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Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Baqarah

Posted in Coran,Histoire,islam,Livre,musulman,Quran,tafsir par chaykhaboulaliyah sur Mai 19, 2026

D’après Abū Umāmatah (qui est un compagnon du Prophète) que Dieu l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire (ce qui signifie) : récitez le Qur’ān car il intercèdera en faveur de ceux qui le récitent au Jour du jugement. Récitez az-zahrawayne qui sont al-baqarah et āli ʿimrān, elles viendront au Jour du jugement comme si c’était deux nuages ». Rapporté par Muslim.

Cela ne veut pas dire que le Qur’ān   est un être vivant qui va venir mais cela veut dire que la récompense de la récitation sera en faveur de la personne au Jour du jugement. Donc le Prophète a incité à réciter ces deux sūrat, il les a appelées az-zahrawayne, il a qualifié ces deux sourates de fleurs. Vous savez qu’au Jour du jugement le soleil va se rapprocher de la tête des gens, ceci est pour indiquer qu’elles vont protéger la personne au Jour du jugement. Il a été rapporté du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, que le fait de réciter sūratul-baqarah et āli ʿimrān sera comme deux nuages au Jour du jugement et Aḥmad ibnu Ḥanbal a dit : c’est-à-dire que ce sera la récompense qui viendra. Et là c’est une preuve qui indique qu’il a interprété par un autre sens que le sens apparent

Verset 1 : Ibnu ʿAbbās a dit : Dieu a juré par ces trois lettres (alif lām mīm) et il a donné une autre explication, qui signifie : « Moi, Dieu, Je sais plus que tout autre ». Et c’est cette deuxième explication qui a été donnée par ibnu Masʿūd et Saʿīd ibnu Ǧubayr.

Verset 2 : c’est une bonne guidée pour ceux qui font preuve de piété et la guidée c’est le chemin qui fait parvenir à la destination. Or les pieux sont déjà bien guidés. Ici c’est une demande pour qu’ils soient augmentés encore en bonne guidée. C’est une demande pour renforcer ce qui est confirmé en eux et pour le prolonger. Ils sont sur la piété et ils demandent à être augmentés sur la piété. Comme lorsque nous disons « ihdina ṣ-ṣirāṭa l-mustaqīm » qui signifie « guide-nous sur le droit chemin ». Or nous sommes sur le droit chemin, du fait que nous sommes musulmans ; c’est-à-dire « fais que nous persévérions sur ce chemin », c’est-à-dire « augmente-nous en bonne guidée ».

Qui est le pieux, al-muttaqiyy ? Le pieux, dans la Loi de l’Islam, c’est celui qui se protège. Dans le mot- taqwā- il y a le mot – wiqāyah – qui est la protection. Le mot « pieux » a une racine linguistique dans la langue arabe similaire au mot « protection ». Il se protège de faire ce qui fait mériter la punition, que ce soit faire ou délaisser. Le pieux est celui qui accomplit les devoirs et qui évite les péchés. Comme Dieu nous a annoncé à propos de ce livre qu’il est une guidée pour les pieux, Il nous informe par cela que ce livre est une certitude, qu’il n’y a pas de doute à son sujet et que c’est une vérité, qu’il n’y a pas de faux dans ce Livre.

Verset 3 : ceux qui croient au ġayb. C’est-à-dire ceux qui reconnaissent la véridicité en le « ġayb ». La racine du mot « ġayb » c’est « ġāba » qui signifie s’absenter c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose que l’on connait. C’est-à-dire que les pieux croient en la véridicité de ce que leur prophète leur a annoncé, à propos de choses qu’ils n’ont pas vues, que ce soient les sujets de la résurrection ou du rassemblement ou de l’exposition des actes et autres. C’est une preuve de leur foi, ils croient en ce que leur dit le prophète, lui qui ne parle pas sous l’effet de ses passions, mais c’est bien par révélation. La foi qui est correcte c’est de reconnaitre par la langue et de croire par le cœur.

Wa yuqīmūna ṣ-ṣalāh : « yuqīmūna » provient de « iqāmah », le fait d’être debout. Ces pieux accomplissent la prière, ils persévèrent à la faire. Il a exprimé le fait de faire la prière par le fait de se lever pour l’accomplir, parce que la position debout pour accomplir la prière est un des piliers de la prière. Ici le sens est « ceux qui accomplissent la prière dans son temps ».

Ceux qui donnent à partir de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Cela signifie « ils donnent l’aumône, la zakāt et autre que cela ».

Verset 4 : et ceux qui croient en ce qu’il t’a été révélé. Ce sont toujours des qualificatifs des pieux. Il s’agit des croyants des gens du Livre, c’est-à-dire qui étaient juifs et chrétiens et qui sont devenus musulmans, comme ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām qui était le savant des juifs à Médine. Quand il a voulu annoncer son islam, le Prophète a invité les juifs à Médine et leur a dit : « que dites-vous de ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām ? » et celui-ci était resté dans un endroit où ils ne le voyaient pas et ils ne savaient pas qu’il était entré en islam. Ils ont dit : « c’est notre savant, c’est le fils de notre savant ». Quand le Prophète lui a dit d’annoncer aux juifs qu’il était devenu musulman, ils l’ont renié, par orgueil.

Le Qur’ān est également une bonne guidée pour les pieux car ils ont cru en la totalité du Qur’ān.

Ils ont cru en ce qui a été révélé avant toi c’est-à-dire qu’ils ont cru en tous les livres qui ont été révélés aux prophètes.

Et qui croient avec certitude en l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils ne doutent pas ; la certitude ici est la connaissance parfaite qui ne comporte aucun doute ni aucune confusion. « Ayqana » c’est avoir la certitude.

Verset 5 : ces gens-là sont sur la bonne guidée. Et cette bonne guidée, c’est leur Seigneur qui la leur a accordée. Nous disons « lā ḥawla wa lā quwwata ʾillā bil-Lāh » c’est -à-dire que si nous accomplissons un acte d’obéissance, c’est grâce à Dieu et si on évite une désobéissance, c’est grâce à Dieu. Les pieux sont sur la bonne guidée mais c’est grâce à Dieu. C’est Dieu Qui a fait qu’ils sont sur la bonne guidée.

Et cette bonne guidée est de la part de leur Seigneur.

Ce sont ceux-là qui sont les gagnants. Ici al-falāḥ c’est-à-dire les gagnants qui vont gagner ce qu’ils ont recherché et qui vont être sauvés de ce qu’ils ont fui. Ils ont gagné le paradis qu’ils ont recherché et ils sont sauvés de l’enfer qu’ils ont fui. La réussite c’est d’atteindre l’objectif. Dans l’appel à la prière il y a « ḥayya ʿala l-falāḥ » c’est-à-dire la réussite. Al-mufliḥ c’est celui qui a réussi et qui a atteint son objectif. Regardez comment Allāh a attiré notre attention sur cette spécificité des pieux qui vont obtenir ce que nul autre n’obtiendra. Cette bonne guidée que les pieux ont eue, elle est confirmée pour eux, et elle confirme la réussite. La bonne guidée leur confirme la réussite. La définition de ceux qui réussissent, ce sont les pieux qui vont réussir dans l’au-delà. Les pieux seront victorieux. Nous demandons à Dieu qu’Il nous embellisse par la tenue des pieux et qu’Il nous rassemble au Jour du jugement dans le groupe de ceux qui ont été mentionnés au début de cette sourate.

Dieu a cité en premier les pieux et les vertueux, les saints, par des caractéristiques qui permettent de gagner Son agrément et Il a indiqué que ce Livre, le Qur’ān est une bonne guidée, puis Il fait suivre ce verset par la mention de leur opposé qui sont les rebelles, les obstinés, ceux qui ne profitent pas de la bonne guidée. Et ce sont les versets 6 à 10

Verset 6 : il débute par la mention de ceux qui ont mécru. Le mot « kafara » en arabe veut dire « couvrir », couvrir la vérité par le reniement, Ils ont refusé la vérité en la reniant. Ceux dont il est question ici sont des mécréants bien spécifiques, comme Abū Ǧahl et abū Lahab et leurs semblables, au sujet de qui Dieu a su qu’ils allaient mourir mécréants. C’est comme s’Il dit : ceux qui sont mécréants, c’est équivalent pour eux que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas. L’avertissement c’est de faire craindre le châtiment de Dieu en réprimandant les gens qui commettent des péchés.

La sagesse dans l’avertissement est de trois ordres, en sachant que dans ce verset, les mécréants, qu’ils soient avertis ou pas, cela revient au même :

 Premièrement c’est le fait d’établir une preuve contre eux. Ils ne pourront pas dire au Jour du jugement : Dieu, pourquoi Tu nous châties ? Pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager, on l’aurait suivi. Or, le messager a été envoyé mais eux, ils ne l’ont pas suivi.

Deuxièmement : pour que l’envoi des messagers soit pour tout le monde. Et qu’il ne soit pas uniquement pour ceux qui vont devenir croyants. Il y a, parmi ceux qui sont mécréants, ceux qui vont profiter de cet avertissement.

Troisièmement :  c’est pour que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām soit récompensé. Quand le prophète va avertir Abū Ǧahl et abū Lahab, il fait quelque chose que Dieu lui a ordonné de faire et il gagne des récompenses.

Verset 7 : Dieu a scellé leurs cœurs. Le sceau c’est de la cire qu’on met sur un manuscrit ou une lettre pour qu’on sache qu’elle a été ouverte. La cire va sécher et va se casser quand on va ouvrir la lettre.

Az-Zaǧǧāǧ a dit : le sceau – al-ẖatam- c’est la couverture car, pour s’assurer qu’une chose est bien fermée, il y a un sceau qui est apposé dessus, pour que personne n’en prenne connaissance.

Ibnu ʿAbbās a donné une explication semblable, il a dit : Dieu a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils ne comprennent pas le bien, ils ne saisissent pas cet avertissement que le Prophète leur a donné. C’est cela le sens. Cela veut dire que Dieu a refermé leurs cœurs de sorte que la mécréance qui est contenue dans leurs cœurs ne va pas s’échapper, ils vont rester mécréants et la foi ne va pas pénétrer dans leurs cœurs. Le résultat est que leur cœur va être ténébreux, obscur et étroit dans le corps de cet esclave, de sorte qu’il ne va pas être croyant tant que cette obscurité réside dans son cœur.

Le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy a dit : le cœur est le siège de la raison. Il a été appelé qalb parce qu’il « yataqallab », il change. Le cœur est le siège de la compréhension. Le cœur est ce morceau de chair qui a une forme conique qui est placé dans la partie gauche de la cage thoracique.

Dans le Qur’ān, Allāh taʿālā dit ce qui a pour sens : ne vont-ils pas se déplacer sur terre, n’ont-ils donc pas des cœurs par lesquels ils peuvent comprendre ou des oreilles par lesquelles ils peuvent entendre ? Dieu a fait que la compréhension a lieu par le cœur tout comme l’audition a lieu par l’oreille. Allāh nous apprend que leurs cœurs ont été scellés.

Et Il a placé comme une couverture, une couche qui recouvre leur audition et leur vue. Al-baṣar c’est la lumière des yeux, c’est ce par quoi la personne voit. Et Al-baṣīrah c’est la lumière du cœur, c’est ce qui permet d’apprendre et de comprendre. C’est comme si c’était deux caractéristiques que Dieu a créées, dans lesquelles il y a l’instrument qui permet de voir et de comprendre.

Et al-ġišawah c’est-à-dire une couverture, une fine couche sur quelque chose. Le šayẖ l’imām abū Manṣur fils d’Aliyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : lorsque le mécréant n’a pas voulu entendre la parole de vérité, qu’il a refusé de l’entendre, lorsqu’il n’a pas observé son propre état, il n’a pas médité sur sa propre réalité, ni à propos de la réalité des autres créatures, il n’aura pas vu les manifestations de l’entrée en existence. Regardons autour de nous, tout ce que nous voyons, ce sont des choses qui sont entrées en existence, elles n’existaient pas puis elles ont existé. Nous concluons après avoir vu l’existence de ces choses qui sont entrées en existence qu’il est indispensable qu’il y ait un créateur qui les a fait exister. Comme ce mécréant a refusé de faire cette réflexion-là, c’est comme si, sur sa vue et son ouïe, il y a un voile, même si ce n’est pas au sens propre. Et ceci est une preuve que l’audition intervient ici.

Ils auront un châtiment éminent. Parfois il y a le mot « ʿaẓīm » qu’on traduit par « éminent » et le mot « kabīr » qui est traduit par « grand ». Dans le verset c’est le mot « ʿaẓīm » qui est employé. « Eminent » est le contraire de méprisable et « grand » est le contraire de « petit ». C’est comme si « éminent » est au-dessus de « grand » tout comme méprisable est plus petit que « petit ». Ici Dieu blâme ces mécréants qui n’ont pas fait cette réflexion. C’est comme si, sur leurs yeux, il y avait une sorte de couverture, mais pas la couverture que les gens connaissent, c’est une couverture de ceux qui feignent ne pas voir les signes des versets de Dieu et ils auront des douleurs car ils vont subir un châtiment éminent dont Dieu seul sait la réalité.

Verset 8 : il y a parmi les gens ceux qui disent « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier » mais en réalité ce ne sont pas des croyants. Allāhu subḥānahu wa taʿālāa débuté cette sourate en mentionnant ceux qui vouaient pour Dieu une adoration sincère, c’est-à-dire ceux qui n’adorent que Dieu et ne Lui attribuent pas d’associé, c’est-à-dire ceux dont les cœurs ont été conformes à leurs paroles. Ils disent qu’ils sont croyants et dans leurs cœurs, ils sont véritablement croyants.

Puis Il a cité ceux qui sont mécréants, ceux qui sont mécréants par leur cœur et par leurs paroles c’est-à-dire qu’ils étaient mécréants dans leurs cœurs et ils disaient qu’ils étaient mécréants. Dans ce verset numéro 8, Allāh mentionne les hypocrites, ceux qui disent par leur langue qu’ils sont croyants mais leurs cœurs ne sont pas conformes à ce qu’ils disent. Et ce sont les plus mauvais, les plus malins parmi les mécréants, parce qu’en plus de la mécréance, ils ont rajouté la tromperie et la moquerie. C’est à leur sujet qu’a été descendue par révélation la parole d’Allāh qui signifie : certes les hypocrites seront aux fins fonds de l’enfer.

EtMuǧāhid que Dieu l’agrée a dit : il y a au début de cette sourate, 4 versets pour la mention des croyants puis 2 versets pour la mention des mécréants et 13 versets à propos des hypocrites. Allāh les a dévoilés pour leur reniement, leur malignité, leur impudence. Et Il les a cités par leur ignorance, Il les a rabaissés et les a surnommés sourds, muets, aveugles. Ceci au sens figuré : sourds parce qu’ils n’entendent pas la vérité, muets parce qu’ils ne disent pas la vérité (ils ne prononcent pas les deux témoignages) et aveugles parce qu’ils ne voient pas la vérité. Et Dieu les a qualifiés par des qualificatifs abominables.

Et la foi est définie comme suit : Ahlu s-sunnah (les sunnites) a défini la foi par le fait de reconnaitre par la langue et croire par le cœur. Reconnaitre les deux témoignages et croire au sens des deux témoignages.

Verset 9 : ils trompent le Messager de Dieu (car Dieu sait la réalité des choses, nul ne Le trompe) c’est-à-dire qu’ils donnent une apparence autre que ce qu’il y a dans leurs cœurs. L’apparence qu’ils donnent est qu’ils sont des croyants alors que dans leurs cœurs ce n’est pas le cas, donc ils dupent. La définition de la duperie c’est de montrer autre que ce qu’il y a dans le cœur.

Et ils trompent ceux qui sont croyants. Ils donnent l’apparence qu’ils sont croyants, tout en ayant la mécréance dans leurs cœurs. Quel était leur intérêt dans cette hypocrisie ? Pour qu’ils ne soient pas combattus comme étaient combattus les autres mécréants. Et pour qu’il leur soit appliqué les lois relatives aux musulmans. Et d’obtenir une part des butins. Et d’autres raisons encore. Ces gens-là prononçaient les témoignages mais dans leurs cœurs, ils avaient de la mécréance. Du fait qu’ils prononçaient les témoignages, il leur est appliqué les jugements relatifs aux musulmans. Et ils obtiennent une part des butins. Et ils sont enterrés dans les cimetières des musulmans. Et il y a d’autres intérêts dans ce qu’ils font.

Et en réalité ils ne se dupent qu’eux-mêmes c’est-à-dire que si les croyants se comportent avec eux de cette manière, en réalité ils ne se trompent qu’eux-mêmes, parce que leur réalité se retournera contre eux. Leur réalité est qu’ils sont des mécréants. Et le châtiment qui est réservé aux mécréants va leur être appliqué. Quelle est la résultante de cette duperie ? C’est le châtiment dans l’au-delà et c’est eux qui vont le subir. Donc en réalité c’est comme s’ils se sont dupés eux-mêmes. Cette tromperie va les toucher eux uniquement, elle ne va pas toucher d’autres qu’eux.

Et ils ne s’en rendent pas compte. Ils ne le ressentent pas. Le ressenti c’est la perception des choses grâce aux sens. L’être humain ressent grâce à ses sens. Cette nuisance qui leur parvient est comme quelque chose qu’ils vont sentir. Et comme ils ne sentent pas qu’ils sont en train de se tromper eux-mêmes, c’est comme si le fait qu’ils persistent dans leur insouciance et leur hypocrisie, c’est comme si quelqu’un ne sentait pas. Car la réalité de cette tromperie est un châtiment pour eux.

Verset 10 : il y a dans leurs cœurs une maladie. C’est-à-dire le doute concernant la véracité de cette foi et l’hypocrisie. Parce que le doute est l’hésitation entre deux choses et l’hypocrite est quelqu’un qui est dans l’hésitation. Dieu a fait qu’il y a dans leurs cœurs une maladie, c’est-à-dire une faiblesse qui les prive de victoire, une impuissance qui les prive de pouvoir et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal en raison de leur mensonge. Ils ont menti quand ils ont dit : « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier ». La définition du mensonge est toute information à propos d’une chose contrairement à sa réalité.

Verset 11 : et s’il leur est dit « ne semez pas la corruption sur terre ». La corruption -al-fasād – c’est faire en sorte qu’une chose soit dans autre que son état de droiture, dans un état autre que ce qui est profitable. Et c’est le contraire de la chose qui est correcte – aṣ-ṣalāḥ- la vertu qui est le fait d’être dans un état de droiture avec un profit. La corruption sur terre, ici c’est-à-dire la provocation des guerres et des zizanies ce qui entraine le délaissement de la droiture pour l’état des gens, pour les plantations et en général pour tout ce qui est bénéfique, religieusement et dans le bas monde. Quelle était la corruption des hypocrites sur terre ? C’est qu’ils se rapprochaient des mécréants et les remontaient (incitaient au mal) contre les musulmans, en divulguant leurs secrets et en les entrainant contre les musulmans, ce qui provoquait la zizanie entre eux.

Ils répondent : mais nous, nous sommes au contraire des gens qui réparons et corrigeons. Ils disent : nous sommes des gens qui rapprochent les croyants et les mécréants. Ils prétendent que cette caractéristique de conciliation leur est acquise, sans aucun doute d’aucune manière que ce soit et qu’il n’y a pas de corruption dans ce qu’ils font.

Verset 12 : en réalité ce sont eux les corrupteurs mais ils ne s’en rendent pas compte. Dieu leur a répliqué : ils ne se rendent pas compte que ce sont des corrupteurs, Il leur a répliqué contre leur prétention que ce sont des gens qui corrigent, des gens qui veulent le bien, d’une manière très éloquente, qui indique qu’ils méritent un grand châtiment.

Verset 13 : s’il leur est dit « soyez croyants tout comme les gens l’ont été » c’est-à-dire « ayez foi en Dieu et en Son Messager tout comme les gens ont été croyants ».

Le conseil a été donné à ces hypocrites à deux reprises dans les versets 11 et 13 de deux points de vue : le premier afin qu’ils se rendent compte combien est laide leur position, combien elle est loin de la vérité et elle entraine à la corruption. Et le deuxième c’est de leur faire prendre conscience du bienfait de revenir sur leur position et d’être croyants tout comme les gens sont croyants. C’est pour leur montrer le chemin le plus droit pour eux, le meilleur chemin pour eux et pour ceux qui sont dotés de raison, qui est de croire en Dieu et en Son Messager.

 Mais leur réponse est qu’ils ont préféré rester sur leur ignorance et ils ont accusé ceux qui leur ont donné le conseil de stupides. Il y a dans ce verset une incitation à la patience pour celui qui est savant face à la réaction des ignorants.

Tout comme les gens ont cru : ici il s’agit du Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et ceux qui étaient avec lui.

Ils ont dit : voulez-vous que nous soyons croyants comme les gens stupides l’ont été ? Ils les ont jugés idiots alors que ce sont ceux qui sont croyants qui sont censés. Donc ces hypocrites, en raison de leur ignorance, ils ont cru que la voie qu’ils suivaient était la vérité et que tout autre que cette voie était fausse. Et celui qui a adhéré au faux est quelqu’un de stupide. La stupidité est un manque dans la raison, une légèreté dans la raison.

En réalité, ce sont eux les stupides mais ils ne s’en rendent pas compte. Que Dieu nous préserve du mauvais état.

Verset 14 : lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent nous sommes croyants. Ils dénigraient les croyants, ils faisaient croire qu’ils étaient avec eux, comme s’ils étaient des amis.

Et lorsqu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān. C’est lorsqu’ils ne sont pas en présence des autres mais qu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān, ici c’est une métaphore, c’est -à-dire ceux qui étaient comme les véritables šayṭān, qui ont été en accord avec leur šayṭān, c’est-à-dire les yahūd, les mécréants des descendants de Isrāʾīl.

Ils leur disent : non, en réalité nous sommes avec vous. Ici il y a une explication : ils ont utilisé une figure de style quand ils se sont adressés aux croyants et une autre figure de style quand ils se sont adressés aux mécréants, pour indiquer qu’ils ne pouvaient pas montrer leur réalité puisque ce sont des hypocrites qui vivent parmi les musulmans. Ils vivaient à Médine entre les émigrants et les partisans. Ce sont des gens qui voulaient faire croire aux croyants qu’ils étaient comme eux alors qu’en réalité ils ne l’étaient pas et quand ils se retrouvaient seuls avec les mécréants, ils leur faisaient croire qu’ils étaient avec eux et c’était vrai.

Et nous ne faisions que nous moquer des croyants. C’est pour insister sur la première partie et montrer qu’ils étaient sur la religion des yahūd. Ceci est une réfutation de l’islam. Ces gens-là rejetaient l’islam. Ils repoussent l’éventualité qu’ils soient sur l‘islam. Parce que celui qui dénigre une chose, il la renie et il repousse le fait qu’il la prend en compte. Celui qui rejette une chose et s’en moque, c’est une insistance au-delà du simple rejet. Ils repoussent le fait d’être croyants donc cela confirme le fait qu’ils soient mécréants. Donc repousser le contraire d’une chose confirme ce contraire.

Verset 15 : Dieu les rétribue pour leur moquerie (on ne dit pas que Dieu se moque d’eux). Même si la rétribution de leur moquerie a été appelée « istihzāʾ » qui est le même mot, c’est pour indiquer que Dieu les punira mais le sens propre de l’istihzāʾ n’est pas possible au sujet de Dieu parce que la moquerie est motivée par l’absurdité et Dieu est exempt de l’absurdité. Dans le fait d’appeler leur punition du même nom que ce qu’ils ont fait, c’est pour dire que ce que Dieu leur fera parvenir, c’est le summum qui puisse leur arriver comme punition, humiliation et rabaissement.

Comme les punitions et le châtiment que Dieu leur fait subir s’abattent sur eux étapes par vagues (ils ont une épreuve puis une autre puis une autre)

Dieu leur donne du répit dans leur mécréance, ils s’enfoncent encore et encore. Avec le temps, Dieu leur donne du répit et ils augmentent avec leur mécréance, ils s’enfoncent davantage.

Verset 16 : ils ont acheté l’égarement en payant la bonne guidée. Ils ont échangé la bonne guidée par l’égarement, ils ont choisi l’égarement au lieu de choisir la bonne guidée. Pourquoi ont-ils fait cela alors qu’ils n’étaient même pas sur la bonne guidée ? Parce qu’ils vivaient avec des gens qui étaient croyants et eux, étaient mécréants. L’égarement est un mot qui indique quelqu’un qui a perdu son chemin. Ces gens-là n’ont pas suivi le chemin qui mène à la bonne guidée.

Leur commerce n’est pas gagnant. Le bénéfice est ce qui est au-delà du capital.Le commerce est l’activité du commerçant qui est celui qui achète et qui revend dans l’objectif de faire du bénéfice. Ici, attribuer un bénéfice suite à un commerce est dans un sens figuré. Ils n’ont pas fait de bénéfice. Le début du verset est au sens figuré et la suite également. C’est pour insister que cela est bien un sens figuré et non pas un sens propre.

Et ils n’ont pas été bien guidés. Ils n’ont pas connu les voies correctes du commerce parce que les commerçants qui savent gérer leur commerce, savent ce qui risque d’entrainer des bénéfices ou des pertes. Ils n’ont pas su gérer. Le sens est que le commerçant veille à préserver son capital et à faire du bénéfice. Mais eux, ils n’ont eu aucun des deux. Le capital c’est la bonne guidée de l’islam. Or, eux, ils ont choisi l’égarement, donc ils n’ont pas de capital. S’il ne leur est resté que l’égarement, on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bénéfice, même s’ils ont obtenu certaines choses du bas monde. Parce que celui qui arrive à sauvegarder son capital, c’est comme s’il n’a pas eu de pertes. Le capital du musulman c’est la croyance du Prophète et des compagnons. Et grâce à Dieu, cette croyance des sunnites, elle est encore en nous. La majorité de ceux qui se disent musulmans, que ce soit en Afrique ou en Asie, en Amérique, ils sont encore sur cette croyance, la croyance du Prophète et de ses compagnons. Même s’il y a un manque dans les pratiques. Il y a un relâchement dans les pratiques actuellement.

Verset 17 : leur exemple est comme celui qui a allumé un feu. Comme Il les a dévoilés dans les versets précédents, (eux, ils montraient qu’ils étaient avec les croyants), Dieu a fait suivre les versets suivants par un exemple pour augmenter en dévoilement et pour compléter cette présentation. Et les exemples aident beaucoup à dévoiler la réalité et la compréhension. Et le fait de donner des exemples est fréquent dans les livres célestes. Il y a même dans l’évangile authentique tout un chapitre qui s’appelle les exemples. L’origine du mot « miṯl » c’est-à-dire « le semblable », c’est une situation semblable à cette situation-là. Si tu comprends cette situation et cette autre qui est semblable, et ainsi de suite, la première, tu vas bien la comprendre.

Leur état est comme celui qui a allumé un feu. An-Nasafīa dit que c’est une substance qui est impalpable mais notre šayẖ a dit que le feu est une substance qui est palpable comme l’eau, sauf que sa lumière est impalpable.

Lorsque le feu a éclairé les alentours, Dieu a fait que cette lumière disparaisse. Et ce que Dieu fait disparaitre, nul ne peut le faire venir.

Il les a laissés dans une obscurité et ils ne voient pas. L’obscurité est le contraire de la lumière. Dans quelle mesure ressemblent-ils à celui qui a attisé un feu ? Après l’éclairage, ils se sont retrouvés dans l’obscurité. Après la bonne guidée, ils se sont retrouvés dans l’égarement. C’est vrai que l’hypocrite n’a jamais été dans la lumière. Il se débat dans l’obscurité de la mécréance. Comme ils n’ont pas été dans la bonne guidée, comment peut-on dire qu’ils ont profité d’une lumière ?

Une première explication est qu’ils en ont un peu profité car, par la parole, ils disaient qu’ils étaient croyants.

Une deuxième explication est que, après cette parole par laquelle ils prétendaient qu’ils étaient croyants, ils se sont retrouvés dans l’égarement de l’hypocrisie et donc dans l’obscurité de l’hypocrisie, qui, elle, entraine l’obscurité de la punition éternelle, puisque la punition du mécréant est un châtiment qui est sans fin, que Dieu nous en préserve.

Verset 18 : Allāh les a qualifiés d’être sourds, muets et aveugles. C’est-à-dire que leurs sens étaient sains, ils n’étaient pas, au sens propre, sourds, muets et aveugles. Mais lorsqu’ils ont refusé d’entendre la vérité et de la prononcer, ils ont refusé de prononcer les deux témoignages et ils ont refusé de la voir, donc ils ont été comparés à des gens qui sont sourds, muets et aveugles. Ils ne vont pas revenir à la bonne guidée après l’avoir délaissée.

Verset 19 : Dieu compare l’islam à une pluie qui tombe à verse car la terre profite de la pluie tout comme les gens profitent de l’islam. Dieu a comparé la religion de l’islam à la pluie car les cœurs se revivifient grâce à l’islam, tout comme la terre se revivifie par la pluie.

Et Il a comparé les mécréants à l’obscurité et le tonnerre et l’éclair à la menace du châtiment que subit le mécréant. Et Il a comparé ce qui atteint les mécréants comme terreur et épreuves subies de la part des musulmans par la foudre qui tombe sur eux. Ce qui est cité dans ces versets est l’analogie de personnes qui ont été prises sous une tempête et qui ont enduré ce qu’ils ont enduré de cette tempête (l’orage, l’éclair, la foudre) sauf qu’il n’est pas cité ce qui ressemble à quoi exactement. Dieu a décrit la situation dans laquelle se sont retrouvés les hypocrites dans leur égarement et l’hésitation et la surprise dans laquelle ils se débattent. Il l’a comparée à l’étonnement et l’épreuve qu’ils subissent quand quelqu’un a eu son feu qui s’est éteint alors qu’il l’avait attisé auparavant en plein milieu de la nuit. Imaginez quelqu’un en plein milieu de la nuit qui allume un feu qui l’éclaire puis qui s’éteint. Donc il se retrouve dans un tel désarroi à l’image de ces hypocrites qui ont vu la foi (c’est l’analogie avec la lumière qui les a éclairés) sauf qu’ils n’en ont pas profité, comme celui qui a éteint son feu en plein milieu de la nuit.

Et le deuxième exemple comme celui qui se retrouve en plein milieu de la nuit obscure dans une tempête avec de l’orage, des éclairs, la peur de la foudre. Donc c’est comme l’hypocrite qui s’est retrouvé en pleine nuit exposé à tout cela. Et le deuxième exemple est encore plus éloquent que le premier parce que la situation est plus éprouvante. Car celui qui voit son feu qui s’éteint pendant la nuit, c’est certes éprouvant mais c’est plus supportable que celui qui est exposé pendant une nuit obscure à une tempête effroyable. Ce deuxième exemple a été cité après le premier, pour montrer la progression de leur état, de leur épreuve la moins grave vers la plus grave. Ils progressent du plus simple au plus difficile.

Cela veut dire que le récit de l’état des hypocrites est semblable à ces deux scénarios qui ont été mentionnés. Le premier qui est celui dont le feu s’éteint dans la nuit et le deuxième qui est en pleine obscurité et qui est exposé au tonnerre, aux éclairs et à la foudre. Les deux exemples représentent de manière indépendante l’état des hypocrites. Mais on peut également les représenter avec les deux exemples.

Puis on explique quelques mots de vocabulaire : « aṣ-ṣayyib » c’est la pluie qui se déverse en abondance et ce sont aussi les nuages qui sont appelés ainsi. Et dans ce verset, le mot « ṣayyib » est indéterminé, employé dans une forme indéfinie pour indiquer que c’est une pluie abondante, tout comme le feu dans le premier exemple était indéfini également.

L’auteur explique la composition du point de vue de la grammaire arabe. La mention de « aṣ-ṣayyib » et du ciel, en sachant que le « ṣayyib » ne provient que du ciel, c’est que « as-samāʾ » est déterminé, contrairement au mot « ṣayyib » : cela indique que le mot « ṣayyib » ici, ce sont des nuages qui viennent de l’horizon du ciel et dans cette composition, il y a une exagération pour montrer la gravité de la situation tout comme le mot « ṣayyib « est indéterminé. Il y a ici la preuve que les nuages viennent du ciel et que c’est de là que les nuages prennent leur eau.

Le mot « raʿd » est un son, que l’on traduit en français par « orage », c’est le son que l’on entend lorsque les nuages s’entrechoquent. Le mot « raʿd » désigne également un ange, l’ange qui conduit les nuages, tout comme dans le ḥadīṯ rapporté par at-Tirmiḏiyy. Cet ange conduit les nuages avec un miḥrāq : si on prend un bout d’étoffe et qu’on l’enroule, on frappe avec comme un fouet. Le Prophète a dit que « ar -raʿd » est un ange qui tient à la main un miḥrāq avec lequel il fouette les nuages pour les conduire d’une région à une autre.

Et le barq c’est ce qui brille, c’est l’éclair et baraqa signifie « briller ».

Il a qualifié aṣ-ṣayyib par la noirceur. Il a fait que ces nuages soient un lieu pour l’obscurité et si c’est pendant la nuit, c’est une double obscurité. Et s’il était visé par le mot « aṣ-ṣayyib » la pluie, alors cela indique que la pluie tombe à verse, les gouttes d’eau sont très rapprochées les unes des autres, c’est là qu’il y a une obscurité en plus de l’obscurité de la nuit. Il a fait que les nuages, c’est là qu’il y a le tonnerre et l’éclair et si c’est la pluie qui est visée, également.

Il a cité ces trois éléments qui sont « aṣ-ṣayyib », l’orage et le tonnerre.

Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles. Comme Il a cité le tonnerre, l’éclair et ce qui présage de leur intensité et de la gravité de cette situation, c’est comme si quelqu’un disait : comment étaient-ils dans pareille situation ? La réponse est : ils mettaient leurs doigts dans leurs oreilles tellement le bruit était fort. Il a cité les doigts mais pas les phalanges. Et généralement ce qu’on met dans les oreilles, c’est l’extrémité du doigt. Ici le doigt a été cité par extrapolation car dans le fait de citer les doigts, il y a une exagération qu’il n’y a pas dans les phalanges. À cause de l’intensité de la foudre, ils placent leurs doigts dans leurs oreilles.

Et la foudre est un éclat d’orage dans lequel il y a une quantité de feu qui descend. Lorsque les nuages sont frottés l’un contre l’autre, il se produit un feu très puissant qui ne touche pas une seule chose sans qu’elle ne le foudroie, sauf que ce feu-là, malgré son intensité, il ne dure pas longtemps. C’est-à-dire que s’il ne trouve pas quelque chose à consumer, il s’éteint rapidement. On dit que la foudre s’est abattue sur un palmier, elle en a brûlé la moitié puis elle s’est éteinte.

Par crainte de la foudre et de la mort. La mort est la détérioration de l’état du vivant ou c’est un état dans lequel on n’a plus de perception. C’est un état qui fait suite à l’état de la vie.

Et les mécréants sont sous la puissance de Dieu. Ils n’arrivent pas à faire ce que Dieu ne veut pas. Tout ce qu’ils font est par la volonté et la puissance de Dieu. A l’image de celui qui est entouré, il ne peut pas faire plus que ce qui l’entoure

Verset 20 : l’éclair a failli arracher leur regard. Chaque fois qu’il y a un éclair, ils marchent à la lumière de cet éclair

C’est comme si cette partie du verset est une réponse à celui qui pose la question : et concernant l’éclair, comment faisaient-ils ? Comment font-ils entre le moment où il y a un éclair et le moment où il n’y a pas d’éclair ? Ici, c’est une métaphore qui indique la gravité de l’état des hypocrites : leur état est similaire à la gravité qui est endurée par ceux qui sont sous cette pluie. Et la profonde hésitation : leur état est semblable à ces gens qui sont exposés à cette tempête et leur profonde hésitation et leur ignorance entre ce qu’il faut qu’ils fassent et ce qu’il faut qu’ils délaissent. Lorsqu’il y a un éclat de l’éclair, bien qu’ils aient peur que cela les aveugle (que ça leur enlève la vue), ils profitent de cet éclair pour faire quelques petits pas. Et lorsque la lumière de l’éclair s’estompe, ils s’arrêtent et n’avancent plus. Chaque fois qu’il y a une lumière qui éclaire leur chemin, ils prennent ce chemin.

Puis l’auteur explique les nuances de la marche. La marche est le déplacement de la personne à un rythme habituel. Si la marche devient rapide, ça devient un saʿy » (ce mot -là nous rappelle les trajets entre aṣ-ṣafāʾ et al-marwah). Et si elle est encore plus rapide, ça devient un « ʿaḍuʿ », une course. Ibnu l-Ǧawziyy, ce grand savant hanbalite a dit dans son exégèse : les savants ont divergé sur l’explication de cette phrase « kullamā ʾaḍāʾa lahum mašaw fīh » (chaque fois qu’il les éclaire, ils marchent). Il y a quatre explications à ce sujet : parmi elles chaque fois que le Qur’ān leur parvient par ce qu’ils aiment, alors ils suivent ce qu’il y a dans le Qur’ān. C’est ce qui a été rapporté par Ibnu ʿAbbās et aṣ-Ṣuddiyy.

Et lorsqu’il n’y a plus d’éclair, ils s’arrêtent. Ils n’ont plus ce qui leur permet d’avancer, de savoir où marcher.

Et si Dieu veut, Il leur aurait fait perdre leur ouïe (par le bruit du tonnerre. Si Dieu avait voulu les rendre sourds, Il aurait pu les rendre sourds) et leur vue (par l’éclair)

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Récapitulatif : jusqu’à ce verset 20 de sūratu l-baqarah, Allāh a énuméré les groupes de personnes responsables : ce sont les croyants, les mécréants et les hypocrites. Il a cité les caractéristiques de tout un chacun. Il a cité leur état et Il a cité ce qui est spécifique à chaque groupe, des choses qui les réjouissent ou qui les chagrinent. Puis il y a une introduction de ce qui vient après et Dieu s’adresse aux gens de La Mecque.

Verset 21 : un savant a dit : chaque fois qu’il y a dans le Qur’ān la parole « yā ʾayyuha n-nās », « ô vous les gens », cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs. Et chaque fois qu’il y a dans un verset « yā ʾayyuha l-laḏīna ʾāmanū » qui signifie « ô vous qui êtes croyants », c’est une parole qui s’adresse aux gens de Médine.

*Et le terme « yā » est une particule qui est utilisée pour appeler quelqu’un qui est éloigné. Alors que pour appeler quelqu’un qui est proche, on utilise le terme « a » ou bien « ay » : on va dire par exemple « aṢālaḥ » ou « ayṢālaḥ » pour appeler celui qui est proche.

Puis le terme « yā » a été utilisé par extension pour celui qui est « dans les nuages » comme quelqu’un qui s’est assoupi par exemple, même s’il est proche. Comme il a la tête ailleurs, il a été comparé à celui qui a été éloigné. Donc si quelqu’un de proche est appelé par le terme « yā » c’est pour indiquer que la parole qui va suivre, il convient d’y prêter une attention particulière. C’est une insistance pour que la personne appelée accorde une attention particulière à cette parole.

Nous voyons ici l’importance d’apprendre la langue arabe qui est la langue fondamentale pour la compréhension des textes du Qur’ān et du ḥadīṯ.

Et dans le Qur’ān, il y a souvent l’appel de cette manière, avec le terme « yā », parce que Dieu adresse à Ses esclaves des ordres et des interdits, des promesses et des menaces. Donc il s’agit de sujets éminents. C’est donc un devoir pour les esclaves d’être extrêmement attentionnés et vigilants concernant ce que Dieu leur adresse. Il ne convient pas d’être insouciant. C’est pour cela que le terme « yā » est présent car la plupart des gens sont dans l’insouciance. Le terme « « yā » est pour attirer l’attention et susciter la vigilance.

*Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit qu’il y a eu divergence entre les savants à propos de qui est visé par ce discours « yā ʾayyuha n-nās » (ô vous les gens). Il y a eu 4 avis :

1/ Cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs.

2 / C’est général pour tous les gens : et c’est l’avis d’Ibnu ʿAbbās. Le terme « an-nās » est le nom de l’être vivant qui est un être humain, un descendant de Ādam.

3/ Il a été appelé ainsi car il change de volonté et le mouvement se dit « naws ».

4/ Il a été dit aussi qu’il a été appelé « unās » qui vient de « an-nisyān » qui signifie l’oubli. L’être humain oublie.

*Et « uʿbudū rabbakum » peut signifier :

1 / « Ô vous les gens, adorez votre Seigneur », c’est-à-dire « ayez foi en Son unicité ».

2/ Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée, a dit : chaque fois que le mot « uʿbudū » est utilisé, cela signifie « ayez foi en l’unicité de Dieu ».

 3/ Et « uʿbudū rabbakum » peut avoir le sens de « obéissez à votre Seigneur ».

Ô vous les gens adorez votre Seigneur Qui vous a créés. Ces gens-là étaient des idolâtres, ils considéraient leurs idoles comme étant leur seigneur. Mais ici il est spécifié « Celui Qui vous a créés » pour ne pas confondre avec les autres. Même si eux, ils considéraient leurs idoles comme étant dignes d’être adorées, il leur est rappelé ici que c’est Dieu Qui a créé les gens. Et le fait de créer c’est de donner l’existence à ce qui n’existait pas.

Et dans la langue arabe, le mot « šāyʾ » n’est pas traduit uniquement par le mot « chose ». Car le mot « šāyʾ » signifie « ce qui existe ». Et c’est pour cela qu’il est valide à propos de Dieu de dire « šāyʾ ». Et dans le Qur’ān, il y a le mot « šāyʾ » qui a été employé au sujet de Dieu. Mais dans le langage courant, le mot « šāyʾ » est employé dans le sens d’une « chose »

Vous ainsi que ceux qui vous ont précédés. L’argument que Dieu leur a donné c’est qu’Il est leur Créateur et qu’Il est Le Créateur de ceux qui les ont précédés. Et ils avaient reconnu cela. Comme ils avaient reconnu cela, il leur a été dit : si vous reconnaissez cela, que Dieu est votre Créateur, alors adorez-Le et n’adorez plus les idoles.

Puissiez-vous devenir pieux c’est-à-dire accomplissez les devoirs et évitez les péchés. Et grâce à la piété, vous serez sauvés du châtiment. « Laʿallā » qui est traduit par « puissiez-vous » est dans le sens de l’espoir et de l’incitation. Comme c’est une incitation de la part de Celui Qui est généreux, ça a le sens d’une promesse qui sera réalisée sans aucun doute. C’est l’explication donnée par Sībaway qui est une des plus grandes références dans la grammaire arabe, alors que lui-même n’était pas arabe. Et H̱uṭrūb, un autre spécialiste a dit que cela signifie « afin que vous soyez pieux ».

Verset 22 : Allāh est Celui Qui a fait que la terre soit pour vous comme un tapis sur lequel nous pouvons nous asseoir, sur lequel nous pouvons dormir et nous vivons notre vie dessus

Et que le ciel soit pour vous comme un toit. Dieu l’a préservé du fait de tomber et de détruire ce sur quoi il pourrait arriver. Parce que si ce n’était Dieu Qui maintient le ciel dans sa position, celui-ci serait tombé et aurait détruit la terre.

Il est Celui Qui a fait tomber du ciel de l’eau c’est-à-dire la pluie

Et grâce à laquelle Dieu fait pousser des fruits. C’est Dieu Qui a fait qu’à partir de l’eau il y ait des fruits

En tant que subsistance pour vous. C’est-à-dire qu’à partir de l’eau, Dieu a fait qu’il y ait des fruits, par Sa toute-puissance, par Sa volonté et par Son acte de créer. Mais Il a fait que l’eau soit une cause pour que les fruits sortent, parce que Dieu est tout puissant à créer la totalité sans qu’il n’y ait d’eau. Tout comme l’eau du mâle est une cause pour qu’il y ait l’enfant, Dieu est tout puissant à créer la totalité sans cette eau. En effet dans le fait que Dieu fasse évoluer les choses d’un état à un autre de manière progressive, alors qu’Il est tout puissant à créer le fruit directement, sans passer par les différentes étapes de maturation comme le bourgeon, les feuilles, il y a dans toutes ces étapes une sagesse, pour qu’il y ait une moralité pour nous, pour nous inciter à raisonner et que cette réflexion nous amène à considérer la toute-puissance du Créateur. L’eau de l’homme est une cause par laquelle Dieu peut créer l’enfant mais ce n’est pas cette eau de l’homme qui crée l’enfant. Si Dieu avait voulu, Il aurait créé l’enfant sans qu’il y ait cette eau de l’homme, tout comme Il a créé notre maître Ādam sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père ni d’une mère et Il a créé Jésus sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père. Donc c’est Dieu Qui est le Créateur des causes et des effets.

Puis il y a une explication concernant le vocabulaire car en arabe, il peut y avoir un même mot qui a plusieurs formes de pluriels. Les fruits en question ici, c’est une forme de pluriel très particulière, c’est un pluriel de pluriel pour indiquer entre autres qu’il y en a beaucoup.

Alors n’attribuez pas des équivalents à Dieu. C’est un ordre de n’adorer que votre Seigneur, de ne pas Lui attribuer d’associé. Parce que la base même de l’adoration, c’est de croire en l’unicité de Celui Qui est adoré. Cette partie du verset commence par la lettre « fa » qui a le sens ici de « alors » c’est-à-dire que c’est la suite de ce qui est parvenu auparavant, c’est-à-dire : regardez ce que Dieu vous a accordé comme bienfaits, Il a fait que la terre soit pour vous comme un tapis, Il a fait que le ciel soit pour vous comme un toit, Il a fait descendre l’eau qui est une cause pour faire pousser des fruits qui sont une subsistance pour vous. Donc Dieu énumère certains bienfaits qu’Il nous a accordés et après, vient le terme « alors » qui indique : prenez cela en compte, réfléchissez et méditez et ne Lui attribuez pas d’associé car ce sont autant de preuves qui indiquent l’unicité de Dieu.

Le mot « andād » est le pluriel de « nidd » qui signifie « équivalent ». Et l’équivalent est celui qui peut se substituer à un autre. Et Dieu n’a pas d’équivalent, Il n’a pas qui peut se substituer à Lui ni qui est égal à Lui. Et Dieu n’a pas d’opposant, c’est-à-dire qu’Il n’a pas qui a un pouvoir supérieur au Sien. « Wa lā nidd wa lā didd » signifie que Dieu n’a pas d’équivalent ni d’opposant.

Alors que vous savez (pertinemment). Ici il y a quelque chose qui est su et qui n’a pas été mentionné : il s’agit du fait que les associateurs savent que les idoles ne créent absolument rien du tout. Vous savez pertinemment que les idoles ne donnent pas de subsistance, vous savez pertinemment que Dieu est Le Créateur, Celui Qui pourvoit. Donc attribuer des équivalents à Dieu, que ce soient des idoles ou le fait de faire une représentation de Dieu, de lui attribuer un fils, c’est le summum de l’ignorance.

Dieu, dans ces versets, a énuméré les preuves qui indiquent et confirment Son Unicité et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. D’abord Dieu a créé les humains et a fait d’eux des êtres vivants. Il les a dotés de capacités. Il a créé la terre qui est pour eux un abri, sur laquelle ils se sont établis. Et Il a créé le ciel qui est comme une tente qui est attachée et Dieu a fait que le ciel est à l’image de l’homme qui introduit l’eau dans la terre qui porte et donne les fruits, tout cela en tant que subsistance pour les humains. Ce sont des preuves qui indiquent l’unicité de Dieu et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. Parce qu’aucune des créatures n’a la capacité de créer ce qui a été énuméré jusqu’ici. Aucune créature n’a la capacité de créer ni une terre ni un ciel ni une pluie ni des fruits.

Après cette première partie introductive, Dieu a fait suivre par le rappel de ce qui confirme le statut de prophète de Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et ce qui prouve le caractère miraculeux du Qur’ān. Car le Qur’ān est un défi, c’est un défi que les associateurs n’ont pas pu relever et que personne, jusqu’à aujourd’hui ne peut relever. Par le Qur’ān, Dieu a défié les associateurs. S’ils avaient été capables de relever le défi, ils n’auraient pas eu recours au combat. S’ils avaient pu composer un texte pour relever le défi que constitue le Qur’ān, ils se seraient suffi de cela. Pourquoi auraient-ils eu recours au combat ?

Verset 23 : et si vous avez le doute concernant ce que Nous avons révélé à votre esclave, (c’est-à-dire Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés). Le mot « ʿabd » que l’on traduit en français par « esclave » désigne ce qui appartient et qui est doté de raison. Donc nous sommes des esclaves de Dieu parce que nous appartenons à Dieu. Et il peut y avoir un esclave qui appartient à un humain. Donc on n’appelle pas les animaux des esclaves parce qu’ils ne sont pas dotés de raison. Donc les esclaves, ce sont les humains, les ǧinn et les anges. Les humains sont des esclaves de Dieu, les ǧinn sont des esclaves de Dieu et les anges sont des esclaves de Dieu, parce qu’ils sont dotés de raison. Également ceux qui sont du même ordre qu’eux comme les femmes du paradis qu’on appelle « al-ḥūru l-ʿīn » et les serviteurs du paradis. Dieu a créé des serviteurs qui ont l’aspect humain mais qui ne sont pas des descendants de Ādam. Ils ont l’aspect d’adolescents et chaque personne au paradis aura un grand nombre de ces serviteurs. Eux aussi sont dotés de raison.

Pour ce qui est des animaux, ils ont bien des âmes mais ils n’ont pas de raison. On les appelle créatures de Dieu. Le mot « créature » est plus large que le mot « esclave » parce que les esclaves de Dieu sont aussi des créatures de Dieu. La définition d’un esclave est : un être vivant doté de raison qui appartient à autrui. Dans ce verset il y a le verbe « nazzalnā » qui signifie « faire descendre » et on peut aussi utiliser le verbe « anzalnā ». Il y a des subtilités entre ces deux formes. La forme « nazzalnā » est employée pour indiquer que la révélation du Qur’ān est progressive. Ce n’est pas tout le Livre qui est descendu en même temps au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Mais la révélation du Qur’ān a eu lieu sur environ 23 années, depuis que le Prophète avait 40 ans jusqu’à ses 63 ans.

Les mécréants ont dit que si ce Livre provenait de Dieu, il ne serait pas descendu ainsi éparpillé, parfois des sourates entières, parfois des versets, selon les évènements, comme c’est le cas des poètes ou des orateurs, lorsqu’ils composent leurs textes, ils ne le font pas d’une seule traite. Ils ont dit que si c’était de la part de Dieu, il serait parvenu en une seule fois. Mais Dieu dit ce qui signifie : « et ceux qui ont mécru ont dit : pourquoi est-ce que le Qur’ān n’est pas descendu tout entier en une seule fois ? » Ils ont prétendu avoir trouvé un argument que ce ne serait pas de la part de Dieu parce que le Livre du Qur’ān n’est pas parvenu d’un seul bloc, tout entier. Et le verset 23 de sūratu l-baqarah est une réplique à cette interrogation. Il a été dit : « si vous doutez à propos de ce qui est parvenu par révélation, de cette façon qui est progressive, à Notre esclave, c’est-à-dire à notre maître Muḥammad, alors amenez donc une sourate équivalente ». Le défi est que les mécréants composent une seule sourate, un chapitre de la taille du plus petit chapitre du Qur’ān si vous en êtes capables. Et ceci correspond à un chapitre qui est composé d’au moins trois versets.

*Le mot « sūrah » en arabe,

1/ Soit il vient de « sūr d’une ville » qui est ce qui entoure une ville c’est-à-dire ses remparts, ceci pour dire qu’il s’agit d’un texte qui est bordé, qui a une délimitation ou bien pour dire que ce texte comporte plusieurs informations utiles tout comme les remparts d’une ville englobent ce qu’il y a dans cette ville.

2/ Une autre explication du mot « sūrah » est dans le sens du degré parce que ce chapitre du Qur’ān est comme un niveau, un degré que la personne va atteindre progressivement. La personne va lire une sūrat puis une autre et ainsi de suite : c’est comme si la personne passe d’un degré à un autre. Et les sūrat du Qur’ān sont classées, il y a celles qui sont longues, celles qui sont moyennes, celles qui sont courtes.

3 / Ou encore pour expliquer le haut degré de ces sūrat dans la religion.

4 / Une autre explication est le mot « sūrah » qui est une part, une partie du Qur’ān.

*Quel est l’intérêt que le Qur’ān soit composé de plusieurs sūrat ? Il y a beaucoup d’intérêts, beaucoup de sagesses. Et c’est pour cela que Dieu a révélé les livres qu’Il a révélés : la torah, l’évangile, les psaumes, et tout ce que Dieu a révélé à Ses prophètes est classé ainsi par chapitres. Ce sont des chapitres qui se succèdent : les livres célestes sont ainsi.

1/ Une des sagesses est que quand un ensemble comporte plusieurs parties, c’est plus beau que si c’était d’un seul bloc.

2/ Une autre sagesse est que celui qui récite et termine la récitation d’une sūrat puis qui entame un autre chapitre, cela va le motiver davantage, il va avoir plus d’ardeur pour attaquer le suivant. C’est ainsi que les récitateurs du Qur’ān ont eu cette classification en chapitres (en sūrat et de plus, le Qur’ān a été classé en quatre quarts, et en soixante ḥizb et en trente ǧuzʾ. Par exemple, celui qui se fixe comme objectif de réciter tout le Qur’ān pendant le mois de ramaḍān, il se dit qu’il va réciter chaque jour un ǧuzʾ.

3 / Une autre sagesse est que celui qui va mémoriser le Qur’ān par cœur va être également motivé, il va accorder de la considération à ce qu’il a mémorisé et il va être encouragé pour poursuivre. Il y a un compagnon du Prophète qui s’appelle Anas ibnu Mālik qui a été le serviteur du Prophète depuis l’âge de dix ans. Sa mère, quand le Prophète est arrivé à Médine, elle lui a demandé de le garder à son service. Et Anas a passé les dix années que le Prophète a passées à Médine avec lui en étant à son service. Et le Prophète lui a fait beaucoup d’invocations et ainsi Anas a vécu longtemps, il a eu beaucoup d’enfants et il a été riche. Anas a dit : « quand l’un d’entre nous récitait sūratu l-baqarah et sūratu Āli ʿImrān, nous avions de la considération pour lui ». C’est à partir de là que les savants ont dit que, quand tu fais la prière, et que tu récites toute une sourate après la fātiḥah, c’est mieux que si tu ne récitais que quelques versets.

Alors amenez une sourate semblable : en arabe il y a deux possibilités pour expliquer le mot semblable : soit cela concerne la similarité de la sūrat ou alors cela concerne Notre esclave. Dans le cas où la similarité est avec la sourate, c’est-à-dire « amenez une sourate équivalente à ce texte, dans son éloquence, dans les informations qu’il comporte, dans le haut degré, dans la beauté du texte ».

Dans le cas où la similarité concerne l’esclave (le Prophète) alors amenez un homme, comme notre maître Muḥammad, qui ne sache ni lire ni écrire, qui n’a pas appris auprès des savants et qui amène un texte aussi beau que celui-là. Ici c’est un défi qui est lancé. Vous n’êtes pas capable d’amener un texte aussi beau, aussi impressionnant, aussi miraculeux que ce texte-là et vous n’êtes pas capable de trouver quelqu’un qui n’a jamais appris auprès de savants et qui vous amène un tel texte.

C’est la première explication qui a le plus d’arguments au niveau textuel, même si les deux explications au niveau de la langue, tiennent. Et ceci parce qu’il y a d’autres versets dans le Qur’ān qui ont le même sens. Dans certains versets, il est dit « amenez ne serait-ce qu’une sūrat », dans d’autres versets, il est dit « amenez dix sūrat » et dans certains versets, ils ne peuvent pas amener comme ce Qur’ān.

Et cette première explication est retenue car, du point de vue de la langue arabe, le style est meilleur, le fait de dire que ça se rapporte au texte et non pas au Prophète. Et le contexte depuis le début est à propos de ce qui a été révélé, c’est-à-dire le texte et non pas celui à qui il a été révélé.

Le sens global est : si vous doutez à propos du Qur’ān, s’il a bien été révélé de la part de Dieu, alors amenez donc un texte qui soit équivalent à une partie du Qur’ān.

Ici, si le pronom se rapportait au Prophète, comme c’est le cas dans la deuxième explication : si vous doutez que ce Qur’ān est bien révélé de la part de Dieu, alors amenez un homme qui soit comme Muḥammad qui amène un texte semblable.

Et appelez ceux qui témoignent en votre faveur, d’autres que Dieu c’est-à-dire amenez ceux que vous considérez comme étant des divinités et que vous prétendez qu’ils seront témoins en votre faveur au jour du jugement, que vous êtes sur la vérité ou bien amenez qui témoigne en votre faveur que le texte que vous prétendez est comme le Qur’ān. C’est un défi lancé à ces gens-là qui doutent si le Qur’ān est révélé de la part de Dieu.

Si vous êtes véridiques dans votre prétention que le Qur’ān n’est pas de la part de Dieu, alors amenez un texte semblable et faites-vous aider par ceux que vous considérez comme étant votre dieu, c’est-à-dire les idoles que vous adorez.

Verset 24 : si vous ne le faites pas et vous ne le ferez pas alors protégez-vous d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres

Après leur avoir indiqué les moyens qui permettent de reconnaitre la véracité du Prophète, il leur a dit : si vous n’êtes pas capable d’opposer au Qur’ān quoi que ce soit de semblable, (parce qu’ils ont essayé mais ils n’ont pas pu) et que votre impuissance est avérée, c’est la preuve qu’il s’agit bien d’un miracle, alors c’est un devoir pour vous de croire en la véracité du Prophète. Alors croyez en lui et craignez un châtiment qui est réservé pour ceux qui ont démenti et qui se sont entêtés.

« Si vous ne le faites pas » signifie : si vous n’amenez pas un texte équivalent au Qur’ān. Et vous ne le ferez pas.

*Il y a dans cela deux preuves de la confirmation du statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

La première est que ce par quoi Dieu les a défiés est bien un miracle qui prouve leur impuissance à amener quoi que ce soit de semblable. Et il s’agit du Qur’ān.

La deuxième est que Dieu les informe qu’ils ne pourront pas amener un texte semblable dans le futur. Et ceci est un ġayb c’est-à-dire une chose cachée, que seul Dieu sait. Et le mot ġayb vient de « ġāba » qui signifie « absent », c’est-à-dire absent pour nous, une chose que nous ne savons pas. Soit ce sont des choses cachées, ou bien des choses qui auront lieu dans le futur ou bien qui ont eu lieu dans le passé. Et Dieu sait tout le ġayb.

Craignez ce feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres. Ce feu a une particularité, il se distingue des autres feux. C’est que ce feu est attisé par des gens et de la pierre qui s’y trouvent, ce feu augmente en chaleur par les gens qui y sont jetés et par la pierre qui est du soufre. Le soufre prend feu plus facilement et il s’éteint plus lentement. Il a aussi une plus mauvaise odeur. Et il imprègne le corps. Il y a une autre explication pour la pierre : il s’agit des idoles qu’ils adoraient. Et c’est pour augmenter leur regret parce qu’ils vont se retrouver à brûler avec elles.

Dieu a joint dans ce verset la mention des gens avec la pierre parce qu’eux-mêmes se sont joints à elle, ils l’ont adorée. Et ils ont faits des idoles des équivalents à Dieu. Comme dans le verset qui signifie : « certes vous et ce que vous adorez, autre que Dieu, vous serez le combustible de l’enfer ». Dans ce verset, Dieu les a joints à ces idoles qu’ils adoraient. Ils seront des combustibles pour l’enfer et ceci est pour les blâmer encore plus.

Dans la période antéislamique (avant la révélation à notre maitre Muḥammad) qui était une période d’obscurantisme, ils avaient des pratiques très laides, ils enterraient leurs filles vivantes. Cela ne veut pas dire que l’islam est venu pour la première fois avec notre maître Muḥammad. L’islam est la religion de tous les prophètes. Depuis Ādam jusqu’au prophète Muḥammad, la religion est l’islam. Peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, l’islam a disparu sur terre. Donc les Arabes avaient des pratiques d’obscurantisme comme le fait d’enterrer les filles vivantes à leur naissance ou le fait d’adorer une pierre. Puis lorsqu’ils trouvaient une pierre plus jolie que la première, ils la jetaient et se mettaient à adorer la seconde. Et c’est pour cela que Dieu a révélé Sa parole qui signifie : « vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité ». C’est-à-dire ce vers quoi son âme penche.

Le feu a été préparé pour les mécréants. C’est-à-dire que le feu de l’enfer existe déjà, tout comme le paradis existe déjà. Et Dieu sait combien de personnes vont aller en enfer et combien de personnes vont aller au paradis. Et Dieu a réservé pour chacun son emplacement, parce que Dieu, rien n’échappe à sa science. Cette phrase « uʿiddat lil-kāfirīn » est à la voix passive -le feu a été préparé pour les mécréants- c’est donc une preuve que l’enfer existe actuellement et non pas comme le prétend un homme qui s’appelle Ǧaḥm fils de Safwān qui prétend que l’enfer sera créé dans le futur. Cet homme est le dirigeant des Jahmites qui est un groupe égaré qui a disparu actuellement. D’ailleurs les savants ont répertorié les groupes égarés comme Abū Manṣūr at-Tamīmiyy dans son livre « al-farqu bayna l-firāq »

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : “ma communauté va se diviser en 73 groupes, tous iront en enfer sauf un seul c’est le groupe majoritaire ». Et le groupe majoritaire ce sont les sunnites. Ils ont une bonne croyance même s’ils se sont relâchés concernant la pratique. Quant aux autres groupes, ils sont nombreux en termes de nombre de groupes, mais ils sont peu nombreux en termes d’adeptes, par rapport au groupe majoritaire. Et ils iront en enfer à cause de leur mauvaise croyance.

Le Prophète a parlé d’un groupe qui s’appelle les ẖawāriǧ. L’un d’entre vous trouvera qu’il ne fait pas beaucoup de prières ni de jours de jeûne par rapport à eux. Et pourtant le Prophète a dit que l’un d’entre eux sort de la religion tout comme une flèche transperce sa cible et il a dit que s’il les trouve, il les tuera. Selon l’apparence, on voit que leur comportement est rigoureux mais en réalité, leur croyance est mauvaise. On en trouve encore à notre époque.

Donc Ǧaḥm fils de Safwān est un fondateur d’un de ces groupes égarés et il a été exécuté à l’époque des Omeyades. Une fois, il a été interrogé au sujet de Dieu. Il n’a pas trouvé de réponse, il s’est retiré pendant quelques jours puis quand il est revenu, il a dit : « Dieu, c’est l’air, Il est partout, sur tout et avec tout ». Et il a prononcé d’autres paroles de mécréance. Mais nous, les sunnites, nous croyons que Dieu n’est pas un corps, donc Il n’est pas comme l’air. Dieu est un Etre Qui existe obligatoirement selon la raison parce que tout est une preuve de Son existence et nous ne connaissons pas Sa réalité. Il existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas concerné par les endroits car les endroits, c’est Lui Qui les a créés. Avant l’existence des endroits, Dieu existe. Après la création des endroits, Il ne change pas. Et Dieu n’est pas concerné par le comment. Ce sont les créatures qui ont un comment, comme le fait d’être proche ou éloigné, en mouvement ou immobile. Dieu n’est pas un corps. Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Dieu a fait que dans le Qur’ān, Il cite des paroles d’encouragement et d’incitation à faire le bien avec des paroles de menace de châtiment. Ceci est pour motiver la personne à acquérir ce qui rapproche de l’objectif et pour démotiver la personne de commettre des péchés. Notre âme, elle est comme un enfant : si tu la laisses, elle va faire des bêtises. Elle a besoin d’être cadrée. Dans le Qur’ān, il y a ce cadrage.

Jusqu’au verset 23, il y a eu mention des mécréants, de leurs œuvres et de la menace de châtiment. Puis il y a eu la mention des croyants, de leurs œuvres et l’annonce de bonne nouvelle qui les attend.

Verset 25 : Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres. Qui a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle ?

Il s’agit du messager, notre maitre Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés.

Il y a une deuxième explication : il s’agit de tout un chacun : tout un chacun a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle. L’auteur dit que cette explication est la meilleure parce qu’elle indique que ce sujet est éminent. Cette bonne nouvelle est quelque chose d’éminent. Puisque tout un chacun reçoit l’ordre de l’annoncer, c’est que c’est quelque chose de magnifique qui mérite d’être annoncé par tout le monde, par tous ceux qui ont la capacité de l’annoncer. L’annonce de bonne nouvelle est un seul mot en arabe –al-bišārah – qui est le fait d’informer ce qui va entraîner la joie chez celui qui va être informé.

Parfois on trouve dans le Qur’ān ce même terme – bišārah– dans une menace aux mécréants « annonce-leur la bonne nouvelle d’un châtiment douloureux ». Or le châtiment douloureux n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une figure de style en arabe qui indique un surcroit de rabaissement à l’encontre de celui à qui le châtiment douloureux est annoncé. Tout comme un homme pourrait dire à son ennemi « je t’annonce la bonne nouvelle de la mort de tes descendants et le pillage de tes biens ». En réalité ce n’est pas une bonne nouvelle mais c’est pour l’humilier davantage.

Etaṣ-šāliḥāt, c’est tout ce qui est correct parmi les œuvres. Les jugements de valeur que nous émettons sont conformes à ce que notre Prophète nous a transmis. Et il parle suite à la révélation de Dieu. Si le Prophète nous dit que telle chose est bonne, alors elle est bonne. S’il nous dit que telle chose est mauvaise, alors nous disons qu’elle est mauvaise parce qu’il sait mieux que nous notre propre intérêt. Les règles de la religion ont été enseignées par Dieu au Prophète qui nous les a enseignées et nous les appliquons. Et cela montre la force de la personne à contraindre ses passions, c’est un exercice qui n’est pas facile. Cela montre la différence entre les gens : il y a ceux qui s’empressent à obéir, à contraindre leur âme et il y a ceux qui suivent leurs passions. Ceux qui suivent leurs passions ne sont pas les plus intelligents, ils ne sont pas les plus forts. Les plus forts sont ceux qui contraignent leurs âmes à suivre la loi du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām

. Donc les bonnes œuvres sont ce qui est conforme à la sounnah en référence au Qur’ān et au ḥadīṯ.

On ne dit pas pour autant que le croyant entrera au paradis même sans accomplir de bonnes œuvres sous prétexte que Dieu a annoncé la bonne nouvelle aux croyants parce que Dieu a fait que cette annonce de bonne nouvelle du paradis est pour les croyants qui ont accompli les bonnes œuvres. L’annonce de bonne nouvelle dans l’absolu est pour ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres.

Par contre les croyants qui commettent les grands péchés, ils n’ont pas cette annonce de bonne nouvelle dans l’absolu. Mais ils auront une annonce de bonne nouvelle conditionnée par la volonté de Dieu. Cela veut dire que ce musulman grand pécheur qui est chargé de grands péchés (il n’a pas fait le repentir avant de mourir), que va-t-il lui arriver ? Il y a deux cas : si Dieu veut, Il lui pardonne : Il le fait entrer au paradis sans châtiment préalable. Si Dieu veut, Il le châtie à hauteur de ses péchés, puis Il le fait entrer au paradis.

Dans le ḥadīṯ le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām nous a parlé du dernier musulman à entrer au paradis : il aura comme cette terre et dix fois encore. C’est pour cela que l’intelligent est celui qui dit : ça vaut la peine que je patiente ici pour accomplir les devoirs et éviter les péchés, pour être au nombre des gagnants dans l’au-delà.

Qu’ils auront des jardins. Ici – ǧannāt – signifie des jardins, des vergers. Le verbe – ǧannā – indique le sens de cacher et de couvrir et c’est la même origine que le mot – ǧinn -. Les ǧinn, on ne les voit pas. Et al-ǧunūn – c’est la folie, ça concerne quelqu’un dont la raison est cachée. Et – al-ǧanīn– c’est le fœtus qui est caché dans l’utérus de sa mère. Et – al-ǧunnah– c’est la protection, c’est un bouclier par exemple. « Aṣ-ṣiyyāmu ǧunnah » signifie : le jeûne est une protection (contre le désir). Et le paradis est appelé – ǧannah – en raison de nombreux ǧinān qu’il y a dedans. Le paradis est déjà créé, en raison de la parole de Dieu qui signifie : « ô Ādam, habitez, toi et ton épouse, au paradis et mangez ce que vous voulez mais ne touchez pas à cet arbre, sinon vous seriez injustes ».

Sous lesquels vont couler des rivières : à l’image des rivières qui coulent à proximité des arbres, des arbres qui poussent sur les bords de ces rivières dans le bas-monde. Donc il y a des rivières qui coulent au paradis ; mais elles ont une particularité. Les rivières du paradis coulent sans qu’il n’y ait de lit. Les plus beaux des vergers sont ceux qui ont des arbres qui font de l’ombre et dans lesquels l’eau est courante, pas stagnante. « An-naḥr » c’est une rivière (ou un fleuve), entre le ruisseau et la mer. Et on dit à propos du Nil que c’est le « naḥr » de l’Egypte. Ce qui caractérise un verger, c’est qu’il comporte une rivière avec de l’eau qui coule et le fait que l’eau coule est un symbole de grande grâce et de grand bienfait. Et Dieu a cité cette spécificité des jardins avec des rivières qui coulent avant d’autres spécificités, en raison de l’importance de cette caractéristique-là. Il peut y avoir beaucoup de spécificités dans un verger mais Dieu a cité celle-là en premier, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des rivières qui coulent.

Chaque fois qu’il leur est accordé en subsistance c’est-à-dire concernant ce qu’il y a au paradis. Quand il leur a été dit qu’il y a des jardins au paradis, alors celui qui entend va forcément imaginer qu’il y a des fruits au paradis, soit des fruits semblables aux fruits du bas monde, soit d’autres catégories de fruits. Il a été dit que ces fruits ressemblent aux fruits du bas monde, c’est-à-dire que leurs espèces sont semblables, même s’il y a une différence dans d’autres critères que Dieu sait. Cela veut dire que du point de vue de l’aspect de ces fruits, de la douceur du goût, de la bonne odeur, il n’y a pas de correspondance entre les deux, puisque les fruits du paradis dépassent de loin en beauté les fruits du bas-monde et leur goût est de loin meilleur et l’odeur est de loin meilleure. Mais les espèces sont la même.

De n’importe quel fruit : que ce soient des pommes, des grenades ou d’autres que cela, ils vont dire cela (la phrase qui va venir). Le terme « min » est employé deux fois : « minhā min ṯamarihim », c’est pour indiquer la provenance de cette subsistance. Et le premier « min » est pour indiquer que cette subsistance provient des jardins du paradis et à partir des jardins du paradis, ce sont des fruits. C’est comme si on dit à quelqu’un : un tel m’a donné une subsistance. Il te dit : à partir de quoi ? On répond : à partir de son jardin. Il te dit : de quel fruit de son jardin t’a-t-il donné ? Tu dis : des grenades. L’expression : min ṯamaratim : il ne s’agit pas d’un fruit unique, mais il s’agit du genre, c’est-à-dire des pommes, des grenades, …

Ils disent : voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant. Cela est une preuve que les fruits que nous avons reçus sont semblables aux fruits du bas monde par le genre.

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent. C’est comme lorsqu’on dit : abū Yūsuf c’est abū Ḥanīfah. On veut dire par là qu’ils se ressemblent énormément. Et le pronom « bihi » se rapporte à la subsistance qui a été accordée, dans le bas monde et dans l’au-delà. Dans cette phrase il est fait mention de ce qu’ils ont eu comme subsistance dans les deux résidences, dans le bas-monde et dans l’au-delà. Et si les fruits du paradis sont semblables aux fruits du bas monde et qu’il ne s’agit pas de nouvelles espèces, c’est parce que l’homme est plus apaisé avec les choses auxquelles il est habitué. L’homme penche plus vers ce à quoi il a été habitué. Et si l’homme voit ce à quoi il n’a pas été habitué, sa nature émet une répulsion et son âme répugne cette nouvelle chose. Par ailleurs, si l’homme voit une chose à laquelle il est habitué mais qu’il la voit avec une particularité et une faveur claire, c’est-à-dire quand il voit les pommes du paradis alors qu’il connait les pommes du bas-monde mais il constate que les pommes du paradis sont beaucoup plus douces, beaucoup plus parfumées, qui sont meilleures, alors son étonnement sera plus grand et sa surprise sera plus grande.

Et le fait que les gens du paradis disent cette expression à propos de chaque catégorie de fruits qu’ils reçoivent en subsistance,  «  voici ce qui ressemble à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant » ( c’est-à-dire dans le bas-monde), le fait qu’ils manifestent leur étonnement à chaque fruit qui leur est accordé en subsistance au paradis, est une preuve que ce qu’ils reçoivent est grandiose et que le mérite de ce qu’ils reçoivent au paradis est extrême, tellement ils voient la différence entre les fruits du bas-monde et les fruits de l’au-delà. Chaque fois qu’ils voient un fruit de l’au-delà, ils disent cette phrase d’étonnement. Tout en sachant que c’est cette grande différence qui provoque leur étonnement à chaque fois. Ils considèrent que ce qu’ils ont eu est étonnant et que c’est un bienfait éminent. Pourtant ce sont des choses qui se ressemblent en soi tout comme l’a rapporté Al-Ḥasan : ils disent que ce qu’ils reçoivent comme subsistance du paradis, est de la même espèce. Et chaque fois qu’il est ramené à quelqu’un un récipient dans lequel il y a de la nourriture du paradis, il en mange et quand on lui ramène un autre récipient, il dit : « mais c’est comme ce que nous avons eu auparavant ». Mais l’ange lui dit : « mange, l’aspect est le même mais le goût est différent ».

Et il est rapporté du Prophète ʿalayhi s-salām qu’il a dit ce qui signifie : « par Celui Qui détient l’âme de Muḥammad, par Sa toute-puissance, il arrive que l’homme au paradis cueille un fruit pour en consommer. Avant même qu’il n’arrive dans sa bouche, Dieu fait pousser un autre fruit à la place de ce fruit. Et quand la personne voit qu’il y a un autre fruit à sa place, avec le même aspect, elle dit cette phrase : « voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant ».

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent est une phrase qu’on appelle en arabe muṭṭariḍah qui revient à confirmer une information. C’est comme si on dit : un tel a bien agi envers un tel et ce qu’il a fait est bien. Ou bien quelqu’un a pensé faire telle chose et ce qu’il a pensé est correct. Ou la phrase du Qur’ān : ils ont rendu les habitants glorieux de cette ville humiliés et c’est comme ça qu’ils font.

Et ils y ont des épouses purifiées.

C’est-à-dire pures des mauvais caractères, ce ne sont pas des femmes ṭamihāt qui est le pluriel de ṭāmīh. La femme qui est ṭāmīh est celle qui déteste son mari et qui convoite d’autre que lui. Et elles ne sont pas marihāt qui signifie orgueilleuses. Donc elles sont pures de tout mauvais caractère.

La deuxième explication du mot « pures » est qu’elles sont pures de tout ce qui est spécifique aux femmes comme les menstrues, les lochies et le sang de maladie et pures de ce qui n’est pas spécifique aux femmes comme l’urine, les selles et le reste des choses répugnantes et diverses souillures. C’est-à-dire que ces femmes au paradis, elles sont pures de tout cela. Et dans le verset, c’est le mot « purifiées » qui est employé, car ce mot est encore plus éloquent et indique qu’elles ont été purifiées de beaucoup plus de choses. Et il y a également l’allusion qu’il y a QUI les a purifiées. Et il s’agit de Dieu, gloire à Lui.

Et ils y resteront éternellement. L’éternité ici, c’est qu’ils vont rester sans fin. C’est quelque chose qui ne s’interrompra pas. Et il y a ici l’infondé de la parole des ǧahmiyyah qui prétendent que le paradis aura une fin et que les gens du paradis seront anéantis.

Nous disons « Al-Awwal » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Et « Al-Āẖir » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Quant à nous, lorsque nous disons al-awwal, c’est l’individu qui a précédé les autres et lorsque nous disons « al-āẖir » c’est celui qui est ultérieur.

La précision ici est que les musulmans resteront éternellement au paradis.

Dieu a pour attribut l’exemption de début et l’exemption de fin, ceci pour indiquer Sa parfaite toute puissance et pour nier à Son sujet le défaut et l’anéantissement. Il suffit que tout autre que Lui, il lui est possible l’anéantissement en considérant sa réalité mais Dieu, l’anéantissement n’est pas possible à Son sujet. Allāh est unique en cela. Il n’y a donc pas de ressemblance entre Dieu et Ses créatures concernant l’exemption de fin parce que l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est propre à Son Etre, c’est un attribut qu’Il a de toute éternité, ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé. Tandis que la non-fin de Ses créatures, c’est Dieu Qui leur a accordé cela.

Par ailleurs l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est obligatoire selon la raison tandis que la non-fin de certaines créatures, elle reste possible selon la raison. Ainsi la non-fin du paradis et de l’enfer est possible selon la raison, elle n’est pas obligatoire selon la raison en considérant leur réalité. Tandis que l’exemption de fin de Dieu est une exemption de fin qui est obligatoire selon la raison.

Puis lorsque Dieu a mentionné dans Son Livre honoré les mouches et l’araignée et Il a donné des exemples par ces insectes, les yahūd se sont mis à se moquer et ils ont dit : ça ne ressemble pas à la parole de Dieu. Et pour les démentir, Dieu a révélé les versets 26 à 30 de sūratu l-baqarah.

Verset 26 : Dieu n’est pas comme ceux qui ont une pudeur de donner des exemples tels un moustique ou ce qui est plus petit : c’est-à-dire que Dieu ne s’abstient pas de donner en exemple même un moustique, comme celui qui délaisserait cela parce que c’est un insecte qui est méprisable. Les esclaves n’osent pas donner en exemple un moustique parce qu’il est méprisable. A l‘origine, le fait d’avoir honte ou la pudeur, c’est un changement, c’est un sentiment de faiblesse qui arrive à la personne par crainte d’être désigné par quelque chose qui est un défaut par crainte d’être blâmé. Or le changement et la crainte du blâme ne sont pas des choses possibles pour Celui Qui est exempt de début. Allāh ne craint pas le blâme de celui qui blâme, parce qu’Il est exempt de début, le changement est impossible à Son sujet. Mais comme le fait de délaisser est une implication de cela, Il l’a exprimé par ce terme-là « yastaḥyī ».

Et il est possible également que cette expression provienne de la parole de mécréants qui ont dit : le dieu de Muḥammad n’a-t-il pas honte de donner pour exemples les mouches et l’araignée ? Ce verset est une sorte de réplique et de réponse à la question et c’est un art de l’éloquence qui est très fin dans la langue des Arabes. En arabe, on peut dire « istaḥyaytuh » qui est un verbe transitif avec un complément d’objet direct et également « istaḥyayhu minhu » comme verbe intransitif et le sens est « j’ai eu honte de lui ». Le verbe en arabe est « ḍarbu l-maṯal » et c’est le même verbe qu’on utilise pour d’autres verbes d’action. Mais ici c’est un sens figuré de ce verbe qui est utilisé.

Le terme « mā » employé ici, indique soit la généralisation soit l’insistance. Dieu ne se garde pas comme certains qui ont honte de donner un exemple. Le mot « mā » signifie « quel que soit cet exemple » ou bien cela signifie « du tout » : Dieu ne se garde pas du tout de donner en exemple le moustique. Puis le mot « baʿūḍah » qui signifie le moustique est un mot qui dérive de « al-baʿḍ » qui veut dire les parties ou les morceaux. Et le mot « baʿūḍ » à l’origine est un adjectif qui signifie une petite partie de la chose, puis il a été transformé en un nom qui a été employé pour désigner cet insecte ou ce qui est au-dessus, c’est-à-dire qui dépasse les moustiques c’est-à-dire qui a un sens additionnel au moustique qui a été donné en exemple, qui est très peu et très méprisable ou bien ce qui le dépasse dans la taille. Il a voulu par-là répliquer à ce qu’ils ont donné comme exemple qui a été donné avec les mouches et les araignées qui ont une taille plus grande que le moustique. Et on ne dit pas : comment donne-t-Il en exemple ce qui est plus petit que le moustique ? Parce que le moustique est extrêmement petit en taille et il y a ce qui est plus petit, en l’occurrence l’aile du moustique. L’aile du moustique est plus petite que le moustique. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a donnée en exemple quand il a comparé le bas monde à l’aile d’un moustique. En effet dans le ḥadīṯ célèbre rapporté par Al-Ḥākim et aṭ-Ṭabarāniyy, le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « si le bas monde était équivalent selon le jugement de Dieu à l’aile d’un moustique, Dieu n’aurait pas accordé au mécréant une seule gorgée d’eau ».

De mêmeil n’est pas permis de déduire de ce verset « inna l-Lāha lā yastaḥyī » qu’on pourrait appeler Dieu «al-mustaḥyī ». Le sens du verset est que Dieu ne délaisse pas cela par pudeur, par honte, comme certains humains pourraient délaisser quelque chose par pudeur. Le sens est que Dieu n’agrée pas de délaisser la manifestation de la vérité. Il ne délaisse pas la manifestation de la vérité par honte ou par pudeur comme le feraient certaines créatures. Ceci est impossible au sujet de Dieu. Il arrive que certaines créatures éprouvent de la honte ou de la pudeur et ne veulent pas manifester une vérité. Dieu n’agit pas ainsi.

« Faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » : quant à ceux qui sont croyants, ils savent que c’est la vérité qui est de la part de leur Seigneur. La vérité c’est ce qui est vrai, c’est-à-dire qu’on ne peut renier. Lorsqu’une chose est confirmée et que c’est une chose obligatoire, on dit que c’est la vérité.

« Wa ʾamma l-laḏīna kafarū » : quant à ceux qui ont mécru et disent mais qu’est-ce que Dieu a voulu nous indiquer par cet exemple ? C’est une sorte de dénigrement tout comme ʿĀʾišah, que Dieu l’agrée, qui a dit à propos de ʿAbdul-Lāh fils de ʿAmr : « qu’il est étonnant ce fils de ʿAmr en Le dénigrant ». Le mot « ʾammā » qu’on traduit en français par « quant à » vient dans le sens de la condition. C’est pour cela qu’il y a le mot « fa » dans « fayaqūlūn ». Et l’intérêt de cette structure est de donner une insistance, qu’on retrouve dans d’autres langues.

Et dans les deux phrases « faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » « quant à ceux qui ont été croyants » et « wa ʾamma l-laḏīna kafarū » « quant à ceux qui ont été mécréants », les deux phrases commencent par cette structure. En cela il y a un éloge éminent pour les croyants pour souligner le fait qu’ils savent que c’est la vérité et il y a un reproche aux mécréants parce qu’ils ont utilisé des mots qui indiquent une stupidité.

L’analyse grammaticale de « māḏā » : ça peut être analysé de deux manières différentes : ça peut être traduit par « pourquoi » et par « qu’est-ce -que Dieu a voulu par cela ? » Et le vouloir est un attribut véritable de Dieu selon Ahlu s-sunnah c’est-à-dire que Dieu a bien l’attribut de la volonté dans le sens de spécifier le possible selon la raison par certaines spécificités au lieu d’autres.

Il égare par cela de nombreuses personnes et Il guide par cela de nombreuses personnes. C’est une explication des deux phrases qui précèdent : « quant aux croyants et quant aux mécréants » : le groupe qui sait que c’est la vérité et le groupe qui ignore, qui se moque, les deux sont nombreux. Et le fait de savoir que c’est la vérité de la part de Dieu, c’est une bonne guidée et ceux qui ignorent que c’est un bon exemple, c’est un égarement puisqu’ils sont arrivés à dénigrer l’exemple qui a été donné, en l’occurrence l’exemple du moustique.

Les gens de bonne guidée sont nombreux par eux-mêmes, même si, en les comptant, ils sont peu par rapport aux gens de l’égarement parce que le peu de bien guidés représente beaucoup en réalité. Et « al-iḍlāl », c’est de créer l’égarement dans l’esclave : on dit que Dieu égare qui Il veut parmi Ses esclaves, c’est-à-dire qu’Il crée l’égarement en eux. Il crée en eux le fait d’agir et de commettre ce qui est un égarement. Et la bonne guidée c’est de créer l’acte de la bonne guidée. On dit que Dieu guide Son esclave c’est-à-dire qu’Il crée en lui les actes qui sont une bonne guidée, à savoir la foi et les actes d’obéissance. Voici le sens véritable pour Ahlu s-sunnah. Et le contexte du verset est pour indiquer ce que ces ignorants parmi les mécréants ont renié, ce qu’ils ont trouvé étrange, le fait que des choses qui sont méprisables, en l’occurrence un moustique soient données en exemple, en réalité, ça ne devrait pas être quelque chose qui ferait l’objet d’un quelconque reniement ou d’un quelconque étonnement parce que l’exemple qui est donné est pour dévoiler un sens, c’est pour rapprocher ce qui n’est pas observé à ce qui est observé. Si ce qui est cité était éminent, alors ce qui est donné en exemple l’est également. Et si c’était méprisable, alors ce qui est donné en exemple l’est également. N’as-tu pas vu que la vérité est claire et éclatante et qu’il est donné pour la représenter la lumière et la clarté ! Et que le faux, comme il est à l’opposé de la vérité, il est représenté par l’obscurité.

Donc comme l’état de ce qui est adoré a été donné en exemple pour les mécréants (les mécréants ont considéré que Dieu a des équivalents et ce qu’ils ont donné comme équivalents à Dieu est très méprisable) il n’y a pas plus méprisable qu’eux, c’est pour cela que les associés que les mécréants ont attribués à Dieu, ont été comparés à la toile d’araignée, parce que la toile d’araignée est quelque chose de très fragile et c’est considéré comme moindre et plus méprisable que des mouches. Il leur a été donné l’exemple du moustique et de plus petit que le moustique, alors ces exemples ne sont pas blâmables et on ne dit pas que celui qui donne de tels exemples devrait avoir honte, parce qu’il a raison dans ces exemples qu’il donne. Ce qu’il dit est vrai et il donne l’exemple qui convient.

Et pour indiquer également que les croyants qui ont pour habitude d’être objectifs, de traiter les sujets avec la raison, quand ils écoutent et qu’ils entendent de tels exemples, ils ont su que c’était la vérité, tandis que les mécréants chez qui l’ignorance a prévalu sur la raison, quand ils entendent cela, ils font preuve d’orgueil, ils s’entêtent et ils décident que c’est faux et ils font face à cela par du reniement. Et cela est la raison de la bonne guidée des croyants et de l’égarement des pervers. La louange est à Allāh Qui nous a guidés à cela et nous n’aurions pas pu être bien guidés s’il n’y avait pas eu cette bonne guidée de la part de Dieu.

A partir des preuves qui sont dans le Qur’ān, ne seront guidés par ces versets que ceux pour qui Dieu veut la bonne guidée. Les versets ne guident pas par eux-mêmes mais c’est Dieu Qui guide qui Il veut par ces versets. Les miracles qui sont apparus sur les mains des prophètes ont été une cause de bonne guidée pour un certain nombre de mécréants qui sont passés de la mécréance à la foi et ils sont devenus ainsi bienheureux. Et une partie des personnes ont été témoins de ces miracles mais ils n’ont pas été bien guidés par eux, ils sont donc malheureux c’est-à-dire qu’ils sont voués à l’enfer. Et tout est par la volonté de Dieu. Celui que Dieu a voulu qu’il soit bien guidé, il sera bien guidé. Et celui que Dieu n’a pas voulu qu’il soit bien guidé par les miracles des prophètes, il ne sera pas bien guidé.

Le verset « il égare par le Qur’ān beaucoup de personnes et il guide par le Qur’ān beaucoup de personnes » signifie que Dieu a voulu que le Qur’ān soit une cause de l’égarement de nombreuses personnes et Il a fait que le Qur’ān soit une cause de guidée pour de nombreuses personnes. Certains sont bien guidés par la cause du Qur’ān et d’autres sont égarés par la cause du Qur’ān. Et il est étonnant de la part de ces mécréants -là qu’ils renient les exemples que Dieu a donnés, comme l’exemple du moustique et ce qui est au-dessous. Pourtant les gens ont toujours donné des exemples avec des animaux, des oiseaux, des insectes. En réalité ces gens-là se rendent bien compte que les gens ont toujours donné des exemples avec les animaux. Par exemple, en arabe, on dit « il rassemble plus qu’une fourmi » (pour dire que quelqu’un ramasse beaucoup de choses) et « il a plus d’audace qu’une mouche » (si on chasse une mouche, elle revient) et « il a une ouïe plus fine que le singe », « plus faible qu’un papillon », « il mange plus que les mites » (qui dévorent même le bois), « plus faible que le moustique ». Celui qui a été vaincu dans le débat refuse la clarté et il rejette ce qui est clairement apparent juste par entêtement.

Et il n’égare par le Qur’ān que les pervers. Dieu égare les fāsiq. Le fāsiq est celui qui sort de l’objectif. Dans la Loi de l’islam, le fāsiq qu’on traduit par « pervers » est celui qui sort du sujet en commettant le grand péché. Ici c’est l’attachement à la religion.

Dieu a pris d’eux l’engagement qu’ils ne soient pas injustes les uns envers les autres : qu’ils ne s’entretuent pas et qu’ils ne rompent pas les liens de proche parenté les uns avec les autres. Il a été dit que Dieu a pris de Ses créatures trois engagements :

1 / Le premier engagement est celui qu’a pris Dieu de la descendance d’Ādam, que tous reconnaissent l’unicité de Dieu dans sūratu l-ʾaʿrāf verset 172 qui signifie : « lorsque ton Seigneur a fait sortir du dos d’Ādam ses descendants et qu’Il les a faits témoigner : n’est-ce pas que Je suis votre Seigneur ? Ils ont dit « oui, nous témoignons » et certains vont dire au jour du jugement « nous avions oublié cela ».

2 / le deuxième engagement est celui que Dieu a pris des prophètes que ceux-ci transmettent Son message et qu’ils fassent en sorte que les gens appliquent la religion en ordonnant le bien et en interdisant le mal, dans sūratu l-ʾaḥzāb verset 7 qui signifie : « et Nous avons pris des prophètes l’engagement ».

3/ Le troisième engagement est spécifique aux savants. Dieu a pris l’engagement de la part de ceux qui ont reçu le Livre de le transmettre aux gens et de ne pas le dissimuler. Mais certains l’ont caché et ils ont obtenu de l’argent et quel mauvais commerce ils ont fait. C’est-à-dire qu’ils ont vendu l’au-delà pour le bas monde.

Verset 27 : ceux qui rompent l’engagement à l’égard de Dieu après s’être engagés. C’est-à-dire ceux qui ont rompu l’engagement qu’ils ont pris à l’égard de Dieu et ils l’ont dénoué c’est-à-dire que certains n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont pas respecté leur engagement. Ils rompent ce que Dieu a ordonné d’entretenir comme liens :  ils ont rompu les liens avec les proches parents et ils ont rompu le soutien des croyants ou encore ils ont rompu le lien qu’il y a entre les prophètes et le fait d’être unis sur la vérité, en croyant en certains prophètes et pas en d’autres : tout comme les yahūd qui reconnaissent que Mūsā est un prophète mais ils ne reconnaissent pas que ʿīsā et Muḥammad sont des prophètes.

Et ils sèment la corruption sur terre en barrant la route (ils s’attaquent aux gens qui sont sur la route) et en empêchant les gens de devenir croyants.

Ce sont eux les perdants. Au lieu d’être fidèles, d’être loyaux, ils ont rompu le lien. Au lieu de maintenir, ils ont coupé. Au lieu d’être vertueux, ils ont corrompu. Et au lieu de la récompense, ils auront le châtiment.

Verset 28 : comment mécroyez-vous en Dieu ! Ici le terme « comment » n’est pas une question, mais c’est pour marquer la surprise : comment mécroyez-vous en Dieu alors que vous avez les preuves qui vous empêchent de mécroire en Dieu ? Comment ne croyez-vous pas en Dieu alors qu’il y a des preuves qui vous appellent à la foi ? Donc c’est un reniement et un étonnement, comme si on dit à quelqu’un : comment voles-tu sans ailes ?

Alors que vous n’étiez pas vivant et Dieu vous a donné la vie. Aucun d’entre nous n’était vivant puis Dieu lui a donné la vie. Vous étiez de l’eau mélangée dans vos parents. Celui qui est dépourvu de vie est appelé « mayt » (mort) puis votre vie a commencé dans les utérus (de vos mères). Vous étiez de l’eau mélangée sans âme. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « l’un d’entre vous se constitue dans l’utérus de sa mère pendant quarante jours (il est à l’état de liquide mélangé de ses parents) puis il devient comme un caillot de sang pendant la même période puis il devient comme un bout de chair (comme une bouchée) pendant la même période (ce qui fait cent vingt jours) puis l’ange est envoyé et pendant la même période il insuffle l’âme ». Rapporté par Al-Buẖāriyy. Donc sa parole indique que le maniyy ne comporte pas d’âmeet que l’âme est insufflée dans le fœtus après quatre mois de grossesse.

Puis Il vous fait mourir (lorsque votre terme arrive). Vous connaissez l’histoire de cet homme qui était tombé dans un puits puis on l’a remonté. On lui a donné à boire un verre de lait puis il est retombé dans le puits et il est mort. C’est-à-dire que son terme n’était pas arrivé la première fois. Donc chacun va mourir à son terme. Cela ne veut pas dire qu’on ne prend pas nos précautions : oui, on fait les causes, comme prendre un médicament, se vacciner et autres. Un jour, un homme est venu voir le Prophète que Dieu l’élève davantage en degrés et lui a demandé : « est-ce que je laisse la chamelle et je me fie à Dieu ou bien je l’attache ? ». Il lui a répondu ce qui signifie : « tu l’attaches et tu te fies à Dieu ». C’est-à-dire que tu prends la cause et tu as pour conviction que c’est Dieu Qui est le Créateur.

Et Il vous ressuscite (c’est-à-dire le jour de la résurrection)

Puis vous reviendrez à Son jugement. Vous allez être ressuscités pour la rétribution le jour du jugement. Ou alors Il vous ressuscite quand vous êtes encore dans votre tombe, c’est-à-dire que vous revenez à la vie puis Il vous fait sortir de vos tombes pour le jugement.

On donne une explication concernant les conjonctions de coordination « fa » et « ṯumma ». La première est « fa » dans le verset et les suivantes sont toutes « ṯumma ». Parce que la première a suivi la mort : vous étiez morts et Il vous a donné la vie quand vous étiez dans l’utérus de votre mère, il n’y a pas eu d’intermède entre les deux : on a dit qu’au bout du 120° jour, l’âme est arrivée. Avant le 120° jour, il n’y avait pas de vie en vous.

La suite est avec « ṯumma » – ensuite Il vous a fait mourir – mais entre cette vie et cette mort il y a eu un temps qui s’est écoulé et c’est notre vie dans ce bas-monde-. Et « ṯumma » est utilisé après la mort car s’il est visé la résurrection, entre la mort et la résurrection, il y a le séjour dans la tombe et s’il est visé la vie dans la tombe, on sait qu’elle survient après la mort, elle n’arrive pas immédiatement. Également le retour à la vie pour la rétribution, il a lieu après la sortie de la tombe, ce n’est pas immédiatement, car il y a cinquante stations au jour du jugement, et ensuite il y aura la rétribution par le paradis ou l’enfer. Donc il y a des intermèdes. Donc le premier « fa » indique que ce qui suit est immédiat et « ṯumma » indique qu’il y a un intermède entre les deux.

Pourquoi les mécréants ont-ils été blâmés dans le récit précédemment cité ? Parce que dans ce récit, il y a beaucoup de signes clairs qui devraient les détourner de la mécréance et ce récit comporte des grâces énormes qui méritent que Dieu devrait être remercié et non pas être renié.

Verset 29. Il est Celui Qui a créé pour vous ce qu’il y a sur terre. C’est-à-dire qu’Il a créé ce qu’il y a sur terre pour que ce soit utile pour vous, pour que vous en profitiez pour votre bas monde et pour ce qui est de votre religion. L’auteur qui est An-Nasafiyy explique qu’il y a dans ce bas-monde des choses étonnantes qui indiquent qu’elles sont l’œuvre d’un créateur tout puissant, qui crée toute chose selon une sagesse, qui sait tout. Et il y a dans ce bas-monde ce qui rappelle l’au-delà parce que les plaisirs du bas-monde rappellent la récompense et les choses qui sont désagréables dans le bas-monde rappellent le châtiment. C’est-à-dire que les plaisirs du bas-monde nous rappellent que les plaisirs de l’au-delà sont meilleurs que ceux-là, quels qu’ils soient et que le châtiment de l’au-delà est encore plus terrible que les choses désagréables de ce bas-monde. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de son Créateur. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de l’au-delà car nous voyons ce bas-monde qui change comme par exemple les plantes qui, après avoir été vertes et fraiches deviennent sèches et cassantes. Le paradis comporte des plaisirs et l’enfer comporte des choses désagréables.

Al-Kaṯriyy ainsi que Abū Bakr Al-Ġāziyy et même certains groupes égarés ont déduit à partir de la parole de Allāh qui signifie « Il a créé pour vous », qu’il est valide de profiter des choses. C’est-à-dire que l’origine des choses est qu’elles sont licites jusqu’à ce qu’il y ait un texte qui les interdise. Par défaut, les choses sont permises sauf s’il y a un texte qui les rend interdites. On comprend de ce verset que Dieu a créé la terre avant les cieux. Donc Dieu a créé la terre puis les cieux. Et sur terre, Il a fait que nous puissions y vivre et profiter de ce qui s’y trouve. N’est-ce pas que Dieu y a fait couler des rivières et des fleuves, y a fait exister des chemins que l’on peut emprunter pour marcher et voyager ?! Il a fait qu’il y ait des sources d’eau. Et « ḍaḥahā » c’est-à-dire que Dieu a fait que les endroits sur terre soient étendus et qu’on puisse y vivre, même s’il y a certains endroits où il est difficile de vivre. Quand la terre a été créée, il n’était pas possible d’y vivre. C’est après que Dieu y a fait couler des rivières, …

Au jour du jugement, après que Dieu ait fait sortir les humains de leurs tombes, les âmes vont revenir aux nouveaux corps que Dieu crée pour ceux dont le corps a été assimilé par la terre. Les gens seront séparés de cette terre et emmenés dans un lieu obscur auprès du pont qui surplombe l’enfer et la terre sera, entre-temps, complètement détruite. Elle sera aplanie, elle sera changée complètement. Les cieux seront changés également, ils seront fissurés. La terre sera comme une peau tendue, sans hauteur ni ravin, elle sera plate. Actuellement, la terre ressemble à une balle mais le jour du jugement, elle deviendra plate. Après ce changement, les gens seront amenés sur cette terre changée. Puis ils rendront des comptes et un groupe sera amené au paradis et un groupe sera en enfer. L’exposition des actes aura lieu sur la terre qui aura été changée.

Et Il a fait exister le ciel (après avoir fait exister la terre). Et al-ʾistiwā signifie « se redresser », à l’origine en arabe. Mais ici cela veut dire que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création des cieux. Dieu a d’abord créé la terre puis les cieux. Certains ont expliqué le terme « istawā »   par « qaṣada » c’est-à-dire avoir pour destination ou pour finalité ou pour direction : et ce sens-là n’est pas correct parce qu’il laisse croire que la volonté de Dieu change. Or la volonté de Dieu est unique, comme tous Ses attributs. La volonté de Dieu n’est pas multiple.

Ici le mot « ṯumma » vient dans le sens de « et », et non pas dans le sens de « ensuite ». Cela ne veut pas dire qu’il Lui serait advenu une nouvelle volonté qu’Il n’aurait pas eue auparavant. Dieu a fait que l’entrée en existence du ciel soit ultérieure à l’entrée en existence de la terre. Cela ne veut pas dire qu’Il aurait fait un acte après un acte car l’acte de Dieu ne dépend pas du temps. L’acte de Dieu de créer est de toute éternité. Mais ce qui résulte de Son acte est la créature, Il a fait qu’une créature existe après une autre et Il a fait que le ciel existe après la terre. On ne dit pas qu’Il S’est consacré ou destiné parce que cela laisse croire que la volonté de Dieu dépend du temps. Ici cela signifie que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création du ciel. On peut dire d’une plante istawā » c’est-à-dire qu’elle a poussé. Et on peut dire « istawā ilay » c’est-à-dire « il a visé », comme une flèche qu’il a tirée directement, sans faire de détour.

Et certains ont expliqué cela par le fait que Dieu a créé le ciel après la création de la terre, sans qu’Il n’ait créé quelque chose entre les deux.

Et « as-samāʾ » indique ici tout ce qui est dans la direction du haut, c’est-à-dire au-dessus de nous, au-dessus de la terre.

Et Il les a créés sept cieux. Cela signifie que Dieu a créé les cieux parfaits, il n’y a pas de fissure, ils sont droits.

Une autre explication de « ṯumma » : est pour indiquer le mérite de la création des cieux sur la création de la terre. Les cieux ont un mérite sur la création de la terre. Cela ne veut pas dire que Dieu a créé la terre puis qu’Il n’a rien créé et Il a créé le ciel, qu’Il n’aurait rien créé entre les deux. Ce qui est visé est que le ciel est meilleur que la terre.

Et cela ne contredit pas la parole « wa l-‘arḍa baʿda ḏālika daḥahā » (la terre après cela daḥahā) parce que le corps de la terre a précédé la création des cieux, mais le fait qu’il y ait des facilités de subsistance sur terre est après la création des cieux. Dieu « daḥahā », cela signifie que Dieu a étendu la terre. Il a fait jaillir l’eau de la terre et Il a fait jaillir les pâturages de la terre et Il a fait qu’il y ait des montagnes sur terre et Il a fait qu’il y ait des choses dont nous profitions sur terre et dont les humains profitent.

L’auteur rapporte de Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu a fait surgir la terre à partir d’un emplacement qui se trouve à Jérusalem. Au début c’était comme une pierre de la taille d’une main puis ça s’est étendu et ça a fait exister tout le reste de la terre. Mais cela n’a pas été rapporté du Prophète. Al-Ḥasan Al-Biṣriyy (qui était un successeur des compagnons) a dit qu’à partir de cette terre, il y a une fumée qui s’est dégagée et à partir de cette fumée, Dieu a créé les cieux. Et c’est à partir de là qu’ils ont expliqué le verset « ṯumma » qui signifie que la terre et les cieux étaient collés.

Et Allāh sait absolument toute chose. Allāh a créé des créatures parfaites, sans qu’il n’y ait de défaut et Il a créé ce qu’il y a sur terre conformément aux besoins des gens qui vont vivre sur terre. Et après la création de la terre, Allāh a fait que les ǧinn habitent sur terre et Il a fait que les anges habitent au ciel. Mais les ǧinn ont semé la corruption et le désordre sur terre. Dieu leur a envoyé des anges qui les ont chassés de la terre jusque sur des iles et sur les hauteurs des montagnes. Et les anges ont peuplé la terre à leur place. Et Allāh a ordonné à Son Prophète Muḥammad de leur citer ce récit.

Verset 30 : et ton Seigneur a dit aux anges Je vais faire en sorte qu’il y ait sur terre un successeur. Parce que c’était eux, les habitants sur terre et Dieu a fait en sorte que la descendance d’Ādam leur succède. Il a dit « un » successeur. Pourquoi le singulier ? Parce que de la même manière que quand on veut citer une tribu, on cite le chef de la tribu, on dit la tribu de Muḍar de Qurayš et on vise les descendants de ce chef. Donc « un » successeur ici signifie Ādam et ses descendants. Ou quelqu’un qui dit être envoyé de Ma part parce qu’Ādam est envoyé de la part de Dieu, tout comme tous les prophètes. Donc il n’y a pas de pluriel ici parce que celui qui est visé par « ẖalīfah » ici est Ādam ʿalayhi s-salām.

Donc Allāh a annoncé cela aux anges afin qu’ils posent la question et qu’ils reçoivent la réponse et qu’ils sachent la sagesse que ce soit eux qui peuplent la terre avant les humains. Ici quand on parle de ẖalīfah concernant un prophète, ça ne veut pas dire « celui qui est mandaté » mais cela veut dire « celui qui instaure » les ordres de Dieu sur terre. C’est pour enseigner à Ses esclaves la concertation avant de s’engager dans un sujet, même si Dieu n’a pas besoin de la concertation.

Donc le fait que Dieu ait annoncé aux anges qu’Il va faire en sorte qu’ils aient un successeur sur terre, qu’Il va peupler la terre après eux, il y a ici une sagesse dans cette annonce. C’est la sagesse de se concerter avant de faire quelque chose, c’est-à-dire que nous, les êtres humains, il convient que nous demandions l’avis avant de nous engager dans quelque chose.

Ils ont dit (les anges) est-ce -que Tu vas faire en sorte qu’il y ait sur terre qui va semer la corruption ? (C’est-à-dire comme les ǧinn auparavant).

Ici ce n’est pas une question pour émettre une objection, mais c’est une question pour demander la sagesse. Ils étaient étonnés que Dieu fasse succéder à des gens d’obéissance (eux les anges) des gens qui commettent des péchés, en l’occurrence les humains, alors que Dieu est Celui Qui crée toute chose selon une sagesse.

Et comment ont-ils su que les humains commettent les péchés ?

1/ Ils l’ont su, soit parce que Dieu le leur a fait savoir

2 / ou bien parce qu’ils ont vu que c’était écrit sur la Table Préservée

3 / ou bien ils ont fait une analogie des humains sur les ḥadīṯ après avoir vu ce qu’ils avaient semé comme désordre sur terre et comme injustices les uns envers les autres

4 / ou bien Dieu leur a fait savoir cela par l’intermédiaire de Ǧibrīl ou autre que Ǧibrīl. Mais attention, ce que nous disons ici n’a pas été rapporté dans un ḥadīṯ authentique.

5 / Il est rapporté par certains qu’il y avait des ǧinn qui ont semé la corruption, qu’ils se sont entretués sur terre avant Ādam et Dieu leur a envoyé des anges qui les ont brûlés. Certains exégètes ont rapporté que ce qui est cité dans ce verset concerne ces gens-là.

6 / Quant aux savants pour lesquels cette information n’a pas été confirmée mais que les anges ont demandé à Dieu au sujet de ces créatures qui sèment la corruption sur terre alors qu’eux ne sèment pas la corruption sur terre, Dieu leur a fait savoir certaines choses qui vont avoir lieu dans le futur. Il leur a fait savoir ce que les fils d’Ādam allaient faire, comme le fait de s’entretuer, de provoquer des guerres injustement et d’autres injustices. Donc l’interrogation des anges n’était pas une objection contre Dieu mais c’était pour connaitre la sagesse dans le fait qu’il y ait des humains alors que les humains mènent des guerres, ils sèment la corruption sur terre. Le fait que ce soit eux qui leur succèdent sur terre, que ce soit eux qui peuplent la terre, qui gouvernent sur terre, les anges ont voulu connaitre la sagesse.

Allāh tabāraka wa taʿālā leur a fait savoir la sagesse. C’est parce que parmi les humains il y a les prophètes et les prophètes sont les meilleures des créatures. Il leur a donné une seule preuve : Dieu a dit aux anges de Lui donner le nom des choses. Et les anges n’ont pas su quel était le nom des choses. Et Il a dit à Ādam de les informer du nom des choses. Et Ādam leur a appris que telle chose s’appelle ainsi, que telle chose s’appelle ainsi. Ils ont donc connu la sagesse. C’est-à-dire qu’Ādam est meilleur qu’eux. Ils ont dit : Dieu a fait que les humains gouvernent la terre parce qu’ils sont meilleurs que d’autres créatures qu’eux. Les anges ont connu la sagesse et ils se sont soumis totalement à Dieu. Auparavant, les anges étaient totalement soumis, il n’y a pas eu d’objection de leur part contre Dieu.

L’objectif des anges n’était pas comme celui d’Iblīs quand il a dit : « moi je suis meilleur qu’Ādam, comment vais-je me prosterner pour quelqu’un qui est fait de terre ? » et ceci était une objection contre Dieu, car c’est comme si Iblīs disait à Dieu : « Tu m’as donné un ordre qui n’est pas correct ». C’est comme s’il avait dit à Dieu : « comment m’ordonnes-Tu de me prosterner pour quelqu’un alors que je suis meilleur que lui ? Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé de terre ». Ceci est une objection à l’encontre de Dieu. C’est pour cela qu’il a mérité d’être chassé de la miséricorde de Dieu. Quant aux anges, quand ils ont reçu l’ordre de se prosterner pour Ādam, ils se sont prosternés, ils n’ont pas émis d’objection. Leur questionnement était pour connaitre la sagesse, ce n’était pas pour émettre une objection. Et quand ils ont connu la sagesse, ils ont augmenté en soumission pour Dieu.

Les noms que Dieu a fait connaitre à Ādam et que les anges ne connaissaient pas, ce sont les noms des choses. Dieu a fait qu’Ādam ʿalayhi s-salām connaisse le nom de toutes les choses, sans qu’il n’ait appris auprès de quelqu’un. C’était une grâce que Dieu a accordée à Ādam et qu’Il n’a pas accordée aux anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant Ādam mais ils ne connaissaient pas le nom des choses. Quant à Ādam, il connaissait le nom des choses alors qu’il avait été créé récemment par rapport aux anges. Ils se sont prosternés pour Ādam ʿalayhi s-salām, d’une prosternation qui consiste à poser le front par terre. Ceci est l’avis qui a été retenu par la plupart des exégètes. Et d’autres ont dit que la prosternation était une simple inclination.

Et qu’il y ait sur terre qui va faire couler du sang ? c’est-à-dire par des guerres et des assassinats ?

Alors que nous, nous Te glorifions et nous Te louons ? C’est-à-dire que nous disons que Tu es exempt d’imperfection et nous Te louons, nous Te remercions

Et nous nous purifions pour Toi. Et il a été dit que le tasbīẖ et le taqdīs, c’est de considérer Dieu exempt de tout défaut et de tout mal.

Il (Dieu) a dit certes Je sais ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que Je sais des sagesses que vous ne savez pas, des choses qui vous échappent, à savoir qu’il y aura parmi les humains des prophètes, il y aura parmi les humains des saints et des savants.

Verset 31 : Il (Dieu) a enseigné à Ādam tous les noms. Ādam est un nom qui n’est pas arabe. Le plus plausible est qu’il a la même structure que Āzar, comme fāʿal, une syllabe longue et deux syllabes courtes.

Et Ādam serait dérivé de 1/ adīmu l-arḍ, de la terre, car Ādam a été créé à partir de la terre. Dieu a ordonné à un ange de prélever de la terre de différents sols de cette terre. Et al-ʾadim est ce qui est à la surface de la terre. 2 / Ou al-ʿudma à l’image de la dérivation du nom Yaʿqūb, à partir de al-ʿāqab, c’est-à-dire le fait de suivre. Car Yaʿqūb a suivi ʿIsḥāq dans le sens qu’il est son descendant.

Et le nom Idrīs est dérivé de dars, étude car Idrīs fut le premier à avoir écrit avec un calame. Cela ne veut pas dire que les autres n’écrivaient pas mais lui, a utilisé un instrument particulier.

Et Iblīs dérive de al-iblās. On dit « ablasa min raḥmati l-Lāhi an yaʿisa ». Le verbe ablasa signifie perdre espoir, dans le sens qu’il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Et Iblīs signifie qu’il est perdu : il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Il s’appelait auparavant ʿĀzāzīl.

Et d’autres savants ont dit qu’Ādam n’est pas un nom qui dérive d’un autre mot, parce que ce n’est pas un nom arabe pour qu’on puisse dire qu’il dérive d’un autre mot.

Il y a deux avis différents sur le sujet.

Que signifie ici que Dieu a enseigné à Ādam le nom des choses qui portent des noms ? Allāh taʿālā, après que Ādam ʿalayhi s-salām est entré en existence et que Dieu a demandé aux anges de citer le nom des choses, les anges ne savaient pas ; et Ādam, lui, il a su. Il a su que le nom de telle chose que c’est une montagne et ceci est une mer. Ceci montre qu’Ādam avait un mérite, qu’il dépassait les anges en certaines choses.

Que signifie qu’Allāh a enseigné le nom des choses ? C’est qu’Allāh a montré à ’Ādam les noms des différentes espèces des créatures qu’Il a créées et Il lui a appris que telle chose s’appelle un cheval, telle chose s’appelle un chameau. Et d’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée lui et son père, Dieu a enseigné à ’Ādam le nom de toutes les choses, même le récipient dans lequel on mange et même la cuiller avec laquelle on mange. Cette explication est parvenue dans un ḥadīṯ dont la chaine de transmission est rapportée jusqu’au Prophète dans Al-Buẖāriyy.

Il y a un groupe égaré qui est apparu en Syrie il y a quelques temps, qui explique ce verset « wa ʿallama Ādama l-ʾasmāʾa kullahā » en disant que Dieu lui a enseigné Ses noms à Lui, parfaits, et uniquement cela. Si cela était le cas, alors le verset suivant n’aurait pas été « et lorqu’Il lui a enseigné les noms des choses », mais « lorsqu’Il a enseigné Mes noms ». Mais ce n’est pas ce qui a été dit. Dieu n’a pas dit « quand Il les a informés de Mes noms », mais Il a dit « quand Il les a informés des noms ». Malheureusement, ils persistent sur leur ignorance et sur leur déformation du Qur’ān.

Puis il les a cités aux anges. Ādam a cité les noms des choses aux anges en leur disant : ça, ça s’appelle un chameau, ça c’est une montagne. Donc il les a mentionnés aux anges. Ici il y a une subtilité dans la grammaire arabe concernant les formes des pluriels : quand il s’agit de pluriels d’êtres qui ne sont pas dotés de raison comme les animaux par exemple, on n’utilise pas de pronom au pluriel. On utilise un pronom qui est au féminin. Or ici il n’est pas cité un pluriel pour des êtres qui ne sont pas dotés de raison mais il est cité un pluriel « leurs noms » (ʿaraḍahum), c’est bien un pluriel, ce n’est pas un féminin. Et ceci parce qu’Il a donné le nom d’êtres qui sont dotés de raison. Il y a parmi l’ensemble qu’Il a indiqué aux anges des êtres qui sont dotés de raison, Il a utilisé ce pronom-là. « Ṯummaʿaraḍahum » : « hum » ici est un pronom qui fait référence à un pluriel. Ici Allāh a dit aux anges de citer le nom des choses. Et Dieu sait que les anges ne savent pas le nom des choses. Pourquoi a-t-Il demandé aux anges de citer le nom des choses alors qu’Il sait qu’ils ne savent pas ? C’est pour montrer leur incapacité face à Ādam. Ādam savait le nom des choses car Dieu le lui avait appris. Et les anges ne savaient pas à ce moment-là le nom de choses.

Il a dit : citez-Moi le nom des choses. Informez-Moi, dites-Moi,

Si vous êtes véridiques : dans votre prétention. Quand ils ont su qu’il y aura sur terre des humains, ils ont posé la question à Dieu, ils ont dit : « pourquoi Tu fais que sur terre, il y a des gens qui vont semer la corruption au point qu’ils vont d’entretuer ? » parce qu’ils avaient vu ce que les ǧinn avaient fait. Ils avaient posé la question par demande de sagesse et non pas par objection contre Dieu. Dieu leur a dit « donnez-Moi le nom des choses si vous êtes véridiques » c’est-à-dire dans votre prétention que Je vais laisser sur terre des corrupteurs qui s’entretuent, qui font couler le sang. Il y a dans cela une réplique et une explication. Il y a une réplique et une explication que, parmi ceux qui vont peupler la terre, il y a ceux qui méritent de gérer la terre.

Verset 32 : ils ont dit « subḥānak ». Tu es exempt d’être ignorant de quelque chose. Rien ne T’échappe. Tu es exempt qu’il n’échappe à Ta connaissance une quelconque information et Tu es exempt qu’on émette une quelconque objection contre Toi dans ce que Tu prédestines. « Subḥānak » est un substantif, ce n’est pas un verbe. Et il y a un sous-entendu, ça veut dire que je T’exempte d’une exemption. Si on traduit mot à mot, on dirait « Ton exemption », « l’exemption de Toi ». Et le verbe est sous-entendu, ça a le sens de « nous T’exemptons d’une exemption ».

Ils ont dit : Tu es exempt d’imperfection, nous n’avons de connaissance que ce que Tu nous as accordés comme connaissances. Nous n’avons pas de connaissances au sujet de ce que Tu ne nous as pas accordé à connaitre. Nous n’avons de connaissances que de certaines choses. Et parmi les choses que nous ignorons, il y a le nom des choses. Les connaissances que nous avons, ô Allāh, c’est Toi Qui les as créées. Et il en est de même pour le reste de nos actes, que ce soient les actes qui sont en notre for intérieur comme les intentions ou les péchés du cœur. Il en est de même pour nos œuvres qui sont apparentes. Tout cela n’entre en existence que par la volonté de Dieu et Sa création. C’est Toi Qui crées en nous les connaissances et ce n’est pas nous qui les créons. Quant aux moutazilites, que Dieu les enlaidisse davantage, ils ont prétendu que nos connaissances et nos perceptions c’est nous qui les créons. Et ceci est une de leurs mécréances. Parce que quand nous disons « il n’y a de dieu que Dieu », une des explications est « il n’y a de créateur que Dieu ».

Tu es certes Celui Qui sait sans avoir besoin d’enseignant. Alors que nous,les choses que nous savons, il y a eu qui nous les a enseignées. Al-Ḥakīm signifie que tout ce que Tu destines et prédestines est avec une sagesse. C’est-à-dire que Tu accordes à chaque chose sa juste valeur.

Verset 33 : Il (Dieu) a dit : ô Ādam informe-les de leurs noms. Lorsque Ādam les (les anges) a informés de leurs noms (le nom des choses)

Il (Dieu) dit : ne vous ai-Je pas dit que Je sais ce qui est caché dans les cieux et sur terrec’est-à-dire que Je sais ce qui vous (aux anges) échappe dans les cieux et sur terre des choses qui se sont déjà produites et des choses qui vont se produire.

Et Je sais ce qui apparait de vous et ce qui est en votre for intérieur

Verset 34 : et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Ādam. Ici ce n’est pas un « nous » de pluriel mais un « Nous » de majesté, d’éminence. Certains ont dit que cela signifie « soumettez-vous à lui et reconnaissez son mérite ». D’après ʾUbay ibnu Kaʿb un compagnon, que Dieu l’agrée, et d’après Ibnu ʿAbbās, ils ont dit qu’il s’agissait d’une inclination c’est-à-dire sans toucher le sol. Il y a divergence ici sur l’explication car la majorité des savants ont dit que l’ordre dont il est question ici consiste à poser la tête à même le sol. Et l’ordre de se prosterner était l’ordre de se prosterner pour Ādam ʿalayhi s-salām selon l’avis le plus fort. C’était un ordre donné à Iblīs et aux anges de se prosterner pour Ādam et non pas pour Dieu. Car si l’ordre de se prosterner avait été de se prosterner pour Dieu, Iblīs l’aurait exécuté. Et il s’agissait d’une prosternation de salutation. Dieu avait donné l’ordre aux anges et à Iblīs qui est un ǧinn de se prosterner d’une prosternation de salutation. Par le passé il était permis de se prosterner d’une prosternation de salutation. Puis ce caractère permis a été abrogé. Et l’abrogation est la fin de l’application d’une loi. Dieu a fait qu’entre les lois d’un messager et un autre, il y a des lois qui sont abrogées : des choses qui étaient permises sont devenues interdites et des choses qui étaient interdites sont devenues autorisées. Dieu fait changer les lois selon des sagesses et selon la communauté à laquelle ce messager est envoyé. Mais la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a abrogé les lois antérieures. La prosternation de salutation a été abrogée, preuve en est la parole du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lorsque Salmān le Perse qui était un compagnon, lorsqu’il a voulu se prosterner pour le Prophète, celui-ci lui aurait dit ce qui signifie : il ne convient pas pour une créature de se prosterner pour une autre créature, on ne se prosterne que pour Dieu. Mais ce ḥadīṯ n’est pas authentifié. Par contre le ḥadīṯ qui est authentifié concernant la prosternation pour une créature, c’est la parole que le Prophète a dit à Muʿāḏ un compagnon, qui signifie : « si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari ». Tout comme l’ont rapporté Al-Ḥakīm, Ibnu Māǧah, Aṭ-Ṭabarāniyy et Aḥmad.

Ils se sont tous prosternés (les anges) excepté Iblīs. Il s’agit d’une exception munqaṭāʿ, discontinue, c’est-à-dire que ce qui est excepté n’appartient pas à la famille de ce qui n’est pas excepté. Ils se sont tous prosternés, il s’agit des anges. Excepté Iblīs : il ne fait pas partie des anges. C’est une exception appelée grammaticalement « discontinue », car celui qui est mentionné comme une exception n’est pas du même genre que l’ensemble dont il est excepté. Or l’ensemble est un groupe d’anges et Iblīs n’était pas un ange mais il était un ǧinn par le texte même du Qur’ān, et c’est l’avis retenu par Al-Ḥasan et Qatādah. Et parce que par ailleurs, Iblīs a été créé de feu, alors que les anges ont été créés de lumière. C’est l’avis qui est le plus fort.

D’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, l’épouse du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle a dit que le Messager a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, le ǧānn a été créé d’une flamme de feu et Ādam a été créé de ce qui vous a été décrit précédemment ». Rapporté par Muslim et d’autres. Par ailleurs, Iblīs a refusé d’exécuter l’ordre, il a désobéi et a fait preuve d’orgueil, tandis que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Les anges ne sont pas orgueilleux. Par contre, certains sont tellement orgueilleux que leurs têtes ne leur permettent pas de s’incliner ni de se prosterner pour obéir à Dieu. Ce n’est pas le cas des anges.

La preuve également qu’Iblīs n’est pas un ange, c’est qu’Allāh taʿālā dit aux mécréants ce qui signifie : est-ce -que vous le considérez lui et ses descendants comme des êtres que vous adorez au lieu de M’adorer Moi. Et c’est connu que les anges n’ont pas de descendance, donc Iblīs n’est pas un ange. Il a une descendance donc il n’est pas un ange. Les anges ne se reproduisent pas, ils n’ont pas d’enfant alors que Dieu nous a appris à propos d’Iblīs qu’il a une descendance. Donc prétendre qu’Iblīs était un ange véritable est quelque chose qui est loin de la vérité.

Il (Iblīs) a refusé : c’est-à-dire qu’il s’est abstenu de faire ce qui lui a été ordonné de faire, à savoir que Dieu lui a ordonné de se prosterner pour Ādam.

Et il a fait preuve d’orgueil : c’est-à-dire par rapport à cet acte qui lui avait été ordonné de faire.

Et il est devenu au nombre des mécréants. Ceci est une première explication : parce qu’il a refusé, il a fait preuve d’orgueil et il a réfuté l’ordre. C’est par cela qu’il est devenu mécréant et non pas parce qu’il n’a pas appliqué l’ordre. Ce n’est pas le fait de ne pas appliquer l’ordre qui a fait de lui un mécréant mais c’est le fait qu’il ait remis en cause cet ordre. En effet le fait de ne pas se prosterner, cela n’est pas en soi une chose qui fait sortir de l’islam et ce n’est pas une mécréance selon Ahlu s-sunnah contrairement à ce que disent les moutazilites et les H̱awāriǧ. Ils déclarent mécréant celui qui commet un péché.

Ou bien une deuxième explication et il était mécréant Dieu sait de toute éternité qu’Iblīs         allait devenir mécréant après avoir été croyant parce que c’est ainsi dans la science de Dieu.

Verset 35 : Et Nous avons dit ô toi Ādam réside, toi et ton épouse au paradis. Le verbe est « sakana ». « Uskun » signifie « réside » qui vient du verbe « sakana d-dār » qui signifie il a habité dans la maison, il y réside. Et le mot sakana a aussi le sens de s’immobiliser. Un objet en mouvement « sakana » c’est-à-dire qu’il s’immobilise. Et al-ǧannah est le paradis qui est la résidence pour l’éternité, qui a été promise pour les pieux. Preuve en sont les versets nombreux.

Quant aux moutazilites, ils ont dit que al-ǧannah ici, ce n’est pas le paradis de l’éternité, mais que c’est un jardin qui était au Yémen. Selon leur prétention c’est parce qu’au paradis il n’y a pas de mort et Ādam est sorti de ce jardin. Les sunnites ont répondu : ne sort pas du paradis celui qui y entre par rétribution. Celui dont la rétribution est le paradis, il n’en sortira plus jamais. Et par ailleurs notre Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām il est bien entré au paradis lors de la nuit du miracle du voyage nocturne et de l’ascension. Et il en est sorti. Par ailleurs, les gens du paradis sont chargés de la connaissance et du tawḥīd.

Et mangez (des fruits) du paradis : le nom du complément du nom a été omis. C’est très courant dans le Qur’ān et dans la langue arabe d’omettre le nom du complément du nom.

Avec largesse : profitez

Où que vous vous trouviez : ici c’est un verbe conjugué au duel, qui concerne Ādam et son épouse. C’est-à-dire dans n’importe quel endroit au paradis.

Et ne vous approchez pas de cet arbre (de cette plante) : certains ont dit que c’est le blé. C’est pour cela qu’il a été dit : comment l’être humain ne commettrait-il pas de péché alors que sa nourriture est à partir de la plante qui a été la cause de la désobéissance ? Mais ce n’est pas un ḥadīṯ. Certains ont dit : comment l’être humain peut-il échapper à la désobéissance alors que sa nourriture est du pain, fabriqué à partir du blé ?

 D’autres ont dit que cette plante était la vigne qui donne les raisins, parce que c’est la cause de beaucoup de désobéissances, avec le vin.

D’autres ont dit que c’est le figuier.

Il y a donc trois avis mais en réalité, ce qui est correct est de ne pas préciser de quelle plante il s’agit, parce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne nous a pas dit comment s’appelle cette plante ou cet arbre. Certes, Dieu a interdit à Ādam de consommer des fruits d’un arbre mais sans préciser lequel. Et nous n’avons pas à deviner le nom de cette plante. Ça peut être un pommier et ça peut être autre qu’un pommier. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de conséquence pour nous. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de conséquence pour nous dans le fait de consommer certains fruits sur terre suite au fait qu’Ādam a consommé du fruit de cette plante.

Sinon vous seriez au nombre des injustes. C’est-à-dire au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes ou de ceux qui ont nui à eux-mêmes. C’est-à-dire que nous aurions fait à nous-mêmes, à notre âme, qui appartient à Dieu, une chose que Dieu nous a interdite. Donc nous aurons été injustes envers nous-mêmes.

Verset 36 : le šayṭān leur a fait commettre l’interdit puisqu’Ādam et Ḥawwāʾ ont consommé de l’arbre qui leur était interdit. Le šayṭān a incité Ādam et Ḥawwāʾ à consommer de l’arbre qui était interdit. Il les a faits glisser, dans le sens qu’ils ont commis ce qui était interdit et à cause de cela, ils se sont retrouvés à commettre cette chose que Dieu avait interdite. Le mot « zalla » signifie glisser ou déraper.

Certains ont dit que c’est parce qu’il s’est trompé dans l’interprétation de ce qui lui avait été dit : il valait mieux qu’il ne consomme pas de cet arbre et non pas qu’il était interdit de consommer de cet arbre. C‘est une preuve qu’il est permis d’utiliser le mot « zalla » qui signifie glisser ou déraper dans le sens de commettre une erreur à propos des prophètes comme l’ont dit les savants de la région de Al-Buẖārā. An-Nasafiyy dit que c’est le nom de l’acte de celui qui fait le contraire de l’ordre mais sans avoir pour objectif de faire le contraire de l’ordre. Il a donné l’exemple de celui qui glisse dans la boue alors qu’il était en train de marcher, il a glissé. Est-ce qu’il voulait glisser ? Non, il n’avait pas pour objectif de glisser.

Et les savants de Samarqand ont dit qu’on ne dit pas « zalla » à propos des prophètes pour leurs actes tout comme on ne dit pas « péché » à leur propos. Il y a une divergence : certains savants ont utilisé le terme que les prophètes peuvent commettre des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse et d’autres ont dit qu’un ne dit pas cela, mais que les prophètes n’ont pas fait ce qui est le mieux. Mais ceci est infondé.

Certains savants hanafites ont dit que celui qui dit que les prophètes ne commettent pas du tout de péché, il devient mécréant. Parce que dans le Qur’ān, il est écrit « wa ʿaṣā Ādamu rabbahu » ce qui signifie qu’Ādam a commis une désobéissance à son Seigneur. Donc ils ont appliqué la règle de celui qui dit une parole contraire au Qur’ān.

Mais le šayẖ a dit que ce n’est pas correct de dire cela. La parole correcte est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse de caractère. Un exemple de petit péché qui comporte une bassesse de caractère c’est comme quelqu’un qui passe devant un étalage de fruits et qui vole un grain de raisin. Il est possible qu’un prophète commette un petit péché ne comportant pas de bassesse mais il s’en repent immédiatement, avant que d’autres ne le suivent en cela.

Allāh avertit les prophètes quand ils font un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et ils font le repentir immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela. Il y a beaucoup de versets où il y a le terme maʿṣiyah. Donc ce qui est conforme aux textes c’est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère mais Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela.

Et il les a fait sortir de ce dans quoi ils étaient. C’est-à-dire que le šayṭān a été une cause pour qu’ils sortent de là où ils étaient, là où il y avait une félicité et un honneur, c’est-à-dire le paradis. Le   šayṭān est parvenu à faire glisser Ādam et Ḥawwāʾ pour qu’ils mangent de l’arbre dont le fruit avait été interdit ; il a réussi à faire cela après qu’il lui avait été dit de sortir parce qu’il était maudit du fait qu’il avait refusé d’obéir à l’ordre de Dieu de se prosterner pour Ādam. Maudire signifie éloigner de la miséricorde. Le šayṭān était au paradis pour suggérer le mal à Ādam et Ḥawwāʾ. Certains rapportent qu’Iblīs voulait entrer au paradis et que les anges en charge du paradis l’ont empêché de rentrer et qu’il est rentré dans la gueule d’une vipère puis qu’il est rentré à l’intérieur de cette vipère au paradis. Cela n’est pas vrai. Certains ont dit qu’il était resté à l’entrée du paradis et qu’il a suggéré de l’extérieur à Ādam de consommer du fruit interdit. Mais notre šayẖ a dit qu’Iblīs a reçu l’ordre de quitter le paradis mais il a désobéi, il y est resté puis il a suggéré à Ādam de consommer du fruit de cet arbre puis il a été exclu du paradis.

Nous avons dit : descendez. C’est-à-dire la descente sur terre. Et il a été dit que cette parole « descendez » a été adressée à Ḥawwāʾ et à Iblīs mais il a été dit aussi à cette vipère. Ce qui est correct est que la parole a été adressée à Ādam et Ḥawwāʾ.

En arabe il y a le singulier, le duel et le pluriel. Ici l’ordre de descendre est au pluriel « ihbiṭū » alors que l’ordre est adressé à Ādam et Ḥawwāʾ, donc on s’attendait à une forme au duel. La réponse est que ceux qui sont visés sont Ādam et Ḥawwāʾ et leur descendance. Comme Ādam et Ḥawwāʾ sont à l’origine de tous les humains, la parole est comme si elle était adressée à tous les humains, donc au pluriel.

Vous serez les uns pour les autres des ennemis. Ce qui est visé c’est l’injustice que commettent les gens les uns envers les autres, l’animosité que les gens ont les uns envers les autres, le fait que certains jugent les autres égarés.

Et vous aurez sur terre un lieu d’établissement c’est-à-dire un lieu pour vous établir, pour y vivre.

Vous pourrez profiter de la vie, jusqu’au terme. Le terme c’est le jour du jugement ou bien la mort.

Un savant a dit que le fait qu’Ādam et Ḥawwāʾ aient mangé de cet arbre a engendré pour nous un long chagrin c’est-à-dire que la vie est difficile sur terre. Mais ça ne veut pas dire comme le disent certains égarés qu’Ādam et Ḥawwāʾ ont fait un péché capital et que Jésus est venu à l’humanité pour expier ce péché capital. Ādam, comme Jésus, comme Muḥammad sont des prophètes et les prophètes sont les meilleurs des gens. Nous disons que c’est un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et Ādam a fait le repentir et Dieu lui a pardonné.

Verset 37 : Ādam a reçu de la part de son Seigneur des paroles. Dieu lui a révélé certaines choses et Ādam a accepté ces paroles et il a œuvré conformément à ces paroles. Il s’agit de la parole qui signifie « ô notre Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes et si Tu ne nous pardonnais pas et ne nous faisais pas miséricorde, nous serions au nombre des perdants ». Ces paroles sont une exhortation pour sa descendance. Il y a dans ces paroles une indication de la manière dont on peut se décharger des péchés et c’est par le repentir.

Ibnu Masʿūd que Dieu l’agrée, a dit que parmi les paroles que Dieu agrée le plus, c’est la parole de notre père Ādam ʿalayhi s-salām qui a dit, quand il a commis le péché, ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection ô Allāh et je Te loue et que soit glorifié Ton nom et que soit exemptée d’imperfection Ton éminence. Et il n’est de dieu que Toi. J’ai été injuste envers moi-même alors pardonne-moi, nul autre que Toi ne pardonne les péchés ». Et Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu m’as créé par Ta toute puissance (biyadika) « et Dieu a dit « oui » et Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu as insufflé en moi l’âme qui est honorée » et Dieu lui a révélé « oui » puis Ādam a dit « n’est-ce pas que les manifestations de Ta miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ta volonté de châtier, n’est-ce pas que Tu m’as fait résider au paradis ? » Et à la fin, Ādam a dit « pourquoi m’as-Tu fait sortir du paradis ? » Et Dieu lui a révélé : « c’est à cause de ton péché ». Et Ādam a dit « et si je fais le repentir, est-ce que Tu me ramèneras au paradis ? ». Dieu lui a révélé que oui.

Dieu lui a fait miséricorde et lui a pardonné son péché. Il s’est suffi de citer le repentir d’Ādam parce que Ḥawwāʾ suivait Ādam. Et la mention des femmes dans la sunnah et le Qur’ān est souvent ainsi.

Certes Allāh est Celui Qui est tawwāb :  c’est-à-dire que Dieu accepte beaucoup le repentir. Même si la personne commettait mille fois un péché et que suite à ce péché, elle fait le repentir, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, en faveur de Ses esclaves.

Verset 38 : Nous avons dit descendez tous ensemble et comme nous avons vu, il s’agit de la seconde fois où cet ordre de descendre est donné. La répétition est pour insister. Une deuxième explication est parce que la première descente était du paradis jusqu’au ciel du bas monde et que la deuxième descente était du ciel vers la terre.

Il vous parviendra de Ma part un « hudā » : c’est-à-dire un messager que Je vous envoie. Ou bien deuxième explication : un livre qui vous parviendra.

Celui qui accepte cette bonne guidée (le messager ou le livre) en y croyant, il n’y a pas de crainte à son sujet. C’est-à-dire que dans le futur, il n’y aura pas de crainte pour eux.

Ils n’auront pas à être chagrinés. Ils n’auront pas de chagrin concernant ce qu’ils laisseront derrière eux, leur famille. Ceux qui acceptent la bonne guidée de la part de Dieu, ils n’ont pas à avoir de crainte, ni à être chagrinés pour ceux qu’ils vont laisser après eux c’est-à-dire leur famille et leurs enfants.

Verset 39 : et ceux qui ne croient pas en Dieu et en son messager et qui ont démenti les signes et les preuves que Nous leur avons envoyés. Eux ce seront les gens de l’enfer c’est-à-dire qu’ils mériteront l’enfer

Ils y resteront éternellement. Que Dieu nous en préserve.

