Chaykhaboulaliyah's Blog


Jésus, Al Mahdi, Abraham et Mouhammad

Posted in cours général,Croyance,Histoire par chaykhaboulaliyah sur février 14, 2021
  • Quelle est la preuve que ^Iça ^alayhi s-salam était sur l’Islam et pourquoi était-il surnommé Al-Macih ?

 Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans sourat ‘Ali ^Imran

﴿فَلَمَّا أَحَسَّ عِيسَى مِنْهُمُ الْكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنْصَارِى إِلَى اللَّهِ قَالَ الْحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنْصَارُ اللَّهِ﴾

Ce qui signifie : « Lorsque ^Iça ^alayhi s-salam, Allah Lui a révélé qu’il y aura des mécréants parmi eux, il a dit qui seront mes partisans ? et les apôtres ont dit, nous nous sommes les partisans », c’est-à-dire « des partisans qui soutenons la religion agréée par Allah ». Il a été révélé à leur sujet :

﴿ءَامَنَّا بِاللَّهِ وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Nous avons cru en Allah, et témoigne que nous sommes musulmans ».

Les apôtres, al-hawariyyoun, ce sont des élèves de Jésus, ils étaient sur l’Islam preuve en est leur parole :

﴿وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Témoigne que nous sommes des musulmans ». Ceci est une preuve que ^Iça ^alayhi s-salam était sur l’Islam, car c’est lui qui leur a enseigné cette religion. Comment ^Iça aurait une autre religion que l’Islam comme le prétendent certains ignorants alors que Dieu dit :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِى الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِين﴾

Ce qui signifie : « Celui qui suit autre que l’Islam pour religion elle ne sera pas acceptée de lui, dans l’au-delà il sera au nombre des perdants ». Donc selon leur prétention, Jésus, le Prophète envoyé, serait dans l’au-delà parmi les perdants ? Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans sourat Al-An^am :

﴿وَكُلًّا فَضَّلْنَا عَلَى الْعَالَمِينَ﴾

Ce qui signifie : « Nous leur avons à tous accordé un degré supérieur au reste des mondes », c’est-à-dire que tous les Prophètes de Allah sont les meilleures des créatures.

Quant au surnom de Jésus Al-Macih, le Messie, il a été dit que c’était en raison de ses nombreux déplacements sur terre afin d’enseigner aux gens la religion agréée par Allah, pour les appeler à l’adoration de Allah Lui Seul. Et il a été dit qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il passait (masaha) sa main honorée sur celui qui était lépreux, qui était aveugle de naissance et ils guérissaient par la volonté de Dieu. Mais cela ne veut pas dire que ^Iça avait une autre religion que l’Islam.

  • Quelle est la preuve de la descente de notre Maitre ^Iça ^alayhi s-salam du ciel ?

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿ وَإِنَّهُ لَعِلْمٌ لِّلسَّاعَةِ ﴾

Ce qui signifie : « Il est certes un signe annonciateur du Jour du Jugement », c’est-à-dire que la descente de notre maître ^Iça du ciel est un signe parmi les grands signes annonciateurs du Jour du Jugement. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

لَيُوشِكَنَّ أَنْ يَنْزِلَ فِيكُمْ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ حَكَمًا مُقْسِطًا وَلَيَسْلُكَنَّ فَجًّا حَاجًّا أَوْ مُعْتَمِرًا وَلَيَأْتِيَنَّ قَبْرِى حَتَّى يُسَلِّمَ عَلَىَّ وَلَأَرُدَّنَّ عَلَيْهِ، رَوَاهُ الْحَاكِمُ فِى الْمُسْتَدْرَكِ

Ce qui signifie : « Certes ^Iça le fils de Maryam va bientôt descendre parmi vous, il sera un gouverneur équitable, il va traverser Médine pour faire un pèlerinage ou une ^Oumrah, Il se rendra auprès de ma tombe afin de me passer le salam et je lui rendrai sans doute le salam », rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak.

Il est un devoir de croire que notre maître ^Iça ^alayhi s-salam va descendre sur terre et il gouvernera en appliquant la loi de Mouhammad ﷺ. Il descendra du ciel alors qu’il aura les mains posées sur les ailes de deux anges. Et Al-Mahdiyy se trouvera à ce moment-là à l’Est de Damas, il se sera apprêté à accomplir la prière de l’aube. Al-Mahdiyy va le voir, il va l’attendre et lorsque notre maître ^Iça arrivera sur terre, Al-Mahdiyy va reculer pour laisser ^Iça diriger la prière. Mais notre maître ^Iça lui dira « dirige cette prière, c’est pour toi qu’elle a été annoncée », c’est-à-dire « qu’on a fait Al Iqamah pour que tu sois l’Imam de cette prière » et notre maître ^Iça ^alayhi s-salam fera la prière en étant dirigé par Al-Mahdiyy pour ainsi faire comprendre aux gens qu’il est descendu sur terre pour appliquer l’Islam et œuvrer conformément à la loi de Mouhammad ﷺ . Après cette première fois, ce sera notre maître ^Iça qui dirigera les gens dans la prière parce qu’il est un prophète et le prophète est meilleur que le saint tandis que Al-Mahdiyy c’est un saint parmi les saints de Allah.

Et à l’époque de ^Iça, il y aura un miracle éclatant qui renforcera l’Islam. Tout lieu où parviendra le regard de ^Iça, où parviendra le souffle de ^Iça, les mécréants qui s’y trouveront vont mourir. Il ne restera plus sur terre un seul mécréant.

  • Qui est Al-Mahdiyy qui est attendu ?

Le Jour du Jugement n’arrivera pas avant que ne se réalisent les grands et les petits signes annonciateurs. Quant aux petits signes, il y a parmi eux la diminution de la science et l’augmentation de l’ignorance, c’est-à-dire l’ignorance des sujets de la religion, les nombreux homicides et injustices, le grand nombre de maladies que les gens ne connaissaient pas auparavant, le grand nombre de charlatans et d’orateurs qui sèment la discorde, la prétention de gens à la prophétie et les attaques des différentes communautés contre la communauté de Mouhammad tout comme s’ils entouraient un plat de nourriture en l’entourant de toute part. Tout cela s’est réalisé. Parmi les derniers signes des petits signes à apparaitre, il y a l’apparition de Al-Mahdiyy et ceci est confirmé dans le hadith authentique rapporté par Ibnou Hibban dans son Sahih, Abou Dawoud dans ses Sounan, At-Tirmidhiyy dans son Jami^, Al-Hakim dans Al-Moustadrak du hadith de ^AbdoulLah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, d’après le Messager de Allah ﷺ qu’il a dit :

لا تَقُومُ السَّاعَةُ حَتَّى يَمْلِكَ النَّاسَ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ بَيْتِى يُواطِئُ اسْمُهُ اسْمِى وَاسْمُ أَبِيهِ اسْمَ أَبِى فَيَمْلَأُهَا أَىِ الأَرْضَ قِسْطًا وَعَدْلًا

Ce qui signifie : « Le Jour du Jugement n’arrivera pas avant que les gens ne soient dirigés par un homme de ma famille dont le prénom est comme mon prénom et dont le prénom du père est comme le prénom de mon père, il emplira la terre de justice et d’équité ».

Al-Mahdiyy ^alayhi s-salam, s’appelle Mouhammad fils de ^AbdoulLah. Il est soit haçaniyy, descendant de Al-Haçan, soit houçayniyy, descendant de Al-Houçayn, tous deux fils de Fatimah que Allah l’agrée. C’est un homme de grande taille, d’un teint basané, son visage est comme un astre dans sa beauté et sa clarté. Il a un front dégagé, un nez droit, des yeux noirs larges et des sourcils fins et longs qui sont proches sans être collés, sur sa joue droite il y a un grain de beauté noir, il a une barbe épaisse et des dents brillantes. Il va naître à Médine l’illuminée. Il va grandir là-bas, ensuite il ira à la Mecque honorée où les saints vont lui faire un pacte d’allégeance puis il s’installera dans le pays de Ach-Cham. Il est parvenu dans Al ‘Athar qu’il sera accompagné au tout début par un ange qui va marcher avec lui et qui va dire aux gens « Voici le Calife que Allah vous a désigné sur terre, Al-Mahdiyy, alors suivez-le ». Il a été rapporté également dans Al ‘Athar que Al-Mahdiyy ^alayhi s-salam, apparaîtra au tout début à Médine l’illuminée, il sera accompagné de mille anges qui vont lui donner du renfort. Ensuite il ira à la Mecque honorée là où l’attendront trois cents saints qui seront les premiers à lui faire un pacte d’allégeance. Il y aura une armée qui va se constituer pour le combattre et Allah va faire que toute cette armée soit ensevelie sous terre dans un endroit entre la Mecque et Médine. Après cela, il va s’installer dans les pays de Ach-Cham. A l’époque de Al-Mahdiyy il y aura une famine. Le croyant accompli, à ce moment-là, sera rassasié par la glorification de Dieu, le tasbih et le taqdis, c’est-à-dire en évoquant Dieu et en le glorifiant. Et il y aura entre ^Iça et Al-Mahdiyy sept ou neuf années.

  • Quelle est la preuve que Mouça ^alayhi s-salam était sur l’Islam ?

Il est un devoir de croire que notre maître Mouça ^alayhi s-salam n’était pas un juif, mais il était sur l’Islam comme le reste des prophètes. Preuve en est que les magiciens, lorsqu’ils ont été croyants en Mouça et qu’ils sont devenus musulmans, ils ont invoqué Allah pour qu’Il raffermisse leur cœur sur la foi et l’Islam. Ils ont dit : « Seigneur, accorde-nous la patience et fait nous mourir musulmans ».

  • Parle de la croyance aux livres célestes.

Il est devoir de croire aux livres célestes qui ont été révélés aux Messagers de Dieu qui sont au nombre de cent quatre et le plus réputé, le plus célèbre, c’est le Qour’an qui a été descendu à notre maître Mouhammad en arabe. Il y a aussi la Torah, c’est-à-dire d’origine, qui a été révélée à notre Maître Mouça en hébreu, l’évangile d’origine qui a été révélée à notre Maître ^Iça en araméen et les psaumes qui ont été révélées à notre Maître Dawoud en hébreu. Ainsi, Ibn Hibban a rapporté dans son Sahih le hadith de Abou Dharr, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « J’ai demandé au Messager de Allah combien de livres Allah a fait descendre. ». Le Prophète a répondu ce qui signifie : « Cent quatre livres. Il a été descendu à Chith cinquante Livrets, ont été descendus à Akhnoukh, c’est-à-dire à Idris, trente Livrets, ont été descendus à Ibrahim dix Livrets, ont été descendus à Mouça avant la Torah dix Livrets, il a été descendu la Torah, l’Evangile, Az-Zabour et le Qour’an ». La Torah et l’Évangile ont été déchirés et falsifiés, mais on ne dit pas qu’ils ont été élevés au ciel.  Et il y a des livres qui ont été élevés. Il a été rapporté de notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Les mages, les mazdéens, ils avaient un livre et une science qu’ils étudiaient », rapporté par Abou Dawoud d’après le hadith du fils de ^Oumar. C’est-à-dire qu’ils étaient sur l’Islam, ils avaient un livre céleste et une science qu’ils étudiaient. Puis leur roi s’est enivré un jour, il a bu de l’alcool et s’est retrouvé ivre et a commis l’inceste avec sa sœur. Et lorsqu’il a repris connaissance, les gens ont entendu ce qu’il a fait et l’ont su. Alors il a réuni ses chefs, des dignitaires de son royaume et leur a dit : « Est-ce que nous serions critiqués pour avoir fait ce que ‘Adam a fait ? ‘Adam faisait marier ses fils avec ses filles, il ne nous est pas permis de discréditer ou de considérer comme faux ce que ‘Adam faisait ». Alors certains l’ont contredit et blâmé pour ce qu’il avait fait et d’autres ont été d’accord. Le roi a été satisfait de ceux qui étaient d’accord avec lui et il a torturé les autres, il a tué ceux qu’il a pu tuer jusqu’à imposer son avis. Notre Maître ^Aliyy a dit : « Lorsqu’ils ont fait cela, leur livre a été élevé, ils ne l’ont plus retrouvé et la science qu’ils avaient auparavant a été retirée de leur cœur, c’était la science de l’Islam, ils se sont retrouvés à adorer le feu ». Tandis que le Qour’an honoré, Allah le préserve de toute falsification en raison de la parole de Allah :

﴿إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ

Ce qui signifie : « Certes nous avons fait descendre le Qour’an et nous le préserverons ». A la fin des temps le Qour’an sera élevé au ciel et il ne restera plus un seul verset sur terre.

  • Parle de la foi de la croyance en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal

Il est un devoir de croire en la prédestination qu’elle soit du bien ou du mal, c’est-à-dire que tout ce qui entre en existence que ce soit du bien ou du mal est par la prédestination de Allah qui est de toute éternité, c’est-à-dire que c’est Allah qui l’a fait exister conformément à Sa Science éternelle et à Sa volonté éternelle. Ainsi le Messager de Allah ﷺ a dit :

الإِيمَانُ أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ، رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « La foi c’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses livres, en Ses Messagers, au Jour dernier, et que tu croies en la destinée du bien et du mal », rapporté par Mouslim. Le mot al-qadar, quand il est employé on peut en viser l’attribut de Allah, c’est-à-dire le fait qu’Il prédestine et il en est visé ce qui est prédestiné, c’est-à-dire ce que Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a prédestiné parmi les créatures. Et c’est ce deuxième sens qui est visé dans la parole du Prophète ﷺ :

وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ

Ce qui signifie : « Que tu croies en ce qui est prédestiné qu’il soit du bien ou du mal ». Le mot qadar a été mentionné une première fois dans le sens de l’attribut de Allah de prédestiner puis le pronom « hi » fait référence au mot qadar mais cette fois-ci dans le sens de ce qui est prédestiné parce que l’attribut de Allah est exempt de défaut, on ne qualifie pas l’attribut de Allah de mauvais ou de mal.

  • Parle de certains sujets qui se rapportent à la croyance au message de notre Prophète Mouhammad ﷺ.

Il est un devoir de croire qu’il est le Messager de Allah ﷺ et qu’il est le dernier des Prophètes, c’est-à-dire le dernier d’entre eux et qu’il est le maître des humains en raison de sa parole ﷺ :

أَنَا سَيِّدُ وَلَدِ ءَادَمَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا فَخْر رَوَاهُ التِّرْمِذِىُّ

Ce qui signifie : « Je suis le maître des fils de ‘Adam au Jour du Jugement et je ne dis pas cela par vanité », rapporté par At-Tirmidhiyy, c’est-à-dire je ne dis pas ça par fierté mais bien pour mentionner les grâces que Allah m’a accordées.

  • Parle de certains attributs obligatoires pour les Prophètes.

Il est un devoir de croire que chacun des prophètes de Allah est obligatoirement attribué de véridicité, d’honnêteté, de courage, d’éloquence et d’extrême intelligence.

  • Parle de l’attribut de la véracité pour les Prophètes.

Il est obligatoire que les Prophètes soient véridiques. Il leur est impossible le mensonge car le mensonge est un défaut qui ne convient pas au rang de Prophète. Ainsi notre Maître Mouhammad ﷺ était connu parmi les gens de la Mecque, il était surnommé Al-‘Amin, l’honnête, en raison de sa véracité, de son honnêteté et de sa chasteté. Aucun mensonge n’est provenu de lui, jamais. Quant à la parole de Ibrahim ^alayhi s-salam, à propos de son épouse Sarah, quand il a dit : « c’est ma sœur » alors qu’elle n’était pas sa sœur de sang, c’était en raison du fait qu’elle était sa sœur dans la religion dans l’objectif de la préserver de la nuisance de ce roi tyran. Ce n’est donc pas un mensonge dans le fond et dans la forme, mais c’est une véracité. Ibrahim a visé qu’elle était sa sœur dans la religion, ce n’était donc pas un mensonge. N’est-ce pas que Allah dit, ce qui signifie : « Les croyants sont certes des frères ». Il n’est donc pas permis de croire que Ibrahim ^alayhi s-salam a dit un mensonge car les prophètes sont exemptés du mensonge.

Ibrahim ^alayhi s-salam avait dit de son épouse Sarah « C’est ma sœur » lorsqu’il était arrivé dans le royaume d’un tyran mécréant. C’était l’habitude de ce roi, que toute belle femme qui pénétrait dans son royaume, était emmenée chez lui pour qu’il commette la fornication avec elle. Et Sarah faisait partie des plus belles des femmes. Ce roi avait pour habitude que si cette femme était la sœur d’un homme, il la laissait, sinon il la prenait. Un de ses espions lui a dit : « Aujourd’hui, il y a une femme parmi les belles femmes humaines qui est arrivée dans ton royaume ». Il a dit : « Ramenez-là moi ». Lorsqu’il l’a vue, il n’a pas pu se contenir. Il a tendu sa main vers elle et sa main s’est paralysée, c’est-à-dire qu’il ne pouvait plus la bouger. Il lui a dit : « fais-moi des invocations », elle a invoqué Allah et il a retrouvé l’usage de sa main et à nouveau, il n’a pas pu se retenir, il a tendu sa main vers elle une deuxième fois et sa main s’est paralysée. Il a perdu espoir et a été catégorique qu’il ne tenterait plus jamais après cela. Il lui a dit : « fais-moi des invocations, je ne ferai plus aucune tentative avec toi », et il a retrouvé l’usage de sa main.

  • Quelle est la signification de Sa parole, exempté de toute imperfection soit-Il, à propos de notre Prophète Ibrahim :

﴿بَلْ فَعَلَهُ كَبِيرُهُمْ هَذَا فَاسْأَلُوهُمْ إِنْ كَانُوا يَنْطِقُونَ﴾

Qui signifie : « C’est plutôt l’un d’entre eux qui l’a fait, posez-leur la question s’ils pouvaient répondre ! »

Il est un devoir de croire que les prophètes sont exemptés du mensonge. Quant à ce qui est parvenu à propos de Ibrahim dans ce verset, ce n’est pas un mensonge, c’est une vérité du point de vue du fond et de la forme. Son peuple était un peuple d’idolâtres et Ibrahim ^alayhi s-salam voulait faire quelque chose à leurs idoles qui soit un argument contre eux, puissent-ils se réveiller de leur léthargie et de leur insouciance. Et c’était une habitude de son peuple d’organiser une fête pour leurs idoles à l’extérieur de leur ville. Lorsque c’était le jour de leur fête, ils sont sortis de la ville et le Prophète Ibrahim ^alayhi s-salam s’est rendu au temple où étaient entreposées les idoles. Il a trouvé une grande idole et plusieurs petites. Il a pris de sa main une hache et s’est mis à détruire les petites statues jusqu’à faire en sorte qu’elles soient complètement détruites puis il a accroché la hache au cou de la plus grande des statues de sorte que lorsque son peuple revient, il leur montre que les statues ne peuvent même pas se protéger d’une nuisance. Et notre Maître Ibrahim ^alayhi s-salam donne ainsi l’argument à son peuple mécréant. Ibrahim ^alayhi s-salam a dit à son peuple : « C’est la plus grande qui a fait cela (c’est à dire qui les a détruites), posez-leur donc la question si elles peuvent parler.» En effet, c’était la plus grande des idoles qui l’avait amené à détruire les autres idoles tellement il était exaspéré par leur exagération dans leur glorification de cette grande statue en embellissant son apparence. Cela l’a amené à détruire les petites statues et à humilier la plus grande. L’attribution de l’acte à la plus grande des idoles est donc une attribution métaphorique. Il n’y a pas de mensonge en cela.

Rappel de ce en quoi nous devons croire !

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 30, 2021
  • Parle de ach-chafa^ah, l’intercession.

Il est un devoir de croire en l’intercession (ach-chafa^ah) et il s’agit de demander que certains désobéissants musulmans soient déchargés du châtiment. Ainsi les prophètes, les anges, les savants qui œuvrent pour la religion, tout comme les martyrs de combat, intercèderont. L’intercession n’est réservée qu’en faveur des musulmans. Le Prophète ﷺ dans un hadith rapporté par Al-Hakim a dit :

شَفَاعَتِى لِأَهْلِ الْكَبَائِرِ مِنْ أُمَّتِى

Ce qui signifie : « Mon intercession est réservée pour les grands pécheurs de ma communauté ».

Quant aux mécréants il n’y aura pas d’intercession en leur faveur le Jour du Jugement. Dans Sourat Al-‘Anbiya’, Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit :

﴿وَلا يَشْفَعُونَ إِلَّا لِمَنِ ارْتَضَى﴾

Ce qui signifie : « Et ils n’intercèderont que pour ceux pour qui il agrée l’intercession. », c’est-à-dire que pour ceux qui se seront satisfaits de l’Islam pour religion.

  • Parle du Paradis.

Il est un devoir de croire au Paradis. C’est une résidence de félicité éternelle pour les croyants et le Paradis se trouve au-dessus du septième ciel. Il existe actuellement. La preuve en est de la Parole de Allah :

﴿أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ﴾

Ce qui signifie : « Il est déjà réservé[U1]  en faveur des pieux ». Le Paradis ne sera pas anéanti et ceux qui vont y résider ne seront pas anéantis. La félicité au Paradis est de deux sortes. Il y a une félicité qui est générale, réservée à tous ceux qui seront au Paradis et il y a une félicité qui est particulière que n’obtiendront que les pieux. Pour ce qui est de la félicité générale, tous les gens du Paradis seront vivants, ne mourront plus jamais, ils seront tous en bonne santé et ne tomberont jamais malades. Les gens du Paradis seront tous jeunes et ne vieillirons jamais. Ils seront tous dans une félicité et ne seront jamais malheureux. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِذَا دَخَلَ أَهْلُ الْجَنَّةِ الْجَنَّةَ نَادَى مُنَادٍ إِنَّ لَكُمْ أَنْ تَحْيَوْا فَلا تَمُوتُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَصِحُّوا فَلا تَسْقَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَشِبُّوا فَلا تَهْرَمُوا أَبَدًا وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَنْعَمُوا فَلا تَبْأَسُوا أَبَدًا اهـ رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « Lorsque les gens du Paradis entreront au Paradis, un ange va appeler et va transmettre [ils vont tous entendre] : vous allez être vivants, vous ne mourrez plus jamais, vous serez en bonne santé, vous ne tomberez plus jamais malades, vous serez jeunes, vous ne vieillirez jamais, et vous aurez une félicité, vous ne serez plus jamais malheureux », hadith rapporté par Mouslim.

