroles autres que celles qui leur ont été dites : ceux qui ont été injustes ont changé le mot qu’il leur avait été ordonné de dire c’est-à-dire qu’ils ont mis à la place du mot « HiTTah » une parole différente ; eux, ils avaient reçu l’ordre de dire un mot qui signifie le repentir ou le fait d’être déchargé des péchés, pour dire quelque chose qui n’a pas ce sens. Ils ont déformé le mot et ont dit « HinTah » qui signifie « blé ». Il a été dit qu’en langue nabatéenne, ils ont dit « HinTan sounQaaTan » qui signifie « blé rouge ». Ils ont dit cela pour se moquer de ce que Dieu leur a ordonné de dire et pour se détourner de ce que Dieu leur a ordonné de dire et dire ce qu’eux, désiraient parce qu’ils recherchent les biens du bas monde.

Nous avons fait que s’abatte du ciel sur ceux qui ont été injustes un châtiment. Ici il y a une répétition de la phrase « ceux qui ont été injustes », c’est pour insister sur la laideur de leur comportement et pour annoncer que s’abattra sur eux un châtiment en raison de leur injustice

En raison de leur perversité. C’est-à-dire en raison de leurs péchés. Il a été dit que 24.000 d’entre eux sont morts de la peste en une heure et il a été dit 70.000 personnes.

Verset 60 : ce verset revient au temps où Mouuçaa était vivant parmi eux. Quand Mouuçaa a demandé l’eau pour son peuple, Nous lui avons dit : donne un coup avec ton bâton sur un rocher. Ils avaient eu soif dans ce désert où ils s’étaient perdus, alors Mouuçaa ^alayhi s-salaam a demandé l’eau pour eux. Ici le rocher a été désigné par un article défini « le » rocher : il s’agit d’un rocher qui provenait de la montagne « Tiir » au Sinaï et qui était de forme cubique. Il avait quatre faces et de chaque face avait jailli une source d’eau puisqu’ils étaient douze tribus. Chaque tribu savait quelle source lui était dédiée. Et quand ils ont traversé la mer rouge, alors qu’ils quittaient l’Egypte, ils étaient 600.000. Et la taille de leur campement était de douze mille. Ceci était un miracle parce qu’un rocher qui donne de l’eau à 600.00 personnes, c’est miraculeux. Et ils transportaient ce rocher avec eux. Et il a été dit que ce n’était pas un rocher en particulier mais que cela signifiait : frappe le rocher en général.

« fa » : soit c’est pour indiquer une conséquence , c’est-à-dire que le fait de frapper le rocher a eu pour conséquence le jaillissement de l’eau en abondance ou c’est une explication

C’est alors qu’ont jailli de ce rocher douze sources, autant de sources qu’il y a de tribus. Chaque tribu a su quelle source lui était désignée. Mangez et buvez de cette subsistance que Dieu vous accorde c’est-à-dire que tout ce qui vous est donné est une subsistance de la part de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu Qui vous a fait grâce de tout cela.

Et ne semez pas la corruption sur terre. Ici le verbe employé indique le summum, le plus grave de la corruption c’est-à-dire « ne faites pas plus que ce que vous êtes en train de faire, cessez de faire et n’en rajoutez pas ».

Verset 61 : vous avez dit ô Mouuçaa, nous ne patientons pas et nous voulons un plat. Ils ont dit cela alors qu’ils s’étaient égarés dans le désert de Tiir après qu’ils aient refusé d’obéir à l’ordre de Mouuçaa de combattre les mécréants qui étaient à Jérusalem pour les en faire sortir. Leur punition a été qu’ils se sont retrouvés à tourner en rond dans un désert, pendant quarante ans et ils n’arrivaient pas à en sortir. Malgré cela, Dieu leur faisait descendre de la nourriture du ciel, sous forme de cailles prêtes et de mann qui était comme de la rosée matinale qui ressemble au coton sucré. Ils pouvaient manger autant qu’ils voulaient, mais malgré cela, ils disaient qu’ils voulaient des plats qu’eux-mêmes cuisinent. Ils ont dit qu’ils n’arrivaient pas à patienter à manger un seul plat, le même chaque jour. Dans le verset, il est question d’un seul plat (Ta^aamin waaHidin) mais cela vise les deux : le mann et les cailles, donc le plat ici signifie le menu. Combien sont-ils ingrats !!

Une autre explication est qu’ils ont visé par là une seule catégorie de nourriture qui était soignée et raffinée, c’était de la nourriture de gens qui ont du goût. Or ils étaient plutôt des agriculteurs, c’est pourquoi ils ont demandé à Mouuçaa de la nourriture à laquelle ils étaient habitués comme des céréales, des légumineuses.

(Ils lui ont dit) Invoque ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir des graines de la terre. Ils n’ont pas dit invoque notre Seigneur mais ton Seigneur, tellement ils sont ingrats. Ils ont dit à Mouuçaa : demande à Dieu qu’Il nous fasse sortir de la terre des plantations (al-baQl) c’est-à-dire des plantes vertes aromatiques comme la menthe, le céleri et autres légumes que les gens consomment

Et des concombres

Et (fouumihaa) : si c’est récité ainsi cela veut dire le blé et selon une autre récitation dans laquelle la lettre « faa’ » est récitée « thaa’ » (thouumihaa), et cela signifie alors l’ail. Ces deux récitations proviennent du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Une fois il a récité avec « fa » et une fois avec « tha ».

Et des lentilles et des oignons.

Est-ce que vous demandez quelque chose de moins précieux que ce que vous avez ? Ils ont demandé des choses pour lesquelles ils vont se fatiguer pour les semer, pour les entretenir, pour les récolter, pour les cuisiner, alors que la nourriture leur tombe du ciel !!!

Allez donc à MiSr : le mot « MiSr » en arabe a plusieurs sens. Il peut avoir le sens de ville (allez dans une ville) ou encore l’Egypte. Donc ce verset peut avoir deux sens : quittez l’endroit où vous êtes perdus, qui s’appelle at-tiih du verbe taaha qui signifie s’égarer pour aller soit dans une ville, soit en Egypte.  Et le territoire où ils se sont égarés se trouve entre Baytou l-MaQdis (Jérusalem) et une ville qui s’appelle (QinnaSriine) qui se trouve actuellement en Syrie. Et la superficie de ce territoire est de douze farsakh sur huit farsakh. Le farsakh s’appelle persange, c’est une unité de distance perse qui équivaut à 5 kilomètres. Donc le territoire s’étendait sur une longueur de soixante sur quarante kilomètres. Ce n’est pas très grand et malgré cela, ils s’y sont égarés pendant quarante ans.

Vous trouverez là-bas ce que vous voudrez. C’est-à-dire que vous trouverez cela dans les villes et non pas dans le désert.

Ils ont été frappés d’humiliation et de pauvreté.  Il y a une image dans la suite du verset : c’est-à-dire que Dieu les a humiliés, l’humiliation les a entourés de toutes parts et s’est collée à eux, à l’image de la terre glaise qui colle au mur si on la plaque au mur. L’image est que cette humiliation et cette pauvreté s’est collée à eux, tout comme la boue colle au mur lorsqu’elle est jetée sur ce mur. Dieu a fait qu’ils soient dans l’humiliation et la pauvreté en raison de leur ingratitude. Les yahouud, en général, ils sont humiliés et pauvres. Soit en réalité soit ils montrent qu’ils sont pauvres. Ceci par crainte que la jiziah augmente pour eux. La jiziah est ce que les gens du Livre paient au sultan des musulmans pour rester sous sa protection.

Et ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu. Suite à ce qu’ils ont fait, ils méritent un châtiment de la part de Dieu.

Et ce parce qu’ils mécroyaient en ce que Dieu leur envoyait comme signes et ils assassinaient les prophètes.  Ce qui leur est arrivé ici est à cause de leur mécréance et parce qu’ils avaient assassiné des prophètes, en effet les yahouud avaient tué les prophètes Cha^yiaa,  Zakariyya et YaHyaa que Dieu les honore davantage en degrés. Un nabiyy (prophète) informe de la part de Dieu. Et le mot nabiyy signifie également l’élévation, parce que le degré d’un prophète est élevé. Les deux significations sont valides dans la langue et le sens de chacune des deux déclinaisons sont correctes.

Ils étaient mécréants et ils assassinaient les prophètes injustement et ce, en raison de leur désobéissance et de l’injustice qu’ils commettaient. Et ce, parce qu’ils avaient désobéi et qu’ils avaient dépassé les limites. Ils avaient commis plusieurs sortes de désobéissances et ils avaient dépassé la limite fixée par Dieu en toutes choses, tout en étant mécréants et en assassinant les prophètes. « Ya^tadouuna » : il a été dit que c’est parce qu’ils ont dépassé la limite de samedi : car pour eux, dans leurs lois, ils ne devaient pas faire certaines activités le samedi. Mais certains avaient contourné cette interdiction. Et donc en raison de cette injustice, il leur arrive la punition. Une autre explication est qu’ils étaient mécréants, ils assassinaient les prophètes et ce, à cause de leur désobéissance et de leur dépassement des limites. C’est-à-dire que leurs désobéissances et leur dépassement des limites fixées par Dieu a entrainé leur mécréance et le fait qu’ils aient assassiné des prophètes. Et bien sûr le fait d’assassiner un prophète est plus grave que le fait d’insulter un prophète. Insulter un prophète est une mécréance et à plus forte raison, assassiner un prophète est une mécréance. Ils s’étaient noyés dans les péchés et l’animosité au point que leurs cœurs se sont endurcis, ce qui a entrainé leur mécréance et l’assassinat des prophètes. Le fait qu’ils aient commis beaucoup de péchés, le fait qu’ils aient dépassé les limites a endurci leurs cœurs, ce qui a emmené le fait de renier ceux que Dieu leur a envoyés et ils ont assassiné les prophètes. Ou alors ce sont des choses qui se sont cumulées ; leur désobéissance, leur dépassement des limites se sont cumulées avec leur désobéissances et leur assassinat des prophètes.

Verset 62 : certes ceux qui ont cru par la langue seulement, sans que leurs cœurs n’aient adhéré à la foi, c’est-à-dire que ce sont les hypocrites.

Et ceux qui yahouud c’est-à-dire ceux qui sont rentrés dans la yahouudiyyah (le judaïsme), on dit de celui-là qu’il est « haa’id » et le pluriel est « houud ». Certains savants ont dit que le mot « yahouud » dérive de la parole de Mouuçaa « innaa houdnaa ilayk », « ô Allaah, houdnaa ilayk ». Et « houdnaa ilayk » signifie « nous avons fait le repentir à Toi (à Dieu) ». C’est-à-dire qu’ils se sont repentis à Dieu. Mais cette appellation « innaa houdnaa ilayk » s’applique à ceux qui étaient croyants parmi eux, c’est-à-dire ceux qui croyaient en Moise et ceux qui croyaient en la loi de Moise telle qu’elle était lorsqu’elle a été révélée. Donc une explication du mot « yahouud » s’applique à ceux-là qui avaient fait le repentir. Cette appellation désigne ceux qui étaient croyants à l’époque de Moise.

Quant à ceux qui ont repris l’appellation de « yahouud » mais qui n’appliquent pas la loi de Moise, c’est-à-dire depuis qu’ils ont refusé de croire en Jésus parce que celui qui croit en un prophète et pas en un autre, il n’est plus musulman. Donc ils ont cru en Moise, ils étaient donc sur l’islam mais quand ils ont mécru en Jésus, ils n’étaient plus musulmans. Également, celui qui dit qu’il croit en MouHammad mais pas en Moise, ce n’est pas un musulman. Le musulman est celui qui croit en tous les prophètes parce qu’ils sont tous envoyés de Dieu.

Certains savants ont dit que le mot « yahouud » désigne ceux qui ont fait le repentir parmi ceux qui étaient à l’époque de Moise, qui étaient croyants. Mais il y en a qui ont repris cette appellation de « yahouud », qui sont venus après ceux-là, et ils ne sont plus croyants car ils ont renié le message de Jésus.

Pour ce qui est du début de leur falsification de la Torah, le Livre révélé à notre maitre Moise ^alayhi s-salaam, qui est musulman comme tous les prophètes, il se peut que cela ait eu lieu avant la mission de Jésus. Mais ils ont augmenté en falsification après le message de Jésus.

D’autres savants ont dit qu’ils ont été appelés ainsi parce qu’ils se balancent lorsqu’ils récitent la Torah. Ce balancement s’appelle « tahawwoud ».

Il y a plusieurs avis concernant l’origine de leur appellation. Pour reprendre la première explication du mot « yahouud », ils ont été appelés ainsi car ils ont suivi Moise sur la foi. Mouuçaa a dit lui-même : « innaa houdnaa ilayk ». Et « houdnaa » signifie « nous nous repentons ». Lui, Moise, n’a pas commis de péché pour dire cela, mais il parle au nom de son peuple. Cette définition ne s’applique pas à l’appellation de notre époque car ceux de notre époque n’ont pas cru en Jésus ni en MouHammad. Donc ils ne s’appellent pas « yahouud » dans le sens qu’ils ont fait le repentir.

« Wa n-naSaaraa » : ils ont été appelés ainsi parce qu’ils ont « naSarouu » ^Iiçaa c’est-à-dire qu’ils l’avaient soutenu. Et on appelle les partisans de Médine les « AnSaars » c’est-à-dire ceux qui soutiennent. Les NaSaaraa (les chrétiens) sont ceux qui avaient soutenu Jésus au début.

Une autre explication de ce terme est : ceux qui avaient suivi Jésus, lorsque celui-ci avait demandé « qui sont mes soutiens ? » pour renforcer l’appel à l’obéissance à Dieu.

Une autre explication est ceux qui sont de Nazareth qui est une ville en Palestine. Et c’était des gens de cette ville qui avaient répondu à l’appel, au début. On traduit ce terme par chrétiens, actuellement.

« Wa S-Saabi’iine » (et les Sabéens) : Saba’a signifie le fait de quitter une religion connue pour une autre religion. Ici les Sabéens sont des gens qui ont quitté la religion des yahouud et la religion des naçaaras et ils se sont mis à adorer les anges.

Il a été dit que ce sont des gens qui se sont mis à réciter les psaumes de David, le livre révélé à Daoud ^alayhi s-salaam. Même s’ils suivaient Daa’ouud véritablement, ils auraient dû suivre le prophète qui venait après, parce que chaque communauté de prophète doit suivre le prophète suivant s’il apparaissait.

Et d’autres savants ont dit que les sabéens sont un groupe qui adore les astres.

Notre chaykh nous a rapporté qu’à l’époque de notre maitre AHmad Ar-Rifa^iyy que Allaah l’agrée, alors qu’il était en Irak, il y avait un Sabéen qui avait perdu sa vache et il s’est retrouvé proche de l’endroit où était notre maitre AHmad qui a vu cet homme exténué après avoir cherché sa vache toute la journée. Il lui a proposé de passer la nuit dans sa zawiyah. Et comme il savait que cet homme était sabéen et que les sabéens avaient une haine contre les musulmans, qu’ils ne mangeaient même pas le pain fabriqué par un musulman. Il lui a alors ramené de la farine, de l’eau et ce qu’il faut pour qu’il prépare son pain et lui a dit de fabriquer son pain lui-même.  Le lendemain, cet homme était tellement heureux suite à ce geste de la part de AHmad Ar-Rifa^iyy, que, quand il est rentré chez lui, il a dit aux siens : « sa religion est forcément correcte. Regardez comment il a agi envers moi alors que je ne suis pas sur sa religion. »  Et les gens sont alors entrés en islam.

Ceux (qui ont été énumérés précédemment) qui croient en Dieu et au jour dernier : ils étaient mécréants puis ils ont cru en Dieu et au jour dernier sincèrement.

Et qui ont œuvré en bien, ils auront leur rétribution c’est-à-dire leur récompense. Dieu a créé des catégories de gens et Il a voulu que certains suivent la vérité. Disons louange à Dieu que nous fassions partie de ceux pour qui Dieu a voulu cela. Ils auront une récompense qui leur est réservée pour leur au-delà.

Que Dieu leur accordera, ils n’auront pas à avoir peur ni à être chagrinés. Lechaykh a dit que ce verset est une preuve que, dans le peuple de Jésus et le peuple de Moise, avant que certains ne commettent de la mécréance, il y avait parmi eux des saints. Car ceux qui n’auront pas peur et qui ne seront pas chagrinés, ce sont des saints. Comme par exemple Jourayj, ce saint qui était de la communauté de Jésus, qui s’était éloigné des gens pour adorer Dieu dans un ermitage et qui a été accusé à tort de fornication. Mais le bébé a témoigné en sa faveur et disant que son père était le berger. C’était un prodige pour Jourayj.

Transactions interdites : La vente de la part de celui qui n’a pas de droit de propriété, ni de tutelle, ni de procuration.

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre,société par chaykhaboulaliyah sur juin 20, 2022

On parle ici de la personne à qui il est interdit de procéder à la vente et celle qui vend ce qui ne lui appartient pas et qui n’a pas non plus un droit de tutelle (sur le bien ou sur la personne qui est propriétaire du bien) par une des voies légales.

Ce n’est pas comme quelqu’un qui a été placé sous tutelle car il n’a pas la capacité de gérer ses biens et qu’un autre vende ce qui lui appartient.

Ce bien n’appartient pas à son enfant par exemple et il n’a pas non plus de procuration et il n’est pas non plus un qaaDii (juge légal islamique).

Ici, il s’agit d’une personne qui vend sans être aucun de ces cas cités.

Dans ce cas-là, cette vente n’est pas permise pour lui.

Exemple : Si quelqu’un, sans que le propriétaire du bien ne lui fasse une procuration, vient voir un autre et lui dit : je te vends cette voiture.

Or la voiture ne lui appartient pas, il n’a pas été mandaté par le propriétaire et il n’a pas de tutelle sur le propriétaire du bien. Cette vente n’est donc pas valable et la personne commet un péché.

Cependant, s’il avait une tutelle sur les biens d’autrui comme s’il était par exemple le tuteur d’un orphelin ou le père de l’enfant, dans ce cas, il est permis de vendre le bien de l’enfant ou de l’orphelin.

Cependant, il doit prendre en compte l’intérêt de celui qui est sous sa tutelle ou celui qui lui a donné la procuration.

Règle générale : si quelqu’un n’a pas le droit de propriété, n’a pas le droit de tutelle, n’a pas de procuration, il est interdit de vendre ce qui ne lui appartient pas. Par conséquent, la vente n’est pas valable et il commet un péché.

S’il a une tutelle ou une procuration, il peut vendre mais il doit prendre en considération l’intérêt de la personne.

Cas de figure : quelqu’un entre dans une boutique, il n’est pas le propriétaire de la boutique, il n’est pas tuteur du propriétaire du magasin et il n’a pas reçu de procuration de la part du propriétaire.

Il y a un client qui entre et lui dit : vends-moi telle chose. Si la personne lui vend quelque chose, alors cette vente (al fouDouliyy) n’est pas permise.

Information supplémentaire : si par la suite le propriétaire de la marchandise vient après que la personne ait fait cet acte et valide cette vente (il dit : je valide cette vente) alors c’est une vente qui est valide.

Exemples de transactions interdites 2

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre par chaykhaboulaliyah sur avril 10, 2022

Parmi les ventes qui sont interdites, il y a vendre de la viande contre un animal (qu’il soit licite ou non à la consommation, qu’il soit d’une même espèce ou non). Ce n’est pas une sorte de ribaa mais c’est une sorte de vente interdite.

L’interdiction vient du Hadith du Messager de Allaah dans lequel un compagnon a dit : “Le messager de Allaah a interdit de vendre de la viande contre un animal.”

Rapporté par Al Moustadrak dans le livre des ventes.

Cette vente là fait objet de divergence chez les savants. Certains imams ont autorisé cette vente pour la viande qui est licite.

Selon ces savants, vendre un animal contre un autre animal, s’ils sont de la même espèce est permis.

Par exemple : vendre un âne contre un mouton est valable. Mais ce qui n’est pas permis c’est de vendre un chien contre un animal qui est pur car le chien est un animal impur.

Si quelqu’un acquiert un chien mais pas par l’achat et que son objectif par ce chien est la surveillance d’un terrain, d’animaux ou d’une maison, cela est permis dans ce cas là.

Si quelqu’un avait de la viande séchée et l’autre avait de la viande séchée, pour qu’ils puissent procéder à la vente il faut qu’il y ait la même quantité car ce sont des aliments.

Par contre, si ce sont d’autres aliments qui ne sont pas secs, par exemple, de la viande qui n’est pas sèche, on ne peut pas la vendre avec une autre contrepartie car on ne sait pas exactement combien il y de viande dans chacune des deux.

Egalement, on ne peut pas vendre du fromage contre du lait, ou du fromage contre un autre fromage car on ne sait pas quelle est la quantité de lait qui est dans ce fromage là. Il doit y avoir équivalence pour ne pas tomber dans le ribaa.

De même, il n’est pas permis de vendre de la farine contre du pain car on ne sait pas quelle est la quantité de farine qui est entrée dans la composition du pain. Il doit absolument y avoir équivalence. 

Info utile : il n’est pas permis de vendre un animal vivant sur le critère du prix par kilo car si quelqu’un vend un animal vivant sur le critère du poids, alors les matières fécales et les saletés qui sont dans cet animal là vont être évaluées avec un prix. Or, on ne peut pas payer les matières fécales.

Comment se sortir de pareilles transactions ?

Pour que la transaction soit valide, on ne considère pas le prix comme étant sur le critère du poids même si on utilise le poids comme étant un élément qui va aider à l’estimation du prix.

Par exemple :

Le vendeur dit à l’acheteur : “Ce mouton pèse 30 kg.” 

Pour que l’acheteur fasse son estimation, sans que le vendeur lui dise je te vends chaque kilo pour 5€.

Puis il lui dit : “Je te vends ce mouton à 150€.

L’acheteur dit : “Je l’achète pour ce prix.

Alors cette transaction est valable.

Série les transactions : le contrat de mariage

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre,société par chaykhaboulaliyah sur décembre 19, 2021

Le contrat de mariage :

Le contrat de mariage requiert un surcroît de précaution et de vérification par crainte des conséquences en cas de manquement en cela.

Dans le commentaire : “Le contrat de mariage requiert plus que d’autres sujets d’en connaître les jugements.”

Le contrat de mariage nécessite, encore plus que beaucoup d’autres choses, de connaître les jugements de la Loi. En effet, il se peut que celui qui ignore ces jugements pense que ce qui n’est pas un mariage est un mariage. Il peut donc en résulter beaucoup de mal. Par conséquent, il mérite plus de précaution et de vérification.

Par exemple :

Si un contrat de vente n’est pas valide, celui qui est à l’image de l’acheteur ne va pas prendre possession de la marchandise. Et celui qui est à l’image du vendeur, ne prend pas possession de l’argent qui a été payé.

Par contre, si le contrat de mariage n’est pas valide, alors le rapport qu’il y a entre l’homme et la femme sera de la fornication. L’enfant qui naît de ce rapport sera un enfant de fornication. L’enfant ne sera pas attribué de son père et n’héritera pas de lui.

Le contrat de mariage nécessite donc un surcroît de précaution et de vérification car la préservation de la descendance, du lignage, fait partie des 5 cinq principes fondamentaux sur lesquels se sont accordées toutes les lois des prophètes :

  • Préservation de l’âme : l’intégrité de la personne,
  • Préservation des biens : le droit de possession,
  • Préservation de l’honneur : ne pas commettre la fornication avec la femme de quelqu’un ou la femme qui n’est pas mariée,
  • Préservation de la raison : il est interdit de faire ce qui nuit à la raison,
  • Préservation du lignage : on veille à ce que la descendance soit attribuée à ses parents.

La préservation des biens est obligatoire, la préservation de l’âme est obligatoire, la préservation de la raison est obligatoire, la préservation du lignage est obligatoire. Et la préservation de la religion est encore plus obligatoire que tout le reste.

Qu’est-ce que la religion ?

 
C’est un ensemble de règles célestes que Dieu a accordées à ses créatures afin qu’ils le suivent.

Dieu a ordonné à ses esclaves la préservation de la raison, dans toutes les lois qu’il a révélées à tous ses prophètes. Il n’y a donc pas d’abrogation à pareil jugement.

Toutes les lois (depuis celle de ‘Adam, jusqu’à ^Iça, jusqu’à notre maître MouHammad) se sont accordées sur la préservation de la raison.

Or l’alcool nuit à la raison ; ce n’est donc pas possible qu’un prophète ait pu encourager à en boire.

De même, la préservation du lignage est aussi parvenue dans les lois des prophètes. L’intérêt pour les gens est que cette règle perdure et non pas qu’elle soit abrogée à une époque donnée.

De même, Dieu a ordonné à ses esclaves de préserver les biens. Il leur a donc interdit de détruire les biens. Celui qui jette un bien dans le feu pour être brûlé ou qui le détruit autrement, aura commis un péché.

Pour la validité du contrat de mariage, il y a six conditions :

  • la formule : il est indispensable pour la validité du contrat de mariage qu’il y ait une formule de don et une formule d’acceptation. 

Comme si le tuteur dit au futur mari : “Je te donne en mariage une telle » (zawwajtouka foulānah) / je te marie ma fille unetelle [et cite son prénom] / je te marie ma fille celle-là [et il la montre] …

Et le futur mari dit : « J’accepte son mariage. ”(qabiltou ziwājahā)

Même si la dote n’a pas été mentionnée, le contrat reste valable. Mais la mention de la dote dans le contrat est recommandée.

  •  le terme zawwajtouka ou ‘ankaḥtouka qui a le même sens, ou sa traduction : “ je te donne pour épouse une telle” ou  “je te marie une telle”, selon l’imam Ach-Châfi`iyy. Dans d’autres écoles, il est valable de dire toute expression qui indique ce qui est visé.

Avec autres que ces deux verbes là, le contrat de mariage n’est pas valide dans l’école châfi^ites que ce soit en arabe ou une autre langue que la langue arabe.

Dans les autres écoles le contrat de mariage est valide avec n’importe quel terme qui indique l’objectif. Il y a en cela une facilité pour les gens.

  • le mari doit être musulman pour une femme musulmane : dans l’islam il n’est pas permis qu’une femme musulmane épouse un non musulman qu’il fasse partie des gens du livre (juif/chrétien) ou qu’il soit un apostat.

Dans Sourat Al-Mumtahanah verset 10, Allâh dit  : « Si vous savez qu’elles sont croyantes alors ne les rendez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites pour eux et ils ne sont pas licites pour elles. »

Avant la conquête de la Mecque, des femmes musulmanes étaient mariées avec des associateurs. Avant, il était permis à la femme musulmane d’épouser un non musulman.

Certaines qui étaient mariées à des non musulmans ont émigré à Médine ; cela était une excuse pour la femme de faire le voyager seule (comme la nourrice du Prophète).

Le verset 10 de sourat Al-Mumtahanah veut dire que ces femmes qui sont musulmanes, qui viennent en émigration, ne les rendez pas à leur époux associateurs.

Ce verset a été révélé la 6e année de l’Hégire.

Ni ces femmes ne sont licites pour ceux qui étaient leurs maris mécréants, ni ces mécréants n’étaient licites pour ces femmes.

Ce verset est explicite pour indiquer qu’il n’est pas permis à une musulmane d’épouser un mécréant.

Il n’est pas permis de donner en mariage une femme musulmane à un apostat. Il était musulman mais il est sorti de l’islam par une des causes de l’apostasie comme en insultant Dieu, ou en insultant le Messager de Dieu, ou en critiquant et en portant atteinte à la loi de l’islam, ou en reniant ce qui est connu comme d’évidence de la religion (c’est-à-dire connu d’une manière claire par les savants et les gens du commun) de tout ce qui consiste à démentir la religion.

Si quelqu’un renie un sujet qui est comme d’évidence dans la religion alors il devient mécréant.

  • la femme doit être musulmane ou faire partie des gens du livre pour un musulman : il est interdit à la femme musulmane d’épouser un non musulman, tandis que le musulman peut épouser une musulmane, une juive ou une chrétienne, mais ne peut pas épouser une apostate.

Ce jugement, c’est pour faciliter aux musulmans et non pas pour prétendre que la religion de ces mécréantes serait une religion correcte.

Si certains vous posent la question : Pourquoi peut-on épouser leurs femmes ou manger de ce qu’ils égorgent alors qu’ils ne sont pas musulmans ?

La réponse : c’est que Dieu a accordé une facilité pour les musulmans. Les lois de la religion ne sont pas déduites selon notre opinion personnelle ; elles sont révélées par Dieu à nos prophètes. Dieu juge par ce qu’il veut. Les jugements sont une épreuve de la part de Dieu, afin que nous connaissions qui obéit et qui n’obéit pas.