Verset 40 : ô vous descendants d’Isrāʾīl. Isrāʾīl c’est Yaʿqūb ʿalayhi s-salām qui est le fils d’ʿIsḥāq qui est le fils d’Ibrāhīm. Yaʿqūb est un surnom qui signifie l’élite de Dieu ou bien l’esclave de Dieu. Le mot « Isrāʾīl » est composé de deux mots « isrāʾ » qui veut dire « esclave » ou « élite » et « īl » qui veut dire « Allāh ». Donc « esclave de Dieu ». Et du point de vue grammatical, c’est un mot qui ne se décline pas parce que ce n’est pas un mot arabe. « Isrāʾīl » est un mot hébreu.

Dans cette phrase il a la fonction de complément du nom « Dieu » et habituellement le complément du nom porte une kasrah à la fin. Mais comme ce n’est pas un mot arabe, il ne se décline pas, il ne porte pas de kasrah à la fin mais une fatḥah.

Souvenez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Dieu leur rappelle les bienfaits qu’Il leur a accordés afin qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées et pour qu’ils obéissent à celui qui leur a accordé ces grâces. Dieu a visé par-là les grâces qu’Il leur a accordées et qu’Il a accordées à leurs ancêtres. Et l’auteur a énuméré ici ces grâces à savoir comment ils ont été sauvés de pharaon, de la noyade, comment Dieu leur a pardonné après qu’ils aient fabriqué et adoré un veau en or et qu’ils soient revenus à l’adoration de Dieu seul et le fait qu’ils sont restés vivants jusqu’à l’avènement de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont pu entendre son appel, lui qui avait été annoncé dans la torah et dans l’évangile. Les yahūd qui vivaient à l’époque de la descente du Qur’ān, Dieu leur a ordonné d’évoquer et de se rappeler des grâces qu’Il leur a accordées, à savoir que leurs ancêtres qui étaient avec Mūsā, Dieu les a sauvés de pharaon et de son châtiment, Il les a sauvés de la noyade, Il a pardonné à ceux d’entre eux qui avaient adoré le veau, Il a accepté leur repentir. Puis ceux qui étaient contemporains de notre maitre Muḥammad, Dieu a fait qu’ils ont pu entendre son appel. Donc cela veut dire : remerciez Dieu en croyant en Muḥammad et qu’il est un envoyé de Dieu.

Et soyez fidèles à votre promesse. Tenez vos engagements, tenez la promesse que vous avez faite de croire en Moi et de M’obéir ou de croire au prophète de la miséricorde et au Livre qui est miraculeux, le Qur’ān qui est un miracle permanent pour notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

Je vous accorderai ce que Je vous ai promis. C’est-à-dire la grande récompense pour vos bonnes œuvres. Et les gens du taṣawwuf ont expliqué ce verset en disant : respectez votre engagement en M’adorant dans cette résidence qui est une résidence où Je vous fais subir des épreuves, alors Je vous accorderai dans la résidence de la récompense la grande récompense de Me voir. La plus grande récompense sera de voir Dieu sans qu’Il ne soit dans un endroit ni dans une direction parce que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Et ne rompez pas cet engagement. Cet engagement que vous avez fait de M’obéir, respectez-le et craignez-Moi. En effet, le croyant doit maintenir son cœur entre la crainte et l’espoir. La crainte d’être châtié et l’espoir d’être pardonné. La crainte du châtiment et l’espoir de la récompense. Les savants ont dit que c’est comme les deux ailes qui doivent rester en équilibre pour avancer correctement : ne pencher ni vers l’un ni vers l’autre. Ni se mettre à commettre des péchés en se croyant préservé du châtiment de Dieu, ni penser que Dieu va le punir à cause du grand nombre de péchés commis. Il faut garder son cœur entre les deux, en gardant la crainte et l’espoir.

Verset 41 : ayez foi en ce que J’ai fait descendre (c’est-à-dire le Qur’ān) qui est conforme à ce que vous avez c’est-à-dire la Torah ; il confirme l’adoration de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme l’unicité de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme la prophétie de Muḥammad qui est annoncée dans la Torah. Il n’y a pas de différence entre la Torah qui a été révélée à Mūsā et le Qur’ān qui a été révélé à Muḥammad, concernant la croyance. Muḥammad n’a pas apporté quelque chose de différent de ce que Moise avait apporté.

Et ne soyez pas les premiers à y mécroire. (A Muḥammad) Ne soyez pas, vous, les descendants de Isrāʾīl, les premiers à ne pas croire à Muḥammad ou encore : ne soyez pas le premier groupe qui mécroit en lui ou encore : que chacun d’entre vous ne soit pas le premier à ne pas croire en lui. Il y a ici une allusion que ce devrait être eux les premiers à y croire parce qu’ils le connaissent du fait qu’il leur a été annoncé dans la Torah, ils connaissent sa description.

Et ne changez pas Mes versets en les déformant, pour des choses futiles du bas monde. Ne déformez pas Mes signes, juste pour obtenir des choses du bas monde. Par rapport à l’au-delà, le bas monde dans sa totalité ne représente rien du tout. Et il a été dit que ces choses futiles du bas monde c’était la notoriété qu’ils avaient au sein de leur peuple qu’ils craignaient de perdre, ainsi que le pouvoir, s’ils suivaient le messager de Dieu. Même au sein de cette communauté il y a certains présidents ou leaders qui contredisent la vérité pour ne pas perdre le pouvoir.  Al-Buẖāriyy que Dieu lui fasse miséricorde était allé dans une ville dans laquelle se trouvait un šayẖ qui était très connu. Les gens étaient sortis de la ville pour aller l’accueillir par respect pour lui. Or le savant connu de cette ville a été jaloux. Il a calomnié Al-Buẖāriyy auprès du gouverneur de cette ville, alors le gouverneur a exilé Al-Buẖāriyy de la ville.

Et craignez-Moi : c’est-à-dire ne faites pas ce qui vous fait mériter Mon châtiment. C’est-à-dire ne commettez pas les péchés.

Verset 42 : et ne mélangez pas le vrai avec le faux. Ceci est adressé aux yahūd. C’est-à-dire n’écrivez pas dans la Torah ce qui n’en fait pas partie, de sorte que le vrai qui a été révélé à Moise se mélange au faux que vous avez rajouté, de sorte qu’on ne puisse plus distinguer entre le vrai et le faux.

Et ne dissimulez pas la vérité : c’est-à-dire : ne faites pas ces deux choses, c’est-à-dire l’amalgame entre le vrai et le faux d’une part et la dissimulation de la vérité. Il s’agit de la vérité du fait que Muḥammad est un envoyé de Dieu et que le   Qur’ān est un miracle. Et le fait d’altérer la Torah qui est le Livre révélé à Moise. Ils prétendent qu’ils n’ont pas trouvé dans la Torah l’annonce que Muḥammad est un envoyé de Dieu ou qu’ils n’ont pas trouvé tel jugement.

Alors que vous savez. En connaissance de cause. C’est encore plus grave. Vous mélangez le vrai avec le faux et vous dissimulez la vérité, c’est encore plus grave et plus laid de votre part. Parce que si quelqu’un l’avait fait par ignorance, dans certains cas, il se peut que certaines choses soient excusées du fait de l’ignorance. Mais vous, vous savez ce que vous êtes en train de faire, donc c’est encore plus laid de votre part.

Verset 43 : accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakāt. C’est-à-dire faites votre prière comme la font les musulmans et donnez la zakāt comme la donnent les musulmans.

Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. Parce que les yahūd n’ont pas d’inclination dans leurs prières selon les historiens. Mais dans le ḥadīṯ, il n’a pas été mentionné que les yahūd n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, mais c’est possible.

1/ Si on prend cette explication qu’ils n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, ce verset signifie « inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent, de ceux de la communauté de Muḥammad ». C’est-à-dire « devenez musulmans de parmi la communauté de Muḥammad et faites la prière tout comme il vous l’a enseigné, même si dans votre loi, il n’y avait pas d’inclination, c’est-à-dire « entrez en islam et appliquez les œuvres des gens de l’islam ».

2 / Et il est possible aussi que Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent fasse allusion à la prière, tout comme on peut faire allusion à la prière par la prosternation. Et c’est un ordre d’accomplir la prière avec ceux qui font la prière, c’est-à-dire « faites la prière en assemblée » et non pas seul.

Verset 44 : est-ce-que vous ordonnez la bienfaisance aux gens et là, c’est pour indiquer le blâme et l’exclamation de la part des esclaves c’est-à-dire est-ce-que vous ordonnez aux gens d’accomplir beaucoup de bien. Et leurs prêtres disaient en cachette à ceux qui leur demandaient au sujet de Muḥammad, ils leur disaient de le suivre, mais eux restaient sur leur mécréance, pour ne pas perdre le pouvoir. Et parfois ils le disaient au grand jour.

Une autre explication est qu’ils ordonnaient aux gens de donner des aumônes mais eux, ils ne donnaient pas. Et lorsqu’on leur donnait les aumônes pour qu’ils les distribuent, ils les gardaient pour eux.

Et vous vous oubliez vous-mêmes. C’est-à-dire que vous oubliez de le faire. C’est-à-dire que vous ordonnez aux autres de faire le bien et vous ne le faites pas. Ceci a été exprimé par le verbe « oublier », comme si c’était un oubli.

Alors que vous récitez le Livre. C’est un blâme et une menace, c’est-à-dire que vous récitez la Torah dans laquelle il y a la description de Muḥammad ʿalayhi s-salām, où il y a la menace pour celui qui trahit, pour celui qui n’agit pas en bien et pour celui dont les œuvres ne sont pas conformes à sa parole. Vous dites des choses et vous ne les faites pas. Vos œuvres ne sont pas conformes à votre parole. Arrêtez de vous comporter d’une manière qui n’est pas conforme à ce qui a été révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām dans la Torah.

Est-ce que vous vous rendez compte de la laideur de ce que vous êtes en train de faire ? Ceci afin que cela vous détourne de le commettre. Le fait de prendre conscience de la laideur de ce que vous êtes en train de faire va vous détourner de le commettre. C’est une grande mise en garde.

Verset 45 : et faites-vous aider pour vos besoins à l’égard de Dieu par la patience et par la prière.

1/ C’est-à-dire en réunissant les deux c’est-à-dire faites la prière en faisant preuve de patience face à l’effort demandé pour que vous puissiez faire la prière, en supportant ses difficultés et ce qu’elle implique comme obligation d’être sincère dans votre cœur en l’accomplissant, en repoussant les mauvaises suggestions du šayṭān et en repoussant les mauvaises suggestions de l’âme et en veillant à respecter les règles de comportement de la prière et en ayant la crainte de Dieu lorsque vous l’accomplissez et en vous rappelant le fait que si vous êtes en train de faire la prière , vous vous adressez à Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre.

2/ Ou bien faites-vous aider pour affronter le choc des épreuves en utilisant la prière c’est-à-dire faites preuve de patience face aux épreuves en ayant recours à la prière, lorsque l’épreuve survient. On se rappelle de l’histoire de Raḥmah, lorsque son mari a été tué et qu’elle s’est retrouvée avec des orphelins. Lorsque l’appel à la prière a eu lieu, elle a fait sa prière. Elle n’a pas dit : « j’ai perdu mon mari, j’ai des orphelins, je n’ai pas de quoi les nourrir ». Et Dieu lui a accordé un prodige. La prière est le recours du croyant. Il patiente en faisant la prière. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’un sujet le chagrinait, il avait recours à la prière, c’est-à-dire qu’il faisait des prières surérogatoires. Il faisait des prières en demandant à Dieu qu’Il le délivre de ce tourment. Ne soyons pas comme celui qui est malade, qui connait le médicament et qui ne l’utilise pas. Allāh tabāraka wa taʿālā nous a accordé la prière : si tu as des tourments, aie recours à la prière, fais des prières surérogatoires et Dieu te délivrera de ce tourment. C’est requis de notre part de prendre exemple sur le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Il convient pour chacun d’entre nous, homme ou femme, de rechercher l’aide de Dieu, si un sujet nous tourmente. Si quelqu’un est touché par une difficulté, il convient qu’il ait recours à la prière. Il ne va pas aller consulter x ou y pour chaque problème.

D’après Ibnu ʿAbbās le cousin du Prophète en faveur de qui le Prophète avait invoqué Dieu pour qu’Il lui accorde la sagesse, la bonne compréhension et l’interprétation du Qur’ān, il a été rapporté que lors du décès de son frère Ḥusām alors que lui-même était en voyage, il a fait l’istirǧāʿ (il a prononcé la parole qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à Son jugement ») ceci pour nous rappeler que notre séjour est temporaire. Puis il a accompli deux rakʿah surérogatoires puis il a dit ce qui signifie : « faites-vous aider par la patience et la prière ». Il a essayé de se soulager de la grande perte de son frère en accomplissant la prière.

3/ Il a été dit que la patience signifie le jeûne parce que le jeûne consiste en une privation des choses qui rompent le jeûne. Et c’est pour cela que le mois de ramaḍān a été appelé le mois de la patience.

4 /Et il a été dit que la prière ici signifie les invocations, les supplications pour repousser cette épreuve qui vous touche. Il y a l’invocation de notre maître Yūnus qui a dit quarante fois : lā ʾilāha illa l-Lāh subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīn ». Celui qui dit quarante fois cette invocation dans le dernier tiers de la nuit, pour ce qu’il veut, si Dieu veut, Dieu le lui accorde.

Wa innahā : certains ont expliqué par la recherche de l’aide et d’autres par la prière. Et cela semble difficile, sauf pour ceux qui craignent Dieu, pour lesquels ce n’est pas difficile, parce qu’ils savent ce que Dieu a réservé pour ceux qui patientent face aux difficultés et qui font la prière. Si tu es en train de monter une pente et tu sais qu’après cette pente, il y aura du repos, alors la pente semble moins difficile. Si tu sais qu’au bout de la journée, il y aura la rupture du jeûne, les choses deviennent faciles. Ceux qui craignent Dieu, ils savent qu’en faisant preuve de patience et en faisant des prières surérogatoires, il y a aura la grande récompense du paradis et que ce sera peut-être une cause pour repousser ces épreuves. Quant à d’autres ce n’est pas le cas.

Verset 46 : ceux qui pensent (qui ont pour conviction) qu’ils vont venir au jour du jugement de leur Seigneur.

Ici « penser » signifie avoir pour conviction, pour croyance, c’est-à-dire qu’ils ont pour croyance qu’ils viendront au jour du jugement pour être jugés par Dieu, ils s’attendent à obtenir une récompense et ils espèrent cela. Ils ont donc la certitude, en raison de la récitation de ʿAbdul-Lāh Ibnu Masʿūd parce qu’il a récité « yaʿlamūn » au lieu de « yaẓunnūn », ce qui signifie « ils savent » mais cette récitation avec le terme « yaʿlamūn » n’est pas une récitation qui est mutawātir. Ils savent qu’ils vont recevoir la rétribution de la part de leur Seigneur et ils vont agir en fonction de cela.

Quant à ceux qui n’ont pas la certitude qu’il y aura une rétribution et qui ne s’attendent pas à ce qu’il y ait une récompense pour les œuvres, alors c’est quelque chose qui est difficile pour eux. Le mot « ẓanna » est habituellement utilisé pour quelqu’un qui n’est pas certain mais il peut être utilisé pour ce dont on est certain, comme dans ce cas. C’est comme dans le fait de faire la prière : la plupart des gens ne sont pas heureux quand ils font la prière, c’est comme s’ils la font pour se débarrasser de quelque chose, alors que les pieux, eux, y trouvent du plaisir, ils sont apaisés quand ils font la prière.

Notre maitre ʿUṯmān ibnu ʿAffān que Dieu l’agrée, le troisième calife, a récité la totalité du Qur’ān en une seule rakʿah en une nuit. Allāh lui a accordé cela. Les prophètes et les saints trouvent une joie dans les actes d’adoration et notamment dans la prière. Dieu place dans leur cœur une joie et un apaisement qu’ils ne trouvent dans aucun autre acte d’adoration que dans la prière. La prière leur procure plus de plaisir que toute autre chose.

Le ẖušūʿ en arabe signifie la sérénité et l’apaisement. N’est-ce-pas que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām disait à Bilāl quand celui-ci faisait l’appel à la prière : « lance l’appel de ce qui va nous amener l’apaisement, la paix intérieure et la sérénité ». Donc la prière est une cause d’apaisement et de sérénité.

Le ẖuḍūʿ signifie la douceur et la soumission. C’est le fait d’abandonner toute objection contre Dieu. Nous faisons preuve d’humilité.

La glorification qui s’accompagne d’un ressenti de crainte, c’est cela le ẖušūʿ. C’est une crainte révérencielle. Le ẖušūʿ pendant la prière c’est le fait d’avoir présent dans le cœur la crainte de Dieu, la glorification et l’amour envers Dieu. Il ne s’agit pas ici de la crainte du châtiment.

Le mot « liqāʿ » signifie « rencontre ». Mais ici certains ont expliqué ce mot par le fait que les croyants verront Dieu.

Ils verront Dieu sans comment. Certains exégètes ont expliqué la parole « mulāqū rabbihim » par « ceux qui ont la certitude qu’ils vont voir leur Seigneur ». C’est une vue qui est sans comment, c’est-à-dire que ce ne sera pas une vue dans une direction. Il n’y aura pas de distance entre eux et Dieu, ni une distance proche ni éloignée. Car la distance est une relation entre deux corps. Or Dieu n’est pas un corps, donc cette relation-là ne Le concerne pas. C’est pour cela qu’on dit qu’Il est exempt de cela. Qu’est-ce qui fait que la vue d’un être soit possible rationnellement ? Ce n’est pas le fait que cet être soit dans un endroit, mais c’est le fait qu’il existe. Comme Dieu existe, il est valide selon la raison qu’Il soit vu. Il sera vu sans qu’Il ne soit dans une direction ni dans un endroit parce que la distance est impossible au sujet de Dieu. Parce que celui qui se trouve à une distance de toi, il a une limite et celui qui est limité a besoin de qui lui a donné cette limite. Or Dieu n’a pas besoin d’autrui. C’est Lui le Créateur, c’est Lui Qui donne les limites aux choses, Il n’est pas concerné par les limites. Quand on dit que Dieu n’est pas limité, cela ne veut pas dire qu’Il a une étendue qui est infinie, non, cela veut dire qu’Il n’est pas un corps ni un volume.

Et ils retourneront à la vie au jour du jugement. C’est-à-dire que nul autre que Dieu ne juge les esclaves au jour du jugement. C’est Dieu Qui fait que tel esclave sera au paradis et tel autre sera en enfer.

Verset 47 : ô vous, fils (descendants) d’Isrāʾīl, rappelez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Il y a eu un verset semblable précédemment donc c’est une répétition pour insister sur le fait que Dieu leur a accordé beaucoup de grâces. Isrāʾīl est le nom du prophète Yaʿqūb qui veut dire « esclave » de Dieu ou « élite » de Dieu car « īl » signifie Dieu en hébreu. Et les descendants de Isrāʾīl sont les descendants des douze fils d’Isrāʾīl, les descendants des douze tribus.

Et que Je vous ai accordé un mérite (c’est-à-dire que J’ai fait en sorte que vous soyez meilleurs) sur les mondes. En arabe quand il y a un grand nombre de personnes, on dit « ʿālam », c’est le même mot que pour « monde » donc cela signifie que Dieu leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens. Cela veut dire : « Nous vous avons accordé un mérite sur de nombreuses créatures ». C’est-à-dire : vos ancêtres qui étaient musulmans, rappelez-vous des grâces que Dieu leur a accordées et qu’Il leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens et prenez exemple sur eux en croyant en Muḥammad (qui est le prophète de votre époque). Si vous croyez en Muḥammad, vous serez comme vos ancêtres qui étaient croyants en Mūsā et en les prophètes précédents.

Quant à ceux qui sont des descendants d’Isrāʾīl de nos jours mais qui n’ont pas cru au prophète Muḥammad et également ceux qui sont descendants du prophète Muḥammad et qui ont contredit, qui se sont entêtés et qui ont démenti, ceux-là n’ont absolument aucun mérite. Ceux qui étaient meilleurs que beaucoup de monde, c’était leurs ancêtres qui étaient musulmans.

Le mérite dont il est question dans ce verset revient à leurs ancêtres qui, eux, suivaient les prophètes, à l’époque de Moise et les prophètes qui l’ont suivi. Ils croyaient en Dieu et en Ses prophètes. Ils ne les démentaient pas.

Ces ancêtres-là étaient comme nous, c’est-à-dire que nous avons pour croyance que chaque prophète est véridique et qu’il est venu avec la religion de vérité qui est l’islam. Ceux à propos de qui il est fait référence parmi les fils d’Isrāʾīl, ce sont les croyants, qui croyaient en tous les prophètes.

Certains se sont donnés pour illusion, à partir de ce verset, que les yahūd qui sont non musulmans et qui sont de cette époque, auraient un certain mérite. Comment auraient-ils ce mérite ? Alors qu’ils ne croient même pas au prophète Muḥammad ni au prophète Jésus. Celui qui comprend le Qur’ān de travers, c’est une source d’égarement et également pour ceux qui suivent ceux qui comprennent de travers. En effet, les phrases peuvent être expliquées de plusieurs manières. Donc celui qui ne les comprend pas correctement aura des contradictions et il va s’égarer. Il n’y aura pas de cohérence. Allāh a éprouvé Ses esclaves : certains connaissent les explications correctes et ils donnent aux versets les sens corrects. Et ceux à qui Dieu n’a pas accordé cette réussite, ils vont donner au Qur’ān un autre sens que le sens correct et c’est une source de perdition et ils vont être égarés.

Verset 48 : et craignez un jour. Et il s’agit du jour du jugement. Il n’y aura pas une âme croyante qui pourra intercéder en faveur d’une âme, c’est-à-dire mécréante. C’est-à-dire que celui qui est venu au jour du jugement, musulman, il ne va pas compenser les défaillances de quelqu’un qui est mort non croyant. C’est pour cela que le Qur’ān est un miracle permanent pour notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De nos jours il y a beaucoup de gens qui ont délaissé le Qur’ān, pour eux, c’est juste un objet de décoration à la maison, malheureusement.

Et il ne sera accepté d’elle aucune intercession. Et le terme « elle » (minhā) ici est un pronom qui fait référence à l’âme croyante. C’est-à-dire que l’âme croyante ne pourra pas intercéder pour l’âme qui est mécréante. Celui qui est croyant n’intercèdera pas pour celui qui est non croyant. L’intercession consiste à demander le bien à autrui en faveur d’autrui. Ceux qui vont intercéder au jour du jugement vont demander à Dieu le bien en faveur de tierces personnes. Au jour du jugement, aucune âme croyante n’intercèdera en faveur d’une âme non croyante.

Il a été dit que les yahūd à l’époque du prophète ont dit : « ce sont nos ancêtres qui étaient prophètes qui vont intercéder en notre faveur », alors qu’eux n’étaient pas croyants. Ce verset a été révélé pour leur couper tout espoir de l’intercession en leur faveur alors qu’ils n’étaient pas croyants. C’est comme dans un autre verset où il est dit ce qui signifie : « l’intercession de ceux qui intercèderont au jour du jugement ne leur profitera pas ».

Et le groupe des moutazilites qui est un groupe qui se prétendait musulman disait que le musulman qui commet un péché, il n’est plus musulman et qu’il n’y a plus d’intercession en sa faveur. Et ils prétendent que ce verset explique cela. La réplique à leur donner est que ce verset concerne l’intercession en faveur de non croyants et non pas en faveur de musulmans désobéissants.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « mon intercession est pour les grands pêcheurs de ma communauté ». Rapporté par Al-Ḥakīm.

Et il ne sera pas accepté d’eux une compensation. La compensation est pour compenser une défaillance. Actuellement, si quelqu’un a une défaillance, dans certains cas, il paye une compensation. Mais au jour du jugement, ce ne sera pas le cas : les mécréants ne pourront pas payer une compensation pour compenser leur mécréance, ils ne seront pas acquittés.

Et ils ne seront pas soutenus. C’est-à-dire que ces non croyants, au jour du jugement, personne ne va les aider.

Verset 49 : et lorsque Nous vous avons sauvés de ceux qui étaient dans le camp de Pharaon. Le mot « āl » indique ceux qui suivaient Pharaon dans sa religion et « pharaon » est un titre de rois qui ont gouverné les géants comme César est un titre donné à ceux qui dirigeaient les Romains et Chosroes est le titre donné aux rois des Perses.

Nous vous avons délivrés de l’injustice que commettait Pharaon parce que Pharaon leur faisait subir des injustices, c’est comme s’il les recherchait pour leur faire parvenir la nuisance. « Sūʾul-ʿaḏāb » : le mal du châtiment, il s’agit du mal que Pharaon faisait subir à leurs ancêtres, alors que tout le châtiment est un mal. Cela signifie le châtiment qui est extrême et qui est atroce.

Puis Il énumère les différentes sortes de châtiments que Pharaon avait fait subir à leurs ancêtres. A l’un, il égorgeait ses garçons et il laissait les filles vivantes pour qu’elles soient à leur service. Ceci parce que les devins avaient dit à Pharaon qu’il y aurait un garçon qui allait naitre et qui serait la cause de la disparition de son royaume. Et ces devins ont averti Pharaon tout comme ils avaient averti An-Numrūd à propos de Ibrāhīm. Mais ce que ces deux ont essayé de faire n’a pas empêché la réalisation de ce que Dieu a prédestiné de toute éternité, à savoir que Moise est né et a été la cause de la perte de Pharaon.

Et il y a en cela un « balāʾ » de la part de votre Seigneur. Le mot « balāʾ », s’il est expliqué par le sens de l’épreuve, il en est visé l’acte de Pharaon, c’est cela qui est une épreuve qui a été subie par les gens. Si le mot « balāʾ » était expliqué par le sens de la grâce, il fait allusion au fait qu’ils ont été sauvés de Pharaon. Donc on voit que le mot « balāʾ » peut avoir le sens de l’épreuve et il peut avoir le sens de la grâce.

Un « balāʾ » qui est éminent. C’est pour cela qu’on ne traduit pas le Qur’ān.

Verset 50 : Dieu leur rappelle les grâces qu’Il a accordées à leurs ancêtres qui étaient musulmans, de la communauté de Moise. Nous avons séparé la mer en plusieurs chemins. La mer s’est écartée pourfaire apparaitre un chemin pour qu’ils puissent traverser.Et il y eut douze chemins pour les douze tribus des descendants d’Isrāʾīl. Chaque tribu avait son chemin. Dieu est sur toute chose tout puissant. Ceci pour rappeler que ce ne sont pas les causes qui créent les effets. C’est Dieu Qui est le créateur des causes et des effets. S’Il veut qu’il y ait des effets sans la cause habituelle, cela a lieu.

Donc les tribus traversaient et la mer s’ouvrait pour leur laisser le chemin. Dieu leur a accordé cela. Il a été dit que les descendants d’Isrāʾīl, alors qu’ils étaient dans un chemin qui était séparé d’un autre par un mur (chacune des douze tribus étaient comme entre deux montagnes d’eau), ont dit à Moise : « où sont nos compagnons ? nous voulons les voir ». Allāh a révélé à Moise de faire un signe avec son bâton et il est apparu sur les murs d’eau des lucarnes à travers lesquelles ils pouvaient se voir et s’entendre.

Nous vous avons sauvés et Nous avons fait périr noyés Pharaon et ses soldats et vous, vous observez. Vous voyez cela, vous en êtes conscients et vous ne doutez pas à ce sujet. Dieu leur rappelle cela dans l’objectif qu’ils soient croyants. Les yahūd de l’époque du Prophète Muḥammad savaient cela mais ils le cachaient. Et le Prophète a su cela par révélation de la part de Dieu, car il ne lisait pas.

Verset 51 : Et Nous avons promis à Mūsā la révélation en quarante nuits puis vous avez pris un veau après cela

Dieu a promis à Mūsā ʿalayhi s-salām la révélation et Il lui a promis de lui révéler certaines choses, parmi elles le fait d’aller à un endroit qui s’appelle « aṭ-ṭūr » dans le Sinaï (Tyr). Quand les descendants d’Isrāʾīl s’étaient installés en Egypte après la mort de pharaon, ils n’avaient pas de livre. Allāh taʿālā a promis à Mūsā de lui révéler la Torah et Il lui a indiqué la date de cette révélation au mois de ḏu l-qaʿdah plus dix jours de ḏu l-ḥiǧǧah, ce qui fait quarante nuits en tout. Et certains parmi les fils de Isrāʾīl s’étaient alors mis à adorer un veau. Un homme nommé Mūsa s-Sāmiriyy leur a fabriqué un veau à partir des bijoux qu’ils avaient emmenés et auquel ils avaient mélangé un peu de terre de l’endroit où se tenait le cheval de l’ange Ǧibrīl et ce veau s’est mis à émettre un son alors ils se sont mis à l’adorer. Donc ceci est arrivé après que Mūsā soit parti à « aṭ-ṭūr ».

Et vous êtes injustes en cela. Et vous êtes injustes dans votre adoration du veau ; puisque vous avez voué votre adoration à ce qui ne mérite pas d’être adoré.

Verset 52 : puis Nous vous avons pardonné. Dieu leur a accordé le repentir et leur a effacé leur péché. Après que vous ayez adoré le veau, puissiez-vous remercier. Que vous remerciiez Dieu Qui vous a fait grâce du pardon suite au péché que vous avez commis.

Verset 53 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre et le furqān

Et Nous avons accordé à Mūsāle Livre et ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais.

C’est-à-dire que Dieu lui a accordé la révélation d’un livre qui est la Torah, qui, en plus d’être un livre révélé, comporte ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Ici, même s’il y a le terme « wa » qui est une conjonction de coordination, cela indique la même chose, ce sont deux caractéristiques qui se trouvent dans ce livre-là, que c’est un livre qui est révélé ET qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Il ne s’agit donc pas de deux livres différents mais bien d’un seul livre qui s’appelle la Torah qui remplit les deux caractéristiques citées.

Une autre explication est : Nous t’avons fait révéler le livre et le furqān : le Livre est la Torah et le furqān ce sont les miracles que Dieu a accordés à Mūsā, comme le bâton qui s’est transformé en un véritable serpent.

Une troisième explication de furqān est la révélation de ce qui est licite et ce qui est illicite.

Une autre explication est le fait que la mer se soit entrouverte pour les descendants des fils d’Isrāʾīl. C’est dans le sens de la séparation puisque c’est la séparation qui a eu lieu dans la mer qui a permis d’avoir ces chemins et les tribus des descendants des fils d’Isrāʾīl ont pu quitter l’Egypte pour la Palestine.

Ou encore dans le sens de la victoire qui a fait la différence entre Mūsā et son ennemi. Grâce à cette victoire, Mūsā a eu le dessus sur ses ennemis, en l’occurrence sur Pharaon et son armée.

Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire « afin que » vous soyez bien guidés. Dieu a révélé cela à Mūsā pour que vous soyez bien guidés.

Verset 54 : et Mūsā a dit à son peuple c’est-à-dire ceux d’entre eux qui se sont mis à adorer le veau.

Ô peuple vous avez été injustes envers vous-mêmes en vous mettant à adorer le veau : c’est-à-dire en considérant que c’est quelque chose qui mérite l’adoration

Alors faites le repentir à votre Créateur : c’est Lui Qui a créé les créatures et Il n’a pas créé les choses absurdement : c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé comporte une sagesse. Même dans la création des porcs et des singes, il y a une sagesse en cela.

Il y a dans cette parole de Mūsā à son peuple une mise en garde et un avertissement parce qu’ils ont délaissé l’adoration de Dieu Celui Qui sait toute chose, Celui Qui crée toute chose selon une sagesse, Lui Qui les a créés et Qui a fait qu’il n’y ait pas d’absurdité dans ce qu’Il crée. Ils se sont détournés de l’adoration de Dieu, Celui Qui est exempt de toute imperfection, pour se mettre à adorer un veau qui est l’exemple-même de l’idiotie et de la stupidité.

Alors tuez-vous vous-mêmes.

Il a été dit que c’est selon le sens apparent. Certains savants ont dit que leur repentir passait par le fait de se donner la mort à eux-mêmes.

Et il a été dit que leur repentir était de se tuer les uns les autres. C’est-à-dire qu’après leur retour à l’islam, c’était une condition pour l’acceptation de leur repentir.

Troisième explication : il a été dit que ceux qui n’ont pas adoré le veau ont reçu l’ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau. Et 70.000 d’entre eux sont morts.

Cela (fait référence au repentir et au fait de tuer) vaut mieux pour vous selon le jugement de votre Créateur c’est-à-dire que cela vaut mieux pour vous que de persister sur la désobéissance.

Il est Celui Qui a accepté votre repentir, c’est-à-dire qu’Il est celui Qui vous fait grâce d’accepter votre repentir même si vous faites beaucoup de péchés. Même si une personne commet un péché mille fois et fait le repentir avec les conditions remplies, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, même si ce sont des péchés qui sont graves. N’est-ce-pas que c’est grave d’adorer un veau ? Et pourtant Dieu a accepté d’eux leur repentir. C’est-à-dire qu’ils rentrent en islam et ils ne sont pas châtiés pour ce qu’ils ont fait.

Analyse grammaticale de ce verset 54 : Dieu a fait que leur repentir après avoir adoré ce veau en or, était qu’ils se donnent la mort. Et Dieu ordonne ce qu’Il veut ; comme quand Il a ordonné à Ibrāhīm d’égorger son propre fils. C’est interdit d’égorger son propre fils. Et pourtant ce fut un ordre donné à Ibrāhīm de la part de Dieu. Cela lui ferait gagner des récompenses. Donc Dieu a fait qu’un acte, du temps du prophète Ibrāhīm fasse gagner des récompenses et dans la Loi du prophète Muḥammad, c’était un grand péché. Les lois en Islam ne sont pas selon la raison. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut. Comment est-ce qu’on a su qu’il est interdit d’épouser la sœur de notre père ? Pourquoi est-ce interdit d’épouser son propre frère ou sa propre sœur ? C’est par la Loi. Pourtant c’était permis dans la Loi d’Ādam. Et c’est devenu interdit dans les lois ultérieures. Donc les jugements ne sont pas par la raison. Les jugements sont par la transmission selon ce que le prophète de notre époque nous a transmis.

Verset 55 : Et ils ont dit ô Mūsā, nous ne croirons en toi que si nous voyons Allāh, mais la foudre s’est abattue sur vous (la mort vous a pris). Vous n’avez pas pu Le voir. Il a été dit qu’un feu est descendu du ciel et qui les a brûlés. Il a été dit qu’il y avait 70 personnes qui sont parties avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām lorsqu’il est parti au mont Tyr pour aller demander le pardon de Dieu pour son peuple. Ils lui ont dit : nous n’avons pas participé à l’adoration du veau avec les autres, alors fais-nous voir Dieu. Mūsā leur a dit : « j’ai demandé à Dieu mais je n’ai pas pu Le voir ». La montagne n’a pas pu supporter de voir Dieu et Mūsā s’est évanoui. Demander de voir Dieu n’est pas quelque chose d’impossible parce que le critère pour la vision d’un être c’est que cet être existe, ce n’est pas qu’il soit dans un endroit. Comme l’a dit notre maitre Abū Ḥanīfah : « Dieu existe il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». D’ailleurs nous savons que les croyants, lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu, sans que Dieu ne soit au paradis ni ailleurs ; parce que Dieu n’est pas dans un endroit.

Notre maitre Mūsā connait mieux Dieu que nous. Il a demandé à Dieu de Le voir. Et Dieu lui a appris que si la montagne supportait de voir Dieu, alors lui, Mūsā pourrait Le voir également. Mais la montagne n’a pas supporté, elle s’est effondrée et Mūsā s’est évanoui. C’est cela le sens de la réponse de notre maitre Mūsā à ces soixante-dix quand ils lui ont dit : fais-nous voir Dieu et qu’il leur a répondu : je n’ai pas pu Le voir. Ils lui ont répondu : « toi, tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Et Dieu a envoyé sur eux une foudre qui les a brûlés.

Les moutazilites prétendent que l’homme est créateur de ses actes et ils ont dit également que ce n’est pas possible que Dieu soit vu. Ils ont prétendu que ce verset est une preuve que Dieu ne peut pas être vu car ils ont dit que ces 70 n’auraient pas été châtiés pour avoir demandé quelque chose de possible. En réalité s’ils ont été châtiés par ce feu qui s’est abattu sur eux, c’est parce qu’ils avaient dit à Mūsā : « tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ».  Ils ont donc été châtiés pour leur mécréance et non pas pour avoir demandé à voir Dieu. Ils avaient refusé de croire en Mūsā ʿalayhi s-salām, alors qu’ils ont vu les miracles de sa part. Or croire aux prophètes est un devoir, dès l’apparition de leurs miracles. Et on ne demande pas à un prophète de nouveau miracle sans raison ; c’est-à-dire qu’après que le premier miracle soit apparu, c’est suffisant pour l’obligation de croire au prophète.

Mais il est possible de demander au prophète d’autres miracles, et ceci pour augmenter en certitude. Comme ceux qui ont demandé à notre maître Jésus ʿalayhi s-salām. Ses compagnons lui ont demandé une table qui descende du ciel, pleine de nourriture, alors qu’ils avaient déjà vu des miracles de sa part mais c’était pour augmenter en certitude. Concernant la demande du premier miracle, il n’y a pas de problème puisque c’est le miracle qui permet de différencier un prophète d’un charlatan. (Et le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui a lieu sur les mains de celui qui prétend la prophétie, qui est conforme à ce qu’il dit, et qui ne peut pas être contré par quoi que ce soit de semblable). Quant à ceux qui étaient avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont été brûlés par la foudre qui s’est abattue sur eux, car leur demande n’était pas dans le but d’apprendre mais ils avaient demandé de la manière de celui qui montre un entêtement.

Et vous la voyez. C’est-à-dire la foudre qui s’est abattue sur eux.

Verset 56 : puis Nous vous avons ressuscités après votre mort, puissiez-vous remercier. Puissiez-vous remercier la grâce de revenir à la vie après la mort.

Verset 57 : et Nous vous avons abrités par des nuages. C’est-à-dire que Dieu a fait qu’il y a eu des nuages qui les protègent du soleil lorsqu’ils s’étaient perdus quarante ans dans un désert. Et Dieu a asservi pour eux des nuages qui les accompagnaient dans leur marche pour les protéger de la chaleur du soleil et la nuit, il y avait un pilier de feu qui éclairait leur chemin. Et leurs vêtements ne se salissaient pas et ne s’usaient pas.

Et Nous avons fait descendre al-mann : c’est une nourriture qui était comme la neige qui descendait du ciel depuis l’aube jusqu’au lever du soleil et chacun d’entre eux avait un ṣāʿ (qui est l’équivalent de quatre mudd).

Et du salwā : Dieu faisait souffler un vent du sud qui leur ramenait des oiseaux qu’ils pouvaient attraper comme ils le voulaient, puis les égorger et les manger comme ils voulaient.

Nous leur avons dit : mangez des choses délicieuses que Nous avons accordées.

Et ils ont été injustes envers eux-mêmes : c’est-à-dire que malgré tous les bienfaits que Dieu leur a accordés, ils ont été ingrats. (Le péché constitue une injustice envers soi-même parce que quand quelqu’un agit envers sa propre personne autrement que conformément aux ordres de Dieu, il aura agi dans quelque chose qui ne lui appartient pas véritablement. Car nous appartenons à Dieu, donc si quelqu’un agit de façon non conforme aux ordres de Dieu, il aura été injuste envers lui-même).

Verset 58 : et Nous leur avons dit : après être sorti de cet endroit où ils s’étaient perdus

Entrez dans cette ville : c’est soit Jérusalem soit Jéricho. Et qarā signifie « regrouper » et qaryah signifie un regroupement de personnes, donc ce verset signifie « allez dans ce village ».

Et mangez des fruits (de cet endroit) où vous voulez et mangez en abondance et entrez par la porte c’est-à-dire la porte de la ville ou la porte de la coupole où ils faisaient leur prière. Et le peuple d’Isrāʾīl qui est sorti d’Egypte avec notre maitre Mūsā, en définitive, ils ne sont pas entrés dans la ville de Jérusalem du vivant de Mūsā ʿalayhi s-salām mais ils sont entrés par cette porte puis ils sont entrés dans Jérusalem après la mort de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām.

En vous prosternant. Ils ont reçu l’ordre de se prosterner en arrivant devant cette porte de cette ville en guise de remerciement pour Dieu et par humilité.

Et dites : exprimez votre besoin. (Dites à Dieu de vous décharger de vos péchés). C’est-à-dire qu’ils demandent à Dieu de les décharger de leur péché. Une autre explication est : dites : nous avons reçu l’ordre d’entrer dans cette ville et de nous y installer. D’après ʿĀliyy que Dieu l’agrée, il a dit qu’il leur a été dit : dites « bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm » et selon ʿIkrimah, il leur a été ordonné de dire « lā ʾilāha ‘illa l-Lāh ».

Nous vous pardonnerons alors vos péchés. Et Nous ajouterons encore plus à ceux qui agissent en bien. Donc cette parole qu’ils avaient reçu l’ordre de dire était une cause pour l’augmentation de la récompense de celui qui agissait en bien et c’était une cause de pardon et de repentir pour celui qui agissait en mal.

Verset 59 : ceux qui ont été injustes ont changé les paroles autres que celles qui leur ont été dites : ceux qui ont été injustes ont changé le mot qu’il leur avait été ordonné de dire c’est-à-dire qu’ils ont mis à la place du mot « ḥiṭṭah » une parole différente ; eux, ils avaient reçu l’ordre de dire un mot qui signifie le repentir ou le fait d’être déchargé des péchés. Ils ont déformé le mot et ont dit « ḥinṭah » qui signifie « blé ». Il a été dit qu’en langue nabatéenne, ils ont dit « ḥinṭan sunqāṭan » qui signifie « blé rouge ». Ils ont dit cela pour se moquer de ce que Dieu leur a ordonné de dire et pour se détourner de ce que Dieu leur a ordonné de dire et dire ce qu’eux, désiraient parce qu’ils recherchaient les biens du bas monde.

Nous avons fait que s’abatte du ciel sur ceux qui ont été injustes un châtiment. Ici il y a une répétition de la phrase « ceux qui ont été injustes », c’est pour insister sur la laideur de leur comportement et pour annoncer que s’abattra sur eux un châtiment en raison de leur injustice

En raison de leur perversité. C’est-à-dire en raison de leurs péchés. Il a été dit que 24.000 d’entre eux sont morts de la peste en une heure et il a été dit 70.000 personnes.

Verset 60 : ce verset revient au temps où Mūsā était vivant parmi eux. Quand Mūsā a demandé l’eau pour son peuple, Nous lui avons dit : donne un coup avec ton bâton sur un rocher. Ils avaient eu soif dans ce désert où ils s’étaient perdus, alors Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé l’eau pour eux. Ici le rocher a été désigné par un article défini « le » rocher : il s’agit d’un rocher qui provenait de la montagne « Ṭūr » au Sinaï et qui était de forme cubique. Il avait quatre faces et de chaque face avait jailli une source d’eau puisqu’ils étaient douze tribus. Chaque tribu savait quelle source lui était dédiée. Et quand ils ont traversé la mer rouge, alors qu’ils quittaient l’Egypte, ils étaient 600.000. Et la taille de leur campement était de douze mille. Ceci était un miracle parce qu’un rocher qui donne de l’eau à 600.00 personnes, c’est miraculeux. Et ils transportaient ce rocher avec eux. Et il a été dit que ce n’était pas un rocher en particulier mais que cela signifiait : frappe le rocher en général.

« Fa » : soit c’est pour indiquer une conséquence, c’est-à-dire que le fait de frapper le rocher a eu pour conséquence le jaillissement de l’eau en abondance ou c’est une explication.

C’est alors qu’ont jailli de ce rocher douze sources, autant de sources qu’il y a de tribus. Chaque tribu a su quelle source lui était désignée. Mangez et buvez de cette subsistance que Dieu vous accorde c’est-à-dire que tout ce qui vous est donné est une subsistance de la part de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu Qui vous a fait grâce de tout cela.

Et ne semez pas la corruption sur terre. Ici le verbe employé indique le summum, le plus grave de la corruption c’est-à-dire « ne faites pas plus que ce que vous êtes en train de faire, cessez de faire et n’en rajoutez pas ».

Verset 61 : vous avez dit ô Mūsā nous ne patientons pas et nous voulons un plat. Ils ont dit cela alors qu’ils s’étaient égarés dans le désert de Ṭūr après qu’ils aient refusé d’obéir à l’ordre de Mūsā de combattre les mécréants qui étaient à Jérusalem pour les en faire sortir. Leur punition a été qu’ils se sont retrouvés à tourner en rond dans un désert, pendant quarante ans et ils n’arrivaient pas à en sortir. Malgré cela, Dieu leur faisait descendre de la nourriture du ciel, sous forme de cailles prêtes et de mann qui était comme de la rosée matinale qui ressemble au coton sucré. Ils pouvaient manger autant qu’ils voulaient, mais malgré cela, ils disaient qu’ils voulaient des plats qu’eux-mêmes cuisinent. Ils ont dit qu’ils n’arrivaient pas à patienter à manger un seul plat, le même chaque jour. Dans le verset, il est question d’un seul plat (Ṭaʿāmin wāḥidin) mais cela vise les deux : le mann et les cailles, donc le plat ici signifie le menu. Combien sont-ils ingrats !!

Une autre explication est qu’ils ont visé par là une seule catégorie de nourriture qui était soignée et raffinée, c’était de la nourriture de gens qui ont du goût. Or ils étaient plutôt des agriculteurs, c’est pourquoi ils ont demandé à Mūsā de la nourriture à laquelle ils étaient habitués comme des céréales, des légumineuses.

(Ils lui ont dit) Invoque ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir des graines de la terre. Ils n’ont pas dit invoque notre Seigneur mais ton Seigneur, tellement ils sont ingrats. Ils ont dit à Mūsā : demande à Dieu qu’Il nous fasse sortir de la terre des plantations (al-baql) c’est-à-dire des plantes vertes aromatiques comme la menthe, le céleri et autres légumes que les gens consomment

Et des concombres

Et wa fūmihā : si c’est récité ainsi cela veut dire le blé et selon une autre récitation dans laquelle la lettre fāʾ   est récitée ṯāʾ (ṯūmihā), et cela signifie alors l’ail. Ces deux récitations proviennent du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : une fois il a récité avec « fa » et une fois avec « ṯa »

Et des lentilles et des oignons.

Il a dit est-ce que vous demandez quelque chose de moins précieux que ce que vous avez ? Ils ont demandé des choses pour lesquelles ils vont se fatiguer pour les semer, pour les entretenir, pour les récolter, pour les cuisiner, alors que la nourriture leur tombe du ciel !!!

Allez donc à Miṣr : le mot « Miṣr » en arabe a plusieurs sens. Il peut avoir le sens de ville (allez dans une ville) ou encore l’Egypte. Donc ce verset peut avoir deux sens : quittez l’endroit où vous êtes perdus, qui s’appelle at-tīh du verbe tāha qui signifie « s’égarer » pour aller soit dans une ville, soit en Egypte. Et le territoire où ils se sont égarés se trouve entre Baytou l-Maqdis (Jérusalem) et une ville qui s’appelle (qinnasrīn) qui se trouve actuellement en Syrie. Et la superficie de ce territoire est de douze farsaǧ sur huit farsaǧ. Le farsaǧ s’appelle persange, c’est une unité de distance perse qui équivaut à 5 kilomètres. Donc le territoire s’étendait sur une longueur de soixante sur quarante kilomètres. Ce n’est pas très grand et malgré cela, ils s’y sont égarés pendant quarante ans.

Vous trouverez là-bas ce que vous voudrez. C’est-à-dire que vous trouverez cela dans les villes et non pas dans le désert.

Ils ont été frappés d’humiliation et de pauvreté. Il y a une image dans la suite du verset : c’est-à-dire que Dieu les a humiliés, l’humiliation les a entourés de toutes parts et s’est collée à eux, à l’image de la terre glaise qui colle au mur si on la plaque au mur. L’image est que cette humiliation et cette pauvreté s’est collée à eux, tout comme la boue colle au mur lorsqu’elle est jetée sur ce mur. Dieu a fait qu’ils soient dans l’humiliation et la pauvreté en raison de leur ingratitude. Les yahūd, en général, ils sont humiliés et pauvres. Soit en réalité soit ils montrent qu’ils sont pauvres. Ceci par crainte que la jiziah augmente pour eux. La ǧizyah est ce que les gens du Livre paient au sultan des musulmans pour rester sous sa protection.

Et ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu. Suite à ce qu’ils ont fait, ils méritent un châtiment de la part de Dieu.

Et ce parce qu’ils mécroyaient en ce que Dieu leur envoyait comme signes et ils assassinaient les prophètes. Ce qui leur est arrivé ici est à cause de leur mécréance et parce qu’ils avaient assassiné des prophètes, en effet les yahūd avaient tué les prophètes Šāʿyā, Zakariyyā et Yaḥyā que Dieu les honore davantage en degrés. Un nabiy (prophète) informe de la part de Dieu. Et le mot nabiyy signifie également l’élévation, parce que le degré d’un prophète est élevé. Les deux significations sont valides dans la langue et le sens de chacune des deux déclinaisons sont correctes.

Ils étaient mécréants et ils assassinaient les prophètes injustement et ce, en raison de leur désobéissance et de l’injustice qu’ils commettaient. Et ce, parce qu’ils avaient désobéi et qu’ils avaient dépassé les limites. Ils avaient commis plusieurs sortes de désobéissances et ils avaient dépassé la limite fixée par Dieu en toutes choses, tout en étant mécréants et en assassinant les prophètes.

Le terme « yaʿtadūn » :

Il a été dit que c’est parce qu’ils avaient dépassé la limite de samedi : car pour eux, dans leurs lois, ils ne devaient pas faire certaines activités le samedi. Mais certains avaient contourné cette interdiction. Et donc en raison de cette injustice, il leur arrive la punition.

Une autre explication est qu’ils étaient mécréants, ils assassinaient les prophètes et ce, à cause de leur désobéissance et de leur dépassement des limites. C’est-à-dire que leurs désobéissances et leur dépassement des limites fixées par Dieu a entrainé leur mécréance et le fait qu’ils aient assassiné des prophètes. Et bien sûr le fait d’assassiner un prophète est plus grave que le fait d’insulter un prophète. Insulter un prophète est une mécréance et à plus forte raison, assassiner un prophète est une mécréance. Ils s’étaient noyés dans les péchés et l’animosité au point que leurs cœurs se sont endurcis, ce qui a entrainé leur mécréance et l’assassinat des prophètes. Le fait qu’ils aient commis beaucoup de péchés, le fait qu’ils aient dépassé les limites a endurci leurs cœurs, ce qui a emmené le fait de renier ceux que Dieu leur a envoyés et ils ont assassiné les prophètes.

Ou alors ce sont des choses qui se sont cumulées ; leur désobéissance, leur dépassement des limites se sont cumulées avec leur désobéissances et leur assassinat des prophètes.

Verset 62 : certes ceux qui ont cru par la langue seulement, sans que leurs cœurs n’aient adhéré à la foi, c’est-à-dire que ce sont les hypocrites.

Et ceux qui sont yahūd c’est-à-dire ceux qui sont rentrés dans la yāhūdiyyah (le judaïsme), on dit de celui-là qu’il est « hāʾid » et le pluriel est « hūd ». Certains savants ont dit que le mot « yahūd » dérive de la parole de Mūsā « innā hudnā ilayk », « ô Allāh, hudnā ilayk » qui signifie « nous avons fait le repentir à Toi (à Dieu) ». C’est-à-dire qu’ils se sont repentis à Dieu. Mais cette appellation « innā hudnā ilayk » s’applique à ceux qui étaient croyants parmi eux, c’est-à-dire ceux qui croyaient en Moise et ceux qui croyaient en la loi de Moise telle qu’elle était lorsqu’elle a été révélée. Donc une explication du mot « yahūd » s’applique à ceux-là qui avaient fait le repentir. Cette appellation désigne ceux qui étaient croyants à l’époque de Moise.

Quant à ceux qui ont repris l’appellation de « yahūd» mais qui n’appliquent pas la loi de Moise, c’est-à-dire depuis qu’ils ont refusé de croire en Jésus parce que celui qui croit en un prophète et pas en un autre, il n’est plus musulman. Donc ils ont cru en Moise, ils étaient donc sur l’islam mais quand ils ont mécru en Jésus, ils n’étaient plus musulmans. Également, celui qui dit qu’il croit en Muḥammad mais pas en Moise, ce n’est pas un musulman. Le musulman est celui qui croit en tous les prophètes parce qu’ils sont tous envoyés de Dieu.

Certains savants ont dit que le mot « yahūd » désigne ceux qui ont fait le repentir parmi ceux qui étaient à l’époque de Moise, qui étaient croyants. Mais il y en a qui ont repris cette appellation de « yahūd », qui sont venus après ceux-là, et ils ne sont plus croyants car ils ont renié le message de Jésus.

Pour ce qui est du début de leur falsification de la Torah, le Livre révélé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, qui est musulman comme tous les prophètes, il se peut que cela ait eu lieu avant la mission de Jésus. Mais ils ont augmenté en falsification après le message de Jésus.

D’autres savants ont dit qu’ils ont été appelés ainsi parce qu’ils se balancent lorsqu’ils récitent la Torah. Ce balancement s’appelle « tahawwud ».

Il y a plusieurs avis concernant l’origine de leur appellation.

1/ Pour reprendre la première explication du mot « yahūd », ils ont été appelés ainsi car ils ont suivi Moise sur la foi. Mūsā a dit lui-même : « innā hudnā ilayk ». Et « hudnā » signifie « nous nous repentons ». Lui, Moise, n’a pas commis de péché pour dire cela, mais il parle au nom de son peuple. Cette définition ne s’applique pas à l’appellation de notre époque car ceux de notre époque n’ont pas cru en Jésus ni en Muḥammad. Donc ils ne s’appellent pas « « yahūd » dans le sens qu’ils ont fait le repentir.

« Wa n-naṣārā » : ils ont été appelés ainsi parce qu’ils ont « naṣarū » Jésus c’est-à-dire qu’ils l’avaient soutenu. Et on appelle les partisans de Médine les « Anṣār » c’est-à-dire ceux qui soutiennent. Les naṣārā (les chrétiens) sont ceux qui avaient soutenu Jésus au début.

2/ Une autre explication de ce terme est : ceux qui avaient suivi Jésus, lorsque celui-ci avait demandé « qui sont mes soutiens ? » pour renforcer l’appel à l’obéissance à Dieu.

3/ Une autre explication est ceux qui sont de Nazareth qui est une ville en Palestine. Et c’était des gens de cette ville qui avaient répondu à l’appel, au début. On traduit ce terme par chrétiens, actuellement.

« Wa ṣ-ṣābiʿīn » (et les Sabéens) : ṣabaʾa signifie le fait de quitter une religion connue pour une autre religion. Ici les Sabéens sont des gens qui ont quitté la religion des yahūd et la religion des naṣārā et ils se sont mis à adorer les anges.

Il a été dit que ce sont des gens qui se sont mis à réciter les psaumes de David, le livre révélé à Dāwūd ʿalayhi s-salām. Même s’ils suivaient Dāwūd véritablement, ils auraient dû suivre le prophète qui venait après, parce que chaque communauté de prophète doit suivre le prophète suivant s’il apparaissait.

Et d’autres savants ont dit que les sabéens sont un groupe qui adore les astres.

Notre chaykh nous a rapporté qu’à l’époque de notre maitre Aḥmad ar-Rifāʿiyy que Allāh l’agrée, alors qu’il était en Irak, il y avait un Sabéen qui avait perdu sa vache et il s’est retrouvé proche de l’endroit où était notre maitre Aḥmad qui a vu cet homme exténué après avoir cherché sa vache toute la journée. Il lui a proposé de passer la nuit dans sa zawiyah. Et comme il savait que cet homme était sabéen et que les sabéens avaient une haine contre les musulmans, qu’ils ne mangeaient même pas le pain fabriqué par un musulman, il lui a alors ramené de la farine, de l’eau et ce qu’il faut pour qu’il prépare son pain et lui a dit de fabriquer son pain lui-même. Le lendemain, cet homme était tellement heureux suite à ce geste de la part de Aḥmad ar-Rifāʿiyy, que, quand il est rentré chez lui, il a dit aux siens : « sa religion est forcément correcte. Regardez comment il a agi envers moi alors que je ne suis pas sur sa religion. » Et les gens sont alors entrés en islam.

Ceux (qui ont été énumérés précédemment) qui croient en Dieu et au jour dernier : ils étaient mécréants puis ils ont cru en Dieu et au jour dernier sincèrement.

Et qui ont œuvré en bien, ils auront leur rétribution c’est-à-dire leur récompense. Dieu a créé des catégories de gens et Il a voulu que certains suivent la vérité. Disons louange à Dieu que nous fassions partie de ceux pour qui Dieu a voulu cela. Ils auront une récompense qui leur est réservée pour leur au-delà.

Que Dieu leur accordera, ils n’auront pas à avoir peur ni à être chagrinés. Lechaykh a dit que ce verset est une preuve que, dans le peuple de Jésus et le peuple de Moise, avant que certains ne commettent de la mécréance, il y avait parmi eux des saints. Car ceux qui n’auront pas peur et qui ne seront pas chagrinés, ce sont des saints. Comme par exemple Ǧurayǧ, ce saint qui était de la communauté de Jésus, qui s’était éloigné des gens pour adorer Dieu dans un ermitage et qui a été accusé à tort de fornication. Mais le bébé a témoigné en sa faveur et disant que son père était le berger. C’était un prodige pour Ǧurayǧ.

Verset 63 : Nous avons pris de vous l’engagement. C’est-à-dire : Nous avons pris l’engagement de votre part d’accepter ce qui est écrit dans la Torah et il s’agit ici des musulmans qui avaient suivi notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām. Et Allāh leur rappelle qu’ils s’étaient engagés à suivre la Torah authentique.

Et nous avons élevé au-dessus de vos têtes la montagne aṭ-ṭūr : c’est-à-dire : Nous (c’est Dieu qui parle) vous avons menacé par cette montagne qui était au-dessus de vos têtes pour que vous vous engagiez à suivre la Torah. Parce que lorsque notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation, il est revenu avec des tablettes sur lesquelles était écrit ce qu’il devait faire. (La Torah était descendue sur des tablettes déjà écrites). Et son peuple a dit : non, c’est trop dur ce que tu nous demandes. Donc ils ont refusé. Allāh a donné l’ordre à notre maitre Ǧibrīl d’arracher la montagne aṭ-ṭūr qui s’est donc élevée au-dessus de leurs têtes au point que ça leur a fait de l’ombre. Et Mūsā leur a dit : soit vous acceptez ce qui est écrit dans la Torah, soit vous allez être écrasés par cette montagne. Ils ont dit : oui nous acceptons.

Prenez ce que Nous vous avons transmis c’est-à-dire la Torah

Avec fermeté : et non pas de manière nonchalante. Acquittez-vous de cela fermement.

Et citez ce qu’il y a dans ce Livre : mémorisez et apprenez ce qu’il y a dans ce Livre et ne l’oubliez pas. Ne passez pas à côté, ne faites pas preuve d’insouciance. Soyez sérieux dans l’étude et l’application de ce Livre qui a été révélé au prophète qui vous a été envoyé.

Puissiez-vous être parmi les pieux. Puissiez-vous réussir.

Verset 64 : puis vous vous êtes retournés après avoir donné votre engagement. C’est-à-dire : après avoir été menacés de la montagne, vous avez dit : oui on va l’appliquer, mais vous vous êtes retournés après cela. Vous n’avez pas tenu votre engagement : après avoir accepté, vous avez refusé.

N’eussent été la grâce de Dieu et Sa miséricorde envers vous, c’est-à-dire le fait que le châtiment ne vous est pas parvenu immédiatement. Vous avez refusé une première fois et Dieu vous a donné du répit. Vous avez promis de vous engager puis vous avez changé à nouveau et Dieu vous a donné du répit, Il ne vous a pas châtiés immédiatement. Donc Dieu vous a retardé le châtiment ou bien Il vous a finalement accordé la réussite pour appliquer.

Vous auriez été au nombre des perdants. C’est-à-dire : vous auriez été au nombre de ceux qui périssent et qui subissent un châtiment.

Verset 65 : vous savez qui d’entre vous a dépassé la limite fixée par la Loi le samedi : parce qu’il était un devoir pour les yahūd de glorifier la journée du samedi, dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et eux, ils ont dépassé ce qui a été fixé dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et il s’agissait de consacrer cette journée à l’adoration de Dieu. Au lieu de faire cela, ils sont partis à la pêche alors que Dieu leur avait interdit de faire cela le samedi et Il les a éprouvés par cela. L’épreuve était que le samedi, tous les poissons sortaient leurs bouches de l’eau. Ils étaient présents et il était un devoir pour les yahūd de ne pas les pécher. Une fois le samedi passé, les poissons retournaient au large et n’étaient donc plus accessibles. Alors les yahūd ont construit des petits bassins sur la plage et des canaux et l’eau de mer parvenait ainsi jusqu’à eux. Donc le samedi, les poissons empruntaient ces canaux et parvenaient jusqu’aux bassins. Alors les yahūd venaient et bloquaient les issues de sortie et le dimanche, ils les attrapaient. Donc le fait qu’ils emprisonnaient les poissons dans les bassins, c’était le dépassement de leur limite.

Et Nous avons leur dit : soyez des singes méprisables. C’est-à-dire : devenez des singes méprisables. Ils ont joint les deux : le fait d’être des singes et le fait d’être méprisables. Le terme « kūnū » signifie que Dieu les crée ainsi, Il fait qu’ils soient des singes, rapidement ; du simple fait que Dieu a voulu qu’ils soient des singes, à ce moment-là, ils sont devenus des singes. Le début du verset est : vous savez qui a dépassé la limite concernant le jour du samedi, c’est-à-dire que ceux qui sont devenus des singes, leurs proches parents les reconnaissaient, dans le sens qu’ils savaient que cet ensemble de singes représentait leurs proches parents et les singes savaient que ces humains étaient leurs proches parents. Cela ne signifie pas que chaque singe venait auprès de son proche parent, mais ils se reconnaissaient. Les humains savaient qu’il s’agissait de ceux qui avaient fait ces actes interdits. Et ces humains transformés en singes ne parlaient plus comme les humains mais ils poussaient des cris comme des singes. Et trois jours après, ils sont tous morts. Ils ne se sont pas reproduits, c’est-à-dire qu’il n’y a pas aujourd’hui des descendants de ces singes qui ont été transformés.

Et ce verset est une preuve que l’origine des humains n’est pas les singes. Car si cela avait été le cas, ils auraient été transformés en quelque chose d’autre mais ils ont été transformés en quelque chose qui n’est pas l’origine des humains.

Et les savants de ces gens-là leur interdisaient de faire ce qu’ils faisaient, à savoir de fabriquer des canaux et des bassins le samedi pour attraper les poissons le dimanche. Mais ils n’acceptaient pas le conseil. Dieu les a anéantis parce qu’ils avaient désobéi à leur Seigneur et ils avaient fait ce que leur Seigneur leur avait interdit de faire.

Verset 66 : Nous avons fait que cette transformation soit une exhortation : c’est-à-dire une leçon de morale, pour empêcher les gens de faire la même chose, pour amener les gens à s’abstenir de faire ce qui a fait mériter cette punition.

Pour ceux à qui cela est arrivé et pour ceux qui sont venus après ceux à qui cela est arrivé. Dieu avait déjà averti dans les livres anciens, que des gens allaient dépasser leurs limites et que Dieu les transformerait en singes. Ceux qui vivaient avant ont pris connaissance de cela et ils en ont tiré la moralité. Et ceux qui viennent après, prennent connaissance de cela par transmission. Et pourtant, il y a dans la communauté de notre maitre Muḥammad ceux qui vont être transformés en singes et en porcs, tellement ils vont commettre des péchés, et on le voit aujourd’hui. A nous d’en tirer la moralité, de nous abstenir de commettre des péchés, d’ordonner le bien et d’interdire le mal.

Et c’est une exhortation de la part de ceux qui font preuve de piété. C’est-à-dire pour ceux qui leur ont défendu de commettre ce qu’ils ont commis (de pêcher le poisson le samedi) : les gens vertueux de leur peuple leur ont dit : attention, ne faites pas cela, c’est interdit. Mais ils ne voulaient rien entendre.

Ou bien une exhortation pour ceux à qui ce récit est parvenu. N’est-ce-pas que le prophète pleurait par crainte de Dieu et pourtant, il est celui à qui Dieu a accordé le plus haut degré au paradis. Les vertueux et les saints, ils pleurent par crainte de Dieu. A plus forte raison, nous, nous devrions pleurer par crainte de Dieu.

Au bord de la mer rouge, il y a une ville qui s’appelle Aylat. (Aujourd’hui il y a une ville qui s’appelle Aylat aussi. On ne sait pas si c’est la même). C’est le village dont le récit a été cité dans le Qur’ān honoré. C’est dans ce village qu’il y a eu les gens du samedi, ceux qui ont commis le grand péché et Dieu les a transformés en singes et en porcs.

Les yahūd, peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, ils cachaient cette histoire car elle constituait un grand déshonneur pour eux. C’est un blâme pour leurs ancêtres, une humiliation pour ce qui est arrivé à certains de leurs ancêtres. Mais Dieu les a dévoilés dans le Qur’ān honoré parce qu’Il a révélé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ce récit. Et ceci pour avertir les yahūd, afin qu’ils ne fassent pas preuve d’orgueil ni d’entêtement et pour ne pas qu’ils refusent de croire au prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Et il leur a rappelé ce qui était arrivé à leurs frères dans le village de Aylat.

Le détail de ce récit : les musulmans qui étaient les descendants de notre maitre Isrāʾīl et c’était Yaʿqūb, depuis Dāwūd et même avant lui, il leur était interdit de faire le commerce, l’industrie, la pêche, le jour du samedi. Et c’était une épreuve de la part de Dieu. On ne dit pas que c’est logique car il s’agit d’une loi ordonnée par le Créateur. Il y a une sagesse mais ce n’est pas une condition pour nous de connaitre cette sagesse. Ce sont des épreuves qui permettaient de manifester aux gens :  qui applique, qui n’applique pas mais ne remet pas en cause, et qui n’applique pas et remet en cause. Et le samedi, les poissons se rapprochaient de la côte au point qu’on pouvait les attraper à la main. Les poissons avaient été inspirés qu’ils n’allaient pas être attrapés ce jour-là. Ils venaient en bancs entiers. Et les autres jours que le samedi, les poissons restaient au fond de la mer. Mais l’âme qui est maline, a un penchant que le šayṭān entraine à la désobéissance et la corruption. Un des habitants de ce village a désiré manger le poisson et le šayṭān l’a entrainé et lui a embelli cela. Cet habitant est allé au bord de l’eau et il a vu un gros poisson proche de lui ; alors il a pris une corde, a attrapé la queue du poisson et l’a attachée à un piquet. Quand le samedi est passé, il est retourné à cet endroit, a pris le poisson, l’a tué, nettoyé et l’a fait griller. L’odeur du poisson s’est propagée autour de sa maison. Ses voisins sont venus à lui et lui ont demandé s’il avait mangé du poisson. Il a nié ce qu’il avait fait. Ils ont insisté en disant : mais on sent bien l’odeur du poisson !! Alors il a dit : « non, c’est juste une peau de poisson que j’ai trouvée et je l’ai grillée ». Le samedi suivant, il a refait la même chose et quand les gens ont senti l’odeur de la grillade, ils lui ont demandé : tu as mangé du poisson. Il leur a dit : « si vous voulez, vous faites comme moi ». Souvent, la cause des péchés est la nourriture, la langue, le sexe. Si la personne ne sait pas maitriser cela, le šayṭān se joue d’elle. Ils lui ont demandé ce qu’il avait fait, il leur a expliqué et ils ont fait comme lui. Et ils se sont mis à varier les sortes de ruses : le vendredi, certains se sont mis à creuser des canaux de sorte à faciliter le passage des poissons de la mer à des petits bassins. Et ainsi ils pouvaient récupérer les poissons par la suite. Cette pratique s’est répandue et beaucoup se sont mis à faire cela. Ils en sont arrivés à faire cela au grand jour : ils pêchaient le poisson le samedi et le vendaient dans les marchés.

Alors leurs savants musulmans qui étaient des descendants de Isrāʾīl leur ont interdit de faire cela. Ils les ont menacés de recevoir un châtiment mais ces gens-là ont fait preuve d’obstination, d’entêtement, de rejet. Quant aux gens qui craignaient Dieu, ils ont dit : « on va construire un mur entre nous et ceux qui font les grands péchés, on ne veut plus avoir affaire à eux ». Et la nuit, la punition de Dieu s’est abattue sur eux : les plus jeunes d’entre eux ont été transformés en singes et les plus âgés en porcs. Comme à leur habitude, ceux qui interdisaient le mal s’étaient levés le matin pour vaquer à leurs occupations mais ils n’ont vu aucun des pervers qu’ils étaient habitués de voir. Ils furent étonnés et se sont demandés où ils étaient, car ils n’entendaient aucun son provenir de l’autre côté du mur. Alors l’un d’entre eux a posé une échelle contre le mur et il a vu quelque chose de surprenant : il a vu que les pervers étaient devenus des singes avec des queues, qui sautaient les uns sur les autres et des porcs qui émettaient un son qui était laid. Alors ils ont ouvert les portes et sont allés les voir. Chaque singe se rapprochait de son proche parent, sentait ses vêtements et se mettait à pleurer. Et l’humain lui disait : « n’est-ce -pas qu’il vous a été interdit de faire ce que vous avez fait ? » Et le singe hochait de la tête.

Avant cette transformation, il a été dit qu’ils étaient partagés en trois groupes :

  • Un premier groupe qui a désobéi à Dieu et qui a péché le poisson le samedi et ce sont eux qui ont été transformés en singes et en porcs. Il a été dit qu’ils étaient 70.000 !!!
  • Un deuxième groupe qui leur a interdit de faire ce qu’ils ont fait et ils se sont mis à l’écart : ils étaient environ 12.000
  • Un troisième groupe qui s’est mis en retrait, qui n’a pas interdit le mal mais n’a pas désobéi. Ils ont dit au deuxième groupe : mais pourquoi vous leur interdisez puisque de toutes manières Dieu les punira et les châtiera. Car c’est ce que Dieu a réservé dans les communautés désobéissantes antérieures. Le deuxième groupe a répondu : « notre exhortation est à titre de rappel. Puissent-ils se repentir et délaisser leurs péchés ! »

Et c’est un devoir d’interdire le mal, donc le groupe qui a le plus de mérite est le deuxième groupe. Et finalement, le seul groupe qui a été anéanti fut le premier. Et Dieu a sauvé ceux qui ont interdit le mal et ceux qui n’ont pas désobéi. Et ceux qui ont été transformés ne sont pas restés vivants plus de trois jours. Durant ces trois jours, ils n’ont rien mangé, rien bu et ils ne se sont pas reproduits entre eux, ils n’ont pas eu de descendance. Ces gens-là ont constitué une source de moralité pour ceux qui sont venus après eux qui ont pris connaissance de leur histoire et pour ceux qui les ont vus.

Verset 67 : et Mūsā a dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Ce verset commence par une conjonction de coordination « wa » qui signifie « et » il commence par un rappel comme le rappel précédent « rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées », c’est comme s’il était dit : rappelez-vous lorsque Mūsā a dit à son peuple. Il en est de même pour toutes les phrases qui ont précédé : Dieu ordonne de rappeler à ces descendants des fils de Isrāʾīl  plusieurs choses : il a été mentionné les grâces que Dieu a mentionnées , il a été mentionné le rappel quand ils ont été sauvés de pharaon, le rappel lorsque la mer a été séparée en douze chemins, le rappel lorsque Mūsā a invoqué pour avoir de l’eau pour son peuple, toutes ces phrases sont liées par la conjonction de coordination « waḍ-kurū » qui signifie « rappelez-vous ».

Ce rappel dans le verset 67 est lié aux rappels précédents et il est lié aux rappels qui vont venir par la suite et ça continue jusqu’à la parole de Dieu où ils ont dénigré les musulmans parce que Dieu a ordonné au prophète de changer la direction de la prière. Au début les musulmans se dirigeaient vers Jérusalem dans la prière puis Dieu a donné l’ordre au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām d’avoir comme direction pour la prière la kaʿbah.  An-Nasafiyy dit : attention, c’est un rappel qui est lié aux rappels précédents et qui sera lié aux rappels ultérieurs, jusqu’au passage où il est question du changement de la qiblah.

Les exégètes ont dit que le début de ce récit est récité ultérieurement. Le récit commence quand Mūsā dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Et pourquoi cela ? Cela va venir ultérieurement dans la récitation. C’est-à-dire que le début du récit est retardé dans la récitation.

An-Nasafiyy explique : il y avait un homme qui était fortuné qui avait été assassiné par ses cousins paternels. Il s’appelait ʿĀmīl. Ses cousins l’ont tué pour hériter de lui puis ils ont jeté son corps à la porte d’une ville et ils sont venus réclamer le prix du sang. Dans certains cas, l’assassin paye quelque chose pour compenser l’assassinat. Dieu leur a ordonné d’aller égorger une vache puis de toucher le corps du défunt avec une partie de cette vache, et il reviendra à la vie et il dira qui est son assassin. Parce qu’eux, ils ont nié avoir tué leur cousin.

Ils ont dit « est-ce-que tu te moques de nous ? ». Il a dit « je demande à ce que Dieu me préserve de pareil comportement ». C’est-à-dire « je demande à Dieu qu’Il me préserve d’être parmi ceux qui font des choses absurdement ». Il y a ici une allusion comme quoi ce sont eux qui font les choses absurdement. Mūsā leur dit qu’il leur transmet ce que son Seigneur lui ordonne de vous transmettre.

Verset 68 : ils ont dit : invoque ton Seigneur pour savoir de quelle vache il s’agit. Ils ont dit « mā hiya » ce qui signifie « quelle est-elle ? » et non pas « comment est-elle ? ». Ils savaient qu’il s’agissait d’une vache. Il se peut que le mot « mā » ait le sens de « comment », même si à l’origine, cela signifie « quel ». C’est-à-dire « quelles sont ses caractéristiques ? » Pourquoi ont-ils posé cette question ? Parce qu’ils étaient surpris : comment se peut-il que le fait de toucher le corps d’un homme mort avec le corps d’une vache morte après avoir été égorgée, va le faire revenir à la vie ? Donc ils ont dit : quelle est la caractéristique de cette vache si étonnante qui permet de faire cela ?

Mūsā a dit : Dieu vous dit que c’est une vache qui n’est pas d’un âge avancé. Le mot « fāriḍ » est un mot qui n’est pas utilisé dans le langage courant : il signifie âgé.

Elle n’est pas jeune mais elle est d’un âge intermédiaire. « Entre cela » et non pas « entre les deux » : et le terme « bayna ḏālik » exprime que son âge est situé entre les deux bornes. Il a cité un exemple d’usage (par ʿUbaydah) où il est cité « entre les deux » et non pas « entre cela ».

Faites ce que vous avez reçu l’ordre de faire.

Verset 69 : ils ont dit invoque donc ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est sa couleur. Ils ne se sont pas suffi de l’âge mais ils ont demandé sa couleur.

Il (Mūsā) leur a dit : il s’agit d’une vache qui est de couleur jaune intense. Le terme « fāqiʿ » est employé dans une tournure qui indique combien ce jaune était intense.

Qui plait au regard. Tellement cette vache est belle qu’elle réjouit le regard de celui qui la voit. Le terme « tasourrou » signifie une réjouissance dans le cœur quand un plaisir ou une chose utile arrive ou bien quand on s’attend à ce qu’il se produise. Celui qui voit cette chose est apaisé. Cette vache qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger a une couleur qui calme le regard, qui plait au regard de celui qui la voit.

ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « celui qui porte des chaussures ou des sandales de couleur jaune sera soulagé et n’aura pas beaucoup de tourments, son cœur sera soulagé et ses tourments seront allégés. Et cela en raison de ce verset car cette vache a une couleur qui est agréable au regard ».

Verset 70 : ils dirent : invoque ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est cette vache. Avec toutes leurs questions, cela montre qu’ils ne se sont pas empressés d’obéir à Dieu. Ils ont répété leurs questionnements pour en savoir plus à propos de cette vache et pour avoir plus de précision sur sa description.

Notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : si, dès le départ, ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant ». Mais comme ils ont insisté, ils se sont rendus la chose difficile, alors l’ordre est devenu encore plus difficile. Parfois, quand certaines choses ne sont pas mentionnées, on peut prendre la facilité. Et le fait de beaucoup questionner sans que ce soit justifié, ce n’est pas louable. Par exemple, on sait que concernant la viande, c’est interdit d’en manger avec le doute. Mais pour autre que la viande, comme un bonbon par exemple, on peut manger avec le doute.

Rappel : les ordres et les interdits sont des épreuves de la part de Dieu. C’est sûr qu’être scrupuleux et précautionneux, c’est mieux. Mais dans certains cas, Dieu a autorisé certaines choses, non pas par oubli, mais par miséricorde.

Eux, se sont compliqués la chose, et l’ordre est devenu difficile.

Les vaches se ressemblent. On n’a pas su laquelle égorger. Les vaches qui sont d’un âge intermédiaire, de couleur jaune, elles sont nombreuses.

Et certainement si Dieu le veut, nous y parviendrons. C’est-à-dire : soit nous parviendrons à la vache qu’il faut égorger, soit nous parviendrons à connaitre ce que nous ne connaissons pas, à savoir qui est l’assassin. Et dans le ḥadīṯ : « et s’ils n’avaient pas dit « si Dieu le veut », alors ils n’auraient pas su quelle était cette vache ». Rapporté par aṬ-Ṭabariyy mais il n’est pas confirmé.

Verset 71 : Il (Mūsā) dit qu’Il (Dieu) dit que c’est une vache qui n’est pas employée pour le labour. Ce n’est pas une vache que son propriétaire utilise pour labourer la terre.

Ni pour l’irrigation. C’est-à-dire pour puiser de l’eau et la ramener.

Epargnée de défaut et elle est libre de toute tâche : elle n’est utilisée pour aucune tâche

Elle est totalement jaune : il n’y a pas d’autre couleur avec le jaune. Même ses cornes et ses sabots sont jaunes. Sa robe est jaune uniformément.

Ils ont dit maintenant tu nous as donné des caractéristiques suffisantes : tu nous as donné une description telle qu’il n’y a plus de confusion possible. Nous savons de quelle vache il s’agit.

Ils l’ont égorgée. Ils ont trouvé la vache qui réunissait toutes les caractéristiques précédemment indiquées et ils l’ont égorgée.

Et ils ont eu du mal à l’égorger. Une explication est que son propriétaire a demandé un prix très élevé. Deuxième explication : ils avaient peur du scandale car cette vache allait être une cause pour la résurrection de celui qu’ils avaient assassiné. Il allait les désigner. C’est pour cela qu’ils ont failli ne pas le faire.

Il a été rapporté que parmi les descendants d’Isrāʾīl il y avait un vieil homme vertueux qui avait une génisse. Il a dit : « ô Allāh je Te confie cette génisse jusqu’à ce que mon fils grandisse ». Et son fils était bienfaisant envers ses parents. La génisse a grandi et elle était parmi les plus grasses et les plus belles. Et c’était cette vache-là qui remplissait les caractéristiques et qui devait être égorgée. Ils ont négocié le prix avec l’orphelin et sa mère jusqu’à payer le prix de toute la peau en or. Alors que les vaches à cette époque valaient trois dinars d’or, c’est-à-dire environ quatre grammes d’or par pièce donc un total de douze grammes d’or. Cette vache avait donc coûté extrêmement cher. Ils avaient recherché cette vache pendant quarante ans.

Verset 72 : et (rappelez-vous) lorsque vous avez tué quelqu’un (car l’ordre qu’ils avaient reçu d’égorger la vache leur était venu avant la raison pour laquelle ils devaient l’égorger). Ils ont été mentionnés par le pronom « vous » parce que l’assassin était l’un d’entre eux.

Et vous vous êtes accusés les uns les autres : vous ne savez pas qui a tué cette personne et vous vous êtes jetés l’accusation les uns les autres.

Et Allāh manifeste ce que vous dissimuliez : vous cachiez la personne qui a tué, mais Dieu fait manifester sans aucun doute la vérité que vous dissimuliez au sujet de cet assassinat. Dieu fait que ça ne sera pas quelque chose qui reste inconnu.

Verset 73 : et Nous avons dit frappez-le avec une partie de la vache. Le pronom « le » se rapporte à la victime. Quant à la partie de la vache : selon une explication, c’est la langue. Selon une autre explication c’est le jarret droit ou alors la queue. Le sens est qu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné puis il est revenu à la vie.

C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts. Donc cette personne est revenue à la vie. On comprend cela même si cela n’a pas été cité. Il a été rapporté que lorsqu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné, avec une partie de la vache, il est revenu à la vie et il a cité les deux personnes qui l’avaient assassiné et qui étaient deux de ses cousins. Puis il est redevenu mort comme il était auparavant. C’est alors qu’ils ont été attrapés et ils ont été exécutés. Et depuis cet évènement, aucun assassin n’hérite de la victime même s’il fait partie de sa famille.

Cette parole « C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts » est adressée : soit à ceux qui renient la résurrection des morts au jour du jugement parmi les contemporains de notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Soit à ceux qui étaient à l’époque de la victime. C’est comme si la parole signifiait : voilà comment Dieu ressuscite les morts.

Et Il vous indique Ses signes : c’est-à-dire les signes que Dieu est sur toute chose tout puissant. Les signes sont les preuves.

Puissiezvous méditer : puissiez-vous raisonner et agir conformément à ce qu’implique la raison. C’est que celui qui a la toute-puissance pour ressusciter une seule personne, il est capable de ressusciter tout le monde. Dieu Qui est tout puissant à ressusciter une personne est tout puissant à ressusciter tous les morts au jour du jugement. Parce que rien n’a spécifié Sa puissance à ressusciter cette personne-là et pas les autres. Donc si Dieu est tout puissant pour ressusciter une personne Il est tout puissant à ressusciter tous les autres. Ceci nous pousse et nous incite à travailler pour améliorer notre réflexion et notre déduction.

Et la sagesse dans le fait d’ordonner d’égorger cette vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache (même si Dieu est tout puissant à ressusciter cet homme sans que ce soit par l’intermédiaire de cette vache) c’est pour nous indiquer qu’il est bien de faire une offrande avant une demande. La vache était une offrande à Dieu avant de Lui demander de ressusciter le mort.

  1. C’est pour nous enseigner le fait d’offrir avant de demander.
  2. Et pour enseigner à Ses esclaves également de délaisser l’excès de rigueur dans les choses. La rigueur est louable mais c’est son excès qui est blâmable. Dans cette histoire, s’ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant. Mais eux, ils ont fait de l’excès de zèle, et la réponse est venue en fonction de leur exagération dans leur questionnement. Donc il est requis d’obtempérer suite aux ordres reçus sans demander trop de détails. S’empresser d’obéir sans trop de questionnement.

Il a été dit qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger une vache et non pas un autre animal, parce que dans leurs lois, c’était la meilleure offrande ; et aussi parce que certains d’entre eux s’étaient mis à adorer un veau. Il leur a été ordonné d’égorger un animal du même genre que ce qu’eux, avaient adoré et ceci, pour rendre encore plus méprisable ce qu’ils avaient adoré au lieu d’adorer Dieu.

Rappel : il leur avait ordonné d’égorger une vache ; et la raison pour laquelle ils devaient l’égorger a été citée après. Entre-temps, ils avaient posé toutes leurs questions. Si quelqu’un demande pourquoi les faits n’ont pas été cités dans l’ordre chronologique dans le verset, c’est-à-dire : l’assassinat de l’homme puis de frapper son corps avec une partie d’une vache puis d’égorger une vache. Alors que dans le verset il est cité d’abord la mention d’égorger la vache puis la mention de celui qui a été assassiné puis la mention de le frapper pour qu’il revienne à la vie afin qu’il cite le nom de ses assassins.

Allāh taʿālā nous a relaté plusieurs récits des descendants de Isrāʾīl pour indiquer le grand nombre de crimes qu’ils avaient commis. Dans ce verset, l’ordre est inversé pour montrer qu’il s’agit de trois évènements différents. Et c’est pour insister sur la menace et le blâme à leur encontre. Dieu les a blâmés pour cela :

  1. Au lieu d’exécuter l’ordre et d’égorger n’importe quelle vache, ils ont rallongé la durée
  2. Ils ont tué quelqu’un
  3. Ils ont été dénoncés par leur victime et ils ont été exécutés

Ces deux récits sont liés mais chacun comporte un certain blâme. Le premier récit où ils demandent les caractéristiques de la vache comporte un blâme parce qu’ils se sont moqués et ils ne se sont pas empressés d’obéir, en posant toutes leurs questions au sujet de la vache. Le deuxième récit constitue un blâme pour avoir assassiné quelqu’un. Le récit suivant est la résurrection d’un mort qui indique la toute-puissance de Dieu à ressusciter les morts. Donc ces trois récits peuvent être indépendants et constituent un blâme.

Le récit de l’ordre d’égorger la vache a été cité avant la mention de l’assassinat, mais si la mention de l’assassinat avait été mentionnée avant, cela aurait constitué un seul récit. Alors que de cette manière, il y a un double blâme. Il y a une subtilité dans la langue arabe : c’est qu’il a été dit « frappez-le avec une de SES parties ». « Ses » est un pronom qui se rapporte à la vache, donc même si la mention de l’assassinat et l’ordre de frapper le corps de la victime avec une partie de la vache a été cité en second lieu, mais il y a ce petit détail qui indique que c’est le même récit ; « ses » parties. Il n’a pas été dit « frappez-le avec une partie d’une vache » ; la vache a déjà été mentionnée dans la première partie du verset. En définitive, même si les deux parties du récit ont été citées dans un ordre chronologique inverse, ce qui a été cité en second lieu fait référence à ce qui a été cité en premier lieu, il s’agit bien d’un même récit mais il y a eu deux blâmes. Et la sagesse réside dans ce fait : c’est pour dire qu’il y a deux blâmes même s’il y a un seul récit.

Et il a été dit que ce récit indique que celui qui veut avoir son cœur éveillé par le « mušāhaddāt » : c’est un terme utilisé par les soufis qui indique un sentiment dans le cœur que c’est Dieu le Créateur de toute chose. Si quelqu’un fait une chose, en réalité, c’est Dieu Qui crée cet acte chez cette personne. Celui qui veut atteindre cet état a besoin de combattre ses passions, d’aller à l’opposé des penchants de son âme. Et ceci est un exercice très difficile.

Histoire : il y avait parmi les fils d’Isrāʾīl un homme riche. Son neveu était très attaché à l’argent, au point d’être obnubilé par l’argent. Il s’est mis à réfléchir au moyen d’obtenir la fortune de son oncle paternel. Alors il l’a tué. Il a maquillé le crime : il a déposé le corps de la victime devant la maison de gens qui n’avaient rien à voir. Il les a accusés du meurtre et eux, se sont révoltés en clamant leur innocence. D’autre part, le clan du meurtrier s’est révolté également car ils ne savaient pas que c’était le neveu qui avait fait cela ; il a même failli avoir un conflit entre les deux clans. Alors certains ont dit : « il y a parmi nous le prophète de Dieu. Allons le voir, il va nous indiquer comment faire ». Ils ont informé Mūsā ʿalayhi s-salām du récit. Allāh a révélé à Mouuçaa de leur dire d’égorger une vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache. Ils ont fait cela. Allāh a fait ressusciter le mort qui a parlé et a dit que c’était son neveu qui l’avait tué.

L’amour de l’argent entraine à cela et pire que cela. Vous trouvez des familles qui s’entretuent à cause d’un héritage constitué de murs et de terres et d’argent. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a recommandé que le musulman ne regarde pas celui qui a plus d’argent que lui mais qu’il regarde plutôt celui qui a moins que lui.

Et la louange est à Allāh Dont les grâces ne sont pas énumérées. Et il y a des grâces visibles et des grâces que nous ne voyons pas. Par exemple, les ǧinn, nous ne les voyons pas quand ils nous attaquent et pourtant, Dieu a fait qu’il y a des anges qui nous protègent. On ne se rend même pas compte de cela et on échappe à leur nuisance. Et il y a des grâces qui sont visibles : on se lève, on a de quoi manger, dormir, se vêtir. Les grâces que Dieu nous accorde sont multiples et que Dieu honore et élève davantage en degrés notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et la plus grande des grâces c’est la grâce de l’islam. Celui qui a eu la grâce de l’islam a eu un bienfait éminent. Et le plus éminent des sujets de l’islam est de connaitre la croyance conformément à ses fondements.

Verset 74 : Puis vos cœurs se sont endurcis après cela. Ibnu l-Ǧawziyy a expliqué dans son exégèse : Ibrāhīm, le fils de aṢ-Ṣāriyy a dit « qasat » dans la langue signifie que vos cœurs sont devenus durs et la dureté du cœur est une image qui indique le manque de douceur et de miséricorde dans le cœur et le manque de crainte.

Vos cœurs sont devenus comme de la pierre. Après ce qui, normalement, adoucit les cœurs. Mais leurs cœurs se sont endurcis après ce qui aurait dû les adoucir. Leurs cœurs ont refusé l’exhortation. Malgré ce qu’ils ont vu, leurs cœurs ont refusé de tirer les moralités. Après la résurrection de cette victime ou après tous les signes qu’ils ont vus.

Ou encore plus dur que la pierre. Celui qui aura connu l’état de leurs cœurs les aura comparés à de la pierre ou à une substance qui est encore plus dure que la pierre comme le fer.

Or il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir des fleuves d’eau. Tout cela pour indiquer combien leurs cœurs sont devenus très durs. Même parmi les pierres, il y en a qui laissent jaillir des fleuves d’eau.

Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir de l’eau. Le terme cité ici est « yaš-šaqqaqu » pour indiquer le fait de se fissurer. A l’origine c’était « yatašaqqaqu » mais il y a une fusion entre les lettres tāʾ et šīn et le mot devient « yaš-šaqqaqu ». C’est-à-dire qu’il y a parmi les pierres celles qui ont des grandes fissures par lesquelles il y a de l’eau qui coule en grande quantité. Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent en longueur ou en largeur. Et l’eau jaillit à partir de la pierre également. Tandis que leurs cœurs sont durs, ils ne sont pas touchés par l’exhortation.

Il y a parmi elles (les pierres) celles qui tombent par crainte de Dieu.

Il a été dit que c’est un sens figuré qui indique que ces pierres sont soumises à la volonté de Dieu et à l’ordre de Dieu et que les pierres ne s’abstiennent pas de ce que Dieu a voulu qu’il leur arrive. Dieu a voulu qu’elles chutent et elles chutent. Alors que les cœurs de ces gens-là ne sont pas soumis à Dieu. Ils ne font pas ce que Dieu leur a ordonné.

Il a été dit que c’est un sens propre : il y a des rochers qui étaient en haut des montagnes et Dieu crée en eux un discernement et une vie et ils tombent par crainte de Dieu. Pour faire suite à cette explication, ce n’est pas une condition pour la création de la vie et du discernement dans un corps, que ce corps ait un aspect particulier, selon les sunnites. C’est conformément à cette explication que nous comprenons le verset de sūratu l-ḥašr qui signifie : « si Nous avions révélé ce Qur’ān sur une montagne, tu la verrais fissurée, emplie de crainte envers Dieu ». C’est-à-dire que Dieu, s’Il veut, Il crée la vie dans des objets inanimés. Dieu énumère qu’il y a parmi les pierres celles qui se fissurent, celles qui laissent couler de l’eau sous forme de rivières, celles qui laissent couler de l’eau en quantités, celles qui tombent par crainte de Dieu. Et eux, leurs cœurs sont durs, ils n’ont pas de crainte de Dieu.

Et le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde, a dit que l’avis qui est correct, est que Dieu a créé dans ces pierres la crainte de Dieu, véritable. Dieu crée la perception sensorielle dans des objets inanimés. Certains objets, Dieu crée en eux un ressenti et une crainte. Mais les humains n’entendent pas le tasbīḥ des objets inanimés. Par exemple, on peut citer l’exemple des cailloux qui faisaient le tasbīḥ. Habituellement, les humains ne l’entendent pas, sauf les gens qui ont un degré particulier et que Dieu spécifie par cela et ceux pour lesquels Il a voulu cela ; ce n’est pas une condition que ce soit un saint.

Ce qui témoigne de cela est ce qui est arrivé à Abū Muslim Al-H̱awlāniyy que Allāh l’agrée. Il avait une subḥah à la main ; quand il s’est assoupi, il a trouvé sa subḥah qui tournait toute seule dans sa main et elle disait ce qui signifie : « Ô Allāh, Tu es exempt d’imperfection Toi Qui fais pousser les plantes et Tu es Celui dont l’existence n’a pas de fin ». Ceci est un prodige qui est arrivé à ce saint. Et « dāʾiman ṯ-ṯabāt » ne signifie pas que Dieu est Celui Qui ne bouge pas, parce que le mouvement et l’immobilité sont des caractéristiques de corps et Dieu n’est pas un corps.

Les caractéristiques des corps sont nombreuses comme le mouvement, l’immobilité, le fait d’être en contact, d’être séparé, de se réunir, la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le changement d’une caractéristique à une autre, la diminution, l’augmentation. Les corps changent et les caractéristiques des corps changent également. L’être humain a un corps avec des caractéristiques ; une science, une puissance, une volonté. Et ses caractéristiques changent, elles augmentent et elles diminuent. Elles sont entrées en existence. Elles ne sont pas éternelles. Notre corps a un début donc nos caractéristiques changent. Dieu est exempt de tout cela. Dieu n’est pas un corps et Il n’a pas les caractéristiques des corps. Le corps a deux catégories : les corps palpables que l’on peut saisir avec la main comme la pierre et les corps impalpables que l’on ne peut pas saisir avec la main comme l’obscurité. Ils sont entrés en existence. Dieu leur a donné l’existence après leur inexistence. Également les caractéristiques des corps sont entrées en existence. La connaissance de l’être humain augmente et diminue au point que quelqu’un peut perdre toutes ses connaissances. Quant à Dieu, Il n’est pas un corps et Il ne change pas. Il ne passe pas d’un état à un autre. La volonté de Dieu ne change pas. La croyance en l’unicité est de faire l’absolue différence entre le Créateur Qui ne change pas et la créature qui change.

Et Allāh, il ne Lui échappe pas ce que vous faites. Ici ce n’est pas une simple information, mais c’est une menace de châtiment ; c’est-à-dire : attention, ce que vous faites sera comptabilisé, il n’échappe pas à Dieu ce que vous faites.

Verset 75 : est-ce -que vous espérez donc (parole adressée au Messager de Dieu et aux croyants).

Qu’ils croient : c’est-à-dire à votre appel et qu’ils répondent à votre appel

Alors qu’il y avait un groupe d’entre eux c’est-à-dire leurs prédécesseurs

Ils entendaient la parole de Dieu : il s’agit ici de la Torah.

Ensuite ils la déformaient : ils ont falsifié la description du Messager de Dieu puisque dans la Torah d’origine, la venue du Messager de Dieu avec sa description était mentionnée. Et ils ont falsifié les jugements concernant l’adultère. Car celui qui avait commis la fornication tout en ayant consommé auparavant un mariage valable subissait la lapidation, dans la Torah. Mais eux, ils ont renié ce jugement et ils ont appliqué un autre jugement. Alors qu’une partie d’entre eux avaient entendu la Torah et ils l’avaient falsifiée.

Après l’avoir bien comprise, il ne s’agissait pas d’une mauvaise compréhension de leur part.

Et eux, ils savent. Que ce sont des menteurs, des calomniateurs. Ils faisaient cela en connaissance de cause. Ce n’était pas par ignorance.

Le sens du verset 75 est que, si ceux à qui vous vous adressez pour les appeler à l’islam, refusent l’appel à l’islam et font preuve de mécréance, il y a eu parmi leurs prédécesseurs ceux qui avaient refusé l’appel à l’islam et qui avaient fait preuve de mécréance. C’est-à-dire qu’il y a une antériorité à cela. Vous êtes confrontés à ce comportement de la part de ceux qui refusent l’islam, qui altèrent les textes. Sachez qu’avant eux, leurs prédécesseurs avaient agi de la même manière.

Verset 76 : et lorsqu’ils (ce sont soit les hypocrites soit les yahūd) rencontraient ceux qui sont sincères et véridiques parmi les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām. Quand ces hypocrites rencontraient les compagnons du prophète,

Ils leur disaient : nous avons cru (que vous êtes sur la vérité et que Muḥammad est l’envoyé dont l’annonce a été faite).

Et lorsqu’ils se retrouvaient seuls à seuls avec eux c’est-à-dire lorsque ceux qui n’ont pas été hypocrites et qui déclaraient leur mécréance retrouvaient les autres c’est-à-dire ceux qui étaient hypocrites,

Ils leur disaient (à titre de reproche) :

Est-ce que vous les informez (les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām) de ce que Dieu vous a accordé comme connaissance ? C’est-à-dire de ce que Dieu vous a indiqué dans la Torah en tant que description de Muḥammad ʿalayhi s-salām.

Pour qu’ils retiennent ce que vous leur dites comme argument contre vous au jour du jugement ? Regardez leur stupidité. Ils leur disaient : comment informez-vous les compagnons de Muḥammad qu’effectivement Dieu a décrit Muḥammad dans la Torah ? Parce que si vous leur dites cela, ils vont avoir un argument contre vous au jour du jugement. Vous considérez que les compagnons de Muḥammad vont débattre avec vous au jour du jugement et qu’ils vont vous dire : vous n’avez pas voulu croire au Prophète Muḥammad alors que vous aviez su qu’il était décrit dans votre Livre. Et donc ils vont retenir cet argument contre vous au jour du jugement. Et ce sont les mécréants qui déclaraient leur mécréance parmi les yahūd qui ont dit cela aux hypocrites.

afalā taʿqilūn

Verset 77 : ne savent-ils donc pas que Dieu sait ce qu’ils disent en cachette et ce qu’ils disent au grand jour. Dieu sait tout ce qu’ils disent à voix basse et ce qu’ils montrent au grand jour, c’est-à-dire le fait qu’ils cachent leur mécréance et qu’ils montrent au grand jour leur foi.

Verset 78 : et il y a parmi eux (les yahūd) ceux qui ne savent pas écrire Et « al-ummiyyu » est celui qui ne sait ni lire ni écrire.

Qui ne connaissent pas le Livre c’est-à-dire la Torah.

Et ils ne prennent que ce qu’ils souhaitent : comme le fait que Dieu leur pardonne ou leur fasse miséricorde, que le feu ne les touche que quelques jours seulement. Ou ils ne savent que des mensonges montés de toutes pièces, fomentés par leurs prétendus savants. Et ils les ont acceptés par imitation

Alors qu’en réalité ce ne sont que des conjectures. Ce ne sont que des idées dans leur têtes, qui ne sont pas fondées ; ils ne savent pas ce qu’il y a dans la Torah comme annonce du statut de prophète de Muḥammad et ils renient cela par simple conjecture. (Hypothèse).

Verset 79 : et malheur. Ibnu Ḥibbān a cité que « al-wayl » est une valléeen enfer qui a une profondeur de quarante automnes.

A ceux qui écrivent le Livre (falsifié) de leurs mains. Ici « de leurs mains » indique une insistance, c’est un sens figuré qui montre une insistance, que c’est bien eux qui l’ont fait. Ils écrivent le livre falsifié.

Puis ils disent que c’est ce que Dieu a révélé. Ceci pour le vendre et avoir un peu d’argent.

Et malheur à ceux pour ce qu’ils ont écrit de leurs mains et wayl à eux pour ce qu’ils ont acquis comme soudoiement. Ils se sont faits payer pour altérer et changer le Livre révélé. (La Torah).

Ce verset a été révélé à propos des gens du Livre. Ils sont appelés les gens du Livre parce qu’ils disent suivre un livre, ils prétendent suivre un livre. Mais ce livre est falsifié. Ils s’appellent gens du livre et ils s’appellent également mécréants. Il y a un verset qui signifie : « ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en Dieu ? » Dieu les a appelés gens du Livre et Il les a appelés mécréants également. Donc ce verset a été descendu à propos des gens du Livre qui ont modifié et altéré la Torah et qui ont changé la description du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ceci est l’explication de Ibnu ʿAbbās et de Qatāda.

Et Az-Zaǧǧāǧ a dit que le mot « al-wayl » est un mot que les Arabes utilisent pour tous ceux qui sont allés à leur propre perte. Et celui qui est dans une épreuve dit cela également.

Et à l’origine, dans la langue le mot « wayl » signifie le châtiment et la perdition.

Les savants ont dit qu’il y a dans ces versets 78 et 79 ceux qui se sont entêtés en ayant falsifié le Livre, en connaissance de cause. Eux savaient ce qui était correct et ils ont falsifié le Livre. Et il y a ceux qui les ont suivis parmi les gens du commun. Ils n’avaient pas de connaissance du Livre et ils les ont suivis par imitation dans leur égarement.

Verset 80 : ils ont dit le feu de l’enfer, nous n’y resterons que quelques jours.

Selon eux, c’était pendant quarante jours qui correspond à la durée pendant laquelle ils se sont mis à adorer le veau. Ils ont dit : « nous sommes un peuple élu, notre châtiment en enfer ne durera que quarante jours pour nous ».

Et il y a une autre explication d’après Muǧāhid que Dieu l’agrée : ils ont dit que le bas monde dure 7.000 années et qu’eux seront châtiés un jour pour chaque mille années, donc selon eux, ils seront châtiés sept jours.

Dis -leur (ô Muḥammad) est-ce que Dieu S’est engagé à ne vous châtier que cette durée-là uniquement ?

Auquel cas Dieu ne manque pas à Sa promesse : c’est-à-dire que si Dieu vous a promis cela, Il ne manque pas à Sa promesse

Ou alors vous dites au sujet de Dieu ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que vous prétendez des choses que vous ne connaissez pas au sujet de Dieu.

Verset 81 : ah que si ! On emploie balaa pour dire « ah que si » après une négation. C’est une confirmation qui vient après une négation. Ici, ils ont nié que le feu les touchera.

Celui qui acquiert une mauvaise œuvre. Ibnu ʿAbbāsa dit que la mauvaise œuvre dont il est question ici est une association à Dieu, c’est-à-dire une mécréance. Et Muǧāhid a expliqué également comme cela.

Ses péchés l’ont entouré de toutes parts. C’est-à-dire qu’il n’a plus aucune issue pour être sauvé, c’est-à-dire qu’il est mort sur sa mécréance, il est mort sur son association à Dieu. Tandis que celui qui est mort croyant, il aura accompli le plus éminent des actes d’obéissance et c’est la foi en Dieu et en Son Messager. Et ses mauvaises actions ne vont pas l’englober de toutes parts. Il n’est donc pas concerné par ce texte. Par cette explication, il y a une annulation de l’attachement des moutazilites et des khawarij au sens apparent de ce texte-là. (Ils disent que celui qui meurt chargé d’un péché va en enfer et les moutazilites ont même innové en disant que celui qui commet un péché restera éternellement en enfer et on ne l’appelle, ni croyant ni mécréant mais il a un statut entre les deux). Or ce verset parle de celui qui est noyé dans ses péchés, en plus d’être mécréant.

Et il a été dit que le sens de ce verset 81 est que ses péchés se sont emparés de lui tout comme un ennemi s’empare de sa proie et qu’il n’a pas pu échapper à ses péchés par le repentir.

Ce sont eux les gens de l’enfer qui y resteront éternellement. Les moutazilites disent : ça c’est la preuve que même s’il était croyant, il va rester éternellement en enfer. Les savants ont dit : il était mécréant et en plus, il était déjà mécréant. Quant aux ẖawāriǧ, ce sont ceux qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent un péché. Leurs héritiers actuellement sont ceux qui suivent Sayyid Qutub.

Verset 82 : et ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, ceux-là seront les gens qui iront au paradis. Ils y resteront éternellement.

Verset 83 : et Nous avons l’engagement et la promesse des descendants d’Israa’iil, de n’adorer que Dieu. Allāh a pris des descendants d’Isrāʾīl la promesse de n’adorer que Dieu. La forme de construction de la phrase se présente comme une information mais en réalité c’est un ordre. Cela signifie : « n’adorez que Dieu ». C’est une forme qui est beaucoup plus explicite dans l’ordre et dans l’interdiction. L’obéissance à cette information a été rapide puisque c’est comme si on informe de quelque chose qui est déjà réalisé.

Et ce qui renforce cette explication, c’est une autre récitation (celle de Ubay) où il ne dit pas « lā taʿbudūna » mais il dit « lā taʿbudū » parce que « lā taʿbudūna » est une forme affirmative alors que « lā taʿbudū » est un ordre. Donc cette deuxième récitation confirme le sens donné à la première récitation.

Et il y a une autre récitation où il est récité « lā yaʿbudūna ». Et c’est le même sens que précédemment.

Et soyez bienfaisants envers vos parents. Cette phrase est subordonnée à la précédente.

Et agissez-en bien avec les proches parents et avec les orphelins. L’orphelin est celui qui a perdu son père alors qu’il n’a pas atteint la puberté. Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans un ḥadīṯ rapporté par abū Dāwūd ce qui signifie : « on n’appelle plus l’enfant, orphelin, à partir de la puberté ».

Et envers les pauvres : celui qui est dans le besoin.

Et dites aux gens de belles paroles : quand vous parlez, dites des paroles qui sont belles en soi.

Accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat mais vous n’avez pas tenu vos engagements.

Ce verset s’adresse aux descendants des fils d’Isrāʾīl qui n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris.

Excepté un faible nombre d’entre vous. Et il a été dit qu’il s’agit de ceux qui étaient croyants parmi les descendants des fils d’Isrāʾīl.

Et vous vous détournez. Vous êtes des gens qui se détournent c’est-à-dire qui ont l’habitude de ne pas tenir leurs promesses.

Verset 84 : et Nous vous avons fait promettre de ne pas vous entretuer et de ne pas vous chasser les uns les autres de vos lieux de résidence. C’est-à-dire de faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit de sorte à ce que vous vous chassiez les uns les autres. Le mot « anfusakum » signifie vous-mêmes. An-Nasafī a considéré qu’autre que la personne, c’était comme si c’était elle-même. Et ceci a lieu quand il y a un lien entre elles, soit un lien d’origine parce qu’ils sont des descendants d’Isrāʾīl, soit un lien de religion. Et il a été dit que si quelqu’un tue quelqu’un d’autre, c’est comme s’il s’était tué lui-même puisqu’il va y avoir l’application de la loi du talion et qu’il sera exécuté pour ce meurtre.

Ibnu l-Ǧawziyy a donné une explication pour ce verset 84 : ne faites pas de conflits qui mènent à l’effusion du sang et ne vous chassez pas les uns les autres de vos lieux de résidence pour prendre les villes des autres. Rapporté de Ibnu ʿAbbās

Aṣ-Ṣuddiyy a rapporté d’après son šayẖ qu’il a dit que la tribu de Qurayḍah (qui vient des descendants d’Isrāʾīl) était alliée de la tribu de al-Aws (qui est une des deux principales tribus arabes de Médine) et la tribu d’an-naḍīr (qui était descendant d’Isrāʾīl) était alliée à la tribu des H̱azraǧ (qui était la deuxième tribu de Médine). Donc les gens de Qurayḍah combattaient leurs cousins d’an-naḍīr. Les vainqueurs prenaient le butin avec des prisonniers et les vaincus payaient une rançon pour récupérer leurs soldats. Alors les Arabes se moquaient d’eux, ils leur disaient : comment vous les combattez et après, vous payez une rançon pour les libérer. Alors ils disent : nous avons reçu l’ordre de les libérer et il nous a été interdit de les tuer. C’est-à-dire que quand on fait un prisonnier, on a reçu l’ordre d’accepter la rançon pour le libérer mais on ne le tue pas. Les Arabes leur ont dit : mais alors pourquoi vous combattez-vous ? Ils ont dit : nous ne voulons pas que nos alliés soient humiliés. Donc c’était leur alliance qui les amenait à se combattre les uns les autres.

Allāh les a rabaissés par Sa parole qui signifie « vous vous tuez vous-mêmes et vous vous faites sortir de vos maisons » jusqu’à la parole qui signifie » croyez-vous donc en une partie du Livre et vous ne croyez pas en une autre partie ». C’était le cas des descendants d’Isrāʾīl, ils croyaient en une partie de la Torah et ne croyaient pas en une autre. La partie en laquelle ils croyaient était « et payez une rançon pour récupérer les prisonniers ». Et la partie en laquelle ils n’avaient pas cru était l’interdiction de se combattre.

Puis vous avez reconnu la promesse qui a été retenue de votre part : c’est-à-dire que vous avez reconnu que vous deviez tenir vos engagements.

Et vous en êtes témoins : c’est-à-dire si on dit que quelqu’un avoue certaines choses et il est témoin de son aveu. Ou alors cela veut dire : vous êtes témoins, vous autres yahouud descendants d’Isrāʾīl de la reconnaissance de vos prédécesseurs qui ont reconnu cet engagement.

Verset 85 : et après (cette promesse et cet engagement) vous vous entretuez (malgré cela) et vous vous chassez les uns les autres de vos résidences. Vous vous entraidez les uns les autres pour cela. Le verbe « taẓāharūna » signifie vous vous adossez, c’est comme si quelqu’un prend appui sur le dos d’un autre pour avoir plus de force pour pousser quelque chose. C’est un sens figuré pour dire que vous vous entraidez les uns contre les autres.

En faisant preuve de péché et d’injustice.

Et si vous faites des prisonniers, vous acceptez la rançon. Ils acceptent de l’argent pour libérer quelqu’un.

Alors que cela est interdit pour vous de faire sortir les gens pour les tuer. Allāh dénonce leurs agissements en leur disant : est-ce que vous croyez donc en des parties du Livre à savoir la libération des prisonniers moyennant une rançon et vous ne croyez pas en une partie du Livre à savoir l’interdiction de combattre et de chasser les gens de chez eux. Aṣ-Ṣuddiyy a dit : Dieu a pris d’eux quatre engagements : de ne pas s’entretuer, de ne pas se chasser les uns les autres, de ne pas faire des alliances entre eux contre d’autres, l’obligation de payer la rançon pour libérer un prisonnier. Ils se sont détournés de tout, hormis le paiement de la rançon.

Quelle sera alors la rétribution de celui d’entre vous qui fait cela ? Cela fait référence au fait de croire en une partie du Livre et de ne pas croire en une autre partie du Livre. Ici c’est une menace.

Si ce n’est une humiliation dans le bas-monde. Allāh le dévoilera, ce sera un scandale pour lui et il sera humilié.

Et au jour du jugement, ils seront ramenés au pire des châtiments. C’est-à-dire un châtiment qui ne comporte ni repos, ni joie ou bien un châtiment qui est pire que le châtiment du bas monde.

Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allāh. Allāh sait tout ce que vous faites.

Verset 86 : ceux qui ont acheté le bas monde en payant l’au-delà c’est-à-dire qu’ils ont préféré le bas-monde au détriment de l’au-delà, comme quelqu’un qui achète quelque chose, il a le prix dans sa main mais il va donner ce prix pour obtenir l’objet qu’il va acheter. Eux, ils ont été comparés à des gens qui ont acheté le bas monde, ils ont préféré le bas monde au lieu de l’au-delà.

Le châtiment ne leur sera pas allégé et personne ne les soutiendra. C’est-à-dire que personne ne va payer à leur place pour qu’ils obtiennent l’au-delà. Ils n’auront pas l’au-delà car ils n’ont pas œuvré pour cela.

Verset 87 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre c’est-à-dire la Torah dans sa totalité en une seule fois c’est-à-dire qu’il l’a reçue entièrement sur des tablettes lorsqu’il est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu.

Et Nous l’avons fait suivre par d’autres prophètes. C’est-à-dire que Dieu a envoyé après lui de nombreux messagers. Et ce sont Yūšāʿ et Išmāwīl, Šamʿūn, Dāwūd, Sulaymān, Šaʿyā, Armiyāʾ, Ḥisqīl, Ilyās, Al-Yašāʾ, Yūnus, Zakariyyā Yaḥyā, et d’autres, que Dieu les honore davantage en degrés. Entre Mūsā et ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes.

Et Nous avons accordé à ʿīsā fils de Maryam des preuves claires. C’est comme si ces preuves étaient au service de Jésus et il s’agit de miracles éclatants, comme la résurrection des morts ou le fait de guérir celui qui était aveugle de naissance, comme le fait de soigner celui était lépreux, et aussi d’annoncer des choses qui étaient cachées, comme quand Jésus disait aux gens : « vous avez mangé telle chose hier, vous avez caché telle chose en provision ». C’était des miracles que Dieu lui avait accordés. Et le miracle constitue la preuve que celui qui prétend être un envoyé de Dieu est réellement un envoyé de Dieu. C’est comme si Dieu nous dit : cet homme qui est envoyé de Ma part, il est véridique, puisque Je lui ai accordé cette chose extraordinaire qui est en conformité avec ce qu’il dit, donc croyez-le et suivez-le.

Et Nous l’avons appuyé par « rūḥu l-quddūs » 

Al-quddūs signifie la pureté et rūḥu ici ne signifie pas « âme » mais cela signifie Ǧibrīl. Donc Dieu dit : Nous avons appuyé Jésus par Ǧibrīl et cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās et de Qatāda. Ǧibrīl est le président des anges, il a une âme pure. Allāh l’a envoyé pour soutenir Jésus dans son message.

Ou bien « Nous l’avons soutenu par Ǧibrīl ʿalayhi s-salām car Ǧibrīl amène la révélation ». Et la révélation c‘est ce qui donne la vie au cœur.

Grâce à l’envoi des prophètes, les gens ont un sens à leur vie, ils savent pourquoi ils sont là, ce qu’ils recherchent. Ce n’est pas comme ceux qui vivent comme des animaux dont le besoin est de se nourrir, se reproduire, lutter contre le froid, le chaud. Certains élèvent leurs enfants comme s’ils avaient un élevage de poules. Mais ils ne pensent pas que la vie qui compte c’est la vie de l’au-delà. Parce que cette vie du bas monde a un terme. Ceux qui sont dotés de raison devraient être exhortés par ceux qui nous ont précédés. Ceux-là sont tous morts maintenant. Donc ce qui compte c’est la vie de l’au-delà, mais la vie de l’au-delà on n’aurait pas pu la connaitre s’il n’y avait pas eu les prophètes qui ont été envoyés par Dieu pour nous avertir qu’après cette vie du bas-monde, il y a une autre vie que celle-ci et qui n’aura pas de fin. Et les gagnants dans cette autre vie sont ceux qui auront suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas. Et les perdants seront ceux qui n’auront pas suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas.

Dieu a soutenu Jésus par l’envoi de Ǧibrīl, car quand les yahūd étaient venus pour le tuer et Dieu lui a envoyé l’ange Ǧibrīl pour l’élever au ciel. Actuellement Jésus vit au deuxième ciel, il n’est pas crucifié mais il est vivant puis il va redescendre.

Autre explication de «« rūḥu l-quddūs » : c’est l’Evangile. Dieu a accordé l’Evangile à Jésus tout comme Il a accordé le Qur’ān à Muḥammad.

Ou une autre explication : c’est le fait que Dieu a soutenu Jésus ʿalayhi s-salām en lui donnant à connaitre le nom éminent de Dieu par lequel il ressuscitait les morts, en l’évoquant.

Est-ce -que chaque fois qu’un messager vous est envoyé et qu’il vous amène des choses qui ne correspondent pas aux penchants de votre âme. Chaque fois qu’un messager est envoyé avec une loi qui ne correspond pas à vos passions

Vous faites preuve d’orgueil. C’est-à-dire que vous rejetez le message du Messager, vous refusez de l’accepter.

Un groupe d’entre vous dément l’envoyé. Cette parole est adressée aux mécréants des descendants des fils d’Isrāʾīl, les yahūd. Tout comme ils ont démenti Jésus, ils ont démenti Muḥammad. La plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Jésus quand il a été envoyé et la plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Muḥammad quand celui-ci a été envoyé.

Et un autre groupe d’entre vous tue le prophète. Comme Zakariyyā et Yaḥyā. Les prophètes sont les meilleures des créatures de Dieu et pourtant, Dieu a fait que des mécréants les tuent. Pour les prophètes, c’est une augmentation en degrés et pour les assassins, c’est une mécréance et donc un châtiment en enfer qui les attend. Dieu fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient. Ce n’est pas parce qu’une personne subit une injustice que Dieu n’agrée pas cette personne.

Et « fa farīqan kaḏ-ḏabtum » : ici le verbe est au māḍī c’est-à-dire un temps accompli et « wa farīqan taqtulūn » : ici le verbe est au muḍāriʿ, l’inaccompli c’est-à-dire que ça peut être utilisé au présent et au futur. Alors qu’il s’agit de Zakariyyā et Yaḥyā qui ont déjà été tués.

C’est pour indiquer la ponctuation dans la phrase.

Ou une autre explication : il y a un groupe parmi vous, les yahūd, qui essaie de tuer Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. C’est la raison pour laquelle le verbe est au muḍāriʿ, c’est parce que vous essayez de le faire aussi. Mais Allāh le préserve. C’est pour cela qu’ils ont mis du poison dans le mouton qu’il a mangé.

Il ne faut pas croire qu’il a été fait de la sorcellerie au Prophète.

Celui qui veut se préserver de la sorcellerie avant qu’elle ne se produise, qu’il récite sūratul-iẖlāṣ et les deux muʿawwiḏāt matin et soir, trois fois chacune. Celui qui persévère sur cette pratique, la sorcellerie n’aura aucun effet sur lui. Et combien de maladies ont été guéries par la cause de ces sourates !!

Ici, Allāh leur fait un blâme.

Verset 88 : ils ont dit : nos cœurs sont comme recouverts d’une couche. C’est une métaphore pour indiquer que la parole du Prophète ne pénètre pas leurs cœurs. Leurs cœurs sont recouverts d’une couche qui empêche les paroles du Prophète de les atteindre.

Une autre explication : ils ont prétendu que leurs cœurs étaient des réceptacles de science et donc qu’ils n’avaient pas besoin, grâce à ce qu’ils possédaient, d’avoir le message de notre prophète. Et ceci est de l’orgueil.

Une autre explication : ils disent au prophète : si ce que tu nous as amené était vrai, nous aurions accepté.

Allāh les a maudits en raison de leur mécréance. C’est une réplique à ces gens-là parce que Dieu leur apprend que leurs cœurs ne sont pas recouverts d’une couche. Leurs cœurs sont créés comme les autres. Quand ils sont nés, ils avaient cette prédisposition pour accepter la vérité. Mais Il les a chassés de cela en raison de leur mécréance et de leur égarement. Dieu les a maudits en raison de leur mécréance et de leur égarement.

Peu d’entre eux sont des croyants. Ils ne croient pas beaucoup, ces gens-là. Ils croyaient en une partie du Livre et pas en l’autre. Ce qui les arrange, ils le suivent et ce qui ne les arrange pas, ils le rejettent.

Et il a été dit que « qalīl » ici signifie « pas du tout ». Ils n’ont pas du tout été croyants.

Le mot « qalīl » dans la langue arabe signifie « peu » et très rarement, il signifie « pas du tout ».

Verset 89 : lorsqu’il leur est parvenu. Lorsqu’il est parvenu aux yahūd

Un Livre de la part de Dieu : et il s’agit du Qur’ān

Qui confirme ce qu’ils avaient avec eux. Qui est en conformité avec la Torah et qui ne la contredit pas.

Et ils recherchaient la victoire contre les associateurs par le Prophète Muḥammad. Ils disaient « ô Allāh donne-nous la victoire par le prophète envoyé à la fin des temps dont la description existe dans la Torah ». Donc ils faisaient le tawassoul par le prophète Muḥammad.

Mais quand il est venu, ils ne l’ont pas suivi, ils ont mécru en lui. Vous voyez comment ils se contredisent. C’est l’orgueil, que Dieu nous en préserve. Car la venue du Prophète Muḥammad avait été annoncée dans les livres révélés authentiques, avant qu’ils ne soient falsifiés. Les yahūd disaient à leurs ennemis : « bientôt, il y aura un prophète qui va confirmer la véracité de ce que nous disons et nous allons combattre à ses côtés, tout comme les combats de ʿĀm et Irām et des peuples anciens ». Et aussi par souci de conservation du pouvoir.

Que Dieu maudisse les mécréants. C’est une malédiction sur les descendants de ces fils d’Isrāʾīl qui ont mécru en le prophète Muḥammad. C’est une malédiction en raison de leur mécréance.

Verset 90 : quelle mauvaise chose ils ont faite : le bas-monde ne vaut pas la peine d’être acheté en payant l’au-delà.

Le fait de mécroire en ce que Dieu a révélé : c’est-à-dire le Qur’ān. Ils ont mécru au Qur’ān.

Par envie du fait que le Prophète a reçu la révélation de la part de Dieu. Ils ont envié le prophète parce qu’il a reçu la révélation de la part de Dieu. Au lieu de le suivre, ils étaient jaloux de lui parce que c’est lui qui a reçu la révélation et non pas eux. Ceci par injustice de leur part :c’est par envie et jalousie de leur part et pour demander ce qui n’est pas à eux. Pour justifier le fait de ne pas suivre le prophète Muḥammad, ils ont prétendu que le dernier prophète qui devait venir était un descendant d’Isrāʾīl.

Allāh fait descendre par Sa grâce la révélation à qui Il veut parmi Ses esclaves : en l’occurrence ici il s’agit de notre maitre Muḥammad.

Ils méritent un châtiment après un châtiment :

Ils méritent des châtiments successifs parce qu’ils ont mécru au prophète de la vérité, notre maitre Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, ils ont fait preuve d’injustice envers lui.

Ou bien parce qu’ils ont mécru au Prophète Muḥammad après avoir mécru en Jésus.

Ou bien parce qu’ils ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu et ils ont dit que Dieu est avare et d’autres paroles encore de mécréances.

wa lil-kāfirīna ʿaḏābun muhīn

Verset 91 : et s’il leur est dit (aux yahūd qui viennent d’être mentionnés dans les versets précédents)

Croyez-en ce qu’Allāh a fait descendre. C’est-à-dire le Qur’ān. Ou bien tout livre qu’Allāh a révélé à Ses prophètes.

Ils vont répondre : nous croyons en ce qui nous a été révélé. C’est-à-dire la Torah qui a été descendue sur Mūsā.

Et ils mécroient en ce qui est venu après. Donc ils ont mécru non seulement au prophète Muḥammad mais ils ont mécru au prophète Jésus ʿalayhi s-salām.

Or ce qui est révélé après la Torah confirme la véracité de la Torah. C’est-à-dire l’évangile et le Qur’ān confirment la véracité de la Torah. C’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui est contradictoire avec la Torah. Et il y a en cela une réplique. Comme ils ont mécru en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils ont mécru en la Torah. Ils mentent quand ils disent : « nous, nous croyons en la Torah mais nous ne croyons pas en ce qui vient après ». Mais ce qui est venu après est conforme à la Torah. Donc s’ils mécroient en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils mécroient en la Torah.

Dis -leur (ô Muḥammad) pourquoi avez- vous tué les prophètes de Dieu auparavant ? Le verbe « tuer » est employé au muḍāriyy (l’inaccompli) mais le sens est l’accompli al-māḍī. Dans la suite du verset, il y a le terme « min qabl » qui indique le passé. Donc la phrase donne « pourquoi donc avez-vous tué les prophètes de Dieu, auparavant ? ». Auparavant indique le temps avant Muḥammad. Ils ont tué beaucoup de prophètes entre Jésus et Muḥammad. Le blâme qui leur est adressé est « pourquoi avez-vous tué beaucoup de prophètes auparavant ? » C’est un reproche qui leur est fait alors qu’ils prétendent croire en la Torah. Et la Torah n’autorise pas de tuer les prophètes.

Il a été dit qu’ils ont tué en un jour 300 prophètes, mais notre šayẖ a dit que ce n’est pas authentifié, ce sont les historiens qui disent cela.

Verset 92 : et Mūsā vous a amené les preuves claires. Ce sont les 9 commandements cités dans le verset 101 de sourate al-‘israa’ où Allāh dit ce qui signifie : « Nous avons accordé à Mūsā neuf commandements ». Ce sont des commandements qui sont parvenus dans de nombreux livres de ḥadīṯ très célèbres. C’est le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a expliqué quels sont ces neufs signes.

Le šayẖ a dit : il nous a été rapporté dans le ǧāmiʿ d’At-Tirmiḏī (recueil de ḥadīṯ) et le moustadrak de Aḷ-Ḥākim que deux yahūd sont venus voir le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils l’ont interrogé à propos des neufs grands signes. (Les neuf commandements). Ils voulaient vérifier s’il était vraiment le dernier prophète parce que leur but était de cacher les histoires anciennes dans lesquelles ils avaient eu des punitions. Et le Prophète leur a expliqué.

Auparavant, un des deux yahūd a dit à l’autre : « viens on va voir ce prophète. On va l’interroger à propos des neufs grands signes ». Le deuxième lui a dit : « ne dis pas le mot « prophète ». S’il entend cela de ta part, il va être heureux ». Cela veut dire qu’ils savent que notre maitre Muḥammad est un prophète.

Le premier a dit : « si on l’interroge et qu’il répond aux questions, alors c’est sûr qu’il est un prophète ». Parce qu’ils savent que ce sont des informations qu’eux, ne divulguent pas, ils savent que Muḥammad n’a pas appris auprès de quiconque ; donc s’il répond aux questions, c’est une révélation de la part de Dieu.

Et lorsqu’ils lui ont posé la question, il leur a répondu en leur citant quels étaient les neuf commandements :

1/ ne pas attribuer d’associé à Dieu c’est-à-dire ne pas adorer autre que Dieu et l’adoration c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission.

2/ ne pas commettre la fornication

3/ ne pas voler

4/ ne pas aller dénoncer un innocent calomnieusement auprès d’une autorité pour qu’il l’exécute

5/ ne pas commettre la sorcellerie

6/ ne pas faire le qaḏf à l’encontre d’une femme muḥṣanah (c’est attribuer la fornication à une femme qui a consommé un contrat de mariage valable)

7/ ne pas consommer le gain usuraire (c’est une des sortes de transactions interdites comme le prêt à intérêt)

8/ ne pas déserter le front (lors d’une attaque)

9/ ne pas faire d’activités le samedi pour vous les yahūd du temps de Mūsā (c’était donc spécifique à cette époque-là)

Quand ils ont entendu cela, les deux yahūd ont su que le Prophète avait reçu la révélation : ils lui ont dit : « nous témoignons que tu es un prophète ». Et ils ont alors embrassé les mains et les pieds du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

At-Tirmiḏiyy a dit que ce ḥadīṯ est ḥasan, ṣaḥīḥ et il a été rapporté également par Aḷ-Ḥākimdans des termes proches de ces termes-là et il l’a jugé ṣaḥīḥ, authentique.

Ces commandements ont été appelés « bayyināt » parce que ce sont des ordres extrêmement importants. Et la parole du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, quand il a dit de ne pas aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué, indique l’interdiction de l’espionnage. Cet ordre fait partie des ordres que Dieu a fait descendre dans la Torah à Mūsā ʿalayhi s-salām. Dieu a fermement interdit cela aux descendants d’Isrāʾīl c’est-à-dire le fait d’aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué. Et l’interdiction concerne aussi moins que cela, elle concerne le fait que cet innocent subisse une nuisance de la part de cette autorité. Ce n’est permis à aucun musulman d’espionner un innocent pour aller le dénoncer calomnieusement à ceux qui ont un pouvoir.

Parmi ce qui ce qui a été rapporté dans al-moustadrak par Aḷ-Ḥākim, il y a ce que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit et qui signifie : « celui qui se fait payer pour espionner un musulman, Allāh lui donnera à consommer du feu de l’enfer au jour du jugement ».

Et celui qui, en dénonçant un musulman, en tire une réputation, Dieu fait qu’au jour du jugement, il sera une célébrité en enfer. Et celui qui tire profit de la dénonciation d’un musulman pour s’habiller, Allāh le fera s’habiller au jour du jugement du feu de l’enfer.

Tout cela indique qu’il est interdit d’espionner les musulmans. Celui qui espionne injustement et qui obtient de l’argent par cet espionnage et il consomme cet argent, alors il en sera rétribué au jour du jugement de la juste rétribution. Ainsi Allāh le nourrira au jour du jugement des aliments de l’enfer. Et Allāh a cité les aliments de l’enfer dans le Qur’ān. Il y a un arbre en enfer qui s’appelle « az-zarqūm », son odeur est répugnante et son aspect est extrêmement laid, insupportable. Mais eux, du fait de leur extrême faim, c’est comme s’ils en mangeront malgré eux. Et les anges du châtiment les alimentent de cela. Et ils auront deux boissons en enfer : l’une d’elles est de l’eau bouillante, qui entre dans leurs intestins. L’autre est du ghisliin qui est ce qui s’écoule de la peau des gens de l’enfer. Parce que les gens de l’enfer, chaque fois que leur peau brûle, Dieu leur change cette peau par une nouvelle qui est humide. Et cette nouvelle peau va à nouveau brûler et il va en couler un liquide qui est répugnant. Ce qui s’écoule de leurs peaux, Dieu en a fait une des boissons de l’enfer. Dieu nous apprend que les gens de l’enfer auront comme boissons aḍ-ḍarīʿ qui ne coupe pas la faim et qui ne donne pas d’embonpoint.

Dénoncer calomnieusement un musulman c’est-à-dire informer une autorité à son sujet afin qu’on lui nuise c’est-à-dire afin de lui faire parvenir une nuisance, que cette nuisance soit pour le tuer ou ce qui est moindre, est un péché éminent selon le jugement de Dieu, parce que dans la Torah il y a ce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a indiqué concernant ce que Dieu a révélé à Mūsā. Cette parole signifie « vous n’aviez pas à dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il le tue ». Et tout ce qui a été cité avec ce crime et il s’agit du péché de l’espionnage afin de nuire à un musulman par cet espionnage, est un péché qui est grave.

La deuxième notion citée est le cas de celui qui cherche à nuire à un musulman injustement pour se donner une bonne image aux yeux des gens, afin qu’il soit traité avec égard. Il cherche à tirer profit de cela. Celui-là, au jour du jugement, Dieu le dévoilera devant tout le monde. Il sera dit : « un tel, tel jour, a parlé d’un autre, pour se donner de l’importance et nuire à cet autre ». Le scandale sera dur pour l’âme devant ce rassemblement de gens au jour du jugement. Alors qu’ici, dans cette vie, si quelqu’un est dévoilé, c’est devant quelques personnes, pas autant qu’au jour du jugement.

Dans ce ḥadīṯ, les deux yahūd, lorsque le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, leur a annoncé quels étaient les neufs commandements, savaient que Muḥammad ne lisait pas et n’écrivait pas, qu’il n’avait pas lu la Torah, qu’il n’était jamais allé dans une école pour apprendre l’écriture, qu’il n’avait pas eu d’enseignant pour cela. Et ceci est connu parmi les gens de La Mecque. Ceci est connu par tawātur, (nouvelle véridique qui a été transmise à partir d’un grand nombre de personnes qui ont constaté d’un commun accord cette nouvelle en se basant sur une perception sensorielle (ce n’est pas une théorie), qu’ils l’ont vue ou entendue, et qui l’ont transmise à un autre groupe de telle sorte qu’il soit impossible qu’ils se soient mis d’accord pour mentir. Concernant le fait que les chrétiens prétendent que Jésus a été crucifié, ce n’est pas une nouvelle véridique parce que : la première couche de gens est composée d’un nombre très faible ( entre sept et neuf ) et ils n’étaient pas d’accord entre eux sur ce qu’ils ont transmis (cette information n’est pas transmise à partir d’une perception sensorielle sur laquelle se seraient accordés un grand nombre de personnes) ; d’autre part cette nouvelle a été démentie par le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ( qui nous a appris que Jésus ʿalayhi s-salām n’a pas été tué mais qu’il a été élevé au ciel puis qu’il va redescendre sur terre et qu’il suivra la loi de Muḥammad) et la nouvelle rapportée par un prophète est forcément véridique parce que le prophète est envoyé de la part de Dieu et il est appuyé par des miracles).

Ceci était connu chez les gens de La Mecque et de Médine, chez les Arabes et chez les yahūd que le Prophète ne lisait ni n’écrivait. C’est pour cela qu’ils ont dit au début : « si on lui pose la question et qu’il répond, c’est qu’il est forcément prophète ». Donc quand Muḥammad a répondu aux questions et qu’ils lui ont embrassé les pieds, il leur a demandé : « qu’est-ce qui vous empêche de devenir musulmans maintenant que vous savez ? ». Ils ont répondu en mentant : « Le prophète Dāwūd a demandé à Dieu à ce que la prophétie reste parmi ses descendants » et ils ont dit aussi qu’ils avaient peur que s’ils croyaient en Muḥammad, que les yahūd ne les tuent. Ils ont préféré la vie du bas-monde à la vie de l’au-delà.

Ils ont justifié le fait de ne pas croire au Prophète Muḥammad par deux choses :

  • La première, c’est une calomnie : ils ont prétendu que Dāwūd avait demandé à ce que le statut de prophète reste parmi ses descendants. En réalité le prophète Dāwūd n’a pas demandé cela.
  • La deuxième est qu’ils ont prétendu que s’ils suivaient Muḥammad, alors les yahūd allaient les tuer. Or les savants ont dit que parmi les grands péchés, il y a de dénoncer un innocent et non pas celui qui est un corrupteur. Si quelqu’un ne cesse pas de nuire aux gens, si on va le dénoncer à une autorité pour que cette autorité arrête sa nuisance, cela est permis. Donc si on va voir quelqu’un qui nuit aux gens, qu’on lui donne le conseil d’arrêter de nuire aux gens, mais qu’il n’accepte pas, alors c’est permis d’aller le dénoncer. Quant à celui qui va dénoncer calomnieusement quelqu’un pour obtenir quelque chose du bas monde, comme un avancement à son travail, ou pour recevoir une prime, cela sera une source de malheur pour lui au jour dernier.

Puis vous avez pris un veau comme si c’était un dieu pour vous : après que Mūsā vous a confié à son frère Hārūn alors que lui-même était parti à la montagne aṭ-ṭūr au mont Sinaï afin de recevoir la révélation de la Torah, alors qu’ils avaient vu des miracles que Dieu avait accordés à notre maitre Mūsā.

Et vous êtes injustes. Il y a deux explications :

1/ Vous avez adoré le veau alors que c’est une adoration qui n’est pas justifiée.

2/ Vous êtes un peuple qui commet beaucoup d’injustices.

Verset 93 : Et Nous avions pris de vous l’engagement d’obéir et Nous avons fait que la montagne d’aṭ-ṭūr soit élevée au-dessus de vos têtes (c’est-à-dire que s’ils refusaient, elle allait les fracasser) et écoutez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. La montagned’aṭ-ṭūr a été élevée au-dessus de leurs têtes et ils ont reçu l’ordre d’accepter ce qu’il y a dans la Torah. « Ecoutez » ici signifie appliquez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. Que votre audition soit de celle de celui qui va appliquer ce qui lui est dit. Quand vous écoutez cet ordre, écoutez-le à la manière de celui qui va l’appliquer.

Ils ont dit « nous avons entendu mais nous désobéissons ». Nous avons entendu Ta parole mais nous désobéissons à Tes ordres.

Et leurs cœurs ont été imprégnés de l’adoration du veau : c’est-à-dire que l’amour du veau et le fait de veiller à adorer un veau s’est imprégné dans leurs cœurs tout comme un colorant imprègne un tissu. Le mot « amour » n’est pas cité dans le verset, il a été omis. Le complément « du veau » est cité. Ce n’est pas le veau qui a imprégné leurs cœurs mais c’est l’amour du veau. C’est une figure de style en arabe qui consiste à omettre le nom et de citer le complément du nom et qui s’appelle « ḥaḏfu l-muḍāf ».

