Chaykhaboulaliyah's Blog


Jurisprudence : la prière funéraire

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

La prière funéraire

 

 

 

Comment tu fais la prière funéraire

 

La prière funéraire ne comprend ni inclination (roukou^) ni prosternation (soujoud). Tu l’accomplis plutôt en étant toujours debout. Tu dois remplir les conditions de la prière, comme avoir le woudou’ et ce qui est de cet ordre et éviter ce qui l’annule.

 

1- Mets-toi face à la qiblah, avec ton buste.

 

2- Tu mets l’intention dans ton cœur d’accomplir la prière funéraire. Tu dis par exemple : je fais l’obligation de la prière funéraire pour ce mort. Il est une condition que l’intention soit faite conjointement à la  takbirah c’est-à-dire simultanément. Selon autre que Ach-Chafi^iyy, si l’intention précède la takbirah de peu, elle est valable.

 

3- Tu effectues la première takbirah en disant : Allahou ‘akbar.

 

4- Tu récites la Fatihah à basse voix.

 

5- Tu effectues la deuxième takbirah, sans  t’incliner.

 

6- Tu invoques en faveur du Prophète (assalatou ^ala n-nabiyy) en disant : « Allahoumma salli ^ala Mouhammad » et si tu récites assalatou l-‘ibrahimiyyah entièrement c’est mieux.

 

7- Tu effectues la troisième takbirah, sans  t’incliner.

 

8- Tu fais des invocations en faveur du mort en disant : « Allahoumma ghfir lahou wa rhamh ».

L’invocation la plus complète est celle rapportée du Prophète et qui est : « Allahoumma ghfir lihayyina wa mayyitina wa chahidina wa gha’ibina wa saghirina wa kabirina wa dhakarina wa ‘ounthana, Allahoumma man ‘ahyaytahou minna fa’ahyihi ^ala l-‘islam wa man tawaffaytahou minna fatawaffahou ^ala l-‘iman » [Rapporté par At-Tirmidhiyy].

Si le mort est un enfant, on ajoute : « Allahoumma j^alhou faratan li’abawayhi wa salafan wa dhoukhran wa ^idhatan wa ^tibaran wa chafi^a wa thaqqil mawazinaha wa ‘afrighi ssabra ^ala qouloubihima ».

 

 

 

 

9- Tu accomplis la quatrième takbirah, sans t’incliner.

 

10- Il n’est pas un devoir d’invoquer après la quatrième takbirah mais il est recommandé de dire : « Allahoumma la tahrimna a‘jrahou wa la taftinna ba^dah ».

 

11- Tu passes le salam pour terminer la prière, en disant : « As-salamou ^alaykoum » et la manière complète est que tu dises : « As-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-La». Il est recommandé de se tourner vers la droite et vers la gauche lorsque tu passes le salam (voir figures n° 55 et n° 56).

Tu auras, de cette sorte, terminé d’accomplir la prière funéraire.

 

Figure n° 55 : Tu tournes la tête vers la droite lors de la première taslimah

 

 

 

Figure n° 56 : Tu tournes la tête vers la gauche lors de la deuxième taslimah

 

 

 

Avertissement : Allah ta^ala dit :

     ﴿إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء

Qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut » [sourat An-Niça/48].

 

La prière n’est donc pas permise en faveur du mort mécréant car il aura manqué au plus éminent des devoirs à l’égard de Allah, à savoir croire en Son existence et qu’Il n’a pas d’associé.

 

Il n’est pas permis également de faire des invocations de miséricorde en sa faveur. Allah ta^ala dit :

 ﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ ءامَنُواْ أَن يَسْتَغْفِرُواْ لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُواْ أُوْلِي قُرْبَى مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

Qui signifie : « Le Prophète, et ceux qui sont croyants n’ont pas à invoquer le pardon en faveur de ce qui adoré autre que Allah, même s’ils sont des proches parents, du moment qu’ils ont su qu’ils sont au nombre des gens de l’enfer » [sourat At-Tawbah/113].

 

Information utile : Il est recommandé pour l’imam de se mettre, dans la prière funéraire, au niveau de la tête de l’homme et au milieu du corps de celui de la femme.

Avertissement : Le musulman qui a perdu quelqu’un reçoit les condoléances. Lorsque son défunt est musulman, il lui sera dit : (‘A^dhama l-Lahou ‘ajraka wa ‘ahçana ^aza’aka wa ghafara limayyitik) qui signifie : « Que Allah fasse que ta récompense soit immense, qu’Il fasse que tu sois bien consolé et qu’Il pardonne à ton défunt ».

Si le mort est mécréant et celui à qui les condoléances sont présentées est musulman, il lui est dit : (‘^adhdhama l-Lahou ‘ajraka wa sabbarak) qui signifie : « Que Allah fasse que ta récompense soit immense et qu’Il t’accorde la patience ».

Jurisprudence : la prière en assemblée

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

La prière en assemblée

 

 

Tous les jours, les musulmans accomplissent, dans les mosquées, cinq prières en assemblée. La prière en assemblée est meilleure que la prière accomplie par une personne en étant seule, en raison de la parole du Messager de Allah :

 )) صلاة الرجل في الجماعة تزيد على صلاته وحدهسبعا وعشرين  (( رواه مسلم.

Qui signifie : « La prière de l’homme en assemblée dépasse de vingt sept fois la prière de l’homme  en étant seul » [rapporté par Mouslim].

Afin que la prière du ma’moum [1] soit valable et récompensée, il devra observer certaines choses parmi lesquels :

1- Se tenir derrière l’imam.

2- Dire la takbirah –la parole Allahou ‘akbar– d’entrée en rituel de prière, une fois que l’imam l’a terminée.

3- Que le ma’moum mette l’intention d’accomplir la prière en assemblée. Par exemple, il dit dans son cœur : je fais la prière du dhouhr en assemblée, ou bien : je fais la prière obligatoire du dhouhr en assemblée. S’il suit donc l’imam, dans les actes, sans qu’il ait eu l’intention d’être dirigé par lui et qu’il l’a attendu longtemps, le prière de ce ma’moum n’est pas valable.

4- Que le ma’moum ne devance pas l’imam de deux piliers gestuels sans excuse.

5- Que le ma’moum ne prenne pas un retard par rapport à son imam de deux piliers gestuels sans excuse.


[1] le ma’moum est celui qui prie en suivant l’imam.

Jurisprudence : comment faire la prière

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

La prière

 

Comment tu accomplis la prière du dhouhr

 

Allah ta^ala dit : حَافِظُواْ عَلَى الصَّلَوَاتِ والصَّلاَةِ الْوُسْطَى َ  ﴿

(hafidhou ^ala ssalawati wa ssalati l-wousta) ce qui signifie : « Persévérez sur l’accomplissement de vos prières et la prière médiane » [sourat Al-Baqarah : 238].

Il est un devoir d’accomplir chacune des cinq prières en son temps ; ni avant ni après.

 

La prière du dhouhr est de quatre rak^ah :

La première rak^ah

1/ Faire face à la qiblah : tiens-toi debout en faisant face à la Ka^bah honorée avec ton buste (voir figure 22).

2/ L’intention : Elle a lieu avec le cœur, simultanément avec la takbirah d’entrée en rituel. C’est comme par exemple en disant dans ton cœur : je fais la prière du dhouhr, ou bien je fais la prière obligatoire du dhouhr. Il est toutefois suffisant, selon l’avis de l’imam Malik et l’imam Abou Hanifah, de mettre l’intention peu avant le takbir. Cela fait partie des piliers.

 

3/ La takbirah d’entrée en rituel : Tu dis Allahou ‘akbar [1], et cela fait partie des piliers, en tes avant-bras de sorte que les paumes de tes mains soient face aux oreilles. Cette façon de lever les mains fait partie des actes recommandés de la prière (voir figure n° 23).

4/ La position debout pour la prière pour celui qui le peut (figure n° 23) et cela fait partie des piliers.

5/ Poser la main droite au-dessus de la main gauche en dessous de la poitrine et au-dessus du nombril et ce, après la takbirah d’entrée en rituel. Cette posture est recommandée. Il est recommandé pour l’homme et le garçon de laisser une distance d’un empan entre les deux pieds (voir figures n° 24 et 25).

 

Figure 22 : Fais face à la qiblah avec ton buste.

 

Figure 23 : Mets l’intention d’accomplir la prière en disant Allahou ‘akbar.

 

6- La récitation de sourat Al-Fatihah à basse voix: avec la basmalah ainsi que les lettres doublées et de faire sortir les lettres de leurs points de prononciation.

La Fatihah est :

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

 الْحَمْدُ للهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ {1}  الرَّحْمنِ الرَّحِيم{2}ِ مَلِكِ يَوْمِ الدِّين{3}  إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ {4}  اهدِنَا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ{5} صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ{6}  غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ {7}

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim                                                                

Al-hamdou li l-Lahi rabbi l-^alamin                                                             1

Ar-Rahmani r-Rahim                                                                                   2

Maliki yawmi d-Din                                                                                      3

‘Iyyaka na^boudou wa ‘iyyaka nasta^in                                                      4

‘Ihdina ssirata l-moustaqim                                                                        5

Sirata l-ladhina ‘an^amta ^alayhim                                                             6

 ghayri l-maghdoubi ^alayhim wa la ddallin                                                          7         

 

 

 

Figure n° 24 : Pose ta main droite au-dessus de ta main gauche au niveau du poignet, en dessous de ta poitrine et au-dessus de ton nombril.

 

Figure n° 25

 

Il est recommandé de dire après avoir terminé la récitation de la Fatihah :

( ءامــيـن) (Amin) qui signifie : « Ô Seigneur, exauce mes invocations ».

Il est recommandé  aussi de réciter après la Fatihah une partie du Qour’an, dans la première et la deuxième rak^ah.

 

7- L’inclination : Tu te penches vers l’avant de sorte que les paumes de tes mains puissent arriver à tes genoux (voir figure n° 26).

Les paumes des mains : c’est le plat des mains excepté les doigts.

Il est recommandé de dire au début de l’inclination : (Allahou ‘akbar) et il est recommandé de dire dans l’inclination : (Soubhana Rabbiya l-^Adhim), trois fois.

 

 

Figure n° 26 : Fais l’inclination en tendant le dos et le cou comme une planche et en tiens droits les jambes.

 

8- La quiétude dans l’inclination : cela veut dire que tous tes membres s’immobilisent simultanément d’une durée équivalente à celle de la parole (soubhana l-Lah) (voir figure n° 27). Cela fait partie des piliers.

 

9- Le redressement : c’est-à-dire revenir à la position que tu avais avant que tu t’inclines (voir figure n° 28) et cela fait partie des piliers.

Il est recommandé que tu dises lorsque tu te redresses de l’inclination : sami^a l-Lahou liman hamidah qui signifie : « Allah accepte l’éloge de celui qui fait Son éloge ».

Il est recommandé de dire, lorsque tu t’es complètement redressé en position debout : (Rabbana laka l-hamd) ou bien (Rabbana wa laka l-hamd).

 

10- La quiétude dans la position debout

 

 

Figure n° 27 : la quiétude en étant dans l’inclination.

 

Figure n° 28 : Je me remets en position debout.

 

11- La prosternation par deux fois : cela consiste à poser une partie de ton front découvert, une partie de tes genoux et une partie du plat de tes doigts et de tes orteils par terre (voir figure n° 28-a). Cela fait partie des piliers.

Il est recommandé que tu dises lors de ta descente pour la prosternation : Allahou ‘akbar.

 

12- La quiétude dans la prosternation : il est recommandé que tu dises pendant la prosternation : (soubhana Rabbiya l-‘a^la) qui signifie : « Il est exempt d’imperfection mon Seigneur Qui est plus puissant et sait plus que tout autre », trois fois.

 

De plus, il est recommandé que tu poses tes mains au niveau qui fait face de tes épaules, que tu tiennes tes doigts groupés, tendus et orientés vers la qiblah. Il est recommandé que tu éloignes ton ventre de tes cuisses et tes coudes de tes genoux, lors de ta prosternation (voir figure n° 28-b). La femme, quant à elle, tient les parties de son corps les unes contre les autres (voir figure n° 29).

 

Figure n° 29-a : Prosterne-toi en posant une partie du plat des orteils en contact avec le sol.

 

Figure n° 29-b : Prosterne-toi en posant une partie de ton front, de tes genoux et du plat de tes doigts en contact avec le sol.

 

13- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire que tu te relèves de la prosternation pour la position assise et que tu t’assoies. Cela fait partie des piliers (voir figure n° 30).

Il est recommandé que tu dises lors de ton relèvement de la prosternation : Allahou ‘akbar et que tu dises pendant la position assise entre les deux prosternations : (Rabbi ghfir li wa rhamni wa jbourni wa rfa^ni wa rzouqni wa hdini wa ^afini) qui signifie : Seigneur, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, compense mes faiblesses, élève-moi, accorde-moi une subsistance, guide-moi et fais que je sois en bonne santé.

 

Figure n° 30 : La position assise entre les deux prosternations

 

Figure n° 30-a : Al-‘itirach

 

Figure n° 30-b : Al-‘iq^a

 

Il est également permis dans cette position assise : al-‘iftirach (voir figure n° 30-a). Il est permis aussi de s’asseoir selon la manière dite al-’iq^a (voir figure n° 30-b). S’il s’assoit d’une autre manière, ce n’est pas interdit.

Al-‘iftirach : le fait que celui qui prie mette son pied gauche sur le sol et s’assoit dessus et mette son pied droit en position droite, en posant les extrémités de ses orteils sur le sol (voir figure n° 30).

Al-’iq^a’ : le fait que celui qui prie mette l’extrémité de ses orteils sur le sol et mette ses fesses sur ses talons et ses genoux sur le sol (voir figure n° 31).

Il est permis aussi de s’asseoir comme dans la figure n° 31.

14- La quiétude dans cette position assise.

 

15- La deuxième prosternation : Tu fais pareil que pour la première prosternation.

 

16- La quiétude dans cette prosternation.

 

Figure n° 31

 

17- Se relever pour la deuxième rak^ah : tu te relèves de la prosternation en t’appuyant sur tes mains (voir figure n° 32) ou sur tes talons (voir figure n° 33).

Il est recommandé que tu dises lorsque tu commences à te relever : Allahou ‘akbar. Ainsi tu auras achevé la première rak^ah.

 

La deuxième rak^ah

 

18- Dans cette rak^ah, tu fais comme tu as fait dans la première rak^ah de l’étape 4 à l’étape 16. C’est-à-dire tu récites la Fatihah et ce qui vient après, en étant debout. Ensuite, tu t’inclines et tu marques une quiétude. Puis tu te redresses, en marquant une quiétude. Ensuite, tu te prosternes une première fois et tu marques une quiétude. Puis tu t’assoies et tu marques une quiétude. Ensuite tu te prosternes une deuxième fois et tu marques encore une fois une quiétude.

 

Figure n° 32 : Tu te relèves en t’appuyant sur tes mains.

 

Figure n° 33 : Tu te relèves en t’appuyant sur tes talons.

 

19- Tu t’assoies pour le premier tachahhoud : Tu relèves la tête de la deuxième prosternation pour t’asseoir et tu t’assoies (voir figure n° 34). Tout cela est recommandé.

 

20- Tu récites le premier tachahhoud et ce après t’être assis suite à la deuxième prosternation. C’est :

التحيات لله الزاكيات لله الطيبات الصلوات لله، السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته، السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين، أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله.

At-tahiyyatou l-moubarakatou ssalawatou ttayyibatou li l-Lah,

As-salamou ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh,

As-salamou ^alayna wa ^ala ^ibadi l-Lahi ssalihin,

Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah.

Qui signifie : « Les salutations bénies, les prières et les bonnes œuvres appartiennent à Allah ;

Sur toi le salam ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Allah et Ses bénédictions

Sur nous le salam ainsi que sur les esclaves vertueux de Allah ;

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Allah. Cela est recommandé.

Il est recommandé aussi de lever l’index au moment de dire (‘il-la l-Lah) qui signifie : « que Allah » dans la phrase (ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah » en le courbant légèrement vers l’avant.

 

Figure n° 34 : Assieds-toi pour réciter le premier tachahhoud.

 

Figure n° 35 : lèves ton index lorsque tu dis « ‘il-la l-Lah » en le courbant légèrement.

 

 

21-  Tu invoques Allah afin qu’Il élève le Prophète en degrés, tu dis alors : « Allahoumma salli ^ala Mouhammad », qui signifie « Allahoumma élève Mouhammad davantage en degrés, rajoute-lui en honneur, en éminence et en bénédiction ».

Avertissement important : il est enseigné à l’enfant lors sa prononciation de « salli » de ne pas prolonger le « li » de sorte à dire « salli » car en faisant ainsi, c’est comme s’il s’adresse à une personne de sexe féminin et la signification serait alors fausse et mauvaise. On lui enseigne d’appuyer sur le lam (c’est-à-dire la lettre l) avec la kasrah (c’est-à-dire la voyelle « i ») sans prolonger le « i ». On lui enseigne aussi la différence entre le sin (s) et le sad (s).

 

22- Tu te relèves de la position assise pour te mettre debout pour la troisième rak^ah : Ainsi, tu auras achevé la deuxième rak^ah et commencé la troisième.

 

23- La troisième rak^ah : Tu fais comme dans la deuxième rak^ah sauf que tu ne récites rien après la Fatihah. Cette récitation est à effectuer à voix basse dans cette rak^ah de toutes les prières. Quand tu termines la deuxième prosternation, tu relèves la tête et tu te mets debout pour accomplir la quatrième rak^ah.

 

La quatrième rak^ah

 

24- Fais dans cette rak^ah la même chose que ce que tu as fait dans la troisième rak^ah, depuis la récitation de la Fatihah jusqu’à la deuxième prosternation.

 

25- Relève-toi de la prosternation et assieds-toi pour le dernier tachahhoud et ce qui le suit. Pose tes mains sur tes cuisses, tout comme cela est indiqué sur la figure n° 36.

Il est recommandé lors de cette position assise ou d’autres de faire le tawarrouk (voir figure n° 37).

Il est toutefois permis que tu t’assoies en position de ‘iftirach, comme cela est indiqué sur la figure n° 30-a.

 

 

Figure n° 36 : Assieds-toi pour le dernier tachahhoud.

 

Figure n° 37 : Le tawarrouk.

 

 

 

 

26- Tu récites le deuxième tachahhoud :

التحيات لله الزاكيات لله الطيبات الصلوات لله، السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته، السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين، أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله.

« At-tahiyyatou l-moubarakatou ssalawatou ttayyibatou li l-Lah,

As-salamou ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh,

As-salamou ^alayna wa ^ala ^ibadi l-Lahi ssalihin,

Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah »

Il est recommandé de lever l’index en le courbant légèrement vers l’avant lorsque tu dis (‘il-la l-Lah) dans la phrase (‘ach-hadou ‘an-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah). On garde l’index ainsi jusqu’au salam, c’est-à-dire jusqu’à ce que tu termines la prière en disant as-salamou ^alaykoum.

Abou Dawoud a rapporté du Messager de Allah que lorsqu’il levait son index pour le tachahhoud, il le courbait légèrement et ce pour faire comprendre que Allah existe sans endroit, et dans cet acte de lever l’index, il y a une indication de glorification de Allah.

 

Figure n° 38

 

27- Tu invoques en faveur du Prophète (assalatou ^ala n-nabiyy): La manière complète de cette invocation en faveur du Prophète, c’est que tu dises :

اللهم صل على محمد وعلى آل محمد، كما صليت على إبراهيم وعلى آل إبراهيم إنك حميد مجيد، وبارك على محمد وعلى آل محمد، كما باركت على إبراهيم وعلى آل إبراهيم إنك حميد مجيد.

« Allahoumma salli ^ala Mouhammad wa ^alaali Mouhammad kama sallayta ^ala ‘Ibrahim wa ^alaali ‘Ibrahim ‘innaka Hamidoun Majid ;

Allahoumma barik ^ala Mouhammad wa ^alaali Mouhammad kama barakta ^ala ‘Ibrahim wa ^alaali ‘Ibrahim ‘innaka Hamidoun Majid« .

Si tu limites à dire « Allahoumma salli ^ala Mouhammad », la prière est valable et cela fait partie des piliers.

Par la suite, tu fais les invocations que tu veux pour le bien, en disant par exemple :

ربنا ءاتنا في الدنيا حسنة وفي الآخرة حسنة وقنا عذاب النار. ربنا لا تزغ قلوبنا بعد إذ هديتنا، وهب لنا من لدنك رحمة إنك أنت الوهاب.

(Rabbanaatina fi d-dounya haçanah, wa fi l-‘akhirati haçanah, wa qina ^adhaba n-nar. Rabbana la touzigh qouloubana ba^da ‘idh hadaytana, wa hab lana min ladounka rahmah, ‘innaka ‘anta l-Wahhab) qui signifie : « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer. Seigneur ne fais pas que nos cœurs soient égarés après nous avoir bien guidés et accorde-nous une miséricorde de Ta part. Certes, c’est Toi Al-Wahhab, Celui Qui récompense ceux qui sont obéissants, avec générosité comme grâce de sa part ».

 

28- Le salam : pour terminer ta prière, tu dis : ‘as-salamou ^alaykoum.

La manière complète, c’est que tu dises : ‘as-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lah. Il est indispensable de prononcer l’article défini dans le mot as-salam. Il n’est donc pas suffisant de dire salamou ^alaykoum. Cela fait partie des piliers.

Il est recommandé de commencer à dire le salam en ayant le visage face à la qiblah (voir figure n° 38).

Il est recommandé aussi lors de la première taslimah de se tourner vers la droite et de se tourner ensuite vers la gauche lors de la deuxième taslimah (voir figure n° 39 et 40).

 

29- L’ordre entre les piliers de la prière : c’est-à-dire que tu fasses les piliers de la prière dans l’ordre dans lequel ils ont été cités. Cela fait partie des piliers.

 

Ainsi, tu auras terminé d’accomplir la prière du dhouhr.

 

Figure n° 39 : Pour la première taslimah, tu te tournes vers le côté droit.

 

Figure n° 40 : Pour la deuxième taslimah, tu te tournes vers le côté gauche.

 

 

Comment tu fais la prière du ^asr

 

La prière du ^asr est de quatre rak^ah.

 

Tu fais la prière du ^asr exactement comme tu fais la prière du dhouhr, sauf que lors de la takbirah de l’entrée en rituel, tu mets l’intention avec ton cœur en disant : je fais la prière obligatoire du ^asr.

 

Comment tu fais la prière du maghrib

 

La prière du maghrib est de trois rak^ah.

 

Tu fais les trois premières rak^ah tout comme tu fais les trois premières rak^ah du dhouhr. À la troisième rak^ah, lorsque tu relèves ta tête de la deuxième prosternation, tu t’assoies pour réciter le deuxième tachahhoud, l’invocation en faveur du Prophète r et le salam comme on l’a vu précédemment.

Mais dans la première et la deuxième rak^ah, il est recommandé de réciter, à voix haute, une partie du Qour’an après la Fatihah [2]. Dans la troisième rak^ah, tu récites la Fatihah à voix basse.

Celui qui fait la prière met l’intention par son cœur lors de la takbirah de l’entrée en rituel, en disant : je fais la prière obligatoire du maghrib.

 

 

 

Comment tu fais la prière du ^icha

 

La prière du ^icha est de quatre rak^ah.

 

Tu accomplies la prière du ^icha comme la prière du dhouhr mais tu mets l’intention par ton cœur lors de la takbirah d’entrée en rituel, en disant : je fais la prière obligatoire de ^icha.

Cependant, dans la première et la deuxième rak^ah tu récites la Fatihah et la part du Qour’an qui la suit à voix haute [3].

 

Comment tu fais la prière du soubh

 

La prière de soubh est de deux rak^ah.

 

Tu fais la prière de soubh exactement comme tu as fait les deux premières rak^ah de la prière du ^icha. Cependant, pour l’intention, tu dis par ton cœur lors de la takbirah de l’entrée en rituel : je fais la prière obligatoire de soubh. Après avoir relevé ta tête de la deuxième prosternation, tu t’assoies pour réciter le tachahhoud, l’invocation en faveur du Prophète r et le salam, comme on l’a vu précédemment.

 

Dans la prière de soubh, tu récites la Fatihah et la sourah qui la suit, à voix haute [4] tout comme dans la prière du maghrib et du ^icha.

 

Il est recommandé de réciter, après s’être redressé de l’inclination de la deuxième rak^ah, l’invocation du qounout dans la prière du soubh.

 

 

L’invocation du qounout est :

« Allahoumma hdini fiman hadayt wa ^afini fiman ^afayt wa tawallani fiman tawallayt wa barik li fima ‘a^tayt wa qini charra ma qadayt ‘innaka taqdi wa la youqda ^alayk ‘innahou la yadhillou man walayt wa la ya^izzou man ^adayt tabarakta rabbana wa ta^alayt ».

 

Il est également recommandé dans le qounout de lever les mains, d’orienter les paumes en direction du ciel car le ciel est la qiblah pour les invocations. Celui qui prie en étant dirigé –le ma’moum– dit ‘amin pour les invocations, c’est-à-dire lorsque la phrase que dit l’imam est une invocation. Il prend part avec l’imam pour les paroles de remerciement, c’est-à-dire qu’il dit comme lui.

 

 

 

La prière de celui qui ne peut pas se prosterner à même le sol.

 

Celui qui peut se tenir debout et s’incliner mais qui ne peut pas se prosterner à même le sol fait sa prière de la façon suivante :

 

1- Il fait face à la qiblah en étant debout.

2- Il dit la parole (Allahouakbar) d’entrée en rituel avec l’intention d’accomplir la prière.

3- Il récite la Fatihah en étant debout. Il est recommandé de réciter une partie du Qour’an après la Fatihah.

4- Il s’incline de sorte que les paumes des mains puissent arriver à ses genoux, tout en marquant une quiétude (voir figure n° 41-a).

5- Il se redresse et marque la quiétude.

6- Il incline son dos à partir de sa position debout et descend davantage que pour l’inclination (voir figure n° 41-b)

 

 

 

 

 

7- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant sa prosternation, tout en marquant une quiétude (voir figure n° 42).

Selon certains, il a le choix entre faire comme cela ou bien de s’asseoir pour la prosternation et se penche de sorte à ce que sa tête arrive devant ses genoux tout comme c’est indiqué sur la figure n° 43.

 

Figure n° 42 : tu t’assois entre les deux prosternations avec la quiétude

 

Figure n° 43 : il se penche pour la prosternation avec la quiétude

 

 

8- La deuxième prosternation : Il se penche pour la prosternation en marquant la quiétude (voir figure n° 44). Il est une condition qu’il se penche davantage que pour l’inclination.

9- Il se relève debout pour la rak^ah suivante.

10- Il fait dans la deuxième rak^ah ce qu’il a fait dans la première rak^ah (voir figure n° 45). Cependant, lorsqu’il relève la tête de la deuxième prosternation, il s’assoit pour réciter les tahiyyat –les salutations– et l’invocation en faveur du Prophète r (assalatou ^ala n-nabiyy).

 

 

Figure n° 44 : Il se penche pour la deuxième prosternation avec la quiétude.

 

Figure n° 45 : Il s’assoit pour réciter le dernier tachahhoud.

 

 

 

11- Ensuite, il passe le salam en disant : (As-salamou ^alaykoum). Ceci dans le cas où il faisait les deux rak^ah du soubh par exemple. Il se tourne vers la droite pour accomplir la première taslimah et se retourne vers la gauche pour la deuxième (voir figure n° 46).

 

Pour la prière du dhouhr, du ^asr, du maghrib et du ^icha, celui qui fait la prière fait la même chose que ce qu’il a fait dans la première rak^ah. Cependant, pour le maghrib, il y a trois rak^ah comme on l’a vu précédemment. Pour le dhouhr, le ^asr et le ^icha’, il y en a quatre.

 

 

La prière de celui qui ne peut effectuer l’inclination après avoir été en position debout ni se prosterner à même le sol.

 

Celui qui peut se tenir debout mais qui ne peut pas s’incliner après avoir été debout, ni se prosterner à même le sol fait sa prière de la manière suivante :

 

1- Il fait face à la qiblah, en étant debout

2- Il dit la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel, avec l’intention de faire la prière

3- Il récite la Fatihah en étant debout (voir figure n° 47)

4- Il penche son dos vers l’avant, en étant debout, pour l’inclination (voir figure n° 48).

 

 

Figure n° 47

 

Figure n° 48 : Accomplis l’inclination avec la quiétude.

 

 

 

5- Il se redresse, c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant son inclination, avec la quiétude (voir figure n° 49).

6- La première prosternation : il se penche pour sa prosternation plus que pour son inclination, tout en marquant la quiétude (voir figure n° 50).

Selon certains savants, s’il veut, il s’assoit et penche vers l’avant pour l’inclination puis se redresse debout, ensuite il s’assoit et penche pour la prosternation davantage que pour l’inclination.

 

Figure n° 49 : Redresse-toi en marquant la quiétude.

 

Figure n° 50 : Prosterne-toi une première fois en marquant la quiétude.

 

 

7- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant la première prosternation. Là encore il marque la quiétude (voir figure n° 51).

8- La deuxième prosternation avec la quiétude, tout comme il l’a fait dans la première prosternation.

9- Il se tient debout pour la rak^ah suivante (voir figure n° 52).

10- Il fait dans la rak^ah suivante la même chose que ce qu’il a fait dans la première rak^ah. Cependant, lorsqu’il relève la tête de la deuxième prosternation, il s’assoit pour réciter le tachahhoud, il récite l’invocation en faveur du Prophète puis il fait le salam s’il faisait la prière du soubh par exemple. S’il faisait la prière du maghrib, du ^icha’, du dhouhr ou du ^asr, il se relève, après avoir terminé la récitation du tachahhoud, pour la suite de la prière.

 

Figure n° 51 : assieds-toi entre les deux prosternations, en marquant une quiétude.

 

Figure n° 52

 

 

La prière de celui qui ne peut pas se mettre debout dans la prière

 

Celui qui ne peut pas faire la prière en étant debout, l’accomplit en étant assis. Il fait ce qui suit :

 

1- Il s’assoit en faisant face à la qiblah ;

2- Il dit la parole (Allahou ‘akbar) d’entrée en rituel, avec l’intention d’accomplir la prière (voir figure n° 53).

3- Il récite la Fatihah en étant assis (voir figure n° 54).

 

Ensuite, il fait comme ce que nous avons cité dans le chapitre « La prière de celui qui ne peut s’incliner après avoir été en position debout ni se prosterner à même le sol », de l’étape (4) jusqu’à l’étape (10).

 


[1] Lorsque nous disons Allahou ‘akbar, cela signifie Allah plus puissant et sait plus que tout autre. Cela ne veut pas dire qu’Il est grand par le volume ou la taille car Allah n’a pas pour attribut la taille ou la quantité. Allah ta^ala dit : لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ ﴿ (Layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sourat Ach-Choura / 11].

[2] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à basse voix dans toutes les rak^ah. De plus, le ma’moum, dans la prière à haute voix, ne récite qu’à basse voix.

[3] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à voix basse dans les deux rak^ah.

[4] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à voix basse dans les deux rak^ah.

Jurisprudence : les temps de la prière

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

La connaissance des temps des prières

 

Parmi les devoirs, il y a cinq prières par jour et nuit :

 

1/ La prière du dhouhr

 

2/ La prière du ^asr

 

3/ La prière du maghrib

 

4/ La prière du ^icha

 

5/ La prière du soubh

 

Il est du devoir de chaque musulman pubère, sain d’esprit et la pureté en plus pour la femme, d’accomplir ces obligations dans leurs temps respectifs.

Il n’est pas permis de les anticiper par rapport à leurs temps, c’est-à-dire les accomplir avant l’entrée de leurs temps, ni de les reculer par rapport à leurs temps sans excuse, car Allah ta^ala dit :

فَوَيْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ الَّذِينَ هُمْ عَن صَلاتِهِمْ سَاهُونَ}﴿

(fa-wayloun li l-mousallina l-ladhina houm ^an salatihim sahoun):

Ce qui signifie : « Intense châtiment pour ceux qui accomplissent la prière en la retardant par rapport à son temps » [sourat AlMa^oun / 4-5].

Ce qui est visé ici [dans la ‘ayah] par le sahw dans la prière c’est le fait de retarder la prière par rapport à son temps jusqu’à l’entrée du temps de la prière suivante, sans excuse. Ainsi, Allah menace du wayl ceux qui sortent une prière de son temps, le wayl étant le terrible châtiment.

 

f          Le ^icha

a          Le soubh

b

c          Le dhouhr

d         Le ^asr

e          Le maghrib

f          Le ^icha

 

le Sud

 

Le soleil s’écarte du milieu du ciel en direction du couchant

Le soleil est au milieu du ciel

 

L’Est

L’Ouest

Le Nord

 

a-      Une lueur blanchâtre fine apparaît à l’horizon Est

b-      Apparition du disque solaire à l’horizon Est

L’ombre est du coté du couchant

L’ombre diminue et tourne vers l’Est

c-

L’ombre est la plus courte de la journée

L’ombre au moment où le soleil est à son point culminant

 

d-   L’ombre d’un objet quelconque + l’ombre [de ce même objet] au zénith

e-   Disparition complète du disque solaire à l’horizon Ouest

f-         Lorsque la lueur rouge disparaît à l’horizon Ouest

Jurisprudence : conditions de validité et causes d’annulation de la prière

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Les conditions de validité de la prière

 

Les choses suivantes sont des conditions pour la validité de la prière :

 

1/ Le woudou.

 

2/ La purification de toute najaçah sur le corps, les vêtements et l’endroit en contact avec le corps de celui qui fait la prière. Il est une condition de ne pas porter dans sa poche quelque chose qui contient une najaçah comme une bouteille par exemple dans laquelle il y a une najaçah.

 

3/ Faire face à la qiblah.

 

4/ Que le temps de la prière ait commencé.

 

5/ Que celui qui fait la prière soit musulman.

 

6/ Que celui qui fait la prière ait atteint l’âge de distinction, c’est-à-dire que l’enfant ait atteint un âge auquel il comprend la parole qu’on lui adresse et sait y répondre.