Dans le Qour’ân, Allâh dit : “Et la nourriture de ceux qui font partie des gens du livre vous est licite.”
Ce verset fait référence aux animaux (licites à la consommation et qui remplissent les conditions) que les gens du livre égorgent.

Si la femme est chrétienne ou juive, il est très déconseillé pour le musulman de l’épouser.

  • la femme doit être libre de toute période d’attente post martiale avec autre que son mari : il n’est donc pas permis de faire un contrat de mariage avec une femme qui est en période d’attente post marital suite au décès de son mari ou un effacement de contrat ou un divorce.

La femme doit finir sa période d’attente post maritale afin de faire un contrat de mariage avec autre que son mari.


Si elle est encore dans la période post martiale alors son mari peut la reprendre dans le cas où ce n’est pas un divorce triple.

La période d’attente post maritale suite au décès du mari est de 4 mois lunaires et 10 jours (dans le cas où elle n’est pas enceinte ; si elle est enceinte, la période d’attente post maritale finit avec l’accouchement).

La période d’attente post maritale suite à un divorce ou un effacement de contrat est de 3 périodes inter-menstruelles (pour une femme qui peut avoir les menstrues) sinon de 3 mois lunaires (pour une fille qui n’a pas encore atteint la puberté ou la ménopause).

Rappel : L’effacement de contrat, même s’il est répété plusieurs fois n’est pas compté comme un divorce. 

Quant au khoul^, selon un avis il est compté comme un divorce et selon un autre avis il est compté comme un effacement de contrat et non pas comme un divorce.

Le khoul^ est un effacement moyennant contrepartie, c’est la femme qui se libère du mariage en donnant quelque chose à son mari et lui accepte.

Le khoul^ a été déduit du Hadîth lorsqu’une femme compagnon a dit au Prophète : “Mon mari, je n’ai rien à dire, c’est quelqu’un de pieux qui applique la religion mais il n’est pas beau. Je ne supporte pas cela, j’ai peur de tomber dans le péché.

Alors le Prophète a proposé au mari de cette femme d’accepter ce qu’il lui avait donné comme dote pour la libérer du lien du mariage.

  • le mariage ne doit pas être limité dans le temps : si le tuteur dit au futur mari : “Je te donne en mariage ma fille pour 1 an.” Alors ce contrat n’est pas valide.

Exégèse sourate Maryam (Suite 2)

Posted in cours général,Croyance,Histoire,islam,Livre,tafsir par chaykhaboulaliyah sur novembre 30, 2021

^Amr Ibn ^Al °AaS qui était un des envoyés des Qurayshites pour remonter An-Najachiyy (le Négus) contre les musulmans. Voyant que les paroles rapportées par Ja^far avaient un impact sur le Négus et les autres, il voulait tout essayer pour le remonter contre les musulmans.

Amr Ibn ^As lui dit : “Mais ils te contredisent à propos de Jésus fils de Marie !”

Le négus s’est retourné vers les musulmans et leur a demandé musulmans ce qu’ils disaient sur Jésus fils de Marie et à propos de sa mère.

Hamza qui était l’oncle du prophète a pris la parole et a dit : “nous disons à propos de Jésus, qu’il est l’esclave de Dieu et son messager. Il est le fils de Marie, celle qui se consacre à l’adoration de Dieu, celle qui est pure. Nous disons que comme Dieu l’a dit, il est l’annonce de la bonne nouvelle et que son âme (l’âme de Jésus) est une âme honorée par Dieu, c’est Dieu qui l’a créé, c’est Dieu qui l’a honorée et c’est une âme qui a été insufflée dans la vierge Marie, celle qui n’a pas été touchée par un humain (c’est à dire qu’elle n’a pas eu de rapport).”

Ps : à cette époque, ^Amr Ibn Al °AaS était un associateur, par la suite, il est entré en islam.

Lorsque le négus a entendu ces paroles, il a pris une tige et il a dit “Ô vous gens d’Abyssinie, ô vous les prêtres, par Dieu ce qu’ils sont en train de dire à propos de Jésus, c’est exactement ce que nous disons à son propos. Bienvenue à vous et bienvenue de celui de chez qui vous êtes venus (c’est à dire au prophète). Je témoigne qu’il est un envoyé de Dieu et qu’il est celui qui nous a été décrit dans l’évangile et qu’il est le messager qui a été annoncé par Jésus fils de Marie. Vous êtes en sécurité dans mon royaume, vous n’avez rien à craindre, allez ou bon vous semble. Par Dieu, n’eut été les charges de la royauté, je serais venu auprès de lui et je serais celui qui lui porte ses sandales et celui qui lui verse l’eau pour qu’il fasse ses ablutions.”

Le négus a ainsi humilié les deux Quraychites qui étaient venu pour essayer de le remonter contre eux et il a même ordonné qu’on leur rende leur cadeau, ce qui fut fait.

Le négus et ceux qui étaient avec lui, ont pris pour preuve que notre maitre Mouhammad est un envoyé de Dieu en se basant sur le miracle du Qour’aan. C’était suffisant pour eux, pour prouver la véracité du prophète. Ils se sont suffi du texte du Qour’aan et ils ont cru au prophète et en ce qu’il a amené de la part de Dieu.

Parmi les informations qui sont dans le Qour’aan, c’est la confirmation de l’existence du Créateur et du fait que ce monde a un début.

Ce roi d’Abyssinie est entré en Islam et il n’est pas resté longtemps au pouvoir car il est mort peu de temps après. Le jour de son décès, lorsqu’il était mort, le prophète qui était en Arabie a reçu la révélation que le négus était mort au pays d’Abyssine. Dieu le Lui a révélé. Le messager a dit à ses compagnons à Médine ce qui signifie : “Faites la prière funéraire de l’absent en faveur de votre frère le négus car il est mort”. Ils ont fait la prière funéraire de l’absent en sa faveur.

Par la suite, les informations parvenaient aux gens de Médine, que de la tombe du négus, les gens voyaient une lumière qui jaillissait.

°Aa’ichah a dit “nous discutions entre nous sur le fait que c’était très connu qu’au-dessus de la tombe de An-Najaachiyy, on voyait la lumière. Il était devenu un musulman, un saint vertueux. Il était parmi les grands musulmans, des esclaves vertueux et pieux de Allaah ”.

Il est entré en Islam, il a appliqué parfaitement les lois de l’Islam et est devenu un saint. Il est devenu au nombre des saints. Au point que Dieu a fait montrer aux gens ce prodige, c’est à dire qu’il avait de la lumière qui jaillissait de sa tombe.

Le prodige du roi d’Abyssinie, c’est que les gens voyaient au-dessus de sa tombe de la lumière.

Ps : aujourd’hui encore, les gens lui rendent visite en Abyssinie. Les musulmans ont pris l’habitude de visiter sa tombe le mois de mouharram, le jour de ^achoura. Celui qui se tient devant sa tombe ressent une quiétude et la crainte de Dieu.

« Cite dans le Livre, le récit de Notre esclave, Zakariyaa ».

Verset ce qui signifie : “Nous allons te narrer, Nous allons te rapporter, Nous allons t’informer, Nous allons te détailler comment était l’esclave de Dieu, Son prophète Zakariyyâ. Quelles étaient ses belles traces, quels étaient les faits remarquables de sa vie”

Il y a dans le récit de ce prophète des moralités pour ceux qui recherchent à avoir des moralités. C’est l’occasion d’avoir un modèle pour ceux qui veulent un modèle.

En effet, Dieu a élu Zakariyyâ, Il L’a choisi pour être porteur de son message. Il Lui accordé spécifiquement la révélation et Zakariyyâ s’est assuré de cela à l’image de ses semblables parmi Ses messager.

Zakariyyâ a appelé les esclaves à l’adoration de son seigneur et il leur a enseigné ce que Dieu Lui a enseigné. Il a donné le conseil a son peuple comme ses autres frères messagers et ceux qui les ont suivis.

Le verset numéro 3 : « Zakariyyâ a invoqué son Seigneur discrètement ».

Quand, Zakarriyyâ a vu qu’il prenait de l’âge et qu’il devenait faible, il avait craint de mourir sans qu’il n’y ait qui lui succède pour appeler les gens à l’adoration de Allâh. Il s’est plaint à son Seigneur de sa faiblesse physique et de la faiblesse de son for intérieur, c’est-à-dire son impuissance face à cette situation : Il craignait qu’il n’y ait pas de successeur pour son peuple. Il a invoqué Dieu en toute discrétion pour que ce soit encore plus parfait et plus complet en termes de sincérité envers Dieu et en espérant l’exaucement de son invocation. Cette manière d’invoquer est celle qui est la plus proche de la sincérité, de la pureté, et la plus éloigné de l’insincérité. Ceci est un exemple et un modèle pour nous.

Autre explication de ce verset, il n’a pas récité cette invocation à haute voix, afin qu’on ne lui fasse pas de reproche d’avoir demandé à avoir un descendant, alors qu’il était devenu âgé. Il avait atteint l’âge de 120 ans. Zakarriyyâ a invoqué Allâh, il Lui a demandé de Lui accorder de Sa grâce et Dieu L’a exaucé. Dieu, Lui a fait miséricorde et Lui a accordé un enfant pur.

“ô Seigneur, je suis devenu âgé, mes os sont devenus fragiles”.

Dans ce verset, il a cité les os en particulier car ce sont les os qui tiennent tout le reste du corps. Les os sont la partie la plus dure et la plus ferme du corps. Si, celle-ci s’affaiblit à fortiori, le reste s’affaiblit. C’est pour cela qu’il a dit “ô Seigneur mes os sont devenus faibles”. Il a dit “ma tête est devenu blanche”, c’est à dire ses cheveux blancs sont devenus nombreux dans sa chevelure. C’est comme s’il disait “ô Seigneur, je suis devenu vieillard, mes cheveux sont devenus gris, puisque la vieillesse et les cheveux gris sont la preuve de la faiblesse et de l’âge avancé”. Il a imploré Dieu, il s’est plaint à Dieu de sa faiblesse et de son impuissance. Ceci est une preuve qu’il déclare et reconnait que la préservation et la force ne reviennent pas à lui en tant que créature. Il a attaché son cœur à la préservation de Dieu et a Sa puissance. Il n’est de préservation et de force que par Dieu.

Ô Allâh Toi qui a pour attribut la vie, Toi qui n’as besoin de rien, c’est Ta miséricorde que nous recherchons, Corrige-moi mon état et Ne me laisse pas me remettre à mon âme le temps d’un clin d’œil. Dieu nous suffit et qui de mieux que Lui à qui se fier.

« ô Seigneur, j’ai toujours été heureux lorsque je T’invoque »

C’est à dire, j’ai toujours été exaucé avant aujourd’hui. Chaque fois que je T’invoquais, Tu m’accordais ce que je demandais”. C’est-à-dire qu’il obtenait toujours ce qu’il recherchait. Il implorait Dieu par les grâces qu’Il Lui accordées auparavant et par l’exaucement de ses invocations antérieures.

« J’ai craint ce qu’il va advenir à mon clan et à mes proches après ma mort »

Il craignait après sa mort qui allait être en charge des fils d’Israël. Il craignait qu’ils n’assument pas, qu’ils n’accomplissent pas parfaitement la religion que Dieu agrée, et qu’ils n’appellent pas les esclaves à L’adorer. Le prophète craignait de la conduite des siens, c’est à dire de son clan et de ses cousins car, ils étaient les pires des fils d’Israël. Il craignait qu’ils n’altèrent et ne modifient la religion, et qu’ils n’assument pas sa succession pour veiller sur sa communauté. Il n’avait pas trouvé parmi eux quelqu’un qui serait apte à lui succéder après sa mort pour les diriger. C’est pour cela, qu’il a demandé à avoir un descendant de lui-même qui prenne exemple sur lui pour poursuivre et assurer la continuité de la religion. Il y a en cela une miséricorde de la part de Zakarriyyâ, car il voulait le bien à son peuple.

Son objectif était l’intérêt de la religion et la crainte de sa disparition. Il a invoqué Allâh pour qu’Il Lui accorde un fils qui assume la religion après lui. C’est la raison pour laquelle, ce noble prophète a demandé à avoir une descendance. Ce n’est pas pour les raisons de ce bas monde comme la majorité des gens.

Information utile : Il est rapporté dans le sahih Ibn Hiban, que le nombre des prophètes et des messagers est de 124.000 et parmi eux, il y a 313 messagers. Dieu a mentionné 25 d’entre eux dans le Qour’aan.

La plupart des prophètes étaient des fils d’Israël. Leur langue étaient soit de l’araméen, soit de l’hébreu.

Conseil : Il faut apprendre la science, le minimum indispensable de la science et ne pas se lasser de répéter et d’apprendre sinon les loups vont vous dévorer. La science de la religion est une protection permanente.

Livre du Majorquin : TouHfat al-‘Arîb Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

Posted in Biographie,Croyance,Histoire,islam,Livre,Récit,société par chaykhaboulaliyah sur janvier 6, 2021

Livre du Majorquin

TouHfat al-‘Arîb

Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré

en réplique aux gens de la croix

De °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân

(Anselm Turmeda)


L’auteur comptait parmi les supérieurs de leur hiérarchie, puis quand il est entré en Islam, il a voulu indiquer les aberrations de leurs lois canoniques, la contradiction de leurs évangiles et le dérèglement et la perniciosité de leurs esprits. Il a répliqué en prenant à témoin les textes et la raison.


Il commence par citer sa ville, son lieu de naissance, comment il a grandi, puis ses voyages, son entrée en Islam à l’époque d’Abû al-°Abbâs AHmad,le souverain de Tunis, et de son fils Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il indique qu’il a voulu traiter son sujet dans un livre comportant neuf chapitres et qu’il l’a achevé en l’an 823 de l’hégire, en 1420 du calendrier grégorien.

[Manuscrit de 1290 H – 1873 G]

TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré,
en réplique aux gens de la croix

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad
ainsi que sa famille et ses compagnons.

°Abdallâh fils de °Abdallâh At-Tourjoumân a écrit : La louange est à Dieu Lui seul, à Lui revient la prédestination de toute chose. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à celui après lequel il n’y aura plus d’autres prophètes.

Après quoi, le Chaykh °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân dit, que Dieu fasse de sa tombe et de sa demeure finale des jardins étendus :

Dieu m’ayant accordé la grâce d’être bien guidé vers la voie de droiture et d’entrer dans la religion de l’Islam, la religion agréée par Dieu, la religion de droiture, celle avec laquelle il a envoyé celui qu’il agrée le plus, MouHammad, j’ai pu constater que ses preuves étaient catégoriques et ne pouvaient échapper à qui possède un minimum de discernement –sauf à quelqu’un qui ne verrait pas un œuf d’autruche.

J’ai alors trouvé que les ouvrages de nos savants musulmans, que Dieu les agrée, comportaient ce qui ne nécessite aucun ajout. Cependant, que Dieu leur fasse miséricorde, ils ont suivi dans la plupart de leur argumentation contre les gens des livres –chrétiens ou juifs– la voie des implications rationnelles. Le HâfiDh Abû MouHammad Ibn Hazm[1] leur a répliqué avec les preuves rationnelles et les preuves textuelles, mais il a renoncé à argumenter contre eux par ce qu’impliquent leurs propres textes, sauf en de rares exceptions.

Or, j’avais tellement à cœur plusieurs objectifs :

  • apporter à la réplique contre eux une analyse des textes et des réalités objectives, qui joignent la connaissance des sources à l’analyse comparative, et sur lesquelles s’accordent la parole et l’observation des sens.
  • exposer l’imposture dans leurs propos, le mensonge de ce qu’ils ont établi comme doctrine de la trinité et comme obédience à cette voie corrompue.
  • mentionner avec cela leurs évangiles et ceux qui les ont composés, leurs lois et ceux qui les ont constituées, l’irrationalité de leurs raisonnements et l’imposture de leur croyance de mécréance à partir de leurs propres textes, ainsi que leurs calomnies à l’égard de Jésus °alayh as-salâm et leurs contrevérités explicites à l’égard de Dieu.
  • rapporter la parole de leurs prêtres, leurs croyances, leurs ruses et leurs perversions au regard de l’Évangile authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm.
  • mentionner la réalité de leur dévotion et de leurs prosternations pour leur croix, que Dieu les éloigne de Sa miséricorde et les humilie.

Jusqu’à ce que Dieu m’inspire la décision pertinente de composer cet heureux abrégé.

J’ai commencé par y citer ma ville et mon éducation, puis mes voyages en dehors de ma patrie, mon entrée dans la religion de l’Islam et la foi en notre maître MouHammad. J’y mentionne ensuite les bienfaits dont m’a comblé notre souverain l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmad fils des émirs honorables, et certaines choses qui me sont arrivées pendant son règne, puis durant le règne de son fils, notre maître l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz descendant des nobles émirs, et nous évoquerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations.

J’y mentionne ensuite la réplique que j’ai précédemment évoquée contre la religion chrétienne et la confirmation du mérite de la communauté de MouHammad.

Lorsque cet abrégé peu commun a pris forme selon ce sommaire, je l’ai intitulé TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb « Le présent de l’homme lettré, en réplique aux gens de la croix », et j’en ai fait trois chapitres pour en faciliter la lecture au chercheur sans pour autant ennuyer le curieux.

Le premier chapitre est consacré à mes débuts dans l’Islam, à ma sortie de la religion chrétienne vers la communauté de droiture, puis à la bienfaisance dont m’a comblé notre maître l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmadet ce qui m’est arrivé durant son règne.

Le deuxième chapitre est consacré à ce qui m’est arrivé durant le règne de notre maître l’Émir des croyants Abû Fâris °Abd Al-°Azîzet nous citerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations, pendant la période de composition de ce livre, à savoir l’an 823 de l’hégire prophétique.

Le troisième chapitre poursuit l’objectif de ce livre qui est de répliquer au dogme chrétien et de confirmer la prophétie de notre Maître MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré et qu’Il l’apaise quant au sort de sa communauté, ainsi que sa famille et ses compagnons, à partir du texte de l’Ancien testament, des évangiles et du reste des livres attribués aux prophètes, que Dieu les honore davantage en degré.

Son achèvement a permis d’atteindre l’objectif pour lequel cet ouvrage a été composé, par l’aide de Dieu, et il n’est de force et de préservation que par Dieu Al-°Aliyy Al-°ADhîm.

Premier chapitre

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que je suis originaire de la ville de Majorque, que Dieu fasse qu’elle redevienne une terre d’Islam. C’est une grande ville qui donne sur la mer, blottie entre deux montagnes et traversée par une petite rivière. C’est une ville de négoce, elle a deux ports dans lesquels font escale les grands navires pour des activités commerciales florissantes. La ville porte le nom de l’île, Majorque. Les zones arborées sont majoritairement plantées d’oliviers et de figuiers. Les années favorables, ses oliviers peuvent donner plus de 20 mille barils d’huile d’olive envoyée en Égypte et à Alexandrie. Dans l’île de Majorque citée, il y a plus de cent vingt forts peuplés et clôturés en activité.

Mon père comptait parmi les notables de Majorque et n’avait pas d’autre fils que moi. Quand j’ai atteint mes six ans, il m’a confié à l’un des prêtres enseignants. J’ai pu lire avec lui les évangiles jusqu’à en mémoriser plus de la moitié en deux ans. Puis je me suis mis à apprendre la langue de l’évangile et il m’a enseigné la logique pendant six ans. J’ai ensuite quitté ma région pour voyager jusqu’à la ville de Lérida en terre Catalane qui est une ville de science chez les chrétiens de cette partie du monde. La ville est traversée par une grande rivière et j’ai vu l’or mêlé au sable, sauf qu’il est notoire chez tous les habitants de cette ville que la dépense nécessaire à l’extraction n’est pas garantie par le revenu que l’on pourrait en tirer, c’est pour cela qu’il est délaissé. Dans cette ville, il y a beaucoup de fruits. J’ai vu des agriculteurs couper les pèches en quartiers et les laisser sécher au soleil et faire de même avec les potirons et les carottes. Quand ils veulent en consommer l’hiver, ils les laissent tremper dans l’eau la nuit, puis ils les cuisinent comme s’ils avaient été récoltés le jour même.

Dans cette ville, des étudiants chrétiens se réunissent. Ils forment un contingent de mille ou mille cinq cents hommes et seul le prêtre, auprès de qui ils apprennent, a pouvoir de juridiction sur eux.      
La plante majoritairement cultivée dans ses contrées est le safran. J’y ai appris la science des plantes médicinales et de l’astrologie pendant six ans, puis on m’a confié un poste d’enseignant, je suis resté ainsi à enseigner aux gens l’évangile et sa langue pendant quatre ans.

Puis j’ai voyagé vers la ville de Nabounyah[2] en Abzadie[3] qui est une grande ville construite en brique rouge parfaite parce qu’ils n’ont pas de carrières de pierres. Chaque fabricant de briques à son propre sceau à cacheter et un directeur responsable de tous ces fabricants contrôle la qualité de l’argile et la manière de cuire les briques. Si la brique se fissure ou s’effrite, il en fait alors rembourser le prix à celui qui l’a fabriquée et il reçoit des coups en punition.

C’est une ville de science pour tous les habitants de cette région. Chaque année s’y rassemblent de différents horizons plus de deux mille hommes pour apprendre leurs sciences. Leur vêtement indique l’austérité. Quand bien même il y aurait parmi leurs étudiants en science un gouverneur ou un fils de gouverneur, il ne porterait que ce vêtement pour que les étudiants se distinguent de tout autre qu’eux.

Seul le prêtre auprès de qui ils apprennent avait autorité sur eux. J’y ai séjourné dans une église affectée à un prêtre d’un âge avancé qui avait un haut degré chez eux et qui s’appelait Nicolas Martel. Selon eux, il avait un degré de science, de pratique et d’ascèse très élevé. Personne ne l’égalait à son époque parmi tous les chrétiens. Les questions particulières dans leur religion lui parvenaient de tous les horizons de la part de rois et les questions étaient accompagnées de somptueux cadeaux. Les gens espéraient rechercher par lui des bénédictions, et lorsqu’il acceptait leurs cadeaux, c’était un honneur pour eux.

J’ai appris auprès de cet archiprêtre la science des fondements de la religion chrétienne, ses lois et je me rapprochais de lui en me mettant à son service et en faisant la plupart de ses tâches, jusqu’à devenir son confident le plus proche. À force d’être à son service et de me rapprocher de lui, il en est venu à me confier toutes les clés de ses appartements et de son garde-manger, à l’exception d’une clé, celle de la petite pièce de sa demeure où il s’isolait. Apparemment, c’était la pièce où il gardait les trésors qui lui étaient offerts, mais Dieu sait plus que tout autre sa réalité.

Je suis resté à ses côtés, à réciter auprès de lui, et en étant à son service pendant dix ans. Puis, un jour, il tomba malade et ne put sortir enseigner. Les habitués de son assemblée attendaient son retour en révisant des questions de science, jusqu’à aborder la parole de Dieu à son prophète Jésus °alayh as-salâm « Viendra après toi un prophète qui s’appellera le Paraclet. » (Jean 14 :16) Ils avaient alors beaucoup discuté et débattu, puis s’étaient séparés sans avoir tranché le débat sur qui était ce Paraclet et à quel prophète il faisait référence.

Je suis parti voir le prêtre, qui enseignait ces cours-là, chez lui. Comme il en avait l’habitude, il m’interrogea :

Qu’est-ce que vous avez étudié aujourd’hui en mon absence ? » Je lui ai dit que les gens avaient débattu au sujet du nom de Paraclet et qu’Untel avait répondu telle chose, Untel avait répondu autre chose et je lui ai donné toutes leurs réponses. Il m’a dit :

Et toi, qu’en penses-tu ? » Je lui ai dit :

Par la réponse qu’a donnée l’exégète Untel dans son explication de l’évangile. » Il a dit :

Tu n’as pas failli et tu étais proche, Untel s’est trompé et Untel était proche, mais la vérité est différente de tout cela, parce que l’explication de ce nom honorable n’est connue que par les savants qui maîtrisent la science, et vous n’avez pas obtenu suffisamment de science, vous n’en avez que très peu. » Alors je me suis mis à embrasser ses pieds en lui disant :

Mon maître, vous savez que je suis venu d’une ville éloignée, je suis à votre service depuis dix ans, j’ai pris de vous des connaissances que je ne peux énumérer. Peut-être par votre grand bienfait pourriez-vous parfaire mes connaissances en me faisant connaître ce nom honoré. »

C’est alors que le prêtre se mit à pleurer, en disant :

Mon fils, par Dieu, tu m’es très cher parce que tu es à mon service et que tu t’es consacré à moi. Dans la connaissance de ce nom honoré réside un grand intérêt, mais je crains que tu ne le divulgues et que les gens du commun des chrétiens te tuent sur le champ. »

Mon maître, par Dieu l’Éminent et par la réalité de l’évangile, et par celui qui l’a amené, je ne dirai rien de ce que vous me direz en secret à son sujet. » Ai-je assuré. Il a repris :

Mon fils, je t’ai demandé dès ton arrivée depuis ta ville qui est proche des musulmans, s’ils vous attaquent, si vous les attaquez, pour savoir quel était ton ressenti. Sache, mon fils, que le Paraclet est l’un des noms de leur prophète MouHammad et c’est à son sujet qu’a été révélé le quatrième livre, tel que mentionné par Daniel °alayh as-salâm dans lequel il a annoncé qu’il recevrait une révélation, que sa religion serait la religion de vérité et que sa communauté serait la communauté de droiture qui est citée dans l’évangile. »

J’ai demandé :

Ô mon maître, et que disent les chrétiens à propos de la religion de ces gens-là ? »

Il me répondit :

Mon fils, si les chrétiens étaient sur la religion de Jésus °alayh as-salâm, ils seraient sur [l’Islam,] la religion agréée par Dieu parce que Jésus et tous les prophètes ont pour religion la religion agréée par Dieu. »

Et comment se délivrer de tout cela ? » Ai-je interrogé. 

En entrant dans la religion de l’Islam », a-t-il conclu.

J’ai repris :

Est-ce que celui qui entre dans cette religion est sauvé ? » 

Oui, il sera sauvé dans le bas monde et dans l’au-delà », me dit-il.

Mais mon maître, quelqu’un de sensé ne choisit pour lui-même que ce qu’il a connu de meilleur. Si vous avez su que le mérite réside dans la religion de l’Islam, qu’est-ce qui vous empêche de l’embrasser ? » Ai-je dit.

Mon fils, Dieu ne m’a donné de connaître la réalité de ce que je t’ai dit à propos du mérite de l’Islam et de l’honneur du Prophète de l’Islam qu’après un âge avancé, et mon corps est aujourd’hui fatigué. Certes, nous n’avons pas d’excuse en cela, et l’argument que Dieu a envoyé[4] est contre nous. Si Dieu m’avait guidé vers cela alors que j’avais ton âge, j’aurais tout délaissé et je serais rentré dans la religion de vérité. Mais c’est l’amour du bas monde qui est l’origine de tout péché et toi tu vois parfaitement ce que j’ai chez les chrétiens, comme haut degré, comme gloire, comme honneur et comme quantité de biens du bas monde. Si j’avais manifesté que j’avais en moi un quelconque penchant vers la religion de l’Islam, les gens du commun m’auraient tué sans tarder, et à supposer que je me sois sauvé de leur vindicte et que je sois parvenu jusqu’aux musulmans, je leur aurais dit : « Je vous rejoins en étant musulman. » Ils m’auraient dit : « Tu as profité à toi-même en entrant dans la religion de vérité, alors ne nous énumère pas tes hauts faits en disant que tu es entré dans une religion qui t’a permis de sauver ton âme du châtiment de Dieu. » Alors je serais resté parmi eux, un pauvre grabataire de quatre-vingt-dix ans, ne comprenant pas leur langage et eux ne connaissant pas ma réalité, et je serais mort de faim parmi eux. Alors que moi, par la grâce de Dieu, je suis sur la religion de Jésus et ce qu’il a amené[5], Dieu sait cela de moi. » Je lui ai dit :

Mais mon maître, m’indiquerez-vous comment je peux rejoindre le pays des musulmans et rentrer dans leur religion ? »

Si tu es sensé, tu chercheras à être sauvé, alors empresse-toi de le faire, tu obtiendras le bas monde et l’au-delà. Mais mon fils, ce sujet, personne n’en a été témoin avec nous maintenant. Alors cache-le profondément de toutes tes forces. Si tu montres quoi que ce soit, les gens du commun vont te tuer immédiatement et je ne pourrai pas t’être utile. Il te sera aussi inutile de rapporter mes propos, parce que je les nierai et ma parole est crue, contrairement à la tienne. Moi je serai innocent de ta mort si tu divulgues quoi que ce soit de tout cela. » A-t-il dit pour finir. J’ai dit :

Mon maître, je demande que Dieu me préserve de dire quoi que ce soit de tout cela. »

Je lui ai donné l’engagement de faire ce qui le satisfaisait. Puis j’ai pris mes dispositions pour le voyage. Étant parti lui faire mes adieux, il m’a fait des invocations de bien et m’a donné cinquante dinars en or, puis j’ai pris la mer en direction de la ville de Majorque. J’y suis resté six mois, puis j’ai voyagé vers l’île de la Sicile où je suis resté quinze mois à attendre un navire en partance vers la terre des musulmans. Lorsqu’un navire à destination de la ville de Tunis est arrivé, j’ai embarqué dedans pour quitter la Sicile. Nous avons levé l’ancre peu avant la disparition du crépuscule rouge et nous sommes arrivés au port de Tunis à l’approche de la mi-journée par la grâce de Dieu. Lorsque je suis descendu du bateau au port de Tunis, des membres officiels de la communauté chrétienne qui y étaient établis ont appris ma venue. Ils sont venus m’escorter, et m’ont emmené depuis le port jusqu’à leurs quartiers, en compagnie de certains commerçants qui habitaient également à Tunis. Je suis resté chez eux en tant qu’hôte profitant d’un mode de vie des plus fastes pendant quatre mois. Après cela je les ai interrogés, s’il y avait dans la maison du gouverneur quelqu’un qui comprenait la langue des chrétiens. Le gouverneur à ce moment-là était notre seigneur Abû al-°Abbâs AHmadque Dieu lui fasse miséricorde. C’était le roi de Beni HafS à Tunis, il est mort en 796 (de l’Hégire) correspondant à l’an 1393. Ils m’ont répondu par l’affirmative : il y avait bien un homme de mérite parmi ses serviteurs émérites qui s’appelle Yûsouf le médecin. C’était son médecin personnel, et il faisait partie des gens proches de lui.