En raison de leur mécréance. Leur mécréance ici était l’assimilation de Dieu à Ses créatures.

Dis est-ce ce à quoi vous amène votre foi ? Quelle mauvaise chose que vous ordonne votre foi !! Il s’agit de la foi en la Torah dans laquelle il n’est pas question d’adorer un veau. Est-ce que c’est cela le résultat de votre croyance en la Torah. Est-ce que la croyance en la Torah vous amène à adorer un veau ?! C’est une forme d’ironie, un rabaissement à leur égard.

Si vous êtes véritablement croyants. Cette phrase met en doute leur foi en réalité. C’est-à-dire qu’ils prétendent qu’ils sont croyants mais ils ne le sont pas. C’est une remise en cause de la véracité de leur prétention à être des croyants. Eux prétendaient être des croyants, en tant que descendants des fils d’Isrāʾīl.

Verset 94 : dis, si vous prétendez que la résidence de l’au-delà. Ils prétendent gagner le paradis.

Sera uniquement pour vous et à nul autre que vous. C’est-à-dire que vous prétendez que le paradis est réservé à vous qui êtes les yahūd

Alors souhaitez mourir si vous êtes véridiques. Désirez mourir, comme cela, vous irez à la résidence que vous prétendez être réservée à vous seuls. Celui qui a la certitude qu’il va aller au paradis, il va se languir d’aller au paradis, il va souhaiter se débarrasser de cette résidence dans laquelle il y a des épreuves. C’est un défi qui leur a été lancé : si vous avez la certitude d’aller au paradis alors que vous vous êtes mis à adorer un veau, alors souhaitez mourir, si vous êtes véridiques !!

Les dix auxquels le Prophète ʿalayhi s-salām    a rapporté la bonne nouvelle qu’ils vont aller au paradis et ceci dans une même assemblée, puis suite à cela, chacun d’entre eux désirait mourir et se languissait de la mort : ce sont Abū Bakr, ʿUmar, ʿUṯmān, ʿAliyy, Ṭalḥah, Az-Zubayr, ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf, Abū ʿUbaydah, ʿĀmir ibnu l-Ǧarrah, Saʿād ibnu abī Waqqās    Saʿīd ibnu Zayd. (Az-Zubayr était le cousin du Prophète, par sa mère. Et Abū ʿUbaydah est enterré en Jordanie, ʿAliyy en Irak et les autres à Médine).

Verset 95 : et ils ne le souhaiteront jamais : tant qu’ils sont vivants, ils ne souhaiteront jamais mourir, tellement ils sont attachés à ce bas-monde. Le musulman, quant à lui, souhaite mourir dans la voie que Dieu agrée.

En raison de leurs œuvres : du fait qu’ils ont mécru, ils n’ont pas cru au Prophète Muḥammad et ils ont déformé la Torah révélée au prophète Mūsā. Et ceci est un miracle pour le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām car il s’agit d’un « ġayb » c’est-à-dire quelque chose de caché pour nous. Dieu a annoncé qu’ils ne vont jamais souhaiter la mort et cela s’est effectivement réalisé tout comme Dieu l’a annoncé. Ils n’ont pas souhaité mourir. Dieu dit « wa lan tafʿalū » car s’ils avaient désiré la mort, cela aurait été rapporté jusqu’à nous. On l’aurait su. Mais personne parmi eux n’a souhaité mourir.

Mais Dieu sait l’état des injustes : c’est une menace contre eux.

Verset 96 : et tu verras que parmi les gens il y en a qui veillent le plus à vivre : ils recherchent le plus la vie du bas-monde. Ce sont des gens qui sont viscéralement attachés à une vie : ici c’est le mot « vie » avec un article indéterminé : c’est la vie du bas monde, pour indiquer qu’ils sont très attachés à cette vie du bas-monde.

Et ce sont des associateurs : il y a des gens qui sont plus attachés à cette vie du bas-monde. « Parmi les gens », cela inclut les associateurs qui, parmi les gens, sont ceux qui tiennent le plus à cette vie du bas-monde. Il arrive qu’un ensemble est mentionné puis qu’une partie de cet ensemble soit mentionné, pour insister au sujet de ce sous-groupe. Ce verset 96 constitue un grand blâme contre les associateurs. Et ce sont ceux qui associent à l’adoration de Dieu, autre que Dieu. Et eux ne croient pas en la résurrection, ni en la rétribution pour les œuvres, ni en une vie après celle-ci. Ils ne connaissent que cette vie du bas-monde. Donc le fait qu’ils tiennent à cette vie, ce n’est pas étonnant de leur part puisqu’ils ne croient pas à autre chose. Le maximum de leurs désirs est lié à cette vie.

Si ceux qui tiennent à cette vie du bas-monde (les yahūd) ont reçu un Livre (la Torah) qui leur apprend qu’il y aura un jour de la rétribution, mais eux, ils ne croient pas qu’il y aura un jour du jugement, ils sont blâmés pour cela. Le blâme est encore plus justifié à leur sujet.

Ces yahūd tiennent encore plus que ceux qui sont associateurs à cette vie du bas-monde, parce qu’ils savent qu’ils vont aller en enfer, ils savent ce qui est réservé aux gens qui sont dans leur état. Alors que les associateurs ne savent pas puisqu’ils ne croient pas du tout en la rétribution.

L’un d’entre eux (parmi les yahūd) souhaite vivre mille ans.

Il a été dit que ceux visés par le terme « associateurs » ici ce sont les mazdéens (ou les mages) qui adoraient le feu en Perse au temps de l’empire perse qui était très étendu. Parce qu’il était de leurs habitudes, lorsqu’ils s’adressaient à leur roi : « vis mille ans ».

Ibnu ʿAbbās a dit que ceux qui sont visés sont les ʿaǧam, un terme qui désigne les non Arabes car, à l’époque, les non Arabes n’étaient pas musulmans.

Il y a un autre avis qui dit « les associateurs » ici vise une partie des yahūd. Car une partie des yahūd avait adoré autre que Dieu. Ils avaient adoré ʿUzayr, un homme vertueux qui avait mémorisé la Torah. A l’époque de Nabuchodonosor qui avait détruit Jérusalem et avait fait prisonnier les fils d’Israël, Dieu a fait mourir ʿUzayr pendant cent ans puis Il l’a fait revivre. Quand ʿUzayr est revenu à la vie, il est revenu voir les habitants de Jérusalem et il leur a récité la Torah par cœur. A l’époque, ils avaient égaré tous les exemplaires de la Torah, alors ils se sont mis à adorer ʿUzayr.

Chacun de ces gens dont parle Dieu dans ce verset 96, souhaite vivre mille ans mais le fait qu’il vive mille ans ne va pas l’éloigner du feu. C’est-à-dire que même s’il vit mille ans, cela ne va pas l’écarter de l’enfer.

Et Allāh sait ce qu’ils font : et Dieu les rétribue pour ce qu’ils font.

Verset 97 : Dis : celui qui est un ennemi de Ǧibrīl. « Li Ǧibrīla ».Le terme « li » est une particule mais le mot « Ǧibrīl » n’est pas déclinable, donc on ne dit pas « li- Ǧibrīli » parce qu’il n’est pas un mot arabe, et les mots qui ne sont pas arabes, les règles de l’arabe ne s’appliquent pas à eux. Et le mot « ǧabr » signifie « esclave » dans la langue l’araméenne, la langue que parlaient notre maitre Jésus et ’Ādam. Et « īl » est un des noms de Dieu. Donc le nom « Ǧibrīl » signifie « esclave de Dieu ».

Un des prêtres des yahūd qui s’appelle ibnu Sūriyā avait débattu avec le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a demandé qui lui ramenait la révélation. Notre Prophète lui a répondu que c’était Ǧibrīl. Ce prêtre a répondu par une parole de mécréance : « c’est notre ennemi. Si c’était quelqu’un d’autre qui t’avait ramené la révélation, on aurait cru en toi. Et il a été notre ennemi à plusieurs reprises ».

Alors certes il l’a descendu : il s’agit du Qur’ān. Le fait d’utiliser un pronom de ce qui n’a pas été cité avant est une forme d’amplification, tellement c’est connu que Ǧibrīl a descendu le    Qur’ān. C’est comme si le pronom indiquait par lui-même le Qur’ān sans qu’il n’y ait besoin d’indiquer auparavant de quoi il s’agit. C’est le fait de citer une de ses caractéristiques sans qu’il n’ait été cité auparavant. Et la caractéristique ici est que Ǧibrīl l’a descendu. Tout le monde sait que Ǧibrīl a descendu le Qur’ān. Allāh a fait descendre le Qur’ān par Ǧibrīl

Sur ton cœur : pourquoi mentionner le cœur ici ? Parce que le cœur est là où tu conserves la chose. Ton secret, tu le conserves dans ton cœur. Ce que tu apprends tu le conserves dans ton cœur.

S’ils sont des ennemis pour Ǧibrīl, alors que c’est Ǧibrīl qui l’a fait descendre sur ton cœur : cela veut dire que si un des gens du Livre considère Ǧibrīl comme étant son ennemi, ça n’a pas de sens qu’il le prenne pour ennemi puisqu’il a fait descendre un Livre qui confirme les livres qui l’ont précédé. Ǧibrīl a fait descendre un livre qui est conforme et qui renforce, qui confirme et qui soutient les livres qui l’ont précédé. Donc si eux prétendent être des gens du Livre, ça n’a pas de sens de prendre Ǧibrīl pour ennemi puisque c’est lui-même qui a fait descendre les livres dont ils se réclament. Et c’est lui qui a fait descendre le Qur’ān à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. S’ils étaient objectifs et francs avec eux-mêmes en prétendant suivre un livre, ils auraient aimé Ǧibrīl. Ils auraient remercié Ǧibrīl pour ce qu’il leur a fait, puisqu’il leur a fait descendre ce qui leur est utile et profitable.

Il a été donné une autre explication : que la réponse à cette phrase « celui qui est un ennemi de Ǧibrīl » a été omise. Et c’est « qu’il meure » à cause de sa haine pour Ǧibrīl.

Parce que c’est Ǧibrīl qui a fait descendre la révélation sur ordre de Dieu.

Qui confirme les livres qui ont précédé et qui constitue une annonce de bonne nouvelle pour les croyants.

Ce verset est une réplique aux yahūd parce qu’ils disent que Ǧibrīl vient avec l’ordre de faire la guerre et la rudesse. La réponse est qu’il descend aussi avec ce qui constitue une bonne guidée et une annonce de bonne nouvelle.

Verset 98 : celui qui est un ennemi pour Dieu, pour Ses anges, pour Ses envoyés, pour Ǧibrīl et pour Mīkāʾīl : ces deux anges ont été mentionnés car ils ont un mérite sur les autres anges.

Certes Allāh est un ennemi pour les non croyants. Dieu a considéré ces non croyants comme étant des ennemis en raison de leur mécréance. Cela veut dire que ceux qui prennent les anges pour ennemis sont comme ceux qui prennent les prophètes pour ennemis et cela est de la mécréance. De même l’animosité envers les anges est semblable à l’animosité envers les prophètes. Et celui qui prend les anges pour ennemis, Dieu le prend pour ennemi.

Verset 99 : Nous t’avons fait descendre des versets qui sont clairs, qui indiquent le vrai du faux. Nous avons fait descendre sur Muḥammad la révélation qui indique la vérité.

Et ne mécroient en ces versets que les pervers. Seuls les pervers mécroient en ce que Dieu leur a révélé. Le mot « pervers » ici a un sens large puisqu’il englobe les mécréants, c’est-à-dire ceux qui se rebellent parmi les mécréants. An-Nasafiyy dit qu’ici le mieux est que ce soit une allusion aux gens du Livres ; c’est valable pour tous les mécréants mais en particulier pour les gens du Livre.

Il a été rapporté d’Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’ibnu Sūriyyah ce fameux savant des juifs, qui était mécréant et qui avait débattu avec le Messager, il lui avait dit : « ô messager de Dieu, tu ne nous as pas amené quelque chose que nous reconnaissons et aucun verset ne t’a été révélé pour qu’on te suive ». Il a ainsi manifesté son incrédulité. C’est ainsi que ces versets ont été révélés depuis le début.

Verset 100 : est-ce qu’à chaque fois qu’il leur est demandé de s’engager sur une chose, un groupe d’entre eux refusent. A chaque fois qu’il leur est ordonné de suivre un prophète, ils rejettent cela, un groupe d’entre eux, pas la totalité.

Mais la majorité d’entre eux ne sont pas des croyants. Ils ne croient pas en la Torah.Ils n’ont rien à voir avec la religion. Ce ne sont pas des gens qui se seraient engagés par un engagement à suivre les prophètes puis ils se seraient rétractés. Non, ils ne se sont jamais engagés, mais dès le début, ils se sont rétractés.

Verset 101 : et lorsqu’est venu à eux un messager de la part d’Allāh : il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui a été envoyé aux Arabes et aux non Arabes qui confirme ce qu’ils avaient entre leurs mains : il est venu avec la même croyance qui est dans leur livre d’origine et il s’agit de la Torah, un groupe de ceux qui avaient le Livre l’ont rejeté : une partie des gens du Livre, les yahūd dans ce verset, ont rejeté le livre de Dieu et il s’agit de la Torah. Du fait qu’ils ont mécru au message du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, lui qui confirme le livre qu’ils avaient chez eux et c’est la Torah, ils sont en train de mécroire en la Torah, puisque le Messager les a appelés à la même croyance que celle qui figure dans la Torah. En refusant de croire en le Prophète Muḥammad, ils ont rejeté le Livre de Dieu révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām, même s’ils prétendent le suivre.

Autre explication : le Livre de Dieu serait le Qur’ān

(Ils l’ont rejeté) derrière leur dos : c’est une métaphore pour illustrer le fait qu’ils se soient détournés de lui. Comme quand tu tournes le dos à une chose, tu te détournes d’elle. C’est pour montrer qu’ils n’ont pas prêté attention à cette chose-là.

Comme s’ils ne savaient pas (que c’était le Livre de Dieu).

Verset 102 : et ils ont suivi ce que les démons récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. Cela veut dire que les yahūd se sont détournés des livres de Dieu et se sont plutôt tournés vers les livres de charlatanisme que les charlatans récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. En effet les démons tentaient d’espionner et d’écouter ce que les anges disaient entre eux dans les cieux. Puis ils rajoutaient des mensonges à ce qu’ils avaient entendu et ils transmettaient cela aux devins. Ils avaient inscrit cela dans livres qu’ils lisaient aux gens. Et ceci s’est propagé à l’époque de Sulaymān ʿalayhi s-salām, au point qu’ils osaient dire que les ǧinn connaissaient le ǧayb, les choses cachées. Et ils disaient que cela, c’est la science de Sulaymān et que lui-même pratiquait cela et que ce qu’il avait comme le fait que le vent le transporte où il voulait avait lieu grâce à la sorcellerie. Et nous savons qu’accuser un prophète de commettre un grand péché est de la mécréance.

Mais Sulaymān n’a pas commis de mécréance : ceci constitue un démenti de la prétention des démons qui ont accusé Sulaymān de pratiquer la sorcellerie.

En réalité ce sont les démons, eux, qui ont mécru : ils ont mécru parce qu’ils pratiquaient la sorcellerie et ils se rendaient licites de la pratiquer. Ils l’ont écrite.

Al-Mawardiyy a dit à propos de ce verset qu’il y a deux avis :

1 – Les démons ont mécru parce qu’ils ont attribué la sorcellerie à Sulaymān. Et attribuer un grand péché à un prophète est de la mécréance. Les mécréants disaient de lui qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Et c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pas une pratique de prophète ni de saint. Mais les démons étaient énervés contre notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait donné un secret et par ce secret, les démons lui obéissaient. Malgré leur mécréance, ils étaient à son service. Ils faisaient pour lui de grands travaux. Et celui d’entre eux qui refusait, Dieu faisait que s’abatte sur eux un châtiment dans ce bas-monde. Ils étaient détruits. C’est pour cela qu’ils étaient sous sa domination. Quand notre maitre Sulaymān est mort, ils ont écrit de la sorcellerie et ils l’ont cachée sous son trône. Puis certains parmi eux sont apparus aux gens et leur ont dit : « savez-vous comment Sulaymān gouvernait ? C’est par de la sorcellerie qu’il vous commandait. Creusez et regardez sous son trône, vous allez voir ». Ils ont creusé et ont trouvé cet écrit sur lequel il y avait de la sorcellerie et ils ont cru la parole des démons. Et du fait qu’ils ont accusé un prophète d’un grand péché, ils sont devenus mécréants. Celui qui croit que Sulaymān pratiquait la sorcellerie n’est pas musulman parce que la sorcellerie n’est pas la pratique des prophètes ni des saints. Alors prenez garde de ceux qui prétendent être des spirites et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés, des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance. Parce que si quelqu’un croit que la sorcellerie est licite et que c’est quelque chose de bien, il devient mécréant. La sorcellerie est parmi les grands péchés et se rendre licite un grand péché est de la mécréance.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui est un devin ou celui qui demande à un devin de lui annoncer le futur ou celui qui pratique la sorcellerie ou qui demande à ce qu’on lui fasse de la sorcellerie ».  Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.

Celui qui fait le devin ou qui demande à un devin ou celui qui pratique la sorcellerie ou celui qui demande à ce qu’on lui pratique de la sorcellerie, tous ceux-là sont maudits. Parmi les choses qui sont interdites, il y a le fait de consulter des devins (qui prétendant annoncer le futur) et des voyants (qui prétendent connaître les choses cachées comme connaître ce qui a été volé ou perdu). Et les consulter fait partie des grands péchés.

Ainsi Muslim a rapporté dans son ṣaḥīḥ que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un voyant et l’interroge à propos de quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits ». Il n’aura pas de récompense.

Par ailleurs, Al-Hākim dans al-Mustadrak et Al-Bayhaqī dans ses sounan ont rapporté que le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un devin ou un voyant et qui le croit dans ce qu’il dit, alors il aura mécru en ce qui a été descendu sur Muḥammad ». C’est-à-dire que celui qui a pour croyance que ce devin et ce voyant connaissent les choses cachées, il devient mécréant. Et non pas le cas de celui qui pense que ça peut coïncider avec la réalité et ça peut ne pas coïncider avec la réalité, ce dernier ne devient pas mécréant, mais il aura commis un grand péché en les consultant.

Le devin- al-kāhin – est celui qui prétend informer de ce qui va arriver dans le futur, en se basant dur l’observation des étoiles ou sur des choses qu’ils utilisent comme des preuves comme certains qui ont des amis parmi les djinns et ils s’appuient sur leurs informations pour parler aux gens.

Quant au voyant – al-ʿarāf -c’est celui qui informe à propos des objets volés et ce qui est de cet ordre comme les objets perdus. Celui qui va le consulter, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits, c’est-à-dire qu’il n’aura de récompense ni pour sa prière obligatoire, ni pour sa prière surérogatoire, durant toute cette période, s’il ne fait pas le repentir.

Concernant la sorcellerie, certaines ont lieu en se faisant aider par les démons et d’autres ont lieu autrement. Et il n’est pas permis de répondre à la sorcellerie par la sorcellerie, comme font certains ignorants. Les savants ont dit : « tout comme on ne purifie pas un endroit souillé d’une impureté par une autre impureté ».

Parmi les pratiques des sorcierset leurs paroles malines, c’est qu’ils cherchent l’aide des démons et ils disent des paroles laides et malines afin qu’ils les aident à nuire à cette personne à laquelle ils veulent nuire.

Parmi les actes malins qu’ils pratiquent parfois, ils prennent du sang de menstrues pour le faire boire à une personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils prennent les ongles ou les cheveux afin que la nuisance soit plus forte. Parfois, ils prennent de la terre de la tombe dans cet objectif- là. Parfois les paroles laides qu’ils disent, ils se font aider par des démons qui se trouvent sur terre ou par des astres car ils prétendent que les astres ont des âmes qui pourraient les aider. Il en est de même pour le soleil, ils prétendent qu’il a une âme et ils recherchent son secours. Et tout cela est un mensonge.

Parfois, ils choisissent un temps particulier pour faire leur sorcellerie. Parce que Dieu a fait que certains temps sont plus propices à faire le bien et d’autres à faire le mal. Parmi les sortes de sorcellerie, il y a la sorcellerie de l’emprise ; ils font qu’un ǧinn s’attaque à une personne et celle-ci devient sous son emprise et ce ǧinn rend malade cette personne et parfois, il la tue.

Parmi ce qui est profitable pour se protéger contre la sorcellerie, c’est que la personne récite continuellement les trois musʿawiḏāt trois fois chacune matin et soir.

Et parmi ce qui est profitable pour la protection contre la sorcellerie, il y a ce qu’a rapporté l’imam Mālik dans le muwaṭṭaʾ avec une bonne chaine de transmission, d’après Al-Qa^Qa^ qui rapporte de Kaʿb al-Aḥbār, un compagnon, que Dieu l’agrée ; il était juif puis il est entré en islam. Il a dit : « s’il n’y avait pas des paroles que je dis régulièrement, les yahūd m’auraient transformé en âne ». On lui a dit : « quelles sont ces paroles ? ».

Il a dit : « aʿūḏu bi-wahji l-Lāhi l-ʿAẓīm al-laḏī layça šayʾun aʿẓama minhu wa bi-kalimāti l -Lāhi t-tāmmāti l-latī lā yuǧāwizuhunna barrun wa lā fāǧir wa bi-ʾasmā’i l-Lāhi l-ḥusnā kullihā mā ʿalimtu minhā wa mā lam ʾaʿlam min šarri mā ẖalaqa wa ḏaraʾa wa baraʾ »

C’est-à-dire que Kaʿb al-Aḥbār que Dieu l’agrée, en disant cela, il disait que les yahūd sont parmi les gens qui utilisent le plus la sorcellerie. Et s’il n’avait pas dit cette évocation, ils lui auraient énormément nui. Avant, il était yahūd puis il est entré en islam du temps du califat de ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée. Il avait reçu de son père plusieurs livres qu’il avait scellés, hormis un seul. Son père lui avait dit de lire celui-là. Et son père était parmi les chefs des yahūd. Et il a pris l’engagement de son fils qu’il n’ouvre aucun des livres sous scellé.

Et Kaʿb a dit : « quand l’islam s’est propagé, j’ai ouvert ces livres et j’y ai trouvé la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et comment les prophètes ont annoncé sa venue ». Et c’est à ce moment-là que Kaʿb est devenu musulman.

Cette évocation est utile pour se protéger de la sorcellerie et pour soigner la sorcellerie, même si elle est écrite sur une feuille et accrochée au cou.

Parmi ce qui est également utile pour se délivrer de la sorcellerie, il y a les feuilles de jujubier : on prend sept feuilles fraiches qu’on écrase finement entre deux pierres, puis on les met dans de l’eau puis on récite Āyatu l-kursiyy et les trois muʿawwiḏāt trois fois chacune ou une fois chacune. Ou alors on récite ceci après les avoir broyées et avant de les mettre dans l’eau. Ensuite celui qui est atteint de sorcellerie, en boit trois gorgées et il se lave avec le reste.

Et parmi ce qui est utile aussi, c’est de ramener quarante et une graines de poivre noir et sur chacune de ces graines, on récite sūratu l-ʾiẖlāṣ sept fois puis on les brûle et on encense celui qui est touché par la sorcellerie.

Et parmi les choses qui sont utiles pour dénouer la sorcellerie, il y a la récitation du verset 81 de sūrat Yūnus « falammā ʾalqaw qāla Mūsā mā ǧiʾtum bihi s-siḥru inna l-Lāha sayubṭiluh inna l-Lāha lā yuṣliḥu ʿamala l-mufsidīn – » 25 fois.

Et aussi la récitation de la fātiḥah 7 fois, Āyatu l-kursiyy 7 fois, sūratu l-ʾIẖlāṣ 11 fois, sūratu n-nās 11 fois et sūratu l-falaq 11 fois : on récite tout cela sur de l’eau et celui est ensorcelé boit cette eau.

Ils enseignaient aux gens la sorcellerie : les démons au temps de Sulaymān ʿalayhi s-salām enseignaient la sorcellerie. Leur objectif était d’égarer les gens et leur nuire.

Et ce qui a été descendu aux deux anges : il s’agit de Hārūt et Mārūt.

Ils (les démons) leur enseignent (aux gens) ce qui a été descendu aux deux anges. Ou bien ils récitent ce qui a été descendu, c’est-à-dire la science de la sorcellerie. Et c’est une épreuve de la part de Dieu aux gens. Celui qui aura appris la sorcellerie (telle qu’elle a été descendue aux deux anges) et qui l’applique, il devient mécréant s’il réfute, par cette sorcellerie, ce qui est une des conditions de la foi, c’est-à-dire s’il contredit l’islam. Et celui qui évite cette sorcellerie ou bien celui qui l’apprend mais non pas pour l’appliquer mais afin de l’éviter, pour connaitre que ceci est une sorcellerie qu’il ne faut donc pas faire, ou pour ne pas être trompé (pour savoir faire la différence entre la sorcellerie et autre chose), lui restera croyant.

Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « dire que la sorcellerie est dans l’absolu une mécréance, est une erreur. Mais il faut analyser quelle est, au préalable, la raison de cette sorcellerie. S’il y a dans cette sorcellerie particulière, une réfutation de ce qui est une condition indispensable de la foi, alors c’est une mécréance. Par contre, si dans cette sorcellerie particulière, il n’y a pas de réfutation de ce qui est une condition nécessaire à la foi, alors ce n’est pas une mécréance ».

Par ailleurs, dans le cas où la sorcellerie est une mécréance, alors celui qui est de sexe masculin qui la pratique, il sera exécuté mais pas les personnes de sexe féminin. Quant à la sorcellerie qui n’est pas une mécréance mais qui revient à faire mourir une personne, alors le jugement de faire pratiquer une telle sorcellerie est le même jugement que celui d’un brigand qui va barrer la route aux gens. Et dans ce cas-là, la peine légale est la même, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.

Par contre si un sorcier a fait le repentir de son acte, son repentir sera accepté. Et celui qui prétend que le repentir du sorcier ne sera pas accepté, il aura commis une erreur. La preuve est que le repentir des sorciers de pharaon a été accepté.

Et il a été dit que « unzila » ici n’est pas quelque chose qui a été descendu mais que ça a été projeté dans le cœur des gens comment faire la sorcellerie tout en recevant l’interdiction de la pratiquer.

Mise en garde contre un récit qui est faux : quant à ce qui a été dit qu’il s’agit de deux anges que les anges avaient élus pour qu’ils aient en eux le désir comme les humains, lorsque les humains ont dit aux anges : « vous n’avez pas le désir ». Ils étaient sur terre la journée et la nuit, ils montaient au ciel et ils étaient tombés amoureux de Zahra et elle les a amenés à boire de l’alcool et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, puis qu’un humain les aurait vu puis qu’ils l’auraient assassiné, qu’ils auraient choisi d’être torturés dans le bas monde plutôt que dans l’au-delà et qu’ils sont maintenant en train d’être torturés tête vers le bas dans un puits à Babel. Tout cela est faux.

Pourquoi Babel a -telle été appelée ainsi ? En raison du tabalbul et c’est le chant d’un oiseau qui chante à plusieurs voix et c’est une analogie parce que les humains se seraient installés à Babel et chacun d’entre eux s’était mis à parler avec une langue différente des autres.

Quant à Hārūt et Mārūt, ils font partie des anges, ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne et ils font absolument tout ce que Dieu leur ordonne de faire.

Ce que certains rapportent d’eux, qu’ils auraient bu de l’alcool et qu’ils auraient tué l’enfant qu’une femme portait dans ses bras et qu’ils auraient commis la fornication avec cette femme, tout cela n’est pas vrai.

Quant à ce que disent beaucoup d’exégètes de ahlu s-sunnah à propos du récit de Hārūt et Mārūt, ils prétendent que ces deux anges seraient exceptés de la préservation des prophètes et que Zahra était une femme avec laquelle ils auraient essayé de faire la fornication mais qu’elle aurait refusé sauf s’ils lui enseignaient le nom éminent de Dieu, celui par lequel, lorsqu’il est invoqué, Il exauce. Puis qu’ils lui auraient enseigné ce nom et qu’elle serait devenue une planète dans le ciel, tout cela est mensonge. Cela est une hérésie fomentée par les descendants d’ Isrāʾīl .

Autre histoire mensongère : ils auraient vu une femme, auraient eu la tentation en eux de commettre la fornication avec elle. Elle aurait dit qu’elle n’accepterait que s’ils attribuaient un associé à Dieu, ils auraient refusé. Elle leur aurait alors fait boire de l’alcool, ils en auraient bu et auraient été ivres puis ils auraient tué un enfant et se seraient prosternés pour une idole. Tout cela n’est que mensonge et mythe.

Toute personne à qui les deux anges enseignaient la sorcellerie, ils lui disaient pour l’avertir, nous sommes une épreuve de la part de Dieu et ils lui disaient « ne commets pas la mécréance » : c’est-à-dire en apprenant et en pratiquant cette sorcellerie de manière à ce que ce soit une mécréance.

Et ils apprennent d’eux : les deux anges apprennent aux gens la sorcellerie et les gens enseignent entre eux la sorcellerie et la mécréance que les deux anges leur auraient indiquée et ce qui est visé par l’enseignement des anges, c’est que les gens fassent la différence entre ce qui est de la sorcellerie et ce qui n’est pas de la sorcellerie.

Ce qui leur permet de séparer entre un homme et son épouse. C’est-à-dire de la sorcellerie qui est une cause pour la séparation entre deux époux. Suite à la pratique de cette sorcellerie, Dieu crée la répulsion et la divergence et c’est une épreuve de la part de Dieu.

La sorcellerie est une réalité selon Ahlou s-sounnah, que Dieu fasse qu’ils soient encore plus nombreux. Tandis que les moutazilites considèrent que ce sont des illusions et des duperies.

Et les gens, malgré cela, ne pourront nuire par cette sorcellerie, personne, si ce n’est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire que tout ce qui arrive par la volonté de Dieu. Ici, c’est par la volonté de Dieu que la sorcellerie nuit. Et il y a dans cette phrase une réfutation de la voie des moutazilites parce qu’ils prétendent que les désobéissances n’ont pas lieu par la volonté de Dieu mais qu’elles ont lieu uniquement par la volonté des esclaves. Ce verset est explicite pour réfuter leur prétention.

Et ils apprennent de la sorcellerie ce qui va leur nuire et ne va pas leur profiter, c’est-à-dire dans l’au-delà. Il y a ici une preuve que c’est un devoir d’éviter l’apprentissage de la sorcellerie, comme l’apprentissage de la philosophie qui entraine à l’égarement, et également l’apprentissage qui permet de deviner les choses cachées. On apprend de ce verset que Hārūt et Mārūt sont deux anges auxquels Dieu a donné l’ordre de descendre sur terre et d’enseigner aux gens la sorcellerie, non pas pour que les gens la pratiquent mais pour qu’ils connaissent sa réalité. Les deux anges ont donc enseigné aux gens la sorcellerie et ils les mettaient en même temps en garde contre le fait de la pratiquer. Les deux anges disaient aux gens : « nous sommes une épreuve de la part de Dieu. Nous vous enseignons la sorcellerie mais ne commettez pas la mécréance ». Ils leur enseignaient comme sorte de sorcellerie ce qui permet de séparer entre deux personnes qui s’aiment. Par ailleurs les gens qui avaient appris auprès des deux anges la sorcellerie, certains d’entre eux ne l’ont pas appliquée et d’autres l’ont appliquée et ils ont ainsi désobéi à leur seigneur.

Et il y a parmi la sorcellerie autre que ce que Hārūt et Mārūt ont enseigné aux humains. Les démons mécréants pratiquaient la sorcellerie et l’enseignaient. Et parmi les sortes de sorcellerie qu’ils enseignaient, il y en a qui sont de la mécréance comme le fait d’adorer le soleil. Il y a même des cas où le démon posait comme condition à la personne pour l’aider, que la personne urine sur le muṣḥaf parce que la mécréance se produit ainsi.

Également parmi les duperies que les démons utilisent pour propager la pratique de la sorcellerie, c’est qu’ils mélangent certains versets du Qour’aan avec de la sorcellerie, afin de faire croire aux gens que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie. Or le Qur’ān est contraire à la sorcellerie. Par le Qur’ān, on arrive à libérer de la sorcellerie. Mais ces gens-là mélangent le Qur’ān à la sorcellerie. Ils mettent des paroles malignes que les démons aiment, sur une feuille puis ils écrivent à côté de ces paroles malignes certains versets du Qur’ān, de sorte que les ignorants parmi les humains vont croire que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie et c’est ainsi que les démons égarent les gens. Si quelqu’un voit de la sorcellerie écrite avec à côté de cela des versets du Qur’ān, qu’il sache que le Qur’ān n’intervient pas dans la sorcellerie, mais que ce sont les démons qui ont fait cela, pour les amener à croire que le Qur’ān est de la sorcellerie.

Notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām, les mécréants disaient qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Or c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pratiquée ni par les prophètes ni par les saints. Mais les démons étaient exaspérés contre notre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait accordé un secret de sorte que les démons lui obéissaient, bien qu’ils fussent mécréants. Ils étaient à son service et accomplissaient des travaux très difficiles. Celui d’entre eux qui désobéissait à notre maitre Sulaymān, Dieu faisait que s’abattait sur lui un châtiment dans ce bas-monde ; ainsi ils étaient dominés par notre maitre Sulaymān.

Quand il décéda, les démons ont écrit de la sorcellerie et l’ont placée sous son trône. Puis ils sont allés voir des gens et leur ont dit : « saviez-vous comment Sulaymān vous gouvernait ? Il vous gouvernait par la sorcellerie. Allez creuser sous son trône et vous verrez ». Ils sont partis creuser sous le trône de Sulaymān et ils ont trouvé cet écrit dans lequel il y avait la sorcellerie et certains ont cru que cet écrit était celui de Sulaymān : ceux qui ont cru cela sont devenus mécréants. Ceux qui ont cru ce que les démons ont dit sont devenus mécréants, parce que la sorcellerie n’est l’œuvre ni des prophètes ni des saints. Que l’on prenne garde contre ceux qui se présentent spirites ou devins !!! Méfiez-vous d’eux et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés et des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance parce que la personne, si elle croit que la sorcellerie est une bonne chose et que c’est licite, elle devient mécréante. La sorcellerie compte parmi les grands péchés et se rendre licite la sorcellerie est une mécréance.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui a été un devin ou qui a demandé à un devin certaines choses ou qui a fait de la sorcellerie ou qui a demandé à ce qu’on fasse de la sorcellerie pour lui ». Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.

La sorcellerie a lieu soit avec l’aide des démons soit sans leur aide. Il n’est pas permis d’utiliser la sorcellerie pour soigner ou pour se défaire d’une sorcellerie, comme le font certains ignorants.

Parmi les pratiques de sorcellerie et leurs paroles malignes, il y a qu’ils demandent le secours des démons pour nuire à telle personne et ils disent des paroles laides qui comportent une glorification du šayṭān pour qu’il les aide à nuire à cette personne.

Parmi les actes malins qu’ils font, c’est qu’ils prennent du sang de menstrues qu’ils font boire à la personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils utilisent les ongles ou une touffe de cheveux pour que la nuisance soit encore plus forte.

Parfois ils prélèvent de la terre de la tombe de la personne dans cet objectif-là.

Et parfois ils se font aider par des démons terrestres et parfois par des planètes parce que selon leur prétention, les planètes auraient des âmes qui pourraient les aider tout comme le soleil. Et bien sûr ils mentent en disant cela.

Et parfois ils utilisent des temps particuliers pour pratiquer la sorcellerie parce que Dieu a accordé à des moments de la journée et à certains mois des spécificités, soit pour faire du bien soit pour faire du mal.

Parmi les sorcelleries, il y a la sorcellerie de l’emprise c’est-à-dire qu’ils orientent un ǧinn sur une personne, il va avoir une emprise sur cette personne, il va la faire tomber malade, il peut même aller jusqu’à la tuer.

Parmi les choses qui sont bénéfiques et profitables pour se préserver contre la sorcellerie, il y a que la personne persévère chaque matin et chaque soir à réciter les muʿawwiḏāt trois fois chacune.

Pour en revenir à Hārūt et Mārūt, ce sont deux anges parmi les anges et comme tous les anges, ils ne désobéissent pas aux ordres que Dieu leur donne et ils font absolument ce qu’ils ont reçu l’ordre de faire. Et ceux qui prétendent qu’ils auraient bu du vin et qu’ils auraient tué un enfant qui était porté par une femme et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, tout cela est faux.

Et ils ont su c’est-à-dire les yahūd que celui qui a préféré ce que font les démonsau lieu de suivre le livre de Dieu, n’aura pas dans l’au-delà de part, il sera perdant.

Et quel mauvais commerce ils ont fait, ils ont vendu leur âme.

law kānū yaʿmalūn. Il a nié la connaissance à leur sujet c’est-à-dire qu’ils sont ignorants. Alors qu’auparavant, il a dit qu’ils savaient parfaitement. C’est-à-dire que s’ils avaient œuvré conformément à leurs connaissances, alors ils auraient été sauvés. Mais comme ils n’ont pas œuvré conformément à ce qu’ils avaient su, c’est comme s’ils n’avaient pas su.

Verset 103 : et s’ils avaient été croyants au Messager de Dieu, au Qur’ān et s’ils avaient fait preuve de piété à l’égard de Dieu et s’ils avaient délaissé leur conduite qui consiste à rejeter le Livre de Dieu et à suivre les livres des démons

Ils auraient eu la récompense de la part de Dieu et cette récompense de la part de Dieu est mieux pour eux, ils le savent. Cela signifie que la récompense de la part de Dieu vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Et ils le savent. Mais il les a considérés ignorants parce qu’ils n’avaient pas œuvré conformément à leurs connaissances. Et la construction grammaticale ici est une phrase nominale et non pas une phrase verbale en guise de réponse à la condition « law » parce que c’est plus fort pour indiquer la preuve de la confirmation de la récompense. Il y a une subtilité dans la construction de la phrase pour dire qu’un peu de récompense de la part de Dieu valait mieux pour eux.

Et il y a eu une autre explication qui a une chaine de transmission plus faible : il a été dit que « law » ici signifie que cela aurait mieux pour eux. C’est-à-dire « si seulement ils avaient été croyants, il y aurait une récompense de la part de Dieu ».

Verset 104 : ô vous qui êtes croyants, ne dites pas « rāʿinā » et dites « unẓurnā »

Les musulmans disaient au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’il leur enseignait, ils lui disaient « rāʿinā, ô messager de Dieu », c’est-à-dire « surveille-nous et attends-nous pour que nous puissions bien comprendre et mémoriser ce que tu nous enseignes ». Et les yahūd avaient une phrase d’insulte, en hébreu ou en araméen qui était « rāʿinā » qui ressemble à la phrase en arabe que les musulmans disaient mais le sens était différent. Comme ils ont entendu que les croyants disaient «« rāʿinā » dans le sens « attends que nous puissions assimiler ce que tu nous dis », eux, ils ont saisi cette occasion pour s’adresser au Prophète avec la même phrase mais eux, ils visaient le sens de l’insulte. C’est pour cela qu’il a été défendu aux croyants d’utiliser ce terme-là dorénavant et ils ont reçu l’ordre de dire « unẓurnā » qui signifie « attends-nous ».

Et écoutez bien :c’est-à-dire soyez attentifs lorsque le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam vous parle et qu’il vous enseigne des questions religieuses. Ayez des oreilles attentives et votre cœur présent afin que vous n’ayez pas besoin de vous préparer et de demander à ce qu’il vous attende.

Une autre explication : écoutez à la manière de celui qui accepte et qui va obéir. Ne soyez pas de ceux qui écoutent comme les yahouud qui disent « nous avons entendu mais nous désobéissons ».

Et les mécréants c’est-à-dire les yahūd, ceux qui ont insulté le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam auront un châtiment douloureux.

Verset 105 : ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui ont prétendu suivre un livre et les associateurs ne souhaitent pas qu’il vous soit révélé de la part de votre Seigneur un quelconque bien. Et le bien ici c’est la révélation au Prophète Muḥammad et c’est également la miséricorde.

Et Allāh accorde Sa miséricorde à qui Il veut. Ils considèrent qu’ils sont prioritaires sur vous pour recevoir la révélation. Et par conséquent ils vous envient et ils n’aiment pas qu’il vous soit descendu quoi que ce soit de révélation. Mais Allāh accorde spécifiquement le repentir à qui Il veut.

Et Allāh est Celui Qui a la grâce et l’éloge et le mérite éminent. Cela est une preuve que le fait d’accorder le statut de prophète est une grâce éminente. Et comme ils ont considéré que l’abrogation est impossible, ils l’ont dénigrée et ont dit à leurs compagnons : « regardez comment Muḥammad ordonne à ses compagnons aujourd’hui une chose et le lendemain, il la leur interdit ». C’est ainsi qu’ont été révélés les versets 106 à 110.

Verset 106 : tout verset que Nous abrogeons. An-nasẖ, l’abrogation. Dans la langue arabe, cela signifie « baddala », « changer ». Et dans la Loi de l’Islam, c’est l’indication de la fin de l’application d’un jugement. C’est un changement pour nous mais au sujet de Dieu ce n’est pas un changement, mais c’est une indication pour nous. Dieu nous indique que tel jugement n’est plus appliqué mais qu’il est remplacé par un autre. Donc l’abrogation n’implique pas un changement au sujet de Dieu parce que le changement est la preuve de l’entrée en existence et Dieu et Dieu est exempt du début. Dans cette définition citée, il y a en cela une réplique aux yahūd qui, eux, ont prétendu que l’abrogation implique le changement. Selon eux, il est impossible qu’il y ait une abrogation dans une loi.

Il y a plusieurs cas possibles d’abrogation.

1/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un ḥadīṯ.

2/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un verset du Qur’ān

3/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un autre verset.

4/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un autre ḥadīṯ.

5/ Il est possible qu’il y ait abrogation d’une récitation. Un verset avait été révélé puis le Prophète indique qu’il n’en fait plus partie donc il n’est plus récité.

6/ Il est possible qu’il y ait abrogation du jugement mais pas de la récitation. On récite toujours le verset mais son jugement a été abrogé.

7/ Il est possible qu’il y ait abrogation de la récitation mais pas du jugement. On ne récite plus le verset mais le jugement reste applicable.

Ou que nous faisons oublier : il y a deux explications possibles.

1/ « aw nunsihā » : que les gens l’oublient en faisant enlever son souvenir des cœurs. Quelqu’un peut apprendre une sourate et il l’oublie.

2/ Ou alors selon une autre manière de réciter « nansahā », récitation mecquoise de Makkī makiyy et de ʿAmr qui signifie « Nous la décalons dans le temps » avec le verbe « nasa’a » c’est-à-dire retarder.

Donc selon la manière de réciter, il y a un sens différent.

Nous en amenons un qui est meilleur. C’est-à-dire un verset qui est meilleur pour les esclaves, c’est-à-dire qu’en l’appliquant les gens gagnent plus de récompenses.

Ou qui est semblable. Dans le sens qu’il n’y a pas de mérite de certains versets sur d’autres. Lorsque nous étudions la parole de Dieu qui est propre à Son Etre, dans le sens que cette parole est une parole unique, on ne dit pas que dans la parole de Dieu, il y a ce qui est meilleur que l’autre. Parce que la parole de Dieu est unique dans le sens qu’elle n’est pas composée de parties. Mais pour ce qui est du terme qui est révélé, dans certains versets il y a un ordre qui allège et dans d’autres il y a un ordre qui est plus contraignant. C’est dans ce sens qu’on parle de « meilleur » : soit il y a un allégement soit une contrainte dans l’ordre.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit à propos de Āyatu l-kursiyy, ce qui signifie : « elle est la maitresse des versets du Qur’ān ». Cela signifie que Āyatu l-kursiyy est le meilleur verset du Qur’ān. La parole de Dieu en parlant de l’attribut de Dieu qui est de toute éternité, on ne dit pas qu’une parole est meilleure qu’une autre, parce que l’attribut de la parole de Dieu n’est pas composé de parties. Mais pour ce qui est des termes et des lettres qui sont révélés, nous disons que certains sont meilleurs que d’autres comme le verset Āyatu l-kursiyy.

Ne sais-tu pas que Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant pour le bien et pour autre que cela.

Verset 107 : ne sais-tu pas que Dieu a la souveraineté des cieux et de la terre. Tout ce qui vous concerne appartient à Dieu. C’est Dieu Qui prédestine tout ce qui vous arrive. Et Dieu sait plus que tout autre par quoi Il vous asservit, en l’occurrence ce par quoi Il abroge et ce qui est abrogé.

Vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous prédestine les choses et vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous soutienne et Qui vous protège du châtiment si Dieu veut vous châtier.

Verset 108 : ou alors voulez-vous demander à votre messager tout comme il a été demandé à Mūsā certaines choses. Il a été rapporté que les gens de qurayš ont dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām « ô Muḥammad, transforme-nous la montagne de aṣ-ṣafā en or et fais que La Mecque soit plus étendue ». Il leur a été interdit de demander à avoir des miracles, tout comme le peuple de Mūsā lui a demandé certaines choses, dont certaines qui sont de la mécréance, comme quand ils lui ont dit de leur accorder un dieu quand ils se sont mis à adorer le veau.

Et celui qui délaisse la foi et suit la mécréance c’est-à-dire celui qui délaisse la confiance en les versets qui ont été descendus, qui doute à propos de ces versets et qui en demande d’autres, il se sera égaré, il aura perdu son chemin.

Verset 109 : beaucoup de gens du Livre espèrent vous rendre mécréants après votre foi : ils espèrent que vous commettiez une apostasie. Ce verset a été révélé après la bataille de Uḥud. Certains musulmans n’avaient pas appliqué les consignes du Prophète qui leur avait dit de ne pas abandonner une position ; il avait placé des archers pour assurer les arrières des musulmans. Ces archers ont vu que les musulmans semblaient gagner la bataille, alors ils ont abandonné leurs positions, sauf quelques-uns, puis ils ont été attaqués par l’arrière et ils ont été défaits. On dit que ce sont ceux qui n’ont pas appliqué les consignes du Prophète qui ont été défaits, on ne dit pas que le Prophète a été défait.

Ce verset a été révélé lorsque les yahūd ont dit aux musulmans, après la bataille de Uḥud : « vous voyez ce qui vous est arrivé, si vous étiez sur la vérité, vous n’auriez pas perdu. Revenez à notre religion, c’est mieux pour vous ».

Les versets sont « as-bābu n-nuzūl », c’est-à-dire les conditions dans lesquelles tel verset a été révélé. La bonne compréhension des versets nécessite de connaitre les causes pour lesquelles ils ont été révélés.

Par jalousie et envie. Celui qui est jaloux et envieux est malheureux et triste du bien que les autres ont. Les savants ont dit que celui qui est envieux, en réalité, il se nuit à lui-même, car son cœur se ronge de malheur parce que les autres ont du bien.

De leur part : Ils ont souhaité vous rendre mécréants suite à un souhait de leur propre passion, qui émane d’eux-mêmes. Ce n’est pas un souhait qui est motivé par la religion. Par exemple, si tu souhaites que le mois de ramaḍān ait trente jours et pas vingt-neuf pour avoir plus de récompenses, il s’agit d’un souhait qui a une origine religieuse.

Après qu’il leur soit avéré que vous êtes sur la vérité. Ils souhaitent que le bien que vous avez vous soit ôté et il s’agit de l’islam. Alors qu’ils savent au fond d’eux-mêmes que Muḥammad et ses compagnons sont sur la vérité.

Excusez et pardonnez : c’est-à-dire « empruntez le chemin du pardon » c’est-à-dire de ce qui peut provenir d’eux comme ignorance et animosité

Jusqu’à ce que Dieu vous donne l’ordre : c’est-à-dire du combat.

Certes Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant à leur faire parvenir le châtiment.

Verset 110 : accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat et tout ce que vous faites comme bien pour vous-mêmes : c’est-à-dire comme bonne action

Vous en trouverez la récompense que Dieu vous conservera. Tout ce que vous faites comme bien, Dieu vous en donnera la récompense.

Certes Allāh sait parfaitement ce que vous faites. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’œuvre de la part de quelqu’un qui œuvre qui ne sera pas récompensée. Allāh taʿālā vous donnera la récompense. Dieu dit ce qui signifie : « celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».

Verset 111 : ils ont dit que n’entrera au paradis que quelqu’un qui est yahūdī ou naṣrānī. C’est-à-dire que les gens du Livre ont dit, c’est-à-dire les yahūd et les   nasārāʾ : les yahouud ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est   nasārāʾ. Dans ce verset, les deux ont été cités en même temps, parce que celui qui entend cette phrase, il saura que chaque parole est dite par celui de ce clan-là, c’est-à-dire que les yahūd ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est   naṣrānī. Chacun dit que ceux qui sont dans son propre clan entrera au paradis et il n’y a pas de confusion possible car on sait qu’il y a une animosité entre les deux et que chacun de deux groupes déclare l’autre égaré. Il y a un autre verset dans lequel les yahūd ont dit que les   nasārāʾ sont dans l’erreur et les   nasārāʾ disent que les yahūd sont dans l’égarement.

Ce sont là leurs souhaits. C’est-à-dire les trois souhaits précédemment cités : d’abord ils ont souhaité qu’il n’y ait pas de bien qui soit révélé pour les croyants de la part de leur Seigneur. Puis ils ont souhaité que les croyants deviennent mécréants. Puis ils ont souhaité que n’entre pas au paradis autre qu’eux.

Dis : donnez donc votre preuve. C’est-à-dire : donnez votre preuve que vous serez les seuls à entrer au paradis.

Si vous êtes véridiques. Dans votre prétention qu’il n’y aura que vous qui entrerez au paradis.

Verset 112 : ah que oui. C’est une confirmation de ce qu’ils ont nié. C’est pour confirmer qu’il y aura autre qu’eux qui entreront au paradis. Et c’est une réfutation de leur prétention.

Celui qui s’est soumis totalement à Dieu. C’est-à-dire celui qui adore Dieu uniquement et ne Lui attribue aucun associé.

Wa huwa muḥsin : il y a deux explications.

1/ Et qui croit au Qur’ān

2/ ibnu l-Ǧawziyy a donné une autre explication. Il a dit : et il agit en bien c’est-à-dire qu’il accomplit de bonnes œuvres.

Il aura la récompense de la part de son Seigneur. C’est-à-dire qu’il aura la rétribution de la part de son Seigneur. Az-Zaǧǧāǧ a dit : il est visé par-là l’entrée au paradis.

Il n’y a pas de crainte à leur sujet et ils n’ont pas à être attristés.

Verset 113 : et les yahūd ont dit : les nasārā ne se basent pas sur quelque chose de fiable : les nasārāʾ sont dans l’erreur et les nasārā ont dit que les yahūd ne s’appuient pas sur quelque chose de fiable. Les deux camps s’accusent d’égarement.

Alors qu’ils récitent le Livre : ici il s’agit de la Torah et de l’Evangile (authentiques). Ils sont normalement des gens de science et de récitation du Livre. Et celui qui porte la Torah et l’Evangile et qui croit en ces livres, normalement, il ne mécroit pas au reste parce que chacun des deux livres confirme ce que contient l’autre. Donc celui qui croit en la Torah, normalement, croit en l’Evangile et celui qui croit en l’Evangile, normalement, il croit en la Torah.

Et de même, la même parole a été dite par ceux qui n’ont pas de science : c’est -à-dire par ceux qui n’ont pas de livre, comme les idolâtres, comme les athées, qui ont dit chacune des deux religions est dans l’erreur.

Et cette dernière partie du verset 113 est un grand blâme pour les nasārā parce que, par leur parole (qu’ils ont certaines connaissances), ils se sont placés au même niveau que ceux qui n’ont pas de connaissance (ceux qui n’ont pas de Livre). Ils se réclament d’un livre et malgré cela, ils disent la même chose que ceux qui suivent leurs passions et qui sont complètement égarés.

Allāh juge entre eux au jour du jugement à propos de ce en quoi ils divergeaient. Allāh fait apparaitre la vérité. C’est-à-dire que Dieu punira chacun des deux au jour du jugement, par la juste punition qu’ils méritent.

Verset 114 : qui donc est plus injuste que ceux qui empêchent d’accéder aux mosquées et d’y évoquer le nom de Dieu. C’est une grande injustice. La raison de la révélation de ce verset est que les nasārā ont mis des saletés dans la mosquée de Jérusalem et ils ont empêché les gens d’y faire la prière. Ou alors, une autre raison est que les associateurs de La Mecque avaient empêché le Messager de Dieu de parvenir à la mosquée Al-Haram à La Mecque lorsque le Prophète voulait faire une ʿumrah.

Dans ce verset, le mot mosquée est employé au pluriel « masāǧid », alors que l’empêchement concernait une seule mosquée, soit la mosquée de Jérusalem, soit la mosquée Al-Haram selon l’explication. C’est une règle : le jugement est parvenu général, même si la cause est particulière. On retrouve cela dans d’autres versets : il se peut que la révélation d’un jugement soit pour une raison bien particulière mais que le jugement soit général. Comme lorsque le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a demandé à ce qu’on soutienne les gens qui étaient miséreux. Alors quelqu’un a ramené un peu de nourriture et un autre a suivi et ainsi de suite. Alors le Prophète a dit ce qui signifie : « celui qui instaure en islam une bonne tradition, il en aura les récompenses ». Ici la parole est générale, elle concerne l’islam, il n’a pas dit : celui qui fait une collecte pour des pauvres ». Ça arrive que le texte soit général alors que l’événement est bien particulier. Comme dans le Qur’ān, ce qui signifie « malheur à tout houmazah » ici le terme est général alors que le verset a été descendu à propos de quelqu’un en particulier qui s’appelle Aḥnas ibnu Šurayq.

Et qui œuvre pour les détruire.

Ceux-là. C’est-à-dire ceux qui œuvrent pour les détruire

N’avaient pas à entrer dans les mosquées autrement qu’apeurés. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas à entrer dans les mosquées autre que dans un état de crainte des croyants qu’ils ne les attaquent. A plus forte raison, ils n’ont pas à s’emparer des mosquées et à empêcher les croyants d’y accéder. Telle est la vérité n’eut été l’injustice des mécréants. Il a été rapporté que n’entrait à Jérusalem aucun nasārā sauf s’il était déguisé, par crainte d’être tué. Ceci avait lieu avant les compagnons, lorsque les yahūd s’étaient emparés de la mosquée de Jérusalem. Donc c’était avant la mission de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Puis lorsque les nasārā ne pouvaient pas entrer dans la mosquée de Jérusalem au grand jour, Nabuchodonosor a détruit Jérusalem. Puis les yahūd sont revenus et il y avait quelques nasārā avec eux. Puis notre maitre ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée est allé au pays de aš-šām et il a fait un pacte d’armistice avec les nasārā de Jérusalem, en contrepartie d’une ǧizyah (sorte de dime qui est payée par les gens du Livre au sultan des musulmans). Puis Jérusalem est restée aux mains des musulmans jusqu’au quatrième siècle de l’hégire. Puis les croisés sont entrés à Jérusalem puis Ṣalāḥu d-Dīn les en a fait sortir.

Et Qatādah a dit qu’à l’époque où les yahūd s’étaient emparés de Jérusalem, il n’y avait pas un seul nasārā là-bas car dès qu’ils en voyaient un, ils le frappaient. Et le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a lancé un appel qui signifie qu’après cette année-là, aucun associateur ne fasse le pèlerinage. Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim.

Aucun mécréant n’entre à La Mecque ni à Médine. Il a été dit que c’est une interdiction de leur permettre d’entrer.

Ils auront une humiliation dans le bas monde et ils auront dans l’au-delà un châtiment terrible, c’est-à-dire le feu de l’enfer.

Verset 115 : à Allāh appartient le levant et le couchant. C’est-à-dire que ce soit à l’est ou à l’ouest, tout cela appartient à Dieu. Il est Celui à Qui tout cela appartient et Celui Qui gère tout cela. Il n’y a pas une chose qui a lieu sans que ce soit par Sa volonté subḥānahu wa taʿālā.

Où que vous vous dirigiez. C’est-à-dire où que vous vous dirigiez, dans n’importe quel endroit vers lequel vous vous orientez c’est-à-dire vous orientez vos faces pour votre prière, preuve en est la parole de Dieu « šaṭrahu », il y a dans cette direction que vous avez prise, une direction que Dieu agrée.

Il y a une direction que Dieu a ordonnée d’avoir et que Dieu agrée. C’est-à-dire que si on vous empêche de faire la prière dans la mosquée al-Haraam ou dans la mosquée de Jérusalem, toute la terre pour vous est un lieu de prière. Vous pouvez faire la prière partout. Où que vous vous dirigiez, la prière est valable. Il est parvenu dans l’exégèse de   Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās, l’explication du mot « waǧh » non pas par face mais par « qiblah » c’est-à-dire la direction agréée pour la prière surérogatoire sur une monture pendant le voyage.

Où que vous vous trouviez il y a « waǧhu l-Lāh », cela veut dire « où que vous orientez vos visages pendant la prière surérogatoire en voyage », c’est une qiblah que Dieu agrée. C’est-à-dire que c’est une direction que Dieu agrée pour votre prière.

Le jugement de celui qui croit que Dieu a des organes, c’est qu’il est déclaré mécréant.

« Faṯamma waǧhu l-Lāh », signifie que le voyageur, lorsqu’il est sur sa monture (un cheval ou une ânesse ou autre que cela), il peut faire une prière surérogatoire. Mais l’avion n’est pas concerné par cela, excepté le pilote de l’avion, il est considéré comme celui qui est sur une monture. Également concernant le pilote, si le temps devient court pour lui, et qu’il veut faire la prière obligatoire et qu’il ne trouve pas d’endroit pour faire la prière sur le sol, alors dans ce cas, il lui est permis de faire la prière alors qu’il est assis et qu’il est assis dans la direction dans laquelle il dirige l’avion.

Le sens apparent de ce verset est que Dieu serait sur terre, de sorte que si quelqu’un fait la prière vers l’est ou l’ouest ou vers le sud ou le nord, il se dirigerait vers Dieu et que Dieu serait là tout autour de l’horizon, de sorte que n’importe quelle personne qui fait la prière surérogatoire se dirigerait vers l’Etre de Dieu !! Or le sens apparent de ce verset contredit la croyance des wahabites qui disent que Dieu est situé au-dessus du Trône. Ce verset détruit toutes leurs illusions, tout ce que leurs imaginations ont construit.

Alors que nous, les gens de ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, par la réussite que Dieu nous accorde, nous avons été bien guidés pour donner un sens correct, valide, qui concilie les textes. C’est Allāh Qui nous a accordé la réussite par Sa miséricorde et Sa grâce, de concilier entre les versets et les ḥadīṯ. Nous disons que ce verset « fa’aynamā tuwallū faṯamma waǧhu l-Lāh » « où que vous vous dirigiez, il y a waǧhu l-Lāh », nous ne lui donnons pas le sens apparent, mais nous l’interprétons par un autre sens que le sens apparent.

Certes Allaah est Celui Qui est extrêmement miséricordieux. Il accorde l’élargissement de la subsistance à Ses esclaves et Il est Celui Qui sait ce qui est de leur intérêt. Et le fils de ʿUmar que Dieu les agrée tous les deux, a dit la même chose que ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās, c’est-à-dire que ce verset est réservé au voyageur sur sa monture, où que sa monture se dirige.

Et il a été dit que des gens n’ont pas su où se trouvait la qiblah (ils étaient dans un endroit, la nuit) et chacun a prié dans une direction, ils pensaient que c’était la bonne direction. Au matin, ils se sont rendus compte de leur erreur et ils ont été excusés. Et ceci est un argument contre l’avis de Aš-šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, concernant celui qui tourne le dos à la qiblah.

Et il a été dit qu’il ne s’agit pas de prière ici, mais il s’agit d’invocation et d’évocation. C’est-à-dire qu’où que vous vous tourniez pour invoquer ou évoquer Dieu, cela est valide.

Verset 116 : et ils disent que Allāh S’est donné un fils. Ceux qui disent que Jésus est le fils de Dieu et ceux qui ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu. Et le terme « wa » ici est une conjonction de coordination qui indique que ce récit qui va être cité maintenant est lié au récit précédent.

Allāh est complètement exempt d’avoir un fils.

A Lui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre. Cela signifie que tout cela appartient à Dieu. Et, entre autres choses qu’il y a dans les cieux et sur terre, il y a le messie Jésus et il y a ʿUzayr. Et la filiation contredit la propriété. Le fait d’être fils est différent du fait d’appartenir, c’est un être qui dérive.

Et tout lui est soumis. Ils sont tous soumis à Dieu, il n’y a pas une chose qui soit dans les cieux ou sur terre, qui ne soit pas concernée par la puissance de Dieu et par Sa prédestination.

Verset 117 : Il est Celui Qui crée les cieux et la terre. Il les a créés sans qu’il n’y ait d’exemple antérieur, sans qu’Il n’ait copié sur autre que Lui. Il les a fait exister alors qu’ils n’existaient pas. Quiconque fait quelque chose que d’autres n’ont pas fait avant lui, on dit que c’est une innovation. C’est pour cela que celui qui a contredit ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, on l’appelle « mubtadiʿ » parce qu’il a amené dans la religion de l’islam quelque chose que ni les compagnons ni les successeurs n’ont faite. Mais nous savons bien que cela ne veut pas dire que toutes les innovations sont mauvaises.

Et si Allāh juge qu’une chose aura lieu : c’est-à-dire qu’Il a prédestiné qu’une chose va avoir lieu.

Il dit à cette chose « sois » et cette chose a lieu. C’est-à-dire de toute éternité, Il dit « sois ». Ici c’est une métaphore pour indiquer la rapidité de la création et c’est pour nous rapprocher les idées. Tout comme c’est rapide pour nous de dire « sois », Dieu, s’Il veut qu’une chose existe, Il la fait exister dans le temps dans lequel Il veut qu’elle existe.

L’explication de An-Nasafiyy est la suivante : ce que Dieu a prédestiné comme choses, parmi les choses que Dieu a voulu qu’elles existent, elles entrent en existence, sans manquement. Tout comme celui qui reçoit des ordres et qui est obéissant. Quand on lui donne un ordre, il obtempère immédiatement, sans hésitation. Il ne s’abstient pas et il n’y a pas de refus de sa part. Et il y a une insistance dans ce verset que les choses entrent en existence par le simple fait que Dieu a voulu qu’elles existent. Il a insisté ainsi que Dieu est exempt d’avoir un fils parce que celui qui a ces attributs-là comme la toute-puissance, forcément ces attributs sont différents des attributs des corps, alors comment pourrait-Il avoir un fils ? C’est impossible selon la raison.

Il y a ici deux possibilités pour réciter « yaqūlu », certains ont dit « yaqūla ». Les deux récitations sont rapportées du Prophète et les deux ont une explication grammaticale. Et An-Nasafiyy a fait prévaloir la récitation avec « yaqūlu » parce que « yaqūla » serait dans le cas d’une condition. Or ici il ne s’agit pas d’une condition mais d’une information. Si c’est une chose qui existe déjà, ça n’a pas de sens de lui ordonner d’exister. Et si c’est une chose qui n’existe pas, ça n’a pas de sens de lui adresser une parole.

Verset 118 : et ceux qui ne savent pas ont dit : il est visé les associateurs ou les gens du Livre, ils ont été qualifiés par « ceux qui ne savent pas » parce qu’ils n’ont pas œuvré avec la science qui leur est parvenue. Ils ont donc été qualifiés d’ignorants.

Pourquoi Allāh ne nous parle pas : ils ont dit « pourquoi Il ne nous parle pas tout comme Il a parlé aux anges, Il a parlé à Mūsā » et c’est de l’orgueil et de l’entêtement de leur part.

Ou qu’Il nous amène un signe. Ils ont renié le fait que ce que le Prophète nous a amené comme miracle soit des signes de la part de Dieu et c’est un dénigrement de leur part.

Ceux qui les ont précédés ont dit la même chose qu’eux : leurs paroles se ressemblent. Ceux qui étaient à l’époque du Prophète Muḥammad ont dit cela mais ceux qui étaient avant ont dit la même chose. Leurs cœurs et les cœurs de ceux qui les ont précédés se ressemblent dans leur cécité parce que ce sont des cœurs qui sont aveugles.

Nous avons indiqué les signes à ceux qui sont objectifs : et qui ont la certitude que ce sont des signes de la part de Dieu, qu’il est un devoir de reconnaitre, auxquels il est un devoir de se soumettre et de se suffire de ces signes-là sans avoir à en demander d’autres.

Verset 119 : Nous t’avons envoyé avec la vérité annonciatrice de bonne nouvelle : il a annoncé la bonne nouvelle aux croyants, qu’ils auront la récompense.

Et avertisseur : c’est-à-dire qu’il avertit les mécréants qu’ils auront un châtiment.

Et tu ne seras pas interrogé à propos de ceux qui iront en enfer : Nous n’allons pas t’interroger à leur propos, ceux qui iront en enfer. Nous ne te dirons pas « pourquoi ne sont-ils pas devenus croyants ? » du moment que tu as transmis et que tu as fourni tous tes efforts pour les appeler à l’islam. On peut réciter « wa lā tusʾalu ».

Il y a une autre manière de réciter « wa lā tasʾal », dans le sens de la négation de l’impératif : ne demande pas après les gens de l’enfer, quand ils seront dans le châtiment. Comme si quelqu’un te dit : comment va un tel ? Et tu ne demandes pas de ses nouvelles.

Verset 120 : les yahūd et les nasārā   ne seront jamais satisfaits de toi tant que tu ne suivras pas leur religion. C’est comme s’ils avaient dit « nous ne serons jamais satisfaits de toi, même si tu fournis tous tes efforts pour gagner notre agrément, tant que tu ne suis pas notre religion ». C’était pour faire perdre espoir au Messager de Dieu qu’ils entrent en islam. Et Dieu a rapporté leurs paroles.

Dis : la bonne guidée de la part d’Allāh : c’est-à-dire celle qu’Il agrée pour Ses esclaves, c’est l’islam. L’islam est la religion qu’Allāh agrée et il n’y a pas d’autre chose que Dieu agrée si ce n’est l’islam. Et ce à quoi vous appelez, ce n’est pas une bonne guidée. Ce ne sont que vos passions.

Et si tu suivais leurs passions : leurs paroles proviennent du fait qu’ils suivent leurs passions et ce sont de mauvaises innovations

Après la science que tu as reçue : c’est-à-dire après que tu aies eu connaissance que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam. Ou que la religion qui est valide par les preuves claires et l’argument qui sont apparents.

Tu n’auras pas de la part de Dieu : c’est-à-dire du châtiment de Dieu.

Quiconque qui te protègera. Tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.

Ni quiconque qui te suivra. C’est-à-dire qu’après la connaissance que tu as eue, tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.

Verset 122 : ceux à qui Nous avons accordé le Livre. An-Nasafī donne deux explications. La première : ce sont les croyants parmi les gens du Livre et le Livre dans ce cas-là, c’est la Torah et l’Evangile. Deuxième explication : ce sont les compagnons du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le Livre serait le Qur’ān.

Ils le récitent de la parfaite récitation : c’est-à-dire qu’ils le récitent correctement tel qu’il a été révélé, en articulant, en méditant, en réfléchissant au sens. Ou deuxième explication donnée par An-Nasafiyy : ils œuvrent conformément au Livre, ils croient au contenu de ce Livre. Et ils ne changent pas ce qu’il y a dans le Livre comme description du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il y a ici une preuve qu’il n’y a pas de récompense pour celui qui récite le Qur’ān sans avoir reçu sa récitation par transmission. Car sinon, comment se garantit-il qu’il le récite tel qu’il a été révélé ?

Ceux-là croient fermement en ce qu’il y a dans le Livre. Et ceux qui mécroient au Livre, ce sont eux les perdants. Parce qu’ils ont choisi l’égarement en délaissant la bonne guidée.

Verset 122 : ô vous descendants dIsrāʾīl, rappelez-vous des grâces que Je vous ai accordées et que Je vous ai accordé un mérite par rapport au reste du monde. C’est-à-dire au reste du monde de leur époque. C’est-à-dire quand ils étaient musulmans, ils étaient les meilleurs de leur époque.

Verset 123 : craignez un jour dans lequel personne ne va sauver quelqu’un d’autre. Si quelqu’un est mécréant, il ne pourra pas sauver quelqu’un d’autre. Et il ne pourra pas profiter de l’intercession ni du soutien. Ces quatre phrases sont une description de cette journée, durant laquelle les gens seront rétribués, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté de compensation, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté d’intercession, cette journée durant laquelle il n’y aura pas de soutien, pour le mécréant car il y aura une intercession pour le grand pêcheur.

Verset 124 : et cite lorsque Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur par des ordres et des interdits. Allāh a éprouvé Ibrāhīm en lui fixant des ordres et des interdits. En quoi consiste l’épreuve en général ? Lorsque nous éprouvons quelqu’un, nous l’éprouvons pour connaitre ce que nous ne savons pas. Mais quand c’est Dieu Qui éprouve Ses esclaves, c’est pour montrer ce que Lui sait de toute éternité. Et les conséquences de l’épreuve de la part de celui qui éprouve, c’est la manifestation de ce qui est caché, aussi bien pour celui qui sait que celui qui ne sait pas. C’est pour cela qu’il est permis de dire que Dieu éprouve Ses créatures.

Et il a été dit que l’épreuve que Dieu fait subir à Son esclave c’est ce qui revient à donner la capacité de choisir l’une des deux choses, ce que Dieu agrée et ce que l’esclave désire. Comme si Dieu l’éprouvait pour manifester ce qui va provenir de la part l’esclave et pour le rétribuer en fonction de ce que l’esclave va choisir, que Dieu a voulu qu’il choisisse.

Et Abū Ḥanīfah que Dieu l’agrée, a récité ce verset autrement. Au lieu de dire « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīma rabbuhu », ce qui signifie qu’Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur, il a dit « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīmu rabbahu » : il a considéré qu’Ibrāhīm était le sujet et non pas le complément d’objet direct, dans le sens qu’il a invoqué son Seigneur. C’est la récitation deʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās. Ibrāhīm avait invoqué son Seigneur pour voir s’Il allait l’exaucer ou pas.

Et Ibrāhīm a accompli les épreuves parfaitement. C’est-à-dire qu’il a réalisé les épreuves de la meilleure manière, sans manquement, sans paresse.

Et selon la deuxième manière de réciter, cela signifie que Dieu a accordé à Ibrāhīm tout ce qu’il avait demandé à son Seigneur. Il y a d’autres versets où il est cité qu’Ibrāhīm a été exaucé : « ô Seigneur, fais que cette ville soit paisible » : il s’agissait d’une invocation en faveur de La Mecque. « Fais que nous Te soyons soumis » : il avait fait cette invocation quand il était avec son fils Ismāʿīl. « Seigneur, envoie-leur un messager qui soit l’un d’entre eux » : Ibrāhīm avait demandé à ce que ceux qui allaient habiter à La Mecque reçoivent un messager qui était d’entre eux et ce fut Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. « Ô notre Seigneur, agrée de nous ce que nous faisons » quand il était avec son fils Ismāʿīl.

Et selon la récitation qui est la plus réputée, c’est-à-dire que c’est son Seigneur Qui a éprouvé Ibrāhīm, quelles sont ces paroles qu’Ibrāhīm avait accomplies parfaitement ? Ce sont cinq choses qui sont au niveau de la tête : d’avoir une raie au milieu des cheveux, de se couper les moustaches (pour ne pas qu’elles arrivent sur les lèvres), d’utiliser le siwaak, de se rincer la bouche et le nez. Et cinq autres choses qui sont au niveau du corps : la circoncision, le fait de se couper les ongles, le fait de s’épiler les aisselles, le fait de raser le pubis et faire l’istinǧaʾ.

Et selon Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée lui et son père, ces fameuses paroles par lesquelles Dieu a éprouvé Ibrāhīm, sont au nombre de trente : dix ont été mentionnées dans sūratu baraʾa à partir du verset at-tāʾibūn, dix dans sūratu l-Aḥzāb à partir de la parole « inna l-muslimīna wa l-muslimāt », dix ont été dans sūratu l-muʾminūn et sūratu l-maʿariǧ jusqu’à la parole de Dieu « huḥāfiḏūn » et il a été dit que ces paroles sont les rites du pèlerinage.

Je vais faire en sorte que tu sois un imām pour les gens : Dieu a annoncé à notre maitre Ibrāhīm qu’il allait être quelqu’un que l’on suit sur sa religion.

Et de ma descendance ? Ibrāhīm a demandé à Dieu que parmi sa descendance, il y ait des gens qui soient pris pour imaam c’est-à-dire qui soient suivis dans leur religion. Et « ḏurriyyah » ce sont les descendants de l’homme c’est-à-dire les garçons et les filles, les deux sont appelés « descendants ».

Il a dit : ce que Je confie, Je ne le confie pas aux injustes. Cela signifie quele fait d’être imaam, de diriger les gens, c’est-à-dire le fait d’être prophète, ne va pas être obtenu par ceux qui commettent des injustices c’est-à-dire par ceux qui sont mécréants parmi ses descendants. Allāh a annoncé que le fait de diriger les musulmans ne sera pas accordé aux mécréants. Et que parmi ses descendants qui sont musulmans, il y a ceux qui sont musulmans et ceux qui sont mécréants. Dieu dit ce qui signifie : « Nous avons accordé des bénédictions à Ibrāhīm ainsi qu’à ʿIsḥāq et à leur descendance, il y a ceux qui sont bienfaiteurs, il y a ceux qui sont des injustes envers eux-mêmes ». Le bienfaisant est celui qui est croyant et l’injuste est celui qui est mécréant.

Verset 125 : et Nous avons fait que La maison : c’est-à-dire le kaʿbah. Il est convenu qu’on comprend qu’il s’agit de la kaʿbah quand il est cité le terme « la » maison dans le Qur’ān, tout comme on comprend du terme ṯurayyah l’étoile. C’est le nom de l’individu du genre qui est visé et connu.

C’est un lieu vers lequel d’une part les pèlerins se dirigent puis ils se séparent puis ils retournent à cet endroit que ce soit pour le pèlerinage ou pour la ʿumrah.

Et une sécurité : c’est-à-dire que c’est un lieu qui est sûr car, même celui qui a commis un crime et qui s’y réfugie, on ne lui fait rien du tout jusqu’à ce qu’il en sorte. C’est une preuve que le ḥaram reste un refuge.

Et prenez le maqām d’Ibrāhīm comme lieu de prière : c’est-à-dire que Nous avons dit« prenez le maqām d’Ibrāhīm comme un endroit pour faire la prière. Et il a été rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qu’il a pris la main d’ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb ab et il lui a dit : « voici lemaqām d’Ibrāhīm ». Rapporté par Abū Nuʿaym. Alors ʿUmar que Dieu l’agrée a dit au Prophète : « est-ce que nous pouvons le prendre comme lieu de prière ? ». Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « je n’ai pas reçu l’ordre de cela ». Le soleil ne s’était pas couché que la révélation lui était parvenue pour qu’effectivement lemaqām d’Ibrāhīm soit pris comme lieu de prière.

Et il a été dit que le terme « muṣsallā » signifie un lieu qui est respecté. Et lemaqām d’Ibrāhīm est la pierre qui est sous une cloche en verre et on voit la trace des pieds de notre maitre Ibrāhīm dessus.

Et il y a un avis qui est faible et qui dit que tout le ḥaram est le maqām d’Ibrāhīm.

Il y a une autre récitation appelée récitation « šāmī » nafaʿ qui est « wa t-taẖaḏū » avec le verbe non pas à l’impératif mais à l’accompli c’est-à-dire que les gens ont pris cet endroit qui est connu relativement à Ibrāhīm parce qu’il s’en était occupé, parce que c’est un lieu dans lequel Ibrāhīm a fait habiter sa descendance « prenez -le pour qiblah » c’est-à-dire comme direction pour se diriger dans la prière.

Et Nous avons donné l’ordre à Ibrāhīm et à Ismāʿīl de purifier Ma maison : et la signification est la purification des idoles, des choses indécentes, des choses vilaines, des souillures dans leur totalité. Et lorsque Dieu dit cela à Ibrāhīm et Ismāʿīl, c’est pour nous faire comprendre que la kaʿbah a un haut degré selon le jugement de Dieu et que la kaʿbah est honorée selon le jugement de Dieu. Et ceci n’est pas dans le sens d’un adjectif qui implique une relation comme quand tu dis que l’ami de Zayd est ʿAmr. ʿAmr est un ami qui est attribué à Zayd en raison de la relation d’amitié qu’il y a entre eux. C’est pour indiquer que ce n’est pas une maison dans laquelle Dieu habiterait.

Pour ceux qui viennent accomplir les tours rituels autour. Il a été dit « ceux qui viennent des différentes contrées pour aller à la kaʿbah.

Et ceux qui restent au voisinage de la kaʿbah : c’est-à-dire qui y demeurent sans partir, qui résident à La Mecque. Ou bien ceux qui font l’intention de l’iʿtikāf qui est un acte d’adoration qui consiste à rester dans la mosquée ce qui permet de gagner des récompenses.

Et pour ceux qui s’inclinent et se prosternent : c’est-à-dire pour tous ceux qui font la prière dans sa totalité.

Verset 126 : et lorsque Ibrāhīm a dit ô Seigneur, fais que cet endroit soit une ville paisible c’est-à-dire une ville où il y a une vie agréable où ceux qui s’y trouvent soient en sécurité.

Et accorde à ses habitants une subsistance : parce que c’était un endroit qui était aride, sans rien à consommer et cela a été changé.

Et accorde à ceux qui sont croyants en Dieu et au jour dernier : c’est-à-dire les habitants de cette ville, ceux qui sont croyants parmi eux.

Et Il a dit (Dieu a dit à Ibrāhīm ʿalayhi s-salām en réponse à sa demande) et également à celui qui a mécru (c’est-à-dire J’accorde sa subsistance à celui qui a mécru) Je lui permettrai de profiter de jouir un peu de temps (jusqu’à la fin de son terme) Puis Je l’amènerai à subir le châtiment de l’enfer et quelle mauvaise demeure. Le devenir qui sera celui de ce mécréant est l’enfer.

Verset 127 : et lorsqu’ Ibrāhīm élève les bases (il construit les bases de la fondation) de la maison sacrée (qui est la kaʿbah) avec Ismāʿīl (Ibrāhīm construisait la maison et Ismāʿīl lui passait les pierres à chaque fois)

O notre Seigneur (c’est-à-dire qu’eux deux disaient cette parole). Ici ʿAbdul-Lāh a fait une clarté dans la récitation entre Ismāʿīl et rabbanā, parce qu’en même temps qu’ils construisaient, ils disaient ces paroles.

Agrée de nous (c’est-à-dire récompense-nous pour la construction de cette maison).

Tu es certes Celui Qui exauce (nos invocations) et Qui sait (ce qu’il y a dans nos cœurs et nos intentions).

Verset 128 : ô notre Seigneur, fais que nous soyons soumis à Toi (c’est-à-dire sincères dans notre invocation. Augmente-nous en sincérité et augmente-nous en soumission à Toi).

Ainsi que notre descendance : c’est-à-dire fais également que de notre descendance, il y ait une communauté qui soit soumise à Toi. Le mot « min » peut avoir le sens de la partie et peut avoir le sens du détail de ce que contient un ensemble. Il a été dit que ce qu’il a visé par « la communauté », c’est la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et Ibrāhīm et Ismāʿīl ont cité dans l’invocation leurs descendances parce que, généralement, on a plus de compassion et de tendresse envers sa propre descendance, tout comme il est dit dans le verset ce qui signifie « préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un feu… ».

Et indique-nous nos rites : c’est-à-dire comment nous accomplissons nos actes d’adoration, ce par quoi Tu nous as asservi le pèlerinage ou fais-les-nous connaitre. Le mot « manāsik » est le pluriel de « mansak » qui signifie l’acte par lequel Dieu nous a ordonné de L’adorer et c’est pour cela que l’adorateur ʿabd est appelé nāsik.

Et accepte notre repentir : cela signifie, ou bien accepte notre repentir pour notre éventuelle défaillance, si nous avons failli en certaines choses. Ou bien ils ont demandé le repentir en faveur de leur descendance.

O Allāh Tu es Celui Qui accepte le repentir et Qui est miséricordieux.

Verset 129 : ô Seigneur, envoie parmi eux (c’est-à-dire parmi la communauté musulmane)

Un messager d’entre eux (c’est-à-dire quelqu’un qui fait partie des leurs. Et c’est ainsi que Dieu a envoyé notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam). Notre maitre Muḥammad a dit ce qui signifie : « je suis l’exaucement de l’invocation de mon père Ibrāhīm, l’annonce de bonne nouvelle portée par Jésus et la vision que ma mère a vue ». Rapporté par ibnu Ḥibbān, Al-Bazzār et Aḥmad, c’est-à-dire qu’Aminah a vu qu’il a jailli d’elle une lumière qui a éclairé La Mecque.

Qu’il leur récite Tes signes : c’est-à-dire il leur transmette ce que Tu lui révèleras comme preuve de Ton unicité, comme la véracité de ce prophète et de Tes messagers

Et leur enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qur’ān et la sagesse : c’est-à-dire la sounnahet la compréhension du Qur’ān.

Et il les purifie : c’est-à-dire qu’il les purifie de toute forme d’association à Dieu et de toute forme de souillure.

Certes Tu es Al- Al-ʿAzīz : c’est-à-dire Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu.

Al-Ḥakīm : Tu crées les choses selon une sagesse dans ceux à qui Tu accordes ce statut, cette mission de prophète.

Verset 130 : et qui de sensé se détourne de la communauté d’Ibraahiim ? C’est une interrogation dans le sens du reniement, c’est-à-dire de renier qu’il y ait parmi les gens sensés qui se détourne de la vérité claire, à savoir de la communauté d’Ibrāhīm, à savoir de la croyance en l’unicité de Dieu. Et le mot « millah » c’est-à-dire la tradition, ce qui est instauré, c’est le chemin : c’est ce qui est rapporté par Az-Zaǧǧāǧ.

Hormis quelqu’un qui n’a pas pensé à son propre intérêt ? C’est quelqu’un qui va négliger sa propre personne. Ou si quelqu’un qui est idiot. Et les deux explications sont rapportées de Az-Zaǧǧāǧ.

Nous lui avons accordé un honneur dans le bas-monde et il est dans l’au-delà parmi les vertueux. C’est une indication de l’erreur de l’avis de celui qui se détourne de la communauté d’Ibrāhīm parce que celui qui a réuni l’honneur des deux vies, la vie du bas-monde et la vie de l’au-delà, il ne va se détourner de l’une des deux, il ne va pas se détourner de la communauté d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām,

Verset 131 : cite cette époque pour qu’eux, sachent que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est celui qui a été élu, celui qui est vertueux, dont on ne se détourne pas. Quelqu’un de sensé ne se détourne pas de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le terme « aslim » ici ne veut pas dire qu’il n’était pas musulman et qu’il lui a été dit de devenir musulman. Mais cela veut dire « soumets-toi, obéis et sois sincère » dans la religion que tu as envers Dieu. C’est-à-dire « n’adore pas autre que Dieu ».

Il a dit je me suis soumis au Seigneur des mondes. Il a dit qu’il n’adore pas autre que Dieu.

Verset 132 : et il a donné cette même recommandation. C’est-à-dire « aslim » qui signifie l’ordre de se soumettre totalement à Dieu. Ou bien il a donné la même communauté.

Ibrāhīm a donné la même recommandation à ses fils et Yaʿqūb a donné la même recommandation qui est de n’avoir que l’islam pour religion. C’est une preuve que tous les prophètes sont musulmans. Dans cette construction de phrase, Ibrāhīm a fait cette recommandation à ses fils et Yaʿqūb également. (Yaʿqūb est le fils de ʿIsḥāq et le père de Yūsuf). C’est la preuve que ce n’est pas le Prophète Muḥammad qui est venu le premier avec la religion de l’islam. Les prophètes avant lui sont venus avec l’islam.

O mes fils, Dieu vous a sélectionné une religion. C’est-à-dire qu’Il vous a donné la religion qui est la meilleure des religions. Ceci est une preuve qu’autre que l’islam s’appelle aussi religion, mais ce sont des religions fausses.

Tâchez de ne mourir qu’en étant musulmans. Ce sont Ibrāhīm et Yaʿqūb qui ont dit cela à leurs enfants, donc cela veut dire qu’ils étaient musulmans. Ils ont dit : œuvrez pour que votre état au moment de votre de votre mort soit l’islam. Ne mourez pas sur un autre état que l’islam.

Verset 133 : ou alors est-ce-que vous étiez présents lorsque Yaʿqūb allait mourir ? C’est-à-dire que vous n’étiez pas présents. C’est une question qui entraine implicitement une réponse négative. Et cette parole s’adresse aux croyants. Comment avez-vous su ce que Yaʿqūb avait dit à ses fils, de rester sur l’islam ? ? Vous en avez pris connaissance grâce à la révélation à votre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Et il y a une autre explication : c’est une parole qui s’adresse aux yahūd qui ont dit que tout prophète est mort yahūdī. Comment prétendez-vous que les prophètes étaient des yahūd alors que vous n’étiez pas présents lorsque Yaʿqūb était prêt à mourir ?

Ces deux explications sont deux preuves qui indiquent que Yaʿqūb était bien musulman.

Lorsque Yaʿqūb a dit à ses fils « qui adorez-vous après ma mort ? ». Il a dit cela au moment de mourir.

Ils ont dit « nous adorons ton Dieu et le Dieu de tes parents ». Ici, il a été mentionné le mot « dieu » deux fois. Les fils de Yaʿqūb ont répondu cela.

Ibrāhīm, Ismāʿīl et ʿIsḥāq. Ibrāhīm est le grand-père de Yaʿqūb, Ismāʿīl est l’oncle paternel de Yaʿqūb et ʿIsḥāq est son père. L’oncle est considéré comme le père et la tante maternelle est comme la mère.

Un Dieu unique.

Et nous sommes sortis à Lui.

Verset 134 : cette communauté-là (de Ibrāhīm, Yaʿqūb, et de leurs fils) a vécu avant. C’est-à-dire par rapport à la communauté de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Elle aura ce qu’elle a acquis et vous, vous aurez ce que vous aurez acquis. C’est-à-dire que personne ne va profiter de l’acquisition des autres. Certains n’œuvraient pas en bien sous prétexte que leurs parents, eux, avaient agi en bien. La personne n’est pas sauvée du fait que son père était un saint ou un prophète. Elle sera sauvée par son travail à elle.

Et vous ne serez pas interrogés sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas payer sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas être punis pour les péchés qu’eux, ont fait. Eux seront rétribués pour ce qu’ils auront acquis et vous, vous serez rétribués pour ce que vous allez acquérir.

Verset 135 : et ils ont dit soyez soit des yahūd ou soit des nasārā. Les yahūd ont dit soyez des yahūd, les nasārā ont dit soyez des nasārā.

Vous serez bien guidés.

Dis : non, plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous suivons plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous sommes sur la même religion qu’Ibraahiim.

(ḥanīfā) de droiture : celui qui s’éloigne de toute religion fausse et qui est sur la religion de vérité. Ibrāhīm était à l’écart de toute religion fausse.

Et Ibrāhīm n’était pas un associateur. Cette dernière phrase du verset 135 est une réponse par allusion. Comme quand quelqu’un dit à un autre : « moi, je ne suis pas issu de fornication ». Sous-entendu que toi, tu l’es. Ici, cette dernière phrase est une allusion aux gens du Livre et à autre que les gens du Livre. Parce que chacun d’entre eux prétend suivre Ibrāhīm, aussi bien les yahūd que les nasārā, alors qu’ils sont sur l’association ; ils attribuent la divinité à autre que Dieu.

Verset 136 : dites : première explication : c’est une parole qui est adressée aux croyants. Deuxième explication : c’est une parole qui est adressée aux non croyants. C’est-à-dire « dites ce qui va suivre, pour être sur le vrai, sinon vous serez sur le faux ».

Nous avons cru fermement en Dieu et en ce qui nous a été descendu. C’est-à-dire le Qur’ān.

Et en ce qui a été descendu à Ibrāhīm et Ismāʿīl et ʿIsḥāq et Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ. C’est le pluriel de sibṭ qui veut dire à l’origine petit-fils. Al-Ḥasan et Al-Ḥusayn qui étaient les deux petits-fils de notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam sont appelés sibṭay rasūli l-Lāh. Mais ici il s’agit des descendants de Yaʿqūb c’est-à-dire les descendants de ses douze fils. Yūsuf était prophète et Binyāmīn, certains savants ont dit qu’il était prophète. Les dix autres fils n’étaient pas des prophètes. Mais dans leur descendance il y a eu beaucoup de prophètes, comme Sulaymān, Dāwūd, Mūsā, Yūšaʿ, Zakariyyā, Yaḥyā, ʿīsā.

Ainsi que ce qui a été révélé à Moise, à Jésus et à tout ce que les prophètes ont eu de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons point de distinction entre eux. C’est-à-dire que nous ne disons pas au sujet de certains qu’ils étaient des prophètes et au sujet d’autres qu’ils n’étaient pas des prophètes. Notre croyance est qu’ils étaient tous des prophètes. C’est-à-dire que nous ne faisons pas comme les yahūd et les nasārā. Les yahūd n’ont pas cru en Jésus. Les nasārā n’ont pas cru en certains prophètes. Nous, nous croyons en tous les envoyés de Dieu.

Et nous sommes musulmans. C’est-à-dire que nous adorons Dieu uniquement. Nous sommes sincères dans notre adoration pour Dieu.

Verset 137 : s’ils croient en pareil à ce à quoi vous croyez, alors ils seront bien guidés. Cette phrase, si elle est prise selon son sens apparent, peut prêter à confusion : cela pourrait indiquer que Dieu a un semblable, alors que ce n’est pas cela le sens. Le sens est : s’ils ont la même croyance que celle que vous avez. La similarité est dans la croyance et non pas celui qui est adoré. Parce que celui qui est adoré est unique et Il n’a pas de pareil ni de semblable. C’est une forme qu’on trouve dans d’autres versets du Qur’ān.

S’ils se détournent : s’ils refusent de croire en ce en quoi vous croyez. S’ils se détournent (de ce que vous leur dites). Ou alors s’ils se détournent (du témoignage qu’il n’est de dieu que Dieu et s’ils refusent d’entrer dans la croyance par le témoignage).

Alors ils seront loin de la vérité : ils seront dans l’erreur. Ce ne sont pas des gens qui recherchent la vérité.

Allāh te garantit que tu auras le dessus sur eux. C’est une garantie de la part de Dieu que le Messager Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam aura le dessus sur eux. Et la promesse de Dieu s’est réalisée puisque certains sont morts et d’autres ont été exilés. La lettre « sa » indique que c’est un événement qui aura lieu dans le futur, sans aucun doute.

Et Il est Celui Qui entend : c’est-à-dire que Dieu entend ce qu’eux disent

Qui sait : Il est Celui Qui sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs comme envie et jalousie et comme animosité. Et Il les punira. Donc c’est une menace de la part de Dieu.

Deuxième explication : c’est une promesse en faveur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, que Dieu entend ses invocations et Il sait quelle est son intention, à savoir que le Messager souhaite que la religion de vérité ait le dessus. Dieu exaucera le Messager et lui fera parvenir ce qu’il souhaite.

Verset 138 : « ṣibġata l-Lāh » : certains l’ont traduit par la couleur de Dieu !! Mais Dieu n’est pas un corps et la couleur est la caractéristique du corps. Or Dieu n’est pas concerné par la caractéristique du corps. La signification est : nous croyons fermement en Dieu. Cela veut dire que c’est une purification de la part de Dieu. La foi purifie les âmes. L’origine de cette phrase est que les chrétiens, lorsqu’ils baptisent leurs enfants, ils les plongent dans de l’eau qui est jaunâtre et ils disent que c’est une purification pour eux et qu’ainsi, ils sont chrétiens. Donc les musulmans ont reçu l’ordre de leur dire : nous croyons fermement en Dieu et Dieu nous a purifiés par la foi. Nous ne disons pas lors de la ʿaqīqah que nous faisons le baptême de l’enfant.

Et quelle meilleure purification que celle que Dieu vous accorde : c’est-à-dire qu’il n’y a pas meilleure religion que celle que Dieu agrée pour vous. Ou il n’y a pas meilleure purification que celle que Dieu vous accorde par la foi.

Et nous adorons Dieu : c’est comme s’ils disaient : nous croyons en tous les prophètes et nous adorons Dieu.

Il a cité un dicton : « lorsque Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, alors croyez-la ». C’était une femme qui pouvait voir très loin, avant la venue de notre prophète. Donc quand un ennemi se préparait à les attaquer, elle prévenait son peuple et il gagnait tout le temps. Une fois, une armée a utilisé un stratagème, elle a pris des branches pour se dissimuler ; et cette femme a dit qu’elle voyait des branches qui se rapprochaient. Ils se sont moqués d’elle. Puis cette armée a gagné la guerre et ils ont tué Ḥaḏāmiyy. C’est pour cela que c’est devenu un proverbe : si Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, croyez-la. Les ennemis ont ouvert les yeux de cette femme pour comprendre ce qu’ils avaient de particulier. Ils ont trouvé plein de iṯmīd.

Verset 139 : dis est-ce -que vous émettez une objection contre Dieu ? Cela signifie : vous remettez en cause le fait que Dieu ait choisi le Prophète parmi les Arabes au lieu que ce soit un des vôtres. Et vous dites : si Dieu avait révélé la prophétie à quelqu’un, Il l’aurait révélée à l’un d’entre vous. Vous considérez que vous êtes prioritaires pour avoir le statut de prophète. Les yahūd ont dit que le dernier prophète est forcément de la descendance de Moise. Alors que non. Tous les prophètes ont bien annoncé à leurs communautés que le dernier des prophètes s’appellerait Muḥammad.

Alors qu’Il est notre Seigneur et votre Seigneur : nous avons tous en commun que nous sommes les esclaves de Dieu. Il est notre Seigneur et c’est Lui Qui accorde Sa miséricorde et c’est Lui Qui accorde l’honneur à qui Il veut parmi Ses esclaves. Dieu veut honorer certains, Il les honore. Et Il veut rabaisser d’autres et Il les rabaisse. Il n’a pas de comptes à rendre.

Et nous avons nos œuvres et vous avez vos œuvres. Ce qui distingue les uns des autres, ce sont leurs œuvres. Et tout comme vous avez vos œuvres, nous aussi, nous avons nos œuvres.

Et nous Lui sommes fidèles : c’est-à-dire que nous reconnaissons Son unicité. Nous accordons notre foi en Dieu uniquement. Alors que vous, vous Lui attribuez des associés. Et celui qui est sincère dans son adoration mérite plus d’honneur et mérite plus le statut de prophète qu’autre que lui. Quiconque croit en Dieu et en Son Prophète MouHammad fait partie de cette communauté. Dieu a accordé l’honneur à cette communauté en disant ce qui signifie : « vous êtes la meilleure des communautés ».

Verset 140 : où alors vous prétendez qu’Ibrāhīm, Ismāʿīl, ʿIsḥāq, Yaʿqūb et les ʾasbāṭ étaient des juifs ou des chrétiens. Et Dieu a ordonné à Son Prophète de leur répondre par une interrogation en guise de réplique.

Dis est-ce vous qui avez plus de connaissances ou bien Dieu ? La forme de la phrase est une question mais la réponse est implicite. C’est-à-dire que Dieu a témoigné pour tous Ses prophètes qu’ils étaient musulmans, par Sa parole qui signifie : « Ibrāhīm n’était pas juif et n’était pas chrétien, mais il était musulman sur la religion de droiture ». Et musulman signifie avoir pour croyance qu’il n’est de dieu que Dieu, que Dieu seul mérite l’adoration. Et l’adoration c’est l’extrême soumission. Et bien sûr croire au prophète de son époque.

Qui est plus injuste que celui qui cache ce que Dieu a révélé ? C’est une grande injustice ce que font certains qui ont déformé ce que Dieu a révélé aux prophètes précédents. Ici cela fait référence au témoignage de Dieu du fait qu’Ibrāhīm était musulman. Les yahūd et les naSaarah avaient cette information dans leurs livres authentiques (la torah et l’évangile) mais ils les ont falsifiés. Le sens de ce verset est qu’il n’y a pas plus injuste que les gens du livre, parce qu’ils ont caché ce témoignage alors qu’ils le connaissaient.

Deuxième explication : si nous cachons ce témoignage qu’Ibrāhīm était musulman, alors il n’y a pas plus injuste que nous. Alors nous allons le dire.

Et il y a en cela une allusion au fait qu’ils ont dissimulé le témoignage de Dieu en faveur du Prophète Muḥammad dans leurs livres authentiques.

Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites. C’est-à-dire dans le fait que vous démentez des messagers et que vous dissimulez le témoignage.

Verset 141 : voici une communauté qui vous a précédés, ils auront ce qu’ils ont acquis et vous aurez ce que vous aurez acquis. Chacun sera rétribué en fonction de ses actes. Et vous ne serez pas interrogés à propos de ce qu’eux ont fait. Chacun rendra des comptes sur ce qu’il fait lui-même. Nous n’allons pas rendre des comptes sur ce que des communautés précédentes ont fait ou pas.

Il y a une répétition ici dans ces versets. La première explication est que c’est pour insister. Ou une autre explication : la fois précédente, le sujet était les prophètes tandis que cette fois-ci, il s’agit des prédécesseurs des yahūd et des nasārā.

Verset 142 : les impudents parmi les gens vont dire. Les impudents sont ceux qui ont des idées stupides. L’impudence à l’origine est une forme de légèreté, c’est-à-dire un manque de maturité et une manière de ne pas accorder à chaque chose sa juste valeur. Ici il s’agit des yahūd qui ne veulent pas se diriger vers la kaʿbah pour faire la prière. Non seulement ils ont refusé de croire au prophète Jésus mais ils refusent de croire au prophète Muḥammad et ils refusent de se diriger vers la kaʿbah. Et ils considèrent qu’il n’y a pas d’abrogation possible dans la Loi. Ils veulent dire par là que c’est la loi de Moise qui reste appliquée. Alors que Dieu a fait que la loi de Moise a été abrogée par celle de Jésus et celle de Jésus a été abrogée par celle de Muḥammad et, au sein-même de la loi de Muḥammad, il y a des jugements qui ont été abrogés. Par exemple, le fait de boire de l’alcool n’était pas interdit depuis le début de la révélation. Au début, les musulmans consommaient de l’alcool et ils ne commettaient pas de péché. Par contre les prophètes, eux, n’ont jamais bu d’alcool. Cette interdiction est venue progressivement, jusqu’à ce qu’elle soit ferme et définitive.

Une deuxième explication pour les impudents : ce sont les hypocrites, dans la croyance. Ils aiment porter atteinte et se moquer.

Une troisième explication : les impudents sont les associateurs, qui adorent autre que Dieu. Ils adoraient des idoles au point qu’ils avaient entreposé 360 idoles dans la kaʿbah. Au début, le Prophète se dirigeait vers Jérusalem dans la prière. Il plaçait la kaʿbah devant lui et il se dirigeait vers Jérusalem. Quand il est parti à Médine, il a continué à prier vers Jérusalem. Puis il y a eu abrogation et l’ordre de se diriger vers la kaʿbah. Il y a une mosquée à Médine qui s’appelle la mosquée des deux qiblah car les musulmans devaient prier en direction de Jérusalem, donc vers le nord puis ils ont reçu l’ordre de changer de direction et de se diriger vers Médine, donc vers le sud. Les associateurs ont dit : « comment le Prophète s’est détourné de la qiblah de ses ancêtres ! Puis il est revenu vers la direction de ses ancêtres ! ».

Ce verset 142 commence par le terme « sa » qui indique le futur, donc Dieu prépare le Prophète à ce qu’ils vont dire quand Dieu va ordonner de changer la direction de la prière. Quel est l’intérêt de cette annonce ? L’intérêt d’informer de ce que les associateurs vont dire, avant qu’ils ne le disent, c’est de raffermir le cœur. Parce que quand on est surpris par quelque chose de mauvais et qu’on ne s’y prépare pas, ça fait encore plus mal. Si on y est préparé, c’est plus facile. C’est une préparation de ce qu’ils vont dire. Et ça permet la préparation de la réponse avant d’en avoir besoin. Quand la réplique est préparée avant d’en avoir besoin, c’est plus fort pour couper court à ce que dit l’adversaire. Le proverbe arabe dit « avant de tirer la flèche, on lui met des plumes derrière ». Les plumes permettent de garder l’équilibre.

Qu’est-ce qui les a détournés (les musulmans) de leur qiblah (de leur direction) qu’ils suivaient pour leur prière. Le mot qiblah est la direction vers laquelle fait face celui qui fait la prière.

Dis : à Dieu appartient le levant et le couchant. Les pays du levant et les pays du couchant et toute la terre appartiennent à Dieu.

Il guide qui Il veut. C’est-à-dire que, de ces pays, Dieu guide qui Il veut.

Vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’Il guide qui Il veut vers la direction de vérité qui est la kaʿbah vers laquelle nous avons reçu l’ordre de nous orienter. Deuxième explication : tous les endroits appartiennent à Dieu. Il donne l’ordre de nous diriger là où Il veut que nous nous dirigions, tantôt vers la kaʿbah et tantôt vers Jérusalem. Il n’y a pas d’objection contre Lui parce qu’Il est Celui à Qui appartient toute chose.

Verset 143 : également Nous avons fait de vous (la communauté du Prophète Muḥammad) une communauté de juste milieu. Et le juste milieu c’est le meilleur. C’est ce qui est juste et qui est agréé. Il a été dit que ce qui est bon a un milieu, parce que s’il y a une nuisance, ça parvient aux extrêmes et pas au centre. Et le juste milieu est protégé. C’est-à-dire que, tout comme Dieu a fait que votre qiblah est la meilleure des qiblah, Il a fait de vous la meilleure des communautés.

Notre šayẖ a dit : ce qui justifie cet adverbe « également », afin que vous sachiez, vous, la communauté de Muḥammad, par l’observation, grâce aux preuves qui vous ont été données et grâce au Livre qui a été révélé, que Dieu n’a été injuste envers personne. Mais Dieu a montré la voie, Il a envoyé des messagers qui ont transmis le message, ils ont porté le conseil. Mais ceux qui ont mécru, leur malheur les a amenés à suivre leurs passions, leur malheur les a amenés à émettre des objections contre les différents signes, afin que vous, la communauté du Prophète Muḥammad, soyez les témoins de cela, que vous témoigniez de ceux qui vous sont contemporains et que vous témoigniez de ceux qui vous ont précédés et ceux qui vont vous suivre. N’est-ce pas que nous, nous témoignons qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muḥammad est le messager de Dieu ! Et nous témoignons qu’il a transmis le message honnêtement et de façon fiable ! N’est-ce pas que nous, nous transmettons son message et nous témoignons que certains acceptent et que ceux qui n’acceptent pas, ils ont entendu l’appel. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ils ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas au courant ! Ils n’auront aucune excuse !!

Celui qui est au juste milieu, il ne penche pas vers les extrêmes, il n’est pas plus proche d’une extrême que de l’autre. Cela veut dire que, tout comme Nous avons fait que votre direction pour la prière soit au centre, Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu. C’est-à-dire que vous n’êtes ni dans l’outrance, qui est le fait de dépasser la limite fixée par la Loi, en transgressant la Loi en faisant des choses mauvaises, ni dans la négligence, qui est le fait de manquer à ce que Dieu a ordonné. Vous n’avez pas fait preuve d’outrance comme les nasārā, les chrétiens qui ont décrit Jésus comme étant un dieu : ils ont exagéré dans la glorification de Jésus au point de lui attribuer la divinité. Et vous n’avez pas fait preuve de négligence comme les yahūd qui ont attribué à Marie d’être fornicatrice et que Jésus serait le fils de fornication.

Afin que vous soyez témoins de ce que font les gens et que le Messager témoigne de ce que vous faites. Il a été rapporté que les différents mécréants au jour du jugement vont renier l’envoi des prophètes. Dieu ordonne aux prophètes de donner les preuves qu’ils ont bien transmis. Et Dieu sait qu’ils ont bien transmis. Et ce sera la communauté de Muḥammad ^alayhi s-salaam qui viendra et qui témoignera que tous les prophètes ont transmis. Alors les mécréants des communautés diront : « mais comment savez-vous que les prophètes ont transmis ? » La communauté de Muḥammad dira : « nous avons su que les différents prophètes ont bien transmis parce que Dieu nous en a informés dans Son Livre qu’Il a fait prononcer par Son Prophète véridique ». Le Prophète Muḥammad a reçu le Qur’ān par révélation puis il l’a transmis à ses compagnons et c’est par ce biais que nous avons su. Alors le Prophète Muḥammad sera appelé et il sera interrogé à propos de sa communauté. Il validera le témoignage de sa communauté et témoignera qu’elle est de confiance et qu’elle est la communauté du juste milieu.

Et le témoignage peut avoir lieu sans qu’on soit présent, comme si c’est quelque chose qui nous a été transmis.

Et il a été dit : « afin que vous puissiez apporter votre témoignage dans le bas-monde pour des sujets qui nécessitent des personnes de confiance ». Il y a des témoignages qui ne sont pas pris de n’importe qui. Il y a des témoignages qui nécessitent que le témoin soit digne de confiance.

Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy a dit que ce verset est une preuve que l’unanimité est une preuve parce que Dieu a décrit cette communauté par le fait qu’elle est digne de confiance. « Le juste milieu » peut avoir la signification de « digne de confiance ». « Al-ʿadl » est celui dont le témoignage est pris en considération. Donc si les membres de cette communauté qui sont dignes de confiance sont parvenus à la même conclusion à propos de quelque chose et qu’ils ont témoigné de quelque chose, alors il faut prendre leur témoignage en considération.

Il y a eu deux citations de témoignage, de la part de la part de la communauté et de la part du Prophète. Au début, le verbe qui indique le témoignage est venu après et quand il s’agit du témoignage du Prophète, il est venu en premier. C’est pour confirmer le témoignage de cette communauté sur les autres communautés et pour spécifier que le Messager témoignera uniquement pour cette communauté-là.

Et Nous n’avons fait de la qiblah que tu avais : c’est-à-dire la direction que tu suivais pour la prière et qui est la kaʿbah. Il a été rapporté que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, au tout début, s’est dirigé dans la prière vers la kaʿbah. Puis il a reçu l’ordre de se diriger vers le rocher de Jérusalem, après l’émigration, pour une sagesse. (C’était pour rapprocher les yahūd). Puis il a reçu l’ordre de se diriger à nouveau vers la kaʿbah.

Que pour que Nous montrions aux gens qui va suivre le Messager et qui va se rebeller. C’est-à-dire que Nous n’avons fait de la qiblah que tu aimes prendre pour direction et qui était celle du début, que par épreuve pour les gens, pour indiquer qui reste ferme sur l’islam et qui est sur un fil et apostasie l’islam lorsque la qiblah change. (C’est une règle générale : les ordres et les interdits que Dieu nous fixe, ce sont des épreuves. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut). Donc ce changement de direction est une épreuve pour que se manifeste qui est imperturbable.

Le šayẖ Abū Manṣūr a dit : « afin que Nous fassions exister ce que Nous savons de toute éternité qui va avoir lieu ». Dieu sait de toute éternité tout ce dont Il a voulu l’existence, que cela va exister dans le temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Donc le changement n’a pas lieu dans l’attribut de la science de Dieu mais dans les choses qui sont sues et qui sont des créatures. Allāh ne change pas, ce sont les créatures qui changent. Dieu a su que certains allaient rester fermes sur leur foi et que d’autres allaient apostasier. Le changement n’est pas dans la science de Dieu.

Autre explication : afin que Dieu manifeste aux créatures, qui reste ferme et qui revient sur ses pas. Ici l’épreuve est le changement de direction pour la prière, afin que les gens voient d’eux-mêmes qui est fort et ne change pas et qui ne tient qu’à un fil et qui a apostasié. C’est afin que ce soit connu par les gens. Comme dans d’autres versets dans lesquels Dieu dit ce qui signifie : « afin que soit distingué qui est mauvais et qui est bon ». Pour que cette distinction parvienne aux créatures.

Ou afin que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants prennent connaissance de qui reste ferme et qui apostasie. Par cette épreuve, le Messager saura et les croyants sauront, qui reste ferme et qui va apostasier. Allāh attribue le verbe à Lui-même parce qu’Il agrée le Messager et les croyants.

Ou encore c’est une figure de style, pour expliquer avec douceur à quelqu’un qui ne sait pas.

Et ce changement est difficile uniquement pour ceux que Dieu a guidés. Ils se dirigeaient dans une direction puis il leur a été demandé de changer de direction pour leur prière.

Et Allāh conserve votre īmān. Le terme « īmān » ici désigne la prière. C’est-à-dire que Dieu conserve la récompense des prières que vous avez accomplies en vous dirigeant vers Jérusalem.

Allāh a appelé la prière « īmān » :

1 / parce qu’elle est obligatoire pour les croyants

2/ et qu’elle est récompensée quand elle est accomplie par des croyants

3 / et que le fait d’accomplir une prière en assemblée est une preuve de foi.

Et quand le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre de se tourner vers la kaʿbah pour la prière, certains compagnons ont demandé quel était le jugement des prières de leurs frères qui se dirigeaient vers Jérusalem et qui étaient morts. C’est alors que ce verset a été révélé.

Certes Allāh est Raʾūf, Il est Raḥīm. Raʾūf est encore plus fort que miséricordieux. Cela signifie : Dieu est très miséricordieux et Il est miséricordieux. C’est-à-dire que leur récompense ne sera pas perdue.

Verset 144 : Nous voyons comment tu scrutes le ciel de ton regard. Dieu a appris à Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’Il sait que le Prophète lèverait le regard vers le ciel parce qu’il s’attendait, de la part de son Seigneur, que la direction de la prière soit à nouveau vers la kaʿbah.

1 /Conformément à ce que faisait notre maitre Ibrāhīm qui se dirigeait vers la kaʿbah dans sa prière et

2/ en contradiction avec les yahūd, qui eux, se dirigeaient vers Jérusalem. Le Prophète s’attendait à ce changement

3 / car c’était plus facile pour les Arabes pour devenir croyants.

4/ D’autre part parce que la kaʿbah est une source de fierté pour les Arabes.

5 / Les différentes tribus s’y rendaient lorsqu’elles allaient à La Mecque.

6 / Également c’est là-bas qu’ils faisaient le ṭawāf, les tours autour de la kaʿbah.

Pour toutes ces raisons, le Prophète scrutait le ciel en attendant que Dieu lui donne l’ordre de se diriger vers la kaʿbah.

Nous allons certes t’accorder et Nous allons te donner la capacité de te diriger vers la kaʿbah. Nous allons faire que la direction pour ta prière soit le corps de la kaʿbah et non pas le corps de Jérusalem. Le corps de la kaʿbah signifie le prolongement du corps de la kaʿbah : que la personne soit située plus haut ou plus bas que la kaʿbah, elle va faire sa prière en se dirigeant vers le prolongement du corps de la kaʿbah.

Une qiblah qui te réjouira le cœur. Nous allons t’accorder une qiblah vers laquelle tu t’orienteras pour des raisons valides que tu as dans ton cœur et ton souhait est conforme à la volonté de Dieu et à Sa sagesse. C’est-à-dire que Dieu a voulu cela. Dieu n’a pas changé de volonté parce que, toi, tu le souhaites.

Oriente-toi vers la mosquée al-Ḥarām. Fais en sorte que, dans la prière, tu t’orientes vers la mosquée al-Ḥarām. « Vers » signifie dans la direction de la mosquée » et vers son corps. Parce que se diriger vers le corps de la kaʿbah est difficile pour celui qui se trouve dans un endroit éloigné. Il a été rapporté que le Prophète ^alayhi s-salaam, lorsqu’il est arrivé à Médine, il a fait la prière en direction de Jérusalem durant seize mois, puis il a reçu l’ordre de se diriger vers la kaʿbah dans sa prière.

Et où que vous vous trouvez : c’est-à-dire sur terre et que vous voulez faire la prière, alors orientez-vous vers la mosquée al-Ḥarām et ceux qui ont reçu le Livre avant vous savent que c’est la vérité de la part de leur Seigneur C’est-à-dire que ce changement de direction vers la kaʿbah, c’est la vérité, parce que les prophètes, avant notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, avaient annoncé la bonne nouvelle qu’il y aura un prophète qui s’appellera Muḥammad qui va venir et qui fera la prière vers les deux qiblah, de Jérusalem et La Mecque.

C’est une obligation pour vous de vous orienter vers la kaʿbah, dans la prière, où que vous vous trouviez sur terre. Et ce qui est visé par la kaʿbah, c’est cette construction qui existe actuellement. Et quand le Prophète avait fait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, il avait dit ce qui signifie : « voici votre direction pour la prière ». Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al- Buẖāriyy dans son ṣaḥīḥ. Et apprendre comment déterminer la direction pour la prière est un devoir.

Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allaah.

Verset 145 : et si tu donnais à ceux qui ont reçu le Livre (ce sont les entêtés qui ont reçu le Livre mais qui refusent de le suivre) les arguments catégoriques qui prouvent que se diriger vers la kaʿbah, c’est cela la vérité. Ils ne suivront pas ta direction. Car ce n’est pas à cause d’une confusion qu’ils ont eue qui va être dissipée en leur donnant la preuve. Mais le fait qu’ils aient refusé de te suivre, c’est par orgueil et par entêtement parce qu’ils savent dans leurs livres que tu es décrit comme étant sur la vérité.

Et tu ne vas pas suivre leur qiblah. Qiblahici est au singulier. Pourtant, il s’agit de deux groupes qui ont reçu le Livre, ce sont les yahūd et les nasārā.  Chacun a eu une qiblah différente. Ici, c’est pour couper définitivement tout espoir que tu suivras leur qiblah. Parce qu’ils ont été perturbés à ce moment-là : ils ont dit : s’il était resté sur notre qiblah, alors peut-être que nous aurions pensé que c’est celui que nous attendions. En effet, ils prétendent que le prophète qu’ils attendaient n’est pas le Prophète Muḥammad, alors que c’est lui. Mais ils ont dit que ce serait quelqu’un de la descendance de Mūsā. Puis ils ont espéré qu’il se dirige à nouveau vers Jérusalem. Et le mot qiblah est au singulier parce que leurs qiblah respectives ont en commun qu’elles sont fausses. Dieu ne les agrée pas, Dieu n’agrée que ceux qui se dirigent vers la kaʿbah.

Et ils ne vont pas suivre les qiblah des autres. Même s’ils sont d’accord sur le fait de contredire le Prophète Muḥammad, ils sont divergents à propos de leurs qiblah. Et on n’espère pas qu’ils tombent d’accord. Tout comme on n’espère pas qu’ils soient d’accord avec toi. Les yahūd se dirigent vers Jérusalem et les nasārā vers le lever du soleil.

Et si tu suivais leurs passions après la science que tu as eue. La parole est adressée au Prophète mais ce n’est pas lui qui est visé parce que le Prophète est préservé de la mécréance. C’est-à-dire après les arguments que tu as connus, qui prouvent que la qiblah c’est la kaʿbah et que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam, si tu suivais leurs passions après cela,

Tu serais au nombre des injustes, c’est-à-dire de ceux qui commettent l’injustice la plus abominable. Le mot « injuste » est parvenu dans le Qur’ān dans plus d’un passage. Parfois il a le sens des mécréants, parfois du grand pêcheur, parfois d’un petit pêcheur, tout comme notre maitre Yūnus ʿalayhi s-salām, quand il a quitté la ville avant d’avoir reçu l’ordre de la quitter, il a fait une invocation alors qu’il était dans le ventre du cétacé, en disant ce qui signifie : « j’ai commis un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère ».

Dans cette parole, il y a un ordre qui est donné avec douceur pour ceux qui entendent ce verset. C’est également un moyen de renforcement pour rester ferme sur la vérité. Et c’est également une mise en garde pour celui délaisse les preuves et qui suit les mauvais penchants de son âme.

Il a été dit que cette parole s’adresse en apparence au Prophète ʿalayhi s-salām alors que ceux qui sont visés, c’est sa communauté. Si les membres de sa communauté suivent les passions de ceux qui sont sur l’égarement, ils seront alors injustes.

Verset 146 : ceux à qui on avait fait parvenir le Livre (c’est-à-dire les injustes)

Ils le reconnaissent (c’est-à-dire Muḥammad à qui Nous avons fait parvenir le Livre)

Exactement comme ils sont capables de reconnaitre leurs enfants. ʿAbdul-Lāh ibnu s- salām était le savant des juifs puis il s’est converti à l’islam. Alors les autres juifs ont dit à son sujet que c’était quelqu’un qui ne savait rien du tout. Il a dit : « moi je connais Muḥammad plus que je ne connais mon propre fils ». Alors notre maitre ʿUmar lui a dit : « comment ça ? Tu le connais plus que ton propre fils ? » Alors il a répondu : « le Prophète Muḥammad, je n’ai aucun doute qu’il est prophète. Pour ce qui est de mon fils, je n’ai aucune garantie que sa mère ne m’a pas trahi ». C’est-à-dire que c’est quelque chose qui est possible selon la raison. C’est alors que ʿUmar lui a embrassé la tête.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la connaissance à elle-seule ne suffit pas. Il faut que la personne reconnaisse cela. Car les yahūd savaient que Muḥammad était un envoyé de Dieu mais leur âme a refusé d’accepter cela. C’est pour cela qu’ils se sont mis à le démentir par la langue. Car la Torah d’origine, celle qui a été révélée à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, comporte l’annonce que Muḥammad est l’envoyé de Dieu. Et la Torah ainsi que l’Evangile ont été falsifiées, les sens des termes ont été falsifiés. Puis les termes ont été déformés.

Et un groupe d’entre eux (qui n’ont pas été musulmans) dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. C’est par jalousie et par entêtement. Leurs livres qui ont été révélés à Moise et à Jésus comportent la vérité.

Verset 147 : la vérité est de la part de ton Seigneur. C’est-à-dire que la vérité est ce qui a été confirmé de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle est le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam Et ce qui n’a pas été authentifié comme étant de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle sont les gens du Livre, c’est faux.

Ne sois pas au nombre de ceux qui doutent. C’est-à-dire : ne doute pas que cette vérité est bien de la part de ton Seigneur.

Verset 148 : et chaque groupe de chaque religion a une direction vers laquelle il se dirige.

Empressez-vous pour faire le bien, où que vous soyez : c’est-à-dire que du fait que Dieu vous a ordonné de changer de direction pour la prière, alors empressez-vous pour aller vers le bien, que ce soit concernant la qiblah ou autre que la qiblah. Dans toutes les choses, soyez, vous, les pionniers. Qui que vous soyez, c’est-à-dire vous et vos ennemis. Même pour vos ennemis, c’est un ordre de vous rejoindre sur la vérité.

Allāh vous ressuscitera tous. Vous et vos ennemis, vous serez ressuscités pour le jour du jugement et Dieu jugera entre ceux qui étaient sur la vérité et ceux qui étaient sur le faux.

La deuxième explication du verset « où que vous soyez » est que vous, communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, chacun d’entre vous a une direction vers laquelle il prie. En effet si quelqu’un est au nord de la kaʿbah, il va se diriger vers le sud pour sa prière ; celui qui est au sud, il se dirige vers le nord ; celui qui à l’est de la kaʿbah, il se dirige vers l’ouest et celui qui est à l’ouest, il se dirige vers l’est. Donc ce verset veut dire que vous, communauté de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, où que vous soyez, vous vous dirigez vers la meilleure des directions. Et c’est le prolongement de la kaʿbah. Où que vous soyez : c’est comme si vous étiez tous ensemble dans la mosquée al-ḥarām en train de prier.

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Verset 149 : de n’importe quel endroit tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām lorsque tu faisla prière.

Et l’ordre qui vous est donné est la vérité de la part de ton Seigneur.

Et Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites.

Verset 150 : c’est une répétition du verset précédent : et de n’importe quel endroit duquel tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām

Et où que vous soyez, alors orientez-vous vers la mosquée al-ḥarām pour la prière. Cette répétition est pour insister à propos de la qiblah, parce qu’il y a eu une abrogation ici : c’était Jérusalem puis c’est devenu la kaʿbah. Cette répétition est pour éliminer toute confusion possible et pour que les gens restent fermes sur l’ordre qui leur a été donné. C’est bien vers la kaʿbah qu’ils doivent se diriger vers la prière. Il y a beaucoup d’intérêts dans cette répétition.

Pour que les gens n’aient pas d’argument contre vous. C’est-à-dire que Dieu vous a donné suffisamment d’arguments pour justifier votre qiblah pour répliquer aux gens (ici ce sont les yahūd), car c’est différent de ce qui est dans la Torah. La qiblah a bel et bien été changée. Leur parole a été appelée un argument parce que ce sont eux qui prétendent que c’est un argument. Mais en réalité ce n’est pas un argument car ça ne prouve pas quelque chose de vrai. Habituellement, l’argument prouve quelque chose de vrai. Mais eux, ils utilisent ces paroles comme étant une preuve alors que ça n’en est pas une.

Sauf ceux qui sont injustes parmi eux. C’est-à-dire ceux qui sont entêtés parmi les yahouud. Ils disent : s’il a quitté notre qiblah pour se diriger vers la kaʿbah, c’est pour rejoindre la religion de son peuple (les gens de Qurayš qui étaient des idolâtres), c’est parce qu’il aime sa ville. Ils ont dit : s’il était sur la vérité, il serait resté sur la qiblah des prophètes, c’est-à-dire vers Jérusalem.

Ou bien deuxième explication : pour ne pas que les Arabes puissent émettre une objection sur le fait que vous ayez abandonné l’orientation vers la kaʿbah qui est la qiblah d’Ibrāhīm et d’Ismāʿīl, le père des Arabes, excepté ceux qui sont injustes parmi eux, qui sont les gens de La Mecque, quand ils vont dire : il a changé d’avis, il est revenu à la qiblah de ses ancêtres et bientôt, il va rejoindre leur religion.

Ne les craignez pas. N’ayez pas peur d’eux, c’est-à-dire ne les craignez pas dans leurs paroles qui portent atteinte à propos de votre qiblah. Ils ne vont pas vous nuire.

Mais craignez-Moi. C’est-à-dire craignez Dieu et ne désobéissez pas à Son ordre.

Pour que Je vous parachève Ma grâce. C’est-à-dire : Je vous ai donné les arguments pour que personne ne puisse émettre de parole contre vous et Je vous ai guidés vers le ka^bah. Je vous ai accordé cette grâce de vous avoir dirigés vers la kaʿbah.

Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire pour que vous soyez guidés vers la qiblah de notre maître Ibrāhīm. Car notre maitre Ibrāhīm faisait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, qu’il avait d’ailleurs reconstruite avec son fils Ismāʿīl.

Verset 151 : tout comme Nous avons envoyé parmi vous. « Tout comme », soit il se rapporte à ce qui l’a précédé, c’est-à-dire afin que Je vous parachève Ma grâce dans l’au-delà, en vous accordant la récompense, tout comme Je vous l’ai parachevée dans le bas-monde en vous envoyant le Messager. Dans ce cas, on ne marque pas d’arrêt à la fin du verset 150.

D’entre vous : c’est-à-dire un messager qui est arabe Qui vous récite : c’est-à-dire qui récite ce qui est révélé Nos versets : c’est-à-dire le Qur’ān. wa yuzakkīkum : il y a trois avis rapportés par le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy 1/ Ibnu ʿAbbās et Al-Farraḥ ont dit : il prélève de vous la zakāt et c’est une cause pour purifier vos biens. 2/ Al-Muqādir a dit : ce messager va vous purifier du chirk (l’association à Dieu) et du kufr (la mécréance) 3/ Il les invite à ce qui va faire d’eux des gens vertueux.

Et il vous enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qour’aan

Et la sagesse : c’est-à-dire la sounnah (la croyance et les jugements et les actes du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le fiqḥ (la science des lois).

Il vous enseigne ce que vous ne saviez pas : c’est-à-dire qu’il vous enseigne ce que vous ne pouvez connaitre que par révélation.

La deuxième explication est que le « tout comme » se rapporte à ce qui va suivre : tout comme Nous vous avons envoyé un messager d’entre vous, qui vous récite Nos versets, qui vous purifie, qui vous enseigne le Livre et la sagesse et qui vous enseigne ce que vous ne saviez pas. Allāh taʿālā nous rappelle ainsi qu’Il nous a envoyé le Messager,

Verset 152 : alors évoquez-Moi et Je vous accorderai la récompense. Selon cette deuxième explication, on marque un arrêt à la fin du verset 150, c’est-à-dire la parole « tahtadūn ».

Evoquez-Moi : c’est-à-dire par la demande du pardon. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son explication qu’Ibnu ʿAbbās et ibnu Ǧubayr ont dit : évoquez-Moi en M’obéissant, alors Je vous accorderai le pardon.

Ibrāhīm ibnu s-sariyy a dit : tout comme Je vous ai fait grâce par le message, c’est-à-dire le fait que Dieu nous a envoyé le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām,

Alors évoquez-Moi par le tawḥīd, c’est-à-dire en ayant pour croyance que Je n’ai pas d’associé et en croyant en la véracité de Mon prophète.

Ou alors évoquez-Moi en faisant Mon éloge, en me remerciant et Je vous donnerai

Ou alors évoquez-Moi en Me demandant, et Je vous donnerai

Ou alors évoquez-Moi par le repentir et Je vous pardonnerai

Ou alors évoquez-Moi avec la sincérité et Je vous délivrerai

Ou évoquez-Moi par la supplication et Je vous sauverai.

Et remerciez-Moi : c’est-à-dire pour les grâces que Je vous ai accordées.

Et ne reniez pas les grâces. Ne soyez pas ingrats pour les grâces que Je vous ai accordées.

Verset 153 : ô vous qui êtes croyants, faites-vous aider par la patience. Par la patience, on obtient toutes les grandes vertus.

Et par la prière. La prière empêche de commettre les actes vils, les actes d’impudence. La prière aide la personne à s’améliorer et soigne du mauvais comportement.

Certes Allāh soutient ceux qui patientent. Dans la bague de notre maitre Idrīs, il est écrit que la patience avec la sincérité donne la réussite.

Verset 154 : ne dites pas à propos de ceux qui ont été tués dans la voie que Dieu agrée : ce verset a été révélé à propos des martyrs de la bataille de Badr et ils étaient au nombre de quatorze. Cette bataille a eu lieu le 17 de ramaḍān de l’an deux de l’hégire.

Qu’ils sont morts mais ils sont bien vivants. Mais vous ne le constatez pas. C’est-à-dire que vous ne savez pas cela, parce que la vie du martyr n’est pas quelque chose que l’on connait par la perception sensorielle. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu l’agrée, les martyrs sont vivants, selon le jugement de Dieu. Leur subsistance est exposée à leur âme et ils en ressentent la fraicheur et la joie, tout comme le feu est exposé aux âmes de ceux qui ont suivi pharaon dans la mécréance, matin et soir. (Verset qui cite cela). Dans cette vie, les mécréants ne sont pas exposés au feu et dans l’au-delà, ils seront en enfer. Donc ils seront exposés au feu dans la tombe. Et c’est de ce verset que les savants ont déduit qu’il y a un supplice dans la tombe. Et les suppliciés ressentiront de la peine et de la douleur suite à cela.

D’après Muǧāhid, les martyrs reçoivent des fruits du paradis, ils sentent l’odeur du paradis sans y être. Mais cette parole n’est pas confirmée. Le šayẖ rectifie et dit : leur âme sera au paradis. On a entendu que leur âme sera dans des volatiles verts qui mangent des fruits du paradis et qui se réfugient dans des chandelles accrochées au Trône. Leur âme sera au paradis mais les martyrs ne vont pas occuper la place qu’ils occuperont après le jour du jugement. Histoire d’un savant qui s’appelle Abdur -Raḥmān ibnu l-Qāsim il y a plus de six cents années. Il a été tué dans une bataille, avec d’autres personnes. Ils ont été laissés à terre. Un mécréant est venu et s’est moqué du Qur’ān. Il leur a dit : « vous, vous dites : ne dites pas à propos de ceux qui sont tués dans la voie que Dieu agrée, qu’ils sont morts mais qu’ils sont bien vivants ». L’un des morts s’est levé et a récité le verset. Le mécréant tremblait de peur. Le martyr est ensuite retourné comme il était.

« Chez » signifie « selon le jugement de leur Seigneur ». C’est-à-dire que Dieu les honore et les agrée. Le martyr, lorsqu’il meurt, son âme va au paradis. L’âme quitte le corps mais pas totalement. Comme le soleil qui est dans le ciel mais son effet est sur terre. De même, l’âme du martyr va au paradis mais son effet reste sur le corps qui est sur terre. Ils sont vivants même si ce n’est pas la même vie que nous avons actuellement. Il y a les traces de l’âme dans le corps du martyr qui est sur terre.

Muḥammad aṣ-ṣaʿidiyy était un élève de notre šayẖ ʿAbdul-Lāh al-Ḥarariyy. Les gens ont ouvert sa tombe quinze ans après qu’il ait été enterré. Ils voulaient enterrer son frère et ils pensaient que son corps avait été assimilé par la terre. Ils ont trouvé son corps intact car il était mort martyr.

Verset 155 : et Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves pour éprouver vos états comme un examinateur. Est-ce que vous allez patienter et accomplir des actes d’obéissance ou bien vous n’allez pas patienter ? Dieu éprouve qui Il veut par ce qu’Il veut. Et certains croient que Dieu ne crée pas le mal. Or Dieu crée le bien et le mal et c’est une preuve de Sa parfaite toute puissance. Mais Il n’ordonne pas le mal et il n’agrée pas le mal.

Par quelques (c’est-à-dire quelques épreuves): « bišayʾin » signifie « un peu », pour indiquer que toute épreuve qui touche l’être humain, même si cette épreuve est importante, il se peut qu’il y ait plus grave encore. On dit : « dafaʿa l-Lāhu mā kāna ʾaʿẓam », « Dieu repousse de nous ce qui est encore plus grave ». Ceci montre que les gens bénéficient de la miséricorde de Dieu en toute situation. Et Dieu les a informés qu’il y aura une épreuve avant qu’elle ne se produise, pour qu’ils puissent la supporter. Les gens ont ainsi été préparés.

Peurs. La crainte de Dieu et de l’ennemi.

Et faim : c’est-à-dire la famine ou le jeûne du mois de ramaḍān.

Et un manque dans les biens. Par la mort du bétail ou par la zakāt. Et le mot « et » suit, soit le mot « šāyʾ » (quelques pertes dans le bien) soit le mot « ẖawf » (crainte). Nous allons vous éprouver par quelques pertes dans vos biens. Ce sont des épreuves de la part de Dieu.

Et dans les âmes : c’est-à-dire par les homicides et la mort. Nous allons vous éprouver par une diminution dans le nombre de personnes. Ou bien par la maladie et la vieillesse.

Et dans les fruits : les récoltes ou par la mort des enfants (car l’enfant est un fruit du cœur, il est comme un fruit pour les parents).

Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent. C’est-à-dire à ceux qui patientent suite à toutes ces épreuves. Parce que ceux qui font l’istirǧāʿ face aux épreuves, annonce-leur la bonne nouvelle, parce que c’est une soumission totale à Dieu. C’est le fait de dire le verset « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn » ce qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous retournerons à la vie pour Son jugement ». Ce qui veut dire qu’en définitive, même si j’ai été éprouvé par cette épreuve, j’appartiens à Dieu et je reviendrai à Son jugement au jour dernier.

Et dans le ḥadīṯ notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui dit l’istirǧāʿ lors de l’épreuve, Dieu lui comble le manque qu’il a à cause de cette épreuve et Il lui accorde un bien pour la suite ainsi qu’une suite vertueuse qui le satisfera ». Rapporté par Al-Bayhaqiyy, Aṭ-Ṭabarāniyy et ibnu Ǧarīr.

Une fois, la chandelle du messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est éteinte. Le Prophète a alors dit : « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn ». Quelqu’un s’est étonné et a dit : « ça, c’est une épreuve ? » alors le Prophète a dit ce qui signifie : « toute chose qui nuit au musulman est une épreuve ».

Ce verset s’adresse au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à tous ceux à qui peut parvenir cette annonce de bonne nouvelle de ceux qui patientent.

Ceux qui patientent sont ceux qui se satisfont de Dieu, qui ne se rebellent pas contre Lui, ceux qui ne perdent pas patience pour ce que Dieu prédestine, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les chagrinent, leur font du mal dans leurs corps, mais leurs cœurs sont satisfaits vis -à- vis de Dieu. Notre maitre Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté dix-huit ans étant malade et il n’y avait un seul endroit de son corps qui n’était pas malade.

Ceux qui patientent, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des ṣalawāt de la part de Dieu, c’est-à-dire des miséricordes accompagnées d’élévations en degrés. Ici, il ne s’agit pas d’une simple miséricorde mais elle est accompagnée d’élévations en degrés. Parce que la simple miséricorde dans le bas-monde concerne le croyant et le mécréant. Même le mécréant profite de la miséricorde de Dieu, dans le bas-monde. Mais le mécréant est ingrat, car il mange et boit de ce que Dieu lui accorde et il renie Dieu. Il y a des miséricordes spécifiques et il y a des miséricordes générales. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles sont associés le croyant et le non croyant, le bienfaisant et le malfaisant. Il y a le fait de profiter de cet air que nous respirons, de la bonne santé, des biens, et autres : tout cela fait partie des miséricordes générales. Alors que les miséricordes particulières, elles sont réservées aux croyants qui patientent, ceux qui sont soumis à Dieu d’une totale soumission. La première des conditions pour gagner ces miséricordes particulières, c’est la foi, c’est-à-dire être croyant. Celui qui n’est pas croyant ne bénéficie pas de ces miséricordes particulières.

Verset 156 : ceux qui (il s’agit d’une description de ceux qui patientent)

Lorsqu’ils sont touchés par une épreuve (c’est-à-dire qui est difficile à supporter)

Ils disent « certes nous appartenons à Allāh et nous reviendrons à la vie pour Son jugement ». C’est une reconnaissance de la souveraineté de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu et Dieu fait de nous ce qu’Il veut et nous sommes satisfaits de ce qu’Il fait de nous, que ce soit quelque chose qui correspond aux penchants de l’âme ou quelque chose qui va à l’encontre de notre nature. Nous nous soumettons à Lui, nous n’émettons pas d’objection contre Lui. Dieu a créé les âmes et Il fait que, naturellement, elles penchent pour certaines choses et elles ont une aversion pour certaines choses. Ceux dont Dieu fait l’éloge dans ce verset 156, ce sont des gens qui se soumettent totalement à Dieu, c’est-à-dire lorsqu’Il leur fait subir ce qui convient à leur âme et lorsqu’il leur fait subir ce qui ne convient pas à leur âme, des choses que Dieu leur a destinées et prédestinées : ils se soumettent à Lui dans les deux cas.

Pour illustrer cela, dans le ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, parmi les choses que nous récitons, entre la parole « Allāhu ʾakbar » et la récitation de la al-fātiḥah, nous disons « naḥnu laka wa ilayk » c’est-à-dire « ô Allāh, nous T’appartenons et nous reviendrons à la vie pour Ton jugement ». C’est une reconnaissance par la langue de cette conviction par le cœur que tout appartient à Dieu.