 

7/ Que le garçon et l’homme couvrent la zone comprise entre le nombril et le genou de tous les côtés sauf par en dessous. Que la fille et la femme couvrent tout leur corps sauf le visage et les mains.

 

 

Ce qui annule la prière


Ce qui annule la prière

 

Il y a des choses qui annulent la prière. Il est indispensable de les connaître afin de s’en garder. Parmi elles, il y a :

 

1/ La parole des gens : c’est-à-dire si celui qui fait la prière parle de ce qui est de la parole des gens, dans ce cas sa prière est annulée :

a)      s’il parle délibérément.

b)      et qu’il se rappelle qu’il est dans la prière, c’est-à-dire qu’il n’a pas oublié

c)      et qu’il sache qu’il est interdit de parler dans la prière, de la parole des gens.

Parmi les parole des gens, il y a par exemple lorsque celui qui fait la prière dit : ‘ah, ‘ouf, akh, ‘akh ou bien qoum délibérément et pas par oubli.

 

2/ S’il fait pendant sa prière trois mouvements successifs comme s’il fait par exemple une marche de trois pas ou trois mouvements successifs avec sa main. Cet avis est celui de certains savants et selon l’avis le plus fort, la prière est annulée s’il a été en mouvements une durée équivalente à celle d’une rak^ah.

 

3/ Faire un mouvement excessif, comme un grand saut vers l’avant.

 

4/ S’il ajoute un pilier gestuel, comme s’il fait deux inclinations délibérément, ou si on se prosterne trois fois dans une même rak^ah sans que cela soit par oubli.

 

5/ S’il a fait un simple mouvement si c’est pour jouer comme s’il tire la langue à quelqu’un pour jouer, ou s’il bouge sa paupière, comme s’il cligne de l’œil pour jouer.

 

6/ S’il mange ou boit même s’il s’agit d’une petite quantité et en se rappelant qu’il est dans la prière.

 

7/ S’il a eu un hadath durant la prière tel que la sortie de gaz ou d’urine.

 

8/ S’il met l’intention d’interrompre la prière ou fait dépendre son interruption de la survenue d’un événement. C’est se dire par exemple : si on frappe à la porte, j’interromprai la prière. Sa prière est annulée sur le champ.

Jurisprudence: comment faire le tayammoum

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Tayammoum

 

Comment tu fais le tayammoum

 

Allah ta^ala dit :

﴿ فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ

(falam tajidou ma’an fatayammamou sa^idan tayyiban famsahou biwoujou-hikoum wa ‘aydikoum minh) ce qui signifie : « Et lorsque vous ne trouvez pas d’eau [c’est-à-dire après en avoir cherché], faites le tayammoum à l’aide d’un bon sa^id en le passant sur sur vos visages et vos mains [jusqu’aux coudes, coudes compris] » [sourat Al-Ma’idah / 6].

Le Messager de Allah  a dit :

جُعلت لنا الأرضُ كلُّها مسجدا وجعلت لنا تربتها طهورا

(jou^ilat lana l-‘ardou koullaha masjidan wa jou^ilat tourbatouha lana tahoura)

Ce qui signifie : « La terre toute entière nous est mise à disposition comme lieu de prière et sa terre comme purificatrice » [rapporté par Mouslim].

Le tayammoum est pour celui qui est dans l’incapacité de faire le woudou. Il est fait avec de la terre purificatrice et poussiéreuse. Il est permis de faire le tayammoum avec de la pierre non cuite, c’est-à-dire qui n’a pas subi le feu, comme par exemple les galets : il est valable de faire le tayammoum avec selon l’avis des malikites, des hanafites et des hanbalites.

Il est indispensable que l’intention soit simultanée avec le déplacement de la terre du sol au visage et qu’elle reste présente jusqu’au passage sur la première partie du visage. Si l’intention s’interrompt entre le déplacement de la terre et le passage sur le visage, il est annulé mais certains savants ont dit qu’il reste valable même si elle s’interrompt.

 

1/ Frapper une première fois le sol avec le plat des mains (voir figure n° 13).

Figure n° 13 : Frappe le sa^id par le plat de tes mains.

 

2/ L’intention : Tu fais l’intention par ton cœur en disant par exemple : Je fais l’intention du tayammoum pour me rendre autorisée la prière obligatoire (voir figure n° 14).

 

3/ Passer les deux mains sur le visage (voir figure n° 15).

 

Figure n° 14 : Tu frappes une première fois la surface de la terre et tu fais l’intention de te rendre autorisée la prière obligatoire.

 

Figure n° 15 : Passe tes mains sur ton visage.

 

4/ Frappe une deuxième fois la terre avec les deux mains (voir figure n° 16).

5/ Le passage sur la main droite et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main gauche : tu peux effectuer le passage sur la main droite de la manière suivante :

a- Pose le plat des doigts de ta main gauche sur le dos des doigts de ta main droite (voir figure n° 17).

b- Fais passer le plat des doigts de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

Figure 16 : Frappe une deuxième fois la surface de la terre.

 

Figure 17 : Passe la paume de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

c- Lorsque tu arrives au niveau du poignet, fais que le bout de tes doigts soient sur le coté de l’avant bras.

d- Fais glisser ta main gauche jusqu’au coude. Le passage de la main concerne également le coude (voir figure n° 18).

e- Fais pivoter le plat de ta main gauche, de sorte qu’il soit maintenant en contact avec le plat de l’avant-bras (voir figure n° 19).

f- Fais glisser ta main gauche sur le plat de ton avant-bras droit (voir figure n° 20).

 

Figure n° 18

 

Figure n° 19

 

g- Lorsque tu arrives au niveau du poignet de ta main droite, fais passer le plat du pouce de ta main gauche sur le dos du pouce de ta main droite (voir figure n° 21).

 

6) Le passage sur la main gauche et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main droite : tu fais tout comme tu as fait précédemment avec l’autre main. Ainsi tu auras terminé le tayammoum.

 

Remarque : Cette manière de procéder est la plus complète. Mais s’il a effectué le passage sur les deux mains jusqu’aux avant-bras autrement, cela reste valable.

Avertissement : la bague doit être enlevée du doigt lors de la deuxième frappe afin que soit valable le passage sur la main portant la bague.

Information utile : le tayammoum n’est valable qu’après le commencement du temps de la prière et le musulman n’accomplit avec le tayammoum qu’une seule prière obligatoire. S’il veut donc accomplir une deuxième prière obligatoire, il doit refaire le tayammoum.

 

Jurisprudence : comment faire le woudou’

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Woudou

 

 

Le woudou’,
ses obligations, ses actes recommandés
et ses actes méritoires

 

 

 

Allah ta^ala dit :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘idha qoumtoum ‘ila ssalati faghsilou woujouhakoum wa ‘aydiyakoum ‘ila l-marafiqi wa-msahou birou’ouçikoum wa ‘arjoulakoum ‘ila l-ka^bayn) dont on comprend : « Ô vous qui avez cru, lorsque vous voulez faire la prière, lavez vous le visage, vos mains jusqu’aux coudes, passez [les mains] mouillées sur vos têtes, et [lavez] vos pieds jusqu’aux chevilles » [Al-Ma’idah / 6].

 

Le woudou’ a des obligations et des actes recommandés :

 

Les obligations : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ n’est pas valable.

 

Les actes recommandés : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ reste valable, mais si le musulman les délaisse sans excuse, il en rate la récompense.

 

Le woudou’ se fait avec de l’eau pure et purificatrice, telle que l’eau de pluie, l’eau du puits, l’eau de mer, l’eau du fleuve ou ce qui est de cet ordre.

 

 

Figure N° 1 : Dis : Bismi l-Lah lors du lavage des mains

 

 

Comment faire le woudou’ :

 

1-      La tasmiyah lors du lavage des mains : ceci fait partie des actes méritoires du woudou’. La signification de la tasmiyah ici c’est que tu dises : Bismi l-Lah (voir la figure n° 1).

 

 

2-      Laver en premier les mains jusqu’aux poignets[1] : Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure précédente).

3-      Se rincer la bouche : c’est-à-dire faire circuler de l’eau à l’intérieur de la bouche en la faisant déplacer dedans pour ensuite la cracher. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 2).

4-      L’istinchaq consiste à introduire de l’eau dans le nez et à l’aspirer. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 3).

 

 

 

Figure n° 2 : À l’aide de ta main droite, introduis l’eau dans ta bouche et fais-la circuler dedans

 

 

 

Figure n° 3 : Introduis l’eau dans ton nez en l’aspirant

 

 

Parmi les actes recommandés, il y a l’istinthar c’est-à-dire expulser ce qu’il y a dans ton nez comme eau et choses gênantes en expirant.

 

5-      L’intention : c’est-à-dire que tu aies l’intention par ton cœur, de faire le woudou, au moment où tu laves le visage, c’est-à-dire lorsque l’eau touche la première partie de ton visage et c’est comme de dire : J’ai l’intention de faire le woudou’. Cette intention est une des obligations du woudou. L’intention signifie viser, par le cœur, l’accomplissement de l’acte, simultanément avec le début de l’acte. L’intention est toutefois suffisante si elle précède de peu le lavage du visage, selon l’avis de l’Imam Malik, que Allah l’agrée. (voir figure n° 4).

 

6-      Le lavage du visage en entier : c’est-à-dire que tu laves la totalité de ton visage en longueur et en largeur, tout en frottant. Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 5).

 

Il est recommandé de laver le visage trois fois mais il est permis de le laver une seule fois.

 

Figure n° 4 : L’intention au moment du lavage du visage

Figure n° 5 : Lave ton visage dans sa totalité.

 

 

 

Les limites du visage en hauteur vont de là où les cheveux poussent chez la majorité des gens, jusqu’à l’extrémité du menton (voir figure n° 6). Les limites du visage en largeur vont d’une oreille jusqu’à l’autre oreille, les deux oreilles ne faisant pas partie du visage et il n’est donc pas un devoir de les laver. Il est seulement un devoir de laver la partie qui se trouve entre les deux oreilles (voir figure n° 7).

 

7-      Laver les mains avec les coudes : C’est l’une des obligations du woudou’. Le coude est la jointure entre les deux os de l’avant-bras et celui du bras (voir figure n° 8). Il est recommandé de commencer par la droite et de laver trois fois puis de terminer par la gauche et de la laver trois fois. Il est valable de laver une seule fois.

 

Figure n° 6 : Les limites du visage en longueur vont de là où les cheveux poussent habituellement jusqu’au menton.

 

Figure n° 7 : Les limites du visage en largeur vont d’une oreille à l’autre.

 

 

 

8-      Passer les mains mouillées sur une partie de la tête et cela fait partie des obligations du woudou. Il est une condition que ce passage soit dans les limites du crâne, c’est-à-dire de là où poussent habituellement les cheveux jusqu’à l’occiput –la pointe située à l’extrémité arrière de la boîte crânienne– (figure n° 9).

9-      Passer les mains mouillées sur les oreilles et ce passage fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure n° 10).

10-   Laver les pieds chevilles comprises : Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 11). Il est recommandé de laver trois fois mais il est permis de laver une seule fois. De même, il est recommandé de commencer par le pied droit.

 

Figure n° 8 : Lave tes mains et tes avant-bras coudes compris.

Figure n° 9 : Passe les mains mouillées sur une partie de la tête.

 

 

Les chevilles sont les deux os qui dépassent au niveau de l’articulation du pied et de la jambe (figure n° 12).

 

Figure n° 10 : Passes les mains mouillées sur la partie visible et celle cachée des oreilles.

Figure n° 11 : Lave tes pieds chevilles comprises, le droit puis le gauche, tout en frottant.

Figure n° 12 : Voici les chevilles.

 

 

 

11-  L’ordre : c’est-à-dire accomplir les obligations du woudou’ dans l’ordre. Ainsi :

 

1/ tu laves le visage avec l’intention

2/ ensuite tu laves les mains et les avant-bras, coudes compris

3/ ensuite tu passes les mains mouillées sur une partie de la tête

4/ puis tu laves les pieds chevilles comprises

 

 


Informations éminemment précieuses

 

Il est recommandé de dire après avoir terminé le woudou’ :

(( أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا  شريك له، وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، اللهم اجعلني من التوابين واجعلني من المتطهرين ))

 

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, ‘Allahoumma j^alni mina t-tawwabbin wa j^alni mina l-moutatahhirin) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ; ô Allah fais que je sois au nombre de ceux qui se repentent et fais que je sois au nombre de ceux qui se purifient ».

Il est cité dans le hadith que celui qui a terminé son woudou’ et qui dit en levant les yeux  vers le ciel –c’est-à-dire par manifestation de la glorification de Allah– :

(( أشهد أن لا إلاه إلا الله وحده لا  شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، فتحت له أبواب الجنة الثمانية وقيل له أدخل من أيها شئت ))

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, foutihat lahou abwabou ljannah aththamaniyah wa qila lahou oudkhoul min ayyouha chi’ta) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager », il lui sera ouvert les huit portes du paradis et il lui sera dit : « Entre par celle que tu veux ».

 

Il est cité dans le hadith sahih :

(( من توضأ كما أمروصلى كما أمر غفر له ما تقدم من ذنبه ))

man tawadda’a kama ‘oumira wa salla kama ‘oumira ghoufira lahou ma taqaddama min dhanbih) c’est-à-dire celui qui fait un woudou’ de la manière complète et qui accomplit une prière de la manière complète, conforme à la Loi, même s’il s’agissait d’une prière de deux rak^ah, ses [petits] péchés antérieurs lui seront pardonnés, même s’ils étaient nombreux.

 

Il est cité dans Sahihou Mouslim que le Messager de Allah  faisait le woudou’ avec un moudd et le ghousl avec un sa^.

Le moudd équivaut au plein des deux mains (de taille moyenne) jointes.

Le sa^ équivaut à quatre moudd.

Cela indique la forte recommandation d’utiliser peu d’eau pour faire le woudou’ et le ghousl. Il est également cité dans Sahihou Mouslim que le Prophète  avait utilisé un makkouk pour le woudou’ et cinq makkouk pour le ghousl. Le makkouk équivaut à six moudd.

 

 

 

 

Ce qui annule le woudou


 

Ce qui annule le woudou

 

Si un musulman avait le woudou et lui arrive quelque chose qui l’annule, il lui est interdit de faire la prière avant de l’avoir renouvelé.

 

Parmi ce qui annule le woudou il y a :

1/ La sortie, par les deux orifices inférieurs, de quelque chose comme l’urine, les selles ou les gaz.

2/ Le toucher du sexe avec le plat des mains sans qu’il y ait quelque chose qui empêche le contact direct.  « Sans contact direct » signifie que le toucher a lieu, par exemple, par l’intermédiaire d’un vêtement ou en portant des gants lorsqu’on touche avec la main.

3/ La perte de raison par la folie ou autre.

4/ Le sommeil profond si on dort dans une autre position qu’en étant bien calé sur son postérieur en dormant par exemple sur le ventre, le dos ou le côté.

5/ Qu’un homme touche la peau d’une ‘ajnabiyyah par contact direct. Ce qui est visé par ‘ajnabiyyah c’est toute autre  femme en dehors de ses mahram.


[1] Le poignet : la jointure de la main et de l’avant-bras.

L’épreuve de la mort du Prophète (1)

Posted in cours général,Histoire,Récit par chaykhaboulaliyah sur décembre 15, 2011

Tirer des leçons de l’épreuve de la mort

(La mort suffit comme exhortation)

Allah ta^ala dit :

((كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ))

(koullou nafsin dha’iqatou l-mawt) [sourat ‘Ali ^Imran/185 ].

Le messager de Allah a dit : ((أكثِروا ذِكْرَ هادمَ اللذَّات)) (‘akthirou dhikra hadhima l-ladhdhat) ce qui signifie : « Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est-à-dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.

Sache que la mort est une réalité. En effet, Allah l’a prédestinée pour tout être vivant parmi Ses esclaves. Et aucun d’entre eux n’est excepté, aucun être vivant n’est épargné. Même les prophètes, et les messagers ont goûté à la mort, eux qui sont les meilleures des créatures de Allah., Cependant, il demeure ceux pour qui Allah a voulu qu’ils soient toujours vivants, c’est à dire ^Iça et notre maître Al-Khadir selon l’avis stipulant qu’il s’agit d’ un prophète. Ainsi, les meilleurs des esclaves de Allah meurent aussi. Allah dit dans Son livre honoré :

((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّن قَبْلِكَ الْخُلْدَ أَفَإيْن مِّتَّ فَهُمُ الْخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ وَ نَبْلُوكُم بِالشَّرِّ وَ الْخَيْرِ فِتْنَةً وَ إِلَيْنَا تُرْجَعُونَ

(wa ma ja^alna libacharin min qablika l-khould, afa’in mit-ta fahoum khalidoun. Koul-lou nafsin dha’iqatou lmawt wa nabloukoum bi ch-char-ri wa l-khayri fitnatan wa ilayna tourja^oun) [sourat Al-‘Anbiya’/34]

Allah tabaraka wa ta^ala a créé le corps de Adam à partir des différentes catégories de sols de cette terre sur laquelle nous vivons. Puis, l’ange chargé de souffler l’âme honorée de notre maître Adam a exécuté l’Ordre de Allah en introduisant l’âme de Adam par sa bouche dans son corps. C’est ainsi que notre maître Adam a vécu. Aussi, Allah a-t-Il fait que les différentes âmes insufflées dans les corps sont comme un objet qui a été prêté et qui devra être rendu.

Allah a prédestiné aux descendants de Adam que nécessairement leurs âmes seront reprises par la mort qui a lieu quand l’âme quitte le corps.. Puis les corps redeviendront poussière et retourneront à la terre à partir de laquelle notre maître Adam, le premier des humains, a été créé Ensuite, au jour du jugement les êtres humains seront ressuscités. Ils sortiront alors de leurs tombes, après que Allah leur aura créé à nouveau le corps qui avait été assimilé par la terre s’il s’agit de corps que la terre assimile.  En effet, Allah a interdit à la terre d’assimiler les corps des prophètes.des martyrs du combat et de certains saints.

Allah dit : ((مِنْهَا خَلَقْنَاكُمْ وَ فِيهَا نُعِيدُكُمْ وَ مِنْهَا نُخْرِجُكُمْ تَارَةً أُخْرَى))

(minha khalaqnakoum wa fiha nou^idoukoum wa minha noukhrijoukoum taratan ‘oukhra) [sourat Taha/55] ce qui signifie : « C’est à partir de la terre que nous vous avons créé et c’est à la terre que vous retournerez et c’est à partir de la terre que vous sortirez une deuxième fois ».

Le pronom« nous » ici, n’est pas un « nous » indiquant le pluriel. En effet, c’est Allah qui est le Créateur mais il s’agit d’un « nous » de glorification.

Allah a fait que le mort retourne à la terre après avoir été créé une première fois. La deuxième fois, il reviendra à la vie pour le jour du jugement.

Allah dit :

((قَالَ فِيهَا تَحْيَوْنَ وَ فِيهَا تَمُوتُونَ وَ مِنْهَا تُخْرَجُونَ))

« Qala fiha tahyawna wa fiha tamoutouna wa minha toukhrajoun » [al a^raf/25] ce qui signifie « c’est sur terre que vous vivrez et c’est sur la terre que vous allez mourir et c’est à partir de la terre que vous sortirez pour le jugement ».

Et Il dit :

((وَ اللهُ أَنْبَتَكُمْ مّنَ الأَرْضٍ نَبَاتًا، ثمَّ يُعِيدُكُمْ فِيهَا وَ يُخْرِجُكُمْ إِخْرَاجًا))

“wa L-lahou anbatakoum mina l’-ardi nabatan, thoum-ma you^idoukoum fiha wa youkhrijoukoum ikhrajan”

Note utile : Il a été rapporté dans les deux sahih de Al-Boukhariy et Mouslim d’après ‘Ousama Ibnou Zaid que Allah l’agrée ainsi que son père, qu’une des filles du prophète avait envoyé quelqu’un prévenir son père que l’un de ses  enfants était mourant (c’est-à-dire un enfant d’une des filles du prophète). Le messager de Allah a dit à la personne envoyée:

ارجع إليها فأخبرها أنَّ لله تعالى ما أخذ و له ما أعطى و كل شيء عنده بأجل مسمّى

فمُرها فلتصبرْ و لتحتسب

ce qui signifie :

« Retourne chez elle (c’est à dire auprès de la fille du prophète) et dis lui que Allah, à Lui appartient ce qu’Il prend et à Lui appartient ce qu’Il donne et que toute chose a une prédestination et une durée ».

On comprend de cela que l’âme de cet enfant appartient à Allah. Ce que Allah prend Lui appartient et ce qu’Il donne Lui appartient. La vie de cet enfant avait une durée que Allah a prédestinée.

Aussi le prophète a-t-il demandé à cette personne de dire à sa fille de patienter et d’espérer les récompenses de la part de Allah Car le musulman qui patiente par recherche de l’agrément de Allah sera récompensé.’incha’a L-lah.

L’Imam An-Nawawiyy a dit : « Ce hadith comporte énormément de règles très importantes de l’Islam. Ces règles concernent les fondements et les ramifications de la religion, tels le comportement, la patience face à toutes sortes d’épreuves [de ce bas-monde], d’inquiétudes, de préoccupations et autres que ceux-là».

La parole qui a pour sens: « à Allah appartient ce qu’Il a pris », signifie que tout ce monde appartient à Allah. Ce qu’Il prend  ne l’est pas injustement car Il prend ce qui Lui appartient. Et « à Lui appartient ce qu’Il nous a donné », signifie que ce que Allah nous a accordé reste Sa propriété. et Il fait ce qu’Il Veut de ce qui Lui appartient. Il fait de nos âmes ce qu’Il veut, Il fait de nos corps ce qu’Il veut, Il fait de nos parents ce qu’Il veut, Il fait de nos enfants ce qu’Il veut. Tout appartient à Allah, tout ce monde appartient à Allah.

La signification de la suite de la parole du prophète est :

« Ne soyez pas tourmenté, celui qui meurt sera mort car l’échéance que lui a accordé Allah est arrivée ».

N’est-ce pas que toute chose est selon une prédestination ? N’est-ce pas que Allah a su et voulu tout ce qui a lieu ? Donc si quelqu’un meurt, c’est parce que son échéance est arrivée. Il est impossible qu’une personne meurt avant ou après son échéance. La personne mourra à l’échéance que Allah lui aura accordée. Si vous savez cela alors faites preuve de patience. Patientez et recherchez l’agrément de Allah face aux épreuves qui vous arrivent. C’est cela la signification du hadith du prophète.

Dans le mousnad de Al-Bazzar d’après ‘Anas, le prophète a dit aux gens qui s’étaient endormis (certains de ses compagnons ont été pris par le sommeil et ne se sont réveillés qu’après la fin du temps de la prière):

أيها الناس إنّ هذه الأرواح عاريّة في أجساد العباد فيقبضها إذا شاء و يرسلها إذا شاء

Ce qui signifie :

« Ô vous les gens, ces âmes sont comme quelque chose qui a été prêté dans le corps des esclaves. Allah les retire quand Il veut et Il les ressuscite quand Il veut. La mort et la résurrection sont par la prédestination de Allah ».

Une personne a dit :

Ô toi, la nafs, prépare-toi à la mort et cherche à être sauvée

                        Car celui qui réfléchit est celui qui est paré

J’ai, en effet, réalisé que le vivant ne l’est pas éternellement

                        Et que la mort l’atteindra inéluctablement

Tu es seulement comme un emprunteur, tu ne garderas rien

Car le bien emprunté doit être rendu

 

Sachez mes frères que la mort est comme un verre à partir duquel tout le monde va boire. Et la tombe est une résidence que tout le monde va habiter. Alors, l’intelligent, le raisonnable est celui qui se prépare pour ce qui vient après la mort par la piété et les bons actes (c’est-à-dire, en agissant en bien).

Le messager a incité à ce que nous nous rappelions souvent de la mort, que nous ayons souvent à l’esprit la mort. Pourquoi ? Parce qu’il y a de nombreuses leçons et sagesses à tirer de cela. Et Il a dit ^alayhi s-salatou wa s-salam :

((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))

Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.

 

Se rappeler souvent de la mort incite la personne à s’y préparer avant qu’elle n’arrive. Y penser régulièrement fait diminuer le trop d’espoir (comme certains qui disent « maintenant je vais m’amuser, je vais avoir du bon temps et quand j’aurai 60 ans je ferai le pèlerinage». La personne qui dit cela a beaucoup d’espoir : celui de vivre jusqu’à 60 ans. Ainsi se rappeler souvent de la mort diminue le trop d’espoir. Et la personne se dira que demain, peut être ne sera-t-elle plus en vie et qu’elle devra donc se préparer. Se rappeler souvent de la mort fait que la personne se suffit du peu de subsistance et qu’elle n’a pas le cœur attaché au bas monde mais à la préparation pour l’au-delà. Penser à la mort allège les difficultés des épreuves dans le bas-monde. Cela éloigne également de l’injustice, de l’orgueil qui pourrait émaner de soi-même.

Le compagnon Abou D-darda’ que Allah l’agrée a dit : « la mort suffit comme exhortation, le temps suffit pour séparer. Aujourd’hui nous habitons des maisons et demain nos logements seront dans des tombes » Ainsi, notre maître ^Oumar avait fait inscrire sur sa bague « la mort te suffit comme exhortation Ô ^Oumar » c’est à dire que la mort nous suffit pour nous exhorter, pour nous inciter à accomplir le bien et éviter d’accomplir le mal.

Et quelle belles paroles que sont ces quelques vers de poésie :

Rappelle-toi de la mort et persiste à t’en rappeler

                        Certes dans la mort il y a des leçons pour le conscient

Et celle-ci suffit comme exhortation

                        Pour ceux sur qui elle est prédestinée

 

Beaucoup d’humains sont vraiment insouciants et se détournent de la préparation pour la mort malgré qu’elle soit inévitable. La cause de cela est l’amour du bas-monde, l’attachement à celui-ci et le trop d’espoir. Ainsi, quelqu’un a dit :

Ô toi qui es préoccupé par le bas-monde

                        Et s’est enorgueilli par le trop d’espoir

La mort vient de manière soudaine

                        Et la tombe est le réceptacle des œuvres

Il a également été dit :

Donnez naissance à ceux qui vont mourir

(Nécessairement chacun d’entre nous va mourir. Chaque fois qu’une femme accouche, cet enfant à qui elle a donné naissance va certainement mourir)

Et construisez ce qui va devenir ruine.

(Quelque soit les matériaux, la robustesse, ce qui sera construit va nécessairement un jour devenir des ruines).

Car vous tous  finirez sous terre

Comment désirer encore de rester [éternellement] en vie alors que Allah tabaraka wa ta^ala a prédestiné la mort même pour Ses prophètes et Ses messagers (les meilleures des créatures)?! Ou encore, comment se sentir sauf de la mort alors que même les purs et les meilleurs n’ont pas été épargnés ?!

Il est impossible de rester dans ce-bas monde éternellement, alors attention à ne pas s’y attacher !

Dans cette vie, il n’y a pas d’éternité

                        Dans cette vie il n’y a pas de stabilité

Toutes les créatures meurent

                        Est Exempt, Celui qui ne meurt pas

 

Mes frères, la mort nous guète, la tombe nous enlace, le linceul nous entoure et nous retournerons au Jugement de Allah.

Allah ta^ala dit :

((وَ اتَّقُوا يَوْمًا تُرْجَعُونَ فِيهِ إِلَى اللهِ ثُمَّ تُوَفَّى كُلُّ نَفْسٍ مَّا كَسَبَتْ وَ هُمْ لاَ يُظْلَمُونَ))

« wa t-taqou yawman yourj^ouna fihi ila L-lahi thoum-ma touwaf-fa koul-lou nafsin ma kasabat wa houm la youdhlamoun »

Ce qui signifie :

« … »[BB6]

Parmi les belles paroles à ce sujet: « je suis étonné de celui qui sait avec certitude qu’il y a une mort comment il se réjouit, et je suis étonné de celui qui a su avec certitude qu’il y a un enfer comment il rit. Je suis étonné de celui qui croit en la prédestination de tout comment il se fatigue [pour les choses du bas-monde] et je suis étonné de celui qui a vu ce bas-monde et ses changements soudains comment il est rassuré ».

Rappelez-vous mes frères de la mort qui peut toucher les fils de Adam à tout moment et tout endroit et sachez qu’elle met fin aux plaisirs de ce bas-monde allant à sa perdition. Ce bas monde est une résidence de passage et non pas une résidence de séjour éternel. La mort attend et, à chaque instant elle peut arriver, elle peut venir. Alors, L’intelligent est celui qui profite de cette vie évanescente pour œuvrer pour l’au-delà éternel.

Allah tabaraka wa ta^ala dit :

((وَ تَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى و اتَّقُونِ ياَ أُولِى الأَلْبَابٍ))

« wa tazaw-wadou fa’in-na khayra z-zadi t-taqwa wa t-taqouni yaouli l-‘albab » [sourate al baqarah / verset 197]

 

Et quelle belle parole est celle-ci :

Il y a de parmi les esclaves de Allah ceux qui sont intelligents

                        Ils ont divorcé le bas-monde et ont eu peur des tentations

Ils l’ont observé et quand ils ont su

                        Qu’il n’est guerre la demeure d’un être vivant

Ils l’ont faite océan agité

                        Et y ont pris les bonnes œuvres comme navires

 

Il a été rapporté que l’imam Ach-Chafi^iyy est allé présenter ses condoléances à un homme ayant perdu son fils et qui a été touché par sa perte Il lui a, alors, dit :

« je te présente mes condoléances, non pas que j’espère de la vie quelque chose,

mais parce que c’est une bonne tradition dans notre religion.

 En effet, celui qui présente ses condoléances, ne va pas demeurer éternellement

 tout comme celui à qui on présente les condoléances, même s’ils vivent longtemps». C’est à dire qu’on présente ses condoléances mais que personne ne demeure éternellement dans cette vie.

Prépare-toi à la mort par la piété et les actes de bienfaisance… En effet, la mort survient rapidement et il n’y a aucune alternative à cela.

Et si tu es déjà allé au cimetière pour y enterrer un de tes proches ou ami puis tu en es revenu, dis-toi qu’un jour, on t’y portera et tu ne retournas pas à ton bas-monde.

Et si tu as déjà creusé une tombe pour ton frère, dis-toi qu’un jour, on creusera ton propre trou, tu y seras enterré et tu ne retourneras pas aux tiens.

Et si tu as déjà porté le cercueil de ton frère, dis-toi qu’un jour, c’est toi qui sera porté…

Et si tu es déjà allé présenter tes condoléances à un proche, dis-toi qu’un jour ta famille sera condoléancée pour ta propre mort…

L’un des savants a dit après avoir cité le hadith du Prophète sal-la L-lahou  alayhi wa sal-lam :

((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))

Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.

« Le musulman devrait se rappeler de la mort chaque jour de l’année et qu’elle viendra inéluctablement. Alors, il se rendrait des comptes et il observerait ce qu’il aura préparé comme actes de bienfaisance. Car l’Au-delà est la demeure finale et il n’y sera utile que la foi et les actes de bienfaisance ».

Allah Ta^ala dit :

((يَا أَيُّهَأ الذَّينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا الله وَ لْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ إِنَّ اللهَ خَبٍيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ))

« ya ‘ay-youha L-ladhina ‘amanou t-taqou L-laha wal-tandhour nafsoun ma qad-damat li ghad, wa t-taqou L-laha in-na L-laha khabiroun bima ta^maloun » [Sourate al-hachr / verset 17]

Cela signifie que la personne doit observer, c’est-à-dire, méditer sur ce qu’elle a préparé pour son Au-delà comme actes qui rapprochent de l’Agrément de Allah ^az-za wa jal et ceci dans chaque jour et nuit de sa vie. Car nos respirations sont comptées et nos jours sont limités ; ce qui est passé de nos années ne reviendra plus alors que multiplier les actes de bienfaisance représente la provision du musulman.

Allah Ta^ala dit :

((المَالُ و البَنُونُ زِينَةُ الحَيَاةِ الدُّنْيَا وَ البَاقِيَاتُ الصَّالِحَاتُ خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَوَابًا وَ خَيْرٌ أَمَلاً))

« Al-malou wa l-banounou zinatou l-hayati D-douniya wa l-baqiyatou s-salihatou khayroun ^inda rab-bika wa khayroun ‘amalan »

[sourate al-kahf / Verset 42]

 

Quelqu’un a dit :

« Je passe devant les tombeaux, à chaque fois

                        Je me demande dans quel sol sera ma tombe

Je me réjouis de mes richesses quand elles augmentent

                        Et ne pleure pas sur mes années lorsqu’elles diminuent »

Le bas-monde est la demeure du travail et l’Au-delà est la demeure des comptes. L’imam ^Aliya dit à ce titre : « ce bas-monde s’est comme mis en marche pour s’en aller et l’au-delà s’est comme mis en marche pour venir. Alors, soyez parmi les gens de l’au-delà et ne soyez pas parmi les gens du bas-monde. Aujourd’hui les actes et pas les comptes et demain les comptes et plus d’actes ».

Et il avait bien raison celui qui a dit :

« Les provisions peuvent te manquer mais tu ne trouverais sans doute pas

                        Une provision aussi importante que les actes de bienfaisances »

Cela signifie que les provisions peuvent être remplacées sauf les actes de bienfaisances qu’on ne peut échanger car utiles dans l’Au-delà.

Certes, la voix pour être sauvé au Jour du Jugement est de faire preuve de piété à l’égard de Allah ^az-za wa jal en accomplissant ce qu’Il a ordonné et en évitant ce qu’Il a interdit. Car celui qui aime le paradis et le veut réellement doit travailler pour l’avoir. Et celui qui a peur du feu de l’enfer et veut s’en éloigner doit aussi travailler pour l’éviter. Il faut donc faire preuve de piété.