J’étais extrêmement heureux, j’ai demandé où habitait ce médecin, on m’a indiqué sa demeure. J’ai ainsi pu le rencontrer. Je lui ai expliqué mon état et la raison pour laquelle j’étais venu, à savoir pour entrer dans la religion de l’Islam. L’homme en fut très heureux, empli d’une joie immense que ce bien soit par ses mains. Il a enfourché son cheval et m’a emmené avec lui à la maison du Sultan. Il est rentré, il lui a annoncé ce que je lui avais dit. Il lui a demandé l’autorisation de me faire entrer. Je fus admis pour avoir une entrevue avec lui. Une fois devant lui, il me questionna tout d’abord sur mon âge. Je lui ai dit avoir 35 ans. Puis il m’a interrogé sur ce que j’avais étudié comme sciences et je l’en ai informé. Il m’a dit :

Tu es arrivé à point. Entre en Islam par la grâce de Dieu. »[6] J’ai dit au traducteur, le médecin :

Dis à notre maître, le Sultan, que personne ne sort d’une religion sans que ses anciens coreligionnaires ne se mettent à médire de lui. Alors je souhaiterais, par votre bienfait, que vous envoyiez chercher qui vous trouverez comme commerçants et prêtres chrétiens en ville et que vous les interrogiez et que vous entendiez ce qu’ils disent à mon sujet, à ce moment-là je déclarerai mon Islam[7]. »

Tu demandes la même chose qu’avait demandée °Abdoullâh fils de Salâm [8] au Prophète r Salla Allâh °alayh wa sallam quand il est entré en Islam ! » M’a-t-il dit par l’intermédiaire du traducteur.

Puis il fit quérir des prêtres des chrétiens et quelques-uns de leurs commerçants, en m’ayant dissimulé dans une pièce voisine de leur assemblée, où ils ne pouvaient me voir.

Quand les chrétiens sont rentrés, il les a interrogés :

Que dites-vous de ce nouveau prêtre arrivé par le dernier navire [en provenance de Sicile] ? » Ils répondirent :

Votre excellence, c’est un érudit très versé dans notre religion. Nos savants disent qu’ils n’ont pas vu quelqu’un ayant un plus haut degré de connaissance, notamment en savoir religieux. »

Et que diriez-vous de lui s’il entrait en Islam ? » Poursuivit-il

Nous demandons à ce que Dieu nous en préserve, lui ne fera jamais cela ! » S’exclamèrent-ils.

Ayant entendu leurs allégations, il m’a fait venir. Je me suis approché devant lui et j’ai prononcé les témoignages de vérité[9] en présence des chrétiens. Ils ont fait leur signe croix sur leur visage et ont argué : « Ce qui l’a amené à faire cela, c’est uniquement parce qu’il veut se marier, parce que les prêtres chez nous ne peuvent pas se marier ! » Ils sortirent choqués, dépités et tourmentés.

Alors le sultan, que Dieu lui fasse miséricorde, m’a octroyé quotidiennement un quart de dinar, il m’a logé dans une maison particulière, il m’a donné en mariage la fille de Hâjj MouHammad aS-Saffâr. Lorsque j’ai décidé de consommer notre mariage, il m’a offert cent dinars d’or et une magnifique garde-robe. J’ai vécu avec elle, j’ai eu un enfant d’elle, que j’ai appelé MouHammad par recherche de bénédictions par le nom de notre prophète MouHammad.

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz[10].

Cinq mois après ma conversion à l’Islam, le sultan m’a chargé de diriger l’administration du port, le Dîwân[11]. Son objectif était que j’apprenne la langue arabe là-bas en raison de ce qu’il m’arriverait de traduire comme échanges entre les chrétiens et les musulmans.

J’ai appris la langue arabe en un an et j’étais présent lorsque Génois et Français ont pris la ville de Mahdia. Je traduisais au sultan le contenu de leurs écrits. Puis j’ai accompagné le sultan à Gabes en tant que son secrétaire, puis à Gafsa. C’est là-bas qu’a débuté l’infection qui a causé son décès, le trois de Cha°bân de l’an 796. Ensuite son fils lui a succédé, notre maître l’Émir des croyants et soutien de la religion Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il a reconduit tous les engagements de son père concernant mon salaire et mes avantages. Il m’a aussi chargé de la fonction de responsable des appartements privés.

Or, à l’époque de son règne, lorsque j’étais en charge du Dîwân, en tant que responsable administratif et traducteur, un cargo de marchandises affrété par des musulmans est arrivé au Dîwân. Lorsqu’il a jeté l’ancre au port, deux navires siciliens l’ont attaqué et l’ont arraisonné après que les passagers musulmans ont réussi à se sauver sans leurs biens restés à bord. Les chrétiens ont alors saisi leur cargaison et notre seigneur Abû Fâris a demandé au responsable du Dîwân et à ses témoins de sortir à la Goulette[12] pour négocier avec les chrétiens en vue de récupérer les biens des musulmans. Les employés sont sortis et ont demandé la garantie de sécurité pour un traducteur qui serait avec eux, ils la lui ont accordée. Le traducteur est donc monté sur leur navire et a discuté avec eux de la rançon à payer pour récupérer les marchandises. Mais ils ont demandé une somme exorbitante et il n’y a pas eu de suite à cette négociation.

Or il y avait à bord de leur navire un grand prêtre qui avait un haut degré chez eux. Il était venu de Sicile. Nous étions des amis proches, il y avait une confrérie à l’époque dans laquelle nous apprenions la science ensemble. Il avait appris mon entrée en Islam, ce qui lui était pénible. Il était donc venu à bord de ce navire pour m’inviter à revenir à la religion chrétienne en comptant sur notre ancienne amitié. Ainsi, lors de son entretien avec notre traducteur, il lui a demandé comment il s’appelait, ce à quoi il a répondu :

°Aliyy. » Il lui dit :

°Aliyy, prends cet écrit et transmets-le à °Abdoullâh, le chef des affaires maritimes chez vous au Dîwân. Voici un dinar. Et si tu me rends une réponse je t’en donnerai un autre. »

°Aliyy a pris le dinar et la missive et il est rentré à la Goulette. Il a transmis au responsable duDîwân tous leurs échanges. Puis il lui a rapporté ce que ce prêtre lui avait dit, la missive qu’il lui avait remise, et le dinar qu’il avait reçu comme rétribution. Alors le responsable du Dîwân, a pris la missive et l’a faite traduire par un des commerçants de Gênes. Puis il a envoyé l’original et sa traduction à notre seigneur Abû Fâris qui l’a lue puis m’a fait quérir. À mon arrivée, il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, voici la missive qui est arrivée par mer, lis-la et dis-nous ce qu’elle contient. » Je l’ai lue et me suis mis à rire. Il m’a interrogé :

Qu’est-ce qui te fait rire ? »Je lui ai dit :

Que Dieu vous accorde la victoire, cette lettre est envoyée par un prêtre qui était un de mes amis par le passé, je peux vous le traduire tout de suite. » Je me suis assis quelque part, je l’ai traduite en arabe, puis je lui ai remis ma traduction. Il l’a lue, puis il a dit à son frère le Seigneur Ismâ°îl :

Par Dieu, il n’a rien omis ! », [C’est-à-dire c’était la même chose que la copie transmise précédemment]. Je lui ai dit :

Mais Maître, comment savez-vous que je n’ai rien omis ? »Il a dit :

Grâce à l’autre version traduite par les Génois. » Puis il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, qu’est-ce que toi tu répondrais à ce prêtre ? » Je lui ai dit :

Maître, c’est de moi-même et de ma propre initiative que je suis entré en Islam, par mon propre choix et par recherche de la religion de vérité. Je refuse de satisfaire sa demande de manière catégorique. » Il a dit :

Nous connaissons la véracité de ton Islam et n’avions aucun doute à ton sujet dès le départ. Mais la guerre est stratagème[13]. Alors écris-lui en réponse, qu’il donne l’ordre au capitaine du navire d’accepter notre rançon en échange de nos marchandises, et de ne pas demander trop cher. Dis-lui que s’il se met d’accord avec les commerçants musulmans sur un montant précis, tu sortiras avec celui qui pèse la marchandise sous prétexte de la peser et tu t’enfuiras avec eux de nuit. » Alors j’ai fait ce qu’il m’a ordonné et j’ai répondu au prêtre qui fut très satisfait. Ils n’ont pas demandé très cher pour la rançon des musulmans, mais comme celui qui pesait est sorti plusieurs fois sans que je sois à ses côtés, le prêtre a perdu espoir, ils ont levé l’ancre et sont partis humiliés par Dieu.

Et voici le texte de la missive du prêtre à °Abdoullâh : « Après les salutations de ton frère le prêtre Francis, je te fais savoir que je suis venu dans ce port pour te ramener avec moi. Aujourd’hui en fonction auprès du gouverneur de Sicile, j’ai atteint un niveau où je peux destituer ou investir. Je donne et je prive et tout son royaume est sous ma direction. Alors écoute-moi et rejoins-moi, par la bénédiction de Dieu. Ne crains pas la perte de tes biens ni de ton pouvoir ni autre, parce que j’ai de l’argent et du pouvoir, suffisamment pour nous deux. Je pourrai t’arranger ce que tu veux. » Fin de cette lettre

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde.

Il a instauré l’équité et la justice entre tous ses gouvernés. Il les a dirigés par le Livre et la Sounnah. Parmi ses faits remarquables, c’est qu’il honore les savants et les gens de vertu. Il leur fait toujours bon accueil à sa cour. Il honore la famille du Messager °alayhi s-salâm. Il leur a donné beaucoup de cadeaux au point qu’ils sont venus en provenance de l’est et de l’ouest de la terre. Il a donné des salaires, des revenus et des tenues vestimentaires à tous ceux d’entre eux qui s’installaient dans son pays. Et il gardait le lien avec ceux qui quittaient sa terre. Il a honoré les responsables de son royaume qui étaient à son service. Il leur donnait annuellement soixante dinars qui étaient versés lorsqu’ils venaient le visiter, la nuit du Mawlid honoré pour qu’ils les dépensent dans les banquets, organisés pour les réjouissances, à l’occasion de cette naissance honorée. Il faisait en sorte que cela provienne du dixième des revenus du Dîwân[14] parce qu’il veillait à ne consommer que des biens de source licite, tout cela en plus de ce qu’il envoyait comme parfum, eau de rose et encens.

Pour ce qui est de son soutien et de sa justice envers les victimes, il reprenait leurs droits des injustes quels qu’ils soient. Il était notoirement connu que ses gouverneurs et les proches du pouvoir suivaient son exemple et se gardaient d’être injustes et de nuire, de sorte qu’il n’y avait personne qui se plaignait d’eux à lui.

Par crainte de Dieu, il prélevait, sur la dîme des chrétiens et la jizyah des juifs, sa nourriture et la nourriture de sa famille et leur vêtement ainsi que tout leur nécessaire, par recherche du licite en cela.

Il se préoccupait des gens emprisonnés. La plupart du temps, il libérait ceux qui méritaient d’être libérés et il leur appliquait les règles des crimes conformément aux lois de l’Islam (il exécutait ceux qui méritaient l’exécution, c’est-à-dire qu’il faisait appliquer le talion).

Pour ce qui est de ses nombreuses aumônes, c’est une chose pour laquelle il était réputé. Il avait organisé des registres pour les distribuer aux pauvres ainsi qu’aux familles qui les méritaient, et à certaines familles honorables. Il a mandaté pour cela le faqîh °Abdallâh MouHammad fils de Salâm AT-Tabariyy de faire parvenir lui-même à chaque ayant droit sa part d’argent, ou de nourriture, ou d’huile d’olive, ou de bétail (bovins ou ovins) à partir de la zakat. Il agissait de la sorte dans toutes ses œuvres.

Parmi ses merveilleuses grâces, c’est ce qu’il envoyait avec les voyageurs du pèlerinage vers la maison honorée de Dieu et à l’adresse des résidents du voisinage de la tombe du Prophète. Il faisait parvenir de l’argent qui était distribué à La Mecque et Médine, suffisamment pour ceux qui y résident et ceux qui y sont de passage, que Dieu lui accorde d’amples récompenses.

Il envoyait en plus de cet argent des vêtements pour les Cheiks des arabes de Barqah en Libye qui étaient désobéissants, de sorte que cela les empêchait de s’attaquer aux pèlerins et les incitaient à faciliter le chemin.

Parmi ses bienfaits, il y a ce qu’il a consacré aux esclaves de la péninsule de l’Andalousie comme biens continus. Il leur a dédié mille qafiz[15] de blé chaque année du dixième des revenus (zakat probablement) de la région de Wichtâtah[16], en plus de l’accompagnement (sauce ou huile) ainsi que de l’argent en espèce, des chevaux purs sang, des armes de qualité et ce qu’ils n’avaient pas comme poudre précieuse pour les munitions.

Il s’est occupé aussi de libérer les musulmans prisonniers aux mains des chrétiens. Il a fait en cela ce que personne dans ce pays n’a fait puisqu’il dédiait des biens de grande valeur, chose en laquelle personne ne l’a égalé dans le pays. Il a dédié [17] des biens considérables à cet effet. Il a chargé pour les gérer le chef des chefs de métier[18], Abû °Abdallâh MouHammad fils de °Azzûz. Il lui a ordonné de bien les exploiter et de préserver leur revenu, et avec tout ce qu’il obtenait des revenus, il achetait un terrain de l’extérieur et de l’intérieur de la Tunisie. L’émir des croyants l’a réservé pour payer la rançon des prisonniers après sa mort.

Il s’était astreint lui-même à payer la rançon de tous les prisonniers qui parvenaient au port de Tunis et ce, à partir du trésor des musulmans, tout le temps de sa vie et de son règne.

J’ai été présent plusieurs fois lorsqu’il demandait aux commerçants chrétiens de toutes leurs nations de lui amener tout ce qu’ils pouvaient amener comme prisonniers musulmans : il leur versait soixante dinars par jeune homme et, entre quarante et cinquante dinars par vieil homme ou adulte[19].

C’était moi qui traduisais les échanges entre lui et les chrétiens à ce sujet. En très peu de temps, les commerçants ont ramené beaucoup de prisonniers et nous avons compté le paiement de la rançon à partir de Bayt al-mâl (du trésor). Il continuait cette pratique à la date d’écriture de ce livre, que Dieu lui accorde une large récompense.

Parmi ses éminentes traces, il a construit la zaouïa qui est à l’extérieur de Tunis, du côté de Bâb al BaHr[20]. Elle était auparavant un lieu de dépravation, un endroit où étaient commis les plus graves des péchés, des désobéissances à Dieu s’y produisaient au grand jour, sans personne qui ne les fasse cesser ni les renie. Un chrétien l’avait loué à douze mille dinars d’or par an, afin d’y vendre de l’alcool et autres substances enivrantes. On y trouvait les plus blâmables les choses, ce qui chagrine le cœur des gens sincères. Alors notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîzs’est privé de ces mauvais revenus interdits de perception et de consommation, pour l’agrément de Dieu. Il ne s’est pas limité à faire cesser ces péchés, mais il a même détruit cette bâtisse et a construit à la place une imposante zaouïa[21] grandement bénéfique. Elle est devenue un lieu d’adoration pour accomplir les prières, le dhikr[22], les adorations, pour y offrir la nourriture [aux nécessiteux] tout le temps. Il lui a en effet dédié[23] des biens nombreux et utiles, des champs agricoles, des oliviers, une presse à olives à côté et d’autres choses encore, que Dieu le récompense pour cela.

Il a également fait construire la zawiya près du verger du Bardo et la zawiya proche d’ad-Dâmûs et de Jabal al Jlûd à la qibla[24] de Tunis. Il lui a dédié des biens qui suffisent pour couvrir les charges.

C’est également à lui que reviennent le système d’alimentation en eau potable qui est à l’extérieur de Bab al-Jadîd[25] ainsi que la grande citerne d’eau qui était sous le lieu où on accomplissait la prière de l’Aïd.

Il a aussi fait construire les postes de garde (maHras) près de Dâr Abû l-Ja°d, les bains maures, les fortins de surveillance des fronts maritimes (rabâT ou rafrâf) et les qamariyyah[26].

Parmi ses grandes réalisations, il y a la grande bibliothèque qu’il a érigée à l’intérieur de la mosquée de la Zaytounah à Tunis. Il y a rassemblé des ouvrages utiles dans différentes sortes de sciences et en a fait un waqf à jamais pour les étudiants de science de la religion. Il lui a dédié pour couvrir les frais d’entretien, des champs d’oliviers et autres, ce qui couvre largement les frais de ceux qui les empruntent pour consultation, ceux qui les consultent sur place et ceux qui en assurent la surveillance.

Parmi ses grands bienfaits, il y a aussi la fondation de l’hôpital[27] de Tunis. Personne en Ifriqiya[28], des prédécesseurs et des successeurs, n’a fait une telle chose. Il était dédié aux étrangers musulmans qui tombaient malades. Il a dédié des waqf suffisamment pour en couvrir les frais de fonctionnement. Cela a eu lieu l’année de composition de ce livre, à savoir en l’an 823 de l’hégire.

Parmi ses immenses bienfaits également, il y a les nombreuses ressources de revenus interdites qu’il a abandonnées pour l’agrément de Dieu, à savoir des taxes hors de la Loi musulmane du Prophète MouHammad. Il a abandonné toutes les taxes et impôts qui ne sont pas conformes à la loi de l’Islam. C’était des taxes et impôts qui étaient prélevés dans tous les marchés de Tunis. Auparavant, il n’y avait pas une seule chose, de petite ou de grande valeur, qui y soit vendue, sans que le marchand ne donnât une taxe au sultan. Il s’agissait d’un dirham et jusqu’à un ou plusieurs dinars lorsqu’il s’agissait d’une marchandise de grande valeur. Tel était l’usage et la pratique depuis une longue période, jusqu’à ce que Dieu a inspiré à ce sultan de les abroger et de les abandonner. L’injustice était ainsi levée et les gens s’en sont sentis mieux.

Ainsi, il a annulé :

  • les taxes dans le souk des ar-Rahadanah, qui étaient de trois mille dinars en or
  • les taxes du souk des céréales qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du souk du bétail, qui étaient de 10 mille dinars
  • les taxes du marché de l’huile qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du marché des légumes qui étaient de trois mille dinars
  • les taxes du marché des épices qui étaient de cent cinquante dinars
  • les taxes du marché de charbon qui étaient de mille dinars
  • les taxes du °Amûd[29] qui étaient de mille dinars. Ce n’était pas un quelconque bénéfice des marchés, mais plutôt des taxes prélevées par un roi antérieur qui avait imposé les campagnes des mourtajizah et autres qui sont des gens vivant en tentes et des nomades. Cela a duré longtemps jusqu’à ce que ce roi Abû Fâris °Abd Al-°Azîz les ait annulées, ce qui s’élevait à mille dinars.

Il a également annulé :

  • les taxes du marché des entrepreneurs, qui étaient de trois mille dinars,
  • les taxes des Qachchâchîn[30] qui s’élevaient à deux cents dinars
  • les taxes du souk d’AS-Saffârîn qui étaient de cent dinars[31]
  • les taxes de souk Al-Azzâfîn[32] qui étaient de cinquante dinars.

Il a autorisé la fabrication du savon alors que c’était défendu et que celui qui bravait l’interdiction recevait une punition pécuniaire et corporelle. Seul le sultan en avait la fabrication exclusive et il pouvait en fabriquer dans une manufacture particulière où il se vendait[33].

Parmi les plus éminentes de ses bonnes actions dans ce chapitre, c’est qu’il a abandonné les prélèvements sur toutes les choses blâmables[34], qui étaient nombreuses. Il y avait entre autres une milice du gouverneur de la Ville : certains prélevaient les taxes, réclamait trois dinars et demi chaque jour. Notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîza annulé tout cela. Au lieu de cela, il a dédié pour cette tâche[35] des gens de confiance, honnêtes, et notables, par honnêteté religieuse.

Il y avait pour les danseurs et les chanteuses des dîmes et prélèvements interdits. Il les en a affranchis. Les efféminés et les homosexuels subissaient des punitions et il leur était imposé d’accomplir des tâches de service dans la maison du sultan. Il a annulé toutes ces taxes et les a fait sortir de son pays, pour ce qu’il lui était parvenu comme désobéissances laides et actes blâmables.

Au tout début de son règne, sa flotte a attaqué la ville de Tarqouba[36] de l’Île de Sicile. Il s’en est emparé, il a détruit son fort et il en a ramené un grand butin.

Pour ce qui est des conquêtes en Ifriqiya et le fait d’avoir éradiqué les rebellions en très peu d’années, c’est quelque chose d’étonnant, qui ne peut être décrit dans un seul livre. Ce fut le cas des villes de Tripoli[37], Gabès, la Hamma, Gafsa, Tozeur, Nafta[38], Biskra, Constantine, Bejaia[39], etc. Au point que Dieu a humilié tout tyran dans ces villes pour la gloire de ce gouverneur.

Les bédouins d’Ifriqiya, avant lui, agissaient comme bon leur semblait contre leurs gouverneurs. Ils assiégeaient les villes, ils participaient au prélèvement forcé des taxes. Ils avaient des aventures mémorables avec les gouverneurs, des complots qu’ils faisaient contre les rois, jusqu’à ce que Dieu fasse qu’ils soient humiliés : la puissance de Dieu s’est manifestée par ce Sultan soutenu par Son aide. Il les dirigeait d’une main de maître comme de simples soldats où qu’il se rende en voyages ou en conquêtes, d’est en ouest, après avoir exterminé beaucoup de leurs notables et de leurs chefs tribaux. Il dépêchait ses propres officiers pour suivre les bédouins pour le prélèvement de la zakat sur leur bétail et ils la versaient, dominés et soumis. Que Dieu lui accorde davantage de grâce, et qu’il le soutienne par la victoire.

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens

Nous voulons leur répliquer par le texte de leurs évangiles et ce qu’ont dit les quatre évangélistes. Nous démontrons la confirmation de notre Prophète MouHammad et ce que les prophètes antérieurs ont amené comme confirmation de sa prophétie °alayh as-salâm dans leurs livres qui sont aujourd’hui entre leurs mains. Ce chapitre comporte neuf parties.

1ère partie : Mention des quatre évangélistes en démontrant leurs mensonges.

2ème partie : Division des chrétiens en différentes écoles et le nombre de leurs groupes.

3ème partie : Corruption des règles de la religion des chrétiens et réplique pour chacune à partir du texte même de leurs évangiles.

4ème partie : La doctrine de leur religion qu’apprennent les jeunes et les plus âgés, et qui constitue la base de leur religion, et les répliques à partir des textes de leurs évangiles.

5ème partie : L’indication que Jésus °alayh as-salâm n’est pas un Dieu contrairement aux calomnies des chrétiens, et qu’il est un être humain, un prophète qui est envoyé à partir du texte de leurs évangiles.

6ème partie : Divergences des quatre évangélistes et démonstration de leur mensonge.

7ème partie : Ce qu’ils ont attribué à Jésus °alayh as-salâm comme mensonge alors que ce sont eux les menteurs.

8ème partie : Ce que les chrétiens -que Dieu les maudisse- reprochent aux musulmans que Dieu leur accorde la gloire.

9ème partie : La confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad °alayh as-salâm par le texte de Az-Zabûr –les psaumes authentiques–, At-Tawrât –la Torah authentique–,Al-‘Injîl –l’Évangile authentique– et l’annonce de sa venue par les prophètes, que Dieu les honore et les élève tous en degré, et ce que les prophètes ont annoncé comme véracité de son envoi en tant que Prophète, et du fait que sa communauté perdurera et ne disparaîtra pas.

Première partie

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les évangélistes sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ce sont eux qui ont corrompu la religion de Jésus °alayh as-salâm, qui ont ajouté, retiré, et changé l’Évangile[40] qui est la parole de Dieu, tout comme Dieu nous l’a appris dans le Qourân. Ils ne font pas partie des apôtres dont Dieu a fait l’éloge dans le Qourân.

Pour ce qui est de Matthieu qui est le premier d’entre eux, il n’a pas rencontré Jésus °alayh as-salâm, il ne l’a pas vu sauf l’année ou Dieu l’a élevé au ciel. C’est après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé que Matthieu a écrit son évangile de sa main à Alexandrie. Il y a parlé de la naissance de Jésus °alayh as-salâm et des événements surprenants qui sont apparus lors de sa naissance. Il évoque comment sa mère l’a emmené en terre d’Égypte craignant pour lui que le roi Hérode ne le fasse assassiner. La raison en est ce que Matthieu a cité dans son évangile : « Trois rois mages venus du côté du levant[41] sont arrivés à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), en demandant où était ce sultan qui venait de naître : « Nous avons vu son étoile qui est apparue dans le ciel de notre pays, et c’est la preuve de sa naissance. Nous lui avons amené un présent. »

Lorsque le roi Hérode a entendu cela, il a blêmi. Il a rassemblé les savants des juifs et les a interrogés à propos de ce nouveau-né. Ils lui ont dit : «Les prophètes des fils d’Israël °alayhim as-salâm nous ont appris dans leur livre que Jésus °alayh as-salâm naîtra dans le pays de Bayt al-Maqdis, à Bethléem en cette époque. »

Il leur a ordonné de partir à Bethléem à la recherche de ce nouveau-né, et de lui indiquer où il se trouve. Il prétendit que son objectif était de le rencontrer et de l’adorer. Mais ce n’était pas vrai. C’était une ruse et une tromperie. Il était déterminé à le tuer.

Les trois mages se sont rendus à Bethléem. Ils y ont trouvé Marie avec son fils Jésus °alayh as-salâm dans ses bras. Elle habitait dans une petite maison. Ils lui ont offert leur cadeau et se sont prosternés pour son fils et l’ont adoré.

Puis ils ont vu la nuit un ange leur ordonner de taire la naissance de Jésus °alayh as-salâm et de repartir par un autre chemin que celui par lequel ils étaient arrivés.

Puis l’ange est venu voir Maryam. Il lui a appris les desseins du roi Hérode et lui a ordonné de partir avec Jésus °alayh as-salâm en terre d’Égypte, ce qu’elle fit. »

Fin du récit de Matthieu qui est infondé, pur mensonge et calomnie.

Ce qui le prouve c’est qu’entre Jérusalem (Bayt al-Maqdis) et Bethléem (Bayt laHm) il y a cinq mîl[42]. Si le roi Hérode avait vraiment eu peur de ce nouveau-né et l’avait recherché, il serait parti lui-même accompagner les trois rois mages, ou il aurait dépêché avec eux quelqu’un en qui il avait confiance à sa recherche, de la manière la plus efficace. Ceci est donc une preuve du mensonge de Matthieu dans ce récit.