Dans le livre «al-marāsil » de   Abū Dāwūd qu’il a composé pour les ḥadīṯ mursal. Un ḥadīṯ mursal est un ḥadīṯ rapporté par un successeur des compagnons qui le rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais il ne dit pas qui est le compagnon qui le lui a rapporté. Parmi ces ḥadīṯ mursal, il y a une parole qui est attribuée au Prophète par un successeur : « Allāhumma ʾinnamā naḥnu bika wa ʾilayk », ce qui signifie littéralement : « ô Allāh nous sommes par Toi et à Toi », c’est-à-dire que notre existence est par Ta puissance et Ta volonté et conformément à Ta science ». Il n’y a pas une seule chose qui existe sans que ce soit par Ta création, par Ta puissance, par Ta volonté et par Ta science. Nos êtres et nos caractéristiques, tout cela est par la création de Dieu, par la volonté de Dieu, conformément à Sa science et Sa prédestination et Sa destinée. « Wa ilayk » : c’est-à-dire que notre devenir est à Toi. Chacun d’entre nous, Dieu lui a prescrit la mort. Pas un d’entre nous ne va y échapper. Soit la personne meurt dans un bon état selon le jugement de Dieu, soit elle meurt sur un état que Dieu n’agrée pas selon Son jugement.

« Muṣībatun » : dans la grammaire, c’est un mot qui est indéfini (nakirah). Dieu nous fait comprendre ainsi que toute épreuve qui touche le musulman, quelle qu’elle soit, elle va profiter au musulman, soit par l’élévation en degrés, soit par une expiation de péché, ceci dans le cas où cette personne ne se rebelle pas contre Dieu. Donc celui qui se satisfait de Dieu, il patiente, il va profiter de l’épreuve, elle sera bénéfique pour lui. Parce que, soit ce sera une élévation en degrés selon le jugement de Dieu, soit une expiation de péchés. Tout ce qui va toucher le musulman sera une cause pour qu’il soit élevé en degrés ou bien ce seront des péchés qui lui seront expiés, c’est-à-dire qu’une partie de ses péchés lui sera effacée. Il n’y a pas une seule épreuve qu’il subisse, qu’elle soit petite ou grande, sans qu’il n’en profite. Et quel bon bénéfice de cela. Même l’épreuve qui parait négligeable aux yeux des gens, comme le fait d’être piqué par épine ou le fait d’être dérangé par un tourment ou un souci sans grande conséquence. Par contre si c’est un grand tourment, le musulman va en profiter, en fonction de la gravité de ce tourment. Par ailleurs, ces croyants dont Dieu fait l’éloge, ils ont une particularité, c’est que lors les jours de al-ḥarb, ils s’attachent à l’obéissance à Dieu, autant que faire se peut. Al-ḥarb, c’est quand il y a beaucoup de morts, beaucoup de meurtres ; même dans ces jours-là, ils ne désobéissent pas à Dieu. Ils ne délaissent pas les obligations et ils ne se mettent pas à commettre des péchés à cause de cela. Ils sont fermes.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « se consacrer à l’adoration de Dieu en période de ḥarb, c’est comme celui qui a fait une émigration pour venir me rejoindre ». Rapporté par ibnu Ḥibbān dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Mouslim dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Ibnu Māǧah dans ses sounan. C’est-à-dire que celui qui s’attache à l’obéissance à Dieu dans une période de ḥarb, il est comme celui qui a accompli l’émigration pour rejoindre le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à l’époque où l’émigration vers le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām était obligatoire. Parce qu’il n’y a plus eu d’émigration obligatoire après la conquête de La Mecque.

Ils ont su (c’est une connaissance), ils ont eu pour croyance et ils sont catégoriques, qu’ils appartiennent à Dieu, qu’Il peut faire d’eux ce qu’Il veut et qu’ils vont revenir à Son jugement, c’est-à-dire qu’ils vont mourir, pour, par la suite, être rétribués par Dieu. La rétribution des croyants pour leur foi commence dans le barzaẖ (c’est la période entre la mort et la résurrection et elle a lieu dans la tombe). Mais la plus grande rétribution est dans l’au-delà. Pour les croyants, ce seront des choses qui vont les réjouir. Dieu leur a promis que, dès qu’ils quittent le bas-monde, ils n’auront rien qui va les chagriner. Mais le fait de quitter le bas-monde, ils sont à l’image de quelqu’un qui était prisonnier et qui sort de prison ou bien quelqu’un qui était dans une famine et une sécheresse, il retrouve le bien-être et le confort. La tombe que les gens craignent, certains y seront dans un état meilleur que ce qu’ils avaient auparavant, même s’ils résidaient dans des palais luxueux et qu’ils avaient beaucoup de grâces dans ce bas-monde. Mais parce qu’ils étaient pieux dans la vie d’ici-bas, dans la tombe, ce sera encore meilleur. Il suffit pour cela le fait qu’ils verront dans leurs tombes leur place au paradis, une fois au début du jour et une fois à la fin de la journée. Ceci dépasse tous les plaisirs du bas monde lorsqu’ils étaient sur terre.

Il y a d’autres félicités que celles-là. Entre-autres, il y a le fait qu’ils ne seront pas en proie à ce qui va leur nuire, dans leurs tombes, comme les bêtes sous terre (les scorpions, les serpents, les vers) et ils ne vont pas endurer non plus la solitude dans la tombe, ils ne vont pas endurer non plus la difficulté de l’obscurité car leur tombe sera éclairée. Œuvrons pour gagner cela. Ils seront également épargnés de l’étroitesse de la tombe. Et la félicité de l’au-delà sera encore meilleure.

Certes nous allons revenir à Lui : c’est une reconnaissance qu’ils vont mourir et donc que le devenir, ce sera la rétribution de la part de Dieu.

Verset 157 : ceux-là auront des ṣalawāt de la part de leur Seigneur et une raḥmah. Cela signifie une grâce et une miséricorde. Cela indique qu’ils auront des miséricordes qui vont se suivre. Saʿīd ibnu Ǧubayr a indiqué dans ce verset que ṣalawāt signifie le pardon de la part de Dieu. Ce verset indique une annonce de bonne nouvelle pour les croyants. Ce sont des gens qui se satisfont de Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’émettent pas d’objection contre Dieu, ils ne se mettent pas en colère contre Dieu contre ce qu’Il a prédestiné, ils ne font pas preuve de rébellion ni d’exaspération pour les choses que Dieu leur a fait subir, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les attristent, leur nuisent dans leurs corps. Mais leurs cœurs sont satisfaits de Dieu.

Ceux-là, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degrés. Il ne s’agit pas ici de simple miséricorde. Car la miséricorde dans le bas-monde, vont en bénéficier le croyant et le mécréant. Mais les ṣalawāt ici, ce sont les miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degré : ce sont des miséricordes particulières. Cet air que nous respirons fait partie de la miséricorde générale. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles s’associent le croyant et le mécréant, comme le fait de profiter des biens, de la santé, des grâces du bas-monde. Alors que les miséricordes particulières, seuls les croyants qui patientent, qui se soumettent à Dieu totalement, vont les recevoir. La première condition pour obtenir ces miséricordes spécifiques est d’être croyant.

Et ce sont eux les bien-guidés. C’est-à-dire ceux qui ont été bien guidés pour aller sur le droit chemin, puisqu’ils ont fait l’istirǧāʿ (qui est le fait de dire « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn »). Et ʿUmar a dit : quelle belle charge que celle qu’on répartit sur le dos du chameau ».

Verset 158 : certes aṣ-ṣafā wa l-marwah. Ce sont deux montagnes à La Mecque où les pèlerins font les trajets.

Font partie des rites de la religion agréée par Dieu.

Celui qui se rend à la kaʿbah soit pour faire le pèlerinage, soit pour faire la ʿumrah, il n’y a pas de péché pour lui s’il fait les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Le mot ṭawāf à l’origine signifie marcher autour. Ici, par extension, cela signifie marcher entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Il a été dit qu’au-dessus de aṣ-ṣafā, il y avait un isāf et sur al-marwah, il y avait nāʾilah qui sont deux idoles, deux statues. C’était un homme et une femme qui avaient commis la fornication à l’intérieur de la kaʿbah et ils ont été transformés en pierres et ils ont été placés sur chacun des deux monts pour que les gens soient exhortés de ce qui arrive à ceux qui commettent ce péché-là. Mais avec le temps, les gens se sont mis à les adorer ; les gens de la période d’ignorance, quand ils marchaient entre les deux monts, ils se frottaient à ces idoles. Lorsque l’islam est venu et que les idoles ont été détruites, les musulmans n’étaient pas très à l’aise pour faire les trajets entre les deux monts parce que les gens faisaient des actes d’idolâtrie. Mais Allāh dit qu’il n’y a pas de mal en cela, de faire les trajets entre les deux monts. Et An-Nasafiyy dit que cela est une preuve que les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah ne sont pas un pilier du pèlerinage et de la ʿumrah, selon Abū Ḥanīfah. Contrairement à Mālik et Aš-Šāfiʿiyy qui considèrent tous deux que les trajets entre les deux monts sont un pilier.

Et celui qui veut le faire (c’est-à-dire les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah) et là encore, cela fait ressentir que ce n’est pas un pilier

Certes Allāh rétribue pour peu de choses d’une large récompense. Parfois il arrive que quelqu’un donne une datte en aumône, et c’est cette aumône qui sauvera cette personne de l’enfer.

Et Allāh sait absolument tout.

Verset 159 : certes ceux qui cachent (parmi les traitres des yahūd) ce que Nous avons révélé (c’est-à-dire ce que Dieu a révélé dans la Torah) comme signes clairs (qui témoignent de Muḥammad ʿalayhi s-salām) et bonne guidée (ce qui guide à l’islam). Car dans la Torah, on trouve la description du dernier prophète.

Après que Nous l’avons montré aux gens dans le Livre (c’est-à-dire dans la Torah) Il n’y a pas sujet à confusion. Ils sont partis avec ce qui est indiqué au sujet du Prophète Muḥammad dans le Livre et ils l’ont caché.

Ceux-là, Dieu les maudit et ceux qui maudissent les maudissent. « Ceux qui maudissent » : ce sont ceux de qui il est possible qu’il provienne une parole de malédiction. Ce sont les anges et ce sont les croyants parmi les humains et les ǧinn.

Verset 160 : hormis ceux qui ont fait le repentir. Pour avoir caché ce qui était dans la Torah et pour avoir délaissé la foi et l’islam.

Et qui ont corrigé. Ce qui a été corrompu de leur état antérieur et qui ont rattrapé ce qu’ils ont manqué.

Et qui ont indiqué. Ce qu’ils avaient caché comme indication du Prophète Muḥammad qui était dans la Torah.

Ceux-là, J’accepte leur repentir et Je suis Celui Qui accepte le repentir. Allāhest Celui Qui accepte le repentir.

Verset 161 : certes ceux qui ont mécru et qui sont morts en étant mécréants, ceux-là, Allāh les maudit, les anges les maudissent et tout le monde les maudit. C’est-à-dire que ceux qui sont morts, parmi ceux qui ont dissimulé la description de Muḥammad, et qui n’ont pas fait le repentir, Dieu a cité qu’ils seront maudits, quand ils étaient vivants et également quand ils sont morts. Et tout le monde les maudit : ce qui est visé par « tout le monde » ici, ce sont les croyants. Ou deuxième explication : ce sont les croyants et les mécréants. Puisque certains vont maudire les autres au jour du jugement. Allāh taʿālā dit ce qui signifie : « chaque fois qu’un groupe entre en enfer, il maudit le groupe qui a été la cause ».

Verset 162 : ils y resteront éternellement. C’est-à-dire dans la malédiction ou bien en enfer. L’enfer n’a pas été cité explicitement pour montrer sa gravité.

Il ne leur sera pas allégé du châtiment et ils n’auront pas de répit. Il ne leur sera pas donné de délai ou bien ils ne seront pas attendus pour qu’ils puissent se repentir.

Verset 163 : et votre dieu est un dieu unique. Il n’a pas d’associé dans Sa divinité. Et il n’est pas valide d’appeler dieu autre que Lui.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une confirmation de Sa divinité et c’est une négation de la divinité pour tout autre que Lui.

Il est ar-Raḥmānu r-Raḥīm : Il est Celui à Qui appartient toutes les grâces, que ce soient les origines des grâces ou leurs dérivations. Et nul autre que Lui n’est ainsi. Tout autre que Dieu est soit une grâce, soit une créature qui a bénéficié d’une grâce.

Verset 164 : les associateurs ont été surpris qu’il y ait un dieu unique parce qu’ils avaient des divinités et ils ont demandé un signe, alors Dieu a révélé ce verset.

Certes dans la création des cieux et de la terre et dans la variation de la nuit et du jour : c’est-à-dire dans leurs couleurs, leur longueur, leur petitesse, leur succession.

Ainsi que les navires qui voguent sur l’eau et profitent aux gens : c’est-à-dire que soit on transporte sur ces navires ce qui est bénéfique aux gens, soit on profite de ces navires qui sont eux-mêmes bénéfiques aux gens.

Et ce qui descend du ciel comme eau : c’est-à-dire de la pluie, car il arrive qu’il pleuve du sang et c’est une punition pour ces gens-là sur lesquels il pleut du sang et il arrive qu’il pleuve des poissons. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit : « vous ne savez pas qu’il a des mers dans les cieux ? Et de ces mers, il tombe des poissons ». C’est pour cela que dans ce verset, il est précisé que c’est de l’eau.

Et Il a revivifié la terre après qu’elle soit morte. C’est-à-dire que la terre a fait pousser ses plantes après qu’elle a été sèche et dure.

Et Il a fait que sur terre, soient propagées des créatures qui se déplacent. Comme les animaux, comme les humains.

Et le fait que les vents soufflent et leurs directions sont différentes. Il y a ceux qui viennent du sud, du nord, de l’est, de l’ouest. Il y a des vents qui sont chauds, des vents qui sont froids, des vents qui sont des tempêtes, des vents qui sont des brises, des vents qui sèment la stérilité, des vents qui sèment la fertilité. Et il a été dit que ces vents, parfois ils ramènent la miséricorde, et parfois, ils ramènent le châtiment.

Et les nuages qui sont asservis : les nuages sont soumis à la volonté de Dieu. Allaah fait que ces nuages donnent la pluie où Il veut.

Entre ciel et terre. C’est-à-dire que ces nuages sont entre ciel et terre.

Ce sont autant de signes pour les gens qui méditent. Ils vont déduire par ces choses qu’ils observent la moralité qui est la toute-puissance de Celui Qui les a fait exister et la sagesse de Celui Qui les a créés, et l’unicité de Celui Qui a fait exister cela.

Et dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui récite ce verset et qui ne médite pas à son sujet ». C’est-à-dire qui ne médite pas son sujet et qui n’en tire pas des leçons.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est un blâme pour celui qui ne médite absolument pas ». Ce qui est interdit, c’est le fait de n’avoir jamais médité, absolument pas du tout sur la création des créatures qui sont un des signes de l’existence de leur créateur. Il a dit aussi : « le cœur est utile à la personne qui en est dotée, si elle l’utilise dans ce que Dieu lui a ordonné de l’utiliser ».

Si la personne médite à propos de la création des cieux et de la terre et même à propos de sa propre création à elle-même, et qu’elle ressent ainsi l’éminence de Dieu, elle aura ainsi une grande récompense. La méditation, le fait de réfléchir au sujet des créatures de Dieu, est une obligation.

Ainsi, notre maitre, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a récité le verset qui se trouve dans sourate ʾĀli ʿImrān qui signifie : « certes il y a dans la création des cieux et de la terre et dans la succession de la nuit et du jour des signes pour ceux qui sont dotés de raison. Ceux qui évoquent Allāh quand ils sont debout, quand ils sont assis, quand ils sont sur leurs couches, et ils réfléchissent à propos de la création des cieux et de la terre, et ils disent : Seigneur, Tu n’as pas créé cela absurdement ». Puis il a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui le récite et qui ne médite pas à son sujet ». Rapporté par ibnu Ḥibbān.

A partir de là, on sait que l’homme doit méditer, doit réfléchir au sujet des différents états de ce monde. Il médite à propos de sa propre personne, il médite à propos de l’air dans lequel il vit, pour que cela l’augmente en certitude en l’existence de Dieu Qui a créé toutes ces choses. Si la personne réfléchit à propos d’elle-même, de son propre état, elle saura qu’elle a existé après n’avoir pas existé, chacun d’entre nous en est bien conscient. Et il sait parfaitement que ce n’est pas lui-même qui s’est créé lui-même. Et celui qui les a créés, il n’est pas possible qu’il ait une ressemblance avec les humains ni avec autre chose. S’il réfléchit à ce sujet et qu’il aboutit à la connaissance que Dieu a une puissance parfaite et que le créateur de toutes ces choses-là, c’est Dieu. Grâce à cette méditation grâce à cette réflexion, il aura une récompense éminente. Ceci fait partie des devoirs du cœur. Également parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Dieu. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Son messager. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre ce que Dieu nous a ordonné de faire. Cette connaissance a pour siège le cœur. Le cœur est le siège de la connaissance. Et cette connaissance, Dieu nous a ordonné de l’avoir.

Verset 165 : et il y a parmi les gens (malgré les preuves éclatantes qui ont été données) ceux qui adorent autre que Dieu. Ils considèrent autre que Dieu qui sont équivalents à Dieu. Ils ont adoré des idoles. Ils les glorifient (leurs idoles) de la soumission de celui qui aime Allāh : comme celui qui glorifie Allāh et qui se soumet à Lui. C’est-à-dire qu’ils aiment leurs idoles tout comme ils aiment Allāh, c’est-à-dire qu’ils aiment de façon équivalente leurs idoles et Dieu. Ils reconnaissaient Dieu selon leur prétention, c’est-à-dire qu’ils reconnaissaient qu’il y avait un dieu qui s’appelle Allāh et ils essayaient de gagner Son agrément selon leur prétention, mais ils Lui attribuaient des associés. Et il a été dit qu’ils les aiment, c’est-à-dire qu’eux aiment leurs idoles tout comme les croyants aiment Allāh.

Mais les musulmans aiment Allāh plus que les associateurs n’aiment leurs idoles : parce que les croyants ne vont pas se détourner de Dieu pour adorer autre que Lui, dans n’importe quelle situation. Tandis que les associateurs, quand ils sont en proie à une épreuve, ils se détournent de leurs idoles pour adorer Dieu.

Et s’il avait vu cela, il aurait vu quelque chose de très éminent. Quant à ceux qui ont été injustes, quand ils verront le châtiment, ils verront que la puissance revient à Allāh. Ceux qui ont été injustes sont ceux qui ont pris des associés à Dieu.

Certes le châtiment de Dieu est terrible. C’est-à-dire que si ceux qui commettaient cette grande injustice, en attribuant des associés à Dieu, savaient que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’Il est tout puissant à faire parvenir la récompense et le châtiment, alors que les idoles qu’ils adorent n’ont pas cette capacité, s’ils savaient combien est terrible le châtiment de Dieu pour les injustes, lorsqu’ils vont être confrontés au châtiment au jour du jugement, alors il y aura parmi eux, ceux qui vont éprouver un regret et un chagrin indescriptibles

Verset 166 : ceux qui ont été suivis (c’est-à-dire les présidents) se sont innocentés de ceux qui les ont suivis (les présidents ont dit auxgens qui les ont suivis d’assumer leur responsabilité) lorsqu’ils vont voir le châtiment. Comme le chayTaane qui dira au jour du jugement aux gens qu’il a entrainé dans l’erreur : c’est votre faute à vous.

Et les liens qui les liaient ont été coupés. C’est-à-dire qu’ils étaient sur la même religion qui était de la mécréance, qu’ils avaient des liens de proche parenté et parce qu’ils s’aimaient les uns les autres. Ces liens -là seront coupés lorsqu’ils vont voir le châtiment.

Verset 167 : et ceux qui les ont suivis ont dit : si nous avions eu une autre chance : c’est-à-dire : si seulement nous pouvions revenir au bas-monde (dans le sens du souhait)

Nous nous serions innocentés d’eux tout comme eux s’innocentent de nous maintenant : tout comme eux ne nous reconnaissent pas, on les aurait quittés.

C’est ainsi, tout comme Allāh leur fait voir le châtiment : Nous leur faisons voir les conséquences de leurs mauvaises œuvres (et il s’agit du fait qu’ils ont adoré des idoles)

Et ce seront des regrets pour eux. Cela veut dire que leurs œuvres, ce seront des regrets pour eux, ils ne verront que du regret en raison de leurs œuvres.

Et ils ne sortiront pas de l’enfer. Allāh fait qu’ils ne sortiront pas de l’enfer en raison de leurs mauvaises œuvres et de leur adoration des idoles. Mais ils resteront en enfer éternellement.

Cause de la révélation du verset 167 : ce verset a été révélé à propos de ceux qui se sont interdits de consommer la chair de la chamelle qui est devenue tellement âgée qu’on ne peut plus la monter, on ne peut plus tondre sa laine, on ne peut plus boire de son lait. Ils ont l’habitude de lui fendre l’oreille et ils la laissent sans que personne ne l’utilise. Certains ont prétendu qu’on ne peut pas manger de la viande de cette chamelle, parce qu’ils étaient des idolâtres, ils donnaient des jugements de leur tête. Ce verset a été révélé à leur intention.

Verset 168 : ô vous les gens, mangez. Ici, c’est une injonction d’autorisation et non une injonction d’obligation. Mangez de ce qu’il y a sur terre : parce que ce n’est pas tout ce qui est sur terre qui est licite à la consommation.

Il est pur de toute confusion. C’est-à-dire qui est licite, qui ne comporte aucune suspicion de caractère illicite.

Et ne suivez pas les voies du šayṭān : c’est-à-dire ne suivez pas les chemins auxquels il vous appelle. Et ẖuṭuwāt est le pluriel de ẖuṭwah qui signifie « un pas », ce qui sépare les deux pieds quand on marche. Suivre les pas de quelqu’un, c’est au sens figuré ici, c’est-à-dire prendre quelqu’un pour modèle, l’imiter dans tout ce qu’il est en train de faire.

Il est pour vous certes un ennemi clair. Son animosité est claire, elle n’est pas cachée. Il a déclaré son animosité envers l’être humain. Ce verset n’est pas en contradiction avec l’autre verset qui signifie : « et ceux qui ont mécru, celui qui les soutient est « aṭ-ṭāġūt ». Et c’est le šayṭān qui est leur ennemi en réalité mais, en apparence, il leur embellit leurs actes.

Verset 169 : mais : c’est pour indiquer l’obligation de s’abstenir de le suivre et c’est aussi pour indiquer que son animosité est déclarée, elle est apparente, parce que le šayṭān ne vous ordonne pas le bien mais uniquement le mal

Il vous ordonne le mal et ce qui est abominable : c’est-à-dire les choses qui sont extrêmes dans la laideur. Toute porte qui mène à la désobéissance à Dieu, tu la fermes. Certains ont dit que le terme « mal » ici indique que c’est une chose interdite mais il n’y a pas de peine légale dans la Loi de l’Islam pour celui qui la commet. Alors que ce qui est abominable, c’est ce qui fait mériter l’application d’une peine légale.

Et il vous ordonne de dire des choses au sujet de Dieu, sans science. C’est lorsque vous dites que telle chose est licite, telle chose est interdite, mais sans science. Le chayTaane vous amène à dire au sujet de Dieu ce qui n’est pas digne de Lui.

Verset 170 : et lorsqu’il leur a été dit « suivez ce que Dieu a révélé » : il s’agit d’un certain groupe de gens que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a appelé à la foi et à suivre le Qur’ān. Il a été dit que ces gens-là étaient des associateurs et il a été dit que c’était un groupe de yahūd.

Ils ont répondu « non, nous, nous suivons ce sur quoi que nous ayons trouvé nos parents ». Ils ont dit que leurs parentsavaient plus de connaissances, ils étaient mieux qu’eux.

Allāh leur a répliqué par : et si leurs parents n’avaient pas de science et n’étaient pas bien guidés. C’est-à-dire : est-ce qu’ils suivent leurs parents, même si leurs parents ne comprenaient rien de la religion et qu’ils n’étaient pas guidés vers ce qui est correct ?

Verset 171 : l’exemple de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire celui qui appelle ces gens-là qui sont mécréants, c’est comme celui qui crie sur quelqu’un qui ne comprend pas, comme si on crie sur un animal et il ne comprend pas. Il a comparé ces gens-là aux animaux qui ne comprennent pas l’appel. Ils n’entendent que le timbre et le son de la voix. Cela veut dire qu’ils ne méditent pas à propos de ce qui leur est dit et cela est à l’exemple de celui qui crie sur des animaux qui entendent que c’est une réprimande mais ils ne comprennent pas car ils n’ont pas de raison. Il y a l’appel et il y a ad-duʿāʾ qui est ce qui peut être entendu et ce qui peut ne pas être entendu.

Ils sont comme sourds, muets, aveugles, ils ne saisissent pas : c’est-à-dire le rappel et l’exhortation. Que Dieu nous préserve de la mauvaise compréhension. C’est une épreuve.

Verset 172 : puis il a expliqué que ce que les associateurs avaient interdit est en réalité licite.

Ô vous qui êtes croyants, mangez des choses licites que nous vous avons accordées : c’est-à-dire soit des choses délicieuses, soit des choses licites.

Et remerciez Allāh Qui vous a accordé ces bienfaits.

Si vous L’adorez véritablement. C’est-à-dire s’il est vrai que vous n’adorez que Lui et que vous reconnaissez que c’est Lui Qui accorde les bienfaits.

Verset 173 : mais Il ne vous a interdit que le cadavre et le sang. Ici « ʾinnamā » indique une restriction. Il n’y a que ce qui est cité après ce terme qui soit interdit. Le cadavre c’est tout animal dont l’âme a quitté le corps sans qu’il ne soit égorgé s’il fait partie des animaux qui sont égorgés. Le sang : c’est le sang qui a coulé, c’est celui-là qu’il est interdit de consommer. Et Dieu nous a autorisé deux cadavres et deux sortes de sang selon le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : le poisson et le criquet (les sauterelles) et le foie et la rate. Rapporté Al-Bayhaqī et Ibnu Māǧah.

Et la viande du porc. Ce qui est interdit est le porc dans sa totalité et pas uniquement la viande.

Et ce qui a été égorgé pour autre que Dieu. C’est-à-dire ce qui a été égorgé pour les idoles. C’est qu’il a été mentionné lors de l’égorgement autre que le nom de Dieu. Ici il est cité le terme « ouhilla » c’est -à-dire que la voix a été élevée pour citer le nom d’une idole. Le sacrifice est fait en tant qu’offrande pour une idole. C’est la parole des gens de la période de l’ignorance.

Celui qui a été amené à manger sans que ce soit par dépassement de limite (par nécessité) : ce n’est pas par plaisir ou pour un désir qu’il en a mangé et sans consommer plus que nécessaire (il a mangé pour rester en vie, car il était dans un désert par exemple et il n’y avait que ce cadavre à manger). Celui qui est contraint, il lui est autorisé de consommer juste la quantité qui lui permet de rester en vie, mais pas de manger jusqu’à satiété.

Dans ce cas-là, il ne commet pas de péché (parce qu’il était contraint)

Certes Allāh est Celui Qui pardonne : Il pardonne les grands péchés donc comment punirait-Il celui qui consomme le cadavre par nécessité ?

Et Il est miséricordieux : parce qu’Il a autorisé cela. S’il voulait, Il ne l’aurait pas autorisé.

Et cela a été révélé à propos des yahūd et de leurs chefs puisqu’ils ont changé la description du prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils se sont fait soudoyer pour modifier ce qu’il y a dans le Livre.

Verset 174 : certes ceux qui dissimulent ce que Dieu a révélé du Livre c’est-à-dire concernant la description de Muḥammad   ʿalayhi s-salām.

Et qui prennent en contrepartie de cela de l’argent qui est quelque chose de négligeable

Ces gens-là ne font que manger du feu : ils ont pris de l’argent qu’ils ont consommé et ce qu’ils ont consommé fait mériter le feu, en tant que punition, c’est comme s’ils ont consommé du feu. Il y a des exemples dans la langue arabe qui indiquent qu’un tel a consommé telle chose et en fait, il s’agit de la contrepartie qu’il a consommée.

Et ils ne vont pas comprendre de la parole de Dieu au jour du jugement une parole qui va leur réjouir le cœur mais ils vont comprendre la parole : « restez en enfer et ne me demandez plus rien ». Si quelqu’un dit que dans ce verset, ils ne vont pas entendre la parole de Dieu, la réponse est que, le jour du jugement, il y a différentes stations : parmi elles, il y en aura une où des questions leur seront posées et ils comprendront le questionnement et ils parleront pour répondre. Et il y a des stations où il n’y aura pas cela. Donc il n’y a pas de contradiction entre les versets.

Et Dieu ne les purifie pas : c’est-à-dire qu’Il ne les purifie pas de la souillure de leurs péchés et Il ne fait pas leur éloge. Et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal.

Un savant a dit que ce verset a été révélé à propos de deux hommes qui sont partis se plaindre au Prophète ʿalayhi s-salām à propos d’un terrain. Le premier prétendait que ce terrain lui appartenait et l’autre allait jurer que non, c’était le sien. (Et en Islam, celui qui prétend une chose mais sans témoin, alors celui qui est accusé, s’il jure pour récuser l’accusation, l’affaire en reste là). Allāh a alors révélé ce verset pour interdire aux gens de consommer les biens injustement. L’homme s’est abstenu de jurer. C’est comme s’il a reconnu que l’autre avait raison.

At-Tirmiḏiyy a rapporté que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui jure en mentant pour prendre le bien d’un musulman, alors Allāh taʿālā le punira au jour du jugement ».

Verset 175 : ce sont ceux qui ont acheté l’égarement en abandonnant la bonne guidée et qui ont eu le châtiment au lieu du pardon. Il s’agit des yahūd qui ont dissimulé la description du Prophète pour ne pas que les gens le suivent.

Qu’est-ce qui va leur faire supporter le châtiment de l’enfer. Quelle chose va les aider pour patienter à supporter le châtiment en enfer ? Le verset est sous forme d’une interrogation mais en réalité c’est un blâme.

Verset 176 : Allāh a révélé le Livre porteur de vérités. Et « ḏālika » fait référence aux versets qui ont précédé. « Ceci » c’est-à-dire ce châtiment parce que Dieu a révélé ce qu’Il a fait descendre du Livre et c’est porteur de vérité. Ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas des illusions, mais c’est une vérité. Donc ce châtiment leur est réservé parce que ce qui est parvenu est une vérité.

Et ceux qui ont divergé à propos du Livre. Ici, il ne s’agit pas d’un livre particulier, cela signifie qu’ils ont divergé à propos du livre en tant que genre. « Ceux qui ont divergé » c’est-à-dire les gens du Livre. Certains livres, ils ont dit que c’est une vérité et d’autres livres qui ont été révélés à d’autres prophètes, ils ont dit que c’était faux.

Ils sont dans une grande opposition les uns envers les autres, dans une divergence qui les a amenés loin de la vérité. Ou bien une autre explication : c’est parce qu’ils savent que Dieu a révélé le Qur’ān véritablement, mais ils ont divergé à son sujet et donc, par conséquent, ils sont loin de la bonne guidée.

Verset 177 : le bien n’est pas le fait que vous vous orientiez vers le levant ou vers le couchant : cette parole s’adresse aux gens du Livre parce que la qiblah, la direction de la prière des nasārā (des chrétiens) est le levant de baytu l-Maqdis et la qiblah des yahūd (des juifs) c’est le couchant. Et chacun des deux groupes prétend que le bien est de se diriger vers sa qiblah à lui. Ce verset est une réplique à ces gens-là pour leur dire que le bien ne réside pas dans ce que vous êtes en train de faire, parce que ce qui a été révélé avant le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été abrogé par la mission de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Mais celui qui a la bienfaisance c’est celui qui croit en Dieu. « Al-birr » c’est le nom du bien ou c’est le nom de tout acte qui est agréé. Et il a été dit qu’il y a eu beaucoup de débats entre les musulmans et les gens du Livre à propos de la qiblah. Ce verset indique que la plus éminente des œuvres qui devrait attirer votre attention, plus que tout autre sujet, ce n’est pas le sujet de la qiblah. Mais la plus grande des bonnes œuvres à laquelle vous devriez vous consacrer, c’est la bienfaisance que constitue la croyance en Dieu et le fait d’accomplir ces œuvres-là. Ici il y a deux récitations : « laysa l-birru »et « laysa l-birra », qui sont parvenues du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et il y a une légère différence dans le sens à chaque fois.

Et au jour dernier : c’est-à-dire le jour de la résurrection.

Et aux anges et au Livre : le Livre ici, soit c’est le nom du genre, c’est-à-dire tous les livres que Dieu a révélés ou alors le Livre en particulier le Qur’ān.

Et aux prophètes et qui donne l’argent « ʿalā ḥubbihi » : une explication est : il donne l’argent pour l’amour de Dieu ou bien « il donne l’argent malgré son amour pour l’argent » ou bien « il donne l’argent en aimant donner l’argent » c’est-à-dire qu’il donne l’argent et il est satisfait de le donner.

A ses proches parents : ils sont cités en premier parce qu’ils méritent avant toute autre personne. Le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’aumône que tu donnes au pauvre, c’est une aumône mais l’aumône que tu donnes à ton proche parent (qui est dans le besoin) ce sera une aumône et un entretien de liens avec ton proche parent ». Rapporté par An-Nasāʾī.

Et aux orphelins : ceux qui sont visés ici sont les pauvres parmi les proches parents et parmi les orphelins.

Et à des miséreux : le miséreux est celui qui est toujours dans le besoin. Il ne possède rien du tout.

Et à « ibnu s-sabīl » : cela signifie littéralement « le fils du chemin ». Ici c’est le voyageur qui n’a pas les moyens, même s’il s’agit ici d’un singulier. Il a été appelé « ibnu s-sabīl » parce qu’il est toujours sur le chemin. Ou alors c’est l’invité.

Et à ceux qui demandent : c’est-à-dire les mendiants.

Et pour aider ceux qui ont fait un contrat d’affranchissement : c’est-à-dire les esclaves qui ont passé un contrat d’affranchissement pour retrouver leur liberté. Ou à des prisonniers.

Et qui accomplit la prière : c’est-à-dire la prière obligatoire.

Et qui s’acquitte de la zakāt : c’est-à-dire de la zakāt obligatoire. Il a été dit cici que cette mention de la zakāt constitue une insistance sur ce qu’il a cité précédemment. Et il a été dit que les premiers qui sont énumérés sont les aumônes qui sont surérogatoires et les actes de bienfaisance. Alors qu’ici, la zakāt est l’aumône obligatoire.

La bienfaisance est aussi pour les croyants qui tiennent leurs engagements lorsqu’ils les prennent : qu’ils prennent ces engagements à l’égard de Dieu ou à l’égard des gens.

Et ceux qui patientent : c’est un éloge afin de montrer le mérite de la patience, lors des difficultés, lors des situations de combat, sur les différentes œuvres.

En période de pauvreté et de difficulté et en période de maladie : que ce soient des maladies ponctuelles ou chroniques.

Et lors du combat : ce sont ceux qui ont été véridiques et ceux qui sont des pieux. C’est-à-dire que ceux qui ont ces caractéristiques, ce sont ceux qui ont été sincères et véridiques dans leur attachement à la religion.

Le verset 177 est terminé et An-Nasafiyy introduit le contexte dans lequel le verset 178 a été révélé. Il a été rapporté qu’entre deux clans des Arabes, il y a eu des affaires de sang (des gens ont été tués). Dans le temps de l’ignorance qui a précédé l’islam, il y a eu des guerres entre les tribus pour différentes causes, et ça durait des années et des années. Une des deux tribus a juré : si vous tuez un de nos esclaves, on tuera un de vous qui est libre, si vous tuez une de nos femmes, on tuera un de vos hommes. Si vous tuez un de chez nous, on tuera deux de chez vous. Puis ils sont partis demander l’arbitrage du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsque Dieu a fait parvenir l’islam. Et alors Allāh a révélé le verset 178.

Verset 178 : ô vous qui êtes croyants, la loi du talion vous a été rendue possible. C’est-à-dire qu’il y a équivalence entre la personne qui est tuée ou qui est blessée chez vous et la possibilité de prendre la revanche de manière équivalente. La loi du talion est appliquée concernant les meurtres. Cela veut dire que c’est obligatoire pour vous de prendre en considération l’équivalence et l’égalité concernant les meurtres. C’est une réplique concernant ce que les deux tribus s’étaient jurées l’une l’autre.

Le libre contre le libre. Si une personne libre avait été fait prisonnière ou avait été tuée, vous appliquez la même chose.

Et un esclave pour un esclave, et une femme pour une femme. Aš-Šāfiʿiyyque Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un esclave a été tué par quelqu’un qui est libre, on n’exécute pas celui qui est libre. Donc ici, on n’applique pas le talion. Les hanafites ont divergé des chaféites sur ce sujet. Ils ont dit que si un homme libre tue un esclave, il est exécuté quand même. Ils se sont appuyés sur un autre verset qui signifie « une âme contre une âme ». C’est un sujet de divergence entre les deux. Tout comme il a indiqué la personne de sexe masculin et celle de sexe féminin par la parole du Prophète ʿalayhi s-salām, les musulmans, leurs sangs sont équivalents. Rapporté par Al-Bazzār et Al-Bayhaqiyy. Dans ce sujet-là, il n’y a pas de différence chez les Hanafites entre un homme libre et un esclave.

Celui qui a été excusé pour le meurtre de son frère : c’est-à-dire que la famille de la victime n’a pas voulu l’application de la loi du talion. Le pardon est le contraire de la punition. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué ceci : celui qui ne réclame pas l’application de la loi du talion mais qui accepte en contrepartie le prix du sang (ad-diyah c’est un bien défini dans la loi de l’islam qui est donné à la famille de la victime pour compenser le meurtre. Et le meurtrier n’est pas exécuté). Il suffit qu’il y ait certains de la famille de la victime qui l’aient excusé pour que la loi du talion ne soit pas appliquée.

Ceci (le fait de pardonner et d’accepter le prix du sang) est un allègement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Dans la loi de Moise, il y avait l’application du talion et rien d’autre. Le meurtrier devait être exécuté. Et dans la loi de Jésus, c’était le pardon sans aucune contrepartie. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a été autorisé l’application de la loi du talion ou la prise d’une contrepartie du pardon c’est-à-dire que la famille de la victime accepte de pardonner au meurtrier en contrepartie de quelque chose : c’est un allègement par rapport au talion et une compensation matérielle au lieu du pardon de la loi de Jésus. C’est le juste milieu.

An-Nasafiyy dit que ce verset indique que celui qui a commis le grand péché, en l’occurrence le meurtrier, il est croyant parce qu’il a été appelé « muʾmin ». C’est une réplique aux ẖawāriǧ (au groupe dit « des frères musulmans) qui prétendent que le grand pêcheur est sorti de l’islam. Et c’est une réplique aux moutazilites qui disent que celui qui commet un grand péché n’est ni musulman, ni mécréant. Ils disent qu’il sera éternellement en enfer mais qu’il n’est pas mécréant. Parce que la fraternité qu’engendre la foi demeure.

Celui qui dépasse la limite après cela : c’est-à-dire après cet allègement ; il a dépassé ce qui lui a été autorisé dans la Loi. Soit il tue autre que le meurtrier (comme s’il tue le cousin du meurtrier) ou bien il accepte le prix du sang et après, il va tuer le meurtrier.

Il aura un châtiment douloureux dans l’au-delà.

Verset 179 : et vous avez dans la revanche due à la loi du talion une vie : il y a « la » revanche qui est citée avec l’article défini « la » et « une » vie qui est citée avec l’article indéfini. C’est une parole éloquente en raison de l’étrangeté qu’il y a dedans.La revanche est une exécution, elle indique quelqu’un qui va perdre la vie, il s’agit du meurtrier ici. Et pourtant c’est indiqué comme si c’était une vie.

An-Nasafiyy explique cette partie : le fait que la revanche soit avec l’article défini et que le mot « vie » soit avec l’article indéfini signifie que ce genre de jugement qui est l’application de la loi du talion qui est la revanche, vous gagnerez une vie éminente, parce qu’elle va empêcher les meurtres qui avaient lieu auparavant, comme lorsqu’ils tuaient tout un groupe suite à l’assassinat d’une personne. Donc la revanche est une garantie de vie et quelle vie !! Elle a empêché l’effusion du sang.

Deuxième explication : dans l’application de la revanche, vous avez une sorte de vie : c’est la vie qui est le résultat de la dissuasion d’assassiner. Parce que la personne a su qu’il va y avoir application du talion. Le meurtrier potentiel sait qu’il s’expose à l’application du talion. Quand il envisage de tuer et qu’il se rappelle qu’il y aura l’application de la loi du talion (la revanche), cela va l’amener à s’abstenir. C’est dissuasif. La mise en pratique de la loi du talion se trouve être une cause de vie pour deux personnes : celui qui allait tuer et celui qui allait être tué.

Vous qui êtes dotés de raison. Puissiez-vous éviter (l’assassinat). Et Dieu sait mieux que nous ce qui est le mieux pour nous. Et Dieu sait de toute éternité que la loi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus adaptée et la plus appropriée pour nous, jusqu’au jour du jugement.

Verset 180 : il vous a été prescrit : c’est-à-dire que c’est une obligation de la part de Dieu.

Lorsque l’un d’entre vous est près de mourir : c’est-à-dire que les signes qu’il va bientôt mourir sont apparu.

S’il a laissé des biens (ici il s’agit d’une grande quantité de biens). Il a été rapporté de notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, qu’il avait un esclave qu’il avait affranchi. Cet homme possédait 700 et ce n’était pas une grande somme ; il voulait faire un testament. Notre maitre ʿAlī lui a interdit cela parce que dans le verset, le terme « taraka ẖayran » veut dire « beaucoup de biens » et cet homme n’avait pas beaucoup de biens. ʿAliyy lui a dit : ce verset concerne beaucoup de biens.

De faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Il y a une recommandation de faire ceci. Car au début de l’islam, il y avait la possibilité de faire ce testament, ce qui correspond aux dernières volontés, en faveur des héritiers. Puis ça a été abrogé parce qu’il y a eu un autre verset qui a défini la part de l’héritage de chacun.

Une autre explication de ce verset est que ce verset n’a pas été abrogé. Il n’y a pas abrogation de la possibilité de faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Parce que ce verset a été révélé à propos de quelqu’un qui n’est pas un héritier, en raison de la mécréance. Au début de la révélation, les gens étaient récemment entrés en islam. Il arrivait donc que quelqu’un entre en islam et le reste de sa famille n’entre pas en islam. Or l’islam a coupé l’héritage entre les musulmans et les non musulmans. Comme il n’y a pas d’héritage, ce qui était permis était le testament. Eu égard aux liens de proche parenté, il était possible, même s’ils n’étaient pas musulmans, de faire un testament pour qu’il ait une part des biens qu’il laisse. Donc dans ce sens-là, le verset n’a pas été abrogé. Et dans ce sens-là aussi « kutiba » ne veut pas dire « obligatoire » mais ça veut dire « permis ».

Le testament est permis de manière juste (équitable) : ça veut dire que c’est permis de faire un testament en faveur de certaines personnes qui ne font pas partie de ses héritiers mais de manière équitable. Premièrement, il ne va pas faire un leg à ceux qui sont riches au détriment des pauvres. D’autre part il ne faut pas que ce leg dépasse le tiers de son héritage. Parce que la loi de l’islam a prévu, lors du décès d’une personne, qui sont les héritiers et quelle part de l’héritage chacun va avoir.

Ceci est un droit que Dieu accorde à ceux qui se protègent de la mécréance.

Verset 181 : celui qui change le testament : celui qui va mourir dit qu’il veut que telle part aille à telle personne. Et celui qui change le testament est quelqu’un qui ne respecte pas les dernières volontés du défunt, si ce testament était conforme à la Loi de l’Islam aussi bien de la part de ceux à qui la recommandation a été faite ou de la part des témoins.

Après avoir entendu les dernières volontés : c’est quelqu’un qui, après avoir entendu les dernières volontés, il les modifie.

Le péché incombe à celui qui modifie le testament.

Certes Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il entend la parole de celui qui a fait le testament et Il sait l’injustice de celui qui a modifié.

Verset 182 : faman ẖāfa ne signifie pas « il a peur » mais il a su que quelqu’un qui a laissé un testament s’écarte de la vérité en se trompant dans son testament ou il craint un péché : il craint que, délibérément il modifie ou il altère le testament.

Il a recommandé pour eux : il a veillé à réparer entre ceux qui ont fait l’objet de ce leg, en l’occurrence dans ce verset les parents et les proches parents. Il concilie entre eux pour ne pas qu’il y ait de conflit entre eux, en exécutant le testament conformément à la Loi de l’Islam.

Il n’y a pas de péché pour lui : parce qu’il a veillé à ce que les choses ne restent pas dans le faux.

Dans ce verset, il y a d’abord la mention de ceux qui changent le faux en vrai et ceux qui changent le vrai en faux. Pour que l’on sache que ce n’est pas tout changement qui est rejeté. Le changement qui est rejeté est celui qui change quelque chose de correct en quelque chose qui est mauvais. Mais celui qui veut réparer quelque chose de mauvais pour le rendre correct, il n’y a pas de péché pour cela.

Certes Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 183 : ô vous qui êtes croyants, il vous a été prescrit (c’est-à-dire que c’est une obligation pour vous) le jeûne (il s’agit du jeûne du mois de ramaḍān) tout comme il a été prescrit (c’est-à-dire tout comme il a été rendu obligatoire) pour ceux qui vous ont précédés (c’est-à-dire les prophètes et les communautés depuis Ādam ʿalayhi s-salām jusqu’à votre époque à vous). Donc le jeûne est une ancienne adoration. La comparaison ici est que chacun a jeûné des jours particuliers. Vous, il vous a été rendu obligatoire de jeûner certains jours, tout comme d’autres avant vous, ont reçu l’obligation de jeûner certains jours.

Puissiez-vous faire preuve de piété : vous préserver des péchés. Comment vous préserver des péchés ? Grâce au jeûne, parce que le jeûne préserve l’âme. Le jeûne détourne l’âme de commettre le mal. Et dans le ḥadīṯ de ʿAliyy que Dieu l’agrée, l’ascèse (le détachement des plaisirs) a préservé la personne de ses désirs. Ou bien : puissiez-vous devenir pieux par le jeûne. Parce que le jeûne est le signe des pieux.

Verset 184 : il s’agit de jours bien comptés. Il vous a été rendu obligatoire de jeûner un certain nombre de jours bien comptés, c’est-à-dire un nombre qui n’est pas élevé.

Ceux d’entre vous qui sont malades : c’est-à-dire ceux à propos de qui on craint que la maladie ne s’aggrave à cause du jeûne.

Ou qui sont en voyage

Alors ils devront un certain nombre de jours : ils devront jeûner en rattrapage autant de jours qu’ils n’ont pas jeûné.

Et ceux qui peuvent jeûner : c’est-à-dire ceux qui ont la capacité de jeûner, puisqu’ils n’ont pas d’excuse pour ne pas jeûner, peuvent donner une compensation, la moitié d’un ṣaʿ de blé ou d’un ṣaʿ d’autre chose que le blé. Cette possibilité de compenser au lieu de jeûner était au début de l’islam. Le jeûne avait été prescrit pour les musulmans au début de l’islam mais c’était difficile pour eux car ils n’étaient pas habitués. Alors Dieu les a autorisés à ne pas jeûner mais de payer une compensation à la place. Donc ils avaient le choix. Puis cette possibilité de choisir a été abrogée. Ce jugement a ensuite été abrogé par le verset qui signifie : « celui qui est vivant le mois de ramaḍān alors qu’il le jeûne ». Et pourtant on continue à réciter ce verset. Donc celui qui récite le Qour’aan tout seul, il va se mélanger les idées, parce qu’il ne sait pas quel verset a été abrogé ou non. Le verset cité auparavant indique qu’ensuite, il n’y a plus de possibilité de payer une compensation au lieu de jeûner. Mais le jugement reste pour les malades et les voyageurs.

Il y a une autre explication : certains ont dit qu’il y a une négation qui est sous-entendue. Il est écrit « ceux qui en sont capables » mais il est sous-entendu « ceux qui n’en sont pas capables ». C’est dans une autre récitation et dans ce cas-là, il n’y a pas d’abrogation.

Celui qui veut donner plus (que le montant de la compensation) c’est un bien pour lui. Car si on fait du bien avec la bonne intention, on gagne des récompenses.

Mais le fait que vous jeûniez (c’est-à-dire ceux qui sont capables de jeûner) cela vaut mieux pour vous (que de donner la compensation, même si vous donnez plus que la compensation). C’est un jugement qui concerne les gens au début de la révélation, lorsqu’ils avaient le choix entre jeûner et donner la compensation.

Si vous le saviez.

Verset 185 : le mois de ramaḍān durant lequel a été descendu le Qur’ān. Il y a une autre explication : le mois de ramaḍān à propos duquel le Qour’aan a été descendu.

A propos de la première explication : le mois de ramaḍān durant lequel le Qur’ān a commencé à être descendu et c’était la nuit de al- al-qadar.

Selon la deuxième explication : il y a des versets qui concernent le mois de ramaḍān.

Et le terme « ramaḍān » est le substantif de « ramaḍa » qui veut dire « brûler ». C’est un substantif c’est-à-dire un mot qui dérive d’un verbe. Ceci signifie que, pendant ce mois, les gens endurent la chaleur de la faim et de la difficulté du jeûne. En effet la faim est ressentie comme une brûlure. Et à l’origine, les noms des mois désignaient des évènements particuliers et quand le nom du mois de ramaḍān a été donné, cela coïncidait avec des jours de grande chaleur.

Et il est une guidée pour les gens : il guide les gens vers la vérité. Dans le Qur’ān il y a des versets qui sont clairs et ils guident vers la vérité et grâce à ces versets, on distingue entre le vrai et le faux. Dans ce verset, il a été cité que le Qur’ān est une guidée et c’est ce qui permet de distinguer entre le vrai et le faux. C’est une partie de ce que Dieu a révélé, parmi les livres célestes. Cette appellation « céleste » signifie que l’ange chargé de la révélation ramène ce qui est écrit sur la table préservée qui est dans le ciel, il le ramène aux prophètes. Le livre céleste permet de distinguer entre la bonne guidée et l’égarement.

Celui d’entre vous qui est présent : c’est-à-dire qui est résident et qui n’est pas voyageur durant ce mois alors qu’il le jeûne (qu’il ne rompe pas le jeûne)

Quant à celui qui est malade ou qui est en voyage, alors qu’il jeûne un certain nombre d’autres jours.

Allāh agrée pour vous la facilité puisqu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Puisqu’Il a autorisé de ne pas jeûner pour celui qui voyage ou pour celui qui est malade.

Et Allāh n’agrée pas pour vous la difficulté. Le sens est qu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Dans la religion, il n’y a que ce que vous pouvez supporter.

Et afin que vous complétiez le nombre.  C’est-à-dire le nombre de jours que vous n’avez pas jeûnés, en faisant le rattrapage s’il n’y a plus de maladie ni de voyage. Allāh vous a autorisé cela.

Et afin que vous glorifiiez Allāh pour vous avoir guidés.

Puissiez-vous remercier.

Concernant le fait de compléter le nombre de jours : c’est parce qu’il y a l’ordre de compléter par le même nombre de jours quand on rattrape.

Concernant le fait de glorifier Dieu, c’est parce qu’Il nous a enseigné comment rattraper.

Concernant le fait de remercier : c’est pour remercier Dieu de l’autorisation qu’Il nous a donnée, de ne pas jeûner.

Verset 186 : un homme de la campagne a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et a dit : « est-ce que notre Seigneur est proche pour que nous L’implorions ou loin pour que nous L’appelions ? » Rapporté par aṭ-Ṭabariyy et d’autres. Alors le verset 186 a été révélé.

Et lorsque Mes esclaves t’interrogent à Mon sujet, alors Je suis qarīb : c’est-à-dire proche par la science et par l’exaucement et non pas par la position physique. C’est -à-dire Je sais absolument tout d’eux et Je peux les exaucer rapidement. Parce que Dieu est exempt de la proximité par l’endroit. On ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il est loin (baʿīd) ni qu’Il est présent (ḥāḍir). Mais on peut dire le mot « qarīb » en arabe au sujet de Dieu, comme nous l’avons expliqué auparavant. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté : la question de cet homme n’était pas parce qu’il aurait douté à propos de l’impossibilité de la proximité physique ni de l’éloignement physique au sujet de Dieu. Mais il voulait augmenter en certitude, du fait que Dieu n’est ni proche par la distance ni qu’Il est éloigné par la distance. Car celui qui aura cru que Dieu est proche par la distance ou éloigné par la distance, il aura assimilé Dieu à Ses créatures. Parce que les créatures sont proches les unes des autres par la distance et éloignées les unes des autres par la distance. Donc on ne dit pas cela au sujet de Dieu.

J’exauce l’invocation de celui qui M’invoque lorsqu’il m’invoque. Cela veut dire que Dieu donne la récompense à celui qui est obéissant, pour son obéissance qui est conforme à la Loi. L’exaucement de l’invocation est une promesse véridique de la part de Dieu à laquelle il n’y a pas de manquement.

 Il y a une histoire qui est fausse que le šayẖ a citée pour mettre en garde contre elle : certains prétendent que lorsque l’esclave dit : « ô mon Seigneur » alors   Dieu lui dit « labbayk, ô Mon esclave », c’est un mensonge. Le mot « labbayk » signifie : « je t’obéis, obéissance après obéissance. Les musulmans disent ce mot-là au pèlerinage « labbayka l-Lāhumma labayk ». Cela veut dire : « ô Allāh, nous T’obéissons, obéissance après obéissance ». Cette phrase, c’est l’esclave qui la dit à Allāh mais ce n’est pas Dieu Qui dit cette phrase à l’esclave.

Alors qu’ils répondent et qu’ils obéissent à Mon ordre. C’est-à-direlorsque Je leur ordonne d’être croyant. Tout comme Je leur exauce leurs invocations lorsqu’ils M’invoquent pour leurs affaires.

Et qu’ils croient en Moi.

Puissent-ils être bien guidés. Et ar-rašadest le contraire de l’égarement.

Verset 187 : au début, concernant le jeûne, lorsque le soleil se couchait, il était permis à l’homme qui faisait le jeûne de manger, de boire et d’avoir un rapport. C’était permis jusqu’à ce qu’il fasse la deuxième prière de la nuit (la prière de al-ʿišaʾ) et après cela, il ne pouvait plus ni boire, ni manger ni avoir de rapport jusqu’à la nuit suivante. Et il est arrivé qu’ʿUmar que Dieu l’agrée, a eu un rapport avec son épouse après la prière de al-ʿišaʾ. Quand il a fait le ġusl, il s’est mis à pleurer et à se blâmer. Il est allé voir le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et l’a informé de ce qu’il avait fait. Le Prophète lui a dit : « tu n’aurais pas dû faire cela ». Et c’est ainsi qu’a été révélé le verset 187 qui a abrogé ce qui était auparavant. C’est-à-dire lorsque c’est la nuit du jeûne et après la prière de al-ʿišaʾ, il vous est permis d’avoir un rapport avec vos femmes.

Le mot « rafṯ » a été utilisé pour indiquer le fait d’avoir un rapport avec son épouse et ce terme n’est pas aussi beau qu’un autre terme. C’était pour leur expliquer que ce qu’ils considéraient comme quelque chose de mauvais, le fait de boire, ou manger ou avoir un rapport, après s’être endormis, même si c’était encore la nuit, cette chose était licite à présent. S’ils voulaient manger ou boire ou avoir un rapport, c’était avant de dormir. Puis ce jugement a été abrogé.

Elles sont comme un vêtement pour vous et vous êtes comme un vêtement pour elles. Quand l’homme et la femme se serrent l’un contre l’autre, l’un est comme un vêtement pour l’autre. Le vêtement, quand on le porte, il colle à la poitrine, au cou, au ventre. Et il a été dit que le mot « vêtement » ici est au sens figuré parce que, de la même façon qu’un vêtement te cache, le fait d’avoir un rapport avec son épouse empêche de tomber dans l’interdit. C’est quelque chose qui protège de l’interdit. Et c’est une explication de ce qui vient avant. S’il y a entre vos épouses et vous ce contact, alors vous allez peu patienter avec elles et c’est difficile pour vous de les éviter. C’est pour cela que Dieu vous a autorisé d’avoir un rapport avec elles la nuit qui précède le jeûne.

Allāh sait que vous avez été injustes envers vous-mêmes, vous avez trahi : c’est pour montrer la gravité de ce qui a été fait.

Allāh a accepté votre repentir ; le fait que vous ayez regretté ce que Dieu vous avait interdit.

Et Il vous a excusé ce que vous avez fait avant d’avoir reçu l’autorisation.

Maintenant vous pouvez avoir un rapport avec elles. C’est-à-dire la nuit qui précède le jeûne. Ici c’est à l’impératif pour indiquer l’autorisation et non pas l’ordre de faire cela. Le verbe est « bāširūhunna » : « bāṣara » a la même racine que « al-bašarah » qui signifie la peau. Bāṣara signifie « ayez un rapport avec vos femmes la nuit qui précède le jeûne ». Et c’est un ordre qui indique le caractère autorisé. Et le rapport a été appelé « mubāšarah » parce que les peaux du mari et de la femme se collent. Et le mot « mubāšarah » peut avoir le sens de se serrer l’un contre l’autre.

Notre šayẖ a dit : un de ces docteurs qui prétendent avoir appris alors qu’ils n’ont pas appris a expliqué le ḥadīṯ de ʿĀʾišah qui disait : « le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam me serrait contre lui peau contre peau, alors qu’il faisait le jeûne ». Et elle a utilisé le terme « bāṣara ». Ceci pour enseigner aux gens ce qu’il est licite de faire ou pas : et ce n’est pas un manque de pudeur. Mais cet homme ignorant a expliqué ce terme par un rapport : comme si le Prophète, alors qu’il faisait le jeûne, aurait eu un rapport avec ʿĀʾišah. Et c’est interdit de faire cela. Et cela, parce que cet homme n’a pas su quel était le sens de « mubāšarah ». Cela est la caractéristique de celui qui n’apprend pas la science.

Et recherchez ce que Dieu vous a destiné. C’est-à-dire « ayez un rapport avec vos femmes pour rechercher ce que Dieu vous a prédestiné et ce qu’Il a confirmé dans la Table Préservée, c’est-à-dire l’enfant que vous pourrez avoir suite à ce rapport. C’est-à-dire « ne faites pas le rapport uniquement pour assouvir le désir mais pour rechercher ce pour quoi Dieu a autorisé le mariage, à savoir de vous reproduire, pour que vous ayez une descendance ».

Ou une autre explication : quand vous faites le rapport, faites-le dans l’endroit que Dieu vous a autorisé et pas dans un autre endroit. Ne faites pas la sodomie.

Et vous pouvez manger et boire jusqu’à ce que le trait blanc vous apparaisse. Dès que l’aube apparait, c’est comme un fil blanc c’est-à-dire un trait transversal qui apparait à l’horizon est. Jusqu’à ce que vous puissiez faire la distinction entre le trait blanc et le trait noir. Le trait noir indique la nuit et le trait blanc indique l’aube. Ici l’auteur a juste expliqué le trait blanc de l’aube, il n’a pas dit le trait noir de quoi, parce qu’il suffit d’expliquer l’un des deux et l’autre est déduit.

Autre explication : il y a le mot « min » qui signifie « parmi » ou « de » : c’est pour dire que c’est un trait blanc qui est une partie de l’aube et l’aube va s’élargir encore plus. Il va expliquer la construction de la phrase dans la langue : s’il s’était limité au trait blanc, ça serait juste un sens figuré. Car en réalité ce n’est pas un trait blanc mais il s’agit d’une lueur blanche. La blancheur que l’on voit est fine et longue comme un trait. Du fait qu’il est rajouté « min al-fajr », ça devient une comparaison.

Un compagnon qui s’appelle ʿĀdil fils de Ḥātim a dit : « j’ai pris deux cordes avec lesquelles on attache le chameau (un fil épais) une blanche et une noire et je les ai mises sur mon oreiller et j’ai essayé de distinguer entre les deux mais je ne voyais pas de différence car c’était la nuit. J’en ai parlé au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui m’a dit : « tu es quelqu’un de naïf. Ce qui est cité dans le verset ce n’est pas que tu prennes un fil blanc et un fil noir mais il s’agit de la blancheur de l’aube et de la noirceur de la nuit. »

Poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. C’est-à-dire qu’une fois que l’aube s’est levée, poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. Cela signifie : tout d’abord, cessez ces choses-là, que vous pouviez faire la nuit. Maintenant que l’aube est arrivée, vous devez ne plus les faire.

An-Nasafiyy est hanafite, il va donc déduire certains jugements selon l’école de jurisprudence hanafite. Il a dit que ceci est une preuve qu’on peut mettre l’intention dans la journée pour jeûner ramaḍān : si quelqu’un n’a pas mis l’intention de jeûner pendant la nuit, il peut la mettre après l’aube.

Deuxièmement : cela veut dire qu’il est permis de retarder le ġusl jusqu’à l’aube.

Troisièmement : c’est interdit d’enchaîner deux jours de jeûne consécutivement.

Quatrièmement : celui qui a mangé ou bu se charge d’une expiation.

Le fait d’être ǧunub n’empêche pas la validité du jeûne.

Et n’ayez pas de rapport avec elles lorsque vous êtes en ʾiktikāf dans la mosquée. Al-ʾiktikāf est un acte d’adoration qui consiste à mettre l’intention de rester dans une mosquée pendant un certain temps, même s’il est très court : cela fait gagner des récompenses. Et il est recommandé de faire al-ʾiktikāf les dix dernières nuits de ramaḍan. Ce verset est une preuve que al-ʾiktikāf ne peut avoir lieu que dans une mosquée.

Ces jugements qui vous ont été indiqués sont des limites que Dieu a fixées, c’est-à-dire que ce sont des jugements bien précis que Dieu vous a prescrits.

Ne vous en rapprochez pas, c’est-à-dire ne contredisez pas ce que Dieu vous a ordonné et ne modifiez pas ce que Dieu vous a ordonné. Donc ne vous rapprochez pas de ces limites que ce soit en les modifiant ou en les contredisant.

Ainsi Allāh indique Sa Loi pour des gens, puissent-ils éviter les interdits. C’est ainsi que Dieu indique aux gens Ses jugements, puissent-ils se préserver des péchés.

Verset 188 : ne consommez pas vos biens les uns les autres injustement. C’est-à-dire : ne prenez pas vos biens les uns les autres d’une manière que Dieu n’a pas rendu licite.

Et ne vous en remettez pas systématiquement aux juges. N’agissez pas de façon à ce que vous deviez passer devant un tribunal          

Ne prenez pas les biens des gens en vous appuyant sur un jugement basé sur un faux témoignage. Ce verset interdit d’agir ainsi, d’aller consulter un juge pour prendre les biens des gens, en s’appuyant sur un faux témoignage ou bien en s’appuyant sur des gens qui jurent mensongèrement ou bien pour obtenir un règlement à l’amiable, alors que celui en faveur de qui le jugement a été prononcé est un injuste.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à deux personnes qui étaient venues se plaindre à lui et qui demandaient son arbitrage, il leur a dit ce qui signifie : « je ne suis qu’un humain et vous êtes en train de m’exposer votre différend et il se peut que l’un d’entre vous maquille sa preuve et que je prononce la sentence en sa faveur, conformément à ce que j’ai entendu de lui. Celui en faveur de qui j’ai émis un jugement (de prélever du bien de son frère), alors qu’il ne prenne rien de ce que j’ai jugé ». Parce qu’en réalité, c’est du feu qu’il est en train de manger. Si le Prophète juge en faveur de quelqu’un mais qu’en réalité, ce n’est pas son droit, qu’il ne prenne rien du tout, parce que c’est comme s’il lui donnait un bout de feu. Rapporté par Abū Dāwūd et ad-Darāqutnī. C’est alors que tous les deux se sont mis à pleurer et chacun des deux a dit : le droit que j’ai, je le confirme, mon frère. Il se peut que l’un des deux soit plus apte à développer un argument que l’autre. Il a été dit que le sens du verset est : vous donnez une partie de vos biens au juge pour le soudoyer, pour qu’il prononce le jugement en votre faveur.

Alors que vous le savez. Vous savez que vous êtes dans le faux. An-Nasafiyy a dit que commettre un péché tout en sachant que c’est un péché, c’est un acte plus laid encore, que celui qui commet un péché alors qu’il ne savait pas que c’était un péché. Le premier mérite plus d’être blâmé que le second, même si celui-ci se devait d’apprendre le jugement.

Muʿāḏ ibnu Ǧabal a posé la question au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « ô messager de Dieu, pourquoi donc le croissant de lune est tout fin, comme un fil, puis il augmente en taille jusqu’à devenir la pleine lune, puis il va diminuer à nouveau jusqu’à devenir comme un fil ? Pourquoi ce n’est pas comme le soleil ? » Il n’y a pas de croissant de soleil. C’est ainsi que la parole de Dieu a été révélée, qui signifie :

Verset 189 : Ils t’interrogent à propos des croissants lunaires. Il a été appelé « hilāl » c’est-à-dire « croissant » parce que les gens lèvent la voix quand ils le voient.

Sache que c’est un moyen de détermination des temps pour les gens et pour faire le pèlerinage. C’est-à-dire que c’est un des signes par lequel les gens comptent le temps pour leurs plantations, pour leur commerce, pour les dates d’échéance de leurs dettes, pour leurs jeûnes, la période d’attente post-maritale de leur femme, les périodes des menstrues des femmes, la période de la grossesse, les temps importants du pèlerinage et ainsi de suite.

Certains partisans de Médine, quand ils entraient en rituel de pèlerinage ou de ʿumrah, aucun d’entre eux n’entrait dans un champ ni dans une maison ni dans une ferme, par la porte. Si c’est quelqu’un qui était de la campagne, il faisait un trou dans une partie de sa maison pour rentrer et sortir. Et si c’était quelqu’un qui habitait dans des tentes faites habituellement à partir de la laine de chameau, il sortait et entrait par derrière et non plus par devant. Alors a été révélé la suite du verset :

Ce n’est pas le plus important que vous évitiez d’entrer par la porte mais ce qui compte, c’est la bienfaisance de quelqu’un qui craint Dieu et qui évite ce que Dieu a interdit.

C’est comme si la réponse était à propos des croissants indiquant le début des mois lunaires. Quelle était la sagesse qu’au début du mois, le croissant est tout fin et qu’au milieu du mois, c’est la pleine lune ? Alors que le soleil a toujours la même taille tout le long du mois ? Il est connu que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse. C’est comme s’il leur dit : sachez que tout est selon une sagesse et laissez la question à propos de ce sujet. Regardez : vous, vous faites une chose qui est dépourvue de sagesse et vous pensiez que c’est quelque chose de bien. C’est cela le lien avec les versets qui ont précédé.

Il se peut que ce verset soit au titre de l’ʾistiṭrāḍ puisqu’il s’agit des versets indiquant le temps du pèlerinage. Les mois lunaires indiquent des temps et le pèlerinage est à faire à certains moments des mois parce que c’était parmi leurs actes de faire le pèlerinage. Et l’ʾistiṭrāḍ est une figure de style utilisée par les savants hors de son contexte parce qu’il y a un élément qui permet d’introduire ce sujet. (En français, alors qu’on parle d’un sujet, on cite une parole qui, en apparence, n’a pas de lien direct avec ce dont on parle, alors on dit pour l’introduire « entre parenthèses » puis on revient au premier sujet).

Il se peut aussi que ce soit là juste un exemple qu’il donne à propos de leur question sur le croissant lunaire. C’est comme celui qui laisse la porte d’entrée principale de sa maison et il rentre par une porte dérobée.  Ce qu’il convient de faire, ce n’est pas de poser des questions inutiles mais la bienfaisance consiste à se préserver de poser pareille question.

Et entrez dans les maisons par leur porte principale. C’est-à-dire : traitez les sujets de la manière par laquelle il faut les traiter et ne les traitez pas à l’envers.  

Ou alors : vous devez avoir pour certitude et pour croyance que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse et que cela est correct, sans qu’il ne parvienne un quelconque doute ou une confusion ou objection, afin de ne pas poser de question à ce sujet, en raison de ce que la question peut sous-entendre de remise en cause suite au doute. Tout comme Dieu dit dans le Qour’aan ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors qu’eux, le seront ».

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : dans ce qu’Il vous a ordonné de faire et ce qu’Il vous a interdit de faire.

Puissiez-vous réussir : afin de gagner la félicité éternelle.

Verset 190 : et combattez dans la voie que Dieu agrée : le combat dans la voie que Dieu agrée, c’est pour élever la parole de Dieu et pour donner la gloire à la religion.

Ceux qui vous combattent : c’est-à-dire ceux qui se mesurent à vous et pas ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes. Et ce verset a été abrogé par un autre verset qui signifie : et combattez les associateurs dans leur totalité.

Et il a été dit que c’était le premier verset à avoir été révélé à propos du combat et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam combattait ceux qui combattaient et n’attaquait pas ceux qui ne combattaient pas.

An-Nasafī a dit : combattez ceux qui peuvent vous combattre et ne combattez pas ceux qui ne peuvent pas vous combattre comme les vieillards, les enfants et les femmes.

Et ne soyez pas injustes, certes Allāh n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 191 : et combattez-les où que vous les trouviez. C’est une autorisation qui vous est donnée de combattre ceux qui vous ont amenés à quitter La Mecque.

Et la fitnah est plus grave que l’assassinat. Ce verset, certains se sont trompés pour le comprendre parce que généralement, le mot « fitnah » est utilisé pour indiquer la zizanie, la discorde. Or ce verset ne veut pas dire que semer la discorde est plus grave que de tuer. Ce verset signifie que l’attribution d’un associé à Dieu, c’est-à-dire la mécréance, elle, est plus grave que de tuer. Donc le mot « fitnah » ici, signifie attribuer un associé à Dieu. Ce verset signifie : votre mécréance est plus grave que le fait de tuer, car la mécréance est le plus grand des crimes et le plus laid des crimes selon le jugement de Dieu. Il n’y a pas de crime qui soit plus grave que la mécréance, que ce soit une mécréance par attribution d’un associé à Dieu ou une mécréance sans attribution d’associé à Dieu. Dans les deux cas, la mécréance est le plus grave des crimes et la plus grande des injustices. Cela veut dire que votre mécréance qui est le fait d’attribuer un associé à Dieu est plus grave que ce que vous dénoncez chez les musulmans, à savoir le fait qu’ils aient tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque ; car eux, ils considéraient qu’on ne devait tuer personne dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Suite au fait que les musulmans ont tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque, les associateurs se sont mis à dénigrer les musulmans. Et ce verset est une réplique contre eux : donc ici nous avons appris le contexte dans lequel ce verset a été révélé. Mais la règle est de mise, même en dehors de ce contexte et c’est que la mécréance est plus grave que le fait de tuer.

Cet associateur que les musulmans avaient tué s’appelle ʿAmr fils de Al-Ḥaḍramiyy. Il avait un frère qui était un très grand compagnon, Al-ʾAʿlā fils de Al-Ḥaḍramiyy, il était même un saint parmi les compagnons.

Ne les combattez dans la mosquée al-ḥarām que si eux vous y combattent. C’est-à-dire : ne soyez pas les premiers à déclencher la guerre si c’est à l’intérieur de la mosquée al-ḥarām. Mais s’ils vous attaquent dans cette mosquée, alors combattez-les. Cela veut dire que vous, les croyants, il vous est interdit de combattre dans la mosquée al-ḥarām. Ici la mosquée al-ḥarām ne désigne pas uniquement l’endroit destiné à faire la prière, que ce soit dans ce verset ou dans d’autres versets. Il s’agit en réalité de toute La Mecque : les maisons, les magasins, tout ce qui est au voisinage de la mosquée.

Faites-les sortir de là où ils vous ont fait sortir. C’est-à-dire de La Mecque. Et ce verset a été révélé avant la conquête de La Mecque. Il est une annonce de bonne nouvelle pour les croyants qu’ils allaient conquérir La Mecque. C’est une promesse de la part de Dieu. Et cela a eu lieu la 8° année de l’hégire. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a réalisé cette conquête effectivement. Et il n’est resté à La Mecque que des musulmans. En effet la mécréance est plus grave que l’assassinat et cela est cité dans d’autres versets qui signifient : « le fait d’attribuer un associé à Dieu est une grande injustice » et « les mécréants, ce sont eux les injustes » et « la plus grave des injustices est la mécréance ».

Ce verset ne veut pas dire que le simple fait de semer la zizanie entre deux musulmans serait plus grave que de tuer un musulman. Et ceci est très important à comprendre parce que celui qui croit que semer la zizanie entre deux personnes est plus grave que de tuer quelqu’un, il sort de l’islam. Car il aura démenti la Loi de l’islam. En effet, le fait de tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance. Ainsi le plus grave des péchés est la mécréance parce que Dieu ne le pardonne pas à celui qui en meurt chargé.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « que le bas monde soit détruit est moins grave selon le jugement de Dieu que de tuer un seul musulman ». Rapporté par An-Nasāʾiyy. Ainsi le statut du musulman est respectable car il a accompli le plus important des devoirs qui est de croire en Dieu et en Son Prophète.

Et la cause de la révélation de ce verset est que les associateurs avaient émis une objection, ils avaient blâmé les musulmans parce qu’ils avaient combattu durant les mois ḥurum qui sont : ḏu l-qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah, al-muḥarram et raǧab. Alors Allāh leur a répliqué par le fait qu’eux, les associateurs, avaient commis la plus grave des injustices qui est la mécréance, du fait qu’ils avaient attribué à Dieu un associé. Or le fait de combattre durant les mois ḥurum était interdit. Puis ça a été abrogé selon l’avis de la majorité. Les gens de l’ignorance avaient cette croyance-là. Ils considéraient qu’il était interdit de combattre durant les mois ḥurum.

Et il a été donné une autre explication : c’est que l’épreuve qui s’abat sur l’homme, pour laquelle il va être châtié, son châtiment est plus intense que le fait d’être tué.

Le sens apparent de ce verset est que ce jugement est toujours en vigueur, c’est-à-dire qu’il n’a pas été abrogé. Et c’est l’avis de certains imams : il n’est pas permis de commencer à combattre les non croyants à l’intérieur de l’enceinte sacrée de La Mecque, sauf si les non croyants commencent à y combattre les musulmans.

Mais d’autres savants ont dit que ce verset a été abrogé par un verset dans sūratu barāʾa qui s’appelle aussi « sūratu t-tawbah ». Ce verset signifie : « combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Et sūratu barāʾa fait partie des dernières sourates qui ont été révélées dans le Qur’ān. Dieu dit ce qui signifie : « dès lors que les mois ḥurum se sont écoulés, alors combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Beaucoup de savants ont dit à propos de ce verset qu’il a abrogé l’application du jugement présent dans sūratu l-baqarah et c’est ce dernier verset qui entre en vigueur. Cela signifie que le jugement de sūratu l-baqarah qui empêchait de débuter le combat des non croyants dans la mosquée al-ḥarām a été abrogé. Avant, c’était interdit puis c’est devenu permis, c’est-à-dire que c’est devenu permis de les y combattre, qu’ils aient commencé ou non à nous y combattre.

S’ils vous y combattent, alors combattez-les-y. C’est-à-dire « dans la mosquée al-ḥarām ». An-Nasafiyy est de l’avis des savants qui disent que ce verset n’a pas été abrogé. La mosquée al- ḥarām a un jugement spécifique : les musulmans n’ont le droit de combattre les non musulmans dans cette enceinte sacrée, que si ceux-ci commencent le combat.

Telle est la rétribution des non-croyants.

Verset 192 : s’ils arrêtent : s’ils cessent leur mécréance, s’ils cessent leur combat. Allāh est Celui Qui accepte le pardon, Qui pardonne leur injustice passée. S’ils arrêtent d’attribuer un associé à Dieu, s’ils arrêtent de combattre les musulmans et qu’ils deviennent musulmans, alors Allāh pardonne ce qu’ils ont fait auparavant. Allāh est miséricordieux, Il accepte le repentir, Il accepte leur foi.

Verset 193 : combattez-les afin qu’il n’y ait pas de fitnah : ici le mot « fitnah » signifie l’adoration d’autre que Dieu. Il ne s’agit pas de la zizanie.

Et afin que la religion soit vouée uniquement à Dieu. C’est-à-dire exclusivement à Dieu, pour que le šayṭān n’ait aucune part. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas autre que Dieu qui soit adoré. Notre šayẖ a dit : l’objectif principal est de protéger la religion de l’islam pour les musulmans, pour ne pas que les non musulmans les détournent de l’islam ; et afin de propager la religion agréée par Dieu. Dans le cas où nous n’avons pas la capacité, alors ce n’est pas une obligation pour nous. Mais nous pouvons expliquer et répliquer ; et cela est une obligation pour nous.

S’ils cessent : c’est-à-dire les non-musulmans, les associateurs, alors il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. S’ils délaissent leur incrédulité, alors vous ne les combattrez pas, parce qu’il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. Et eux, ils ne sont plus injustes puisqu’ils sont entrés en islam.

Ou alors ne combattez que les injustes, c’est-à-dire ceux qui n’arrêtent pas leur injustice. Il a appelé la rétribution des injustes « injustice » c’est une figure de style en arabe qui s’appelle « al-mušākalah » : la réponse à une chose est appelée par le même nom, même si elle n’a pas le même jugement. Cela ne veut pas dire « soyez injustes » mais il a utilisé le même terme « aẓ-ẓulm » parce qu’eux ont fait preuve d’injustice. On utilise le même mot pour une chose et sa réponse.

Les associateurs avaient combattu les musulmans dans l’année de al-qudayliyah dans un mois sacré qui est ḏu l-qaʿdah. Alors il leur a été dit cela quand ils sont partis pour faire la ʿumrah pour le rattrapage. Ce verset signifie « s’ils arrêtent leur mécréance, et s’ils entrent en islam, alors ils ne sont pas combattus. »

Sayyid Quṭub qui était un journaliste, a dit au sujet de cette partie du verset 193 : « s’ils ne nous empêchent pas d’entrer en islam, alors on ne peut pas les confronter ». Selon sa prétention qui est fausse, qui contredit la religion agréée par Dieu, qui contredit le Qur’ān, s’ils laissent les musulmans appeler à l’islam et qu’ils ne les empêchent pas d’appeler à l’islam, alors, selon lui, il ne serait plus permis de leur tenir tête. Or sa parole est contraire à la religion agréée par Dieu, elle est contraire au Qur’ān, aux ḥadīṯ du Prophète et à l’unanimité des musulmans. C’est un homme mauvais, combien il est grave ! Sa nuisance est grande envers les musulmans. Son groupe a provoqué l’assassinat de nombreuses personnes en Algérie dans les années 1990.

Verset 194 : le mois al-ḥarām contre le mois al-ḥarām : si eux, vous combattent pendant l’un des mois ḥurum, alors vous les combattez dans l’un des mois ḥurum. Et vous appliquez pour les choses sacrées la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. S’ils vous attaquent, alors vous les attaquez avec la même chose avec laquelle ils vous ont attaqués. Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu quand vous êtes victorieux, dans votre comportement envers celui qui vous a attaqués. C’est-à-dire : ne faites pas avec eux plus que ce qu’il vous est autorisé. Et sachez que Dieu accorde la victoire à ceux qui sont pieux.

Notre šayẖ a dit : le soutien, la victoire que Dieu accorde est soit perceptible, physique ou bien morale. S’ils ont le dessus sur les non musulmans suite à un combat, c’est une victoire matérielle et morale. Mais si ce sont les non musulmans qui ont le dessus sur les musulmans dans la bataille, les croyants sont victorieux dans le sens moral et par le jugement : la victoire est de leur côté parce qu’ils ont une récompense pour avoir combattu et ceux d’entre eux qui ont été tués auront la récompense de martyr. La victoire n’est pas seulement une victoire physique, matérielle. Dieu a promis la victoire aux croyants, c’est-à-dire que, soit ils ont la victoire matérielle et morale, soit ils ont la victoire morale. Donc dans tous les cas, ils sont victorieux. Puis le šayẖ cite le récit des gens du puits de Māʿūn, ils étaient soixante-dix hommes.  Ils étaient sur le chemin pour enseigner le Qur’ān à une tribu arabe qui avait demandé au Prophète de leur envoyer des enseignants de Qur’ān. Une tribu adverse les a attaqués et les a tous tués. Moralement, ce sont les 70 qui sont victorieux. Parce que ceux qui les ont tués méritent un châtiment, en plus de leur châtiment pour leur mécréance. Ils seront châtiés pour leur mécréance et ils seront châtiés pour avoir tué des musulmans. Ces 70 étaient des gens de science, on les appelait des récitateurs.

Verset 195 : et dépensez dans la voie que Dieu agrée. Dépensez dans toutes les voies que Dieu agrée. C’est général.

Et ne vous menez pas à votre propre perte : c’est-à-dire ne soyez pas vous-mêmes la cause de votre mort. Notre šayẖ a dit que cela signifie : ne laissez pas la gestion de vos biens vous détourner du ǧihād. Certains partisans de Médine se sont occupés de gérer leurs biens au lieu de rejoindre le reste des musulmans et ils étaient des propriétaires de palmiers. Ils ont occupé leur temps à la gestion de leurs palmiers au lieu de rejoindre les autres musulmans.

Et faites le bien : c’est-à-dire pensez du bien au sujet de Dieu, si vous n’obtenez pas ce que vous avez voulu.

Certes Dieu agrée les bienfaiteurs. C’est-à-dire ceux qui sont bienfaiteurs envers les nécessiteux.

Verset 196 : poursuivez le ḥaǧǧ et la ʿumrah pour l’agrément de Dieu. Accomplissez le pèlerinage et accomplissez la ʿumrah pour l’agrément de Dieu, c’est-à-dire accomplissez-les parfaitement, c’est-à-dire avec leurs conditions, avec leurs obligations, pour l’agrément de Dieu, sans paresse et sans diminution.

Si vous en avez été empêchés : c’est-à-dire si quelque chose vous en empêche, comme si un ennemi s’interpose entre vous et l’accomplissement du pèlerinage, ou une maladie.

Alors ce qui vous est possible comme sacrifice. C’est-à-dire si vous êtes sur votre chemin vers la kaʿbah et vous êtes entrés en rituel pour faire un pèlerinage ou une ʿumrah, mais s’il y a quelque chose qui s’interpose qui vous empêche d’y aller alors vous vous désengagez du rituel avant le temps du désengagement pour faire un sacrifice à Dieu (soit un chameau, soit une vache, soit un mouton).

Et ne vous rasez pas le crâne avant que l’animal que vous voulez offrir à Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée de La Mecque. Cette parole s’adresse à ceux qui ont été empêchés d’arriver à l’enceinte sacrée de Médine ou de La Mecque, après qu’ils soient entrés en rituel. Il leur est dit de ne pas se raser le crâne comme ce serait le cas pour une situation normale, c’est-à-dire qu’ils ne se désengagent pas du rituel avant que l’animal qu’ils ont décidé d’offrir pour Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée. Parce que chez les Hanafites, ce qui est offert pour se désengager du rituel parce qu’on a été empêché d’y parvenir, il faut qu’il soit égorgé dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Chez les chaféites, il peut être égorgé même ailleurs.

Si l’un d’entre vous était malade : c’est-à-dire si l’un d’entre vous avait une maladie qui nécessitait qu’il se rase le crâne,  

Ou qui a un mal dans sa tête : soit des poux, soit une blessure, il devra alors faire une expiation, (qui consiste en) un jeûne (trois jours de jeûne) ou une aumône (distribuée à six pauvres, à chacun il sera donné la moitié d’un ṣāʿ de blé, selon les hanafites et chez les chaféites, trois ṣāʿ de la nourriture de base la plus répandue de la ville, que vont se partager six pauvres). (Le ṣāʿ équivaut à quatre mudd. Ce sont des unités de volume). Ou bien une brebis.

Si quelqu’un veut faire le tamattuʿ : c’est le fait de profiter d’être parti à La Mecque dans la période du pèlerinage, pour faire une ʿumrah avant le pèlerinage. Si on est dans la période des mois du pèlerinage, on peut entrer en rituel du pèlerinage, mais on peut commencer par faire une ʿumrah. Donc quand on fait une ʿumrah dans les mois du pèlerinage, on fait le tamattuʿ. On devra égorger ce qu’on égorge le jour de l’ʿīd. Celui qui ne trouve pas quoi égorger, il devra jeûner trois jours dans le temps du pèlerinage. C’est-à-dire dans les mois du pèlerinage, entre son entrée en rituel pour la ʿumrah et son entrée en rituel pour le pèlerinage. Et vous jeûnerez sept jours quand vous aurez fini le pèlerinage. Ce sont là dix jours complets. « Complets » : soit parce que cela équivaut à ce qu’il devait égorger et qu’il n’a pas pu égorger ou bien ça équivaut dans la récompense.

Cette règle (c’est-à-dire l’obligation d’égorger ou de jeûner) est pour celui dont la famille n’est pas dans la mosquée al-ḥarām : il ne fait pas partie de ceux qui habitent dans les limites de La Mecque, c’est-à-dire ceux qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher que les gens de La Mecque.

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : accomplissez ce que Dieu vous ordonne et évitez ce que Dieu vous interdit. Que ce soit pour le pèlerinage ou autre que le pèlerinage, Dieu nous ordonne de Lui obéir et nous interdit de Lui désobéir. C’est un rappel.

Et sachez que Dieu a un châtiment douloureux pour celui qui Lui désobéit.

Verset 197 : le temps du pèlerinage, ce sont des mois bien définis. Ce sont des mois bien connus chez les gens, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui peut prêter à confusion. Il s’agit de šawwāl, ḏu l’qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah et les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah. Quand la nuit qui précède l’ʿīd s’achève, alors la borne temporelle (c’est-à-dire la limite) du pèlerinage est raté. Et il y a une borne qui est plutôt physique, et c’est un endroit. On rentre en rituel du pèlerinage à certains endroits que le Prophète a indiqués. Les gens qui viennent du nord passent par Médine, ils ont une borne à ne pas dépasser avant d’être entrés en rituel. Ceux qui viennent de l’ouest ont une autre borne et ainsi de suite.

La borne temporelle s’achève lorsque la nuit qui précède le jour de l’ʿīd finit (c’est-à-dire le faǧr). Quel est l’intérêt d’indiquer que les actes du pèlerinage ont lieu pendant trois mois ? Cela veut dire qu’aucun acte du pèlerinage n’est valable en-dehors de ces trois mois-là et même l’entrée en rituel, selon l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde. Et ils ont été appelés « aṣ-hūr », « mois », même si le dernier n’est pas un mois complet.

Celui qui s’y engage pour faire le pèlerinage. « Y » fait référence à ces trois mois-là. Celui qui s’engage à faire le pèlerinage dans cette période-là.

Il ne fait pas de rapport sexuel ni de fusūq. Le fusūq : certains savants ont dit que c’est le péché, d’autres ont dit que cela veut dire l’insulte envers les musulmans et d’autres ont dit que cela veut dire le fait de donner des surnoms qui indiquent le dénigrement.

Et pas de débat inutile pendant le pèlerinage. C’est le fait de débattre juste pour avoir le dernier mot, sans qu’il n’y ait d’intérêt religieux. Ibnu ʿAbbās a expliqué le mot « ǧidāl » par le « mira’ » et c’est lorsque quelqu’un débat avec son compagnon, il le dispute jusqu’à le mettre en colère. Parole rapportée par aṭ-Ṭabariyy dans son explication. Il a reçu l’ordre de ne pas faire de débats inutiles pour des raisons, parce que cela est comme le fait de porter de la soie quand un homme fait la prière et réciter le Qur’ān pour faire joli mais en rajoutant des lettres.

Après ces différentes interdictions pour interdire le mal, Il enchaîne sur le bien pour utiliser à la place de mauvaises paroles, de belles paroles, à la place du fusūq la bienfaisance et la piété, à la place du débat inutile, le fait d’être concordant et les bons comportements :

Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Dieu sait le bien que vous faites et Il vous rétribue pour le bien que vous faites. An-Nasafiyy dit que par cette parole, Dieu réfute la parole de celui qui dit que Dieu ignore les détails. Car Dieu dit « tout » ce que vous faites comme bien, c’est-à-dire même les détails. La philosophie fait partie des sciences qui sont interdites. Il y avait un homme qui était mufti en Syrie, il s’appelle Aḥmad Kaftāru et il était ignorant. Une fois, il enseignait et disait que l’islam enseigne la philosophie. Son père était quelqu’un de bien et quand il est décédé, les gens ont pensé qu’il était comme son père, alors qu’il était ignorant. Et les gens aujourd’hui sont ainsi, dans l’ignorance. Les gens avaient l’habitude, quand un homme vertueux mourait, de mettre à sa place, son fils, même s’il était encore jeune et même s’il était ignorant. An-Nasafiyy dit que les gens du Yémen avaient pour habitude de ne pas prendre de provisions quand ils allaient faire le pèlerinage. Ils se fiaient à Dieu. Ils se retrouvaient à la charge des gens.  Alors Dieu a révélé la suite du verset 197

Alors faites des provisions. C’est-à-dire « faites des provisions et évitez d’aller demander aux gens de vous donner à manger ».

La meilleure des provisions c’est la piété. Le mot « taqwā » a un sens propre et un sens figuré. Il signifie « se protéger de ». La piété signifie se protéger du châtiment. Et ici cela signifie se protéger de charger les gens de vous donner à manger. Il y a deux explications possibles : une des explications est « veuillez-vous protéger de demander aux gens de vous donner à manger et faites donc des provisions pour cela » et l’autre explication est « faites donc des provisions pour le jour du jugement en vous protégeant des choses interdites ».

Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce verset a été révélé à des gens du Yémen qui partaient pour le pèlerinage mais ils ne prenaient pas de provisions avec eux. Dieu a révélé ce verset pour leur indiquer ce qui est de leur intérêt. Il leur a indiqué que la meilleure des provisions, c’est la piété. Cela veut dire que prendre des provisions pour le voyage du pèlerinage, c’est un acte de bien parce que cela aide les gens à arriver à La Mecque pour faire le pèlerinage. Mais ce qui est plus important que cela, c’est la piété envers Dieu.  Le mot « taqwā » est un mot qui est global, qui englobe énormément de sens. Il signifie accomplir ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter ce que Dieu a interdit à Ses esclaves de faire. Du point de vue de l’expression orale, le mot « taqwā » est un mot qui est léger, mais c’est un mot qui est lourd de sens. La piété consiste à accomplir les devoirs et éviter les interdits. Et parmi les devoirs, il y a l’apprentissage de la science de la religion. La voie pour atteindre la piété est la science. Si Dieu veut le bien pour un esclave, Il lui fait apprendre la religion, Il lui accorde la connaissance des sujets de sa religion. Il lui accorde de connaitre ce que Dieu lui a ordonné d’accomplir et de faire et Il lui accorde de connaitre ce qu’Il lui a ordonné d’éviter et qu’Il a interdit. Il n’y a de réussite qu’en connaissant les sujets de la religion. D’abord la croyance parce que c’est la plus prioritaire des obligations, puis les lois pratiques. Parce que la science de la croyance est la meilleure des sciences.

Et faites preuve de piété envers moi : c’est-à-dire craignez Mon châtiment

O vous qui êtes dotés de raison. La tâche qui est la plus importante pour celui qui est censé, pour celui qui a une raison, c’est la piété envers Dieu. Et celui qui ne fait pas preuve de piété envers Dieu, c’est comme s’il n’a pas de raison.

Verset 198 : il n’y a pas de mal pour vous : c’est-à-dire pendant la saison du pèlerinage de chercher à obtenir un bénéfice dans un commerce. Même si vous partez au pèlerinage, il n’y a pas de mal pour vous à rechercher à obtenir un gain, soit par le commerce soit par la location. Par exemple, ceux qui sont à La Mecque louent leurs maisons, leurs voitures pour transporter les gens. Il n’y a pas de mal à saisir cette opportunité pour gagner de l’argent de manière licite.

Dès lors que vous quittez ʿArafāt. Le verbe utilisé ici est « afaḍa » qui signifie « déborder » parce que les gens sont nombreux à ʿArafāt. Quand ils sortent, c’est comme si de l’eau déborde. Tellement vous serez nombreux quand vous quitterez ʿArafāt et c’est le nom d’un endroit. Pourquoi cette terre qui se trouve à peu près à une vingtaine de kilomètres de La Mecque a été appelée ainsi ? Et ʿarafa signifie connaître. Cette terre avait été décrite à Ibrāhīm et quand il l’a vue, il l’a reconnue. Et il a été dit que lorsque notre maitre Ādam et son épouse Ḥawwāʾ sont sortis du paradis, Ādam est arrivé dans une région en Inde qui correspond au Sri Lanka actuel, et l’air y est très bon et il ressemble le plus au paradis. Et Ḥawwāʾ a été descendue à Jeddah qui est le port qui est à quelques dizaines de kilomètres de La Mecque, sur la mer rouge. Il a été dit qu’ils se sont rencontrés à ʿArafāt et qu’ils se sont reconnus. Ce verset est une preuve que la station à ʿArafāt est un devoir. Parce que le fait de quitter ʿArafāt n’a lieu qu’après y avoir été. Dans les actes du pèlerinage, il y a la station à ʿArafāt.

Evoquez Dieu.

1/ En faisant la talbiyyah en disant « labbayk Allāhumma labbayk – labbayka lā šarīka labbayk – ʾinna l-ḥamda wa niʿmata laka wa l-mulk – lā šarīka lak »

Ceci signifie : « ô Allāh nous répondons à Ton ordre et nous obéissons, obéissance après obéissance, nous ne nous détournons pas de Ton obéissance. La louange T’appartient, la grâce T’appartient, la souveraineté T’appartient, Tu n’as pas d’associé ».

2 / Et en faisant le tahlīl, qui est la parole « lā ʾilāha ʾilla l-Lāh ».

3 / Ou le takbīr qui est la parole « Allāhu akbar ».

4 / Ou l’éloge de Dieu comme en disant « al-ḥamdu lil-Lāh » et des invocations, en demandant à Dieu des choses.

5 / Ou encore en accomplissant la prière du maġrib et du ʿišāʾ. Quand vous quittez ʿArafāt, le temps du maġrib est rentré car le temps de la station à ʿArafāt est entre le début du ẓuhr du 9 et l’aube du 10 du mois lunaire de ḏu l-ḥiǧǧah

A un endroit qui s’appelle al-mašʿar al-ḥarām : c’est un emplacement qui est sacré.

1/ Certains l’ont expliqué par l’emplacement où se trouve l’imam. Le mot « mašʿar » indique un lieu symbolique parce que c’est un lieu pour l’adoration de Dieu et il a été décrit comme étant ḥarām parce qu’il est sacré : on y respecte certaines choses quand on s’y trouve. Il y a des choses qu’on n’y fait pas.  

2 / D’autres l’ont expliqué par une terre qui s’appelle « Muzdalifah ». Le mot « zdalafah » signifie « se rapprocher ». Il a été dit que l’origine du terme « Muzdalifah » c’est parce que Ādam ʿalayhi s-salām s’est rapproché là-bas de Ḥawwāʾ. C’est une explication. Ou une autre explication qui est la suivante : après la station à ʿArafah, les pèlerins quittent cette station après le coucher du soleil alors qu’ils n’ont pas encore fait la prière du maġrib. Donc ils accomplissent les prières du maġrib et du ʿišāʾ à Muzdalifah parce qu’on rapproche les deux prières.  Donc le sens du mot « zdalafah » qui est le fait de se rapprocher est présent.

3 / Une troisième explication est parce que les gens se rapprochent de l’agrément de Dieu. Ils se consacrent à l’adoration de Dieu et espèrent avoir des récompenses de la part de Dieu.

Et évoquez Dieu d’une belle évocation. C’est-à-dire tout comme Dieu vous a bien guidés, évoquez-Le d’une belle évocation.  C’est le propre du musulman, c’est le propre du croyant. Le croyant est reconnaissant envers Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés. Et le plus grand bienfait que Dieu nous a accordé c’est d’être musulman. Autre explication : évoquez-Le tout comme Il vous a appris de L’évoquer et ne vous détournez pas de ce qu’Il vous a appris.

Et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés : vous n’auriez pas su comment adorer Dieu. Grâce à cette bonne guidée, évoquez Dieu de manière parfaite et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés.

Verset 199 : puis quittez ʿArafāt de là où les gens l’ont quitté. Ne faites pas en sorte que ce soit à partir de Muzdalifah. Il a été dit que c’est un ordre pour la tribu de qurayš. C’est-à-dire que qurayš avait reçu l’ordre de partir de ʿArafāt. L’ordre est venu qu’ils partent de La Mecque pour aller à ʿArafāt puis qu’ils quittent ʿArafāt pour retourner à La Mecque. C’est une explication qui concerne les gens de qurayš.

Et demandez à ce que Dieu vous pardonne. Parce que vous ne faisiez pas comme les gens. Vous n’alliez pas jusqu’à ʿArafāt. Ils se réunissaient dans un autre endroit. L’ordre ici est qu’ils se réunissent à ʿArafāt et qu’ils demandent à Dieu le pardon pour n’avoir pas fait comme les gens, dans leur ignorance. Ou bien « demandez le pardon à Dieu parce que vous avez failli dans les actes du pèlerinage ».

Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 200 : lorsque vous aurez fini avec les actes d’adoration que vous avez reçu l’ordre de faire : c’est-à-dire pendant le pèlerinage et après avoir quitté ʿArafāt.

Alors évoquez Allāh tout comme vous évoquez vos parents. C’est-à-dire : évoquez beaucoup Dieu, car généralement, la personne, quand elle évoque ses parents, elle parle beaucoup de ses parents, elle est fière de ses ancêtres. Le sens est de glorifier Dieu en L’évoquant beaucoup. En effet, les Arabes, avant, quand ils finissaient leurs rituels, ils se tenaient entre la mosquée à Mina et la montagne, et ils énuméraient les mérites de leurs ancêtres.

Ou encore plus.

Il y a parmi les gens ceux qui disent : ceux qui vont au pèlerinage et qui demandent à Dieu des choses du bas-monde, ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde : ils demandent à avoir leurs dons dans le bas-monde uniquement, c’est-à-dire le pouvoir, la richesse.

Et il n’a aucune part pour son au-delà. Parce que son objectif est limité au bas-monde, parce qu’il ne croit pas à l’au-delà.

Cela veut dire : évoquez beaucoup Dieu (citez Dieu) et invoquez-Le. (Demandez-Lui). Les gens sont de plusieurs catégories. Il y a parmi les gens qui ne demandent que des choses du bas-monde. Et il y a ceux qui demandent beaucoup, des biens des deux résidences. Le sens de ce verset est : soyez de ceux qui demandent beaucoup, de cette vie et de l’au-delà.

Verset 201 : et parmi eux : c’est-à-dire ceux qui vont faire le pèlerinage ceux qui disent ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde un bien : ce bien est soit une grâce soit une sauvegarde c’est-à-dire une protection et une bonne santé ou une science et de l’adoration. C’est-à-dire :  fais que nous soyons parmi ceux qui accomplissent les actes d’adoration et que nous ayons la science de la religion.

Et dans l’au-delà un bien : An-Nasafiyy a donné plusieurs explications : un pardon et une miséricorde ou les biens et le paradis ou les louanges des créatures et l’agrément du Créateur ou la foi et la sauvegarde ou la sincérité et la délivrance ou être sur la voie prophétique et obtenir le paradis ou se suffire du peu et avoir l’intercession ou la femme vertueuse et les femmes du paradis ou la vie heureuse et la sortie des tombes le jour de la résurrection avec la bonne nouvelle.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ô Seigneur accorde-nous dans ce bas-monde de bonnes œuvres c’est-à-dire accorde-nous la réussite pour faire de bonnes œuvres et accorde-nous le paradis.

Al-Ḥasan Al-Biṣriyy a dit : le bien dans ce bas-monde c’est une épouse vertueuse et le bien dans l’au-delà c’est le paradis.

Et préserve-nous du châtiment du feu. C’est-à-dire préserve-nous du feu de l’enfer ou préserve-nous du feu de l’enfer et d’une épouse mauvaise. (C’était l’invocation que faisait le plus notre Prophète).

Verset 202 : ceux-là (qui cherchent les deux biens, dans le bas-monde et dans l’au-delà) ils auront une part de ce qu’ils auront acquis : c’est-à-dire qu’ils auront une rétribution pour les bonnes œuvres qu’ils auront acquises. Il s’agit des récompenses qui vont leur profiter en bien suite à l’invocation qu’ils ont faite. L’invocation est un acte et l’acte est acquis. Et il se peut que le terme « ceux-là » ne se réfère pas uniquement à ce qui est visé « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas-monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer », mais que ceux-là se réfèrent aux deux groupes. Chacun des deux groupes aura une part de ce qu’il recherchait.

Allāh est Celui Qui fait parvenir les comptes rapidement. Ce qui est rapide, c’est le fait que les gens rendent des comptes rapidement. De manière imminente, le jour du jugement peut survenir. L’ange Isrāfīl a pris le cor et l’a collé à sa bouche et il attend l’ordre. Donc le jour du jugement est imminent. Et les esclaves rendront des comptes alors empressez-vous de multiplier les évocations et d’œuvrer pour l’au-delà. Deuxième explication : Il S’est qualifié Lui-même par le fait qu’Il sait que les esclaves rendront compte rapidement de leurs actes, malgré le grand nombre des créatures ; leur nombre est très grand et leurs actes sont nombreux. Ceci indique la parfaite toute puissance de Dieu et l’obligation de prendre garde de Son châtiment. Il a été rapporté que les esclaves rendront des comptes de tous leurs actes, en un laps de temps qui suffit pour traire une brebis, ou certains ont dit en un instant.

Verset 203 : évoquez Dieu en des jours bien précis. Allāh nous ordonne de L’évoquer en des jours bien particuliers. Ces jours bien définis sont les jours d’at-tašrīq qui sont les 11° 12° et 13° jours du mois de ḏu l-ḥiǧǧah. On fait le takbīr après les prières obligatoires. Dès que tu passes le salām de la prière obligatoire, tu dis « Allāhu ʾakbar » c’est-à-dire que Dieu a un degré plus élevé que tous, Allāh a une puissance plus élevée que tous ceux qui ont une puissance, Allāh a une science plus élevée que tous ceux qui ont une science, Allāh mérite plus de glorification, plus de vénération que tout autre. Evoquer Allāh au niveau des bassins dans lesquels on jette des pierres.

Celui qui s’est empressé en deux jours : c’est-à-dire qu’il n’est pas parti jeter les pierres dans les trois bassins le troisième jour, mais il a lancé des pierres uniquement le premier et le deuxième jour, parce qu’il y a possibilité de jeter les pierres les premier et deuxième jour d’at-tašrīq et celui qui s’empresse c’est-à-dire qu’il quitte Minā  avant que le soleil ne se couche le deuxième jour d’at-tašrīq, celui-là n’est pas obligé d’aller lancer les pierres le troisième jour. Mais s’il reste à Minā alors que le soleil se couche, alors il doit lancer les pierres les trois jours. Il s’agit de lancer sept pierres dans chacun des trois bassins

Il ne commet pas de péché en cela. Il ne tombe pas dans le péché pour s’être empressé de la sorte.

Et celui qui retarde pour lancer le troisième jour, il ne commet pas de péché s’il se préserve. C’est-à-dire s’il ne fait pas des choses qui sont interdites pour celui qui est en rituel. Par exemple, il ne peut pas chasser des animaux, il ne peut pas avoir un rapport sexuel. S’il se préserve de la chasse, du rapport sexuel et des grands péchés, il n’y a pas de mal pour lui. Ou encore il a le choix entre s’empresser ou retarder, même si le fait de retarder vaut mieux. Comme le voyageur, il lui est donné le choix entre jeûner et ne pas jeûner, même si jeûner vaut mieux pour lui. Il a été dit que dans la période d’ignorance, il y avait deux groupes : certains considéraient que celui qui s’empresse est dans le péché et certains considéraient que celui qui tarde est dans le péché. Le Qur’ān est venu pour indiquer qu’ils avaient le choix.

Et craignez Dieu : c’est-à-dire craignez Dieu dans toute chose.

Et sachez que vous allez être ressuscités et rassemblés pour Son jugement. C’est-à-dire : sachez que vous allez revenir à la vie pour le jugement de Dieu, c’est-à-dire lorsque vous serez ressuscités et rassemblés à partir de vos tombes.

Al-Aẖnās fils de Šuʿayb était quelqu’un, comme on dit de nos jours, qui était un beau parleur et quand il rencontrait le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il parlait de manière douce, il prétendait qu’il aimait le Prophète et qu’il était musulman, et il disait : « Dieu sait que je suis véridique ». C’est à son sujet qu’a été révélé le verset 204

Verset 204 : Il y a parmi les gens ceux dont les paroles te plaisent : c’est-à-dire qui ont une place dans ton cœur et le verbe « yuʿǧibuka » vient dans le sens d’étonnant, d’agréable.

Dans le bas-monde : soit ce qu’il te dit à propos du bas-monde te surprend car il te demande des choses du bas-monde et il ne recherche pas les choses de l’au-delà. Ou alors ses belles paroles te plaisent dans ce bas-monde mais pas dans l’au-delà parce que sa langue ne pourra pas exprimer ce qu’il exprimait ici-bas, sa langue sera empêchée de dire.

Et il prend à témoin Dieu de ce qu’il a dans son cœur : il jure et il prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans son cœur comme amour et comme islam.

Alors qu’il est le pire des ennemis. Alors qu’il est quelqu’un qui a une profonde animosité envers les musulmans. Ou dans le sens qu’il se dispute beaucoup avec les musulmans.

Verset 205 : et lorsqu’il te quitte après avoir été à côté de toi, et qu’il va se retrouver avec des gens qui sont comme lui, il va aller sur terre pour semer la discorde et la zizanie. Tout comme il a fait avec la tribu de Ṭāqīf, avec laquelle il avait un conflit. Alors il les a pris par surprise la nuit et il a tué leurs troupeaux et il a brûlé leurs plantations.

Et il détruit les plantations et les animaux : ou bien lorsqu’il a une autorité ou un pouvoir, il agit en semant la corruption sur terre, en anéantissant les plantations et les troupeaux. Et il a été dit que certains gouverneurs ont été injustes au point que Dieu les a privés de la pluie et ce fut une cause pour la destruction de leurs plantations et de leurs animaux.

Et Allāh n’agrée pas la corruption.

Verset 206 : et s’il lui est dit : à cet homme Al-Aẖnās :  crains Dieu : c’est-à-dire au lieu de semer la corruption et la désolation alors sa fierté et son amour-propre l’amènent à faire encore plus de mal : c’est-à-dire cette arrogance de la période d’ignorance l’entraine à commettre ce qui est interdit. Ou alors il s’est considéré comme supérieur à cause de la mécréance qu’il a dans son cœur.

Il lui suffira d’être en enfer.

Et quel mauvais endroit pour résider.

Puis à propos de Šuʿayb Ar-Rūmiyy, lorsque les associateurs voulaient qu’il délaisse l’islam et qu’ils avaient tué un certain nombre de personnes qui étaient avec lui, alors pour s’affranchir de cela, il a donné toute sa fortune et il s’est rendu à Médine. Ou alors à propos de ceux qui ordonnent le bien et interdisent le mal, il a été révélé les versets suivants

Verset 207 : il y a parmi les gens ceux qui essaient de se libérer par recherche de l’agrément de Dieu et certes Dieu est miséricordieux envers les esclaves : puisque Dieu les a récompensés pour cela.

Verset 208 : ô vous qui avez cru, entrez tous dans la paix : c’est-à-dire la soumission et l’obéissance c’est-à-dire soumettez-vous à Dieu et obéissez-Lui ou bien à l’islam. Et la parole s’adresse aux gens du Livre parce qu’ils ont cru en leurs prophètes et en leurs livres ou aux hypocrites parce qu’ils ont cru par la parole. Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit : les spécialistes de l’exégèse ont divergé à propos de qui ces versets ont été révélés, ils ont eu trois avis différents.

  • Le premier avis (de Abū Sālīḥ rapporté de Ibnu ʿAbbās) est que ce verset a été révélé à propos de ceux qui sont devenus musulmans et qui, auparavant étaient des gens du Livre. Après leur entrée en islam, ils ont évité de faire ce qu’ils s’abstenaient de faire le samedi, ils évitaient de manger le chameau comme ceux qui suivaient la loi de Moise et d’autres choses que les gens du Livre évitaient.
  • Le deuxième avis est que ce verset a été révélé aussi à propos des gens du Livre, mais à ceux qui n’ont pas cru au Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont reçu l’ordre d’entrer en Islam. Cela a été rapporté de Ibnu ʿAbbās également et c’est ce qu’a dit aḍ-Ḍahhāk.
  • Et le troisième avis est que ce verset a été révélé à des musulmans avec l’ordre de s’engager dans toutes les lois de l’Islam. Cet avis a été donné par Muǧāhid et Qatādah

Totalement : cela veut dire qu’aucun d’entre vous ne s’écarte de l’obéissance à Dieu. Engagez-vous tous ou bien engagez -vous dans toutes les lois ou encore dans les lois et les détails de l’islam et les règles de l’Islam dans leur totalité. Ce qui est visé ici c’est qu’il leur a été interdit de s’écarter de l’obéissance à la loi de l’Islam.

Et ne suivez pas les pas du šayṭān : c’est-à-dire les suggestions du šayṭān.

Il est certes pour vous un ennemi déclaré. Son animosité est claire.

Verset 209 : si vous vous écartez de rentrer en Islam, après qu’il vous soit parvenu les preuves claires : c’est-à-dire les arguments clairs, évidents, que ce à quoi vous avez été appelés à vous engager, c’est la vérité.

Sachez alors que Dieu est glorieux : c’est-à-dire qu’Il a le dessus sur tout, rien ne L’empêche de vous châtier. Il ne châtie que justement.

Verset 210 : est-ce qu’ils attendent que le châtiment de Dieu leur parvienne dans des nuages ? Et ceci est pour faire encore plus peur du châtiment parce que les nuages font penser à la miséricorde, ils sont porteurs de pluie et la pluie est une miséricorde. Donc si, de ces nuages s’abat un châtiment, la chose est encore plus abominable, plus atroce, plus difficile.

Le    ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy le Hanbalite, dans son exégèse « zādu l-masīr » a dit que l’imam Aḥmad a dit que ce qui est visé ici c’est la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu : est-ce qu’ils attendent que leur parvienne la manifestation de la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu ? Il a dit que cela était expliqué dans d’autres versets du Qur’ān, comme dans le verset 33 de sūratu n-naḥl, et ibnu l-Ǧawziyy a renié la parole de ceux qui prétendent que la venue est la venue de Dieu Lui-même, il a indiqué que l’imam Aḥmad était innocent de ces mécréants assimilationnistes. Il a détaillé dans son livre réputé « dafʿu šuba t- tašbīh ».

En résumé, il n’est pas permis de croire au sujet de Dieu qu’il serait possible à Son sujet le mouvement et le déplacement. Mais nous Lui reconnaissons les attributs qu’Il S’est attribué à Lui-même dans le Qur’ān, de la manière qui est digne de Lui, en L’exemptant et en délaissant toute assimilation.

Il en est comme l’a dit l’imam Al-Bayhaqiyy dans « al-ʾasmā’u wa ṣ-ṣifāt » : « Allāh taʿālā n’a pas d’endroit ». Ensuite il a dit : le mouvement et l’immobilité et l’établissement sont des caractéristiques des corps. Or Allāh taʿālā est unique, Il n’a besoin de rien, absolument rien n’est tel que Lui. Et ceci est comme la parole de Allāh ʿazza wa ǧ-ǧall dans le verset 26 de sūratu n-naḥl dans lequel il n’est pas visé que Dieu serait venu dans le sens du déplacement. Mais il en est visé que l’acte qui a amené la destruction de leurs constructions est un acte qui est de toute éternité et le résultat de cet acte est entré en existence. Et ceci est clair pour celui qui étudie et observe correctement.

Et les anges : c’est-à-dire les anges qui ont reçu l’ordre de les châtier viendront. Ou bien ce qui est visé c’est que les anges viendront au jour du jugement.

Et le sujet est clos : c’est-à-dire que leur anéantissement sera achevé et il en sera fini d’eux.

Et c’est à Dieu que sera le devenir. Cela veut dire à donner aux esclaves à posséder certaines choses mais ces choses reviendront à Dieu au jour de la résurrection.

Verset 211 : pose la question (demande) : la parole concerne le Messager ou tout un chacun. Et c’est une question de menace de châtiment. Comme les mécréants au jour du jugement seront interrogés.

Aux descendants d’Isrāʾīl combien Nous leur avons fait parvenir de signes clairs : c’est-à-dire sur les mains de leurs prophètes et il s’agit de leurs miracles. Ou bien combien de signes qui témoignent de la véracité de la religion de l’islam.

Et celui qui change la grâce de Dieu : c’est-à-dire les signes qu’Il a créés ou qu’Il a donnés. C’est la plus grande des grâces de Dieu parce que ce sont des causes de bonne guidée et une sauvegarde contre l’égarement. Et leur changement, leur altération, c’est que Dieu a fait manifester ces signes pour que ce soit des causes de leur bonne guidée. Et eux, ils en ont fait des causes de leur égarement. Ou encore, ils ont déformé des versets des livres qui indiquaient la religion de Muḥammad ʿalayhi s-salām.

    Après qu’elle lui soit parvenue : c’est-à-dire après qu’il l’ait connue, parce que s’il ne l’avait pas connue, c’est comme si elle avait été absente pour lui. 

Certes Allāh est Celui Qui accorde un châtiment terrible. C’est-à-dire le châtiment pour celui qui le mérite.

Verset 212 : la vie du bas-monde a été embellie pour ceux qui ont mécru. Et celui qui la leur a embellie est le šayṭān. Il leur embelli la vie du bas monde par ses mauvaises suggestions. Il la leur a faite aimée de sorte qu’ils ne cherchent pas autre chose. Ou alors c’est Dieu Qui crée des désirs en eux, parce que toutes les créatures, c’est Dieu Qui les a créées.

Et ils se moquaient de ceux qui étaient croyants, ils se moquaient des croyants qui étaient pauvres comme ibnu Masʿūd, comme ʿAmr ibnu Yāsir comme Šuʿayb et ceux qui sont de cet ordre. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas autre que le bas-monde et en plus, ils se moquent de ceux qui n’ont pas de part des biens du bas-monde. Ou bien ils se moquaient de ceux qui recherchent autre que le bas-monde.

Et ceux qui se sont préservés du širk (de l’association à Dieu) : et il s’agit justement de ces gens-là qui sont pauvres

Seront au-dessus d’eux au jour du jugement : parce que le paradis sera élevé alors que les autres seront dans un enfer qui sera tout en bas.

Et Allāh accorde à qui Il veut sans limite. C’est-à-dire que Dieu accorde avec profusion à qui Il a accordé avec profusion comme Qārūn et d’autres. Or cette largesse dans les biens du bas-monde, de la part de Dieu, est pour une sagesse. C’est pour vous amener, par cette grâce, à être dans l’état dans lequel vous êtes. Si cela avait été un honneur de Sa part, les croyants l’auraient mérité davantage, plus que vous.

Verset 213 : les gens étaient une seule communauté : ils étaient tous sur la religion de l’islam, depuis Ādam jusqu’à Nūḥ ʿalayhima s-salām. Ou encore il s’agit de Nūḥ et de ceux qui étaient avec lui sur son arche. Puis ils ont divergé. Ibnu ʿAbbās a dit : les gens étaient tous une seule et même communauté, sur l’islam.

Et Allāh a envoyé les prophètes : c’est-à-direque les gens étaient sur une même communauté, sur l’Islam et Allāh leur a envoyé les prophètes, annonciateurs de bonne nouvelle : pour les croyants. Et avertisseurs d’un châtiment : pour les mécréants.

Et Allāh a révélé avec eux le Livre pour montrer la vérité. Prétendre que chaque prophète avait reçu un livre, cela n’a pas de preuve parce que la plupart des prophètes qui descendaient d’ Isrāʾīl avaient reçu l’ordre de suivre la Torah.

Afin qu’il juge : c’est-à-dire Allāh ou bien le Livre ou bien le prophète à qui il a été révélé.

Entre les gens au sujet de ce sur quoi ils ont divergé. Ils ont divergé à propos de la religion de l’islam, alors qu’auparavant, ils étaient tous d’accord.

Et n’ont divergé (à propos de la vérité) que ceux qui ont reçu le Livre qui a été révélé pour enlever la divergence : c’est-à-dire qu’ils ont augmenté en divergence lorsque le Livre leur a été révélé

Après qu’ils aient reçu les preuves de sa véracité.

C’est une injustice de leur part : c’est-à-dire par envie de leur part, par injustice de leur part, tellement ils recherchaient le bas-monde et qu’ils n’étaient pas objectifs.

Allāh a guidé ceux qui sont croyants vers ce au sujet de quoi ils ont divergé. C’est-à-dire que Dieu a guidé ceux qui sont croyants vers la vérité à propos de laquelle ont divergé ceux qui ont divergé.

Comme vérité : c’est pour indiquer justement cette vérité à propos de laquelle ils ont divergé.

Par Sa volonté et Allāh guide qui Il veut vers le chemin de droiture.

Verset 214 : ou alors est-ce-que vous croyez (ou vous pensez) : c’est quelque chose à laquelle ils sont loin de penser, c’est quelque chose à laquelle ils ne croient pas. Le contexte de ce verset est qu’auparavant, Dieu a rappelé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’état des différentes communautés : malgré les preuves que leurs prophètes leur ont apportées, certaines communautés n’avaient pas suivi les prophètes. Ce rappel est pour encourager le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et pour encourager les croyants à persévérer et à patienter malgré les associateurs, malgré les gens du livre qui renient et qui remettent en cause les signes que le Prophète a amenés.

Que vous alliez pouvoir entrer au paradis sans pour autant subir : cela signifie : vous ne vous attendez donc pas à subir. Est-ce que vous pensez vraiment que vous allez entrer au paradis

Ce qu’ont subi ceux qui vous ont précédés : c’est-à-dire ce qu’ont subi les communautés antérieures qui ont subi des difficultés.

Elles ont subi la pauvreté, la maladie et la faim. Dieu éprouve qui Il veut.

Ils ont subi des tremblements : ils ont subi des épreuves qui les ont dérangés, à l’image d’un séisme. C’est un sens figuré : ils ont subi ce qui les a fait trembler, comme un tremblement de terre ou un séisme aurait fait trembler les gens. Et ce sont des épreuves.

Au point que le Messager et ceux qui étaient croyants avec lui, ont dit : quand est-ce que Dieu nous accordera la victoire ? C’est-à-dire que tellement ils étaient éprouvés, tellement ils étaient dérangés par les épreuves qu’ils avaient subies, qu’ils ont dit : mais quand Dieu nous accordera-t-Il la victoire ? Pas dans le sens de la perte de patience, mais parce que les épreuves étaient très fortes. Ils ont demandé la victoire. Ils l’ont souhaitée et ils ont trouvée longue la période de l’épreuve.

Certes la victoire accordée par Dieu est imminente.  C’était une réponse à leur demande d’avoir la victoire. Et comme un homme qui s’appelle ʿAmr ibnu l-Ǧamūḥ, il était âgé et avait beaucoup d’argent. Il a dit : qu’est-ce que nous dépensons de nos biens et où plaçons-nous notre argent ? La réponse est dans le verset suivant.

Verset 215 : ils t’interrogent qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce que vous dépensez comme biens, ce sera pour les parents, pour les proches parents, pour les orphelins, pour les miséreux et pour les voyageurs. Sa parole ce que vous dépensez comme biens est une réponse à ce qu’ils dépensent. Tout ce qu’ils dépensent est un bien. Il a poursuivi l’indication en montrant ce qui est plus important. Il y a deux questions : quels biens dépenser et à quel poste affecter cette dépense ? La dépense n’est récompensée que si elle est affectée au bon poste. Ici il est question des dépenses qui sont en plus des dépenses obligatoires. Il a cité les parents, les proches parents, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Il ne s’agit pas ici de la charge obligatoire mais du surérogatoire.

Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Il le récompensera. Faites le bien sans compter parce que tout ce que vous ferez comme bien, vous en serez récompensés.

Verset 216 : il vous a été prescrit le combat : c’est-à-dire le combat contre les incrédules et c’est quelque chose qui est difficile pour vous. C’est quelque chose vers laquelle l’âme ne penche pas. Le mot « kurhun » est un substantif à l’origine mais il est valable qu’il soit utilisé dans le sens de ismu mafʿūl (le nom de celui qui subit l’action) makrūh c’est-à-dire ce qui est détestable. Ici le sens de « détester » est « trouver difficile ».  Même si c’est difficile, c’est quelque chose d’utile car c’est pour sauver les gens de la mécréance. Et la mécréance est la cause du séjour éternel en enfer. Ce combat est une miséricorde en leur faveur, c’est un bienfait car s’ils meurent sur leur mécréance, ils iront en enfer pour l’éternité. C’est pour cela que les musulmans diffusent l’Islam, par miséricorde, pour ne pas que les gens restent sur la mécréance. Si, véritablement, chacun pouvait croire ce qu’il voulait, alors Dieu n’aurait pas envoyé les prophètes. Si Dieu a envoyé les prophètes c’est bien pour que les gens les suivent. Les prophètes ont enduré beaucoup de difficultés, certains ont même été tués par des mécréants, certains ont subi des coups et des nuisances. Dieu a ordonné aux prophètes d’appeler les gens à l’islam. Ceux qui remettent l’appel à l’Islam en cause, c’est comme s’ils ont considéré que les prophètes n’ont pas de compréhension, c’est comme s’ils ont dit que les prophètes faisaient des choses inutiles. Notre maître Jésus, après qu’il a eu des gens qui l’ont suivi puis qu’il a pris une position de force, certains de ceux qui l’ont suivi ont propagé l’Islam contre les mécréants. Et Dieu dit dans le verset 146 de sūratu Āli ʿImrān combien les prophètes ont fourni des efforts pour amener les gens à entrer en Islam. Il n’y avait pas de voitures. Ils montaient sur des chameaux, sur des chevaux, sous la chaleur du soleil, dans le froid de l’hiver, pour aller propager l’Islam. Si Dieu ne leur avait pas ordonné de faire cela, ils seraient restés dans leurs pays. Certains compagnons sont partis au Maghreb pour propager l’Islam.

Et il se peut que vous trouviez une chose difficile alors qu’en réalité c’est un bien pour vous. Vous trouvez la chose difficile mais il y a en cela un des deux biens : soit vous avez la victoire et vous gagnez le butin, soit vous êtes martyrs et vous gagnez le paradis.

Et il se peut que vous penchiez vers une chose et peut-être que c’est un mal pour vous : peut-être que vous préférez ne pas avoir à propager l’Islam, mais ce serait un mal pour vous, parce que ça vous ramènera l’humiliation, la pauvreté, la privation du butin et de la récompense.

Et Dieu sait ce qui est un bien pour vous et vous, vous ne savez pas. Dieu est notre Créateur, Il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

La moralité est : empressez-vous d’accomplir ce que Dieu a ordonné de faire, même si vous le trouvez difficile.  Dieu vous a ordonné de jeûner ramaḍān, faites-le même si vous le trouvez difficile ; Dieu vous a ordonné de faire cinq prières, faites-les, même si vous trouvez cela difficile. Empressez-vous car il y a un bien en cela. Et le verset suivant a été révélé à propos d’un bataillon que le Messager d’Allāh ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait envoyé pour combattre les associateurs alors que le mois de raǧab avait commencé. Et c’est un mois ḥurum dans lequel les Arabes ne combattaient pas. Alors les gens de qurayš ont dit : « ah ! Muḥammad s’est permis de combattre durant ce mois ḥurum où, habituellement, les gens n’ont rien à craindre.

Verset 217 : ils t’interrogent à propos du mois ḥarām : c’est-à-dire que les mécréants t’interrogent du jugement de combattre durant ce mois-là.

Dis que le combat dans ce mois-là est un grave péché. Certains savants ont dit que ce verset a été abrogé. Le jugement de l’interdiction de combattre durant les mois ḥurum a été annulé, il n’est plus interdit de combattre durant ces mois.

Le fait d’empêcher d’obéir à Dieu : c’est-à-dire d’accomplir la ʿumrah. Les associateurs avaient empêché le Messager de Dieu et ses compagnons de venir faire la ʿumrah. C’était l’année de al-ḥudaybiyah, appelée ainsi parce qu’il y a eu un pacte suite à cet évènement-là, entre le Prophète et les gens de qurayš pour qu’il n’y ait plus de guerres pendant un certain temps. Parce que le Prophète n’était pas venu pour faire la guerre mais pour faire la ʿumrah. Les associateurs l’en ont empêché parce que La Mecque n’était pas encore conquise à cette époque. Puis ils ont fait un pacte pendant une certaine période, suite auquel certains évènements très importants se sont produits. Et ce pacte est un armistice qui a eu lieu à al-ḥudaybiyah.

Et une mécréance en Dieu.

Et le fait d’empêcher d’aller à la mosquée al-ḥarām : ils ont empêché le Prophète d’arriver à la mosquée de La Mecque pour faire la ʿumrah.

Et le fait d’avoir amené ses habitants (de la mosquée al-ḥarām) à la quitter : et il s’agit du Messager de Dieu et de ses compagnons qui ont été amenés à émigrer vers Médine

Ces quatre points-là sont plus graves que le combat de cette brigade dans un mois ḥarām. Ce que lesassociateurs de qurayš ont fait là est plus grave que le fait que cette brigade ait combattu durant un des mois ḥurum, parce que cette brigade ne savait pas que le mois de raǧab avait commencé. Alors que les autres ont agi délibérément, donc leur péché est plus grave que ce qu’a fait cette brigade par erreur.

Et la fitnah est plus grave que tuer quelqu’un c’est-à-dire que le fait de commettre la mécréance est plus grave que de tuer quelqu’un : c’est-à-dire le fait d’avoir amené le Prophète à quitter La Mecque, parce que les associateurs voulaient le tuer. Et vouloir tuer un prophète est une mécréance. Donc amener le Prophète à quitter La Mecque et vouloir le tuer est plus grave que combattre dans un mois ḥurum. Ou encore la fitnah qui signifie la mécréance ou le fait d’attribuer des associés à Dieu, est plus grave que de combattre durant un mois ḥarām. Ou bien le fait que les mécréants aient supplicié les musulmans comme Bilāl, Sumayyā la mère de ʿAmr, Yasīr, son père, cela est plus grave que de combattre durant un mois Haraam. Remarque importante : certains ignorants ont mal compris ce verset et ont dit que semer la zizanie est plus grave que tuer quelqu’un. Et croire cela est de la mécréance. Alors que tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance.

Et ils ne cessent de vous combattre jusqu’à vous amener à quitter votre religion. C’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils vous entrainent vers la mécréance. C’est une information de la persistance de l’animosité des mécréants envers les musulmans, qu’ils ne cesseront pas de combattre les musulmans dans l’objectif que ceux-ci quittent leur religion.

S’ils le pouvaient. C’est pour dire qu’ils ne le pourront pas. C’est comme si on dit à son ennemi : si tu arrives à m’attraper, alors tu m’exécuteras. Et l’autre est certain que son ennemi ne pourra pas l’attraper.

Et ceux d’entre vous qui apostasient leur (propre) religion : c’est-à-dire ceux d’entre vous qui abandonnent leur religion pour rejoindre la religion des mécréants

Et qui meurent en étant mécréants, ces gens-là perdront toutes leurs œuvres, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils vont rater à cause de leur apostasie, ce que les musulmans auront dans le bas-monde, comme les fruits de l’Islam et dans l’au-delà, comme récompenses et bonnes demeures.

Et ceux-là seront les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement. C’est l’avis de l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, qui a dit que si quelqu’un a apostasié mais qu’il revient à l’Islam avant de mourir : les œuvres qu’il avait faite avant son apostasie, il n’a pas à les refaire. Car ses actes, alors qu’il était musulman, étaient valides.  Mais, par son apostasie, il aura perdu toutes les récompenses de ces actes-là. En d’autres termes, celui qui a apostasié et qui est mort apostat, il est mort sur la mécréance, il aura perdu ses bonnes actions et il ne lui sera inscrit aucune bonne action après son apostasie. C’est ce qu’indique le verset 5 de sūratu l-māʾidah qui signifie : celui qui a mécru après avoir été croyant, ses œuvres vont s’effondrer (il perdra toutes les récompenses) et dans l’au-delà, il sera au nombre des perdants.

Verset 218 : certes ceux qui ont été croyants et ceux qui ont émigré : ils ont laissé leur famille, ils ont laissé leur vie à La Mecque.

Et qui ont fourni des efforts dans la voie que Dieu agrée, ceux-là espèrent la miséricorde de Dieu. Il a été dit que celui qui espère, il cherche et celui qui craint, il fuit. Celui qui espère la récompense, il cherche en accomplissant les obligations et celui qui craint le châtiment, il fuit les péchés.

Et Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 219 : préambule : il a été révélé à propos de l’alcool quatre versets. Certains ont été révélés à La Mecque :

1 – Parmi eux il y a la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl / 67 qui signifie : « et des fruits des palmiers et des vignes, vous prenez des boissons fermentées ». Les musulmans buvaient l’alcool et c’était licite pour eux. Puis notre maitre ʿUmar et d’autres compagnons sont partis voir le Prophète et lui ont dit ; « ô Messager de Dieu, donne-nous le jugement clair à propos de l’alcool, parce que l’alcool fait perdre la raison et fait perdre l’argent ».

2 – Un deuxième verset dans sūratu n-nisāʾ / verset 43 a été révélé qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, ne faites pas la prière lorsque vous êtes ivres pour que vous sachiez ce que vous êtes en train de dire ». C’est alors que le nombre de ceux qui en buvaient a encore diminué. Puis il est arrivé qu’un autre compagnon ʿUtbān fils de Mālik a invité des gens. Quand ils ont bu de l’alcool, ils sont devenus ivres au point qu’ils se sont disputés, ils se sont battus. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair ». Par ailleurs, certains se sont lamentés au sujet des morts lors de la bataille de Badr. Et les lamentations ne sont pas permises. C’est alors qu’il y a eu la révélation du troisième verset sur le sujet.

3 – Il y a eu un troisième verset dans sūratu l-baqarah /verset 219 qui a été révélé qui signifie : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent ». Quand ce verset a été révélé, certains ont continué à en boire et d’autres ont arrêté d’en boire. Puis il est arrivé que ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf qui fait partie des dix à qui le Prophète a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront au paradis, a invité des gens chez lui. Ils ont bu de l’alcool, sont devenus ivres. Certains ont dirigé d’autres dans la prière. Il a récité la sourate « qul yā ayyuha l-kāfirūn » mais il a changé le sens et a dit : « j’adore ce que vous adorez » parce qu’il était ivre. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair »

4 – Un quatrième verset a alors été révélé, qui signifie : « certes l’alcool, les paris d’argent, (et autres que cela) sont des suggestions du šayṭān, éloignez-vous en » et après le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie : « allez-vous en finir une fois pour toutes ». Alors ʿUmar a dit : « nous en avons fini, nous en avons fini, ô Allāh ».  Il a compris que c’était un ordre pour arrêter d’en boire, une interdiction catégorique. Le reste des stocks d’alcool a coulé dans les rues.       

Certains prétendent que notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, aurait dit : « si une goutte d’alcool est tombée dans un puits, et qu’on construit un minaret au-dessus, je ne vais pas monter dans ce minaret pour faire l’appel. Et si une goutte est tombée dans une rivière puis qu’elle s’est asséchée et qu’il y a eu de l’herbe qui a poussé, je ne vais pas emmener mon troupeau brouter là-bas », ceci n’est pas confirmé. Parce que si une impureté tombe dans une grande quantité d’eau, elle ne rend pas cette eau impure.

Le terme « ẖamr » en arabe est un terme générique qui désigne une boisson obtenue par fermentation, qui provient du raisin ou autre. Le ẖimār de la femme est ce qui cache et le ẖamr cache la raison. Celui qui en boit n’est plus lucide après une certaine quantité. Le verbe « ẖamara » veut dire « couvrir ».

Al-maysīr est un des noms de al-qimār et cela désigne les paris d’argent. Cela vient du mot « yasār » qui signifie la facilité parce que celui qui fait un pari d’argent prend l’argent des gens facilement. Ou ce mot signifie l’aisance parce qu’en lui prenant son argent, il n’est plus aisé, il devient dans le besoin.

A l’époque, ils avaient une méthode ; ils prenaient dix récipients. Sur chacun d’entre eux il y avait des traits et sept des récipients avaient un nom. Un qui s’appelle al-fadl, il a une seule part, le deuxième s’appelle at-tawʾām, il a deux parts. Le troisième s’appelle ar-raqīb, il a trois parts. Le quatrième s’appelle al-falṯ, il a quatre parts. Le cinquième s’appelle an-nāfis, il a cinq parts. Le sixième s’appelle al-musbīl, il a six parts et le septième s’appelle al-muʾallāʿ, il a sept parts. Et il y a trois autres récipients qui n’ont aucune part et qui s’appellent respectivement « al-manīḥ », « as-safīḥ » et « al-ward ». Quelqu’un va mélanger ces récipients puis il va introduire sa main et il dit : « ça, c’est au nom d’un tel ». Si le nom d’un tel est associé à l’un des récipients sur lequel il y a sept parts, il prendra cette part et celui qui a un récipient sur lequel il n’y a aucune part, il ne prendra rien du tout, mais il va payer le prix de tous. Leur habitude était de donner les parts aux pauvres et ils n’en consommaient rien. Et ils tiraient fierté de cela et ils blâmaient quiconque ne s’engageait pas dans ces paris.

A le même jugement que les paris d’argent, ce que font les gens avec les dés ou avec des jeux qui sont à l’origine licites, mais quand ils introduisent de l’argent, ça devient interdit. Les jeux de dés et de cartes sont interdits, même sans pari d’argent.

Ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent. Dis que leur péché est grand. Parce que ce sont des choses, aussi bien les paris d’argent que l’alcool, qui entrainent les disputes, les insultes, les paroles vulgaires.

Et il y a une utilité en eux. Pour ce qui est de l’alcool, certains en tirent profit lorsqu’ils en font le commerce (ils gagnent de l’argent), d’autres lorsqu’ils en consomment (ils trouvent du plaisir à en boire). Mais ce sont des utilités qui sont interdites. Pour ce qui est des paris d’argent, l’utilité qu’ils trouvaient c’était de donner cet argent aux pauvres et également pour obtenir de l’argent sans fatigue. Également cette utilité est interdite.

Et leur péché est plus grand que leur utilité. C’est-à-dire que le châtiment pour le péché de les avoir consommés est plus grave que leur profit. Parce que ceux qui boivent de l’alcool ou qui font des paris d’argent commettent des péchés à plusieurs titres. Al-Mawardī a dit en tome 1 page 276 à propos de ce verset 219 : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent » c’est-à-dire que tes compagnons, ô Muḥammad, ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent », c’est-à-dire quel est le jugement de boire de l’alcool et quel est le jugement de faire des paris d’argent. Et ce verset 219 était le premier verset à être révélé à ce sujet.

Al-ẖamr est tout ce qui va altérer la raison et faire perdre à la personne sa lucidité. Concernant la nuisance de l’alcool et des paris d’argent, il y a deux interprétations. La première c’est que celui qui boit de l’alcool et qui devient ivre, il nuit aux gens. Quant à celui qui fait des paris d’argent, il va commettre des injustices : il va prendre les biens des gens injustement. La deuxième, c’est que boire de l’alcool altère la raison de celui qui en boit, au point qu’il n’arrive plus à connaitre son créateur alors que Dieu ne nous a créés que pour L’adorer. Dieu dit ce qui signifie : « Je n’ai créé les ǧinn et les humains que pour leur ordonner de M’adorer ». Quant à la gravité des paris d’argent, c’est que ça détourne la personne de l’évocation de Dieu, de la prière, ça entraine l’animosité, la haine, tout comme Dieu dit ce qui signifie : « le šayṭān veut provoquer entre vous l’animosité et la haine par l’intermédiaire de al-ẖamr et des paris d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière ». Ce sont des moyens que le šayṭān utilise pour détourner la personne de l’adoration de Dieu.

