Chaykhaboulaliyah's Blog


Croyance : les preuves selon la raison de l’existence de Dieu

Posted in Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 23, 2012

La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissances et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.

 

Les savants de l’Islam ont dit qu’il est un devoir pour toute personne responsable de connaître la preuve globale selon la raison au sujet de l’existence de Allah.

 

Un exemple d’argumentation globale, c’est que la personne dise en elle-même : l’écriture a nécessairement qui a tracé cette écriture, une construction, un immeuble, une maison ou autre, a nécessairement qui l’a construit, qui a élevé cette construction, et ce qui s’applique à l’écriture et la construction sont des parties de ce monde, ce qui a été dit concernant l’écriture et les constructions, concerne également tout ce monde puisque ce sont des parties de ce monde, ce qui a été dit pour l’écriture et la construction est donc valable pour tout ce monde. Ce monde à plus forte raison a nécessairement Qui lui a donné l’existence. Et Celui Qui a donné l’existence à ce monde n’a absolument aucune ressemblance avec ce monde.

 

Ceci est l’argumentation globale.

 

Une autre argumentation globale, c’est de dire : moi j’existe après n’avoir pas existé, et tout ce qui existe après n’avoir pas existé a nécessairement Qui lui a fait existé. J’ai donc nécessairement un Être Qui m’a donné l’existence et Qui n’a absolument aucune ressemblance avec moi. Et cette argumentation est valable pour toutes les parties de ce monde, toutes les créatures. Et Celui qui a donné l’existence à ce monde, n’a absolument aucune ressemblance avec ce monde.

 

Ceci est une argumentation globale, et chaque personne responsable doit faire cette argumentation globale. Celui qui n’a pas fait cette argumentation globale, il aura manqué à un devoir, il aura donc commis un péché.

 

Pour ce qui est de l’argumentation détaillée, les savants de Ahlou s-Sounnah ont dit qu’il est un devoir d’ordre communautaire de connaître cette argumentation détaillée.

 

C’est comme de dire que ce monde avec toutes ses parties est entrée en existence, ceci est une argumentation détaillée en disant que ce monde est composé de substance (‘a^yan pluriel de ^ayn) et de caractéristiques des substances (a^rad pluriel de ^arad). Al-‘a^yan, c’est ce qui se définit par lui-même, et le ^arad c’est ce qui est définit par autre que lui même.

 

Un exemple de substance : une table. Un exemple de caractéristiques de substances : son immobilité. L’immobilité, n’est pas définit indépendamment de la table. Donc la caractéristique, c’est quelque chose qui advient à la substance.

 

Ce monde est composé de substances et de caractéristique des substances. Ce monde est entré en existence car il est composé de substance et des caractéristiques des substances.

 

La preuve :

 

1- Les substances ont des caractéristiques, chaque ^ayn a nécessairement des ^arad comme le mouvement et l’immobilité. En effet, la substance est soit immobile, soit en mouvement, nécessairement. Ceci est une chose qui est clair et évident.

 

2- Or, le mouvement et l’immobilité, tous deux sont entrés en existence (hadith). Nous allons expliquer pourquoi.

 

Le mouvement et l’immobilité, tous deux sont entrés en existence parce que par l’advenue de l’un des deux, l’autre s’achève. C’est pour cela que le mouvement et l’immobilité sont entrés en existence. Car si l’un des deux survient, l’autre prend fin. Il n’y a pas une substance immobile sans que la raison juge de sa possibilité de sa mise en mouvement ; et réciproquement, toute substance en mouvement, la raison juge possible qu’elle s’immobilise. N’est ce pas que les étoiles sont des corps qui sont toujours en mouvements. Les cieux sont des corps tout le temps immobiles, mais la raison juge possible qu’il leurs arrivent le mouvement.

 

Donc ce qui advient à la substance est entré en existence, si la substance est immobile et que lui advient le mouvement, cette caractéristique qui a eu un début est entré en existence, et la caractéristiques qui a pris fin a aussi un début.

 

Par ce que si l’immobilité avait été sans début, il lui aurait été impossible l’anéantissement. Et si réciproquement, la substance qu’on observe était en mouvement et qu’elle s’immobilise, l’immobilité est entrée en existence car elle a un début et ce mouvement a aussi un début car s’il n’avait pas eu de début, il n’aurait pas de fin.

 

Conclusion :

Nous avons prouvé que les caractéristiques des substances sont entrées en existences.

 

Si on prouve que les substances sont entrées en existence on aura prouvé que ce monde est entrée en existence.

 

Les substances sont entrées en existence car elles sont liées aux caractéristiques des substances qui sont entrées en existence, et toute chose qui est sujette à ce qui entre en existence est obligatoirement entré en existence.

 

Parce que si elles n’étaient pas entrées en existence, cela reviendrait à prétendre qu’avant chaque caractéristique entrée en existence il y avait une autre qui serait entré en existence et cela sans début selon eux, et comme les substances sont sujettes aux caractéristiques, ceci est donc impossible.

 

Et il est impossible qu’il y ait des caractéristiques qui entrent en existence sans début.

 

Car prétendre que des choses entrent en existence sans commencement, ceci implique l’impossibilité de l’existence de la chose qui entre en existence actuellement (la chose qui entre en existence, on l’appelle hadith en arabe). Prétendre que des choses entrent en existence sans commencement, cela revient à nier l’existence de l’évènement présent.

 

L’existence de l’élément présent actuellement, nous le constatons par les sens. Et prétendre qu’avant chaque élément entré en existence il y a eu un élément entré en existence sans début, ceci est impossible car selon eux, cet élément qui entre en existence actuellement n’existe selon eux uniquement si un nombre infini d’éléments entrés en existence a une fin. Or la fin de ce qui ne finit pas est impossible.

 

Cela veut dire que les substances ont aussi un début. Ce monde a donc un début.

 

Les gens de la vérité ont donné un exemple pour prouver l’impossibilité de l’élément entré en existence sans début. Il est impossible qu’il y ait des choses qui entrent en existence sans début. Ils ont dit : l’élément entré en existence, c’est un élément qui existe après n’avoir pas existé (dans certaines prétendus science, il parlent d’accident, d’évènement, en arabe on dit hadith).

 

L’analogie que les savants de Ahlou s-Sounnah ont donné pour montrer l’impossibilité de cela est : un événement, c’est comme si quelqu’un dit : je t’ai donné un euro. Faire dépendre cet évènement entré en existence par un autre qui l’aurait précédé et qui serait selon eux la cause de son entrée en existence, c’est comme dire que l’élément présent n’existe que si l’élément précédent a existé.

 

C’est comme s’il disait : je te donne un euro que si je t’ai donné un euro la veille. Et la veille, je t’ai donné que si je t’ai donné l’avant-veille un euro … et cela selon eux sans commencement, sans début. Cela implique qu’il ne va rien avoir, il ne va rien donner. Le don de un euro dépend selon lui de l’achèvement d’un nombre qui ne finit pas de don. Il est impossible qu’une chose qui n’a pas de fin finisse, et ce qui entraîne une chose impossible est en soi impossible. Cela revient dons à nier l’existence de l’évènement présent. Prétendre qu’il y a des choses qui entrent en existence sans début, revient à nier l’existence de ce monde.

 

Nous avons donc prouvé que ce monde a un début.

 

Les savants ont dit que pour ce monde, s’il a un début, il a nécessairement besoin de Qui lui donne l’existence. Ce qui entre en existence a besoin de Qui fait entrer en existence et qui est attribué de volonté, de choix.

 

Il n’est pas valable que l’existence de ce monde soit par hasard car la raison juge impossible l’existence d’une chose sans Qui lui a donné l’existence.

 

Pourquoi ? Parce que dans le cas contraire, cela revient à dire que un des deux états (existence et inexistence) prennent le dessus sur l’autre sans qu’il y ait Qui a fait prévaloir un état sur l’autre.

 

Or les deux états sont équivalents selon la raison. Pourquoi donc cet état prendrait-il le dessus sur l’autre sans qu’il y ait un Être qui fasse prévaloir un état sur un autre. Donc ceci est impossible car selon la raison, l’existence et l’inexistence sont équivalentes. Comment l’un des deux états aurait pris le dessus sans qu’il y ait Qui fasse prévaloir. Ceci prouve que l’existence de ce monde n’est pas du au hasard.

 

Si quelqu’un dit : c’est le monde lui même qui s’est donné l’existence. Nous répondons : prétendre que ce monde s’est donné lui même l’existence, revient à dire une chose qui se contredit. Car lorsque tu dis que Zayd s’est créé lui même, d’un point de vue tu auras considéré qu’il a existé avant son existence, et d’un autre point de vue tu as prétendu qu’il a existé après, or ceci est impossible selon la raison.

 

Donc il est impossible que le monde se soit créé lui même.

 

On a prouvé que ce monde a un début, qu’il n’est pas du au hasard et qu’il est impossible que ce monde se soit donné l’existence lui-même.

 

 

Et ce n’est pas possible que Celui Qui fait exister le monder soit la nature. Ce n’est pas la nature qui crée, car elle n’a pas de volonté ni de choix. La nature n’ayant pas de volonté, elle ne peut spécifier ce qui est possible selon la raison par l’existence plutôt que l’inexistence, elle ne peut pas caractériser ce qui est entré en existence par une caractéristique plutôt qu’une autre ou par un temps plutôt qu’un autre. La nature n’a pas de volonté ni de choix.

 

La conclusion c’est que ce monde a un Être Qui lui a donné l’existence.

 

Il est obligatoire selon la raison que Celui qui fait entrer en existence soit de toute éternité. Parce que s’Il n’avait pas été de toute éternité, cela aurait impliqué son entrée en existence. Et Il aurait eu besoin à son tour de qui Lui a donné l’existence. Cela entraîne soit le cycle (ad-dawr), soit l’enchaînement (at-tasalsoul).

 

– Le cycle c’est de dire que l’existence d’une chose dépend de l’existence d’une deuxième chose dont l’existence dépend d’une troisième chose et cette troisième chose dépendrait de l’existence de la première. Le cycle, c’est ceux qui prétendent que Zayd a crée ^Amr et que ^Amr et a créé Khalid et Khalid a créé Zayd.

 

– Et l’enchaînement, c’est de dire qu’une chose, son existence dépend d’une chose, qui elle dépend de l’existence d’une autre chose, et selon eux, sans commencement.

 

Or le cycle et l’enchaînement sont tous les deux impossibles. L’enchaînement, c’est le fait que l’existence d’une chose dépend de l’existence d’une chose qui l’a précédé et ainsi de suite selon eux sans début. Et le cycle, on a vu que c’est impossible.

 

Celui qui donne l’existence à ce monde, Il est de toute éternité, Il a une volonté.

 

En cela il y a la défense de Ahlou s-Sounnah, et celui qui défend cette croyance, il aura une grande récompense.

