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Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Baqarah

Posted in Coran,Histoire,islam,Livre,musulman,Quran,tafsir par chaykhaboulaliyah sur Mai 19, 2026

D’après Abū Umāmatah (qui est un compagnon du Prophète) que Dieu l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire (ce qui signifie) : récitez le Qur’ān car il intercèdera en faveur de ceux qui le récitent au Jour du jugement. Récitez az-zahrawayne qui sont al-baqarah et āli ʿimrān, elles viendront au Jour du jugement comme si c’était deux nuages ». Rapporté par Muslim.

Cela ne veut pas dire que le Qur’ān   est un être vivant qui va venir mais cela veut dire que la récompense de la récitation sera en faveur de la personne au Jour du jugement. Donc le Prophète a incité à réciter ces deux sūrat, il les a appelées az-zahrawayne, il a qualifié ces deux sourates de fleurs. Vous savez qu’au Jour du jugement le soleil va se rapprocher de la tête des gens, ceci est pour indiquer qu’elles vont protéger la personne au Jour du jugement. Il a été rapporté du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, que le fait de réciter sūratul-baqarah et āli ʿimrān sera comme deux nuages au Jour du jugement et Aḥmad ibnu Ḥanbal a dit : c’est-à-dire que ce sera la récompense qui viendra. Et là c’est une preuve qui indique qu’il a interprété par un autre sens que le sens apparent

Verset 1 : Ibnu ʿAbbās a dit : Dieu a juré par ces trois lettres (alif lām mīm) et il a donné une autre explication, qui signifie : « Moi, Dieu, Je sais plus que tout autre ». Et c’est cette deuxième explication qui a été donnée par ibnu Masʿūd et Saʿīd ibnu Ǧubayr.

Verset 2 : c’est une bonne guidée pour ceux qui font preuve de piété et la guidée c’est le chemin qui fait parvenir à la destination. Or les pieux sont déjà bien guidés. Ici c’est une demande pour qu’ils soient augmentés encore en bonne guidée. C’est une demande pour renforcer ce qui est confirmé en eux et pour le prolonger. Ils sont sur la piété et ils demandent à être augmentés sur la piété. Comme lorsque nous disons « ihdina ṣ-ṣirāṭa l-mustaqīm » qui signifie « guide-nous sur le droit chemin ». Or nous sommes sur le droit chemin, du fait que nous sommes musulmans ; c’est-à-dire « fais que nous persévérions sur ce chemin », c’est-à-dire « augmente-nous en bonne guidée ».

Qui est le pieux, al-muttaqiyy ? Le pieux, dans la Loi de l’Islam, c’est celui qui se protège. Dans le mot- taqwā- il y a le mot – wiqāyah – qui est la protection. Le mot « pieux » a une racine linguistique dans la langue arabe similaire au mot « protection ». Il se protège de faire ce qui fait mériter la punition, que ce soit faire ou délaisser. Le pieux est celui qui accomplit les devoirs et qui évite les péchés. Comme Dieu nous a annoncé à propos de ce livre qu’il est une guidée pour les pieux, Il nous informe par cela que ce livre est une certitude, qu’il n’y a pas de doute à son sujet et que c’est une vérité, qu’il n’y a pas de faux dans ce Livre.

Verset 3 : ceux qui croient au ġayb. C’est-à-dire ceux qui reconnaissent la véridicité en le « ġayb ». La racine du mot « ġayb » c’est « ġāba » qui signifie s’absenter c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose que l’on connait. C’est-à-dire que les pieux croient en la véridicité de ce que leur prophète leur a annoncé, à propos de choses qu’ils n’ont pas vues, que ce soient les sujets de la résurrection ou du rassemblement ou de l’exposition des actes et autres. C’est une preuve de leur foi, ils croient en ce que leur dit le prophète, lui qui ne parle pas sous l’effet de ses passions, mais c’est bien par révélation. La foi qui est correcte c’est de reconnaitre par la langue et de croire par le cœur.

Wa yuqīmūna ṣ-ṣalāh : « yuqīmūna » provient de « iqāmah », le fait d’être debout. Ces pieux accomplissent la prière, ils persévèrent à la faire. Il a exprimé le fait de faire la prière par le fait de se lever pour l’accomplir, parce que la position debout pour accomplir la prière est un des piliers de la prière. Ici le sens est « ceux qui accomplissent la prière dans son temps ».

Ceux qui donnent à partir de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Cela signifie « ils donnent l’aumône, la zakāt et autre que cela ».

Verset 4 : et ceux qui croient en ce qu’il t’a été révélé. Ce sont toujours des qualificatifs des pieux. Il s’agit des croyants des gens du Livre, c’est-à-dire qui étaient juifs et chrétiens et qui sont devenus musulmans, comme ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām qui était le savant des juifs à Médine. Quand il a voulu annoncer son islam, le Prophète a invité les juifs à Médine et leur a dit : « que dites-vous de ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām ? » et celui-ci était resté dans un endroit où ils ne le voyaient pas et ils ne savaient pas qu’il était entré en islam. Ils ont dit : « c’est notre savant, c’est le fils de notre savant ». Quand le Prophète lui a dit d’annoncer aux juifs qu’il était devenu musulman, ils l’ont renié, par orgueil.

Le Qur’ān est également une bonne guidée pour les pieux car ils ont cru en la totalité du Qur’ān.

Ils ont cru en ce qui a été révélé avant toi c’est-à-dire qu’ils ont cru en tous les livres qui ont été révélés aux prophètes.

Et qui croient avec certitude en l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils ne doutent pas ; la certitude ici est la connaissance parfaite qui ne comporte aucun doute ni aucune confusion. « Ayqana » c’est avoir la certitude.

Verset 5 : ces gens-là sont sur la bonne guidée. Et cette bonne guidée, c’est leur Seigneur qui la leur a accordée. Nous disons « lā ḥawla wa lā quwwata ʾillā bil-Lāh » c’est -à-dire que si nous accomplissons un acte d’obéissance, c’est grâce à Dieu et si on évite une désobéissance, c’est grâce à Dieu. Les pieux sont sur la bonne guidée mais c’est grâce à Dieu. C’est Dieu Qui a fait qu’ils sont sur la bonne guidée.

Et cette bonne guidée est de la part de leur Seigneur.

Ce sont ceux-là qui sont les gagnants. Ici al-falāḥ c’est-à-dire les gagnants qui vont gagner ce qu’ils ont recherché et qui vont être sauvés de ce qu’ils ont fui. Ils ont gagné le paradis qu’ils ont recherché et ils sont sauvés de l’enfer qu’ils ont fui. La réussite c’est d’atteindre l’objectif. Dans l’appel à la prière il y a « ḥayya ʿala l-falāḥ » c’est-à-dire la réussite. Al-mufliḥ c’est celui qui a réussi et qui a atteint son objectif. Regardez comment Allāh a attiré notre attention sur cette spécificité des pieux qui vont obtenir ce que nul autre n’obtiendra. Cette bonne guidée que les pieux ont eue, elle est confirmée pour eux, et elle confirme la réussite. La bonne guidée leur confirme la réussite. La définition de ceux qui réussissent, ce sont les pieux qui vont réussir dans l’au-delà. Les pieux seront victorieux. Nous demandons à Dieu qu’Il nous embellisse par la tenue des pieux et qu’Il nous rassemble au Jour du jugement dans le groupe de ceux qui ont été mentionnés au début de cette sourate.

Dieu a cité en premier les pieux et les vertueux, les saints, par des caractéristiques qui permettent de gagner Son agrément et Il a indiqué que ce Livre, le Qur’ān est une bonne guidée, puis Il fait suivre ce verset par la mention de leur opposé qui sont les rebelles, les obstinés, ceux qui ne profitent pas de la bonne guidée. Et ce sont les versets 6 à 10

Verset 6 : il débute par la mention de ceux qui ont mécru. Le mot « kafara » en arabe veut dire « couvrir », couvrir la vérité par le reniement, Ils ont refusé la vérité en la reniant. Ceux dont il est question ici sont des mécréants bien spécifiques, comme Abū Ǧahl et abū Lahab et leurs semblables, au sujet de qui Dieu a su qu’ils allaient mourir mécréants. C’est comme s’Il dit : ceux qui sont mécréants, c’est équivalent pour eux que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas. L’avertissement c’est de faire craindre le châtiment de Dieu en réprimandant les gens qui commettent des péchés.

La sagesse dans l’avertissement est de trois ordres, en sachant que dans ce verset, les mécréants, qu’ils soient avertis ou pas, cela revient au même :

 Premièrement c’est le fait d’établir une preuve contre eux. Ils ne pourront pas dire au Jour du jugement : Dieu, pourquoi Tu nous châties ? Pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager, on l’aurait suivi. Or, le messager a été envoyé mais eux, ils ne l’ont pas suivi.

Deuxièmement : pour que l’envoi des messagers soit pour tout le monde. Et qu’il ne soit pas uniquement pour ceux qui vont devenir croyants. Il y a, parmi ceux qui sont mécréants, ceux qui vont profiter de cet avertissement.

Troisièmement :  c’est pour que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām soit récompensé. Quand le prophète va avertir Abū Ǧahl et abū Lahab, il fait quelque chose que Dieu lui a ordonné de faire et il gagne des récompenses.

Verset 7 : Dieu a scellé leurs cœurs. Le sceau c’est de la cire qu’on met sur un manuscrit ou une lettre pour qu’on sache qu’elle a été ouverte. La cire va sécher et va se casser quand on va ouvrir la lettre.

Az-Zaǧǧāǧ a dit : le sceau – al-ẖatam- c’est la couverture car, pour s’assurer qu’une chose est bien fermée, il y a un sceau qui est apposé dessus, pour que personne n’en prenne connaissance.

Ibnu ʿAbbās a donné une explication semblable, il a dit : Dieu a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils ne comprennent pas le bien, ils ne saisissent pas cet avertissement que le Prophète leur a donné. C’est cela le sens. Cela veut dire que Dieu a refermé leurs cœurs de sorte que la mécréance qui est contenue dans leurs cœurs ne va pas s’échapper, ils vont rester mécréants et la foi ne va pas pénétrer dans leurs cœurs. Le résultat est que leur cœur va être ténébreux, obscur et étroit dans le corps de cet esclave, de sorte qu’il ne va pas être croyant tant que cette obscurité réside dans son cœur.

Le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy a dit : le cœur est le siège de la raison. Il a été appelé qalb parce qu’il « yataqallab », il change. Le cœur est le siège de la compréhension. Le cœur est ce morceau de chair qui a une forme conique qui est placé dans la partie gauche de la cage thoracique.

Dans le Qur’ān, Allāh taʿālā dit ce qui a pour sens : ne vont-ils pas se déplacer sur terre, n’ont-ils donc pas des cœurs par lesquels ils peuvent comprendre ou des oreilles par lesquelles ils peuvent entendre ? Dieu a fait que la compréhension a lieu par le cœur tout comme l’audition a lieu par l’oreille. Allāh nous apprend que leurs cœurs ont été scellés.

Et Il a placé comme une couverture, une couche qui recouvre leur audition et leur vue. Al-baṣar c’est la lumière des yeux, c’est ce par quoi la personne voit. Et Al-baṣīrah c’est la lumière du cœur, c’est ce qui permet d’apprendre et de comprendre. C’est comme si c’était deux caractéristiques que Dieu a créées, dans lesquelles il y a l’instrument qui permet de voir et de comprendre.

Et al-ġišawah c’est-à-dire une couverture, une fine couche sur quelque chose. Le šayẖ l’imām abū Manṣur fils d’Aliyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : lorsque le mécréant n’a pas voulu entendre la parole de vérité, qu’il a refusé de l’entendre, lorsqu’il n’a pas observé son propre état, il n’a pas médité sur sa propre réalité, ni à propos de la réalité des autres créatures, il n’aura pas vu les manifestations de l’entrée en existence. Regardons autour de nous, tout ce que nous voyons, ce sont des choses qui sont entrées en existence, elles n’existaient pas puis elles ont existé. Nous concluons après avoir vu l’existence de ces choses qui sont entrées en existence qu’il est indispensable qu’il y ait un créateur qui les a fait exister. Comme ce mécréant a refusé de faire cette réflexion-là, c’est comme si, sur sa vue et son ouïe, il y a un voile, même si ce n’est pas au sens propre. Et ceci est une preuve que l’audition intervient ici.

Ils auront un châtiment éminent. Parfois il y a le mot « ʿaẓīm » qu’on traduit par « éminent » et le mot « kabīr » qui est traduit par « grand ». Dans le verset c’est le mot « ʿaẓīm » qui est employé. « Eminent » est le contraire de méprisable et « grand » est le contraire de « petit ». C’est comme si « éminent » est au-dessus de « grand » tout comme méprisable est plus petit que « petit ». Ici Dieu blâme ces mécréants qui n’ont pas fait cette réflexion. C’est comme si, sur leurs yeux, il y avait une sorte de couverture, mais pas la couverture que les gens connaissent, c’est une couverture de ceux qui feignent ne pas voir les signes des versets de Dieu et ils auront des douleurs car ils vont subir un châtiment éminent dont Dieu seul sait la réalité.

Verset 8 : il y a parmi les gens ceux qui disent « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier » mais en réalité ce ne sont pas des croyants. Allāhu subḥānahu wa taʿālāa débuté cette sourate en mentionnant ceux qui vouaient pour Dieu une adoration sincère, c’est-à-dire ceux qui n’adorent que Dieu et ne Lui attribuent pas d’associé, c’est-à-dire ceux dont les cœurs ont été conformes à leurs paroles. Ils disent qu’ils sont croyants et dans leurs cœurs, ils sont véritablement croyants.

Puis Il a cité ceux qui sont mécréants, ceux qui sont mécréants par leur cœur et par leurs paroles c’est-à-dire qu’ils étaient mécréants dans leurs cœurs et ils disaient qu’ils étaient mécréants. Dans ce verset numéro 8, Allāh mentionne les hypocrites, ceux qui disent par leur langue qu’ils sont croyants mais leurs cœurs ne sont pas conformes à ce qu’ils disent. Et ce sont les plus mauvais, les plus malins parmi les mécréants, parce qu’en plus de la mécréance, ils ont rajouté la tromperie et la moquerie. C’est à leur sujet qu’a été descendue par révélation la parole d’Allāh qui signifie : certes les hypocrites seront aux fins fonds de l’enfer.

EtMuǧāhid que Dieu l’agrée a dit : il y a au début de cette sourate, 4 versets pour la mention des croyants puis 2 versets pour la mention des mécréants et 13 versets à propos des hypocrites. Allāh les a dévoilés pour leur reniement, leur malignité, leur impudence. Et Il les a cités par leur ignorance, Il les a rabaissés et les a surnommés sourds, muets, aveugles. Ceci au sens figuré : sourds parce qu’ils n’entendent pas la vérité, muets parce qu’ils ne disent pas la vérité (ils ne prononcent pas les deux témoignages) et aveugles parce qu’ils ne voient pas la vérité. Et Dieu les a qualifiés par des qualificatifs abominables.

Et la foi est définie comme suit : Ahlu s-sunnah (les sunnites) a défini la foi par le fait de reconnaitre par la langue et croire par le cœur. Reconnaitre les deux témoignages et croire au sens des deux témoignages.

Verset 9 : ils trompent le Messager de Dieu (car Dieu sait la réalité des choses, nul ne Le trompe) c’est-à-dire qu’ils donnent une apparence autre que ce qu’il y a dans leurs cœurs. L’apparence qu’ils donnent est qu’ils sont des croyants alors que dans leurs cœurs ce n’est pas le cas, donc ils dupent. La définition de la duperie c’est de montrer autre que ce qu’il y a dans le cœur.

Et ils trompent ceux qui sont croyants. Ils donnent l’apparence qu’ils sont croyants, tout en ayant la mécréance dans leurs cœurs. Quel était leur intérêt dans cette hypocrisie ? Pour qu’ils ne soient pas combattus comme étaient combattus les autres mécréants. Et pour qu’il leur soit appliqué les lois relatives aux musulmans. Et d’obtenir une part des butins. Et d’autres raisons encore. Ces gens-là prononçaient les témoignages mais dans leurs cœurs, ils avaient de la mécréance. Du fait qu’ils prononçaient les témoignages, il leur est appliqué les jugements relatifs aux musulmans. Et ils obtiennent une part des butins. Et ils sont enterrés dans les cimetières des musulmans. Et il y a d’autres intérêts dans ce qu’ils font.

Et en réalité ils ne se dupent qu’eux-mêmes c’est-à-dire que si les croyants se comportent avec eux de cette manière, en réalité ils ne se trompent qu’eux-mêmes, parce que leur réalité se retournera contre eux. Leur réalité est qu’ils sont des mécréants. Et le châtiment qui est réservé aux mécréants va leur être appliqué. Quelle est la résultante de cette duperie ? C’est le châtiment dans l’au-delà et c’est eux qui vont le subir. Donc en réalité c’est comme s’ils se sont dupés eux-mêmes. Cette tromperie va les toucher eux uniquement, elle ne va pas toucher d’autres qu’eux.

Et ils ne s’en rendent pas compte. Ils ne le ressentent pas. Le ressenti c’est la perception des choses grâce aux sens. L’être humain ressent grâce à ses sens. Cette nuisance qui leur parvient est comme quelque chose qu’ils vont sentir. Et comme ils ne sentent pas qu’ils sont en train de se tromper eux-mêmes, c’est comme si le fait qu’ils persistent dans leur insouciance et leur hypocrisie, c’est comme si quelqu’un ne sentait pas. Car la réalité de cette tromperie est un châtiment pour eux.

Verset 10 : il y a dans leurs cœurs une maladie. C’est-à-dire le doute concernant la véracité de cette foi et l’hypocrisie. Parce que le doute est l’hésitation entre deux choses et l’hypocrite est quelqu’un qui est dans l’hésitation. Dieu a fait qu’il y a dans leurs cœurs une maladie, c’est-à-dire une faiblesse qui les prive de victoire, une impuissance qui les prive de pouvoir et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal en raison de leur mensonge. Ils ont menti quand ils ont dit : « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier ». La définition du mensonge est toute information à propos d’une chose contrairement à sa réalité.

Verset 11 : et s’il leur est dit « ne semez pas la corruption sur terre ». La corruption -al-fasād – c’est faire en sorte qu’une chose soit dans autre que son état de droiture, dans un état autre que ce qui est profitable. Et c’est le contraire de la chose qui est correcte – aṣ-ṣalāḥ- la vertu qui est le fait d’être dans un état de droiture avec un profit. La corruption sur terre, ici c’est-à-dire la provocation des guerres et des zizanies ce qui entraine le délaissement de la droiture pour l’état des gens, pour les plantations et en général pour tout ce qui est bénéfique, religieusement et dans le bas monde. Quelle était la corruption des hypocrites sur terre ? C’est qu’ils se rapprochaient des mécréants et les remontaient (incitaient au mal) contre les musulmans, en divulguant leurs secrets et en les entrainant contre les musulmans, ce qui provoquait la zizanie entre eux.

Ils répondent : mais nous, nous sommes au contraire des gens qui réparons et corrigeons. Ils disent : nous sommes des gens qui rapprochent les croyants et les mécréants. Ils prétendent que cette caractéristique de conciliation leur est acquise, sans aucun doute d’aucune manière que ce soit et qu’il n’y a pas de corruption dans ce qu’ils font.

Verset 12 : en réalité ce sont eux les corrupteurs mais ils ne s’en rendent pas compte. Dieu leur a répliqué : ils ne se rendent pas compte que ce sont des corrupteurs, Il leur a répliqué contre leur prétention que ce sont des gens qui corrigent, des gens qui veulent le bien, d’une manière très éloquente, qui indique qu’ils méritent un grand châtiment.

Verset 13 : s’il leur est dit « soyez croyants tout comme les gens l’ont été » c’est-à-dire « ayez foi en Dieu et en Son Messager tout comme les gens ont été croyants ».

Le conseil a été donné à ces hypocrites à deux reprises dans les versets 11 et 13 de deux points de vue : le premier afin qu’ils se rendent compte combien est laide leur position, combien elle est loin de la vérité et elle entraine à la corruption. Et le deuxième c’est de leur faire prendre conscience du bienfait de revenir sur leur position et d’être croyants tout comme les gens sont croyants. C’est pour leur montrer le chemin le plus droit pour eux, le meilleur chemin pour eux et pour ceux qui sont dotés de raison, qui est de croire en Dieu et en Son Messager.

 Mais leur réponse est qu’ils ont préféré rester sur leur ignorance et ils ont accusé ceux qui leur ont donné le conseil de stupides. Il y a dans ce verset une incitation à la patience pour celui qui est savant face à la réaction des ignorants.

Tout comme les gens ont cru : ici il s’agit du Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et ceux qui étaient avec lui.

Ils ont dit : voulez-vous que nous soyons croyants comme les gens stupides l’ont été ? Ils les ont jugés idiots alors que ce sont ceux qui sont croyants qui sont censés. Donc ces hypocrites, en raison de leur ignorance, ils ont cru que la voie qu’ils suivaient était la vérité et que tout autre que cette voie était fausse. Et celui qui a adhéré au faux est quelqu’un de stupide. La stupidité est un manque dans la raison, une légèreté dans la raison.

En réalité, ce sont eux les stupides mais ils ne s’en rendent pas compte. Que Dieu nous préserve du mauvais état.

Verset 14 : lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent nous sommes croyants. Ils dénigraient les croyants, ils faisaient croire qu’ils étaient avec eux, comme s’ils étaient des amis.

Et lorsqu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān. C’est lorsqu’ils ne sont pas en présence des autres mais qu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān, ici c’est une métaphore, c’est -à-dire ceux qui étaient comme les véritables šayṭān, qui ont été en accord avec leur šayṭān, c’est-à-dire les yahūd, les mécréants des descendants de Isrāʾīl.

Ils leur disent : non, en réalité nous sommes avec vous. Ici il y a une explication : ils ont utilisé une figure de style quand ils se sont adressés aux croyants et une autre figure de style quand ils se sont adressés aux mécréants, pour indiquer qu’ils ne pouvaient pas montrer leur réalité puisque ce sont des hypocrites qui vivent parmi les musulmans. Ils vivaient à Médine entre les émigrants et les partisans. Ce sont des gens qui voulaient faire croire aux croyants qu’ils étaient comme eux alors qu’en réalité ils ne l’étaient pas et quand ils se retrouvaient seuls avec les mécréants, ils leur faisaient croire qu’ils étaient avec eux et c’était vrai.

Et nous ne faisions que nous moquer des croyants. C’est pour insister sur la première partie et montrer qu’ils étaient sur la religion des yahūd. Ceci est une réfutation de l’islam. Ces gens-là rejetaient l’islam. Ils repoussent l’éventualité qu’ils soient sur l‘islam. Parce que celui qui dénigre une chose, il la renie et il repousse le fait qu’il la prend en compte. Celui qui rejette une chose et s’en moque, c’est une insistance au-delà du simple rejet. Ils repoussent le fait d’être croyants donc cela confirme le fait qu’ils soient mécréants. Donc repousser le contraire d’une chose confirme ce contraire.

Verset 15 : Dieu les rétribue pour leur moquerie (on ne dit pas que Dieu se moque d’eux). Même si la rétribution de leur moquerie a été appelée « istihzāʾ » qui est le même mot, c’est pour indiquer que Dieu les punira mais le sens propre de l’istihzāʾ n’est pas possible au sujet de Dieu parce que la moquerie est motivée par l’absurdité et Dieu est exempt de l’absurdité. Dans le fait d’appeler leur punition du même nom que ce qu’ils ont fait, c’est pour dire que ce que Dieu leur fera parvenir, c’est le summum qui puisse leur arriver comme punition, humiliation et rabaissement.

Comme les punitions et le châtiment que Dieu leur fait subir s’abattent sur eux étapes par vagues (ils ont une épreuve puis une autre puis une autre)

Dieu leur donne du répit dans leur mécréance, ils s’enfoncent encore et encore. Avec le temps, Dieu leur donne du répit et ils augmentent avec leur mécréance, ils s’enfoncent davantage.

Verset 16 : ils ont acheté l’égarement en payant la bonne guidée. Ils ont échangé la bonne guidée par l’égarement, ils ont choisi l’égarement au lieu de choisir la bonne guidée. Pourquoi ont-ils fait cela alors qu’ils n’étaient même pas sur la bonne guidée ? Parce qu’ils vivaient avec des gens qui étaient croyants et eux, étaient mécréants. L’égarement est un mot qui indique quelqu’un qui a perdu son chemin. Ces gens-là n’ont pas suivi le chemin qui mène à la bonne guidée.

Leur commerce n’est pas gagnant. Le bénéfice est ce qui est au-delà du capital.Le commerce est l’activité du commerçant qui est celui qui achète et qui revend dans l’objectif de faire du bénéfice. Ici, attribuer un bénéfice suite à un commerce est dans un sens figuré. Ils n’ont pas fait de bénéfice. Le début du verset est au sens figuré et la suite également. C’est pour insister que cela est bien un sens figuré et non pas un sens propre.

Et ils n’ont pas été bien guidés. Ils n’ont pas connu les voies correctes du commerce parce que les commerçants qui savent gérer leur commerce, savent ce qui risque d’entrainer des bénéfices ou des pertes. Ils n’ont pas su gérer. Le sens est que le commerçant veille à préserver son capital et à faire du bénéfice. Mais eux, ils n’ont eu aucun des deux. Le capital c’est la bonne guidée de l’islam. Or, eux, ils ont choisi l’égarement, donc ils n’ont pas de capital. S’il ne leur est resté que l’égarement, on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bénéfice, même s’ils ont obtenu certaines choses du bas monde. Parce que celui qui arrive à sauvegarder son capital, c’est comme s’il n’a pas eu de pertes. Le capital du musulman c’est la croyance du Prophète et des compagnons. Et grâce à Dieu, cette croyance des sunnites, elle est encore en nous. La majorité de ceux qui se disent musulmans, que ce soit en Afrique ou en Asie, en Amérique, ils sont encore sur cette croyance, la croyance du Prophète et de ses compagnons. Même s’il y a un manque dans les pratiques. Il y a un relâchement dans les pratiques actuellement.

Verset 17 : leur exemple est comme celui qui a allumé un feu. Comme Il les a dévoilés dans les versets précédents, (eux, ils montraient qu’ils étaient avec les croyants), Dieu a fait suivre les versets suivants par un exemple pour augmenter en dévoilement et pour compléter cette présentation. Et les exemples aident beaucoup à dévoiler la réalité et la compréhension. Et le fait de donner des exemples est fréquent dans les livres célestes. Il y a même dans l’évangile authentique tout un chapitre qui s’appelle les exemples. L’origine du mot « miṯl » c’est-à-dire « le semblable », c’est une situation semblable à cette situation-là. Si tu comprends cette situation et cette autre qui est semblable, et ainsi de suite, la première, tu vas bien la comprendre.

Leur état est comme celui qui a allumé un feu. An-Nasafīa dit que c’est une substance qui est impalpable mais notre šayẖ a dit que le feu est une substance qui est palpable comme l’eau, sauf que sa lumière est impalpable.

Lorsque le feu a éclairé les alentours, Dieu a fait que cette lumière disparaisse. Et ce que Dieu fait disparaitre, nul ne peut le faire venir.

Il les a laissés dans une obscurité et ils ne voient pas. L’obscurité est le contraire de la lumière. Dans quelle mesure ressemblent-ils à celui qui a attisé un feu ? Après l’éclairage, ils se sont retrouvés dans l’obscurité. Après la bonne guidée, ils se sont retrouvés dans l’égarement. C’est vrai que l’hypocrite n’a jamais été dans la lumière. Il se débat dans l’obscurité de la mécréance. Comme ils n’ont pas été dans la bonne guidée, comment peut-on dire qu’ils ont profité d’une lumière ?

Une première explication est qu’ils en ont un peu profité car, par la parole, ils disaient qu’ils étaient croyants.

Une deuxième explication est que, après cette parole par laquelle ils prétendaient qu’ils étaient croyants, ils se sont retrouvés dans l’égarement de l’hypocrisie et donc dans l’obscurité de l’hypocrisie, qui, elle, entraine l’obscurité de la punition éternelle, puisque la punition du mécréant est un châtiment qui est sans fin, que Dieu nous en préserve.

Verset 18 : Allāh les a qualifiés d’être sourds, muets et aveugles. C’est-à-dire que leurs sens étaient sains, ils n’étaient pas, au sens propre, sourds, muets et aveugles. Mais lorsqu’ils ont refusé d’entendre la vérité et de la prononcer, ils ont refusé de prononcer les deux témoignages et ils ont refusé de la voir, donc ils ont été comparés à des gens qui sont sourds, muets et aveugles. Ils ne vont pas revenir à la bonne guidée après l’avoir délaissée.

Verset 19 : Dieu compare l’islam à une pluie qui tombe à verse car la terre profite de la pluie tout comme les gens profitent de l’islam. Dieu a comparé la religion de l’islam à la pluie car les cœurs se revivifient grâce à l’islam, tout comme la terre se revivifie par la pluie.

Et Il a comparé les mécréants à l’obscurité et le tonnerre et l’éclair à la menace du châtiment que subit le mécréant. Et Il a comparé ce qui atteint les mécréants comme terreur et épreuves subies de la part des musulmans par la foudre qui tombe sur eux. Ce qui est cité dans ces versets est l’analogie de personnes qui ont été prises sous une tempête et qui ont enduré ce qu’ils ont enduré de cette tempête (l’orage, l’éclair, la foudre) sauf qu’il n’est pas cité ce qui ressemble à quoi exactement. Dieu a décrit la situation dans laquelle se sont retrouvés les hypocrites dans leur égarement et l’hésitation et la surprise dans laquelle ils se débattent. Il l’a comparée à l’étonnement et l’épreuve qu’ils subissent quand quelqu’un a eu son feu qui s’est éteint alors qu’il l’avait attisé auparavant en plein milieu de la nuit. Imaginez quelqu’un en plein milieu de la nuit qui allume un feu qui l’éclaire puis qui s’éteint. Donc il se retrouve dans un tel désarroi à l’image de ces hypocrites qui ont vu la foi (c’est l’analogie avec la lumière qui les a éclairés) sauf qu’ils n’en ont pas profité, comme celui qui a éteint son feu en plein milieu de la nuit.

Et le deuxième exemple comme celui qui se retrouve en plein milieu de la nuit obscure dans une tempête avec de l’orage, des éclairs, la peur de la foudre. Donc c’est comme l’hypocrite qui s’est retrouvé en pleine nuit exposé à tout cela. Et le deuxième exemple est encore plus éloquent que le premier parce que la situation est plus éprouvante. Car celui qui voit son feu qui s’éteint pendant la nuit, c’est certes éprouvant mais c’est plus supportable que celui qui est exposé pendant une nuit obscure à une tempête effroyable. Ce deuxième exemple a été cité après le premier, pour montrer la progression de leur état, de leur épreuve la moins grave vers la plus grave. Ils progressent du plus simple au plus difficile.

Cela veut dire que le récit de l’état des hypocrites est semblable à ces deux scénarios qui ont été mentionnés. Le premier qui est celui dont le feu s’éteint dans la nuit et le deuxième qui est en pleine obscurité et qui est exposé au tonnerre, aux éclairs et à la foudre. Les deux exemples représentent de manière indépendante l’état des hypocrites. Mais on peut également les représenter avec les deux exemples.

Puis on explique quelques mots de vocabulaire : « aṣ-ṣayyib » c’est la pluie qui se déverse en abondance et ce sont aussi les nuages qui sont appelés ainsi. Et dans ce verset, le mot « ṣayyib » est indéterminé, employé dans une forme indéfinie pour indiquer que c’est une pluie abondante, tout comme le feu dans le premier exemple était indéfini également.

L’auteur explique la composition du point de vue de la grammaire arabe. La mention de « aṣ-ṣayyib » et du ciel, en sachant que le « ṣayyib » ne provient que du ciel, c’est que « as-samāʾ » est déterminé, contrairement au mot « ṣayyib » : cela indique que le mot « ṣayyib » ici, ce sont des nuages qui viennent de l’horizon du ciel et dans cette composition, il y a une exagération pour montrer la gravité de la situation tout comme le mot « ṣayyib « est indéterminé. Il y a ici la preuve que les nuages viennent du ciel et que c’est de là que les nuages prennent leur eau.

Le mot « raʿd » est un son, que l’on traduit en français par « orage », c’est le son que l’on entend lorsque les nuages s’entrechoquent. Le mot « raʿd » désigne également un ange, l’ange qui conduit les nuages, tout comme dans le ḥadīṯ rapporté par at-Tirmiḏiyy. Cet ange conduit les nuages avec un miḥrāq : si on prend un bout d’étoffe et qu’on l’enroule, on frappe avec comme un fouet. Le Prophète a dit que « ar -raʿd » est un ange qui tient à la main un miḥrāq avec lequel il fouette les nuages pour les conduire d’une région à une autre.

Et le barq c’est ce qui brille, c’est l’éclair et baraqa signifie « briller ».

Il a qualifié aṣ-ṣayyib par la noirceur. Il a fait que ces nuages soient un lieu pour l’obscurité et si c’est pendant la nuit, c’est une double obscurité. Et s’il était visé par le mot « aṣ-ṣayyib » la pluie, alors cela indique que la pluie tombe à verse, les gouttes d’eau sont très rapprochées les unes des autres, c’est là qu’il y a une obscurité en plus de l’obscurité de la nuit. Il a fait que les nuages, c’est là qu’il y a le tonnerre et l’éclair et si c’est la pluie qui est visée, également.

Il a cité ces trois éléments qui sont « aṣ-ṣayyib », l’orage et le tonnerre.

Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles. Comme Il a cité le tonnerre, l’éclair et ce qui présage de leur intensité et de la gravité de cette situation, c’est comme si quelqu’un disait : comment étaient-ils dans pareille situation ? La réponse est : ils mettaient leurs doigts dans leurs oreilles tellement le bruit était fort. Il a cité les doigts mais pas les phalanges. Et généralement ce qu’on met dans les oreilles, c’est l’extrémité du doigt. Ici le doigt a été cité par extrapolation car dans le fait de citer les doigts, il y a une exagération qu’il n’y a pas dans les phalanges. À cause de l’intensité de la foudre, ils placent leurs doigts dans leurs oreilles.

Et la foudre est un éclat d’orage dans lequel il y a une quantité de feu qui descend. Lorsque les nuages sont frottés l’un contre l’autre, il se produit un feu très puissant qui ne touche pas une seule chose sans qu’elle ne le foudroie, sauf que ce feu-là, malgré son intensité, il ne dure pas longtemps. C’est-à-dire que s’il ne trouve pas quelque chose à consumer, il s’éteint rapidement. On dit que la foudre s’est abattue sur un palmier, elle en a brûlé la moitié puis elle s’est éteinte.

Par crainte de la foudre et de la mort. La mort est la détérioration de l’état du vivant ou c’est un état dans lequel on n’a plus de perception. C’est un état qui fait suite à l’état de la vie.

Et les mécréants sont sous la puissance de Dieu. Ils n’arrivent pas à faire ce que Dieu ne veut pas. Tout ce qu’ils font est par la volonté et la puissance de Dieu. A l’image de celui qui est entouré, il ne peut pas faire plus que ce qui l’entoure

Verset 20 : l’éclair a failli arracher leur regard. Chaque fois qu’il y a un éclair, ils marchent à la lumière de cet éclair

C’est comme si cette partie du verset est une réponse à celui qui pose la question : et concernant l’éclair, comment faisaient-ils ? Comment font-ils entre le moment où il y a un éclair et le moment où il n’y a pas d’éclair ? Ici, c’est une métaphore qui indique la gravité de l’état des hypocrites : leur état est similaire à la gravité qui est endurée par ceux qui sont sous cette pluie. Et la profonde hésitation : leur état est semblable à ces gens qui sont exposés à cette tempête et leur profonde hésitation et leur ignorance entre ce qu’il faut qu’ils fassent et ce qu’il faut qu’ils délaissent. Lorsqu’il y a un éclat de l’éclair, bien qu’ils aient peur que cela les aveugle (que ça leur enlève la vue), ils profitent de cet éclair pour faire quelques petits pas. Et lorsque la lumière de l’éclair s’estompe, ils s’arrêtent et n’avancent plus. Chaque fois qu’il y a une lumière qui éclaire leur chemin, ils prennent ce chemin.

Puis l’auteur explique les nuances de la marche. La marche est le déplacement de la personne à un rythme habituel. Si la marche devient rapide, ça devient un saʿy » (ce mot -là nous rappelle les trajets entre aṣ-ṣafāʾ et al-marwah). Et si elle est encore plus rapide, ça devient un « ʿaḍuʿ », une course. Ibnu l-Ǧawziyy, ce grand savant hanbalite a dit dans son exégèse : les savants ont divergé sur l’explication de cette phrase « kullamā ʾaḍāʾa lahum mašaw fīh » (chaque fois qu’il les éclaire, ils marchent). Il y a quatre explications à ce sujet : parmi elles chaque fois que le Qur’ān leur parvient par ce qu’ils aiment, alors ils suivent ce qu’il y a dans le Qur’ān. C’est ce qui a été rapporté par Ibnu ʿAbbās et aṣ-Ṣuddiyy.

Et lorsqu’il n’y a plus d’éclair, ils s’arrêtent. Ils n’ont plus ce qui leur permet d’avancer, de savoir où marcher.

Et si Dieu veut, Il leur aurait fait perdre leur ouïe (par le bruit du tonnerre. Si Dieu avait voulu les rendre sourds, Il aurait pu les rendre sourds) et leur vue (par l’éclair)

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Récapitulatif : jusqu’à ce verset 20 de sūratu l-baqarah, Allāh a énuméré les groupes de personnes responsables : ce sont les croyants, les mécréants et les hypocrites. Il a cité les caractéristiques de tout un chacun. Il a cité leur état et Il a cité ce qui est spécifique à chaque groupe, des choses qui les réjouissent ou qui les chagrinent. Puis il y a une introduction de ce qui vient après et Dieu s’adresse aux gens de La Mecque.

Verset 21 : un savant a dit : chaque fois qu’il y a dans le Qur’ān la parole « yā ʾayyuha n-nās », « ô vous les gens », cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs. Et chaque fois qu’il y a dans un verset « yā ʾayyuha l-laḏīna ʾāmanū » qui signifie « ô vous qui êtes croyants », c’est une parole qui s’adresse aux gens de Médine.

*Et le terme « yā » est une particule qui est utilisée pour appeler quelqu’un qui est éloigné. Alors que pour appeler quelqu’un qui est proche, on utilise le terme « a » ou bien « ay » : on va dire par exemple « aṢālaḥ » ou « ayṢālaḥ » pour appeler celui qui est proche.

Puis le terme « yā » a été utilisé par extension pour celui qui est « dans les nuages » comme quelqu’un qui s’est assoupi par exemple, même s’il est proche. Comme il a la tête ailleurs, il a été comparé à celui qui a été éloigné. Donc si quelqu’un de proche est appelé par le terme « yā » c’est pour indiquer que la parole qui va suivre, il convient d’y prêter une attention particulière. C’est une insistance pour que la personne appelée accorde une attention particulière à cette parole.

Nous voyons ici l’importance d’apprendre la langue arabe qui est la langue fondamentale pour la compréhension des textes du Qur’ān et du ḥadīṯ.

Et dans le Qur’ān, il y a souvent l’appel de cette manière, avec le terme « yā », parce que Dieu adresse à Ses esclaves des ordres et des interdits, des promesses et des menaces. Donc il s’agit de sujets éminents. C’est donc un devoir pour les esclaves d’être extrêmement attentionnés et vigilants concernant ce que Dieu leur adresse. Il ne convient pas d’être insouciant. C’est pour cela que le terme « yā » est présent car la plupart des gens sont dans l’insouciance. Le terme « « yā » est pour attirer l’attention et susciter la vigilance.

*Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit qu’il y a eu divergence entre les savants à propos de qui est visé par ce discours « yā ʾayyuha n-nās » (ô vous les gens). Il y a eu 4 avis :

1/ Cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs.

2 / C’est général pour tous les gens : et c’est l’avis d’Ibnu ʿAbbās. Le terme « an-nās » est le nom de l’être vivant qui est un être humain, un descendant de Ādam.

3/ Il a été appelé ainsi car il change de volonté et le mouvement se dit « naws ».

4/ Il a été dit aussi qu’il a été appelé « unās » qui vient de « an-nisyān » qui signifie l’oubli. L’être humain oublie.

*Et « uʿbudū rabbakum » peut signifier :

1 / « Ô vous les gens, adorez votre Seigneur », c’est-à-dire « ayez foi en Son unicité ».

2/ Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée, a dit : chaque fois que le mot « uʿbudū » est utilisé, cela signifie « ayez foi en l’unicité de Dieu ».

 3/ Et « uʿbudū rabbakum » peut avoir le sens de « obéissez à votre Seigneur ».

Ô vous les gens adorez votre Seigneur Qui vous a créés. Ces gens-là étaient des idolâtres, ils considéraient leurs idoles comme étant leur seigneur. Mais ici il est spécifié « Celui Qui vous a créés » pour ne pas confondre avec les autres. Même si eux, ils considéraient leurs idoles comme étant dignes d’être adorées, il leur est rappelé ici que c’est Dieu Qui a créé les gens. Et le fait de créer c’est de donner l’existence à ce qui n’existait pas.

Et dans la langue arabe, le mot « šāyʾ » n’est pas traduit uniquement par le mot « chose ». Car le mot « šāyʾ » signifie « ce qui existe ». Et c’est pour cela qu’il est valide à propos de Dieu de dire « šāyʾ ». Et dans le Qur’ān, il y a le mot « šāyʾ » qui a été employé au sujet de Dieu. Mais dans le langage courant, le mot « šāyʾ » est employé dans le sens d’une « chose »

Vous ainsi que ceux qui vous ont précédés. L’argument que Dieu leur a donné c’est qu’Il est leur Créateur et qu’Il est Le Créateur de ceux qui les ont précédés. Et ils avaient reconnu cela. Comme ils avaient reconnu cela, il leur a été dit : si vous reconnaissez cela, que Dieu est votre Créateur, alors adorez-Le et n’adorez plus les idoles.

Puissiez-vous devenir pieux c’est-à-dire accomplissez les devoirs et évitez les péchés. Et grâce à la piété, vous serez sauvés du châtiment. « Laʿallā » qui est traduit par « puissiez-vous » est dans le sens de l’espoir et de l’incitation. Comme c’est une incitation de la part de Celui Qui est généreux, ça a le sens d’une promesse qui sera réalisée sans aucun doute. C’est l’explication donnée par Sībaway qui est une des plus grandes références dans la grammaire arabe, alors que lui-même n’était pas arabe. Et H̱uṭrūb, un autre spécialiste a dit que cela signifie « afin que vous soyez pieux ».

Verset 22 : Allāh est Celui Qui a fait que la terre soit pour vous comme un tapis sur lequel nous pouvons nous asseoir, sur lequel nous pouvons dormir et nous vivons notre vie dessus

Et que le ciel soit pour vous comme un toit. Dieu l’a préservé du fait de tomber et de détruire ce sur quoi il pourrait arriver. Parce que si ce n’était Dieu Qui maintient le ciel dans sa position, celui-ci serait tombé et aurait détruit la terre.

Il est Celui Qui a fait tomber du ciel de l’eau c’est-à-dire la pluie

Et grâce à laquelle Dieu fait pousser des fruits. C’est Dieu Qui a fait qu’à partir de l’eau il y ait des fruits

En tant que subsistance pour vous. C’est-à-dire qu’à partir de l’eau, Dieu a fait qu’il y ait des fruits, par Sa toute-puissance, par Sa volonté et par Son acte de créer. Mais Il a fait que l’eau soit une cause pour que les fruits sortent, parce que Dieu est tout puissant à créer la totalité sans qu’il n’y ait d’eau. Tout comme l’eau du mâle est une cause pour qu’il y ait l’enfant, Dieu est tout puissant à créer la totalité sans cette eau. En effet dans le fait que Dieu fasse évoluer les choses d’un état à un autre de manière progressive, alors qu’Il est tout puissant à créer le fruit directement, sans passer par les différentes étapes de maturation comme le bourgeon, les feuilles, il y a dans toutes ces étapes une sagesse, pour qu’il y ait une moralité pour nous, pour nous inciter à raisonner et que cette réflexion nous amène à considérer la toute-puissance du Créateur. L’eau de l’homme est une cause par laquelle Dieu peut créer l’enfant mais ce n’est pas cette eau de l’homme qui crée l’enfant. Si Dieu avait voulu, Il aurait créé l’enfant sans qu’il y ait cette eau de l’homme, tout comme Il a créé notre maître Ādam sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père ni d’une mère et Il a créé Jésus sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père. Donc c’est Dieu Qui est le Créateur des causes et des effets.

Puis il y a une explication concernant le vocabulaire car en arabe, il peut y avoir un même mot qui a plusieurs formes de pluriels. Les fruits en question ici, c’est une forme de pluriel très particulière, c’est un pluriel de pluriel pour indiquer entre autres qu’il y en a beaucoup.

Alors n’attribuez pas des équivalents à Dieu. C’est un ordre de n’adorer que votre Seigneur, de ne pas Lui attribuer d’associé. Parce que la base même de l’adoration, c’est de croire en l’unicité de Celui Qui est adoré. Cette partie du verset commence par la lettre « fa » qui a le sens ici de « alors » c’est-à-dire que c’est la suite de ce qui est parvenu auparavant, c’est-à-dire : regardez ce que Dieu vous a accordé comme bienfaits, Il a fait que la terre soit pour vous comme un tapis, Il a fait que le ciel soit pour vous comme un toit, Il a fait descendre l’eau qui est une cause pour faire pousser des fruits qui sont une subsistance pour vous. Donc Dieu énumère certains bienfaits qu’Il nous a accordés et après, vient le terme « alors » qui indique : prenez cela en compte, réfléchissez et méditez et ne Lui attribuez pas d’associé car ce sont autant de preuves qui indiquent l’unicité de Dieu.

Le mot « andād » est le pluriel de « nidd » qui signifie « équivalent ». Et l’équivalent est celui qui peut se substituer à un autre. Et Dieu n’a pas d’équivalent, Il n’a pas qui peut se substituer à Lui ni qui est égal à Lui. Et Dieu n’a pas d’opposant, c’est-à-dire qu’Il n’a pas qui a un pouvoir supérieur au Sien. « Wa lā nidd wa lā didd » signifie que Dieu n’a pas d’équivalent ni d’opposant.

Alors que vous savez (pertinemment). Ici il y a quelque chose qui est su et qui n’a pas été mentionné : il s’agit du fait que les associateurs savent que les idoles ne créent absolument rien du tout. Vous savez pertinemment que les idoles ne donnent pas de subsistance, vous savez pertinemment que Dieu est Le Créateur, Celui Qui pourvoit. Donc attribuer des équivalents à Dieu, que ce soient des idoles ou le fait de faire une représentation de Dieu, de lui attribuer un fils, c’est le summum de l’ignorance.

Dieu, dans ces versets, a énuméré les preuves qui indiquent et confirment Son Unicité et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. D’abord Dieu a créé les humains et a fait d’eux des êtres vivants. Il les a dotés de capacités. Il a créé la terre qui est pour eux un abri, sur laquelle ils se sont établis. Et Il a créé le ciel qui est comme une tente qui est attachée et Dieu a fait que le ciel est à l’image de l’homme qui introduit l’eau dans la terre qui porte et donne les fruits, tout cela en tant que subsistance pour les humains. Ce sont des preuves qui indiquent l’unicité de Dieu et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. Parce qu’aucune des créatures n’a la capacité de créer ce qui a été énuméré jusqu’ici. Aucune créature n’a la capacité de créer ni une terre ni un ciel ni une pluie ni des fruits.

Après cette première partie introductive, Dieu a fait suivre par le rappel de ce qui confirme le statut de prophète de Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et ce qui prouve le caractère miraculeux du Qur’ān. Car le Qur’ān est un défi, c’est un défi que les associateurs n’ont pas pu relever et que personne, jusqu’à aujourd’hui ne peut relever. Par le Qur’ān, Dieu a défié les associateurs. S’ils avaient été capables de relever le défi, ils n’auraient pas eu recours au combat. S’ils avaient pu composer un texte pour relever le défi que constitue le Qur’ān, ils se seraient suffi de cela. Pourquoi auraient-ils eu recours au combat ?

Verset 23 : et si vous avez le doute concernant ce que Nous avons révélé à votre esclave, (c’est-à-dire Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés). Le mot « ʿabd » que l’on traduit en français par « esclave » désigne ce qui appartient et qui est doté de raison. Donc nous sommes des esclaves de Dieu parce que nous appartenons à Dieu. Et il peut y avoir un esclave qui appartient à un humain. Donc on n’appelle pas les animaux des esclaves parce qu’ils ne sont pas dotés de raison. Donc les esclaves, ce sont les humains, les ǧinn et les anges. Les humains sont des esclaves de Dieu, les ǧinn sont des esclaves de Dieu et les anges sont des esclaves de Dieu, parce qu’ils sont dotés de raison. Également ceux qui sont du même ordre qu’eux comme les femmes du paradis qu’on appelle « al-ḥūru l-ʿīn » et les serviteurs du paradis. Dieu a créé des serviteurs qui ont l’aspect humain mais qui ne sont pas des descendants de Ādam. Ils ont l’aspect d’adolescents et chaque personne au paradis aura un grand nombre de ces serviteurs. Eux aussi sont dotés de raison.

Pour ce qui est des animaux, ils ont bien des âmes mais ils n’ont pas de raison. On les appelle créatures de Dieu. Le mot « créature » est plus large que le mot « esclave » parce que les esclaves de Dieu sont aussi des créatures de Dieu. La définition d’un esclave est : un être vivant doté de raison qui appartient à autrui. Dans ce verset il y a le verbe « nazzalnā » qui signifie « faire descendre » et on peut aussi utiliser le verbe « anzalnā ». Il y a des subtilités entre ces deux formes. La forme « nazzalnā » est employée pour indiquer que la révélation du Qur’ān est progressive. Ce n’est pas tout le Livre qui est descendu en même temps au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Mais la révélation du Qur’ān a eu lieu sur environ 23 années, depuis que le Prophète avait 40 ans jusqu’à ses 63 ans.

Les mécréants ont dit que si ce Livre provenait de Dieu, il ne serait pas descendu ainsi éparpillé, parfois des sourates entières, parfois des versets, selon les évènements, comme c’est le cas des poètes ou des orateurs, lorsqu’ils composent leurs textes, ils ne le font pas d’une seule traite. Ils ont dit que si c’était de la part de Dieu, il serait parvenu en une seule fois. Mais Dieu dit ce qui signifie : « et ceux qui ont mécru ont dit : pourquoi est-ce que le Qur’ān n’est pas descendu tout entier en une seule fois ? » Ils ont prétendu avoir trouvé un argument que ce ne serait pas de la part de Dieu parce que le Livre du Qur’ān n’est pas parvenu d’un seul bloc, tout entier. Et le verset 23 de sūratu l-baqarah est une réplique à cette interrogation. Il a été dit : « si vous doutez à propos de ce qui est parvenu par révélation, de cette façon qui est progressive, à Notre esclave, c’est-à-dire à notre maître Muḥammad, alors amenez donc une sourate équivalente ». Le défi est que les mécréants composent une seule sourate, un chapitre de la taille du plus petit chapitre du Qur’ān si vous en êtes capables. Et ceci correspond à un chapitre qui est composé d’au moins trois versets.

*Le mot « sūrah » en arabe,

1/ Soit il vient de « sūr d’une ville » qui est ce qui entoure une ville c’est-à-dire ses remparts, ceci pour dire qu’il s’agit d’un texte qui est bordé, qui a une délimitation ou bien pour dire que ce texte comporte plusieurs informations utiles tout comme les remparts d’une ville englobent ce qu’il y a dans cette ville.

2/ Une autre explication du mot « sūrah » est dans le sens du degré parce que ce chapitre du Qur’ān est comme un niveau, un degré que la personne va atteindre progressivement. La personne va lire une sūrat puis une autre et ainsi de suite : c’est comme si la personne passe d’un degré à un autre. Et les sūrat du Qur’ān sont classées, il y a celles qui sont longues, celles qui sont moyennes, celles qui sont courtes.

3 / Ou encore pour expliquer le haut degré de ces sūrat dans la religion.

4 / Une autre explication est le mot « sūrah » qui est une part, une partie du Qur’ān.

*Quel est l’intérêt que le Qur’ān soit composé de plusieurs sūrat ? Il y a beaucoup d’intérêts, beaucoup de sagesses. Et c’est pour cela que Dieu a révélé les livres qu’Il a révélés : la torah, l’évangile, les psaumes, et tout ce que Dieu a révélé à Ses prophètes est classé ainsi par chapitres. Ce sont des chapitres qui se succèdent : les livres célestes sont ainsi.

1/ Une des sagesses est que quand un ensemble comporte plusieurs parties, c’est plus beau que si c’était d’un seul bloc.

2/ Une autre sagesse est que celui qui récite et termine la récitation d’une sūrat puis qui entame un autre chapitre, cela va le motiver davantage, il va avoir plus d’ardeur pour attaquer le suivant. C’est ainsi que les récitateurs du Qur’ān ont eu cette classification en chapitres (en sūrat et de plus, le Qur’ān a été classé en quatre quarts, et en soixante ḥizb et en trente ǧuzʾ. Par exemple, celui qui se fixe comme objectif de réciter tout le Qur’ān pendant le mois de ramaḍān, il se dit qu’il va réciter chaque jour un ǧuzʾ.

3 / Une autre sagesse est que celui qui va mémoriser le Qur’ān par cœur va être également motivé, il va accorder de la considération à ce qu’il a mémorisé et il va être encouragé pour poursuivre. Il y a un compagnon du Prophète qui s’appelle Anas ibnu Mālik qui a été le serviteur du Prophète depuis l’âge de dix ans. Sa mère, quand le Prophète est arrivé à Médine, elle lui a demandé de le garder à son service. Et Anas a passé les dix années que le Prophète a passées à Médine avec lui en étant à son service. Et le Prophète lui a fait beaucoup d’invocations et ainsi Anas a vécu longtemps, il a eu beaucoup d’enfants et il a été riche. Anas a dit : « quand l’un d’entre nous récitait sūratu l-baqarah et sūratu Āli ʿImrān, nous avions de la considération pour lui ». C’est à partir de là que les savants ont dit que, quand tu fais la prière, et que tu récites toute une sourate après la fātiḥah, c’est mieux que si tu ne récitais que quelques versets.

Alors amenez une sourate semblable : en arabe il y a deux possibilités pour expliquer le mot semblable : soit cela concerne la similarité de la sūrat ou alors cela concerne Notre esclave. Dans le cas où la similarité est avec la sourate, c’est-à-dire « amenez une sourate équivalente à ce texte, dans son éloquence, dans les informations qu’il comporte, dans le haut degré, dans la beauté du texte ».

Dans le cas où la similarité concerne l’esclave (le Prophète) alors amenez un homme, comme notre maître Muḥammad, qui ne sache ni lire ni écrire, qui n’a pas appris auprès des savants et qui amène un texte aussi beau que celui-là. Ici c’est un défi qui est lancé. Vous n’êtes pas capable d’amener un texte aussi beau, aussi impressionnant, aussi miraculeux que ce texte-là et vous n’êtes pas capable de trouver quelqu’un qui n’a jamais appris auprès de savants et qui vous amène un tel texte.

C’est la première explication qui a le plus d’arguments au niveau textuel, même si les deux explications au niveau de la langue, tiennent. Et ceci parce qu’il y a d’autres versets dans le Qur’ān qui ont le même sens. Dans certains versets, il est dit « amenez ne serait-ce qu’une sūrat », dans d’autres versets, il est dit « amenez dix sūrat » et dans certains versets, ils ne peuvent pas amener comme ce Qur’ān.

Et cette première explication est retenue car, du point de vue de la langue arabe, le style est meilleur, le fait de dire que ça se rapporte au texte et non pas au Prophète. Et le contexte depuis le début est à propos de ce qui a été révélé, c’est-à-dire le texte et non pas celui à qui il a été révélé.

Le sens global est : si vous doutez à propos du Qur’ān, s’il a bien été révélé de la part de Dieu, alors amenez donc un texte qui soit équivalent à une partie du Qur’ān.

Ici, si le pronom se rapportait au Prophète, comme c’est le cas dans la deuxième explication : si vous doutez que ce Qur’ān est bien révélé de la part de Dieu, alors amenez un homme qui soit comme Muḥammad qui amène un texte semblable.

Et appelez ceux qui témoignent en votre faveur, d’autres que Dieu c’est-à-dire amenez ceux que vous considérez comme étant des divinités et que vous prétendez qu’ils seront témoins en votre faveur au jour du jugement, que vous êtes sur la vérité ou bien amenez qui témoigne en votre faveur que le texte que vous prétendez est comme le Qur’ān. C’est un défi lancé à ces gens-là qui doutent si le Qur’ān est révélé de la part de Dieu.

Si vous êtes véridiques dans votre prétention que le Qur’ān n’est pas de la part de Dieu, alors amenez un texte semblable et faites-vous aider par ceux que vous considérez comme étant votre dieu, c’est-à-dire les idoles que vous adorez.

Verset 24 : si vous ne le faites pas et vous ne le ferez pas alors protégez-vous d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres

Après leur avoir indiqué les moyens qui permettent de reconnaitre la véracité du Prophète, il leur a dit : si vous n’êtes pas capable d’opposer au Qur’ān quoi que ce soit de semblable, (parce qu’ils ont essayé mais ils n’ont pas pu) et que votre impuissance est avérée, c’est la preuve qu’il s’agit bien d’un miracle, alors c’est un devoir pour vous de croire en la véracité du Prophète. Alors croyez en lui et craignez un châtiment qui est réservé pour ceux qui ont démenti et qui se sont entêtés.

« Si vous ne le faites pas » signifie : si vous n’amenez pas un texte équivalent au Qur’ān. Et vous ne le ferez pas.

*Il y a dans cela deux preuves de la confirmation du statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

La première est que ce par quoi Dieu les a défiés est bien un miracle qui prouve leur impuissance à amener quoi que ce soit de semblable. Et il s’agit du Qur’ān.

La deuxième est que Dieu les informe qu’ils ne pourront pas amener un texte semblable dans le futur. Et ceci est un ġayb c’est-à-dire une chose cachée, que seul Dieu sait. Et le mot ġayb vient de « ġāba » qui signifie « absent », c’est-à-dire absent pour nous, une chose que nous ne savons pas. Soit ce sont des choses cachées, ou bien des choses qui auront lieu dans le futur ou bien qui ont eu lieu dans le passé. Et Dieu sait tout le ġayb.

Craignez ce feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres. Ce feu a une particularité, il se distingue des autres feux. C’est que ce feu est attisé par des gens et de la pierre qui s’y trouvent, ce feu augmente en chaleur par les gens qui y sont jetés et par la pierre qui est du soufre. Le soufre prend feu plus facilement et il s’éteint plus lentement. Il a aussi une plus mauvaise odeur. Et il imprègne le corps. Il y a une autre explication pour la pierre : il s’agit des idoles qu’ils adoraient. Et c’est pour augmenter leur regret parce qu’ils vont se retrouver à brûler avec elles.

Dieu a joint dans ce verset la mention des gens avec la pierre parce qu’eux-mêmes se sont joints à elle, ils l’ont adorée. Et ils ont faits des idoles des équivalents à Dieu. Comme dans le verset qui signifie : « certes vous et ce que vous adorez, autre que Dieu, vous serez le combustible de l’enfer ». Dans ce verset, Dieu les a joints à ces idoles qu’ils adoraient. Ils seront des combustibles pour l’enfer et ceci est pour les blâmer encore plus.

Dans la période antéislamique (avant la révélation à notre maitre Muḥammad) qui était une période d’obscurantisme, ils avaient des pratiques très laides, ils enterraient leurs filles vivantes. Cela ne veut pas dire que l’islam est venu pour la première fois avec notre maître Muḥammad. L’islam est la religion de tous les prophètes. Depuis Ādam jusqu’au prophète Muḥammad, la religion est l’islam. Peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, l’islam a disparu sur terre. Donc les Arabes avaient des pratiques d’obscurantisme comme le fait d’enterrer les filles vivantes à leur naissance ou le fait d’adorer une pierre. Puis lorsqu’ils trouvaient une pierre plus jolie que la première, ils la jetaient et se mettaient à adorer la seconde. Et c’est pour cela que Dieu a révélé Sa parole qui signifie : « vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité ». C’est-à-dire ce vers quoi son âme penche.

Le feu a été préparé pour les mécréants. C’est-à-dire que le feu de l’enfer existe déjà, tout comme le paradis existe déjà. Et Dieu sait combien de personnes vont aller en enfer et combien de personnes vont aller au paradis. Et Dieu a réservé pour chacun son emplacement, parce que Dieu, rien n’échappe à sa science. Cette phrase « uʿiddat lil-kāfirīn » est à la voix passive -le feu a été préparé pour les mécréants- c’est donc une preuve que l’enfer existe actuellement et non pas comme le prétend un homme qui s’appelle Ǧaḥm fils de Safwān qui prétend que l’enfer sera créé dans le futur. Cet homme est le dirigeant des Jahmites qui est un groupe égaré qui a disparu actuellement. D’ailleurs les savants ont répertorié les groupes égarés comme Abū Manṣūr at-Tamīmiyy dans son livre « al-farqu bayna l-firāq »

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : “ma communauté va se diviser en 73 groupes, tous iront en enfer sauf un seul c’est le groupe majoritaire ». Et le groupe majoritaire ce sont les sunnites. Ils ont une bonne croyance même s’ils se sont relâchés concernant la pratique. Quant aux autres groupes, ils sont nombreux en termes de nombre de groupes, mais ils sont peu nombreux en termes d’adeptes, par rapport au groupe majoritaire. Et ils iront en enfer à cause de leur mauvaise croyance.

Le Prophète a parlé d’un groupe qui s’appelle les ẖawāriǧ. L’un d’entre vous trouvera qu’il ne fait pas beaucoup de prières ni de jours de jeûne par rapport à eux. Et pourtant le Prophète a dit que l’un d’entre eux sort de la religion tout comme une flèche transperce sa cible et il a dit que s’il les trouve, il les tuera. Selon l’apparence, on voit que leur comportement est rigoureux mais en réalité, leur croyance est mauvaise. On en trouve encore à notre époque.

Donc Ǧaḥm fils de Safwān est un fondateur d’un de ces groupes égarés et il a été exécuté à l’époque des Omeyades. Une fois, il a été interrogé au sujet de Dieu. Il n’a pas trouvé de réponse, il s’est retiré pendant quelques jours puis quand il est revenu, il a dit : « Dieu, c’est l’air, Il est partout, sur tout et avec tout ». Et il a prononcé d’autres paroles de mécréance. Mais nous, les sunnites, nous croyons que Dieu n’est pas un corps, donc Il n’est pas comme l’air. Dieu est un Etre Qui existe obligatoirement selon la raison parce que tout est une preuve de Son existence et nous ne connaissons pas Sa réalité. Il existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas concerné par les endroits car les endroits, c’est Lui Qui les a créés. Avant l’existence des endroits, Dieu existe. Après la création des endroits, Il ne change pas. Et Dieu n’est pas concerné par le comment. Ce sont les créatures qui ont un comment, comme le fait d’être proche ou éloigné, en mouvement ou immobile. Dieu n’est pas un corps. Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Dieu a fait que dans le Qur’ān, Il cite des paroles d’encouragement et d’incitation à faire le bien avec des paroles de menace de châtiment. Ceci est pour motiver la personne à acquérir ce qui rapproche de l’objectif et pour démotiver la personne de commettre des péchés. Notre âme, elle est comme un enfant : si tu la laisses, elle va faire des bêtises. Elle a besoin d’être cadrée. Dans le Qur’ān, il y a ce cadrage.

Jusqu’au verset 23, il y a eu mention des mécréants, de leurs œuvres et de la menace de châtiment. Puis il y a eu la mention des croyants, de leurs œuvres et l’annonce de bonne nouvelle qui les attend.

Verset 25 : Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres. Qui a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle ?

Il s’agit du messager, notre maitre Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés.

Il y a une deuxième explication : il s’agit de tout un chacun : tout un chacun a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle. L’auteur dit que cette explication est la meilleure parce qu’elle indique que ce sujet est éminent. Cette bonne nouvelle est quelque chose d’éminent. Puisque tout un chacun reçoit l’ordre de l’annoncer, c’est que c’est quelque chose de magnifique qui mérite d’être annoncé par tout le monde, par tous ceux qui ont la capacité de l’annoncer. L’annonce de bonne nouvelle est un seul mot en arabe –al-bišārah – qui est le fait d’informer ce qui va entraîner la joie chez celui qui va être informé.

Parfois on trouve dans le Qur’ān ce même terme – bišārah– dans une menace aux mécréants « annonce-leur la bonne nouvelle d’un châtiment douloureux ». Or le châtiment douloureux n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une figure de style en arabe qui indique un surcroit de rabaissement à l’encontre de celui à qui le châtiment douloureux est annoncé. Tout comme un homme pourrait dire à son ennemi « je t’annonce la bonne nouvelle de la mort de tes descendants et le pillage de tes biens ». En réalité ce n’est pas une bonne nouvelle mais c’est pour l’humilier davantage.

Etaṣ-šāliḥāt, c’est tout ce qui est correct parmi les œuvres. Les jugements de valeur que nous émettons sont conformes à ce que notre Prophète nous a transmis. Et il parle suite à la révélation de Dieu. Si le Prophète nous dit que telle chose est bonne, alors elle est bonne. S’il nous dit que telle chose est mauvaise, alors nous disons qu’elle est mauvaise parce qu’il sait mieux que nous notre propre intérêt. Les règles de la religion ont été enseignées par Dieu au Prophète qui nous les a enseignées et nous les appliquons. Et cela montre la force de la personne à contraindre ses passions, c’est un exercice qui n’est pas facile. Cela montre la différence entre les gens : il y a ceux qui s’empressent à obéir, à contraindre leur âme et il y a ceux qui suivent leurs passions. Ceux qui suivent leurs passions ne sont pas les plus intelligents, ils ne sont pas les plus forts. Les plus forts sont ceux qui contraignent leurs âmes à suivre la loi du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām

. Donc les bonnes œuvres sont ce qui est conforme à la sounnah en référence au Qur’ān et au ḥadīṯ.

On ne dit pas pour autant que le croyant entrera au paradis même sans accomplir de bonnes œuvres sous prétexte que Dieu a annoncé la bonne nouvelle aux croyants parce que Dieu a fait que cette annonce de bonne nouvelle du paradis est pour les croyants qui ont accompli les bonnes œuvres. L’annonce de bonne nouvelle dans l’absolu est pour ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres.

Par contre les croyants qui commettent les grands péchés, ils n’ont pas cette annonce de bonne nouvelle dans l’absolu. Mais ils auront une annonce de bonne nouvelle conditionnée par la volonté de Dieu. Cela veut dire que ce musulman grand pécheur qui est chargé de grands péchés (il n’a pas fait le repentir avant de mourir), que va-t-il lui arriver ? Il y a deux cas : si Dieu veut, Il lui pardonne : Il le fait entrer au paradis sans châtiment préalable. Si Dieu veut, Il le châtie à hauteur de ses péchés, puis Il le fait entrer au paradis.

Dans le ḥadīṯ le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām nous a parlé du dernier musulman à entrer au paradis : il aura comme cette terre et dix fois encore. C’est pour cela que l’intelligent est celui qui dit : ça vaut la peine que je patiente ici pour accomplir les devoirs et éviter les péchés, pour être au nombre des gagnants dans l’au-delà.

Qu’ils auront des jardins. Ici – ǧannāt – signifie des jardins, des vergers. Le verbe – ǧannā – indique le sens de cacher et de couvrir et c’est la même origine que le mot – ǧinn -. Les ǧinn, on ne les voit pas. Et al-ǧunūn – c’est la folie, ça concerne quelqu’un dont la raison est cachée. Et – al-ǧanīn– c’est le fœtus qui est caché dans l’utérus de sa mère. Et – al-ǧunnah– c’est la protection, c’est un bouclier par exemple. « Aṣ-ṣiyyāmu ǧunnah » signifie : le jeûne est une protection (contre le désir). Et le paradis est appelé – ǧannah – en raison de nombreux ǧinān qu’il y a dedans. Le paradis est déjà créé, en raison de la parole de Dieu qui signifie : « ô Ādam, habitez, toi et ton épouse, au paradis et mangez ce que vous voulez mais ne touchez pas à cet arbre, sinon vous seriez injustes ».

Sous lesquels vont couler des rivières : à l’image des rivières qui coulent à proximité des arbres, des arbres qui poussent sur les bords de ces rivières dans le bas-monde. Donc il y a des rivières qui coulent au paradis ; mais elles ont une particularité. Les rivières du paradis coulent sans qu’il n’y ait de lit. Les plus beaux des vergers sont ceux qui ont des arbres qui font de l’ombre et dans lesquels l’eau est courante, pas stagnante. « An-naḥr » c’est une rivière (ou un fleuve), entre le ruisseau et la mer. Et on dit à propos du Nil que c’est le « naḥr » de l’Egypte. Ce qui caractérise un verger, c’est qu’il comporte une rivière avec de l’eau qui coule et le fait que l’eau coule est un symbole de grande grâce et de grand bienfait. Et Dieu a cité cette spécificité des jardins avec des rivières qui coulent avant d’autres spécificités, en raison de l’importance de cette caractéristique-là. Il peut y avoir beaucoup de spécificités dans un verger mais Dieu a cité celle-là en premier, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des rivières qui coulent.

Chaque fois qu’il leur est accordé en subsistance c’est-à-dire concernant ce qu’il y a au paradis. Quand il leur a été dit qu’il y a des jardins au paradis, alors celui qui entend va forcément imaginer qu’il y a des fruits au paradis, soit des fruits semblables aux fruits du bas monde, soit d’autres catégories de fruits. Il a été dit que ces fruits ressemblent aux fruits du bas monde, c’est-à-dire que leurs espèces sont semblables, même s’il y a une différence dans d’autres critères que Dieu sait. Cela veut dire que du point de vue de l’aspect de ces fruits, de la douceur du goût, de la bonne odeur, il n’y a pas de correspondance entre les deux, puisque les fruits du paradis dépassent de loin en beauté les fruits du bas-monde et leur goût est de loin meilleur et l’odeur est de loin meilleure. Mais les espèces sont la même.

De n’importe quel fruit : que ce soient des pommes, des grenades ou d’autres que cela, ils vont dire cela (la phrase qui va venir). Le terme « min » est employé deux fois : « minhā min ṯamarihim », c’est pour indiquer la provenance de cette subsistance. Et le premier « min » est pour indiquer que cette subsistance provient des jardins du paradis et à partir des jardins du paradis, ce sont des fruits. C’est comme si on dit à quelqu’un : un tel m’a donné une subsistance. Il te dit : à partir de quoi ? On répond : à partir de son jardin. Il te dit : de quel fruit de son jardin t’a-t-il donné ? Tu dis : des grenades. L’expression : min ṯamaratim : il ne s’agit pas d’un fruit unique, mais il s’agit du genre, c’est-à-dire des pommes, des grenades, …

Ils disent : voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant. Cela est une preuve que les fruits que nous avons reçus sont semblables aux fruits du bas monde par le genre.

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent. C’est comme lorsqu’on dit : abū Yūsuf c’est abū Ḥanīfah. On veut dire par là qu’ils se ressemblent énormément. Et le pronom « bihi » se rapporte à la subsistance qui a été accordée, dans le bas monde et dans l’au-delà. Dans cette phrase il est fait mention de ce qu’ils ont eu comme subsistance dans les deux résidences, dans le bas-monde et dans l’au-delà. Et si les fruits du paradis sont semblables aux fruits du bas monde et qu’il ne s’agit pas de nouvelles espèces, c’est parce que l’homme est plus apaisé avec les choses auxquelles il est habitué. L’homme penche plus vers ce à quoi il a été habitué. Et si l’homme voit ce à quoi il n’a pas été habitué, sa nature émet une répulsion et son âme répugne cette nouvelle chose. Par ailleurs, si l’homme voit une chose à laquelle il est habitué mais qu’il la voit avec une particularité et une faveur claire, c’est-à-dire quand il voit les pommes du paradis alors qu’il connait les pommes du bas-monde mais il constate que les pommes du paradis sont beaucoup plus douces, beaucoup plus parfumées, qui sont meilleures, alors son étonnement sera plus grand et sa surprise sera plus grande.

Et le fait que les gens du paradis disent cette expression à propos de chaque catégorie de fruits qu’ils reçoivent en subsistance,  «  voici ce qui ressemble à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant » ( c’est-à-dire dans le bas-monde), le fait qu’ils manifestent leur étonnement à chaque fruit qui leur est accordé en subsistance au paradis, est une preuve que ce qu’ils reçoivent est grandiose et que le mérite de ce qu’ils reçoivent au paradis est extrême, tellement ils voient la différence entre les fruits du bas-monde et les fruits de l’au-delà. Chaque fois qu’ils voient un fruit de l’au-delà, ils disent cette phrase d’étonnement. Tout en sachant que c’est cette grande différence qui provoque leur étonnement à chaque fois. Ils considèrent que ce qu’ils ont eu est étonnant et que c’est un bienfait éminent. Pourtant ce sont des choses qui se ressemblent en soi tout comme l’a rapporté Al-Ḥasan : ils disent que ce qu’ils reçoivent comme subsistance du paradis, est de la même espèce. Et chaque fois qu’il est ramené à quelqu’un un récipient dans lequel il y a de la nourriture du paradis, il en mange et quand on lui ramène un autre récipient, il dit : « mais c’est comme ce que nous avons eu auparavant ». Mais l’ange lui dit : « mange, l’aspect est le même mais le goût est différent ».

Et il est rapporté du Prophète ʿalayhi s-salām qu’il a dit ce qui signifie : « par Celui Qui détient l’âme de Muḥammad, par Sa toute-puissance, il arrive que l’homme au paradis cueille un fruit pour en consommer. Avant même qu’il n’arrive dans sa bouche, Dieu fait pousser un autre fruit à la place de ce fruit. Et quand la personne voit qu’il y a un autre fruit à sa place, avec le même aspect, elle dit cette phrase : « voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant ».

Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent est une phrase qu’on appelle en arabe muṭṭariḍah qui revient à confirmer une information. C’est comme si on dit : un tel a bien agi envers un tel et ce qu’il a fait est bien. Ou bien quelqu’un a pensé faire telle chose et ce qu’il a pensé est correct. Ou la phrase du Qur’ān : ils ont rendu les habitants glorieux de cette ville humiliés et c’est comme ça qu’ils font.

Et ils y ont des épouses purifiées.

C’est-à-dire pures des mauvais caractères, ce ne sont pas des femmes ṭamihāt qui est le pluriel de ṭāmīh. La femme qui est ṭāmīh est celle qui déteste son mari et qui convoite d’autre que lui. Et elles ne sont pas marihāt qui signifie orgueilleuses. Donc elles sont pures de tout mauvais caractère.

La deuxième explication du mot « pures » est qu’elles sont pures de tout ce qui est spécifique aux femmes comme les menstrues, les lochies et le sang de maladie et pures de ce qui n’est pas spécifique aux femmes comme l’urine, les selles et le reste des choses répugnantes et diverses souillures. C’est-à-dire que ces femmes au paradis, elles sont pures de tout cela. Et dans le verset, c’est le mot « purifiées » qui est employé, car ce mot est encore plus éloquent et indique qu’elles ont été purifiées de beaucoup plus de choses. Et il y a également l’allusion qu’il y a QUI les a purifiées. Et il s’agit de Dieu, gloire à Lui.

Et ils y resteront éternellement. L’éternité ici, c’est qu’ils vont rester sans fin. C’est quelque chose qui ne s’interrompra pas. Et il y a ici l’infondé de la parole des ǧahmiyyah qui prétendent que le paradis aura une fin et que les gens du paradis seront anéantis.

Nous disons « Al-Awwal » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Et « Al-Āẖir » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Quant à nous, lorsque nous disons al-awwal, c’est l’individu qui a précédé les autres et lorsque nous disons « al-āẖir » c’est celui qui est ultérieur.

La précision ici est que les musulmans resteront éternellement au paradis.

Dieu a pour attribut l’exemption de début et l’exemption de fin, ceci pour indiquer Sa parfaite toute puissance et pour nier à Son sujet le défaut et l’anéantissement. Il suffit que tout autre que Lui, il lui est possible l’anéantissement en considérant sa réalité mais Dieu, l’anéantissement n’est pas possible à Son sujet. Allāh est unique en cela. Il n’y a donc pas de ressemblance entre Dieu et Ses créatures concernant l’exemption de fin parce que l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est propre à Son Etre, c’est un attribut qu’Il a de toute éternité, ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé. Tandis que la non-fin de Ses créatures, c’est Dieu Qui leur a accordé cela.

Par ailleurs l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est obligatoire selon la raison tandis que la non-fin de certaines créatures, elle reste possible selon la raison. Ainsi la non-fin du paradis et de l’enfer est possible selon la raison, elle n’est pas obligatoire selon la raison en considérant leur réalité. Tandis que l’exemption de fin de Dieu est une exemption de fin qui est obligatoire selon la raison.

Puis lorsque Dieu a mentionné dans Son Livre honoré les mouches et l’araignée et Il a donné des exemples par ces insectes, les yahūd se sont mis à se moquer et ils ont dit : ça ne ressemble pas à la parole de Dieu. Et pour les démentir, Dieu a révélé les versets 26 à 30 de sūratu l-baqarah.

Verset 26 : Dieu n’est pas comme ceux qui ont une pudeur de donner des exemples tels un moustique ou ce qui est plus petit : c’est-à-dire que Dieu ne s’abstient pas de donner en exemple même un moustique, comme celui qui délaisserait cela parce que c’est un insecte qui est méprisable. Les esclaves n’osent pas donner en exemple un moustique parce qu’il est méprisable. A l‘origine, le fait d’avoir honte ou la pudeur, c’est un changement, c’est un sentiment de faiblesse qui arrive à la personne par crainte d’être désigné par quelque chose qui est un défaut par crainte d’être blâmé. Or le changement et la crainte du blâme ne sont pas des choses possibles pour Celui Qui est exempt de début. Allāh ne craint pas le blâme de celui qui blâme, parce qu’Il est exempt de début, le changement est impossible à Son sujet. Mais comme le fait de délaisser est une implication de cela, Il l’a exprimé par ce terme-là « yastaḥyī ».

Et il est possible également que cette expression provienne de la parole de mécréants qui ont dit : le dieu de Muḥammad n’a-t-il pas honte de donner pour exemples les mouches et l’araignée ? Ce verset est une sorte de réplique et de réponse à la question et c’est un art de l’éloquence qui est très fin dans la langue des Arabes. En arabe, on peut dire « istaḥyaytuh » qui est un verbe transitif avec un complément d’objet direct et également « istaḥyayhu minhu » comme verbe intransitif et le sens est « j’ai eu honte de lui ». Le verbe en arabe est « ḍarbu l-maṯal » et c’est le même verbe qu’on utilise pour d’autres verbes d’action. Mais ici c’est un sens figuré de ce verbe qui est utilisé.

Le terme « mā » employé ici, indique soit la généralisation soit l’insistance. Dieu ne se garde pas comme certains qui ont honte de donner un exemple. Le mot « mā » signifie « quel que soit cet exemple » ou bien cela signifie « du tout » : Dieu ne se garde pas du tout de donner en exemple le moustique. Puis le mot « baʿūḍah » qui signifie le moustique est un mot qui dérive de « al-baʿḍ » qui veut dire les parties ou les morceaux. Et le mot « baʿūḍ » à l’origine est un adjectif qui signifie une petite partie de la chose, puis il a été transformé en un nom qui a été employé pour désigner cet insecte ou ce qui est au-dessus, c’est-à-dire qui dépasse les moustiques c’est-à-dire qui a un sens additionnel au moustique qui a été donné en exemple, qui est très peu et très méprisable ou bien ce qui le dépasse dans la taille. Il a voulu par-là répliquer à ce qu’ils ont donné comme exemple qui a été donné avec les mouches et les araignées qui ont une taille plus grande que le moustique. Et on ne dit pas : comment donne-t-Il en exemple ce qui est plus petit que le moustique ? Parce que le moustique est extrêmement petit en taille et il y a ce qui est plus petit, en l’occurrence l’aile du moustique. L’aile du moustique est plus petite que le moustique. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a donnée en exemple quand il a comparé le bas monde à l’aile d’un moustique. En effet dans le ḥadīṯ célèbre rapporté par Al-Ḥākim et aṭ-Ṭabarāniyy, le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « si le bas monde était équivalent selon le jugement de Dieu à l’aile d’un moustique, Dieu n’aurait pas accordé au mécréant une seule gorgée d’eau ».

De mêmeil n’est pas permis de déduire de ce verset « inna l-Lāha lā yastaḥyī » qu’on pourrait appeler Dieu «al-mustaḥyī ». Le sens du verset est que Dieu ne délaisse pas cela par pudeur, par honte, comme certains humains pourraient délaisser quelque chose par pudeur. Le sens est que Dieu n’agrée pas de délaisser la manifestation de la vérité. Il ne délaisse pas la manifestation de la vérité par honte ou par pudeur comme le feraient certaines créatures. Ceci est impossible au sujet de Dieu. Il arrive que certaines créatures éprouvent de la honte ou de la pudeur et ne veulent pas manifester une vérité. Dieu n’agit pas ainsi.

« Faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » : quant à ceux qui sont croyants, ils savent que c’est la vérité qui est de la part de leur Seigneur. La vérité c’est ce qui est vrai, c’est-à-dire qu’on ne peut renier. Lorsqu’une chose est confirmée et que c’est une chose obligatoire, on dit que c’est la vérité.

« Wa ʾamma l-laḏīna kafarū » : quant à ceux qui ont mécru et disent mais qu’est-ce que Dieu a voulu nous indiquer par cet exemple ? C’est une sorte de dénigrement tout comme ʿĀʾišah, que Dieu l’agrée, qui a dit à propos de ʿAbdul-Lāh fils de ʿAmr : « qu’il est étonnant ce fils de ʿAmr en Le dénigrant ». Le mot « ʾammā » qu’on traduit en français par « quant à » vient dans le sens de la condition. C’est pour cela qu’il y a le mot « fa » dans « fayaqūlūn ». Et l’intérêt de cette structure est de donner une insistance, qu’on retrouve dans d’autres langues.

Et dans les deux phrases « faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » « quant à ceux qui ont été croyants » et « wa ʾamma l-laḏīna kafarū » « quant à ceux qui ont été mécréants », les deux phrases commencent par cette structure. En cela il y a un éloge éminent pour les croyants pour souligner le fait qu’ils savent que c’est la vérité et il y a un reproche aux mécréants parce qu’ils ont utilisé des mots qui indiquent une stupidité.

L’analyse grammaticale de « māḏā » : ça peut être analysé de deux manières différentes : ça peut être traduit par « pourquoi » et par « qu’est-ce -que Dieu a voulu par cela ? » Et le vouloir est un attribut véritable de Dieu selon Ahlu s-sunnah c’est-à-dire que Dieu a bien l’attribut de la volonté dans le sens de spécifier le possible selon la raison par certaines spécificités au lieu d’autres.

Il égare par cela de nombreuses personnes et Il guide par cela de nombreuses personnes. C’est une explication des deux phrases qui précèdent : « quant aux croyants et quant aux mécréants » : le groupe qui sait que c’est la vérité et le groupe qui ignore, qui se moque, les deux sont nombreux. Et le fait de savoir que c’est la vérité de la part de Dieu, c’est une bonne guidée et ceux qui ignorent que c’est un bon exemple, c’est un égarement puisqu’ils sont arrivés à dénigrer l’exemple qui a été donné, en l’occurrence l’exemple du moustique.

Les gens de bonne guidée sont nombreux par eux-mêmes, même si, en les comptant, ils sont peu par rapport aux gens de l’égarement parce que le peu de bien guidés représente beaucoup en réalité. Et « al-iḍlāl », c’est de créer l’égarement dans l’esclave : on dit que Dieu égare qui Il veut parmi Ses esclaves, c’est-à-dire qu’Il crée l’égarement en eux. Il crée en eux le fait d’agir et de commettre ce qui est un égarement. Et la bonne guidée c’est de créer l’acte de la bonne guidée. On dit que Dieu guide Son esclave c’est-à-dire qu’Il crée en lui les actes qui sont une bonne guidée, à savoir la foi et les actes d’obéissance. Voici le sens véritable pour Ahlu s-sunnah. Et le contexte du verset est pour indiquer ce que ces ignorants parmi les mécréants ont renié, ce qu’ils ont trouvé étrange, le fait que des choses qui sont méprisables, en l’occurrence un moustique soient données en exemple, en réalité, ça ne devrait pas être quelque chose qui ferait l’objet d’un quelconque reniement ou d’un quelconque étonnement parce que l’exemple qui est donné est pour dévoiler un sens, c’est pour rapprocher ce qui n’est pas observé à ce qui est observé. Si ce qui est cité était éminent, alors ce qui est donné en exemple l’est également. Et si c’était méprisable, alors ce qui est donné en exemple l’est également. N’as-tu pas vu que la vérité est claire et éclatante et qu’il est donné pour la représenter la lumière et la clarté ! Et que le faux, comme il est à l’opposé de la vérité, il est représenté par l’obscurité.

Donc comme l’état de ce qui est adoré a été donné en exemple pour les mécréants (les mécréants ont considéré que Dieu a des équivalents et ce qu’ils ont donné comme équivalents à Dieu est très méprisable) il n’y a pas plus méprisable qu’eux, c’est pour cela que les associés que les mécréants ont attribués à Dieu, ont été comparés à la toile d’araignée, parce que la toile d’araignée est quelque chose de très fragile et c’est considéré comme moindre et plus méprisable que des mouches. Il leur a été donné l’exemple du moustique et de plus petit que le moustique, alors ces exemples ne sont pas blâmables et on ne dit pas que celui qui donne de tels exemples devrait avoir honte, parce qu’il a raison dans ces exemples qu’il donne. Ce qu’il dit est vrai et il donne l’exemple qui convient.

Et pour indiquer également que les croyants qui ont pour habitude d’être objectifs, de traiter les sujets avec la raison, quand ils écoutent et qu’ils entendent de tels exemples, ils ont su que c’était la vérité, tandis que les mécréants chez qui l’ignorance a prévalu sur la raison, quand ils entendent cela, ils font preuve d’orgueil, ils s’entêtent et ils décident que c’est faux et ils font face à cela par du reniement. Et cela est la raison de la bonne guidée des croyants et de l’égarement des pervers. La louange est à Allāh Qui nous a guidés à cela et nous n’aurions pas pu être bien guidés s’il n’y avait pas eu cette bonne guidée de la part de Dieu.

A partir des preuves qui sont dans le Qur’ān, ne seront guidés par ces versets que ceux pour qui Dieu veut la bonne guidée. Les versets ne guident pas par eux-mêmes mais c’est Dieu Qui guide qui Il veut par ces versets. Les miracles qui sont apparus sur les mains des prophètes ont été une cause de bonne guidée pour un certain nombre de mécréants qui sont passés de la mécréance à la foi et ils sont devenus ainsi bienheureux. Et une partie des personnes ont été témoins de ces miracles mais ils n’ont pas été bien guidés par eux, ils sont donc malheureux c’est-à-dire qu’ils sont voués à l’enfer. Et tout est par la volonté de Dieu. Celui que Dieu a voulu qu’il soit bien guidé, il sera bien guidé. Et celui que Dieu n’a pas voulu qu’il soit bien guidé par les miracles des prophètes, il ne sera pas bien guidé.

Le verset « il égare par le Qur’ān beaucoup de personnes et il guide par le Qur’ān beaucoup de personnes » signifie que Dieu a voulu que le Qur’ān soit une cause de l’égarement de nombreuses personnes et Il a fait que le Qur’ān soit une cause de guidée pour de nombreuses personnes. Certains sont bien guidés par la cause du Qur’ān et d’autres sont égarés par la cause du Qur’ān. Et il est étonnant de la part de ces mécréants -là qu’ils renient les exemples que Dieu a donnés, comme l’exemple du moustique et ce qui est au-dessous. Pourtant les gens ont toujours donné des exemples avec des animaux, des oiseaux, des insectes. En réalité ces gens-là se rendent bien compte que les gens ont toujours donné des exemples avec les animaux. Par exemple, en arabe, on dit « il rassemble plus qu’une fourmi » (pour dire que quelqu’un ramasse beaucoup de choses) et « il a plus d’audace qu’une mouche » (si on chasse une mouche, elle revient) et « il a une ouïe plus fine que le singe », « plus faible qu’un papillon », « il mange plus que les mites » (qui dévorent même le bois), « plus faible que le moustique ». Celui qui a été vaincu dans le débat refuse la clarté et il rejette ce qui est clairement apparent juste par entêtement.

Et il n’égare par le Qur’ān que les pervers. Dieu égare les fāsiq. Le fāsiq est celui qui sort de l’objectif. Dans la Loi de l’islam, le fāsiq qu’on traduit par « pervers » est celui qui sort du sujet en commettant le grand péché. Ici c’est l’attachement à la religion.

Dieu a pris d’eux l’engagement qu’ils ne soient pas injustes les uns envers les autres : qu’ils ne s’entretuent pas et qu’ils ne rompent pas les liens de proche parenté les uns avec les autres. Il a été dit que Dieu a pris de Ses créatures trois engagements :

1 / Le premier engagement est celui qu’a pris Dieu de la descendance d’Ādam, que tous reconnaissent l’unicité de Dieu dans sūratu l-ʾaʿrāf verset 172 qui signifie : « lorsque ton Seigneur a fait sortir du dos d’Ādam ses descendants et qu’Il les a faits témoigner : n’est-ce pas que Je suis votre Seigneur ? Ils ont dit « oui, nous témoignons » et certains vont dire au jour du jugement « nous avions oublié cela ».

2 / le deuxième engagement est celui que Dieu a pris des prophètes que ceux-ci transmettent Son message et qu’ils fassent en sorte que les gens appliquent la religion en ordonnant le bien et en interdisant le mal, dans sūratu l-ʾaḥzāb verset 7 qui signifie : « et Nous avons pris des prophètes l’engagement ».

3/ Le troisième engagement est spécifique aux savants. Dieu a pris l’engagement de la part de ceux qui ont reçu le Livre de le transmettre aux gens et de ne pas le dissimuler. Mais certains l’ont caché et ils ont obtenu de l’argent et quel mauvais commerce ils ont fait. C’est-à-dire qu’ils ont vendu l’au-delà pour le bas monde.

Verset 27 : ceux qui rompent l’engagement à l’égard de Dieu après s’être engagés. C’est-à-dire ceux qui ont rompu l’engagement qu’ils ont pris à l’égard de Dieu et ils l’ont dénoué c’est-à-dire que certains n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont pas respecté leur engagement. Ils rompent ce que Dieu a ordonné d’entretenir comme liens :  ils ont rompu les liens avec les proches parents et ils ont rompu le soutien des croyants ou encore ils ont rompu le lien qu’il y a entre les prophètes et le fait d’être unis sur la vérité, en croyant en certains prophètes et pas en d’autres : tout comme les yahūd qui reconnaissent que Mūsā est un prophète mais ils ne reconnaissent pas que ʿīsā et Muḥammad sont des prophètes.