Il y a deux interprétations. 1 / Ibnu ʿAbbās a dit qu’après leur interdiction, le péché de les commettre est plus grand que leur profit.  2 / Saʿīd ibnu Ǧubayr a dit que dans les deux cas, les conséquences graves qui surviennent du fait de les commettre sont plus graves que leur profit et cela, même avant leur interdiction.

Les savants ont divergé pour indiquer si l’interdiction de l’alcool provient de ce verset ou bien d’un autre verset. Certains ont dit que c’est ce verset qui a indiqué l’interdiction de l’alcool. Et d’autres savants comme Qatādah ont dit que c’est le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie « allez-vous en finir ». Donc Dieu a révélé l’interdiction de l’alcool de manière progressive, ceci afin que ce ne soit pas une difficulté insurmontable pour les gens, le fait d’arrêter de boire de l’alcool.

Pour ce qui est de la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl/verset 67 : « vous en prenez un saqr et une subsistance licite », certains ont expliqué le saqr par le vinaigre. Et le vinaigre est une boisson fermentée qui est devenu acide. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « quel bon accompagnement pour le pain que le vinaigre ! ». Il a fait l’éloge du vinaigre. Et certains ont dit que ce verset a été abrogé après la révélation de l’interdiction de l’alcool.

Tout comme il est interdit de boire de l’alcool, il est interdit de le vendre, même si l’acheteur ne va pas en boire. Ceci en raison du ḥadīṯ rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim qui signifie : « Allāh et Son Messager interdisent la vente de l’alcool, du cadavre, du porc et des idoles ».

Audio 48 : verset 219 : ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent.

Toute boisson qui altère la raison en entrainant une euphorie, une joie, s’appelle du ẖamr (en arabe, c’est le mot qui désigne le vin ou l’alcool en général), qu’elle provienne du raisin et le résultat est le vin ou qu’elle provienne du miel et le résultat est de l’hydromel ou qu’elle provienne du maïs ou de l’orge et le résultat est de la bière, ou qu’elle provienne de la pomme et le résultat est du cidre, ou qu’elle provienne de pomme de terre, ou autre que cela. Et cette substance ẖamr est interdite à la consommation.

Mouslim a rapporté du ḥadīṯ de fils de ^Umar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu les agrée tous les deux que le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « tout ce qui enivre c’est du ẖamr et tout ce qui enivre est interdit ». Et dans une version : « tout ẖamr est ḥarām ».

Elle est produite au moment où des bulles apparaissent à la surface des choses citées, comme si le liquide se mettait à bouillir et le niveau s’élève. Puis le niveau du liquide s’abaisse à nouveau et c’est à ce moment-là que les buveurs d’alcool considèrent que c’est une boisson à consommer. Mais avant cette étape de fermentation où on constate comme une ébullition, le liquide est licite à la consommation. Il s’appelle « nabīḏ » en arabe et désigne ce liquide à ce moment-là et au-delà. Le terme « nabīḏ » en arabe désigne la boisson qui est licite et également la boisson qui est interdite. Lorsque ce liquide n’est pas arrivé au point où il enivre celui qui le boit, alors c’est un nabiidh qui est licite à la consommation. Pour ce qui est du jus de raisin, il a cette particularité qu’il se transforme en ẖamr (boisson alcoolisée qui est du vin ici) après cette fermentation, sans qu’on ne lui rajoute de l’eau. Pour ce qui est du miel, de l’orge, du maïs, du raisin et des dattes, ils ne deviennent du ẖamr que lorsqu’on leur rajoute de l’eau et qu’ils restent pendant un certain temps, le niveau du liquide s’élève, suite à l’ébullition qui a lieu, on entend un pétillement « našīš » en arabe et c’est à ce moment-là que cette boisson devient interdite à la consommation.

D’après An-Nasāʾiyy qui rapporte du fils de ʿUmar, ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar, qui a dit : « toute boisson qui pétille est interdite ». Le pétillement est le début de la transformation en ẖamr puis le niveau redescend et les buveurs d’alcool apprécient cette boisson. Et cette boisson reste dans cet état de longues journées. Au bout de quarante jours, dans certains pays, il devient acide et celui qui en boit ne devient pas ivre : c’est devenu du vinaigre. Et le vinaigre n’enivre pas. Le goût du vinaigre est acide alors que le goût des boissons alcoolisées est amer. Et pourtant les buveurs d’alcool les apprécient.

Par ailleurs, si le miel est mélangé avec de l’eau puis mis dans un récipient fermé, alors dans les pays chauds, au bout de cinq jours, il devient une boisson alcoolisée appelée hydromel. Mais dans les pays froids, cela prend plus de temps. Si le miel est pur et qu’il est mis dans un bocal fermé, il peut rester des années et il reste intact.

Il y a des gens qui deviennent ivres, qu’ils boivent un peu d’alcool ou beaucoup. Il y a des gens qui deviennent ivres uniquement s’ils boivent une grande quantité de boissons alcoolisées. Mais dans les deux cas, c’est interdit, tout comme cela a été indiqué dans un ḥadīṯ rapporté par Aḥmad d’après   Ǧābir que Dieu l’agrée, il a dit : le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ce qui enivre quand il est bu en grande quantité, il est interdit d’en boire en petite quantité ». Et lorsque le Prophète a été interrogé à propos de l’hydromel, il a dit ce qui signifie : « toute boisson qui enivre alors elle est interdite ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim, que Dieu les agrée.

Et il a été rapporté à propos de la menace envers celui qui boit de l’alcool, un ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) du messager d’Allaah ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui boit régulièrement de l’alcool, il est comme un idolâtre », rapporté par Al-Bazzār d’un ḥadīṯ de Al-Muǧāhid d’après ʿAbdul-Lāh fils de ʿUmar et Abu Nuʿaym. Et ibnu Ḥibbān l’a rapporté avec d’autres termes, il a dit que le Prophète a dit ce qui signifie : « le buveur régulier d’alcool est comme un adorateur d’idole ». Ce ḥadīṯ veut dire que celui qui boit de l’alcool régulièrement, son péché est grave, il est tellement grave qu’il ressemble à celui qui adore les idoles. Et il se peut qu’il soit éprouvé par une mauvaise fin, au moment de mourir, que Dieu nous en préserve. Certaines personnes sont attaquées par le šayṭān, juste avant de mourir et il leur donne de mauvaises idées. Et cette personne devient mécréante alors que ceux qui sont autour ne s’en rendent pas compte. Et le Messager alla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam nous a enseigné de dire dans nos invocations : « Allāhumma ʾinnī ʾaʿūḏu bika min an yataẖabbaṭaniyah š-šyṭānu ʿinda l-mawt » ce qui signifie : « ô Allāh je Te demande de me préserver de l’attaque du šayṭān au moment de la mort ».

Certains, au moment de mourir, ils ne peuvent plus parler, leurs langues s’immobilisent, et ils sont extrêmement assoiffés. Le šayṭān vient à cette personne avec un verre d’eau et il lui dit : « deviens mécréant, je te donne à boire ». Celui à qui Allāh raffermit le cœur, il patiente et il ne prête pas attention à cela.

Par ailleurs, boire de l’alcool fait partie des plus grands des grands péchés mais ça reste moins grave que la fornication. Le plus grave des péchés est la mécréance, c’est le péché que Dieu ne pardonne pas. Puis vient le fait de tuer un musulman injustement. Puis c’est commettre la fornication. Puis le fait de délaisser la prière puis le fait de consommer le gain usuraire puis boire de l’alcool.

Concernant le fait de considérer l’alcool impur ou pas, c’est l’avis de la plupart des imams, entre autres les quatre imams, Mālik, Aḥmad ibnu Ḥanbal, abū Ḥanīfah et Aš-Šāfiʿiyy. Mais si l’alcool touche un vêtement ou un corps, c’est un devoir de le nettoyer pour que la prière soit valable. Il y a un imam muǧtahid dans la science qui est appelé Rabīʿatu r-Rāʿī fils de ʿAbdur-Raḥmān, (il était le šayẖ de l’imam Mālik), il a dit que l’alcool n’était pas impur. Mais cela ne veut pas dire que c’est permis de le consommer. Mais cela veut dire qu’il n’a pas le jugement du sang par exemple. Ils ont tous été unanimes à dire qu’il est interdit de le boire, de le vendre, de l’acheter. La divergence est : est-ce que c’est une impureté ou pas ? Il n’a pas été cité dans le Qur’ān ni dans le ḥadīṯ de texte qui indique que l’alcool était impur selon la Loi de l’Islam. Mais il y a eu un texte explicite qui indique l’interdiction de le boire, de le vendre, de l’acheter. Celui qui dit que ce n’est pas interdit de boire de l’alcool ou que ce n’est pas interdit d’en vendre ou d’en acheter pour celui qui veut en boire, alors il devient mécréant, parce qu’il aura nié l’interdiction de consommer quelque chose qui est interdit selon l’unanimité.

Quant à ce qu’ont rapporté Muslim et Abū Dāwūd et d’autres qu’eux, du ḥadīṯ de Wāʾil Al-H̱aḍramiyy que Ṭāriq fils de Suhayl a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām à propos de la fabrication des boissons alcoolisées en tant que médicament. Le Prophète a répondu que ce n’est pas un médicament mais c’est une maladie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de guérison d’une quelconque maladie grâce aux boissons fermentées, mais cela veut dire que ce n’est pas un bon remède, ce n’est pas un bon moyen pour se soigner. Parce qu’il y a beaucoup de nuisances dans l’alcool. Tellement l’alcool est nuisible, c’est comme s’il n’y a pas de guérison grâce à l’alcool. Ce qu’a visé le Prophète ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām, ce n’est pas que l’alcool ne constitue en aucune manière un remède parce que le fait qu’il y a une guérison par l’alcool de certaines maladies, c’est quelque chose d’observable.

L’explication de ce ḥadīṯ selon le sens apparent est une grande erreur. Les anciens médecins et les médecins actuels sont tous d’accord pour dire que l’alcool peut être utile pour soigner certaines maladies. C’est une forme de sens figuré en arabe qui s’appelle un sens figuré par omission ; il y a un mot qui est omis. Le mot omis est le qualificatif du remède. Dans la phrase « ce n’est pas un remède », le mot omis est « bon » avant remède : ce n’est pas un bon remède. Ce qui prouve que l’alcool peut être un bon remède est justement la parole de Dieu dans le verset 219 qui signifie :

Dis : il y a en eux (l’alcool et les paris d’argent) beaucoup de mal et aussi un profit pour les gens. Mais le bénéfice -risque est plutôt en faveur du risque, plus nuisible que profitable. Et ceux qui ont nié qu’il y ait un profit dans l’alcool, ils ont dit qu’avant, il y avait un bénéfice dans l’alcool mais que maintenant, il a été enlevé.

Par ailleurs, l’interdiction des boissons alcoolisées n’a été révélée qu’après l’émigration du Prophète ʿalayhi s-salām. Avant l’émigration, les gens buvaient de l’alcool pour se réchauffer. Certains en buvaient et cela leur donnait une vigueur mais ils n’arrivaient pas au point d’être saouls. Puis quand l’interdiction a été révélée, ils ont été privés des bénéfices qu’il y avait dans l’alcool.

Pour ce qui est de se soigner par l’alcool, la majorité des savants ont penché pour l’avis qui dit que c’est interdit. Et c’est l’avis apparent de ce qui est rapporté dans l’école hanafite et c’est ce qui est retenu chez eux. C’est ce qu’ont dit les malikites également et c’est l’avis qui est correct chez les chaféites et les hanbalites. Mais certains savants ont dit qu’il était permis de se soigner par l’alcool sous trois conditions : 1/ qu’il n’y ait pas d’autre remède possible que l’alcool. 2/ que ce soit en quantité minime, de sorte à ce que cela n’enivre pas.  3/ que ce soit prescrit par un médecin musulman digne de confiance.

Quant au ḥadīṯ du Prophète qui signifie : « celui qui boit de l’alcool, il n’en boit pas tant qu’il est croyant », cela ne veut pas dire que du simple fait qu’il a bu de l’alcool, il est sorti de l’Islam. Cela veut dire que sa foi n’est pas complète.

Al-Bayhaqiyy a rapporté qu’il a été dit à un arabe ancien : pourquoi ne bois-tu pas de l’alcool ? Il a répondu : « je ne suis pas satisfait de ma raison alors qu’elle est complète. Comment veux-tu que j’introduise dans mon corps quelque chose qui va me l’altérer ? »

Al-Ḥasan a dit : je vois que les gens font attention à leurs femmes (ils n‘acceptent pas qu’un homme la regarde avec désir) excepté les buveurs d’alcool. Quand tu vas les voir, ils te font bon accueil et quand tu es absent, ils parlent de toi en mal. 

C’est pour cela : enseignez à vos enfants chaque jour au moins une question de religion parmi les sujets importants et répétez-les. Ne donnez pas un grand nombre d’informations d’un seul coup, pour que l’information reste gravée dans leurs cœurs. Enseignez à vos enfants que Dieu a dit à propos de l’alcool et des paris d’argent que c’est quelque chose de mauvais et que ce sont des suggestions du šayṭān, ce sont des choses que le šayṭān incite les gens et les encourage à faire parce que ce sont des choses qui provoquent des zizanies, des discordes, des nuisances entre les gens, l’animosité et la haine parmi les musulmans. Enseignez-leur que le pari d’argent est ḥarām. Si vous n’enseignez pas à vos enfants, qui va leur enseigner ? Dites-leur que le fait de jouer aux jeux de cartes, au Monopoly, aux dominos, tout ce qui utilise des dés, cela est ḥarām, parmi les petits péchés. Et si l’argent intervient, cela devient un grand péché. Que la personne sache que cet argent ne rentre pas dans sa propriété, il ne lui est pas licite. Même chose en ce qui concerne le loto ou les tombolas ou chacun met de l’argent et si c’est le numéro d’un tel qui est tiré, il gagne ; sinon, il aura perdu son argent. Même chose concernant les courses de chevaux ou autres animaux, le fait de faire des paris est interdit. Même chose concernant les combats de coq ou de chiens ou autres : le fait de miser de l’argent sur celui-là est un péché. Même chose si deux hommes combattent l’un contre l’autre et que d’autres misent sur l’un ou l’autre. Même chose quand deux font une course et que d’autres misent de l’argent. Idem avec ceux qui parient sur des équipes. En arabe, cela s’appelle al-qimār. Beaucoup de gens ont perdu tous leurs biens à cause de cela, leurs maisons, leur vie, leurs familles, que Dieu nous préserve de cela.

Ils t’interrogent : qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce qui est en plus. C’est-à-dire : donnez en aumône ce qui est en plus de votre besoin. Au début de l’islam, il était une obligation de donner en aumône ce qui était en plus de tes besoins. Si l’homme était un propriétaire terrien, il possédait des champs de blé par exemple, il gardait pour lui et sa famille de quoi vivre une année et il donnait en aumône tout ce qui était en plus. Et si c’était un artisan, il gardait la subsistance d’une journée, et ce qui était en plus, il le donnait en aumône. Cette obligation-là a été abrogée par le verset de az-zakāt qui dit que celui qui possède un bien une année, il va payer le quart du dixième (2.5%).

C’est ainsi que Dieu vous indique les signes, puissiez-vous méditer. Puissiez-vous réfléchir.

Verset 220 : à propos du bas-monde et à propos de l’au-delà. C’est-à-dire au sujet de cette vie d’ici-bas et au sujet de l’au-delà. C’est-à-dire afin que vous puissiez réfléchir à ce qui se rapporte aux deux résidences, afin que vous œuvriez en fonction de ce qui est le mieux pour vous. Autre explication : afin que vous choisissiez celle des deux qui dure plus longuement, celle des deux qui est le plus bénéfique pour vous. Sans aucun doute, c‘est celle de l’au-delà qui est éternelle.

Il a été révélé un verset qui est une grande menace de châtiment pour ceux qui prennent les biens des orphelins injustement. Alors les gens se sont mis en retrait des orphelins, ils avaient peur de tomber dans la consommation du bien de l’orphelin injustement. Ils n’ont plus voulu côtoyer les orphelins, ils n’ont plus voulu gérer leurs biens. Et cela a été cité au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est ainsi qu’a été révélée la suite de ce verset qui signifie : « ils t’interrogent à propos des orphelins. Dis : les côtoyer pour bien les gérer, bien gérer leurs biens, cela vaut mieux que de les tenir à l’écart. Et si vous les côtoyez (c’est-à-dire si vous vivez avec eux) alors en définitive, ce sont vos frères (de religion) et parmi les droits qu’un frère a sur son frère, c’est qu’il le côtoie, il ne le laisse pas à l’écart.

Et Allāh sait qui sont les corrupteurs, c’est-à-dire ceux qui vont corrompre les biens des orphelins. Dieu sait qui gère mal et qui prend les biens de l’orphelin, et qui gère au mieux les biens de l’orphelin pour ce qui est de son intérêt et Dieu rétribue tout un chacun en fonction de ce qu’il fait. Soyez en garde contre ceux qui gèrent mal les biens des orphelins.

Et si Dieu voulait que vous soyez épuisés, Il vous aurait épuisés. C’est-à-dire qu’Il vous aurait amenés à être éprouvés et Il ne vous aurait pas permis de gérer leurs biens.

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Allāh ne charge l’esclave que ce dont il est capable. Par sa miséricorde, Dieu charge les esclaves de ce dont ils sont capables.

Et lorsqu’un compagnon qui s’appelle Mirsād a demandé au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’il pouvait épouser une femme qui s’appelait ʿAnāq qui était une associatrice, les versets suivants ont été révélés.

Verset 221 : et n’épousez pas les femmes associatrices jusqu’à ce qu’elles deviennent croyantes. Dans ce verset celles qui sont visées sont les femmes idolâtres.  Ce ne sont pas les femmes des yahūd   ni celles des nasārā. Les associatrices que Dieu a interdit aux musulmans d’épouser, dans sūratu l-baqarah sont celles qui sont des idolâtres, comme celles qui adorent les vaches, le soleil. Alors que les femmes des yahūd et nasārā, même si elles attribuent des associés à Dieu, elles sont appelées des femmes des gens du Livre. Dans sūratu l-māʾidah/ verset 5, Dieu a autorisé aux musulmans d’épouser les femmes qui font partie des gens du Livre des yahūd et des nasārā. Avant qu’ils ne deviennent mécréants, ces gens du Livre étaient sur la religion de Jésus qui était un prophète musulman. Ils considéraient que Jésus était un prophète tout comme nous, nous considérons que Muḥammad est un esclave et un messager de Dieu. Eux, également, ils avaient pour croyance que Jésus était un esclave de Dieu, qu’il avait été créé par Dieu, qu’il appartenait à Dieu tout comme nous croyons que Muḥammad est un esclave de Dieu et un messager de Dieu. Ils avaient pour croyance que Jésus était un envoyé de Dieu. Dieu l’a envoyé pour appeler les gens à adorer Dieu, comme c’est le cas pour Muḥammad. Ceux-là qui suivaient Jésus, ils étaient musulmans. Les yahūd et les nasārā, avant qu’ils n’aient falsifié, qu’ils n’aient altéré la loi de Moise et celle de Jésus, ils étaient sur l’islam. Les yahūd disaient « il n’est de dieu que Dieu et Mūsā est le messager de Dieu » et les nasārā disaient « il n’est de dieu que Dieu et Jésus est le messager de Dieu ». L’évangile authentique est un livre qui a été révélé à Jésus tout comme le Qur’ān. Sauf que l’évangile était en araméen et la langue du Qur’ān est l’arabe. Ce sont deux livres révélés par Dieu aux prophètes. Et la torah est comme le Qur’ān sauf que la torah d’origine était en hébreu. Il y a des choses qui sont mentionnées dans la torah et qui ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān, ni dans l’évangile. Il y a des choses qui sont citées dans l’évangile et qui ne sont citées ni dans la torah ni dans le Qur’ān. Et il y a des choses dans le Qur’ān qui ne sont citées ni dans l’évangile ni dans la torah. Mais l’un a été révélé par Dieu, le deuxième a été révélé par Dieu, et le troisième a été révélé par Dieu. Tous les trois ont été descendus par révélation de la part de Dieu.

A l’époque où ils étaient attachés à la torah authentique d’origine, à l’époque où ils étaient attachés à l’évangile authentique d’origine, ils étaient musulmans. Et ils avaient pour croyance que Muḥammad allait arriver, qu’il allait être envoyé et qu’il serait le dernier des prophètes. Et ils avaient pour croyance que, lorsque Muḥammad allait arriver, ils devraient le suivre. Voilà ce qui était mentionné dans l’évangile authentique et dans la torah authentique.

Et une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu. Cela signifie que la femme croyante est meilleure que la femme mécréante, même si celle-ci dépasse cette croyante par l’argent ou par la beauté. Et l’esclave croyante est meilleure que l’esclave mécréante. Ne penchez pas vers cette mécréante au détriment de la croyante.

Lorsque l’imam Mālik que Dieu l’agrée, a été interrogé à propos du fait d’épouser les moutazilites (qui prétendent que l’esclave est le créateur de ses actes, alors que Dieu est le seul créateur de toute chose), il a dit : « une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu et un homme esclave croyant vaut mieux qu’un associateur, même s’il vous a plu ».   Les moutazilites sont des associateurs.

Et ne donnez pas vos filles musulmanes à des associateurs. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué cela en disant : ne donnez pas en mariage une musulmane à un non musulman.

Jusqu’à ce qu’ils deviennent croyants. Et un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, même si l’associateur vous a plu. C’est-à-dire que le croyant a un mérite tandis que le non croyant n’a pas de mérite selon le jugement de Dieu. En effet le non croyant est ingrat : Dieu lui a donné l’existence, Il lui a donné tous les bienfaits qu’il a et, soit il renie l’existence de Dieu, soit il L’insulte en Lui attribuant des choses dont Il est exempt. Dans la langue arabe, on dit que le miel est plus sucré que le vinaigre, alors que le vinaigre n’est pas sucré du tout. Car quand il a dit qu’un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, en réalité, il n’y a pas de bien dans un associateur. Cela ne veut pas dire que celui-là a un bien et cet autre a un bien et que le bien du musulman dépasse le bien du mécréant. Le musulman a un bien et le mécréant n’a aucun bien en lui.

Elles ne sont pas licites pour eux : les femmes musulmanes ne sont pas licites pour les associateurs et les associateurs ne sont pas licites pour elles. Ce verset est catégorique sur le fait que le mariage d’une musulmane avec un mécréant n’est pas autorisé.

Ceux-là : cela fait référence aux associateurs et aux associatrices

Appellent à l’enfer. C’est-à-dire qu’ils appellent à la mécréance qui est l’œuvre des gens de l’enfer. Cela veut dire qu’ils ne méritent pas qu’on fasse des alliances de mariage avec eux.

Et Dieu vous incite au paradis et au pardon. Les croyants appellent au paradis et au pardon et à ce qui fait gagner le paradis et ce qui fait gagner le pardon de Dieu. Ce sont eux qu’il faut prendre pour alliés pour les mariages.

Par la facilitation de la part de Dieu. Par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde.

Allāh indique les signes pour les gens. Dans l’explication de al-baḥru l-Muḥīt , c’est-à-dire que Dieu manifeste et dévoile les signes de sorte que les gens n’aient plus de confusion. C’est-à-dire que cette explication est claire, elle n’est pas spécifique à certaines personnes et pas à d’autres. Allāh manifeste Ses versets pour tout un chacun. La finalité est que, par la manifestation de ces signes, il y ait un rappel et une exhortation. Parce que, dès lors que le signe est visible, il y a un rappel par cela. Dès lors qu’il y a un rappel, il y a une facilité pour l’obéissance et de suivre ce qu’a indiqué ce rappel. L’obéissance est le fait d’exécuter l’ordre et de s’abstenir de l’interdit.

Puissent-ils être exhortés.

L’auteur dit : les Arabes ne mangeaient pas avec la femme qui a les menstrues, ni ne buvaient avec elle ni ne vivaient avec elle sous le même toit. Exactement comme les yahouud et les mazdéens. Alors un compagnon qui s’appelle Abū Dardāḥ a demandé au Messager comment faire avec leurs femmes quand elles avaient leurs menstrues. C’est alors que fut révélé le verset 222.

Verset 222 : ils t’interrogent à propos des menstrues. Les menstrues est le sang qui sort de l’utérus de la femme alors qu’elle est en bonne santé et sans que ce soit suite à un accouchement. Le minimum des menstrues est de 24 heures, le maximum est de quinze jours et la moyenne est de six à sept jours dans l’école de l’imam Aš-Šāfiʿiyy. Il est possible qu’une fille ait les menstrues à partir de l’âge de neuf ans lunaires. Et la durée maximale chez les hanafites est de dix jours.

Dis : c’est quelque chose qui est répugnant et qui nuit à celui qui s’en approche. Alors n’approchez pas les femmes quand elles ont les menstrues : c’est-à-dire n’ayez pas de rapports sexuels avec elles. Il a été dit que les chrétiens avaient des rapports avec la femme qui a les menstrues alors que les juifs évitaient les femmes qui ont les menstrues en toute chose. Dieu a donné l’ordre de la position qui est intermédiaire entre les deux. Selon Abū Ḥanīfah et Abū Yūsuf, que Dieu leur fasse miséricorde, l’homme doit éviter d’avoir un contact peau contre peau lorsque la femme a les menstrues pour la zone qui est sous le pagne. Mais Muḥammad ibnu l-Ḥasan, le troisième de l’école hanafite a dit que seul le rapport sexuel est interdit. C’est une divergence au sein de l’école hanafite. ʿĀʾišah que Dieu l’agrée a dit que l’homme doit éviter l’emplacement d’où sort le sang uniquement.

Et ne vous approchez pas : c’est-à-dire n’ayez pas de rapport sexuel avec elles tant qu’elles ont les menstrues

Jusqu’à ce qu’elles fassent le ghousl : jusqu’à ce que l’écoulement du sang soit terminé puis qu’elles aient fait le ghousl. Certains hanafites ont dit : jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’écoulement de menstrues même si elle n’a pas encore fait son ghousl. Certains savants ont dit que le rapport était permis à partir du moment où l’écoulement de sang s’est arrêté, sans différence si elle a dépassé le minimum des menstrues ou pas. Et il y a d’autres savants qui ont dit qu’il était interdit d’avoir un rapport avant qu’elle ne fasse le ghousl. Et c’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy. Et Abū Ḥanīfah a autorisé le rapport même si elle n’a pas encore fait le ġusl si le sang s’est arrêté après avoir atteint la durée maximale et il a interdit d’avoir un rapport si le sang s’est arrêté avant qu’il n’atteigne la durée maximale, tout en considérant qu’elle devait faire le ġusl et en jugeant qu’elle est pure. Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit que l’homme ne peut avoir un rapport avec sa femme qu’après qu’elle se soit purifiée. Et sa preuve est le verset qui signifie : « si elle se purifie, alors vous pouvez avoir un rapport avec elle ».

De là où Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire par le vagin, ne pratiquez pas la sodomie.

Certes Allāh agrée le repentir. C’est-à-dire ceux qui font le repentir suite aux péchés qu’ils ont commis ou qui font le repentir à Dieu.

Il agrée ceux qui se purifient avec de l’eau ; ou autre explication : ceux qui ne font pas la sodomie. Ou autre explication : ceux qui ne font pas de rapports alors que la femme a les menstrues ou encore ceux qui se purifient de toutes les choses viles et vilaines.

Verset 223 : An-Nasafiyy a dit : les yahūd disait, lorsqu’un homme avait un rapport avec son épouse, alors qu’elle était accroupie, que l’enfant loucherait. C’est alors qu’a été révélé le verset 223 de sūratu l-baqarah : vos épouses sont comme un champ de semence pour vous. C’est un sens figuré, c’est une métaphore, c’est-à-dire que les épouses ont été comparées à un champ de semence, en raison de ce qui est semé dans leurs utérus comme liquide séminal de l’homme, à partir duquel il y aura une descendance, comme si ce liquide était des graines qui étaient semées et comme si l’enfant qui était engendré de cette semence était une plante qui allait pousser. Donc cette première partie de ce verset est une explication de ce qui va venir juste après, c’est-à-dire : ayez un rapport avec vos épouses, tout comme Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire que l’emplacement pour ce rapport est l’emplacement qui permet d’avoir cette semence et non pas l’emplacement d’où sortent les restes, pour rappeler et avertir que l’objectif initial de ce rapport est d’obtenir la descendance et non pas de satisfaire le désir. Donc n’ayez de rapport avec vos épouses que de l’endroit qui permet d’atteindre cet objectif.

Allez à votre terrain de semence quand vous voulez : c’est-à-dire que vous pouvez avoir un rapport avec elles quand vous voulez. Ou bien, deuxième explication : ayez un rapport avec vos épouses comme vous voulez : qu’elles soient accroupies, ou allongées sur le dos, ou sur le côté, du moment que l’emplacement à partir duquel vous allez pour terrain de semence est le même. Et c’est une métaphore : tout comme vous allez à votre champ que vous voulez labourer pour le semer, vous pouvez aller dans votre champ dans n’importe quelle direction. Aucune direction ne vous est interdite. An-Nasafiyy ouvre une parenthèse : il a cité des allusions assez subtiles, ce sont des signes qui sont appréciés. Il convient pour tout musulman de prendre pour habitude cette manière de parler de ces sujets, quand il s’agit de conversations ou d’écritures, d’une manière qui soit subtile et non pas crue et vulgaire.

Et anticipez pour vous-mêmes : priorisez pour vous-mêmes. Il y a plusieurs explications.

1/ Accomplissez les bonnes œuvres qu’il faut que vous accomplissiez. C’est le contraire de ce qui vous a été interdit.

2/ Recherchez l’enfant.

3/ Evoquez Dieu avant de commencer le rapport.

Et craignez Dieu. C’est-à-dire ne commettez pas les choses qui vous ont été interdites.

Et sachez que vous allez venir à Son jugement. C’est-à-dire votre devenir est d’être jugés par Dieu au Jour du jugement, alors préparez-vous pour cela.

Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. C’est-à-dire toi Muḥammad, annonce-leur qu’ils auront la récompense.

Il y a eu au début du verset 222 : wa yasʾalūnaka : et eux, ils t’interrogent, et les trois phrases suivantes n’ont pas été liées par une conjonction de coordination. An-Nasafī a dit que les trois questions qu’ils avaient posées, c’est comme si elles avaient eu lieu dans des moments différents. Elles n’ont pas été posées à la suite les unes des autres. Et il y a eu trois autres questions, qui, elles, ont été liées par la conjonction de coordination et il s’agit de trois questions, qui, elles, ont été posées en même temps.

Verset 224 : wa lātaǧʿalu l-Lāhaʿurḍah li’aymānikum : il arrivait que certains juraient par Dieu, alors qu’ils étaient en colère, qu’ils n’allaient plus faire une certaine sorte de bien. Comme si quelqu’un dit : je jure par Dieu que je n’irai plus rendre visite à mon cousin, ou qu’il ne va pas faire ce qu’il peut pour réconcilier deux personnes. Puis il dit : je vais tenir ma parole car j’ai juré par le nom de Dieu. Et ainsi, il se prive d’un bien sous prétexte de tenir sa parole parce qu’il a juré par Dieu. Ne faites pas en sorte que le nom de Dieu par lequel vous avez juré, vous empêche de faire telle sorte de bien. Ne faites pas en sorte que, du fait que vous avez juré, vous ne fassiez pas un bien. Celui qui a juré ne va pas se priver de cette chose de bien, mais il va la faire. Mais comme il a juré, il doit faire une expiation du fait qu’il n’a pas respecté ce qu’il avait juré de ne pas faire. Tout comme dans le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, qui signifie : « celui qui jure sur quelque chose puis il constate qu’il y a mieux que ce qu’il a juré de faire, alors qu’il expie cette chose qu’il a jurée de faire ». Celui qui a juré de ne pas faire une chose puis qui la fait quand même, il ne commet pas de péché de la faire quand même. Mais il doit expier le fait qu’il a juré. Il a le choix entre trois choses : soit il affranchit un esclave, soit il donne à manger à dix pauvres, soit il donne de quoi se vêtir à dix pauvres. S’il ne peut aucune des trois choses, alors il jeûne trois jours.

Ne faites pas en sorte que le fait de jurer vous empêche d’accomplir le bien, vous empêche de faire preuve de piété, vous empêche de réconcilier les gens entre eux. C’est-à-dire les choses sur lesquelles vous avez juré et qui sont la bienfaisance, la piété et la réconciliation entre les gens.

Ne prétextez pas le fait que vous jurez pour vous abstenir d’accomplir ces choses qui sont un bien.

Et Allāh est Celui Qui entend, Celui Qui sait : Dieu entend ce que vous avez juré de faire et Il sait quelles sont vos intentions.

Verset 225 : Allāh ne vous tient pas rigueur pour « al-laġwu » quand vous jurez. Al-laġwuce sont les choses qu’on ne prend pas en considération, des paroles qu’on ne prend pas en compte ou autre ; ici c’est comme le manque d’attention, comme si quelqu’un a juré par une chose alors qu’il pensait jurer sur autre chose et il s’est avéré que ce n’est pas correct. Ici « Dieu ne vous tient pas rigueur » cela veut dire que Dieu ne vous châtie pas. Dieu ne vous punit pas pour cette inattention dans le fait de jurer. Quelqu’un pense qu’une chose a eu lieu, alors qu’elle n’a pas eu lieu et lui, il jure par Dieu.

Selon les chaféites, al-laġwu est ce qui passe par la langue de la personne sans volonté de jurer. Certains disent « wal-Lāh », rapidement, sans volonté de jurer, sans avoir fait attention. C’est de cela dont il est question selon Aš-Šāfiʿiyy et la personne n’est pas punie pour cela.

Le šayẖ a donné une explication ici, il a dit : d’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, elle a expliqué la parole de Dieu (le verset 225 de sūratu l-baqarah) : c’est lorsque quelqu’un dit d’une manière machinale « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh », (cela veut dire : je jure par le nom de Dieu) c’est cela « al-laġwu » pour lequel Dieu ne punit pas.

Mais Il vous tient rigueur : c’est-à-dire qu’Il vous punit pour le péché de votre volonté de mentir. C’est votre volonté de mentir qui expose à la punition. La personne est punie lorsqu’elle jure à propos d’une chose tout en sachant que c’est le contraire de ce qu’elle dit :  c’est « al-yamīnu l-ġamūs ». Al-yamīne est un terme qui veut dire la main droite et qui veut dire aussi le fait de jurer. Ici, ce qui est visé est le fait de jurer. « Al-ġamūs » signifie ici « qui fait plonger en enfer ». Celui qui jure par Dieu, en mentant délibérément, est puni pour cela. Il n’est pas puni pour le fait d’avoir menti involontairement, comme celui qui dit rapidement « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh. Ou alors il pensait que c’était véritablement comme cela. Mais il sera puni pour le fait de jurer et qui plonge en enfer, alors qu’il a menti délibérément.

Aš-Šāfiʿiyy s’est attaché à ce texte pour dire qu’il est un devoir d’expier le fait de jurer lorsque c’est un mensonge. « Al-yamīnu l-ġamūs » est le fait de jurer par Dieu délibérément en mentant. Aš-Šāfiʿiyy a dit que dans ce cas-là, non seulement c’est un péché, mais en plus, il doit expier ce péché. Comme quelqu’un qui jure d’une chose qu’il allait faire mais qui ne la fait pas : comme l’exemple de quelqu’un qui dit « wal-Lāh, je ne vais plus manger dans cette assiette ».  Puis, après, il veut manger dans cette assiette ; il ne commet pas de péché mais il doit l’expiation. Le deuxième cas est s’il jure mensongèrement au sujet d’une chose comme s’il dit « wal-Lāh c’était comme ça » ; tel qu’un commerçant qui dirait : « wal-Lāh, j’ai acheté cette marchandise à mille euros » alors qu’il n’a pas acheté à ce prix-là. Aš-Šāfiʿiyy a dit que c’est un péché et qu’en plus, il doit s’acquitter de l’expiation, tout comme celui qui jure de faire quelque chose mais qui ne la fait pas.

Et Allāh est Celui Qui pardonne, Il est Celui Qui est ḥalīm. Ḥalīm ici signifie Celui Qui ne vous tient pas rigueur pour avoir juré d’une manière involontaire. Concernant une créature, on dit d’un homme qu’il est ḥalīm, c’est-à-dire qu’il est indulgent, qu’il patiente face aux erreurs des autres.

Certains sont tellement ignorants que leur ignorance les a amenés à sortir de l’islam. Ils se sont appuyés sur ce verset : « lā yuʾāẖiḏukumu l-Lāhu bil-laġwi fī aymānikum » et ont cru que ce verset voulait dire que la personne ne sort pas de l’islam si elle a dit une parole de mécréance, mais qu’elle ne visait pas la sortie de l’islam. Ils ont détourné le sens de ce verset, ils ont dit que le sens était : « Dieu ne vous tient pas rigueur pour al- laġwu quand vous jurez c’est-à-dire que si quelqu’un a dit une parole de mécréance, délibérément, mais qu’il ne voulait pas sortir de l’islam, alors dans ce cas-là, il ne sort pas de l’islam ». C’est une ignorance et une mécréance de leur part parce qu’ils ont appelé la mécréance, islam.

Le sens de ce verset est que celui qui jure d’une manière machinale, sans que ce soit délibéré, alors cela ne sera pas inscrit dans le livre de ses œuvres. Notre šayẖ a dit : il y a une différence entre le fait de jurer (al-aymān qui est un pluriel de yamīn) et le fait de prononcer une parole de mécréance. Donc il n’y a pas de correspondance entre ce verset qui parle de celui qui jure de manière machinale et la question de celui qui prononce de la mécréance, même si, lui, il ne voulait pas sortir de l’islam. Parce que le jugement des paroles est en fonction de leur signification dans la langue et la compréhension de la part de la personne de cette signification. Si quelqu’un dit une parole dont la signification contredit la religion de l’islam, et qu’il comprend ce qu’il est en train de dire, même si, lui, n’avait pas l’intention de quitter l’islam, cette parole le fait sortir de l’islam.

Verset 226 : à ceux qui jurent à propos de leurs femmes : cette récitation avec « yuʾlūn » est celle d’Ibnu ʿAbbās. (Ǧibrīl ^ ʿalayhi s-salām a transmis à notre Prophète ʿalayhi s-salām plusieurs récitations du Qur’ān, quatorze en tout. Il y a quelques différences concernant une lettre ou une voyelle. Sept parmi ces récitations ont une chaine de transmission plus forte, puis trois autres et quatre autres ont une chaine de transmission plus faible).

Ils attendent alors quatre mois. C’est-à-dire ceux qui ont juré à propos de leurs femmes, ils devront attendre quatre mois en s’éloignant d’elles.

S’ils reviennent : c’est-à-dire s’ils reviennent durant ces quatre mois : s’ils ont un rapport avec leur épouse alors qu’ils avaient juré de ne pas avoir de rapport avec elle

Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Il est miséricordieux : Dieu pardonne et il y a pour cela une expiation à donner.

Verset 227 : si malgré tout, ils se décident à divorcer : si le mari a juré de ne pas avoir de rapport avec elle puis s’il veut divorcer, alors l’épouse devra attendre le temps de la période post-maritale.

Certes Allāh est Celui Qui entend (le fait que le mari ait juré) et Il sait (quelle est son intention). Et c’est une menace en réalité face à leur persistance et le fait qu’ils délaissent le rapport.

Verset 228 : et les femmes divorcées. Ici il s’agit des femmes qui ont été divorcées après qu’il y ait eu consommation du contrat de mariage. Et il s’agit de femmes qui ont les menstrues.

Alors qu’elles attendent : c’est une information qui a le poids d’un ordre, pour insister sur cet ordre. C’est une figure de style en arabe, qui indique que c’est un devoir de recevoir cette information en s’empressant à obtempérer. C’est comme si elles ont déjà exécuté l’ordre et c’est comme si on est informé qu’elles ont exécuté l’ordre. Et le fait que cette construction ici commence par un moubtada’ indique un surcroit d’insistance. (En arabe, il y a deux sortes de phrases :la phrase verbale qui commence par un verbe et c’est le cas le plus fréquent et elle peut dépendre du temps et la phrase nominale qui commence par un nom et elle indique la continuité). Ici cette phrase exprime comme une règle générale : le fait que les femmes divorcées attendent. Les femmes aspirent à avoir des hommes, se marier pour avoir un rapport. Elles ont reçu l’ordre de retenir cette aspiration, pour les obliger à l’attente. Les femmes divorcées ne peuvent pas se remarier immédiatement, comme le peuvent les hommes. Elles doivent respecter une période d’attente.

Trois qurūʾ : qurūʾ est un pluriel de qarr qui signifie un sens et le contraire de ce sens. An-Nasafiyy est Hanafite. Il a expliqué le qar selon les Hanafites et cela signifie « périodes de menstrues ». La période d’attente est de trois périodes de menstrues selon les Hanafites. Il a cité un ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām dans lequel il a dit à une femme : « ne fais pas la prière pendant tes qur » c’est-à-dire pendant tes menstrues. Rapporté par Ad-Darāqutnī. Et dans un autre ḥadīṯ, le Prophète a dit ce qui signifie : « le divorce de la femme esclave, c’est deux fois et sa période d’attente est de deux périodes de menstrues ». 

Le mot « ṯalāṯata » est mansūb avec une   fatḥah, soit dans le sens du complément d’objet direct ou bien parce qu’il s’agit d’un complément circonstanciel de temps, en arabe, il est mansūb également.

L’auteur a analysé pourquoi c’est « ṯalāṯata qurūʾ » et pas « ṯalāṯata aqrāʾ ». (Parce que dans la langue arabe, il y a deux formes de pluriels : il y a le pluriel de petits nombres et le pluriel de grands nombres. Et chacune des deux formes a un mot adapté). Il dit qu’ici, la forme employée « qurūʾ » est la forme du grand nombre, alors que trois fait partie des petits nombres ; c’est une extension.

Et il ne leur est pas permis de cacher ce que Dieu a créé dans leurs utérus. Il s’agit ici de femmes qui ont consommé leur contrat de mariage, qui ont des menstrues, qui ont été divorcées et doivent attendre une période avant de pouvoir se remarier. Les Hanafites ont expliqué cette période par les menstrues et les chaféites l’ont expliqué par les périodes inter menstruelles. Donc le mot « qarr » peut avoir le sens de menstrues et il peut avoir le sens de pureté.

Ou le sang des menstrues.

Il se peut qu’une femme qui veut quitter absolument son mari cache le fait qu’elle soit enceinte pour ne pas qu’il attende qu’elle accouche pour la divorcer.

Ou bien elle sait qu’elle est enceinte et elle le cache pour ne pas que son mari s’attendrisse sur l’enfant et ainsi il ne la divorcera pas.

Elle cache le fait qu’elle a les menstrues et elle dit qu’elle n’a plus les menstrues.

Si elles croient en Dieu et au jour dernier. Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, il ne va pas oser faire pareille chose grave, comme cacher cette information.

Leur mari est prioritaire pour les reprendre. C’est-à-dire pour les reprendre en mariage.

Durant cette période d’attente post-maritale. Le mari peut reprendre la femme qu’il a divorcée alors qu’elle dans la période d’attente post-maritale.

Si le mari a divorcé sa femme une fois, il a plus de droit pour la reprendre. Cela veut dire que s’il veut la reprendre pendant cette période d’attente post-maritale et qu’elle ne le veut pas, c’est la parole du mari qui a le dessus. Dieu nous a donné une règle pour nous soulager de débats inutiles. Dieu est notre Créateur, Il sait ce qui est le mieux pour nous.  

S’ils veulent la réparation : s’ils veulent réparer le différend qu’il y a eu entre eux.

Et elles ont droit comme eux ont un droit. La femme a un droit sur son mari tout comme le mari a un droit sur sa femme. L’homme doit pour son épouse la dot, il doit lui assurer la charge, il doit agir avec elle convenablement sans lui nuire. La femme doit obéir à son mari quand il la réclame. Aucun des deux époux n’a à charger son partenaire de ce qu’il n’a pas à le charger. Il y a des devoirs conjugaux de l’un envers l’autre. Ce ne sont pas les mêmes. Ce n’est pas un devoir pour lui de laver les vêtements de sa femme dans le cas où, elle, elle lui a lavé ses vêtements. Mais il doit répondre à ce bien qu’elle lui a fait par quelque chose de convenable de la part d’un homme.

Et les hommes ont sur les femmes un degré au-dessus : soit c’est parce qu’ils ont un droit sur l’épouse, soit un mérite parce que c’est lui qui assume les frais du foyer, soit parce que c’est lui qui prend en charge l’épouse ou bien parce que c’est lui qui tient les clés du mariage.

Le šayẖ a dit : n’est-ce-pas que l’homme a l’obligation de subvenir à la charge de son épouse !! Parce qu’il a ce droit et c’est pour cela que Dieu a fait que l’homme doit subvenir à la charge de son épouse et donc par conséquent, la femme doit s’attacher au sujet du mariage.

Et Allāh est ʿĀzīz : on n’émet pas d’objection contre Dieu concernant les devoirs qu’Il nous indique : cette hiérarchisation, cette structuration, c’est un bien. Il y a une sagesse en cela. Et la personne n’a pas à émettre d’objection. Dieu est Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu. Il est Celui Qui châtie et Son châtiment est douloureux. Personne ne peut le supporter.

Il crée toute chose selon une sagesse. Les ordres qu’Il donne sont corrects et sont bons.

Verset 229 : le divorce est jusqu’à deux fois : le fait de libérer la femme des liens du mariage, le divorce suite auquel l’homme peut reprendre la femme en mariage, après l’avoir divorcée, est jusqu’à deux fois.

Suite à cela, soit l’homme reste en bons termes avec son épouse, ou alors il la libère définitivement mais toujours en bons termes.  C’est-à-dire qu’il prononce le troisième divorce, dans une période inter menstruelle. S’il l’a divorcée une ou deux fois, soit il la reprend en mariage, ou bien s’il veut la libérer définitivement, il prononce le divorce dans la troisième période inter menstruelle.

Ce verset a été révélé à propos d’une femme compagnon qui s’appelle Ǧamīlah et son époux s’appelle Ṯābit   fils de Qays fils de Šammās. Elle ne le supportait pas parce qu’il n’était pas beau mais lui, il l’aimait. Il lui avait donné à titre de dot un verger. Elle a dit au Prophète qu’elle avait peur de ne pas assumer ses devoirs conjugaux. Elle n’avait rien à dire concernant l’application des devoirs conjugaux de la part de son époux. Le Prophète a proposé à cet homme d’accepter qu’elle lui rende son verger en contrepartie de quoi il la libèrerait des liens du mariage. C’est le ẖulūʿ c’est-à-dire une séparation moyennant une contrepartie qui est versée au mari. Ce peut être la femme qui la verse, ce peut être un tiers. Moyennant cette contrepartie, le lien du mariage est effacé. Ce fut le premier ẖulūʿ en islam.

Et il ne vous est pas autorisé (c’est-à-dire vous les maris) de prendre ce que vous leur avez donné (aux femmes) quoi que ce soit (de leur dot).

Sauf dans le cas où les deux époux craignent de ne pas assurer leurs droits conjugaux mutuels. Comme si la femme craint de tomber dans le « nušūs » c’est-à-dire si elle ne craint de refuser à son mari son droit conjugal. Dans ce cas-là, justement, il y a cette issue de libération des liens du mariage moyennant une contrepartie.

Si vous craignez : An-Nasafiyy a dit que le pronom « vous » ici peut être adressé aux gouverneurs et c’est possible aussi qu’il s’adresse aux maris et que, plus tard, à la fin de ce verset, la parole s’adressera aux gouverneurs.

Qu’ils ne respectent pas les limites de la religion agréée par Allāh (en ce qui concerne la vie conjugale, c’est-à-dire le droit de chacun des époux l’un sur l’autre)

Alors il n’y a pas de mal (à ce que le mari récupère tout ou partie de la dot et il n’y a pas de mal à ce que la femme donne tout ou partie de la dot).

A ce que la femme verse pour son mari (pour se libérer des liens du mariage).

Ce sont là les limites définies dans la religion agréée par Dieu. Concernant le mariage, le fait de jurer, le fait de divorcer, le fait de faire le ẖulūʿ, etc… Ceci, pour que les musulmans sachent comment exécuter ces différentes transactions.

Ne dépassez pas ces limites : c’est-à-dire n’outrepassez pas ce que Dieu vous a fixé. Agissez conformément aux règles que Dieu a fixées.

Ceux qui outrepassent les limites fixées par Dieu, ce sont eux les injustes. Allāh nous a envoyé un Prophète qui nous a indiqué les lois à suivre. Celui qui ne suit pas cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.

Verset 230 : s’il la divorce : c’est-à-dire s’il prononce un troisième divorce après les deux précédemment cités, elle ne lui est plus licite jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre. C’est une parole de dissuasion pour que l’homme réfléchisse bien avant de prononcer une parole de divorce. Ce jugement est conforme à ce que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à une femme qui a été divorcée trois fois par son mari nommé Rifāʿah. Elle est allée voir le Prophète pour lui dire que, malgré cela, elle voudrait bien redevenir son épouse. Le Prophète lui a dit qu’elle ne pourrait revenir à Rifāʿah que si un autre homme l’épousait, consommait le mariage, puis qu’il veuille bien la divorcer pour qu’elle puisse se marier à nouveau avec Rifāʿah. Ḥadīṯ réputé rapporté par Al-Buẖāriyy. Il n’y a pas de considération à accorder à tout avis qui serait non conforme à ce jugement.

Les muǧtahid sont ceux qui ont l’habitude de déduire les lois à propos de questions qui n’ont pas été mentionnées dans les textes (et ce sont les versets du Qur’ān et les ḥadīṯ confirmés du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām). Quand les musulmans sont confrontés à un cas qui n’a pas été mentionné dans un texte, celui qui va donner la réponse, c’est le muǧtahid, comme l’imam Mālik, comme l’imam Aš-Šāfiʿiyy, comme l’imam Abū Ḥanīfah, comme l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal. Il ne s’agit donc pas d’une concertation entre les gens du commun. Ce sont les savants muǧtahid qui ont l’aptitude à déduire les lois en utilisant l’analogie par rapport aux questions qui, elles, ont été mentionnées dans les textes. Par ailleurs, il y a des textes qui sont abrogés – l’application de ce texte s’est arrêtée – mais que l’on continue à réciter. Donc si quelqu’un ne sait pas que tel texte a été abrogé (et ceci a eu lieu au temps du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)et qu’un autre texte est venu après, il est possible qu’il fasse une analogie avec ce verset qui a été abrogé et ceci n’est pas valable. Il y a de nombreux critères qui font qu’un savant ait le degré de muǧtahid.

Tous les savants muǧtahid sont d’accord sur le fait qu’à partir du moment où un homme a prononcé trois divorces, il ne peut pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre puis qu’il veuille bien la divorcer.

Quiconque dit une parole qui n’est pas conforme aux textes, sa parole est rejetée. Le muǧtahid ne va pas dire une parole qui ne soit pas conforme à un texte. Et tous les textes n’ont pas le poids d’arguments. Le plus fort est le Qour’aan. Concernant la parole du Prophète, il y a des degrés de fiabilité. Il se peut qu’un savant moujtahid dise que cette chaine de transmission n’est pas suffisamment forte pour qu’il s’appuie dessus. C’est pour cela qu’il y a des divergences entre les muǧtahid. Un muǧtahid va arriver à un jugement différent d’un autre muǧtahid en s’appuyant sur tel ḥadīṯ que l’autre n’a pas retenu. Les divergences concernent les actes pratiques et non pas la croyance. Il n’y a pas de divergence acceptable dans la croyance. Si un muǧtahid aboutit à un jugement qui contredit un texte qui fait l’accord chez les savants, on ne doit pas le suivre dans ce qu’il a dit. Comme l’exemple de ce verset qui indique que l’homme ne pourra pas épouser cette femme après qu’il l’ait divorcée trois fois, tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Si quelqu’un vient et dit le contraire de cela, on ne va pas le suivre parce qu’il est en train de contredire un texte qui va l’accord chez tous les savants. De même, si un juge émet une sentence (en sachant qu’il y a des juges pour chaque école de jurisprudence) et que cette sentence revient à contredire un texte qui fait l’objet d’accord des savants, cette sentence n’est pas à prendre en compte. Et nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous persévérions sur la voie correcte, sur la tradition prophétique.

La sagesse dans le fait qu’une femme qui a été divorcée par trois fois par son mari, celui-ci ne pourra pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre qui aura consommé ce mariage puis qu’il veuille bien la divorcer pour que le premier puisse l’épouser à nouveau, tient dans le fait que l’homme soit au courant que s’il fait cela, cette séparation ne pourra pas être compensée par un regret. C’est une séparation définitive.

S’il la divorce (ici il s’agit du deuxième mari)

Il n’y aura pas de mal pour eux deux (le premier mari et la femme) qu’ils se remettent ensemble (c’est-à-dire par un mariage) si eux deux pensent qu’ils vont respecter la loi de Dieu (s’ils pensent qu’ils pourront respecter leurs obligations conjugales l’un envers l’autre).

Ce sont là les limites fixées par Dieu. Dieu les explique pour les gens qui ont de la compréhension. (C’est-à-dire qui comprennent ce qui leur a été indiqué).

Verset 231 : et si vous divorcez une femme et qu’elle atteint son terme (c’est-à-dire la fin de sa période d’attente post maritale). Le mot « aǧal » peut avoir le sens d’échéance, du terme et peut avoir le sens de la période. On dit que l’âge d’un être humain, sa vie s’appelle un « aǧal » et on dit que la mort qui est le terme de cette vie est un « aǧal ».

Ou bien vous les retenez dans de bonnes conditions ou bien vous les libérez dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que : soit il la reprend à son mariage (l’homme peut reprendre cette femme à son mariage lors de cette période d’attente post-maritale, sans faire de nouveau contrat, et ceci par une simple phrase comme s’il dit qu’il la reprend à son mariage) mais sans vouloir lui nuire par cette reprise. Soit il la quitte jusqu’à ce que s’achève la période d’attente post-maritale et qu’elle soit définitivement séparée de lui, sans qu’il ne lui nuise.

Mais ne retenez pas votre femme que vous avez divorcée pour lui nuire. Il arrivait en effet, avant la révélation de ce verset, qu’un homme prononce le divorce avec sa femme, qu’il la laisse jusqu’à ce que la fin de la période d’attente post maritale soit proche puis il la reprenait, non pas parce qu’il avait besoin d’elle mais juste pour lui prolonger sa période d’attente post maritale : c’est cela le fait de retenir avec une nuisance.

Pour être injuste envers elle. Ne faites pas cela pour la pousser à vouloir vous payer pour que vous la libériez.

Et celui qui fait cela : c’est-à-dire qui retient l’épouse pour lui nuire il aura exposé sa femme au châtiment de Dieu : il l’aura poussée à commettre peut-être des péchés.

Et ne prenez pas les versets et les ordres de Dieu comme objets de moquerie : c’est-à-dire soyez sérieux en prenant ces jugements, en les appliquant, en les respectant, sinon vous aurez dénigré ces jugements-là.

Et citez les bienfaits et les grâces que Dieu vous a accordés : le bienfait de l’islam et le bienfait du Prophète ʿalayhi s-salām.

Comme livres et comme sagesses. Le livre c’est le Qour’aan et les sagesses c’est la sounnah, le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Citez c’est-à-dire évoquez, répondez à ces bienfaits par le remerciement. Et considérez ces bienfaits à leur juste valeur, ce Livre que Dieu vous a révélé et cette sagesse que Dieu vous a fait connaitre par le biais de Son envoyé. Ne soyez pas ingrats.

Dieu vous exhorte par ce qu’Il vous a fait descendre : comme révélation à Son Prophète.

Et craignez Dieu : c’est-à-dire préservez Dieu dans les épreuves qu’Il vous accorde.

Et sachez que Dieu sait absolument tout : Il sait ceux pour qui le rappel est profitable et qui le mettent en œuvre, ceux qui se préservent, ceux qui sont exhortés et autres que ceux-là. C’est une menace et une promesse très éloquentes : une menace de châtiment et une promesse de récompense. Ceci est un rappel pour que nous accomplissions ce que Dieu nous a ordonné de faire et que nous évitions ce que Dieu nous a interdit de faire.

Verset 232 : lorsque vous prononcez le divorce pour vos épouses et qu’elles atteignent leur terme : c’est-à-dire que leur période d’attente post-maritale s’est achevée, le contexte indique ici qu’il s’agit d’une séparation entre deux personnes qui étaient mariées, parce que le mariage parce que le mariage est suivi par la période d’attente post-maritale.

Et ne les empêchez pas : c’est-à-dire ne les gênez pas si elles veulent épouser des maris (qu’elles désirent épouser) et qui sont bons pour elles. Le sens de « maris » ici est qu’ils deviendraient leur mari si elles l’épousaient. Le contrat de mariage est conclu si la femme se donne elle-même en mariage. La parole ici s’adresse aux hommes, pour qu’ils ne dérangent pas leurs femmes qu’ils ont divorcées, si elles veulent épouser un autre homme, après que la période d’attente post-maritale se soit écoulée. Cette parole s’adresse donc aux hommes qui gênent leur ex-femme et ne la laissent pas épouser qui elle veut parmi les hommes. An-Nasafiyy explique le mot « mari » également par le fait que la parole est adressée au tuteur qui dérange les épouses afin de les empêcher de devenir les épouses de ceux qui les ont divorcées. Ce verset a été révélé à propos d’un compagnon qui s’appelle Maʿqīl fils de Yasār qui avait gêné sa sœur pour qu’elle ne retourne pas à son premier mari. Ou bien troisième possibilité : la parole s’adresse aux gens en général, c’est-à-dire : tâchez qu’il n’y ait pas de gêne entre vous.

Dès lors qu’ils sont d’accord entre eux : c’est-à-dire ceux qui ont demandé en mariage et les femmes.

« Bil-maʿrūf » : convenablement : c’est un terme général qui signifie « tel qu’il est convenable », tel qu’il est bon du point de vue religieux et tel qu’il est bon du point de vue de l’usage. Une autre explication est : à condition que le mari donne la dote que semblable à cette femme peut avoir et que le mari soit digne de cette femme, c’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui est en deçà de son niveau. Chez les hanafites, la femme peut se marier elle-même. Mais si une des deux conditions n’est pas remplie, c’est-à-dire s’il n’y a pas la dot des semblables ou si le mari n’est pas digne de la femme, et que la femme se marie quand même, le tuteur, s’il prend connaissance, il peut émettre une objection et le contrat est annulé. 

An-Nasafiyy dit que la parole ici s’adresse au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ou à tout un chacun.

Cela est une exhortation pour celui parmi vous qui croit en Dieu et au Jour Dernier : cette exhortation est profitable pour ceux qui croient en Dieu et au Jour Dernier.

Ceci est plus pur et meilleur pour vous : c’est plus pur que de vous souiller de péchés et c’est meilleur que de gêner et de déranger, comme le fait de gêner la femme ou de la maintenir dans une situation où il ne veut pas la divorcer.

Et Dieu sait et vous, vous ne savez pas : Dieu sait ce qui est meilleur.

Verset 233 : et les mères allaitent leurs enfants : c’est une information qui sous-entend un ordre à propos duquel il y a insistance. C’est-à-dire : que les mères allaitent leurs enfants ! C’est un ordre qui n’est pas dans le sens de l’obligation, mais dans le sens de la recommandation. Ou bien c’est un devoir si le nourrisson n’accepte pas autre que le sein de sa mère. Ou qu’on ne lui trouve pas de nourrice. Ou dans le cas où le père était incapable de payer celle qui allaite l’enfant. Ou bien il a visé les mères qui ont été divorcées. Parce que comme c’est un devoir pour l’homme de prendre en charge la mère en ce qui concerne la nourriture et les vêtements, la mère doit prendre en charge l’allaitement de l’enfant.

Deux années complètes : il s’agit de deux années lunaires complètes. Et pas seulement approximativement.

Pour ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. Il y a une indication que ce jugement s’adresse à ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. En résumé, c’est le père qui a l’obligation d’assurer l’allaitement de son enfant et pas la mère et c’est à lui de lui trouver une nourrice, sauf si la mère, de façon bénévole, veut bien allaiter l’enfant. C’est recommandé pour elle de le faire, mais elle n’est pas contrainte pour cela.

Et pour ceux qui ont eu un enfant : celui pour qui un enfant est né et il s’agit ici du père. Il n’a pas été dit « le père » et c’est pour que l’on sache que les mères ont donné l’enfant au père puisque les enfants sont attribués au père par ascendance : on dit « le fils d’un tel ». De ce fait, c’est un devoir pour le père de subvenir à la charge de la mère et à leur tenue vestimentaire, si elle allaite. Exactement comme si c’était pour une nourrice.

Ils doivent leur assurer à elles (les mères) leur subsistance et leur tenue vestimentaire, convenablement : c’est-à-dire sans gaspillage et sans avarice.

Chacun des deux n’est pas chargé de ce dont il n’est pas capable : la personne n’est chargée que de ce dont elle est capable, c’est-à-dire que de ce dont elle dispose ou la part de ce qui est en sa possession.

Qu’une mère n’utilise pas son enfant pour nuire à son mari :  c’est une information qui signifie l’interdiction comme si la femme violentait son mari à cause de l’enfant. Ou qu’elle demande à cause de l’enfant ce qui n’est pas juste, comme subsistance et comme tenue vestimentaire. Ou qu’elle provoque du souci au père en négligeant l’enfant. Ou qu’elle dise, après que l’enfant ait été habitué à être allaité par elle : trouve -lui une nourrice. Et ce qui est de cet ordre.

Et la même chose réciproquement : ni que quelqu’un qui a eu un enfant ne nuise à son épouse à cause de cet enfant, en empêchant quelque chose qui est un devoir pour lui, le mari, envers l’épouse, comme lui assurer la subsistance ou sa tenue vestimentaire ou qu’il ne lui prenne l’enfant alors qu’elle veut l’allaiter. Et que la femme ne nuise pas à l’époux à cause de l’enfant et qu’elle ne nuise pas à son enfant de sorte à ce qu’elle assume mal sa nourriture et son entretien et qu’elle ne le donne pas au père après que l’enfant se soit habitué à elle et que le père ne nuise pas à la femme à cause de l’enfant en le lui enlevant ou en faisant preuve de manquement à son égard de sorte qu’à son tour, elle manque à son enfant.

Il a été mentionné en arabe, son enfant à elle ou son enfant à lui, parce que comme il a été interdit à la femme de nuire et que l’enfant lui a été attribué, c’est pour provoquer l’attendrissement. Car c’est son enfant donc qu’elle ne l’utilise pas pour nuire. Et la même chose pour le père, qu’il n’utilise pas l’enfant pour nuire à la mère. Le possessif a été utilisé pour provoquer l’attendrissement à chaque fois.

Et pour l’héritier la même chose : il s’agit de l’héritier du père, c’est-à-dire celui qui est le tuteur de l’enfant, lorsqu’il n’y a pas de père. Celui qui a en charge l’enfant doit la même chose que le père durant sa vie, en termes de subsistance et de tenue vestimentaire. An-Nasafī dit qu’il y a eu divergence à ce sujet. Selon ibnou abū Laylā qui est un muǧtahid hanafite, la parole ici concerne tous ceux qui héritent : ceux qui sont proches parents et qui sont maḥram, en raison de la récitation de ibnu Masʿūd « wa ʿala l-wāriṯi (                      ) miṯlu ḏālik ». Et chez Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, il n’y a pas de charge obligatoire sauf s’il y a une naissance.

S’ils veulent (les parents) le sevrage d’un commun accord et par concertation, il n’y a pas de mal pour eux en cela : ils ne tombent pas dans le péché. Qu’ils aillent au-delà des deux ans ou bien qu’ils arrêtent au-delà des deux ans, c’est comme ils veulent. Il y a donc eu une recommandation d’allaiter l’enfant deux ans puis ce verset indique une possibilité de l’allaiter plus ou moins que deux ans. Le terme qui indique la concertation provient d’un mot qui signifie l’extraction d’un avis. C’est le même verbe qui est utilisé pour extraire le miel. La concertation consiste à extraire le meilleur avis à l’image du miel qui est extrait d’une ruche. Ici c’est pour montrer que l’accord des deux parents pour sevrer l’enfant intervient suite à une réflexion, de sorte à ce qu’il n’y ait pas de nuisance pour le nourrisson.

Qu’Il est exempt d’imperfection Celui Qui a éduqué les personnes âgées par cette règle et Qui n’a pas négligé nos petits. Les ordres de Dieu comportent une sagesse. Le commun accord des parents a été pris en compte parce que le père a le droit de l’ascendance et de la tutelle sur l’enfant. Et la mère a la tendresse et l’attention envers l’enfant.

Et si vous voulez charger de l’allaitement de vos enfants, autre que la mère : le verbe « istarḍaʿā » est dans le sens de demander à ce que l’allaitement soit fait. Ici c’est dans le cas où la mère refuse d’allaiter ou lorsqu’elle est incapable d’allaiter.

Il n’a pas de mal en cela pour vous : c’est-à-dire que vous ne tombez pas dans le péché si vous donnez aux nourrices la rémunération que vous voulez leur donner. Ici, cette rémunération est recommandée, ce n’est pas une condition pour que ce soit autorisé de faire allaiter l’enfant par autre que sa mère. Quelqu’un peut trouver une nourrice qui allaite sans contrepartie.

bil-maʿrūf: convenablement : il n’y a pas de mal si vous rémunérez celle à qui vous confiez l’enfant, convenablement c’est-à-dire de bon cœur, sans contrainte.

Et craignez Dieu et sachez que Dieu voit ce que vous faites. Vos œuvres ne lui échappent pas. Il vous rétribue pour ces œuvres (que vous faites).

Verset 234 : et ceux d’entre vous qui décèdent (il a eu son âme jusqu’à son terme)

Et qui laissent des épouses, qu’elles attendent : c’est-à-dire qu’elles entament une période d’attente post maritale

Quatre mois et dix : c’est-à-dire dix nuits et les jours sont compris.

Si elles atteignent leur terme : c’est-à-dire si la période d’attente post maritale est achevée

Il n’y a pas de mal pour vous : les imams et les juges

Dans ce qu’elles font : du fait qu’elles s’exposent à être demandées en mariage.

Convenablement : d’une manière que la Loi ne renie pas.

Et Allāh sait ce que vous faites : Dieu sait ce qu’il y a au fond de vous, dans votre cœur, dans votre corps, dans votre for intérieur. Rien ne Lui échappe.

Verset 235 : il n’y a pas de mal pour vous si vous faites allusion en demandant la femme en mariage. On parle ici de la veuve en période d’attente post maritale. L’allusion est comme en lui disant : « tu es belle, tu es une femme de bien, j’aimerais me marier » ou ce qui est de cet ordre de paroles qui suggèrent qu’il voudrait se marier avec elle mais ce n’est pas explicite. Ceci est comme une demande de sa part de se réserver pour lui, pour qu’elle ne pense pas à un autre, dans le cas où elle est intéressée par lui. Ainsi, quand elle aura fini sa période d’attente post maritale, il pourra venir la demander explicitement. Car une femme qui a déjà été mariée, son avis est une condition pour le contrat de mariage.  En arabe, il y a deux expressions : « al-kināyah » est ce qui est implicite et « at-taʿrīḍ » qui est l’allusion. « Al-kināyah » est le fait de mentionner la chose par un autre terme que le terme qui la désigne. L’allusion est le fait de mentionner une chose qui indique ce qui n’a pas été mentionné. Comme quelqu’un qui est nécessiteux qui va voir quelqu’un de qui il a besoin et il lui dit : « je suis venu te voir pour te passer le salaam et voir ton visage généreux ».

Ou si vous cachez cela dans vos cœurs : dans le cas où la femme est veuve et un homme se dit dans son cœur qu’il voudrait l’épouser. Il n’y a pas de mal dans le fait de penser cela dans son cœur sans l’avoir mentionné par sa langue, ni par allusion ni explicitement.

Dieu sait que vous allez les citer : c’est-à-dire ces femmes qui ont perdu leurs maris, sans aucun doute, vous n’allez pas vous empêcher de parler pour exprimer votre désir à les épouser.

Mais ne leur promettez pas en cachette que vous êtes capables d’avoir un rapport avec elles : Al-Qurtubiyy a dit dans son exégèse, que les savants ont divergé à propos de ce mot « sirran » (en secret).

Il a été dit que ça veut dire « mariage » c’est-à-dire que l’homme ne dise pas à cette femme qui est en période d’attente post-maritale « épouse-moi » mais s’il veut, il peut faire une allusion. Mais il ne prend pas d’elle une promesse de ne pas épouser quelqu’un d’autre que lui en cachette. Cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās, d’ibnu Ǧubayr, de Mālik, de ses compagnons, de Aš-Šaʿbiyy, de Muǧāhid, d’Iqrimah, et de l’ensemble des gens de science.

Et il a été dit que « sirran » ici signifie la fornication c’est-à-dire qu’il n’y ait pas de promesse de commettre la fornication pendant la période d’attente post-maritale puis un mariage après la période d’attente post-maritale. C’est l’avis d’Al-Ḥasan, de Qatādah, d’An-Naǧāʾiyy et Aṭ-Ṭabāriyy. Et il a été dit que « sirran » ici est le rapport c’est-à-dire : ne vous décrivez pas comme quelqu’un qui est capable d’avoir beaucoup de rapports pour l’inciter à vous épouser, parce que la mention du rapport sexuel avec autre que l’épouse est quelque chose d’indécent et de vulgaire. C’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy.

Aṣ-Ṣuyūtiyy a dit et ibnu l-Ǧarīr, ibnu l-Munḏir, ibnu abī Ḥātim ont rapporté d’ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’il a dit à propos de ce verset : « qu’il ne lui dise pas qu’il est amoureux d’elle, qu’elle lui promette de l’épouser et personne d’autre » et ce qui est de cet ordre, sauf si vous dites des paroles convenables comme « si tu veux bien, ne prends pas un autre que moi ».

Ibnu l-Ǧarīr a rapporté une autre parole d’ibnu ʿAbbās : « ne leur promettez pas en secret, c’est-à-dire la fornication ». L’homme venait pour faire la fornication mais il prétendait qu’il voulait le mariage.

Et Al-Bayhaqiyy a rapporté de Muqātin fils de Ḥayyān : il nous a été rapporté que la signification de ce verset, c’est le rapport sexuel, c’est-à-dire que l’homme ne fasse pas d’allusion à la femme d’avoir un rapport avec elle.

Une autre explication rapportée par ʿAbdu r-Razzāq d’après Muǧāhid : il s’agit de celui qui prend de la femme la promesse de ne pas épouser autre que lui.

Et Sufyān et ibnu abī Šaybah ont rapporté d’après Muǧāhid : qu’il ne la demande pas en mariage explicitement pendant sa période d’attente post-maritale.

Mais dites des paroles convenables : il lui dit par exemple « tu es belle » ou « tu as une bonne situation » ou « tu es quelqu’un que les gens désirent épouser ».

ʿAbdu r-Razzāq et ibnu l-Munḏir ont rapporté d’ibnu ʿAbbās à propos de sa parole « sauf si vous dites des paroles convenables » comme s’il lui dit qu’elle est belle ou qu’elle aura une bonne situation.

Sauf si vous dites des paroles convenables : c’est-à-dire que vous faites allusion mais vous ne demandez pas explicitement en mariage tant qu’elle est en période d’attente post maritale. Cette expression « ʾillā » qui signifie « sauf » se rapporte à la phrase « ne leur promettez pas ». C’est-à-dire « ne leur faites pas de promesse sauf de manière convenable, qui ne soit pas blâmable ».

Et ne vous décidez pas au contrat de mariage : ici il y a l’interdiction de décider de faire le contrat de mariage. Il y a une insistance sur le sujet car décider de faire un acte précède l’acte. S’il y a interdiction de décider de faire l’acte, à plus forte raison, il y a interdiction de faire l’acte lui-même. Ici cela veut dire : ne vous décidez pas à faire le contrat de mariage ou bien ne soyez pas catégorique à faire le contrat de mariage parce que « al-ʿazm » signifie le fait d’être catégorique pour une chose. An-Nasafiyy a rapporté un ḥadīṯ rapporté par l’auteur des sounan, qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas décidé le jeûne la nuit » et une autre version rapportée par An-Nasāʾī qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas mis l’intention la nuit ».

Jusqu’à ce que le terme arrive à sa fin : il s’agit ici de la période d’attente post-maritale. Ici le terme qui désigne l’échéance est le livre « jusqu’à ce que le livre arrive à son terme ». La période d’attente post-maritale est appelée ici par le terme « livre » parce qu’elle a été rendue obligatoire par le livre. C’est-à-dire jusqu’à ce que cette attente qui est écrite dont le terme lui est prescrit arrive à sa fin.

Et sachez que Dieu sait ce que vous avez dans vos cœurs : c’est-à-dire ce que vous pourriez avoir comme décision dans vos cœurs pour faire ce qui n’est pas permis.

Alors méfiez-vous : c’est-à-dire ne vous décidez à faire ce qui est interdit.

Et sachez que Dieu est Ġafūr (Celui Qui pardonne) ḥalīm : pour un être humain, ḥalīm signifie être indulgent, ne pas perdre patience. Mais concernant Dieu, ḥalīm signifie « Celui Qui ne vous fait pas parvenir la punition rapidement ». Dieu accorde à la plupart des gens du répit pour qu’ils puissent se rattraper.

Verset 236 : l’auteur rappelle le contexte et dit que ces versets ont été révélés à propos de celui qui a divorcé de son épouse sans lui avoir fixé de dot et sans avoir eu de rapport avec elle. C’est-à-dire qu’ils ont juste fait le contrat de mariage puis le mari a prononcé le divorce.

Il n’y a pas de conséquence pour vous lorsque vous divorcez les femmes et que vous n’avez pas fixé de dot tant que vous n’avez pas consommé : il n’y a pas de mal pour vous de n’avoir pas fixé de dot parce qu’il n’y a pas de dot qui soit obligatoire comme il y a eu un divorce avant la consommation. Vous n’êtes pas redevables d’une dot à la femme dans ce cas-là.

Sauf si vous lui avez fixé une dot : c’est-à-dire si la dot a été mentionnée lors du contrat. Et ce, parce que celle qui a été divorcée alors qu’il n’y a pas eu consommation et que la dot a été citée dans le contrat, dans ce cas, elle a le droit à la moitié de ce qui a été fixé dans le contrat.

Et donnez-leur une mutʿah : une mutʿah c’est une chemise et un drap dans lesquels la femme s’enveloppe et un ẖimār (quelque chose qui lui couvre la tête et le cou)

Pour l’homme qui a les moyens, qu’il donne le montant qu’il est capable de donner

Et celui dont les moyens financiers sont limités, il donne ce dont il est capable.

matāʿan : grammaticalement c’est un mafʿūl mouṭlaq, c’est -à-dire qui comporte une insistance sur l’action citée par le verbe. En insistant sur cette mutʿah.

De manière qui est convenable dans la Loi : donnez-leur un bien qui est convenable dans la Loi et qui est correct. Ne diminuez pas de façon à ne pas la rabaisser et ne gaspillez pas non plus.

C’est un droit : soit c’est un droit pour elles, c’est-à-dire qu’elles ont droit à cela.

Et un devoir pour ceux qui agissent en bien. C’est-à-dire pour les musulmans ou pour ceux qui agissent en bien avec les femmes divorcées, en leur donnant cette mutʿah (qui est une compensation financière suite à un divorce). An-Nasafiyy indique que cette bienfaisance n’est pas une action qui est délibérée et bénévole, mais c’est un devoir pour l’homme. La mutʿah est un bien qui est donné à la femme qui est divorcée sans que ce soit à cause d’elle. Ce n’est pas un montant particulier. Mais il est recommandé qu’elle soit d’un montant de trente dirham (et un dirham est une pièce d’argent qui est un peu moins que trois grammes d’argent, donc cela fait environ quatre-vingt-dix grammes d’argent) pour celui qui est dans une situation financière intermédiaire et que cette compensation financière n’atteigne pas la moitié de la dot des femmes qui lui sont semblables (c’est-à-dire les femmes qui ont son profil, on dirait aujourd’hui sa catégorie socio-professionnelle) : c’est-à-dire ce que les gens lui donnent comme dot en se référant à sa sœur, sa tante maternelle.

Il est suffisant de donner un montant sur lequel les deux se mettent d’accord, même si c’est le plus faible montant c’est-à-dire le minimum de ce qui est appelé un bien marchand.

Si l’homme et la femme ne se mettent pas d’accord, alors c’est le juge qui va fixer par son propre effort un montant, en prenant en considération l’état de l’homme.

Verset 237 : ensuite il va donner le jugement de la femme à laquelle il a fixé une dot s’il la divorce avant la consommation. Mais si vous divorcez une femme avant d’avoir consommé avec elle, alors que vous aviez fixé une dot, alors elles auront droit à la moitié de la dot que vous aviez fixée sauf si la femme refuse cela.

C’est comme s’il a dit : dans les deux cas, s’il y a eu divorce avant consommation, vous devez lui donner la moitié de la dot, sauf si la femme refuse d’elle-même. Ou que, de lui-même, celui qui détient le contrat, décide de donner malgré tout. Celui qui détient le contrat est le mari : c’est la parole de ʿAliyy, de Saʿīd fils de Zubayr, de Šurayf, de Muǧāhid, d’Abū Ḥanīfah, d’Aš-Šāfiʿiyy selon la nouvelle école, que Dieu les agrée tous. Ils considèrent que le divorce est entre les mains du mari. C’est donc lui qui décide si le contrat est poursuivi ou pas.

Le devoir selon la Loi est que le mari donne à la femme qui a été divorcée avant la consommation, la moitié de la dot, sauf si la femme l’excuse ou si le mari lui donne quand même malgré qu’elle l’ait excusé, c’est-à-dire si le mari veut donner malgré tout, la totalité de la dot (alors qu’elle a droit à la moitié).

Le fait que vous excusiez cela, vaut mieux pour vous : c’est plus proche pour la piété. « Vous » concerne aussi bien l’homme que la femme. Az-Zaǧǧāǧ a dit : pour l’homme, cela veut dire donner la totalité de la dot. Pour la femme, si elle excuse le mari pour la totalité, cela vaut mieux pour elle. Il y a une incitation à s’excuser. Cela vaut mieux.

Et n’oubliez pas le mérite entre vous : n’oubliez pas le mérite que vous avez les uns sur les autres. C’est une incitation à agir en bien. Ne rentrez pas dans des querelles, dans des disputes.

Et Allāh voit ce que vous faites et Il vous rétribue pour le fait que vous agissiez en bien.

Verset 238 : persévérez dans l’accomplissement des prières : c’est-à-dire accomplissez-les dans leurs temps, avec leurs piliers, avec leurs conditions de validité. Allāh taʿālā nous a ordonné d’être assidus dans l’accomplissement de la prière. Et ceci ne peut avoir lieu qu’en connaissant les temps conformément aux règles de la Loi de l’islam.

Et la prière du milieu : c’est-à-dire la meilleure car elle est située au milieu des autres et c’est la prière de al-ʿaṣr, la prière de l’après-midi. Il y a donc une mention particulière pour cette prière-là. Abū Ḥanīfah l’a expliquée par la prière de al-ʿaṣr et la majorité des savants sont de cet avis. Ils ont déduit cela parce que le jour de la bataille des factions, le Prophète avait dit ce qui signifie : « ils nous ont occupé de l’accomplissement de la prière centrale, que Dieu remplisse leurs maisons de feu ». Rapporté par Mouslim. Et il a jouté ^alayhi S-Salaat wa s-salaam ce qui signifie : « c’est la prière dont Soulaymane a été détourné jusqu’à ce que le soleil se cache à l’horizon ». Le temps de al-ʿaṣr se termine lorsque le soleil se couche. Cette prière de al-ʿaṣr est entre les deux prières de la journée et les deux prières de la nuit. Al-maġrib et al ^ichaa’ sont les deux prières de la nuit et aṣ-ṣubḥ et aẓ-ẓuhur sont les deux prières de la journée. La prière centrale (du milieu) qui est celle de al-ʿaṣr a un mérite particulier parce que les gens sont habituellement occupés dans cette partie de la journée, comme les commerçants qui, s’ils n’ont pas vendu leur marchandise de la journée, ils font des remises. Les gens sont occupés par leurs affaires. Il y a un grand mérite, malgré les occupations des gens, à accomplir cette prière en son temps.

Levez-vous pour accomplir la prière. « Qānitīn » c’est-à-dire remplis de crainte et de soumission envers Dieu. Ou bien en évoquant Dieu quand vous vous levez. Qānitīn est un adjectif qui signifie « en ayant le qunūt » et c’est le fait d’évoquer Dieu quand on est debout. Dans la deuxième rak^ah de la prière du ṣubḥ, on récite l’invocation du qunūt. Ou bien, autre explication : en restant longtemps debout. Et Zayd ibnu l-Arqam (qui est un des premiers compagnons) il a dit : « au début, quand on faisait la prière avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, on pouvait parler à son compagnon pendant la prière, jusqu’à ce que ce verset 238 de sūratu l-baqarah soit révélé. Quand ce verset 238 a été révélé, alors on a reçu l’ordre de ne pas parler avec les gens alors qu’on était en train de faire la prière. Il nous a été interdit, dès lors, de parler avec les gens, pendant la prière ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim et la version qui vient d’être rapportée est celle de Muslim.

Verset 239 : si vous avez une crainte : vous voulez faire la prière mais vous avez peur de l’attaque d’un ennemi ou autre qu’un ennemi,

Alors faites la prière en étant à pied ou sur les montures : en mimant les mouvements et dans ce cas-là, il n’est pas une obligation de se diriger vers la qiblah. C’est un cas particulier où la personne peut faire une prière obligatoire dans ces conditions.

Lorsque vous êtes en sécurité : c’est-à-dire qu’il n’y a plus de crainte de l’ennemi,

Alors évoquez Dieu tout comme Il vous enseigné ce que vous ne saviez pas. C’est-à-dire la prière de la sécurité.

Verset 240 : ceux d’entre vous qui décèdent et qui laissent des épouses, alors faites un testament pour vos épouses : c’est-à-dire qu’avant de décéder, faites des recommandations pour qu’un certain montant leur soit dédié. Rapporté par Az-Zaǧǧāǧ. Il s’agit d’un bien qui dure une année, c’est-à-dire une recommandation pour, qu’après lui, son épouse soit entretenue une année complète c’est-à-dire que, à partir de son héritage, elle soit prise en charge pendant une année et qu’elle ne sorte pas de chez elle pendant une année. C’était au début de l’islam.  Puis ce jugement a été abrogé par un verset qui indique que la période d’attente post-maritale de la veuve est de quatre mois lunaires et dix jours. Le verset qui a abrogé dans la récitation a précédé le verset qui est abrogé. Il a été révélé après mais, dans la récitation, il vient avant.

Si elles sortent après l’année lunaire, alors il n’y a pas de mal dans ce qu’elles ont fait : comme si elles s’embellissent, elles s’exposent à des demandes de mariage. En ne faisant pas quelque chose de blâmable selon la Loi de l’Islam. Sans faire quelque chose de réprouvable dans la Loi.

Et Allāh est ʿĀzīz, Hakīm : Dieu est glorieux et les jugements qu’Il donne sont selon une sagesse.

Verset 241 :  et celles qui sont divorcées, elles ont une charge : c’est-à-dire qu’elles ont droit à la charge durant la durée de la période d’attente post-maritale.  Aš-Šāfiʿī a dit que la femme qui a été divorcée a droit à une sorte de compensation : c’est un don qui lui est donné pour la consoler. C’est autre que la dot, pour la consoler dans le cas où le divorce n’est pas à cause d’elle.

De manière que ce don soit donné avec bienfaisance, c’est un droit pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Verset 242 : ainsi Allāh vous indique des signes, puissiez-vous être sensés et raisonner. Si ce qui est visé est autre que la charge pendant la période d’attente post-maritale, mais c’est la mutʿah (le don de consolation), chez les Hanafites, c’est recommandé.

Verset 243 : n’as-tu pas vu : cette expression n’est pas une interrogation mais c’est une confirmation de ce qui va être cité par la suite, pour ceux qui ont entendu le récit de ces gens du Livre et les nouvelles des prédécesseurs et c’est pour susciter l’étonnement de leur histoire. Une deuxième explication est que c’est une parole adressée à ceux qui n’ont pas vu ni entendu cette histoire qui va suivre, parce que cette expression « n’as-tu pas vu » est comme une interpellation pour marquer la surprise.

Ceux qui ont quitté leur ville : il a été dit que cette ville s’appelle Wāṣiṭ. La peste s’est déclarée chez eux, ils sont alors partis pour la fuir. Mais Allāh les a faits mourir. Et le prophète Ḥizqīn les a ressuscités. Et il a été dit que ceux qui sont sortis de leurs villes, est un peuple des descendants d’Isrāʾīl. Leur roi les a appelés au ǧihād mais eux, se sont enfuis car ils avaient peur de mourir. Dieu les a faits mourir huit jours puis Il les a faits ressusciter.

Ils étaient des milliers à fuir leur ville par crainte de la mort. Dieu leur a dit de mourir c’est-à-dire que Dieu les a faits mourir. C’est pour nous faire comprendre que c’était comme la mort d’un seul homme : ils sont tous morts en même temps. Cette mort était une mort qui n’était pas ordinaire. Il y a ici un encouragement pour les musulmans pour le ǧihād. La mort est inéluctable et il n’y a pas de fuite qui soit utile contre elle. Ici, leur roi leur a dit d’aller faire le ǧihād et eux se sont enfuis pour ne pas mourir et Dieu les a faits mourir quand même. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’échappatoire à la mort. Donc du moment que la mort est inéluctable et qu’il n’y a pas d’échappatoire, le mieux est que ce soit une mort que Dieu agrée.

Puis Il les a ressuscités : après leur mort, ils sont revenus à la vie afin qu’ils en tirent des moralités. Afin qu’ils sachent qu’il n’y a pas d’échappatoire au jugement de Dieu et de Sa prédestination.

Certes Allāh est Celui Qui fait grâce aux gens : puisqu’il leur fait prendre connaissance de ce qui est une moralité pour eux, tout comme Il a fait prendre conscience aux autres. Dieu nous fait prendre conscience, par ces récits, de ces moralités.

Autre explication : Dieu fait grâce aux gens puisqu’Il a ressuscité ces gens-là afin qu’ils tirent la moralité, qu’ils sachent que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’il n’y a pas de possibilité d’échapper à la prédestination de Dieu. Dieu a donné aux gens cette possibilité d’être exhortés. Et s’Il l’avait voulu, Il les aurait laissés morts jusqu’au jour du jugement.

Mais la plupart des gens ne remercient pas. La preuve est que ce récit a été cité pour inciter au ǧihād et ce qui va s’en suivre comme ordre de faire le ǧihād dans la voie que Dieu agrée. Et c’est le verset qui suit qui est le verset 244 : combattez dans la voie que Dieu agrée : Il les a incités au ǧihād après les avoir informés que la fuite de la mort n’est pas utile. Et cette parole s’adresse à la communauté de Muḥammad ʿalayhi s-salām ou bien à ceux qu’Il a ressuscités, des milliers dont il a été question tout à l’heure.

Et sachez que Dieu entend : Il entend ce que disent ceux qui se mettent en retrait, qui ne veulent pas rejoindre ceux qui sortent et Il entend ce que disent ceux qui sortent.

Il sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs. Il sait ce qu’ils ont dans leur for-intérieur.

Verset 245 : qui donc est prêt à dépenser dans la voie que Dieu agrée et il le fait de plein gré : Il a appelé cela un prêt « qarḍ », comme un prêt que la personne dépense dans la voie que Dieu agrée. Le qarḍ est ce qui est remboursé par un équivalent par la suite. C’est ce qui est remboursé par un montant équivalent, plus tard. Cela signifie « couper » (les maqrūḍ sont les morceaux de gâteaux, qui sont coupés). C’est comme si la personne coupe le montant de ses biens pour le donner à un autre, qui le remboursera l’équivalent. Il a comparé ce qu’on dépense dans la voie que Dieu agrée, à un prêt d’argent. Cela veut dire que Dieu te conserve cela, ce n’est pas perdu, la personne sera récompensée pour ce qu’elle aura fait. C’est comme si on prête puis on sera remboursé. La dépense que l’on fait par recherche de l’agrément de Dieu est comme si on avait prêté et le remboursement sera la récompense. Et Dieu nous rétribuera sans aucun doute.

La personne le fait de bon cœur à partir de l’argent qui est bon c’est-à-dire licite. Ici il s’agit de la dépense pour le ǧihād car Dieu a ordonné de mener des conquêtes dans la voie qu’Il agrée pour ces conquêtes, il y a besoin d’argent, Il a incité à faire des dons pour que les causes soient réunies pour cela.

Allāh le lui multipliera de nombreuses fois et Dieu seul sait combien. Il a été dit que la récompense d’un euro est comme sept-cent euros.

Et Allāh est Celui Qui fait que la subsistance devienne très faible ou qu’elle devienne très grande. Le licite dans ce bas monde, on va rendre des comptes dessus, et l’illicite dans ce bas monde, on mérite un châtiment. Alors ne faites pas preuve d’avarice pour le bien que Dieu nous a accordé en abondance, sinon vous allez le regretter.

Et vous allez revenir à la vie pour son jugement. Et Dieu va vous rétribuer pour ce que vous aurez fait. Celui qui a fait du bien va trouver du bien. Celui qui a fait du mal trouvera autre que le bien.

Verset 246 : n’as-tu pas vu l’assemblée : l’assemblée de personnes nobles parce que, quand tu les vois, ton cœur est empli de respect et les yeux sont emplis de crainte. De certains descendants d’Isrāʾīl, après le décès de Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont dit à un de leurs prophète (il s’appelle Šamʿūn (Simon) ou bien Yūšaʿ ou bien Išmāwīl)

Désigne-nous un roi : ils lui ont demandé de leur désigner un roi qui va les amener au combat, qui les dirige et qui va les orienter pour la gestion des conquêtes et nous allons lui obéir

Nous allons mener des conquêtes dans la voie que Dieu agrée.

Le prophète leur a répondu : il a dit est-ce-que, lorsque le combat vous sera prescrit, vous allez vraiment combattre ? Il était convaincu qu’ils n’allaient pas combattre et qu’ils allaient faire preuve de manque de courage. La forme est une question mais il était persuadé de la réponse négative. Cette forme interrogative est pour décréter et confirmer ce dont il était convaincu.

Ils ont répondu mais pourquoi n’irions-nous pas combattre dans la voie que Dieu agrée ? C’est-à-dire qu’est-ce qui nous amènerait à délaisser le combat ?  Quel objectif aurions-nous en cela ?

Alors que nous avons été chassés de chez nous, nous et nos enfants ? Parce que le peuple de Goliath habitait entre l’Egypte et la Palestine et ils ont fait prisonniers les enfants de leur roi (440 d’entre eux). Ils visent par-là que, si la situation est telle qu’elle est maintenant, il est forcément nécessaire que nous allions combattre.

Lorsque le combat leur a été prescrit : c’est-à-dire qu’ils ont été exaucés dans leur attente,

Ils ont reculé : comme ce à quoi s’attendait leur prophète

Excepté un faible nombre d’entre eux : ceux qui n’ont pas reculé étaient 313 (exactement le même nombre que les musulmans qui ont combattu lors de la bataille de Badr)

Et Dieu sait ceux qui sont injustes. Cette parole est une menace pour eux, pour leur injustice de n’avoir pas répondu à l’ordre de Dieu.

Verset 247 : leur prophète leur a dit : Allāh vous a désigné un roi qui s’appelle Ṭālūt : et ce ne sont pas des noms arabes. C’est comme le nom Goliath et le nom Dāwūd, ce ne sont pas des noms arabes et donc ils ne suivent pas la déclinaison grammaticale des noms arabes (ce sont des noms exceptés de la déclinaison).

Ils lui ont dit comment est-ce que c’est un roi, lui ? Nous sommes prioritaires pour être des rois et lui, n’a pas d’argent. Ils ont renié le fait qu’il soit un roi pour eux. Et ils ont trouvé cela inadmissible. Ils ont dit comment Ṭālūt deviendrait-il un roi alors qu’il ne mérite pas de devenir notre roi puisqu’il y a ceux qui sont prioritaires sur lui pour devenir des rois ? Ils lui ont dit : il est pauvre et un roi a nécessairement de l’argent pour pouvoir gouverner. Ils lui ont dit tout cela parce qu’habituellement, parmi les descendants d’ Isrāʾīl, les prophètes étaient des descendants d’un homme qui s’appelle Lāwā fils de Yaʿqūb ʿalayhi s-salām. Et la souveraineté était de la descendance de Yahūḏā qui était un des descendants de Binyāmīn, le petit frère de Yūsuf. Alors que Ṭālūt était un homme qui donnait de l’eau aux gens et il donnait aux pauvres. Il a été dit que leur prophète a invoqué Allāh. Ils lui ont ramené un bâton et lui ont dit : votre roi sera celui qui aura la taille de ce bâton. Ils ont mesuré tout le monde et il n’y a eu que Ṭālūt qui avait la taille de ce bâton.

Il leur a dit : Allāh l’a élu pour qu’il soit votre roi et Allāh sait mieux votre propre intérêt que ce que vous le savez. Puis Il leur a cité deux choses qui sont de leur intérêt, qui sont plus utiles et plus profitables que ce qu’ils ont cité eux-mêmes. Ils avaient cité l’ascendance de Ṭālūt en disant qu’il n’était pas descendant des rois et le fait qu’il n’avait pas d’argent. Allāh leur a cité deux particularités que les autres n’avaient pas : il avait beaucoup de science et il était fort.

Allāh lui a donné encore plus de science et une force physique. Ils ont dit que Ṭālūt était parmi les descendants d’Isrāʾīl celui qui avait le plus de connaissance des techniques de guerre et dans la science de la religion parmi les gens de son époque. Et il dépassait tout le monde par sa tête et ses épaules. Dieu dit que Ṭālūt a plus qu’eux et que le roi fait partie nécessairement des gens qui ont de la science, parce que celui qui est ignorant est méprisable, il est humilié et on ne profite pas de lui. Un roi a forcément des connaissances dans la religion. Et il était fort physiquement et ceci a un impact sur les gens. Quand le roi est imposant par sa taille et par sa corpulence, il inspire davantage de crainte et de respect chez les gens.

Et Allāh accorde la souveraineté à qui Il veut. La souveraineté appartient à Dieu. Il n’y a pas qui la Lui dispute. Allāh l’accorde à qui Il veut l’accorder. Et ce n’est pas par l’héritage.   

Et Allāh est Celui Qui accorde avec largesse : Il élargità celui qui n’a pas suffisamment d’argent, Il l’enrichit après sa pauvreté.

Et Il sait : c’est-à-dire qu’Il sait qui Il élit pour la souveraineté.

C’est à ce moment-là qu’ils ont demandé quel était le signe qui leur indiquerait que Ṭālūt serait leur roi.

Verset 248 : et leur prophète leur a dit que le signe de sa souveraineté est qu’il va vous ramener at-tābūt : il s’agit du coffret de la Torah. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, quand il allait au combat, faisait en sorte que ce coffre était placé à la tête des descendants d’Isrāʾīl et ça amenait la sérénité dans leurs cœurs. Et ainsi ils ne s’enfuyaient pas.

Il comporte une sérénité de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire une sérénité et une paix. Et dans le coffre, il y aura quelques restes des tablettes qui ont été révélées à Mūsā et il y aura son bâton, ses vêtements et un peu de Torah   ainsi que les deux sandales de Mūsā et le turban de Hārūn

Ce sont des restes que vous ont laissés Mūsā et Hārūn. Les anges vont vous le porter. Car ce tābūt a été élevé après la mort de Mūsā puis les anges l’ont fait descendre jusqu’à terre.

Il y a certes en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants. Cela veut dire que le fait que ce coffre vous revienne, c’est un signe que Dieu a accordé la souveraineté à Ṭālūt : il est devenu votre roi si vous êtes de ceux qui croient en la véracité.

Verset 249 : lorsque Ṭālūt est sorti avec les soldats pour combattre l’ennemi, ils étaient 80 000 soldats. Il faisait extrêmement chaud et ils ont demandé à Dieu de leur faire couler une rivière pour qu’ils puissent boire. Il leur a dit : Allāh vous éprouvera c’est-à-dire qu’Il va vous faire subir une épreuve par une rivière. Dieu va vous donner la rivière de Palestine, pour que soit distingué entre vous qui est sincère dans le combat et qui ne veut pas combattre. Il leur a dit : celui qui va boire comme boivent les animaux, c’est-à-dire en mettant directement sa bouche dans l’eau, alors il ne fera pas partie des miens. Mais celui qui n’en boit pas, il fait partie des miens, comme s’il puise l’eau avec la paume des mains. C’est une autorisation. Ils ont tous bu, comme font les animaux, excepté peu parmi eux : et c’était les 313.

Quand ils ont dépassé la rivière, Ṭālūt et ceux qui étaient croyants avec lui, ils lui ont dit : nous ne pouvons pas aujourd’hui tenir tête à Goliath (Ǧālūt) et à son armée. Et Goliath était un géant et un injuste. Il était descendant de Imlīq qui est le fils de ʿĀd. Il portait 300 livres de fer sur son armure et son casque. (Une livre équivaut à environ 500 grammes, donc 300 livres équivalent à 150 kg).

Il a dit ceux qui ont la certitude qu’ils vont gagner l’agrément de Dieu : c’est-à-dire la certitude qu’ils vont mourir martyrs. Ceux qui sont restés avec Ṭālūt étaient peu nombreux. Il a été dit que ceux qui avaient puisé avec le creux de leurs mains, ce qu’ils avaient puisé leur avait suffi pour étancher leur soif et en tant que provision. Tandis que ceux qui ont bu directement, leurs lèvres sont devenues noires et ils étaient assoiffés.

Ceux qui ont juste puisé l’eau ou bien qui n’ont rien pris, ils ont dit que le faible nombre a eu le dessus sur le groupe du grand nombre, par la volonté de Dieu. Et c’est Dieu Qui accorde la victoire.

Et Allāh accorde la victoire à ceux qui patientent.

Verset 250 : quand ils se sont engagés pour combattre Goliath (Ǧālūt) et son armée. Ils sont sortis avec Ṭālūt pour combattre Goliath.

Ils ont dit : ô notre Seigneur déverse sur nous la patience pour le combat et fais que nos pas soient fermes en renforçant nos cœurs et en introduisant la terreur dans les cœurs de nos ennemis.

Et donne-nous la victoire sur les mécréants. C’est-à-dire : fais que nous ayons le dessus.

Verset 251 : ils les ont vaincus : c’est-à-dire que les musulmans ont vaincu les mécréants c’est-à-dire que Ṭālūt et les musulmans ont vaincu Goliath et son armée

Par la volonté de Dieu : c’est-à-dire par un soutien de la part de Dieu, par la prédestination de Dieu, Dieu les a aidés et ils ont vaincu les mécréants.

Et David a tué Goliath : Bīšā était un croyant qui était dans l’armée de Ṭālūt, avec six de ses fils. Et le septième fils de Bīšā était David qui était jeune et qui faisait paitre le bétail. Dieu a révélé au prophète des descendants d’Isrāʾīl que ce serait David qui allait tuer Goliath. Ṭālūt, a demandé à Bīšā de ramener le plus jeune de ses fils. Et alors que David était en chemin, il y a trois pierres qui lui ont dit de les prendre. Chacune de ces pierres disait à David : « ramasse-moi ». Et chacune d’elle disait : « c’est avec moi que tu vas tuer Goliath ». David a pris les trois pierres, il a saisi sa fronde et il a tué Goliath. Alors Ṭālūt a donné en mariage sa fille à David. Ṭālūt était roi, il a envié David et a souhaité le tuer puis il a fait le repentir.

Allāh lui a accordé la souveraineté : c’est-à-dire à David. Dieu lui a accordé la souveraineté à l’est et à l’ouest. Et le peuple d’Isrāʾīl n’a pas eu un souverain qui les unisse tous avant David. David était le premier roi et prophète qui les a tous gouvernés.

Wal-ḥikmah : c’est-à-dire la prophétie.

Et Dieu lui a appris plusieurs choses : entre autres la fabrication des armes, des armures, des boucliers, ainsi que le langage des oiseaux et des animaux et autre que cela.

Et si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes s’opposent à d’autres, alors il y aurait beaucoup de corruption sur terre. C’est-à-dire que si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes repoussent d’autres, s’Il n’avait pas fait que leur corruption soit arrêtée, les corrupteurs auraient fait beaucoup plus de mal et il y aurait moins de bienfait sur terre en tant que récolte et descendance. S’il n’y avait pas eu certains qui se sont opposés à d’autres, le mal se serait propagé. Si Dieu n’avait pas accordé la victoire aux musulmans, alors il y aurait corruption sur terre et il y aurait la mort des gens de bien, il y aurait la destruction de villes. Par la cause des musulmans, le mal cesse.

Allāh est Celui Qui accorde une grande grâce pour les gens. Dieu est Celui Qui fait grâce aux gens, en faisant cesser la corruption, en éloignant d’eux le mal. Dieu accorde le bien par Sa grâce : c’est une preuve contre les moutazilites parce que ce groupe, que Dieu les maudisse, dit que c’est une obligation pour Dieu de récompenser ceux qui sont obéissants. Alors que Dieu n’est pas contraint à faire quoi que ce soit. Ils prétendent que c’est l’homme qui crée le bien et que, forcément, Dieu doit le récompenser. Nous, nous disons comme il est dit dans ce verset : Dieu a fait grâce aux gens en leur accordant le bien. Si le bien provient de nous, c’est une grâce de la part de Dieu. Si Dieu nous rétribue pour ce bien, c’est un bienfait et une grâce de la part de Dieu.

Verset 252 : ce sont là des signes de la part de Dieu. C’est-à-dire les récits qui vous ont été rapportés par des milliers, le fait que Dieu les ait fait mourir puis les ait fait revenir à la vie, le fait que Ṭālūt ait été désigné en tant que roi et le fait qu’il ait le dessus sur les géants par les mains d’un jeune qui est David.

Nous te les rapportons véritablement : c’est-à-dire que c’est une certitude. Il n’y a pas de doute à ce sujet. Les gens du Livre n’ont pas de doute à ce sujet parce que ce récit qui est dans le Qur’ān est aussi dans leurs livres. Même eux ne le renient pas.

Et certes tu es certes au nombre des envoyés. Certes tu fais partie des envoyés. C’est-à-dire que tu informes de ces récits-là sans que tu ne les aies connus en lisant un livre ou en les ayant entendus de ceux qui les ont rapportés. C’est un témoignage de la part de Dieu que Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam bien un envoyé de la part de Dieu, puisqu’il rapporte ce récit, alors qu’il ne lit pas et n’écrit pas. Et eux, ils cachent cela. Comment donc a-t-il su cela ? Par révélation.

Verset 253 : ces messagers : c’est une allusion à un certain nombre de messagers dont le récit a été mentionné dans cette sourate, depuis Ādam jusqu’à David. Ou encore ces messagers dont le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a eu connaissance.

Nous avons accordé à certains un mérite sur d’autres : parce que tous les messagers ne sont pas du même degré. Les messagers se distinguent les uns des autres : certains ont un degré supérieur aux autres, par des caractéristiques qui sont au-delà de leur statut de prophète. Car en ce qui concerne leur statut de messager, ils sont tous équivalents puisqu’ils sont tous des messagers. Comme les croyants qui sont tous équivalents dans la foi, c’est-à-dire dans la base de la foi. Les Hanafites disent que la base de la foi n’augmente pas ni ne diminue. Les croyants se distinguent dans les actes d’obéissance. Comme si quelqu’un jeûne les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah : il va dépasser en degré celui qui ne les jeûne pas. Ainsi pour les prophètes, certains se distinguent des autres par des caractéristiques que Dieu leur accorde : comme notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il a voulu rencontrer quelqu’un qui avait plus de science que lui et c’était Al-Ǧādir. Et Al-Ǧādir avait plus de connaissances que Mūsā sur certaines choses et vice-versa.  

Parmi eux il y a ceux à qui Allaah a fait entendre Sa parole : sans qu’il n’y ait d’intermédiaire. Et il s’agit de Mūsā ^alayhi s-salaam. La parole de Dieu n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. C’est un attribut, comme Sa vie, Son unicité, Sa vue, ce ne sont pas des attributs avec des organes. Quand on dit que Mūsā a entendu la parole de Dieu, ça veut dire que Dieu a enlevé le voile abstrait qui empêche d’entendre la parole de Dieu.

Allāh a élevé certains prophètes par certains degrés : il y a parmi les prophètes ceux que Dieu a élevés en degrés plus que d’autres. Celui qui a le plus haut degré parmi les prophètes est notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam parce qu’il a été envoyé à tout le monde. Alors que Mūsā, ʿīsā ont été envoyés à banu Isrāʾīl, c’est-à-dire aux descendants de   Yaʿqūb. Également il a un mérite sur les autres prophètes car il a eu plus de miracles que les autres prophètes. Certains ont dit mille ou plus que mille miracles. Et le plus haut miracle est le Qur’ān, qui est un miracle permanent. Dans ce verset, il n’a pas été précisé par quoi ils ont été élevés. Ceci est pour montrer l’importance des degrés de certains par rapport à d’autres, que le degré de certains dépasse le degré d’autres.

Et il a été dit que ceux qui ont été élevés par rapport à d’autres, ce sont Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ, qui sont appelés ʿulu l-ʿazm. Et notre maitre Abū Hurayrah a dit ce qui signifie : « les meilleurs des prophètes sont au nombre de cinq : Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ et le meilleur d’entre eux est MouHammad ». Rapporté par Al-Ḥākim dans al-mustadrak.

Et Nous avons accordé à ʿīsā le fils de Maryam des signes clairs. Ce sont les miracles comme la résurrection des morts, guérir celui qui est aveugle de naissance et celui qui a la maladie de la peau appelée vitiligo et autres que cela.

Nous l’avons soutenu par rūḥi l-qudus : et c’est l’ange Ǧibrīl ^alayhi s-salaam, ou bien par l’évangile. On peut dire « al-qudis » ou « al-qudusi » : ça veut dire l’âme de la pureté. C’est une caractéristique de Ǧibrīl.

Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit après les messagers, après qu’ils aient eu les preuves claires. C’est-à-dire les miracles.

Mais les gens ont eu des conflits : par la volonté de Dieu. Dieu l’a voulu. Et Il a indiqué en quoi il y a eu des conflits, comment les gens se sont distingués les uns des autres

Certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants. Dieu nous apprend qu’Il a fait que les choses soient ainsi pour Ses messagers. Il n’y a pas parmi les messagers un seul qui a eu l’obéissance de toute sa communauté durant sa vie, ni l’obéissance de toute sa communauté après sa mort. Mails ils ont été différents : certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants.

Et si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. C’est une répétition, pour insister. Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de différence au sein de la communauté et ils auraient tous été croyants. Parce que n’a lieu dans ce qui appartient à Dieu, que ce que Dieu veut. Et cette phrase est encore une réplique aux moutazilites : ils disent que Dieu a voulu qu’il n’y ait pas de conflit mais ils ont eu des conflits. Alors que Dieu nous apprend que, s’Il l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. Et les moutazilites disent le contraire. Ils disent que Dieu est vaincu. Quand une chose arrive en-dehors de la volonté de quelqu’un, ça veut dire que ce quelqu’un est impuissant.

Mais Allāh fait ce qu’Il veut. Dieu fait absolument ce qu’Il veut. Il n’y a pas une chose qui arrive sans que ce soit par la volonté de Dieu. Dieu a confirmé la volonté pour Lui-même, tout comme c’est la voie de ahlu s-sunnah. La voie de ahlu s-sunnah est que tout est par la volonté de Dieu.

Verset 254 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir de ce que Nous vous avons accordé en subsistance. C’est-à-dire dans le  ǧihād dans la voie que Dieu agrée, ou bien c’est un sens général il s’agit de toute aumône en général.

Avant que ne vienne un jour dans lequel il n’y aura pas de commerce : c’est-à-dire avant que ne vienne un jour dans lequel vous n’aurez pas la capacité de rattraper les dépenses que vous avez manquées, et c’est le jour du jugement parce que ce jour-là, il n’y aura plus de vente ni d’achat, vous ne pourrez pas ce jour-là obtenir ce que vous dépenserez c’est-à-dire toujours dans la voie que Dieu agrée

Ni de compagnon : c’est-à-dire que ce jour-là, il n’y aura pas de compagnon qui pourra vous excuser ni vous pardonner

Ni d’intercession : c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’intercession en faveur des mécréants. Quant aux croyants, ils auront une intercession. Ou bien il n’y aura pas d’intercession sans l’autorisation de Dieu.

Et les mécréants ce sont eux les injustes : ils sont injustes envers eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas œuvré pour le jour du jugement. Ils n’ont pas préparé ce qui est un jour où ils auront des besoins. Ils auront des besoins ce jour-là et ils n’ont pas anticipé. Ou bien les « kāfirūn » ce sont les incrédules c’est-à-dire ceux qui ne croient pas en ce jour-là.

Notre šayẖ a ajouté : et la mécréance est le summum de l’injustice, c’est l’extrême injustice. Ainsi toute injustice qui peut se produire de la part d’un musulman, ce n’est comme rien du tout par rapport à l’injustice qui peut se produire de la part d’un mécréant. Le mécréant, du fait d’avoir commis cette mécréance a commis une injustice qui est la plus grave des injustices. Elle est plus grave que l’injustice que peut commettre un musulman. Si un musulman ne fait pas la prière obligatoire, c’est une injustice, si un musulman commet la fornication, c’est une injustice. Donc ce qui compte, c’est d’adorer Dieu. Ce n’est pas comme certains disent, que la religion c’est le comportement. Cela veut dire que celui qui est injuste mais qui est musulman, comme s’il consomme les biens des gens injustement ou bien s’il frappe les gens sans droit, tout cela est comme rien du tout par rapport à la mécréance. Parce que l’injustice que commet le musulman, Dieu la pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il ne les châtie pas. Cela veut dire que la mécréance est la couche supérieure dans l’injustice. La mécréance commise par le mécréant constitue une injustice. Cette injustice est plus grave que si un musulman avait assassiné des milliers de milliers de musulmans, sans se rendre licite l’assassinat, même s’il n’avait pas fait le repentir. Allāh taʿālā nous a fait comprendre par ce verset et par autre que ce verset que la mécréance est le summum de l’injustice et que toute injustice qui est moindre que la mécréance est quelque chose de très petit par rapport à la mécréance. Et les mécréants ce sont eux les injustes c’est-à-dire que ce sont eux qui ont commis le maximum d’injustices. La mécréance commise par les mécréants est le maximum de l’injustice.

Verset 255 : et c’est Āyatu l-kursiyy. Allāh, il n’est de dieu que Lui :

Le nom « Allāh » est un nom propre qui désigne un être qui est glorifié et qui mérite que nous Le glorifiions à l’extrême et que nous nous soumettions à Lui à l’extrême. Le nom « al-ilaahou » est celui qui a la divinité c’est-à-dire celui qui a la capacité de créer c’est-à-dire de faire exister ce qui n’existait pas.

Puis An-Nasafiyy cite un linguiste qui s’appelle Al-Fayyūmiyy qui a écrit un livre intitulé « al-miṣbāḥu l-munīr » (qui se présente comme un dictionnaire très concis mais c’est une mine d’or) dans lequel il explique le mot « al-ilāh » : à l’origine, c’est celui qui est adoré et il s’agit de Dieu subḥānahu wa taʿālā. Quand on dit « al-ilāh » (le dieu) c’est Allāh taʿālā. Puis les associateurs ont détourné ce mot et l’ont utilisé pour désigner ce que, eux, ont adoré, au lieu d’adorer Dieu. En effet Dieu seul a la capacité de faire exister ce qui n’existe pas.

Un autre spécialiste de la langue qui s’appelle Al-Mubarrid a dit : le dieu est celui qui a al- ilāhiyyah c’est-à-dire la divinité et la divinité est la capacité de faire exister et de créer. Donc il n’est pas permis de dire que « le dieu » est tout ce qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. N’est-ce pas qu’il y a des gens qui adorent des vaches ?! Nous disons que « le dieu » est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs qui ont détourné le sens du mot « dieu » pour désigner ce qui ne mérite pas d’être adoré.

L’imam Abū Manṣūr al-Baġdādiyy a compté le nom « al-ilāh » parmi les noms de Dieu.

Tout cela est une preuve contre ceux qui prétendent que « al-ilāh » signifie celui qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. On ne dit pas que tout ce qui est adoré est un dieu. On dit que le dieu est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs, c’est-à-dire ceux qui adorent autre que Dieu qui ont détourné ce mot pour prétendre que ce mot désigne tout ce qui est adoré et c’est faux.

Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il a pour attribut la vie. Sa vie est exempte de fin. L’anéantissement est impossible au sujet de Dieu. Dieu ne S’anéantit pas. La vie des humains s’anéantit lorsque l’âme sort du corps, qu’elle est retirée du corps par l’ange ʿAzrāʾīl. Alors que la vie de Dieu est un attribut qui n’a ni début ni fin.

Il est Qayyūm c’est-à-dire qu’Il est Celui Qui est exempt de fin, Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Il est Celui Qui prédestine à Ses créatures et Qui préserve Ses créatures de ce dont Il veut qu’elles soient préservées.

Il n’est touché ni par la somnolence : la somnolence est cet état de relâchement qui précède le sommeil. Dieu n’est pas concerné par cela.

Ni par le sommeil : Al-Muffaḍḍal a dit que « as-sinah » c’est lorsque la tête s’alourdit. Et « an-nuʿās » c’est lorsque les yeux sont fatigués. Et « an-nawm » c’est lorsque le cœur se déconnecte, lorsque la personne s’endort. Il a dit que « as-sinah » est relatif à la tête, «an- nuʿās » est relatif aux yeux et « an-nawm » est relatif au cœur. C’est une insistance pour montrer que Dieu est bien « Al-Qayyūm ». Car celui pour lequel ces choses sont possibles, il n’est pas qayyūm. Dieu a révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām de dire à ces gens-là : « c’est Moi Qui fais que les cieux et la terre restent à leur place, par Ma toute-puissance. Si J’étais touché par la somnolence ou le sommeil, ils tomberaient ».

A Lui ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre Lui appartient et tout ceci est sous Sa domination. Il n’y a pas de chose qui se produise sans que ce soit par Sa volonté. Cela signifie que le bien et le mal sont par la volonté de Dieu.

Qui donc aurait intercédé si ce n’est pas Sa permission ? Personne ne pourra intercéder au jour du jugement si ce n’est pas la volonté de Dieu. Et ceci est une indication de Sa totale souveraineté et de la totale gloire qui lui est due. Et qu’au jour du jugement, personne n’aura la capacité de dire un seul mot sauf s’il lui est autorisé de parler. De plus, ce verset est une réplique à la prétention des mécréants qui prétendent que leurs idoles vont intercéder en leur faveur.

Il sait ce qu’il y a devant eux et derrière eux. Il sait ce qui va avoir lieu avant eux et ce qui va avoir lieu après eux. Le pronom « eux » se rapporte à ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Parmi ceux qui sont dans les cieux et sur terre, il y a ceux qui sont dotés de raison.

Et ils ne savent de ce qu’Il sait que ce qu’Il veut qu’ils sachent : on dit ô Dieu, pardonne ce que Tu sais de nous. Et ils ne savent de ce que Dieu sait, que ce que Dieu veut qu’ils sachent. Cela signifie que les habitants des cieux, qui sont les anges et les habitants de la terre, que ce soient les prophètes, les saints, toutes ces créatures ne savent que ce que Dieu veut qu’ils sachent.

Excepté ce qu’Il veut : c’est-à-dire excepté ce qu’Il a voulu qu’ils sachent. C’est pour cela que Dieu mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême parce qu’Il est Celui Qui nous a créé, Qui nous a donné l’existence.

Al-kursī est un corps de très grande dimension qui se trouve sous le Trône : si tous les sept cieux et les sept terres étaient placés les uns à côté des autres, al-kursī serait encore plus grand que tout cela réuni.

Par ailleurs ibnu Ḥibbān a rapporté du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam que la taille des sept cieux par rapport à celle de al-kursī est à l’image d’un anneau jeté dans une terre déserte.Al-kursiyy est très grand par rapport aux sept cieux. Et le mérite du Trône par rapport au kursiyy est comme cette terre étendue par rapport à l’anneau. C’est-à-dire que le Trône est encore beaucoup plus grand que al- kursī. Pourquoi le kursiyy a-t-il été appelé ainsi ? En arabe « kursiyy » signifie « chaise » ou « tabouret » dans le sens de ce sur quoi on poserait le pied pour monter sur un lit. Donc al-ʿarš est comme un lit et al-kursiyy est comme un tabouret sur lequel on monterait pour accéder au lit.

An-Nasafiyy précise une chose. Il dit que ce n’est pas valide d’expliquer al- kursiyy par la science, parce que ce n’est pas correct dans la langue arabe. Dans la langue arabe, le mot « kursiyy» n’a pas le sens de la science. Certains exégètes ont prétendu cela. Cette phrase ici est pour rectifier le sens que certains ont donné.

Pour en revenir à al-ʿarš qui est traduit par le Trône : al-ʿarš est un lit, c’est-à-dire un support horizontal qui repose sur quatre piliers verticaux. Et c’est le plus grand corps que Dieu a créé. Et cela ne veut pas dire que Dieu ne peut pas créer plus grand que cela mais cela veut dire que Dieu n’a pas créé un corps qui soit plus grand. Et le Trône est le toit du paradis. Et la sagesse de la création du Trône et du kursiyy est de manifester la puissance de Dieu.

Et l’imam ʿAbdul-Qāhir fils de Ṭāhir Al-Baġdādiyy dans son livre intitulé « ʾUṣūlu d-dīn » (les fondements de la religion) a rapporté du compagnon ʿAliyy ibnu abī Ṭālib que Dieu l’agrée, ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône en tant que manifestation de Sa puissance et Il ne Se l’est pas pris comme endroit pour Lui-même ».

Il y a une autre version du ḥadīṯ qu’on a vu précédemment à propos du kursiyy : « les sept cieux par rapport au kursiyy sont comme un anneau dans une terre déserte et le rapport du Trône par rapport au kursiyy est comme l’étendue de cette terre par rapport à l’anneau ». Rapporté par ibnu Ǧarīr.

Et ce n’est pas difficile pour Lui, de les préserver : c’est-à-dire de préserver les cieux et la terre.

Il a un très haut degré : il s’agit ici d’une élévation en degré et on ne dit pas que Dieu serait établi sur le Trône. Parce que l’élévation par la direction est quelque chose d’impossible au sujet de Dieu. C’est une caractéristique des créatures.

Al-Qurtubiyy (originaire de de Cordoue) a expliqué le nom de Dieu « Al-ʿAliyy » par l’élévation du degré et de la glorification qui lui est due et ça ne veut pas dire l’élévation par l’endroit car Allāh est exempt d’être situé dans un endroit. Al-ʿAliyy et Al-Āliyy signifient « Al-Qāhir », Celui Qui domine toute chose.

Autre explication du nom « Al-ʿAliyy » : celui qui est au-dessus des caractéristiques qui ne sont pas dignes de lui. C’est-à-dire qu’Il est exempt des caractéristiques des créatures.

Al-ʿAẓīm : Il est l’Eminent par Sa gloire et par le respect qui lui est dû. Celui Qui est attribué des attributs qui sont dignes de Lui.

Ces deux noms réunissent le sens parfait, complet du tawḥīd

Commentaire de An-Nasafiyy : les phrases qui composent ce verset ne sont pas liées par une conjonction de coordination, comme « mais où et donc or ni car ».

La première phrase indique que Dieu est Celui Qui prédestine à Ses créatures, et Il est Celui Qui domine Ses créatures. Il n’est pas sujet à la somnolence ni au sommeil. Rien ne Lui échappe.  

La deuxième phrase indique qu’Il est Celui à qui appartient ce à quoi Il prédestine.

La troisième phrase indique la grande éminence de Dieu.

La quatrième phrase indique que Dieu sait tout de Ses créatures, rien ne Lui échappe.

La cinquième phrase est pour expliquer l’étendue de Sa science et le fait que Sa science se rapporte à toute chose. Ou pour indiquer l’éminence de Son degré.

Ce verset a un mérite sur les autres versets du Qur’ān parce qu’il y a eu beaucoup de textes qui nous sont parvenus à ce sujet et qui indiquent qu’il a un mérite. Entre autres ce qu’a rapporté l’imam ʿAliyy ibnu abī Ṭālib, le quatrième calife, de la part du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui récite « āyatu l-kursiyy » après chaque prière obligatoire, rien ne l’empêche d’entrer au paradis si ce n’est la mort ». Rapporté par An-Nasāʾiyy et aṬ-Ṭabāniyy.

Il n’y a pas une évocation plus éminente, plus importante, que l’évocation de Dieu. Tout ce qui est une évocation de Dieu est meilleur que toutes les autres évocations. Et c’est par là que nous avons su que la meilleure des sciences est la science du tawḥīd.

Il a été rapporté que « āyatu l-kursiyy » est la meilleure de toutes les sūratu l-baqarah du Qur’ān. Abū Hurayrah a rapporté que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « il y a dans sūratu l-baqarah une āyah qui est la maitresse des autres āyah du Qur’ān. Elle n’est pas récitée dans une maison qui comporte un šayṭān (un ǧinn mécréant) sans que celui-ci en sorte ». Rapporté par Al-Hākim, at-Tirmiḏiyy et Al-Bayhaqiyy.

Et dans le ḥadīṯ de la ṣadaqah (c’est-à-dire la zakāt) : il y a eu la collecte de la zakāt des animaux et le Prophète avait chargé Abū Hurayrah de se charger de cela. Une nuit, quelqu’un a essayé d’en prendre et Abū Hurayrah l’en a empêché mais il n’a pas vu qui était-ce. Celui-là a dit : « lâche -moi et je ne referai pas cela. Je suis un ǧinn ». Et Abū Hurayrah a demandé : « qu’est-ce qui nous protège de vous ? » Le ǧinn lui a dit : « quand tu vas pour dormir, alors récite Āyatu l-kursiyy. Tu auras de la part de Dieu une protection et aucun   šayṭān ne t’approchera jusqu’au matin ». Abū Hurayrah est parti rapporter cela au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui a dit ce qui signifie : « il t’a dit quelque chose de vrai ».  Mais attention car généralement, les ǧinn sont très souvent des menteurs. (Kaḏūb en suivant la structure faʿūl indique que quelqu’un fait une chose de façon excessive)

Verset 256 : il n’y a pas de contrainte dans la religion : c’est le sens apparent. Une première explication est : c’est-à-dire que, toi, Muḥammad, tu n’as pas la capacité de contraindre les cœurs à croire. C’est-à-dire que tu ne peux pas rendre quelqu’un croyant si, lui, son cœur rejette la foi. Une deuxième explication est que tu n’as pas à contraindre quelqu’un qui paye la ǧiziah (qui est le montant que paient les non musulmans qui font partie des gens du Livre et qui vivent sous l’autorité du sultan musulman), tant qu’il paye cette ǧiziah et qu’il respecte les conditions du gouverneur musulman, tu ne peux pas le contraindre à venir à la religion de vérité.  D’autres savants ont dit que ce verset est à prendre selon son sens apparent mais qu’il a été abrogé. Lorsqu’il y a eu l’ordre de combattre les infidèles, ce verset a été abrogé.

Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh que Dieu lui fasse miséricorde a commenté ce que An-Nasafiyy a dit : c’est un verset à propos duquel il y a eu plusieurs avis. Entre autres que ce verset a été descendu par révélation au début de l’islam, avant que ne vienne l’autorisation de combattre. Parce qu’à cette époque-là, quand ce verset a été révélé, le Messager, il lui était empêché de se défendre et de défendre ceux qui l’avaient suivi par le ǧihād parce que leur nombre était faible. Puis, après treize années, il leur a été ordonné de combattre, dans le verset 39 de sourate sūratu l-ḥaǧǧ : « il a été autorisé à ceux qui sont combattus (les musulmans) qu’ils ont subi une injustice et que Dieu est tout puissant à les soutenir ». L’autre verset a été abrogé par ce verset. Le šayẖ a dit que le sens de ce verset « lā ʾikrāha fi d-dīn » c’est-à-dire « ne contraignez personne à entrer en islam par le combat » jusqu’à ce que vous parvienne l’autorisation de le faire. Puis l’autorisation de le faire leur est parvenue et ce verset a été abrogé par d’autres versets qui incitent au combat.

Il a été rapporté qu’un partisan (de Médine) avait deux fils qui étaient devenus chrétiens. Alors leur père leur a dit qu’il allait insister jusqu’à ce qu’ils redeviennent musulmans. Mais ils ont refusé et ils sont partis se plaindre au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le père a dit : « est-ce qu’une partie de moi va aller en enfer et moi, j’observe, sans broncher ? » C’est alors que ce verset a été révélé, alors le père les a laissés.

Ibnu Masʿūd et d’autres ont dit que cela a eu lieu au début de l’islam puis cela a été abrogé ; il fallait contraindre par le combat.  Certains prétendent s’appuyer sur ce verset-là pour dire que les non musulmans ne sont pas combattus dans l’absolu. En vérité, remettre en cause ce jugement est une apostasie parce qu’ils contredisent les textes comme le verset qui signifie : « combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ».

La foi est bien distincte de la mécréance : on arrive parfaitement à distinguer la foi et la mécréance par les preuves qui sont claires.

Celui qui mécroit au šayṭān ou qui renie les idoles (qui ne les adore pas) et qui croit en Dieu, il se sera attaché à la voie de droiture. Celui qui délaisse la mécréance et qui croit en Dieu, c’est comme s’il s’est attaché à une corde ferme. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son exégèse que l’analogie avec la corde qui est ferme, c’est la foi. As-Suddiyy a dit que cette corde ferme, c’est l’islam. Ou il s’est attaché à la phrase « il n’est de dieu que Dieu ». Abū Ǧaʿfār a dit : « al-ʿurwah, dans ce contexte, est un exemple pour représenter la foi, à laquelle le croyant s’attache ». Al-ʿurwah est aussi l’anse d’une tasse, c’est la chose à partir de laquelle on peut prendre, un point qui sert à saisir quelque chose. Le fort attachement du croyant à la foi est comparable à celui qui s’attache à une anse. Cette anse est une corde qui ne se casse pas.

Cette métaphore est une allusion pour pouvoir déduire par quelque chose qu’on observe quelque chose qu’on ne voit pas. Parce qu’on ne voit pas la foi. Et cela permet de raffermir sa croyance. Celui qui aura cru en l’islam se sera attaché à ce qui est le plus ferme. Celui qui s’est attaché à la foi, il se sera attaché à la religion d’un attachement qui est ferme, un attachement qui ne sera pas dissous par une quelconque confusion.

Et Allāh est Celui Qui entend. Il entend la reconnaissance du croyant qui reconnait la foi.

Et Il sait la foi du croyant.

Verset 257 : Allāh est Celui Qui soutient ceux qui ont voulu être croyants. Et Allāh est Celui Qui leur règle leurs affaires et Qui assure ce dont ils ont besoin.

C’est Lui Qui fait sortir les croyants des ténèbres, c’est-à-dire des ténèbres de la mécréance et des ténèbres de l’égarement. Ici le mot « aẓ-ẓulumāt est au pluriel parce qu’il y a plusieurs sortes d’égarements.

Vers la lumière : c’est-à-dire vers la foi et la bonne guidée. La foi est au singulier car elle est une seule.

Et ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont aṬ-Ṭārūt, ils les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Ceux qui ont persisté sur la mécréance, ils ont le chemin inverse. Autre explication : Allāh soutient les croyants. Il les fait sortir de ce qui est une source de confusion dans la religion grâce à ce qui les guide et ce qui leur indique la solution de cette confusion, afin qu’ils sortent de cette confusion vers la certitude. Tandis que ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont les démons, qui les font sortir de la lumière de la clarté qui leur apparait vers les ténèbres du doute et de la confusion. Ce sont eux les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement.

Après le verset 257, Dieu cite ce qui étonne Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et qui lui réjouit le cœur, par le débat qu’avait eu notre maitre Ibrāhīm avec An-Numrūd qui avait prétendu la divinité.

Verset 258 : n’as-tu pas vu celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur ? C’est-à-dire qu’an-Numrūd a émis une objection contre Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Le pronom « son » ici se rapporte à Ibrāhīm ou bien à celui qui a débattu parce que Dieu est le dieu d’Ibrāhīm et le dieu d’an-Numrūd également.

Comment an-Numrūd, Dieu lui a accordé la souveraineté : une fois que d’an-Numrūd a eu la souveraineté, il est devenu imbu de lui-même et cela l’a amené à débattre avec Ibrāhīm et à renier la divinité de Dieu. Soit le fait qu’il ait eu la souveraineté a eu pour   conséquence son débat avec Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Une autre explication : c’est qu’il a remis en cause la divinité de Dieu puis il a débattu lorsqu’il a eu la souveraineté.

Ibrāhīm a dit à an-Numrūd : mon Seigneur est Celui Qui donne la vie et Qui donne la mort. C’est comme si d’an-Numrūd lui avait dit : qui est ton dieu ? Et Ibrāhīm lui a répondu : mon Dieu est celui qui donne la vie et qui donne la mort.

Il (an-Numrūd) a dit : moi je donne la vie et je donne la mort. Il veut dire ici qu’il peut éviter l’exécution de quelqu’un et il fait exécuter un autre. Comme ce roi avait répondu d’une manière qui pouvait porter à confusion ceux qui sont faibles d’esprit, Ibrāhīm a ajouté un argument qui ne pouvait pas être source de confusion même à ceux qui sont faibles d’esprit.

Ibrāhīm a dit : Dieu fait que le soleil se lève au levant, alors fais-le lever du couchant.

Et ceci n’est pas un passage d’un argument à un autre argument, comme l’ont prétendu les autres, car la première preuve était suffisante, c’est-à-dire le fait de dire que Dieu est Celui qui donne la vie et Qui donne la mort. Mais comme an-Numrūd avait fait preuve d’entêtement face à cette preuve, alors Ibrāhīm lui a donné un argument auquel il ne peut rien opposer. Et les gens de cette époque suivaient les mouvements des planètes et ils savaient qu’elles se déplacent du couchant vers le levant alors que le soleil va du levant vers le couchant. Ibrāhīm a dit An- Numrūd : comme tu prétends être le dieu du soleil, alors fais-lui suivre le même mouvement que les autres planètes.

Celui qui a mécru fut ébahi : il n’a rien trouvé à dire, il n’avait plus rien à dire. Le maudit s’interrompit et il ne pouvait plus continuer à débattre.

Et Dieu ne guide pas les gens injustes. C’est-à-dire qu’Il ne leur accorde pas la réussite. Dieu n’a pas accordé la réussite à an-Numrūd. Et il a été dit qu’an-Numrūd prétendait la divinité pour lui seulement et qu’il ne reconnaissait pas la divinité pour autre que lui.

Ce verset est une preuve du caractère autorisé de parler dans la science de al-kalām qui est la science de la croyance et de débattre dans ce cadre-là. On comprend cela du début de ce verset : n’as-tu pas vu celui qui a débattu … C’est un débat qui autorisé de la part d’Ibrāhīm Le débat a lieu entre deux protagonistes. Donc cela prouve qu’Ibrāhīm a bien débattu avec ce roi mécréant.  Et si ce débat n’avait pas été autorisé, Ibrāhīm ^alayhi s-salaam ne l’aurait pas fait, parce que les prophètes sont préservés des grands péchés. Une autre preuve qui montre que ce débat n’était pas interdit est que nous avons pour ordre d’appeler les mécréants à croire en Dieu et à reconnaitre Son unicité. Et si nous les appelons à croire en Dieu, nécessairement, ils vont nous demander la preuve. Et le fait de pouvoir donner les arguments ne peut avoir lieu qu’avec un débat.

Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté que ce verset est une preuve que le soleil a une trajectoire, qu’il n’est pas immobile.

Verset 259 :  ou encore celui qui est passé : c’est comme si le début du verset précédent « n’as-tu pas vu (celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur) » n’avait pas été mentionné ici, c’est-à-dire la première partie « n’as-tu pas vu » était sous-entendue : c’est-à-dire n’as-tu pas vu celui qui est passé. Il y a omission de cette partie. Cela signifie : ne trouves-tu pas cela surprenant ? C’est pour attirer l’attention. Ou cela sous-entend « n’as-tu pas vu comme celui qui débat avec Ibrāhīm ou comme celui qui est passé.

D’après Al-Ḥasan, celui qui est passé était quelqu’un qui ne croyait pas en la résurrection, il suivait la voie d’an-Numrūd et ne croyait pas au fait que Dieu ressuscite cette ville après son anéantissement.

Une autre explication est que celui qui est passé était ʿUzayr. Il voulait voir de ses yeux comment se passait la résurrection des morts, afin d’augmenter en certitude. Exactement comme l’avait demandé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Cette deuxième explication est une reconnaissance de l’incapacité à connaitre la manière de cette résurrection. Et c’est une glorification de la toute-puissance de celui qui ressuscite.

Près d’une ville et il s’agit de Jérusalem après qu’elle a été détruite par Nabuchodonosor (venu de Perse) ; certains sont morts, d’autres ont été faits prisonniers et ont été emmenés en Perse.

Qui était complètement détruite y compris les toits : tout était tombé y compris les toits ou alors les toits sont tombés et les murs sont tombés sur les toits. Et le mot « ʿarš » signifie tout ce qui est élevé. (Tout endroit où on cherche de l’ombre s’appelle ʿarīš)

Il a dit comment cette ville serait-elle ressuscitée : comment les habitants de cette ville seraient-ils ressuscités ?

Par Allāh après la mort des gens. Allāh l’a fait mourir cent ans puis Il l’a ressuscité. C’est-à-dire qu’Il lui a donné la vie après la mort.

Il lui a dit : combien de temps tu es resté ? Un ange lui a dit : combien de temps es-tu resté mort ?

Il a dit « je suis resté un jour ou peut-être moins d’un jour. Il s’est basé sur la conjecture. An-Nasafiyy a dit : voilà la preuve qu’il est permis de faire un effort de déduction (un ʾiǧtihād). Il a fait une estimation. Il a été rapporté qu’il était mort au temps du ḍuḥā et qu’il a été ressuscité cent ans plus tard avant que le soleil ne se couche. Avant de voir le soleil, il a dit qu’il était resté mort pendant un jour puis il a regardé et a vu que le soleil ne s’était pas encore couché, il a dit que c’était peut-être moins qu’un jour.

Il (l’ange) lui a dit : non tu es resté cent ans, regarde donc ta nourriture et ta boisson. Il a été rapporté que sa nourriture était des figues et du raisin et que sa boisson était du jus et du lait. Il a vu que les figues et les raisins étaient intacts, comme s’ils venaient d’être cueillis et que les boissons étaient telles quelles.

Elles n’ont pas été altérées. « Lam yatasannah » peut avoir le sens que cette nourriture n’a pas subi les années ou bien c’est une nourriture qui n’a pas été altérée par les années.

Et regarde ton âne. Lui aussi est ressuscité.