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La démonstration que les causes ordinaires n’ont pas d’effet en réalité, et que Celui Qui crée l’effet en réalité, c’est Allaah

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 9, 2012
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Al-Hakim dans son Tarikh [1] a dit : J’ai entendu Abou Zakariyya Yahya Ibnou Mouhammad Al-‘Anbariyy dire : J’ai entendu Abou ^Iça Ibnou Mouhammad Ibnou ^Iça AtTahmaniyy Al-Marwarroudhiyy dire : « Certes, Allah tabaraka wa ta^ala manifeste ce qu’Il veut s’Il le veut comme signe [2] et leçons de morale au sein de Ses créatures. Il ajoute ainsi à l’Islam honneur et force et Il appuie ce qu’Il a révélé de guidée et de preuves claires. Il fait apparaître les preuves de la véracité de la prophétie et Il éclaire la signification du message. Il renforce les liens de l’Islam [3] et confirme les réalités de la foi à Ses saints, par une grâce accordée de Sa part, en prodiguant un surcroît de preuves en leur faveur et contre celui qui s’est entêté à ne pas Lui obéir et a délaissé la religion qu’Il agrée. Certes, celui qui ira à sa perte le sera après avoir eu les preuves et celui qui sera sauvé le sera après avoir eu les preuves. À Lui les louanges, il n’est de dieu que Lui, Celui Qui a les arguments majeurs, la gloire dominatrice et le mérite éclatant. Que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad, le Prophète de la miséricorde et le Messager de la bonne voie. À sa famille pure la préservation de ce qu’il craint pour elle et la miséricorde de Allah et Ses bénédictions.

Certes, voilà ce dont nous avons été témoin oculaire, ce que nous avons vu à notre époque et dont nous nous sommes assurés. Ceci a fait accroître notre certitude dans notre religion et notre foi en la vérité avec laquelle est venu notre Prophète r et à laquelle il a appelé et a incité concernant le jihad et le mérite des martyrs et ce qu’il a porté à notre connaissance de la part de Allah ^azza wa jall à leur propos. Allah jalla thana‘ouh dit :

[وَلاَ تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا ِفي سَبِيلِ اللهِ أَمْوَاتاً بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ فَرِحِينَ] [4]

(wa la tahçabanna l-ladhina qoutilou fi sabili l-Lahi ‘amwatan bal ‘ahya’oun ^inda rabbihim yourzaqouna farihin) ce qui signifie : « Ne crois pas que ceux qui ont été tués dans la voie que Allah agrée sont morts actuellement. Ils sont vivants : leurs âmes sont en un lieu honoré par Allah, ils sont pourvus et sont heureux ». J’ai traversé en l’an deux cent trente huit l’une des villes de Khouwarizm qui s’appelle Hazarasb, elle se trouve à l’ouest de la rivière Jayhoun [5]. Elle est à une distance d’une demi-journée de la grande ville. On m’avait informé qu’il s’y trouvait une femme, veuve d’un martyr, qui avait vu dans le rêve qu’elle avait été comme nourrie de quelque chose. Depuis, elle ne mangeait plus rien et ne buvait plus rien depuis le règne de Abou l-^Abbas Ibnou Tahir le gouverneur de Khouraçan qui était mort depuis huit ans, que Allah l’agrée. Ensuite, je suis passé par cette ville en l’an deux cent quarante deux, je l’ai vue à cette occasion et elle m’a raconté son histoire mais je ne me suis pas informé davantage en raison de mon jeune âge. Par la suite, je suis retourné à Khouwarizm à la fin de l’an deux cent cinquante deux et je l’ai vue encore vivante. J’ai aussi constaté que son histoire s’était répandue et était très connue. Cette ville est sur le chemin des caravanes et nombreux étaient ceux qui y descendaient. Lorsqu’ils entendaient son histoire, ils voulaient la voir. Pas un homme, une femme ou un enfant qu’ils interrogeaient à son sujet qui ne la connût et ne la leur montrât. Lorsque je suis parvenu dans cette région, j’ai demandé à la voir. J’ai su qu’elle s’était absentée, à plusieurs farsakh de là. J’ai suivi sa trace de village en village et je l’ai rejointe entre deux villages, elle marchait d’un bon pas. C’était une femme d’âge moyen, de grande taille, en bonne santé, les joues colorées, intelligente. Elle m’a accompagné à pied alors que j’étais sur ma monture. Je lui ai proposé une monture mais elle ne l’a pas montée et elle a marché avec moi vigoureu­sement.

Auparavant, certains commerçants et autres grands agriculteurs avaient assisté à mes assemblées. Parmi eux, il y avait un faqih nommé Mouhammad Ibnou Hamdawayh Al-Harithiyy, Mouça Ibnou Haroun Al-Bazzar à Makkah a écrit à son propos : « Un homme mûr, persévérant dans l’accomplissement des adorations et rapportant le hadith ». Il y avait aussi un jeune homme de bien appelé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman qui jugeait entre les plaignants de sa région. Je les avais interrogés sur cette femme. Ils ont fait son éloge et ont dit du bien d’elle. Ils ont dit que son cas était clair pour eux, il n’y avait pas de divergence entre eux à son sujet. Celui qui s’appelle ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman a dit : « J’entends son histoire depuis mon jeune âge. J’ai grandi et les gens se transmettaient son histoire. Je me suis dégagé de mes occupations et j’ai entrepris des recherches à son sujet. Je n’ai vu d’elle que du bien. Je n’ai pas trouvé de mensonge dans ce qu’elle disait, ni de ruse pour frauder ». Il a aussi cité que des gens parmi ceux que le Sultan avait délégués dans les alentours de Khouwarizm l’avaient retenue enfermée par le passé un, deux mois et plus dans une maison. Ils fermaient les issues et chargeaient quelqu’un de la surveiller. Ils ne la voyaient ni manger, ni boire et ne trouvaient avec elle ni traces d’urine, ni de selles. Ils avaient dès lors agit en bien avec elle, lui donnant des vêtements et l’avaient relâchée. Lorsque tous les gens du pays l’ont crue, je lui ai demandé de me raconter son histoire. Je lui ai demandé son nom et toute son affaire.

Elle a dit que son nom est Rahmah Bintou ‘Ibrahim. Elle avait un époux menuisier et pauvre. Sa subsistance lui provenait du travail de ses mains au jour le jour. Il n’avait pas plus que ce qui suffisait pour la subsistance de sa famille. Elle lui avait donné plusieurs enfants. Al-‘Aqta^, le roi des mécréants était venu un jour jusqu’au village. Il avait traversé la rivière lorsqu’elle était gelée à la tête d’environ trois mille cavaliers. Les gens de Khouwarizm l’appellent Kasra. Abou l-^Abbas a dit : cet homme, Al-‘Aqta^, était un mécréant, perpétrant de grandes injustices, il avait beaucoup d’animosité envers les musul­mans. Il avait fait beaucoup de mal aux habitants des régions frontalières avec les mécréants. Il avait harcelé les gens de Khouwrizm par les captures, les tueries et les attaques. Les gouverneurs de Khouraçan le traitaient avec une certaine délicatesse, lui et ses semblables, les notables parmi les non-arabes, pour faire cesser leurs attaques contre les sujets et empêcher de faire couler le sang des musulmans. Ils envoyaient donc à chacun d’eux des biens, de nombreux présents et différentes sortes de vêtements prestigieux. Mais ce mécréant, une année, fut mécontent de la part du Sultan. Je n’en connais pas la raison, était-ce parce qu’il avait trouvé que les cadeaux tardaient à venir ou parce qu’il avait trouvé que ce qu’on lui avait offert avait moins de valeur que ce qu’on avait offert à d’autres rois parmi ses semblables. Il est alors venu avec ses soldats et a barré les routes. Il a ravagé, corrompu, tué et mutilé les cadavres. Les cavaleries de Khouwarizm n’ont pas pu le contenir. La nouvelle de ses agissements parvint à Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il a levé contre lui quatre chefs d’armées : Tahir Ibnou ‘Ibrahim Ibnou Malik, Ya^qoub Ibnou Mansour Ibnou Talhah, Mikal Mawla Tahir et Haroun Al-^Arid.

Il a aussi fourni le pays en soldats et en armes qu’il a placés aux quatre coins du pays, chacun dans un quart. Ils ont réussi à protéger les femmes et les enfants par la volonté de Allah ta^ala. Cependant, le fleuve Jayhoun qui se trouve en amont de la rivière Balkh a gelé lorsque le froid s’est accru. Ce fleuve est très grand et sa crue est dévastatrice et très étendue. Lorsqu’il s’élargit, sa largeur atteint environ un farsakh et lorsqu’il gèle, il devient ferme. On ne peut atteindre l’eau que si on creuse, comme on creuserait les puits dans la roche. J’ai vu l’épaisseur de la glace atteindre dix empans. On m’a informé que dans le passé, elle dépassait vingt empans. Et lorsqu’il gèle, la glace sert de pont aux gens du pays de sorte que les soldats, les chariots et les caravanes peuvent circuler dessus. La liaison se fait entre les deux berges. Cette situation peut durer cent vingt jours et si une année, le froid est moins rude, cela dure de soixante-dix jours à trois mois.

La femme a dit : le mécréant traversa avec ses cavaliers jusqu’aux portes de la forteresse. Les gens s’étaient barricadés et avaient rassemblé leurs biens. Ils emmenèrent les musulmans et leur firent du mal. Les gens de la région furent pris à l’intérieur et voulurent sortir. Le chargé du gouverneur les empêcha de sortir tant que les renforts du Sultan n’étaient pas encore parvenus jusqu’à eux et que les volontaires n’étaient pas arrivés. Un groupe de jeunes gens et d‘hommes jeunes s’avancèrent et se rapprochèrent des remparts avec ce qu’ils avaient pu prendre d’armes. Lorsqu’ils se retrouvèrent à l’extérieur, les mécréants les attaquèrent et les musulmans se regroupèrent dans un petit bois. Ils s’y protégèrent et prirent une barricade derrière laquelle ils combattirent. Ils se retrouvèrent ainsi isolés de la forteresse et les renforts étaient encore loin. Ils combattirent de toutes leurs forces et ne lâchèrent pas jusqu’à ce que cordes et arcs fussent cassés. Ils furent atteints par la fatigue, la faim et la soif. La plupart d’entre eux furent tués et le restant atteints de graves blessures. À la tombée de la nuit, les deux groupes se séparèrent.

La femme a dit : Les feux avaient été allumés en signal du haut des tours dès que le mécréant avait traversé. La nouvelle était alors arrivée à Al-Jourjaniyyah qui est une ville immense à l’extrémité de Khouwarizm. Mikal Mawla Tahir y campait avec son armée. Il avait alors accouru en renfort par égard à l’émir Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il avait parcouru jusqu’à Hazarasb, en un jour et une nuit, quarante farsakh des farsakh de Khouwarizm qui valent beaucoup plus que les farsakh de Khouraçan. Les mécréants s’apprêtaient à en finir avec les gens du bois. C’est alors qu’ils ont vu s’élever les drapeaux noirs et ont entendu le bruit des tambours. Ils ont alors fuit et laissé ces gens-là. Mikal est alors arrivé sur le lieu de la bataille, il enterra les morts et transporta les blessés.