Et ils sèment la corruption sur terre en barrant la route (ils s’attaquent aux gens qui sont sur la route) et en empêchant les gens de devenir croyants.

Ce sont eux les perdants. Au lieu d’être fidèles, d’être loyaux, ils ont rompu le lien. Au lieu de maintenir, ils ont coupé. Au lieu d’être vertueux, ils ont corrompu. Et au lieu de la récompense, ils auront le châtiment.

Verset 28 : comment mécroyez-vous en Dieu ! Ici le terme « comment » n’est pas une question, mais c’est pour marquer la surprise : comment mécroyez-vous en Dieu alors que vous avez les preuves qui vous empêchent de mécroire en Dieu ? Comment ne croyez-vous pas en Dieu alors qu’il y a des preuves qui vous appellent à la foi ? Donc c’est un reniement et un étonnement, comme si on dit à quelqu’un : comment voles-tu sans ailes ?

Alors que vous n’étiez pas vivant et Dieu vous a donné la vie. Aucun d’entre nous n’était vivant puis Dieu lui a donné la vie. Vous étiez de l’eau mélangée dans vos parents. Celui qui est dépourvu de vie est appelé « mayt » (mort) puis votre vie a commencé dans les utérus (de vos mères). Vous étiez de l’eau mélangée sans âme. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « l’un d’entre vous se constitue dans l’utérus de sa mère pendant quarante jours (il est à l’état de liquide mélangé de ses parents) puis il devient comme un caillot de sang pendant la même période puis il devient comme un bout de chair (comme une bouchée) pendant la même période (ce qui fait cent vingt jours) puis l’ange est envoyé et pendant la même période il insuffle l’âme ». Rapporté par Al-Buẖāriyy. Donc sa parole indique que le maniyy ne comporte pas d’âmeet que l’âme est insufflée dans le fœtus après quatre mois de grossesse.

Puis Il vous fait mourir (lorsque votre terme arrive). Vous connaissez l’histoire de cet homme qui était tombé dans un puits puis on l’a remonté. On lui a donné à boire un verre de lait puis il est retombé dans le puits et il est mort. C’est-à-dire que son terme n’était pas arrivé la première fois. Donc chacun va mourir à son terme. Cela ne veut pas dire qu’on ne prend pas nos précautions : oui, on fait les causes, comme prendre un médicament, se vacciner et autres. Un jour, un homme est venu voir le Prophète que Dieu l’élève davantage en degrés et lui a demandé : « est-ce que je laisse la chamelle et je me fie à Dieu ou bien je l’attache ? ». Il lui a répondu ce qui signifie : « tu l’attaches et tu te fies à Dieu ». C’est-à-dire que tu prends la cause et tu as pour conviction que c’est Dieu Qui est le Créateur.

Et Il vous ressuscite (c’est-à-dire le jour de la résurrection)

Puis vous reviendrez à Son jugement. Vous allez être ressuscités pour la rétribution le jour du jugement. Ou alors Il vous ressuscite quand vous êtes encore dans votre tombe, c’est-à-dire que vous revenez à la vie puis Il vous fait sortir de vos tombes pour le jugement.

On donne une explication concernant les conjonctions de coordination « fa » et « ṯumma ». La première est « fa » dans le verset et les suivantes sont toutes « ṯumma ». Parce que la première a suivi la mort : vous étiez morts et Il vous a donné la vie quand vous étiez dans l’utérus de votre mère, il n’y a pas eu d’intermède entre les deux : on a dit qu’au bout du 120° jour, l’âme est arrivée. Avant le 120° jour, il n’y avait pas de vie en vous.

La suite est avec « ṯumma » – ensuite Il vous a fait mourir – mais entre cette vie et cette mort il y a eu un temps qui s’est écoulé et c’est notre vie dans ce bas-monde-. Et « ṯumma » est utilisé après la mort car s’il est visé la résurrection, entre la mort et la résurrection, il y a le séjour dans la tombe et s’il est visé la vie dans la tombe, on sait qu’elle survient après la mort, elle n’arrive pas immédiatement. Également le retour à la vie pour la rétribution, il a lieu après la sortie de la tombe, ce n’est pas immédiatement, car il y a cinquante stations au jour du jugement, et ensuite il y aura la rétribution par le paradis ou l’enfer. Donc il y a des intermèdes. Donc le premier « fa » indique que ce qui suit est immédiat et « ṯumma » indique qu’il y a un intermède entre les deux.

Pourquoi les mécréants ont-ils été blâmés dans le récit précédemment cité ? Parce que dans ce récit, il y a beaucoup de signes clairs qui devraient les détourner de la mécréance et ce récit comporte des grâces énormes qui méritent que Dieu devrait être remercié et non pas être renié.

Verset 29. Il est Celui Qui a créé pour vous ce qu’il y a sur terre. C’est-à-dire qu’Il a créé ce qu’il y a sur terre pour que ce soit utile pour vous, pour que vous en profitiez pour votre bas monde et pour ce qui est de votre religion. L’auteur qui est An-Nasafiyy explique qu’il y a dans ce bas-monde des choses étonnantes qui indiquent qu’elles sont l’œuvre d’un créateur tout puissant, qui crée toute chose selon une sagesse, qui sait tout. Et il y a dans ce bas-monde ce qui rappelle l’au-delà parce que les plaisirs du bas-monde rappellent la récompense et les choses qui sont désagréables dans le bas-monde rappellent le châtiment. C’est-à-dire que les plaisirs du bas-monde nous rappellent que les plaisirs de l’au-delà sont meilleurs que ceux-là, quels qu’ils soient et que le châtiment de l’au-delà est encore plus terrible que les choses désagréables de ce bas-monde. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de son Créateur. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de l’au-delà car nous voyons ce bas-monde qui change comme par exemple les plantes qui, après avoir été vertes et fraiches deviennent sèches et cassantes. Le paradis comporte des plaisirs et l’enfer comporte des choses désagréables.

Al-Kaṯriyy ainsi que Abū Bakr Al-Ġāziyy et même certains groupes égarés ont déduit à partir de la parole de Allāh qui signifie « Il a créé pour vous », qu’il est valide de profiter des choses. C’est-à-dire que l’origine des choses est qu’elles sont licites jusqu’à ce qu’il y ait un texte qui les interdise. Par défaut, les choses sont permises sauf s’il y a un texte qui les rend interdites. On comprend de ce verset que Dieu a créé la terre avant les cieux. Donc Dieu a créé la terre puis les cieux. Et sur terre, Il a fait que nous puissions y vivre et profiter de ce qui s’y trouve. N’est-ce pas que Dieu y a fait couler des rivières et des fleuves, y a fait exister des chemins que l’on peut emprunter pour marcher et voyager ?! Il a fait qu’il y ait des sources d’eau. Et « ḍaḥahā » c’est-à-dire que Dieu a fait que les endroits sur terre soient étendus et qu’on puisse y vivre, même s’il y a certains endroits où il est difficile de vivre. Quand la terre a été créée, il n’était pas possible d’y vivre. C’est après que Dieu y a fait couler des rivières, …

Au jour du jugement, après que Dieu ait fait sortir les humains de leurs tombes, les âmes vont revenir aux nouveaux corps que Dieu crée pour ceux dont le corps a été assimilé par la terre. Les gens seront séparés de cette terre et emmenés dans un lieu obscur auprès du pont qui surplombe l’enfer et la terre sera, entre-temps, complètement détruite. Elle sera aplanie, elle sera changée complètement. Les cieux seront changés également, ils seront fissurés. La terre sera comme une peau tendue, sans hauteur ni ravin, elle sera plate. Actuellement, la terre ressemble à une balle mais le jour du jugement, elle deviendra plate. Après ce changement, les gens seront amenés sur cette terre changée. Puis ils rendront des comptes et un groupe sera amené au paradis et un groupe sera en enfer. L’exposition des actes aura lieu sur la terre qui aura été changée.

Et Il a fait exister le ciel (après avoir fait exister la terre). Et al-ʾistiwā signifie « se redresser », à l’origine en arabe. Mais ici cela veut dire que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création des cieux. Dieu a d’abord créé la terre puis les cieux. Certains ont expliqué le terme « istawā »   par « qaṣada » c’est-à-dire avoir pour destination ou pour finalité ou pour direction : et ce sens-là n’est pas correct parce qu’il laisse croire que la volonté de Dieu change. Or la volonté de Dieu est unique, comme tous Ses attributs. La volonté de Dieu n’est pas multiple.

Ici le mot « ṯumma » vient dans le sens de « et », et non pas dans le sens de « ensuite ». Cela ne veut pas dire qu’il Lui serait advenu une nouvelle volonté qu’Il n’aurait pas eue auparavant. Dieu a fait que l’entrée en existence du ciel soit ultérieure à l’entrée en existence de la terre. Cela ne veut pas dire qu’Il aurait fait un acte après un acte car l’acte de Dieu ne dépend pas du temps. L’acte de Dieu de créer est de toute éternité. Mais ce qui résulte de Son acte est la créature, Il a fait qu’une créature existe après une autre et Il a fait que le ciel existe après la terre. On ne dit pas qu’Il S’est consacré ou destiné parce que cela laisse croire que la volonté de Dieu dépend du temps. Ici cela signifie que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création du ciel. On peut dire d’une plante istawā » c’est-à-dire qu’elle a poussé. Et on peut dire « istawā ilay » c’est-à-dire « il a visé », comme une flèche qu’il a tirée directement, sans faire de détour.

Et certains ont expliqué cela par le fait que Dieu a créé le ciel après la création de la terre, sans qu’Il n’ait créé quelque chose entre les deux.

Et « as-samāʾ » indique ici tout ce qui est dans la direction du haut, c’est-à-dire au-dessus de nous, au-dessus de la terre.

Et Il les a créés sept cieux. Cela signifie que Dieu a créé les cieux parfaits, il n’y a pas de fissure, ils sont droits.

Une autre explication de « ṯumma » : est pour indiquer le mérite de la création des cieux sur la création de la terre. Les cieux ont un mérite sur la création de la terre. Cela ne veut pas dire que Dieu a créé la terre puis qu’Il n’a rien créé et Il a créé le ciel, qu’Il n’aurait rien créé entre les deux. Ce qui est visé est que le ciel est meilleur que la terre.

Et cela ne contredit pas la parole « wa l-‘arḍa baʿda ḏālika daḥahā » (la terre après cela daḥahā) parce que le corps de la terre a précédé la création des cieux, mais le fait qu’il y ait des facilités de subsistance sur terre est après la création des cieux. Dieu « daḥahā », cela signifie que Dieu a étendu la terre. Il a fait jaillir l’eau de la terre et Il a fait jaillir les pâturages de la terre et Il a fait qu’il y ait des montagnes sur terre et Il a fait qu’il y ait des choses dont nous profitions sur terre et dont les humains profitent.

L’auteur rapporte de Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu a fait surgir la terre à partir d’un emplacement qui se trouve à Jérusalem. Au début c’était comme une pierre de la taille d’une main puis ça s’est étendu et ça a fait exister tout le reste de la terre. Mais cela n’a pas été rapporté du Prophète. Al-Ḥasan Al-Biṣriyy (qui était un successeur des compagnons) a dit qu’à partir de cette terre, il y a une fumée qui s’est dégagée et à partir de cette fumée, Dieu a créé les cieux. Et c’est à partir de là qu’ils ont expliqué le verset « ṯumma » qui signifie que la terre et les cieux étaient collés.

Et Allāh sait absolument toute chose. Allāh a créé des créatures parfaites, sans qu’il n’y ait de défaut et Il a créé ce qu’il y a sur terre conformément aux besoins des gens qui vont vivre sur terre. Et après la création de la terre, Allāh a fait que les ǧinn habitent sur terre et Il a fait que les anges habitent au ciel. Mais les ǧinn ont semé la corruption et le désordre sur terre. Dieu leur a envoyé des anges qui les ont chassés de la terre jusque sur des iles et sur les hauteurs des montagnes. Et les anges ont peuplé la terre à leur place. Et Allāh a ordonné à Son Prophète Muḥammad de leur citer ce récit.

Verset 30 : et ton Seigneur a dit aux anges Je vais faire en sorte qu’il y ait sur terre un successeur. Parce que c’était eux, les habitants sur terre et Dieu a fait en sorte que la descendance d’Ādam leur succède. Il a dit « un » successeur. Pourquoi le singulier ? Parce que de la même manière que quand on veut citer une tribu, on cite le chef de la tribu, on dit la tribu de Muḍar de Qurayš et on vise les descendants de ce chef. Donc « un » successeur ici signifie Ādam et ses descendants. Ou quelqu’un qui dit être envoyé de Ma part parce qu’Ādam est envoyé de la part de Dieu, tout comme tous les prophètes. Donc il n’y a pas de pluriel ici parce que celui qui est visé par « ẖalīfah » ici est Ādam ʿalayhi s-salām.

Donc Allāh a annoncé cela aux anges afin qu’ils posent la question et qu’ils reçoivent la réponse et qu’ils sachent la sagesse que ce soit eux qui peuplent la terre avant les humains. Ici quand on parle de ẖalīfah concernant un prophète, ça ne veut pas dire « celui qui est mandaté » mais cela veut dire « celui qui instaure » les ordres de Dieu sur terre. C’est pour enseigner à Ses esclaves la concertation avant de s’engager dans un sujet, même si Dieu n’a pas besoin de la concertation.

Donc le fait que Dieu ait annoncé aux anges qu’Il va faire en sorte qu’ils aient un successeur sur terre, qu’Il va peupler la terre après eux, il y a ici une sagesse dans cette annonce. C’est la sagesse de se concerter avant de faire quelque chose, c’est-à-dire que nous, les êtres humains, il convient que nous demandions l’avis avant de nous engager dans quelque chose.

Ils ont dit (les anges) est-ce -que Tu vas faire en sorte qu’il y ait sur terre qui va semer la corruption ? (C’est-à-dire comme les ǧinn auparavant).

Ici ce n’est pas une question pour émettre une objection, mais c’est une question pour demander la sagesse. Ils étaient étonnés que Dieu fasse succéder à des gens d’obéissance (eux les anges) des gens qui commettent des péchés, en l’occurrence les humains, alors que Dieu est Celui Qui crée toute chose selon une sagesse.

Et comment ont-ils su que les humains commettent les péchés ?

1/ Ils l’ont su, soit parce que Dieu le leur a fait savoir

2 / ou bien parce qu’ils ont vu que c’était écrit sur la Table Préservée

3 / ou bien ils ont fait une analogie des humains sur les ḥadīṯ après avoir vu ce qu’ils avaient semé comme désordre sur terre et comme injustices les uns envers les autres

4 / ou bien Dieu leur a fait savoir cela par l’intermédiaire de Ǧibrīl ou autre que Ǧibrīl. Mais attention, ce que nous disons ici n’a pas été rapporté dans un ḥadīṯ authentique.

5 / Il est rapporté par certains qu’il y avait des ǧinn qui ont semé la corruption, qu’ils se sont entretués sur terre avant Ādam et Dieu leur a envoyé des anges qui les ont brûlés. Certains exégètes ont rapporté que ce qui est cité dans ce verset concerne ces gens-là.

6 / Quant aux savants pour lesquels cette information n’a pas été confirmée mais que les anges ont demandé à Dieu au sujet de ces créatures qui sèment la corruption sur terre alors qu’eux ne sèment pas la corruption sur terre, Dieu leur a fait savoir certaines choses qui vont avoir lieu dans le futur. Il leur a fait savoir ce que les fils d’Ādam allaient faire, comme le fait de s’entretuer, de provoquer des guerres injustement et d’autres injustices. Donc l’interrogation des anges n’était pas une objection contre Dieu mais c’était pour connaitre la sagesse dans le fait qu’il y ait des humains alors que les humains mènent des guerres, ils sèment la corruption sur terre. Le fait que ce soit eux qui leur succèdent sur terre, que ce soit eux qui peuplent la terre, qui gouvernent sur terre, les anges ont voulu connaitre la sagesse.

Allāh tabāraka wa taʿālā leur a fait savoir la sagesse. C’est parce que parmi les humains il y a les prophètes et les prophètes sont les meilleures des créatures. Il leur a donné une seule preuve : Dieu a dit aux anges de Lui donner le nom des choses. Et les anges n’ont pas su quel était le nom des choses. Et Il a dit à Ādam de les informer du nom des choses. Et Ādam leur a appris que telle chose s’appelle ainsi, que telle chose s’appelle ainsi. Ils ont donc connu la sagesse. C’est-à-dire qu’Ādam est meilleur qu’eux. Ils ont dit : Dieu a fait que les humains gouvernent la terre parce qu’ils sont meilleurs que d’autres créatures qu’eux. Les anges ont connu la sagesse et ils se sont soumis totalement à Dieu. Auparavant, les anges étaient totalement soumis, il n’y a pas eu d’objection de leur part contre Dieu.

L’objectif des anges n’était pas comme celui d’Iblīs quand il a dit : « moi je suis meilleur qu’Ādam, comment vais-je me prosterner pour quelqu’un qui est fait de terre ? » et ceci était une objection contre Dieu, car c’est comme si Iblīs disait à Dieu : « Tu m’as donné un ordre qui n’est pas correct ». C’est comme s’il avait dit à Dieu : « comment m’ordonnes-Tu de me prosterner pour quelqu’un alors que je suis meilleur que lui ? Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé de terre ». Ceci est une objection à l’encontre de Dieu. C’est pour cela qu’il a mérité d’être chassé de la miséricorde de Dieu. Quant aux anges, quand ils ont reçu l’ordre de se prosterner pour Ādam, ils se sont prosternés, ils n’ont pas émis d’objection. Leur questionnement était pour connaitre la sagesse, ce n’était pas pour émettre une objection. Et quand ils ont connu la sagesse, ils ont augmenté en soumission pour Dieu.

Les noms que Dieu a fait connaitre à Ādam et que les anges ne connaissaient pas, ce sont les noms des choses. Dieu a fait qu’Ādam ʿalayhi s-salām connaisse le nom de toutes les choses, sans qu’il n’ait appris auprès de quelqu’un. C’était une grâce que Dieu a accordée à Ādam et qu’Il n’a pas accordée aux anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant Ādam mais ils ne connaissaient pas le nom des choses. Quant à Ādam, il connaissait le nom des choses alors qu’il avait été créé récemment par rapport aux anges. Ils se sont prosternés pour Ādam ʿalayhi s-salām, d’une prosternation qui consiste à poser le front par terre. Ceci est l’avis qui a été retenu par la plupart des exégètes. Et d’autres ont dit que la prosternation était une simple inclination.

Et qu’il y ait sur terre qui va faire couler du sang ? c’est-à-dire par des guerres et des assassinats ?

Alors que nous, nous Te glorifions et nous Te louons ? C’est-à-dire que nous disons que Tu es exempt d’imperfection et nous Te louons, nous Te remercions

Et nous nous purifions pour Toi. Et il a été dit que le tasbīẖ et le taqdīs, c’est de considérer Dieu exempt de tout défaut et de tout mal.

Il (Dieu) a dit certes Je sais ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que Je sais des sagesses que vous ne savez pas, des choses qui vous échappent, à savoir qu’il y aura parmi les humains des prophètes, il y aura parmi les humains des saints et des savants.

Verset 31 : Il (Dieu) a enseigné à Ādam tous les noms. Ādam est un nom qui n’est pas arabe. Le plus plausible est qu’il a la même structure que Āzar, comme fāʿal, une syllabe longue et deux syllabes courtes.

Et Ādam serait dérivé de 1/ adīmu l-arḍ, de la terre, car Ādam a été créé à partir de la terre. Dieu a ordonné à un ange de prélever de la terre de différents sols de cette terre. Et al-ʾadim est ce qui est à la surface de la terre. 2 / Ou al-ʿudma à l’image de la dérivation du nom Yaʿqūb, à partir de al-ʿāqab, c’est-à-dire le fait de suivre. Car Yaʿqūb a suivi ʿIsḥāq dans le sens qu’il est son descendant.

Et le nom Idrīs est dérivé de dars, étude car Idrīs fut le premier à avoir écrit avec un calame. Cela ne veut pas dire que les autres n’écrivaient pas mais lui, a utilisé un instrument particulier.

Et Iblīs dérive de al-iblās. On dit « ablasa min raḥmati l-Lāhi an yaʿisa ». Le verbe ablasa signifie perdre espoir, dans le sens qu’il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Et Iblīs signifie qu’il est perdu : il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Il s’appelait auparavant ʿĀzāzīl.

Et d’autres savants ont dit qu’Ādam n’est pas un nom qui dérive d’un autre mot, parce que ce n’est pas un nom arabe pour qu’on puisse dire qu’il dérive d’un autre mot.

Il y a deux avis différents sur le sujet.

Que signifie ici que Dieu a enseigné à Ādam le nom des choses qui portent des noms ? Allāh taʿālā, après que Ādam ʿalayhi s-salām est entré en existence et que Dieu a demandé aux anges de citer le nom des choses, les anges ne savaient pas ; et Ādam, lui, il a su. Il a su que le nom de telle chose que c’est une montagne et ceci est une mer. Ceci montre qu’Ādam avait un mérite, qu’il dépassait les anges en certaines choses.

Que signifie qu’Allāh a enseigné le nom des choses ? C’est qu’Allāh a montré à ’Ādam les noms des différentes espèces des créatures qu’Il a créées et Il lui a appris que telle chose s’appelle un cheval, telle chose s’appelle un chameau. Et d’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée lui et son père, Dieu a enseigné à ’Ādam le nom de toutes les choses, même le récipient dans lequel on mange et même la cuiller avec laquelle on mange. Cette explication est parvenue dans un ḥadīṯ dont la chaine de transmission est rapportée jusqu’au Prophète dans Al-Buẖāriyy.

Il y a un groupe égaré qui est apparu en Syrie il y a quelques temps, qui explique ce verset « wa ʿallama Ādama l-ʾasmāʾa kullahā » en disant que Dieu lui a enseigné Ses noms à Lui, parfaits, et uniquement cela. Si cela était le cas, alors le verset suivant n’aurait pas été « et lorqu’Il lui a enseigné les noms des choses », mais « lorsqu’Il a enseigné Mes noms ». Mais ce n’est pas ce qui a été dit. Dieu n’a pas dit « quand Il les a informés de Mes noms », mais Il a dit « quand Il les a informés des noms ». Malheureusement, ils persistent sur leur ignorance et sur leur déformation du Qur’ān.

Puis il les a cités aux anges. Ādam a cité les noms des choses aux anges en leur disant : ça, ça s’appelle un chameau, ça c’est une montagne. Donc il les a mentionnés aux anges. Ici il y a une subtilité dans la grammaire arabe concernant les formes des pluriels : quand il s’agit de pluriels d’êtres qui ne sont pas dotés de raison comme les animaux par exemple, on n’utilise pas de pronom au pluriel. On utilise un pronom qui est au féminin. Or ici il n’est pas cité un pluriel pour des êtres qui ne sont pas dotés de raison mais il est cité un pluriel « leurs noms » (ʿaraḍahum), c’est bien un pluriel, ce n’est pas un féminin. Et ceci parce qu’Il a donné le nom d’êtres qui sont dotés de raison. Il y a parmi l’ensemble qu’Il a indiqué aux anges des êtres qui sont dotés de raison, Il a utilisé ce pronom-là. « Ṯummaʿaraḍahum » : « hum » ici est un pronom qui fait référence à un pluriel. Ici Allāh a dit aux anges de citer le nom des choses. Et Dieu sait que les anges ne savent pas le nom des choses. Pourquoi a-t-Il demandé aux anges de citer le nom des choses alors qu’Il sait qu’ils ne savent pas ? C’est pour montrer leur incapacité face à Ādam. Ādam savait le nom des choses car Dieu le lui avait appris. Et les anges ne savaient pas à ce moment-là le nom de choses.

Il a dit : citez-Moi le nom des choses. Informez-Moi, dites-Moi,

Si vous êtes véridiques : dans votre prétention. Quand ils ont su qu’il y aura sur terre des humains, ils ont posé la question à Dieu, ils ont dit : « pourquoi Tu fais que sur terre, il y a des gens qui vont semer la corruption au point qu’ils vont d’entretuer ? » parce qu’ils avaient vu ce que les ǧinn avaient fait. Ils avaient posé la question par demande de sagesse et non pas par objection contre Dieu. Dieu leur a dit « donnez-Moi le nom des choses si vous êtes véridiques » c’est-à-dire dans votre prétention que Je vais laisser sur terre des corrupteurs qui s’entretuent, qui font couler le sang. Il y a dans cela une réplique et une explication. Il y a une réplique et une explication que, parmi ceux qui vont peupler la terre, il y a ceux qui méritent de gérer la terre.

Verset 32 : ils ont dit « subḥānak ». Tu es exempt d’être ignorant de quelque chose. Rien ne T’échappe. Tu es exempt qu’il n’échappe à Ta connaissance une quelconque information et Tu es exempt qu’on émette une quelconque objection contre Toi dans ce que Tu prédestines. « Subḥānak » est un substantif, ce n’est pas un verbe. Et il y a un sous-entendu, ça veut dire que je T’exempte d’une exemption. Si on traduit mot à mot, on dirait « Ton exemption », « l’exemption de Toi ». Et le verbe est sous-entendu, ça a le sens de « nous T’exemptons d’une exemption ».

Ils ont dit : Tu es exempt d’imperfection, nous n’avons de connaissance que ce que Tu nous as accordés comme connaissances. Nous n’avons pas de connaissances au sujet de ce que Tu ne nous as pas accordé à connaitre. Nous n’avons de connaissances que de certaines choses. Et parmi les choses que nous ignorons, il y a le nom des choses. Les connaissances que nous avons, ô Allāh, c’est Toi Qui les as créées. Et il en est de même pour le reste de nos actes, que ce soient les actes qui sont en notre for intérieur comme les intentions ou les péchés du cœur. Il en est de même pour nos œuvres qui sont apparentes. Tout cela n’entre en existence que par la volonté de Dieu et Sa création. C’est Toi Qui crées en nous les connaissances et ce n’est pas nous qui les créons. Quant aux moutazilites, que Dieu les enlaidisse davantage, ils ont prétendu que nos connaissances et nos perceptions c’est nous qui les créons. Et ceci est une de leurs mécréances. Parce que quand nous disons « il n’y a de dieu que Dieu », une des explications est « il n’y a de créateur que Dieu ».

Tu es certes Celui Qui sait sans avoir besoin d’enseignant. Alors que nous,les choses que nous savons, il y a eu qui nous les a enseignées. Al-Ḥakīm signifie que tout ce que Tu destines et prédestines est avec une sagesse. C’est-à-dire que Tu accordes à chaque chose sa juste valeur.

Verset 33 : Il (Dieu) a dit : ô Ādam informe-les de leurs noms. Lorsque Ādam les (les anges) a informés de leurs noms (le nom des choses)

Il (Dieu) dit : ne vous ai-Je pas dit que Je sais ce qui est caché dans les cieux et sur terrec’est-à-dire que Je sais ce qui vous (aux anges) échappe dans les cieux et sur terre des choses qui se sont déjà produites et des choses qui vont se produire.

Et Je sais ce qui apparait de vous et ce qui est en votre for intérieur

Verset 34 : et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Ādam. Ici ce n’est pas un « nous » de pluriel mais un « Nous » de majesté, d’éminence. Certains ont dit que cela signifie « soumettez-vous à lui et reconnaissez son mérite ». D’après ʾUbay ibnu Kaʿb un compagnon, que Dieu l’agrée, et d’après Ibnu ʿAbbās, ils ont dit qu’il s’agissait d’une inclination c’est-à-dire sans toucher le sol. Il y a divergence ici sur l’explication car la majorité des savants ont dit que l’ordre dont il est question ici consiste à poser la tête à même le sol. Et l’ordre de se prosterner était l’ordre de se prosterner pour Ādam ʿalayhi s-salām selon l’avis le plus fort. C’était un ordre donné à Iblīs et aux anges de se prosterner pour Ādam et non pas pour Dieu. Car si l’ordre de se prosterner avait été de se prosterner pour Dieu, Iblīs l’aurait exécuté. Et il s’agissait d’une prosternation de salutation. Dieu avait donné l’ordre aux anges et à Iblīs qui est un ǧinn de se prosterner d’une prosternation de salutation. Par le passé il était permis de se prosterner d’une prosternation de salutation. Puis ce caractère permis a été abrogé. Et l’abrogation est la fin de l’application d’une loi. Dieu a fait qu’entre les lois d’un messager et un autre, il y a des lois qui sont abrogées : des choses qui étaient permises sont devenues interdites et des choses qui étaient interdites sont devenues autorisées. Dieu fait changer les lois selon des sagesses et selon la communauté à laquelle ce messager est envoyé. Mais la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a abrogé les lois antérieures. La prosternation de salutation a été abrogée, preuve en est la parole du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lorsque Salmān le Perse qui était un compagnon, lorsqu’il a voulu se prosterner pour le Prophète, celui-ci lui aurait dit ce qui signifie : il ne convient pas pour une créature de se prosterner pour une autre créature, on ne se prosterne que pour Dieu. Mais ce ḥadīṯ n’est pas authentifié. Par contre le ḥadīṯ qui est authentifié concernant la prosternation pour une créature, c’est la parole que le Prophète a dit à Muʿāḏ un compagnon, qui signifie : « si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari ». Tout comme l’ont rapporté Al-Ḥakīm, Ibnu Māǧah, Aṭ-Ṭabarāniyy et Aḥmad.

Ils se sont tous prosternés (les anges) excepté Iblīs. Il s’agit d’une exception munqaṭāʿ, discontinue, c’est-à-dire que ce qui est excepté n’appartient pas à la famille de ce qui n’est pas excepté. Ils se sont tous prosternés, il s’agit des anges. Excepté Iblīs : il ne fait pas partie des anges. C’est une exception appelée grammaticalement « discontinue », car celui qui est mentionné comme une exception n’est pas du même genre que l’ensemble dont il est excepté. Or l’ensemble est un groupe d’anges et Iblīs n’était pas un ange mais il était un ǧinn par le texte même du Qur’ān, et c’est l’avis retenu par Al-Ḥasan et Qatādah. Et parce que par ailleurs, Iblīs a été créé de feu, alors que les anges ont été créés de lumière. C’est l’avis qui est le plus fort.

D’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, l’épouse du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle a dit que le Messager a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, le ǧānn a été créé d’une flamme de feu et Ādam a été créé de ce qui vous a été décrit précédemment ». Rapporté par Muslim et d’autres. Par ailleurs, Iblīs a refusé d’exécuter l’ordre, il a désobéi et a fait preuve d’orgueil, tandis que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Les anges ne sont pas orgueilleux. Par contre, certains sont tellement orgueilleux que leurs têtes ne leur permettent pas de s’incliner ni de se prosterner pour obéir à Dieu. Ce n’est pas le cas des anges.

La preuve également qu’Iblīs n’est pas un ange, c’est qu’Allāh taʿālā dit aux mécréants ce qui signifie : est-ce -que vous le considérez lui et ses descendants comme des êtres que vous adorez au lieu de M’adorer Moi. Et c’est connu que les anges n’ont pas de descendance, donc Iblīs n’est pas un ange. Il a une descendance donc il n’est pas un ange. Les anges ne se reproduisent pas, ils n’ont pas d’enfant alors que Dieu nous a appris à propos d’Iblīs qu’il a une descendance. Donc prétendre qu’Iblīs était un ange véritable est quelque chose qui est loin de la vérité.

Il (Iblīs) a refusé : c’est-à-dire qu’il s’est abstenu de faire ce qui lui a été ordonné de faire, à savoir que Dieu lui a ordonné de se prosterner pour Ādam.

Et il a fait preuve d’orgueil : c’est-à-dire par rapport à cet acte qui lui avait été ordonné de faire.

Et il est devenu au nombre des mécréants. Ceci est une première explication : parce qu’il a refusé, il a fait preuve d’orgueil et il a réfuté l’ordre. C’est par cela qu’il est devenu mécréant et non pas parce qu’il n’a pas appliqué l’ordre. Ce n’est pas le fait de ne pas appliquer l’ordre qui a fait de lui un mécréant mais c’est le fait qu’il ait remis en cause cet ordre. En effet le fait de ne pas se prosterner, cela n’est pas en soi une chose qui fait sortir de l’islam et ce n’est pas une mécréance selon Ahlu s-sunnah contrairement à ce que disent les moutazilites et les H̱awāriǧ. Ils déclarent mécréant celui qui commet un péché.

Ou bien une deuxième explication et il était mécréant Dieu sait de toute éternité qu’Iblīs         allait devenir mécréant après avoir été croyant parce que c’est ainsi dans la science de Dieu.

Verset 35 : Et Nous avons dit ô toi Ādam réside, toi et ton épouse au paradis. Le verbe est « sakana ». « Uskun » signifie « réside » qui vient du verbe « sakana d-dār » qui signifie il a habité dans la maison, il y réside. Et le mot sakana a aussi le sens de s’immobiliser. Un objet en mouvement « sakana » c’est-à-dire qu’il s’immobilise. Et al-ǧannah est le paradis qui est la résidence pour l’éternité, qui a été promise pour les pieux. Preuve en sont les versets nombreux.

Quant aux moutazilites, ils ont dit que al-ǧannah ici, ce n’est pas le paradis de l’éternité, mais que c’est un jardin qui était au Yémen. Selon leur prétention c’est parce qu’au paradis il n’y a pas de mort et Ādam est sorti de ce jardin. Les sunnites ont répondu : ne sort pas du paradis celui qui y entre par rétribution. Celui dont la rétribution est le paradis, il n’en sortira plus jamais. Et par ailleurs notre Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām il est bien entré au paradis lors de la nuit du miracle du voyage nocturne et de l’ascension. Et il en est sorti. Par ailleurs, les gens du paradis sont chargés de la connaissance et du tawḥīd.

Et mangez (des fruits) du paradis : le nom du complément du nom a été omis. C’est très courant dans le Qur’ān et dans la langue arabe d’omettre le nom du complément du nom.

Avec largesse : profitez

Où que vous vous trouviez : ici c’est un verbe conjugué au duel, qui concerne Ādam et son épouse. C’est-à-dire dans n’importe quel endroit au paradis.

Et ne vous approchez pas de cet arbre (de cette plante) : certains ont dit que c’est le blé. C’est pour cela qu’il a été dit : comment l’être humain ne commettrait-il pas de péché alors que sa nourriture est à partir de la plante qui a été la cause de la désobéissance ? Mais ce n’est pas un ḥadīṯ. Certains ont dit : comment l’être humain peut-il échapper à la désobéissance alors que sa nourriture est du pain, fabriqué à partir du blé ?

 D’autres ont dit que cette plante était la vigne qui donne les raisins, parce que c’est la cause de beaucoup de désobéissances, avec le vin.

D’autres ont dit que c’est le figuier.

Il y a donc trois avis mais en réalité, ce qui est correct est de ne pas préciser de quelle plante il s’agit, parce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne nous a pas dit comment s’appelle cette plante ou cet arbre. Certes, Dieu a interdit à Ādam de consommer des fruits d’un arbre mais sans préciser lequel. Et nous n’avons pas à deviner le nom de cette plante. Ça peut être un pommier et ça peut être autre qu’un pommier. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de conséquence pour nous. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de conséquence pour nous dans le fait de consommer certains fruits sur terre suite au fait qu’Ādam a consommé du fruit de cette plante.

Sinon vous seriez au nombre des injustes. C’est-à-dire au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes ou de ceux qui ont nui à eux-mêmes. C’est-à-dire que nous aurions fait à nous-mêmes, à notre âme, qui appartient à Dieu, une chose que Dieu nous a interdite. Donc nous aurons été injustes envers nous-mêmes.

Verset 36 : le šayṭān leur a fait commettre l’interdit puisqu’Ādam et Ḥawwāʾ ont consommé de l’arbre qui leur était interdit. Le šayṭān a incité Ādam et Ḥawwāʾ à consommer de l’arbre qui était interdit. Il les a faits glisser, dans le sens qu’ils ont commis ce qui était interdit et à cause de cela, ils se sont retrouvés à commettre cette chose que Dieu avait interdite. Le mot « zalla » signifie glisser ou déraper.

Certains ont dit que c’est parce qu’il s’est trompé dans l’interprétation de ce qui lui avait été dit : il valait mieux qu’il ne consomme pas de cet arbre et non pas qu’il était interdit de consommer de cet arbre. C‘est une preuve qu’il est permis d’utiliser le mot « zalla » qui signifie glisser ou déraper dans le sens de commettre une erreur à propos des prophètes comme l’ont dit les savants de la région de Al-Buẖārā. An-Nasafiyy dit que c’est le nom de l’acte de celui qui fait le contraire de l’ordre mais sans avoir pour objectif de faire le contraire de l’ordre. Il a donné l’exemple de celui qui glisse dans la boue alors qu’il était en train de marcher, il a glissé. Est-ce qu’il voulait glisser ? Non, il n’avait pas pour objectif de glisser.

Et les savants de Samarqand ont dit qu’on ne dit pas « zalla » à propos des prophètes pour leurs actes tout comme on ne dit pas « péché » à leur propos. Il y a une divergence : certains savants ont utilisé le terme que les prophètes peuvent commettre des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse et d’autres ont dit qu’un ne dit pas cela, mais que les prophètes n’ont pas fait ce qui est le mieux. Mais ceci est infondé.

Certains savants hanafites ont dit que celui qui dit que les prophètes ne commettent pas du tout de péché, il devient mécréant. Parce que dans le Qur’ān, il est écrit « wa ʿaṣā Ādamu rabbahu » ce qui signifie qu’Ādam a commis une désobéissance à son Seigneur. Donc ils ont appliqué la règle de celui qui dit une parole contraire au Qur’ān.

Mais le šayẖ a dit que ce n’est pas correct de dire cela. La parole correcte est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse de caractère. Un exemple de petit péché qui comporte une bassesse de caractère c’est comme quelqu’un qui passe devant un étalage de fruits et qui vole un grain de raisin. Il est possible qu’un prophète commette un petit péché ne comportant pas de bassesse mais il s’en repent immédiatement, avant que d’autres ne le suivent en cela.

Allāh avertit les prophètes quand ils font un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et ils font le repentir immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela. Il y a beaucoup de versets où il y a le terme maʿṣiyah. Donc ce qui est conforme aux textes c’est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère mais Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela.

Et il les a fait sortir de ce dans quoi ils étaient. C’est-à-dire que le šayṭān a été une cause pour qu’ils sortent de là où ils étaient, là où il y avait une félicité et un honneur, c’est-à-dire le paradis. Le   šayṭān est parvenu à faire glisser Ādam et Ḥawwāʾ pour qu’ils mangent de l’arbre dont le fruit avait été interdit ; il a réussi à faire cela après qu’il lui avait été dit de sortir parce qu’il était maudit du fait qu’il avait refusé d’obéir à l’ordre de Dieu de se prosterner pour Ādam. Maudire signifie éloigner de la miséricorde. Le šayṭān était au paradis pour suggérer le mal à Ādam et Ḥawwāʾ. Certains rapportent qu’Iblīs voulait entrer au paradis et que les anges en charge du paradis l’ont empêché de rentrer et qu’il est rentré dans la gueule d’une vipère puis qu’il est rentré à l’intérieur de cette vipère au paradis. Cela n’est pas vrai. Certains ont dit qu’il était resté à l’entrée du paradis et qu’il a suggéré de l’extérieur à Ādam de consommer du fruit interdit. Mais notre šayẖ a dit qu’Iblīs a reçu l’ordre de quitter le paradis mais il a désobéi, il y est resté puis il a suggéré à Ādam de consommer du fruit de cet arbre puis il a été exclu du paradis.

Nous avons dit : descendez. C’est-à-dire la descente sur terre. Et il a été dit que cette parole « descendez » a été adressée à Ḥawwāʾ et à Iblīs mais il a été dit aussi à cette vipère. Ce qui est correct est que la parole a été adressée à Ādam et Ḥawwāʾ.

En arabe il y a le singulier, le duel et le pluriel. Ici l’ordre de descendre est au pluriel « ihbiṭū » alors que l’ordre est adressé à Ādam et Ḥawwāʾ, donc on s’attendait à une forme au duel. La réponse est que ceux qui sont visés sont Ādam et Ḥawwāʾ et leur descendance. Comme Ādam et Ḥawwāʾ sont à l’origine de tous les humains, la parole est comme si elle était adressée à tous les humains, donc au pluriel.

Vous serez les uns pour les autres des ennemis. Ce qui est visé c’est l’injustice que commettent les gens les uns envers les autres, l’animosité que les gens ont les uns envers les autres, le fait que certains jugent les autres égarés.

Et vous aurez sur terre un lieu d’établissement c’est-à-dire un lieu pour vous établir, pour y vivre.

Vous pourrez profiter de la vie, jusqu’au terme. Le terme c’est le jour du jugement ou bien la mort.

Un savant a dit que le fait qu’Ādam et Ḥawwāʾ aient mangé de cet arbre a engendré pour nous un long chagrin c’est-à-dire que la vie est difficile sur terre. Mais ça ne veut pas dire comme le disent certains égarés qu’Ādam et Ḥawwāʾ ont fait un péché capital et que Jésus est venu à l’humanité pour expier ce péché capital. Ādam, comme Jésus, comme Muḥammad sont des prophètes et les prophètes sont les meilleurs des gens. Nous disons que c’est un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et Ādam a fait le repentir et Dieu lui a pardonné.

Verset 37 : Ādam a reçu de la part de son Seigneur des paroles. Dieu lui a révélé certaines choses et Ādam a accepté ces paroles et il a œuvré conformément à ces paroles. Il s’agit de la parole qui signifie « ô notre Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes et si Tu ne nous pardonnais pas et ne nous faisais pas miséricorde, nous serions au nombre des perdants ». Ces paroles sont une exhortation pour sa descendance. Il y a dans ces paroles une indication de la manière dont on peut se décharger des péchés et c’est par le repentir.

Ibnu Masʿūd que Dieu l’agrée, a dit que parmi les paroles que Dieu agrée le plus, c’est la parole de notre père Ādam ʿalayhi s-salām qui a dit, quand il a commis le péché, ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection ô Allāh et je Te loue et que soit glorifié Ton nom et que soit exemptée d’imperfection Ton éminence. Et il n’est de dieu que Toi. J’ai été injuste envers moi-même alors pardonne-moi, nul autre que Toi ne pardonne les péchés ». Et Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu m’as créé par Ta toute puissance (biyadika) « et Dieu a dit « oui » et Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu as insufflé en moi l’âme qui est honorée » et Dieu lui a révélé « oui » puis Ādam a dit « n’est-ce pas que les manifestations de Ta miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ta volonté de châtier, n’est-ce pas que Tu m’as fait résider au paradis ? » Et à la fin, Ādam a dit « pourquoi m’as-Tu fait sortir du paradis ? » Et Dieu lui a révélé : « c’est à cause de ton péché ». Et Ādam a dit « et si je fais le repentir, est-ce que Tu me ramèneras au paradis ? ». Dieu lui a révélé que oui.

Dieu lui a fait miséricorde et lui a pardonné son péché. Il s’est suffi de citer le repentir d’Ādam parce que Ḥawwāʾ suivait Ādam. Et la mention des femmes dans la sunnah et le Qur’ān est souvent ainsi.

Certes Allāh est Celui Qui est tawwāb :  c’est-à-dire que Dieu accepte beaucoup le repentir. Même si la personne commettait mille fois un péché et que suite à ce péché, elle fait le repentir, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, en faveur de Ses esclaves.

Verset 38 : Nous avons dit descendez tous ensemble et comme nous avons vu, il s’agit de la seconde fois où cet ordre de descendre est donné. La répétition est pour insister. Une deuxième explication est parce que la première descente était du paradis jusqu’au ciel du bas monde et que la deuxième descente était du ciel vers la terre.

Il vous parviendra de Ma part un « hudā » : c’est-à-dire un messager que Je vous envoie. Ou bien deuxième explication : un livre qui vous parviendra.

Celui qui accepte cette bonne guidée (le messager ou le livre) en y croyant, il n’y a pas de crainte à son sujet. C’est-à-dire que dans le futur, il n’y aura pas de crainte pour eux.

Ils n’auront pas à être chagrinés. Ils n’auront pas de chagrin concernant ce qu’ils laisseront derrière eux, leur famille. Ceux qui acceptent la bonne guidée de la part de Dieu, ils n’ont pas à avoir de crainte, ni à être chagrinés pour ceux qu’ils vont laisser après eux c’est-à-dire leur famille et leurs enfants.

Verset 39 : et ceux qui ne croient pas en Dieu et en son messager et qui ont démenti les signes et les preuves que Nous leur avons envoyés. Eux ce seront les gens de l’enfer c’est-à-dire qu’ils mériteront l’enfer

Ils y resteront éternellement. Que Dieu nous en préserve.

Verset 40 : ô vous descendants d’Isrāʾīl. Isrāʾīl c’est Yaʿqūb ʿalayhi s-salām qui est le fils d’ʿIsḥāq qui est le fils d’Ibrāhīm. Yaʿqūb est un surnom qui signifie l’élite de Dieu ou bien l’esclave de Dieu. Le mot « Isrāʾīl » est composé de deux mots « isrāʾ » qui veut dire « esclave » ou « élite » et « īl » qui veut dire « Allāh ». Donc « esclave de Dieu ». Et du point de vue grammatical, c’est un mot qui ne se décline pas parce que ce n’est pas un mot arabe. « Isrāʾīl » est un mot hébreu.

Dans cette phrase il a la fonction de complément du nom « Dieu » et habituellement le complément du nom porte une kasrah à la fin. Mais comme ce n’est pas un mot arabe, il ne se décline pas, il ne porte pas de kasrah à la fin mais une fatḥah.

Souvenez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Dieu leur rappelle les bienfaits qu’Il leur a accordés afin qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées et pour qu’ils obéissent à celui qui leur a accordé ces grâces. Dieu a visé par-là les grâces qu’Il leur a accordées et qu’Il a accordées à leurs ancêtres. Et l’auteur a énuméré ici ces grâces à savoir comment ils ont été sauvés de pharaon, de la noyade, comment Dieu leur a pardonné après qu’ils aient fabriqué et adoré un veau en or et qu’ils soient revenus à l’adoration de Dieu seul et le fait qu’ils sont restés vivants jusqu’à l’avènement de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont pu entendre son appel, lui qui avait été annoncé dans la torah et dans l’évangile. Les yahūd qui vivaient à l’époque de la descente du Qur’ān, Dieu leur a ordonné d’évoquer et de se rappeler des grâces qu’Il leur a accordées, à savoir que leurs ancêtres qui étaient avec Mūsā, Dieu les a sauvés de pharaon et de son châtiment, Il les a sauvés de la noyade, Il a pardonné à ceux d’entre eux qui avaient adoré le veau, Il a accepté leur repentir. Puis ceux qui étaient contemporains de notre maitre Muḥammad, Dieu a fait qu’ils ont pu entendre son appel. Donc cela veut dire : remerciez Dieu en croyant en Muḥammad et qu’il est un envoyé de Dieu.

Et soyez fidèles à votre promesse. Tenez vos engagements, tenez la promesse que vous avez faite de croire en Moi et de M’obéir ou de croire au prophète de la miséricorde et au Livre qui est miraculeux, le Qur’ān qui est un miracle permanent pour notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

Je vous accorderai ce que Je vous ai promis. C’est-à-dire la grande récompense pour vos bonnes œuvres. Et les gens du taṣawwuf ont expliqué ce verset en disant : respectez votre engagement en M’adorant dans cette résidence qui est une résidence où Je vous fais subir des épreuves, alors Je vous accorderai dans la résidence de la récompense la grande récompense de Me voir. La plus grande récompense sera de voir Dieu sans qu’Il ne soit dans un endroit ni dans une direction parce que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.

Et ne rompez pas cet engagement. Cet engagement que vous avez fait de M’obéir, respectez-le et craignez-Moi. En effet, le croyant doit maintenir son cœur entre la crainte et l’espoir. La crainte d’être châtié et l’espoir d’être pardonné. La crainte du châtiment et l’espoir de la récompense. Les savants ont dit que c’est comme les deux ailes qui doivent rester en équilibre pour avancer correctement : ne pencher ni vers l’un ni vers l’autre. Ni se mettre à commettre des péchés en se croyant préservé du châtiment de Dieu, ni penser que Dieu va le punir à cause du grand nombre de péchés commis. Il faut garder son cœur entre les deux, en gardant la crainte et l’espoir.

Verset 41 : ayez foi en ce que J’ai fait descendre (c’est-à-dire le Qur’ān) qui est conforme à ce que vous avez c’est-à-dire la Torah ; il confirme l’adoration de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme l’unicité de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme la prophétie de Muḥammad qui est annoncée dans la Torah. Il n’y a pas de différence entre la Torah qui a été révélée à Mūsā et le Qur’ān qui a été révélé à Muḥammad, concernant la croyance. Muḥammad n’a pas apporté quelque chose de différent de ce que Moise avait apporté.

Et ne soyez pas les premiers à y mécroire. (A Muḥammad) Ne soyez pas, vous, les descendants de Isrāʾīl, les premiers à ne pas croire à Muḥammad ou encore : ne soyez pas le premier groupe qui mécroit en lui ou encore : que chacun d’entre vous ne soit pas le premier à ne pas croire en lui. Il y a ici une allusion que ce devrait être eux les premiers à y croire parce qu’ils le connaissent du fait qu’il leur a été annoncé dans la Torah, ils connaissent sa description.

Et ne changez pas Mes versets en les déformant, pour des choses futiles du bas monde. Ne déformez pas Mes signes, juste pour obtenir des choses du bas monde. Par rapport à l’au-delà, le bas monde dans sa totalité ne représente rien du tout. Et il a été dit que ces choses futiles du bas monde c’était la notoriété qu’ils avaient au sein de leur peuple qu’ils craignaient de perdre, ainsi que le pouvoir, s’ils suivaient le messager de Dieu. Même au sein de cette communauté il y a certains présidents ou leaders qui contredisent la vérité pour ne pas perdre le pouvoir.  Al-Buẖāriyy que Dieu lui fasse miséricorde était allé dans une ville dans laquelle se trouvait un šayẖ qui était très connu. Les gens étaient sortis de la ville pour aller l’accueillir par respect pour lui. Or le savant connu de cette ville a été jaloux. Il a calomnié Al-Buẖāriyy auprès du gouverneur de cette ville, alors le gouverneur a exilé Al-Buẖāriyy de la ville.

Et craignez-Moi : c’est-à-dire ne faites pas ce qui vous fait mériter Mon châtiment. C’est-à-dire ne commettez pas les péchés.

Verset 42 : et ne mélangez pas le vrai avec le faux. Ceci est adressé aux yahūd. C’est-à-dire n’écrivez pas dans la Torah ce qui n’en fait pas partie, de sorte que le vrai qui a été révélé à Moise se mélange au faux que vous avez rajouté, de sorte qu’on ne puisse plus distinguer entre le vrai et le faux.

Et ne dissimulez pas la vérité : c’est-à-dire : ne faites pas ces deux choses, c’est-à-dire l’amalgame entre le vrai et le faux d’une part et la dissimulation de la vérité. Il s’agit de la vérité du fait que Muḥammad est un envoyé de Dieu et que le   Qur’ān est un miracle. Et le fait d’altérer la Torah qui est le Livre révélé à Moise. Ils prétendent qu’ils n’ont pas trouvé dans la Torah l’annonce que Muḥammad est un envoyé de Dieu ou qu’ils n’ont pas trouvé tel jugement.

Alors que vous savez. En connaissance de cause. C’est encore plus grave. Vous mélangez le vrai avec le faux et vous dissimulez la vérité, c’est encore plus grave et plus laid de votre part. Parce que si quelqu’un l’avait fait par ignorance, dans certains cas, il se peut que certaines choses soient excusées du fait de l’ignorance. Mais vous, vous savez ce que vous êtes en train de faire, donc c’est encore plus laid de votre part.

Verset 43 : accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakāt. C’est-à-dire faites votre prière comme la font les musulmans et donnez la zakāt comme la donnent les musulmans.

Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. Parce que les yahūd n’ont pas d’inclination dans leurs prières selon les historiens. Mais dans le ḥadīṯ, il n’a pas été mentionné que les yahūd n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, mais c’est possible.

1/ Si on prend cette explication qu’ils n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, ce verset signifie « inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent, de ceux de la communauté de Muḥammad ». C’est-à-dire « devenez musulmans de parmi la communauté de Muḥammad et faites la prière tout comme il vous l’a enseigné, même si dans votre loi, il n’y avait pas d’inclination, c’est-à-dire « entrez en islam et appliquez les œuvres des gens de l’islam ».

2 / Et il est possible aussi que Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent fasse allusion à la prière, tout comme on peut faire allusion à la prière par la prosternation. Et c’est un ordre d’accomplir la prière avec ceux qui font la prière, c’est-à-dire « faites la prière en assemblée » et non pas seul.

Verset 44 : est-ce-que vous ordonnez la bienfaisance aux gens et là, c’est pour indiquer le blâme et l’exclamation de la part des esclaves c’est-à-dire est-ce-que vous ordonnez aux gens d’accomplir beaucoup de bien. Et leurs prêtres disaient en cachette à ceux qui leur demandaient au sujet de Muḥammad, ils leur disaient de le suivre, mais eux restaient sur leur mécréance, pour ne pas perdre le pouvoir. Et parfois ils le disaient au grand jour.

Une autre explication est qu’ils ordonnaient aux gens de donner des aumônes mais eux, ils ne donnaient pas. Et lorsqu’on leur donnait les aumônes pour qu’ils les distribuent, ils les gardaient pour eux.

Et vous vous oubliez vous-mêmes. C’est-à-dire que vous oubliez de le faire. C’est-à-dire que vous ordonnez aux autres de faire le bien et vous ne le faites pas. Ceci a été exprimé par le verbe « oublier », comme si c’était un oubli.

Alors que vous récitez le Livre. C’est un blâme et une menace, c’est-à-dire que vous récitez la Torah dans laquelle il y a la description de Muḥammad ʿalayhi s-salām, où il y a la menace pour celui qui trahit, pour celui qui n’agit pas en bien et pour celui dont les œuvres ne sont pas conformes à sa parole. Vous dites des choses et vous ne les faites pas. Vos œuvres ne sont pas conformes à votre parole. Arrêtez de vous comporter d’une manière qui n’est pas conforme à ce qui a été révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām dans la Torah.

Est-ce que vous vous rendez compte de la laideur de ce que vous êtes en train de faire ? Ceci afin que cela vous détourne de le commettre. Le fait de prendre conscience de la laideur de ce que vous êtes en train de faire va vous détourner de le commettre. C’est une grande mise en garde.

Verset 45 : et faites-vous aider pour vos besoins à l’égard de Dieu par la patience et par la prière.

1/ C’est-à-dire en réunissant les deux c’est-à-dire faites la prière en faisant preuve de patience face à l’effort demandé pour que vous puissiez faire la prière, en supportant ses difficultés et ce qu’elle implique comme obligation d’être sincère dans votre cœur en l’accomplissant, en repoussant les mauvaises suggestions du šayṭān et en repoussant les mauvaises suggestions de l’âme et en veillant à respecter les règles de comportement de la prière et en ayant la crainte de Dieu lorsque vous l’accomplissez et en vous rappelant le fait que si vous êtes en train de faire la prière , vous vous adressez à Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre.

2/ Ou bien faites-vous aider pour affronter le choc des épreuves en utilisant la prière c’est-à-dire faites preuve de patience face aux épreuves en ayant recours à la prière, lorsque l’épreuve survient. On se rappelle de l’histoire de Raḥmah, lorsque son mari a été tué et qu’elle s’est retrouvée avec des orphelins. Lorsque l’appel à la prière a eu lieu, elle a fait sa prière. Elle n’a pas dit : « j’ai perdu mon mari, j’ai des orphelins, je n’ai pas de quoi les nourrir ». Et Dieu lui a accordé un prodige. La prière est le recours du croyant. Il patiente en faisant la prière. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’un sujet le chagrinait, il avait recours à la prière, c’est-à-dire qu’il faisait des prières surérogatoires. Il faisait des prières en demandant à Dieu qu’Il le délivre de ce tourment. Ne soyons pas comme celui qui est malade, qui connait le médicament et qui ne l’utilise pas. Allāh tabāraka wa taʿālā nous a accordé la prière : si tu as des tourments, aie recours à la prière, fais des prières surérogatoires et Dieu te délivrera de ce tourment. C’est requis de notre part de prendre exemple sur le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Il convient pour chacun d’entre nous, homme ou femme, de rechercher l’aide de Dieu, si un sujet nous tourmente. Si quelqu’un est touché par une difficulté, il convient qu’il ait recours à la prière. Il ne va pas aller consulter x ou y pour chaque problème.

D’après Ibnu ʿAbbās le cousin du Prophète en faveur de qui le Prophète avait invoqué Dieu pour qu’Il lui accorde la sagesse, la bonne compréhension et l’interprétation du Qur’ān, il a été rapporté que lors du décès de son frère Ḥusām alors que lui-même était en voyage, il a fait l’istirǧāʿ (il a prononcé la parole qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à Son jugement ») ceci pour nous rappeler que notre séjour est temporaire. Puis il a accompli deux rakʿah surérogatoires puis il a dit ce qui signifie : « faites-vous aider par la patience et la prière ». Il a essayé de se soulager de la grande perte de son frère en accomplissant la prière.

3/ Il a été dit que la patience signifie le jeûne parce que le jeûne consiste en une privation des choses qui rompent le jeûne. Et c’est pour cela que le mois de ramaḍān a été appelé le mois de la patience.

4 /Et il a été dit que la prière ici signifie les invocations, les supplications pour repousser cette épreuve qui vous touche. Il y a l’invocation de notre maître Yūnus qui a dit quarante fois : lā ʾilāha illa l-Lāh subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīn ». Celui qui dit quarante fois cette invocation dans le dernier tiers de la nuit, pour ce qu’il veut, si Dieu veut, Dieu le lui accorde.

Wa innahā : certains ont expliqué par la recherche de l’aide et d’autres par la prière. Et cela semble difficile, sauf pour ceux qui craignent Dieu, pour lesquels ce n’est pas difficile, parce qu’ils savent ce que Dieu a réservé pour ceux qui patientent face aux difficultés et qui font la prière. Si tu es en train de monter une pente et tu sais qu’après cette pente, il y aura du repos, alors la pente semble moins difficile. Si tu sais qu’au bout de la journée, il y aura la rupture du jeûne, les choses deviennent faciles. Ceux qui craignent Dieu, ils savent qu’en faisant preuve de patience et en faisant des prières surérogatoires, il y a aura la grande récompense du paradis et que ce sera peut-être une cause pour repousser ces épreuves. Quant à d’autres ce n’est pas le cas.

Verset 46 : ceux qui pensent (qui ont pour conviction) qu’ils vont venir au jour du jugement de leur Seigneur.

Ici « penser » signifie avoir pour conviction, pour croyance, c’est-à-dire qu’ils ont pour croyance qu’ils viendront au jour du jugement pour être jugés par Dieu, ils s’attendent à obtenir une récompense et ils espèrent cela. Ils ont donc la certitude, en raison de la récitation de ʿAbdul-Lāh Ibnu Masʿūd parce qu’il a récité « yaʿlamūn » au lieu de « yaẓunnūn », ce qui signifie « ils savent » mais cette récitation avec le terme « yaʿlamūn » n’est pas une récitation qui est mutawātir. Ils savent qu’ils vont recevoir la rétribution de la part de leur Seigneur et ils vont agir en fonction de cela.

Quant à ceux qui n’ont pas la certitude qu’il y aura une rétribution et qui ne s’attendent pas à ce qu’il y ait une récompense pour les œuvres, alors c’est quelque chose qui est difficile pour eux. Le mot « ẓanna » est habituellement utilisé pour quelqu’un qui n’est pas certain mais il peut être utilisé pour ce dont on est certain, comme dans ce cas. C’est comme dans le fait de faire la prière : la plupart des gens ne sont pas heureux quand ils font la prière, c’est comme s’ils la font pour se débarrasser de quelque chose, alors que les pieux, eux, y trouvent du plaisir, ils sont apaisés quand ils font la prière.

Notre maitre ʿUṯmān ibnu ʿAffān que Dieu l’agrée, le troisième calife, a récité la totalité du Qur’ān en une seule rakʿah en une nuit. Allāh lui a accordé cela. Les prophètes et les saints trouvent une joie dans les actes d’adoration et notamment dans la prière. Dieu place dans leur cœur une joie et un apaisement qu’ils ne trouvent dans aucun autre acte d’adoration que dans la prière. La prière leur procure plus de plaisir que toute autre chose.

Le ẖušūʿ en arabe signifie la sérénité et l’apaisement. N’est-ce-pas que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām disait à Bilāl quand celui-ci faisait l’appel à la prière : « lance l’appel de ce qui va nous amener l’apaisement, la paix intérieure et la sérénité ». Donc la prière est une cause d’apaisement et de sérénité.

Le ẖuḍūʿ signifie la douceur et la soumission. C’est le fait d’abandonner toute objection contre Dieu. Nous faisons preuve d’humilité.

La glorification qui s’accompagne d’un ressenti de crainte, c’est cela le ẖušūʿ. C’est une crainte révérencielle. Le ẖušūʿ pendant la prière c’est le fait d’avoir présent dans le cœur la crainte de Dieu, la glorification et l’amour envers Dieu. Il ne s’agit pas ici de la crainte du châtiment.

Le mot « liqāʿ » signifie « rencontre ». Mais ici certains ont expliqué ce mot par le fait que les croyants verront Dieu.

Ils verront Dieu sans comment. Certains exégètes ont expliqué la parole « mulāqū rabbihim » par « ceux qui ont la certitude qu’ils vont voir leur Seigneur ». C’est une vue qui est sans comment, c’est-à-dire que ce ne sera pas une vue dans une direction. Il n’y aura pas de distance entre eux et Dieu, ni une distance proche ni éloignée. Car la distance est une relation entre deux corps. Or Dieu n’est pas un corps, donc cette relation-là ne Le concerne pas. C’est pour cela qu’on dit qu’Il est exempt de cela. Qu’est-ce qui fait que la vue d’un être soit possible rationnellement ? Ce n’est pas le fait que cet être soit dans un endroit, mais c’est le fait qu’il existe. Comme Dieu existe, il est valide selon la raison qu’Il soit vu. Il sera vu sans qu’Il ne soit dans une direction ni dans un endroit parce que la distance est impossible au sujet de Dieu. Parce que celui qui se trouve à une distance de toi, il a une limite et celui qui est limité a besoin de qui lui a donné cette limite. Or Dieu n’a pas besoin d’autrui. C’est Lui le Créateur, c’est Lui Qui donne les limites aux choses, Il n’est pas concerné par les limites. Quand on dit que Dieu n’est pas limité, cela ne veut pas dire qu’Il a une étendue qui est infinie, non, cela veut dire qu’Il n’est pas un corps ni un volume.

Et ils retourneront à la vie au jour du jugement. C’est-à-dire que nul autre que Dieu ne juge les esclaves au jour du jugement. C’est Dieu Qui fait que tel esclave sera au paradis et tel autre sera en enfer.

Verset 47 : ô vous, fils (descendants) d’Isrāʾīl, rappelez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Il y a eu un verset semblable précédemment donc c’est une répétition pour insister sur le fait que Dieu leur a accordé beaucoup de grâces. Isrāʾīl est le nom du prophète Yaʿqūb qui veut dire « esclave » de Dieu ou « élite » de Dieu car « īl » signifie Dieu en hébreu. Et les descendants de Isrāʾīl sont les descendants des douze fils d’Isrāʾīl, les descendants des douze tribus.

Et que Je vous ai accordé un mérite (c’est-à-dire que J’ai fait en sorte que vous soyez meilleurs) sur les mondes. En arabe quand il y a un grand nombre de personnes, on dit « ʿālam », c’est le même mot que pour « monde » donc cela signifie que Dieu leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens. Cela veut dire : « Nous vous avons accordé un mérite sur de nombreuses créatures ». C’est-à-dire : vos ancêtres qui étaient musulmans, rappelez-vous des grâces que Dieu leur a accordées et qu’Il leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens et prenez exemple sur eux en croyant en Muḥammad (qui est le prophète de votre époque). Si vous croyez en Muḥammad, vous serez comme vos ancêtres qui étaient croyants en Mūsā et en les prophètes précédents.

Quant à ceux qui sont des descendants d’Isrāʾīl de nos jours mais qui n’ont pas cru au prophète Muḥammad et également ceux qui sont descendants du prophète Muḥammad et qui ont contredit, qui se sont entêtés et qui ont démenti, ceux-là n’ont absolument aucun mérite. Ceux qui étaient meilleurs que beaucoup de monde, c’était leurs ancêtres qui étaient musulmans.

Le mérite dont il est question dans ce verset revient à leurs ancêtres qui, eux, suivaient les prophètes, à l’époque de Moise et les prophètes qui l’ont suivi. Ils croyaient en Dieu et en Ses prophètes. Ils ne les démentaient pas.

Ces ancêtres-là étaient comme nous, c’est-à-dire que nous avons pour croyance que chaque prophète est véridique et qu’il est venu avec la religion de vérité qui est l’islam. Ceux à propos de qui il est fait référence parmi les fils d’Isrāʾīl, ce sont les croyants, qui croyaient en tous les prophètes.

Certains se sont donnés pour illusion, à partir de ce verset, que les yahūd qui sont non musulmans et qui sont de cette époque, auraient un certain mérite. Comment auraient-ils ce mérite ? Alors qu’ils ne croient même pas au prophète Muḥammad ni au prophète Jésus. Celui qui comprend le Qur’ān de travers, c’est une source d’égarement et également pour ceux qui suivent ceux qui comprennent de travers. En effet, les phrases peuvent être expliquées de plusieurs manières. Donc celui qui ne les comprend pas correctement aura des contradictions et il va s’égarer. Il n’y aura pas de cohérence. Allāh a éprouvé Ses esclaves : certains connaissent les explications correctes et ils donnent aux versets les sens corrects. Et ceux à qui Dieu n’a pas accordé cette réussite, ils vont donner au Qur’ān un autre sens que le sens correct et c’est une source de perdition et ils vont être égarés.

Verset 48 : et craignez un jour. Et il s’agit du jour du jugement. Il n’y aura pas une âme croyante qui pourra intercéder en faveur d’une âme, c’est-à-dire mécréante. C’est-à-dire que celui qui est venu au jour du jugement, musulman, il ne va pas compenser les défaillances de quelqu’un qui est mort non croyant. C’est pour cela que le Qur’ān est un miracle permanent pour notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De nos jours il y a beaucoup de gens qui ont délaissé le Qur’ān, pour eux, c’est juste un objet de décoration à la maison, malheureusement.

Et il ne sera accepté d’elle aucune intercession. Et le terme « elle » (minhā) ici est un pronom qui fait référence à l’âme croyante. C’est-à-dire que l’âme croyante ne pourra pas intercéder pour l’âme qui est mécréante. Celui qui est croyant n’intercèdera pas pour celui qui est non croyant. L’intercession consiste à demander le bien à autrui en faveur d’autrui. Ceux qui vont intercéder au jour du jugement vont demander à Dieu le bien en faveur de tierces personnes. Au jour du jugement, aucune âme croyante n’intercèdera en faveur d’une âme non croyante.

Il a été dit que les yahūd à l’époque du prophète ont dit : « ce sont nos ancêtres qui étaient prophètes qui vont intercéder en notre faveur », alors qu’eux n’étaient pas croyants. Ce verset a été révélé pour leur couper tout espoir de l’intercession en leur faveur alors qu’ils n’étaient pas croyants. C’est comme dans un autre verset où il est dit ce qui signifie : « l’intercession de ceux qui intercèderont au jour du jugement ne leur profitera pas ».

Et le groupe des moutazilites qui est un groupe qui se prétendait musulman disait que le musulman qui commet un péché, il n’est plus musulman et qu’il n’y a plus d’intercession en sa faveur. Et ils prétendent que ce verset explique cela. La réplique à leur donner est que ce verset concerne l’intercession en faveur de non croyants et non pas en faveur de musulmans désobéissants.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « mon intercession est pour les grands pêcheurs de ma communauté ». Rapporté par Al-Ḥakīm.

Et il ne sera pas accepté d’eux une compensation. La compensation est pour compenser une défaillance. Actuellement, si quelqu’un a une défaillance, dans certains cas, il paye une compensation. Mais au jour du jugement, ce ne sera pas le cas : les mécréants ne pourront pas payer une compensation pour compenser leur mécréance, ils ne seront pas acquittés.

Et ils ne seront pas soutenus. C’est-à-dire que ces non croyants, au jour du jugement, personne ne va les aider.

Verset 49 : et lorsque Nous vous avons sauvés de ceux qui étaient dans le camp de Pharaon. Le mot « āl » indique ceux qui suivaient Pharaon dans sa religion et « pharaon » est un titre de rois qui ont gouverné les géants comme César est un titre donné à ceux qui dirigeaient les Romains et Chosroes est le titre donné aux rois des Perses.

Nous vous avons délivrés de l’injustice que commettait Pharaon parce que Pharaon leur faisait subir des injustices, c’est comme s’il les recherchait pour leur faire parvenir la nuisance. « Sūʾul-ʿaḏāb » : le mal du châtiment, il s’agit du mal que Pharaon faisait subir à leurs ancêtres, alors que tout le châtiment est un mal. Cela signifie le châtiment qui est extrême et qui est atroce.

Puis Il énumère les différentes sortes de châtiments que Pharaon avait fait subir à leurs ancêtres. A l’un, il égorgeait ses garçons et il laissait les filles vivantes pour qu’elles soient à leur service. Ceci parce que les devins avaient dit à Pharaon qu’il y aurait un garçon qui allait naitre et qui serait la cause de la disparition de son royaume. Et ces devins ont averti Pharaon tout comme ils avaient averti An-Numrūd à propos de Ibrāhīm. Mais ce que ces deux ont essayé de faire n’a pas empêché la réalisation de ce que Dieu a prédestiné de toute éternité, à savoir que Moise est né et a été la cause de la perte de Pharaon.

Et il y a en cela un « balāʾ » de la part de votre Seigneur. Le mot « balāʾ », s’il est expliqué par le sens de l’épreuve, il en est visé l’acte de Pharaon, c’est cela qui est une épreuve qui a été subie par les gens. Si le mot « balāʾ » était expliqué par le sens de la grâce, il fait allusion au fait qu’ils ont été sauvés de Pharaon. Donc on voit que le mot « balāʾ » peut avoir le sens de l’épreuve et il peut avoir le sens de la grâce.

Un « balāʾ » qui est éminent. C’est pour cela qu’on ne traduit pas le Qur’ān.

Verset 50 : Dieu leur rappelle les grâces qu’Il a accordées à leurs ancêtres qui étaient musulmans, de la communauté de Moise. Nous avons séparé la mer en plusieurs chemins. La mer s’est écartée pourfaire apparaitre un chemin pour qu’ils puissent traverser.Et il y eut douze chemins pour les douze tribus des descendants d’Isrāʾīl. Chaque tribu avait son chemin. Dieu est sur toute chose tout puissant. Ceci pour rappeler que ce ne sont pas les causes qui créent les effets. C’est Dieu Qui est le créateur des causes et des effets. S’Il veut qu’il y ait des effets sans la cause habituelle, cela a lieu.

Donc les tribus traversaient et la mer s’ouvrait pour leur laisser le chemin. Dieu leur a accordé cela. Il a été dit que les descendants d’Isrāʾīl, alors qu’ils étaient dans un chemin qui était séparé d’un autre par un mur (chacune des douze tribus étaient comme entre deux montagnes d’eau), ont dit à Moise : « où sont nos compagnons ? nous voulons les voir ». Allāh a révélé à Moise de faire un signe avec son bâton et il est apparu sur les murs d’eau des lucarnes à travers lesquelles ils pouvaient se voir et s’entendre.

Nous vous avons sauvés et Nous avons fait périr noyés Pharaon et ses soldats et vous, vous observez. Vous voyez cela, vous en êtes conscients et vous ne doutez pas à ce sujet. Dieu leur rappelle cela dans l’objectif qu’ils soient croyants. Les yahūd de l’époque du Prophète Muḥammad savaient cela mais ils le cachaient. Et le Prophète a su cela par révélation de la part de Dieu, car il ne lisait pas.

Verset 51 : Et Nous avons promis à Mūsā la révélation en quarante nuits puis vous avez pris un veau après cela

Dieu a promis à Mūsā ʿalayhi s-salām la révélation et Il lui a promis de lui révéler certaines choses, parmi elles le fait d’aller à un endroit qui s’appelle « aṭ-ṭūr » dans le Sinaï (Tyr). Quand les descendants d’Isrāʾīl s’étaient installés en Egypte après la mort de pharaon, ils n’avaient pas de livre. Allāh taʿālā a promis à Mūsā de lui révéler la Torah et Il lui a indiqué la date de cette révélation au mois de ḏu l-qaʿdah plus dix jours de ḏu l-ḥiǧǧah, ce qui fait quarante nuits en tout. Et certains parmi les fils de Isrāʾīl s’étaient alors mis à adorer un veau. Un homme nommé Mūsa s-Sāmiriyy leur a fabriqué un veau à partir des bijoux qu’ils avaient emmenés et auquel ils avaient mélangé un peu de terre de l’endroit où se tenait le cheval de l’ange Ǧibrīl et ce veau s’est mis à émettre un son alors ils se sont mis à l’adorer. Donc ceci est arrivé après que Mūsā soit parti à « aṭ-ṭūr ».

Et vous êtes injustes en cela. Et vous êtes injustes dans votre adoration du veau ; puisque vous avez voué votre adoration à ce qui ne mérite pas d’être adoré.

Verset 52 : puis Nous vous avons pardonné. Dieu leur a accordé le repentir et leur a effacé leur péché. Après que vous ayez adoré le veau, puissiez-vous remercier. Que vous remerciiez Dieu Qui vous a fait grâce du pardon suite au péché que vous avez commis.

Verset 53 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre et le furqān

Et Nous avons accordé à Mūsāle Livre et ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais.

C’est-à-dire que Dieu lui a accordé la révélation d’un livre qui est la Torah, qui, en plus d’être un livre révélé, comporte ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Ici, même s’il y a le terme « wa » qui est une conjonction de coordination, cela indique la même chose, ce sont deux caractéristiques qui se trouvent dans ce livre-là, que c’est un livre qui est révélé ET qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Il ne s’agit donc pas de deux livres différents mais bien d’un seul livre qui s’appelle la Torah qui remplit les deux caractéristiques citées.

Une autre explication est : Nous t’avons fait révéler le livre et le furqān : le Livre est la Torah et le furqān ce sont les miracles que Dieu a accordés à Mūsā, comme le bâton qui s’est transformé en un véritable serpent.

Une troisième explication de furqān est la révélation de ce qui est licite et ce qui est illicite.

Une autre explication est le fait que la mer se soit entrouverte pour les descendants des fils d’Isrāʾīl. C’est dans le sens de la séparation puisque c’est la séparation qui a eu lieu dans la mer qui a permis d’avoir ces chemins et les tribus des descendants des fils d’Isrāʾīl ont pu quitter l’Egypte pour la Palestine.

Ou encore dans le sens de la victoire qui a fait la différence entre Mūsā et son ennemi. Grâce à cette victoire, Mūsā a eu le dessus sur ses ennemis, en l’occurrence sur Pharaon et son armée.

Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire « afin que » vous soyez bien guidés. Dieu a révélé cela à Mūsā pour que vous soyez bien guidés.

Verset 54 : et Mūsā a dit à son peuple c’est-à-dire ceux d’entre eux qui se sont mis à adorer le veau.

Ô peuple vous avez été injustes envers vous-mêmes en vous mettant à adorer le veau : c’est-à-dire en considérant que c’est quelque chose qui mérite l’adoration

Alors faites le repentir à votre Créateur : c’est Lui Qui a créé les créatures et Il n’a pas créé les choses absurdement : c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé comporte une sagesse. Même dans la création des porcs et des singes, il y a une sagesse en cela.

Il y a dans cette parole de Mūsā à son peuple une mise en garde et un avertissement parce qu’ils ont délaissé l’adoration de Dieu Celui Qui sait toute chose, Celui Qui crée toute chose selon une sagesse, Lui Qui les a créés et Qui a fait qu’il n’y ait pas d’absurdité dans ce qu’Il crée. Ils se sont détournés de l’adoration de Dieu, Celui Qui est exempt de toute imperfection, pour se mettre à adorer un veau qui est l’exemple-même de l’idiotie et de la stupidité.

Alors tuez-vous vous-mêmes.

Il a été dit que c’est selon le sens apparent. Certains savants ont dit que leur repentir passait par le fait de se donner la mort à eux-mêmes.

Et il a été dit que leur repentir était de se tuer les uns les autres. C’est-à-dire qu’après leur retour à l’islam, c’était une condition pour l’acceptation de leur repentir.

Troisième explication : il a été dit que ceux qui n’ont pas adoré le veau ont reçu l’ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau. Et 70.000 d’entre eux sont morts.

Cela (fait référence au repentir et au fait de tuer) vaut mieux pour vous selon le jugement de votre Créateur c’est-à-dire que cela vaut mieux pour vous que de persister sur la désobéissance.

Il est Celui Qui a accepté votre repentir, c’est-à-dire qu’Il est celui Qui vous fait grâce d’accepter votre repentir même si vous faites beaucoup de péchés. Même si une personne commet un péché mille fois et fait le repentir avec les conditions remplies, Dieu accepte le repentir.

Et Il est miséricordieux, même si ce sont des péchés qui sont graves. N’est-ce-pas que c’est grave d’adorer un veau ? Et pourtant Dieu a accepté d’eux leur repentir. C’est-à-dire qu’ils rentrent en islam et ils ne sont pas châtiés pour ce qu’ils ont fait.

Analyse grammaticale de ce verset 54 : Dieu a fait que leur repentir après avoir adoré ce veau en or, était qu’ils se donnent la mort. Et Dieu ordonne ce qu’Il veut ; comme quand Il a ordonné à Ibrāhīm d’égorger son propre fils. C’est interdit d’égorger son propre fils. Et pourtant ce fut un ordre donné à Ibrāhīm de la part de Dieu. Cela lui ferait gagner des récompenses. Donc Dieu a fait qu’un acte, du temps du prophète Ibrāhīm fasse gagner des récompenses et dans la Loi du prophète Muḥammad, c’était un grand péché. Les lois en Islam ne sont pas selon la raison. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut. Comment est-ce qu’on a su qu’il est interdit d’épouser la sœur de notre père ? Pourquoi est-ce interdit d’épouser son propre frère ou sa propre sœur ? C’est par la Loi. Pourtant c’était permis dans la Loi d’Ādam. Et c’est devenu interdit dans les lois ultérieures. Donc les jugements ne sont pas par la raison. Les jugements sont par la transmission selon ce que le prophète de notre époque nous a transmis.

Verset 55 : Et ils ont dit ô Mūsā, nous ne croirons en toi que si nous voyons Allāh, mais la foudre s’est abattue sur vous (la mort vous a pris). Vous n’avez pas pu Le voir. Il a été dit qu’un feu est descendu du ciel et qui les a brûlés. Il a été dit qu’il y avait 70 personnes qui sont parties avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām lorsqu’il est parti au mont Tyr pour aller demander le pardon de Dieu pour son peuple. Ils lui ont dit : nous n’avons pas participé à l’adoration du veau avec les autres, alors fais-nous voir Dieu. Mūsā leur a dit : « j’ai demandé à Dieu mais je n’ai pas pu Le voir ». La montagne n’a pas pu supporter de voir Dieu et Mūsā s’est évanoui. Demander de voir Dieu n’est pas quelque chose d’impossible parce que le critère pour la vision d’un être c’est que cet être existe, ce n’est pas qu’il soit dans un endroit. Comme l’a dit notre maitre Abū Ḥanīfah : « Dieu existe il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». D’ailleurs nous savons que les croyants, lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu, sans que Dieu ne soit au paradis ni ailleurs ; parce que Dieu n’est pas dans un endroit.

Notre maitre Mūsā connait mieux Dieu que nous. Il a demandé à Dieu de Le voir. Et Dieu lui a appris que si la montagne supportait de voir Dieu, alors lui, Mūsā pourrait Le voir également. Mais la montagne n’a pas supporté, elle s’est effondrée et Mūsā s’est évanoui. C’est cela le sens de la réponse de notre maitre Mūsā à ces soixante-dix quand ils lui ont dit : fais-nous voir Dieu et qu’il leur a répondu : je n’ai pas pu Le voir. Ils lui ont répondu : « toi, tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Et Dieu a envoyé sur eux une foudre qui les a brûlés.

Les moutazilites prétendent que l’homme est créateur de ses actes et ils ont dit également que ce n’est pas possible que Dieu soit vu. Ils ont prétendu que ce verset est une preuve que Dieu ne peut pas être vu car ils ont dit que ces 70 n’auraient pas été châtiés pour avoir demandé quelque chose de possible. En réalité s’ils ont été châtiés par ce feu qui s’est abattu sur eux, c’est parce qu’ils avaient dit à Mūsā : « tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ».  Ils ont donc été châtiés pour leur mécréance et non pas pour avoir demandé à voir Dieu. Ils avaient refusé de croire en Mūsā ʿalayhi s-salām, alors qu’ils ont vu les miracles de sa part. Or croire aux prophètes est un devoir, dès l’apparition de leurs miracles. Et on ne demande pas à un prophète de nouveau miracle sans raison ; c’est-à-dire qu’après que le premier miracle soit apparu, c’est suffisant pour l’obligation de croire au prophète.

Mais il est possible de demander au prophète d’autres miracles, et ceci pour augmenter en certitude. Comme ceux qui ont demandé à notre maître Jésus ʿalayhi s-salām. Ses compagnons lui ont demandé une table qui descende du ciel, pleine de nourriture, alors qu’ils avaient déjà vu des miracles de sa part mais c’était pour augmenter en certitude. Concernant la demande du premier miracle, il n’y a pas de problème puisque c’est le miracle qui permet de différencier un prophète d’un charlatan. (Et le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui a lieu sur les mains de celui qui prétend la prophétie, qui est conforme à ce qu’il dit, et qui ne peut pas être contré par quoi que ce soit de semblable). Quant à ceux qui étaient avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont été brûlés par la foudre qui s’est abattue sur eux, car leur demande n’était pas dans le but d’apprendre mais ils avaient demandé de la manière de celui qui montre un entêtement.

Et vous la voyez. C’est-à-dire la foudre qui s’est abattue sur eux.

Verset 56 : puis Nous vous avons ressuscités après votre mort, puissiez-vous remercier. Puissiez-vous remercier la grâce de revenir à la vie après la mort.

Verset 57 : et Nous vous avons abrités par des nuages. C’est-à-dire que Dieu a fait qu’il y a eu des nuages qui les protègent du soleil lorsqu’ils s’étaient perdus quarante ans dans un désert. Et Dieu a asservi pour eux des nuages qui les accompagnaient dans leur marche pour les protéger de la chaleur du soleil et la nuit, il y avait un pilier de feu qui éclairait leur chemin. Et leurs vêtements ne se salissaient pas et ne s’usaient pas.

Et Nous avons fait descendre al-mann : c’est une nourriture qui était comme la neige qui descendait du ciel depuis l’aube jusqu’au lever du soleil et chacun d’entre eux avait un ṣāʿ (qui est l’équivalent de quatre mudd).

Et du salwā : Dieu faisait souffler un vent du sud qui leur ramenait des oiseaux qu’ils pouvaient attraper comme ils le voulaient, puis les égorger et les manger comme ils voulaient.

Nous leur avons dit : mangez des choses délicieuses que Nous avons accordées.

Et ils ont été injustes envers eux-mêmes : c’est-à-dire que malgré tous les bienfaits que Dieu leur a accordés, ils ont été ingrats. (Le péché constitue une injustice envers soi-même parce que quand quelqu’un agit envers sa propre personne autrement que conformément aux ordres de Dieu, il aura agi dans quelque chose qui ne lui appartient pas véritablement. Car nous appartenons à Dieu, donc si quelqu’un agit de façon non conforme aux ordres de Dieu, il aura été injuste envers lui-même).

Verset 58 : et Nous leur avons dit : après être sorti de cet endroit où ils s’étaient perdus

Entrez dans cette ville : c’est soit Jérusalem soit Jéricho. Et qarā signifie « regrouper » et qaryah signifie un regroupement de personnes, donc ce verset signifie « allez dans ce village ».

Et mangez des fruits (de cet endroit) où vous voulez et mangez en abondance et entrez par la porte c’est-à-dire la porte de la ville ou la porte de la coupole où ils faisaient leur prière. Et le peuple d’Isrāʾīl qui est sorti d’Egypte avec notre maitre Mūsā, en définitive, ils ne sont pas entrés dans la ville de Jérusalem du vivant de Mūsā ʿalayhi s-salām mais ils sont entrés par cette porte puis ils sont entrés dans Jérusalem après la mort de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām.

En vous prosternant. Ils ont reçu l’ordre de se prosterner en arrivant devant cette porte de cette ville en guise de remerciement pour Dieu et par humilité.

Et dites : exprimez votre besoin. (Dites à Dieu de vous décharger de vos péchés). C’est-à-dire qu’ils demandent à Dieu de les décharger de leur péché. Une autre explication est : dites : nous avons reçu l’ordre d’entrer dans cette ville et de nous y installer. D’après ʿĀliyy que Dieu l’agrée, il a dit qu’il leur a été dit : dites « bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm » et selon ʿIkrimah, il leur a été ordonné de dire « lā ʾilāha ‘illa l-Lāh ».

Nous vous pardonnerons alors vos péchés. Et Nous ajouterons encore plus à ceux qui agissent en bien. Donc cette parole qu’ils avaient reçu l’ordre de dire était une cause pour l’augmentation de la récompense de celui qui agissait en bien et c’était une cause de pardon et de repentir pour celui qui agissait en mal.

Verset 59 : ceux qui ont été injustes ont changé les paroles autres que celles qui leur ont été dites : ceux qui ont été injustes ont changé le mot qu’il leur avait été ordonné de dire c’est-à-dire qu’ils ont mis à la place du mot « ḥiṭṭah » une parole différente ; eux, ils avaient reçu l’ordre de dire un mot qui signifie le repentir ou le fait d’être déchargé des péchés. Ils ont déformé le mot et ont dit « ḥinṭah » qui signifie « blé ». Il a été dit qu’en langue nabatéenne, ils ont dit « ḥinṭan sunqāṭan » qui signifie « blé rouge ». Ils ont dit cela pour se moquer de ce que Dieu leur a ordonné de dire et pour se détourner de ce que Dieu leur a ordonné de dire et dire ce qu’eux, désiraient parce qu’ils recherchaient les biens du bas monde.

Nous avons fait que s’abatte du ciel sur ceux qui ont été injustes un châtiment. Ici il y a une répétition de la phrase « ceux qui ont été injustes », c’est pour insister sur la laideur de leur comportement et pour annoncer que s’abattra sur eux un châtiment en raison de leur injustice

En raison de leur perversité. C’est-à-dire en raison de leurs péchés. Il a été dit que 24.000 d’entre eux sont morts de la peste en une heure et il a été dit 70.000 personnes.

Verset 60 : ce verset revient au temps où Mūsā était vivant parmi eux. Quand Mūsā a demandé l’eau pour son peuple, Nous lui avons dit : donne un coup avec ton bâton sur un rocher. Ils avaient eu soif dans ce désert où ils s’étaient perdus, alors Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé l’eau pour eux. Ici le rocher a été désigné par un article défini « le » rocher : il s’agit d’un rocher qui provenait de la montagne « Ṭūr » au Sinaï et qui était de forme cubique. Il avait quatre faces et de chaque face avait jailli une source d’eau puisqu’ils étaient douze tribus. Chaque tribu savait quelle source lui était dédiée. Et quand ils ont traversé la mer rouge, alors qu’ils quittaient l’Egypte, ils étaient 600.000. Et la taille de leur campement était de douze mille. Ceci était un miracle parce qu’un rocher qui donne de l’eau à 600.00 personnes, c’est miraculeux. Et ils transportaient ce rocher avec eux. Et il a été dit que ce n’était pas un rocher en particulier mais que cela signifiait : frappe le rocher en général.

« Fa » : soit c’est pour indiquer une conséquence, c’est-à-dire que le fait de frapper le rocher a eu pour conséquence le jaillissement de l’eau en abondance ou c’est une explication.

C’est alors qu’ont jailli de ce rocher douze sources, autant de sources qu’il y a de tribus. Chaque tribu a su quelle source lui était désignée. Mangez et buvez de cette subsistance que Dieu vous accorde c’est-à-dire que tout ce qui vous est donné est une subsistance de la part de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu Qui vous a fait grâce de tout cela.

Et ne semez pas la corruption sur terre. Ici le verbe employé indique le summum, le plus grave de la corruption c’est-à-dire « ne faites pas plus que ce que vous êtes en train de faire, cessez de faire et n’en rajoutez pas ».

Verset 61 : vous avez dit ô Mūsā nous ne patientons pas et nous voulons un plat. Ils ont dit cela alors qu’ils s’étaient égarés dans le désert de Ṭūr après qu’ils aient refusé d’obéir à l’ordre de Mūsā de combattre les mécréants qui étaient à Jérusalem pour les en faire sortir. Leur punition a été qu’ils se sont retrouvés à tourner en rond dans un désert, pendant quarante ans et ils n’arrivaient pas à en sortir. Malgré cela, Dieu leur faisait descendre de la nourriture du ciel, sous forme de cailles prêtes et de mann qui était comme de la rosée matinale qui ressemble au coton sucré. Ils pouvaient manger autant qu’ils voulaient, mais malgré cela, ils disaient qu’ils voulaient des plats qu’eux-mêmes cuisinent. Ils ont dit qu’ils n’arrivaient pas à patienter à manger un seul plat, le même chaque jour. Dans le verset, il est question d’un seul plat (Ṭaʿāmin wāḥidin) mais cela vise les deux : le mann et les cailles, donc le plat ici signifie le menu. Combien sont-ils ingrats !!

Une autre explication est qu’ils ont visé par là une seule catégorie de nourriture qui était soignée et raffinée, c’était de la nourriture de gens qui ont du goût. Or ils étaient plutôt des agriculteurs, c’est pourquoi ils ont demandé à Mūsā de la nourriture à laquelle ils étaient habitués comme des céréales, des légumineuses.

(Ils lui ont dit) Invoque ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir des graines de la terre. Ils n’ont pas dit invoque notre Seigneur mais ton Seigneur, tellement ils sont ingrats. Ils ont dit à Mūsā : demande à Dieu qu’Il nous fasse sortir de la terre des plantations (al-baql) c’est-à-dire des plantes vertes aromatiques comme la menthe, le céleri et autres légumes que les gens consomment

Et des concombres

Et wa fūmihā : si c’est récité ainsi cela veut dire le blé et selon une autre récitation dans laquelle la lettre fāʾ   est récitée ṯāʾ (ṯūmihā), et cela signifie alors l’ail. Ces deux récitations proviennent du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : une fois il a récité avec « fa » et une fois avec « ṯa »

Et des lentilles et des oignons.

Il a dit est-ce que vous demandez quelque chose de moins précieux que ce que vous avez ? Ils ont demandé des choses pour lesquelles ils vont se fatiguer pour les semer, pour les entretenir, pour les récolter, pour les cuisiner, alors que la nourriture leur tombe du ciel !!!