Pour ce qui est de la félicité particulière, c’est celle que Allah a réservé pour ses esclaves vertueux tout comme cela est parvenu dans le hadith qoudsiyy dans lequel le Messager de Allah ﷺ dit :

قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَعْدَدْتُ لِعِبَادِىَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Allah, glorifié soit-Il, dit : J’ai réservé pour Mes esclaves vertueux ce que pas un œil n’a vu, pas une oreille n’a entendu et qui n’a même pas effleuré le cœur d’un humain », rapporté par Al-Boukhariyy.

Le Paradis c’est la résidence qui est pure de toute souillure comme l’urine, les selles, les menstrues, les lochies le crachat et le sperme. Ainsi la nourriture dont vont s’alimenter les gens du Paradis et leur boisson ne sera pas transformée en urine et en matière fécale, mais elle va sortir sous forme de transpiration de leur corps, qui a l’odeur du musc. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِنَّ أَهْلَ الْجَنَّةِ يَأْكُلُونَ فِيهَا وَيَشْرَبُونَ وَلا يَتْفِلُونَ وَلا يَبُولُونَ وَلا يَتَغَوَّطُونَ وَلا يَتَمَخَّطُونَ

Ce qui signifie : « Les gens du Paradis vont y manger et boire et ils ne crachent pas, ils n’urinent pas, ils ne vont pas à la selle et il ne se mouchent pas ». Les compagnons ont demandé que vont devenir les aliments dont ils vont se nourrir. Le Messager a dit ce qui signifie : « Ce sera de l’air qui sortira de leur bouche et la transpiration de leur peau qui aura l’odeur du musc. Ils seront inspirés de faire le tasbih [la parole soubhana l-lah] et le tahmid [la parole al-hamdou li-Llah] comme ils seront inspirés de respirer ».

Les gens du Paradis auront l’aspect de leur père ‘Adam c’est à dire soixante coudées de haut avec sept coudées de large. Il a été rapporté dans le hadith de At-Tirmidhiyy, dans ses Sounan, que les gens du Paradis seront imberbes, ils n’auront pas de poils sur le corps excepté les cheveux de la tête, des paupières, des cils et des sourcils et ils auront l’âge de trente-trois ans (c’est-à-dire comme s’ils avaient l’aspect d’une personne de trente-trois ans).

  • Parle des caractéristiques du Paradis.

Le Messager de Allah ﷺ a dit :

هَلْ مُشَمِّرٌ لِلْجَنَّةِ فَإِنَّ الْجَنَّةَ لا خَطَرَ لَهَا

Ce qui signifie : « Qui d’entre vous est prêt à se retrousser les manches pour gagner le Paradis. Le Paradis est au-delà de ce que vous pourrez imaginer ». Puis le Prophète ﷺ a dit concernant la description du Paradis :

هِىَ ورَبِّ الكَعْبَةِ نُورٌ يَتَلَأْلَأُ وَرَيَحَانَةٌ تَهْتَزُّ و ٌقَصْرٌ مَشِيدٌ وَنَهْرٌ مُطَّرِدٌ وَفَاكِهَةٌ كَثِيرَةٌ نَضِيجَةٌ وَزَوْجَةٌ حَسْنَاءُ جَمِيلَةٌ وَحُلَلٌ كَثِيرَةٌ في مُقِامٍ أَبَدِىٍّ فِى حَبْرَةٍ وَنَضْرَةٍ، رَوَاهُ ابْنُ حِبّانَ.

Ce qui signifie : « Le Paradis, par le Seigneur de la Ka^bah, ce sont des lumières scintillantes, une verdure chatoyante, des palais édifiés, des rivières qui coulent en abondance, des fruits en abondance mûrs, une épouse belle et beaucoup de parures dans une résidence qui est perpétuelle, dans une joie et une verdoyance », rapporté par Ibnou Hibban. Ainsi le Prophète ﷺ a dit à ses compagnons : « Y a-t-il qui se retrousse les manches pour gagner le Paradis ? », c’est-à-dire qui veut fournir des efforts dans l’obéissance à Allah ? Qui est prêt à œuvrer pour le Paradis ? Parce que le Paradis n’a pas de pareil. Et il a poursuivi en disant : « Le Paradis par le seigneur de la Ka^bah, ce sont des lumières scintillantes », c’est-à-dire je jure par le Seigneur de la Ka^bah que le Paradis est plein de lumières scintillantes, il est éclairé, il n’y a pas d’obscurité et il n’y a pas besoin de soleil ou de lune. Si une des femmes du Paradis comme l’avait décrite le Messager de Allah ﷺ apparaissait dans cette terre, elle l’aurait éclairée du levant au couchant, Alors comment peut-il y avoir de l’obscurité au Paradis ? Et le Messager ﷺ a décrit le Paradis qui comporte beaucoup de verdure qui est plaisante au regard. Chaque arbre du Paradis, son tronc est en or et lorsque ses feuilles frémissent, elles émettent un son agréable et plaisant pour l’âme. Et le Messager ﷺ a décrit le Paradis comme ayant des palais édifiés, c’est-à-dire qu’il y a au Paradis des palais très élevés. Quant à sa parole ﷺ concernant les fleuves, elle indique qu’il y a des fleuves qui coulent : il y a des fleuves d’eau, des fleuves de lait et des fleuves de miel pur. Et la parole du Prophète ﷺ à propos des fruits mûrs, nous apprend qu’au Paradis il y a tout ce que l’âme peut désirer comme fruit et qu’ils sont mûrs. Et la parole du Prophète ﷺ : « Une épouse belle », signifie qu’il y a pour les croyants des épouses qui sont très belles. Sa parole ﷺ « Dans une résidence qui n’a pas de fin », fait référence à une vie éternelle qui n’a pas de fin. La parole du Prophète « Fi habrah », c’est-à-dire dans une joie continue et la parole du Prophète « nadrah » c’est-à-dire que les visages des gens du Paradis ont de beaux visages. Et les compagnons ont dit au Messager de Allah  ﷺ: « Nous, nous retroussons les manches Ô Messager de Allah », il leur a enseigné de dire « In cha’ a l-Lah », c’est-à-dire si Dieu le veut.

  • Parle de la vision dans l’au-delà.

Il est un devoir de croire que Allah sera vu dans l’au-delà. Les croyants Le verront lorsqu’ils seront au Paradis sans comment, sans endroit et sans direction, c’est-à-dire sans qu’Il n’ait des caractéristiques des créatures et sans qu’Il ne soit dans un endroit ou une direction. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat al-Qiyamah :

﴿وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَّاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ﴾

Ce qui signifie : « Les croyants avec leurs visages rayonnants de bonheur, verront leur Seigneur ce jour-là, ils Le verront, Celui Qui n’a pas de pareil ». Ils ne Le verront pas comme un corps impalpable à l’image de la lumière ni comme un corps palpable comme l’être humain. Ils ne Le verront pas installé au Paradis ni en dehors du Paradis et ils ne Le verront pas situé dans un endroit ou dans une direction. Et ils ne Le verront pas situé à leur droite ni à leur gauche ni dans la direction du dessus ni dans la direction du dessous ni dans la direction de devant ni dans la direction de derrière. Ils Le verront sans qu’Il n’ait un volume, une quantité, une taille, une étendue ou une limite. Il n’aura pas d’organe, ils Le verront sans qu’Il n’ait de longueur parce qu’Il n’est pas un corps composé de parties, Il n’a pas de membres, ils Le verront sans qu’Il n’ait de longueur, de largeur, de profondeur, d’épaisseur, de couleur, de formes, d’aspect ou de comment. Ils Le verront sans qu’Il n’ait une position debout, assise, allongée ou adossée, sans qu’Il soit accroché, en contact, séparé, immobile ou en mouvement, sans qu’il n’y ait entre Lui et Ses créatures une quelconque distance. La vision des croyants qu’ils auront de Allah dans l’au-delà ce n’est pas une réunion avec Allah comme les gens qui font la prière, qui se réunissent avec un Imam dans la mosquée parce que Allah, il Lui est impossible de résider dans un endroit. La vision que les croyants auront de leur Seigneur dans l’au-delà est possible selon la raison, preuve en est que Mouça ^alayhi s-salam a demandé à Son Seigneur de Le voir, par la parole :

﴿رَبِّى أَرِنِى أَنْظُرْ إِلَيْكَ﴾

Ce qui signifie : « Seigneur fait que je puisse te voir ». Si la vision avait été impossible, Mouça n’aurait pas demandé à son Seigneur de le voir. Quant à la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, adressée à Mouça :

﴿لَنْ تَرَانِى﴾

Ce qui signifie : « Tu ne me verras point », c’est-à-dire dans le bas-monde. Et Mouça ^alayhi s-salam lorsqu’il avait demandé à son Seigneur de pouvoir Le voir avec ses yeux, Il ne lui avait pas encore révélé à ce moment-là que Allah ne pourra pas être vu avec les yeux qui seront anéantis dans ce bas-monde. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

إِنَّكُمْ سَتَرَوْنَ رَبَّكُمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ كَمَا تَرَوْنَ الْقَمَرَ لَيْلَةَ الْبَدْرِ لا تَضَامُّونَ فِى رُؤْيَتِهِ ، رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « Certes vous verrez votre Seigneur au Jour du Jugement comme lorsque vous voyez la lune une nuit de pleine lune, vous ne vous bousculerez pas pour Le voir », rapporté par Mouslim. Le Messager ﷺ a comparé la vision que les croyants auront de leur Seigneur, du fait qu’elle ne comporte aucun doute, à la vision de la lune une nuit de pleine lune. Il n’a pas assimilé Allah à la lune. Ce qui est visé c’est qu’ils Le verront d’une vision dans laquelle il n’y a aucun doute. Ils ne vont pas douter sur le fait que Celui qu’ils ont vu c’est bien Dieu et non pas autre que Dieu. Tout comme celui qui observe la lune, une nuit de pleine lune et qu’il n’y a pas de nuage, il verra la lune d’une vision dans laquelle il n’y a aucun doute. La parole qu’utilise le Prophète dans le hadith « La tadammouna fi rou’yatihi » signifie : « vous ne vous bousculerez pas pour le voir » et cela est le cas de Celui Qui n’a pas d’endroit. Parce que les gens lorsqu’ils veulent voir quelqu’un ou quelque chose dans un endroit, ils se bousculent les uns les autres pour le voir et ceux qui seront proches pourront le voir alors que ceux qui seront plus loin seront repoussés.

  • Parle de la croyance aux anges.

Il est un devoir de croire aux anges, c’est-à-dire en leur existence et qu’il s’agit d’esclaves vertueux qui ne sont ni mâles ni femelles. Ils ne mangent pas, ils ne boivent pas, ils ne dorment pas, ils ne se fatiguent pas, ils n’ont pas de rapport et ne reproduisent pas. Ils ne désobéissent pas aux ordres que Allah leur donne et ils font tout ce qui leur est ordonné de faire. Les anges sont des corps impalpables, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas saisis avec la main. Allah les a créés de lumière, ils ont des âmes, des raisons et une volonté. Allah leur a donné la capacité à prendre forme sous l’apparence d’hommes parmi les descendants de ‘Adam sans l’organe génital et ne prennent pas d’apparence de femmes. Chaque ange a deux ailes, quatre, six ou plus. Dans Sourat Fatir, Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿أُولِى أَجْنِحَةٍ﴾

Ce qui signifie : « Ils ont des ailes ». Notre maître Jibril ^alayhi-s-salam a six cents ailes. Le Messager ﷺ l’a vu une fois dans un endroit de la Mecque qui s’appelle Ajyad. Jibril lui a alors dit : « Demande à ton Seigneur de t’accorder de me voir sous mon aspect d’origine ». Alors le Messager a demandé cela, Jibril lui est apparu de l’est mais il était tellement grand qu’il a caché entre l’est et l’ouest. Le Messager de Allah ﷺ s’est évanoui. Puis Jibril ^alayhi-s-salam l’a pris après avoir pris une forme humaine et l’a serré contre lui. C’est alors que le Messager de Allah ﷺ lui dit ce qui signifie : « Ô Jibril, je n’ai pas pensé que Allah a créé une créature avec cet aspect-là ». Alors Jibril ^alayhi-s-salam lui a dit ce qui signifie : « Allah m’a créé, et il m’a accordé six cents ailes et je n’ai ouvert que deux ailes ;  et Allah a créé Israfil, Il lui a donné à lui aussi six cents ailes mais une seule de ses ailes est comme toutes mes ailes à moi ». Et il y a parmi les anges ceux qui ont des tailles encore plus grandes comme les Anges qui portent le trône. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

أُذِنَ لِى أَنْ أُحَدِّثَ عَنْ مَلَكٍ مِنْ مَلائِكَةِ اللَّهِ مِنْ حَمَلَةِ الْعَرْشِ إِنَّ مَا بَيْنَ شَحْمَةِ أُذُنِهِ إِلَى عَاتِقِهِ مَسِيرَةُ سَبْعِمِائَةِ عَامٍ ، رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ

Ce qui signifie : « J’ai eu l’autorisation de vous parler d’un des anges de Dieu, de ceux qui portent le trône, entre le lobe de l’oreille de l’un d’entre eux jusqu’à son épaule il y a la distance de sept cents années », c’est-à-dire par le vol d’une distance parcourue par un oiseau qui vole rapidement, rapporté par Abou Dawoud. Cet ange, son épaule se trouve au niveau du Trône et son pied se trouve dans la septième terre.

  • Parle de la croyance aux messagers.

Il est un devoir de croire aux messagers de Allah, c’est-à-dire à Ses prophètes. Le premier d’entre eux est ‘Adam ^alayhi-s-salam et le dernier d’entre eux est Mouhammad ﷺ. Il est parvenu dans un hadith que le nombre de prophètes est de cent vingt-quatre mille parmi lesquels il y a trois cent treize Messagers, Hadith rapporté par Ibnou Hibban qu’il a jugé Sahih. Et la prophétie est spécifique aux hommes parmi les humains. Il n’y a pas de prophète femme. La preuve en est la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il :

﴿وَمَا أَرْسَلْنَا مِنْ قَبْلِكَ إِلَّا رِجَالًا نُّوحِى إِلَيْهِم﴾

Ce qui signifie : « Nous n’avons pas envoyé avant toi excepté des hommes à qui nous avons transmis la révélation ». Il n’y a pas de prophète parmi les anges ni parmi les jinns.

  • Quelle est la preuve de la prophétie de ‘Adam ?

Il est un devoir de croire que notre maître ‘Adam ^alayhi-s-salam est le premier des prophètes et des messagers. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى ءَادَمَ وَنُوحًا وَءَالَ إِبْرَاهِيمَ وَءَالَ عِمْرَانَ عَلَى الْعَالَمِينَ﴾

Ce qui signifie : « Certes Allah a élu ‘Adam, Nouh, la famille de Ibrahim, la famille de ^Imran sur le reste mondes », c’est-à-dire qu’Il a choisi ‘Adam et Nouh pour qu’ils soient prophètes et messagers. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Nouh :

﴿إِنَّا أَرْسَلْنَا نُوحًا إِلَى قَوْمِهِ

Ce qui signifie : « Certes nous avons envoyé Nouh a son peuple ». Nouh par le texte même du Qour’an est un messager. Ainsi nous comprenons de la parole de Allah :

﴿إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى ءَادَمَ وَنُوحًا﴾

Ce qui signifie : « Certes Allah a élu ‘Adam et Nouh », que cette élection de ‘Adam est du même ordre que l’élection de Nouh ; c’est une élection pour assumer la charge de messager et de prophète. Ce qui témoigne de son statut de prophète c’est le hadith de At-Tirmidhiyy, qui signifie : « ‘Adam et tout autre que lui parmi les prophètes seront sous ma bannière au jour du Jugement ».  Les musulmans ont été unanimes sur le statut de prophète de notre Maître ‘Adam de sorte que celui qui renie son statut est un mécréant selon l’unanimité. Ceci est également mentionné dans le livre Maratibou-l-ijma^.

  • Quelle est la preuve que notre Maître ‘Adam ^alayhi-s-salam n’était pas un singe qui aurait évolué ?

Notre Maître ‘Adam ^alayhi-s-salam est le premier des humains et le premier des prophètes et des envoyés. Il n’était pas un singe qui aurait évolué, et ne lui ressemble pas. Il était plutôt d’un bel aspect, doté d’une belle voix, il était droit et n’était pas comme les animaux qui marchent à quatre pattes. Ainsi le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ طُولُ ءَادَمَ سِتِّينَ ذِرَاعًا طُولًا فِى سَبْعَةِ أَذْرُعٍ عَرْضًا، رَوَاهُ أَحْمَدُ فِى مُسْنَدِهِ

Ce qui signifie : « ‘Adam avait une taille de soixante coudées de haut sur sept coudées de large », tout comme l’a rapporté Ahmad dans son Mousnad. Quant à la parole de certains athées qui prétendent que le premier des humains avait l’aspect d’un singe, cela revient à démentir le Qour’an. Ainsi dans Sourat At-Tin Allah, exempté de toute imperfection soit-Il dit :

﴿لَقَدْ خَلَقْنَا الإِنْسَانَ فِى أَحْسَنِ تَقْوِيمٍ﴾

Ce qui signifie : « Nous avons créé l’être humain avec le plus bel aspect », c’est-à-dire la plus belle image, c’est-à-dire qu’il avait une belle composition, qu’il était droit, marchait sur ses pieds et mangeait avec ses mains. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-‘Isra’ :

﴿وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِى ءَادَمَ

Ce qui signifie : « Nous avons honoré le fils de ‘Adam », c’est-à-dire que Allah a créé l’homme, l’a honoré et a fait que son aspect soit meilleur que celui d’autres que lui. Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit :

﴿إِنِّى خَالِقٌ بَشَرًا مِّنْ طِينٍ

Ce qui signifie : « Je crée un humain à partir de terre ». Et Mouslim a rapporté d’après ^A’ichah que Allah l’agrée, que le Messager de Allah ﷺ a dit :

خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ ءَادَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ

Ce qui signifie : « Les anges ont été créés de lumière, les jinns ont été créés à partir de flamme de feu et ‘Adam a été créé à partir ce qui vous a été décrit », c’est-à-dire des sols de cette terre. Par ailleurs, comment ‘Adam serait-il prophète en étant un singe, cela repousserait les gens de lui et de son appel. S’il était un singe comme ils le prétendent, cela serait une porte pour lui porter atteinte, pour le diminuer et ceci n’est pas digne des prophètes.

  • Quelle est la différence entre un prophète messager et un prophète qui n’est pas messager ?

Le prophète messager est celui à qui il a été révélé une nouvelle loi et le prophète qui n’est pas messager est celui à qui il a été révélé de suivre la loi du messager qui était avant lui. Tous deux ont l’ordre de transmettre. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾

Ce qui signifie : « Allah a envoyé les prophètes annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ النَّبِىُّ يُرْسَلُ إِلَى قَوْمِهِ وَأُرْسِلْتُ إِلَى النَّاسِ كَافَّةً ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Le prophète avant moi avait pour mission de transmettre à son peuple alors que moi j’ai eu pour mission de transmettre à tous les gens, tout le monde », rapporté par Al-Boukhariyy. Il n’y a pas de sens de l’envoi d’un prophète s’il n’y a pas l’ordre de transmettre.

  • Quelle est la preuve que la religion des prophètes dans leur totalité c’est l’Islam ?

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾

Ce qui signifie : « Certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam », c’est-à-dire que la religion correcte, que Dieu accepte, c’est l’Islam. Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِى الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾

Ce qui signifie : « Celui qui suit autre que l’Islam pour religion, elle ne sera pas acceptée de lui et dans l’au-delà, il sera au nombre des perdants ». Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿وَوَصَّىٰ بِهَا إِبْرَاهِيمُ بَنِيهِ وَيَعْقُوبُ يَا بَنِىَّ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَىٰ لَكُمُ الدِّينَ فَلا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُّسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Ibrahim a recommandé cela à ses fils et Ya^qoub également : Ô vous mes fils Allah vous a choisi la religion, ne mourrez qu’en étant musulmans. ». Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat ‘Ali ^Imran à propos de Son Prophète Ibrahim ^alayhi-s-salam :

﴿مَا كَانَ إِبْرَاهِيمُ يَهُودِيًّا وَلا نَصْرَانِيًّا وَلَكِنْ كَانَ حَنِيفًا مُّسْلِمًا وَمَا كَانَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ﴾

Ce qui signifie : « Ibrahim n’était pas juif, il n’était pas chrétien, mais il était sur la droiture, musulman et il n’était pas associateur ». Et notre maître Youçouf ^alayhi-s-salam a dit dans ce que nous apprenons dans le Qour’an :

﴿تَوَفَّنِى مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِى بِالصَّالِحِينَ﴾

Ce qui signifie : « Fais-moi mourir musulman et fais que je rejoigne les vertueux ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

الأَنْبِيَاءُ إِخْوَةٌ لِعَلَّاتٍ دِينُهُمْ وَاحِدٌ وَأُمَّهَاتُهُمْ شَتَّى، رَوَاهُ الإِمَامُ أَحْمَدُ

Ce qui signifie : « Les prophètes sont comme des frères de même père et de mères différentes, leur religion est la même, et leurs mères sont différentes », rapporté par l’Imam Ahmad. Le Messager a comparé les prophètes aux frères qui ont des mères différentes, leur père c’est le même et leurs mamans sont différentes. De même les prophètes sont comme des frères dans la religion, leur religion est la même, c’est-à-dire leur croyance est la même mais leurs lois sont différentes.


Q&R croyance

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 13, 2021
  • Quelle est la signification de la parole   لا حَوْلَ وَلا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah, il n’est de protection et de force que par Allah ?

Le Prophète a expliqué cette phrase par sa parole :

لا حَوْلَ عَنْ مَعْصِيَةِ اللَّهِ إِلَّا بِعِصْمَةِ اللَّهِ وَلا قُوَّةَ عَلَى طَاعَةِ اللَّهِ إِلَّا بِعَوْنِ اللَّهِ

Qui signifie : il n’est de protection contre la désobéissance à Dieu que grâce à la préservation de Dieu et il n’est de force pour l’obéissance à Dieu que grâce à l’aide de Dieu. C’est-à-dire que l’Homme ne peut éviter le péché que si Allah l’en protège et il ne peut faire le bien et l’obéissance que si Allah l’aide.

