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Rappel de ce en quoi nous devons croire !

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 30, 2021
  • Parle de ach-chafa^ah, l’intercession.

Il est un devoir de croire en l’intercession (ach-chafa^ah) et il s’agit de demander que certains désobéissants musulmans soient déchargés du châtiment. Ainsi les prophètes, les anges, les savants qui œuvrent pour la religion, tout comme les martyrs de combat, intercèderont. L’intercession n’est réservée qu’en faveur des musulmans. Le Prophète ﷺ dans un hadith rapporté par Al-Hakim a dit :

شَفَاعَتِى لِأَهْلِ الْكَبَائِرِ مِنْ أُمَّتِى

Ce qui signifie : « Mon intercession est réservée pour les grands pécheurs de ma communauté ».

Quant aux mécréants il n’y aura pas d’intercession en leur faveur le Jour du Jugement. Dans Sourat Al-‘Anbiya’, Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit :

﴿وَلا يَشْفَعُونَ إِلَّا لِمَنِ ارْتَضَى﴾

Ce qui signifie : « Et ils n’intercèderont que pour ceux pour qui il agrée l’intercession. », c’est-à-dire que pour ceux qui se seront satisfaits de l’Islam pour religion.

  • Parle du Paradis.

Il est un devoir de croire au Paradis. C’est une résidence de félicité éternelle pour les croyants et le Paradis se trouve au-dessus du septième ciel. Il existe actuellement. La preuve en est de la Parole de Allah :

﴿أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ﴾

Ce qui signifie : « Il est déjà réservé[U1]  en faveur des pieux ». Le Paradis ne sera pas anéanti et ceux qui vont y résider ne seront pas anéantis. La félicité au Paradis est de deux sortes. Il y a une félicité qui est générale, réservée à tous ceux qui seront au Paradis et il y a une félicité qui est particulière que n’obtiendront que les pieux. Pour ce qui est de la félicité générale, tous les gens du Paradis seront vivants, ne mourront plus jamais, ils seront tous en bonne santé et ne tomberont jamais malades. Les gens du Paradis seront tous jeunes et ne vieillirons jamais. Ils seront tous dans une félicité et ne seront jamais malheureux. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِذَا دَخَلَ أَهْلُ الْجَنَّةِ الْجَنَّةَ نَادَى مُنَادٍ إِنَّ لَكُمْ أَنْ تَحْيَوْا فَلا تَمُوتُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَصِحُّوا فَلا تَسْقَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَشِبُّوا فَلا تَهْرَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَنْعَمُوا فَلا تَبْأَسُوا أَبَدًا اهـ رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « Lorsque les gens du Paradis entreront au Paradis, un ange va appeler et va transmettre [ils vont tous entendre] : vous allez être vivants, vous ne mourrez plus jamais, vous serez en bonne santé, vous ne tomberez plus jamais malades, vous serez jeunes, vous ne vieillirez jamais, et vous aurez une félicité, vous ne serez plus jamais malheureux », hadith rapporté par Mouslim.

Pour ce qui est de la félicité particulière, c’est celle que Allah a réservé pour ses esclaves vertueux tout comme cela est parvenu dans le hadith qoudsiyy dans lequel le Messager de Allah ﷺ dit :

قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَعْدَدْتُ لِعِبَادِىَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Allah, glorifié soit-Il, dit : J’ai réservé pour Mes esclaves vertueux ce que pas un œil n’a vu, pas une oreille n’a entendu et qui n’a même pas effleuré le cœur d’un humain », rapporté par Al-Boukhariyy.

Le Paradis c’est la résidence qui est pure de toute souillure comme l’urine, les selles, les menstrues, les lochies le crachat et le sperme. Ainsi la nourriture dont vont s’alimenter les gens du Paradis et leur boisson ne sera pas transformée en urine et en matière fécale, mais elle va sortir sous forme de transpiration de leur corps, qui a l’odeur du musc. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِنَّ أَهْلَ الْجَنَّةِ يَأْكُلُونَ فِيهَا وَيَشْرَبُونَ وَلا يَتْفِلُونَ وَلا يَبُولُونَ وَلا يَتَغَوَّطُونَ وَلا يَتَمَخَّطُونَ

Ce qui signifie : « Les gens du Paradis vont y manger et boire et ils ne crachent pas, ils n’urinent pas, ils ne vont pas à la selle et il ne se mouchent pas ». Les compagnons ont demandé que vont devenir les aliments dont ils vont se nourrir. Le Messager a dit ce qui signifie : « Ce sera de l’air qui sortira de leur bouche et la transpiration de leur peau qui aura l’odeur du musc. Ils seront inspirés de faire le tasbih [la parole soubhana l-lah] et le tahmid [la parole al-hamdou li-Llah] comme ils seront inspirés de respirer ».

Les gens du Paradis auront l’aspect de leur père ‘Adam c’est à dire soixante coudées de haut avec sept coudées de large. Il a été rapporté dans le hadith de At-Tirmidhiyy, dans ses Sounan, que les gens du Paradis seront imberbes, ils n’auront pas de poils sur le corps excepté les cheveux de la tête, des paupières, des cils et des sourcils et ils auront l’âge de trente-trois ans (c’est-à-dire comme s’ils avaient l’aspect d’une personne de trente-trois ans).

  • Parle des caractéristiques du Paradis.

Le Messager de Allah ﷺ a dit :

هَلْ مُشَمِّرٌ لِلْجَنَّةِ فَإِنَّ الْجَنَّةَ لا خَطَرَ لَهَا

Ce qui signifie : « Qui d’entre vous est prêt à se retrousser les manches pour gagner le Paradis. Le Paradis est au-delà de ce que vous pourrez imaginer ». Puis le Prophète ﷺ a dit concernant la description du Paradis :

هِىَ ورَبِّ الكَعْبَةِ نُورٌ يَتَلَأْلَأُ وَرَيَحَانَةٌ تَهْتَزُّ و ٌقَصْرٌ مَشِيدٌ وَنَهْرٌ مُطَّرِدٌ وَفَاكِهَةٌ كَثِيرَةٌ نَضِيجَةٌ وَزَوْجَةٌ حَسْنَاءُ جَمِيلَةٌ وَحُلَلٌ كَثِيرَةٌ في مُقِامٍ أَبَدِىٍّ فِى حَبْرَةٍ وَنَضْرَةٍ، رَوَاهُ ابْنُ حِبّانَ.

Ce qui signifie : « Le Paradis, par le Seigneur de la Ka^bah, ce sont des lumières scintillantes, une verdure chatoyante, des palais édifiés, des rivières qui coulent en abondance, des fruits en abondance mûrs, une épouse belle et beaucoup de parures dans une résidence qui est perpétuelle, dans une joie et une verdoyance », rapporté par Ibnou Hibban. Ainsi le Prophète ﷺ a dit à ses compagnons : « Y a-t-il qui se retrousse les manches pour gagner le Paradis ? », c’est-à-dire qui veut fournir des efforts dans l’obéissance à Allah ? Qui est prêt à œuvrer pour le Paradis ? Parce que le Paradis n’a pas de pareil. Et il a poursuivi en disant : « Le Paradis par le seigneur de la Ka^bah, ce sont des lumières scintillantes », c’est-à-dire je jure par le Seigneur de la Ka^bah que le Paradis est plein de lumières scintillantes, il est éclairé, il n’y a pas d’obscurité et il n’y a pas besoin de soleil ou de lune. Si une des femmes du Paradis comme l’avait décrite le Messager de Allah ﷺ apparaissait dans cette terre, elle l’aurait éclairée du levant au couchant, Alors comment peut-il y avoir de l’obscurité au Paradis ? Et le Messager ﷺ a décrit le Paradis qui comporte beaucoup de verdure qui est plaisante au regard. Chaque arbre du Paradis, son tronc est en or et lorsque ses feuilles frémissent, elles émettent un son agréable et plaisant pour l’âme. Et le Messager ﷺ a décrit le Paradis comme ayant des palais édifiés, c’est-à-dire qu’il y a au Paradis des palais très élevés. Quant à sa parole ﷺ concernant les fleuves, elle indique qu’il y a des fleuves qui coulent : il y a des fleuves d’eau, des fleuves de lait et des fleuves de miel pur. Et la parole du Prophète ﷺ à propos des fruits mûrs, nous apprend qu’au Paradis il y a tout ce que l’âme peut désirer comme fruit et qu’ils sont mûrs. Et la parole du Prophète ﷺ : « Une épouse belle », signifie qu’il y a pour les croyants des épouses qui sont très belles. Sa parole ﷺ « Dans une résidence qui n’a pas de fin », fait référence à une vie éternelle qui n’a pas de fin. La parole du Prophète « Fi habrah », c’est-à-dire dans une joie continue et la parole du Prophète « nadrah » c’est-à-dire que les visages des gens du Paradis ont de beaux visages. Et les compagnons ont dit au Messager de Allah  ﷺ: « Nous, nous retroussons les manches Ô Messager de Allah », il leur a enseigné de dire « In cha’ a l-Lah », c’est-à-dire si Dieu le veut.

  • Parle de la vision dans l’au-delà.

Il est un devoir de croire que Allah sera vu dans l’au-delà. Les croyants Le verront lorsqu’ils seront au Paradis sans comment, sans endroit et sans direction, c’est-à-dire sans qu’Il n’ait des caractéristiques des créatures et sans qu’Il ne soit dans un endroit ou une direction. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat al-Qiyamah :

﴿وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَّاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ﴾

Ce qui signifie : « Les croyants avec leurs visages rayonnants de bonheur, verront leur Seigneur ce jour-là, ils Le verront, Celui Qui n’a pas de pareil ». Ils ne Le verront pas comme un corps impalpable à l’image de la lumière ni comme un corps palpable comme l’être humain. Ils ne Le verront pas installé au Paradis ni en dehors du Paradis et ils ne Le verront pas situé dans un endroit ou dans une direction. Et ils ne Le verront pas situé à leur droite ni à leur gauche ni dans la direction du dessus ni dans la direction du dessous ni dans la direction de devant ni dans la direction de derrière. Ils Le verront sans qu’Il n’ait un volume, une quantité, une taille, une étendue ou une limite. Il n’aura pas d’organe, ils Le verront sans qu’Il n’ait de longueur parce qu’Il n’est pas un corps composé de parties, Il n’a pas de membres, ils Le verront sans qu’Il n’ait de longueur, de largeur, de profondeur, d’épaisseur, de couleur, de formes, d’aspect ou de comment. Ils Le verront sans qu’Il n’ait une position debout, assise, allongée ou adossée, sans qu’Il soit accroché, en contact, séparé, immobile ou en mouvement, sans qu’il n’y ait entre Lui et Ses créatures une quelconque distance. La vision des croyants qu’ils auront de Allah dans l’au-delà ce n’est pas une réunion avec Allah comme les gens qui font la prière, qui se réunissent avec un Imam dans la mosquée parce que Allah, il Lui est impossible de résider dans un endroit. La vision que les croyants auront de leur Seigneur dans l’au-delà est possible selon la raison, preuve en est que Mouça ^alayhi s-salam a demandé à Son Seigneur de Le voir, par la parole :

﴿رَبِّى أَرِنِى أَنْظُرْ إِلَيْكَ﴾

Ce qui signifie : « Seigneur fait que je puisse te voir ». Si la vision avait été impossible, Mouça n’aurait pas demandé à son Seigneur de le voir. Quant à la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, adressée à Mouça :

﴿لَنْ تَرَانِى﴾

Ce qui signifie : « Tu ne me verras point », c’est-à-dire dans le bas-monde. Et Mouça ^alayhi s-salam lorsqu’il avait demandé à son Seigneur de pouvoir Le voir avec ses yeux, Il ne lui avait pas encore révélé à ce moment-là que Allah ne pourra pas être vu avec les yeux qui seront anéantis dans ce bas-monde. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِنَّكُمْ سَتَرَوْنَ رَبَّكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ كَمَا تَرَوْنَ الْقَمَرَ لَيْلَةَ الْبَدْرِ لا تَضَامُّونَ فِى رُؤْيَتِهِ ، رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « Certes vous verrez votre Seigneur au Jour du Jugement comme lorsque vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous ne vous bousculerez pas pour Le voir », rapporté par Mouslim. Le Messager ﷺ a comparé la vision que les croyants auront de leur Seigneur, du fait qu’elle ne comporte aucun doute, à la vision de la lune une nuit de pleine lune. Il n’a pas assimilé Allah à la lune. Ce qui est visé c’est qu’ils Le verront d’une vision dans laquelle il n’y a aucun doute. Ils ne vont pas douter sur le fait que Celui qu’ils ont vu c’est bien Dieu et non pas autre que Dieu. Tout comme celui qui observe la lune, une nuit de pleine lune et qu’il n’y a pas de nuage, il verra la lune d’une vision dans laquelle il n’y a aucun doute. La parole qu’utilise le Prophète dans le hadith « La tadammouna fi rou’yatihi » signifie : « vous ne vous bousculerez pas pour le voir » et cela est le cas de Celui Qui n’a pas d’endroit. Parce que les gens lorsqu’ils veulent voir quelqu’un ou quelque chose dans un endroit, ils se bousculent les uns les autres pour le voir et ceux qui seront proches pourront le voir alors que ceux qui seront plus loin seront repoussés.

  • Parle de la croyance aux anges.

Il est un devoir de croire aux anges, c’est-à-dire en leur existence et qu’il s’agit d’esclaves vertueux qui ne sont ni mâles ni femelles. Ils ne mangent pas, ils ne boivent pas, ils ne dorment pas, ils ne se fatiguent pas, ils n’ont pas de rapport et ne reproduisent pas. Ils ne désobéissent pas aux ordres que Allah leur donne et ils font tout ce qui leur est ordonné de faire. Les anges sont des corps impalpables, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas saisis avec la main. Allah les a créés de lumière, ils ont des âmes, des raisons et une volonté. Allah leur a donné la capacité à prendre forme sous l’apparence d’hommes parmi les descendants de ‘Adam sans l’organe génital et ne prennent pas d’apparence de femmes. Chaque ange a deux ailes, quatre, six ou plus. Dans Sourat Fatir, Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿أُولِى أَجْنِحَةٍ﴾

Ce qui signifie : « Ils ont des ailes ». Notre maître Jibril ^alayhi-s-salam a six cents ailes. Le Messager ﷺ l’a vu une fois dans un endroit de la Mecque qui s’appelle Ajyad. Jibril lui a alors dit : « Demande à ton Seigneur de t’accorder de me voir sous mon aspect d’origine ». Alors le Messager a demandé cela, Jibril lui est apparu de l’est mais il était tellement grand qu’il a caché entre l’est et l’ouest. Le Messager de Allah ﷺ s’est évanoui. Puis Jibril ^alayhi-s-salam l’a pris après avoir pris une forme humaine et l’a serré contre lui. C’est alors que le Messager de Allah ﷺ lui dit ce qui signifie : « Ô Jibril, je n’ai pas pensé que Allah a créé une créature avec cet aspect-là ». Alors Jibril ^alayhi-s-salam lui a dit ce qui signifie : « Allah m’a créé, et il m’a accordé six cents ailes et je n’ai ouvert que deux ailes ;  et Allah a créé Israfil, Il lui a donné à lui aussi six cents ailes mais une seule de ses ailes est comme toutes mes ailes à moi ». Et il y a parmi les anges ceux qui ont des tailles encore plus grandes comme les Anges qui portent le trône. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

أُذِنَ لِى أَنْ أُحَدِّثَ عَنْ مَلَكٍ مِنْ مَلائِكَةِ اللَّهِ مِنْ حَمَلَةِ الْعَرْشِ إِنَّ مَا بَيْنَ شَحْمَةِ أُذُنِهِ إِلَى عَاتِقِهِ مَسِيرَةُ سَبْعِمِائَةِ عَامٍ ، رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ

Ce qui signifie : « J’ai eu l’autorisation de vous parler d’un des anges de Dieu, de ceux qui portent le trône, entre le lobe de l’oreille de l’un d’entre eux jusqu’à son épaule il y a la distance de sept cents années », c’est-à-dire par le vol d’une distance parcourue par un oiseau qui vole rapidement, rapporté par Abou Dawoud. Cet ange, son épaule se trouve au niveau du Trône et son pied se trouve dans la septième terre.

  • Parle de la croyance aux messagers.

Il est un devoir de croire aux messagers de Allah, c’est-à-dire à Ses prophètes. Le premier d’entre eux est ‘Adam ^alayhi-s-salam et le dernier d’entre eux est Mouhammad ﷺ. Il est parvenu dans un hadith que le nombre de prophètes est de cent vingt-quatre mille parmi lesquels il y a trois cent treize Messagers, Hadith rapporté par Ibnou Hibban qu’il a jugé Sahih. Et la prophétie est spécifique aux hommes parmi les humains. Il n’y a pas de prophète femme. La preuve en est la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il :

﴿وَمَا أَرْسَلْنَا مِنْ قَبْلِكَ إِلَّا رِجَالًا نُّوحِى إِلَيْهِم﴾

Ce qui signifie : « Nous n’avons pas envoyé avant toi excepté des hommes à qui nous avons transmis la révélation ». Il n’y a pas de prophète parmi les anges ni parmi les jinns.

  • Quelle est la preuve de la prophétie de ‘Adam ?

Il est un devoir de croire que notre maître ‘Adam ^alayhi-s-salam est le premier des prophètes et des messagers. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى ءَادَمَ وَنُوحًا وَءَالَ إِبْرَاهِيمَ وَءَالَ عِمْرَانَ عَلَى الْعَالَمِينَ﴾

Ce qui signifie : « Certes Allah a élu ‘Adam, Nouh, la famille de Ibrahim, la famille de ^Imran sur le reste mondes », c’est-à-dire qu’Il a choisi ‘Adam et Nouh pour qu’ils soient prophètes et messagers. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Nouh :

﴿إِنَّا أَرْسَلْنَا نُوحًا إِلَى قَوْمِهِ

Ce qui signifie : « Certes nous avons envoyé Nouh a son peuple ». Nouh par le texte même du Qour’an est un messager. Ainsi nous comprenons de la parole de Allah :

﴿إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى ءَادَمَ وَنُوحًا﴾

Ce qui signifie : « Certes Allah a élu ‘Adam et Nouh », que cette élection de ‘Adam est du même ordre que l’élection de Nouh ; c’est une élection pour assumer la charge de messager et de prophète. Ce qui témoigne de son statut de prophète c’est le hadith de At-Tirmidhiyy, qui signifie : « ‘Adam et tout autre que lui parmi les prophètes seront sous ma bannière au jour du Jugement ».  Les musulmans ont été unanimes sur le statut de prophète de notre Maître ‘Adam de sorte que celui qui renie son statut est un mécréant selon l’unanimité. Ceci est également mentionné dans le livre Maratibou-l-ijma^.

  • Quelle est la preuve que notre Maître ‘Adam ^alayhi-s-salam n’était pas un singe qui aurait évolué ?

Notre Maître ‘Adam ^alayhi-s-salam est le premier des humains et le premier des prophètes et des envoyés. Il n’était pas un singe qui aurait évolué, et ne lui ressemble pas. Il était plutôt d’un bel aspect, doté d’une belle voix, il était droit et n’était pas comme les animaux qui marchent à quatre pattes. Ainsi le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ طُولُ ءَادَمَ سِتِّينَ ذِرَاعًا طُولًا فِى سَبْعَةِ أَذْرُعٍ عَرْضًا، رَوَاهُ أَحْمَدُ فِى مُسْنَدِهِ

Ce qui signifie : « ‘Adam avait une taille de soixante coudées de haut sur sept coudées de large », tout comme l’a rapporté Ahmad dans son Mousnad. Quant à la parole de certains athées qui prétendent que le premier des humains avait l’aspect d’un singe, cela revient à démentir le Qour’an. Ainsi dans Sourat At-Tin Allah, exempté de toute imperfection soit-Il dit :

﴿لَقَدْ خَلَقْنَا الإِنْسَانَ فِى أَحْسَنِ تَقْوِيمٍ﴾

Ce qui signifie : « Nous avons créé l’être humain avec le plus bel aspect », c’est-à-dire la plus belle image, c’est-à-dire qu’il avait une belle composition, qu’il était droit, marchait sur ses pieds et mangeait avec ses mains. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-‘Isra’ :

﴿وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِى ءَادَمَ

Ce qui signifie : « Nous avons honoré le fils de ‘Adam », c’est-à-dire que Allah a créé l’homme, l’a honoré et a fait que son aspect soit meilleur que celui d’autres que lui. Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit :

﴿إِنِّى خَالِقٌ بَشَرًا مِّنْ طِينٍ

Ce qui signifie : « Je crée un humain à partir de terre ». Et Mouslim a rapporté d’après ^A’ichah que Allah l’agrée, que le Messager de Allah ﷺ a dit :

خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ ءَادَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ

Ce qui signifie : « Les anges ont été créés de lumière, les jinns ont été créés à partir de flamme de feu et ‘Adam a été créé à partir ce qui vous a été décrit », c’est-à-dire des sols de cette terre. Par ailleurs, comment ‘Adam serait-il prophète en étant un singe, cela repousserait les gens de lui et de son appel. S’il était un singe comme ils le prétendent, cela serait une porte pour lui porter atteinte, pour le diminuer et ceci n’est pas digne des prophètes.

  • Quelle est la différence entre un prophète messager et un prophète qui n’est pas messager ?

Le prophète messager est celui à qui il a été révélé une nouvelle loi et le prophète qui n’est pas messager est celui à qui il a été révélé de suivre la loi du messager qui était avant lui. Tous deux ont l’ordre de transmettre. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾

Ce qui signifie : « Allah a envoyé les prophètes annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ النَّبِىُّ يُرْسَلُ إِلَى قَوْمِهِ وَأُرْسِلْتُ إِلَى النَّاسِ كَافَّةً ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Le prophète avant moi avait pour mission de transmettre à son peuple alors que moi j’ai eu pour mission de transmettre à tous les gens, tout le monde », rapporté par Al-Boukhariyy. Il n’y a pas de sens de l’envoi d’un prophète s’il n’y a pas l’ordre de transmettre.

  • Quelle est la preuve que la religion des prophètes dans leur totalité c’est l’Islam ?

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾

Ce qui signifie : « Certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam », c’est-à-dire que la religion correcte, que Dieu accepte, c’est l’Islam. Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِى الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾

Ce qui signifie : « Celui qui suit autre que l’Islam pour religion, elle ne sera pas acceptée de lui et dans l’au-delà, il sera au nombre des perdants ». Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿وَوَصَّىٰ بِهَا إِبْرَاهِيمُ بَنِيهِ وَيَعْقُوبُ يَا بَنِىَّ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَىٰ لَكُمُ الدِّينَ فَلا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُّسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Ibrahim a recommandé cela à ses fils et Ya^qoub également : Ô vous mes fils Allah vous a choisi la religion, ne mourrez qu’en étant musulmans. ». Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran à propos de Son Prophète Ibrahim ^alayhi-s-salam :

﴿مَا كَانَ إِبْرَاهِيمُ يَهُودِيًّا وَلا نَصْرَانِيًّا وَلَكِنْ كَانَ حَنِيفًا مُّسْلِمًا وَمَا كَانَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ﴾

Ce qui signifie : « Ibrahim n’était pas juif, il n’était pas chrétien, mais il était sur la droiture, musulman et il n’était pas associateur ». Et notre maître Youçouf ^alayhi-s-salam a dit dans ce que nous apprenons dans le Qour’an :

﴿تَوَفَّنِى مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِى بِالصَّالِحِينَ﴾

Ce qui signifie : « Fais-moi mourir musulman et fais que je rejoigne les vertueux ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

الأَنْبِيَاءُ إِخْوَةٌ لِعَلَّاتٍ دِينُهُمْ وَاحِدٌ وَأُمَّهَاتُهُمْ شَتَّى، رَوَاهُ الإِمَامُ أَحْمَدُ

Ce qui signifie : « Les prophètes sont comme des frères de même père et de mères différentes, leur religion est la même, et leurs mères sont différentes », rapporté par l’Imam Ahmad. Le Messager a comparé les prophètes aux frères qui ont des mères différentes, leur père c’est le même et leurs mamans sont différentes. De même les prophètes sont comme des frères dans la religion, leur religion est la même, c’est-à-dire leur croyance est la même mais leurs lois sont différentes.


Q&R Croyance suite

Posted in Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 13, 2021
  • Parle de l’attribut de Al Baqa’

Il est un devoir de croire que Allah n’est pas atteint par l’anéantissement car si l’anéantissement avait été possible à Son sujet, Il aurait été créé et n’aurait pas été exempt de début.

Or, Allah est exempt de début c’est-à-dire qu’il n’y a pas de début à Son Existence. Il est donc obligatoire qu’Il soit exempt de fin, Il existe sans fin et l’anéantissement est impossible à Son sujet.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il dit :

وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ

C’est-à-dire : « Ne demeure que l’Être de ton Seigneur, Allah est exempt de fin ».

L’Existence sans fin est un attribut obligatoire pour Dieu et c’est une existence sans fin obligatoire qui est propre à Son Être, c’est-à-dire que ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé.

Quant à l’existence sans fin du Paradis et de l’enfer, ce n’est pas une existence sans fin propre à leur réalité, intrinsèque au Paradis et à l’enfer. Mais ils existent sans fin parce que Allah les maintient en existence et qu’Il a fait qu’ils n’aient pas de fin.

  • Parle de l’attribut de Allah le Non besoin

Il est un devoir de croire que Allah n’a besoin de rien, Il n’a besoin d’aucune de Ses créatures, Il ne tire aucun bénéfice de l’obéissance de ceux qui sont obéissants et Il ne subit aucun préjudice par la désobéissance des désobéissants. Et tout autre que Allah a besoin de Lui et ne se passe pas de Allah le temps d’un clin d’œil.

Allah, exempté de toute imperfection, soit-Il dit :

فَإِنَّ اللَّهَ غَنِىٌّ عَنِ الْعَالَمِين

Ce qui signifie : « Allah n’a pas besoin des mondes ».

Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

يَا أَيُّهَا النَّاسُ أَنْتُمُ الْفُقَرَاءُ إِلَى اللَّهِ وَاللَّهُ هُوَ الْغَنِىُّ الْحَمِيدُ

Ce qui signifie : « Ô vous les gens, c’est vous qui avez besoin de Allah et Allah est Celui qui n’a besoin de rien, à Lui la louange »,

  • Parle de l’attribut de la Puissance de Allah

Il est un devoir de croire que Allah est sur toute chose Tout Puissant, rien ne le rend impuissant.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il dit :

وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ قَدِيرٌ

Ce qui signifie « Et Il est sur toute chose Tout Puissant ».

Allah, exempté d’imperfection soit-Il, s’Il n’était pas Tout Puissant, Il serait impuissant or l’impuissance est un défaut et le défaut est impossible à Son sujet. Il n’est pas permis d’appeler Allah, force ou puissance car la force, al qouwwah en arabe dans le sens de la puissance est un attribut de Dieu et Allah, exempté d’imperfection soit-Il n’est pas un attribut. Le mot qouwwah peut avoir le sens de puissance ou de force mais on ne dit pas que Allah a pour attribut la force.

  • Parle de l’attribut de la Volonté au sujet de Allah

La volonté dans le sens du vouloir est un attribut de Dieu par lequel Il spécifie ce dont l’existence est possible par l’existence au lieu de l’inexistence et par une caractéristique au lieu d’une autre. La Volonté de Dieu englobe toutes les œuvres des esclaves, les bonnes et les mauvaises. Tout ce qui entre en existence que ce soit du bien ou du mal c’est par la Volonté de Allah que cela a eu lieu et s’est produit. Si Allah n’avait pas spécifié les bonnes actions par l’existence, elles n’auraient pas existé. Il en est de même pour les mécréances et les désobéissances, si Allah, exempté d’imperfection soit-Il ne les avaient pas spécifiées par l’existence, elles n’auraient pas existé.

On ne fait pas d’analogie entre le Créateur et les créatures. Ainsi, le fait qu’un esclave fasse du mal, c’est quelque chose de laid de sa part parce que c’est une chose qui lui est interdite. Quant à la création du mal de la part de Dieu, ce n’est pas quelque chose de laid de Sa part. Il en de même pour le fait que Allah, si Sa Volonté porte sur l’existence de quelque chose de laid, ce n’est pas une chose laide de la part de Allah. Mais ce qui est laid, c’est de la part des esclaves, le fait de faire ce qui est laid et de le vouloir.

  • Parle de l’attribut de la Science au sujet de Allah

Il est un devoir de croire que Allah sait absolument toute chose par Sa Science qui est de toute éternité. Ainsi Allah sait Son Être, Il sait Ses Attributs et Il sait ce qu’Il fait entrer en existence comme créature.

Car s’Il n’avait pas été attribué de Science, il aurait été ignorant. Or, l’ignorance est un défaut, et Allah est exempt de tout défaut.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il, dit :

وَأَنَّ اللَّهَ قَدْ أَحَاطَ بِكُلِّ شَىْءٍ عِلْمًا

Ce qui signifie : « Et Allah cerne toute chose par Sa Science ».

Sa Science n’admet pas l’augmentation ni la diminution car si Sa Science augmentait ou diminuait, il aurait été semblable à Ses créatures.

  • Parle de l’attribut de la Science au sujet de Allah    

Il est un devoir de croire que Allah entend par Son Ouïe, qui est de toute éternité, tout ce qui est audible. Ainsi Allah, glorifié soit-Il et exempté d’imperfection soit-Il, entend Sa parole qui est de toute éternité tout comme Il entend la parole des créatures et leurs sons, sans avoir besoin d’oreille ou d’aucun autre instrument.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il, dit :

وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ

Ce qui signifie : « Et Il est Celui qui entend et qui voit ».

  • Parle de l’attribut de la Vue au sujet de Dieu

Il est un devoir de croire que Allah voit par Sa Vue qui est de toute éternité tout ce qui est visible. Ainsi Allah, glorifié soit-Il et exempté d’imperfection soit-Il, voit Son Être qui est de toute éternité et voit Ses créatures sans avoir besoin d’œil ou de rayon lumineux.

Si Allah avait eu un œil ou des yeux, Il aurait été semblable à nous et Il lui aurait été possible tout ce qui nous est possible comme mort, anéantissement et changement.

  • Parle de l’Attribut de la Vie au sujet de Allah

Il est un devoir de croire que Allah est vivant d’une vie qui n’a pas de ressemblance avec notre vie, qui n’est pas à l’aide d’une âme et d’un corps.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il, dit dans sourate Al Baqarah :

اللَّهُ لا إِلَهَ إِلَّا هُوَ الْحَىُّ الْقَيُّومُ

Ce qui signifie : « Allah Il n’est de dieu que Lui, Il a pour Attribut la Vie, Il n’a besoin de rien ». Si Allah n’avait pas été vivant, rien de ce monde n’existerait car Celui qui n’est pas vivant n’a pas pour attribut la Science, la Puissance, la Volonté. Et celui qui n’a pas ces attributs n’est pas créateur.

  • Parle de l’attribut de la parole au sujet de Allah

Il est un devoir de croire que Allah parle sans langue sans lèvre et que Sa parole n’est pas des lettres ni une voix, ni une langue. Elle n’a pas de début ni de fin. Sa parole, il ne lui arrive ni silence ni interruption.

Allah, exempté d’imperfection soit-Il, dit :     

وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسَى تَكْلِيمًا

Ce qui Signifie : « Et Allah fait entendre Sa Parole à Mouça assurément ».

Il n’est pas permis de dire que Allah prononce car le fait de prononcer n’a lieu qu’avec des lettres et une voix.

  • Quel est le sens du fait que Allah est différent des contingents ?

C’est-à-dire que Allah n’a pas de ressemblance avec les créatures. Ainsi, Allah, exempté d’imperfection soit-Il, n’a aucune ressemblance avec les créatures d’aucune manière que ce soit. Allah n’est pas un corps et n’est pas attribué des caractéristiques des corps.

Preuve en est Sa parole, exempté d’imperfection soit-Il :

لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ

Qui signifie : « Il n’a absolument aucun pareil ».

Ainsi notre Seigneur n’a pas de ressemblance avec les êtres dotés d’âme que ce soit les humains, les djinns, les anges ou autre. Il n’a absolument pas de ressemblance avec les objets inanimés que ce soit les corps célestes ou les corps d’ici-bas.

  • Quel est le sens de « je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah » ?

La signification de « je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah » est : je reconnais par ma langue, je crois fermement par mon cœur que notre Maître Mouhammad ﷺ est envoyé de la part de Allah à la totalité des humains et des djinns afin qu’ils croient en lui et qu’ils le suivent.

  • Cite une partie de l’ascendance du Prophète, de quelle tribu est-il, où est-il mort et où est-il enterré

Il s’appelle Mouhammad, fils de ^AbdoulLah, fils de ^Abdou l-Mouttalib, fils de Hachim, fils de ^Abdou Manaf le qourachite ﷺ.

Et le fait de savoir qu’il est descendant de ^Abdou Manaf c’est-à-dire de connaitre ses parents jusqu’à ^Abbdou Manaf est une obligation d’ordre communautaire. Quant au fait de savoir qu’il est Mouhammad fils de ^AbdoulLah, ceci est une obligation d’ordre personnel pour toute personne responsable.

Il est un devoir de croire qu’il est né à la Mecque et que sa naissance a eu lieu le 12 du mois de rabi^ou l-‘awwal de l’année de l’éléphant. Il s’agit de l’année durant laquelle Abrahah d’Abyssinie a essayé de conquérir la Ka^bah. Mais Allah, exempté d’imperfection soit-Il l’a anéanti ainsi que son armée avant qu’ils puissent pénétrer à La Mecque.

Le Messager a reçu sa mission de Prophète alors qu’il résidait à La Mecque. Il avait alors quarante ans. Il a émigré à Médine l’illuminée sur ordre de Dieu.

Il est mort et est enterré dans la chambre de notre dame ^Aichah que Allah l’agrée, à l’endroit même où il est décédé. En effet, les prophètes sont enterrés là où ils meurent. Ceci est une des spécificités des prophètes par laquelle Allah les a caractérisés, puisque le Prophète a dit :

الأَنْبِيَاءُ يُدْفَنُونَ حَيْثُ يَمُوتُونَ

Ce qui signifie : « Les Prophètes sont enterrés là où ils meurent ».

  • Parle de la description physique du Prophète ﷺ

Le Messager ﷺ était blanc de peau, extrêmement blanc. Sa blancheur était teintée de rose et ses cheveux étaient noirs d’un noir vif. Ils n’étaient pas raides ni frisés. Mais c’était des cheveux intermédiaires légèrement ondulés. Ses cheveux arrivaient parfois jusqu’au lobe des oreilles et parfois jusqu’à ses épaules. Il ne s’est jamais rasé le crâne hormis pour le pèlerinage ou la ^oumrah. Il n’a pas eu plus d’une vingtaine de poils blancs dans les cheveux et le visage. Le Prophète ﷺ était de taille moyenne plutôt grand c’est-à-dire d’une taille moyenne. Il n’était pas gros ni maigre. Son ventre et sa poitrine ne dépassaient pas l’un l’autre. Ses épaules étaient larges et son visage était plutôt rond que long. On dirait que le soleil parcourait son visage. Son visage était rayonnant. Ses sourcils étaient fins. Ils n’étaient pas épais. Ses mains étaient fortes et ses pieds également, c’est-à-dire qu’ils étaient pleins, et pas maigres. Ses pieds également étaient robustes. Ses yeux étaient noirs d’un noir de jais. Les cils sur ses paupières étaient longs. Il avait des poils sur les bras, sur les épaules et le haut de sa poitrine. Il avait une ligne de duvet qui descendait de sa poitrine jusqu’au nombril. Il avait une barbe épaisse c’est-à-dire que l’on ne voyait pas la peau à travers. Son nez était fin avec des narines non épatées et une légère protubérance en son milieu, comme sublimé par une lumière. Sa bouche était large et il avait un petit interstice entre ses deux incisives du haut.

  • Parle de la véracité du Prophète ﷺ

Il est un devoir de croire que le Prophète ﷺ est véridique en tout ce qu’il a annoncé et transmis et de la part de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il. Le miracle est la preuve de la véracité du Prophète. Le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui vient conformément à la prétention de celui qui se dit prophète, qui est sauf de toute opposition par quoique ce soit de semblable. Quelque chose d’extraordinaire, c’est ce qui contredit ce qui est habituel. Quant aux choses étonnantes qui ne contredisent pas l’habitude, ce ne sont pas des miracles. C’est le cas par exemple de rester en apnée sous l’eau pendant cinq minutes. Également parmi les choses extraordinaires mais qui ne s’accompagnent pas d’une prétention à la prophétie, il y a ce qui se manifeste par les mains des saints. Ce ne sont pas des miracles mais ce sont des prodiges parce que le saint ne prétend pas être prophète. Autrement, ces choses extraordinaires ne se seraient pas produites pour lui. Cette chose extraordinaire qui est un miracle vient conformément à la prétention de celui qui se dit prophète, c’est-à-dire que cela confirme sa prétention à la prophétie. Quant à ce qui n’est pas conforme à la prétention à la prophétie, cela ne s’appelle pas un miracle. C’est par exemple ce qui s’est produit pour Mouçaylimah le menteur qui prétendait la prophétie. Il lui est arrivé de passer sa main sur le visage d’un homme borgne lequel a alors perdu son œil sain. Il est devenu aveugle. Le miracle, est ainsi sauf de toute opposition par quoique ce soit de semblable. C’est-à-dire que les incrédules, ceux qui le démentent n’ont pas la capacité d’amener quelque chose d’équivalent. La connaissance qu’un miracle s’est produit parvient par l’observation, pour celui qui l’a observé, ou par la voie du tawatour pour celui qui n’en a pas été témoin. Le tawatour, c’est la diffusion de l’information par l’intermédiaire d’un grand nombre de personnes en en étant témoin, à un grand nombre de personnes et, ainsi de suite, jusqu’à ce que cette nouvelle nous parvienne. De la sorte, il est impossible qu’ils se soient tous entendus pour mentir à propos de cette nouvelle.

  • Parle du supplice de la tombe.

Il est un devoir de croire au supplice de la tombe tel que l’exposition au feu pour le mécréant chaque jour à deux reprises, une fois en début de journée et une fois en fin de journée. Il subira un supplice en voyant la place qu’il occupera dans l’au-delà. Dans sourate Ghafir, Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

النَّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوًّا وَعَشِيًّا

Ce qui signifie : « Le feu leur sera exposé une fois en début de journée et une fois en fin de journée ».

Les gens qui ont suivi et adoré Pharaon, verront leur place en enfer lorsqu’ils seront dans le Barzakh, la période qui sépare la tombe du jour du Jugement, c’est-à-dire la période de la tombe, chaque jour à deux reprises au point qu’ils seront emplis de terreur. Et lorsque le jour du Jugement arrivera, il sera dit aux anges :

أَدْخِلُوا ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ الْعَذَابِ

Ce qui signifie : « faites entrer ceux qui ont suivi Pharaon et qui l’ont adoré au pire des châtiments ». Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans sourate Taha :

وَمَنْ أَعْرَضَ عَنْ ذِكْرِى فَإِنَّ لَهُ مَعِيشَةً ضَنْكًا

Ce qui signifie : « Et celui qui se détourne de Mon adoration, il aura une vie difficile », c’est-à-dire que le mécréant, celui qui s’est détourné de la foi en Dieu et en son Messager subira un supplice dans sa tombe. C’est en effet ce qui est visé dans ce verset par ﴿مَعِيشَةً ضَنْكًا﴾, c’est-à-dire une vie éprouvante dans la tombe. Et le Prophète ﷺ a expliqué cela comme étant le supplice de la tombe, tout comme cela a été rapporté avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à lui par Ibn Hibban et At-Tabaraniyy, par l’intermédiaire de Abou Hourayrah que Dieu l’agrée. Et parmi les supplices de la tombe, il y a la pression de la tombe de sorte que ses deux parois se resserrent sur les deux côtés au point que ses côtes vont s’entrecroiser, les serpents, les scorpions et les insectes de la terre vont dévorer son corps. At-Tabaraniyy a rapporté que le Messager de Allah ﷺ   a dit :

وَيُسَلَّطُ عَلَيْهِ عَقَارِبُ وَثَعَابِينُ لَوْ نَفَخَ أَحَدُهُمْ فِى الدُّنْيَا مَا أَنْبَتَتْ شَيْئًا تَنْهَشُهُ فَتُؤْمَرُ الأَرْضُ فَتُضَمّ حَتَّى تَخْتَلِفَ أَضْلاعُهُ اهـ

Ce qui signifie : « Et il sera en proie à des scorpions et des serpents, si l’un d’entre eux soufflait sur le bas-monde alors plus rien ne pousserait, ils vont le dévorer puis la terre recevra l’ordre de se resserrer sur lui au point que ses côtes vont s’entrecroiser ». Quant aux musulmans désobéissants, grands pécheurs qui sont morts avant de se repentir, ils sont de deux catégories : une catégorie à qui Allah épargne le supplice dans la tombe et une catégorie que Allah fera supplicier dans la tombe ensuite le supplice s’interrompra pour eux et le restant sera retardé pour l’au-delà. Et parmi ce qui constitue un supplice dans la tombe, il y a l’apeurement de certains musulmans désobéissants de l’obscurité de la tombe et du sentiment de solitude qu’ils ressentiront.

Ainsi, Al-Boukhariyy, Mouslim, At-Tirmidhiyy, Abou Dawoud et An-Naça’iyy ont rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée lui et son père, qu’il a dit que le Messager de Allah ﷺ  est passé auprès de deux tombes et il a dit ce qui signifie : « Ces deux morts sont en train de subir un supplice ; ils ne subissent pas un supplice pour quelque chose que les gens ne considèrent par erreur comme étant un grand péché ». Et pourtant c’est un grand péché puisque le Prophète a dit par la suite ce qui signifie « Ah que si ». Puis il a expliqué : « L’un des deux colportait les propos pour semer la zizanie, [c’est-à-dire il rapportait la parole entre deux personnes pour les amener à se considérer comme des ennemis]. Pour ce qui est du second, il ne se protégeait pas de l’urine, [c’est-à-dire qu’il se souillait le corps avec l’urine] ». Puis le Messager de Allah ﷺ  a demandé à avoir une branche de palmier, une palme verte qu’il a coupé en deux et a planté une moitié sur chaque tombe puis il a dit ce qui signifie : « Puisse le supplice de la tombe leur être allégé grâce à ces palmes tant qu’elle restent vertes plantées dans le sol de leur tombe ». Il a été parvenu dans le hadith que les plantes vertes font le tasbih pour Dieu et lorsqu’elles sont plantées sur la tombe, cela soulagera celui qui est dans la tombe grâce à leur glorification de Dieu. Donc si cette plante verte est plantée sur la tombe cela allègera celui qui est dans la tombe s’il est dans une situation difficile. Il convient donc de planter des plantes vertes sur les tombes car elles glorifient Dieu mais nous ne les entendons pas. Il y avait à l’époque des compagnons un des habitants du Yémen qui s’appelait Abou Mouslim Al-Khawlaniyy qui faisait partie des grands saints. Il avait rencontré des compagnons mais il n’avait pas rencontré le Messager de Allah ﷺ . Une fois, alors qu’il était en train de faire le tasbih, il évoquait Dieu avec un chapelet, il s’est assoupi et la soubhah s’est mise à tourner toute seule dans sa main en disant soubhanaka ya mounbita n-nabat wa ya da’ima th-thabat, puis il s’est réveillé et a trouvé que la soubhah tournait autour de son poignet et elle faisait le tasbih. Il a appelé son épouse Oummou Mouslim et lui a dit « Ô Oummou Mouslim, vient voir, vient vite, il y a quelque chose d’étonnant » et lorsque la femme est arrivée, la soubhah s’est arrêtée. Ya mounbita-n-nabat veut dire « Ô toi qui fait pousser les plantes » et wa ya da’ima-th-thabat signifie « Ô Toi dont l’existence est immuable » c’est-à-dire Celui dont l’existence n’a pas de fin. Cela ne veut pas dire que Allah est immobile sans mouvement.

  • Parle des différentes sortes de martyrs.

Le martyr est de différente de sortes, et n’est martyr que quelqu’un qui est mort musulman. Celui qui est mort dans le combat, dans la voie que Allah agrée est un martyr de combat. Celui qui est mort en défendant ses biens, c’est-à-dire qu’il défendait ses biens pour empêcher un injuste de les prendre et qui fut tué ainsi, c’est un martyr. Celui qui se défend pour se protéger lui-même, c’est-à-dire contre l’attaque d’un injuste qui voulait le tuer, il a combattu et il a été tué, c’est un martyr. Celui qui a été tué pour sa religion, c’est-à-dire qui a été tué parce qu’il était musulman, c’est un martyr. Aussi celui qui est mort en défendant sa famille, comme celui qui défendait son épouse pour empêcher que quelqu’un la viole et a été tué par celui qui voulait la fornication, il est mort martyr. Celui qui meurt de la noyade ou de la brulure, c’est un martyr. Celui qui meurt à cause de son ventre, de ses intestins, ou de quelque chose qui provient de l’intérieur de l’abdomen comme d’une diarrhée ou au contraire il ne pouvait plus émettre ni de gaz ni de selles, c’est un martyr. En raison du Hadith de At-Tirmidhiyy :

مَنْ قَتَلَهُ بطْنُهُ لَمْ يُعَذَّبْ فِى قَبْرِهِ

Ce qui signifie : « Celui qui est mort à cause de son ventre, il ne sera pas supplicié dans sa tombe ». De même celui qui est mort étranger de son pays et de sa famille c’est un martyr en raison du Hadith de Ibnou Majah :

مَوْتُ الْغَرِيبِ شَهَادَةٌ

Ce qui signifie : « La mort de l’étranger est un martyr ». Celui qui meurt de la peste, d’une pleurésie, qui meurt sous les décombres ou encore qui ait fait une chute d’une hauteur, c’est un martyr. Également la femme qui meurt à cause des contractions de l’accouchement, c’est une martyre. Celui qui obtient une des sortes de martyr, il ne subira de supplice ni dans la tombe ni dans l’au-delà.

  • Parle de la félicité de la tombe

Il est un devoir de croire en la félicité de la tombe comme l’élargissement de la tombe, soixante-dix coudées de long sur soixante-dix coudées de large pour le croyant qui est pieux et son éclairage par une lumière qui ressemble à la lumière de la lune une nuit de pleine lune et autre que cela comme le fait de sentir l’odeur du Paradis.

Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِذَا قُبِرَ الْمَيِّتُ أَوِ الإِنْسَانُ أَتَاهُ مَلَكَانِ أَسْوَدَانِ أَزْرَقَانِ

 (أَىْ لَوْنُهُمَا أَسْوَدُ مَمْزُوجٌ بِزُرْقَةٍ) يُقَالُ لِأَحَدِهِمَا مُنْكَرٌ وَلِلآخَرِ نَكِيرٌ

Ce qui signifie : « Lorsque le mort sera enterré ou l’être humain, viendront à lui deux anges noir-bleu (c’est-à-dire que leur couleur est d’une noirceur teintée de bleu), l’un s’appelle Mounkar et l’autre s’appelle Nakir. Ces anges lui diront : « Qu’est-ce que tu disais à propos de cet homme Mouhammad ? ». Il répondra ce qu’il disait avant de mourir. Si c’était un croyant il dira : « Il est l’esclave de Allah et Son Messager, je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ». Ils lui diront alors : « Nous savions que tu dirais cela » c’est-à-dire nous savions avant même que tu ne répondes que tu avais cette croyance. Puis sa tombe sera élargie de soixante-dix coudées sur soixante-dix coudées, elle sera éclairée. Il lui sera dit : « Dors » et il dormira du plus profond des sommeils comme celui du nouveau marié qui n’est réveillé que par son épouse, l’être qui lui est le plus cher c’est à dire qu’il ne ressentira ni dérangement ni solitude jusqu’à ce que Allah le ressuscite de cette couche. 

Q&R croyance

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 13, 2021
  • Quelle est la signification de la parole   لا حَوْلَ وَلا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah, il n’est de protection et de force que par Allah ?