Par Ailleurs, Luc, Marc et Jean n’ont rien cité de tout cela dans leurs évangiles. Par ailleurs, Matthieu n’était pas présent lors de la naissance. Mais il a rapporté ce récit d’un menteur. Ce qu’il rapporte est conforme à ce qu’on lui a rapporté, c’est-à-dire pur mensonge.

Pour ce qui est de Luc, il n’a pas vécu à l’époque de Jésus °alayh as-salâm. Il ne l’a jamais vu. Mais il est devenu chrétien après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien par la cause de Paul l’Israélite[43]. Ce dernier, lui non plus, n’a jamais rencontré Jésus. Il ne l’a jamais vu. C’était un des plus grands ennemis des naSârâ[44] au point qu’il avait en sa possession un décret d’un des rois Romains, qui lui permettait de pourchasser les naSârâ, où qu’il en trouvât un, pour les capturer, les transférer à Bayt al-Maqdis et les faire emprisonner.

Luc a cité dans son livre qu’il a appelé « Acte des apôtres » qu’alors que ce Paul se déplaçait avec un groupe de cavaliers, il aurait vu une lumière comme un rayon de soleil et aurait entendu une voix provenant de cette lumière lui dire : « Paul, pourquoi me nuis-tu ? »

C’est une histoire qui est mensongère ou une tromperie du diable. Paul lui aurait dit :

Et qui es-tu donc, maître ? » La voix lui aurait répondu :

Je suis Jésus. » Paul aurait répondu :

Et comment t’aurais-je nui alors que je ne t’ai jamais vu ? » La voix lui aurait dit :

Si tu nuis à ma communauté, c’est comme si tu me nuisais à moi-même. Alors cesse de leur nuire, ils sont sur la vérité et suis-les, tu réussiras. » Il lui dit :

Mais maître, qu’est-ce que tu m’ordonnes de faire ? » Il lui dit :

Va à Damas, demande après Anania[45]. Il te dira ce que tu devras faire. » Il partit à Damas. Il demanda après l’homme et le trouva. Il lui dit ce qu’il avait entendu de Jésus (selon lui). L’homme lui demanda alors d’entrer avec lui dans la religion des naSârâ [46]. Il obtempéra et il le glorifia après avoir eu la foi en Jésus °alayh as-salâm.

Ce Paul est devenu chrétien sur les mains d’Anania et Luc est devenu chrétien sur les mains de Paul comme nous l’avons expliqué. Il a appris l’évangile auprès de lui et aucun des deux n’a vécu à l’époque de Jésus (°Îçâ). Ils ne l’ont jamais vu.

Voilà donc l’origine de la confusion, qui comporte la preuve de leur mensonge et de l’infondé de leur religion, que Dieu les éloigne de sa miséricorde.

Pour ce qui est de Marc, lui non plus n’a pas connu Jésus. Sa conversion à la religion des chrétiens s’est produite après que Jésus a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien sur les mains de Pierre l’apôtre. Il a appris auprès de lui l’évangile à Rome. Ce même Marc s’est fortement distingué des trois autres évangélistes sur certaines questions tout comme nous allons l’indiquer dans la 6ème partie si Dieu le veut.

Quant à Jean, c’est le fils de la tante paternelle de Jésus °alayh as-salâm. Les chrétiens prétendent que Jésus était présent dans le banquet de Jean, quand il a transformé l’eau en vin à cette occasion, que c’était le premier miracle qui est apparu à Jésus °alayh as-salâm et que lorsque Jean a vu cela, il a laissé son épouse et a suivi Jésus sur sa religion et dans ses déplacements.

Les chrétiens disent que Jésus °alayh as-salâm a recommandé à son cousin Jean de s’occuper de sa mère lorsque les juifs étaient venus et qu’il était sûr qu’il allait mourir selon leur prétention. Il lui aurait dit :

Jean, Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu à propos de ma mère, elle est comme ta mère » et il a dit à sa mère :

Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu en Jean, il est comme ton fils » et il le lui a recommandé.

Jean est le quatrième évangéliste comme nous l’avons dit, et cette histoire ne figure absolument pas dans son évangile.

Jean a écrit son évangile en Grec dans la ville d’Éphèse.

Ces quatre sont ceux qui ont écrit les quatre évangiles, qui les ont déformés, qui les ont modifiés et y ont menti. Leurs écrits ne sont pas ce que Jésus a amené parce qu’il n’a amené qu’un seul Évangile, dans lequel il n’y a ni contradiction, ni médiocrité, ni divergence. Alors qu’il est apparu chez eux et parmi ces quatre-là des contradictions, des perturbations, des divergences et des mensonges à propos de Dieu, à propos de son prophète Jésus °alayh as-salâm, ce qui est bien connu et largement répandu. Les chrétiens ne peuvent pas le nier.

Dans les parties que nous citerons, il y aura ce qui suffit à le montrer, si Dieu le veut.

Chapitre

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Marc a dit dans le chapitre 1er de son évangile que dans le livre d’Ésaïe, le prophète, d’après Dieu dit : « Je t’ai envoyé un ange face à toi », et il vise par-là Jésus.

Ceci ne figure pas dans le livre d’Ésaïe. Mais cela figure dans le livre de Melchior le Prophète. Ceci est une des mensonges les plus laids à propos des prophètes de Dieu, puisqu’il attribue à l’un d’entre eux ce qui n’est pas dans son livre.

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Matthieu a rapporté dans le 13ème chapitre de son évangile que Jésus aurait dit : « Mon corps restera sous terre trois jours et trois nuits après ma mort, tout comme Jonas est resté dans le ventre du cétacé. »

Ceci est un mensonge explicite et une calomnie que Matthieu a écrite dans son évangile. En effet, il était en accord avec ses trois compagnons qui ont écrit dans leurs évangiles que Jésus serait mort selon leurs prétentions à six heures le vendredi, qu’il serait enterré la première heure de la nuit du samedi et qu’il se serait relevé d’entre les morts le matin du dimanche. Il serait donc prétendument resté sous terre un jour (le samedi) et deux nuits, la nuit avant samedi et la nuit après samedi.

Or selon la parole précédemment citée de Matthieu, Jésus aurait dit qu’il resterait trois jours et trois nuits, tout comme Jonas était resté dans le ventre du cétacé. Le mensonge de Matthieu apparaît clairement ainsi que la contradiction dans ce qu’il rapporte.

Il n’y a pas de doute à propos du mensonge des quatre évangélistes sur cette question, car Jésus °alayh as-salâm n’a pas dit de lui-même à quiconque, et Dieu n’a pas fait savoir dans Son Évangile que Jésus serait tué ou qu’il serait enterré un jour et deux nuits, ni trois jours et trois nuits. Mais il en est comme Dieu nous l’apprend dans Son Livre honoré révélé à son Prophète véridique et honorable : [Sourate An-Niçâ’ verset 157] dont on comprend : « Ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, mais ils en ont eu l’illusion. »

Il y a parmi leurs mensonges, ce qu’a dit Marc : « Notre maître Jésus, lorsqu’il s’est relevé d’entre les morts, a parlé aux apôtres. Ensuite, il est monté au ciel le jour-même. » Lucas l’a contredit dans son livre qu’il a appelé Actes des Apôtres. Il y a cité que Jésus est monté au ciel quarante jours après sa résurrection d’entre les morts. Ceci te suffit comme preuve de leur mensonge à ce sujet, dès le début. Par Dieu, Celui qui est le seul dieu, Jésus n’a pas été tué, ni enterré, ni ressuscité de sa tombe, ni après un jour, ni après quarante jours. Que Dieu maudisse les menteurs à ce sujet.

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les naSârâ se sont divisés en soixante-douze groupes.

Le premier groupe :

Il a pour croyance que Jésus serait Dieu, le créateur des sept cieux et de la terre.

On leur dit : vous êtes menteurs, vous avez mécru et vous avez contredit vos propres évangiles.

En effet, Matthieu dit dans le chapitre 26 de son évangile : « Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, avant la nuit où les juifs voulaient l’arrêter : « Je suis pris d’un des tourments de la mort. » Puis, son chagrin aurait augmenté, il aurait blêmi puis se serait prosterné sur le visage en pleurant, et en suppliant Dieu par ces mots : « Ô mon seigneur, s’il t’est possible de détourner la mort de moi, alors détourne-la. Ce n’est pas ce que je veux qui a lieu, mais n’aura lieu que ce que tu veux. »

Par cette parole, Jésus reconnait qu’il est humain, qu’il est impuissant, qu’il craint l’arrivée de la mort et qu’il reconnait l’existence de Dieu, qu’il appelle mon Dieu et qu’il a supplié.

Ils ont ajouté qu’avec son caractère d’humain, sa crainte et son chagrin, il serait au nombre de ceux qui doutent au sujet de Dieu, puisqu’il aurait dit « s’il t’est possible de détourner la mort, alors détourne-la de moi. » Ce qui revient à douter de la puissance de Dieu.

Or il n’y a aucun doute que Jésus sait que rien ne rend Dieu incapable. Quel serait alors le sens de son propos « s’il t’est possible » ? S’il a su qu’il n’est pas possible pour Dieu, alors quel est le sens de cette demande et de cette supplication ?! Or il est impossible que l’Âme honorée par Dieu, Son messager Jésus, doute à propos de la puissance de Dieu. Il sait et il est absolument certain que rien ne rend Dieu incapable et que tous les miracles qui ont lieu sur ses mains adviennent par la puissance de Dieu, par la volonté de Dieu, Celui qui n’est de Dieu que lui.

On rétorque également à ce groupe : vous contredisez Jean dans le chapitre 17 de son évangile dans lequel il prétend que Jésus aurait levé le regard vers le ciel et aurait supplié Dieu en disant : « Mon Seigneur, je Te remercie d’avoir exaucé mon invocation et je te suis reconnaissant. Je sais que Tu exauces toujours mes invocations, mais je t’invoque cette fois-ci pour ce groupe ici présent parce qu’ils croient en celui qui m’a envoyé[47]. »

Voici donc Jésus lui-même qui a reconnu qu’il a un Dieu, un Seigneur qu’il a imploré et qu’il a remercié pour ses bienfaits et pour avoir exaucé ses invocations. Comment prétendre après cela que Jésus serait le dieu qui a créé les cieux et la terre ?! Y aurait-il selon la raison saine quelque chose de plus atroce que cela ?

On trouve aussi dans leurs livres, ce qu’a mentionné Jean dans le chapitre 5 (24) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux juifs : « Celui qui entend ma parole et qui croit en celui qui m’a envoyé entrera au Paradis. »

Et dans ce chapitre 5 (36) de son évangile, les juifs auraient demandé à Jésus °alayh as-salâm : « Qui témoigne en faveur de ce que tu dis ? » Il leur a alors répondu : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé qui témoigne en ma faveur. »

Ceci est encore une autre preuve que Jésus reconnaît qu’il est un prophète envoyé, qu’il a un Seigneur qui l’a envoyé, et que celui qui œuvre conformément à ce qu’il a entendu de lui et croit en Celui qui l’a envoyé entrera au Paradis.

Parmi les choses qu’on peut trouver aussi dans leurs livres, il y a ce qu’a dit Marc [évangile de Jean, chapitre 5, numéro 36] dans le premier chapitre de son évangile qu’il y avait un fou à Jérusalem. Un djinn démon parlait par sa bouche. Alors qu’il passait près de Jésus, le djinn aurait hurlé en disant : « Ô Jésus, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Veux-tu me faire sortir de ce corps pour que les gens sachent que tu es prophète, que ton âme est honorée par Dieu et que Dieu t’a envoyé ? » Jésus lui a alors intimé l’ordre de sortir et l’homme s’est relevé sain et sauf. L’assistance en fut stupéfaite.

Ce récit constitue une preuve claire que Jésus était un humain parmi les humains, et un messager parmi les messagers, que Dieu les honore et les élève davantage en degré.

Le deuxième groupe :

Il regroupe les gens qui ont pour croyance que Jésus °alayh as-salâm est le fils de Dieu et qu’il est un dieu et un être humain. Il serait un dieu du côté de son père et un être humain du côté de sa mère. Ils ont pour croyance que les juifs auraient tué son humanité. Après que son corps humain est entré dans la tombe, –que Dieu nous préserve de croire à cela– sa divinité serait descendue en enfer pour en faire sortir Adam, Noé, Abraham et tous les prophètes. Ils y étaient selon eux à cause du péché de leur père Adam, de la consommation du fruit de l’arbre et que tous ces prophètes seraient montés au ciel en compagnie de sa divinité, après que sa divinité se serait à nouveau unie avec son humanité.

Ceci est une croyance relevant d’une extrême mécréance, de la stupidité et de la corruption dans la religion. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de ce par quoi Il les a éprouvés.

On leur dit : Vous avez menti au sujet de Dieu et au sujet de Son messager Jésus (°Îçâ). Preuve en est ce qui figure dans vos livres, en l’occurrence ce que Marc dit au chapitre 12, numéro 29 de son évangile : « Puis Jésus a dit aux apôtres : « Sachez et ayez pour croyance que votre père, c’est-à-dire votre seigneur céleste, celui qui est dans le ciel[48] est unique, il n’engendre pas et il n’est pas engendré. » Quel témoignage de leur mensonge plus clair que ce qui figure dans leurs propres évangiles, par le témoignage même de Jésus °alayh as-salâm !

Tous les autres groupes chrétiens ont pour croyance de la mécréance et du mensonge clair, un arbitraire calomnieux. Je ne vais pas les mentionner pour plus de concision et d’allègement, et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements[49] de la religion chrétienne.

Il s’agit des principes dont ne se sont détournés que très peu d’entre eux. La grande majorité d’entre eux les ont pour règle. Nous indiquerons la réplique à ces fondements, par le texte même de leurs évangiles, pour chacune de leur règle.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que la religion chrétienne repose sur cinq fondements :

· Le baptême

· La foi en la trinité ; la croyance de l’unité des trois

· La croyance que l’hypostase du fils a pris chair dans le ventre de Marie

· La croyance à l’eucharistie et comment il convient de la faire

· La confession des péchés aux prêtres.

Le premier fondement : le baptême et sa description

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que Luc a dit dans son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Celui qui plonge dans l’eau entre au Paradis et celui qui n’y plonge pas aura l’enfer où il restera éternellement. »

C’est à cause de ce texte que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est pas possible d’entrer au paradis sans le baptême. 

On leur dit : « Que dites-vous alors de Abraham, de Moïse, de Jésus, de Jacob et de tous les prophètes °alayhim as-salâm, est-ce qu’ils iront au Paradis ou pas ? » Nécessairement ils vont dire que oui, ils sont au Paradis. On leur dit alors : « Comment vont-ils y entrer alors qu’ils n’ont pas été baptisés ? » Ils vont répondre que la circoncision leur a suffi au lieu du baptême. On leur dit : « Que dites-vous alors de ‘Adam et de Noé °alayhim as-salâm et de sa descendance directe qui n’ont pas été circoncis et n’ont pas fait le baptême ? Ils sont pourtant au Paradis par le texte même de vos évangiles et l’unanimité de vos savants. » Ils n’ont absolument aucune réponse à cela, catégoriquement.

Sachez que ce sacrement du baptême, c’est quelque chose qu’ils ont prétendu dans leurs évangiles en calomniant Dieu et Son Messager.

La manière de pratiquer le baptême :

Dans chaque église, il y a un bassin en marbre et des verres. Le prêtre le remplit d’eau sur laquelle il récite quelques extraits de l’évangile. Il met dedans beaucoup de sel et un peu d’huile de sureau. Si celui qui veut se faire baptiser pour devenir chrétien est quelqu’un d’âgé, alors certains chrétiens de haut rang accompagnent le prêtre et se réunissent pour lui. Selon leur prétention, ils témoigneront en sa faveur au jour du jugement qu’il a bien fait le baptême.

Le prêtre dit au niveau du bassin : « Ô Untel, sache que devenir chrétien c’est croire –que Dieu nous préserve d’une telle croyance– que Dieu est le troisième de trois, que personne n’entre au Paradis sans baptême et que notre seigneur Jésus est le fils de Dieu, qu’il a pris chair dans le ventre de sa mère Marie, qu’il est devenu être humain et Dieu. C’est croire qu’il est Dieu par la nature de son père et humain par la nature de sa mère, qu’il a été crucifié et qu’il est mort et qu’il a ressuscité, qu’il est revenu à la vie trois jours après son enterrement, qu’il est monté au ciel, qu’il s’est assis à droite de son père. C’est croire qu’au jour du jugement, ce sera lui qui jugera les créatures, et croire en tout ce que les gens de l’église ont pour croyance. Mon, fils as-tu cru en tout cela ? » Celui qui veut devenir chrétien répond : oui. À ce moment-là, le prêtre prend un bol d’eau de ce bassin, et la verse sur lui[50], en disant : « Au nom du père du fils et du saint esprit, je te baptise. » Puis il essuie l’eau avec une serviette et le baptisé s’en va en étant entré dans la religion des chrétiens.

Pour ce qui est du baptême des enfants des chrétiens, c’est au huitième jour de leur naissance[51]. Leurs parents les emmènent à l’église. Ils mettent l’enfant entre les mains du prêtre. Le prêtre lui dit les paroles précédentes pour énumérer leurs croyances et ce sont son père et sa mère qui répondent oui à sa place. Puis ils emmènent l’enfant devenu chrétien et telle est la manière de pratiquer leur baptême.

Sachez que cette eau que les prêtres mettent dans les bassins de leurs églises, certaines restent des années et des lustres sans pourrir, sans être altérée. Le commun des chrétiens s’en étonne. Ils croient que c’est une bénédiction du prêtre et la bénédiction de l’église. Ils ne savent pas que c’est à cause de la grande quantité de sel et d’huile de sureau qui empêchent que cette eau soit altérée. Le prêtre ne rajoute le sel et l’huile de sureau que la nuit ou lorsque personne du commun des chrétiens ne le voit.

C’est là une des ruses des prêtres concernant leur propre égarement et leur égarement d’autrui. J’étais moi-même dans la jâhiliyyah[52] pendant un certain temps dans cette religion et j’ai pratiqué cela. J’ai baptisé beaucoup de ces chrétiens et la louange est à Dieu qui m’a guidé vers la vérité et la connaissance. Il m’a fait sortir de l’obscurité vers la lumière et la perfection, par la bénédiction du Maître des premier et des derniers, le Prophète MouHammad, que Dieu l’honore lui, ses épouses, sa famille et ses compagnons.

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité :

Pour eux, n’entrera au Paradis que ceux qui ont cette croyance, selon ce qu’ont prétendu leurs chefs de l’égarement et de la mécréance, et de ceux qui égarent autrui, depuis les premiers d’entre eux.

Ils ont donc pour croyance que Dieu, exempté soit-Il de ce qu’ils disent, serait selon leur prétention le troisième de trois, et que Jésus serait le fils de Dieu, et qu’il aurait deux natures[53] (une divine et une humaine), et que ces deux natures se seraient mêlées pour devenir un seul être. Le divin est devenu humain entré en existence, parfaitement créé. Et l’humain serait devenu divin, parfaitement créateur, sans être créé, que Dieu nous préserve de pareilles hérésies !

Certains disent que les trois sont Dieu, Jésus et Marie[54]. Il n’y a aucun doute à propos de la mécréance de ceux qui disent cela.

Quelqu’un doté d’une raison saine ne doute pas que quiconque a un minimum de raison doit se détourner de pareille croyance, de telle calomnie inepte, détestable, abjecte, corrompue, que même les raisons des enfants rejettent, une croyance qui fait rire qui a un brin de raison et de compréhension correcte. La louange est à Dieu qui m’a fait sortir de leur groupe et m’a sauvé d’entre eux.

Selon ce qu’implique cette parole corrompue –que Jésus serait le fils de Dieu–, c’est que l’être de Jésus serait comme l’être de Dieu, et qu’il aurait une science et une puissance comme Sa science et Sa puissance ainsi que tous les attributs éternels, ce qui est infondé.

L’invalidité en est démontrée dans leurs livres, par ce que Marc rapporte dans le 13ème chapitre (32) de son évangile, que les apôtres avaient interrogé Jésus °alayh as-salâm à propos de l’Heure qui annonce le jour du jugement. Il leur a dit que ce jour-là même les anges, ceux qui sont dans le ciel ne le connaissent pas et que seul le père –ils visent par-là Dieu– le sait.

Ceci est un aveu de leur part que Jésus a même moins de connaissances que les anges et que Dieu seul sait l’Heure et quand aura lieu le jour du jugement. Ils reconnaissent aussi que Jésus ne sait que ce que Dieu lui a appris.

Et dans le chapitre 26 de l’évangile de Matthieu, on trouve que Jésus °alayh as-salâm aurait été affecté cette nuit où les juifs ont décidé de l’arrêter et de le tuer. Il serait devenu extrêmement triste. Or quelqu’un qui s’attriste et qui est affecté n’est pas un dieu, ni un fils de dieu, et c’est ce que toute personne dotée d’une raison valide conclurait. Rien de plus abominable que leur croyance que Jésus aurait deux natures (une divine et une humaine) et qu’il serait devenu une seule et même entité. Ceci est plus laid encore que celui qui dit que l’eau et le feu sont devenus une seule et même chose, que la lumière et l’obscurité sont devenus une seule chose. Prétendre que l’eau et le feu, la lumière et l’obscurité, soient une même entité est impossible du fait que chacun des deux est l’opposé de l’autre. Or le Créateur des créatures, Celui qui n’a nul besoin de Ses créatures, de par Son être et Ses attributs, Celui qui est exempt dans Sa gloire d’avoir une quelconque ressemblance avec l’une de Ses créatures, comment la raison saine pourrait-elle accepter qu’Il se soit amalgamé avec l’une de Ses créatures pour devenir une seule et même entité. Dieu est Celui à Qui appartient toute chose, Il est totalement exempt de ce qu’ils disent à Son sujet.

Selon leur dogme, où aurait été sa divinité lorsque son humanité est morte ? Surtout que selon leur credo, les deux natures s’étaient unifiées et avaient fusionné au moment où la divinité aurait pris chair ! Qu’est-ce qui les aurait séparées lorsque son corps et son humanité ont été frappés et fouettés selon leurs prétentions ?! Et que sa tête a été cerclée d’une couronne d’épines et qu’il aurait été crucifié sur une planche de bois et qu’ils auraient planté des lances jusqu’à le tuer, hurlant de peur ?

Où serait passée sa divinité durant ce calvaire alors qu’elle était incarnée et faite chair selon leurs dires ?

Ils prétendent que sa divinité l’aurait quitté lors de la crucifixion et de l’assassinat, et qu’elle serait descendue en enfer pour en faire sortir les prophètes et que son humanité entre temps aurait été dans une tombe, enterrée, jusqu’à ce que sa divinité revienne et qu’elle aurait fait sortir son humanité de la tombe, qu’elle serait revenue au corps puis qu’elle l’aurait remontée au ciel.

Tout ceci n’est que divagations inintelligibles infondées, qui constituent une abjecte mécréance, des scandales qu’aucune raison saine n’accepte. Comment prétendent-ils que Jésus aurait deux natures, qu’il serait devenu une seule, alors que leurs évangiles comportent le témoignage qu’il n’a qu’une nature unique qui est humaine.

Preuve en est ce que Matthieu raconte au chapitre 13 (50-58) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm de passage dans sa ville de naissance, aurait répondu aux gens qui se moquaient de lui : « On ne se moque d’un prophète que dans sa ville. »

Il reconnait par cela être un prophète parmi les prophètes, et que les prophètes ont une seule et même nature qui est humaine.

Ce qui conforte cela également, c’est ce qu’a dit Cham°ûn AS-Safâ[55], le plus important des apôtres, s’adressant aux juifs lorsqu’ils ont comploté contre Jésus : « Ô vous les fils de Israël, écoutez bien ce que je vous dis : Jésus est un homme qui est apparu pour vous, envoyé de la part de Dieu, soutenu par Sa puissance et renforcé par des miracles que Dieu a accordés sur ses mains et vous, vous avez mécru en lui. »

C’est ce qui est cité dans les actes des Apôtres[56], chapitre 12 (22) et chez les chrétiens, il est considéré comme l’évangile[57].

Quelle nouvelle plus fiable que cette nouvelle et quel témoin plus juste que Cham°ûn AS-Safâ[58] par le nom duquel les chrétiens cherchent des bénédictions, celui-là même qu’ils citent en croyant en sa grande vertu et en son mérite. Il a témoigné en faveur de Jésus que c’est un homme parmi les humains, et parmi les prophètes et les messagers, ceux que Dieu a soutenus par des miracles. Simon-Pierre confirme aussi que tout ce qui est parvenu sur les mains de Jésus est par la puissance de Dieu et que Jésus n’en a que l’acquisition et non pas la création. Où sont cette vérité et cette lumière par rapport à l’obscurité de la mécréance de leurs allégations que le lâhût, la divinité se serait incarnée ou mixée avec l’humanité de Jésus qui est son corps et qu’il serait devenu un dieu parfait, non créé !!! Ils ont ainsi commis de la mécréance. Ô vous esclaves de Dieu, observez bien comment le démon s’est emparé d’eux par l’obscurité de la mécréance. Il les a aveuglés au point qu’ils ont cru en cette théorie impossible du point de vue rationnel et pratique. Ils ont imité en cela les premiers égarés qui ont inventé pour eux cette croyance abominable et détestable.

Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de leur état et de leur devenir.

Luc à la fin de son évangile (24/13-19) rapporte que deux de ses disciples étaient sur leur chemin ce jour-là pour se rendre dans un village qui se trouve à soixante ghalwah d’Urshalim, et qui s’appelle Emmaüs. Alors qu’ils discutaient ensemble des derniers évènements, Kliyoufas et Lucas ont rencontré Jésus après qu’il s’était relevé de sa tombe.Il leur a demandé :

Pourquoi êtes-vous si tristes ? » L’un des deux –Kliyoufas– lui a dit :

Et toi, c’est comme si tu étais étranger, tout seul dans Urshalim. Tu n’as donc pas su ce qu’il s’est passé ces jours-ci à propos de Jésus qui était un homme véridique, que Dieu a confirmé dans ce qu’il disait et dans ses actes, selon Dieu et selon les gens ?! »

C’est donc un témoignage de son disciple également que c’était un homme dont la vérité est confirmée par Dieu et qu’il n’est ni créateur, ni dieu, ni fils de Dieu. Dieu est exempt de ce que les mécréants disent d’une exemption totale.

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance que Dieu glorifié soit-Il, aurait puni Adam et sa descendance en enfer à cause du péché de Adam d’avoir consommé le fruit de l’arbre défendu, et que Dieu lui aurait fait miséricorde en le faisant sortir de l’enfer et ce, en envoyant Son fils qui aurait pris chair dans le sein de Marie. Ainsi, le corps de Jésus serait le fils de Dieu, devenu être humain tout en restant dieu. Jésus serait donc un être humain par la nature de sa mère, et un dieu par la nature de son père. Dieu ne lui aurait permis de faire sortir Adam et sa descendance de l’enfer que par sa mort. C’est par elle qu’il aurait racheté toutes les créatures des mains de Satan ! Ils croient donc qu’il serait mort assassiné, puis qu’il serait ressuscité trois jours après, qu’il serait descendu en enfer dont il aurait fait sortir Adam et tous les prophètes de sa descendance selon leur prétention ! C’est à Dieu que nous demandons la protection contre pareilles divagations et hérésies.

Voilà donc la doctrine de leur mécréance abjecte et de leur religion détestable et maline. C’est la voie que leur ont instaurée leurs premiers égarés. C’est une doctrine qui ne se base pas sur aucune preuve ni aucune parole rapportée d’un prophète ou d’un messager. Les prophètes et les messagers de Dieu sont exempts de telles bassesses risibles et de telles infamies qui mènent à la perte, innocents de telles contradictions flagrantes.

Il est impossible que le Créateur éternel devienne chair et sang ou qu’il ait un fils sur terre ou dans le ciel. Il est impossible que Ses attributs de l’exemption de début et de l’exemption de fin soient limités, localisés ou qu’ils se transfèrent.

Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il n’a pas de ressemblant ni d’équivalent. Il est exempt dans Sa perfection de s’incarner dans un humain qui meurt. Comment en serait-il ainsi alors qu’Il est Celui qui a pour attribut la vie et qui ne meurt pas ? Comment admettre qu’Il devienne, Lui qui est exempt de tout défaut, incarné dans le ventre d’une femme, alors qu’Il est celui dont le Koursiyy[59] est plus vaste que les cieux et la terre.