  • Cite certains des bénéfices de la parole la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah.

Il est parvenu dans le hadith que cette phrase est un des trésors du Paradis. Le Prophète ﷺ a dit à Abou Mouça Al Ach^ariyy que Dieu l’agrée :

أَلا أَدُلُّكَ عَلَى كَلِمَةٍ هِىَ كَنْزٌ مِنْ كُنُوزِ الْجَنَّةِ

Ce qui signifie : « Veux-tu que je t’indique une parole qui est un des trésors du Paradis ? ».

Il a dit « Bien sûr Ô Messager de Allah », il lui a dit ce qui signifie : « C’est la phrase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah » tel que l’a rapporté l’imam Ahmad. Cette phrase qu’on appelle en arabe al hawqalah a été appelée trésor car c’est comme si c’était un trésor enfoui pour celui qui la dit, qu’il retrouvera au jour du Jugement.

Il a été rapporté dans le hadith rapporté par Al Hakim dans Al Moustadrak, que la phase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah est utile pour quatre-vingt-dix maux, le minimum étant le tourment. C’est-à-dire que cette phrase dissipe le tourment, c’est une des meilleures paroles qu’il convient de dire, pour celui qui est tourmenté. Cette phrase est également bénéfique pour celui qui est éprouvé par les mauvaises suggestions (waswas), tout cela par la Volonté de Dieu. S’il la dit de manière régulière, assidue et qu’il persévère à la dire, nécessairement il verra la délivrance et sa difficulté sera transformée en facilité. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a fait que cette parole comporte un grand secret et un bénéfice éminent.

Ahmad a rapporté, d’après Abou Ayyoub Al-Ansariyy que Allah l’agrée, que le Messager de Allah ﷺ la nuit de son voyage nocturne, est passé près de Ibrahim ^alayhi s-salam, qui a dit à notre Prophète : « Ordonne à ta communauté qu’elle multiplie les plantes du Paradis ; le sol du Paradis est bon et sa terre est étendue ». Le Prophète lui a dit :  وَمَا غِرَاسُ الْجَنَّةِ

Ce qui signifie « Quelles sont donc les plantes du Paradis ? » et Ibrahim ^alayhi s-salam lui a répondu : « C’est la phrase la hawla wa la qouwwata illa bi l-Lah ».  Le croyant, chaque fois qu’il dit cette parole, il sera planté pour lui un arbre au paradis dont le tronc est en or.

  •  Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a pour attribut toute perfection qui est digne de Lui. Pourquoi la parole perfection a été restreinte par l’expression « qui est digne de Lui » ?

La parole perfection a été restreinte par l’expression « qui est digne de Lui » parce que la qualité de la perspicacité est une perfection, un éloge pour l’être humain mais ce n’est pas une perfection au sujet de Dieu. Il n’est donc pas permis de Lui attribuer cela.

  • Parle d’exempter Allah des défauts

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, est exempt de tout défaut, c’est-à-dire qu’il est exempt de tout ce qui n’est pas digne de Lui comme le corps, la forme, la couleur et d’autres caractéristiques des créatures.

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Ach-Choura :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

Ce qui signifie : « Absolument rien n’est pareil à Lui ».

  • Que signifie Sa parole, exempté de toute imperfection soit-Il, layça kamithlihi chay’, absolument rien n’est pareil à Lui ?

Cela veut dire que Allah n’a absolument pas de ressemblance avec les créatures, d’aucune manière que ce soit. L’imam Dhou n-noun Al Misriyy a dit : « Quoi que tu imagines dans ton esprit Allah n’est pas ainsi », c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec cela.

  • Quel est le sens de la parole, exempté de toute imperfection soit-Il وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ  wa houwa s-sami^ou l-basir ?

C’est à dire que Allah a pour attribut l’ouïe et la vue. Il est un devoir de croire que Allah entend tout ce qui est audible sans avoir besoin d’oreille ou d’un autre organe et Il voit tout ce qui est visible sans avoir besoin d’œil ou de rayon lumineux.

  • Quel est le sens de la parole des savants : Allah est de toute éternité et tout ce qui est hormis Lui est entré en existence ?

C’est-à-dire que Allah exempté de toute imperfection soit-Il, n’a pas de début à Son existence et tout autre que Lui a un début c’est-à-dire qu’il a existé après n’avoir pas été.

  • Parle à propos de la parole de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il.

Dans sourat An-niça’ Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وَكَلَّمَ اللَّهُ مُوسَى تَكْلِيمًا﴾

Wa kallama l-Lahou Mouça taklima.

Le Messager de Allah a dit :

مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ إِلَّا سَيُكَلِّمُهُ رَبُّهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ

 Ce qui signifie : « Pas un d’entre vous sans qu’il n’entende la Parole de Allah au jour du Jugement », rapporté par Al Boukhariyy.

Il est un devoir de croire que Allah a pour attribut une parole qui n’a pas de ressemblance avec la nôtre, qui n’est pas de lettres, ni de voix ni de langue, une parole qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin, qui n’est pas concernée par le silence ou l’interruption.

L’imam Abou Hanifah dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar a dit : « Nous, nous parlons avec des organes et des lettres et Allah parle sans organes ni lettres. Les lettres sont créées et la parole de Allah n’est pas créée ».

Pour ce qui est de la Parole de Allah dans Sourat Yacin :

﴿إِنَّمَا أَمْرُهُ إِذَا أَرَادَ شَيْئًا أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ﴾

Cela veut dire que Allah crée les choses rapidement, sans fatigue, sans difficulté, sans empêchement de la part de quiconque. Cela ne veut pas dire que Allah articule et prononce le terme koun qui veut dire en français “soit”, l’impératif du verbe être. Cela ne signifie pas que Allah prononce ce terme autant de fois qu’il y a de créatures car Allah, glorifié soit-Il, crée dans un instant ce que nous ne pouvons énumérer comme créatures. Ce verset indique donc la rapidité de faire entrer en existence.

  • Est-ce que l’on dit au sujet du Qour’an dans le sens de la parole révélée, qu’il s’agit de la Parole de Allah ?

Le Qour’an dans le sens des termes qui ont été descendus à notre Maitre Mouhammad par révélation, sont appelés Parole de Dieu. Parce que ces termes indiquent et sont une expression de la Parole de Dieu, qui n’est pas des lettres ni un son ni des langues. Également parce que ces termes ne sont pas la composition d’un ange ou d’un humain. Cela ne signifie pas que Allah a prononcé le Qour’an avec des lettres et un son tout comme nous le récitons.

Ainsi dans Sourat At-Tawbah Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وإِنْ أَحَدٌ مِّن الْمُشْرِكِينَ اسْتَجَارَكَ فَأَجِرْهُ حَتَّى يَسْمَعَ كَلامَ اللَّهِ﴾

Ce qui signifie : « Si l’un des associateurs demandait à ce que tu lui octroies une garantie de sécurité alors donne lui cette garantie de sécurité pour qu’il vienne en terre d’islam et qu’il entende la Parole de Allah ». Il est clair ici qu’il s’agit des termes révélés et non pas de l’attribut de Dieu sinon tout un chacun qui entendrait ces termes qui ont été révélés serait l’équivalent de Moïse, lui qui a entendu la Parole propre de Dieu, Son attribut.

  • Que signifie que Allah est différent de toutes les créatures par Son Être, par Ses attributs et par Ses actes ?

Allah est différent de la totalité des créatures, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, il n’y a donc pas d’être qui soit pareil à Son Être, car Allah n’est pas un corps. Il n’y a pas pour autre que Dieu, d’attribut qui soit pareil à l’attribut de Dieu ou d’acte qui soit pareil à Son acte. Allah, exempté de toute imperfection soit-ll, dit dans Sourat Ach-Choura :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

Ce qui signifie : « Absolument rien n’est pareil à Lui », et Allah, exempté de toute imperfection soit-ll, dit dans Sourat An-Nahl :

﴿وَلِلَّهِ الْمَثَلُ الأَعْلَى﴾

Ce qui signifie : « Allah a l’attribut qui n’a pas de ressemblance avec les attributs d’autres que Lui », c’est-à-dire que Allah a des attributs qui n’ont pas de ressemblance avec les attributs d’autres que Lui. L’Imam Abou Hanifah que Dieu Lui fasse miséricorde a dit : Son acte, exempté de toute imperfection soit-Il, c’est-à-dire le fait qu’Il crée : c’est Son attribut de toute éternité ; et ce qui en résulte c’est-à-dire ce qui est créé, est contingent, il est entré en existence.

  • Quel est le sens de la parole des savants « Il est exempt de ce que disent les injustes. » ?

C’est-à-dire que Allah est totalement exempt de ce que disent les mécréants, exempt de ce qu’il n’est pas digne de Lui attribuer, comme d’avoir une épouse et un enfant. Et la plus grande des injustices, c’est l’injustice des mécréants. Les mécréants ont atteint le summum de l’injustice. Comme la mécréance est la plus grave des formes d’injustice, Allah a employé dans le Qour’an le terme Adh-dhalimin et il en a visé al-kafirin, les mécréants. Allah exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ

Ce qui signifie : « Les mécréants sont eux les injustes ».

  • Parle des attributs de Dieu.

Allah a pour attribut les attributs de perfection qui sont dignes de Lui. Et les attributs de Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, sont dans leur totalité exempts de début et exempts de fin, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de début et qu’ils n’ont pas de fin. L’Imam Abou Hanifah que Allah l’agrée, a dit dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar: « Celui qui dit que les attributs de Allah sont contingents, accidentels, entrés en existence ou qui doute, ou qui ne veut pas se prononcer à ce sujet, c’est un mécréant ». C’est-à-dire que celui qui dit que Allah Il Lui est arrivé un des attributs qu’Il n’a pas de toute éternité, il prétend que ce serait de nouveaux attributs, ou qui a douté à ce sujet, c’est-à-dire s’il a dit peut être que les attributs de Dieu sont de toute éternité ou peut-être qu’il sont contingents, ou qui ne veut pas se prononcer à ce sujet, c’est-à-dire qu’il dit moi je ne dis pas que les attributs de Dieu sont accidentels et je ne dis pas qu’ils sont de toute éternité : dans tous ces cas-là, il est mécréant.

  • Les savants ont dit qu’il est un devoir de connaitre treize des attributs de Dieu, quels sont donc ces attributs ?

Les treize attributs sont : l’existence, l’unicité, l’existence de toute éternité, c’est-à-dire le fait de ne pas avoir de début, l’existence sans fin, le non-besoin, c’est-à-dire qu’Il n’a pas besoin d’autrui, la puissance, la volonté, la science, l’ouïe, la vue, la vie, la parole et le fait qu’Il soit différent de ce qui est contingent, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de ressemblance avec les créatures.

  • Parle de l’attribut de l’existence de Dieu.

Il est un devoir de croire que Dieu existe, il n’y a pas de doute à propos de Son existence, Son existence n’est pas par l’acte d’un être qui l’aurait fait exister car Son existence n’a pas été précédée du néant.

Ainsi dans le Qour’an Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿أَفِى اللَّهِ شَكٌّ﴾

Ce qui signifie : « Il n’y a pas de doute à propos de Dieu », c’est-à-dire qu’il n’y a pas de doute à son sujet.

  • Parle de l’attribut de l’unicité de Dieu.

Il est un devoir de croire que Allah est unique, qu’Il n’a pas d’associé, que nul ne mérite d’être adoré sinon Lui et qu’Il n’est pas un corps composé de parties. Ainsi Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, n’a pas d’associé à Son Être ni à Ses attributs ni à Son acte. Il n’y a pas d’être qui soit pareil à Son être, d’autres que Lui n’ont pas d’attributs ni d’actes pareils aux Siens. Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans Sourat Al-Baqarah :

﴿وَإِلَهُكُمْ إِلَهٌ وَاحِدٌ﴾

Ce qui signifie : « Et votre Dieu est un Dieu unique ». Il n’est pas visé par l’unicité de Dieu l’unicité du nombre car un corps admet des parties, mais ce qui est visé c’est qu’il n’a pas de pareil. L’Imam Abou Hanifah que Dieu l’agrée a dit dans son livre Al-Fiqh al-‘akbar : « Allah est unique non pas dans le sens des nombres, mais plutôt dans le sens qu’Il n’a pas d’associés ».

  • Parle de l’attribut de l’exemption de début de Allah.

Allah, exempté de toute imperfection soit-il, dit dans Sourat Al-Hadid :

﴿هُوَ الأَوَّلُ﴾

Ce qui signifie: « Que Allah seul est Celui Qui n’a pas de début à Son existence ». Et le Messager de Allah ﷺ a dit :

كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ، رَوَاهُ الْبُخَارِىُّ

Ce qui signifie : « Allah est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité », rapporté par Al-Boukhariyy, c’est-à-dire que Allah est de toute éternité et nul autre que Lui n’est de toute éternité. Il est donc un devoir de croire que Allah est de toute éternité dans le sens qu’il n’y a pas de début à Son existence et que tout autre que Lui est contingent, c’est-à-dire qu’il a existé après n’avoir pas existé. Et le sens de Al-Qadim à propos de Dieu ne veut pas dire qu’Il a subi une longue durée ou qu’Il est vieux. L’Imam Abou Ja^far At-Tahawiyy dans son traité de croyance a dit à propos de Dieu : « Il est exempt de début, Il est qadim, Il n’a pas de début à Son existence ». Si Allah n’avait pas été de toute éternité, Il serait entré en existence, c’est-à-dire créé et ce qui est contingent a besoin de qui le fait exister et celui qui a besoin d’autrui ne peut être un dieu. Il a été rapporté que le Prophète ﷺ disait lorsqu’il voulait entrer dans la mosquée :

أَعُوذُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ وَبِوَجْهِهِ الْكَرِيمِ وَسُلْطَانِهِ الْقَدِيمِ مِنَ الشَّيْطَانِ الرَّجِيمِ، وَالْحَدِيثُ إِسْنَادُهُ حَسَنٌ

Ce qui signifie : « Je demande la préservation par Allah l’éminent et par Son Être glorifié et par Sa souveraineté qui est Qadim contre le chaytan qui est maudit ». Ce hadith a une bonne chaine de transmission (il est de l’ordre du haçan). S’il a été authentifié qu’il est permis d’employer le terme Al-Qadim à propos de la Souveraineté de Dieu Qui est Son attribut alors il est permis de l’employer à propos de Son Être.

Information utile sur l’avortement

Posted in cours général,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur novembre 11, 2020

Notre Chaykh, que Dieu lui fasse miséricorde, nous profite par lui, et nous donne de ses renforts a dit :

Sache, que Dieu te fasse miséricorde, que le plus éminent des péchés, c’est la mécréance, ensuite le fait de tuer quelqu’un injustement. Que celui qui a été tué soit un enfant, encore nourrisson ou un vieillard, ou un jeune homme, ou une femme, ou un enfant qui a dépassé les 4 mois de grossesse dans l’utérus de sa mère mais qui n’est pas encore né. Et parmi les choses qu’il est un devoir de mettre en garde contre, il y a l’avis selon lequel certains ont autorisé de faire l’avortement du fœtus après 4 mois lunaires de grossesse alors qu’il est vivant dans l’utérus de sa mère, sous prétexte que la mère va subir une nuisance si elle le garde, ou que s’il restait dans l’utérus de sa mère il aurait des séquelles ou il aurait des malformations. En effet, avorter un tel est interdit selon l’Unanimité, et celui qui considère licite de l’avorter, il devient mécréant, car l’âme a été insufflée dans cet enfant. Le jugement d’un tel fœtus est comme un être humain qui marche sur Terre. La mère n’a pas à se débarrasser de l’enfant pour se sauver elle-même en raison d’une nuisance supposée car le médecin lui a dit « Si tu n’avortes pas, il t’arrivera telle et telle chose ». Si cette femme prend le produit qui va mener à la mort de cet enfant, elle doit s’acquitter du prix du sang et doit s’acquitter d’une expiation. L’expiation c’est d’affranchir un esclave, si elle n’en trouve pas, elle jeûnera deux mois consécutifs. Et si elle accepte que ce soit le médecin qui avorte, alors elle aura été associée au médecin dans le péché, et ce péché est le plus grave des péchés après la mécréance. Il est plus grave que la fornication et que boire de l’alcool. Cette femme, qui a commis ce péché, si elle avait patienté face à ce qui pourrait lui arriver comme douleurs et qu’elle mourrait, elle serait morte martyr. Cependant cette femme, parce qu’elle était en accord avec ce médecin pour tuer cet enfant, elle aura accusé une grande perte, elle aura raté la récompense du martyr qu’elle aurait plus obtenir si elle avait patienté et si elle était morte à cause de cette grossesse.

Par ailleurs, prenez garde de croire la parole de certains médecins sur beaucoup de questions. Il est arrivé dans un pays qu’une femme musulmane a dit « J’ai avorté d’un enfant qui est resté 5 mois dans mon utérus et il était vivant, parce que le médecin m’a dit si tu n’avortes pas, tu perdras la vue et tu auras autre chose. ». Et malgré cela, elle a perdu la vue. Certes nous appartenons à Allaah, et nous reviendrons à Son Jugement.

Il ne convient pas de croire les médecins en toute chose, et surtout à notre époque. Certains sont grands pécheurs. Comment se baser sur la parole de gens qui craignent pas Dieu pour commettre de tel péché d’avorter l’enfant ?

Dieu sait pourquoi de tels médecins s’empressent pour émettre de tels avis. Et le Chaykh a dit il y a une autre femme, de nos élèves qui était enceinte, à qui un médecin a dit : si tu n’avortes pas de cet enfant, il sera malformé. Le Chaykh lui a dit « Je lui ai dit Ne le crois pas. ». Et le Chaykh a dit « L’enfant est venu sain et sauf avec un très bel aspect ». Que Dieu les maudisse ces pervers en raison de l’argent, ils ont nui aux gens.

Combien ils ont amputé de mains et de pieds pour les raisons qu’ils ont en eux alors que ce sont des choses qui peuvent être soignées autrement que par l’amputation.

Le Chaykh a cité un de ses élèves qui a dit « Dans mon pays, j’ai eu un accident de voiture qui m’a heurté mon pied, le médecin a décidé de me l’amputer mais ma mère m’a emmené chez un homme âgé qui m’a soigné avec les herbes ». Et maintenant il arrive à faire la course avec des jeunes gens et il les précède.

Le Chaykh a dit pour ce qui est d’avorter un enfant avant 4 mois lunaires, c’est à dire avant que l’âme ne soit insufflée dans ce fœtus, il y a eu divergence à ce sujet parmi les faqih, si c’est permis ou pas. Cependant, le Chaykh a dit s’il y a en cela le fait de dévoiler la zone de pudeur de la femme sans qu’il n’y ait de nécessité, alors c’est interdit selon la totalité des savants. Le Chaykh a dit cette question arrive fréquemment, il convient de la diffuser.

La prophétie

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 24, 2020

La louange est à Allah le Seigneur des mondes que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’Il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.

La prophétie (an-noubouwwah) tire sa racine de (an-naba’), c’est-à-dire la nouvelle, car la prophétie est une transmission de la part de Allah ; ou bien de (an-nabwah) qui est l’élévation, ici on vise l’élévation en degrés.

Ainsi, il y a deux possibilités selon la langue concernant le mot Nabiyy :

1°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui fait l’acte (c’est à dire qui transmet des nouvelles), dans le sens qu’il nous informe de la part de Allah conformément à ce qui lui est révélé ;

2°) C’est une dérivation de la racine indiquant celui qui est sujet à l’acte, dans le sens qu’il est informé de la part de Allah.

Dans les deux cas, il est informé ou il informe.

La prophétie est donc possible selon la raison, elle n’est pas impossible. C’est-à-dire qu’il n’y a pas selon la raison quelque chose qui juge impossible qu’il y ait des prophètes. La raison ne peut pas de manière indépendante connaitre les choses qui sauvent la personne dans l’au-delà.

L’existence des prophètes n’est pas quelque chose qui entraîne quelque chose d’impossible selon la raison. Plus encore, la prophétie a été connue par la perception sensorielle : les gens ont vu les prophètes, ils ont entendu leur parole, ils les ont touchés. La prophétie a été confirmée chez plusieurs humains avec des preuves basées sur la perception sensorielle ensuite par la transmission de l’information de manière large et de manière authentique : par le tawatour.

 

Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison naturelle, ce qui permet de se dispenser d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Par conséquent, il y a dans l’envoi des prophètes une utilité, un bénéfice indispensable pour suffire aux besoins des esclaves dans ce domaine (c’est-à-dire le domaine de ce qui va les sauver dans l’au-delà), et la grâce revient à Allah pour l’avoir accordé à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, auprès des créatures.
Qu’est-ce que la raison ? La raison est un bien qui est dans l’être humain sain de raison, c’est une capacité par laquelle il distingue ce qui est laid et ce qui est bon conformément à la nature de l’être humain. À titre d’exemple, la raison permet de savoir que le fait de mettre sa main dans le feu est une chose laide. Il ne s’agit pas de ce qui est bon et laid dans la Loi de l’Islam car ce n’est pas par la raison que l’être humain distingue ce qui est laid et ce qui est bon dans la Loi de l’Islam. Ce que transmet le prophète de la part de Dieu comme étant des règles dans la Loi, la raison n’intervient pas là-dedans. La raison ne va pas juger ce que Dieu nous ordonne ou nous interdit car nous sommes Ses esclaves et nous n’avons pas à remettre en cause les ordres qu’Il nous donne ou les interdits qu’Il nous fixe. Nous n’avons pas à critiquer, à nous rebeller ou emmètre d’objection. La raison n’intervient pas pour émettre des jugements de valeurs concernant la Loi de l’Islam autrement qu’en appréciant ce qui est venu de la part de Dieu et en s’y soumettant.

En conséquence et à titre d’exemple :

  • Dieu nous interdit de boire de l’alcool, nous n’avons pas à dire que nous avons un avis contraire à cela
  • Nous n’avons pas à dire que ce n’est pas bien d’égorger les animaux pour que l’on puisse les manger

Nous n’avons pas à dire que « c’est mauvais » concernant ce qui est parvenu dans la Loi, parce que ceci est venu de la part d’un prophète qui est véridique et les miracles démontrent sa véracité. La Loi parvenue par un prophète n’est pas sujette à évaluation par la raison autrement qu’en l’appréciant, qu’en s’y soumettant.