Le Prophète a expliqué cette phrase par sa parole :

لا حَوْلَ عَنْ مَعْصِيَةِ اللَّهِ إِلَّا بِعِصْمَةِ اللَّهِ وَلا قُوَّةَ عَلَى طَاعَةِ اللَّهِ إِلَّا بِعَوْنِ اللَّهِ

Qui signifie : il n’est de protection contre la désobéissance à Dieu que grâce à la préservation de Dieu et il n’est de force pour l’obéissance à Dieu que grâce à l’aide de Dieu. C’est-à-dire que l’Homme ne peut éviter le péché que si Allah l’en protège et il ne peut faire le bien et l’obéissance que si Allah l’aide.

  • Cite certains des bénéfices de la parole la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah.

Il est parvenu dans le hadith que cette phrase est un des trésors du Paradis. Le Prophète ﷺ a dit à Abou Mouça Al Ach^ariyy que Dieu l’agrée :

أَلا أَدُلُّكَ عَلَى كَلِمَةٍ هِىَ كَنْزٌ مِنْ كُنُوزِ الْجَنَّةِ

Ce qui signifie : « Veux-tu que je t’indique une parole qui est un des trésors du Paradis ? ».

Il a dit « Bien sûr Ô Messager de Allah », il lui a dit ce qui signifie : « C’est la phrase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah » tel que l’a rapporté l’imam Ahmad. Cette phrase qu’on appelle en arabe al hawqalah a été appelée trésor car c’est comme si c’était un trésor enfoui pour celui qui la dit, qu’il retrouvera au jour du Jugement.

Il a été rapporté dans le hadith rapporté par Al Hakim dans Al Moustadrak, que la phase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah est utile pour quatre-vingt-dix maux, le minimum étant le tourment. C’est-à-dire que cette phrase dissipe le tourment, c’est une des meilleures paroles qu’il convient de dire, pour celui qui est tourmenté. Cette phrase est également bénéfique pour celui qui est éprouvé par les mauvaises suggestions (waswas), tout cela par la Volonté de Dieu. S’il la dit de manière régulière, assidue et qu’il persévère à la dire, nécessairement il verra la délivrance et sa difficulté sera transformée en facilité. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a fait que cette parole comporte un grand secret et un bénéfice éminent.

Ahmad a rapporté, d’après Abou Ayyoub Al-Ansariyy que Allah l’agrée, que le Messager de Allah ﷺ la nuit de son voyage nocturne, est passé près de Ibrahim ^alayhi s-salam, qui a dit à notre Prophète : « Ordonne à ta communauté qu’elle multiplie les plantes du Paradis ; le sol du Paradis est bon et sa terre est étendue ». Le Prophète lui a dit :  وَمَا غِرَاسُ الْجَنَّةِ

Ce qui signifie « Quelles sont donc les plantes du Paradis ? » et Ibrahim ^alayhi s-salam lui a répondu : « C’est la phrase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah ».  Le croyant, chaque fois qu’il dit cette parole, il sera planté pour lui un arbre au paradis dont le tronc est en or.

  •  Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a pour attribut toute perfection qui est digne de Lui. Pourquoi la parole perfection a été restreinte par l’expression « qui est digne de Lui » ?

La parole perfection a été restreinte par l’expression « qui est digne de Lui » parce que la qualité de la perspicacité est une perfection, un éloge pour l’être humain mais ce n’est pas une perfection au sujet de Dieu. Il n’est donc pas permis de Lui attribuer cela.

  • Parle d’exempter Allah des défauts

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, est exempt de tout défaut, c’est-à-dire qu’il est exempt de tout ce qui n’est pas digne de Lui comme le corps, la forme, la couleur et d’autres caractéristiques des créatures.

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Ach-Choura :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

Ce qui signifie : « Absolument rien n’est pareil à Lui ».

  • Que signifie Sa parole, exempté de toute imperfection soit-Il, layça kamithlihi chay’, absolument rien n’est pareil à Lui ?

Cela veut dire que Allah n’a absolument pas de ressemblance avec les créatures, d’aucune manière que ce soit. L’imam Dhou n-noun Al Misriyy a dit : « Quoi que tu imagines dans ton esprit Allah n’est pas ainsi », c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec cela.

  • Quel est le sens de la parole, exempté de toute imperfection soit-Il وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ  wa houwa s-sami^ou l-basir ?

C’est à dire que Allah a pour attribut l’ouïe et la vue. Il est un devoir de croire que Allah entend tout ce qui est audible sans avoir besoin d’oreille ou d’un autre organe et Il voit tout ce qui est visible sans avoir besoin d’œil ou de rayon lumineux.

  • Quel est le sens de la parole des savants : Allah est de toute éternité et tout ce qui est hormis Lui est entré en existence ?

C’est-à-dire que Allah exempté de toute imperfection soit-Il, n’a pas de début à Son existence et tout autre que Lui a un début c’est-à-dire qu’il a existé après n’avoir pas été.

  • Parle à propos de la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il.

Dans sourat An-niça’ Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسَى تَكْلِيمًا﴾

Wa kallama l-Lahou Mouça taklima.

Le Messager de Allah a dit :

مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا سَيُكَلِّمُهُ رَبُّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ

 Ce qui signifie : « Pas un d’entre vous sans qu’il n’entende la Parole de Allah au jour du Jugement », rapporté par Al Boukhariyy.

Il est un devoir de croire que Allah a pour attribut une parole qui n’a pas de ressemblance avec la nôtre, qui n’est pas de lettres, ni de voix ni de langue, une parole qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin, qui n’est pas concernée par le silence ou l’interruption.

L’imam Abou Hanifah dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar a dit : « Nous, nous parlons avec des organes et des lettres et Allah parle sans organes ni lettres. Les lettres sont créées et la parole de Allah n’est pas créée ».

Pour ce qui est de la Parole de Allah dans Sourat Yacin :

﴿إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ﴾

Cela veut dire que Allah crée les choses rapidement, sans fatigue, sans difficulté, sans empêchement de la part de quiconque. Cela ne veut pas dire que Allah articule et prononce le terme koun qui veut dire en français “soit”, l’impératif du verbe être. Cela ne signifie pas que Allah prononce ce terme autant de fois qu’il y a de créatures car Allah, glorifié soit-Il, crée dans un instant ce que nous ne pouvons énumérer comme créatures. Ce verset indique donc la rapidité de faire entrer en existence.

  • Est-ce que l’on dit au sujet du Qour’an dans le sens de la parole révélée, qu’il s’agit de la Parole de Allah ?

Le Qour’an dans le sens des termes qui ont été descendus à notre Maitre Mouhammad par révélation, sont appelés Parole de Dieu. Parce que ces termes indiquent et sont une expression de la Parole de Dieu, qui n’est pas des lettres ni un son ni des langues. Également parce que ces termes ne sont pas la composition d’un ange ou d’un humain. Cela ne signifie pas que Allah a prononcé le Qour’an avec des lettres et un son tout comme nous le récitons.

Ainsi dans Sourat At-Tawbah Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وإِنْ أَحَدٌ مِّن الْمُشْرِكِينَ اسْتَجَارَكَ فَأَجِرْهُ حَتَّى يَسْمَعَ كَلامَ اللَّهِ﴾

Ce qui signifie : « Si l’un des associateurs demandait à ce que tu lui octroies une garantie de sécurité alors donne lui cette garantie de sécurité pour qu’il vienne en terre d’islam et qu’il entende la Parole de Allah ». Il est clair ici qu’il s’agit des termes révélés et non pas de l’attribut de Dieu sinon tout un chacun qui entendrait ces termes qui ont été révélés serait l’équivalent de Moïse, lui qui a entendu la Parole propre de Dieu, Son attribut.

  • Que signifie que Allah est différent de toutes les créatures par Son Être, par Ses attributs et par Ses actes ?

Allah est différent de la totalité des créatures, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, il n’y a donc pas d’être qui soit pareil à Son Être, car Allah n’est pas un corps. Il n’y a pas pour autre que Dieu, d’attribut qui soit pareil à l’attribut de Dieu ou d’acte qui soit pareil à Son acte. Allah, exempté de toute imperfection soit-ll, dit dans Sourat Ach-Choura :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

Ce qui signifie : « Absolument rien n’est pareil à Lui », et Allah, exempté de toute imperfection soit-ll, dit dans Sourat An-Nahl :

﴿وَلِلَّهِ الْمَثَلُ الأَعْلَى﴾

Ce qui signifie : « Allah a l’attribut qui n’a pas de ressemblance avec les attributs d’autres que Lui », c’est-à-dire que Allah a des attributs qui n’ont pas de ressemblance avec les attributs d’autres que Lui. L’Imam Abou Hanifah que Dieu Lui fasse miséricorde a dit : Son acte, exempté de toute imperfection soit-Il, c’est-à-dire le fait qu’Il crée : c’est Son attribut de toute éternité ; et ce qui en résulte c’est-à-dire ce qui est créé, est contingent, il est entré en existence.

  • Quel est le sens de la parole des savants « Il est exempt de ce que disent les injustes. » ?

C’est-à-dire que Allah est totalement exempt de ce que disent les mécréants, exempt de ce qu’il n’est pas digne de Lui attribuer, comme d’avoir une épouse et un enfant. Et la plus grande des injustices, c’est l’injustice des mécréants. Les mécréants ont atteint le summum de l’injustice. Comme la mécréance est la plus grave des formes d’injustice, Allah a employé dans le Qour’an le terme Adh-dhalimin et il en a visé al-kafirin, les mécréants. Allah exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ

Ce qui signifie : « Les mécréants sont eux les injustes ».

  • Parle des attributs de Dieu.

Allah a pour attribut les attributs de perfection qui sont dignes de Lui. Et les attributs de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, sont dans leur totalité exempts de début et exempts de fin, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de début et qu’ils n’ont pas de fin. L’Imam Abou Hanifah que Allah l’agrée, a dit dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar: « Celui qui dit que les attributs de Allah sont contingents, accidentels, entrés en existence ou qui doute, ou qui ne veut pas se prononcer à ce sujet, c’est un mécréant ». C’est-à-dire que celui qui dit que Allah Il Lui est arrivé un des attributs qu’Il n’a pas de toute éternité, il prétend que ce serait de nouveaux attributs, ou qui a douté à ce sujet, c’est-à-dire s’il a dit peut être que les attributs de Dieu sont de toute éternité ou peut-être qu’il sont contingents, ou qui ne veut pas se prononcer à ce sujet, c’est-à-dire qu’il dit moi je ne dis pas que les attributs de Dieu sont accidentels et je ne dis pas qu’ils sont de toute éternité : dans tous ces cas-là, il est mécréant.

  • Les savants ont dit qu’il est un devoir de connaitre treize des attributs de Dieu, quels sont donc ces attributs ?

Les treize attributs sont : l’existence, l’unicité, l’existence de toute éternité, c’est-à-dire le fait de ne pas avoir de début, l’existence sans fin, le non-besoin, c’est-à-dire qu’Il n’a pas besoin d’autrui, la puissance, la volonté, la science, l’ouïe, la vue, la vie, la parole et le fait qu’Il soit différent de ce qui est contingent, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec les créatures.

  • Parle de l’attribut de l’existence de Dieu.

Il est un devoir de croire que Dieu existe, il n’y a pas de doute à propos de Son existence, Son existence n’est pas par l’acte d’un être qui l’aurait fait exister car Son existence n’a pas été précédée du néant.

Ainsi dans le Qour’an Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿أَفِى اللَّهِ شَكٌّ﴾

Ce qui signifie : « Il n’y a pas de doute à propos de Dieu », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de doute à son sujet.

  • Parle de l’attribut de l’unicité de Dieu.

Il est un devoir de croire que Allah est unique, qu’Il n’a pas d’associé, que nul ne mérite d’être adoré sinon Lui et qu’Il n’est pas un corps composé de parties. Ainsi Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, n’a pas d’associé à Son Être ni à Ses attributs ni à Son acte. Il n’y a pas d’être qui soit pareil à Son être, d’autres que Lui n’ont pas d’attributs ni d’actes pareils aux Siens. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿وَإِلَهُكُمْ إِلَهٌ وَاحِدٌ﴾

Ce qui signifie : « Et votre Dieu est un Dieu unique ». Il n’est pas visé par l’unicité de Dieu l’unicité du nombre car un corps admet des parties, mais ce qui est visé c’est qu’il n’a pas de pareil. L’Imam Abou Hanifah que Dieu l’agrée a dit dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar : « Allah est unique non pas dans le sens des nombres, mais plutôt dans le sens qu’Il n’a pas d’associés ».

  • Parle de l’attribut de l’exemption de début de Allah.

Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit dans Sourat Al-Hadid :

﴿هُوَ الأَوَّلُ﴾

Ce qui signifie: « Que Allah seul est Celui Qui n’a pas de début à Son existence ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Allah est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité », rapporté par Al-Boukhariyy, c’est-à-dire que Allah est de toute éternité et nul autre que Lui n’est de toute éternité. Il est donc un devoir de croire que Allah est de toute éternité dans le sens qu’il n’y a pas de début à Son existence et que tout autre que Lui est contingent, c’est-à-dire qu’il a existé après n’avoir pas existé. Et le sens de Al-Qadim à propos de Dieu ne veut pas dire qu’Il a subi une longue durée ou qu’Il est vieux. L’Imam Abou Ja^far At-Tahawiyy dans son traité de croyance a dit à propos de Dieu : « Il est exempt de début, Il est qadim, Il n’a pas de début à Son existence ». Si Allah n’avait pas été de toute éternité, Il serait entré en existence, c’est-à-dire créé et ce qui est contingent a besoin de qui le fait exister et celui qui a besoin d’autrui ne peut être un dieu. Il a été rapporté que le Prophète ﷺ disait lorsqu’il voulait entrer dans la mosquée :

أَعُوذُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ وَبِوَجْهِهِ الْكَرِيمِ وَسُلْطَانِهِ الْقَدِيمِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ، وَالْحَدِيثُ إِسْنَادُهُ حَسَنٌ

Ce qui signifie : « Je demande la préservation par Allah l’éminent et par Son Être glorifié et par Sa souveraineté qui est Qadim contre le chaytan qui est maudit ». Ce hadith a une bonne chaine de transmission (il est de l’ordre du haçan). S’il a été authentifié qu’il est permis d’employer le terme Al-Qadim à propos de la Souveraineté de Dieu Qui est Son attribut alors il est permis de l’employer à propos de Son Être.

Livre du Majorquin : TouHfat al-‘Arîb Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

Posted in Biographie,Croyance,Histoire,islam,Livre,Récit,société par chaykhaboulaliyah sur janvier 6, 2021

Livre du Majorquin

TouHfat al-‘Arîb

Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré

en réplique aux gens de la croix

De °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân

(Anselm Turmeda)


L’auteur comptait parmi les supérieurs de leur hiérarchie, puis quand il est entré en Islam, il a voulu indiquer les aberrations de leurs lois canoniques, la contradiction de leurs évangiles et le dérèglement et la perniciosité de leurs esprits. Il a répliqué en prenant à témoin les textes et la raison.


Il commence par citer sa ville, son lieu de naissance, comment il a grandi, puis ses voyages, son entrée en Islam à l’époque d’Abû al-°Abbâs AHmad,le souverain de Tunis, et de son fils Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il indique qu’il a voulu traiter son sujet dans un livre comportant neuf chapitres et qu’il l’a achevé en l’an 823 de l’hégire, en 1420 du calendrier grégorien.

[Manuscrit de 1290 H – 1873 G]

TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré,
en réplique aux gens de la croix

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad
ainsi que sa famille et ses compagnons.

°Abdallâh fils de °Abdallâh At-Tourjoumân a écrit : La louange est à Dieu Lui seul, à Lui revient la prédestination de toute chose. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à celui après lequel il n’y aura plus d’autres prophètes.

Après quoi, le Chaykh °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân dit, que Dieu fasse de sa tombe et de sa demeure finale des jardins étendus :

Dieu m’ayant accordé la grâce d’être bien guidé vers la voie de droiture et d’entrer dans la religion de l’Islam, la religion agréée par Dieu, la religion de droiture, celle avec laquelle il a envoyé celui qu’il agrée le plus, MouHammad, j’ai pu constater que ses preuves étaient catégoriques et ne pouvaient échapper à qui possède un minimum de discernement –sauf à quelqu’un qui ne verrait pas un œuf d’autruche.

J’ai alors trouvé que les ouvrages de nos savants musulmans, que Dieu les agrée, comportaient ce qui ne nécessite aucun ajout. Cependant, que Dieu leur fasse miséricorde, ils ont suivi dans la plupart de leur argumentation contre les gens des livres –chrétiens ou juifs– la voie des implications rationnelles. Le HâfiDh Abû MouHammad Ibn Hazm[1] leur a répliqué avec les preuves rationnelles et les preuves textuelles, mais il a renoncé à argumenter contre eux par ce qu’impliquent leurs propres textes, sauf en de rares exceptions.

Or, j’avais tellement à cœur plusieurs objectifs :

  • apporter à la réplique contre eux une analyse des textes et des réalités objectives, qui joignent la connaissance des sources à l’analyse comparative, et sur lesquelles s’accordent la parole et l’observation des sens.
  • exposer l’imposture dans leurs propos, le mensonge de ce qu’ils ont établi comme doctrine de la trinité et comme obédience à cette voie corrompue.
  • mentionner avec cela leurs évangiles et ceux qui les ont composés, leurs lois et ceux qui les ont constituées, l’irrationalité de leurs raisonnements et l’imposture de leur croyance de mécréance à partir de leurs propres textes, ainsi que leurs calomnies à l’égard de Jésus °alayh as-salâm et leurs contrevérités explicites à l’égard de Dieu.
  • rapporter la parole de leurs prêtres, leurs croyances, leurs ruses et leurs perversions au regard de l’Évangile authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm.
  • mentionner la réalité de leur dévotion et de leurs prosternations pour leur croix, que Dieu les éloigne de Sa miséricorde et les humilie.

Jusqu’à ce que Dieu m’inspire la décision pertinente de composer cet heureux abrégé.

J’ai commencé par y citer ma ville et mon éducation, puis mes voyages en dehors de ma patrie, mon entrée dans la religion de l’Islam et la foi en notre maître MouHammad. J’y mentionne ensuite les bienfaits dont m’a comblé notre souverain l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmad fils des émirs honorables, et certaines choses qui me sont arrivées pendant son règne, puis durant le règne de son fils, notre maître l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz descendant des nobles émirs, et nous évoquerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations.

J’y mentionne ensuite la réplique que j’ai précédemment évoquée contre la religion chrétienne et la confirmation du mérite de la communauté de MouHammad.

Lorsque cet abrégé peu commun a pris forme selon ce sommaire, je l’ai intitulé TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb « Le présent de l’homme lettré, en réplique aux gens de la croix », et j’en ai fait trois chapitres pour en faciliter la lecture au chercheur sans pour autant ennuyer le curieux.

Le premier chapitre est consacré à mes débuts dans l’Islam, à ma sortie de la religion chrétienne vers la communauté de droiture, puis à la bienfaisance dont m’a comblé notre maître l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmadet ce qui m’est arrivé durant son règne.

Le deuxième chapitre est consacré à ce qui m’est arrivé durant le règne de notre maître l’Émir des croyants Abû Fâris °Abd Al-°Azîzet nous citerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations, pendant la période de composition de ce livre, à savoir l’an 823 de l’hégire prophétique.

Le troisième chapitre poursuit l’objectif de ce livre qui est de répliquer au dogme chrétien et de confirmer la prophétie de notre Maître MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré et qu’Il l’apaise quant au sort de sa communauté, ainsi que sa famille et ses compagnons, à partir du texte de l’Ancien testament, des évangiles et du reste des livres attribués aux prophètes, que Dieu les honore davantage en degré.

Son achèvement a permis d’atteindre l’objectif pour lequel cet ouvrage a été composé, par l’aide de Dieu, et il n’est de force et de préservation que par Dieu Al-°Aliyy Al-°ADhîm.

Premier chapitre

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que je suis originaire de la ville de Majorque, que Dieu fasse qu’elle redevienne une terre d’Islam. C’est une grande ville qui donne sur la mer, blottie entre deux montagnes et traversée par une petite rivière. C’est une ville de négoce, elle a deux ports dans lesquels font escale les grands navires pour des activités commerciales florissantes. La ville porte le nom de l’île, Majorque. Les zones arborées sont majoritairement plantées d’oliviers et de figuiers. Les années favorables, ses oliviers peuvent donner plus de 20 mille barils d’huile d’olive envoyée en Égypte et à Alexandrie. Dans l’île de Majorque citée, il y a plus de cent vingt forts peuplés et clôturés en activité.

Mon père comptait parmi les notables de Majorque et n’avait pas d’autre fils que moi. Quand j’ai atteint mes six ans, il m’a confié à l’un des prêtres enseignants. J’ai pu lire avec lui les évangiles jusqu’à en mémoriser plus de la moitié en deux ans. Puis je me suis mis à apprendre la langue de l’évangile et il m’a enseigné la logique pendant six ans. J’ai ensuite quitté ma région pour voyager jusqu’à la ville de Lérida en terre Catalane qui est une ville de science chez les chrétiens de cette partie du monde. La ville est traversée par une grande rivière et j’ai vu l’or mêlé au sable, sauf qu’il est notoire chez tous les habitants de cette ville que la dépense nécessaire à l’extraction n’est pas garantie par le revenu que l’on pourrait en tirer, c’est pour cela qu’il est délaissé. Dans cette ville, il y a beaucoup de fruits. J’ai vu des agriculteurs couper les pèches en quartiers et les laisser sécher au soleil et faire de même avec les potirons et les carottes. Quand ils veulent en consommer l’hiver, ils les laissent tremper dans l’eau la nuit, puis ils les cuisinent comme s’ils avaient été récoltés le jour même.

Dans cette ville, des étudiants chrétiens se réunissent. Ils forment un contingent de mille ou mille cinq cents hommes et seul le prêtre, auprès de qui ils apprennent, a pouvoir de juridiction sur eux.      
La plante majoritairement cultivée dans ses contrées est le safran. J’y ai appris la science des plantes médicinales et de l’astrologie pendant six ans, puis on m’a confié un poste d’enseignant, je suis resté ainsi à enseigner aux gens l’évangile et sa langue pendant quatre ans.

Puis j’ai voyagé vers la ville de Nabounyah[2] en Abzadie[3] qui est une grande ville construite en brique rouge parfaite parce qu’ils n’ont pas de carrières de pierres. Chaque fabricant de briques à son propre sceau à cacheter et un directeur responsable de tous ces fabricants contrôle la qualité de l’argile et la manière de cuire les briques. Si la brique se fissure ou s’effrite, il en fait alors rembourser le prix à celui qui l’a fabriquée et il reçoit des coups en punition.

C’est une ville de science pour tous les habitants de cette région. Chaque année s’y rassemblent de différents horizons plus de deux mille hommes pour apprendre leurs sciences. Leur vêtement indique l’austérité. Quand bien même il y aurait parmi leurs étudiants en science un gouverneur ou un fils de gouverneur, il ne porterait que ce vêtement pour que les étudiants se distinguent de tout autre qu’eux.

Seul le prêtre auprès de qui ils apprennent avait autorité sur eux. J’y ai séjourné dans une église affectée à un prêtre d’un âge avancé qui avait un haut degré chez eux et qui s’appelait Nicolas Martel. Selon eux, il avait un degré de science, de pratique et d’ascèse très élevé. Personne ne l’égalait à son époque parmi tous les chrétiens. Les questions particulières dans leur religion lui parvenaient de tous les horizons de la part de rois et les questions étaient accompagnées de somptueux cadeaux. Les gens espéraient rechercher par lui des bénédictions, et lorsqu’il acceptait leurs cadeaux, c’était un honneur pour eux.

J’ai appris auprès de cet archiprêtre la science des fondements de la religion chrétienne, ses lois et je me rapprochais de lui en me mettant à son service et en faisant la plupart de ses tâches, jusqu’à devenir son confident le plus proche. À force d’être à son service et de me rapprocher de lui, il en est venu à me confier toutes les clés de ses appartements et de son garde-manger, à l’exception d’une clé, celle de la petite pièce de sa demeure où il s’isolait. Apparemment, c’était la pièce où il gardait les trésors qui lui étaient offerts, mais Dieu sait plus que tout autre sa réalité.

Je suis resté à ses côtés, à réciter auprès de lui, et en étant à son service pendant dix ans. Puis, un jour, il tomba malade et ne put sortir enseigner. Les habitués de son assemblée attendaient son retour en révisant des questions de science, jusqu’à aborder la parole de Dieu à son prophète Jésus °alayh as-salâm « Viendra après toi un prophète qui s’appellera le Paraclet. » (Jean 14 :16) Ils avaient alors beaucoup discuté et débattu, puis s’étaient séparés sans avoir tranché le débat sur qui était ce Paraclet et à quel prophète il faisait référence.

Je suis parti voir le prêtre, qui enseignait ces cours-là, chez lui. Comme il en avait l’habitude, il m’interrogea :

Qu’est-ce que vous avez étudié aujourd’hui en mon absence ? » Je lui ai dit que les gens avaient débattu au sujet du nom de Paraclet et qu’Untel avait répondu telle chose, Untel avait répondu autre chose et je lui ai donné toutes leurs réponses. Il m’a dit :

Et toi, qu’en penses-tu ? » Je lui ai dit :

Par la réponse qu’a donnée l’exégète Untel dans son explication de l’évangile. » Il a dit :

Tu n’as pas failli et tu étais proche, Untel s’est trompé et Untel était proche, mais la vérité est différente de tout cela, parce que l’explication de ce nom honorable n’est connue que par les savants qui maîtrisent la science, et vous n’avez pas obtenu suffisamment de science, vous n’en avez que très peu. » Alors je me suis mis à embrasser ses pieds en lui disant :

Mon maître, vous savez que je suis venu d’une ville éloignée, je suis à votre service depuis dix ans, j’ai pris de vous des connaissances que je ne peux énumérer. Peut-être par votre grand bienfait pourriez-vous parfaire mes connaissances en me faisant connaître ce nom honoré. »

C’est alors que le prêtre se mit à pleurer, en disant :

Mon fils, par Dieu, tu m’es très cher parce que tu es à mon service et que tu t’es consacré à moi. Dans la connaissance de ce nom honoré réside un grand intérêt, mais je crains que tu ne le divulgues et que les gens du commun des chrétiens te tuent sur le champ. »

Mon maître, par Dieu l’Éminent et par la réalité de l’évangile, et par celui qui l’a amené, je ne dirai rien de ce que vous me direz en secret à son sujet. » Ai-je assuré. Il a repris :

Mon fils, je t’ai demandé dès ton arrivée depuis ta ville qui est proche des musulmans, s’ils vous attaquent, si vous les attaquez, pour savoir quel était ton ressenti. Sache, mon fils, que le Paraclet est l’un des noms de leur prophète MouHammad et c’est à son sujet qu’a été révélé le quatrième livre, tel que mentionné par Daniel °alayh as-salâm dans lequel il a annoncé qu’il recevrait une révélation, que sa religion serait la religion de vérité et que sa communauté serait la communauté de droiture qui est citée dans l’évangile. »

J’ai demandé :

Ô mon maître, et que disent les chrétiens à propos de la religion de ces gens-là ? »

Il me répondit :

Mon fils, si les chrétiens étaient sur la religion de Jésus °alayh as-salâm, ils seraient sur [l’Islam,] la religion agréée par Dieu parce que Jésus et tous les prophètes ont pour religion la religion agréée par Dieu. »

Et comment se délivrer de tout cela ? » Ai-je interrogé. 

En entrant dans la religion de l’Islam », a-t-il conclu.

J’ai repris :

Est-ce que celui qui entre dans cette religion est sauvé ? » 

Oui, il sera sauvé dans le bas monde et dans l’au-delà », me dit-il.

Mais mon maître, quelqu’un de sensé ne choisit pour lui-même que ce qu’il a connu de meilleur. Si vous avez su que le mérite réside dans la religion de l’Islam, qu’est-ce qui vous empêche de l’embrasser ? » Ai-je dit.

Mon fils, Dieu ne m’a donné de connaître la réalité de ce que je t’ai dit à propos du mérite de l’Islam et de l’honneur du Prophète de l’Islam qu’après un âge avancé, et mon corps est aujourd’hui fatigué. Certes, nous n’avons pas d’excuse en cela, et l’argument que Dieu a envoyé[4] est contre nous. Si Dieu m’avait guidé vers cela alors que j’avais ton âge, j’aurais tout délaissé et je serais rentré dans la religion de vérité. Mais c’est l’amour du bas monde qui est l’origine de tout péché et toi tu vois parfaitement ce que j’ai chez les chrétiens, comme haut degré, comme gloire, comme honneur et comme quantité de biens du bas monde. Si j’avais manifesté que j’avais en moi un quelconque penchant vers la religion de l’Islam, les gens du commun m’auraient tué sans tarder, et à supposer que je me sois sauvé de leur vindicte et que je sois parvenu jusqu’aux musulmans, je leur aurais dit : « Je vous rejoins en étant musulman. » Ils m’auraient dit : « Tu as profité à toi-même en entrant dans la religion de vérité, alors ne nous énumère pas tes hauts faits en disant que tu es entré dans une religion qui t’a permis de sauver ton âme du châtiment de Dieu. » Alors je serais resté parmi eux, un pauvre grabataire de quatre-vingt-dix ans, ne comprenant pas leur langage et eux ne connaissant pas ma réalité, et je serais mort de faim parmi eux. Alors que moi, par la grâce de Dieu, je suis sur la religion de Jésus et ce qu’il a amené[5], Dieu sait cela de moi. » Je lui ai dit :

Mais mon maître, m’indiquerez-vous comment je peux rejoindre le pays des musulmans et rentrer dans leur religion ? »

Si tu es sensé, tu chercheras à être sauvé, alors empresse-toi de le faire, tu obtiendras le bas monde et l’au-delà. Mais mon fils, ce sujet, personne n’en a été témoin avec nous maintenant. Alors cache-le profondément de toutes tes forces. Si tu montres quoi que ce soit, les gens du commun vont te tuer immédiatement et je ne pourrai pas t’être utile. Il te sera aussi inutile de rapporter mes propos, parce que je les nierai et ma parole est crue, contrairement à la tienne. Moi je serai innocent de ta mort si tu divulgues quoi que ce soit de tout cela. » A-t-il dit pour finir. J’ai dit :

Mon maître, je demande que Dieu me préserve de dire quoi que ce soit de tout cela. »

Je lui ai donné l’engagement de faire ce qui le satisfaisait. Puis j’ai pris mes dispositions pour le voyage. Étant parti lui faire mes adieux, il m’a fait des invocations de bien et m’a donné cinquante dinars en or, puis j’ai pris la mer en direction de la ville de Majorque. J’y suis resté six mois, puis j’ai voyagé vers l’île de la Sicile où je suis resté quinze mois à attendre un navire en partance vers la terre des musulmans. Lorsqu’un navire à destination de la ville de Tunis est arrivé, j’ai embarqué dedans pour quitter la Sicile. Nous avons levé l’ancre peu avant la disparition du crépuscule rouge et nous sommes arrivés au port de Tunis à l’approche de la mi-journée par la grâce de Dieu. Lorsque je suis descendu du bateau au port de Tunis, des membres officiels de la communauté chrétienne qui y étaient établis ont appris ma venue. Ils sont venus m’escorter, et m’ont emmené depuis le port jusqu’à leurs quartiers, en compagnie de certains commerçants qui habitaient également à Tunis. Je suis resté chez eux en tant qu’hôte profitant d’un mode de vie des plus fastes pendant quatre mois. Après cela je les ai interrogés, s’il y avait dans la maison du gouverneur quelqu’un qui comprenait la langue des chrétiens. Le gouverneur à ce moment-là était notre seigneur Abû al-°Abbâs AHmadque Dieu lui fasse miséricorde. C’était le roi de Beni HafS à Tunis, il est mort en 796 (de l’Hégire) correspondant à l’an 1393. Ils m’ont répondu par l’affirmative : il y avait bien un homme de mérite parmi ses serviteurs émérites qui s’appelle Yûsouf le médecin. C’était son médecin personnel, et il faisait partie des gens proches de lui.

J’étais extrêmement heureux, j’ai demandé où habitait ce médecin, on m’a indiqué sa demeure. J’ai ainsi pu le rencontrer. Je lui ai expliqué mon état et la raison pour laquelle j’étais venu, à savoir pour entrer dans la religion de l’Islam. L’homme en fut très heureux, empli d’une joie immense que ce bien soit par ses mains. Il a enfourché son cheval et m’a emmené avec lui à la maison du Sultan. Il est rentré, il lui a annoncé ce que je lui avais dit. Il lui a demandé l’autorisation de me faire entrer. Je fus admis pour avoir une entrevue avec lui. Une fois devant lui, il me questionna tout d’abord sur mon âge. Je lui ai dit avoir 35 ans. Puis il m’a interrogé sur ce que j’avais étudié comme sciences et je l’en ai informé. Il m’a dit :

Tu es arrivé à point. Entre en Islam par la grâce de Dieu. »[6] J’ai dit au traducteur, le médecin :

Dis à notre maître, le Sultan, que personne ne sort d’une religion sans que ses anciens coreligionnaires ne se mettent à médire de lui. Alors je souhaiterais, par votre bienfait, que vous envoyiez chercher qui vous trouverez comme commerçants et prêtres chrétiens en ville et que vous les interrogiez et que vous entendiez ce qu’ils disent à mon sujet, à ce moment-là je déclarerai mon Islam[7]. »

Tu demandes la même chose qu’avait demandée °Abdoullâh fils de Salâm [8] au Prophète r Salla Allâh °alayh wa sallam quand il est entré en Islam ! » M’a-t-il dit par l’intermédiaire du traducteur.

Puis il fit quérir des prêtres des chrétiens et quelques-uns de leurs commerçants, en m’ayant dissimulé dans une pièce voisine de leur assemblée, où ils ne pouvaient me voir.

Quand les chrétiens sont rentrés, il les a interrogés :

Que dites-vous de ce nouveau prêtre arrivé par le dernier navire [en provenance de Sicile] ? » Ils répondirent :

Votre excellence, c’est un érudit très versé dans notre religion. Nos savants disent qu’ils n’ont pas vu quelqu’un ayant un plus haut degré de connaissance, notamment en savoir religieux. »

Et que diriez-vous de lui s’il entrait en Islam ? » Poursuivit-il

Nous demandons à ce que Dieu nous en préserve, lui ne fera jamais cela ! » S’exclamèrent-ils.

Ayant entendu leurs allégations, il m’a fait venir. Je me suis approché devant lui et j’ai prononcé les témoignages de vérité[9] en présence des chrétiens. Ils ont fait leur signe croix sur leur visage et ont argué : « Ce qui l’a amené à faire cela, c’est uniquement parce qu’il veut se marier, parce que les prêtres chez nous ne peuvent pas se marier ! » Ils sortirent choqués, dépités et tourmentés.

Alors le sultan, que Dieu lui fasse miséricorde, m’a octroyé quotidiennement un quart de dinar, il m’a logé dans une maison particulière, il m’a donné en mariage la fille de Hâjj MouHammad aS-Saffâr. Lorsque j’ai décidé de consommer notre mariage, il m’a offert cent dinars d’or et une magnifique garde-robe. J’ai vécu avec elle, j’ai eu un enfant d’elle, que j’ai appelé MouHammad par recherche de bénédictions par le nom de notre prophète MouHammad.

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz[10].

Cinq mois après ma conversion à l’Islam, le sultan m’a chargé de diriger l’administration du port, le Dîwân[11]. Son objectif était que j’apprenne la langue arabe là-bas en raison de ce qu’il m’arriverait de traduire comme échanges entre les chrétiens et les musulmans.

J’ai appris la langue arabe en un an et j’étais présent lorsque Génois et Français ont pris la ville de Mahdia. Je traduisais au sultan le contenu de leurs écrits. Puis j’ai accompagné le sultan à Gabes en tant que son secrétaire, puis à Gafsa. C’est là-bas qu’a débuté l’infection qui a causé son décès, le trois de Cha°bân de l’an 796. Ensuite son fils lui a succédé, notre maître l’Émir des croyants et soutien de la religion Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il a reconduit tous les engagements de son père concernant mon salaire et mes avantages. Il m’a aussi chargé de la fonction de responsable des appartements privés.

Or, à l’époque de son règne, lorsque j’étais en charge du Dîwân, en tant que responsable administratif et traducteur, un cargo de marchandises affrété par des musulmans est arrivé au Dîwân. Lorsqu’il a jeté l’ancre au port, deux navires siciliens l’ont attaqué et l’ont arraisonné après que les passagers musulmans ont réussi à se sauver sans leurs biens restés à bord. Les chrétiens ont alors saisi leur cargaison et notre seigneur Abû Fâris a demandé au responsable du Dîwân et à ses témoins de sortir à la Goulette[12] pour négocier avec les chrétiens en vue de récupérer les biens des musulmans. Les employés sont sortis et ont demandé la garantie de sécurité pour un traducteur qui serait avec eux, ils la lui ont accordée. Le traducteur est donc monté sur leur navire et a discuté avec eux de la rançon à payer pour récupérer les marchandises. Mais ils ont demandé une somme exorbitante et il n’y a pas eu de suite à cette négociation.

Or il y avait à bord de leur navire un grand prêtre qui avait un haut degré chez eux. Il était venu de Sicile. Nous étions des amis proches, il y avait une confrérie à l’époque dans laquelle nous apprenions la science ensemble. Il avait appris mon entrée en Islam, ce qui lui était pénible. Il était donc venu à bord de ce navire pour m’inviter à revenir à la religion chrétienne en comptant sur notre ancienne amitié. Ainsi, lors de son entretien avec notre traducteur, il lui a demandé comment il s’appelait, ce à quoi il a répondu :

°Aliyy. » Il lui dit :

°Aliyy, prends cet écrit et transmets-le à °Abdoullâh, le chef des affaires maritimes chez vous au Dîwân. Voici un dinar. Et si tu me rends une réponse je t’en donnerai un autre. »

°Aliyy a pris le dinar et la missive et il est rentré à la Goulette. Il a transmis au responsable duDîwân tous leurs échanges. Puis il lui a rapporté ce que ce prêtre lui avait dit, la missive qu’il lui avait remise, et le dinar qu’il avait reçu comme rétribution. Alors le responsable du Dîwân, a pris la missive et l’a faite traduire par un des commerçants de Gênes. Puis il a envoyé l’original et sa traduction à notre seigneur Abû Fâris qui l’a lue puis m’a fait quérir. À mon arrivée, il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, voici la missive qui est arrivée par mer, lis-la et dis-nous ce qu’elle contient. » Je l’ai lue et me suis mis à rire. Il m’a interrogé :

Qu’est-ce qui te fait rire ? »Je lui ai dit :

Que Dieu vous accorde la victoire, cette lettre est envoyée par un prêtre qui était un de mes amis par le passé, je peux vous le traduire tout de suite. » Je me suis assis quelque part, je l’ai traduite en arabe, puis je lui ai remis ma traduction. Il l’a lue, puis il a dit à son frère le Seigneur Ismâ°îl :

Par Dieu, il n’a rien omis ! », [C’est-à-dire c’était la même chose que la copie transmise précédemment]. Je lui ai dit :

Mais Maître, comment savez-vous que je n’ai rien omis ? »Il a dit :

Grâce à l’autre version traduite par les Génois. » Puis il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, qu’est-ce que toi tu répondrais à ce prêtre ? » Je lui ai dit :

Maître, c’est de moi-même et de ma propre initiative que je suis entré en Islam, par mon propre choix et par recherche de la religion de vérité. Je refuse de satisfaire sa demande de manière catégorique. » Il a dit :

Nous connaissons la véracité de ton Islam et n’avions aucun doute à ton sujet dès le départ. Mais la guerre est stratagème[13]. Alors écris-lui en réponse, qu’il donne l’ordre au capitaine du navire d’accepter notre rançon en échange de nos marchandises, et de ne pas demander trop cher. Dis-lui que s’il se met d’accord avec les commerçants musulmans sur un montant précis, tu sortiras avec celui qui pèse la marchandise sous prétexte de la peser et tu t’enfuiras avec eux de nuit. » Alors j’ai fait ce qu’il m’a ordonné et j’ai répondu au prêtre qui fut très satisfait. Ils n’ont pas demandé très cher pour la rançon des musulmans, mais comme celui qui pesait est sorti plusieurs fois sans que je sois à ses côtés, le prêtre a perdu espoir, ils ont levé l’ancre et sont partis humiliés par Dieu.

Et voici le texte de la missive du prêtre à °Abdoullâh : « Après les salutations de ton frère le prêtre Francis, je te fais savoir que je suis venu dans ce port pour te ramener avec moi. Aujourd’hui en fonction auprès du gouverneur de Sicile, j’ai atteint un niveau où je peux destituer ou investir. Je donne et je prive et tout son royaume est sous ma direction. Alors écoute-moi et rejoins-moi, par la bénédiction de Dieu. Ne crains pas la perte de tes biens ni de ton pouvoir ni autre, parce que j’ai de l’argent et du pouvoir, suffisamment pour nous deux. Je pourrai t’arranger ce que tu veux. » Fin de cette lettre

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde.

Il a instauré l’équité et la justice entre tous ses gouvernés. Il les a dirigés par le Livre et la Sounnah. Parmi ses faits remarquables, c’est qu’il honore les savants et les gens de vertu. Il leur fait toujours bon accueil à sa cour. Il honore la famille du Messager °alayhi s-salâm. Il leur a donné beaucoup de cadeaux au point qu’ils sont venus en provenance de l’est et de l’ouest de la terre. Il a donné des salaires, des revenus et des tenues vestimentaires à tous ceux d’entre eux qui s’installaient dans son pays. Et il gardait le lien avec ceux qui quittaient sa terre. Il a honoré les responsables de son royaume qui étaient à son service. Il leur donnait annuellement soixante dinars qui étaient versés lorsqu’ils venaient le visiter, la nuit du Mawlid honoré pour qu’ils les dépensent dans les banquets, organisés pour les réjouissances, à l’occasion de cette naissance honorée. Il faisait en sorte que cela provienne du dixième des revenus du Dîwân[14] parce qu’il veillait à ne consommer que des biens de source licite, tout cela en plus de ce qu’il envoyait comme parfum, eau de rose et encens.

Pour ce qui est de son soutien et de sa justice envers les victimes, il reprenait leurs droits des injustes quels qu’ils soient. Il était notoirement connu que ses gouverneurs et les proches du pouvoir suivaient son exemple et se gardaient d’être injustes et de nuire, de sorte qu’il n’y avait personne qui se plaignait d’eux à lui.

Par crainte de Dieu, il prélevait, sur la dîme des chrétiens et la jizyah des juifs, sa nourriture et la nourriture de sa famille et leur vêtement ainsi que tout leur nécessaire, par recherche du licite en cela.

Il se préoccupait des gens emprisonnés. La plupart du temps, il libérait ceux qui méritaient d’être libérés et il leur appliquait les règles des crimes conformément aux lois de l’Islam (il exécutait ceux qui méritaient l’exécution, c’est-à-dire qu’il faisait appliquer le talion).

Pour ce qui est de ses nombreuses aumônes, c’est une chose pour laquelle il était réputé. Il avait organisé des registres pour les distribuer aux pauvres ainsi qu’aux familles qui les méritaient, et à certaines familles honorables. Il a mandaté pour cela le faqîh °Abdallâh MouHammad fils de Salâm AT-Tabariyy de faire parvenir lui-même à chaque ayant droit sa part d’argent, ou de nourriture, ou d’huile d’olive, ou de bétail (bovins ou ovins) à partir de la zakat. Il agissait de la sorte dans toutes ses œuvres.

Parmi ses merveilleuses grâces, c’est ce qu’il envoyait avec les voyageurs du pèlerinage vers la maison honorée de Dieu et à l’adresse des résidents du voisinage de la tombe du Prophète. Il faisait parvenir de l’argent qui était distribué à La Mecque et Médine, suffisamment pour ceux qui y résident et ceux qui y sont de passage, que Dieu lui accorde d’amples récompenses.

Il envoyait en plus de cet argent des vêtements pour les Cheiks des arabes de Barqah en Libye qui étaient désobéissants, de sorte que cela les empêchait de s’attaquer aux pèlerins et les incitaient à faciliter le chemin.

Parmi ses bienfaits, il y a ce qu’il a consacré aux esclaves de la péninsule de l’Andalousie comme biens continus. Il leur a dédié mille qafiz[15] de blé chaque année du dixième des revenus (zakat probablement) de la région de Wichtâtah[16], en plus de l’accompagnement (sauce ou huile) ainsi que de l’argent en espèce, des chevaux purs sang, des armes de qualité et ce qu’ils n’avaient pas comme poudre précieuse pour les munitions.

Il s’est occupé aussi de libérer les musulmans prisonniers aux mains des chrétiens. Il a fait en cela ce que personne dans ce pays n’a fait puisqu’il dédiait des biens de grande valeur, chose en laquelle personne ne l’a égalé dans le pays. Il a dédié [17] des biens considérables à cet effet. Il a chargé pour les gérer le chef des chefs de métier[18], Abû °Abdallâh MouHammad fils de °Azzûz. Il lui a ordonné de bien les exploiter et de préserver leur revenu, et avec tout ce qu’il obtenait des revenus, il achetait un terrain de l’extérieur et de l’intérieur de la Tunisie. L’émir des croyants l’a réservé pour payer la rançon des prisonniers après sa mort.

Il s’était astreint lui-même à payer la rançon de tous les prisonniers qui parvenaient au port de Tunis et ce, à partir du trésor des musulmans, tout le temps de sa vie et de son règne.

J’ai été présent plusieurs fois lorsqu’il demandait aux commerçants chrétiens de toutes leurs nations de lui amener tout ce qu’ils pouvaient amener comme prisonniers musulmans : il leur versait soixante dinars par jeune homme et, entre quarante et cinquante dinars par vieil homme ou adulte[19].

C’était moi qui traduisais les échanges entre lui et les chrétiens à ce sujet. En très peu de temps, les commerçants ont ramené beaucoup de prisonniers et nous avons compté le paiement de la rançon à partir de Bayt al-mâl (du trésor). Il continuait cette pratique à la date d’écriture de ce livre, que Dieu lui accorde une large récompense.

Parmi ses éminentes traces, il a construit la zaouïa qui est à l’extérieur de Tunis, du côté de Bâb al BaHr[20]. Elle était auparavant un lieu de dépravation, un endroit où étaient commis les plus graves des péchés, des désobéissances à Dieu s’y produisaient au grand jour, sans personne qui ne les fasse cesser ni les renie. Un chrétien l’avait loué à douze mille dinars d’or par an, afin d’y vendre de l’alcool et autres substances enivrantes. On y trouvait les plus blâmables les choses, ce qui chagrine le cœur des gens sincères. Alors notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîzs’est privé de ces mauvais revenus interdits de perception et de consommation, pour l’agrément de Dieu. Il ne s’est pas limité à faire cesser ces péchés, mais il a même détruit cette bâtisse et a construit à la place une imposante zaouïa[21] grandement bénéfique. Elle est devenue un lieu d’adoration pour accomplir les prières, le dhikr[22], les adorations, pour y offrir la nourriture [aux nécessiteux] tout le temps. Il lui a en effet dédié[23] des biens nombreux et utiles, des champs agricoles, des oliviers, une presse à olives à côté et d’autres choses encore, que Dieu le récompense pour cela.

Il a également fait construire la zawiya près du verger du Bardo et la zawiya proche d’ad-Dâmûs et de Jabal al Jlûd à la qibla[24] de Tunis. Il lui a dédié des biens qui suffisent pour couvrir les charges.

C’est également à lui que reviennent le système d’alimentation en eau potable qui est à l’extérieur de Bab al-Jadîd[25] ainsi que la grande citerne d’eau qui était sous le lieu où on accomplissait la prière de l’Aïd.

Il a aussi fait construire les postes de garde (maHras) près de Dâr Abû l-Ja°d, les bains maures, les fortins de surveillance des fronts maritimes (rabâT ou rafrâf) et les qamariyyah[26].