Allez donc à Miṣr : le mot « Miṣr » en arabe a plusieurs sens. Il peut avoir le sens de ville (allez dans une ville) ou encore l’Egypte. Donc ce verset peut avoir deux sens : quittez l’endroit où vous êtes perdus, qui s’appelle at-tīh du verbe tāha qui signifie « s’égarer » pour aller soit dans une ville, soit en Egypte. Et le territoire où ils se sont égarés se trouve entre Baytou l-Maqdis (Jérusalem) et une ville qui s’appelle (qinnasrīn) qui se trouve actuellement en Syrie. Et la superficie de ce territoire est de douze farsaǧ sur huit farsaǧ. Le farsaǧ s’appelle persange, c’est une unité de distance perse qui équivaut à 5 kilomètres. Donc le territoire s’étendait sur une longueur de soixante sur quarante kilomètres. Ce n’est pas très grand et malgré cela, ils s’y sont égarés pendant quarante ans.

Vous trouverez là-bas ce que vous voudrez. C’est-à-dire que vous trouverez cela dans les villes et non pas dans le désert.

Ils ont été frappés d’humiliation et de pauvreté. Il y a une image dans la suite du verset : c’est-à-dire que Dieu les a humiliés, l’humiliation les a entourés de toutes parts et s’est collée à eux, à l’image de la terre glaise qui colle au mur si on la plaque au mur. L’image est que cette humiliation et cette pauvreté s’est collée à eux, tout comme la boue colle au mur lorsqu’elle est jetée sur ce mur. Dieu a fait qu’ils soient dans l’humiliation et la pauvreté en raison de leur ingratitude. Les yahūd, en général, ils sont humiliés et pauvres. Soit en réalité soit ils montrent qu’ils sont pauvres. Ceci par crainte que la jiziah augmente pour eux. La ǧizyah est ce que les gens du Livre paient au sultan des musulmans pour rester sous sa protection.

Et ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu. Suite à ce qu’ils ont fait, ils méritent un châtiment de la part de Dieu.

Et ce parce qu’ils mécroyaient en ce que Dieu leur envoyait comme signes et ils assassinaient les prophètes. Ce qui leur est arrivé ici est à cause de leur mécréance et parce qu’ils avaient assassiné des prophètes, en effet les yahūd avaient tué les prophètes Šāʿyā, Zakariyyā et Yaḥyā que Dieu les honore davantage en degrés. Un nabiy (prophète) informe de la part de Dieu. Et le mot nabiyy signifie également l’élévation, parce que le degré d’un prophète est élevé. Les deux significations sont valides dans la langue et le sens de chacune des deux déclinaisons sont correctes.

Ils étaient mécréants et ils assassinaient les prophètes injustement et ce, en raison de leur désobéissance et de l’injustice qu’ils commettaient. Et ce, parce qu’ils avaient désobéi et qu’ils avaient dépassé les limites. Ils avaient commis plusieurs sortes de désobéissances et ils avaient dépassé la limite fixée par Dieu en toutes choses, tout en étant mécréants et en assassinant les prophètes.

Le terme « yaʿtadūn » :

Il a été dit que c’est parce qu’ils avaient dépassé la limite de samedi : car pour eux, dans leurs lois, ils ne devaient pas faire certaines activités le samedi. Mais certains avaient contourné cette interdiction. Et donc en raison de cette injustice, il leur arrive la punition.

Une autre explication est qu’ils étaient mécréants, ils assassinaient les prophètes et ce, à cause de leur désobéissance et de leur dépassement des limites. C’est-à-dire que leurs désobéissances et leur dépassement des limites fixées par Dieu a entrainé leur mécréance et le fait qu’ils aient assassiné des prophètes. Et bien sûr le fait d’assassiner un prophète est plus grave que le fait d’insulter un prophète. Insulter un prophète est une mécréance et à plus forte raison, assassiner un prophète est une mécréance. Ils s’étaient noyés dans les péchés et l’animosité au point que leurs cœurs se sont endurcis, ce qui a entrainé leur mécréance et l’assassinat des prophètes. Le fait qu’ils aient commis beaucoup de péchés, le fait qu’ils aient dépassé les limites a endurci leurs cœurs, ce qui a emmené le fait de renier ceux que Dieu leur a envoyés et ils ont assassiné les prophètes.

Ou alors ce sont des choses qui se sont cumulées ; leur désobéissance, leur dépassement des limites se sont cumulées avec leur désobéissances et leur assassinat des prophètes.

Verset 62 : certes ceux qui ont cru par la langue seulement, sans que leurs cœurs n’aient adhéré à la foi, c’est-à-dire que ce sont les hypocrites.

Et ceux qui sont yahūd c’est-à-dire ceux qui sont rentrés dans la yāhūdiyyah (le judaïsme), on dit de celui-là qu’il est « hāʾid » et le pluriel est « hūd ». Certains savants ont dit que le mot « yahūd » dérive de la parole de Mūsā « innā hudnā ilayk », « ô Allāh, hudnā ilayk » qui signifie « nous avons fait le repentir à Toi (à Dieu) ». C’est-à-dire qu’ils se sont repentis à Dieu. Mais cette appellation « innā hudnā ilayk » s’applique à ceux qui étaient croyants parmi eux, c’est-à-dire ceux qui croyaient en Moise et ceux qui croyaient en la loi de Moise telle qu’elle était lorsqu’elle a été révélée. Donc une explication du mot « yahūd » s’applique à ceux-là qui avaient fait le repentir. Cette appellation désigne ceux qui étaient croyants à l’époque de Moise.

Quant à ceux qui ont repris l’appellation de « yahūd» mais qui n’appliquent pas la loi de Moise, c’est-à-dire depuis qu’ils ont refusé de croire en Jésus parce que celui qui croit en un prophète et pas en un autre, il n’est plus musulman. Donc ils ont cru en Moise, ils étaient donc sur l’islam mais quand ils ont mécru en Jésus, ils n’étaient plus musulmans. Également, celui qui dit qu’il croit en Muḥammad mais pas en Moise, ce n’est pas un musulman. Le musulman est celui qui croit en tous les prophètes parce qu’ils sont tous envoyés de Dieu.

Certains savants ont dit que le mot « yahūd » désigne ceux qui ont fait le repentir parmi ceux qui étaient à l’époque de Moise, qui étaient croyants. Mais il y en a qui ont repris cette appellation de « yahūd », qui sont venus après ceux-là, et ils ne sont plus croyants car ils ont renié le message de Jésus.

Pour ce qui est du début de leur falsification de la Torah, le Livre révélé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, qui est musulman comme tous les prophètes, il se peut que cela ait eu lieu avant la mission de Jésus. Mais ils ont augmenté en falsification après le message de Jésus.

D’autres savants ont dit qu’ils ont été appelés ainsi parce qu’ils se balancent lorsqu’ils récitent la Torah. Ce balancement s’appelle « tahawwud ».

Il y a plusieurs avis concernant l’origine de leur appellation.

1/ Pour reprendre la première explication du mot « yahūd », ils ont été appelés ainsi car ils ont suivi Moise sur la foi. Mūsā a dit lui-même : « innā hudnā ilayk ». Et « hudnā » signifie « nous nous repentons ». Lui, Moise, n’a pas commis de péché pour dire cela, mais il parle au nom de son peuple. Cette définition ne s’applique pas à l’appellation de notre époque car ceux de notre époque n’ont pas cru en Jésus ni en Muḥammad. Donc ils ne s’appellent pas « « yahūd » dans le sens qu’ils ont fait le repentir.

« Wa n-naṣārā » : ils ont été appelés ainsi parce qu’ils ont « naṣarū » Jésus c’est-à-dire qu’ils l’avaient soutenu. Et on appelle les partisans de Médine les « Anṣār » c’est-à-dire ceux qui soutiennent. Les naṣārā (les chrétiens) sont ceux qui avaient soutenu Jésus au début.

2/ Une autre explication de ce terme est : ceux qui avaient suivi Jésus, lorsque celui-ci avait demandé « qui sont mes soutiens ? » pour renforcer l’appel à l’obéissance à Dieu.

3/ Une autre explication est ceux qui sont de Nazareth qui est une ville en Palestine. Et c’était des gens de cette ville qui avaient répondu à l’appel, au début. On traduit ce terme par chrétiens, actuellement.

« Wa ṣ-ṣābiʿīn » (et les Sabéens) : ṣabaʾa signifie le fait de quitter une religion connue pour une autre religion. Ici les Sabéens sont des gens qui ont quitté la religion des yahūd et la religion des naṣārā et ils se sont mis à adorer les anges.

Il a été dit que ce sont des gens qui se sont mis à réciter les psaumes de David, le livre révélé à Dāwūd ʿalayhi s-salām. Même s’ils suivaient Dāwūd véritablement, ils auraient dû suivre le prophète qui venait après, parce que chaque communauté de prophète doit suivre le prophète suivant s’il apparaissait.

Et d’autres savants ont dit que les sabéens sont un groupe qui adore les astres.

Notre chaykh nous a rapporté qu’à l’époque de notre maitre Aḥmad ar-Rifāʿiyy que Allāh l’agrée, alors qu’il était en Irak, il y avait un Sabéen qui avait perdu sa vache et il s’est retrouvé proche de l’endroit où était notre maitre Aḥmad qui a vu cet homme exténué après avoir cherché sa vache toute la journée. Il lui a proposé de passer la nuit dans sa zawiyah. Et comme il savait que cet homme était sabéen et que les sabéens avaient une haine contre les musulmans, qu’ils ne mangeaient même pas le pain fabriqué par un musulman, il lui a alors ramené de la farine, de l’eau et ce qu’il faut pour qu’il prépare son pain et lui a dit de fabriquer son pain lui-même. Le lendemain, cet homme était tellement heureux suite à ce geste de la part de Aḥmad ar-Rifāʿiyy, que, quand il est rentré chez lui, il a dit aux siens : « sa religion est forcément correcte. Regardez comment il a agi envers moi alors que je ne suis pas sur sa religion. » Et les gens sont alors entrés en islam.

Ceux (qui ont été énumérés précédemment) qui croient en Dieu et au jour dernier : ils étaient mécréants puis ils ont cru en Dieu et au jour dernier sincèrement.

Et qui ont œuvré en bien, ils auront leur rétribution c’est-à-dire leur récompense. Dieu a créé des catégories de gens et Il a voulu que certains suivent la vérité. Disons louange à Dieu que nous fassions partie de ceux pour qui Dieu a voulu cela. Ils auront une récompense qui leur est réservée pour leur au-delà.

Que Dieu leur accordera, ils n’auront pas à avoir peur ni à être chagrinés. Lechaykh a dit que ce verset est une preuve que, dans le peuple de Jésus et le peuple de Moise, avant que certains ne commettent de la mécréance, il y avait parmi eux des saints. Car ceux qui n’auront pas peur et qui ne seront pas chagrinés, ce sont des saints. Comme par exemple Ǧurayǧ, ce saint qui était de la communauté de Jésus, qui s’était éloigné des gens pour adorer Dieu dans un ermitage et qui a été accusé à tort de fornication. Mais le bébé a témoigné en sa faveur et disant que son père était le berger. C’était un prodige pour Ǧurayǧ.

Verset 63 : Nous avons pris de vous l’engagement. C’est-à-dire : Nous avons pris l’engagement de votre part d’accepter ce qui est écrit dans la Torah et il s’agit ici des musulmans qui avaient suivi notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām. Et Allāh leur rappelle qu’ils s’étaient engagés à suivre la Torah authentique.

Et nous avons élevé au-dessus de vos têtes la montagne aṭ-ṭūr : c’est-à-dire : Nous (c’est Dieu qui parle) vous avons menacé par cette montagne qui était au-dessus de vos têtes pour que vous vous engagiez à suivre la Torah. Parce que lorsque notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation, il est revenu avec des tablettes sur lesquelles était écrit ce qu’il devait faire. (La Torah était descendue sur des tablettes déjà écrites). Et son peuple a dit : non, c’est trop dur ce que tu nous demandes. Donc ils ont refusé. Allāh a donné l’ordre à notre maitre Ǧibrīl d’arracher la montagne aṭ-ṭūr qui s’est donc élevée au-dessus de leurs têtes au point que ça leur a fait de l’ombre. Et Mūsā leur a dit : soit vous acceptez ce qui est écrit dans la Torah, soit vous allez être écrasés par cette montagne. Ils ont dit : oui nous acceptons.

Prenez ce que Nous vous avons transmis c’est-à-dire la Torah

Avec fermeté : et non pas de manière nonchalante. Acquittez-vous de cela fermement.

Et citez ce qu’il y a dans ce Livre : mémorisez et apprenez ce qu’il y a dans ce Livre et ne l’oubliez pas. Ne passez pas à côté, ne faites pas preuve d’insouciance. Soyez sérieux dans l’étude et l’application de ce Livre qui a été révélé au prophète qui vous a été envoyé.

Puissiez-vous être parmi les pieux. Puissiez-vous réussir.

Verset 64 : puis vous vous êtes retournés après avoir donné votre engagement. C’est-à-dire : après avoir été menacés de la montagne, vous avez dit : oui on va l’appliquer, mais vous vous êtes retournés après cela. Vous n’avez pas tenu votre engagement : après avoir accepté, vous avez refusé.

N’eussent été la grâce de Dieu et Sa miséricorde envers vous, c’est-à-dire le fait que le châtiment ne vous est pas parvenu immédiatement. Vous avez refusé une première fois et Dieu vous a donné du répit. Vous avez promis de vous engager puis vous avez changé à nouveau et Dieu vous a donné du répit, Il ne vous a pas châtiés immédiatement. Donc Dieu vous a retardé le châtiment ou bien Il vous a finalement accordé la réussite pour appliquer.

Vous auriez été au nombre des perdants. C’est-à-dire : vous auriez été au nombre de ceux qui périssent et qui subissent un châtiment.

Verset 65 : vous savez qui d’entre vous a dépassé la limite fixée par la Loi le samedi : parce qu’il était un devoir pour les yahūd de glorifier la journée du samedi, dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et eux, ils ont dépassé ce qui a été fixé dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et il s’agissait de consacrer cette journée à l’adoration de Dieu. Au lieu de faire cela, ils sont partis à la pêche alors que Dieu leur avait interdit de faire cela le samedi et Il les a éprouvés par cela. L’épreuve était que le samedi, tous les poissons sortaient leurs bouches de l’eau. Ils étaient présents et il était un devoir pour les yahūd de ne pas les pécher. Une fois le samedi passé, les poissons retournaient au large et n’étaient donc plus accessibles. Alors les yahūd ont construit des petits bassins sur la plage et des canaux et l’eau de mer parvenait ainsi jusqu’à eux. Donc le samedi, les poissons empruntaient ces canaux et parvenaient jusqu’aux bassins. Alors les yahūd venaient et bloquaient les issues de sortie et le dimanche, ils les attrapaient. Donc le fait qu’ils emprisonnaient les poissons dans les bassins, c’était le dépassement de leur limite.

Et Nous avons leur dit : soyez des singes méprisables. C’est-à-dire : devenez des singes méprisables. Ils ont joint les deux : le fait d’être des singes et le fait d’être méprisables. Le terme « kūnū » signifie que Dieu les crée ainsi, Il fait qu’ils soient des singes, rapidement ; du simple fait que Dieu a voulu qu’ils soient des singes, à ce moment-là, ils sont devenus des singes. Le début du verset est : vous savez qui a dépassé la limite concernant le jour du samedi, c’est-à-dire que ceux qui sont devenus des singes, leurs proches parents les reconnaissaient, dans le sens qu’ils savaient que cet ensemble de singes représentait leurs proches parents et les singes savaient que ces humains étaient leurs proches parents. Cela ne signifie pas que chaque singe venait auprès de son proche parent, mais ils se reconnaissaient. Les humains savaient qu’il s’agissait de ceux qui avaient fait ces actes interdits. Et ces humains transformés en singes ne parlaient plus comme les humains mais ils poussaient des cris comme des singes. Et trois jours après, ils sont tous morts. Ils ne se sont pas reproduits, c’est-à-dire qu’il n’y a pas aujourd’hui des descendants de ces singes qui ont été transformés.

Et ce verset est une preuve que l’origine des humains n’est pas les singes. Car si cela avait été le cas, ils auraient été transformés en quelque chose d’autre mais ils ont été transformés en quelque chose qui n’est pas l’origine des humains.

Et les savants de ces gens-là leur interdisaient de faire ce qu’ils faisaient, à savoir de fabriquer des canaux et des bassins le samedi pour attraper les poissons le dimanche. Mais ils n’acceptaient pas le conseil. Dieu les a anéantis parce qu’ils avaient désobéi à leur Seigneur et ils avaient fait ce que leur Seigneur leur avait interdit de faire.

Verset 66 : Nous avons fait que cette transformation soit une exhortation : c’est-à-dire une leçon de morale, pour empêcher les gens de faire la même chose, pour amener les gens à s’abstenir de faire ce qui a fait mériter cette punition.

Pour ceux à qui cela est arrivé et pour ceux qui sont venus après ceux à qui cela est arrivé. Dieu avait déjà averti dans les livres anciens, que des gens allaient dépasser leurs limites et que Dieu les transformerait en singes. Ceux qui vivaient avant ont pris connaissance de cela et ils en ont tiré la moralité. Et ceux qui viennent après, prennent connaissance de cela par transmission. Et pourtant, il y a dans la communauté de notre maitre Muḥammad ceux qui vont être transformés en singes et en porcs, tellement ils vont commettre des péchés, et on le voit aujourd’hui. A nous d’en tirer la moralité, de nous abstenir de commettre des péchés, d’ordonner le bien et d’interdire le mal.

Et c’est une exhortation de la part de ceux qui font preuve de piété. C’est-à-dire pour ceux qui leur ont défendu de commettre ce qu’ils ont commis (de pêcher le poisson le samedi) : les gens vertueux de leur peuple leur ont dit : attention, ne faites pas cela, c’est interdit. Mais ils ne voulaient rien entendre.

Ou bien une exhortation pour ceux à qui ce récit est parvenu. N’est-ce-pas que le prophète pleurait par crainte de Dieu et pourtant, il est celui à qui Dieu a accordé le plus haut degré au paradis. Les vertueux et les saints, ils pleurent par crainte de Dieu. A plus forte raison, nous, nous devrions pleurer par crainte de Dieu.

Au bord de la mer rouge, il y a une ville qui s’appelle Aylat. (Aujourd’hui il y a une ville qui s’appelle Aylat aussi. On ne sait pas si c’est la même). C’est le village dont le récit a été cité dans le Qur’ān honoré. C’est dans ce village qu’il y a eu les gens du samedi, ceux qui ont commis le grand péché et Dieu les a transformés en singes et en porcs.

Les yahūd, peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, ils cachaient cette histoire car elle constituait un grand déshonneur pour eux. C’est un blâme pour leurs ancêtres, une humiliation pour ce qui est arrivé à certains de leurs ancêtres. Mais Dieu les a dévoilés dans le Qur’ān honoré parce qu’Il a révélé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ce récit. Et ceci pour avertir les yahūd, afin qu’ils ne fassent pas preuve d’orgueil ni d’entêtement et pour ne pas qu’ils refusent de croire au prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Et il leur a rappelé ce qui était arrivé à leurs frères dans le village de Aylat.

Le détail de ce récit : les musulmans qui étaient les descendants de notre maitre Isrāʾīl et c’était Yaʿqūb, depuis Dāwūd et même avant lui, il leur était interdit de faire le commerce, l’industrie, la pêche, le jour du samedi. Et c’était une épreuve de la part de Dieu. On ne dit pas que c’est logique car il s’agit d’une loi ordonnée par le Créateur. Il y a une sagesse mais ce n’est pas une condition pour nous de connaitre cette sagesse. Ce sont des épreuves qui permettaient de manifester aux gens :  qui applique, qui n’applique pas mais ne remet pas en cause, et qui n’applique pas et remet en cause. Et le samedi, les poissons se rapprochaient de la côte au point qu’on pouvait les attraper à la main. Les poissons avaient été inspirés qu’ils n’allaient pas être attrapés ce jour-là. Ils venaient en bancs entiers. Et les autres jours que le samedi, les poissons restaient au fond de la mer. Mais l’âme qui est maline, a un penchant que le šayṭān entraine à la désobéissance et la corruption. Un des habitants de ce village a désiré manger le poisson et le šayṭān l’a entrainé et lui a embelli cela. Cet habitant est allé au bord de l’eau et il a vu un gros poisson proche de lui ; alors il a pris une corde, a attrapé la queue du poisson et l’a attachée à un piquet. Quand le samedi est passé, il est retourné à cet endroit, a pris le poisson, l’a tué, nettoyé et l’a fait griller. L’odeur du poisson s’est propagée autour de sa maison. Ses voisins sont venus à lui et lui ont demandé s’il avait mangé du poisson. Il a nié ce qu’il avait fait. Ils ont insisté en disant : mais on sent bien l’odeur du poisson !! Alors il a dit : « non, c’est juste une peau de poisson que j’ai trouvée et je l’ai grillée ». Le samedi suivant, il a refait la même chose et quand les gens ont senti l’odeur de la grillade, ils lui ont demandé : tu as mangé du poisson. Il leur a dit : « si vous voulez, vous faites comme moi ». Souvent, la cause des péchés est la nourriture, la langue, le sexe. Si la personne ne sait pas maitriser cela, le šayṭān se joue d’elle. Ils lui ont demandé ce qu’il avait fait, il leur a expliqué et ils ont fait comme lui. Et ils se sont mis à varier les sortes de ruses : le vendredi, certains se sont mis à creuser des canaux de sorte à faciliter le passage des poissons de la mer à des petits bassins. Et ainsi ils pouvaient récupérer les poissons par la suite. Cette pratique s’est répandue et beaucoup se sont mis à faire cela. Ils en sont arrivés à faire cela au grand jour : ils pêchaient le poisson le samedi et le vendaient dans les marchés.

Alors leurs savants musulmans qui étaient des descendants de Isrāʾīl leur ont interdit de faire cela. Ils les ont menacés de recevoir un châtiment mais ces gens-là ont fait preuve d’obstination, d’entêtement, de rejet. Quant aux gens qui craignaient Dieu, ils ont dit : « on va construire un mur entre nous et ceux qui font les grands péchés, on ne veut plus avoir affaire à eux ». Et la nuit, la punition de Dieu s’est abattue sur eux : les plus jeunes d’entre eux ont été transformés en singes et les plus âgés en porcs. Comme à leur habitude, ceux qui interdisaient le mal s’étaient levés le matin pour vaquer à leurs occupations mais ils n’ont vu aucun des pervers qu’ils étaient habitués de voir. Ils furent étonnés et se sont demandés où ils étaient, car ils n’entendaient aucun son provenir de l’autre côté du mur. Alors l’un d’entre eux a posé une échelle contre le mur et il a vu quelque chose de surprenant : il a vu que les pervers étaient devenus des singes avec des queues, qui sautaient les uns sur les autres et des porcs qui émettaient un son qui était laid. Alors ils ont ouvert les portes et sont allés les voir. Chaque singe se rapprochait de son proche parent, sentait ses vêtements et se mettait à pleurer. Et l’humain lui disait : « n’est-ce -pas qu’il vous a été interdit de faire ce que vous avez fait ? » Et le singe hochait de la tête.

Avant cette transformation, il a été dit qu’ils étaient partagés en trois groupes :

  • Un premier groupe qui a désobéi à Dieu et qui a péché le poisson le samedi et ce sont eux qui ont été transformés en singes et en porcs. Il a été dit qu’ils étaient 70.000 !!!
  • Un deuxième groupe qui leur a interdit de faire ce qu’ils ont fait et ils se sont mis à l’écart : ils étaient environ 12.000
  • Un troisième groupe qui s’est mis en retrait, qui n’a pas interdit le mal mais n’a pas désobéi. Ils ont dit au deuxième groupe : mais pourquoi vous leur interdisez puisque de toutes manières Dieu les punira et les châtiera. Car c’est ce que Dieu a réservé dans les communautés désobéissantes antérieures. Le deuxième groupe a répondu : « notre exhortation est à titre de rappel. Puissent-ils se repentir et délaisser leurs péchés ! »

Et c’est un devoir d’interdire le mal, donc le groupe qui a le plus de mérite est le deuxième groupe. Et finalement, le seul groupe qui a été anéanti fut le premier. Et Dieu a sauvé ceux qui ont interdit le mal et ceux qui n’ont pas désobéi. Et ceux qui ont été transformés ne sont pas restés vivants plus de trois jours. Durant ces trois jours, ils n’ont rien mangé, rien bu et ils ne se sont pas reproduits entre eux, ils n’ont pas eu de descendance. Ces gens-là ont constitué une source de moralité pour ceux qui sont venus après eux qui ont pris connaissance de leur histoire et pour ceux qui les ont vus.

Verset 67 : et Mūsā a dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Ce verset commence par une conjonction de coordination « wa » qui signifie « et » il commence par un rappel comme le rappel précédent « rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées », c’est comme s’il était dit : rappelez-vous lorsque Mūsā a dit à son peuple. Il en est de même pour toutes les phrases qui ont précédé : Dieu ordonne de rappeler à ces descendants des fils de Isrāʾīl  plusieurs choses : il a été mentionné les grâces que Dieu a mentionnées , il a été mentionné le rappel quand ils ont été sauvés de pharaon, le rappel lorsque la mer a été séparée en douze chemins, le rappel lorsque Mūsā a invoqué pour avoir de l’eau pour son peuple, toutes ces phrases sont liées par la conjonction de coordination « waḍ-kurū » qui signifie « rappelez-vous ».

Ce rappel dans le verset 67 est lié aux rappels précédents et il est lié aux rappels qui vont venir par la suite et ça continue jusqu’à la parole de Dieu où ils ont dénigré les musulmans parce que Dieu a ordonné au prophète de changer la direction de la prière. Au début les musulmans se dirigeaient vers Jérusalem dans la prière puis Dieu a donné l’ordre au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām d’avoir comme direction pour la prière la kaʿbah.  An-Nasafiyy dit : attention, c’est un rappel qui est lié aux rappels précédents et qui sera lié aux rappels ultérieurs, jusqu’au passage où il est question du changement de la qiblah.

Les exégètes ont dit que le début de ce récit est récité ultérieurement. Le récit commence quand Mūsā dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Et pourquoi cela ? Cela va venir ultérieurement dans la récitation. C’est-à-dire que le début du récit est retardé dans la récitation.

An-Nasafiyy explique : il y avait un homme qui était fortuné qui avait été assassiné par ses cousins paternels. Il s’appelait ʿĀmīl. Ses cousins l’ont tué pour hériter de lui puis ils ont jeté son corps à la porte d’une ville et ils sont venus réclamer le prix du sang. Dans certains cas, l’assassin paye quelque chose pour compenser l’assassinat. Dieu leur a ordonné d’aller égorger une vache puis de toucher le corps du défunt avec une partie de cette vache, et il reviendra à la vie et il dira qui est son assassin. Parce qu’eux, ils ont nié avoir tué leur cousin.

Ils ont dit « est-ce-que tu te moques de nous ? ». Il a dit « je demande à ce que Dieu me préserve de pareil comportement ». C’est-à-dire « je demande à Dieu qu’Il me préserve d’être parmi ceux qui font des choses absurdement ». Il y a ici une allusion comme quoi ce sont eux qui font les choses absurdement. Mūsā leur dit qu’il leur transmet ce que son Seigneur lui ordonne de vous transmettre.

Verset 68 : ils ont dit : invoque ton Seigneur pour savoir de quelle vache il s’agit. Ils ont dit « mā hiya » ce qui signifie « quelle est-elle ? » et non pas « comment est-elle ? ». Ils savaient qu’il s’agissait d’une vache. Il se peut que le mot « mā » ait le sens de « comment », même si à l’origine, cela signifie « quel ». C’est-à-dire « quelles sont ses caractéristiques ? » Pourquoi ont-ils posé cette question ? Parce qu’ils étaient surpris : comment se peut-il que le fait de toucher le corps d’un homme mort avec le corps d’une vache morte après avoir été égorgée, va le faire revenir à la vie ? Donc ils ont dit : quelle est la caractéristique de cette vache si étonnante qui permet de faire cela ?

Mūsā a dit : Dieu vous dit que c’est une vache qui n’est pas d’un âge avancé. Le mot « fāriḍ » est un mot qui n’est pas utilisé dans le langage courant : il signifie âgé.

Elle n’est pas jeune mais elle est d’un âge intermédiaire. « Entre cela » et non pas « entre les deux » : et le terme « bayna ḏālik » exprime que son âge est situé entre les deux bornes. Il a cité un exemple d’usage (par ʿUbaydah) où il est cité « entre les deux » et non pas « entre cela ».

Faites ce que vous avez reçu l’ordre de faire.

Verset 69 : ils ont dit invoque donc ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est sa couleur. Ils ne se sont pas suffi de l’âge mais ils ont demandé sa couleur.

Il (Mūsā) leur a dit : il s’agit d’une vache qui est de couleur jaune intense. Le terme « fāqiʿ » est employé dans une tournure qui indique combien ce jaune était intense.

Qui plait au regard. Tellement cette vache est belle qu’elle réjouit le regard de celui qui la voit. Le terme « tasourrou » signifie une réjouissance dans le cœur quand un plaisir ou une chose utile arrive ou bien quand on s’attend à ce qu’il se produise. Celui qui voit cette chose est apaisé. Cette vache qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger a une couleur qui calme le regard, qui plait au regard de celui qui la voit.

ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « celui qui porte des chaussures ou des sandales de couleur jaune sera soulagé et n’aura pas beaucoup de tourments, son cœur sera soulagé et ses tourments seront allégés. Et cela en raison de ce verset car cette vache a une couleur qui est agréable au regard ».

Verset 70 : ils dirent : invoque ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est cette vache. Avec toutes leurs questions, cela montre qu’ils ne se sont pas empressés d’obéir à Dieu. Ils ont répété leurs questionnements pour en savoir plus à propos de cette vache et pour avoir plus de précision sur sa description.

Notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : si, dès le départ, ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant ». Mais comme ils ont insisté, ils se sont rendus la chose difficile, alors l’ordre est devenu encore plus difficile. Parfois, quand certaines choses ne sont pas mentionnées, on peut prendre la facilité. Et le fait de beaucoup questionner sans que ce soit justifié, ce n’est pas louable. Par exemple, on sait que concernant la viande, c’est interdit d’en manger avec le doute. Mais pour autre que la viande, comme un bonbon par exemple, on peut manger avec le doute.

Rappel : les ordres et les interdits sont des épreuves de la part de Dieu. C’est sûr qu’être scrupuleux et précautionneux, c’est mieux. Mais dans certains cas, Dieu a autorisé certaines choses, non pas par oubli, mais par miséricorde.

Eux, se sont compliqués la chose, et l’ordre est devenu difficile.

Les vaches se ressemblent. On n’a pas su laquelle égorger. Les vaches qui sont d’un âge intermédiaire, de couleur jaune, elles sont nombreuses.

Et certainement si Dieu le veut, nous y parviendrons. C’est-à-dire : soit nous parviendrons à la vache qu’il faut égorger, soit nous parviendrons à connaitre ce que nous ne connaissons pas, à savoir qui est l’assassin. Et dans le ḥadīṯ : « et s’ils n’avaient pas dit « si Dieu le veut », alors ils n’auraient pas su quelle était cette vache ». Rapporté par aṬ-Ṭabariyy mais il n’est pas confirmé.

Verset 71 : Il (Mūsā) dit qu’Il (Dieu) dit que c’est une vache qui n’est pas employée pour le labour. Ce n’est pas une vache que son propriétaire utilise pour labourer la terre.

Ni pour l’irrigation. C’est-à-dire pour puiser de l’eau et la ramener.

Epargnée de défaut et elle est libre de toute tâche : elle n’est utilisée pour aucune tâche

Elle est totalement jaune : il n’y a pas d’autre couleur avec le jaune. Même ses cornes et ses sabots sont jaunes. Sa robe est jaune uniformément.

Ils ont dit maintenant tu nous as donné des caractéristiques suffisantes : tu nous as donné une description telle qu’il n’y a plus de confusion possible. Nous savons de quelle vache il s’agit.

Ils l’ont égorgée. Ils ont trouvé la vache qui réunissait toutes les caractéristiques précédemment indiquées et ils l’ont égorgée.

Et ils ont eu du mal à l’égorger. Une explication est que son propriétaire a demandé un prix très élevé. Deuxième explication : ils avaient peur du scandale car cette vache allait être une cause pour la résurrection de celui qu’ils avaient assassiné. Il allait les désigner. C’est pour cela qu’ils ont failli ne pas le faire.

Il a été rapporté que parmi les descendants d’Isrāʾīl il y avait un vieil homme vertueux qui avait une génisse. Il a dit : « ô Allāh je Te confie cette génisse jusqu’à ce que mon fils grandisse ». Et son fils était bienfaisant envers ses parents. La génisse a grandi et elle était parmi les plus grasses et les plus belles. Et c’était cette vache-là qui remplissait les caractéristiques et qui devait être égorgée. Ils ont négocié le prix avec l’orphelin et sa mère jusqu’à payer le prix de toute la peau en or. Alors que les vaches à cette époque valaient trois dinars d’or, c’est-à-dire environ quatre grammes d’or par pièce donc un total de douze grammes d’or. Cette vache avait donc coûté extrêmement cher. Ils avaient recherché cette vache pendant quarante ans.

Verset 72 : et (rappelez-vous) lorsque vous avez tué quelqu’un (car l’ordre qu’ils avaient reçu d’égorger la vache leur était venu avant la raison pour laquelle ils devaient l’égorger). Ils ont été mentionnés par le pronom « vous » parce que l’assassin était l’un d’entre eux.

Et vous vous êtes accusés les uns les autres : vous ne savez pas qui a tué cette personne et vous vous êtes jetés l’accusation les uns les autres.

Et Allāh manifeste ce que vous dissimuliez : vous cachiez la personne qui a tué, mais Dieu fait manifester sans aucun doute la vérité que vous dissimuliez au sujet de cet assassinat. Dieu fait que ça ne sera pas quelque chose qui reste inconnu.

Verset 73 : et Nous avons dit frappez-le avec une partie de la vache. Le pronom « le » se rapporte à la victime. Quant à la partie de la vache : selon une explication, c’est la langue. Selon une autre explication c’est le jarret droit ou alors la queue. Le sens est qu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné puis il est revenu à la vie.

C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts. Donc cette personne est revenue à la vie. On comprend cela même si cela n’a pas été cité. Il a été rapporté que lorsqu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné, avec une partie de la vache, il est revenu à la vie et il a cité les deux personnes qui l’avaient assassiné et qui étaient deux de ses cousins. Puis il est redevenu mort comme il était auparavant. C’est alors qu’ils ont été attrapés et ils ont été exécutés. Et depuis cet évènement, aucun assassin n’hérite de la victime même s’il fait partie de sa famille.

Cette parole « C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts » est adressée : soit à ceux qui renient la résurrection des morts au jour du jugement parmi les contemporains de notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Soit à ceux qui étaient à l’époque de la victime. C’est comme si la parole signifiait : voilà comment Dieu ressuscite les morts.

Et Il vous indique Ses signes : c’est-à-dire les signes que Dieu est sur toute chose tout puissant. Les signes sont les preuves.

Puissiezvous méditer : puissiez-vous raisonner et agir conformément à ce qu’implique la raison. C’est que celui qui a la toute-puissance pour ressusciter une seule personne, il est capable de ressusciter tout le monde. Dieu Qui est tout puissant à ressusciter une personne est tout puissant à ressusciter tous les morts au jour du jugement. Parce que rien n’a spécifié Sa puissance à ressusciter cette personne-là et pas les autres. Donc si Dieu est tout puissant pour ressusciter une personne Il est tout puissant à ressusciter tous les autres. Ceci nous pousse et nous incite à travailler pour améliorer notre réflexion et notre déduction.

Et la sagesse dans le fait d’ordonner d’égorger cette vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache (même si Dieu est tout puissant à ressusciter cet homme sans que ce soit par l’intermédiaire de cette vache) c’est pour nous indiquer qu’il est bien de faire une offrande avant une demande. La vache était une offrande à Dieu avant de Lui demander de ressusciter le mort.

  1. C’est pour nous enseigner le fait d’offrir avant de demander.
  2. Et pour enseigner à Ses esclaves également de délaisser l’excès de rigueur dans les choses. La rigueur est louable mais c’est son excès qui est blâmable. Dans cette histoire, s’ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant. Mais eux, ils ont fait de l’excès de zèle, et la réponse est venue en fonction de leur exagération dans leur questionnement. Donc il est requis d’obtempérer suite aux ordres reçus sans demander trop de détails. S’empresser d’obéir sans trop de questionnement.

Il a été dit qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger une vache et non pas un autre animal, parce que dans leurs lois, c’était la meilleure offrande ; et aussi parce que certains d’entre eux s’étaient mis à adorer un veau. Il leur a été ordonné d’égorger un animal du même genre que ce qu’eux, avaient adoré et ceci, pour rendre encore plus méprisable ce qu’ils avaient adoré au lieu d’adorer Dieu.

Rappel : il leur avait ordonné d’égorger une vache ; et la raison pour laquelle ils devaient l’égorger a été citée après. Entre-temps, ils avaient posé toutes leurs questions. Si quelqu’un demande pourquoi les faits n’ont pas été cités dans l’ordre chronologique dans le verset, c’est-à-dire : l’assassinat de l’homme puis de frapper son corps avec une partie d’une vache puis d’égorger une vache. Alors que dans le verset il est cité d’abord la mention d’égorger la vache puis la mention de celui qui a été assassiné puis la mention de le frapper pour qu’il revienne à la vie afin qu’il cite le nom de ses assassins.

Allāh taʿālā nous a relaté plusieurs récits des descendants de Isrāʾīl pour indiquer le grand nombre de crimes qu’ils avaient commis. Dans ce verset, l’ordre est inversé pour montrer qu’il s’agit de trois évènements différents. Et c’est pour insister sur la menace et le blâme à leur encontre. Dieu les a blâmés pour cela :

  1. Au lieu d’exécuter l’ordre et d’égorger n’importe quelle vache, ils ont rallongé la durée
  2. Ils ont tué quelqu’un
  3. Ils ont été dénoncés par leur victime et ils ont été exécutés

Ces deux récits sont liés mais chacun comporte un certain blâme. Le premier récit où ils demandent les caractéristiques de la vache comporte un blâme parce qu’ils se sont moqués et ils ne se sont pas empressés d’obéir, en posant toutes leurs questions au sujet de la vache. Le deuxième récit constitue un blâme pour avoir assassiné quelqu’un. Le récit suivant est la résurrection d’un mort qui indique la toute-puissance de Dieu à ressusciter les morts. Donc ces trois récits peuvent être indépendants et constituent un blâme.

Le récit de l’ordre d’égorger la vache a été cité avant la mention de l’assassinat, mais si la mention de l’assassinat avait été mentionnée avant, cela aurait constitué un seul récit. Alors que de cette manière, il y a un double blâme. Il y a une subtilité dans la langue arabe : c’est qu’il a été dit « frappez-le avec une de SES parties ». « Ses » est un pronom qui se rapporte à la vache, donc même si la mention de l’assassinat et l’ordre de frapper le corps de la victime avec une partie de la vache a été cité en second lieu, mais il y a ce petit détail qui indique que c’est le même récit ; « ses » parties. Il n’a pas été dit « frappez-le avec une partie d’une vache » ; la vache a déjà été mentionnée dans la première partie du verset. En définitive, même si les deux parties du récit ont été citées dans un ordre chronologique inverse, ce qui a été cité en second lieu fait référence à ce qui a été cité en premier lieu, il s’agit bien d’un même récit mais il y a eu deux blâmes. Et la sagesse réside dans ce fait : c’est pour dire qu’il y a deux blâmes même s’il y a un seul récit.

Et il a été dit que ce récit indique que celui qui veut avoir son cœur éveillé par le « mušāhaddāt » : c’est un terme utilisé par les soufis qui indique un sentiment dans le cœur que c’est Dieu le Créateur de toute chose. Si quelqu’un fait une chose, en réalité, c’est Dieu Qui crée cet acte chez cette personne. Celui qui veut atteindre cet état a besoin de combattre ses passions, d’aller à l’opposé des penchants de son âme. Et ceci est un exercice très difficile.

Histoire : il y avait parmi les fils d’Isrāʾīl un homme riche. Son neveu était très attaché à l’argent, au point d’être obnubilé par l’argent. Il s’est mis à réfléchir au moyen d’obtenir la fortune de son oncle paternel. Alors il l’a tué. Il a maquillé le crime : il a déposé le corps de la victime devant la maison de gens qui n’avaient rien à voir. Il les a accusés du meurtre et eux, se sont révoltés en clamant leur innocence. D’autre part, le clan du meurtrier s’est révolté également car ils ne savaient pas que c’était le neveu qui avait fait cela ; il a même failli avoir un conflit entre les deux clans. Alors certains ont dit : « il y a parmi nous le prophète de Dieu. Allons le voir, il va nous indiquer comment faire ». Ils ont informé Mūsā ʿalayhi s-salām du récit. Allāh a révélé à Mouuçaa de leur dire d’égorger une vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache. Ils ont fait cela. Allāh a fait ressusciter le mort qui a parlé et a dit que c’était son neveu qui l’avait tué.

L’amour de l’argent entraine à cela et pire que cela. Vous trouvez des familles qui s’entretuent à cause d’un héritage constitué de murs et de terres et d’argent. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a recommandé que le musulman ne regarde pas celui qui a plus d’argent que lui mais qu’il regarde plutôt celui qui a moins que lui.

Et la louange est à Allāh Dont les grâces ne sont pas énumérées. Et il y a des grâces visibles et des grâces que nous ne voyons pas. Par exemple, les ǧinn, nous ne les voyons pas quand ils nous attaquent et pourtant, Dieu a fait qu’il y a des anges qui nous protègent. On ne se rend même pas compte de cela et on échappe à leur nuisance. Et il y a des grâces qui sont visibles : on se lève, on a de quoi manger, dormir, se vêtir. Les grâces que Dieu nous accorde sont multiples et que Dieu honore et élève davantage en degrés notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et la plus grande des grâces c’est la grâce de l’islam. Celui qui a eu la grâce de l’islam a eu un bienfait éminent. Et le plus éminent des sujets de l’islam est de connaitre la croyance conformément à ses fondements.

Verset 74 : Puis vos cœurs se sont endurcis après cela. Ibnu l-Ǧawziyy a expliqué dans son exégèse : Ibrāhīm, le fils de aṢ-Ṣāriyy a dit « qasat » dans la langue signifie que vos cœurs sont devenus durs et la dureté du cœur est une image qui indique le manque de douceur et de miséricorde dans le cœur et le manque de crainte.

Vos cœurs sont devenus comme de la pierre. Après ce qui, normalement, adoucit les cœurs. Mais leurs cœurs se sont endurcis après ce qui aurait dû les adoucir. Leurs cœurs ont refusé l’exhortation. Malgré ce qu’ils ont vu, leurs cœurs ont refusé de tirer les moralités. Après la résurrection de cette victime ou après tous les signes qu’ils ont vus.

Ou encore plus dur que la pierre. Celui qui aura connu l’état de leurs cœurs les aura comparés à de la pierre ou à une substance qui est encore plus dure que la pierre comme le fer.

Or il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir des fleuves d’eau. Tout cela pour indiquer combien leurs cœurs sont devenus très durs. Même parmi les pierres, il y en a qui laissent jaillir des fleuves d’eau.

Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir de l’eau. Le terme cité ici est « yaš-šaqqaqu » pour indiquer le fait de se fissurer. A l’origine c’était « yatašaqqaqu » mais il y a une fusion entre les lettres tāʾ et šīn et le mot devient « yaš-šaqqaqu ». C’est-à-dire qu’il y a parmi les pierres celles qui ont des grandes fissures par lesquelles il y a de l’eau qui coule en grande quantité. Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent en longueur ou en largeur. Et l’eau jaillit à partir de la pierre également. Tandis que leurs cœurs sont durs, ils ne sont pas touchés par l’exhortation.

Il y a parmi elles (les pierres) celles qui tombent par crainte de Dieu.

Il a été dit que c’est un sens figuré qui indique que ces pierres sont soumises à la volonté de Dieu et à l’ordre de Dieu et que les pierres ne s’abstiennent pas de ce que Dieu a voulu qu’il leur arrive. Dieu a voulu qu’elles chutent et elles chutent. Alors que les cœurs de ces gens-là ne sont pas soumis à Dieu. Ils ne font pas ce que Dieu leur a ordonné.

Il a été dit que c’est un sens propre : il y a des rochers qui étaient en haut des montagnes et Dieu crée en eux un discernement et une vie et ils tombent par crainte de Dieu. Pour faire suite à cette explication, ce n’est pas une condition pour la création de la vie et du discernement dans un corps, que ce corps ait un aspect particulier, selon les sunnites. C’est conformément à cette explication que nous comprenons le verset de sūratu l-ḥašr qui signifie : « si Nous avions révélé ce Qur’ān sur une montagne, tu la verrais fissurée, emplie de crainte envers Dieu ». C’est-à-dire que Dieu, s’Il veut, Il crée la vie dans des objets inanimés. Dieu énumère qu’il y a parmi les pierres celles qui se fissurent, celles qui laissent couler de l’eau sous forme de rivières, celles qui laissent couler de l’eau en quantités, celles qui tombent par crainte de Dieu. Et eux, leurs cœurs sont durs, ils n’ont pas de crainte de Dieu.

Et le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde, a dit que l’avis qui est correct, est que Dieu a créé dans ces pierres la crainte de Dieu, véritable. Dieu crée la perception sensorielle dans des objets inanimés. Certains objets, Dieu crée en eux un ressenti et une crainte. Mais les humains n’entendent pas le tasbīḥ des objets inanimés. Par exemple, on peut citer l’exemple des cailloux qui faisaient le tasbīḥ. Habituellement, les humains ne l’entendent pas, sauf les gens qui ont un degré particulier et que Dieu spécifie par cela et ceux pour lesquels Il a voulu cela ; ce n’est pas une condition que ce soit un saint.

Ce qui témoigne de cela est ce qui est arrivé à Abū Muslim Al-H̱awlāniyy que Allāh l’agrée. Il avait une subḥah à la main ; quand il s’est assoupi, il a trouvé sa subḥah qui tournait toute seule dans sa main et elle disait ce qui signifie : « Ô Allāh, Tu es exempt d’imperfection Toi Qui fais pousser les plantes et Tu es Celui dont l’existence n’a pas de fin ». Ceci est un prodige qui est arrivé à ce saint. Et « dāʾiman ṯ-ṯabāt » ne signifie pas que Dieu est Celui Qui ne bouge pas, parce que le mouvement et l’immobilité sont des caractéristiques de corps et Dieu n’est pas un corps.

Les caractéristiques des corps sont nombreuses comme le mouvement, l’immobilité, le fait d’être en contact, d’être séparé, de se réunir, la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le changement d’une caractéristique à une autre, la diminution, l’augmentation. Les corps changent et les caractéristiques des corps changent également. L’être humain a un corps avec des caractéristiques ; une science, une puissance, une volonté. Et ses caractéristiques changent, elles augmentent et elles diminuent. Elles sont entrées en existence. Elles ne sont pas éternelles. Notre corps a un début donc nos caractéristiques changent. Dieu est exempt de tout cela. Dieu n’est pas un corps et Il n’a pas les caractéristiques des corps. Le corps a deux catégories : les corps palpables que l’on peut saisir avec la main comme la pierre et les corps impalpables que l’on ne peut pas saisir avec la main comme l’obscurité. Ils sont entrés en existence. Dieu leur a donné l’existence après leur inexistence. Également les caractéristiques des corps sont entrées en existence. La connaissance de l’être humain augmente et diminue au point que quelqu’un peut perdre toutes ses connaissances. Quant à Dieu, Il n’est pas un corps et Il ne change pas. Il ne passe pas d’un état à un autre. La volonté de Dieu ne change pas. La croyance en l’unicité est de faire l’absolue différence entre le Créateur Qui ne change pas et la créature qui change.

Et Allāh, il ne Lui échappe pas ce que vous faites. Ici ce n’est pas une simple information, mais c’est une menace de châtiment ; c’est-à-dire : attention, ce que vous faites sera comptabilisé, il n’échappe pas à Dieu ce que vous faites.

Verset 75 : est-ce -que vous espérez donc (parole adressée au Messager de Dieu et aux croyants).

Qu’ils croient : c’est-à-dire à votre appel et qu’ils répondent à votre appel

Alors qu’il y avait un groupe d’entre eux c’est-à-dire leurs prédécesseurs

Ils entendaient la parole de Dieu : il s’agit ici de la Torah.

Ensuite ils la déformaient : ils ont falsifié la description du Messager de Dieu puisque dans la Torah d’origine, la venue du Messager de Dieu avec sa description était mentionnée. Et ils ont falsifié les jugements concernant l’adultère. Car celui qui avait commis la fornication tout en ayant consommé auparavant un mariage valable subissait la lapidation, dans la Torah. Mais eux, ils ont renié ce jugement et ils ont appliqué un autre jugement. Alors qu’une partie d’entre eux avaient entendu la Torah et ils l’avaient falsifiée.

Après l’avoir bien comprise, il ne s’agissait pas d’une mauvaise compréhension de leur part.

Et eux, ils savent. Que ce sont des menteurs, des calomniateurs. Ils faisaient cela en connaissance de cause. Ce n’était pas par ignorance.

Le sens du verset 75 est que, si ceux à qui vous vous adressez pour les appeler à l’islam, refusent l’appel à l’islam et font preuve de mécréance, il y a eu parmi leurs prédécesseurs ceux qui avaient refusé l’appel à l’islam et qui avaient fait preuve de mécréance. C’est-à-dire qu’il y a une antériorité à cela. Vous êtes confrontés à ce comportement de la part de ceux qui refusent l’islam, qui altèrent les textes. Sachez qu’avant eux, leurs prédécesseurs avaient agi de la même manière.

Verset 76 : et lorsqu’ils (ce sont soit les hypocrites soit les yahūd) rencontraient ceux qui sont sincères et véridiques parmi les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām. Quand ces hypocrites rencontraient les compagnons du prophète,

Ils leur disaient : nous avons cru (que vous êtes sur la vérité et que Muḥammad est l’envoyé dont l’annonce a été faite).

Et lorsqu’ils se retrouvaient seuls à seuls avec eux c’est-à-dire lorsque ceux qui n’ont pas été hypocrites et qui déclaraient leur mécréance retrouvaient les autres c’est-à-dire ceux qui étaient hypocrites,

Ils leur disaient (à titre de reproche) :

Est-ce que vous les informez (les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām) de ce que Dieu vous a accordé comme connaissance ? C’est-à-dire de ce que Dieu vous a indiqué dans la Torah en tant que description de Muḥammad ʿalayhi s-salām.

Pour qu’ils retiennent ce que vous leur dites comme argument contre vous au jour du jugement ? Regardez leur stupidité. Ils leur disaient : comment informez-vous les compagnons de Muḥammad qu’effectivement Dieu a décrit Muḥammad dans la Torah ? Parce que si vous leur dites cela, ils vont avoir un argument contre vous au jour du jugement. Vous considérez que les compagnons de Muḥammad vont débattre avec vous au jour du jugement et qu’ils vont vous dire : vous n’avez pas voulu croire au Prophète Muḥammad alors que vous aviez su qu’il était décrit dans votre Livre. Et donc ils vont retenir cet argument contre vous au jour du jugement. Et ce sont les mécréants qui déclaraient leur mécréance parmi les yahūd qui ont dit cela aux hypocrites.

afalā taʿqilūn

Verset 77 : ne savent-ils donc pas que Dieu sait ce qu’ils disent en cachette et ce qu’ils disent au grand jour. Dieu sait tout ce qu’ils disent à voix basse et ce qu’ils montrent au grand jour, c’est-à-dire le fait qu’ils cachent leur mécréance et qu’ils montrent au grand jour leur foi.

Verset 78 : et il y a parmi eux (les yahūd) ceux qui ne savent pas écrire Et « al-ummiyyu » est celui qui ne sait ni lire ni écrire.

Qui ne connaissent pas le Livre c’est-à-dire la Torah.

Et ils ne prennent que ce qu’ils souhaitent : comme le fait que Dieu leur pardonne ou leur fasse miséricorde, que le feu ne les touche que quelques jours seulement. Ou ils ne savent que des mensonges montés de toutes pièces, fomentés par leurs prétendus savants. Et ils les ont acceptés par imitation

Alors qu’en réalité ce ne sont que des conjectures. Ce ne sont que des idées dans leur têtes, qui ne sont pas fondées ; ils ne savent pas ce qu’il y a dans la Torah comme annonce du statut de prophète de Muḥammad et ils renient cela par simple conjecture. (Hypothèse).

Verset 79 : et malheur. Ibnu Ḥibbān a cité que « al-wayl » est une valléeen enfer qui a une profondeur de quarante automnes.

A ceux qui écrivent le Livre (falsifié) de leurs mains. Ici « de leurs mains » indique une insistance, c’est un sens figuré qui montre une insistance, que c’est bien eux qui l’ont fait. Ils écrivent le livre falsifié.

Puis ils disent que c’est ce que Dieu a révélé. Ceci pour le vendre et avoir un peu d’argent.

Et malheur à ceux pour ce qu’ils ont écrit de leurs mains et wayl à eux pour ce qu’ils ont acquis comme soudoiement. Ils se sont faits payer pour altérer et changer le Livre révélé. (La Torah).

Ce verset a été révélé à propos des gens du Livre. Ils sont appelés les gens du Livre parce qu’ils disent suivre un livre, ils prétendent suivre un livre. Mais ce livre est falsifié. Ils s’appellent gens du livre et ils s’appellent également mécréants. Il y a un verset qui signifie : « ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en Dieu ? » Dieu les a appelés gens du Livre et Il les a appelés mécréants également. Donc ce verset a été descendu à propos des gens du Livre qui ont modifié et altéré la Torah et qui ont changé la description du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ceci est l’explication de Ibnu ʿAbbās et de Qatāda.

Et Az-Zaǧǧāǧ a dit que le mot « al-wayl » est un mot que les Arabes utilisent pour tous ceux qui sont allés à leur propre perte. Et celui qui est dans une épreuve dit cela également.

Et à l’origine, dans la langue le mot « wayl » signifie le châtiment et la perdition.

Les savants ont dit qu’il y a dans ces versets 78 et 79 ceux qui se sont entêtés en ayant falsifié le Livre, en connaissance de cause. Eux savaient ce qui était correct et ils ont falsifié le Livre. Et il y a ceux qui les ont suivis parmi les gens du commun. Ils n’avaient pas de connaissance du Livre et ils les ont suivis par imitation dans leur égarement.

Verset 80 : ils ont dit le feu de l’enfer, nous n’y resterons que quelques jours.

Selon eux, c’était pendant quarante jours qui correspond à la durée pendant laquelle ils se sont mis à adorer le veau. Ils ont dit : « nous sommes un peuple élu, notre châtiment en enfer ne durera que quarante jours pour nous ».

Et il y a une autre explication d’après Muǧāhid que Dieu l’agrée : ils ont dit que le bas monde dure 7.000 années et qu’eux seront châtiés un jour pour chaque mille années, donc selon eux, ils seront châtiés sept jours.

Dis -leur (ô Muḥammad) est-ce que Dieu S’est engagé à ne vous châtier que cette durée-là uniquement ?

Auquel cas Dieu ne manque pas à Sa promesse : c’est-à-dire que si Dieu vous a promis cela, Il ne manque pas à Sa promesse

Ou alors vous dites au sujet de Dieu ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que vous prétendez des choses que vous ne connaissez pas au sujet de Dieu.

Verset 81 : ah que si ! On emploie balaa pour dire « ah que si » après une négation. C’est une confirmation qui vient après une négation. Ici, ils ont nié que le feu les touchera.

Celui qui acquiert une mauvaise œuvre. Ibnu ʿAbbāsa dit que la mauvaise œuvre dont il est question ici est une association à Dieu, c’est-à-dire une mécréance. Et Muǧāhid a expliqué également comme cela.

Ses péchés l’ont entouré de toutes parts. C’est-à-dire qu’il n’a plus aucune issue pour être sauvé, c’est-à-dire qu’il est mort sur sa mécréance, il est mort sur son association à Dieu. Tandis que celui qui est mort croyant, il aura accompli le plus éminent des actes d’obéissance et c’est la foi en Dieu et en Son Messager. Et ses mauvaises actions ne vont pas l’englober de toutes parts. Il n’est donc pas concerné par ce texte. Par cette explication, il y a une annulation de l’attachement des moutazilites et des khawarij au sens apparent de ce texte-là. (Ils disent que celui qui meurt chargé d’un péché va en enfer et les moutazilites ont même innové en disant que celui qui commet un péché restera éternellement en enfer et on ne l’appelle, ni croyant ni mécréant mais il a un statut entre les deux). Or ce verset parle de celui qui est noyé dans ses péchés, en plus d’être mécréant.

Et il a été dit que le sens de ce verset 81 est que ses péchés se sont emparés de lui tout comme un ennemi s’empare de sa proie et qu’il n’a pas pu échapper à ses péchés par le repentir.

Ce sont eux les gens de l’enfer qui y resteront éternellement. Les moutazilites disent : ça c’est la preuve que même s’il était croyant, il va rester éternellement en enfer. Les savants ont dit : il était mécréant et en plus, il était déjà mécréant. Quant aux ẖawāriǧ, ce sont ceux qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent un péché. Leurs héritiers actuellement sont ceux qui suivent Sayyid Qutub.

Verset 82 : et ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, ceux-là seront les gens qui iront au paradis. Ils y resteront éternellement.

Verset 83 : et Nous avons l’engagement et la promesse des descendants d’Israa’iil, de n’adorer que Dieu. Allāh a pris des descendants d’Isrāʾīl la promesse de n’adorer que Dieu. La forme de construction de la phrase se présente comme une information mais en réalité c’est un ordre. Cela signifie : « n’adorez que Dieu ». C’est une forme qui est beaucoup plus explicite dans l’ordre et dans l’interdiction. L’obéissance à cette information a été rapide puisque c’est comme si on informe de quelque chose qui est déjà réalisé.

Et ce qui renforce cette explication, c’est une autre récitation (celle de Ubay) où il ne dit pas « lā taʿbudūna » mais il dit « lā taʿbudū » parce que « lā taʿbudūna » est une forme affirmative alors que « lā taʿbudū » est un ordre. Donc cette deuxième récitation confirme le sens donné à la première récitation.

Et il y a une autre récitation où il est récité « lā yaʿbudūna ». Et c’est le même sens que précédemment.

Et soyez bienfaisants envers vos parents. Cette phrase est subordonnée à la précédente.

Et agissez-en bien avec les proches parents et avec les orphelins. L’orphelin est celui qui a perdu son père alors qu’il n’a pas atteint la puberté. Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans un ḥadīṯ rapporté par abū Dāwūd ce qui signifie : « on n’appelle plus l’enfant, orphelin, à partir de la puberté ».

Et envers les pauvres : celui qui est dans le besoin.

Et dites aux gens de belles paroles : quand vous parlez, dites des paroles qui sont belles en soi.

Accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat mais vous n’avez pas tenu vos engagements.

Ce verset s’adresse aux descendants des fils d’Isrāʾīl qui n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris.

Excepté un faible nombre d’entre vous. Et il a été dit qu’il s’agit de ceux qui étaient croyants parmi les descendants des fils d’Isrāʾīl.

Et vous vous détournez. Vous êtes des gens qui se détournent c’est-à-dire qui ont l’habitude de ne pas tenir leurs promesses.

Verset 84 : et Nous vous avons fait promettre de ne pas vous entretuer et de ne pas vous chasser les uns les autres de vos lieux de résidence. C’est-à-dire de faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit de sorte à ce que vous vous chassiez les uns les autres. Le mot « anfusakum » signifie vous-mêmes. An-Nasafī a considéré qu’autre que la personne, c’était comme si c’était elle-même. Et ceci a lieu quand il y a un lien entre elles, soit un lien d’origine parce qu’ils sont des descendants d’Isrāʾīl, soit un lien de religion. Et il a été dit que si quelqu’un tue quelqu’un d’autre, c’est comme s’il s’était tué lui-même puisqu’il va y avoir l’application de la loi du talion et qu’il sera exécuté pour ce meurtre.

Ibnu l-Ǧawziyy a donné une explication pour ce verset 84 : ne faites pas de conflits qui mènent à l’effusion du sang et ne vous chassez pas les uns les autres de vos lieux de résidence pour prendre les villes des autres. Rapporté de Ibnu ʿAbbās

Aṣ-Ṣuddiyy a rapporté d’après son šayẖ qu’il a dit que la tribu de Qurayḍah (qui vient des descendants d’Isrāʾīl) était alliée de la tribu de al-Aws (qui est une des deux principales tribus arabes de Médine) et la tribu d’an-naḍīr (qui était descendant d’Isrāʾīl) était alliée à la tribu des H̱azraǧ (qui était la deuxième tribu de Médine). Donc les gens de Qurayḍah combattaient leurs cousins d’an-naḍīr. Les vainqueurs prenaient le butin avec des prisonniers et les vaincus payaient une rançon pour récupérer leurs soldats. Alors les Arabes se moquaient d’eux, ils leur disaient : comment vous les combattez et après, vous payez une rançon pour les libérer. Alors ils disent : nous avons reçu l’ordre de les libérer et il nous a été interdit de les tuer. C’est-à-dire que quand on fait un prisonnier, on a reçu l’ordre d’accepter la rançon pour le libérer mais on ne le tue pas. Les Arabes leur ont dit : mais alors pourquoi vous combattez-vous ? Ils ont dit : nous ne voulons pas que nos alliés soient humiliés. Donc c’était leur alliance qui les amenait à se combattre les uns les autres.

Allāh les a rabaissés par Sa parole qui signifie « vous vous tuez vous-mêmes et vous vous faites sortir de vos maisons » jusqu’à la parole qui signifie » croyez-vous donc en une partie du Livre et vous ne croyez pas en une autre partie ». C’était le cas des descendants d’Isrāʾīl, ils croyaient en une partie de la Torah et ne croyaient pas en une autre. La partie en laquelle ils croyaient était « et payez une rançon pour récupérer les prisonniers ». Et la partie en laquelle ils n’avaient pas cru était l’interdiction de se combattre.

Puis vous avez reconnu la promesse qui a été retenue de votre part : c’est-à-dire que vous avez reconnu que vous deviez tenir vos engagements.

Et vous en êtes témoins : c’est-à-dire si on dit que quelqu’un avoue certaines choses et il est témoin de son aveu. Ou alors cela veut dire : vous êtes témoins, vous autres yahouud descendants d’Isrāʾīl de la reconnaissance de vos prédécesseurs qui ont reconnu cet engagement.

Verset 85 : et après (cette promesse et cet engagement) vous vous entretuez (malgré cela) et vous vous chassez les uns les autres de vos résidences. Vous vous entraidez les uns les autres pour cela. Le verbe « taẓāharūna » signifie vous vous adossez, c’est comme si quelqu’un prend appui sur le dos d’un autre pour avoir plus de force pour pousser quelque chose. C’est un sens figuré pour dire que vous vous entraidez les uns contre les autres.

En faisant preuve de péché et d’injustice.

Et si vous faites des prisonniers, vous acceptez la rançon. Ils acceptent de l’argent pour libérer quelqu’un.

Alors que cela est interdit pour vous de faire sortir les gens pour les tuer. Allāh dénonce leurs agissements en leur disant : est-ce que vous croyez donc en des parties du Livre à savoir la libération des prisonniers moyennant une rançon et vous ne croyez pas en une partie du Livre à savoir l’interdiction de combattre et de chasser les gens de chez eux. Aṣ-Ṣuddiyy a dit : Dieu a pris d’eux quatre engagements : de ne pas s’entretuer, de ne pas se chasser les uns les autres, de ne pas faire des alliances entre eux contre d’autres, l’obligation de payer la rançon pour libérer un prisonnier. Ils se sont détournés de tout, hormis le paiement de la rançon.

Quelle sera alors la rétribution de celui d’entre vous qui fait cela ? Cela fait référence au fait de croire en une partie du Livre et de ne pas croire en une autre partie du Livre. Ici c’est une menace.

Si ce n’est une humiliation dans le bas-monde. Allāh le dévoilera, ce sera un scandale pour lui et il sera humilié.

Et au jour du jugement, ils seront ramenés au pire des châtiments. C’est-à-dire un châtiment qui ne comporte ni repos, ni joie ou bien un châtiment qui est pire que le châtiment du bas monde.

Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allāh. Allāh sait tout ce que vous faites.

Verset 86 : ceux qui ont acheté le bas monde en payant l’au-delà c’est-à-dire qu’ils ont préféré le bas-monde au détriment de l’au-delà, comme quelqu’un qui achète quelque chose, il a le prix dans sa main mais il va donner ce prix pour obtenir l’objet qu’il va acheter. Eux, ils ont été comparés à des gens qui ont acheté le bas monde, ils ont préféré le bas monde au lieu de l’au-delà.

Le châtiment ne leur sera pas allégé et personne ne les soutiendra. C’est-à-dire que personne ne va payer à leur place pour qu’ils obtiennent l’au-delà. Ils n’auront pas l’au-delà car ils n’ont pas œuvré pour cela.

Verset 87 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre c’est-à-dire la Torah dans sa totalité en une seule fois c’est-à-dire qu’il l’a reçue entièrement sur des tablettes lorsqu’il est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu.

Et Nous l’avons fait suivre par d’autres prophètes. C’est-à-dire que Dieu a envoyé après lui de nombreux messagers. Et ce sont Yūšāʿ et Išmāwīl, Šamʿūn, Dāwūd, Sulaymān, Šaʿyā, Armiyāʾ, Ḥisqīl, Ilyās, Al-Yašāʾ, Yūnus, Zakariyyā Yaḥyā, et d’autres, que Dieu les honore davantage en degrés. Entre Mūsā et ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes.

Et Nous avons accordé à ʿīsā fils de Maryam des preuves claires. C’est comme si ces preuves étaient au service de Jésus et il s’agit de miracles éclatants, comme la résurrection des morts ou le fait de guérir celui qui était aveugle de naissance, comme le fait de soigner celui était lépreux, et aussi d’annoncer des choses qui étaient cachées, comme quand Jésus disait aux gens : « vous avez mangé telle chose hier, vous avez caché telle chose en provision ». C’était des miracles que Dieu lui avait accordés. Et le miracle constitue la preuve que celui qui prétend être un envoyé de Dieu est réellement un envoyé de Dieu. C’est comme si Dieu nous dit : cet homme qui est envoyé de Ma part, il est véridique, puisque Je lui ai accordé cette chose extraordinaire qui est en conformité avec ce qu’il dit, donc croyez-le et suivez-le.

Et Nous l’avons appuyé par « rūḥu l-quddūs » 

Al-quddūs signifie la pureté et rūḥu ici ne signifie pas « âme » mais cela signifie Ǧibrīl. Donc Dieu dit : Nous avons appuyé Jésus par Ǧibrīl et cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās et de Qatāda. Ǧibrīl est le président des anges, il a une âme pure. Allāh l’a envoyé pour soutenir Jésus dans son message.

Ou bien « Nous l’avons soutenu par Ǧibrīl ʿalayhi s-salām car Ǧibrīl amène la révélation ». Et la révélation c‘est ce qui donne la vie au cœur.

Grâce à l’envoi des prophètes, les gens ont un sens à leur vie, ils savent pourquoi ils sont là, ce qu’ils recherchent. Ce n’est pas comme ceux qui vivent comme des animaux dont le besoin est de se nourrir, se reproduire, lutter contre le froid, le chaud. Certains élèvent leurs enfants comme s’ils avaient un élevage de poules. Mais ils ne pensent pas que la vie qui compte c’est la vie de l’au-delà. Parce que cette vie du bas monde a un terme. Ceux qui sont dotés de raison devraient être exhortés par ceux qui nous ont précédés. Ceux-là sont tous morts maintenant. Donc ce qui compte c’est la vie de l’au-delà, mais la vie de l’au-delà on n’aurait pas pu la connaitre s’il n’y avait pas eu les prophètes qui ont été envoyés par Dieu pour nous avertir qu’après cette vie du bas-monde, il y a une autre vie que celle-ci et qui n’aura pas de fin. Et les gagnants dans cette autre vie sont ceux qui auront suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas. Et les perdants seront ceux qui n’auront pas suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas.

Dieu a soutenu Jésus par l’envoi de Ǧibrīl, car quand les yahūd étaient venus pour le tuer et Dieu lui a envoyé l’ange Ǧibrīl pour l’élever au ciel. Actuellement Jésus vit au deuxième ciel, il n’est pas crucifié mais il est vivant puis il va redescendre.

Autre explication de «« rūḥu l-quddūs » : c’est l’Evangile. Dieu a accordé l’Evangile à Jésus tout comme Il a accordé le Qur’ān à Muḥammad.

Ou une autre explication : c’est le fait que Dieu a soutenu Jésus ʿalayhi s-salām en lui donnant à connaitre le nom éminent de Dieu par lequel il ressuscitait les morts, en l’évoquant.

Est-ce -que chaque fois qu’un messager vous est envoyé et qu’il vous amène des choses qui ne correspondent pas aux penchants de votre âme. Chaque fois qu’un messager est envoyé avec une loi qui ne correspond pas à vos passions

Vous faites preuve d’orgueil. C’est-à-dire que vous rejetez le message du Messager, vous refusez de l’accepter.

Un groupe d’entre vous dément l’envoyé. Cette parole est adressée aux mécréants des descendants des fils d’Isrāʾīl, les yahūd. Tout comme ils ont démenti Jésus, ils ont démenti Muḥammad. La plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Jésus quand il a été envoyé et la plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Muḥammad quand celui-ci a été envoyé.

Et un autre groupe d’entre vous tue le prophète. Comme Zakariyyā et Yaḥyā. Les prophètes sont les meilleures des créatures de Dieu et pourtant, Dieu a fait que des mécréants les tuent. Pour les prophètes, c’est une augmentation en degrés et pour les assassins, c’est une mécréance et donc un châtiment en enfer qui les attend. Dieu fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient. Ce n’est pas parce qu’une personne subit une injustice que Dieu n’agrée pas cette personne.

Et « fa farīqan kaḏ-ḏabtum » : ici le verbe est au māḍī c’est-à-dire un temps accompli et « wa farīqan taqtulūn » : ici le verbe est au muḍāriʿ, l’inaccompli c’est-à-dire que ça peut être utilisé au présent et au futur. Alors qu’il s’agit de Zakariyyā et Yaḥyā qui ont déjà été tués.

C’est pour indiquer la ponctuation dans la phrase.

Ou une autre explication : il y a un groupe parmi vous, les yahūd, qui essaie de tuer Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. C’est la raison pour laquelle le verbe est au muḍāriʿ, c’est parce que vous essayez de le faire aussi. Mais Allāh le préserve. C’est pour cela qu’ils ont mis du poison dans le mouton qu’il a mangé.

Il ne faut pas croire qu’il a été fait de la sorcellerie au Prophète.

Celui qui veut se préserver de la sorcellerie avant qu’elle ne se produise, qu’il récite sūratul-iẖlāṣ et les deux muʿawwiḏāt matin et soir, trois fois chacune. Celui qui persévère sur cette pratique, la sorcellerie n’aura aucun effet sur lui. Et combien de maladies ont été guéries par la cause de ces sourates !!

Ici, Allāh leur fait un blâme.

Verset 88 : ils ont dit : nos cœurs sont comme recouverts d’une couche. C’est une métaphore pour indiquer que la parole du Prophète ne pénètre pas leurs cœurs. Leurs cœurs sont recouverts d’une couche qui empêche les paroles du Prophète de les atteindre.

Une autre explication : ils ont prétendu que leurs cœurs étaient des réceptacles de science et donc qu’ils n’avaient pas besoin, grâce à ce qu’ils possédaient, d’avoir le message de notre prophète. Et ceci est de l’orgueil.

Une autre explication : ils disent au prophète : si ce que tu nous as amené était vrai, nous aurions accepté.

Allāh les a maudits en raison de leur mécréance. C’est une réplique à ces gens-là parce que Dieu leur apprend que leurs cœurs ne sont pas recouverts d’une couche. Leurs cœurs sont créés comme les autres. Quand ils sont nés, ils avaient cette prédisposition pour accepter la vérité. Mais Il les a chassés de cela en raison de leur mécréance et de leur égarement. Dieu les a maudits en raison de leur mécréance et de leur égarement.

Peu d’entre eux sont des croyants. Ils ne croient pas beaucoup, ces gens-là. Ils croyaient en une partie du Livre et pas en l’autre. Ce qui les arrange, ils le suivent et ce qui ne les arrange pas, ils le rejettent.

Et il a été dit que « qalīl » ici signifie « pas du tout ». Ils n’ont pas du tout été croyants.

Le mot « qalīl » dans la langue arabe signifie « peu » et très rarement, il signifie « pas du tout ».

Verset 89 : lorsqu’il leur est parvenu. Lorsqu’il est parvenu aux yahūd

Un Livre de la part de Dieu : et il s’agit du Qur’ān

Qui confirme ce qu’ils avaient avec eux. Qui est en conformité avec la Torah et qui ne la contredit pas.

Et ils recherchaient la victoire contre les associateurs par le Prophète Muḥammad. Ils disaient « ô Allāh donne-nous la victoire par le prophète envoyé à la fin des temps dont la description existe dans la Torah ». Donc ils faisaient le tawassoul par le prophète Muḥammad.

Mais quand il est venu, ils ne l’ont pas suivi, ils ont mécru en lui. Vous voyez comment ils se contredisent. C’est l’orgueil, que Dieu nous en préserve. Car la venue du Prophète Muḥammad avait été annoncée dans les livres révélés authentiques, avant qu’ils ne soient falsifiés. Les yahūd disaient à leurs ennemis : « bientôt, il y aura un prophète qui va confirmer la véracité de ce que nous disons et nous allons combattre à ses côtés, tout comme les combats de ʿĀm et Irām et des peuples anciens ». Et aussi par souci de conservation du pouvoir.

Que Dieu maudisse les mécréants. C’est une malédiction sur les descendants de ces fils d’Isrāʾīl qui ont mécru en le prophète Muḥammad. C’est une malédiction en raison de leur mécréance.

Verset 90 : quelle mauvaise chose ils ont faite : le bas-monde ne vaut pas la peine d’être acheté en payant l’au-delà.

Le fait de mécroire en ce que Dieu a révélé : c’est-à-dire le Qur’ān. Ils ont mécru au Qur’ān.

Par envie du fait que le Prophète a reçu la révélation de la part de Dieu. Ils ont envié le prophète parce qu’il a reçu la révélation de la part de Dieu. Au lieu de le suivre, ils étaient jaloux de lui parce que c’est lui qui a reçu la révélation et non pas eux. Ceci par injustice de leur part :c’est par envie et jalousie de leur part et pour demander ce qui n’est pas à eux. Pour justifier le fait de ne pas suivre le prophète Muḥammad, ils ont prétendu que le dernier prophète qui devait venir était un descendant d’Isrāʾīl.

Allāh fait descendre par Sa grâce la révélation à qui Il veut parmi Ses esclaves : en l’occurrence ici il s’agit de notre maitre Muḥammad.

Ils méritent un châtiment après un châtiment :

Ils méritent des châtiments successifs parce qu’ils ont mécru au prophète de la vérité, notre maitre Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, ils ont fait preuve d’injustice envers lui.

Ou bien parce qu’ils ont mécru au Prophète Muḥammad après avoir mécru en Jésus.

Ou bien parce qu’ils ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu et ils ont dit que Dieu est avare et d’autres paroles encore de mécréances.

wa lil-kāfirīna ʿaḏābun muhīn

Verset 91 : et s’il leur est dit (aux yahūd qui viennent d’être mentionnés dans les versets précédents)

Croyez-en ce qu’Allāh a fait descendre. C’est-à-dire le Qur’ān. Ou bien tout livre qu’Allāh a révélé à Ses prophètes.

Ils vont répondre : nous croyons en ce qui nous a été révélé. C’est-à-dire la Torah qui a été descendue sur Mūsā.

Et ils mécroient en ce qui est venu après. Donc ils ont mécru non seulement au prophète Muḥammad mais ils ont mécru au prophète Jésus ʿalayhi s-salām.

Or ce qui est révélé après la Torah confirme la véracité de la Torah. C’est-à-dire l’évangile et le Qur’ān confirment la véracité de la Torah. C’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui est contradictoire avec la Torah. Et il y a en cela une réplique. Comme ils ont mécru en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils ont mécru en la Torah. Ils mentent quand ils disent : « nous, nous croyons en la Torah mais nous ne croyons pas en ce qui vient après ». Mais ce qui est venu après est conforme à la Torah. Donc s’ils mécroient en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils mécroient en la Torah.

Dis -leur (ô Muḥammad) pourquoi avez- vous tué les prophètes de Dieu auparavant ? Le verbe « tuer » est employé au muḍāriyy (l’inaccompli) mais le sens est l’accompli al-māḍī. Dans la suite du verset, il y a le terme « min qabl » qui indique le passé. Donc la phrase donne « pourquoi donc avez-vous tué les prophètes de Dieu, auparavant ? ». Auparavant indique le temps avant Muḥammad. Ils ont tué beaucoup de prophètes entre Jésus et Muḥammad. Le blâme qui leur est adressé est « pourquoi avez-vous tué beaucoup de prophètes auparavant ? » C’est un reproche qui leur est fait alors qu’ils prétendent croire en la Torah. Et la Torah n’autorise pas de tuer les prophètes.

Il a été dit qu’ils ont tué en un jour 300 prophètes, mais notre šayẖ a dit que ce n’est pas authentifié, ce sont les historiens qui disent cela.

Verset 92 : et Mūsā vous a amené les preuves claires. Ce sont les 9 commandements cités dans le verset 101 de sourate al-‘israa’ où Allāh dit ce qui signifie : « Nous avons accordé à Mūsā neuf commandements ». Ce sont des commandements qui sont parvenus dans de nombreux livres de ḥadīṯ très célèbres. C’est le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a expliqué quels sont ces neufs signes.

Le šayẖ a dit : il nous a été rapporté dans le ǧāmiʿ d’At-Tirmiḏī (recueil de ḥadīṯ) et le moustadrak de Aḷ-Ḥākim que deux yahūd sont venus voir le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils l’ont interrogé à propos des neufs grands signes. (Les neuf commandements). Ils voulaient vérifier s’il était vraiment le dernier prophète parce que leur but était de cacher les histoires anciennes dans lesquelles ils avaient eu des punitions. Et le Prophète leur a expliqué.

Auparavant, un des deux yahūd a dit à l’autre : « viens on va voir ce prophète. On va l’interroger à propos des neufs grands signes ». Le deuxième lui a dit : « ne dis pas le mot « prophète ». S’il entend cela de ta part, il va être heureux ». Cela veut dire qu’ils savent que notre maitre Muḥammad est un prophète.

Le premier a dit : « si on l’interroge et qu’il répond aux questions, alors c’est sûr qu’il est un prophète ». Parce qu’ils savent que ce sont des informations qu’eux, ne divulguent pas, ils savent que Muḥammad n’a pas appris auprès de quiconque ; donc s’il répond aux questions, c’est une révélation de la part de Dieu.

Et lorsqu’ils lui ont posé la question, il leur a répondu en leur citant quels étaient les neuf commandements :

1/ ne pas attribuer d’associé à Dieu c’est-à-dire ne pas adorer autre que Dieu et l’adoration c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission.

2/ ne pas commettre la fornication

3/ ne pas voler

4/ ne pas aller dénoncer un innocent calomnieusement auprès d’une autorité pour qu’il l’exécute

5/ ne pas commettre la sorcellerie

6/ ne pas faire le qaḏf à l’encontre d’une femme muḥṣanah (c’est attribuer la fornication à une femme qui a consommé un contrat de mariage valable)

7/ ne pas consommer le gain usuraire (c’est une des sortes de transactions interdites comme le prêt à intérêt)

8/ ne pas déserter le front (lors d’une attaque)

9/ ne pas faire d’activités le samedi pour vous les yahūd du temps de Mūsā (c’était donc spécifique à cette époque-là)

Quand ils ont entendu cela, les deux yahūd ont su que le Prophète avait reçu la révélation : ils lui ont dit : « nous témoignons que tu es un prophète ». Et ils ont alors embrassé les mains et les pieds du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

At-Tirmiḏiyy a dit que ce ḥadīṯ est ḥasan, ṣaḥīḥ et il a été rapporté également par Aḷ-Ḥākimdans des termes proches de ces termes-là et il l’a jugé ṣaḥīḥ, authentique.

Ces commandements ont été appelés « bayyināt » parce que ce sont des ordres extrêmement importants. Et la parole du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, quand il a dit de ne pas aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué, indique l’interdiction de l’espionnage. Cet ordre fait partie des ordres que Dieu a fait descendre dans la Torah à Mūsā ʿalayhi s-salām. Dieu a fermement interdit cela aux descendants d’Isrāʾīl c’est-à-dire le fait d’aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué. Et l’interdiction concerne aussi moins que cela, elle concerne le fait que cet innocent subisse une nuisance de la part de cette autorité. Ce n’est permis à aucun musulman d’espionner un innocent pour aller le dénoncer calomnieusement à ceux qui ont un pouvoir.

Parmi ce qui ce qui a été rapporté dans al-moustadrak par Aḷ-Ḥākim, il y a ce que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit et qui signifie : « celui qui se fait payer pour espionner un musulman, Allāh lui donnera à consommer du feu de l’enfer au jour du jugement ».

Et celui qui, en dénonçant un musulman, en tire une réputation, Dieu fait qu’au jour du jugement, il sera une célébrité en enfer. Et celui qui tire profit de la dénonciation d’un musulman pour s’habiller, Allāh le fera s’habiller au jour du jugement du feu de l’enfer.

Tout cela indique qu’il est interdit d’espionner les musulmans. Celui qui espionne injustement et qui obtient de l’argent par cet espionnage et il consomme cet argent, alors il en sera rétribué au jour du jugement de la juste rétribution. Ainsi Allāh le nourrira au jour du jugement des aliments de l’enfer. Et Allāh a cité les aliments de l’enfer dans le Qur’ān. Il y a un arbre en enfer qui s’appelle « az-zarqūm », son odeur est répugnante et son aspect est extrêmement laid, insupportable. Mais eux, du fait de leur extrême faim, c’est comme s’ils en mangeront malgré eux. Et les anges du châtiment les alimentent de cela. Et ils auront deux boissons en enfer : l’une d’elles est de l’eau bouillante, qui entre dans leurs intestins. L’autre est du ghisliin qui est ce qui s’écoule de la peau des gens de l’enfer. Parce que les gens de l’enfer, chaque fois que leur peau brûle, Dieu leur change cette peau par une nouvelle qui est humide. Et cette nouvelle peau va à nouveau brûler et il va en couler un liquide qui est répugnant. Ce qui s’écoule de leurs peaux, Dieu en a fait une des boissons de l’enfer. Dieu nous apprend que les gens de l’enfer auront comme boissons aḍ-ḍarīʿ qui ne coupe pas la faim et qui ne donne pas d’embonpoint.

Dénoncer calomnieusement un musulman c’est-à-dire informer une autorité à son sujet afin qu’on lui nuise c’est-à-dire afin de lui faire parvenir une nuisance, que cette nuisance soit pour le tuer ou ce qui est moindre, est un péché éminent selon le jugement de Dieu, parce que dans la Torah il y a ce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a indiqué concernant ce que Dieu a révélé à Mūsā. Cette parole signifie « vous n’aviez pas à dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il le tue ». Et tout ce qui a été cité avec ce crime et il s’agit du péché de l’espionnage afin de nuire à un musulman par cet espionnage, est un péché qui est grave.

La deuxième notion citée est le cas de celui qui cherche à nuire à un musulman injustement pour se donner une bonne image aux yeux des gens, afin qu’il soit traité avec égard. Il cherche à tirer profit de cela. Celui-là, au jour du jugement, Dieu le dévoilera devant tout le monde. Il sera dit : « un tel, tel jour, a parlé d’un autre, pour se donner de l’importance et nuire à cet autre ». Le scandale sera dur pour l’âme devant ce rassemblement de gens au jour du jugement. Alors qu’ici, dans cette vie, si quelqu’un est dévoilé, c’est devant quelques personnes, pas autant qu’au jour du jugement.

Dans ce ḥadīṯ, les deux yahūd, lorsque le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, leur a annoncé quels étaient les neufs commandements, savaient que Muḥammad ne lisait pas et n’écrivait pas, qu’il n’avait pas lu la Torah, qu’il n’était jamais allé dans une école pour apprendre l’écriture, qu’il n’avait pas eu d’enseignant pour cela. Et ceci est connu parmi les gens de La Mecque. Ceci est connu par tawātur, (nouvelle véridique qui a été transmise à partir d’un grand nombre de personnes qui ont constaté d’un commun accord cette nouvelle en se basant sur une perception sensorielle (ce n’est pas une théorie), qu’ils l’ont vue ou entendue, et qui l’ont transmise à un autre groupe de telle sorte qu’il soit impossible qu’ils se soient mis d’accord pour mentir. Concernant le fait que les chrétiens prétendent que Jésus a été crucifié, ce n’est pas une nouvelle véridique parce que : la première couche de gens est composée d’un nombre très faible ( entre sept et neuf ) et ils n’étaient pas d’accord entre eux sur ce qu’ils ont transmis (cette information n’est pas transmise à partir d’une perception sensorielle sur laquelle se seraient accordés un grand nombre de personnes) ; d’autre part cette nouvelle a été démentie par le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ( qui nous a appris que Jésus ʿalayhi s-salām n’a pas été tué mais qu’il a été élevé au ciel puis qu’il va redescendre sur terre et qu’il suivra la loi de Muḥammad) et la nouvelle rapportée par un prophète est forcément véridique parce que le prophète est envoyé de la part de Dieu et il est appuyé par des miracles).

Ceci était connu chez les gens de La Mecque et de Médine, chez les Arabes et chez les yahūd que le Prophète ne lisait ni n’écrivait. C’est pour cela qu’ils ont dit au début : « si on lui pose la question et qu’il répond, c’est qu’il est forcément prophète ». Donc quand Muḥammad a répondu aux questions et qu’ils lui ont embrassé les pieds, il leur a demandé : « qu’est-ce qui vous empêche de devenir musulmans maintenant que vous savez ? ». Ils ont répondu en mentant : « Le prophète Dāwūd a demandé à Dieu à ce que la prophétie reste parmi ses descendants » et ils ont dit aussi qu’ils avaient peur que s’ils croyaient en Muḥammad, que les yahūd ne les tuent. Ils ont préféré la vie du bas-monde à la vie de l’au-delà.

Ils ont justifié le fait de ne pas croire au Prophète Muḥammad par deux choses :

  • La première, c’est une calomnie : ils ont prétendu que Dāwūd avait demandé à ce que le statut de prophète reste parmi ses descendants. En réalité le prophète Dāwūd n’a pas demandé cela.
  • La deuxième est qu’ils ont prétendu que s’ils suivaient Muḥammad, alors les yahūd allaient les tuer. Or les savants ont dit que parmi les grands péchés, il y a de dénoncer un innocent et non pas celui qui est un corrupteur. Si quelqu’un ne cesse pas de nuire aux gens, si on va le dénoncer à une autorité pour que cette autorité arrête sa nuisance, cela est permis. Donc si on va voir quelqu’un qui nuit aux gens, qu’on lui donne le conseil d’arrêter de nuire aux gens, mais qu’il n’accepte pas, alors c’est permis d’aller le dénoncer. Quant à celui qui va dénoncer calomnieusement quelqu’un pour obtenir quelque chose du bas monde, comme un avancement à son travail, ou pour recevoir une prime, cela sera une source de malheur pour lui au jour dernier.

Puis vous avez pris un veau comme si c’était un dieu pour vous : après que Mūsā vous a confié à son frère Hārūn alors que lui-même était parti à la montagne aṭ-ṭūr au mont Sinaï afin de recevoir la révélation de la Torah, alors qu’ils avaient vu des miracles que Dieu avait accordés à notre maitre Mūsā.

Et vous êtes injustes. Il y a deux explications :

1/ Vous avez adoré le veau alors que c’est une adoration qui n’est pas justifiée.

2/ Vous êtes un peuple qui commet beaucoup d’injustices.

Verset 93 : Et Nous avions pris de vous l’engagement d’obéir et Nous avons fait que la montagne d’aṭ-ṭūr soit élevée au-dessus de vos têtes (c’est-à-dire que s’ils refusaient, elle allait les fracasser) et écoutez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. La montagned’aṭ-ṭūr a été élevée au-dessus de leurs têtes et ils ont reçu l’ordre d’accepter ce qu’il y a dans la Torah. « Ecoutez » ici signifie appliquez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. Que votre audition soit de celle de celui qui va appliquer ce qui lui est dit. Quand vous écoutez cet ordre, écoutez-le à la manière de celui qui va l’appliquer.

Ils ont dit « nous avons entendu mais nous désobéissons ». Nous avons entendu Ta parole mais nous désobéissons à Tes ordres.

Et leurs cœurs ont été imprégnés de l’adoration du veau : c’est-à-dire que l’amour du veau et le fait de veiller à adorer un veau s’est imprégné dans leurs cœurs tout comme un colorant imprègne un tissu. Le mot « amour » n’est pas cité dans le verset, il a été omis. Le complément « du veau » est cité. Ce n’est pas le veau qui a imprégné leurs cœurs mais c’est l’amour du veau. C’est une figure de style en arabe qui consiste à omettre le nom et de citer le complément du nom et qui s’appelle « ḥaḏfu l-muḍāf ».

En raison de leur mécréance. Leur mécréance ici était l’assimilation de Dieu à Ses créatures.

Dis est-ce ce à quoi vous amène votre foi ? Quelle mauvaise chose que vous ordonne votre foi !! Il s’agit de la foi en la Torah dans laquelle il n’est pas question d’adorer un veau. Est-ce que c’est cela le résultat de votre croyance en la Torah. Est-ce que la croyance en la Torah vous amène à adorer un veau ?! C’est une forme d’ironie, un rabaissement à leur égard.

Si vous êtes véritablement croyants. Cette phrase met en doute leur foi en réalité. C’est-à-dire qu’ils prétendent qu’ils sont croyants mais ils ne le sont pas. C’est une remise en cause de la véracité de leur prétention à être des croyants. Eux prétendaient être des croyants, en tant que descendants des fils d’Isrāʾīl.

Verset 94 : dis, si vous prétendez que la résidence de l’au-delà. Ils prétendent gagner le paradis.

Sera uniquement pour vous et à nul autre que vous. C’est-à-dire que vous prétendez que le paradis est réservé à vous qui êtes les yahūd

Alors souhaitez mourir si vous êtes véridiques. Désirez mourir, comme cela, vous irez à la résidence que vous prétendez être réservée à vous seuls. Celui qui a la certitude qu’il va aller au paradis, il va se languir d’aller au paradis, il va souhaiter se débarrasser de cette résidence dans laquelle il y a des épreuves. C’est un défi qui leur a été lancé : si vous avez la certitude d’aller au paradis alors que vous vous êtes mis à adorer un veau, alors souhaitez mourir, si vous êtes véridiques !!