La différence entre les prophètes et les messagers

Sache que le prophète (Nabiyy) et le messager (Raçoul) ont en commun la révéla­tion. Chacun des deux est un homme qui reçoit la révélation. Allah révèle donc à chacun une Loi de l’Islam, conformé­ment à laquelle ils œuvrent, pour la transmettre aux gens.

Il n’y a pas de prophète parmi les femmes tout comme Allah dit dans sourat Youçouf verset 109 et dans sourat An-Nahl verset 43 :

« Wa ma arsalna min qablika illa rijalan Nouhi ilayhim ».

Ce qui signifie « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons transmis la révélation ».

Il n’y a pas de prophète qui n’ait pas eu l’ordre de transmettre aux gens, tous les prophètes transmettent ce qui leur est révélé aux gens. Tout comme Allah ta^ala dit dans sourat Al Hajj verset 52 :

« Wa ma arsalna min qablika min raçoulin wa la nabiyyin illa idha tamanna alqa ach-chaytani  fi oumniyyatih »

Ce qui signifie : « Nous n’avons envoyé avant toi de messager, de prophète sans qu’ils n’aient transmis ».

Ainsi ceux qui disent que le prophète non messager serait quelqu’un qui a reçu par révélation une Loi mais n’aurait pas reçu l’ordre de transmettre, ceci est faux. Il n’y a pas d’envoi sans ordre de transmettre, cela n’a pas de sens.

Toutefois, un messager vient avec l’abrogation de certains jugements de la Loi antérieure à son envoi ou avec une nouvelle Loi.

Le messager abroge une partie de la loi du prophète messager qui l’a précédé, le reste des jugements reste applicable. Par conséquent, les jugements qui n’ont pas été abrogés constituent une partie de la loi de ce messager ultérieur, même si ces jugements n’ont pas été rappelés un à un.

Cette définition du messager est conforme à la parole de certains savants qui ont dit : la loi du messager qui nous a précédé est également une loi pour nous excepté ce qui a été abrogé.
La définition du messager serait donc : Celui qui reçoit la révélation de l’abrogation d’une partie de la Loi du messager qui l’a précédé.
Ou, autre définition : Le messager ultérieur est celui qui vient avec une nouvelle Loi, c’est-à-dire une Loi nouvelle qui abroge la Loi du messager qui l’a précédé. En conséquence de quoi, les jugements de la Loi du messager antérieur ne seraient des jugements de la Loi du messager ultérieur que si cela lui est explicitement mentionné.
Le messager est celui qui a reçu par révélation une nouvelle loi.

 

Alors qu’un prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.

Abou Mansour At-Tamimiyy al Baghdadi dans Al Farqou bayna l-firaq a cité cette définition (en Page 342) pour définir qui est le prophète et qui est le messager : le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi du messager précédent et de la transmettre.

C’est pour cela que les savants ont dit : « Tout messager (Nabiyy) est aussi prophète alors que tout prophète n’est pas forcément messager (Raçoul) ».

Cette règle enoncée par les savants est une preuve que aussi bien le prophète que le messager reçoivent la révélation et ont l’ordre de transmettre aux gens ce qui leur est transmis.

Ils se différencient aussi par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains.

On dit que Dieu a envoyé Jibril (Gabriel) en tant que messager aux prophètes humains, tout comme on dit que Allah a envoyé Mouhammad aux humains et aux jins. Jibril est un messager pour les prophètes et les messagers humains sont des messagers pour les gens sur terre. Notre maître Mouhammad est messager pour les humains et les jins.

Alors que le statut de prophète non messager ne peut l’être qu’aux humains. Il n’y a pas d’ange ni de jin qui soit prophète. Les prophètes ne peuvent être que des humains alors que les messagers peuvent être des anges ou des humains.

Jibril est un messager de la part de Dieu ; Il l’envoi aux prophètes et Il l’envoi aux anges.

Les attributs obligatoires des prophètes et ce qui est impossible à leur sujet

Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, c’est une obligation rationnelle (selon la raison) et légale (en référence à la Loi de l’Islam).  Le mensonge est donc impossible de leur part. Il n’est jamais arrivé qu’un prophète mente, que ce soit un petit ou un grand mensonge.

Il leur est obligatoire aussi l’intelligence c’est-à-dire la perspicacité, car s’ils n’étaient pas intelligents et perspicaces ils auraient été incapables de donner les preuves de la véracité de cette croyance aux mécréants et ils auraient été incapables de guider les gens vers ce qui est de leur intérêt dans ce bas monde et dans l’au-delà.
Il est impossible à leur sujet l’idiotie (faiblesse dans la raison) et la stupidité (faiblesse dans la compréhension): ce n’est pas quelque chose qui convienne à leur rang, ceci est impossible selon la raison et selon la Loi. Aucun d’entre eux n’est caractérisé par cela.
Il leur est obligatoire l’honnêteté, il n’y a pas de trahison qui se produise de la part de l’un d’entre eux, que ce soit une trahison par la parole, par les actes ou par le comportement, l’attitude. Allah a élevé leur degré et Il les a sélectionnés et choisis parmi tous les humains pour qu’ils soient porteurs de Son message et c’est pour cela que Allah les a préservés des caractères qui ne sont pas dignes d’eux : pour ce haut degré qu’ils ont.
Ils sont préservés avant et après l’avènement de leur prophétie et ceci par unanimité des savants de l’Islam.

Les prophètes sont préservés de la mécréance et des grands péchés aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après,  et ceci selon l’unanimité des savants de l’Islam.

Ils sont également préservés de tomber dans les petits péchés de bassesse c’est-à-dire les caractères des gens qui sont bas, vils et immondes. Ce sont des péchés qui indiquent une bassesse de caractère de celui qui les commet comme le fait de voler une bouchée de pain par exemple. Ils sont préservés des petits péchés de bassesse aussi bien avant d’avoir reçu leur mission de prophète qu’après, et ceci également selon l’unanimité des savants de l’Islam.

Tout ceci s’appelle al ^ismatou l-wajibah c’est-à-dire la préservation qui est obligatoire à leur statut de prophète. Un prophète est forcément ainsi : préservé de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Tout comme l’a énoncé l’imam Abou l Haçan al Ach^ariyy que Dieu l’agrée et d’autres que lui.

De même, la traîtrise qui est le contraire de l’honnêteté est impossible à leur sujet.

D’autre part, la chasteté est obligatoire à leur sujet de sortes que la vilénie soit impossible à leur sujet. La vilénie est le caractère des gens vils comme le fait de regarder avec désir une femme ajnabiyyah en cachète. Les prophètes ne commettent pas cela.
Il leur est impossible également le manque de sagesse ou la vulgarité: As-safahah qui est le fait de se comporter de manière contraire à la sagesse comme celui qui insulte à tort et à travers.

Il leur est également impossible la lâcheté. Ils ont tous le cœur ferme et ils sont courageux. Il est également impossible à leur sujet, tout ce qui pourrait repousser l’acceptation de leur appel, de leur message. Ils fournissent tous le maximum de leur effort pour transmettre ce que Dieu leur a révélé, ils sont tous éloquents, ils s’expriment par ailleurs parfaitement. Ils n’ont pas de défaut dans leur langue qui pourrait faire que leur parole ne soit pas compréhensible (pas de zozotement ou bégayement par exemple). Il ne se produit pas d’eux de lapsus, aussi bien dans les sujets de la Loi (religion) que dans les sujets du quotidien. Ils sont tous lucides et ne perdent pas la raison, il ne leur arrive pas de folie, il ne leur arrive pas ce qui arrive aux gens qui sont d’humeur noire, sont mélancoliques… il ne leur arrive pas non plus d’être sous l’emprise d’un jin. La sorcellerie n’affecte pas leur raison même s’il leur arrive de s’évanouir et il leur arrive d’oublier mais pas un oubli qui affecte leur haut degré.

Ils avaient tous un aspect parfait, de beaux visages, de belles voix. Il n’y avait pas parmi eux de boiteux ou de paraplégiques ni d’aveugle de naissance. Il leur est impossible également toute maladie repoussante comme la lèpre, le vitiligo, ou des vers qui sortent du visage ou du corps.

 

Voici en résumé ce qui est obligatoire au sujet des prophètes comme caractères, attributs et ce qui est impossible à leur sujet. Il est important de le connaitre, car leur attribuer ce qui n’est pas digne d’eux est extrêmement dangereux tout comme cela est indiqué dans le hadith rapporté par Mouslim que Dieu lui fasse miséricorde dans lequel Safiyyah l’épouse du prophète salla lLahou ^alayhi wa sallam, était venue à sa rencontre pour lui parler. Deux hommes passaient par là et quand ils l’ont vu occupé avec elle, ils ont accéléré le pas. C’est alors que le messager les a appelés et leur a dit : « hadhihi Safiyyah » dans le sens que « c’est mon épouse ». Ils ont alors répondu : « SoubhanalLah ô messager de Dieu » c’est-à-dire « nous n’allions pas penser du mal de toi ». Mais le messager leur a répondu ce qui signifie : « le chaytan est rapide pour atteindre le cœur d’un être humain par des mauvaises pensées comme le sang circule dans les veines (est rapide pour atteindre le cœur) et j’ai craint pour vous qu’il n’insuffle dans vos cœurs une mauvaise pensée à l’égard d’un prophète et que vous alliez à votre perte » car penser du mal d’un prophète est de la mécréance. Cela montre à quel point le prophète craint pour sa communauté et à quel point le chaytan ne nous lache pas. C’est l’ennemi de l’être humain. Il se peut que la personne ait une mauvaise pensée que le chaytan lui insuffle, elle n’a pas la capacité de l’empêcher de le faire cependant elle a la capacité de la rejeter par la vérité qu’elle connait.

Ainsi, l’une des voies pour chasser les mauvaises pensées (ce dont on ne maitrise pas la capacité de l’empêcher de venir à nous, mais nous avons la capacité de ne pas la suivre) est de suivre ce que le prophète a enseigné aux compagnons qui avaient ce genre de choses, de dire :
«Amantou bi lLahi wa bi rouçoulih » ou «Amantou bi lLahi wa rouçoulih », ce qui signifie « j’ai cru ferment en Dieu et en Ses messagers ».
Allahou Allahou rabi, la ouchrikou bihi chay’a, ce qui signifie « Allah, Allah est mon Dieu je ne Lui attribue aucun associé. »

Par conséquent, celui qui leur attribue un mensonge, une traîtrise, une vilénie, un manque de sagesse, une lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant, que Dieu nous en préserve.

Aliyy et Mouawiyah

Posted in cours général,Histoire,islam,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 8, 2019

La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Son Messager honnête.

 

La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés

 

Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih du hadith de Abou Hourayrah que le Messager de Allah  a dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaja mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur ».

Dans ce hadith il y a une grande menace pour celui qui dispute le Calife et se rebelle contre lui, qu’il se mette à le combattre ou pas. Celui qui dit que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui dans son combat contre ^Aliyy n’avaient pas commis de péché et ne se sont chargés d’aucun blâme, il aura contredit ce hadith là du Messager de Allah. Le Messager de Allah a dit :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer ».

Ainsi, ^Ammar, que Allah l’agrée, appelait les gens à l’obéissance à l’Emir des croyants ^Aliyy. Tandis que l’appel de ses opposants, qui l’ont tué et qui est le groupe de Mou^awiyah, est un appel à l’enfer. En effet, ils appelaient les gens à combattre l’Emir des croyants. Ainsi, ceux que le Messager de Allah  a décrits comme étant des gens appelants à l’enfer font partie des grands pécheurs. Comment avec cela, serait-il valable de dire que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui, alors qu’il n’y a parmi eux que très peu de compagnons, comment dire qu’ils ne sont pas désobéissants ! Pire encore, comment serait-il valable de dire qu’ils seront récompensés ! Le hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Ibnou Hibban. Al-Boukhariyy l’a même rapporté à une autre occasion, en abrégé.

Si donc ceux qui ont combattu ^Aliyy, que Allah l’agrée, lors de la bataille de al-jamal qui n’a duré qu’une partie de la journée, étaient désobéissants par leur combat, y compris Zoubayr, Talhah et ^A’ichah, que Allah les agrée, preuve en est le premier hadith et aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans lequel le Messager de Allah  a dit à AzZoubayr :

إنك لتقاتلن علياً وأنت ظالم له

(‘innaka latouqatilanna ^aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste avec lui », que dire alors du groupe de Mou^awiyah qui a combattu l’Emir des croyants pendant trois mois. Ils ont tué à cette occasion un grand nombre des meilleurs compagnons, de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr, celle de ‘Ouhoud et même ceux qui étaient présents lors du pacte d’allégeance de Ar-Ridwan (bay^atou r-Ridwan) !

Dans le commentaire de Al-Boukhariyy, tome 6, page 173, figure ce qui suit : « Sa parole (wa ‘inni la’ourani) est dans le sens de la conjecture. Il pense qu’il va être tué injustement. Cette parole s’est réalisée car il a été tué traîtreusement après que ^Aliyy lui a rappelé. Il avait quitté le lieu du combat. Il s’était endormi dans Wadi l-Qoura. Ce fut un homme de Bani Tamim qui s’appelle ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné. Ibnou Abi Khaythamah a rapporté dans son Tarikh par l’intermédiaire de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla qu’il a dit : J’étais avec ^Aliyy lorsque les deux groupes s’étaient rencontrés. Il a demandé : Où est AzZoubayr ? aaa AzZoubayr était alors venu. Nous avions alors vu la main de ^Aliyy que AzZoubayr avait serrée indiquant son allégeance, avant même que le combat n’ait lieu.

Al-Hakim a rapporté avec plusieurs chaînes de transmission que ^Aliyy avait rappelé à AzZoubayr que le Prophète  lui avait dit :

لتقاتلن عليا وأنت ظالم له

(latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy et tu seras injuste envers lui dans ce combat ». C’était pour cela qu’il s’était détourné du combat et était retourné.

Ya^qoub Ibnou Soufyan ainsi que Khalifah  dans leurs Tarikh ont rapporté par l’intermédiaire de ^Oumar Ibnou Jawan qu’il a dit : AzZoubayr était reparti quittant le lieu de la bataille et c’était ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné à Wadi s-Siba^.

On ne dit pas que Mou^awiyah avait fait un ijtihad en cela et qu’il serait alors excusé, comme l’ont dit certains. Ceci n’est pas correct. Mou^awiyah combattait ^Aliyy pour parvenir à la souveraineté et à la présidence. Mousaddad Ibnou Mousarhad, le Chaykh de Al-Boukhariyy a rapporté que ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون المُلك ولو أنني أعلم أنه يردهم عن ذلك أن أحلف عند المقام باللَّه إني ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم إنما يريدون الملك

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘annani ‘a^lamou ‘annahou yarouddouhoum ^an dhalika ‘an ‘ahlifa ^inda l-maqami bi l-Lahi ‘inni ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum ‘innama youridouna l-moulk)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais qu’ils abandonneraient cela si je jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ». Cela a également été rapporté par Sa^id Ibnou Mansour dans ses Sounan, tout comme dans le livre Al-Matalibou l-^Aliyah du Hafidh Ibnou Hajar en page 293, avec les termes :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون الملك ولو أعلم أن يذهب ما في قلوبهم أني أحلف لهم عند المقام والله ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم يريدون الملك. وإني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله عزوجل: {ونزعنا ما في قلوبهم من غل}

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘a^lamou ‘an youdh-hiba ma fi qouloubihim ‘anni ‘ahlifou lahoum ^inda l-maqami wa l-Lahi ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum youridouna l-moulka. Wa ‘inni la’arjou ‘an ‘akouna ‘ana wa ^Outhmana mimman qala l-Lahou ^azza wa jall : wa naza^na ma fi qouloubihim min ghill)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais que ce qu’il y a dans leurs cœurs disparaîtra si je leur jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ; et j’espère être ^Outhman et moi de ceux au sujet de qui Allah dit ce qui signifie : Et Nous leur avons ôté l’animosité qu’il y a dans leurs cœurs ». ^Ammar Ibnou Yacir a dit aussi semblable à cela. Les propos de ^Aliyy et de ^Ammar sont prioritaires sur la parole de celui qui a dit que Mou^awiyah était moujtahid dans son combat et qu’il serait alors excusé, tout comme un gouverneur qui fait un ijtihad puis qui se trompe, il aura une seule récompense et que s’il ne se trompe pas, il aura deux récompenses. En effet, la question de la rébellion contre le Calife n’est pas sujette à ijtihad en raison du texte clair et explicite du Qour’an et qui est Sa parole ta^ala :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه وأطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Cette ayah est ainsi explicite pour l’obligation de l’obéissance au calife et pour ne pas se rebeller contre lui. Ceci n’est donc pas de l’ordre de ce qui est sujet au ijtihad qui a lieu de la part des moujtahid comme Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah sur des questions qui n’ont pas fait l’objet de textes explicites. C’est le cas par exemple de l’avis de Abou Hanifah de considérer valable le contrat de mariage sans tuteur et l’avis de Ach-Chafi^iyy que le mariage n’est pas valable sans tuteur. Il n’y a pas eu de texte explicite clamant l’obligation du tuteur pour la validité du mariage. Il y a plutôt un hadith qui fait sujet à divergence :

لا نكاح إلا بولي

(la nikaha ‘il-la biwaliyy)

ce qui signifie : « Pas de mariage sans tuteur ». Ach-Chafi^iyy l’a considéré sahih –sûr– et l’a retenu. Abou Hanifah n’a pas considéré ce hadith sahih –sûr– et ne l’a donc pas retenu. Par ailleurs, Ach-Chafi^iyy considère que le mariage qui a lieu sans tuteur n’entraîne pas l’obligation d’appliquer la peine légale. Il n’est en effet pas catégorique à considérer invalide le mariage du hanafiyy sans tuteur. Il le considère fait à titre de conjecture et pour cela, il ne rend pas obligatoire la peine légale pour celui qui a imité le hanafiyy.

La tentative de certains pour rendre ce qu’a fait Mou^awiyah avec l’Emir des croyants semblable au ijtihad de Abou Hanifah ou de Ach-Chafi^iyy n’est que fausse illusion et erreur. Si cela avait été à ce titre –un ijtihad–, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, n’aurait pas dit :

إن حرب معاوية لعلي خطأ وباطل ومنكر وبغي

(‘inna harba Mou^awiyata li^Aliyyin khata’oun wa batiloun wa mounkaroun wa baghy)

ce qui signifie : « Le combat de Mou^awiyah contre ^Aliyy est erreur, infondé, blâmable et injuste ». Selon la parole de celui-là, la divergence qui peut avoir lieu entre les Moujtahid parmi les quatre Imams Ach-Chafi^iyy et Abou Hanifah décrirait son ijtihad comme étant blâmable et infondé. Or aucun Imam digne de considération n’a dit cela auparavant ! C’est là une preuve que celui qui a prétendu cela n’a pas senti l’odeur de la science. Il n’a fait qu’imiter certains impudents qui disent n’importe quoi.

Mais ce qu’a dit certain des plus récents que Mou^awiyah avait fait un ijtihad dans sa guerre menée contre notre maître ^Aliyy et qu’il s’est trompé dans son interprétation, ce n’est là qu’une conjecture sans fondement. C’est plutôt la parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar qui sont dignes de considération. La parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar ne sont pas contrées par l’auteur de AzZoubad et ses semblables (n’ont pas de poids devant les paroles de ^Aliyy et de ^Ammar celles de l’auteur de AzZoubad et de ses semblables). Par ailleurs, les propos de ces gens-là sont contradictoires : Ils disent d’une part que la rébellion contre le Chargé des affaires –le gouverneur– est interdite sauf s’il devient mécréant. Malgré cela, ils disent que Mou^awiyah a une seule récompense et que ^Aliyy en a deux. Comment réunissent-ils la récompense et la désobéissance ?! Comment l’auteur de AzZoubad a-t-il eu l’audace de dire ces deux vers de poésie dans son livre alors qu’ils se contredisent :

Il ne nous est pas permis s’il n’y a pas de mécréance claire

de nous rebeller contre le chargé de nous –gouverneur– (gouverneur)

avec sa parole :

Ce qui s’est produit entre les compagnons nous n’en parlons pas

Et la récompense du ijtihad nous confirmons

 

Il a réuni deux choses contradictoires. Il s’agit de son interdiction de la rébellion contre le chargé des affaires –le gouverneur– et c’est une vérité sur laquelle il y a unanimité, avec sa confirmation de la récompense pour ce faible nombre de compagnons qui étaient avec Mou^awiyah.

Pour ce qui est de ce que certains arguent comme étant la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Mou^awiyah aurait fait un ijtihad pour son combat contre ^Aliyy, la réponse est que si ces paroles sont confirmées comme étant de lui, ce qu’il vise c’est que Mou^awiyah aurait eu un avis qui l’a amené à combattre ^Aliyy. Ce qu’il a visé n’est pas qu’il a fait un ijtihad comme est le cas des Moujtahid, et la preuve est qu’il a dit au sujet de la guerre de Mou^awiyah contre ^Aliyy est blâmable, infondée et injuste. S’il avait considéré Mou^awiyah comme ayant fait un ijtihad digne de considération, dont l’auteur serait excusé, il n’aurait pas dit que sa guerre « était blâmable, infondée et injuste ». Ceci n’échappe pas à qui est objectif. Seul un entêté ne considère pas la vérité vérité mais contrairement à ce qu’il en est réellement.

Il devient clair que le cas de Mou^awiyah n’est pas concerné par le hadith de Al-Boukhariyy :

إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، وإذا اجتهد فأخطأ فله أجر واحد

(‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa ‘akhta’a falahou ‘ajroun wahid)

ce qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et a dit vrai, il aura deux récompenses et s’il fait un ijtihad et se trompe, il aura une seule récompense ». Avoir pour croyance ce qui contredit cela est une atroce ignorance ou un pur entêtement.