Parmi ses grandes réalisations, il y a la grande bibliothèque qu’il a érigée à l’intérieur de la mosquée de la Zaytounah à Tunis. Il y a rassemblé des ouvrages utiles dans différentes sortes de sciences et en a fait un waqf à jamais pour les étudiants de science de la religion. Il lui a dédié pour couvrir les frais d’entretien, des champs d’oliviers et autres, ce qui couvre largement les frais de ceux qui les empruntent pour consultation, ceux qui les consultent sur place et ceux qui en assurent la surveillance.

Parmi ses grands bienfaits, il y a aussi la fondation de l’hôpital[27] de Tunis. Personne en Ifriqiya[28], des prédécesseurs et des successeurs, n’a fait une telle chose. Il était dédié aux étrangers musulmans qui tombaient malades. Il a dédié des waqf suffisamment pour en couvrir les frais de fonctionnement. Cela a eu lieu l’année de composition de ce livre, à savoir en l’an 823 de l’hégire.

Parmi ses immenses bienfaits également, il y a les nombreuses ressources de revenus interdites qu’il a abandonnées pour l’agrément de Dieu, à savoir des taxes hors de la Loi musulmane du Prophète MouHammad. Il a abandonné toutes les taxes et impôts qui ne sont pas conformes à la loi de l’Islam. C’était des taxes et impôts qui étaient prélevés dans tous les marchés de Tunis. Auparavant, il n’y avait pas une seule chose, de petite ou de grande valeur, qui y soit vendue, sans que le marchand ne donnât une taxe au sultan. Il s’agissait d’un dirham et jusqu’à un ou plusieurs dinars lorsqu’il s’agissait d’une marchandise de grande valeur. Tel était l’usage et la pratique depuis une longue période, jusqu’à ce que Dieu a inspiré à ce sultan de les abroger et de les abandonner. L’injustice était ainsi levée et les gens s’en sont sentis mieux.

Ainsi, il a annulé :

  • les taxes dans le souk des ar-Rahadanah, qui étaient de trois mille dinars en or
  • les taxes du souk des céréales qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du souk du bétail, qui étaient de 10 mille dinars
  • les taxes du marché de l’huile qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du marché des légumes qui étaient de trois mille dinars
  • les taxes du marché des épices qui étaient de cent cinquante dinars
  • les taxes du marché de charbon qui étaient de mille dinars
  • les taxes du °Amûd[29] qui étaient de mille dinars. Ce n’était pas un quelconque bénéfice des marchés, mais plutôt des taxes prélevées par un roi antérieur qui avait imposé les campagnes des mourtajizah et autres qui sont des gens vivant en tentes et des nomades. Cela a duré longtemps jusqu’à ce que ce roi Abû Fâris °Abd Al-°Azîz les ait annulées, ce qui s’élevait à mille dinars.

Il a également annulé :

  • les taxes du marché des entrepreneurs, qui étaient de trois mille dinars,
  • les taxes des Qachchâchîn[30] qui s’élevaient à deux cents dinars
  • les taxes du souk d’AS-Saffârîn qui étaient de cent dinars[31]
  • les taxes de souk Al-Azzâfîn[32] qui étaient de cinquante dinars.

Il a autorisé la fabrication du savon alors que c’était défendu et que celui qui bravait l’interdiction recevait une punition pécuniaire et corporelle. Seul le sultan en avait la fabrication exclusive et il pouvait en fabriquer dans une manufacture particulière où il se vendait[33].

Parmi les plus éminentes de ses bonnes actions dans ce chapitre, c’est qu’il a abandonné les prélèvements sur toutes les choses blâmables[34], qui étaient nombreuses. Il y avait entre autres une milice du gouverneur de la Ville : certains prélevaient les taxes, réclamait trois dinars et demi chaque jour. Notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîza annulé tout cela. Au lieu de cela, il a dédié pour cette tâche[35] des gens de confiance, honnêtes, et notables, par honnêteté religieuse.

Il y avait pour les danseurs et les chanteuses des dîmes et prélèvements interdits. Il les en a affranchis. Les efféminés et les homosexuels subissaient des punitions et il leur était imposé d’accomplir des tâches de service dans la maison du sultan. Il a annulé toutes ces taxes et les a fait sortir de son pays, pour ce qu’il lui était parvenu comme désobéissances laides et actes blâmables.

Au tout début de son règne, sa flotte a attaqué la ville de Tarqouba[36] de l’Île de Sicile. Il s’en est emparé, il a détruit son fort et il en a ramené un grand butin.

Pour ce qui est des conquêtes en Ifriqiya et le fait d’avoir éradiqué les rebellions en très peu d’années, c’est quelque chose d’étonnant, qui ne peut être décrit dans un seul livre. Ce fut le cas des villes de Tripoli[37], Gabès, la Hamma, Gafsa, Tozeur, Nafta[38], Biskra, Constantine, Bejaia[39], etc. Au point que Dieu a humilié tout tyran dans ces villes pour la gloire de ce gouverneur.

Les bédouins d’Ifriqiya, avant lui, agissaient comme bon leur semblait contre leurs gouverneurs. Ils assiégeaient les villes, ils participaient au prélèvement forcé des taxes. Ils avaient des aventures mémorables avec les gouverneurs, des complots qu’ils faisaient contre les rois, jusqu’à ce que Dieu fasse qu’ils soient humiliés : la puissance de Dieu s’est manifestée par ce Sultan soutenu par Son aide. Il les dirigeait d’une main de maître comme de simples soldats où qu’il se rende en voyages ou en conquêtes, d’est en ouest, après avoir exterminé beaucoup de leurs notables et de leurs chefs tribaux. Il dépêchait ses propres officiers pour suivre les bédouins pour le prélèvement de la zakat sur leur bétail et ils la versaient, dominés et soumis. Que Dieu lui accorde davantage de grâce, et qu’il le soutienne par la victoire.

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens

Nous voulons leur répliquer par le texte de leurs évangiles et ce qu’ont dit les quatre évangélistes. Nous démontrons la confirmation de notre Prophète MouHammad et ce que les prophètes antérieurs ont amené comme confirmation de sa prophétie °alayh as-salâm dans leurs livres qui sont aujourd’hui entre leurs mains. Ce chapitre comporte neuf parties.

1ère partie : Mention des quatre évangélistes en démontrant leurs mensonges.

2ème partie : Division des chrétiens en différentes écoles et le nombre de leurs groupes.

3ème partie : Corruption des règles de la religion des chrétiens et réplique pour chacune à partir du texte même de leurs évangiles.

4ème partie : La doctrine de leur religion qu’apprennent les jeunes et les plus âgés, et qui constitue la base de leur religion, et les répliques à partir des textes de leurs évangiles.

5ème partie : L’indication que Jésus °alayh as-salâm n’est pas un Dieu contrairement aux calomnies des chrétiens, et qu’il est un être humain, un prophète qui est envoyé à partir du texte de leurs évangiles.

6ème partie : Divergences des quatre évangélistes et démonstration de leur mensonge.

7ème partie : Ce qu’ils ont attribué à Jésus °alayh as-salâm comme mensonge alors que ce sont eux les menteurs.

8ème partie : Ce que les chrétiens -que Dieu les maudisse- reprochent aux musulmans que Dieu leur accorde la gloire.

9ème partie : La confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad °alayh as-salâm par le texte de Az-Zabûr –les psaumes authentiques–, At-Tawrât –la Torah authentique–,Al-‘Injîl –l’Évangile authentique– et l’annonce de sa venue par les prophètes, que Dieu les honore et les élève tous en degré, et ce que les prophètes ont annoncé comme véracité de son envoi en tant que Prophète, et du fait que sa communauté perdurera et ne disparaîtra pas.

Première partie

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les évangélistes sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ce sont eux qui ont corrompu la religion de Jésus °alayh as-salâm, qui ont ajouté, retiré, et changé l’Évangile[40] qui est la parole de Dieu, tout comme Dieu nous l’a appris dans le Qourân. Ils ne font pas partie des apôtres dont Dieu a fait l’éloge dans le Qourân.

Pour ce qui est de Matthieu qui est le premier d’entre eux, il n’a pas rencontré Jésus °alayh as-salâm, il ne l’a pas vu sauf l’année ou Dieu l’a élevé au ciel. C’est après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé que Matthieu a écrit son évangile de sa main à Alexandrie. Il y a parlé de la naissance de Jésus °alayh as-salâm et des événements surprenants qui sont apparus lors de sa naissance. Il évoque comment sa mère l’a emmené en terre d’Égypte craignant pour lui que le roi Hérode ne le fasse assassiner. La raison en est ce que Matthieu a cité dans son évangile : « Trois rois mages venus du côté du levant[41] sont arrivés à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), en demandant où était ce sultan qui venait de naître : « Nous avons vu son étoile qui est apparue dans le ciel de notre pays, et c’est la preuve de sa naissance. Nous lui avons amené un présent. »

Lorsque le roi Hérode a entendu cela, il a blêmi. Il a rassemblé les savants des juifs et les a interrogés à propos de ce nouveau-né. Ils lui ont dit : «Les prophètes des fils d’Israël °alayhim as-salâm nous ont appris dans leur livre que Jésus °alayh as-salâm naîtra dans le pays de Bayt al-Maqdis, à Bethléem en cette époque. »

Il leur a ordonné de partir à Bethléem à la recherche de ce nouveau-né, et de lui indiquer où il se trouve. Il prétendit que son objectif était de le rencontrer et de l’adorer. Mais ce n’était pas vrai. C’était une ruse et une tromperie. Il était déterminé à le tuer.

Les trois mages se sont rendus à Bethléem. Ils y ont trouvé Marie avec son fils Jésus °alayh as-salâm dans ses bras. Elle habitait dans une petite maison. Ils lui ont offert leur cadeau et se sont prosternés pour son fils et l’ont adoré.

Puis ils ont vu la nuit un ange leur ordonner de taire la naissance de Jésus °alayh as-salâm et de repartir par un autre chemin que celui par lequel ils étaient arrivés.

Puis l’ange est venu voir Maryam. Il lui a appris les desseins du roi Hérode et lui a ordonné de partir avec Jésus °alayh as-salâm en terre d’Égypte, ce qu’elle fit. »

Fin du récit de Matthieu qui est infondé, pur mensonge et calomnie.

Ce qui le prouve c’est qu’entre Jérusalem (Bayt al-Maqdis) et Bethléem (Bayt laHm) il y a cinq mîl[42]. Si le roi Hérode avait vraiment eu peur de ce nouveau-né et l’avait recherché, il serait parti lui-même accompagner les trois rois mages, ou il aurait dépêché avec eux quelqu’un en qui il avait confiance à sa recherche, de la manière la plus efficace. Ceci est donc une preuve du mensonge de Matthieu dans ce récit.

Par Ailleurs, Luc, Marc et Jean n’ont rien cité de tout cela dans leurs évangiles. Par ailleurs, Matthieu n’était pas présent lors de la naissance. Mais il a rapporté ce récit d’un menteur. Ce qu’il rapporte est conforme à ce qu’on lui a rapporté, c’est-à-dire pur mensonge.

Pour ce qui est de Luc, il n’a pas vécu à l’époque de Jésus °alayh as-salâm. Il ne l’a jamais vu. Mais il est devenu chrétien après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien par la cause de Paul l’Israélite[43]. Ce dernier, lui non plus, n’a jamais rencontré Jésus. Il ne l’a jamais vu. C’était un des plus grands ennemis des naSârâ[44] au point qu’il avait en sa possession un décret d’un des rois Romains, qui lui permettait de pourchasser les naSârâ, où qu’il en trouvât un, pour les capturer, les transférer à Bayt al-Maqdis et les faire emprisonner.

Luc a cité dans son livre qu’il a appelé « Acte des apôtres » qu’alors que ce Paul se déplaçait avec un groupe de cavaliers, il aurait vu une lumière comme un rayon de soleil et aurait entendu une voix provenant de cette lumière lui dire : « Paul, pourquoi me nuis-tu ? »

C’est une histoire qui est mensongère ou une tromperie du diable. Paul lui aurait dit :

Et qui es-tu donc, maître ? » La voix lui aurait répondu :

Je suis Jésus. » Paul aurait répondu :

Et comment t’aurais-je nui alors que je ne t’ai jamais vu ? » La voix lui aurait dit :

Si tu nuis à ma communauté, c’est comme si tu me nuisais à moi-même. Alors cesse de leur nuire, ils sont sur la vérité et suis-les, tu réussiras. » Il lui dit :

Mais maître, qu’est-ce que tu m’ordonnes de faire ? » Il lui dit :

Va à Damas, demande après Anania[45]. Il te dira ce que tu devras faire. » Il partit à Damas. Il demanda après l’homme et le trouva. Il lui dit ce qu’il avait entendu de Jésus (selon lui). L’homme lui demanda alors d’entrer avec lui dans la religion des naSârâ [46]. Il obtempéra et il le glorifia après avoir eu la foi en Jésus °alayh as-salâm.

Ce Paul est devenu chrétien sur les mains d’Anania et Luc est devenu chrétien sur les mains de Paul comme nous l’avons expliqué. Il a appris l’évangile auprès de lui et aucun des deux n’a vécu à l’époque de Jésus (°Îçâ). Ils ne l’ont jamais vu.

Voilà donc l’origine de la confusion, qui comporte la preuve de leur mensonge et de l’infondé de leur religion, que Dieu les éloigne de sa miséricorde.

Pour ce qui est de Marc, lui non plus n’a pas connu Jésus. Sa conversion à la religion des chrétiens s’est produite après que Jésus a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien sur les mains de Pierre l’apôtre. Il a appris auprès de lui l’évangile à Rome. Ce même Marc s’est fortement distingué des trois autres évangélistes sur certaines questions tout comme nous allons l’indiquer dans la 6ème partie si Dieu le veut.

Quant à Jean, c’est le fils de la tante paternelle de Jésus °alayh as-salâm. Les chrétiens prétendent que Jésus était présent dans le banquet de Jean, quand il a transformé l’eau en vin à cette occasion, que c’était le premier miracle qui est apparu à Jésus °alayh as-salâm et que lorsque Jean a vu cela, il a laissé son épouse et a suivi Jésus sur sa religion et dans ses déplacements.

Les chrétiens disent que Jésus °alayh as-salâm a recommandé à son cousin Jean de s’occuper de sa mère lorsque les juifs étaient venus et qu’il était sûr qu’il allait mourir selon leur prétention. Il lui aurait dit :

Jean, Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu à propos de ma mère, elle est comme ta mère » et il a dit à sa mère :

Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu en Jean, il est comme ton fils » et il le lui a recommandé.

Jean est le quatrième évangéliste comme nous l’avons dit, et cette histoire ne figure absolument pas dans son évangile.

Jean a écrit son évangile en Grec dans la ville d’Éphèse.

Ces quatre sont ceux qui ont écrit les quatre évangiles, qui les ont déformés, qui les ont modifiés et y ont menti. Leurs écrits ne sont pas ce que Jésus a amené parce qu’il n’a amené qu’un seul Évangile, dans lequel il n’y a ni contradiction, ni médiocrité, ni divergence. Alors qu’il est apparu chez eux et parmi ces quatre-là des contradictions, des perturbations, des divergences et des mensonges à propos de Dieu, à propos de son prophète Jésus °alayh as-salâm, ce qui est bien connu et largement répandu. Les chrétiens ne peuvent pas le nier.

Dans les parties que nous citerons, il y aura ce qui suffit à le montrer, si Dieu le veut.

Chapitre

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Marc a dit dans le chapitre 1er de son évangile que dans le livre d’Ésaïe, le prophète, d’après Dieu dit : « Je t’ai envoyé un ange face à toi », et il vise par-là Jésus.

Ceci ne figure pas dans le livre d’Ésaïe. Mais cela figure dans le livre de Melchior le Prophète. Ceci est une des mensonges les plus laids à propos des prophètes de Dieu, puisqu’il attribue à l’un d’entre eux ce qui n’est pas dans son livre.

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Matthieu a rapporté dans le 13ème chapitre de son évangile que Jésus aurait dit : « Mon corps restera sous terre trois jours et trois nuits après ma mort, tout comme Jonas est resté dans le ventre du cétacé. »

Ceci est un mensonge explicite et une calomnie que Matthieu a écrite dans son évangile. En effet, il était en accord avec ses trois compagnons qui ont écrit dans leurs évangiles que Jésus serait mort selon leurs prétentions à six heures le vendredi, qu’il serait enterré la première heure de la nuit du samedi et qu’il se serait relevé d’entre les morts le matin du dimanche. Il serait donc prétendument resté sous terre un jour (le samedi) et deux nuits, la nuit avant samedi et la nuit après samedi.

Or selon la parole précédemment citée de Matthieu, Jésus aurait dit qu’il resterait trois jours et trois nuits, tout comme Jonas était resté dans le ventre du cétacé. Le mensonge de Matthieu apparaît clairement ainsi que la contradiction dans ce qu’il rapporte.

Il n’y a pas de doute à propos du mensonge des quatre évangélistes sur cette question, car Jésus °alayh as-salâm n’a pas dit de lui-même à quiconque, et Dieu n’a pas fait savoir dans Son Évangile que Jésus serait tué ou qu’il serait enterré un jour et deux nuits, ni trois jours et trois nuits. Mais il en est comme Dieu nous l’apprend dans Son Livre honoré révélé à son Prophète véridique et honorable : [Sourate An-Niçâ’ verset 157] dont on comprend : « Ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, mais ils en ont eu l’illusion. »

Il y a parmi leurs mensonges, ce qu’a dit Marc : « Notre maître Jésus, lorsqu’il s’est relevé d’entre les morts, a parlé aux apôtres. Ensuite, il est monté au ciel le jour-même. » Lucas l’a contredit dans son livre qu’il a appelé Actes des Apôtres. Il y a cité que Jésus est monté au ciel quarante jours après sa résurrection d’entre les morts. Ceci te suffit comme preuve de leur mensonge à ce sujet, dès le début. Par Dieu, Celui qui est le seul dieu, Jésus n’a pas été tué, ni enterré, ni ressuscité de sa tombe, ni après un jour, ni après quarante jours. Que Dieu maudisse les menteurs à ce sujet.

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les naSârâ se sont divisés en soixante-douze groupes.

Le premier groupe :

Il a pour croyance que Jésus serait Dieu, le créateur des sept cieux et de la terre.

On leur dit : vous êtes menteurs, vous avez mécru et vous avez contredit vos propres évangiles.

En effet, Matthieu dit dans le chapitre 26 de son évangile : « Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, avant la nuit où les juifs voulaient l’arrêter : « Je suis pris d’un des tourments de la mort. » Puis, son chagrin aurait augmenté, il aurait blêmi puis se serait prosterné sur le visage en pleurant, et en suppliant Dieu par ces mots : « Ô mon seigneur, s’il t’est possible de détourner la mort de moi, alors détourne-la. Ce n’est pas ce que je veux qui a lieu, mais n’aura lieu que ce que tu veux. »

Par cette parole, Jésus reconnait qu’il est humain, qu’il est impuissant, qu’il craint l’arrivée de la mort et qu’il reconnait l’existence de Dieu, qu’il appelle mon Dieu et qu’il a supplié.

Ils ont ajouté qu’avec son caractère d’humain, sa crainte et son chagrin, il serait au nombre de ceux qui doutent au sujet de Dieu, puisqu’il aurait dit « s’il t’est possible de détourner la mort, alors détourne-la de moi. » Ce qui revient à douter de la puissance de Dieu.

Or il n’y a aucun doute que Jésus sait que rien ne rend Dieu incapable. Quel serait alors le sens de son propos « s’il t’est possible » ? S’il a su qu’il n’est pas possible pour Dieu, alors quel est le sens de cette demande et de cette supplication ?! Or il est impossible que l’Âme honorée par Dieu, Son messager Jésus, doute à propos de la puissance de Dieu. Il sait et il est absolument certain que rien ne rend Dieu incapable et que tous les miracles qui ont lieu sur ses mains adviennent par la puissance de Dieu, par la volonté de Dieu, Celui qui n’est de Dieu que lui.

On rétorque également à ce groupe : vous contredisez Jean dans le chapitre 17 de son évangile dans lequel il prétend que Jésus aurait levé le regard vers le ciel et aurait supplié Dieu en disant : « Mon Seigneur, je Te remercie d’avoir exaucé mon invocation et je te suis reconnaissant. Je sais que Tu exauces toujours mes invocations, mais je t’invoque cette fois-ci pour ce groupe ici présent parce qu’ils croient en celui qui m’a envoyé[47]. »

Voici donc Jésus lui-même qui a reconnu qu’il a un Dieu, un Seigneur qu’il a imploré et qu’il a remercié pour ses bienfaits et pour avoir exaucé ses invocations. Comment prétendre après cela que Jésus serait le dieu qui a créé les cieux et la terre ?! Y aurait-il selon la raison saine quelque chose de plus atroce que cela ?

On trouve aussi dans leurs livres, ce qu’a mentionné Jean dans le chapitre 5 (24) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux juifs : « Celui qui entend ma parole et qui croit en celui qui m’a envoyé entrera au Paradis. »

Et dans ce chapitre 5 (36) de son évangile, les juifs auraient demandé à Jésus °alayh as-salâm : « Qui témoigne en faveur de ce que tu dis ? » Il leur a alors répondu : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé qui témoigne en ma faveur. »

Ceci est encore une autre preuve que Jésus reconnaît qu’il est un prophète envoyé, qu’il a un Seigneur qui l’a envoyé, et que celui qui œuvre conformément à ce qu’il a entendu de lui et croit en Celui qui l’a envoyé entrera au Paradis.

Parmi les choses qu’on peut trouver aussi dans leurs livres, il y a ce qu’a dit Marc [évangile de Jean, chapitre 5, numéro 36] dans le premier chapitre de son évangile qu’il y avait un fou à Jérusalem. Un djinn démon parlait par sa bouche. Alors qu’il passait près de Jésus, le djinn aurait hurlé en disant : « Ô Jésus, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Veux-tu me faire sortir de ce corps pour que les gens sachent que tu es prophète, que ton âme est honorée par Dieu et que Dieu t’a envoyé ? » Jésus lui a alors intimé l’ordre de sortir et l’homme s’est relevé sain et sauf. L’assistance en fut stupéfaite.

Ce récit constitue une preuve claire que Jésus était un humain parmi les humains, et un messager parmi les messagers, que Dieu les honore et les élève davantage en degré.

Le deuxième groupe :

Il regroupe les gens qui ont pour croyance que Jésus °alayh as-salâm est le fils de Dieu et qu’il est un dieu et un être humain. Il serait un dieu du côté de son père et un être humain du côté de sa mère. Ils ont pour croyance que les juifs auraient tué son humanité. Après que son corps humain est entré dans la tombe, –que Dieu nous préserve de croire à cela– sa divinité serait descendue en enfer pour en faire sortir Adam, Noé, Abraham et tous les prophètes. Ils y étaient selon eux à cause du péché de leur père Adam, de la consommation du fruit de l’arbre et que tous ces prophètes seraient montés au ciel en compagnie de sa divinité, après que sa divinité se serait à nouveau unie avec son humanité.

Ceci est une croyance relevant d’une extrême mécréance, de la stupidité et de la corruption dans la religion. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de ce par quoi Il les a éprouvés.

On leur dit : Vous avez menti au sujet de Dieu et au sujet de Son messager Jésus (°Îçâ). Preuve en est ce qui figure dans vos livres, en l’occurrence ce que Marc dit au chapitre 12, numéro 29 de son évangile : « Puis Jésus a dit aux apôtres : « Sachez et ayez pour croyance que votre père, c’est-à-dire votre seigneur céleste, celui qui est dans le ciel[48] est unique, il n’engendre pas et il n’est pas engendré. » Quel témoignage de leur mensonge plus clair que ce qui figure dans leurs propres évangiles, par le témoignage même de Jésus °alayh as-salâm !

Tous les autres groupes chrétiens ont pour croyance de la mécréance et du mensonge clair, un arbitraire calomnieux. Je ne vais pas les mentionner pour plus de concision et d’allègement, et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements[49] de la religion chrétienne.

Il s’agit des principes dont ne se sont détournés que très peu d’entre eux. La grande majorité d’entre eux les ont pour règle. Nous indiquerons la réplique à ces fondements, par le texte même de leurs évangiles, pour chacune de leur règle.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que la religion chrétienne repose sur cinq fondements :

· Le baptême

· La foi en la trinité ; la croyance de l’unité des trois

· La croyance que l’hypostase du fils a pris chair dans le ventre de Marie

· La croyance à l’eucharistie et comment il convient de la faire

· La confession des péchés aux prêtres.

Le premier fondement : le baptême et sa description

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que Luc a dit dans son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Celui qui plonge dans l’eau entre au Paradis et celui qui n’y plonge pas aura l’enfer où il restera éternellement. »

C’est à cause de ce texte que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est pas possible d’entrer au paradis sans le baptême. 

On leur dit : « Que dites-vous alors de Abraham, de Moïse, de Jésus, de Jacob et de tous les prophètes °alayhim as-salâm, est-ce qu’ils iront au Paradis ou pas ? » Nécessairement ils vont dire que oui, ils sont au Paradis. On leur dit alors : « Comment vont-ils y entrer alors qu’ils n’ont pas été baptisés ? » Ils vont répondre que la circoncision leur a suffi au lieu du baptême. On leur dit : « Que dites-vous alors de ‘Adam et de Noé °alayhim as-salâm et de sa descendance directe qui n’ont pas été circoncis et n’ont pas fait le baptême ? Ils sont pourtant au Paradis par le texte même de vos évangiles et l’unanimité de vos savants. » Ils n’ont absolument aucune réponse à cela, catégoriquement.

Sachez que ce sacrement du baptême, c’est quelque chose qu’ils ont prétendu dans leurs évangiles en calomniant Dieu et Son Messager.

La manière de pratiquer le baptême :

Dans chaque église, il y a un bassin en marbre et des verres. Le prêtre le remplit d’eau sur laquelle il récite quelques extraits de l’évangile. Il met dedans beaucoup de sel et un peu d’huile de sureau. Si celui qui veut se faire baptiser pour devenir chrétien est quelqu’un d’âgé, alors certains chrétiens de haut rang accompagnent le prêtre et se réunissent pour lui. Selon leur prétention, ils témoigneront en sa faveur au jour du jugement qu’il a bien fait le baptême.

Le prêtre dit au niveau du bassin : « Ô Untel, sache que devenir chrétien c’est croire –que Dieu nous préserve d’une telle croyance– que Dieu est le troisième de trois, que personne n’entre au Paradis sans baptême et que notre seigneur Jésus est le fils de Dieu, qu’il a pris chair dans le ventre de sa mère Marie, qu’il est devenu être humain et Dieu. C’est croire qu’il est Dieu par la nature de son père et humain par la nature de sa mère, qu’il a été crucifié et qu’il est mort et qu’il a ressuscité, qu’il est revenu à la vie trois jours après son enterrement, qu’il est monté au ciel, qu’il s’est assis à droite de son père. C’est croire qu’au jour du jugement, ce sera lui qui jugera les créatures, et croire en tout ce que les gens de l’église ont pour croyance. Mon, fils as-tu cru en tout cela ? » Celui qui veut devenir chrétien répond : oui. À ce moment-là, le prêtre prend un bol d’eau de ce bassin, et la verse sur lui[50], en disant : « Au nom du père du fils et du saint esprit, je te baptise. » Puis il essuie l’eau avec une serviette et le baptisé s’en va en étant entré dans la religion des chrétiens.

Pour ce qui est du baptême des enfants des chrétiens, c’est au huitième jour de leur naissance[51]. Leurs parents les emmènent à l’église. Ils mettent l’enfant entre les mains du prêtre. Le prêtre lui dit les paroles précédentes pour énumérer leurs croyances et ce sont son père et sa mère qui répondent oui à sa place. Puis ils emmènent l’enfant devenu chrétien et telle est la manière de pratiquer leur baptême.

Sachez que cette eau que les prêtres mettent dans les bassins de leurs églises, certaines restent des années et des lustres sans pourrir, sans être altérée. Le commun des chrétiens s’en étonne. Ils croient que c’est une bénédiction du prêtre et la bénédiction de l’église. Ils ne savent pas que c’est à cause de la grande quantité de sel et d’huile de sureau qui empêchent que cette eau soit altérée. Le prêtre ne rajoute le sel et l’huile de sureau que la nuit ou lorsque personne du commun des chrétiens ne le voit.

C’est là une des ruses des prêtres concernant leur propre égarement et leur égarement d’autrui. J’étais moi-même dans la jâhiliyyah[52] pendant un certain temps dans cette religion et j’ai pratiqué cela. J’ai baptisé beaucoup de ces chrétiens et la louange est à Dieu qui m’a guidé vers la vérité et la connaissance. Il m’a fait sortir de l’obscurité vers la lumière et la perfection, par la bénédiction du Maître des premier et des derniers, le Prophète MouHammad, que Dieu l’honore lui, ses épouses, sa famille et ses compagnons.

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité :

Pour eux, n’entrera au Paradis que ceux qui ont cette croyance, selon ce qu’ont prétendu leurs chefs de l’égarement et de la mécréance, et de ceux qui égarent autrui, depuis les premiers d’entre eux.

Ils ont donc pour croyance que Dieu, exempté soit-Il de ce qu’ils disent, serait selon leur prétention le troisième de trois, et que Jésus serait le fils de Dieu, et qu’il aurait deux natures[53] (une divine et une humaine), et que ces deux natures se seraient mêlées pour devenir un seul être. Le divin est devenu humain entré en existence, parfaitement créé. Et l’humain serait devenu divin, parfaitement créateur, sans être créé, que Dieu nous préserve de pareilles hérésies !

Certains disent que les trois sont Dieu, Jésus et Marie[54]. Il n’y a aucun doute à propos de la mécréance de ceux qui disent cela.

Quelqu’un doté d’une raison saine ne doute pas que quiconque a un minimum de raison doit se détourner de pareille croyance, de telle calomnie inepte, détestable, abjecte, corrompue, que même les raisons des enfants rejettent, une croyance qui fait rire qui a un brin de raison et de compréhension correcte. La louange est à Dieu qui m’a fait sortir de leur groupe et m’a sauvé d’entre eux.

Selon ce qu’implique cette parole corrompue –que Jésus serait le fils de Dieu–, c’est que l’être de Jésus serait comme l’être de Dieu, et qu’il aurait une science et une puissance comme Sa science et Sa puissance ainsi que tous les attributs éternels, ce qui est infondé.

L’invalidité en est démontrée dans leurs livres, par ce que Marc rapporte dans le 13ème chapitre (32) de son évangile, que les apôtres avaient interrogé Jésus °alayh as-salâm à propos de l’Heure qui annonce le jour du jugement. Il leur a dit que ce jour-là même les anges, ceux qui sont dans le ciel ne le connaissent pas et que seul le père –ils visent par-là Dieu– le sait.

Ceci est un aveu de leur part que Jésus a même moins de connaissances que les anges et que Dieu seul sait l’Heure et quand aura lieu le jour du jugement. Ils reconnaissent aussi que Jésus ne sait que ce que Dieu lui a appris.

Et dans le chapitre 26 de l’évangile de Matthieu, on trouve que Jésus °alayh as-salâm aurait été affecté cette nuit où les juifs ont décidé de l’arrêter et de le tuer. Il serait devenu extrêmement triste. Or quelqu’un qui s’attriste et qui est affecté n’est pas un dieu, ni un fils de dieu, et c’est ce que toute personne dotée d’une raison valide conclurait. Rien de plus abominable que leur croyance que Jésus aurait deux natures (une divine et une humaine) et qu’il serait devenu une seule et même entité. Ceci est plus laid encore que celui qui dit que l’eau et le feu sont devenus une seule et même chose, que la lumière et l’obscurité sont devenus une seule chose. Prétendre que l’eau et le feu, la lumière et l’obscurité, soient une même entité est impossible du fait que chacun des deux est l’opposé de l’autre. Or le Créateur des créatures, Celui qui n’a nul besoin de Ses créatures, de par Son être et Ses attributs, Celui qui est exempt dans Sa gloire d’avoir une quelconque ressemblance avec l’une de Ses créatures, comment la raison saine pourrait-elle accepter qu’Il se soit amalgamé avec l’une de Ses créatures pour devenir une seule et même entité. Dieu est Celui à Qui appartient toute chose, Il est totalement exempt de ce qu’ils disent à Son sujet.

Selon leur dogme, où aurait été sa divinité lorsque son humanité est morte ? Surtout que selon leur credo, les deux natures s’étaient unifiées et avaient fusionné au moment où la divinité aurait pris chair ! Qu’est-ce qui les aurait séparées lorsque son corps et son humanité ont été frappés et fouettés selon leurs prétentions ?! Et que sa tête a été cerclée d’une couronne d’épines et qu’il aurait été crucifié sur une planche de bois et qu’ils auraient planté des lances jusqu’à le tuer, hurlant de peur ?

Où serait passée sa divinité durant ce calvaire alors qu’elle était incarnée et faite chair selon leurs dires ?

Ils prétendent que sa divinité l’aurait quitté lors de la crucifixion et de l’assassinat, et qu’elle serait descendue en enfer pour en faire sortir les prophètes et que son humanité entre temps aurait été dans une tombe, enterrée, jusqu’à ce que sa divinité revienne et qu’elle aurait fait sortir son humanité de la tombe, qu’elle serait revenue au corps puis qu’elle l’aurait remontée au ciel.

Tout ceci n’est que divagations inintelligibles infondées, qui constituent une abjecte mécréance, des scandales qu’aucune raison saine n’accepte. Comment prétendent-ils que Jésus aurait deux natures, qu’il serait devenu une seule, alors que leurs évangiles comportent le témoignage qu’il n’a qu’une nature unique qui est humaine.

Preuve en est ce que Matthieu raconte au chapitre 13 (50-58) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm de passage dans sa ville de naissance, aurait répondu aux gens qui se moquaient de lui : « On ne se moque d’un prophète que dans sa ville. »

Il reconnait par cela être un prophète parmi les prophètes, et que les prophètes ont une seule et même nature qui est humaine.

Ce qui conforte cela également, c’est ce qu’a dit Cham°ûn AS-Safâ[55], le plus important des apôtres, s’adressant aux juifs lorsqu’ils ont comploté contre Jésus : « Ô vous les fils de Israël, écoutez bien ce que je vous dis : Jésus est un homme qui est apparu pour vous, envoyé de la part de Dieu, soutenu par Sa puissance et renforcé par des miracles que Dieu a accordés sur ses mains et vous, vous avez mécru en lui. »

C’est ce qui est cité dans les actes des Apôtres[56], chapitre 12 (22) et chez les chrétiens, il est considéré comme l’évangile[57].

Quelle nouvelle plus fiable que cette nouvelle et quel témoin plus juste que Cham°ûn AS-Safâ[58] par le nom duquel les chrétiens cherchent des bénédictions, celui-là même qu’ils citent en croyant en sa grande vertu et en son mérite. Il a témoigné en faveur de Jésus que c’est un homme parmi les humains, et parmi les prophètes et les messagers, ceux que Dieu a soutenus par des miracles. Simon-Pierre confirme aussi que tout ce qui est parvenu sur les mains de Jésus est par la puissance de Dieu et que Jésus n’en a que l’acquisition et non pas la création. Où sont cette vérité et cette lumière par rapport à l’obscurité de la mécréance de leurs allégations que le lâhût, la divinité se serait incarnée ou mixée avec l’humanité de Jésus qui est son corps et qu’il serait devenu un dieu parfait, non créé !!! Ils ont ainsi commis de la mécréance. Ô vous esclaves de Dieu, observez bien comment le démon s’est emparé d’eux par l’obscurité de la mécréance. Il les a aveuglés au point qu’ils ont cru en cette théorie impossible du point de vue rationnel et pratique. Ils ont imité en cela les premiers égarés qui ont inventé pour eux cette croyance abominable et détestable.

Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de leur état et de leur devenir.

Luc à la fin de son évangile (24/13-19) rapporte que deux de ses disciples étaient sur leur chemin ce jour-là pour se rendre dans un village qui se trouve à soixante ghalwah d’Urshalim, et qui s’appelle Emmaüs. Alors qu’ils discutaient ensemble des derniers évènements, Kliyoufas et Lucas ont rencontré Jésus après qu’il s’était relevé de sa tombe.Il leur a demandé :

Pourquoi êtes-vous si tristes ? » L’un des deux –Kliyoufas– lui a dit :

Et toi, c’est comme si tu étais étranger, tout seul dans Urshalim. Tu n’as donc pas su ce qu’il s’est passé ces jours-ci à propos de Jésus qui était un homme véridique, que Dieu a confirmé dans ce qu’il disait et dans ses actes, selon Dieu et selon les gens ?! »

C’est donc un témoignage de son disciple également que c’était un homme dont la vérité est confirmée par Dieu et qu’il n’est ni créateur, ni dieu, ni fils de Dieu. Dieu est exempt de ce que les mécréants disent d’une exemption totale.

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance que Dieu glorifié soit-Il, aurait puni Adam et sa descendance en enfer à cause du péché de Adam d’avoir consommé le fruit de l’arbre défendu, et que Dieu lui aurait fait miséricorde en le faisant sortir de l’enfer et ce, en envoyant Son fils qui aurait pris chair dans le sein de Marie. Ainsi, le corps de Jésus serait le fils de Dieu, devenu être humain tout en restant dieu. Jésus serait donc un être humain par la nature de sa mère, et un dieu par la nature de son père. Dieu ne lui aurait permis de faire sortir Adam et sa descendance de l’enfer que par sa mort. C’est par elle qu’il aurait racheté toutes les créatures des mains de Satan ! Ils croient donc qu’il serait mort assassiné, puis qu’il serait ressuscité trois jours après, qu’il serait descendu en enfer dont il aurait fait sortir Adam et tous les prophètes de sa descendance selon leur prétention ! C’est à Dieu que nous demandons la protection contre pareilles divagations et hérésies.

Voilà donc la doctrine de leur mécréance abjecte et de leur religion détestable et maline. C’est la voie que leur ont instaurée leurs premiers égarés. C’est une doctrine qui ne se base pas sur aucune preuve ni aucune parole rapportée d’un prophète ou d’un messager. Les prophètes et les messagers de Dieu sont exempts de telles bassesses risibles et de telles infamies qui mènent à la perte, innocents de telles contradictions flagrantes.

Il est impossible que le Créateur éternel devienne chair et sang ou qu’il ait un fils sur terre ou dans le ciel. Il est impossible que Ses attributs de l’exemption de début et de l’exemption de fin soient limités, localisés ou qu’ils se transfèrent.

Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il n’a pas de ressemblant ni d’équivalent. Il est exempt dans Sa perfection de s’incarner dans un humain qui meurt. Comment en serait-il ainsi alors qu’Il est Celui qui a pour attribut la vie et qui ne meurt pas ? Comment admettre qu’Il devienne, Lui qui est exempt de tout défaut, incarné dans le ventre d’une femme, alors qu’Il est celui dont le Koursiyy[59] est plus vaste que les cieux et la terre.

On leur dit : « Vous avez pour croyance que Jésus est Dieu et celui qui n’y croit pas n’est pas chrétien. » Ils ne peuvent pas le nier. On leur dit : « Alors vous avez calomnié énormément et dit quelque chose de clairement impossible, puisque vous avez rendu un être humain créateur éternel alors qu’il est entré en existence et créé. »

Ce que vous dites à propos de Jésus vous amène nécessairement à cinq choses :

  1. La première : Soit vous l’avez considéré un dieu éternel soit un lieu d’habitation du dieu éternel.
  2. La deuxième : Est-ce Jésus qui l’a dit de lui-même ou bien l’un de ses élèves qui vous a rapporté sa religion qui vous l’a dit ?
  3. La troisième : Vous l’avez considéré comme étant un dieu en raison de choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains.
  4. La quatrième : Vous avez considéré que c’est un dieu parce qu’il est monté au ciel.
  5. La cinquième : Vous l’avez considéré un dieu pour sa naissance étonnante puisqu’elle a eu lieu sans père.

Quant à l’étonnement suscité par sa naissance sans père, n’est-il pas plus étonnant que Adam ait été créé sans père ni mère ? Serait-ce plus étonnant que les anges créés sans père ni mère, ni matière palpable ni terre ? Pourtant vous n’appelez dieu ni les anges ni Adam ! Et vous interdisez de le faire. Alors dites-nous quelle est la différence entre eux et Jésus, alors que leur création est encore plus étonnante.

Si vous prétendez que Jésus est un dieu en raison des choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains, alors demandez à vos savants qui savent que Al-Yasa° qui est un prophète °alayh as-salâm a ressuscité de son vivant un mort, et un autre mort après son décès. Et un homme qui apporte le miracle de la résurrection en étant dans le barzakh[60] c’est-à-dire après sa mort, c’est plus étonnant encore qu’un homme qui apporte ce miracle de son vivant. Élias le prophète °alayh as-salâm a fait revivre également un mort. Il a aussi invoqué les bénédictions dans la farine et l’huile d’une vieille femme, de sorte que son sac ne se vida pas de farine et sa bouteille ne se vida pas d’huile pendant sept ans. Il a demandé à Dieu d’empêcher la pluie pendant sept ans et Dieu l’a exaucé.

Si vous dites que Jésus a donné à manger à partir de cinq morceaux de pain à cinq mille personnes, alors que dites-vous de Moïse celui à qui Dieu a fait entendre Sa parole[61],°alayh as-salâm, qui a demandé la nourriture à Dieu l’Éminent pour son peuple. Il leur a donné la manne et les cailles pendant quarante ans[62]. Ils étaient plus de six cent mille personnes.

Quant au fait que Jésus ait marché sur l’eau, sans se noyer, Moïse a frappé la mer de son bâton. La mer s’est fendue et des chemins se sont ouverts. Tout son peuple a pu traverser alors que Pharaon et ses soldats se sont tous noyés. Il a également fait jaillir douze sources d’eau d’un rocher, chaque tribu des fils d’Israël ayant sa propre source. Il a manifesté aux gens d’Égypte dix signes de châtiment[63] :

Le premier fut son bâton qu’il a jeté de sa main. Il est devenu un serpent gigantesque qui a dévoré toutes les cordes des sorciers.

Le deuxième fut le croupissement de leur eau et la mort des animaux qui y vivaient.

Le troisième fut l’invasion des grenouilles au point qu’elles remplirent leur maison.

Le quatrième fut les poux qui s’en prirent à leurs corps.

Le cinquième fut différentes sortes de châtiments qui se sont abattus sur eux.

Le sixième fut l’anéantissement de tous leurs animaux domestiques.

Le septième fut l’apparition d’ulcères sur leurs corps.

Le huitième fut la grêle sur leurs récoltes qui a détruit leurs plantations.

Le neuvième fut l’invasion de criquets sur tout leur pays.

Le dixième fut l’obscurité qui les a recouverts pendant trois jours et trois nuits.

Si vous prétendez que Jésus était lui-même un dieu parce qu’il est monté au ciel, et que c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, alors vous devriez dire la même chose d’Ilyâs[64] et Idrîs[65] °alayhim as-salâm en les divinisant puisqu’eux aussi sont montés au ciel sans divergence chez vous à ce sujet. De même, Ayyouna Al-‘Injîliyy est monté au ciel par le texte de la Torah et l’unanimité de vos savants.

Enfin, si vous prétendez que Jésus a prétendu lui-même à la divinité, et c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, vous aurez dit haut et fort quelque chose de mensonger et d’abominable, une calomnie atroce. Vos évangiles comportent la réplique à cela. En effet, dans les évangiles qui sont entre vos mains[66], il est mentionné qu’il aurait dit au moment de sa crucifixion : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et avant cela, il y a un texte de l’évangile dans lequel il dit : « Dieu m’a envoyé à vous. » Il a reconnu qu’il était un humain parmi les prophètes et les messagers. Les textes de vos évangiles comportent beaucoup de passages à ce sujet. Tout en sachant que c’est selon vos mensonges, lorsque vous prétendez qu’il a été crucifié et qu’il a hurlé : « Mon Dieu, mon Dieu. »

Ce n’est pas le texte même de l’Évangile authentique. Mais c’est bien une des calomnies des rédacteurs de vos évangiles, une des calomnies contre Dieu. Nous les avons simplement cités comme preuve contre vous pour démontrer vos propres contradictions et pour vous dévoiler devant tous les gens sensés et c’est par Dieu que nous recherchons la réussite.

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens dans les rituels de leur religion, font de la mécréance. Ils ont pour croyance que le morceau de pain, lorsque le prêtre récite dessus certaines paroles, devient à ce moment-là le corps de Jésus °alayh as-salâm et que s’il récite quelques mots sur un verre de vin, il devient à ce moment-là du sang de Jésus, par transsubstantiation.

Ce qui est décrété dans leurs traditions à ce sujet, est que chaque église a un grand prêtre chez eux qui s’en occupe. Le grand prêtre de chaque église, chaque jour, vient avec un petit pain et une bouteille de vin. Il récite dessus dans leurs prières. Les chrétiens ont pour croyance que le morceau de pain devient le corps de Jésus lui-même, et que le vin devient son sang. Ils prennent cela de la parole de Matthieu dans le chapitre 26 de son évangile que Jésus aurait réuni les apôtres un jour avant de mourir, qu’il aurait pris un morceau de pain qu’il aurait cassé et qu’il aurait donné à chacun un bout et qu’il leur aurait dit : « Mangez, ceci est mon corps. » Puis qu’il aurait donné un verre de vin et leur aurait dit : « Buvez, ceci est mon sang. »

Ceci est la parole de Matthieu dans son évangile. Jean, qui était présent lorsque Jésus a été élevé au ciel, n’a rien cité du récit du pain et du vin dans son évangile. Et ceci est une divergence qui indique le mensonge de Matthieu qui rapporte quelque chose d’impossible et de calomnieux.

Les chrétiens ont pour croyance que chaque partie du morceau de pain de chaque prêtre, c’est Jésus °alayh as-salâm avec tout son corps avec sa longueur, sa largeur, son épaisseur. Même si les morceaux de pain atteignent cent mille morceaux, chacun d’entre eux serait Jésus.

On leur dit : le corps de Jésus avait environ, par exemple, dix empans de haut et deux empans de large et un empan de profondeur. Et le morceau de pain sur lequel le prêtre récite, représente peut-être trois empans. Comment son corps, qui aurait dix empans de hauteur sur deux empans de largeur et une épaisseur d’un empan, tiendrait dans quelque chose qui mesure trois empans.

Ceci est impossible pour toute raison saine. Et eux le prennent en considération, ils répondent à cela par le fait qu’un miroir pourrait n’avoir que la taille d’un dirham. Et pourtant quelqu’un peut y voir les plus grandes tours des constructions élevées s’il les reflète dans ce miroir, alors qu’elles sont plus grandes que le miroir et le dépassent de plus de mille fois.

On leur dit : ce qui est dans le miroir c’est une caractéristique[67], c’est un reflet et ce n’est pas le corps ou la substance[68] elle-même. Mais vous, vous avez pour croyance que c’est le corps même de Jésus et ses caractéristiques qui se trouvent dans ce morceau de pain, ce qui est impossible selon la raison[69].

Par ailleurs, vous avez été unanimes à dire que Jésus serait monté au ciel et qu’il serait assis à la droite de Dieu, exempté soit-Il de pareilles balivernes. Selon votre parole, qu’est-ce qui a fait descendre son corps jusqu’à ce morceau de pain ?!

Puis, Jésus est un seul homme et vous, vous croyez que dans chaque partie de ces morceaux de pain, il y a la totalité du corps de Jésus, même si ce pain a été coupé en cent mille parties. Cela vous amène à dire qu’il y a dans chaque pain, cent mille Jésus, et qu’ensuite il se multiplierait autant de fois qu’il y a de pains et qu’il y a d’églises pour vous. Ainsi, il y aurait un nombre presque infini de Jésus. Et quiconque dit une telle chose ou y croit devient la risée des gens sensés et la moquerie des démons. Et nous nous suffisons à Dieu. Qui mieux que Lui à Qui se fier ?!