On leur dit : « Vous avez pour croyance que Jésus est Dieu et celui qui n’y croit pas n’est pas chrétien. » Ils ne peuvent pas le nier. On leur dit : « Alors vous avez calomnié énormément et dit quelque chose de clairement impossible, puisque vous avez rendu un être humain créateur éternel alors qu’il est entré en existence et créé. »

Ce que vous dites à propos de Jésus vous amène nécessairement à cinq choses :

  1. La première : Soit vous l’avez considéré un dieu éternel soit un lieu d’habitation du dieu éternel.
  2. La deuxième : Est-ce Jésus qui l’a dit de lui-même ou bien l’un de ses élèves qui vous a rapporté sa religion qui vous l’a dit ?
  3. La troisième : Vous l’avez considéré comme étant un dieu en raison de choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains.
  4. La quatrième : Vous avez considéré que c’est un dieu parce qu’il est monté au ciel.
  5. La cinquième : Vous l’avez considéré un dieu pour sa naissance étonnante puisqu’elle a eu lieu sans père.

Quant à l’étonnement suscité par sa naissance sans père, n’est-il pas plus étonnant que Adam ait été créé sans père ni mère ? Serait-ce plus étonnant que les anges créés sans père ni mère, ni matière palpable ni terre ? Pourtant vous n’appelez dieu ni les anges ni Adam ! Et vous interdisez de le faire. Alors dites-nous quelle est la différence entre eux et Jésus, alors que leur création est encore plus étonnante.

Si vous prétendez que Jésus est un dieu en raison des choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains, alors demandez à vos savants qui savent que Al-Yasa° qui est un prophète °alayh as-salâm a ressuscité de son vivant un mort, et un autre mort après son décès. Et un homme qui apporte le miracle de la résurrection en étant dans le barzakh[60] c’est-à-dire après sa mort, c’est plus étonnant encore qu’un homme qui apporte ce miracle de son vivant. Élias le prophète °alayh as-salâm a fait revivre également un mort. Il a aussi invoqué les bénédictions dans la farine et l’huile d’une vieille femme, de sorte que son sac ne se vida pas de farine et sa bouteille ne se vida pas d’huile pendant sept ans. Il a demandé à Dieu d’empêcher la pluie pendant sept ans et Dieu l’a exaucé.

Si vous dites que Jésus a donné à manger à partir de cinq morceaux de pain à cinq mille personnes, alors que dites-vous de Moïse celui à qui Dieu a fait entendre Sa parole[61],°alayh as-salâm, qui a demandé la nourriture à Dieu l’Éminent pour son peuple. Il leur a donné la manne et les cailles pendant quarante ans[62]. Ils étaient plus de six cent mille personnes.

Quant au fait que Jésus ait marché sur l’eau, sans se noyer, Moïse a frappé la mer de son bâton. La mer s’est fendue et des chemins se sont ouverts. Tout son peuple a pu traverser alors que Pharaon et ses soldats se sont tous noyés. Il a également fait jaillir douze sources d’eau d’un rocher, chaque tribu des fils d’Israël ayant sa propre source. Il a manifesté aux gens d’Égypte dix signes de châtiment[63] :

Le premier fut son bâton qu’il a jeté de sa main. Il est devenu un serpent gigantesque qui a dévoré toutes les cordes des sorciers.

Le deuxième fut le croupissement de leur eau et la mort des animaux qui y vivaient.

Le troisième fut l’invasion des grenouilles au point qu’elles remplirent leur maison.

Le quatrième fut les poux qui s’en prirent à leurs corps.

Le cinquième fut différentes sortes de châtiments qui se sont abattus sur eux.

Le sixième fut l’anéantissement de tous leurs animaux domestiques.

Le septième fut l’apparition d’ulcères sur leurs corps.

Le huitième fut la grêle sur leurs récoltes qui a détruit leurs plantations.

Le neuvième fut l’invasion de criquets sur tout leur pays.

Le dixième fut l’obscurité qui les a recouverts pendant trois jours et trois nuits.

Si vous prétendez que Jésus était lui-même un dieu parce qu’il est monté au ciel, et que c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, alors vous devriez dire la même chose d’Ilyâs[64] et Idrîs[65] °alayhim as-salâm en les divinisant puisqu’eux aussi sont montés au ciel sans divergence chez vous à ce sujet. De même, Ayyouna Al-‘Injîliyy est monté au ciel par le texte de la Torah et l’unanimité de vos savants.

Enfin, si vous prétendez que Jésus a prétendu lui-même à la divinité, et c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, vous aurez dit haut et fort quelque chose de mensonger et d’abominable, une calomnie atroce. Vos évangiles comportent la réplique à cela. En effet, dans les évangiles qui sont entre vos mains[66], il est mentionné qu’il aurait dit au moment de sa crucifixion : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et avant cela, il y a un texte de l’évangile dans lequel il dit : « Dieu m’a envoyé à vous. » Il a reconnu qu’il était un humain parmi les prophètes et les messagers. Les textes de vos évangiles comportent beaucoup de passages à ce sujet. Tout en sachant que c’est selon vos mensonges, lorsque vous prétendez qu’il a été crucifié et qu’il a hurlé : « Mon Dieu, mon Dieu. »

Ce n’est pas le texte même de l’Évangile authentique. Mais c’est bien une des calomnies des rédacteurs de vos évangiles, une des calomnies contre Dieu. Nous les avons simplement cités comme preuve contre vous pour démontrer vos propres contradictions et pour vous dévoiler devant tous les gens sensés et c’est par Dieu que nous recherchons la réussite.

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens dans les rituels de leur religion, font de la mécréance. Ils ont pour croyance que le morceau de pain, lorsque le prêtre récite dessus certaines paroles, devient à ce moment-là le corps de Jésus °alayh as-salâm et que s’il récite quelques mots sur un verre de vin, il devient à ce moment-là du sang de Jésus, par transsubstantiation.

Ce qui est décrété dans leurs traditions à ce sujet, est que chaque église a un grand prêtre chez eux qui s’en occupe. Le grand prêtre de chaque église, chaque jour, vient avec un petit pain et une bouteille de vin. Il récite dessus dans leurs prières. Les chrétiens ont pour croyance que le morceau de pain devient le corps de Jésus lui-même, et que le vin devient son sang. Ils prennent cela de la parole de Matthieu dans le chapitre 26 de son évangile que Jésus aurait réuni les apôtres un jour avant de mourir, qu’il aurait pris un morceau de pain qu’il aurait cassé et qu’il aurait donné à chacun un bout et qu’il leur aurait dit : « Mangez, ceci est mon corps. » Puis qu’il aurait donné un verre de vin et leur aurait dit : « Buvez, ceci est mon sang. »

Ceci est la parole de Matthieu dans son évangile. Jean, qui était présent lorsque Jésus a été élevé au ciel, n’a rien cité du récit du pain et du vin dans son évangile. Et ceci est une divergence qui indique le mensonge de Matthieu qui rapporte quelque chose d’impossible et de calomnieux.

Les chrétiens ont pour croyance que chaque partie du morceau de pain de chaque prêtre, c’est Jésus °alayh as-salâm avec tout son corps avec sa longueur, sa largeur, son épaisseur. Même si les morceaux de pain atteignent cent mille morceaux, chacun d’entre eux serait Jésus.

On leur dit : le corps de Jésus avait environ, par exemple, dix empans de haut et deux empans de large et un empan de profondeur. Et le morceau de pain sur lequel le prêtre récite, représente peut-être trois empans. Comment son corps, qui aurait dix empans de hauteur sur deux empans de largeur et une épaisseur d’un empan, tiendrait dans quelque chose qui mesure trois empans.

Ceci est impossible pour toute raison saine. Et eux le prennent en considération, ils répondent à cela par le fait qu’un miroir pourrait n’avoir que la taille d’un dirham. Et pourtant quelqu’un peut y voir les plus grandes tours des constructions élevées s’il les reflète dans ce miroir, alors qu’elles sont plus grandes que le miroir et le dépassent de plus de mille fois.

On leur dit : ce qui est dans le miroir c’est une caractéristique[67], c’est un reflet et ce n’est pas le corps ou la substance[68] elle-même. Mais vous, vous avez pour croyance que c’est le corps même de Jésus et ses caractéristiques qui se trouvent dans ce morceau de pain, ce qui est impossible selon la raison[69].

Par ailleurs, vous avez été unanimes à dire que Jésus serait monté au ciel et qu’il serait assis à la droite de Dieu, exempté soit-Il de pareilles balivernes. Selon votre parole, qu’est-ce qui a fait descendre son corps jusqu’à ce morceau de pain ?!

Puis, Jésus est un seul homme et vous, vous croyez que dans chaque partie de ces morceaux de pain, il y a la totalité du corps de Jésus, même si ce pain a été coupé en cent mille parties. Cela vous amène à dire qu’il y a dans chaque pain, cent mille Jésus, et qu’ensuite il se multiplierait autant de fois qu’il y a de pains et qu’il y a d’églises pour vous. Ainsi, il y aurait un nombre presque infini de Jésus. Et quiconque dit une telle chose ou y croit devient la risée des gens sensés et la moquerie des démons. Et nous nous suffisons à Dieu. Qui mieux que Lui à Qui se fier ?!

La manière de pratiquer leur eucharistie avec les morceaux de pains cités, et les prières qu’ils font sont comme suit : leur prêtre ordonne à son serviteur de lui pétrir du pain avec de la semoule pure, de la cuisiner, d’en fabriquer du pain. Ensuite, le prêtre le ramène avec une bouteille de vin à l’église. Il ordonne de sonner la cloche et lorsque les chrétiens se réunissent pour leur prière et qu’ils se tiennent en rangs dans l’église, il leur verse un peu du vin de cette bouteille dans un verre en argent. Il fait que ce morceau de pain soit dans une serviette propre puis il vient de par devant toutes les rangées et se dirige vers l’Est. Il prend le pain dans sa main, et il récite dessus ce qui suit. Il dit : « Jésus, la nuit où les juifs l’ont arrêté, a pris le pain de sa main bénie, il a levé les yeux vers le ciel à Celui Qui est puissant sur toute chose[70]. Après avoir dit les louanges qui conviennent, il a cassé le pain, il a donné à manger aux apôtres chacun un bout. Et il leur a dit : « Mangez, ceci est mon corps. »

Et lorsque le prêtre termine cette parole, il s’incline lui-même pour ce morceau de pain en réalisant effectivement pour lui que c’est le corps de Jésus et que Jésus serait le fils de Dieu. Et le prêtre dit dans son inclination, en s’adressant à ce morceau de pain « Tu es Jésus, le dieu des cieux et de la terre, tu es celui qui a pris corps dans le ventre de Marie, tu es le fils de Dieu, celui qui est né avant tout le monde. Et c’est pour nous délivrer des mains des démons que tu es venu. Tu es celui qui s’assoit à la droite de son père dans le ciel. Nous demandons que tu me pardonnes ainsi qu’à ta communauté que tu as délivrée par ton sang. » Puis il montre le morceau de pain aux rangées des chrétiens et tous s’inclinent pour ce pain.

Ensuite, le prêtre prend le verre de vin. Il leur dit : « Notre dieu Jésus, avant sa mort, a pris un verre de vin. Il l’a donné aux apôtres, il leur a dit buvez ceci est mon sang. » Puis le prêtre s’incline pour le verre et il le montre aux chrétiens. Et les chrétiens s’inclinent pour ce verre également. Puis il mange du pain, il boit le vin. Il récite, après cela, ce qu’il récite d’évangile. Puis il fait des invocations et ils se séparent. Voici leurs prières et leurs rituels.

Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de la perdition.

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est possible d’entrer au Paradis qu’après avoir confessé ses péchés au prêtre et que tous ceux qui cachent un péché, même un seul péché au prêtre, sa reconnaissance du reste ne lui est pas utile.

Chaque année, à l’occasion de leur jeûne, ils se rendent dans leurs églises et ils reconnaissent tous leurs péchés au prêtre qui s’occupe de l’église. Le reste du temps, aucun d’entre eux ne reconnaît ses péchés sauf s’il tombe malade et qu’il craint la mort. Il demande alors après le prêtre qui vient à son chevet. Il lui confesse alors tous ses péchés et il lui pardonne selon eux. Ils ont pour croyance que chaque péché que le prêtre pardonne, est pardonné par Dieu. C’est pour cela que le pape qui est à Rome, qui selon eux est le représentant de Jésus sur terre, donne un pardon des péchés et par conséquent un affranchissement de l’enfer et une entrée au Paradis. Il prend en contrepartie de cela beaucoup d’argent. C’est également ce que font les prêtres qui le représentent dans les terres des chrétiens. Ils donnent une exemption, un écrit du pardon et une obligation d’entrer au Paradis et de sauvegarde de l’enfer. Les chrétiens prennent les délivrances après avoir donné à celui qui la leur a écrite beaucoup d’argent. Ils la cachent chez eux de sorte que, lorsque l’un d’entre eux meurt, il laisse cet écrit avec lui dans son linceul. Leur croyance avec certitude est qu’ils vont entrer au Paradis grâce à cette lettre, cette exemption. Et c’est une des ruses des prêtres pour prendre l’argent des chrétiens.

On leur dit : pourquoi faites-vous cela alors que Jésus ne vous a jamais ordonné de le faire et que même les élèves de Jésus n’ont jamais confessé de péchés à Jésus, alors que vous prétendez qu’il est dieu et fils de dieu et qu’il est plus à même de pardonner les péchés que tous les autres prêtres, selon vous.

Par ailleurs le prêtre, sans aucun doute pour vous, est un humain comme vous. Et peut-être qu’il a plus de péchés que vous, surtout du fait qu’il vous déclare mécréant et égarés. Alors, qui lui pardonne ses péchés à lui ?!

Mais vous, vous êtes aveuglés et vos prêtres sont encore plus aveuglés que vous. Et lorsqu’un aveugle dirige un autre aveugle, ils tombent tous deux dans le précipice. Et demain vous tomberez avec vos prêtres dans le feu de l’enfer, où vous resterez éternellement. Le pardon de vos péchés, compte tenu de votre mécréance et de votre association, Dieu vous en a coupé tout espoir, par Sa parole qui est véridique dans Son livre honoré : [Sourate An-Niçâ’ /48] qui signifie : « Certes Dieu ne pardonne pas qu’on Lui attribue des associés, et Il pardonne ce qui est en deçà à qui il veut parmi les croyants. »

Du fait que Son pardon pour vous est impossible conformément à la nouvelle parvenue de Celui Qui est véridique, alors le pardon du prêtre pour vous est encore plus impossible et plus proche de la moquerie du démon et de ses soldats qui se moquent de vous. Qui d’autre que Dieu pardonne les péchés ? Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADhîm.

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi

Tous les chrétiens s’y attachent jusqu’à nos jours. Peu d’entre eux l’abandonnent. Leur doctrine est toute entière de la mécréance et relève de l’impossible rationnel qui se contredit. Celui qui la leur a composée est un homme parmi leurs anciens qui s’appelle Pierre (Cham°ûn AS-Safâ) et qui habitait Rome.

Voici son texte :

Ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur, Jésus, fils de Dieu l’unique, la première des créatures dans leur totalité, il est né de son père avant tous les mondes, il n’est pas créé, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père par la puissance duquel tous les mondes ont été parfaits. Il est le créateur de toute chose. Il est celui qui, pour nous délivrer, est descendu du ciel et a pris corps par le Saint-Esprit –l’ange Gabriel. Il est devenu être humain et sa mère Marie l’a porté. Il est né de Marie, celle qui est chaste. Il a subi des douleurs et a eu mal. Il a été crucifié à l’époque de Pilâtes le roi. Il a été enterré et a ressuscité le troisième jour, tout comme les prophètes l’ont écrit –le mécréant a mécru et a menti au sujet des Prophètes, que Dieu les honore ainsi que notre Prophète, ils sont exempts de dire pareilles choses impossibles selon la raison. Puis il est monté au ciel, s’est assis à la droite de son père, prêt à revenir encore une fois pour juger entre les morts et les vivants. Nous croyons au Saint-Esprit qui est issu du père et du fils, et par lequel les prophètes parlaient, au baptême et au pardon des péchés. Nous croyons à la résurrection de nos corps et à la vie éternelle. »

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que ces paroles sont contradictoires. Au début, ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur Jésus, …, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père. » Au début de leur parole, il y a le témoignage pour Dieu qu’il est un dieu unique. Ensuite, la parole est suivie par « le témoignage qu’il aurait un fils, et que ce fils serait un dieu comme lui, qu’il est de la substance de son père. » Ceci relève d’une extrême mécréance et de l’association. C’est d’une extrême contradiction avec l’unicité de Dieu, l’unique, qui n’a pas d’associé, qui n’a pas de pareil, Il est absolument exempt de leur mécréance.

Il a dit au début de ses propos que Dieu est le créateur de toute chose. Puis juste après, il dit : « Nous croyons que Jésus est le créateur de toute chose, et que c’est par sa puissance que tous les mondes ont été parfaits. » Il aura ainsi confirmé qu’il y aurait un autre créateur avec Dieu pour toute chose. Or ceci est l’une des contradictions les plus scandaleuses.

De même, lorsqu’il dit que Dieu est le créateur de ce qui est vu et de ce qui n’est pas vu, il aura intégré Jésus, car par nécessité il fait partie de ce qui est vu ! Puis il a fait suivre cela par sa parole que Jésus est le créateur de toute chose et qu’il n’est pas créé. Or ceci est une contradiction et une aberration que même des animaux, s’ils avaient le discernement, pourraient renier aux chrétiens. Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de l’échec et de l’emprise du démon, car il s’est moqué d’eux comme il a voulu et il les a menés vers l’enfer, et quelle mauvaise demeure.

Il a par ailleurs dit : « Il est né de son père avant tous les mondes », alors quand donc aurait-il créé toutes choses ? Avant sa naissance, alors qu’il était inexistant, ou bien après sa naissance et qu’il était un nourrisson encore allaité ? Et qui gérait les cieux et la terre et ce qu’ils comportent avant sa naissance et sa venue à l’existence ? Comment serait-il la première des créatures en étant créateur de toutes les créatures, selon la prétention de ces mécréants. Car le sens de sa parole, la première des créatures, c’est-à-dire la première d’entre-elles à exister. La loi des chrétiens est basée sur cette contraction et cette impossibilité, car ils sont unanimes à dire que Jésus est de toute éternité, créateur sans début, alors que, Dieu nous en préserve, il serait né du ventre de Marie après sa naissance et ainsi de suite. Dieu a fait d’eux la risée de tous ceux qui sont dotés de raison et de connaissance et une source de plaisir pour les démons. Regardez la parole de ce mauvais, que Jésus serait dieu en vérité, de la substance de son père, puis qu’il serait descendu du ciel et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ceci est explicite, que Jésus aurait été un corps issu d’une substance, et qu’il aurait été dans le ciel et serait descendu, et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ce n’est pas le fait qu’un corps s’incarne dans un corps et une substance qui est étonnant en soi, c’est plutôt que ce qui n’est ni un corps ni une substance prenne corps. Notre Seigneur le Créateur des substances et des caractéristiques des substances est exempt d’être une substance à partir de laquelle aurait existé Jésus ou de se partitionner pour s’établir dans une partie du ventre de Marie mêlé à son sang, ses urines, ses selles. De quelle impudence ces mécréants font preuve à l’égard de Dieu et quelle miséricorde Dieu, gloire à Lui, manifeste en ce monde. La louange est à Dieu qui m’a épargné de ce dont Il les a éprouvés.

Sachez que selon les textes figurant dans leurs livres, il y a ce qui annule cette croyance et toutes les croyances de mécréance au sujet de Jésus. Il s’agit de ce qu’a dit Lucas, dans le quatrième chapitre (24) dans le récit des apôtres. Il a dit : « Dieu a créé les mondes dans leur totalité, avec tout ce qu’ils contiennent. Il est le seigneur des cieux et de la terre. Il n’habite pas dans une forme qui a été préparé par des mains. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car Il est celui qui donne aux gens, leur forme, leur souffle et tout ce qui leur arrive, leur existence et leur vie sont par Sa volonté. »

Cette parole qu’a dite Lucas, c’est ce qui a été révélé dans le Livre de Dieu et ce que les Prophètes ont dit, °alayhim as-salâm. Il s’avère donc que les croyances des chrétiens sont toutes de la mécréance montées de toutes pièces, impossibilités vaseuses, hideuses contradictions. Ils ne les ont pas apprises des Livres de Dieu ni de ses Prophètes, mais ils ont suivi des prétentions sans fondement et des passions mensongères que leur ont biberonnées n’importe quels mécréants grands pécheurs.

On leur dit : cette croyance à propos de laquelle vous ne divergez pas, vous ainsi que vos adeptes, si vous ne l’attribuez pas à un Livre, ni à un Prophète, dites-nous, est-ce qu’elle est entièrement vraie ou entièrement fausse ? S’ils disent : « Une partie est vraie et une partie est fausse », alors ils auront démenti et mécru en elle, car le faux, on ne le prend ni pour religion ni pour adorer Dieu. Et s’ils disent : « Tout est vrai », alors ils auront reconnu que Jésus est créé et qu’il est né, et que Dieu est son Créateur et le Créateur de tout ce qui est vu et ce qui n’est pas vu.

Puis lorsqu’ils disent : « Jésus est un dieu, créateur de toute chose », alors ce qui arbore une telle contradiction claire et repoussante ne peut en aucun cas être une vérité.

Et lorsqu’ils disent : « Jésus, est dieu issu de la substance de son père et qu’il est un dieu comme lui », cela implique la ressemblance, indispensablement, que Dieu nous préserve. Et qu’est-ce qui ferait que l’un des deux soit un père et l’autre un fils ? Qui aurait spécifié celui-là par la paternité et celui-là par le fait d’être fils, et non l’opposé ? Que Dieu nous préserve. Nous demandons à Dieu, notre Seigneur, le pardon complet et la sauvegarde d’être comme eux et d’avoir leur devenir. Âmîn

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que tout ce que nous avons cité de la croyance des chrétiens, leur mécréance et leur parole que Jésus serait Dieu, fils de Dieu et qu’il serait le créateur des créatures, tout cela est réfuté, annulé par ce qu’on dit les quatre qui ont écrit les quatre évangiles.

Matthieu a dit dans le premier chapitre de son évangile : « L’ascendance de Jésus est de David, descendant d’Abraham. »

Et ceci est une reconnaissance que Jésus est né, qu’il était descendant de David, le prophète alayh as-salâm d’une descendance de Yahûdhâ fils de Jacob fils de Isaac fils d’Abraham °alayhim as-salâm.

Quiconque ayant une ascendance humaine de manière confirmée, est sans aucun doute un être humain, car Dieu est de toute éternité, Il n’est pas né et Il n’engendre pas, Il n’a point d’équivalent, aucun, et tout autre que Lui est contingent et a un début à son existence.

Matthieu dit également dans le 19e chapitre (16-17 ; et dans certaines versions14e) de son évangile qu’un homme a dit à Jésus :

Ô toi, le Khayr[71]. » Jésus lui a dit :

Pourquoi m’appelles-tu le Khayr alors que le Khayr, c’est Dieu ! »

Ceci est une extrême modestie de sa part °alayh as-salâm et une grande manifestation de respect envers son Seigneur et son Créateur. Alors comment prétendrait-il être, lui, son associé dans la divinité ?

Jean dit dans le 17e chapitre (1-3) de son évangile que Jésus a levé ses yeux vers le ciel et il a imploré Dieu l’Unique, le Créateur. Il a dit : « Il faut que les gens sachent que Tu es Dieu l’Unique, le Créateur et que Tu m’as envoyé. »[72]

Ceci est une reconnaissance de sa part qu’il a été envoyé de la part de Dieu, porteur du message qui implique de croire obligatoirement en Son Unicité, et que Dieu est l’Unique, le Créateur, il n’y a pas d’autre créateur pour les créatures sinon Lui. Et c’est le message qui a été amené par Jésus et par tous les Prophètes envoyés, que Dieu les honore et les élève davantage en degrés.

Si un chrétien dit : « Si Jésus avait reconnu dans ce passage qu’il est un prophète envoyé, il a reconnu dans un autre passage qu’il est le créateur éternel. » Nous disons, pour lui répondre, que c’est une calomnie et qu’il en est innocent, de cela et de tout ce qui lui est attribué. Et vous, vous faites preuve d’aveuglement face à de pareilles contradictions abjectes avec ces deux textes, dans ces deux passages, parce que Jésus °alayh as-salâm reconnaît qu’il est un humain envoyé de la part de Dieu. Et c’est cela qui est correct. Comment se pourrait-il qu’il se contredise en prétendant ce qui serait impossible à son sujet du fait qu’il serait créateur éternel ?

Non, cela provient seulement de la calomnie de leurs premiers mécréants, puis l’ensemble de vos groupes l’ont accepté par la suite, malgré la mécréance infecte et la contradiction criante.

Matthieu dit dans le quatrième chapitre de son évangile (8-10) que Satan a appelé Jésus pour qu’il se prosterne pour lui et qu’il lui a montré les royaumes de la terre et ses parures. Il lui a dit :

Prosterne-toi pour moi, nous t’accorderons tout cela » Jésus lui répond :

Il est prescrit pour chaque être humain qu’il n’adore que Dieu et qu’il ne se prosterne pour nul autre que lui. »

Ceci est une reconnaissance qu’il est innocent de la divinité. S’il était un dieu, Satan n’aurait pas osé lui dire pareilles paroles. Et dans la réponse qu’il lui a donnée, il y a une reconnaissance envers Dieu qu’il est le Dieu qui mérite qu’on ne se prosterne pour nul autre que lui, glorifié soit-Il.

Ceci en concédant aux chrétiens leur texte, pour tirer arguments de ce qu’ils ont inséré dans leurs évangiles, car sinon, Jésus et les autres prophètes °alayhim as-salâm sont préservés du fait que Satan leur suggère quoi que ce soit en cachette et en leur for intérieur. Comment les appellerait-il à commettre une mécréance explicite en se prosternant pour lui au lieu de se prosterner pour Dieu ? Et ceci est une déclaration très grave et il ne fait aucun doute que c’est l’une des inventions du livre des évangiles et l’un de leurs appels à rendre possible de telles choses au sujet de Jésus °alayh as-salâm.

Et Jean dit à la fin de son évangile chapitre 20 (17) que Jésus avait dit aux apôtres : « Je vais partir rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu. » Quand il dit : « Mon père et votre père », il veut dire : « Celui à Qui j’appartiens, à Qui vous appartenez » et c’était la terminologie de cette époque[73]. S’ils disent, « c’est son père » à partir de ce terme, nous leur disons que cela implique qu’il soit votre père également parce qu’il a dit : « mon père et votre père. » Puis il a dit explicitement, ce qui repousse toute confusion en disant « mon Dieu et votre Dieu. » Donc il ne reste plus aucune prétention à la divinité, absolument aucune.

Et Matthieu dit dans le dixième chapitre (40) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Celui qui vous acceptera et vous accueillera, il m’aura accepté et accueilli. Et celui qui m’accepte et m’accueille, aura accepté Celui Qui m’a envoyé. »

Et Jean dit dans le chapitre 5, 30 de son évangile que Jésus a dit : « Je n’ai pas été amené pour agir à ma guise, mais pour accomplir la volonté de Celui Qui m’a envoyé. »

Et Marc dit à la fin de son évangile, chapitre 15 (34) que Jésus a dit alors qu’il était crucifié, selon leur prétention : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » et que c’était la dernière parole qu’il a dite dans le bas monde[74]. Cependant, il est impossible que Dieu l’abandonne ou permette aux juifs de le crucifier. Nous avons seulement relevé une preuve contre les chrétiens parce que c’est une preuve qui provient des textes de leurs évangiles et qu’ils croient en ce qu’il y a dedans. Ce texte comporte explicitement que Jésus a dit : « Mon Dieu, mon Dieu. » Il a reconnu donc qu’il a un Dieu qu’il invoque dans les difficultés et qu’il s’innocente de la prétention à la divinité pour lui-même. Cela implique le démenti des croyances des chrétiens, nécessairement. Ils n’ont aucune échappatoire. Mais ils sont sourds, muets et aveugles et n’en prennent pas conscience[75].

Lucas dit à la fin de son évangile que Jésus, après s’être relevé de sa tombe, serait parti voir les apôtres qui étaient réunis dans une pièce dont ils avaient fermé la porte. Et quand il est rentré, ils ont pris peur. Ils ont cru qu’il était l’âme d’un ange ou d’un djinn. Lorsque Jésus l’a constaté, il a dit : « Palpez mon corps ! Sachez que les corps des anges et des djinns n’ont pas de chair et d’os comme vous voyez de mon corps. » Il a reconnu qu’il est composé de chair, d’os et de matière vivante et il s’est innocenté de la divinité.