Allah ta^ala dit :

((وَ تَزَوَّدُوا فَإٍنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى))

« wa tazaw-wadou in-na khayra z-zadi t-taqwa » [Sourate al-baqarah / verset 197]

Et avait bien raison celui qui a dit :

« Ô toi qui enlace un bas-monde qui ne demeurera pas

                        Et qui passe ses jours et ses nuits orgueilleux et enorgueilli

Pourquoi ne laisserais-tu pas ce bas-monde

                        Pour enlacer des femmes vierges dans al-firdaws

Si tu veux habiter dans le paradis éternel

                        Il conviendrait que tu ne te sentes pas sauf du feu de l’enfer

Le Prophète a prévenu sa communauté de la grandeur de l’épreuve de sa mort

Notre prophète a prévenu durant sa vie sa communauté de la grande épreuve que sa mort constituera pour elle. D’après ^A’icha que Allah l’agrée, elle a dit : « Le messager de Allah a ouvert une porte, ou un sorte de voile de sorte que – de la maison de ^A’ichah-  il puisse voir les gens. Ceux-là étaient dans sa mosquée en train de faire la prière dirigés par Abou Bakrque Allah l’agrée. Lorsqu’illes a vu ainsi, il a fait les louanges à Allah, c’est-à-dire qu’il a remercié Allah car ce qu’il avait vu lui avait plu. Il a, ensuite, dit :

((يَا أيُّهَا النَّاسُ، أَيُّمَا أحَدٍ مِنَ النَّاسِ أَوْ مِنَ المُؤْمِنِينَ أُصِيبَ بِمُصِيبَةٍ فَلْيَتَعَزَّ بِمُصٍيبَتِهِ بِي عَنِ المُصِيبَةِ التِي تُصِيبُهُ بِغَيْرِي فَإِنَّ أَحَدًا مِنْ أُمَّتِي لَنْ يُصَابَ بِمُصِيبَةٍ بَعْدِي أَشَدَّ عَلَيْهِ مِنْ مُصِيبَتِي))

“ya ‘ay-youha –nassou, ‘ay-youma ‘ahadin mina n-nassi ‘aw mina l-mou’minina ‘oussiba bi moussibatin falyata^az-za bi moussibatihi bi ^ani lmoussibati l-lati toussibouhou bi ghayri, fa’in-na ‘ahadan min oum-mati lan youssaba bi moussibatin ba^di ached-da ^alayhi ba^di min moussibati [Rapporté par Ibnou Majah]

ce qui signifie : « Que chaque croyant lorsqu’il lui arrive une épreuve, qu’il patiente car il n’y aura pas une épreuve plus dure pour ma communauté que lorsque je mourrai».

C’est-à-dire que quelque soit l’épreuve qui peut arriver à la personne, il lui convient de se souvenir de celle qui est plus grande, à savoir, la mort du Prophète. Ainsi, de la même manière qu’elle a patienté pour celle-ci, elle patientera pour ce qui est moins éprouvant.

D’après ‘Anas Ibnou Malik, le serviteur duProphète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, Oummou ‘Ayman la nourrice du messager de Allah a pleuré lors de la mort du messager de Allah Salla –lahou  alayhi wa sallam. Quand elle a été interrogée « Qu’est ce qui te fait pleurer Oummou ‘Ayman ? » Elle a dit, que Allah l’agrée, « Je savais que le prophète allait mourir mais je pleure parce que nous n’allons plus recevoir la révélation que le prophète nous transmettait » c’est à dire la révélation qui comporte les lois de cette communauté (rapporté par l’imam ‘Ahmad).

D’après Abou Bourdah, d’après son père, il a dit « Nous avons accompli la prière de al-maghrib avec le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam, puis nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à la prière de al-^icha’ pour l’accomplir avec lui. Et tandis que  nous étions assis, le prophète est sorti vers nous et nous a dit ce qui signifie « vous êtes encore ici ? ». Nous avons répondu : « O messager de Allah, nous avons fait la prière de al-maghrib avec toi et nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à accomplir la prière de al ^icha’ avec toi ». Il a dit ce qui signifie « vous avez bien fait (c’est bien) ». Puis il a levé la tête vers le ciel, comme il le faisait si souvent, et a dit :

((النُّجُومُ أَمَنَةٌ للسماء فإذا ذهبت النجوم أتى السماء ما توعد))

ce qui signifie « Les étoiles sont comme une sécurité pour le ciel, lorsqu’elles  vont tomber et qu’il ne restera plus aucune lumière au jour du jugement, le ciel va à son tour se fissurer ». Puis il a dit

((و أنا أَمَنَةٌ لأصحابى فإذا ذهبت أتى أصحابي ما يوعدون))

:ce qui signifie « Moi je suis comme une sécurité pour mes compagnons lorsque je m’en irai mes compagnons auront ce qui leur est prédestiné ». C’est à dire qu’après la mort du prophète il y aura des guerres et des discordes, il y aura des gens qui apostasieront et les cœurs deviendront des ennemis les uns pour les autres. Le prophète a annoncé cela et tout cela s’est, en effet, produit. A la suite de ce même hadith le prophète a dit :

((و أصحابي أَمَنَةٌ لأمتي فإذا ذهب أصحابي أتى أمّبي ما يوعدون))

ce qui signifie « Et mes compagnons sont comme une sécurité pour ma communauté, lorsqu’ils s’en iront, il arrivera à ma communauté ce qui lui est prédestinée » c’est à dire l’apparition des mauvaises innovations, contraires à la religion, des évènements et des discordes qui allaient se produire, la force du chaytan qui allait apparaître et d’autres ennemis qui allaient avoir le dessus sur la communauté. Tous ces signes de la prophétie de notre maître Mouhammad sont ses miracles et tout s’est produit comme il nous l’avait annoncé.

Le Prophète a su que son heure approchait

Il a été révélé au prophète éminent, durant sa vie alors qu’il était entouré de ses compagnons et de sa famille, que son terme était proche et ce dans plusieurs versets – ‘ayah – du Qour’an parmi lesquelles la parole de Allah :

((إِنَّكَ لَمَيِّتٌ وَ إٍنَّهُمْ لَمَيِّتُونَ))

« Innaka mayyitoun wa innahoum mayyitoun » [sourat az-zoumar/30]

qui signifie : « O Mouhammad tu vas mourir».

Et la parole de Alla:

((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّنْ قَبْلِكَ الخُلْدَ أَفَإِنْ مِّتَّ فَهُمُ الخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذًائِقَةُ المَوْتِ))

« wa ma ja^alna li bacharin min qablika lkhoulda ‘afa’in mit-ta fahoum khalidoun, koul-lou nafssin dha’iqatou lmawti » [Sourate al-‘anbiya’ / Versets 34-35]

 

Ainsi que la parole de Alla:

((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّكِرينَ))

« wa ma Mouhammadoun il-la rassouloun qad khalat min qablihi r-roussoulou ‘afa’in mata ‘aw qoutila nqalabtoum ^ala ‘a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadour-ra L-laha chay’an wa sayajzi Ll-lahou ch-chakirin » [Sourat ‘al^imran / Verset 144]

qui signifie « Et Mouhammad est un messager qui a été précédé par d’autres messagers et il va mourir ».

Et parmi lesquelles également :

((اليَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ وَ أَتْمَمْتُ عَلَيْكُمْ نِعْمَتْي وَ رَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلاَمَ دِينَا))

« Al-yawma akmaltou lakoum dinakoum wa atmamtou ^alaykoum ni^mati wa raditou lakoumou l-‘Islama dinan » [Sourat al-ma’idah / Verset 3]

 

Il y a aussi sourat An-nasr qui a été révélée au cœur de notre maître Mouhammad et par cette sourah le prophète a su que son terme était proche. D’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar que Allah l’agrée lui et son père, il a dit : « Cette sourah « idha ja’a nasrou l-Lahi wa l-fath » a été révélée au Messager de Allah durant les jours de at-tachriq (les trois jours qui viennent après le jour de ^idou l-adha, la fête du sacrifice, le 11, 12, 13 de dhou l-hijjah) et il a su par cette sourah que bientôt était sa mort ». Rapporté par al-bayhaqiyy dans ses Sounan.

La signification de cette sourah est « Toi O, Mouhammad lorsque Allah t’accordera la conquête des pays et que les gens entreront dans ta religion (c’est-à-dire qu’ils entreront en islam) par groupes (‘afwaj), ton terme s’approchera (c’est à dire que bientôt tu mourras). Prépare-toi  alors pour la mort par les paroles al hamdou li l-Lah et astaghfirou l-Lah. Car tu auras accompli ta mission, tu auras transmis le message qui t’a été confié et ce que Allah te prépare après la mort vaut mieux pour toi que le bas monde. Prépare toi à passer de cette vie vers ce qui vient après la mort qui est la vie de al-barzakh. »

Il a été rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père qu’il a dit : « Lorsque cette sourah a été révélée au prophète, il a su qu’il allait bientôt mourir et le prophète s’est alors consacré encore plus aux actes d’adoration pour l’au-delà ».

Il a été rapporté que la dame honorable ^A’ichah a dit : « le messager de Allah disait beaucoup avant sa mort « soubhana l-Lahi wa bi hamdihi, astaghfirou l-Laha wa atoubou ilayh » ». ^A’ichah a alors dit au prophète : « Tu prononces des invocations que tu ne disais pas auparavant. Avant aujourd’hui tu ne disais pas beaucoup ces paroles ». Il lui a répondu ce qui signifie « Mon Seigneur m’a informé que j’allais voir un signe dans ma communauté et que –à sa vue-

j’invoquerai en faisant la louange et la demande de pardon et j’ai vu ce signe ». Le prophète a répondu à ^A’ichah que Allah lui avait ordonné de souvent évoquer en disant « al-hamdou li l-Lah et ‘astaghfirou l-Lah » lorsqu’il verrait un signe particulier et qu’il avait vu ce signe.

Note utile : Si le prophète élu qui est l’imam des pieux, le maître des bienfaiteurs, a reçu l’ordre de veiller à ce que ses derniers actes soient des actes de biens, que dire du cas de celui qui est dans le péché? Que dire de celui qui est dans la désobéissance ? Que dire de celui qui est salit par les péchés et qui a besoin de purification ?! Le prophète a reçu l’avertissement que la mort était proche par une révélation. Mais nous autres qui ne recevons pas cet avertissement par révélation, ce sont les cheveux grisonnants et la mort de ceux qui ont notre âge qui nous en avertissent.

Il suffit comme annonciateur de l’approche de la mort

                        Une jeunesse qui s’en est allée et des cheveux gris venus

Ainsi que la mort des proches. Alors est-ce qu’il y a

                        Une survie que le raisonable espèrerait

 

 

D’après Jabir que Allah l’agrée, le prophète lorsqu’il a ordonné aux gens qui l’accompagnaient lors du pèlerinage, de lancer des pierres dans les jamarat, il leur a indiqué la taille de ces pierres et il a dit ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas » rapporté par At-Tirmidhiy.

C’est le seul pèlerinage que le prophète ait accompli.. Il a été dit que lors du pèlerinage de al-wada^ah, il répétait à plusieurs reprises

((لعلي لا أراكم بعد عامي هذا))

ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas et peut être je ne ferai plus jamais de pèlerinage après ce pèlerinage ci».

Lors de ce pèlerinage Allah a révélé à son prophète la parole

((اليَوْمَ أَكمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ))

« al-yawma akmaltou lakoum dinakoum » [al-Ma’idah/3] et également sourat an-nasr. Ces ‘ayah indiquent que sa mission de prophète dans le bas monde, était arrivée à son terme. Et c’est pour cela que ce pèlerinage a été appelé hajjatou l-wada^ – le pèlerinage de l’adieu. En effet, le Prophète avait fait ses adieux à l’occasion de ce pèlerinage.

Parmi les évènements bouleversant les cœurs des croyants et par lesquels les yeux pleurent et déversent leurs larmes par nostalgie du prophète salla L-lahou  alayhi wa sallam, il y a ce qui est arrivé aux compagnons quand ils comprirent que la mort du prophète s’approchait. En effet, Mou^adh Ibnou Jabal que Allah l’agrée rapporte que lorsque le messager de Allah l’avait envoyé au Yémen, il était sorti avec lui pour l’accompagner comme on accompagne quelqu’un qui va faire un voyage. Le prophète, la meilleure de toute les créatures, avait accompagné son compagnon Mou^adh. Ce dernier était sur sa monture et le messager marchait à côté de lui. Quand il allait le quitter, le prophète a dit à Mou^adh:

((يَا معاذ إنّك عسى لا تلقاني بعدَ عامي هذا أو لعلّك أن تمُرَّ بمسجدي هذا أو قبري))

ce qui signifie :

« O Mou^adh, peut être que tu ne me verras plus après cette fois ci ou peut être tu passeras auprès de ma mosquée-ci ou de ma tombe ». C’est alors que Mou^adh s’est mis à pleurer à chaudes larmes. Puis le messager s’est retourné pour revenir à Médine puis il a dit :

((إنّ أولي النّاس بي المتّقون من كانوا و حيث كانوا))

ce qui signifie « Ceux qui seront les plus proche de moi seront les pieux quels qu’ils soient et où qu’ils soient » (rapporté par l’imam ‘Ahmad).

D’après la dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée, l’épouse du prophète a dit : « Les épouses du prophète s’étaient toutes réunies, aucune n’était absente. C’est alors que Fatimah Az-Zahrah la fille du prophète, était venue en ayant une démarche qui ressemblait à celle du messager de Allah, son père salla Llahou ^alayhi wa sallam. Le prophète lui a, alors,dit ((مَرْحَبًا بِابْنَتِي))«  marhaban bi bnatiy » ce qui signifie « bienvenue à ma fille » et il l’a faite assoire près de lui (à sa droite ou à sa gauche). Puis il lui a dit des paroles à voie basse. C’est alors que Fatimah s’est mise à pleurer, ensuite il lui a dit des paroles à voie basse à nouveau et elle s’est mise à sourire. ^A’ichah lui a dit « Qu’est ce qui t’a fait pleurer ? » Elle a répondu : « je ne peux pas divulguer le secret du messager de Allah ». ^A’ichah lui a dit : « Je n’ai jamais vu comme aujourd’hui quelqu’un être heureux aussitôt qu’après avoir été malheureux».Elle était, en effet, passée d’une grande tristesse à une grande joie avec rapidité. Lorsque le prophète est mort ^A’ichah a de nouveau questionné Fatimah et celle-ci lui a répondu « Le prophète m’a dit que Jibril révisait avec lui le Qour’an une fois chaque année et cette année il l’avait révisé avec lui deux fois ».

Cette révision se passait de la manière suivante : L’un récitait et l’autre écoutait.

Le Prophète a dit :

((وَ لا أُرانِي إلاّ قد حضَرَ أجَلي، وَ إنّكِ أَوّلُ أَهلي لُحُوقُا بي و نِعم السّلفُ أنا لكِ))

ce qui signifie « Je pense qu’il ne l’a fait que parce que je vais bientôt mourir et tu seras la première des gens de ma famille à me rejoindre (c’est à dire à mourir après moi) et je suis un bon prédécesseur pour toi ».

Fatimah a dit « C’est pour cela que je me suis mise à pleurer ». Puis il m’a dit par la suite

((أَلاَ تَرضَيْنَ أن تكونِي سيدةَ نساء المؤمنين أو سيّدة نساء هذه الأمّة))

ce qui signifie « Ne voudrais-tu pas être la meilleure des femmes de cette communauté ». Il lui a alors annoncé la bonne nouvelle qu’elle est la meilleure des femmes de la communauté de notre maître Mouhammad.

Ici, il est à noter que la meilleure des femmes de toute l’humanité est notre dame Maryam tandis que Fatimah est la meilleure des femmes de la communauté du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.

Ensuite, elle a dit « Et c’est pour cela que j’ai souri ». C’est ce que Fatimah a expliqué à ^A’ichah (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).

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D’après le compagnon honorable Abou Hourayarah, il a dit : « Jibril révisait avec le prophète tout le Qour’an une fois par an et l’année de sa mort il l’a révisé avec lui deux fois. Aussi le prophète faisait-il chaque année  al-i^tikaf (retraite spirituelle) les dix dernières nuits de Ramadan et l’année de sa mort il l’a faite les 20 dernières nuits de Ramadan ».

Al-i^tikaf est le fait de rester dans la mosquée et de ne pas en sortir, sauf par nécessité et avec l’intention de rester dans la mosquée. C’est un acte d’adoration qui comporte des récompenses.

L’Islam

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur décembre 15, 2011

Il a été dit:

Introduction

Comme message et principe communs à toutes les communautés de tous les prophètes de Dieu, depuis Adam jusqu’à Mouhammad r, qu’il s’agisse de Abraham, Moïse, Jésus ou de tous les autres prophètes, l’Islam veut dire :

 

« N’ADORER QUE DIEU SEUL SANS RIEN LUI ASSOCIER, ET CROIRE AU PROPHÈTE DU TEMPS. »

1. L’ISLAM

Définition

Dans la langue arabe, le mot Islam signifie soumission. C’est pourquoi on entend souvent dire que les musulmans sont soumis, au point qu’ils seraient plongés dans une léthargie, ou qu’ils se trouveraient dans un immobilisme tel qu’ils ne sauraient laisser le passage à une voiture qui leur foncerait dessus. Or ce n’est pas le cas. Au contraire, nous agissons sur les causes tout en sachant que c’est Dieu qui crée toute chose. Ainsi quand nous sommes malades, nous prenons des médicaments et nous guérissons si Dieu nous a prescrit de toute éternité la guérison. Autrement dit, le médicament n’est qu’une des causes à notre disposition par lesquelles Dieu crée la guérison selon Sa volonté qui ne change pas. Comme on dit, le médecin soigne mais c’est Dieu Qui guérit.

 

Dans le contexte de la Religion, cette soumission est particulière dans la mesure où elle consiste, au minimum, à témoigner qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu, et que le prophète du temps est Son prophète. Et le prophète du dernier temps n’est autre que Mouhammad r, par qui Dieu a clos la prophétie.

 

Ainsi, une des formulations de ce témoignage est :

« Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu (‘ach-hadou ‘al-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) et je témoigne que Mouhammadest Son prophète-messager (wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadar-Raçoulou l-Lah). »

 

Explication

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu– signifie globalement : Je sais, je crois [1] fermement et je reconnais –verbalement– que rien ni personne n’a la divinité sinon Dieu, l’Unique Créateur des cieux, de la Terre et de tout l’Univers. Ce qui exclut l’adoration pour qui que ce soit d’autre, fût-ce un prophète, un ange ou toute autre créature. En revanche, nous respectons et honorons ceux que Dieu a honorés, tels que les prophètes (Mouhammad, Jésus, Moïse, Abraham, Noé, etc.), les anges (Gabriel, Michaël, etc.) ou les saints et les saintes comme Marie mère de Jésus.

 

Je témoigne que Mouhammad est Son prophète-messager, signifie globalement : Je sais, je crois fermement et je reconnais –verbalement– que Mouhammad est le prophète-messager de Dieu, qu’il est véridique en tout ce qu’il a annoncé et énoncé de la part de Dieu, et qu’il est envoyé à tous, aussi bien aux humains qu’aux jinn [2], afin qu’ils croient en sa Loi et le suivent.

 

Remarque

Comme on peut le constater, dans ce double énoncé se trouvent réunies trois affirmations :

•   la négation de la divinité pour toute créature,

• la confirmation de la divinité pour Dieu seul,

•   la reconnaissance, sans réserve aucune, que Mouhammad r est le prophète de Dieu dont on doit suivre la Loi.

 

Ce double témoignage de la foi musulmane, avec ce qu’il renferme comme signification, doit être le reflet d’une conviction intime. De ce fait, il traduit l’adhésion de la raison et du cœur à la certitude de l’existence de Dieu, de Son unicité, et du statut de prophète de Mouhammad. Ainsi, l’adoration doit être comprise comme l’obéissance avec l’extrême humilité. Il s’agit donc de s’humilier volontairement, de façon absolue, pour Dieu et pour Dieu seul.

 

Aussi voit-on les musulmans se prosterner dans leurs prières rituelles. Par ce geste, ils font véritablement preuve d’humilité en posant sur le sol leur front qui est la partie la plus noble du corps. En se rappelant que la prière est une lourde charge, sauf pour les humbles qui, par obéissance à Dieu, se recueillent en toute humilité. Et Dieu honore celui qui s’humilie pour Lui, tandis que les orgueilleux, qui refusent de L’adorer, entreront tête baissée en Enfer. C’est dans le même sens que la repentance de ses fautes ne se fait qu’à Dieu seul, et non à un mortel comme nous, parfois capable de la pire des abominations.

 

Règle

Ensemble, ces deux témoignages constituent le moins que l’on puisse faire pour se préserver du châtiment éternel de l’Enfer. C’est dire que la croyance en Dieu ne va pas sans la croyance en Son prophète Mouhammad r.

2. LA CROYANCE [Al-‘Iman]

Définition

D’une manière générale, le mot Iman désigne la foi, la croyance. Alors, on pourra dire par exemple : –Je crois qu’Untel est honnête. Cependant, du point de vue de la Religion, cette croyance est particulière en ce sens qu’il s’agit au minimum de croire, sans aucun doute, en la signification des deux témoignages. En effet, prétendre verbalement l’Islam tout en le contredisant dans son cœur n’est pas valable.

 

De ce fait, l’Islam et la croyance sont indissociables comme le dos et le ventre, ou les deux faces d’une pièce de monnaie. Ils vont de pair, de telle sorte que tout musulman (mouslim) est un croyant (mou’min) et tout croyant est un musulman.

 

C’est dire qu’il est absolument interdit d’appeler croyant quelqu’un dont on a su qu’il n’est pas musulman, même s’il prétend le contraire. Il en est de même pour celui qui nie la prophétie de Mouhammad r, même s’il affirme croire en Dieu. En effet, la croyance en Dieu implique la croyance en Son prophète. Pour preuve ce verset où Dieu dit :

 

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

qui signifie :

« Et celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager, Nous [3] (Dieu) avons préparé pour les mécréants le feu ardent de l’Enfer. »

(Qour’an 48/13)

 

De ce verset, on tire deux enseignements :

 

1. Celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète-messager Mouhammad, qu’il fasse partie des gens du Livre [4] qu’il soit bouddhiste, athée ou autre, est mécréant, et sa demeure sera l’Enfer s’il meurt ainsi. De même celui qui doute de leur mécréance est à son tour mécréant, parce qu’il a ainsi contredit le Qour’an.

 

2. Un croyant qui n’accomplit pas la prière, le jeûne de Ramadan, ou qui commet d’autres grands péchés ne sort pas de l’Islam, bien qu’il mérite un grand châtiment dans l’Enfer. En effet, c’est sur la croyance que l’accent est mis comme nous le montre le Hadith suivant dans lequel Abou Dharr, grand compagnon du Prophète r, dit :

أَتَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى الله عَلَيْه ِ وَسَلَّمَ وَهو نَائِمٌ عَلَيْهِ ثَوْبٌ أَبْيَضُ ثُمَّ أَتَيْتُهُ فَإِذَا هُونَائِمٌ ثُمَّ أَتَيْتُهُ وَقَدِ اسْتَيْقَظَ فَجَلَسْتُ إِلَيْهِ فَقَالَ مَا مِنْ عَبْدٍ قَالَ لا إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ ثُمَّ مَاتَ عَلَى ذَلِكَ إِلاَّ دَخَلَ الْجَنَّةَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ ثَلاَثًا ثُمَّ قَالَ فِي الرَّابِعَةِ عَلَى رَغْمِ أَنْفِ أَبِي ذَرٍّ قَالَ فَخَرَجَ أَبُوذَرٍّ وَهُو يَقُولُ وَإِنْ رَغِمَ أَنْفُ أَبِي ذَرٍّ.

 

ce qui signifie :

« Je me suis rendu chez le Prophète r, il était habillé de blanc et dormait. Je suis revenu et il dormait toujours ; ensuite je suis retourné auprès de lui et je l’ai trouvé éveillé. Je me suis assis à ses côtés, et il a dit : “Quiconque témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et meurt sur cela (c’est-à-dire en étant musulman) entrera au Paradis”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Et même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. À la quatrième fois, il a ajouté : “ (Il y entrera) quel que soit l’étonnement de Abou Dharr [5]”… »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui précède va dans le même sens que cet autre Hadith, dans lequel le Prophète dit :

من كان آخر كلامه لا إله إلا الله دخل الجنة.

qui signifie :

« Celui dont la dernière parole sera : “Il n’est de dieu que Dieu” (la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) entrera au Paradis (c’est-à-dire même s’il subit au préalable un châtiment ). »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

C’est donc sur la croyance que l’accent est mis. D’où la règle suivante pour celui ou celle qui veut embrasser l’Islam :

 

 

Règle

Sans conviction intime, la prononciation [6] des deux témoignages ne suffit pas, en vérité, pour entrer dans l’Islam. De la même façon, la croyance n’est pas agréée par Dieu sans la prononciation des deux témoignages.

 


Remarque

Pour le non musulman qui veut se convertir à l’Islam, la formulation des deux témoignages –s’il en a les moyens [7]– est une condition nécessaire pour la concrétisation à la fois de son Islam et de sa croyance (Iman).

 

Quant à celui qui est né et a vécu dans un milieu musulman en croyant à la signification des deux témoignages, on le considère comme musulman aussi longtemps qu’il n’aura pas contredit cette croyance par le cœur, les paroles ou les actes. Néanmoins, dès sa puberté il devra, à titre d’obligation rituelle, prononcer les deux témoignages une fois dans sa vie, et cela d’après l’École (madh-hab) Malikite selon laquelle cette prononciation n’est pas obligatoire dans les prières. Par contre, dans les Écoles Chafi^ite, Hanbalite et Hanafite, il est obligatoire de prononcer les deux témoignages dans la prière pour que celle-ci soit valable.

3. MÉRITES DU TEMOIGNAGE

Les Hadith suivants prouvent, si besoin en était, la grande valeur que Dieu accorde au témoignage. Ainsi, le prophète Mouhammad r nous a appris ceci :

قال موسى يا رب علمني شيئاً أذكرك به وأدعوك به قال قل يا موسى لا إله إلا الله قال يا رب كل عبادك يقول هذا قال قل لا إله إلا الله قال إنما أريد شيئاً تخصنى به قال يا موسى لو أن السموات السبع والأراضين السبع في كفة ولا إله إلاّ الله في كفة مالت بهن لا إله إلاّ الله.

ce qui signifie :

« Moïse dit : – Ô Seigneur ! Apprends-moi une chose par laquelle je T’invoquerai et T’implorerai.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Dis : “il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – Ô Seigneur ! Tous Tes esclaves le disent.

Il (Dieu) dit : – Dis : “ il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – J’aimerais quelque chose par laquelle je me distinguerai des autres.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Si les sept cieux et les sept terres se trouvaient dans un des plateaux (de la Balance) et (la parole) “il n’est de dieu que Dieu” dans l’autre, c’est celle-ci qui l’emporterait. »

 (Hadith rapporté par le Hafidh Nourou d-Din Al-Haythamiyy [8])

 

L’Imam Malik, que Dieu l’agrée, rapporte cette parole du Prophète qui montre également la valeur du premier témoignage :

(…) أَفْضَلُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ (…)

ce qui signifie :

«  (…) La meilleure parole que j’ai dite, ainsi que les prophètes qui m’ont précédé, est : – il n’est de dieu que Dieu, l’Unique, Qui n’a pas d’associé (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika Lah) (…) »

 (Hadith rapporté par Malik dans son livre Al-Mouwatta’)

 

Le grand spécialiste de la Science du Hadith, l’Imam Mouslim, que Dieu l’agrée, évoquant à son tour le mérite du témoignage, rapporte cette autre citation du Prophète :

الإسْلاَم يَهْدِمُ مَا قَبْلَه (…).

ce qui signifie :

« L’Islam efface tout ce qui le précède (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui veut dire que par son entrée dans l’Islam, le nouveau converti est assuré de l’effacement de tous les péchés qu’il avait commis auparavant.

 

 

4. LA PREMIERE OBLIGATION

De cette obligation d’ordre individuel, qui est à la charge de chaque personne responsable [9], Dieu dit :

] يا أيها الذين آمنوا آمنوا بالله ورسوله والكتاب الذي نزّل على رسوله والكتاب الذي أنزل من قبل ومن يكفر بالله وملائكته وكتبه ورسله واليوم الآخر فقد ضل ضلالا بعيدا [

 

ce qui signifie :

« Ô vous qui avez cru ! Restez attachés à la croyance en Dieu et en Son Messager, au Livre qu’Il lui a révélé –c’est-à-dire le Qour’an– et à ceux qu’Il a fait descendre auparavant. Celui qui commet de la mécréance envers Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers et concernant le Jour Dernier se trouve dans un terrible égarement. »

 (Qour’an 4/136)

 

C’est dans ce sens que l’éminent savant du Salaf [10], l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a dit :

أول ما يجب على العبد العلم بالله ورسوله ودينه.

ce qui signifie :

« La première obligation qui incombe à tout esclave de Dieu est de connaître Dieu, Son prophète et la Religion qu’Il agrée. »

 

La croyance est un tout, c’est-à-dire qu’elle est globale et indissociable. En effet, à la demande [11] de l’ange Gabriel : « Informe-moi sur la foi », le Prophète r a répondu :

(…) أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّه ِ(…)

ce qui signifie:

«  (…) La foi est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour du Jugement et à la Prédestination du bien et du mal (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ceci implique la croyance en tout ce que le prophète Mouhammad r a annoncé et énoncé de la part de Dieu, qu’il s’agisse de la question posée dans la tombe, des supplices et des délices de celle-ci, de la résurrection des morts, du Jour du Jugement, du Paradis et de ses délectations, de l’Enfer et de ses terribles châtiments, etc.


CHAPITRE 1

croyance en dieu

La religion musulmane ne repose pas sur des bases incohérentes et incomplètes. Au contraire, la raison saine est parmi les plus solides de ses soutiens, tandis que le Qour’an, la Tradition du Prophète r, l’unanimité des savants musulmans (‘ijma^) et le qiyas [12] en sont la référence.

 

Aussi, l’Imam Al-Ghazaliyy [13] dit-il :

لا تصحّ العبادة إلاّ بعد معرفة المعبود.

ce qui signifie :

« L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui qui mérite d’être adoré (c’est-à-dire Dieu). »

 

Autrement dit, celui qui croit que Dieu est une lumière –le contraire de l’obscurité–, qu’Il est assis sur le Trône [14], ou qu’Il est partout par Sa Réalité comme l’air, etc., celui-là n’adore pas Dieu, mais quelque chose issue de son imagination. C’est dire que Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car l’imagination est une création, et ce qui est créé n’a aucune ressemblance avec le Créateur.

Il faut donc avoir une croyance en Dieu correcte, celle qui sauve du châtiment éternel de l’Enfer. Ainsi, Dieu dit à Son prophète :

 ] فاعلم أنه لا إله إلاّ الله واستغفر لذنبك وللمؤمنين والمؤمنات (…) [

ce qui signifie :

« Sache (Mouhammad) qu’il n’est de dieu que Dieu, et demande le pardon pour ton péché [15] et pour les Croyants et les Croyantes (…). »

 (Qour’an 47/19)

 

Ce verset du Qour’an fait ressortir deux sortes de sciences :

– La science qui traite de l’unicité de Dieu, par la parole qui signifie : « Sache qu’il n’est de dieu que Dieu (). »

– La science qui traite des règles d’application, car la parole qui signifie « ()demande le pardon pour ton péché() » fait référence à l’application, à la pratique.

 

Par ce verset, Dieu ordonne à Son prophète r d’accorder la priorité à l’étude de la science qui traite de la croyance sur celle des règles d’application. De ce fait, le Prophète r dit :

(…) إِنِّي لأ علمهم بالله وأشد هم لَهُ خشية (…)

ce qui signifie :

«  (…)Je suis celui qui a  meilleure connaissance de Dieu et qui Le craint le plus.(…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Les compagnons du Prophète r, à son exemple, ont accordé plus d’importance à la science de la croyance qu’aux autres sciences de la Religion. Ainsi, le Spécialiste de la transmission du Hadith Ibnou Majah a rapporté dans son livre « Sounan Ibni Majah » que le compagnon Joundoub, fils de ^Abdou l-Lah, que Dieu l’agrée, a dit :

كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ فِتْيَانٌ حَزَاوِرَةٌ فَتَعَلَّمْنَا الإِيمَانَ قَبْلَ أَنْ نَتَعَلَّمَ الْقُرْآنَ ثُمَّ تَعَلَّمْنَا الْقُرْآنَ فَازْدَدْنَا بِهِ إِيمَانًا.

ce qui signifie :

« Nous étions avec le Prophète r, alors que nous étions proches de la puberté, et nous avons appris la croyance avant d’apprendre le Qour’an. Puis nous avons appris le Qour’an, ce qui nous a renforcés dans la croyance. »

 

C’est pour cela que l’Imam Al-Ghazaliyy a dit que l’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré. Et l’Imam Ar-Rifa^iyy [16] de préciser :

غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان.

ce qui signifie :

« La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Dieu est la certitude de Son existence sans référence à l’espace ni au comment. »

 

Il s’agit donc d’une connaissance qui permet, sans faire appel à la localisation, de distinguer le Créateur de toute chose, Qui n’a ni début ni fin et Qui n’a besoin de rien, des créatures qui sont dans une totale dépendance. C’est en cela que la fameuse citation du premier Calife Abou Bakr, que Dieu l’agrée, est très instructive :

العَجزُ عَن دَرَكِ الإدراكِ إِدرَاكُ

                                                  والبحثُ عن ذاتِهِ كفرٌ وإشراكُ

ce qui signifie :

« S’avouer incapable de cerner la Réalité de Dieu, c’est la vraie compréhension. Et chercher à connaître cette Réalité, c’est de la mécréance et de l’association. »

(Rapporté par Badrou d-Din AzZarkachiyy Ach-Chafi^iyy)

 

En effet, en cherchant à connaître la réalité de Dieu, quelqu’un établirait des comparaisons et des parallèles, ce qui est déraisonnable et illogique, car Dieu est absolument différent de Ses créatures. En d’autres termes, Dieu seul sait Sa Réalité et celle de Ses attributs. Dès lors, connaître Dieu pour les créatures que nous sommes, passe par la confirmation de Ses attributs et par la négation de ce qui n’est pas digne de Lui.

 

Il faut donc croire, sans doute aucun, que Dieu a des attributs.