La manière de pratiquer leur eucharistie avec les morceaux de pains cités, et les prières qu’ils font sont comme suit : leur prêtre ordonne à son serviteur de lui pétrir du pain avec de la semoule pure, de la cuisiner, d’en fabriquer du pain. Ensuite, le prêtre le ramène avec une bouteille de vin à l’église. Il ordonne de sonner la cloche et lorsque les chrétiens se réunissent pour leur prière et qu’ils se tiennent en rangs dans l’église, il leur verse un peu du vin de cette bouteille dans un verre en argent. Il fait que ce morceau de pain soit dans une serviette propre puis il vient de par devant toutes les rangées et se dirige vers l’Est. Il prend le pain dans sa main, et il récite dessus ce qui suit. Il dit : « Jésus, la nuit où les juifs l’ont arrêté, a pris le pain de sa main bénie, il a levé les yeux vers le ciel à Celui Qui est puissant sur toute chose[70]. Après avoir dit les louanges qui conviennent, il a cassé le pain, il a donné à manger aux apôtres chacun un bout. Et il leur a dit : « Mangez, ceci est mon corps. »

Et lorsque le prêtre termine cette parole, il s’incline lui-même pour ce morceau de pain en réalisant effectivement pour lui que c’est le corps de Jésus et que Jésus serait le fils de Dieu. Et le prêtre dit dans son inclination, en s’adressant à ce morceau de pain « Tu es Jésus, le dieu des cieux et de la terre, tu es celui qui a pris corps dans le ventre de Marie, tu es le fils de Dieu, celui qui est né avant tout le monde. Et c’est pour nous délivrer des mains des démons que tu es venu. Tu es celui qui s’assoit à la droite de son père dans le ciel. Nous demandons que tu me pardonnes ainsi qu’à ta communauté que tu as délivrée par ton sang. » Puis il montre le morceau de pain aux rangées des chrétiens et tous s’inclinent pour ce pain.

Ensuite, le prêtre prend le verre de vin. Il leur dit : « Notre dieu Jésus, avant sa mort, a pris un verre de vin. Il l’a donné aux apôtres, il leur a dit buvez ceci est mon sang. » Puis le prêtre s’incline pour le verre et il le montre aux chrétiens. Et les chrétiens s’inclinent pour ce verre également. Puis il mange du pain, il boit le vin. Il récite, après cela, ce qu’il récite d’évangile. Puis il fait des invocations et ils se séparent. Voici leurs prières et leurs rituels.

Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de la perdition.

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est possible d’entrer au Paradis qu’après avoir confessé ses péchés au prêtre et que tous ceux qui cachent un péché, même un seul péché au prêtre, sa reconnaissance du reste ne lui est pas utile.

Chaque année, à l’occasion de leur jeûne, ils se rendent dans leurs églises et ils reconnaissent tous leurs péchés au prêtre qui s’occupe de l’église. Le reste du temps, aucun d’entre eux ne reconnaît ses péchés sauf s’il tombe malade et qu’il craint la mort. Il demande alors après le prêtre qui vient à son chevet. Il lui confesse alors tous ses péchés et il lui pardonne selon eux. Ils ont pour croyance que chaque péché que le prêtre pardonne, est pardonné par Dieu. C’est pour cela que le pape qui est à Rome, qui selon eux est le représentant de Jésus sur terre, donne un pardon des péchés et par conséquent un affranchissement de l’enfer et une entrée au Paradis. Il prend en contrepartie de cela beaucoup d’argent. C’est également ce que font les prêtres qui le représentent dans les terres des chrétiens. Ils donnent une exemption, un écrit du pardon et une obligation d’entrer au Paradis et de sauvegarde de l’enfer. Les chrétiens prennent les délivrances après avoir donné à celui qui la leur a écrite beaucoup d’argent. Ils la cachent chez eux de sorte que, lorsque l’un d’entre eux meurt, il laisse cet écrit avec lui dans son linceul. Leur croyance avec certitude est qu’ils vont entrer au Paradis grâce à cette lettre, cette exemption. Et c’est une des ruses des prêtres pour prendre l’argent des chrétiens.

On leur dit : pourquoi faites-vous cela alors que Jésus ne vous a jamais ordonné de le faire et que même les élèves de Jésus n’ont jamais confessé de péchés à Jésus, alors que vous prétendez qu’il est dieu et fils de dieu et qu’il est plus à même de pardonner les péchés que tous les autres prêtres, selon vous.

Par ailleurs le prêtre, sans aucun doute pour vous, est un humain comme vous. Et peut-être qu’il a plus de péchés que vous, surtout du fait qu’il vous déclare mécréant et égarés. Alors, qui lui pardonne ses péchés à lui ?!

Mais vous, vous êtes aveuglés et vos prêtres sont encore plus aveuglés que vous. Et lorsqu’un aveugle dirige un autre aveugle, ils tombent tous deux dans le précipice. Et demain vous tomberez avec vos prêtres dans le feu de l’enfer, où vous resterez éternellement. Le pardon de vos péchés, compte tenu de votre mécréance et de votre association, Dieu vous en a coupé tout espoir, par Sa parole qui est véridique dans Son livre honoré : [Sourate An-Niçâ’ /48] qui signifie : « Certes Dieu ne pardonne pas qu’on Lui attribue des associés, et Il pardonne ce qui est en deçà à qui il veut parmi les croyants. »

Du fait que Son pardon pour vous est impossible conformément à la nouvelle parvenue de Celui Qui est véridique, alors le pardon du prêtre pour vous est encore plus impossible et plus proche de la moquerie du démon et de ses soldats qui se moquent de vous. Qui d’autre que Dieu pardonne les péchés ? Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADhîm.

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi

Tous les chrétiens s’y attachent jusqu’à nos jours. Peu d’entre eux l’abandonnent. Leur doctrine est toute entière de la mécréance et relève de l’impossible rationnel qui se contredit. Celui qui la leur a composée est un homme parmi leurs anciens qui s’appelle Pierre (Cham°ûn AS-Safâ) et qui habitait Rome.

Voici son texte :

Ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur, Jésus, fils de Dieu l’unique, la première des créatures dans leur totalité, il est né de son père avant tous les mondes, il n’est pas créé, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père par la puissance duquel tous les mondes ont été parfaits. Il est le créateur de toute chose. Il est celui qui, pour nous délivrer, est descendu du ciel et a pris corps par le Saint-Esprit –l’ange Gabriel. Il est devenu être humain et sa mère Marie l’a porté. Il est né de Marie, celle qui est chaste. Il a subi des douleurs et a eu mal. Il a été crucifié à l’époque de Pilâtes le roi. Il a été enterré et a ressuscité le troisième jour, tout comme les prophètes l’ont écrit –le mécréant a mécru et a menti au sujet des Prophètes, que Dieu les honore ainsi que notre Prophète, ils sont exempts de dire pareilles choses impossibles selon la raison. Puis il est monté au ciel, s’est assis à la droite de son père, prêt à revenir encore une fois pour juger entre les morts et les vivants. Nous croyons au Saint-Esprit qui est issu du père et du fils, et par lequel les prophètes parlaient, au baptême et au pardon des péchés. Nous croyons à la résurrection de nos corps et à la vie éternelle. »

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que ces paroles sont contradictoires. Au début, ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur Jésus, …, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père. » Au début de leur parole, il y a le témoignage pour Dieu qu’il est un dieu unique. Ensuite, la parole est suivie par « le témoignage qu’il aurait un fils, et que ce fils serait un dieu comme lui, qu’il est de la substance de son père. » Ceci relève d’une extrême mécréance et de l’association. C’est d’une extrême contradiction avec l’unicité de Dieu, l’unique, qui n’a pas d’associé, qui n’a pas de pareil, Il est absolument exempt de leur mécréance.

Il a dit au début de ses propos que Dieu est le créateur de toute chose. Puis juste après, il dit : « Nous croyons que Jésus est le créateur de toute chose, et que c’est par sa puissance que tous les mondes ont été parfaits. » Il aura ainsi confirmé qu’il y aurait un autre créateur avec Dieu pour toute chose. Or ceci est l’une des contradictions les plus scandaleuses.

De même, lorsqu’il dit que Dieu est le créateur de ce qui est vu et de ce qui n’est pas vu, il aura intégré Jésus, car par nécessité il fait partie de ce qui est vu ! Puis il a fait suivre cela par sa parole que Jésus est le créateur de toute chose et qu’il n’est pas créé. Or ceci est une contradiction et une aberration que même des animaux, s’ils avaient le discernement, pourraient renier aux chrétiens. Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de l’échec et de l’emprise du démon, car il s’est moqué d’eux comme il a voulu et il les a menés vers l’enfer, et quelle mauvaise demeure.

Il a par ailleurs dit : « Il est né de son père avant tous les mondes », alors quand donc aurait-il créé toutes choses ? Avant sa naissance, alors qu’il était inexistant, ou bien après sa naissance et qu’il était un nourrisson encore allaité ? Et qui gérait les cieux et la terre et ce qu’ils comportent avant sa naissance et sa venue à l’existence ? Comment serait-il la première des créatures en étant créateur de toutes les créatures, selon la prétention de ces mécréants. Car le sens de sa parole, la première des créatures, c’est-à-dire la première d’entre-elles à exister. La loi des chrétiens est basée sur cette contraction et cette impossibilité, car ils sont unanimes à dire que Jésus est de toute éternité, créateur sans début, alors que, Dieu nous en préserve, il serait né du ventre de Marie après sa naissance et ainsi de suite. Dieu a fait d’eux la risée de tous ceux qui sont dotés de raison et de connaissance et une source de plaisir pour les démons. Regardez la parole de ce mauvais, que Jésus serait dieu en vérité, de la substance de son père, puis qu’il serait descendu du ciel et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ceci est explicite, que Jésus aurait été un corps issu d’une substance, et qu’il aurait été dans le ciel et serait descendu, et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ce n’est pas le fait qu’un corps s’incarne dans un corps et une substance qui est étonnant en soi, c’est plutôt que ce qui n’est ni un corps ni une substance prenne corps. Notre Seigneur le Créateur des substances et des caractéristiques des substances est exempt d’être une substance à partir de laquelle aurait existé Jésus ou de se partitionner pour s’établir dans une partie du ventre de Marie mêlé à son sang, ses urines, ses selles. De quelle impudence ces mécréants font preuve à l’égard de Dieu et quelle miséricorde Dieu, gloire à Lui, manifeste en ce monde. La louange est à Dieu qui m’a épargné de ce dont Il les a éprouvés.

Sachez que selon les textes figurant dans leurs livres, il y a ce qui annule cette croyance et toutes les croyances de mécréance au sujet de Jésus. Il s’agit de ce qu’a dit Lucas, dans le quatrième chapitre (24) dans le récit des apôtres. Il a dit : « Dieu a créé les mondes dans leur totalité, avec tout ce qu’ils contiennent. Il est le seigneur des cieux et de la terre. Il n’habite pas dans une forme qui a été préparé par des mains. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car Il est celui qui donne aux gens, leur forme, leur souffle et tout ce qui leur arrive, leur existence et leur vie sont par Sa volonté. »

Cette parole qu’a dite Lucas, c’est ce qui a été révélé dans le Livre de Dieu et ce que les Prophètes ont dit, °alayhim as-salâm. Il s’avère donc que les croyances des chrétiens sont toutes de la mécréance montées de toutes pièces, impossibilités vaseuses, hideuses contradictions. Ils ne les ont pas apprises des Livres de Dieu ni de ses Prophètes, mais ils ont suivi des prétentions sans fondement et des passions mensongères que leur ont biberonnées n’importe quels mécréants grands pécheurs.

On leur dit : cette croyance à propos de laquelle vous ne divergez pas, vous ainsi que vos adeptes, si vous ne l’attribuez pas à un Livre, ni à un Prophète, dites-nous, est-ce qu’elle est entièrement vraie ou entièrement fausse ? S’ils disent : « Une partie est vraie et une partie est fausse », alors ils auront démenti et mécru en elle, car le faux, on ne le prend ni pour religion ni pour adorer Dieu. Et s’ils disent : « Tout est vrai », alors ils auront reconnu que Jésus est créé et qu’il est né, et que Dieu est son Créateur et le Créateur de tout ce qui est vu et ce qui n’est pas vu.

Puis lorsqu’ils disent : « Jésus est un dieu, créateur de toute chose », alors ce qui arbore une telle contradiction claire et repoussante ne peut en aucun cas être une vérité.

Et lorsqu’ils disent : « Jésus, est dieu issu de la substance de son père et qu’il est un dieu comme lui », cela implique la ressemblance, indispensablement, que Dieu nous préserve. Et qu’est-ce qui ferait que l’un des deux soit un père et l’autre un fils ? Qui aurait spécifié celui-là par la paternité et celui-là par le fait d’être fils, et non l’opposé ? Que Dieu nous préserve. Nous demandons à Dieu, notre Seigneur, le pardon complet et la sauvegarde d’être comme eux et d’avoir leur devenir. Âmîn

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que tout ce que nous avons cité de la croyance des chrétiens, leur mécréance et leur parole que Jésus serait Dieu, fils de Dieu et qu’il serait le créateur des créatures, tout cela est réfuté, annulé par ce qu’on dit les quatre qui ont écrit les quatre évangiles.

Matthieu a dit dans le premier chapitre de son évangile : « L’ascendance de Jésus est de David, descendant d’Abraham. »

Et ceci est une reconnaissance que Jésus est né, qu’il était descendant de David, le prophète alayh as-salâm d’une descendance de Yahûdhâ fils de Jacob fils de Isaac fils d’Abraham °alayhim as-salâm.

Quiconque ayant une ascendance humaine de manière confirmée, est sans aucun doute un être humain, car Dieu est de toute éternité, Il n’est pas né et Il n’engendre pas, Il n’a point d’équivalent, aucun, et tout autre que Lui est contingent et a un début à son existence.

Matthieu dit également dans le 19e chapitre (16-17 ; et dans certaines versions14e) de son évangile qu’un homme a dit à Jésus :

Ô toi, le Khayr[71]. » Jésus lui a dit :

Pourquoi m’appelles-tu le Khayr alors que le Khayr, c’est Dieu ! »

Ceci est une extrême modestie de sa part °alayh as-salâm et une grande manifestation de respect envers son Seigneur et son Créateur. Alors comment prétendrait-il être, lui, son associé dans la divinité ?

Jean dit dans le 17e chapitre (1-3) de son évangile que Jésus a levé ses yeux vers le ciel et il a imploré Dieu l’Unique, le Créateur. Il a dit : « Il faut que les gens sachent que Tu es Dieu l’Unique, le Créateur et que Tu m’as envoyé. »[72]

Ceci est une reconnaissance de sa part qu’il a été envoyé de la part de Dieu, porteur du message qui implique de croire obligatoirement en Son Unicité, et que Dieu est l’Unique, le Créateur, il n’y a pas d’autre créateur pour les créatures sinon Lui. Et c’est le message qui a été amené par Jésus et par tous les Prophètes envoyés, que Dieu les honore et les élève davantage en degrés.

Si un chrétien dit : « Si Jésus avait reconnu dans ce passage qu’il est un prophète envoyé, il a reconnu dans un autre passage qu’il est le créateur éternel. » Nous disons, pour lui répondre, que c’est une calomnie et qu’il en est innocent, de cela et de tout ce qui lui est attribué. Et vous, vous faites preuve d’aveuglement face à de pareilles contradictions abjectes avec ces deux textes, dans ces deux passages, parce que Jésus °alayh as-salâm reconnaît qu’il est un humain envoyé de la part de Dieu. Et c’est cela qui est correct. Comment se pourrait-il qu’il se contredise en prétendant ce qui serait impossible à son sujet du fait qu’il serait créateur éternel ?

Non, cela provient seulement de la calomnie de leurs premiers mécréants, puis l’ensemble de vos groupes l’ont accepté par la suite, malgré la mécréance infecte et la contradiction criante.

Matthieu dit dans le quatrième chapitre de son évangile (8-10) que Satan a appelé Jésus pour qu’il se prosterne pour lui et qu’il lui a montré les royaumes de la terre et ses parures. Il lui a dit :

Prosterne-toi pour moi, nous t’accorderons tout cela » Jésus lui répond :

Il est prescrit pour chaque être humain qu’il n’adore que Dieu et qu’il ne se prosterne pour nul autre que lui. »

Ceci est une reconnaissance qu’il est innocent de la divinité. S’il était un dieu, Satan n’aurait pas osé lui dire pareilles paroles. Et dans la réponse qu’il lui a donnée, il y a une reconnaissance envers Dieu qu’il est le Dieu qui mérite qu’on ne se prosterne pour nul autre que lui, glorifié soit-Il.

Ceci en concédant aux chrétiens leur texte, pour tirer arguments de ce qu’ils ont inséré dans leurs évangiles, car sinon, Jésus et les autres prophètes °alayhim as-salâm sont préservés du fait que Satan leur suggère quoi que ce soit en cachette et en leur for intérieur. Comment les appellerait-il à commettre une mécréance explicite en se prosternant pour lui au lieu de se prosterner pour Dieu ? Et ceci est une déclaration très grave et il ne fait aucun doute que c’est l’une des inventions du livre des évangiles et l’un de leurs appels à rendre possible de telles choses au sujet de Jésus °alayh as-salâm.

Et Jean dit à la fin de son évangile chapitre 20 (17) que Jésus avait dit aux apôtres : « Je vais partir rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu. » Quand il dit : « Mon père et votre père », il veut dire : « Celui à Qui j’appartiens, à Qui vous appartenez » et c’était la terminologie de cette époque[73]. S’ils disent, « c’est son père » à partir de ce terme, nous leur disons que cela implique qu’il soit votre père également parce qu’il a dit : « mon père et votre père. » Puis il a dit explicitement, ce qui repousse toute confusion en disant « mon Dieu et votre Dieu. » Donc il ne reste plus aucune prétention à la divinité, absolument aucune.

Et Matthieu dit dans le dixième chapitre (40) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Celui qui vous acceptera et vous accueillera, il m’aura accepté et accueilli. Et celui qui m’accepte et m’accueille, aura accepté Celui Qui m’a envoyé. »

Et Jean dit dans le chapitre 5, 30 de son évangile que Jésus a dit : « Je n’ai pas été amené pour agir à ma guise, mais pour accomplir la volonté de Celui Qui m’a envoyé. »

Et Marc dit à la fin de son évangile, chapitre 15 (34) que Jésus a dit alors qu’il était crucifié, selon leur prétention : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » et que c’était la dernière parole qu’il a dite dans le bas monde[74]. Cependant, il est impossible que Dieu l’abandonne ou permette aux juifs de le crucifier. Nous avons seulement relevé une preuve contre les chrétiens parce que c’est une preuve qui provient des textes de leurs évangiles et qu’ils croient en ce qu’il y a dedans. Ce texte comporte explicitement que Jésus a dit : « Mon Dieu, mon Dieu. » Il a reconnu donc qu’il a un Dieu qu’il invoque dans les difficultés et qu’il s’innocente de la prétention à la divinité pour lui-même. Cela implique le démenti des croyances des chrétiens, nécessairement. Ils n’ont aucune échappatoire. Mais ils sont sourds, muets et aveugles et n’en prennent pas conscience[75].

Lucas dit à la fin de son évangile que Jésus, après s’être relevé de sa tombe, serait parti voir les apôtres qui étaient réunis dans une pièce dont ils avaient fermé la porte. Et quand il est rentré, ils ont pris peur. Ils ont cru qu’il était l’âme d’un ange ou d’un djinn. Lorsque Jésus l’a constaté, il a dit : « Palpez mon corps ! Sachez que les corps des anges et des djinns n’ont pas de chair et d’os comme vous voyez de mon corps. » Il a reconnu qu’il est composé de chair, d’os et de matière vivante et il s’est innocenté de la divinité.

Ceci est un texte comparable à celui qui a précédé parce que votre mensonge quand vous dites que Jésus a été tué et enterré puis qu’il s’est relevé de sa tombe après l’enterrement, c’est n’est qu’une invention fomenté par les premiers chrétiens et leur appel infondé obscurantiste à suivre l’impossible rationnel, la mécréance et l’égarement. Mais nous avons prouvé l’infondé de leurs arguments prétendant que Jésus serait Dieu et qu’il serait dieu fils de dieu.

Dieu est exempt d’imperfection, il n’est de dieu que Lui. Celui qui dit que Jésus est un esclave de Dieu et qu’il a grandi en longueur et en largeur puis qu’il a atteint sa vigueur et que Dieu l’a envoyé en tant que messager, il aura été en accord avec la parole de Jésus et de ses disciples. Et celui qui contredit aura contredit la vérité, il aura eu pour croyance la mécréance explicite. Nous demandons que Dieu nous en préserve.

Cela implique chez eux une chose des plus abominables chez tous les gens sensés, à savoir que si Jésus était créateur éternel, comme ils le croient, alors qu’il est de chair et de sang, ils considèreraient qu’une partie du Seigneur adoré est éternelle et créatrice, et une autre partie entrée en existence, contingente et créée. En effet, Jésus lui-même a reconnu qu’il est de sang et de chair par le texte de leurs évangiles. La chair et le sang relèvent des aliments et des boissons et ce sont des parties du bas monde. Selon leurs prétentions, le Créateur du bas monde dans sa totalité serait une partie de ce bas monde. Et il se serait créé Lui-même également parce qu’Il serait Lui-même, selon eux, une partie du bas-monde qui est sa propre créature !

Et ceci constitue ce qu’il a de plus abominable qui puisse exister comme prétention et comme calomnie, au-delà de ce qu’une personne sensée et rationnelle peut croire et avoir pour religion. Celui qui croit en cela est amené à ce que nous venons d’expliquer, il aura mérité le châtiment de Dieu et il se sera avéré qu’il fait partie des gens de l’égarement.

Cela implique aussi, entre autres choses abominables relevant de l’impossible rationnel, qu’Il serait une partie du bas monde, alors qu’Il est le Créateur de sa totalité. Or la partie d’une chose n’existe qu’après l’existence de la chose dans sa totalité. Et ce qui n’est ni existant, ni rationnellement acceptable, est inexistant ! Le Créateur de ce bas monde, selon leur prétention, serait donc inexistant, inconnu et inconnaissable.

Je pense, pour ma part, que l’auteur de cette croyance qui l’a mise en place pour eux, avait l’objectif d’aboutir à ce ta°Tîl –c’est-à-dire à ce négationnisme de l’existence de Dieu– précisément, parce qu’il faisait partie des pervers, des zindîq –athées-, des gens du négationnisme –ta°Tîl–. Il s’est moqué des naSârâ[76], leur a composé des mythes, différentes sortes de mécréances et d’égarements fondés sur les plus abominables des impossibilités rationnelles, dès lors qu’il s’est assuré de leur stupidité et de leur acceptation des hérésies par différentes voies et propos.

On leur dit : le premier évangile a dit que Jésus s’est coupé les ongles, les cheveux et que son corps a grandi en hauteur et en largeur. Selon vous, s’il était un créateur éternel, et que toutes ses parties, les cheveux, les ongles, se sont détachées de lui et sont devenues poussière, dispersées et anéanties, n’ayant plus d’existence, alors, le Créateur éternel, selon vous, aurait une partie de Lui qui se serait annulée, et qui aurait disparu alors qu’une autre partie serait restée intacte. Or celui dont l’une des parties disparait et s’anéantit, la disparition peut concerner sa totalité. Par ailleurs, celui qui a une partie est un tout, il est forcément limité, il a besoin de qui l’a composé et de qui l’a limité. Et celui qui est ainsi, avec ces caractéristiques-là, a donc besoin et n’est pas exempt du besoin.

Or, le Dieu Créateur qui est de toute éternité, gloire à Lui exempt d’imperfection, les preuves rationnelles et les textes rapportés témoignent qu’Il n’est pas un corps, qu’Il n’est ni une particule ni une caractéristique d’un corps. Il n’est pas un tout qui se partitionne. Son Être qui est de toute éternité ne devient pas une partie. Il ne Lui arrive pas de diminution, de changement ni de transformation. Il n’a aucun besoin dans l’absolu alors que toutes les créatures ont besoin de Lui dans tous leurs états et toutes leurs situations. Il est comme il a décrit son Être honoré dans le verset honoré : verset 11 de sourate ach-chûrâ, ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et Il est celui qui entend et qui voit. »

On leur dit également : « Jésus, que vous croyez être dieu créateur éternel est-ce qu’il était dans un pays et une époque ou pas ? » Ils ne peuvent pas le renier car les évangiles de Matthieu et de Lucas déclarent explicitement qu’il est né à Bethléem[77] qui était rattachée à la Judée à l’époque du roi Hérode et qu’il aurait été tué et crucifié à l’époque du roi Pilâtes. Et tout être qui existe dans un temps et un endroit, a nécessairement été précédé dans l’existence par l’endroit qui le contient, celui qui est ainsi est donc créé. Et si l’on a confirmé ainsi que Jésus est créé, alors votre croyance selon laquelle il serait dieu véritable, fils de dieu véritable, et créateur de toute chose, est annulée.

Il est connu de manière catégorique que le temps fait partie des choses qui sont créées. De plus, le temps a existé avant que Jésus n’existe sans aucun doute. Comment se pourrait-il que le temps existe avant son créateur et que l’endroit englobe celui qui a créé les endroits ?

Ceci est une des élucubrations les plus abominables. C’est une des pires abominations relevant de l‘impossible rationnelle et une des plus grandes calomnies. Tout être né dans une époque et qui est situé dans un endroit, c’est un être vivant fils d’un être vivant. Jésus faisait partie des plus honorables des êtres vivants puisqu’il est un être humain fils d’un être humain. Dieu est catégoriquement exempt de ce que disent les mécréants.

Ce que j’ai expliqué ici par la grâce de Dieu et Sa puissance implique clairement la corruption de la doctrine des chrétiens et l’invalidation de leur croyance. Il y a l’explication de mon délaissement de cette croyance pour ce que j’ai choisi pour moi-même comme religion de vérité et de clarté, afin de suivre la communauté du meilleur des prophètes, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, lui, sa famille et ses compagnons, et tous ses frères prophètes et messagers.

Et c’est à Dieu que nous demandons de parachever en nous Sa bienfaisance et la réussite qu’Il accorde. Il est notre Seigneur, quel bon Maître et à qui se fier de meilleur ?

Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADHîm.

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les quatre qui ont écrit les quatre évangiles ont divergé sur de nombreux sujets, ce qui est une preuve de leurs mensonges. S’ils avaient été sur la vérité, ils n’auraient en rien divergé les uns des autres. Dieu dit dans Son Livre honoré sourate an-Niçâ’, verset 82, livre qu’Il a révélé à celui qu’il a élu pour être Son messager, MouHammad : dont on comprend le sens : « Si ce Qourân provenait d’autre que Dieu, ils y auraient trouvé beaucoup de contradictions. » Il a fait savoir que la contradiction est la preuve du mensonge au sujet de Dieu. Ainsi, tout ce qui est de Sa part ne comporte aucune contradiction, dans la signification et la construction, et sa structure ne comporte aucune perturbation. Chaque fois que les menteurs mentent à Son sujet, Dieu les dévoile par la contradiction et la perturbation dans ce qu’ils ont menti et fomenté, afin que Dieu fasse que les gens puissent distinguer ce qui est mauvais de qui est bon. Il est celui qui crée toute chose selon une sagesse et Il sait toute chose.

Parmi les textes mensongers de ces gens-là, de ces quatre qui ont écrit les évangiles, il y a ce qu’a dit Jean dans le chapitre 13 (21-26) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres alors qu’il dînait avec eux, la nuit où les juifs l’auraient arrêté : « En vérité je vous dis, il y a l’un d’entre vous qui va me trahir. » C’est alors que Jean lui aurait dit : « Qui donc, mon Maître, va faire cela ? » Jésus leur aurait dit : « Celui à qui nous donnerons du pain avec de la sauce. » Puis il l’aurait donné à Judas Iscariote. Ce serait donc lui qui aurait trahi et qui aurait indiqué aux juifs où il se trouvait. »

Marc dans le chapitre 14 (17-20) de son évangile a dit que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va tremper son pain avec moi dans l’écuelle, c’est celui qui va me trahir. »

Matthieu a dit dans le chapitre 26 (23) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va saucer et tremper son pain avec moi dans mon assiette, c’est celui qui va me trahir. »

Quant à Lucas, il dit dans le chapitre 22 (21) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va me trahir est avec moi parmi les disciples. »

Cette divergence entre eux est patente. En effet, cette parole de Jésus n’a pas été dite dans d’autres assemblées. Ils ne peuvent donc pas prétendre qu’il a eu différentes expressions dans plusieurs assemblées, et qu’il n’aurait pas dit la même chose à chaque fois. Par ailleurs, ce n’est pas comme si les quatre avaient dit la même chose, de sorte que chacun des quatre l’aurait exprimé avec ses propres termes à lui.

Le fait qu’il ait spécifié Judas Iscariote quand il lui a donné le pain trempé dans la sauce implique qu’il a précisé de qui il s’agissait, et qu’il l’a dévoilé. Or le reste de ce qu’ils ont rapporté indique qu’ils n’auraient pas su de qui il s’agissait. Il y a donc une contradiction. Ceci est une contradiction qui indique le mensonge des quatre qui ont écrit les évangiles, et c’est par Dieu qu’on obtient la réussite.

Il y a également ce qu’a rapporté Matthieu dans le chapitre 20 (29-34) de son évangile que Jésus, lorsqu’il est sorti de la ville de Jéricho (Ariha[78]), deux aveugles l’auraient interpelé et lui auraient dit : « Ô toi fils de David, fais nous miséricorde », il leur aurait ouvert les yeux là-bas, et ils sont devenus voyants.

Il y a également ce qu’a dit Marc dans le chapitre 10 (46-52) de son évangile : « Lorsque Jésus est sorti de la ville citée, un seul aveugle l’a interpelé, et lui a dit : « Ô Jésus fais-moi miséricorde » ; il lui a alors ouvert les yeux. »

Il est connu de l’évangile que Jésus n’est passé dans cette ville qu’une seule fois. Donc, soit Matthieu a menti en disant qu’ils étaient deux aveugles, soit Marc a menti en disant qu’il n’y en avait qu’un, parce que le récit est unique. Et dans le fait qu’ils aient tous deux reconnu que l’aveugle ait appelé Jésus en lui disant : « Toi le fils de David », il y a une attribution à Jésus d’être un descendant d’humains. Il y a en cela ce qui dément leur croyance à son sujet. Ainsi, l’aveugle ne lui a pas dit : « Ô toi le dieu » ou bien « Ô toi le fils de Dieu » ou « Toi le créateur des créatures » comme ils ont prétendu à son sujet. Mais il lui a dit : « Ô toi fils de David. » Il l’a attribué à l’un des prophètes honorables, pour indiquer que l’ascendance de sa mère Marie est de ce genre, pure, et il en est ainsi effectivement. En effet, Marie est de la descendance de David fils de ‘Ichâ°, lui-même de la descendance de Yahûdhâ fils de Ya^qûb –Jacob– fils de Is-Hâq –Isaac–, fils de Ibrâhîm –Abraham– °alayhim as-salâm.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 27 (39-44) de son évangile que Jésus aurait été crucifié en compagnie de deux voleurs et que ces deux voleurs l’insultaient alors qu’ils étaient crucifiés.

Et Lucas a dit dans le chapitre 23 (39-43) de son évangile que l’un des deux voleurs se serait moqué de Jésus et lui aurait dit : « Si tu es véritablement Jésus, alors délivre-toi toi-même et délivre nous. » Le deuxième voleur l’aurait réprimandé, en lui disant : « Crains Dieu ! Ne sais-tu pas que ce qui l’a atteint t’a atteint toi aussi ? Et que toi et moi nous méritons ce qui nous a été fait, mais lui ne le mérite pas ? » Puis il aurait ensuite dit à Jésus : « Ô mon maître ne m’oublie pas le jour où tu reviendras de ton royaume » et Jésus lui aurait répondu : « En vérité je te le dis : tu seras avec moi ce jour-là au Paradis d’Eden. »

Il y a une divergence entre les deux, parce que Matthieu a considéré que les deux voleurs iront en enfer puisqu’ils ont insulté Jésus, et que Lucas a considéré que l’un des deux ira au Paradis. Or ils ont tous deux menti sur le sujet même de la crucifixion de Jésus. Ils ont donc mécru en cela.

Jean qui était présent lors de la crucifixion de ceux qui ont été crucifiés, a dit dans son évangile chapitre 19 (18) : « Deux voleurs ont été crucifiés avec lui. L’un des deux était à sa droite et l’autre à sa gauche. » Mais, il n’a pas du tout cité qu’ils lui aient dit quoi que ce soit. C’est là une totale divergence et un égarement.

Parmi cela il y a que Matthieu a dit dans le chapitre 21 (1-5) de son évangile que Jésus était sur une monture et qu’il était sur son chemin pour Bayt al-Maqdis tout comme l’ont dit à son sujet certains prophètes : « Vous verrez votre souverain qui viendra sur une monture. »

Marc a dit dans le chapitre 11 (1-7) de son évangile que Jésus était sur un ânon, le petit d’un âne, et qu’il n’a pas cité qu’il était monté sur un âne.

Lucas a dit dans le chapitre 19 (30-36) de son évangile qu’il était sur un âne, tout comme l’a dit Matthieu.

Et Jean a dit dans le chapitre 12 (14-15) de son évangile qu’il était sur un ânon, petit d’un âne, tout comme l’a dit Marc.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, cette divergence, cette contradiction et leur mensonge apparent à propos de leur parole qu’il montait un ânon, en indiquant qu’il n’était pas âgé. S’il en est ainsi, comment quelqu’un pourrait-il le monter ?!

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 20 (20-21) de son évangile, que Marie l’épouse de Zébédée était venue voir Jésus et lui a dit : « Mes deux fils vont s’assoir demain avec toi dans ton royaume l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. »

Par ailleurs, Marc dit dans le chapitre 10 (35-37) de son évangile que les deux cousins, fils de la tante maternelle de Jésus, à savoir Marie la femme de Zébédée, lui ont dit : « Ô toi mon seigneur nous voudrions profiter de toi par ce que nous te demandons » et que Jésus leur aurait dit : « Et que voulez-vous ? » Ils lui ont tous deux dit : « Accorde nous le bienfait de rester l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume. »

Quant à Lucas et Jean, ils n’ont rien cité de ce récit dans leurs évangiles à propos de ces deux fils ni de leur mère, alors que Jean aurait été tout le temps aux côtés de Jésus. Il ne l’aurait quitté que lorsqu’il a été élevé au ciel, °alayhi s-salaam. Ceci est une divergence qui indique une médiocrité. Matthieu a dit que la mère a demandé cela. Marc a dit que ce sont les deux fils qui ont demandé cela. Leurs deux autres compagnons les ont contredits en ne citant rien de ce récit.

Parmi leur divergence également, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 9 (14) de son évangile que les élèves de Jean[79] ont dit à Jésus : « Pourquoi jeûnons-nous alors que les pharisiens[80] jeûnent et que tes élèves ne jeûnent pas ? »

Tandis que Marc a dit dans le chapitre 2 (18) de son évangile que les scribes et les pharisiens ont dit à Jésus : « Pourquoi les élèves de YaHyâ –Jean-Baptiste jeûnent et tes disciples mangent et boivent et ne jeûnent pas ? » 

Il y a ici une divergence claire puisque dans le premier texte, les pharisiens jeûnaient, et ceux qui ont posé la question et ceux qui jeûnaient étaient les élèves de Jean. Alors que dans le deuxième texte, c’est un groupe de scribes et de pharisiens qui ont posé la question, avec la mention de Jean-Baptiste –YaHyâ fils de Zacharie. Les scribes étaient avec eux, mais ils n’ont rien dit à propos d’eux-mêmes, ni qu’ils jeûnaient ou pas.

Il y a parmi ces divergences, ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre trois (4) de son évangile : que Jean[81] mangeait les criquets et le miel. Il s’est contredit lui-même dans le chapitre 11 (18) de son évangile en disant que Jésus °alayhi s-salaam a dit aux juifs : « Jean[82] est venu vers vous, ne mangeant ni ne buvant ; vous avez dit : Il a un démon. Le Fils de l’homme (filios et il parle de lui-même ici) est venu vers vous, mangeant et buvant, et vous avez dit : C’est un être humain qui a un gros ventre et qui boit du vin. »

Ceci est une divergence évidente dans la parole de Matthieu parce qu’il a nié à propos de Jean le fait de manger et de boire dans un de ses deux textes et qu’il lui a confirmé le fait de manger des criquets et du miel dans un autre texte.

Les chrétiens sont passés à côté d’une preuve claire contre eux, à savoir la parole de Jésus à son propos quand il a dit : « Je suis le fils de l’homme » et qu’il mange et qu’il boit l’eau, et selon eux le vin. Or ceci est une reconnaissance de sa part qu’il est un être humain, fils d’un être humain. Il a besoin de force à partir de la nourriture, et de maintenir son corps en bonne santé en mangeant et en buvant. Ceci dément leurs prétentions à son sujet qu’il serait dieu, fils de dieu. Dieu le Seigneur des mondes est totalement exempt de toute leur mécréance.

Parmi leurs divergences et leurs mensonges explicites au sujet de Dieu et de Son messager, il y a ce qu’a dit Jean[83] dans le chapitre 5 (37) de son évangile que Jésus aurait dit aux juifs : « Et le Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez point vu sa face. » Et ceci est proche de la réalité de la parole de Jésus. Mais Matthieu l’a contredit dans les termes et dans les significations par une mécréance explicite. Il a dit dans le chapitre 17 (1-5) de son évangile : « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s’entretenant avec lui. Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! »

C’est la même chose qu’a dit Marc dans le chapitre 9 de son évangile.

Et Jean dit dans le chapitre 14 (7-9) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Et ceci est une divergence claire et une mécréance abominable.

Quant à la divergence, il s’agit de la différence entre ce qu’a dit Jean à propos de Jésus, à savoir que Celui qui l’a envoyé témoigne en sa faveur de la validité de sa prophétie et de son message, et que personne n’a entendu sa voix ni ne l’a vu, et ce qu’a dit Jean précédemment cité que Jésus aurait dit aux apôtres : « Vous avez vu mon père, et vous l’avez reconnu, et que celui qui m’a vu, aura vu mon père. »

Il y a aussi le récit de la montagne de Tabur, lorsque les trois qui étaient avec Jésus auraient entendu la parole du père, ils visent par là le Seigneur des esclaves glorifié soit-Il, Il est exempt de ce qu’ils disent. Il leur aurait dit à propos de Jésus : « Voici mon fils que j’ai élu pour moi-même. » Dieu est exempt de faire entendre Sa parole à Ses créatures [dans ce bas monde] ; il est exempt d’avoir une voix et un son. Il est exempt d’avoir une compagne et un fils. Comment témoignerait-il en faveur de Jésus qu’il serait son fils ?! Ceci est une calomnie et c’est une insolence à l’égard de Dieu, qui les a menés à mentir à Son sujet et au sujet de Son messager Jésus.

Leur objectif par la totalité de ces mensonges, c’est de diffuser leurs mauvaises croyances à propos de la divinité de Jésus, qu’il serait le fils de Dieu. Dieu est exempt de cela. Par Sa toute-puissance, Dieu les a fait tomber, par Son éminente puissance et Sa sagesse parfaite, dans la contradiction, la perte de continuité dans leurs chaînes de transmissions, et les oppositions dans les termes et les significations, tout ceci, qu’ils en soient conscients ou pas.

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance

Il y a entre autre ce qu’a dit Lucas dans le chapitre 22 (31-34) de son évangile : « Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »

Puis ce Pierre en question a mécru en Jésus. Il a apostasié la religion après quelques jours de l’annonce que Jésus lui a faite que Satan n’avait aucun moyen pour corrompre leur certitude. Aucun des disciples de Jésus n’a mécru excepté ce Pierre-là.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, la contradiction de ces gens voués à la perdition, dans ce qu’ils rapportent d’un homme qu’ils considèrent un prophète préservé, et qu’il est également un dieu fils de Dieu, Dieu est exempt de cela ! Comment annonce-t-il à l’un de ses disciples qu’il aurait demandé à Dieu de ne pas accorder à Satan de possibilité de corrompre sa certitude. Puis ils disent que ce même élève à qui il a accordé cette invocation particulière, c’est lui qui a mécru et qui a apostasié et que Satan lui aurait corrompu sa religion et sa certitude d’entre tous les élèves ?! Est-ce que quelqu’un peut ignorer à ce point cette contradiction, en plus de la mécréance dans le fait de rendre possible le mensonge par les prophètes, et qu’il y aurait par conséquent des choses qu’ils auraient annoncées mais qui ne se produisent pas ?! Tout cela fait partie de leur mensonge clair au sujet de Jésus °alayhi s-salâm. Par Dieu, qui est tout puissant sur toute chose, Jésus n’a rien dit de ces égarements. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de l’échec et de l’égarement.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le verset 5 (19) de son évangile : « Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. »

Or, il est connu avec certitude que Jésus a bien mangé et bu. Il n’a pas vu son père [selon eux] faire quoi que ce soit de cela ! Dieu [qui n’est pas appelé Père] est Tout puissant sur toute chose. Il n’est de dieu que Lui. Jésus n’a rien dit de tout cela. C’est ce maudit Jean qui a menti à son sujet. Par ailleurs, ses trois compagnons [auteurs des évangiles] n’ont rien dit de cette histoire.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 17 (15) de son évangile que Jésus °alayhi s-salâm aurait imploré Dieu avant de mourir et qu’il aurait dit : « Mon Dieu, Je sais que tu exauces toujours. Je te demande de préserver mes élèves de toute chose dans le bas monde et dans l’au-delà. »

Alors que c’est connu par tawâtour[84] chez tous les savants des chrétiens que les disciples de Jésus, la plupart d’entre eux sont morts tués par l’épée, puis que certains d’entre eux ont été crucifiés, d’autres ont été dépecés et qu’ils ont été torturés par différentes sortes de tortures. Il n’est pas possible que Son messager Jésus ait demandé à Dieu qu’Il sauve ses élèves de toutes choses dans le bas monde, puisqu’il leur est arrivé de telles punitions et de telles morts ignobles. Jean est celui qui a menti au sujet de Jésus. Quant à ses trois autres compagnons, ils n’ont absolument rien dit à ce sujet.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 15 (24) de son évangile : « Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché. » Il vise les juifs. Il n’est pas possible que Jésus ait dit cela. En effet, il sait nécessairement que Moïse °alayhi s-salâm a eu des miracles nombreux et éminents. Également Ilyas et Al-Yasa° °alayhim as-salâm, avaient vécu avant Jésus et que tous deux avaient ressuscité des morts, tout comme Jésus. Al-Yasa° avait guéri un homme atteint de vitiligo, tout comme Jésus l’a fait. Comment prétendent-ils que Jésus aurait dit : « J’ai eu des miracles qu’aucun avant moi n’a eus. » Jean a menti en cela. Et ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Marc a dit dans le chapitre 10 (29-30) de son évangile : « Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. »

Matthieu a dit dans le chapitre 19 (29) de son évangile : « Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple et héritera la vie éternelle. » Il n’a donc rien dit de la vie ici-bas.

Et Lucas a dit dans le chapitre 18 de son évangile (28-30) : « Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus que ce qu’il a laissé. »

Mais il n’a cité ni le paradis, ni le bas monde.

Quant à Jean il n’a rien cité de tout cela.

Il s’agit là de mensonges clairs contre Jésus. Nombreux sont ceux qui ont laissé des maisons, des jardins, des commerces et autres pour suivre Jésus. Ils n’ont pas eu cent fois ce qu’ils ont laissé dans le bas monde ni une quantité proche de ce qu’ils ont laissé. C’est donc une preuve que Jésus n’a jamais dit cela, mais qu’ils ont menti à son sujet.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 19 (3-5) de son évangile : « Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit : N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ? »

Ceci est un mensonge contre Jésus et contre la Torah. Ce sont des paroles que Dieu n’a pas dites. Ce sont certains livres prophétiques qui l’ont rapporté d’Adam °alayh as-salâm, car lorsqu’il s’est endormi, Dieu lui a créé son épouse Ève à partir de sa côte. Quand il s’est réveillé, il l’a trouvée à ses côtés. Il aurait ensuite dit : « C’est pour celle-là qu’il arrive à l’homme d’abandonner son père et sa mère, et de constituer avec son épouse une seule chair. »

Il est impossible que Jésus attribue cela à la Torah alors qu’il mémorisait la Torah et l’Évangile[85]. Il ne dit donc que ce que Dieu dit à leur sujet. Mais c’est un mensonge à son sujet fait par Matthieu dans cette parole. Ses trois compagnons n’ont rien dit à ce sujet.

Il y a parmi les mensonges à ce sujet ce qu’a dit Jean dans le chapitre 3 (13) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Ne monte au ciel que celui qui en est descendu. » Ceci est infondé, c’est un mensonge au sujet de Jésus °alayh as-salâm, car dans la Torah il est indiqué qu’Idris et Ilyas °alayhim as-salâm ont été élevés au ciel alors qu’ils n’en étaient pas descendus. Ils ont vécu sur terre jusqu’au moment de leur montée au ciel. Il est indiqué dans les évangiles que Jésus °alayh as-salâm est monté au ciel, alors qu’il n’en était pas descendu. Et notre Prophète MouHammad est monté au ciel la nuit de son ascension Mi°râj alors qu’il n’en était pas descendu. Il s’avère clairement que Jean a menti au sujet de Jésus. Ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Si un chrétien disait que Jésus a dit cela, mais n’en a visé que les âmes, il lui sera dit : « Ceci est contraire à la Torah et à l’Évangile », car dans ces deux livres, les prophètes qui sont montés au ciel, y sont montés avec leur âme et leur corps, tout comme notre prophète MouHammad est monté avec son âme et son corps.

S’ils disent que Jésusl’a dit et qu’il en a visé les âmes des humains dont les corps sont morts et qu’au moment de la mort les anges emmènent leurs âmes au ciel. Nous leur disons : « Ceci est une possibilité qui est prouvée comme étant fausse avec la preuve. Par défaut, pour comprendre les termes, nous retenons la généralité et le sens propre, jusqu’à preuve du contraire. Par ailleurs, les âmes des mécréants ne montent pas au ciel. Mais elles vont vers Sijjîn. » Ce qu’ils ont dit est donc infondé et il s’avère clairement qu’ils ont menti au sujet de Jésus.

Entre autre, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 21 (18-20) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait été pris de faim. Alors qu’il marchait vers les apôtres, il aurait vu un figuier en bordure du chemin. Il s’y serait dirigé pour en manger mais n’y aurait pas trouvé un seul fruit. Il aurait fait alors une invocation contre lui, et l’arbre serait mort sur le coup.

Marc a rapporté dans le chapitre 11 (12-13) de son évangile cette nouvelle. Il a ajouté la précision que ce n’était pas la saison des figues.

Regardez que Dieu vous fasse miséricorde comment ils ont attribué au prophète Jésus qu’il chercherait des figues dans les arbres des gens, en dehors de sa saison. Cela, même les enfants et les fous ne le font pas. Puis, ils ont dit qu’il a fait une invocation contre ce figuier et que l’arbre est mort. Or cet arbre n’a pas commis de péché qui mérite une telle punition. Cet arbre est soit la propriété de quelqu’un, soit il n’a pas de propriétaire et il est donc permis à tous ceux qui passent d’en cueillir les fruits. S’il était la propriété de quelqu’un, Jésus avec son ascèse et sa piété, n’aurait pas cherché à en manger sans l’autorisation de son propriétaire. En effet, les lois se sont accordées à interdire cela. Et si c’était un arbre sans propriétaire, à la portée de tout le monde, il n’aurait pas fait d’invocation pour qu’il meure, et que personne ne puisse plus en profiter. Jésus et tous les prophètes °alayhim as-salâm, Dieu a fait qu’ils soient naturellement une source de profit pour les créatures, pour leur intérêt, et non le contraire. Il s’avère clairement que Matthieu et Marc ont menti dans ce qu’ils ont attribué à Jésus à ce sujet, et c’est Dieu qui accorde la réussite pour l’obéissance.