Ce qui prouve également cela, c’est-à-dire l’infondé de la parole de celui qui dit que les compagnons qui ont combattu ^Aliyy n’ont pas commis de péché en cela car ils auraient fait un ijtihad, c’est la parole de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Allah l’agrée :

إن طلحة والزبير ذنبهما بقتال علي مغفور لأجل البشارة التي وردت في العشرة المذكورين في الحديث قال وأما خطأ غيرهما أي إثمهم فمجوز غفرانه والعفو عنه

(‘inna Talhata wa zZoubayr dhanbouhouma biqitali ^Aliyyin maghfouroun li’ajli l-bicharati l-lati waradat fi l-^acharati l-madhkourina fi l-hadith ; wa ‘amma khata’ou ghayrihima ‘ay ‘ithmouhouma famoujawwazoun ghoufranouhou wa l-^afwou ^anh)

ce qui signifie : « Talhata et AzZoubayr leur péché pour avoir combattu ^Aliyy est pardonné en raison de l’annonce de bonne nouvelle rapportée au sujet des dix mentionnés dans le hadith. Quant au péché des autres, il est possible qu’il soit pardonné et qu’ils soient excusés ». C’est-à-dire qu’ils sont désobéissants, Allah pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il châtie qui Il veut. Il a dit la même chose au sujet de ^A’ichah. Si telle est la parole des imams des ach^riyy, quelle attention prêter alors à quiconque contredit son texte-ci et qui prétend qu’ils auront une récompense parce qu’ils ont fait un ijtihad. Ceux-là ont contredit le texte de leur imam et ont contredit les hadith sûrs qui sont authentifiés du Messager de Allah. Ainsi dans le hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayh ^Ammarin, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah. Yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar, c’est le groupe injuste qui va le tuer. Il les appelle au paradis et eux l’appellent à l’enfer », il y a l’indication que Mou^awiyah et les compagnons qui ont combattu avec lui appellent à l’enfer. Comment celui qui appelle à l’enfer aura-t-il une récompense pour son acte par lequel il appelle à l’enfer ! Comment auront-ils une récompense alors que le Messager dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraja^a)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » ! Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah :

من كره من أميره شيئا فليصبر عليه فإنه من يخرج من السلطان شبرا فمات على ذلك مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir ^alayhi fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani chibran famata ^ala dhalika mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle d’un empan contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ». Ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.

Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah au sujet de ^Aliyy :

اللهم وال من والاه وعاد من عاداه

(Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

ce qui signifie : « Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et châtie celui qui le prend pour ennemi ».

Comment ceux qui ont manifesté leur animosité contre ^Aliyy, que Allah l’agrée, tels que Mou^awiyah auraient-ils une récompense. Non seulement il s’était rebellé contre ^Aliyy mais aussi il a ordonné aux gens de l’insulter. Mouslim a ainsi rapporté de Mous^ab Ibnou Sa^d Ibn ‘Abi Waqqas que Mou^awiyah avait ordonné à Sa^d en lui disant : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab –le surnom de ^Aliyy– ?! Mou^awiyah était en effet la cause pour que les omeyyades insultent ^Aliyy, que Allah l’agrée, du dessus des minbar pendant quatre-vingts ans.

من عادى عمارا عاداه الله

(man ^ada ^Ammaran ^adahou l-Lah)

ce qui signifie : « Celui qui prend ^Ammar pour ennemi, Allah le châtie ». C’est un hadith confirmé rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a rapporté l’unanimité que ceux qui ont combattu ^Aliyy sont des rebelles qui ont été injustes envers lui. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy fait partie des premiers ach^ariyy ; il est réputé parmi eux pour son imamat et sa science. Il a en effet reçu l’école ach^arite de Abou l-Haçan Al-Bahiliyy qui l’a lui-même reçue de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy par transmission orale. Nous citons ce qu’a dit le commentateur de Al-Jami^ AsSaghir le Mouhaddith le Hafidh ^Abdou r-Razzaq Al-Mounawiyy dans son Charh en page 365 : « Wayha ^Ammar, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah –Pauvre ^Ammar c’est le groupe injuste et rebelle qui va le tuer– Al-Qadi a dit dans Charhou l-Masabih : il vise par là Mou^awiyah et ses partisans ». Fin de citation

Ceci est explicite pour confirmer la rebellion du groupe de Mou^awiyah qui ont assassiné ^Ammar lors de la bataille de Siffin et que ^Aliyy était dans son droit. Ceci fait partie des hadith apprenant des choses cachées du futur. ^Ammar appelait le groupe de Mou^awiyah qui l’a assassiné lors de la bataille de Siffin au paradis. Ceci avait eu lieu bien après que le Prophète  ne l’ait dit. Il les appelait à ce qui serait une cause de l’entrée au paradis. Il s’agit de l’obéissance à l’Imam véritable. Alors que eux l’appelaient à ce qui est une cause pour l’entrée en enfer. Il s’agit de la désobéissance à l’Imam et l’appel à son combat. Ils ont dit : Cela s’est réalisé à l’occasion de la bataille de Siffin. Il les avait alors appelés à l’Imam véritable et ils l’ont appelé à l’enfer et l’ont tué. C’était là un miracle pour le Prophète élu (al-moustafa) et un des signes illustrant son statut de Prophète.

Lorsque certains ont dit il s’agit de ceux qui l’avaient torturé à La Mecque au début de l’Islam, les savants leur ont répliqué comme Al-Qourtoubiyy qui a dit : « Ce hadith fait partie des plus authentiques et des plus sûrs. Lorsque Mou^awiyah n’a pas pu le renier, il a dit : (c’est celui qui l’a amené au front pour combattre qui l’a assassiné). ^Aliyy lui a répondu que c’est alors le Messager de Allah  qui aurait assassiné Hamzah lorsqu’il l’a amené au fornt ?! Ibnou Dihyah a dit : C’est là une réplique de ^Aliyy qui ne donne aucune suite, aucun argument pour la contrer ou lui émettre une objection ».

L’Imam ^Abdou l-Qahir Al-Jourjaniyy a dit dans on livre Al-‘Amamiyyah : « Les spécialistes de jurisprudence du Hijaz et de l’Irak des deux groupes : du hadith et de l’avis, parmi lesquels Malik, Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah, Al-‘Awza^iyy et la majorité des spécialistes de la science du tawhid et des musulmans, ont été unanimes à dire que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de Siffin, tout comme il était dans son droit dans son combat contre les gens de al-jamal et que ceux qui l’ont combattu sont des rebelles injustes envers lui mais ne deviennent pas mécréants pour leur rebellion ».

L’Imam Abou Mansour a dit dans le livre Al-Firaq pour indiquer la croyance de Ahlou s-Sounnah : « Ils ont été unanimes que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de al-jamal : Talhah, AzZoubayr et ^A’ichah à Al-Basrah, et des gens de Siffin : Mou^awiyah et son armée ». Fin de citation

 

Suite :

Dans Ar-Rawdou l-‘Anif, un homme a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « J’ai vu cette nuit dans le rêve comme si le soleil et la lune s’entre-tuaient et avec chacun il y avait des étoiles ». ^Oumar lui a dit : « avec lequel des deux tu étais ? » Il lui a dit : « J’étais avec la lune ». Il lui a dit : « Tu étais avec celle qui est effacée. Va-t-en et ne fais plus aucun travail pour moi ». Il l’a limogé. Il fut tué le jour de Siffin avec Mou^awiyah et il s’appelait Habis Ibnou Sa^d.

D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy : « Nous transportions les briques pour construire la mosquée une par une et ^Ammar les portait deux par deux. Le Prophète  l’a alors vu et s’est mis à lui enlever la poussière de terre en disant wayha … ». L’auteur a dit Al-Khasa’is : « Ce hadith –celui de ^Ammarest moutawatir, plus de dix compagnons l’a rapporté ».

 

Parmi ce qui constitue une preuve claire que Mou^awiyah n’était pas Moujtahid dans son combat contre ^Aliyy d’un ijtihad conforme à la Loi, c’est qu’il disait aux gens : Nous n’avons pas de pacte d’allégeance à faire à ^Aliyy car il a manqué à la loi du Talion pour le sang de ^Outhman à l’encontre de ses assassins. Il disait à ^Aliyy : Nous ne te ferons pas de pacte d’allégeance tant que tu n’as pas exécuté les assassins de ^Outhman. Par la suite, lorsque notre maître Al-Haçan s’était destitué en sa faveur et qu’il était devenu lui le Calife, il n’a pas cherché à venger l’assassinat de ^Outhman. Il s’est occupé d’autre que cela. Son objectif était en effet la souveraineté et il avait atteint son objectif. Il manifeste par cela que son souci n’était pas d’appliquer le Talion en faveur de ^Outhman, que Allah l’agrée, mais il cherchait plutôt ceux qui s’étaient ralliés à ^Aliyy, que Allah l’agrée, leur nuisait et les tuait. Il était auparavant gouverneur d’Egypte, d’Irak du Cham et d’autres pays que ceux-là qui étaient sous la souveraineté des musulmans du temps de ^Outhman. ^Outhman avait par ailleurs des fils âgés qui n’ont pas requis de ^Aliyy qu’il leur applique le talion pour l’assassinat de leur père. Si les fils de ^Outhman avaient demandé l’application du Talion pour leur père et qu’ils lui avaient donné les noms des assassins, il le leur aurait permis. ^Aliyy fait partie des plus ascètes des créatures de Allah à l’égard du bas-monde. C’est lui qui le jour de sa mort, on n’avait trouvé sur lui que sept cents dirhams qu’il avait laissés pour s’acheter un serviteur, tout comme l’a rapporté Ibnou Hibban de la parole de Haçan fils de ^Aliyy dans son discours qu’il a donné le jour de la mort de son père. Mou^awiyah connaissait l’ascèse de ^Aliyy. Mais il a prétendu vouloir appliquer le Talion aux assassins de ^Outhman pour parvenir en réalité au pouvoir. La manière légale de l’application du Talion est que la famille de la victime accuse un assassin précis auprès d’un juge. Ils lui demandent de leur permettre de se venger de lui. Or tout cela ne s’était pas produit. Mou^awiyah n’est pas de la famille de ^Outhman. Sa famille sont ses fils pubères. Certains d’entre eux étaient des gens de science et de mérite.

Tous ceux qui disent que les combattants de ^Aliyy n’étaient pas dans le péché parce qu’ils auraient fait un ijtihad, n’ont pas de réponse au hadith :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » car ce hadith est explicite pour indiquer que la rébellion contre le calife fait partie des grands péchés. Il est ainsi connu d’évidence de la religion qu’il n’est pas permis de se rebeller contre le Calife bien-guidé en raison des textes explicites rapportés à ce sujet et l’unanimité des savants de la communauté. Le Messager de Allah a décrit les combattants de ^Aliyy dans la bataille de Siffin comme étant des boughat –des rebelles–. La rébellion n’a pas d’autre sens que l’injustice et le dépassement de la limite.

AdhDhoulm est de deux sortes : que la personne fait preuve de dhoulm envers elle-même et qu’elle soit injuste envers d’autres qu’elle. Ce qu’ont fait ceux-là est une injustice envers autrui. L’injustice envers autrui ne peut être qu’un grand péché comme l’a dit le Messager de Allah :

الظلم ظلمات يوم القيامة

(adhdhoulmou dhouloumatoun yawma l-qiyamah)

ce qui signifie : “L’injustice ce sera des ténèbres pour la personne au jour du jugement », puisqu’ils ont tué plus de vingt mille personnes.

Pour ce qui est du dhoulm de la personne envers elle-même, il se peut que ce soit un péché, tout comme il se peut que ce soit un manquement ne comportant pas de désobéissance. C’est de cette catégorie qu’est la parole de Younous ^alayhi s-salam dans le ventre du gros poisson : (soubhanaka ‘inni kountou mina dhdhalimin). C’est ce sens-là que certains spécialistes de la jurisprudence ont donné à ce qui figure dans Abou Dawoud du hadith de ^Amr Ibnou Chou^ayb au sujet duquel il y a divergence chez les spécialistes du hadith. Il y a été cité que le woudou est par trois fois et que celui qui a ajouté ou diminué, il aura agi en mal et été injuste (‘aça’a wa dhalama). Certains savants de jurisprudence ont dit que (dhalama) concerne celui qui a diminué par rapport aux trois fois, qui a donc fait le woudou une fois ou deux fois chaque membre. Ce serait alors quelqu’un qui n’a pas été accompli dans son woudou et qui aura sa récompense diminuée par rapport à celui qui fait son woudou trois fois chaque membre. D’autres ont dit : sa parole (dhalama) concerne celui qui ne s’est même pas lavé une fois en ayant délaissé la partie de la main, du pied ou du visage qu’il est un devoir de laver.

Quant à ce que dit certains impudents que ^Aliyy n’a pas été investi de sa fonction de Calife par un pacte d’allégeance pour dire que celui qui le contredit soit considéré comme s’étant rebellé contre un Calife, ceci fait partie du plus infondé de l’infondé et des plus grandes ignorances. En effet, ce n’est pas chaque individu des musulmans qui a fait pacte d’allégeance à Abou Bakr. ^Oumar également, (il ne lui a pas été fait le pacte d’allégeance) mais c’était Abou Bakr qui l’a désigné pour lui succéder. ^Outhman, ce furent six qui lui avaient fait pacte d’allégeance parmi lesquels figurait ^Aliyy. Quant à ^Aliyy, ce furent les émigrants (mouhajiroun) et les partisans (al-‘ansar) qui lui firent pacte d’allégeance. Ce pacte est ainsi donc confirmé pour chaque individu des musulmans, aussi bien Mou^awiyah que les gens de Ach-Cham qui étaient avec lui et qui ont combattu ^Aliyy. Tout comme il n’est pas permis de se rebeller contre Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, il n’est également pas permis de se rebeller contre ^Aliyy. Comment quelqu’un pourrait-il s’imaginer le contraire alors qu’il a été confirmé au sujet du mérite de ^Aliyy plusieurs hadith qui n’ont pas été mentionnés au sujet d’autres que lui.

Le Messager de Allah r a dit à son sujet :

من كنت مولاه فعلي مولاه اللهم والِ من والاه وعاد من عاداه

(man kountou mawlahou fa^aliyyoun mawlahou ; Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

[rapporté par Ibnou Hibban et An-Naça’iyy au sujet des mérites de ^Aliyy] ce qui signifie : « Celui qui m’aime, qu’il suive ^Aliyy. Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et prive de victoire celui qui le prend pour ennemi ».

Il a dit aussi :

من ءاذى علياً فقد ءاذاني

(man ‘adha ^Aliyyan faqad ‘adhani)

[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak et il l’a jugé sahih et Adh-Dhahabiyy a été en accord avec lui] ce qui signifie : « Celui qui nuit à ^Aliyy, il m’aura nuit à moi ».

Mouslim et d’autres ont rapporté de ^Aliyy que Allah l’agrée qu’il a dit :

إنه لعهد النبي الأمِّيِّ إِلَيَّ لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق

(innahou la^ahdou n-nabiyyi l-‘oummiyyi ‘ilayya la youhibbouni ‘il-la mou’minoun wa la yabghadouni ‘il-la mounafiq)

ce qui signifie : « C’est la promesse que m’a faite le Prophète qui ne lit pas et n’écrit pas : ne m’aime qu’un croyant et ne me hait qu’un hypocrite ».

Le Prophète r a dit :

إن منكم من يقاتل على تأويله كما قاتلت على تنـزيله

(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)

ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui combattra pour défendre des sens du Qour’an tout comme j’aurai combattu pour défendre qu’il est révélé ». Abou Bakr a dit alors : est-ce que ce sera moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». ^Oumar dit alors : Est-ce moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». Il a dit : (هو خاصف النعل) (houwa khasifou n-na^l) ce qui signifie : « Ce sera celui qui répare ses sandales ». ^Aliyy était à ce moment en train de réparer ses sandales. Ceci est sahih et rapporté par Ibnou Hibban.

Mouslim a rapporté que le Messager de Allah r a dit :

إني تارك فيكم ثقلين لا تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وعترتي أهل بيتي أذكركم الله في أهل بيتي

(inni tarikou fikoum thaqalayni la tadillou ma tamassaktoum bihima : kitaba l-Lahi wa ^outrati, Ahlou bayti. ‘Oudhakkiroukoumou l-Laha fi ahli bayti)

ce qui signifie : « J’ai laissé parmi vous deux choses telles que vous ne serez pas perdus si vous vous y attachez : le Livre de Allah et le pas de chez moi, les gens de ma famille. Je vous rappelle de craindre Allah au sujet des gens de ma famille ». Ainsi donc ceux qui l’ont combattu ont contredit ce hadith.

Quant au fait que Al-Houçayn, que Allah l’agrée, se soulève contre Yazid, c’était légitime et légal. En effet, aucun des émigrants ni des partisans n’avait fait pacte d’allégeance à Yazid. Les gens de Médine ne lui avaient pas fait pacte d’allégeance. Son investiture n’avait donc pas été confirmée. Plusieurs malikiyy ont dit cela comme ceux qui ont fait le commentaire de Khalil. Mou^awiyah avait œuvré auparavant pour qu’il lui succède. Il parlait à l’un et à l’autre. Il leur disait prenez mon fils Yazid en tant que successeur à moi après moi. C’est un conseil que je vous donne. Il n’avait pas retenu de se faire succéder par les fils des compagnons comme le fils de ^Oumar ou ^Abdou l-Lah Ibnou zZoubayr. Il a transformé le califat en tradition des rois de perse. Ces deux-là étaient des savants vertueux. Mais Yazid lui n’était pas des gens de science et de vertu. Il a été investi de la présidence conformément à la parole du Messager de Allah  :

هلاك أمتي على أيدي أغيلمة من قريش

(halakou ‘oummati ^ala ‘aydi ‘oughaylimatin min qouraych)

[rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres] ce qui signife : « Une cause de la perte au sein de ma communauté sera par des jeunes de Qouraych ».

Ont été confirmes les propos du Messager de Allah  :

الخلافة بعدي ثلاثون سنة ثم يكون ملك عضودٌ

(al-khilafatou ba^di thalathouna sanatan thoumma yakounou milkoun ^adoud)

ce qui signifie : « Le califat après moi sera de trente ans, après quoi ce seront des souverains durs ». Les trente années ont été accomplies avec Al-Haçan fils de ^Aliyy. Il a en effet désigné pour succéder à son père et a assuré le califat durant six mois. Les trente années s’étaient ainsi écoulées et s’est destitué en faveur de Mou^awiyah afin de préserver le sang des musulmans. Al-Haçan avait été désigné par un pacte d’allégeance de la part des émigrants et des partisans à Médine. Lorsque Al-Haçan s’était déchargé en faveur de Mou^awiyah, Mou^awiyah était devenu Calife.

Détailler le sujet ici comme nous l’avons fait n’est pas une chose qui mène à insulter les compagnons. C’est plutôt prendre la voie des spécialistes du hadith. Les gens du hadith ont mentionné ces sujets dans leurs livres.

Pour ce qui est du hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer », c’est Al-Boukhariyy qui l’a rapporté.

Quant au hadith :

لا أشبع اللَّه بطنه

(la ‘achba^a l-Lahou batnah)

ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié », au sujet de Mou^awiyah, il a été mentionné par Mouslim.

Il en est de même pour tout autre que cela parmi les hadith et les nouvelles rapportées (athar), que nous avons mentionné dans cet écrit, tous ont été mentionnés par les Mouhaddith.

L’habitude des Mouhaddith était de réciter le hadith dans des assemblées auxquelles assistaient les plus âgés et les plus jeunes, même l’enfant de sept ans. Pour plus de précisions, ils chargeaient des gens qui transmettaient à haute voix la parole du Mouhaddith, tout comme les gens transmettent à haute voix la parole de l’imam qui dirige la prière. Il y avait en cela un intérêt pour la religion en plaçant les choses à leur juste contexte et afin de ne pas considérer équivalents celui qui a du mérite et celui qui en a moins. Si on délaissait ces présentations et ces détails des vérités, certains pourraient croire que ce qu’avait fait Mou^awiyah est légitime et qu’il serait alors permis de le suivre en cela. Or il y a en ceci un voile et une déformation de la Loi, puisque ceci diminue de la gravité de la rébellion contre le calife, gravité de laquelle le Qour’an ainsi que le hadith ont fortement insisté. Allah ta^ala dit :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه واطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Le Messager a dit :

من كره من أميره شيئاً فليصبر فانه من يخرج من السلطان فيموت على ذلك إلا مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani fayamoutou ^ala dhalika ‘il-la mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ».

Indiquer ces sujets contribue à préserver ce que Allah a rendu important ainsi que Son Messager. Abandonner cela contribue à le perdre.

Quant à insulter les compagnons au sujet duquel il y a eu interdiction par la parole du Messager de Allah  :

لا تسبوا أصحابي

(la tasoubboushabi)

ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons », il s’agit d’insulter la totalité des compagnons ou de blâmer l’un d’entre eux sans raison légale, du moment qu’il n’a rien commis qui lui fait mériter la mise en garde. C’est le cas des insultes proférées par les khawarij lorsqu’ils s’étaient rebellés contre ^Aliyy alors qu’auparavant ils combattaient à ses côtés. Ils l’ont insulté et ont insulté ceux qui s’étaient ralliés à lui. Ils ont été jusqu’à le déclarer mécréant ainsi que ceux qui l’avaient rallié. Mais blâmer des individus parmi les compagnons pour une raison valable selon la Loi, cela a été confirmé par le texte même du hadith. Ainsi, le Messager ^alayhi s-salam, a dit au sujet d’un serviteur à lui qui se dénommait Karkarah, et qui était chargé de la famille du Prophète pendant la conquête ; cet homme était mort durant la conquête ; Le Messager a dit : (هو في النار) (houwa fi n-nar) ce qui signifie : « Il est en enfer ». Ils ont trouvé alors qu’il avait volé un voile du butin. Rapporté par Al-Boukhariyy.

Mouslim a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qu’il a dit à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As que le fils de ton oncle paternel Mou^awiyah nous ordonne de consommer les biens des uns des autres injustement et de nous entre-tuer. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu un instant puis lui a dit :

أطعه في طاعة اللَّه واعصه في معصية اللَّه

(ati^hou fi ta^ati l-Lahi wa ^sihi fi ma^siyati l-Lah)

ce qui signifie : « Obéis-lui en ce qui constitue une obéissance à Allah et désobéis-lui en ce qui constitue une désobéissance à Allah ». ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr le compagnon n’a pas dit à ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qui fait partie des successeurs dignes de confiance des compagnons : (tu as blâmé Mou^awiyah et le Messager a dit ce qui signifie : N’insultez pas mes compagnons).