Pour faire un rapprochement d’idées, prenons un exemple. Si l’on dit à quelqu’un de fabriquer une montre, il ne pourra le faire que s’il possède les connaissances nécessaires. À supposer qu’il maîtrise cette science, mais n’en a pas la capacité physique –s’il est paralysé, par exemple– il n’y parviendra pas. Et s’il possède la connaissance et la capacité mais pas la volonté, il n’y arrivera pas non plus. Ainsi pour exister, ce monde a besoin, à plus forte raison, d’un Créateur Qui a les attributs de la science, de la puissance et de la volonté.

 

Dieu a fait exister ce monde après le néant et n’a aucune ressemblance avec lui ; Il n’a pas besoin d’un endroit, Il ne s’incarne pas et ne se fatigue pas, Il n’a pas de ressemblance avec les hommes ni avec les anges. Il n’est pas une matière, Il n’est donc pas concerné par la forme ni par les limites. Il est différent de toute Ses créatures. Son existence n’a pas de commencement.

 

Dieu a donc des attributs. C’est pourquoi les savants musulmans ont dit qu’il est obligatoire d’en connaître treize, qui sont fréquemment cités dans le Qour’an, soit directement, soit par leur signification. À savoir :

 

  1. L’existence (Al-Woujoud)
  2. L’exemption de début (Al-Qidam)
  3. L’exemption de fin (Al-Baqa)
  4. L’unicité (Al-Wahdaniyyah)
  5. La non ressemblance avec les créatures (Al-Moukhalafatou li l-Hawadith)
  6. La science (Al-^Ilm)
  7. La puissance (Al-Qoudrah)
  8. La volonté (Al-Machi‘ah)
  9. La vue (Al-Basar)
  10. L’ouïe (As-Sam^)
  11. La parole (Al-Kalam)
  12. La vie (Al-Hayat)
  13. Le non-besoin (Al-Qiyamou Bin-Nafs)

1. L’EXISTENCE

Il est connu des gens de la droiture que Dieu a des attributs éternels qui sont dignes de Lui ; l’existence en est un.

 

Dieu Qui est exempt d’imperfection dit :

(…) أفي الله شك (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Douterait-on de l’existence de Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 14/10)

 

Il faut donc croire que l’existence de Dieu est indubitable, et n’a pas de commencement, c’est-à-dire qu’elle n’est pas précédée par le néant, et qu’elle n’a pas de fin, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas affectée par l’anéantissement.

Le Prophète r a dit :

(…) كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ

ce qui signifie :

«  (…) Dieu existe de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Le Trône fut sur l’eau –c’est-à-dire que Dieu a créé le Trône à partir de l’eau qui fut donc la première créature– (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

À travers ce Hadith, le Prophète r confirme l’existence de Dieu avant toute création. De ce fait, quiconque nie l’existence de Dieu est un athée ; comme cet instituteur qui a dit un jour que Dieu n’existait pas, et partant que ce monde n’a pas été créé. Profitant de son absence, un de ses élèves a dessiné un âne au tableau avec le nom de l’instituteur inscrit dessus. À son retour, il fut accueilli par des éclats de rire. Fou de rage, il chercha à connaître l’auteur de ce dessin. Sur ce, un élève se leva et dit que le dessin s’était fait lui-même –c’est-à-dire d’après vous–.

 

Ainsi, cet élève venait de confirmer, à sa façon, ce que tout le monde sait, à savoir que tout acte relève forcément d’un auteur. Par conséquent, il serait impossible d’imaginer l’existence d’un écrit sans personne qui écrive, ou d’un bâtiment sans personne qui bâtisse. En effet, la raison ne peut que rejeter l’idée qu’une encyclopédie puisse résulter d’une déflagration survenue dans une imprimerie, ou qu’un immeuble, avec toutes ses structures, surgisse subitement de Terre à la suite d’une secousse tellurique. De même, on ne saurait imaginer un bateau lourdement chargé, cheminant droit sur une mer agitée, avec des vents portants et tourbillonnants, sans l’aide d’un bon et vaillant capitaine. Que dire alors de cet Univers qui évolue dans une organisation parfaitement cohérente !

 

Un savant, à qui les gens avaient demandé la preuve de l’existence de Dieu, a dit : – Ne constatez-vous pas que toutes les feuilles du mûrier se ressemblent par l’odeur, la couleur et le goût ?

– Bien sûr, répondirent-ils.

– Alors, ajouta-t-il, la brebis mange ses feuilles et donne du lait ; le ver s’en nourrit également et fournit de la soie ; quant à certains cervidés –-notamment le chevrotain porte musc–, en les consommant, ils produisent du musc.

 

Ainsi à partir d’une même plante, il se dégage des choses qui diffèrent dans leur aspect et leur consistance. En effet, le lait est différent de la soie, qui à son tour se distingue du musc. Dès lors, il est évident que c’est un Créateur qui a non seulement créé cette plante mais qui l’a transformée –à travers ces animaux– en des choses différentes de goût, d’odeur, de couleur et même d’utilité. Et ce Créateur n’est autre que Dieu Qui est exempt d’imperfection. Gloire à Lui, le Tout-puissant !

 

Cela nous amène à constater l’absurdité de la théorie du « Big-bang » selon laquelle la nature, qui n’a ni volonté ni science, aurait tout créé. C’est prétendre qu’une chose puisse être à la fois antérieure et postérieure à elle-même. Ainsi, l’existence de l’Univers dans toute sa complexité, sa beauté et son ordonnance, témoigne de l’existence de Dieu.

 

Le musulman croit donc en l’existence de Dieu, une existence qui n’a ni commencement ni fin et qui est différente de celle de Ses créatures. Car l’Unique Créateur de toute chose existe sans rapport avec le temps et l’espace, c’est-à-dire que Son existence ne dépend d’aucune circonstance de lieu, de temps ou de manière.

 

Par conséquent

Dieu est l’Éternel. Nul temps ne Le limite et nul lieu ne Le circonscrit.

Dieu n’est pas un corps, car Il serait limité.

Dieu n’est pas une substance, car Il serait localisable.

Dieu n’est pas accidentel, car Il aurait besoin d’un créateur.

Dieu n’est pas composé, car Il serait divisible.

Dieu n’a pas d’organes, car Il serait imaginable et représentable.

Dieu n’est ni ténèbres, ni lumière.

 

En effet, Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء وهو السميع البصير [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –ou bien Rien n’a de ressemblance avec Lui d’aucun point de vue– , et Il est Celui Qui entend et Qui voit. »

 (Qour’an 42/11)

2. L’exemption de debut

Dieu dit :

] هو الأول (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Dont l’existence n’a pas de commencement (…). »

 (Qour’an 57/3)

 

Une traduction littérale –exclue– donnerait que Dieu serait le premier. Or la primauté de l’existence de Dieu est absolue et atemporelle, alors que la primauté des créatures est relative au temps. Ainsi on dira d’Adam qu’il est le premier des êtres humains, tandis que Dieu est premier dans le sens que Son Existence n’a pas de commencement.

 

Il faut donc croire que Dieu, comme tous Ses attributs, n’a pas de commencement. Par conséquent, Son existence n’est pas relative au temps. Elle ne Lui a pas été attribuée et n’est pas précédée par quelque chose. Car tout ce qui a un commencement a besoin de quelqu’un qui lui a donné l’existence. Or le besoin contredit la divinité, parce qu’il indique une dépendance, c’est-à-dire une imperfection. Donc si Dieu avait besoin de Ses créatures, Il ne pourrait pas les créer. Mais Dieu, le Glorieux, n’a pas besoin de Ses créatures, ni avant, ni après la création de celles-ci.

 

C’est pourquoi nous disons que l’exemption de début de Dieu n’a aucun rapport avec le temps [17], car encore une fois, le Créateur de toute chose existe avant le temps. De ce fait l’Imam Abou Hanifah, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

وصفاته في الأزل غير محدثة ولا مخلوقة ، فمن قال : إنها مخلوقة أو محدثة ، أو وقف فيها ، أو شك فيهما فهو كافر بالله تعالى.

ce qui signifie :

« Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement et ne sont pas créés. Celui qui dit qu’Ils sont créés ou qu’ils ont un commencement, de même que celui qui ne se détermine pas sur la question ou qui en doute a commis de la mécréance envers Dieu Qui est exempt d’imperfection. »

 

Dieu est donc le seul qui a l’attribut de l’exemption de début.

 

Ainsi, pour prouver aux philosophes qu’il est impossible que le monde soit une succession de choses sans commencement, les savants dans la Science de la croyance (At-Tawhid) ont donné l’exemple suivant : – Si quelqu’un dit : “Tel jour, je ne donnerai un franc à Untel que si je lui en ai déjà donné un, que je ne lui aurai donné que si je lui en avais déjà remis un autre… et ainsi de suite”. Il est clair, dans cet exemple, que la pièce promise ne sera jamais donnée car le don est lié à quelque chose d’inexistant, à savoir un commencement de ce don. Or ce qui est suggéré ici, c’est qu’il ne débute jamais.

C’est dire que si ce monde était une succession de choses sans début, il n’existerait pas à présent ; mais puisqu’il existe, cela prouve qu’il a un début.

 

Règle

Tout, excepté Dieu et Ses attributs, a un commencement.

3. L‘exemption de fin

Dieu dit :

] كل من عليها فان  ويبقى وجه ربك ذوالجلال والإكرام [

ce qui signifie :

« Tout ce qui est sur Terre est voué à une fin mais Dieu –Qui est sans endroit– existe éternellement. »

 (Qour’an 55/26-27)

 

Dieu, tout comme Ses attributs, n’a pas de fin. En effet, la raison impose que Dieu, Dont l’existence n’a pas de commencement, soit exempt de fin. Il est le Vivant Qui ne meurt pas, et Sa vie n’est ni acquise ni précédée, ni par quelque chose ni par le néant.

 

Remarque

La non- fin du Paradis et de l’Enfer est confirmée par les Textes (le Qour’an et les Hadith). Ainsi bien qu’ayant un commencement, ce n’est que par la volonté de Dieu qu’ils subsistent éternellement ; sans quoi, étant des créatures, il est possible rationnellement qu’ils s’anéantissent. Mais Dieu a voulu pour eux la pérennité.

 

Règle

Seul Dieu est Éternel en Soi.

4. L’unicité

Dieu a dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

 

L’Imam Abou Hanifah, que Dieu l’agrée, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

والله تعالى واحد لا من طريق العدد ولكن من طريق أنه لا شريك له.

ce qui signifie :

« Dieu est Unique, non pas du point de vue du nombre, mais dans le sens qu’Il n’a pas d’associé. »

Car mathématiquement parlant, le nombre 1 est divisible par 2 ce qui donne 2 demis, par 3 ce qui donne 3 tiers, etc.

Sachez donc que le devoir le plus fondamental de chaque moukallaf (voir définition en page 25) est de croire en l’unicité de Dieu sans rien Lui associer, c’est-à-dire reconnaître que Dieu est :

 

– Unique du point de vue de Sa Réalité

•   Il n’a point d’associé

• Il ne se divise pas

• Il n’est pas composé

• Rien n’est tel que Lui

– Unique du point de vue de Ses attributs

Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement, c’est-à-dire qu’Ils ne sont pas créés. Car si Dieu avait un attribut créé, cela voudrait dire qu’Il change : celui qui change a besoin de quelqu’un qui le fait changer. Et celui qui a besoin de quelqu’un d’autre est une créature et non le Créateur Qui existe avant toute créature, sans les créatures. Or le fait de dire que Dieu aurait acquis un attribut signifierait que cet attribut lui aurait manqué, ce qui indiquerait une imperfection. Celui qui n’est pas parfait ne peut être Dieu dont les attributs :

 

•   sont uniques

   sont parfaits

            ne changent pas

   ne sont pas accidentels, c’est-à-dire créés

   ne sont pas occasionnels

            ne sont pas contingents

            ne sont pas précédés par le néant

 

Rien ni personne ne peut avoir un ou plusieurs attributs de Dieu.

 

– Unique du point de vue de Son acte

Lorsqu’on dit, par exemple, que Dieu est l’Unique Créateur, cela signifie qu’Il est Le seul à pouvoir faire exister toute chose après le néant. Dieu a la puissance de créer ce qu’Il veut sans que nul ne puisse s’opposer à l’accomplissement de Sa volonté.

Le fait de créer la créature n’a pas ajouté à Dieu un attribut qu’Il n’aurait pas eu ; c’est dire que Dieu avait l’attribut d’être Créateur avant la création du monde. De même qu’Il avait l’attribut de donner la vie et celui de donner la mort avant qu’il n’y ait de vivants et de morts ; ce n’est pas après avoir fait vivre ou mourir quelqu’un que Dieu a acquis ces attributs-là.

 

Ainsi, Abou Hanifah a dit :

والفعل صفة في الأزل والمفعول مخلوق.

ce qui signifie :

« L’acte de Dieu est un attribut qu’Il a de toute éternité, mais ce sont les manifestations de Son acte qui sont créées. »

 

Tout ce que les gens possèdent –enfants, biens matériels ou autres moyens de subsistance– provient de Dieu. En effet, Dieu dit :

] وما بكم من نعمة فمن الله (…) [

ce qui signifie :

« Tout ce que vous avez comme bienfait provient de Dieu (…) »

 (Qour’an 16/53)

Ou encore :

] إن الله هو الرزاق (…) [

ce qui signifie :

« Dieu est Le seul Dispensateur de tous les biens (…) »

 (Qour’an 51/58)

5. LA NON RESSEMBLANCE AVEC LES CREATURES

Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…) »

 (Qour’an 42/11)

 

L’Univers est de Dieu par création et non par engendrement ou par émanation. Donc Dieu n’est pas au monde ce que la terre est à l’arbre, ou ce que l’arbre est au bois, ou le bois à la table. Parce que la table vient du bois, le bois de l’arbre, l’arbre de la terre par un cycle de transformations successives voulu et créé par Dieu. Par conséquent, l’Univers qui forme l’ensemble des choses créées est tout autre que Dieu, rien n’a de ressemblance avec le Créateur :

 

– Ni du point de vue de Sa Réalité (Dhat)

Il n’est ni une lumière –le contraire de l’obscurité– ; ni un esprit ; ni un corps impalpable, ni un corps palpable, ni une matière, ni une particule, ni un homme, ni une étoile, ni aucune autre chose de la création.

 

Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car notre imagination est l’une de Ses créations.

 

– Ni du point de vue de Son acte (Fi^l)

L’acte de Dieu n’a pas de commencement, tandis que tout autre acte est une création. Et Il fait exister toute chose après le néant en lui donnant l’existence sans que cela soit par le toucher, le mouvement, la proximité ou l’éloignement.

 

– Ni du point de vue de Ses attributs (Sifat)

En effet, Dieu S’est fait connaître par Ses attributs pour que Ses créatures affirment Son existence et proclament Son unicité, excluant ainsi de chercher à Le connaître par analogie. Car les attributs de Dieu sont sans aucune comparaison ni ressemblance. Il est exempt du fait d’avoir des dimensions, des limites, des repères, des membres ou des organes petits ou grands. On ne peut donc pas se représenter ni imaginer Dieu. Il est impossible de Lui attribuer :

 

•   le fait de s’asseoir

• l’immobilité ou le mouvement –tous deux liés à l’espace et au temps qui sont des créations–

• les sentiments –émotion, envie, etc.–

• le changement

• le sommeil

• la fatigue –comme l’ont prétendu certains égarés–. À ce propos, Dieu dit :

] ولقد خلقنا السمـوات والأرض وما بينهما في ستة أيام وما مسنا من لغوب [

ce qui signifie :

« Certes, Nous (Dieu) avons créé les cieux et la Terre et ce qui est entre eux dans six jours, sans que nulle fatigue Nous ait touché. »

 (Qour’an 50/38)

 

Remarque

Dieu a créé l’Univers sans nul besoin, ni rien qui L’y oblige. Il a donné existence aux mondes sans modèle préexistant. Il n’est pas en contact, par le toucher, avec les choses. Tout est facile pour Dieu, parce qu’Il est le Tout-puissant. Dès lors, l’une des sagesses de la création des cieux et de la terre dans six jours est de nous enseigner la patience. Autrement Dieu, Le Tout-puissant aurait pu tout faire exister en un seul instant, s’Il l’avait voulu. Car notre création et notre résurrection à tous sont pour Lui comme celles d’un seul être.

6. LA SCIENCE

Dieu dit :

] قالوا سبحانك لا علم لنا إلا ما علمتنا إنك أنت العليم الحكيم [

ce qui signifie :

« (Les anges) dirent : “Soubhanak » –c’est-à-dire Dieu, Toi Qui es exempt de toute imperfection– ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous fais savoir. »

 (Qour’an 2/32)

Dieu est le Celui Qui sait tout et, par Sa science qui est éternelle –c’est-à-dire sans commencement ni fin–, Il sait toutes choses dans les moindres détails avant de les créer ; et outre cela, Il sait Sa propre réalité et celle de Ses attributs.

 

La science de Dieu ne change pas et elle n’est pas, comme la nôtre, précédée par l’ignorance. En effet, l’être humain est créé dans le ventre de sa mère d’où il sort complètement ignorant. Puis petit à petit il grandit, se transforme, apprend à marcher et à parler. Il va acquérir des connais­sances qui s’enrichiront par étapes. Cette mutation l’acheminera de l’enfance à la vieillesse en passant par l’adolescence. Ainsi, il aura évolué d’un état de faiblesse à celui de la pleine force, avant de revenir à l’état de faiblesse. Il est illogique et déraisonnable de croire que l’être humain est l’auteur de sa propre transformation, ou que celle-ci soit l’œuvre du père sur son fils. De même, il est inconcevable que la nature, qui est elle-même une création, soit à l’origine de tels changements. Ainsi donc apparaît la nécessité que toutes ces mutations soient dues à Celui Qui a les attributs de la vie, de la science, de la puissance, de la volonté, et Dont l’existence est éternelle : c’est Lui Qu’on appelle Dieu, ou Allah ; Il sait tout de toute éternité, le passé, le présent et le futur.

C’est dire que rien ne Lui est caché et qu’Il sait toute chose dans les moindres détails.

 

Règle

La Science de Dieu, qui n’a ni commencement ni fin, englobe toute chose.

7. LA PUISSANCE

Dieu dit :

] إن الله على كل شىء قدير [

 

ce qui signifie :

« Certes, Dieu a la puissance parfaite sur toute chose. »

 (Qour’an 2/20)

 

Dieu est le Tout-puissant et, par Sa puissance qui n’a ni commencement ni fin, Il crée et anéantit les choses, selon Sa science et Sa volonté.

Rien ni personne n’échappe à la puissance de Dieu, et nul ne peut secourir celui qu’Il veut châtier.

 

Remarque

Le jugement rationnel –selon la raison– est de trois sortes :

 

1) Le nécessaire, c’est ce dont la raison ne peut concevoir l’inexistence ou l’anéantissement : il s’agit de Dieu et de Ses attributs.

 

2) Le possible rationnel (ou le contingent), c’est ce dont la raison peut concevoir l’existence ou la non-existence, comme le monde et tout son contenu. Ainsi, la raison accepte notre existence ici-bas à un moment donné et notre inexistence ailleurs à un autre moment.

 

3) L’impossible rationnel se rapporte à ce dont la raison ne conçoit pas l’existence, comme un associé à Dieu, ou comme le fait que quelqu’un puisse être mort et vivant en même temps.

 

Cela posé, la puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il fait exister ou anéantit. De ce fait, elle ne concerne que le possible rationnel.

 

S’agissant de l’impossible rationnel ou du nécessaire, il n’est pas permis de dire que Dieu est capable ou incapable de créer ce à quoi ces notions se rapportent. En effet, pour faire un rapprochement d’idées, ce n’est pas parce que l’on ne peut pas attribuer la science à un caillou qu’il est ignorant ; car l’ignorance tout comme la science ne concernent pas les corps inertes.

À ceux qui disent que Dieu Qui est exempt d’imperfection est capable d’avoir un enfant car le contraire indiquerait une impuissance de sa part, nous répondons que cette affirmation est un non sens parce que l’enfant pour Dieu relève de l’impossible rationnel, qui n’est pas concerné par la puissance de Dieu.

Il est aussi des athées qui demandent si Dieu est capable de créer Son pareil. Là encore, il s’agit d’une impossibilité rationnelle dont l’existence est rejetée par la raison. La preuve en est que Dieu n’a pas de commencement et que s’Il avait un pareil à Lui, cela voudrait dire que ce pareil n’aurait pas non plus de commencement. Or celui qui n’a pas de commencement n’est pas créé.

Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est impossible que Dieu ait un enfant ou qu’Il se soit créé Lui-même qu’il y aurait là une preuve d’impuissance de Sa part, car encore une fois Sa puissance ne concerne pas l’impossible rationnel ni le nécessaire selon la raison.

 

Règle

Dieu a le pouvoir de créer tout ce qui peut exister du point de vue de la raison, de même que d’anéantir tout ce qui est anéantissable.

8. LA VOLONTE

Dieu dit :

] (…) والله غالب على أمره (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Dieu (…). »

 (Qour’an 12/21)

 

Dieu, par Sa volonté qui n’a ni commencement ni fin, attribue aux choses –à ce qui est contingent– leurs caractéristiques –genre, espèce, qualité, etc.–.

La volonté de Dieu ne concerne donc ni le nécessaire ni l’impossible rationnel, mais seulement le possible rationnel. Un tableau par exemple peut être noir, blanc, vert, etc. ; il y a plusieurs couleurs possibles pour ce tableau. Le fait d’avoir la couleur noire au lieu d’une autre couleur pourtant possible, résulte de l’attribution de Dieu. Il en est de même pour la forme du tableau. Ainsi, telle chose est blanche et non rouge, grande et non petite ; telle personne est riche et non pauvre, etc.

 

Rien ne peut avoir lieu sans la volonté de Dieu, car Il dit :

] وما تشاءون إلا أن يشاء الله رب العالمين [

ce qui signifie :

« Et vous –les créatures– ne voulez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »

(Qour’an 81/29)

 

En effet, notre volonté étant créée, elle n’existe que grâce à Dieu. Par conséquent l’homme a une volonté, mais elle est subordonnée à la volonté de Dieu, de sorte qu’il ne voudra que ce que Dieu a voulu qu’il veuille.

C’est ce que l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy [18] exprime en disant :

 غلبت مشيئته المشيئات كلها (…)

ce qui signifie :

« La volonté de Dieu se réalise au détriment de toute (autre) volonté (…) »

 

Donc :

   Tout est régi par la volonté de Dieu

   Ce que Dieu veut sera, ce que Dieu ne veut pas ne sera pas –qu’il s’agisse du bien, du mal, des corps, du mouvement, du repos, etc.–

   On ne s’épargne le mal –péché, maladie, etc.– que par la préservation de Dieu, et on ne fait le bien que grâce à Son aide

Aucune créature, pas même les prophètes, ne peut quoi que ce soit sans la volonté de Dieu

 

Par conséquent

Rien ne mérite l’adoration si ce n’est Dieu seul.

9. LA VUE

Dieu dit :

] (…) والله بما تعملون بصير [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu voit parfaitement ce que vous faites. »

 (Qour’an 3/156)

 

Dieu voit toute chose visible, que nous puissions la voir ou pas. Mais Sa vue, qui n’a ni commencement ni fin, n’a pas de ressemblance avec la nôtre ; Il voit sans l’intermédiaire d’organes –œil, iris, cornée, pupille, etc.– et Sa vue n’est pas conditionnée par la lumière, la réfraction, la réflexion, l’obscurité, la distance, la direction, etc. L’être humain au contraire a besoin pour voir,de l’organe de la vue –un œil ou des yeux–, il a besoin de disposer de lumière, de regarder dans une direction et d’être situé à une distance donnée par rapport à la chose à voir. En effet, on ne peut voir quelque chose derrière soi qu’avec un rétroviseur ou un autre intermédiaire. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni partout, voit tout sans aucune notion de distance, car la distance marque la limite entre deux corps. Et Dieu n’est pas un corps.

 

10.L’OUÏE

Dieu dit :

] أم يحسبون أنا لا نسمع سرهم ونجواهم بلى (…) [

ce qui signifie  :

 « Pensent-ils que Nous (Dieu) n’entendons pas leurs secrets et leurs confidences ? Mais si ! (…). »

 (Qour’an 43/80)

 

Dieu entend tout ce qui peut être entendu, qu’il s’agisse de choses que nous pouvons entendre ou pas. Et Son ouïe, qui est sans commencement ni fin, n’a aucune ressemblance avec la nôtre. En effet, l’homme ne peut entendre qu’au moyen d’organes appropriés –oreilles, conduit auditif, tympan, etc.– qui succombent parfois à l’assaut de la maladie ou de l’âge. En outre, le son que nous percevons doit être émis à une certaine fréquence et intensité pour être audible sans nuisance, car d’après les observations, à cent quatre-vingts décibels, les tympans éclatent. Ainsi, une explosion peut induire des lésions auditives irréversibles. L’intensité du son n’est pas seule en cause, la durée d’exposition est aussi nuisible. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni dans tous les endroits, et Qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, entend tout.

 

Nous pouvons donc nous adresser à Lui sans passer par un intermédiaire. Ce qui n’exclut pas de Lui demander de nous accorder un bienfait par le rang du Prophète Mouhammad r ou par le degré d’un saint.

11.LA PAROLE

D’un verset du Qour’an, nous comprenons que Dieu dit :

] (…) وكلم الله موسى (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu a parlé assurément à Moïse.(…) »

 (Qour’an 4/164)

 

C’est dire que Dieu a l’attribut de la parole mais, comme tous Ses autres attributs, elle n’a pas de ressemblance avec la nôtre et ne nécessite aucun organe phonatoire. En effet, Dieu n’a pas de bouche et Sa parole qui est de toute éternité, c’est-à-dire sans commencement ni fin, ne comporte ni lettres, ni mots ; ce n’est ni une langue –l’arabe, le grec, l’hébreux, le français, etc.– ni un langage sonore ou vocal.

 

Moïse u a donc entendu cette parole sans l’émission d’une voix, et il en a compris ce que Dieu a voulu qu’il comprenne. Par la suite, il a communiqué le message reçu en s’exprimant dans la langue de son peuple qui était l’hébreux. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبين لهم (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) n’avons pas envoyé de Messager qui ne parle la langue de son peuple –auquel il a été envoyé–, et cela afin qu’il leur explique le message dont il est chargé. Ainsi il leur sera facile de le comprendre(…). »

 (Qour’an 14/4)

 

Remarque

Ainsi, affirmer que le Qour’an, la Torah ou l’Évangile (et non les évangiles) sont la parole de Dieu veut dire deux choses :

 

1. Soit qu’il s’agit de la parole de Dieu qui est Son attribut ; dans ce cas cette parole n’est ni en arabe, ni en une autre langue, ne s’exprime pas par des lettres ni une voix, n’a pas de ressemblance avec la nôtre, n’a pas de commencement et n’est pas quantifiable.

 

2. Soit qu’il s’agit des expressions de cette parole que l’on peut trouver dans les Livres Saints. C’est à travers ces expressions qu’on comprend ce que Dieu dit par Sa parole éternelle, qui n’est pas composée de lettres et qui n’est ni une voix ni un langage. Pour faire un rapprochement d’idées, si nous écrivons au tableau les mots Allah, Dieu ou God, cela ne signifie pas que Dieu s’incarne sur le tableau, ou qu’il y aurait trois dieux. Au contraire, il s’agit de trois expressions indiquant que nous parlons du Créateur Qui n’est pas ces lettres écrites. C’est dans ce sens que nous disons que les versets qu’on trouve dans le Qour’an expriment la parole de Dieu. Ainsi, on comprend du verset suivant que Dieu dit :

] وإن أحد من المشركين استجارك فأجره حتى يسمع كلام الله ثم أبلغه مأمنه ذلك بأنهم قوم لا يعلمون [

ce qui signifie :

« Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, car ce sont des gens qui ne savent pas. Puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. »

 (Qour’an 9/6)

 

Il s’agit ici de lui faire entendre l’expression de la parole de Dieu, à savoir les versets du Qour’an, et non pas la parole divine de Dieu, qui est Son attribut. Quant au verset 164 de la sourate 4, qui signifie : « () Dieu a parlé assurément à Moïse », on en déduit que Dieu parle, mais que Sa parole est différente de la nôtre, et c’est bien celle-là que Moïse a entendue.

 

Règle

Par Son attribut qui est la parole –qui n’a ni commencement ni fin–, Dieu, entre autres choses, ordonne, permet, interdit, avertit, informe et annonce la bonne nouvelle.

12.LA VIE

Dieu dit :

] وتوكل على الحي (…) [

ce qui signifie :

« Et place ta confiance en Celui Qui a pour attribut la vie (…). »

 (Qour’an 25/58)

 

Dieu a pour attribut la vie, mais Sa vie –exempte de début et de fin– n’est pas conditionnée comme la nôtre, par un ensemble de choses composées et indispensables, tels que l’âme, la chair, les muscles, les os, le sang, la peau, etc.

 

Dieu a pour attribut la vie et Il n’a besoin de rien, tandis que nous, les mortels, dépendons entièrement de Lui.

 

Règle

Il a pour attribut la vie, une vie ni acquise ni précédée par quelque chose.

13.LE NON BESOIN

Dieu dit :

] يا أيها الناس أنتم الفقراء إلى الله والله هو الغني الحميد [

ce qui signifie :

« Ô vous les hommes ! vous avez besoin de Dieu, et Dieu n’a pas besoin de Ses créatures. »

 (Qour’an 35/15)

 

Toute chose a besoin de Dieu le Suprême, car il n’y a rien qui existe sans Sa création. Notre existence dépend de Lui, c’est Lui –Dieu– Qui nous a fait exister après le néant.

 

Ainsi, tout ce que nous faisons ne peut exister sans la création et la volonté de Dieu.

 

Dieu est l’Éternel (Al-Qadim) Qui n’a jamais cessé d’exister. Il n’a donc besoin de personne pour Lui donner l’existence, la science, ou tout autre de Ses attributs.

 

Il n’est pas un corps pour être porté par quelque chose ou pour dépendre d’un endroit. De ce fait ^Aliyy Ibnou Abi Talib, le cousin du Prophète r, a dit que Dieu a créé le Trône comme manifestation de Sa puissance et non pour le prendre comme endroit pour Lui-même. En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés.

 

Ainsi, pour nous donner une idée de l’immensité du Trône, le Prophète r a dit :

ما السموات السبع في جنب الكرسيّ إلا كحلقة في فلاة، وفضل العرش على الكرسيّ كفضل الفلاة على الحلقة.

ce qui signifie :

« Les sept cieux par rapport au Koursiyy [19] (le Piédestal) ne sont que comme un anneau dans le désert ; et le ^Arch (le Trône) par rapport au Koursiyy est comme le désert par rapport à l’anneau. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

L’Imam Abou Mansour At-Tamimiyy Al-Baghdadiyy rapporte cette parole de ^Aliyy, que Dieu l’agrée, :

كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان.

ce qui signifie :

« Dieu existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Et Il est maintenant –c’est-à-dire après la création de l’espace–, tel qu’Il est de toute éternité –c’est-à-dire sans endroit–. »

 

De même l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy, dans son livre “Al-^Aqidatou tTahawiyyah”, dit :

لا تحويهِ الجهاتُ الستُّ كسائرِ المبتدعاتِ

ce qui signifie :

«  (Dieu) n’est pas, comme les créatures, cerné par les six directions –devant, derrière, haut, bas, gauche et droite–. »

 

Car si Dieu était dans un lieu, Il aurait des dimensions ; et celui qui a des dimensions est une créature et non le Créateur.

 

Quant à l’Ascension du Prophète r, il faut savoir qu’elle n’avait pas pour but de lui faire atteindre un emplacement où se serait trouvé Dieu le Suprême, car une telle croyance fait sortir de l’Islam. Il s’agissait en fait de le glorifier et de l’honorer en lui montrant les merveilles de l’Univers supérieur. En outre, Dieu a voulu que Mouhammad Le voit avec son cœur (et non dans son cœur).

 

Dans les versets où Dieu dit :

] ثم دنا فتدلى  فكان قاب قوسين أو أدنى [

ce qui signifie :

« Puis il s’approcha, toujours plus, jusqu’à n’être éloigné que d’une distance de deux coudées et moins encore  »,

 (Qour’an 53/8-9)

il est question dans ce verset de l’ange Gabriel que le Prophète r a vu pour la deuxième fois, sous sa forme réelle avec ses six cents ailes, sans perdre connaissance, parce que Dieu l’avait auparavant fortifié et renforcé. Alors qu’en le voyant pour la première fois à La Mecque (Makkah) dans un endroit appelé Ajyad, il s’était évanoui.

 

Et l’Imam Ja^far AsSadiq, que Dieu l’agrée, de dire :

من زعم أن الله في شىءٍ أو على شىءٍ أو من شىءٍ فقد أشرك إذ لو كان في شىءٍ لكان محصورا ولو كان على شىءٍ لكان محمولا ولو كان من شىءٍ لكان محدثا.

ce qui signifie :

« Celui qui prétend que Dieu est dans une chose, sur une chose ou issu d’une chose n’est qu’un associateur. Car si Dieu était dans quelque chose, Il serait circonscrit ; s’Il était sur quelque chose, Il serait porté et s’Il était issu d’une chose, Il serait créé (…). »

 

Cette affirmation est en parfaite concordance avec cette invocation du Prophète r, :

(…) اللَّهُمَّ (…) وَأَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىءٌ وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىء (…)

ce qui signifie :

«  (…) Ô mon Dieu ! (…) Tu es AdhDhahir [20], il n’y a donc rien au-dessus de Toi. Et Tu es Al-Batin [21], il n’y a donc rien en dessous de Toi (…). »

 

Al-Bayhaqiyy, à propos de cette invocation, a dit :

وإذا لم يكن فوقه شىء ولا دونه شىء لم يكن في مكان.

ce qui signifie :

« Et puisqu’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui, Il existe donc sans endroit. »

 

Ainsi, tout en sachant ce qui se passe partout –en tous lieux–, Dieu régit tout par Sa volonté, sans s’incarner dans Sa création :

 

•   ni dans les cieux

   ni sur la Terre

ni dans un endroit

ni dans tous les endroits

   ni partout

 

 

Remarque

C’est parce que le Prophète r nous a appris que la direction des invocations est le ciel (qiblatou d-dou^a) que nous levons les mains vers le ciel pour invoquer ; et c’est parce qu’il nous a enseigné que celle de la prière est la Ka^bah à La Mecque que nous nous orientons vers cette Maison sacrée pour prier. Ce qui explique que Dieu, l’unique Créateur de toute chose, existe sans endroit ni direction.