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire

Entre autres, il y a leur parole que les vertueux parmi les musulmans se marient contrairement à ceux qui choisissent le chemin de la prêtrise parmi les chrétiens. On leur dit : vous êtes d’accord dans votre religion que David °alayh as-salâm était un prophète et qu’il était un roi. Et le degré de prophète est plus élevé que le degré de saint selon l’unanimité pour vous et pour nous. Et dans la Torah, David °alayh as-salâm a épousé cent femmes, et qu’il a eu d’elles plus de cinquante garçons et filles. Il y figure également que Salomon°alayh as-salâm a épousé mille femmes, tout comme cela a été confirmé dans la Torah. Et vous avez pour croyance que la Torah est vérité, qu’elle a été révélée de la part de Dieu. Et, de même, tous les prophètes °alayhim as-salâm, se sont mariés et ont eu des enfants, hormis Jésus et YaHyâ fils de Zacharie °alayhim as-salâm. Dans la Torah, il est permis à l’homme d’épouser autant de femmes qu’il peut prendre en charge. Et vous les chrétiens, vous n’avez pas autorisé le mariage contrairement à ce que Dieu a autorisé dans la Torah et dans l’Évangile. Mais vous êtes attachés en cela à la parole de Paul dont les premiers d’entre vous ont prétendu qu’il était comme un prophète. C’est ce même Paul qui vous a ordonné qu’un homme ne se marie qu’avec une seule femme et que, si elle meurt, il la remplace jusqu’à trois fois. Il vous a ordonné aussi que le prêtre n’épouse qu’une seule femme vierge et non pas une femme qui a déjà été mariée, et que, si elle meurt, il lui est interdit de se remarier. Il s’avère que votre religion, concernant le mariage, est en opposition avec les prophètes. Vous avez aussi contredit Paul pour le mariage des prêtres avec les femmes vierges puisque vous avez interdit le mariage à tous vos prêtres. Vos impudents et vos ignorants ont pour croyance cela, et ils blâment les saints parmi les musulmans dans ce qu’ils font quand ils se marient.

Tandis que vos savants, ils savent que cela est licite et que c’est écrit dans les livres célestes. Les gens de l’Islam, Dieu leur a accordé la religion de droiture, la religion belle qui ne comporte pas de difficulté pour eux. Et notre Prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam leur a dit : ce dont nous comprenons : « Mariez-vous et ayez des descendants, je serai fier de votre nombre au Jour du jugement. » Ainsi, par le mariage et par le fait d’avoir des enfants, ils ont des récompenses parce qu’ils obéissent ainsi à l’ordre de leur Prophète Salla llâhou °alayhi wa sallam.

Parmi ce que les chrétiens reprochent aux gens de l’Islam, il y a la circoncision. On leur dit que chez vous, dans les évangiles, Jésus °alayh as-salâm était circoncis et que le jour de sa circoncision, pour vous, fait partie des plus grandes fêtes. Comment reprochez-vous aux musulmans ce que vous glorifiez au sujet de votre prophète ? Puis vous avez pour croyance que Abraham °alayh as-salâm et tous les prophètes étaient circoncis et que Dieu leur a ordonné de se circoncire, tout comme c’est indiqué dans la Torah. Le blâme retombe sur vous, et le péché retombe sur vous, parce que vous avez délaissé une tradition de votre prophète concernant la circoncision. Vous avez contredit tous les prophètes, puis vous le reprochez. Et tous ceux qui reprochent et blâment un acte des prophètes dans ce qu’ils ont légiféré, aura mécru en Dieu et en Ses prophètes.

Parmi les choses qu’ils reprochent aux musulmans, c’est leur croyance que les gens du Paradis mangent et boivent. On leur dit : Comment blâmez-vous cela alors que Matthieu dit dans le chapitre 26 (29) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, alors qu’ils dinaient la nuit où les juifs, selon eux, l’ont emmené et tué : « Je ne boirai plus une autre boisson après celle-ci hormis au Paradis. » Et Marc a dit la même chose dans le chapitre 14 (25) de son évangile.

Et Lucas a dit dans le chapitre 22 (30) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Vous allez boire et vous allez manger avec moi à ma table au Paradis. » Les savants des chrétiens savent qu’Adam °alayh as-salâm a mangé d’un arbre qui lui était interdit au Paradis, lui et son épouse Ève (Hawwâ’) et que ce fut la cause de leur descente sur terre, et ceci est indiqué dans la Torah et dans l’Évangile. Comment leurs ignorants renient-ils qu’il y ait au Paradis des nourritures et des boissons ?! Ils donnent pour interprétation à ce sujet que tout ce qui est mangé et bu va nécessairement entrainer de l’urine et des selles, alors que le Paradis est pur de tout cela. Ils n’ont pas su que notre prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam, celui qui était le plus grand des sages, nous a appris que ce que les gens du Paradis mangent et boivent sortira d’eux sous forme de transpiration qui a une odeur pareille à celle du musc et qu’ils ne crachent pas, qu’ils ne se mouchent pas, qu’ils n’urinent pas, qu’ils ne défèquent pas.

Les Livres et les messagers ont été unanimes à dire qu’au Paradis il y a différentes sortes de fruits et de chair d’oiseaux et autres, de tout ce que les âmes désirent et qui est un plaisir pour les yeux. Or s’il était possible que quelqu’un y entre et soit privé de ces plaisirs, il se retrouverait châtié, menant une triste vie. Nous demandons à Dieu de nous préserver de pareilles croyances. Car cette croyance entraine ce que disent les athées, que le plaisir du Paradis après la mort, a lieu uniquement avec les âmes et pas avec les corps, parce qu’ils renient la résurrection des corps. Les chrétiens, même s’ils ne déclarent pas cela de manière explicite, cette parole que « les âmes seules profiteront au Paradis et que les corps n’auront de félicité par les aliments que pour être en bonne santé conformément à ce que Dieu a fait. » Et ceci est contraire à ce qu’implique la raison et à ce qui est rapporté.

Parmi les choses qu’ils renient également aux musulmans, il y a leurs paroles qu’il y a au Paradis des palais, des perles et autres que cela. On leur dit : Chez vous, dans le livre appelé Nûr al-qiddisîn, à propos du récit de Jean l’évangéliste, il est passé un jour auprès de deux jeunes gens qui avaient des vêtements en soie, qui avaient avec eux des serviteurs et un grand convoi. Il les a exhortés en leur rappelant l’enfer. Il les a menacés au point qu’ils ont abandonné ce qu’ils avaient comme bienfaits. Ils ont suivi Jean, précédemment cité, et ils ont donné en aumône leur argent à leurs serviteurs. Quelques temps plus tard, leurs serviteurs étaient passés avec des vêtements luxueux, et des convois et des serviteurs. Ils en furent attristés et regrettèrent ce qu’ils avaient raté comme plaisirs du bas monde. Cela était devenu for éprouvant pour eux. Jean comprit cela et leur dit :

Vous avez donc regretté, vous êtes tristes pour les bienfaits que vous avez manqués du bas monde ? » Ils lui ont répondu :

Oui, nous ne pouvons pas supporter ce manque. » Alors, il leur a dit :

Alors, allez, ramenez-moi des pierres de la rivière. » Ils en ont ramenées. Il les a mises sous son vêtement puis les a sorties, après qu’elles soient devenues des perles précieuses. Il leur a dit :

Allez au marché, vendez-les et achetez avec leur prix plus que vous aviez possédé. Mais vous n’aurez aucune part au Paradis. Vous avez vendu votre part au Paradis pour cette chose rapide qui va à sa fin. » Tandis qu’ils étaient ainsi, des gens sont venus avec un mort. Et ils ont demandé à Jean précédemment cité de le ressusciter. Il a dit :

Relève-toi, ô mort, par la volonté de Dieu. » Le mort s’est relevé et Jean lui dit :

Annonce à ces deux hommes ce qu’ils ont raté comme félicité du Paradis. » Celui qui était mort leur dit alors :

Vous aviez au Paradis des palais construits avec des perles de chaque couleur, la longueur de chaque palais est de telle et de telle distance. » Lorsque les deux jeunes gens ont entendu cela, ils ont fait le repentir, ils ont tout abandonné et ont suivi Jean sur la religion de Jésus jusqu’à ce que leur vienne la mort.

Vous avez également, dans le livre cité, que Valerian, que vous comptez parmi les vertueux et les grands prêtres, les anges lui ramenaient chaque jour de la nourriture du Paradis sur des plateaux en or avec des serviettes en soie et au-dessus des serviettes et des fleurs de différentes couleurs. Comment reniez-vous qu’il y ait pas au Paradis des ustensiles en or, des vêtements en soie et de la nourriture, alors que ce récit est une preuve contre vous, autre que ce que les livres prophétiques ont rapporté à ce sujet, et sur lesquels se sont accordés tous les gens sensés qui suivent la loi. Mais vous êtes un peuple qui préfère l’ignorance. Et vous ignorez que vous êtes ignorants.

Et dans le livre cité également, il y a dans le récit de Santone que les anges venaient le voir chaque jour avec une quantité de nourriture qui lui suffisait matin et soir, une nourriture des gens du Paradis avec différentes variétés. Un jour, il a reçu la visite d’un homme vertueux chez eux, un grand prêtre qui est connu sous le nom de Paul l’esclave. Ce jour-là, les anges ont amené beaucoup plus que ce qu’ils ne ramenaient habituellement comme nourriture dans des récipients en or, couverts de serviettes de soie. Et dans leurs livres, il y a beaucoup de récits semblables, mais je les ai laissés, par crainte de prolonger et d’ennuyer.

Parmi ce qu’ils reprochent aux musulmans également, il y a le fait qu’ils se donnent des noms de prophètes °alayhim as-salâm. On leur dit : Comment nous reprochez-vous cela alors que nous nous donnons les noms des prophètes, par recherche des bénédictions par ces prophètes, et qu’ils sont bien des êtres humains. Comment ne vous reprochez-vous pas vous-mêmes le fait que vous vous donniez des noms d’anges tels que Gabriel, Mikael, Azrael, et ce qui est du même ordre. Et ils n’ont absolument aucune réponse à cela. Et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad est confirmée dans tout livre que Dieu a révélé. Tous les prophètes ont annoncé sa venue.

Il y a entre autre ce qui figure dans le chapitre 16 (6-12) du premier livre de la Torah[86]. La Torah est composée de cinq livres qui ont été réunis dans un même volume. Et ce, lorsqu’ils prétendent qu’Agar (Hâjar) a fui Sarah l’épouse de Abraham, elle a vu cette nuit-là un ange qui lui dit : « Ô Agar que veux-tu et d’où viens-tu ? » Elle a répondu : « J’ai fui Sarah. » Il lui a dit : « Retourne chez elle et soumet toi à elle. Dieu fera que ta descendance sera nombreuse. Bientôt tu seras enceinte et tu donneras naissance à un fils qui s’appelle Ismaël, car Dieu a entendu ta crainte. Ton fils sera le plus honorable des gens. Il aura une autorité sur tous les gens. Tout le monde se soumettra à lui. Il aura une souveraineté qui s’étendra dans la majorité du monde. » Fin du texte de la Torah.

Il est connu qu’Ismaël et les enfants de sa descendance n’ont pas géré la majorité du monde. L’allusion par cela est faite vers l’éminent descendant qu’il a eu, qui est notre prophète MouHammad. C’est sa religion, l’Islam, qui a été au-dessus de tous les gens de la terre et la majorité de sa partie habitée. Sa communauté a eu le pouvoir aux orients et aux occidents de la terre. Ceci est quelque chose que les savants des juifs savent comme la majeure partie d’entre eux. Cependant, ils le cachent aux gens du commun.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 18 (18) du cinquième livre de la Torah[87] que Dieu a dit à Moïse °alayh as-salâm : « Dis au fils d’Israël que je leur accorderai à la fin des temps un prophète comme toi, du fils de leur frère. Celui qui ne suit pas la parole que je lui révèle, je me vengerai de lui. » Ce texte indique que ce prophète qu’il enverra pour les fils d’Israël [ainsi qu’à toute l’humanité] à la fin des temps, ne fait pas partie de leur descendance. Mais il fera partie de la descendance de leur frère. Or chaque prophète qui a été envoyé après Moïse faisait partie des fils d’Israël. Le dernier d’entre eux était Jésus °alayh as-salâm. Il ne reste plus du fils de leur frère que notre prophète MouHammad, parce qu’il est descendant d’Ismaël et Ismaël est le frère d’Isaac fils d’Abraham. Isaac est l’ancêtre des fils d’Israël. C’est cette fraternité qui a été mentionnée dans la Torah.

Si cette annonce d’un prophète avait concerné l’un des prophètes des fils d’Israël, il n’y aurait pas eu d’intérêt à mentionner cette fraternité. Les juifs sont unanimes à dire que parmi tous les prophètes des fils d’Israël après Moïse, il n’en y a pas eu un seul qui soit comme lui. Le sens de la similarité ici, c’est qu’il ait amené une Loi particulière que les communautés suivront après lui. Or, c’est bien la description de notre prophète MouHammad parce qu’il est descendant de leurs frères les arabes, un descendant d’Ismaël. Il a amené une Loi qui abroge toutes les Lois antérieures, et sur laquelle les communautés l’ont suivi. Il est donc comme Moïse de ce point de vue, et meilleur que lui et que tous les prophètes et les messagers, par l’unanimité de sa communauté, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 33 (2) du cinquième livre de la Torah[88]. Ils disent que le Seigneur est venu du haut du Sinaï, et qu’il a brillé de Séir et qu’il est révélé de la montagne de Pharan, c’est-à-dire La Mecque et la terre duHijaz. Pharan c’est le nom d’un des rois géants qui se sont partagé la terre. Le Hijaz et ses environs furent la part dePharan. Pour cela, tout ce pays a porté son nom dans la Torah.

Quand ils disent que Dieu est venu du haut du Sinaï, ils visent par cela, la venue de la religion qu’il agrée, et la croyance en son unicité tout comme il l’a révélé à Moïse au mont Tyr au Sinaï. Ils visent par sa brillance sur le Séir, qui est une montagne du Cham[89], l’apparition de la religion de Jésus °alayh as-salâm par ce qu’il lui a révélé. Enfin, ils visent par sa révélation sur le mont Pharan, la religion de l’Islam que Dieu a révélée à La Mecque et au Hijaz à notre prophète MouHammad.

Et lorsqu’il dit : « Les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu », les myriades sont les hommes saints et vertueux. Ce qui est visé ici, ce sont les compagnons de notre prophète MouHammad, car ce sont eux qui étaient avec lui, à sa droite, ils ne l’ont pas du tout lâché, que Dieu les agrée.

Il y a également ce sur quoi se sont accordés les quatre qui ont écrit les quatre évangiles que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux apôtres quand il a été élevé au ciel : « Je vais rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu, et je vous annonce la bonne nouvelle d’un prophète qui viendra après moi qui s’appelle Paraclet. » Et ce nom honoré est en grec. Sa traduction en arabe est AHmad, tout comme Dieu dit dans son livre honoré :

﴿ وَمُبَشِّرًا بِرَسُولٍ يَأْتِي مِن بَعْدِي اسْمُهُ أَحْمَدُ ﴾

[sourate aS-Saff, verset 6] ce dont nous comprenons : « Et annonciateur d’un Messager après moi qui s’appellera AHmad. » Ce nom figure dans l’évangile en latin Paracletus. C’est ce nom honoré et bénie qui a été la cause de mon Islam, tout comme je l’ai cité au tout début de ce livre.

Et Jean a dit dans le chapitre 14 (26) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Mais le Paraclet, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Le Paraclet, c’est notre prophète MouHammad, celui qui a enseigné aux gens toutes choses, conformément à ce que Dieu lui a révélé comme Qourân honoré dans lequel il y a les informations sur les premières et les dernières communautés. Et Dieu a fait qu’il ne comporte pas de défaillance ou de défaut, tout comme Dieu dit :

﴿  مَّا فَرَّطۡنَا فِي ٱلۡكِتَٰبِ مِن شَيۡءٖۚ  ﴾

[sourate al-‘An°âm, verset 38] dont nous comprenons : « Nous avons fait qu’il n’y a aucun défaut dans le livre. »

Il n’est pas apparu après Jésus un prophète-envoyé avec ces caractéristiques, hormis notre prophète MouHammad. Il est donc celui qui est visé par cette glorieuse annonce.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 16 (13) de son évangile que Jésus a dit : « Quand le Paraclet sera venu, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Ceci est la description de notre prophète MouHammad connu par la voie du tawâtour[90] de sorte que ne la renie que quelqu’un pour qui Dieu a voulu l’égarement, quelqu’un repoussé loin des portes de la miséricorde de Dieu. Quant au fait qu’il ne parle pas en suivant ses passions, et qu’il ne dise que ce qu’il lui est révélé, ceci Dieu en témoigne, et il n’y a pas divergence à son sujet au sein de sa communauté, tout comme Dieu dit :

﴿ وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَىٰ ٣ إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَىٰ ٤ ﴾

[sourate an-Najm verset 3 et 4] ce dont nous comprenons : « Il ne parle pas en suivant des passions, ce n’est qu’une révélation qui lui parvient. »

Quant au fait qu’il a annoncé les évènements passés et les choses du futur, c’est un vaste sujet sur lequel des livres entiers ont été écrits, c’est une mer immense qu’on ne peut englober. Ainsi il y a par exemple dans le livre Ach-Chifâ[91] du maître le Faqih, l’Imam, Houjjatal‘Islâm, Abou al-FaDl °IyâD ce qui est suffisant et une moralité pour les gens dotés de raison.

Quant à la confirmation de sa prophétie à partir des livres des prophètes antérieurs °alayhim as-salâm, il y a entre autre ce qu’a dit David °alayh as-salâm dans les Psaumes dans le chapitre 72 (8-17) « Il dominera d’une mer à l’autre, Et du fleuve aux extrémités de la terre. Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présents. Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n’a point d’aide. Il aura pitié du misérable et de l’indigent, Et il sauvera la vie des pauvres. Il les affranchira de l’oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux. Ils vivront, et lui donneront de l’or de Séba ; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, Et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban ; Les hommes fleuriront dans les villes comme l’herbe de la terre. Son nom subsistera toujours, Aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera ; Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux. »

Ce sont là toutes les descriptions de notre prophète MouHammad. La réalité témoigne de cela et tous ceux qui prétendent que ce n’est pas sa description, ne trouveront personne au monde à qui une telle description puisse s’appliquer. Et si quelqu’un prétend qu’elle s’applique à un autre prophète, c’est un calomniateur au grand jour.

Par ailleurs, je ne connais personne parmi les prophètes après David qui ait eu de telles caractéristiques. Or David a vécu avant notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. Or les savants des juifs savent que cette description est exactement celle de notre prophète. Mais ils la dissimulent[92] en agissant exactement en fonction du malheur qui leur a été prédestiné de toute éternité.

Et entre autre il y a ce que le prophète Habacuc a dit dans le chapitre 3 de son livre[93] « À la fin des temps viendra le Seigneur (c’est-à-dire les manifestations du Seigneur) de la qibla et le Saint des montagnes de Pharan[94]. » La venue des manifestations du Seigneur, c’est la venue de sa révélation.Le Saint,c’est notre prophète MouHammad. Il est bien apparu de la montagne de Pharan qui est La Mecque et la terre duHijaz.

Il y a aussi ce qu’a dit le prophète Michée c’est-à-dire Mikha dans le chapitre 4 (1-3) de son livre [95]: « À la fin des temps viendra une communauté à laquelle il sera fait miséricorde, qui choisira la montagne bénie pour adorer Dieu. Là-bas, ils se réuniront de toutes les contrées pour adorer l’unique et ils ne lui attribueront aucun associé. » Il s’agit là de la montagne d’Arafat sans aucun doute. Et la communauté à laquelle il est fait miséricorde, c’est la communauté de MouHammad. Et la réunion dans la montagne bénie, c’est la réunion des pèlerins à Arafat, le fait qu’ils s’y rendent en venant de différentes contrées.

Il y a également ce qu’a dit le prophète Ich°ayâ c’est-à-dire Ésaïe dans le chapitre 42 de son livre[96] : « Le Seigneur enverra à la fin des temps son esclave qu’il a élu. Il lui enverra l’ange honoré et honnête pour lui enseigner la religion. À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. Il est comme une lumière qui les sortira de l’obscurité dans laquelle ils étaient endormis. Je vous fais savoir ce que le Seigneur m’a fait savoir, avant que cela n’ait lieu. »

Ceci, que Dieu vous fasse miséricorde, est la description de notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. C’est bien elle, clairement, parce que c’est lui que Dieu a envoyé à la fin des temps après l’avoir élu. Il a fait de lui celui qu’Il agrée le plus parmi toutes ses créatures. Il lui a envoyé l’ange honnête Jibril (Gabriel) pour lui enseigner la religion. Il s’agit de la révélation du Qourân, de la tradition (Sounnah) et des lois de l’Islam. Le Prophète a bien transmis tout ce qu’il a reçu l’ordre de transmettre. C’est cela le sens de la parole de ce prophète : « À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. » Tout ce qu’il a reçu l’ordre de faire et tout ce à quoi il a appelé, et ce qu’il a interdit, les gens censés ont été unanimes à propos de son équité, et sur le fait qu’il était correct dans les choses qu’il a ordonnées et les choses qu’il a interdites. Ceux qui ont mécru en lui et qui l’ont renié, ne l’ont fait que par entêtement, par orgueil par rejet de la vérité au grand jour. Ils se sont pris les pieds dans les cordes du démon, par ce qui leur a été prédestiné comme égarement. La lumière par laquelle il a sorti les gens de l’obscurité, c’est le Qourân éminent que Dieu lui a révélé. La parole de ce prophète Ésaïe est une des preuves les plus claires et les plus fortes pour la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad. Si je citais tout ce qui est parvenu dans les livres des anciens prophètes, ce livre aurait pris beaucoup plus de volume. Et, j’espère de la part de Dieu, qu’il m’accorde de rassembler les annonces de bonne nouvelle portées par tous les prophètes, dans un livre unique pour les détailler.

Nous nous fions à Dieu, Il nous suffit. Il n’est de force et de préservation que par Dieu.

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad ainsi que sa famille et ses compagnons et qu’il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté et ce, jusqu’au Jour du jugement et la louange est à Dieu le Seigneur des mondes.

Cette copie a été faite en 1290 de l’hégire correspondant à l’année 1873 du calendrier grégorien.

C’est une copie alors que le livre d’origine a été terminé en l’an 823 de l’hégire correspondant à l’année 1420 du calendrier grégorien.

Traduction en français terminée le 16 du mois de Joumâdâ al-‘Ûlâ de l’année 1442 de l’hégire, correspondant au 31 décembre 2020 du calendrier grégorien.

Épitaphe inscrit sur le maqâm de l’auteur

Maqâm de l’auteur à Tunis, Tunisie

Épilogue du traducteur

C’est un grand bonheur que de suivre cette religion éminente qu’est l’Islam, cette religion que Dieu a agréée pour Ses esclaves, cette religion qu’Il nous a ordonné de suivre et dans laquelle nous devons persévérer. Attachez-vous à cette religion éminente. Persévérez dans cette religion jusqu’à la mort, vous serez ainsi au nombre des victorieux au Jour du jugement.

Observez bien ce qui est parvenu dans le Hadîth qoudsiyy rapporté par le Messager de Dieu d’après son Seigneur. Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allâh dit [ce dont nous comprenons] : « Ô vous mes esclaves, ce sont vos actes que je vous comptabilise et pour lesquels, par la suite, je vous rétribuerai. Celui qui trouve du bien, qu’il fasse la louange à Dieu ; et celui qui y trouve autre chose, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.«  »

Rends-toi des comptes à toi-même, surveille ton âme et fais attention à tes paroles, à ce que tu fais et à ce à quoi tu crois. Adore Dieu comme si tu Le voyais et même si tu ne Le vois pas, rappelle-toi que Lui te voit. Dieu dit dans le Qourân honoré dans sourate at-tawbah, verset 74 : ce dont nous comprenons : « Ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont bien dit la parole de mécréance. Ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. »

Les savants ont retenu comme preuve ce verset éminent du Qourân sur le fait qu’il y a parmi les sortes de mécréance ce qui est appelé la mécréance par la parole. Elle a lieu par la langue, et c’est la mécréance la plus répandue.

Parmi ce qui relève de cette mécréance par la parole, il y a le fait d’insulter Dieu, ou les prophètes, ou les anges. De même, il y a le fait de se moquer de la prière, ou du jeûne, ou du Qourân, ou de l’enseignement prophétique. Celui qui le fait devient mécréant, et ceci, qu’il l’ait dit en étant sérieux ou en plaisantant, en étant en colère ou en étant calme. Rien de tout cela n’est excusé. Allâh dit dans sourate at-tawbah, versets 65 et 66 : ce dont nous comprenons : « Et si tu les avais interrogés, ils auraient répondu : « Nous ne faisions que discuter et plaisanter. » Dis : « Est-ce de Dieu, de Ses signes et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne cherchez pas d’excuses, vous avez montré votre mécréance après avoir montré la foi. » »

Et Dieu, Celui que nous aimons et que nous adorons[97] dit dans le Qourân honoré, sourate al-Houjourât, verset 15 : ce dont nous comprenons : « Certes, les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Dieu et en son Messager puis qui n’ont point douté. »

Par ce verset éminent du Qourân, les savants ont retenu la preuve que parmi des sortes de mécréance, il y a ce qui est appelé la mécréance par la croyance. En effet, le doute a lieu dans le cœur.

Celui qui a pour croyance que Dieu serait une lumière, ou un grand corps, ou un petit corps, ou un corps de taille intermédiaire, qui habiterait le ciel ou bien qui s’incarnerait lui-même en tout endroit, il n’a pas connu son Seigneur, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures. Il n’a de ressemblance ni avec le soleil, ni avec la lune, ni avec les étoiles, ni avec les planètes, ni avec les humains, ni avec les djinns, ni avec les anges. Mais, comme Il le dit à Son sujet dans la révélation, sourate ach-chûrâ, verset 11 : ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et il est celui qui entend, celui qui voit. »

Et Il dit dans sourate al-ikhlâS, verset 4 ce dont nous comprenons : « Et il n’a point d’équivalent. » Dieu n’a pas de ressemblant, Il n’a pas d’équivalent, Il n’a pas de semblable. Quoi que tu imagines en ton esprit, Dieu n’est pas ainsi, c’est-à-dire qu’Il n’a aucune ressemblance avec tout cela.

Dieu, celui que nous aimons et nous n’adorons nul autre que Lui dit dans le Qourân honoré, sourate fouSSilat, verset 37 : ce dont nous comprenons : « Ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, prosternez-vous plutôt pour Dieu qui les a créés, si c’est vraiment Lui Que vous adorez. »

Ce verset éminent du Qourân a été retenu par les savants comme preuve qu’il y a, parmi les sortes de mécréance, la mécréance par les gestes. Elle consiste par exemple à se prosterner pour le soleil, ou pour la lune, ou pour le chayTân, ou pour le feu, ou bien à jeter le MouS-Haf –le livre du Qourân– dans les ordures, ou le piétiner, ou même piétiner des livres de religion.

Tout cela fait sortir de la religion agréée par Allâh. Celui de qui est provenu une mécréance, qu’elle ait eu lieu par une parole, par une croyance ou par un geste, cette mécréance l’ayant fait sortir de la religion, il doit revenir à l’Islam en prononçant les deux témoignages : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que MouHammad est le Messager de Dieu. »

Anselm Turmeda ou °Abdoullâh at-Tourjoumân a vécu sa vie, et est passé au barzakh, la résidence qui nous sépare du Jour du jugement.

Il a fait le bon choix.

Il avait grandi dans un environnement qui attribuait à Dieu ce dont Il est exempt, et qui ne croyait pas au dernier des prophètes, notre maître MouHammad. Il a gravi les échelons de sa religion d’origine pour se rendre compte qu’il avait une mauvaise croyance au sujet de Dieu et de Ses prophètes.

Il a choisi la vérité au mensonge, la réalité à l’illusion, les épreuves du bas monde au superflu de la vie d’ici-bas.

Chacun d’entre nous va un jour mourir.

Le plus grand bienfait dont puisse bénéficier un être vivant doté de raison, c’est d’avoir la croyance qu’agrée pour nous Allâh, notre créateur, Celui qui crée le bien et le mal. Il crée le bien, Il l’agrée et ordonne de le faire. Il crée le mal, Il ne l’agrée pas et Il interdit de le commettre.

Que chacun s’attache à la religion des prophètes et des envoyés, la religion de l’Islam, afin d’être au nombre de ceux qui seront sauvés du châtiment du Jour du jugement.

Ô mon Dieu, fais que nous mourions sur la croyance de l’Islam, ô Toi qui accorde le plus de miséricorde.

Table des matières

Premier chapitre. 6

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz. 11

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde. 13

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens. 18

Première partie. 19

Chapitre. 22

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes. 23

Le premier groupe : 23

Le deuxième groupe : 24

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements de la religion chrétienne. 26

Le premier fondement : le baptême et sa description. 26

La manière de pratiquer le baptême : 27

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité : 28

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison. 31

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer 34

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer 38

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi 40

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré. 43

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges. 48

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance. 53

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire. 57

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes. 60

Épilogue du traducteur 67


[1] Mort en 456 de l’hégire – 1064 Grégorien. Certains savants de Ahl as-Sounnah w l-Jamâ°ah ont remis en cause certains de ses prétendus arguments.

[2] NdT : Pampelune, comme dans certaines autres références de ce livre.

[3] NdT : Anvariyah et Anvrounah dans d’autres références ; fort probablement Navarre.

[4] NdT : Le Prophète MouHammad.

[5] NdT : Bien sûr que le christianisme n’est pas la religion de Jésus. Jésus, comme tous les envoyés de Dieu, était musulman, c’est-à-dire soumis à l’extrême à Dieu et à Dieu seul.

[6] NdT : Probablement : « Fais une annonce publique de ton Islam », car il était vraisemblablement entré en Islam avec le médecin précédemment cité.

[7] NdT : Même si son objectif était d’avoir la totale confiance du Sultan, il est interdit de retarder son entrée en Islam. Accepter de rester ne fut-ce qu’une seconde de plus non musulman, est un acte qui fait mériter le châtiment éternel de Dieu. Un non musulman se doit de prononcer les deux témoignages de foi immédiatement pour devenir musulman.

[8] NdT : Ce compagnon était auparavant un savant érudit juif de Médine. Lorsqu’il avait annoncé son Islam, ses anciens coreligionnaires l’ont dénigré alors qu’auparavant, avant qu’ils n’apprennent son Islam, ils avaient fait son éloge.

[9] NdT : c’est-à-dire l’attestation de foi ou ach-chahâdah : Je témoigne que nul autre que Dieu ne mérite d’être adoré et je témoigne que MouHammad est Son esclave et Son messager.

[10] Celui qui a fondé la bibliothèque de Tunis, mort en 837 de l’hégire –1433 Grégorien.

[11] NdT : Apparemment, sorte d’administration gérant les affaires commerciales du port. Probablement ce qui s’appelle aujourd’hui Douane.

[12] NdT : Port de la banlieue de Tunis.

[13] NdT : Du Hadîth : montrer que l’on a une destination et en avoir une autre en réalité, ou tawriyah.

[14] Le registre consignant les entrées du trésor des musulmans.

[15] NdT : unité de mesure de volume, équivalent à huit makkûk, soit douze Sâ°, ou encore environ vingt-quatre kilogrammes et demi ou seize kilogrammes de blé selon certains.

[16] NdT : Du Gouvernorat de Nafzah, au Nord Est de la Tunisie, pas loin de la ville de Béja.

[17] NdT : waqf ou houbous.

[18] En arabe Âmîn.

[19] NdT : Entre trente et cinquante ans.

[20] NdT : littéralement la porte de la mer, c’est-à-dire la porte qui donne vers la route qui mène à la mer.

[21] NdT : lieu d’adoration, d’évocations et d’apprentissage religieux.

[22] NdT : les évocations orales de Dieu.

[23] NdT : waqf ou houbous. Généralement biens immobiliers consacrés par des donateurs bienfaiteurs et dont le revenu est dédié à l’entretien ou au financement d’une activité religieuse.

[24] NdT : soit le Sud Est pour Tunis.

[25] NdT : faubourg de Tunis à l’époque, intégré dans la ville de Tunis de nos jours.

[26] NdT : probablement observatoires de la nouvelle lune.

[27] NdT : dénomination usitée à l’époque : mâristân.

[28] NdT : ancienne dénomination de la partie orientale du Maghreb.

[29] NdT : probablement en référence aux structures verticales des tentes.

[30] NdT : Probablement en référence à ce qui est vendu à notre époque dans un bazar.

[31] NdT : dans certaines versions du livre deux cents dinars.

[32] NdT : Probablement instruments de musique.

[33] NdT : une sorte de monopole.

[34] NdT : en référence probablement à la prostitution et la vente d’alcool.

[35] NdT : la police.

[36] NdT : Peut-être Trapani.

[37] NdT : Dans l’actuelle Libye.

[38] NdT : Dans l’actuelle Tunisie.

[39] NdT : Dans l’actuelle Algérie.

[40] NdT : Le Livre authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm, et non pas les livres présentés comme tels entre les mains des gens, à notre époque et depuis longtemps.

[41] NdT : l’Est du pays du Châm, les actuelles Syrie, Liban, Jordanie et Palestine.

[42] NdT : mesure ancienne de distance, selon les auteurs varie entre 1,5 Km et 3,7 Km.

[43] NdT : connu chez les chrétiens sous le nom de Paul de Tarse.

[44] NdT : les musulmans qui suivaient Jésus sur l’Islam, et qui ont été pervertis par la suite par ceux qui ont diffusé les fausses croyances des chrétiens.

[45] Dans certaines versions Athanias, et dans d’autres Hanania.

[46] NdT : Littéralement les soutiens de Jésus. Mais ce terme a été dévoyé dans sa signification pour désigner ensuite les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui ont considéré Jésus comme étant dieu.

[47] Dans une autre version parce qu’ils ne croient pas que tu m’as envoyé.

[48] NdT : Il vise par-là Dieu. La croyance des musulmans est que Dieu n’est pas au ciel, mais qu’il existe sans endroit et qu’Il est sans comment. Il existe avant la création des cieux et de la terre. Il ne change pas. Tout comme avant l’existence des cieux et de la terre, Il est sans endroit, également après la création des cieux et de la terre, Il est sans endroit.

[49] NdT : Wikipédia : Le sacrement est un rite cultuel sacré dans le catholicisme, le christianisme orthodoxe, et certaines dénominations protestantes. Selon la doctrine, un sacrement produit un effet dont la source est Dieu, qui donne sa grâce. Ils y trouvent le symbole et le moyen d’une alliance entre Dieu et les hommes.

L’Église catholique distingue sept sacrements qui forment une liste dite septénaire : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades, l’ordre et le mariage.

Alexandre Ganoczy, La doctrine catholique des sacrements, Paris, Desclée, 1988 « Au Xe siècle, les Églises occidentales commençaient à reconnaître, en plus du baptême et de l’eucharistie, la sacramentalité de la pénitence et du mariage. On y ajouta diverses onctions d’initiation : du baptême, de la confirmation, du sacre du roi, de l’ordination des prêtres et de la consécration des moines. Les nombres cités variaient entre cinq et douze. Quelques docteurs allaient jusqu’à trente. »

[50] NdT : Ceci chez les catholiques. Mais les orthodoxes ne se suffisent pas d’asperger, mais insistent sur le fait de plonger dans l’eau.

[51] NdT : Là encore il y a divergence entre les orthodoxes et les catholiques au sujet de l’obligation du baptême des enfants.

[52] NdT : pré-islam.

[53] NdT : C’est ce que disent les catholiques. Quant aux orthodoxes, ils disent qu’il n’en aurait qu’une.

[54] NdT : selon la plupart d’entre eux, le troisième est ce qu’ils appellent le Saint-Esprit, Jibril °alayhi s-salâm.

[55] NdT : Selon les références chrétiennes : Celui qui est visé est Pierre. Son prénom d’origine est Sam°ân. Il était pêcheur. Jésus l’aurait invité à le suivre et il aurait cru en lui. Il l’aurait surnommé Kifa qui est un mot araméen qui a le sens de la pierre et du rocher. Il lui aurait dit : « Tu es la pierre ou le rocher sur lequel je bâtirai mon église. » Puis ce nom a été traduit en latin en un mot qui signifie le rocher et la pierre à savoir Petrus. Il est mort à Rome durant le règne de l’empereur Néron, là où il a posé les fondements de l’église catholique. Les papes se considèrent ses successeurs. Certains disent que c’est lui qui a écrit l’évangile de son élève Marc et le lui aurait attribué par la suite.

[56] NdT : Les livres du nouveau testament : l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d’un processus de plusieurs siècles : les quatre évangiles canoniques, les Actes des Apôtres, 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse, l’épître aux Hébreux, d’autres actes attribuées à différents disciples et l’Apocalypse. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtres_de_Paul

[57] NdT : canonique selon les chrétiens.

[58] NdT : Les douze apôtres selon les chrétiens sont (au passage, seul un des 4 évangélistes est cité) : Pierre (Simon-Pierre) ; André (frère de Pierre, dit le Protoclet 11,12) ; Jacques le Majeur ; Jean (frère de Jacques, tous deux fils de Zébédée) ; Philippe ; Barthélemy ; Thomas ; Matthieu ; Jacques le Mineur (fils d’Alphée) ; Jude (appelé aussi Thaddée) ; Simon le Zélote ; Judas Iscariote (remplacé par Matthias après son suicide) 5,6.

[59] NdT : Le marchepied : un corps gigantesque que Dieu a créé par manifestation de Sa toute-puissance et dont Il n’a pas besoin, puisque Dieu existe sans endroit et sans direction, tout comme Il le dit dans le Qourân verset 11 de sourate ach-Chûrâ, qui signifie en français : « Absolument rien n’est pareil à Lui, et Il est celui qui entend et qui voit. »

[60] NdT : C’est la période entre la mort et le jour du jugement. Il vise ici que Al-Yasa° avait eu ce miracle de ressusciter un mort alors que lui-même était mort, tandis que Jésus avait eu ce même miracle alors qu’il était encore vivant.

[61] NdT : La parole de Dieu est Son attribut par lequel Il ordonne, interdit, promet, avertit et informe. Cet attribut n’est pas une langue arabe, hébraïque, araméenne ou autre. Ce n’est pas une suite de mots ni un son, ni des lettres. Les Livres révélés sont appelés parole de Dieu, dans ce sens qu’ils sont une expression de cet attribut éternel. Tout comme le mot Dieu est une expression de l’Être éternel, qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, et qui mérite la totale soumission et l’entière dévotion.

[62] NdT : Selon la mythologie chrétienne dans l’Exode : (16:2) Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert. Les Hébreux murmuraient contre Moïse parce qu’ils mouraient de faim. Le soir, il leur tomba des cailles du ciel ; le matin suivant, il se répandit un brouillard ou une rosée ; lorsqu’elle se fut évaporée, « apparut sur la surface du désert quelque chose de menu, de granuleux, de fin comme du givre sur le sol. » (16:14) Moïse leur dit : « C’est le pain que l’Éternel vous donne pour nourriture. » (16:15) Et plus loin : « La maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne. » La manne tombait du ciel chaque jour, excepté le jour du Chabat, la veille de ce jour il en tombait une quantité double. « Les enfants d’Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu’à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan. »

[63] NdT : Le Qourân a fait allusion à cela par la parole de Dieu dans le verset 139 de sourate Al-‘A°râf.

[64] Élie.

[65] Énoch.

[66] NdT : Évangile de Marc [15, 34].

[67] NdT : traduction de °araD. C’est tout ce qui advient àh une substance ou un corps comme la couleur, l’odeur, le mouvement et l’immobilité, la chaleur et la froideur, etc. C’est ce qui ne se définit que par autre que soi et qui n’a pas d’existence indépendante de la substance.

[68] NdT : traduction de jawhar. C’est ce qui se définit par soi-même, qui occupe un endroit. Il peut être indivisible, et c’est la plus petite partie d’un corps, il s’appelle alors substance ou particule élémentaire (jawhar fard). Il peut être composé de substances élémentaires, auquel cas c’est le corps.

[69] NdT : Les savants musulmans sunnites (Ahl as-Sounnah), acharites et matouridites, ont dit qu’il est un devoir d’ordre communautaire de connaître la preuve rationnelle détaillée de l’existence de Dieu, et ce en disant par exemple :

A) L’existence de ce monde a un début

  1. Le monde est composé de substances et d’attributs de substances ou accidents.
  2. Une substance, c’est ce qui a une localisation en tant que tel, c’est-à-dire une localisation qui n’est pas par l’intermédiaire d’autre qu’elle. Ainsi une substance occupe un endroit qu’aucune autre substance qu’elle n’occupe en même temps qu’elle.
  3. Quant à l’accident ou attribut d’une substance, il n’a pas de localisation en tant que tel, mais par l’intermédiaire d’autre que lui. Par exemple le mouvement, qui n’a de localisation que par le biais d’une substance en mouvement et n’a pas de localisation par lui-même. Il n’y a de mouvement que par le biais d’une substance en mouvement.
  4. Les substances sont nécessairement sujettes à des attributs, tels que le mouvement et l’immobilité. Ceci est clair, c’est une évidence rationnelle. Ainsi, une substance est soit immobile, soit en mouvement. Il est impossible selon la raison qu’il existe une substance qui ne soit ni immobile ni en mouvement.
  5. L’existence du mouvement et de l’immobilité par le biais des substances –dans lesquelles la succession du mouvement et de l’immobilité est aisément constatée par l’observation–, a nécessairement un début. En effet, par l’entrée en existence de l’un des deux, l’autre s’anéantit et prend fin. L’existence de celui des deux qui est survenu a donc un début du fait qu’il est survenu –c’est-à-dire par son existence après l’inexistence– et celui des deux qui précède l’autre, lui aussi, est entré en existence du fait de son anéantissement. En effet, si son existence n’avait pas de début, il aurait été impossible qu’il s’anéantisse, car, ce dont la raison conçoit l’anéantissement fait partie du possible rationnel, c’est-à-dire que l’existence tout comme l’inexistence lui sont possibles du point de vue de sa réalité même, et aucun des deux ne prévaut sur l’autre en soi. De ce fait, il a besoin de qui a fait prévaloir son existence sur son inexistence. Ainsi, c’est quelque chose qui est entré en existence, et ce qui entre en existence n’est pas exempt de début.
  6. Étant donné que les substances sont soit immobiles soit en mouvement, on sait alors que les deux états –mouvement et immobilité– sont concevables à leur sujet. De plus, les corps sont tous équivalents, concernant leurs attributs physiques, alors tout ce qui est concevable pour l’un d’eux est concevable pour le reste et ce, en raison de leur équivalence.
  7. Ainsi, l’immobilité des substances dont on n’a pas constaté le mouvement, et le mouvement des substances dont on n’a pas constaté l’immobilité, ont tous deux un début également. En effet, tout ce qui est immobile, la raison juge concevable que cela se mette en mouvement –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son immobilité. Il en est de même pour tout ce qui est en mouvement, la raison juge concevable que cela devienne immobile –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son mouvement. L’immobilité et le mouvement de ces substances sont donc possibles selon la raison. Par conséquent, leur existence a un début.
  8. Par conséquent, l’existence des substances a un début parce qu’elles sont nécessairement sujettes à des accidents, c’est-à-dire des attributs dont l’existence a un début. Un corps donné, est nécessairement soit immobile soit en mouvement. Il est donc caractérisé nécessairement par l’un des deux à un instant donné. Et il ne peut pas exister avant l’existence des deux accidents, le mouvement et l’immobilité.
  9. De plus, ce qui est nécessairement sujet à des accidents, c’est-à-dire à des caractéristiques dont l’existence a un début, son existence a forcément un début. Il est en effet impossible qu’il les précède par son existence, car il est nécessairement caractérisé par ces caractéristiques. Ainsi, si son existence n’avait pas de début, alors avant chaque accident ou caractéristique entrée en existence, il y aurait un enchaînement sans début d’accidents ou de caractéristiques entrées en existence. C’est-à-dire que si en ce qui est sujet à des accidents, ces accidents se succédaient sans début, cela impliquerait l’existence d’événements entrés en existence et ce, sans début. Or ceci est une impossibilité rationnelle.
  10. Il est impossible qu’il y ait un enchaînement sans début d’évènements entrés en existence, car un tel enchaînement impliquerait l’impossibilité de l’existence de l’évènement présent. Ceci parce que l’existence de l’événement présent dépend de l’achèvement de tous les événements successifs qui l’ont précédé. Or, l’achèvement de ce qui est sans fin est impossible. Étant donné que l’existence de l’évènement présent est confirmée par la perception des sens, il est donc impossible qu’il y ait un enchaînement d’événements sans début.
  11. Pour invalider la parole de ceux qui disent qu’il peut y avoir un enchaînement d’évènements sans début, les gens de la vérité –les musulmans sunnites– ont dit ce qui suffit amplement. Ils ont donc fait l’analogie avec quelqu’un qui s’engagerait en disant : « Je ne donne à Untel un dirham (ou un euro) tel jour que si je lui ai donné avant cela un dirham (ou un euro) ; et je ne lui donne ce dirham (ou un euro) que si je lui ai donné avant cela un autre dirham (ou euro) et ainsi de suite sans qu’il y ait un début. » Il est connu que le don du dirham (ou euro) promis tel jour est impossible puisqu’il dépend de quelque chose d’impossible, à savoir l’écoulement et l’achèvement d’un enchaînement qui n’aurait pas de fin, consistant à ne donner quelque chose qu’après avoir donné autre chose auparavant. Il n’y a pas de doute que prétendre qu’il y a un enchaînement d’événements sans début est exactement similaire à cet exemple.
  12. Il s’avère donc que l’existence des substances a un début et que l’existence des caractéristiques des substances ou accidents a également un début.
  13. L’existence du monde a donc a un début.

B) Ce dont l’existence a un début a besoin de Qui lui donne l’existence et agit par Sa volonté et Son choix

  1. L’existence du monde a un début. Le monde a donc besoin de Qui lui donne l’existence. En effet, il n’est pas valable que l’existence du monde ait lieu par hasard, car la raison confirme l’impossibilité de l’existence d’une chose sans un auteur, parce que cela impliquerait une impossibilité, à savoir le fait que l’existence d’une chose possible selon la raison prévale sur son inexistence sans qu’il n’y ait Qui l’a fait prévaloir. En effet, l’existence et l’inexistence de ce qui est possible selon la raison sont toutes deux équivalentes du point de vue de la raison. L’une des deux ne prévaut sur son opposée si ce n’est par un Être Qui l’a rendue prépondérante, car sinon cela reviendrait à rendre équivalents l’équivalence et la prépondérance.
  2. De même, il n’est pas valable que ce monde se soit créé lui-même. En effet, cela comporterait la confirmation de deux choses contradictoires, car quand tu dis que Zayd (ou Jean) s’est créé lui-même, d’un côté tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et d’un autre côté tu as considéré qu’il serait entré en existence après lui-même. Du point de vue qu’il serait créateur, tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et du point de vue qu’il serait créature, tu as dit qu’il serait entré en existence après qu’il existait déjà, et ceci est impossible selon la raison.
  3. Il n’est pas valable non plus que celui qui donne l’existence soit une nature, qui n’a ni choix ni de volonté, parce qu’elle n’a pas la capacité de spécifier ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par une époque au lieu d’une autre et par certains attributs plutôt que d’autres.
  4. Il est donc confirmé que ce monde a un Créateur, un Être Qui agit par Sa volonté et Son choix, c’est-à-dire qu’Il spécifie ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par un attribut au lieu d’un autre et par une époque au lieu d’une autre.

C) Il est indispensable qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde

  1. Il est indispensable selon la raison qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde, car s’il y avait un début à Son existence, Il serait entré en existence, Il aurait donc besoin de qui le ferait entrer en existence et cela entraînerait un cycle ou un enchaînement sans début, or chacun des deux est impossible.
  2. L’enchaînement consiste à faire dépendre l’existence d’une chose de l’existence d’une chose précédente, qui elle-même dépend d’une chose avant elle et ainsi de suite sans fin. Ceci est impossible tout comme nous l’avons indiqué précédemment.
  3. Quant au cycle, il consiste à faire dépendre l’existence d’une chose d’autre chose dont l’existence dépend de la première. Ceci également est impossible, car cela entraînerait que l’existence d’une chose aurait lieu avant sa propre existence d’un point de vue, et après sa propre existence d’un autre point de vue.
  4. Cela confirme donc que le monde a un Créateur Qui l’a fait entrer en existence, Qui est exempt de début, Qui a une volonté et un choix et il s’agit de Dieu Allâh en arabe.