Les dix auxquels le Prophète ʿalayhi s-salām    a rapporté la bonne nouvelle qu’ils vont aller au paradis et ceci dans une même assemblée, puis suite à cela, chacun d’entre eux désirait mourir et se languissait de la mort : ce sont Abū Bakr, ʿUmar, ʿUṯmān, ʿAliyy, Ṭalḥah, Az-Zubayr, ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf, Abū ʿUbaydah, ʿĀmir ibnu l-Ǧarrah, Saʿād ibnu abī Waqqās    Saʿīd ibnu Zayd. (Az-Zubayr était le cousin du Prophète, par sa mère. Et Abū ʿUbaydah est enterré en Jordanie, ʿAliyy en Irak et les autres à Médine).

Verset 95 : et ils ne le souhaiteront jamais : tant qu’ils sont vivants, ils ne souhaiteront jamais mourir, tellement ils sont attachés à ce bas-monde. Le musulman, quant à lui, souhaite mourir dans la voie que Dieu agrée.

En raison de leurs œuvres : du fait qu’ils ont mécru, ils n’ont pas cru au Prophète Muḥammad et ils ont déformé la Torah révélée au prophète Mūsā. Et ceci est un miracle pour le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām car il s’agit d’un « ġayb » c’est-à-dire quelque chose de caché pour nous. Dieu a annoncé qu’ils ne vont jamais souhaiter la mort et cela s’est effectivement réalisé tout comme Dieu l’a annoncé. Ils n’ont pas souhaité mourir. Dieu dit « wa lan tafʿalū » car s’ils avaient désiré la mort, cela aurait été rapporté jusqu’à nous. On l’aurait su. Mais personne parmi eux n’a souhaité mourir.

Mais Dieu sait l’état des injustes : c’est une menace contre eux.

Verset 96 : et tu verras que parmi les gens il y en a qui veillent le plus à vivre : ils recherchent le plus la vie du bas-monde. Ce sont des gens qui sont viscéralement attachés à une vie : ici c’est le mot « vie » avec un article indéterminé : c’est la vie du bas monde, pour indiquer qu’ils sont très attachés à cette vie du bas-monde.

Et ce sont des associateurs : il y a des gens qui sont plus attachés à cette vie du bas-monde. « Parmi les gens », cela inclut les associateurs qui, parmi les gens, sont ceux qui tiennent le plus à cette vie du bas-monde. Il arrive qu’un ensemble est mentionné puis qu’une partie de cet ensemble soit mentionné, pour insister au sujet de ce sous-groupe. Ce verset 96 constitue un grand blâme contre les associateurs. Et ce sont ceux qui associent à l’adoration de Dieu, autre que Dieu. Et eux ne croient pas en la résurrection, ni en la rétribution pour les œuvres, ni en une vie après celle-ci. Ils ne connaissent que cette vie du bas-monde. Donc le fait qu’ils tiennent à cette vie, ce n’est pas étonnant de leur part puisqu’ils ne croient pas à autre chose. Le maximum de leurs désirs est lié à cette vie.

Si ceux qui tiennent à cette vie du bas-monde (les yahūd) ont reçu un Livre (la Torah) qui leur apprend qu’il y aura un jour de la rétribution, mais eux, ils ne croient pas qu’il y aura un jour du jugement, ils sont blâmés pour cela. Le blâme est encore plus justifié à leur sujet.

Ces yahūd tiennent encore plus que ceux qui sont associateurs à cette vie du bas-monde, parce qu’ils savent qu’ils vont aller en enfer, ils savent ce qui est réservé aux gens qui sont dans leur état. Alors que les associateurs ne savent pas puisqu’ils ne croient pas du tout en la rétribution.

L’un d’entre eux (parmi les yahūd) souhaite vivre mille ans.

Il a été dit que ceux visés par le terme « associateurs » ici ce sont les mazdéens (ou les mages) qui adoraient le feu en Perse au temps de l’empire perse qui était très étendu. Parce qu’il était de leurs habitudes, lorsqu’ils s’adressaient à leur roi : « vis mille ans ».

Ibnu ʿAbbās a dit que ceux qui sont visés sont les ʿaǧam, un terme qui désigne les non Arabes car, à l’époque, les non Arabes n’étaient pas musulmans.

Il y a un autre avis qui dit « les associateurs » ici vise une partie des yahūd. Car une partie des yahūd avait adoré autre que Dieu. Ils avaient adoré ʿUzayr, un homme vertueux qui avait mémorisé la Torah. A l’époque de Nabuchodonosor qui avait détruit Jérusalem et avait fait prisonnier les fils d’Israël, Dieu a fait mourir ʿUzayr pendant cent ans puis Il l’a fait revivre. Quand ʿUzayr est revenu à la vie, il est revenu voir les habitants de Jérusalem et il leur a récité la Torah par cœur. A l’époque, ils avaient égaré tous les exemplaires de la Torah, alors ils se sont mis à adorer ʿUzayr.

Chacun de ces gens dont parle Dieu dans ce verset 96, souhaite vivre mille ans mais le fait qu’il vive mille ans ne va pas l’éloigner du feu. C’est-à-dire que même s’il vit mille ans, cela ne va pas l’écarter de l’enfer.

Et Allāh sait ce qu’ils font : et Dieu les rétribue pour ce qu’ils font.

Verset 97 : Dis : celui qui est un ennemi de Ǧibrīl. « Li Ǧibrīla ».Le terme « li » est une particule mais le mot « Ǧibrīl » n’est pas déclinable, donc on ne dit pas « li- Ǧibrīli » parce qu’il n’est pas un mot arabe, et les mots qui ne sont pas arabes, les règles de l’arabe ne s’appliquent pas à eux. Et le mot « ǧabr » signifie « esclave » dans la langue l’araméenne, la langue que parlaient notre maitre Jésus et ’Ādam. Et « īl » est un des noms de Dieu. Donc le nom « Ǧibrīl » signifie « esclave de Dieu ».

Un des prêtres des yahūd qui s’appelle ibnu Sūriyā avait débattu avec le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a demandé qui lui ramenait la révélation. Notre Prophète lui a répondu que c’était Ǧibrīl. Ce prêtre a répondu par une parole de mécréance : « c’est notre ennemi. Si c’était quelqu’un d’autre qui t’avait ramené la révélation, on aurait cru en toi. Et il a été notre ennemi à plusieurs reprises ».

Alors certes il l’a descendu : il s’agit du Qur’ān. Le fait d’utiliser un pronom de ce qui n’a pas été cité avant est une forme d’amplification, tellement c’est connu que Ǧibrīl a descendu le    Qur’ān. C’est comme si le pronom indiquait par lui-même le Qur’ān sans qu’il n’y ait besoin d’indiquer auparavant de quoi il s’agit. C’est le fait de citer une de ses caractéristiques sans qu’il n’ait été cité auparavant. Et la caractéristique ici est que Ǧibrīl l’a descendu. Tout le monde sait que Ǧibrīl a descendu le Qur’ān. Allāh a fait descendre le Qur’ān par Ǧibrīl

Sur ton cœur : pourquoi mentionner le cœur ici ? Parce que le cœur est là où tu conserves la chose. Ton secret, tu le conserves dans ton cœur. Ce que tu apprends tu le conserves dans ton cœur.

S’ils sont des ennemis pour Ǧibrīl, alors que c’est Ǧibrīl qui l’a fait descendre sur ton cœur : cela veut dire que si un des gens du Livre considère Ǧibrīl comme étant son ennemi, ça n’a pas de sens qu’il le prenne pour ennemi puisqu’il a fait descendre un Livre qui confirme les livres qui l’ont précédé. Ǧibrīl a fait descendre un livre qui est conforme et qui renforce, qui confirme et qui soutient les livres qui l’ont précédé. Donc si eux prétendent être des gens du Livre, ça n’a pas de sens de prendre Ǧibrīl pour ennemi puisque c’est lui-même qui a fait descendre les livres dont ils se réclament. Et c’est lui qui a fait descendre le Qur’ān à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. S’ils étaient objectifs et francs avec eux-mêmes en prétendant suivre un livre, ils auraient aimé Ǧibrīl. Ils auraient remercié Ǧibrīl pour ce qu’il leur a fait, puisqu’il leur a fait descendre ce qui leur est utile et profitable.

Il a été donné une autre explication : que la réponse à cette phrase « celui qui est un ennemi de Ǧibrīl » a été omise. Et c’est « qu’il meure » à cause de sa haine pour Ǧibrīl.

Parce que c’est Ǧibrīl qui a fait descendre la révélation sur ordre de Dieu.

Qui confirme les livres qui ont précédé et qui constitue une annonce de bonne nouvelle pour les croyants.

Ce verset est une réplique aux yahūd parce qu’ils disent que Ǧibrīl vient avec l’ordre de faire la guerre et la rudesse. La réponse est qu’il descend aussi avec ce qui constitue une bonne guidée et une annonce de bonne nouvelle.

Verset 98 : celui qui est un ennemi pour Dieu, pour Ses anges, pour Ses envoyés, pour Ǧibrīl et pour Mīkāʾīl : ces deux anges ont été mentionnés car ils ont un mérite sur les autres anges.

Certes Allāh est un ennemi pour les non croyants. Dieu a considéré ces non croyants comme étant des ennemis en raison de leur mécréance. Cela veut dire que ceux qui prennent les anges pour ennemis sont comme ceux qui prennent les prophètes pour ennemis et cela est de la mécréance. De même l’animosité envers les anges est semblable à l’animosité envers les prophètes. Et celui qui prend les anges pour ennemis, Dieu le prend pour ennemi.

Verset 99 : Nous t’avons fait descendre des versets qui sont clairs, qui indiquent le vrai du faux. Nous avons fait descendre sur Muḥammad la révélation qui indique la vérité.

Et ne mécroient en ces versets que les pervers. Seuls les pervers mécroient en ce que Dieu leur a révélé. Le mot « pervers » ici a un sens large puisqu’il englobe les mécréants, c’est-à-dire ceux qui se rebellent parmi les mécréants. An-Nasafiyy dit qu’ici le mieux est que ce soit une allusion aux gens du Livres ; c’est valable pour tous les mécréants mais en particulier pour les gens du Livre.

Il a été rapporté d’Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’ibnu Sūriyyah ce fameux savant des juifs, qui était mécréant et qui avait débattu avec le Messager, il lui avait dit : « ô messager de Dieu, tu ne nous as pas amené quelque chose que nous reconnaissons et aucun verset ne t’a été révélé pour qu’on te suive ». Il a ainsi manifesté son incrédulité. C’est ainsi que ces versets ont été révélés depuis le début.

Verset 100 : est-ce qu’à chaque fois qu’il leur est demandé de s’engager sur une chose, un groupe d’entre eux refusent. A chaque fois qu’il leur est ordonné de suivre un prophète, ils rejettent cela, un groupe d’entre eux, pas la totalité.

Mais la majorité d’entre eux ne sont pas des croyants. Ils ne croient pas en la Torah.Ils n’ont rien à voir avec la religion. Ce ne sont pas des gens qui se seraient engagés par un engagement à suivre les prophètes puis ils se seraient rétractés. Non, ils ne se sont jamais engagés, mais dès le début, ils se sont rétractés.

Verset 101 : et lorsqu’est venu à eux un messager de la part d’Allāh : il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui a été envoyé aux Arabes et aux non Arabes qui confirme ce qu’ils avaient entre leurs mains : il est venu avec la même croyance qui est dans leur livre d’origine et il s’agit de la Torah, un groupe de ceux qui avaient le Livre l’ont rejeté : une partie des gens du Livre, les yahūd dans ce verset, ont rejeté le livre de Dieu et il s’agit de la Torah. Du fait qu’ils ont mécru au message du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, lui qui confirme le livre qu’ils avaient chez eux et c’est la Torah, ils sont en train de mécroire en la Torah, puisque le Messager les a appelés à la même croyance que celle qui figure dans la Torah. En refusant de croire en le Prophète Muḥammad, ils ont rejeté le Livre de Dieu révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām, même s’ils prétendent le suivre.

Autre explication : le Livre de Dieu serait le Qur’ān

(Ils l’ont rejeté) derrière leur dos : c’est une métaphore pour illustrer le fait qu’ils se soient détournés de lui. Comme quand tu tournes le dos à une chose, tu te détournes d’elle. C’est pour montrer qu’ils n’ont pas prêté attention à cette chose-là.

Comme s’ils ne savaient pas (que c’était le Livre de Dieu).

Verset 102 : et ils ont suivi ce que les démons récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. Cela veut dire que les yahūd se sont détournés des livres de Dieu et se sont plutôt tournés vers les livres de charlatanisme que les charlatans récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. En effet les démons tentaient d’espionner et d’écouter ce que les anges disaient entre eux dans les cieux. Puis ils rajoutaient des mensonges à ce qu’ils avaient entendu et ils transmettaient cela aux devins. Ils avaient inscrit cela dans livres qu’ils lisaient aux gens. Et ceci s’est propagé à l’époque de Sulaymān ʿalayhi s-salām, au point qu’ils osaient dire que les ǧinn connaissaient le ǧayb, les choses cachées. Et ils disaient que cela, c’est la science de Sulaymān et que lui-même pratiquait cela et que ce qu’il avait comme le fait que le vent le transporte où il voulait avait lieu grâce à la sorcellerie. Et nous savons qu’accuser un prophète de commettre un grand péché est de la mécréance.

Mais Sulaymān n’a pas commis de mécréance : ceci constitue un démenti de la prétention des démons qui ont accusé Sulaymān de pratiquer la sorcellerie.

En réalité ce sont les démons, eux, qui ont mécru : ils ont mécru parce qu’ils pratiquaient la sorcellerie et ils se rendaient licites de la pratiquer. Ils l’ont écrite.

Al-Mawardiyy a dit à propos de ce verset qu’il y a deux avis :

1 – Les démons ont mécru parce qu’ils ont attribué la sorcellerie à Sulaymān. Et attribuer un grand péché à un prophète est de la mécréance. Les mécréants disaient de lui qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Et c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pas une pratique de prophète ni de saint. Mais les démons étaient énervés contre notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait donné un secret et par ce secret, les démons lui obéissaient. Malgré leur mécréance, ils étaient à son service. Ils faisaient pour lui de grands travaux. Et celui d’entre eux qui refusait, Dieu faisait que s’abatte sur eux un châtiment dans ce bas-monde. Ils étaient détruits. C’est pour cela qu’ils étaient sous sa domination. Quand notre maitre Sulaymān est mort, ils ont écrit de la sorcellerie et ils l’ont cachée sous son trône. Puis certains parmi eux sont apparus aux gens et leur ont dit : « savez-vous comment Sulaymān gouvernait ? C’est par de la sorcellerie qu’il vous commandait. Creusez et regardez sous son trône, vous allez voir ». Ils ont creusé et ont trouvé cet écrit sur lequel il y avait de la sorcellerie et ils ont cru la parole des démons. Et du fait qu’ils ont accusé un prophète d’un grand péché, ils sont devenus mécréants. Celui qui croit que Sulaymān pratiquait la sorcellerie n’est pas musulman parce que la sorcellerie n’est pas la pratique des prophètes ni des saints. Alors prenez garde de ceux qui prétendent être des spirites et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés, des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance. Parce que si quelqu’un croit que la sorcellerie est licite et que c’est quelque chose de bien, il devient mécréant. La sorcellerie est parmi les grands péchés et se rendre licite un grand péché est de la mécréance.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui est un devin ou celui qui demande à un devin de lui annoncer le futur ou celui qui pratique la sorcellerie ou qui demande à ce qu’on lui fasse de la sorcellerie ».  Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.

Celui qui fait le devin ou qui demande à un devin ou celui qui pratique la sorcellerie ou celui qui demande à ce qu’on lui pratique de la sorcellerie, tous ceux-là sont maudits. Parmi les choses qui sont interdites, il y a le fait de consulter des devins (qui prétendant annoncer le futur) et des voyants (qui prétendent connaître les choses cachées comme connaître ce qui a été volé ou perdu). Et les consulter fait partie des grands péchés.

Ainsi Muslim a rapporté dans son ṣaḥīḥ que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un voyant et l’interroge à propos de quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits ». Il n’aura pas de récompense.

Par ailleurs, Al-Hākim dans al-Mustadrak et Al-Bayhaqī dans ses sounan ont rapporté que le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un devin ou un voyant et qui le croit dans ce qu’il dit, alors il aura mécru en ce qui a été descendu sur Muḥammad ». C’est-à-dire que celui qui a pour croyance que ce devin et ce voyant connaissent les choses cachées, il devient mécréant. Et non pas le cas de celui qui pense que ça peut coïncider avec la réalité et ça peut ne pas coïncider avec la réalité, ce dernier ne devient pas mécréant, mais il aura commis un grand péché en les consultant.

Le devin- al-kāhin – est celui qui prétend informer de ce qui va arriver dans le futur, en se basant dur l’observation des étoiles ou sur des choses qu’ils utilisent comme des preuves comme certains qui ont des amis parmi les djinns et ils s’appuient sur leurs informations pour parler aux gens.

Quant au voyant – al-ʿarāf -c’est celui qui informe à propos des objets volés et ce qui est de cet ordre comme les objets perdus. Celui qui va le consulter, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits, c’est-à-dire qu’il n’aura de récompense ni pour sa prière obligatoire, ni pour sa prière surérogatoire, durant toute cette période, s’il ne fait pas le repentir.

Concernant la sorcellerie, certaines ont lieu en se faisant aider par les démons et d’autres ont lieu autrement. Et il n’est pas permis de répondre à la sorcellerie par la sorcellerie, comme font certains ignorants. Les savants ont dit : « tout comme on ne purifie pas un endroit souillé d’une impureté par une autre impureté ».

Parmi les pratiques des sorcierset leurs paroles malines, c’est qu’ils cherchent l’aide des démons et ils disent des paroles laides et malines afin qu’ils les aident à nuire à cette personne à laquelle ils veulent nuire.

Parmi les actes malins qu’ils pratiquent parfois, ils prennent du sang de menstrues pour le faire boire à une personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils prennent les ongles ou les cheveux afin que la nuisance soit plus forte. Parfois, ils prennent de la terre de la tombe dans cet objectif- là. Parfois les paroles laides qu’ils disent, ils se font aider par des démons qui se trouvent sur terre ou par des astres car ils prétendent que les astres ont des âmes qui pourraient les aider. Il en est de même pour le soleil, ils prétendent qu’il a une âme et ils recherchent son secours. Et tout cela est un mensonge.

Parfois, ils choisissent un temps particulier pour faire leur sorcellerie. Parce que Dieu a fait que certains temps sont plus propices à faire le bien et d’autres à faire le mal. Parmi les sortes de sorcellerie, il y a la sorcellerie de l’emprise ; ils font qu’un ǧinn s’attaque à une personne et celle-ci devient sous son emprise et ce ǧinn rend malade cette personne et parfois, il la tue.

Parmi ce qui est profitable pour se protéger contre la sorcellerie, c’est que la personne récite continuellement les trois musʿawiḏāt trois fois chacune matin et soir.

Et parmi ce qui est profitable pour la protection contre la sorcellerie, il y a ce qu’a rapporté l’imam Mālik dans le muwaṭṭaʾ avec une bonne chaine de transmission, d’après Al-Qa^Qa^ qui rapporte de Kaʿb al-Aḥbār, un compagnon, que Dieu l’agrée ; il était juif puis il est entré en islam. Il a dit : « s’il n’y avait pas des paroles que je dis régulièrement, les yahūd m’auraient transformé en âne ». On lui a dit : « quelles sont ces paroles ? ».

Il a dit : « aʿūḏu bi-wahji l-Lāhi l-ʿAẓīm al-laḏī layça šayʾun aʿẓama minhu wa bi-kalimāti l -Lāhi t-tāmmāti l-latī lā yuǧāwizuhunna barrun wa lā fāǧir wa bi-ʾasmā’i l-Lāhi l-ḥusnā kullihā mā ʿalimtu minhā wa mā lam ʾaʿlam min šarri mā ẖalaqa wa ḏaraʾa wa baraʾ »

C’est-à-dire que Kaʿb al-Aḥbār que Dieu l’agrée, en disant cela, il disait que les yahūd sont parmi les gens qui utilisent le plus la sorcellerie. Et s’il n’avait pas dit cette évocation, ils lui auraient énormément nui. Avant, il était yahūd puis il est entré en islam du temps du califat de ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée. Il avait reçu de son père plusieurs livres qu’il avait scellés, hormis un seul. Son père lui avait dit de lire celui-là. Et son père était parmi les chefs des yahūd. Et il a pris l’engagement de son fils qu’il n’ouvre aucun des livres sous scellé.

Et Kaʿb a dit : « quand l’islam s’est propagé, j’ai ouvert ces livres et j’y ai trouvé la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et comment les prophètes ont annoncé sa venue ». Et c’est à ce moment-là que Kaʿb est devenu musulman.

Cette évocation est utile pour se protéger de la sorcellerie et pour soigner la sorcellerie, même si elle est écrite sur une feuille et accrochée au cou.

Parmi ce qui est également utile pour se délivrer de la sorcellerie, il y a les feuilles de jujubier : on prend sept feuilles fraiches qu’on écrase finement entre deux pierres, puis on les met dans de l’eau puis on récite Āyatu l-kursiyy et les trois muʿawwiḏāt trois fois chacune ou une fois chacune. Ou alors on récite ceci après les avoir broyées et avant de les mettre dans l’eau. Ensuite celui qui est atteint de sorcellerie, en boit trois gorgées et il se lave avec le reste.

Et parmi ce qui est utile aussi, c’est de ramener quarante et une graines de poivre noir et sur chacune de ces graines, on récite sūratu l-ʾiẖlāṣ sept fois puis on les brûle et on encense celui qui est touché par la sorcellerie.

Et parmi les choses qui sont utiles pour dénouer la sorcellerie, il y a la récitation du verset 81 de sūrat Yūnus « falammā ʾalqaw qāla Mūsā mā ǧiʾtum bihi s-siḥru inna l-Lāha sayubṭiluh inna l-Lāha lā yuṣliḥu ʿamala l-mufsidīn – » 25 fois.

Et aussi la récitation de la fātiḥah 7 fois, Āyatu l-kursiyy 7 fois, sūratu l-ʾIẖlāṣ 11 fois, sūratu n-nās 11 fois et sūratu l-falaq 11 fois : on récite tout cela sur de l’eau et celui est ensorcelé boit cette eau.

Ils enseignaient aux gens la sorcellerie : les démons au temps de Sulaymān ʿalayhi s-salām enseignaient la sorcellerie. Leur objectif était d’égarer les gens et leur nuire.

Et ce qui a été descendu aux deux anges : il s’agit de Hārūt et Mārūt.

Ils (les démons) leur enseignent (aux gens) ce qui a été descendu aux deux anges. Ou bien ils récitent ce qui a été descendu, c’est-à-dire la science de la sorcellerie. Et c’est une épreuve de la part de Dieu aux gens. Celui qui aura appris la sorcellerie (telle qu’elle a été descendue aux deux anges) et qui l’applique, il devient mécréant s’il réfute, par cette sorcellerie, ce qui est une des conditions de la foi, c’est-à-dire s’il contredit l’islam. Et celui qui évite cette sorcellerie ou bien celui qui l’apprend mais non pas pour l’appliquer mais afin de l’éviter, pour connaitre que ceci est une sorcellerie qu’il ne faut donc pas faire, ou pour ne pas être trompé (pour savoir faire la différence entre la sorcellerie et autre chose), lui restera croyant.

Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « dire que la sorcellerie est dans l’absolu une mécréance, est une erreur. Mais il faut analyser quelle est, au préalable, la raison de cette sorcellerie. S’il y a dans cette sorcellerie particulière, une réfutation de ce qui est une condition indispensable de la foi, alors c’est une mécréance. Par contre, si dans cette sorcellerie particulière, il n’y a pas de réfutation de ce qui est une condition nécessaire à la foi, alors ce n’est pas une mécréance ».

Par ailleurs, dans le cas où la sorcellerie est une mécréance, alors celui qui est de sexe masculin qui la pratique, il sera exécuté mais pas les personnes de sexe féminin. Quant à la sorcellerie qui n’est pas une mécréance mais qui revient à faire mourir une personne, alors le jugement de faire pratiquer une telle sorcellerie est le même jugement que celui d’un brigand qui va barrer la route aux gens. Et dans ce cas-là, la peine légale est la même, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.

Par contre si un sorcier a fait le repentir de son acte, son repentir sera accepté. Et celui qui prétend que le repentir du sorcier ne sera pas accepté, il aura commis une erreur. La preuve est que le repentir des sorciers de pharaon a été accepté.

Et il a été dit que « unzila » ici n’est pas quelque chose qui a été descendu mais que ça a été projeté dans le cœur des gens comment faire la sorcellerie tout en recevant l’interdiction de la pratiquer.

Mise en garde contre un récit qui est faux : quant à ce qui a été dit qu’il s’agit de deux anges que les anges avaient élus pour qu’ils aient en eux le désir comme les humains, lorsque les humains ont dit aux anges : « vous n’avez pas le désir ». Ils étaient sur terre la journée et la nuit, ils montaient au ciel et ils étaient tombés amoureux de Zahra et elle les a amenés à boire de l’alcool et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, puis qu’un humain les aurait vu puis qu’ils l’auraient assassiné, qu’ils auraient choisi d’être torturés dans le bas monde plutôt que dans l’au-delà et qu’ils sont maintenant en train d’être torturés tête vers le bas dans un puits à Babel. Tout cela est faux.

Pourquoi Babel a -telle été appelée ainsi ? En raison du tabalbul et c’est le chant d’un oiseau qui chante à plusieurs voix et c’est une analogie parce que les humains se seraient installés à Babel et chacun d’entre eux s’était mis à parler avec une langue différente des autres.

Quant à Hārūt et Mārūt, ils font partie des anges, ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne et ils font absolument tout ce que Dieu leur ordonne de faire.

Ce que certains rapportent d’eux, qu’ils auraient bu de l’alcool et qu’ils auraient tué l’enfant qu’une femme portait dans ses bras et qu’ils auraient commis la fornication avec cette femme, tout cela n’est pas vrai.

Quant à ce que disent beaucoup d’exégètes de ahlu s-sunnah à propos du récit de Hārūt et Mārūt, ils prétendent que ces deux anges seraient exceptés de la préservation des prophètes et que Zahra était une femme avec laquelle ils auraient essayé de faire la fornication mais qu’elle aurait refusé sauf s’ils lui enseignaient le nom éminent de Dieu, celui par lequel, lorsqu’il est invoqué, Il exauce. Puis qu’ils lui auraient enseigné ce nom et qu’elle serait devenue une planète dans le ciel, tout cela est mensonge. Cela est une hérésie fomentée par les descendants d’ Isrāʾīl .

Autre histoire mensongère : ils auraient vu une femme, auraient eu la tentation en eux de commettre la fornication avec elle. Elle aurait dit qu’elle n’accepterait que s’ils attribuaient un associé à Dieu, ils auraient refusé. Elle leur aurait alors fait boire de l’alcool, ils en auraient bu et auraient été ivres puis ils auraient tué un enfant et se seraient prosternés pour une idole. Tout cela n’est que mensonge et mythe.

Toute personne à qui les deux anges enseignaient la sorcellerie, ils lui disaient pour l’avertir, nous sommes une épreuve de la part de Dieu et ils lui disaient « ne commets pas la mécréance » : c’est-à-dire en apprenant et en pratiquant cette sorcellerie de manière à ce que ce soit une mécréance.

Et ils apprennent d’eux : les deux anges apprennent aux gens la sorcellerie et les gens enseignent entre eux la sorcellerie et la mécréance que les deux anges leur auraient indiquée et ce qui est visé par l’enseignement des anges, c’est que les gens fassent la différence entre ce qui est de la sorcellerie et ce qui n’est pas de la sorcellerie.

Ce qui leur permet de séparer entre un homme et son épouse. C’est-à-dire de la sorcellerie qui est une cause pour la séparation entre deux époux. Suite à la pratique de cette sorcellerie, Dieu crée la répulsion et la divergence et c’est une épreuve de la part de Dieu.

La sorcellerie est une réalité selon Ahlou s-sounnah, que Dieu fasse qu’ils soient encore plus nombreux. Tandis que les moutazilites considèrent que ce sont des illusions et des duperies.

Et les gens, malgré cela, ne pourront nuire par cette sorcellerie, personne, si ce n’est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire que tout ce qui arrive par la volonté de Dieu. Ici, c’est par la volonté de Dieu que la sorcellerie nuit. Et il y a dans cette phrase une réfutation de la voie des moutazilites parce qu’ils prétendent que les désobéissances n’ont pas lieu par la volonté de Dieu mais qu’elles ont lieu uniquement par la volonté des esclaves. Ce verset est explicite pour réfuter leur prétention.

Et ils apprennent de la sorcellerie ce qui va leur nuire et ne va pas leur profiter, c’est-à-dire dans l’au-delà. Il y a ici une preuve que c’est un devoir d’éviter l’apprentissage de la sorcellerie, comme l’apprentissage de la philosophie qui entraine à l’égarement, et également l’apprentissage qui permet de deviner les choses cachées. On apprend de ce verset que Hārūt et Mārūt sont deux anges auxquels Dieu a donné l’ordre de descendre sur terre et d’enseigner aux gens la sorcellerie, non pas pour que les gens la pratiquent mais pour qu’ils connaissent sa réalité. Les deux anges ont donc enseigné aux gens la sorcellerie et ils les mettaient en même temps en garde contre le fait de la pratiquer. Les deux anges disaient aux gens : « nous sommes une épreuve de la part de Dieu. Nous vous enseignons la sorcellerie mais ne commettez pas la mécréance ». Ils leur enseignaient comme sorte de sorcellerie ce qui permet de séparer entre deux personnes qui s’aiment. Par ailleurs les gens qui avaient appris auprès des deux anges la sorcellerie, certains d’entre eux ne l’ont pas appliquée et d’autres l’ont appliquée et ils ont ainsi désobéi à leur seigneur.

Et il y a parmi la sorcellerie autre que ce que Hārūt et Mārūt ont enseigné aux humains. Les démons mécréants pratiquaient la sorcellerie et l’enseignaient. Et parmi les sortes de sorcellerie qu’ils enseignaient, il y en a qui sont de la mécréance comme le fait d’adorer le soleil. Il y a même des cas où le démon posait comme condition à la personne pour l’aider, que la personne urine sur le muṣḥaf parce que la mécréance se produit ainsi.

Également parmi les duperies que les démons utilisent pour propager la pratique de la sorcellerie, c’est qu’ils mélangent certains versets du Qour’aan avec de la sorcellerie, afin de faire croire aux gens que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie. Or le Qur’ān est contraire à la sorcellerie. Par le Qur’ān, on arrive à libérer de la sorcellerie. Mais ces gens-là mélangent le Qur’ān à la sorcellerie. Ils mettent des paroles malignes que les démons aiment, sur une feuille puis ils écrivent à côté de ces paroles malignes certains versets du Qur’ān, de sorte que les ignorants parmi les humains vont croire que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie et c’est ainsi que les démons égarent les gens. Si quelqu’un voit de la sorcellerie écrite avec à côté de cela des versets du Qur’ān, qu’il sache que le Qur’ān n’intervient pas dans la sorcellerie, mais que ce sont les démons qui ont fait cela, pour les amener à croire que le Qur’ān est de la sorcellerie.

Notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām, les mécréants disaient qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Or c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pratiquée ni par les prophètes ni par les saints. Mais les démons étaient exaspérés contre notre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait accordé un secret de sorte que les démons lui obéissaient, bien qu’ils fussent mécréants. Ils étaient à son service et accomplissaient des travaux très difficiles. Celui d’entre eux qui désobéissait à notre maitre Sulaymān, Dieu faisait que s’abattait sur lui un châtiment dans ce bas-monde ; ainsi ils étaient dominés par notre maitre Sulaymān.

Quand il décéda, les démons ont écrit de la sorcellerie et l’ont placée sous son trône. Puis ils sont allés voir des gens et leur ont dit : « saviez-vous comment Sulaymān vous gouvernait ? Il vous gouvernait par la sorcellerie. Allez creuser sous son trône et vous verrez ». Ils sont partis creuser sous le trône de Sulaymān et ils ont trouvé cet écrit dans lequel il y avait la sorcellerie et certains ont cru que cet écrit était celui de Sulaymān : ceux qui ont cru cela sont devenus mécréants. Ceux qui ont cru ce que les démons ont dit sont devenus mécréants, parce que la sorcellerie n’est l’œuvre ni des prophètes ni des saints. Que l’on prenne garde contre ceux qui se présentent spirites ou devins !!! Méfiez-vous d’eux et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés et des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance parce que la personne, si elle croit que la sorcellerie est une bonne chose et que c’est licite, elle devient mécréante. La sorcellerie compte parmi les grands péchés et se rendre licite la sorcellerie est une mécréance.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui a été un devin ou qui a demandé à un devin certaines choses ou qui a fait de la sorcellerie ou qui a demandé à ce qu’on fasse de la sorcellerie pour lui ». Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.

La sorcellerie a lieu soit avec l’aide des démons soit sans leur aide. Il n’est pas permis d’utiliser la sorcellerie pour soigner ou pour se défaire d’une sorcellerie, comme le font certains ignorants.

Parmi les pratiques de sorcellerie et leurs paroles malignes, il y a qu’ils demandent le secours des démons pour nuire à telle personne et ils disent des paroles laides qui comportent une glorification du šayṭān pour qu’il les aide à nuire à cette personne.

Parmi les actes malins qu’ils font, c’est qu’ils prennent du sang de menstrues qu’ils font boire à la personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils utilisent les ongles ou une touffe de cheveux pour que la nuisance soit encore plus forte.

Parfois ils prélèvent de la terre de la tombe de la personne dans cet objectif-là.

Et parfois ils se font aider par des démons terrestres et parfois par des planètes parce que selon leur prétention, les planètes auraient des âmes qui pourraient les aider tout comme le soleil. Et bien sûr ils mentent en disant cela.

Et parfois ils utilisent des temps particuliers pour pratiquer la sorcellerie parce que Dieu a accordé à des moments de la journée et à certains mois des spécificités, soit pour faire du bien soit pour faire du mal.

Parmi les sorcelleries, il y a la sorcellerie de l’emprise c’est-à-dire qu’ils orientent un ǧinn sur une personne, il va avoir une emprise sur cette personne, il va la faire tomber malade, il peut même aller jusqu’à la tuer.

Parmi les choses qui sont bénéfiques et profitables pour se préserver contre la sorcellerie, il y a que la personne persévère chaque matin et chaque soir à réciter les muʿawwiḏāt trois fois chacune.

Pour en revenir à Hārūt et Mārūt, ce sont deux anges parmi les anges et comme tous les anges, ils ne désobéissent pas aux ordres que Dieu leur donne et ils font absolument ce qu’ils ont reçu l’ordre de faire. Et ceux qui prétendent qu’ils auraient bu du vin et qu’ils auraient tué un enfant qui était porté par une femme et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, tout cela est faux.

Et ils ont su c’est-à-dire les yahūd que celui qui a préféré ce que font les démonsau lieu de suivre le livre de Dieu, n’aura pas dans l’au-delà de part, il sera perdant.

Et quel mauvais commerce ils ont fait, ils ont vendu leur âme.

law kānū yaʿmalūn. Il a nié la connaissance à leur sujet c’est-à-dire qu’ils sont ignorants. Alors qu’auparavant, il a dit qu’ils savaient parfaitement. C’est-à-dire que s’ils avaient œuvré conformément à leurs connaissances, alors ils auraient été sauvés. Mais comme ils n’ont pas œuvré conformément à ce qu’ils avaient su, c’est comme s’ils n’avaient pas su.

Verset 103 : et s’ils avaient été croyants au Messager de Dieu, au Qur’ān et s’ils avaient fait preuve de piété à l’égard de Dieu et s’ils avaient délaissé leur conduite qui consiste à rejeter le Livre de Dieu et à suivre les livres des démons

Ils auraient eu la récompense de la part de Dieu et cette récompense de la part de Dieu est mieux pour eux, ils le savent. Cela signifie que la récompense de la part de Dieu vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Et ils le savent. Mais il les a considérés ignorants parce qu’ils n’avaient pas œuvré conformément à leurs connaissances. Et la construction grammaticale ici est une phrase nominale et non pas une phrase verbale en guise de réponse à la condition « law » parce que c’est plus fort pour indiquer la preuve de la confirmation de la récompense. Il y a une subtilité dans la construction de la phrase pour dire qu’un peu de récompense de la part de Dieu valait mieux pour eux.

Et il y a eu une autre explication qui a une chaine de transmission plus faible : il a été dit que « law » ici signifie que cela aurait mieux pour eux. C’est-à-dire « si seulement ils avaient été croyants, il y aurait une récompense de la part de Dieu ».

Verset 104 : ô vous qui êtes croyants, ne dites pas « rāʿinā » et dites « unẓurnā »

Les musulmans disaient au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’il leur enseignait, ils lui disaient « rāʿinā, ô messager de Dieu », c’est-à-dire « surveille-nous et attends-nous pour que nous puissions bien comprendre et mémoriser ce que tu nous enseignes ». Et les yahūd avaient une phrase d’insulte, en hébreu ou en araméen qui était « rāʿinā » qui ressemble à la phrase en arabe que les musulmans disaient mais le sens était différent. Comme ils ont entendu que les croyants disaient «« rāʿinā » dans le sens « attends que nous puissions assimiler ce que tu nous dis », eux, ils ont saisi cette occasion pour s’adresser au Prophète avec la même phrase mais eux, ils visaient le sens de l’insulte. C’est pour cela qu’il a été défendu aux croyants d’utiliser ce terme-là dorénavant et ils ont reçu l’ordre de dire « unẓurnā » qui signifie « attends-nous ».

Et écoutez bien :c’est-à-dire soyez attentifs lorsque le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam vous parle et qu’il vous enseigne des questions religieuses. Ayez des oreilles attentives et votre cœur présent afin que vous n’ayez pas besoin de vous préparer et de demander à ce qu’il vous attende.

Une autre explication : écoutez à la manière de celui qui accepte et qui va obéir. Ne soyez pas de ceux qui écoutent comme les yahouud qui disent « nous avons entendu mais nous désobéissons ».

Et les mécréants c’est-à-dire les yahūd, ceux qui ont insulté le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam auront un châtiment douloureux.

Verset 105 : ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui ont prétendu suivre un livre et les associateurs ne souhaitent pas qu’il vous soit révélé de la part de votre Seigneur un quelconque bien. Et le bien ici c’est la révélation au Prophète Muḥammad et c’est également la miséricorde.

Et Allāh accorde Sa miséricorde à qui Il veut. Ils considèrent qu’ils sont prioritaires sur vous pour recevoir la révélation. Et par conséquent ils vous envient et ils n’aiment pas qu’il vous soit descendu quoi que ce soit de révélation. Mais Allāh accorde spécifiquement le repentir à qui Il veut.

Et Allāh est Celui Qui a la grâce et l’éloge et le mérite éminent. Cela est une preuve que le fait d’accorder le statut de prophète est une grâce éminente. Et comme ils ont considéré que l’abrogation est impossible, ils l’ont dénigrée et ont dit à leurs compagnons : « regardez comment Muḥammad ordonne à ses compagnons aujourd’hui une chose et le lendemain, il la leur interdit ». C’est ainsi qu’ont été révélés les versets 106 à 110.

Verset 106 : tout verset que Nous abrogeons. An-nasẖ, l’abrogation. Dans la langue arabe, cela signifie « baddala », « changer ». Et dans la Loi de l’Islam, c’est l’indication de la fin de l’application d’un jugement. C’est un changement pour nous mais au sujet de Dieu ce n’est pas un changement, mais c’est une indication pour nous. Dieu nous indique que tel jugement n’est plus appliqué mais qu’il est remplacé par un autre. Donc l’abrogation n’implique pas un changement au sujet de Dieu parce que le changement est la preuve de l’entrée en existence et Dieu et Dieu est exempt du début. Dans cette définition citée, il y a en cela une réplique aux yahūd qui, eux, ont prétendu que l’abrogation implique le changement. Selon eux, il est impossible qu’il y ait une abrogation dans une loi.

Il y a plusieurs cas possibles d’abrogation.

1/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un ḥadīṯ.

2/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un verset du Qur’ān

3/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un autre verset.

4/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un autre ḥadīṯ.

5/ Il est possible qu’il y ait abrogation d’une récitation. Un verset avait été révélé puis le Prophète indique qu’il n’en fait plus partie donc il n’est plus récité.

6/ Il est possible qu’il y ait abrogation du jugement mais pas de la récitation. On récite toujours le verset mais son jugement a été abrogé.

7/ Il est possible qu’il y ait abrogation de la récitation mais pas du jugement. On ne récite plus le verset mais le jugement reste applicable.

Ou que nous faisons oublier : il y a deux explications possibles.

1/ « aw nunsihā » : que les gens l’oublient en faisant enlever son souvenir des cœurs. Quelqu’un peut apprendre une sourate et il l’oublie.

2/ Ou alors selon une autre manière de réciter « nansahā », récitation mecquoise de Makkī makiyy et de ʿAmr qui signifie « Nous la décalons dans le temps » avec le verbe « nasa’a » c’est-à-dire retarder.

Donc selon la manière de réciter, il y a un sens différent.

Nous en amenons un qui est meilleur. C’est-à-dire un verset qui est meilleur pour les esclaves, c’est-à-dire qu’en l’appliquant les gens gagnent plus de récompenses.

Ou qui est semblable. Dans le sens qu’il n’y a pas de mérite de certains versets sur d’autres. Lorsque nous étudions la parole de Dieu qui est propre à Son Etre, dans le sens que cette parole est une parole unique, on ne dit pas que dans la parole de Dieu, il y a ce qui est meilleur que l’autre. Parce que la parole de Dieu est unique dans le sens qu’elle n’est pas composée de parties. Mais pour ce qui est du terme qui est révélé, dans certains versets il y a un ordre qui allège et dans d’autres il y a un ordre qui est plus contraignant. C’est dans ce sens qu’on parle de « meilleur » : soit il y a un allégement soit une contrainte dans l’ordre.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit à propos de Āyatu l-kursiyy, ce qui signifie : « elle est la maitresse des versets du Qur’ān ». Cela signifie que Āyatu l-kursiyy est le meilleur verset du Qur’ān. La parole de Dieu en parlant de l’attribut de Dieu qui est de toute éternité, on ne dit pas qu’une parole est meilleure qu’une autre, parce que l’attribut de la parole de Dieu n’est pas composé de parties. Mais pour ce qui est des termes et des lettres qui sont révélés, nous disons que certains sont meilleurs que d’autres comme le verset Āyatu l-kursiyy.

Ne sais-tu pas que Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant pour le bien et pour autre que cela.

Verset 107 : ne sais-tu pas que Dieu a la souveraineté des cieux et de la terre. Tout ce qui vous concerne appartient à Dieu. C’est Dieu Qui prédestine tout ce qui vous arrive. Et Dieu sait plus que tout autre par quoi Il vous asservit, en l’occurrence ce par quoi Il abroge et ce qui est abrogé.

Vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous prédestine les choses et vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous soutienne et Qui vous protège du châtiment si Dieu veut vous châtier.

Verset 108 : ou alors voulez-vous demander à votre messager tout comme il a été demandé à Mūsā certaines choses. Il a été rapporté que les gens de qurayš ont dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām « ô Muḥammad, transforme-nous la montagne de aṣ-ṣafā en or et fais que La Mecque soit plus étendue ». Il leur a été interdit de demander à avoir des miracles, tout comme le peuple de Mūsā lui a demandé certaines choses, dont certaines qui sont de la mécréance, comme quand ils lui ont dit de leur accorder un dieu quand ils se sont mis à adorer le veau.

Et celui qui délaisse la foi et suit la mécréance c’est-à-dire celui qui délaisse la confiance en les versets qui ont été descendus, qui doute à propos de ces versets et qui en demande d’autres, il se sera égaré, il aura perdu son chemin.

Verset 109 : beaucoup de gens du Livre espèrent vous rendre mécréants après votre foi : ils espèrent que vous commettiez une apostasie. Ce verset a été révélé après la bataille de Uḥud. Certains musulmans n’avaient pas appliqué les consignes du Prophète qui leur avait dit de ne pas abandonner une position ; il avait placé des archers pour assurer les arrières des musulmans. Ces archers ont vu que les musulmans semblaient gagner la bataille, alors ils ont abandonné leurs positions, sauf quelques-uns, puis ils ont été attaqués par l’arrière et ils ont été défaits. On dit que ce sont ceux qui n’ont pas appliqué les consignes du Prophète qui ont été défaits, on ne dit pas que le Prophète a été défait.

Ce verset a été révélé lorsque les yahūd ont dit aux musulmans, après la bataille de Uḥud : « vous voyez ce qui vous est arrivé, si vous étiez sur la vérité, vous n’auriez pas perdu. Revenez à notre religion, c’est mieux pour vous ».

Les versets sont « as-bābu n-nuzūl », c’est-à-dire les conditions dans lesquelles tel verset a été révélé. La bonne compréhension des versets nécessite de connaitre les causes pour lesquelles ils ont été révélés.

Par jalousie et envie. Celui qui est jaloux et envieux est malheureux et triste du bien que les autres ont. Les savants ont dit que celui qui est envieux, en réalité, il se nuit à lui-même, car son cœur se ronge de malheur parce que les autres ont du bien.

De leur part : Ils ont souhaité vous rendre mécréants suite à un souhait de leur propre passion, qui émane d’eux-mêmes. Ce n’est pas un souhait qui est motivé par la religion. Par exemple, si tu souhaites que le mois de ramaḍān ait trente jours et pas vingt-neuf pour avoir plus de récompenses, il s’agit d’un souhait qui a une origine religieuse.

Après qu’il leur soit avéré que vous êtes sur la vérité. Ils souhaitent que le bien que vous avez vous soit ôté et il s’agit de l’islam. Alors qu’ils savent au fond d’eux-mêmes que Muḥammad et ses compagnons sont sur la vérité.

Excusez et pardonnez : c’est-à-dire « empruntez le chemin du pardon » c’est-à-dire de ce qui peut provenir d’eux comme ignorance et animosité

Jusqu’à ce que Dieu vous donne l’ordre : c’est-à-dire du combat.

Certes Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant à leur faire parvenir le châtiment.

Verset 110 : accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat et tout ce que vous faites comme bien pour vous-mêmes : c’est-à-dire comme bonne action

Vous en trouverez la récompense que Dieu vous conservera. Tout ce que vous faites comme bien, Dieu vous en donnera la récompense.

Certes Allāh sait parfaitement ce que vous faites. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’œuvre de la part de quelqu’un qui œuvre qui ne sera pas récompensée. Allāh taʿālā vous donnera la récompense. Dieu dit ce qui signifie : « celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».

Verset 111 : ils ont dit que n’entrera au paradis que quelqu’un qui est yahūdī ou naṣrānī. C’est-à-dire que les gens du Livre ont dit, c’est-à-dire les yahūd et les   nasārāʾ : les yahouud ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est   nasārāʾ. Dans ce verset, les deux ont été cités en même temps, parce que celui qui entend cette phrase, il saura que chaque parole est dite par celui de ce clan-là, c’est-à-dire que les yahūd ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est   naṣrānī. Chacun dit que ceux qui sont dans son propre clan entrera au paradis et il n’y a pas de confusion possible car on sait qu’il y a une animosité entre les deux et que chacun de deux groupes déclare l’autre égaré. Il y a un autre verset dans lequel les yahūd ont dit que les   nasārāʾ sont dans l’erreur et les   nasārāʾ disent que les yahūd sont dans l’égarement.

Ce sont là leurs souhaits. C’est-à-dire les trois souhaits précédemment cités : d’abord ils ont souhaité qu’il n’y ait pas de bien qui soit révélé pour les croyants de la part de leur Seigneur. Puis ils ont souhaité que les croyants deviennent mécréants. Puis ils ont souhaité que n’entre pas au paradis autre qu’eux.

Dis : donnez donc votre preuve. C’est-à-dire : donnez votre preuve que vous serez les seuls à entrer au paradis.

Si vous êtes véridiques. Dans votre prétention qu’il n’y aura que vous qui entrerez au paradis.

Verset 112 : ah que oui. C’est une confirmation de ce qu’ils ont nié. C’est pour confirmer qu’il y aura autre qu’eux qui entreront au paradis. Et c’est une réfutation de leur prétention.

Celui qui s’est soumis totalement à Dieu. C’est-à-dire celui qui adore Dieu uniquement et ne Lui attribue aucun associé.

Wa huwa muḥsin : il y a deux explications.

1/ Et qui croit au Qur’ān

2/ ibnu l-Ǧawziyy a donné une autre explication. Il a dit : et il agit en bien c’est-à-dire qu’il accomplit de bonnes œuvres.

Il aura la récompense de la part de son Seigneur. C’est-à-dire qu’il aura la rétribution de la part de son Seigneur. Az-Zaǧǧāǧ a dit : il est visé par-là l’entrée au paradis.

Il n’y a pas de crainte à leur sujet et ils n’ont pas à être attristés.

Verset 113 : et les yahūd ont dit : les nasārā ne se basent pas sur quelque chose de fiable : les nasārāʾ sont dans l’erreur et les nasārā ont dit que les yahūd ne s’appuient pas sur quelque chose de fiable. Les deux camps s’accusent d’égarement.

Alors qu’ils récitent le Livre : ici il s’agit de la Torah et de l’Evangile (authentiques). Ils sont normalement des gens de science et de récitation du Livre. Et celui qui porte la Torah et l’Evangile et qui croit en ces livres, normalement, il ne mécroit pas au reste parce que chacun des deux livres confirme ce que contient l’autre. Donc celui qui croit en la Torah, normalement, croit en l’Evangile et celui qui croit en l’Evangile, normalement, il croit en la Torah.

Et de même, la même parole a été dite par ceux qui n’ont pas de science : c’est -à-dire par ceux qui n’ont pas de livre, comme les idolâtres, comme les athées, qui ont dit chacune des deux religions est dans l’erreur.

Et cette dernière partie du verset 113 est un grand blâme pour les nasārā parce que, par leur parole (qu’ils ont certaines connaissances), ils se sont placés au même niveau que ceux qui n’ont pas de connaissance (ceux qui n’ont pas de Livre). Ils se réclament d’un livre et malgré cela, ils disent la même chose que ceux qui suivent leurs passions et qui sont complètement égarés.

Allāh juge entre eux au jour du jugement à propos de ce en quoi ils divergeaient. Allāh fait apparaitre la vérité. C’est-à-dire que Dieu punira chacun des deux au jour du jugement, par la juste punition qu’ils méritent.

Verset 114 : qui donc est plus injuste que ceux qui empêchent d’accéder aux mosquées et d’y évoquer le nom de Dieu. C’est une grande injustice. La raison de la révélation de ce verset est que les nasārā ont mis des saletés dans la mosquée de Jérusalem et ils ont empêché les gens d’y faire la prière. Ou alors, une autre raison est que les associateurs de La Mecque avaient empêché le Messager de Dieu de parvenir à la mosquée Al-Haram à La Mecque lorsque le Prophète voulait faire une ʿumrah.

Dans ce verset, le mot mosquée est employé au pluriel « masāǧid », alors que l’empêchement concernait une seule mosquée, soit la mosquée de Jérusalem, soit la mosquée Al-Haram selon l’explication. C’est une règle : le jugement est parvenu général, même si la cause est particulière. On retrouve cela dans d’autres versets : il se peut que la révélation d’un jugement soit pour une raison bien particulière mais que le jugement soit général. Comme lorsque le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a demandé à ce qu’on soutienne les gens qui étaient miséreux. Alors quelqu’un a ramené un peu de nourriture et un autre a suivi et ainsi de suite. Alors le Prophète a dit ce qui signifie : « celui qui instaure en islam une bonne tradition, il en aura les récompenses ». Ici la parole est générale, elle concerne l’islam, il n’a pas dit : celui qui fait une collecte pour des pauvres ». Ça arrive que le texte soit général alors que l’événement est bien particulier. Comme dans le Qur’ān, ce qui signifie « malheur à tout houmazah » ici le terme est général alors que le verset a été descendu à propos de quelqu’un en particulier qui s’appelle Aḥnas ibnu Šurayq.

Et qui œuvre pour les détruire.

Ceux-là. C’est-à-dire ceux qui œuvrent pour les détruire

N’avaient pas à entrer dans les mosquées autrement qu’apeurés. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas à entrer dans les mosquées autre que dans un état de crainte des croyants qu’ils ne les attaquent. A plus forte raison, ils n’ont pas à s’emparer des mosquées et à empêcher les croyants d’y accéder. Telle est la vérité n’eut été l’injustice des mécréants. Il a été rapporté que n’entrait à Jérusalem aucun nasārā sauf s’il était déguisé, par crainte d’être tué. Ceci avait lieu avant les compagnons, lorsque les yahūd s’étaient emparés de la mosquée de Jérusalem. Donc c’était avant la mission de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Puis lorsque les nasārā ne pouvaient pas entrer dans la mosquée de Jérusalem au grand jour, Nabuchodonosor a détruit Jérusalem. Puis les yahūd sont revenus et il y avait quelques nasārā avec eux. Puis notre maitre ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée est allé au pays de aš-šām et il a fait un pacte d’armistice avec les nasārā de Jérusalem, en contrepartie d’une ǧizyah (sorte de dime qui est payée par les gens du Livre au sultan des musulmans). Puis Jérusalem est restée aux mains des musulmans jusqu’au quatrième siècle de l’hégire. Puis les croisés sont entrés à Jérusalem puis Ṣalāḥu d-Dīn les en a fait sortir.

Et Qatādah a dit qu’à l’époque où les yahūd s’étaient emparés de Jérusalem, il n’y avait pas un seul nasārā là-bas car dès qu’ils en voyaient un, ils le frappaient. Et le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a lancé un appel qui signifie qu’après cette année-là, aucun associateur ne fasse le pèlerinage. Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim.

Aucun mécréant n’entre à La Mecque ni à Médine. Il a été dit que c’est une interdiction de leur permettre d’entrer.

Ils auront une humiliation dans le bas monde et ils auront dans l’au-delà un châtiment terrible, c’est-à-dire le feu de l’enfer.

Verset 115 : à Allāh appartient le levant et le couchant. C’est-à-dire que ce soit à l’est ou à l’ouest, tout cela appartient à Dieu. Il est Celui à Qui tout cela appartient et Celui Qui gère tout cela. Il n’y a pas une chose qui a lieu sans que ce soit par Sa volonté subḥānahu wa taʿālā.

Où que vous vous dirigiez. C’est-à-dire où que vous vous dirigiez, dans n’importe quel endroit vers lequel vous vous orientez c’est-à-dire vous orientez vos faces pour votre prière, preuve en est la parole de Dieu « šaṭrahu », il y a dans cette direction que vous avez prise, une direction que Dieu agrée.

Il y a une direction que Dieu a ordonnée d’avoir et que Dieu agrée. C’est-à-dire que si on vous empêche de faire la prière dans la mosquée al-Haraam ou dans la mosquée de Jérusalem, toute la terre pour vous est un lieu de prière. Vous pouvez faire la prière partout. Où que vous vous dirigiez, la prière est valable. Il est parvenu dans l’exégèse de   Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās, l’explication du mot « waǧh » non pas par face mais par « qiblah » c’est-à-dire la direction agréée pour la prière surérogatoire sur une monture pendant le voyage.

Où que vous vous trouviez il y a « waǧhu l-Lāh », cela veut dire « où que vous orientez vos visages pendant la prière surérogatoire en voyage », c’est une qiblah que Dieu agrée. C’est-à-dire que c’est une direction que Dieu agrée pour votre prière.

Le jugement de celui qui croit que Dieu a des organes, c’est qu’il est déclaré mécréant.

« Faṯamma waǧhu l-Lāh », signifie que le voyageur, lorsqu’il est sur sa monture (un cheval ou une ânesse ou autre que cela), il peut faire une prière surérogatoire. Mais l’avion n’est pas concerné par cela, excepté le pilote de l’avion, il est considéré comme celui qui est sur une monture. Également concernant le pilote, si le temps devient court pour lui, et qu’il veut faire la prière obligatoire et qu’il ne trouve pas d’endroit pour faire la prière sur le sol, alors dans ce cas, il lui est permis de faire la prière alors qu’il est assis et qu’il est assis dans la direction dans laquelle il dirige l’avion.

Le sens apparent de ce verset est que Dieu serait sur terre, de sorte que si quelqu’un fait la prière vers l’est ou l’ouest ou vers le sud ou le nord, il se dirigerait vers Dieu et que Dieu serait là tout autour de l’horizon, de sorte que n’importe quelle personne qui fait la prière surérogatoire se dirigerait vers l’Etre de Dieu !! Or le sens apparent de ce verset contredit la croyance des wahabites qui disent que Dieu est situé au-dessus du Trône. Ce verset détruit toutes leurs illusions, tout ce que leurs imaginations ont construit.

Alors que nous, les gens de ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, par la réussite que Dieu nous accorde, nous avons été bien guidés pour donner un sens correct, valide, qui concilie les textes. C’est Allāh Qui nous a accordé la réussite par Sa miséricorde et Sa grâce, de concilier entre les versets et les ḥadīṯ. Nous disons que ce verset « fa’aynamā tuwallū faṯamma waǧhu l-Lāh » « où que vous vous dirigiez, il y a waǧhu l-Lāh », nous ne lui donnons pas le sens apparent, mais nous l’interprétons par un autre sens que le sens apparent.

Certes Allaah est Celui Qui est extrêmement miséricordieux. Il accorde l’élargissement de la subsistance à Ses esclaves et Il est Celui Qui sait ce qui est de leur intérêt. Et le fils de ʿUmar que Dieu les agrée tous les deux, a dit la même chose que ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās, c’est-à-dire que ce verset est réservé au voyageur sur sa monture, où que sa monture se dirige.

Et il a été dit que des gens n’ont pas su où se trouvait la qiblah (ils étaient dans un endroit, la nuit) et chacun a prié dans une direction, ils pensaient que c’était la bonne direction. Au matin, ils se sont rendus compte de leur erreur et ils ont été excusés. Et ceci est un argument contre l’avis de Aš-šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, concernant celui qui tourne le dos à la qiblah.

Et il a été dit qu’il ne s’agit pas de prière ici, mais il s’agit d’invocation et d’évocation. C’est-à-dire qu’où que vous vous tourniez pour invoquer ou évoquer Dieu, cela est valide.

Verset 116 : et ils disent que Allāh S’est donné un fils. Ceux qui disent que Jésus est le fils de Dieu et ceux qui ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu. Et le terme « wa » ici est une conjonction de coordination qui indique que ce récit qui va être cité maintenant est lié au récit précédent.

Allāh est complètement exempt d’avoir un fils.

A Lui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre. Cela signifie que tout cela appartient à Dieu. Et, entre autres choses qu’il y a dans les cieux et sur terre, il y a le messie Jésus et il y a ʿUzayr. Et la filiation contredit la propriété. Le fait d’être fils est différent du fait d’appartenir, c’est un être qui dérive.

Et tout lui est soumis. Ils sont tous soumis à Dieu, il n’y a pas une chose qui soit dans les cieux ou sur terre, qui ne soit pas concernée par la puissance de Dieu et par Sa prédestination.

Verset 117 : Il est Celui Qui crée les cieux et la terre. Il les a créés sans qu’il n’y ait d’exemple antérieur, sans qu’Il n’ait copié sur autre que Lui. Il les a fait exister alors qu’ils n’existaient pas. Quiconque fait quelque chose que d’autres n’ont pas fait avant lui, on dit que c’est une innovation. C’est pour cela que celui qui a contredit ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, on l’appelle « mubtadiʿ » parce qu’il a amené dans la religion de l’islam quelque chose que ni les compagnons ni les successeurs n’ont faite. Mais nous savons bien que cela ne veut pas dire que toutes les innovations sont mauvaises.

Et si Allāh juge qu’une chose aura lieu : c’est-à-dire qu’Il a prédestiné qu’une chose va avoir lieu.

Il dit à cette chose « sois » et cette chose a lieu. C’est-à-dire de toute éternité, Il dit « sois ». Ici c’est une métaphore pour indiquer la rapidité de la création et c’est pour nous rapprocher les idées. Tout comme c’est rapide pour nous de dire « sois », Dieu, s’Il veut qu’une chose existe, Il la fait exister dans le temps dans lequel Il veut qu’elle existe.

L’explication de An-Nasafiyy est la suivante : ce que Dieu a prédestiné comme choses, parmi les choses que Dieu a voulu qu’elles existent, elles entrent en existence, sans manquement. Tout comme celui qui reçoit des ordres et qui est obéissant. Quand on lui donne un ordre, il obtempère immédiatement, sans hésitation. Il ne s’abstient pas et il n’y a pas de refus de sa part. Et il y a une insistance dans ce verset que les choses entrent en existence par le simple fait que Dieu a voulu qu’elles existent. Il a insisté ainsi que Dieu est exempt d’avoir un fils parce que celui qui a ces attributs-là comme la toute-puissance, forcément ces attributs sont différents des attributs des corps, alors comment pourrait-Il avoir un fils ? C’est impossible selon la raison.

Il y a ici deux possibilités pour réciter « yaqūlu », certains ont dit « yaqūla ». Les deux récitations sont rapportées du Prophète et les deux ont une explication grammaticale. Et An-Nasafiyy a fait prévaloir la récitation avec « yaqūlu » parce que « yaqūla » serait dans le cas d’une condition. Or ici il ne s’agit pas d’une condition mais d’une information. Si c’est une chose qui existe déjà, ça n’a pas de sens de lui ordonner d’exister. Et si c’est une chose qui n’existe pas, ça n’a pas de sens de lui adresser une parole.

Verset 118 : et ceux qui ne savent pas ont dit : il est visé les associateurs ou les gens du Livre, ils ont été qualifiés par « ceux qui ne savent pas » parce qu’ils n’ont pas œuvré avec la science qui leur est parvenue. Ils ont donc été qualifiés d’ignorants.

Pourquoi Allāh ne nous parle pas : ils ont dit « pourquoi Il ne nous parle pas tout comme Il a parlé aux anges, Il a parlé à Mūsā » et c’est de l’orgueil et de l’entêtement de leur part.

Ou qu’Il nous amène un signe. Ils ont renié le fait que ce que le Prophète nous a amené comme miracle soit des signes de la part de Dieu et c’est un dénigrement de leur part.

Ceux qui les ont précédés ont dit la même chose qu’eux : leurs paroles se ressemblent. Ceux qui étaient à l’époque du Prophète Muḥammad ont dit cela mais ceux qui étaient avant ont dit la même chose. Leurs cœurs et les cœurs de ceux qui les ont précédés se ressemblent dans leur cécité parce que ce sont des cœurs qui sont aveugles.

Nous avons indiqué les signes à ceux qui sont objectifs : et qui ont la certitude que ce sont des signes de la part de Dieu, qu’il est un devoir de reconnaitre, auxquels il est un devoir de se soumettre et de se suffire de ces signes-là sans avoir à en demander d’autres.

Verset 119 : Nous t’avons envoyé avec la vérité annonciatrice de bonne nouvelle : il a annoncé la bonne nouvelle aux croyants, qu’ils auront la récompense.

Et avertisseur : c’est-à-dire qu’il avertit les mécréants qu’ils auront un châtiment.

Et tu ne seras pas interrogé à propos de ceux qui iront en enfer : Nous n’allons pas t’interroger à leur propos, ceux qui iront en enfer. Nous ne te dirons pas « pourquoi ne sont-ils pas devenus croyants ? » du moment que tu as transmis et que tu as fourni tous tes efforts pour les appeler à l’islam. On peut réciter « wa lā tusʾalu ».

Il y a une autre manière de réciter « wa lā tasʾal », dans le sens de la négation de l’impératif : ne demande pas après les gens de l’enfer, quand ils seront dans le châtiment. Comme si quelqu’un te dit : comment va un tel ? Et tu ne demandes pas de ses nouvelles.

Verset 120 : les yahūd et les nasārā   ne seront jamais satisfaits de toi tant que tu ne suivras pas leur religion. C’est comme s’ils avaient dit « nous ne serons jamais satisfaits de toi, même si tu fournis tous tes efforts pour gagner notre agrément, tant que tu ne suis pas notre religion ». C’était pour faire perdre espoir au Messager de Dieu qu’ils entrent en islam. Et Dieu a rapporté leurs paroles.

Dis : la bonne guidée de la part d’Allāh : c’est-à-dire celle qu’Il agrée pour Ses esclaves, c’est l’islam. L’islam est la religion qu’Allāh agrée et il n’y a pas d’autre chose que Dieu agrée si ce n’est l’islam. Et ce à quoi vous appelez, ce n’est pas une bonne guidée. Ce ne sont que vos passions.

Et si tu suivais leurs passions : leurs paroles proviennent du fait qu’ils suivent leurs passions et ce sont de mauvaises innovations

Après la science que tu as reçue : c’est-à-dire après que tu aies eu connaissance que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam. Ou que la religion qui est valide par les preuves claires et l’argument qui sont apparents.

Tu n’auras pas de la part de Dieu : c’est-à-dire du châtiment de Dieu.

Quiconque qui te protègera. Tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.

Ni quiconque qui te suivra. C’est-à-dire qu’après la connaissance que tu as eue, tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.

Verset 122 : ceux à qui Nous avons accordé le Livre. An-Nasafī donne deux explications. La première : ce sont les croyants parmi les gens du Livre et le Livre dans ce cas-là, c’est la Torah et l’Evangile. Deuxième explication : ce sont les compagnons du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le Livre serait le Qur’ān.

Ils le récitent de la parfaite récitation : c’est-à-dire qu’ils le récitent correctement tel qu’il a été révélé, en articulant, en méditant, en réfléchissant au sens. Ou deuxième explication donnée par An-Nasafiyy : ils œuvrent conformément au Livre, ils croient au contenu de ce Livre. Et ils ne changent pas ce qu’il y a dans le Livre comme description du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il y a ici une preuve qu’il n’y a pas de récompense pour celui qui récite le Qur’ān sans avoir reçu sa récitation par transmission. Car sinon, comment se garantit-il qu’il le récite tel qu’il a été révélé ?

Ceux-là croient fermement en ce qu’il y a dans le Livre. Et ceux qui mécroient au Livre, ce sont eux les perdants. Parce qu’ils ont choisi l’égarement en délaissant la bonne guidée.

Verset 122 : ô vous descendants dIsrāʾīl, rappelez-vous des grâces que Je vous ai accordées et que Je vous ai accordé un mérite par rapport au reste du monde. C’est-à-dire au reste du monde de leur époque. C’est-à-dire quand ils étaient musulmans, ils étaient les meilleurs de leur époque.

Verset 123 : craignez un jour dans lequel personne ne va sauver quelqu’un d’autre. Si quelqu’un est mécréant, il ne pourra pas sauver quelqu’un d’autre. Et il ne pourra pas profiter de l’intercession ni du soutien. Ces quatre phrases sont une description de cette journée, durant laquelle les gens seront rétribués, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté de compensation, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté d’intercession, cette journée durant laquelle il n’y aura pas de soutien, pour le mécréant car il y aura une intercession pour le grand pêcheur.

Verset 124 : et cite lorsque Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur par des ordres et des interdits. Allāh a éprouvé Ibrāhīm en lui fixant des ordres et des interdits. En quoi consiste l’épreuve en général ? Lorsque nous éprouvons quelqu’un, nous l’éprouvons pour connaitre ce que nous ne savons pas. Mais quand c’est Dieu Qui éprouve Ses esclaves, c’est pour montrer ce que Lui sait de toute éternité. Et les conséquences de l’épreuve de la part de celui qui éprouve, c’est la manifestation de ce qui est caché, aussi bien pour celui qui sait que celui qui ne sait pas. C’est pour cela qu’il est permis de dire que Dieu éprouve Ses créatures.

Et il a été dit que l’épreuve que Dieu fait subir à Son esclave c’est ce qui revient à donner la capacité de choisir l’une des deux choses, ce que Dieu agrée et ce que l’esclave désire. Comme si Dieu l’éprouvait pour manifester ce qui va provenir de la part l’esclave et pour le rétribuer en fonction de ce que l’esclave va choisir, que Dieu a voulu qu’il choisisse.

Et Abū Ḥanīfah que Dieu l’agrée, a récité ce verset autrement. Au lieu de dire « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīma rabbuhu », ce qui signifie qu’Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur, il a dit « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīmu rabbahu » : il a considéré qu’Ibrāhīm était le sujet et non pas le complément d’objet direct, dans le sens qu’il a invoqué son Seigneur. C’est la récitation deʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās. Ibrāhīm avait invoqué son Seigneur pour voir s’Il allait l’exaucer ou pas.

Et Ibrāhīm a accompli les épreuves parfaitement. C’est-à-dire qu’il a réalisé les épreuves de la meilleure manière, sans manquement, sans paresse.

Et selon la deuxième manière de réciter, cela signifie que Dieu a accordé à Ibrāhīm tout ce qu’il avait demandé à son Seigneur. Il y a d’autres versets où il est cité qu’Ibrāhīm a été exaucé : « ô Seigneur, fais que cette ville soit paisible » : il s’agissait d’une invocation en faveur de La Mecque. « Fais que nous Te soyons soumis » : il avait fait cette invocation quand il était avec son fils Ismāʿīl. « Seigneur, envoie-leur un messager qui soit l’un d’entre eux » : Ibrāhīm avait demandé à ce que ceux qui allaient habiter à La Mecque reçoivent un messager qui était d’entre eux et ce fut Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. « Ô notre Seigneur, agrée de nous ce que nous faisons » quand il était avec son fils Ismāʿīl.

Et selon la récitation qui est la plus réputée, c’est-à-dire que c’est son Seigneur Qui a éprouvé Ibrāhīm, quelles sont ces paroles qu’Ibrāhīm avait accomplies parfaitement ? Ce sont cinq choses qui sont au niveau de la tête : d’avoir une raie au milieu des cheveux, de se couper les moustaches (pour ne pas qu’elles arrivent sur les lèvres), d’utiliser le siwaak, de se rincer la bouche et le nez. Et cinq autres choses qui sont au niveau du corps : la circoncision, le fait de se couper les ongles, le fait de s’épiler les aisselles, le fait de raser le pubis et faire l’istinǧaʾ.

Et selon Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée lui et son père, ces fameuses paroles par lesquelles Dieu a éprouvé Ibrāhīm, sont au nombre de trente : dix ont été mentionnées dans sūratu baraʾa à partir du verset at-tāʾibūn, dix dans sūratu l-Aḥzāb à partir de la parole « inna l-muslimīna wa l-muslimāt », dix ont été dans sūratu l-muʾminūn et sūratu l-maʿariǧ jusqu’à la parole de Dieu « huḥāfiḏūn » et il a été dit que ces paroles sont les rites du pèlerinage.

Je vais faire en sorte que tu sois un imām pour les gens : Dieu a annoncé à notre maitre Ibrāhīm qu’il allait être quelqu’un que l’on suit sur sa religion.

Et de ma descendance ? Ibrāhīm a demandé à Dieu que parmi sa descendance, il y ait des gens qui soient pris pour imaam c’est-à-dire qui soient suivis dans leur religion. Et « ḏurriyyah » ce sont les descendants de l’homme c’est-à-dire les garçons et les filles, les deux sont appelés « descendants ».

Il a dit : ce que Je confie, Je ne le confie pas aux injustes. Cela signifie quele fait d’être imaam, de diriger les gens, c’est-à-dire le fait d’être prophète, ne va pas être obtenu par ceux qui commettent des injustices c’est-à-dire par ceux qui sont mécréants parmi ses descendants. Allāh a annoncé que le fait de diriger les musulmans ne sera pas accordé aux mécréants. Et que parmi ses descendants qui sont musulmans, il y a ceux qui sont musulmans et ceux qui sont mécréants. Dieu dit ce qui signifie : « Nous avons accordé des bénédictions à Ibrāhīm ainsi qu’à ʿIsḥāq et à leur descendance, il y a ceux qui sont bienfaiteurs, il y a ceux qui sont des injustes envers eux-mêmes ». Le bienfaisant est celui qui est croyant et l’injuste est celui qui est mécréant.

Verset 125 : et Nous avons fait que La maison : c’est-à-dire le kaʿbah. Il est convenu qu’on comprend qu’il s’agit de la kaʿbah quand il est cité le terme « la » maison dans le Qur’ān, tout comme on comprend du terme ṯurayyah l’étoile. C’est le nom de l’individu du genre qui est visé et connu.

C’est un lieu vers lequel d’une part les pèlerins se dirigent puis ils se séparent puis ils retournent à cet endroit que ce soit pour le pèlerinage ou pour la ʿumrah.

Et une sécurité : c’est-à-dire que c’est un lieu qui est sûr car, même celui qui a commis un crime et qui s’y réfugie, on ne lui fait rien du tout jusqu’à ce qu’il en sorte. C’est une preuve que le ḥaram reste un refuge.

Et prenez le maqām d’Ibrāhīm comme lieu de prière : c’est-à-dire que Nous avons dit« prenez le maqām d’Ibrāhīm comme un endroit pour faire la prière. Et il a été rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qu’il a pris la main d’ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb ab et il lui a dit : « voici lemaqām d’Ibrāhīm ». Rapporté par Abū Nuʿaym. Alors ʿUmar que Dieu l’agrée a dit au Prophète : « est-ce que nous pouvons le prendre comme lieu de prière ? ». Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « je n’ai pas reçu l’ordre de cela ». Le soleil ne s’était pas couché que la révélation lui était parvenue pour qu’effectivement lemaqām d’Ibrāhīm soit pris comme lieu de prière.

Et il a été dit que le terme « muṣsallā » signifie un lieu qui est respecté. Et lemaqām d’Ibrāhīm est la pierre qui est sous une cloche en verre et on voit la trace des pieds de notre maitre Ibrāhīm dessus.

Et il y a un avis qui est faible et qui dit que tout le ḥaram est le maqām d’Ibrāhīm.

Il y a une autre récitation appelée récitation « šāmī » nafaʿ qui est « wa t-taẖaḏū » avec le verbe non pas à l’impératif mais à l’accompli c’est-à-dire que les gens ont pris cet endroit qui est connu relativement à Ibrāhīm parce qu’il s’en était occupé, parce que c’est un lieu dans lequel Ibrāhīm a fait habiter sa descendance « prenez -le pour qiblah » c’est-à-dire comme direction pour se diriger dans la prière.

Et Nous avons donné l’ordre à Ibrāhīm et à Ismāʿīl de purifier Ma maison : et la signification est la purification des idoles, des choses indécentes, des choses vilaines, des souillures dans leur totalité. Et lorsque Dieu dit cela à Ibrāhīm et Ismāʿīl, c’est pour nous faire comprendre que la kaʿbah a un haut degré selon le jugement de Dieu et que la kaʿbah est honorée selon le jugement de Dieu. Et ceci n’est pas dans le sens d’un adjectif qui implique une relation comme quand tu dis que l’ami de Zayd est ʿAmr. ʿAmr est un ami qui est attribué à Zayd en raison de la relation d’amitié qu’il y a entre eux. C’est pour indiquer que ce n’est pas une maison dans laquelle Dieu habiterait.

Pour ceux qui viennent accomplir les tours rituels autour. Il a été dit « ceux qui viennent des différentes contrées pour aller à la kaʿbah.

Et ceux qui restent au voisinage de la kaʿbah : c’est-à-dire qui y demeurent sans partir, qui résident à La Mecque. Ou bien ceux qui font l’intention de l’iʿtikāf qui est un acte d’adoration qui consiste à rester dans la mosquée ce qui permet de gagner des récompenses.

Et pour ceux qui s’inclinent et se prosternent : c’est-à-dire pour tous ceux qui font la prière dans sa totalité.

Verset 126 : et lorsque Ibrāhīm a dit ô Seigneur, fais que cet endroit soit une ville paisible c’est-à-dire une ville où il y a une vie agréable où ceux qui s’y trouvent soient en sécurité.

Et accorde à ses habitants une subsistance : parce que c’était un endroit qui était aride, sans rien à consommer et cela a été changé.

Et accorde à ceux qui sont croyants en Dieu et au jour dernier : c’est-à-dire les habitants de cette ville, ceux qui sont croyants parmi eux.

Et Il a dit (Dieu a dit à Ibrāhīm ʿalayhi s-salām en réponse à sa demande) et également à celui qui a mécru (c’est-à-dire J’accorde sa subsistance à celui qui a mécru) Je lui permettrai de profiter de jouir un peu de temps (jusqu’à la fin de son terme) Puis Je l’amènerai à subir le châtiment de l’enfer et quelle mauvaise demeure. Le devenir qui sera celui de ce mécréant est l’enfer.

Verset 127 : et lorsqu’ Ibrāhīm élève les bases (il construit les bases de la fondation) de la maison sacrée (qui est la kaʿbah) avec Ismāʿīl (Ibrāhīm construisait la maison et Ismāʿīl lui passait les pierres à chaque fois)

O notre Seigneur (c’est-à-dire qu’eux deux disaient cette parole). Ici ʿAbdul-Lāh a fait une clarté dans la récitation entre Ismāʿīl et rabbanā, parce qu’en même temps qu’ils construisaient, ils disaient ces paroles.

Agrée de nous (c’est-à-dire récompense-nous pour la construction de cette maison).

Tu es certes Celui Qui exauce (nos invocations) et Qui sait (ce qu’il y a dans nos cœurs et nos intentions).

Verset 128 : ô notre Seigneur, fais que nous soyons soumis à Toi (c’est-à-dire sincères dans notre invocation. Augmente-nous en sincérité et augmente-nous en soumission à Toi).

Ainsi que notre descendance : c’est-à-dire fais également que de notre descendance, il y ait une communauté qui soit soumise à Toi. Le mot « min » peut avoir le sens de la partie et peut avoir le sens du détail de ce que contient un ensemble. Il a été dit que ce qu’il a visé par « la communauté », c’est la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et Ibrāhīm et Ismāʿīl ont cité dans l’invocation leurs descendances parce que, généralement, on a plus de compassion et de tendresse envers sa propre descendance, tout comme il est dit dans le verset ce qui signifie « préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un feu… ».

Et indique-nous nos rites : c’est-à-dire comment nous accomplissons nos actes d’adoration, ce par quoi Tu nous as asservi le pèlerinage ou fais-les-nous connaitre. Le mot « manāsik » est le pluriel de « mansak » qui signifie l’acte par lequel Dieu nous a ordonné de L’adorer et c’est pour cela que l’adorateur ʿabd est appelé nāsik.

Et accepte notre repentir : cela signifie, ou bien accepte notre repentir pour notre éventuelle défaillance, si nous avons failli en certaines choses. Ou bien ils ont demandé le repentir en faveur de leur descendance.

O Allāh Tu es Celui Qui accepte le repentir et Qui est miséricordieux.

Verset 129 : ô Seigneur, envoie parmi eux (c’est-à-dire parmi la communauté musulmane)

Un messager d’entre eux (c’est-à-dire quelqu’un qui fait partie des leurs. Et c’est ainsi que Dieu a envoyé notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam). Notre maitre Muḥammad a dit ce qui signifie : « je suis l’exaucement de l’invocation de mon père Ibrāhīm, l’annonce de bonne nouvelle portée par Jésus et la vision que ma mère a vue ». Rapporté par ibnu Ḥibbān, Al-Bazzār et Aḥmad, c’est-à-dire qu’Aminah a vu qu’il a jailli d’elle une lumière qui a éclairé La Mecque.

Qu’il leur récite Tes signes : c’est-à-dire il leur transmette ce que Tu lui révèleras comme preuve de Ton unicité, comme la véracité de ce prophète et de Tes messagers

Et leur enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qur’ān et la sagesse : c’est-à-dire la sounnahet la compréhension du Qur’ān.

Et il les purifie : c’est-à-dire qu’il les purifie de toute forme d’association à Dieu et de toute forme de souillure.

Certes Tu es Al- Al-ʿAzīz : c’est-à-dire Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu.

Al-Ḥakīm : Tu crées les choses selon une sagesse dans ceux à qui Tu accordes ce statut, cette mission de prophète.

Verset 130 : et qui de sensé se détourne de la communauté d’Ibraahiim ? C’est une interrogation dans le sens du reniement, c’est-à-dire de renier qu’il y ait parmi les gens sensés qui se détourne de la vérité claire, à savoir de la communauté d’Ibrāhīm, à savoir de la croyance en l’unicité de Dieu. Et le mot « millah » c’est-à-dire la tradition, ce qui est instauré, c’est le chemin : c’est ce qui est rapporté par Az-Zaǧǧāǧ.

Hormis quelqu’un qui n’a pas pensé à son propre intérêt ? C’est quelqu’un qui va négliger sa propre personne. Ou si quelqu’un qui est idiot. Et les deux explications sont rapportées de Az-Zaǧǧāǧ.

Nous lui avons accordé un honneur dans le bas-monde et il est dans l’au-delà parmi les vertueux. C’est une indication de l’erreur de l’avis de celui qui se détourne de la communauté d’Ibrāhīm parce que celui qui a réuni l’honneur des deux vies, la vie du bas-monde et la vie de l’au-delà, il ne va se détourner de l’une des deux, il ne va pas se détourner de la communauté d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām,

Verset 131 : cite cette époque pour qu’eux, sachent que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est celui qui a été élu, celui qui est vertueux, dont on ne se détourne pas. Quelqu’un de sensé ne se détourne pas de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le terme « aslim » ici ne veut pas dire qu’il n’était pas musulman et qu’il lui a été dit de devenir musulman. Mais cela veut dire « soumets-toi, obéis et sois sincère » dans la religion que tu as envers Dieu. C’est-à-dire « n’adore pas autre que Dieu ».

Il a dit je me suis soumis au Seigneur des mondes. Il a dit qu’il n’adore pas autre que Dieu.

Verset 132 : et il a donné cette même recommandation. C’est-à-dire « aslim » qui signifie l’ordre de se soumettre totalement à Dieu. Ou bien il a donné la même communauté.

Ibrāhīm a donné la même recommandation à ses fils et Yaʿqūb a donné la même recommandation qui est de n’avoir que l’islam pour religion. C’est une preuve que tous les prophètes sont musulmans. Dans cette construction de phrase, Ibrāhīm a fait cette recommandation à ses fils et Yaʿqūb également. (Yaʿqūb est le fils de ʿIsḥāq et le père de Yūsuf). C’est la preuve que ce n’est pas le Prophète Muḥammad qui est venu le premier avec la religion de l’islam. Les prophètes avant lui sont venus avec l’islam.

O mes fils, Dieu vous a sélectionné une religion. C’est-à-dire qu’Il vous a donné la religion qui est la meilleure des religions. Ceci est une preuve qu’autre que l’islam s’appelle aussi religion, mais ce sont des religions fausses.

Tâchez de ne mourir qu’en étant musulmans. Ce sont Ibrāhīm et Yaʿqūb qui ont dit cela à leurs enfants, donc cela veut dire qu’ils étaient musulmans. Ils ont dit : œuvrez pour que votre état au moment de votre de votre mort soit l’islam. Ne mourez pas sur un autre état que l’islam.

Verset 133 : ou alors est-ce-que vous étiez présents lorsque Yaʿqūb allait mourir ? C’est-à-dire que vous n’étiez pas présents. C’est une question qui entraine implicitement une réponse négative. Et cette parole s’adresse aux croyants. Comment avez-vous su ce que Yaʿqūb avait dit à ses fils, de rester sur l’islam ? ? Vous en avez pris connaissance grâce à la révélation à votre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Et il y a une autre explication : c’est une parole qui s’adresse aux yahūd qui ont dit que tout prophète est mort yahūdī. Comment prétendez-vous que les prophètes étaient des yahūd alors que vous n’étiez pas présents lorsque Yaʿqūb était prêt à mourir ?

Ces deux explications sont deux preuves qui indiquent que Yaʿqūb était bien musulman.

Lorsque Yaʿqūb a dit à ses fils « qui adorez-vous après ma mort ? ». Il a dit cela au moment de mourir.

Ils ont dit « nous adorons ton Dieu et le Dieu de tes parents ». Ici, il a été mentionné le mot « dieu » deux fois. Les fils de Yaʿqūb ont répondu cela.

Ibrāhīm, Ismāʿīl et ʿIsḥāq. Ibrāhīm est le grand-père de Yaʿqūb, Ismāʿīl est l’oncle paternel de Yaʿqūb et ʿIsḥāq est son père. L’oncle est considéré comme le père et la tante maternelle est comme la mère.

Un Dieu unique.

Et nous sommes sortis à Lui.

Verset 134 : cette communauté-là (de Ibrāhīm, Yaʿqūb, et de leurs fils) a vécu avant. C’est-à-dire par rapport à la communauté de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Elle aura ce qu’elle a acquis et vous, vous aurez ce que vous aurez acquis. C’est-à-dire que personne ne va profiter de l’acquisition des autres. Certains n’œuvraient pas en bien sous prétexte que leurs parents, eux, avaient agi en bien. La personne n’est pas sauvée du fait que son père était un saint ou un prophète. Elle sera sauvée par son travail à elle.

Et vous ne serez pas interrogés sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas payer sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas être punis pour les péchés qu’eux, ont fait. Eux seront rétribués pour ce qu’ils auront acquis et vous, vous serez rétribués pour ce que vous allez acquérir.

Verset 135 : et ils ont dit soyez soit des yahūd ou soit des nasārā. Les yahūd ont dit soyez des yahūd, les nasārā ont dit soyez des nasārā.

Vous serez bien guidés.

Dis : non, plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous suivons plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous sommes sur la même religion qu’Ibraahiim.

(ḥanīfā) de droiture : celui qui s’éloigne de toute religion fausse et qui est sur la religion de vérité. Ibrāhīm était à l’écart de toute religion fausse.

Et Ibrāhīm n’était pas un associateur. Cette dernière phrase du verset 135 est une réponse par allusion. Comme quand quelqu’un dit à un autre : « moi, je ne suis pas issu de fornication ». Sous-entendu que toi, tu l’es. Ici, cette dernière phrase est une allusion aux gens du Livre et à autre que les gens du Livre. Parce que chacun d’entre eux prétend suivre Ibrāhīm, aussi bien les yahūd que les nasārā, alors qu’ils sont sur l’association ; ils attribuent la divinité à autre que Dieu.

Verset 136 : dites : première explication : c’est une parole qui est adressée aux croyants. Deuxième explication : c’est une parole qui est adressée aux non croyants. C’est-à-dire « dites ce qui va suivre, pour être sur le vrai, sinon vous serez sur le faux ».

Nous avons cru fermement en Dieu et en ce qui nous a été descendu. C’est-à-dire le Qur’ān.

Et en ce qui a été descendu à Ibrāhīm et Ismāʿīl et ʿIsḥāq et Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ. C’est le pluriel de sibṭ qui veut dire à l’origine petit-fils. Al-Ḥasan et Al-Ḥusayn qui étaient les deux petits-fils de notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam sont appelés sibṭay rasūli l-Lāh. Mais ici il s’agit des descendants de Yaʿqūb c’est-à-dire les descendants de ses douze fils. Yūsuf était prophète et Binyāmīn, certains savants ont dit qu’il était prophète. Les dix autres fils n’étaient pas des prophètes. Mais dans leur descendance il y a eu beaucoup de prophètes, comme Sulaymān, Dāwūd, Mūsā, Yūšaʿ, Zakariyyā, Yaḥyā, ʿīsā.

Ainsi que ce qui a été révélé à Moise, à Jésus et à tout ce que les prophètes ont eu de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons point de distinction entre eux. C’est-à-dire que nous ne disons pas au sujet de certains qu’ils étaient des prophètes et au sujet d’autres qu’ils n’étaient pas des prophètes. Notre croyance est qu’ils étaient tous des prophètes. C’est-à-dire que nous ne faisons pas comme les yahūd et les nasārā. Les yahūd n’ont pas cru en Jésus. Les nasārā n’ont pas cru en certains prophètes. Nous, nous croyons en tous les envoyés de Dieu.

Et nous sommes musulmans. C’est-à-dire que nous adorons Dieu uniquement. Nous sommes sincères dans notre adoration pour Dieu.

Verset 137 : s’ils croient en pareil à ce à quoi vous croyez, alors ils seront bien guidés. Cette phrase, si elle est prise selon son sens apparent, peut prêter à confusion : cela pourrait indiquer que Dieu a un semblable, alors que ce n’est pas cela le sens. Le sens est : s’ils ont la même croyance que celle que vous avez. La similarité est dans la croyance et non pas celui qui est adoré. Parce que celui qui est adoré est unique et Il n’a pas de pareil ni de semblable. C’est une forme qu’on trouve dans d’autres versets du Qur’ān.

S’ils se détournent : s’ils refusent de croire en ce en quoi vous croyez. S’ils se détournent (de ce que vous leur dites). Ou alors s’ils se détournent (du témoignage qu’il n’est de dieu que Dieu et s’ils refusent d’entrer dans la croyance par le témoignage).

Alors ils seront loin de la vérité : ils seront dans l’erreur. Ce ne sont pas des gens qui recherchent la vérité.

Allāh te garantit que tu auras le dessus sur eux. C’est une garantie de la part de Dieu que le Messager Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam aura le dessus sur eux. Et la promesse de Dieu s’est réalisée puisque certains sont morts et d’autres ont été exilés. La lettre « sa » indique que c’est un événement qui aura lieu dans le futur, sans aucun doute.

Et Il est Celui Qui entend : c’est-à-dire que Dieu entend ce qu’eux disent

Qui sait : Il est Celui Qui sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs comme envie et jalousie et comme animosité. Et Il les punira. Donc c’est une menace de la part de Dieu.

Deuxième explication : c’est une promesse en faveur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, que Dieu entend ses invocations et Il sait quelle est son intention, à savoir que le Messager souhaite que la religion de vérité ait le dessus. Dieu exaucera le Messager et lui fera parvenir ce qu’il souhaite.

Verset 138 : « ṣibġata l-Lāh » : certains l’ont traduit par la couleur de Dieu !! Mais Dieu n’est pas un corps et la couleur est la caractéristique du corps. Or Dieu n’est pas concerné par la caractéristique du corps. La signification est : nous croyons fermement en Dieu. Cela veut dire que c’est une purification de la part de Dieu. La foi purifie les âmes. L’origine de cette phrase est que les chrétiens, lorsqu’ils baptisent leurs enfants, ils les plongent dans de l’eau qui est jaunâtre et ils disent que c’est une purification pour eux et qu’ainsi, ils sont chrétiens. Donc les musulmans ont reçu l’ordre de leur dire : nous croyons fermement en Dieu et Dieu nous a purifiés par la foi. Nous ne disons pas lors de la ʿaqīqah que nous faisons le baptême de l’enfant.

Et quelle meilleure purification que celle que Dieu vous accorde : c’est-à-dire qu’il n’y a pas meilleure religion que celle que Dieu agrée pour vous. Ou il n’y a pas meilleure purification que celle que Dieu vous accorde par la foi.

Et nous adorons Dieu : c’est comme s’ils disaient : nous croyons en tous les prophètes et nous adorons Dieu.

Il a cité un dicton : « lorsque Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, alors croyez-la ». C’était une femme qui pouvait voir très loin, avant la venue de notre prophète. Donc quand un ennemi se préparait à les attaquer, elle prévenait son peuple et il gagnait tout le temps. Une fois, une armée a utilisé un stratagème, elle a pris des branches pour se dissimuler ; et cette femme a dit qu’elle voyait des branches qui se rapprochaient. Ils se sont moqués d’elle. Puis cette armée a gagné la guerre et ils ont tué Ḥaḏāmiyy. C’est pour cela que c’est devenu un proverbe : si Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, croyez-la. Les ennemis ont ouvert les yeux de cette femme pour comprendre ce qu’ils avaient de particulier. Ils ont trouvé plein de iṯmīd.