 

Règle importante

Il est nécessaire de croire que Dieu n’a besoin de rien puisqu’Il existe avant toutes Ses créatures et qu’après leur création, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité.


CHAPITRE 2

CROYANCE EN LES ANGES

Dieu dit :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce que Dieu lui a révélé du Qour’an ; de même que les Croyants : tous ont cru en Dieu et en Ses anges (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

D’après sa femme ^A‘ichah, l’Envoyé de Dieu, le prophète Mouhammad r, a dit :

خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ آدَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ

ce qui signifie :

« Les anges ont été créés de lumière, les jinns de la flamme d’un feu pur et ‘Adam de ce qui vous a été décrit. »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

En effet, plusieurs versets du Qour’an font état de la création de notre père Adam et, par voie de conséquence, de tous les autres êtres humains.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن مثل عيسى عند الله كمثل آدم خلقه من تراب ثم قال له كن فيكون [

 

ce qui signifie :

« Jésus –qui a été créé sans père– est pour Dieu à l’exemple d’Adam qui fut créé de terre : Dieu l’a créé sans difficulté aucune »

 (Qour’an 3/59)

 

Il faut croire à l’existence des anges, que Dieu a créés de lumière. Ce sont des êtres impalpables –non palpables– qui sont doués de raison et dotés de la faculté de choisir ; mais ils ne choisissent que l’obéissance à Dieu et Son adoration continuelle. Ils sont tous des musulmans pieux, des saints que Dieu a préservés des péchés. Ainsi :

 

•   ils exécutent en toute obéissance les ordres de Dieu, sans jamais Lui désobéir

•   ils ne mangent et ne boivent pas

•    ils ne dorment pas

•   ils ne se fatiguent pas

• ils ne se marient pas

• ils ne se reproduisent pas

• ils ne sont ni mâles, ni femelles

• ils ont des degrés et des rangs différents

 

Le meilleur de tous est JIBRIL (Gabriel) qui, sur ordre de Dieu, a transmis la révélation aux prophètes. Il est également appelé le Saint-Esprit ou l’Esprit Saint, mais n’est pas associé à Dieu dans la divinité comme certains l’ont considéré à tort.

Les anges sont plus nombreux que les autres créatures, et chacun d’eux accomplit une ou plusieurs fonctions. Parmi eux, citons :

 

MIKAIL(Michaël) qui s’occupe de la pluie et de la végétation.

 

ISRAFIL, à son premier souffle dans le Cor, tous les êtres dotés d’une âme seront comme foudroyés : les uns –’est-à-dire les humains, les jinn, etc.–mourront ; tandis que les autres –les prophètes qui restent vivants dans leur tombe–s’évanouiront, à l’exception de ceux à qui Dieu veut épargner l’évanouissement. C’est au deuxième souffle que tout le monde sera ressuscité.

 

LES PORTEURS DU TRÔNE, nombre de quatre dans cette vie, seront huit dans l’au-delà. Ayant reçu la permission de les décrire, le Prophète r dit que la distance qui sépare le lobe de leur oreille de leur épaule équivaut à celle parcourue en sept cents ans par un oiseau rapide.

 

LES ANGES qui ont pour fonction, par la volonté de Dieu, de transmettre au prophète Mouhammad rAsSalatou wa s-Salam–invocations des musulmans en sa faveur d’élévation en degré et d’apaisement quant au sort de sa communauté–.

 

^AZRAILest l’ange de la mort. C’est lui qui retire les âmes.

 

HAROUTet MAROUTsont deux anges qui ont appris une sorte de magie aux gens, afin qu’ils puissent faire la différence avec le miracle, et éviter ainsi de tomber dans la mécréance (koufr, en arabe).

Ils n’ont jamais désobéi à Dieu et prenaient soin de mettre en garde contre toute forme d’égarement en disant : « Nous sommes une épreuve pour vous. »

 

ISMA^IL le chef des anges du deuxième ciel.

 

Maliksupervise l’Enfer.

 

MOUNKAR  NAKIRsont les anges qui posent la question dans la tombe.

 

RAQIB ^ATIDinscrivent le bien et le mal que nous faisons.

 

RatAIlapaise le cœur de certains musulmans, en le débarrassant de toute angoisse, anxiété et autre mélancolie, etc.

 

RIDWANest le superviseur du Paradis.

 

Il existe dans le septième ciel, exactement à la verticale de la Ka^bah, une Maison honorée pour les gens du ciel, c’est-à-dire les anges. Cette « Demeure Peuplée » (Al-Baytou l-Ma^mour) est quotidiennement fréquentée par soixante-dix mille anges qui viennent y prier et repartent pour ne plus jamais y revenir. Il n’y a que Dieu qui sache le nombre des anges.

 

Les anges sont ailés sous leur véritable aspect. Cependant, ils apparaissent à certains êtres humains agréés par Dieu, comme les prophètes et les saints, généralement sous les traits d’un jeune et bel homme, sans organes génitaux. Ils ne prennent jamais l’aspect d’une femme, contrairement à ce que l’on voit peint sur certains tableaux. En tous les cas, ils n’ont pas de sexe. Tous subiront la mort pour être, par la suite, ressuscités et rassemblés.

 

Des messagers choisis parmi eux leur transmettent les ordres de Dieu. Parmi les choses que nous avons en commun avec eux et les jinn figure l’obligation de croire en Dieu, sans rien Lui associer. En revanche, l’aumône obligatoire et le jeûne sont ordonnés uniquement aux humains et aux jinn. En effet, le statut et la nature des anges étant particuliers, ils ont des règles qui leur sont spécifiques. De plus, les anges, comme les humains, peuvent être des messagers de Dieu, tandis que seuls les hommes peuvent être prophètes.

 

Remarque

De même que le père des humains est Adam, celui des jinn est Iblis [22] qui était avec les anges et adorait Dieu en leur compagnie. Il a été créé d’une flamme pure, comme Dieu le dit :

] وخلق الجان من مارج من نار [

ce qui signifie :

« Dieu a créé les jinn à partir d’une flamme pure. »

 (Qour’an 55/15)

À savoir donc que Satan (Iblis) n’est pas un ange déchu comme d’aucuns l’ont faussement prétendu, mais bien un jinn orgueilleux et maudit qui a protesté contre l’ordre de Dieu. En effet, Dieu dit :

 

] وإذ قلنا للملائكة اسجدوا لآدم فسجدوا إلا إبليس كان من الجن [

ce qui signifie :

« Dieu a ordonné aux anges de se prosterner pour Adam, ils se prosternèrent tous à l’exception de Iblis (Satan) qui appartenait aux jinn (…). »

 (Qour’an 18/50)

 

La prosternation ainsi demandée aux anges était une salutation révérencielle pour Adam, et non une adoration –une extrême humilité– qui ne doit être vouée qu’à Dieu seul.

 

Les musulmans parmi les jinn sont appelés jinn-croyants tandis que les mécréants parmi les jinn sont appelés diables ou démons (Chayatin, pluriel de Chaytan).

 

Mettons-nous en garde contre Satan, notre plus grand ennemi. En effet, Dieu dit :

 

] إن الشيطان لكم عدوفاتخذوه عدوا (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Satan est pour vous un ennemi déclaré, prenez-le donc comme ennemi (…). »

 (Qour’an 35/6)

Dans ce verset, Dieu nous ordonne de considérer Satan comme ennemi. Il faut donc le détester et ne jamais se laisser tromper par ses promesses, car il ne fait qu’appeler ses disciples à l’Enfer. Que Dieu nous en protège !

 


CHAPITRE 3

CROYANCE EN LES LIVRES

Dieu a révélé aux prophètes-messagers les Livres, qui sont Sa parole. En effet, Dieu dit :

] لقد أرسلنا رسلنا بالبينات وأنزلنا معهم الكتاب (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre sur eux les Livres (…). »

 (Qour’an 57/25)

 

À savoir que Dieu est le Créateur de toutes les langues alors que Sa parole n’est pas une langue. Par conséquent, les écrits contenus dans les Livres révélés ne représentent pas en soi l’attribut de Dieu qui est la parole, mais plutôt son expression, par exemple en hébreux pour la Torah, en syriaque pour l’Évangile et en arabe pour le Qour’an.

 

En effet, Dieu n’a pas envoyé de Messagers sans qu’ils parlent la langue de leur peuple, afin qu’ils leur expliquent le message dont ils étaient chargés. Ainsi il a été facile à leur peuple de les comprendre.

 

Le grand compagnon Abou Dharr a demandé au Prophète r :

يا رسول الله، كم كتابا أنزل الله؟ قال : مائة كتاب وأربعة كتب (…)

ce qui signifie :

« Ô Messager de Dieu, combien de Livres Dieu a-t-Il révélé ? » Il répondit : « cent quatre Livres (…). »

 (Rapporté par  Ibnou Hibban)

Il y a donc eu cent quatre Livres révélés, dont les plus connus [23] sont :

 

•   Le Qour’an de Mouhammad r

• La Torah (At-Tawrat) authentique de Moïse u

• L’Évangile (Al-‘Injil) authentique de Jésus u

• Les Psaumes (AzZabour) de David u

 

Mais deux autres sont également cités dans le Qour’an :

•   Les Feuillets [24] d’Abraham u

•    Les Feuillets de Moïse, qu’il a reçus avant la Torah

 

De nos jours, aucun de ces Livres n’existe dans sa pureté originelle, à l’exception du Qour’an, qui subsiste et reste préservé par Dieu, du fait qu’il n’y aura plus de révélation prophétique après Mouhammad r. Il est donc intégralement conservé en arabe, sa langue de révélation, et restera inchangé jusqu’au Jour du Jugement. Car Dieu, Qui l’a fait descendre, a promis de le préserver.

 

Ceux qui se réclament de la Torah ou de l’Évangile n’en ont plus que de pâles copies corrompues, falsifiées et remplies de ce qui éloigne de la vraie croyance en Dieu. Le Qour’an reste donc, pour le monde entier et jusqu’à la fin du monde, le seul Livre de référence stable.

 

Qu’est-ce que le Qour’a?

 

Le Qour’an, le plus beau des récits, est une Révélation du Clément, du Miséricordieux. En effet, on y apprend ceci :

] الله نزل أحسن الحديث كتابا متشابها مثاني تقشعر منه جلود الذين يخشون ربهم ثم تلين جلودهم وقلوبهم إلى ذكر الله (…) [

ce qui signifie :

« Dieu a fait descendre le meilleur des Récits : un Livre dont les passages se ressemblent [25], et où se réitèrent, entre autres, les Promesses et les Menaces. Lorsqu’est mentionnée la Menace de Dieu, la peau de ceux qui craignent leur Seigneur en frissonne, puis leur corps s’adoucit avec leur cœur à l’évocation de Sa Promesse (…). »

 (Qour’an 39/23)

 

Le Qour’an [26] est un Livre sensé, destiné à être médité, dont les versets sont exposés avec sagesse, et que Dieu a voulu en langue arabe. Il est un rappel pour les Croyants, et un moyen par lequel le prophète Mouhammad r annonce la bonne nouvelle aux gens de la droiture, relate l’histoire des communautés qui nous ont précédées, éclaircit les ordres et les interdits de Dieu, et avertit les mécréants d’un châtiment terrible. Cependant, nombreux sont ceux qui, pris par leurs passions, s’en détournent, car un voile couvre leurs yeux, alors que leurs oreilles et leurs cœurs sont scellés.

 

Ainsi, Dieu dit du Qour’an :

] هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات هن أم الكتاب وأخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة وابتغاء تأويله (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Qui a fait descendre sur toi –Mouhammad– le Livre. On y trouve des versets clairs, explicites (Mouhkamat) qui en sont la Matrice et d’autres non explicites (Moutachabihat). Ceux dont les cœurs penchent vers l’erreur s’attachent aux versets non explicites en leur donnant une interprétation fausse, afin de propager l’égarement par goût du désordre et de la discorde (…). »

 (Qour’an 3/7)

Les Versets explicites et non explicites

Définition

1. Un verset clair ou explicite (Al-‘Ayatou l-Mouhkamah) est soit un verset dont le sens visé est clairement connu, soit un verset qui, linguistiquement, ne peut accepter qu’une seule interprétation possible. Tel est le cas des versets suivants, dans lesquels Dieu dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

ou encore

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

 

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…). »

(Qour’an 42/11)

 

2. Le verset à sens complexe, non évident, ou non explicite (Al-‘Ayatou l-Moutachabihah) est un verset dont le sens approprié ne transparaît pas à première vue, ou un verset qui, du point de vue linguistique, a plusieurs interprétations. Pour être valable et acceptée, son interprétation correcte nécessite une connaissance approfondie de la langue arabe, un effort soutenu dans le raisonnement rationnel, le tout en accord parfait et en concordance avec les versets clairs, appelés « matrice » du Livre, c’est-à-dire la référence. Il convient donc de savoir comment se comporter face à de tels versets pour ne pas contredire les versets clairs, ni sortir des règles de l’unicité de Dieu, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures.

 

Ainsi, les gens de la droiture, c’est-à-dire les Sunnites, ont deux méthodes d’approche par rapport aux versets non explicites :

 

a) Les savants des trois premiers siècles (As-Salafou sSalih), dans la plupart des cas, donnaient une interprétation globale en disant :

 

•    Nous croyons à ces versets comme étant du Qour’an

• Ils ont une signification que Dieu sait et qui Lui convient

• Nous ne cherchons pas à en préciser le sens, mais nous les comprenons en les rapportant aux versets clairs

 

L’Imam Ach-Chafi^iyy, d’une phrase, a expliqué cette méthode en disant :

آمنت بما جاء عن الله على مراد الله وبما جاء عن رسول الله r على مراد رسول الله.

ce qui signifie :

Je crois à tout ce qui est venu de Dieu conformé­ment à ce que Dieu a visé ; je crois à tout ce qui est venu du Prophète conformément à ce que le Prophète a visé.

 

Cependant, certains savants du « Salaf » ont parfois précisé le sens des versets non explicites. Ainsi, Al-Bayhaqiyy rapporte que l’Imam Ahmad a interprété le verset dans lequel Dieu dit :

] وجاء ربك والملك صفا صفا [

qui signifie :

«  (wa ja‘a Rabbouka) alors que les anges viendront rang par rang. »

 (Qour’ an 89/22)

Il a dit, pour interpréter (wa ja‘a Rabbouka), qu’une des manifestations de la puissance de Dieu se manifestera alors que les anges viendront rang par rang. Ainsi, la traduction littérale qui donne en français : (Et ton Seigneur viendra ainsi que les anges rang par rang) est inacceptable.

 

En ce qui concerne le verset dans lequel Dieu dit :

] (…) كل شىء هالك إلا وجهه (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Chaque chose est anéantissable, mais Son “wajh” ne le sera pas (…). »

 (Qour’an 28/88)

 

Al-Boukhariyy, dans son livre « Sahih« , a dit que « wajh » ici veut dire le pouvoir et la souveraineté. Ainsi, il a interprété le verset en disant que « Chaque chose est anéantissable en soi, mais Sa souveraineté ne subira pas l’anéantissement ». Alors que « wajh« , dans son sens apparent, signifie visage ou face.

 

Par ailleurs, à propos du verset dans lequel Dieu dit:

] ولله المشرق والمغرب فاينما تولوا فثم وجه الله (…) [

ce qui signifie :

« L’Orient et l’Occident appartiennent à Dieu. Quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez, le “wajh” de Dieu est là (…). »

 (Qour’an 2/115)

 

Al-Bayhaqiyy, dans son livre “Al-‘Asma’ou wa sSifat”, rapporte que Moujahid, l’élève de Ibnou ^Abbas, le cousin du Prophète r, a dit que “wajh” ici veut dire la “Qiblah” de Dieu, c’est-à-dire la direction de la prière. Autrement dit, celui qui voyage sur une monture –cheval, mulet par exemple– peut, tout en poursuivant sa route et sans mettre pied à terre, faire la prière surérogatoire (mais pas l’obligatoire). Dans ce cas, sa qiblah sera n’importe quelle direction prise par sa monture. Ainsi, quelle que soit la direction vers laquelle il se tourne, là sera la direction de sa prière.

 

b) Quant aux savants du « Khalaf AsSalih » –c’est-à-dire les savants qui sont venus après ceux du Salaf–, ayant connu la prolifération d’idées philosophiques à leur époque, ils ont été amenés à commenter de manière détaillée les versets apparemment équivoques [27], afin de protéger la communauté musulmane contre les mauvaises interprétations. Ce faisant, ils ont précisé les significations possibles, qui conviennent à la langue arabe et qui soient conformes aux versets clairs.

Des Exemples De Versets Non Explicites

Dieu dit :

] (…) إليه يصعد الكلم الطيب (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Vers le ciel qui est honoré par Dieu montent les bonnes paroles où elles sont inscrites (…). »

 (Qour’an 35/10)

 

Ce verset signifie que les bons actes et les bonnes paroles seront inscrits dans un endroit du ciel honoré par Dieu.

 

Ou encore :

] الرحمن على العرش استوى [

ce qui signifie :

« Le Miséricordieux domine le Trône. »

 (Qour’an 20/5)

 

Le mot « Istawa » a plus de dix sens dans la langue arabe, dont le sens de redresser (ce qui est courbe), être cuit à point (pour la nourriture), s’asseoir ou s’établir, dominer, préserver. Cela étant, les savants du Khalaf, partant du principe que Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, n’ont pris en considération pour donner une interprétation explicite que les sens qui conviennent à Dieu. Ainsi, on pourra dire : « Le Miséricordieux domine le Trône ».

 

En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, la plus grande création de Dieu ; il constitue le toit du Paradis qui se trouve au-delà du septième ciel, et c’est Dieu Qui le maintient dans cette position élevée. Par conséquent, si le Trône est dominé par Dieu, toute autre chose est à plus forte raison, également dominée par Dieu.

 

Remarque

Toute interprétation du Qour’an qui est en contradiction avec les versets dits de référence –c’est-à-dire clairs– est inacceptable et doit être rejetée.

 

Quoi qu’il en soit, même les versets apparemment équivoques trouvent leur repère dans le Qour’an. Nous devons donc faire preuve de la plus grande prudence à l’égard des soi-disant traductions du Qour’an. En effet la langue arabe, au vocabulaire si riche, présente parfois des multitudes de sens pour un seul et même mot, ainsi que quantité d’idiomes et de tournures qui n’ont pas d’équivalent dans les autres langues. C’est pourquoi la meilleure des explications du Qour’an est contenue dans les Textes eux-mêmes –c’est-à-dire le Qour’an lui-même et les Hadith–.

 

N’oublions pas que le Qour’an est un ultime avertissement, en même temps qu’une heureuse annonce des biens éternels qui sont promis aux Croyants.

 

CHAPITRE 4

CROYANCE EN LES PROPHETES [28]

Louange à Dieu, le Miséricordieux, Qui a envoyé les prophètes pour montrer aux gens le chemin qui mène au bonheur éternel, et Qui les a appuyés et confirmés par des miracles convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents.

 

Dieu dit :

] كان الناس أمة واحدة فبعث الله النبيين مبشرين ومنذرين (…) [

ce qui signifie :

« Les gens formaient à l’origine une seule communauté croyante [29]. Puis après leurs divergences, Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs ; (…). »

 (Qour’an 2/213)

C’est par Clémence et Grâce, et non par obligation, que Dieu nous a envoyé les prophètes, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l’au-delà. Dieu les a choisis et en a fait l’élite de Ses créatures à tous points de vue. Leur envoi est donc une nécessité pour l’intérêt des gens.

 

Croire en tous les prophètes, sans jamais nier la prophétie d’aucun d’entre eux, signifie que les Croyants ne font aucune discrimination entre les prophètes de Dieu. Ce qui n’est pas en contradiction avec le fait que Dieu Qui est exempt d’imperfection, en a élevé certains au-dessus d’autres.

 

Le cycle de la prophétie, inauguré par Adam u, s’est achevé avec le prophète Mouhammad r. En effet, dans son livre « Al-Mousnad« , l’Imam Ahmad rapporte ce Hadith de Abou Dharr, que Dieu l’agrée, dans lequel Abou Dharr dit :

قلت يا رسول الله فأي الأنبياء كان أول قال آدم قلت أو نبيا كان يا رسول الله قال نبي مكلم.

ce qui signifie :

« J’ai demandé au Prophète r : – Qui a inauguré la prophétie ? Il a répondu : – Adam. J’ai dit : – Ô prophète de Dieu, était-il un Messager ? Il a dit : -Oui, c’est un prophète qui a reçu la Révélation. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Le nombre des prophètes est considérable, compte tenu de ce que Dieu dit :

] (…) وإن من أمة إلا خلا فيها نذير [

ce qui signifie :

«  (…) Il n’est pas de communauté qui n’ait déjà reçu un prophète avertisseur. »

 (Qour’an 35/24)

Ou encore :

] ورسلا قد قصصناهم عليك من قبل ورسلا لم نقصصهم عليك (…) [

ce qui signifie :

« Et il y a des Messagers dont Nous (Dieu) t’avons parlé précédemment, et d’autres dont Nous ne t’avons point parlé (…). »

 (Qour’an 4/164)

 

D’après une Tradition rapportée par Ibnou Hibban, Dieu a envoyé cent vingt-quatre mille prophètes [30] (nabiyy) dont trois cent treize prophètes-messagers (raçoul).

Cependant, seuls vingt-cinq d’entre eux sont, à l’unanimité des savants, nommément cités dans le Qour’an. À savoir :

 

Adam (Adam), Idris (Enoch), Nouh (Noé), Houd, Salih, Ibrahim (Abraham), Isma^il (Ismaël), Is-haq (Isaac), Ya^qoub (Jacob), Lout (Loth), Youçouf (Joseph), Ayyoub (Job), Chou^ayb (Jethro), Mouça (Moïse), Haroun (Aaron), Dhou l-kifl, Dawoud (David), Soulayman (Salomon), Ilyas (Élie), Alyaça^ (Élisée), Younous (Jonas), Zakariyya (Zacharie), Yahya (Jean), ^Iça (Jésus), Mouhammad.

 

Que Dieu les honore tous [31] et élève davantage leur degré, et qu’Il préserve leurs communautés de ce qu’ils craignent pour elles !

1. Fonction Des prophètes

La fonction principale des prophètes est d’appeler les gens à suivre l’Islam, en dehors duquel il n’y a point de salut. Car Dieu dit :

] إن الدين عند الله الإسلام (…) [

ce qui signifie :

« Certes, la Religion que Dieu agrée est l’Islam (…). »

 (Qour’an 3/19)

 

C’est dire que la seule et unique voie pour réussir dans cette vie et dans l’autre est celle de l’Islam ; cela d’autant plus que Dieu dit :

 

] ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Celui qui veut une autre religion que l’Islam, elle ne sera jamais acceptée de lui, et il sera dans l’autre monde parmi les perdants. »

 (Qour’an 3/85)

 

L’Islam est donc la religion que Dieu agrée pour Ses esclaves. Et les prophètes, les meilleures des créatures, sont tous des musulmans. Il est impossible qu’ils se contredisent entre eux. Ils ont la même croyance, mais avec des règles d’application parfois différentes en fonction de l’époque.

 

Ainsi, au temps du prophète Adam u, le frère pouvait, sous certaines conditions, épouser sa sœur. En effet, Dieu a voulu qu’Ève (Hawwa) ait plusieurs grossesses –vingt et une exactement– dont vingt ont donné des faux jumeaux –garçon et fille– et la dernière un garçon, qui fut le prophète Chith (Seth). Le mariage entre frère et sœur de la même grossesse était interdit et aucun des fils d’Adam n’a commis ce péché. En revanche, un frère pouvait épouser sa sœur des grossesses précédentes ou suivantes. Ceci comportait une sagesse pour les besoins de la reproduction de l’époque. Par la suite, cette loi a été abrogée parce qu’elle n’était plus nécessaire. Toujours à cette époque et jusqu’à l’époque des fils d’Israël, il n’y avait qu’une seule prière obligatoire par jour. Puis il en fut prescrite deux jusqu’à l’envoi du prophète Mouhammad r qui devait, avec sa communauté, s’acquitter dans les premiers temps de la prière de la nuit sans celle du jour. Par la suite, après environ dix ans, les cinq prières furent prescrites et cela pendant la nuit de l’Ascension (Al-Mi^raj).

 

Au temps de Jacob, connu aussi sous le nom d’Israël, on pouvait avoir deux sœurs comme épouses en même temps.

 

Dans la Loi de Moïse, on devait, si une impureté se déposait sur son habit, couper la partie souillée du tissu ; laver l’endroit n’était donc pas suffisant.

 

Parmi les spécificités de la Loi de Mouhammad, il y a que la prière peut être acquittée où que ce soit, tandis qu’il était spécifié dans les autres Lois qu’elle ne pouvait être accomplie que dans les lieux réservés à cet effet. Remarquons qu’une partie des interdits de la Loi de Mouhammad étaient également illicites dans toutes les autres Lois. Parmi ceux-ci mentionnons la fornication, la consommation de la viande de maytah –le cadavre d’une bête illicite à la consommation ou qui n’a pas été abattue conformément aux règles de la loi islamique–, le sang et la viande de porc.

2. La Préservation Des prophètes

D’habitude, lorsque les savants parlent des prophètes, ils citent quelques attributs qui leur sont obligatoires comme la véracité. Ainsi, le mensonge leur est impossible, car si l’un d’eux mentait, sa crédibilité serait mise en doute ; ce serait une imperfection qui contredirait le rang de la prophétie.

 

Il faut également savoir que les prophètes sont préservés contre la mécréance avant et après avoir reçu la prophétie.

 

Quant à Ibrahim, Dieu nous apprend qu’en voyant l’astre, il a dit :

] (…) هذا ربي (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Est-ce là mon Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 6/78)

 

Il s’agit d’une forme d’interrogation fictive qui veut dire “Est-ce cela mon Dieu comme vous le prétendez ?” et non qu’il aurait cru que cet astre est son Dieu et qu’il mérite d’être adoré.

 

De ce fait lorsque l’astre disparut, il a dit ce qui signifie :  « Je n’adore pas ceux qui changent ». De cette manière, et par un raisonnement rationnel, Abraham u a voulu prouver à son peuple l’existence de Dieu et, par conséquent, qu’un corps qui change ne mérite pas d’être adoré. Mais en voyant que son peuple persistait dans sa croyance, et qu’il ne comprenait pas ses intentions, il a répété la même chose à la vue de la lune. Puis, devant leur incompréhension et leur obstination aveugle, il s’est déclaré innocent de leur fausse croyance.

 

Enfin, lorsque le soleil apparut, il essaya de nouveau de les convaincre en répétant la même chose ; mais en vain. En désespoir de cause, il se déclara complètement innocent de leur croyance, étant entendu qu’il connaissait par avance que la Divinité revient à Dieu seul, car Dieu dit :

] ولقد آتينا إبراهيم رشده من قبل (…) [

ce qui signifie :

« En effet, Nous (Dieu) avions auparavant accordé à Abraham la sainte voie de la droiture (…). »

 (Qour’an 21/51)

 

Il est impossible que les prophètes commettent des grands péchés, ou même des petits qui reflètent une bassesse de caractère, tel le fait de voler une morceau de pain ou un grain de raisin. Par contre, il peut arriver à l’un d’entre eux de commettre d’autres petits péchés qui ne reflètent pas cette bassesse. Ainsi, Dieu nous dit :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

En effet, Dieu lui avait interdit, comme à Ève sa femme, de manger le fruit d’un arbre dans le Paradis, mais Satan les incita à le faire. Ils furent donc dans l’erreur, mais s’en repentirent immédiatement.

 

Ainsi, lorsque les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas une bassesse de caractère, ils se repentent aussitôt avant d’être imités par quelqu’un d’autre.

 

Il faut aussi croire qu’il est impossible que les prophètes cachent quelque chose que Dieu leur a ordonné d’annoncer, car cela contredit le statut de prophète. De même qu’il leur est impossible d’avoir une maladie qui repousserait les gens normaux, car sinon, cela constituerait un handicap pour l’appel à la Religion. Il est par conséquent mensonger de dire que les vers seraient sortis du corps du prophète Job (‘Ayyoub) et qu’il les aurait remis en place en disant : (Mangez ce que Dieu vous a donné).

 

Par contre, ils ne sont pas à l’abri de maladies non dégradantes ; ils peuvent aussi s’évanouir à la suite d’une grande douleur.

 

Mises en garde importantes

On trouve dans un livre intitulé « Invocation de Moïse » des propos qui lui sont mensongèrement attribués, selon lesquels il aurait dit : (Ô mon Dieu ! Depuis quand as-tu la Divinité ?) Il est impossible qu’un prophète dise une telle parole de mécréance.

 

On trouve aussi écrit dans la Bible que le prophète Jacob (Ya^qoub) aurait combattu Dieu ; ou que le prophète Loth, après avoir bu du vin, aurait eu des relations incestueuses avec ses filles. Il est impossible que ceci soit attribué à un prophète ou contenu dans un Livre Révélé.

 

Quant au verset dans lequel Dieu dit, à propos de Joseph :

] ولقد همت به وهمّ بها لولا أن رأى برهان ربه (…) [

ce qui signifie :

« Elle l’a voulu –elle l’a désiré– et lui aurait voulu –la repousser– n’eut été les preuves de son Seigneur (…). »

 (Qour’an 12/24)

 

cela veut dire que Zoulaykhah, la femme du grand intendant d’Égypte, voulait faire l’adultère avec le prophète Joseph qui, lui, avait l’intention de la repousser. Mais Dieu lui révéla que cela constituerait une preuve aux mains de cette femme auprès de sa communauté, pour faire croire que c’est Joseph qui avait voulu la prendre de force.

 

Dans tous les cas, ce verset ne veut pas dire que le prophète Joseph u a voulu forniquer avec elle. Du reste, Dieu nous relate le témoignage de cette femme qui dit :

] (…) ولقد راودته عن نفسه فاستعصم (…) [

ce qui signifie :

«  (…) J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit (…). »

 (Qour’an 12/32)

 

Les prophètes sont donc préservés de tels comportements. Par conséquent, ce qui a été rapporté sur Abraham (Ibrahim) u selon quoi il aurait menti dans sa réponse à son peuple n’est pas exact ; c’est même un blasphème. En effet, le prophète Abraham u avait brisé les idoles que son peuple adorait, à l’exception de la plus grande qu’il avait laissée intacte ; et quand ils lui ont demandé : “Est-ce toi qui as fait ça ?” sa réponse fut : « C’est la grande qui a fait cela… Interrogez-les (donc) si elles peuvent parler » (Qour’an 21/63). Cette formulation est une figure de style usité dans certaines langues, notamment dans celle d’Abraham. En fait, le sens est que le prophète Abraham, excédé par tous les honneurs, les marques de respects et de glorifications que son peuple vouait à la grande idole, a voulu la rabaisser en cassant toutes les petites pour démontrer qu’elle était totalement impuissante devant son geste. Donc le fait d’imputer cet acte à la grande idole renvoie à un sens métonymique qui ne recèle aucun mensonge.

 

Par conséquent, Dieu préserve Ses prophètes dans les quatre domaines suivants :

 

•   la Croyance

•    l’Appel –le Message–

• la Loi (Chari^ah)

• le Comportement –la Conduite–

 

2.1   La Croyance

À savoir que tous les prophètes, d’Adam à Mouhammad, avaient la même croyance en Dieu, l’Unique. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من قبلك من رسول إلا نوحي إليه أنه لا إله إلا أنا فاعبدون [

ce qui signifie :

« Et Nous (Dieu) n’avons envoyé aucun Messager avant toi sans lui révéler : – Il n’est de dieu que Moi, alors adorez-Moi. »

 (Qour’an 21/25)

Ou encore :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته وكتبه ورسله لا نفرق بين أحد من رسله (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé par son Seigneur ; de même que les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses messagers. Ils dirent : « Nous croyons en tous les messagers de Dieu sans discrimination (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

Sachez que Dieu préserve Ses prophètes contre la mécréance (koufr) et tout autre égarement. C’est dire que de tels penchants leur sont impossibles. Ainsi, leur croyance reste pure et intacte leur vie durant. Et toute affirmation contraire n’est qu’une ignorance blasphématoire et donc coupable.

 

2.2 L’Appel

La communauté de Mouhammad reconnaît unanimement l’immunité des prophètes contre le mensonge et autre falsification volontaire ou par négligence, dans le Message qu’ils ont la charge de transmettre. En effet, si les prophètes étaient, même sur un point de détail, des menteurs ou des falsificateurs, ils perdraient toute crédibilité. De ce fait, ils ne pourraient plus être des exemples pour l’humanité.

 

2.3 La Loi (Chari^ah)

Là encore, notre communauté [32] affirme unanimement l’impossibilité pour les prophètes de fausser la Loi, sciemment ou inconsciemment, même par un lapsus de langue [33].

Il est évident que les prophètes, dont le rôle principal est d’ordonner l’obéissance à Dieu, ne peuvent après cela transgresser ce même ordre, sous peine d’être de ceux dont il est dit :

] أتأمرون الناس بالبر وتنسون أنفسكم وأنتم تتلون الكتاب أفلا تعقلون [

ce qui signifie :

« Vous ordonnez aux gens obéissance et bienfaisance tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous lisez le Livre. N’êtes-vous donc point sensés ! »

 (Qour’an 2/44)

 

Du reste, aucun prophète n’encourt la malédiction ou le châtiment.

 

2.4 Le Comportement, la Conduite, les Actes

Tous les prophètes ont fait valoir un bon comportement, une conduite impeccable et des actes irréprochables. Ainsi, s’agissant du prophète Mouhammad r, Dieu dit :

] وإنك لعلى خلق عظيم [

ce qui signifie :

« Tu es certainement d’une moralité sublime ! »

 ( Qour’an 68/4)

 

De même ^A‘ichah, que Dieu l’agrée, dans un Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, a parlé du Prophète r en disant que “Son comportement était le Qour’an, dans le sens qu’on doit se référer au Qour’an, avec une bonne compréhension, pour bien connaître le comportement du Prophète r. Car chaque qualité décrite dans le Qour’an, et que Dieu nous a ordonné d’avoir, faisait partie de son comportement.