Les savants du hadith n’ont pas cessé de mentionner ce hadith rapporté par Mouslim lorsque le Messager de Allah a envoyé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas pour lui appeler Mou^awiyah. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas était parti l’appeler mais il l’a trouvé en train de manger. Il a dit : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Le Messager de Allah lui a dit : (ارجع فادعه) (irji^ fad^ouhou) ce qui signifie : «retourne et appelle-le ». Il est reparti puis est revenu en disant : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Il a alors dit : (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié ». Ceci est bien un blâme de la part du Messager et non pas une invocation en sa faveur. En effet, trop manger n’est pas la qualité des pieux. Le Messager de Allah a dit :

المؤمن يأكل في معى واحد والكافر يأكل في سبعة أمعاء

(al-mou’minou ya’koulou fi ma^an wahidin wa l-kafirou ya’koulou fi sab^ati ‘am^a’in)

ce qui signifie : “Le croyant accompli mange le un septième de ce que mange le mécréant ». Trop manger est un blâme et non pas une éloge. Le Messager de Allah a dit r :

ما ملأ ابن ءادم وعاء شرا من بطنه، بحسب أحدكم لقيمات يُقمن صلبه، فإن كان ولا بد فثلث للطعام وثلث للشراب وثلث للنفس

(ma mala’a bnou ‘Adama wi^a’an charran min batnihi ; bihasbi ‘ahadikoum louqaymatoun youqimna soulbahou ; fa’in kana wa la boudda fathoulouthoun li tta^ami wa thoulouthoun li ch-charabi wa thoulouthoun li t-tanaffouci)

ce qui signifie : « Le fils de Adam n’aura pas rempli un pire récipient que son ventre. Que chacun d’entre vous se suffise de quelques bouchées qui lui permettent de garder sa santé. S’il était nécessaire, qu’il se suffise d’un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration ». Rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit haçan sahih.

Ce qui fait partie des choses étranges, c’est que certains ont dit que la parole du Messager à Mou^awiyah (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié » est une éloge pour lui ! La corruption de ces propos est apparente en raison de sa contradiction avec les deux autres hadith d’une contradiction claire. Le Messager fait l’éloge du fait de se limiter à quelques bouchées. Il approuve que le croyant se suffise de quelques bouchées, que ce qu’il mange soit de faible quantité.

Nous disons cela, et Allah sait les consciences et les fors intérieurs. Les actes valent selon leur intention et Allah sait nos intentions. A Lui le devenir et le retour pour le jugement.

 

Les caractéristiques de notre noble Prophète Mouhammad

Posted in cours général par chaykhaboulaliyah sur septembre 17, 2019
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Allah ta^ala dit au sujet de notre Maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam :

﴿وَإِنَّكَ لَعَلَىٰ خُلُقٍ عَظِيمٖ٤﴾

[sourat Al-Qalam/4] (wa‘innaka la^ala khoulouqin ^adhim) ce qui signifie : « Tu as certes un comportement éminent. »

Et Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de ^A’ichah pour la description du Messager éminent :

(( كانَ خُلُقُهُ القُرْءان ))

(kana khoulouqouhou l-Qour’an) ce qui signifie : « Il possédait tout comportement de bien indiqué dans le Qour’an. »

Celui qui veut donc connaître le comportement du Messagerqu’il lise le Qour’an et qu’il le comprenne ! Tout caractère de bien que Allah a ordonné d’avoir dans le Qour’an faisait partie des caractères du Messager salla l-Lahou ^alayhi wasallam.

Et parmi les conduites de bien mentionnées dans le Qour’an, il y a : ordonner le bien et interdire le mal, patienter face à la nuisance et s’abstenir de nuire aux autres.

Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de ‘Anas Ibnou Malik qu’il a dit pour décrire le Messager de Allah :

(( كانَ أَحْسَنَ النّاسِ خَلْقًا وخُلُقًا ))

(kana ‘ahsana n-naci khalqan wakhoulouqa) ce qui signifie : « Il était le meilleur des gens par son aspect et son comportement. »

Abou Bakr Al-La’al dans son livre Makarimou l-‘Akhlaq a rapporté que le Prophète  a dit :

(( كُنتُ بَيْنَ شَرِّ جارَيْنِ عُقْبَةَ بْنِ أَبي مُعَيْط وأَبي لَهَبٍ كانا يَرْمِيانِ بِما يخرجُ مِنَ النّاسِ عَلَى بابي ))

(kountou bayna charri jarayni ^ouqbata bni ‘abi Mou^ayt wa’abi lahab kana yarmiyani bima yakhroujou mina n-naci ^ala babi) ce qui signifie : « J’habitais entre deux voisins exécrables : ^Ouqbah Ibnou ‘Abi Mou^ayt et Abou Lahab. Ils jetaient des déjections humaines sur ma porte. »

C’est-à-dire que le Prophète supportait leurs nuisances bien qu’il fût le plus courageux des êtres que Allah a créés et qu’il eût la force physique de quarante hommes. Malgré cela, l’indulgence était son trait de caractère, la patience était son comportement, le fait de supporter la nuisance d’autrui était son état habituel et le Bien-aimé, l’Élu a dit :

(( ما شَىْءٌ أَثْقَلُ في مِيزانِ الْمُؤْمِنِ يَوْمَ القِيامَةِ مِنْ خُلُقٍ حَسَنٍ فَإِنَّ اللهَ تَعالى يُبْغِضُ الفاحِشَ البَذِيءَ ))

(ma chay’oun ‘athqalou fi mizani l-mou’mini yawma l-qiyamati min khoulouqin haçanin fa’inna l-Laha ta^ala youbghidou l-fahicha l-badhi) ce qui signifie : « L’excellent comportement pèsera très lourd dans la balance du croyant au Jour du jugement. Certes, Allah ta^ala n’agrée pas celui qui est indécent et grossier. » At-Tirmidhiyy a dit que c’est un hadith haçan-sahih.

Housnou l-khoulouq –l’excellence de comportement–, chers frères, consiste à supporter la nuisance d’autrui, à s’abstenir de nuire à autrui et à prodiguer le bien.

Regardez mes frères de foi, ce Prophète éminent que Allah ta^ala l’honore et l’élève davantage en degré, regardez combien son comportement est éminent !

L’un des savants non musulmans de Médine qui s’appelait Zayd Ibnou Sa^yah avait lu dans certains livres anciens au sujet du Prophète des derniers temps qu’une grande injustice le touchant n’augmentait en lui qu’indulgence et clémence. Après l’émigration du Messager  à Médine, ce savant non musulman voulait savoir si cette description s’appliquait bien au Messager.

Il a fait une transaction avec le Messager de sorte que le Messager soit endetté, d’une dette à échéance fixée. Trois jours avant l’arrivée du terme, il est venu voir le Prophète  pour réclamer sa dette en disant une parole qui blesse les sentiments des musulmans. C’est alors que notre maître ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, avait voulu venger le Prophète. Il était sur le point de le frapper, mais le Messager indulgent et patient, que Allah l’honore et l’élève davantage en degré, l’en a empêché. C’est alors que ce savant non musulman avait su que notre maître Mouhammad  était le Messager de Allah, qu’il était le Prophète des derniers temps. Et il a prononcé les deux témoignages pour devenir musulman.

Parmi les choses qui aident à supporter la nuisance d’autrui, il y a le fait de contenir sa colère. Allah ta^ala a fait l’éloge des personnes pieuses qui contiennent leur colère. Il les a décrites comme étant bienfaisantes et qu’elles sont agréées par Allah.

Allah ta^ala dit :

﴿وَٱلۡكَٰظِمِينَ ٱلۡغَيۡظَ وَٱلۡعَافِينَ عَنِ ٱلنَّاسِۗ وَٱللَّهُ يُحِبُّ ٱلۡمُحۡسِنِينَ ١٣٤﴾

[sourat ‘Ali ^Imran / 134] (wal-kadhimina l-ghaydha wal-^afina ^ani n-naçi wal-Lahou youhibbou l-mouhsinin) ce qui signifie : « Ceux qui étouffent leur colère et ceux qui sont indulgents avec les gens, certes, Allah agrée les bienfaisants. »

Il est rapporté dans le hadith honoré que celui qui contient sa colère alors qu’il est capable de la faire éclater, Allah lui donnera à choisir, avant tout le monde au Jour du jugement, celle parmi les femmes du Paradis qu’il voudra [rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy / hadith haçan].

Mon frère musulman, si quelqu’un te fait du tort, ou te blesse, ou t’insulte, et que tu étouffes ta colère pour agir conformément à l’ordre de Allah, alors que tu es capable d’agir sur le coup de la colère, Allah tabaraka wata^ala te laissera choisir parmi les femmes du Paradis celle que tu voudras. Alors aie un grand cœur ! Sois de ceux qui pardonnent beaucoup, cela fait partie des caractères des gens honorables.

Concernant le mérite de prodiguer le bien envers autrui, parmi ce qui l’indique, il y a le hadith de Al-Bayhaqiyy dans le livre Al-‘Adab, lorsque le Messager de Allah  avait répondu à ^Ouqbah Ibnou ^Amir quand il l’avait interrogé : « Comment être sauvé ô Messager de Allah ? » il lui avait dit :

(( تَصِلُ مَنْ قَطَعَكَ وتُعْطِي مَنْ حَرَمَكَ وتَعْفُو عَمَّنْ ظَلَمَكَ ))

(tasilou man qata^aka watou^ti man haramaka wata^fou ^amman dhalamak) ce qui signifie : « Tu entretiens les relations avec celui qui les a rompues avec toi, tu donnes à celui qui ne t’a pas donné et tu pardonnes à celui qui a été injuste avec toi»

Concernant le premier caractère cité dans sa parole  : « Tu entretiens les relations avec celui qui les a rompues avec toi» cela veut dire qu’entretenir le lien avec lui est un droit qu’il a sur toi. Les proches parents, ce sont les proches du côté du père ou de la mère. Il n’est pas permis à quelqu’un de rompre les relations avec ceux de ses proches avec qui il doit les garder, de sorte qu’ils ressentent un froid et un sentiment d’abandon lorsqu’il rompt les relations avec eux. C’est aussi le cas même si ce proche parent, de son côté, ne lui rend pas visite. La manière complète d’entretenir les relations avec ses proches, c’est maintenir les liens avec celui qui les a rompus. Il n’a donc pas à dire : « Ce proche parent ne me rend pas visite, alors je ne lui rends pas visite ! »

Il n’est pas permis de répondre à la rupture par la rupture. C’est au contraire un devoir de répondre à la rupture par l’entretien des relations familiales.

Parmi les causes de dislocation des sociétés, il y a justement la rupture des relations avec les proches. Quelqu’un se dit par exemple : « Si mon cousin paternel ne me rend pas visite, alors je ne lui rends pas visite. »  Une femme se dit par exemple : « Si ma cousine paternelle ne me rend pas visite, alors je ne suis pas prête à condescendre à lui rendre visite. »

Le fait de rendre visite aux proches qui ne te rendent pas visite n’est pas une humiliation, ce n’est pas un rabaissement, c’est plutôt un caractère de bien et un acte d’obéissance.

Parmi ce qui relève de l’obligation d’entretenir les relations, il y a de soutenir financièrement ton proche parent lorsqu’il se trouve en difficulté et dans le besoin, pour combler ses besoins de base. Si personne ne l’aide et que tu as connaissance de son état, c’est un devoir pour toi de combler ses besoins si tu en es capable. Ceci rentre dans le cadre de l’entretien obligatoire des liens familiaux.

Combien de personnes de nos jours manquent à ce devoir, que Allah nous en préserve !

Craignez donc Allah et entretenez les relations avec vos proches parents ! Demandez l’aide de Allah pour gagner Son agrément, attachez-vous aux règles de comportement que nous dicte Sa voie révélée, attachez-vous à la guidée de Son Prophète .

Que Allah nous protège, nous ainsi que nos familles, ceux qui nous aiment et ceux qui nous aident à suivre Ses ordres et à Lui obéir, et à suivre Son Prophète, par Sa grâce et Sa munificence.

Le bon comportement entre mari et femme

Posted in cours général,Exhortation,islam,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2019

Que Allaah honore et élève le rang de notre Maître MouHammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allaah qu’Il nous fasse apprendre de ce nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.

 

 

Celui qui suit ce chemin, aura une grande réussite, c’est à dire le chemin de l’amour véritable, de l’amour sincère les uns pour les autres. Mais le simple fait de se réunir, de se rencontrer, tout en se trompant, en étant malhonnête, cela aura de graves conséquences dans ce bas monde et dans l’au-delà.

 

Il se peut alors que celui qui en apparence t’aime devienne quelqu’un qui te déteste par la suite. D’ailleurs dans le Qour’an, Allah ta^ala dit ce dont on comprend : « Ceux qui étaient des amis les uns pour les autres dans ce bas monde pour des sujets du bas monde et pas pour l’agrément de Dieu, vont se transformer au Jour du Jugement en des ennemis les uns pour les autres. ».

Pourquoi est-ce qu’ils vont devenir des ennemis ? Parce que si leur amitié était pour des raisons du bas monde, ils vont s’entrainer les uns les autres dans le péché, et donc au Jour du Jugement, chacun va dire à l’autre « C’est à cause de toi que je suis dans cette situation maintenant. ». Donc c’est ainsi qu’ils vont se transformer en des ennemis les uns pour les autres.

 

C’est pour cela que les maris doivent avoir ce caractère éminent, pour être de ceux qui ont ces hauts degrés. Il suffit pour montrer l’importance de ce caractère, le fait de s’aimer sincèrement les uns les autres pour l’agrément de Dieu, qu’au Jour du Jugement, lorsque les gens endureront des situations très difficiles, eux seront épargnés de la torpeur, de la chaleur du soleil, ils seront à l’ombre du Trône, et cette situation est un préliminaire de la grande félicité ininterrompue qui les attend pas la suite.

 

Dans le Hadith des 7 catégories de personnes qui seront à l’ombre du Trône au Jour du Jugement, parmi ces 7 catégories, il y a les deux personnes qui se sont aimées pour l’agrément de Dieu, c’est à dire que ce qui les a réunies c’est l’agrément de Dieu, et quand elles se séparent, c’est pour l’agrément de Dieu également. Donc elles n’ont pas d’intérêt du bas monde. Si le couple est basé sur la recherche de l’agrément de Dieu, alors au Jour du Jugement, tous deux auront cette grande récompense. Ceux qui s’aiment pour l’agrément de Allaah, se réunissent pour la bienfaisance et la piété. Ils ne se réunissent pas pour le péché ni pour le mal. Ce qui les réunit c’est l’obéissance à Allaah, loin des objectifs du bas monde. Ils ne se trompent pas les uns les autres, ils ne se dupent pas les uns les autres, ils ne s’indiquent les uns aux autres l’égarement et l’injustice, au contraire, ils s’aiment d’un amour pour l’agrément de Allaah ta^aalaa.

 

Veille, toi mon frère, et veille, toi ma soeur à être de ceux qui s’aiment les uns les autres pour l’agrément de Allah. Que Allah fasse que nous soyons au nombre de ces gens-là, ô Allaah, Toi Le Plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde, fais que nous soyons de ceux qui s’aiment les uns les autres pour Ton agrément.

 

Qu’est ce que cela veut dire s’aimer pour l’agrément de Allaah ? C’est à dire avoir cet amour pour obéir à Dieu. Parce que Dieu nous a ordonné de nous aimer les uns les autres, de nous entraider pour ordonner le bien et interdire le mal, c’est à dire que c’est dans cet objectif là. Ce n’est pas un amour passionnel, ou un amour pour des intérêts du bas monde, c’est vraiment un amour qui est désintéressé, uniquement pour accomplir ce que Dieu nous a ordonné de faire. C’est à dire que la personne dit « Voilà, cette personne c’est une musulmane, elle a la croyance qui mène au Paradis, je l’aime pour l’agrément de Dieu, c’est à dire si elle me sollicite pour ordonner le bien, interdire le mal, je suis présent et moi j’espère aussi que quand je la sollicite pour ordonner le bien, interdire le mal, elle sera présente, et nous nous entraidons pour obéir à Dieu, pour nous encourager à faire ce que Dieu nous a ordonné et à éviter ce que Dieu nous a interdit. ». Donc c’est cela le fait de s’aimer les uns les autres pour l’agrément de Dieu, et au sein du couple, à fortiori.

 

Il est parvenu dans le Hadith qoudsiyy que le Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit ce qui signifie : « Allaah dit : « Ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, auront des chaires de lumières au Jour du Jugement (la chair c’est ce que l’on appelle Al Minbar, c’est ce sur quoi on s’assoit). »

Ceci aura lieu avant leur entrée au Paradis, c’est à dire avant l’entrée au Paradis, ils auront cette situation là. Allaah ta^aalaa les fait assoir à l’ombre du trône sur des minbar, des chaires, comme des fauteuils de lumière, de sorte que les gens seront heureux pour eux, c’est à dire les gens quand ils vont les voir, ils seront heureux pour eux. Les prophètes et les martyrs également seront heureux pour eux et agréablement surpris de leur situation. Bien que les prophètes aient un degré supérieur, lorsqu’ils verront cela, pour des gens qui ont un degré inférieur aux leurs, ils se réjouiront pour eux. C’est ce que l’on appelle al ghibtah, à la différence de l’envie. Donc l’envie c’est quand la personne ne supporte pas un bien que son frère a et il oeuvre en conséquence de ce sentiment pour essayer de lui enlever ce bien que son frère ou sa soeur a eu. Al ghibtah c’est de se réjouir pour le bien de son frère, ça c’est un caractère qui louable, c’est louable que de se réjouir pour un bien que Allaah a accordé à quelqu’un d’autre. Les prophètes vont avoir ce sentiment de réjouissance pour le bien que Dieu accorde à ceux qui se sont aimés les uns les autres pour l’agrément de Dieu, ils se sont réjouiront pour eux.

 

L’amour véritable c’est l’amour dans lequel il n’y a pas de tromperie ni d’hypocrisie. Quand il voit que son ami est dans une mauvaise situation, par exemple il est en train de commettre les péchés, il ne lui embellit pas ce mal, sous prétexte qu’ils sont des amis, il ne se tait pas, tant qu’il est capable de l’en délivrer. S’il voit que son ami est dans un bon état, il le renforce et le soutient. C’est cela le sens de s’aimer par recherche de l’agrément de Allah. Parmi les signes de l’amour pour l’agrément de Allah, c’est qu’il n’y a pas de tromperie entre eux, il n’y a pas de duperie ni d’hypocrisie, ils s’entraident pour l’obéissance et se donnent le conseil. Pour cela, les compagnons du Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’ils se rencontraient, ils se faisaient le rappel de la Parole de Allaah ta^aalaa l’un à l’autre,(…) c’est à dire « Allaah jure par al ^asr, (al ^asr c’est un moment de la journée, en fin d’après-midi), que la plupart des gens vont à leur perte sauf ceux qui sont croyants et qui ont agi en bien et qui se sont recommandés les uns aux autres la bonne croyance et l’obéissance à Allaah, ainsi que la patience pour accomplir les actes d’adoration. »

 

Le fait de s’aimer les uns les autres sera une cause pour que le croyant se retrouve à l’ombre du Trône, au Jour du Jugement. Au Jour du Jugement, le soleil se rapproche de la tête des gens jusqu’à être à une distance de un mil, et au Jour du Jugement il n’y a pas d’arbre sous lequel on puisse s’abriter, il n’y a pas de grotte ou de caverne pour entrer, pour être à l’ombre, il n’y a pas de montagne, il n’y a pas d’autre ombre que celle du Trône.

Ceux qui s’aiment les uns les autres seront à l’ombre du Trône, ils échapperont à la chaleur du soleil. Le soleil sera tellement proche, que les gens vont avoir leur transpiration pour certains qui leur arrive jusqu’aux genoux, d’autres jusqu’au nombril, d’autres vont se noyer dans leur transpiration, sans que la transpiration de l’un ne dépasse pour toucher celui qui est a côté.

Le fait de s’aimer les uns les autres pour l’agrément de Allah, est une cause qui fait gagner l’agrément de Allaah. Allaah ta^aalaa dit dans le Hadith qoudsiyy (…) ce qui signifie :  « Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément. ».

 

La félicité dans le bas monde :

 

La femme vertueuse fait partie des 4 choses qui font gagner le bonheur du bas monde, tout comme cela est parvenu dans le Hadith, rapporté par le Hafidh Diya’ou d-din Al Maqdisiyy, qui a pour sens « Le bonheur du bas monde, c’est à dire le bonheur dans cette vie ici-bas, est tel : une grande maison, une bonne monture pour se déplacer, une épouse vertueuse et un voisin vertueux. ». Voila les 4 exemples de bonheur dans le bas monde. Ceci est mentionné dans le Hadith. La première choses que le Prophète a mentionné c’est par exemple une grande maison, une maison où tu as de l’espace, une bonne monture, c’est à dire une monture qui ne se rebelle pas, qui est docile, une épouse vertueuse et un voisin vertueux. Ce sont là les exemples des biens du bas monde que le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a mentionné. Ce sont les 4 choses qui mènent au bonheur dans le bas monde.  Celui qui a ces 4 choses vivra heureux et il se peut que ces 4 choses l’aident dans sa religion et lui profite pour son au-delà. Bien entendu, cela ne veut pas dire que celui qui possède une grande maison, une bonne monture, qui a pour voisin un homme vertueux, et qui a pour épouse une femme vertueuse, sera assurément heureux dans l’au-delà.

 

En effet, la base de l’islam c’est de croire en Allah et de croire en Son Messager Mouhammad, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Celui qui réalise cela aura réalisé la meilleure des oeuvres. Cette croyance c’est la meilleure des oeuvres. Par contre, celui qui ne réalise pas cela, aura perdu tout bien, car il aura perdu la félicité de l’au-delà, celle qui n’aura pas de fin.