Verset 139 : dis est-ce -que vous émettez une objection contre Dieu ? Cela signifie : vous remettez en cause le fait que Dieu ait choisi le Prophète parmi les Arabes au lieu que ce soit un des vôtres. Et vous dites : si Dieu avait révélé la prophétie à quelqu’un, Il l’aurait révélée à l’un d’entre vous. Vous considérez que vous êtes prioritaires pour avoir le statut de prophète. Les yahūd ont dit que le dernier prophète est forcément de la descendance de Moise. Alors que non. Tous les prophètes ont bien annoncé à leurs communautés que le dernier des prophètes s’appellerait Muḥammad.

Alors qu’Il est notre Seigneur et votre Seigneur : nous avons tous en commun que nous sommes les esclaves de Dieu. Il est notre Seigneur et c’est Lui Qui accorde Sa miséricorde et c’est Lui Qui accorde l’honneur à qui Il veut parmi Ses esclaves. Dieu veut honorer certains, Il les honore. Et Il veut rabaisser d’autres et Il les rabaisse. Il n’a pas de comptes à rendre.

Et nous avons nos œuvres et vous avez vos œuvres. Ce qui distingue les uns des autres, ce sont leurs œuvres. Et tout comme vous avez vos œuvres, nous aussi, nous avons nos œuvres.

Et nous Lui sommes fidèles : c’est-à-dire que nous reconnaissons Son unicité. Nous accordons notre foi en Dieu uniquement. Alors que vous, vous Lui attribuez des associés. Et celui qui est sincère dans son adoration mérite plus d’honneur et mérite plus le statut de prophète qu’autre que lui. Quiconque croit en Dieu et en Son Prophète MouHammad fait partie de cette communauté. Dieu a accordé l’honneur à cette communauté en disant ce qui signifie : « vous êtes la meilleure des communautés ».

Verset 140 : où alors vous prétendez qu’Ibrāhīm, Ismāʿīl, ʿIsḥāq, Yaʿqūb et les ʾasbāṭ étaient des juifs ou des chrétiens. Et Dieu a ordonné à Son Prophète de leur répondre par une interrogation en guise de réplique.

Dis est-ce vous qui avez plus de connaissances ou bien Dieu ? La forme de la phrase est une question mais la réponse est implicite. C’est-à-dire que Dieu a témoigné pour tous Ses prophètes qu’ils étaient musulmans, par Sa parole qui signifie : « Ibrāhīm n’était pas juif et n’était pas chrétien, mais il était musulman sur la religion de droiture ». Et musulman signifie avoir pour croyance qu’il n’est de dieu que Dieu, que Dieu seul mérite l’adoration. Et l’adoration c’est l’extrême soumission. Et bien sûr croire au prophète de son époque.

Qui est plus injuste que celui qui cache ce que Dieu a révélé ? C’est une grande injustice ce que font certains qui ont déformé ce que Dieu a révélé aux prophètes précédents. Ici cela fait référence au témoignage de Dieu du fait qu’Ibrāhīm était musulman. Les yahūd et les naSaarah avaient cette information dans leurs livres authentiques (la torah et l’évangile) mais ils les ont falsifiés. Le sens de ce verset est qu’il n’y a pas plus injuste que les gens du livre, parce qu’ils ont caché ce témoignage alors qu’ils le connaissaient.

Deuxième explication : si nous cachons ce témoignage qu’Ibrāhīm était musulman, alors il n’y a pas plus injuste que nous. Alors nous allons le dire.

Et il y a en cela une allusion au fait qu’ils ont dissimulé le témoignage de Dieu en faveur du Prophète Muḥammad dans leurs livres authentiques.

Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites. C’est-à-dire dans le fait que vous démentez des messagers et que vous dissimulez le témoignage.

Verset 141 : voici une communauté qui vous a précédés, ils auront ce qu’ils ont acquis et vous aurez ce que vous aurez acquis. Chacun sera rétribué en fonction de ses actes. Et vous ne serez pas interrogés à propos de ce qu’eux ont fait. Chacun rendra des comptes sur ce qu’il fait lui-même. Nous n’allons pas rendre des comptes sur ce que des communautés précédentes ont fait ou pas.

Il y a une répétition ici dans ces versets. La première explication est que c’est pour insister. Ou une autre explication : la fois précédente, le sujet était les prophètes tandis que cette fois-ci, il s’agit des prédécesseurs des yahūd et des nasārā.

Verset 142 : les impudents parmi les gens vont dire. Les impudents sont ceux qui ont des idées stupides. L’impudence à l’origine est une forme de légèreté, c’est-à-dire un manque de maturité et une manière de ne pas accorder à chaque chose sa juste valeur. Ici il s’agit des yahūd qui ne veulent pas se diriger vers la kaʿbah pour faire la prière. Non seulement ils ont refusé de croire au prophète Jésus mais ils refusent de croire au prophète Muḥammad et ils refusent de se diriger vers la kaʿbah. Et ils considèrent qu’il n’y a pas d’abrogation possible dans la Loi. Ils veulent dire par là que c’est la loi de Moise qui reste appliquée. Alors que Dieu a fait que la loi de Moise a été abrogée par celle de Jésus et celle de Jésus a été abrogée par celle de Muḥammad et, au sein-même de la loi de Muḥammad, il y a des jugements qui ont été abrogés. Par exemple, le fait de boire de l’alcool n’était pas interdit depuis le début de la révélation. Au début, les musulmans consommaient de l’alcool et ils ne commettaient pas de péché. Par contre les prophètes, eux, n’ont jamais bu d’alcool. Cette interdiction est venue progressivement, jusqu’à ce qu’elle soit ferme et définitive.

Une deuxième explication pour les impudents : ce sont les hypocrites, dans la croyance. Ils aiment porter atteinte et se moquer.

Une troisième explication : les impudents sont les associateurs, qui adorent autre que Dieu. Ils adoraient des idoles au point qu’ils avaient entreposé 360 idoles dans la kaʿbah. Au début, le Prophète se dirigeait vers Jérusalem dans la prière. Il plaçait la kaʿbah devant lui et il se dirigeait vers Jérusalem. Quand il est parti à Médine, il a continué à prier vers Jérusalem. Puis il y a eu abrogation et l’ordre de se diriger vers la kaʿbah. Il y a une mosquée à Médine qui s’appelle la mosquée des deux qiblah car les musulmans devaient prier en direction de Jérusalem, donc vers le nord puis ils ont reçu l’ordre de changer de direction et de se diriger vers Médine, donc vers le sud. Les associateurs ont dit : « comment le Prophète s’est détourné de la qiblah de ses ancêtres ! Puis il est revenu vers la direction de ses ancêtres ! ».

Ce verset 142 commence par le terme « sa » qui indique le futur, donc Dieu prépare le Prophète à ce qu’ils vont dire quand Dieu va ordonner de changer la direction de la prière. Quel est l’intérêt de cette annonce ? L’intérêt d’informer de ce que les associateurs vont dire, avant qu’ils ne le disent, c’est de raffermir le cœur. Parce que quand on est surpris par quelque chose de mauvais et qu’on ne s’y prépare pas, ça fait encore plus mal. Si on y est préparé, c’est plus facile. C’est une préparation de ce qu’ils vont dire. Et ça permet la préparation de la réponse avant d’en avoir besoin. Quand la réplique est préparée avant d’en avoir besoin, c’est plus fort pour couper court à ce que dit l’adversaire. Le proverbe arabe dit « avant de tirer la flèche, on lui met des plumes derrière ». Les plumes permettent de garder l’équilibre.

Qu’est-ce qui les a détournés (les musulmans) de leur qiblah (de leur direction) qu’ils suivaient pour leur prière. Le mot qiblah est la direction vers laquelle fait face celui qui fait la prière.

Dis : à Dieu appartient le levant et le couchant. Les pays du levant et les pays du couchant et toute la terre appartiennent à Dieu.

Il guide qui Il veut. C’est-à-dire que, de ces pays, Dieu guide qui Il veut.

Vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’Il guide qui Il veut vers la direction de vérité qui est la kaʿbah vers laquelle nous avons reçu l’ordre de nous orienter. Deuxième explication : tous les endroits appartiennent à Dieu. Il donne l’ordre de nous diriger là où Il veut que nous nous dirigions, tantôt vers la kaʿbah et tantôt vers Jérusalem. Il n’y a pas d’objection contre Lui parce qu’Il est Celui à Qui appartient toute chose.

Verset 143 : également Nous avons fait de vous (la communauté du Prophète Muḥammad) une communauté de juste milieu. Et le juste milieu c’est le meilleur. C’est ce qui est juste et qui est agréé. Il a été dit que ce qui est bon a un milieu, parce que s’il y a une nuisance, ça parvient aux extrêmes et pas au centre. Et le juste milieu est protégé. C’est-à-dire que, tout comme Dieu a fait que votre qiblah est la meilleure des qiblah, Il a fait de vous la meilleure des communautés.

Notre šayẖ a dit : ce qui justifie cet adverbe « également », afin que vous sachiez, vous, la communauté de Muḥammad, par l’observation, grâce aux preuves qui vous ont été données et grâce au Livre qui a été révélé, que Dieu n’a été injuste envers personne. Mais Dieu a montré la voie, Il a envoyé des messagers qui ont transmis le message, ils ont porté le conseil. Mais ceux qui ont mécru, leur malheur les a amenés à suivre leurs passions, leur malheur les a amenés à émettre des objections contre les différents signes, afin que vous, la communauté du Prophète Muḥammad, soyez les témoins de cela, que vous témoigniez de ceux qui vous sont contemporains et que vous témoigniez de ceux qui vous ont précédés et ceux qui vont vous suivre. N’est-ce pas que nous, nous témoignons qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muḥammad est le messager de Dieu ! Et nous témoignons qu’il a transmis le message honnêtement et de façon fiable ! N’est-ce pas que nous, nous transmettons son message et nous témoignons que certains acceptent et que ceux qui n’acceptent pas, ils ont entendu l’appel. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ils ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas au courant ! Ils n’auront aucune excuse !!

Celui qui est au juste milieu, il ne penche pas vers les extrêmes, il n’est pas plus proche d’une extrême que de l’autre. Cela veut dire que, tout comme Nous avons fait que votre direction pour la prière soit au centre, Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu. C’est-à-dire que vous n’êtes ni dans l’outrance, qui est le fait de dépasser la limite fixée par la Loi, en transgressant la Loi en faisant des choses mauvaises, ni dans la négligence, qui est le fait de manquer à ce que Dieu a ordonné. Vous n’avez pas fait preuve d’outrance comme les nasārā, les chrétiens qui ont décrit Jésus comme étant un dieu : ils ont exagéré dans la glorification de Jésus au point de lui attribuer la divinité. Et vous n’avez pas fait preuve de négligence comme les yahūd qui ont attribué à Marie d’être fornicatrice et que Jésus serait le fils de fornication.

Afin que vous soyez témoins de ce que font les gens et que le Messager témoigne de ce que vous faites. Il a été rapporté que les différents mécréants au jour du jugement vont renier l’envoi des prophètes. Dieu ordonne aux prophètes de donner les preuves qu’ils ont bien transmis. Et Dieu sait qu’ils ont bien transmis. Et ce sera la communauté de Muḥammad ^alayhi s-salaam qui viendra et qui témoignera que tous les prophètes ont transmis. Alors les mécréants des communautés diront : « mais comment savez-vous que les prophètes ont transmis ? » La communauté de Muḥammad dira : « nous avons su que les différents prophètes ont bien transmis parce que Dieu nous en a informés dans Son Livre qu’Il a fait prononcer par Son Prophète véridique ». Le Prophète Muḥammad a reçu le Qur’ān par révélation puis il l’a transmis à ses compagnons et c’est par ce biais que nous avons su. Alors le Prophète Muḥammad sera appelé et il sera interrogé à propos de sa communauté. Il validera le témoignage de sa communauté et témoignera qu’elle est de confiance et qu’elle est la communauté du juste milieu.

Et le témoignage peut avoir lieu sans qu’on soit présent, comme si c’est quelque chose qui nous a été transmis.

Et il a été dit : « afin que vous puissiez apporter votre témoignage dans le bas-monde pour des sujets qui nécessitent des personnes de confiance ». Il y a des témoignages qui ne sont pas pris de n’importe qui. Il y a des témoignages qui nécessitent que le témoin soit digne de confiance.

Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy a dit que ce verset est une preuve que l’unanimité est une preuve parce que Dieu a décrit cette communauté par le fait qu’elle est digne de confiance. « Le juste milieu » peut avoir la signification de « digne de confiance ». « Al-ʿadl » est celui dont le témoignage est pris en considération. Donc si les membres de cette communauté qui sont dignes de confiance sont parvenus à la même conclusion à propos de quelque chose et qu’ils ont témoigné de quelque chose, alors il faut prendre leur témoignage en considération.

Il y a eu deux citations de témoignage, de la part de la part de la communauté et de la part du Prophète. Au début, le verbe qui indique le témoignage est venu après et quand il s’agit du témoignage du Prophète, il est venu en premier. C’est pour confirmer le témoignage de cette communauté sur les autres communautés et pour spécifier que le Messager témoignera uniquement pour cette communauté-là.

Et Nous n’avons fait de la qiblah que tu avais : c’est-à-dire la direction que tu suivais pour la prière et qui est la kaʿbah. Il a été rapporté que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, au tout début, s’est dirigé dans la prière vers la kaʿbah. Puis il a reçu l’ordre de se diriger vers le rocher de Jérusalem, après l’émigration, pour une sagesse. (C’était pour rapprocher les yahūd). Puis il a reçu l’ordre de se diriger à nouveau vers la kaʿbah.

Que pour que Nous montrions aux gens qui va suivre le Messager et qui va se rebeller. C’est-à-dire que Nous n’avons fait de la qiblah que tu aimes prendre pour direction et qui était celle du début, que par épreuve pour les gens, pour indiquer qui reste ferme sur l’islam et qui est sur un fil et apostasie l’islam lorsque la qiblah change. (C’est une règle générale : les ordres et les interdits que Dieu nous fixe, ce sont des épreuves. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut). Donc ce changement de direction est une épreuve pour que se manifeste qui est imperturbable.

Le šayẖ Abū Manṣūr a dit : « afin que Nous fassions exister ce que Nous savons de toute éternité qui va avoir lieu ». Dieu sait de toute éternité tout ce dont Il a voulu l’existence, que cela va exister dans le temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Donc le changement n’a pas lieu dans l’attribut de la science de Dieu mais dans les choses qui sont sues et qui sont des créatures. Allāh ne change pas, ce sont les créatures qui changent. Dieu a su que certains allaient rester fermes sur leur foi et que d’autres allaient apostasier. Le changement n’est pas dans la science de Dieu.

Autre explication : afin que Dieu manifeste aux créatures, qui reste ferme et qui revient sur ses pas. Ici l’épreuve est le changement de direction pour la prière, afin que les gens voient d’eux-mêmes qui est fort et ne change pas et qui ne tient qu’à un fil et qui a apostasié. C’est afin que ce soit connu par les gens. Comme dans d’autres versets dans lesquels Dieu dit ce qui signifie : « afin que soit distingué qui est mauvais et qui est bon ». Pour que cette distinction parvienne aux créatures.

Ou afin que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants prennent connaissance de qui reste ferme et qui apostasie. Par cette épreuve, le Messager saura et les croyants sauront, qui reste ferme et qui va apostasier. Allāh attribue le verbe à Lui-même parce qu’Il agrée le Messager et les croyants.

Ou encore c’est une figure de style, pour expliquer avec douceur à quelqu’un qui ne sait pas.

Et ce changement est difficile uniquement pour ceux que Dieu a guidés. Ils se dirigeaient dans une direction puis il leur a été demandé de changer de direction pour leur prière.

Et Allāh conserve votre īmān. Le terme « īmān » ici désigne la prière. C’est-à-dire que Dieu conserve la récompense des prières que vous avez accomplies en vous dirigeant vers Jérusalem.

Allāh a appelé la prière « īmān » :

1 / parce qu’elle est obligatoire pour les croyants

2/ et qu’elle est récompensée quand elle est accomplie par des croyants

3 / et que le fait d’accomplir une prière en assemblée est une preuve de foi.

Et quand le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre de se tourner vers la kaʿbah pour la prière, certains compagnons ont demandé quel était le jugement des prières de leurs frères qui se dirigeaient vers Jérusalem et qui étaient morts. C’est alors que ce verset a été révélé.

Certes Allāh est Raʾūf, Il est Raḥīm. Raʾūf est encore plus fort que miséricordieux. Cela signifie : Dieu est très miséricordieux et Il est miséricordieux. C’est-à-dire que leur récompense ne sera pas perdue.

Verset 144 : Nous voyons comment tu scrutes le ciel de ton regard. Dieu a appris à Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’Il sait que le Prophète lèverait le regard vers le ciel parce qu’il s’attendait, de la part de son Seigneur, que la direction de la prière soit à nouveau vers la kaʿbah.

1 /Conformément à ce que faisait notre maitre Ibrāhīm qui se dirigeait vers la kaʿbah dans sa prière et

2/ en contradiction avec les yahūd, qui eux, se dirigeaient vers Jérusalem. Le Prophète s’attendait à ce changement

3 / car c’était plus facile pour les Arabes pour devenir croyants.

4/ D’autre part parce que la kaʿbah est une source de fierté pour les Arabes.

5 / Les différentes tribus s’y rendaient lorsqu’elles allaient à La Mecque.

6 / Également c’est là-bas qu’ils faisaient le ṭawāf, les tours autour de la kaʿbah.

Pour toutes ces raisons, le Prophète scrutait le ciel en attendant que Dieu lui donne l’ordre de se diriger vers la kaʿbah.

Nous allons certes t’accorder et Nous allons te donner la capacité de te diriger vers la kaʿbah. Nous allons faire que la direction pour ta prière soit le corps de la kaʿbah et non pas le corps de Jérusalem. Le corps de la kaʿbah signifie le prolongement du corps de la kaʿbah : que la personne soit située plus haut ou plus bas que la kaʿbah, elle va faire sa prière en se dirigeant vers le prolongement du corps de la kaʿbah.

Une qiblah qui te réjouira le cœur. Nous allons t’accorder une qiblah vers laquelle tu t’orienteras pour des raisons valides que tu as dans ton cœur et ton souhait est conforme à la volonté de Dieu et à Sa sagesse. C’est-à-dire que Dieu a voulu cela. Dieu n’a pas changé de volonté parce que, toi, tu le souhaites.

Oriente-toi vers la mosquée al-Ḥarām. Fais en sorte que, dans la prière, tu t’orientes vers la mosquée al-Ḥarām. « Vers » signifie dans la direction de la mosquée » et vers son corps. Parce que se diriger vers le corps de la kaʿbah est difficile pour celui qui se trouve dans un endroit éloigné. Il a été rapporté que le Prophète ^alayhi s-salaam, lorsqu’il est arrivé à Médine, il a fait la prière en direction de Jérusalem durant seize mois, puis il a reçu l’ordre de se diriger vers la kaʿbah dans sa prière.

Et où que vous vous trouvez : c’est-à-dire sur terre et que vous voulez faire la prière, alors orientez-vous vers la mosquée al-Ḥarām et ceux qui ont reçu le Livre avant vous savent que c’est la vérité de la part de leur Seigneur C’est-à-dire que ce changement de direction vers la kaʿbah, c’est la vérité, parce que les prophètes, avant notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, avaient annoncé la bonne nouvelle qu’il y aura un prophète qui s’appellera Muḥammad qui va venir et qui fera la prière vers les deux qiblah, de Jérusalem et La Mecque.

C’est une obligation pour vous de vous orienter vers la kaʿbah, dans la prière, où que vous vous trouviez sur terre. Et ce qui est visé par la kaʿbah, c’est cette construction qui existe actuellement. Et quand le Prophète avait fait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, il avait dit ce qui signifie : « voici votre direction pour la prière ». Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al- Buẖāriyy dans son ṣaḥīḥ. Et apprendre comment déterminer la direction pour la prière est un devoir.

Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allaah.

Verset 145 : et si tu donnais à ceux qui ont reçu le Livre (ce sont les entêtés qui ont reçu le Livre mais qui refusent de le suivre) les arguments catégoriques qui prouvent que se diriger vers la kaʿbah, c’est cela la vérité. Ils ne suivront pas ta direction. Car ce n’est pas à cause d’une confusion qu’ils ont eue qui va être dissipée en leur donnant la preuve. Mais le fait qu’ils aient refusé de te suivre, c’est par orgueil et par entêtement parce qu’ils savent dans leurs livres que tu es décrit comme étant sur la vérité.

Et tu ne vas pas suivre leur qiblah. Qiblahici est au singulier. Pourtant, il s’agit de deux groupes qui ont reçu le Livre, ce sont les yahūd et les nasārā.  Chacun a eu une qiblah différente. Ici, c’est pour couper définitivement tout espoir que tu suivras leur qiblah. Parce qu’ils ont été perturbés à ce moment-là : ils ont dit : s’il était resté sur notre qiblah, alors peut-être que nous aurions pensé que c’est celui que nous attendions. En effet, ils prétendent que le prophète qu’ils attendaient n’est pas le Prophète Muḥammad, alors que c’est lui. Mais ils ont dit que ce serait quelqu’un de la descendance de Mūsā. Puis ils ont espéré qu’il se dirige à nouveau vers Jérusalem. Et le mot qiblah est au singulier parce que leurs qiblah respectives ont en commun qu’elles sont fausses. Dieu ne les agrée pas, Dieu n’agrée que ceux qui se dirigent vers la kaʿbah.

Et ils ne vont pas suivre les qiblah des autres. Même s’ils sont d’accord sur le fait de contredire le Prophète Muḥammad, ils sont divergents à propos de leurs qiblah. Et on n’espère pas qu’ils tombent d’accord. Tout comme on n’espère pas qu’ils soient d’accord avec toi. Les yahūd se dirigent vers Jérusalem et les nasārā vers le lever du soleil.

Et si tu suivais leurs passions après la science que tu as eue. La parole est adressée au Prophète mais ce n’est pas lui qui est visé parce que le Prophète est préservé de la mécréance. C’est-à-dire après les arguments que tu as connus, qui prouvent que la qiblah c’est la kaʿbah et que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam, si tu suivais leurs passions après cela,

Tu serais au nombre des injustes, c’est-à-dire de ceux qui commettent l’injustice la plus abominable. Le mot « injuste » est parvenu dans le Qur’ān dans plus d’un passage. Parfois il a le sens des mécréants, parfois du grand pêcheur, parfois d’un petit pêcheur, tout comme notre maitre Yūnus ʿalayhi s-salām, quand il a quitté la ville avant d’avoir reçu l’ordre de la quitter, il a fait une invocation alors qu’il était dans le ventre du cétacé, en disant ce qui signifie : « j’ai commis un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère ».

Dans cette parole, il y a un ordre qui est donné avec douceur pour ceux qui entendent ce verset. C’est également un moyen de renforcement pour rester ferme sur la vérité. Et c’est également une mise en garde pour celui délaisse les preuves et qui suit les mauvais penchants de son âme.

Il a été dit que cette parole s’adresse en apparence au Prophète ʿalayhi s-salām alors que ceux qui sont visés, c’est sa communauté. Si les membres de sa communauté suivent les passions de ceux qui sont sur l’égarement, ils seront alors injustes.

Verset 146 : ceux à qui on avait fait parvenir le Livre (c’est-à-dire les injustes)

Ils le reconnaissent (c’est-à-dire Muḥammad à qui Nous avons fait parvenir le Livre)

Exactement comme ils sont capables de reconnaitre leurs enfants. ʿAbdul-Lāh ibnu s- salām était le savant des juifs puis il s’est converti à l’islam. Alors les autres juifs ont dit à son sujet que c’était quelqu’un qui ne savait rien du tout. Il a dit : « moi je connais Muḥammad plus que je ne connais mon propre fils ». Alors notre maitre ʿUmar lui a dit : « comment ça ? Tu le connais plus que ton propre fils ? » Alors il a répondu : « le Prophète Muḥammad, je n’ai aucun doute qu’il est prophète. Pour ce qui est de mon fils, je n’ai aucune garantie que sa mère ne m’a pas trahi ». C’est-à-dire que c’est quelque chose qui est possible selon la raison. C’est alors que ʿUmar lui a embrassé la tête.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la connaissance à elle-seule ne suffit pas. Il faut que la personne reconnaisse cela. Car les yahūd savaient que Muḥammad était un envoyé de Dieu mais leur âme a refusé d’accepter cela. C’est pour cela qu’ils se sont mis à le démentir par la langue. Car la Torah d’origine, celle qui a été révélée à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, comporte l’annonce que Muḥammad est l’envoyé de Dieu. Et la Torah ainsi que l’Evangile ont été falsifiées, les sens des termes ont été falsifiés. Puis les termes ont été déformés.

Et un groupe d’entre eux (qui n’ont pas été musulmans) dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. C’est par jalousie et par entêtement. Leurs livres qui ont été révélés à Moise et à Jésus comportent la vérité.

Verset 147 : la vérité est de la part de ton Seigneur. C’est-à-dire que la vérité est ce qui a été confirmé de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle est le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam Et ce qui n’a pas été authentifié comme étant de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle sont les gens du Livre, c’est faux.

Ne sois pas au nombre de ceux qui doutent. C’est-à-dire : ne doute pas que cette vérité est bien de la part de ton Seigneur.

Verset 148 : et chaque groupe de chaque religion a une direction vers laquelle il se dirige.

Empressez-vous pour faire le bien, où que vous soyez : c’est-à-dire que du fait que Dieu vous a ordonné de changer de direction pour la prière, alors empressez-vous pour aller vers le bien, que ce soit concernant la qiblah ou autre que la qiblah. Dans toutes les choses, soyez, vous, les pionniers. Qui que vous soyez, c’est-à-dire vous et vos ennemis. Même pour vos ennemis, c’est un ordre de vous rejoindre sur la vérité.

Allāh vous ressuscitera tous. Vous et vos ennemis, vous serez ressuscités pour le jour du jugement et Dieu jugera entre ceux qui étaient sur la vérité et ceux qui étaient sur le faux.

La deuxième explication du verset « où que vous soyez » est que vous, communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, chacun d’entre vous a une direction vers laquelle il prie. En effet si quelqu’un est au nord de la kaʿbah, il va se diriger vers le sud pour sa prière ; celui qui est au sud, il se dirige vers le nord ; celui qui à l’est de la kaʿbah, il se dirige vers l’ouest et celui qui est à l’ouest, il se dirige vers l’est. Donc ce verset veut dire que vous, communauté de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, où que vous soyez, vous vous dirigez vers la meilleure des directions. Et c’est le prolongement de la kaʿbah. Où que vous soyez : c’est comme si vous étiez tous ensemble dans la mosquée al-ḥarām en train de prier.

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Verset 149 : de n’importe quel endroit tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām lorsque tu faisla prière.

Et l’ordre qui vous est donné est la vérité de la part de ton Seigneur.

Et Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites.

Verset 150 : c’est une répétition du verset précédent : et de n’importe quel endroit duquel tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām

Et où que vous soyez, alors orientez-vous vers la mosquée al-ḥarām pour la prière. Cette répétition est pour insister à propos de la qiblah, parce qu’il y a eu une abrogation ici : c’était Jérusalem puis c’est devenu la kaʿbah. Cette répétition est pour éliminer toute confusion possible et pour que les gens restent fermes sur l’ordre qui leur a été donné. C’est bien vers la kaʿbah qu’ils doivent se diriger vers la prière. Il y a beaucoup d’intérêts dans cette répétition.

Pour que les gens n’aient pas d’argument contre vous. C’est-à-dire que Dieu vous a donné suffisamment d’arguments pour justifier votre qiblah pour répliquer aux gens (ici ce sont les yahūd), car c’est différent de ce qui est dans la Torah. La qiblah a bel et bien été changée. Leur parole a été appelée un argument parce que ce sont eux qui prétendent que c’est un argument. Mais en réalité ce n’est pas un argument car ça ne prouve pas quelque chose de vrai. Habituellement, l’argument prouve quelque chose de vrai. Mais eux, ils utilisent ces paroles comme étant une preuve alors que ça n’en est pas une.

Sauf ceux qui sont injustes parmi eux. C’est-à-dire ceux qui sont entêtés parmi les yahouud. Ils disent : s’il a quitté notre qiblah pour se diriger vers la kaʿbah, c’est pour rejoindre la religion de son peuple (les gens de Qurayš qui étaient des idolâtres), c’est parce qu’il aime sa ville. Ils ont dit : s’il était sur la vérité, il serait resté sur la qiblah des prophètes, c’est-à-dire vers Jérusalem.

Ou bien deuxième explication : pour ne pas que les Arabes puissent émettre une objection sur le fait que vous ayez abandonné l’orientation vers la kaʿbah qui est la qiblah d’Ibrāhīm et d’Ismāʿīl, le père des Arabes, excepté ceux qui sont injustes parmi eux, qui sont les gens de La Mecque, quand ils vont dire : il a changé d’avis, il est revenu à la qiblah de ses ancêtres et bientôt, il va rejoindre leur religion.

Ne les craignez pas. N’ayez pas peur d’eux, c’est-à-dire ne les craignez pas dans leurs paroles qui portent atteinte à propos de votre qiblah. Ils ne vont pas vous nuire.

Mais craignez-Moi. C’est-à-dire craignez Dieu et ne désobéissez pas à Son ordre.

Pour que Je vous parachève Ma grâce. C’est-à-dire : Je vous ai donné les arguments pour que personne ne puisse émettre de parole contre vous et Je vous ai guidés vers le ka^bah. Je vous ai accordé cette grâce de vous avoir dirigés vers la kaʿbah.

Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire pour que vous soyez guidés vers la qiblah de notre maître Ibrāhīm. Car notre maitre Ibrāhīm faisait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, qu’il avait d’ailleurs reconstruite avec son fils Ismāʿīl.

Verset 151 : tout comme Nous avons envoyé parmi vous. « Tout comme », soit il se rapporte à ce qui l’a précédé, c’est-à-dire afin que Je vous parachève Ma grâce dans l’au-delà, en vous accordant la récompense, tout comme Je vous l’ai parachevée dans le bas-monde en vous envoyant le Messager. Dans ce cas, on ne marque pas d’arrêt à la fin du verset 150.

D’entre vous : c’est-à-dire un messager qui est arabe Qui vous récite : c’est-à-dire qui récite ce qui est révélé Nos versets : c’est-à-dire le Qur’ān. wa yuzakkīkum : il y a trois avis rapportés par le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy 1/ Ibnu ʿAbbās et Al-Farraḥ ont dit : il prélève de vous la zakāt et c’est une cause pour purifier vos biens. 2/ Al-Muqādir a dit : ce messager va vous purifier du chirk (l’association à Dieu) et du kufr (la mécréance) 3/ Il les invite à ce qui va faire d’eux des gens vertueux.

Et il vous enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qour’aan

Et la sagesse : c’est-à-dire la sounnah (la croyance et les jugements et les actes du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le fiqḥ (la science des lois).

Il vous enseigne ce que vous ne saviez pas : c’est-à-dire qu’il vous enseigne ce que vous ne pouvez connaitre que par révélation.

La deuxième explication est que le « tout comme » se rapporte à ce qui va suivre : tout comme Nous vous avons envoyé un messager d’entre vous, qui vous récite Nos versets, qui vous purifie, qui vous enseigne le Livre et la sagesse et qui vous enseigne ce que vous ne saviez pas. Allāh taʿālā nous rappelle ainsi qu’Il nous a envoyé le Messager,

Verset 152 : alors évoquez-Moi et Je vous accorderai la récompense. Selon cette deuxième explication, on marque un arrêt à la fin du verset 150, c’est-à-dire la parole « tahtadūn ».

Evoquez-Moi : c’est-à-dire par la demande du pardon. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son explication qu’Ibnu ʿAbbās et ibnu Ǧubayr ont dit : évoquez-Moi en M’obéissant, alors Je vous accorderai le pardon.

Ibrāhīm ibnu s-sariyy a dit : tout comme Je vous ai fait grâce par le message, c’est-à-dire le fait que Dieu nous a envoyé le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām,

Alors évoquez-Moi par le tawḥīd, c’est-à-dire en ayant pour croyance que Je n’ai pas d’associé et en croyant en la véracité de Mon prophète.

Ou alors évoquez-Moi en faisant Mon éloge, en me remerciant et Je vous donnerai

Ou alors évoquez-Moi en Me demandant, et Je vous donnerai

Ou alors évoquez-Moi par le repentir et Je vous pardonnerai

Ou alors évoquez-Moi avec la sincérité et Je vous délivrerai

Ou évoquez-Moi par la supplication et Je vous sauverai.

Et remerciez-Moi : c’est-à-dire pour les grâces que Je vous ai accordées.

Et ne reniez pas les grâces. Ne soyez pas ingrats pour les grâces que Je vous ai accordées.

Verset 153 : ô vous qui êtes croyants, faites-vous aider par la patience. Par la patience, on obtient toutes les grandes vertus.

Et par la prière. La prière empêche de commettre les actes vils, les actes d’impudence. La prière aide la personne à s’améliorer et soigne du mauvais comportement.

Certes Allāh soutient ceux qui patientent. Dans la bague de notre maitre Idrīs, il est écrit que la patience avec la sincérité donne la réussite.

Verset 154 : ne dites pas à propos de ceux qui ont été tués dans la voie que Dieu agrée : ce verset a été révélé à propos des martyrs de la bataille de Badr et ils étaient au nombre de quatorze. Cette bataille a eu lieu le 17 de ramaḍān de l’an deux de l’hégire.

Qu’ils sont morts mais ils sont bien vivants. Mais vous ne le constatez pas. C’est-à-dire que vous ne savez pas cela, parce que la vie du martyr n’est pas quelque chose que l’on connait par la perception sensorielle. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu l’agrée, les martyrs sont vivants, selon le jugement de Dieu. Leur subsistance est exposée à leur âme et ils en ressentent la fraicheur et la joie, tout comme le feu est exposé aux âmes de ceux qui ont suivi pharaon dans la mécréance, matin et soir. (Verset qui cite cela). Dans cette vie, les mécréants ne sont pas exposés au feu et dans l’au-delà, ils seront en enfer. Donc ils seront exposés au feu dans la tombe. Et c’est de ce verset que les savants ont déduit qu’il y a un supplice dans la tombe. Et les suppliciés ressentiront de la peine et de la douleur suite à cela.

D’après Muǧāhid, les martyrs reçoivent des fruits du paradis, ils sentent l’odeur du paradis sans y être. Mais cette parole n’est pas confirmée. Le šayẖ rectifie et dit : leur âme sera au paradis. On a entendu que leur âme sera dans des volatiles verts qui mangent des fruits du paradis et qui se réfugient dans des chandelles accrochées au Trône. Leur âme sera au paradis mais les martyrs ne vont pas occuper la place qu’ils occuperont après le jour du jugement. Histoire d’un savant qui s’appelle Abdur -Raḥmān ibnu l-Qāsim il y a plus de six cents années. Il a été tué dans une bataille, avec d’autres personnes. Ils ont été laissés à terre. Un mécréant est venu et s’est moqué du Qur’ān. Il leur a dit : « vous, vous dites : ne dites pas à propos de ceux qui sont tués dans la voie que Dieu agrée, qu’ils sont morts mais qu’ils sont bien vivants ». L’un des morts s’est levé et a récité le verset. Le mécréant tremblait de peur. Le martyr est ensuite retourné comme il était.

« Chez » signifie « selon le jugement de leur Seigneur ». C’est-à-dire que Dieu les honore et les agrée. Le martyr, lorsqu’il meurt, son âme va au paradis. L’âme quitte le corps mais pas totalement. Comme le soleil qui est dans le ciel mais son effet est sur terre. De même, l’âme du martyr va au paradis mais son effet reste sur le corps qui est sur terre. Ils sont vivants même si ce n’est pas la même vie que nous avons actuellement. Il y a les traces de l’âme dans le corps du martyr qui est sur terre.

Muḥammad aṣ-ṣaʿidiyy était un élève de notre šayẖ ʿAbdul-Lāh al-Ḥarariyy. Les gens ont ouvert sa tombe quinze ans après qu’il ait été enterré. Ils voulaient enterrer son frère et ils pensaient que son corps avait été assimilé par la terre. Ils ont trouvé son corps intact car il était mort martyr.

Verset 155 : et Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves pour éprouver vos états comme un examinateur. Est-ce que vous allez patienter et accomplir des actes d’obéissance ou bien vous n’allez pas patienter ? Dieu éprouve qui Il veut par ce qu’Il veut. Et certains croient que Dieu ne crée pas le mal. Or Dieu crée le bien et le mal et c’est une preuve de Sa parfaite toute puissance. Mais Il n’ordonne pas le mal et il n’agrée pas le mal.

Par quelques (c’est-à-dire quelques épreuves): « bišayʾin » signifie « un peu », pour indiquer que toute épreuve qui touche l’être humain, même si cette épreuve est importante, il se peut qu’il y ait plus grave encore. On dit : « dafaʿa l-Lāhu mā kāna ʾaʿẓam », « Dieu repousse de nous ce qui est encore plus grave ». Ceci montre que les gens bénéficient de la miséricorde de Dieu en toute situation. Et Dieu les a informés qu’il y aura une épreuve avant qu’elle ne se produise, pour qu’ils puissent la supporter. Les gens ont ainsi été préparés.

Peurs. La crainte de Dieu et de l’ennemi.

Et faim : c’est-à-dire la famine ou le jeûne du mois de ramaḍān.

Et un manque dans les biens. Par la mort du bétail ou par la zakāt. Et le mot « et » suit, soit le mot « šāyʾ » (quelques pertes dans le bien) soit le mot « ẖawf » (crainte). Nous allons vous éprouver par quelques pertes dans vos biens. Ce sont des épreuves de la part de Dieu.

Et dans les âmes : c’est-à-dire par les homicides et la mort. Nous allons vous éprouver par une diminution dans le nombre de personnes. Ou bien par la maladie et la vieillesse.

Et dans les fruits : les récoltes ou par la mort des enfants (car l’enfant est un fruit du cœur, il est comme un fruit pour les parents).

Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent. C’est-à-dire à ceux qui patientent suite à toutes ces épreuves. Parce que ceux qui font l’istirǧāʿ face aux épreuves, annonce-leur la bonne nouvelle, parce que c’est une soumission totale à Dieu. C’est le fait de dire le verset « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn » ce qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous retournerons à la vie pour Son jugement ». Ce qui veut dire qu’en définitive, même si j’ai été éprouvé par cette épreuve, j’appartiens à Dieu et je reviendrai à Son jugement au jour dernier.

Et dans le ḥadīṯ notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui dit l’istirǧāʿ lors de l’épreuve, Dieu lui comble le manque qu’il a à cause de cette épreuve et Il lui accorde un bien pour la suite ainsi qu’une suite vertueuse qui le satisfera ». Rapporté par Al-Bayhaqiyy, Aṭ-Ṭabarāniyy et ibnu Ǧarīr.

Une fois, la chandelle du messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est éteinte. Le Prophète a alors dit : « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn ». Quelqu’un s’est étonné et a dit : « ça, c’est une épreuve ? » alors le Prophète a dit ce qui signifie : « toute chose qui nuit au musulman est une épreuve ».

Ce verset s’adresse au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à tous ceux à qui peut parvenir cette annonce de bonne nouvelle de ceux qui patientent.

Ceux qui patientent sont ceux qui se satisfont de Dieu, qui ne se rebellent pas contre Lui, ceux qui ne perdent pas patience pour ce que Dieu prédestine, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les chagrinent, leur font du mal dans leurs corps, mais leurs cœurs sont satisfaits vis -à- vis de Dieu. Notre maitre Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté dix-huit ans étant malade et il n’y avait un seul endroit de son corps qui n’était pas malade.

Ceux qui patientent, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des ṣalawāt de la part de Dieu, c’est-à-dire des miséricordes accompagnées d’élévations en degrés. Ici, il ne s’agit pas d’une simple miséricorde mais elle est accompagnée d’élévations en degrés. Parce que la simple miséricorde dans le bas-monde concerne le croyant et le mécréant. Même le mécréant profite de la miséricorde de Dieu, dans le bas-monde. Mais le mécréant est ingrat, car il mange et boit de ce que Dieu lui accorde et il renie Dieu. Il y a des miséricordes spécifiques et il y a des miséricordes générales. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles sont associés le croyant et le non croyant, le bienfaisant et le malfaisant. Il y a le fait de profiter de cet air que nous respirons, de la bonne santé, des biens, et autres : tout cela fait partie des miséricordes générales. Alors que les miséricordes particulières, elles sont réservées aux croyants qui patientent, ceux qui sont soumis à Dieu d’une totale soumission. La première des conditions pour gagner ces miséricordes particulières, c’est la foi, c’est-à-dire être croyant. Celui qui n’est pas croyant ne bénéficie pas de ces miséricordes particulières.

Verset 156 : ceux qui (il s’agit d’une description de ceux qui patientent)

Lorsqu’ils sont touchés par une épreuve (c’est-à-dire qui est difficile à supporter)

Ils disent « certes nous appartenons à Allāh et nous reviendrons à la vie pour Son jugement ». C’est une reconnaissance de la souveraineté de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu et Dieu fait de nous ce qu’Il veut et nous sommes satisfaits de ce qu’Il fait de nous, que ce soit quelque chose qui correspond aux penchants de l’âme ou quelque chose qui va à l’encontre de notre nature. Nous nous soumettons à Lui, nous n’émettons pas d’objection contre Lui. Dieu a créé les âmes et Il fait que, naturellement, elles penchent pour certaines choses et elles ont une aversion pour certaines choses. Ceux dont Dieu fait l’éloge dans ce verset 156, ce sont des gens qui se soumettent totalement à Dieu, c’est-à-dire lorsqu’Il leur fait subir ce qui convient à leur âme et lorsqu’il leur fait subir ce qui ne convient pas à leur âme, des choses que Dieu leur a destinées et prédestinées : ils se soumettent à Lui dans les deux cas.

Pour illustrer cela, dans le ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, parmi les choses que nous récitons, entre la parole « Allāhu ʾakbar » et la récitation de la al-fātiḥah, nous disons « naḥnu laka wa ilayk » c’est-à-dire « ô Allāh, nous T’appartenons et nous reviendrons à la vie pour Ton jugement ». C’est une reconnaissance par la langue de cette conviction par le cœur que tout appartient à Dieu.

Dans le livre «al-marāsil » de   Abū Dāwūd qu’il a composé pour les ḥadīṯ mursal. Un ḥadīṯ mursal est un ḥadīṯ rapporté par un successeur des compagnons qui le rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais il ne dit pas qui est le compagnon qui le lui a rapporté. Parmi ces ḥadīṯ mursal, il y a une parole qui est attribuée au Prophète par un successeur : « Allāhumma ʾinnamā naḥnu bika wa ʾilayk », ce qui signifie littéralement : « ô Allāh nous sommes par Toi et à Toi », c’est-à-dire que notre existence est par Ta puissance et Ta volonté et conformément à Ta science ». Il n’y a pas une seule chose qui existe sans que ce soit par Ta création, par Ta puissance, par Ta volonté et par Ta science. Nos êtres et nos caractéristiques, tout cela est par la création de Dieu, par la volonté de Dieu, conformément à Sa science et Sa prédestination et Sa destinée. « Wa ilayk » : c’est-à-dire que notre devenir est à Toi. Chacun d’entre nous, Dieu lui a prescrit la mort. Pas un d’entre nous ne va y échapper. Soit la personne meurt dans un bon état selon le jugement de Dieu, soit elle meurt sur un état que Dieu n’agrée pas selon Son jugement.

« Muṣībatun » : dans la grammaire, c’est un mot qui est indéfini (nakirah). Dieu nous fait comprendre ainsi que toute épreuve qui touche le musulman, quelle qu’elle soit, elle va profiter au musulman, soit par l’élévation en degrés, soit par une expiation de péché, ceci dans le cas où cette personne ne se rebelle pas contre Dieu. Donc celui qui se satisfait de Dieu, il patiente, il va profiter de l’épreuve, elle sera bénéfique pour lui. Parce que, soit ce sera une élévation en degrés selon le jugement de Dieu, soit une expiation de péchés. Tout ce qui va toucher le musulman sera une cause pour qu’il soit élevé en degrés ou bien ce seront des péchés qui lui seront expiés, c’est-à-dire qu’une partie de ses péchés lui sera effacée. Il n’y a pas une seule épreuve qu’il subisse, qu’elle soit petite ou grande, sans qu’il n’en profite. Et quel bon bénéfice de cela. Même l’épreuve qui parait négligeable aux yeux des gens, comme le fait d’être piqué par épine ou le fait d’être dérangé par un tourment ou un souci sans grande conséquence. Par contre si c’est un grand tourment, le musulman va en profiter, en fonction de la gravité de ce tourment. Par ailleurs, ces croyants dont Dieu fait l’éloge, ils ont une particularité, c’est que lors les jours de al-ḥarb, ils s’attachent à l’obéissance à Dieu, autant que faire se peut. Al-ḥarb, c’est quand il y a beaucoup de morts, beaucoup de meurtres ; même dans ces jours-là, ils ne désobéissent pas à Dieu. Ils ne délaissent pas les obligations et ils ne se mettent pas à commettre des péchés à cause de cela. Ils sont fermes.

Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « se consacrer à l’adoration de Dieu en période de ḥarb, c’est comme celui qui a fait une émigration pour venir me rejoindre ». Rapporté par ibnu Ḥibbān dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Mouslim dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Ibnu Māǧah dans ses sounan. C’est-à-dire que celui qui s’attache à l’obéissance à Dieu dans une période de ḥarb, il est comme celui qui a accompli l’émigration pour rejoindre le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à l’époque où l’émigration vers le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām était obligatoire. Parce qu’il n’y a plus eu d’émigration obligatoire après la conquête de La Mecque.

Ils ont su (c’est une connaissance), ils ont eu pour croyance et ils sont catégoriques, qu’ils appartiennent à Dieu, qu’Il peut faire d’eux ce qu’Il veut et qu’ils vont revenir à Son jugement, c’est-à-dire qu’ils vont mourir, pour, par la suite, être rétribués par Dieu. La rétribution des croyants pour leur foi commence dans le barzaẖ (c’est la période entre la mort et la résurrection et elle a lieu dans la tombe). Mais la plus grande rétribution est dans l’au-delà. Pour les croyants, ce seront des choses qui vont les réjouir. Dieu leur a promis que, dès qu’ils quittent le bas-monde, ils n’auront rien qui va les chagriner. Mais le fait de quitter le bas-monde, ils sont à l’image de quelqu’un qui était prisonnier et qui sort de prison ou bien quelqu’un qui était dans une famine et une sécheresse, il retrouve le bien-être et le confort. La tombe que les gens craignent, certains y seront dans un état meilleur que ce qu’ils avaient auparavant, même s’ils résidaient dans des palais luxueux et qu’ils avaient beaucoup de grâces dans ce bas-monde. Mais parce qu’ils étaient pieux dans la vie d’ici-bas, dans la tombe, ce sera encore meilleur. Il suffit pour cela le fait qu’ils verront dans leurs tombes leur place au paradis, une fois au début du jour et une fois à la fin de la journée. Ceci dépasse tous les plaisirs du bas monde lorsqu’ils étaient sur terre.

Il y a d’autres félicités que celles-là. Entre-autres, il y a le fait qu’ils ne seront pas en proie à ce qui va leur nuire, dans leurs tombes, comme les bêtes sous terre (les scorpions, les serpents, les vers) et ils ne vont pas endurer non plus la solitude dans la tombe, ils ne vont pas endurer non plus la difficulté de l’obscurité car leur tombe sera éclairée. Œuvrons pour gagner cela. Ils seront également épargnés de l’étroitesse de la tombe. Et la félicité de l’au-delà sera encore meilleure.

Certes nous allons revenir à Lui : c’est une reconnaissance qu’ils vont mourir et donc que le devenir, ce sera la rétribution de la part de Dieu.

Verset 157 : ceux-là auront des ṣalawāt de la part de leur Seigneur et une raḥmah. Cela signifie une grâce et une miséricorde. Cela indique qu’ils auront des miséricordes qui vont se suivre. Saʿīd ibnu Ǧubayr a indiqué dans ce verset que ṣalawāt signifie le pardon de la part de Dieu. Ce verset indique une annonce de bonne nouvelle pour les croyants. Ce sont des gens qui se satisfont de Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’émettent pas d’objection contre Dieu, ils ne se mettent pas en colère contre Dieu contre ce qu’Il a prédestiné, ils ne font pas preuve de rébellion ni d’exaspération pour les choses que Dieu leur a fait subir, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les attristent, leur nuisent dans leurs corps. Mais leurs cœurs sont satisfaits de Dieu.

Ceux-là, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degrés. Il ne s’agit pas ici de simple miséricorde. Car la miséricorde dans le bas-monde, vont en bénéficier le croyant et le mécréant. Mais les ṣalawāt ici, ce sont les miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degré : ce sont des miséricordes particulières. Cet air que nous respirons fait partie de la miséricorde générale. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles s’associent le croyant et le mécréant, comme le fait de profiter des biens, de la santé, des grâces du bas-monde. Alors que les miséricordes particulières, seuls les croyants qui patientent, qui se soumettent à Dieu totalement, vont les recevoir. La première condition pour obtenir ces miséricordes spécifiques est d’être croyant.

Et ce sont eux les bien-guidés. C’est-à-dire ceux qui ont été bien guidés pour aller sur le droit chemin, puisqu’ils ont fait l’istirǧāʿ (qui est le fait de dire « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn »). Et ʿUmar a dit : quelle belle charge que celle qu’on répartit sur le dos du chameau ».

Verset 158 : certes aṣ-ṣafā wa l-marwah. Ce sont deux montagnes à La Mecque où les pèlerins font les trajets.

Font partie des rites de la religion agréée par Dieu.

Celui qui se rend à la kaʿbah soit pour faire le pèlerinage, soit pour faire la ʿumrah, il n’y a pas de péché pour lui s’il fait les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Le mot ṭawāf à l’origine signifie marcher autour. Ici, par extension, cela signifie marcher entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Il a été dit qu’au-dessus de aṣ-ṣafā, il y avait un isāf et sur al-marwah, il y avait nāʾilah qui sont deux idoles, deux statues. C’était un homme et une femme qui avaient commis la fornication à l’intérieur de la kaʿbah et ils ont été transformés en pierres et ils ont été placés sur chacun des deux monts pour que les gens soient exhortés de ce qui arrive à ceux qui commettent ce péché-là. Mais avec le temps, les gens se sont mis à les adorer ; les gens de la période d’ignorance, quand ils marchaient entre les deux monts, ils se frottaient à ces idoles. Lorsque l’islam est venu et que les idoles ont été détruites, les musulmans n’étaient pas très à l’aise pour faire les trajets entre les deux monts parce que les gens faisaient des actes d’idolâtrie. Mais Allāh dit qu’il n’y a pas de mal en cela, de faire les trajets entre les deux monts. Et An-Nasafiyy dit que cela est une preuve que les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah ne sont pas un pilier du pèlerinage et de la ʿumrah, selon Abū Ḥanīfah. Contrairement à Mālik et Aš-Šāfiʿiyy qui considèrent tous deux que les trajets entre les deux monts sont un pilier.

Et celui qui veut le faire (c’est-à-dire les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah) et là encore, cela fait ressentir que ce n’est pas un pilier

Certes Allāh rétribue pour peu de choses d’une large récompense. Parfois il arrive que quelqu’un donne une datte en aumône, et c’est cette aumône qui sauvera cette personne de l’enfer.

Et Allāh sait absolument tout.

Verset 159 : certes ceux qui cachent (parmi les traitres des yahūd) ce que Nous avons révélé (c’est-à-dire ce que Dieu a révélé dans la Torah) comme signes clairs (qui témoignent de Muḥammad ʿalayhi s-salām) et bonne guidée (ce qui guide à l’islam). Car dans la Torah, on trouve la description du dernier prophète.

Après que Nous l’avons montré aux gens dans le Livre (c’est-à-dire dans la Torah) Il n’y a pas sujet à confusion. Ils sont partis avec ce qui est indiqué au sujet du Prophète Muḥammad dans le Livre et ils l’ont caché.

Ceux-là, Dieu les maudit et ceux qui maudissent les maudissent. « Ceux qui maudissent » : ce sont ceux de qui il est possible qu’il provienne une parole de malédiction. Ce sont les anges et ce sont les croyants parmi les humains et les ǧinn.

Verset 160 : hormis ceux qui ont fait le repentir. Pour avoir caché ce qui était dans la Torah et pour avoir délaissé la foi et l’islam.

Et qui ont corrigé. Ce qui a été corrompu de leur état antérieur et qui ont rattrapé ce qu’ils ont manqué.

Et qui ont indiqué. Ce qu’ils avaient caché comme indication du Prophète Muḥammad qui était dans la Torah.

Ceux-là, J’accepte leur repentir et Je suis Celui Qui accepte le repentir. Allāhest Celui Qui accepte le repentir.

Verset 161 : certes ceux qui ont mécru et qui sont morts en étant mécréants, ceux-là, Allāh les maudit, les anges les maudissent et tout le monde les maudit. C’est-à-dire que ceux qui sont morts, parmi ceux qui ont dissimulé la description de Muḥammad, et qui n’ont pas fait le repentir, Dieu a cité qu’ils seront maudits, quand ils étaient vivants et également quand ils sont morts. Et tout le monde les maudit : ce qui est visé par « tout le monde » ici, ce sont les croyants. Ou deuxième explication : ce sont les croyants et les mécréants. Puisque certains vont maudire les autres au jour du jugement. Allāh taʿālā dit ce qui signifie : « chaque fois qu’un groupe entre en enfer, il maudit le groupe qui a été la cause ».

Verset 162 : ils y resteront éternellement. C’est-à-dire dans la malédiction ou bien en enfer. L’enfer n’a pas été cité explicitement pour montrer sa gravité.

Il ne leur sera pas allégé du châtiment et ils n’auront pas de répit. Il ne leur sera pas donné de délai ou bien ils ne seront pas attendus pour qu’ils puissent se repentir.

Verset 163 : et votre dieu est un dieu unique. Il n’a pas d’associé dans Sa divinité. Et il n’est pas valide d’appeler dieu autre que Lui.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une confirmation de Sa divinité et c’est une négation de la divinité pour tout autre que Lui.

Il est ar-Raḥmānu r-Raḥīm : Il est Celui à Qui appartient toutes les grâces, que ce soient les origines des grâces ou leurs dérivations. Et nul autre que Lui n’est ainsi. Tout autre que Dieu est soit une grâce, soit une créature qui a bénéficié d’une grâce.

Verset 164 : les associateurs ont été surpris qu’il y ait un dieu unique parce qu’ils avaient des divinités et ils ont demandé un signe, alors Dieu a révélé ce verset.

Certes dans la création des cieux et de la terre et dans la variation de la nuit et du jour : c’est-à-dire dans leurs couleurs, leur longueur, leur petitesse, leur succession.

Ainsi que les navires qui voguent sur l’eau et profitent aux gens : c’est-à-dire que soit on transporte sur ces navires ce qui est bénéfique aux gens, soit on profite de ces navires qui sont eux-mêmes bénéfiques aux gens.

Et ce qui descend du ciel comme eau : c’est-à-dire de la pluie, car il arrive qu’il pleuve du sang et c’est une punition pour ces gens-là sur lesquels il pleut du sang et il arrive qu’il pleuve des poissons. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit : « vous ne savez pas qu’il a des mers dans les cieux ? Et de ces mers, il tombe des poissons ». C’est pour cela que dans ce verset, il est précisé que c’est de l’eau.

Et Il a revivifié la terre après qu’elle soit morte. C’est-à-dire que la terre a fait pousser ses plantes après qu’elle a été sèche et dure.

Et Il a fait que sur terre, soient propagées des créatures qui se déplacent. Comme les animaux, comme les humains.

Et le fait que les vents soufflent et leurs directions sont différentes. Il y a ceux qui viennent du sud, du nord, de l’est, de l’ouest. Il y a des vents qui sont chauds, des vents qui sont froids, des vents qui sont des tempêtes, des vents qui sont des brises, des vents qui sèment la stérilité, des vents qui sèment la fertilité. Et il a été dit que ces vents, parfois ils ramènent la miséricorde, et parfois, ils ramènent le châtiment.

Et les nuages qui sont asservis : les nuages sont soumis à la volonté de Dieu. Allaah fait que ces nuages donnent la pluie où Il veut.

Entre ciel et terre. C’est-à-dire que ces nuages sont entre ciel et terre.

Ce sont autant de signes pour les gens qui méditent. Ils vont déduire par ces choses qu’ils observent la moralité qui est la toute-puissance de Celui Qui les a fait exister et la sagesse de Celui Qui les a créés, et l’unicité de Celui Qui a fait exister cela.

Et dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui récite ce verset et qui ne médite pas à son sujet ». C’est-à-dire qui ne médite pas son sujet et qui n’en tire pas des leçons.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est un blâme pour celui qui ne médite absolument pas ». Ce qui est interdit, c’est le fait de n’avoir jamais médité, absolument pas du tout sur la création des créatures qui sont un des signes de l’existence de leur créateur. Il a dit aussi : « le cœur est utile à la personne qui en est dotée, si elle l’utilise dans ce que Dieu lui a ordonné de l’utiliser ».

Si la personne médite à propos de la création des cieux et de la terre et même à propos de sa propre création à elle-même, et qu’elle ressent ainsi l’éminence de Dieu, elle aura ainsi une grande récompense. La méditation, le fait de réfléchir au sujet des créatures de Dieu, est une obligation.

Ainsi, notre maitre, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a récité le verset qui se trouve dans sourate ʾĀli ʿImrān qui signifie : « certes il y a dans la création des cieux et de la terre et dans la succession de la nuit et du jour des signes pour ceux qui sont dotés de raison. Ceux qui évoquent Allāh quand ils sont debout, quand ils sont assis, quand ils sont sur leurs couches, et ils réfléchissent à propos de la création des cieux et de la terre, et ils disent : Seigneur, Tu n’as pas créé cela absurdement ». Puis il a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui le récite et qui ne médite pas à son sujet ». Rapporté par ibnu Ḥibbān.

A partir de là, on sait que l’homme doit méditer, doit réfléchir au sujet des différents états de ce monde. Il médite à propos de sa propre personne, il médite à propos de l’air dans lequel il vit, pour que cela l’augmente en certitude en l’existence de Dieu Qui a créé toutes ces choses. Si la personne réfléchit à propos d’elle-même, de son propre état, elle saura qu’elle a existé après n’avoir pas existé, chacun d’entre nous en est bien conscient. Et il sait parfaitement que ce n’est pas lui-même qui s’est créé lui-même. Et celui qui les a créés, il n’est pas possible qu’il ait une ressemblance avec les humains ni avec autre chose. S’il réfléchit à ce sujet et qu’il aboutit à la connaissance que Dieu a une puissance parfaite et que le créateur de toutes ces choses-là, c’est Dieu. Grâce à cette méditation grâce à cette réflexion, il aura une récompense éminente. Ceci fait partie des devoirs du cœur. Également parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Dieu. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Son messager. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre ce que Dieu nous a ordonné de faire. Cette connaissance a pour siège le cœur. Le cœur est le siège de la connaissance. Et cette connaissance, Dieu nous a ordonné de l’avoir.

Verset 165 : et il y a parmi les gens (malgré les preuves éclatantes qui ont été données) ceux qui adorent autre que Dieu. Ils considèrent autre que Dieu qui sont équivalents à Dieu. Ils ont adoré des idoles. Ils les glorifient (leurs idoles) de la soumission de celui qui aime Allāh : comme celui qui glorifie Allāh et qui se soumet à Lui. C’est-à-dire qu’ils aiment leurs idoles tout comme ils aiment Allāh, c’est-à-dire qu’ils aiment de façon équivalente leurs idoles et Dieu. Ils reconnaissaient Dieu selon leur prétention, c’est-à-dire qu’ils reconnaissaient qu’il y avait un dieu qui s’appelle Allāh et ils essayaient de gagner Son agrément selon leur prétention, mais ils Lui attribuaient des associés. Et il a été dit qu’ils les aiment, c’est-à-dire qu’eux aiment leurs idoles tout comme les croyants aiment Allāh.

Mais les musulmans aiment Allāh plus que les associateurs n’aiment leurs idoles : parce que les croyants ne vont pas se détourner de Dieu pour adorer autre que Lui, dans n’importe quelle situation. Tandis que les associateurs, quand ils sont en proie à une épreuve, ils se détournent de leurs idoles pour adorer Dieu.

Et s’il avait vu cela, il aurait vu quelque chose de très éminent. Quant à ceux qui ont été injustes, quand ils verront le châtiment, ils verront que la puissance revient à Allāh. Ceux qui ont été injustes sont ceux qui ont pris des associés à Dieu.

Certes le châtiment de Dieu est terrible. C’est-à-dire que si ceux qui commettaient cette grande injustice, en attribuant des associés à Dieu, savaient que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’Il est tout puissant à faire parvenir la récompense et le châtiment, alors que les idoles qu’ils adorent n’ont pas cette capacité, s’ils savaient combien est terrible le châtiment de Dieu pour les injustes, lorsqu’ils vont être confrontés au châtiment au jour du jugement, alors il y aura parmi eux, ceux qui vont éprouver un regret et un chagrin indescriptibles

Verset 166 : ceux qui ont été suivis (c’est-à-dire les présidents) se sont innocentés de ceux qui les ont suivis (les présidents ont dit auxgens qui les ont suivis d’assumer leur responsabilité) lorsqu’ils vont voir le châtiment. Comme le chayTaane qui dira au jour du jugement aux gens qu’il a entrainé dans l’erreur : c’est votre faute à vous.

Et les liens qui les liaient ont été coupés. C’est-à-dire qu’ils étaient sur la même religion qui était de la mécréance, qu’ils avaient des liens de proche parenté et parce qu’ils s’aimaient les uns les autres. Ces liens -là seront coupés lorsqu’ils vont voir le châtiment.

Verset 167 : et ceux qui les ont suivis ont dit : si nous avions eu une autre chance : c’est-à-dire : si seulement nous pouvions revenir au bas-monde (dans le sens du souhait)

Nous nous serions innocentés d’eux tout comme eux s’innocentent de nous maintenant : tout comme eux ne nous reconnaissent pas, on les aurait quittés.

C’est ainsi, tout comme Allāh leur fait voir le châtiment : Nous leur faisons voir les conséquences de leurs mauvaises œuvres (et il s’agit du fait qu’ils ont adoré des idoles)

Et ce seront des regrets pour eux. Cela veut dire que leurs œuvres, ce seront des regrets pour eux, ils ne verront que du regret en raison de leurs œuvres.

Et ils ne sortiront pas de l’enfer. Allāh fait qu’ils ne sortiront pas de l’enfer en raison de leurs mauvaises œuvres et de leur adoration des idoles. Mais ils resteront en enfer éternellement.

Cause de la révélation du verset 167 : ce verset a été révélé à propos de ceux qui se sont interdits de consommer la chair de la chamelle qui est devenue tellement âgée qu’on ne peut plus la monter, on ne peut plus tondre sa laine, on ne peut plus boire de son lait. Ils ont l’habitude de lui fendre l’oreille et ils la laissent sans que personne ne l’utilise. Certains ont prétendu qu’on ne peut pas manger de la viande de cette chamelle, parce qu’ils étaient des idolâtres, ils donnaient des jugements de leur tête. Ce verset a été révélé à leur intention.

Verset 168 : ô vous les gens, mangez. Ici, c’est une injonction d’autorisation et non une injonction d’obligation. Mangez de ce qu’il y a sur terre : parce que ce n’est pas tout ce qui est sur terre qui est licite à la consommation.

Il est pur de toute confusion. C’est-à-dire qui est licite, qui ne comporte aucune suspicion de caractère illicite.

Et ne suivez pas les voies du šayṭān : c’est-à-dire ne suivez pas les chemins auxquels il vous appelle. Et ẖuṭuwāt est le pluriel de ẖuṭwah qui signifie « un pas », ce qui sépare les deux pieds quand on marche. Suivre les pas de quelqu’un, c’est au sens figuré ici, c’est-à-dire prendre quelqu’un pour modèle, l’imiter dans tout ce qu’il est en train de faire.

Il est pour vous certes un ennemi clair. Son animosité est claire, elle n’est pas cachée. Il a déclaré son animosité envers l’être humain. Ce verset n’est pas en contradiction avec l’autre verset qui signifie : « et ceux qui ont mécru, celui qui les soutient est « aṭ-ṭāġūt ». Et c’est le šayṭān qui est leur ennemi en réalité mais, en apparence, il leur embellit leurs actes.

Verset 169 : mais : c’est pour indiquer l’obligation de s’abstenir de le suivre et c’est aussi pour indiquer que son animosité est déclarée, elle est apparente, parce que le šayṭān ne vous ordonne pas le bien mais uniquement le mal

Il vous ordonne le mal et ce qui est abominable : c’est-à-dire les choses qui sont extrêmes dans la laideur. Toute porte qui mène à la désobéissance à Dieu, tu la fermes. Certains ont dit que le terme « mal » ici indique que c’est une chose interdite mais il n’y a pas de peine légale dans la Loi de l’Islam pour celui qui la commet. Alors que ce qui est abominable, c’est ce qui fait mériter l’application d’une peine légale.

Et il vous ordonne de dire des choses au sujet de Dieu, sans science. C’est lorsque vous dites que telle chose est licite, telle chose est interdite, mais sans science. Le chayTaane vous amène à dire au sujet de Dieu ce qui n’est pas digne de Lui.

Verset 170 : et lorsqu’il leur a été dit « suivez ce que Dieu a révélé » : il s’agit d’un certain groupe de gens que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a appelé à la foi et à suivre le Qur’ān. Il a été dit que ces gens-là étaient des associateurs et il a été dit que c’était un groupe de yahūd.

Ils ont répondu « non, nous, nous suivons ce sur quoi que nous ayons trouvé nos parents ». Ils ont dit que leurs parentsavaient plus de connaissances, ils étaient mieux qu’eux.

Allāh leur a répliqué par : et si leurs parents n’avaient pas de science et n’étaient pas bien guidés. C’est-à-dire : est-ce qu’ils suivent leurs parents, même si leurs parents ne comprenaient rien de la religion et qu’ils n’étaient pas guidés vers ce qui est correct ?

Verset 171 : l’exemple de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire celui qui appelle ces gens-là qui sont mécréants, c’est comme celui qui crie sur quelqu’un qui ne comprend pas, comme si on crie sur un animal et il ne comprend pas. Il a comparé ces gens-là aux animaux qui ne comprennent pas l’appel. Ils n’entendent que le timbre et le son de la voix. Cela veut dire qu’ils ne méditent pas à propos de ce qui leur est dit et cela est à l’exemple de celui qui crie sur des animaux qui entendent que c’est une réprimande mais ils ne comprennent pas car ils n’ont pas de raison. Il y a l’appel et il y a ad-duʿāʾ qui est ce qui peut être entendu et ce qui peut ne pas être entendu.

Ils sont comme sourds, muets, aveugles, ils ne saisissent pas : c’est-à-dire le rappel et l’exhortation. Que Dieu nous préserve de la mauvaise compréhension. C’est une épreuve.

Verset 172 : puis il a expliqué que ce que les associateurs avaient interdit est en réalité licite.

Ô vous qui êtes croyants, mangez des choses licites que nous vous avons accordées : c’est-à-dire soit des choses délicieuses, soit des choses licites.

Et remerciez Allāh Qui vous a accordé ces bienfaits.

Si vous L’adorez véritablement. C’est-à-dire s’il est vrai que vous n’adorez que Lui et que vous reconnaissez que c’est Lui Qui accorde les bienfaits.

Verset 173 : mais Il ne vous a interdit que le cadavre et le sang. Ici « ʾinnamā » indique une restriction. Il n’y a que ce qui est cité après ce terme qui soit interdit. Le cadavre c’est tout animal dont l’âme a quitté le corps sans qu’il ne soit égorgé s’il fait partie des animaux qui sont égorgés. Le sang : c’est le sang qui a coulé, c’est celui-là qu’il est interdit de consommer. Et Dieu nous a autorisé deux cadavres et deux sortes de sang selon le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : le poisson et le criquet (les sauterelles) et le foie et la rate. Rapporté Al-Bayhaqī et Ibnu Māǧah.

Et la viande du porc. Ce qui est interdit est le porc dans sa totalité et pas uniquement la viande.

Et ce qui a été égorgé pour autre que Dieu. C’est-à-dire ce qui a été égorgé pour les idoles. C’est qu’il a été mentionné lors de l’égorgement autre que le nom de Dieu. Ici il est cité le terme « ouhilla » c’est -à-dire que la voix a été élevée pour citer le nom d’une idole. Le sacrifice est fait en tant qu’offrande pour une idole. C’est la parole des gens de la période de l’ignorance.

Celui qui a été amené à manger sans que ce soit par dépassement de limite (par nécessité) : ce n’est pas par plaisir ou pour un désir qu’il en a mangé et sans consommer plus que nécessaire (il a mangé pour rester en vie, car il était dans un désert par exemple et il n’y avait que ce cadavre à manger). Celui qui est contraint, il lui est autorisé de consommer juste la quantité qui lui permet de rester en vie, mais pas de manger jusqu’à satiété.

Dans ce cas-là, il ne commet pas de péché (parce qu’il était contraint)

Certes Allāh est Celui Qui pardonne : Il pardonne les grands péchés donc comment punirait-Il celui qui consomme le cadavre par nécessité ?

Et Il est miséricordieux : parce qu’Il a autorisé cela. S’il voulait, Il ne l’aurait pas autorisé.

Et cela a été révélé à propos des yahūd et de leurs chefs puisqu’ils ont changé la description du prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils se sont fait soudoyer pour modifier ce qu’il y a dans le Livre.

Verset 174 : certes ceux qui dissimulent ce que Dieu a révélé du Livre c’est-à-dire concernant la description de Muḥammad   ʿalayhi s-salām.

Et qui prennent en contrepartie de cela de l’argent qui est quelque chose de négligeable

Ces gens-là ne font que manger du feu : ils ont pris de l’argent qu’ils ont consommé et ce qu’ils ont consommé fait mériter le feu, en tant que punition, c’est comme s’ils ont consommé du feu. Il y a des exemples dans la langue arabe qui indiquent qu’un tel a consommé telle chose et en fait, il s’agit de la contrepartie qu’il a consommée.

Et ils ne vont pas comprendre de la parole de Dieu au jour du jugement une parole qui va leur réjouir le cœur mais ils vont comprendre la parole : « restez en enfer et ne me demandez plus rien ». Si quelqu’un dit que dans ce verset, ils ne vont pas entendre la parole de Dieu, la réponse est que, le jour du jugement, il y a différentes stations : parmi elles, il y en aura une où des questions leur seront posées et ils comprendront le questionnement et ils parleront pour répondre. Et il y a des stations où il n’y aura pas cela. Donc il n’y a pas de contradiction entre les versets.

Et Dieu ne les purifie pas : c’est-à-dire qu’Il ne les purifie pas de la souillure de leurs péchés et Il ne fait pas leur éloge. Et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal.

Un savant a dit que ce verset a été révélé à propos de deux hommes qui sont partis se plaindre au Prophète ʿalayhi s-salām à propos d’un terrain. Le premier prétendait que ce terrain lui appartenait et l’autre allait jurer que non, c’était le sien. (Et en Islam, celui qui prétend une chose mais sans témoin, alors celui qui est accusé, s’il jure pour récuser l’accusation, l’affaire en reste là). Allāh a alors révélé ce verset pour interdire aux gens de consommer les biens injustement. L’homme s’est abstenu de jurer. C’est comme s’il a reconnu que l’autre avait raison.

At-Tirmiḏiyy a rapporté que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui jure en mentant pour prendre le bien d’un musulman, alors Allāh taʿālā le punira au jour du jugement ».

Verset 175 : ce sont ceux qui ont acheté l’égarement en abandonnant la bonne guidée et qui ont eu le châtiment au lieu du pardon. Il s’agit des yahūd qui ont dissimulé la description du Prophète pour ne pas que les gens le suivent.

Qu’est-ce qui va leur faire supporter le châtiment de l’enfer. Quelle chose va les aider pour patienter à supporter le châtiment en enfer ? Le verset est sous forme d’une interrogation mais en réalité c’est un blâme.

Verset 176 : Allāh a révélé le Livre porteur de vérités. Et « ḏālika » fait référence aux versets qui ont précédé. « Ceci » c’est-à-dire ce châtiment parce que Dieu a révélé ce qu’Il a fait descendre du Livre et c’est porteur de vérité. Ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas des illusions, mais c’est une vérité. Donc ce châtiment leur est réservé parce que ce qui est parvenu est une vérité.

Et ceux qui ont divergé à propos du Livre. Ici, il ne s’agit pas d’un livre particulier, cela signifie qu’ils ont divergé à propos du livre en tant que genre. « Ceux qui ont divergé » c’est-à-dire les gens du Livre. Certains livres, ils ont dit que c’est une vérité et d’autres livres qui ont été révélés à d’autres prophètes, ils ont dit que c’était faux.

Ils sont dans une grande opposition les uns envers les autres, dans une divergence qui les a amenés loin de la vérité. Ou bien une autre explication : c’est parce qu’ils savent que Dieu a révélé le Qur’ān véritablement, mais ils ont divergé à son sujet et donc, par conséquent, ils sont loin de la bonne guidée.

Verset 177 : le bien n’est pas le fait que vous vous orientiez vers le levant ou vers le couchant : cette parole s’adresse aux gens du Livre parce que la qiblah, la direction de la prière des nasārā (des chrétiens) est le levant de baytu l-Maqdis et la qiblah des yahūd (des juifs) c’est le couchant. Et chacun des deux groupes prétend que le bien est de se diriger vers sa qiblah à lui. Ce verset est une réplique à ces gens-là pour leur dire que le bien ne réside pas dans ce que vous êtes en train de faire, parce que ce qui a été révélé avant le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été abrogé par la mission de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Mais celui qui a la bienfaisance c’est celui qui croit en Dieu. « Al-birr » c’est le nom du bien ou c’est le nom de tout acte qui est agréé. Et il a été dit qu’il y a eu beaucoup de débats entre les musulmans et les gens du Livre à propos de la qiblah. Ce verset indique que la plus éminente des œuvres qui devrait attirer votre attention, plus que tout autre sujet, ce n’est pas le sujet de la qiblah. Mais la plus grande des bonnes œuvres à laquelle vous devriez vous consacrer, c’est la bienfaisance que constitue la croyance en Dieu et le fait d’accomplir ces œuvres-là. Ici il y a deux récitations : « laysa l-birru »et « laysa l-birra », qui sont parvenues du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et il y a une légère différence dans le sens à chaque fois.

Et au jour dernier : c’est-à-dire le jour de la résurrection.

Et aux anges et au Livre : le Livre ici, soit c’est le nom du genre, c’est-à-dire tous les livres que Dieu a révélés ou alors le Livre en particulier le Qur’ān.

Et aux prophètes et qui donne l’argent « ʿalā ḥubbihi » : une explication est : il donne l’argent pour l’amour de Dieu ou bien « il donne l’argent malgré son amour pour l’argent » ou bien « il donne l’argent en aimant donner l’argent » c’est-à-dire qu’il donne l’argent et il est satisfait de le donner.

A ses proches parents : ils sont cités en premier parce qu’ils méritent avant toute autre personne. Le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’aumône que tu donnes au pauvre, c’est une aumône mais l’aumône que tu donnes à ton proche parent (qui est dans le besoin) ce sera une aumône et un entretien de liens avec ton proche parent ». Rapporté par An-Nasāʾī.

Et aux orphelins : ceux qui sont visés ici sont les pauvres parmi les proches parents et parmi les orphelins.

Et à des miséreux : le miséreux est celui qui est toujours dans le besoin. Il ne possède rien du tout.

Et à « ibnu s-sabīl » : cela signifie littéralement « le fils du chemin ». Ici c’est le voyageur qui n’a pas les moyens, même s’il s’agit ici d’un singulier. Il a été appelé « ibnu s-sabīl » parce qu’il est toujours sur le chemin. Ou alors c’est l’invité.

Et à ceux qui demandent : c’est-à-dire les mendiants.

Et pour aider ceux qui ont fait un contrat d’affranchissement : c’est-à-dire les esclaves qui ont passé un contrat d’affranchissement pour retrouver leur liberté. Ou à des prisonniers.

Et qui accomplit la prière : c’est-à-dire la prière obligatoire.

Et qui s’acquitte de la zakāt : c’est-à-dire de la zakāt obligatoire. Il a été dit cici que cette mention de la zakāt constitue une insistance sur ce qu’il a cité précédemment. Et il a été dit que les premiers qui sont énumérés sont les aumônes qui sont surérogatoires et les actes de bienfaisance. Alors qu’ici, la zakāt est l’aumône obligatoire.

La bienfaisance est aussi pour les croyants qui tiennent leurs engagements lorsqu’ils les prennent : qu’ils prennent ces engagements à l’égard de Dieu ou à l’égard des gens.

Et ceux qui patientent : c’est un éloge afin de montrer le mérite de la patience, lors des difficultés, lors des situations de combat, sur les différentes œuvres.

En période de pauvreté et de difficulté et en période de maladie : que ce soient des maladies ponctuelles ou chroniques.

Et lors du combat : ce sont ceux qui ont été véridiques et ceux qui sont des pieux. C’est-à-dire que ceux qui ont ces caractéristiques, ce sont ceux qui ont été sincères et véridiques dans leur attachement à la religion.

Le verset 177 est terminé et An-Nasafiyy introduit le contexte dans lequel le verset 178 a été révélé. Il a été rapporté qu’entre deux clans des Arabes, il y a eu des affaires de sang (des gens ont été tués). Dans le temps de l’ignorance qui a précédé l’islam, il y a eu des guerres entre les tribus pour différentes causes, et ça durait des années et des années. Une des deux tribus a juré : si vous tuez un de nos esclaves, on tuera un de vous qui est libre, si vous tuez une de nos femmes, on tuera un de vos hommes. Si vous tuez un de chez nous, on tuera deux de chez vous. Puis ils sont partis demander l’arbitrage du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsque Dieu a fait parvenir l’islam. Et alors Allāh a révélé le verset 178.

Verset 178 : ô vous qui êtes croyants, la loi du talion vous a été rendue possible. C’est-à-dire qu’il y a équivalence entre la personne qui est tuée ou qui est blessée chez vous et la possibilité de prendre la revanche de manière équivalente. La loi du talion est appliquée concernant les meurtres. Cela veut dire que c’est obligatoire pour vous de prendre en considération l’équivalence et l’égalité concernant les meurtres. C’est une réplique concernant ce que les deux tribus s’étaient jurées l’une l’autre.

Le libre contre le libre. Si une personne libre avait été fait prisonnière ou avait été tuée, vous appliquez la même chose.

Et un esclave pour un esclave, et une femme pour une femme. Aš-Šāfiʿiyyque Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un esclave a été tué par quelqu’un qui est libre, on n’exécute pas celui qui est libre. Donc ici, on n’applique pas le talion. Les hanafites ont divergé des chaféites sur ce sujet. Ils ont dit que si un homme libre tue un esclave, il est exécuté quand même. Ils se sont appuyés sur un autre verset qui signifie « une âme contre une âme ». C’est un sujet de divergence entre les deux. Tout comme il a indiqué la personne de sexe masculin et celle de sexe féminin par la parole du Prophète ʿalayhi s-salām, les musulmans, leurs sangs sont équivalents. Rapporté par Al-Bazzār et Al-Bayhaqiyy. Dans ce sujet-là, il n’y a pas de différence chez les Hanafites entre un homme libre et un esclave.

Celui qui a été excusé pour le meurtre de son frère : c’est-à-dire que la famille de la victime n’a pas voulu l’application de la loi du talion. Le pardon est le contraire de la punition. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué ceci : celui qui ne réclame pas l’application de la loi du talion mais qui accepte en contrepartie le prix du sang (ad-diyah c’est un bien défini dans la loi de l’islam qui est donné à la famille de la victime pour compenser le meurtre. Et le meurtrier n’est pas exécuté). Il suffit qu’il y ait certains de la famille de la victime qui l’aient excusé pour que la loi du talion ne soit pas appliquée.

Ceci (le fait de pardonner et d’accepter le prix du sang) est un allègement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Dans la loi de Moise, il y avait l’application du talion et rien d’autre. Le meurtrier devait être exécuté. Et dans la loi de Jésus, c’était le pardon sans aucune contrepartie. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a été autorisé l’application de la loi du talion ou la prise d’une contrepartie du pardon c’est-à-dire que la famille de la victime accepte de pardonner au meurtrier en contrepartie de quelque chose : c’est un allègement par rapport au talion et une compensation matérielle au lieu du pardon de la loi de Jésus. C’est le juste milieu.

An-Nasafiyy dit que ce verset indique que celui qui a commis le grand péché, en l’occurrence le meurtrier, il est croyant parce qu’il a été appelé « muʾmin ». C’est une réplique aux ẖawāriǧ (au groupe dit « des frères musulmans) qui prétendent que le grand pêcheur est sorti de l’islam. Et c’est une réplique aux moutazilites qui disent que celui qui commet un grand péché n’est ni musulman, ni mécréant. Ils disent qu’il sera éternellement en enfer mais qu’il n’est pas mécréant. Parce que la fraternité qu’engendre la foi demeure.

Celui qui dépasse la limite après cela : c’est-à-dire après cet allègement ; il a dépassé ce qui lui a été autorisé dans la Loi. Soit il tue autre que le meurtrier (comme s’il tue le cousin du meurtrier) ou bien il accepte le prix du sang et après, il va tuer le meurtrier.

Il aura un châtiment douloureux dans l’au-delà.

Verset 179 : et vous avez dans la revanche due à la loi du talion une vie : il y a « la » revanche qui est citée avec l’article défini « la » et « une » vie qui est citée avec l’article indéfini. C’est une parole éloquente en raison de l’étrangeté qu’il y a dedans.La revanche est une exécution, elle indique quelqu’un qui va perdre la vie, il s’agit du meurtrier ici. Et pourtant c’est indiqué comme si c’était une vie.

An-Nasafiyy explique cette partie : le fait que la revanche soit avec l’article défini et que le mot « vie » soit avec l’article indéfini signifie que ce genre de jugement qui est l’application de la loi du talion qui est la revanche, vous gagnerez une vie éminente, parce qu’elle va empêcher les meurtres qui avaient lieu auparavant, comme lorsqu’ils tuaient tout un groupe suite à l’assassinat d’une personne. Donc la revanche est une garantie de vie et quelle vie !! Elle a empêché l’effusion du sang.

Deuxième explication : dans l’application de la revanche, vous avez une sorte de vie : c’est la vie qui est le résultat de la dissuasion d’assassiner. Parce que la personne a su qu’il va y avoir application du talion. Le meurtrier potentiel sait qu’il s’expose à l’application du talion. Quand il envisage de tuer et qu’il se rappelle qu’il y aura l’application de la loi du talion (la revanche), cela va l’amener à s’abstenir. C’est dissuasif. La mise en pratique de la loi du talion se trouve être une cause de vie pour deux personnes : celui qui allait tuer et celui qui allait être tué.

Vous qui êtes dotés de raison. Puissiez-vous éviter (l’assassinat). Et Dieu sait mieux que nous ce qui est le mieux pour nous. Et Dieu sait de toute éternité que la loi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus adaptée et la plus appropriée pour nous, jusqu’au jour du jugement.

Verset 180 : il vous a été prescrit : c’est-à-dire que c’est une obligation de la part de Dieu.

Lorsque l’un d’entre vous est près de mourir : c’est-à-dire que les signes qu’il va bientôt mourir sont apparu.

S’il a laissé des biens (ici il s’agit d’une grande quantité de biens). Il a été rapporté de notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, qu’il avait un esclave qu’il avait affranchi. Cet homme possédait 700 et ce n’était pas une grande somme ; il voulait faire un testament. Notre maitre ʿAlī lui a interdit cela parce que dans le verset, le terme « taraka ẖayran » veut dire « beaucoup de biens » et cet homme n’avait pas beaucoup de biens. ʿAliyy lui a dit : ce verset concerne beaucoup de biens.

De faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Il y a une recommandation de faire ceci. Car au début de l’islam, il y avait la possibilité de faire ce testament, ce qui correspond aux dernières volontés, en faveur des héritiers. Puis ça a été abrogé parce qu’il y a eu un autre verset qui a défini la part de l’héritage de chacun.

Une autre explication de ce verset est que ce verset n’a pas été abrogé. Il n’y a pas abrogation de la possibilité de faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Parce que ce verset a été révélé à propos de quelqu’un qui n’est pas un héritier, en raison de la mécréance. Au début de la révélation, les gens étaient récemment entrés en islam. Il arrivait donc que quelqu’un entre en islam et le reste de sa famille n’entre pas en islam. Or l’islam a coupé l’héritage entre les musulmans et les non musulmans. Comme il n’y a pas d’héritage, ce qui était permis était le testament. Eu égard aux liens de proche parenté, il était possible, même s’ils n’étaient pas musulmans, de faire un testament pour qu’il ait une part des biens qu’il laisse. Donc dans ce sens-là, le verset n’a pas été abrogé. Et dans ce sens-là aussi « kutiba » ne veut pas dire « obligatoire » mais ça veut dire « permis ».

Le testament est permis de manière juste (équitable) : ça veut dire que c’est permis de faire un testament en faveur de certaines personnes qui ne font pas partie de ses héritiers mais de manière équitable. Premièrement, il ne va pas faire un leg à ceux qui sont riches au détriment des pauvres. D’autre part il ne faut pas que ce leg dépasse le tiers de son héritage. Parce que la loi de l’islam a prévu, lors du décès d’une personne, qui sont les héritiers et quelle part de l’héritage chacun va avoir.

Ceci est un droit que Dieu accorde à ceux qui se protègent de la mécréance.

Verset 181 : celui qui change le testament : celui qui va mourir dit qu’il veut que telle part aille à telle personne. Et celui qui change le testament est quelqu’un qui ne respecte pas les dernières volontés du défunt, si ce testament était conforme à la Loi de l’Islam aussi bien de la part de ceux à qui la recommandation a été faite ou de la part des témoins.

Après avoir entendu les dernières volontés : c’est quelqu’un qui, après avoir entendu les dernières volontés, il les modifie.

Le péché incombe à celui qui modifie le testament.

Certes Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il entend la parole de celui qui a fait le testament et Il sait l’injustice de celui qui a modifié.

Verset 182 : faman ẖāfa ne signifie pas « il a peur » mais il a su que quelqu’un qui a laissé un testament s’écarte de la vérité en se trompant dans son testament ou il craint un péché : il craint que, délibérément il modifie ou il altère le testament.

Il a recommandé pour eux : il a veillé à réparer entre ceux qui ont fait l’objet de ce leg, en l’occurrence dans ce verset les parents et les proches parents. Il concilie entre eux pour ne pas qu’il y ait de conflit entre eux, en exécutant le testament conformément à la Loi de l’Islam.

Il n’y a pas de péché pour lui : parce qu’il a veillé à ce que les choses ne restent pas dans le faux.

Dans ce verset, il y a d’abord la mention de ceux qui changent le faux en vrai et ceux qui changent le vrai en faux. Pour que l’on sache que ce n’est pas tout changement qui est rejeté. Le changement qui est rejeté est celui qui change quelque chose de correct en quelque chose qui est mauvais. Mais celui qui veut réparer quelque chose de mauvais pour le rendre correct, il n’y a pas de péché pour cela.

Certes Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 183 : ô vous qui êtes croyants, il vous a été prescrit (c’est-à-dire que c’est une obligation pour vous) le jeûne (il s’agit du jeûne du mois de ramaḍān) tout comme il a été prescrit (c’est-à-dire tout comme il a été rendu obligatoire) pour ceux qui vous ont précédés (c’est-à-dire les prophètes et les communautés depuis Ādam ʿalayhi s-salām jusqu’à votre époque à vous). Donc le jeûne est une ancienne adoration. La comparaison ici est que chacun a jeûné des jours particuliers. Vous, il vous a été rendu obligatoire de jeûner certains jours, tout comme d’autres avant vous, ont reçu l’obligation de jeûner certains jours.

Puissiez-vous faire preuve de piété : vous préserver des péchés. Comment vous préserver des péchés ? Grâce au jeûne, parce que le jeûne préserve l’âme. Le jeûne détourne l’âme de commettre le mal. Et dans le ḥadīṯ de ʿAliyy que Dieu l’agrée, l’ascèse (le détachement des plaisirs) a préservé la personne de ses désirs. Ou bien : puissiez-vous devenir pieux par le jeûne. Parce que le jeûne est le signe des pieux.

Verset 184 : il s’agit de jours bien comptés. Il vous a été rendu obligatoire de jeûner un certain nombre de jours bien comptés, c’est-à-dire un nombre qui n’est pas élevé.

Ceux d’entre vous qui sont malades : c’est-à-dire ceux à propos de qui on craint que la maladie ne s’aggrave à cause du jeûne.

Ou qui sont en voyage

Alors ils devront un certain nombre de jours : ils devront jeûner en rattrapage autant de jours qu’ils n’ont pas jeûné.

Et ceux qui peuvent jeûner : c’est-à-dire ceux qui ont la capacité de jeûner, puisqu’ils n’ont pas d’excuse pour ne pas jeûner, peuvent donner une compensation, la moitié d’un ṣaʿ de blé ou d’un ṣaʿ d’autre chose que le blé. Cette possibilité de compenser au lieu de jeûner était au début de l’islam. Le jeûne avait été prescrit pour les musulmans au début de l’islam mais c’était difficile pour eux car ils n’étaient pas habitués. Alors Dieu les a autorisés à ne pas jeûner mais de payer une compensation à la place. Donc ils avaient le choix. Puis cette possibilité de choisir a été abrogée. Ce jugement a ensuite été abrogé par le verset qui signifie : « celui qui est vivant le mois de ramaḍān alors qu’il le jeûne ». Et pourtant on continue à réciter ce verset. Donc celui qui récite le Qour’aan tout seul, il va se mélanger les idées, parce qu’il ne sait pas quel verset a été abrogé ou non. Le verset cité auparavant indique qu’ensuite, il n’y a plus de possibilité de payer une compensation au lieu de jeûner. Mais le jugement reste pour les malades et les voyageurs.

Il y a une autre explication : certains ont dit qu’il y a une négation qui est sous-entendue. Il est écrit « ceux qui en sont capables » mais il est sous-entendu « ceux qui n’en sont pas capables ». C’est dans une autre récitation et dans ce cas-là, il n’y a pas d’abrogation.

Celui qui veut donner plus (que le montant de la compensation) c’est un bien pour lui. Car si on fait du bien avec la bonne intention, on gagne des récompenses.

Mais le fait que vous jeûniez (c’est-à-dire ceux qui sont capables de jeûner) cela vaut mieux pour vous (que de donner la compensation, même si vous donnez plus que la compensation). C’est un jugement qui concerne les gens au début de la révélation, lorsqu’ils avaient le choix entre jeûner et donner la compensation.

Si vous le saviez.

Verset 185 : le mois de ramaḍān durant lequel a été descendu le Qur’ān. Il y a une autre explication : le mois de ramaḍān à propos duquel le Qour’aan a été descendu.

A propos de la première explication : le mois de ramaḍān durant lequel le Qur’ān a commencé à être descendu et c’était la nuit de al- al-qadar.

Selon la deuxième explication : il y a des versets qui concernent le mois de ramaḍān.