[70] NdT : une des croyances par laquelle les chrétiens se distinguent des musulmans : les musulmans ont pour croyance que Dieu existe sans endroit et sans direction, qu’Il n’est pas dans le ciel ni au-dessus du ciel ni partout. Étant donné qu’Il existe avant la création des endroits sans endroit et qu’Il ne change pas, après la création des endroits, Il est toujours sans endroit. Dieu n’est pas un corps. Tandis que les chrétiens ont pour croyance que Dieu est au ciel, tout comme les juifs.

[71] NdT : Littéralement le bien.

[72] NdT : le ciel est la direction pour les invocations et non pas un lieu de résidence pour Dieu. Dieu est le Créateur du ciel, de tous les endroits et de toutes les directions. Il existe sans endroit ni direction.

[73] NdT : Probablement une erreur lors de la traduction des évangiles. Car en français et en arabe, le mot père (ab) ne peut pas être employé au sujet de Dieu. Cf. sourate al-‘IkhlâS.

[74] NdT : Ceci est la croyance des chrétiens. Quant aux musulmans, leur croyance est que Jésus n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel, qu’il y réside et qu’il en redescendra pendant la gouvernance d’Al-Mahdiyy. Celui qui a été crucifié est le plus jeune des apôtres de Jésus.

[75] NdT : citation du Qourân.

[76] NdT : Les chrétiens.

[77] NdT : Bayt al-laHm : ville d’environ 7.000 habitants au centre sud de la Palestine, au sud de Bayt al-Maqdis. Il a été dit qu’elle est la ville de naissance de notre maître Jésus. Elle est indiquée dans certains livres anciens par le nom de Bayt Dâwûd. L’empereur Constantin y a fait construire en 330 une église dans l’endroit même où les gens disent que Jésus est né. Son nom ancien est Ifrat.

[78] NdT : Ariha (Jéricho) : ville de 2500 habitants en Jordanie, à l’Est de Al-Qouds –Jérusalem. Elle fait partie des plus anciennes villes du monde. Elle se trouve à 260 mètres en-dessous du niveau de la mer. Il s’y trouve des ruines romaines et arabes dont la plus importante est le palais de Hicham. Les anglais l’ont prise le 21 février 1918 durant la guerre mondiale. La Jordanie a déclaré son rattachement après la guerre de Palestine (encyclopédie arabe page 172).

[79] NdT : Dans d’autres versions du livre : Yahya (Jean Baptiste).

[80] NdT : D’après https://eglise.catholique.fr/glossaire/pharisiens/ : en hébreu pérouchim : séparés Juifs vivant dans la stricte observance de la Loi écrite ou Thora (Pentateuque) et de la tradition orale. Ils étaient séparés de la classe dirigeante, mais aussi de la foule qu’ils jugeaient ignorante et impure. Les pharisiens multipliaient les obligations et tombaient dans le pur formalisme.

[81] NdT : Dans d’autres versions du livre : YaHyâ (Jean Baptiste).

[82] Même note que précédemment.

[83] Même note que précédemment.

[84] NdT : Tawâtour : mode de transmission d’une information acquise par l’intermédiaire des sens sains (ouïe, vue, odorat, toucher et goût) par un grand nombre de personnes qui l’ont transmise à un grand nombre de personnes et ainsi de suite à chaque génération, le nombre qui l’a relayée est grand de sorte que la raison ne conçoit pas qu’ils se soient tous rejoints dans le mensonge ou l’erreur. Une telle information entraîne une connaissance avec certitude contrairement à la rumeur : si le nombre est faible dans une couche, cette information-là n’entraîne pas la connaissance avec certitude et ne relève pas du tawâtour. C’est par exemple le cas de la prétention que Jésus aurait été crucifié. La première couche à l’avoir prétendu fait moins de neuf personnes. De plus ils ne sont pas tous d’accord sur ce qu’ils rapportent. Même si de nos jours les gens qui prétendent que Jésus a été crucifié sont nombreux, cette information n’est pas une certitude. Bien plus, elle est fausse puisqu’il y a une autre information certaine qui est parvenue par la suite : la nouvelle apportée par le Prophète MouHammad qui est nécessairement véridique puisqu’il a été appuyé par des miracles. Dans le Qourân qui lui a été révélé, il nous a informé que Jésus n’a pas été tué et n’a pas été crucifié mais qu’a été élevé au ciel, vivant.

[85] NdT : L’évangile authentique, et non pas les écrits que les chrétiens appellent la bible et qui ne sont pas le livre révélé au Prophète Jésus.

[86] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/genese/16.html il est écrit : (16,1) Saraï, épouse d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. (16,2) Saraï dit à Abram : « Hélas! L’Éternel m’a refusé l’enfantement ; approche-toi donc de mon esclave : peut-être, par elle, aurai-je un enfant. » Abram obéit à la voix de Saraï. (16,3) Saraï, épouse d’Abram, prit Agar l’Égyptienne, son esclave, il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan ; et elle la donna à son époux Abram pour qu’elle lui servît de femme. (16,4) Il s’approcha d’Agar, et elle conçut. Quand elle vit qu’elle avait conçu, sa maîtresse devint l’objet de son dédain. (16,5) Saraï dit à Abram : « Mon injure est la tienne. Moi-même, j’ai placé mon esclave dans tes bras ; or, elle a vu qu’elle avait conçu, et je suis devenue méprisable à ses yeux. L’Éternel prononcera entre moi et toi. » (16,6) Abram dit à Saraï : « Voici, ton esclave est dans ta main, fais-lui ce que bon te semble. » Saraï l’humilia, et elle s’enfuit de devant elle. (16,7) Un envoyé du Seigneur la trouva près d’une source d’eau, dans le désert, près de la source sur le chemin de Chour. (16,8) Il dit : « Agar, esclave de Saraï, d’où viens-tu, et où veux-tu aller ? » Elle répondit : « Je fuis de devant Saraï, ma maîtresse. » (16,9) L’envoyé du Seigneur lui dit : « Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. » (16,10) L’envoyé du Seigneur ajouta : « Je rendrai ta race très nombreuse, tellement qu’elle ne pourra être comptée. » (16,11) L’envoyé du Seigneur lui dit encore : « Te voici enceinte, et près d’enfanter un fils ; tu énonceras son nom Ismaël, parce que Dieu a entendu ton affliction. (16,12) Celui-ci sera un onagre parmi les hommes : sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui ; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères. »

[87] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/18.html, il est écrit : (18,17) et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien parlé. (18,18) Je leur susciterai un prophète du milieu de leurs frères, tel que toi, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. (18,19) Et alors, celui qui n’obéira pas à mes paroles, qu’il énoncera en mon nom, c’est moi qui lui demanderai compte !

[88] NdT : Dans : https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/33.html, il est écrit : (33,2) Il dit : « L’Éternel est apparu du haut du Sinaï, a brillé sur le Séir, pour eux ! S’est révélé sur le mont Pharan, a quitté les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu, pour eux !

[89] NdT : Région qui regroupe la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine.

[90] NdT : Cf. plus haut dans le livre.

[91] NdT : Tome 1, page 246.

[92] NdT : Dieu dit dans sourate Al-Baqarah, verset 146 : ce dont nous comprenons : « Ceux à qui nous avons donné le Livre, ils le reconnaissent [MouHammad] tout comme ils reconnaissent leurs propres enfants ; un groupe d’entre eux certes dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. »

[93] NdT : Dans https://saintebible.com/habakkuk/3-2.htm, il est dit : Dieu vient de Théman, Le Saint vient de la montagne de Paran… Pause. Sa majesté couvre les cieux, Et sa gloire remplit la terre

[94] NdT : concernant la controverse de la situation de Pharan : http://www.le-carrefour-de-lislam.com/Voyages/Pharan_Paran_Faran_1.htm

[95] NdT : Dans : https://saintebible.com/micah/4-2.htm, il est écrit : Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que les peuples y afflueront. Des nations s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, À la maison du Dieu de Jacob, Afin qu’il nous enseigne ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l’Éternel. Il sera le juge d’un grand nombre de peuples, L’arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes ; Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre.

[96] NdT : Dans https://saintebible.com/isaiah/42-1.htm, il est écrit : Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, Et ne la fera point entendre dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, Jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, Et que les îles espèrent en sa loi. Ainsi parle Dieu, l’Éternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent. Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations, Pour ouvrir les yeux des aveugles, Pour faire sortir de prison le captif, Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres. Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles. Voici, les premières choses se sont accomplies, Et je vous en annonce de nouvelles ; Avant qu’elles arrivent, je vous les prédis.

[97] NdT : L’adoration (en arabe °ibâdah) qui n’est vouée qu’à Dieu, c’est l’extrême limite de la crainte révérencielle et de la soumission (Cf. As-Soubkiyy).

La prophétie

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 24, 2020

La louange est à Allah le Seigneur des mondes que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’Il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.

La prophétie (an-noubouwwah) tire sa racine de (an-naba’), c’est-à-dire la nouvelle, car la prophétie est une transmission de la part de Allah ; ou bien de (an-nabwah) qui est l’élévation, ici on vise l’élévation en degrés.

Ainsi, il y a deux possibilités selon la langue concernant le mot Nabiyy :

1°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui fait l’acte (c’est à dire qui transmet des nouvelles), dans le sens qu’il nous informe de la part de Allah conformément à ce qui lui est révélé ;

2°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui est sujet à l’acte, dans le sens qu’il est informé de la part de Allah.

Dans les deux cas, il est informé ou il informe.

La prophétie est donc possible selon la raison, elle n’est pas impossible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas selon la raison quelque chose qui juge impossible qu’il y ait des prophètes. La raison ne peut pas de manière indépendante connaitre les choses qui sauvent la personne dans l’au-delà.

L’existence des prophètes n’est pas quelque chose qui entraîne quelque chose d’impossible selon la raison. Plus encore, la prophétie a été connue par la perception sensorielle : les gens ont vu les prophètes, ils ont entendu leur parole, ils les ont touchés. La prophétie a été confirmée chez plusieurs humains avec des preuves basées sur la perception sensorielle ensuite par la transmission de l’information de manière large et de manière authentique : par le tawatour.

 

Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison naturelle, ce qui permet de se dispenser d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Par conséquent, il y a dans l’envoi des prophètes une utilité, un bénéfice indispensable pour suffire aux besoins des esclaves dans ce domaine (c’est-à-dire le domaine de ce qui va les sauver dans l’au-delà), et la grâce revient à Allah pour l’avoir accordé à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, auprès des créatures.
Qu’est-ce que la raison ? La raison est un bien qui est dans l’être humain sain de raison, c’est une capacité par laquelle il distingue ce qui est laid et ce qui est bon conformément à la nature de l’être humain. À titre d’exemple, la raison permet de savoir que le fait de mettre sa main dans le feu est une chose laide. Il ne s’agit pas de ce qui est bon et laid dans la Loi de l’Islam car ce n’est pas par la raison que l’être humain distingue ce qui est laid et ce qui est bon dans la Loi de l’Islam. Ce que transmet le prophète de la part de Dieu comme étant des règles dans la Loi, la raison n’intervient pas là-dedans. La raison ne va pas juger ce que Dieu nous ordonne ou nous interdit car nous sommes Ses esclaves et nous n’avons pas à remettre en cause les ordres qu’Il nous donne ou les interdits qu’Il nous fixe. Nous n’avons pas à critiquer, à nous rebeller ou emmètre d’objection. La raison n’intervient pas pour émettre des jugements de valeurs concernant la Loi de l’Islam autrement qu’en appréciant ce qui est venu de la part de Dieu et en s’y soumettant.

En conséquence et à titre d’exemple :

  • Dieu nous interdit de boire de l’alcool, nous n’avons pas à dire que nous avons un avis contraire à cela
  • Nous n’avons pas à dire que ce n’est pas bien d’égorger les animaux pour que l’on puisse les manger

Nous n’avons pas à dire que « c’est mauvais » concernant ce qui est parvenu dans la Loi, parce que ceci est venu de la part d’un prophète qui est véridique et les miracles démontrent sa véracité. La Loi parvenue par un prophète n’est pas sujette à évaluation par la raison autrement qu’en l’appréciant, qu’en s’y soumettant.

La différence entre les prophètes et les messagers

Sache que le prophète (Nabiyy) et le messager (Raçoul) ont en commun la révéla­tion. Chacun des deux est un homme qui reçoit la révélation. Allah révèle donc à chacun une Loi de l’Islam, conformé­ment à laquelle ils œuvrent, pour la transmettre aux gens.

Il n’y a pas de prophète parmi les femmes tout comme Allah dit dans sourat Youçouf verset 109 et dans sourat An-Nahl verset 43 :

« Wa ma arsalna min qablika illa rijalan Nouhi ilayhim ».

Ce qui signifie « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons transmis la révélation ».

Il n’y a pas de prophète qui n’ait pas eu l’ordre de transmettre aux gens, tous les prophètes transmettent ce qui leur est révélé aux gens. Tout comme Allah ta^ala dit dans sourat Al Hajj verset 52 :

« Wa ma arsalna min qablika min raçoulin wa la nabiyyin illa idha tamanna alqa ach-chaytani  fi oumniyyatih »

Ce qui signifie : « Nous n’avons envoyé avant toi de messager, de prophète sans qu’ils n’aient transmis ».

Ainsi ceux qui disent que le prophète non messager serait quelqu’un qui a reçu par révélation une Loi mais n’aurait pas reçu l’ordre de transmettre, ceci est faux. Il n’y a pas d’envoi sans ordre de transmettre, cela n’a pas de sens.

Toutefois, un messager vient avec l’abrogation de certains jugements de la Loi antérieure à son envoi ou avec une nouvelle Loi.

Le messager abroge une partie de la loi du prophète messager qui l’a précédé, le reste des jugements reste applicable. Par conséquent, les jugements qui n’ont pas été abrogés constituent une partie de la loi de ce messager ultérieur, même si ces jugements n’ont pas été rappelés un à un.

Cette définition du messager est conforme à la parole de certains savants qui ont dit : la loi du messager qui nous a précédé est également une loi pour nous excepté ce qui a été abrogé.
La définition du messager serait donc : Celui qui reçoit la révélation de l’abrogation d’une partie de la Loi du messager qui l’a précédé.
Ou, autre définition : Le messager ultérieur est celui qui vient avec une nouvelle Loi, c’est-à-dire une Loi nouvelle qui abroge la Loi du messager qui l’a précédé. En conséquence de quoi, les jugements de la Loi du messager antérieur ne seraient des jugements de la Loi du messager ultérieur que si cela lui est explicitement mentionné.
Le messager est celui qui a reçu par révélation une nouvelle loi.

 

Alors qu’un prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.

Abou Mansour At-Tamimiyy al Baghdadi dans Al Farqou bayna l-firaq a cité cette définition (en Page 342) pour définir qui est le prophète et qui est le messager : le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.

C’est pour cela que les savants ont dit : « Tout messager (Nabiyy) est aussi prophète alors que tout prophète n’est pas forcément messager (Raçoul) ».

Cette règle enoncée par les savants est une preuve que aussi bien le prophète que le messager reçoivent la révélation et ont l’ordre de transmettre aux gens ce qui leur est transmis.

Ils se différencient aussi par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains.

On dit que Dieu a envoyé Jibril (Gabriel) en tant que messager aux prophètes humains, tout comme on dit que Allah a envoyé Mouhammad aux humains et aux jins. Jibril est un messager pour les prophètes et les messagers humains sont des messagers pour les gens sur terre. Notre maître Mouhammad est messager pour les humains et les jins.

Alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains. Il n’y a pas d’ange ni de jin qui soit prophète. Les prophètes ne peuvent être que des humains alors que les messagers peuvent être des anges ou des humains.

Jibril est un messager de la part de Dieu ; Il l’envoi aux prophètes et Il l’envoi aux anges.

Les attributs obligatoires des prophètes et ce qui est impossible à leur sujet

Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, c’est une obligation rationnelle (selon la raison) et légale (en référence à la Loi de l’Islam).  Le mensonge est donc impossible de leur part. Il n’est jamais arrivé qu’un prophète mente, que ce soit un petit ou un grand mensonge.

Il leur est obligatoire aussi l’intelligence c’est-à-dire la perspicacité, car s’ils n’étaient pas intelligents et perspicaces ils auraient été incapables de donner les preuves de la véracité de cette croyance aux mécréants et ils auraient été incapables de guider les gens vers ce qui est de leur intérêt dans ce bas monde et dans l’au-delà.
Il est impossible à leur sujet l’idiotie (faiblesse dans la raison) et la stupidité (faiblesse dans la compréhension): ce n’est pas quelque chose qui convienne à leur rang, ceci est impossible selon la raison et selon la Loi. Aucun d’entre eux n’est caractérisé par cela.
Il leur est obligatoire l’honnêteté, il n’y a pas de trahison qui se produise de la part de l’un d’entre eux, que ce soit une trahison par la parole, par les actes ou par le comportement, l’attitude. Allah a élevé leur degré et Il les a sélectionnés et choisis parmi tous les humains pour qu’ils soient porteurs de Son message et c’est pour cela que Allah les a préservés des caractères qui ne sont pas dignes d’eux : pour ce haut degré qu’ils ont.
Ils sont préservés avant et après l’avènement de leur prophétie et ceci par unanimité des savants de l’Islam.

Les prophètes sont préservés de la mécréance et des grands péchés aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après,  et ceci selon l’unanimité des savants de l’Islam.

Ils sont également préservés de tomber dans les petits péchés de bassesse c’est-à-dire les caractères des gens qui sont bas, vils et immondes. Ce sont des péchés qui indiquent une bassesse de caractère de celui qui les commet comme le fait de voler une bouchée de pain par exemple. Ils sont préservés des petits péchés de bassesse aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après, et ceci également selon l’unanimité des savants de l’Islam.

Tout ceci s’appelle al ^ismatou l-wajibah c’est-à-dire la préservation qui est obligatoire à leur statut de prophète. Un prophète est forcément ainsi : préservé de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Tout comme l’a énoncé l’imam Abou l Haçan al Ach^ariyy que Dieu l’agrée et d’autres que lui.

De même, la traîtrise qui est le contraire de l’honnêteté est impossible à leur sujet.

D’autre part, la chasteté est obligatoire à leur sujet de sortes que la vilénie soit impossible à leur sujet. La vilénie est le caractère des gens vils comme le fait de regarder avec désir une femme ajnabiyyah en cachète. Les prophètes ne commettent pas cela.
Il leur est impossible également le manque de sagesse ou la vulgarité: As-safahah qui est le fait de se comporter de manière contraire à la sagesse comme celui qui insulte à tort et à travers.

Il leur est également impossible la lâcheté. Ils ont tous le cœur ferme et ils sont courageux. Il est également impossible à leur sujet, tout ce qui pourrait repousser l’acceptation de leur appel, de leur message. Ils fournissent tous le maximum de leur effort pour transmettre ce que Dieu leur a révélé, ils sont tous éloquents, ils s’expriment par ailleurs parfaitement. Ils n’ont pas de défaut dans leur langue qui pourrait faire que leur parole ne soit pas compréhensible (pas de zozotement ou bégayement par exemple). Il ne se produit pas d’eux de lapsus, aussi bien dans les sujets de la Loi (religion) que dans les sujets du quotidien. Ils sont tous lucides et ne perdent pas la raison, il ne leur arrive pas de folie, il ne leur arrive pas ce qui arrive aux gens qui sont d’humeur noire, sont mélancoliques… il ne leur arrive pas non plus d’être sous l’emprise d’un jin. La sorcellerie n’affecte pas leur raison même s’il leur arrive de s’évanouir et il leur arrive d’oublier mais pas un oubli qui affecte leur haut degré.

Ils avaient tous un aspect parfait, de beaux visages, de belles voix. Il n’y avait pas parmi eux de boiteux ou de paraplégiques ni d’aveugle de naissance. Il leur est impossible également toute maladie repoussante comme la lèpre, le vitiligo, ou des vers qui sortent du visage ou du corps.

 

Voici en résumé ce qui est obligatoire au sujet des prophètes comme caractères, attributs et ce qui est impossible à leur sujet. Il est important de le connaitre, car leur attribuer ce qui n’est pas digne d’eux est extrêmement dangereux tout comme cela est indiqué dans le hadith rapporté par Mouslim que Dieu lui fasse miséricorde dans lequel Safiyyah l’épouse du prophète salla lLahou ^alayhi wa sallam, était venue à sa rencontre pour lui parler. Deux hommes passaient par là et quand ils l’ont vu occupé avec elle, ils ont accéléré le pas. C’est alors que le messager les a appelés et leur a dit : « hadhihi Safiyyah » dans le sens que « c’est mon épouse ». Ils ont alors répondu : « SoubhanalLah ô messager de Dieu » c’est-à-dire « nous n’allions pas penser du mal de toi ». Mais le messager leur a répondu ce qui signifie : « le chaytan est rapide pour atteindre le cœur d’un être humain par des mauvaises pensées comme le sang circule dans les veines (est rapide pour atteindre le cœur) et j’ai craint pour vous qu’il n’insuffle dans vos cœurs une mauvaise pensée à l’égard d’un prophète et que vous alliez à votre perte » car penser du mal d’un prophète est de la mécréance. Cela montre à quel point le prophète craint pour sa communauté et à quel point le chaytan ne nous lache pas. C’est l’ennemi de l’être humain. Il se peut que la personne ait une mauvaise pensée que le chaytan lui insuffle, elle n’a pas la capacité de l’empêcher de le faire cependant elle a la capacité de la rejeter par la vérité qu’elle connait.

Ainsi, l’une des voies pour chasser les mauvaises pensées (ce dont on ne maitrise pas la capacité de l’empêcher de venir à nous, mais nous avons la capacité de ne pas la suivre) est de suivre ce que le prophète a enseigné aux compagnons qui avaient ce genre de choses, de dire :
«Amantou bi lLahi wa bi rouçoulih » ou «Amantou bi lLahi wa rouçoulih », ce qui signifie « j’ai cru ferment en Dieu et en Ses messagers ».
Allahou Allahou rabi, la ouchrikou bihi chay’a, ce qui signifie « Allah, Allah est mon Dieu je ne Lui attribue aucun associé. »

Par conséquent, celui qui leur attribue un mensonge, une traîtrise, une vilénie, un manque de sagesse, une lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant, que Dieu nous en préserve.

Aliyy et Mouawiyah

Posted in cours général,Histoire,islam,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 8, 2019

La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Son Messager honnête.

 

La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés

 

Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih du hadith de Abou Hourayrah que le Messager de Allah  a dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaja mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur ».

Dans ce hadith il y a une grande menace pour celui qui dispute le Calife et se rebelle contre lui, qu’il se mette à le combattre ou pas. Celui qui dit que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui dans son combat contre ^Aliyy n’avaient pas commis de péché et ne se sont chargés d’aucun blâme, il aura contredit ce hadith là du Messager de Allah. Le Messager de Allah a dit :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer ».

Ainsi, ^Ammar, que Allah l’agrée, appelait les gens à l’obéissance à l’Emir des croyants ^Aliyy. Tandis que l’appel de ses opposants, qui l’ont tué et qui est le groupe de Mou^awiyah, est un appel à l’enfer. En effet, ils appelaient les gens à combattre l’Emir des croyants. Ainsi, ceux que le Messager de Allah  a décrits comme étant des gens appelants à l’enfer font partie des grands pécheurs. Comment avec cela, serait-il valable de dire que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui, alors qu’il n’y a parmi eux que très peu de compagnons, comment dire qu’ils ne sont pas désobéissants ! Pire encore, comment serait-il valable de dire qu’ils seront récompensés ! Le hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Ibnou Hibban. Al-Boukhariyy l’a même rapporté à une autre occasion, en abrégé.

Si donc ceux qui ont combattu ^Aliyy, que Allah l’agrée, lors de la bataille de al-jamal qui n’a duré qu’une partie de la journée, étaient désobéissants par leur combat, y compris Zoubayr, Talhah et ^A’ichah, que Allah les agrée, preuve en est le premier hadith et aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans lequel le Messager de Allah  a dit à AzZoubayr :

إنك لتقاتلن علياً وأنت ظالم له

(‘innaka latouqatilanna ^aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste avec lui », que dire alors du groupe de Mou^awiyah qui a combattu l’Emir des croyants pendant trois mois. Ils ont tué à cette occasion un grand nombre des meilleurs compagnons, de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr, celle de ‘Ouhoud et même ceux qui étaient présents lors du pacte d’allégeance de Ar-Ridwan (bay^atou r-Ridwan) !

Dans le commentaire de Al-Boukhariyy, tome 6, page 173, figure ce qui suit : « Sa parole (wa ‘inni la’ourani) est dans le sens de la conjecture. Il pense qu’il va être tué injustement. Cette parole s’est réalisée car il a été tué traîtreusement après que ^Aliyy lui a rappelé. Il avait quitté le lieu du combat. Il s’était endormi dans Wadi l-Qoura. Ce fut un homme de Bani Tamim qui s’appelle ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné. Ibnou Abi Khaythamah a rapporté dans son Tarikh par l’intermédiaire de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla qu’il a dit : J’étais avec ^Aliyy lorsque les deux groupes s’étaient rencontrés. Il a demandé : Où est AzZoubayr ? aaa AzZoubayr était alors venu. Nous avions alors vu la main de ^Aliyy que AzZoubayr avait serrée indiquant son allégeance, avant même que le combat n’ait lieu.

Al-Hakim a rapporté avec plusieurs chaînes de transmission que ^Aliyy avait rappelé à AzZoubayr que le Prophète  lui avait dit :

لتقاتلن عليا وأنت ظالم له

(latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy et tu seras injuste envers lui dans ce combat ». C’était pour cela qu’il s’était détourné du combat et était retourné.

Ya^qoub Ibnou Soufyan ainsi que Khalifah  dans leurs Tarikh ont rapporté par l’intermédiaire de ^Oumar Ibnou Jawan qu’il a dit : AzZoubayr était reparti quittant le lieu de la bataille et c’était ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné à Wadi s-Siba^.

On ne dit pas que Mou^awiyah avait fait un ijtihad en cela et qu’il serait alors excusé, comme l’ont dit certains. Ceci n’est pas correct. Mou^awiyah combattait ^Aliyy pour parvenir à la souveraineté et à la présidence. Mousaddad Ibnou Mousarhad, le Chaykh de Al-Boukhariyy a rapporté que ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون المُلك ولو أنني أعلم أنه يردهم عن ذلك أن أحلف عند المقام باللَّه إني ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم إنما يريدون الملك

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘annani ‘a^lamou ‘annahou yarouddouhoum ^an dhalika ‘an ‘ahlifa ^inda l-maqami bi l-Lahi ‘inni ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum ‘innama youridouna l-moulk)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais qu’ils abandonneraient cela si je jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ». Cela a également été rapporté par Sa^id Ibnou Mansour dans ses Sounan, tout comme dans le livre Al-Matalibou l-^Aliyah du Hafidh Ibnou Hajar en page 293, avec les termes :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون الملك ولو أعلم أن يذهب ما في قلوبهم أني أحلف لهم عند المقام والله ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم يريدون الملك. وإني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله عزوجل: {ونزعنا ما في قلوبهم من غل}

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘a^lamou ‘an youdh-hiba ma fi qouloubihim ‘anni ‘ahlifou lahoum ^inda l-maqami wa l-Lahi ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum youridouna l-moulka. Wa ‘inni la’arjou ‘an ‘akouna ‘ana wa ^Outhmana mimman qala l-Lahou ^azza wa jall : wa naza^na ma fi qouloubihim min ghill)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais que ce qu’il y a dans leurs cœurs disparaîtra si je leur jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ; et j’espère être ^Outhman et moi de ceux au sujet de qui Allah dit ce qui signifie : Et Nous leur avons ôté l’animosité qu’il y a dans leurs cœurs ». ^Ammar Ibnou Yacir a dit aussi semblable à cela. Les propos de ^Aliyy et de ^Ammar sont prioritaires sur la parole de celui qui a dit que Mou^awiyah était moujtahid dans son combat et qu’il serait alors excusé, tout comme un gouverneur qui fait un ijtihad puis qui se trompe, il aura une seule récompense et que s’il ne se trompe pas, il aura deux récompenses. En effet, la question de la rébellion contre le Calife n’est pas sujette à ijtihad en raison du texte clair et explicite du Qour’an et qui est Sa parole ta^ala :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه وأطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Cette ayah est ainsi explicite pour l’obligation de l’obéissance au calife et pour ne pas se rebeller contre lui. Ceci n’est donc pas de l’ordre de ce qui est sujet au ijtihad qui a lieu de la part des moujtahid comme Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah sur des questions qui n’ont pas fait l’objet de textes explicites. C’est le cas par exemple de l’avis de Abou Hanifah de considérer valable le contrat de mariage sans tuteur et l’avis de Ach-Chafi^iyy que le mariage n’est pas valable sans tuteur. Il n’y a pas eu de texte explicite clamant l’obligation du tuteur pour la validité du mariage. Il y a plutôt un hadith qui fait sujet à divergence :

لا نكاح إلا بولي

(la nikaha ‘il-la biwaliyy)

ce qui signifie : « Pas de mariage sans tuteur ». Ach-Chafi^iyy l’a considéré sahih –sûr– et l’a retenu. Abou Hanifah n’a pas considéré ce hadith sahih –sûr– et ne l’a donc pas retenu. Par ailleurs, Ach-Chafi^iyy considère que le mariage qui a lieu sans tuteur n’entraîne pas l’obligation d’appliquer la peine légale. Il n’est en effet pas catégorique à considérer invalide le mariage du hanafiyy sans tuteur. Il le considère fait à titre de conjecture et pour cela, il ne rend pas obligatoire la peine légale pour celui qui a imité le hanafiyy.

La tentative de certains pour rendre ce qu’a fait Mou^awiyah avec l’Emir des croyants semblable au ijtihad de Abou Hanifah ou de Ach-Chafi^iyy n’est que fausse illusion et erreur. Si cela avait été à ce titre –un ijtihad–, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, n’aurait pas dit :

إن حرب معاوية لعلي خطأ وباطل ومنكر وبغي

(‘inna harba Mou^awiyata li^Aliyyin khata’oun wa batiloun wa mounkaroun wa baghy)

ce qui signifie : « Le combat de Mou^awiyah contre ^Aliyy est erreur, infondé, blâmable et injuste ». Selon la parole de celui-là, la divergence qui peut avoir lieu entre les Moujtahid parmi les quatre Imams Ach-Chafi^iyy et Abou Hanifah décrirait son ijtihad comme étant blâmable et infondé. Or aucun Imam digne de considération n’a dit cela auparavant ! C’est là une preuve que celui qui a prétendu cela n’a pas senti l’odeur de la science. Il n’a fait qu’imiter certains impudents qui disent n’importe quoi.

Mais ce qu’a dit certain des plus récents que Mou^awiyah avait fait un ijtihad dans sa guerre menée contre notre maître ^Aliyy et qu’il s’est trompé dans son interprétation, ce n’est là qu’une conjecture sans fondement. C’est plutôt la parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar qui sont dignes de considération. La parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar ne sont pas contrées par l’auteur de AzZoubad et ses semblables (n’ont pas de poids devant les paroles de ^Aliyy et de ^Ammar celles de l’auteur de AzZoubad et de ses semblables). Par ailleurs, les propos de ces gens-là sont contradictoires : Ils disent d’une part que la rébellion contre le Chargé des affaires –le gouverneur– est interdite sauf s’il devient mécréant. Malgré cela, ils disent que Mou^awiyah a une seule récompense et que ^Aliyy en a deux. Comment réunissent-ils la récompense et la désobéissance ?! Comment l’auteur de AzZoubad a-t-il eu l’audace de dire ces deux vers de poésie dans son livre alors qu’ils se contredisent :

Il ne nous est pas permis s’il n’y a pas de mécréance claire

de nous rebeller contre le chargé de nous –gouverneur– (gouverneur)

avec sa parole :

Ce qui s’est produit entre les compagnons nous n’en parlons pas

Et la récompense du ijtihad nous confirmons

 

Il a réuni deux choses contradictoires. Il s’agit de son interdiction de la rébellion contre le chargé des affaires –le gouverneur– et c’est une vérité sur laquelle il y a unanimité, avec sa confirmation de la récompense pour ce faible nombre de compagnons qui étaient avec Mou^awiyah.

Pour ce qui est de ce que certains arguent comme étant la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Mou^awiyah aurait fait un ijtihad pour son combat contre ^Aliyy, la réponse est que si ces paroles sont confirmées comme étant de lui, ce qu’il vise c’est que Mou^awiyah aurait eu un avis qui l’a amené à combattre ^Aliyy. Ce qu’il a visé n’est pas qu’il a fait un ijtihad comme est le cas des Moujtahid, et la preuve est qu’il a dit au sujet de la guerre de Mou^awiyah contre ^Aliyy est blâmable, infondée et injuste. S’il avait considéré Mou^awiyah comme ayant fait un ijtihad digne de considération, dont l’auteur serait excusé, il n’aurait pas dit que sa guerre « était blâmable, infondée et injuste ». Ceci n’échappe pas à qui est objectif. Seul un entêté ne considère pas la vérité vérité mais contrairement à ce qu’il en est réellement.

Il devient clair que le cas de Mou^awiyah n’est pas concerné par le hadith de Al-Boukhariyy :

إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، وإذا اجتهد فأخطأ فله أجر واحد

(‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa ‘akhta’a falahou ‘ajroun wahid)

ce qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et a dit vrai, il aura deux récompenses et s’il fait un ijtihad et se trompe, il aura une seule récompense ». Avoir pour croyance ce qui contredit cela est une atroce ignorance ou un pur entêtement.

Ce qui prouve également cela, c’est-à-dire l’infondé de la parole de celui qui dit que les compagnons qui ont combattu ^Aliyy n’ont pas commis de péché en cela car ils auraient fait un ijtihad, c’est la parole de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Allah l’agrée :

إن طلحة والزبير ذنبهما بقتال علي مغفور لأجل البشارة التي وردت في العشرة المذكورين في الحديث قال وأما خطأ غيرهما أي إثمهم فمجوز غفرانه والعفو عنه

(‘inna Talhata wa zZoubayr dhanbouhouma biqitali ^Aliyyin maghfouroun li’ajli l-bicharati l-lati waradat fi l-^acharati l-madhkourina fi l-hadith ; wa ‘amma khata’ou ghayrihima ‘ay ‘ithmouhouma famoujawwazoun ghoufranouhou wa l-^afwou ^anh)

ce qui signifie : « Talhata et AzZoubayr leur péché pour avoir combattu ^Aliyy est pardonné en raison de l’annonce de bonne nouvelle rapportée au sujet des dix mentionnés dans le hadith. Quant au péché des autres, il est possible qu’il soit pardonné et qu’ils soient excusés ». C’est-à-dire qu’ils sont désobéissants, Allah pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il châtie qui Il veut. Il a dit la même chose au sujet de ^A’ichah. Si telle est la parole des imams des ach^riyy, quelle attention prêter alors à quiconque contredit son texte-ci et qui prétend qu’ils auront une récompense parce qu’ils ont fait un ijtihad. Ceux-là ont contredit le texte de leur imam et ont contredit les hadith sûrs qui sont authentifiés du Messager de Allah. Ainsi dans le hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayh ^Ammarin, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah. Yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar, c’est le groupe injuste qui va le tuer. Il les appelle au paradis et eux l’appellent à l’enfer », il y a l’indication que Mou^awiyah et les compagnons qui ont combattu avec lui appellent à l’enfer. Comment celui qui appelle à l’enfer aura-t-il une récompense pour son acte par lequel il appelle à l’enfer ! Comment auront-ils une récompense alors que le Messager dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraja^a)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » ! Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah :

من كره من أميره شيئا فليصبر عليه فإنه من يخرج من السلطان شبرا فمات على ذلك مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir ^alayhi fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani chibran famata ^ala dhalika mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle d’un empan contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ». Ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.

Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah au sujet de ^Aliyy :

اللهم وال من والاه وعاد من عاداه

(Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

ce qui signifie : « Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et châtie celui qui le prend pour ennemi ».

Comment ceux qui ont manifesté leur animosité contre ^Aliyy, que Allah l’agrée, tels que Mou^awiyah auraient-ils une récompense. Non seulement il s’était rebellé contre ^Aliyy mais aussi il a ordonné aux gens de l’insulter. Mouslim a ainsi rapporté de Mous^ab Ibnou Sa^d Ibn ‘Abi Waqqas que Mou^awiyah avait ordonné à Sa^d en lui disant : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab –le surnom de ^Aliyy– ?! Mou^awiyah était en effet la cause pour que les omeyyades insultent ^Aliyy, que Allah l’agrée, du dessus des minbar pendant quatre-vingts ans.

من عادى عمارا عاداه الله

(man ^ada ^Ammaran ^adahou l-Lah)

ce qui signifie : « Celui qui prend ^Ammar pour ennemi, Allah le châtie ». C’est un hadith confirmé rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a rapporté l’unanimité que ceux qui ont combattu ^Aliyy sont des rebelles qui ont été injustes envers lui. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy fait partie des premiers ach^ariyy ; il est réputé parmi eux pour son imamat et sa science. Il a en effet reçu l’école ach^arite de Abou l-Haçan Al-Bahiliyy qui l’a lui-même reçue de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy par transmission orale. Nous citons ce qu’a dit le commentateur de Al-Jami^ AsSaghir le Mouhaddith le Hafidh ^Abdou r-Razzaq Al-Mounawiyy dans son Charh en page 365 : « Wayha ^Ammar, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah –Pauvre ^Ammar c’est le groupe injuste et rebelle qui va le tuer– Al-Qadi a dit dans Charhou l-Masabih : il vise par là Mou^awiyah et ses partisans ». Fin de citation

Ceci est explicite pour confirmer la rebellion du groupe de Mou^awiyah qui ont assassiné ^Ammar lors de la bataille de Siffin et que ^Aliyy était dans son droit. Ceci fait partie des hadith apprenant des choses cachées du futur. ^Ammar appelait le groupe de Mou^awiyah qui l’a assassiné lors de la bataille de Siffin au paradis. Ceci avait eu lieu bien après que le Prophète  ne l’ait dit. Il les appelait à ce qui serait une cause de l’entrée au paradis. Il s’agit de l’obéissance à l’Imam véritable. Alors que eux l’appelaient à ce qui est une cause pour l’entrée en enfer. Il s’agit de la désobéissance à l’Imam et l’appel à son combat. Ils ont dit : Cela s’est réalisé à l’occasion de la bataille de Siffin. Il les avait alors appelés à l’Imam véritable et ils l’ont appelé à l’enfer et l’ont tué. C’était là un miracle pour le Prophète élu (al-moustafa) et un des signes illustrant son statut de Prophète.

Lorsque certains ont dit il s’agit de ceux qui l’avaient torturé à La Mecque au début de l’Islam, les savants leur ont répliqué comme Al-Qourtoubiyy qui a dit : « Ce hadith fait partie des plus authentiques et des plus sûrs. Lorsque Mou^awiyah n’a pas pu le renier, il a dit : (c’est celui qui l’a amené au front pour combattre qui l’a assassiné). ^Aliyy lui a répondu que c’est alors le Messager de Allah  qui aurait assassiné Hamzah lorsqu’il l’a amené au fornt ?! Ibnou Dihyah a dit : C’est là une réplique de ^Aliyy qui ne donne aucune suite, aucun argument pour la contrer ou lui émettre une objection ».

L’Imam ^Abdou l-Qahir Al-Jourjaniyy a dit dans on livre Al-‘Amamiyyah : « Les spécialistes de jurisprudence du Hijaz et de l’Irak des deux groupes : du hadith et de l’avis, parmi lesquels Malik, Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah, Al-‘Awza^iyy et la majorité des spécialistes de la science du tawhid et des musulmans, ont été unanimes à dire que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de Siffin, tout comme il était dans son droit dans son combat contre les gens de al-jamal et que ceux qui l’ont combattu sont des rebelles injustes envers lui mais ne deviennent pas mécréants pour leur rebellion ».

L’Imam Abou Mansour a dit dans le livre Al-Firaq pour indiquer la croyance de Ahlou s-Sounnah : « Ils ont été unanimes que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de al-jamal : Talhah, AzZoubayr et ^A’ichah à Al-Basrah, et des gens de Siffin : Mou^awiyah et son armée ». Fin de citation

 

Suite :

Dans Ar-Rawdou l-‘Anif, un homme a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « J’ai vu cette nuit dans le rêve comme si le soleil et la lune s’entre-tuaient et avec chacun il y avait des étoiles ». ^Oumar lui a dit : « avec lequel des deux tu étais ? » Il lui a dit : « J’étais avec la lune ». Il lui a dit : « Tu étais avec celle qui est effacée. Va-t-en et ne fais plus aucun travail pour moi ». Il l’a limogé. Il fut tué le jour de Siffin avec Mou^awiyah et il s’appelait Habis Ibnou Sa^d.

D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy : « Nous transportions les briques pour construire la mosquée une par une et ^Ammar les portait deux par deux. Le Prophète  l’a alors vu et s’est mis à lui enlever la poussière de terre en disant wayha … ». L’auteur a dit Al-Khasa’is : « Ce hadith –celui de ^Ammarest moutawatir, plus de dix compagnons l’a rapporté ».

 

Parmi ce qui constitue une preuve claire que Mou^awiyah n’était pas Moujtahid dans son combat contre ^Aliyy d’un ijtihad conforme à la Loi, c’est qu’il disait aux gens : Nous n’avons pas de pacte d’allégeance à faire à ^Aliyy car il a manqué à la loi du Talion pour le sang de ^Outhman à l’encontre de ses assassins. Il disait à ^Aliyy : Nous ne te ferons pas de pacte d’allégeance tant que tu n’as pas exécuté les assassins de ^Outhman. Par la suite, lorsque notre maître Al-Haçan s’était destitué en sa faveur et qu’il était devenu lui le Calife, il n’a pas cherché à venger l’assassinat de ^Outhman. Il s’est occupé d’autre que cela. Son objectif était en effet la souveraineté et il avait atteint son objectif. Il manifeste par cela que son souci n’était pas d’appliquer le Talion en faveur de ^Outhman, que Allah l’agrée, mais il cherchait plutôt ceux qui s’étaient ralliés à ^Aliyy, que Allah l’agrée, leur nuisait et les tuait. Il était auparavant gouverneur d’Egypte, d’Irak du Cham et d’autres pays que ceux-là qui étaient sous la souveraineté des musulmans du temps de ^Outhman. ^Outhman avait par ailleurs des fils âgés qui n’ont pas requis de ^Aliyy qu’il leur applique le talion pour l’assassinat de leur père. Si les fils de ^Outhman avaient demandé l’application du Talion pour leur père et qu’ils lui avaient donné les noms des assassins, il le leur aurait permis. ^Aliyy fait partie des plus ascètes des créatures de Allah à l’égard du bas-monde. C’est lui qui le jour de sa mort, on n’avait trouvé sur lui que sept cents dirhams qu’il avait laissés pour s’acheter un serviteur, tout comme l’a rapporté Ibnou Hibban de la parole de Haçan fils de ^Aliyy dans son discours qu’il a donné le jour de la mort de son père. Mou^awiyah connaissait l’ascèse de ^Aliyy. Mais il a prétendu vouloir appliquer le Talion aux assassins de ^Outhman pour parvenir en réalité au pouvoir. La manière légale de l’application du Talion est que la famille de la victime accuse un assassin précis auprès d’un juge. Ils lui demandent de leur permettre de se venger de lui. Or tout cela ne s’était pas produit. Mou^awiyah n’est pas de la famille de ^Outhman. Sa famille sont ses fils pubères. Certains d’entre eux étaient des gens de science et de mérite.

Tous ceux qui disent que les combattants de ^Aliyy n’étaient pas dans le péché parce qu’ils auraient fait un ijtihad, n’ont pas de réponse au hadith :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » car ce hadith est explicite pour indiquer que la rébellion contre le calife fait partie des grands péchés. Il est ainsi connu d’évidence de la religion qu’il n’est pas permis de se rebeller contre le Calife bien-guidé en raison des textes explicites rapportés à ce sujet et l’unanimité des savants de la communauté. Le Messager de Allah a décrit les combattants de ^Aliyy dans la bataille de Siffin comme étant des boughat –des rebelles–. La rébellion n’a pas d’autre sens que l’injustice et le dépassement de la limite.

AdhDhoulm est de deux sortes : que la personne fait preuve de dhoulm envers elle-même et qu’elle soit injuste envers d’autres qu’elle. Ce qu’ont fait ceux-là est une injustice envers autrui. L’injustice envers autrui ne peut être qu’un grand péché comme l’a dit le Messager de Allah :

الظلم ظلمات يوم القيامة

(adhdhoulmou dhouloumatoun yawma l-qiyamah)

ce qui signifie : “L’injustice ce sera des ténèbres pour la personne au jour du jugement », puisqu’ils ont tué plus de vingt mille personnes.

Pour ce qui est du dhoulm de la personne envers elle-même, il se peut que ce soit un péché, tout comme il se peut que ce soit un manquement ne comportant pas de désobéissance. C’est de cette catégorie qu’est la parole de Younous ^alayhi s-salam dans le ventre du gros poisson : (soubhanaka ‘inni kountou mina dhdhalimin). C’est ce sens-là que certains spécialistes de la jurisprudence ont donné à ce qui figure dans Abou Dawoud du hadith de ^Amr Ibnou Chou^ayb au sujet duquel il y a divergence chez les spécialistes du hadith. Il y a été cité que le woudou est par trois fois et que celui qui a ajouté ou diminué, il aura agi en mal et été injuste (‘aça’a wa dhalama). Certains savants de jurisprudence ont dit que (dhalama) concerne celui qui a diminué par rapport aux trois fois, qui a donc fait le woudou une fois ou deux fois chaque membre. Ce serait alors quelqu’un qui n’a pas été accompli dans son woudou et qui aura sa récompense diminuée par rapport à celui qui fait son woudou trois fois chaque membre. D’autres ont dit : sa parole (dhalama) concerne celui qui ne s’est même pas lavé une fois en ayant délaissé la partie de la main, du pied ou du visage qu’il est un devoir de laver.

Quant à ce que dit certains impudents que ^Aliyy n’a pas été investi de sa fonction de Calife par un pacte d’allégeance pour dire que celui qui le contredit soit considéré comme s’étant rebellé contre un Calife, ceci fait partie du plus infondé de l’infondé et des plus grandes ignorances. En effet, ce n’est pas chaque individu des musulmans qui a fait pacte d’allégeance à Abou Bakr. ^Oumar également, (il ne lui a pas été fait le pacte d’allégeance) mais c’était Abou Bakr qui l’a désigné pour lui succéder. ^Outhman, ce furent six qui lui avaient fait pacte d’allégeance parmi lesquels figurait ^Aliyy. Quant à ^Aliyy, ce furent les émigrants (mouhajiroun) et les partisans (al-‘ansar) qui lui firent pacte d’allégeance. Ce pacte est ainsi donc confirmé pour chaque individu des musulmans, aussi bien Mou^awiyah que les gens de Ach-Cham qui étaient avec lui et qui ont combattu ^Aliyy. Tout comme il n’est pas permis de se rebeller contre Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, il n’est également pas permis de se rebeller contre ^Aliyy. Comment quelqu’un pourrait-il s’imaginer le contraire alors qu’il a été confirmé au sujet du mérite de ^Aliyy plusieurs hadith qui n’ont pas été mentionnés au sujet d’autres que lui.

Le Messager de Allah r a dit à son sujet :

من كنت مولاه فعلي مولاه اللهم والِ من والاه وعاد من عاداه

(man kountou mawlahou fa^aliyyoun mawlahou ; Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

[rapporté par Ibnou Hibban et An-Naça’iyy au sujet des mérites de ^Aliyy] ce qui signifie : « Celui qui m’aime, qu’il suive ^Aliyy. Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et prive de victoire celui qui le prend pour ennemi ».

Il a dit aussi :

من ءاذى علياً فقد ءاذاني

(man ‘adha ^Aliyyan faqad ‘adhani)

[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak et il l’a jugé sahih et Adh-Dhahabiyy a été en accord avec lui] ce qui signifie : « Celui qui nuit à ^Aliyy, il m’aura nuit à moi ».