Ceci est un texte comparable à celui qui a précédé parce que votre mensonge quand vous dites que Jésus a été tué et enterré puis qu’il s’est relevé de sa tombe après l’enterrement, c’est n’est qu’une invention fomenté par les premiers chrétiens et leur appel infondé obscurantiste à suivre l’impossible rationnel, la mécréance et l’égarement. Mais nous avons prouvé l’infondé de leurs arguments prétendant que Jésus serait Dieu et qu’il serait dieu fils de dieu.

Dieu est exempt d’imperfection, il n’est de dieu que Lui. Celui qui dit que Jésus est un esclave de Dieu et qu’il a grandi en longueur et en largeur puis qu’il a atteint sa vigueur et que Dieu l’a envoyé en tant que messager, il aura été en accord avec la parole de Jésus et de ses disciples. Et celui qui contredit aura contredit la vérité, il aura eu pour croyance la mécréance explicite. Nous demandons que Dieu nous en préserve.

Cela implique chez eux une chose des plus abominables chez tous les gens sensés, à savoir que si Jésus était créateur éternel, comme ils le croient, alors qu’il est de chair et de sang, ils considèreraient qu’une partie du Seigneur adoré est éternelle et créatrice, et une autre partie entrée en existence, contingente et créée. En effet, Jésus lui-même a reconnu qu’il est de sang et de chair par le texte de leurs évangiles. La chair et le sang relèvent des aliments et des boissons et ce sont des parties du bas monde. Selon leurs prétentions, le Créateur du bas monde dans sa totalité serait une partie de ce bas monde. Et il se serait créé Lui-même également parce qu’Il serait Lui-même, selon eux, une partie du bas-monde qui est sa propre créature !

Et ceci constitue ce qu’il a de plus abominable qui puisse exister comme prétention et comme calomnie, au-delà de ce qu’une personne sensée et rationnelle peut croire et avoir pour religion. Celui qui croit en cela est amené à ce que nous venons d’expliquer, il aura mérité le châtiment de Dieu et il se sera avéré qu’il fait partie des gens de l’égarement.

Cela implique aussi, entre autres choses abominables relevant de l’impossible rationnel, qu’Il serait une partie du bas monde, alors qu’Il est le Créateur de sa totalité. Or la partie d’une chose n’existe qu’après l’existence de la chose dans sa totalité. Et ce qui n’est ni existant, ni rationnellement acceptable, est inexistant ! Le Créateur de ce bas monde, selon leur prétention, serait donc inexistant, inconnu et inconnaissable.

Je pense, pour ma part, que l’auteur de cette croyance qui l’a mise en place pour eux, avait l’objectif d’aboutir à ce ta°Tîl –c’est-à-dire à ce négationnisme de l’existence de Dieu– précisément, parce qu’il faisait partie des pervers, des zindîq –athées-, des gens du négationnisme –ta°Tîl–. Il s’est moqué des naSârâ[76], leur a composé des mythes, différentes sortes de mécréances et d’égarements fondés sur les plus abominables des impossibilités rationnelles, dès lors qu’il s’est assuré de leur stupidité et de leur acceptation des hérésies par différentes voies et propos.

On leur dit : le premier évangile a dit que Jésus s’est coupé les ongles, les cheveux et que son corps a grandi en hauteur et en largeur. Selon vous, s’il était un créateur éternel, et que toutes ses parties, les cheveux, les ongles, se sont détachées de lui et sont devenues poussière, dispersées et anéanties, n’ayant plus d’existence, alors, le Créateur éternel, selon vous, aurait une partie de Lui qui se serait annulée, et qui aurait disparu alors qu’une autre partie serait restée intacte. Or celui dont l’une des parties disparait et s’anéantit, la disparition peut concerner sa totalité. Par ailleurs, celui qui a une partie est un tout, il est forcément limité, il a besoin de qui l’a composé et de qui l’a limité. Et celui qui est ainsi, avec ces caractéristiques-là, a donc besoin et n’est pas exempt du besoin.

Or, le Dieu Créateur qui est de toute éternité, gloire à Lui exempt d’imperfection, les preuves rationnelles et les textes rapportés témoignent qu’Il n’est pas un corps, qu’Il n’est ni une particule ni une caractéristique d’un corps. Il n’est pas un tout qui se partitionne. Son Être qui est de toute éternité ne devient pas une partie. Il ne Lui arrive pas de diminution, de changement ni de transformation. Il n’a aucun besoin dans l’absolu alors que toutes les créatures ont besoin de Lui dans tous leurs états et toutes leurs situations. Il est comme il a décrit son Être honoré dans le verset honoré : verset 11 de sourate ach-chûrâ, ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et Il est celui qui entend et qui voit. »

On leur dit également : « Jésus, que vous croyez être dieu créateur éternel est-ce qu’il était dans un pays et une époque ou pas ? » Ils ne peuvent pas le renier car les évangiles de Matthieu et de Lucas déclarent explicitement qu’il est né à Bethléem[77] qui était rattachée à la Judée à l’époque du roi Hérode et qu’il aurait été tué et crucifié à l’époque du roi Pilâtes. Et tout être qui existe dans un temps et un endroit, a nécessairement été précédé dans l’existence par l’endroit qui le contient, celui qui est ainsi est donc créé. Et si l’on a confirmé ainsi que Jésus est créé, alors votre croyance selon laquelle il serait dieu véritable, fils de dieu véritable, et créateur de toute chose, est annulée.

Il est connu de manière catégorique que le temps fait partie des choses qui sont créées. De plus, le temps a existé avant que Jésus n’existe sans aucun doute. Comment se pourrait-il que le temps existe avant son créateur et que l’endroit englobe celui qui a créé les endroits ?

Ceci est une des élucubrations les plus abominables. C’est une des pires abominations relevant de l‘impossible rationnelle et une des plus grandes calomnies. Tout être né dans une époque et qui est situé dans un endroit, c’est un être vivant fils d’un être vivant. Jésus faisait partie des plus honorables des êtres vivants puisqu’il est un être humain fils d’un être humain. Dieu est catégoriquement exempt de ce que disent les mécréants.

Ce que j’ai expliqué ici par la grâce de Dieu et Sa puissance implique clairement la corruption de la doctrine des chrétiens et l’invalidation de leur croyance. Il y a l’explication de mon délaissement de cette croyance pour ce que j’ai choisi pour moi-même comme religion de vérité et de clarté, afin de suivre la communauté du meilleur des prophètes, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, lui, sa famille et ses compagnons, et tous ses frères prophètes et messagers.

Et c’est à Dieu que nous demandons de parachever en nous Sa bienfaisance et la réussite qu’Il accorde. Il est notre Seigneur, quel bon Maître et à qui se fier de meilleur ?

Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADHîm.

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les quatre qui ont écrit les quatre évangiles ont divergé sur de nombreux sujets, ce qui est une preuve de leurs mensonges. S’ils avaient été sur la vérité, ils n’auraient en rien divergé les uns des autres. Dieu dit dans Son Livre honoré sourate an-Niçâ’, verset 82, livre qu’Il a révélé à celui qu’il a élu pour être Son messager, MouHammad : dont on comprend le sens : « Si ce Qourân provenait d’autre que Dieu, ils y auraient trouvé beaucoup de contradictions. » Il a fait savoir que la contradiction est la preuve du mensonge au sujet de Dieu. Ainsi, tout ce qui est de Sa part ne comporte aucune contradiction, dans la signification et la construction, et sa structure ne comporte aucune perturbation. Chaque fois que les menteurs mentent à Son sujet, Dieu les dévoile par la contradiction et la perturbation dans ce qu’ils ont menti et fomenté, afin que Dieu fasse que les gens puissent distinguer ce qui est mauvais de qui est bon. Il est celui qui crée toute chose selon une sagesse et Il sait toute chose.

Parmi les textes mensongers de ces gens-là, de ces quatre qui ont écrit les évangiles, il y a ce qu’a dit Jean dans le chapitre 13 (21-26) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres alors qu’il dînait avec eux, la nuit où les juifs l’auraient arrêté : « En vérité je vous dis, il y a l’un d’entre vous qui va me trahir. » C’est alors que Jean lui aurait dit : « Qui donc, mon Maître, va faire cela ? » Jésus leur aurait dit : « Celui à qui nous donnerons du pain avec de la sauce. » Puis il l’aurait donné à Judas Iscariote. Ce serait donc lui qui aurait trahi et qui aurait indiqué aux juifs où il se trouvait. »

Marc dans le chapitre 14 (17-20) de son évangile a dit que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va tremper son pain avec moi dans l’écuelle, c’est celui qui va me trahir. »

Matthieu a dit dans le chapitre 26 (23) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va saucer et tremper son pain avec moi dans mon assiette, c’est celui qui va me trahir. »

Quant à Lucas, il dit dans le chapitre 22 (21) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va me trahir est avec moi parmi les disciples. »

Cette divergence entre eux est patente. En effet, cette parole de Jésus n’a pas été dite dans d’autres assemblées. Ils ne peuvent donc pas prétendre qu’il a eu différentes expressions dans plusieurs assemblées, et qu’il n’aurait pas dit la même chose à chaque fois. Par ailleurs, ce n’est pas comme si les quatre avaient dit la même chose, de sorte que chacun des quatre l’aurait exprimé avec ses propres termes à lui.

Le fait qu’il ait spécifié Judas Iscariote quand il lui a donné le pain trempé dans la sauce implique qu’il a précisé de qui il s’agissait, et qu’il l’a dévoilé. Or le reste de ce qu’ils ont rapporté indique qu’ils n’auraient pas su de qui il s’agissait. Il y a donc une contradiction. Ceci est une contradiction qui indique le mensonge des quatre qui ont écrit les évangiles, et c’est par Dieu qu’on obtient la réussite.

Il y a également ce qu’a rapporté Matthieu dans le chapitre 20 (29-34) de son évangile que Jésus, lorsqu’il est sorti de la ville de Jéricho (Ariha[78]), deux aveugles l’auraient interpelé et lui auraient dit : « Ô toi fils de David, fais nous miséricorde », il leur aurait ouvert les yeux là-bas, et ils sont devenus voyants.

Il y a également ce qu’a dit Marc dans le chapitre 10 (46-52) de son évangile : « Lorsque Jésus est sorti de la ville citée, un seul aveugle l’a interpelé, et lui a dit : « Ô Jésus fais-moi miséricorde » ; il lui a alors ouvert les yeux. »

Il est connu de l’évangile que Jésus n’est passé dans cette ville qu’une seule fois. Donc, soit Matthieu a menti en disant qu’ils étaient deux aveugles, soit Marc a menti en disant qu’il n’y en avait qu’un, parce que le récit est unique. Et dans le fait qu’ils aient tous deux reconnu que l’aveugle ait appelé Jésus en lui disant : « Toi le fils de David », il y a une attribution à Jésus d’être un descendant d’humains. Il y a en cela ce qui dément leur croyance à son sujet. Ainsi, l’aveugle ne lui a pas dit : « Ô toi le dieu » ou bien « Ô toi le fils de Dieu » ou « Toi le créateur des créatures » comme ils ont prétendu à son sujet. Mais il lui a dit : « Ô toi fils de David. » Il l’a attribué à l’un des prophètes honorables, pour indiquer que l’ascendance de sa mère Marie est de ce genre, pure, et il en est ainsi effectivement. En effet, Marie est de la descendance de David fils de ‘Ichâ°, lui-même de la descendance de Yahûdhâ fils de Ya^qûb –Jacob– fils de Is-Hâq –Isaac–, fils de Ibrâhîm –Abraham– °alayhim as-salâm.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 27 (39-44) de son évangile que Jésus aurait été crucifié en compagnie de deux voleurs et que ces deux voleurs l’insultaient alors qu’ils étaient crucifiés.

Et Lucas a dit dans le chapitre 23 (39-43) de son évangile que l’un des deux voleurs se serait moqué de Jésus et lui aurait dit : « Si tu es véritablement Jésus, alors délivre-toi toi-même et délivre nous. » Le deuxième voleur l’aurait réprimandé, en lui disant : « Crains Dieu ! Ne sais-tu pas que ce qui l’a atteint t’a atteint toi aussi ? Et que toi et moi nous méritons ce qui nous a été fait, mais lui ne le mérite pas ? » Puis il aurait ensuite dit à Jésus : « Ô mon maître ne m’oublie pas le jour où tu reviendras de ton royaume » et Jésus lui aurait répondu : « En vérité je te le dis : tu seras avec moi ce jour-là au Paradis d’Eden. »

Il y a une divergence entre les deux, parce que Matthieu a considéré que les deux voleurs iront en enfer puisqu’ils ont insulté Jésus, et que Lucas a considéré que l’un des deux ira au Paradis. Or ils ont tous deux menti sur le sujet même de la crucifixion de Jésus. Ils ont donc mécru en cela.

Jean qui était présent lors de la crucifixion de ceux qui ont été crucifiés, a dit dans son évangile chapitre 19 (18) : « Deux voleurs ont été crucifiés avec lui. L’un des deux était à sa droite et l’autre à sa gauche. » Mais, il n’a pas du tout cité qu’ils lui aient dit quoi que ce soit. C’est là une totale divergence et un égarement.

Parmi cela il y a que Matthieu a dit dans le chapitre 21 (1-5) de son évangile que Jésus était sur une monture et qu’il était sur son chemin pour Bayt al-Maqdis tout comme l’ont dit à son sujet certains prophètes : « Vous verrez votre souverain qui viendra sur une monture. »

Marc a dit dans le chapitre 11 (1-7) de son évangile que Jésus était sur un ânon, le petit d’un âne, et qu’il n’a pas cité qu’il était monté sur un âne.

Lucas a dit dans le chapitre 19 (30-36) de son évangile qu’il était sur un âne, tout comme l’a dit Matthieu.

Et Jean a dit dans le chapitre 12 (14-15) de son évangile qu’il était sur un ânon, petit d’un âne, tout comme l’a dit Marc.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, cette divergence, cette contradiction et leur mensonge apparent à propos de leur parole qu’il montait un ânon, en indiquant qu’il n’était pas âgé. S’il en est ainsi, comment quelqu’un pourrait-il le monter ?!

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 20 (20-21) de son évangile, que Marie l’épouse de Zébédée était venue voir Jésus et lui a dit : « Mes deux fils vont s’assoir demain avec toi dans ton royaume l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. »

Par ailleurs, Marc dit dans le chapitre 10 (35-37) de son évangile que les deux cousins, fils de la tante maternelle de Jésus, à savoir Marie la femme de Zébédée, lui ont dit : « Ô toi mon seigneur nous voudrions profiter de toi par ce que nous te demandons » et que Jésus leur aurait dit : « Et que voulez-vous ? » Ils lui ont tous deux dit : « Accorde nous le bienfait de rester l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume. »

Quant à Lucas et Jean, ils n’ont rien cité de ce récit dans leurs évangiles à propos de ces deux fils ni de leur mère, alors que Jean aurait été tout le temps aux côtés de Jésus. Il ne l’aurait quitté que lorsqu’il a été élevé au ciel, °alayhi s-salaam. Ceci est une divergence qui indique une médiocrité. Matthieu a dit que la mère a demandé cela. Marc a dit que ce sont les deux fils qui ont demandé cela. Leurs deux autres compagnons les ont contredits en ne citant rien de ce récit.

Parmi leur divergence également, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 9 (14) de son évangile que les élèves de Jean[79] ont dit à Jésus : « Pourquoi jeûnons-nous alors que les pharisiens[80] jeûnent et que tes élèves ne jeûnent pas ? »

Tandis que Marc a dit dans le chapitre 2 (18) de son évangile que les scribes et les pharisiens ont dit à Jésus : « Pourquoi les élèves de YaHyâ –Jean-Baptiste jeûnent et tes disciples mangent et boivent et ne jeûnent pas ? » 

Il y a ici une divergence claire puisque dans le premier texte, les pharisiens jeûnaient, et ceux qui ont posé la question et ceux qui jeûnaient étaient les élèves de Jean. Alors que dans le deuxième texte, c’est un groupe de scribes et de pharisiens qui ont posé la question, avec la mention de Jean-Baptiste –YaHyâ fils de Zacharie. Les scribes étaient avec eux, mais ils n’ont rien dit à propos d’eux-mêmes, ni qu’ils jeûnaient ou pas.

Il y a parmi ces divergences, ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre trois (4) de son évangile : que Jean[81] mangeait les criquets et le miel. Il s’est contredit lui-même dans le chapitre 11 (18) de son évangile en disant que Jésus °alayhi s-salaam a dit aux juifs : « Jean[82] est venu vers vous, ne mangeant ni ne buvant ; vous avez dit : Il a un démon. Le Fils de l’homme (filios et il parle de lui-même ici) est venu vers vous, mangeant et buvant, et vous avez dit : C’est un être humain qui a un gros ventre et qui boit du vin. »

Ceci est une divergence évidente dans la parole de Matthieu parce qu’il a nié à propos de Jean le fait de manger et de boire dans un de ses deux textes et qu’il lui a confirmé le fait de manger des criquets et du miel dans un autre texte.

Les chrétiens sont passés à côté d’une preuve claire contre eux, à savoir la parole de Jésus à son propos quand il a dit : « Je suis le fils de l’homme » et qu’il mange et qu’il boit l’eau, et selon eux le vin. Or ceci est une reconnaissance de sa part qu’il est un être humain, fils d’un être humain. Il a besoin de force à partir de la nourriture, et de maintenir son corps en bonne santé en mangeant et en buvant. Ceci dément leurs prétentions à son sujet qu’il serait dieu, fils de dieu. Dieu le Seigneur des mondes est totalement exempt de toute leur mécréance.

Parmi leurs divergences et leurs mensonges explicites au sujet de Dieu et de Son messager, il y a ce qu’a dit Jean[83] dans le chapitre 5 (37) de son évangile que Jésus aurait dit aux juifs : « Et le Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez point vu sa face. » Et ceci est proche de la réalité de la parole de Jésus. Mais Matthieu l’a contredit dans les termes et dans les significations par une mécréance explicite. Il a dit dans le chapitre 17 (1-5) de son évangile : « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s’entretenant avec lui. Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! »

C’est la même chose qu’a dit Marc dans le chapitre 9 de son évangile.

Et Jean dit dans le chapitre 14 (7-9) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Et ceci est une divergence claire et une mécréance abominable.

Quant à la divergence, il s’agit de la différence entre ce qu’a dit Jean à propos de Jésus, à savoir que Celui qui l’a envoyé témoigne en sa faveur de la validité de sa prophétie et de son message, et que personne n’a entendu sa voix ni ne l’a vu, et ce qu’a dit Jean précédemment cité que Jésus aurait dit aux apôtres : « Vous avez vu mon père, et vous l’avez reconnu, et que celui qui m’a vu, aura vu mon père. »

Il y a aussi le récit de la montagne de Tabur, lorsque les trois qui étaient avec Jésus auraient entendu la parole du père, ils visent par là le Seigneur des esclaves glorifié soit-Il, Il est exempt de ce qu’ils disent. Il leur aurait dit à propos de Jésus : « Voici mon fils que j’ai élu pour moi-même. » Dieu est exempt de faire entendre Sa parole à Ses créatures [dans ce bas monde] ; il est exempt d’avoir une voix et un son. Il est exempt d’avoir une compagne et un fils. Comment témoignerait-il en faveur de Jésus qu’il serait son fils ?! Ceci est une calomnie et c’est une insolence à l’égard de Dieu, qui les a menés à mentir à Son sujet et au sujet de Son messager Jésus.

Leur objectif par la totalité de ces mensonges, c’est de diffuser leurs mauvaises croyances à propos de la divinité de Jésus, qu’il serait le fils de Dieu. Dieu est exempt de cela. Par Sa toute-puissance, Dieu les a fait tomber, par Son éminente puissance et Sa sagesse parfaite, dans la contradiction, la perte de continuité dans leurs chaînes de transmissions, et les oppositions dans les termes et les significations, tout ceci, qu’ils en soient conscients ou pas.

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance

Il y a entre autre ce qu’a dit Lucas dans le chapitre 22 (31-34) de son évangile : « Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »

Puis ce Pierre en question a mécru en Jésus. Il a apostasié la religion après quelques jours de l’annonce que Jésus lui a faite que Satan n’avait aucun moyen pour corrompre leur certitude. Aucun des disciples de Jésus n’a mécru excepté ce Pierre-là.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, la contradiction de ces gens voués à la perdition, dans ce qu’ils rapportent d’un homme qu’ils considèrent un prophète préservé, et qu’il est également un dieu fils de Dieu, Dieu est exempt de cela ! Comment annonce-t-il à l’un de ses disciples qu’il aurait demandé à Dieu de ne pas accorder à Satan de possibilité de corrompre sa certitude. Puis ils disent que ce même élève à qui il a accordé cette invocation particulière, c’est lui qui a mécru et qui a apostasié et que Satan lui aurait corrompu sa religion et sa certitude d’entre tous les élèves ?! Est-ce que quelqu’un peut ignorer à ce point cette contradiction, en plus de la mécréance dans le fait de rendre possible le mensonge par les prophètes, et qu’il y aurait par conséquent des choses qu’ils auraient annoncées mais qui ne se produisent pas ?! Tout cela fait partie de leur mensonge clair au sujet de Jésus °alayhi s-salâm. Par Dieu, qui est tout puissant sur toute chose, Jésus n’a rien dit de ces égarements. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de l’échec et de l’égarement.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le verset 5 (19) de son évangile : « Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. »

Or, il est connu avec certitude que Jésus a bien mangé et bu. Il n’a pas vu son père [selon eux] faire quoi que ce soit de cela ! Dieu [qui n’est pas appelé Père] est Tout puissant sur toute chose. Il n’est de dieu que Lui. Jésus n’a rien dit de tout cela. C’est ce maudit Jean qui a menti à son sujet. Par ailleurs, ses trois compagnons [auteurs des évangiles] n’ont rien dit de cette histoire.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 17 (15) de son évangile que Jésus °alayhi s-salâm aurait imploré Dieu avant de mourir et qu’il aurait dit : « Mon Dieu, Je sais que tu exauces toujours. Je te demande de préserver mes élèves de toute chose dans le bas monde et dans l’au-delà. »

Alors que c’est connu par tawâtour[84] chez tous les savants des chrétiens que les disciples de Jésus, la plupart d’entre eux sont morts tués par l’épée, puis que certains d’entre eux ont été crucifiés, d’autres ont été dépecés et qu’ils ont été torturés par différentes sortes de tortures. Il n’est pas possible que Son messager Jésus ait demandé à Dieu qu’Il sauve ses élèves de toutes choses dans le bas monde, puisqu’il leur est arrivé de telles punitions et de telles morts ignobles. Jean est celui qui a menti au sujet de Jésus. Quant à ses trois autres compagnons, ils n’ont absolument rien dit à ce sujet.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 15 (24) de son évangile : « Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché. » Il vise les juifs. Il n’est pas possible que Jésus ait dit cela. En effet, il sait nécessairement que Moïse °alayhi s-salâm a eu des miracles nombreux et éminents. Également Ilyas et Al-Yasa° °alayhim as-salâm, avaient vécu avant Jésus et que tous deux avaient ressuscité des morts, tout comme Jésus. Al-Yasa° avait guéri un homme atteint de vitiligo, tout comme Jésus l’a fait. Comment prétendent-ils que Jésus aurait dit : « J’ai eu des miracles qu’aucun avant moi n’a eus. » Jean a menti en cela. Et ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Marc a dit dans le chapitre 10 (29-30) de son évangile : « Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. »

Matthieu a dit dans le chapitre 19 (29) de son évangile : « Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple et héritera la vie éternelle. » Il n’a donc rien dit de la vie ici-bas.

Et Lucas a dit dans le chapitre 18 de son évangile (28-30) : « Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus que ce qu’il a laissé. »

Mais il n’a cité ni le paradis, ni le bas monde.

Quant à Jean il n’a rien cité de tout cela.

Il s’agit là de mensonges clairs contre Jésus. Nombreux sont ceux qui ont laissé des maisons, des jardins, des commerces et autres pour suivre Jésus. Ils n’ont pas eu cent fois ce qu’ils ont laissé dans le bas monde ni une quantité proche de ce qu’ils ont laissé. C’est donc une preuve que Jésus n’a jamais dit cela, mais qu’ils ont menti à son sujet.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 19 (3-5) de son évangile : « Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit : N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ? »

Ceci est un mensonge contre Jésus et contre la Torah. Ce sont des paroles que Dieu n’a pas dites. Ce sont certains livres prophétiques qui l’ont rapporté d’Adam °alayh as-salâm, car lorsqu’il s’est endormi, Dieu lui a créé son épouse Ève à partir de sa côte. Quand il s’est réveillé, il l’a trouvée à ses côtés. Il aurait ensuite dit : « C’est pour celle-là qu’il arrive à l’homme d’abandonner son père et sa mère, et de constituer avec son épouse une seule chair. »

Il est impossible que Jésus attribue cela à la Torah alors qu’il mémorisait la Torah et l’Évangile[85]. Il ne dit donc que ce que Dieu dit à leur sujet. Mais c’est un mensonge à son sujet fait par Matthieu dans cette parole. Ses trois compagnons n’ont rien dit à ce sujet.

Il y a parmi les mensonges à ce sujet ce qu’a dit Jean dans le chapitre 3 (13) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Ne monte au ciel que celui qui en est descendu. » Ceci est infondé, c’est un mensonge au sujet de Jésus °alayh as-salâm, car dans la Torah il est indiqué qu’Idris et Ilyas °alayhim as-salâm ont été élevés au ciel alors qu’ils n’en étaient pas descendus. Ils ont vécu sur terre jusqu’au moment de leur montée au ciel. Il est indiqué dans les évangiles que Jésus °alayh as-salâm est monté au ciel, alors qu’il n’en était pas descendu. Et notre Prophète MouHammad est monté au ciel la nuit de son ascension Mi°râj alors qu’il n’en était pas descendu. Il s’avère clairement que Jean a menti au sujet de Jésus. Ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Si un chrétien disait que Jésus a dit cela, mais n’en a visé que les âmes, il lui sera dit : « Ceci est contraire à la Torah et à l’Évangile », car dans ces deux livres, les prophètes qui sont montés au ciel, y sont montés avec leur âme et leur corps, tout comme notre prophète MouHammad est monté avec son âme et son corps.

S’ils disent que Jésusl’a dit et qu’il en a visé les âmes des humains dont les corps sont morts et qu’au moment de la mort les anges emmènent leurs âmes au ciel. Nous leur disons : « Ceci est une possibilité qui est prouvée comme étant fausse avec la preuve. Par défaut, pour comprendre les termes, nous retenons la généralité et le sens propre, jusqu’à preuve du contraire. Par ailleurs, les âmes des mécréants ne montent pas au ciel. Mais elles vont vers Sijjîn. » Ce qu’ils ont dit est donc infondé et il s’avère clairement qu’ils ont menti au sujet de Jésus.

Entre autre, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 21 (18-20) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait été pris de faim. Alors qu’il marchait vers les apôtres, il aurait vu un figuier en bordure du chemin. Il s’y serait dirigé pour en manger mais n’y aurait pas trouvé un seul fruit. Il aurait fait alors une invocation contre lui, et l’arbre serait mort sur le coup.

Marc a rapporté dans le chapitre 11 (12-13) de son évangile cette nouvelle. Il a ajouté la précision que ce n’était pas la saison des figues.

Regardez que Dieu vous fasse miséricorde comment ils ont attribué au prophète Jésus qu’il chercherait des figues dans les arbres des gens, en dehors de sa saison. Cela, même les enfants et les fous ne le font pas. Puis, ils ont dit qu’il a fait une invocation contre ce figuier et que l’arbre est mort. Or cet arbre n’a pas commis de péché qui mérite une telle punition. Cet arbre est soit la propriété de quelqu’un, soit il n’a pas de propriétaire et il est donc permis à tous ceux qui passent d’en cueillir les fruits. S’il était la propriété de quelqu’un, Jésus avec son ascèse et sa piété, n’aurait pas cherché à en manger sans l’autorisation de son propriétaire. En effet, les lois se sont accordées à interdire cela. Et si c’était un arbre sans propriétaire, à la portée de tout le monde, il n’aurait pas fait d’invocation pour qu’il meure, et que personne ne puisse plus en profiter. Jésus et tous les prophètes °alayhim as-salâm, Dieu a fait qu’ils soient naturellement une source de profit pour les créatures, pour leur intérêt, et non le contraire. Il s’avère clairement que Matthieu et Marc ont menti dans ce qu’ils ont attribué à Jésus à ce sujet, et c’est Dieu qui accorde la réussite pour l’obéissance.