Et le terme « ramaḍān » est le substantif de « ramaḍa » qui veut dire « brûler ». C’est un substantif c’est-à-dire un mot qui dérive d’un verbe. Ceci signifie que, pendant ce mois, les gens endurent la chaleur de la faim et de la difficulté du jeûne. En effet la faim est ressentie comme une brûlure. Et à l’origine, les noms des mois désignaient des évènements particuliers et quand le nom du mois de ramaḍān a été donné, cela coïncidait avec des jours de grande chaleur.

Et il est une guidée pour les gens : il guide les gens vers la vérité. Dans le Qur’ān il y a des versets qui sont clairs et ils guident vers la vérité et grâce à ces versets, on distingue entre le vrai et le faux. Dans ce verset, il a été cité que le Qur’ān est une guidée et c’est ce qui permet de distinguer entre le vrai et le faux. C’est une partie de ce que Dieu a révélé, parmi les livres célestes. Cette appellation « céleste » signifie que l’ange chargé de la révélation ramène ce qui est écrit sur la table préservée qui est dans le ciel, il le ramène aux prophètes. Le livre céleste permet de distinguer entre la bonne guidée et l’égarement.

Celui d’entre vous qui est présent : c’est-à-dire qui est résident et qui n’est pas voyageur durant ce mois alors qu’il le jeûne (qu’il ne rompe pas le jeûne)

Quant à celui qui est malade ou qui est en voyage, alors qu’il jeûne un certain nombre d’autres jours.

Allāh agrée pour vous la facilité puisqu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Puisqu’Il a autorisé de ne pas jeûner pour celui qui voyage ou pour celui qui est malade.

Et Allāh n’agrée pas pour vous la difficulté. Le sens est qu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Dans la religion, il n’y a que ce que vous pouvez supporter.

Et afin que vous complétiez le nombre.  C’est-à-dire le nombre de jours que vous n’avez pas jeûnés, en faisant le rattrapage s’il n’y a plus de maladie ni de voyage. Allāh vous a autorisé cela.

Et afin que vous glorifiiez Allāh pour vous avoir guidés.

Puissiez-vous remercier.

Concernant le fait de compléter le nombre de jours : c’est parce qu’il y a l’ordre de compléter par le même nombre de jours quand on rattrape.

Concernant le fait de glorifier Dieu, c’est parce qu’Il nous a enseigné comment rattraper.

Concernant le fait de remercier : c’est pour remercier Dieu de l’autorisation qu’Il nous a donnée, de ne pas jeûner.

Verset 186 : un homme de la campagne a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et a dit : « est-ce que notre Seigneur est proche pour que nous L’implorions ou loin pour que nous L’appelions ? » Rapporté par aṭ-Ṭabariyy et d’autres. Alors le verset 186 a été révélé.

Et lorsque Mes esclaves t’interrogent à Mon sujet, alors Je suis qarīb : c’est-à-dire proche par la science et par l’exaucement et non pas par la position physique. C’est -à-dire Je sais absolument tout d’eux et Je peux les exaucer rapidement. Parce que Dieu est exempt de la proximité par l’endroit. On ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il est loin (baʿīd) ni qu’Il est présent (ḥāḍir). Mais on peut dire le mot « qarīb » en arabe au sujet de Dieu, comme nous l’avons expliqué auparavant. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté : la question de cet homme n’était pas parce qu’il aurait douté à propos de l’impossibilité de la proximité physique ni de l’éloignement physique au sujet de Dieu. Mais il voulait augmenter en certitude, du fait que Dieu n’est ni proche par la distance ni qu’Il est éloigné par la distance. Car celui qui aura cru que Dieu est proche par la distance ou éloigné par la distance, il aura assimilé Dieu à Ses créatures. Parce que les créatures sont proches les unes des autres par la distance et éloignées les unes des autres par la distance. Donc on ne dit pas cela au sujet de Dieu.

J’exauce l’invocation de celui qui M’invoque lorsqu’il m’invoque. Cela veut dire que Dieu donne la récompense à celui qui est obéissant, pour son obéissance qui est conforme à la Loi. L’exaucement de l’invocation est une promesse véridique de la part de Dieu à laquelle il n’y a pas de manquement.

 Il y a une histoire qui est fausse que le šayẖ a citée pour mettre en garde contre elle : certains prétendent que lorsque l’esclave dit : « ô mon Seigneur » alors   Dieu lui dit « labbayk, ô Mon esclave », c’est un mensonge. Le mot « labbayk » signifie : « je t’obéis, obéissance après obéissance. Les musulmans disent ce mot-là au pèlerinage « labbayka l-Lāhumma labayk ». Cela veut dire : « ô Allāh, nous T’obéissons, obéissance après obéissance ». Cette phrase, c’est l’esclave qui la dit à Allāh mais ce n’est pas Dieu Qui dit cette phrase à l’esclave.

Alors qu’ils répondent et qu’ils obéissent à Mon ordre. C’est-à-direlorsque Je leur ordonne d’être croyant. Tout comme Je leur exauce leurs invocations lorsqu’ils M’invoquent pour leurs affaires.

Et qu’ils croient en Moi.

Puissent-ils être bien guidés. Et ar-rašadest le contraire de l’égarement.

Verset 187 : au début, concernant le jeûne, lorsque le soleil se couchait, il était permis à l’homme qui faisait le jeûne de manger, de boire et d’avoir un rapport. C’était permis jusqu’à ce qu’il fasse la deuxième prière de la nuit (la prière de al-ʿišaʾ) et après cela, il ne pouvait plus ni boire, ni manger ni avoir de rapport jusqu’à la nuit suivante. Et il est arrivé qu’ʿUmar que Dieu l’agrée, a eu un rapport avec son épouse après la prière de al-ʿišaʾ. Quand il a fait le ġusl, il s’est mis à pleurer et à se blâmer. Il est allé voir le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et l’a informé de ce qu’il avait fait. Le Prophète lui a dit : « tu n’aurais pas dû faire cela ». Et c’est ainsi qu’a été révélé le verset 187 qui a abrogé ce qui était auparavant. C’est-à-dire lorsque c’est la nuit du jeûne et après la prière de al-ʿišaʾ, il vous est permis d’avoir un rapport avec vos femmes.

Le mot « rafṯ » a été utilisé pour indiquer le fait d’avoir un rapport avec son épouse et ce terme n’est pas aussi beau qu’un autre terme. C’était pour leur expliquer que ce qu’ils considéraient comme quelque chose de mauvais, le fait de boire, ou manger ou avoir un rapport, après s’être endormis, même si c’était encore la nuit, cette chose était licite à présent. S’ils voulaient manger ou boire ou avoir un rapport, c’était avant de dormir. Puis ce jugement a été abrogé.

Elles sont comme un vêtement pour vous et vous êtes comme un vêtement pour elles. Quand l’homme et la femme se serrent l’un contre l’autre, l’un est comme un vêtement pour l’autre. Le vêtement, quand on le porte, il colle à la poitrine, au cou, au ventre. Et il a été dit que le mot « vêtement » ici est au sens figuré parce que, de la même façon qu’un vêtement te cache, le fait d’avoir un rapport avec son épouse empêche de tomber dans l’interdit. C’est quelque chose qui protège de l’interdit. Et c’est une explication de ce qui vient avant. S’il y a entre vos épouses et vous ce contact, alors vous allez peu patienter avec elles et c’est difficile pour vous de les éviter. C’est pour cela que Dieu vous a autorisé d’avoir un rapport avec elles la nuit qui précède le jeûne.

Allāh sait que vous avez été injustes envers vous-mêmes, vous avez trahi : c’est pour montrer la gravité de ce qui a été fait.

Allāh a accepté votre repentir ; le fait que vous ayez regretté ce que Dieu vous avait interdit.

Et Il vous a excusé ce que vous avez fait avant d’avoir reçu l’autorisation.

Maintenant vous pouvez avoir un rapport avec elles. C’est-à-dire la nuit qui précède le jeûne. Ici c’est à l’impératif pour indiquer l’autorisation et non pas l’ordre de faire cela. Le verbe est « bāširūhunna » : « bāṣara » a la même racine que « al-bašarah » qui signifie la peau. Bāṣara signifie « ayez un rapport avec vos femmes la nuit qui précède le jeûne ». Et c’est un ordre qui indique le caractère autorisé. Et le rapport a été appelé « mubāšarah » parce que les peaux du mari et de la femme se collent. Et le mot « mubāšarah » peut avoir le sens de se serrer l’un contre l’autre.

Notre šayẖ a dit : un de ces docteurs qui prétendent avoir appris alors qu’ils n’ont pas appris a expliqué le ḥadīṯ de ʿĀʾišah qui disait : « le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam me serrait contre lui peau contre peau, alors qu’il faisait le jeûne ». Et elle a utilisé le terme « bāṣara ». Ceci pour enseigner aux gens ce qu’il est licite de faire ou pas : et ce n’est pas un manque de pudeur. Mais cet homme ignorant a expliqué ce terme par un rapport : comme si le Prophète, alors qu’il faisait le jeûne, aurait eu un rapport avec ʿĀʾišah. Et c’est interdit de faire cela. Et cela, parce que cet homme n’a pas su quel était le sens de « mubāšarah ». Cela est la caractéristique de celui qui n’apprend pas la science.

Et recherchez ce que Dieu vous a destiné. C’est-à-dire « ayez un rapport avec vos femmes pour rechercher ce que Dieu vous a prédestiné et ce qu’Il a confirmé dans la Table Préservée, c’est-à-dire l’enfant que vous pourrez avoir suite à ce rapport. C’est-à-dire « ne faites pas le rapport uniquement pour assouvir le désir mais pour rechercher ce pour quoi Dieu a autorisé le mariage, à savoir de vous reproduire, pour que vous ayez une descendance ».

Ou une autre explication : quand vous faites le rapport, faites-le dans l’endroit que Dieu vous a autorisé et pas dans un autre endroit. Ne faites pas la sodomie.

Et vous pouvez manger et boire jusqu’à ce que le trait blanc vous apparaisse. Dès que l’aube apparait, c’est comme un fil blanc c’est-à-dire un trait transversal qui apparait à l’horizon est. Jusqu’à ce que vous puissiez faire la distinction entre le trait blanc et le trait noir. Le trait noir indique la nuit et le trait blanc indique l’aube. Ici l’auteur a juste expliqué le trait blanc de l’aube, il n’a pas dit le trait noir de quoi, parce qu’il suffit d’expliquer l’un des deux et l’autre est déduit.

Autre explication : il y a le mot « min » qui signifie « parmi » ou « de » : c’est pour dire que c’est un trait blanc qui est une partie de l’aube et l’aube va s’élargir encore plus. Il va expliquer la construction de la phrase dans la langue : s’il s’était limité au trait blanc, ça serait juste un sens figuré. Car en réalité ce n’est pas un trait blanc mais il s’agit d’une lueur blanche. La blancheur que l’on voit est fine et longue comme un trait. Du fait qu’il est rajouté « min al-fajr », ça devient une comparaison.

Un compagnon qui s’appelle ʿĀdil fils de Ḥātim a dit : « j’ai pris deux cordes avec lesquelles on attache le chameau (un fil épais) une blanche et une noire et je les ai mises sur mon oreiller et j’ai essayé de distinguer entre les deux mais je ne voyais pas de différence car c’était la nuit. J’en ai parlé au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui m’a dit : « tu es quelqu’un de naïf. Ce qui est cité dans le verset ce n’est pas que tu prennes un fil blanc et un fil noir mais il s’agit de la blancheur de l’aube et de la noirceur de la nuit. »

Poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. C’est-à-dire qu’une fois que l’aube s’est levée, poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. Cela signifie : tout d’abord, cessez ces choses-là, que vous pouviez faire la nuit. Maintenant que l’aube est arrivée, vous devez ne plus les faire.

An-Nasafiyy est hanafite, il va donc déduire certains jugements selon l’école de jurisprudence hanafite. Il a dit que ceci est une preuve qu’on peut mettre l’intention dans la journée pour jeûner ramaḍān : si quelqu’un n’a pas mis l’intention de jeûner pendant la nuit, il peut la mettre après l’aube.

Deuxièmement : cela veut dire qu’il est permis de retarder le ġusl jusqu’à l’aube.

Troisièmement : c’est interdit d’enchaîner deux jours de jeûne consécutivement.

Quatrièmement : celui qui a mangé ou bu se charge d’une expiation.

Le fait d’être ǧunub n’empêche pas la validité du jeûne.

Et n’ayez pas de rapport avec elles lorsque vous êtes en ʾiktikāf dans la mosquée. Al-ʾiktikāf est un acte d’adoration qui consiste à mettre l’intention de rester dans une mosquée pendant un certain temps, même s’il est très court : cela fait gagner des récompenses. Et il est recommandé de faire al-ʾiktikāf les dix dernières nuits de ramaḍan. Ce verset est une preuve que al-ʾiktikāf ne peut avoir lieu que dans une mosquée.

Ces jugements qui vous ont été indiqués sont des limites que Dieu a fixées, c’est-à-dire que ce sont des jugements bien précis que Dieu vous a prescrits.

Ne vous en rapprochez pas, c’est-à-dire ne contredisez pas ce que Dieu vous a ordonné et ne modifiez pas ce que Dieu vous a ordonné. Donc ne vous rapprochez pas de ces limites que ce soit en les modifiant ou en les contredisant.

Ainsi Allāh indique Sa Loi pour des gens, puissent-ils éviter les interdits. C’est ainsi que Dieu indique aux gens Ses jugements, puissent-ils se préserver des péchés.

Verset 188 : ne consommez pas vos biens les uns les autres injustement. C’est-à-dire : ne prenez pas vos biens les uns les autres d’une manière que Dieu n’a pas rendu licite.

Et ne vous en remettez pas systématiquement aux juges. N’agissez pas de façon à ce que vous deviez passer devant un tribunal          

Ne prenez pas les biens des gens en vous appuyant sur un jugement basé sur un faux témoignage. Ce verset interdit d’agir ainsi, d’aller consulter un juge pour prendre les biens des gens, en s’appuyant sur un faux témoignage ou bien en s’appuyant sur des gens qui jurent mensongèrement ou bien pour obtenir un règlement à l’amiable, alors que celui en faveur de qui le jugement a été prononcé est un injuste.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à deux personnes qui étaient venues se plaindre à lui et qui demandaient son arbitrage, il leur a dit ce qui signifie : « je ne suis qu’un humain et vous êtes en train de m’exposer votre différend et il se peut que l’un d’entre vous maquille sa preuve et que je prononce la sentence en sa faveur, conformément à ce que j’ai entendu de lui. Celui en faveur de qui j’ai émis un jugement (de prélever du bien de son frère), alors qu’il ne prenne rien de ce que j’ai jugé ». Parce qu’en réalité, c’est du feu qu’il est en train de manger. Si le Prophète juge en faveur de quelqu’un mais qu’en réalité, ce n’est pas son droit, qu’il ne prenne rien du tout, parce que c’est comme s’il lui donnait un bout de feu. Rapporté par Abū Dāwūd et ad-Darāqutnī. C’est alors que tous les deux se sont mis à pleurer et chacun des deux a dit : le droit que j’ai, je le confirme, mon frère. Il se peut que l’un des deux soit plus apte à développer un argument que l’autre. Il a été dit que le sens du verset est : vous donnez une partie de vos biens au juge pour le soudoyer, pour qu’il prononce le jugement en votre faveur.

Alors que vous le savez. Vous savez que vous êtes dans le faux. An-Nasafiyy a dit que commettre un péché tout en sachant que c’est un péché, c’est un acte plus laid encore, que celui qui commet un péché alors qu’il ne savait pas que c’était un péché. Le premier mérite plus d’être blâmé que le second, même si celui-ci se devait d’apprendre le jugement.

Muʿāḏ ibnu Ǧabal a posé la question au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « ô messager de Dieu, pourquoi donc le croissant de lune est tout fin, comme un fil, puis il augmente en taille jusqu’à devenir la pleine lune, puis il va diminuer à nouveau jusqu’à devenir comme un fil ? Pourquoi ce n’est pas comme le soleil ? » Il n’y a pas de croissant de soleil. C’est ainsi que la parole de Dieu a été révélée, qui signifie :

Verset 189 : Ils t’interrogent à propos des croissants lunaires. Il a été appelé « hilāl » c’est-à-dire « croissant » parce que les gens lèvent la voix quand ils le voient.

Sache que c’est un moyen de détermination des temps pour les gens et pour faire le pèlerinage. C’est-à-dire que c’est un des signes par lequel les gens comptent le temps pour leurs plantations, pour leur commerce, pour les dates d’échéance de leurs dettes, pour leurs jeûnes, la période d’attente post-maritale de leur femme, les périodes des menstrues des femmes, la période de la grossesse, les temps importants du pèlerinage et ainsi de suite.

Certains partisans de Médine, quand ils entraient en rituel de pèlerinage ou de ʿumrah, aucun d’entre eux n’entrait dans un champ ni dans une maison ni dans une ferme, par la porte. Si c’est quelqu’un qui était de la campagne, il faisait un trou dans une partie de sa maison pour rentrer et sortir. Et si c’était quelqu’un qui habitait dans des tentes faites habituellement à partir de la laine de chameau, il sortait et entrait par derrière et non plus par devant. Alors a été révélé la suite du verset :

Ce n’est pas le plus important que vous évitiez d’entrer par la porte mais ce qui compte, c’est la bienfaisance de quelqu’un qui craint Dieu et qui évite ce que Dieu a interdit.

C’est comme si la réponse était à propos des croissants indiquant le début des mois lunaires. Quelle était la sagesse qu’au début du mois, le croissant est tout fin et qu’au milieu du mois, c’est la pleine lune ? Alors que le soleil a toujours la même taille tout le long du mois ? Il est connu que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse. C’est comme s’il leur dit : sachez que tout est selon une sagesse et laissez la question à propos de ce sujet. Regardez : vous, vous faites une chose qui est dépourvue de sagesse et vous pensiez que c’est quelque chose de bien. C’est cela le lien avec les versets qui ont précédé.

Il se peut que ce verset soit au titre de l’ʾistiṭrāḍ puisqu’il s’agit des versets indiquant le temps du pèlerinage. Les mois lunaires indiquent des temps et le pèlerinage est à faire à certains moments des mois parce que c’était parmi leurs actes de faire le pèlerinage. Et l’ʾistiṭrāḍ est une figure de style utilisée par les savants hors de son contexte parce qu’il y a un élément qui permet d’introduire ce sujet. (En français, alors qu’on parle d’un sujet, on cite une parole qui, en apparence, n’a pas de lien direct avec ce dont on parle, alors on dit pour l’introduire « entre parenthèses » puis on revient au premier sujet).

Il se peut aussi que ce soit là juste un exemple qu’il donne à propos de leur question sur le croissant lunaire. C’est comme celui qui laisse la porte d’entrée principale de sa maison et il rentre par une porte dérobée.  Ce qu’il convient de faire, ce n’est pas de poser des questions inutiles mais la bienfaisance consiste à se préserver de poser pareille question.

Et entrez dans les maisons par leur porte principale. C’est-à-dire : traitez les sujets de la manière par laquelle il faut les traiter et ne les traitez pas à l’envers.  

Ou alors : vous devez avoir pour certitude et pour croyance que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse et que cela est correct, sans qu’il ne parvienne un quelconque doute ou une confusion ou objection, afin de ne pas poser de question à ce sujet, en raison de ce que la question peut sous-entendre de remise en cause suite au doute. Tout comme Dieu dit dans le Qour’aan ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors qu’eux, le seront ».

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : dans ce qu’Il vous a ordonné de faire et ce qu’Il vous a interdit de faire.

Puissiez-vous réussir : afin de gagner la félicité éternelle.

Verset 190 : et combattez dans la voie que Dieu agrée : le combat dans la voie que Dieu agrée, c’est pour élever la parole de Dieu et pour donner la gloire à la religion.

Ceux qui vous combattent : c’est-à-dire ceux qui se mesurent à vous et pas ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes. Et ce verset a été abrogé par un autre verset qui signifie : et combattez les associateurs dans leur totalité.

Et il a été dit que c’était le premier verset à avoir été révélé à propos du combat et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam combattait ceux qui combattaient et n’attaquait pas ceux qui ne combattaient pas.

An-Nasafī a dit : combattez ceux qui peuvent vous combattre et ne combattez pas ceux qui ne peuvent pas vous combattre comme les vieillards, les enfants et les femmes.

Et ne soyez pas injustes, certes Allāh n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 191 : et combattez-les où que vous les trouviez. C’est une autorisation qui vous est donnée de combattre ceux qui vous ont amenés à quitter La Mecque.

Et la fitnah est plus grave que l’assassinat. Ce verset, certains se sont trompés pour le comprendre parce que généralement, le mot « fitnah » est utilisé pour indiquer la zizanie, la discorde. Or ce verset ne veut pas dire que semer la discorde est plus grave que de tuer. Ce verset signifie que l’attribution d’un associé à Dieu, c’est-à-dire la mécréance, elle, est plus grave que de tuer. Donc le mot « fitnah » ici, signifie attribuer un associé à Dieu. Ce verset signifie : votre mécréance est plus grave que le fait de tuer, car la mécréance est le plus grand des crimes et le plus laid des crimes selon le jugement de Dieu. Il n’y a pas de crime qui soit plus grave que la mécréance, que ce soit une mécréance par attribution d’un associé à Dieu ou une mécréance sans attribution d’associé à Dieu. Dans les deux cas, la mécréance est le plus grave des crimes et la plus grande des injustices. Cela veut dire que votre mécréance qui est le fait d’attribuer un associé à Dieu est plus grave que ce que vous dénoncez chez les musulmans, à savoir le fait qu’ils aient tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque ; car eux, ils considéraient qu’on ne devait tuer personne dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Suite au fait que les musulmans ont tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque, les associateurs se sont mis à dénigrer les musulmans. Et ce verset est une réplique contre eux : donc ici nous avons appris le contexte dans lequel ce verset a été révélé. Mais la règle est de mise, même en dehors de ce contexte et c’est que la mécréance est plus grave que le fait de tuer.

Cet associateur que les musulmans avaient tué s’appelle ʿAmr fils de Al-Ḥaḍramiyy. Il avait un frère qui était un très grand compagnon, Al-ʾAʿlā fils de Al-Ḥaḍramiyy, il était même un saint parmi les compagnons.

Ne les combattez dans la mosquée al-ḥarām que si eux vous y combattent. C’est-à-dire : ne soyez pas les premiers à déclencher la guerre si c’est à l’intérieur de la mosquée al-ḥarām. Mais s’ils vous attaquent dans cette mosquée, alors combattez-les. Cela veut dire que vous, les croyants, il vous est interdit de combattre dans la mosquée al-ḥarām. Ici la mosquée al-ḥarām ne désigne pas uniquement l’endroit destiné à faire la prière, que ce soit dans ce verset ou dans d’autres versets. Il s’agit en réalité de toute La Mecque : les maisons, les magasins, tout ce qui est au voisinage de la mosquée.

Faites-les sortir de là où ils vous ont fait sortir. C’est-à-dire de La Mecque. Et ce verset a été révélé avant la conquête de La Mecque. Il est une annonce de bonne nouvelle pour les croyants qu’ils allaient conquérir La Mecque. C’est une promesse de la part de Dieu. Et cela a eu lieu la 8° année de l’hégire. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a réalisé cette conquête effectivement. Et il n’est resté à La Mecque que des musulmans. En effet la mécréance est plus grave que l’assassinat et cela est cité dans d’autres versets qui signifient : « le fait d’attribuer un associé à Dieu est une grande injustice » et « les mécréants, ce sont eux les injustes » et « la plus grave des injustices est la mécréance ».

Ce verset ne veut pas dire que le simple fait de semer la zizanie entre deux musulmans serait plus grave que de tuer un musulman. Et ceci est très important à comprendre parce que celui qui croit que semer la zizanie entre deux personnes est plus grave que de tuer quelqu’un, il sort de l’islam. Car il aura démenti la Loi de l’islam. En effet, le fait de tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance. Ainsi le plus grave des péchés est la mécréance parce que Dieu ne le pardonne pas à celui qui en meurt chargé.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « que le bas monde soit détruit est moins grave selon le jugement de Dieu que de tuer un seul musulman ». Rapporté par An-Nasāʾiyy. Ainsi le statut du musulman est respectable car il a accompli le plus important des devoirs qui est de croire en Dieu et en Son Prophète.

Et la cause de la révélation de ce verset est que les associateurs avaient émis une objection, ils avaient blâmé les musulmans parce qu’ils avaient combattu durant les mois ḥurum qui sont : ḏu l-qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah, al-muḥarram et raǧab. Alors Allāh leur a répliqué par le fait qu’eux, les associateurs, avaient commis la plus grave des injustices qui est la mécréance, du fait qu’ils avaient attribué à Dieu un associé. Or le fait de combattre durant les mois ḥurum était interdit. Puis ça a été abrogé selon l’avis de la majorité. Les gens de l’ignorance avaient cette croyance-là. Ils considéraient qu’il était interdit de combattre durant les mois ḥurum.

Et il a été donné une autre explication : c’est que l’épreuve qui s’abat sur l’homme, pour laquelle il va être châtié, son châtiment est plus intense que le fait d’être tué.

Le sens apparent de ce verset est que ce jugement est toujours en vigueur, c’est-à-dire qu’il n’a pas été abrogé. Et c’est l’avis de certains imams : il n’est pas permis de commencer à combattre les non croyants à l’intérieur de l’enceinte sacrée de La Mecque, sauf si les non croyants commencent à y combattre les musulmans.

Mais d’autres savants ont dit que ce verset a été abrogé par un verset dans sūratu barāʾa qui s’appelle aussi « sūratu t-tawbah ». Ce verset signifie : « combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Et sūratu barāʾa fait partie des dernières sourates qui ont été révélées dans le Qur’ān. Dieu dit ce qui signifie : « dès lors que les mois ḥurum se sont écoulés, alors combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Beaucoup de savants ont dit à propos de ce verset qu’il a abrogé l’application du jugement présent dans sūratu l-baqarah et c’est ce dernier verset qui entre en vigueur. Cela signifie que le jugement de sūratu l-baqarah qui empêchait de débuter le combat des non croyants dans la mosquée al-ḥarām a été abrogé. Avant, c’était interdit puis c’est devenu permis, c’est-à-dire que c’est devenu permis de les y combattre, qu’ils aient commencé ou non à nous y combattre.

S’ils vous y combattent, alors combattez-les-y. C’est-à-dire « dans la mosquée al-ḥarām ». An-Nasafiyy est de l’avis des savants qui disent que ce verset n’a pas été abrogé. La mosquée al- ḥarām a un jugement spécifique : les musulmans n’ont le droit de combattre les non musulmans dans cette enceinte sacrée, que si ceux-ci commencent le combat.

Telle est la rétribution des non-croyants.

Verset 192 : s’ils arrêtent : s’ils cessent leur mécréance, s’ils cessent leur combat. Allāh est Celui Qui accepte le pardon, Qui pardonne leur injustice passée. S’ils arrêtent d’attribuer un associé à Dieu, s’ils arrêtent de combattre les musulmans et qu’ils deviennent musulmans, alors Allāh pardonne ce qu’ils ont fait auparavant. Allāh est miséricordieux, Il accepte le repentir, Il accepte leur foi.

Verset 193 : combattez-les afin qu’il n’y ait pas de fitnah : ici le mot « fitnah » signifie l’adoration d’autre que Dieu. Il ne s’agit pas de la zizanie.

Et afin que la religion soit vouée uniquement à Dieu. C’est-à-dire exclusivement à Dieu, pour que le šayṭān n’ait aucune part. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas autre que Dieu qui soit adoré. Notre šayẖ a dit : l’objectif principal est de protéger la religion de l’islam pour les musulmans, pour ne pas que les non musulmans les détournent de l’islam ; et afin de propager la religion agréée par Dieu. Dans le cas où nous n’avons pas la capacité, alors ce n’est pas une obligation pour nous. Mais nous pouvons expliquer et répliquer ; et cela est une obligation pour nous.

S’ils cessent : c’est-à-dire les non-musulmans, les associateurs, alors il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. S’ils délaissent leur incrédulité, alors vous ne les combattrez pas, parce qu’il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. Et eux, ils ne sont plus injustes puisqu’ils sont entrés en islam.

Ou alors ne combattez que les injustes, c’est-à-dire ceux qui n’arrêtent pas leur injustice. Il a appelé la rétribution des injustes « injustice » c’est une figure de style en arabe qui s’appelle « al-mušākalah » : la réponse à une chose est appelée par le même nom, même si elle n’a pas le même jugement. Cela ne veut pas dire « soyez injustes » mais il a utilisé le même terme « aẓ-ẓulm » parce qu’eux ont fait preuve d’injustice. On utilise le même mot pour une chose et sa réponse.

Les associateurs avaient combattu les musulmans dans l’année de al-qudayliyah dans un mois sacré qui est ḏu l-qaʿdah. Alors il leur a été dit cela quand ils sont partis pour faire la ʿumrah pour le rattrapage. Ce verset signifie « s’ils arrêtent leur mécréance, et s’ils entrent en islam, alors ils ne sont pas combattus. »

Sayyid Quṭub qui était un journaliste, a dit au sujet de cette partie du verset 193 : « s’ils ne nous empêchent pas d’entrer en islam, alors on ne peut pas les confronter ». Selon sa prétention qui est fausse, qui contredit la religion agréée par Dieu, qui contredit le Qur’ān, s’ils laissent les musulmans appeler à l’islam et qu’ils ne les empêchent pas d’appeler à l’islam, alors, selon lui, il ne serait plus permis de leur tenir tête. Or sa parole est contraire à la religion agréée par Dieu, elle est contraire au Qur’ān, aux ḥadīṯ du Prophète et à l’unanimité des musulmans. C’est un homme mauvais, combien il est grave ! Sa nuisance est grande envers les musulmans. Son groupe a provoqué l’assassinat de nombreuses personnes en Algérie dans les années 1990.

Verset 194 : le mois al-ḥarām contre le mois al-ḥarām : si eux, vous combattent pendant l’un des mois ḥurum, alors vous les combattez dans l’un des mois ḥurum. Et vous appliquez pour les choses sacrées la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. S’ils vous attaquent, alors vous les attaquez avec la même chose avec laquelle ils vous ont attaqués. Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu quand vous êtes victorieux, dans votre comportement envers celui qui vous a attaqués. C’est-à-dire : ne faites pas avec eux plus que ce qu’il vous est autorisé. Et sachez que Dieu accorde la victoire à ceux qui sont pieux.

Notre šayẖ a dit : le soutien, la victoire que Dieu accorde est soit perceptible, physique ou bien morale. S’ils ont le dessus sur les non musulmans suite à un combat, c’est une victoire matérielle et morale. Mais si ce sont les non musulmans qui ont le dessus sur les musulmans dans la bataille, les croyants sont victorieux dans le sens moral et par le jugement : la victoire est de leur côté parce qu’ils ont une récompense pour avoir combattu et ceux d’entre eux qui ont été tués auront la récompense de martyr. La victoire n’est pas seulement une victoire physique, matérielle. Dieu a promis la victoire aux croyants, c’est-à-dire que, soit ils ont la victoire matérielle et morale, soit ils ont la victoire morale. Donc dans tous les cas, ils sont victorieux. Puis le šayẖ cite le récit des gens du puits de Māʿūn, ils étaient soixante-dix hommes.  Ils étaient sur le chemin pour enseigner le Qur’ān à une tribu arabe qui avait demandé au Prophète de leur envoyer des enseignants de Qur’ān. Une tribu adverse les a attaqués et les a tous tués. Moralement, ce sont les 70 qui sont victorieux. Parce que ceux qui les ont tués méritent un châtiment, en plus de leur châtiment pour leur mécréance. Ils seront châtiés pour leur mécréance et ils seront châtiés pour avoir tué des musulmans. Ces 70 étaient des gens de science, on les appelait des récitateurs.

Verset 195 : et dépensez dans la voie que Dieu agrée. Dépensez dans toutes les voies que Dieu agrée. C’est général.

Et ne vous menez pas à votre propre perte : c’est-à-dire ne soyez pas vous-mêmes la cause de votre mort. Notre šayẖ a dit que cela signifie : ne laissez pas la gestion de vos biens vous détourner du ǧihād. Certains partisans de Médine se sont occupés de gérer leurs biens au lieu de rejoindre le reste des musulmans et ils étaient des propriétaires de palmiers. Ils ont occupé leur temps à la gestion de leurs palmiers au lieu de rejoindre les autres musulmans.

Et faites le bien : c’est-à-dire pensez du bien au sujet de Dieu, si vous n’obtenez pas ce que vous avez voulu.

Certes Dieu agrée les bienfaiteurs. C’est-à-dire ceux qui sont bienfaiteurs envers les nécessiteux.

Verset 196 : poursuivez le ḥaǧǧ et la ʿumrah pour l’agrément de Dieu. Accomplissez le pèlerinage et accomplissez la ʿumrah pour l’agrément de Dieu, c’est-à-dire accomplissez-les parfaitement, c’est-à-dire avec leurs conditions, avec leurs obligations, pour l’agrément de Dieu, sans paresse et sans diminution.

Si vous en avez été empêchés : c’est-à-dire si quelque chose vous en empêche, comme si un ennemi s’interpose entre vous et l’accomplissement du pèlerinage, ou une maladie.

Alors ce qui vous est possible comme sacrifice. C’est-à-dire si vous êtes sur votre chemin vers la kaʿbah et vous êtes entrés en rituel pour faire un pèlerinage ou une ʿumrah, mais s’il y a quelque chose qui s’interpose qui vous empêche d’y aller alors vous vous désengagez du rituel avant le temps du désengagement pour faire un sacrifice à Dieu (soit un chameau, soit une vache, soit un mouton).

Et ne vous rasez pas le crâne avant que l’animal que vous voulez offrir à Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée de La Mecque. Cette parole s’adresse à ceux qui ont été empêchés d’arriver à l’enceinte sacrée de Médine ou de La Mecque, après qu’ils soient entrés en rituel. Il leur est dit de ne pas se raser le crâne comme ce serait le cas pour une situation normale, c’est-à-dire qu’ils ne se désengagent pas du rituel avant que l’animal qu’ils ont décidé d’offrir pour Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée. Parce que chez les Hanafites, ce qui est offert pour se désengager du rituel parce qu’on a été empêché d’y parvenir, il faut qu’il soit égorgé dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Chez les chaféites, il peut être égorgé même ailleurs.

Si l’un d’entre vous était malade : c’est-à-dire si l’un d’entre vous avait une maladie qui nécessitait qu’il se rase le crâne,  

Ou qui a un mal dans sa tête : soit des poux, soit une blessure, il devra alors faire une expiation, (qui consiste en) un jeûne (trois jours de jeûne) ou une aumône (distribuée à six pauvres, à chacun il sera donné la moitié d’un ṣāʿ de blé, selon les hanafites et chez les chaféites, trois ṣāʿ de la nourriture de base la plus répandue de la ville, que vont se partager six pauvres). (Le ṣāʿ équivaut à quatre mudd. Ce sont des unités de volume). Ou bien une brebis.

Si quelqu’un veut faire le tamattuʿ : c’est le fait de profiter d’être parti à La Mecque dans la période du pèlerinage, pour faire une ʿumrah avant le pèlerinage. Si on est dans la période des mois du pèlerinage, on peut entrer en rituel du pèlerinage, mais on peut commencer par faire une ʿumrah. Donc quand on fait une ʿumrah dans les mois du pèlerinage, on fait le tamattuʿ. On devra égorger ce qu’on égorge le jour de l’ʿīd. Celui qui ne trouve pas quoi égorger, il devra jeûner trois jours dans le temps du pèlerinage. C’est-à-dire dans les mois du pèlerinage, entre son entrée en rituel pour la ʿumrah et son entrée en rituel pour le pèlerinage. Et vous jeûnerez sept jours quand vous aurez fini le pèlerinage. Ce sont là dix jours complets. « Complets » : soit parce que cela équivaut à ce qu’il devait égorger et qu’il n’a pas pu égorger ou bien ça équivaut dans la récompense.

Cette règle (c’est-à-dire l’obligation d’égorger ou de jeûner) est pour celui dont la famille n’est pas dans la mosquée al-ḥarām : il ne fait pas partie de ceux qui habitent dans les limites de La Mecque, c’est-à-dire ceux qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher que les gens de La Mecque.

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : accomplissez ce que Dieu vous ordonne et évitez ce que Dieu vous interdit. Que ce soit pour le pèlerinage ou autre que le pèlerinage, Dieu nous ordonne de Lui obéir et nous interdit de Lui désobéir. C’est un rappel.

Et sachez que Dieu a un châtiment douloureux pour celui qui Lui désobéit.

Verset 197 : le temps du pèlerinage, ce sont des mois bien définis. Ce sont des mois bien connus chez les gens, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui peut prêter à confusion. Il s’agit de šawwāl, ḏu l’qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah et les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah. Quand la nuit qui précède l’ʿīd s’achève, alors la borne temporelle (c’est-à-dire la limite) du pèlerinage est raté. Et il y a une borne qui est plutôt physique, et c’est un endroit. On rentre en rituel du pèlerinage à certains endroits que le Prophète a indiqués. Les gens qui viennent du nord passent par Médine, ils ont une borne à ne pas dépasser avant d’être entrés en rituel. Ceux qui viennent de l’ouest ont une autre borne et ainsi de suite.

La borne temporelle s’achève lorsque la nuit qui précède le jour de l’ʿīd finit (c’est-à-dire le faǧr). Quel est l’intérêt d’indiquer que les actes du pèlerinage ont lieu pendant trois mois ? Cela veut dire qu’aucun acte du pèlerinage n’est valable en-dehors de ces trois mois-là et même l’entrée en rituel, selon l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde. Et ils ont été appelés « aṣ-hūr », « mois », même si le dernier n’est pas un mois complet.

Celui qui s’y engage pour faire le pèlerinage. « Y » fait référence à ces trois mois-là. Celui qui s’engage à faire le pèlerinage dans cette période-là.

Il ne fait pas de rapport sexuel ni de fusūq. Le fusūq : certains savants ont dit que c’est le péché, d’autres ont dit que cela veut dire l’insulte envers les musulmans et d’autres ont dit que cela veut dire le fait de donner des surnoms qui indiquent le dénigrement.

Et pas de débat inutile pendant le pèlerinage. C’est le fait de débattre juste pour avoir le dernier mot, sans qu’il n’y ait d’intérêt religieux. Ibnu ʿAbbās a expliqué le mot « ǧidāl » par le « mira’ » et c’est lorsque quelqu’un débat avec son compagnon, il le dispute jusqu’à le mettre en colère. Parole rapportée par aṭ-Ṭabariyy dans son explication. Il a reçu l’ordre de ne pas faire de débats inutiles pour des raisons, parce que cela est comme le fait de porter de la soie quand un homme fait la prière et réciter le Qur’ān pour faire joli mais en rajoutant des lettres.

Après ces différentes interdictions pour interdire le mal, Il enchaîne sur le bien pour utiliser à la place de mauvaises paroles, de belles paroles, à la place du fusūq la bienfaisance et la piété, à la place du débat inutile, le fait d’être concordant et les bons comportements :

Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Dieu sait le bien que vous faites et Il vous rétribue pour le bien que vous faites. An-Nasafiyy dit que par cette parole, Dieu réfute la parole de celui qui dit que Dieu ignore les détails. Car Dieu dit « tout » ce que vous faites comme bien, c’est-à-dire même les détails. La philosophie fait partie des sciences qui sont interdites. Il y avait un homme qui était mufti en Syrie, il s’appelle Aḥmad Kaftāru et il était ignorant. Une fois, il enseignait et disait que l’islam enseigne la philosophie. Son père était quelqu’un de bien et quand il est décédé, les gens ont pensé qu’il était comme son père, alors qu’il était ignorant. Et les gens aujourd’hui sont ainsi, dans l’ignorance. Les gens avaient l’habitude, quand un homme vertueux mourait, de mettre à sa place, son fils, même s’il était encore jeune et même s’il était ignorant. An-Nasafiyy dit que les gens du Yémen avaient pour habitude de ne pas prendre de provisions quand ils allaient faire le pèlerinage. Ils se fiaient à Dieu. Ils se retrouvaient à la charge des gens.  Alors Dieu a révélé la suite du verset 197

Alors faites des provisions. C’est-à-dire « faites des provisions et évitez d’aller demander aux gens de vous donner à manger ».

La meilleure des provisions c’est la piété. Le mot « taqwā » a un sens propre et un sens figuré. Il signifie « se protéger de ». La piété signifie se protéger du châtiment. Et ici cela signifie se protéger de charger les gens de vous donner à manger. Il y a deux explications possibles : une des explications est « veuillez-vous protéger de demander aux gens de vous donner à manger et faites donc des provisions pour cela » et l’autre explication est « faites donc des provisions pour le jour du jugement en vous protégeant des choses interdites ».

Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce verset a été révélé à des gens du Yémen qui partaient pour le pèlerinage mais ils ne prenaient pas de provisions avec eux. Dieu a révélé ce verset pour leur indiquer ce qui est de leur intérêt. Il leur a indiqué que la meilleure des provisions, c’est la piété. Cela veut dire que prendre des provisions pour le voyage du pèlerinage, c’est un acte de bien parce que cela aide les gens à arriver à La Mecque pour faire le pèlerinage. Mais ce qui est plus important que cela, c’est la piété envers Dieu.  Le mot « taqwā » est un mot qui est global, qui englobe énormément de sens. Il signifie accomplir ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter ce que Dieu a interdit à Ses esclaves de faire. Du point de vue de l’expression orale, le mot « taqwā » est un mot qui est léger, mais c’est un mot qui est lourd de sens. La piété consiste à accomplir les devoirs et éviter les interdits. Et parmi les devoirs, il y a l’apprentissage de la science de la religion. La voie pour atteindre la piété est la science. Si Dieu veut le bien pour un esclave, Il lui fait apprendre la religion, Il lui accorde la connaissance des sujets de sa religion. Il lui accorde de connaitre ce que Dieu lui a ordonné d’accomplir et de faire et Il lui accorde de connaitre ce qu’Il lui a ordonné d’éviter et qu’Il a interdit. Il n’y a de réussite qu’en connaissant les sujets de la religion. D’abord la croyance parce que c’est la plus prioritaire des obligations, puis les lois pratiques. Parce que la science de la croyance est la meilleure des sciences.

Et faites preuve de piété envers moi : c’est-à-dire craignez Mon châtiment

O vous qui êtes dotés de raison. La tâche qui est la plus importante pour celui qui est censé, pour celui qui a une raison, c’est la piété envers Dieu. Et celui qui ne fait pas preuve de piété envers Dieu, c’est comme s’il n’a pas de raison.

Verset 198 : il n’y a pas de mal pour vous : c’est-à-dire pendant la saison du pèlerinage de chercher à obtenir un bénéfice dans un commerce. Même si vous partez au pèlerinage, il n’y a pas de mal pour vous à rechercher à obtenir un gain, soit par le commerce soit par la location. Par exemple, ceux qui sont à La Mecque louent leurs maisons, leurs voitures pour transporter les gens. Il n’y a pas de mal à saisir cette opportunité pour gagner de l’argent de manière licite.

Dès lors que vous quittez ʿArafāt. Le verbe utilisé ici est « afaḍa » qui signifie « déborder » parce que les gens sont nombreux à ʿArafāt. Quand ils sortent, c’est comme si de l’eau déborde. Tellement vous serez nombreux quand vous quitterez ʿArafāt et c’est le nom d’un endroit. Pourquoi cette terre qui se trouve à peu près à une vingtaine de kilomètres de La Mecque a été appelée ainsi ? Et ʿarafa signifie connaître. Cette terre avait été décrite à Ibrāhīm et quand il l’a vue, il l’a reconnue. Et il a été dit que lorsque notre maitre Ādam et son épouse Ḥawwāʾ sont sortis du paradis, Ādam est arrivé dans une région en Inde qui correspond au Sri Lanka actuel, et l’air y est très bon et il ressemble le plus au paradis. Et Ḥawwāʾ a été descendue à Jeddah qui est le port qui est à quelques dizaines de kilomètres de La Mecque, sur la mer rouge. Il a été dit qu’ils se sont rencontrés à ʿArafāt et qu’ils se sont reconnus. Ce verset est une preuve que la station à ʿArafāt est un devoir. Parce que le fait de quitter ʿArafāt n’a lieu qu’après y avoir été. Dans les actes du pèlerinage, il y a la station à ʿArafāt.

Evoquez Dieu.

1/ En faisant la talbiyyah en disant « labbayk Allāhumma labbayk – labbayka lā šarīka labbayk – ʾinna l-ḥamda wa niʿmata laka wa l-mulk – lā šarīka lak »

Ceci signifie : « ô Allāh nous répondons à Ton ordre et nous obéissons, obéissance après obéissance, nous ne nous détournons pas de Ton obéissance. La louange T’appartient, la grâce T’appartient, la souveraineté T’appartient, Tu n’as pas d’associé ».

2 / Et en faisant le tahlīl, qui est la parole « lā ʾilāha ʾilla l-Lāh ».

3 / Ou le takbīr qui est la parole « Allāhu akbar ».

4 / Ou l’éloge de Dieu comme en disant « al-ḥamdu lil-Lāh » et des invocations, en demandant à Dieu des choses.

5 / Ou encore en accomplissant la prière du maġrib et du ʿišāʾ. Quand vous quittez ʿArafāt, le temps du maġrib est rentré car le temps de la station à ʿArafāt est entre le début du ẓuhr du 9 et l’aube du 10 du mois lunaire de ḏu l-ḥiǧǧah

A un endroit qui s’appelle al-mašʿar al-ḥarām : c’est un emplacement qui est sacré.

1/ Certains l’ont expliqué par l’emplacement où se trouve l’imam. Le mot « mašʿar » indique un lieu symbolique parce que c’est un lieu pour l’adoration de Dieu et il a été décrit comme étant ḥarām parce qu’il est sacré : on y respecte certaines choses quand on s’y trouve. Il y a des choses qu’on n’y fait pas.  

2 / D’autres l’ont expliqué par une terre qui s’appelle « Muzdalifah ». Le mot « zdalafah » signifie « se rapprocher ». Il a été dit que l’origine du terme « Muzdalifah » c’est parce que Ādam ʿalayhi s-salām s’est rapproché là-bas de Ḥawwāʾ. C’est une explication. Ou une autre explication qui est la suivante : après la station à ʿArafah, les pèlerins quittent cette station après le coucher du soleil alors qu’ils n’ont pas encore fait la prière du maġrib. Donc ils accomplissent les prières du maġrib et du ʿišāʾ à Muzdalifah parce qu’on rapproche les deux prières.  Donc le sens du mot « zdalafah » qui est le fait de se rapprocher est présent.

3 / Une troisième explication est parce que les gens se rapprochent de l’agrément de Dieu. Ils se consacrent à l’adoration de Dieu et espèrent avoir des récompenses de la part de Dieu.

Et évoquez Dieu d’une belle évocation. C’est-à-dire tout comme Dieu vous a bien guidés, évoquez-Le d’une belle évocation.  C’est le propre du musulman, c’est le propre du croyant. Le croyant est reconnaissant envers Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés. Et le plus grand bienfait que Dieu nous a accordé c’est d’être musulman. Autre explication : évoquez-Le tout comme Il vous a appris de L’évoquer et ne vous détournez pas de ce qu’Il vous a appris.

Et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés : vous n’auriez pas su comment adorer Dieu. Grâce à cette bonne guidée, évoquez Dieu de manière parfaite et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés.

Verset 199 : puis quittez ʿArafāt de là où les gens l’ont quitté. Ne faites pas en sorte que ce soit à partir de Muzdalifah. Il a été dit que c’est un ordre pour la tribu de qurayš. C’est-à-dire que qurayš avait reçu l’ordre de partir de ʿArafāt. L’ordre est venu qu’ils partent de La Mecque pour aller à ʿArafāt puis qu’ils quittent ʿArafāt pour retourner à La Mecque. C’est une explication qui concerne les gens de qurayš.

Et demandez à ce que Dieu vous pardonne. Parce que vous ne faisiez pas comme les gens. Vous n’alliez pas jusqu’à ʿArafāt. Ils se réunissaient dans un autre endroit. L’ordre ici est qu’ils se réunissent à ʿArafāt et qu’ils demandent à Dieu le pardon pour n’avoir pas fait comme les gens, dans leur ignorance. Ou bien « demandez le pardon à Dieu parce que vous avez failli dans les actes du pèlerinage ».

Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 200 : lorsque vous aurez fini avec les actes d’adoration que vous avez reçu l’ordre de faire : c’est-à-dire pendant le pèlerinage et après avoir quitté ʿArafāt.

Alors évoquez Allāh tout comme vous évoquez vos parents. C’est-à-dire : évoquez beaucoup Dieu, car généralement, la personne, quand elle évoque ses parents, elle parle beaucoup de ses parents, elle est fière de ses ancêtres. Le sens est de glorifier Dieu en L’évoquant beaucoup. En effet, les Arabes, avant, quand ils finissaient leurs rituels, ils se tenaient entre la mosquée à Mina et la montagne, et ils énuméraient les mérites de leurs ancêtres.

Ou encore plus.

Il y a parmi les gens ceux qui disent : ceux qui vont au pèlerinage et qui demandent à Dieu des choses du bas-monde, ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde : ils demandent à avoir leurs dons dans le bas-monde uniquement, c’est-à-dire le pouvoir, la richesse.

Et il n’a aucune part pour son au-delà. Parce que son objectif est limité au bas-monde, parce qu’il ne croit pas à l’au-delà.

Cela veut dire : évoquez beaucoup Dieu (citez Dieu) et invoquez-Le. (Demandez-Lui). Les gens sont de plusieurs catégories. Il y a parmi les gens qui ne demandent que des choses du bas-monde. Et il y a ceux qui demandent beaucoup, des biens des deux résidences. Le sens de ce verset est : soyez de ceux qui demandent beaucoup, de cette vie et de l’au-delà.

Verset 201 : et parmi eux : c’est-à-dire ceux qui vont faire le pèlerinage ceux qui disent ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde un bien : ce bien est soit une grâce soit une sauvegarde c’est-à-dire une protection et une bonne santé ou une science et de l’adoration. C’est-à-dire :  fais que nous soyons parmi ceux qui accomplissent les actes d’adoration et que nous ayons la science de la religion.

Et dans l’au-delà un bien : An-Nasafiyy a donné plusieurs explications : un pardon et une miséricorde ou les biens et le paradis ou les louanges des créatures et l’agrément du Créateur ou la foi et la sauvegarde ou la sincérité et la délivrance ou être sur la voie prophétique et obtenir le paradis ou se suffire du peu et avoir l’intercession ou la femme vertueuse et les femmes du paradis ou la vie heureuse et la sortie des tombes le jour de la résurrection avec la bonne nouvelle.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ô Seigneur accorde-nous dans ce bas-monde de bonnes œuvres c’est-à-dire accorde-nous la réussite pour faire de bonnes œuvres et accorde-nous le paradis.

Al-Ḥasan Al-Biṣriyy a dit : le bien dans ce bas-monde c’est une épouse vertueuse et le bien dans l’au-delà c’est le paradis.

Et préserve-nous du châtiment du feu. C’est-à-dire préserve-nous du feu de l’enfer ou préserve-nous du feu de l’enfer et d’une épouse mauvaise. (C’était l’invocation que faisait le plus notre Prophète).

Verset 202 : ceux-là (qui cherchent les deux biens, dans le bas-monde et dans l’au-delà) ils auront une part de ce qu’ils auront acquis : c’est-à-dire qu’ils auront une rétribution pour les bonnes œuvres qu’ils auront acquises. Il s’agit des récompenses qui vont leur profiter en bien suite à l’invocation qu’ils ont faite. L’invocation est un acte et l’acte est acquis. Et il se peut que le terme « ceux-là » ne se réfère pas uniquement à ce qui est visé « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas-monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer », mais que ceux-là se réfèrent aux deux groupes. Chacun des deux groupes aura une part de ce qu’il recherchait.

Allāh est Celui Qui fait parvenir les comptes rapidement. Ce qui est rapide, c’est le fait que les gens rendent des comptes rapidement. De manière imminente, le jour du jugement peut survenir. L’ange Isrāfīl a pris le cor et l’a collé à sa bouche et il attend l’ordre. Donc le jour du jugement est imminent. Et les esclaves rendront des comptes alors empressez-vous de multiplier les évocations et d’œuvrer pour l’au-delà. Deuxième explication : Il S’est qualifié Lui-même par le fait qu’Il sait que les esclaves rendront compte rapidement de leurs actes, malgré le grand nombre des créatures ; leur nombre est très grand et leurs actes sont nombreux. Ceci indique la parfaite toute puissance de Dieu et l’obligation de prendre garde de Son châtiment. Il a été rapporté que les esclaves rendront des comptes de tous leurs actes, en un laps de temps qui suffit pour traire une brebis, ou certains ont dit en un instant.

Verset 203 : évoquez Dieu en des jours bien précis. Allāh nous ordonne de L’évoquer en des jours bien particuliers. Ces jours bien définis sont les jours d’at-tašrīq qui sont les 11° 12° et 13° jours du mois de ḏu l-ḥiǧǧah. On fait le takbīr après les prières obligatoires. Dès que tu passes le salām de la prière obligatoire, tu dis « Allāhu ʾakbar » c’est-à-dire que Dieu a un degré plus élevé que tous, Allāh a une puissance plus élevée que tous ceux qui ont une puissance, Allāh a une science plus élevée que tous ceux qui ont une science, Allāh mérite plus de glorification, plus de vénération que tout autre. Evoquer Allāh au niveau des bassins dans lesquels on jette des pierres.

Celui qui s’est empressé en deux jours : c’est-à-dire qu’il n’est pas parti jeter les pierres dans les trois bassins le troisième jour, mais il a lancé des pierres uniquement le premier et le deuxième jour, parce qu’il y a possibilité de jeter les pierres les premier et deuxième jour d’at-tašrīq et celui qui s’empresse c’est-à-dire qu’il quitte Minā  avant que le soleil ne se couche le deuxième jour d’at-tašrīq, celui-là n’est pas obligé d’aller lancer les pierres le troisième jour. Mais s’il reste à Minā alors que le soleil se couche, alors il doit lancer les pierres les trois jours. Il s’agit de lancer sept pierres dans chacun des trois bassins

Il ne commet pas de péché en cela. Il ne tombe pas dans le péché pour s’être empressé de la sorte.

Et celui qui retarde pour lancer le troisième jour, il ne commet pas de péché s’il se préserve. C’est-à-dire s’il ne fait pas des choses qui sont interdites pour celui qui est en rituel. Par exemple, il ne peut pas chasser des animaux, il ne peut pas avoir un rapport sexuel. S’il se préserve de la chasse, du rapport sexuel et des grands péchés, il n’y a pas de mal pour lui. Ou encore il a le choix entre s’empresser ou retarder, même si le fait de retarder vaut mieux. Comme le voyageur, il lui est donné le choix entre jeûner et ne pas jeûner, même si jeûner vaut mieux pour lui. Il a été dit que dans la période d’ignorance, il y avait deux groupes : certains considéraient que celui qui s’empresse est dans le péché et certains considéraient que celui qui tarde est dans le péché. Le Qur’ān est venu pour indiquer qu’ils avaient le choix.

Et craignez Dieu : c’est-à-dire craignez Dieu dans toute chose.

Et sachez que vous allez être ressuscités et rassemblés pour Son jugement. C’est-à-dire : sachez que vous allez revenir à la vie pour le jugement de Dieu, c’est-à-dire lorsque vous serez ressuscités et rassemblés à partir de vos tombes.

Al-Aẖnās fils de Šuʿayb était quelqu’un, comme on dit de nos jours, qui était un beau parleur et quand il rencontrait le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il parlait de manière douce, il prétendait qu’il aimait le Prophète et qu’il était musulman, et il disait : « Dieu sait que je suis véridique ». C’est à son sujet qu’a été révélé le verset 204

Verset 204 : Il y a parmi les gens ceux dont les paroles te plaisent : c’est-à-dire qui ont une place dans ton cœur et le verbe « yuʿǧibuka » vient dans le sens d’étonnant, d’agréable.

Dans le bas-monde : soit ce qu’il te dit à propos du bas-monde te surprend car il te demande des choses du bas-monde et il ne recherche pas les choses de l’au-delà. Ou alors ses belles paroles te plaisent dans ce bas-monde mais pas dans l’au-delà parce que sa langue ne pourra pas exprimer ce qu’il exprimait ici-bas, sa langue sera empêchée de dire.

Et il prend à témoin Dieu de ce qu’il a dans son cœur : il jure et il prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans son cœur comme amour et comme islam.

Alors qu’il est le pire des ennemis. Alors qu’il est quelqu’un qui a une profonde animosité envers les musulmans. Ou dans le sens qu’il se dispute beaucoup avec les musulmans.

Verset 205 : et lorsqu’il te quitte après avoir été à côté de toi, et qu’il va se retrouver avec des gens qui sont comme lui, il va aller sur terre pour semer la discorde et la zizanie. Tout comme il a fait avec la tribu de Ṭāqīf, avec laquelle il avait un conflit. Alors il les a pris par surprise la nuit et il a tué leurs troupeaux et il a brûlé leurs plantations.

Et il détruit les plantations et les animaux : ou bien lorsqu’il a une autorité ou un pouvoir, il agit en semant la corruption sur terre, en anéantissant les plantations et les troupeaux. Et il a été dit que certains gouverneurs ont été injustes au point que Dieu les a privés de la pluie et ce fut une cause pour la destruction de leurs plantations et de leurs animaux.

Et Allāh n’agrée pas la corruption.

Verset 206 : et s’il lui est dit : à cet homme Al-Aẖnās :  crains Dieu : c’est-à-dire au lieu de semer la corruption et la désolation alors sa fierté et son amour-propre l’amènent à faire encore plus de mal : c’est-à-dire cette arrogance de la période d’ignorance l’entraine à commettre ce qui est interdit. Ou alors il s’est considéré comme supérieur à cause de la mécréance qu’il a dans son cœur.

Il lui suffira d’être en enfer.

Et quel mauvais endroit pour résider.

Puis à propos de Šuʿayb Ar-Rūmiyy, lorsque les associateurs voulaient qu’il délaisse l’islam et qu’ils avaient tué un certain nombre de personnes qui étaient avec lui, alors pour s’affranchir de cela, il a donné toute sa fortune et il s’est rendu à Médine. Ou alors à propos de ceux qui ordonnent le bien et interdisent le mal, il a été révélé les versets suivants

Verset 207 : il y a parmi les gens ceux qui essaient de se libérer par recherche de l’agrément de Dieu et certes Dieu est miséricordieux envers les esclaves : puisque Dieu les a récompensés pour cela.

Verset 208 : ô vous qui avez cru, entrez tous dans la paix : c’est-à-dire la soumission et l’obéissance c’est-à-dire soumettez-vous à Dieu et obéissez-Lui ou bien à l’islam. Et la parole s’adresse aux gens du Livre parce qu’ils ont cru en leurs prophètes et en leurs livres ou aux hypocrites parce qu’ils ont cru par la parole. Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit : les spécialistes de l’exégèse ont divergé à propos de qui ces versets ont été révélés, ils ont eu trois avis différents.

  • Le premier avis (de Abū Sālīḥ rapporté de Ibnu ʿAbbās) est que ce verset a été révélé à propos de ceux qui sont devenus musulmans et qui, auparavant étaient des gens du Livre. Après leur entrée en islam, ils ont évité de faire ce qu’ils s’abstenaient de faire le samedi, ils évitaient de manger le chameau comme ceux qui suivaient la loi de Moise et d’autres choses que les gens du Livre évitaient.
  • Le deuxième avis est que ce verset a été révélé aussi à propos des gens du Livre, mais à ceux qui n’ont pas cru au Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont reçu l’ordre d’entrer en Islam. Cela a été rapporté de Ibnu ʿAbbās également et c’est ce qu’a dit aḍ-Ḍahhāk.
  • Et le troisième avis est que ce verset a été révélé à des musulmans avec l’ordre de s’engager dans toutes les lois de l’Islam. Cet avis a été donné par Muǧāhid et Qatādah

Totalement : cela veut dire qu’aucun d’entre vous ne s’écarte de l’obéissance à Dieu. Engagez-vous tous ou bien engagez -vous dans toutes les lois ou encore dans les lois et les détails de l’islam et les règles de l’Islam dans leur totalité. Ce qui est visé ici c’est qu’il leur a été interdit de s’écarter de l’obéissance à la loi de l’Islam.

Et ne suivez pas les pas du šayṭān : c’est-à-dire les suggestions du šayṭān.

Il est certes pour vous un ennemi déclaré. Son animosité est claire.

Verset 209 : si vous vous écartez de rentrer en Islam, après qu’il vous soit parvenu les preuves claires : c’est-à-dire les arguments clairs, évidents, que ce à quoi vous avez été appelés à vous engager, c’est la vérité.

Sachez alors que Dieu est glorieux : c’est-à-dire qu’Il a le dessus sur tout, rien ne L’empêche de vous châtier. Il ne châtie que justement.

Verset 210 : est-ce qu’ils attendent que le châtiment de Dieu leur parvienne dans des nuages ? Et ceci est pour faire encore plus peur du châtiment parce que les nuages font penser à la miséricorde, ils sont porteurs de pluie et la pluie est une miséricorde. Donc si, de ces nuages s’abat un châtiment, la chose est encore plus abominable, plus atroce, plus difficile.

Le    ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy le Hanbalite, dans son exégèse « zādu l-masīr » a dit que l’imam Aḥmad a dit que ce qui est visé ici c’est la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu : est-ce qu’ils attendent que leur parvienne la manifestation de la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu ? Il a dit que cela était expliqué dans d’autres versets du Qur’ān, comme dans le verset 33 de sūratu n-naḥl, et ibnu l-Ǧawziyy a renié la parole de ceux qui prétendent que la venue est la venue de Dieu Lui-même, il a indiqué que l’imam Aḥmad était innocent de ces mécréants assimilationnistes. Il a détaillé dans son livre réputé « dafʿu šuba t- tašbīh ».

En résumé, il n’est pas permis de croire au sujet de Dieu qu’il serait possible à Son sujet le mouvement et le déplacement. Mais nous Lui reconnaissons les attributs qu’Il S’est attribué à Lui-même dans le Qur’ān, de la manière qui est digne de Lui, en L’exemptant et en délaissant toute assimilation.

Il en est comme l’a dit l’imam Al-Bayhaqiyy dans « al-ʾasmā’u wa ṣ-ṣifāt » : « Allāh taʿālā n’a pas d’endroit ». Ensuite il a dit : le mouvement et l’immobilité et l’établissement sont des caractéristiques des corps. Or Allāh taʿālā est unique, Il n’a besoin de rien, absolument rien n’est tel que Lui. Et ceci est comme la parole de Allāh ʿazza wa ǧ-ǧall dans le verset 26 de sūratu n-naḥl dans lequel il n’est pas visé que Dieu serait venu dans le sens du déplacement. Mais il en est visé que l’acte qui a amené la destruction de leurs constructions est un acte qui est de toute éternité et le résultat de cet acte est entré en existence. Et ceci est clair pour celui qui étudie et observe correctement.

Et les anges : c’est-à-dire les anges qui ont reçu l’ordre de les châtier viendront. Ou bien ce qui est visé c’est que les anges viendront au jour du jugement.

Et le sujet est clos : c’est-à-dire que leur anéantissement sera achevé et il en sera fini d’eux.

Et c’est à Dieu que sera le devenir. Cela veut dire à donner aux esclaves à posséder certaines choses mais ces choses reviendront à Dieu au jour de la résurrection.

Verset 211 : pose la question (demande) : la parole concerne le Messager ou tout un chacun. Et c’est une question de menace de châtiment. Comme les mécréants au jour du jugement seront interrogés.

Aux descendants d’Isrāʾīl combien Nous leur avons fait parvenir de signes clairs : c’est-à-dire sur les mains de leurs prophètes et il s’agit de leurs miracles. Ou bien combien de signes qui témoignent de la véracité de la religion de l’islam.

Et celui qui change la grâce de Dieu : c’est-à-dire les signes qu’Il a créés ou qu’Il a donnés. C’est la plus grande des grâces de Dieu parce que ce sont des causes de bonne guidée et une sauvegarde contre l’égarement. Et leur changement, leur altération, c’est que Dieu a fait manifester ces signes pour que ce soit des causes de leur bonne guidée. Et eux, ils en ont fait des causes de leur égarement. Ou encore, ils ont déformé des versets des livres qui indiquaient la religion de Muḥammad ʿalayhi s-salām.

    Après qu’elle lui soit parvenue : c’est-à-dire après qu’il l’ait connue, parce que s’il ne l’avait pas connue, c’est comme si elle avait été absente pour lui. 

Certes Allāh est Celui Qui accorde un châtiment terrible. C’est-à-dire le châtiment pour celui qui le mérite.

Verset 212 : la vie du bas-monde a été embellie pour ceux qui ont mécru. Et celui qui la leur a embellie est le šayṭān. Il leur embelli la vie du bas monde par ses mauvaises suggestions. Il la leur a faite aimée de sorte qu’ils ne cherchent pas autre chose. Ou alors c’est Dieu Qui crée des désirs en eux, parce que toutes les créatures, c’est Dieu Qui les a créées.

Et ils se moquaient de ceux qui étaient croyants, ils se moquaient des croyants qui étaient pauvres comme ibnu Masʿūd, comme ʿAmr ibnu Yāsir comme Šuʿayb et ceux qui sont de cet ordre. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas autre que le bas-monde et en plus, ils se moquent de ceux qui n’ont pas de part des biens du bas-monde. Ou bien ils se moquaient de ceux qui recherchent autre que le bas-monde.

Et ceux qui se sont préservés du širk (de l’association à Dieu) : et il s’agit justement de ces gens-là qui sont pauvres

Seront au-dessus d’eux au jour du jugement : parce que le paradis sera élevé alors que les autres seront dans un enfer qui sera tout en bas.

Et Allāh accorde à qui Il veut sans limite. C’est-à-dire que Dieu accorde avec profusion à qui Il a accordé avec profusion comme Qārūn et d’autres. Or cette largesse dans les biens du bas-monde, de la part de Dieu, est pour une sagesse. C’est pour vous amener, par cette grâce, à être dans l’état dans lequel vous êtes. Si cela avait été un honneur de Sa part, les croyants l’auraient mérité davantage, plus que vous.

Verset 213 : les gens étaient une seule communauté : ils étaient tous sur la religion de l’islam, depuis Ādam jusqu’à Nūḥ ʿalayhima s-salām. Ou encore il s’agit de Nūḥ et de ceux qui étaient avec lui sur son arche. Puis ils ont divergé. Ibnu ʿAbbās a dit : les gens étaient tous une seule et même communauté, sur l’islam.

Et Allāh a envoyé les prophètes : c’est-à-direque les gens étaient sur une même communauté, sur l’Islam et Allāh leur a envoyé les prophètes, annonciateurs de bonne nouvelle : pour les croyants. Et avertisseurs d’un châtiment : pour les mécréants.

Et Allāh a révélé avec eux le Livre pour montrer la vérité. Prétendre que chaque prophète avait reçu un livre, cela n’a pas de preuve parce que la plupart des prophètes qui descendaient d’ Isrāʾīl avaient reçu l’ordre de suivre la Torah.

Afin qu’il juge : c’est-à-dire Allāh ou bien le Livre ou bien le prophète à qui il a été révélé.

Entre les gens au sujet de ce sur quoi ils ont divergé. Ils ont divergé à propos de la religion de l’islam, alors qu’auparavant, ils étaient tous d’accord.

Et n’ont divergé (à propos de la vérité) que ceux qui ont reçu le Livre qui a été révélé pour enlever la divergence : c’est-à-dire qu’ils ont augmenté en divergence lorsque le Livre leur a été révélé

Après qu’ils aient reçu les preuves de sa véracité.

C’est une injustice de leur part : c’est-à-dire par envie de leur part, par injustice de leur part, tellement ils recherchaient le bas-monde et qu’ils n’étaient pas objectifs.

Allāh a guidé ceux qui sont croyants vers ce au sujet de quoi ils ont divergé. C’est-à-dire que Dieu a guidé ceux qui sont croyants vers la vérité à propos de laquelle ont divergé ceux qui ont divergé.

Comme vérité : c’est pour indiquer justement cette vérité à propos de laquelle ils ont divergé.

Par Sa volonté et Allāh guide qui Il veut vers le chemin de droiture.

Verset 214 : ou alors est-ce-que vous croyez (ou vous pensez) : c’est quelque chose à laquelle ils sont loin de penser, c’est quelque chose à laquelle ils ne croient pas. Le contexte de ce verset est qu’auparavant, Dieu a rappelé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’état des différentes communautés : malgré les preuves que leurs prophètes leur ont apportées, certaines communautés n’avaient pas suivi les prophètes. Ce rappel est pour encourager le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et pour encourager les croyants à persévérer et à patienter malgré les associateurs, malgré les gens du livre qui renient et qui remettent en cause les signes que le Prophète a amenés.

Que vous alliez pouvoir entrer au paradis sans pour autant subir : cela signifie : vous ne vous attendez donc pas à subir. Est-ce que vous pensez vraiment que vous allez entrer au paradis

Ce qu’ont subi ceux qui vous ont précédés : c’est-à-dire ce qu’ont subi les communautés antérieures qui ont subi des difficultés.

Elles ont subi la pauvreté, la maladie et la faim. Dieu éprouve qui Il veut.

Ils ont subi des tremblements : ils ont subi des épreuves qui les ont dérangés, à l’image d’un séisme. C’est un sens figuré : ils ont subi ce qui les a fait trembler, comme un tremblement de terre ou un séisme aurait fait trembler les gens. Et ce sont des épreuves.

Au point que le Messager et ceux qui étaient croyants avec lui, ont dit : quand est-ce que Dieu nous accordera la victoire ? C’est-à-dire que tellement ils étaient éprouvés, tellement ils étaient dérangés par les épreuves qu’ils avaient subies, qu’ils ont dit : mais quand Dieu nous accordera-t-Il la victoire ? Pas dans le sens de la perte de patience, mais parce que les épreuves étaient très fortes. Ils ont demandé la victoire. Ils l’ont souhaitée et ils ont trouvée longue la période de l’épreuve.

Certes la victoire accordée par Dieu est imminente.  C’était une réponse à leur demande d’avoir la victoire. Et comme un homme qui s’appelle ʿAmr ibnu l-Ǧamūḥ, il était âgé et avait beaucoup d’argent. Il a dit : qu’est-ce que nous dépensons de nos biens et où plaçons-nous notre argent ? La réponse est dans le verset suivant.

Verset 215 : ils t’interrogent qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce que vous dépensez comme biens, ce sera pour les parents, pour les proches parents, pour les orphelins, pour les miséreux et pour les voyageurs. Sa parole ce que vous dépensez comme biens est une réponse à ce qu’ils dépensent. Tout ce qu’ils dépensent est un bien. Il a poursuivi l’indication en montrant ce qui est plus important. Il y a deux questions : quels biens dépenser et à quel poste affecter cette dépense ? La dépense n’est récompensée que si elle est affectée au bon poste. Ici il est question des dépenses qui sont en plus des dépenses obligatoires. Il a cité les parents, les proches parents, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Il ne s’agit pas ici de la charge obligatoire mais du surérogatoire.

Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Il le récompensera. Faites le bien sans compter parce que tout ce que vous ferez comme bien, vous en serez récompensés.

Verset 216 : il vous a été prescrit le combat : c’est-à-dire le combat contre les incrédules et c’est quelque chose qui est difficile pour vous. C’est quelque chose vers laquelle l’âme ne penche pas. Le mot « kurhun » est un substantif à l’origine mais il est valable qu’il soit utilisé dans le sens de ismu mafʿūl (le nom de celui qui subit l’action) makrūh c’est-à-dire ce qui est détestable. Ici le sens de « détester » est « trouver difficile ».  Même si c’est difficile, c’est quelque chose d’utile car c’est pour sauver les gens de la mécréance. Et la mécréance est la cause du séjour éternel en enfer. Ce combat est une miséricorde en leur faveur, c’est un bienfait car s’ils meurent sur leur mécréance, ils iront en enfer pour l’éternité. C’est pour cela que les musulmans diffusent l’Islam, par miséricorde, pour ne pas que les gens restent sur la mécréance. Si, véritablement, chacun pouvait croire ce qu’il voulait, alors Dieu n’aurait pas envoyé les prophètes. Si Dieu a envoyé les prophètes c’est bien pour que les gens les suivent. Les prophètes ont enduré beaucoup de difficultés, certains ont même été tués par des mécréants, certains ont subi des coups et des nuisances. Dieu a ordonné aux prophètes d’appeler les gens à l’islam. Ceux qui remettent l’appel à l’Islam en cause, c’est comme s’ils ont considéré que les prophètes n’ont pas de compréhension, c’est comme s’ils ont dit que les prophètes faisaient des choses inutiles. Notre maître Jésus, après qu’il a eu des gens qui l’ont suivi puis qu’il a pris une position de force, certains de ceux qui l’ont suivi ont propagé l’Islam contre les mécréants. Et Dieu dit dans le verset 146 de sūratu Āli ʿImrān combien les prophètes ont fourni des efforts pour amener les gens à entrer en Islam. Il n’y avait pas de voitures. Ils montaient sur des chameaux, sur des chevaux, sous la chaleur du soleil, dans le froid de l’hiver, pour aller propager l’Islam. Si Dieu ne leur avait pas ordonné de faire cela, ils seraient restés dans leurs pays. Certains compagnons sont partis au Maghreb pour propager l’Islam.

Et il se peut que vous trouviez une chose difficile alors qu’en réalité c’est un bien pour vous. Vous trouvez la chose difficile mais il y a en cela un des deux biens : soit vous avez la victoire et vous gagnez le butin, soit vous êtes martyrs et vous gagnez le paradis.

Et il se peut que vous penchiez vers une chose et peut-être que c’est un mal pour vous : peut-être que vous préférez ne pas avoir à propager l’Islam, mais ce serait un mal pour vous, parce que ça vous ramènera l’humiliation, la pauvreté, la privation du butin et de la récompense.

Et Dieu sait ce qui est un bien pour vous et vous, vous ne savez pas. Dieu est notre Créateur, Il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.

La moralité est : empressez-vous d’accomplir ce que Dieu a ordonné de faire, même si vous le trouvez difficile.  Dieu vous a ordonné de jeûner ramaḍān, faites-le même si vous le trouvez difficile ; Dieu vous a ordonné de faire cinq prières, faites-les, même si vous trouvez cela difficile. Empressez-vous car il y a un bien en cela. Et le verset suivant a été révélé à propos d’un bataillon que le Messager d’Allāh ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait envoyé pour combattre les associateurs alors que le mois de raǧab avait commencé. Et c’est un mois ḥurum dans lequel les Arabes ne combattaient pas. Alors les gens de qurayš ont dit : « ah ! Muḥammad s’est permis de combattre durant ce mois ḥurum où, habituellement, les gens n’ont rien à craindre.

Verset 217 : ils t’interrogent à propos du mois ḥarām : c’est-à-dire que les mécréants t’interrogent du jugement de combattre durant ce mois-là.

Dis que le combat dans ce mois-là est un grave péché. Certains savants ont dit que ce verset a été abrogé. Le jugement de l’interdiction de combattre durant les mois ḥurum a été annulé, il n’est plus interdit de combattre durant ces mois.

Le fait d’empêcher d’obéir à Dieu : c’est-à-dire d’accomplir la ʿumrah. Les associateurs avaient empêché le Messager de Dieu et ses compagnons de venir faire la ʿumrah. C’était l’année de al-ḥudaybiyah, appelée ainsi parce qu’il y a eu un pacte suite à cet évènement-là, entre le Prophète et les gens de qurayš pour qu’il n’y ait plus de guerres pendant un certain temps. Parce que le Prophète n’était pas venu pour faire la guerre mais pour faire la ʿumrah. Les associateurs l’en ont empêché parce que La Mecque n’était pas encore conquise à cette époque. Puis ils ont fait un pacte pendant une certaine période, suite auquel certains évènements très importants se sont produits. Et ce pacte est un armistice qui a eu lieu à al-ḥudaybiyah.

Et une mécréance en Dieu.

Et le fait d’empêcher d’aller à la mosquée al-ḥarām : ils ont empêché le Prophète d’arriver à la mosquée de La Mecque pour faire la ʿumrah.

Et le fait d’avoir amené ses habitants (de la mosquée al-ḥarām) à la quitter : et il s’agit du Messager de Dieu et de ses compagnons qui ont été amenés à émigrer vers Médine

Ces quatre points-là sont plus graves que le combat de cette brigade dans un mois ḥarām. Ce que lesassociateurs de qurayš ont fait là est plus grave que le fait que cette brigade ait combattu durant un des mois ḥurum, parce que cette brigade ne savait pas que le mois de raǧab avait commencé. Alors que les autres ont agi délibérément, donc leur péché est plus grave que ce qu’a fait cette brigade par erreur.

Et la fitnah est plus grave que tuer quelqu’un c’est-à-dire que le fait de commettre la mécréance est plus grave que de tuer quelqu’un : c’est-à-dire le fait d’avoir amené le Prophète à quitter La Mecque, parce que les associateurs voulaient le tuer. Et vouloir tuer un prophète est une mécréance. Donc amener le Prophète à quitter La Mecque et vouloir le tuer est plus grave que combattre dans un mois ḥurum. Ou encore la fitnah qui signifie la mécréance ou le fait d’attribuer des associés à Dieu, est plus grave que de combattre durant un mois ḥarām. Ou bien le fait que les mécréants aient supplicié les musulmans comme Bilāl, Sumayyā la mère de ʿAmr, Yasīr, son père, cela est plus grave que de combattre durant un mois Haraam. Remarque importante : certains ignorants ont mal compris ce verset et ont dit que semer la zizanie est plus grave que tuer quelqu’un. Et croire cela est de la mécréance. Alors que tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance.

Et ils ne cessent de vous combattre jusqu’à vous amener à quitter votre religion. C’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils vous entrainent vers la mécréance. C’est une information de la persistance de l’animosité des mécréants envers les musulmans, qu’ils ne cesseront pas de combattre les musulmans dans l’objectif que ceux-ci quittent leur religion.

S’ils le pouvaient. C’est pour dire qu’ils ne le pourront pas. C’est comme si on dit à son ennemi : si tu arrives à m’attraper, alors tu m’exécuteras. Et l’autre est certain que son ennemi ne pourra pas l’attraper.

Et ceux d’entre vous qui apostasient leur (propre) religion : c’est-à-dire ceux d’entre vous qui abandonnent leur religion pour rejoindre la religion des mécréants

Et qui meurent en étant mécréants, ces gens-là perdront toutes leurs œuvres, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils vont rater à cause de leur apostasie, ce que les musulmans auront dans le bas-monde, comme les fruits de l’Islam et dans l’au-delà, comme récompenses et bonnes demeures.

Et ceux-là seront les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement. C’est l’avis de l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, qui a dit que si quelqu’un a apostasié mais qu’il revient à l’Islam avant de mourir : les œuvres qu’il avait faite avant son apostasie, il n’a pas à les refaire. Car ses actes, alors qu’il était musulman, étaient valides.  Mais, par son apostasie, il aura perdu toutes les récompenses de ces actes-là. En d’autres termes, celui qui a apostasié et qui est mort apostat, il est mort sur la mécréance, il aura perdu ses bonnes actions et il ne lui sera inscrit aucune bonne action après son apostasie. C’est ce qu’indique le verset 5 de sūratu l-māʾidah qui signifie : celui qui a mécru après avoir été croyant, ses œuvres vont s’effondrer (il perdra toutes les récompenses) et dans l’au-delà, il sera au nombre des perdants.

Verset 218 : certes ceux qui ont été croyants et ceux qui ont émigré : ils ont laissé leur famille, ils ont laissé leur vie à La Mecque.

Et qui ont fourni des efforts dans la voie que Dieu agrée, ceux-là espèrent la miséricorde de Dieu. Il a été dit que celui qui espère, il cherche et celui qui craint, il fuit. Celui qui espère la récompense, il cherche en accomplissant les obligations et celui qui craint le châtiment, il fuit les péchés.

Et Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 219 : préambule : il a été révélé à propos de l’alcool quatre versets. Certains ont été révélés à La Mecque :

1 – Parmi eux il y a la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl / 67 qui signifie : « et des fruits des palmiers et des vignes, vous prenez des boissons fermentées ». Les musulmans buvaient l’alcool et c’était licite pour eux. Puis notre maitre ʿUmar et d’autres compagnons sont partis voir le Prophète et lui ont dit ; « ô Messager de Dieu, donne-nous le jugement clair à propos de l’alcool, parce que l’alcool fait perdre la raison et fait perdre l’argent ».

2 – Un deuxième verset dans sūratu n-nisāʾ / verset 43 a été révélé qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, ne faites pas la prière lorsque vous êtes ivres pour que vous sachiez ce que vous êtes en train de dire ». C’est alors que le nombre de ceux qui en buvaient a encore diminué. Puis il est arrivé qu’un autre compagnon ʿUtbān fils de Mālik a invité des gens. Quand ils ont bu de l’alcool, ils sont devenus ivres au point qu’ils se sont disputés, ils se sont battus. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair ». Par ailleurs, certains se sont lamentés au sujet des morts lors de la bataille de Badr. Et les lamentations ne sont pas permises. C’est alors qu’il y a eu la révélation du troisième verset sur le sujet.

3 – Il y a eu un troisième verset dans sūratu l-baqarah /verset 219 qui a été révélé qui signifie : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent ». Quand ce verset a été révélé, certains ont continué à en boire et d’autres ont arrêté d’en boire. Puis il est arrivé que ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf qui fait partie des dix à qui le Prophète a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront au paradis, a invité des gens chez lui. Ils ont bu de l’alcool, sont devenus ivres. Certains ont dirigé d’autres dans la prière. Il a récité la sourate « qul yā ayyuha l-kāfirūn » mais il a changé le sens et a dit : « j’adore ce que vous adorez » parce qu’il était ivre. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair »

4 – Un quatrième verset a alors été révélé, qui signifie : « certes l’alcool, les paris d’argent, (et autres que cela) sont des suggestions du šayṭān, éloignez-vous en » et après le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie : « allez-vous en finir une fois pour toutes ». Alors ʿUmar a dit : « nous en avons fini, nous en avons fini, ô Allāh ».  Il a compris que c’était un ordre pour arrêter d’en boire, une interdiction catégorique. Le reste des stocks d’alcool a coulé dans les rues.       

Certains prétendent que notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, aurait dit : « si une goutte d’alcool est tombée dans un puits, et qu’on construit un minaret au-dessus, je ne vais pas monter dans ce minaret pour faire l’appel. Et si une goutte est tombée dans une rivière puis qu’elle s’est asséchée et qu’il y a eu de l’herbe qui a poussé, je ne vais pas emmener mon troupeau brouter là-bas », ceci n’est pas confirmé. Parce que si une impureté tombe dans une grande quantité d’eau, elle ne rend pas cette eau impure.

Le terme « ẖamr » en arabe est un terme générique qui désigne une boisson obtenue par fermentation, qui provient du raisin ou autre. Le ẖimār de la femme est ce qui cache et le ẖamr cache la raison. Celui qui en boit n’est plus lucide après une certaine quantité. Le verbe « ẖamara » veut dire « couvrir ».

Al-maysīr est un des noms de al-qimār et cela désigne les paris d’argent. Cela vient du mot « yasār » qui signifie la facilité parce que celui qui fait un pari d’argent prend l’argent des gens facilement. Ou ce mot signifie l’aisance parce qu’en lui prenant son argent, il n’est plus aisé, il devient dans le besoin.

A l’époque, ils avaient une méthode ; ils prenaient dix récipients. Sur chacun d’entre eux il y avait des traits et sept des récipients avaient un nom. Un qui s’appelle al-fadl, il a une seule part, le deuxième s’appelle at-tawʾām, il a deux parts. Le troisième s’appelle ar-raqīb, il a trois parts. Le quatrième s’appelle al-falṯ, il a quatre parts. Le cinquième s’appelle an-nāfis, il a cinq parts. Le sixième s’appelle al-musbīl, il a six parts et le septième s’appelle al-muʾallāʿ, il a sept parts. Et il y a trois autres récipients qui n’ont aucune part et qui s’appellent respectivement « al-manīḥ », « as-safīḥ » et « al-ward ». Quelqu’un va mélanger ces récipients puis il va introduire sa main et il dit : « ça, c’est au nom d’un tel ». Si le nom d’un tel est associé à l’un des récipients sur lequel il y a sept parts, il prendra cette part et celui qui a un récipient sur lequel il n’y a aucune part, il ne prendra rien du tout, mais il va payer le prix de tous. Leur habitude était de donner les parts aux pauvres et ils n’en consommaient rien. Et ils tiraient fierté de cela et ils blâmaient quiconque ne s’engageait pas dans ces paris.

A le même jugement que les paris d’argent, ce que font les gens avec les dés ou avec des jeux qui sont à l’origine licites, mais quand ils introduisent de l’argent, ça devient interdit. Les jeux de dés et de cartes sont interdits, même sans pari d’argent.

Ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent. Dis que leur péché est grand. Parce que ce sont des choses, aussi bien les paris d’argent que l’alcool, qui entrainent les disputes, les insultes, les paroles vulgaires.

Et il y a une utilité en eux. Pour ce qui est de l’alcool, certains en tirent profit lorsqu’ils en font le commerce (ils gagnent de l’argent), d’autres lorsqu’ils en consomment (ils trouvent du plaisir à en boire). Mais ce sont des utilités qui sont interdites. Pour ce qui est des paris d’argent, l’utilité qu’ils trouvaient c’était de donner cet argent aux pauvres et également pour obtenir de l’argent sans fatigue. Également cette utilité est interdite.

Et leur péché est plus grand que leur utilité. C’est-à-dire que le châtiment pour le péché de les avoir consommés est plus grave que leur profit. Parce que ceux qui boivent de l’alcool ou qui font des paris d’argent commettent des péchés à plusieurs titres. Al-Mawardī a dit en tome 1 page 276 à propos de ce verset 219 : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent » c’est-à-dire que tes compagnons, ô Muḥammad, ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent », c’est-à-dire quel est le jugement de boire de l’alcool et quel est le jugement de faire des paris d’argent. Et ce verset 219 était le premier verset à être révélé à ce sujet.

Al-ẖamr est tout ce qui va altérer la raison et faire perdre à la personne sa lucidité. Concernant la nuisance de l’alcool et des paris d’argent, il y a deux interprétations. La première c’est que celui qui boit de l’alcool et qui devient ivre, il nuit aux gens. Quant à celui qui fait des paris d’argent, il va commettre des injustices : il va prendre les biens des gens injustement. La deuxième, c’est que boire de l’alcool altère la raison de celui qui en boit, au point qu’il n’arrive plus à connaitre son créateur alors que Dieu ne nous a créés que pour L’adorer. Dieu dit ce qui signifie : « Je n’ai créé les ǧinn et les humains que pour leur ordonner de M’adorer ». Quant à la gravité des paris d’argent, c’est que ça détourne la personne de l’évocation de Dieu, de la prière, ça entraine l’animosité, la haine, tout comme Dieu dit ce qui signifie : « le šayṭān veut provoquer entre vous l’animosité et la haine par l’intermédiaire de al-ẖamr et des paris d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière ». Ce sont des moyens que le šayṭān utilise pour détourner la personne de l’adoration de Dieu.

Il y a deux interprétations. 1 / Ibnu ʿAbbās a dit qu’après leur interdiction, le péché de les commettre est plus grand que leur profit.  2 / Saʿīd ibnu Ǧubayr a dit que dans les deux cas, les conséquences graves qui surviennent du fait de les commettre sont plus graves que leur profit et cela, même avant leur interdiction.

Les savants ont divergé pour indiquer si l’interdiction de l’alcool provient de ce verset ou bien d’un autre verset. Certains ont dit que c’est ce verset qui a indiqué l’interdiction de l’alcool. Et d’autres savants comme Qatādah ont dit que c’est le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie « allez-vous en finir ». Donc Dieu a révélé l’interdiction de l’alcool de manière progressive, ceci afin que ce ne soit pas une difficulté insurmontable pour les gens, le fait d’arrêter de boire de l’alcool.

Pour ce qui est de la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl/verset 67 : « vous en prenez un saqr et une subsistance licite », certains ont expliqué le saqr par le vinaigre. Et le vinaigre est une boisson fermentée qui est devenu acide. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « quel bon accompagnement pour le pain que le vinaigre ! ». Il a fait l’éloge du vinaigre. Et certains ont dit que ce verset a été abrogé après la révélation de l’interdiction de l’alcool.

Tout comme il est interdit de boire de l’alcool, il est interdit de le vendre, même si l’acheteur ne va pas en boire. Ceci en raison du ḥadīṯ rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim qui signifie : « Allāh et Son Messager interdisent la vente de l’alcool, du cadavre, du porc et des idoles ».

Audio 48 : verset 219 : ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent.

Toute boisson qui altère la raison en entrainant une euphorie, une joie, s’appelle du ẖamr (en arabe, c’est le mot qui désigne le vin ou l’alcool en général), qu’elle provienne du raisin et le résultat est le vin ou qu’elle provienne du miel et le résultat est de l’hydromel ou qu’elle provienne du maïs ou de l’orge et le résultat est de la bière, ou qu’elle provienne de la pomme et le résultat est du cidre, ou qu’elle provienne de pomme de terre, ou autre que cela. Et cette substance ẖamr est interdite à la consommation.

Mouslim a rapporté du ḥadīṯ de fils de ^Umar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu les agrée tous les deux que le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « tout ce qui enivre c’est du ẖamr et tout ce qui enivre est interdit ». Et dans une version : « tout ẖamr est ḥarām ».

Elle est produite au moment où des bulles apparaissent à la surface des choses citées, comme si le liquide se mettait à bouillir et le niveau s’élève. Puis le niveau du liquide s’abaisse à nouveau et c’est à ce moment-là que les buveurs d’alcool considèrent que c’est une boisson à consommer. Mais avant cette étape de fermentation où on constate comme une ébullition, le liquide est licite à la consommation. Il s’appelle « nabīḏ » en arabe et désigne ce liquide à ce moment-là et au-delà. Le terme « nabīḏ » en arabe désigne la boisson qui est licite et également la boisson qui est interdite. Lorsque ce liquide n’est pas arrivé au point où il enivre celui qui le boit, alors c’est un nabiidh qui est licite à la consommation. Pour ce qui est du jus de raisin, il a cette particularité qu’il se transforme en ẖamr (boisson alcoolisée qui est du vin ici) après cette fermentation, sans qu’on ne lui rajoute de l’eau. Pour ce qui est du miel, de l’orge, du maïs, du raisin et des dattes, ils ne deviennent du ẖamr que lorsqu’on leur rajoute de l’eau et qu’ils restent pendant un certain temps, le niveau du liquide s’élève, suite à l’ébullition qui a lieu, on entend un pétillement « našīš » en arabe et c’est à ce moment-là que cette boisson devient interdite à la consommation.

D’après An-Nasāʾiyy qui rapporte du fils de ʿUmar, ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar, qui a dit : « toute boisson qui pétille est interdite ». Le pétillement est le début de la transformation en ẖamr puis le niveau redescend et les buveurs d’alcool apprécient cette boisson. Et cette boisson reste dans cet état de longues journées. Au bout de quarante jours, dans certains pays, il devient acide et celui qui en boit ne devient pas ivre : c’est devenu du vinaigre. Et le vinaigre n’enivre pas. Le goût du vinaigre est acide alors que le goût des boissons alcoolisées est amer. Et pourtant les buveurs d’alcool les apprécient.