Mouslim et d’autres ont rapporté de ^Aliyy que Allah l’agrée qu’il a dit :

إنه لعهد النبي الأمِّيِّ إِلَيَّ لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق

(innahou la^ahdou n-nabiyyi l-‘oummiyyi ‘ilayya la youhibbouni ‘il-la mou’minoun wa la yabghadouni ‘il-la mounafiq)

ce qui signifie : « C’est la promesse que m’a faite le Prophète qui ne lit pas et n’écrit pas : ne m’aime qu’un croyant et ne me hait qu’un hypocrite ».

Le Prophète r a dit :

إن منكم من يقاتل على تأويله كما قاتلت على تنـزيله

(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)

ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui combattra pour défendre des sens du Qour’an tout comme j’aurai combattu pour défendre qu’il est révélé ». Abou Bakr a dit alors : est-ce que ce sera moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». ^Oumar dit alors : Est-ce moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». Il a dit : (هو خاصف النعل) (houwa khasifou n-na^l) ce qui signifie : « Ce sera celui qui répare ses sandales ». ^Aliyy était à ce moment en train de réparer ses sandales. Ceci est sahih et rapporté par Ibnou Hibban.

Mouslim a rapporté que le Messager de Allah r a dit :

إني تارك فيكم ثقلين لا تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وعترتي أهل بيتي أذكركم الله في أهل بيتي

(inni tarikou fikoum thaqalayni la tadillou ma tamassaktoum bihima : kitaba l-Lahi wa ^outrati, Ahlou bayti. ‘Oudhakkiroukoumou l-Laha fi ahli bayti)

ce qui signifie : « J’ai laissé parmi vous deux choses telles que vous ne serez pas perdus si vous vous y attachez : le Livre de Allah et le pas de chez moi, les gens de ma famille. Je vous rappelle de craindre Allah au sujet des gens de ma famille ». Ainsi donc ceux qui l’ont combattu ont contredit ce hadith.

Quant au fait que Al-Houçayn, que Allah l’agrée, se soulève contre Yazid, c’était légitime et légal. En effet, aucun des émigrants ni des partisans n’avait fait pacte d’allégeance à Yazid. Les gens de Médine ne lui avaient pas fait pacte d’allégeance. Son investiture n’avait donc pas été confirmée. Plusieurs malikiyy ont dit cela comme ceux qui ont fait le commentaire de Khalil. Mou^awiyah avait œuvré auparavant pour qu’il lui succède. Il parlait à l’un et à l’autre. Il leur disait prenez mon fils Yazid en tant que successeur à moi après moi. C’est un conseil que je vous donne. Il n’avait pas retenu de se faire succéder par les fils des compagnons comme le fils de ^Oumar ou ^Abdou l-Lah Ibnou zZoubayr. Il a transformé le califat en tradition des rois de perse. Ces deux-là étaient des savants vertueux. Mais Yazid lui n’était pas des gens de science et de vertu. Il a été investi de la présidence conformément à la parole du Messager de Allah  :

هلاك أمتي على أيدي أغيلمة من قريش

(halakou ‘oummati ^ala ‘aydi ‘oughaylimatin min qouraych)

[rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres] ce qui signife : « Une cause de la perte au sein de ma communauté sera par des jeunes de Qouraych ».

Ont été confirmes les propos du Messager de Allah  :

الخلافة بعدي ثلاثون سنة ثم يكون ملك عضودٌ

(al-khilafatou ba^di thalathouna sanatan thoumma yakounou milkoun ^adoud)

ce qui signifie : « Le califat après moi sera de trente ans, après quoi ce seront des souverains durs ». Les trente années ont été accomplies avec Al-Haçan fils de ^Aliyy. Il a en effet désigné pour succéder à son père et a assuré le califat durant six mois. Les trente années s’étaient ainsi écoulées et s’est destitué en faveur de Mou^awiyah afin de préserver le sang des musulmans. Al-Haçan avait été désigné par un pacte d’allégeance de la part des émigrants et des partisans à Médine. Lorsque Al-Haçan s’était déchargé en faveur de Mou^awiyah, Mou^awiyah était devenu Calife.

Détailler le sujet ici comme nous l’avons fait n’est pas une chose qui mène à insulter les compagnons. C’est plutôt prendre la voie des spécialistes du hadith. Les gens du hadith ont mentionné ces sujets dans leurs livres.

Pour ce qui est du hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer », c’est Al-Boukhariyy qui l’a rapporté.

Quant au hadith :

لا أشبع اللَّه بطنه

(la ‘achba^a l-Lahou batnah)

ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié », au sujet de Mou^awiyah, il a été mentionné par Mouslim.

Il en est de même pour tout autre que cela parmi les hadith et les nouvelles rapportées (athar), que nous avons mentionné dans cet écrit, tous ont été mentionnés par les Mouhaddith.

L’habitude des Mouhaddith était de réciter le hadith dans des assemblées auxquelles assistaient les plus âgés et les plus jeunes, même l’enfant de sept ans. Pour plus de précisions, ils chargeaient des gens qui transmettaient à haute voix la parole du Mouhaddith, tout comme les gens transmettent à haute voix la parole de l’imam qui dirige la prière. Il y avait en cela un intérêt pour la religion en plaçant les choses à leur juste contexte et afin de ne pas considérer équivalents celui qui a du mérite et celui qui en a moins. Si on délaissait ces présentations et ces détails des vérités, certains pourraient croire que ce qu’avait fait Mou^awiyah est légitime et qu’il serait alors permis de le suivre en cela. Or il y a en ceci un voile et une déformation de la Loi, puisque ceci diminue de la gravité de la rébellion contre le calife, gravité de laquelle le Qour’an ainsi que le hadith ont fortement insisté. Allah ta^ala dit :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه واطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Le Messager a dit :

من كره من أميره شيئاً فليصبر فانه من يخرج من السلطان فيموت على ذلك إلا مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani fayamoutou ^ala dhalika ‘il-la mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ».

Indiquer ces sujets contribue à préserver ce que Allah a rendu important ainsi que Son Messager. Abandonner cela contribue à le perdre.

Quant à insulter les compagnons au sujet duquel il y a eu interdiction par la parole du Messager de Allah  :

لا تسبوا أصحابي

(la tasoubboushabi)

ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons », il s’agit d’insulter la totalité des compagnons ou de blâmer l’un d’entre eux sans raison légale, du moment qu’il n’a rien commis qui lui fait mériter la mise en garde. C’est le cas des insultes proférées par les khawarij lorsqu’ils s’étaient rebellés contre ^Aliyy alors qu’auparavant ils combattaient à ses côtés. Ils l’ont insulté et ont insulté ceux qui s’étaient ralliés à lui. Ils ont été jusqu’à le déclarer mécréant ainsi que ceux qui l’avaient rallié. Mais blâmer des individus parmi les compagnons pour une raison valable selon la Loi, cela a été confirmé par le texte même du hadith. Ainsi, le Messager ^alayhi s-salam, a dit au sujet d’un serviteur à lui qui se dénommait Karkarah, et qui était chargé de la famille du Prophète pendant la conquête ; cet homme était mort durant la conquête ; Le Messager a dit : (هو في النار) (houwa fi n-nar) ce qui signifie : « Il est en enfer ». Ils ont trouvé alors qu’il avait volé un voile du butin. Rapporté par Al-Boukhariyy.

Mouslim a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qu’il a dit à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As que le fils de ton oncle paternel Mou^awiyah nous ordonne de consommer les biens des uns des autres injustement et de nous entre-tuer. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu un instant puis lui a dit :

أطعه في طاعة اللَّه واعصه في معصية اللَّه

(ati^hou fi ta^ati l-Lahi wa ^sihi fi ma^siyati l-Lah)

ce qui signifie : « Obéis-lui en ce qui constitue une obéissance à Allah et désobéis-lui en ce qui constitue une désobéissance à Allah ». ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr le compagnon n’a pas dit à ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qui fait partie des successeurs dignes de confiance des compagnons : (tu as blâmé Mou^awiyah et le Messager a dit ce qui signifie : N’insultez pas mes compagnons).

Les savants du hadith n’ont pas cessé de mentionner ce hadith rapporté par Mouslim lorsque le Messager de Allah a envoyé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas pour lui appeler Mou^awiyah. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas était parti l’appeler mais il l’a trouvé en train de manger. Il a dit : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Le Messager de Allah lui a dit : (ارجع فادعه) (irji^ fad^ouhou) ce qui signifie : «retourne et appelle-le ». Il est reparti puis est revenu en disant : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Il a alors dit : (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié ». Ceci est bien un blâme de la part du Messager et non pas une invocation en sa faveur. En effet, trop manger n’est pas la qualité des pieux. Le Messager de Allah a dit :

المؤمن يأكل في معى واحد والكافر يأكل في سبعة أمعاء

(al-mou’minou ya’koulou fi ma^an wahidin wa l-kafirou ya’koulou fi sab^ati ‘am^a’in)

ce qui signifie : “Le croyant accompli mange le un septième de ce que mange le mécréant ». Trop manger est un blâme et non pas une éloge. Le Messager de Allah a dit r :

ما ملأ ابن ءادم وعاء شرا من بطنه، بحسب أحدكم لقيمات يُقمن صلبه، فإن كان ولا بد فثلث للطعام وثلث للشراب وثلث للنفس

(ma mala’a bnou ‘Adama wi^a’an charran min batnihi ; bihasbi ‘ahadikoum louqaymatoun youqimna soulbahou ; fa’in kana wa la boudda fathoulouthoun li tta^ami wa thoulouthoun li ch-charabi wa thoulouthoun li t-tanaffouci)

ce qui signifie : « Le fils de Adam n’aura pas rempli un pire récipient que son ventre. Que chacun d’entre vous se suffise de quelques bouchées qui lui permettent de garder sa santé. S’il était nécessaire, qu’il se suffise d’un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration ». Rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit haçan sahih.

Ce qui fait partie des choses étranges, c’est que certains ont dit que la parole du Messager à Mou^awiyah (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié » est une éloge pour lui ! La corruption de ces propos est apparente en raison de sa contradiction avec les deux autres hadith d’une contradiction claire. Le Messager fait l’éloge du fait de se limiter à quelques bouchées. Il approuve que le croyant se suffise de quelques bouchées, que ce qu’il mange soit de faible quantité.

Nous disons cela, et Allah sait les consciences et les fors intérieurs. Les actes valent selon leur intention et Allah sait nos intentions. A Lui le devenir et le retour pour le jugement.

 

La Dame Nafisah

Posted in Biographie,Histoire,islam,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 17, 2019

La dame Nafisah a vécu dans un contexte où il y avait beaucoup de science, d’ascèse et de piété. Elle a vécu dans un milieu où il y avait des savants, des adorateurs et des ascètes. Elle a ainsi récitait tout le qour’an et l’a mémorisé par coeur. Elle a étudié la science de la religion et l’a bien assimilée. Elle a entendu des questions sur le hadith du Prophète et le fiqh – la jurisprudence – et les a parfaitement comprises. C’était une femme dont l’invocation était exaucée, la dame Nafisah. C’est une femme qui faisait tout le temps le jeûne surérogatoire et elle veillait les nuits en prière surérogatoire.

 

Elle a connu la vérité. Elle a connu quels sont ses devoirs, quels sont ses droits et elle s’est limitée à cela. Elle a connu quelles sont les choses qui sont interdites, elle les a évitées. Elle s’est appliquée dans l’adoration et jusqu’à devenir une sainte et Allah lui a donné beaucoup de prodiges.

 

Elle est la dame Nafisah la fille de Al-Haçan Al-’Anouwar qui est surnommé Abou Mouhammad le fils de Zayd Al-’Ablaj, le fils de Al-Haçan, le petit fils du Prophète, fils de l’Imam ^Aliyy que Allah l’honore. Elle est issue de la famille du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

La dame Nafisah était une femme qui était chaste. On n’a pas su d’elle qu’elle a un jour tendu la main pour demander de l’argent à quiconque. Elle subvenait à ses propres besoins à elle et aux besoins de sa famille à partir de son argent ou de l’argent de son mari ou de ce qu’elle gagnait en travaillant le fil elle-même. ( Les femmes par le passé regardez c’était une sainte et pourtant  elle travaillait pour gagner sa vie ).

 

Allah tabaraka wa ta^ala a facilité à la dame Nafisah de se réunir avec des savants d’un très haut degrés, des Imams dans la jurisprudence, des Chouyoukh dans l’ascèse et des adorateurs. A l’exemple d’un saint qui s’appelle Bichr Ibnou Al-Harith il est connu sous le surnom de Bichr Al-Hafiyy. Elle a rencontré également l’Imam de Ahlou s-sounnah l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal. Elle rencontré également l’Imam Ach-Chafi^iyy. Elle a rencontré également l’Imam Malik. Elle a rencontré également ^Abdou l-Lah Ibnou Al-Hakam. Elle a rencontré Abou Sa^id Souhnoun fils de Sa^id le faqih Malikite. Elle a rencontré Ar-Rabi^ fils de Soulayman qui est Mouradiyy qui est un compagnon de l’Imam Ach-Chafi^iyy. Elle a rencontré Ar-Rabi^ Al-Jiziyy et beaucoup d’autres.

 

Mawloudouha – Sa naissance

 

Il était de l’habitude de Al-Haçan Al-’Anouwar qui est le père de la dame Nafisah de s’asseoir dans la mosquée Al-Haram à la Mecque pour donner des cours de religion et il expliquait aux gens les sujets de la religion et les sujets du qour’ân.

 

Alors qu’il était assis comme à son habitude pour donner des cours aux gens, il y a une jeune femme qui est venue pour lui annoncer la bonne nouvelle. Cette femme a dit à notre maître  Al-Haçan : «  je t’annonce la bonne nouvelle oh mon maître, cette nuit tu as eu une petite fille qui est née, nous n’avons pas vu une fille aussi belle qu’elle ni qui a un front aussi éclairé que son front, la lumière sort de sa bouche et elle est rayonnante ».

 

Quand Al-Haçan Al-’Anouwar a reçu cette bonne nouvelle, il était heureux. Et il s’est tout de suite prosterné ( vous savez qu’on peut faire une prosternation de remerciement quand nous recevons une bonne nouvelle, quand on est soulagé ou d’être délivré d’une épreuve, on peut faire une prosternation en direction de la qiblah). Il s’est prosterné pour Dieu, pour Le remercier pour ce bienfait qu’Il lui accordé et pour avoir exaucé son invocation.

 

Puis il a récompensé la jeune femme qui est venue lui annoncer la bonne nouvelle. Il a dit à cette jeune femme : «  dis à la famille (il vise la mère sa fille) d’appeler cette petite fille Nafisah ( nafisah veut dire précieuse et le mot nafis signifie précieux) ». Il a dit : « appelez-la Nafisah parce que in cha‘ Allah elle sera nafisah, elle sera précieuse ».

 

La dame Nafisah est née à la Mecque honorée, le mercredi onze du mois de Rabi^ou ‘Al-’Awwal de l’an 145 de l’hégire. Sa mère était heureuse de sa naissance. Et ce qui a augmenté la joie de Al-’Anouwar, du père de Nafisah,  Al-Haçan Al-’Anouwar, c’est que sa petite fille ressemblait beaucoup à sa sœur à lui, la dame qui s’appelait aussi Nafisah fille de Zayd que Allah l’agrée, c’était celle que le Calife Al-Walid Ibnou ^Abdi l-Malik avait épousée.

 

Lorsque l’assistance, comme lui donnait un cours à la Mecque, donc les gens qui étaient dans l’assistance ont entendu cette annonce de bonne nouvelle et c’étaient des gens parmi l’élite, des gens qui étaient vertueux parmi ses disciples Quand ils ont entendu l’annonce de bonne nouvelle, de la naissance qu’a reçu  Al-Haçan Al-’Anouwar, ils se sont levés pour le féliciter pour avoir obtenu ce qu’il souhaité et pour l’exaucement de son invocation.

 

Il avait remercié les gens qui l’avaient félicité puis il a levé les mains vers le ciel ( le ciel est la direction pour les invocations, ça ne veut pas dire que Allah habite dans le ciel, Allah n’est pas dans le ciel, Il n’est pas partout et Il est sans endroit ).

 

Donc il a dirigé les mains vers le ciel, en ouvrant les mains pour les invocations en disant des invocations, le sens général est le suivant : « Ô Allah, fais qu’elle grandisse dans le bien, agrée cette petite fille, fais qu’elle soit au nombre de tes esclaves vertueux parmi les saints du plus haut degrés que Tu agrées et qui T’aime. Ô Allah, fais qu’elle soit une femme de mérite, une source de bien et de bienfaisance, une lumière et une guidée. Ô Allah, fais qu’elle soit précieuse par sa science, éminente dans son indulgence, d’un très haut degré, qu’elle soit ferme et forte dans l’attachement à la religion et qu’elle a une certitude complète dans la croyance ».

 

Avec cette annonce de bonne nouvelle de sa fille Nafisah, il y a aussi un émissaire qui est venu du calife Abasside de l’époque c’est Abou Ja^far Al-Mansour, cet envoyé du calife est descendu de son cheval, il est entré dans la mosquée Al-Haram, il a traversé les rang jusqu’arriver devant Al-Haçan Al-’Anouwar le père de Sayyidah Nafisah. Il a sorti de son sac une lettre, il a donné ave la lettre le cadeau du calife qui était une grande bourse qui contenait vingt mille dinars ( quand on dit un dinar c’est-à-dire c’est une pièce d’or donc vingt mille pièces d’or ).

 

Il émanait de cette lettre l’odeur du musc – du parfum -. Le Chaykh c’est-à-dire Al-Haçan Al-’Anouwar a ouvert cette lettre et il a lu le contenu lentement. Les gens qui étaient là, ils écoutaient, ils craignaient pour lui parce que la famille du Prophète a été opprimée par certains qui rechercher le pouvoir après les quatre Califes, notre maître Abou Bakr, notre maître ^Oumar, notre maître ^Outhman et notre maître ^Aliyy et après six mois de notre maître Al-Haçan, il y a eu toute une dynastie qu’on appelle les Omeyades qui ont pris le pouvoir, ils ne voulaient pas que le pouvoir reviennent à la famille du Prophète, c’est pour cela qu’ils ont beaucoup opprimé, certains ont même été assassinés comme notre maître Al-Houçayn le petit fils du Prophète ( c’est-à-dire imaginez le petit fils du Prophète était tué par des gens, juste pour le pouvoir ).

 

Les gens étaient là à attendre et ils craignaient pour celui qui était le plus grand de la famille du Prophète, celui qui était le plus noble des descendants de Hachim. Ils craignaient que le Calife ne lui fasse un quelconque mal ou qu’il ne lui arrive quoi que ce soit, mais ils n’ont pas quitté la place et ils ont vu que Al-Haçan Al-’Anouwar s’était mis à pleurer. Alors ils ont augmenté en peu pour lui. Ils lui ont dit : «  qu’est-ce qu’il y avait dans la lettre du Calife ». Il leur a annoncé cette situation importante puisqu’il  lui était confié une grande charge. Il leur a dit : « j’ai reçu la mission de gouverné Médine l’illuminée et le le Calife m’a désigné comme son représentant sur Médine », la ville de Médine, la ville du Prophète ^alayhi salatou wa sallam, donc c’est une lourde charge, donc il avait pleurait parce qu’il allait assumer une grande responsabilité, donc ce n’était pas ce qu’ils craignaient pour lui, ce n’était pas un mal, mais lui, il a pleuré parce que c’était une grande responsabilité.

 

Les gens étaient tous heureux, l’assistance était contente de ce qui est arrivé. Leurs visages étaient rayonnant de bonheur. Ils ont dit : «  Bonheur, félicitation à la ville du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam pour avoir quelqu’un comme toi, qui va réaliser la justice, diffuser la vérité et propager la sécurité, la sérénité, la paix et la justice ».

 

Ils lui ont dit : «  Bonheur aux habitants de Médine s’ils ont quelqu’un comme toi qui va les gouverner, quelqu’un qui est bienfaisant de la famille du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, qui va exécuter les lois, réaliser les peines, revivifier les sounnah et renouveler les préceptes de la religion de droiture ».

 

Ils lui ont dit : «  Surtout n’hésite pas, prends cette responsabilité parce que peut être tu vas trouver quelqu’un qui a subit une injustice, tu vas rétablir son droit. Quelqu’un qui a besoin de secours, tu vas venir à son secours. Un prisonnier que tu vas libérer ou quelqu’un qui a été chassé, tu vas le protéger et l’abriter. »

 

C’est alors quand il a entendu ces paroles, il leur a dit : «  Si cette responsabilité que je viens d’avoir est une grâce de la part de Dieu pour les gens, alors c’est cette petite fille qui est née, qui est l’annonce de cette gouvernance, il vise la dame Nafisah. Et si cette gouvernance est un honneur pour nous, alors c’est cette petite fille qui est la cause ».

 

La dame Nafisah a grandi de manière honorable. Elle a grandi d’abord à la Mecque et lorsqu’elle a atteint les cinq ans, son père l’a amenée à Médine. Il s’est mis à lui enseigné les sujets de la religion et du bas monde. ( Voyez comment c’est très important que les parents veillent à enseigner à leurs enfants les sujets de la religion).

 

Elle a d’abord mémorisé le qour’an. Il lui a enseigné le hadith du Prophète honnête salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Elle a appris comment se conduisaient les vertueux. Elle a appris comment les gens pieux se conduisaient. Il ne s’est pas limité à enseigner à sa fille, à ce qu’elle mémorise, à ce qu’elle retienne mais aussi à ce qu’elle applique ce qu’elle apprend pour qu’elle mette en pratique ce qu’elle apprend.

 

Il faisait participer sa fille dans ses actes d’adoration. Il avait des wird c’est-à-dire des paroles qu’il disait régulièrement, des dhikr, des évocations de Dieu. Donc, il faisait que sa fille fasse la même chose avec lui. Souvent, il l’emmené à la mosquée du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, pour qu’elle voit l’assemblée des musulmans, pour qu’elle voit de ses yeux les convois des gens de bien, les groupes des bienfaisants qui viennent avec grande nostalgie, visitait le Prophète dans sa mosquée salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Allah a donné des bénédictions à la dame Nafisah dans son enfance. Elle n’avait pas même huit ans qu’elle avait appris par coeur tout le qour’an, la dame Nafisah.Elle avait appris quelque chose qui n’est pas négligeable du hadith du Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam.  Elle était toujours en compagnie de son père que ce soit lorsqu’il était en voyage ou lorsqu’il n’était pas en voyage. Son père était pour elle un modèle, un exemple pour elle, puis elle le suivait.

 

Son coeur a été éclairé par la lumière de la foi et son âme a goûté à la douceur de l’obéissance. Souvent, elle invoquait Allah, alors qu’elle était encore petite. Elle demandait à Allah qu’Il écarte de son coeur à elle tout ce qui peut la détourner de l’adoration de Dieu. Et elle demandait à Allah qu’Il fasse aimer dans son coeur à elle tout ce qui pouvait lui faire gagner l’agrément de Dieu. Elle demandait à Allah qu’Il lui facilite le chemin pour l’obéissance à Dieu. Elle demandait à Allah qu’Il fasse qu’elle soit au nombre des saintes. Elle disait : « Ô Allah, Tu es Celui dont nous recherchons l’aide lorsque nous sommes dans les épreuves, Celui dont nous recherchons le secours quand nous serons dans les difficultés. »

 

Parmi ceux que la dame Nafisah a rencontré à Médine, il y a l’Imam Malik que Allah l’agrée. L’Imam Malik avait collecté les hadith des faqih et des musulmans dans un livre qu’il appelait Al-Mouwata et la jurisprudence de l’Imam Malik s’est diffusée dans les différents pays.

 

L’Imam Malik fils de ‘Anas était l’Imam de Médine. Il était parmi les savants qui avaient les plus hauts degrés, celui parmi les savants qui avaient le plus de crainte de Dieu, celui parmi les savants qui veillaient à ne dire que les paroles des plus authentiques et celui qui récitait le plus  le livre de Allah.

 

Et dans la maison de son père la dame Nafisah, elle rencontrait l’élite parmi les savants, les plus grands des faqih, les plus forts parmi les poètes et les gens de littérature. Elle écoutait d’eux et ensuite elle rapportait d’eux ce qu’elle avait entendu d’eux. Elle prenait d’eux et de leur parole. Elle apprenait par coeur de leur sagesse ce qui nourrissait sa raison éclairée et qui éclairait son âme.

 

C’était une femme qui avait une raison clairvoyante, elle était clairvoyante, elle avait une grande ardeur pour l’adoration. Et elle avait une intention sincère et elle avait une ardeur toujours forte pour oeuvrer pour le bien.

 

Quand la dame Nafisah a atteint l’âge du mariage. Les descendants du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ils étaient descendants de Al-Haçan et Al-Houçayn, souhaitaient se marier avec elle. Tout comme beaucoup de jeunes gens, des plus nobles de la tribu de Qouraych ont souhaité la demander en mariage qaund ils ont su que c’était une femme de bien, qu’elle agissait en bien, qu’elle avait une foi très forte et qu’elle était très pieuse. Et celui qui veillait le plus à l’épouser c’était Is-haq le fils de Ja^far AsSadiq.

 

Is-haq fils de Ja^far AsSadiq était surnommé Al-Mou’taman, Is-haq Al-Mou’taman, celui qui était honnête dans ce qu’il lui est confié, tellement il était digne de confiance, il avait une forte foi et un grand attachement à la religion. Ce jeune homme n’était pas étrangé puisque lui même s’appelle Is-haq fils de Ja^far AsSadiq fils de Mouhammad Al-Baqir fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin fils de Al-Houçayn le petit fils du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Is-haq voyait les gens demander la main de la dame Nafisah auprès de son père Al-Haçan Al-’Anouwar, parmi ceux qui venaient la demander en mariage, il y avait des savants émérites, des adorateurs illustres, mais son père, quand les gens lui demandaient la raison pour laquelle il les refusait, il disait : «  Je voudrai rendre ce qui m’a été confié à sa famille et rendre la goutte à la mer, et je voudrai planter la rose dans son jardin. » Quand les gens entendaient sa réponse, ils s’abstenaient de parler, ils disaient : « peut-être qu’il y a dans l’affaire un secret que nous ne pouvons pas connaître ».

 

Mais Is-haq a voulu essayer lui-même. Il a demandé le mariage avec la dame Nafisah. Il a fait une prière de consultation – ‘istikharah – puis il est parti avec son oncle et avec lui les plus grands de la famille du Prophète.  Al-Haçan Al-’Anouwar, le père de sayyidah Nafisah leur a fait bonne accueil mais il s’est abstenu de marier la dame Nafisah à Is-haq. Donc ils sont partis, ils avaient très mal au coeur parce que quelqu’un comme Is-haq généralement n’est pas quelqu’un que l’on refuse.

 

Is-haq est sorti de chez Al-Haçan, il était profondément chagriné, il est parti à la mosquée du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam,  il s’est tenu dans le mihrab du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  et il s’est mis à faire la prière. Puis, quand il a fini les prières, il est entré dans la chambre honorée, là où est enterré le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, il s’est tenu en face de la tombe du Prophète  salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et il a dit : « A toi le salam ô Messager de Allah, à toi le salam ô toi le maître des Messagers, le dernier des Prophètes, Celui que le Seigneur des mondes agrée le plus, je te fais part de mon chagrin, je viens avec mon besoin, je t’expose mon affaire, combien de gens avaient besoin de secours sont venus vers toi, combien de gens qui étaient déprimés et attristés ont demandé ton aide. J’ai demandé la main de Nafisah de mon oncle Al-Haçan mais il me l’a refusé », puis il a passé le salam et il est parti.

 

Le lendemain matin matin, Al-Haçan a demandé quelqu’un pour l’amener et il était étonné. ( Et qu’est-ce qu’il lui a dit?) Il lui a dit : « Cette nuit, j ‘ai vu mon grand-père, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  avec un très bel aspect, il m’a passé le salam et il m’a dit : «  Ô Haçan donne ta fille Nafisah en mariage à Is-haq Al-Mou’taman. »

 

Son mariage a eu lieu le premier jour de Rajab de l’année 161 de l’Hégire. Par leur mariage, se sont réunis deux lumières, la lumière de Al-Haçan et celle de Al-Houçayn, les maîtres des jeunes gens du Paradis, parce que la dame Nafisah sont ancêtre, son grand-père c’est l’Imam Al-Haçan et Is-haq Al-Mou’taman, son grand-père, son ancêtre c’est l’Imam Al-Houçayn, qua Allah les agrée tous les deux.

 

Is-haq, son mari était quelqu’un qui faisait partie des gens de mérites, des gens qui fournissaient les efforts dans l’adoration et qui craignaient Dieu. Beaucoup de gens ont rapporté de lui les hadith du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa salla. C’était quelqu’un qui était mouhadith, il était digne de confiance, il était honnête et il était véridique.

 

Il est parvenu dans le livre ^Oumdatou ttalib, à propos de Is-haq, pour ce qui est de Is-haq fils de Ja^far AsSadiq, il est surnommé Abou Mouhammad et il est surnommé Al-Mou’taman. Il est né à Al-^Arid qui est vallée à Médine et c’était parmi les gens, celui qui ressemblait le plus physiquement au Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Et lorsque Soufiyan fils de ^Ouwayna, qui était le Chaykh de l’Imam Ach-Chafi^iyy. Soufiyan fils de ^Ouwayna, c’est le Chaykh de l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah les agrée tous les deux. Quand il rapporté il citait la chaîne de transmission de ce qu’il avait entendu de Is-haq fils de Ja^far AsSadiq, il disait : « Celui qui est digne de confiance, celui qui est agrée, Is-haq fils de Ja^far AsSadiq fils de Mouhammad, fils de ^Aliyy, fils de Al-Houçayn, que Allah l’agrée, m’a rapporté ».

 

Et Al-Mouqriziyy dans ses khoutat, il rapporte, il dit : « celui qui épousé Nafisah c’est Is-haq fils de Ja^far AsSadiq, quelqu’un de vertueux, des gens de bien, de mérites, et d’attaché à la religion.

 

Le voyage de Nafisah en Egypte

 

La dame Nafisah avait une grande part, elle occupait une place importante dans le coeur des musulmans et les égyptiens en particulier. Les gens d’Egypte quand ils venaient en pèlerinage, ils veillaient à la rencontrer. Et à chaque fois, ils lui demandaient de venir chez eux, de les visiter en Egypte, tellement ils ont entendu de sa grande science et de son grand mérite. Elle leur disait à chaque fois : « je vais venir vous rendre visite dans votre pays, si Dieu le veut. Dieu a fait l’éloge de  l’Egypte et l’a mentionnée dans Son Livre honoré. » Et elle a dit : «  mon grand-père (elle vise le Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wa sallam) m’a recommandé l’Egypte, par sa parole qui signifie: « lorsque vous allez conquérir l’Egypte (et ça aussi c’est un des signes de la prophétie de notre maître Mouhammad, parce qu’à son époque l’Egypte n’était pas encore conquise) donc il leur disait ce qui signifie : «  lorsque vous allez conquérir l’Egypte, alors recommandez vous les uns aux autres d’agir en bien avec les gens d’Egypte parce qu’il y a en Egypte, il a cité sahran wa nasaba entre autre vous savez parce que parmi les épouses de notre maître Mouhammad, il y a une femme qui s’appelle Mariya et elle est égyptienne, donc c’est pour ça c’est comme si vous avez une belle famille là-bas ».

 

Entre temps la situation a dégénérée concernant la famille du Prophète. Le père de la dame Nafisah,  Al-Haçan Al-’Anouwar a été démit de ses fonctions, de gouverneur de Médine, après qu’un homme qui s’appelle Ibnou Abi Dhi’b a colporté ou a fait circuler des fausses rumeurs. (Vous savez à cette époque-là, il y avait des gens qui faisaient circuler de mauvaises informations à propos de gens et certains gouverneurs tombaient dans le piège et ils démettaient certaient gouverneurs de leur fonction juste à cause de ces rumeurs que les gens faisaient circuler. Donc la situation a dégénérée et il y a eu beaucoup de zizanie et la famille du Prophète s’est trouvée amenée à se déplacer d’un endroit à un autre, de quitter Médine bien qu’ils chérissaient énormément Médine. Ils se sont décidés à partir en Egypte.

 

Ils ont décidé d’aller en Egypte et bien sûr dans un temps, beaucoup d’années auparavant, des dizaines d’années auparavant il y avait la dame pure Zaynab la fille de l’Imam ^Aliyy qui était la sœur de Al-Haçan et de Al-Houçayn, la fille de notre dame Fatimah. Et Zaynab était la petite fille du Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Elle était déjà installé en Egypte, puis elle était enterrée en Egypte.

 

Les égyptiens ont fait bonne accueil à la famille du Prophète et bien sûr à leur tête notre dame Nafisah et son mari Is-haq et ses deux enfants Al-Qacim et sa fille Oum kalthoum et d’autres personnes de la famille du Prophète. Ils se sont tous empressés , qui pouvez les accueillir, qui pouvez les héberger. Celui qui a eu cet honneur, c’est le maître Jamal Ibnou Al-Jasas, il les a accueillis chez lui dans sa maison.

 

La dame Nafisah a vécu en Egypte jusqu’à sa mort, elle a été enterrée en Egypte. Malgré le fait que la dame Nafisah a grandi dans la maison de son père où il y avait des signes de luxe et de confort parce que son père était gouverneur, sauf qu’elle avait préféré le détachement des choses du bas-monde et l’ascèse. Elle mangeait très peu. On a rapporté d’elle qu’elle mangeait un plat complet une fois tous les trois jours.

 

Zaynab qui est la nièce de la dame Nafisah, c’est la fille de son frère, elle a dit : «  j’ai été au service de ma tante paternelle pendant quarante ans. Quarante ans, je ne l’ai pas vue dormir une nuit ni ne pas jeûner un jour hormis les deux jours de al-^id et les trois jours de At-tachriq. » La nièce, la dame Zaynad a dit à la dame Nafisah : «  tu ne prends pas pitié de toi-même, parfois ne fais pas le jeûne, dors certaines nuits ». Elle a dit : «  comment tu veux que je prennes pitié de mon âme, alors que j’ai devant moi des épreuves pouvant être dépassées que par ceux qui vont réussir. »

 

Regardez leur degré, elle est descendante du prophète et elle est très proche, elle a vécu à une période de gens de science, comment elle a peur du Jour du Jugement, alors que nous, nous sommes dans notre insoucience, à penser : oui Allah est miséricordieux, tu trouves des gens qui commettent des péchés, qui ne prennent pas l’effort à faire les devoirs, qui ne prennent pas l’effort d’éviter les péchés. Donc regardez, l’insouciance est une voie pour l’interdit, c’est une voie pour l’enfer.

 

Elle disait : «  Ma tante, elle connaissait tout le qour’an par coeur, elle le récitait et elle connaissait son tafsir sa signification, elle récitait le qour’an et elle pleurait quand elle le récitait ».

 

Lorsque la dame Nafisah a persévéré sur l’obéissance à Dieu, Allah ta^ala lui a donné de nombreux prodiges, parmi lesquels :

Al-Qina^iyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit à Zaynab, cette même femme qui était la nièce de la dame Nafisah parce que le père de Zaynab s’appelle Yahya, et Yahya était le père de Nafisah. Il lui dit : «  quelle est la nourriture de ta tante ? » Elle disait : «  elle ne mangeait qu’un seul plat complet tous les trois jours, elle avait un panier qui était accroché devant son lieu de prière. Elle avait un lieu de prière, elle avait un panier qui était accroché. Chaque fois qu’elle voulait quelque chose à manger, elle trouvait dans ce panier. Et elle ne prenait rien des gens hormis de ce que son mari lui donnait où de ce que Allah lui accordait ». Elle a dit : « La louange est à Allah Qui nous a accordé une part de ce qu’Il a accordé à Maryam, la dame Maryam fille de ^Imran, ^alayha s-salam » Pourquoi?Parce que notre dame Maryam, c’est cité dans le qour’an que Allah lui donnait les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver, et c’était d’une manière prodigieuse, que ce soit d’une manière, c’est-à-dire que c’était des prodiges qui étaient à la dame Nafisah, Allah faisait parvenir sa subsistance.

 

Sa^d Ibnou Al-Haçan a dit : «  une année où il y avait une sécheresse en Egypte, le fleuve du Nil s’est arrêté de couler ». Vous savez c’est un fleuve, c’est comme une mer et il s’est arrêté, il s’est asséché. Les gens se sont empressés auprès de notre dame Nafisah pour lui demander l’intercession, pour qu’elle invoque Dieu pour que le Nil continue à couler, ils lui ont demandé des invocations. Alors elle avait une pièce qui lui appartenait, un objet qui lui appartenait, ils l’ont ramené et ils ont pris cet objet de notre dame Nafisah dans le fleuve. Le fleuve a repris son cours et à déborder de ce qu’il était de son lit habituel ».

 

^Abdou r-Rahman Al-’Awza^iyy que Allah l’agrée, c’était l’Imam des gens de Ach-Cham, le faqih, c’était un savant, il est mort en 158 de l’Hégire, il est enterré à Beyrout et l’invocation est exaucé auprès de sa tombe. Il a dit : «  j’ai demandé à Jawhar, c’était une des filles de Al-Houçayn, est-ce que tu as vu de ta maîtresse Nafisah le prodige ? » Elle lui a répondit : « oui ». Elle a dit : «  c’était un jour de grande chaleur, un grand serpent était venu, et j’avais un récipient d’eau de la dame Nafisah, alors ce serpent s’est mis à se frotter la tête contre le récipient comme s’il recherchait les bénédictions de l’eau de la dame Nafisah, puis il est reparti d’où il est venu ».

 

L’Imam Ach-Chafi^iyy que Allah l’agrée, quand il tombait malade, il envoyé un de ses élèves comme Ar-Rabi^ Al-Jiziyy ou bien Ar-Rabi^ Al-Mouradiyy auprès de la dame Nafisah, il lui passait lesalam et il lui disait : «  ton cousin Ach-Chafi^yy est malade, il te demande de lui faire des invocations ». Et elle faisait des invocations pour lui, l’envoyé de Ach-Chafi^iyy ne retournait pas auprès de Ach-Chafi^iyy sans que Ach-Chafi^iyy soit directement guérit  de sa maladie.

 

Lorsque Ach-Chafi^iyy est tombé malade de sa dernière maladie, il ne savait pas à ce moment-là, il a envoyé quelqu’un comme à son habitude pour demander à la dame Nafisah des invocations. Elle lui a fait une autre invocation, elle a dit : « Que Allah accorde à  Ach-Chafi^iyy de voir Allah dans l’au-delà c’est-à-dire de voir l’Être de Allah dans l’au-delà »

Donc le mot wajh signifie l’Être au sujet de Allah, ce n’est pas cette partie de la tête, la face. Celui qui a une face ou qui a un dos est un corps et Allah, Il dit layça kamithlihi chay’ qui signifie : rien n’est tel que Lui. Donc Allah n’est pas un corps. Al-wajh ici signifie adh-dhat c’est-à-dire l’Être de Allah. Allah ta^ala lorsque les croyants seront au paradis, ils verront Allah sans que Allah soit dans un endroit au paradis ou dans un autre endroit, à l’extérieur du paradis, non. Allah est sans endroit.

 

Donc quand elle lui a dit que Allah lui accorde de voir Allah, l’Être de Allah, le mot wajh signifie l’Être, ça ne veut pas dire la face ici, au sujet de Dieu, ça veut dire que Allah lui accorde d’être au paradis parce que les croyants lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu sans que Dieu soit dans un endroit, sans qu’Il soit dans une direction parce que Allah est le Créateur des endroits, Il est le Créateur des directions. Avant la création des endroits, avant la création des directions, Allah existe sans endroit, sans direction. Après la création des endroits et des directions, Allah ne change pas. Donc les croyants leur plus grande récompense c’est qu’ils verront Allah lorsqu’ils seront au paradis sans que Allah soit au paradis, mais Allah leur donne la force de la voir, sans qu’Il soit dans dans un endroit et ça c’est quelque chose qui est confirmé dans le qour’an et dans le hadith.

 

Dans le qour’an, Allah ta^ala dit ce qui signifie : «  Les visages ce jour-là seront resplandisssant de bonheur, ils verront leur Seigneur ».

 

Et la parole du Prophète a dit ce qui signifie : «  Vous allez voir certes votre Seigneur au Jour du Jugement , vous n’aurez aucun doute tout comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous n’avez pas de doute que ce que vous avez vu c’est la lune » il n’ a pas comparé Allah avec la lune mais il a comparé la certitude, le fait de ne pas douter que ce que vous avez vu c’est Allah.

 

Son mari Is-haq Al-Mou’taman lui a dit un jour : «  Nous allons partir à Al-Hijaz ». Elle a répondu : «  je ne pourrai pas aller avec toi à Al-Hijaz parce que j’ai vu le Messager de Allah dans le rêve qui m’a dit : ne quitte pas l’Egypte parce que Allah te fera mourir en Egypte »

 

La dame Nafisah que Allah l’agrée est tombée malade le mois de Rajab de l’an 208 de l’Hégire. Et la maladie s’est emplifiée jusqu’à Ramadan, elle était à la situation la plus difficile de sa maladie. Elle ne pouvait même plus bouger. Ils lui ont ramené un medecin , il lui a dit de rompre le jeûne. Elle a dit : «  que c’est étonnant, depuis trente ans que je demande à Dieu de faire en sorte que je meure, en étant en état de jeûne et tu veux que je rompts le jeûne maintenant ».

 

Il y avait un rideau dans sa maison, et derrière le rideau il y avait une tombe qui était creusée. Elle a fait signe vers cette tombe , elle a dit : «  voici ma tombe » et elle a dit : «  ici, je serai enterrée si Dieu le veut ». Elle leur a dit : «  quand je meure, faites moi entrer dans cette tombe ». Quand son âme pure a débordé de son corps, elle a été enterrée dans la tombe qu’elle avait creusée de ses mains et dans laquelle elle avait récité six mille fois tout le qour’an et cela avait eu lieu quarante ans après la mort de Ach-Chafi^iyy.

 

Que Allah fasse que nous profitions et que nous ayons les bénédictions de la dame Nafisah, que Allah l’agrée, que Allah nous accorde sa barakah.

 

Le bon comportement entre mari et femme

Posted in cours général,Exhortation,islam,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2019

Que Allaah honore et élève le rang de notre Maître MouHammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allaah qu’Il nous fasse apprendre de ce nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.

 

 

Celui qui suit ce chemin, aura une grande réussite, c’est à dire le chemin de l’amour véritable, de l’amour sincère les uns pour les autres. Mais le simple fait de se réunir, de se rencontrer, tout en se trompant, en étant malhonnête, cela aura de graves conséquences dans ce bas monde et dans l’au-delà.

 

Il se peut alors que celui qui en apparence t’aime devienne quelqu’un qui te déteste par la suite. D’ailleurs dans le Qour’an, Allah ta^ala dit ce dont on comprend : « Ceux qui étaient des amis les uns pour les autres dans ce bas monde pour des sujets du bas monde et pas pour l’agrément de Dieu, vont se transformer au Jour du Jugement en des ennemis les uns pour les autres. ».

Pourquoi est-ce qu’ils vont devenir des ennemis ? Parce que si leur amitié était pour des raisons du bas monde, ils vont s’entrainer les uns les autres dans le péché, et donc au Jour du Jugement, chacun va dire à l’autre « C’est à cause de toi que je suis dans cette situation maintenant. ». Donc c’est ainsi qu’ils vont se transformer en des ennemis les uns pour les autres.

 

C’est pour cela que les maris doivent avoir ce caractère éminent, pour être de ceux qui ont ces hauts degrés. Il suffit pour montrer l’importance de ce caractère, le fait de s’aimer sincèrement les uns les autres pour l’agrément de Dieu, qu’au Jour du Jugement, lorsque les gens endureront des situations très difficiles, eux seront épargnés de la torpeur, de la chaleur du soleil, ils seront à l’ombre du Trône, et cette situation est un préliminaire de la grande félicité ininterrompue qui les attend pas la suite.

 

Dans le Hadith des 7 catégories de personnes qui seront à l’ombre du Trône au Jour du Jugement, parmi ces 7 catégories, il y a les deux personnes qui se sont aimées pour l’agrément de Dieu, c’est à dire que ce qui les a réunies c’est l’agrément de Dieu, et quand elles se séparent, c’est pour l’agrément de Dieu également. Donc elles n’ont pas d’intérêt du bas monde. Si le couple est basé sur la recherche de l’agrément de Dieu, alors au Jour du Jugement, tous deux auront cette grande récompense. Ceux qui s’aiment pour l’agrément de Allaah, se réunissent pour la bienfaisance et la piété. Ils ne se réunissent pas pour le péché ni pour le mal. Ce qui les réunit c’est l’obéissance à Allaah, loin des objectifs du bas monde. Ils ne se trompent pas les uns les autres, ils ne se dupent pas les uns les autres, ils ne s’indiquent les uns aux autres l’égarement et l’injustice, au contraire, ils s’aiment d’un amour pour l’agrément de Allaah ta^aalaa.

 

Veille, toi mon frère, et veille, toi ma soeur à être de ceux qui s’aiment les uns les autres pour l’agrément de Allah. Que Allah fasse que nous soyons au nombre de ces gens-là, ô Allaah, Toi Le Plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde, fais que nous soyons de ceux qui s’aiment les uns les autres pour Ton agrément.

 

Qu’est ce que cela veut dire s’aimer pour l’agrément de Allaah ? C’est à dire avoir cet amour pour obéir à Dieu. Parce que Dieu nous a ordonné de nous aimer les uns les autres, de nous entraider pour ordonner le bien et interdire le mal, c’est à dire que c’est dans cet objectif là. Ce n’est pas un amour passionnel, ou un amour pour des intérêts du bas monde, c’est vraiment un amour qui est désintéressé, uniquement pour accomplir ce que Dieu nous a ordonné de faire. C’est à dire que la personne dit « Voilà, cette personne c’est une musulmane, elle a la croyance qui mène au Paradis, je l’aime pour l’agrément de Dieu, c’est à dire si elle me sollicite pour ordonner le bien, interdire le mal, je suis présent et moi j’espère aussi que quand je la sollicite pour ordonner le bien, interdire le mal, elle sera présente, et nous nous entraidons pour obéir à Dieu, pour nous encourager à faire ce que Dieu nous a ordonné et à éviter ce que Dieu nous a interdit. ». Donc c’est cela le fait de s’aimer les uns les autres pour l’agrément de Dieu, et au sein du couple, à fortiori.

 

Il est parvenu dans le Hadith qoudsiyy que le Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit ce qui signifie : « Allaah dit : « Ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, auront des chaires de lumières au Jour du Jugement (la chair c’est ce que l’on appelle Al Minbar, c’est ce sur quoi on s’assoit). »

Ceci aura lieu avant leur entrée au Paradis, c’est à dire avant l’entrée au Paradis, ils auront cette situation là. Allaah ta^aalaa les fait assoir à l’ombre du trône sur des minbar, des chaires, comme des fauteuils de lumière, de sorte que les gens seront heureux pour eux, c’est à dire les gens quand ils vont les voir, ils seront heureux pour eux. Les prophètes et les martyrs également seront heureux pour eux et agréablement surpris de leur situation. Bien que les prophètes aient un degré supérieur, lorsqu’ils verront cela, pour des gens qui ont un degré inférieur aux leurs, ils se réjouiront pour eux. C’est ce que l’on appelle al ghibtah, à la différence de l’envie. Donc l’envie c’est quand la personne ne supporte pas un bien que son frère a et il oeuvre en conséquence de ce sentiment pour essayer de lui enlever ce bien que son frère ou sa soeur a eu. Al ghibtah c’est de se réjouir pour le bien de son frère, ça c’est un caractère qui louable, c’est louable que de se réjouir pour un bien que Allaah a accordé à quelqu’un d’autre. Les prophètes vont avoir ce sentiment de réjouissance pour le bien que Dieu accorde à ceux qui se sont aimés les uns les autres pour l’agrément de Dieu, ils se sont réjouiront pour eux.