La femme a dit : cette après-midi là, on amena à la forteresse environ quatre cents morts. Il n’y eut pas une maison à laquelle on ne portât un tué. La catastrophe était générale et toute la région était en pleurs. Elle a dit : mon époux fut déposé chez moi, tué. J’ai pleuré et ressenti une extrême tristesse telle que ressent la jeune femme pour la perte de son mari, le père de ses enfants, et nous avions des enfants. Elle a dit : les femmes de mes proches et des voisines se sont réunies pour m’aider à supporter ma tristesse. Les enfants étaient venus, ils étaient jeunes, ils ne réalisaient pas ce qui était arrivé. Ils demandaient du pain et je n’en avais pas. Je me suis sentie gênée. C’est alors que j’ai entendu l’appel à la prière du maghrib. Je me suis alors levée pour la prière et j’ai accompli ce que mon Seigneur m’ordonne. Je me suis prosternée et j’ai invoqué et j’ai supplié Allah ta^ala et je lui ai demandé qu’Il m’accorde la patience et qu’Il subvienne aux besoins de mes enfants orphelins. Le sommeil m’a prise dans ma prosternation et je me suis vue comme si j’étais sur une terre très belle, rocheuse et je cherchais mon mari. Un homme m’a alors appelée : où vas-tu femme libre ? Je lui ai répondu : je cherche mon mari. Il m’a dit : prends à droite. J’eus alors devant moi une terre étendue, bien arrosée, verdoyante. Je vis des palais et des édifices que je ne pourrais décrire. Je n’ai jamais rien vu de semblable. Il y avait aussi des rivières qui coulaient sur la surface du sol, sans lit profond ni berges. Je suis arrivée auprès de gens assis en ronds, habillés de vêtements verts, la lumière rayonnant d’eux. Ils étaient ceux qui avaient été tués dans la bataille, en train de manger autour de plats servis à portée de mains. Je me suis mise à marcher parmi eux, à les dévisager pour trouver mon mari. C’est lui qui m’aperçut. Il m’a appelée : Rahmah ! J’ai suivi la provenance de la voix et je l’ai trouvé dans le même état que les autres martyrs que j’avais vus : son visage était comme la lune une nuit de pleine lune. Il mangeait avec des compagnons à lui qui s’étaient faits tués ce jour-là avec lui. Il a dit à ses compagnons : cette pauvre femme est affamée depuis ce jour, est-ce que vous permettez que je lui donne quelque chose à manger ? Ils l’ont autorisé. Il m’a donné un morceau de pain. Elle a dit : et je savais à cet instant que c’était du pain mais je ne savais pas comment il avait été préparé. Il était plus blanc que la neige et le lait et plus sucré que le miel et le sucre et plus tendre que le beurre et le saman [6]. Je l’ai mangé. Lorsqu’il parvint dans mon estomac, il m’a dit : va, Allah te suffit à ta nourriture et à ta boisson tant que tu seras encore vivante dans le bas-monde. Je me suis alors réveillée de mon sommeil, rassasiée, sans soif, je n’avais pas besoin de nourriture ni de boisson. Je ne les ai plus goûtés depuis ce jour-là et jusqu’à aujourd’hui, pas une seule chose que les gens consom­ment.

 Abou l-^Abbas a dit : et elle venait à nous alors que nous mangions, elle se mettait de côté et se bouchait le nez en disant que l’odeur de la nourriture la gênait. Je lui ai demandé : est-ce que tu manges quelque chose ou tu bois autre chose que de l’eau ? Elle a dit : non. Je lui ai demandé : est-ce qu’il sort de toi des gaz ou autre, comme il en sort des gens ? Elle a dit : rien ne sort depuis cette époque. Je lui dit alors : et les menstrues ? Je pense qu’elle a dit : elles se sont arrêtées avec l’arrêt de la nourriture. Je lui ai dit : n’éprouves-tu pas le besoin qu’ont les femmes pour les hommes ? Elle a dit : n’as-tu pas honte de me poser pareille question ? Je lui dit alors : peut-être parlerai-je aux gens de toi, il est indispensable que je demande. Elle a dit : je n’ai pas de besoin. Je lui ai dit : est-ce que tu dors ? Elle a dit : oui, du meilleur des sommeils. Je lui ai dit : que vois-tu dans ton sommeil ? Elle a dit : comme ce que vous voyez. Je lui ai dit : éprouves-tu de la gêne à cause de la perte de la nourriture ? Elle a dit : je n’ai pas ressenti de faim depuis que j’ai mangé de cette nourriture. Elle acceptait l’aumône. Je lui ai dit : que fais-tu avec ? Elle a dit : je m’habille et j’habille mes enfants. Je lui ai dit : ressens-tu le froid, es-tu affectée par la chaleur ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : éprouves-tu de la fatigue lorsque tu marches ? Elle a dit : oui, ne suis-je pas un être humain ?! Je lui ai dit : fais-tu le woudou’ pour la prière ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : pourquoi ? Elle a dit : les savants me l’ont ordonné. Je me suis dit : ils lui ont donné l’avis de jurisprudence d’après le hadith :

(( لاَ وُضُوءَ إِلاَّ مِنْ حَدَثٍ أَوْ نَوْمٍ ))

(la woudou‘a ‘il-la min hadathin ‘aw nawm) qui signifie : « Pas de woudou’ sinon à la suite d’un hadath ou d’un sommeil ». Elle m’a dit que son ventre collait à son dos. J’ai alors demandé à l’une de nos femmes qui a ainsi regardé –c’est-à-dire ailleurs que la zone de pudeur–. Elle a trouvé que son ventre était comme elle l’avait décrit. Elle avait pris un sac, l’avait bourré de coton et le tenait sur son ventre pour que son dos ne se casse pas lorsqu’elle marche. Ensuite, j’allais et venais à Hazarasb tous les deux ou trois ans et je la trouvais. Je lui posais à nouveau les mêmes questions. Elle n’ajoutait rien ni ne diminuait. J’ai parlé d’elle à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman le Faqih. Il a dit : j’ai entendu ces paroles depuis mon plus jeune âge. Je n’ai trouvé personne qui l’ait accusée de mensonge ou qui prétende qu’il a entendu qu’elle mange ou qu’elle boit ou qu’elle va aux toilettes ». Fin de citation.

Cette histoire montre qu’il n’y a pas de lien obligatoire selon la raison entre l’absence de nourriture et la maladie, la perte de la santé et la dégradation physique. De même pour toutes les causes ordi­naires, il est valable selon la raison que leurs conséquences ne se produisent pas. Et elle montre que les choses sont selon la volonté de Allah ta^ala et que les martyrs ont une vie dans le temps qui sépare la mort de la résurrection [7]. Il est exempt d’imperfection Celui Qui est tout-puissant sur toute chose.


[1] C’est-à-dire Al-Hakim l’auteur de Al-Moustadrak à propos de l’histoire de Nayçabour.

[2] Comme « ayah » c’est-à-dire comme signes qui indiquent la véracité de l’Islam et « comme leçons de morale » c’est-à-dire dont on comprend la force de la croyance en l’Islam.

[3] Tels les nœuds d’une corde.

[4] [souratou Ali ^Imran / 169]

[5] L’Amoudaria

[6] le beurre de conserve fondu

[7] Cette période s’appelle le barzakh.

Le décès du Prophète : La barakah des mains du Prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2012

La dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit que lorsque le messager de Allah se plaignait d’une maladie, il récitait les mou^awwidhat (Qoul a^oudhou bi rabbi l-falaq – Qoul a^oudhou bi rabbi n-nas) et soufflait d’une manière particulière. En arabe, on appelle ce souffle particulier an-nafth : il s’agit de souffler doucement sans émettre de salive. Ainsi, il récitait les mou^awwidhat, faisait an-nafth dans ses mains, s’essuyait le corps, et les passait sur la partie qui lui faisait mal. Elle dit que lorsque le prophète se plaignit de la maladie de sa mort, ce fut elle qui récita les mou^awwidhat, et souffla sur le prophète. Par contre, elle passa sa main à lui sur son corps Salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Ainsi, faisait-elle la même chose que le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Dans la version rapportée par Malik elle agissait de telle manière en espérant la barakah de la main du prophète.
Dans une autre version de Mouslim, encore, elle disait qu’elle prenait la main du prophète pour la passer le long de son corps salla L-lahou ^alayhi wa sallam car elle comprenait plus de barakah que sa main à elle.

Information utile au sujet du Tabarrouk par le Prophète éminent Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Le messager de Allah est tout entier bénédiction (barakah). En effet, tout comme le disent les illustres savants, on peut rechercher les bénédictions avec toutes les parties de son corps. D’ailleurs, ses bénédictions sur sa communauté  furent très nombreuses durant sa vie et elles le sont encore après sa mort.
Ainsi, fut-il confirmé que les compagnons du prophète recherchaient la barakah et pratiquaient le tabarrouk, par le prophète durant sa vie et après sa mort. Aussi, le prophète élu avait-il distribué ses cheveux et ses ongles parmi ses compagnons en premier lieu pour la pratique du tabarrouk, après sa mort. Il fit également cela afin que cette bénédiction reste parmi eux durant leur vie et pour garder un souvenir à travers les époques. Ceux à qui Allah a accordé le bienfait d’imiter les compagnons en cela, pratiquèrent également le tabarrouk. Ils recherchèrent ainsi les bénédictions par les traces physiques du prophète.
Cette pratique fut transmise de génération à génération,  les khalaf  la prenant des salaf  jusqu’à nos jours où les gens pratiquent le tabarrouk.
Il n’y a que celui dont  Allah a aveuglé le cœur qui renierait cette bonne pratique et croirait qu’il s’agit d’un mal. Celui-là refusera la barakah de son corps et ses membres salla –L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa vie et après sa mort.
Et quels beaux vers furent ceux composés au sujet du cheveu du Prophète élu salla L-lahou ^alayhi wa sallam :

C’est du cheveu de l’élu qu’émane cette bonne odeur
Et de son arôme se sont embaumées les senteurs
Alors, fais ta demande au Seigneur par son secret
Sans doute, seras-tu, par ce cheveu, exhaussé

Le Cheveu du Prophète élu Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

O cheveu de Ahmad parfume-nous
Par les brises de tes senteurs

Le dernier jour de la vie du prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Le compagnon honorable ‘Anas fils de Malik qui était aussi le serviteur du messager de Allah dit : « Le lundi durant lequel le Prophète allait mourir, les musulmans ont accomplit la prière du soubh dirigés par Abou bakr As-Siddiq. Tandis qu’ils remplissaient ce devoir, le prophète a écarté le rideau séparant la maison de ^A’ichah de la mosquée afin de voir ce qui s’y passait. Il a ainsi vu les musulmans dans leur prière dirigés par notre maître Abou bakr et a souri [en signe de satisfaction]. Quand il l’avait vu, Abou bakr s’est apprêté à reculer pour se mettre en rang avec les autres personnes. En effet, il pensait que le messager de Allah voulait sortir pour accomplir la prière. Et les musulmans qui faisaient la prière derrière Abou bakr ont également montré des signes de joie [pensant que le prophète allait sortir pour les diriger]. Alors, le messager leur a fait signe de la main de poursuivre leur prière, il  est retourné dans la maison de ^A’ichah et a remis le voile de sorte que les gens de l’extérieur ne le voyaient plus. Il est décédé ce jour là».  Rapporté par Al-Boukhariyy.