Et que Nous fassions de toi un signe pour les gens Le « waw » est une conjonction de coordination. Il a été dit qu’après sa résurrection, ʿUzayr est allé à la rencontre de son peuple et il était à nouveau monté sur son âne. Il leur a dit qu’il était ʿUzayr mais ils l’ont démenti car ils savaient que ʿUzayr avait vécu un siècle avant. Il leur a demandé de lui ramener la Torah et il s’est mis à la réciter par cœur, sans voir ce qui était écrit. Et personne n’avait récité la Torah par cœur avant ʿUzayr. Et c’était un signe de la part de Dieu pour eux.

Et il a été dit qu’il est rentré chez lui, qu’il a retrouvé ses enfants qui étaient devenus des vieillards alors que lui était encore jeune.

Et regarde les os : ce sont, soit les os de l’âne, soit les os des morts, alors qu’il était étonné qu’il puisse être ressuscité.

Comment ils sont levés et remontés les uns en face des autres : pour qu’ils puissent reconstituer le squelette de celui qui est mort.

Puis Nous les recouvrons de chair : la chair est comme un vêtement pour les os. C’est une métaphore.

Quand il s’est avéré devant lui ce qui était problématique pour lui (c’est-à-dire la résurrection des morts et cela ne veut pas dire qu’il n’était pas certain que Dieu soit sur toute chose tout puissant) il a pu voir de ses yeux comment les os étaient reconstitués et enveloppés de chair, il a vu tout le processus.

Le récit de ʿUzayr, qui était un homme musulman vertueux parmi les descendants d’Isrāʾīl nous est parvenu dans sūratu l-baqarah, mais de manière concise. Nous allons le citer en détail, par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde, en raison de ce qu’il comporte comme manifestation de l’éminence de la toute-puissance de Dieu. Les descendant d’Isrāʾīl se sont divisés en plusieurs groupes.  Parmi eux, il y avait ceux qui étaient musulmans, croyants, qui suivaient l’islam parfaitement et il y avait ceux qui avaient mécru et qui avaient introduit des déformations dans la Loi, en prétendant que c’était la vérité. Ils ont altéré la croyance. Ceci a entrainé de graves zizanies au point d’entrainer l’assassinat de certains prophètes honorables. Lorsque leur mal s’est multiplié, qu’ils ont été injustes, qu’ils ont fait preuve de tyrannie, ils ont tué deux prophètes honorables selon le jugement de Dieu et ce sont nos maitres Zakariyyā et son fils notre maitre Yaḥyā ^alayhima s-salām. Dieu a fait que ces mécréants ont été attaqués par un roi mécréant et c’était Nabuchodonosor. Il est venu de l’Iraq avec une grande armée en direction de Jérusalem en Palestine. Il a attaqué les descendant d’Isrāʾīl dans leur ville. Il a tué beaucoup d’entre eux et a fait prisonnier le restant. Très peu ont pu s’échapper. Il a ordonné à ses soldats de ramener de grandes quantités de terre et d’ensevelir la ville, de sorte qu’elle est devenue comme une grande montagne. Tout cela pour les humilier davantage et les rabaisser encore plus. Et Nabuchodonosor a emmené les prisonniers avec lui à Babel en Iraq. Parmi ces prisonniers, certains étaient des savants musulmans. Ils avaient enterré la Torah d’origine dans un endroit qu’eux seuls connaissaient. Et parmi eux il avait ʿUzayr fils de Šaẖiyyah, qui, lui, a pu revenir à Jérusalem après un certain temps. Mais il a trouvé Jérusalem dans cet état de désolation et de ruine. Il ne restait que des cadavres déchiquetés, des membres éparpillés, des os. Il passait parmi tout cela, étonné, en tirant son âne. Puis il est passé par des vergers et il a trouvé que les fruits étaient mûrs. Son étonnement était encore plus grand parce que les arbres étaient pourvus de fruits alors que la population était morte. Il a dit : Dieu est tout puissant à faire ressusciter cette ville et ses habitants après qu’ils soient arrivés dans cet état. Puis il a cueilli quelques raisins et figues, il a rempli un panier, il a pressé un peu de raisin dans un récipient, il en a bu un peu puis il s’est assis pour se reposer à l’ombre d’un arbre. Quelques instants plus tard, Dieu l’a fait mourir. Mais Dieu l’a voilé des yeux des gens, des fauves et des rapaces. Donc son corps est resté intact.

 Soixante-dix ans après la mort de ʿUzayr, Dieu a envoyé un ange à un roi de Perse qui s’appelle Lūṯīk. Il lui a dit : Dieu t’ordonne de prendre ton peuple et de te diriger vers Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville et les terres qui sont tout autour, afin qu’elles redeviennent meilleures que ce qu’elles étaient auparavant. Le roi Lūṯīk a ordonné à des dizaines de milliers de personnes de son royaume d’aller à Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville. Et les rescapés sont revenus avec lui et ils ont peuplé la ville en trente ans. Ils sont devenus nombreux et la situation des habitants était très bonne.  

Cent ans après la mort de ʿUzayr, Allāh l’a ressuscité par Sa toute-puissance. Dieu l’avait fait mourir le matin et Il l’a ressuscité en fin de journée, avant le coucher du soleil. La première chose que Dieu a ressuscitée en lui est son cœur afin qu’il puisse prendre conscience de ce qui allait se passer devant lui. Et ses yeux afin qu’il puisse voir comment eut lieu la résurrection des corps. Sa certitude se renforcera ainsi. Et ʿUzayr a vu comment tout le reste de son corps était à nouveau composé. Puis un ange honorable est venu et lui a dit : combien de temps es-tu resté (mort) ? Et ʿUzayr lui a répondu en fonction de ses estimations. Il a dit : « je suis resté un jour ». Puis quand il a constaté que le soleil ne s’était pas complètement couché, il a dit : « ou peut-être moins qu’une journée ». L’ange l’a rectifié et lui a dit : « non, tu es resté cent ans. Regarde donc le panier de ta nourriture ». Alors il a vu le panier où il avait mis des figues et du raisin et il a trouvé que les fruits étaient mûrs, intacts et que le jus qu’il avait pressé était intact également. Puis l’ange lui a dit : « regarde donc ton âne ». Il a regardé en direction de l’arbre auquel il avait attaché son âne. Il a vu que l’âne était mort et que ses os étaient devenus tout blancs et troués. Les membres de cet âne s’étaient dispersés et étaient devenus poussière. Il a entendu la voix d’un ange du ciel dire : « ô vous les os troués, rassemblez-vous, par la volonté de Dieu ». Les os se sont regroupés les uns avec les autres. Puis chaque membre est venu se placer à ce qui lui correspondait, la côte à côté d’une côte, chaque patte à sa place, puis ce fut le tour de la tête de se positionner à sa place. Puis les nerfs se sont reconstitués et les veines. Puis Dieu a fait que la chair pousse sur le squelette, Il l’a recouvert par la peau qui a recouvert toute la chair puis les poils ont poussé sur la peau. Puis Allāh a envoyé un ange qui a insufflé l’âme par les naseaux de l’âne qui s’est levé et qui s’est mis à braire. ʿUzayr s’est mis à terre, se prosternant pour Dieu, ayant vu un signe éclatant de la toute-puissance de Dieu, un signe étonnant qui est la résurrection des morts. Il a dit : « je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant ».

Il a dit je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant.

Verset 260 : Ibrāhīm a dit : Seigneur montre-moi comment Tu ressuscites les morts. Comment Tu ramènes ceux qui sont morts, à la vie.

Il lui a dit : n’as-tu pas cru en cela ?

Ah que oui mais c’est pour que mon cœur soit apaisé : apaisé par le fait que Tu m’accordes ce que je te demande. Il est possible que Dieu accorde à certains prophètes tout ce qu’ils demandent et il est possible que Dieu leur accorde une partie de ce qu’ils demandent. Ibrāhīm voulait avoir le cœur apaisé par le fait que Dieu lui exauce toutes ses demandes, même le fait de voir comment les morts sont ressuscités. Notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui est le plus honorable parmi les créatures de Dieu, il n’a pas eu tout ce qu’il a demandé. Dieu ne l’a pas exaucé dans toutes ses invocations. Il lui a été accordé une partie de ce qu’il a demandé et il ne lui a pas été accordé une partie de ce qu’il a demandé. Et notre maitre   Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, il n’était pas certain que Dieu lui accorde tout ce qu’il demandait. Il savait qu’il y avait une possibilité que Dieu l’exauce dans sa demande et une possibilité que Dieu ne l’exauce pas. C’est-à-dire qu’il y avait une possibilité que Dieu lui montre comment Il ressuscite les morts et une possibilité que Dieu ne lui montre pas cela. Donc il n’a pas douté au sujet de la toute-puissance de Dieu qu’Il pouvait lui montrer.  Dieu lui a dit : n’es-tu pas croyant en cela ? Et Dieu sait qu’Ibrāhīm est le plus sûr de toutes les créatures à croire en cela. Cette question était pour qu’Ibrāhīm donne la réponse qu’il a donnée, en raison de l’intérêt pour ceux qui l’entendent. Quand Ibrāhīm a donné sa réponse, cette réponse est utile pour nous, pour nous rappeler que Dieu est sur toute chose tout puissant.

Lorsqu’ Ibrāhīm a répondu « balā » c’est pour dire « si !! » c’est pour insister sur la véracité de la chose. C’est pour dire : ma croyance est que Dieu est toute chose tout puissant. Mais afin que j’augmente en apaisement du cœur, suite à ce que je vais voir, je vais en déduire que Dieu est sur toute chose tout puissant, en plus de la preuve évidente que Dieu est sur toute chose tout puissant. En effet la concordance des preuves apaise encore plus le cœur. Une chose qui est connue par déduction peut être sujette à hésitation, contrairement à la connaissance qui est acquise d’évidence. Ibrāhīm voulait apaiser son cœur sur le fait que Dieu l’exauce dans ses invocations.

Il (Dieu) a dit prends quatre sortes de volatiles : il y avait un paon, un coq, un corbeau et un pigeon.

Et serre-les contre toi. Ceci pour qu’il les observe bien et qu’il reconnaisse leurs formes, leurs aspects, leurs couleurs. Puis Dieu lui a ordonné de les égorger, de les couper en morceaux et de les mélanger et de faire quatre parties avec le mélange.

Place sur chaque montagne une partie. Il y a eu divergence sur le nombre de montagnes : 4 ou 7.

Puis appelle-les.

Et tu verras que ces oiseaux vont venir vers toi rapidement.

Il lui a été demandé de bien les observer avant qu’il ne les égorge, pour qu’après leur résurrection, il n’y ait pas de confusion pour lui, qu’il soit sûr que c’était bien ces oiseaux-là. Il a été rapporté qu’il a reçu l’ordre de les égorger, de les plumer, de les couper et de partager des parties et de mélanger les plumes, le sang et la chair et de garder les têtes dans sa main. Il a reçu l’ordre de placer sur chacune des quatre montagnes un quart de chaque oiseau. Puis il les a appelés : « venez, par la volonté de Dieu ». Dieu a fait que chaque partie s’envole pour venir se coller à chaque partie du même oiseau. Ils sont devenus des corps comme des cadavres. Puis les corps sont arrivés et chaque corps est venu se coller à la tête qu’Ibrāhīm tenait dans sa main. Il a été rapporté que s’il présentait une autre tête que celle qui correspondait au corps, le corps ne voulait pas se coller à elle, mais il allait vers la tête qui correspondait à son corps.

Et sache que Dieu est ʿĀzīz : c’est-à-dire que ce que Dieu veut, a lieu. Il n’y a pas quelque chose qui empêche la réalisation de la volonté de Dieu.

Hakīm c’est-à-dire que Dieu crée toute chose selon une sagesse.

Allāh taʿālā a donné la preuve qu’Il est tout puissant à ressusciter les morts. Après cette preuve sur la résurrection des morts, Dieu incite à dépenser dans la voie qu’Il agrée (à faire des dons dans la voie qu’Il agrée). Et Dieu informe que celui qui dépense dans la voie qu’Il agrée, celui-là aura une immense récompense. Et Dieu est tout puissant à donner une immense récompense.

Verset 261 : l’exemple de ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire l’exemple de ceux qui engagent des dépenses dans la voie que Dieu agrée,

C’est comme l’exemple d’une graine qui a fait pousser sept épis, dans chaque épi il y a cent graines. Celui qui fait pousser, en réalité, c’est Dieu. Mais le verbe a été attribué à la graine parce qu’elle était une cause. Cela signifie que la graine fait pousser une tige à partir de laquelle vont pousser sept autres qu’on appelle épis. C’est une image de la multiplication. Une graine va donner sept cent graines. On peut le voir dans les champs de blé ou autres céréales.

Et Allāh multiplie davantage à qui Il veut. Cela signifie que Dieu multiplie les récompenses de cette manière-là, à qui Il veut. Parce que ce ne sont pas tous ceux qui auront dépensé qui auront cette multiplication. Il est possible que celui qui aura donné un euro en aumône aura plus de récompenses que celui qui en aura donné cent mille, dans le cas où le premier possédait seulement deux euros et le second des centaines de milliers d’euros. Allāh multiplie les récompenses jusqu’à sept cent fois à qui Il veut.

Et Allāh accorde avec grande générosité. Et Il sait. C’est-à-dire qu’Il sait les intentions des donateurs, parce que ce ne sont pas tous les donateurs qui sont sincères.

Verset 262 : ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée et qui ne font pas suivre leur dépense d’un rappel des œuvres de bienfait ni par une nuisance. Certains rappellent à l’autre leur œuvre de bienfait. Dieu interdit que l’on fasse cela. Il interdit que la personne énumère ses bienfaits à celui avec qui elle a agi en bien. Quand on aide quelqu’un, on le fait pour Dieu, c’est-à-dire pour obtenir des récompenses de la part de Dieu. On ne le fait pas dans le but d’obtenir une considération envers soi ou qu’il reste reconnaissant envers soi. Et on ne considère pas celui qu’on a aidé comme moins bien que soi.

Et (ṯumma) : c’est pour montrer la grande différence entre la dépense et le fait de ne pas rappeler ses œuvres de bienfait et la nuisance. Délaisser le rappel de son bienfait et la nuisance vaut mieux que la dépense elle-même. Donc ne pas tomber dans le péché est mieux.

Auront leur récompense de la part de leur Seigneur.

Ils n’auront pas à avoir peur : de ne pas avoir de récompense. C’est pour les rassurer sur le fait qu’ils auront une récompense.

Ni à être chagrinés : de ne pas avoir de récompense du tout. Autre explication : ils n’auront pas à avoir de crainte d’être châtiés et ils n’auront pas à avoir de chagrin suite à un manque de récompenses.

Verset 263 : une belle parole : c’est-à-dire une belle réponse. Et ibnu l-Ǧawzī a dit dans son exégèse que cela signifie ici « une belle parole à quelqu’un qui est pauvre ». Celui qui vient mendier, tu lui dis une belle parole comme de lui dire ce qui signifie : que Dieu t’accorde avec largesse.

Et un pardon (ou une excuse) : soit on pardonne au mendiantsi on constate de sa part qu’il est insistant. Deuxième explication : on obtient le pardon de la part de Dieu grâce à la bonne réponse.

Cela vaut mieux qu’une aumône qui est suivie par une nuisance. Ibnu l-Ǧawzī a donné deux explications à la nuisance citée ici : 1°) le fait de répondre au mendiant par ce qui constitue une nuisance pour lui comme de lui dire : tu seras toujours pauvre et tu es une épreuve pour moi et que Dieu me débarrasse de toi ou 2°) il va agir en bien avec le pauvre puis il va informer quelqu’un de cela, alors que le pauvre ne veut pas qu’il soit au courant. Dans les deux cas, c’est une nuisance pour le pauvre et ce n’est pas le caractère de ceux qui sont sincères dans leur aumône.

Ibnu l-Ǧawziyy a dit aussi qu’il nous a été rapporté de Al-Ḥassān fils de abū Sīnān qu’il a acheté la famille d’un homme avec sa femme et ses enfants, puis qu’il les a tous affranchis. Tout cela sans les informer de son identité. Leur maitre leur a dit qu’il y a quelqu’un qui les a affranchis.

Et Allāh est exempt du besoin : Il n’a pas besoin de quelqu’un qui dépense dans la voie que Dieu agrée, puis qui rappelle son œuvre de bienfait puis qui va nuire aux gens.

Ḥalīm : c’est-à-dire que Dieu ne punit pas rapidement quelqu’un et c’est une menace. Il se peut que quelqu’un commette beaucoup de péchés mais Dieu ne le châtie pas sur le coup, mais plus tard.

Verset 264 : ô vous qui êtes croyants, n’annulez pas vos aumônes par le rappel des œuvres de bienfait ni par la nuisance comme celui qui dépense ses biens avec insincérité envers les gens et qui ne croit pas en Dieu ni au jour dernier. C’est-à-dire : n’annulez pas la récompense de vos aumônes par le rappel de vos œuvres de bienfait ni par la nuisance, à l’image de l’hypocrite qui dépense tous ses biens avec insincérité et qui ne recherche pas par sa dépense l’agrément de Dieu ni la récompense de l’au-delà. Dieu a comparé le rappel des œuvres de charité au bénéficiaire à l’insincérité parce que ces deux actes annulent la récompense.

Pourquoi est-ce que le rappel des œuvres de bienfait est compté parmi les péchés du cœur alors que c’est par la langue que la personne rappelle ? Parce que l’origine de ce péché est dans le cœur.

Son exemple est comme une roche qui est lisse sur laquelle il y a de la terre et une pluie torrentielle est tombée et il ne reste plus rien.

Ils ne retrouveront rien de la récompense de ce qu’ils ont donné.

Et Allāh ne guide pas les mécréants. Tant qu’ils se maintiennent sur la mécréance, Dieu ne les guide pas.

Verset 265 : et à l’opposé, l’exemple de ceux qui dépensent de leurs biens dans la voie que Dieu agrée par recherche de l’agrément de Dieu et par acte de foi de leur part : c’est-à-dire qu’ils ont la certitude que Dieu les récompensera

Ils croient en la véracité de l’Islam. Le musulman qui dépense son argent dans la voie que Dieu agrée, cette conviction vient de lui-même et de la sincérité de son cœur.

C’est comme un verger sur une colline. Généralement, les arbres qui poussent sur des lieux élevés sont plus purs et leurs fruits sont meilleurs.

Sur laquelle est tombée une pluie torrentielle et la quantité de la récolte a été le double de la récolte précédente.

S’il n’y a pas eu de pluie qui est tombée, c’est la rosée. C’est-à-dire l’humidité qui se produit la nuit et qui retombe sur les plantes et qui suffit pour que ces plantes puissent donner des fruits. Ou alors il a comparé leur état, selon le jugement de Dieu, à un jardin situé sur une colline et lors des grandes dépenses ou des faibles dépenses, c’est comme soit la pluie torrentielle, soit la rosée. Chacune des deux permet de multiplier la récolte de ce verger. De la même façon pour l’aumône, qu’elle soit en grande quantité ou en petite quantité, du moment que celui qui fait cette dépense la fait avec l’intention sincère de rechercher l’agrément de Dieu uniquement, alors cette dépense augmentera selon le jugement de Dieu.

Et Allāh sait ce que vous faites. Il sait vos actes, quand vous faites beaucoup et quand vous faites peu. Et Il sait vos intentions dans chacun de vos actes, que ce soit fait avec sincérité ou pas.

Et Allāh voit tout ce que vous faites. Ce verset est une preuve chez les ʾAšʿārītes que Dieu voit tout ce qui existe, c’est-à-dire y compris vos actes.

Verset 266 : est-ce que l’un de vous aimerait : c’est sous la forme d’une question mais qui n’attend pas de réponse, comme quand un professeur dit à ses élèves : est-ce que vous allez vous taire ? Il veut leur dire : taisez-vous.

Avoir un verger. C’est-à-dire un jardin dans lequel il y a des plantes et des fruits.

Qui comporte des dattiers et des vignes.

Dans lequel il y a des rivières et des ruisseaux qui coulent.

Où il aurait plusieurs sortes de fruits. Les fruits ici ce sont toutes les choses de ce verger et dont il va tirer un profit. Une autre explication est qu’il a été mentionné dans ce jardin deux arbres, des dattiers et des vignes, ce sont les fruits qui sont les plus généreux et qui sont très utiles. Il a fait comme si le verger ne comportait que ces arbres-là, même s’il y avait d’autres arbres fruitiers que ces deux-là. Ceci, pour indiquer que ce sont les plus importants et les plus généreux.

Et qui est atteint d’orgueil.

Alors qu’il a des enfants qui sont encore jeunes.

Et que son verger a été touché par une tornade : c’est comme une spirale verticale qui aspire tout vers le haut : le verbe utilisé s’applique à l’éclair, à la lumière, au vent, à la poussière, tout ce qui remonte vers le haut ou qui se propage.

Dans laquelle il y a un feu, ce qui va brûler son verger. Et cet exemple que Dieu nous donne dans ce verset 266 de sūratu l-baqarah, c’est l’exemple de celui qui accomplit les actes avec insincérité. C’est-à-dire qu’il cherche l’éloge des gens. Celui-là n’a pas de récompense pour ses actes mais en plus, il est chargé d’un grand péché. De sorte qu’au jour du jugement, il ne trouvera rien de ses actes, aucune récompense. Il va le regretter, d’un regret analogue à celui qui avait un verger dans lequel il y avait des dattiers et des vignes et d’autres fruits et qui a fait preuve d’orgueil et qui a des enfants qui sont jeunes et c’était leur subsistance et une tornade s’est abattue sur son verger et l’a brûlé. De même, celui qui accomplit des bonnes actions insincèrement, alors au jour du jugement, il n’aura pas de fruits, c’est-à-dire de récompenses.

C’est ainsi : c’est-à-dire comme cet exemple qui vous a été indiqué précédemment

Que Dieu vous indique les signes : du tawḥīd (la croyance en l’unicité de Dieu) et de la religion.

Puissiez-vous réfléchir. C’est-à-dire puissiez-vous ne pas être dans l’insouciance, mais plutôt être avertis. Celui qui est averti va se préparer.

Verset 267 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir des biens que vous avez acquis : ce qui est de la meilleure qualité. Allāh nous incite à donner dans la voie qu’Il agrée, le meilleur de ce que nous avons. Il y a en cela la preuve qu’il est obligatoire de payer la zakāt sur les biens commerciaux.

Et (du bien) de ce que nous vous avons fait sortir de terre : c’est-à-dire les graines, les céréales, les fruits comme les dattes et les raisins secs, les minerais d’or et d’argent et d’autres. Ici, le mot « bien » a été omis parce qu’il est implicite.

Et ne recherchez pas ce qui est mauvais : c’est-à-dire ne prenez pas pour destination ce qui est mauvais. Ne cherchez pas l’argent qui est de mauvaise source.

A partir duquel vous allez dépenser.

En réalité vous ne le prenez pas : cet argent parce qu’il est de source interdite.

Sauf si vous vous excusez les uns les autres. Sauf si vous vous pardonnez les uns les autres. Si l’un a acheté un bien avec de l’argent illicite, s’il veut se repentir, il va voir le vendeur et lui donne de l’argent licite ou alors il lui demande de l’excuser. Et ʿAbdul- Lāh ibnu ʿAbbās a dit à propos de ce verset que les gens donnaient en aumône les dattes de mauvaise qualité. Et cela leur a été interdit. Dieu leur a ordonné de donner en aumône ce qui est de la meilleure qualité. Les savants ont dit que si quelqu’un a un esclave, il mange et s’habille comme lui.

Et sachez que Dieu n’a pas besoin de vos aumônes, Il mérite d’être loué : remercié.

Verset 268 : le šayṭān vous promet la pauvreté (quand vous dépensez) : il dit à celui qui donne des aumônes : tu vas devenir pauvre, comme Qārūn, le cousin de notre maître Mūsā, qui, quand il a calculé ce qu’il devait donner comme zakāt, il a trouvé que c’était beaucoup. Et il a apostasié, alors qu’il avait beaucoup d’argent, il avait une grande fortune. Mais son cœur était attaché à la vie d’ici-bas, alors il ne pensait pas à l’au-delà. Le verbe « promettre » est employé ici parce qu’en arabe, la promesse vaut pour le bien et pour le mal.

Et il vous ordonne l’avarice : l’avarice c’est le fait de ne pas dépenser. Et il vous incite à l’avarice et à ne pas payer les aumônes. Et c’est une incitation à l’image de celui qui donne des ordres à celui qui les reçoit.

Alors que Dieu vous promet (quand vous dépensez) un pardon de Sa part : c’est-à-dire qu’Il vous pardonne vos péchés et Il vous expie vos péchés

Et Il vous remplace mieux que ce que vous avez payé. Une des épouses du prophète avait reçu un mouton en cadeau, elle l’a distribué et elle a gardé une épaule. Le Prophète lui a demandé ce qu’elle avait gardé. Elle a dit : une épaule. Il lui a dit : non, en fait, tu as gardé le reste. C’est-à-dire que c’est ce qu’elle avait distribué qui lui restera comme récompense. Autre histoire ; quelqu’un avait offert dix œufs à un juge et un pauvre est passé et le juge a dit à sa servante de lui donner les œufs. Elle a gardé un œuf et lui a donné les neuf autres. Plus tard, quelqu’un est venu frapper à la porte avec quatre-vingt-dix œufs en disant : tu as donné neuf œufs et non pas dix.

Et Dieu accorde avec largesse à qui Il veut. Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a parlé d’un homme qui vivait en Arabie et qui était analphabète. Mais il était très fort pour gérer les chantiers au point que les états demandaient à ce que ce soit lui qui gère les chantiers. Il est donc devenu très riche, tout en étant analphabète.

Et Il sait tout de vous : Il sait vos actes et Il sait vos intentions. Rien ne Lui échappe.

Verset 269 : Il accorde la sagesse à qui Il veut. Ici « Al-Ḥikmah » signifie la connaissance du Qur’ān et de la sunnah. Ou alors la science utile qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Et la science utile que tu mets en pratique. Al-Ḥakīm est celui qui est sage selon le jugement de Dieu, c’est celui qui a la science et qui applique la science qu’il a apprise. Allāh accorde le statut de prophète et de messager à qui Il veut.

Celui à qui Dieu accorde la sagesse aura eu un très grand bien de la part de Dieu.

Et seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel. Seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel que Dieu leur fait parvenir. Ou alors ce sont les savants qui œuvrent.

Le sens des versets 266 à 269 est l’incitation à œuvrer et à appliquer ce qui est compris dans le verset de la dépense, c’est-à-dire le fait de donner la zakāt.

Verset 270 : il n’y a pas une seule dépense que vous faites dans la voie que Dieu agrée ou parce que vous avez obéi au   šayṭān.

Ou n’importe quel vœu que vous faites : que ce soit un vœu dans l’obéissance à Dieu ou dans la désobéissance

Certes Allāh le sait : cela n’échappe pas à Dieu. Dieu vous rétribuera pour ce que vous faites. Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution. Et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution.

Et ceux qui sont injustes : c’est-à-dire ceux qui s’abstiennent de payer la zakaat, ou encore ceux qui dépensent leur argent dans la désobéissance ou ils font un vœu de désobéissance ou encore ceux qui ne respectent pas les vœux qu’ils font.

Il n’y a pas qui les soutient pour les protéger du châtiment de Dieu.

Verset 271 :  si vous montrez les aumônes que vous faites, c’est quelque chose de bien. Dans certains cas, la personne montre les bienfaits que Dieu lui a accordés, ce n’est pas par insincérité mais c’est pour remercier Dieu de lui avoir accordé ces bienfaits.

Ou si vous les faites de manière discrète, si vous donnez ces aumônes aux pauvres, mais en cachette.

La discrétion vaut mieux.

Ce qui est visé ici, ce sont les aumônes surérogatoires. Le fait d’accomplir les actes obligatoires au grand jour, vaut mieux, pour ne pas être suspecté de ne pas les avoir faits, pour repousser les fausses accusations. Quant à celui qui, habituellement n’est pas riche, s’il lui arrive de donner la zakāt, c’est mieux pour lui de la donner avec discrétion. Et celui qui donne une aumône surérogatoire, s’il a pour objectif d’inciter les gens à faire des aumônes, alors c’est mieux de le faire au grand jour.

Et Dieu vous expie vos mauvaises actions. C’est-à-dire que Dieu vous pardonne vos mauvaises actions. C’est pour cela que celui qui est éprouvé, une des causes pour être délivré est de faire des aumônes en cachette. Une fois, šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit à quelqu’un qui était très éprouvé de chercher une personne qui soit dans un grand besoin et de lui donner une aumône. Ou aussi pour remercier Dieu pour avoir obtenu une grâce ou avoir échappé à une épreuve.

Et ce que vous faites au grand jour ou en cachette, Dieu le sait.

Verset 272 : tu n’es pas en charge de leur bonne guidée : c’est-à-dire que tu n’es pas responsable de rendre ces gens-là des croyants, mais tu as la charge de montrer, d’expliquer. C’est Dieu Qui guide. Ce n’est pas un devoir pour Muḥammad de faire que ces gens soient bien guidés, au point qu’ils s’abstiennent de faire ce qu’il leur a interdit de faire : il leur a interdit « al-mann » c’est-à-dire rappeler les œuvres de bienfait, il leur a interdit la nuisance et de dépenser à partir de voies interdites. Mais la tâche du Prophète est de leur montrer les choses interdites, uniquement. Mais si les gens commettent l’interdit, il n’est pas responsable.

Mais Dieu guide qui Il veut.

Ou encore tu n’es pas en charge de créer la réussite pour faire le bien et tu n’es pas en charge de créer la bonne guidée dans le cœur des gens. Mais c’est Dieu Qui crée. Dieu est le Créateur et Muḥammad indique ce que les gens doivent faire et ne pas faire.

Tout bien que vous dépensez : le bien ici c’est-à-dire l’argent

En réalité c’est pour vous. C’est-à-dire que nul autre que vous ne va en profiter, c’est-à-dire de cette récompense que vous allez obtenir en dépensant ce bien. En le dépensant, c’est vous qui êtes gagnant. Alors, comme c’est vous qui êtes gagnant, ne rappelez pas vos œuvres de bienfait aux gens. Et ne leur nuisez pas en leur faisant du mal, c’est-à-dire en les traitant de manière hautaine.

Ce que vous dépensez n’est que pour l’agrément de Dieu : c’est-à-dire cette dépense est uniquement dans le but d’obtenir la récompense de la part de Dieu, c’est-à-dire l’agrément de Dieu. Puisque c’est ainsi, pourquoi donc rappeler vos œuvres de bienfait aux bénéficiaires ? Deuxième explication : c’est une négation : ne faites pas de dépenses pour l’éloge des gens. Mais ne donnez des aumônes que pour l’agrément de Dieu.

Tout le bien que vous dépensez, vous en serez rétribués : par des récompenses qui seront multipliées de nombreuses fois. Alors vous n’aurez pas d’excuse pour ne pas faire de telles dépenses.

Et vous ne serez pas lésés : c’est-à-dire que votre récompense ne sera pas diminuée.

Verset 273 : donnez des aumônes à ceux qui sont pauvres : une autre explication : « ces aumônes sont pour les pauvres » et le mot « aumônes » a été omis.

Ceux qui ont été amenés à cause du ǧihād et n’ont pas pu gérer leurs affaires : du fait qu’ils sont occupés par le ǧihād, ils ne peuvent pas gagner leur vie. Et il a été dit que ce sont les gens de aṣ-ḥābu ṣ-ṣuffah qui sont environ quatre cent hommes parmi les émigrants de qurayš. A cette époque-là, c’était un devoir d’émigrer pour rejoindre le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Ces hommes n’avaient pas de maison ni de clan pour les soutenir. Ils étaient dans aṣ-ṣuffah de la mosquée, c’est-à-dire la partie recouverte de la mosquée. Ils apprenaient le Qur’ān pendant la nuit et la journée, ils cassaient les noyaux des dattes pour en faire une alimentation pour le bétail. Et ils partaient dans chaque bataillon que le Messager envoyait pour le ǧihād. Ils étaient bénévoles. Celui qui avait un peu de nourriture qui lui restait, le soir, il la leur ramenait. Et certains disent que le terme ṣūfī vient de ces gens-là.

Celui qui ignore leur état pense qu’ils sont riches, tellement ils sont chastes, ils s’empêchent de mendier.

Notre šayẖ a dit : les tous premiers de la communauté de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à entrer au paradis et avant même les autres communautés des prophètes, ce seront les émigrants qui étaient pauvres, c’est-à-dire des habitants de La Mecque qui ont voyagé à Médine pour soutenir le Prophète. Du fait qu’ils ont entouré le Messager de Dieu à Médine, ils ont par conséquent soutenu la religion agréée par Dieu. Ils ont laissé leur famille, ils ont laissé les biens qu’ils ne pouvaient pas emmener avec eux, tout ceci par amour pour Dieu et pour le Messager de Dieu. Les pauvres parmi les émigrants seront les tous premiers à entrer au paradis, d’entre toutes les communautés, avant le reste des saints, d’une durée de cinq cent années avant eux, si on compte les jours du bas-monde. C’est le cas des gens de aṣ-ṣuffah. La nuit, ils faisaient des prières surérogatoires et la journée, ils ramenaient de l’eau aux gens pour qu’ils fassent le wuḍuʾ. Ils enduraient l’amertume de la pauvreté. Et ils patientaient par recherche de l’agrément de Dieu. Dieu a dit à leur sujet ce qui signifie : « celui qui ne connait pas leur état pense qu’ils ont leur suffisance, tellement ils ne vont pas mendier ». On les reconnait par leur aspect.

Et parmi eux il y a Abū Hurayrah, que Dieu l’agrée. Dieu lui a donné la certitude, la foi complète, la confiance en Dieu et la patience face à la faim et autre. Les difficultés et les épreuves ne le faisaient pas trembler, il était ferme. Parfois, tellement il avait faim qu’il tombait par terre ; celui qui ne connaissait pas son état croyait que c’était une crise d’épilepsie. Mais après le décès du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Dieu a fait qu’il s’est enrichi, qu’il a obtenu beaucoup de biens provenant des butins des guerres, notamment à l’époque de notre maître ʿUmar et de notre maître Uṯmān, que Dieu les agrée.

Une autre partie des gens de aṣ-ṣuffah est morte dans le même état que celui dans lequel ils étaient lorsque le Prophète était vivant. Comme Muṣḥab fils de ʿUmayr : lorsqu’il vivait avec sa famille à la Mecque et c’était des mécréants, il était parmi les plus riches. Il était issu d’une famille fortunée. Mais il avait délaissé tout cet argent, par amour pour Dieu et de Son Messager. Il a accepté la pauvreté, il s’est suffi du peu, et il s’est consacré à l’obéissance à Dieu et à Son Messager.  Il est mort dans cet état de pauvreté. On n’a pas trouvé ce qui lui suffisait pour son linceul. On n’a trouvé qu’un seul drap chez lui mais qui ne suffisait pas à couvrir la tête et les pieds. Si on lui couvrait la tête, ses pieds étaient découverts. Si on lui couvrait les pieds, c’était sa tête qui était découverte. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a alors dit ce qui signifie : « couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds « – al-ʾidẖir – il s’agit d’une plante qui a une belle odeur qu’on trouve au Ḥiǧaz. Comme cet homme s’est consacré à Dieu, il a délaissé le superflu et il a préféré l’au-delà. Dieu a fait que sa rétribution dans l’au-delà soit par des hauts degrés, en raison de l’amour complet pour Dieu et pour Son Messager qu’il a eu, de la certitude dans son cœur qui n’a pas été perturbée par les difficultés.

Tu les reconnais par leur apparence : l’apparence qui les caractérise est que leur visage était jaunâtre et leur état misérable.

Ils ne demandent pas aux gens avec insistance : il y a deux choses qui sont niées ici : non seulement ils ne demandent pas aux gens avec insistance, mais ils ne demandent pas du tout. L’insistance ici est de rester coller à la personne et de ne la lâcher que lorsqu’elle lui donne quelque chose. Dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu abī Šaybah, le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allāh agrée celui qui est pudique, celui qui est indulgent et qui est chaste ». Et Allāh n’agrée pas celui qui mendie avec insistance.  Il a été dit que lorsqu’il demande, il demande gentiment et il n’insiste pas.

Et chaque bien que vous dépensez , Allāh le sait : c’est-à-dire que la récompense ne sera pas perdue.

Verset 274 : ceux qui dépensent leurs biens de nuit comme de jour en cachette et au grand jour : c’est-à-dire à n’importe quel moment de la journée et dans les différentes situations qu’ils rencontrent. Ce sont des gens qui donnent à titre d’aumône, tellement ils veulent avoir du bien, tellement ils veulent gagner des récompenses. Chaque fois qu’ils sont au courant qu’un nécessiteux a un besoin, ils s’empressent de régler ce besoin et ils ne retardent pas. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos d’abū Bakr aš-Ṣiddīq que Dieu l’agrée, quand il avait donné en aumône quarante mille dinars. Il avait donné dix de nuit, dix de jour, dix en cachette et dix au grand jour. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos de ʿAlī ibnu abī Ṭālib (que Dieu l’agrée) qui ne possédait un jour que quatre dirhams.  Il a donné un dirham en aumône la nuit, un autre le jour, un autre en cachette, et un autre au grand jour.

Et ils auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Ils n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés.

Verset 275 : ceux qui consomment le ribā : le ribā est un bien qui est donné en surplus sans qu’il y ait de contrepartie dans une transaction où il y a échange d’un bien contre un autre.

Notre šayẖ a dit : c’est comme celui qui prête de l’argent à un autre afin qu’il le lui rende après un mois mais avec un surplus. Il veut de l’argent en plus. Comme ce que font certains lorsqu’ils vendent un bien, à paiement différé, (en donnant tant par mois) et si l’acheteur tarde à payer l’échéance, le vendeur lui rajoute une pénalité. Ou encore s’il vend une marchandise à un autre, avec un paiement échelonné,

Ils ne se lèveront, lorsqu’ils vont être ressuscités à partir de leurs tombes, que comme celui qui est sous l’emprise du   šayṭān (à l’image de celui qui se relève suite à une crise d’épilepsie avec des mouvements spasmodiques) parce qu’il s’est engagé dans cette transaction du ribā. Suite à l’attaque des ǧinn. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ceux qui pratiquaient le gain usuraire, ils vont se lever de leurs tombes en faisant des mouvements désordonnés à l’image de celui qui est sous l’emprise d’un ǧinn. Ils seront reconnus par cette caractéristique-là le jour de la station au jour dernier. Et il a été dit que ceux qui vont sortir des tombes le jour de la résurrection, ils vont s’empresser de sortir, excepté ceux qui consommaient le gain usuraire : ils vont se lever puis tomber. Ceux qui ont consommé un surplus dans leurs ventres, pendant leur vie, cela les a alourdis, de sorte qu’ils ne peuvent pas sortir rapidement.

Et ce, (châtiment qui leur est infligé) du fait qu’ils ont dit que la vente est comme le ribā : ils n’ont pas dit que le ribā est comme la vente. Pourtant le sujet est le ribā. C’est une forme d’exagération : tellement ils sont convaincus que le ribā est licite, ils ont considéré que c’est une référence, une règle pour connaitre ce qui est licite, au point qu’ils ont comparé la vente au ribā.

Or Allāh a autorisé la vente et Il a interdit le ribā : ceci est pour renier leur prétention d’équivalence parce que ce qui est licite et ce qui est interdit sont deux opposés. Comment se ressembleraient-ils ? L’un est permis (c’est la vente) et l’autre est interdit (c’est le ribā). C’est une preuve que l’analogie (qui est la principale fonction du muǧtahid) est annulée par le texte. Ils ont dit que le gain usuraire et la vente sont équivalents. Or Dieu dit que la vente est autorisée mais que le gain usuraire est interdit. La réplique à leur analogie a lieu par le texte. Donc c’est une preuve que l’analogie peut être contre-carrée par le texte.

Le šayẖ a dit que Dieu a autorisé la vente hormis ce qu’Il a interdit par révélation à Son Prophète Muḥammad. Pourquoi le texte du Qour’aan a-t-il mentionné le ribaa, pourquoi s’est-il restreint à ne mentionner que le gain usuraire ? En effet les autres ventes interdites ont été révélées au Prophète, mais elles ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān. Parce que le ribā est la plus grave des sortes de ventes interdites. Donc tout bien qui provient d’une transaction interdite est moindre que la gravité du ribā. Par ailleurs, le ribā a été expliqué et défini par le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : il y a ce qui provient d’une créance suite à un prêt et il y a du ribā qui provient de ce qui n’est pas un crédit. La première sorte qui est la plus connue c’est le prêt avec intérêt c’est-à-dire associé à une condition d’intérêt. Celui qui prête profite du prêt qu’il accorde : soit un intérêt pour lui-même ; soit un intérêt pour lui et pour l’emprunteur. N’importe quel crédit dans lequel le prêteur pose comme condition de tirer un bénéfice pour lui-même en particulier ou bien pour lui-même et pour l’emprunteur, alors c’est un ribā

Le ribā était déjà interdit dans la Loi de Mūsā ʿalayhi s-salām. Mais au début de la mission de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il n’y avait pas eu l’interdiction du ribā, parce que les lois étaient révélées au Prophète progressivement. L’obligation des cinq prières a eu lieu sept années après la révélation. Au début de la révélation, il y avait une obligation de faire une prière la nuit (ṣalātu l-ʿadamah). Puis il y a eu abrogation de l’obligation de la prière nocturne et instauration des cinq prières quotidiennes. L’alcool également n’était pas interdit au début de la révélation à notre Prophète, il a été rendu interdit après l’émigration à Médine, trois après l’émigration. Également le ribā n’a été rendu interdit qu’après l’émigration. Et le ribā que les gens pratiquaient le plus c’était le ribā avec un intérêt : soit en réclamant un surplus par rapport au capital, soit en réclamant un autre bénéfice comme de loger gratuitement dans le logement de l’emprunteur ou de payer un loyer moindre que le loyer courant tant qu’il n’aura pas récupéré tout ce qu’il a prêté.

A retenir :  Dieu a autorisé le prêt entre les gens pour qu’ils se soutiennent et non pas pour que l’un profite de l’autre. Mais concernant la vente, on peut faire du bénéfice. On a le droit de vendre plus cher que ce qu’on a acheté.  La finalité de la vente est de faire du bénéfice. Alors que l’objectif du prêt n’est pas de faire du profit.

Celui à qui est parvenu une exhortation de son Seigneur : c’est-à-dire celui à qui il est parvenu un rappel de la part de Dieu, une réprimande qui comporte une interdiction de pratiquer le ribaa

Et qui s’est alors abstenu : suite à cette exhortation, il a arrêté, c’est-à-dire qu’il a appliqué l’interdiction et il a arrêté cette pratique du ribaa.

Il aura obtenu ce qu’il a obtenu par le passé. S’il avait pratiqué le ribā avant la révélation de son interdiction, alors il conservera ce qu’il avait obtenu.

Et Dieu le jugera au jour du jugement. Dieu sait qui a pratiqué le ribā et à quel moment il l’a pratiqué, avant la révélation de l’interdiction ou bien après.

Et ceux qui reviennent : c’est-à-dire ceux qui récidivent, qui reviennent à pratiquer le ribā après la révélation de l’interdiction, en se le rendant licite.

Ce sont eux qui iront en enfer où ils resteront éternellement : et cela, parce qu’en se rendant licites le ribā, ils sont devenus mécréants.

Conclusion de ce verset : il s’avère clairement que les moutazilites n’ont pas de preuve pour leur croyance dans ce verset à propos du séjour éternel en enfer du grand pêcheur. Parmi leurs égarements, ils disent que celui qui meurt grand pêcheur, il ira éternellement en enfer. Ils disent que celui-là n’est pas mécréant mais qu’il n’est pas musulman. Ils ont dit qu’il y a un état entre les deux. Ils utilisent ce verset en disant : regardez, ceux qui font le ribaa resteront éternellement en enfer. Or ce n’est pas pour cette raison qu’ils resteront éternellement en enfer, mais c’est parce qu’ils se rendent licites le ribā, après qu’il ait été rendu interdit.

 Verset 276 : Allāh taʿālā anéantit le ribā : dans le sens qu’Il fait partir ses bénédictions. Dieu enlève l’augmentation du bien du ribā. Et Il fait que l’argent dans lequel le ribā intervient disparait.

Par contre Dieu fait fructifier les aumônes : l’argent à partir duquel on a extrait une aumône, Dieu fait qu’il augmente et il y a de la barakah dedans. Un bien ne diminue pas par l’aumône qu’on donne. Et dans le ḥadīṯ le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la zakāt n’a pas diminué la valeur d’un bien dont elle est extraite » et aussi « l’argent ne diminue pas à cause d’une aumône, alors faites des aumônes ». Rapporté par Muslim et l’imam Barzaẖ. Cela veut dire que l’argent que tu donnes en aumône dans la voie que Dieu agrée, véritablement, ton argent n’aura pas diminué du montant de l’aumône. Même si, en apparence, tu as moins d’argent qu’avant que tu donnes. Mais en réalité, il n’a pas diminué. En vérité tu as gagné.

Et Dieu n’agrée pas tous ceux qui se rendent licites le ribā : c’est-à-dire le mécréant qui dépasse les limites : et c’est celui qui se rend licite quelque chose d’interdit.

Et le aṯīm : celui qui commet le péché en continuant à consommer le ribā.

Verset 277 : ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, qui ont accompli la prière et qui se sont acquittés de la zakāt, auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Il n’y a pas de crainte pour eux et ils n’ont pas à être chagrinés.

Il a été dit que « ceux qui ont été croyants », ce sont ceux qui ont cru en l’interdiction du ribā.

Verset 278 : ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de votre Seigneur et délaissez ce qui reste comme gain usuraire. C’est-à-dire : cessez de commettre cette interdiction. Le contexte de la révélation de ces versets est l’interdiction du ribaa alors qu’auparavant, il n’était pas interdit. Ils avaient pris un surplus, conformément au contrat de ribā qu’ils avaient fait. L’ordre était de délaisser ce qu’ils pouvaient réclamer en plus selon ce contrat. C’est-à-dire : même si vous avez pris un surplus de gain usuraire, maintenant, arrêtez. Ce qui, en fonction du contrat que vous aviez fait, restait dû, délaissez-le, ne le réclamez pas. Il a été rapporté que ce verset a été révélé à propos d’un clan d’une tribu de Ṯaqīf : l’un d’eux avait contracté un contrat de ribā avec quelqu’un de la tribu de qurayš. Au moment où le premier venait réclamer son ribā, ce verset a été révélé.

Si vous êtes véritablement croyants : c’est-à-dire : si vous êtes croyants du degré de foi complète. La preuve du degré de foi complète, c’est le fait qu’il s’empresse à obtempérer.

Verset 279 : si vous ne le faites pas, alors préparez-vous à subir un châtiment de la part de Dieu et à ce que le Messager ne soit pas content de ce que vous faites. Si vous ne le faites pas, alors sachez que vous allez subir une sorte de guerre qui est éminente de la part de Dieu et de Son Messager. Il a été rapporté que lorsque ce verset a été révélé, Ṯaqīf a dit : nous ne pouvons pas engager de guerre contre Dieu et Son Messager.

Et si vous faites le repentir (si vous cessez de commettre le ribā) alors reprenez votre capital : ne soyez pas injustes envers les emprunteurs en leur réclamant un surplus et vous ne subirez pas d’injustice en recevant moins que votre capital. C’est-à-dire : prenez votre capital, pas plus et pas moins.

Verset 280 : et si un de ceux de qui vous attendez un remboursement (un de ceux à qui vous avez fait un crédit) se trouve dans l’incapacité de rembourser, alors accordez -lui un délai (un temps additionnel) jusqu’à ce qu’il soit en capacité de rembourser.

Et que vous fassiez l’aumône : c’est-à-dire que vous excusiez celui qui vous doit de l’argent, pour la totalité ou pour une partie du capital que vous lui avez prêté. S’il peut vous rendre une partie, vous l’excusez pour le reste ; s’il ne peut rien vous rendre, vous l’excusez pour tout.

Cela vaut mieux pour vous : c’est-à-dire au jour du jugement.

Si vous le saviez : si vous saviez que ce serait mieux pour vous et que, en conséquence, vous appliquiez cela. C’est une incitation à se soutenir les uns les autres.

Verset 281 : craignez un jour dans lequel vous reviendrez au jugement de Dieu. C’est-à-dire le jour de la résurrection, lorsque vous sortirez de votre tombe, pour l’exposition de vos œuvres. Craignez ce jour c’est-à-dire préparez-vous pour ce jour. Celui qui est intelligent, c’est celui qui se décharge de toutes les éventuelles injustices qu’il a commises.

Il a été dit que ce verset 281 de sūratu l-baqarah était le dernier verset que Ǧibrīl   ʿalayhi s-salām a descendu. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a dit à Muḥammad de placer ce verset au tout début c’est-à-dire au verset 281 de cette sourate. Après la révélation de ce verset, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a vécu vingt et un jours ou selon un autre avis, quatre-vingt-un jours ou encore sept jours ou trois heures. Il y a donc eu quatre avis.

Puis chaque âme sera rétribuée en fonction de ce qu’elle a acquis. Elle aura la rétribution des actes qu’elle a acquis.

Et ils ne subiront pas d’injustice : ils ne seront pas lésés. Ce qu’ils auront acquis comme bonnes actions leur sera donné, ils n’auront pas moins que ce qu’ils méritent. Ce qu’ils auront fait comme mauvaise action ne sera pas augmentée. Personne ne subira d’injustice.

Verset 282 : ô vous qui êtes croyants, si vous contractez des prêts : c’est-à-dire si vous prêtez de l’argent ou bien si vous empruntez de l’argent,

Avec une échéance définie, alors écrivez cela. L’ordre est venu d’écrire cela parce que cela garantit la conservation de l’information et cela protège de l’oubli et cela protège la personne de renier le crédit qui lui a été octroyé. Le sens est que si vous faites une transaction de crédit avec une échéance, alors écrivez-la. Ici, ce n’est pas un ordre d’obligation. C’est un ordre de recommandation. Si quelqu’un a prêté ou emprunté et qu’il n’a pas écrit, on ne dit pas qu’il a commis un péché, mais s’il avait écrit, cela aurait été mieux. S’il le fait du fait que c’est recommandé, il gagne des récompenses. Ibnu ʿAbbās et son père ont dit qu’il ne s’agit pas ici d’un simple crédit mais il s’agit d’une vente appelée « vente de as-salām ». C’est le fait de donner de l’argent à quelqu’un pour qu’il ramène une marchandise bien définie, selon des conditions bien particulières. Pour ce contrat-là, écrivez-le.

Et que les deux contractants écrivent

Et que celui qui écrit soit un scribe de confiance : que l’on ait confiance que ce qu’il va écrire est correct. Il doit être précautionneux. Il n’ajoute pas plus que ce qu’il doit écrire ni moins. Il écrit de manière fiable. Il y a ici une preuve que celui qui écrit soit quelqu’un qui connait la religion, pour que ce qu’il écrit soit valide selon la Loi. Cet ordre concerne les deux contractants du prêt, c’est-à-dire le créancier et l’emprunteur. Ils doivent ne demander qu’à quelqu’un qui soit faqīh, fiable dans ce qu’il écrit.

Et aucun scribe (notaire) ne devrait refuser d’écrire autrement que de la manière dont Dieu lui a enseigné d’écrire des documents : c’est-à-dire d’une façon fiable et correcte. Il ne change pas et il n’altère pas.

Alors qu’il écrive : c’est-à-dire qu’il écrive cette écriture telle qu’elle a été décrite en tant qu’objet de cette transaction, qu’il ne s’écarte pas de ce qui a été convenu

Et que celui qui est l’objet de l’obligation dicte : celui qui dicte ce qui doit être écrit est uniquement celui qui est redevable parce que cette dictée revient à témoigner que ce droit lui incombe. Il reconnait ainsi par lui-même que c’est lui qui doit rembourser.

Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire que celui qui doit le remboursement du prêt craigne Dieu et qu’il ne refuse pas de dicter. S’il refusait de dicter, c’est comme s’il renait le droit qui lui incombe.

Et qu’il ne diminue rien : et qu’il ne diminue rien du droit qui lui incombe, lorsqu’il dicte, parce que cela reviendrait à renier une partie de ce droit.

Si celui à qui incombe le droit était quelqu’un de « safīh » : dans certains cas, ça peut avoir le sens de fou. A l’origine, ça signifie vulgaire ou impudent. La vulgarité ou l’impudence est une faiblesse dans l’esprit. Par extrapolation ça arrive à la folie.

Première explication : un fou.

Deuxième explication : quelqu’un qui est sous tutelle car il ne sait pas gérer son argent.

Ou bien qu’il est faible : ici il s’agit d’un enfant.

Ou il est incapable de dicter : soit par une incapacité en lui ou parce qu’il est muet ou parce qu’il ignore la langue

Alors que son tuteur dicte à sa place : celui qui gère ses affaires.

Justement :  c’est-à-dire véritablement et correctement.

Faites témoigner deux témoins : demandez à ce qu’il y ait deux témoins qui soient présents lors de cette transaction.

Parmi vos hommes : c’est-à-dire des hommes croyants, musulmans. Et même si ça n’avait pas été mentionné ici, le statut d’homme libre et la puberté sont des conditions avec l’islam, pour ces deux témoins. Le témoignage des mécréants entre eux, nous l’acceptons.

S’ils ne sont pas deux hommes, alors que ce soient un homme et deux femmes. C’est-à-dire, alors que soient témoins de cette transaction un homme et deux femmes.

De ceux dont vous connaissez le statut de confiance : la fiabilité.

Au cas où l’une des deux femmes oublie, que la seconde le lui rappelle : si l’une des deux oublie le témoignage, la seconde le lui rappelle.

Et les deux témoins ne refusent pas quand ils sont convoqués : soit ils sont convoqués pour témoigner soit pour être témoins. Dans le premier cas où c’est le juge qui les convoque, c’est obligatoire pour eux de témoigner. Et quand les deux contractants leur demandent de venir en en tant que témoins lors de la transaction, c’est recommandé.

Et ne vous lassez pas d’écrire ce crédit : c’est-à-dire de laisser une trace de ce que vous faites, quel que soit le droit,

Que ce soit de faible valeur ou de grande valeur, de petit enjeu ou de grand enjeu, ne vous lassez pas de l’écrire, de laisser une trace, c’est recommandé.

En écrivant l’échéance : sur laquelle les deux contractants se sont entendus.

Car une telle écriture est plus juste selon le jugement de Dieu : c’est un moyen de conserver les droits de tout un chacun, pour ne pas qu’il y ait des gens qui soient lésés. Et ça aide pour le témoignage. C’est une force de preuve.

Et cela aide à ne pas être dans le doute : cet écrit aide à dissiper totalement le doute pour le témoin pour le juge et pour le créancier.

Sauf s’il s’agit d’une vente immédiate que vous pratiquez de main à main, il n’y a pas de mal dans ce cas-là à ne pas garder de trace écrite. Parce qu’il n’y a pas de risque de conséquence comme il y en aurait pour une dette.

Et prenez un témoin lorsque vous faites des ventes : c’est un ordre de prendre un témoin lorsqu’on fait une vente dans l’absolu, que ce soit une vente dans l’immédiat ou bien une vente avec échéance. Il y a plus de précaution et ça éloigne de tomber dans la divergence. Ou alors : prenez des témoins lorsque vous faites cette vente qui est dans l’immédiat, dans le sens que ce n’est pas la peine d’écrire dans ce cas puisqu’il y a des témoins. Et même le fait de prendre des témoins est recommandé, ce n’est pas obligatoire.

Et qu’aucun scribe ni témoin n’agisse en mal : qu’aucun d’eux ne refuse de faire ce qu’on leur demande et qu’il ne déforme pas, qu’il n’ajoute pas ni ne retranche.

Si vous le faites : c’est-à-dire si vous agissez mal,

Cette nuisance est un péché pour vous.

Et craignez Dieu : faites preuve de piété à l’égard de Dieu. Le mot « at-taQwaa » signifie à l’origine la protection. On se protège de la désobéissance à Dieu.

Notre šayẖ a rajouté : si vous faites preuve de piété à l’égard de Dieu, Dieu vous accorde al-ʿilmul -ladunniyy : c’est une science que Dieu accorde aux saints : c’est une science qui est en plus de la science qu’il a apprise par transmission. Pour les prophètes, cette science est une révélation. Mais pour autre que les prophètes, ce n’est pas une révélation. Les savants ont cité parmi cette science, la science de l’interprétation des rêves.

Dieu nous dit d’accomplir ce qu’Il nous a ordonné d’accomplir, que ce soit en termes de science et d’œuvre. La science : ça veut dire : apprenez ce que Dieu vous a ordonné d’apprendre, ce minimum indispensable de la science de la religion. Les œuvres : faites ce que Dieu vous a ordonné de faire, évitez ce que Dieu vous a interdit comme actes du cœur et actes du corps. Celui qui fait cela, Dieu l’honore en lui donnant cette science al-ʿilmul -ladunnī.

L’esclave qui est croyant, s’il a appris ce que Dieu lui a ordonné d’apprendre, en termes de science indispensable de la religion, s’il œuvre et qu’il est véridique dans ses œuvres, c’est-à-dire qu’il a œuvré avec sincérité, c’est-à-dire qu’il a accompli les œuvres d’obéissance exclusivement par recherche de l’agrément de Dieu, et non pas par recherche de l’éloge des gens, est apte à recevoir al-^ilmu l-ladduniyy. C’est une science qui parvient directement au cœur de l’esclave croyant qui est pieux. Car beaucoup de gens vivent dans les illusions et ils n’apprennent pas ce minimum indispensable de la religion que nous étudions dans le mukhtaçar. Ces gens-là sont dans une erreur qui les mène à une grande perte.

Et Dieu vous enseigne les règles de Sa religion.

Il faut connaitre le sens qui est visé par ce verset afin de ne pas le comprendre autrement que conformément au sens qui est visé chez les gens de la connaissance. Le sens correct de ce verset est qu’il est ordonné aux esclaves de faire preuve de piété à l’égard de leur Seigneur. La piété, c’est accomplir les devoirs et éviter les interdits. Quand on dit : « crains Dieu », « fais preuve de piété à l’égard de Dieu », ce n’est pas la simple image de la prière, du jeûne, de la zakāt, du pèlerinage.

At-taqwā, la piété, est quelque chose de très difficile pour l’âme car cela nécessite un combat contre les penchants de l’âme. C’est un mot facile à prononcer mais qui est lourd de sens. La piété comporte l’accomplissement de tout ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves et le fait d’éviter tout ce que Dieu a interdit. Les actes que Dieu a ordonnés à Ses esclaves, certains sont relatifs au cœur et d’autres sont relatifs aux organes. Il y a ce qui concerne les connaissances et il y a ce qui concerne les pratiques. Donc ce n’est pas uniquement le fait d’accomplir l’image des actes.  

La piété a deux piliers fondamentaux : le premier c’est que l’esclave accomplisse ce que Dieu lui a ordonné, des actes du cœur et des actes du corps. L’acte du cœur que Dieu nous a ordonné d’accomplir c’est de connaitre Dieu et Son Messager c’est-à-dire d’une croyance certaine qui ne comporte aucune hésitation ni aucun doute. Également, parmi les actes du cœur, il y a la connaissance des sujets de la croyance, comme le fait de croire aux anges, aux messagers, au jour dernier, qu’il aura lieu sans aucun doute. Les gens seront ressuscités avec leurs corps et leurs âmes, après que les corps qui ont été assimilés par la terre auront été créés à nouveau. Ce n’est pas suffisant de croire à la résurrection des âmes seulement, mais il est un devoir de croire à la résurrection de l’âme avec le corps. Certains corps ne sont pas assimilés par la terre, comme les corps des prophètes, de certains saints et des martyrs. Dieu, Qui a créé les corps la première fois est tout puissant à les créer après qu’ils soient assimilés par la terre. Quant à la résurrection des âmes : depuis que l’âme a été retirée du corps, elle n’est pas anéantie, elle demeure. L’âme a un début mais elle n’a pas de fin. L’anéantissement pour l’être humain, c’est lorsque son âme quitte son corps, c’est cela qui va arriver inéluctablement à chaque être humain.

Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que chacun prenne garde de ceux qui se prétendent ṣūfī mais qui ne prennent pas en considération la Loi de l’islam. Ceux parmi eux qui enfreignent la Loi, quand quelqu’un les reprend pour les corriger, ils lui disent que lui, il fait partie des gens de l’apparence alors qu’eux, sont les gens de l’intérieur, des choses cachées. On leur répond que Dieu n’a pas révélé deux lois mais bien une seule qui s’applique à tous. Ce sont des charlatans. Aucun ṣūfī n’atteindra le haut degré dans le taṣawwuf sans s’attacher parfaitement à la Loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Aucun ṣūfī n’atteindra la sainteté sans s’attacher à la Loi de Dieu. Et après avoir atteint la sainteté, il va augmenter en attachement à la Loi de l’Islam. C’est à ce moment-là qu’il mérite d’avoir cette science al-ʿilmul -ladunnī. Quant à celui qui ne s’attache pas à la Loi de Dieu, parfaitement, il n’obtiendra pas cette science. S’ils disent que Dieu dit dans le Qur’ān : craignez Dieu et Dieu vous l’enseignera (sous-entendu cette science), on leur dit que « craignez Dieu » signifie « accomplir les obligations et éviter les interdits ».

Et Allāh sait absolument toute chose : il ne Lui arrive pas d’oubli, il ne Lui arrive pas de défaillance.

Verset 283 : et si vous (qui faites cette transaction) étiez en voyage et que vous n’avez pas trouvé un scribe, celui en qui on a confiance, c’est comme une caution de cette transaction. Généralement, quand on est en voyage, on ne pense pas qu’on va avoir besoin d’écrire ni d’avoir de témoin. Si quelqu’un veut prêter de l’argent à un autre, et qu’il n’y a pas de scribe, on va prendre une caution à la place de l’écriture. Le voyage n’est pas une condition pour que la caution soit valable. Une caution c’est-à-dire une hypothèque. Si vous n’avez pas de quoi écrire, alors prenez une hypothèque de la part de celui à qui vous prêtez. Et vous saisissez cette hypothèque.

Si vous avez confiance en vous : c’est-à-dire si certains créanciers ont confiance en certains débiteurs. Si le créancier pense du bien du débiteur, et qu’il n’a pas écrit le crédit qu’il lui a octroyé, il n’a pas pris de témoin et qu’il n’a pas pris d’hypothèque

Alors celui à qui il a été fait confiance, rembourse sa dette : c’est une incitation à l’emprunteur d’être à la hauteur de la confiance que le créancier lui a accordée. Et qu’il lui rembourse le crédit pour lequel il lui a fait confiance, même sans avoir pris d’hypothèque. La créance ici a été appliquée en tant que « amānah » c’est-à-dire c’est le fait de déposer un objet chez quelqu’un pour qu’il le conserve. Il a appelé le crédit une amānah, c’est comme s’il lui a fait un dépôt, il lui a fait confiance. Il n’a pas pris d’hypothèque.

Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire qu’il ne renie pas le droit du créancier.

Et ne taisez pas le témoignage : cela revient aux témoins

Et celui qui refuse de témoigner, alors son cœur est dans le péché. Pourquoi le péché est-il attribué au cœur uniquement ? Alors que c’est toute la personne qui est dans le péché en taisant le témoignage parce qu’en fait, il a dissimulé le témoignage dans son cœur, il n’a pas voulu le dire. Comme le péché a été commis par le cœur et acquis par le cœur, il lui a été attribué. Attribuer le péché à l’organe avec lequel le péché a été commis, c’est encore plus éloquent, c’est plus fort. C’est comme quand on dit : c’est ce que j’ai vu de mes yeux, ce que j’ai entendu de mes oreilles, ce que j’ai su par mon cœur. De plus, le cœur est le président de tous les organes et il est ce bout de chair qui, lorsqu’il est sain, tout le corps est sain et lorsqu’il est corrompu, tout le corps est corrompu.  En disant que son cœur est dans le péché, c’est comme s’il a dit que le péché s’est emparé de ce qui est à l’origine-même de lui-même, et qu’il s’est emparé de la partie la plus noble de la personne, qui est le cœur. Et parce que les actes du cœur sont plus éminents que les actes des autres organes. N’as-tu pas vu que l’origine des bonnes œuvres et des mauvaises œuvres, c’est la foi et la mécréance !! Et elles sont toutes deux parmi les actes du cœur. Et si le fait de dissimuler le témoignage a été considéré comme faisant partie des actes du cœur, alors c’est un signe qu’il s’agit d’un des plus graves des péchés.

D’après ʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, qui a été surnommé l’exégète par excellence du Qur’ān, il a dit que les plus grands parmi les grands péchés sont : attribuer à Dieu un associé (et c’est de la mécréance), le faux témoignage et dissimuler le témoignage.

Et Dieu, concernant ce que vous faites, sait toute chose : si vous dissimulez le témoignage ou si vous le montrez, rien n’échappe à Dieu.

Verset 284 : à Dieu appartient ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre : Dieu est le créateur de ce qu’il y a dans les cieux et sur terre et c’est à Dieu qu’appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre.

Que vous manifestiez ce qu’il y a dans votre for intérieur ou que vous le dissimuliez : c’est-à-dire comme mal, Dieu vous rétribuera pour cela, que vous le manifestiez ou pas.

Allāh vous punira : c’est-à-dire pour le mal. Mais ici, les suggestions et ce que l’âme suggère, cela ne fait pas partie de ce que l’homme dissimule, parce qu’il n’est pas en la capacité de l’homme de ne pas avoir cela. Mais l’homme sera rétribué pour ce qu’il a comme croyance et ce qu’il a la ferme volonté de faire. L’être humain n’est pas chargé des mauvaises suggestions et de ce que son âme suggère. La personne est chargée de ce qu’elle a pour croyance et de ce qu’elle se décide de faire. En résumé, se décider à faire de la mécréance est une mécréance. Et l’idée passagère de commettre un péché, sans que cela ne soit suivi d’une décision de commettre le péché, la personne n’en est pas chargée. Et la ferme décision de commettre un péché mais sans le commettre finalement, suivie par le regret d’avoir eu cette décision, puis la personne s’est détournée de commettre ce péché, cette personne-là est pardonnée. La règle est que celui qui fait le repentir d’un péché, c’est comme s’il ne l’avait pas fait. Celui qui a décidé de commettre un péché, il a commis un péché du cœur. Mais s’il a regretté de l’avoir commis, alors il est pardonné.

Si quelqu’un a envisagé de commettre un péché et il a décidé de le commettre et il a maintenu cette décision de le commettre, sauf qu’il y a eu quelque chose qui l’en a empêché et cela n’était pas de son fait à lui, il ne sera pas puni de la punition de celui qui a commis le péché. Par exemple, s’il avait la ferme décision d’aller commettre la fornication, mais par une cause indépendamment de sa volonté, il n’est pas allé jusqu’au bout, alors il ne sera pas châtié de la punition de celui qui a fait la fornication. Mais il sera puni du fait d’avoir décidé à le commettre.

Quant au ḥadīṯ rapporté par Ibnu Māǧah, dans lequel le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit : « Dieu ne charge pas Ma communauté pour ce que leur âme suggère, tant qu’ils ne vont pas jusqu’à agir ou parler ». Tout ne vient pas du šayṭān uniquement, l’âme également suggère.

Notre šayẖ a dit : « al-ʿazm » c’est la décision. « Al-hamm c’est at-taraddud l’hésitation à faire, avec la prévalence de faire l’action. Le ḥadīṯ cité est expliqué par ce qui est moins que la décision ; il est expliqué par l’hésitation, même si le côté « accomplir » l’emporte mais la personne n’a pas dit qu’elle va faire cette action.

An-Nasafiyy a dit que la majorité des savants ont dit que ce ḥadīṯ concerne ce qui traverse l’esprit et qui n’arrive pas jusqu’à la décision. Dieu dit ce qui signifie : « certes l’impudence et le mal se propagent ». An-Nasafiyy a dit que le ḥadīṯ deʿĀʾišah qui signifie : « celui qui hésite à commettre le péché et même s’il ne le commet pas, il sera puni pour cela » n’est pas authentique.

Dans la plupart des exégèses, lorsque ce verset a été révélé, les compagnons ont été apeurés et ont dit : « même si notre âme nous suggère le mal, nous serons punis ? » C’est alors que la suite du verset a été révélée. Cela indique que nous serons responsables de ce que nous aurons acquis comme bien et comme mal.

Il pardonne à qui il veut et Il châtie qui Il veut : c’est-à-dire que c’est Dieu Qui pardonne et c’est Dieu Qui châtie.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant :  Il est tout puissant à pardonner et Il est tout puissant à châtier. Dieu récompense et châtie sans y être obligé.

Verset 285 : le Messager a cru fermement en ce qu’il lui a été descendu par révélation de la part de son Seigneur, ainsi que les croyants : c’est-à-dire que tous ont une croyance qui n’est pas basée sur les illusions. La croyance du musulman est confirmée par la preuve rationnelle. Il est un devoir personnel pour chaque musulman de connaitre la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.

Tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses livres et en Ses messagers. Chacun d’entre eux est croyant. Un savant a dit : croire aux anges signifie croire que ce sont des personnes dotées d’âme et qui ont des corps impalpables. Ce sont des êtres vivants.

Le terme « ḥayawān » signifie dans la langue arabe celui qui est vivant et qui est doté d’âme. Dans le langage courant, il désigne un animal. L’emploi de ce mot pour désigner un animal est accidentel, c’est un usage qui n’existait pas chez les Arabes. A l’origine, c’est un mot qui a une portée plus large, qui désigne les êtres vivants.

 Donc croire aux anges signifie croire que ce sont des êtres dotés d’âmes, de corps impalpables qui descendent et qui montent, sur ordre de Dieu. Ce ne sont pas des étoiles asservies ni des astres, comme l’a prétendu un groupe d’égarés. Il est un devoir de croire que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Par ailleurs, Dieu a chargé les anges de plusieurs fonctions ; certains sont chargés de la pluie, d’autres sont en charge d’inscrire les actes des humains (Raqīb et ʿĀtīd), et d’autres sont chargés de prendre les âmes (soit les anges de la miséricorde, soit les anges du châtiment), et d’autres sont chargés de protéger les humains, pour que les ǧinn    mécréants ne se jouent d’eux.  En effet les ǧinn    nous voient alors que nous ne les voyons pas. Mais les anges ne nous protègent pas du mal que Dieu a prédestiné qu’il va nous arriver.

Nous ne faisons pas de différence entre ces messagers : c’est-à-dire ils disent : nous croyons en eux tous, en leur totalité, depuis Ādam jusqu’à Muḥammad, nous croyons en le message qu’ils ont amené et nous croyons en leur véracité.  Nous reconnaissons leur statut de prophète et le fait qu’ils sont des envoyés de Dieu, ils ont tous amené l’islam. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la meilleure des paroles que j’ai dites et que les prophètes ont dites avant moi est – il n’est de dieu que Dieu – ». Tous les prophètes ont été envoyés par Dieu pour appeler à l’islam.

Nous n’accusons de mensonge aucun d’entre eux. Cela veut dire que nous ne croyons pas en certains tout en démentant d’autres. Nous croyons en eux tous. Cela ne veut pas dire que nous suivons toutes les lois des prophètes. Parce que la Loi de notre prophète est différente de la loi des prophètes qui l’ont précédé. La loi d’un messager abroge la loi du messager qui l’a précédé. La loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus facile.

Ibnu Ḥibbān a rapporté dans son ṣaḥiḥ ce qui signifie : « ô messager de Dieu, combien étaient les prophètes ? Il a dit : 124.000. Je lui ai dit : « ô messager, combien étaient les messagers ? » Il a dit « 313 ».

Et ils ont dit nous avons entendu : c’est-à-dire que nous avons répondu à ton appel ô Muḥammad et nous avons obéi à ton ordre.

O Allāh pardonne-nous

Seigneur c’est à Toi le devenir : c’est une reconnaissance qu’il va y avoir une résurrection et une rétribution.

Verset 286 : Allāh ne charge la personne que de ce dont elle est capable : la capacité de l’être humain, c’est ce qu’il peut faire. Cela signifie que Dieu ne charge la personne que de ce qu’elle peut faire, sans pour autant qu’elle atteigne la limite de sa capacité. Par exemple, l’être humain est capable d’accomplir plus que cinq prières par jour. Or Dieu nous a chargés d’en accomplir cinq. Également nous pouvons jeûner plus qu’un mois. Mais l’obligation est de jeûner un seul mois. Cela ne va pas combler toute notre capacité.

 Les savants ont dit qu’il y a deux sortes de capacités : une capacité qui est antérieure à l’acte et une capacité qui est conjointe à l’acte. La première sorte c’est le fait d’avoir les moyens et les outils qui permettent d’accomplir l’acte. Par exemple pouvoir se mettre debout pour la prière. Etre en bonne santé pour jeûner. C’est cette capacité qui est antérieure à l’acte qui fait que nous sommes responsables. La deuxième sorte, c’est la capacité qui est conjointe à l’acte, c’est celle par laquelle l’acte a lieu. Comme le fait de se mettre debout pour accomplir la prière obligatoire.

L’âme a en sa faveur le bien qu’elle a acquis et elle aura contre elle le mal qu’elle a acquis : nous ne créons pas mais nous acquérons. L’acquisition c’est le fait d’orienter son intention vers l’acte et c’est Dieu Qui crée cet acte. Même l’intention est créée par Dieu. Acquérir le bien signifie qu’il sera rétribué dans l’au-delà par des récompenses. Acquérir le mal signifie que la personne mérite d’être punie dans l’au-delà suite au mal qu’elle a fait. Le bien que l’âme acquiert lui sera bénéfique. L’intention est indispensable pour être récompensé.

L’être humain sera récompensé en acquérant les bonnes actions et il sera puni pour avoir acquis des mauvaises actions. Le fait que Dieu récompense ceux qui sont obéissants, c’est une grâce de Sa part : Dieu n’est pas obligé de récompenser. Le fait que Dieu punisse ceux qui sont désobéissants, c’est une justice de Sa part : cela veut dire qu’Il n’est pas injuste en cela, parce que tout Lui appartient et Il fait ce qu’il veut de ce qui Lui appartient.

L’acquisition c’est lorsque la personne se décide fermement à acquérir quelque chose. Quand l’esclave oriente son intention vers quelque chose, Dieu lui créée cette chose-là. L’esclave va profiter des bonnes actions qu’il acquiert.

La personne va assumer les conséquences des péchés qu’elle commet, parce qu’elle sera punie pour cela. C’est-à-dire qu’elle mérite la punition.

Dans ce verset il y a la confirmation de l’acquisition pour l’esclave. Tous les actes des esclaves sont créés par Dieu. C’est Dieu seul Qui fait entrer en existence les actes de l’esclave et aucun acte n’est excepté. Ce qui distingue le bien du mal, c’est que le bien, Dieu l’agrée et l’ordonne et le mal, Dieu ne l’agrée pas et ne l’ordonne pas.

O notre Seigneur, ne nous punis pas si nous avons oublié ou si nous avons commis une erreur.

O notre Seigneur, ne nous fais pas supporter des charges comme Tu as fait en supporter à ceux qui nous ont précédés : dans la communauté de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, la loi du talion devait s’appliquer inéluctablement : si quelqu’un commettait un homicide injustement, l’assassin devait être absolument exécuté. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad, l’assassin peut être pardonné de la part de la famille de la victime. Autre exemple : si une substance impure tombait sur un tapis de prière, dans les lois antérieures, il fallait découper cette partie et la jeter. Dans la loi de notre maitre Muḥammad, on peut le laver avec de l’eau pour la purifier.

Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons pas supporter : c’est-à-dire des punitions qui se sont abattues sur ceux qui nous ont précédés.

Et pardonne-nous : c’est-à-dire : efface nos mauvaises actions.

Et pardonne-nous : c’est-à-dire : ne dévoile pas nos péchés. An-Nasafī dit que ce n’est pas une répétition parce que la première phrase, c’est pour les grands péchés et la deuxième, c’est pour les petits péchés.

Fais-nous miséricorde : en faisant que la balance de nos bonnes œuvres soit plus lourde, même si nous ne sommes pas à la hauteur.

An-Nasafiyy a donné une deuxième explication de ces trois versets : nous demandons à Dieu de ne pas nous faire subir ce que certains ont subi : 

1/ la transformation : des gens de certaines communautés antérieures ont été transformés (certains des fils d’Isrāʾīl ont été transformés en singes et en porcs)

2/ l’ensevelissement : la communauté de notre maitre Lūṭ a subi cela.

3/ La noyade : comme le peuple de Nūḥ.

Tu es notre Seigneur : le mot « mawlaa » en arabe a quinze sens.

Première explication : ô Dieu, Tu es notre maitre et nous sommes Tes esclaves.

Deuxième explication : Tu es Celui Qui nous soutient.

Troisième explication : Tu es Celui Qui gère la création, Qui prédestine toute chose.

Donne-nous la victoire sur les mécréants : le Seigneur soutient Ses esclaves.

C’est permis de dire « j’ai récité sūratu l-baqarah » et c’est correct de dire : « j’ai récité al-baqarah ». Notre maître ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « les derniers versets de sūratu l-baqarah proviennent d’un trésor qui est sous le Trône ».

D’après le compagnon An-Nuʿmān ibnu Bašīr, il rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam   qu’il a dit ce qui signifie : « Allāh a fait écrire sur une table, deux mille ans avant la création des cieux et de la terre. Et à partir de ce qu’Il a fait écrire sur cette table, Il a fait descendre deux versets par révélation, qui sont les deux derniers versets de sūratu l-baqarah : si ces deux versets sont récités dans une maison trois nuits de suite, le šayṭān n’entre pas dans cette maison ». Il s’agit des ǧinn mécréants.

D’après le compagnon Abū Qatādah, que Dieu l’agrée, il a dit que le Messager de Dieu, ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « celui qui récite Āyatu l-kursiyy et les deux derniers versets de sūratu l-baqarah, au moment de l’épreuve, Allāh ʿAzza wa Ǧ-Ǧall lui envoie le renfort ». Rapporté par ibnu s-sunnī

Au-dessus du Trône, il y a un tableau sur lequel sont inscrits les deux derniers versets de sūratu l-baqarah. Et il y a la table préservée sur laquelle est inscrit tout ce qui va se passer jusqu’à la fin de ce monde. Et il y a un autre support qui est au-dessus du Trône sur lequel est écrit ce qui signifie : les manifestations de Ma miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier.

Informations utiles au sujet de sūratu l-baqarah

1 / Aṭ-Ṭabarānī a rapporté d’après ʿAbdur -Raḥmān fils de al-‘Aʿlā fils de al-Laǧlāǧ qu’il a dit : « mon père m’a dit : – mon fils, quand tu vas me mettre dans la tombe, dis : (bismi l-Lāhi wa fī sabīli l-Lāh wa ʿalā millati rasuli l-Lāh) -. Ce qui signifie : je commence par le nom de Dieu, dans la voie que Dieu agrée, (c’est-à-dire pour rechercher les récompenses de la part de Dieu) et conformément à la religion du Messager de Dieu. Ensuite déverse la terre sur ma tombe, lentement, petit à petit. Ensuite tu récites au niveau de ma tête le début de sūratu l-baqarah et la fin sūratu l-baqarah. Parce que j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire cela. » Il s’agit donc d’un ḥadīṯ marfūʿ. Il a attribué la parole au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

2 / Il a été confirmé qu’ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar que Dieu l’agrée lui et son père, qu’il récitait au niveau de la tombe, après l’enterrement, les quatre premiers versets de sūratu l-baqarahainsi que les deux derniers versets de cette sourate.

3 / L’imam Aḥmad que Dieu l’agrée, a vu une fois des gens qui récitaient le Qur’ān au niveau de la tombe. A ce moment-là, il ne lui était pas parvenu que c’était autorisé, il leur a dit de ne pas le faire. Puis un de ses amis qui était un savant lui a demandé ce qu’il disait au sujet d’un certain savant. L’imam Aḥmad lui a dit que c’était quelqu’un de confiance. Alors son ami lui a dit que cette personne récitait le Qur’ān en faveur des morts. Alors l’imam Aḥmad ne l’a pas interdit. C’est une règle des savants : si une information est confirmée, alors ils la prennent en compte. Ils ne sont pas orgueilleux. C’est une preuve de modestie.

Exemple d’une version d’un ḥadīṯ que notre šayẖ avait rapportée à ses élèves, mais aucun d’eux ne l’a trouvée dans les livres qu’ils ont consultés. Notre šayẖ a confirmé qu’il l’avait apprise avec ces termes-là auprès de ses šayẖ. Il a alors été demandé à šayẖ Ṭāriq qui se trouvait au Maroc de chercher dans d’autres livres. Et il a fini par la trouver dans un livre dans une bibliothèque au Maroc. En effet il y avait quelques divergences entre les copies du Levant et celles du Maghreb.

4/ Et l’imam Aḥmad a authentifié un ḥadīṯ qui signifie : « récitez sūratu Yāsīn auprès vos morts ». Le mot « mort » ici englobe aussi bien celui qui est déjà mort que celui qui est en train d’agoniser. Celui qui est en train d’agoniser va arriver ensuite à l’état de mort.

5/ L’imam Aš-Šāfiʿiyy a dit que la récompense de la récitation n’arrive pas à celui qui est mort. Ceci dans le cas où la personne ne fait pas d’invocation après avoir récité. Mais si quelqu’un demande à Dieu de faire parvenir la récompense de ce qu’il a récité à un tel, on espère que la récompense lui parviendra.  On dit : « Allāhumma ʾawṣil ṯawāba mā qaraʾtu ilā fulān ». C’est-à-dire : « ô Allāh, fais parvenir la récompense de ce que j’ai récité à un tel ». Ceci dans le cas où on est loin de la tombe. Par contre, si on récite alors qu’on est auprès de la tombe, on n’a pas besoin de réciter l’invocation parce que la récompense arrive.

6 / Sūratu l-baqarah a été surnommée ainsi en référence à la vache que les descendants d’Isrāʾīl avaient reçu l’ordre d’égorger quand quelqu’un avait été assassiné et on ne connaissait pas l’assassin. Notre maître Mūsā leur avait ordonné d’égorger une vache et c’était ainsi qu’ils pourraient identifier l’assassin.

Tafsir An-Nasafiyy sūrāt Āli ʿImrān 1-144

Posted in Coran,Dieu,islam,Livre,Quran,tafsir,Tajwid par chaykhaboulaliyah sur Mai 11, 2026
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Verset 1 : alif lām mīm

Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)

Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.

Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.

Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude

Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.

Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.

Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān

En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.

Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.

Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres

Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.

Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.

Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.

Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.

60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.

Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’āndans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.

Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.

Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables.  Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.

Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».

Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.

Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.

Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.

Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.

Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.

Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance

Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.

Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.

Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.

Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.

Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.  

Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.

La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.

Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –

Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.

La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.

C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).

Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.

Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.

Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.

Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.

Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.

Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.

Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :

Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.

Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.

Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.

Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.

Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.

Ceux-là seront le combustible de l’enfer.

Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.

Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.

Et le châtiment de Dieu est terrible.

Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)

À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)

Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)

Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond

Et quelle mauvaise demeure

Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš

Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour   de la bataille de Badr.

Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans

Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.

Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.

Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.

Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.

Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.

Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit

Une exhortation : une moralité

Pour ceux qui sont dotés de raison.

Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.

L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.

Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.

Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)

Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.

Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.

Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.

Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.

Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.

Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :

Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé

Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.

Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu

Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.

Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves

Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel

Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse

 Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.

Verset 17 :  ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,

Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)

Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants

Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes

Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».

Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu

Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.

Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance

Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse

Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.

Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.

Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.

Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.

Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.

Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.

Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.

Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.

Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.

Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ

Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.

Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?

S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.

Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.

Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.

Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.

Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.

Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.

Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.

Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.

Ils n’auront aucun soutien.

Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah

Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān

Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.

Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.

Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.

Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.

Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».

Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.

Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.

Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis

Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.

Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.

Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.

Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.

Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.

A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu.  Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.

Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.

Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)

Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications

  1. Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
  2. Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
  3. Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.

Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.

  1. Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
  2. Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
  3. Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant. 

Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.

Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.

Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.

Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.

Et à Dieu le devenir.  Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.

Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.

Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.

Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.

Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.

Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :

Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance. 

Dieu vous agréera :  Dieu récompense Son esclave pour ses actes.  D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.

Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.

S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager

Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.

Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)

Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes

Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes

Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants

Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.

Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.

Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).

Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.

Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.

C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).

Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā

O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)

1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)   

2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.

 Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.

Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)

Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.

Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)

Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.

Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.

Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu.  Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.

Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.

Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».

Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.

Il trouvait qu’elle avait une subsistance.  Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.

Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.

Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.

Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.

Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.

A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).

Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.

Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.

Verset 39 :  les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.

Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».

(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.

Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.

Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !

Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.

Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.

Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.

Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.

Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.

(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.

Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.

Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.

Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.

Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam

T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.

Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.

Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.

Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.

Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.

Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.

Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.

Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.

Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :

1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.

2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.

Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.

Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »

O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.

Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.

Jésus fils de Maryam :  Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.

Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.

Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.

Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.

Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.

Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.

Il sera au nombre des vertueux.

Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée 

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.

Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.

Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.

La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.

La torah : c’est le Livre révélé à Moise

L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.

Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé

Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.

Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)

Les différents sens de « ẖalaqa » :

1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.

2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.

3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.

4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».

Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.

Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit. 

Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.

Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.

Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.

Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.

Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.

Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.

Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire

Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.

Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les nasārā.

Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.

Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.

Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)

Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir

Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.

Les apôtres ont dit :  al-ḥawāriyy est le compagnon proche, l’ami intime.

Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.

Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu

Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.

Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.

Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.

1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés

2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu

3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.

Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.

Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.

Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.

Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.

Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel. 

Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.

Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru :  c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.

Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.

Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.

Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.

Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.

Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.

Et ils n’auront aucun soutien.

Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.

Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.

Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.

Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.

Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.

Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.

Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.

Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à  débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes  : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.

Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme.  (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».

Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».

Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).

Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.

An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.

Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.

Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.

Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.

Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.

Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm :  Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.

Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,

Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.

Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :

1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.

2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.

3/ Ce sont les yahūd de Médine.

Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.

Que nous n’adorions que Dieu

Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité

Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.

Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.

D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».

Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.

Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.

S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu

Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».

Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?

Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.

Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar

Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses

Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.

Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement

Et vous, vous l’ignorez.

Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman

Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.

Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.

Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus

Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque

Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.

Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.

Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.

Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.

Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.

Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :

c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.

Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.

Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres :  la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.

Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.

Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?

Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.

Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān

En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour

Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie

Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).

Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.

Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.

Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.

Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.

Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.

A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.

Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.

Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.

Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.

Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion. 

Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.

Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.

Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement,on le fait en promettant par le nom de Dieu.

Verset 77 : certes ceux qui ont acheté (c’est-à-dire qui ont échangé) en contre partie de la promesse qu’ils ont faite envers Dieu (c’est-à-dire l’engagement qu’ils ont pris de croire au Messager, qui confirme ce qu’ils ont eu de la part de leurs prophètes, à savoir de croire au paradis, à l’enfer, …)

Et de croire au Prophète : « wa aymānihim » : al-yamīn est le fait de dire « wa l-Lāh » et ça veut dire aussi la droite. Ici cela signifie qu’ils ont dit : wa l-Lāhi, nous allons croire au Prophète et nous allons le soutenir.

Des biens du bas monde, comme le fait d’être des chefs de leurs peuples. Ils ont délaissé le fait de tenir leurs engagements de croire au Prophète. Et ils se sont laissés soudoyer. Ils ont vendu leur promesse pour des futilités du bas-monde.

Ces gens-là n’auront aucune part de bien dans l’au-delà

Et ils ne vont pas entendre de la parole de Dieu ce qui va les réjouir : cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas entendre la parole de Dieu mais ils vont entendre ce qui va les attrister.

Ils n’auront pas de la part de Dieu une miséricorde au Jour du Jugement : ici il ne faut pas prendre le verset au sens apparent car Dieu voit toute chose.

Dieu fait qu’ils ne seront pas sujet à des paroles élogieuses : ils ne seront pas l’objet de paroles élogieuses

Et ils auront un châtiment douloureux : par l’âme et le corps.

Verset 78 : et il y a parmi eux : ce sont les gens du Livre (ceux qui prétendent suivre un Livre mais ils suivent un livre falsifié)

Un groupe : parmi eux, il y a Kaʿb fils de Al-Ašraf, Mālik fils de aṣ-Ṣayf, Huyay fils de Aẖṭab et d’autres qu’eux

Qui déforme le Livre par leurs langues : ils déforment la récitation correcte et pratiquent une récitation fausse, ils détournent la récitation. Et c’est une preuve qu’à l’époque du Prophète, la Torah n’avait pas été falsifiée mais ce qui avait été falsifié était l’explication, le jugement. Ils donnaient des jugements qui étaient contraires à la réalité.

Ce qu’il vise par déformation, c’est la déformation de passages comme le verset de la lapidation : ils ont déformé son explication mais les termes étaient bien ceux qui avaient été révélés à Mūsā. 

Ils ont déformé également la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui était dans la Torah.

Et ce qui est de cet ordre.

Pour que vous croyiez que cette déformation est ce qui figure dans le Livre (la Torah)

Alors qu’en réalité cela ne fait pas partie du Livre

Et ils disent que c’est cela (cette déformation) qui est venu de la part de Dieu : c’est un blâme additionnel à leur encontre.

Alors qu’en réalité cela n’est pas de la part de Dieu et ils attribuent à Dieu des mensonges alors qu’ils savent (qu’ils sont des menteurs).

Verset 79 : ce qui va être cité ici est un démenti à propos de ceux qui ont adoré Jésus

Il n’y a pas eu un humain à qui Dieu a accordé le Livre :

Il a été dit qu’un homme a dit ô messager de Dieu « nous te saluons de la même manière que nous nous saluons les uns les autres, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’on se prosterne pour toi ? » Le Prophète a répondu ce qui a pour sens : « il ne convient pas que quelqu’un se prosterne pour autre que Dieu, mais si vous tenez à manifester une différence, alors honorez votre prophète et reconnaissez le droit des gens sur vous. (Attribuez à chacun sa propre valeur et donc le Prophète mérite votre reconnaissance).

Et la sagesse : c’est-à-dire la sunnah ou bien c’est le fait d’émettre des jugements décisifs et d’accorder à chaque chose sa juste valeur

Et le statut de prophète

Puis qu’il dise aux gens soyez mes esclaves au lieu d’être des esclaves de Dieu : autrement dit, ce n’est pas vrai ce que vous prétendez que Jésus aurait dit

Mais soyez des rabbāniyyīn : celui qui est rabbāniyy est celui qui s’attache énormément, fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Donc Jésus n’a pas dit aux gens de l’adorer, lui. Mais il a dit aux gens de s’attacher fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Ce verset est une infirmation de ce que certains prétendent au sujet de Jésus. Voici une deuxième explication du mot « rabbāniyy » : c’est al-ʿālimu l- al-ʿāmilu l- muʿallim. C’est le savant qui œuvre et qui enseigne par sa parole et son comportement.

Grâce à votre enseignement du Livre : c’est-à-dire grâce à l’enseignement du Livre à autrui

Et grâce à ce que vous étudiez : c’est-à-dire grâce à ce que vous lisez dans votre Livre.

Le sens est, du fait que vous êtes des savants, c’est-à-dire que vous avez des connaissances religieuses, et du fait que vous étudiez la science (vous savez et vous continuez à apprendre), le résultat est que vous êtes des rabbāniyy : vous avez cette force de l’attachement à l’obéissance à Dieu. Et elle découle de la science et des études.

An-Nasafiyy conclut par des exhortations : il suffit ici comme preuves de la déception et de l’échec de celui qui a agi et œuvré, qui a épuisé son âme et qui s’est fatigué pour collecter la science, mais qui n’en a pas fait un moyen pour agir. C’est comme quelqu’un qui a planté un arbre qui est très beau mais qui ne procure pas de fruit. Le fruit de la science c’est l’application.

Verset 80 : il n’y a pas un humain à qui Dieu accorde le statut de prophète, que Dieu charge de la mission d’appeler les gens à n’adorer que Dieu uniquement et à délaisser l’adoration des associés, puis qui ordonnerait aux gens d’être son esclave ou qui ordonnerait aux gens de considérer les anges et les prophètes comme étant des divinités, est-ce qu’il vous ordonnerait la mécréance après votre islam. Ceci est une preuve que ceux à qui ce discours s’adresse étaient des musulmans. C’était ceux qui avaient demandé l’autorisation au prophète de se prosterner pour lui. Aucun prophète n’a dit aux gens de l’adorer.

Verset 81 : Allāh a pris al-mīṯāq des prophètes : et le verset est à prendre selon le sens apparent, c’est-à-dire que l’engagement a été pris des prophètes, à savoir l’obéissance à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne de faire et ce qu’Il leur interdit de faire. Et quand un messager viendra à eux (en l’occurrence le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam), un messager qui confirme ce qu’ils ont déjà reçu comme croyance, ils devaient croire en lui et le soutenir.

Pour tout ce que Je vous ai accordé comme livres et sagesses, vous allez croire en cela

Puis est venu à vous un messager qui confirme la véracité de ce que vous avez reçu : notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a confirmé la véracité de ce que nos maitres Mūsā et ʿīsā ont reçu

Vous devrez croire en lui : c’est-à-dire que vous devrez croire en ce messager

Et vous allez le soutenir : c’est-à-dire que vous allez soutenir Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Il (Dieu) dit est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que vous acceptez cet engagement : le terme ʾiṣrī signifie un nœud : ici c’est une métaphore qui signifie un engagement.

Ils (les prophètes) ont dit : nous confirmons

Il (Dieu) a dit : soyez témoins : c’est-à-dire que les uns témoignent sur les autres que chacun a accepté l’engagement et que chacun va s’y tenir.

Et Je ferai partie des témoins : c’est-à-dire que Dieu est témoin de leur accord et de leur témoignage mutuel. C’est une insistance et une mise en garde pour ne pas revenir sur l’engagement.

Verset 82 : ceux qui ne respectent pas leur engagement : c’est-à-dire certains parmi les communautés des prophètes, parce que les prophètes eux, ils respectent leurs engagements. Et les communautés des prophètes étaient concernées par l’engagement de leurs prophètes, du fait qu’elles devaient suivre leurs prophètes.

Après cela : aprèsal-mīṯāq c’est-à-dire aprèsl’engagement. Il s’agit de celui qui rompt l’engagement   après l’avoir pris et qui se rejette la croyance du prophète à venir (et il s’agit de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) et cette hypothèse est impossible à propos des prophètes mais ceci est à propos des membres de leurs communautés

Ce sont eux les fāsiq : ce terme peut être traduit par pervers, ou grands pêcheurs et ici, ce sont ceux qui se sont rebellés parmi les mécréants.

Verset 83 :la forme du verset est interrogative: est-ce qu’ils veulent autre que la religion agréée par Dieu : mais en réalité c’est un blâme et un reniement,

Alors que sont soumis à Lui (Dieu) ceux qui sont dans les cieux (il s’agit des anges) et ceux qui sont sur terre (les humains et les ǧinn) de gré (ṭawʿan : en étudiant les preuves et étant objectif vis-vis de soi-même) ou de force (karhan : comme par les conquêtes ou en prenant en compte le châtiment, comme l’arrachement de la montagne au-dessus des têtes des fils d’Isrāʾīl lorsqu’ils avaient refusé d’accepter la Loi de la Torah. Lorsque la montagne s’est retrouvée au-dessus de leurs têtes et qu’elle allait les écraser, ils ont accepté. Et quand pharaon était sur le point de mourir noyé, il a dit à ce moment-là qu’il croyait au dieu de Moise. Mais son Islam n’a pas été accepté parce que c’était trop tard.  Et quand la personne sait qu’elle va mourir et qu’elle prononce les deux témoignages , là aussi, c’est trop tard.

Et c’est à Son jugement qu’ils retourneront : c’est-à-dire que Dieu va ressusciter tous ceux qui sont morts et tous ceux qui vont mourir et ils seront rétribués pour leurs actes.

Verset 84 : dis, nous avons cru en Dieu et en ce qu’il nous a été révélé : le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre d’informer à propos de lui-même et de ceux qui étaient avec lui (les membres de sa communauté) qu’ils sont croyants.

Et ce qui a été descendu par révélation à Ibrāhīm, à Ismāʿīl, à ʿIsḥāq, à Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ : les ʾasbāṭ sont soit les enfants de Yaʿqūb et il y avait parmi eux des prophètes, et peut-être qu’il vise par-là, sa descendance et pas ses fils directs, ceux qui ont mal agi avec Yūsuf, ceux qui ont fait des actes abjects et vils, ils ne sont pas dignes du statut de prophète. Donc le sens du mot « ʾasbāṭ » ici n’est pas le fils direct, mais ce sont plutôt les descendants. Et en effet, parmi les descendants du prophète Yaʿqūb, il y en a qui sont devenus prophètes.

Et ce qui a été accordé à Moise et à Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur, Nous ne distinguons entre aucun d’entre eux : c’est-à-dire en termes de croyance, nous croyons en eux tous. Non pas comme ont fait les yahūd qui n’ont pas cru en Jésus et les nasārā qui n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Et nous nous sommes soumis à Lui : c’est-à-dire que nous croyons en Son unicité et nous sommes sincères dans notre adoration pour Lui. C’est-à-dire que nous n’attribuons pas d’associé à Dieu dans notre adoration.

Verset 85 : et celui qui veut autre que l’Islam pour religion : qui prend autre que la religion de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām pour religion

Elle ne sera pas acceptée de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. Il sera de ceux qui sont tombés dans la perte. Ce verset a été révélé à propos d’un groupe de gens qui sont entrés en Islam puis ils ont apostasié et ils sont retournés à La Mecque (qui n’était pas encore aux mains des musulmans).

Verset 86 : comment Dieu guide-t-Il des gens qui ont mécru après leur foi, après avoir témoigné que le Messager est véridique et ils ont reçu les preuves : c’est-à-dire ce qui témoigne de cela, tel que le Qur’ān et la totalité des miracles

Et Dieu ne guide pas les injustes : c’est-à-dire tant qu’ils choisissent la mécréance.

Verset 87 : ceux-là, leur rétribution sera qu’ils auront la malédiction de la part de Dieu et des anges et de tout le monde

Verset 88 : ils y resteront éternellement : c’est-à-dire dans la malédiction ou dans le feu de l’enfer parce que la malédiction indique le feu de l’enfer.

Le châtiment ne leur sera pas allégé et il ne leur sera pas accordé de répit. Ils n’auront pas de temps pour le repentir ou pour s’excuser. Dans l’au-delà ils auront le châtiment sans fin, que Dieu nous en préserve.

Verset 89 : hormis ceux qui font le repentir après cela ; c’est-à-dire après cette mécréance éminente et cette apostasie et qui répareront ce qu’ils auront corrompu.

Et certes Dieu est Celui Qui pardonne leur mécréance, il est miséricordieux envers eux.

Verset 90 : ceux qui ont mécru (en Jésus et en l’Evangile) après avoir cru (en Moise et en la Torah), puis qui ont ajouté mécréance sur mécréance : ils n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ni en le Qur’ān.

Autre explication : ou alors ils ont mécru au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam après qu’il a reçu sa mission de prophète, alors qu’avant, ils croyaient en lui. Ils croyaient en lui parce que tous les prophètes précédents annonçaient sa venue, mais quand il est arrivé, ils n’ont pas cru en lui. Ils ont augmenté en mécréance en persistant sur leur incrédulité et en lui portant atteinte à chaque occasion.

Ou bien autre explication : ces versets ont été révélés à propos de ceux qui avaient apostasié et qui étaient repartis à La Mecque. Ils ont dit : nous allons résider à La Mecque et nous allons attendre qu’il arrive à Muḥammad ce qui est arrivé à ceux qui étaient avant lui (c’est-à-dire qu’ils attendaient sa mort).

Leur repentir ne sera pas accepté : il s’agit de leur foi c’est-à-dire leur retour à l’Islam. Leur entrée en Islam au moment où ils savent qu’ils vont mourir, ne sera pas acceptée, parce qu’ils ne font le repentir que lorsque la mort vient à eux : Dieu dit dans sūratu ġāfir ce qui signifie : « leur foi ne leur profitera pas quand ils ont vu Notre châtiment » Quand ils ont vu les anges du châtiment, ils ont alors reconnu la vérité et leur repentir n’est pas accepté. En effet Dieu a jugé de toute éternité que celui qui fait le repentir, après l’avènement du châtiment de la part de Dieu, son repentir ne lui profitera pas.

Et ceux-là sont les égarés.

Verset 91 : ceux qui ont mécru et qui sont morts mécréants, il ne sera pas accepté de l’un d’entre eux la terre tout entière emplie d’or, même s’ils donnaient cela comme rançon. C’est-à-dire qu’il ne sera pas accepté d’eux une compensation (à la place du châtiment) même s’ils ramenaient toute la terre remplie d’or.

Dans le ḥadīṯ, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « il sera dit au mécréant : au jour du jugement si tu avais toute la terre pleine d’or, est-ce que tu serais prêt à la donner en guise de caution pour compenser le châtiment que tu mérites ? Il va dire : oui. Il lui sera dit : il t’a été demandé moins que cela : il t’a été demandé de dire : je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Muḥammad est le Messager de Dieu. Mais tu avais refusé ». La raison pour laquelle la compensation n’est pas acceptée est parce qu’il est mort mécréant.

Ceux-là auront un châtiment douloureux, ils n’auront aucun partisan. Ils n’auront pasun soutien qui va repousser d’eux un châtiment : il s‘agit de ceux qui sont morts mécréants.

Verset 92 : vous n’atteindrez la bienfaisance complète. Ou bien : vous n’obtiendrez la récompense de la part de Dieu

Que si vous donnez de vos biens : c’est-à-dire parmi les biens, ce que vous aimez le plus.

Et toute chose que vous dépensez, Dieu le sait. Dieu sait tout ce que vous dépensez en aumônes et dans les voies du bien et Il vous rétribue en conséquence. Et lorsque les yahūd avaient dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « tu prétends que tu suis la même religion qu’Ibrāhīm, alors que tu manges la viande de chameau et tu bois le lait de chamelle ». Alors le Prophète leur a répondu : « c’était licite pour Ibrāhīm ». Alors ils ont prétendu que ça avait toujours été interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ. Mais c’est faux.

Alors a été révélé le verset 93 :

Verset 93 : toute nourriture (sujette à divergence selon les yahūd, en l’occurrence la viande de chameau et le lait de chamelle) était licite pour les descendants d’Isrāʾīl (en excluant la nourriture qui était déjà interdite auparavant dans toutes les Lois comme le cadavre, le sang et le porc par exemple) excepté ce qu’Isrāʾīl (il s’agit de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm) s’est abstenu de manger avant que la Torah ne soit révélée (à Moise et c’était bien après).

 Yaʿqūb appréciait le plus la viande de chameau et le lait de chamelle. Il a voulu s’abstenir de ce qu’il aimait le plus.

Tous les aliments sujets à divergence étaient licites pour les descendants d’Isrāʾīl, avant la révélation de la Torah, excepté ce qu’Isrāʾīl lui-même s’était abstenu de manger. Et quand la Torah a été révélée à Moise, il est alors devenu interdit de consommer la viande de chameau et le lait de chamelle, parce qu’Isrāʾīl s’était abstenu d’en manger.

Dis amenez la Torah, récitez-la si vous êtes véridiques : le Prophète Muḥammad a dit aux yahūd d’amener la Torah et de la réciter s’ils étaient véridiques. Notre Prophète a reçu l’ordre de défier les yahūd et de débattre avec eux en leur apportant les arguments qui figurent dans leur Livre et de les faire taire par ce qui est mentionné explicitement dedans, à savoir que l’interdiction de ce qui leur a été interdit est une interdiction qui est récente, en raison de leur injustice ; ce n’est pas une interdiction ancienne, comme ils le prétendent.

Ils n’ont pas osé ramener la Torah et ils sont restés sans voix, ils n’ont pas trouvé de réponse. En cela, il y a :

1 / la preuve claire de la véracité du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : parce que d’où le Prophète aurait-il pu savoir cela si ce n’est par la révélation de Dieu ? Le Prophète leur a appris des choses qu’eux-mêmes voulaient cacher.

2 / Et cela est une preuve également qu’il est valide qu’il y ait une abrogation. (An-nasẖ). Et l’abrogation ici est la fin de l’application d’un jugement et le début de l’application d’un autre : c’était la fin de l’autorisation de manger certains aliments et le début de l’interdiction de manger de la chair de chameau et le lait de chamelle.

Verset 94 : ceux qui calomnient Dieu en Lui attribuant des paroles mensongères : dans ce contexte, c’est le fait de prétendre que le fait de manger de la viande de chameau et de boire du lait de chamelle était déjà interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ.

Après cela : c’est-à-dire après avoir eu l’argument catégorique

Ce sont eux les injustes : ce sont eux les orgueilleux, ceux qui ne sont pas objectifs avec eux-mêmes. Ce sont qui ne prêtent pas attention aux preuves claires.

Verset 95 : dis Dieu est véridique dans l’information qu’Il nous a donnée que cela n’était pas interdit. Il y a ici une allusion à leur mensonge. Il y a ici une confirmation que Dieu est véridique dans ce qu’Il a fait descendre par révélation et que les yahūd sont des menteurs.

Alors suivez la religion d’Ibrāhīm : qui est la religion de l’Islam afin de vous débarrasser de la yahūdiyyah qui a corrompu votre religion et votre bas-monde. Cela vous a entrainé à falsifier le Livre de Dieu. Vous avez altéré la Torah par la suite, pour parvenir à vos objectifs. Et cela vous a amené à vous priver des choses belle et bonnes que Dieu avait autorisées à Ibrāhīm et à ceux qui l’ont suivi. Dieu a autorisé Ibrāhīm à manger la viande chameau et à boire le lait de chamelle. Et dans la Loi de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est autorisé.

Ḥanīfā : à l’écart de toute religion fausse. Al-ḥanafiyyah, c’est la droiture.

Et il (Ibrāhīm) n’était pas au nombre des associateurs.

Et comme les yahūd ont dit aux musulmans : nous, notre qiblah est avant la vôtre, Dieu a révélé le verset 96 :

Verset 96 : certes la première construction instaurée sur terre, en tant que lieu d’adoration, c’est la construction qui est à Bakkah (et c’est La Mecque) : la première construction instaurée pour les gens, celui qui l’a instaurée c’est Allāh : Il en a fait un lieu d’adoration pour eux. C’est comme s’Il avait dit : le premier lieu qui a été instauré comme endroit d’adoration pour les gens, c’est la kaʿbah. Dans le ḥadīṯ, la mosquée et al-ḥarām ont été instaurés quarante ans avant baytu l-maqdis et la kaʿbah est la première construction édifiée par Ādam ʿalayhi s-salām, sur terre.

Donc la première construction qui a été instaurée pour les gens sur terre est l’édifice qui est à Bakkah ; Bakkah est un nom propre de la ville. Bakkah et Makkah sont deux usages de la langue pour désigner la même ville. Il a été dit que Makkah est la ville et Bakkah est l’emplacement de la mosquée. Et il a été dit que Bakkah signifie celle qui détruit les tyrans. Le mot bakkah signifie celui qui détruit et anéantit. Il n’y a pas eu un seul tyran qui n’ait pris La Mecque pour destination pour la détruire sans que Dieu ne l’ait détruit.

Et qui est bénie : c’est-à-dire qui entraine beaucoup de biens, en raison de ceux qui font le pèlerinage et ceux qui font la ʿumrah obtiennent comme récompense.  Cette construction est bénie en raison de la grande récompense qu’obtiennent les pèlerins et ceux qui font la ʿumrah et comme expiation des mauvaises actions.

Et qui est une guidée pour les gens : elle est la direction de la prière pour les gens. Elle est aussi le lieu d’adoration.

Verset 97 : il s’y trouve des signes clairs, (aucune confusion possible pour les gens), parmi eux, le maqām d’Ibrāhīm, parce que la trace du pied d’Ibrāhīm s’y trouve. Alors que c’est un rocher dur et compact, la trace du pas d’Ibrāhīm est là et le fait qu’une partie de la roche soit devenu souple et malléable de sorte que le pied d’Ibrāhīm s’y enfonce et que l’autre partie reste dure, c’est aussi un signe. Et le fait que cette trace d’Ibrāhīm soit restée et pas les traces des autres prophètes, c’est également un autre signe.

Celui qui s’y rend, il est sauf. C’est-à-dire qu’il y a la sécurité pour celui qui va à La Mecque.

C’est comme s’il a dit qu’il y a des signes clairs et ce sont le maqām d’Ibrāhīm et la sécurité pour celui qui s’y rend. Et beaucoup d’autres signes que ces deux-là.

Il a été dit à propos de cette trace dans la roche, que, lorsque la construction de la kaʿbah a pris forme dans la roche et qu’’Ibrāhīm n’arrivait plus à soulever les pierres au-dessus, il est monté sur ce maqām (ce rocher) et c’est alors que ses pieds se sont enfoncés dedans.

Allāh a ordonné aux gens d’accomplir ce pèlerinage vers cette construction : l’obligation du pèlerinage incombe aux gens envers Dieu à quiconque a les moyens de s’y rendre, avec des provisions et avec une monture.

Quant à celui qui aura mécru, c’est-à-dire qui aura renié l’obligation du pèlerinage, certes Allāh n’a pas besoin des gens. Allāh Se passe des gens et de leur obéissance. Il n’a pas besoin d’eux.

Dans ce verset, il y a plusieurs sortes d’insistance et d’ordres qui sont importants. Le pèlerinage est un droit de Dieu et c’est un devoir envers Dieu qui incombe aux gens.

Verset 98 : dis ô vous gens du Livre pourquoi reniez-vous les signes de Dieu alors que Dieu est témoin de ce que vous faites : pourquoi reniez-vous les signes que Dieu a créés et qui sont une preuve de la véracité de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ? En réalité Dieu sait tout de vos œuvres et Il vous rétribue pour ces œuvres.

Verset 99 : dis ô vous gens du Livre pourquoi empêchez-vous ceux qui sont croyants de suivre la voie que Dieu agrée ? C’est la voie que Dieu agrée, qui est l’Islam. Et les associateurs à cette époque-là empêchaient de toutes leurs forces ceux qui voulaient entrer en Islam.

Vous voulez vous écarter de la droiture : vous voulez suivre un chemin qui n’est pas droit, en modifiant les caractéristiques du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui sont décrites dans vos livres. En effet, la Torah n’était pas encore altérée à l’époque du Prophète.

Alors que vous êtes témoins : que c’est la voie agréée par Dieu, c’est la voie que seul un égaré empêche les gens de suivre.

Et Dieu n’ignore pas ce que vous faites comme empêchement de suivre Sa voie : c’est une grave menace. Ensuite Il a interdit aux croyants de suivre la voie de ceux qui empêchent de suivre la voie de vérité.

Verset 100 : il a été dit que Šaṯ fils de Qays qui était un yahūdiyy de Médine est passé au niveau d’un groupe des partisans de Médine, parmi la tribu de al-Aws et al- H̱azraǧ, qui étaient en train de discuter. Il n’a pas supporté de les voir ainsi (car auparavant il y avait des guerres entre ces deux tribus). Alors il a ordonné à un jeune homme parmi les juifs de leur rappeler de la bataille de Buʿāṯ qui est le nom d’un fort ou d’un verger au niveau duquel une guerre avait eu lieu entre les Aws et les H̱azraǧ, cinq ans avant l’émigration du Prophète. Il a essayé de raviver cette animosité qui existaient entre eux à cette époque. Et c’était un jour où la victoire était du côté de al-Aws. Et les gens se sont alors mis à se disputer. Ils ont dit : « aux armes, aux armes ! » Ce jeune homme a donc provoqué une zizanie.

La nouvelle parvint au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est sorti tout de suite avec le groupe d’émigrants et de partisans qui étaient avec lui à ce moment-là. Il a dit à ceux qui se disputaient, ce qui a pour sens : « est-ce que vous relancez les appels de la période d’ignorance alors que je suis parmi vous, après que Dieu vous a honorés par l’Islam et qu’il vous a unis ? » Les gens se sont alors rendus compte que c’était une ruse du šayṭān. Ils ont jeté les armes, ils se sont pris par les bras, ils se sont serrés les uns les autres, en larmes et le verset a été révélé à ce sujet.

Verset 101 : comment osez-vous mécroire ! c’est une exclamation et un reproche : par quel biais la mécréance pourrait vous atteindre : c’est pour dire que c’est peu probable que cela ait lieu, que vous tombiez dans la mécréance, avec ces deux états qui vont être mentionnés dans le verset. Le fait que le Livre de Dieu leur soit récité, en l’occurrence le Qur’ān dont le caractère miraculeux est apparent et deuxièmement le fait que le Messager soit parmi vous et sur lequel des miracles apparaissent sur ses mains. Comment est-ce-que la mécréance pourrait vous parvenir alors qu’il y a ces deux choses-là ?

Alors que les versets de Dieu vous sont récités :  par la bouche du Messager de Dieu ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et c’est la première fois qu’ils vous parviennent.

Et parmi vous il y a Son Messager ; il vous avertit, il vous exhorte et il élimine toutes les confusions possibles que vous pouvez avoir.

C’est-à-dire comment la mécréance pourrait -elle vous parvenir alors qu’il y a en vous ces deux choses-là ? 

Et celui qui s’attache à la religion agréée par Dieu (ou au Livre de Dieu) : il n’a pas été mentionné dans ce verset le nom « religion » ou « Livre » : c’est une figure de style en arabe. Ou encore il s’agit du fait que Dieu les incite à trouver refuge dans l’aide de Dieu pour repousser le mal des mécréants et leurs ruses.

Il sera guidé vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’il sera guidé vers la religion de droiture. Ou encore celui qui cherche refuge dans l’aide de son Seigneur, celui qui, dans les situations de doute, s’en remet à Dieu, Dieu le préserve de la confusion.

Verset 102 : ô vous qui êtes croyants, craignez Dieu de la véritable crainte, faites preuve de piété à l’égard de Dieu de la véritable piété. Allāh taʿālā a ordonné de faire preuve de piété à Son égard. C’est-à-dire dans le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits.

Et ne mourez qu’en étant musulmans : ne soyez pas dans un autre état que l’état de l’Islam lorsque la mort vous surprendra.

Verset 103 : et attachez-vous au Qur’ān : c’est le sens de l’expression « wa ʿtaṣimū biḥabli l-Lāh » que certains traduisent par « attachez-vous à la corde de Dieu » et ceci n’a pas de sens !!! Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans le ḥadīṯ, ce qui signifie : « le Qur’ān est le lien qui est très fort, qui fait parvenir à l’agrément de Dieu ». Et le Qur’ān est en arabe, il n’est pas dans une autre langue et ce qui peut être traduit est l’explication des versets. Le Qur’ān est le lien fort qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Les choses surprenantes qui sont dans le Qur’ān, vous ne pourrez pas les savoir toutes. Et les gens ne se lassent pas de le répéter souvent. Celui qui dit ce qu’il y a dans le Qur’ān, il aura dit la vérité. Et celui qui œuvre conformément au Qur’ān, il aura été bien guidé. Et celui qui s’y attache, il sera guidé vers une voie de droiture.

Tous : attachez-vous tous au Qur’ān. Il a été dit que « tous » signifie le fait de s’attacher à l’unanimité et au consensus de la communauté, soyez du côté du consensus.

Et ne divergez pas : autrement dit, ne faites pas ce qui provoque la séparation et qui fait disparaitre l’union.

Et rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées lorsque vous étiez des ennemis, Il a uni vos cœurs et vous êtes devenus par Sa grâce des frères : dans la période de l’ignorance, il y avait entre eux de l’animosité et des guerres. Dieu a réuni leurs cœurs par l’Islam. Dieu a projeté dans leurs cœurs l’amour, puis ils se sont aimés et ils sont devenus des frères.

Et vous étiez au bord de l’abîme de l’enfer : c’est-à-dire que vous avez failli tomber dans le feu de l’enfer en raison de votre mécréance.

Il (Dieu) vous en a sauvé : grâce à l’Islam.  Ici « šafā ḥufratin » signifie « le bord ».

C’est ainsi : c’est-à-dire de cette manière ainsi profonde et éloquente, Dieu vous indique Ses signes c’est-à-dire le Qur’ān dans lequel il y a des ordres, des interdictions, des promesses et des menaces.

Puissiez-vous être bien guidés : pour que vous soyez dans un état d’espoir de bonne guidée. Ou encore : pour que, grâce au Qur’ān, vous soyez guidés vers la vérité et ce par quoi on obtient des récompenses.

Verset 104 : qu’il y ait parmi vous des gens qui appellent au bien, ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable. Ce sont eux qui réussiront.

Qu’il y ait parmi vous un groupe de personnes qui appellent au bien et qui ordonnent al-maʿrūf : c’est ce que la Loi de l’Islam et la raison apprécient.

Et interdit ce qui est blâmable : c’est ce que la Loi et la raison trouvent laid.

Selon une deuxième explication : al-maʿrūf c’est ce qui est conforme au Livre et à la sunnah. Et al-munkar c’est ce qui contredit le Livre et la sunnah.

 Yadʿūna ʾila l-ẖayr : ils appellent au bien ; le bien ici est dans un sens général, c’est ce qui est à notre charge comme actes à faire ou à laisser.  – Faire la prière, le jeûne, délaisser le mensonge – Et ce qui le suit est particulier.

Dans le verset, Dieu dit « liyakūna minkum », qui signifie « qu’il y ait parmi vous », c’est-à-dire « une partie d’entre vous » : parce qu’ordonner le bien et interdire le mal est une obligation d’ordre collectif. Et d’autre part, n’est sujet à l’accomplir que celui qui a appris ce qui est un bien et ce qui est un mal. Et aussi il faut apprendre comment structurer cela.

Il a dit : commence par la méthode la plus simple. Si cela n’est pas utile, il amplifie.

Ce sont eux qui réussiront : ce sont ceux qui ont, en particulier la réussite complète.

Verset 105 : ne soyez pas comme ceux qui se sont séparés (par l’animosité)

Et qui ont divergé (dans la religion comme les yahūd et les nasārā) : ils ont divergé et ils se sont déclarés mécréants les uns les autres.

Après qu’ils aient eu les preuves claires (qui impliquent l’accord sur une même parole) : il s’agit de la parole de vérité « il n’est de dieu que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu)

Et ceux-là auront un châtiment éminent.

Verset 106 : le jour où des visages seront clairs : il s’agit des visages des croyants

Tandis que des visages seront assombris : il s’agit des visages des mécréants.

La clarté c’est de la lumière et le fait d’être sombre c’est de l’obscurité.

Quant à ceux dont les visages seront assombris, il leur sera dit avez-vous mécru après votre foi ? La forme est interrogative puisqu’elle commence par la particule « a » et est suivie par un verbe au muḍāriʿ : akafarta ? Ici cette hamza indique le blâme et nous incite à nous étonner de leur état.

Après votre foi : c’est-à-dire le jour où le pacte a été pris de vous :  le jour où Dieu a fait sortir tous les descendants d’Ādam de son dos sous forme de leurs âmes et Dieu les a interpelés, Il leur a dit : « ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Toutes les âmes ont reconnu qu’il n’est de dieu que Dieu. Mais lorsque l’ange place l’âme dans l’utérus de la mère, l’âme oublie. Ici ce qui est visé dans ce verset 106 est un blâme de tous les mécréants. C’est une première explication.

Autre explication : Après votre foi désigne les apostats c’est-à-dire ceux qui étaient musulmans puis qui ont apostasié.

Goûtez donc au châtiment en raison de votre mécréance : voilà votre rétribution : c’est le châtiment à cause de votre mécréance.

Verset 107 : quant à ceux dont le visage s’est éclairci, ils seront dans la miséricorde de Dieu : ils seront dans la félicité. Il s’agit de la récompense ininterrompue.

Dans laquelle ils resteront éternellement. Ils n’en sortiront pas et ils ne vont pas mourir.

Verset 108 : ce sont là des versets de la part de Dieu ou bien : ce sont là des signes de la part de Dieu. Ils indiquent la promesse et la menace de la part de Dieu.

Nous les faisons réciter à toi : c’est-à-dire que Nous te les révélons les uns à la suite des autres. Il a été dit que c’est Ǧibrīl qui les récite au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām sur ordre de Dieu, les uns à la suite des autres.

Ce sont des versets qui comportent la vérité. Et il a été dit que c’est pour indiquer la vérité, à savoir la rétribution de celui qui agit bien et la rétribution de celui qui agit mal.

Et Dieu n’a pas voulu l’injustice pour Ses esclaves : c’est-à-dire que la volonté de l’injustice n’arrive pas de la part de Dieu. Parce que l’injustice est impossible au sujet de Dieu. Et l’injustice n’est pas concevable de la part de Dieu. Il est Celui à Qui appartient toute souveraineté. Dieu n’est pas redevable de quelque chose de sorte à être injuste, en faillant à cela. Nul n’a un droit sur Dieu. Et Dieu n’est pas soumis à une interdiction de sorte qu’Il serait injuste en l’accomplissant. 

Et Il rétribue tout un chacun par ce qu’il a promis ou ce dont Il a menacé. Ainsi Dieu ne punit pas quelqu’un sans que celui-ci n’ait commis de péché et il n’augmente pas dans la punition d’un criminel plus que ce qu’il ne mérite. Et Il ne diminue pas la récompense de celui qui agit en bien.

Verset 109 : à Dieu appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Et à Dieu le devenir de toute chose. Dieu rétribue celui qui agit en bien pour sa bienfaisance et celui qui agit en mal pour le mal qu’il a fait.

Verset 110 : vous êtes la meilleure des communautés qui soit apparue aux gens : il s’agit de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est comme s’il a été dit : vous avez existé en tant que meilleure des communautés. Ou bien autre explication : vous avez été mentionnés aux communautés qui vous ont précédés (les communautés qui vous ont précédés ont été informées que vous alliez venir) comme allant être la meilleure des communautés.

Vous ordonnez al- al-maʿrūf : c’est-à-dire que vous ordonnez la foi et l’obéissance au Messager

Et vous interdisez al-munkar :  vous interdisez ce qui est blâmable, c’est-à-dire que vous interdisez la mécréance et la désobéissance.

Et vous croyez en Dieu : c’est-à-dire que vous persévérez sur la foi en Dieu.

Et si les gens du Livre avaient cru (en Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām le Messager de Dieu) cela vaudrait mieux pour eux : c’est-à-dire que la foi vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Ils ont préféré leur religion au détriment de l’Islam. Et ceci par amour du pouvoir et pour avoir les gens du commun sous leur commandement. S’ils avaient été croyants, ils auraient eu du pouvoir, des gens qui les suivent et des parts du bas monde meilleures que la religion fausse qu’ils ont préférée, en plus de la réussite qui leur a été promise pour la foi au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisqu’ils auraient eu leurs récompenses doublement : la récompense d’avoir suivi le prophète et la récompense d’avoir incité leur peuple à le suivre.

Il y a eu parmi eux ceux qui sont croyants : comme ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était un savant juif qui est entré en Islam.

Mais la plupart d’entre eux sont des pervers : c’est-à-dire ceux qui persistent sur la mécréance.

Verset 111 : ils ne vous nuiront que par des nuisances qui se limitent à des paroles, des nuisances dans la religion ou bien des menaces ou ce qui est de cet ordre.

Et s’ils vous combattent, ils vous fuiront.  Ils ne vous nuiront ni en vous tuant ni en vous faisant prisonniers.

Et ils n‘auront aucun soutien. Ils ne seront pas à l’abri.

Il y a dans ce verset un raffermissement du cœur de ceux parmi ces gens du Livre qui sont entrés en Islam malgré leur peuple qui leur nuit en les blâmant et en les menaçant.

Verset 112 : ils ont été toujours humiliés (il s‘agit des yahūd) où qu’ils se trouvent sauf s’ils s’attachent à la voie de Dieu et s’il y a un engagement de ceux qui les soutiennent.

Ils ont toujours été humiliés dans toute situation sauf dans le cas où ils s’attachent à la protection de la part de Dieu et à la protection de la part des musulmans. C’est-à-dire qu’ils n’ont jamais de gloire sauf s’ils ont recours à la protection des musulmans, parce qu’ils ont accepté al-ǧizyah qui est ce que les gens du Livre paient au gouverneur des musulmans pour leur protection.

Aḏ-ḏimmmiyy est celui qui fait partie des gens du Livre et qui paie une ǧizyah au gouverneur des musulmans pour le protéger. Même cela est une humiliation en soi.

Ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu.

Et il s’est abattu sur eux une pauvreté en guise de punition pour avoir dit : « Dieu est pauvre et nous, nous sommes riches ». Ou bien : il s’est abattu sur eux leur peur de la pauvreté alors qu’ils sont dans l’aisance.

Tout cela parce qu’ils ne croyaient pas aux versets de Dieu et ils assassinaient les prophètes injustement. « Tout cela » fait allusion à ce qui a été mentionné précédemment : le fait qu’ils soient dans l’humiliation, dans la pauvreté, de mériter le châtiment de Dieu. Tout cela en raison de leur mécréance.

Tout cela parce qu’ils ont désobéi et ils ont été injustes : cette mécréance et ces meurtres ont eu lieu à cause de leur désobéissance et parce qu’ils ont dépassé les limites que Dieu leur a fixées.

Verset 113 : ils ne sont pas égaux : les gens du Livre ne sont pas tous pareils. Il y a parmi eux des gens qui sont sur la droiture : ce sont des gens qui sont justes, ceux qui sont entrés en Islam. Ils récitent les versets du Qur’ān une partie de la nuit et ils se prosternent :  c’est-à-dire qu’ils font la prière (c’est une formulation dans la langue arabe de citer une partie de la chose pour viser la chose elle-même).

Verset 114 : ils croient en Dieu et au Jour Dernier et ils ordonnent le bien. Le bien c’est la foi et toutes les formes de bienfaisance, comme le jeûne, la prière, l’aide des gens qui sont dans la difficulté.

Et ils interdisent les choses blâmables : comme la mécréance et tout ce que la Loi interdit.

Et ils s’empressent pour faire le bien par crainte de ne plus pouvoir le faire.

Et ceux-là (qui ont ces caractéristiques qui viennent d’être décrites ici) font partie des gens qui sont bons. « Aṣ-ṣāliḥīn » ici ce sont soitles musulmans, soit les vertueux : ce sont ceux dont l’état est bon selon le jugement de Dieu, ceux que Dieu agrée.

Verset 115 : tout le bien qu’ils font leur sera reconnu : tout le bien qu’ils vont faire, ils en seront rétribués, ils ne seront pas privés de la rétribution.

Et Dieu sait ceux qui sont pieux : c’est une annonce de bonne nouvelle pour ceux qui sont pieux qu’ils auront une grande récompense.

Verset 116 : certes ceux qui ont mécru, leurs biens et leurs enfants ne les font pas dispenser du châtiment de Dieu : même si ces mécréants avaient des biens et des enfants, cela ne va pas les sauver du châtiment de Dieu.

Ce sont eux les gens qui seront en enfer, ils y seront éternellement.

Verset 117 : l’exemple de ce qu’ils (les mécréants) dépensaient dans cette vie du bas monde c’est-à-dire des choses dont ils tiraient vanité, des choses qui leur plaisaient, des choses qui leur attiraient l’éloge, des choses qui leur donnaient une bonne réputation chez les gens,

-Ou alors les dépenses par lesquelles ils prétendaient vouloir gagner des récompenses de la part de Dieu ; ils étaient mécréants mais ils prétendaient que ces dépenses qu’ils engageaient étaient pour Dieu.

C’est comme un vent : c’est-à dire comme ce qui a été détruit par le vent, comme un champ qui a été labouré et qui a été détruit par le vent ou bien la destruction de leurs dépenses (le fait que leurs dépenses soient vaines) est comme la destruction du vent, quand il souffle et qu’il éparpille et disperse,

Un vent qui comporte un froid terrible qui a touché la récolte de gens qui ont été injustes envers eux-mêmes. Ceci à cause de la mécréance. Ce vent a détruit leurs récoltes en guise de punition pour leur mécréance.

Et Dieu n’est pas injuste envers eux mais ce sont eux qui étaient injustes envers eux-mêmes car ils avaient commis ce qui leur a fait mériter la punition.

Verset 118 : ô vous qui êtes croyants, ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas comme vous (ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas musulmans)

Car sinon, ils ne vont pas manquer de tout faire pour corrompre votre religion  car ils espèrent vous nuire dans votre religion et votre bas monde, de la plus grave nuisance et la plus extrême

La haine transparait de leurs bouches : parce qu’ils n’arrivent pas à se retenir bien qu’ils essayent de le faire, ils n’arrivent pas à retenir les paroles de leurs bouches qui indiquent leur haine envers les musulmans.

Et ce qu’ils cachent dans leurs poitrines comme haine envers vous dépasse de loin ce qui transparait par leurs langues.

Nous vous avons montré les signes : Nousvous avons indiqué les signes qui montrent qu’il est obligatoire de faire preuve de sincérité dans la religion, de prendre parti et de se rallier à ceux qui se sont soumis à Dieu et de prendre pour ennemis ceux qui ont pris Dieu pour ennemi.

Si vous êtes véritablement conscients et vous avez bien compris ce qui vous a été indiqué.

Verset 119 : vous voici : vous qui êtes dans l’erreur en vous ralliant et en soutenant les hypocrites parmi les gens du Livre.

Vous les aimez et ils ne vous aiment pas : c’est pour indiquer leur erreur pour s’être rangés de leur côté, en les ayant soutenus puisqu’ils prodiguent leur amour pour des gens qui ont de la haine.

Vous croyez en tout le Livre : cette parole s’adresse aux musulmans qui croient en tous les Livres que Dieu a révélés aux prophètes et eux, malgré cela, ils vous détestent ; pourquoi donc les aimez-vous alors qu’eux ne croient en rien de votre Livre ? Il y a en cela un grand blâme car eux, s’attachent à leur erreur, ils sont plus fermes à s’y attacher que vous n’êtes attachés à votre vérité.

Et ils viennent à votre rencontre, ils disent « nous sommes croyants » et ils montrent la parole du tawḥīd

Et lorsqu’ils se retrouvent seuls : c’est-à-dire quand ils ne sont pas avec vous, ou qu’ils se retrouvent entre eux

Ils se mordent les doigts d’exaspération et de colère : c’est une expression pour dire qu’ils regrettent que vous soyez ainsi sur l’Islam (ils se mordent les phalanges ou les doigts ou le pouce)

Dis « mourez de rage » : c’est-à-dire de rancœur ou de dépit ou d’exaspération : c’est une invocation contre eux pour que leur rage et leur exaspération augmentent jusqu’à en mourir. Et ce qui est visé par l’augmentation de la rage et de l’exaspération c’est l’augmentation de ce qui la provoque et il s’agit de la force de l’Islam et la gloire des gens de l’Islam et ce que cela entraine comme humiliation et rabaissement pour eux.

Certes Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs : Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs des hypocrites comme rage et comme haine. Dieu sait ce qu’il en est d’eux quand ils se retrouvent seuls entre eux. Tout cela est compris dans la phrase que le Prophète a reçu l’ordre de leur dire : « dis » c’est-à-dire « informe -les de ce qu’ils cachent quand ils se mordent les doigts de rage quand ils sont tout seuls et dis-leur en plus que Dieu sait ce qui est encore moins apparent que ce qu’ils font entre eux et il s’agit de ce qui est dans leurs cœurs » Dieu les a dévoilés à Son Prophète. Par conséquent, ne pensez pas qu’il y a un de vos secrets qui échappe à Dieu.

Verset 120 : si un bien vous touche ils sont chagrinés : un bien comme un bien-être ou une fertilité ou une récolte ou un butin ou une victoire. Le fait que vous ayez ce bien les rend tristes.

Et si c’est un mal qui vous touche, ils se réjouissent

Et si vous patientez face à leur animositéet que vous évitez ce qui vous a été défendu (de vous rallier à eux), leur ruse ne vous nuira pas c’est-à-dire que leur nuisance ne vous parviendra aucunement. Vous serez sous la protection de Dieu. Et ceci est un enseignement de la part de Dieu et une orientation vers la recherche de l’aide par la patience et la piété contre la nuisance de l’ennemi (contre ses pièges et ses ruses).

Dieu sait parfaitement ce qu’ils font : Dieu englobe par Sa science ce qu’ils font. C’est-à-dire que Dieu sait ce qu’ils font dans leur animosité envers eux et Il les punira pour cela.

Verset 121 : et quand tu es parti le lendemain matin, tu as quitté ta famille : cite, ô Muḥammad, quand tu es parti le matin à Médine. Ce qui est visé ici c’est que le Prophète a quitté la pièce de ʿĀʾišah son épouse, pour se rendre à Uḥud.

Tu places les croyants dans des positions pour le combat : c’est-à-dire les emplacements où ils allaient se positionner ; certains étaient à droite, d’autres à gauche, certains au centre et certains à l’arrière.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait : Il entend ce que vous dites et Il sait ce qu’il y a comme intention et ce qu’il y a dans vos for intérieurs.

Verset 122 : quand deux groupes d’entre vous : c’est-à-dire deux clans des Anṣār (les partisans de Médine) qui sont les Banū Salimah de la tribu de Al-H̱azraǧ et Banū Ḥāriṯah de la tribu de Al-Aws. Uḥud est une montagne qui se trouve au nord de Médine et c’est là qu’a eu lieu la bataille. Le Prophète s’est rendu dans ce lieu de bataille avec mille combattants. Et les associateurs étaient trois mille. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām leur a promis la victoire s’ils patientaient. Mais ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUbay qui était un hypocrite, connu sous le nom de ibnu Salūl et Salūl est le nom de sa grand-mère paternelle. Il était à la tête des hypocrites de Médine mais en apparence il montrait qu’il soutenait les musulmans. Il a fait défection avec le tiers des groupes (c’est-à-dire qu’il s’est retiré de la bataille). Il a dit : « pourquoi est-ce que nous allons mourir, nous et nos enfants ? ». Et les deux autres clans allaient le suivre. Mais Dieu les a préservés de tomber dans ce grand péché. Ils sont restés en compagnie du Messager de Dieu. Ont failli faire preuve de couardise (manque de courage).

Et Dieu est Celui Qui les soutient, Dieu est Celui Qui les protège, pourquoi donc faire preuve de couardise et pourquoi donc ne pas se fier à Dieu ?

Et que les croyants se fient totalement à Dieu : Dieu leur a donné l’ordre de ne se fier qu’à Lui et de ne pas s’en remettre à autre que Lui.

Verset 123 : Dieu vous a soutenus lors de la bataille de Badr : Il vous a donné la victoire. Badr est le nom d’un puits qui se trouve entre La Mecque et Médine et c’était un puits qui appartenait à un homme qui s’appelle Badr. Le puis a porté le nom de son propriétaire. Ou alors, Il a cité Badr après avoir cité Uḥud, pour inciter à la patience et au remerciement. La patience à Uḥud et le remerciement à Badr puisqu’ils ont eu la victoire.

Alors que vous étiez peu nombreux et mal équipés : lors de la bataille de Badr, les musulmans étaient un peu plus que 310 (313) tandis que leurs ennemis étaient environ 1000 combattants. Et les armes et les équipements étaient peu nombreux pour les musulmans : ils relayaient sur quelques chameaux et les autres marchaient à pied et ils n’avaient qu’un seul cavalier. Alors que leurs ennemis avaient environ cent chevaux et ils avaient beaucoup d’armes.

Alors craignez Dieu :  en restant aux côtés du Messager

Puissiez-vous remercier : faites preuve de piété à l’égard de Dieu en persévérant aux côtés de Son Messager, puisse votre piété être un remerciement de Dieu pour les grâces dont Dieu vous a gratifiées lors de Badr avec la victoire.    

Verset 124 : quand tu dis (ô Muḥammad) aux croyants le jour de Badr ou le jour de Uḥud, ne vous-est-il pas suffisant que votre Seigneur envoie en renfort trois mille anges qui descendent pour vous soutenir : c’est-à-dire n’est -ce- pas que cela vous suffirait d’avoir un renfort de trois mille anges. C’est une formulation pour renier que ce ne soit pas suffisant. C’est pour montrer qu’en réalité, c’est suffisant.

Verset 125 : ah que si ! C’est pour confirmer ce qui vient après « n’est-ce pas que ? » C’est -à -dire : oui, ce renfort vous suffira. Si vous patientez (face au combat) et que vous évitez de désobéir au Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et dans le cas où les associateurs viendront vous attaquer tout de suite, alors votre Seigneur vous soutiendra par cinq mille anges : si les associateurs vous attaquent les anges descendront immédiatement. En d’autres termes, Dieu vous soutiendra et vous facilitera, si vous faites preuve de patience et de piété.