 

C’est dire que tous les prophètes doivent nécessairement avoir les caractéristiques suivantes :

 

•   la véracité

   la loyauté

l’intelligence

l’honnêteté

la probité –ils ne font pas des choses immorales–

 

En outre, ils sont préservés contre les mauvais comportements, tels que :

 

•   le mensonge

   la trahison

la stupidité, l’idiotie, l’étourderie

la vilenie, la malhonnêteté

l’arrogance, la grossièreté, l’obscénité, l’insolence

 

Il est évident qu’un homme que Dieu a établi comme guide pour Ses esclaves, à qui Il a conféré un rang élevé en lui confiant la révélation, ne se laisse pas dominer par les passions.

 

Les prophètes, comme cela a déjà été mentionné, sont saufs des grands péchés, et s’il arrive que l’un d’eux commette un petit péché ne reflétant aucune bassesse de caractère, il s’en repent immédiatement, et Dieu lui accorde Son pardon. Il est donc faux de prétendre que Jésus serait venu pour sauver l’humanité des conséquences du prétendu péché capital d’Adam.

 

À ce propos, Dieu dit :

] وقلنا يا آدم اسكن أنت وزوجك الجنة وكلا منها رغدا حيث شئتما ولا تقربا هذه الشجرة فتكونا من الظالمين [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons dit : Ô Adam ! habite le Paradis toi et ton épouse. Mangez de ses fruits à volonté, où vous voudrez, mais n’approchez point de cet arbre-ci, sans quoi vous désobéirez. »

 (Qour’an 2/35)

Cependant, Dieu nous apprend :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

Le prophète Adam u regretta immédiatement et Dieu lui inspira les paroles adéquates en vue de sa repentance. Et nous apprenons du Qour’an qu’il dit alors :

] قالا ربنا ظلمنا أنفسنا وإن لم تغفر لنا وترحمنا لنكونن من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Seigneur ! nous (Adam et Ève) avons été injustes envers nous-mêmes. Et si Tu ne nous accordes pas Ton pardon et Ta miséricorde, nous serons parmi les perdants. »

 (Qour’an 7/23)

 

Ainsi, Dieu a agréé son repentir et l’a fait rentrer dans Sa grâce, car Il est le Miséricordieux et Celui Qui accepte le repentir sincère de Ses esclaves. Cependant, les sensés sont les seuls à reconnaître le verdict de Dieu en Son pardon à Adam.

 

Il importe de savoir que le diable n’a pas d’emprise sur les esclaves sincères de Dieu [34], dont les prophètes. En effet, Dieu dit à Satan :

] إن عبادي ليس لك عليهم سلطان (…) [

ce qui signifie :

« Tu n’as pas d’emprise sur Mes esclaves pieux (…). »

 (Qour’an 15/42)

 

ou encore :

] إنه ليس له سلطان على الذين آمنوا وعلى ربهم يتوكلون [

ce qui signifie :

« Il (le démon) n’a pas d’emprise sur ceux qui croient et s’en remettent à leur Seigneur. »

 (Qour’an 16/99)

 

Il faut donc se garder d’attribuer à un prophète ce qui, à la base, n’est pas convenable ni acceptable pour un simple croyant appelant à la vérité. Et gardons en mémoire cette parole du prophète Mouhammad r :

إذا سلّمتم عَلَيَّ فسلِّموا على أنبياء الله (…)

ce qui signifie :

« Si vous faites l’invocation en ma faveur, alors faites-la en faveur des autres prophètes de Dieu(…). »

 (Hadith rapporté par As-Sakhawiyy)

 

En conséquence, les prophètes méritent tous honneur et respect. Celui qui se moque donc de l’un d’entre eux tombe dans la mécréance.

 

Chaque prophète doit être suivi par les gens qui ont entendu son appel. Ainsi, maintenant et jusqu’à la fin du bas monde, tout le monde doit suivre Mouhammad r, le Sceau des prophètes. Par ailleurs, il faut savoir et croire que Jésus fils de Marie n’est en rien responsable de la fausse croyance en la trinité que certains professent, car Dieu dit:

] ما كان لبشر أن يؤتيه الله الكتاب والحكم والنبوة ثم يقول للناس كونوا عبادا لي (…) [

ce qui signifie :

« Il n’appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la Science et la prophétie, de dire ensuite aux gens : – soyez mes adorateurs (…). »

 (Qour’an 3/79)

3. Comment Reconnaître un Prophète

N’est pas prophète qui veut ! Sachez donc que la prophétie n’est ni le résultat d’un effort personnel, ni une prétention basée sur le simple fait d’imiter, extérieurement ou d’une autre façon, les prophètes. Au contraire, il s’agit d’un choix par lequel Dieu, Qui crée ce qu’Il veut, honore Ses Élus. De ce fait, il n’y a aucun d’entre eux qui souffre de carences intellectuelles ou physiques.

 

Ainsi, le prophète Mouhammad r dit :

ما بعث الله نبيا إلا حسن الوجه حسن الصوت وإن نبيكم أحسنهم وجها وأحسنهم صوتا.

ce qui signifie :

« Dieu n’a envoyé aucun prophète sans le doter d’un beau visage et d’une belle voix ; et le vôtre a le plus beau visage et la voix la plus belle de tous. »

 (Hadith rapporté par At-Tirmidhiyy)

 

Par conséquent Adam u [35], qui est l’ancêtre des humains et le premier des prophètes, n’était pas un sauvage au dos voûté, vivant nu dans la forêt. Au contraire, comme tous les prophètes, il était beau et ne présentait aucun handicap physique.

 

Personne parmi les prophètes n’était boiteux, bègue ou aveugle. Certes, le prophète Jacob u a momentanément perdu la vue à cause des larmes versées pour la disparition de son fils Joseph. Mais Dieu a fait qu’il recouvre la vue en respirant l’odeur de Joseph à travers la chemise que celui-ci, depuis l’Égypte, lui avait envoyée à Madyan. Il faut donc savoir que Jacob n’a jamais été aveugle avant cette épreuve due à la disparition de Joseph.

 

Moïse avait eu la langue comme nouée par une braise qu’il avait mise dans sa bouche lorsqu’il était enfant, devant le pharaon, sans que cela n’affecte en rien son langage qui est resté net et compréhensible. Il avait un léger accent et devait faire davantage d’effort. Tandis que Aaron, qui était le frère aîné de Moïse d’une année était éloquent. Ainsi, Moïse avait au contraire une bonne élocution et ne zézayait pas. À ce propos Dieu dit que Moïse, après avoir reçu la révélation, L’invoqua en ces termes :

] واحلل عقدة من لساني [

ce qui signifie :

« Et dénoue un nœud en ma langue. »

 (Qour’an 20/27)

 

Et sur Jésus fils de Marie u, Dieu dit :

] ويعلمه الكتاب والحكمة والتوراة والإنجيل  ورسولا إلى بني إسرائيل أني قد جئتكم بآية من ربكم أني أخلق لكم من الطين كهيئة الطير فأنفخ فيه فيكون طيرا بإذن الله وأبرئ الأكمه والأبرص وأحى الموتى بإذن الله وأنبئكم بما تأكلون وما تدخرون في بيوتكم إن في ذلك لآية لكم إن كنتم مؤمنين  ومصدقا لما بين يدي من التوراة ولأحل لكم بعض الذي حرم عليكم وجئتكم بآية من ربكم فاتقوا الله وأطيعون  إن الله ربي وربكم فاعبدوه هذا صراط مستقيم [

ce qui signifie :

« Dieu lui a appris le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile. Il l’enverra en prophète aux fils d’Israël : “Je viens de la part de votre Seigneur porteur d’un signe de ma véracité. Je façonnerai sous vos yeux de l’argile en forme de volatile : je soufflerai dessus et l’argile se fera volatile, par la volonté de Dieu. Je guérirai l’aveugle-né, le malade atteint de vitiligo [36] et ferai ressusciter les morts par la volonté de Dieu. Je vous dirai ce que vous mangez et ce que vous tenez en réserve dans vos demeures. Ce sont là autant de signes pour vous, si vous croyez. Je viens aussi confirmer la Torah qui m’a précédé et rendre licite une partie de ce qui vous a été interdit. Je viens à vous porteur d’un signe de votre Seigneur. Craignez-Le et obéissez-moi. Certes, Dieu est mon Seigneur et Le vôtre. Adorez-Le ! C’est là le droit chemin”. »

 (Qour’an 3/48 à 51)

 

De ces versets, on comprend que c’est par des miracles [37] convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents que Dieu appuie et confirme le statut de prophète.

 

Définition du miracle

Le miracle est un fait qui présente quatre caractéristiques :

 

1. Le miracle est hors du commun. Ainsi, se poser sur la lune, quoique extraordinaire puisque c’est le résultat d’une connaissance et d’une avancée technologique jamais atteintes, n’est pas un fait hors du commun parce que c’est à la portée des êtres humains et c’est une chose ordinaire.

 

2. Le miracle constitue toujours un défi contre les mécréants. En effet, ils ne pourront jamais égaler ou contrecarrer le miracle.

 

3. Le miracle vient confirmer, appuyer et soutenir la véracité de celui qui se proclame prophète.

 

4. Le miracle est impossible à imiter, à contrecarrer, à stopper ou à annihiler.

 

Le miracle est de deux sortes :

 

–    Celui qui survient au prophète sans que les gens lui en fassent la demande

 

–    Celui qui intervient sur demande

 

Dans tous les cas, le miracle est un fait qui se manifeste par la puissance de Dieu, pour confirmer celui qui se proclame, à juste titre, prophète.

 

Quelques exemples de miracle

Moïse jeta son bâton qui devint un véritable serpent ; puis celui-ci avala les cordes dont s’étaient servi les magiciens pour subjuguer l’assistance. Après quoi le serpent se transforma à nouveau en bâton. Il fit aussi se fendre la mer pour laisser passer son peuple. Tout cela par la volonté et la puissance de Dieu.

 

Jésus, par l’imposition de sa main et en disant “Je commence par le nom de Dieu” (Bismi l-Lah), guérissait les malades atteints de vitiligo. Il ressuscita plusieurs morts, dont Lazare son compagnon. Tout cela par la création et la volonté de Dieu.

 

Après que Abraham eut cassé les idoles, les mécréants voulurent se venger. Il fut projeté dans un immense brasier qui devint grâce à Dieu frais et bienfaisant pour lui. Seuls ses liens furent brûlés, au contraire de lui-même et de ses habits. Ce feu était si intense, que les oiseaux ne pouvaient le survoler ni les mécréants s’en approcher.

 

Salih répondit au défi de son peuple en faisant sortir d’un rocher dur et compact une chamelle et son petit.

 

Mouhammad fit jaillir de l’eau –comme des sources– des doigts de sa noble main qu’il avait plongée dans un récipient ; ce qui suffit aux besoins de mille cinq cents de ses compagnons, alors qu’ils se trouvaient dans le désert à court d’eau. Il remit en place l’œil arraché de son compagnon Qatadah, fils de Nou^man, qui affirma par la suite ne plus distinguer lequel avait été atteint.

 

Il y a bien sûr le Qour’an qui demeure, pour tous les temps, le plus grand des miracles. C’est un miracle continuel que nous avons encore entre nos mains, et que chacun peut constater aujourd’hui. Il nous est parvenu intact, et constitue un grand défi pour les mécréants qui ne pourront jamais écrire quoi que ce soit de semblable à la plus courte de ses sourates (chapitres). En effet, Dieu dit :

] قل لئن اجتمعت الإنس والجن على أن يأتوا بمثل هذا القرآن لا يأتون بمثله ولو كان بعضهم لبعض ظهيرا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : – Si les hommes et les jinn s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Qour’an, ils n’y parviendraient pas, même s’ils s’aidaient mutuellement. »

 (Qour’an 17/88)

 

Depuis plus de mille quatre cents ans –en années lunaires–, le Qour’an n’a subi aucune altération et n’en subira point, car Dieu dit :

] إنا نحن نزلنا الذكر وإنا له لحافظون [

ce qui signifie :

« En vérité, c’est Nous (Dieu) Qui avons fait descendre le Qour’an, et c’est Nous Qui le préservons. »

 (Qour’an 15/9)

Par ses caractéristiques, le miracle diffère donc de tous les autres faits, aussi impressionnants soient-ils, tels que les séductions trompeuses du faux Messie, la magie, etc.

 

Autres faits différents du miracle

1. La magie

Il faut savoir qu’il existe une sorte de magie qui fait appel aux jinn. En règle générale, il s’agit d’une manipulation produisant, par certaines pratiques secrètes et prohibées, des effets étonnants. Mais, à la différence du miracle, la magie [38] s’apprend, et peut être neutralisée soit par une autre magie, soit par des invocations ou d’autres faits agréés par Dieu. Ainsi, les magiciens que le pharaon avait fait venir de tout son royaume pour une confrontation avec Moïse furent les premiers à se confondre en prosternation en disant, comme Dieu nous l’apprend :

] قالوا آمنا برب العالمين  رب موسى وهارون [

ce qui signifie :

« Nous croyons au Seigneur des mondes, Le Seigneur de Moïse et d’Aaron. »

 (Qour’an 7/121-122)

 

En effet, avant toute l’assistance, et mieux que quiconque, ils avaient compris que la transformation du bâton de Moïse en serpent –puis de serpent en bâton– n’était pas le produit d’une hallucination, d’une illusion d’optique ou de la magie, mais un fait véritablement hors du commun contre lequel ils étaient restés impuissants et sans parade aucune.

 

2. Les faits hors du commun du faux Messie

Les faits par lesquels le faux Messie (Ad-Dajjal) essaiera de subjuguer les gens sont hors du commun, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme des miracles. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît sur les mains de celui qui se dit prophète : alors que le faux messie prétendra la divinité. Ce corrupteur sera une épreuve que Dieu a réservée aux gens et par laquelle le croyant se distinguera du mécréant. En effet, le croyant trouvera à l’appui suffisamment de preuves et de signes évidents de la fausse prétention de ce mystificateur, ne serait-ce que la raison qui rejette catégoriquement qu’un borgne puisse être le Créateur de toute chose. Car Dieu n’a aucune ressemblance avec Ses créatures, lesquelles sont soumises au change­ment. Il est donc impossible que Dieu, Dont la vie n’est ni acquise ni précédée par quelque chose, soit un homme ou le devienne.

 

Celui qui a la bonne croyance ne se laissera pas abuser par ce diable à visage humain, qui réussira pourtant à séduire et à convaincre beaucoup de gens.

 

3. Les Prodiges (Karamah) des Saints

Le saint (waliyy) est un pieux qui, par crainte et amour de Dieu, se conforme strictement aux préceptes de la Loi (Chari^ah). Il s’acquitte des obligations de la religion et s’abstient de faire les péchés. Il accomplit beaucoup d’actes surérogatoires, tels que jeûnes, prières, aumônes, etc. Il persévère ainsi dans cette voie de droiture jusqu’à la certitude, c’est-à-dire jusqu’à la mort. Il recevra la bonne nouvelle dans cette vie, tout comme dans l’au-delà.

 

Ainsi, Dieu nous dit que les saints verront affluer les anges du ciel qui leur diront :

] ألا تخافوا ولا تحزنوا وأبشروا بالجنة التي كنتم توعدون  نحن أولياؤكم في الحياة الدنيا وفي الآخرة ولكم فيها ما تشتهي أنفسكم ولكم فيها ما تدعون [

ce qui signifie :

«  (…) N’ayez pas peur, ne soyez pas affligés, et recevez plutôt une heureuse assurance, celle du Paradis que Dieu vous a promis. Nous sommes pour vous des soutiens dans cette vie présente tout comme dans l’autre où tous vos désirs seront comblés et vos vœux satisfaits ; là où vous aurez ce que vous voudrez. »

 (Qour’an 41/30 à 31)

Dieu honore le saint par des prodiges (karamah) qui sont autant de miracles pour le prophète qu’il suit correctement. D’une manière générale, il est possible que tout ce qui est miracle pour un prophète se réalise sous forme de prodige, de faits hors du commun, pour le saint.

 

Tel fut le cas de Marie mère de Jésus, à qui Dieu accorda Sa Grâce et dont Il confia la garde, comme signe de cette acceptation, au prophète Zacharie, afin de lui assurer une bonne éducation. Celui-ci, à chaque fois qu’il entrait dans la pièce où Marie s’isolait pour adorer Dieu, trouvait auprès d’elle des fruits d’été en hiver et des fruits d’hiver en été, ce qui lui fit dire : « – Ô Marie ! comment t’es-tu procuré cela ? Et elle de répondre : – C’est de la part de Dieu. Oui, Dieu fait attribution de Ses dons à qui Il veut sans réserve. »

 

D’autre part, sachez que Dieu préserve les saints contre la mécréance. S’il arrive à un saint de tomber dans un grand péché, il s’en repent sans y persister. Le saint chemine droit sur la voie du prophète en observant toutes les prescriptions de Dieu.

 

Il ne profitera donc jamais des prodiges qui se réalisent grâce à lui pour prétendre faussement la prophétie.

 

Le miracle, par ses caractéristiques qui le différencient de la magie et des autres phénomènes extraordinaires, demeure la preuve irréfutable de la véracité du prophète pour lequel il se réalise. En effet, il faut savoir que :

 

•    le miracle appuie et soutient le prophète dans sa prétention. C’est en quelque sorte sa légitimation

il est différent de la magie et de la sorcellerie, qui peuvent être neutralisées.

il est un don de Dieu Qui est véridique ; Sa science est parfaite et englobe toute chose.

 

Par conséquent c’est Dieu Qui, par le miracle, soutient le prophète dans sa prétention : ce qui constitue un témoignage de Dieu à l’égard du prophète. C’est donc la preuve que le prophète est véridique dans tout ce qu’il annonce et énonce de la part de Dieu.

 


Remarque

Un homme, aussi saint soit-il, et même proche parent d’un prophète, reste toujours inférieur en grade aux Envoyés dont Dieu a dit :

] (…)وكلا فضلنا على العالمين [

ce qui signifie :

«  (…) Nous (Dieu) avons accordé à chacun d’eux –les prophètes– un rang plus élevé qu’au reste de la création. »

 (Qour’an 6/86)

 

 

Différence entre prophète-messager et prophète non Messager

Rappelons que tous les prophètes ont eu la même croyance, car on apprend du Qour’an que Dieu dit :

] إنا أوحينا إليك كما أوحينا إلى نوح والنبيين من بعده وأوحينا إلى إبراهيم وإسماعيل وإسحاق ويعقوب والأسباط وعيسى وأيوب ويونس وهارون وسليمان وآتينا داود زبورا [

ce qui signifie :

« Nous t’avons accordé –ô Mouhammad– la Révéla­tion comme Nous l’avons accordée à Noé et aux prophètes venus après lui. Nous avons révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, les Asbat [39], Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et Nous avons donné les Psaumes à David. »

 (Qour’an 4/163)

 

Les prophètes sont soit prophètes-messagers soit prophètes non messagers. Ils ont tous en commun d’avoir reçu la révélation. Cependant, le prophète-messager reçoit une nouvelle Loi, ou vient abroger certaines lois de la Loi du prophète-messager antérieur. Quant au prophète non messager, il reçoit l’ordre de suivre et de faire appliquer la Loi du prophète-messager qui l’a précédé.

 

Tout messager est prophète –excepté dans le cas des anges–, mais tout prophète n’est pas forcément messager. Par ailleurs, les prophètes sont uniquement des humains, de sexe masculin.

 

Il n’y a ni prophète-messager, ni prophète non messager parmi les jinn.

 

CHAPITRE 5

CROYANCE AU JOUR
DU JUGEMENT DERNIER

Dieu dit :

] والذين يؤمنون بما أنزل إليك وما أنزل من قبلك وبالآخرة هم يوقنون  أولئك على هدى من ربهم وأولئك هم المفلحون [

ce qui signifie :

« Ceux qui croient à ce qui t’a été révélé, à ce qui a été révélé avant toi et à la vie future, ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent. »

 (Qour’an 2/4-5)

 

Après l’apparition des grands signes précurseurs de la fin du monde, dont la venue du faux Messie, la descente du ciel de Jésus fils de Marie, le lever du soleil à l’Ouest, etc., l’ange Israfil fera retentir un son de Cor. Ce faisant, les habitants des cieux –les anges– et de la Terre –les humains, les jinn et les animaux– seront comme foudroyés, à l’exception de ceux que Dieu voudra épargner. Puis au deuxième son de Cor, ils seront tous ressuscités.

 

Ce Jour-là, cette Terre sera transformée en une nouvelle Terre plus vaste et totalement aplanie –ne comportant ni montagnes, ni vallées, ni collines– sur laquelle les anges conduiront les gens –humains et jinn– pour le rassemblement et la comparution. La balance (Al-Mizan) sera mise en place pour la pesée des actes (Al-Wazn) et la reddition des comptes (Al-Hab) ; les registres seront distribués, et Dieu jugera les gens sans intermédiaire.

 

Le pont (As-Sirat) reliant la nouvelle Terre aux abords du Paradis sera dressé au-dessus de l’Enfer.

 

Le Jour du Jugement s’achèvera par l’établissement des uns au Paradis et des autres en Enfer, chacun selon ce qu’il aura mérité. Et parmi les gens moukallaf –pubères, sains d’esprit et à qui sera parvenu l’appel à l’Islam dans toute langue qu’ils comprennent–, seuls les croyants, c’est-à-dire les musulmans, auront le Paradis pour demeure éternelle.

 

cas du musulman pieux

Le pieux est un croyant qui s’acquitte des obligations prescrites par Dieu et qui évite les péchés.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن المتقين في مقام أمين  في جنات وعيون  يلبسون من سندس وإستبرق متقابلين [

ce qui signifie :

« Les pieux seront dans une demeure sûre, parmi des jardins et des sources. Ils porteront des vêtements de soie et se tiendront les uns en face des autres. »

 (Qour’an 44/51 à 53)

 

Les pieux, après avoir subi un jugement bref, facile et très clément, traverseront sans difficultés le pont pour entrer au Paradis, au même titre que tous ceux dont les bienfaits, lors de la pesée, l’emporteront sur les mauvais actes.

 

 

 

cas du musulman désobéissant

Pour ce qui est des musulmans désobéissants, nous apprenons à leur sujet que Dieu dit :

] إن الله لا يغفر أن يشرك به ويغفر ما دون ذلك لمن يشاء (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Dieu ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui, et pardonne tout autre péché moindre (que l’association) à qui Il veut (…). »

 (Qour’an 4/116)

 

C’est dire qu’une partie de ces désobéissants sera pardonnée et entrera au Paradis sans aucun châtiment préalable, tandis que l’autre n’entrera au Paradis, pour y demeurer éternellement, qu’après avoir subi un juste châtiment dans l’Enfer.

 

En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit :

يخرج من النار من قال لا إله إلاّ الله وفي قلبه وزن ذرّة من إيمان

ce qui signifie :

« Sortira de l’Enfer quiconque meurt avec le minimum de croyance –c’est-à-dire avec la bonne croyance en Dieu et en Son prophète–. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

cas du mécréant

Quant aux non-croyants, ils n’auront pas le moindre poids sur le plateau des bienfaits, car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la bonne croyance. En essayant vainement de traverser le pont (AsSirat), ils seront précipités dans l’Enfer pour y demeurer éternellement. C’est dire que les bienfaits des mécréants (kouffar) ne leur seront d’aucun profit au Jour du Jugement. Car Dieu dit :

 والذين كفروا أعمالهم كسراب بقيعة يحسبه الظمآن ماء حتى إذا جاءه لم يجده شيئا (…) [

ce qui signifie :

« Les œuvres des incrédules sont semblables à un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau jusqu’à ce qu’il l’atteigne. Il n’y trouve rien (…). »

 (Qour’an 24/39)

 

Il y a encore cet autre verset où Dieu dit :

] قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا  أولئك الذين كفروا بآيات ربهم ولقائه فحبطت أعمالهم فلا نقيم لهم يوم القيامة وزنا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : -Voulez-vous que nous vous fassions connaître quels sont ceux dont les actes sont les plus inutiles, et ceux dont les efforts se perdent dans la vie de ce monde alors qu’ils pensent avoir bien agi ?-

Tels sont ceux qui ne croient pas aux preuves évidentes de l’unicité de leur Seigneur et au Jour Dernier. Leurs actions sont vaines et Nous (Dieu) n’attribuerons aucun poids à leurs œuvres au Jour de la Résurrection. »

 (Qour’an 18/103 à 105)

 

Par conséquent, le plus grand bien qu’on puisse souhaiter à un mécréant est qu’il devienne musulman.

 

CHAPITRE 6

CROYANCE en la PRéDESTINATION

Définition

La prédestination est un attribut de Dieu par lequel Il régit les choses selon Sa volonté et Sa science, pour les faire exister dans le moment qu’Il a voulu. En effet, Dieu dit :

] ما أصاب من مصيبة في الأرض ولا في أنفسكم إلا في كتاب من قبل أن نبرأها إن ذلك على الله يسير لكيلا تأسوا على ما فاتكم ولا تفرحوا بما آتاكم والله لا يحب كل مختال فخور 

ce qui signifie :

« Nul malheur n’atteint la Terre ni vos personnes qui ne soit enregistré dans la Table Préservée avant que Nous l’ayons créé, et cela est certes facile à Dieu. Nous vous en informons afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni que vous exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Dieu n’aime pas les présomptueux »

 (Qour’an 57/22-23)

 

Il est à noter que les attributs de Dieu ne changent pas, par conséquent les précautions que nous prenons ou les invocations [40] que nous faisons ne peuvent en rien changer ce que Dieu nous a prédestiné.

Ainsi, la croyance en la prédestination –du bien et du mal, de la douceur et de l’amertume, de la richesse et de la pauvreté, de la santé et de la maladie, etc.– est une condition pour être musulman. Cette croyance comporte deux affirmations :

 

1. Croire que Dieu, par Sa science et Sa volonté :

 

•   sait et veut de toute éternité [41] ce que les gens font et feront avant leur existence : bien ou mal, obéissance ou désobéissance, réussite ou échec, etc.

•   sait et veut de toute éternité qui sera parmi les gens du Paradis et qui sera parmi les gens de l’Enfer, et que c’est Lui (Dieu) Qui détermine la récompense –la réjouissance physique et spirituelle– ou la punition –le châtiment physique et spirituel– qu’ils méritent à cause de leurs actes volontairement accomplis.

 

2. Croire que les actes des gens sont non seulement prédestinés, mais qu’ils s’accomplissent conformément à la science et à la volonté de Dieu.

 

Dieu le Tout-puissant a fait que tout soit inscrit sur la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh) comme nous l’apprend le Qour’an :

] إنا نحن نحيي الموتى ونكتب ما قدموا وآثارهم وكل شىء أحصيناه في إمام مبين [

ce qui signifie :

« C’est Nous (Dieu) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu’ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Livre clair. »

 (Qour’an 36/12)

 

Pour mieux rapprocher les idées, prenons l’exemple de quelqu’un qui sort pour aller à son propre mariage. En cours de route, il est victime d’un accident et décède. Il est évident qu’il n’a pas fait ce qu’il voulait faire. Nous comprenons bien que ce qui nous atteint est inévitable, et ce à quoi nous échappons ne devait pas, sans doute aucun, nous atteindre. Dès lors, les précautions que l’on prend ne changent en rien le caractère déterminé des choses.

 

Ainsi, dans son livre intitulé « Al-Wasiyyah« , l’Imam Abou Hanifah résume tout cela en disant :

نقرُّ بأن العبد مع جميع أعماله وإقراره ومعرفته مخلوقا،

ce qui signifie :

« Nous confirmons que les esclaves de Dieu ainsi que leurs œuvres, leurs paroles et leur savoir sont des créatures de Dieu. »

 

D’où cette vérité :

Toutes les créatures –dont le bien et le mal, l’immensité et la petitesse, la douceur et l’amertume, la guidée et l’égarement, etc.– existent par la toute-puissance de Dieu, conformément à Sa science et à Sa volonté.

 

Comment comprendre la Prédestination ?

Nous savons que Dieu est le seul Dispensateur des biens et que tout vient de Lui. Cependant, nous agissons selon nos possibilités en cherchant à susciter les causes, tout en ignorant ce qui nous a été prédestiné. Chacun doit suivre le bon chemin en sachant que sa responsabilité sera engagée pour tout acte qu’il aura commis volontairement.

 

C’est dire que notre croyance en la prédestination ne signifie pas que l’homme doit perdre toute initiative, en restant les bras croisés, dans l’attente des événements. Nous devons agir en conformité avec les prescriptions de Dieu, car nous ne connaissons pas le futur. Ce n’est qu’après le déroulement des faits que nous pourrons savoir ce qui nous avait été prescrit. Cherchons donc à agir dans le bien, avec l’aide de Dieu.

 

CHAPITRE 7

SUPPLICES et DéLICES de la TOMBE

Avant de connaître certains supplices ou délices de la tombe, la personne décédée devra, au préalable, répondre à la question des anges Mounkar et Nakir.

 

Notons que les prophètes, les martyrs de la guerre sainte et les enfants non pubères sont exemptés de la question posée dans la tombe.

 

Qu’en est-il de la question dans la tombe ?

D’après une Tradition juste, ‘Anas Ibnou Malik rapporte que le Prophète r a dit :

الْعَبْدُ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتُوُلِّيَ وَذَهَبَ أَصْحَابُهُ حَتَّى إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ أَتَاهُ مَلَكَانِ فَأَقْعَدَاهُ فَيَقُولَانِ لَهُ مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُولُ أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ فَيُقَالُ انْظُرْ إِلَى مَقْعَدِكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللَّهُ بِهِ مَقْعَدًا مِنَ الْجَنَّةِ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَرَاهُمَا جَمِيعًا وَأَمَّا الْكَافِرُ أو الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فَيُقَالُ لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ ضَرْبَةً بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ

ce qui signifie :

« Lorsque l’homme est à peine déposé dans sa tombe, lorsque les siens viennent de le quitter et qu’il entend résonner le bruit de leurs pas, viennent à lui deux anges qui le font asseoir et qui lui posent la question suivante : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad ? (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Selon la réponse qu’il donne, sa tombe sera pour lui un jardin du Paradis jouissance– ou un antre de l’Enfer –en terme de châtiment–. En effet, dans la tombe, l’âme revient au corps conformément au Hadith dans lequel ^Abdou l-Lah, fils du Calife ^Oumar, dit que le Prophète r parla un jour de l’épreuve de la tombe –c’est-à-dire de la question des anges dans la tombe–. C’est alors que ^Oumar demanda :

أترد علينا عقولنا يا رسول الله قال نعم كهيئتكم اليوم قال فبفيه الحجر.

ce qui signifie :

« Est-ce que la raison nous reviendra ô Messager de Dieu ? “Oui, tout comme êtes maintenant”, répondit-il. “Alors il n’y a plus rien à ajouter” dit ^Oumar. »

(Hadith rapporté par l’Imam Ahmad)

 

Le cas des prophètes est encore plus révélateur, car non seulement la terre n’assimile pas leur corps [42], mais ils sont vivants dans leur tombe. En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit:

(…) الأنبياء أحياء في قبورهم يصلون (…)’

ce qui signifie :

« (…) Les prophètes sont vivants dans leur tombe et ils prient [43](…) »

                        (Hadith rapporté par Al-Bayhaqiyy)

1. SUPPLICES DE LA TOMBE

À la question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? le mécréant, dont l’hypocrite [44], tout paniqué et terrorisé laissera échapper : – Je ne sais pas… je répétais ce que les gens disaient ! Sur ce, les anges lui objecteront : – Nous savions en fait ce que tu disais. Tu n’as donc rien su de la vérité et tu ne l’as pas suivie ! Avec un marteau de fer, ils lui assèneront un coup violent entre les oreilles –au-dessus de la nuque– qui lui fera pousser un hurlement qu’entendront tous ceux qui sont alentour, à l’exclusion des jinn et des humains. Une montagne s’effondrerait sous l’effet d’un tel coup, mais Dieu maintiendra le mécréant conscient pour qu’il endure cette terrible souffrance. La Terre recevra l’ordre de le comprimer jusqu’à ce que ses côtes s’entrecroisent –les grands pécheurs musulmans subiront une pression de la terre moindre– et il connaîtra l’angoisse de la solitude et de l’obscurité la plus totale ; des serpents, des scorpions et d’autres bêtes effrayantes l’assailliront de toute part. Lorsque son corps se sera désintégré, son âme descendra à « Sijjin« , un lieu de châtiments atroces pour elle dans la septième Terre. Il ne cessera de subir ainsi des châtiments jusqu’à ce qu’il soit, après la résurrection et le Jugement Dernier, précipité, corps et âme réunis, dans l’Enfer pour y demeurer éternellement.

 

À propos du châtiment de la tombe subi par les mécréants, nous apprenons que Dieu dit :

] النار يعرضون عليها غدوا وعشيا ويوم تقوم الساعة أدخلوا آل فرعون أشد العذاب [

ce qui signifie :

« Matin et soir, l’Enfer leur est présenté ; et le Jour Dernier, introduisez Pharaon et ses acolytes en Enfer pour qu’ils subissent les plus atroces des châtiments. »

 (Qour’an 40/46)

ou encore :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Quiconque se sera détourné de Mon Com­mandement mènera une vie pénible –dans la tombe– (…). »

 (Qour’an 20/124)

Tel est le sort réservé à celui qui meurt mécréant, qu’il s’agisse de celui qui n’a jamais été musulman ou de celui qui est sorti de l’Islam en devenant apostat (mourtadd). Les enfants non musulmans et non pubères ne connaissent ni délices, ni supplices dans la tombe.

2. DÉLICES DE LA TOMBE

À la même question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? Le Croyant pieux répond : – Je témoigne qu’il est l’esclave de Dieu et Son prophète. Et les deux anges de lui dire : –Certes, nous savions que tu disais cela.

 

Alors Dieu fait que sa tombe s’illumine d’une lumière comparable à celle de la pleine lune et s’élargisse de soixante-dix coudées [45] sur soixante-dix coudées. Afin d’accroître sa jouissance, les anges lui présenteront deux emplacements en disant : – Regarde la place que tu aurais occupée –autrement– en Enfer, mais que Dieu a remplacée par cette demeure au Paradis.