 

Pour ce qui est de la femme vertueuse, elle soutient son mari pour sa religion, en s’occupant de la maison, tandis que lui se charge de ramener la subsistance au foyer, ce qui le libère pour se consacrer à la science de la religion et aux oeuvres pieuses. La base pour obtenir la félicité dans ce bas monde et l’au-delà, c’est l’attachement à la religion. C’est cela le secret de la réussite, c’est de s’attacher à la religion. Si l’épouse n’est pas attachée à la religion, il se peut qu’elle affaiblisse l’attachement à la religion de son mari et provoque ainsi une nuisance dans son quotidien. Cela est également le cas si la femme a un mauvais comportement. Sa nuisance sera beaucoup plus grande que son profit. Compte tenu de cela, le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a incité à épouser la femme attachée à la religion, qui craint Allaah ta^aalaa, qui agit avec bienfaisance envers son mari, et qui lui obéit dans ce qui fait obtenir l’agrément d’Allaah ^azza wa jall.

 

Le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit (…) ce dont nous comprenons en français : « La femme est généralement choisie pour chaque critère (c’est à dire les hommes quand ils veulent se marier, généralement ils prennent en considération ces 4 critères, quels sont-ils ?) : les biens, la beauté, l’ascendance et l’attachement à la religion.

Les biens, c’est à dire de ce qu’elle dotée ou pas, la beauté, l’ascendance, c’est à dire de quelle famille elle est, et l’attachement à la religion.

Mais qu’est ce que le Prophète a dit ? Il a dit à la fin ce qui signifie :  « Recherche la femme pour son attachement à la religion, tu y gagneras. C’est à dire la valeur sure c’est l’attachement à la religion, le reste sera perdu, mais l’attachement à la religion, c’est cela qui est la valeur qui est sure.

 

Dans le Hadith, le Prophète a utilisé une expression : « taribat yadaak ». L’expression « taribat yadaak » que le Prophète a utilisé indique une insistance de sa part salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, à épouser la femme qui est attachée à la religion, celle qui craint Allah ta^aalaa, qui oeuvre et agit avec bienfaisance envers son mari en lui obéissant dans ce qui permet d’obtenir l’agrément de Dieu. Dans ce Hadith il y a donc également un encouragement de la part du Messager de Allaah salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, afin que les femmes apprennent les sujets de la religion. Parce que si la femme apprend les sujets de la religion, non seulement elle va aider son mari dans son application à la religion, mais en plus elle pourra éduquer une génération. Mais si la femme n’a pas appris la religion, elle sera une difficulté, une épreuve pour son mari et ses enfants ne vont pas pouvoir apprendre auprès d’elle.

Il y a donc un risque que ses enfants soient perdus. C’est pour cela que c’est très important l’apprentissage de la femme, de la fille dès qu’elle est jeune et du garçon bien sûr.

 

Celui qui a un meilleur comportement envers son épouse :

 

At-Tirmidhiyy a rapporté que le Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, a dit : « khayroukoum, khayroukoum li ‘ahlih, wa ana khayroukoum li ‘ahlih. », ce qui a pour sens « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur épouse, et je suis celui qui est le meilleur avec son épouse. ».

C’est à dire que le Prophète, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, nous a appris que, font partie des meilleurs croyants ceux qui sont les meilleurs avec leur épouse.

Le Prophète est celui qui a le meilleur des comportements avec son épouse. Le musulman qui a un excellent comportement avec son épouse, est meilleur que les autres musulmans. Donc celui qui agit bien avec son épouse, il est meilleur que les autres musulmans. Parmi les exemples de l’excellent comportement du Messager de Allaah, salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il y a le fait qu’après avoir passé la nuit chez l’une de ses épouses, il passait au matin voir chacune d’entre elle l’une après l’autre. Il se tenait devant la porte de chacune et disait « As-salaamou ^alaykoum wa raHmatoul-Lahi wa barakaatouhou ‘ahla lbayt », c’est à dire que c’est lui qui passait devant chacune de ses épouses pour leur passer le salam. Il n’attendait pas que son épouse vienne le saluer, alors qu’il est le meilleur de toutes les créatures de Dieu, celui que Allah agrée le plus, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Prenons exemple sur ce comportement. Quelle joie il introduit ainsi dans le coeur de ses épouses par ce salam. Celui qui veut prendre exemple sur le Messager, qu’il se comporte avec bienfaisance envers son épouse, qu’il ne fasse pas preuve d’orgueil ou d’oppression avec elle, mais qu’il agisse plutôt avec miséricorde, compassion, patience et sagesse. Qu’il ne soit pas dure et qu’il n’agisse pas mal avec elle.

 

N’est ce pas que nous entendons souvent que des maris qui frappent leurs épouses, qui les humilient si elles n’ont pas cuisiné comme il le souhaite ?

Celui qui frappe son épouse parce qu’elle ne cuisine pas comme il le souhaite aura commis un grand péché. Il est injuste, il mérite un intense châtiment dans l’au-delà, il lui sera prélevé de ses récompenses le nombre qui correspond à ses injustices, sauf si avant de mourir, avant d’aller dans la tombe, il demande le pardon à son épouse, il ne sera alors pas puni à cause de cela.

 

Le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, participait au quotidien dans la maison, comme tout un chacun. Il faisait la traie de sa brebis, il réparait le seau s’il se cassait, et entretenait lui-même ses sandales si elles avaient besoin de réparation. Il n’agissait pas avec les gens à l’image de roi envers leurs sujets.

 

Al Boukhariyy a rapporté que ^A’ichah que Allah l’agrée fut interrogée : « Que faisait le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, à la maison ? ». Elle répondit : « Ce que chaque homme fait chez lui. C’est à dire qu’il vaquait lui-même aux tâches de la maison. ».

Voilà un exemple, pas comme certains de notre époque, qui sont loin de tel comportement.

 

La modestie est chose requise :

 

Les prophètes, ^alayhimou s-salam, sont parmi les esclaves de Allah, les gens les plus modestes. C’est pour cette raison que chaque prophète de Allah a une fois dans sa vie fait paitre des moutons. Notre Maitre Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a fait paitre des moutons pendant un certain temps, quand il était à la Mecque. Mouça également a fait paitre pendant 10 ans un troupeau de moutons, appartenant au prophète Chou^ayb.

Pourquoi donc ? Parce que fait paitre les moutons entraînent à supporter la fatigue. Le berger est ainsi préparé à diriger les gens et supporter leur difficulté.

 

La modestie est requise avec les personnes âgées et les plus jeunes, avec les riches tout comme les pauvres, et tout cela par recherche de l’agrément de Allah.

La modestie entraîne l’amour, alors que l’orgueil est blâmable. C’est en fonction de le modestie du croyant à l’égard de Allah que son degré est élevé, jusqu’à atteindre le plus haut de ^iliyyin. ^iliyyin est un endroit au dessus du 7ème ciel. Pour cela, le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit (…), rapporté par le Hafidh Ibnou Hajjar dans son livre Al ‘Amaliyy, ce dont nous comprenons : « Certes, vous négligez un des meilleurs actes d’adoration, la modestie. ».

La modestie est un acte d’adoration, c’est à dire celui qui fait preuve de modestie pour l’agrément de Dieu, il a des récompenses.

 

Lorsque l’homme est chez lui, il n’attend pas que l’on soit à son service. Ce n’est pas comme certains, il rentre et il attend que toute la famille soit à son service. S’il est lui-même au service de son épouse au lieu d’attendre que ce soit elle qui soit à son service, ceci vaut mieux selon le jugement de Dieu.

 

Une fois, un de nos frères, (il est décédé que Dieu lui fasse miséricorde, il était algérien) il a demandé au Chaykh, il a dit : « Mawlana, au pays, dans certaines familles, quand l’homme rentre à la maison, ils ont une habitude, le femme vient avec un bassin d’eau et elle lave les pieds de son mari, est ce que c’est permis ? » Le Chaykh l’a regardé et lui a dit : « Oui, et lui aussi il peut laver les pieds de sa femme. ». Dans ce sens que la modestie est quelque chose de bien. C’est bien de faire cela et c’est bien aussi que le mari agisse de la même manière avec son épouse. C’est vrai que la personne qui a le plus grand droit sur la femme c’est son mari, c’est ce que le Prophète a enseigné mais cela ne veut pas dire que le mari doit être un tyran, un oppresseur, mais il agit avec modestie avec elle, de sorte qu’il n’attend pas que l’on soit à son service, au contraire si par exemple c’est lui qui fait la vaisselle, si elle était fatiguée le jour de Ramadan, et lui il va faire la vaisselle, c’est quelque chose de bien s’il le fait pour l’agrément de Dieu. Ce n’est pas quelque chose qui va le diminuer, au contraire.

 

Le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit (…), ce dont nous comprenons : « Celui qui fait preuve d’un seul degré de modestie, Allah l’élève d’un degré et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il arrive au plus haut de ^iliyyin (un endroit au dessus du 7ème ciel), et celui qui fait preuve d’un degré d’orgueil, Allah le rabaisse d’un degré jusqu’a ce qu’il arrive au plus bas des niveaux, c’est à dire à sa perte. » Il sera ainsi perdant, qu’il soit un époux ou une épouse. Il y a des épouses qui font preuve d’orgueil avec leur mari, et il y a des maris qui font preuve d’orgueil avec leur femme. C’est donc en fonction de la modestie que ce croyant est élevé en degré selon le Jugement de Allah jusqu’à arriver au plus haut degré.

 

Il est requis pour le mari qu’il agisse avec bienveillance envers son épouse. La bienveillance est quelque chose de bien. Il est parvenu dans le Hadith : « Idha ‘ahabbaha, ‘akramaha, wa idha kariraha, lam youhinha ». Ce dont nous comprenons : « Lorsqu’il aime son épouse, il l’honore, et s’il n’a pas de penchant pour elle, il ne l’humilie pas. ». La personne n’est pas maîtresse de son coeur, il se peut qu’il n’ait pas de sentiments pour sa femme, il se peut qu’elle aussi n’ait pas de sentiments pour son mari, mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent tomber dans le péché. S’il n’a pas de penchant pour elle, il n’a pas le droit de l’humilier, mais il agit avec elle conformément à la Loi de Dieu. C’est pour cela que c’est important d’apprendre quels sont les devoirs et les droits de tout un chacun pour s’en acquitter, indépendamment du ressenti dans le coeur. Certains croient que l’amour c’est une idylle, ils croient que c’est un roman de la série Harlequin, des romans à l’eau de rose…non. Il y a des règles, il faut les appliquer, et on essaie de faire que nos coeurs, nos sentiments soient soumis à la Loi de l’Islam, comme a dit le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit ce qui signifie :  « L’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que si ses passions deviennent soumises à la Loi de l’Islam. ».

 

Le Messager a appelé la modestie : « ‘afdalou l^ibadah », le meilleur des actes d’adoration.

Le tatawou^, à savoir la concordance, l’obéissance mutuelle, est également requis. L’époux ne bénéficie pleinement de l’amour de son épouse et réciproquement, c’est à dire l’épouse ne bénéfice pleinement de l’amour de son époux qu’avec la concordance.

Qu’est ce que la concordance, « At-tatawou^ »? Et c’est cela qui est difficile pour l’âme, parce que la personne a souvent tendance à tirer la couverture vers elle, à vouloir toujours ses aises, au détriment des autres, que ce soit son épouse ou autre, également la femme.

 

C’est quoi la concordance ? C’est le fait d’abandonner sa position pour la position de l’autre. Tu peux avoir une position, tu peux avoir une opinion, tu peux avoir un désir, le fait de délaisser ta position pour t’aligner sur la position de l’autre. Cela est requis de la part de l’homme et requis également de la femme, dans les deux sens. Le tatawou^, c’est s’entraider pour accomplir le bien. Chacun est alors éclairé par ce que son conjoint a comme compréhension et connaissance. La personne va dire peut être que sur ce coup j’ai mal compris quelque chose, peut être que mon avis ici n’est pas le plus sage, donc je délaisse mon avis, je délaisse mon opinion pour prendre l’avis de l’autre. Et cela va dans les deux sens, l’homme avec la femme, et la femme avec l’homme. Chacun profitera ainsi de l’autre.

C’est pour cela que la modestie et la concordance sont des bases pour réussir sa vie conjugale. Ce sont là deux mots clés : la modestie et la concordance. Le mari agit avec bienveillance avec son épouse, en étant modeste avec elle, il lui fait miséricorde pour sa faiblesse, et l’épouse également fait preuve de concordance avec son mari et l’aide pour les sujets de la religion et du bas monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La douceur entre les époux :

 

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit (rapporté par Mouslim), ce dont nous comprenons : « Chaque fois que la douceur se glisse dans quelque chose, elle l’a rend plus belle. »

La même chose tu peux la faire avec rudesse et tu peux la faire avec douceur. Quand tu l’a fais avec douceur, elle va embellir cette chose. Et dans une autre version de ce hadith, (…) (rapporté par Mouslim) ce dont nous comprenons « Allah agrée la douceur en toute chose. ». La douceur est le contraire de la brutalité. Allah agrée pour son esclave croyant qu’il utilises la douceur en toute chose. Celui qui veut être ainsi, qu’il utilise le comportement du Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Si le croyant veut ordonner le bien à son épouse, qu’il le fasse avec douceur et non avec avec rudesse. Le plus souvent, lorsque l’on ordonne avec douceur aux gens d’agir en bien, cela les encourage à le faire. Le plus souvent, la douceur donne des résultats plus que la brutalité, mais dans la plupart des cas, utiliser la dureté ne va pas avoir l’effet recherché.

Agit avec douceur. Lorsque tu veux recommander le bien à ton épouse, qui n’a pas accompli une des obligations de Dieu, comme par exemple une prière, ne le lui ordonne pas de manière à ce qu’elle te contredise par entêtement. Certains lorsque tu leur ordonne de manière brutale, ou rude ou sèche, parfois c’est leur mauvais penchant de leur âme qui les entraîne à faire preuve d’entêtement et de vouloir te contredire juste parce que tu lui a parlé de manière rude, alors que si tu lui avais transmis cette information ou cet ordre de manière plus douce, il t’aurait suivi. À plus forte raison, si tu veux interdire quelque chose que Dieu nous a défendu, cela aura plus d’effets si tu utilises la douceur. Les gens te suivront pour ce à quoi tu les appelles. C’est également une forme de douceur que de prendre en considération la situation de ton épouse. Lorsque tu veux lui donner le conseil. Si tu penses qu’elle comprendras d’un simple signe, alors contentes-toi de cela, sinon utilises une parole explicite. Que le mari donc fasse attention et choisisse la bonne manière de s’adresser à son épouse, pour qu’elle ne soit pas blessée dans son amour propre et en vienne à le contredire par orgueil.

 

Beaucoup de personnes n’acceptent pas la vérité facilement, même si elles savent que ce qu’on leur dit est vrai, à cause de leur orgueil. Combien de personnes refusent la vérité, tout en sachant que ce qui leur est dit est vrai. La dureté peut dans certains cas engendrer l’opposé de ce qui est recherché. Et il y a pour démontrer cela de nombreux exemples.

 

Un homme de pouvoir, à l’époque du calife de ^Oumar Ibnou l-Khattab, avait eu un mauvais comportement avec un musulman. Pendant qu’il faisait les tours rituels autour de la Ka^bah, c’est alors qu’on appliqua immédiatement la loi du Talion à cet homme de pouvoir.

La loi du talion c’est ce qui est parvenu dans la loi de Mouça, c’est ce qu’on dit « oeil pour oeil et dent pour dent ». C’est à dire celui qui a fait quelque chose, la justice implique de lui rendre la pareille, exactement la même chose, c’est quelque chose qui est dans la Loi du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Donc il a bousculé, il a mal agi avec un musulman à l’époque du calife ^Oumar, c’était à son tour à lui de subir la même chose qu’il a fait subir à ce musulman, alors que lui c’était quelqu’un de pouvoir, mais il était récemment entré en islam, il n’était pas suffisamment encré. Donc la loi du talion fut appliquée à cet homme de pouvoir récemment entré en islam, afin de venger le musulman. Son orgueil l’amena à quitter l’islam. Il a perdu et s’il meurt mécréant, il va en enfer pour l’éternité, à cause de son orgueil. Il ne supporta pas qu’on lui applique la loi du talion, en raison de son mauvais comportement à l’égard d’un individu du commun des musulmans.

 

Tout cela pour dire que les gens sont de nature différente. Il y a des gens qui acceptent plus facilement que d’autre. Il y a ceux qui acceptent le conseil et ceux qui ne l’acceptent pas.

Si tu penses que ton épouse ne va pas accepter ton conseil, laisse le pour plus tard et attend le moment propice. Certains, quand ils sont dans le feu de l’action, ils lâchent, ils commencent à parler et la personne en face n’est pas prédisposée à écouter le conseil, et au contraire, elle peut s’enfoncer dans l’orgueil et cela peut aller dans le sens opposé de ce qui est voulu. Donc parfois, on ne parle pas tout de suite, on laisse les choses se calmer et après à tête reposée, on en discute.

 

De même, si une femme s’adresse à son mari de manière sèche et dure, qu’il lui donne le conseil pour la raisonner et ne lui réponde pas avec dureté, qu’il ne lève pas la main sur sa femme si elle a délaissé la prière, qu’il lui donne plutôt le conseil comme l’ont dit les savants.

Celui qui a un animal et qui le frappe violemment sans raison, mérite d’être châtié par Dieu dans l’au-delà. Que dire alors de celui qui agit en mal avec son épouse musulmane, qui est respectable selon le Jugement de Allah. Tout musulman est respectable.

 

La douceur entre les époux est quelque chose de requis. Délaisser la rudesse et la brutalité est fondamental pour accepter et se soumettre à la vérité. Si tu veux aider quelqu’un pour qu’il accepte la vérité, il s’agit d’utiliser avec lui la douceur.

 

Agir avec bienfaisance est également requis avec celui des deux conjoints qui a mal agi.

Le mari doit éviter la dureté avec son épouse. Il convient qu’il agisse intelligemment avec elle, il lui parle seul à seul et fais preuve de modestie avec elle. C’est à dire s’il a une recommandation ou un conseil à lui dire, il ne va pas la faire devant tout le monde de sorte à lui faire un scandale et à l’humilier. Il la prend seul à seul, et réciproquement également. Chaque fois que la douceur accompagne quelque chose, elle l’embellit. Et chaque fois qu’elle en est retirée, elle l’enlaidit.

 

Le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit, tout comme Allah l’a dit à son Messager (…) ce dont nous comprenons : « C’est par une miséricorde de Allah que tu es doux avec eux, et si tu avais été rude avec un coeur dur, ils ne seraient pas restés autour de toi. » (Sourat ‘Ali ^Imran).

C’est à dire que la douceur que le Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam avait, était une miséricorde de la part de Allah. S’il avait été rude et sec avec un coeur dur, les gens ne seraient pas restés autour de lui, tout comme cela est parvenu dans le hadith « ‘inna l-Laha you^ti ^ala  r-rifqi ma la  you^ti ^ala l^ounf » (rapporté par Mouslim) ce dont nous comprenons : « Allah accorde pour ce qui est fait avec douceur ce qu’il n’accorde pas pour ce qui est fait avec brutalité. »

 

Le Prophète nous a ainsi recommandé d’agir les uns les autres avec douceur, avec amour. Que dire alors du comportement à adopter avec celle qui partage sa vie. N’est ce pas que le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit « Khayroukoum khayroukoum li ‘ahlih » ce dont nous comprenons : « Fais partie des meilleurs d’entre vous ceux qui sont les meilleurs avec leur femme. ». Il y a là une incitation à agir avec douceur vis à vis de l’épouse, avec un comportement excellent. Quelque soit le mal et la corruption, ils sont corrigés avec la sagesse et la douceur.

 

Rappelez-vous que Allah donne plus de résultats pour ce qui est fait avec douceur que pour ce qui est fait avec brutalité et rudesse.

 

Il est demandé aux deux époux d’être doux quand ils s’adressent la parole, d’être souriant et d’utiliser de belles paroles quand ils se rencontrent. Ce sont là des parures que portent des gens bien heureux et ce sont les caractères du croyant. À l’image de l’abeille qui consomme de ce qui est bon et qui produit quelque chose de bon. Si elle se pose sur une fleur, elle ne la casse pas, car Allah accorde pour la douceur ce qu’Il n’accorde pas pour ce qui est fait avec dureté.

 

Et notre Chaykh a comparé le croyant à arbre fruitier, qui si tu prends le fruit avec ta main avec douceur pour le cueillir, tu obtiens ce fruit, et si tu frappes la branche avec un bâton, tu obtiens aussi le fruit. C’est à dire le croyant, dans tous les cas, il est recommandé qu’il agisse avec bien, qu’il donne du bien aussi bien avec celui qui agit avec douceur avec lui qu’avec celui qui a agi avec dureté avec lui.

 

L’excellence de comportement même lors de la colère :

 

Ibnou Hibban a rapporté d’après Abou Hourayrah, que le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « ‘akmalou lmou’minna ‘imanan ‘ahçanouhoum khoulouqa, wa khiyaroukoum, khiyaroukoum li niça’ihim », ce dont nous comprenons « Les croyants qui ont le degré le plus complet sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d’entre vous, sont les meilleurs avec leurs épouses. ».

 

L’excellent comportement consiste à :

  1. supporter la nuisance d’autrui,
  2. cesser de nuire aux autres
  3. agir avec bienfaisance.

 

Voici les caractères mentionnés dans le Qour’an : ordonner le bien, interdire le mal, patienter face à la nuisance, cesser de nuire aux autres.

Tous ces caractères de bien, mentionnés dans le Qour’an, et que Allah a ordonné d’avoir, font partie des caractères du Messager, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

 

Safiyyah, bintou Houyay, que l’agrée a dit : « Le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam m’a affranchie (car elle était esclave auparavant. Elle était juive auparavant puis elle est entrée en islam, elle était esclave chez le Messager, puis il l’a affranchie, et il l’a épousée), et a fait que ma dot soit mon affranchissement. Il m’arrivait de rencontrer certaines de ces autres épouses qui me disaient : « Ô toi la fille du juif ! » ».

Comme entre des épouses, il arrive qu’il y ait des jalousies entre les épouses du Prophète. C’est un sentiment qui est normal. Mais elles se sont repenties et elles seront toutes au Paradis avec notre Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

Donc, certaines lui disaient cette parole qui lui faisait du mal à Safiyyah. Elles lui disaient : « Ô toi la fille du juif ! ».