Masawwimīn : signifie que les anges en question ont des signes distinctifs, soit sur eux-mêmes ou sur leurs montures, signes qui indiquent comment les reconnaitre pendant le combat.

Verset 126 : Dieu a fait que le renfort par les anges n’est qu’une annonce de bonne nouvelle pour vous, que vous serez appuyés pour la victoire et afin que vos cœurs soient tranquillisés comme c’était le cas de l’apaisement pour les descendants de banu Isrāʾīl : quand ils recevaient l’apaisement, la tranquillité, c’était une annonce de bonne nouvelle de victoire pour eux.

Et la victoire n’est que de la part de Dieu : la victoire n’est ni suite au combat, ni de la part des anges, mais elle est de la part de Dieu. Les choses qui viennent d’être énumérées sont ce qui renforce la victoire et l’espérance d’obtenir la miséricorde.

Al ʿĀzīz : est un des noms de Dieu : Celui Qui n’est pas vaincu dans Ses jugements. On ne remet pas en cause ce que Dieu a prédestiné que ça ait lieu. Al-Hakīm : Celui Qui crée toute chose selon une sagesse. Celui Qui donne la victoire à ceux qu’Il soutient. Et Il les éprouve par le combat de ses ennemis.

 Verset 127 : afin de faire périr un groupe d’entre eux (les associateurs) par le combat et l’emprisonnement : et c’est ce qui s’est produit le jour de Badr ; puisque 70 associateurs ont été tués et 70 parmi les chefs des associateurs ont été faits prisonniers.

Ou pour les rabaisser et leur faire perdre patience à cause de la défaite : ils sont énervés par la défaite.

De sorte qu’ils reviennent chez eux sans être victorieux.

Verset 128 : tu ne possèdes rien d’eux : tu n’as pas la capacité de faire d’eux quoi que ce soit.

Dieu est Celui à Qui appartient tout ce qui va leur arriver : soit Il les anéantit et les fait périr par la défaite, soit Il leur pardonne s’ils entrent en Islam

Ou Il les châtie s’ils persistent sur la mécréance. Tu n’es qu’un esclave qui a été envoyé pour les avertir et pour les combattre.

Et ils sont injustes et ils méritent le châtiment.

Verset 129 : et à Dieu appartient ce qui est dans les cieux et sur terre, Dieu pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut et Dieu pardonne à ceux qu’Il soutient, Il est miséricordieux pour ceux qui lui obéissent.

Verset 130 : ô vous qui êtes croyants ne consommez pas le ribā des multiples de fois : ce verset est une interdiction du ribā (il y a plusieurs formes de gain usuraire) avec un blâme de ce qu’ils pratiquaient à cette époque-là comme multiplication des intérêts. Quand l’échéance de remboursement d’une dette arrivait, le créancier disait « soit tu me rembourses mon dû, soit tu me rembourses plus et je te rallonge le délai ».

Et craignez Dieu : en ne pratiquant pas leribā

Puissiez-vous réussir

Verset 131 : et craignez le feu qui a été préparé pour les mécréants : Dieu a menacé les croyants par un feu qui a été réservé pour les mécréants, s’ils ne le craignent pas en évitant les choses qu’Il a leur a interdites. Dieu a informé que ce feu a été préparé pour les mécréants. Par conséquent, il n’y aura pas de séjour éternel pour les croyants, même s’ils y entrent à cause de leurs péchés.

Verset 132 : et obéissez à Dieu et au Messager, puissiez-vous faire l’objet de la miséricorde : obéissez à Dieu dans l’interdiction du ribā et au Messager dans les différentes formes de ribā qu’il a indiquées, pour qu’il vous soit fait miséricorde.

Verset 133 : et empressez- vous pour un pardon de votre Seigneur et un paradis : ici, le sens de l’empressement pour le pardon et le paradis, c’est d’aller vers ce qui y fait parvenir.

Le paradis dont la largeur est l’étendue des cieux et de la terre : la largeur du paradis est la largeur des cieux et de la terre. Ce qui est visé est de décrire le paradis comme étant extrêmement étendu et élargi. Le paradis a été comparé à ce qui est le plus étendu parmi ce que les gens ont su, parmi les créatures. Il y a la mention de la largeur parce qu’habituellement elle est plus petite que la longueur : c’est pour insister sur l’étendue du paradis. Si la largeur est aussi étendue, que dire de la longueur !

Il a été préparé pour ceux qui font preuve de piété : les deux versets prouvent que le paradis et l’enfer sont déjà créés. Et les moutazilites croient que le paradis et l’enfer vont être créés par la suite. Et celui qui fait preuve de piété c’est celui qui se protège de l’association à Dieu.

Verset 134 : ceux qui dépensent dans l’aisance et dans la difficulté : qu’ils soient dans l’aisance ou dans la difficulté, ils dépensent dans les voies du bien.

Ceux qui étouffent al-ġaiẓ : ceux qui empêchent al-ġaiẓ de s’exprimer et al-ġaiẓ, c’est une chaleur dans le cœur suite à la colère. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui étouffe un ġaiẓ, (c’est-à-dire la colère) alors qu’il était capable de l’exprimer, de la manifester, Dieu lui remplira le cœur d’apaisement et de foi ».

Et ceux qui excusent les gens : si quelqu’un leur fait du mal, ils ne lui en veulent pas.

Et Dieu agrée ceux qui agissent en bien. Les bienfaisants englobent tous ceux qui font du bien, cela est général. Et les catégories énumérées ici dans ce verset rentrent dans les bienfaisants.

Verset 135 : et ceux qui, lorsqu’ils font quelque chose de grave (il s’agit ici de la fornication) ou qui ont été injustes envers eux-mêmes (en faisant les préliminaires de la fornication), ils évoquent Dieu (par leurs langues ou par leurs cœurs pour que cela les incite au repentir) et ils demandent le pardon pour leurs péchés (ils font le repentir de leurs péchés en raison de la laideur de leurs péchés et en ayant regretté)

Et qui d’autre que Dieu pardonne les péchés : c’est pour réjouir les âmes des esclaves, pour les encourager au repentir, pour les inciter à se repentir, pour les dissuader de faire preuve de désespoir de la miséricorde de Dieu, pour leur indiquer l’immensité de la miséricorde de Dieu et l’éminence de Son pardon pour celui qui fait le repentir et leur indiquer que les péchés, même s’ils sont énormes et nombreux, le pardon de Dieu est plus éminent et Sa générosité est encore plus grande.

Et ils ne persistent pas sur ce qu’ils ont fait : c’est-à-dire qu’ils ne demeurent pas sur leurs mauvais actes.

Et ils savent : que nul autre que Dieu ne leur pardonne leurs péchés.

Verset 136 : ceux-là (c’est-à-dire ceux qui ont été décrits précédemment) leur rétribution sera un pardon de la part de leur Seigneur en leur accordant le repentir. Et des jardins par Sa miséricorde, dans lesquels coulent des rivières. Ils y resteront éternellement.

Quelle belle rétribution que celle de ceux qui œuvrent. Quelle bonne rétribution que celle de ceux qui œuvrent : ce sont le pardon et les jardins.

Ces versets ont été révélés à propos d’un marchand de dattes musulman qui a dit à une femme qui voulait acheter des dattes : « à l’intérieur de la maison, j’ai des dattes de meilleure qualité ». Il l’a faite entrer chez lui, il l’a prise entre ses bras et l’a embrassée. Puis il a regretté. Le fait qu’il a fait le repentir est le sens de ces versets 135 et 136. Ceci est une incitation au repentir.

Verset 137 : se sont écoulés avant vous ce que Dieu a instauré dans les communautés antérieures : c’est-à-dire des communautés d’incrédules, ceux qui ont démenti des prophètes.

Parcourez la terre et observez quelle a été l’issue et la rétribution de ceux qui ont démenti : afin que vous en tiriez des leçons.

Verset 138 : ceci : soit le Qur’ān, soit ce qui a été mentionné précédemment. C’est une indication pour les gens et une bonne guidée, et une exhortation (pour inciter à faire le bien et menacer du châtiment) pour ceux qui se protègent de l’attribution d’associé à Dieu.

Verset 139 : et ne vous découragez pas : c’est-à-dire ne faiblissez pas pour faire le ǧihād suite à votre défaite et ne soyez pas chagrinés : pour le butin que vous avez manqué ou bien pour ceux d’entre vous qui ont été tués ou blessés. Ce verset est de la part de Dieu un réconfort pour Son Messager et pour les croyants, suite à ce qui leur est arrivé lors de la bataille de Uḥud et pour renforcer leurs cœurs.

Alors que vous êtes supérieurs : une première explication est que votre état est supérieur au leur, parce que vous avez eu le dessus le jour de Badr et ce que vous aviez obtenu d’eux dépasse ce qu’ils ont obtenu de vous le jour de Uḥud. Ou bien vous êtres supérieurs par la victoire dans ce qui va suivre : c’est une annonce de bonne nouvelle pour eux qu’ils vont avoir la victoire ultérieurement. Ou bien vous êtes supérieurs par le degré, car votre combat est pour Dieu et pour faire en sorte que la parole de Dieu soit la plus élevée, tandis que leur combat est pour le šayṭān et pour élever la parole de mécréance. Ou encore parce que vos morts seront au paradis tandis que les leurs seront en enfer.

Si vous êtes croyants : c’est-à-dire que la validité de la foi implique la force dans le cœur et la totale confiance en la promesse de Dieu. Et le peu d’importance accordé aux ennemis de Dieu.

Verset 140 : si vous êtes touchés par un qaraḥ c’est-à-dire des blessures ou des douleurs ou des meurtres, les gens ont aussi été touchés par les mêmes choses que vous : si on vous a nui lors de la bataille de Uḥud (qui a eu lieu à Médine), sachez que les associateurs ont été vaincus lors de la bataille de Badr, et malgré cela, ils n’ont pas faibli et cela ne les a pas empêchés de venir vous vous combattre à nouveau. Conclusion : en priorité c’est à vous de ne pas faiblir.

Et c’est ainsi, les jours se succèdent et ne se ressemblent pas :  Dieu dit qu’Il fait changer les choses : Nous faisons que certains aient des grâces (comme la victoire) et d’autres aient des épreuves (comme la défaite) Nous accordons tantôt à ceux-ci et tantôt à ceux-là.

Ainsi Dieu manifeste ceux d’entre vous qui sont croyants : c’est-à-dire que Nous faisons changer les jours et les états des gens selon ce qui est prédestiné afin que Dieu manifeste les croyants qui ont la patience et la foi, différents des autres (qui eux n’ont pas la patience). Et Dieu sait leur état (de ces croyants) pendant leur existence, tout comme Il sait leur état avant leur existence. Et ceci est une preuve que la science de Dieu n’entre pas en existence. Car la science de Dieu, il est impossible qu’elle n’augmente ni qu’elle diminue.

Il a été dit que cela signifie que Dieu manifeste en existence la foi de ceux au sujet de qui Il a su de toute éternité qu’ils allaient être croyants puisqu’il n’arrive pas de changement à Sa science.

Et afin que Dieu fasse qu’il y ait parmi vous des martyrs : c’est-à-dire pour que Dieu honore certains d’entre vous par le martyr, comme ce qui a eu lieu lors de la bataille de Uḥud.

Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes : Dieu n’agrée pas ceux qui ne font pas partie de ceux-là, c’est-à-dire ceux qui restent fermes sur la foi, qui fournissent des efforts dans la voie que Dieu agrée ; Dieu n’agrée pas les hypocrites et les mécréants.

Verset 141 : afin que Dieu purifie ceux qui sont croyants : la purification ici est la clarification 

Et qu’Il anéantisse les mécréants : c’est-à-dire qu’Il les extermine. Si la défaite était du côté des croyants, c’est pour montrer leur honneur, leur accorder le martyr et les purifier. Et si la défaite était du côté des mécréants, c’est pour les exterminer et effacer leurs traces. 

Verset 142 : ou alors vous pensez que vous alliez entrer au paradis sans qu’il n’y ait pas parmi vous qui fournisse des efforts et sans qu’il n’y ait parmi vous qui patiente

Verset 143 : et vous aviez souhaité mourir avant cette bataille : cette parole s’adresse à ceux qui n’étaient pas été présents lors le bataille de Badr : c‘était des gens qui avaient souhaité assister et participer à une bataille aux côtés du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, afin d’obtenir l’honneur du martyr. Et c’était eux qui avaient insisté auprès du Messager de Dieu pour sortir à la rencontre des associateurs, alors que le Messager était d’avis de rester à Médine.

Et vous l’avez vue devant vous et vous en êtes conscients : vous avez vu la mort devant vous c’est-à-dire que vous avez été témoins lorsque vos frères ont été tués devant vous et que vous-mêmes avez failli être tués. Et ceci est un blâme pour eux, pour avoir souhaité la mort et pour les conséquences qu’ils ont provoquées en amenant le Messager de Dieu à sortir de Médine, tellement ils avaient insisté. Puis le fait qu’ils se soient retirés.

Lorsque ibnu Qamīʾah a lancé une pierre vers le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a cassé sa deuxième incisive puis qu’il est venu pour le tuer, c’est alors que Muṣḥab ibnu ʿUmayr est venu le défendre. Il est un des premiers à être entré en Islam ; il a participé à la bataille de Badr et il fut tué lors de la bataille de Uḥud, la troisième année de l’hégire. Puis ibnu Qamīʾah a tué Muṣḥab et il a cru qu’il avait tué le Prophète : il a couru en criant qu’il avait tué le Prophète. Et la nouvelle s’est propagée et les musulmans se sont retirés. Alors le Prophète a dit : « venez, esclaves de Dieu » c’est alors qu’un groupe de ses compagnons se sont réunis autour de lui.  Il leur a fait le reproche de s’être retirés. Ils ont dit : «  ô Messager de Dieu, ne nous en veux pas, nous avons eu l’information comme quoi tu t’étais fait tué, alors nous nous sommes retirés ». Alors a été révélé le verset suivant :

Verset 144 : et Muḥammad n’est qu’un messager avant lequel il y a eu d’autres messagers : il va mourir comme les autres avant lui sont morts et tout comme ceux qui avaient suivi les autres prophètes étaient restés attachés à leur religion après la disparition de leurs prophètes, alors vous, également, attachez-vous à sa religion après sa disparition.

Car la finalité de l’envoi des messagers c’est de transmettre le message et de donner des preuves et non pas que le messager reste parmi son peuple.

Est-ce que le jour où il mourra ou s’il est tué, est-ce que vous allez revenir sur vos pas ? « Revenir sur ses pas » est ici au sens figuré pour désigner l’apostasie ou bien la défaite.

Et celui qui retourne sur ses pas, il ne nuit aucunement à Dieu. Il ne fera que nuire à lui-même.

Et Dieu rétribue ceux qui remercient : c’est-à-direceux qui ne sont pas retournés sur leurs pas et Il les a appelés « ceux qui remercient » parce qu’ils ont remercié Dieu pour la grâce de l‘Islam par leur comportement. Ils n’ont pas quitté le champ de bataille.

Tafsir an-Nasafiyy : sourate Aali Imraan versets de 1 à 76

Verset 1 : alif lām mīm

Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)

Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.

Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.

Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude

Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.

Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.

Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān

En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.

Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.

Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres

Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.

Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.

Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.

Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.

60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.

Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’āndans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.

Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.

Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables.  Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.

Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».

Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.

Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.

Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.

Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.

Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.

Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance

Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.

Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.

Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.

Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.

Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.  

Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.

La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.

Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –

Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.

La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.

C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).

Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.

Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.

Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.

Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.

Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.

Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.

Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :

Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.

Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.

Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.

Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.

Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.

Ceux-là seront le combustible de l’enfer.

Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.

Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.

Et le châtiment de Dieu est terrible.

Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)

À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)

Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)

Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond

Et quelle mauvaise demeure

Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš

Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour   de la bataille de Badr.

Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans

Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.

Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.

Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.

Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.

Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.

Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit

Une exhortation : une moralité

Pour ceux qui sont dotés de raison.

Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.

L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.

Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.

Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)

Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.

Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.

Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.

Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.

Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.

Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :

Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé

Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.

Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu

Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.

Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves

Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel

Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse

 Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.

Verset 17 :  ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,

Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)

Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants

Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes

Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».

Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu

Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.

Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance

Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse

Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.

Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.

Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.

Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.

Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.

Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.

Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.

Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.

Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.

Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ

Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.

Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?

S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.

Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.

Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.

Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.

Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.

Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.

Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.

Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.

Ils n’auront aucun soutien.

Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah

Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān

Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.

Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.

Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.

Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.

Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».

Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.

Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.

Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis

Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.

Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.

Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.

Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.

Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.

A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu.  Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.

Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.

Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)

Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications

  1. Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
  2. Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
  3. Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.

Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.

  1. Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
  2. Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
  3. Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant. 

Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.

Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.

Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.

Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.

Et à Dieu le devenir.  Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.

Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.

Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.

Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.

Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.

Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :

Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance. 

Dieu vous agréera :  Dieu récompense Son esclave pour ses actes.  D’après Al-Ḥasan Al-Biṣrī, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.

Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.

S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager

Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.

Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)

Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes

Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes

Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants

Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.

Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.

Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).

Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.

Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.

C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).

Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā

O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)

1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)   

2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.

 Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.

Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)

Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.

Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)

Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.

Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.

Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu.  Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.

Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.

Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».

Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.

Il trouvait qu’elle avait une subsistance.  Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.

Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.

Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.

Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.

Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.

A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).

Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.

Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.

Verset 39 :  les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.

Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».

(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.

Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.

Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !

Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.

Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.

Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.

Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.

Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.

(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.

Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.

Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.

Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.

Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam

T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.

Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.

Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.

Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.

Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.

Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.

Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.

Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.

Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :

1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.

2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.

Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.

Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »

O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.

Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.

Jésus fils de Maryam :  Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.

Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.

Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.

Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.

Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.

Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.

Il sera au nombre des vertueux.

Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée 

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.

Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.

Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.

La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.

La torah : c’est le Livre révélé à Moise

L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.

Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé

Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.

Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)

Les différents sens de « ẖalaqa » :

1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.

2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.

3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.

4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».

Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.

Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit. 

Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.

Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.

Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.

Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.

Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.

Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.

Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire

Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.

Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les Naṣārah.

Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.

Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.

Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)

Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir

Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.

Les apôtres ont dit :  al-ḥawārī est le compagnon proche, l’ami intime.

Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.

Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu

Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.

Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.

Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.

1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés

2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu

3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.

Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.

Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.

Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.

Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.

Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel. 

Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.

Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru :  c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.

Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.

Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.

Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.

Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.

Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.

Et ils n’auront aucun soutien.

Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.

Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.

Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.

Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.

Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.

Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.

Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.

Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à  débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes  : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.

Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme.  (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».

Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».

Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).

Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.

An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.

Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.

Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.

Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.

Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.

Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm :  Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.

Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,

Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.

Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :

1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.

2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.

3/ Ce sont les yahūd de Médine.

Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.

Que nous n’adorions que Dieu

Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité

Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.

Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.

D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».

Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.

Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.

S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu

Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».

Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?

Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.

Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar

Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses

Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.

Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement

Et vous, vous l’ignorez.

Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman

Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.

Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.

Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus

Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque

Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.

Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.

Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.

Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.

Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.

Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :

c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.

Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.

Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres :  la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.

Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.

Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?

Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.

Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān

En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour

Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie

Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).

Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.

Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.

Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.

Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.

Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.

A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.

Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.

Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.

Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.

Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion. 

Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.

Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.

Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement, on le fait en promettant par le nom de Dieu.

Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-55

Posted in Coran,cours général,islam,tafsir,Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur décembre 7, 2025
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Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān

Verset 1 : alif lām mīm

Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)

Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.

Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.

Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude

Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.

Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.

Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān

En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.

Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.

Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres

Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.

Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.

Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.

Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète,b ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.

60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.

Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’āndans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.

Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.

Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables.  Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.

Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».

Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.

Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.

Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.

Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.

Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.

Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance

Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.

Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.

Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.

Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.

Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.  

Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.

La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.

Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –

Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.

La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.

C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).

Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.

Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.

Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.

Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.

Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.

Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.

Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :

Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.

Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.

Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.

Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.

Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.

Ceux-là seront le combustible de l’enfer.

Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.

Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.

Et le châtiment de Dieu est terrible.

Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)

À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)

Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)

Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond

Et quelle mauvaise demeure

Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš

Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour   de la bataille de Badr.

Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans

Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.

Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.

Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.

Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.

Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.

Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit

Une exhortation : une moralité

Pour ceux qui sont dotés de raison.

Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.

L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.

Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.

Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)

Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.

Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.

Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.

Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.

Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.

Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :

Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé

Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.

Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu

Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.

Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves

Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel

Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse

 Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.

Verset 17 :  ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,

Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)

Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants

Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes

Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».

Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu

Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.

Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance

Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse

Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.

Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.

Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.

Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.

Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.

Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.

Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.

Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.

Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.

Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ

Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.

Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?

S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.

Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.

Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.

Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.

Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.

Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.

Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.

Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.

Ils n’auront aucun soutien.

Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah

Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān

Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.

Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.

Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.

Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.

Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».

Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.

Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.

Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis

Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.

Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.

Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.

Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.

Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.

A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu.  Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.

Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.

Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)

Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications

  1. Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
  2. Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
  3. Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.

Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.

  1. Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
  2. Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
  3. Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant. 

Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.

Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.

Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.

Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.

Et à Dieu le devenir.  Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.

Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.

Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.

Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.

Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.

Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :

Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance. 

Dieu vous agréera :  Dieu récompense Son esclave pour ses actes.  D’après Al-Ḥasan Al-Biṣrī, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.

Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.

S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager

Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.

Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)

Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes

Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes

Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants

Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.

Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs . La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.

Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).

Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.

Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.

C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).

Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā

O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)

1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)   

2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.

 Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.

Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)

Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.

Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)

Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.

Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.

Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu.  Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.

Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.

Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».

Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.

Il trouvait qu’elle avait une subsistance.  Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.

Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.

Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.

Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.

Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.

A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).

Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.

Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.

Verset 39 :  les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.

Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».

(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.

Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.

Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !

Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.

Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.

Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.

Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.

Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.

(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.

Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.

Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.

Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.

Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam

T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.

Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.

Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.

Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.

Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.

Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.

Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.

Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.

Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :

1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.

2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.

Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.

Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »

O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.

Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.

Jésus fils de Maryam :  Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.

Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.

Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.

Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.

Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.

Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.

Il sera au nombre des vertueux.

Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée 

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.

Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.

Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.

La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.

La torah : c’est le Livre révélé à Moise

L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.

Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé

Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.

Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)

Les différents sens de « ẖalaqa » :

1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.

2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.

3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.

4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16,  Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».

Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.

Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit. 

Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.

Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.

Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.

Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.

Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.

Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.

Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire

Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.

Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les Naṣārah.

Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.

Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.

Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)

Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui  vont me soutenir

Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.

Les apôtres ont dit :  al-ḥawārī est le compagnon proche, l’ami intime.

Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.

Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoigne  en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu

Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.

Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.

Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.

1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés

2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu

3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.

Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.

Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.

Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.

Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.

Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel. 

Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.

Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru :  c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.

Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.

Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.

Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.

Tafsir An-Nasafiyy : sourate al-ʾanbiyāʾ dans le Coran

Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans le bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas des anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous : « vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que Je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour vous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour vous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute-puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,

Malheur à vous du fait que vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.

Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,

De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.

Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant ( lā ilāha illa l-Lāh) ou (al ḥamdu lil-Lāh) ou (Allāhu akbar). Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.

Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».

Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre.  « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.

Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.

Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)

Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »

Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils Lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.

 « subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ».  Or Dieu est absolument exempt de cela.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.

« law kāna fīhimā » :  fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.

Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.

Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,

1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.

2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance

3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.

Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.

Et il est impossible que le dieu soit impuissant.

Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre  que lui, il est possible  que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement,  cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on  n’émette pas d’objection contre Lui.

Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.

On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.

L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.

Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.

La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.

Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.

Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.

Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.

Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.

Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.

Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.

Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).

Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.

Et ils agissent conformément à Ses ordres.

Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.

Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.

Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.

Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.

Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.  

Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer

C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer

C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.

Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.

Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.

Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).

Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.

Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.

 Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu crée tout être qui se déplace sur terre, à partir de l’eau.

Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie « l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.

Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?

Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont   et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.

Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.

Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī )  des piquets pour que la terre ne tremble pas.    rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.

Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.

Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par Sa volonté.

Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».

Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas.  Parce que s’ils méditaient sur ces signes (en utilisant correctement leur raison), ils deviendraient croyants.

Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.

Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.

Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.

Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.

Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit. 

Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.

Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas Son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en Lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.

Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.

inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.

C’est la première explication qui vise l’être humain en général.

Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».

Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer.  Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.

Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.

Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.

Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.

Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.

Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.

Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.

Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu.  Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.

Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ?  Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.

Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.

Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.

Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.

Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?

Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.

Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.

Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis.  C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.

Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils avaient été  touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqué le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refusé d’entendre ce rappel.

Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.

Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.

Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes.  Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.

Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.

Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc que ce livre soit révélé par Dieu ? »

Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm  avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait qu’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi s-salām savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention qu’Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».

Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez.  (Pour les adorer)

Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.

Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.

Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous ainsi que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.

Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.

Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?

Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.

Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.

Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.

Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposaient les idoles pour les détruire.

Verset 58 : il les a mises en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.

Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.

Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).

Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.

Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.

Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?

Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.

  • Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
  • Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.

Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.

Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.

Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux :  vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?

Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.

Tu sais bien qu’elles ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’elles ne parlent pas.

Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut ni vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.

Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.

N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui qui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.

Verset 68 :  ils ont dit brûlez-le :  c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.

Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui

Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi s- sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.

Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.

Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour que sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.

Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.

1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »

2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika   ilāha l-ḥaqqi āmīne

Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine  

Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.

3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.

4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.

5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.

6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.

7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l- l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.

Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue. 

Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.

Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.

Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître   Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.

Verset 72 :  et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.

Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.

Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.

Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.

Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :

1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien

2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien

3/ le statut de prophète

Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)

Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome

Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville

C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.

Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ

Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.

Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.

Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque-le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué   Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.

Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ

Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ

Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)

De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.

Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.

Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.

Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.

Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés.  Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.

 Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.

Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète

Et une science : c’est la connaissance du jugement. 

Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que   Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a   été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.

Et Nous faisions cela

Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici :   » lituḥṣinakum »   « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »

Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi

Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.

  Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.

Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.

Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.

Verset 82 :  et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.

Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités.  Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie.  Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.

Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.

Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.

Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.

Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose) dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es Celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».

D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.

Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.

Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.

Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants.  Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.

La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.

C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.

Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.

Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.

Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.

Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.

A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn

Verset 87 : an-Nūn signifie le poisson ou le cétacé donc Ḏu n-Nūn est celui dont l’histoire est associée à ce cétacé. Et il s’agit du prophète Yūnus.

Cite le récit de Ḏu n-Nūn comment il a quitté son peuple. Son peuple a alors pris peur qu’il ne leur arrive un châtiment. Il a été rapporté que Ḏu n-Nūn a perdu espoir parce qu’il a fait beaucoup de rappels à son peuple, mais son peuple n’a pas été exhorté et ils sont restés sur leur mécréance. Il les a alors quittés ce qui a entrainé leur colère. Il a pensé que le fait de quitter la ville était permis. Car il a fait cela pour défendre la religion de Dieu. Il les a quittés en raison de leur mécréance. Mais il aurait dû plutôt patienter et attendre l’autorisation de la part de Dieu pour les quitter. Alors il a été éprouvé puisqu’il a été avalé par un gros cétacé.

Il a pensé que Nous n’allions pas l’éprouver. D’après Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, il est allé chez Muʿāwiyah qui a utilisé un discours métaphorique. Il lui a dit : « hier les vagues du Qur’ān m’ont bouleversé et je me suis noyé dedans et je n’ai de moyen de survie que par toi » – il a comparé le Qur’ān à une mer – Ibnu ʿAbbās lui a dit et quoi donc ? Alors Muʿāwiyah a récité ce verset 87 de sūrat al anbiyāʾ (fa ẓanna ʾallan naqdira ʿalayk) Il a dit est-ce qu’un prophète va penser que Dieu n’est pas sur lui tout puissant ? Ce n’est pas cela le sens : quel est le sens ? Alors Ibnu ʿAbbās lui a dit : c’est dans le sens de l’épreuve, ce n’est pas dans le sens de la puissance. Donc Ḏu n-Nūn a pensé qu’il n’allait pas être éprouvé pour être sorti de la ville alors qu’il aurait dû rester et attendre l’autorisation de pouvoir quitter son peuple.

Et il a appelé alors qu’il était dans les ténèbres : ici il est visé une obscurité intense alors qu’il était à l’intérieur de ce cétacé. Certains ont dit l’obscurité de la nuit, l’obscurité de la mer et l’obscurité de l’intérieur du poisson.

Il n’est de dieu que Toi Tu es exempt d’imperfection j’ai été au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes : parce qu’il a quitté son peuple avant que Dieu ne le lui autorise. Cette invocation comporte un grand secret « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Dans le ḥadīṯ le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui a pour sens : « pas une personne qui est tourmentée et qui récite cette invocation sans qu’elle ne soit exaucée ». n

 Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a corrigé ce que An-Nasafī a dit : ce n’est pas exactement en ces termes qu’est parvenu le ḥadīṯ. Ibrāhīm rapporte de son père Muḥammad qui rapporte de son père Saʿād ibnu abī Waqqās : le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam allait citer une invocation lorsqu’un bédouin est venu et il a parlé avec le prophète et celui-ci n’a pas continué ce qu’il allait dire. Alors Saʿād l’a suivi et le prophète s’est retourné vers lui et lui a demandé : tu es Saʿād ?  – Oui. Il lui a dit : qu’est-ce que tu veux ? Il lui a dit : tu allais citer une invocation puis un bédouin est venu et tu n’as pas dit ce que tu voulais nous dire. Le Prophète a dit oui, c’est l’invocation de Ḏu n-Nūn qui a appelé alors qu’il était dans le ventre du cétacé « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ». Il n’y a pas un musulman qui récité cette invocation pour quoi que ce soit sans qu’elle ne soit exaucée ». C’est un ḥadīṯ qui est ḥasan rapporté par At-Tirmiḏī.

Ḏu n-Nūn est le surnom du prophète Yūnus dont le père s’appelle Mattāʾ. Et il a été attribué au cétacé parce que le cétacé l’a avalé. Quand on dit qu’on a été injuste envers soi, ça peut être un péché et ça peut être une défaillance moindre qu’un péché. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit dans le ḥadīṯ ce qui signifie : « le cas du croyant est surprenant : dans tous les cas, il a du bien. Et cela n’est réservé à personne d’autre qu’au croyant. S’il est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, alors il est content et il remercie Dieu : et cela est un bien pour lui. Et s’il est touché par une épreuve, il patiente et là encore c’est un bien pour lui ». Lorsque le croyant est touché par quelque chose qui réjouit le cœur, il convient qu’il remercie Dieu. Et s’il est touché par une nuisance, il doit patienter. Le fait qu’un croyant subisse beaucoup d’épreuves, c’est le signe de la force de sa foi pour celui qui patiente. Les prophètes sont parmi les gens ceux qui sont le plus éprouvés. Beaucoup de prophètes ont été tués par les mécréants des fils d’Isrāʾīl. Et ceux qu’ils n’ont pas tués ont souffert énormément. Entre autres il y a le prophète Ayyūb ʿalayhi s-salām qui était riche et Dieu l’a éprouvé par une maladie qui a duré pendant dix-huit années. Et il avait à l’époque sept fils et sept filles. Le šayṭān a détruit la maison où il se trouvait et ils sont tous morts. Puis le šayṭān lui a brûlé ses champs avec les récoltes et Ayyūb est devenu extrêmement pauvre. Tellement il a patienté qu’il n’a pas demandé à Dieu de lui remplacer ce qu’il avait perdu. Puis un jour il a entendu deux hommes qui parlaient de lui et l’un des deux a dit une parole de mécréance : il a dit : « Ayyūb, s’il n’avait pas commis un très grave péché, que personne d’autre que lui n’a commis, alors Dieu ne l’aurait pas éprouvé comme Il l’a éprouvé ». Et c’est une mécréance car il a accusé un prophète d’avoir commis un grave péché. Quand Ayyūb a entendu cela, il a eu le cœur brisé du fait que cet homme venait de sortir de l’Islam. A ce moment-là, il a demandé à Dieu de le guérir. Dieu a révélé à Ayyūb de donner un coup avec son pied sur le sol : il y a eu alors deux sources d’eau qui ont jailli. Il a pu boire d’une des deux sources et il a pu se laver avec l’autre source. Et Dieu l’a guéri. Et Dieu lui a accordé le double des enfants qu’il avait auparavant : il a donc eu quatorze garçons et quatorze filles. Et Ayyūb avait deux entrepôts où il entreposait les récoltes. Dieu envoya deux gros nuages qui ont lâché de l’eau de pluie sur l’entrepôt du blé et il est tombé des criquets en or et sur l’entrepôt de l’orge, le nuage a déversé de l’argent métal. Après cette lourde épreuve et cette grande patience, Dieu lui a fait grâce de cet énorme bienfait. Et c’est ainsi qu’est le croyant. C’est vrai que notre maître Ayyūb a été éprouvé par de nombreuses maladies mais il n’est jamais arrivé que des vers sortent de son corps comme le disent certains ignorants. Mais il a été éprouvé par la maladie, les épreuves se sont abattues sur lui au point que ceux qui étaient proches de lui et ceux qui étaient éloignés avaient pris leurs distances par rapport à lui. Très peu de gens étaient restés à ses côtés. Il a été rapporté dans le ḥadīṯ rapporté par Aḥmad et at-Tirmiḏī ainsi que Al-Bayhaqī et aṭ-Ṭabarānī que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves sont plus rapides à atteindre celui qui m’aime que les ruisseaux se déversent dans la rivière ». Cela veut dire que celui qui aime le Messager d’un amour complet, l’épreuve qu’il va subir est très intense, pour que ça soit relatif à son haut degré. Le croyant que Dieu agrée, Dieu lui préserve sa religion, mais Il l’éprouve dans les sujets du bas-monde : ce croyant est éprouvé dans ses biens quand un injuste les lui prend. Parfois il est touché dans sa santé, il est touché par des maladies. 

Notre maître Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté alité pendant dix-huit ans mais il n’a pas eu des vers qui sortaient de son corps comme le prétendent certains, parce que cela est une maladie répugnante, les gens sont repoussés par cela. Et Dieu a préservé les prophètes de ce qui repousse les gens d’eux. Les maladies répugnantes ne sont pas possibles aux prophètes. Ayyūb ʿalayhi s-salām qui a été éprouvé gravement pendant dix-huit ans, il a perdu ses biens, il a perdu sa famille et Dieu lui a accordé la guérison, Dieu lui a rendu la richesse, Il lui a accordé beaucoup d’enfants. Certains ignorants le calomnient en disant que des vers ont dévoré son corps. Ils prétendent que notre maître Ayyūb avait des vers qui tombaient de son corps et qu’il disait « ô toi la créature de mon Seigneur, mange de ce que Dieu t’a accordé comme subsistance ». Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de ce profond égarement.

Alors que celui qui dit que des vers tombaient de son corps, seulement, sans considérer que c’était quelque chose de repoussant, alors il ne devient pas mécréant. C’est-à-dire qu’il considère que c’est quelque chose qui témoigne de la grande patience d’Ayyūb, il ne voit pas que c’est un rabaissement ni que c’est quelque chose qui éloigne les gens de lui, alors il ne devient pas mécréant. Ayyūb ʿalayhi s-salām a patienté, il n’a pas émis d’objection contre Dieu et c’est cela l’état des prophètes et des vertueux.

Zakariyyā ʿalayhi s-salām a été scié avec une scie par les mécréants. Yaḥyā quant à lui a été égorgé par les mécréants, notre maître Yūsuf a été emprisonné pendant sept années. Les prophètes ont un haut degré selon le jugement de Dieu, ce ne sont pas des gens négligeables.  Et malgré cela, Dieu les a éprouvés pour que leur degré soit élevé.

Dans le ḥadīṯ authentique rapporté Al-Buẖārī, Aḥmad, at-Tirmiḏī et d’autres, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les gens les plus éprouvés sont les prophètes, puis les meilleurs avant les autres ».

Dans le ḥadīṯ authentique rapporté par Aḥmad, par ibnu Hibbān et Al-Hākim, le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les esclaves vertueux de Dieu sont fortement éprouvés ».

Et dans un autre ḥadīṯ rapporté par Aḥmad, Al-Bayhaqī et Al-Hākim dans lequel le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les épreuves ne cessent de s’abattre sur le croyant c’est-à-dire sur sa personne, sa famille et ses biens jusqu’à ce qu’il vienne au Jour du Jugement sans être chargé d’un seul péché ». C’est-à-dire que les épreuves vont compenser ses péchés de sorte qu’il va être lavé de ses péchés.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « tout ce qui touche le musulman comme fatigue, comme maladie, comme tourment, comme chagrin, même s’il est piqué par une épine, tout ce qui lui arrive est une cause pour que Dieu lui expie ses péchés ».

Pour ce qui est de la sauvegarde du prophète Yūnus, Dieu l’a fait sortir du ventre du cétacé grâce à son évocation citée plus haut « lā ʾillāha ʾillā ant subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīne ».

Verset 88 :  Nous l’avons exaucé et Nous l’avons sauvé de la solitude, c’est ainsi que Nous sauvons les croyants. C’est ainsi que Nous sauvons les croyants, quand ils nous invoquent et ils demandent secours à Dieu, Dieu les sauve.

Verset 89 : Zakariyyā a invoqué son Seigneur : ô Seigneur ne me laisse pas tout seul, il a demandé à Dieu de lui accorder un fils qui héritera de lui c’est-à-dire qui sera un prophète comme lui ; il ne voulait pas rester sans enfant. Puis il s’en est remis à Dieu en se soumettant à Dieu.

Il a dit « Tu es le meilleur de ceux qui accordent ». C’est-à-dire si Tu ne m’accordes pas de descendant, je ne prête pas attention, parce que tout ce qu’il y a dans ce bas monde T’appartient et Tu es Celui Qui n’a pas de fin à Son existence.

Verset 90 : Nous l’avons exaucé et Nous lui avons accordé un fils Yaḥyā et Nous avons fait que son épouse puisse enfanter : après qu’elle a été stérile, Dieu a fait qu’elle pouvait tomber enceinte.

Certes les prophètes s’empressaient de faire le bien : ils méritent d’être exaucés

Et ils Nous invoquent par espoir et par crainte : les prophètes invoquent Dieu par espoir de la miséricorde de Dieu et par crainte de l’au-delà.

Et ils sont humbles : ils sont modestes, ils craignent Dieu.

Verset 91 : et cite le récit de celle qui a fait preuve de chasteté : c’est-à-dire qu’elle s’est préservée d’avoir des relations ni dans le licite ni dans l’interdit

Nous avons insufflé en elle l’âme qui Nous appartient et qui est honorée : il s’agit ici de Maryam qui était chaste, et Dieu a fait qu’elle soit enceinte. rūḥinā : notre âme : « notre » ici indique la possession et l’honneur. C’est-à-dire que Dieu a insufflé en Maryam l’âme qui appartient à Dieu et qui est honorée selon le jugement de Dieu. L’âme de Jésus est une âme qui appartient à Dieu, elle est honorée par Dieu. Dieu a donné l’ordre à Ǧibrīl qui est le président des anges et il est chargé de transmettre la révélation aux prophètes.

Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl qui a soufflé par l’encolure de la chemise de Maryam et elle s’est retrouvée enceinte de Jésus. Donc l’adjonction de l’âme à Dieu est pour indiquer l’honneur de Jésus.

 Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu a dit : Nous avons donné l’ordre à Ǧibrīl d’insuffler dans Maryam l’âme qui Nous appartient et qui est honorée selon Notre jugement. C’est ainsi que Maryam est devenue enceinte, sans qu’un homme ne la touche : c’est un prodige pour elle et un miracle pour Jésus ʿalayhi s-salām.

Et Nous avons fait d’elle et de son fils un signe pour les gens : c’est un signe de la parfaite toute puissance de Dieu. On remarque qu’il est mentionné ici UN signe et pas deux signes (la mère et son fils) alors que dans d’autres versets, il est question de deux signes quand il est cité le jour et la nuit par exemple. An-Nasafī a dit qu’ici leur cas revient au même, c’est-à-dire que Maryam a donné naissance à Jésus sans qu’il n’y ait de père. Tout en sachant qu’il y a une version de récitation avec le terme (āyatayn) (deux signes)

Verset 92 : et votre communauté est une nation unique. On dit en arabe al-ummah et al-millah, ce qui signifie l’ensemble de personnes. Il s’agit de la communauté de tous les prophètes. Tous les prophètes constituent une seule ummah. Ce verset veut dire que la communauté de l’Islam est votre communauté sur laquelle vous devez rester, vous ne devez pas en dévier.

Et Je suis votre Seigneur, adorez-moi : c’est une parole qui est adressée à tout le monde, dans laquelle Dieu nous ordonne de L’adorer, en guise de remerciement pour les bienfaits qu’Il nous a accordés.

Verset 93 : et ils se sont divisés les uns les autres : c’est-à-dire qu’ils sont devenus des petits groupes différents

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’ils sont devenus des groupes avec des religions différentes : il y a un ḥadīṯ qui dit que les yahūd vont se diviser en 71 groupes, les nasārāʾ en 72 groupes et la communauté du Prophète va se partager en 73 groupes mais tous les groupes seront en enfer sauf un seul : et c’est le groupe majoritaire qui est sunnite. La grande majorité de ceux qui se disent musulmans aujourd’hui suivent le Prophète et ses compagnons.

Mais ils reviendront tous à Notre jugement : Dieu les a avertis que tous ces groupes différents vont revenir au jour du jugement pour leur rétribution. Ils seront justement rétribués pour leurs actes. « Celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui a fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».

Verset 94 : celui qui accomplit de bonnes œuvres et qui est croyant : celui qui fait de bonnes œuvres, même si cela ne semble pas important et qui est croyant : c’est-à-dire qu’il croit en ce quoi on doit croire pour être croyant, et cela consiste à croire en Dieu, en Ses messagers et en ce qu’ils nous ont transmis, en Ses anges, en Ses livres, au jour dernier et le fait de croire en la prédestination du bien et du mal.

Il n’y aura pas de manquement à sa rétribution : il ne sera pas lésé, il sera largement rétribué. Dieu ne le privera pas de récompenses.

Et tout ce qu’il fait est inscrit : le croyant sera heureux quand il recevra le livre de ses actes au jour du jugement, de sa main droite.

Verset 95 : ḥarām ici ne veut pas dire interdit mais cela veut dire le fait de priver. (Il y a 2 récitations : ḥarām et ḥirm). Si les habitants d’une ville, Dieu a jugé qu’ils doivent être anéantis en raison de leur égarement, ceux-là seront privés de la récompense dont il est question dans le verset précédent.

Verset 96 : jusqu’au jour où Gog et Magog pourront s’échapper : quand ils seront libérés, et ce sont des humains qui sont tous des mécréants. Leur sortie est une des grands signes du jour du jugement.

Et les gens ce jour-là vont sortir de partout sur terre : toute l’humanité va être ressuscitée pour le jour du jugement et va aller dans tous les endroits de la terre. Et Gog et Magog vont se propager sur terre à partir d’une extrémité de la terre. Dieu les a voilés aux yeux des humains. Eux ne viennent pas chez nous et nous, nous n’allons pas chez eux. C’est aṣ-ṣaʿb qui est appelé ḏu l-Qarnayn qui était un grand saint, qui les a emprisonnés, par la toute-puissance de Dieu, il a construit un barrage. Dieu lui a donné beaucoup de prodiges parce que c’est un grand saint. Le vent l’emportait d’est en ouest. Et ḏu l-Qarnayn ʿalayhi s-salām, par un prodige que Dieu lui a accordé, il a fait édifier une grande montagne en fer puis du cuivre a été fondu pour solidifier l’édifice. Aucun humain ne peut franchir cette montagne de façon habituelle. Et eux, chaque jour, ils essaient de franchir cette montagne mais ils ne peuvent pas. Chaque jour, après un dur labeur, ils disent : demain nous allons poursuivre. Quand ils reviennent le lendemain, ils trouvent que ce qu’ils avaient creusé la veille a été à nouveau comblé. Jusqu’au jour où ils vont dire : demain nous poursuivrons, si Dieu le veut. Ils reviennent le lendemain et ils trouvent que ce qu’ils avaient trouvé la veille était resté tel quel. Ils vont continuer à creuser jusqu’à pouvoir s’échapper. Par ailleurs ces deux tribus Gog et Magog, chacun d’entre eux ne meurt pas avant d’avoir laissé mille descendants ou plus, comme l’a dit le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De sorte que leur nombre, avant leur échappée, va être extrêmement nombreux, au point que tous les humains, au jour du jugement, par rapport à Gog et Magog, représentent 1%. Dieu seul sait comment ils vivent actuellement et ce qu’ils mangent. Ce que certains racontent, qu’ils ont de longues oreilles et qu’ils dorment sur une des deux oreilles, comme si c’était un oreiller, qu’ils se couvrent avec la deuxième et qu’ils seraient de petite taille, cela n’a pas été confirmé. C’est Dieu Qui les a dissimulés, ils sont cachés dans un lieu sur terre.

Il va y avoir après eux trois peuples qui vont venir. Seul Dieu connait leur nombre. Un peuple s’appelle Mansak, un autre s’appelle Tāwīl et un autre s’appelle Tārīs

A l’époque de Gog et Magog, il y aura une famine sur terre. Ils vont passer par le lac Tibériade qui se trouve en Palestine et ils vont l’assécher. Quand le dernier d’entre eux va passer il va dire : « ici il y avait de l’eau ». Et quand Jésus va descendre sur terre, ils vont être sidérés. Les musulmans ne vont pas oser combattre Gog et Magog parce qu’ils sont très nombreux. Notre maitre Jésus accompagné de tous les musulmans de son époque va aller au Sinaï, le mont où notre maître Moise a reçu la révélation, là où Dieu lui a fait entendre Sa parole. Ils vont se rendre là-bas et ils vont invoquer Dieu pour qu’Il anéantisse le peuple de Gog et Magog. Dieu fait que la cause de leur mort va être des vers : un vers va pénétrer dans le cou de chacun d’entre eux et ils vont en mourir. Puis Dieu va envoyer des oiseaux qui vont prendre leurs corps et les jeter en mer. Puis il y aura une pluie qui va évacuer toutes leurs traces en mer. Ces gens-là vont apparaitre bien après la descente de Jésus. Gog et Magog étaient sur terre proches de l’époque de notre maître Ibrāhīm. On ne sait pas exactement quand ils étaient dans cette région où ils se sont retrouvés emprisonnés. Ils sont tous mécréants. Il a été rapporté que la nuit où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait son voyage nocturne et son ascension, il est passé par chez eux et il leur a transmis l’appel à l’Islam mais ils ont refusé. Dieu fait que ce sont eux qui vont remplir l’enfer. C’est à l’époque de Jésus qu’ils vont sortir et personne n’osera les combattre. Puis notre maître Jésus va invoquer Dieu et Dieu va faire que des vers vont venir et rentrer dans le cou de chacun d’entre eux et ce sera la cause de leur mort. Ce qui est sûr c’est qu’ils sont des descendants de Ādam mais la date exacte où ils ont été emprisonnés par Ḏul Qarnayn est inconnue. Ḏul Qarnayn était un saint, il avait des prodiges : Dieu lui a asservi le vent qui l’emmenait, lui et son armée, là où il voulait. Dieu lui a accordé également une longue vie, il a vécu deux mille ans.  Il est resté roi pendant deux mille ans ; c’est lui qui a construit ce barrage entre Gog et Magog. Dans l’une des extrémités de la terre, il ya une cavité où ils se trouvent. Et cette cavité est refermée par cette montagne.

Verset 97 : ce qui est promis et qui est inéluctable est devenu imminent : c’est-à-dire que le jour du jugement se rapproche et ce sera une surprise pour eux. Ce jour qui va arriver va les surprendre. Leur regard est hagard, ils ne savent pas quoi faire tellement cette situation est difficile.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : leurs yeux regardent vers le haut tellement ils sont dans une grande épreuve.

Ceux qui ont mécru leurs regards sont ainsi grand ouverts,

Ils vont dire malheur à nous : ils avaient consacré l’adoration à autre que celui qui la mérite

Nous étions dans une grande insouciance, nous ne nous attendions pas à vivre ce jour : ils ne pensaient pas que ce jour allait venir

Nous étions injustes.

Verset 98 : vous, ainsi que ce que vous adorez au lieu d’adorer Dieu : c’est-à-dire les idoles et Iblis, vous serez jetés en enfer pour contribuer à l’augmentation du feu de l’enfer.

Vous serez un combustible pour l’enfer, vous y entrerez.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le soleil et la lune, au jour du jugement, seront jetés en enfer. Il y a, parmi les mécréants, ceux qui adoraient le soleil et la lune, donc le fait qu’ils soient jetés en enfer sera une humiliation pour ces mécréants qui les adoraient.  Et avant que le soleil et la lune ne soient jetés en enfer, Dieu fait que leur lumière soit éclipsée.

Verset 99 : s’ils avaient été des divinités, ils (le soleil, la lune et ce que vous avez adoré autre que Dieu) ne seraient pas en enfer. Et tous y resteront éternellement. C’est-à-dire que si c’était des divinités comme vous le prétendiez, ils ne seraient pas entrés en enfer. Et tous : c’est-à-dire celui qui adorait et celui qui était adoré, seront en enfer éternellement.

Verset 100 : les mécréants auront en enfer zafīr c’est -à-dire des gémissements, des larmes et des hurlements : ils vont gémir, ils vont pleurer, ils vont hurler.

Et eux ils n’entendent rien : ils sont devenus sourds, parce que quand on entend quelque chose, ça nous réconforte. Mais même cela ne leur a pas été accordé, c’est un châtiment en plus.

Verset 101 : certes ceux à qui Nous avons accordé le bien : c’est-à-dire la réussite pour l’obéissance. Ce verset a été révélé à propos d’un homme qui s’appelle Muḥammad ibnu Z-Zibarāʿ fils de Qays as-Saʿmī al-Qurašī il est surnommé abū Saʿd, c’est le poète de Qurayš. Il était très dur dans ses poésies envers les musulmans et ceci, jusqu’à la conquête de La Mecque. Il s’est enfui dans une ville de chrétiens. C’est alors que Ḥassān ibnu Ṯabit, le poète du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a dit des vers de poésie à propos d’ibnu Z-Zibarāʿ. Quand ces vers lui sont parvenus, il est revenu à La Mecque et il est entré en Islam. Et il s’est excusé et il a fait l’éloge du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est mort en l’an 15 de l’hégire. Donc ce verset était une réponse à ibnu Z-Zibarāʿ quand il n’était pas musulman. Lorsque le Prophète avait récité les versets précédents qui annonçaient que les mécréants et ceux qu’ils adoraient iraient en enfer éternellement, il avait dit « n’est-ce pas que les yahūd ont adoré ʿUzayr et les nasārāʾ ont adoré Jésus ? Est-ce que cela veut dire qu’eux et ceux qu’ils adoraient iront en enfer ? » En arabe, il y a une forme de pronoms qui font référence à ceux qui sont dotés de raison et à ceux qui ne sont pas dotés de raison. La construction de la phrase en arabe fait référence à ce qui n’est pas doté de raison c’est-à-dire le soleil, la lune. Mais les gens sont têtus. Ici, « mā » fait référence à ceux qui ne sont pas dotés de raison alors que Jésus, ʿUzayr et les anges sont dotés de raison. Mais ibnu Z-Zibarāʿ les a inclus pour mettre le doute. Or c’est le terme « man » qui indique des êtres qui sont dotés de raison. Et c’est « man » qui est utilisé dans le verset et non pas « mā ». « Vous ainsi que ce (mā) que vous adorez ». Il y a un ḥadīṯ qui est faible selon lequel le Messager a dit à cet homme ibnu Z-Zibarāʿ « tu ne maitrises pas la langue de ton peuple ».

Ceux-là : il s’agit de ʿUzayr, de Jésus et des anges.

Seront éloignés de l’enfer : parce qu’ils n’ont pas accepté que les gens les adorent.

Verset 102 : ils n’entendent pas le bruit de l’enfer : ils n’entendent pas son bruit qui est perceptible ni le mouvement des flammes. ʿUzayr, Jésus et les anges n’entendent pas cela. Car ils seront éloignés de l’enfer ; c’est pour indiquer qu’ils seront très éloignés de l’enfer, ils ne vont entendre ni le bruit de l’enfer ni le bruit de ceux qui seront en enfer. Ce verset est une preuve que le verset 71 de sūrat Maryam ne veut pas dire que tout un chacun musulman est mécréant et va rentrer en enfer. La signification de ce verset est : vous aurez tous à franchir l’enfer. En effet le pont est au-dessus de l’enfer.

Et ils seront dans ce qu’ils auront désiré comme félicité de laquelle ils vont profiter éternellement :

Verset 103 : ils ne seront pas apeurés par ce qui est terrible il s’agit du dernier souffle dans le cor lorsque

Et ce seront les anges qui vont leur faire bon accueil : c’est-à-dire aux portes du paradis,

Ils vont leur dire : voici le jour qui vous a été promis. C’est-à-dire voici venu le temps de votre récompense qui vous a été promise quand vous étiez dans le bas-monde.

Verset 104 : le jour où le ciel sera plié : cela veut dire que les étoiles qui étaient dans le ciel n’auront plus aucun éclat, elles perdront leur lumière et elles ne seront plus visibles. Ou bien : cela veut dire que le ciel sera véritablement plié comme une feuille qui est pliée et c’est le contraire d’ouvert. Le sens est : « le jour où Nous plierons le ciel comme les pages d’un livre dont la couverture se referme sur les pages qu’il contient ».

Tout comme Nous avons créé les créatures la première fois, Nous les ressusciterons : tout comme Dieu a fait exister les créatures une première fois, Il les fait exister une seconde fois. « Tout comme » est une formule d’analogie : il s’agit de l’analogie entre la première création et la deuxième parce que toutes les deux sont par la puissance de Dieu.

C’est une promesse de Notre part : c’est-à-dire que cela aura lieu sans doute : la résurrection aura lieu sans doute.

Certes Nous le ferons : c’est pour insister. C’est-à-dire que Dieu réalisera cette promesse.

Préparez-vous pour ce jour et accomplissez les bonnes œuvres : chaque fois qu’on a l’occasion de faire une bonne œuvre, qu’on la fasse, pour être épargné de ces épreuves.

Verset 105 : Nous avons fait écrire dans az-zabūr (les psaumes, c’est le livre de Dāwūd ʿalayhi s-salām) après la torah que la terre (ici c’est la terre de aš-šām) ce seront des esclaves vertueux qui l’auront : c’est-à-dire la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 106 : il y a en cela une annonce suffisante pour des gens qui sont adorateurs : « en cela » c’est-à-dire dans ce Qur’ān : il y a une annonce d’atteinte de l’objectif pour des gens qui croient en l’unicité de Dieu et il s’agit de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 107 : et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant que miséricorde pour les mondes : le Prophète a dit ce qui a pour sens : « je ne suis qu’une miséricorde qui vous est offerte ». « Pour les mondes » : le prophète a amené ce qui est une cause de bonheur pour eux s’ils le suivent. Et celui qui ne suit pas le prophète c’est quelqu’un qui a nui à sa propre personne puisqu’il a perdu cette part de bonheur qui est promise. Il a été dit que notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est une miséricorde pour les croyants, dans les deux résidences c’est-à-dire dans cette vie et dans l’au-delà au jour du jugement.

Et qu’il est une miséricorde pour les mécréants dans le bas-monde : parce qu’ils ne vont pas subir de châtiment d’extermination dans le bas-monde, comme ce fut le cas du peuple de Nūḥ et du peuple de ʿĀd qui furent exterminés. Et parce qu’ils ne vont pas subir de transformation à grande échelle comme cela s’est passé dans les peuples antérieurs : certains ont été transformés en porcs ou en en singes. Et ils ne vont pas subir les fissures de la terre qui font que ce qui est dessus soit avalé. (ẖasif)

Tout en sachant que dans cette communauté il y aura un (ẖasif) et une transformation d’humains en porcs mais pas à grande échelle comme dans le passé et il y aura aussi des projectiles qui seront lancés.

Verset 108 : Dis il m’a été révélé que votre Seigneur est un dieu unique. Ce que je reçois comme révélation c’est l’unicité de mon Dieu.

Allez-vous être musulmans : c’est une forme interrogative mais le sens est un ordre c’est-à-dire – devenez musulmans- Aujourd’hui vous avez l’illusion d’être gagnants mais au jour du jugement, ce sera la grande désillusion.

Verset 109 : s’ils se détournent (c’est-à-dire s’ils se détournent de l’Islam)

Alors dis je vous ai prévenus (c’est-à-dire que je vous ai informés de ce que j’ai reçu l’ordre de vous dire)

Tous ensemble : c’est-à-dire que je vous ai tous prévenus, de manière équivalente. Je n’ai pas laissé certains dans l’ignorance.

Et je ne sais pas si c’est proche ou loin ce qui vous a été promis : c’est-à-dire que je ne sais pas quand exactement aura lieu le jour du jugement, parce que Dieu ne m’a pas donné à le connaitre. Mais je sais que ce jour aura lieu inéluctablement. Ou bien : je ne sais pas quand va vous arriver le châtiment si vous n’êtes pas croyants. C’est pour insister sur l’importance d’être croyants.

Verset 110 : certes Il sait les paroles que vous dites à haute voix et ce que vous dites à voix basse. Dieu sait toute chose. Il sait ce que vous me dites à haute voix en portant atteinte à l’Islam et il sait ce que vous dissimulez comme haine contre les musulmans. Et Il vous rétribuera pour cela. 

Verset 111 : et je ne sais pas si c’est une épreuve pour vous : je ne sais pas si ce retard de châtiment pour vous dans le bas-monde ne serait pas une épreuve pour vous, afin que Dieu manifeste ce que vous allez faire. Vous n’êtes pas châtiés immédiatement mais Dieu retarde pour vous le châtiment ceci pour montrer ce que vous faites, pour que ce soit une preuve contre vous. 

Et un répit jusqu’à un certain terme : Dieu vous laisse vivre jusqu’à votre mort pour que ce soit une preuve contre vous c’est-à-dire que ce que vous allez faire jusqu’à votre mort soit une preuve contre vous.

Verset 112 : il a dit « ô Seigneur arbitre entre nous justement » et notre Seigneur est ar-Raḥmān Celui Dont on demande l’aide contre ce que vous décrivez : c’est-à-dire « arbitre entre nous et les gens de La Mecque équitablement ». Ou bien « fais-leur parvenir le châtiment qu’ils méritent et fais que ce soit terrible pour eux ».

Comme a dit une fois le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ce qui signifie : « ô Allah, fais que Ta punition de la tribu de Muḍar soit terrible ». Cette tribu a nui aux musulmans alors le Prophète a fait une invocation pour qu’ils soient rétribués à hauteur de ce qu’ils ont fait.

Les associateurs de La Mecque décrivaient la situation contrairement à ce qu’elle était véritablement et ils espéraient qu’ils soient les plus forts et que la victoire soit de leur côté. Mais Dieu a démenti leurs illusions, Il leur a fait perdre leur espoir et il a donné la victoire à Son messager et aux croyants, quand il s’agissait de la conquête de La Mecque.

Réplique aux prétendus coranistes

Posted in Coran,cours général par chaykhaboulaliyah sur août 5, 2025
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بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Il se trouve aujourd’hui des gens qui disent à notre époque, qu’il nous suffit de nous attacher au Qour’an et que nous n’avons pas à croire au hadith prophétique ni à l’appliquer pour nous, ni à œuvrer conformément aux hadith. Ceci est une sortie de la religion, c’est une apostasie.

Ce groupe, cher bien aimés, ce groupe se prétend de l’Islam en apparence, ils disent d’eux même : « Nous sommes musulmans », ils prétendent qu’ils sont attachés au Qour’an mais ils disent : « Qu’est-ce que nous avons à voir avec le hadith prophétique ? Pourquoi ne devons avoir à faire aux hadith prophétique ? Nous n’avons pas à prendre le hadith prophétique ni à croire en la véracité en certains hadith prophétique que le prophète a dit. »

Nous disons : le Qour’an, nous devons y croire et le hadith authentique, sûr, que le messager de Allah a prononcé, il est un devoir pour nous de croire en sa véracité.

Tu les vois argumenter selon leur prétention par certains versets du Qour’an comme la parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

[sourat Al-An^am / 38] C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils disent que se verset est une preuve en leur faveur, une preuve pour eux selon leur prétention que le Qour’an comporte le détail de tous avec minutie et tous ce dont les personnes responsables ont besoin comme lois et autres. 

Ils disent, Allah dit :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils prennent ce verset comme preuve en leur faveur pour rejeter la sounnah et pour ne pas œuvrer conformément à la sounnah. Ils disent : « Nous avons dans le Qour’an ce qui nous passe de la sounnah » c’est-à-dire qu’ils disent : « nous, si nous nous attachons au Qour’an nous n’avons pas besoin du hadith du messager de Allah ».

Nous parlons là de gens qui existent maintenant à notre époque, ils existent en Egypte et dans plus d’un état arabe, ils se prétendent comme les coranistes les -qour’aniyyine-. Il se font appeler les coranistes parce que selon leur prétention ils s’attachent au Qour’an et délaissent le hadith prophétique.

Ce verset :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

Le sens est correct mais ce n’est pas celui qu’ils ont prétendu. La parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

Signifie : le Qour’an comporte des choses que Allah a mentionné avec force détail, avec beaucoup de clarté, des jugements clairs, explicites, détaillés, nous devons œuvrer conformément à ces versets car Allah les a indiqués, les a détaillés, les a clarifiés. Mais dans le Qour’an il y a des choses que Allah a mentionné en globalité, en général, c’est-à-dire ce sont des choses générales, ce sont des choses dont Allah ^azza wa jall n’a pas indiqué le détail. Comment connaissons-nous le détail alors que Allah n’a pas détaillé ces jugements ? En se réfèrent au hadith du messager de Allah.

Et Allah, Lui qui a révélé le Qour’an, nous a ordonné de suivre notre prophète. Dans le Qour’an il y a l’ordre pour nous de suivre sa parole dans ce que le Qour’an a comporté en globalité, c’est-à-dire, là où le Qour’an n’a pas détaillé, là où le Qour’an n’a pas indiqué mais qu’il a mentionné en globalité, d’une manière générale sans détail. 

N’est-ce pas que Allah ^azza wa jall dit :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ﴿ ٧ ﴾

[Sourat Al-Hachr / 7] c’est-à-dire : « Ce que le messager vous a indiqué prenez-le en compte ». Qui nous a ordonné de prendre en compte ce que le messager dit ? C’est Allah, Lui qui a révélé le Qour’an.

Allah dit :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾

C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».

Donc, nous si nous apprenons le hadith prophétique, que nous connaissons les Lois que notre messager a indiqué, qu’il nous a détaillé, nous aurons ainsi agit conformément à l’ordre de Allah, nous aurons appliqué l’ordre de Allah qu’Il nous ordonné dans le Qour’an par Sa parole :

وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾

C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».

Que veut dire alors la parole de Allah :

مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾

C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Elle veut dire que le Qour’an comporte des versets dans lesquels Allah a indiqué le détail. Allah a clarifié les jugements, dans le détail de ces jugements il y a une suffisance, c’est pour cela que le messager n’a pas rajouter sur ce que Allah ^azza wa jall a dit, tant que l’ordre est venu détailler dans le Qour’an. Mais il y a d’autres sujets que Allah ta^ala a mentionné en globalité, qu’Il n’a pas détaillé, les gens ont eu donc besoin de l’explication du messager, des détails qu’il nous a donné.

Allah dans le Qour’an a indiqué par allusion l’obligation des 5 prières par jour et nuit :

‫فَسُبۡحَـٰنَ ٱللَّهِ حِینَ تُمۡسُونَ وَحِینَ تُصۡبِحُونَ﴿ ١٧ ﴾

‫وَلَهُ ٱلۡحَمۡدُ فِی ٱلسَّمَـٰوَ ٰ⁠تِ وَٱلۡأَرۡضِ وَعَشِیࣰّا وَحِینَ تُظۡهِرُونَ﴿ ١٨ ﴾

[sourat Ar-Roum / 17-18]

تُمۡسُونَ  fait référence à la prière du maghrib et la prière du ^icha’ car ce sont des prières qui ont lieu la nuit. Et وَحِینَ تُصۡبِحُونَ ceci fait référence à la prière de l’aube, as-soubh. وَعَشِیࣰّا c’est-à-dire la prière de al-^asr, وَحِینَ تُظۡهِرُونَ c’est-à-dire la prière de adh-dhouhr.

Donc ces versets comportent l’allusion, comme l’a compris Ibnou ^Abbas, de l’obligation des 5 prières.

Si nous nous suffisons de ce verset, nous aurons su qu’il y a 5 prières que Allah ^azza wa jall nous a ordonné d’accomplir, mais où est le détail de ces prières ? Est-ce qu’il y a un détail du nombre de rak^ah pour chaque prière dans le Qour’an ? Il n’y a pas le détail que la prière du soubh est de deux rak^ah, que la prière de adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ et de 4 rak^ah et que la prière de Al-maghrib est de 3 rak^ah. Il n’y a rien qui indique cela dans le Qour’an. Que ce soit concernant le nombre de rak^ah de chaque prière et leur nom.

C’est le messager qui nous a indiqué que la prière de Adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ sont de 4 rak^ah et ainsi de suite. Ainsi, le messager nous a clarifié, nous a détaillé, ce que le Qour’an a mentionné en globalité.

Autre exemple : le Tawaf autour de la Ka^bah. Allah ta^ala dit dans le Qour’an :

وَلۡیَطَّوَّفُوا۟ بِٱلۡبَیۡتِ ٱلۡعَتِیقِ﴿ ٢٩ ﴾

[sourat Al-Hajj / 29]

C’est-à-dire : « Ils tournent autour de la Maison ancienne -c’est-à-dire la Ka^bah-. »

Combien de tour devons-nous faire ? 3, 5, 7, 14, 13 ? Comment avons-nous su qu’il s’agit de 7 tours ? C’est le messager qui a indiqué, qui a expliqué, qui a détaillé ce que le Qour’an a mentionné de manière globale sans détailler.

Le prophète a dit :

خذوا عنِّي مناسِكَكم

C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. », c’est-à-dire : « Apprenez à faire vos actes d’adorations en m’observant. » Quand il a fait 7 tours autours de la Ka^bah, pas 9, pas 5, nous avons su que les nombres de tours autour de la Ka^bah sont au nombre de 7. Car c’est le messager qui a dit :

خذوا عنِّي مناسِكَكم

 C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. » Donc, nous avons su qu’il s’agit de 7 tours par l’enseignement du messager.

Autres versets dans le Qour’an que Allah a fait descendre par révélation en indiquant des lois générales qui ont besoin de spécification, de restriction ; si l’un d’entre nous étudie la parole de Allah ^azza wa jall :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

[Sourat An-Niça’ / 11] 

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille ». Donc, si un père meurt, ses enfants vont hériter de lui et le garçon aura le double de la fille, c’est-à-dire que le frère va prendre deux parts et la sœur va prendre une part. La mention est citée dans ce verset. Ceci est un jugement général.

Il est parvenu dans la loi du messager ce qui indique des exceptions, il y a des gens qui ne vont pas hériter. Notre prophète, quand il est mort a laissé sa fille Fatimah et il avait des épouses. Si c’était autre que le prophète, quelqu’un d’autre qui n’est pas prophète, n’est-ce pas que ses épouses, sa fille auraient héritées de lui ? Mais le prophète, lui, ne laisse pas d’héritage. Tous les prophètes ne laissent pas d’héritage.

C’est-à-dire que sa fille Fatimah, que Dieu l’agrée n’a pas hérité de son père, le messager de Allah. Pourtant dans le Qour’an, Allah dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » Et Fatimah est la fille du messager de Allah, malgré cela elle n’a pas héritée, pourquoi ? Car il est parvenu dans la sounnah ce qui spécifie la règle générale de ce verset. Dans la sounnah, c’est-à-dire le hadith prophétique, il y a ce qui a spécifié le caractère général de ce verset. Qu’est-ce qui est spécifié ? Le fait que les prophètes ne laissent pas d’héritage, le prophète a dit :

نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة

C’est-à-dire : Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons sera distribué aux gens », c’est-à-dire : « Quand nous mourrons, ce qui était notre propriété sera dépensée dans les intérêts des musulmans, dans des postes bien définis ».

Ainsi, comment avons-nous su que le verset :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

A un cas particulier qui est que le prophète ne laisse pas d’héritage ? Par le hadith ; le messager a indiqué que le jugement du prophète, du fait qu’il ne laisse pas d’héritage, c’est un jugement particulier qui décline du jugement général du verset.

N’eût été le messager qui nous a indiqué cela nous n’aurions pas su et nous n’aurions pas connu ce jugement et Fatimah aurait dit quand son père est mort : « Je veux ma part d’héritage, n’est-ce pas que Dieu dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ

Mais notre maître Abou Bakr a dit : « J’ai entendu le Messager de Allah dire :

نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة

Qui signifie : « Nous autres prophètes nous ne laissons pas d’héritage ce que nous laissons sera dépensé dans les intérêts des musulmans ». Fatimah a ainsi su qu’elle n’avait pas de part dans l’héritage du messager de Allah.

Un autre point : Le messager a restreint le caractère général de ce verset par consensus, par l’unanimité chez les savants des musulmans dans leur totalité, que le fils s’il tue son père, que Dieu nous en préserve, il n’hérite pas des biens de son père. Car le père était la cause de la vie de son fils et le fils a été la cause de la mort du père, c’est cela qui le prive de l’héritage. Car il n’a pas répondu à la bienfaisance par la bienfaisance.

Il n’y a pas dans le Qour’an, depuis sourat Al-Fatihah, puis Al-Baqarah, puis ‘Ali ^Imran, jusqu’à sourat An-Nas, que celui qui assassine, même si c’est un fils, il n’hérite pas de son père, mais Allah ^azza wa jall dit :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

Donc, le caractère général de ce verset est que le fils hérite nécessairement de son père mais est venu ce qui a restreint, ce qui a spécifié le jugement de ce verset, à partir du hadith du messager :

Qui signifie : « L’assassin n’hérite pas de sa victime »

Et dans une version :

« L’assassin n’hérite aucune part du bien de sa victime ». Le messager nous a indiqué ce jugement, il a spécifié par ce hadith le jugement général qui est compris dans la parole de Allah ^azza wa jall :

‫یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾

C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » et pourtant le fils n’hérite pas de son père s’il l’a assassiné. Si le fils a tué son père il n’hérite rien de lui par unanimité, par consensus car le messager l’a dit et en raison de l’unanimité de la communauté à ce sujet.

Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Anbiyaa’ : 1-47

Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,

Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.

Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,

De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.

Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.

Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».

Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre.  « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.

Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.

Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)

Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »

Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.

 « subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ».  Or Dieu est absolument exempt de cela.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.

« law kāna fīhimā » :  fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.

Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.

Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,

1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.

2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance

3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.

Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.

Et il est impossible que le dieu soit impuissant.

Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre  que lui, il est possible  que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement,  cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on  n’émette pas d’objection contre lui.

Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.

On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.

L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.

Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.

La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.

Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.

Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.

Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.

Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.

Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.

Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.

Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).

Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.

Et ils agissent conformément à Ses ordres.

Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.

Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.

Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.

Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.

Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.  

Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer

C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer

C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.

Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.

Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.

Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).

Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.

Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.

 Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.

Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.

Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?

Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont   et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.

Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.

Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī )  des piquets pour que la terre ne tremble pas.    rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.

Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.

Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.

Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».

Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas.  Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.

Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.

Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.

Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.

Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.

Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.  

Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.

Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.

Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.

inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.

C’est la première explication qui vise l’être humain en général.

Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».

Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer.  Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.

Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.

Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.

Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.

Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.

Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.

Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.

Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu.  Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.

Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ?  Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.

Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.

Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.

Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.

Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?

Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.

Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.

Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis.  C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.

Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.

Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.

Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.

Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes.  Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.

Tafsir an Nasafiyy : sūrat ṭāhā de 1 à 135

C’est une sūrat mecquoise (c’est-à-dire révélée au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à La Mecque) et elle comporte 135 versets.

Verset 1 : cette sūrat s’appelle ṭāhā et as-Suyūṭī a dit qu’elle s’appelle aussi sūrat at-taklīm : ça a été rapporté par as-Saẖāwī. Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont dit que ṭāhā est un des prénoms du Prophète mais ce n’est pas quelque chose de confirmé. Les musulmans ont employé le début des deux sūrat ṭāhā et sūrat yāsīn pour désigner le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais le Prophète lui-même ne s’est pas donné ces prénoms-là. Le šayẖ a dit que ṭāhā signifie « ô toi homme éminent ». Dans la langue des Arabes, quand ils disent « yā ṭāhā », cela veut dire « ô toi homme éminent » et « yāsīn » signifie « ô toi être humain éminent ». C’est par la suite que les musulmans se sont mis à employer ces noms pour désigner le Messager, yāsīn, ṭāhā, Musṭafā (qui signifie celui qui est élu). Et le šayẖ a dit que c’était autorisé. Il est valide également d’appeler notre Prophète le prophète élu, Muẖtār, choisi pour la mission de prophète.

Quelques exégètes ont dit que ṭāhā signifie « ô toi qui te lèves beaucoup la nuit pour faire des actes d’adoration surérogatoires, ménage-toi » c’est-à-dire « ne te fatigue pas ».

As-Suyūṭī a dit dans son livre al-ʾitqān : Dieu a cité dans le qurʾān des lettres : une lettre seule, deux lettres, trois lettres, quatre lettres et cinq lettres. Parce que les mots sont composés le plus souvent de ce nombre -là et il n’y a pas plus que cinq lettres. Et il a été dit que ces mots qui sont dans le qurʾān sont des signes que Dieu a donnés aux gens du Livre, qu’il sera révélé à Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam un livre qui comporte dans le début de certaines sūrat des lettres qui ne sont pas des mots. As-Suyūṭī continue en disant que c’est un des avis qu’il a trouvé pour expliquer le début de certaines sūrat en général.

Pour certains de ces mots, il y a une autre explication. Il a été dit que ṭāhā et yāsīn signifient « ô homme » ou bien « ô Muḥammad » ou bien « ô être humain ». Et il a été dit qu’il s’agit de deux prénoms du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Et il a été dit que ṭāhā, comme nous avons vu précédemment, signifie « ménage-toi » parce que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, veillait souvent en prières surérogatoires.

Verset 2 : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé, parce que tu es désolé pour eux et pour leur mécréance. C’est-à-dire du fait que les mécréants de Qurayš ne deviennent pas musulmans.

Deuxième explication : Nous ne t’avons pas fait descendre le qurʾān pour que tu sois éprouvé par les veillées de nuit en prières surérogatoires.

Il a été rapporté que le Prophète ʿalayhi s-salām était tellement resté debout pour faire des prières surérogatoires la nuit que cela avait fait gonfler ses pieds. Alors Ǧibrīl lui a dit : « ménage tes forces. Ton corps et ton âme ont un droit sur toi ». Autrement dit, Nous ne t’avons pas révélé le qurʾān pour que tu t’épuises dans l’adoration. Et tu n’as été envoyé qu’avec la Loi qui est belle et facile.

Verset 3 : (Nous avons révélé le qurʾān) en tant que rappel pour ceux qui craignent Dieu : le rappel est utile pour les croyants.

Ou bien pour ceux qui vont craindre Dieu, c’est-à-dire ceux qui vont être amenés à craindre Dieu.

Verset 4 : et en tant que révélation de la part de Celui qui a créé la terre et les cieux élevés.  Al-ʿulā est un pluriel, c’est un adjectif qui qualifie les cieux et ceci est une preuve claire de l’éminence de la puissance de Dieu.

Verset 5 : Dieu est ar-Raḥmān c’est-à-dire Celui Qui est très miséricordieux pour les croyants et les mécréants dans le bas-monde et pour les croyants uniquement dans l’au-delà.

An-Nasafī a expliqué istawā par istawlā c’est-à-dire que le Trône est sous la toute puissance de Dieu. Az-Zaǧǧāǧ qui est un grand spécialiste de la langue arabe a dit cela. Dieu domine le Trône par Sa puissance. An-Nasafī a attiré l’attention sur le Trône parce que c’est la plus éminente des créatures.

Certains ont dit que al-ʿarš signifie le trône d’un roi, c’est ce qui permet au roi de manifester son autorité, sa souveraineté. Le trône est devenu un symbole de royauté et de souveraineté. De sorte que lorsque les Arabes disent « un tel istawā ʿala l-ʿarch » cela signifie qu’un tel est devenu roi, qu’il s’est emparé du pouvoir. C’est devenu une expression pour désigner la souveraineté.

Il a utilisé une expression en arabe « yadu fulān mabsūtah » qui signifie que la main d’un tel est grand ouverte, c’est pour indiquer la générosité.

An-Nasafī dit que ce qu’il convient de dire à propos de ce verset 5 de la sūrat ṭāhā, c’est ce qu’a dit l’imām ʿAlī, qui signifie : « l’istawā n’est pas inconnu ». Le šayẖ a dit que cela signifie que la confirmation de l’istawā est chose connue dans la Loi. L’imām ʿAlī continue en disant : « et le comment est inconcevable ». C’est-à-dire que le comment n’est pas valide au sujet de Dieu, selon la raison. Car le comment est tout ce qui est caractéristique des créatures. Il est donc inconcevable au sujet de Dieu qu’il y ait un comment. C’est impossible selon la raison. La voie correcte est la parole de l’imām ʿAlī : « l’istawā n’est pas inconnu. Et le comment est inconcevable. Croire à l’istawā est un devoir. Et poser la question à propos du comment de l’istawā est une mauvaise innovation ». Parce que Dieu est de toute éternité (Son existence n’a pas de début). Et de toute éternité il n’y a pas d’endroit. Cela veut dire que de toute éternité, Dieu existe sans endroit. L’endroit est ce qu’occupe une substance dans l’espace. Et Dieu n’est pas une substance qui occupe un espace. Et Dieu est, actuellement, tel qu’Il est, avant la création des endroits. Il ne change pas. C’est-à-dire que, tout comme avant la création des endroits, Dieu est sans endroit, après la création des endroits, Il n’est pas dans un endroit. Il ne change pas. Le changement est la plus grande caractéristique des créatures.

Notre šayẖ a dit que ce verset 5 de sūrat ṭāhā, il n’est pas permis de l’expliquer dans le sens de la position assise. Parce que le fait de s’asseoir est une des caractéristiques des humains. Celui qui croit cela aura considéré que Dieu est semblable aux humains. La position assise quelque soit la manière de s’asseoir, reste une caractéristique des humains, qu’on soit assis en tailleur, ou qu’on soit accroupi, ou en étant assis comme dans la prière. Aucun compagnon du Prophète n’a dit que l’istawā de Dieu sur le Trône signifiait la position assise. Mais les compagnons avaient pour croyance que l’istawā de Dieu a un sens digne de Dieu parmi les sens valides dans la langue arabe. Parce que l’istiwā a quinze sens dans la langue arabe : pour une créature, il peut avoir le sens de la position assise. Et il peut avoir le sens de l’établissement, et le verbe istawā peut avoir le sens d’arriver à maturité, ou de se relever après avoir été allongé et aussi le sens de viser.

Istawā peut avoir le sens de l’istilā qui signifie s’emparer et de qahar qui signifie dominer. Et il peut avoir aussi le sens de l’élévation du degré et ces deux derniers sens sont dignes de Dieu. Il ne s’agit pas de l’élévation de l’endroit ni de la direction. Parce que ce qui compte c’est l’élévation en degrés. Aucun compagnon du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’a expliqué l’istiwā par la position assise ni l’établissement. Mais ils donnaient à l’istiwā un sens digne de Dieu. Ils ne l’expliquaient pas dans un sens d’une des caractéristiques des humains comme la position assise. Parce que la position assise ne peut avoir lieu que de la part des humains ou de certains animaux, qui ont deux partie, une partie supérieure et une partie inférieure. Quant à Dieu, Lui Qui a créé les humains et leurs caractéristiques, Qui a créé les anges et leurs caractéristiques, Qui a créé les ǧin et leurs caractéristiques et leurs états, et Qui a créé d’autres corps que ceux-là, il n’est pas concevable selon la raison ni selon la Loi qu’Il soit caractérisé par la position assise sur le Trône ou le kursī, cela est impossible selon la raison. 

Et l’imam Aḥmad a dit que Dieu istawā comme Il l’a dit mais pas comme on peut l’imaginer.

Et il a été authentifié avec une très bonne chaine de transmission d’après l’imam Mālik que Dieu l’agrée qu’il a dit : Dieu istawā tout comme Il nous l’a appris, comme étant un de Ses attributs. Dieu nous a appris que, parmi Ses attributs, il y a l’istiwā et on ne dit pas comment au sujet de Dieu. Et le comment, Dieu en est exempt.

Et il n’est pas valide du point de vue de la chaine de transmission et ce n’est pas correct que l’imam Mālik ou que quelqu’un d’autre que lui ait rapporté du salaf qu’il aurait dit : l’istiwā est connu et le comment est inconnu. Personne n’a dit cette phrase parmi les savants. Car le fait de dire que Dieu a un comment qui est inconnu c’est que Dieu aurait un comment mais que nous, nous ne connaissons pas. Donc cela revient à attribuer à Dieu le comment. Et le comment ce sont les caractéristiques des créatures. Cette phrase suggère un sens qui est faux : que Dieu aurait un istiwā avec un aspect et une forme, mais que nous, nous ne connaitrions pas. Or ceci est complètement différent de ce que le salaf a dit : et le comment est inconcevable.

Le šayẖ a dit que cette phrase « le comment est inconnu », certains Acharites l’ont dite mais eux, ils n’en comprenaient pas que Dieu aurait un comment que nous ignorons, mais ils en comprenaient que Dieu est exempt du comment. Mais cette phrase est dite par beaucoup d’assimilationnistes et de wahabites, qui ont pour croyance que Dieu est assis sur le Trône ou bien qu’Il est au-dessus du Trône.

Ne vous laissez méprendre par le fait que cette expression figure dans le livre « iḥyāhu ʿulūmi d-dīne » parce que l’auteur de ce livre Al-Ġaẓālī ne vise pas le sens que les assimilationnistes visent. En effet Al-Ġaẓālī déclare explicitement dans ce livre que Dieu est exempt d’être dans un endroit, Il est exempt de la limite et de la quantité. La limite et la quantité font partie des caractéristiques des créatures.

Dieu dit dans sūrat ar-raʿd verset 8 ce qui signifie : « toute que Dieu a créée a une quantité ».

Etre situé dans un endroit ou une direction fait partie des caractéristiques des corps et Dieu n’est pas un corps.

Les wahabites comprennent de l’expression qu’ils emploient un sens qui implique que Dieu serait situé dans un endroit. Ce qui est étonnant de leur part c’est qu’ils disent que l’istiwā sur le Trône, il est physique mais ils disent que c’est inconnu.

Nous, nous disons que la phrase « aR-Raḥmān istawā ʿala l-ʿarš » signifie que Dieu domine le Trône. Si quelqu’un nous dit pourquoi dites-vous cela alors qu’on sait que Dieu domine toute chose ! On répond que Dieu dit aussi « wa huwa rabbu l-ʿarchi l-ʿāẓīm » dans sūratū t-tawbah verset 129 ce qui signifie que Dieu est le Seigneur du Trône éminent alors qu’Il est le Seigneur de toute chose. Comme l’a dit le poète : qad istawā Bišrun ʿala l-ʿIrāqī min ġayri sayfin wa damin muġrāqī, ce qui signifie que Bišr a dominé l’Iraq sans brandir d’épée ni faire couler de sang. Il n’a pas fait de guerre. Dans la langue arabe, on peut utiliser le terme istawā ʿala dans le sens de dominer.

Pourquoi le Trône est-il mentionné en particulier ? L’intérêt est que le Trône est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu est tout puissant à créer plus grand que le Trône mais Il a fait que ce soit la plus grande des créatures. Donc cela veut dire que Dieu domine tout ce qui est plus petit que le Trône. Dominer signifie que le Trône est sous la puissance de Dieu. Si ce n’était la puissance de Dieu, le Trône serait tombé sur ce qui en-dessous de lui.

L’imam ʿAlī que Dieu l’agrée a dit ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône par manifestation de Sa puissance et non pas pour le prendre comme endroit pour s’asseoir ». Rapporté par l’imam le muḥaddiṯ le faqīh Abū Manṣūr at-tamimī dans son livre « at-tabsirah ». Il a dit : lorsque nous disons que Dieu domine le Trône, cela veut dire que Dieu domine toute chose. Le Trône est la plus grande des créatures par ses dimensions, il a une dimension, il a une limite mais seul Dieu sait cette limite. Par contre, ibnu Taymiyah qui est un égaré et qui a une mauvaise croyance, il dit que Dieu a une limite mais que, seul Lui sait. Donc il aura ainsi comparé Dieu au Trône. Et c’est une mécréance car Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Si l’un d’eux nous dit : comment dites-vous que Dieu a créé le trône par manifestation de sa puissance, alors que nous ne le voyons pas ? Nous répondons que les anges qui sont tout autour du Trône, ils le voient. Et ainsi, ils augmentent en crainte révérencielle envers Dieu. Leur crainte en glorification de Dieu augmente. Et ils augmentent également en certitude en la parfaite toute puissance de Dieu.

Une autre manière d’expliquer ce verset 5 de sūrāt ṭāhā est de dire : Dieu istawā ʿala l-ʿarš d’un istawā qui est digne de lui, tout en L’exemptant de l’istawā des créatures.

Si quelqu’un dit que Dieu istawā d’un istiwā digne de Lui, cela s’appelle une interprétation globale. On ne précise pas un sens pour l’istiwā.

Quand on dit que Dieu domine le Trône, cela s’appelle une interprétation détaillée. Parce que le mot istawā a 15 sens et le sens de dominer est un de ces quinze sens. On a éliminé les sens qui ne sont pas dignes de Dieu et parmi les sens restants, on a pris parmi eux. On n’a pas la certitude que c’est ce sens -là que Dieu vise mais il n’y a pas de péché à le dire. En effet il n’y a pas que ce sens-là qui est digne de Dieu parmi les sens du terme istawā. Mais ce sens-là « dominer », on a une forte présomption que c’est celui-là qui est correct.

Sachez qu’il est un devoir de mettre en garde contre ceux qui rendent possible pour Dieu la position assise ou l’établissement sur le Trône en expliquant la parole de Dieu « ar-Raḥmānou ʿala l-ʿarši stawā » par la position assise ou l’établissement ou la proximité. C’est la croyance des wahabites, c’est une nouvelle religion qui date d’environ trois siècles. Et avant eux, il y a eu d’autres gens qui ont expliqué l’istiwā par la position assise. C’est un devoir de se méfier d’eux. Ils sont partis d’une proposition qui est fausse : ils ont dit que tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Et c’est faux car cela concerne les créatures uniquement. Ils ont fait une analogie entre le Créateur et la créature. La créature est dans un endroit mais Dieu n’est pas dans un endroit. Ils disent : « comment Dieu existe-t-il sans endroit ? Car tout ce qui existe est forcément dans un endroit. Comme Dieu existe, il est dans un endroit ». C’est une argumentation complètement fausse. On leur répond en disant que ce n’est pas une condition pour l’existence que d’être dans un endroit. On leur dit : n’est-ce pas que Dieu existe avant l’existence des endroits, avant l’existence du temps, avant l’existence de tout autre que cela ? !

Preuve en est le ḥadīṯ : qāla rasūlu l-Lāhi ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : « kāna l-Lāhu wa lam yakun šayʾun ġayruh « ce qui signifie : le Messager que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « Dieu est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Le Prophète a dit cette phrase lorsque des gens du Yémen sont venus le questionner au sujet du commencement de ce monde. Le Prophète leur a répondu par une information encore plus importante c’est-à-dire qu’avant le début de ce monde, seul Dieu existe. Autre que Dieu englobe les endroits, les directions, le temps et tout cela n’est pas de toute éternité. Cela veut dire que Dieu existe de toute éternité sans les endroits, sans les directions, sans le temps. Et comme Dieu ne change pas, cela veut dire qu’après la création des endroits, du temps, des directions, Dieu est toujours sans endroit, ni direction, ni temps. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Buẖārī, par Al-Bayhaqī et d’autres.

Il est donc valide selon la Loi et selon la raison que Dieu existe sans les endroits et sans les directions. Et l’Islam est le fait de faire l’absolue différence entre le Créateur et la créature. Mais les wahabites ont fait une analogie entre le créateur et la créature : ils ont dit : « tout comme on ne conçoit pas l’existence d’une créature sans qu’elle soit dans un endroit, alors c’est impossible que Dieu soit sans endroit ». C’est cela qui les a amenés à leur perte. Quand on dit que Dieu existe sans comment, cela veut dire que Dieu n’a pas les caractéristiques des créatures.

Verset 6 : à Lui tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre, et ce qu’il y a entre eux et ce qui est sous terre. C’est-à-dire que tout cela appartient à Dieu. Et Il fait de ce qui Lui appartient ce qu’Il veut.

Verset 7 : que tu dises quelque chose à voix haute ou à voix basse, Dieu sait ce que tu dis à voix basse. Et même ce qui encore plus discret que ce qui est dit à voix basse. Comme ce qui nous passe par l’esprit ou ce qu’on a dans le cœur. Rien n’échappe à la science de Dieu.

Dieu sait absolument tout.

Verset 8 : Allāh il n’est de dieu que Lui. Il a les noms qui indiquent la perfection. Allāh est le plus beau mot de la langue arabe. « Allāh il n’est de dieu que Lui » cela signifie que Dieu est unique par Son Etre, même si Ses noms et Ses attributs sont plusieurs. « Il a les noms qui indiquent la perfection » : c’est-à-dire que les noms de Dieu ne comportent pas de défaut.

Verset 9 : est-ce qu’il t’est bien parvenu le récit de Moise ? C’est-à-dire que Dieu a cité le récit de Moise pour que notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam le prenne comme une consolation et un modèle pour lui et pour que ce soit une aide à supporter le statut de prophète, par la patience face aux difficultés.

Verset 10 : lorsqu’il a vu un feu. Dieu a ordonné à notre maitre Moise de se rendre dans un endroit et il a vu un feu. Il a été rapporté que notre maître Moise avait demandé l’autorisation à Šuʿayb (qui était son beau-père et qui était aussi un prophète) de s’absenter pour aller visiter sa mère qui se trouvait en Egypte. Il est parti avec son épouse et elle a accouché en route. C’était par une nuit obscure et froide. Il avait perdu son chemin, son troupeau s’était dispersé, il n’avait pas d’eau. Il a essayé d’attiser un feu mais son bras était devenu comme glacé tellement il faisait froid. Il a alors vu un feu. En réalité c’était une lumière. Il a dit à sa famille : attendez, j’ai vu un feu. Pourvu qu’on puisse se réchauffer, puissé-je amener une braise de ce feu. On comprend de cette phrase qu’il avait un espoir, ce n’était pas une certitude. Ceci, afin de ne pas promettre ce qu’il ne peut pas réaliser.

En extraire un feu : c’est-à-dire soit un feu au bout d’un bâton ou au bout d’une mèche.

Ou peut-être que je trouve autour de ce feu des gens qui sont bien guidés. C’est-à-dire qui puissent m’indiquer le chemin pour que je puisse continuer.

Verset 11 : quand il s’est rendu auprès de ce feu, il a vu que c’était un feu qui était tout blanc. Il n’y avait pas de flamme. Ce feu jaillissait d’un arbre en partant du bas du tronc jusqu’en haut. C’était un arbre de al ʿunnāb un jujubier, dont le fruit qui ressemble à une toute petite pomme. Il n’a vu personne autour. Il a été rapporté que chaque fois qu’il se rapprochait de cet arbre, l’arbre s’éloignait. Et s’il reculait, l’arbre retournait à sa place. Moise fut appelé, c’est-à-dire qu’un ange l’a appelé de la part de Dieu. Il a dit : ton Seigneur te dit ô Mūsā

Verset 12 : Je suis Ton Seigneur. Ceux qui attribuent le corps à Dieu ont prétendu que Dieu parle avec une voix. Or la voix est une caractéristique du corps. Le corps et la voix ont un début. Ce sont des choses relatives aux créatures. Mais la parole de Dieu n’est pas une voix. Dieu est exempt d’être une substance ni une caractéristique d’une substance. L’être humain a forcément des caractéristiques. Il n’y a pas un être humain qui soit dépourvu de mouvement ou d’immobilité. Tout ce qui change implique le début. Il est impossible selon la raison qu’il y ait quelque chose qui change et qui soit sans début. Tout ce qui change a obligatoirement un commencement.

Enlève tes chaussons : An-Nasafī a dit que c’est pour qu’il puisse fouler cette terre bénie. D’autres ont dit que c’est parce que ses chaussons sont faits à partir d’une peau d’âne qui n’a pas été tannée. C’est cela l’avis qui est retenu. Il a été dit aussi que le fait de marcher pieds nus est une preuve de modestie et d’humilité envers Dieu. Et le qurʾān indique cela. Les musulmans du salaf ont fait les tours autour de la kaʿbah pieds nus, par humilité envers Dieu. Alors Mūsā a enlevé ses chaussons et les a jetés par-derrière la vallée.

Le šayẖ a dit : c’est l’habitude des gens de mon pays, quand un étudiant de science vient étudier chez son enseignant, il enlève ses chaussures avant de rentrer. 

Certes tu es dans la vallée sacrée : c’est-à-dire pure ou bénie.

Verset 13 : Je t’ai élu pour le statut de prophète. Alors entends bien ce qu’il t’est révélé.

Verset 14 : certes Je suis Allāh il n’est de dieu que Moi. Adore-Moi et accomplis la prière. C’est-à-dire : crois en Mon unicité et obéis-Moi. Et accomplis la prière pour M’évoquer. Parce que dans la prière, il y a des évocations. Ou bien parce que j’ai mentionné la prière dans les livres anciens et J’ai ordonné qu’elle soit accomplie.

Il y a plusieurs explications et le šayẖ a dit : accomplis la prière pour M’évoquer, c’est-à-dire en des temps bien précis. Car Dieu dit ce qui signifie : la prière a été prescrite pour les croyants dans des temps bien précis.

Il a mentionné, d’abord pour adorer Dieu puis pour faire la prière. Ceci est une preuve que la croyance en l’unicité de Dieu est prioritaire sur tout autre chose.

Verset 15 : certes l’Heure du jugement arrive inéluctablement : les gens ne savent pas quand ce jour va arriver exactement. Ce jour-là chaque âme sera justement rétribuée de ce qu’elle aura accompli.  Dieu a su et a voulu que le Jour du jugement va arriver. Chaque instant qui passe nous rapproche, et de notre terme, et du Jour du Jugement. Dieu nous a donnés des signes annonciateurs de ce jour sans nous informer exactement quand. Ceci, pour que nous soyons toujours prêts à nous préparer pour ce jour. Dieu nous a voilé la date exacte du Jour du Jugement, pour que chaque âme soit correctement rétribuée en fonction de ce qu’elle aura réalisé.

Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra les conséquences. Et celui qui le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra les conséquences. Dieu dit ce qui signifie : « l’exemple de ceux qui ont mécru en Dieu, leurs œuvres sont telles un tas de cendres exposé au vent un jour de tempête ».  Et Il dit ce qui signifie : « dis : obéissez à Dieu et à Son Messager, s’ils rejettent cela, alors Dieu n’agrée pas les mécréants ».

Verset 16 : ne te laisse pas détourner : c’est-à-dire ne te laisse pas détourner pour œuvrer pour le Jour du Jugement ou bien ne te laisse pas détourner pour accomplir la prière ou bien ne te laisse pas détourner de la croyance au Jour du Jugement. La parole est adressée ici à Moise mais ce qui est visé est sa communauté. En effet tous les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Ils sont l’élite de la création.

Par ceux qui n’y croient pas : c’est-à-dire que ceux qui n’y croient pas ne t’influencent pas.

Et qui ont suivi leurs passions : c’est-à-dire ce que leur embellit leur âme. Et qui contredisent l’ordre de Dieu

Car cela va te mener à ta perte.

Dieu dit en s’adressant au Prophète mais ceux qui sont visés ce sont les gens de sa communauté ce qui signifie : si tu tombes dans l’association (c’est-à-dire si des gens de ta communauté tombent dans l’association) alors tu perdras toute récompense.

Verset 17 : Dieu annonce à Moise qu’il aura un miracle avec son bâton qu’il tient avec sa main droite.

Verset 18 : il (Moise) a dit : c’est un bâton que j’utilise comme appui ou bien quand je conduis un troupeau ou bien pour sauter et je tape les branches des arbres pour que mon troupeau puisse manger ce qui tombe des arbres et je l’utilise pour d’autres choses encore.

Les autres usages que Moise avait de ce bâton c’est que ce bâton l’accompagnait, conversait avec lui, combattait l’ennemi, les fauves, devenait aussi comme un support pour accrocher une poulie pour pouvoir récupérer de l’eau d’un puits et parfois les deux branches de ce bâton devenaient comme des bougies qui éclairent la nuit et il servait aussi à porter ses affaires, ses provisions et également, quand il le plantait dans le sol, ce bâton donnait le fruit qu’il désirait.  Et aussi quand Moise plantait son bâton dans le sol, l’eau jaillissait et la source tarissait quand il l’enlevait du sol. Ce bâton protégeait aussi des animaux sauvages. Donc Moise a énuméré les bienfaits qu’il tirait de ce bâton.

Verset 19 : il lui a été dit lance ton bâton ô Mūsā : c’est pour que tu ne t’appuies plus dessus et que tu n’aies plus recours à autre qu’à Dieu et que tu voies ce que ce bâton comporte comme autre usages et que tu te fies à Nous pour tes demandes.

Verset 20 : Mūsā l’a lancé et c’était devenu un serpent qui se mouvait rapidement. Il a été dit que c’était devenu un serpent qui engloutissait les rochers et les arbres. Quand notre maitre Mūsā a vu son bâton qui était devenu un serpent qui dévorait tout sur son passage, il a eu un mouvement naturel d’appréhension.

Le terme utilisé en arabe est le mot ḥayyah qui est un terme générique car il peut englober aussi bien ce qui est un petit serpent ou un gros serpent, il désigne les différentes catégories de reptiles. 

Verset 21 : Dieu dit reprends-le (ce serpent) et ne crains rien, Nous allons lui redonner son aspect d’origine. Quand notre maitre Moise a entendu la parole « ne crains rien », il a même introduit sa main dans la gueule du serpent et il a pris ses deux mâchoires.

Nous allons lui redonner son aspect d’origine : sīratu l-insān c’est la conduite de l’être humain, qu’il a naturellement ou par acquisition. Dieu a dit à Moise que le serpent allait reprendre son aspect d’origine pour que Moise réalise son miracle avec pharaon et ainsi Dieu a préparé Moise à l’aspect que le bâton allait prendre quand il serait en présence de pharaon.

Verset 22 : ramène ta main sous ton ǧanāḥ. Le mot ǧanāḥ à l’origine signifie l’aile de l’oiseau mais ici, cela veut dire le bras. Donc « mets ta main sous ton bras ». Les ǧanāḥ de l’être humain ce sont ses côtés. C’est une métaphore, c’est comme les ailes de l’oiseau. yaǧnaḥ signifie « il bat des ailes ». Elle sortira toute blanche. C’est-à-dire qu’elle sera lumineuse comme le soleil qui aveugle les yeux, sans qu’il n’y ait de maladie comme le vitiligo, ça sera un autre miracle pour toi. C’est-à-dire un autre signe de ton statut de prophète.

Le šayẖ al-Hararī que Dieu l’agrée a dit : la couleur blanche de la main de Moise sera agréable à voir, ce n’est pas comme quand quelqu’un a le vitiligo et c’est une couleur blanche qui est laide.

Verset 23 : afin de te montrer de Nos grands signes. C’est-à-dire : voici là un autre miracle (après celui de la transformation du bâton en serpent). Afin que Nous te montrions par ces deux signes certains de Nos grands signes.

Verset 24 : va chez pharaon, il a fait preuve d’injustice : il est devenu tyrannique. Il a dépassé son statut d’esclave pour prétendre à la divinité. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a reçu l’ordre d’aller chez pharaon le tyrannique, l’injuste et que Mūsā a su qu’il avait été chargé d’une mission lourde de responsabilité, qui nécessite un cœur plein de patience.

Verset 25 : il a dit (Mūsā ʿalayhi s-salām) ô Seigneur, fais que mon cœur soit fort pour supporter cela. Fais que mon cœur soit suffisamment fort pour supporter la révélation, pour supporter les difficultés et pour que je puisse supporter les mauvais comportements de pharaon et de ses soldats.

Verset 26 : et facilite-moi ma tâche : c’est-à-dire : ô Dieu, rends facile pour moi ce que tu as ordonné de faire.  Facilite-moi la transmission du message à pharaon.

Verset 27 : dénoue le nœud que j’ai dans ma langue c’est-à-dire facilite-moi la parole. Facilite-moi de trouver les mots justes et de les exprimer facilement. Dans la langue de notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il y avait une trace de brûlure parce qu’il avait mis une braise dans sa bouche lorsqu’il était enfant. Il était né l’année où pharaon faisait tuer tous les garçons des fils d’ Isrāʾīl qui naissaient. Dieu a inspiré la mère de notre maitre Mūsā de le placer dans un berceau qu’elle attacherait sur le fleuve et Dieu a fait que ce berceau est allé dans la maison de pharaon. Comme la femme de pharaon était musulmane et ne pouvait avoir d’enfant, elle a demandé à pharaon de garder cet enfant. Mais il a refusé toutes les nourrices qu’on lui proposait. Alors sa sœur qui avait suivi le berceau a indiqué sa mère comme nourrice, il a donc été rendu à sa mère. Puis un jour qu’il était dans le palais de pharaon, il a tiré sur sa barbe. Pharaon était énervé, il voulait le tuer. Sa femme Āsiya a intercédé en faveur de Mūsā en disant à pharaon : « ne le tue pas, c’est un enfant ». Elle a pris un récipient dans lequel elle a mis des braises et un autre récipient avec des perles. Elle voulait prouver à pharaon que ce bébé n’avait pas encore l’âge de la distinction. Le bébé allait prendre les perles mais un ange a poussé sa main vers les braises qu’il a prises dans sa bouche et ça lui a brûlé la langue. Suite à cela, cela a entrainé un effet sur sa langue. Mais il parlait correctement, avec une certaine lenteur.

Il a été rapporté que, quand il a pris le charbon, sa main aussi a été brûlée et que pharaon avait fait tout son possible pour la soigner mais il n’a pas réussi et quand Mūsā est venu appeler pharaon à l’islam, celui-ci lui a dit : à quoi m’appelles-tu ? Et Mūsā lui a dit : je t’appelle à adorer celui qui a soigné ma main alors que toi, tu étais incapable de la soigner.

ʿuqdatan min lisānī : c’est comme si c’était un des nœuds de ma langue et cela fait croire que ce ne sont pas tous les nœuds qui ont été dénoués. Mais la plupart des savants ont dit que tous les nœuds ont été dénoués. Et notre maitre Mūsā n’a plus eu de difficultés à parler depuis.

Notre prophète Mūsā ʿalayhi s-salām avait eu un effet sur sa langue. Et cela était pour une sagesse pour que pharaon ne le tue pas.  Attention, ce charbon qu’il avait placé dans sa bouche n’avait pas eu pour effet que ses propos étaient incompréhensibles. Il parlait avec une légère lenteur mais ses paroles étaient parfaitement compréhensibles. Il ne modifiait pas une lettre par une autre. Mais il parlait parfaitement. Il y avait un nœud léger c’est-à-dire une certaine lenteur à cause de cette brûlure. Puis il a invoqué Dieu quand la révélation lui était parvenue. Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.

Il a dit ô Seigneur libère-moi de cette légère lenteur que j’ai sur la langue. C’est-à-dire fais que ça touche leurs cœurs et que ça soit efficace. Et Dieu l’a exaucé et même cette lenteur a disparu.

Verset 28 : afin qu’ils comprennent ma parole quand je leur transmets le message. Tous les prophètes avaient un aspect physique parfait, il n’y avait pas parmi les prophètes un seul qui avait une quelconque infirmité. Il n’y avait pas parmi les prophètes un boiteux ni un aveugle.  Mais Yaʿqūb ʿalayhi s-salām, tellement il avait été chagriné suite à la perte de son fils Yūsuf, tellement il avait pleuré qu’il avait perdu la vue pendant un certain temps. Puis il avait recouvré la vue après que Yūsuf lui avait envoyé sa chemise.  Yūsuf était en Egypte et Yaʿqūb était à Madian. Quand il a reçu la chemise de son fils, il a senti l’odeur de son fils et il a recouvré la vue. C’est la preuve qu’il est permis de faire le tabarruk (le fait de rechercher les bénédictions par une trace physique). Et Dieu fait que cette bénédiction soit une cause de guérison. Cela montre qu’un prophète peut perdre la vue pendant un certain temps, mais pas au début de la révélation. C’est-à-dire que quand la révélation lui parvient, il n’est pas aveugle. Donc Yaʿqūb a recouvré la vue quand il a reçu la chemise de son fils. Mais il n’était pas aveugle de naissance et il n’avait pas de cécité avant cette épreuve. Un prophète, au début de la révélation, nécessairement, il a la vue. Mais après avoir reçu sa mission de prophète, il est possible qu’il perde la vue pendant un certain temps.

Mais celui qui prétend qu’Ādam ^alayhi s-salām était sauvage, de petite taille, trapu comme un singe, c’est un mécréant. De même devient mécréant celui qui dit qu’Ādam marchait nu sur terre. Parce que cela constitue une réfutation du Qur’ān, un démenti. Ainsi, Dieu jure dans sūrat at-tīn par les figues et les olives et par le mont aṭ-ṭūr qui est dans le Sinaï. Nous, nous jurons par Dieu, par de Ses attributs. Mais Dieu jure par ce qu’Il veut. Il a aussi juré par cette ville paisible qui est La Mecque. Il a dit ce qui signifie : « Nous avons créé l’homme avec la meilleure apparence ». Et le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Ādam était grand de taille, il mesurait soixante coudées (une coudée équivaut à environ 46.2 cm, donc sa taille atteignait les trente mètres), et il avait sept coudées de large. Puis ses descendants sont devenus petits.

Verset 29 : et fais que j’ai un ministre de ma famille. C’est-à-dire quelqu’un sur qui je puisse m’adosser sur qui je puisse m’appuyer. Donc le mot wazīr dérive de wizr qui signifie la charge, le fardeau. Le ministre est celui qui aide le roi à soulever les fardeaux. Ou encore le mot wazīr dérive de wazar qui signifie le refuge. Le roi se réfugie dans l’avis de son ministre et il a recours à lui pour gérer ses affaires. Ou encore le mot wazīr dérive de al-mouʾāzarah, c’est-à-dire le soutien et l’entraide.

Verset 30 : mon frère Hārūn 

Verset 31 : fais qu’il me soutienne et de qui je puisse tirer plus de force.

Verset 32 : et fais qu’il soit mon associé dans ma mission. C’est-à-dire fais qu’il soit un prophète et un messager avec moi.

Verset 33 : Dieu dit au sujet de Mūsā ʿalayhi s-salām : afin que nous T’évoquions beaucoup sabbaḥa ici, signifie faire la prière et évoquer Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à Dieu de lui envoyer Hārūn pour qu’ils puissent ensemble évoquer beaucoup Dieu, pour qu’ils s’entraident à l’adoration de Dieu.

Verset 34 : et que nous T’évoquions beaucoup (pendant la prière et en-dehors de la prière).

Verset 35 : Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ô Allāh, certes Tu sais tout de nous. Dieu, rien n’échappe à Sa science.

Verset 36 : Dieu a répondu à l’invocation de notre maitre Mūsā : ta demande a été exaucée ô Mūsā c’est-à-dire qu’il t’a été donné ce que tu as demandéô Mūsā. Il y a différentes sortes de récitation ici : au lieu de dire « suʾlak » on dit « sūlak ».

Verset 37 : et Nous t’avons fait grâce une seconde fois. Nous t’avions déjà fait grâce auparavant une autre fois, auparavant.

Verset 38 : Nous avions inspiré à ta mère ce que Nous t’avions inspiré. aʾuḥā signifie Nous t’avions révélé ; mais les femmes ne reçoivent pas la révélation car ce sont les hommes qui sont des prophètes. Une explication est : il se peut que Dieu ait envoyé un ange à la mère de Mūsā qui lui a dit ce que Dieu veut qu’elle sache. Ou bien c’est une inspiration qu’elle a eue dans son cœur. Ou bien elle a fait un rêve lorsqu’elle a accouché de Mūsā.

Car le pharaon de cette époque faisait tuer tous les garçons qui naissaient, une année sur deux. Et Mūsā est né une de ces années-là. Pharaon avait ordonné à ses gardes de chercher tous les descendants d’ Isrāʾīl et il faisait tuer tous les garçons qui naissaient.

Ce qui a été révélé à la mère de Mūsā est expliqué dans le verset suivant.

Verset 39 : que tu mettes ton enfant dans un berceau flottant dans l’eau (du Nil) afin que cette eau l’amène sur le rivage et il sera récupéré par un ennemi à Moi et par un ennemi à lui (àMūsā).

Il a été rapporté que la mère de Mūsā avait mis sur l’eau ce berceau flottant et qu’elle l’avait enduit d’un produit qui empêchait l’eau de l’infiltrer. Il y avait une grande partie du fleuve qui arrivait à un verger de pharaon. Alors qu’il était assis avec son épouse Āsiyah dans ce verger, ils ont vu le berceau qui avait échoué sur le rivage. Il a ordonné qu’on lui ramène ce berceau et il a vu un garçon qui avait le plus beau des visages. Tout de suite pharaon l’a aimé.

Je t’ai accordé un amour de Ma part : Dieu a agréé Mūsā et ceux que Dieu agrée, les gens les aiment. Il n’y pas eu une seule personne qui ait vu Mūsā sans l’aimer.

Un des compagnons du Prophète qui s’appelle Qatādah a dit : « il y avait une beauté dans le visage de Mūsā, personne ne le voyait sans qu’il ne l’aimât ».

Et que tu sois élevé sous Ma protection : ici le mot ʿaynne veut pas dire « œil » au sujet de Dieu parce que Dieu n’est pas un corps. Cela veut dire « afin que tu grandisses sous la protection de Dieu ».

Verset 40 : ta sœur a marché pour lui dire « est-ce que vous voulez que je vous indique une nourrice qui puisse l’allaiter ? » C’est une autre grâce de la part de Dieu, le fait que la sœur de Mūsā ait suivi le berceau. Sa sœur s’appelait Maryam. Il s’est avéré qu’ils étaient en train de chercher une nourrice qui puisse l’allaiter. Dieu a fait que Mūsā avait rejeté toutes les nourrices qui lui avaient été proposées. Et elle visait par cette nourrice la véritable mère du bébé. Ils ont été d’accord. Alors elle a ramené la mère de Mūsā et bien sûr il a accepté le sein de sa mère.

Nous t’avons ramené auprès de ta mère tout comme Nous le lui avions promis. Pour que ton cœur se réjouisse en t’ayant à nouveau auprès d’elle.

Et qu’elle ne soit pas chagrinée pour t’avoir perdu et il est arrivé plus tard quand tu as grandi, tu as tué quelqu’un et Nous t’avons sauvé des conséquences. Et tu as tué un Qibt et Nous t’avons sauvé du fait d’être tué à ton tour. Le mot ġamm, certains ont dit que c’est l’homicide dans la langue de  Qurayš et d’autres ont dit qu’il était tourmenté à cause de cet homicide par crainte du châtiment de Dieu. Ceci a eu lieu avant le statut de prophète de notre maître Mūsā ^alayhi s-salām et ceci n’est pas un grand péché car il l’a tué involontairement. Il craignait que pharaon ne le tuât en raison de cet homme. Et Dieu a pardonné à Mūsā quand il a dit : « ô Seigneur, j’ai été injuste envers moi-même, pardonne-moi ». Dieu a sauvé Mūsā de pharaon puisqu’Il a fait que Mūsā quitte l’Egypte pour Madiane qui se trouve entre l’Arabie et la Jordanie. Madiane était la ville du prophète Šuʿayb.

Nous t’avons élu parmi d’autres : Mūsā a été élu par le fait d’être prophète.

Tu es resté un certain nombre d’années parmi les habitants de Madiane : c’est la ville du prophète Šuʿayb, elle se trouve à huit étapes de l’Egypte. Wahb, un des exégètes du qur’ān a dit que notre maitre Mūsā ^alayhi s-salām est resté 28 ans à Madiane : 10 ans en tant que dot pour Séphora, la fille de Šuʿayb qui était la femme de Mūsā, puis 18 ans en plus. Il a eu des enfants.

Puis il est arrivé le temps où Mūsā a reçu son statut de prophète.

Verset 41 : Je t’ai choisi pour recevoir la révélation de Ma part pour que tu te comportes tel que Je veux et j’agrée.

Az-Zaǧǧāǧ qui est un spécialiste de la langue a expliqué ce verset par : « Je t’ai choisi pour la mission que Je t’ai donnée, Je t’ai fait celui qui est Ma preuve pour les gens, tu es celui qui est l’intermédiaire entre les gens et Moi, c’est comme s’ils ont entendu Ma parole que tu leur transmets ».

Verset 42 : va, toi et ton frère, avec Mes signes. Avec mes miracles et ne vous lassez pas de m’évoquer. Ne soyez pas de ceux qui faiblissent et qui font preuve de défaillance. ḏikrī c’est-à-dire : c’est comme si vous aviez des ailes pour vous envoler. Ou bien transmettez Mon message à pharaon et à son peuple. Le mot ḏikr qui est traduit communément par évocation est un mot qui désigne différentes sortes d’adoration. Et transmettre le message est un acte d’adoration et c’est le plus éminent des actes d’adoration.

Verset 43 : allez donc tous les deux voir pharaon, il a dépassé les limites. Cette phrase a été répétée deux fois. Pharaon a été tyrannique puisqu’il a prétendu la divinité.

Verset 44 : dites-lui des paroles convenables : c’est-à-diredes paroles adéquates, douces, car c’est cela qui va l’amener à accepter l’Islam.

Pour que ce soit une cause de rappel pour lui : de sorte à ce qu’il soit exhorté et qu’il reconnaisse la vérité. Le rappel a eu lieu pour lui mais il a accepté au moment où il allait se noyer, donc c’était trop tard. Car Dieu n’accepte pas le repentir de la part de quelqu’un qui a perdu tout espoir de vivre.

Il a été dit que pharaon avait été exhorté par le rappel que lui avait fait Mūsā et Hārūn et qu’il voulait les suivre mais que c’était son ministre qui l’en avait empêché.

Il a été dit que ce verset a été récité auprès de Yaḥyā fils de Muʿāḏ et il était connu pour être un ascète, un grand saint. Quand il a entendu ce verset, il s’est mis à pleurer et il a dit : « quand tu es de ceux qui parlent avec douceur et de manière adaptée à un mécréant qui prétend la divinité (pharaon avait dit qu’il était le seigneur suprême), alors comment vas-tu parler à quelqu’un qui reconnait la divinité de Dieu !! A plus forte raison, il convient de parler de manière adaptée à quelqu’un qui est musulman et qui dit la parole -subḥāna rabi l-ʾaʿlā-

Verset 45 : ils ont tous deux dit ô Seigneur nous craignons qu’il ne s’empresse de nous punir ou qu’il fasse preuve d’injustice. Nous craignons qu’il ne nous punisse en dépassant la limite en nous faisant du mal.

Verset 46 : Il leur a dit ne craignez rien Je serai avec vous J’entends et Je vois. Je suis avec vous : c’est-à-dire Je vous donne la victoire et Je vous protège.

J’entends : ce que vous allez dire et Je vois : ce que vous faites. Dieu, par Son ouie qui est de toute éternité, Il entend les choses qui entrent en existence. Et Il entend Sa parole qui, elle, est de toute éternité. Sa parole est un attribut, elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures.

Et Dieu voit les choses qui sont entrées en existence. Et Dieu voit Son Etre à Lui qui est de toute éternité.

Ibnu ʿAbbās a dit au sujet de ce verset : (ne craignez rien, Je vous soutiens, J’entends (c’est-à-dire vos invocations) et Je vous les exaucerai et Je vois (ce qui risque de vous arriver de la part de ceux qui complotent contre vous) et Je l’empêcherai). Autrement dit, ce qui vous arrive n’est pas quelque chose qui M’échappe. Alors n’ayez pas de crainte.

Verset 47 :  allez le voir (c’est-à-dire pharaon) dites-lui nous sommes les envoyés de ton Seigneur.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans ce verset où Dieu leur dit de dire : nous sommes des messagers envoyés à toi, c’est une preuve qu’aussi bien Mūsā que Hārūn sont des messagers.

Et dites-lui envoie avec nous les descendants Isrāʾīl (le prophète Yaʿqūb qui est le petit-fils du prophète Ibrāhīm). Laisse les descendants d’Isrāʾīl venir avec nous, c’est-à-dire libère-les du joug de l’esclavage de la part de pharaon.

Et ne leur fais pas subir des tâches qu’ils ne peuvent pas supporter : car pharaon leur faisait faire des travaux forcés

Nous t’avons amené un signe de la part de ton Seigneur : c’est-à-dire une preuve que c’est bien Dieu Qui nous a envoyés, nous t’amenons la preuve de la véracité de ce que nous prétendons. Cette phrase par rapport à la première phrase qui est (nous sommes des envoyés de la part de ton Seigneur) est une indication, une explication et un détail de la première. Parce que la prétention du message n’est confirmée qu’avec sa preuve. Et la preuve des messagers, ce sont les miracles. Alors pharaon a demandé : et quel est donc ce miracle ? Notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a montré sa main, elle était rayonnante comme le soleil, fluorescente.

Et salutation à celui qui aura suivi la bonne guidée : ici, salutation signifie la sauvegarde et non pas le salut. C’est-à-dire la sauvegarde du châtiment pour celui qui entre en Islam. C’est pour indiquer à pharaon que, s’il entre en Islam, il sera sauvé du châtiment éternel.

Verset 48 : il nous a été révélé que le châtiment sera accordé à celui qui dément et qui se détourne.

Il nous a été révélé que le châtiment dans le bas-monde et dans l’au-delà sera accordé à celui qui dément les messagers et qui se détourne de la foi de l’      Islam.

Ce verset est le verset qui porte le plus d’espoir parce qu’il a indiqué que la sauvegarde sera accordée pour le croyant et le châtiment est pour celui qui dément. Ils sont donc partis le voir et ils ont donc accompli leur mission. Et ils ont dit à pharaon ce qu’ils avaient reçu l’ordre de dire.

Verset 49 : il leur a dit qui est donc votre Seigneur ô Mūsā. Mūsā est Mūšī en hébreu et Mū signifie eau et Šī signifie arbre. Pharaon s’est adressé aux deux mais il a appelé l’un des deux seulement Moise. Parce que c’est Moise qui était prophète en premier puis Hārūn est venu après lui.

Verset 50 : il a répondu (Moise) notre Seigneur (à nous deux) c’est Celui Qui a donné à chaque chose ce dont elle a besoin. Ici, le verbe ʾaʿṭā est transitif et il admet deux compléments d’objet direct.

La deuxième explication : Dieu est Celui Qui a donné à chaque chose son aspect et la forme qui est adaptée au bénéfice pour lequel elle a été créée. Exemple : l’œil, c’est Dieu Qui lui a donné l’aspect correspondant à la vue. La main a été créée avec le pouce en opposition pour pouvoir saisir des objets.

Et Il a guidé : c’est-à-dire que Dieu a fait savoir à Sa créature comment tirer profit des moyens de subsistance : comment semer du blé, comment le récolter, le décortiquer, le moudre, …Et Dieu a indiqué à Ses créatures quel est le moyen du bonheur dans l’au-delà. Dieu a envoyé des prophètes alors qu’Il n’était pas obligé.

Verset 51 : il (pharaon) a dit qu’en est-il de ceux qui ont vécu dans les siècles antérieurs. Il a posé la question àMūsā à propos de l’état de ceux qui ont vécu dans les siècles précédents et qui sont transformés en poussière, du malheur de ceux qui seront malheureux pour l’éternité et du bonheur de ceux qui seront heureux pour l’éternité.

Verset 52 : Mūsā a dit (en guise de réponse) Dieu sait ce qu’il en est de ces gens-là. Il s’en est remis à Dieu au sujet de cette connaissance.

Leur état est inscrit dans un livre : c’est la Table Préservée qui est au-dessus des cieux et sur laquelle est inscrit tout ce qui a lieu dans ce bas-monde jusqu’au Jour du Jugement. C’est comme s’il avait répondu : tu as posé la question à propos d’une chose que nous ignorons, qui est cachée pour nous. Et Dieu est Celui Qui sait cela. C’est comme s’il lui disait : je ne suis qu’un esclave comme toi et je n’ai de connaissance que ce que Dieu, Qui sait les choses cachées me dévoile. Il lui a dit : ce qu’il en est des gens qui ont vécu avant nous, Dieu l’a fait écrire sur la Table préservée.

Dieu ne se trompe pas : c’est-à-dire celui à qui Dieu accorde la félicité, Dieu lui accorde la félicité et celui qui mérite le malheur, Dieu lui accordera ce qu’il mérite.

Et Dieu n’oublie personne : c’est-à-dire que Dieu n’oublie pas de les récompenser ou de les châtier. Il a été dit que Dieu n’est pas de ceux qui oublient. Et la Table Préservée n’est pas là pour lui rappeler ce qu’Il aurait pu oublier. Mais Dieu a fait inscrire sur la Table Préservée pour faire savoir aux anges que ce que vont faire les gens est conforme à ce que Lui Sait.

Verset 53 : Il est Celui Qui a fait que la terre est pour vous comme un support et Il a fait qu’il y a sur terre des chemins (pour que vous puissiez vous déplacer) et Dieu a fait descendre du ciel de l’eau (de pluie) et Nous avons fait pousser par elle différentes variétés de plantes qui sont différentes par leurs couleurs, leurs odeurs, leurs formes ; certaines sont pour les gens, d’autres pour les animaux. Parmi les grâces que Dieu nous a accordées, c’est que nos subsistances, nous les obtenons en partie par le travail des animaux. Et Dieu a fait que les animaux que les humains utilisent, leur alimentation provient du reste des cultures que nous ne consommons pas.

Verset 54 : mangez (vous-mêmes) et faites paître vos troupeaux, il y a en cela des signes pour ceux qui sont dotés de raison. C’est un récapitulatif du verset précédent c’est-à-dire Nous avons fait sortir de la terre différentes sortes de plantes, autorisant à en profiter pour que vous puissiez en consommer une partie et que vous donniez en fourrage une partie pour vos animaux. Il y en cela c’est-à-dire en ce que J’ai mentionné des signes c’est-à-dire des preuves pour ceux qui sont sensés c’est-à-dire ceux qui sont dotés de raison : an-nuhā –  

Verset 55 : c’est à partir d’elle que Nous vous avons créés, c’est à elle que Nous vous rendrons et c’est à partir d’elle que Nous ferons sortir une deuxième fois : c’est-à-dire de la terre. Votre ancêtre, votre père à tous qui est Ādam a été créé à partir de la terre. Et c’est à la terre que Nous vous rendrons (c’est-à-dire c’est dans la terre que vous serez enterrés). C’est à partir d’elle que Nous vous ferons sortir une deuxième fois c’est-à-dire pour le jour de la résurrection. Dieu fait que les parties des corps qui sont transformées en poussière, qui sont mélangées avec la terre, seront ramenées pour reconstituer à nouveau le corps, comme ils étaient pendant leur vie, avant leur mort. Et après la reconstitution des corps, Dieu les fera sortir pour le jour du rassemblement.

L’auteur a dit : Dieu a énuméré ce qui se rapporte à la terre, à savoir qu’elle est un support pour les humains, sur lequel ils peuvent se déplacer, faire leurs occupations ; Dieu leur a tracé des chemins pour circuler pour aller là où ils veulent, Dieu leur a fait pousser différentes sortes de plantes parmi lesquelles celles qui sont sources de subsistance pour eux, ou pour leurs animaux. Et c’est à partir de la terre qu’ils ont été créés et c’est d’elle qu’ils sont nés et elle sera leur linceul quand ils vont mourir.

Verset 56 : Nous lui avons fait voir tous Nos signes, il a démenti et il a refusé. C’est-à-dire à pharaon, il n’a pas été mentionné explicitement mais le pronom « lui » se rapporte à pharaon. « Tous Nos signes » : il s’agit de neuf grands signes que Dieu a accordés à Moise (neuf grands miracles).

1/le bâton qui s’est transformé en un serpent

2/la main de Moise qui est devenue scintillante

3/ la séparation de la mer en douze chemins

4/le rocher qui était une source d’eau pour les tribus descendant d’Isrāʾīl. Chaque fois qu’ils avaient besoin d’eau, Moise frappait ce rocher et douze sources d’eau jaillissaient. Et il emmenait ce rocher avec lui.

5/ les criquets

6/ les poux

7/les crapauds

8/le sang

9/ la prononciation de la montagne.

Mais pharaon a refusé d’accepter la vérité.

Verset 57 : il lui a dit est-ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre par ta sorcellerie ô Mūsā : c’est pharaon qui a parlé. Il a dit est ce que tu es venu pour nous faire sortir de notre terre d’Egypte ? « Par ta sorcellerie ô Mūsā » : il y a en cela que pharaon avait extrêmement peur de Moise. Pharaon a utilisé cela comme un prétexte car quel sorcier pourrait faire sortir un roi de son royaume !?

Verset 58 : nous allons t’amener une sorcellerie semblable, alors fixe-nous une date pour toi et moi où nous viendrons, ce sera un endroit commun : pharaon a dit : nous allons te contrer avec une sorcellerie comme la tienne. Fixe-nous une date et nous nous y tiendrons, c’est-à-dire que nous n’allons pas manquer ce rendez-vous.

Verset 59 : notre rendez-vous sera un le jour dezīnah (c’était un jour de fête pour eux) : c’est Mūsāqui a répondu cela, même si la question concernait un endroit, il a répondu par un moment. Parce que forcément à cette date-là, ils allaient se retrouver dans un endroit.

Et que le rassemblement des gens soit en matinée. La matinée est le moment de la journée où les gens sont plus sûrs de ce qu’ils voient, ainsi il y a moins de suspicion. Et c’est un moment plus propice pour que la vérité se propage entre les contrées, pour que ce que les gens vont voir soit diffusé à large échelle, dans les villes et les villages.

Verset 60 : pharaon s’est détourné de Mūsā et il a rassemblé tout ce qui constituait sa ruse et ses sorciers puis il est venu. Pharaon s’est détourné de Moise et il a ressemblé ses sorciers : il y a eu trois avis sur le nombre de sorciers de pharaon : soit 72, soit 400 soit 70.000. Puis il est venu pour le jour du rendez-vous.

Verset 61 : Mūsā ʿalayhi s-salām s’est adressé aux sorciers, Mūsā leur a dit malheur à vous, ne calomniez pas Dieu (dans le sens : ne prétendez pas que le miracleque j’ai, soit de la sorcellerie

Sinon Dieu vous anéantira par un châtiment terrible et aura été déçu celui qui calomnie.

Verset 62 : alors ils se sont disputés entre eux et ils se sont concertés en cachette : ils n’étaient pas d’accord entre eux, certains ont dit c’est un sorcier comme nous, d’autres ont dit non, ce qu’il a dit là ce ne sont pas des paroles de sorciers, ne calomniez pas Dieu. Ils se sont dits : si c’est un sorcier, nous allons avoir le dessus, et si c’est quelque chose qui lui vient du ciel, alors il va certainement avoir un soutien.

Verset 63 : ils ont dit mais ce ne sont là que deux sorciers : en parlant de Mūsā et de Hārūn, qui veulent vous faire sortir de votre terre, c’est-à-dire d’Egypte, par leur sorcellerie et ils veulent faire disparaitre votre religion et votre loi exemplaire. Ils font référence au fait qu’ils adorent pharaon.

Verset 64 : venez tous ensemble : les sorciers se sont dits entre eux : soyons tous unis. En une rangée : cela inspire davantage le respect et la crainte pour celui qui observe. Celui qui va avoir le dessus aura réussi.

Verset 65 : les sorciers ont dit ô Moise soit tu lances ton bâton en premier ou alors c’est nous qui commençons par lancer ce que nous avons entre nos mains : ils lui ont laissé le choix entre ce que ce soit lui qui commence ou bien eux. L’auteur dit : c’est comme si Dieu leur a inspiré cela. Ils ont été touchés par la barakah de Moise ʿalayhi s-salām et Moise a su qu’ils voulaient, eux, lancer en premier. Dieu a fait savoir cela à Moise.

Verset 66 : il a dit lancez en premier afin que Dieu manifeste Sa toute puissance et qu’Il annule ce qu’ils auront fait et que, quand le miracle apparait, cela montre la faiblesse de la sorcellerie, pour ceux qui observent et que ce soit une moralité claire pour les gens. Et ils ont lancé.

C’est alors que leurs cordes et leurs bâtons donnaient l’illusion à celui qui les observe qu’ils se déplaçaient. Il a été dit qu’ils les avaient enduits de mercure et, avec le soleil, ils donnaient l’impression de bouger.

Verset 67 : Mūsā ʿalayhi s-salām a craint que les gens ne soient en proie au doute et qu’ils ne le suivent pas.

Verset 68 : Nous lui avons dit n’aie aucune crainte, tu seras le victorieux. Celui qui va vaincre.

Verset 69 : et lance ce que tu as dans ta main droite et c’est ça qui va dévorer ce qu’ils ont fait. C’est-à-dire lance le bâton que tu tiens dans ta main droite, il va avaler les objets que les sorciers ont lancés, c’est-à-dire leurs bâtons et leurs cordes. Le bâton n’a pas été cité précisément mais c’est « ce que tu as dans ta main droite » et ceci par honneur pour ce bâton. Ou alors c’est pour rabaisser ce qu’ils ont fait c’est-à-dire ne te laisse pas impressionner par le grand nombre de cordes et de bâtons qu’ils ont jetés. Toi, tu n’as qu’un bâton dans ta main droite, lance-le et tu verras qu’il ne fera qu’une bouchée de ce qu’ils ont lancé. Autrement dit, par la puissance de Dieu, même si ce que tu tiens dans ta main n’est qu’un seul bâton, il va dévorer tous les autres bâtons malgré leur grand nombre. ʾinnamā ṣanaʿū kaydu sāḥirin wa lā yufliḥu s-sāḥiru ḥayṯu ʾatā : c’est une partie du verset que l’on récite pour dénouer une sorcellerie.

Ce qu’ils ont fait n’est que la ruse d’un sorcier et le sorcier ne réussira jamais, où qu’il soit.

Et Mūsā a lancé son bâton qui a dévoré ce qu’ils avaient jeté. Tellement le signe de ce qu’ils ont vu était impressionnant qu’ils se sont tous prosternés.

Verset 70 : les sorciers se sont tous prosternés rapidement : c’est ce qu’indique le verbe faʾulqiya s-saḥaratu suǧǧadā c’est-à-dire que c’est comme si quelqu’un les avait lancés à se prosterner : ils ont été extrêmement rapides à se prosterner parce qu’ils ont vu que ce n’était pas de la sorcellerie.  L’auteur a dit qu’ils avaient lancé au début leurs cordes et leurs bâtons pour appuyer la mécréance et le reniement, puis ils ont lancé leurs têtes au sol, en se prosternant pour remercier Dieu Qui les a bien guidés, Qui leur a fait savoir qu’en réalité ils étaient dans l’erreur. Regardez le premier lancer et le deuxième : le premier était pour appuyer le faux et le deuxième pour adorer Dieu (c’est un sens figuré du verbe lancer, ici, car ils n’ont pas lancé leurs têtes, c’est pour marquer la rapidité avec laquelle ils se sont prosternés).

Ils ont dit nous avons cru au Seigneur de Hārūn et Mūsā.

Verset 71 : alors pharaon était énervé : il leur a dit comment vous êtes devenus croyants en Moise avant que je ne vous y autorise ; car tous ls sorciers sont devenus croyants musulmans. C’est certes votre kabīr qui vous a enseigné. Ici le mot kabīr fait référence à votre enseignant. Les gens de La Mecque disent à propos de leur grand enseignant le kabīr.

Alors je vais vous couper vos mains et vos pieds des côtés opposés : c’est-à-dire couper la main droite et le pied gauche.

Je vais vous accrocher ensuite sur des troncs de palmier et vous verrez qui de nous est celui qui porte un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps : c’est comme s’il avait dit : est-ce que c’est moi qui vous châtie le plus pour avoir délaissé votre foi en moi ou bien le Seigneur de Moise si vous délaissez la foi en Lui.

Verset 72 : ils (les magiciens) lui ont dit (à pharaon) nous n’allons pas te choisir toi, vu les signes clairs qui nous sont parvenus : nous n’allons pas te préférer, aux dépens de ces preuves claires

Et ne pas suivre Celui Qui nous a créés.

Une autre explication est : par Celui Qui nous a créés, nous n’allons pas te préférer : ils ont juré par Dieu qu’ils n’allaient pas choisir pharaon au détriment des preuves claires qui leur sont parvenues.

Alors fais ce que tu veux nous faire comme mal : tu veux nous accrocher à des poteaux. 

Notre šayẖ a dit : prononce la sentence que tu veux prononcer, cela ne changera rien.

Cela n’est juste que dans la vie du bas-monde : ce que tu vas faire n’a lieu que dans la vie du bas-monde mais dans l’au-delà, tu ne feras rien du tout car l’au-delà demeure plus longtemps.

Verset 73 : nous avons cru en notre Seigneur afin qu’Il nous pardonne notre péché et qu’Il nous pardonne la pratique de la sorcellerie que tu nous as contraints de faire : il a été rapporté qu’ils ont demandé à pharaon « montre-nous Mūsā quand il dort ». Car ils ont vu que Mūsā, dans son sommeil, était surveillé par son bâton. Son bâton était comme un garde. Ils ont dit : cela n’est pas de la sorcellerie : parce que la sorcellerie n’a pas d’effet quand le sorcier dort. Ils ont voulu éviter de provoquer Mūsā ʿalayhi s-salām, pour éviter le scandale mais pharaon les a contraints. Donc malgré leur refus au départ, il les a contraints à pratiquer la sorcellerie. Ce qui a été préjudiciable à pharaon, c’est son ignorance. Parce qu’il ne savait pas la différence entre la sorcellerie et ce qui n’en est pas. Et ce qui a été utile pour les magiciens, c’est la connaissance de la sorcellerie : ils connaissaient ce qu’était la sorcellerie et ils ont profité de leurs connaissances. Ils ont vu que ce que Mūsā avait fait n’était pas de la sorcellerie. Donc si la connaissance de la sorcellerie est bénéfique, que dire alors de la connaissance de la Loi de l’Islam ?

Et Allāh rétribue davantage celui qui lui obéit. Si on obéit à Dieu, la rétribution de la part de Dieu est plus bénéfique que l’acte d’obéissance.

Et le châtiment de la part de Dieu à celui qui Lui désobéit dure plus longtemps. Ici celui qui désobéit à Dieu, c’est celui qui mécroit en Dieu. Et cette dernière partie de verset est une réplique à la parole de pharaon quand il avait dit aux magiciens : vous allez voir qui a un châtiment plus terrible et qui dure plus longtemps. Car la mort est parfois un soulagement : il arrive que quelqu’un souffre et la mort le soulage de ses souffrances.

Verset 74 : mais eux (les mécréants), ils n’auront pas ce soulagement de la souffrance mais ils auront la géhenne dans laquelle ils ne mourront pas. Donc le mécréant ne mourra pas en enfer et il n’aura pas de vie profitable.  C’est-à-dire qu’il vivra perpétuellement sans fin, sans interruption, dans le châtiment et les douleurs. Il n’aura pas une vie paisible.

Quant à ceux qui n’ont pas désobéi à Dieu par la mécréance, et qui sont morts avant de se repentir, donc ils font partie des musulmans désobéissants, il y a parmi eux ceux qui seront touchés par une punition dans l’au-delà puis le châtiment s’interrompra pour eux et ils sortiront de l’enfer pour se rendre au paradis. Et parmi eux, il y a ceux à qui Dieu pardonne et Il ne les châtie pas, parce qu’ils sont morts musulmans. Parce que Dieu est Celui Qui fait ce qu’Il veut. Il ne tire aucun profit d’aucune de Ses créatures : ni des anges, ni des prophètes, ni d’autres qu’eux. Dieu n’est pas injuste s’Il châtie un tel pour sa mécréance ou tel autre pour ses péchés. Et même si Dieu pardonne à ce musulman qui était souillé de péchés et qui est mort avant de faire le repentir, on ne dit pas : pourquoi Dieu pardonne à celui-ci et ne pardonne pas à celui-là ? Dieu est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. On n’émet aucune objection contre lui. Dieu a créé le monde comme Il l’a voulu, par Sa volonté qui est de toute éternité, Il ne S’est concerté avec personne. Dieu ne Se concerte avec personne pour créer quoi que ce soit de ce monde parce que Dieu n’a pas besoin d’autrui. Allāh est al-Qayyūm : certains exégètes ont expliqué ce terme en disant que Dieu est celui Qui n’a besoin de rien, Il n’a pas besoin d’autrui.