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire

Entre autres, il y a leur parole que les vertueux parmi les musulmans se marient contrairement à ceux qui choisissent le chemin de la prêtrise parmi les chrétiens. On leur dit : vous êtes d’accord dans votre religion que David °alayh as-salâm était un prophète et qu’il était un roi. Et le degré de prophète est plus élevé que le degré de saint selon l’unanimité pour vous et pour nous. Et dans la Torah, David °alayh as-salâm a épousé cent femmes, et qu’il a eu d’elles plus de cinquante garçons et filles. Il y figure également que Salomon°alayh as-salâm a épousé mille femmes, tout comme cela a été confirmé dans la Torah. Et vous avez pour croyance que la Torah est vérité, qu’elle a été révélée de la part de Dieu. Et, de même, tous les prophètes °alayhim as-salâm, se sont mariés et ont eu des enfants, hormis Jésus et YaHyâ fils de Zacharie °alayhim as-salâm. Dans la Torah, il est permis à l’homme d’épouser autant de femmes qu’il peut prendre en charge. Et vous les chrétiens, vous n’avez pas autorisé le mariage contrairement à ce que Dieu a autorisé dans la Torah et dans l’Évangile. Mais vous êtes attachés en cela à la parole de Paul dont les premiers d’entre vous ont prétendu qu’il était comme un prophète. C’est ce même Paul qui vous a ordonné qu’un homme ne se marie qu’avec une seule femme et que, si elle meurt, il la remplace jusqu’à trois fois. Il vous a ordonné aussi que le prêtre n’épouse qu’une seule femme vierge et non pas une femme qui a déjà été mariée, et que, si elle meurt, il lui est interdit de se remarier. Il s’avère que votre religion, concernant le mariage, est en opposition avec les prophètes. Vous avez aussi contredit Paul pour le mariage des prêtres avec les femmes vierges puisque vous avez interdit le mariage à tous vos prêtres. Vos impudents et vos ignorants ont pour croyance cela, et ils blâment les saints parmi les musulmans dans ce qu’ils font quand ils se marient.

Tandis que vos savants, ils savent que cela est licite et que c’est écrit dans les livres célestes. Les gens de l’Islam, Dieu leur a accordé la religion de droiture, la religion belle qui ne comporte pas de difficulté pour eux. Et notre Prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam leur a dit : ce dont nous comprenons : « Mariez-vous et ayez des descendants, je serai fier de votre nombre au Jour du jugement. » Ainsi, par le mariage et par le fait d’avoir des enfants, ils ont des récompenses parce qu’ils obéissent ainsi à l’ordre de leur Prophète Salla llâhou °alayhi wa sallam.

Parmi ce que les chrétiens reprochent aux gens de l’Islam, il y a la circoncision. On leur dit que chez vous, dans les évangiles, Jésus °alayh as-salâm était circoncis et que le jour de sa circoncision, pour vous, fait partie des plus grandes fêtes. Comment reprochez-vous aux musulmans ce que vous glorifiez au sujet de votre prophète ? Puis vous avez pour croyance que Abraham °alayh as-salâm et tous les prophètes étaient circoncis et que Dieu leur a ordonné de se circoncire, tout comme c’est indiqué dans la Torah. Le blâme retombe sur vous, et le péché retombe sur vous, parce que vous avez délaissé une tradition de votre prophète concernant la circoncision. Vous avez contredit tous les prophètes, puis vous le reprochez. Et tous ceux qui reprochent et blâment un acte des prophètes dans ce qu’ils ont légiféré, aura mécru en Dieu et en Ses prophètes.

Parmi les choses qu’ils reprochent aux musulmans, c’est leur croyance que les gens du Paradis mangent et boivent. On leur dit : Comment blâmez-vous cela alors que Matthieu dit dans le chapitre 26 (29) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, alors qu’ils dinaient la nuit où les juifs, selon eux, l’ont emmené et tué : « Je ne boirai plus une autre boisson après celle-ci hormis au Paradis. » Et Marc a dit la même chose dans le chapitre 14 (25) de son évangile.

Et Lucas a dit dans le chapitre 22 (30) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Vous allez boire et vous allez manger avec moi à ma table au Paradis. » Les savants des chrétiens savent qu’Adam °alayh as-salâm a mangé d’un arbre qui lui était interdit au Paradis, lui et son épouse Ève (Hawwâ’) et que ce fut la cause de leur descente sur terre, et ceci est indiqué dans la Torah et dans l’Évangile. Comment leurs ignorants renient-ils qu’il y ait au Paradis des nourritures et des boissons ?! Ils donnent pour interprétation à ce sujet que tout ce qui est mangé et bu va nécessairement entrainer de l’urine et des selles, alors que le Paradis est pur de tout cela. Ils n’ont pas su que notre prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam, celui qui était le plus grand des sages, nous a appris que ce que les gens du Paradis mangent et boivent sortira d’eux sous forme de transpiration qui a une odeur pareille à celle du musc et qu’ils ne crachent pas, qu’ils ne se mouchent pas, qu’ils n’urinent pas, qu’ils ne défèquent pas.

Les Livres et les messagers ont été unanimes à dire qu’au Paradis il y a différentes sortes de fruits et de chair d’oiseaux et autres, de tout ce que les âmes désirent et qui est un plaisir pour les yeux. Or s’il était possible que quelqu’un y entre et soit privé de ces plaisirs, il se retrouverait châtié, menant une triste vie. Nous demandons à Dieu de nous préserver de pareilles croyances. Car cette croyance entraine ce que disent les athées, que le plaisir du Paradis après la mort, a lieu uniquement avec les âmes et pas avec les corps, parce qu’ils renient la résurrection des corps. Les chrétiens, même s’ils ne déclarent pas cela de manière explicite, cette parole que « les âmes seules profiteront au Paradis et que les corps n’auront de félicité par les aliments que pour être en bonne santé conformément à ce que Dieu a fait. » Et ceci est contraire à ce qu’implique la raison et à ce qui est rapporté.

Parmi les choses qu’ils renient également aux musulmans, il y a leurs paroles qu’il y a au Paradis des palais, des perles et autres que cela. On leur dit : Chez vous, dans le livre appelé Nûr al-qiddisîn, à propos du récit de Jean l’évangéliste, il est passé un jour auprès de deux jeunes gens qui avaient des vêtements en soie, qui avaient avec eux des serviteurs et un grand convoi. Il les a exhortés en leur rappelant l’enfer. Il les a menacés au point qu’ils ont abandonné ce qu’ils avaient comme bienfaits. Ils ont suivi Jean, précédemment cité, et ils ont donné en aumône leur argent à leurs serviteurs. Quelques temps plus tard, leurs serviteurs étaient passés avec des vêtements luxueux, et des convois et des serviteurs. Ils en furent attristés et regrettèrent ce qu’ils avaient raté comme plaisirs du bas monde. Cela était devenu for éprouvant pour eux. Jean comprit cela et leur dit :

Vous avez donc regretté, vous êtes tristes pour les bienfaits que vous avez manqués du bas monde ? » Ils lui ont répondu :

Oui, nous ne pouvons pas supporter ce manque. » Alors, il leur a dit :

Alors, allez, ramenez-moi des pierres de la rivière. » Ils en ont ramenées. Il les a mises sous son vêtement puis les a sorties, après qu’elles soient devenues des perles précieuses. Il leur a dit :

Allez au marché, vendez-les et achetez avec leur prix plus que vous aviez possédé. Mais vous n’aurez aucune part au Paradis. Vous avez vendu votre part au Paradis pour cette chose rapide qui va à sa fin. » Tandis qu’ils étaient ainsi, des gens sont venus avec un mort. Et ils ont demandé à Jean précédemment cité de le ressusciter. Il a dit :

Relève-toi, ô mort, par la volonté de Dieu. » Le mort s’est relevé et Jean lui dit :

Annonce à ces deux hommes ce qu’ils ont raté comme félicité du Paradis. » Celui qui était mort leur dit alors :

Vous aviez au Paradis des palais construits avec des perles de chaque couleur, la longueur de chaque palais est de telle et de telle distance. » Lorsque les deux jeunes gens ont entendu cela, ils ont fait le repentir, ils ont tout abandonné et ont suivi Jean sur la religion de Jésus jusqu’à ce que leur vienne la mort.

Vous avez également, dans le livre cité, que Valerian, que vous comptez parmi les vertueux et les grands prêtres, les anges lui ramenaient chaque jour de la nourriture du Paradis sur des plateaux en or avec des serviettes en soie et au-dessus des serviettes et des fleurs de différentes couleurs. Comment reniez-vous qu’il y ait pas au Paradis des ustensiles en or, des vêtements en soie et de la nourriture, alors que ce récit est une preuve contre vous, autre que ce que les livres prophétiques ont rapporté à ce sujet, et sur lesquels se sont accordés tous les gens sensés qui suivent la loi. Mais vous êtes un peuple qui préfère l’ignorance. Et vous ignorez que vous êtes ignorants.

Et dans le livre cité également, il y a dans le récit de Santone que les anges venaient le voir chaque jour avec une quantité de nourriture qui lui suffisait matin et soir, une nourriture des gens du Paradis avec différentes variétés. Un jour, il a reçu la visite d’un homme vertueux chez eux, un grand prêtre qui est connu sous le nom de Paul l’esclave. Ce jour-là, les anges ont amené beaucoup plus que ce qu’ils ne ramenaient habituellement comme nourriture dans des récipients en or, couverts de serviettes de soie. Et dans leurs livres, il y a beaucoup de récits semblables, mais je les ai laissés, par crainte de prolonger et d’ennuyer.

Parmi ce qu’ils reprochent aux musulmans également, il y a le fait qu’ils se donnent des noms de prophètes °alayhim as-salâm. On leur dit : Comment nous reprochez-vous cela alors que nous nous donnons les noms des prophètes, par recherche des bénédictions par ces prophètes, et qu’ils sont bien des êtres humains. Comment ne vous reprochez-vous pas vous-mêmes le fait que vous vous donniez des noms d’anges tels que Gabriel, Mikael, Azrael, et ce qui est du même ordre. Et ils n’ont absolument aucune réponse à cela. Et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad est confirmée dans tout livre que Dieu a révélé. Tous les prophètes ont annoncé sa venue.

Il y a entre autre ce qui figure dans le chapitre 16 (6-12) du premier livre de la Torah[86]. La Torah est composée de cinq livres qui ont été réunis dans un même volume. Et ce, lorsqu’ils prétendent qu’Agar (Hâjar) a fui Sarah l’épouse de Abraham, elle a vu cette nuit-là un ange qui lui dit : « Ô Agar que veux-tu et d’où viens-tu ? » Elle a répondu : « J’ai fui Sarah. » Il lui a dit : « Retourne chez elle et soumet toi à elle. Dieu fera que ta descendance sera nombreuse. Bientôt tu seras enceinte et tu donneras naissance à un fils qui s’appelle Ismaël, car Dieu a entendu ta crainte. Ton fils sera le plus honorable des gens. Il aura une autorité sur tous les gens. Tout le monde se soumettra à lui. Il aura une souveraineté qui s’étendra dans la majorité du monde. » Fin du texte de la Torah.

Il est connu qu’Ismaël et les enfants de sa descendance n’ont pas géré la majorité du monde. L’allusion par cela est faite vers l’éminent descendant qu’il a eu, qui est notre prophète MouHammad. C’est sa religion, l’Islam, qui a été au-dessus de tous les gens de la terre et la majorité de sa partie habitée. Sa communauté a eu le pouvoir aux orients et aux occidents de la terre. Ceci est quelque chose que les savants des juifs savent comme la majeure partie d’entre eux. Cependant, ils le cachent aux gens du commun.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 18 (18) du cinquième livre de la Torah[87] que Dieu a dit à Moïse °alayh as-salâm : « Dis au fils d’Israël que je leur accorderai à la fin des temps un prophète comme toi, du fils de leur frère. Celui qui ne suit pas la parole que je lui révèle, je me vengerai de lui. » Ce texte indique que ce prophète qu’il enverra pour les fils d’Israël [ainsi qu’à toute l’humanité] à la fin des temps, ne fait pas partie de leur descendance. Mais il fera partie de la descendance de leur frère. Or chaque prophète qui a été envoyé après Moïse faisait partie des fils d’Israël. Le dernier d’entre eux était Jésus °alayh as-salâm. Il ne reste plus du fils de leur frère que notre prophète MouHammad, parce qu’il est descendant d’Ismaël et Ismaël est le frère d’Isaac fils d’Abraham. Isaac est l’ancêtre des fils d’Israël. C’est cette fraternité qui a été mentionnée dans la Torah.

Si cette annonce d’un prophète avait concerné l’un des prophètes des fils d’Israël, il n’y aurait pas eu d’intérêt à mentionner cette fraternité. Les juifs sont unanimes à dire que parmi tous les prophètes des fils d’Israël après Moïse, il n’en y a pas eu un seul qui soit comme lui. Le sens de la similarité ici, c’est qu’il ait amené une Loi particulière que les communautés suivront après lui. Or, c’est bien la description de notre prophète MouHammad parce qu’il est descendant de leurs frères les arabes, un descendant d’Ismaël. Il a amené une Loi qui abroge toutes les Lois antérieures, et sur laquelle les communautés l’ont suivi. Il est donc comme Moïse de ce point de vue, et meilleur que lui et que tous les prophètes et les messagers, par l’unanimité de sa communauté, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 33 (2) du cinquième livre de la Torah[88]. Ils disent que le Seigneur est venu du haut du Sinaï, et qu’il a brillé de Séir et qu’il est révélé de la montagne de Pharan, c’est-à-dire La Mecque et la terre duHijaz. Pharan c’est le nom d’un des rois géants qui se sont partagé la terre. Le Hijaz et ses environs furent la part dePharan. Pour cela, tout ce pays a porté son nom dans la Torah.

Quand ils disent que Dieu est venu du haut du Sinaï, ils visent par cela, la venue de la religion qu’il agrée, et la croyance en son unicité tout comme il l’a révélé à Moïse au mont Tyr au Sinaï. Ils visent par sa brillance sur le Séir, qui est une montagne du Cham[89], l’apparition de la religion de Jésus °alayh as-salâm par ce qu’il lui a révélé. Enfin, ils visent par sa révélation sur le mont Pharan, la religion de l’Islam que Dieu a révélée à La Mecque et au Hijaz à notre prophète MouHammad.

Et lorsqu’il dit : « Les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu », les myriades sont les hommes saints et vertueux. Ce qui est visé ici, ce sont les compagnons de notre prophète MouHammad, car ce sont eux qui étaient avec lui, à sa droite, ils ne l’ont pas du tout lâché, que Dieu les agrée.

Il y a également ce sur quoi se sont accordés les quatre qui ont écrit les quatre évangiles que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux apôtres quand il a été élevé au ciel : « Je vais rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu, et je vous annonce la bonne nouvelle d’un prophète qui viendra après moi qui s’appelle Paraclet. » Et ce nom honoré est en grec. Sa traduction en arabe est AHmad, tout comme Dieu dit dans son livre honoré :

﴿ وَمُبَشِّرًا بِرَسُولٍ يَأْتِي مِن بَعْدِي اسْمُهُ أَحْمَدُ ﴾

[sourate aS-Saff, verset 6] ce dont nous comprenons : « Et annonciateur d’un Messager après moi qui s’appellera AHmad. » Ce nom figure dans l’évangile en latin Paracletus. C’est ce nom honoré et bénie qui a été la cause de mon Islam, tout comme je l’ai cité au tout début de ce livre.

Et Jean a dit dans le chapitre 14 (26) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Mais le Paraclet, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Le Paraclet, c’est notre prophète MouHammad, celui qui a enseigné aux gens toutes choses, conformément à ce que Dieu lui a révélé comme Qourân honoré dans lequel il y a les informations sur les premières et les dernières communautés. Et Dieu a fait qu’il ne comporte pas de défaillance ou de défaut, tout comme Dieu dit :

﴿  مَّا فَرَّطۡنَا فِي ٱلۡكِتَٰبِ مِن شَيۡءٖۚ  ﴾

[sourate al-‘An°âm, verset 38] dont nous comprenons : « Nous avons fait qu’il n’y a aucun défaut dans le livre. »

Il n’est pas apparu après Jésus un prophète-envoyé avec ces caractéristiques, hormis notre prophète MouHammad. Il est donc celui qui est visé par cette glorieuse annonce.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 16 (13) de son évangile que Jésus a dit : « Quand le Paraclet sera venu, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Ceci est la description de notre prophète MouHammad connu par la voie du tawâtour[90] de sorte que ne la renie que quelqu’un pour qui Dieu a voulu l’égarement, quelqu’un repoussé loin des portes de la miséricorde de Dieu. Quant au fait qu’il ne parle pas en suivant ses passions, et qu’il ne dise que ce qu’il lui est révélé, ceci Dieu en témoigne, et il n’y a pas divergence à son sujet au sein de sa communauté, tout comme Dieu dit :

﴿ وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَىٰ ٣ إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَىٰ ٤ ﴾

[sourate an-Najm verset 3 et 4] ce dont nous comprenons : « Il ne parle pas en suivant des passions, ce n’est qu’une révélation qui lui parvient. »

Quant au fait qu’il a annoncé les évènements passés et les choses du futur, c’est un vaste sujet sur lequel des livres entiers ont été écrits, c’est une mer immense qu’on ne peut englober. Ainsi il y a par exemple dans le livre Ach-Chifâ[91] du maître le Faqih, l’Imam, Houjjatal‘Islâm, Abou al-FaDl °IyâD ce qui est suffisant et une moralité pour les gens dotés de raison.

Quant à la confirmation de sa prophétie à partir des livres des prophètes antérieurs °alayhim as-salâm, il y a entre autre ce qu’a dit David °alayh as-salâm dans les Psaumes dans le chapitre 72 (8-17) « Il dominera d’une mer à l’autre, Et du fleuve aux extrémités de la terre. Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présents. Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n’a point d’aide. Il aura pitié du misérable et de l’indigent, Et il sauvera la vie des pauvres. Il les affranchira de l’oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux. Ils vivront, et lui donneront de l’or de Séba ; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, Et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban ; Les hommes fleuriront dans les villes comme l’herbe de la terre. Son nom subsistera toujours, Aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera ; Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux. »

Ce sont là toutes les descriptions de notre prophète MouHammad. La réalité témoigne de cela et tous ceux qui prétendent que ce n’est pas sa description, ne trouveront personne au monde à qui une telle description puisse s’appliquer. Et si quelqu’un prétend qu’elle s’applique à un autre prophète, c’est un calomniateur au grand jour.

Par ailleurs, je ne connais personne parmi les prophètes après David qui ait eu de telles caractéristiques. Or David a vécu avant notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. Or les savants des juifs savent que cette description est exactement celle de notre prophète. Mais ils la dissimulent[92] en agissant exactement en fonction du malheur qui leur a été prédestiné de toute éternité.

Et entre autre il y a ce que le prophète Habacuc a dit dans le chapitre 3 de son livre[93] « À la fin des temps viendra le Seigneur (c’est-à-dire les manifestations du Seigneur) de la qibla et le Saint des montagnes de Pharan[94]. » La venue des manifestations du Seigneur, c’est la venue de sa révélation.Le Saint,c’est notre prophète MouHammad. Il est bien apparu de la montagne de Pharan qui est La Mecque et la terre duHijaz.

Il y a aussi ce qu’a dit le prophète Michée c’est-à-dire Mikha dans le chapitre 4 (1-3) de son livre [95]: « À la fin des temps viendra une communauté à laquelle il sera fait miséricorde, qui choisira la montagne bénie pour adorer Dieu. Là-bas, ils se réuniront de toutes les contrées pour adorer l’unique et ils ne lui attribueront aucun associé. » Il s’agit là de la montagne d’Arafat sans aucun doute. Et la communauté à laquelle il est fait miséricorde, c’est la communauté de MouHammad. Et la réunion dans la montagne bénie, c’est la réunion des pèlerins à Arafat, le fait qu’ils s’y rendent en venant de différentes contrées.

Il y a également ce qu’a dit le prophète Ich°ayâ c’est-à-dire Ésaïe dans le chapitre 42 de son livre[96] : « Le Seigneur enverra à la fin des temps son esclave qu’il a élu. Il lui enverra l’ange honoré et honnête pour lui enseigner la religion. À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. Il est comme une lumière qui les sortira de l’obscurité dans laquelle ils étaient endormis. Je vous fais savoir ce que le Seigneur m’a fait savoir, avant que cela n’ait lieu. »

Ceci, que Dieu vous fasse miséricorde, est la description de notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. C’est bien elle, clairement, parce que c’est lui que Dieu a envoyé à la fin des temps après l’avoir élu. Il a fait de lui celui qu’Il agrée le plus parmi toutes ses créatures. Il lui a envoyé l’ange honnête Jibril (Gabriel) pour lui enseigner la religion. Il s’agit de la révélation du Qourân, de la tradition (Sounnah) et des lois de l’Islam. Le Prophète a bien transmis tout ce qu’il a reçu l’ordre de transmettre. C’est cela le sens de la parole de ce prophète : « À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. » Tout ce qu’il a reçu l’ordre de faire et tout ce à quoi il a appelé, et ce qu’il a interdit, les gens censés ont été unanimes à propos de son équité, et sur le fait qu’il était correct dans les choses qu’il a ordonnées et les choses qu’il a interdites. Ceux qui ont mécru en lui et qui l’ont renié, ne l’ont fait que par entêtement, par orgueil par rejet de la vérité au grand jour. Ils se sont pris les pieds dans les cordes du démon, par ce qui leur a été prédestiné comme égarement. La lumière par laquelle il a sorti les gens de l’obscurité, c’est le Qourân éminent que Dieu lui a révélé. La parole de ce prophète Ésaïe est une des preuves les plus claires et les plus fortes pour la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad. Si je citais tout ce qui est parvenu dans les livres des anciens prophètes, ce livre aurait pris beaucoup plus de volume. Et, j’espère de la part de Dieu, qu’il m’accorde de rassembler les annonces de bonne nouvelle portées par tous les prophètes, dans un livre unique pour les détailler.

Nous nous fions à Dieu, Il nous suffit. Il n’est de force et de préservation que par Dieu.

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad ainsi que sa famille et ses compagnons et qu’il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté et ce, jusqu’au Jour du jugement et la louange est à Dieu le Seigneur des mondes.

Cette copie a été faite en 1290 de l’hégire correspondant à l’année 1873 du calendrier grégorien.

C’est une copie alors que le livre d’origine a été terminé en l’an 823 de l’hégire correspondant à l’année 1420 du calendrier grégorien.

Traduction en français terminée le 16 du mois de Joumâdâ al-‘Ûlâ de l’année 1442 de l’hégire, correspondant au 31 décembre 2020 du calendrier grégorien.

Épitaphe inscrit sur le maqâm de l’auteur

Maqâm de l’auteur à Tunis, Tunisie

Épilogue du traducteur

C’est un grand bonheur que de suivre cette religion éminente qu’est l’Islam, cette religion que Dieu a agréée pour Ses esclaves, cette religion qu’Il nous a ordonné de suivre et dans laquelle nous devons persévérer. Attachez-vous à cette religion éminente. Persévérez dans cette religion jusqu’à la mort, vous serez ainsi au nombre des victorieux au Jour du jugement.

Observez bien ce qui est parvenu dans le Hadîth qoudsiyy rapporté par le Messager de Dieu d’après son Seigneur. Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allâh dit [ce dont nous comprenons] : « Ô vous mes esclaves, ce sont vos actes que je vous comptabilise et pour lesquels, par la suite, je vous rétribuerai. Celui qui trouve du bien, qu’il fasse la louange à Dieu ; et celui qui y trouve autre chose, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.«  »

Rends-toi des comptes à toi-même, surveille ton âme et fais attention à tes paroles, à ce que tu fais et à ce à quoi tu crois. Adore Dieu comme si tu Le voyais et même si tu ne Le vois pas, rappelle-toi que Lui te voit. Dieu dit dans le Qourân honoré dans sourate at-tawbah, verset 74 : ce dont nous comprenons : « Ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont bien dit la parole de mécréance. Ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. »

Les savants ont retenu comme preuve ce verset éminent du Qourân sur le fait qu’il y a parmi les sortes de mécréance ce qui est appelé la mécréance par la parole. Elle a lieu par la langue, et c’est la mécréance la plus répandue.

Parmi ce qui relève de cette mécréance par la parole, il y a le fait d’insulter Dieu, ou les prophètes, ou les anges. De même, il y a le fait de se moquer de la prière, ou du jeûne, ou du Qourân, ou de l’enseignement prophétique. Celui qui le fait devient mécréant, et ceci, qu’il l’ait dit en étant sérieux ou en plaisantant, en étant en colère ou en étant calme. Rien de tout cela n’est excusé. Allâh dit dans sourate at-tawbah, versets 65 et 66 : ce dont nous comprenons : « Et si tu les avais interrogés, ils auraient répondu : « Nous ne faisions que discuter et plaisanter. » Dis : « Est-ce de Dieu, de Ses signes et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne cherchez pas d’excuses, vous avez montré votre mécréance après avoir montré la foi. » »

Et Dieu, Celui que nous aimons et que nous adorons[97] dit dans le Qourân honoré, sourate al-Houjourât, verset 15 : ce dont nous comprenons : « Certes, les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Dieu et en son Messager puis qui n’ont point douté. »

Par ce verset éminent du Qourân, les savants ont retenu la preuve que parmi des sortes de mécréance, il y a ce qui est appelé la mécréance par la croyance. En effet, le doute a lieu dans le cœur.

Celui qui a pour croyance que Dieu serait une lumière, ou un grand corps, ou un petit corps, ou un corps de taille intermédiaire, qui habiterait le ciel ou bien qui s’incarnerait lui-même en tout endroit, il n’a pas connu son Seigneur, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures. Il n’a de ressemblance ni avec le soleil, ni avec la lune, ni avec les étoiles, ni avec les planètes, ni avec les humains, ni avec les djinns, ni avec les anges. Mais, comme Il le dit à Son sujet dans la révélation, sourate ach-chûrâ, verset 11 : ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et il est celui qui entend, celui qui voit. »

Et Il dit dans sourate al-ikhlâS, verset 4 ce dont nous comprenons : « Et il n’a point d’équivalent. » Dieu n’a pas de ressemblant, Il n’a pas d’équivalent, Il n’a pas de semblable. Quoi que tu imagines en ton esprit, Dieu n’est pas ainsi, c’est-à-dire qu’Il n’a aucune ressemblance avec tout cela.

Dieu, celui que nous aimons et nous n’adorons nul autre que Lui dit dans le Qourân honoré, sourate fouSSilat, verset 37 : ce dont nous comprenons : « Ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, prosternez-vous plutôt pour Dieu qui les a créés, si c’est vraiment Lui Que vous adorez. »

Ce verset éminent du Qourân a été retenu par les savants comme preuve qu’il y a, parmi les sortes de mécréance, la mécréance par les gestes. Elle consiste par exemple à se prosterner pour le soleil, ou pour la lune, ou pour le chayTân, ou pour le feu, ou bien à jeter le MouS-Haf –le livre du Qourân– dans les ordures, ou le piétiner, ou même piétiner des livres de religion.

Tout cela fait sortir de la religion agréée par Allâh. Celui de qui est provenu une mécréance, qu’elle ait eu lieu par une parole, par une croyance ou par un geste, cette mécréance l’ayant fait sortir de la religion, il doit revenir à l’Islam en prononçant les deux témoignages : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que MouHammad est le Messager de Dieu. »

Anselm Turmeda ou °Abdoullâh at-Tourjoumân a vécu sa vie, et est passé au barzakh, la résidence qui nous sépare du Jour du jugement.

Il a fait le bon choix.

Il avait grandi dans un environnement qui attribuait à Dieu ce dont Il est exempt, et qui ne croyait pas au dernier des prophètes, notre maître MouHammad. Il a gravi les échelons de sa religion d’origine pour se rendre compte qu’il avait une mauvaise croyance au sujet de Dieu et de Ses prophètes.

Il a choisi la vérité au mensonge, la réalité à l’illusion, les épreuves du bas monde au superflu de la vie d’ici-bas.

Chacun d’entre nous va un jour mourir.

Le plus grand bienfait dont puisse bénéficier un être vivant doté de raison, c’est d’avoir la croyance qu’agrée pour nous Allâh, notre créateur, Celui qui crée le bien et le mal. Il crée le bien, Il l’agrée et ordonne de le faire. Il crée le mal, Il ne l’agrée pas et Il interdit de le commettre.

Que chacun s’attache à la religion des prophètes et des envoyés, la religion de l’Islam, afin d’être au nombre de ceux qui seront sauvés du châtiment du Jour du jugement.

Ô mon Dieu, fais que nous mourions sur la croyance de l’Islam, ô Toi qui accorde le plus de miséricorde.