D’autre part, elle disait : « Je voyais bien que le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, agissait correctement et avec douceur avec moi. Il m’honorait et me traitait avec égard. Un jour, il rentra et me trouva en pleurs. Il me dit alors « malaki ? », ce qui veut dire « Qu’as-tu à pleurer ainsi ? » Je lui dis « Certaines de tes épouses m’humilient en me disant « Tu es la fille du juif » » Safiyyah dit :  « J’ai vu alors le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, mécontent, et il me dit alors (ce dont nous comprenons) : « Si elles te disent encore cela, ou si elles essaient encore une fois de te blesser, répond :  « Mon ancêtre est Haroun, et mon oncle paternel est Mouça. » (Hadith haçan sahih). C’est à dire qu’elle est descendante de prophètes, c’est une manière de répliquer à celles qui l’accusaient d’être descendante d’un juif.

 

Quand le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, était mécontent de ^A’ichah, il posait sa main sur son épaule et disait (…) (rapporté par Ibnou ^açakir, dans son livre Al ‘arba^in fii manaqibi ‘oummahatin mou’minin), ce qui veut dire :  « Ô Allah, pardonne lui son péché, dissipe la colère de son coeur, préserve la des discordes qui mènent à la perte. » (Hadith sahih haçan).

 

Méditez sur le grand amour que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, avait pour ses épouses, c’est cela le véritable amour.

Le Prophète a dit (…) (rapporté par At-Tirmidhiyy qui l’a jugé haçan sahih, qui signifie : « Il n’y a pas quelque chose qui soit plus lourd dans la balance des bonnes oeuvres que l’excellent comportement. »

 

Ce hadith nous apprend que l’excellence de comportement a une valeur éminente dans l’Islam, mais ne signifie pas qu’il serait plus important et prioritaire que la foi en Dieu. La croyance en Dieu c’est la plus importante des oeuvres.

Ce qui profite à la personne, c’est d’avoir l’excellent comportement avec la croyance en Dieu. C’est cela qui est bien, c’est d’avoir les deux : la croyance en Dieu et l’excellent comportement, c’est ainsi que la personne augmente et s’élève en degré.

 

Que Allah nous accorde l’excellence de comportement.

La piété et le ijtihad

Posted in cours général,islam par chaykhaboulaliyah sur août 28, 2018

Allah soubhanah wata^ala dit dans Son livre dans sourate Al-Baqarah, verset 282 :

وَاتَّقُواْ اللهَ وَيُعَلِّمُكُمُ اللهُ

(wat-taqou l-Lah wawou^allimoukoumou l-Lah)

 

Certains comprennent de ce verset un autre sens que le sens qui est visé. Il est donc obligatoire, de bien comprendre le sens qui est visé, pour ne pas comprendre le sens qui n’est pas visé selon les gens de la connaissance. Le sens véritable de ce verset : c’est l’ordre de la part de Allah aux esclaves de faire preuve de piété à l’égard de Allah.

 

La piété ce n’est pas le fait simple d’accomplir l’image de la prière, l’image du jeûne, l’image de la zakat, l’image du pèlerinage ou d’aller souvent à la mosquée, ou de beaucoup réciter le Qour’an. La piété c’est quelque chose de très éminent, est qui est difficile pour les âmes faibles. La piété (At-Taqwa), même si c’est une parole qui est concise, légère à la prononciation, mais elle est lourde de sens. Car la piété englobe l’accomplissement de ce que Allah a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter tout ce qu’Il leur a interdit de faire. Ce que Allah a ordonné à Ses esclaves, il y a parmi cela, ce qui concerne le cœur, les actes pour le cœur. Il a parmi ce que Allah a ordonné à Ses esclaves, ce qui a parmi les actes pour le corps. Et il y a, ce qui est des connaissances, et il y a ce qui est des pratiques. La piété, ce n’est pas le simple fait d’accomplir l’image des actes. Que cela soit la prière ou le jeûne ou de rester tout le temps à la mosquée, ou de faire le pèlerinage, ou de multiplier les aumônes. La piété est basée sur deux choses importantes. La première est que l’esclave accomplisse ce que Allah lui a ordonné de faire, comme actes du cœur et actes du corps. Pour ce qui est des actes du cœur, il s’agit de connaître Allah tabaraka wata^ala et de connaître Son Messager. Une croyance qui est catégorique, qui ne comporte aucun doute et aucune hésitation. Et il a aussi, après cela la connaissance des fondements de la croyance, comme la croyance aux anges, comme la croyance aux messagers, comme la croyance au jour dernier, que sans aucun doute les gens seront rassemblés par leurs corps et leurs âmes, après la création à nouveau des corps qui ont été assimilés par la terre. Il ne s’agit pas uniquement de la résurrection des âmes. Il n’est pas suffisant de croire en la résurrection des âmes seulement. Il est indispensable de croire que la résurrection aura lieu par le corps et l’âme. Le corps sera créé à nouveau après son anéantissement.

 

Allah tabaraka wata^ala qui a créé les corps la première fois, est Tout puissant pour les créer à nouveau après leur anéantissement. Pour ce qui est de l’âme, depuis qu’elle s’est détachée du corps, après la mort existe et ne s’anéantit pas. Allah a créé l’âme pour qu’elle demeure sans être anéantie. L’anéantissement qui arrive à l’être humain, c’est la séparation entre l’âme et le corps. Ceci va arriver inéluctablement à chaque être humain, aux prophètes, aux martyrs et d’autres. Après la sortie de l’âme, l’âme ne va pas s’anéantir, elle va demeurer. Allah ta^ala a créé l’âme pour qu’elle reste. Les corps sont de deux catégories. Il y a des corps que Allah a créés et ils seront anéantis. Ils seront assimilés par la terre et vont disparaître. Et il y a des corps que Allah a créés et qui vont rester comme les corps des prophètes, et des martyrs qui sont morts dans le combat. Et également, autres que les prophètes et les martyrs, ceux pour qui Allah a voulu cela, comme certains saints et des créatures particulières pour qui Dieu a voulu cela.

 

La base des sujets obligatoires sur le plan de la connaissance, c’est-à-dire, ce qui est indispensable pour la validité de l’Islam et de la foi, c’est de connaître Allah et de connaître Son Messager. C’est cela la base de la religion sans laquelle la personne n’est pas croyante et n’est pas musulmane. Celui qui a réalisé cette connaissance, et qui a adhéré de manière catégorique, c’est-à-dire sans hésitation, sans aucun doute, c’est un musulman, c’est un croyant. Mais il ne sera un musulman accompli, que s’il fait tous les devoirs, tout ce que Allah a ordonné de faire. Et qu’il évite tout ce que Allah a interdit de faire. Les savants ont donné une règle : (Al-^ilmou awwalan thoumma l-^amal), « la connaissance d’abord ensuite les œuvres ». La connaissance dans ce contexte, cela concerne le fait de connaître Allah et de connaître Son Messager. C’est pour cela que les savants ont dit : « la science avant les œuvres. » Car les œuvres ne sont correctes que par la science, sans la science les actes et les pratiques, ne peuvent pas être correctes. Allah tabaraka wata^ala dit, dans sourate Mouhammad, verset 19 :

 

فَاعْلَمْ أَنَّهُ لا إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَاسْتَغْفِرْ لِذَنبِكَ وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ

(fa^lam ‘annahou la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wastaghfir lidhanbika walilmou’minina wal-mou’minat) ce qui signifie : « Sache qu’il n’est de Dieu que Dieu et demande le pardon pour ton péché et en faveur des croyants. »

 

Dans ce verset, Allah a fait que la connaissance a été cité en premier. La connaissance ici englobe la connaissance des fondements de la croyance et le fondement de la croyance, c’est de connaître Allah soubhanah wata^ala. Et lié à cela, la connaissance de Son Messager. Parmi les obligations que Allah a ordonné à ses esclaves de faire, il y a l’apprentissage de cette science qui est la science des fondements de la religion. Également, la science des lois, la science des jugements comme la connaissance des lois de la prière pour pouvoir l’accomplir de manière de correcte, conformément à ce que Dieu a ordonné et le reste des œuvres dont le musulman ne peut se passer du fait que ce soient des obligations d’ordre personnelle pour toute personne responsable. Celui qui a appris les fondements de la croyance, qui a appris la science indispensable de la religion, qui se rapporte aux œuvres pratiques et aux actes d’adoration pratiques, comme la prière, quels sont ses devoirs, quelles sont ses causes d’annulation et qui a appris les jugements du jeûne, quelles sont les obligations du jeûne, quelles sont les causes d’annulation du jeûne. Celui-là, aura accompli une partie de ce que Allah lui a ordonné de faire.

 

Dans sourate Al-Baqarah, verset 282 :

 

وَاتَّقُواْ اللهَ وَيُعَلِّمُكُمُ اللهُ

(wat-taqou l-Lah wawou^allimoukoumou l-Lah)

 

Cela veut dire : Accomplissez ce que Je vous ai ordonné de faire. Que ce soit les connaissances ou les œuvres, accomplissez cela et, évitez ce que Je vous ai interdit de faire, que ce soit des actes du cœur ou des actes du corps.

 

Celui qui agit ainsi, Allah tabaraka wata^ala l’honorera par des connaissances que l’on appelle (al-^ilm l-ladounniyy), la science qui est accordée par Allah. Lorsque l’esclave croyant apprend ce que Allah lui a ordonné d’apprendre comme science indispensable et qu’il œuvre, et qu’il est sincère. Il agit ainsi uniquement pour gagner l’agrément de Dieu. S’il arrive à ce niveau, alors il sera apte à recevoir, cette science ladounniyy. C’est une science qui déborde, qui arrive directement dans le cœur de l’esclave croyant qui est pieux, c’est-à-dire sans qu’il n’apprenne par transmission. Mais s’il n’arrive pas au degré de la piété, c’est-à-dire s’il n’accomplit pas tout ce que Allah a ordonné de faire, y compris l’apprentissage de la science de la religion qui fait partie des obligations, s’il n’est pas ainsi, l’esclave n’aura aucune part dans cette science ladounniyy.

 

Beaucoup de gens vivent dans l’erreur, et se gourent. Ils n’apprennent pas le minimum indispensable de la science de la religion mais ils accomplissent l’image de la prière, l’image du jeûne, l’image de la zakat, l’image du pèlerinage. Ils vont souvent dans les mosquées et multiplient les aumônes et ils pensent à tort, malgré leur ignorance de ce qui est indispensable de la science de la religion, ils pensent à tort qu’ils sont devenus aptes pour avoir cette science ladounniyy sans apprentissage. Ils disent mais nous nous faisons tout le temps la prière, nous faisons tout le jeûne, nous donnons tout le temps la zakat, nous donnons beaucoup d’aumônes, nous faisons beaucoup de récitation du Qour’an, d’évocations. Ils peuvent dire nous suivons telle tariqah, donc, nous sommes aptes à avoir cette science ladounniyy, et ils vont se croire aptes à avoir du kachaf, le dévoilement, des secrets qui sont cachés. Car à certains waliyy Allah leur dévoilent certaines choses cachées. Eux croient qu’ils sont arrivés à ce degré sans être passé par l’apprentissage du minimum de la science de la religion. Ces gens-là se gourent, et cette erreur va les mener à un grand danger.

 

Ces gens-là, pensaient que la piété était seulement d’accomplir l’image des œuvres, de la prière, du jeûne, de la zakat, de multiplier les aumônes et d’aller souvent à la mosquée. Ils pensent que c’est cela la piété. Mais ils se trompent. Ce n’est pas cela le critère qui indique la piété. C’est pour cela que beaucoup de personnes, qui se réclament de certaines voies soufiyy, de certaines tariqah, pensent qu’ils sont devenus aptes à cela. Ils se basent sur leurs illusions, sur leurs idées passagères. Alors que les saints, les saints véritables, accomplis, ceux qui ont suivis ce chemin, c’est-à-dire d’accomplir tous les devoirs et d’éviter tous les interdits, et parmi les devoirs, l’apprentissage du minimum indispensable de la science de la religion, dont aucune personne responsable ne peut se passer. Malgré, cela les saints ne se basent pas sur leurs idées passagères, mais même s’ils ont quelque chose qui vient à eux, ils se basent sur les critères de la religion, du livre de la Sounnah, c’est-à-dire le Qour’an. Ils évaluent ce qui leur vient à l’esprit par le Qour’an et les hadith, c’est à dire que si ce qui leur a traversé l’esprit est conforme au Qour’an et au hadith, alors ils sont contents et si cela est contraire alors ils le rejettent.

 

L’imam Al-Jounayd ‘Abou l-Qasim Al-Baghdadiyy, le soufiyy, il a été rapporté de lui qu’il a dit : « Il se peut que j’aie une pensée, (c’est à dire, parmi les pensées qui arrivent aux Saints), mais je ne l’accepte qu’après l’avoir confronté au hadith et au Qour’an. » Si cette pensée est conforme au Qour’an et au hadith, je le prends en considération, sinon je ne la prends pas en considération. Et les savants des fondements de la croyance ont dit l’intuition du Saint n’est pas une preuve. La preuve reste toujours le Qour’an et le hadith. Donc quand le moujtahid prend connaissance d’une question à laquelle il est confronté ou quelqu’un d’autre y est confronté et qui n’a pas fait l’objet d’un texte, alors il a l’aptitude de lui extraire le jugement à partir du Qour’an et du hadith, en fonction de sa capacité, de son effort et de sa compréhension que Allah lui a accordé. Et celui qui n’est pas moujathid, n’a pas à déduire des jugements de lui-même. Il n’a pas la légitimité, il n’a pas l’aptitude ni la légitimité d’essayé de déduire un jugement pour des évènements que cela soit des événements auxquels il est lui-même confronté ou d’autres que lui sont confronté et qui sont venus lui poser des questions. Il n’a pas à donner des fatwah, ni pour lui-même, ni pour autrui, c’est interdit. Car le Messager de Allah, nous a indiqué que parmi ceux qui entendent le Qour’an, ou le hadith, il y deux catégories de gens.

 

Il y a des gens qui peuvent simplement rapporter les termes qui ont entendus. Leur part est de transmettre les termes, c’est le cas de la plupart des musulmans. Et, il y a une autre catégorie qui a une part plus grande, c’est que Allah leur a donné une capacité intellectuelle très forte, de sorte à ce qu’ils soient capables d’extraire des jugements pour des questions à partir du Qour’an et du hadith. Des questions qui n’ont pas fait l’objet d’un texte, mais il y a allusion à ses questions par une indication dans le Qour’an ou dans le hadith.

Il n’est pas permis de se baser sur des pensées, de sortes à ce que ces pensées, soient des preuves légales mais la référence pour ce qui est des jugements c’est de se référer aux moujtahid. Pour celui qui n’est pas moujtahid, il se réfère à celui qui est moujtahid.

Les priorités envers les parents

Posted in cours général,Exhortation,islam,jurisprudence,parents par chaykhaboulaliyah sur août 28, 2018

Parmi les manifestations de bienfaisance envers les parents car il est un devoir dans l’Islam d’agir avec bienfaisance avec les parents, il y a le maintien des relations de son père après le décès de son père. C’est-à-dire avec ses amis, il va leur rendre visite après la mort de son père, ou en agissant en bien avec eux. Et aussi, pour la mère, avec les amies de sa mère, ceux avec qui elle affectionnait avant de mourir, en agissant avec bienfaisance et en leur rendant visite. Notre Prophète Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

إن من أبر البر أن يبر الرجل أهل ود أبيه بعد أن يولي

 

ce qui signifie : « Parmi les plus grandes manifestations de bienfaisance envers ses parents, c’est que l’homme entretienne les relations avec les relations de son père après le décès de son père. »

Et parmi la bienfaisance avec les parents, c’est de leur rendre visite après leur mort auprès de leur tombe. De leur faire des invocations auprès de leur tombe. Alors celui qui veut être bienfaisant envers ses parents, qu’ils leur obéissent dans toutes les choses indifférentes ou sinon la majorité. « Quand est-ce qu’il est un devoir d’obéir dans ce qui est de l’ordre de l’indifférent à ses parents ? C’est lorsque la désobéissance entraîne un grand chagrin dans le cœur de ses parents. S’il ne leur obéit pas, cela leur brise le cœur qu’il ne leur obéisse pas. Mais si cela n’arrive pas jusqu’à ce point-là, au point d’être chagriné alors ce n’est pas un devoir d’obéir dans des choses indifférentes. Les savants ont donné un exemple, si le fils allait voyager et que l’un des deux parents, le père ou la mère, lui dit : non ne part pas en voyage. Et que ce voyage, ne comporte pas de nécessité. Dans ce cas, il devra abandonner son voyage, si ses parents se retrouvaient profondément chagrinés s’il partait. Il doit leur obéir dans ce cas. Un autre cas : si le père ou la mère ne voulait pas que son fils ou sa fille, ne sorte pas de la maison sans autorisation, et que s’il sortait sans autorisation cela les affecterait profondément, cela les chagrinerait profondément et que cela peut entraîner une déprime, dans ce cas, il ne leur est pas permis de sortir sans leur autorisation. Sortir dans ce cas-là, compte même parmi les grands péchés. La gravité de la désobéissance est fonction de la nuisance relative et proportionnelle à la nuisance, au tort chez les parents.

 

Et si le père ou la mère a demandé à leur fils, quelque chose d’indifférent, comme faire la vaisselle, ou de ranger la chambre, ou chauffer le repas ou préparer le thé ou ce qui est de cet ordre. Et que s’ils ne le font pas et que cela va entrainer un grand chagrin ou un grand tort dans le cœur du du père ou de la mère, alors il tombe dans le péché. Il a désobéi à Dieu en s’abstenant de faire cela.

Allah ta^ala dit dans sourate Al-‘Isra verset 23-24 :

 

وَقَضَى رَبُّكَ أَلاَّ تَعْبُدُواْ إِلاَّ إِيَّاهُ وَبِالْوَالِدَيْنِ إِحْسَانًا إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِندَكَ الْكِبَرَ أَحَدُهُمَا أَوْ كِلاَهُمَا فَلاَ تَقُل لَّهُمَآ

أُفٍّ وَلاَ تَنْهَرْهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوْلاً كَرِيمًا {23} وَاخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ الذُّلِّ مِنَ الرَّحْمَةِ وَقُل رَّبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا

 (waqada  rabbouka ‘al-la ta^boudou il-la iyyahou wabil-l walidayni ‘ihsana ‘imma yabloughanna ^indaka-l-kibara ‘ahadouhouma ‘aw kilahouma fala taqoul lahouma ‘ouffin wala tanharhouma  waqoul lahouma qawlan kariyman wakhfid  lahouma janaha dh-dhoulli mina r-Rahmati waqoul Rabbi r-hamhouma kama rabbayaniyy  saghira)

 

            Allah a ordonné à Ses esclaves quelque chose de catégorique, à savoir de ne l’adorer que Lui. Et Il nous a ordonné la bienfaisance envers les parents.

Et Ibnou ^Abas a dit : « Quand tu es en présence de tes parents, ne secoue pas tes vêtements, de crainte que la poussière ne les atteigne. »

 

Allah a même interdit dans le Qour’an de dire à ses parents, « ouf », c’est à dire celui qui souffle. C’est une onomatopée qui indique une exaspération. Si cela est interdit, que dire de ce qui est plus grave, de hausser la voix, de taper ou de claquer la porte.

 

Allah ordonne dans, sourate Al ‘Isra, verset 23-24,

« De ne l’adorer que Lui et a ordonné la bienfaisance envers les parents et Il a interdit de leur dire « ouf », et Il a interdit de les réprimander », c’est-à-dire de leur interdire de faire quelque chose qui ne te plait pas alors qu’eux aiment faire cette chose-là. Nous n’avons pas à leur dire : « non, tu ne peux pas faire telle chose » alors qu’ils aiment la faire et que ce n’est pas interdit, même si cela ne nous plaît pas.

 

            « Et parle leur avec des paroles douces », c’est-à-dire parle-leur avec des paroles douces, avec des belles paroles quand tu t’adresses à tes parents, c’est-à-dire recherche, utilise le bon comportement avec tes parents.

 

            « Sois humble avec tes parents », tellement tu as de la miséricorde pour eux. Tellement tu as de la tendresse pour eux, quand ils vont devenir âgés et qu’ils vont avoir besoin de toi le jour où, ils seront dans une faiblesse physique. Sois humble et sois modeste avec eux. Ne sois pas rude, sois doux avec eux. Ne parle pas avec dureté.

 

            « Dis : Ô Seigneur, fait leur miséricorde tout comme ils m’ont élevé quand j’étais petit. » Beaucoup, se rendent compte de la valeur de leurs parents, quand ils ont des enfants.  Aussi, quand nous nous adressons à nos parents, nous ne les appelons pas par leur prénom, on les appelle par père ou mère. Les appeler par leur prénom est une mauvaise manière, un manque de respect. Et même si c’est quelqu’un qui est plus âgé que toi, tu utilises un titre pour l’appeler d’une manière convenable. Nous ne les appelons pas par leur prénom, comme c’est l’usage dans certains pays, qui n’ont pas cet enseignement des règles de comportement de notre belle religion.

 

Al-Hakim, ainsi que At-Tabaraniyy et Al-Bayhaqiyy, dans ses Chou^ab ont tous rapporté du Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, qu’il a dit :

رضا الله في رضا الوالدين وسخط الله في سخط الوالدين

ce qui signifie : « Tu gagnes l’agrément de Dieu quand tes parents t’agrée, quand ils sont satisfaits de toi. Et tu encoures le châtiment de Dieu, si tes parents sont insatisfaits de toi. »

 

D’après Bahz Ibni Hakim, d’après son père, et d’après son grand-père, que Allah les agrée, il a dit : j’ai demandé : « Au Messager de Dieu : Quelle est la personne qui mérite le plus que je sois bienfaisante avec elle ? Et le Messager de Allah a répondu : ta mère. Et le compagnon a dit, ensuite qui ? Le Prophète a répondu, une deuxième fois : ta mère. Le compagnon a répondu : ensuite qui en troisième position ? Le Prophète a répondu :  ta mère.  Et il lui a dit ensuite qui ? Il lui a dit : ton père. En quatrième position. Puis de proche en proche. » Ce hadith a été rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy, et a été jugé haçan.

 

On comprend de ce hadith la priorité de la mère sur le père concernant la bienfaisance. Si la mère demande à sa fille ou à son fils quelque chose, et que le père demande autre chose, un ordre différent, de sorte que s’il obéissait à l’un des deux, l’autre serait en colère. Alors il priorise la mère, dans ce cas. Voilà la règle de la religion. Voilà ce que le Prophète nous a enseigné.

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