 

Pour nous donner une idée de cette jouissance spéciale, le Prophète r explique qu’on dira à ce croyant : Dors ! Alors, comme le nouveau marié, il dormira du sommeil dont il n’aimerait être réveillé que par sa bien-aimée.

 

Tous ces délices ne sont qu’un prélude par rapport à ce qui l’attend au Paradis où Dieu a réservé pour Ses esclaves pieux ce qu’aucun œil n’a vu, aucune oreille n’a entendu et aucun esprit n’a imaginé. En effet, Dieu dit :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Aucune âme ne sait quelle félicité lui est réservée en récompense de ses actions. »

 (Qour’an 32/17)

C’est dans ce sens qu’on comprend mieux la parole suivante du Prophète r :

الدنيا سجن المؤمن وسَنَتُهُ، فإذا فارق الدنيا فارق السِّجنَ والسَّنةَ.

qui signifie :

« La vie d’ici-bas est comme une prison et un lieu de fatigue pour le croyant pieux ; en quittant cette vie, il quitte la prison et le lieu de fatigue. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Ceci bien entendu par rapport à ce qu’il connaîtra comme jouissance, aussi bien dans la tombe qu’après.

 

Celui qui veut jouir du délice de la tombe doit pour cela faire toutes les obligations –prières, jeûne, etc.– et s’éloigner des péchés, par crainte de Dieu.

 

Qu’en est-il des musulmans désobéissants ?

Définition

Le musulman désobéissant est celui qui, par exemple :

 

• buvait de l’alcool

• ne faisait pas la prière en son temps, ou ne l’accomplissait pas du tout

• s’adonnait à la fornication ou tout autre grand péché –autre que la mécréance–

 

Ces musulmans-là méritent le châtiment de la tombe [46] s’ils meurent sans se repentir. Mais ils seront en deux groupes :

 

1.  Ceux qui seront graciés et ne subiront pas, de ce fait, le supplice de la tombe

 

2.           Les autres, qui connaîtront ce châtiment, sans toutefois qu’il égale celui que subissent les mécréants. Ainsi, ils endureront la solitude et l’obscurité de la tombe, le resserrement de la tombe sur eux, mais ils ne recevront pas de coups derrière la nuque, par exemple. En outre, le châtiment que subira une partie d’entre eux en Enfer ne sera jamais éternel, car Dieu a interdit à l’Enfer de garder éternellement quiconque aura témoigné sincèrement de son adhésion à l’Islam.

 

Ainsi, après avoir subi le châtiment de l’Enfer, ils entreront définitivement au Paradis.

 

Une Tradition rapportée par Ibnou ^Abbas, que Dieu l’agrée, et d’autres spécialistes du Hadith (Mouhaddith) donne la preuve que le musulman désobéissant peut subir le châtiment de la tombe. En effet, alors qu’il passait auprès de deux tombes, le Prophète r a dit :

إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوْلِ وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ ثُمَّ أَخَذَ جَرِيدَةً رَطْبَةً فَشَقَّهَا نِصْفَيْنِ فَغَرَزَ فِي كُلِّ قَبْرٍ وَاحِدَةً قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ لَعَلَّهُ يُخَفِّفُ عَنْهُمَا مَا لَمْ يَيْبَسَا

ce qui signifie :

« Ces deux morts sont suppliciés dans leurs tombes pour des péchés qui ne paraissent pas graves aux yeux des gens. Pourtant si ! L’un d’eux ne se préservait pas de son urine [47] et l’autre rapportait les paroles des uns aux autres pour semer la discorde (namimah). Le Prophète prit une feuille de palmier et après l’avoir séparée en deux, en planta une moitié sur chaque tombe. Les compagnons dirent : Ô Messager de Dieu, pourquoi fais-tu cela ? Il répondit : Il se peut que cela atténue ce qu’ils endurent tant qu’elles n’auront pas séché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Il faut donc se préserver de l’urine, car selon un Hadith rapporté par Abou Dawoud, la plupart des châtiments de la tombe sont dus à ce péché.

 

Remarque

Dans un Hadith rapporté par AtTabaraniyy, le Prophète r nous a appris que la lecture quotidienne d’une sourate du Qour’an qui n’a que trente versets préserve du châtiment de la tombe. Il s’agit de la sourate « Al-Moulk« , c’est-à-dire le chapitre 67.

 

Que devient l’âme après la désintégration du corps ?

Lorsque le corps est décomposé par la terre, à l’exception d’un os infime –appelé ^Ajbou dh-Dhanab– de la taille d’un grain de moutarde à la base du coccyx, l’âme du pieux va au Paradis, et celle du musulman désobéissant reste maintenue entre ciel et Terre ou peut atteindre le premier ciel.

 

Quant à l’âme du mécréant, elle ira à Sijjin, un lieu de châtiment situé dans la septième Terre [48]..

 

 

S’agissant des martyrs, dont le corps ne se décompose pas, leur âme monte directement au Paradis sans intégrer la tombe, pour prendre place dans le gosier d’oiseaux verts. Cette âme au Paradis a une a des effetsinfluence sur le corps comme le soleil en a sur nous.

Les oiseaux verts mangent des fruits du Paradis, se posent sur les branches des arbres du Paradis, ils volent et ont des niches accrochées sous le Trône.

 

 

 

 

CHAPITRE 8

LA MÉCRÉANCE

1. QU’EST-CE QUE LA MÉCRÉANCE ?

Définition

La mécréance est toute croyance, tout acte ou toute parole qui marque du dédain, du mépris envers Dieu, Ses Livres, Ses prophètes, Ses anges, Ses Lois, Sa promesse ou Ses menaces, les pratiques et symboles de l’Islam, etc.

 

Pour ce qui est des croyants, Dieu dit :

] إنما المؤمنون الذين آمنوا بالله ورسوله ثم لم يرتابوا (…) [

ce qui signifie :

« Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager et qui ne doutent point (…). »

 (Qour’an 49/15)

 

Dieu a révélé dans tous Ses Livres –notamment la Torah, l’Évangile et le Qour’an– que celui qui meurt mécréant ira en Enfer pour y demeurer éternellement, sans fin ni répit. C’est ce qui ressort du Qour’an, dans lequel Dieu dit :

] إن الذين كفروا وصدوا عن سبيل الله ثم ماتوا وهم كفار فلن يغفر الله لهم [

ce qui signifie :

« Dieu ne pardonnera pas à ceux qui font de la mécréance et qui écartent les hommes de la voie agréée par Dieu, puis meurent en étant mécréants. »

 (Qour’an 47/34)

 

C’est donc le péché le plus grave qu’une personne puisse commettre. Aussi, depuis Noé, tous les prophètes mettent-ils leur communauté en garde contre la mécréance sous toutes ses formes, avec ou sans association.

 

1. La mécréance avec association consiste à adorer autre que Dieu ou quelque chose avec Dieu. C’est par exemple :

 

• croire qu’il y a plusieurs dieux

attribuer à Dieu un fils, une compagne ou tout autre associé

etc.

 

2. La mécréance sans association consiste, entre autres, à :

 

• blasphémer –exprimer des paroles moqueuses, rabaissantes ou injurieuses– contre Dieu, l’un de Ses prophètes, l’un de Ses anges

croire qu’une autre religion que l’Islam est agréée par Dieu

se moquer d’un des emblèmes de l’Islam, comme la Ka^bah

• déclarer illicite une chose licite –permise– selon le Qour’an et la Tradition du Prophète (Sounnah) et connue comme telle par les musulmans ; ou inversement déclarer licite, par exemple, la viande interdite à la consommation selon la Loi islamique, l’alcool, ou l’adultère

• croire en quelque chose qui contredit les fondements de l’Islam, comme par exemple la réincarnation

ne pas croire en la prophétie de Mouhammad r ; ou croire qu’il n’est pas le sceau des prophètes, même si l’on croit en l’unicité de Dieu et qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures

nier le statut de prophète d’un des prophètes de Dieu réputé comme tel

etc.

 

Remarque

Cette liste n’étant pas exhaustive, il est donc important de se référer, à toutes fins utiles, aux règles déjà définies. Sans jamais oublier de demander à ceux qui ont la connaissance, car la science de l’Islam, avec l’aide de Dieu, guide, dirige et sauve, alors que l’ignorance égare, trompe et ruine.

 

Il est à noter ici que commettre de la mécréance ou aider à en faire aboutit au même résultat, c’est-à-dire à la sortie de l’Islam, avec ses conséquences désastreuses. Par conséquent, si quelqu’un demande à tout musulman, ou même à un imam qui est en train de faire le prêche du vendredi : – Que dois-je faire pour entrer dans l’Islam ? il doit sans tarder lui dire de faire les deux témoignages. Par contre, s’il le retarde exprès en répondant “attends que je finisse”, cela équivaut à agréer la mécréance. Et celui qui agrée la mécréance d’un autre devient lui-même mécréant.

2. MANIFESTATION DE LA MÉCRÉANCE

Nous demandons à Dieu, le Suprême, de nous préserver de la mécréance, car c’est un véritable abîme.

 

À l’instar de beaucoup d’éminents savants, le Chaykh ^Abdou l-Baçit Al-Fakhouriyy, Moufti [49] de Beyrouth il y a un siècle, a mentionné dans son livre « Al-Kifayah li Dhawi l-^Inayah » que la mécréance se présente sous trois formes :

 

•        la mécréance par la croyance [50] –le cœur–

•        la mécréance par les gestes –les membres par exemple–

•        la mécréance par la parole –la langue–

 

2.1   La mécréance par la croyance

Le siège de ce type de mécréance est dans le cœur. Et Dieu dit :

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager… alors, Nous (Dieu) leur avons préparé une fournaise ardente. »

 (Qour’an 48/13)

 

Comme exemple, il y a le fait de :

•         nier l’Existence de Dieu

•         croire que Dieu est un corps, un esprit, ou une lumière –le contraire de l’obscurité–

•         donner une ressemblance à Dieu avec Ses créatures, comme croire qu’Il est dans un endroit ou partout

•         nier le statut de prophète du prophète Mouhammad

•         croire que l’Enfer a une fin

•         croire que le châtiment du mécréant dans l’Enfer prendra fin

•         croire que le monde n’a pas de commencement

•         croire que quelque chose échappe à la volonté, à la prédestination, ou à la création de Dieu

•         etc.

 

2.2 La mécréance par les gestes

Dieu dit :

] ومن آياته الليل والنهار والشمس والقمر لا تسجدوا للشمس ولا للقمر واسجدوا لله الذي خلقهن إن كنتم إياه تعبدون [

ce qui signifie :

« Parmi les preuves de Sa puissance, il y a la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, mais prosternez-vous pour Dieu Qui les a créés, si c’est Lui Que vous adorez. »

 (Qour’an 41/37)

C’est aussi le fait de :

 

•        se prosterner pour une idole, une statue, etc.

•        porter une marque ou un objet distinctif d’une autre religion en croyant qu’ils sont à vénérer, qu’ils portent bonheur ou qu’ils sont halal.

•        aider à faire la mécréance, par exemple en accompagnant sa femme non musulmane dans un endroit pour qu’elle y fasse de la mécréance

•        jeter consciemment et volontairement dans un endroit répugnant, comme dans les ordures, le Qour’an, ou tout écrit comportant un des noms de Dieu –tels que Ar-Rahman, Ar-Rahim, etc.–, le nom d’un prophète, d’un ange, ou qui traite de l’Islam en général. En effet, ce geste constitue en lui-même une offense qui fait sortir de l’Islam, même si l’on prétend n’avoir pas voulu manquer de respect

 

Remarque

On peut éviter de tomber dans la mécréance si avant de jeter un de ces écrits –même un journal– :

 

•        on sépare les lettres les unes des autres, afin que celles qui restent ne donnent plus le même mot. Par exemple s’il est écrit Dieu, on peut déchirer une des lettres (soit le D, le E, etc.).

•        on brûle et on réduit le résidu en cendres afin d’effacer toute trace d’écriture.

•        on attache le document à un objet lourd –par exemple un caillou– et on l’immerge au large dans la mer, c’est-à-dire loin des côtes, pour que l’action corrosive du sel le désintègre.

•        ou on a recourt à tout autre moyen qui ne marque pas du mépris

 

En aucun cas, on ne doit le jeter dans les ordures.

 

2.3 La mécréance par la parole

 

Dieu dit :

] ولئن سألتهم ليقولن إنما كنا نخوض ونلعب قل أبالله وآياته ورسوله كنتم تستهزئون لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم [

ce qui signifie :

« Si tu les interroges, ils diront nous ne faisions que discuter et plaisanter. Dis :- Est-ce de Dieu, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne vous cherchez pas d’excuses : vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants. »

 (Qour’an 9/65)

 

ou encore :

] يحلفون بالله ما قالوا ولقد قالوا كلمة الكفر وكفروا بعد إسلامهم (…) [

ce qui signifie :

« Ils jurent par Dieu qu’ils n’ont pas dit de la mécréance alors qu’ils sont sortis de l’Islam après avoir été musulmans (…). »

 (Qour’an 9/74)

 

 

Quelques exemples de mécréance par la parole :

 

•        insulter Dieu

•        se rebeller contre Dieu

•        nier le statut de prophète d’un prophète unanimement reconnu comme tel

•        proclamer que Dieu a un fils ou tout autre associé

•        proférer des injures contre un prophète de Dieu en disant, par exemple, qu’il a commis l’adultère ; qu’il a bu ou encouragé les gens à boire du vin ; qu’il s’est emparé de la femme d’un autre ; qu’il encourt la malédiction de Dieu, etc.

•        insulter un ange

•        se moquer d’une loi islamique connue et admise par l’unanimité des savants, ou la réfuter

•        déclarer licite quelque chose qui est unanimement connu comme étant illicite, ou vice versa

•        etc.

 

Cette troisième sorte de mécréance est de loin la plus répandue. En effet, Abou Wa‘il dit que Ibnou Mas^oud, le grand compagnon du Prophète r, est monté une fois sur la colline de Safa à La Mecque, et s’est adressé à sa langue en disant :

يا لسانُ قُل خيرًا تَغنَم، واسكت عن شرّ تسلم، من قبل أن تندم، إني سمعت رسول الله r يقول : -أكثر خطايا ابن آدم من لسانه-.

ce qui signifie :

« Ô langue ! dis du bien, tu y gagneras. Et abstiens-toi de dire du mal, tu seras sauvée, avant de le regretter. Car j’ai entendu le Messager de Dieu dire que la plupart des péchés du fils d’Adam provient de sa langue. »

 (Hadith rapporté par AtTabaraniyy)

 

Celui donc qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise, car d’après Abou Hourayrah, le Prophète r a dit :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ ممَا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ

ce qui signifie :

« Certes, il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer d’une distance plus grande que celle qui sépare l’Orient de l’Occident. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Ce Hadith est la preuve qu’on peut tomber dans la mécréance sans :

 

1. Connaître les règles sur la mécréance

 

2. Croire à la signification de la parole prononcée –comme celui qui dit à un autre « fils de Dieu » ; il sort de l’Islam même s’il est convaincu que Dieu n’a pas de fils–

 

3. Agréer par le cœur cette mécréance. Ce n’est pas comme le prétend un certain Sayyid Sabiq dans son livre « Fiqhou s-Sounnah » où il affirme qu’on ne dit d’un musulman qu’il est sorti de l’Islam, et qu’on ne le déclare apostat (mourtadd ) que s’il a le cœur qui s’est ouvert à la mécréance, qu’il l’agrée et qu’il est passé à l’acte. Il s’est basé pour cela sur un verset qui se rapporte à celui qui commet de la mécréance sous la contrainte, et dans lequel Dieu dit :

] من كفر بالله من بعد إيمانه إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان ولكن من شرح بالكفر صدرا فعليهم غضب من الله ولهم عذاب عظيم [

ce qui signifie :

« Celui qui fait de la mécréance envers Dieu après avoir été croyant, y compris celui qui agrée délibérément la mécréance sous la menace de mort, encourt le châtiment de Dieu et subira un châtiment terrible. Sauf si le cœur de celui qui subit la menace de mort demeure ferme dans la foi. »

 (Qour’an 16/106)

Il a ainsi pris cette partie du verset « () celui qui agrée délibérément la mécréance () » pour soutenir ses propos déviants et a laissé insidieusement le reste qui, au contraire, montre bien que seul celui qui, sous la menace de mort, fait de la mécréance tout en la refusant dans son cœur ne sort pas de l’Islam. En effet, on comprend que Dieu dit : « () Sauf si le cœur de celui qui sous la menace de mort demeure ferme dans la foi. » Cela ne signifie nullement que celui qui, n’étant pas sous la menace de mort, peut s’attendre à la clémence de Dieu s’il prononce de la mécréance même sans l’agréer dans son cœur.

 

Sayyid Sabiq a encore employé la même manœuvre avec cette autre partie du Hadith où l’on comprend que le Prophète r dit : « Certes, les actes ne valent que d’après l’intention () » pour affirmer que si on n’a pas l’intention d’accomplir un mauvais acte –comme la mécréance–, mais qu’on le commet quand même, on n’encourt pas le châtiment de Dieu. Or la suite du Hadith montre que le prophète Mouhammad r a voulu dire par cela « les actes d’adoration et non tous les actes », ceux qui sont agréés par Dieu et non tous les actes, car il dit :

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّات وَإِنَّمَا لكل امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لَدُنْيَا يُصِيبُهَا أو امْرَأَةٍ يَنكحها فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْه

ce qui signifie :

« Certes, les –bons– actes ne valent que d’après l’intention, et chacun sera rétribué selon ce qu’il a entendu faire –en accomplissant ce bon acte– : à celui qui a accompli son émigration pour obéir à Dieu et à Son Messager, son émigration lui sera comptée conformément à son intention ; et celui qui a accompli son émigration pour obtenir quelque chose de ce monde ici-bas ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée pour ce qu’il a recherché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Le bon acte ici consistait à accomplir l’obligation d’émigrer de La Mecque à Médine pour obéir à Dieu et à Son prophète.

 

Demandez donc à Sayyid Sabiq ce qu’il dirait au sujet de quelqu’un qui a forniqué. Va-t-il lui citer ce Hadith pour voir quelle était son intention ? Ou bien encore, est-ce qu’on demande à celui qui est en train de boire de l’alcool quelle est son intention ? Que dire alors de la mécréance qui est beaucoup plus grave que ces deux cas !

 

On le voit, son ignorance l’a conduit à ouvrir en grand les portes à la mécréance. Selon lui, quelqu’un pourrait commettre une telle abomination et se réfugier derrière cette argumentation fantaisiste et farfelue ; ce qui n’est pas une excuse, car on comprend que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Certes il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer () ». Cela signifie qu’il ne voit rien de nuisible dans ce qu’il a dit –à cause de son ignorance– alors qu’il est pourtant sorti de l’Islam.

 

Tout cela est la preuve qu’il y a un abîme entre Sayyid Sabiq et le rang des savants de l’Islam. Prenons donc soin de suivre les véritables savants qui nous mettent en garde contre la mécréance, car celle-ci, sous n’importe quelle forme, est une souillure dont il faut se purifier le plus résolument et le plus rapidement possible. En effet, Dieu ne pardonne pas à ceux qui meurent mécréants ; et personne ne connaît le jour et l’heure de sa mort. Il faut ainsi redouter la mécréance comme on redoute de tomber dans le feu de l’Enfer. Rappelons-nous que Dieu dit :

] ما يلفظ من قول إلا لديه رقيب عتيد [

ce qui signifie :

«  La personne ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui –les deux anges– Raqib et ^Atid »

 (Qour’an 50/18)

3. CONSÉQUENCES DE LA MÉCRÉANCE

Dès que la mécréance est commise, ses conséquences sont immédiates et catastrophiques pour son auteur, à moins qu’il ne s’agisse d’une exception comme celles qui suivent :

 

1. Celui qui est contraint de faire la mécréance sous la menace directe de mort ou de l’amputation du bras ou de la jambe, et dont le cœur n’agrée pas la mécréance comme cela s’est passé avec ^Ammar Ibnou Yaçir. En effet, il fut contraint par les mécréants de La Mecque de blasphémer. Ainsi, alors qu’on le torturait, il dut, sous la menace de mort, insulter le Prophète et faire les louanges de leurs idoles. Par la suite, bouleversé et meurtri, il s’en alla raconter ces faits au Prophète r qui lui demanda ce qui signifie : « Lorsque tu as dit cela, avais-tu le cœur satisfait de la mécréance ? » « Non ! répondit-il ». Alors le Prophète lui dit ce qui signifie : « S’ils refont cela, refais ce que tu as fait », c’est-à-dire si cela devait se reproduire, fais en sorte qu’ils ne te tuent pas.

 

Il doit s’agir d’une menace réelle, sérieuse, directement dirigée contre sa vie, ou indirectement –qu’on le menace de lui couper, par exemple, une jambe ou un bras– et exercée par quelqu’un qui est capable d’exécuter sa menace. Il est évident que le cœur de la victime doit rejeter ce que sa langue prononce.

 

En revanche, quiconque fait de la mécréance sous la contrainte en agréant cela, sort de l’Islam. Il en va de même pour celui qui, délibérément, sans être sous contrainte, blasphème contre Dieu ou un prophète par exemple, que ce soit dans un état de colère, en plaisantant ou en étant sérieux.

 

2. Les paroles involontaires –par exemple répéter involontairement une parole qui contient de la mécréance– et le lapsus de langue (lapsus linguae) : on pense une chose, mais la langue en dit une autre. Il peut y avoir aussi le lapsus d’écriture (lapsus calami), c’est-à-dire substituer involontairement au terme attendu un autre mot.

 

3. Rapporter une mécréance, sans toutefois l’apprécier ou l’agréer, en prenant soin de l’attribuer à son auteur. Ainsi, en rapportant cette mécréance, il devra obligatoirement dire : – Untel a dit ou une formule de ce genre.

 

4. Celui qui dort ou celui qui perd la raison, etc.

 

En dehors des cas d’exception, celui qui commet de la mécréance :

 

•        sort immédiatement de l’Islam et devient apostat (mourtadd).

•        rompt par son acte ses liens de mariage selon l’unanimité des savants dont Malik, Ach-Chafi^iyy, Ahmad et Abou Hanifah, de sorte que toutes relations sexuelles avec le conjoint intervenues dans cet état relèvent de la fornication. Signalons que chez l’Imam Malik, cette rupture des liens du mariage compte même pour un divorce

•        ne peut hériter de quelqu’un, comme on ne peut pas hériter de lui

•        perd la récompense de tous ses bienfaits –prière, Zakat, jeûne, Hajj, etc.–, car Dieu dit :

] (…) ومن يكفر بالإيمان فقد حبط عمله وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

 

«  (…) La récompense de celui qui commet de la mécréance est anéantie –ses bons actes ne lui procureront aucune récompense de la part de Dieu– et dans la vie future, il sera au nombre des perdants. »

 (Qour’an 5/5)

 

•        garde à sa charge tous les péchés qu’il avait déjà commis

•        entrera en Enfer et y demeurera éternellement s’il décède sans revenir à l’Islam

•         


CHAPITRE 9

COMMENT ENTRER dans L’ISLAM

1. CAS DE L’APOSTASIE

Par la riddah [51], le musulman sort de l’Islam et devient mécréant, même s’il prétend le contraire ; il est alors appelé mourtadd. Toute la récompense des bons actes qu’il a déjà accomplis est définitivement anéantie. En effet, celui qui fait sauter sa propre maison à la dynamite ne peut pas, après coup, se prévaloir de ses larmes et de ses différentes lamentations ou protestations pour la réclamer. Au contraire, il devra reprendre la construction, pierre par pierre. C’est ainsi qu’il lui faudra instantanément revenir à ce que Dieu a ordonné, c’est-à-dire l’Islam.

 

Comment faire ?

Il devra immédiatement :

 

•         quitter la mécréance en renonçant complètement à sa cause

•         faire les deux témoignages avec l’intention de rentrer dans l’Islam

 

Il doit au surplus –sans que cela ne soit une condition pour la validité du retour à l’Islam– :

 

•        ressentir du regret pour avoir commis la mécréance

•        avoir l’intention, c’est-à-dire prendre une résolution ferme de ne pas récidiver

 

À noter que c’est seulement à partir du moment où il redevient musulman que les bons actes désormais accomplis lui seront comptés. Car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la foi musulmane. En effet, Dieu dit :

] ومن يعمل من الصالحات من ذكر أو أنثى وهو مؤمن فأولئك يدخلون الجنة ولا يظلمون نقيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui, hommes ou femmes, accomplissent de bonnes œuvres tout en étant croyants entreront au Paradis ; et ils ne subiront aucune injustice. »

 (Qour’an 4/124)

 

Signalons que le fait de dire : « Pardonne-moi mon Dieu ! » après avoir commis la mécréance n’est pas valable pour rentrer dans l’Islam. Au contraire, c’est formellement interdit, puisque cela constitue un surcroît de mécréance. Car Dieu nous apprend dans le Qour’an qu’Il ne pardonne pas la mécréance. Dès lors, comment peut-on Lui demander pardon tant qu’on est mécréant ?

2. CAS DE LA CONVERSION

Tout moukallaf a l’obligation de se convertir immédiatement à l’Islam, car Dieu dit :

] وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون [

ce qui signifie :

 

« Et Je n’ai créé les jinn et les êtres humains que pour leur ordonner de M’adorer [52]. »

 (Qour’an 51/56)

 

C’est dire que nous devons adorer Dieu sans rien Lui associer. De ce fait, vivre hors de l’Islam et mourir dans cet état –c’est-à-dire dans la mécréance– constitue la pire des pertes que l’être humain puisse s’infliger dans ce monde et dans l’au-delà. Cette situation est d’autant plus grave que Dieu dit :

] مثل الذين كفروا بربهم أعمالهم كرماد اشتدت به الريح في يوم عاصف لا يقدرون مما كسبوا على شىء ذلك (…) [

ce qui signifie :

« Les –bonnes– actions de ceux qui ne croient pas en leur Seigneur sont semblables à de la cendre sur laquelle le vent s’acharne un jour de tempête. Ils ne recevront –au Jour du Jugement– aucune rétribu­tion pour les œuvres qu’ils ont accomplies (…). »

 (Qour’an 14/18)

 

ou encore :

] وقدمنا إلى ما عملوا من عمل فجعلناه هباء منثورا [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) considérerons/jugerons ??? –au Jour du Jugement– les –bonnes– œuvres que les mécréants ont accomplies et ne trouverons que /les rendrons telles ??? de la poussière disséminée. »

 (Qour’an 25/23)

 

Le moukallaf doit donc entrer dans l’Islam sans tarder, en prononçant les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu. En français, cela donne : – Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le messager de Dieu.

Celui qui n’arrive pas à bien prononcer le ح (ha) de Mouhammad dira Abou l-Gacim qui est l’un des surnoms du Prophète r. Ainsi, il pourra dire : – Il n’est de dieu que Dieu et Abou l-Gacim est le messager de Dieu.

 

Il n’a besoin pour cela ni de la présence de deux témoins, ni d’aller se doucher préalablement, ni de se rendre dans une mosquée. Il devra néanmoins faire en sorte que, dans des conditions normales d’audition, c’est-à-dire en l’absence de bruit excessif, il puisse entendre –à condition qu’il ne soit ni malentendant ni sourd– ce que prononce sa bouche. Il n’a donc pas besoin de crier de façon inconsidérée, s’il est dans un milieu particulièrement bruyant.

 

Ceux qui se convertissent à l’Islam pour la première fois s’adjugent un grand avantage : tous leurs péchés déjà commis leur sont pardonnés ; c’est comme s’ils venaient de naître.

 

En effet, Dieu dit :

] قل للذين كفروا إن ينتهوا يغفر لهم ما قد سلف (…) [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) aux mécréants que s’ils mettent fin –à leur mécréance–, il leur sera pardonné ce qui a précédé (…) »

 (Qour’an 8/38)

 

Pour ce faire, ils doivent nécessairement prononcer les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu.

 

Celui qui se convertit à l’Islam a la garantie de ne pas rester éternellement dans l’Enfer –même s’il y entre à cause de ses péchés–. Mais pour y échapper totalement, il lui faut s’acquitter des obligations –prière, jeûne, etc.– et se garder des péchés.

 

En conclusion, nous disons que l’adoration de même que la désobéissance, ne profite ni ne nuit à Dieu. Quiconque prend le chemin de la droiture ne le fait que pour son propre avantage, et quiconque s’égare ne le fait qu’à son propre détriment. En tout état de cause, le Qour’an guide vers la voie droite, celle de la félicité éternelle, et annonce aux croyants qui font des bonnes œuvres la bonne nouvelle d’une grande récompense.

 

Faites donc le bon choix avant le jour
où vous n’aurez plus le choix !


[1]   La croyance a son siège dans le cœur.

[2]   Ce sont des corps fins –non denses ni compacts– créés à partir d’une flamme de feu pur ; ils sont aussi concernés par l’appel à l’Islam, et comme chez les êtres humains, on y trouve des mécréants, des musulmans pieux et d’autres pervers. Dieu leur a donné la faculté de prendre différentes apparences, mais ils restent invisibles aux êtres humains sous leur véritable aspect. Ils se marient, procréent, et éprouvent le besoin de manger, de boire. Ils sont soumis aux mêmes règles que nous (prière, jeûne, etc.) avec cependant quelques spécificités dues à leur nature.

[3]   Il s’agit d’un pluriel dit de majesté, qui s’applique à Dieu. Ce n’est donc pas dans le sens de plusieurs dieux.

[4]   Ahlou l-Kitab : il s’agit des Juifs et des Chrétiens. Et on comprend que le Prophète a dit ce qui signifie : « Il n’est de Juif ni de Chrétien qui entende parler de moi, et qui refuse de croire en moi et en ce que j’ai amené, sans qu’il ne fasse partie des gens de l’Enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.

[5] L’insistance de Abou Dharr n’impliquait ni impertinence ni désaccord de sa part, mais visait la certitude au cas où il serait interrogé à ce sujet.

[6] Elle peut se faire dans n’importe quelle langue (arabe, chinois, malinké, etc.) et avec toute expression comportant la signification voulue.

[7]  Le muet, en raison de son handicap, ou celui qui meurt subitement au moment de prononcer les deux témoignages sont excusés.

[8]  Cette citation se trouve dans son livre “Mawaridou dhDham’an ‘ila zawa’id Ibni Hibban

[9]   responsable (moukallaf) : pubère, sain d’esprit et à qui est parvenu l’appel à l’Islam, ne serait-ce qu’à travers les deux témoignages, dans toute langue qu’il comprend.

[10]   Salaf : les savants des trois premiers siècles. Ils font référence, parce que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Les meilleurs des siècles sont mon siècle, le siècle suivant et le siècle d’après. » Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et d’autres.

[11]  Gabriel lui avait posé cette question pour que les gens présents dans l’assemblée prennent connaissance de la réponse, et non par ignorance.

[12]  qiyas : effort de recherche soutenu, basé sur la déduction par analogie que seuls les savants aux rangs les plus élevés peuvent mener à bien. Ce n’est donc pas à la portée de n’importe qui.

[13]  Abou Hamid Al-Ghazaliyy est né à Khouraçan, région du nord-est de l’Iran, en 450 H/1058 et est décédé en 505 H/1111.

[14]   Le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés, non pour s’y établir, mais comme manifestation de Sa Puissance. Il constitue le toit du Paradis, qui se trouve au-delà du septième ciel.

[15]   relevant des petits péchés qui ne reflètent aucune bassesse de caractère que les prophètes peuvent éventuellement commettre. En revanche, les Prophètes sont préservés contre la mécréance, les grands péchés et même les petits péchés qui reflètent une bassesse de caractère.

[16]  L’Imam Ahmad Ar-Rifa^iyy est un grand saint, qui est né en Iraq en 512 H/1118 et est décédé en 578 H/1182. Il est le fondateur d’une tariqah, c’est-à-dire une méthode de cheminement sur une des voies tracées par le Prophète.

[17]   Le temps est la mesure de la durée des phénomènes ; autrement dit, c’est le rapport d’un événement à un autre événement. C’est donc une création de Dieu.

[18]  L’Imam Ahmad Ibnou Mouhammad, dit Abou Ja^far AtTahawiyy, est l’auteur du célèbre livre de référence « Al-^Aqidatou t-Tahawiyyah« , un traité sur la croyance des gens de la droiture –les Sunnites–. Il est né à Taha (Égypte) en 239 H/853 et mourut au Caire en 321 H/933.

[19]  C’est une autre grande création de Dieu, qui est près du Trône.

[20]   AdhDhahir ici signifie que les preuves rationnelles témoignent de Son existence, de Sa puissance, de Sa science, de Sa volonté. En effet, toute chose donne la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.

[21]   Al-Batin ici signifie Celui Qui sait le fond des choses, leur vérité ; ou encore, c’est Celui Qui n’est pas atteint par les imaginations, et cette dernière explication est la meilleure.

[22]  Il s’agit de Satan, et sa femme porte le surnom d’Oummou Mourrah.

[23]  Dans un Hadith rapporté par l’Imam Ahmad, le compagnon Wathilah Ibnou l-‘Asqa^ rapporte du Prophète r qu’il a dit ce qui signifie : « La Torah est descendue du ciel six nuits écoulées de Ramadan ; l’Evangile après treize nuits ; les Psaumes après dix-huit nuits et le Qour’an la vingt-quatrième nuit de Ramadan. »

[24]   Malgré cette appellation de feuillets, il s’agit bien de Livres.

[25]  Les passages du Qour’an se ressemblent du point de vue de l’éloquence, la justesse, la véracité, la cohérence, la cohésion, etc. et tous convergent vers le même but : l’appel à l’application de l’Islam.

[26]  Dieu l’a fait descendre dans son intégralité au premier ciel en un endroit appelé Baytou l-^Izzah durant la nuit de la Destinée. Puis, étape par étape, il a été révélé au Prophète pendant plus de vingt ans.

[27]   Il y a deux sortes de versets non explicites :

1) ceux dont on ne peut connaître l’interprétation, comme ceux qui traitent de l’instant précis de la fin de ce monde, ou de la descente du Messie sur Terre, etc. Ces choses-là nous sont cachées ; seul Dieu les sait.

2) ceux qu’on peut comprendre en les rapportant aux versets clairs.