Table des matières

Premier chapitre. 6

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz. 11

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde. 13

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens. 18

Première partie. 19

Chapitre. 22

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes. 23

Le premier groupe : 23

Le deuxième groupe : 24

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements de la religion chrétienne. 26

Le premier fondement : le baptême et sa description. 26

La manière de pratiquer le baptême : 27

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité : 28

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison. 31

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer 34

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer 38

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi 40

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré. 43

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges. 48

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance. 53

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire. 57

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes. 60

Épilogue du traducteur 67


[1] Mort en 456 de l’hégire – 1064 Grégorien. Certains savants de Ahl as-Sounnah w l-Jamâ°ah ont remis en cause certains de ses prétendus arguments.

[2] NdT : Pampelune, comme dans certaines autres références de ce livre.

[3] NdT : Anvariyah et Anvrounah dans d’autres références ; fort probablement Navarre.

[4] NdT : Le Prophète MouHammad.

[5] NdT : Bien sûr que le christianisme n’est pas la religion de Jésus. Jésus, comme tous les envoyés de Dieu, était musulman, c’est-à-dire soumis à l’extrême à Dieu et à Dieu seul.

[6] NdT : Probablement : « Fais une annonce publique de ton Islam », car il était vraisemblablement entré en Islam avec le médecin précédemment cité.

[7] NdT : Même si son objectif était d’avoir la totale confiance du Sultan, il est interdit de retarder son entrée en Islam. Accepter de rester ne fut-ce qu’une seconde de plus non musulman, est un acte qui fait mériter le châtiment éternel de Dieu. Un non musulman se doit de prononcer les deux témoignages de foi immédiatement pour devenir musulman.

[8] NdT : Ce compagnon était auparavant un savant érudit juif de Médine. Lorsqu’il avait annoncé son Islam, ses anciens coreligionnaires l’ont dénigré alors qu’auparavant, avant qu’ils n’apprennent son Islam, ils avaient fait son éloge.

[9] NdT : c’est-à-dire l’attestation de foi ou ach-chahâdah : Je témoigne que nul autre que Dieu ne mérite d’être adoré et je témoigne que MouHammad est Son esclave et Son messager.

[10] Celui qui a fondé la bibliothèque de Tunis, mort en 837 de l’hégire –1433 Grégorien.

[11] NdT : Apparemment, sorte d’administration gérant les affaires commerciales du port. Probablement ce qui s’appelle aujourd’hui Douane.

[12] NdT : Port de la banlieue de Tunis.

[13] NdT : Du Hadîth : montrer que l’on a une destination et en avoir une autre en réalité, ou tawriyah.

[14] Le registre consignant les entrées du trésor des musulmans.

[15] NdT : unité de mesure de volume, équivalent à huit makkûk, soit douze Sâ°, ou encore environ vingt-quatre kilogrammes et demi ou seize kilogrammes de blé selon certains.

[16] NdT : Du Gouvernorat de Nafzah, au Nord Est de la Tunisie, pas loin de la ville de Béja.

[17] NdT : waqf ou houbous.

[18] En arabe Âmîn.

[19] NdT : Entre trente et cinquante ans.

[20] NdT : littéralement la porte de la mer, c’est-à-dire la porte qui donne vers la route qui mène à la mer.

[21] NdT : lieu d’adoration, d’évocations et d’apprentissage religieux.

[22] NdT : les évocations orales de Dieu.

[23] NdT : waqf ou houbous. Généralement biens immobiliers consacrés par des donateurs bienfaiteurs et dont le revenu est dédié à l’entretien ou au financement d’une activité religieuse.

[24] NdT : soit le Sud Est pour Tunis.

[25] NdT : faubourg de Tunis à l’époque, intégré dans la ville de Tunis de nos jours.

[26] NdT : probablement observatoires de la nouvelle lune.

[27] NdT : dénomination usitée à l’époque : mâristân.

[28] NdT : ancienne dénomination de la partie orientale du Maghreb.

[29] NdT : probablement en référence aux structures verticales des tentes.

[30] NdT : Probablement en référence à ce qui est vendu à notre époque dans un bazar.

[31] NdT : dans certaines versions du livre deux cents dinars.

[32] NdT : Probablement instruments de musique.

[33] NdT : une sorte de monopole.

[34] NdT : en référence probablement à la prostitution et la vente d’alcool.

[35] NdT : la police.

[36] NdT : Peut-être Trapani.

[37] NdT : Dans l’actuelle Libye.

[38] NdT : Dans l’actuelle Tunisie.

[39] NdT : Dans l’actuelle Algérie.

[40] NdT : Le Livre authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm, et non pas les livres présentés comme tels entre les mains des gens, à notre époque et depuis longtemps.

[41] NdT : l’Est du pays du Châm, les actuelles Syrie, Liban, Jordanie et Palestine.

[42] NdT : mesure ancienne de distance, selon les auteurs varie entre 1,5 Km et 3,7 Km.

[43] NdT : connu chez les chrétiens sous le nom de Paul de Tarse.

[44] NdT : les musulmans qui suivaient Jésus sur l’Islam, et qui ont été pervertis par la suite par ceux qui ont diffusé les fausses croyances des chrétiens.

[45] Dans certaines versions Athanias, et dans d’autres Hanania.

[46] NdT : Littéralement les soutiens de Jésus. Mais ce terme a été dévoyé dans sa signification pour désigner ensuite les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui ont considéré Jésus comme étant dieu.

[47] Dans une autre version parce qu’ils ne croient pas que tu m’as envoyé.

[48] NdT : Il vise par-là Dieu. La croyance des musulmans est que Dieu n’est pas au ciel, mais qu’il existe sans endroit et qu’Il est sans comment. Il existe avant la création des cieux et de la terre. Il ne change pas. Tout comme avant l’existence des cieux et de la terre, Il est sans endroit, également après la création des cieux et de la terre, Il est sans endroit.

[49] NdT : Wikipédia : Le sacrement est un rite cultuel sacré dans le catholicisme, le christianisme orthodoxe, et certaines dénominations protestantes. Selon la doctrine, un sacrement produit un effet dont la source est Dieu, qui donne sa grâce. Ils y trouvent le symbole et le moyen d’une alliance entre Dieu et les hommes.

L’Église catholique distingue sept sacrements qui forment une liste dite septénaire : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades, l’ordre et le mariage.

Alexandre Ganoczy, La doctrine catholique des sacrements, Paris, Desclée, 1988 « Au Xe siècle, les Églises occidentales commençaient à reconnaître, en plus du baptême et de l’eucharistie, la sacramentalité de la pénitence et du mariage. On y ajouta diverses onctions d’initiation : du baptême, de la confirmation, du sacre du roi, de l’ordination des prêtres et de la consécration des moines. Les nombres cités variaient entre cinq et douze. Quelques docteurs allaient jusqu’à trente. »

[50] NdT : Ceci chez les catholiques. Mais les orthodoxes ne se suffisent pas d’asperger, mais insistent sur le fait de plonger dans l’eau.

[51] NdT : Là encore il y a divergence entre les orthodoxes et les catholiques au sujet de l’obligation du baptême des enfants.

[52] NdT : pré-islam.

[53] NdT : C’est ce que disent les catholiques. Quant aux orthodoxes, ils disent qu’il n’en aurait qu’une.

[54] NdT : selon la plupart d’entre eux, le troisième est ce qu’ils appellent le Saint-Esprit, Jibril °alayhi s-salâm.

[55] NdT : Selon les références chrétiennes : Celui qui est visé est Pierre. Son prénom d’origine est Sam°ân. Il était pêcheur. Jésus l’aurait invité à le suivre et il aurait cru en lui. Il l’aurait surnommé Kifa qui est un mot araméen qui a le sens de la pierre et du rocher. Il lui aurait dit : « Tu es la pierre ou le rocher sur lequel je bâtirai mon église. » Puis ce nom a été traduit en latin en un mot qui signifie le rocher et la pierre à savoir Petrus. Il est mort à Rome durant le règne de l’empereur Néron, là où il a posé les fondements de l’église catholique. Les papes se considèrent ses successeurs. Certains disent que c’est lui qui a écrit l’évangile de son élève Marc et le lui aurait attribué par la suite.

[56] NdT : Les livres du nouveau testament : l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d’un processus de plusieurs siècles : les quatre évangiles canoniques, les Actes des Apôtres, 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse, l’épître aux Hébreux, d’autres actes attribuées à différents disciples et l’Apocalypse. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtres_de_Paul

[57] NdT : canonique selon les chrétiens.

[58] NdT : Les douze apôtres selon les chrétiens sont (au passage, seul un des 4 évangélistes est cité) : Pierre (Simon-Pierre) ; André (frère de Pierre, dit le Protoclet 11,12) ; Jacques le Majeur ; Jean (frère de Jacques, tous deux fils de Zébédée) ; Philippe ; Barthélemy ; Thomas ; Matthieu ; Jacques le Mineur (fils d’Alphée) ; Jude (appelé aussi Thaddée) ; Simon le Zélote ; Judas Iscariote (remplacé par Matthias après son suicide) 5,6.

[59] NdT : Le marchepied : un corps gigantesque que Dieu a créé par manifestation de Sa toute-puissance et dont Il n’a pas besoin, puisque Dieu existe sans endroit et sans direction, tout comme Il le dit dans le Qourân verset 11 de sourate ach-Chûrâ, qui signifie en français : « Absolument rien n’est pareil à Lui, et Il est celui qui entend et qui voit. »

[60] NdT : C’est la période entre la mort et le jour du jugement. Il vise ici que Al-Yasa° avait eu ce miracle de ressusciter un mort alors que lui-même était mort, tandis que Jésus avait eu ce même miracle alors qu’il était encore vivant.

[61] NdT : La parole de Dieu est Son attribut par lequel Il ordonne, interdit, promet, avertit et informe. Cet attribut n’est pas une langue arabe, hébraïque, araméenne ou autre. Ce n’est pas une suite de mots ni un son, ni des lettres. Les Livres révélés sont appelés parole de Dieu, dans ce sens qu’ils sont une expression de cet attribut éternel. Tout comme le mot Dieu est une expression de l’Être éternel, qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, et qui mérite la totale soumission et l’entière dévotion.

[62] NdT : Selon la mythologie chrétienne dans l’Exode : (16:2) Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert. Les Hébreux murmuraient contre Moïse parce qu’ils mouraient de faim. Le soir, il leur tomba des cailles du ciel ; le matin suivant, il se répandit un brouillard ou une rosée ; lorsqu’elle se fut évaporée, « apparut sur la surface du désert quelque chose de menu, de granuleux, de fin comme du givre sur le sol. » (16:14) Moïse leur dit : « C’est le pain que l’Éternel vous donne pour nourriture. » (16:15) Et plus loin : « La maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne. » La manne tombait du ciel chaque jour, excepté le jour du Chabat, la veille de ce jour il en tombait une quantité double. « Les enfants d’Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu’à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan. »

[63] NdT : Le Qourân a fait allusion à cela par la parole de Dieu dans le verset 139 de sourate Al-‘A°râf.

[64] Élie.

[65] Énoch.

[66] NdT : Évangile de Marc [15, 34].

[67] NdT : traduction de °araD. C’est tout ce qui advient àh une substance ou un corps comme la couleur, l’odeur, le mouvement et l’immobilité, la chaleur et la froideur, etc. C’est ce qui ne se définit que par autre que soi et qui n’a pas d’existence indépendante de la substance.

[68] NdT : traduction de jawhar. C’est ce qui se définit par soi-même, qui occupe un endroit. Il peut être indivisible, et c’est la plus petite partie d’un corps, il s’appelle alors substance ou particule élémentaire (jawhar fard). Il peut être composé de substances élémentaires, auquel cas c’est le corps.

[69] NdT : Les savants musulmans sunnites (Ahl as-Sounnah), acharites et matouridites, ont dit qu’il est un devoir d’ordre communautaire de connaître la preuve rationnelle détaillée de l’existence de Dieu, et ce en disant par exemple :

A) L’existence de ce monde a un début

  1. Le monde est composé de substances et d’attributs de substances ou accidents.
  2. Une substance, c’est ce qui a une localisation en tant que tel, c’est-à-dire une localisation qui n’est pas par l’intermédiaire d’autre qu’elle. Ainsi une substance occupe un endroit qu’aucune autre substance qu’elle n’occupe en même temps qu’elle.
  3. Quant à l’accident ou attribut d’une substance, il n’a pas de localisation en tant que tel, mais par l’intermédiaire d’autre que lui. Par exemple le mouvement, qui n’a de localisation que par le biais d’une substance en mouvement et n’a pas de localisation par lui-même. Il n’y a de mouvement que par le biais d’une substance en mouvement.
  4. Les substances sont nécessairement sujettes à des attributs, tels que le mouvement et l’immobilité. Ceci est clair, c’est une évidence rationnelle. Ainsi, une substance est soit immobile, soit en mouvement. Il est impossible selon la raison qu’il existe une substance qui ne soit ni immobile ni en mouvement.
  5. L’existence du mouvement et de l’immobilité par le biais des substances –dans lesquelles la succession du mouvement et de l’immobilité est aisément constatée par l’observation–, a nécessairement un début. En effet, par l’entrée en existence de l’un des deux, l’autre s’anéantit et prend fin. L’existence de celui des deux qui est survenu a donc un début du fait qu’il est survenu –c’est-à-dire par son existence après l’inexistence– et celui des deux qui précède l’autre, lui aussi, est entré en existence du fait de son anéantissement. En effet, si son existence n’avait pas de début, il aurait été impossible qu’il s’anéantisse, car, ce dont la raison conçoit l’anéantissement fait partie du possible rationnel, c’est-à-dire que l’existence tout comme l’inexistence lui sont possibles du point de vue de sa réalité même, et aucun des deux ne prévaut sur l’autre en soi. De ce fait, il a besoin de qui a fait prévaloir son existence sur son inexistence. Ainsi, c’est quelque chose qui est entré en existence, et ce qui entre en existence n’est pas exempt de début.
  6. Étant donné que les substances sont soit immobiles soit en mouvement, on sait alors que les deux états –mouvement et immobilité– sont concevables à leur sujet. De plus, les corps sont tous équivalents, concernant leurs attributs physiques, alors tout ce qui est concevable pour l’un d’eux est concevable pour le reste et ce, en raison de leur équivalence.
  7. Ainsi, l’immobilité des substances dont on n’a pas constaté le mouvement, et le mouvement des substances dont on n’a pas constaté l’immobilité, ont tous deux un début également. En effet, tout ce qui est immobile, la raison juge concevable que cela se mette en mouvement –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son immobilité. Il en est de même pour tout ce qui est en mouvement, la raison juge concevable que cela devienne immobile –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son mouvement. L’immobilité et le mouvement de ces substances sont donc possibles selon la raison. Par conséquent, leur existence a un début.
  8. Par conséquent, l’existence des substances a un début parce qu’elles sont nécessairement sujettes à des accidents, c’est-à-dire des attributs dont l’existence a un début. Un corps donné, est nécessairement soit immobile soit en mouvement. Il est donc caractérisé nécessairement par l’un des deux à un instant donné. Et il ne peut pas exister avant l’existence des deux accidents, le mouvement et l’immobilité.
  9. De plus, ce qui est nécessairement sujet à des accidents, c’est-à-dire à des caractéristiques dont l’existence a un début, son existence a forcément un début. Il est en effet impossible qu’il les précède par son existence, car il est nécessairement caractérisé par ces caractéristiques. Ainsi, si son existence n’avait pas de début, alors avant chaque accident ou caractéristique entrée en existence, il y aurait un enchaînement sans début d’accidents ou de caractéristiques entrées en existence. C’est-à-dire que si en ce qui est sujet à des accidents, ces accidents se succédaient sans début, cela impliquerait l’existence d’événements entrés en existence et ce, sans début. Or ceci est une impossibilité rationnelle.
  10. Il est impossible qu’il y ait un enchaînement sans début d’évènements entrés en existence, car un tel enchaînement impliquerait l’impossibilité de l’existence de l’évènement présent. Ceci parce que l’existence de l’événement présent dépend de l’achèvement de tous les événements successifs qui l’ont précédé. Or, l’achèvement de ce qui est sans fin est impossible. Étant donné que l’existence de l’évènement présent est confirmée par la perception des sens, il est donc impossible qu’il y ait un enchaînement d’événements sans début.
  11. Pour invalider la parole de ceux qui disent qu’il peut y avoir un enchaînement d’évènements sans début, les gens de la vérité –les musulmans sunnites– ont dit ce qui suffit amplement. Ils ont donc fait l’analogie avec quelqu’un qui s’engagerait en disant : « Je ne donne à Untel un dirham (ou un euro) tel jour que si je lui ai donné avant cela un dirham (ou un euro) ; et je ne lui donne ce dirham (ou un euro) que si je lui ai donné avant cela un autre dirham (ou euro) et ainsi de suite sans qu’il y ait un début. » Il est connu que le don du dirham (ou euro) promis tel jour est impossible puisqu’il dépend de quelque chose d’impossible, à savoir l’écoulement et l’achèvement d’un enchaînement qui n’aurait pas de fin, consistant à ne donner quelque chose qu’après avoir donné autre chose auparavant. Il n’y a pas de doute que prétendre qu’il y a un enchaînement d’événements sans début est exactement similaire à cet exemple.
  12. Il s’avère donc que l’existence des substances a un début et que l’existence des caractéristiques des substances ou accidents a également un début.
  13. L’existence du monde a donc a un début.

B) Ce dont l’existence a un début a besoin de Qui lui donne l’existence et agit par Sa volonté et Son choix

  1. L’existence du monde a un début. Le monde a donc besoin de Qui lui donne l’existence. En effet, il n’est pas valable que l’existence du monde ait lieu par hasard, car la raison confirme l’impossibilité de l’existence d’une chose sans un auteur, parce que cela impliquerait une impossibilité, à savoir le fait que l’existence d’une chose possible selon la raison prévale sur son inexistence sans qu’il n’y ait Qui l’a fait prévaloir. En effet, l’existence et l’inexistence de ce qui est possible selon la raison sont toutes deux équivalentes du point de vue de la raison. L’une des deux ne prévaut sur son opposée si ce n’est par un Être Qui l’a rendue prépondérante, car sinon cela reviendrait à rendre équivalents l’équivalence et la prépondérance.
  2. De même, il n’est pas valable que ce monde se soit créé lui-même. En effet, cela comporterait la confirmation de deux choses contradictoires, car quand tu dis que Zayd (ou Jean) s’est créé lui-même, d’un côté tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et d’un autre côté tu as considéré qu’il serait entré en existence après lui-même. Du point de vue qu’il serait créateur, tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et du point de vue qu’il serait créature, tu as dit qu’il serait entré en existence après qu’il existait déjà, et ceci est impossible selon la raison.
  3. Il n’est pas valable non plus que celui qui donne l’existence soit une nature, qui n’a ni choix ni de volonté, parce qu’elle n’a pas la capacité de spécifier ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par une époque au lieu d’une autre et par certains attributs plutôt que d’autres.
  4. Il est donc confirmé que ce monde a un Créateur, un Être Qui agit par Sa volonté et Son choix, c’est-à-dire qu’Il spécifie ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par un attribut au lieu d’un autre et par une époque au lieu d’une autre.

C) Il est indispensable qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde

  1. Il est indispensable selon la raison qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde, car s’il y avait un début à Son existence, Il serait entré en existence, Il aurait donc besoin de qui le ferait entrer en existence et cela entraînerait un cycle ou un enchaînement sans début, or chacun des deux est impossible.
  2. L’enchaînement consiste à faire dépendre l’existence d’une chose de l’existence d’une chose précédente, qui elle-même dépend d’une chose avant elle et ainsi de suite sans fin. Ceci est impossible tout comme nous l’avons indiqué précédemment.
  3. Quant au cycle, il consiste à faire dépendre l’existence d’une chose d’autre chose dont l’existence dépend de la première. Ceci également est impossible, car cela entraînerait que l’existence d’une chose aurait lieu avant sa propre existence d’un point de vue, et après sa propre existence d’un autre point de vue.
  4. Cela confirme donc que le monde a un Créateur Qui l’a fait entrer en existence, Qui est exempt de début, Qui a une volonté et un choix et il s’agit de Dieu Allâh en arabe.

[70] NdT : une des croyances par laquelle les chrétiens se distinguent des musulmans : les musulmans ont pour croyance que Dieu existe sans endroit et sans direction, qu’Il n’est pas dans le ciel ni au-dessus du ciel ni partout. Étant donné qu’Il existe avant la création des endroits sans endroit et qu’Il ne change pas, après la création des endroits, Il est toujours sans endroit. Dieu n’est pas un corps. Tandis que les chrétiens ont pour croyance que Dieu est au ciel, tout comme les juifs.

[71] NdT : Littéralement le bien.

[72] NdT : le ciel est la direction pour les invocations et non pas un lieu de résidence pour Dieu. Dieu est le Créateur du ciel, de tous les endroits et de toutes les directions. Il existe sans endroit ni direction.

[73] NdT : Probablement une erreur lors de la traduction des évangiles. Car en français et en arabe, le mot père (ab) ne peut pas être employé au sujet de Dieu. Cf. sourate al-‘IkhlâS.

[74] NdT : Ceci est la croyance des chrétiens. Quant aux musulmans, leur croyance est que Jésus n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel, qu’il y réside et qu’il en redescendra pendant la gouvernance d’Al-Mahdiyy. Celui qui a été crucifié est le plus jeune des apôtres de Jésus.

[75] NdT : citation du Qourân.

[76] NdT : Les chrétiens.

[77] NdT : Bayt al-laHm : ville d’environ 7.000 habitants au centre sud de la Palestine, au sud de Bayt al-Maqdis. Il a été dit qu’elle est la ville de naissance de notre maître Jésus. Elle est indiquée dans certains livres anciens par le nom de Bayt Dâwûd. L’empereur Constantin y a fait construire en 330 une église dans l’endroit même où les gens disent que Jésus est né. Son nom ancien est Ifrat.

[78] NdT : Ariha (Jéricho) : ville de 2500 habitants en Jordanie, à l’Est de Al-Qouds –Jérusalem. Elle fait partie des plus anciennes villes du monde. Elle se trouve à 260 mètres en-dessous du niveau de la mer. Il s’y trouve des ruines romaines et arabes dont la plus importante est le palais de Hicham. Les anglais l’ont prise le 21 février 1918 durant la guerre mondiale. La Jordanie a déclaré son rattachement après la guerre de Palestine (encyclopédie arabe page 172).

[79] NdT : Dans d’autres versions du livre : Yahya (Jean Baptiste).

[80] NdT : D’après https://eglise.catholique.fr/glossaire/pharisiens/ : en hébreu pérouchim : séparés Juifs vivant dans la stricte observance de la Loi écrite ou Thora (Pentateuque) et de la tradition orale. Ils étaient séparés de la classe dirigeante, mais aussi de la foule qu’ils jugeaient ignorante et impure. Les pharisiens multipliaient les obligations et tombaient dans le pur formalisme.

[81] NdT : Dans d’autres versions du livre : YaHyâ (Jean Baptiste).

[82] Même note que précédemment.

[83] Même note que précédemment.

[84] NdT : Tawâtour : mode de transmission d’une information acquise par l’intermédiaire des sens sains (ouïe, vue, odorat, toucher et goût) par un grand nombre de personnes qui l’ont transmise à un grand nombre de personnes et ainsi de suite à chaque génération, le nombre qui l’a relayée est grand de sorte que la raison ne conçoit pas qu’ils se soient tous rejoints dans le mensonge ou l’erreur. Une telle information entraîne une connaissance avec certitude contrairement à la rumeur : si le nombre est faible dans une couche, cette information-là n’entraîne pas la connaissance avec certitude et ne relève pas du tawâtour. C’est par exemple le cas de la prétention que Jésus aurait été crucifié. La première couche à l’avoir prétendu fait moins de neuf personnes. De plus ils ne sont pas tous d’accord sur ce qu’ils rapportent. Même si de nos jours les gens qui prétendent que Jésus a été crucifié sont nombreux, cette information n’est pas une certitude. Bien plus, elle est fausse puisqu’il y a une autre information certaine qui est parvenue par la suite : la nouvelle apportée par le Prophète MouHammad qui est nécessairement véridique puisqu’il a été appuyé par des miracles. Dans le Qourân qui lui a été révélé, il nous a informé que Jésus n’a pas été tué et n’a pas été crucifié mais qu’a été élevé au ciel, vivant.

[85] NdT : L’évangile authentique, et non pas les écrits que les chrétiens appellent la bible et qui ne sont pas le livre révélé au Prophète Jésus.

[86] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/genese/16.html il est écrit : (16,1) Saraï, épouse d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. (16,2) Saraï dit à Abram : « Hélas! L’Éternel m’a refusé l’enfantement ; approche-toi donc de mon esclave : peut-être, par elle, aurai-je un enfant. » Abram obéit à la voix de Saraï. (16,3) Saraï, épouse d’Abram, prit Agar l’Égyptienne, son esclave, il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan ; et elle la donna à son époux Abram pour qu’elle lui servît de femme. (16,4) Il s’approcha d’Agar, et elle conçut. Quand elle vit qu’elle avait conçu, sa maîtresse devint l’objet de son dédain. (16,5) Saraï dit à Abram : « Mon injure est la tienne. Moi-même, j’ai placé mon esclave dans tes bras ; or, elle a vu qu’elle avait conçu, et je suis devenue méprisable à ses yeux. L’Éternel prononcera entre moi et toi. » (16,6) Abram dit à Saraï : « Voici, ton esclave est dans ta main, fais-lui ce que bon te semble. » Saraï l’humilia, et elle s’enfuit de devant elle. (16,7) Un envoyé du Seigneur la trouva près d’une source d’eau, dans le désert, près de la source sur le chemin de Chour. (16,8) Il dit : « Agar, esclave de Saraï, d’où viens-tu, et où veux-tu aller ? » Elle répondit : « Je fuis de devant Saraï, ma maîtresse. » (16,9) L’envoyé du Seigneur lui dit : « Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. » (16,10) L’envoyé du Seigneur ajouta : « Je rendrai ta race très nombreuse, tellement qu’elle ne pourra être comptée. » (16,11) L’envoyé du Seigneur lui dit encore : « Te voici enceinte, et près d’enfanter un fils ; tu énonceras son nom Ismaël, parce que Dieu a entendu ton affliction. (16,12) Celui-ci sera un onagre parmi les hommes : sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui ; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères. »

[87] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/18.html, il est écrit : (18,17) et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien parlé. (18,18) Je leur susciterai un prophète du milieu de leurs frères, tel que toi, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. (18,19) Et alors, celui qui n’obéira pas à mes paroles, qu’il énoncera en mon nom, c’est moi qui lui demanderai compte !

[88] NdT : Dans : https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/33.html, il est écrit : (33,2) Il dit : « L’Éternel est apparu du haut du Sinaï, a brillé sur le Séir, pour eux ! S’est révélé sur le mont Pharan, a quitté les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu, pour eux !

[89] NdT : Région qui regroupe la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine.

[90] NdT : Cf. plus haut dans le livre.

[91] NdT : Tome 1, page 246.

[92] NdT : Dieu dit dans sourate Al-Baqarah, verset 146 : ce dont nous comprenons : « Ceux à qui nous avons donné le Livre, ils le reconnaissent [MouHammad] tout comme ils reconnaissent leurs propres enfants ; un groupe d’entre eux certes dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. »

[93] NdT : Dans https://saintebible.com/habakkuk/3-2.htm, il est dit : Dieu vient de Théman, Le Saint vient de la montagne de Paran… Pause. Sa majesté couvre les cieux, Et sa gloire remplit la terre

[94] NdT : concernant la controverse de la situation de Pharan : http://www.le-carrefour-de-lislam.com/Voyages/Pharan_Paran_Faran_1.htm

[95] NdT : Dans : https://saintebible.com/micah/4-2.htm, il est écrit : Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que les peuples y afflueront. Des nations s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, À la maison du Dieu de Jacob, Afin qu’il nous enseigne ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l’Éternel. Il sera le juge d’un grand nombre de peuples, L’arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes ; Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre.

[96] NdT : Dans https://saintebible.com/isaiah/42-1.htm, il est écrit : Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, Et ne la fera point entendre dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, Jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, Et que les îles espèrent en sa loi. Ainsi parle Dieu, l’Éternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent. Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations, Pour ouvrir les yeux des aveugles, Pour faire sortir de prison le captif, Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres. Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles. Voici, les premières choses se sont accomplies, Et je vous en annonce de nouvelles ; Avant qu’elles arrivent, je vous les prédis.

[97] NdT : L’adoration (en arabe °ibâdah) qui n’est vouée qu’à Dieu, c’est l’extrême limite de la crainte révérencielle et de la soumission (Cf. As-Soubkiyy).


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