Dans une autre version ‘Anas Ibnou Malik dit « C’était le lundi au cours duquel le messager de Allah Salla L-lahou ^alayhi wa sallam décéda : pendant que les compagnons sortaient accomplir la prière de as-soubh, le Messager de Allah leva le rideau, ouvrit la porte de la maison de ^A’ichah et se tint à son niveau. Les musulmans manifestèrent alors leur grande joie. Mais le messager leur fit signe de poursuivre leur prière et sourit». ‘Anas poursuivit en disant : « je n’avais pas vu le messager de Allah dans un meilleur aspect que ce moment là ». En effet, cela se produisit durant la maladie du prophète précédant sa mort. Et quand il vit ses compagnons accomplir la prière malgré son absence il manifesta sa joie. ‘Anas dit : « le prophète retourna chez lui tandis que les gens pensaient qu‘il fut guéri de sa maladie. C’est ainsi que Abou Bakr rentra parmi les siens au S-soubh. [il s’agit de l’une des habitations de banou l-harith se trouvant au nord-nord-est de la mosquée du Prophète honorée.]  »
Quant aux conditions de son décès, la dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète dit : « Parmi les grâces que Allah m’a accordé : le fait que le messager de Allah soit mort chez moi, durant mon tour , la tête sur mon épaule ». La dame ^A’ichah que Allah l’agrée poursuivit : « ^Abdou r-Rahman  est entré chez moi avec un siwak  à la main alors que le messager de Allah était appuyé contre moi. Je l’ai vu regardant le siwak [le prophète regardait le siwak] et j’ai su qu’il l’aimait »
^A’ichah dit au prophète : « tu veux que je te le ramène ? », il acquiesça  de la tête.  Elle dit : « je le lui ai mis dans la main. Mais comme il était un peu dur, je lui ai demandé : Est ce que tu veux que je le rende plus souple ? Il a à nouveau fait signe de la tête pour acquiescer». ^A’ichah poursuivit : « je l’ai assoupli un peu, alors le prophète l’a utilisé. Il avait également à côté de lui un récipient d’eau dans lequel il mettait ses mains et s’essuyait le visage en disant :
((لاإله إلاّ الله إن للموتِ سَكَرَاتٍ))
« la ilaha il-la l-Lah, inna li l-mawti sakarat », ce qui signifie : « il n’est de Dieu que Allah, certes la mort est douloureuse » aussi :
((اللهم أعني على سكرات الموت))
« Allahoumma ‘a^inniy ^ala sakarati l-mawt » ce qui signifie : « O Allah aide moi à supporter les douleurs de la mort » et il tendait sa main en disant :
((في الرَّفيقِ الأعلى))
« fi r-rafiqi l-‘a^la » [c’est à dire Jibril et Mika’il] jusqu’à ce qu’il meurt et que son âme honorée soit retirée ».
La dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « j’ai entendu le prophète dire avant qu’il ne meurt, le dos appuyé contre moi:
((اللّهم اغفر لي و ارحمني و ألحقني بالرَّفيقِ))
« Allahoumma ghfir li wa r-rhamni wa alhiqni bi r-rafiq » Ce qui signifie : « … » »
Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.

Note : Quand nous disons « ighfir li » cela signifie que nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés. Par contre, pour le Prophète cela peut signifier d’augmenter en degré et de faire miséricorde.

Toujours, d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée : « j’entendais qu’il n’y avait pas un Prophète qui mourrait sans qu’avant, il ne lui soit donné à choisir entre le bas-monde et l’Au-delà. J’ai aussi entendu le Prophète dire durant la maladie précédant sa mort alors qu’il était pris d’un enrouement :
((مَعَ الَّذِين أَنْعَمَ الله عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّنَ وَ الصِّدِّقِينَ وَ الشُّهَدَاءِ وَ الصَّالٍحِينَ وَ حَسُنَ أُولئكَ رَفيقًا))
« ma^a L-ladhina an^ama L-lahou ^alayhim mina n-nabiy-yina wa s-sid-diqina wa ch-chouhada’i wa s-salihin wa hassouna ‘oula’ika rafiqa » [Sourate an-nissa’ / Verset 69].
J’ai alors pensé qu’il lui avait été donné à choisir [entre le bas-monde et l’au-delà] ». Rapporté par Al-Boukhariy et Mouslim.

Dans une autre version jugée sahih par Ibnou Hibban le Prophète dit :
((أسأل الله الرّفيق الأعلى الأسعد مع جبريل و ميكائيل و إسرافيل))
« as-‘alou L-laha r-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad ma^a Jibril wa Mika’il wa israfil ».
ce qui signifie : « je demande à Allah ar-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad auprès de de Jibril, Mika’il et ‘Israfil ».

Information utile : D’une part, l’expression ar-rafiqa l-‘a^la veut dire Jibril et Mika’il, ce sont deux anges et non pas Allah car on ne L’appelle pas par « ar-rafiqou l-‘a^la ». Et c’est le messager de Allah lui-même qui expliqua cette expression « ar-rafiqou l-‘a^la » par Jibril et Mika’il.
D’autre part, certains ignorants pensent à tort que « ar-rafiqou l-‘a^la » veut dire Allah, ce qui est faux. Et si ces gens comprennent de cette expression la compagnie c’est de la mécréance  car on ne qualifie pas Allah par les caractéristiques des créatures et la compagnie ou l’amitié est une caractéristique des créatures. Par contre, s’ils en comprennent que Allah est Miséricordieux, il n’y a pas de mécréance.
Par ailleurs, on ne dit pas que Jibril ne descend plus sur terre après la mort du prophète. En effet, certains prétendent – toujours à tort –  que Jibril aurait dit au Prophète avant son décès que c’était la dernière fois qu’il irait sur terre. Jibril peut aller chez certains saints, non pas pour la révélation mais pour leur apporter du renfort, des bénédictions et pour les encourager aux actes d’adoration. Si Jibril vient à quelqu’un pour la révélation c’est uniquement aux prophètes et non pas aux saints.

Lorsque le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam mourut et que sa fille Fatimah az-zahrah, la mère de Al-Haçan et Al-Houçayn  le sut, le cœur lourd et triste, elle dit que Allah l’agrée : « O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au  paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril… ».
Notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib dit : « lorsque le messager de Allah a été enterré, sa fille Fatimah s’est tenue devant sa tombe, elle a pris une poignée de la terre dans laquelle a été enterré le prophète, l’a mise sur ses yeux en pleurant et a composé ce poème  [qui signifie] :
« A celui qui un jour s’est embaumé
de la terre où ‘Ahmad est enterré,
Il n’aura rien perdu si de sa vie
il n’a senti les meilleurs des parfums.
Sa mort est pour moi cette catastrophe
Qui transformerait les jours en nuits»
Rapporté par Ibnou ^Açakir dans At-Touhfah.

Information utile : la meilleure femme de toute l’humanité est Maryam fille de ^Imran, la mère de notre maître ^Iça Al-Macih, le prophète. Après elle, vient Fatimah, la fille de notre maître Mouhammad, ensuite, Khadijah, la fille de Khouwaylid, l’épouse du prophète ensuite ‘Asiyah fille de Mouzahim, la femme de pharaon  enfin, la dame honorée ^A’ichah, la fille de Abou bakr As-Siddiq, l’épouse du prophète, que Allah les agrée toutes.

Abou Sa^id – d’après ce que rapporta Al-Bazzar- dit : « nous avions à peine terminé l’enterrement du prophète que nous avions trouvé que nos cœurs commençaient à changer » c’est à dire leurs sentiments d’amour, de pureté, de douceur, acquis auparavant grâce aux enseignements et à l’éducation du messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam.

La durée de sa maladie salla L-lahou ^alayhi wa sallam, la période de sa mort et son âge à son décès

Les savants divergèrent quant à la durée de la maladie du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. La plupart  dirent qu‘elle s’étendit treize jours.
Sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam eut lieu durant le temps du douha ,  le lundi 12 de rabi^ou l-‘awwal.
En effet, la dame honorable ^A’ichah, l’une des épouses les plus aimées du prophète, et la femme la plus savante de cette communauté  dit : « le prophète est mort alors qu’il avait 63 ans », rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux confirma cela d’après ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy.

Les condoléances de Al-khadir ^alayhi s-salam suite à la mort du Messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam

La famille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam étaient catastrophés suite à sa mort ; ils furent profondément touchés et eurent le cœur alourdi par la tristesse de sa perte.
Il a été rapporté que les membres de la famille du Prophète entendirent, à sa mort, une personne dire : « Assalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh O Ahlou lbayt , Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent lors des catastrophes ou à la perte d’un bien ou d’une personne alors, patientez et tirez les leçons de cette épreuve. Certes, Allah récompense les patients et nous nous fions à Lui. »
Et ils virent que l’orateur était Al-khadir ^alayhi ssalam.

Dans une autre version : Ils entendirent une voix sans distinguer la personne dire : « Assalamou^alaykoum O Ahlou lbayt wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh :
((كُلُّ نَفْسٍ ذائِقَةُ المَوت وَ إنَّمَا تُوَفَّونَ أُجُورَكُم يَوْمَ القِيَامَةِ))
« koullou nafsin dha’iqatou l-mawti wa innama touwaf-fawna ‘oujourakoum yawma l-qiyamati » [Sourate ‘Ali^imran / Verset 185]
Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent suite à une catastrophe ou à la perte de quelqu’un ou d’un bien, alors fiez-vous à Lui. L’éprouvé réellement est celui qui est privé de récompenses wa ssalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lah ».

Ce qu’a laissé le prophète le jour de son décès

D’après ^Amr Ibnou l-Harith: « le messager de Allah n’a pas laissé d’héritage. Il n’a laissé ni dinar  ni dirham  , ni esclave homme serait-il ou femme. Il a laissé uniquement la mule blanche qu’il montait, son arme et une terre qu’il avait dédiée en aumône aux voyageurs » Rapporté par Al-Boukhariyy.

La Dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « Le messager de Allah est décédé alors que son bouclier était hypothéqué chez un juif contre trente sa^  d’orge »

Les recommandations du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie

Tout d’abord, il est à savoir que toutes les paroles du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam sont riches en leçons, en exhortations et en utilités. Toutefois, durant la maladie précédent sa mort, il appuya sur certains conseils et recommandations particuliers. Il donna ces conseils alors qu’il était proche de l’Au-delà et encore plus éloigné du bas-monde allant à sa perte.  Nous en citons, ainsi, certains à titre d’exhortation :

•    La recommandation en faveur des partisans (les ‘Ansar) :
D’après Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père : « le messager de Allah était sorti lors de la maladie précédant sa mort et il portait un drap par-dessus ses habits [une sorte de  cape posée sur ses épaules] et il avait une bande autour de la tête de couleur foncée virant vers le noir. Il s’assit sur le mimbar – et ce fut sa dernière assemblée qu’il a tint dessus- il loua Allah ta^ala et il Le remercia puis, dit :
((أمَّا بَعْدُ، أَيُّهَا النَّاسُ فَّإنَّ النّاسَ يَكثُرُون و تَقِلُّ الأنصَارُ حتَّى يَكُونُوا كَالمِلْحِ فِي الطَّعَامِ فمَنْ وَلِيَ مِنْكُمْ أَمْرًا يَضُرُّ فِيهِ أَحَدًا أَوْ يَنفَعُهُ فَليَقبَل مِنْ مُحْسِنِهِم وَ يَتَجَاوَزْ عَنْ مُسِيئِهِمْ))
“‘am-ma ba^dou, ‘ay-youha n-nas fa’inna n-nasa yakthouroun wa taqil-lou l-‘ansar hat-ta yakounou kal-milhi fi t-ta^am, faman waliya minkoum ‘amran yadourrou fihi ‘ahadan ‘aw yanfa^ouhou falyaqbal min mouhsinihim wa yatajawaz ^an mousi’ihim”
Rapporté par Al-Boukhariy.
ce qui signifie : « O vous les gens, les gens deviendront très nombreux et le nombre des ‘Ansar diminuera.  Ainsi seront-ils comme le sel dans la nourriture. Alors, que celui d’entre vous qui assume une responsabilité soit indulgent envers eux » c’est à dire qu’il accepte ce qu’ils font comme bien et qu’il excuse ce qu’ils font comme mal.
Cette recommandation de la part du messager éminent indique le grand mérite des ‘Ansar, c’est-à-dire les habitants originaux de Médine l’illuminée. En effet, ils furent ceux qui soutinrent le prophète et son appel à l’Islam. Ce furent également eux qui abritèrent les émigrants (al-mouhajjiroun) et aidèrent et appuyèrent l’appel du prophète.
Cette recommandation indique le comportement d’excellence du prophète ; il répondit ainsi à la bienfaisance par la bienfaisance en recommandant le bon agissement envers eux.
De cette façon, le prophète nous apprit la reconnaissance, c’est-à-dire, le fait de rétribuer en bien celui qui agit en bien envers nous – même si ce bien semble négligeable – et de répondre à la bienfaisance par la bienfaisance.  Que Allah rétribue notre prophète Mouhammad pour sa communauté du meilleur, pour tout ce qu’il a donné comme conseils et recommandations, comme science et bonne guidée. C’est donc à nous d’être reconnaissant envers notre prophète.

Parmi les recommandations du messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il y a ce qui fut rapporté de Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père: « Durant la maladie précédant sa mort, le messager de Allah a écarté le rideau alors que les gens étaient en rangs derrière Abou bakr. Et il a dit:
((أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّهُ لَمْ يَبْقَ مِنْ مُبْشِّرَاتِ النُّبُوَّةِ إِلَّا الرُّؤْيَا الصَّالِحَةُ يَرَاهَا المُسْلِمُ أَوْ تُرَى لَهُ، أَلَا وَ إِنِّي نُهِيتُ أَنْ أَقْرَأَ القُرْءَانَ رَاكِعًا أَوْ سَاجِدًا فَأمَّا الرُّكُوعُ فَعَظِّمُوا فِيهِ الرَّبَّ عَزَّ وَ جَلَّ وَ أَمَّا السُّجُودُ فَاجْتَهِدُوا فِي الدُّعَاءِ فَقَمِنٌ أَنْ يُسْتَجَابَ لَكُمْ))
« ay-youha n-nasou, in-nahou lam yabqa min moubach-chirati n-noubouw-wati il-la r-rou’ya s-salihatou, yaraha l-mouslimou ‘aw toura lahou, ala wa in-ni nouhitou an ‘aqra’a l-Qour’ana raki^an ‘aw sajidan, fa’am-ma r-roukou^ou fa^adh-dhimou fihi r-rab-ba ^az-za wa jal-la wa ‘am-ma s-soujoudou fajtahidou fi d-dou^a’i faqaminoun ‘an youstajaba lakoum »
ce qui signifie :
« Ô vous les gens, s’il n’y a plus de révélation, il reste les annonces de bonnes nouvelles qui proviennent du musulman ou d’un autre à son sujet [c’est à dire le beau rêve que fait le musulman ou que l’on fait à son sujet]. Et je ne récite pas le Qour’an quand je suis en inclination ni en prosternation. Lorsque vous êtes en inclination glorifiez le Seigneur ^azza wajal et lorsque vous êtes en prosternation faites beaucoup d’invocations, elles seront sans doutes exaucées ». Rapporté par Mouslim.

•    La recommandation concernant la prière et les droits des esclaves :

^Aliyy Ibnou Abi Talib que Allah l’agrée dit : « la dernière parole du prophète fut
((الصَّلاَةُ و مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ))
« As-salatou wa ma malakate ‘aymanoukoum »
ce qui signifie : « je vous recommande la prière et les esclaves que vous possédez » Rapporté par Ibnou Majah
Il fut également rapporté de Oum-mou salamah, la mère des croyants, l’épouse du Prophète qu’ « il répétait cela jusqu’à ce que son âme lui soit retirée », rapporté par Ibnou Majah.
Et d’après Anas ibnou Malik le serviteur du Messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam : « la plupart des conseils du Prophète juste avant sa mort étaient la prière et les esclaves » Rapporté par Ibnou Majah.

La signification de la recommandation du messager de Allah au sujet de laquelle il insista fortement est l’incitation à ne pas négliger la prière, persévérer à l’accomplir comme Allah nous l’a ordonné, et ne surtout pas y manquer. Quant aux droits des esclaves, le Prophète a également incité à les respecter du fait des lois particulières qui existent dans la religion à leur sujet.

Information utile concernant les cinq prières :
D’après ce qui est parvenu du prophète éminent au sujet du mérite de la prière, il y a le hadith :
((خمس صلوات كتبهن الله على العباد من أتى بهن بتمامهن كان له عهد عند الله أن يدخله الجنة و من لم يأت بهنَّ فليس له عند الله عهد أن يدخله الجنة إن شاء عذبه و إن شاء أدخله الجنة))
« khamsou salawatin katabahounna L-lahou ^ala l-^ibadi, man ‘ata bihinna bitamamihinna kana lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah wa man lam ya’ti bihinna falayça lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah, ‘in cha’a ^adh-dhabahou wa ‘in cha’a ‘adkhalahou l-jannah”
qui signifie : « il y a 5 prières que Allah a ordonné aux esclaves d’accomplir. Celui qui les accomplit parfaitement a une promesse que Allah le fera entrer au paradis. Et celui qui ne les accomplit pas n’a pas de promesse que Allah le fera entrer au paradis. Si Allah veut, il le châtie et si Allah veut il le fait entrer au paradis » Rapporté par l’imam ‘Ahmad.
Il est rapporté au sujet de la menace concernant celui qui abandonne la prière qu’il n’aura ni de lumière, ni de sauvegarde au Jour du Jugement et qu’il sera avec Pharaon, Haman, Qaroun et ‘Oubay Ibnou Khalaf. Malgré cela celui qui délaisse la prière par paresse ne sort pas de l’Islam : il est un musulman désobéissant qui mérite le châtiment au Jour du Jugement en raison du hadith précédemment cité.
Et parmi ce qui parvint du Prophète au sujet de sa recommandation en faveur des esclaves [musulmans] sa parole salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إخوانكم خَوَلُكم –أي حشَمُكم- مَللكم الله إياهم فمن كان أخوه تحت يده فليطعمه مما يأكل و ليلبسه مما يلبس و لا يكلفه ما يغلبه فإن كلفتموهم فأعينوهم))
« ikhwanoukoum khawaloukoum mallakoukoumou L-lahou iyakoum, fama kana akhouhou tahta yadihi fal-yout^imhou mimma ya’koul wal-youlbaishou mimma yalbas wa la youkallifhou ma yaghlibouhou fa’inna kallaftouhoum fa’a^inouhoum »

Le décès du prophète éminent et la grande tristesse des compagnons suite à sa perte

Le décès du messager éminent fut une épreuve terrible, lui, le meilleur de ceux qui sont nés et le meilleur guide qu’a connu ce monde. Cette grande catastrophe qui s’abattît sur les compagnons honorés les marqua profondément, eux qui perdirent leur prophète et leur bien aimé Mouhammad. Ainsi y-eut-il des traumatisés, des paralysés suite à l’entente de la nouvelle, ou d’autres qui perdirent l’usage de leur langue qui fut bloquée. Il y eut également ceux qui nièrent sa mort tant l’annonce les choqua. En effet, ils pensaient que le prophète resterait en vie longtemps après eux, même s’ils savaient qu’il allait bien mourir un jour. Toutefois, le chagrin des compagnons et la catastrophe de la perte de leur prophète et leur bien-aimé Mouhammad ne les a ni détourné de la patience, ni amené à commettre des actes interdits comme les lamentations. Aucun d’entre eux n’a désobéi à Allah malgré cette grande épreuve, qui est celle de tous les musulmans.

La position des deux compagnons honorables Abou Bakr et ^Oumar suite à la mort du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Quand le prophète fut décédé, lui qui est le meilleur commandant que l’histoire n’ait jamais connu, ^Oumar Al-Farouq fut tellement choqué qu’il dit « le messager de Allah n’est pas mort ». Et il dit : « il y a des gens qui prétendent que le messager de Allah serait mort mais en réalité il n’est pas mort ».
Quant à As-Siddiq Abou bakr que Allah l’agrée, il se dirigea rapidement sur sa monture vers la mosquée sans parler à personne, au moment où la nouvelle lui parvint, celle du décès de son compagnon et bien-aimé le prophète éminent. Il entra dans la maison de sa fille la dame glorieuse ^A’ichah que Allah l’agrée, et trouva le messager éminent le prophète de cette communauté, le meilleur homme et humain que ce monde ait connu que Allah l’élève d’avantage en degrés. Il le vit recouvert d’un très beau drap du Yémen. Abou Bakr découvrit le visage du prophète honoré, ce visage éclatant de beauté et, tant il se languissait de lui, tant son amour  était immense qu’il se mit à l’embrasser entre ses yeux honorés salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Il pleura à chaudes larmes en disant ces paroles témoignant de son amour envers le prophète.

Et d’après ^A’ichah que Allah l’agrée que Abou Bakr entra chez le Prophète après sa mort,   posa ses lèvres entre ses yeux salla L-lahou ^alayhi wa sallam et sa main sur ses tempes puis dit : « O toi mon prophète, mon compagnon, mon bien-aimé ! » rapporté par l’imam Ahmad.