[28]   Tous ont eu pour mission d’appeler les gens à l’application de la Religion agréée par Dieu, en leur expliquant Ses Lois. Dieu leur transmet Ses messages sous forme d’une révélation qui leur parvient de trois manières différentes :

– par l’intermédiaire d’un ange qui est généralement Gabriel ;

– par une inspiration authentique, soit dans le rêve, comme ce fut le cas pour le prophète Abraham qui reçut l’ordre d’immoler son fils Ismaël ; soit à l’état d’éveil ;

– sans intermédiaire, comme Moïse qui a entendu la parole divine qui lui était adressée, sans qu’il n’ait pu voir Dieu. Et cette parole n’est ni une voix ni une langue.

[29]   L’incrédulité parmi les hommes n’est apparue qu’après le prophète Enoch (Idris). Et Noé fut le premier prophète envoyé aux mécréants afin de les avertir et de les exhorter à adorer Dieu.

[30]   Les plus élevés en degré parmi les prophètes de Dieu sont : Mouhammad, Abraham, Moïse, Jésus fils de la Sainte Marie et Noé.

[31]  Les prophètes Mouhammad, Houd, Salih et Chou^ayb étaient des Arabes.

[32]   La communauté : elle est formée par tous ceux qui ont suivi et ceux qui suivent encore le Prophète r dans la croyance.

[33]   Lapsus : le fait de dire une parole que l’on ne voulait pas du tout dire.

[34] Les esclaves de Dieu : dans le sens que nous appartenons tous à Dieu, notre Seul Créateur.

[35]  Il était de stature droite et de grande taille, soixante coudées de haut sur sept coudées. Il était éloquent et communiquait avec ses enfants avec des paroles claires et non par des gestes.

[36]  Vitiligo : maladie provoquant la disparition, par plaques, de la pigmentation de la peau.

[37]   Le miracle est différent de la magie que l’on apprend. Ainsi, le miracle est impossible à imiter ou à contrecarrer. Tandis que la magie peut être contrecarrée par une magie semblable.

[38]   Voir explication sur les deux anges Harout et Marout (chapitre 2, page 57).

[39]  Ce sont les Prophètes parmi les descendants des frères du Prophète Joseph.

[40]   Si notre invocation est exaucée, c’est que Dieu l’a voulu de toute éternité ; et si elle n’est pas exaucée, c’est que Dieu ne l’a point voulu. Dans tous les cas, l’invocation est une adoration pour laquelle le croyant sera récompensé au Jour du Jugement.

[41]   Ce que Dieu a su et voulu ne veut pas dire qu’Il a su avant de vouloir. La science et la volonté de Dieu étant deux attributs sans commencement, on peut aussi bien dire : ce que Dieu a voulu et su. Il ne s’agit donc pas d’une succession de cause à effet indiquant un ordre de priorité. La conjonction de coordination « et » n’est pas utilisée pour admettre un ordre dans le temps, parce que Dieu n’a ni début ni de fin à Son existence. C’est pour nous informer que les choses se passent selon la science de Dieu et aussi selon Sa volonté.

[42]  La terre n’assimile pas non plus le corps des martyrs de la guerre sainte et de certains saints, comme cela a été constaté à maintes reprises en beaucoup d’endroits. Ainsi, le corps du grand mouhaddith Ibnou sSalah fut retrouvé intact huit siècles après sa mise en terre.

[43]  Il ne s’agit pas d’une prière obligatoire, mais c’est un délice.

 

[44]  C’est celui qui prononce les deux témoignages alors que dans son for intérieur il déteste l’Islam ou doute de sa véracité.

[45]   Une coudée correspond à quarante cinq cm, environ. Pour certains, elle s’agrandit à perte de vue, et ce même s’il y avait vingt pieux les uns à côtés des autres. En effet, Dieu est le Tout-Puissant.

[46]  Le Prophète r a dit ce qui signifie : « Demandez la protection de Dieu contre le châtiment de la tombe. » Rapporté par Al-Boukhariyy.

[47]  Comment se préserve-t-on de l’urine ? On s’assure d’abord qu’on a bien fini d’uriner, et on se nettoie ensuite selon la méthode islamique, afin de ne tacher ni son corps ni ses habits.

[48] De même qu’il y a sept cieux, les Terres sont également au nombre de sept. Elles ont une épaisseur de cinq cents ans, et sont séparées les unes des autres par une distance de cinq cents ans.

[49]  Moufti : savant et dignitaire musulman chargé de donner des décrets dans le domaine de la religion conformément au Qour’an, à la Sounnah et à l’Unanimité des jurisconsultes antérieurs.

[50]  Les pensées furtives inspirées par satan, qui traversent l’esprit, mais sans que le cœur y adhère ne font pas tomber dans la mécréance.

[51]  riddah : terme proche de l’apostasie ; il s’agit de toute mécréance commise par un musulman.

La plus odieuse sorte de mécréance qui apparaît sous trois formes : croyance, gestes et parole.

[52]  Ceci ne signifie pas que Dieu a voulu que chacun des jinn et des hommes L’adore, car si c’était le cas il n’y aurait pas eu un seul mécréant. En effet, nous comprenons que Dieu dit ce qui signifie : « Si ton Seigneur (Dieu) l’avait voulu, tous les habitants de la Terre auraient cru. » (Qour’an 10/99).

Idéologie d’extrémistes

Posted in cours général,société par chaykhaboulaliyah sur décembre 15, 2011

Présentation de ce que comporte le livre de Sayyid Qoutb « Fi Dhilali l-Qour’an » – A l’Ombre du Coran – et d’autres ouvrages à lui

 

La louange est à Allah, et que Allah honore et élève davantage Son messager Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.

 

Les Salaf, les musulmans des trois premiers siècles ainsi que les Khalaf ceux qui les ont suivis – et qui représentent Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah –, ont été d’accord que la science de la religion n’est pas acquise par la lecture à partir des livres mais bien par l’apprentissage auprès de qui est connaisseur, digne de confiance, qui a lui-même appris auprès de qui est semblable à lui, en remontant ainsi jusqu’aux compagnons. Le Hafidh Abou Bakr Al-Khatib Al-Baghdadiyy a dit : « La science n’est prise que de la bouche des savants« . Et l’un des savants du Salaf a dit : « Celui qui prend le hadith à partir des livres est appelé sahafiyy – bouquiniste – et celui qui prend le Qour’an à partir du Moushaf est appelé moushafiyy, il n’est pas appelé qari‘ – spécialiste de récitation – ». Ceci est tiré du hadith du Messager de Allah r qui a dit :

((من يُرد اللهُ به خيراً يُفقّههُ في الدين ، إنّما العلمُ بالتَّعلُّم والفقهُ بالتّفقُّه))

(man youridi l-Lahou bihi khayran youfaqqih-hou fi d-din, ‘innama l-^ilmou bi t-ta^alloum wa l-fiqhou bi t-tafaqqouh) [rapporté par AtTabaraniyy] ce qui signifie : « Celui pour qui Allah veut un bien, Il fait qu’il apprend la science de la religion, certes la science ne vient que par l’apprentissage et la connaissance des droits et des devoirs de soi est obtenue par la transmission orale« .

Parmi ce genre de personnes, il y a un homme qui s’appelle Sayyid Qoutb. Cet homme, il ne lui est pas arrivé de s’asseoir auprès d’un seul savant pour apprendre, ni même de lire devant les savants, ni même de sentir l’odeur de la science. A ses débuts, c’était un journaliste marxiste. Puis il s’est enrôlé par la suite dans le rang du parti de Al-‘Ikhwan qui l’ont vite placé au premier plan. Il s’est alors mis à composer et à écrire. Il a dérapé et il s’est égaré. Celui qui observe et étudie ses livres tout en faisant partie des gens de la compréhension et de la distinction, il les trouvera remplis de fatwa, d’avis de jurisprudence que Allah n’a pas descendus. La personne attentive aura su que ses livres proclament haut et fort sa profonde ignorance. Les preuves de son ignorance sont nombreuses, entre autres :

Il appelle Allah (la plume miraculeuse) et (la plume créatrice et inventive) et ce, à plusieurs reprises dans son livre At-Taswirou l-Fanniyy fi l-Qour’an et dans d’autres. Il appelle également Allah (le cerveau créateur) lors de l’exégèse de sourat An-Naba’ et ceci est une chose qui n’est pas cachée comme étant de l’irréligion. Allah ta^ala dit :

)ولله الأسماء الحسنى فادعوه بها وذروا الذين يُلحدون في أسمائه
سيجزون ما كانوا يعملون
(

[sourat Al-‘A^raf / 180] ce qui signifie : « Et Allah a les noms qui indiquent la perfection. Invoquez-Le par Ses noms et laissez ceux qui font preuve d’irréligion au sujet de Ses noms. Ils seront rétribués pour ce qu’ils ont fait« . L’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy dans son traité de la croyance qui est le traité de la croyance de ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah a dit : « Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains alors certes, il est devenu mécréant« .

Cet homme, dans de nombreux passages de son livre, qui est appelé Fi Dhilali l-Qour’an (Edition Dar Ach-Chourouq Beyrouth 1400 de l’hégire, 1980), il appelle les ayah du Qour’an (des partitions musicales qui ont une mélodie et un rythme, une musique ondulée et large), et ce qui est de cet ordre.

De plus il décrète dans son livre Fi Dhilali l-Qour’an qu’il n’existera pas de musulmans sur Terre tant que les gouverneurs gouverneront avec autre chose que la Loi de l’Islam même pour une petite question. Il mentionne cela dans le premier tome page 590. Ainsi il dit : (il n’y a pas de religion pour les gens tant qu’ils ne se réfèreront pas dans les choses de la vie quotidienne entièrement à Allah Lui seul. Et il n’y a donc pas d’Islam s’ils se réfèrent à une autre source en une chose quelconque de leur vie quotidienne, que ce soit une chose importante ou négligeable. Ce sera alors l’association ou la mécréance et ce sera la jahiliyyah que l’Islam était venu déraciner de la vie des gens).

Ensuite, il déclare mécréants tous ceux qui gouvernent avec autre chose que la Loi de l’Islam dans l’absolu, même sur une question mineure, sans faire de détail, en expliquant Sa parole ta^ala :

)ومن لم يحكم بما أنزل اللهُ فأولئك هُمُ الكافرون(

[sourat Al-Ma‘idah / 44] selon le sens qui vient immédiatement à l’esprit, à savoir : celui qui gouverne par autre que ce que Allah a descendu, alors ceux-là sont les mécréants, par ignorance ou par entêtement, niant ainsi que le Salaf ou ceux qui sont venus après eux ont fait le ta’wil de cette ayah, c’est-à-dire qu’ils l’ont interprétée par un autre sens que celui qui vient communément à l’esprit. Cela a en effet été confirmé de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, le fils de l’oncle paternel du Messager de Allah r et qui est l’Exégète par excellence du Qour’an ainsi que de Al-Bara‘ Ibnou ^Azib, que Allah l’agrée. Al-Qourtoubiyy a ainsi mentionné dans son livre Al-Jami^ou li ‘Ahkami l-Qour’a[1] pour l’exégèse de cette ayah ce qui suit : « Elles ont toutes été descendues c’est-à-dire ces ayah au sujet des mécréants. Cela a été confirmé dans le Sahih de Mouslim, Livre de Al-‘Iman la foi . Et c’est sur cela que se sont tenus la plupart des savants. Quant au musulman, il ne devient pas mécréant par cela bien qu’il ait commis un grand péché. D’autres ont dit ici : comportant implicitement un autre sens, c’est-à-dire : celui qui n’a pas jugé et n’a pas gouverné selon ce que Allah a descendu en réfutant le Qour’an et en reniant la parole du Messager de Allah r, celui-là est mécréant. C’est ce qu’ont dit Ibnou ^Abbas et Moujahid. La ‘ayah est générale dans ce sens. Ibnou Mas^oud et Al-Haçan ont dit : Cette ‘ayah est générale au sujet de tous ceux qui n’ont pas gouverné selon ce que Allah a descendu, qu’ils soient musulmans d’origine, juifs ou mécréants, c’est-à-dire en ayant cela pour croyance et en se rendant cela licite. Quant à celui qui l’a fait tout en croyant qu’il a commis par cela une chose interdite, celui-là compte parmi les musulmans grands pécheurs, pervers, et son jugement est à Allah ta^ala. S’Il veut, Il le châtie et s’Il veut, Il lui pardonne. Seulement Ach-Cha^biyy a dit : « Cette ‘ayah concerne particulièrement les juifs ». Et c’est l’avis qu’a préféré An-Nahhas. Il a dit : « Ceci est prouvé par trois choses parmi lesquelles : les juifs ont été mentionnés avant cela par Sa parole : (للَّذين هادوا) [sourat Al-Ma‘idah / 44]. Ainsi le pronom les concerne. Et parmi les preuves de cela également, il y a le contexte des phrases qui indique cela : Ne vois-tu donc pas qu’après cette ‘ayah il y a : (وكتبنا عليهم) [sourat Al-Ma‘idah / 45] ce qui signifie : « Et Nous leur avons prescrit« , le pronom revient ici aux juifs par unanimité. Il y a également le fait que les juifs, ce sont eux qui ont renié la lapidation et le talion.

Si quelqu’un dit : (man) celui qui , si ce mot vient pour indiquer la rétribution, il est général sauf s’il y a une preuve qu’il est spécifique. On lui répond (man) ici, vient dans le sens de « celui qui » avec ce que nous avons mentionné en tant que preuve ; c’est comme s’il est dit : les juifs, ceux-là qui n’ont pas jugé selon ce que Allah a descendu, les voilà les mécréants. C’est le meilleur avis qui ait été dit à ce sujet. On rapporte que Houdhayfah a été interrogé au sujet de ces ‘ayah, si elles concernent les fils de Israil. Il a dit : « Oui, ces ‘ayah les concernent. » Tawous ainsi que d’autres ont dit : « Dans cette ‘ayah il ne s’agit pas de la mécréance qui fait sortir de la religion, il s’agit d’un péché grave mais en deçà de la mécréance (koufr) ». Le cas diffère donc selon qu’il a jugé par des lois de lui-mme en prétendant qu’elles sont des lois de Allah, là c’est une falsification qui entraîne sa mécréance. Mais s’il a jugé avec, sous l’effet de ses passions et en désobéissance, c’est alors un péché qui peut être pardonné selon les fondements de la croyance de Ahlou s-Sounnah concernant le pardon des désobéissants. Al-Qouchayriyy a dit : « La voie des khawarij c’est que celui qui est soudoyé et qui juge selon une autre loi que la Loi de Allah, celui-là est un mécréant » fin de la parole de Al-Qourtoubiyy.

Al-Khazin a cité quelque chose de semblable à cela dans son Tafsi[2] et il a ajouté : « Moujahid a dit au sujet de ces trois ‘ayah que celui qui délaisse de juger selon ce que Allah a descendu par réfutation du Livre, celui-là est un mécréant, un injuste et un grand pécheur. » ^Ikrimah a dit : « Et celui qui ne juge pas par ce que Allah a descendu en reniant ce que Allah a descendu, celui-là est un mécréant. Mais celui qui reconnaît la Loi de Allah mais n’a pas jugé selon ce que Allah a descendu, celui-là est un injuste et un grand pécheur. » C’est également la parole de Ibnou ^Abbas. Tawous a dit : « J’ai dit à Ibnou ^Abbas : est-il donc mécréant celui qui ne juge pas selon ce que Allah a descendu ? Il a dit : Il s’est chargé d’un grand péché mais ce n’est pas la mécréance qui fait sortir de la religion comme celui qui aurait mécru en Allah, en Ses anges, en Ses Livres en Ses messagers, en le jour dernier et ce qui est du même ordre. Cela a été rapporté de ^Ata‘. Il a dit : « C’est un grand péché en deçà de la mécréance » fin de citation.

Le savant de la communauté, ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas a donc tranché le sujet par une exégèse concise et utile. Au sujet des trois ayah précédemment citées, Al-Hakim a rapporté et a déclaré sûr dans Al-Moustadrak [3], Adh-Dhahabiyy étant en accord avec lui, Al-Bayhaqiyy a rapporté dans ses Sounan et autres qu’eux deux ont rapporté qu’il a dit : « Ce n’est pas le koufr auquel on pense, ce n’est pas la mécréance (koufr) qui fait sortir de la religion. (ومن لم يحكم بما أنزل اللهُ فأولئك هُمُ الكافرون) [sourat Al-Ma‘idah / 44] (wa man lam yahkoum bima ‘anzala l-Lah fa ‘oula‘ika houmou l-kafiroun) c’est un grand péché en deçà de la mécréance » fin de citation. La signification de « koufr en deçà du koufr« , c’est un grand péché qui ressemble à la mécréance dans son odiosité, tout comme a dit le Messager de Allah r :

((سبابُ المسلم فسوق وقتالهُ كُفر))

[rapporté par Ahmad [4]] ce qui signifie : « Insulter un musulman est un grand péché et le combattre est un koufr » ce qui veut dire : « un grand péché ». En effet, des combats avaient bien éclaté entre les croyants depuis l’époque de ^Aliyy, que Allah l’agrée, et on en voit jusqu’à aujourd’hui. Allah ta^ala dit :

)وإن طائفتان من المؤمنين اقتتلوا(

ce qui signifie : « Si deux groupes de musulmans se combattent« .

De plus la parole de Sayyid Qoutb est la voie même des khawarij, qui ont dit que l’injustice et le grand péché sont de la mécréance qui fait séjourner éternellement en enfer. De même, la déclaration de mécréance de celui qui juge par autre que la Loi de l’Islam dans l’absolu, sans détailler, implique la déclaration de mécréance de nombreux gouverneurs qui se sont succédés au califat islamique, qu’ils soient de Bani ‘Oumayyah, des Omeyades, de Bani l-^Abbas, des Abbasides, ou de Bani ^Outhman, des Ottomans. En effet, ils ont gouverné et ont fait en sorte que le califat soit une souveraineté obtenue par héritage les uns des autres. Ceci annule les prétentions de Sayyid Qoutb dans son livre appelé Fi Dhilali l-Qour’an. En effet en premier lieu il réfute le ta’wil de ces ayah – l’interprétation par un autre sens que celui qui vient communément à l’esprit – comme s’il avait atteint le degré qu’avait atteint l’Exégète du Qour’an ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, ou autres parmi les compagnons et les successeurs. Il n’hésite pas en effet, dans son livre à renier dans l’absolu tout ce qu’ont dit les savants du Khalaf et du Salaf. Ainsi, il dit dans le tome 2 page 898 ce qui suit : (Le ta’wil, le fait d’interpréter par un autre sens que celui qui vient communément à l’esprit, dans pareil jugement ne signifie qu’une tentative de falsification des paroles, en leur donnant un autre sens que le leur). Ainsi son ignorance l’a amené à cette accusation erronée à l’encontre de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, de Houdhayfah Ibnou l-Yaman, de Sa^id Ibnou Joubayr, de Al-Haçan Al-Basriyy et d’autres parmi les Salaf et les Khalaf. Il les accuse d’être des falsificateurs du Livre de Allah tout comme l’ont fait les savants des juifs.

Le plus surprenant, c’est que ce livre est édité et vendu dans les pays musulmans alors qu’il n’a pas laissé un seul individu de l’humanité sans lui attribuer l’apostasie, même les mou’adh-dhin – ceux qui appellent à la prière – dans les orients et les occidents, car ils ne se rebellent pas contre leurs présidents qui gouvernent par une autre loi que la Loi de l’Islam. Ainsi l’auteur dit dans le tome 2 page 1057 ce qui suit : (L’humanité a apostasié pour l’adoration des esclaves et l’oppression des religions et a renié la parole : La ‘ilaha ‘il-la l-Lah – Il n’est de dieu que Allah –, même si un groupe répète du haut des minarets cette parole sans en saisir le sens et sans prendre conscience de ce sens en la répétant et sans refuser la légitimité à gouverner que les esclaves s’adjugent à eux-mêmes …). Puis il dit : (L’humanité est revenue à la jahiliyyah – la période anté-coranique – et a apostasié la parole La ‘ilaha ‘il-la l-Lah – Il n’est de dieu que Allah –. Les gens ont ainsi attribué à ces esclaves ce qui est propre à la divinité, ils n’adorent donc plus Allah et ne Lui font plus sincèrement preuve de soumission). Puis il poursuit et dit : (L’humanité dans sa totalité a apostasié, y compris ceux qui répètent du haut des minarets dans les orients de la terre et ses occidents, les paroles La ‘ilaha ‘il-la l-Lah sans aucun sens ni réalité. Ceux-là, leur péché est plus grave et auront un châtiment plus dur au jour du jugement car ils ont apostasié pour revenir à l’adoration des esclaves) fin de citation.

Puis il a cité dans le tome 2 pages 841 : (Celui qui juge ne fut-ce que sur un seul détail par autre que la Loi de l’Islam, celui-là est sorti de la religion). Et par la suite en page 940, il cite que (ceux qui prétendent être musulmans mais qui n’appliquent pas sur eux-mêmes ce que leur Seigneur a descendu, ceux-là sont comme les gens du Livre, ils ne sont en rien sur la vérité). Puis il déclare mécréants ceux qui jugent par autre que la Loi de l’Islam dans l’absolu, ne fut-ce que sur une seule question au tome 2 page 972. Il dit ainsi : (Et l’Islam est une voie pour la vie toute entière, celui qui la suit en entier celui-là est un croyant et il est dans la religion que Allah ordonne. Mais celui qui suit autre que cela, même si c’est sur une seule question, il aura refusé la foi et outrepassé la divinité de Allah, il est sorti de la religion que Allah ordonne, même s’il clame qu’il respecte la croyance et qu’il est musulman). Il mentionne ce qui est semblable à cela au tome 2 page 1018. Son insolence l’a amené jusqu’à citer dans le tome 3 en page 1198 que (celui qui obéit à un humain en une loi issue des lois humaines même ne fut-ce que sur un seul petit détail, celui-là est un associateur apostat de l’Islam, quoiqu’il continue de répéter Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah par sa langue). Puis il généralise ainsi après sa parole dans le tome 3 en page 1257 : (L’Islam aujourd’hui n’existe même pas, nous sommes donc une société jahiliyy associatrice). Il décrète dans le tome 4 page 1945 que l’humanité aujourd’hui dans sa totalité est apostate et connaît une jahiliyyah globale. Il dit que (l’observation de la réalité de l’humanité sous cet aspect clair, nous confirme que l’humanité aujourd’hui dans sa totalité a apostasié pour une jahiliyyah généralisée) fin de citation.

Ce qui est encore plus surprenant, c’est que les gens qui font partie de ceux qui l’ont suivi et de ceux qui appellent à suivre son avis, qui appellent mécréants tous ceux qui jugent et gouvernent par une loi faite par eux-mêmes ne fut-ce que sur un seul petit détail, une partie d’entre eux ont pour profession la profession d’avocat, une autre partie utilise la loi issue des humains concernant les transactions, comme les transactions du passeport, du visa et ils interdisent à autrui la reproduction de leurs ouvrages ou de ce qu’ils impriment, ils interdisent aux autres de les photocopier sauf avec leur permission. Ils croient que celui qui fait cela est passible d’être jugé par une loi issue des humains. Cela leur suffit comme rabaissement, comme indécence et comme contradiction avec eux-mêmes. Selon les paroles mêmes de leur leader ils sont devenus mécréants sans s’en être aperçu et selon ce que requiert son propre texte, une partie d’entre eux sont des adorateurs des gouverneurs séoudiens et une autre partie adorerait les gouverneurs des autres pays dans lesquels ils vivent.

Celui qui analyse objectivement les propos de cet homme aura su qu’il n’a pas d’autres prédécesseurs qu’un groupe de khawarij appelés les bayhaciyyah et qui se sont démarqués des autres groupes de khawarij en disant : (le souverain lorsqu’il gouverne avec autre que la Loi de l’Islam est devenu mécréant, ainsi que ses sujets, aussi bien ceux qui l’ont suivi que ceux qui ne l’ont pas suivi). C’est comme si Sayyid Qoutb renouvelait l’appel à cette croyance, à ce groupe khawarij qui est en fait le groupe le plus extrémiste à déclarer mécréants les musulmans. Cela lui suffit comme rabaissement et comme égarement car le Messager r a dit au sujet des khawarij :

((يخرُجُ قومٌ حُدثاءُ الأسنان سُفهاءُ الأحلام يقولون بخير قول البريّة ، يقرءون القرءان لا يجاوز حناجرهم ، يحقر أحدكم صلاته إلى صلاتهم وصيامه إلى صيامهم ، لئن أدركتهم لأقتلنّهم قتل عاد))

[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Il apparaîtra un peuple qui sont jeunes avec des idées naïves qui utilisent de belles paroles, ils récitent le Qour’an mais la foi ne parvient pas jusqu’à leurs cœurs – c’est-à-dire ils ne connaissent pas la foi –. L’un de vous trouvera négligeable sa prière par rapport à la leur et son jeûne par rapport au leur. Si je venais à les voir je les tuerais comme fut anéanti le peuple de ^Ad« .

Il décrète au tome 4 page 2012 que (s’occuper du fiqh aujourd’hui c’est-à-dire de la jurisprudence en prétendant que c’est un travail en faveur de l’Islam, ce n’est qu’une pure perte de temps et de la récompense également, tant que les gens seront dans une jahiliyyah et qu’ils adoreront leurs gouverneurs). Il cite dans le tome 4 page 2122 (qu’on ne trouve plus aujourd’hui de président musulman, ni de citoyens musulmans, ni même de société musulmane), il prétend qu’il n’y a qu’une jahiliyyah totale. Il dit : (Il n’y a pas sur Terre de pays musulmans, ni de société musulmane dans laquelle la base des transactions soit la Loi que Allah a révélée et qui soit gérée par la jurisprudence islamique). Cette dernire parole entraîne que toute la Terre y compris La Mecque honorée et Médine l’Illuminée ne sont plus des Terres d’Islam mais des terres de mécréance.

Par ailleurs il contredit tous les savants de l’Islam par sa parole : (La parole de Allah ta^ala : (وهو معكم أينما كنتم) [sourat Al-Hadid / 4] signifie que Allah est avec vous où que vous soyez, c’est un accompagnement en réalité et non pas un sens figuré. Allah soubhanahou est avec tout un chacun, avec toute chose et en tout endroit). Il a fait que Allah est répandu dans le monde et c’est de la mécréance. Sa parole : (dans tous les endroits), personne des Salaf ne l’a dite. Celui qui l’a dite, c’est Jahm Ibnou Safwan qui fut tué en étant mécréant à la fin des Omeyades. Plus tard, des ignorants des soufis l’ont suivi sans comprendre les sens que Jahm avait visés [5].

Ainsi tous les savants de l’Islam ont été d’accord que Sa parole ta^ala :(وهو معكم أينما كنتم)signifie que Allah englobe par Sa science toute créature. Sayyid Qoutb a cité sa parole  à lui dans le tome 6 page 3481 du Livre précédemment cité.

Sayyid Qoutb mentionne dans son livre Ma^alim Fi tTariq – impression Darou ch-ChourouqBeyrouth page 5-6 – que (l’existence de la communauté musulmane est considérée comme ayant été interrompue depuis de nombreux siècles). En page 8 du même livre, il dit que (le monde vit de nos jours dans une totale jahiliyyah) et en page 17-18, il dit : (nous sommes dans une jahiliyyah comparable à la jahiliyyah contemporaine à l’Islam ou plus obscure encore).

Il ne s’est pas suffi de cela car son ignorance et son insolence l’ont amené à porter atteinte et à blâmer notre maître Mouçar. Ainsi il a dit dans son livre At-Taswirou l-Fanniyy fi l-Qour’an impression Darou ch-Chourouq Beyrouth page 162 ce qui suit : (Considérons maintenant Mouça, il représente l’archétype du leader emporté, nerveux de tempérament). Et il dit dans la page suivante : (Laissons-le ici pour le rencontrer dans une autre période de sa vie, dix années plus tard. Peut-être s’était-il calmé ou était-il devenu un homme calme de tempérament, indulgent ? Non …) Et il accuse notre maître Youçouf à la page 166 d’avoir failli faiblir devant la femme du haut dignitaire. D’autre part, il attribue à notre maître Ibrahim le doute. Ainsi il dit à la page 133 ce qui suit : (Et Ibrahim, son histoire commence jeune homme regardant dans le ciel, il voit une étoile et il pense qu’elle est son dieu et lorsque l’étoile se couche il dit : je n’aime pas ceux qui se couchent. Puis il regarde une seconde fois et il voit la lune et il croit que c’est son seigneur et à son tour elle se couche et aussi il la laisse. Et il s’en va. Puis il regarde le soleil, sa taille lui plaît et il pense qu’il est sans aucun doute son dieu mais il n’est pas à la hauteur de ce qu’il escomptait de lui non plus) fin de citation. Ces paroles contredisent la croyance de l’Islam qui décrète qu’il est obligatoire aux prophètes la préservation de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse, avant l’avènement de leur mission de prophète tout comme après. La parole de Ibrahim au sujet de l’astre quant il l’a vu (هذا ربّي) est une forme d’interrogation fictive qui comporte une réponse négative implicite. C’est comme s’il avait dit : Est-ce mon seigneur comme vous le prétendez ? Puis lorsque le soleil s’est couché, il a dit : (لا أحبُّ الآفلين) [sourat Al-‘An^am / 76] ce qui signifie : « Je n’aime pas ceux qui se couchent » ce qui veut dire : cet astre, ce n’est pas valable qu’il soit mon seigneur, comment pouvez-vous croire cela ? Cependant, comme ils n’ont pas compris son allusion mais sont restés sur la croyance sur laquelle ils étaient, il a dit la même chose lorsqu’il a vu la lune. Lorsqu’il n’a pas trouvé chez eux ce qu’il escomptait, il leur a manifesté qu’il était innocent de l’adoration de la lune et qu’il n’est pas valable que la lune soit dieu. Puis lorsque le soleil est apparu, il a dit pareil à cela mais n’a pas vu ce qu’il escomptait de leur part. C’est alors qu’il a perdu espoir de leur compréhension et qu’il leur a montré qu’il était innocent de tout cela. Quant à lui, en lui-même, il savait dès avant cela que la divinité n’est valable que pour Allah, pour preuve la parole de Allah : (ولقد ءاتينا إبراهيم رُشدهُ من قبل)  [sourat Al-‘Anbiya/ 51] ce qui signifie : « Et nous avons accordé à Ibrahim la bonne guidée dès auparavant« .

Il se résume à partir de là que Sayyid Qoutb a porté atteinte aux exégètes, aux savants des musulmans, les prédécesseurs d’entre eux tout comme les successeurs, le Salaf et le Khalaf et qu’il a ouvert ainsi une porte vers la sortie de la religion dont seul Allah en sait le danger. Que les musulmans soient en garde contre lui et craignent pour leur religion contre ce danger. En effet, cet homme est devenu un modèle pour porter atteinte aux prédécesseurs de la communauté tout comme à leurs successeurs. Il est devenu un modèle pour l’appel à sortir de la religion tout comme les khawarij. En effet les khawarij ont compris la parole de Allah ta^ala : (إن الحكمُ إلاّ لله)  [sourat Al-‘An-^am / 57] autrement que par le sens qui est visé. Les khawarij ont ainsi osé déclarer mécréant notre maître ^Aliyy et tous ceux qui étaient avec lui, jusqu’à en arriver à déclarer mécréants tous ceux qui commettent une désobéissance. Certes nous appartenons à Allah et nous retournerons à Lui pour le jugement.

Ce qui est surprenant également de la part de cet homme, c’est comment il a ignoré la parole de Allah :

)وجاعلُ الّذين اتَّبعوك فوق الذّين كفروا إلى يوم القيامة(

[sourat Ali ^Imran / 55] ce qui signifie : « Et Nous ferons que ceux qui t’ont suivi, auront la supériorité sur ceux qui ont été mécréants et ce, jusqu’au jour du jugement« . En effet, cette ayah est une preuve à partir du Qour’an que cette communauté, la communauté de Mouhammad, restera sur sa religion jusqu’au jour du jugement. En effet, la communauté de Mouhammad, est celle qui a suivi ^Iça, après qu’ont disparu ceux qui l’avaient suivi véritablement sur la foi, sur l’Islam et le tawhid. Comment cet homme est-il passé à côté du sens et n’a pu comprendre cetteayah, suivant plutôt ses passions et ses illusions. Il s’est imaginé que la communauté de Mouhammad a vécu sur l’Islam le premier siècle et qu’elle a été par la suite dans une jahiliyyah. Comment a-t-il oublié la parole du Messager de Allah r :

((إنّ الله يبعثُ لهذه الأمّة على رأس كلّ مائة سنة من يجدّد لها دينها))

ce qui signifie : « Certes, Allah envoie pour cette communauté chaque début de siècle quelqu’un qui renouvelle pour elle l’appel à la religion« . Et comment a-t-il oublié, comment est-il passé à côté de sa parole r :

((لا تزال طائفة من أمّتي ظاهرين على الحقّ حتّى تقوم السّاعة))

ce qui signifie : « Une part de ma communauté restera sur la vérité jusqu’au jour du jugement« . Le premier hadith a été rapporté par Abou Dawoud et le deuxième par les deux Chaykh. Le moment n’est-il pas venu, vous qui êtes épris de cet homme, de craindre Allah ?

Vous qui êtes des fanatiques de cet homme, faites preuve de piété envers Allah et abandonnez votre voie que voilà pour faire partie de la majorité de la communauté. En effet celui qui se singularise, se singularise pour aller en enfer. Et nous demandons à Allah qu’Il nous préserve de pareils dérapages.

Wa soubhana l-Lahi wa l-hamdou li l-Lahi Rabbi l-^alamin


[1]  Tome 6 pages 190-191.

[2] Tafsirou l-Khazin tome 1 pages 467-468.

[3] Tome 2 page 313.

[4] Le Mousnad de Ahmad Tome 1 page 439.

[5] Jahm disait cette expression et visait par là le sens propre c’est-à-dire le sens de l’incarnation. Alors que les ignorants des soufis en comprenaient que Allah domine tout endroit par Sa toute puissance. Isma^il Haqqi An-Nazilyy a attribué cette parole aux ignorants des soufis dans son Tafsirou Rouhi l-Bayan. Il compte parmi les soufis. Que ces gens-là sachent dans quelle ignorance ils se débattent.