Par ailleurs, si le miel est mélangé avec de l’eau puis mis dans un récipient fermé, alors dans les pays chauds, au bout de cinq jours, il devient une boisson alcoolisée appelée hydromel. Mais dans les pays froids, cela prend plus de temps. Si le miel est pur et qu’il est mis dans un bocal fermé, il peut rester des années et il reste intact.

Il y a des gens qui deviennent ivres, qu’ils boivent un peu d’alcool ou beaucoup. Il y a des gens qui deviennent ivres uniquement s’ils boivent une grande quantité de boissons alcoolisées. Mais dans les deux cas, c’est interdit, tout comme cela a été indiqué dans un ḥadīṯ rapporté par Aḥmad d’après   Ǧābir que Dieu l’agrée, il a dit : le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ce qui enivre quand il est bu en grande quantité, il est interdit d’en boire en petite quantité ». Et lorsque le Prophète a été interrogé à propos de l’hydromel, il a dit ce qui signifie : « toute boisson qui enivre alors elle est interdite ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim, que Dieu les agrée.

Et il a été rapporté à propos de la menace envers celui qui boit de l’alcool, un ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) du messager d’Allaah ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui boit régulièrement de l’alcool, il est comme un idolâtre », rapporté par Al-Bazzār d’un ḥadīṯ de Al-Muǧāhid d’après ʿAbdul-Lāh fils de ʿUmar et Abu Nuʿaym. Et ibnu Ḥibbān l’a rapporté avec d’autres termes, il a dit que le Prophète a dit ce qui signifie : « le buveur régulier d’alcool est comme un adorateur d’idole ». Ce ḥadīṯ veut dire que celui qui boit de l’alcool régulièrement, son péché est grave, il est tellement grave qu’il ressemble à celui qui adore les idoles. Et il se peut qu’il soit éprouvé par une mauvaise fin, au moment de mourir, que Dieu nous en préserve. Certaines personnes sont attaquées par le šayṭān, juste avant de mourir et il leur donne de mauvaises idées. Et cette personne devient mécréante alors que ceux qui sont autour ne s’en rendent pas compte. Et le Messager alla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam nous a enseigné de dire dans nos invocations : « Allāhumma ʾinnī ʾaʿūḏu bika min an yataẖabbaṭaniyah š-šyṭānu ʿinda l-mawt » ce qui signifie : « ô Allāh je Te demande de me préserver de l’attaque du šayṭān au moment de la mort ».

Certains, au moment de mourir, ils ne peuvent plus parler, leurs langues s’immobilisent, et ils sont extrêmement assoiffés. Le šayṭān vient à cette personne avec un verre d’eau et il lui dit : « deviens mécréant, je te donne à boire ». Celui à qui Allāh raffermit le cœur, il patiente et il ne prête pas attention à cela.

Par ailleurs, boire de l’alcool fait partie des plus grands des grands péchés mais ça reste moins grave que la fornication. Le plus grave des péchés est la mécréance, c’est le péché que Dieu ne pardonne pas. Puis vient le fait de tuer un musulman injustement. Puis c’est commettre la fornication. Puis le fait de délaisser la prière puis le fait de consommer le gain usuraire puis boire de l’alcool.

Concernant le fait de considérer l’alcool impur ou pas, c’est l’avis de la plupart des imams, entre autres les quatre imams, Mālik, Aḥmad ibnu Ḥanbal, abū Ḥanīfah et Aš-Šāfiʿiyy. Mais si l’alcool touche un vêtement ou un corps, c’est un devoir de le nettoyer pour que la prière soit valable. Il y a un imam muǧtahid dans la science qui est appelé Rabīʿatu r-Rāʿī fils de ʿAbdur-Raḥmān, (il était le šayẖ de l’imam Mālik), il a dit que l’alcool n’était pas impur. Mais cela ne veut pas dire que c’est permis de le consommer. Mais cela veut dire qu’il n’a pas le jugement du sang par exemple. Ils ont tous été unanimes à dire qu’il est interdit de le boire, de le vendre, de l’acheter. La divergence est : est-ce que c’est une impureté ou pas ? Il n’a pas été cité dans le Qur’ān ni dans le ḥadīṯ de texte qui indique que l’alcool était impur selon la Loi de l’Islam. Mais il y a eu un texte explicite qui indique l’interdiction de le boire, de le vendre, de l’acheter. Celui qui dit que ce n’est pas interdit de boire de l’alcool ou que ce n’est pas interdit d’en vendre ou d’en acheter pour celui qui veut en boire, alors il devient mécréant, parce qu’il aura nié l’interdiction de consommer quelque chose qui est interdit selon l’unanimité.

Quant à ce qu’ont rapporté Muslim et Abū Dāwūd et d’autres qu’eux, du ḥadīṯ de Wāʾil Al-H̱aḍramiyy que Ṭāriq fils de Suhayl a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām à propos de la fabrication des boissons alcoolisées en tant que médicament. Le Prophète a répondu que ce n’est pas un médicament mais c’est une maladie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de guérison d’une quelconque maladie grâce aux boissons fermentées, mais cela veut dire que ce n’est pas un bon remède, ce n’est pas un bon moyen pour se soigner. Parce qu’il y a beaucoup de nuisances dans l’alcool. Tellement l’alcool est nuisible, c’est comme s’il n’y a pas de guérison grâce à l’alcool. Ce qu’a visé le Prophète ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām, ce n’est pas que l’alcool ne constitue en aucune manière un remède parce que le fait qu’il y a une guérison par l’alcool de certaines maladies, c’est quelque chose d’observable.

L’explication de ce ḥadīṯ selon le sens apparent est une grande erreur. Les anciens médecins et les médecins actuels sont tous d’accord pour dire que l’alcool peut être utile pour soigner certaines maladies. C’est une forme de sens figuré en arabe qui s’appelle un sens figuré par omission ; il y a un mot qui est omis. Le mot omis est le qualificatif du remède. Dans la phrase « ce n’est pas un remède », le mot omis est « bon » avant remède : ce n’est pas un bon remède. Ce qui prouve que l’alcool peut être un bon remède est justement la parole de Dieu dans le verset 219 qui signifie :

Dis : il y a en eux (l’alcool et les paris d’argent) beaucoup de mal et aussi un profit pour les gens. Mais le bénéfice -risque est plutôt en faveur du risque, plus nuisible que profitable. Et ceux qui ont nié qu’il y ait un profit dans l’alcool, ils ont dit qu’avant, il y avait un bénéfice dans l’alcool mais que maintenant, il a été enlevé.

Par ailleurs, l’interdiction des boissons alcoolisées n’a été révélée qu’après l’émigration du Prophète ʿalayhi s-salām. Avant l’émigration, les gens buvaient de l’alcool pour se réchauffer. Certains en buvaient et cela leur donnait une vigueur mais ils n’arrivaient pas au point d’être saouls. Puis quand l’interdiction a été révélée, ils ont été privés des bénéfices qu’il y avait dans l’alcool.

Pour ce qui est de se soigner par l’alcool, la majorité des savants ont penché pour l’avis qui dit que c’est interdit. Et c’est l’avis apparent de ce qui est rapporté dans l’école hanafite et c’est ce qui est retenu chez eux. C’est ce qu’ont dit les malikites également et c’est l’avis qui est correct chez les chaféites et les hanbalites. Mais certains savants ont dit qu’il était permis de se soigner par l’alcool sous trois conditions : 1/ qu’il n’y ait pas d’autre remède possible que l’alcool. 2/ que ce soit en quantité minime, de sorte à ce que cela n’enivre pas.  3/ que ce soit prescrit par un médecin musulman digne de confiance.

Quant au ḥadīṯ du Prophète qui signifie : « celui qui boit de l’alcool, il n’en boit pas tant qu’il est croyant », cela ne veut pas dire que du simple fait qu’il a bu de l’alcool, il est sorti de l’Islam. Cela veut dire que sa foi n’est pas complète.

Al-Bayhaqiyy a rapporté qu’il a été dit à un arabe ancien : pourquoi ne bois-tu pas de l’alcool ? Il a répondu : « je ne suis pas satisfait de ma raison alors qu’elle est complète. Comment veux-tu que j’introduise dans mon corps quelque chose qui va me l’altérer ? »

Al-Ḥasan a dit : je vois que les gens font attention à leurs femmes (ils n‘acceptent pas qu’un homme la regarde avec désir) excepté les buveurs d’alcool. Quand tu vas les voir, ils te font bon accueil et quand tu es absent, ils parlent de toi en mal. 

C’est pour cela : enseignez à vos enfants chaque jour au moins une question de religion parmi les sujets importants et répétez-les. Ne donnez pas un grand nombre d’informations d’un seul coup, pour que l’information reste gravée dans leurs cœurs. Enseignez à vos enfants que Dieu a dit à propos de l’alcool et des paris d’argent que c’est quelque chose de mauvais et que ce sont des suggestions du šayṭān, ce sont des choses que le šayṭān incite les gens et les encourage à faire parce que ce sont des choses qui provoquent des zizanies, des discordes, des nuisances entre les gens, l’animosité et la haine parmi les musulmans. Enseignez-leur que le pari d’argent est ḥarām. Si vous n’enseignez pas à vos enfants, qui va leur enseigner ? Dites-leur que le fait de jouer aux jeux de cartes, au Monopoly, aux dominos, tout ce qui utilise des dés, cela est ḥarām, parmi les petits péchés. Et si l’argent intervient, cela devient un grand péché. Que la personne sache que cet argent ne rentre pas dans sa propriété, il ne lui est pas licite. Même chose en ce qui concerne le loto ou les tombolas ou chacun met de l’argent et si c’est le numéro d’un tel qui est tiré, il gagne ; sinon, il aura perdu son argent. Même chose concernant les courses de chevaux ou autres animaux, le fait de faire des paris est interdit. Même chose concernant les combats de coq ou de chiens ou autres : le fait de miser de l’argent sur celui-là est un péché. Même chose si deux hommes combattent l’un contre l’autre et que d’autres misent sur l’un ou l’autre. Même chose quand deux font une course et que d’autres misent de l’argent. Idem avec ceux qui parient sur des équipes. En arabe, cela s’appelle al-qimār. Beaucoup de gens ont perdu tous leurs biens à cause de cela, leurs maisons, leur vie, leurs familles, que Dieu nous préserve de cela.

Ils t’interrogent : qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce qui est en plus. C’est-à-dire : donnez en aumône ce qui est en plus de votre besoin. Au début de l’islam, il était une obligation de donner en aumône ce qui était en plus de tes besoins. Si l’homme était un propriétaire terrien, il possédait des champs de blé par exemple, il gardait pour lui et sa famille de quoi vivre une année et il donnait en aumône tout ce qui était en plus. Et si c’était un artisan, il gardait la subsistance d’une journée, et ce qui était en plus, il le donnait en aumône. Cette obligation-là a été abrogée par le verset de az-zakāt qui dit que celui qui possède un bien une année, il va payer le quart du dixième (2.5%).

C’est ainsi que Dieu vous indique les signes, puissiez-vous méditer. Puissiez-vous réfléchir.

Verset 220 : à propos du bas-monde et à propos de l’au-delà. C’est-à-dire au sujet de cette vie d’ici-bas et au sujet de l’au-delà. C’est-à-dire afin que vous puissiez réfléchir à ce qui se rapporte aux deux résidences, afin que vous œuvriez en fonction de ce qui est le mieux pour vous. Autre explication : afin que vous choisissiez celle des deux qui dure plus longuement, celle des deux qui est le plus bénéfique pour vous. Sans aucun doute, c‘est celle de l’au-delà qui est éternelle.

Il a été révélé un verset qui est une grande menace de châtiment pour ceux qui prennent les biens des orphelins injustement. Alors les gens se sont mis en retrait des orphelins, ils avaient peur de tomber dans la consommation du bien de l’orphelin injustement. Ils n’ont plus voulu côtoyer les orphelins, ils n’ont plus voulu gérer leurs biens. Et cela a été cité au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est ainsi qu’a été révélée la suite de ce verset qui signifie : « ils t’interrogent à propos des orphelins. Dis : les côtoyer pour bien les gérer, bien gérer leurs biens, cela vaut mieux que de les tenir à l’écart. Et si vous les côtoyez (c’est-à-dire si vous vivez avec eux) alors en définitive, ce sont vos frères (de religion) et parmi les droits qu’un frère a sur son frère, c’est qu’il le côtoie, il ne le laisse pas à l’écart.

Et Allāh sait qui sont les corrupteurs, c’est-à-dire ceux qui vont corrompre les biens des orphelins. Dieu sait qui gère mal et qui prend les biens de l’orphelin, et qui gère au mieux les biens de l’orphelin pour ce qui est de son intérêt et Dieu rétribue tout un chacun en fonction de ce qu’il fait. Soyez en garde contre ceux qui gèrent mal les biens des orphelins.

Et si Dieu voulait que vous soyez épuisés, Il vous aurait épuisés. C’est-à-dire qu’Il vous aurait amenés à être éprouvés et Il ne vous aurait pas permis de gérer leurs biens.

Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.

Allāh ne charge l’esclave que ce dont il est capable. Par sa miséricorde, Dieu charge les esclaves de ce dont ils sont capables.

Et lorsqu’un compagnon qui s’appelle Mirsād a demandé au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’il pouvait épouser une femme qui s’appelait ʿAnāq qui était une associatrice, les versets suivants ont été révélés.

Verset 221 : et n’épousez pas les femmes associatrices jusqu’à ce qu’elles deviennent croyantes. Dans ce verset celles qui sont visées sont les femmes idolâtres.  Ce ne sont pas les femmes des yahūd   ni celles des nasārā. Les associatrices que Dieu a interdit aux musulmans d’épouser, dans sūratu l-baqarah sont celles qui sont des idolâtres, comme celles qui adorent les vaches, le soleil. Alors que les femmes des yahūd et nasārā, même si elles attribuent des associés à Dieu, elles sont appelées des femmes des gens du Livre. Dans sūratu l-māʾidah/ verset 5, Dieu a autorisé aux musulmans d’épouser les femmes qui font partie des gens du Livre des yahūd et des nasārā. Avant qu’ils ne deviennent mécréants, ces gens du Livre étaient sur la religion de Jésus qui était un prophète musulman. Ils considéraient que Jésus était un prophète tout comme nous, nous considérons que Muḥammad est un esclave et un messager de Dieu. Eux, également, ils avaient pour croyance que Jésus était un esclave de Dieu, qu’il avait été créé par Dieu, qu’il appartenait à Dieu tout comme nous croyons que Muḥammad est un esclave de Dieu et un messager de Dieu. Ils avaient pour croyance que Jésus était un envoyé de Dieu. Dieu l’a envoyé pour appeler les gens à adorer Dieu, comme c’est le cas pour Muḥammad. Ceux-là qui suivaient Jésus, ils étaient musulmans. Les yahūd et les nasārā, avant qu’ils n’aient falsifié, qu’ils n’aient altéré la loi de Moise et celle de Jésus, ils étaient sur l’islam. Les yahūd disaient « il n’est de dieu que Dieu et Mūsā est le messager de Dieu » et les nasārā disaient « il n’est de dieu que Dieu et Jésus est le messager de Dieu ». L’évangile authentique est un livre qui a été révélé à Jésus tout comme le Qur’ān. Sauf que l’évangile était en araméen et la langue du Qur’ān est l’arabe. Ce sont deux livres révélés par Dieu aux prophètes. Et la torah est comme le Qur’ān sauf que la torah d’origine était en hébreu. Il y a des choses qui sont mentionnées dans la torah et qui ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān, ni dans l’évangile. Il y a des choses qui sont citées dans l’évangile et qui ne sont citées ni dans la torah ni dans le Qur’ān. Et il y a des choses dans le Qur’ān qui ne sont citées ni dans l’évangile ni dans la torah. Mais l’un a été révélé par Dieu, le deuxième a été révélé par Dieu, et le troisième a été révélé par Dieu. Tous les trois ont été descendus par révélation de la part de Dieu.

A l’époque où ils étaient attachés à la torah authentique d’origine, à l’époque où ils étaient attachés à l’évangile authentique d’origine, ils étaient musulmans. Et ils avaient pour croyance que Muḥammad allait arriver, qu’il allait être envoyé et qu’il serait le dernier des prophètes. Et ils avaient pour croyance que, lorsque Muḥammad allait arriver, ils devraient le suivre. Voilà ce qui était mentionné dans l’évangile authentique et dans la torah authentique.

Et une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu. Cela signifie que la femme croyante est meilleure que la femme mécréante, même si celle-ci dépasse cette croyante par l’argent ou par la beauté. Et l’esclave croyante est meilleure que l’esclave mécréante. Ne penchez pas vers cette mécréante au détriment de la croyante.

Lorsque l’imam Mālik que Dieu l’agrée, a été interrogé à propos du fait d’épouser les moutazilites (qui prétendent que l’esclave est le créateur de ses actes, alors que Dieu est le seul créateur de toute chose), il a dit : « une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu et un homme esclave croyant vaut mieux qu’un associateur, même s’il vous a plu ».   Les moutazilites sont des associateurs.

Et ne donnez pas vos filles musulmanes à des associateurs. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué cela en disant : ne donnez pas en mariage une musulmane à un non musulman.

Jusqu’à ce qu’ils deviennent croyants. Et un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, même si l’associateur vous a plu. C’est-à-dire que le croyant a un mérite tandis que le non croyant n’a pas de mérite selon le jugement de Dieu. En effet le non croyant est ingrat : Dieu lui a donné l’existence, Il lui a donné tous les bienfaits qu’il a et, soit il renie l’existence de Dieu, soit il L’insulte en Lui attribuant des choses dont Il est exempt. Dans la langue arabe, on dit que le miel est plus sucré que le vinaigre, alors que le vinaigre n’est pas sucré du tout. Car quand il a dit qu’un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, en réalité, il n’y a pas de bien dans un associateur. Cela ne veut pas dire que celui-là a un bien et cet autre a un bien et que le bien du musulman dépasse le bien du mécréant. Le musulman a un bien et le mécréant n’a aucun bien en lui.

Elles ne sont pas licites pour eux : les femmes musulmanes ne sont pas licites pour les associateurs et les associateurs ne sont pas licites pour elles. Ce verset est catégorique sur le fait que le mariage d’une musulmane avec un mécréant n’est pas autorisé.

Ceux-là : cela fait référence aux associateurs et aux associatrices

Appellent à l’enfer. C’est-à-dire qu’ils appellent à la mécréance qui est l’œuvre des gens de l’enfer. Cela veut dire qu’ils ne méritent pas qu’on fasse des alliances de mariage avec eux.

Et Dieu vous incite au paradis et au pardon. Les croyants appellent au paradis et au pardon et à ce qui fait gagner le paradis et ce qui fait gagner le pardon de Dieu. Ce sont eux qu’il faut prendre pour alliés pour les mariages.

Par la facilitation de la part de Dieu. Par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde.

Allāh indique les signes pour les gens. Dans l’explication de al-baḥru l-Muḥīt , c’est-à-dire que Dieu manifeste et dévoile les signes de sorte que les gens n’aient plus de confusion. C’est-à-dire que cette explication est claire, elle n’est pas spécifique à certaines personnes et pas à d’autres. Allāh manifeste Ses versets pour tout un chacun. La finalité est que, par la manifestation de ces signes, il y ait un rappel et une exhortation. Parce que, dès lors que le signe est visible, il y a un rappel par cela. Dès lors qu’il y a un rappel, il y a une facilité pour l’obéissance et de suivre ce qu’a indiqué ce rappel. L’obéissance est le fait d’exécuter l’ordre et de s’abstenir de l’interdit.

Puissent-ils être exhortés.

L’auteur dit : les Arabes ne mangeaient pas avec la femme qui a les menstrues, ni ne buvaient avec elle ni ne vivaient avec elle sous le même toit. Exactement comme les yahouud et les mazdéens. Alors un compagnon qui s’appelle Abū Dardāḥ a demandé au Messager comment faire avec leurs femmes quand elles avaient leurs menstrues. C’est alors que fut révélé le verset 222.

Verset 222 : ils t’interrogent à propos des menstrues. Les menstrues est le sang qui sort de l’utérus de la femme alors qu’elle est en bonne santé et sans que ce soit suite à un accouchement. Le minimum des menstrues est de 24 heures, le maximum est de quinze jours et la moyenne est de six à sept jours dans l’école de l’imam Aš-Šāfiʿiyy. Il est possible qu’une fille ait les menstrues à partir de l’âge de neuf ans lunaires. Et la durée maximale chez les hanafites est de dix jours.

Dis : c’est quelque chose qui est répugnant et qui nuit à celui qui s’en approche. Alors n’approchez pas les femmes quand elles ont les menstrues : c’est-à-dire n’ayez pas de rapports sexuels avec elles. Il a été dit que les chrétiens avaient des rapports avec la femme qui a les menstrues alors que les juifs évitaient les femmes qui ont les menstrues en toute chose. Dieu a donné l’ordre de la position qui est intermédiaire entre les deux. Selon Abū Ḥanīfah et Abū Yūsuf, que Dieu leur fasse miséricorde, l’homme doit éviter d’avoir un contact peau contre peau lorsque la femme a les menstrues pour la zone qui est sous le pagne. Mais Muḥammad ibnu l-Ḥasan, le troisième de l’école hanafite a dit que seul le rapport sexuel est interdit. C’est une divergence au sein de l’école hanafite. ʿĀʾišah que Dieu l’agrée a dit que l’homme doit éviter l’emplacement d’où sort le sang uniquement.

Et ne vous approchez pas : c’est-à-dire n’ayez pas de rapport sexuel avec elles tant qu’elles ont les menstrues

Jusqu’à ce qu’elles fassent le ghousl : jusqu’à ce que l’écoulement du sang soit terminé puis qu’elles aient fait le ghousl. Certains hanafites ont dit : jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’écoulement de menstrues même si elle n’a pas encore fait son ghousl. Certains savants ont dit que le rapport était permis à partir du moment où l’écoulement de sang s’est arrêté, sans différence si elle a dépassé le minimum des menstrues ou pas. Et il y a d’autres savants qui ont dit qu’il était interdit d’avoir un rapport avant qu’elle ne fasse le ghousl. Et c’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy. Et Abū Ḥanīfah a autorisé le rapport même si elle n’a pas encore fait le ġusl si le sang s’est arrêté après avoir atteint la durée maximale et il a interdit d’avoir un rapport si le sang s’est arrêté avant qu’il n’atteigne la durée maximale, tout en considérant qu’elle devait faire le ġusl et en jugeant qu’elle est pure. Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit que l’homme ne peut avoir un rapport avec sa femme qu’après qu’elle se soit purifiée. Et sa preuve est le verset qui signifie : « si elle se purifie, alors vous pouvez avoir un rapport avec elle ».

De là où Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire par le vagin, ne pratiquez pas la sodomie.

Certes Allāh agrée le repentir. C’est-à-dire ceux qui font le repentir suite aux péchés qu’ils ont commis ou qui font le repentir à Dieu.

Il agrée ceux qui se purifient avec de l’eau ; ou autre explication : ceux qui ne font pas la sodomie. Ou autre explication : ceux qui ne font pas de rapports alors que la femme a les menstrues ou encore ceux qui se purifient de toutes les choses viles et vilaines.

Verset 223 : An-Nasafiyy a dit : les yahūd disait, lorsqu’un homme avait un rapport avec son épouse, alors qu’elle était accroupie, que l’enfant loucherait. C’est alors qu’a été révélé le verset 223 de sūratu l-baqarah : vos épouses sont comme un champ de semence pour vous. C’est un sens figuré, c’est une métaphore, c’est-à-dire que les épouses ont été comparées à un champ de semence, en raison de ce qui est semé dans leurs utérus comme liquide séminal de l’homme, à partir duquel il y aura une descendance, comme si ce liquide était des graines qui étaient semées et comme si l’enfant qui était engendré de cette semence était une plante qui allait pousser. Donc cette première partie de ce verset est une explication de ce qui va venir juste après, c’est-à-dire : ayez un rapport avec vos épouses, tout comme Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire que l’emplacement pour ce rapport est l’emplacement qui permet d’avoir cette semence et non pas l’emplacement d’où sortent les restes, pour rappeler et avertir que l’objectif initial de ce rapport est d’obtenir la descendance et non pas de satisfaire le désir. Donc n’ayez de rapport avec vos épouses que de l’endroit qui permet d’atteindre cet objectif.

Allez à votre terrain de semence quand vous voulez : c’est-à-dire que vous pouvez avoir un rapport avec elles quand vous voulez. Ou bien, deuxième explication : ayez un rapport avec vos épouses comme vous voulez : qu’elles soient accroupies, ou allongées sur le dos, ou sur le côté, du moment que l’emplacement à partir duquel vous allez pour terrain de semence est le même. Et c’est une métaphore : tout comme vous allez à votre champ que vous voulez labourer pour le semer, vous pouvez aller dans votre champ dans n’importe quelle direction. Aucune direction ne vous est interdite. An-Nasafiyy ouvre une parenthèse : il a cité des allusions assez subtiles, ce sont des signes qui sont appréciés. Il convient pour tout musulman de prendre pour habitude cette manière de parler de ces sujets, quand il s’agit de conversations ou d’écritures, d’une manière qui soit subtile et non pas crue et vulgaire.

Et anticipez pour vous-mêmes : priorisez pour vous-mêmes. Il y a plusieurs explications.

1/ Accomplissez les bonnes œuvres qu’il faut que vous accomplissiez. C’est le contraire de ce qui vous a été interdit.

2/ Recherchez l’enfant.

3/ Evoquez Dieu avant de commencer le rapport.

Et craignez Dieu. C’est-à-dire ne commettez pas les choses qui vous ont été interdites.

Et sachez que vous allez venir à Son jugement. C’est-à-dire votre devenir est d’être jugés par Dieu au Jour du jugement, alors préparez-vous pour cela.

Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. C’est-à-dire toi Muḥammad, annonce-leur qu’ils auront la récompense.

Il y a eu au début du verset 222 : wa yasʾalūnaka : et eux, ils t’interrogent, et les trois phrases suivantes n’ont pas été liées par une conjonction de coordination. An-Nasafī a dit que les trois questions qu’ils avaient posées, c’est comme si elles avaient eu lieu dans des moments différents. Elles n’ont pas été posées à la suite les unes des autres. Et il y a eu trois autres questions, qui, elles, ont été liées par la conjonction de coordination et il s’agit de trois questions, qui, elles, ont été posées en même temps.

Verset 224 : wa lātaǧʿalu l-Lāhaʿurḍah li’aymānikum : il arrivait que certains juraient par Dieu, alors qu’ils étaient en colère, qu’ils n’allaient plus faire une certaine sorte de bien. Comme si quelqu’un dit : je jure par Dieu que je n’irai plus rendre visite à mon cousin, ou qu’il ne va pas faire ce qu’il peut pour réconcilier deux personnes. Puis il dit : je vais tenir ma parole car j’ai juré par le nom de Dieu. Et ainsi, il se prive d’un bien sous prétexte de tenir sa parole parce qu’il a juré par Dieu. Ne faites pas en sorte que le nom de Dieu par lequel vous avez juré, vous empêche de faire telle sorte de bien. Ne faites pas en sorte que, du fait que vous avez juré, vous ne fassiez pas un bien. Celui qui a juré ne va pas se priver de cette chose de bien, mais il va la faire. Mais comme il a juré, il doit faire une expiation du fait qu’il n’a pas respecté ce qu’il avait juré de ne pas faire. Tout comme dans le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, qui signifie : « celui qui jure sur quelque chose puis il constate qu’il y a mieux que ce qu’il a juré de faire, alors qu’il expie cette chose qu’il a jurée de faire ». Celui qui a juré de ne pas faire une chose puis qui la fait quand même, il ne commet pas de péché de la faire quand même. Mais il doit expier le fait qu’il a juré. Il a le choix entre trois choses : soit il affranchit un esclave, soit il donne à manger à dix pauvres, soit il donne de quoi se vêtir à dix pauvres. S’il ne peut aucune des trois choses, alors il jeûne trois jours.

Ne faites pas en sorte que le fait de jurer vous empêche d’accomplir le bien, vous empêche de faire preuve de piété, vous empêche de réconcilier les gens entre eux. C’est-à-dire les choses sur lesquelles vous avez juré et qui sont la bienfaisance, la piété et la réconciliation entre les gens.

Ne prétextez pas le fait que vous jurez pour vous abstenir d’accomplir ces choses qui sont un bien.

Et Allāh est Celui Qui entend, Celui Qui sait : Dieu entend ce que vous avez juré de faire et Il sait quelles sont vos intentions.

Verset 225 : Allāh ne vous tient pas rigueur pour « al-laġwu » quand vous jurez. Al-laġwuce sont les choses qu’on ne prend pas en considération, des paroles qu’on ne prend pas en compte ou autre ; ici c’est comme le manque d’attention, comme si quelqu’un a juré par une chose alors qu’il pensait jurer sur autre chose et il s’est avéré que ce n’est pas correct. Ici « Dieu ne vous tient pas rigueur » cela veut dire que Dieu ne vous châtie pas. Dieu ne vous punit pas pour cette inattention dans le fait de jurer. Quelqu’un pense qu’une chose a eu lieu, alors qu’elle n’a pas eu lieu et lui, il jure par Dieu.

Selon les chaféites, al-laġwu est ce qui passe par la langue de la personne sans volonté de jurer. Certains disent « wal-Lāh », rapidement, sans volonté de jurer, sans avoir fait attention. C’est de cela dont il est question selon Aš-Šāfiʿiyy et la personne n’est pas punie pour cela.

Le šayẖ a donné une explication ici, il a dit : d’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, elle a expliqué la parole de Dieu (le verset 225 de sūratu l-baqarah) : c’est lorsque quelqu’un dit d’une manière machinale « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh », (cela veut dire : je jure par le nom de Dieu) c’est cela « al-laġwu » pour lequel Dieu ne punit pas.

Mais Il vous tient rigueur : c’est-à-dire qu’Il vous punit pour le péché de votre volonté de mentir. C’est votre volonté de mentir qui expose à la punition. La personne est punie lorsqu’elle jure à propos d’une chose tout en sachant que c’est le contraire de ce qu’elle dit :  c’est « al-yamīnu l-ġamūs ». Al-yamīne est un terme qui veut dire la main droite et qui veut dire aussi le fait de jurer. Ici, ce qui est visé est le fait de jurer. « Al-ġamūs » signifie ici « qui fait plonger en enfer ». Celui qui jure par Dieu, en mentant délibérément, est puni pour cela. Il n’est pas puni pour le fait d’avoir menti involontairement, comme celui qui dit rapidement « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh. Ou alors il pensait que c’était véritablement comme cela. Mais il sera puni pour le fait de jurer et qui plonge en enfer, alors qu’il a menti délibérément.

Aš-Šāfiʿiyy s’est attaché à ce texte pour dire qu’il est un devoir d’expier le fait de jurer lorsque c’est un mensonge. « Al-yamīnu l-ġamūs » est le fait de jurer par Dieu délibérément en mentant. Aš-Šāfiʿiyy a dit que dans ce cas-là, non seulement c’est un péché, mais en plus, il doit expier ce péché. Comme quelqu’un qui jure d’une chose qu’il allait faire mais qui ne la fait pas : comme l’exemple de quelqu’un qui dit « wal-Lāh, je ne vais plus manger dans cette assiette ».  Puis, après, il veut manger dans cette assiette ; il ne commet pas de péché mais il doit l’expiation. Le deuxième cas est s’il jure mensongèrement au sujet d’une chose comme s’il dit « wal-Lāh c’était comme ça » ; tel qu’un commerçant qui dirait : « wal-Lāh, j’ai acheté cette marchandise à mille euros » alors qu’il n’a pas acheté à ce prix-là. Aš-Šāfiʿiyy a dit que c’est un péché et qu’en plus, il doit s’acquitter de l’expiation, tout comme celui qui jure de faire quelque chose mais qui ne la fait pas.

Et Allāh est Celui Qui pardonne, Il est Celui Qui est ḥalīm. Ḥalīm ici signifie Celui Qui ne vous tient pas rigueur pour avoir juré d’une manière involontaire. Concernant une créature, on dit d’un homme qu’il est ḥalīm, c’est-à-dire qu’il est indulgent, qu’il patiente face aux erreurs des autres.

Certains sont tellement ignorants que leur ignorance les a amenés à sortir de l’islam. Ils se sont appuyés sur ce verset : « lā yuʾāẖiḏukumu l-Lāhu bil-laġwi fī aymānikum » et ont cru que ce verset voulait dire que la personne ne sort pas de l’islam si elle a dit une parole de mécréance, mais qu’elle ne visait pas la sortie de l’islam. Ils ont détourné le sens de ce verset, ils ont dit que le sens était : « Dieu ne vous tient pas rigueur pour al- laġwu quand vous jurez c’est-à-dire que si quelqu’un a dit une parole de mécréance, délibérément, mais qu’il ne voulait pas sortir de l’islam, alors dans ce cas-là, il ne sort pas de l’islam ». C’est une ignorance et une mécréance de leur part parce qu’ils ont appelé la mécréance, islam.

Le sens de ce verset est que celui qui jure d’une manière machinale, sans que ce soit délibéré, alors cela ne sera pas inscrit dans le livre de ses œuvres. Notre šayẖ a dit : il y a une différence entre le fait de jurer (al-aymān qui est un pluriel de yamīn) et le fait de prononcer une parole de mécréance. Donc il n’y a pas de correspondance entre ce verset qui parle de celui qui jure de manière machinale et la question de celui qui prononce de la mécréance, même si, lui, il ne voulait pas sortir de l’islam. Parce que le jugement des paroles est en fonction de leur signification dans la langue et la compréhension de la part de la personne de cette signification. Si quelqu’un dit une parole dont la signification contredit la religion de l’islam, et qu’il comprend ce qu’il est en train de dire, même si, lui, n’avait pas l’intention de quitter l’islam, cette parole le fait sortir de l’islam.

Verset 226 : à ceux qui jurent à propos de leurs femmes : cette récitation avec « yuʾlūn » est celle d’Ibnu ʿAbbās. (Ǧibrīl ^ ʿalayhi s-salām a transmis à notre Prophète ʿalayhi s-salām plusieurs récitations du Qur’ān, quatorze en tout. Il y a quelques différences concernant une lettre ou une voyelle. Sept parmi ces récitations ont une chaine de transmission plus forte, puis trois autres et quatre autres ont une chaine de transmission plus faible).

Ils attendent alors quatre mois. C’est-à-dire ceux qui ont juré à propos de leurs femmes, ils devront attendre quatre mois en s’éloignant d’elles.

S’ils reviennent : c’est-à-dire s’ils reviennent durant ces quatre mois : s’ils ont un rapport avec leur épouse alors qu’ils avaient juré de ne pas avoir de rapport avec elle

Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Il est miséricordieux : Dieu pardonne et il y a pour cela une expiation à donner.

Verset 227 : si malgré tout, ils se décident à divorcer : si le mari a juré de ne pas avoir de rapport avec elle puis s’il veut divorcer, alors l’épouse devra attendre le temps de la période post-maritale.

Certes Allāh est Celui Qui entend (le fait que le mari ait juré) et Il sait (quelle est son intention). Et c’est une menace en réalité face à leur persistance et le fait qu’ils délaissent le rapport.

Verset 228 : et les femmes divorcées. Ici il s’agit des femmes qui ont été divorcées après qu’il y ait eu consommation du contrat de mariage. Et il s’agit de femmes qui ont les menstrues.

Alors qu’elles attendent : c’est une information qui a le poids d’un ordre, pour insister sur cet ordre. C’est une figure de style en arabe, qui indique que c’est un devoir de recevoir cette information en s’empressant à obtempérer. C’est comme si elles ont déjà exécuté l’ordre et c’est comme si on est informé qu’elles ont exécuté l’ordre. Et le fait que cette construction ici commence par un moubtada’ indique un surcroit d’insistance. (En arabe, il y a deux sortes de phrases :la phrase verbale qui commence par un verbe et c’est le cas le plus fréquent et elle peut dépendre du temps et la phrase nominale qui commence par un nom et elle indique la continuité). Ici cette phrase exprime comme une règle générale : le fait que les femmes divorcées attendent. Les femmes aspirent à avoir des hommes, se marier pour avoir un rapport. Elles ont reçu l’ordre de retenir cette aspiration, pour les obliger à l’attente. Les femmes divorcées ne peuvent pas se remarier immédiatement, comme le peuvent les hommes. Elles doivent respecter une période d’attente.

Trois qurūʾ : qurūʾ est un pluriel de qarr qui signifie un sens et le contraire de ce sens. An-Nasafiyy est Hanafite. Il a expliqué le qar selon les Hanafites et cela signifie « périodes de menstrues ». La période d’attente est de trois périodes de menstrues selon les Hanafites. Il a cité un ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām dans lequel il a dit à une femme : « ne fais pas la prière pendant tes qur » c’est-à-dire pendant tes menstrues. Rapporté par Ad-Darāqutnī. Et dans un autre ḥadīṯ, le Prophète a dit ce qui signifie : « le divorce de la femme esclave, c’est deux fois et sa période d’attente est de deux périodes de menstrues ». 

Le mot « ṯalāṯata » est mansūb avec une   fatḥah, soit dans le sens du complément d’objet direct ou bien parce qu’il s’agit d’un complément circonstanciel de temps, en arabe, il est mansūb également.

L’auteur a analysé pourquoi c’est « ṯalāṯata qurūʾ » et pas « ṯalāṯata aqrāʾ ». (Parce que dans la langue arabe, il y a deux formes de pluriels : il y a le pluriel de petits nombres et le pluriel de grands nombres. Et chacune des deux formes a un mot adapté). Il dit qu’ici, la forme employée « qurūʾ » est la forme du grand nombre, alors que trois fait partie des petits nombres ; c’est une extension.

Et il ne leur est pas permis de cacher ce que Dieu a créé dans leurs utérus. Il s’agit ici de femmes qui ont consommé leur contrat de mariage, qui ont des menstrues, qui ont été divorcées et doivent attendre une période avant de pouvoir se remarier. Les Hanafites ont expliqué cette période par les menstrues et les chaféites l’ont expliqué par les périodes inter menstruelles. Donc le mot « qarr » peut avoir le sens de menstrues et il peut avoir le sens de pureté.

Ou le sang des menstrues.

Il se peut qu’une femme qui veut quitter absolument son mari cache le fait qu’elle soit enceinte pour ne pas qu’il attende qu’elle accouche pour la divorcer.

Ou bien elle sait qu’elle est enceinte et elle le cache pour ne pas que son mari s’attendrisse sur l’enfant et ainsi il ne la divorcera pas.

Elle cache le fait qu’elle a les menstrues et elle dit qu’elle n’a plus les menstrues.

Si elles croient en Dieu et au jour dernier. Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, il ne va pas oser faire pareille chose grave, comme cacher cette information.

Leur mari est prioritaire pour les reprendre. C’est-à-dire pour les reprendre en mariage.

Durant cette période d’attente post-maritale. Le mari peut reprendre la femme qu’il a divorcée alors qu’elle dans la période d’attente post-maritale.

Si le mari a divorcé sa femme une fois, il a plus de droit pour la reprendre. Cela veut dire que s’il veut la reprendre pendant cette période d’attente post-maritale et qu’elle ne le veut pas, c’est la parole du mari qui a le dessus. Dieu nous a donné une règle pour nous soulager de débats inutiles. Dieu est notre Créateur, Il sait ce qui est le mieux pour nous.  

S’ils veulent la réparation : s’ils veulent réparer le différend qu’il y a eu entre eux.

Et elles ont droit comme eux ont un droit. La femme a un droit sur son mari tout comme le mari a un droit sur sa femme. L’homme doit pour son épouse la dot, il doit lui assurer la charge, il doit agir avec elle convenablement sans lui nuire. La femme doit obéir à son mari quand il la réclame. Aucun des deux époux n’a à charger son partenaire de ce qu’il n’a pas à le charger. Il y a des devoirs conjugaux de l’un envers l’autre. Ce ne sont pas les mêmes. Ce n’est pas un devoir pour lui de laver les vêtements de sa femme dans le cas où, elle, elle lui a lavé ses vêtements. Mais il doit répondre à ce bien qu’elle lui a fait par quelque chose de convenable de la part d’un homme.

Et les hommes ont sur les femmes un degré au-dessus : soit c’est parce qu’ils ont un droit sur l’épouse, soit un mérite parce que c’est lui qui assume les frais du foyer, soit parce que c’est lui qui prend en charge l’épouse ou bien parce que c’est lui qui tient les clés du mariage.

Le šayẖ a dit : n’est-ce-pas que l’homme a l’obligation de subvenir à la charge de son épouse !! Parce qu’il a ce droit et c’est pour cela que Dieu a fait que l’homme doit subvenir à la charge de son épouse et donc par conséquent, la femme doit s’attacher au sujet du mariage.

Et Allāh est ʿĀzīz : on n’émet pas d’objection contre Dieu concernant les devoirs qu’Il nous indique : cette hiérarchisation, cette structuration, c’est un bien. Il y a une sagesse en cela. Et la personne n’a pas à émettre d’objection. Dieu est Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu. Il est Celui Qui châtie et Son châtiment est douloureux. Personne ne peut le supporter.

Il crée toute chose selon une sagesse. Les ordres qu’Il donne sont corrects et sont bons.

Verset 229 : le divorce est jusqu’à deux fois : le fait de libérer la femme des liens du mariage, le divorce suite auquel l’homme peut reprendre la femme en mariage, après l’avoir divorcée, est jusqu’à deux fois.

Suite à cela, soit l’homme reste en bons termes avec son épouse, ou alors il la libère définitivement mais toujours en bons termes.  C’est-à-dire qu’il prononce le troisième divorce, dans une période inter menstruelle. S’il l’a divorcée une ou deux fois, soit il la reprend en mariage, ou bien s’il veut la libérer définitivement, il prononce le divorce dans la troisième période inter menstruelle.

Ce verset a été révélé à propos d’une femme compagnon qui s’appelle Ǧamīlah et son époux s’appelle Ṯābit   fils de Qays fils de Šammās. Elle ne le supportait pas parce qu’il n’était pas beau mais lui, il l’aimait. Il lui avait donné à titre de dot un verger. Elle a dit au Prophète qu’elle avait peur de ne pas assumer ses devoirs conjugaux. Elle n’avait rien à dire concernant l’application des devoirs conjugaux de la part de son époux. Le Prophète a proposé à cet homme d’accepter qu’elle lui rende son verger en contrepartie de quoi il la libèrerait des liens du mariage. C’est le ẖulūʿ c’est-à-dire une séparation moyennant une contrepartie qui est versée au mari. Ce peut être la femme qui la verse, ce peut être un tiers. Moyennant cette contrepartie, le lien du mariage est effacé. Ce fut le premier ẖulūʿ en islam.

Et il ne vous est pas autorisé (c’est-à-dire vous les maris) de prendre ce que vous leur avez donné (aux femmes) quoi que ce soit (de leur dot).

Sauf dans le cas où les deux époux craignent de ne pas assurer leurs droits conjugaux mutuels. Comme si la femme craint de tomber dans le « nušūs » c’est-à-dire si elle ne craint de refuser à son mari son droit conjugal. Dans ce cas-là, justement, il y a cette issue de libération des liens du mariage moyennant une contrepartie.

Si vous craignez : An-Nasafiyy a dit que le pronom « vous » ici peut être adressé aux gouverneurs et c’est possible aussi qu’il s’adresse aux maris et que, plus tard, à la fin de ce verset, la parole s’adressera aux gouverneurs.

Qu’ils ne respectent pas les limites de la religion agréée par Allāh (en ce qui concerne la vie conjugale, c’est-à-dire le droit de chacun des époux l’un sur l’autre)

Alors il n’y a pas de mal (à ce que le mari récupère tout ou partie de la dot et il n’y a pas de mal à ce que la femme donne tout ou partie de la dot).

A ce que la femme verse pour son mari (pour se libérer des liens du mariage).

Ce sont là les limites définies dans la religion agréée par Dieu. Concernant le mariage, le fait de jurer, le fait de divorcer, le fait de faire le ẖulūʿ, etc… Ceci, pour que les musulmans sachent comment exécuter ces différentes transactions.

Ne dépassez pas ces limites : c’est-à-dire n’outrepassez pas ce que Dieu vous a fixé. Agissez conformément aux règles que Dieu a fixées.

Ceux qui outrepassent les limites fixées par Dieu, ce sont eux les injustes. Allāh nous a envoyé un Prophète qui nous a indiqué les lois à suivre. Celui qui ne suit pas cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.

Verset 230 : s’il la divorce : c’est-à-dire s’il prononce un troisième divorce après les deux précédemment cités, elle ne lui est plus licite jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre. C’est une parole de dissuasion pour que l’homme réfléchisse bien avant de prononcer une parole de divorce. Ce jugement est conforme à ce que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à une femme qui a été divorcée trois fois par son mari nommé Rifāʿah. Elle est allée voir le Prophète pour lui dire que, malgré cela, elle voudrait bien redevenir son épouse. Le Prophète lui a dit qu’elle ne pourrait revenir à Rifāʿah que si un autre homme l’épousait, consommait le mariage, puis qu’il veuille bien la divorcer pour qu’elle puisse se marier à nouveau avec Rifāʿah. Ḥadīṯ réputé rapporté par Al-Buẖāriyy. Il n’y a pas de considération à accorder à tout avis qui serait non conforme à ce jugement.

Les muǧtahid sont ceux qui ont l’habitude de déduire les lois à propos de questions qui n’ont pas été mentionnées dans les textes (et ce sont les versets du Qur’ān et les ḥadīṯ confirmés du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām). Quand les musulmans sont confrontés à un cas qui n’a pas été mentionné dans un texte, celui qui va donner la réponse, c’est le muǧtahid, comme l’imam Mālik, comme l’imam Aš-Šāfiʿiyy, comme l’imam Abū Ḥanīfah, comme l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal. Il ne s’agit donc pas d’une concertation entre les gens du commun. Ce sont les savants muǧtahid qui ont l’aptitude à déduire les lois en utilisant l’analogie par rapport aux questions qui, elles, ont été mentionnées dans les textes. Par ailleurs, il y a des textes qui sont abrogés – l’application de ce texte s’est arrêtée – mais que l’on continue à réciter. Donc si quelqu’un ne sait pas que tel texte a été abrogé (et ceci a eu lieu au temps du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)et qu’un autre texte est venu après, il est possible qu’il fasse une analogie avec ce verset qui a été abrogé et ceci n’est pas valable. Il y a de nombreux critères qui font qu’un savant ait le degré de muǧtahid.

Tous les savants muǧtahid sont d’accord sur le fait qu’à partir du moment où un homme a prononcé trois divorces, il ne peut pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre puis qu’il veuille bien la divorcer.

Quiconque dit une parole qui n’est pas conforme aux textes, sa parole est rejetée. Le muǧtahid ne va pas dire une parole qui ne soit pas conforme à un texte. Et tous les textes n’ont pas le poids d’arguments. Le plus fort est le Qour’aan. Concernant la parole du Prophète, il y a des degrés de fiabilité. Il se peut qu’un savant moujtahid dise que cette chaine de transmission n’est pas suffisamment forte pour qu’il s’appuie dessus. C’est pour cela qu’il y a des divergences entre les muǧtahid. Un muǧtahid va arriver à un jugement différent d’un autre muǧtahid en s’appuyant sur tel ḥadīṯ que l’autre n’a pas retenu. Les divergences concernent les actes pratiques et non pas la croyance. Il n’y a pas de divergence acceptable dans la croyance. Si un muǧtahid aboutit à un jugement qui contredit un texte qui fait l’accord chez les savants, on ne doit pas le suivre dans ce qu’il a dit. Comme l’exemple de ce verset qui indique que l’homme ne pourra pas épouser cette femme après qu’il l’ait divorcée trois fois, tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Si quelqu’un vient et dit le contraire de cela, on ne va pas le suivre parce qu’il est en train de contredire un texte qui va l’accord chez tous les savants. De même, si un juge émet une sentence (en sachant qu’il y a des juges pour chaque école de jurisprudence) et que cette sentence revient à contredire un texte qui fait l’objet d’accord des savants, cette sentence n’est pas à prendre en compte. Et nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous persévérions sur la voie correcte, sur la tradition prophétique.

La sagesse dans le fait qu’une femme qui a été divorcée par trois fois par son mari, celui-ci ne pourra pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre qui aura consommé ce mariage puis qu’il veuille bien la divorcer pour que le premier puisse l’épouser à nouveau, tient dans le fait que l’homme soit au courant que s’il fait cela, cette séparation ne pourra pas être compensée par un regret. C’est une séparation définitive.

S’il la divorce (ici il s’agit du deuxième mari)

Il n’y aura pas de mal pour eux deux (le premier mari et la femme) qu’ils se remettent ensemble (c’est-à-dire par un mariage) si eux deux pensent qu’ils vont respecter la loi de Dieu (s’ils pensent qu’ils pourront respecter leurs obligations conjugales l’un envers l’autre).

Ce sont là les limites fixées par Dieu. Dieu les explique pour les gens qui ont de la compréhension. (C’est-à-dire qui comprennent ce qui leur a été indiqué).

Verset 231 : et si vous divorcez une femme et qu’elle atteint son terme (c’est-à-dire la fin de sa période d’attente post maritale). Le mot « aǧal » peut avoir le sens d’échéance, du terme et peut avoir le sens de la période. On dit que l’âge d’un être humain, sa vie s’appelle un « aǧal » et on dit que la mort qui est le terme de cette vie est un « aǧal ».

Ou bien vous les retenez dans de bonnes conditions ou bien vous les libérez dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que : soit il la reprend à son mariage (l’homme peut reprendre cette femme à son mariage lors de cette période d’attente post-maritale, sans faire de nouveau contrat, et ceci par une simple phrase comme s’il dit qu’il la reprend à son mariage) mais sans vouloir lui nuire par cette reprise. Soit il la quitte jusqu’à ce que s’achève la période d’attente post-maritale et qu’elle soit définitivement séparée de lui, sans qu’il ne lui nuise.

Mais ne retenez pas votre femme que vous avez divorcée pour lui nuire. Il arrivait en effet, avant la révélation de ce verset, qu’un homme prononce le divorce avec sa femme, qu’il la laisse jusqu’à ce que la fin de la période d’attente post maritale soit proche puis il la reprenait, non pas parce qu’il avait besoin d’elle mais juste pour lui prolonger sa période d’attente post maritale : c’est cela le fait de retenir avec une nuisance.

Pour être injuste envers elle. Ne faites pas cela pour la pousser à vouloir vous payer pour que vous la libériez.

Et celui qui fait cela : c’est-à-dire qui retient l’épouse pour lui nuire il aura exposé sa femme au châtiment de Dieu : il l’aura poussée à commettre peut-être des péchés.

Et ne prenez pas les versets et les ordres de Dieu comme objets de moquerie : c’est-à-dire soyez sérieux en prenant ces jugements, en les appliquant, en les respectant, sinon vous aurez dénigré ces jugements-là.

Et citez les bienfaits et les grâces que Dieu vous a accordés : le bienfait de l’islam et le bienfait du Prophète ʿalayhi s-salām.

Comme livres et comme sagesses. Le livre c’est le Qour’aan et les sagesses c’est la sounnah, le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Citez c’est-à-dire évoquez, répondez à ces bienfaits par le remerciement. Et considérez ces bienfaits à leur juste valeur, ce Livre que Dieu vous a révélé et cette sagesse que Dieu vous a fait connaitre par le biais de Son envoyé. Ne soyez pas ingrats.

Dieu vous exhorte par ce qu’Il vous a fait descendre : comme révélation à Son Prophète.

Et craignez Dieu : c’est-à-dire préservez Dieu dans les épreuves qu’Il vous accorde.

Et sachez que Dieu sait absolument tout : Il sait ceux pour qui le rappel est profitable et qui le mettent en œuvre, ceux qui se préservent, ceux qui sont exhortés et autres que ceux-là. C’est une menace et une promesse très éloquentes : une menace de châtiment et une promesse de récompense. Ceci est un rappel pour que nous accomplissions ce que Dieu nous a ordonné de faire et que nous évitions ce que Dieu nous a interdit de faire.

Verset 232 : lorsque vous prononcez le divorce pour vos épouses et qu’elles atteignent leur terme : c’est-à-dire que leur période d’attente post-maritale s’est achevée, le contexte indique ici qu’il s’agit d’une séparation entre deux personnes qui étaient mariées, parce que le mariage parce que le mariage est suivi par la période d’attente post-maritale.

Et ne les empêchez pas : c’est-à-dire ne les gênez pas si elles veulent épouser des maris (qu’elles désirent épouser) et qui sont bons pour elles. Le sens de « maris » ici est qu’ils deviendraient leur mari si elles l’épousaient. Le contrat de mariage est conclu si la femme se donne elle-même en mariage. La parole ici s’adresse aux hommes, pour qu’ils ne dérangent pas leurs femmes qu’ils ont divorcées, si elles veulent épouser un autre homme, après que la période d’attente post-maritale se soit écoulée. Cette parole s’adresse donc aux hommes qui gênent leur ex-femme et ne la laissent pas épouser qui elle veut parmi les hommes. An-Nasafiyy explique le mot « mari » également par le fait que la parole est adressée au tuteur qui dérange les épouses afin de les empêcher de devenir les épouses de ceux qui les ont divorcées. Ce verset a été révélé à propos d’un compagnon qui s’appelle Maʿqīl fils de Yasār qui avait gêné sa sœur pour qu’elle ne retourne pas à son premier mari. Ou bien troisième possibilité : la parole s’adresse aux gens en général, c’est-à-dire : tâchez qu’il n’y ait pas de gêne entre vous.

Dès lors qu’ils sont d’accord entre eux : c’est-à-dire ceux qui ont demandé en mariage et les femmes.

« Bil-maʿrūf » : convenablement : c’est un terme général qui signifie « tel qu’il est convenable », tel qu’il est bon du point de vue religieux et tel qu’il est bon du point de vue de l’usage. Une autre explication est : à condition que le mari donne la dote que semblable à cette femme peut avoir et que le mari soit digne de cette femme, c’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui est en deçà de son niveau. Chez les hanafites, la femme peut se marier elle-même. Mais si une des deux conditions n’est pas remplie, c’est-à-dire s’il n’y a pas la dot des semblables ou si le mari n’est pas digne de la femme, et que la femme se marie quand même, le tuteur, s’il prend connaissance, il peut émettre une objection et le contrat est annulé. 

An-Nasafiyy dit que la parole ici s’adresse au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ou à tout un chacun.

Cela est une exhortation pour celui parmi vous qui croit en Dieu et au Jour Dernier : cette exhortation est profitable pour ceux qui croient en Dieu et au Jour Dernier.

Ceci est plus pur et meilleur pour vous : c’est plus pur que de vous souiller de péchés et c’est meilleur que de gêner et de déranger, comme le fait de gêner la femme ou de la maintenir dans une situation où il ne veut pas la divorcer.

Et Dieu sait et vous, vous ne savez pas : Dieu sait ce qui est meilleur.

Verset 233 : et les mères allaitent leurs enfants : c’est une information qui sous-entend un ordre à propos duquel il y a insistance. C’est-à-dire : que les mères allaitent leurs enfants ! C’est un ordre qui n’est pas dans le sens de l’obligation, mais dans le sens de la recommandation. Ou bien c’est un devoir si le nourrisson n’accepte pas autre que le sein de sa mère. Ou qu’on ne lui trouve pas de nourrice. Ou dans le cas où le père était incapable de payer celle qui allaite l’enfant. Ou bien il a visé les mères qui ont été divorcées. Parce que comme c’est un devoir pour l’homme de prendre en charge la mère en ce qui concerne la nourriture et les vêtements, la mère doit prendre en charge l’allaitement de l’enfant.

Deux années complètes : il s’agit de deux années lunaires complètes. Et pas seulement approximativement.

Pour ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. Il y a une indication que ce jugement s’adresse à ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. En résumé, c’est le père qui a l’obligation d’assurer l’allaitement de son enfant et pas la mère et c’est à lui de lui trouver une nourrice, sauf si la mère, de façon bénévole, veut bien allaiter l’enfant. C’est recommandé pour elle de le faire, mais elle n’est pas contrainte pour cela.

Et pour ceux qui ont eu un enfant : celui pour qui un enfant est né et il s’agit ici du père. Il n’a pas été dit « le père » et c’est pour que l’on sache que les mères ont donné l’enfant au père puisque les enfants sont attribués au père par ascendance : on dit « le fils d’un tel ». De ce fait, c’est un devoir pour le père de subvenir à la charge de la mère et à leur tenue vestimentaire, si elle allaite. Exactement comme si c’était pour une nourrice.

Ils doivent leur assurer à elles (les mères) leur subsistance et leur tenue vestimentaire, convenablement : c’est-à-dire sans gaspillage et sans avarice.

Chacun des deux n’est pas chargé de ce dont il n’est pas capable : la personne n’est chargée que de ce dont elle est capable, c’est-à-dire que de ce dont elle dispose ou la part de ce qui est en sa possession.

Qu’une mère n’utilise pas son enfant pour nuire à son mari :  c’est une information qui signifie l’interdiction comme si la femme violentait son mari à cause de l’enfant. Ou qu’elle demande à cause de l’enfant ce qui n’est pas juste, comme subsistance et comme tenue vestimentaire. Ou qu’elle provoque du souci au père en négligeant l’enfant. Ou qu’elle dise, après que l’enfant ait été habitué à être allaité par elle : trouve -lui une nourrice. Et ce qui est de cet ordre.

Et la même chose réciproquement : ni que quelqu’un qui a eu un enfant ne nuise à son épouse à cause de cet enfant, en empêchant quelque chose qui est un devoir pour lui, le mari, envers l’épouse, comme lui assurer la subsistance ou sa tenue vestimentaire ou qu’il ne lui prenne l’enfant alors qu’elle veut l’allaiter. Et que la femme ne nuise pas à l’époux à cause de l’enfant et qu’elle ne nuise pas à son enfant de sorte à ce qu’elle assume mal sa nourriture et son entretien et qu’elle ne le donne pas au père après que l’enfant se soit habitué à elle et que le père ne nuise pas à la femme à cause de l’enfant en le lui enlevant ou en faisant preuve de manquement à son égard de sorte qu’à son tour, elle manque à son enfant.

Il a été mentionné en arabe, son enfant à elle ou son enfant à lui, parce que comme il a été interdit à la femme de nuire et que l’enfant lui a été attribué, c’est pour provoquer l’attendrissement. Car c’est son enfant donc qu’elle ne l’utilise pas pour nuire. Et la même chose pour le père, qu’il n’utilise pas l’enfant pour nuire à la mère. Le possessif a été utilisé pour provoquer l’attendrissement à chaque fois.

Et pour l’héritier la même chose : il s’agit de l’héritier du père, c’est-à-dire celui qui est le tuteur de l’enfant, lorsqu’il n’y a pas de père. Celui qui a en charge l’enfant doit la même chose que le père durant sa vie, en termes de subsistance et de tenue vestimentaire. An-Nasafī dit qu’il y a eu divergence à ce sujet. Selon ibnou abū Laylā qui est un muǧtahid hanafite, la parole ici concerne tous ceux qui héritent : ceux qui sont proches parents et qui sont maḥram, en raison de la récitation de ibnu Masʿūd « wa ʿala l-wāriṯi (                      ) miṯlu ḏālik ». Et chez Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, il n’y a pas de charge obligatoire sauf s’il y a une naissance.

S’ils veulent (les parents) le sevrage d’un commun accord et par concertation, il n’y a pas de mal pour eux en cela : ils ne tombent pas dans le péché. Qu’ils aillent au-delà des deux ans ou bien qu’ils arrêtent au-delà des deux ans, c’est comme ils veulent. Il y a donc eu une recommandation d’allaiter l’enfant deux ans puis ce verset indique une possibilité de l’allaiter plus ou moins que deux ans. Le terme qui indique la concertation provient d’un mot qui signifie l’extraction d’un avis. C’est le même verbe qui est utilisé pour extraire le miel. La concertation consiste à extraire le meilleur avis à l’image du miel qui est extrait d’une ruche. Ici c’est pour montrer que l’accord des deux parents pour sevrer l’enfant intervient suite à une réflexion, de sorte à ce qu’il n’y ait pas de nuisance pour le nourrisson.

Qu’Il est exempt d’imperfection Celui Qui a éduqué les personnes âgées par cette règle et Qui n’a pas négligé nos petits. Les ordres de Dieu comportent une sagesse. Le commun accord des parents a été pris en compte parce que le père a le droit de l’ascendance et de la tutelle sur l’enfant. Et la mère a la tendresse et l’attention envers l’enfant.

Et si vous voulez charger de l’allaitement de vos enfants, autre que la mère : le verbe « istarḍaʿā » est dans le sens de demander à ce que l’allaitement soit fait. Ici c’est dans le cas où la mère refuse d’allaiter ou lorsqu’elle est incapable d’allaiter.

Il n’a pas de mal en cela pour vous : c’est-à-dire que vous ne tombez pas dans le péché si vous donnez aux nourrices la rémunération que vous voulez leur donner. Ici, cette rémunération est recommandée, ce n’est pas une condition pour que ce soit autorisé de faire allaiter l’enfant par autre que sa mère. Quelqu’un peut trouver une nourrice qui allaite sans contrepartie.

bil-maʿrūf: convenablement : il n’y a pas de mal si vous rémunérez celle à qui vous confiez l’enfant, convenablement c’est-à-dire de bon cœur, sans contrainte.

Et craignez Dieu et sachez que Dieu voit ce que vous faites. Vos œuvres ne lui échappent pas. Il vous rétribue pour ces œuvres (que vous faites).

Verset 234 : et ceux d’entre vous qui décèdent (il a eu son âme jusqu’à son terme)

Et qui laissent des épouses, qu’elles attendent : c’est-à-dire qu’elles entament une période d’attente post maritale

Quatre mois et dix : c’est-à-dire dix nuits et les jours sont compris.

Si elles atteignent leur terme : c’est-à-dire si la période d’attente post maritale est achevée

Il n’y a pas de mal pour vous : les imams et les juges

Dans ce qu’elles font : du fait qu’elles s’exposent à être demandées en mariage.

Convenablement : d’une manière que la Loi ne renie pas.

Et Allāh sait ce que vous faites : Dieu sait ce qu’il y a au fond de vous, dans votre cœur, dans votre corps, dans votre for intérieur. Rien ne Lui échappe.

Verset 235 : il n’y a pas de mal pour vous si vous faites allusion en demandant la femme en mariage. On parle ici de la veuve en période d’attente post maritale. L’allusion est comme en lui disant : « tu es belle, tu es une femme de bien, j’aimerais me marier » ou ce qui est de cet ordre de paroles qui suggèrent qu’il voudrait se marier avec elle mais ce n’est pas explicite. Ceci est comme une demande de sa part de se réserver pour lui, pour qu’elle ne pense pas à un autre, dans le cas où elle est intéressée par lui. Ainsi, quand elle aura fini sa période d’attente post maritale, il pourra venir la demander explicitement. Car une femme qui a déjà été mariée, son avis est une condition pour le contrat de mariage.  En arabe, il y a deux expressions : « al-kināyah » est ce qui est implicite et « at-taʿrīḍ » qui est l’allusion. « Al-kināyah » est le fait de mentionner la chose par un autre terme que le terme qui la désigne. L’allusion est le fait de mentionner une chose qui indique ce qui n’a pas été mentionné. Comme quelqu’un qui est nécessiteux qui va voir quelqu’un de qui il a besoin et il lui dit : « je suis venu te voir pour te passer le salaam et voir ton visage généreux ».

Ou si vous cachez cela dans vos cœurs : dans le cas où la femme est veuve et un homme se dit dans son cœur qu’il voudrait l’épouser. Il n’y a pas de mal dans le fait de penser cela dans son cœur sans l’avoir mentionné par sa langue, ni par allusion ni explicitement.

Dieu sait que vous allez les citer : c’est-à-dire ces femmes qui ont perdu leurs maris, sans aucun doute, vous n’allez pas vous empêcher de parler pour exprimer votre désir à les épouser.

Mais ne leur promettez pas en cachette que vous êtes capables d’avoir un rapport avec elles : Al-Qurtubiyy a dit dans son exégèse, que les savants ont divergé à propos de ce mot « sirran » (en secret).

Il a été dit que ça veut dire « mariage » c’est-à-dire que l’homme ne dise pas à cette femme qui est en période d’attente post-maritale « épouse-moi » mais s’il veut, il peut faire une allusion. Mais il ne prend pas d’elle une promesse de ne pas épouser quelqu’un d’autre que lui en cachette. Cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās, d’ibnu Ǧubayr, de Mālik, de ses compagnons, de Aš-Šaʿbiyy, de Muǧāhid, d’Iqrimah, et de l’ensemble des gens de science.

Et il a été dit que « sirran » ici signifie la fornication c’est-à-dire qu’il n’y ait pas de promesse de commettre la fornication pendant la période d’attente post-maritale puis un mariage après la période d’attente post-maritale. C’est l’avis d’Al-Ḥasan, de Qatādah, d’An-Naǧāʾiyy et Aṭ-Ṭabāriyy. Et il a été dit que « sirran » ici est le rapport c’est-à-dire : ne vous décrivez pas comme quelqu’un qui est capable d’avoir beaucoup de rapports pour l’inciter à vous épouser, parce que la mention du rapport sexuel avec autre que l’épouse est quelque chose d’indécent et de vulgaire. C’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy.

Aṣ-Ṣuyūtiyy a dit et ibnu l-Ǧarīr, ibnu l-Munḏir, ibnu abī Ḥātim ont rapporté d’ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’il a dit à propos de ce verset : « qu’il ne lui dise pas qu’il est amoureux d’elle, qu’elle lui promette de l’épouser et personne d’autre » et ce qui est de cet ordre, sauf si vous dites des paroles convenables comme « si tu veux bien, ne prends pas un autre que moi ».

Ibnu l-Ǧarīr a rapporté une autre parole d’ibnu ʿAbbās : « ne leur promettez pas en secret, c’est-à-dire la fornication ». L’homme venait pour faire la fornication mais il prétendait qu’il voulait le mariage.

Et Al-Bayhaqiyy a rapporté de Muqātin fils de Ḥayyān : il nous a été rapporté que la signification de ce verset, c’est le rapport sexuel, c’est-à-dire que l’homme ne fasse pas d’allusion à la femme d’avoir un rapport avec elle.

Une autre explication rapportée par ʿAbdu r-Razzāq d’après Muǧāhid : il s’agit de celui qui prend de la femme la promesse de ne pas épouser autre que lui.

Et Sufyān et ibnu abī Šaybah ont rapporté d’après Muǧāhid : qu’il ne la demande pas en mariage explicitement pendant sa période d’attente post-maritale.

Mais dites des paroles convenables : il lui dit par exemple « tu es belle » ou « tu as une bonne situation » ou « tu es quelqu’un que les gens désirent épouser ».

ʿAbdu r-Razzāq et ibnu l-Munḏir ont rapporté d’ibnu ʿAbbās à propos de sa parole « sauf si vous dites des paroles convenables » comme s’il lui dit qu’elle est belle ou qu’elle aura une bonne situation.

Sauf si vous dites des paroles convenables : c’est-à-dire que vous faites allusion mais vous ne demandez pas explicitement en mariage tant qu’elle est en période d’attente post maritale. Cette expression « ʾillā » qui signifie « sauf » se rapporte à la phrase « ne leur promettez pas ». C’est-à-dire « ne leur faites pas de promesse sauf de manière convenable, qui ne soit pas blâmable ».

Et ne vous décidez pas au contrat de mariage : ici il y a l’interdiction de décider de faire le contrat de mariage. Il y a une insistance sur le sujet car décider de faire un acte précède l’acte. S’il y a interdiction de décider de faire l’acte, à plus forte raison, il y a interdiction de faire l’acte lui-même. Ici cela veut dire : ne vous décidez pas à faire le contrat de mariage ou bien ne soyez pas catégorique à faire le contrat de mariage parce que « al-ʿazm » signifie le fait d’être catégorique pour une chose. An-Nasafiyy a rapporté un ḥadīṯ rapporté par l’auteur des sounan, qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas décidé le jeûne la nuit » et une autre version rapportée par An-Nasāʾī qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas mis l’intention la nuit ».

Jusqu’à ce que le terme arrive à sa fin : il s’agit ici de la période d’attente post-maritale. Ici le terme qui désigne l’échéance est le livre « jusqu’à ce que le livre arrive à son terme ». La période d’attente post-maritale est appelée ici par le terme « livre » parce qu’elle a été rendue obligatoire par le livre. C’est-à-dire jusqu’à ce que cette attente qui est écrite dont le terme lui est prescrit arrive à sa fin.

Et sachez que Dieu sait ce que vous avez dans vos cœurs : c’est-à-dire ce que vous pourriez avoir comme décision dans vos cœurs pour faire ce qui n’est pas permis.

Alors méfiez-vous : c’est-à-dire ne vous décidez à faire ce qui est interdit.

Et sachez que Dieu est Ġafūr (Celui Qui pardonne) ḥalīm : pour un être humain, ḥalīm signifie être indulgent, ne pas perdre patience. Mais concernant Dieu, ḥalīm signifie « Celui Qui ne vous fait pas parvenir la punition rapidement ». Dieu accorde à la plupart des gens du répit pour qu’ils puissent se rattraper.

Verset 236 : l’auteur rappelle le contexte et dit que ces versets ont été révélés à propos de celui qui a divorcé de son épouse sans lui avoir fixé de dot et sans avoir eu de rapport avec elle. C’est-à-dire qu’ils ont juste fait le contrat de mariage puis le mari a prononcé le divorce.

Il n’y a pas de conséquence pour vous lorsque vous divorcez les femmes et que vous n’avez pas fixé de dot tant que vous n’avez pas consommé : il n’y a pas de mal pour vous de n’avoir pas fixé de dot parce qu’il n’y a pas de dot qui soit obligatoire comme il y a eu un divorce avant la consommation. Vous n’êtes pas redevables d’une dot à la femme dans ce cas-là.

Sauf si vous lui avez fixé une dot : c’est-à-dire si la dot a été mentionnée lors du contrat. Et ce, parce que celle qui a été divorcée alors qu’il n’y a pas eu consommation et que la dot a été citée dans le contrat, dans ce cas, elle a le droit à la moitié de ce qui a été fixé dans le contrat.

Et donnez-leur une mutʿah : une mutʿah c’est une chemise et un drap dans lesquels la femme s’enveloppe et un ẖimār (quelque chose qui lui couvre la tête et le cou)

Pour l’homme qui a les moyens, qu’il donne le montant qu’il est capable de donner

Et celui dont les moyens financiers sont limités, il donne ce dont il est capable.

matāʿan : grammaticalement c’est un mafʿūl mouṭlaq, c’est -à-dire qui comporte une insistance sur l’action citée par le verbe. En insistant sur cette mutʿah.

De manière qui est convenable dans la Loi : donnez-leur un bien qui est convenable dans la Loi et qui est correct. Ne diminuez pas de façon à ne pas la rabaisser et ne gaspillez pas non plus.

C’est un droit : soit c’est un droit pour elles, c’est-à-dire qu’elles ont droit à cela.

Et un devoir pour ceux qui agissent en bien. C’est-à-dire pour les musulmans ou pour ceux qui agissent en bien avec les femmes divorcées, en leur donnant cette mutʿah (qui est une compensation financière suite à un divorce). An-Nasafiyy indique que cette bienfaisance n’est pas une action qui est délibérée et bénévole, mais c’est un devoir pour l’homme. La mutʿah est un bien qui est donné à la femme qui est divorcée sans que ce soit à cause d’elle. Ce n’est pas un montant particulier. Mais il est recommandé qu’elle soit d’un montant de trente dirham (et un dirham est une pièce d’argent qui est un peu moins que trois grammes d’argent, donc cela fait environ quatre-vingt-dix grammes d’argent) pour celui qui est dans une situation financière intermédiaire et que cette compensation financière n’atteigne pas la moitié de la dot des femmes qui lui sont semblables (c’est-à-dire les femmes qui ont son profil, on dirait aujourd’hui sa catégorie socio-professionnelle) : c’est-à-dire ce que les gens lui donnent comme dot en se référant à sa sœur, sa tante maternelle.

Il est suffisant de donner un montant sur lequel les deux se mettent d’accord, même si c’est le plus faible montant c’est-à-dire le minimum de ce qui est appelé un bien marchand.

Si l’homme et la femme ne se mettent pas d’accord, alors c’est le juge qui va fixer par son propre effort un montant, en prenant en considération l’état de l’homme.

Verset 237 : ensuite il va donner le jugement de la femme à laquelle il a fixé une dot s’il la divorce avant la consommation. Mais si vous divorcez une femme avant d’avoir consommé avec elle, alors que vous aviez fixé une dot, alors elles auront droit à la moitié de la dot que vous aviez fixée sauf si la femme refuse cela.

C’est comme s’il a dit : dans les deux cas, s’il y a eu divorce avant consommation, vous devez lui donner la moitié de la dot, sauf si la femme refuse d’elle-même. Ou que, de lui-même, celui qui détient le contrat, décide de donner malgré tout. Celui qui détient le contrat est le mari : c’est la parole de ʿAliyy, de Saʿīd fils de Zubayr, de Šurayf, de Muǧāhid, d’Abū Ḥanīfah, d’Aš-Šāfiʿiyy selon la nouvelle école, que Dieu les agrée tous. Ils considèrent que le divorce est entre les mains du mari. C’est donc lui qui décide si le contrat est poursuivi ou pas.

Le devoir selon la Loi est que le mari donne à la femme qui a été divorcée avant la consommation, la moitié de la dot, sauf si la femme l’excuse ou si le mari lui donne quand même malgré qu’elle l’ait excusé, c’est-à-dire si le mari veut donner malgré tout, la totalité de la dot (alors qu’elle a droit à la moitié).

Le fait que vous excusiez cela, vaut mieux pour vous : c’est plus proche pour la piété. « Vous » concerne aussi bien l’homme que la femme. Az-Zaǧǧāǧ a dit : pour l’homme, cela veut dire donner la totalité de la dot. Pour la femme, si elle excuse le mari pour la totalité, cela vaut mieux pour elle. Il y a une incitation à s’excuser. Cela vaut mieux.

Et n’oubliez pas le mérite entre vous : n’oubliez pas le mérite que vous avez les uns sur les autres. C’est une incitation à agir en bien. Ne rentrez pas dans des querelles, dans des disputes.

Et Allāh voit ce que vous faites et Il vous rétribue pour le fait que vous agissiez en bien.

Verset 238 : persévérez dans l’accomplissement des prières : c’est-à-dire accomplissez-les dans leurs temps, avec leurs piliers, avec leurs conditions de validité. Allāh taʿālā nous a ordonné d’être assidus dans l’accomplissement de la prière. Et ceci ne peut avoir lieu qu’en connaissant les temps conformément aux règles de la Loi de l’islam.

Et la prière du milieu : c’est-à-dire la meilleure car elle est située au milieu des autres et c’est la prière de al-ʿaṣr, la prière de l’après-midi. Il y a donc une mention particulière pour cette prière-là. Abū Ḥanīfah l’a expliquée par la prière de al-ʿaṣr et la majorité des savants sont de cet avis. Ils ont déduit cela parce que le jour de la bataille des factions, le Prophète avait dit ce qui signifie : « ils nous ont occupé de l’accomplissement de la prière centrale, que Dieu remplisse leurs maisons de feu ». Rapporté par Mouslim. Et il a jouté ^alayhi S-Salaat wa s-salaam ce qui signifie : « c’est la prière dont Soulaymane a été détourné jusqu’à ce que le soleil se cache à l’horizon ». Le temps de al-ʿaṣr se termine lorsque le soleil se couche. Cette prière de al-ʿaṣr est entre les deux prières de la journée et les deux prières de la nuit. Al-maġrib et al ^ichaa’ sont les deux prières de la nuit et aṣ-ṣubḥ et aẓ-ẓuhur sont les deux prières de la journée. La prière centrale (du milieu) qui est celle de al-ʿaṣr a un mérite particulier parce que les gens sont habituellement occupés dans cette partie de la journée, comme les commerçants qui, s’ils n’ont pas vendu leur marchandise de la journée, ils font des remises. Les gens sont occupés par leurs affaires. Il y a un grand mérite, malgré les occupations des gens, à accomplir cette prière en son temps.

Levez-vous pour accomplir la prière. « Qānitīn » c’est-à-dire remplis de crainte et de soumission envers Dieu. Ou bien en évoquant Dieu quand vous vous levez. Qānitīn est un adjectif qui signifie « en ayant le qunūt » et c’est le fait d’évoquer Dieu quand on est debout. Dans la deuxième rak^ah de la prière du ṣubḥ, on récite l’invocation du qunūt. Ou bien, autre explication : en restant longtemps debout. Et Zayd ibnu l-Arqam (qui est un des premiers compagnons) il a dit : « au début, quand on faisait la prière avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, on pouvait parler à son compagnon pendant la prière, jusqu’à ce que ce verset 238 de sūratu l-baqarah soit révélé. Quand ce verset 238 a été révélé, alors on a reçu l’ordre de ne pas parler avec les gens alors qu’on était en train de faire la prière. Il nous a été interdit, dès lors, de parler avec les gens, pendant la prière ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim et la version qui vient d’être rapportée est celle de Muslim.

Verset 239 : si vous avez une crainte : vous voulez faire la prière mais vous avez peur de l’attaque d’un ennemi ou autre qu’un ennemi,

Alors faites la prière en étant à pied ou sur les montures : en mimant les mouvements et dans ce cas-là, il n’est pas une obligation de se diriger vers la qiblah. C’est un cas particulier où la personne peut faire une prière obligatoire dans ces conditions.

Lorsque vous êtes en sécurité : c’est-à-dire qu’il n’y a plus de crainte de l’ennemi,

Alors évoquez Dieu tout comme Il vous enseigné ce que vous ne saviez pas. C’est-à-dire la prière de la sécurité.

Verset 240 : ceux d’entre vous qui décèdent et qui laissent des épouses, alors faites un testament pour vos épouses : c’est-à-dire qu’avant de décéder, faites des recommandations pour qu’un certain montant leur soit dédié. Rapporté par Az-Zaǧǧāǧ. Il s’agit d’un bien qui dure une année, c’est-à-dire une recommandation pour, qu’après lui, son épouse soit entretenue une année complète c’est-à-dire que, à partir de son héritage, elle soit prise en charge pendant une année et qu’elle ne sorte pas de chez elle pendant une année. C’était au début de l’islam.  Puis ce jugement a été abrogé par un verset qui indique que la période d’attente post-maritale de la veuve est de quatre mois lunaires et dix jours. Le verset qui a abrogé dans la récitation a précédé le verset qui est abrogé. Il a été révélé après mais, dans la récitation, il vient avant.

Si elles sortent après l’année lunaire, alors il n’y a pas de mal dans ce qu’elles ont fait : comme si elles s’embellissent, elles s’exposent à des demandes de mariage. En ne faisant pas quelque chose de blâmable selon la Loi de l’Islam. Sans faire quelque chose de réprouvable dans la Loi.

Et Allāh est ʿĀzīz, Hakīm : Dieu est glorieux et les jugements qu’Il donne sont selon une sagesse.

Verset 241 :  et celles qui sont divorcées, elles ont une charge : c’est-à-dire qu’elles ont droit à la charge durant la durée de la période d’attente post-maritale.  Aš-Šāfiʿī a dit que la femme qui a été divorcée a droit à une sorte de compensation : c’est un don qui lui est donné pour la consoler. C’est autre que la dot, pour la consoler dans le cas où le divorce n’est pas à cause d’elle.

De manière que ce don soit donné avec bienfaisance, c’est un droit pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Verset 242 : ainsi Allāh vous indique des signes, puissiez-vous être sensés et raisonner. Si ce qui est visé est autre que la charge pendant la période d’attente post-maritale, mais c’est la mutʿah (le don de consolation), chez les Hanafites, c’est recommandé.

Verset 243 : n’as-tu pas vu : cette expression n’est pas une interrogation mais c’est une confirmation de ce qui va être cité par la suite, pour ceux qui ont entendu le récit de ces gens du Livre et les nouvelles des prédécesseurs et c’est pour susciter l’étonnement de leur histoire. Une deuxième explication est que c’est une parole adressée à ceux qui n’ont pas vu ni entendu cette histoire qui va suivre, parce que cette expression « n’as-tu pas vu » est comme une interpellation pour marquer la surprise.

Ceux qui ont quitté leur ville : il a été dit que cette ville s’appelle Wāṣiṭ. La peste s’est déclarée chez eux, ils sont alors partis pour la fuir. Mais Allāh les a faits mourir. Et le prophète Ḥizqīn les a ressuscités. Et il a été dit que ceux qui sont sortis de leurs villes, est un peuple des descendants d’Isrāʾīl. Leur roi les a appelés au ǧihād mais eux, se sont enfuis car ils avaient peur de mourir. Dieu les a faits mourir huit jours puis Il les a faits ressusciter.

Ils étaient des milliers à fuir leur ville par crainte de la mort. Dieu leur a dit de mourir c’est-à-dire que Dieu les a faits mourir. C’est pour nous faire comprendre que c’était comme la mort d’un seul homme : ils sont tous morts en même temps. Cette mort était une mort qui n’était pas ordinaire. Il y a ici un encouragement pour les musulmans pour le ǧihād. La mort est inéluctable et il n’y a pas de fuite qui soit utile contre elle. Ici, leur roi leur a dit d’aller faire le ǧihād et eux se sont enfuis pour ne pas mourir et Dieu les a faits mourir quand même. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’échappatoire à la mort. Donc du moment que la mort est inéluctable et qu’il n’y a pas d’échappatoire, le mieux est que ce soit une mort que Dieu agrée.

Puis Il les a ressuscités : après leur mort, ils sont revenus à la vie afin qu’ils en tirent des moralités. Afin qu’ils sachent qu’il n’y a pas d’échappatoire au jugement de Dieu et de Sa prédestination.

Certes Allāh est Celui Qui fait grâce aux gens : puisqu’il leur fait prendre connaissance de ce qui est une moralité pour eux, tout comme Il a fait prendre conscience aux autres. Dieu nous fait prendre conscience, par ces récits, de ces moralités.

Autre explication : Dieu fait grâce aux gens puisqu’Il a ressuscité ces gens-là afin qu’ils tirent la moralité, qu’ils sachent que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’il n’y a pas de possibilité d’échapper à la prédestination de Dieu. Dieu a donné aux gens cette possibilité d’être exhortés. Et s’Il l’avait voulu, Il les aurait laissés morts jusqu’au jour du jugement.

Mais la plupart des gens ne remercient pas. La preuve est que ce récit a été cité pour inciter au ǧihād et ce qui va s’en suivre comme ordre de faire le ǧihād dans la voie que Dieu agrée. Et c’est le verset qui suit qui est le verset 244 : combattez dans la voie que Dieu agrée : Il les a incités au ǧihād après les avoir informés que la fuite de la mort n’est pas utile. Et cette parole s’adresse à la communauté de Muḥammad ʿalayhi s-salām ou bien à ceux qu’Il a ressuscités, des milliers dont il a été question tout à l’heure.

Et sachez que Dieu entend : Il entend ce que disent ceux qui se mettent en retrait, qui ne veulent pas rejoindre ceux qui sortent et Il entend ce que disent ceux qui sortent.

Il sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs. Il sait ce qu’ils ont dans leur for-intérieur.

Verset 245 : qui donc est prêt à dépenser dans la voie que Dieu agrée et il le fait de plein gré : Il a appelé cela un prêt « qarḍ », comme un prêt que la personne dépense dans la voie que Dieu agrée. Le qarḍ est ce qui est remboursé par un équivalent par la suite. C’est ce qui est remboursé par un montant équivalent, plus tard. Cela signifie « couper » (les maqrūḍ sont les morceaux de gâteaux, qui sont coupés). C’est comme si la personne coupe le montant de ses biens pour le donner à un autre, qui le remboursera l’équivalent. Il a comparé ce qu’on dépense dans la voie que Dieu agrée, à un prêt d’argent. Cela veut dire que Dieu te conserve cela, ce n’est pas perdu, la personne sera récompensée pour ce qu’elle aura fait. C’est comme si on prête puis on sera remboursé. La dépense que l’on fait par recherche de l’agrément de Dieu est comme si on avait prêté et le remboursement sera la récompense. Et Dieu nous rétribuera sans aucun doute.

La personne le fait de bon cœur à partir de l’argent qui est bon c’est-à-dire licite. Ici il s’agit de la dépense pour le ǧihād car Dieu a ordonné de mener des conquêtes dans la voie qu’Il agrée pour ces conquêtes, il y a besoin d’argent, Il a incité à faire des dons pour que les causes soient réunies pour cela.

Allāh le lui multipliera de nombreuses fois et Dieu seul sait combien. Il a été dit que la récompense d’un euro est comme sept-cent euros.

Et Allāh est Celui Qui fait que la subsistance devienne très faible ou qu’elle devienne très grande. Le licite dans ce bas monde, on va rendre des comptes dessus, et l’illicite dans ce bas monde, on mérite un châtiment. Alors ne faites pas preuve d’avarice pour le bien que Dieu nous a accordé en abondance, sinon vous allez le regretter.

Et vous allez revenir à la vie pour son jugement. Et Dieu va vous rétribuer pour ce que vous aurez fait. Celui qui a fait du bien va trouver du bien. Celui qui a fait du mal trouvera autre que le bien.

Verset 246 : n’as-tu pas vu l’assemblée : l’assemblée de personnes nobles parce que, quand tu les vois, ton cœur est empli de respect et les yeux sont emplis de crainte. De certains descendants d’Isrāʾīl, après le décès de Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont dit à un de leurs prophète (il s’appelle Šamʿūn (Simon) ou bien Yūšaʿ ou bien Išmāwīl)

Désigne-nous un roi : ils lui ont demandé de leur désigner un roi qui va les amener au combat, qui les dirige et qui va les orienter pour la gestion des conquêtes et nous allons lui obéir

Nous allons mener des conquêtes dans la voie que Dieu agrée.

Le prophète leur a répondu : il a dit est-ce-que, lorsque le combat vous sera prescrit, vous allez vraiment combattre ? Il était convaincu qu’ils n’allaient pas combattre et qu’ils allaient faire preuve de manque de courage. La forme est une question mais il était persuadé de la réponse négative. Cette forme interrogative est pour décréter et confirmer ce dont il était convaincu.

Ils ont répondu mais pourquoi n’irions-nous pas combattre dans la voie que Dieu agrée ? C’est-à-dire qu’est-ce qui nous amènerait à délaisser le combat ?  Quel objectif aurions-nous en cela ?

Alors que nous avons été chassés de chez nous, nous et nos enfants ? Parce que le peuple de Goliath habitait entre l’Egypte et la Palestine et ils ont fait prisonniers les enfants de leur roi (440 d’entre eux). Ils visent par-là que, si la situation est telle qu’elle est maintenant, il est forcément nécessaire que nous allions combattre.

Lorsque le combat leur a été prescrit : c’est-à-dire qu’ils ont été exaucés dans leur attente,

Ils ont reculé : comme ce à quoi s’attendait leur prophète

Excepté un faible nombre d’entre eux : ceux qui n’ont pas reculé étaient 313 (exactement le même nombre que les musulmans qui ont combattu lors de la bataille de Badr)

Et Dieu sait ceux qui sont injustes. Cette parole est une menace pour eux, pour leur injustice de n’avoir pas répondu à l’ordre de Dieu.

Verset 247 : leur prophète leur a dit : Allāh vous a désigné un roi qui s’appelle Ṭālūt : et ce ne sont pas des noms arabes. C’est comme le nom Goliath et le nom Dāwūd, ce ne sont pas des noms arabes et donc ils ne suivent pas la déclinaison grammaticale des noms arabes (ce sont des noms exceptés de la déclinaison).

Ils lui ont dit comment est-ce que c’est un roi, lui ? Nous sommes prioritaires pour être des rois et lui, n’a pas d’argent. Ils ont renié le fait qu’il soit un roi pour eux. Et ils ont trouvé cela inadmissible. Ils ont dit comment Ṭālūt deviendrait-il un roi alors qu’il ne mérite pas de devenir notre roi puisqu’il y a ceux qui sont prioritaires sur lui pour devenir des rois ? Ils lui ont dit : il est pauvre et un roi a nécessairement de l’argent pour pouvoir gouverner. Ils lui ont dit tout cela parce qu’habituellement, parmi les descendants d’ Isrāʾīl, les prophètes étaient des descendants d’un homme qui s’appelle Lāwā fils de Yaʿqūb ʿalayhi s-salām. Et la souveraineté était de la descendance de Yahūḏā qui était un des descendants de Binyāmīn, le petit frère de Yūsuf. Alors que Ṭālūt était un homme qui donnait de l’eau aux gens et il donnait aux pauvres. Il a été dit que leur prophète a invoqué Allāh. Ils lui ont ramené un bâton et lui ont dit : votre roi sera celui qui aura la taille de ce bâton. Ils ont mesuré tout le monde et il n’y a eu que Ṭālūt qui avait la taille de ce bâton.

Il leur a dit : Allāh l’a élu pour qu’il soit votre roi et Allāh sait mieux votre propre intérêt que ce que vous le savez. Puis Il leur a cité deux choses qui sont de leur intérêt, qui sont plus utiles et plus profitables que ce qu’ils ont cité eux-mêmes. Ils avaient cité l’ascendance de Ṭālūt en disant qu’il n’était pas descendant des rois et le fait qu’il n’avait pas d’argent. Allāh leur a cité deux particularités que les autres n’avaient pas : il avait beaucoup de science et il était fort.

Allāh lui a donné encore plus de science et une force physique. Ils ont dit que Ṭālūt était parmi les descendants d’Isrāʾīl celui qui avait le plus de connaissance des techniques de guerre et dans la science de la religion parmi les gens de son époque. Et il dépassait tout le monde par sa tête et ses épaules. Dieu dit que Ṭālūt a plus qu’eux et que le roi fait partie nécessairement des gens qui ont de la science, parce que celui qui est ignorant est méprisable, il est humilié et on ne profite pas de lui. Un roi a forcément des connaissances dans la religion. Et il était fort physiquement et ceci a un impact sur les gens. Quand le roi est imposant par sa taille et par sa corpulence, il inspire davantage de crainte et de respect chez les gens.

Et Allāh accorde la souveraineté à qui Il veut. La souveraineté appartient à Dieu. Il n’y a pas qui la Lui dispute. Allāh l’accorde à qui Il veut l’accorder. Et ce n’est pas par l’héritage.   

Et Allāh est Celui Qui accorde avec largesse : Il élargità celui qui n’a pas suffisamment d’argent, Il l’enrichit après sa pauvreté.

Et Il sait : c’est-à-dire qu’Il sait qui Il élit pour la souveraineté.

C’est à ce moment-là qu’ils ont demandé quel était le signe qui leur indiquerait que Ṭālūt serait leur roi.

Verset 248 : et leur prophète leur a dit que le signe de sa souveraineté est qu’il va vous ramener at-tābūt : il s’agit du coffret de la Torah. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, quand il allait au combat, faisait en sorte que ce coffre était placé à la tête des descendants d’Isrāʾīl et ça amenait la sérénité dans leurs cœurs. Et ainsi ils ne s’enfuyaient pas.