Abou Bakr que Allah l’agrée fut, durant cette période difficile, tellement courageux, fort et patient qu’il alla porter renfort aux compagnons traumatisés par cette annonce. ^Oumar,  très fortement perturbé, jurait que le messager de Allah n’était pas mort. Et lorsque  Abou bakr  arriva, il lui dit : « Eh toi qui jure, ne sois pas aussi pressé de le faire ». Il  lui demanda ensuite de s’asseoir, mais ^Oumar sous le choc, refusa et continua à parler. C’est alors que Abou bakr que Allah l’agrée s’adressa aux personnes présentes, calmant de cette manière ^Oumar qui finit par s’assoir. Ainsi, les compagnons se dirigèrent vers Abou bakr pour écouter son discours. Il loua Allah ta^ala et il dit sa parole très connue : « O vous les gens, s’il y a quelqu’un qui adore Mouhammad, Mouhammad est mort et celui qui adore Allah, Allah a pour attribut la vie, Il ne meurt pas ». Il récita, ensuite, la parole de Allah ta ^ala :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِبْن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُم وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّاكِرِينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la raçouloun  qad khalat min qablihi r-rouçoul afa’in mata aw qoutila nqalabtoum ^ala a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadourra l-Laha chay’a wa sayajzi l-Lahou ch-chakirin » [sourat ‘ali ^imran / 144], ce qui signifie : « Mouhammad est un messager et avant lui il y avait d’autres messagers. Est-ce que s’il meurt ou est tué vous apostasierez ?! Et celui qui apostasie ne nuira aucunement Allah et Allah rétribuera ceux qui remercient ». Lorsque Abou Bakr récita cette ‘ayah honorée aux compagnons honorables, on aurait cru qu’ils n’en avaient jamais pris connaissance. C’est ainsi qu’ils la reprirent tous, la répétèrent et la récitèrent jusqu’à ce que ^Oumar Al-Farouq que Allah l’agrée dit : « par Allah dès que j’ai entendu ce verset de la bouche de Abou Bakr, j’ai repris mes esprits et mes jambes ne pouvaient plus me porter. Je suis tombé à terre lorsque je l’ai entendue. Et j’ai enfin réalisé que le prophète était mort ».

Quant à la dame honorable Fatimah az-zahra’ la fille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, elle dit que Allah l’agrée au moment où elle apprit la mort de son père :
« O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril ! ».

La cause de la maladie du Prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2012

Certains historiens rapportent que la cause de la maladie du Prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam fut le complot d’une femme juive le jour de khaybar. Ce jour là, elle lui introduisit du poison dans le plat auquel elle l’invita salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
En effet, le Prophète acceptait les cadeaux et en mangeait mais ne prenait ni les dons ni la zakat. Alors, cette femme lui offrit, le jour de khaybar, un mouton grillé, empoisonné d’une substance qui tuait au bout d’une heure. Les compagnons qui étaient avec lui en mangèrent et quand il en goûta salla Llahou ^alayhi wa sallam il leur dit :
(ارفَعُوا أَيْدِيكُمْ فَإِنَّهَا أَخْبَرَتْنِي أَنَّهَا مَسْمُومَة)))
« irfa^ou ‘aydikoum fa’in-naha akhbaratni an-naha masmoumah » ce qui signifie : « levez vos mains [du plat], il m’a informé qu’il était empoisonné ». Un compagnon en mourut sur l’heure ; il s’agissait de bichrou bnou lbara’, il mourut ainsi, martyre que Allah l’agrée.
Le compagnon honoré Abou hourayrah que Allah l’agrée informa que le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam dit durant les douleurs de sa mort :
(مَا زالت أُكلت خيبر تُعادُّني فالآن أوان قطعت ابْهَري)))
« ma zalat ouklatou khaybar tou3aad-douni fal-‘ana ‘awaanou qouTi^at ab-hari » ce qui signifie : « les effets du plat du jour de khaybar m’atteignent toujours. Et le moment est venu de ma mort ».
En effet, le Prophète éminent salla Llahou ^alayhi wa sallam mourut à cause de cela. Ainsi, après avoir mangé de ce mouton empoisonné, il souffrit salla L-lahou ^alayhi wa sallam de maladie et de fièvre et cela comporte beaucoup d’élévations en degrés et en statut.

L’apparition de la maladie du Prophète éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Lorsque le messager éminent revint du pèlerinage de l’adieu, hajjatou l-wada^, il resta quelques mois à Médine (dhou l-hijjah, mouharram et safar).  Vers la fin du mois de safar ou au début du mois de rabi^ou l-‘awwal, la maladie suite à laquelle le prophète mourut apparut. C’était à son retour du cimetière de al-baqi^ à Médine juste en face de la mosquée du prophète ; le Messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam venait d’assister à l’enterrement de l’un de ses compagnons. Il commença à se plaindre d’une douleur à la tête alors qu’il était  dans la maison de son épouse ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, que Allah l’agrée: « Le messager de Allah revenait du cimetière de al-baqi^, je me suis plainte à lui  d’une douleur à la tête en lui disant (وارأساه) (wa ra’sah)  « O ma tête » Alors le prophète  dit:
(بل أنا يا عائشة وارأساه)))
« bal ana ya ^a’ichah wa ra’sah », ce qui signifie  « c’est plutôt moi ^A’ichah… O ma tête !». ^A’ichah que Allah l’agrée  dit : « et c’était cela le début de la maladie suite à laquelle il est mort ».
Quand la maladie et la douleur furent plus intenses, le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam se trouvait chez son épouse Maymounah. Il réunit, alors, toutes ses femmes et leur demanda leurs accords pour rester dans la maison de ^A’ichah durant sa maladie ce qu’elles lui accordèrent. C’est ainsi que le prophète sortit, tenu par son oncle Al-^Abbas d’un côté (le fils de ^Abdou l-Mouttalib) et de l’autre, par son cousin notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib qui était également son gendre. Arrivé à la maison de ^A’ichah, le prophète demanda à ce qu’on l’asperge d’eau tellement la douleur était forte. La dame ^A’ichah dit : « nous l’avons, alors, fait asseoir dans une bassine appartenant à Hafsah [l’épouse du prophète] et qui ressemblait à un grand récipient dans lequel on lave les vêtements. Puis nous  avons versé sur lui des outres d’eau [c’est à dire de l’eau contenue dans des sortes de peaux d’animaux] pour lui alléger les douleurs jusqu’à ce qu’il nous fasse signe de la main pour dire que cela suffisait [son signe montrait que ce qu’elles avaient fait suffisait pour qu’il se lève et qu’il les remerciait]. Puis le prophète alla vers sa mosquée, dirigea les gens dans la prière et donna un cours. »
Ce jour là, il était sortit à la rencontre des compagnons avec un turban sur la tête. Il s’assit salla L-lahou ^alayhi wa sallam sur le minbar et les premières paroles qu’il dit furent des invocations pour les compagnons qui avaient participé à la bataille de ‘Ouhoud. Il  demanda, d’abord, le pardon en leur faveur. Ensuite, il s’adressa à ses compagnons présents et leur dit de manière ferme, en se fiant totalement à Allah :
(إنّ عَبدًا مِنْ عِبَاد اللهِ خَيَّرَهُ اللهُ بَيْنَ الدُّنْيَا وَ بَيْنَ مَا عِنْدَهُ فَاخْتَارَ مَا عِنْدَ اللهِ)))
« inna ^abdan min ^ibadi l-Lahi khayyarahou l-Lahou bayna d-dounya wa bayna ma ^indahou fakhtara ma ^inda l-Lah » ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui Allah a donné à choisir entre le bas monde et ce que Allah réserve dans l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Alors notre maître Abou bakr As-Siddiq comprit le sens des paroles du prophète et sut que le prophète se visait lui-même – c’est-à-dire, sa propre personne – quand il dit ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah ». Abou Bakr lui répondit alors : « Nous te sommes même dévoués, nous ferons le sacrifice de nos propres personnes et de nos enfants pour toi, O messager de Allah ! ». Cela signifie « qu’en cas de danger, nous et nos enfants ferions face à celui-ci afin de te protéger».
Le prophète lui dit :
(على رِسْلٍك يا أبَا بَكْرٍ)))
« ^ala rislika ya aba bakr » ce qui signifie : « Ne t’en fais pas O Abou Bakr ». Et lorsque le messager le vit pleurer de tristesse à cause de l’approche de sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il lui dit :
((يَا أَبَا بَكْرٍ لَا تَبْكِ إِنَّ أَمَنَّ الناس عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ وَ مَالِهِ أَبُو بَكْرٍ وَ لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا خَلِيلًا مِنْ أُمَّتِي لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ وَ مَوَدَّتُهُ))
« ya Aba bakr la tabki, ‘inna ‘amanna n-nasi ^alayya fi souhbatihi wa malihi abou bakr wa law kountou mouttakhidhan khalilan min ‘oummati la t-takhadhtou aba bakr wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam wa mawaddatouhou » ce qui signifie : « O Aba bakr, ne pleure pas. Celui d’entre les gens qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr. Et si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de ma communauté j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam et l’amour de l’islam » c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de notre religion.

Puis le prophète dit :
((لاَ يَبْقَيَنَّ فِي المَسْجِدِ بَابٌ إِلاَّ سُدَّ إِلاَّ بَابُ أَبِي بَكْرٍ))
« la yabqayanna fi l-masjidi baboun illa soudda illa babou Abi bakrin »  ce qui signifie : « Ne laissez aucune porte des maisons des gens ouverte sur la mosquée, bloquez-les toutes sauf celle de Abou Bakr »,
En effet, les portes des maisons de certains compagnons donnaient  directement accès à la mosquée du prophète et ce en plus des portes par lesquelles les gens rentraient. Et quand le prophète dit ce qui signifie : « toutes les portes seront bloquées sauf celle de Abou Bakr », il montra le grand mérite et le haut statut de Abou Bakr As-sidiq que Allah l’agrée.
La dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète, avait rapporté le récit de sa terrible maladie ; elle expliqua dans quel état il sortit vers ses compagnons pour les diriger dans la prière lorsque les douleurs devenaient moins pénibles. Elle  dit : « les douleurs et la maladie se sont amplifiées, le prophète a alors demandé :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont  fait la prière ? » Les compagnons répondirent : « non pas encore, ils t’attendent O messager de Allah ». Le prophète a dit :
((ضَعُوا لِي مَاءً فِي المِخْضَبِ))
« da^ou liy ma’an fi l-mikhdab » ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Ils firent cela ; alors il s’est lavé, puis a voulu se relever mais s’est évanoui. Il s’est réveillé à nouveau et dit
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Ils ont répondu : « non, ils t’attendent O messager de Allah ». Il a dit ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Il s’est lavé et de nouveau lorsqu’il a voulu se relever, il s’est évanoui. Puis, une fois réveillé, il a dit :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Les compagnons ont répondu : « ils t’attendent O messager de Allah ».
^A’ichah que Allah l’agrée dit : « les gens étaient dans la mosquée, ils attendaient le messager de Allah pour la prière de al-^icha’ ». Le messager de Allah envoya alors quelqu’un pour demander à Abou bakr  de diriger les gens dans la prière.
Quand cette personne mandatée par le prophète lui dit : « le messager de Allah t’ordonne de diriger les gens dans la prière ». Abou bakr, qui était un homme très sensible, dit : « ^Oumar, dirige les gens dans la prière ». Mais ^Oumar, que Allah l’agrée, répondit : « Tu mérites le plus de le faire». Abou bakr les dirigea alors ce jour-là ainsi que les suivants.
Quelque temps plus tard, le messager de Allah se trouva en meilleure santé. Il sortit de la maison de ^A’ichah, entouré de deux hommes, dont l’un était Al-^Abbas pour faire la prière de adh-dhouhr. Tandis que Abou bakr s’apprêtait à diriger les gens dans la prière, il vit le prophète venir. Abou Bakr voulut alors reculer pour lui laisser la place mais le prophète lui fit signe de la main pour qu’il fasse la prière et dit aux deux hommes qui l’accompagnaient :
((أجلساني إلى جنبه))
« ajlisani ila janbihi » ce qui signifie « faites moi asseoir à coté de lui ». Alors, ils firent asseoir le prophète à coté de Abou bakr que Allah l’agrée, qui accomplit la prière debout tandis que le messager de Allah la fit assis tant les douleurs éprouvées étaient intenses. C’est Abou bakr qui fut l’imam au début puis, le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.