Verset 75 : et celui qui meurt sur la foi (l’Islam) et qui aura accompli les bonnes œuvres, celui-là aura les hauts degrés.

Verset 76 : ce seront des jardins d’Eden : ce sera la rétribution de ceux qui se sont purifiés

Dans lesquels couleront des fleuves, ils y resteront éternellement

Et c’est la rétribution de ceux qui se sont purifiés : de ceux qui se sont purifiés de l’association à Dieu, en disant « il n’est de dieu que Dieu ».

An-Nasafī a dit que ces trois versets 74 à 76, il a été dit que ce sont les paroles que les sorciers ont dites. Et il a été dit que ce ne sont pas les paroles des sorciers mais que c’est une information de la part de Dieu. Et le premier avis a le plus de preuves en sa faveur.

Verset 77 : et Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves de nuit : quand Dieu a voulu l’anéantissement de pharaon et de son peuple, Il a donné l’ordre à Moise d’emmener son peuple hors d’Egypte et de partir la nuit, et d’emprunter le chemin de la mer, (d’aller vers l’est)

Ouvre-leur un chemin en mer, un chemin de terre ferme et ne crains pas qu’ils te rattrapent et ne crains pas (la noyade). Alors Moise a entamé le voyage au début de la nuit et ils étaient 70 .000, ils avaient emprunté des bijoux. Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : comme c’était la fête, ils avaient emprunté les bijoux des non musulmans. 

Alors pharaon les a poursuivis avec 600.000 Qibt (coptes) et il les a suivis à la trace. Mais notre šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la plupart des exégètes ont dit que Moise, quand il a quitté l’Egypte, il était accompagné de 600.000 des descendants d’Isrāʾīl alors que pharaon les avait poursuivis avec un million 600.000 soldats et le šayẖ a dit que cet avis était meilleur.

Verset 78 : pharaon est parti à leurs trousses avec ses soldats. Quand ils sont arrivés aux abords de la mer, ils (Moise et ceux qui étaient avec lui) ont été alors pris par des sentiments (ici il y a une formulation très jolie en arabe qui exprime en peu de mots beaucoup de sens et ça s’appelle ǧawāmiʿ l-kalim) ; on peut imaginer ce qu’ils ont ressenti alors qu’ils avaient pharaon à leurs trousses et la mer devant eux. C’est-à-dire qu’ils ont ressenti ce que seul Dieu sait.

Verset 79 : et pharaon a égaré son peuple : il l’a égaré de la voie de la bonne guidée.

Et il ne l’a pas guidé vers la vérité et le droit chemin.

Et ce verset est une réplique à pharaon quand il avait dit à son peuple : « et je ne vous guide que vers la voie de la bonne guidée ».

Puis Dieu cite la grâce et le bienfait qu’Il a accordés aux descendants d’Isrāʾīl après les avoir sauvés de la mer et anéanti pharaon et son peuple dans le verset suivant :

Verset 80 : ô vous descendants d’Isrāʾīl Nous vous avons sauvés de votre ennemi et Nous vous avons fixé une date à côté de la montagne de aṬ-Ṭūr

Ö vous fils d’Isrāʾīl, Nous avons révélé à Moise d’emmener Mes esclaves, la nuit et Nous avons dit : ô vous d’Isrāʾīl, Nous vous avons sauvé de pharaon et Nous vous avons fixé une date et Nous vous avons promis de vous donner le Livre et c’était du côté droit de la montagne de aṬ-Ṭūr qui se trouve au Sinaï. Parce que Allāh ʿazza wa ǧall a fixé une date à Mūsā pour qu’il se rende à cet endroit-là et qu’il choisisse qu’il se fasse accompagner par 70 hommes qui soient présents avec lui lorsqu’at-tawrāt (la torah) sera révélée.

La phrase s’adresse aux descendants d’Isrāʾīl parce que cette date fixée était pour leur élite (les naqīb qui sont des saints de haut degré) et leur prophète Mūsā. En définitive, ce sont eux qui vont bénéficier de cette révélation de la torah puisqu’elle comporte leurs lois et leur religion.

Al-ayman : c’est le côté droit. Du point de vue grammatical c’est un adjectif épithète qui qualifie ǧānib qui est manṣūb car il est circonstanciel de lieu donc al-ayman est aussi manṣūb, donc avec une fatḥah. 

Mais il y a une récitation avec une kasrah, qui s’appelle ǧarru l-muǧāwarah : ceci du fait de la proximité du terme al-ayman du terme aṬ-Ṭūr qui, lui, est complément du nom ǧāniba et est maǧrūr (donc avec une kasrah).

Remarque : il y a un autre exemple dans le Qur’ān sūratu l-māʾidah verset 6 : (yā ʿayyuha l-laḏīna āmanū iḏā qumtum ila s-salāti faġsilu wuǧūhakum wa aydiyakum ʾila-l-marāfiqi wa msaḥū bi ruʾūsikum wa ʾarjūlakum (ou ʾarjūlikum) ʾila l- kaʿbayn). Si on dit (waʾarjūlikum) c’est maǧrūr du fait du terme (bi) qui précède, mais ça ne veut pas dire qu’on passe la main mouillée sur ses pieds, c’est le mafʿūl bihi de faġsilu (c’est le complément d’objet direct de « lave » et non pas de « passe la main mouillée »). Ceci est un exemple pour montrer l’importance de la grammaire arabe.

Et Nous vous avons fait descendre al-manna et as-salwā.

C’est une nourriture qui est prête : al-mann c’est comme du sucre candy qui est tombée, comme la rosée du matin et ils le mangeaient alors qu’ils étaient pendant quarante ans dans le désert en train de tourner en rond. Et as-salwā ce sont des cailles toutes prêtes. Dieu fait descendre du ciel ces deux nourritures.

Verset 81 : (et Nous leur avons dit) : mangez des choses bonnes et licites que Nous vous avons accordées et ne soyez pas injustes : c’est-à-dire « ne dépassez pas les limites que Dieu vous a fixées ». C’est-à-dire « ne soyez pas ingrats pour les biens que Dieu vous a accordés et ne dépensez pas ces grâces que Dieu vous a accordées dans la désobéissance ».

Autre explication : ne soyez pas injustes les uns envers les autres

Sinon vous mériterez Ma volonté de châtiment. C’est-à-dire que vous mériterez Ma punition. Et celui pour qui la punition est méritée, alors il sera perdu : il va faire une chute après laquelle il ne pourra pas se relever. Le terme (hawā) signifie chuter d’une hauteur et périr suite à cette chute. La métaphore est le fait de chuter des honneurs de la foi vers les abîmes du feu de l’enfer.

Verset 82 : et certes Je suis Celui Qui pardonne celui qui fait le repentir et qui est croyant : c’est-à-dire que Dieu est Celui Qui pardonne à qui fait le repentir de l’attribution d’un associé à Dieu et qui a cru en l’unicité de Dieu et qui a cru Dieu en ce qu’Il a fait descendre et qui a accompli les bonnes œuvres c’est-à-dire qui a accompli les obligations puis qui a pris la voie de droiture et qui a persévéré sur la voie de la bonne guidée.

Verset 83 : qu’est-ce qui t’a amené à t’empresser, ô Mūsā, au point que tu as précédé ton peuple ? Le peuple dont il s’agit est les soixante dix hommes que Mūsā avait choisis sur ordre de Dieu. Mūsā ʿalayhi s-salām s’est dirigé vers la montagne de aṬ-Ṭūr avec ces 70 hommes mais, tellement il se languissait d’entendre la parole de Dieu, tellement il avait hâte qu’il les a précédés. Et il leur a dit de le suivre.

Le verset est une interrogation sous forme de reproche à l’encontre de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui avait précédé les hommes de son peuple afin de recevoir la révélation de la part de Dieu.

Verset 84 : il a dit ils sont derrière moi et je me suis empressé pour me rendre au lieu précisé pour ton agrément. Mūsā ʿalayhi s-salām a dit : ils sont derrière moi, ils me suivent et il n’y a entre eux et moi qu’une courte distance. Puis il a cité la raison pour laquelle il s’était empressé ainsi : je me suis empressé pour rejoindre l’endroit ô Seigneur par recherche de Ton agrément : c’est-à-dire pour que je profite davantage de Ton agrément.

An-Nasafī précise une information intéressante : c’est qu’il est permis de faire un iǧtihād. En effet Mūsā ʿalayhi s-salām a fait un iǧtihād ; Dieu lui a ordonné de venir à un endroit à tel moment et Mūsā est venu plus rapidement. Il s’agit d’un effort de déduction, pour s’appliquer à faire ce qui pourrait être le mieux.

Verset 85 :  Il a dit Nous avons entrainé ton peuple dans une zizanie pendant ton absence et c’est aS-Sāmirī qui les a égarés. La zizanie est l’égarement ici. Après que tu les as laissés : car Mūsā avait laissé son peuple avec Hārūn. Et un homme qui s’appelle aS-Sāmirī les a égarés parce qu’il les a appelés à adorer un veau et eux, ils l’ont suivi. Cet homme Mūsā aS-Sāmirī est d’une tribu des fils d’Isrāʾīl qui s’appelle aS-Sāmirah. Et il a été dit qu’il était un esclave blanc de Karmān (c’est la Perse). Il s’appelait aussi Mūsā.

Un poète a dit un vers de poésie : « Mūsā qui a été élevé par Ǧibrīl est mécréant et Mūsā qui a été élevé par pharaon était un messager ». Donc Dieu guide Il veut.

Notre šayẖ a dit : le mécréant parmi les non Arabes s’appelle (al-ʿilǧ)

Mūsā aS-Sāmirī, il a été dit que sa mère l’a abandonné dans une forêt ou bien qu’elle est morte. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui lui ramenait de la nourriture.

Quand Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, l’autre Mūsā aS-Sāmirī a fabriqué un veau avec les bijoux et l’or que les fils d’Isrāʾīl possédaient. Il s’appelait Mūsā fils de Ḍafar. Et il était un hypocrite : il montrait en apparence l’Islam mais il était mécréant au fond de lui.

Verset 86 : Mūsā (le prophète) est revenu auprès de son peuple en colère et désolé. Il est revenu de là où il était en train d’implorer son Seigneur, au Sinaï, pour rejoindre son peuple et il était en colère contre eux, ou chagriné.

Il a dit ô mon peuple n’est-ce -pas que votre Seigneur vous a promis une promesse de bien. Dieu leur a promis de leur accorder la Torah et dans la Torah, il y a la bonne guidée et la lumière. Elle était composée de mille chapitres. Chaque chapitre comportait mille versets. Elle était sur des tablettes qui étaient portées par 70 chameaux. Ce peuple ne pouvait pas espérer une meilleure promesse que celle-là. Mūsāleur a dit : pourquoi en êtes-vous arrivés là alors que vous avez eu la promesse d’avoir la torah ?

Est-ce que le temps où je vous ai laissés vous a paru long ?

Ou alors vous voulez faire une chose de sorte à mériter le châtiment de votre Seigneur ?

Vous n’avez pas tenu votre engagement. Son peuple lui avait promis de rester sur l’Islam et de s’attacher à ce qu’il leur a laissé. Mais ils n’ont pas tenu leur promesse et ils se sont mis à adorer le veau.

Verset 87 : ils ont répondu si nous n’avons pas tenu notre promesse, ce n’était pas en notre pouvoir, mais c’est aS-Sāmirī et sa ruse qui nous y ont amené. Mais nous avons porté les charges parmi les parures.

Les charges (al-ʾawzār) : une explication est qu’il s’agit des bijoux des Qibṭ (c’est le peuple de pharaon) ou bien ce qui est visé ce sont les péchés et les choses qui sont dues aux autres (comme une injustice commise). Ils avaient emprunté ces bijoux la veille de leur départ d’Egypte, prétextant qu’ils auraient une fête le lendemain.

La ruse de aS-Sāmirī a été de leur dire : si Mūsā n’a pas pu vous rejoindre, c’est en raison de ces bijoux que vous avez avec vous. Ils étaient comme un objet qui leur avait été confié, dans une terre qui n’est pas une terre d’Islam (quand ils étaient en Egypte) et celui qui est dans une telle terre, il doit rendre cet objet à son propriétaire, il n’a pas le droit d’emmener cet objet. Tout cela est vrai. Mais la suite est un mensonge, quand il a dit que c’était cela la cause pour laquelle Mūsā avait été retenu. Et à cette époque-là, il n’était pas autorisé de prendre le butin. Et ils ont brûlé ces bijoux. Et Mūsā aS-Sāmirī était rusé : il a creusé une tranchée avec dedans un moule qui avait la forme d’un veau. Quand ils ont mis les bijoux qui avaient fondu avec la chaleur, ils ont pris la forme du moule. Ces bijoux ont alors pris la forme d’un veau qui était creux à l’intérieur. Quand le veau a soufflé, il a traversé des conduits dans ce veau et ça a émis un son. C’est comme si le veau émettait un son. Il a été dit que Mūsā aS-Sāmirī avait observé le jour où les fils d’Isrāʾīl avaient traversé la mer ; Ǧibrīl ʿalayhi s-salām était sur une jument. Mūsā aS-Sāmirī avait vu l’endroit où se tenait cette jument. Il a alors pris une poignée de terre de là où s’était posée une des pattes de cette jument. Et il avait mélangé cette poignée de terre avec l’or dans ce veau et le veau est devenu vivant.

Au moment où pharaon s’était retrouvé devant la mer dans laquelle s’était engagé Mūsā ʿalayhi s-salām, il ne voulait entrer dans la mer. Mais il montait un étalon et Dieu a fait que cet étalon a été attiré par la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām. La jument s’est engagée dans un chemin et l’étalon de pharaon l’a suivie, puis les soldats de pharaon l’ont suivi. C’est ensuite qu’ils sont morts noyés.

Quand le veau est devenu vivant, par la volonté de Dieu, il a meuglé. Leur âme a penché vers l’or et ils se sont mis à adorer cet or.

Et nous avons jeté des parures dans le feu de aS-Sāmirī et il nous a ordonné de faire comme lui.

C’est ainsi qu’aS-Sāmirī a fait. Il a jeté les parures d’or dans le feu Ou bien il a jeté les poignées de terre qu’il avait prélevées sous les pattes de la jument de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām.

Verset 88 : Mūsā (aS-Sāmirī)leur a fait sortir du trou un veau : c’est un veau que Dieu a créé à partir des bijoux qui ont été fondus par le feu. Et c’est une épreuve de la part de Dieu car Dieu éprouve qu’il Il veut par ce qu’Il veut.

Qui émettait un son : il meuglait comme meuglent les veaux.

Ils (aS-Sāmirī et ceux qui l’ont suivi) voici votre dieu et le dieu de Mūsā. La majorité d’entre eux se sont mis à adorer le veau excepté 12.000 d’entre eux. (Sur les 600.000)

Et il a oublié : il y a plusieurs explications ;

  • Mūsā le prophète est parti à ce moment-là pour prendre la révélation de la part de son Seigneur.
  • As-Sāmirī a délaissé la foi apparente et a montré sa mécréance.
  • Mūsā aS-Sāmirī a oublié d’utiliser l’argumentation : en effet il n’est pas possible selon la raison que le veau soit un dieu.

Verset 89 : ne voient-ils donc pas que ce veau ne leur répond pas quand ils lui parlent et il ne possède pour eux ni nuisance ni profit. Ce veau est incapable de leur parler, il ne les exauce pas et il n’apporte ni nuisance ni profit. Alors comment le prenez-vous pour un dieu ? 

Il a été dit qu’il n’a meuglé qu’une seule fois.

Verset 90 : et Hārūn leur avait bien dit (à ceux qui avaient adoré le veau) avant le retour de Mūsā : vous avez été égarés (vous avez été éprouvés par le veau, ne l’adorez pas) et votre Seigneur c’est aR-Raḥmān, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez ma religion qui est la religion de vérité) et obéissez à ce que je vous dis (en abandonnant l’adoration du veau).

Verset 91 : ils ont dit nous n’allons pas cesser d’adorer le veau jusqu’à ce que Mūsā revienne. C’est-à-dire qu’ils ont dit : nous allons rester à adorer le veau jusqu’au retour de Mūsā. Ils ont dit : on va voirsiMūsā va se mettre à adorer le veau, comme nous et dans ce cas, As-Sāmirī aura dit vrai et le veau est notre dieu ; ou alors il ne va pas le faire.

Au retour de Mūsā, il leur a dit ce qui est mentionné dans le verset suivant.

Verset 92 : il a dit ô Hārūn qu’est-ce qui t’a empêché quand tu as vu qu’ils se sont égarés (en adorant le veau)

Verset 93 :  de venir me rejoindre et de m’informer (de ce qu’ils ont fait).

2° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de te mettre en colère pour Dieu, comme je l’ai fait ?

3° explication : qu’est-ce qui t’a empêché de prendre avec toi ceux qui ont été croyants et de combattre ceux qui ont mécru tout comme je l’aurais fait si j’avais été présent ?

N’aurais-tu pas suivi mes consignes. (C’est-à-dire remplace-moi au sein de mon peuple et veille à leur intérêt).

Ici notre šayẖ n’a pas retenu une parole que An- Nasafī a donnée parce que cette parole n’est pas convenable au sujet deHārūn. Il a dit que si Mūsā a pris les cheveux de Hārūn par la main droite et la barbe avec la main gauche, pour montrer que ce qu’il s’était produit était quelque chose de très grave, le fait que son peuple se soit mis à adorer le veau. En réalité, il était en train de réprimander les autres qui s’étaient mis à adorer le veau.

Verset 94 : il (Hārūn) lui a ditMūsā) ô toi le fils de ma mère. Selon la majorité des savants, ils sont frères de même père et mère mais il a cité la mère pour lui adoucir le cœur. Ne me prends pas par ma barbe ni par mes cheveux. J’ai craint que tu dises que j’ai provoqué un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl.

(Si j’avais, comme tu l’as proposé, combattu ceux qui s’étaient opposés, que je ne fasse un clivage entre les descendants d’Isrāʾīl).

Ou bien deuxième possibilité, c’est que si je les avais quittés, ils seraient restés avec celui qui les a égarés (aS-Sāmirī) et si j’étais venu te rejoindre avec les autres, j’aurais aussi provoqué la division entre les descendants d’Isrāʾīl.

Donc si j’avais quitté mon peuple, je n’aurais pas respecté ta consigne.

Il y a ici la preuve qu’il est permis de faire un iǧtihād (un effort de déduction).  Mūsā a donné une consigne à son frère mais il est arrivé un cas qui n’était pas prévu et il avait été amené à faire un effort de déduction. Certains savants ont dit que les prophètes font aussi des efforts de déduction.

Puis Mūsā a laissé son frère et il s’est adressé à cet homme aS-Sāmirī dans le verset suivant.

Verset 95 : qu’est-ce qui s’est passé aS-Sāmirī ?

Verset 96 : il (aS-Sāmirī) a dit j’ai pris connaissance de ce que, eux, n’ont pas pris connaissance. Mūsā lui a dit : et quelle est cette chose ? Il a répondu : j’ai vu Ǧibrīl qui était sur le cheval de la vie et j’ai été inspiré de prendre une poignée de terre de l’endroit où était posé le sabot de ce cheval. Et chaque fois que je mettais un peu de cette terre sur quelque chose, cela devenait vivant avec une âme, une chair et du sang.

Il a dit j’ai pris une poignée : ici il y a deux récitations : qabḍah et qabṣah; qabḍah c’est le plein jusqu’au creux de la main et qabṣah c’est juste avec le bout des doigts.

Des traces du cheval de Ǧibrīl : ar-rasūl ici est Ǧibrīl puisqu’il est l’envoyé de Dieu

Et je l’ai mise dans le veau (que j’avais fabriqué avec des bijoux)

Et c’est ce que mon âme m’a amené à faire : c’est une sorte de reconnaissance de son erreur. Il a ainsi reconnu son erreur.

Verset 97 : il (Mūsā) a dit : quitte-nous, tu es chassé, tant que tu vis, tu diras à quiconque veut te côtoyer et qui ne connait pas ton état, (lā misās) : c’est-à-dire que tu ne me touches pas et je ne touche pas.

Il a été empêché de côtoyer les gens de manière définitive et totale.  Il leur a été interdit de le rencontrer, il leur a été interdit de lui parler et il leur a été interdit de procéder à une transaction de vente ou d’achat avec lui. Il a ainsi complètement exclu des gens.

S’il était arrivé que quelqu’un le touche, celui qui l’aurait touché et lui-même seraient devenus très chauds.

Il était tout seul dans la campagne et il disait (lā misās). Il a été dit que cela est resté chez ses descendants jusqu’à maintenant.

Et tu auras une date qui t’attend et tu ne vas pas la manquer. C’est-à-dire que Dieu t’a promis ta punition suite au fait que tu as attribuer un associé à Dieu et pour avoir semé la corruption sur terre. Tu auras cette punition dans l’au-delà après avoir subi cette punition sur terre.

Regarde ce que tu as pris pour Dieu, ce que tu as adoré, nous allons le brûler dans le feu puis nous allons le pulvériser et le jeter dans l’eau.

Certains, tellement ils étaient épris du veau qu’ils ont bu de cette eau et ils ont eu les lèvres avec la couleur jaunâtre de l’or.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a résumé ce que nous venons de voir : lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu, il est resté 40 nuits puis il est revenu. Il les a alors trouvés en train d’adorer un veau, excepté un faible nombre d’entre eux. Donc son peuple, qui avait vu ce grand miracle de la séparation de la mer en douze chemins avec des montagnes d’eau entre chaque chemin, ce peuple qu’il avait sauvé de pharaon qui voulait les exterminer, alors qu’ils étaient 600.000 combattants tandis que pharaon avait avec lui une armée d’un million, tous armés, malgré cela, ils ont été égarés par un homme qui s’appelle Mūsā aS-Sāmirī. Il porte le même prénom que (le prophète) Mūsā. Et il les a égarés.

 Il leur a fabriqué un veau en or dans lequel il avait mis un peu de la terre sur laquelle étaient posés les sabots de la jument de Ǧibrīl. Quand pharaon a voulu poursuivre Mūsā et traverser la mer, Ǧibrīl était monté sur une jument et Mūsā aS-Sāmirī, ce malin, avait vu cela. Dieu a donné vie à ce veau qui s’est mis à mugir comme un veau véritable. Donc Dieu a créé en lui la vie. Mūsā aS-Sāmirī a alors dit à son peuple : « voici votre dieu et le dieu de Mūsā ». Il les a amenés à adorer ce veau, il les a égarés et ils se sont mis à l’adorer. Car certains des descendants d’Isrāʾīl qui étaient avec Mūsā l’ont cru. Quand ils ont vu cette chose surprenante, ils l’ont suivi.

Quand le prophète Mūsā ʿalayhi s-salām fut informé de cela, il fut extrêmement exaspéré. Et il a dit à Mūsā aS-Sāmirī : « regarde ce que tu as considéré comme ton dieu, celui que tu t’es mis à adorer. Nous allons le brûler, nous allons le pulvériser et nous allons le jeter dans l’eau de la mer ».

Puis notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a choisi 70 personnes de son peuple pour invoquer Dieu. Alors il a dit ce qui signifie : « ô mon Dieu, si Tu l’avais voulu, Tu les aurais tous anéantis avant cela et moi, également. Ne nous punis pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux ».

Ils ont alors fait le repentir. Puis la colère de Mūsā s’est atténuée. Alors il a invoqué Dieu en disant : « ô Dieu ne nous punis pas pour ce qu’ont fait certains vils et impudents de parmi notre peuple. Ce n’est là qu’une épreuve que Tu as créée. Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux ».

Ceux qui étaient restés sur la foi, après avoir vu ceux qui s’étaient égarés, leur degré a augmenté par leur persévérance sur la foi. Quant aux autres qui ont suivi aS-Sāmirī et se sont mis à adorer le veau, eux, ils se sont égarés.

« Et Tu guides qui Tu veux. Tu es notre dieu, pardonne-nous ».

Ce verset « Ce n’est là qu’une épreuve de Ta part par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux » et les autres versets « Dieu égare qui Il veut et Il guide qui Il veut », il est un devoir de concilier entre les deux, même s’ils peuvent donner l’impression qu’il y a une opposition entre eux.  Parce que les versets du Qurʾān sont exemptés de la contradiction.

Si quelqu’un suit les gens qui ont suivi leurs mauvaises passions comme les moutazilites (qui sont aussi appelés les qadarites qui prétendent que l’homme crée ses actes ; et c’est une mécréance car ils ont attribué un associé à Dieu dans le fait de créer) et il dit : mais comment Dieu va-t-Il châtier cet esclave si ce n’est pas l’esclave qui crée le mal qu’il commet mais que c’est Dieu qui le crée ? C’est-à-dire qu’ils disent : comment Dieu châtie-t-Il un esclave pour quelque chose qu’il n’a pas créé alors que c’est Dieu Qui est le Créateur ?

La réponse est : oui, Dieu châtie pour quelque chose que l’esclave n’a pas créé car l’esclave ne crée pas. Dieu fait ce qu’Il veut. Si Dieu voulait châtier tout le monde sur terre, il l’aurait fait.

Car eux, ils renient la prédestination ; ils disent que c’est l’homme qui crée ses actes, c’est lui fait le mal.

On leur répond : n’est-ce pas que Dieu sait de toute éternité que tel esclave fait le mal, par son propre choix et que tel esclave fait le bien, par son propre choix et, malgré cela, vous considérez valide qu’il y ait une punition pour l’esclave dans l’au-delà pour la mécréance et les péchés. Ils disent : oui, nous reconnaissons que Dieu sait de toute éternité que tel esclave va commettre de la mécréance et que tel esclave va désobéir à son Seigneur par son propre choix et malgré cela, il mérite le châtiment.  

Nous leur disons : nous aussi, nous disons que Dieu sait tout cela. Nous disons que Dieu est le seul à créer les actes, les mouvements et les immobilités qui sont un bien et ceux qui sont un mal. Dieu est le créateur de tout cela. Et l’esclave ne crée absolument rien de tout cela. Bien que ce soit Dieu qui est le Créateur de toute chose, malgré cela, bien l’esclave ne crée absolument rien, il mérite, cet esclave mécréant et désobéissant que Dieu le punisse dans l’au-delà.

Verset 98 : votre dieu c’est Allāh, il n’est de dieu que Lui Il sait absolument toute chose. Rien n’échappe à Sa science.

Verset 99 : ainsi Nous te rapportons une partie des récits de ceux qui t’ont précédé. Ce verset s’adresse à notre maître Muḥammad ʿalayhi s-salām : tout cela pour t’augmenter en connaissance et augmenter dans tes miracles.

Et Nous t’avons accordé de Notre part un Qurʾān : c’est une évocation éminente, un Qurʾān honoré dans lequel il y a la sauvegarde pour celui qui l’applique. Et il comporte des nouvelles et des informations qui méritent la réflexion et la méditation.

Verset 100 : celui qui s’en détourne il aura à supporter des charges au jour du jugement. C’est-à-dire celui qui se détourne du Qurʾān, celui qui n’y croit pas, il aura à supporter au jour du jugement un lourd fardeau. Et il s’agit de la punition. Elle a été appelée wizr parce que c’est une punition qui est lourde à supporter pour celui qui est puni. De la même façon qu’une charge lourde brise le dos de celui qui la porte et qui apporte le tourment à celui qui a à la porter.

Ou une autre explication : c’est une rétribution pour le wizr qui est le péché. Elle a été appelée par le même nom que ce que cette personne a commis, qui est le péché.

Verset 101 : où ils resteront éternellement et quelle mauvaise charge que ce jour du jugement. Ils resteront éternellement dans ce qui constitue la rétribution pour leurs péchés c’est-à-dire dans l’enfer. Et quelle mauvaise punition que la leur en raison de ce qu’ils ont fait. Dieu les menace d’un châtiment éternel.

Verset 102 : le jour où il sera soufflé dans le cor : le cor est un instrument qui émet un son. C’est-à-dire le jour du jugement car c’est le son du cor qui indique le jour du jugement.

Il y a une autre version de récitation avec : yawma nanfuẖu.

Le cor est un instrument qui est à l’image d’une corne (d’un animal qui a des cornes).

Et Nous rassemblerons les criminels ce jour-là, aveugles. Les criminels ici, ce sont ceux qui n’ont pas cru en Dieu, qui n’ont pas cru au Messager de Dieu. « Zurqā » signifie « bleu » et ici, la signification est « aveugle » parce que l’œil de celui qui devient aveugle devient bleu.

Verset 103 : ils se chuchoteront les uns aux autres vous n’êtes restés qu’une dizaine de jours. Ils vont se parler les uns aux autres à voix basse, tellement le jour du jugement est un jour qui entraîne une grande peur chez eux. Ils vont trouver très court le temps de leur séjour dans leurs tombes.

Ou alors ils vont dire : vous n’êtes restés qu’une dizaine de nuits dans le bas monde ; en raison de ce qu’ils vont endurer comme difficultés et épreuves qui vont leur rappeler le souvenir des jours du bas monde, les jours où ils étaient dans le confort, dans le luxe, la joie. Ils vont regretter ces jours-là et ils vont les qualifier de très courts car les jours de bonheur sont courts.

Ou alors parce que ces jours du bas monde sont révolus et qu’ils n’y sont plus et ce qui est révolu est court, du fait de son achèvement. Quand quelque chose s’achève, c’est comme si ça avait été court, même si ça avait duré longtemps.

Ou encore ils vont dire : nous n’étions restés qu’une dizaine de nuits parce qu’ils vont de rendre compte que l’au-delà est long, puisqu’il n’a pas de fin et la vie qu’ils ont passée dans le bas-monde semble courte.

Verset 104 : Dieu dit : Nous savons ce qu’ils disent puisque le plus objectif d’entre eux va dire mais vous n’êtes restés qu’un jour.

Dieu fait prévaloir la parole de ceux qui disent qu’ils sont restés moins que dix jours.

Verset 105 : et ils t’interrogeront à propos des montagnes. Dis : mon Seigneur les pulvérisera. Ils ont interrogé le Prophète Salla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : que va-t-il advenir des montagnes au jour du jugement ?

Il y a une autre explication : s’ils t’interrogent à propos des montagnes, alors dis

Parce qu’avant ce verset, il y a eu d’autres versets qui commencent par : (ils t’interrogent à propos de, alors dis (telle chose). Ce sont des questions qui ont été posées au Prophète.

C’est la forme de (ils t’interrogent) mais l’explication est : S’ils venaient à t’interroger à propos des montagnes, que va-t-il en advenir ?  Alors tu leur dis la réponse.

Alors dis-leur que mon Seigneur les pulvérisera. C’est-à-dire réduire en poudre. Dieu les réduira en poussière. Et Dieu va envoyer un vent qui va souffler, qui va emporter ces grains. Al-H̱alīl a dit que c’est comme si les montagnes vont être arrachées.

Verset 106 : la terre devient plate et lisse. Après que les montagnes vont être pulvérisées, Dieu fait que ce qui est en-dessous va être plat et lisse.

Verset 107 : tu ne verras sur terre ni dénivellation ni élévation

Verset 108 : ce jour-là, ils vont suivre la voie et il n’y a pas de déviation possible. C’est-à-dire le jour où les montagnes seront pulvérisées et c’est le jour du jugement. Ils vont suivre la voie de celui qui va appeler au rassemblement et c’est la voix d’Isrāfīl (qui fait partie des anges qui ont le plus haut degré) et c’est lui qui va souffler dans le cor et c’est lui qui va appeler : il se tiendra sur le rocher de Jérusalem et il va dire : « ô vous les os qui ont été réduits en poussière, vous les peaux qui se sont déchirées, vous les chairs qui se sont séparées, venez pour l’exposition du jour du jugement ».

Ils ne vont pas faire d’écart ce jour-là, aucun d’entre eux ne fera d’écart, c’est-à-dire qu’ils vont tous obéir à son appel, ils vont tous suivre ce qu’il leur dit. Ils vont tous être ressuscités.

Et les gens seront emplis de crainte ce jour-là et les voix seront apaisées par égard et par gloire envers Dieu. Et tu n’entendras que des chuchotements. On n’entendra pas de son, les lèvres bougeront seulement.

Il a été dit que le hams ici, c’est le bruit des pas des chameaux.

Verset 109 : ce jour-là, l’intercession ne profitera que celui à qui Dieu l’autorise et dont Il agrée la parole. C’est-à-dire que seule l’intercession de celui à qui Dieu l’autorise, sera profitable. L’intercession que Dieu accepte, c’est lorsque celui qui va en bénéficier est un musulman. Il n’y a pas d’intercession en faveur du non musulman.

Verset 110 : Il sait ce qu’ils ont et eux, ne savent pas ce que Dieu sait : Dieu sait tout ce qui les a précédés (tout ce qui s’est passé avant eux, Dieu le sait) et Dieu sait ce qui va leur arriver ultérieurement.

Et eux, ils n’englobent pas, par leurs connaissances, ce que Dieu sait. Parmi les noms de Dieu, il y a Al-Muḥīt, Celui Qui englobe toute chose par Sa science. Donc Dieu englobe toute chose par Sa science ; quant aux créatures, elles ne savent que ce que Dieu a voulu qu’elles sachent.

Verset 111 : les visages sont humiliés, ils se sont soumis : ce sont les gens qui se sont soumis ; ici il y a mention d’une partie du corps pour désigner ceux qui ont ces visages-là et ce sont les gens : c’est appeler quelqu’un par une partie de lui-même.

Pour Celui Qui a pour attribut la vie. Et toute vie qui est suivie par la mort, c’est comme si elle n’a pas eu lieu. C’est-à-dire par rapport à la vie de Dieu, qui, elle, est éternelle.

Al-Qayyūm : c’est-à-dire Celui Qui n’a pas de fin.

Et sera déçu : il ne bénéficiera pas de la miséricorde de Dieu.

Celui qui viendra avec l’injustice : c’est-à-dire celui qui viendra au jour du jugement avec la mécréance. Parce que l’injustice c’est accorder à la chose autre que sa juste valeur. Et il n’y a pas d’injustice plus grave que de considérer la créature associée à celui qui l’a créée.

Verset 112 : et celui qui accomplit les bonnes œuvres, c’est-à-dire les actes d’obéissance

Et qui est croyant : c’est-à-dire qu’il croit en ce qu’a amené Muḥammad ʿalayhi s-salām. Ici il y a deux preuves qui sont déduites de ce verset : et celui qui accomplit les bonnes œuvres et qui est croyant : c’est une preuve que celui qui croit en la véracité de Muḥammad mérite d’être appelé croyant, même sans accomplir les bonnes œuvres. Et c’est une preuve que la foi est une condition pour l’acceptation des bonnes œuvres.

Alors il ne craint pas d’injustice : il ne craint pas d’augmenter dans les mauvaises actions.

Ni de diminution : il ne craint pas que ses bonnes actions soient diminuées. Le terme employé ici est (haḍmā) qui signifie la digestion, c’est-à-dire qui indique une diminution.

Verset 113 : et ainsi Nous t’avons fait descendre un Qur’ān qui est arabe (avec la langue des Arabes)

Et Nous y avons insisté avec la répétition plusieurs fois par les menaces, puissent-ils se préserver de l’association à Dieu ou que la promesse (qui est dans le Qur’ān) ou le Qur’ān lui-même, soit pour eux un rappel. C’est-à-dire une exhortation, pour que ce soit un honneur pour eux, en y croyant.

Verset 114 : Allāh est exempt d’imperfection : Il n’est pas atteint par les imaginations ni par les illusions. Il est exempt d’avoir une quelconque ressemblance avec les gens. Il est exempt de toute ressemblance avec les corps.

Al-Malik : celui de qui toutes les créatures ont besoin.

Al-Ḥaqq : celui dont l’existence est certaine, à propos de laquelle il n’y a aucun doute.

Et ne t’empresse pas de réciter le Qurʾān : c’est-à-dire ne t’empresse pas de répéter ce que Ǧibrīl te transmet, attends que Ǧibrīl te fasse entendre et te fasse comprendre.

Avant que Ǧibrīl finisse de te le transmettre : le Prophète ne voulait pas que le Qurʾān lui échappe mais Allāh lui a garanti qu’il ne lui échappera pas.

Et dis ô Seigneur augmente-moi en connaissances. An-Nasafī a dit qu’il a été dit que Dieu n’a pas ordonné à Son Messager de demander à augmenter en quoi que ce soit d’autre qu’en connaissance. Notre šayẖ a dit que Dieu n’a pas donné l’ordre à Son Prophète de demander à augmenter en quoi que ce soit d’autre si ce n’est en connaissance. Et le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit dans un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān ce qui signifie : « le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il arrive au paradis ».

Dans ce verset et dans ce ḥadīṯ il y a une incitation insistante à acquérir la science religieuse et à la diffuser. Ne passez pas à côté de ce bien éminent, engagez votre ardeur à cela, que Dieu vous accorde la réussite.

Allāhu taʿālā n’a pas donné l’ordre dans le Qurʾān à Son Prophète de demander à augmenter en quoi que ce soit si ce n’est en connaissance. Parce qu’acquérir la connaissance religieuse est la meilleure des œuvres.  La meilleure chose qu’acquiert l’être humain durant sa vie est de connaitre Dieu et de connaitre Son Messager et de connaitre les lois de sa religion. Et la base de tout cela est de connaitre Dieu puis de croire en Son Prophète. C’est cela le fondement. La meilleure chose que puisse apprendre l’être humain, c’est cela.

Et dans un ḥadīṯ rapporté par Al-Buẖārī, le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la meilleure des œuvres c’est de croire en Dieu et en Son Messager ». L’imām Al-Buẖārī est quelqu’un qui est digne de confiance, il est rigoureux, il est juste, il était muǧtahid, il connaissait des milliers de ḥadīṯ avec leurs chaines de transmission, par cœur. Il a eu des centaines d’enseignants auprès de qui il a appris quand il a voyagé de ville en ville pour la science de la religion, pour le ḥadīṯ du Prophète. Il est le šayẖ de l’imām Muslim, le l’imām At-Tirmiḏī et d’autres rapporteurs de ḥadīṯ. De nombreux savants et de nombreux ḥāfiẓ ont témoigné de sa chasteté, ils ont témoigné de sa piété, ils ont témoigné de sa science, de sa connaissance du ḥadīṯ. Un de ses élèves Muḥammad fils de Yūsuf Al-Firabrī qui rapporte de lui son ṣaḥīḥ a dit qu’il y a eu 90.000 hommes qui ont entendu de lui son ṣaḥīḥ. Al-Buẖārī s’appelle Muḥammad fils de Ismāʿīl. Cet élève a dit qu’à son époque, il était le seul survivant. Al-Buẖārī est enterré dans le pays qui s’appelle aujourd’hui l’Ouzbékistan. La caractéristique de son livre le ṣaḥīḥ de ḥadīṯ c’est que c’est le livre qui comporte des ḥadīṯ avec les chaines de transmission les plus courtes, jusqu’au prophète, dans de nombreux ḥadīṯ. Parce que Al-Buẖārī est le plus ancien des rapporteurs de ḥadīṯ, il a dit : « j’ai retranscrit les ḥadīṯ rapportés par mille šayẖ et plus. Et de chacun d’entre eux, j’ai retranscrit 10 .000 ou plus. Je ne cite pas un seul ḥadīṯ sans qu’il n’ait sa chaine de transmission. J’ai sélectionné ce livre à partir de 600.000 ḥadīṯ ».

Al-Firabrī a dit que Muḥammad fils de Ismāʿīl lui a dit qu’il n’a pas inséré dans son livre un seul ḥadīṯ avant de s’être lavé et d’avoir accompli une prière de deux rakʿah.

La foi n’est pas le simple fait de dire « il n’est de dieu que Dieu ». Tous les groupes qui se réclament de l’Islam disent « il n’est de dieu que Dieu ». Mais la base c’est la connaissance, ce n’est pas la prononciation. Dans la communauté du Prophète Muḥammad, après les compagnons, et à l’époque où il y avait encore quelques compagnons encore vivants, il y a quelques divergences. Le premier groupe à avoir contredit la croyance des compagnons, ce sont ceux qui ont dit que ʿAlī, que Dieu l’agrée était meilleur que Abū Bakr que ʿUmar et que ʿUṯmān et qu’il avait le droit à être calife avant eux, mais que ces trois-là sont passés avant lui injustement. Et ce sont les chi’ites. Alors que les compagnons avaient pour croyance que les meilleurs de cette communauté, après le Messager de Dieu sont : Abū Bakr puis ʿUmar puis ʿUṯmān puis ʿAlī. Après, il y a des groupes dont la divergence les a faits tomber dans la mécréance et d’autres, non.

Dieu n’a pas donné l’ordre à Son Prophète dans le Qurʾān de demander à augmenter en quoi que ce soit d’autre si ce n’est en connaissance. Car la meilleure des œuvres c’est la connaissance et la meilleure des connaissances, c’est de connaitre Dieu et Son Messager. Ensuite la connaissance des sujets de la religion agréée par Dieu. C’est cela la meilleure des œuvres. Et ce, parce la félicité dans l’au-delà n’est réalisée que par la foi en Dieu et en Son Messager. Quant à celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager, il sera perdant dans la bas-monde et dans l’au-delà. Alors que celui qui a connu Dieu comme il se doit et qui a connu Son Messager Muḥammad comme il se doit, alors c’est un croyant, un musulman, Dieu le fera entrer dans Son Paradis dans l’au-delà, quelle que soit la manière dont il se comportait avec les gens. Ce n’est pas comme certains disent que la religion, c’est le comportement. Mais la religion, c’est de connaître Dieu comme il se doit et de connaitre Son Messager. Après cela, il reste à accomplir les devoirs et à éviter les interdits. Celui qui aura appris quels sont les devoirs et quels sont les interdits, celui qui aura accompli tous les devoirs et aura évité tous les interdits, c’est un saint. Il fait partie de ceux à propos desquels il n’y a pas de crainte et qui n’auront pas à être chagrinés. Dans l’au-delà, ils ne seront touchés par aucune nuisance ni aucun chagrin ; dans leurs tombes également. Quant à celui qui n’aura pas accompli tous les devoirs et n’aura pas évité la totalité des interdits, et qui meurt dans cet état, une partie d’entre eux sera châtiée puis Dieu les fera sortir de l’enfer et une partie d’entre eux sera pardonnée et Dieu ne les châtiera pas.

Notre šayẖ a dit : « attachez-vous à maitriser la science de la croyance en l’unicité de Dieu, pour défendre la religion agréée par Dieu et pour corriger ce que de nombreuses personnes ont corrompu. Puis il convient de connaitre les mécréances pour ne pas les commettre soi-même et pour mettre en garde autrui afin de ne pas les commettre. Appliquez-vous-en cela et consacrez le plus précieux de votre temps dans la science de la religion. Que Dieu vous accorde des bénédictions. Dieu a incité Ses esclaves à apprendre la science de la religion.  Car la science de la religion est la meilleure des œuvres. Le fait de connaître Dieu et de connaître le Messager de Dieu, de connaitre les sujets de la religion, ce sont les meilleures des connaissances. Connaitre Dieu et connaitre Son messager, c’est cela le fondement de la religion. L’Islam n’est réalisé qu’avec cela. Celui qui aura connu Dieu et qui connu Son Messager comme il se doit, c’est un musulman, c’est un croyant. On dit qu’il est musulman et on dit qu’il est croyant. Et s’il meurt dans cet état, alors nécessairement, il ira au paradis. Donc connaitre Dieu, c’est la croyance qu’Il existe sans qu’Il n’ait de ressemblance avec aucune de Ses créatures. Notre Seigneur tabāraka wa taʿālā existe, Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, d’aucune manière que ce soit. Tout ce que nous voyons, ce sont des corps, soit de grande taille, soit de petite taille, soit de taille intermédiaire. L’être humain a une taille, le grain de moutarde a une taille, les montagnes ont des tailles, le soleil a une taille, la lune également, les étoiles, chacune a une taille particulière et les cieux ont une taille et le Trône a une taille, il est le plus grand des corps de par la taille, Dieu n’a pas créé un corps qui ait une plus grande taille que celle du Trône. Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait créé un corps qui soit plus grand que le Trône mais Il ne l’a pas voulu. Et Dieu n’est pas ainsi, Il n’est pas un corps avec une grande taille, Il n’est pas un corps qui a une petite taille, Il n’est pas un corps qui a une taille intermédiaire. Dieu a dit ce qui signifie : absolument rien n’est tel que Lui ».  

Verset 115 : Nous avons pris l’engagement de la part d’Ādām auparavant mais il a oublié : il s’agit d’une promesse, Dieu a juré qu’Il a pris un engagement de la part d’Ādām c’est-à-dire que Dieu a révélé à Ādām qu’il ne devait pas consommer du fruit de l’arbre. Dieu a fait que ce récit suive le récit précédent dans cette sourate, dans le sens ici est : Nous avons juré que Nous avons ordonné à leur père Ādām de ne pas s’approcher de cet arbre.

Et ceci avant même l’existence de ses descendants.

Puis il a contredit ce qui lui a été interdit, tout comme eux, ses descendants commettent les péchés. C’est-à-dire que cette caractéristique des descendants d’Ādām est bien en eux.

Il a oublié : c’est-à-dire qu’Ādām n’a pas œuvré conformément à cette interdiction. Donc il a mangé du fruit de cet arbre.

Il n’a pas été ferme pour s’abstenir d’en consommer.

Verset 116 : et Nous avons dit aux anges prosternez-vous pour Ādām : il s’agit de l’humilité, ils se sont soumis à Ādām. Ou bien Ādāmétait comme une direction pour eux pour une sorte de glorification.

Certains exégètes ont dit que la prosternation des anges est une manifestation de glorification pour Ādām. Mais ce n’est pas exact. Ce qui est exact est qu’ils ont véritablement posé leurs fronts sur le sol du paradis. Afin qu’ils sachent qu’Ādām est quelqu’un de très important. C’est de là que certains savants ont déduit que les prophètes sont meilleurs que les anges. Le prophète (celui pour lequel on se prosterne) est donc meilleur que les anges qui se sont prosternés pour lui. A cette époque-là, il était autorisé à une créature de se prosterner pour une autre créature. Mais dans La loi de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui est le meilleur parmi toutes les créatures, il est interdit de se prosterner pour une autre créature.

Et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Ādām et ils se sont prosternés hormis Iblīs.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’Iblīs, quand il était musulman, il adorait Dieu en compagnie des anges. Il s’appelait ʿAzāzīl. Puis quand il a mécru, il a été maudit et il a été surnommé Iblīs dont le sens est « celui qui est éloigné du bien ». Le nom Iblīs est un nom qui est dérivé « ublisa » qui signifie éloigné. Et Iblīs ne fait pas partie des anges, comme l’indique la parole de Dieu qui signifie : « Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Adām, ils se sont prosternés mais pas Iblīs qui faisait partie des djinns. Il s’est écarté de l’ordre de son Seigneur ».

Iblīs a été créé du feu. Alors que les anges, ils ont été créés de lumière. Dans un ḥadīṯ rapporté par Al-Buẖārī, ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, a rapporté que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, les djinns ont été créés à partir d’une flamme de feu pure qui ne comporte pas de fumée, et Adām a été créé à partir de ce qu’il vous a été décrit, c’est-à-dire des différents sols de cette terre mélangés avec l’eau du paradis. »

An-Nasafī a dit que Ibnu ʿAbbās aurait dit que Iblīs était un ange, mais d’une espèce particulière, cela n’est pas confirmé de sa part.

Al-Ḥasan Al-Biṣrī a dit que les anges sont créés de lumière comme les âmes et les anges ne se reproduisent pas. Tandis que Iblīs est créé de feu. La parole de Dieu qui signifie « ils se sont prosternés sauf Iblīs » fait comprendre qu’il s’agit d’une exception, alors qu’Iblīs ne fait pas partie des anges ; mais il était en train d’adorer Dieu avec eux, il les accompagnait.

Il a refusé : c’est comme si c’était une réponse implicite à la question implicite : pourquoi ne s’est-il pas prosterné ? Cette formulation est plus frappante dans le fait de refuser de se prosterner.

Verset 117 : Nous lui avons dit ô Adām c’est un ennemi pour toi et pour ton épouse : puisqu’il ne s’est pas prosterné pour toi, il n’a pas reconnu ton mérite.

Qu’il ne vous fasse pas sortir tous deux du paradis : c’est-à-dire qu’il ne soit pas une cause de votre sortie du paradis.

Parce que sinon, tu seras éprouvé. C’est-à-dire que tu seras éprouvé pour trouver ta subsistance car au paradis, il suffit de souhaiter quelque chose pour l’obtenir sans effort. Il n’est pas dit : « car sinon, vous serez éprouvés ». An-Nasafī a dit que c’est pour garder le même rythme de fin des phrases, pour garder une harmonie. Ou bien parce que c’est l’homme qui est chargé de ramener la charge de son épouse. Ou encore il a été rapporté qu’un taureau a été descendu sur terre pour Adām et qu’il l’utilisait pour labourer la terre et qu’il s’essuyait le front plein de transpiration.

Verset 118 : tu auras au paradis à ne pas avoir faim et à ne pas être dévêtu. Tu auras tout ce que tu veux comme nourriture et les vêtements sont préparés pour l’éternité.

Verset 119 : et tu auras au paradis à ne pas avoir soif et à ne pas subir la chaleur du soleil. Parmi les grâces que Dieu a accordées à Ādam au paradis, ce sont des boissons à profusion et il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil. Certains ont prétendu que Ādam a été créé sur terre et qu’il est descendu d’une partie de la terre vers une autre partie de la terre, cela est faux. Quel endroit sur terre où la personne n’est pas dévêtue, n’a pas faim ? Il n’y en a pas, même l’Inde. Ce qui est rapporté est que Ādam est descendu du paradis et s’est retrouvé sur une montagne au Sri Lanka (Sarandīb) parce que l’air là-bas est le plus proche de l’air du paradis. Quant à Eve elle s’est retrouvée à Ǧuddah dans la péninsule arabique. Et Iblīs est descendu à Ubullah en Iraq. Et c’est connu chez les gens de science qu’Ādam est enterré à la mosquée al-ẖayf à Mina.

Verset 120 : le diable lui a alors suggéré ô Ādam veux-tu que je t’indique un arbre qui te permet de vivre éternellement et une souveraineté qui ne sera jamais anéantie. Le diable a chuchotéà Ādam : veux-tu que je t’indique l’arbre de l’éternité ? C’est-à-dire que celui qui mange de cet arbre ne mourra pas, selon la prétention du diable. Et tu auras une souveraineté qui n’aura pas de fin.

Verset 121 : ils en ont mangé et leur zone de pudeur est devenue apparente. Ici le pronom « ils » est au dual et il s’agit d’Adam et Eve. Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ils ont vu leurs propres zones de pudeur. Il y avait au-dessus d’elles une zone de lumière intense qui empêchait de voir ce qu’il y a derrière. C’était cela leurs vêtements au paradis. Et quand cette lumière a été enlevée, ils se sont mis à mettre des feuilles sur leurs zones de pudeur.

Ils se sont mis à coller dessus des feuilles du paradis. Il s’agit des feuilles de figuier.  Et ils ne sont pas descendus sur terre dévêtus. Quand ils sont descendus sur terre, il n’y avait pas d’autres humains sur terre à part eux, aucun humain devant lequel ils auraient pu éprouver de la pudeur. Et au paradis, il n’y avait pas d’autres humains qu’eux.

Le šayẖ a dit : dès que leur zone de pudeur a été dévoilée, alors qu’ils étaient au paradis, après avoir consommé de cet arbre, cela était une punition pour eux puisqu’ils avaient consommé de cet arbre dont le fruit leur avait été interdit. Alors qu’ils étaient au paradis, quand ils ont vu leurs zones de pudeur, ils l’ont cachée avec les feuilles du paradis. Et les feuilles du paradis sont très grandes, elles cachent tout le corps d’une personne. Et dès qu’ils sont descendus sur terre, il est possible que leurs zones de pudeur aient été dévoilées et il est possible que non. Et Allāh tabāraka wa taʿālā a voilé leurs parties intimes aux yeux des anges. Eux-mêmes ont vu leurs zones de pudeur mais autre qu’eux ne les a pas vues. Dieu ne les a pas éprouvés par cela que ce soit au paradis ou bien sur terre.

Si quelqu’un demande quelle est la sagesse de ce qui est arrivé à Ādam, la réponse c’est que c’est une punition qui correspond aux petits péchés. Les petits péchés entrainent une punition dans le bas-monde pour certaines personnes. Certaines personnes, Dieu les punit pour les petits péchés et d’autres, pas. Il y avait un compagnon qui a vu une femme qui lui a plu et il l’a suivie du regard alors qu’il était en chemin. Il s’est cogné le visage contre un mur et du sang a coulé. Alors il est parti voir le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam pour l’informer de cela. Le Messager l’a informé que c’était là la rétribution de ce regard interdit. Dieu rétribue certaines personnes pour leurs péchés dans le bas-monde. Celui que Dieu punit pour ses péchés dans le bas-monde sera dans un meilleur état que celui pour qui Dieu retarde la punition dans l’au-delà. Parce que, par ces épreuves que la personne subit dans le bas-monde, elle sera déchargée de la punition dans l’au-delà. Le Messager a informé cet homme et lui a dit que Dieu lui avait voulu du bien.

Ādam a désobéi à son Seigneur. Les petits péchés sont possibles aux prophètes, c’est-à-dire les petits péchés qui ne comportent pas de bassesse. La plupart des savants parmi lesquels l’imām Abu l-Ḥasan Al-ʾAšʿārī que Dieu l’agrée, considèrent qu’ils sont possibles au sujet des prophètes. Comme le petit péché qui s’est produit de la part de Ādam ʿalayhi s-salām. Mais ils sont immédiatement avertis et ils se repentent avant que d’autres ne les suivent dans ce petit péché.

Certains savants l’ont interprété par un autre sens que le sens apparent. Ils ont dit : comme Ādam est un prophète et les prophètes ont un degré supérieur aux autres, alors ce qu’il a commis a été appelé péché, alors que pour d’autres que lui, ça ne s’appelle pas un péché. C’est relativement au haut degré des prophètes et non pas que ce serait un péché véritable.

D’autres savants ont dit que les prophètes sont préservés de tous les péchés dans l’absolu. Mais l’avis qui est le plus conforme aux textes, c’est de dire que le péché qui est une mécréance ou un grand péché ou un petit péché de bassesse, cela n’est pas possible pour les prophètes. Mais tout autre que cela, c’est-à-dire les petits péchés qui ne comportent pas de bassesse, ils sont possibles pour les prophètes. Puis ils font le repentir immédiatement. Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela. Il n’y a donc pas de danger dans cette croyance. C’est la croyance de l’imām Abu l-Ḥasan Al-ʾAšʿārī. Celui qui remet en cause cet avis remet en cause la parole de l’imam de ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah et de la majorité des savants.

L’erreur de Ādam était de consommer du fruit d’un arbre qui lui était interdit. Et c’était un petit péché qui ne comporte pas de bassesse ni d’indécence. Ensuite son épouse et lui ont fait le repentir. Et Dieu leur a pardonné. Et cela avait eu lieu avant que Ādam ne reçoive sa mission de prophète.

Verset 122 : puis son Seigneur l’a élu et a accepté son repentir puis Il l’a guidé. Dieu l’a élu, Dieu lui a accordé un haut degré. Dieu a accepté son repentir : Ādam a regretté d’avoir désobéi à l’ordre de Dieu. Et Dieu l’a guidé pour qu’il demande le pardon.

Verset 123 : Il a dit : descendez tous (sur terre) : « tous » ici désigne Ādam et Hawwa, Dieu les a faits descendre sur terre alors qu’ils étaient au paradis.

Certains d’entre vous : c’est-à-dire descendants d’Ādam

Certains d’entre vous seront des ennemis pour les autres : c’est-à-dire par l’animosité, par l’envie, la jalousie, par le fait d’avoir des religions différentes

Vous allez recevoir de Ma part une bonne guidée : c’est-à-dire un Livre révélé et une Loi d’un prophète

Celui qui suit Ma bonne guidée, il ne sera pas égaré (c’est-à-diredans le bas-monde) et il ne sera pas malheureux (c’est-à-dire dans l’au-delà). Ibnu ʿAbbās que Dieu l’agrée lui et son père, a dit : Dieu a garanti pour celui qui suit le Qur’ān, qu’il ne sera pas égaré dans le bas-monde et qu’il ne sera pas malheureux dans l’au-delà. Autrement dit, le malheur dans l’au-delà est la conséquence de l’égarement dans la religion dans ce bas-monde. Ainsi celui qui suit le Livre de Dieu, qui obéit aux ordres de Dieu, qui s’abstient de ce que Dieu a interdit, il sera sauvé de l’égarement et de ses conséquences.

Verset 124 : celui qui se détourne de Mon rappel, il aura une vie difficile. C’est-à-dire celui qui se détourne du Qur’ān, il aura une vie éprouvante, difficile, contraignante.

Le šayẖ de l’islam, l’imam Al-Harariy, que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce qui est correct ici, au lieu de dire que c’est une vie difficile, le mieux est de dire que ce sera un supplice dans la tombe.

Et An-Nasafiy a dit que Dieu le prive de la satisfaction. Celui-là ne sera jamais satisfait. Alors que celui qui est attaché à la religion, il a dans son cœur la soumission, il a dit dans son cœur le fait de se fier à Dieu et sa vie sera heureuse. Tandis que celui qui se détourne du rappel, de ce que Dieu a envoyé, celui-là sera toujours cupide, sa vie sera toujours difficile pour lui.

Mais notre šayẖ a dit que ce verset indique plutôt le supplice de la tombe ; il a dit que les mécréants, c’est-à-dire ceux qui se sont détournés de la foi, du rappel, qui n’ont pas cru en Dieu, quand ils vont mourir, ils subiront un supplice dans leurs tombes. Ici « la vie difficile » ce n’est pas leur vie avant la mort mais c’est la vie après la mort, quand la personne est dans sa tombe, et cette période s’appelle le barzaẖ. Le šayẖ a dit que ce verset est une preuve qu’il y a un supplice dans la tombe.

 Celui qui a expliqué ce verset comme la preuve qu’il y a un supplice dans la tombe, c’est notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām : ceci a été rapporté par ibnu Ḥibbān et d’autres.

Le šayẖ a dit qu’il y a dans ce verset la preuve que le mort, quand il sera dans sa tombe, après que l’âme retourne dans son corps, il va être conscient et ressentir le supplice dans la tombe, s’il fait partie de ceux qui vont subir un supplice dans la tombe, soit en raison de leur mécréance, soit en raison de leurs péchés.

Et Nous le ressusciterons au jour du jugement, aveugle. C’est-à-dire qu’il ne trouvera pas la preuve pour justifier son égarement. Parce Dieu a envoyé des prophètes mais celui-là ne les a pas suivis.

Verset 125 : il (c’est-à-dire ce mécréant, celui qui s’est détourné du rappel de Dieu) dit ô Seigneur pourquoi Tu m’as rassemblé, au jour du jugement, aveugle, alors que dans le bas-monde, je voyais.

Verset 126 : Il (c’est-à-dire Dieu) dit c’est ainsi Nos preuves te sont parvenues dans le bas-monde mais tu n’as pas voulu les accepter.

Et c’est ainsi qu’aujourd’hui tu seras délaissé. Cela veut dire que les preuves sont parvenues clairement dans le bas-monde, de la part de Dieu. N’est-ce pas que Dieu a envoyé des prophètes, n’est-ce pas qu’Il leur a donné des miracles ! Mais l’être humain n’a pas voulu les considérer en tirant la moralité de cela. Tout comme tu as fait preuve de cécité dans le bas-monde, Nous t’abandonnerons en conséquence de ce que tu as fait et Nous n’enlèverons pas le voile qui aveugle tes yeux. Tout comme tu as été égaré dans le bas-monde, tu seras délaissé dans l’au-delà.

Verset 127 : c’est ainsi que Nous rétribuons celui qui a dépassé sa limite et qui n’a pas cru aux signes que Dieu lui a envoyés et certes le châtiment de l’au-delà est plus terrible et dure plus longtemps.

Tout comme Dieu a menacé celui qui s’est détourné de Son rappel, Il l’a menacé de deux punitions : la vie difficile dans la tombe et le fait qu’il soit rassemblé au jour du jugement en étant aveugle. Il a conclu ces versets de menace par la parole qui signifie : et le châtiment de l’au-delà est plus terrible et demeure plus longtemps. C’est-à-dire que c’est plus terrible d’être ressuscité aveugle sans fin que le supplice dans la tombe qui, lui, a une fin. 

Verset 128 : il y a deux manières de réciter ce verset : afalam yahdi lahum (avec le yāʾ) et afalam nahdi lahum (avec le nūn). Et le sens est le même.

N’est-ce pas qu’Il leur a envoyé des causes de bonne guidée

Ou bien : n’est-ce -pas que Nous leur avons envoyé des causes de bonne guidée

Il : c’est-à-dire Dieu et Nous, également c’est Dieu.

Au début, les compagnons n’avaient pas mis les points sur les lettres, pour que ce soit conforme aux différentes récitations.

Est-ce qu’ils n’ont pas tiré des leçons en observant combien de peuples avant eux Nous avons anéantis ! Il y a en cela des signes pour ceux qui réfléchissent.

S’ils réfléchissaient, ils auraient su que leur extermination était en raison de leur mécréance. Méditez : ces gens-là dont vous voyez les habitations, comment ont-ils fini ? En raison de leur mécréance, Dieu les a exterminés. Donc n’agissez pas comme eux.

Verset 129 : s’il n’y avait pas eu ce jugement que Dieu a dit de retarder leur châtiment et s’il n’y avait pas eu ce délai que Dieu a voulu (qui est le jour du jugement) : Dieu a jugé que le châtiment sera retardé pour la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam c’est-à-dire ceux à qui l’appel du Prophète est parvenu. Dieu a dit que ceux qui rejettent l’appel ne seront pas exterminés dans ce bas-monde. Parmi ceux qui ont entendu l’appel, certains sont devenus croyants et beaucoup sont restés mécréants.

Mais Dieu a dit que ce n’est pas comme pour les communautés antérieures. En effet Dieu a exterminé ceux qui ont renié l’appel des prophètes antérieurs comme le peuple de Lūṭ.

Donc Dieu a jugé que le châtiment sera retardé pour les gens de la communauté de l’appel qui ont renié l’appel.

Alors ils auraient eu leur châtiment dans le bas-monde tout comme le châtiment est parvenu aux peuples mécréants des siècles précédents.

Verset 130 : patiente face aux paroles qu’ils disent à ton sujet. Ô Muḥammad patiente face à leurs critiques, à leurs injures.

Et fais la prière : tout en remerciant ton Seigneur Qui t’a accordé la réussite pour faire la prière et Qui t’a aidé pour l’accomplir

Avant le lever du soleil : il s’agit de la prière du faǧr

Et avant son coucher : il s’agit des prières de aẓ-ẓuhr et al-ʿaṣr. Ce sont les deux prières de l’après-midi.

Et veille à accomplir la prière pendant la nuit et aux extrémités de la journée. Il s’agit de la prière de al-ʿišāʾ qui est la prière de l’obscurité (al-ʿatamah) et des prières al-maġrib et al-faǧr. Il y a une répétition pour la prière de al-faǧr, pour dire que c’est une prière très particulière.

Également Dieu dit ce qui signifie : « et persévérez à accomplir la prière du milieu » : notre šayẖ a dit que certains l’ont expliquée comme étant la prière de l’aube et d’autres comme étant la prière de al-ʿaṣr.

Il a expliqué les deux extrémités de la journée pour qu’il n’y ait pas de confusion.

Il y a deux manières de réciter la fin du verset 130 : laʿallaka tarḍa ou bien laʿallaka turḍa. Puisses-tu être satisfait ou bien puisses-tu te satisfaire. C’est-à-dire évoque Dieu dans ces moments (les prières) et que ton cœur se réjouisse. En persévérant dans l’accomplissement des prières, tu obtiendras ce qui va te réjouir le cœur et te satisfaire.

Verset 131 : ne fixe pas du regard ce que Nous leur avons accordé (c’est-à-dire à des mécréants) comme biens du bas-monde qui, en réalité sont une épreuve pour eux. Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : c’est fixer quelque chose du regard sans le détourner. Parce que si le regard de quelqu’un tombe par inadvertance sur ce qu’il lui est interdit de regarder, il doit détourner son regard. Par exemple, si son regard tombe sur une femme aǧnabiyyah, il doit détourner son regard. Ceux qui recherchent la piété ont beaucoup insisté sur le fait de ne pas fixer du regard les injustes et les grands pécheurs dans leur tenue vestimentaire, dans leurs convois. Ce n’est pas un péché. Au point que Al-Ḥasan Al-Biṣrī a dit : « ne fixez pas du regard les grands pécheurs quand ils sont sur leurs montures, imbus d’eux-mêmes et qu’ils avancent rapidement avec vanité. Mais regardez plutôt combien l’humiliation des péchés coule de leurs corps ». S’ils ont pris cette posture, c’est pour plaire aux gens. Celui qui les regarde en appréciant leur apparence, il est en train de les aider en cela.

Qui leur feront mériter le châtiment. Les biens que Dieu leur accorde sont une épreuve qui leur fera mériter le châtiment.

Tandis que la subsistance que t’accorde ton Seigneur : soit c’est la récompense ou bien c’est dans le sens du paradis ou bien c’est dans le sens de ce qui est licite et qui te donne ta suffisance.

Cela vaut mieux et a une plus grande valeur : que ce que les mécréants ont reçu.

Verset 132 : ordonne à ta communauté (ou ordonne aux membres de ta famille) la prière et persévère dans son accomplissement. Reste ferme dans l’accomplissement de la prière et patiente.

Nous ne te demandons pas la subsistance, Nous te l’accorderons : Dieu apprend à Son Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’il n’a pas à se charger à chercher sa subsistance, la sienne et celle de sa famille. Dieu apprend à Son Prophète qu’Il lui garantit sa subsistance à lui ainsi qu’à sa famille. Ne te préoccupe pas de cela, décharge ton esprit pour l’au-delà. Parce que celui qui œuvre pour diffuser ce que Dieu agrée, pour diffuser la religion, Dieu lui accorde sa subsistance. D’après ʿUrwah fils de Az-Zubayr, quand il voyait ce que les gouverneurs avaient comme biens, il récitait ce verset-là 130 « ne tends pas les yeux vers ce qu’ils ont ; ce qu’ils ont comme biens dans ce bas-monde, ce sera une épreuve pour eux, occupe-toi de la prière et persévère dessus, ne te préoccupe pas de ta subsistance, Nous t’accorderons. » Puis il détournait son regard et il disait : « la prière, la prière, faites la prière, que Dieu vous fasse miséricorde ».

Et Bakr fils de ʿAbdullāh Al-Muzāniyy, quand il était dans une difficulté financière, il disait à sa famille : « levez-vous et faites la prière, c’est ce que Dieu a ordonné à Son Messager ».

Mālik ibnu Dīnār faisait la même chose : quand il était dans la difficulté, il ordonnait de faire la prière et il récitait ce verset.

Quand un sujet préoccupait le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il se levait et faisait la prière.

La fin heureuse est réservée à ceux qui s’attachent à la piété

Verset 133 : et ils ont dit si seulement il nous ramenait un signe de la part de son Seigneur : n’ont-ils pas reçu suffisamment de preuves dans les livres antérieurs.

Ce sont les mécréants qui ont dit : si seulement il nous ramenait une preuve de la part de son Seigneur. C’est comme s’ils ont dit : si seulement Muḥammad nous ramenait une preuve de la part de son Seigneur qui indique qu’il est véritablement prophète.

N’ont-ils pas reçu des preuves à partir des livres anciens ? C’est-à-dire des livres qui ont été descendus aux prophètes précédents.

Cela veut dire qu’ils ont suggéré comme il est de leur habitude dans leur entêtement, un signe qui indique le statut de prophète de notre maitre Muḥammad. Il leur a dit : n’avez-vous pas reçu une preuve qui est la plus grande des preuves et la plus importante comme défi et il s’agit du Qur’ān ; puisque le Qur’ān constitue une preuve en faveur des livres précédents. Parce que le Qur’ān est un miracle, tandis que les autres livres ne sont pas un miracle. Les autres livres ont donc besoin du Qur’ān pour la validité de ce qu’ils comportent.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les livres précédents ne sont pas un miracle tandis que le Qur’ān, c’est un miracle.  ʿaǧaza qui signifie « impuissant » est la racine du mot muʿǧizah qui signifie « qui rend impuissant » : cela signifie ici « qui rend impuissant les incrédules, qui prouve l’impuissance des incrédules ». Ils n’ont pas été capables d’amener quelque chose de semblable. C’est pour cela qu’ils ont combattu le Prophète et qu’ils ont combattu les musulmans. Jusqu’à nos jours, le Qur’ān est un miracle, c’est un défi permanent pour le Prophète.

Verset 134 : si Nous les (les mécréants) avions punis par un châtiment auparavant (c’est-à-dire avant qu’ils ne reçoivent le Messager ou avant qu’ils ne reçoivent le Qur’ān) ils auraient dit ô notre Seigneur si Tu nous avais envoyé un messager, nous aurions suivi les signes que Tu envoies avec lui avant d’être humiliés (par le châtiment) et d’avoir une situation dégradante dans l’au-delà.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a expliqué ce verset avec d’autres termes : si Dieu n’avait pas envoyé des messagers à Ses esclaves pour leur indiquer ce qui est un bien pour eux et ce qui est un mal puis Il les aurait châtiés pour leurs actes, les gens qui auraient été châtiés auraient dit : pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager pour que nous puissions le suivre ? Dieu leur a enlevé cette possibilité de réponse en leur envoyant des messagers. La fonction des prophètes est d’indiquer ce que Dieu a interdit et d’indiquer ce qui est obligatoire pour les esclaves, c’est-à-dire ce qu’il est requis d’eux de manière catégorique. C’est cela la mission des prophètes. Par ailleurs, si Dieu n’avait pas envoyé de messagers, et qu’Il avait châtié qui Il veut, Il ne serait pas injuste.  Car Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient. Mais Dieu a envoyé des messagers et ainsi Il a enlevé toute possibilité de justification de la part des mécréants.

Verset 135 : dis chacun (c’est-à-dire d’entre nous et d’entre vous) est dans l’attente de la conséquence (c’est-à-dire de ce qui va être le devenir de chacun d’entre nous et d’entre vous). Alors attendez, vous allez voir (lorsque le jour du jugement va arriver) qui seront les gens qui étaient sur le chemin de droiture et qui a été bien guidé pour gagner la félicité.

Quant à ce que certains disent à propos de cette sourate que nul autre que les gens du paradis ne récitent ṭāhā et yasīn, ce n’est pas vrai.

Tafsir An-Nasafiyy : sourate al ‘Anbiyaa’ de 1 à 14

Posted in Coran,Dieu,islam,Livre,Quran,tafsir par chaykhaboulaliyah sur Mai 22, 2025
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Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait, Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Tafsir, Exégèse de an Nasafiyy : sourate Maryam versets 1-67

C’est une sourate mecquoise, c’est-à-dire qu’elle a été révélée quand le Prophète était à La Mecque. Et elle est composée de 98 ou 99 versets.

Verset 1 : il comporte cinq lettres (kāf-hā-yā-ʿ-ṣād) : aṣ-Ṣuddī dit que c’est un nom de Dieu mais ce n’est pas l’avis qui est correct. Et il a été dit que c’est le nom de la sūrāh.

Il y a eu différentes versions pour la récitation de ce verset : ʿAlī et Yaḥyā ont récité ce premier verset avec une kasrah sous le hā et le yā : ils ont dit kāf-hī-yī .

Verset 2 : ceci est la mention de la miséricorde de ton Seigneur, qu’Il a accordée à Son esclave Zakariyyā.

Verset 3 : il (Zakariyyā) a invoqué son Seigneur en toute discrétion. Il a invoqué Dieu en cachette, tout comme c’est ce qu’il convient de faire. Car ainsi cela permet d’éviter l’insincérité. Et c’est plus proche de la pureté du cœur. Une deuxième explication : il a invoqué son Seigneur en toute discrétion pour qu’on ne lui fasse pas de reproches, du fait qu’il a demandé à avoir un fils alors qu’il était âgé. Il avait 75 ou 80 ans.

Verset 4 : il a dit ô mon Seigneur. A l’origine, la phrase est en arabe « yā rabbī », c’est-à-dire « ô mon Seigneur » mais le terme « yā » qui indique l’appel a été omis ainsi que le terme « ī » « mon », il est donc resté le terme « Seigneur ». Les os de mon corps sont devenus faibles. Il a mentionné les os car les os sont la structure qui maintient le corps.  S’ils deviennent faibles, c’est tout le corps qui s’affaiblit. Également, les os sont la partie la plus dure du corps et la plus forte. Si les os s’affaiblissent, toute la force du corps s’affaiblit. Remarque : en arabe il a employé le terme « os » au singulier, ici il a utilisé le singulier pour indiquer le genre (comme quand on dit « l’homme est un être vivant »). Ce verset veut dire que cet os qui constitue le squelette et qui est le pilier du corps, a été atteint de faiblesse.

Et les poils gris se sont attisés dans ma tête : il a utilisé le verbe qu’on utilise d’habitude pour le feu, c’est-à-dire que les poils gris se sont propagés dans ma tête, à l’image d’un feu qui se propage et qui donne des flammes par-ci et par-là. Donc il a comparé les cheveux gris à des foyers de feu, par sa couleur et par le fait qu’ils se propagent dans la tête. Toute partie de la tête a des zones grises comme le feu se propage. Ceci est très éloquent.

(Zakariyyā) a dit : ô mon Seigneur, je suis devenu vieux et la vieillesse englobe l’affaiblissement du corps, les cheveux gris et plus fort encore. Il n’a pas utilisé de termes explicites mais il a utilisé des allusions et l’allusion est plus forte encore. C’est une forme de construction qui englobe des termes généraux et des détails. C’est une construction très éloquente où il a fait allusion à des parties pour désigner le tout : mes os se sont affaiblis, les cheveux gris se sont propagés dans ma tête comme un feu se propage dans les broussailles.

Et ô mon Dieu, je n’ai pas été dans mes invocations envers Toi, malheureux : cela veut dire que j’ai toujours été exaucé. C’est-à-dire que je Te demande des choses et Tu me les accordes. On dit de quelqu’un qu’il a été heureux quand il a eu son affaire qui a été réglée et malheureux quand son affaire n’a pas été réglée. An-Nasafī a dit qu’un mendiant a dit à quelqu’un : « si c’est à moi que tu as déjà donné tel jour, je te demande de me donner encore ». L’autre lui a répondu : « bienvenue à celui qui a fait le tawassul par nous, pour nous ». Il a rappelé un besoin qu’il avait déjà eu et qui avait été comblé et il veut avoir la même chose et il lui a donné ce qu’il voulait.

Verset 5 : et je crains mon clan : le clan c’est les mawālī : il s’agit de ses frères, ses cousins paternels et ils étaient les plus mauvais des fils de Isrāʾīl. Il craignait qu’ils ne changent la religion, qu’ils n’introduisent des falsifications et il craignait aussi que son clan n’assure pas la succession pour sa communauté. Alors notre maître Zakariyyā a demandé que Dieu lui accorde un descendant vertueux, un fils qui prenne son père comme modèle, sur le fait de veiller sur sa communauté. Je crains ce qu’ils vont faire après moi c’est-à-dire après ma mort.

Et mon épouse est stérile, alors ô Dieu accorde-moi de Ta part : c’est-à-dire sans que ce soit par une cause habituelle, du fait que sa femme est stérile

Un descendant : c’est-à-dire un fils qui s’occupe de l’application de la religion après moi.

Verset 6 : qu’il hérite de moi et qu’il hérite de la famille de Yaʿqūb : ici il s’agit de la description de ce fils, c’est-à-dire que notre maître Zakariyyā demande à Dieu de lui accorder un fils qui va hériter de lui la science et qui hérite de la famille de Yaʿqūble statut de prophète. Mais cela ne veut pas dire qu’on hérite du statut de prophète. Mais cela veut dire : qu’il puisse un jour devenir prophète. Yaʿqūb est le fils de Isḥāq et Yaʿqūb s’appelle Isrāʾīl, ce qui signifie « esclave de Dieu » en hébreu. Isrāʾīl est l’esclave de Celui Qui voit. Et Ismāʿīl signifie l’esclave de Celui Qui entend.

Et ô Allāh fais qu’il soit agréé : c’est-à-dire soit qu’il soit agréé par Toi, ou alors dans le sens qu’il soit satisfait de Toi et de Ton jugement (qu’il n’émette pas d’objection contre Toi)

Verset 7 : ô Zakariyyā Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon qui s’appellera Yaḥyā : C’est Dieu Qui a nommé cet enfant, c’est un grand honneur.

Et Nous n’avons pas fait qu’avant lui, quelqu’un ait porté ce prénom : il a donc été le premier à porter ce prénom. Samiyyā :  ceci est une preuve que le prénom qui n’est pas courant est un prénom qu’il convient d’employer et il a été dit que Samiyyā signifie semblable et ressemblant. C’est-à-dire qu’il n’avait pas de semblable dans le fait qu’il n’a pas désobéi et il n’a pas envisagé de désobéir. Également du fait qu’il était issu d’un homme âgé et d’une femme âgée, il n’avait pas de semblable. Et il était quelqu’un de chaste.

Verset 8 : Lorsque les anges ont donné la bonne nouvelle à Zakariyyā qu’il allait avoir un fils, il a dit ô Seigneur comment aurais-je un fils : cela ne veut pas dire que Zakariyyā trouvait peu probable que Dieu lui accorde un fils mais c’est pour demander par quel moyen il pourrait avoir un fils. Est-ce qu’il allait avoir un fils alors qu’ils étaient tous deux âgés, lui et son épouse ? Ou alors est-ce qu’ils allaient redevenir jeunes et avoir un fils par la suite ?

Alors que ma femme est stérile et que je suis devenu âgé : il a utilisé un adjectif qui indique qu’il est devenu comme une branche d’arbre dure, il fait allusion à la dureté des articulations, pour imager son âge avancé.

Verset 9 : il a dit c’est ainsi que ton Seigneur a dit : c’est-à-dire qu’il en sera ainsi.

C’est aisé pour lui : Ton Seigneur dit que cela est aisé pour Lui c’est-à-dire le fait de créer Yaḥyā de deux parents qui sont d’un âge avancé.

Et Je t’ai fait exister auparavant et tu n’existais pas : ceci pour indiquer que c’est Dieu Qui crée et ce ne sont pas les parents jeunes qui créent leur enfant. Les parents sont une cause.

Verset 10 : Il a dit ô mon Dieu accorde-moi un signe qui me permette de savoir si ma femme est tombée enceinte. Zakariyyā a demandé à Dieu de lui indiquer un signe qui lui montre que sa femme serait tombée enceinte.

Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois nuits. Sans pour autant que tu aies une infirmité dans tes organes : tu ne seras pas muet ni sourd. Tes organes seront sains. Dans la sūrat ʾĀli ʿImrān, il est question de trois jours. Cela veut dire que cette privation de parler s’est prolongée trois jours et trois nuits.

Verset 11 : Zakariyyā est sorti pour son peuple depuis le miḥrāb qui est l’endroit où il faisait sa prière. Son peuple l’attendait et il n’a pas pu parler. Il leur a fait un signe de son doigt pour leur ordonner de glorifier Dieu, c’est-à-dire de faire des prières, matin et après-midi. Matin pour faire allusion à l’aube et après-midi pour faire allusion à al-ʿasr.

Nous lui avons accordé ce fils Yaḥyā et Nous lui avons dit, à ce fils, après sa naissance, après qu’il a grandi 

Verset 12 : ô Yaḥyā prends le Livre et il s’agit de la Torah, vigoureusement c’est-à-dire avec ardeur, pour le maitriser et Nous lui avons accordé la sagesse, c’est-à-dire la compréhension de la Torah et la maitrise de la science de la religion, alors qu’il était déjà enfant. Il a été dit que les enfants lui ont demandé de jouer avec eux, il leur a répondu que Dieu ne nous a pas créés pour jouer.

Verset 13 : Nous lui avons accordé une tendresse de notre part : il avait de la tendresse et de la miséricorde pour ses parents et une pureté : Dieu lui a accordé d’être pur et d’être vertueux et il n’a pas commis de péché et il était pieux : c’est-à-dire un musulman obéissant.

Verset 14 : Yaḥyā était bienfaisant envers ses parents : il ne leur désobéissait pas et il n’était pas quelqu’un d’orgueilleux ni quelqu’un de désobéissant à son Seigneur.

Verset 15 : Que la préservation de Dieu lui soit accordée le jour de sa naissance : c’est-à-dire que le jour de sa naissance le šayṭān ne lui nuise pas car la plupart des enfants, quand ils naissent, le šayṭān leur nuit, ils sortent du ventre de leur mère en pleurant.

Et le jour de sa mort : c’est-à-dire quand les deux anges interrogent dans la tombe

Et le jour où il sera ressuscité vivant : c’est-à-dire pour le jour du jugement, le jour dernier. C’est la plus difficile des stations.

Verset 16 : et cite-leur, c’est-à-dire toi, Muḥammad, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, Maryam, c’est-à-dire récite-leur ce qui est parvenu dans le Qurʾān en tant que récit de Maryam, afin qu’ils en tirent des moralités et afin qu’ils sachent ce qui lui est arrivé.Le moment où il lui est arrivé ce récit étonnant. Quand elle s’est isolée à l’écart de son peuple pour se consacrer à l’adoration à l’est de Jérusalem. Deuxième explication : à l’écart des gens. Et il a été dit qu’elle s’est mise à l’écart dans un endroit pour faire son ġusl suite aux menstrues.

Verset 17 : elle a pris un écran (comme un paravent) qui la voile : elle a fait qu’il y ait comme un voile qui la protège des yeux des gens de son peuple pour qu’elle puisse faire son ġusl derrière.

Nous lui avons envoyé notre rūḥ : et il s’agit de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām et l’adjonction « notre » est une marque d’honneur pour indiquer que Ǧibrīl appartient à Dieu et est honoré par Dieu. L’appellation rūḥ quisignifie « âme » ne veut pas dire que Ǧibrīl est une âme de Dieu mais il a été surnommé ainsi parce que c’est comme s’il est l’âme de la religion. La religion revit par Ǧibrīl et par la révélation qu’il transmet.

Il s’est représenté à elle sous forme d’un humain : Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est présenté à Maryam sous la forme d’un jeune homme, imberbe, avec un beau visage et des cheveux ondulés.

Avec une constitution complète.

Ceci, afin qu’elle soit apaisée par ses paroles, afin qu’elle ressente le réconfort par sa parole, afin qu’elle ne le fuie pas, car s’il lui était apparu sous la forme d’un ange, elle l’aurait fui. Elle n’aurait pas pu écouter sa parole.

Verset 18 : elle a dit je demande à être préservée par le très Miséricordieux si tu es quelqu’un qui craint Dieu. C’est-à-dire que si on peut espérer de toi que tu craignes Dieu, alors je demande à être préservée par Dieu contre toi. Autrement dit, si tu es quelqu’un qui craint Dieu, alors ne me fais pas de mal.

Verset 19 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur : il l’a d’abord rassurée de ce qu’elle craignait (du fait qu’elle s’est retrouvée seule avec un homme étranger) puis il l’a informée qu’il n’était pas un humain (qu’il n’était pas un descendant de Ādam) mais qu’il était un envoyé de la part de Celui par lequel elle recherchait la préservation, c’est-à-dire Dieu.

Pour te donner : c’est-à-dire que je te donne moi-même, par la volonté de Dieu ou bien pour que je sois une cause du don de cet enfant, c’est-à-dire en soufflant dans l’encolure de sa robe.

Un enfant pur : un enfant qui soit pur des péchés ou bien un garçon qui va grandir sur le bien et les bénédictions.

Verset 20 : elle a dit comment allais-je avoir un garçon alors qu’aucun humain ne m’a touchée ! C’est-à-dire qu’elle n’a pas été mariée, qu’elle n’a pas eu d’époux, pour avoir un garçon

Et je ne suis pas de ces femmes perverses qui recherchent les hommes, qui recherchent à obtenir le plaisir avec n’importe quel homme. L’enfant, généralement n’est issu que de ces deux voies-là, soit suite à un mariage, soit suite à une fornication.

Verset 21 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit c’est vrai : il en est ainsi, comme tu l’as dit : c’est-à-dire qu’effectivement, tu n’as pas été mariée, et tu n’as pas commis la fornication.

Ton Seigneur dit cela est facile pour Moi : le fait que tu aies un fils sans qu’il n’ait de père, est quelque chose de facile pour Dieu.

Et afin qu’il soit un signe pour les gens : c’est la première explication,et la deuxième explication, c’est pour manifester Notre toute-puissance et qu’il soit une preuve de Notre toute -puissance.  Dieu manifeste Sa toute-puissance en faisant qu’une femme ait un fils sans qu’il n’ait de père. Afin qu’en voyant cela, les gens en déduisent la toute-puissance de Dieu.

Et pour qu’il soit une miséricorde de Notre part : Jésus est une miséricorde de la part de Dieu, pour ceux qui ont cru en lui, c’est-à-dire ceux qui ont cru qu’il est un envoyé de Dieu, un humain, un prophète musulman qui a appelé à adorer Dieu et à ne pas lui attribuer d’associé.

Et cela est quelque chose de prédestinée. La création de Jésus est une chose destinée qui est écrite sur la Table Préservée.

Quand Maryam a été apaisée après qu’il lui ait parlé, Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est rapproché d’elle et il a soufflé dans l’encolure de sa chemise. Et l’âme est entrée par sa bouche, c’est ainsi qu’a dit Ubay ibnu Kaʿb que Dieu l’agrée. Et le souffle et donc l’âme est arrivé jusqu’au ventre de Maryam.

Verset 22 : elle est tombée enceinte de Jésus : et elle avait treize ans ou bien dix ans ou bien vingt ans. Il y a trois avis.

Alors elle s’est mise à l’écart avec son enfant dans son ventre : d’après ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, la durée de la grossesse était d’une heure, c’est-à-dire que dès qu’elle l’a porté, elle a accouché. Et il a été dit six mois et il a été dit sept mois et il a été dit huit mois. Il n’y a pas eu un enfant qui ait vécu après huit mois de grossesse, hormis Jésus. Il y a donc eu plusieurs avis à propos de la grossesse de Maryam. Et il a été dit qu’elle l’a porté une heure et qu’elle a accouché en une heure.

En un endroit éloigné de son peuple. Elle s’est isolée derrière la montagne. Quand elle a senti la grossesse, elle a fui son peuple, par crainte qu’ils ne la blâment.

Verset 23 :  les contractions de l’accouchement l’ont amenée auprès du tronc du palmier : ce palmier était mort, sec et c’était l’hiver : ce palmier est défini par l’article défini « al », ce qui donne l’impression que c’était un palmier qui était connu. Et il est possible qu’il soit défini pour indiquer que c’est le genre de cet arbre. C’est comme si Dieu l’avait guidée vers le palmier pour la faire nourrir de ces fruits et ici il s’agit d’une sorte de fruits de palmiers, qui ne sont pas comme les dattes qu’on connait au Maghreb, ni les dattes qu’on connait en Arabie, mais ce sont des dattes qu’on trouve en Iraq, en Iran. C’est une sorte de datte crémeuse al-ruṭab. C’est la nourriture de prédilection des femmes qui viennent d’accoucher.

Elle a dit si seulement j’étais morte avant ce jour-là et que personne ne se souvienne de moi.

Verset 24 : il l’a appelée par en bas : une explication : c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui l’a appelée parce qu’il était en contrebas de là où elle se trouvait. Ou bien c’était Jésus qui l’a appelée par en-dessous du palmier.  Le pronom « hā » fait référence au palmier.

Tellement elle était effrayée que ce qui vient après, c’est pour égayer le cœur de Maryam. Pour lui dire ne sois pas chagrinée : c’est-à-dire ne te laisse pas affliger par la solitude, par le manque de nourriture, le manque de boisson et ce que les gens vont dire.

Dieu a fait que, sous toi, (ça peut avoir le sens de « à proximité de toi » ou bien sous ton ordre : c’est-à-dire si tu lui donnes l’ordre de couler, il va couler, si tu lui ordonnes de s’arrêter, il va s’arrêter) il y ait un petit ruisseau. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été interrogé à propos de ce mot « sariyya », il a dit c’est le petit ruisseau. Et Al-Ḥasan a expliqué ce mot par « un maitre honorable », c’est-à-dire Jésus ʿalayhi s-salām.

Et il a été rapporté que H̱ālid fils de Safwān a dit que les Arabes appellent le ruisseau « sariyy ».

Il a été dit que lorsque Al-Ḥasan a entendu ce que lui a dit H̱ālid fils de Safwān, il a dit « tu as dit vrai » et il a repris son explication.

Ibnu l-ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, a dit :  a donné au sol un coup avec son talon ʿīsā ou Ǧibrīl, c’est alors qu’une source d’eau douce a jailli et le ruisseau qui avait tari s’est mis à couler et le palmier a verdi et des fruits ont poussé dessus. Et les fruits ont mûri.

Verset 25 : il a été dit à Maryam : tire vers toi le tronc du palmier, c’est ainsi que vont tomber à ta portée les dattes mûres.

Il a été dit que l’habitude de donner ces dattes à la femme qui vient d’accoucher ou juste avant son accouchement, provient de cette époque-là.

Et il a été dit que la femme qui vient d’accoucher, il n’y pas mieux pour elle que des ruṭab et le malade, il n’y a pas mieux pour lui que le miel.

Notre šayẖ a dit : le meilleur des fruits sont les dattes, et les meilleures des dattes sont les ʿaǧwah et la meilleure ʿaǧwah est celle de Médine et la meilleure ʿaǧwah de Médine est celle de Qubāh. (C’est la première mosquée où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait la prière et il a dit que celui qui se rend à Qubāh pour faire la prière, c’est comme s’il avait fait une ʿumrah).

Verset 26 :  mange et bois et réjouis ton cœur : c’est-à-dire mange des fruits mûrs c’est-à-dire des ces dattes, bois de l’eau du ruisseau et réjouis ton cœur par cet enfant satisfaisant. Réjouis-toi de Jésus et rejette ce qui était la cause de ton chagrin.

Si tu vois un humain aujourd’hui, fais-lui comprendre que tu as fait vœu de ne pas parler. En effet c’était un acte d’adoration dans la loi de Zakariyyā de faire abstinence de parole. C’est-à-dire que si tu rencontres un humain qui te demande à propos de ton état, alors dis-lui que tu as fait le vœu, pour Dieu, d’être silencieuse. Fais-lui comprendre que tu as fait le vœu de ne pas parler aujourd’hui. Et c’était un acte d’adoration à leur époque, de faire abstinence de paroles tout comme ils faisaient abstinence de nourriture et de boisson. Dans la loi de Zakariyyā ʿalayhi s-salām, il y avait les deux sortes de jeûne : le fait de s’abstenir de manger et de boire et le fait de s’abstenir de parler.

Et il a été dit que c’était un jeûne véritable, avec les deux sortes. Le fait de ne pas manger ni boire comportait le fait de ne pas parler.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait interdit de faire le jeûne de la parole. Donc ce jugement a été abrogé pour nous.

Elle avait reçu l’ordre de faire comprendre qu’elle avait fait vœu de silence, parce que Jésus allait parler et que cela suffirait pour l’innocenter. Et d’autre part, pour qu’elle n’ait pas à débattre avec des gens impudents et vulgaires. Il y a en cela la preuve que le fait de se taire face aux impudents est quelque chose de requis.

Et celui qui est impudent n’a pas été vaincu par mieux que le fait de se détourner de lui. Si quelqu’un est impudent, tu n’as pas de plus grande victoire sur lui que de se détourner de lui. Au contraire, il ne va pas plus parler que lorsque tu le contredis.

Elle leur a fait comprendre par un signe qu’elle avait fait vœu de jeûner c’est-à-dire de s’abstenir de parler. Le signe peut être appelé un kalām.

Et il a été dit qu’elle a dit qu’elle allait s’abstenir de parler juste après sa dernière parole où elle aurait fait le vœu de silence.

Je ne vais pas adresser aujourd’hui la parole à un humain.

Verset 27 : puis elle s’est dirigée vers son peuple en portant son fils

Ils ont dit ô Maryam tu as ramené là quelque chose d’étonnant : car ils savaient qu’elle n’était pas mariée et qu’elle n’était pas une femme de mauvaise mœurs. Le mot « farīʿ » signifie « ce qui coupe avec l’habitude », qui n’est habituel.

Verset 28 : ô toi la sœur de Hārūn : An-Nasafīa donné plusieurs explications :

  1. Elle avait un frère qui s’appelait Hārūn et c’était son frère de même père qui faisait partie des meilleurs descendants des fils de Isrāʾīl.
  2. Hārūn est le frère de Mūsā ʿalayhi s-salām et elle était descendante de Hārūn. Et il s’était écoulé entre Maryam et Hārūn mille ans. Ici c’est dans le sens qu’ils faisaient partie de la même tribu.
  3. Hārūn était un homme vertueux ou bien un homme mauvais, de leur époque. Et quand ils lui ont dit : ô toi la sœur de Hārūn, ils l’ont assimilée à cet homme contemporain, soit dans la vertu, soit dans le vice.

Ton père n’était pas quelqu’un de mauvais et ta mère n’était quelqu’un de mauvais : son père était ʿImrān n’était pas quelqu’un qui commettait la fornication et sa mère qui s’appelait Ḥannaʾ n’était pas quelqu’un non plus qui commettait la fornication.

Verset 29 : elle a désigné son fils : c’est-à-dire qu’elle a fait signe à Jésus pour qu’il leur réponde. Parce que Jésus lui avait dit : mère, ne sois pas chagrinée et laisse-moi leur répondre. Et il a été dit que c’était Ǧibrīlqui lui avait dit cela. Mais lorsqu’elle a montré Jésus pour qu’il réponde, son peuple s’était mis en colère, il était étonné.

Ils lui ont dit comment nous parlons à un enfant qui est encore dans le berceau.

Verset 30 : il a dit je suis l’esclave de Dieu : Jésus a dit cela. Nous sommes tous des esclaves de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu. Le féminin du mot ʿabd est amah : on dit amatu l-Lāh.

Cette parole comporte un démenti contre ceux qui prétendent qu’il est le fils de Dieu. Comme Maryam s’était abstenue de parler, elle a empêché sa langue qu’elle peut utiliser pour parler et Dieu a fait parler la langue de celui qui, habituellement ne parle pas, en l’occurrence l’enfant au berceau.  Dieu a fait parler Jésus alors qu’il n’avait que quarante jours et c’est l’avis qui est correct. Certains ont dit qu’il n’avait qu’un jour. Il a été rapporté qu’il a pointé l’index et il a dit à haute voix « je suis l’esclave de Dieu » et il y a en cela une réfutation de la parole des chrétiens.

Il m’a accordé le Livre : et il s’agit de l’Evangile que Dieu va lui révéler dans le futur.

Et Il va faire de moi un prophète : et Dieu va faire de lui un prophète.

Il a été rapporté de Al-Ḥasan Al-Biṣrī qu’il a dit que Jésus était déjà prophète alors qu’il était au berceau et que sa parole étant enfant, était son miracle.

Il a été dit que cela signifie que Dieu a prédestiné qu’il reçoive le Livre par révélation et qu’il soit prophète. En effet le verbe en arabe est au passé ou plutôt à l’accompli donc cela donne le sens que c’est inéluctable que ça va se réaliser. Comme cela est inéluctable que cela aura lieu, c’est comme si ça s’est déjà réalisé.

Verset 31 : et Il a fait que je sois béni où que je sois : où que j’aille, je suis béni c’est-à-dire que je suis bénéfique, je suis profitable. Ou bien cela veut dire qu’il enseigne le bien.

Et Dieu m’a ordonné d’accomplir la prière et de m’acquitter de la zakāt : c’est-à-dire que si quelqu’un possède suffisamment de biens, alors je dois donner la zakāt. Il a été dit qu’il s’agit de l’aumône obligatoire de la fin du jeûne, ou bien la zakāt ici signifie la purification du corps. Et c’est possible que le sens de ce verset soit : Dieu m’a ordonné de vous ordonner de faire la prière et de vous acquitter de la zakāt.

Durant ma vie : Dieu m’a ordonné cela tant que je suis vivant.

Verset 32 : et Il a fait que je sois bienfaisant envers ma mère. C’est-à-dire qu’il honore sa mère, qu’il la glorifie, qu’il la respecte.

Il n’a pas fait que je sois orgueilleux ni quelqu’un qui agit mal avec sa mère.

Verset 33 : et salutations sur moi le jour de ma naissance, le jour de mon décès et le jour de ma résurrection : cela veut dire que le jour de sa naissance, Jésus était enveloppé de sauvegarde, c’est-à-dire qu’il était dans un bon état le jour de sa naissance et également le jour de sa mort, quand il va mourir, il sera dans un bon état. Et également, le jour de la résurrection quand il va sortir de sa tombe, il sera dans un bon état. Parce que Jésus fait partie de ceux qui n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, comme tous les saints et les vertueux.

Verset 34 : voilà la nouvelle à propos de Jésus le fils de Maryam : voilà le récit de Jésus le fils de Marie. C’est-à-dire voici le récit véritable de Jésus, voici la réalité à propos de Jésus. C’est celui dont il a dit qu’il était l’esclave de Dieu, ce n’est pas la parole de chrétiens qui disent qu’il est un dieu ou un fils de Dieu.

C’est la parole de vérité : parce que Jésus est né sans qu’il n’ait de père. Dieu a voulu, par Sa parole qui est de toute éternité, l’existence de Jésus sans père. Et ainsi Jésus a existé sans père.

A propos duquel ils ne sont pas d’accord : parce que certains doutent de son statut de prophète. Ils ne sont pas d’accord à propos de Jésus : les Yahūd ont dit qu’il était un sorcier et un imposteur. Les Naṣārah n’ont pas cru en Jésus parce qu’ils ont dit qu’il était le fils de Dieu et qu’il était le troisième de la trinité. Ainsi Jésus est différent de que disent les Yahūd et les Naṣārah.

Verset 35 : Dieu, il est impossible à Son sujet qu’Il ait un fils, Il est exempt de cela. Dieu, s’Il veut quelque chose, Il lui ordonne d’être et cela est. Et donc, celui qui est ainsi, il n’est pas comme ceux qui peuvent avoir un fils. Dieu, par Sa parole qui est de toute éternité, Il a ordonné que les choses existent et les choses ont existé. C’est Dieu Qui a ordonné que Jésus existe sans père et Jésus a existé sans père.

Verset 36 : et Allāh est mon Seigneur et Il est votre Seigneur, alors adorez-Le : c’est la parole de Jésus qui dit : tout comme je suis l’esclave de Dieu, vous également, êtes Ses esclaves. Je dois et vous devez L’adorer.

Ceci, c’est-à-dire ce que je vous ai mentionné, c’est la voie de droiture. Adorez Dieu et ne Lui attribuez aucun associé.

Verset 37 : les groupes ont divergé entre eux : la faction est le groupe qui a une opinion différente des autres. Il s’agit ici de trois groupes de chrétiens : les nestoriens, les jacobites et les chalcédoniens. Entre eux : signifie entre les compagnons de Jésus ou le peuple de Jésus ou bien les gens en général. Les Naṣārah ont divergé à propos de Jésus quand il a été élevé au ciel. Ils ont eu des opinions différentes. Puis ils se sont mis d’accord de se référer à la parole de trois d’entre eux, qui avaient le plus de science de leur époque.

Ils s’appelaient Jacob, Nestor et Melchior. Les deux premiers ont dit une parole de mécréance : Jacob a dit : Jésus est Dieu, il est descendu sur terre puis il est remonté au ciel. Nestor a dit que Jésus était le fils de Dieu, Il nous l’a montré un certain temps puis Il l’a élevé auprès de Lui. Par contre Melchior a dit : ils ont menti, Jésus était un esclave créé et c’était un prophète. Chacun de ces trois-là était suivi par des gens. Par la suite, ils se sont divisés en soixante-douze groupes.

Malheur à ceux qui ont mécru, malheur à eux d’un jour éminent : ils auront un grand malheur au jour du jugement. Parce que ce jour-là, leurs organes vont témoigner contre eux qu’ils ont commis de la mécréance, les anges vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance, les prophètes vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance. Malheur à ces gens-là qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus.

Verset 38 : au jour du jugement, après qu’ils étaient sur l’égarement, ils vont entendre et voir la réalité à propos de Jésus. Après qu’ils étaient comme aveugles et sourds dans le bas-monde, leur état sera étonnant. Qatādah a dit que s’ils étaient aveugles et sourds, au sens figuré car ils n’ont pas vu lé vérité ni entendu la vérité dans le bas-monde, en quoi cela leur sera utile au jour du jugement de connaitre la vérité ? Cela ne leur sera pas utile dans le sens que cela ne diminuera pas leur châtiment.

Mais les injustes aujourd’hui sont dans un profond égarement. Et les injustes sont ceux qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus. Leurs paroles qui étaient de la mécréance seront source de châtiment au jour dernier. En fait ils ont été injustes envers eux-mêmes. Ils n’ont pas su entendre ni voir quand cela était possible pour eux. Ils ont adoré celui qui ne mérite pas d’être adoré ; Jésus est un être humain qui a en lui les signes de la création. Leur égarement est clair car ils ont eu pour croyance que Jésus mérite d’être adoré alors qu’il y a bien en lui les signes de l’entrée en existence. Cet égarement est la plus grave des injustices parce qu’ils ont attribué la divinité à ce qui est clairement une créature. Ce qui prouve que Jésus est une créature est son entrée en existence. Il a donc un début et le fait qu’il a un début est une preuve qu’il n’est pas un dieu. C’est une insulte envers Dieu d’attribuer la divinité à celui qui ne la mérite pas. Ceci indique qu’il n’y a pas plus grave que leur injustice. La mécréance est la plus grande des injustices.

Verset 39 : avertis-les (fais qu’ils reçoivent un avertissement) le jour du grand regret : mets-les en garde du jour du jugement parce que ce jour-là il y aura le regret pour ce qui est passé. Le Prophète Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi s-salām

Le šayẖ précise que le mécréant verra la place qu’il a manquée au paradis, s’il était mort musulman et il verra la place qu’il occupera en enfer. Quand il verra la place qu’il a manquée au paradis, ça va augmenter son regret et quand il verra la place qu’il aura en enfer, ça augmentera son chagrin.

Ce jour-là, lorsque le jugement sera terminé : c’est-à-dire qu’il y aura deux groupes, le groupe qui ira au paradis et le groupe qui ira en enfer.

Alors qu’ils sont dans une insouciance : pour œuvrer et pour s’occuper de la place qu’ils vont occuper dans l’au-delà. L’imām ʿAlī a dit : « les gens sont comme endormis, lorsqu’ils meurent, ils vont se rendre compte ».

Et ils ne sont pas croyants : c’est-à-dire qu’ils ne croient pas au jour du jugement. Mets-les en garde, en raison de leur insouciance et parce qu’ils ne s’occupent pas de l’au-delà.

Verset 40 : Dieu nous apprend qu’après l’anéantissement de cette terre et l’anéantissement de ceux qui sont sur cette terre, Dieu est Celui à Qui elle appartient. Maintenant, cette terre appartient à Dieu et après l’anéantissement des gens, Dieu est Celui dont la souveraineté ne sera pas anéantie et Dieu n’a pas de fin.

Dieu ressuscitera les humains et les ǧinn pour le jour du jugement et chacun aura sa juste rétribution : ceux qui ont agi en bien seront rétribués en bien et ceux qui ont agi en mal seront rétribués par une punition.

Verset 41 : et cite dans le Livre, Ibrāhīm, il était véridique et un prophète. Et cite, c’est-à-dire à ton peuple, ô toi Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, le récit d’Ibrāhīmavec son père c’est-à-dire comment il s’est comporté avec son père. Il était un véridique et un prophète. aS-SaadiQ signifie celui est droit dans son comportement et aṣ-ṣiddīq c’est celui qui persévère et qui va se maintenir sur cette droiture dans toutes les situations. Ibrāhīm était extrêmement droit et il croyait en tout ce que Dieu lui a appris des choses cachées. Ibrāhīm ʿalayhi s-salām croyait en la véracité de tous les prophètes, il croyait en la véracité de leurs livres et lui-même était un prophète.

Verset 42 : il disait à son père « ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas et ne voit pas ? Le père d’Ibrāhīm était idolâtre.

Et qui ne peut te protéger de rien du tout.

Verset 43 : ô mon père, j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues : c’est-à-dire que ces connaissances sont soit la révélation, soit la connaissance de Dieu.

Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture.

Verset 44 : ô mon père, n’adore pas le šayṭān. C’est-à-dire ne lui obéis pas dans ce qu’il a suggéré comme adoration des idoles.

Certes le šayṭān est désobéissant envers Dieu.

Verset 45 : ô mon père, je crains qu’il ne te parvienne de la part de Dieu un châtiment et que tu deviennes ainsi un compagnon du šayṭān. C’est-à-dire que tu sois un compagnon du šayṭān en enfer, vous serez partisans l’un de l’autre en enfer.

Regardez comment il s’y est pris pour conseiller son père, d’une manière douce, pour convaincre son père de délaisser la mauvaise croyance qu’il avait et de le suivre, lui qui était un envoyé de Dieu.

Certains prétendent que le Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit une parole comme quoi il a été révélé à Ibrāhīm qu’il est le ẖalīl de aR-Raḥmān, c’est-à-dire celui qui a un degré particulier alors améliore ton comportement, même avec les non croyants, tu auras la voie des bienfaisants : cela n’est pas un ḥadīṯ.

D’abord, Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, quand il s’est adressé à son père, il a essayé de lui faire prendre conscience, de le faire sortir de son insouciance. Parce que si quelqu’un adorait les meilleures des créatures qui sont les prophètes, c’est quelqu’un qui est égaré. Que dire de celui qui adore une pierre ou qui adore un arbre, ce sont des créatures qui n’entendent pas ce qu’on leur dit, qui ne voient pas ce que cet adorateur fait, qui ne repoussent de son adorateur aucune épreuve et qui ne lui règlent aucune affaire !!

Puis, il a enchainé en appelant son père à la vérité, en adoptant la douceur : il ne s’est pas adressé à lui durement. Il n’a pas dit à son père : tu es un grand ignorant, et il n’a pas dit que lui, avait énormément de connaissances et pourtant c’était le cas : (j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues et que moi, je connaissais). (Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture). Il lui a dit : si toi et moi, étions en train de marcher sur une route et que, moi, je connaissais le chemin et pas toi, alors suis-moi, cela va t’éviter de t’égarer et de te perdre.

Troisième point : il a attiré son attention, il l’a averti en lui disant que le šayṭānavait désobéi à Dieu. Et toutes les grâces proviennent de Dieu. Donc le šayṭānqui a désobéi au Seigneur, il t’a fait tomber dans l’adoration des idoles. Il t’a embelli cette adoration, donc en réalité, tu es en train d’adorer le šayṭān. En apparence tu es en train d’adorer des idoles, mais en réalité tu es en train d’adorer celui qui t’a amené à les adorer et il s’agit du šayṭān.

Quatrième point : Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a fait craindre la mauvaise fin à son père. Il lui rappelé le risque de mal finir, le risque d’avoir une fin malheureuse. Il lui a fait craindre les conséquences de cette mauvaise fin. Ceci, en utilisant un langage qui conserve le bon comportement. Il ne lui a pas dit de manière explicite que le châtiment allait lui parvenir et qu’il allait être châtié. (Je crains qu’il ne te parvienne un châtiment) : ici, le terme « châtiment » est utilisé à la forme indéterminée, cela indique que ce n’est pas forcément quelque chose d’intense. Et Ibrāhīm a dit à son père que le fait qu’il suive le šayṭān, qu’il soit au nombre de ses partisans, c’est quelque chose de plus grave que le châtiment qui risque de lui parvenir. C’était pour le raisonner, pour lui faire prendre conscience. Tout comme l’agrément de Dieu est meilleur que la récompense en elle-même. Le fait de gagner l’agrément de Dieu a plus de valeur que la récompense en tant que telle.

A chaque fois, il disait la parole « ô mon père », ceci, pour essayer de l’attendrir, afin qu’il le suive. Agir avec bienfaisance avec les parents, même s’ils ne sont pas musulmans, est quelque chose de requis. Mais on ne dit qu’il faut respecter le non musulman, parce que celui-ci ne respecte pas Dieu, donc le non musulman n’est pas respectable.

Verset 46 : il a blâmé son fils : le père de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām s’appelait Āzar, il a dit est-ce que tu te détournes de mon dieu, ô Ibrāhīm : tu te détournes de ce que, moi, j’adore ? Il a répondu à son fils en l’appelant par son prénom Ibrāhīm. Pourtant Ibrāhīm l’avait appelé en lui disant « ô mon père ». Et son père ne lui a pas répondu « mon fils ».

Certains prétendent que Āzar n’était pas le père d’Ibrāhīm mais qu’il était son oncle. Ceci parce que notre maître Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām est descendant de notre maître Ibrāhīm. Certains prétendent qu’il n’est pas possible que dans les ancêtres du Prophète il y ait des mécréants et donc, le père d’Ibrāhīm n’était pas mécréant et donc c’était son oncle. Ceci est faux car le grand-père du prophète était idolâtre. ʿAbdul- Muṭṭalib était idolâtre. Donc ce n’est pas une règle que, parmi tous les ancêtres du Prophète, il n’y ait pas de mécréant. Mais nous disons que le père et la mère de notre Prophète étaient croyants, ils étaient musulmans.

Si tu ne t’arrêtes pas d’insulter les idoles, je te lapiderai, c’est-à-dire que je te jetterai des pierres jusqu’à ce que tu meures ou je te frapperai ou je t’insulterai.

Et quittes-moi : c’est-à-dire éloigne-toi de moi.

Longtemps : reste loin de moi longtemps.

Verset 47 : il lui a dit salāmun ʿalayk : salut à toi, c’est pour le délaisser

 saʾastaġfiru laka rabbī : ça ne veut pas dire que je vais demander pardon à mon Dieu mais cela veut dire que je demanderai à Dieu qu’il te fasse entrer en Islam pour que tu sois apte à être pardonné. Parce que Dieu ne pardonne pas à quelqu’un qui est mécréant. Et Ibrāhīm ne va pas demander à Dieu de pardonner à un mécréant. Mais il va demander à Dieu que son père entre en Islam afin de devenir apte à être pardonné.

Mon Seigneur m’accorde beaucoup de grâces : il a ditqu’il va demander àson Seigneur car Dieu est miséricordieux, Il l’a honoré.

Verset 48 : et je vais vous quitter : Ibrāhīm a dit à son père : « je vais vous quitter ». Son père était à Babel en Irak. Donc Ibrāhīm a quitté Babel pour aller au pays de aš-sām dont le centre est la Palestine. Et il est allé en Palestine.

Vous et ce que vous adorez d’autre que Dieu : c’est-à-dire je vais vous quitter, vous et vos idoles. Je vais m’éloigner de vous et de ce que vous adorez, au lieu d’adorer Dieu.  

Et je vais adorer mon Seigneur

Puissé-je ne pas être malheureux par l’adoration de mon Seigneur : c’est une allusion pour indiquer qu’eux vont être malheureux suite à l’adoration de leurs idoles. Mais il a dit cela par modestie et humilité, en faisant allusion qu’eux, seront malheureux dans l’au-delà, suite à l’adoration de leurs idoles. C’est-à-dire qu’il a dit : « moi, je ne serai pas malheureux dans l’au-delà, ce n’est pas comme vous qui allez être malheureux dans l’au-delà, du fait que vous avez adoré des idoles ». Mais il l’a dit d’une manière très subtile qui indique la modestie.

Verset 49 : quand il les a quittés : il s’est éloigné d’eux et il s’est éloigné de ce qu’ils adorent d’autre que Dieu, c’est-à-dire des idoles,

Nous lui avons accordé Isḥāq en tant que fils

Et Yaʿqūb le fils de Isḥāq

Et chacun d’eux, Nous en avons fait un prophète : Isḥāq était un prophète et Yaʿqūb était un prophète.

C’est-à-dire que lorsque notre maître Ibrāhīm a délaissé les mécréants, les pervers pour l’agrément de Dieu, Dieu lui a remplacé cela en lui donnant des fils croyants et prophètes.

Verset 50 : et Nous leur avons accordé de Notre miséricorde : Dieu leur a accordé des biens et des descendants.

Et Nous leur avons accordé une parole de bien : et il s’agit de l’éloge qui est faite pour Ibrāhīm et pour sa famille, dans l’invocation que nous faisons dans aṣ-ṣalātu l-ibrāhīmiyyah.

De manière très élogieuse. Dieu a fait qu’il soit cité de manière élogieuse.

Verset 51 :  et mentionne dans le Livre Mūsā, que Dieu a élu : c’est-à-dire que Dieu lui a accordé le statut de prophète.

Puis il y a deux explications avec deux récitations : muẖlaṣā : c’est-à-dire qu’il a été élu pour être prophète c’est-à-dire que Dieu lui a accordé une grande félicité depuis sa naissance et muẖliṣā c’est-à-dire qu’il est sincère dans son adoration pour Dieu, par sa forte ardeur.

Et il était messager et prophète. Le messager est celui qui a reçu une nouvelle Loi ou bien celui qui a reçu la révélation de l’abrogation de certains jugements dans la Loi du messager précédent, soit totalement une nouvelle Loi, soit une Loi avec des abrogations. Le prophète non messager est celui qui appelle à suivre la Loi d’un messager qui l’a précédé. Entre notre maitre Mūsā et notre maître ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes qui ont appelé à l’application de la Loi de notre maître Mūsā. Ce n’est pas tout messager qui reçoit la révélation d’un Livre ; il y a des messagers qui ont reçu la révélation d’un Livre et d’autres pas.

Dieu a fait descendre aux prophètes 104 Livres : à notre maître Ibrāhīm, 10 livrets, à notre maître Mūsā, 10 livrets avant la torah, Idrīs en a reçu 50, Šīṯ 30, ce qui fait 100. En plus de cela, il y a les 4 suivants : la torah, l’évangile, les psaumes et le Qur’ān. Ce qui fait 104.

Et le prophète est celui qui n’est pas messager, il reçoit la révélation de la part de Dieu, même s’il ne lui est pas révélé de Livre. Comme Yūšā fils de Nūn qui était le serviteur de notre maître Mūsā dont le récit est mentionné dans sūratou l-kahf.

Verset 52 : Dieu a fait entendre à Mūsā sa parole : Nous lui avons ordonné de venir et Nous lui avons fait entendre Notre parole et c’était une nuit de vendredi.

Du côté de aṭ-ṭūr : Tyr est une montagne dans le Sinaï situé entre l’Egypte et Madyan.

Du côté droit : la majorité dit que ce qui est visé ici c’est ce qui est situé à la droite de Mūsā ʿalayhi s-salām , parce que la montagne n’a pas de droite. Le sens est que lorsqu’il est venu de Madyan, qui est la ville du prophète Šuʿayb, c’est-à-dire là où il a épousé son épouse, l’appel était du côté de l’arbre et l’arbre était à droite de Mūsā ʿalayhi s-salām.

Nous l’avons fait rapprocher : ici c’est un rapprochement de degré et de rang et ce n’est pas un rapprochement de position ni d’endroit

Et il implorait Dieu. Dieu l’a élevé en degrés dans son adoration de Dieu.

Verset 53 : et Nous lui avons accordé par Notre miséricorde : c’est-à-dire que par Notre miséricorde envers lui, Nous lui avons accordé

Son frère Hārūn en tant que prophète : Dieu a accordé à notre maître Mūsā le statut de prophète à son frère, par miséricorde de Sa part. Mais Hārūn était plus âgé queMūsā.

Verset 54 : et cite-leur dans le Livre Ismāʿīl : il s’agit du fils d’Ibrāhīm selon l’avis le plus fort.

Il était véridique dans ses engagements : c’est-à-dire qu’il tenait ses engagements. Il avait promis à un homme qu’il allait rester à sa place jusqu’à ce qu’il revienne, il est resté à cet endroit pendant un an jusqu’à son retour. Et il avait promis envers lui-même de patienter lors de l’égorgement, lorsque son père allait l’égorger. Et il a tenu son engagement. Et il a été dit qu’il ne s’était pas engagé envers son Seigneur, de faire quelque chose sans qu’il ne l’ait accomplie. S’Il l’a spécifiquement mentionné par la tenue de ses engagements, même si ce caractère existait chez les autres prophètes, c’était par honneur pour lui. Et c’est le caractère dont il était le plus réputé.

Il était messager : c’est-à-dire à la tribu de Jurhum (la tribu qui s’était établie près de Hāǧar lorsqu’elle avait trouvé la source d’eau de Zamzam)

Il informait et avertissait : il informait de ce que Dieu lui révélait et il avertissait du châtiment.

Verset 55 : et il ordonnait à sa famille la prière et la zakāt : le terme« sa famille » désigne son peuple, sa communauté car le prophète est comme un père pour sa communauté et pour sa famille. Il y a ici la preuve qu’il n’avait pas fait preuve d’hypocrisie envers autrui. « La prière et la zakāt » : ces deux adorations ont été mentionnées ici car ce sont comme l’origine ou les plus élevées des adorations corporelles et financières.

Et il était, selon le jugement de son Seigneur, bien agréé. Il y a une autre récitation avec le terme « marḍūwā ».

Verset 56 : et cite dans le Livre Idrīs : le šayẖ a dit qu’il n’était pas arabe, il était comme Lūṭ et Ibrāhīm. An-Nasafī a dit qu’il s’appelait aẖa Nūḥ (Enoch) ; dans certains pays, certains enfants sont nommés ainsi aẖa Nūḥ. Il a reçu sa mission de prophète après Ādam et Šīṯ ʿalayhimā s-salām. Il est le premier à avoir utilisé un crayon, il a cousu les vêtements, il disait la parole subḥāna l-Lāh. Iblīs est venu le défier, il a ramené la peau d’un fruit, et il lui a dit : « est-ce que ton Seigneur est capable de mettre tout ce monde dans cette pelure ? » Notre maitre Idrīssavait qu’Iblīs n’était pas venu pour apprendre, il lui a crevé un œil et depuis ce jour, Iblīs est borgne. Idrīs lui a dit : « Dieu est tout puissant sur toute chose ». Notre maitre Idrīs connaissait aussi la science des étoiles, comment elles se déplacent, comment déterminer le temps, il connaissait aussi le calcul. Il avait mis en place les étalons pour mesurer le poids, le volume, c’est-à-dire les unités de référence. Et il a utilisé des armes pour combattre les descendants de Qabīl.

Certains prétendent qu’Idrīs était quelqu’un qui étudiait beaucoup, car ils prétendent que son nom dérive de « darasa » qui signifie « étudier ». Cela est faux car, si c’était le cas, le nom Idrīs serait à la forme « ifʿīl » et il n’y aurait qu’une seule explication qui est le nom propre et ce serait un nom qui pourrait se décliner, car les noms arabes, même si ce sont des noms propres, ils se déclinent (nominatif, accusatif, …). Mais le fait que ce mot ne se décline pas est une preuve que ce n’est pas un mot arabe. Règle : quand un mot ne se décline pas, c’est une preuve que ce n’est pas un mot arabe.

Il était véridique et prophète : Dieu lui a révélé 50 livrets.

Verset 57 : Nous l’avons élevé à un très haut degré : il s’agit d’une élévation de degré et il s’agit du statut de prophète et c’est un haut degré selon le jugement de Dieu. Et il a été dit que les anges l’ont élevé au quatrième ciel et que le Prophète šalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a vu la nuit de l’ascension, au quatrième ciel.

Certains racontent une histoire à laquelle il ne faut pas croire car elle est totalement fausse : ils prétendent que Al-H̱asan aurait rapporté qu’Idrīs a été élevé au paradis et rien de plus haut que le paradis, parce que les anges auraient aimé Idrīs, tellement il faisait des actes d’adoration et qu’il aurait dit à l’ange de la mort « fais-moi goûter à la mort, ça me facilitera à la subir »et qu’il le lui a fait goûter puis qu’il l’a ressusciter et il lui a dit « fais-moi entrer en enfer pour que j’augmente en crainte de l’enfer », qu’il l’a fait entrer et qu’il lui a dit  « fais-moi entrer au paradis pour que j’augmente en ardeur pour gagner le  paradis » puis l’ange lui a dit de sortir du paradis, et qu’ Idrīs aurait dit : « j’ai goûté la mort et je suis entré en enfer, je ne veux plus sortir du paradis » et que Dieu aurait dit : « c’est par Ma volonté qu’il a fait et par Ma volonté qu’il est entré, alors laisse-le au paradis », tout cela est faux.

C’est pour cela qu’il est très important d’apprendre les règles de base : comment un prophète va-t-il demander à entrer en enfer !? Cette histoire est pourtant écrite dans certains livres d’exégèse du Qurʾān, soit à l’insu de l’auteur, soit par lapsus de sa part. Les savants ne sont pas exempts de l’erreur.

Verset 58 : ceux-là : désigne ceux qui ont été cités dans le verset, depuis Zakariyyā jusqu’à Idrīs,

A qui Dieu a fait grâce parmi les prophètes : le terme « min » est juste pour énumérer certains, ce n’est pas pour dire que, certains, Dieu leur a fait grâce et d’autres, Il ne leur a pas fait grâce. Cela ne veut pas dire que ce sont seulement ces prophètes qui ont été cités, à qui Dieu a fait grâce, mais Dieu fait grâce à tous les prophètes. Tous les prophètes, Dieu leur a fait grâce.

De la descendance d’Ādam : car Idrīs était de la descendance d’Ādam, il était proche d’Ādam.

Et de ceux que Nous avons fait porter dans le navire avec Nūḥ : Ibrāhīm fait partie de la descendance de ceux qui étaient transportés dans l’arche avec Nūḥ parce qu’Ibrāhīm est descendant de Sām, fils de Nūḥ.

Et de la descendance d’Ibrāhīm : il s’agit d’Ismāʿīl, d’Isḥāq et de Yaʿqūb.

Et d’Isrāʾīl : c’est-à-dire de la descendance de Yaʿqūb. Il s’agit de Mūsā, Hārūn et Zakariyyā, Yaḥyā et ʿīsā. (Maryam était de la descendance de Yaʿqūb).

Isrāʾīl est un prénom que l’on respecte, c’est le prénom d’un prophète, il signifie « esclave de Dieu ». Isrāʾ signifie celui qui voit. Il : Dieu. C’est l’esclave de Dieu, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdul- l- Bāsit. Et Ismāʿīl c’est l’esclave de celui qui entend, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdu s-Samīʿ.

Et descendants de ceux que Nous avons bien guidés et que Nous avons choisis : c’est-à-dire ceux que Nous avons bien guidés vers les règles de l’Islam et que Nous avons élus pour expliquer la Loi et dévoiler la réalité. C’est-à-dire dévoiler ce qui est un bien pour les gens. Dieu a choisi les prophètes qui sont porteurs de la mission de transmettre toutes les règles des actes que nous accomplissons. C’est une noble mission pour laquelle Dieu les a élus.

Lorsque les versets du Très Miséricordieux leur sont récités : lorsque les livres qui leur sont descendus par révélation leur sont récités,

Ils se prosternent sur leur face, par recherche de l’agrément de Dieu, en pleurant : par crainte de Dieu. Et dans le ḥadīṯ de notre Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a dit ce qui signifie : « récitez le Qurʾān et pleurez et si vous ne pleurez pas, provoquez vos larmes ». Rapporté par Al-Bayhaqī et Al-Bazzār.

Et le šayẖ a dit que ce ḥadīṯ a une origine acceptable et on peut le rapporter et on peut l’appliquer. Cela veut dire que l’on provoque les larmes pour manifester la crainte Dieu.

Et d’après Ṣāliḥ al-Marrī, il a dit : « j’ai récité le Qurʾān au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dans le rêve et il m’a dit « ô Ṣāliḥ, ça c’est la récitation et où sont les larmes ? »

A la fin de ce verset, il y a une prosternation de récitation dans laquelle on dit à trois reprises : « subḥāna Rabbi l-ʾAʿlā ».

Verset 59 : ils ont été suivis par des gens de mauvaise descendance : sont venus après eux, c’est-à-dire après ceux qui ont été mentionnés, qui sont des gens de mérite et ce sont les prophètes cités précédemment, après eux, sont venus des gens de leur descendance qui étaient mauvais. « ẖalfun » signifie « une descendance », et selon cette récitation et dans ce contexte cela signifie une mauvaise descendance. Et si on dit « ẖalafun » c’est-à-dire une bonne descendance. Ibnu ʿAbbās a dit que ce sont les Yahūd et si on disait « ẖalafun », ce serait une parole d’éloge. Donc ici on récite avec un sukūn sur la lettre lām, c’est-à-dire qu’il est visé une mauvaise descendance.

Qui ont négligé l’accomplissement de la prière Ils ont négligé la prière c’est-à-dire qu’ils n’ont pas négligé la prière qui est obligatoire.

Et qui ont suivi leurs penchants : c’est-à-dire qu’ils ont suivi les mauvais penchants de l’âme. Il y a eu plusieurs explications à propos de ceux qui ont suivi leurs passions c’est-à-dire le mauvais penchant de leur âme. Qaṭādah que Dieu l’agrée, a dit qu’il s’agit des gens au sein de cette communauté.

Ils auront une mauvaise rétribution pour ce qu’ils ont fait : ils ont négligé la prière et ils ont suivi leurs mauvais penchants donc ils seront punis pour cela. « Ġayy » signifie un mal et tout ce qui est bien est « rašād ».

An-Nasafī explique le mot « ġayy » en prétendant que Ibnu ʿAbbās et ibnu Masʿūd ont dit c’est le nom d’une vallée en enfer pour ceux qui persistent à commettre la fornication, à boire de l’alcool, à consommer l’usure, à agir en mal avec leurs parents, à faire de faux témoignages. Et le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié.

Verset 60 : hormis ceux qui ont fait le repentir et qui ont été croyants et qui ont œuvré en bien : c’est-à-dire ceux qui ont délaissé la mécréance, qui ont été croyants c’est-à-dire avec les conditions de la foi, et qui ont fait le bien après être redevenu croyants.

Ceux-là entreront au paradis : il y a deux manières de réciter ce verset : « faʾulāʾika yadẖulūna l-ǧannah »et une deuxième manière qui est : « faʾulāʾika yudẖalūna l-ǧannah » selon la récitation mekkī. Le sens est le même.

Et ils ne seront nullement lésés : ils ne subiront aucune injustice. Ils ne subiront aucune diminution de la rétribution pour leurs œuvres.et ils ne seront pas privés de leur rétribution, mais au contraire, leur récompense sera multipliée. Ou une autre explication : ils ne subiront aucune injustice.

Verset 61 : des jardins d’Eden : le mot « ǧannāt » est le pluriel du mot « ǧannah » qui veut dire paradis et cela signifie que ce sont des jardins dans lesquels il y aura un séjour pour l’éternité.

ʿadnin : signifie le séjour ou bien c’est un des noms du paradis. Le mot Eden est un endroit où on va séjourner. 

Que Dieu a promis à Ses esclaves : c’est-à-dire les esclaves qui ont fait le repentir et qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres, tout comme ils ont été mentionnés précédemment. Cette adjonction « Ses » au mot esclave, est parce que ces esclaves-là ont une particularité. Ce sont des gens qui sont particuliers. C’est donc une adjonction dans le sens de l’honneur.

Alors qu’ils ne les ont pas vus : Dieu a promis à ses esclaves des jardins qu’ils n’ont pas vus ou alors ce sont eux qui ne voient pas le paradis. Le sens est le même : c’est-à-dire qu’ils y ont cru sans le voir. C’est une augmentation de récompenses parce que le croyant est celui qui a utilisé sa raison et qui a su ce que Dieu a promis, par l’intermédiaire des prophètes et qui y a cru sans le voir.

Certes, ce qu’Il a promis, ils y iront : et il s’agit du paradis, c’est pour confirmer cette récompense.

Verset 62 : ils n’y entendront pas de paroles laides : c’est-à-dire au paradis, ils n’entendront pas de choses laides. Ou alors ils n’entendront pas de paroles inutiles. An-Nasafī dit qu’il y a ici un signe pour éviter les paroles inutiles, puisque Dieu a fait qu’au paradis il n’y en a pas. Le šayẖ dit qu’il ne faut pas comprendre par là l’interdiction de al-laġū dans l’absolu. Il n’en est pas ainsi. Il y a des paroles inutiles qui sont interdites et il y en a qui sont de l’ordre de l’indifférent. Le šayẖ a dit que An-Nasafī a peut-être voulu dire qu’il est recommandé de délaisser les paroles inutiles.

Sauf salāmun : c’est-à-dire qu’ils entendront un salām de la part des anges.Ou bien ils vont entendre le salām des uns aux autres. Ou bien ils n’entendront au paradis que des paroles qui seront sauves du défaut. Il a été dit que le salām est l’invocation de la sauvegarde. An-Nasafī a dit que comme le paradis est la résidence de la sauvegarde, ils n’ont pas besoin d’invocations de sauvegarde, ce salām est comme une parole inutile. Or ce qu’il y a dedans est une marque d’honneur.

Et ils y auront leur subsistance matin et après-midi : ils y auront leur subsistance une fois en début de journée et une fois en fin de journée, c’est-à-dire que leur subsistance leur parviendra au rythme des deux extrémités de la journée du bas-monde. En effet il n’y a pas de nuit et de jour qui se succèdent au paradis. Le paradis est éclairé à jamais. Mais ils connaitront le début de la journée par le lever de voiles et la fin de la journée par l’abaissement de ces voiles. Et les gens du paradis n’auront pas besoin de dormir, il n’y a pas de fatigue au paradis.  Et le fait que la subsistance parvienne en début de journée et en fin de journée, c’est le meilleur rythme de vie chez les Arabes. C’est pour cela Que Dieu a décrit le paradis par ce rythme-là. Et il a été dit cette phrase indique qu’ils auront une subsistance éternellement. Quand on dit « je suis chez quelqu’un nuit et jour », ça veut dire que je suis chez lui tout le temps.

Ici cela veut dire qu’ils auront leur subsistance à jamais, pour l’éternité.

Verset 63 : voici le paradis que Nous accordons à Nos esclaves comme héritage : c’est-à-dire que c’est comme si c’était un héritage pour les œuvres, c’est-à-dire un fruit et un résultat pour les œuvres et il a été dit qu’ils vont hériter les résidences qui auraient celles des mécréants, si ceux-ci étaient morts croyants. Mais ce sont les gens du paradis qui vont les obtenir. La mécréance est comme une mort.

Ceux qui étaient taqī : cela désigne ceux qui se protègent de l’association, ceux qui sont croyants, ceux qui se protègent de la mécréance.

Verset 64 : et nous ne descendons que sur ordre de ton Seigneur : « tanazzala » peut avoir deux sens : le premier est le fait de descendre lentement. Et le deuxième sens est la descente en général, indépendamment de la vitesse de cette descente. An-Nasafī dit que c’est le premier sens qui est convenable ici, qui signifie que notre descente à travers le temps n’est que par ordre de Dieu. Il s’agit ici des anges qui descendent.

A Lui appartient ce qu’il y a devant nous et derrière nous et entre les deux et ton Seigneur n’oublie pas : c’est-à-dire à Dieu appartiennent les endroits qui sont devant nous, les endroits qui sont derrière nous et les endroits où nous nous trouvons. Nous ne possédons pas le mouvement ni le déplacement d’un endroit à un autre si ce n’est par l’ordre de celui à qui appartiennent tous les endroits, si ce n’est pas sa volonté. Dieu est Celui Qui préserve ce monde. Et Il sait tout ce qu’il y a comme mouvements et immobilités.  Et Il sait ce qui va se produire comme évènements. L’insouciance et l’oubli sont impossibles à Son sujet. Comment pourrions-nous évoluer dans ce monde qui Lui appartient si ce n’est par Sa volonté !

Verset 65 : Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux.

Dieu dit à Son Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : comme tu as su qu’Il est attribué parcela, c’est-à-dire qu’Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux

Alors adore-Le : c’est-à-dire persévère dans Son adoration,

Et patiente dans Son adoration : c’est-à-dire patiente et ne te venge pas de l’envieux pour persévérer dans l’adoration de Dieu et patiente face aux difficultés pour persévérer dans l’adoration du Créateur, patiente pour pouvoir accomplir les actes d’adoration.

Lui connaitrais-tu un seul équivalent ? C’est-à-dire lui connaitrais-tu un seul semblable ? Autre explication : est-ce qu’autre que Dieu aurait ce nom ? Parce que le nom Allāh est un nom qui est spécifique à celui qui mérite d’être adoré. Le nom Allāh est le meilleur mot dans la langue arabe. Cela veut dire que du moment qu’il a été validé selon la raison que nul autre que Dieu ne mérite que les esclaves L’adorent, alors il est indispensable de L’adorer et de patienter face aux difficultés de l’adoration. Ubay ibnu H̱alaf (il était mécréant) a dit : « comment allons-nous être ressuscités après avoir été transformés en poussière ? » Il a remis en cause la résurrection. C’est alors que le verset suivant a été révélé.

Verset 66 : et l’homme questionne après ma mort est-ce que je vais ressortir vivant ? C’est-à-dire je vais être ressuscité ? Il a posé cette question dans le sens que cela ne peut avoir lieu. Dieu cite ce que cet homme a dit. La réponse est le verset suivant.

Verset 67 :  est-ce que l’homme ne se rappelle pas que Nous l’avons créé auparavant alors qu’il était inexistant ? Comment l’homme trouve surprenant de revenir à la vie après la mort alors qu’il y encore plus surprenant, c’est qu’il n’existait pas puis il a existé ! C’est Dieu Qui l’a créé. Ici il y a deux récitations : yaḏkuru et yaḏakkaru. Dans la première récitation cela signifie : est-ce que l’homme ne se souvient pas ? Et dans la deuxième récitation : est-ce que l’homme ne réfléchit pas ? C’est-à-dire est-ce qu’il n’est pas exhorté ?

Ce verset blâme l’homme qui renie la résurrection. Comment trouve-t-il étonnant la résurrection sans penser à la première fois où il a été créé ? Autrement dit, ne se souvient-il pas de la première création pour ne pas renier la seconde ? Qu’il ait à l’esprit la première fois où il a été créé pour ne pas rejeter la deuxième fois où il sera créé après son anéantissement ?

La première création est une grande preuve de la toute puissance du Créateur puisque Dieu a fait entrer en existence nos substances et nos caractéristiques des substances. Quant à la seconde création, ce n’est autre que le rassemblement des parties qui existent déjà. Il s’agit de leur rassemblement après leur séparation.

Le šayẖ fait un commentaire sur ce que An-Nasafī a dit à ce sujet : cet auteur considère qu’après la mort, les parties de l’être humain se séparent en des petites parties et il ne considère pas que les parties de l’être humain vont être totalement anéanties. Il a considéré que les parties de l’être humain se séparent les unes des autres mais elles restent et que la résurrection est le rassemblement de ces parties. Il n’a pas dit que les parties sont anéanties et disparaissent totalement. Il a dit que les parties sont simplement dispersées. Le šayẖ a dit que c’est un des deux avis.

Les savants ont eu deux avis sur la question : un avis qui dit que les parties sont séparées. Et un autre avis qui disent qu’elles disparaissent totalement.

« Auparavant » : c’est-à-dire avant l’état où il se trouve, c’est-à-dire avant son état d’existence.

Alors qu’il était inexistant ? Cela veut dire que ce qui inexistant n’est pas un šay, contrairement à ce que prétendent les muʿtazilah.

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