 

L’amour véritable c’est l’amour dans lequel il n’y a pas de tromperie ni d’hypocrisie. Quand il voit que son ami est dans une mauvaise situation, par exemple il est en train de commettre les péchés, il ne lui embellit pas ce mal, sous prétexte qu’ils sont des amis, il ne se tait pas, tant qu’il est capable de l’en délivrer. S’il voit que son ami est dans un bon état, il le renforce et le soutient. C’est cela le sens de s’aimer par recherche de l’agrément de Allah. Parmi les signes de l’amour pour l’agrément de Allah, c’est qu’il n’y a pas de tromperie entre eux, il n’y a pas de duperie ni d’hypocrisie, ils s’entraident pour l’obéissance et se donnent le conseil. Pour cela, les compagnons du Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’ils se rencontraient, ils se faisaient le rappel de la Parole de Allaah ta^aalaa l’un à l’autre,(…) c’est à dire « Allaah jure par al ^asr, (al ^asr c’est un moment de la journée, en fin d’après-midi), que la plupart des gens vont à leur perte sauf ceux qui sont croyants et qui ont agi en bien et qui se sont recommandés les uns aux autres la bonne croyance et l’obéissance à Allaah, ainsi que la patience pour accomplir les actes d’adoration. »

 

Le fait de s’aimer les uns les autres sera une cause pour que le croyant se retrouve à l’ombre du Trône, au Jour du Jugement. Au Jour du Jugement, le soleil se rapproche de la tête des gens jusqu’à être à une distance de un mil, et au Jour du Jugement il n’y a pas d’arbre sous lequel on puisse s’abriter, il n’y a pas de grotte ou de caverne pour entrer, pour être à l’ombre, il n’y a pas de montagne, il n’y a pas d’autre ombre que celle du Trône.

Ceux qui s’aiment les uns les autres seront à l’ombre du Trône, ils échapperont à la chaleur du soleil. Le soleil sera tellement proche, que les gens vont avoir leur transpiration pour certains qui leur arrive jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’au nombril, d’autres vont se noyer dans leur transpiration, sans que la transpiration de l’un ne dépasse pour toucher celui qui est a côté.

Le fait de s’aimer les uns les autres pour l’agrément de Allah, est une cause qui fait gagner l’agrément de Allaah. Allaah ta^aalaa dit dans le Hadith qoudsiyy (…) ce qui signifie :  « Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément. ».

 

La félicité dans le bas monde :

 

La femme vertueuse fait partie des 4 choses qui font gagner le bonheur du bas monde, tout comme cela est parvenu dans le Hadith, rapporté par le Hafidh Diya’ou d-din Al Maqdisiyy, qui a pour sens « Le bonheur du bas monde, c’est à dire le bonheur dans cette vie ici-bas, est tel : une grande maison, une bonne monture pour se déplacer, une épouse vertueuse et un voisin vertueux. ». Voila les 4 exemples de bonheur dans le bas monde. Ceci est mentionné dans le Hadith. La première choses que le Prophète a mentionné c’est par exemple une grande maison, une maison où tu as de l’espace, une bonne monture, c’est à dire une monture qui ne se rebelle pas, qui est docile, une épouse vertueuse et un voisin vertueux. Ce sont là les exemples des biens du bas monde que le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a mentionné. Ce sont les 4 choses qui mènent au bonheur dans le bas monde.  Celui qui a ces 4 choses vivra heureux et il se peut que ces 4 choses l’aident dans sa religion et lui profite pour son au-delà. Bien entendu, cela ne veut pas dire que celui qui possède une grande maison, une bonne monture, qui a pour voisin un homme vertueux, et qui a pour épouse une femme vertueuse, sera assurément heureux dans l’au-delà.

 

En effet, la base de l’islam c’est de croire en Allah et de croire en Son Messager Mouhammad, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Celui qui réalise cela aura réalisé la meilleure des oeuvres. Cette croyance c’est la meilleure des oeuvres. Par contre, celui qui ne réalise pas cela, aura perdu tout bien, car il aura perdu la félicité de l’au-delà, celle qui n’aura pas de fin.

 

Pour ce qui est de la femme vertueuse, elle soutient son mari pour sa religion, en s’occupant de la maison, tandis que lui se charge de ramener la subsistance au foyer, ce qui le libère pour se consacrer à la science de la religion et aux oeuvres pieuses. La base pour obtenir la félicité dans ce bas monde et l’au-delà, c’est l’attachement à la religion. C’est cela le secret de la réussite, c’est de s’attacher à la religion. Si l’épouse n’est pas attachée à la religion, il se peut qu’elle affaiblisse l’attachement à la religion de son mari et provoque ainsi une nuisance dans son quotidien. Cela est également le cas si la femme a un mauvais comportement. Sa nuisance sera beaucoup plus grande que son profit. Compte tenu de cela, le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a incité à épouser la femme attachée à la religion, qui craint Allaah ta^aalaa, qui agit avec bienfaisance envers son mari, et qui lui obéit dans ce qui fait obtenir l’agrément d’Allaah ^azza wa jall.

 

Le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit (…) ce dont nous comprenons en français : « La femme est généralement choisie pour chaque critère (c’est à dire les hommes quand ils veulent se marier, généralement ils prennent en considération ces 4 critères, quels sont-ils ?) : les biens, la beauté, l’ascendance et l’attachement à la religion.

Les biens, c’est à dire de ce qu’elle dotée ou pas, la beauté, l’ascendance, c’est à dire de quelle famille elle est, et l’attachement à la religion.

Mais qu’est ce que le Prophète a dit ? Il a dit à la fin ce qui signifie :  « Recherche la femme pour son attachement à la religion, tu y gagneras. C’est à dire la valeur sure c’est l’attachement à la religion, le reste sera perdu, mais l’attachement à la religion, c’est cela qui est la valeur qui est sure.

 

Dans le Hadith, le Prophète a utilisé une expression : « taribat yadaak ». L’expression « taribat yadaak » que le Prophète a utilisé indique une insistance de sa part salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, à épouser la femme qui est attachée à la religion, celle qui craint Allah ta^aalaa, qui oeuvre et agit avec bienfaisance envers son mari en lui obéissant dans ce qui permet d’obtenir l’agrément de Dieu. Dans ce Hadith il y a donc également un encouragement de la part du Messager de Allaah salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, afin que les femmes apprennent les sujets de la religion. Parce que si la femme apprend les sujets de la religion, non seulement elle va aider son mari dans son application à la religion, mais en plus elle pourra éduquer une génération. Mais si la femme n’a pas appris la religion, elle sera une difficulté, une épreuve pour son mari et ses enfants ne vont pas pouvoir apprendre auprès d’elle.

Il y a donc un risque que ses enfants soient perdus. C’est pour cela que c’est très important l’apprentissage de la femme, de la fille dès qu’elle est jeune et du garçon bien sûr.

 

Celui qui a un meilleur comportement envers son épouse :

 

At-Tirmidhiyy a rapporté que le Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit : « khayroukoum, khayroukoum li ‘ahlih, wa ana khayroukoum li ‘ahlih. », ce qui a pour sens « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur épouse, et je suis celui qui est le meilleur avec son épouse. ».

C’est à dire que le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, nous a appris que, font partie des meilleurs croyants ceux qui sont les meilleurs avec leur épouse.

Le Prophète est celui qui a le meilleur des comportements avec son épouse. Le musulman qui a un excellent comportement avec son épouse, est meilleur que les autres musulmans. Donc celui qui agit bien avec son épouse, il est meilleur que les autres musulmans. Parmi les exemples de l’excellent comportement du Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il y a le fait qu’après avoir passé la nuit chez l’une de ses épouses, il passait au matin voir chacune d’entre elle l’une après l’autre. Il se tenait devant la porte de chacune et disait « As-salaamou ^alaykoum wa raHmatoul-Lahi wa barakaatouhou ‘ahla lbayt », c’est à dire que c’est lui qui passait devant chacune de ses épouses pour leur passer le salam. Il n’attendait pas que son épouse vienne le saluer, alors qu’il est le meilleur de toutes les créatures de Dieu, celui que Allah agrée le plus, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Prenons exemple sur ce comportement. Quelle joie il introduit ainsi dans le coeur de ses épouses par ce salam. Celui qui veut prendre exemple sur le Messager, qu’il se comporte avec bienfaisance envers son épouse, qu’il ne fasse pas preuve d’orgueil ou d’oppression avec elle, mais qu’il agisse plutôt avec miséricorde, compassion, patience et sagesse. Qu’il ne soit pas dure et qu’il n’agisse pas mal avec elle.

 

N’est ce pas que nous entendons souvent que des maris qui frappent leurs épouses, qui les humilient si elles n’ont pas cuisiné comme il le souhaite ?

Celui qui frappe son épouse parce qu’elle ne cuisine pas comme il le souhaite aura commis un grand péché. Il est injuste, il mérite un intense châtiment dans l’au-delà, il lui sera prélevé de ses récompenses le nombre qui correspond à ses injustices, sauf si avant de mourir, avant d’aller dans la tombe, il demande le pardon à son épouse, il ne sera alors pas puni à cause de cela.

 

Le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, participait au quotidien dans la maison, comme tout un chacun. Il faisait la traie de sa brebis, il réparait le seau s’il se cassait, et entretenait lui-même ses sandales si elles avaient besoin de réparation. Il n’agissait pas avec les gens à l’image de roi envers leurs sujets.

 

Al Boukhariyy a rapporté que ^A’ichah que Allah l’agrée fut interrogée : « Que faisait le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, à la maison ? ». Elle répondit : « Ce que chaque homme fait chez lui. C’est à dire qu’il vaquait lui-même aux tâches de la maison. ».

Voilà un exemple, pas comme certains de notre époque, qui sont loin de tel comportement.

 

La modestie est chose requise :

 

Les prophètes, ^alayhimou s-salam, sont parmi les esclaves de Allah, les gens les plus modestes. C’est pour cette raison que chaque prophète de Allah a une fois dans sa vie fait paitre des moutons. Notre Maitre Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a fait paitre des moutons pendant un certain temps, quand il était à la Mecque. Mouça également a fait paitre pendant 10 ans un troupeau de moutons, appartenant au prophète Chou^ayb.

Pourquoi donc ? Parce que fait paitre les moutons entraînent à supporter la fatigue. Le berger est ainsi préparé à diriger les gens et supporter leur difficulté.

 

La modestie est requise avec les personnes âgées et les plus jeunes, avec les riches tout comme les pauvres, et tout cela par recherche de l’agrément de Allah.

La modestie entraîne l’amour, alors que l’orgueil est blâmable. C’est en fonction de le modestie du croyant à l’égard de Allah que son degré est élevé, jusqu’à atteindre le plus haut de ^iliyyin. ^iliyyin est un endroit au dessus du 7ème ciel. Pour cela, le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit (…), rapporté par le Hafidh Ibnou Hajjar dans son livre Al ‘Amaliyy, ce dont nous comprenons : « Certes, vous négligez un des meilleurs actes d’adoration, la modestie. ».

La modestie est un acte d’adoration, c’est à dire celui qui fait preuve de modestie pour l’agrément de Dieu, il a des récompenses.

 

Lorsque l’homme est chez lui, il n’attend pas que l’on soit à son service. Ce n’est pas comme certains, il rentre et il attend que toute la famille soit à son service. S’il est lui-même au service de son épouse au lieu d’attendre que ce soit elle qui soit à son service, ceci vaut mieux selon le jugement de Dieu.

 

Une fois, un de nos frères, (il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde, il était algérien) il a demandé au Chaykh, il a dit : « Mawlana, au pays, dans certaines familles, quand l’homme rentre à la maison, ils ont une habitude, le femme vient avec un bassin d’eau et elle lave les pieds de son mari, est ce que c’est permis ? » Le Chaykh l’a regardé et lui a dit : « Oui, et lui aussi il peut laver les pieds de sa femme. ». Dans ce sens que la modestie est quelque chose de bien. C’est bien de faire cela et c’est bien aussi que le mari agisse de la même manière avec son épouse. C’est vrai que la personne qui a le plus grand droit sur la femme c’est son mari, c’est ce que le Prophète a enseigné mais cela ne veut pas dire que le mari doit être un tyran, un oppresseur, mais il agit avec modestie avec elle, de sorte qu’il n’attend pas que l’on soit à son service, au contraire si par exemple c’est lui qui fait la vaisselle, si elle était fatiguée le jour de Ramadan, et lui il va faire la vaisselle, c’est quelque chose de bien s’il le fait pour l’agrément de Dieu. Ce n’est pas quelque chose qui va le diminuer, au contraire.

 

Le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit (…), ce dont nous comprenons : « Celui qui fait preuve d’un seul degré de modestie, Allah l’élève d’un degré et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il arrive au plus haut de ^iliyyin (un endroit au dessus du 7ème ciel), et celui qui fait preuve d’un degré d’orgueil, Allah le rabaisse d’un degré jusqu’a ce qu’il arrive au plus bas des niveaux, c’est à dire à sa perte. » Il sera ainsi perdant, qu’il soit un époux ou une épouse. Il y a des épouses qui font preuve d’orgueil avec leur mari, et il y a des maris qui font preuve d’orgueil avec leur femme. C’est donc en fonction de la modestie que ce croyant est élevé en degré selon le Jugement de Allah jusqu’à arriver au plus haut degré.

 

Il est requis pour le mari qu’il agisse avec bienveillance envers son épouse. La bienveillance est quelque chose de bien. Il est parvenu dans le Hadith : « Idha ‘ahabbaha, ‘akramaha, wa idha kariraha, lam youhinha ». Ce dont nous comprenons : « Lorsqu’il aime son épouse, il l’honore, et s’il n’a pas de penchant pour elle, il ne l’humilie pas. ». La personne n’est pas maîtresse de son coeur, il se peut qu’il n’ait pas de sentiments pour sa femme, il se peut qu’elle aussi n’ait pas de sentiments pour son mari, mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent tomber dans le péché. S’il n’a pas de penchant pour elle, il n’a pas le droit de l’humilier, mais il agit avec elle conformément à la Loi de Dieu. C’est pour cela que c’est important d’apprendre quels sont les devoirs et les droits de tout un chacun pour s’en acquitter, indépendamment du ressenti dans le coeur. Certains croient que l’amour c’est une idylle, ils croient que c’est un roman de la série Harlequin, des romans à l’eau de rose…non. Il y a des règles, il faut les appliquer, et on essaie de faire que nos coeurs, nos sentiments soient soumis à la Loi de l’Islam, comme a dit le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit ce qui signifie :  « L’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que si ses passions deviennent soumises à la Loi de l’Islam. ».

 

Le Messager a appelé la modestie : « ‘afdalou l^ibadah », le meilleur des actes d’adoration.

Le tatawou^, à savoir la concordance, l’obéissance mutuelle, est également requis. L’époux ne bénéficie pleinement de l’amour de son épouse et réciproquement, c’est à dire l’épouse ne bénéfice pleinement de l’amour de son époux qu’avec la concordance.

Qu’est ce que la concordance, « At-tatawou^ »? Et c’est cela qui est difficile pour l’âme, parce que la personne a souvent tendance à tirer la couverture vers elle, à vouloir toujours ses aises, au détriment des autres, que ce soit son épouse ou autre, également la femme.

 

C’est quoi la concordance ? C’est le fait d’abandonner sa position pour la position de l’autre. Tu peux avoir une position, tu peux avoir une opinion, tu peux avoir un désir, le fait de délaisser ta position pour t’aligner sur la position de l’autre. Cela est requis de la part de l’homme et requis également de la femme, dans les deux sens. Le tatawou^, c’est s’entraider pour accomplir le bien. Chacun est alors éclairé par ce que son conjoint a comme compréhension et connaissance. La personne va dire peut être que sur ce coup j’ai mal compris quelque chose, peut être que mon avis ici n’est pas le plus sage, donc je délaisse mon avis, je délaisse mon opinion pour prendre l’avis de l’autre. Et cela va dans les deux sens, l’homme avec la femme, et la femme avec l’homme. Chacun profitera ainsi de l’autre.

C’est pour cela que la modestie et la concordance sont des bases pour réussir sa vie conjugale. Ce sont là deux mots clés : la modestie et la concordance. Le mari agit avec bienveillance avec son épouse, en étant modeste avec elle, il lui fait miséricorde pour sa faiblesse, et l’épouse également fait preuve de concordance avec son mari et l’aide pour les sujets de la religion et du bas monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La douceur entre les époux :

 

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit (rapporté par Mouslim), ce dont nous comprenons : « Chaque fois que la douceur se glisse dans quelque chose, elle l’a rend plus belle. »

La même chose tu peux la faire avec rudesse et tu peux la faire avec douceur. Quand tu l’a fais avec douceur, elle va embellir cette chose. Et dans une autre version de ce hadith, (…) (rapporté par Mouslim) ce dont nous comprenons « Allah agrée la douceur en toute chose. ». La douceur est le contraire de la brutalité. Allah agrée pour son esclave croyant qu’il utilises la douceur en toute chose. Celui qui veut être ainsi, qu’il utilise le comportement du Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Si le croyant veut ordonner le bien à son épouse, qu’il le fasse avec douceur et non avec avec rudesse. Le plus souvent, lorsque l’on ordonne avec douceur aux gens d’agir en bien, cela les encourage à le faire. Le plus souvent, la douceur donne des résultats plus que la brutalité, mais dans la plupart des cas, utiliser la dureté ne va pas avoir l’effet recherché.

Agit avec douceur. Lorsque tu veux recommander le bien à ton épouse, qui n’a pas accompli une des obligations de Dieu, comme par exemple une prière, ne le lui ordonne pas de manière à ce qu’elle te contredise par entêtement. Certains lorsque tu leur ordonne de manière brutale, ou rude ou sèche, parfois c’est leur mauvais penchant de leur âme qui les entraîne à faire preuve d’entêtement et de vouloir te contredire juste parce que tu lui a parlé de manière rude, alors que si tu lui avais transmis cette information ou cet ordre de manière plus douce, il t’aurait suivi. À plus forte raison, si tu veux interdire quelque chose que Dieu nous a défendu, cela aura plus d’effets si tu utilises la douceur. Les gens te suivront pour ce à quoi tu les appelles. C’est également une forme de douceur que de prendre en considération la situation de ton épouse. Lorsque tu veux lui donner le conseil. Si tu penses qu’elle comprendras d’un simple signe, alors contentes-toi de cela, sinon utilises une parole explicite. Que le mari donc fasse attention et choisisse la bonne manière de s’adresser à son épouse, pour qu’elle ne soit pas blessée dans son amour propre et en vienne à le contredire par orgueil.

 

Beaucoup de personnes n’acceptent pas la vérité facilement, même si elles savent que ce qu’on leur dit est vrai, à cause de leur orgueil. Combien de personnes refusent la vérité, tout en sachant que ce qui leur est dit est vrai. La dureté peut dans certains cas engendrer l’opposé de ce qui est recherché. Et il y a pour démontrer cela de nombreux exemples.

 

Un homme de pouvoir, à l’époque du calife de ^Oumar Ibnou l-Khattab, avait eu un mauvais comportement avec un musulman. Pendant qu’il faisait les tours rituels autour de la Ka^bah, c’est alors qu’on appliqua immédiatement la loi du Talion à cet homme de pouvoir.

La loi du talion c’est ce qui est parvenu dans la loi de Mouça, c’est ce qu’on dit « oeil pour oeil et dent pour dent ». C’est à dire celui qui a fait quelque chose, la justice implique de lui rendre la pareille, exactement la même chose, c’est quelque chose qui est dans la Loi du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Donc il a bousculé, il a mal agi avec un musulman à l’époque du calife ^Oumar, c’était à son tour à lui de subir la même chose qu’il a fait subir à ce musulman, alors que lui c’était quelqu’un de pouvoir, mais il était récemment entré en islam, il n’était pas suffisamment encré. Donc la loi du talion fut appliquée à cet homme de pouvoir récemment entré en islam, afin de venger le musulman. Son orgueil l’amena à quitter l’islam. Il a perdu et s’il meurt mécréant, il va en enfer pour l’éternité, à cause de son orgueil. Il ne supporta pas qu’on lui applique la loi du talion, en raison de son mauvais comportement à l’égard d’un individu du commun des musulmans.

 

Tout cela pour dire que les gens sont de nature différente. Il y a des gens qui acceptent plus facilement que d’autre. Il y a ceux qui acceptent le conseil et ceux qui ne l’acceptent pas.

Si tu penses que ton épouse ne va pas accepter ton conseil, laisse le pour plus tard et attend le moment propice. Certains, quand ils sont dans le feu de l’action, ils lâchent, ils commencent à parler et la personne en face n’est pas prédisposée à écouter le conseil, et au contraire, elle peut s’enfoncer dans l’orgueil et cela peut aller dans le sens opposé de ce qui est voulu. Donc parfois, on ne parle pas tout de suite, on laisse les choses se calmer et après à tête reposée, on en discute.

 

De même, si une femme s’adresse à son mari de manière sèche et dure, qu’il lui donne le conseil pour la raisonner et ne lui réponde pas avec dureté, qu’il ne lève pas la main sur sa femme si elle a délaissé la prière, qu’il lui donne plutôt le conseil comme l’ont dit les savants.

Celui qui a un animal et qui le frappe violemment sans raison, mérite d’être châtié par Dieu dans l’au-delà. Que dire alors de celui qui agit en mal avec son épouse musulmane, qui est respectable selon le Jugement de Allah. Tout musulman est respectable.

 

La douceur entre les époux est quelque chose de requis. Délaisser la rudesse et la brutalité est fondamental pour accepter et se soumettre à la vérité. Si tu veux aider quelqu’un pour qu’il accepte la vérité, il s’agit d’utiliser avec lui la douceur.

 

Agir avec bienfaisance est également requis avec celui des deux conjoints qui a mal agi.

Le mari doit éviter la dureté avec son épouse. Il convient qu’il agisse intelligemment avec elle, il lui parle seul à seul et fais preuve de modestie avec elle. C’est à dire s’il a une recommandation ou un conseil à lui dire, il ne va pas la faire devant tout le monde de sorte à lui faire un scandale et à l’humilier. Il la prend seul à seul, et réciproquement également. Chaque fois que la douceur accompagne quelque chose, elle l’embellit. Et chaque fois qu’elle en est retirée, elle l’enlaidit.

 

Le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit, tout comme Allah l’a dit à son Messager (…) ce dont nous comprenons : « C’est par une miséricorde de Allah que tu es doux avec eux, et si tu avais été rude avec un coeur dur, ils ne seraient pas restés autour de toi. » (Sourat ‘Ali ^Imran).

C’est à dire que la douceur que le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam avait, était une miséricorde de la part de Allah. S’il avait été rude et sec avec un coeur dur, les gens ne seraient pas restés autour de lui, tout comme cela est parvenu dans le hadith « ‘inna l-Laha you^ti ^ala  r-rifqi ma la  you^ti ^ala l^ounf » (rapporté par Mouslim) ce dont nous comprenons : « Allah accorde pour ce qui est fait avec douceur ce qu’il n’accorde pas pour ce qui est fait avec brutalité. »

 

Le Prophète nous a ainsi recommandé d’agir les uns les autres avec douceur, avec amour. Que dire alors du comportement à adopter avec celle qui partage sa vie. N’est ce pas que le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit « Khayroukoum khayroukoum li ‘ahlih » ce dont nous comprenons : « Fais partie des meilleurs d’entre vous ceux qui sont les meilleurs avec leur femme. ». Il y a là une incitation à agir avec douceur vis à vis de l’épouse, avec un comportement excellent. Quelque soit le mal et la corruption, ils sont corrigés avec la sagesse et la douceur.

 

Rappelez-vous que Allah donne plus de résultats pour ce qui est fait avec douceur que pour ce qui est fait avec brutalité et rudesse.

 

Il est demandé aux deux époux d’être doux quand ils s’adressent la parole, d’être souriant et d’utiliser de belles paroles quand ils se rencontrent. Ce sont là des parures que portent des gens bien heureux et ce sont les caractères du croyant. À l’image de l’abeille qui consomme de ce qui est bon et qui produit quelque chose de bon. Si elle se pose sur une fleur, elle ne la casse pas, car Allah accorde pour la douceur ce qu’Il n’accorde pas pour ce qui est fait avec dureté.

 

Et notre Chaykh a comparé le croyant à arbre fruitier, qui si tu prends le fruit avec ta main avec douceur pour le cueillir, tu obtiens ce fruit, et si tu frappes la branche avec un bâton, tu obtiens aussi le fruit. C’est à dire le croyant, dans tous les cas, il est recommandé qu’il agisse avec bien, qu’il donne du bien aussi bien avec celui qui agit avec douceur avec lui qu’avec celui qui a agi avec dureté avec lui.

 

L’excellence de comportement même lors de la colère :

 

Ibnou Hibban a rapporté d’après Abou Hourayrah, que le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « ‘akmalou lmou’minna ‘imanan ‘ahçanouhoum khoulouqa, wa khiyaroukoum, khiyaroukoum li niça’ihim », ce dont nous comprenons « Les croyants qui ont le degré le plus complet sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d’entre vous, sont les meilleurs avec leurs épouses. ».

 

L’excellent comportement consiste à :

  1. supporter la nuisance d’autrui,
  2. cesser de nuire aux autres
  3. agir avec bienfaisance.

 

Voici les caractères mentionnés dans le Qour’an : ordonner le bien, interdire le mal, patienter face à la nuisance, cesser de nuire aux autres.

Tous ces caractères de bien, mentionnés dans le Qour’an, et que Allah a ordonné d’avoir, font partie des caractères du Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Safiyyah, bintou Houyay, que l’agrée a dit : « Le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam m’a affranchie (car elle était esclave auparavant. Elle était juive auparavant puis elle est entrée en islam, elle était esclave chez le Messager, puis il l’a affranchie, et il l’a épousée), et a fait que ma dot soit mon affranchissement. Il m’arrivait de rencontrer certaines de ces autres épouses qui me disaient : « Ô toi la fille du juif ! » ».

Comme entre des épouses, il arrive qu’il y ait des jalousies entre les épouses du Prophète. C’est un sentiment qui est normal. Mais elles se sont repenties et elles seront toutes au Paradis avec notre Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

Donc, certaines lui disaient cette parole qui lui faisait du mal à Safiyyah. Elles lui disaient : « Ô toi la fille du juif ! ».

D’autre part, elle disait : « Je voyais bien que le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, agissait correctement et avec douceur avec moi. Il m’honorait et me traitait avec égard. Un jour, il rentra et me trouva en pleurs. Il me dit alors « malaki ? », ce qui veut dire « Qu’as-tu à pleurer ainsi ? » Je lui dis « Certaines de tes épouses m’humilient en me disant « Tu es la fille du juif » » Safiyyah dit :  « J’ai vu alors le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, mécontent, et il me dit alors (ce dont nous comprenons) : « Si elles te disent encore cela, ou si elles essaient encore une fois de te blesser, répond :  « Mon ancêtre est Haroun, et mon oncle paternel est Mouça. » (Hadith haçan sahih). C’est à dire qu’elle est descendante de prophètes, c’est une manière de répliquer à celles qui l’accusaient d’être descendante d’un juif.

 

Quand le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, était mécontent de ^A’ichah, il posait sa main sur son épaule et disait (…) (rapporté par Ibnou ^açakir, dans son livre Al ‘arba^in fii manaqibi ‘oummahatin mou’minin), ce qui veut dire :  « Ô Allah, pardonne lui son péché, dissipe la colère de son coeur, préserve la des discordes qui mènent à la perte. » (Hadith sahih haçan).

 

Méditez sur le grand amour que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, avait pour ses épouses, c’est cela le véritable amour.

Le Prophète a dit (…) (rapporté par At-Tirmidhiyy qui l’a jugé haçan sahih, qui signifie : « Il n’y a pas quelque chose qui soit plus lourd dans la balance des bonnes oeuvres que l’excellent comportement. »

 

Ce hadith nous apprend que l’excellence de comportement a une valeur éminente dans l’Islam, mais ne signifie pas qu’il serait plus important et prioritaire que la foi en Dieu. La croyance en Dieu c’est la plus importante des oeuvres.

Ce qui profite à la personne, c’est d’avoir l’excellent comportement avec la croyance en Dieu. C’est cela qui est bien, c’est d’avoir les deux : la croyance en Dieu et l’excellent comportement, c’est ainsi que la personne augmente et s’élève en degré.

 

Que Allah nous accorde l’excellence de comportement.

La piété et le ijtihad

Posted in cours général,islam par chaykhaboulaliyah sur août 28, 2018

Allah soubhanah wata^ala dit dans Son livre dans sourate Al-Baqarah, verset 282 :

وَاتَّقُواْ اللهَ وَيُعَلِّمُكُمُ اللهُ

(wat-taqou l-Lah wawou^allimoukoumou l-Lah)

 

Certains comprennent de ce verset un autre sens que le sens qui est visé. Il est donc obligatoire, de bien comprendre le sens qui est visé, pour ne pas comprendre le sens qui n’est pas visé selon les gens de la connaissance. Le sens véritable de ce verset : c’est l’ordre de la part de Allah aux esclaves de faire preuve de piété à l’égard de Allah.

 

La piété ce n’est pas le fait simple d’accomplir l’image de la prière, l’image du jeûne, l’image de la zakat, l’image du pèlerinage ou d’aller souvent à la mosquée, ou de beaucoup réciter le Qour’an. La piété c’est quelque chose de très éminent, est qui est difficile pour les âmes faibles. La piété (At-Taqwa), même si c’est une parole qui est concise, légère à la prononciation, mais elle est lourde de sens. Car la piété englobe l’accomplissement de ce que Allah a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter tout ce qu’Il leur a interdit de faire. Ce que Allah a ordonné à Ses esclaves, il y a parmi cela, ce qui concerne le cœur, les actes pour le cœur. Il a parmi ce que Allah a ordonné à Ses esclaves, ce qui a parmi les actes pour le corps. Et il y a, ce qui est des connaissances, et il y a ce qui est des pratiques. La piété, ce n’est pas le simple fait d’accomplir l’image des actes. Que cela soit la prière ou le jeûne ou de rester tout le temps à la mosquée, ou de faire le pèlerinage, ou de multiplier les aumônes. La piété est basée sur deux choses importantes. La première est que l’esclave accomplisse ce que Allah lui a ordonné de faire, comme actes du cœur et actes du corps. Pour ce qui est des actes du cœur, il s’agit de connaître Allah tabaraka wata^ala et de connaître Son Messager. Une croyance qui est catégorique, qui ne comporte aucun doute et aucune hésitation. Et il a aussi, après cela la connaissance des fondements de la croyance, comme la croyance aux anges, comme la croyance aux messagers, comme la croyance au jour dernier, que sans aucun doute les gens seront rassemblés par leurs corps et leurs âmes, après la création à nouveau des corps qui ont été assimilés par la terre. Il ne s’agit pas uniquement de la résurrection des âmes. Il n’est pas suffisant de croire en la résurrection des âmes seulement. Il est indispensable de croire que la résurrection aura lieu par le corps et l’âme. Le corps sera créé à nouveau après son anéantissement.

 

Allah tabaraka wata^ala qui a créé les corps la première fois, est Tout puissant pour les créer à nouveau après leur anéantissement. Pour ce qui est de l’âme, depuis qu’elle s’est détachée du corps, après la mort existe et ne s’anéantit pas. Allah a créé l’âme pour qu’elle demeure sans être anéantie. L’anéantissement qui arrive à l’être humain, c’est la séparation entre l’âme et le corps. Ceci va arriver inéluctablement à chaque être humain, aux prophètes, aux martyrs et d’autres. Après la sortie de l’âme, l’âme ne va pas s’anéantir, elle va demeurer. Allah ta^ala a créé l’âme pour qu’elle reste. Les corps sont de deux catégories. Il y a des corps que Allah a créés et ils seront anéantis. Ils seront assimilés par la terre et vont disparaître. Et il y a des corps que Allah a créés et qui vont rester comme les corps des prophètes, et des martyrs qui sont morts dans le combat. Et également, autres que les prophètes et les martyrs, ceux pour qui Allah a voulu cela, comme certains saints et des créatures particulières pour qui Dieu a voulu cela.

 

La base des sujets obligatoires sur le plan de la connaissance, c’est-à-dire, ce qui est indispensable pour la validité de l’Islam et de la foi, c’est de connaître Allah et de connaître Son Messager. C’est cela la base de la religion sans laquelle la personne n’est pas croyante et n’est pas musulmane. Celui qui a réalisé cette connaissance, et qui a adhéré de manière catégorique, c’est-à-dire sans hésitation, sans aucun doute, c’est un musulman, c’est un croyant. Mais il ne sera un musulman accompli, que s’il fait tous les devoirs, tout ce que Allah a ordonné de faire. Et qu’il évite tout ce que Allah a interdit de faire. Les savants ont donné une règle : (Al-^ilmou awwalan thoumma l-^amal), « la connaissance d’abord ensuite les œuvres ». La connaissance dans ce contexte, cela concerne le fait de connaître Allah et de connaître Son Messager. C’est pour cela que les savants ont dit : « la science avant les œuvres. » Car les œuvres ne sont correctes que par la science, sans la science les actes et les pratiques, ne peuvent pas être correctes. Allah tabaraka wata^ala dit, dans sourate Mouhammad, verset 19 :

 

فَاعْلَمْ أَنَّهُ لا إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَاسْتَغْفِرْ لِذَنبِكَ وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ

(fa^lam ‘annahou la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wastaghfir lidhanbika walilmou’minina wal-mou’minat) ce qui signifie : « Sache qu’il n’est de Dieu que Dieu et demande le pardon pour ton péché et en faveur des croyants. »

 

Dans ce verset, Allah a fait que la connaissance a été cité en premier. La connaissance ici englobe la connaissance des fondements de la croyance et le fondement de la croyance, c’est de connaître Allah soubhanah wata^ala. Et lié à cela, la connaissance de Son Messager. Parmi les obligations que Allah a ordonné à ses esclaves de faire, il y a l’apprentissage de cette science qui est la science des fondements de la religion. Également, la science des lois, la science des jugements comme la connaissance des lois de la prière pour pouvoir l’accomplir de manière de correcte, conformément à ce que Dieu a ordonné et le reste des œuvres dont le musulman ne peut se passer du fait que ce soient des obligations d’ordre personnelle pour toute personne responsable. Celui qui a appris les fondements de la croyance, qui a appris la science indispensable de la religion, qui se rapporte aux œuvres pratiques et aux actes d’adoration pratiques, comme la prière, quels sont ses devoirs, quelles sont ses causes d’annulation et qui a appris les jugements du jeûne, quelles sont les obligations du jeûne, quelles sont les causes d’annulation du jeûne. Celui-là, aura accompli une partie de ce que Allah lui a ordonné de faire.

 

Dans sourate Al-Baqarah, verset 282 :

 

وَاتَّقُواْ اللهَ وَيُعَلِّمُكُمُ اللهُ

(wat-taqou l-Lah wawou^allimoukoumou l-Lah)

 

Cela veut dire : Accomplissez ce que Je vous ai ordonné de faire. Que ce soit les connaissances ou les œuvres, accomplissez cela et, évitez ce que Je vous ai interdit de faire, que ce soit des actes du cœur ou des actes du corps.

 

Celui qui agit ainsi, Allah tabaraka wata^ala l’honorera par des connaissances que l’on appelle (al-^ilm l-ladounniyy), la science qui est accordée par Allah. Lorsque l’esclave croyant apprend ce que Allah lui a ordonné d’apprendre comme science indispensable et qu’il œuvre, et qu’il est sincère. Il agit ainsi uniquement pour gagner l’agrément de Dieu. S’il arrive à ce niveau, alors il sera apte à recevoir, cette science ladounniyy. C’est une science qui déborde, qui arrive directement dans le cœur de l’esclave croyant qui est pieux, c’est-à-dire sans qu’il n’apprenne par transmission. Mais s’il n’arrive pas au degré de la piété, c’est-à-dire s’il n’accomplit pas tout ce que Allah a ordonné de faire, y compris l’apprentissage de la science de la religion qui fait partie des obligations, s’il n’est pas ainsi, l’esclave n’aura aucune part dans cette science ladounniyy.

 

Beaucoup de gens vivent dans l’erreur, et se gourent. Ils n’apprennent pas le minimum indispensable de la science de la religion mais ils accomplissent l’image de la prière, l’image du jeûne, l’image de la zakat, l’image du pèlerinage. Ils vont souvent dans les mosquées et multiplient les aumônes et ils pensent à tort, malgré leur ignorance de ce qui est indispensable de la science de la religion, ils pensent à tort qu’ils sont devenus aptes pour avoir cette science ladounniyy sans apprentissage. Ils disent mais nous nous faisons tout le temps la prière, nous faisons tout le jeûne, nous donnons tout le temps la zakat, nous donnons beaucoup d’aumônes, nous faisons beaucoup de récitation du Qour’an, d’évocations. Ils peuvent dire nous suivons telle tariqah, donc, nous sommes aptes à avoir cette science ladounniyy, et ils vont se croire aptes à avoir du kachaf, le dévoilement, des secrets qui sont cachés. Car à certains waliyy Allah leur dévoilent certaines choses cachées. Eux croient qu’ils sont arrivés à ce degré sans être passé par l’apprentissage du minimum de la science de la religion. Ces gens-là se gourent, et cette erreur va les mener à un grand danger.

 

Ces gens-là, pensaient que la piété était seulement d’accomplir l’image des œuvres, de la prière, du jeûne, de la zakat, de multiplier les aumônes et d’aller souvent à la mosquée. Ils pensent que c’est cela la piété. Mais ils se trompent. Ce n’est pas cela le critère qui indique la piété. C’est pour cela que beaucoup de personnes, qui se réclament de certaines voies soufiyy, de certaines tariqah, pensent qu’ils sont devenus aptes à cela. Ils se basent sur leurs illusions, sur leurs idées passagères. Alors que les saints, les saints véritables, accomplis, ceux qui ont suivis ce chemin, c’est-à-dire d’accomplir tous les devoirs et d’éviter tous les interdits, et parmi les devoirs, l’apprentissage du minimum indispensable de la science de la religion, dont aucune personne responsable ne peut se passer. Malgré, cela les saints ne se basent pas sur leurs idées passagères, mais même s’ils ont quelque chose qui vient à eux, ils se basent sur les critères de la religion, du livre de la Sounnah, c’est-à-dire le Qour’an. Ils évaluent ce qui leur vient à l’esprit par le Qour’an et les hadith, c’est à dire que si ce qui leur a traversé l’esprit est conforme au Qour’an et au hadith, alors ils sont contents et si cela est contraire alors ils le rejettent.

 

L’imam Al-Jounayd ‘Abou l-Qasim Al-Baghdadiyy, le soufiyy, il a été rapporté de lui qu’il a dit : « Il se peut que j’aie une pensée, (c’est à dire, parmi les pensées qui arrivent aux Saints), mais je ne l’accepte qu’après l’avoir confronté au hadith et au Qour’an. » Si cette pensée est conforme au Qour’an et au hadith, je le prends en considération, sinon je ne la prends pas en considération. Et les savants des fondements de la croyance ont dit l’intuition du Saint n’est pas une preuve. La preuve reste toujours le Qour’an et le hadith. Donc quand le moujtahid prend connaissance d’une question à laquelle il est confronté ou quelqu’un d’autre y est confronté et qui n’a pas fait l’objet d’un texte, alors il a l’aptitude de lui extraire le jugement à partir du Qour’an et du hadith, en fonction de sa capacité, de son effort et de sa compréhension que Allah lui a accordé. Et celui qui n’est pas moujathid, n’a pas à déduire des jugements de lui-même. Il n’a pas la légitimité, il n’a pas l’aptitude ni la légitimité d’essayé de déduire un jugement pour des évènements que cela soit des événements auxquels il est lui-même confronté ou d’autres que lui sont confronté et qui sont venus lui poser des questions. Il n’a pas à donner des fatwah, ni pour lui-même, ni pour autrui, c’est interdit. Car le Messager de Allah, nous a indiqué que parmi ceux qui entendent le Qour’an, ou le hadith, il y deux catégories de gens.

 

Il y a des gens qui peuvent simplement rapporter les termes qui ont entendus. Leur part est de transmettre les termes, c’est le cas de la plupart des musulmans. Et, il y a une autre catégorie qui a une part plus grande, c’est que Allah leur a donné une capacité intellectuelle très forte, de sorte à ce qu’ils soient capables d’extraire des jugements pour des questions à partir du Qour’an et du hadith. Des questions qui n’ont pas fait l’objet d’un texte, mais il y a allusion à ses questions par une indication dans le Qour’an ou dans le hadith.

Il n’est pas permis de se baser sur des pensées, de sortes à ce que ces pensées, soient des preuves légales mais la référence pour ce qui est des jugements c’est de se référer aux moujtahid. Pour celui qui n’est pas moujtahid, il se réfère à celui qui est moujtahid.

Les priorités envers les parents

Posted in cours général,Exhortation,islam,jurisprudence,parents par chaykhaboulaliyah sur août 28, 2018

Parmi les manifestations de bienfaisance envers les parents car il est un devoir dans l’Islam d’agir avec bienfaisance avec les parents, il y a le maintien des relations de son père après le décès de son père. C’est-à-dire avec ses amis, il va leur rendre visite après la mort de son père, ou en agissant en bien avec eux. Et aussi, pour la mère, avec les amies de sa mère, ceux avec qui elle affectionnait avant de mourir, en agissant avec bienfaisance et en leur rendant visite. Notre Prophète Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

إن من أبر البر أن يبر الرجل أهل ود أبيه بعد أن يولي

 

ce qui signifie : « Parmi les plus grandes manifestations de bienfaisance envers ses parents, c’est que l’homme entretienne les relations avec les relations de son père après le décès de son père. »

Et parmi la bienfaisance avec les parents, c’est de leur rendre visite après leur mort auprès de leur tombe. De leur faire des invocations auprès de leur tombe. Alors celui qui veut être bienfaisant envers ses parents, qu’ils leur obéissent dans toutes les choses indifférentes ou sinon la majorité. « Quand est-ce qu’il est un devoir d’obéir dans ce qui est de l’ordre de l’indifférent à ses parents ? C’est lorsque la désobéissance entraîne un grand chagrin dans le cœur de ses parents. S’il ne leur obéit pas, cela leur brise le cœur qu’il ne leur obéisse pas. Mais si cela n’arrive pas jusqu’à ce point-là, au point d’être chagriné alors ce n’est pas un devoir d’obéir dans des choses indifférentes. Les savants ont donné un exemple, si le fils allait voyager et que l’un des deux parents, le père ou la mère, lui dit : non ne part pas en voyage. Et que ce voyage, ne comporte pas de nécessité. Dans ce cas, il devra abandonner son voyage, si ses parents se retrouvaient profondément chagrinés s’il partait. Il doit leur obéir dans ce cas. Un autre cas : si le père ou la mère ne voulait pas que son fils ou sa fille, ne sorte pas de la maison sans autorisation, et que s’il sortait sans autorisation cela les affecterait profondément, cela les chagrinerait profondément et que cela peut entraîner une déprime, dans ce cas, il ne leur est pas permis de sortir sans leur autorisation. Sortir dans ce cas-là, compte même parmi les grands péchés. La gravité de la désobéissance est fonction de la nuisance relative et proportionnelle à la nuisance, au tort chez les parents.

 

Et si le père ou la mère a demandé à leur fils, quelque chose d’indifférent, comme faire la vaisselle, ou de ranger la chambre, ou chauffer le repas ou préparer le thé ou ce qui est de cet ordre. Et que s’ils ne le font pas et que cela va entrainer un grand chagrin ou un grand tort dans le cœur du du père ou de la mère, alors il tombe dans le péché. Il a désobéi à Dieu en s’abstenant de faire cela.

Allah ta^ala dit dans sourate Al-‘Isra verset 23-24 :

 

وَقَضَى رَبُّكَ أَلاَّ تَعْبُدُواْ إِلاَّ إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِندَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلاَهُمَا فَلاَ تَقُل لَّهُمَآ

أُفٍّ وَلاَ تَنْهَرْهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوْلاً كَرِيمًا {23} وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُل رَّبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا

 (waqada  rabbouka ‘al-la ta^boudou il-la iyyahou wabil-l walidayni ‘ihsana ‘imma yabloughanna ^indaka-l-kibara ‘ahadouhouma ‘aw kilahouma fala taqoul lahouma ‘ouffin wala tanharhouma  waqoul lahouma qawlan kariyman wakhfid  lahouma janaha dh-dhoulli mina r-Rahmati waqoul Rabbi r-hamhouma kama rabbayaniyy  saghira)

 

            Allah a ordonné à Ses esclaves quelque chose de catégorique, à savoir de ne l’adorer que Lui. Et Il nous a ordonné la bienfaisance envers les parents.

Et Ibnou ^Abas a dit : « Quand tu es en présence de tes parents, ne secoue pas tes vêtements, de crainte que la poussière ne les atteigne. »

 

Allah a même interdit dans le Qour’an de dire à ses parents, « ouf », c’est à dire celui qui souffle. C’est une onomatopée qui indique une exaspération. Si cela est interdit, que dire de ce qui est plus grave, de hausser la voix, de taper ou de claquer la porte.

 

Allah ordonne dans, sourate Al ‘Isra, verset 23-24,

« De ne l’adorer que Lui et a ordonné la bienfaisance envers les parents et Il a interdit de leur dire « ouf », et Il a interdit de les réprimander », c’est-à-dire de leur interdire de faire quelque chose qui ne te plait pas alors qu’eux aiment faire cette chose-là. Nous n’avons pas à leur dire : « non, tu ne peux pas faire telle chose » alors qu’ils aiment la faire et que ce n’est pas interdit, même si cela ne nous plaît pas.

 

            « Et parle leur avec des paroles douces », c’est-à-dire parle-leur avec des paroles douces, avec des belles paroles quand tu t’adresses à tes parents, c’est-à-dire recherche, utilise le bon comportement avec tes parents.

 

            « Sois humble avec tes parents », tellement tu as de la miséricorde pour eux. Tellement tu as de la tendresse pour eux, quand ils vont devenir âgés et qu’ils vont avoir besoin de toi le jour où, ils seront dans une faiblesse physique. Sois humble et sois modeste avec eux. Ne sois pas rude, sois doux avec eux. Ne parle pas avec dureté.

 

            « Dis : Ô Seigneur, fait leur miséricorde tout comme ils m’ont élevé quand j’étais petit. » Beaucoup, se rendent compte de la valeur de leurs parents, quand ils ont des enfants.  Aussi, quand nous nous adressons à nos parents, nous ne les appelons pas par leur prénom, on les appelle par père ou mère. Les appeler par leur prénom est une mauvaise manière, un manque de respect. Et même si c’est quelqu’un qui est plus âgé que toi, tu utilises un titre pour l’appeler d’une manière convenable. Nous ne les appelons pas par leur prénom, comme c’est l’usage dans certains pays, qui n’ont pas cet enseignement des règles de comportement de notre belle religion.

 

Al-Hakim, ainsi que At-Tabaraniyy et Al-Bayhaqiyy, dans ses Chou^ab ont tous rapporté du Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, qu’il a dit :

رضا الله في رضا الوالدين وسخط الله في سخط الوالدين

ce qui signifie : « Tu gagnes l’agrément de Dieu quand tes parents t’agrée, quand ils sont satisfaits de toi. Et tu encoures le châtiment de Dieu, si tes parents sont insatisfaits de toi. »

 

D’après Bahz Ibni Hakim, d’après son père, et d’après son grand-père, que Allah les agrée, il a dit : j’ai demandé : « Au Messager de Dieu : Quelle est la personne qui mérite le plus que je sois bienfaisante avec elle ? Et le Messager de Allah a répondu : ta mère. Et le compagnon a dit, ensuite qui ? Le Prophète a répondu, une deuxième fois : ta mère. Le compagnon a répondu : ensuite qui en troisième position ? Le Prophète a répondu :  ta mère.  Et il lui a dit ensuite qui ? Il lui a dit : ton père. En quatrième position. Puis de proche en proche. » Ce hadith a été rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy, et a été jugé haçan.

 

On comprend de ce hadith la priorité de la mère sur le père concernant la bienfaisance. Si la mère demande à sa fille ou à son fils quelque chose, et que le père demande autre chose, un ordre différent, de sorte que s’il obéissait à l’un des deux, l’autre serait en colère. Alors il priorise la mère, dans ce cas. Voilà la règle de la religion. Voilà ce que le Prophète nous a enseigné.

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