Ainsi  s’avéra-t-il que le début de la maladie du prophète étaient des maux de tête accompagnés de fièvre. La douleur et la fièvre étaient tellement terribles, qu’il s’asseyait salla L-lahou ^alayhi wa sallam dans cette grande bassine dans laquelle on lave les vêtements et on versait sur lui jusqu’à sept outres d’eau. La fièvre était si élevée que la main de celui qui le touchait devenait également chaude. Il dit à ce sujet salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إنّا (أي الأنبياء) كذلك يُشَدَّدُ علينا البلاء و يُضَاعف لنا الأجر))
« inna kadhalika youchad-dadou ^alayna lbala’ wa youda^afou lana l-‘ajr »
ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, l’épreuve est encore plus difficile [c’est à dire que Allah nous accorde des épreuves plus dures que ce qui vous arrive] et la récompense nous est multipliée ». Allah ta^ala éprouve les prophètes par des épreuves plus difficiles et Il leur multiplie la récompense.
Et il dit également :
((إنِّي أوعكُ كَمَا يوعكُ رجلان منكم))
« inni ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum »
Ce qui signifie : « j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous »
En effet, ces douleurs étaient si fortes qu’il s’évanouissait puis se réveillait et ceci lui arriva plus d’une fois.

Le mérite de Abou Bakr par rapport aux autres compagnons

Parmi ce qui est parvenu des dernières recommandations du prophète, il y a ce que rapporta la dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, en effet : « Quand la maladie était devenue difficile pour le messager de Allah, il a dit :
((مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourou aba bakrin fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à abou bakr qu’il dirige les gens dans la prière ». ^A’ichah dit : « j’ai dit : O prophète de Allah, Abou bakr est un homme doux et sensible dont la voix n’a pas grande portée [quand il parlait sa voix n’était pas forte]. Et il pleure quand il récite le Qour’an ». Le prophète dit malgré cela :
((مُرُوهُ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourouhou fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites-lui de diriger les gens dans la prière ».
Cette recommandation de la part du prophète était explicite. En effet, Bien que ^A’ichah lui dit qu’Abou Bakr était sensible, qu’il pleurait lorsqu’il récitait le Qour’an, que sa voix n’avait pas grande portée, le prophète demanda que ce fut lui qui dirige les gens en son absence salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
On déduit de cette recommandation, premièrement, le mérite de Abou Bakr As-Siddiq. En effet, il est le meilleur des compagnons et le meilleur des saints de cette communauté selon l’unanimité des savants de l’islam. On en déduit également une indication du Prophète  en faveur de la succession d’Abou Bakr pour la direction des musulmans.
Ainsi le messager éminent  insista pour que ce fut Abou bakr As-Siddiq l’imam des compagnons dans la prière, le plus important des devoirs de l’islam après la croyance. En effet, il s’agit du  meilleur des actes pratiques dans l’islam et de la meilleure des œuvres après la croyance en Allah et en son messager.

Information utile : L’imam Ach-Chafi^iyy dit que le prophète, n’avait dirigé les gens pendant la prière dans sa mosquée qu’une seule fois durant la maladie précédant sa mort ; il s’agissait de celle qu’il avait accomplie assis. Au début de cette prière, Abou bakr que Allah l’agrée était l’imam. Et lorsque le prophète vint, Abou bakr comme les autres le suivirent. C’est donc le prophète qui les dirigeat en étant assis. Abou bakr était alors devenu ma’moum, il répétait à voix élevée pour faire entendre aux gens.

D’après ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a, Ibni l-‘Aswad, Ibni l-Mouttalib Ibni ‘Asad, il dit : « Alors que la maladie précédent la mort du messager de Allah était devenue plus éprouvante, j’étais auprès de lui avec un groupe de musulmans. Bilal invita les gens à faire la prière et le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam dit :
((مُرُوا مَنْ يُصَلِّى بِالنَّاسِ))
« mourou man yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à quelqu’un de diriger les gens dans la prière ». Ce compagnon dit : « je suis sorti de chez le prophète et j’ai trouvé ^Oumar avec des gens tandis qu’Abou bakr était absent. J’ai alors dit : ^Oumar lève toi et dirige les gens dans la prière ». Ainsi ^Oumar s’est levé et quand il a dit la parole Allahou ‘akbar pour l’entrée en rituel, le messager de Allah a entendu sa voix [^Oumar était un homme à la voix forte]. C’est alors que le messager de Allah a dit :
((فَأَيْنَ أَبُو بَكْرٍ ؟ يَأْبَى الله ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ، يَأْبَى اللهُ ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ))
« fa’ayna Abou bakr ? ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun, ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun »
ce qui signifie : « mais où est donc Abou Bakr, Allah n’agrée pas et les musulmans n’acceptent pas que ce soit quelqu’un d’autre que Abou Bakr », [c’est-à-dire que mettre ^Oumar et non Abou Bakr pour diriger les gens n’était pas ce qu’il convenait de faire].
Le prophète envoya alors quelqu’un chercher Abou bakr qui arriva après que ^Oumar eut accompli cette prière là. ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a dit : « ^Oumar m’a dit : pourquoi m’as-tu fait ça ? ». [^Oumar a blâmé ce compagnon]  « Pourquoi m’as-tu demandé de diriger les gens dans la prière ?! J’ai cru que c’était le prophète qui t’avais demandé de me le dire, sinon je n’aurai pas dirigé les gens dans la prière ! » En effet, il était parvenu à ^Oumar par la suite que le prophète avait voulu que ce fut Abou Bakr qui dirigea. Mais ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a répondit à ^Oumar : « par Allah le messager de Allah ne m’a pas dit de te le demander à toi mais comme Abou bakr était absent et que j’ai vu que tu étais là, j’ai pensé que tu méritais le plus de diriger les gens dans ce cas.»
Rapporté par l’Imam ‘Ahmad.

D’après Abou sa^id al-khoudri : « durant la maladie précédant sa mort, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam est venu à nous avec un turban sur la tête. Il s’est mis sur le mimbar et a dit :
((إِنَّ عَبدًا عرضت عليه الدنيا و زينتها فاختار الآخرة))
« inna ^abdan ^ouridat ^alayhi d-douniya wa zinataha fa-khtara l-‘akhirah », Ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui il a été donné à choisir entre le bas monde et l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Abou sa^id dit : « personne n’a saisi le sens de cette parole sauf Abou Bakr qui a dit : « Mon père et ma mère, je les sacrifie. Notre argent, nous-mêmes et nos enfants, nous les sacrifions ! » Le Prophète est ensuite descendu du mimbar et il n’a plus été vu dessus jusqu’à l’heure. »
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad et Ibnou Majah dans son Sahih.

D’après Abou Mouwayhibah dans le Mousnad de l’imam ‘Ahmad : « le prophète était sorti une nuit vers le cimetière de al-baqi^. Il avait alors demandé le pardon en faveur des musulmans enterrés là-bas, puis, en s’adressant à ses compagnons, il a dit :
((لِيَهْنِكم ما أصبحتم فيه ممّا أصبح فيه النّاس، أقبلت الفتن كقطع الليل المظلم يَتْبَعُ بعضها بعضًا، يتبعُ ءاخرُها أوّلها، الآخرة شرٌّ من الأولى))
« liyahnikoum ma asbahtoum fihi mim-ma asbaha fihi n-nas, aqbalati lfitanou kaqat^i l-layli lmoudhlimi yatba^ou ba^daha ba^dan, yatba^ou ‘akhirouha ‘aw-walaha, al-‘akhiratou char-roun mina l-‘oula »
Ce qui signifie :
« Vous êtes dans un bien par rapport à ce que les gens qui viendront après vous subiront », c’est-à-dire, votre état est meilleur par rapport à ce qui viendra après vous. Et il ajouta ce qui signifie : « les sources de discorde vont venir les unes après les autres. Et comme des morceaux d’obscurité, de ténèbres, elles vont se succéder : la suivante pire que la précédente ».
Et il a dit :
((يا أبا مُوَيْهِبة إني قد أعطيتُ خزائن الدنيا و الخلد ثم الجنة، فخيرت بين ذلك و بين لقاء ربي، فاخترت لقاء ربي و الجنة))
« ya aba mouwayhibah, in-ni qad ‘ou^titou khaza’ina d-douniya wa lkhoulda thoum-ma l-jannah, fa khouy-yirtou bayna dhalika wa bayna liqa’i rab-bi, fkhtartou liqa’a rab-bi wa l-jan-nah»
ce qui signifie : « O Aba Mouwayhibah il m’a été donné de choisir entre les trésors du bas monde puis le paradis ou de mourir et j’ai choisi une mort proche », [c’est à dire qu’il a préféré de ne pas rester longtemps dans cette vie. Bien sûr, cela ne signifie pas que la prédestination de Allah change. Au contraire, la prédestination de Allah ne change pas.]
Il est, ensuite, parti. Et c’est suite à cela que les maux de tête lui sont arrivés, ainsi que les douleurs de sa mort ».
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad.

Information utile : Quand le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam exposa sur le Mimbar, sans être explicite, son choix de la mort proche plutôt que de rester dans ce bas-monde, beaucoup ne saisirent pas le sens voulu sauf son compagnon Abou Bakr ; lui qui fut visé dans le verset :
((ثَانِي اثْنَيْن إْذْ هُمَا فِي الغَار))
« Thaniya thnayn idh houma fi l-ghari ».
Ce qui signifie : «Il était accompagné de son compagnon, ils étaient tous deux dans la grotte »[Sourat At-tawbah / 40]. En effet, Abou bakr était celui qui connaissait le mieux ce que le Prophète visait par ses paroles. Et quand il eut compris ce que le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam voulut par ce qu’il dit, il pleura et dit : « Nous nous sacrifions nous-mêmes, notre argent et nos enfants ! ». Alors, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam  calma ses pleures et se mit à le louer et à dire du bien de lui sur le Mimbar afin que les gens connaissent son mérite et qu’il n’y ait pas de divergence quant à sa succession. Ainsi, dit-il :
((إِنَّ منْ أَمَنِّ النّاسِ عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ و ماله أَبُو بَكْرٍ))
« in-na aman-na n-nassa ^alay-ya fi souhbatihi Abou bakrin »
Ce qui signifie : « Celui qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr»
Et dans une autre version :
((ما لأحد عندنا يد إلا و قد كافيناه ما خلا أبا بكر فإنّ له عندنا يدا يكافئه الله يوم القيامة بها، و ما نفعني مال أحد قطّ ما نفعني مال أبي بكر))
« ma li-‘ahadin ^indana yadoun il-la wa qad kafaynahou ma khala Aba bakri fa’in-na lahou ^indana yadan youkafi’ouhou L-lahou yawma lqiyamati biha, wa ma nafa^ani m    alou ‘ahadin qat-tou ma nafa^ani malou abi bakrin. »
Ce qui signifie : « Il n’y a pas une personne qui nous a fait un bien sans qu’on le lui ait rendu, sauf Abou Bakr. Allah le rétribuera en bien au Jour du Jugement pour cela. Et il n’y a pas d’argent qui m’ait été aussi utile que l’argent d’Abou Bakr ».
Rapporté par At-tirmidhiy.

Le Prophète ensuite dit :
لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا من أهل الأرض خَلِيلًا لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ خليلا وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ)))(
« law kountou mouttakhidhan min ahli l-‘ardi khalilan la t-takhadhtou aba bakrin khalian wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam» ce qui signifie : « Si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de toute la terre,  j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam» c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de la religion. Rapporté par At-tirmidhiy.

Et il dit salla L-lahou ^alayhi wa sallam :

((سُدّوا هذه الأبواب الشارعة في المسجد إلا باب أبي بكر))
« Soud-dou hadhihi l-‘abwaba ch-chari^ata fi lmasjidi il-la baba Abi Bakr »
Ce qui signifie : « fermez ces portes des maisons qui donnent sur la mosquée sauf celle d’Abou Bakr » Rapporté par At-tirmidhiy.

Et dans ce hadith, nous retrouvons une indication au fait que Abou Bakr était l’Imam le succédant salla L-lahou ^alayhi wa sallam. En effet, l’Imam a besoin d’habiter dans la mosquée et d’y avoir constamment accès contrairement à d’autres. Et ceci fait partie des intérêts des musulmans qui y effectuent la prière.
Aussi, Le prophète insista-t-il  de manière explicite pour que ce fut Abou bakr qui dirigea les gens. En effet, lorsqu’on lui fut la remarque sur le fait que Abou bakr était sensible, pour lui faire changer d’avis, il n’apprécia pas et dit ce qui signifie : « ordonnez à Abou Bakr de diriger les gens dans la prière ».
Ainsi, en chargeant Abou bakr de diriger les gens dans la prière, et en ne laissant qu’à lui seul l’accès direct à la mosquée depuis  sa maison, le Prophète montra un signe clair sur sa priorité pour assumer la fonction de calife après lui. C’est pour cela que lorsque les compagnons prêtèrent serment d’allégeance à Abou bakr, ils dirent : « le messager de Allah l’a accepté et désigné à notre tête pour ce qui est de notre religion [la prière] comment ne l’accepterions nous pas pour les affaires de notre bas monde ». En effet, la priorité de Abou bakr sur les autres semblait évidente.
Le prophète avait, également, décidé d’ordonner que l’on écrive à Abou bakr afin de le désigner en tant que successeur, mais il abandonna l’idée sachant que personne d’autre que lui n’allait se charger des affaires des musulmans. C’est pour cela qu’il dit lorsqu’il su que ^Oumar eut dirigé les gens durant une prière :
((يَأْبَى الله ذَلِك والمؤمنون إلا أبا بكر))
« ya’ba l-Lahou wa l-mou’minouna illa ‘aba bakr » ce qui signifie : « Allah n’agrée pas et les croyants n’acceptent pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que Abou bakr», pour diriger. Toutefois, cela ne constituait pas une désobéissance de la part de ^Oumar qui croyait que le prophète le lui avait demandé.

L’ampleur de sa douleur salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie

Les prophètes sont ceux qui subissent le plus d’épreuves et de difficultés dans ce bas-monde.  Les sagesses en cela sont premièrement qu’ils sont élevés en degrés et en récompenses dans l’au-delà. Cela constitue également un exemple pour les croyants qui devraient suivre leur modèle quand les épreuves s’abattent sur eux aussi. Enfin, une autre sagesse est qu’il soit su que la survenue des épreuves n’est pas dans tous les cas un signe que Allah n’agrée pas la personne éprouvée. En effet, Allah agrée les prophètes sans aucun doute, pourtant Il leur a fait parvenir des épreuves. Au contraire, c’est un signe de bien car l’épreuve pour le croyant expie les péchés et l’élève en degrés.
Ainsi, le prophète dit :
((مَن يُرد اللهُ بِه خَيرًا يُصِبْ منه))
« man youridi l-Lahou bihi khayran yousib minh »,
ce qui signifie : « celui pour qui Allah veut le bien, Il lui fait subir des épreuves ».
Et il dit :
((ما يزال البلاء بالمؤمن و المؤمنة في نفسه وولده و ماله حتى يلقى الله تعالى و ما عليه خطيئة))
« ma yazalou lbala’ou bi-lmou’mini wa lmou’minati fi nafsihi wa waladihi wa malihi hat-ta yalqa L-laha ta^ala wa ma ^alayhi khati’ah »
ce qui signifie : « les épreuves se succèdent sur le croyant et la croyante, elles atteignent leur personne, leurs enfants et leurs biens. Elles se succèdent jusqu’à ce que ce croyant et cette croyante arrivent au Jour du Jugement sans aucun péché ». C’est-à-dire que ces épreuves vont expier les péchés qu’ils auraient faits. Rapporté par At-Tirmidhiyy.

Le prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam dit aussi :
((إنَّ عِظم الجزاء مع عِظَم البلاء و إنَّ الله تعالى إذا أحبَّ قوما ابتلاهم، فمن رضي فله الرضا و من سَخِط فله السُّخْط))
« ‘inna ^idhama l-jaza’i ma^a ^idhami l-bala’ wa ‘inna l-Laha ta^ala idha ‘ahabba qawman ibtalahoum, fa man radiya falahou r-rida wa man sakhita falahou s-soukht »,
ce qui signifie « l’éminence de la récompense est relative à la gravité de l’épreuve -si l’épreuve est grande la récompense est grande, si l’épreuve est petite, la récompense est petite- et si Allah Ta^ala agrée des gens, Il les éprouve. Celui qui n’émet pas d’objection contre les épreuves qui lui arrivent gagnera l’agrément de Allah et celui qui se rebelle aura le châtiment » Rapporté par At-Tirmidhiyy.

C’est pour cela que les prophètes et les vertueux sont les  plus éprouvés dans le bas monde. La succession des épreuves sur les prophètes et les vertueux comporte une élévation en degrés selon le jugement de Allah.

Le prophète éminent dit :
((أشدُّ الناس بلاءً الأنبياء ثم الصالحون ثم الأمثل فالأمثل))
« ‘achaddou n-nasi bala’an al-anbiya’ thoumma s-salihoun thoumma l-‘amthalou fa l-‘amthal », ce qui signifie : « les gens qui sont les plus éprouvés sont les prophètes, ensuite viennent les vertueux, ensuite ceux qui ont les meilleurs degrés, les uns après les autres » c’est à dire en fonction du degré.
Et notre prophète élu, notre maître Mouhammad qui est le plus honorable et le meilleur des prophètes et des messagers, l’Imam des pieux, le maître des premiers et des derniers, fut celui d’entre les prophètes qui eut le plus d’épreuves.
C’est pour cela que lorsque le compagnon honorable Abou Sa^id Al-Khoudriyy  rendit visite au prophète éminent,  qu’il posa sa main au-dessus du drap qui recouvrait le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallamet, qu’il en ressentit sa température très élevée, il dit, que Allah l’agrée : « que ta fièvre est forte O messager de Allah » et le messager répondit :
((إِنَّا مَعْشَرَ الأنبياء يُضاعَف لنا البلاء كما يُضاعَف لنا الأجرُ))
« ‘inna ma^chara l-anbiya’ ’youda^afou lana l-bala’ou kama youda^afou lana l-‘ajrou », ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, les épreuves sont amplifiés tout comme la récompense est amplifiée ». C’est-à-dire qu’il nous arrive des épreuves plus difficiles que vous et nous avons des récompenses plus grandes que vous.
Le compagnon honorable ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud que Allah l’agrée dit : « je suis allé rendre visite au messager de Allah qui éprouvait une douleur terrible suite à sa forte fièvre. Je l’ai touché et j’ai dit « O messager de Allah tu éprouves de grandes douleurs » et le messager de Allah a répondu :
((أجلْ إِنِّي أُوعَكُ كَمَا يُوعَكُ رَجُلَانِ مِنْكُمْ))
« ‘ajal ‘inni ‘ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum », ce qui signifie : « En effet, j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous » c’est-à-dire qu’elle était double. Et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud lui dit, alors : « et tu as donc une double récompense » et le messager de Allah lui  répondit :
((أجلْ))
« ‘ajal » ce qui signifie : « oui ». Puis le messager de Allah ajouta :
((مَا مِنْ مُسْلِمٍ يُصِيبُهُ أَذًى، مَرَضٌ فَمَا سِوَاهُ إِلَّا حَطّ َاللهُ لَهُ سَيِّئَاتِهِ كَمَا تَحُطُّ الشَّجَرَةُ وَرَقَهَا))
« ma min mouslimin yousibouhou ‘adhan, maradoun fama siwahou ‘illa hatta l-Lahou lahou sayyi’atihi kama tahouttou ch-chajaratou waraqaha », ce qui signifie : « il n’y a pas un musulman à qui il arrive une seule épreuve – que ce soit une maladie ou moins que cela-  sans que Allah ne l’allège de ses péchés tout comme l’arbre est allégé de ses feuilles qui tombent » Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Il a été également rapporté que durant la maladie précédent la mort du prophète,  sa fille Fatimah Az-Zahrah avait remarqué les douleurs de son père, le Prophète élu, et qu’elle avait dit, chagrinée : « quelle est grande ma tristesse en te voyant ainsi O mon père ». Alors il lui avait répondu en se fiant totalement à Allah, son Créateur :
((لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبٌ بَعْدَ اليَوْمِ))
« laysa ^ala ‘abiki karboun ba^da l-yawm »
Ce qui signifie: « ton père n’aura plus aucun tourment après aujourd’hui » (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
La dame ^A’ichah disait : « je ne voyais pas quelqu’un avoir plus de douleurs que ce qui était arrivé au Prophète » Rapporté par Al-Boukhariyy.