Il comporte une sérénité de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire une sérénité et une paix. Et dans le coffre, il y aura quelques restes des tablettes qui ont été révélées à Mūsā et il y aura son bâton, ses vêtements et un peu de Torah   ainsi que les deux sandales de Mūsā et le turban de Hārūn

Ce sont des restes que vous ont laissés Mūsā et Hārūn. Les anges vont vous le porter. Car ce tābūt a été élevé après la mort de Mūsā puis les anges l’ont fait descendre jusqu’à terre.

Il y a certes en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants. Cela veut dire que le fait que ce coffre vous revienne, c’est un signe que Dieu a accordé la souveraineté à Ṭālūt : il est devenu votre roi si vous êtes de ceux qui croient en la véracité.

Verset 249 : lorsque Ṭālūt est sorti avec les soldats pour combattre l’ennemi, ils étaient 80 000 soldats. Il faisait extrêmement chaud et ils ont demandé à Dieu de leur faire couler une rivière pour qu’ils puissent boire. Il leur a dit : Allāh vous éprouvera c’est-à-dire qu’Il va vous faire subir une épreuve par une rivière. Dieu va vous donner la rivière de Palestine, pour que soit distingué entre vous qui est sincère dans le combat et qui ne veut pas combattre. Il leur a dit : celui qui va boire comme boivent les animaux, c’est-à-dire en mettant directement sa bouche dans l’eau, alors il ne fera pas partie des miens. Mais celui qui n’en boit pas, il fait partie des miens, comme s’il puise l’eau avec la paume des mains. C’est une autorisation. Ils ont tous bu, comme font les animaux, excepté peu parmi eux : et c’était les 313.

Quand ils ont dépassé la rivière, Ṭālūt et ceux qui étaient croyants avec lui, ils lui ont dit : nous ne pouvons pas aujourd’hui tenir tête à Goliath (Ǧālūt) et à son armée. Et Goliath était un géant et un injuste. Il était descendant de Imlīq qui est le fils de ʿĀd. Il portait 300 livres de fer sur son armure et son casque. (Une livre équivaut à environ 500 grammes, donc 300 livres équivalent à 150 kg).

Il a dit ceux qui ont la certitude qu’ils vont gagner l’agrément de Dieu : c’est-à-dire la certitude qu’ils vont mourir martyrs. Ceux qui sont restés avec Ṭālūt étaient peu nombreux. Il a été dit que ceux qui avaient puisé avec le creux de leurs mains, ce qu’ils avaient puisé leur avait suffi pour étancher leur soif et en tant que provision. Tandis que ceux qui ont bu directement, leurs lèvres sont devenues noires et ils étaient assoiffés.

Ceux qui ont juste puisé l’eau ou bien qui n’ont rien pris, ils ont dit que le faible nombre a eu le dessus sur le groupe du grand nombre, par la volonté de Dieu. Et c’est Dieu Qui accorde la victoire.

Et Allāh accorde la victoire à ceux qui patientent.

Verset 250 : quand ils se sont engagés pour combattre Goliath (Ǧālūt) et son armée. Ils sont sortis avec Ṭālūt pour combattre Goliath.

Ils ont dit : ô notre Seigneur déverse sur nous la patience pour le combat et fais que nos pas soient fermes en renforçant nos cœurs et en introduisant la terreur dans les cœurs de nos ennemis.

Et donne-nous la victoire sur les mécréants. C’est-à-dire : fais que nous ayons le dessus.

Verset 251 : ils les ont vaincus : c’est-à-dire que les musulmans ont vaincu les mécréants c’est-à-dire que Ṭālūt et les musulmans ont vaincu Goliath et son armée

Par la volonté de Dieu : c’est-à-dire par un soutien de la part de Dieu, par la prédestination de Dieu, Dieu les a aidés et ils ont vaincu les mécréants.

Et David a tué Goliath : Bīšā était un croyant qui était dans l’armée de Ṭālūt, avec six de ses fils. Et le septième fils de Bīšā était David qui était jeune et qui faisait paitre le bétail. Dieu a révélé au prophète des descendants d’Isrāʾīl que ce serait David qui allait tuer Goliath. Ṭālūt, a demandé à Bīšā de ramener le plus jeune de ses fils. Et alors que David était en chemin, il y a trois pierres qui lui ont dit de les prendre. Chacune de ces pierres disait à David : « ramasse-moi ». Et chacune d’elle disait : « c’est avec moi que tu vas tuer Goliath ». David a pris les trois pierres, il a saisi sa fronde et il a tué Goliath. Alors Ṭālūt a donné en mariage sa fille à David. Ṭālūt était roi, il a envié David et a souhaité le tuer puis il a fait le repentir.

Allāh lui a accordé la souveraineté : c’est-à-dire à David. Dieu lui a accordé la souveraineté à l’est et à l’ouest. Et le peuple d’Isrāʾīl n’a pas eu un souverain qui les unisse tous avant David. David était le premier roi et prophète qui les a tous gouvernés.

Wal-ḥikmah : c’est-à-dire la prophétie.

Et Dieu lui a appris plusieurs choses : entre autres la fabrication des armes, des armures, des boucliers, ainsi que le langage des oiseaux et des animaux et autre que cela.

Et si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes s’opposent à d’autres, alors il y aurait beaucoup de corruption sur terre. C’est-à-dire que si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes repoussent d’autres, s’Il n’avait pas fait que leur corruption soit arrêtée, les corrupteurs auraient fait beaucoup plus de mal et il y aurait moins de bienfait sur terre en tant que récolte et descendance. S’il n’y avait pas eu certains qui se sont opposés à d’autres, le mal se serait propagé. Si Dieu n’avait pas accordé la victoire aux musulmans, alors il y aurait corruption sur terre et il y aurait la mort des gens de bien, il y aurait la destruction de villes. Par la cause des musulmans, le mal cesse.

Allāh est Celui Qui accorde une grande grâce pour les gens. Dieu est Celui Qui fait grâce aux gens, en faisant cesser la corruption, en éloignant d’eux le mal. Dieu accorde le bien par Sa grâce : c’est une preuve contre les moutazilites parce que ce groupe, que Dieu les maudisse, dit que c’est une obligation pour Dieu de récompenser ceux qui sont obéissants. Alors que Dieu n’est pas contraint à faire quoi que ce soit. Ils prétendent que c’est l’homme qui crée le bien et que, forcément, Dieu doit le récompenser. Nous, nous disons comme il est dit dans ce verset : Dieu a fait grâce aux gens en leur accordant le bien. Si le bien provient de nous, c’est une grâce de la part de Dieu. Si Dieu nous rétribue pour ce bien, c’est un bienfait et une grâce de la part de Dieu.

Verset 252 : ce sont là des signes de la part de Dieu. C’est-à-dire les récits qui vous ont été rapportés par des milliers, le fait que Dieu les ait fait mourir puis les ait fait revenir à la vie, le fait que Ṭālūt ait été désigné en tant que roi et le fait qu’il ait le dessus sur les géants par les mains d’un jeune qui est David.

Nous te les rapportons véritablement : c’est-à-dire que c’est une certitude. Il n’y a pas de doute à ce sujet. Les gens du Livre n’ont pas de doute à ce sujet parce que ce récit qui est dans le Qur’ān est aussi dans leurs livres. Même eux ne le renient pas.

Et certes tu es certes au nombre des envoyés. Certes tu fais partie des envoyés. C’est-à-dire que tu informes de ces récits-là sans que tu ne les aies connus en lisant un livre ou en les ayant entendus de ceux qui les ont rapportés. C’est un témoignage de la part de Dieu que Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam bien un envoyé de la part de Dieu, puisqu’il rapporte ce récit, alors qu’il ne lit pas et n’écrit pas. Et eux, ils cachent cela. Comment donc a-t-il su cela ? Par révélation.

Verset 253 : ces messagers : c’est une allusion à un certain nombre de messagers dont le récit a été mentionné dans cette sourate, depuis Ādam jusqu’à David. Ou encore ces messagers dont le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a eu connaissance.

Nous avons accordé à certains un mérite sur d’autres : parce que tous les messagers ne sont pas du même degré. Les messagers se distinguent les uns des autres : certains ont un degré supérieur aux autres, par des caractéristiques qui sont au-delà de leur statut de prophète. Car en ce qui concerne leur statut de messager, ils sont tous équivalents puisqu’ils sont tous des messagers. Comme les croyants qui sont tous équivalents dans la foi, c’est-à-dire dans la base de la foi. Les Hanafites disent que la base de la foi n’augmente pas ni ne diminue. Les croyants se distinguent dans les actes d’obéissance. Comme si quelqu’un jeûne les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah : il va dépasser en degré celui qui ne les jeûne pas. Ainsi pour les prophètes, certains se distinguent des autres par des caractéristiques que Dieu leur accorde : comme notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il a voulu rencontrer quelqu’un qui avait plus de science que lui et c’était Al-Ǧādir. Et Al-Ǧādir avait plus de connaissances que Mūsā sur certaines choses et vice-versa.  

Parmi eux il y a ceux à qui Allaah a fait entendre Sa parole : sans qu’il n’y ait d’intermédiaire. Et il s’agit de Mūsā ^alayhi s-salaam. La parole de Dieu n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. C’est un attribut, comme Sa vie, Son unicité, Sa vue, ce ne sont pas des attributs avec des organes. Quand on dit que Mūsā a entendu la parole de Dieu, ça veut dire que Dieu a enlevé le voile abstrait qui empêche d’entendre la parole de Dieu.

Allāh a élevé certains prophètes par certains degrés : il y a parmi les prophètes ceux que Dieu a élevés en degrés plus que d’autres. Celui qui a le plus haut degré parmi les prophètes est notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam parce qu’il a été envoyé à tout le monde. Alors que Mūsā, ʿīsā ont été envoyés à banu Isrāʾīl, c’est-à-dire aux descendants de   Yaʿqūb. Également il a un mérite sur les autres prophètes car il a eu plus de miracles que les autres prophètes. Certains ont dit mille ou plus que mille miracles. Et le plus haut miracle est le Qur’ān, qui est un miracle permanent. Dans ce verset, il n’a pas été précisé par quoi ils ont été élevés. Ceci est pour montrer l’importance des degrés de certains par rapport à d’autres, que le degré de certains dépasse le degré d’autres.

Et il a été dit que ceux qui ont été élevés par rapport à d’autres, ce sont Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ, qui sont appelés ʿulu l-ʿazm. Et notre maitre Abū Hurayrah a dit ce qui signifie : « les meilleurs des prophètes sont au nombre de cinq : Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ et le meilleur d’entre eux est MouHammad ». Rapporté par Al-Ḥākim dans al-mustadrak.

Et Nous avons accordé à ʿīsā le fils de Maryam des signes clairs. Ce sont les miracles comme la résurrection des morts, guérir celui qui est aveugle de naissance et celui qui a la maladie de la peau appelée vitiligo et autres que cela.

Nous l’avons soutenu par rūḥi l-qudus : et c’est l’ange Ǧibrīl ^alayhi s-salaam, ou bien par l’évangile. On peut dire « al-qudis » ou « al-qudusi » : ça veut dire l’âme de la pureté. C’est une caractéristique de Ǧibrīl.

Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit après les messagers, après qu’ils aient eu les preuves claires. C’est-à-dire les miracles.

Mais les gens ont eu des conflits : par la volonté de Dieu. Dieu l’a voulu. Et Il a indiqué en quoi il y a eu des conflits, comment les gens se sont distingués les uns des autres

Certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants. Dieu nous apprend qu’Il a fait que les choses soient ainsi pour Ses messagers. Il n’y a pas parmi les messagers un seul qui a eu l’obéissance de toute sa communauté durant sa vie, ni l’obéissance de toute sa communauté après sa mort. Mails ils ont été différents : certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants.

Et si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. C’est une répétition, pour insister. Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de différence au sein de la communauté et ils auraient tous été croyants. Parce que n’a lieu dans ce qui appartient à Dieu, que ce que Dieu veut. Et cette phrase est encore une réplique aux moutazilites : ils disent que Dieu a voulu qu’il n’y ait pas de conflit mais ils ont eu des conflits. Alors que Dieu nous apprend que, s’Il l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. Et les moutazilites disent le contraire. Ils disent que Dieu est vaincu. Quand une chose arrive en-dehors de la volonté de quelqu’un, ça veut dire que ce quelqu’un est impuissant.

Mais Allāh fait ce qu’Il veut. Dieu fait absolument ce qu’Il veut. Il n’y a pas une chose qui arrive sans que ce soit par la volonté de Dieu. Dieu a confirmé la volonté pour Lui-même, tout comme c’est la voie de ahlu s-sunnah. La voie de ahlu s-sunnah est que tout est par la volonté de Dieu.

Verset 254 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir de ce que Nous vous avons accordé en subsistance. C’est-à-dire dans le  ǧihād dans la voie que Dieu agrée, ou bien c’est un sens général il s’agit de toute aumône en général.

Avant que ne vienne un jour dans lequel il n’y aura pas de commerce : c’est-à-dire avant que ne vienne un jour dans lequel vous n’aurez pas la capacité de rattraper les dépenses que vous avez manquées, et c’est le jour du jugement parce que ce jour-là, il n’y aura plus de vente ni d’achat, vous ne pourrez pas ce jour-là obtenir ce que vous dépenserez c’est-à-dire toujours dans la voie que Dieu agrée

Ni de compagnon : c’est-à-dire que ce jour-là, il n’y aura pas de compagnon qui pourra vous excuser ni vous pardonner

Ni d’intercession : c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’intercession en faveur des mécréants. Quant aux croyants, ils auront une intercession. Ou bien il n’y aura pas d’intercession sans l’autorisation de Dieu.

Et les mécréants ce sont eux les injustes : ils sont injustes envers eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas œuvré pour le jour du jugement. Ils n’ont pas préparé ce qui est un jour où ils auront des besoins. Ils auront des besoins ce jour-là et ils n’ont pas anticipé. Ou bien les « kāfirūn » ce sont les incrédules c’est-à-dire ceux qui ne croient pas en ce jour-là.

Notre šayẖ a ajouté : et la mécréance est le summum de l’injustice, c’est l’extrême injustice. Ainsi toute injustice qui peut se produire de la part d’un musulman, ce n’est comme rien du tout par rapport à l’injustice qui peut se produire de la part d’un mécréant. Le mécréant, du fait d’avoir commis cette mécréance a commis une injustice qui est la plus grave des injustices. Elle est plus grave que l’injustice que peut commettre un musulman. Si un musulman ne fait pas la prière obligatoire, c’est une injustice, si un musulman commet la fornication, c’est une injustice. Donc ce qui compte, c’est d’adorer Dieu. Ce n’est pas comme certains disent, que la religion c’est le comportement. Cela veut dire que celui qui est injuste mais qui est musulman, comme s’il consomme les biens des gens injustement ou bien s’il frappe les gens sans droit, tout cela est comme rien du tout par rapport à la mécréance. Parce que l’injustice que commet le musulman, Dieu la pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il ne les châtie pas. Cela veut dire que la mécréance est la couche supérieure dans l’injustice. La mécréance commise par le mécréant constitue une injustice. Cette injustice est plus grave que si un musulman avait assassiné des milliers de milliers de musulmans, sans se rendre licite l’assassinat, même s’il n’avait pas fait le repentir. Allāh taʿālā nous a fait comprendre par ce verset et par autre que ce verset que la mécréance est le summum de l’injustice et que toute injustice qui est moindre que la mécréance est quelque chose de très petit par rapport à la mécréance. Et les mécréants ce sont eux les injustes c’est-à-dire que ce sont eux qui ont commis le maximum d’injustices. La mécréance commise par les mécréants est le maximum de l’injustice.

Verset 255 : et c’est Āyatu l-kursiyy. Allāh, il n’est de dieu que Lui :

Le nom « Allāh » est un nom propre qui désigne un être qui est glorifié et qui mérite que nous Le glorifiions à l’extrême et que nous nous soumettions à Lui à l’extrême. Le nom « al-ilaahou » est celui qui a la divinité c’est-à-dire celui qui a la capacité de créer c’est-à-dire de faire exister ce qui n’existait pas.

Puis An-Nasafiyy cite un linguiste qui s’appelle Al-Fayyūmiyy qui a écrit un livre intitulé « al-miṣbāḥu l-munīr » (qui se présente comme un dictionnaire très concis mais c’est une mine d’or) dans lequel il explique le mot « al-ilāh » : à l’origine, c’est celui qui est adoré et il s’agit de Dieu subḥānahu wa taʿālā. Quand on dit « al-ilāh » (le dieu) c’est Allāh taʿālā. Puis les associateurs ont détourné ce mot et l’ont utilisé pour désigner ce que, eux, ont adoré, au lieu d’adorer Dieu. En effet Dieu seul a la capacité de faire exister ce qui n’existe pas.

Un autre spécialiste de la langue qui s’appelle Al-Mubarrid a dit : le dieu est celui qui a al- ilāhiyyah c’est-à-dire la divinité et la divinité est la capacité de faire exister et de créer. Donc il n’est pas permis de dire que « le dieu » est tout ce qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. N’est-ce pas qu’il y a des gens qui adorent des vaches ?! Nous disons que « le dieu » est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs qui ont détourné le sens du mot « dieu » pour désigner ce qui ne mérite pas d’être adoré.

L’imam Abū Manṣūr al-Baġdādiyy a compté le nom « al-ilāh » parmi les noms de Dieu.

Tout cela est une preuve contre ceux qui prétendent que « al-ilāh » signifie celui qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. On ne dit pas que tout ce qui est adoré est un dieu. On dit que le dieu est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs, c’est-à-dire ceux qui adorent autre que Dieu qui ont détourné ce mot pour prétendre que ce mot désigne tout ce qui est adoré et c’est faux.

Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il a pour attribut la vie. Sa vie est exempte de fin. L’anéantissement est impossible au sujet de Dieu. Dieu ne S’anéantit pas. La vie des humains s’anéantit lorsque l’âme sort du corps, qu’elle est retirée du corps par l’ange ʿAzrāʾīl. Alors que la vie de Dieu est un attribut qui n’a ni début ni fin.

Il est Qayyūm c’est-à-dire qu’Il est Celui Qui est exempt de fin, Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Il est Celui Qui prédestine à Ses créatures et Qui préserve Ses créatures de ce dont Il veut qu’elles soient préservées.

Il n’est touché ni par la somnolence : la somnolence est cet état de relâchement qui précède le sommeil. Dieu n’est pas concerné par cela.

Ni par le sommeil : Al-Muffaḍḍal a dit que « as-sinah » c’est lorsque la tête s’alourdit. Et « an-nuʿās » c’est lorsque les yeux sont fatigués. Et « an-nawm » c’est lorsque le cœur se déconnecte, lorsque la personne s’endort. Il a dit que « as-sinah » est relatif à la tête, «an- nuʿās » est relatif aux yeux et « an-nawm » est relatif au cœur. C’est une insistance pour montrer que Dieu est bien « Al-Qayyūm ». Car celui pour lequel ces choses sont possibles, il n’est pas qayyūm. Dieu a révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām de dire à ces gens-là : « c’est Moi Qui fais que les cieux et la terre restent à leur place, par Ma toute-puissance. Si J’étais touché par la somnolence ou le sommeil, ils tomberaient ».

A Lui ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre Lui appartient et tout ceci est sous Sa domination. Il n’y a pas de chose qui se produise sans que ce soit par Sa volonté. Cela signifie que le bien et le mal sont par la volonté de Dieu.

Qui donc aurait intercédé si ce n’est pas Sa permission ? Personne ne pourra intercéder au jour du jugement si ce n’est pas la volonté de Dieu. Et ceci est une indication de Sa totale souveraineté et de la totale gloire qui lui est due. Et qu’au jour du jugement, personne n’aura la capacité de dire un seul mot sauf s’il lui est autorisé de parler. De plus, ce verset est une réplique à la prétention des mécréants qui prétendent que leurs idoles vont intercéder en leur faveur.

Il sait ce qu’il y a devant eux et derrière eux. Il sait ce qui va avoir lieu avant eux et ce qui va avoir lieu après eux. Le pronom « eux » se rapporte à ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Parmi ceux qui sont dans les cieux et sur terre, il y a ceux qui sont dotés de raison.

Et ils ne savent de ce qu’Il sait que ce qu’Il veut qu’ils sachent : on dit ô Dieu, pardonne ce que Tu sais de nous. Et ils ne savent de ce que Dieu sait, que ce que Dieu veut qu’ils sachent. Cela signifie que les habitants des cieux, qui sont les anges et les habitants de la terre, que ce soient les prophètes, les saints, toutes ces créatures ne savent que ce que Dieu veut qu’ils sachent.

Excepté ce qu’Il veut : c’est-à-dire excepté ce qu’Il a voulu qu’ils sachent. C’est pour cela que Dieu mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême parce qu’Il est Celui Qui nous a créé, Qui nous a donné l’existence.

Al-kursī est un corps de très grande dimension qui se trouve sous le Trône : si tous les sept cieux et les sept terres étaient placés les uns à côté des autres, al-kursī serait encore plus grand que tout cela réuni.

Par ailleurs ibnu Ḥibbān a rapporté du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam que la taille des sept cieux par rapport à celle de al-kursī est à l’image d’un anneau jeté dans une terre déserte.Al-kursiyy est très grand par rapport aux sept cieux. Et le mérite du Trône par rapport au kursiyy est comme cette terre étendue par rapport à l’anneau. C’est-à-dire que le Trône est encore beaucoup plus grand que al- kursī. Pourquoi le kursiyy a-t-il été appelé ainsi ? En arabe « kursiyy » signifie « chaise » ou « tabouret » dans le sens de ce sur quoi on poserait le pied pour monter sur un lit. Donc al-ʿarš est comme un lit et al-kursiyy est comme un tabouret sur lequel on monterait pour accéder au lit.

An-Nasafiyy précise une chose. Il dit que ce n’est pas valide d’expliquer al- kursiyy par la science, parce que ce n’est pas correct dans la langue arabe. Dans la langue arabe, le mot « kursiyy» n’a pas le sens de la science. Certains exégètes ont prétendu cela. Cette phrase ici est pour rectifier le sens que certains ont donné.

Pour en revenir à al-ʿarš qui est traduit par le Trône : al-ʿarš est un lit, c’est-à-dire un support horizontal qui repose sur quatre piliers verticaux. Et c’est le plus grand corps que Dieu a créé. Et cela ne veut pas dire que Dieu ne peut pas créer plus grand que cela mais cela veut dire que Dieu n’a pas créé un corps qui soit plus grand. Et le Trône est le toit du paradis. Et la sagesse de la création du Trône et du kursiyy est de manifester la puissance de Dieu.

Et l’imam ʿAbdul-Qāhir fils de Ṭāhir Al-Baġdādiyy dans son livre intitulé « ʾUṣūlu d-dīn » (les fondements de la religion) a rapporté du compagnon ʿAliyy ibnu abī Ṭālib que Dieu l’agrée, ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône en tant que manifestation de Sa puissance et Il ne Se l’est pas pris comme endroit pour Lui-même ».

Il y a une autre version du ḥadīṯ qu’on a vu précédemment à propos du kursiyy : « les sept cieux par rapport au kursiyy sont comme un anneau dans une terre déserte et le rapport du Trône par rapport au kursiyy est comme l’étendue de cette terre par rapport à l’anneau ». Rapporté par ibnu Ǧarīr.

Et ce n’est pas difficile pour Lui, de les préserver : c’est-à-dire de préserver les cieux et la terre.

Il a un très haut degré : il s’agit ici d’une élévation en degré et on ne dit pas que Dieu serait établi sur le Trône. Parce que l’élévation par la direction est quelque chose d’impossible au sujet de Dieu. C’est une caractéristique des créatures.

Al-Qurtubiyy (originaire de de Cordoue) a expliqué le nom de Dieu « Al-ʿAliyy » par l’élévation du degré et de la glorification qui lui est due et ça ne veut pas dire l’élévation par l’endroit car Allāh est exempt d’être situé dans un endroit. Al-ʿAliyy et Al-Āliyy signifient « Al-Qāhir », Celui Qui domine toute chose.

Autre explication du nom « Al-ʿAliyy » : celui qui est au-dessus des caractéristiques qui ne sont pas dignes de lui. C’est-à-dire qu’Il est exempt des caractéristiques des créatures.

Al-ʿAẓīm : Il est l’Eminent par Sa gloire et par le respect qui lui est dû. Celui Qui est attribué des attributs qui sont dignes de Lui.

Ces deux noms réunissent le sens parfait, complet du tawḥīd

Commentaire de An-Nasafiyy : les phrases qui composent ce verset ne sont pas liées par une conjonction de coordination, comme « mais où et donc or ni car ».

La première phrase indique que Dieu est Celui Qui prédestine à Ses créatures, et Il est Celui Qui domine Ses créatures. Il n’est pas sujet à la somnolence ni au sommeil. Rien ne Lui échappe.  

La deuxième phrase indique qu’Il est Celui à qui appartient ce à quoi Il prédestine.

La troisième phrase indique la grande éminence de Dieu.

La quatrième phrase indique que Dieu sait tout de Ses créatures, rien ne Lui échappe.

La cinquième phrase est pour expliquer l’étendue de Sa science et le fait que Sa science se rapporte à toute chose. Ou pour indiquer l’éminence de Son degré.

Ce verset a un mérite sur les autres versets du Qur’ān parce qu’il y a eu beaucoup de textes qui nous sont parvenus à ce sujet et qui indiquent qu’il a un mérite. Entre autres ce qu’a rapporté l’imam ʿAliyy ibnu abī Ṭālib, le quatrième calife, de la part du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui récite « āyatu l-kursiyy » après chaque prière obligatoire, rien ne l’empêche d’entrer au paradis si ce n’est la mort ». Rapporté par An-Nasāʾiyy et aṬ-Ṭabāniyy.

Il n’y a pas une évocation plus éminente, plus importante, que l’évocation de Dieu. Tout ce qui est une évocation de Dieu est meilleur que toutes les autres évocations. Et c’est par là que nous avons su que la meilleure des sciences est la science du tawḥīd.

Il a été rapporté que « āyatu l-kursiyy » est la meilleure de toutes les sūratu l-baqarah du Qur’ān. Abū Hurayrah a rapporté que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « il y a dans sūratu l-baqarah une āyah qui est la maitresse des autres āyah du Qur’ān. Elle n’est pas récitée dans une maison qui comporte un šayṭān (un ǧinn mécréant) sans que celui-ci en sorte ». Rapporté par Al-Hākim, at-Tirmiḏiyy et Al-Bayhaqiyy.

Et dans le ḥadīṯ de la ṣadaqah (c’est-à-dire la zakāt) : il y a eu la collecte de la zakāt des animaux et le Prophète avait chargé Abū Hurayrah de se charger de cela. Une nuit, quelqu’un a essayé d’en prendre et Abū Hurayrah l’en a empêché mais il n’a pas vu qui était-ce. Celui-là a dit : « lâche -moi et je ne referai pas cela. Je suis un ǧinn ». Et Abū Hurayrah a demandé : « qu’est-ce qui nous protège de vous ? » Le ǧinn lui a dit : « quand tu vas pour dormir, alors récite Āyatu l-kursiyy. Tu auras de la part de Dieu une protection et aucun   šayṭān ne t’approchera jusqu’au matin ». Abū Hurayrah est parti rapporter cela au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui a dit ce qui signifie : « il t’a dit quelque chose de vrai ».  Mais attention car généralement, les ǧinn sont très souvent des menteurs. (Kaḏūb en suivant la structure faʿūl indique que quelqu’un fait une chose de façon excessive)

Verset 256 : il n’y a pas de contrainte dans la religion : c’est le sens apparent. Une première explication est : c’est-à-dire que, toi, Muḥammad, tu n’as pas la capacité de contraindre les cœurs à croire. C’est-à-dire que tu ne peux pas rendre quelqu’un croyant si, lui, son cœur rejette la foi. Une deuxième explication est que tu n’as pas à contraindre quelqu’un qui paye la ǧiziah (qui est le montant que paient les non musulmans qui font partie des gens du Livre et qui vivent sous l’autorité du sultan musulman), tant qu’il paye cette ǧiziah et qu’il respecte les conditions du gouverneur musulman, tu ne peux pas le contraindre à venir à la religion de vérité.  D’autres savants ont dit que ce verset est à prendre selon son sens apparent mais qu’il a été abrogé. Lorsqu’il y a eu l’ordre de combattre les infidèles, ce verset a été abrogé.

Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh que Dieu lui fasse miséricorde a commenté ce que An-Nasafiyy a dit : c’est un verset à propos duquel il y a eu plusieurs avis. Entre autres que ce verset a été descendu par révélation au début de l’islam, avant que ne vienne l’autorisation de combattre. Parce qu’à cette époque-là, quand ce verset a été révélé, le Messager, il lui était empêché de se défendre et de défendre ceux qui l’avaient suivi par le ǧihād parce que leur nombre était faible. Puis, après treize années, il leur a été ordonné de combattre, dans le verset 39 de sourate sūratu l-ḥaǧǧ : « il a été autorisé à ceux qui sont combattus (les musulmans) qu’ils ont subi une injustice et que Dieu est tout puissant à les soutenir ». L’autre verset a été abrogé par ce verset. Le šayẖ a dit que le sens de ce verset « lā ʾikrāha fi d-dīn » c’est-à-dire « ne contraignez personne à entrer en islam par le combat » jusqu’à ce que vous parvienne l’autorisation de le faire. Puis l’autorisation de le faire leur est parvenue et ce verset a été abrogé par d’autres versets qui incitent au combat.

Il a été rapporté qu’un partisan (de Médine) avait deux fils qui étaient devenus chrétiens. Alors leur père leur a dit qu’il allait insister jusqu’à ce qu’ils redeviennent musulmans. Mais ils ont refusé et ils sont partis se plaindre au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le père a dit : « est-ce qu’une partie de moi va aller en enfer et moi, j’observe, sans broncher ? » C’est alors que ce verset a été révélé, alors le père les a laissés.

Ibnu Masʿūd et d’autres ont dit que cela a eu lieu au début de l’islam puis cela a été abrogé ; il fallait contraindre par le combat.  Certains prétendent s’appuyer sur ce verset-là pour dire que les non musulmans ne sont pas combattus dans l’absolu. En vérité, remettre en cause ce jugement est une apostasie parce qu’ils contredisent les textes comme le verset qui signifie : « combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ».

La foi est bien distincte de la mécréance : on arrive parfaitement à distinguer la foi et la mécréance par les preuves qui sont claires.

Celui qui mécroit au šayṭān ou qui renie les idoles (qui ne les adore pas) et qui croit en Dieu, il se sera attaché à la voie de droiture. Celui qui délaisse la mécréance et qui croit en Dieu, c’est comme s’il s’est attaché à une corde ferme. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son exégèse que l’analogie avec la corde qui est ferme, c’est la foi. As-Suddiyy a dit que cette corde ferme, c’est l’islam. Ou il s’est attaché à la phrase « il n’est de dieu que Dieu ». Abū Ǧaʿfār a dit : « al-ʿurwah, dans ce contexte, est un exemple pour représenter la foi, à laquelle le croyant s’attache ». Al-ʿurwah est aussi l’anse d’une tasse, c’est la chose à partir de laquelle on peut prendre, un point qui sert à saisir quelque chose. Le fort attachement du croyant à la foi est comparable à celui qui s’attache à une anse. Cette anse est une corde qui ne se casse pas.

Cette métaphore est une allusion pour pouvoir déduire par quelque chose qu’on observe quelque chose qu’on ne voit pas. Parce qu’on ne voit pas la foi. Et cela permet de raffermir sa croyance. Celui qui aura cru en l’islam se sera attaché à ce qui est le plus ferme. Celui qui s’est attaché à la foi, il se sera attaché à la religion d’un attachement qui est ferme, un attachement qui ne sera pas dissous par une quelconque confusion.

Et Allāh est Celui Qui entend. Il entend la reconnaissance du croyant qui reconnait la foi.

Et Il sait la foi du croyant.

Verset 257 : Allāh est Celui Qui soutient ceux qui ont voulu être croyants. Et Allāh est Celui Qui leur règle leurs affaires et Qui assure ce dont ils ont besoin.

C’est Lui Qui fait sortir les croyants des ténèbres, c’est-à-dire des ténèbres de la mécréance et des ténèbres de l’égarement. Ici le mot « aẓ-ẓulumāt est au pluriel parce qu’il y a plusieurs sortes d’égarements.

Vers la lumière : c’est-à-dire vers la foi et la bonne guidée. La foi est au singulier car elle est une seule.

Et ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont aṬ-Ṭārūt, ils les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Ceux qui ont persisté sur la mécréance, ils ont le chemin inverse. Autre explication : Allāh soutient les croyants. Il les fait sortir de ce qui est une source de confusion dans la religion grâce à ce qui les guide et ce qui leur indique la solution de cette confusion, afin qu’ils sortent de cette confusion vers la certitude. Tandis que ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont les démons, qui les font sortir de la lumière de la clarté qui leur apparait vers les ténèbres du doute et de la confusion. Ce sont eux les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement.

Après le verset 257, Dieu cite ce qui étonne Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et qui lui réjouit le cœur, par le débat qu’avait eu notre maitre Ibrāhīm avec An-Numrūd qui avait prétendu la divinité.

Verset 258 : n’as-tu pas vu celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur ? C’est-à-dire qu’an-Numrūd a émis une objection contre Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Le pronom « son » ici se rapporte à Ibrāhīm ou bien à celui qui a débattu parce que Dieu est le dieu d’Ibrāhīm et le dieu d’an-Numrūd également.

Comment an-Numrūd, Dieu lui a accordé la souveraineté : une fois que d’an-Numrūd a eu la souveraineté, il est devenu imbu de lui-même et cela l’a amené à débattre avec Ibrāhīm et à renier la divinité de Dieu. Soit le fait qu’il ait eu la souveraineté a eu pour   conséquence son débat avec Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Une autre explication : c’est qu’il a remis en cause la divinité de Dieu puis il a débattu lorsqu’il a eu la souveraineté.

Ibrāhīm a dit à an-Numrūd : mon Seigneur est Celui Qui donne la vie et Qui donne la mort. C’est comme si d’an-Numrūd lui avait dit : qui est ton dieu ? Et Ibrāhīm lui a répondu : mon Dieu est celui qui donne la vie et qui donne la mort.

Il (an-Numrūd) a dit : moi je donne la vie et je donne la mort. Il veut dire ici qu’il peut éviter l’exécution de quelqu’un et il fait exécuter un autre. Comme ce roi avait répondu d’une manière qui pouvait porter à confusion ceux qui sont faibles d’esprit, Ibrāhīm a ajouté un argument qui ne pouvait pas être source de confusion même à ceux qui sont faibles d’esprit.

Ibrāhīm a dit : Dieu fait que le soleil se lève au levant, alors fais-le lever du couchant.

Et ceci n’est pas un passage d’un argument à un autre argument, comme l’ont prétendu les autres, car la première preuve était suffisante, c’est-à-dire le fait de dire que Dieu est Celui qui donne la vie et Qui donne la mort. Mais comme an-Numrūd avait fait preuve d’entêtement face à cette preuve, alors Ibrāhīm lui a donné un argument auquel il ne peut rien opposer. Et les gens de cette époque suivaient les mouvements des planètes et ils savaient qu’elles se déplacent du couchant vers le levant alors que le soleil va du levant vers le couchant. Ibrāhīm a dit An- Numrūd : comme tu prétends être le dieu du soleil, alors fais-lui suivre le même mouvement que les autres planètes.

Celui qui a mécru fut ébahi : il n’a rien trouvé à dire, il n’avait plus rien à dire. Le maudit s’interrompit et il ne pouvait plus continuer à débattre.

Et Dieu ne guide pas les gens injustes. C’est-à-dire qu’Il ne leur accorde pas la réussite. Dieu n’a pas accordé la réussite à an-Numrūd. Et il a été dit qu’an-Numrūd prétendait la divinité pour lui seulement et qu’il ne reconnaissait pas la divinité pour autre que lui.

Ce verset est une preuve du caractère autorisé de parler dans la science de al-kalām qui est la science de la croyance et de débattre dans ce cadre-là. On comprend cela du début de ce verset : n’as-tu pas vu celui qui a débattu … C’est un débat qui autorisé de la part d’Ibrāhīm Le débat a lieu entre deux protagonistes. Donc cela prouve qu’Ibrāhīm a bien débattu avec ce roi mécréant.  Et si ce débat n’avait pas été autorisé, Ibrāhīm ^alayhi s-salaam ne l’aurait pas fait, parce que les prophètes sont préservés des grands péchés. Une autre preuve qui montre que ce débat n’était pas interdit est que nous avons pour ordre d’appeler les mécréants à croire en Dieu et à reconnaitre Son unicité. Et si nous les appelons à croire en Dieu, nécessairement, ils vont nous demander la preuve. Et le fait de pouvoir donner les arguments ne peut avoir lieu qu’avec un débat.

Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté que ce verset est une preuve que le soleil a une trajectoire, qu’il n’est pas immobile.

Verset 259 :  ou encore celui qui est passé : c’est comme si le début du verset précédent « n’as-tu pas vu (celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur) » n’avait pas été mentionné ici, c’est-à-dire la première partie « n’as-tu pas vu » était sous-entendue : c’est-à-dire n’as-tu pas vu celui qui est passé. Il y a omission de cette partie. Cela signifie : ne trouves-tu pas cela surprenant ? C’est pour attirer l’attention. Ou cela sous-entend « n’as-tu pas vu comme celui qui débat avec Ibrāhīm ou comme celui qui est passé.

D’après Al-Ḥasan, celui qui est passé était quelqu’un qui ne croyait pas en la résurrection, il suivait la voie d’an-Numrūd et ne croyait pas au fait que Dieu ressuscite cette ville après son anéantissement.

Une autre explication est que celui qui est passé était ʿUzayr. Il voulait voir de ses yeux comment se passait la résurrection des morts, afin d’augmenter en certitude. Exactement comme l’avait demandé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Cette deuxième explication est une reconnaissance de l’incapacité à connaitre la manière de cette résurrection. Et c’est une glorification de la toute-puissance de celui qui ressuscite.

Près d’une ville et il s’agit de Jérusalem après qu’elle a été détruite par Nabuchodonosor (venu de Perse) ; certains sont morts, d’autres ont été faits prisonniers et ont été emmenés en Perse.

Qui était complètement détruite y compris les toits : tout était tombé y compris les toits ou alors les toits sont tombés et les murs sont tombés sur les toits. Et le mot « ʿarš » signifie tout ce qui est élevé. (Tout endroit où on cherche de l’ombre s’appelle ʿarīš)

Il a dit comment cette ville serait-elle ressuscitée : comment les habitants de cette ville seraient-ils ressuscités ?

Par Allāh après la mort des gens. Allāh l’a fait mourir cent ans puis Il l’a ressuscité. C’est-à-dire qu’Il lui a donné la vie après la mort.

Il lui a dit : combien de temps tu es resté ? Un ange lui a dit : combien de temps es-tu resté mort ?

Il a dit « je suis resté un jour ou peut-être moins d’un jour. Il s’est basé sur la conjecture. An-Nasafiyy a dit : voilà la preuve qu’il est permis de faire un effort de déduction (un ʾiǧtihād). Il a fait une estimation. Il a été rapporté qu’il était mort au temps du ḍuḥā et qu’il a été ressuscité cent ans plus tard avant que le soleil ne se couche. Avant de voir le soleil, il a dit qu’il était resté mort pendant un jour puis il a regardé et a vu que le soleil ne s’était pas encore couché, il a dit que c’était peut-être moins qu’un jour.

Il (l’ange) lui a dit : non tu es resté cent ans, regarde donc ta nourriture et ta boisson. Il a été rapporté que sa nourriture était des figues et du raisin et que sa boisson était du jus et du lait. Il a vu que les figues et les raisins étaient intacts, comme s’ils venaient d’être cueillis et que les boissons étaient telles quelles.

Elles n’ont pas été altérées. « Lam yatasannah » peut avoir le sens que cette nourriture n’a pas subi les années ou bien c’est une nourriture qui n’a pas été altérée par les années.

Et regarde ton âne. Lui aussi est ressuscité.

Et que Nous fassions de toi un signe pour les gens Le « waw » est une conjonction de coordination. Il a été dit qu’après sa résurrection, ʿUzayr est allé à la rencontre de son peuple et il était à nouveau monté sur son âne. Il leur a dit qu’il était ʿUzayr mais ils l’ont démenti car ils savaient que ʿUzayr avait vécu un siècle avant. Il leur a demandé de lui ramener la Torah et il s’est mis à la réciter par cœur, sans voir ce qui était écrit. Et personne n’avait récité la Torah par cœur avant ʿUzayr. Et c’était un signe de la part de Dieu pour eux.

Et il a été dit qu’il est rentré chez lui, qu’il a retrouvé ses enfants qui étaient devenus des vieillards alors que lui était encore jeune.

Et regarde les os : ce sont, soit les os de l’âne, soit les os des morts, alors qu’il était étonné qu’il puisse être ressuscité.

Comment ils sont levés et remontés les uns en face des autres : pour qu’ils puissent reconstituer le squelette de celui qui est mort.

Puis Nous les recouvrons de chair : la chair est comme un vêtement pour les os. C’est une métaphore.

Quand il s’est avéré devant lui ce qui était problématique pour lui (c’est-à-dire la résurrection des morts et cela ne veut pas dire qu’il n’était pas certain que Dieu soit sur toute chose tout puissant) il a pu voir de ses yeux comment les os étaient reconstitués et enveloppés de chair, il a vu tout le processus.

Le récit de ʿUzayr, qui était un homme musulman vertueux parmi les descendants d’Isrāʾīl nous est parvenu dans sūratu l-baqarah, mais de manière concise. Nous allons le citer en détail, par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde, en raison de ce qu’il comporte comme manifestation de l’éminence de la toute-puissance de Dieu. Les descendant d’Isrāʾīl se sont divisés en plusieurs groupes.  Parmi eux, il y avait ceux qui étaient musulmans, croyants, qui suivaient l’islam parfaitement et il y avait ceux qui avaient mécru et qui avaient introduit des déformations dans la Loi, en prétendant que c’était la vérité. Ils ont altéré la croyance. Ceci a entrainé de graves zizanies au point d’entrainer l’assassinat de certains prophètes honorables. Lorsque leur mal s’est multiplié, qu’ils ont été injustes, qu’ils ont fait preuve de tyrannie, ils ont tué deux prophètes honorables selon le jugement de Dieu et ce sont nos maitres Zakariyyā et son fils notre maitre Yaḥyā ^alayhima s-salām. Dieu a fait que ces mécréants ont été attaqués par un roi mécréant et c’était Nabuchodonosor. Il est venu de l’Iraq avec une grande armée en direction de Jérusalem en Palestine. Il a attaqué les descendant d’Isrāʾīl dans leur ville. Il a tué beaucoup d’entre eux et a fait prisonnier le restant. Très peu ont pu s’échapper. Il a ordonné à ses soldats de ramener de grandes quantités de terre et d’ensevelir la ville, de sorte qu’elle est devenue comme une grande montagne. Tout cela pour les humilier davantage et les rabaisser encore plus. Et Nabuchodonosor a emmené les prisonniers avec lui à Babel en Iraq. Parmi ces prisonniers, certains étaient des savants musulmans. Ils avaient enterré la Torah d’origine dans un endroit qu’eux seuls connaissaient. Et parmi eux il avait ʿUzayr fils de Šaẖiyyah, qui, lui, a pu revenir à Jérusalem après un certain temps. Mais il a trouvé Jérusalem dans cet état de désolation et de ruine. Il ne restait que des cadavres déchiquetés, des membres éparpillés, des os. Il passait parmi tout cela, étonné, en tirant son âne. Puis il est passé par des vergers et il a trouvé que les fruits étaient mûrs. Son étonnement était encore plus grand parce que les arbres étaient pourvus de fruits alors que la population était morte. Il a dit : Dieu est tout puissant à faire ressusciter cette ville et ses habitants après qu’ils soient arrivés dans cet état. Puis il a cueilli quelques raisins et figues, il a rempli un panier, il a pressé un peu de raisin dans un récipient, il en a bu un peu puis il s’est assis pour se reposer à l’ombre d’un arbre. Quelques instants plus tard, Dieu l’a fait mourir. Mais Dieu l’a voilé des yeux des gens, des fauves et des rapaces. Donc son corps est resté intact.

 Soixante-dix ans après la mort de ʿUzayr, Dieu a envoyé un ange à un roi de Perse qui s’appelle Lūṯīk. Il lui a dit : Dieu t’ordonne de prendre ton peuple et de te diriger vers Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville et les terres qui sont tout autour, afin qu’elles redeviennent meilleures que ce qu’elles étaient auparavant. Le roi Lūṯīk a ordonné à des dizaines de milliers de personnes de son royaume d’aller à Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville. Et les rescapés sont revenus avec lui et ils ont peuplé la ville en trente ans. Ils sont devenus nombreux et la situation des habitants était très bonne.  

Cent ans après la mort de ʿUzayr, Allāh l’a ressuscité par Sa toute-puissance. Dieu l’avait fait mourir le matin et Il l’a ressuscité en fin de journée, avant le coucher du soleil. La première chose que Dieu a ressuscitée en lui est son cœur afin qu’il puisse prendre conscience de ce qui allait se passer devant lui. Et ses yeux afin qu’il puisse voir comment eut lieu la résurrection des corps. Sa certitude se renforcera ainsi. Et ʿUzayr a vu comment tout le reste de son corps était à nouveau composé. Puis un ange honorable est venu et lui a dit : combien de temps es-tu resté (mort) ? Et ʿUzayr lui a répondu en fonction de ses estimations. Il a dit : « je suis resté un jour ». Puis quand il a constaté que le soleil ne s’était pas complètement couché, il a dit : « ou peut-être moins qu’une journée ». L’ange l’a rectifié et lui a dit : « non, tu es resté cent ans. Regarde donc le panier de ta nourriture ». Alors il a vu le panier où il avait mis des figues et du raisin et il a trouvé que les fruits étaient mûrs, intacts et que le jus qu’il avait pressé était intact également. Puis l’ange lui a dit : « regarde donc ton âne ». Il a regardé en direction de l’arbre auquel il avait attaché son âne. Il a vu que l’âne était mort et que ses os étaient devenus tout blancs et troués. Les membres de cet âne s’étaient dispersés et étaient devenus poussière. Il a entendu la voix d’un ange du ciel dire : « ô vous les os troués, rassemblez-vous, par la volonté de Dieu ». Les os se sont regroupés les uns avec les autres. Puis chaque membre est venu se placer à ce qui lui correspondait, la côte à côté d’une côte, chaque patte à sa place, puis ce fut le tour de la tête de se positionner à sa place. Puis les nerfs se sont reconstitués et les veines. Puis Dieu a fait que la chair pousse sur le squelette, Il l’a recouvert par la peau qui a recouvert toute la chair puis les poils ont poussé sur la peau. Puis Allāh a envoyé un ange qui a insufflé l’âme par les naseaux de l’âne qui s’est levé et qui s’est mis à braire. ʿUzayr s’est mis à terre, se prosternant pour Dieu, ayant vu un signe éclatant de la toute-puissance de Dieu, un signe étonnant qui est la résurrection des morts. Il a dit : « je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant ».

Il a dit je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant.

Verset 260 : Ibrāhīm a dit : Seigneur montre-moi comment Tu ressuscites les morts. Comment Tu ramènes ceux qui sont morts, à la vie.

Il lui a dit : n’as-tu pas cru en cela ?

Ah que oui mais c’est pour que mon cœur soit apaisé : apaisé par le fait que Tu m’accordes ce que je te demande. Il est possible que Dieu accorde à certains prophètes tout ce qu’ils demandent et il est possible que Dieu leur accorde une partie de ce qu’ils demandent. Ibrāhīm voulait avoir le cœur apaisé par le fait que Dieu lui exauce toutes ses demandes, même le fait de voir comment les morts sont ressuscités. Notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui est le plus honorable parmi les créatures de Dieu, il n’a pas eu tout ce qu’il a demandé. Dieu ne l’a pas exaucé dans toutes ses invocations. Il lui a été accordé une partie de ce qu’il a demandé et il ne lui a pas été accordé une partie de ce qu’il a demandé. Et notre maitre   Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, il n’était pas certain que Dieu lui accorde tout ce qu’il demandait. Il savait qu’il y avait une possibilité que Dieu l’exauce dans sa demande et une possibilité que Dieu ne l’exauce pas. C’est-à-dire qu’il y avait une possibilité que Dieu lui montre comment Il ressuscite les morts et une possibilité que Dieu ne lui montre pas cela. Donc il n’a pas douté au sujet de la toute-puissance de Dieu qu’Il pouvait lui montrer.  Dieu lui a dit : n’es-tu pas croyant en cela ? Et Dieu sait qu’Ibrāhīm est le plus sûr de toutes les créatures à croire en cela. Cette question était pour qu’Ibrāhīm donne la réponse qu’il a donnée, en raison de l’intérêt pour ceux qui l’entendent. Quand Ibrāhīm a donné sa réponse, cette réponse est utile pour nous, pour nous rappeler que Dieu est sur toute chose tout puissant.

Lorsqu’ Ibrāhīm a répondu « balā » c’est pour dire « si !! » c’est pour insister sur la véracité de la chose. C’est pour dire : ma croyance est que Dieu est toute chose tout puissant. Mais afin que j’augmente en apaisement du cœur, suite à ce que je vais voir, je vais en déduire que Dieu est sur toute chose tout puissant, en plus de la preuve évidente que Dieu est sur toute chose tout puissant. En effet la concordance des preuves apaise encore plus le cœur. Une chose qui est connue par déduction peut être sujette à hésitation, contrairement à la connaissance qui est acquise d’évidence. Ibrāhīm voulait apaiser son cœur sur le fait que Dieu l’exauce dans ses invocations.

Il (Dieu) a dit prends quatre sortes de volatiles : il y avait un paon, un coq, un corbeau et un pigeon.

Et serre-les contre toi. Ceci pour qu’il les observe bien et qu’il reconnaisse leurs formes, leurs aspects, leurs couleurs. Puis Dieu lui a ordonné de les égorger, de les couper en morceaux et de les mélanger et de faire quatre parties avec le mélange.

Place sur chaque montagne une partie. Il y a eu divergence sur le nombre de montagnes : 4 ou 7.

Puis appelle-les.

Et tu verras que ces oiseaux vont venir vers toi rapidement.

Il lui a été demandé de bien les observer avant qu’il ne les égorge, pour qu’après leur résurrection, il n’y ait pas de confusion pour lui, qu’il soit sûr que c’était bien ces oiseaux-là. Il a été rapporté qu’il a reçu l’ordre de les égorger, de les plumer, de les couper et de partager des parties et de mélanger les plumes, le sang et la chair et de garder les têtes dans sa main. Il a reçu l’ordre de placer sur chacune des quatre montagnes un quart de chaque oiseau. Puis il les a appelés : « venez, par la volonté de Dieu ». Dieu a fait que chaque partie s’envole pour venir se coller à chaque partie du même oiseau. Ils sont devenus des corps comme des cadavres. Puis les corps sont arrivés et chaque corps est venu se coller à la tête qu’Ibrāhīm tenait dans sa main. Il a été rapporté que s’il présentait une autre tête que celle qui correspondait au corps, le corps ne voulait pas se coller à elle, mais il allait vers la tête qui correspondait à son corps.

Et sache que Dieu est ʿĀzīz : c’est-à-dire que ce que Dieu veut, a lieu. Il n’y a pas quelque chose qui empêche la réalisation de la volonté de Dieu.

Hakīm c’est-à-dire que Dieu crée toute chose selon une sagesse.

Allāh taʿālā a donné la preuve qu’Il est tout puissant à ressusciter les morts. Après cette preuve sur la résurrection des morts, Dieu incite à dépenser dans la voie qu’Il agrée (à faire des dons dans la voie qu’Il agrée). Et Dieu informe que celui qui dépense dans la voie qu’Il agrée, celui-là aura une immense récompense. Et Dieu est tout puissant à donner une immense récompense.

Verset 261 : l’exemple de ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire l’exemple de ceux qui engagent des dépenses dans la voie que Dieu agrée,

C’est comme l’exemple d’une graine qui a fait pousser sept épis, dans chaque épi il y a cent graines. Celui qui fait pousser, en réalité, c’est Dieu. Mais le verbe a été attribué à la graine parce qu’elle était une cause. Cela signifie que la graine fait pousser une tige à partir de laquelle vont pousser sept autres qu’on appelle épis. C’est une image de la multiplication. Une graine va donner sept cent graines. On peut le voir dans les champs de blé ou autres céréales.

Et Allāh multiplie davantage à qui Il veut. Cela signifie que Dieu multiplie les récompenses de cette manière-là, à qui Il veut. Parce que ce ne sont pas tous ceux qui auront dépensé qui auront cette multiplication. Il est possible que celui qui aura donné un euro en aumône aura plus de récompenses que celui qui en aura donné cent mille, dans le cas où le premier possédait seulement deux euros et le second des centaines de milliers d’euros. Allāh multiplie les récompenses jusqu’à sept cent fois à qui Il veut.

Et Allāh accorde avec grande générosité. Et Il sait. C’est-à-dire qu’Il sait les intentions des donateurs, parce que ce ne sont pas tous les donateurs qui sont sincères.

Verset 262 : ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée et qui ne font pas suivre leur dépense d’un rappel des œuvres de bienfait ni par une nuisance. Certains rappellent à l’autre leur œuvre de bienfait. Dieu interdit que l’on fasse cela. Il interdit que la personne énumère ses bienfaits à celui avec qui elle a agi en bien. Quand on aide quelqu’un, on le fait pour Dieu, c’est-à-dire pour obtenir des récompenses de la part de Dieu. On ne le fait pas dans le but d’obtenir une considération envers soi ou qu’il reste reconnaissant envers soi. Et on ne considère pas celui qu’on a aidé comme moins bien que soi.

Et (ṯumma) : c’est pour montrer la grande différence entre la dépense et le fait de ne pas rappeler ses œuvres de bienfait et la nuisance. Délaisser le rappel de son bienfait et la nuisance vaut mieux que la dépense elle-même. Donc ne pas tomber dans le péché est mieux.

Auront leur récompense de la part de leur Seigneur.

Ils n’auront pas à avoir peur : de ne pas avoir de récompense. C’est pour les rassurer sur le fait qu’ils auront une récompense.

Ni à être chagrinés : de ne pas avoir de récompense du tout. Autre explication : ils n’auront pas à avoir de crainte d’être châtiés et ils n’auront pas à avoir de chagrin suite à un manque de récompenses.

Verset 263 : une belle parole : c’est-à-dire une belle réponse. Et ibnu l-Ǧawzī a dit dans son exégèse que cela signifie ici « une belle parole à quelqu’un qui est pauvre ». Celui qui vient mendier, tu lui dis une belle parole comme de lui dire ce qui signifie : que Dieu t’accorde avec largesse.

Et un pardon (ou une excuse) : soit on pardonne au mendiantsi on constate de sa part qu’il est insistant. Deuxième explication : on obtient le pardon de la part de Dieu grâce à la bonne réponse.

Cela vaut mieux qu’une aumône qui est suivie par une nuisance. Ibnu l-Ǧawzī a donné deux explications à la nuisance citée ici : 1°) le fait de répondre au mendiant par ce qui constitue une nuisance pour lui comme de lui dire : tu seras toujours pauvre et tu es une épreuve pour moi et que Dieu me débarrasse de toi ou 2°) il va agir en bien avec le pauvre puis il va informer quelqu’un de cela, alors que le pauvre ne veut pas qu’il soit au courant. Dans les deux cas, c’est une nuisance pour le pauvre et ce n’est pas le caractère de ceux qui sont sincères dans leur aumône.

Ibnu l-Ǧawziyy a dit aussi qu’il nous a été rapporté de Al-Ḥassān fils de abū Sīnān qu’il a acheté la famille d’un homme avec sa femme et ses enfants, puis qu’il les a tous affranchis. Tout cela sans les informer de son identité. Leur maitre leur a dit qu’il y a quelqu’un qui les a affranchis.

Et Allāh est exempt du besoin : Il n’a pas besoin de quelqu’un qui dépense dans la voie que Dieu agrée, puis qui rappelle son œuvre de bienfait puis qui va nuire aux gens.

Ḥalīm : c’est-à-dire que Dieu ne punit pas rapidement quelqu’un et c’est une menace. Il se peut que quelqu’un commette beaucoup de péchés mais Dieu ne le châtie pas sur le coup, mais plus tard.

Verset 264 : ô vous qui êtes croyants, n’annulez pas vos aumônes par le rappel des œuvres de bienfait ni par la nuisance comme celui qui dépense ses biens avec insincérité envers les gens et qui ne croit pas en Dieu ni au jour dernier. C’est-à-dire : n’annulez pas la récompense de vos aumônes par le rappel de vos œuvres de bienfait ni par la nuisance, à l’image de l’hypocrite qui dépense tous ses biens avec insincérité et qui ne recherche pas par sa dépense l’agrément de Dieu ni la récompense de l’au-delà. Dieu a comparé le rappel des œuvres de charité au bénéficiaire à l’insincérité parce que ces deux actes annulent la récompense.

Pourquoi est-ce que le rappel des œuvres de bienfait est compté parmi les péchés du cœur alors que c’est par la langue que la personne rappelle ? Parce que l’origine de ce péché est dans le cœur.

Son exemple est comme une roche qui est lisse sur laquelle il y a de la terre et une pluie torrentielle est tombée et il ne reste plus rien.

Ils ne retrouveront rien de la récompense de ce qu’ils ont donné.

Et Allāh ne guide pas les mécréants. Tant qu’ils se maintiennent sur la mécréance, Dieu ne les guide pas.

Verset 265 : et à l’opposé, l’exemple de ceux qui dépensent de leurs biens dans la voie que Dieu agrée par recherche de l’agrément de Dieu et par acte de foi de leur part : c’est-à-dire qu’ils ont la certitude que Dieu les récompensera

Ils croient en la véracité de l’Islam. Le musulman qui dépense son argent dans la voie que Dieu agrée, cette conviction vient de lui-même et de la sincérité de son cœur.

C’est comme un verger sur une colline. Généralement, les arbres qui poussent sur des lieux élevés sont plus purs et leurs fruits sont meilleurs.

Sur laquelle est tombée une pluie torrentielle et la quantité de la récolte a été le double de la récolte précédente.

S’il n’y a pas eu de pluie qui est tombée, c’est la rosée. C’est-à-dire l’humidité qui se produit la nuit et qui retombe sur les plantes et qui suffit pour que ces plantes puissent donner des fruits. Ou alors il a comparé leur état, selon le jugement de Dieu, à un jardin situé sur une colline et lors des grandes dépenses ou des faibles dépenses, c’est comme soit la pluie torrentielle, soit la rosée. Chacune des deux permet de multiplier la récolte de ce verger. De la même façon pour l’aumône, qu’elle soit en grande quantité ou en petite quantité, du moment que celui qui fait cette dépense la fait avec l’intention sincère de rechercher l’agrément de Dieu uniquement, alors cette dépense augmentera selon le jugement de Dieu.

Et Allāh sait ce que vous faites. Il sait vos actes, quand vous faites beaucoup et quand vous faites peu. Et Il sait vos intentions dans chacun de vos actes, que ce soit fait avec sincérité ou pas.

Et Allāh voit tout ce que vous faites. Ce verset est une preuve chez les ʾAšʿārītes que Dieu voit tout ce qui existe, c’est-à-dire y compris vos actes.

Verset 266 : est-ce que l’un de vous aimerait : c’est sous la forme d’une question mais qui n’attend pas de réponse, comme quand un professeur dit à ses élèves : est-ce que vous allez vous taire ? Il veut leur dire : taisez-vous.

Avoir un verger. C’est-à-dire un jardin dans lequel il y a des plantes et des fruits.

Qui comporte des dattiers et des vignes.

Dans lequel il y a des rivières et des ruisseaux qui coulent.

Où il aurait plusieurs sortes de fruits. Les fruits ici ce sont toutes les choses de ce verger et dont il va tirer un profit. Une autre explication est qu’il a été mentionné dans ce jardin deux arbres, des dattiers et des vignes, ce sont les fruits qui sont les plus généreux et qui sont très utiles. Il a fait comme si le verger ne comportait que ces arbres-là, même s’il y avait d’autres arbres fruitiers que ces deux-là. Ceci, pour indiquer que ce sont les plus importants et les plus généreux.

Et qui est atteint d’orgueil.

Alors qu’il a des enfants qui sont encore jeunes.

Et que son verger a été touché par une tornade : c’est comme une spirale verticale qui aspire tout vers le haut : le verbe utilisé s’applique à l’éclair, à la lumière, au vent, à la poussière, tout ce qui remonte vers le haut ou qui se propage.

Dans laquelle il y a un feu, ce qui va brûler son verger. Et cet exemple que Dieu nous donne dans ce verset 266 de sūratu l-baqarah, c’est l’exemple de celui qui accomplit les actes avec insincérité. C’est-à-dire qu’il cherche l’éloge des gens. Celui-là n’a pas de récompense pour ses actes mais en plus, il est chargé d’un grand péché. De sorte qu’au jour du jugement, il ne trouvera rien de ses actes, aucune récompense. Il va le regretter, d’un regret analogue à celui qui avait un verger dans lequel il y avait des dattiers et des vignes et d’autres fruits et qui a fait preuve d’orgueil et qui a des enfants qui sont jeunes et c’était leur subsistance et une tornade s’est abattue sur son verger et l’a brûlé. De même, celui qui accomplit des bonnes actions insincèrement, alors au jour du jugement, il n’aura pas de fruits, c’est-à-dire de récompenses.

C’est ainsi : c’est-à-dire comme cet exemple qui vous a été indiqué précédemment

Que Dieu vous indique les signes : du tawḥīd (la croyance en l’unicité de Dieu) et de la religion.

Puissiez-vous réfléchir. C’est-à-dire puissiez-vous ne pas être dans l’insouciance, mais plutôt être avertis. Celui qui est averti va se préparer.

Verset 267 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir des biens que vous avez acquis : ce qui est de la meilleure qualité. Allāh nous incite à donner dans la voie qu’Il agrée, le meilleur de ce que nous avons. Il y a en cela la preuve qu’il est obligatoire de payer la zakāt sur les biens commerciaux.

Et (du bien) de ce que nous vous avons fait sortir de terre : c’est-à-dire les graines, les céréales, les fruits comme les dattes et les raisins secs, les minerais d’or et d’argent et d’autres. Ici, le mot « bien » a été omis parce qu’il est implicite.

Et ne recherchez pas ce qui est mauvais : c’est-à-dire ne prenez pas pour destination ce qui est mauvais. Ne cherchez pas l’argent qui est de mauvaise source.

A partir duquel vous allez dépenser.

En réalité vous ne le prenez pas : cet argent parce qu’il est de source interdite.

Sauf si vous vous excusez les uns les autres. Sauf si vous vous pardonnez les uns les autres. Si l’un a acheté un bien avec de l’argent illicite, s’il veut se repentir, il va voir le vendeur et lui donne de l’argent licite ou alors il lui demande de l’excuser. Et ʿAbdul- Lāh ibnu ʿAbbās a dit à propos de ce verset que les gens donnaient en aumône les dattes de mauvaise qualité. Et cela leur a été interdit. Dieu leur a ordonné de donner en aumône ce qui est de la meilleure qualité. Les savants ont dit que si quelqu’un a un esclave, il mange et s’habille comme lui.

Et sachez que Dieu n’a pas besoin de vos aumônes, Il mérite d’être loué : remercié.

Verset 268 : le šayṭān vous promet la pauvreté (quand vous dépensez) : il dit à celui qui donne des aumônes : tu vas devenir pauvre, comme Qārūn, le cousin de notre maître Mūsā, qui, quand il a calculé ce qu’il devait donner comme zakāt, il a trouvé que c’était beaucoup. Et il a apostasié, alors qu’il avait beaucoup d’argent, il avait une grande fortune. Mais son cœur était attaché à la vie d’ici-bas, alors il ne pensait pas à l’au-delà. Le verbe « promettre » est employé ici parce qu’en arabe, la promesse vaut pour le bien et pour le mal.

Et il vous ordonne l’avarice : l’avarice c’est le fait de ne pas dépenser. Et il vous incite à l’avarice et à ne pas payer les aumônes. Et c’est une incitation à l’image de celui qui donne des ordres à celui qui les reçoit.

Alors que Dieu vous promet (quand vous dépensez) un pardon de Sa part : c’est-à-dire qu’Il vous pardonne vos péchés et Il vous expie vos péchés

Et Il vous remplace mieux que ce que vous avez payé. Une des épouses du prophète avait reçu un mouton en cadeau, elle l’a distribué et elle a gardé une épaule. Le Prophète lui a demandé ce qu’elle avait gardé. Elle a dit : une épaule. Il lui a dit : non, en fait, tu as gardé le reste. C’est-à-dire que c’est ce qu’elle avait distribué qui lui restera comme récompense. Autre histoire ; quelqu’un avait offert dix œufs à un juge et un pauvre est passé et le juge a dit à sa servante de lui donner les œufs. Elle a gardé un œuf et lui a donné les neuf autres. Plus tard, quelqu’un est venu frapper à la porte avec quatre-vingt-dix œufs en disant : tu as donné neuf œufs et non pas dix.

Et Dieu accorde avec largesse à qui Il veut. Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a parlé d’un homme qui vivait en Arabie et qui était analphabète. Mais il était très fort pour gérer les chantiers au point que les états demandaient à ce que ce soit lui qui gère les chantiers. Il est donc devenu très riche, tout en étant analphabète.

Et Il sait tout de vous : Il sait vos actes et Il sait vos intentions. Rien ne Lui échappe.

Verset 269 : Il accorde la sagesse à qui Il veut. Ici « Al-Ḥikmah » signifie la connaissance du Qur’ān et de la sunnah. Ou alors la science utile qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Et la science utile que tu mets en pratique. Al-Ḥakīm est celui qui est sage selon le jugement de Dieu, c’est celui qui a la science et qui applique la science qu’il a apprise. Allāh accorde le statut de prophète et de messager à qui Il veut.

Celui à qui Dieu accorde la sagesse aura eu un très grand bien de la part de Dieu.

Et seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel. Seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel que Dieu leur fait parvenir. Ou alors ce sont les savants qui œuvrent.

Le sens des versets 266 à 269 est l’incitation à œuvrer et à appliquer ce qui est compris dans le verset de la dépense, c’est-à-dire le fait de donner la zakāt.

Verset 270 : il n’y a pas une seule dépense que vous faites dans la voie que Dieu agrée ou parce que vous avez obéi au   šayṭān.

Ou n’importe quel vœu que vous faites : que ce soit un vœu dans l’obéissance à Dieu ou dans la désobéissance

Certes Allāh le sait : cela n’échappe pas à Dieu. Dieu vous rétribuera pour ce que vous faites. Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution. Et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution.

Et ceux qui sont injustes : c’est-à-dire ceux qui s’abstiennent de payer la zakaat, ou encore ceux qui dépensent leur argent dans la désobéissance ou ils font un vœu de désobéissance ou encore ceux qui ne respectent pas les vœux qu’ils font.

Il n’y a pas qui les soutient pour les protéger du châtiment de Dieu.

Verset 271 :  si vous montrez les aumônes que vous faites, c’est quelque chose de bien. Dans certains cas, la personne montre les bienfaits que Dieu lui a accordés, ce n’est pas par insincérité mais c’est pour remercier Dieu de lui avoir accordé ces bienfaits.

Ou si vous les faites de manière discrète, si vous donnez ces aumônes aux pauvres, mais en cachette.

La discrétion vaut mieux.

Ce qui est visé ici, ce sont les aumônes surérogatoires. Le fait d’accomplir les actes obligatoires au grand jour, vaut mieux, pour ne pas être suspecté de ne pas les avoir faits, pour repousser les fausses accusations. Quant à celui qui, habituellement n’est pas riche, s’il lui arrive de donner la zakāt, c’est mieux pour lui de la donner avec discrétion. Et celui qui donne une aumône surérogatoire, s’il a pour objectif d’inciter les gens à faire des aumônes, alors c’est mieux de le faire au grand jour.

Et Dieu vous expie vos mauvaises actions. C’est-à-dire que Dieu vous pardonne vos mauvaises actions. C’est pour cela que celui qui est éprouvé, une des causes pour être délivré est de faire des aumônes en cachette. Une fois, šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit à quelqu’un qui était très éprouvé de chercher une personne qui soit dans un grand besoin et de lui donner une aumône. Ou aussi pour remercier Dieu pour avoir obtenu une grâce ou avoir échappé à une épreuve.

Et ce que vous faites au grand jour ou en cachette, Dieu le sait.

Verset 272 : tu n’es pas en charge de leur bonne guidée : c’est-à-dire que tu n’es pas responsable de rendre ces gens-là des croyants, mais tu as la charge de montrer, d’expliquer. C’est Dieu Qui guide. Ce n’est pas un devoir pour Muḥammad de faire que ces gens soient bien guidés, au point qu’ils s’abstiennent de faire ce qu’il leur a interdit de faire : il leur a interdit « al-mann » c’est-à-dire rappeler les œuvres de bienfait, il leur a interdit la nuisance et de dépenser à partir de voies interdites. Mais la tâche du Prophète est de leur montrer les choses interdites, uniquement. Mais si les gens commettent l’interdit, il n’est pas responsable.

Mais Dieu guide qui Il veut.

Ou encore tu n’es pas en charge de créer la réussite pour faire le bien et tu n’es pas en charge de créer la bonne guidée dans le cœur des gens. Mais c’est Dieu Qui crée. Dieu est le Créateur et Muḥammad indique ce que les gens doivent faire et ne pas faire.

Tout bien que vous dépensez : le bien ici c’est-à-dire l’argent

En réalité c’est pour vous. C’est-à-dire que nul autre que vous ne va en profiter, c’est-à-dire de cette récompense que vous allez obtenir en dépensant ce bien. En le dépensant, c’est vous qui êtes gagnant. Alors, comme c’est vous qui êtes gagnant, ne rappelez pas vos œuvres de bienfait aux gens. Et ne leur nuisez pas en leur faisant du mal, c’est-à-dire en les traitant de manière hautaine.

Ce que vous dépensez n’est que pour l’agrément de Dieu : c’est-à-dire cette dépense est uniquement dans le but d’obtenir la récompense de la part de Dieu, c’est-à-dire l’agrément de Dieu. Puisque c’est ainsi, pourquoi donc rappeler vos œuvres de bienfait aux bénéficiaires ? Deuxième explication : c’est une négation : ne faites pas de dépenses pour l’éloge des gens. Mais ne donnez des aumônes que pour l’agrément de Dieu.

Tout le bien que vous dépensez, vous en serez rétribués : par des récompenses qui seront multipliées de nombreuses fois. Alors vous n’aurez pas d’excuse pour ne pas faire de telles dépenses.

Et vous ne serez pas lésés : c’est-à-dire que votre récompense ne sera pas diminuée.

Verset 273 : donnez des aumônes à ceux qui sont pauvres : une autre explication : « ces aumônes sont pour les pauvres » et le mot « aumônes » a été omis.

Ceux qui ont été amenés à cause du ǧihād et n’ont pas pu gérer leurs affaires : du fait qu’ils sont occupés par le ǧihād, ils ne peuvent pas gagner leur vie. Et il a été dit que ce sont les gens de aṣ-ḥābu ṣ-ṣuffah qui sont environ quatre cent hommes parmi les émigrants de qurayš. A cette époque-là, c’était un devoir d’émigrer pour rejoindre le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Ces hommes n’avaient pas de maison ni de clan pour les soutenir. Ils étaient dans aṣ-ṣuffah de la mosquée, c’est-à-dire la partie recouverte de la mosquée. Ils apprenaient le Qur’ān pendant la nuit et la journée, ils cassaient les noyaux des dattes pour en faire une alimentation pour le bétail. Et ils partaient dans chaque bataillon que le Messager envoyait pour le ǧihād. Ils étaient bénévoles. Celui qui avait un peu de nourriture qui lui restait, le soir, il la leur ramenait. Et certains disent que le terme ṣūfī vient de ces gens-là.

Celui qui ignore leur état pense qu’ils sont riches, tellement ils sont chastes, ils s’empêchent de mendier.

Notre šayẖ a dit : les tous premiers de la communauté de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à entrer au paradis et avant même les autres communautés des prophètes, ce seront les émigrants qui étaient pauvres, c’est-à-dire des habitants de La Mecque qui ont voyagé à Médine pour soutenir le Prophète. Du fait qu’ils ont entouré le Messager de Dieu à Médine, ils ont par conséquent soutenu la religion agréée par Dieu. Ils ont laissé leur famille, ils ont laissé les biens qu’ils ne pouvaient pas emmener avec eux, tout ceci par amour pour Dieu et pour le Messager de Dieu. Les pauvres parmi les émigrants seront les tous premiers à entrer au paradis, d’entre toutes les communautés, avant le reste des saints, d’une durée de cinq cent années avant eux, si on compte les jours du bas-monde. C’est le cas des gens de aṣ-ṣuffah. La nuit, ils faisaient des prières surérogatoires et la journée, ils ramenaient de l’eau aux gens pour qu’ils fassent le wuḍuʾ. Ils enduraient l’amertume de la pauvreté. Et ils patientaient par recherche de l’agrément de Dieu. Dieu a dit à leur sujet ce qui signifie : « celui qui ne connait pas leur état pense qu’ils ont leur suffisance, tellement ils ne vont pas mendier ». On les reconnait par leur aspect.

Et parmi eux il y a Abū Hurayrah, que Dieu l’agrée. Dieu lui a donné la certitude, la foi complète, la confiance en Dieu et la patience face à la faim et autre. Les difficultés et les épreuves ne le faisaient pas trembler, il était ferme. Parfois, tellement il avait faim qu’il tombait par terre ; celui qui ne connaissait pas son état croyait que c’était une crise d’épilepsie. Mais après le décès du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Dieu a fait qu’il s’est enrichi, qu’il a obtenu beaucoup de biens provenant des butins des guerres, notamment à l’époque de notre maître ʿUmar et de notre maître Uṯmān, que Dieu les agrée.

Une autre partie des gens de aṣ-ṣuffah est morte dans le même état que celui dans lequel ils étaient lorsque le Prophète était vivant. Comme Muṣḥab fils de ʿUmayr : lorsqu’il vivait avec sa famille à la Mecque et c’était des mécréants, il était parmi les plus riches. Il était issu d’une famille fortunée. Mais il avait délaissé tout cet argent, par amour pour Dieu et de Son Messager. Il a accepté la pauvreté, il s’est suffi du peu, et il s’est consacré à l’obéissance à Dieu et à Son Messager.  Il est mort dans cet état de pauvreté. On n’a pas trouvé ce qui lui suffisait pour son linceul. On n’a trouvé qu’un seul drap chez lui mais qui ne suffisait pas à couvrir la tête et les pieds. Si on lui couvrait la tête, ses pieds étaient découverts. Si on lui couvrait les pieds, c’était sa tête qui était découverte. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a alors dit ce qui signifie : « couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds « – al-ʾidẖir – il s’agit d’une plante qui a une belle odeur qu’on trouve au Ḥiǧaz. Comme cet homme s’est consacré à Dieu, il a délaissé le superflu et il a préféré l’au-delà. Dieu a fait que sa rétribution dans l’au-delà soit par des hauts degrés, en raison de l’amour complet pour Dieu et pour Son Messager qu’il a eu, de la certitude dans son cœur qui n’a pas été perturbée par les difficultés.

Tu les reconnais par leur apparence : l’apparence qui les caractérise est que leur visage était jaunâtre et leur état misérable.

Ils ne demandent pas aux gens avec insistance : il y a deux choses qui sont niées ici : non seulement ils ne demandent pas aux gens avec insistance, mais ils ne demandent pas du tout. L’insistance ici est de rester coller à la personne et de ne la lâcher que lorsqu’elle lui donne quelque chose. Dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu abī Šaybah, le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allāh agrée celui qui est pudique, celui qui est indulgent et qui est chaste ». Et Allāh n’agrée pas celui qui mendie avec insistance.  Il a été dit que lorsqu’il demande, il demande gentiment et il n’insiste pas.

Et chaque bien que vous dépensez , Allāh le sait : c’est-à-dire que la récompense ne sera pas perdue.

Verset 274 : ceux qui dépensent leurs biens de nuit comme de jour en cachette et au grand jour : c’est-à-dire à n’importe quel moment de la journée et dans les différentes situations qu’ils rencontrent. Ce sont des gens qui donnent à titre d’aumône, tellement ils veulent avoir du bien, tellement ils veulent gagner des récompenses. Chaque fois qu’ils sont au courant qu’un nécessiteux a un besoin, ils s’empressent de régler ce besoin et ils ne retardent pas. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos d’abū Bakr aš-Ṣiddīq que Dieu l’agrée, quand il avait donné en aumône quarante mille dinars. Il avait donné dix de nuit, dix de jour, dix en cachette et dix au grand jour. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos de ʿAlī ibnu abī Ṭālib (que Dieu l’agrée) qui ne possédait un jour que quatre dirhams.  Il a donné un dirham en aumône la nuit, un autre le jour, un autre en cachette, et un autre au grand jour.

Et ils auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Ils n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés.

Verset 275 : ceux qui consomment le ribā : le ribā est un bien qui est donné en surplus sans qu’il y ait de contrepartie dans une transaction où il y a échange d’un bien contre un autre.

Notre šayẖ a dit : c’est comme celui qui prête de l’argent à un autre afin qu’il le lui rende après un mois mais avec un surplus. Il veut de l’argent en plus. Comme ce que font certains lorsqu’ils vendent un bien, à paiement différé, (en donnant tant par mois) et si l’acheteur tarde à payer l’échéance, le vendeur lui rajoute une pénalité. Ou encore s’il vend une marchandise à un autre, avec un paiement échelonné,

Ils ne se lèveront, lorsqu’ils vont être ressuscités à partir de leurs tombes, que comme celui qui est sous l’emprise du   šayṭān (à l’image de celui qui se relève suite à une crise d’épilepsie avec des mouvements spasmodiques) parce qu’il s’est engagé dans cette transaction du ribā. Suite à l’attaque des ǧinn. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ceux qui pratiquaient le gain usuraire, ils vont se lever de leurs tombes en faisant des mouvements désordonnés à l’image de celui qui est sous l’emprise d’un ǧinn. Ils seront reconnus par cette caractéristique-là le jour de la station au jour dernier. Et il a été dit que ceux qui vont sortir des tombes le jour de la résurrection, ils vont s’empresser de sortir, excepté ceux qui consommaient le gain usuraire : ils vont se lever puis tomber. Ceux qui ont consommé un surplus dans leurs ventres, pendant leur vie, cela les a alourdis, de sorte qu’ils ne peuvent pas sortir rapidement.

Et ce, (châtiment qui leur est infligé) du fait qu’ils ont dit que la vente est comme le ribā : ils n’ont pas dit que le ribā est comme la vente. Pourtant le sujet est le ribā. C’est une forme d’exagération : tellement ils sont convaincus que le ribā est licite, ils ont considéré que c’est une référence, une règle pour connaitre ce qui est licite, au point qu’ils ont comparé la vente au ribā.

Or Allāh a autorisé la vente et Il a interdit le ribā : ceci est pour renier leur prétention d’équivalence parce que ce qui est licite et ce qui est interdit sont deux opposés. Comment se ressembleraient-ils ? L’un est permis (c’est la vente) et l’autre est interdit (c’est le ribā). C’est une preuve que l’analogie (qui est la principale fonction du muǧtahid) est annulée par le texte. Ils ont dit que le gain usuraire et la vente sont équivalents. Or Dieu dit que la vente est autorisée mais que le gain usuraire est interdit. La réplique à leur analogie a lieu par le texte. Donc c’est une preuve que l’analogie peut être contre-carrée par le texte.

Le šayẖ a dit que Dieu a autorisé la vente hormis ce qu’Il a interdit par révélation à Son Prophète Muḥammad. Pourquoi le texte du Qour’aan a-t-il mentionné le ribaa, pourquoi s’est-il restreint à ne mentionner que le gain usuraire ? En effet les autres ventes interdites ont été révélées au Prophète, mais elles ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān. Parce que le ribā est la plus grave des sortes de ventes interdites. Donc tout bien qui provient d’une transaction interdite est moindre que la gravité du ribā. Par ailleurs, le ribā a été expliqué et défini par le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : il y a ce qui provient d’une créance suite à un prêt et il y a du ribā qui provient de ce qui n’est pas un crédit. La première sorte qui est la plus connue c’est le prêt avec intérêt c’est-à-dire associé à une condition d’intérêt. Celui qui prête profite du prêt qu’il accorde : soit un intérêt pour lui-même ; soit un intérêt pour lui et pour l’emprunteur. N’importe quel crédit dans lequel le prêteur pose comme condition de tirer un bénéfice pour lui-même en particulier ou bien pour lui-même et pour l’emprunteur, alors c’est un ribā

Le ribā était déjà interdit dans la Loi de Mūsā ʿalayhi s-salām. Mais au début de la mission de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il n’y avait pas eu l’interdiction du ribā, parce que les lois étaient révélées au Prophète progressivement. L’obligation des cinq prières a eu lieu sept années après la révélation. Au début de la révélation, il y avait une obligation de faire une prière la nuit (ṣalātu l-ʿadamah). Puis il y a eu abrogation de l’obligation de la prière nocturne et instauration des cinq prières quotidiennes. L’alcool également n’était pas interdit au début de la révélation à notre Prophète, il a été rendu interdit après l’émigration à Médine, trois après l’émigration. Également le ribā n’a été rendu interdit qu’après l’émigration. Et le ribā que les gens pratiquaient le plus c’était le ribā avec un intérêt : soit en réclamant un surplus par rapport au capital, soit en réclamant un autre bénéfice comme de loger gratuitement dans le logement de l’emprunteur ou de payer un loyer moindre que le loyer courant tant qu’il n’aura pas récupéré tout ce qu’il a prêté.

A retenir :  Dieu a autorisé le prêt entre les gens pour qu’ils se soutiennent et non pas pour que l’un profite de l’autre. Mais concernant la vente, on peut faire du bénéfice. On a le droit de vendre plus cher que ce qu’on a acheté.  La finalité de la vente est de faire du bénéfice. Alors que l’objectif du prêt n’est pas de faire du profit.

Celui à qui est parvenu une exhortation de son Seigneur : c’est-à-dire celui à qui il est parvenu un rappel de la part de Dieu, une réprimande qui comporte une interdiction de pratiquer le ribaa

Et qui s’est alors abstenu : suite à cette exhortation, il a arrêté, c’est-à-dire qu’il a appliqué l’interdiction et il a arrêté cette pratique du ribaa.

Il aura obtenu ce qu’il a obtenu par le passé. S’il avait pratiqué le ribā avant la révélation de son interdiction, alors il conservera ce qu’il avait obtenu.

Et Dieu le jugera au jour du jugement. Dieu sait qui a pratiqué le ribā et à quel moment il l’a pratiqué, avant la révélation de l’interdiction ou bien après.

Et ceux qui reviennent : c’est-à-dire ceux qui récidivent, qui reviennent à pratiquer le ribā après la révélation de l’interdiction, en se le rendant licite.

Ce sont eux qui iront en enfer où ils resteront éternellement : et cela, parce qu’en se rendant licites le ribā, ils sont devenus mécréants.

Conclusion de ce verset : il s’avère clairement que les moutazilites n’ont pas de preuve pour leur croyance dans ce verset à propos du séjour éternel en enfer du grand pêcheur. Parmi leurs égarements, ils disent que celui qui meurt grand pêcheur, il ira éternellement en enfer. Ils disent que celui-là n’est pas mécréant mais qu’il n’est pas musulman. Ils ont dit qu’il y a un état entre les deux. Ils utilisent ce verset en disant : regardez, ceux qui font le ribaa resteront éternellement en enfer. Or ce n’est pas pour cette raison qu’ils resteront éternellement en enfer, mais c’est parce qu’ils se rendent licites le ribā, après qu’il ait été rendu interdit.

 Verset 276 : Allāh taʿālā anéantit le ribā : dans le sens qu’Il fait partir ses bénédictions. Dieu enlève l’augmentation du bien du ribā. Et Il fait que l’argent dans lequel le ribā intervient disparait.

Par contre Dieu fait fructifier les aumônes : l’argent à partir duquel on a extrait une aumône, Dieu fait qu’il augmente et il y a de la barakah dedans. Un bien ne diminue pas par l’aumône qu’on donne. Et dans le ḥadīṯ le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la zakāt n’a pas diminué la valeur d’un bien dont elle est extraite » et aussi « l’argent ne diminue pas à cause d’une aumône, alors faites des aumônes ». Rapporté par Muslim et l’imam Barzaẖ. Cela veut dire que l’argent que tu donnes en aumône dans la voie que Dieu agrée, véritablement, ton argent n’aura pas diminué du montant de l’aumône. Même si, en apparence, tu as moins d’argent qu’avant que tu donnes. Mais en réalité, il n’a pas diminué. En vérité tu as gagné.

Et Dieu n’agrée pas tous ceux qui se rendent licites le ribā : c’est-à-dire le mécréant qui dépasse les limites : et c’est celui qui se rend licite quelque chose d’interdit.

Et le aṯīm : celui qui commet le péché en continuant à consommer le ribā.

Verset 277 : ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, qui ont accompli la prière et qui se sont acquittés de la zakāt, auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Il n’y a pas de crainte pour eux et ils n’ont pas à être chagrinés.

Il a été dit que « ceux qui ont été croyants », ce sont ceux qui ont cru en l’interdiction du ribā.

Verset 278 : ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de votre Seigneur et délaissez ce qui reste comme gain usuraire. C’est-à-dire : cessez de commettre cette interdiction. Le contexte de la révélation de ces versets est l’interdiction du ribaa alors qu’auparavant, il n’était pas interdit. Ils avaient pris un surplus, conformément au contrat de ribā qu’ils avaient fait. L’ordre était de délaisser ce qu’ils pouvaient réclamer en plus selon ce contrat. C’est-à-dire : même si vous avez pris un surplus de gain usuraire, maintenant, arrêtez. Ce qui, en fonction du contrat que vous aviez fait, restait dû, délaissez-le, ne le réclamez pas. Il a été rapporté que ce verset a été révélé à propos d’un clan d’une tribu de Ṯaqīf : l’un d’eux avait contracté un contrat de ribā avec quelqu’un de la tribu de qurayš. Au moment où le premier venait réclamer son ribā, ce verset a été révélé.

Si vous êtes véritablement croyants : c’est-à-dire : si vous êtes croyants du degré de foi complète. La preuve du degré de foi complète, c’est le fait qu’il s’empresse à obtempérer.

Verset 279 : si vous ne le faites pas, alors préparez-vous à subir un châtiment de la part de Dieu et à ce que le Messager ne soit pas content de ce que vous faites. Si vous ne le faites pas, alors sachez que vous allez subir une sorte de guerre qui est éminente de la part de Dieu et de Son Messager. Il a été rapporté que lorsque ce verset a été révélé, Ṯaqīf a dit : nous ne pouvons pas engager de guerre contre Dieu et Son Messager.

Et si vous faites le repentir (si vous cessez de commettre le ribā) alors reprenez votre capital : ne soyez pas injustes envers les emprunteurs en leur réclamant un surplus et vous ne subirez pas d’injustice en recevant moins que votre capital. C’est-à-dire : prenez votre capital, pas plus et pas moins.

Verset 280 : et si un de ceux de qui vous attendez un remboursement (un de ceux à qui vous avez fait un crédit) se trouve dans l’incapacité de rembourser, alors accordez -lui un délai (un temps additionnel) jusqu’à ce qu’il soit en capacité de rembourser.

Et que vous fassiez l’aumône : c’est-à-dire que vous excusiez celui qui vous doit de l’argent, pour la totalité ou pour une partie du capital que vous lui avez prêté. S’il peut vous rendre une partie, vous l’excusez pour le reste ; s’il ne peut rien vous rendre, vous l’excusez pour tout.

Cela vaut mieux pour vous : c’est-à-dire au jour du jugement.

Si vous le saviez : si vous saviez que ce serait mieux pour vous et que, en conséquence, vous appliquiez cela. C’est une incitation à se soutenir les uns les autres.

Verset 281 : craignez un jour dans lequel vous reviendrez au jugement de Dieu. C’est-à-dire le jour de la résurrection, lorsque vous sortirez de votre tombe, pour l’exposition de vos œuvres. Craignez ce jour c’est-à-dire préparez-vous pour ce jour. Celui qui est intelligent, c’est celui qui se décharge de toutes les éventuelles injustices qu’il a commises.

Il a été dit que ce verset 281 de sūratu l-baqarah était le dernier verset que Ǧibrīl   ʿalayhi s-salām a descendu. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a dit à Muḥammad de placer ce verset au tout début c’est-à-dire au verset 281 de cette sourate. Après la révélation de ce verset, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a vécu vingt et un jours ou selon un autre avis, quatre-vingt-un jours ou encore sept jours ou trois heures. Il y a donc eu quatre avis.

Puis chaque âme sera rétribuée en fonction de ce qu’elle a acquis. Elle aura la rétribution des actes qu’elle a acquis.

Et ils ne subiront pas d’injustice : ils ne seront pas lésés. Ce qu’ils auront acquis comme bonnes actions leur sera donné, ils n’auront pas moins que ce qu’ils méritent. Ce qu’ils auront fait comme mauvaise action ne sera pas augmentée. Personne ne subira d’injustice.

Verset 282 : ô vous qui êtes croyants, si vous contractez des prêts : c’est-à-dire si vous prêtez de l’argent ou bien si vous empruntez de l’argent,

Avec une échéance définie, alors écrivez cela. L’ordre est venu d’écrire cela parce que cela garantit la conservation de l’information et cela protège de l’oubli et cela protège la personne de renier le crédit qui lui a été octroyé. Le sens est que si vous faites une transaction de crédit avec une échéance, alors écrivez-la. Ici, ce n’est pas un ordre d’obligation. C’est un ordre de recommandation. Si quelqu’un a prêté ou emprunté et qu’il n’a pas écrit, on ne dit pas qu’il a commis un péché, mais s’il avait écrit, cela aurait été mieux. S’il le fait du fait que c’est recommandé, il gagne des récompenses. Ibnu ʿAbbās et son père ont dit qu’il ne s’agit pas ici d’un simple crédit mais il s’agit d’une vente appelée « vente de as-salām ». C’est le fait de donner de l’argent à quelqu’un pour qu’il ramène une marchandise bien définie, selon des conditions bien particulières. Pour ce contrat-là, écrivez-le.

Et que les deux contractants écrivent

Et que celui qui écrit soit un scribe de confiance : que l’on ait confiance que ce qu’il va écrire est correct. Il doit être précautionneux. Il n’ajoute pas plus que ce qu’il doit écrire ni moins. Il écrit de manière fiable. Il y a ici une preuve que celui qui écrit soit quelqu’un qui connait la religion, pour que ce qu’il écrit soit valide selon la Loi. Cet ordre concerne les deux contractants du prêt, c’est-à-dire le créancier et l’emprunteur. Ils doivent ne demander qu’à quelqu’un qui soit faqīh, fiable dans ce qu’il écrit.

Et aucun scribe (notaire) ne devrait refuser d’écrire autrement que de la manière dont Dieu lui a enseigné d’écrire des documents : c’est-à-dire d’une façon fiable et correcte. Il ne change pas et il n’altère pas.

Alors qu’il écrive : c’est-à-dire qu’il écrive cette écriture telle qu’elle a été décrite en tant qu’objet de cette transaction, qu’il ne s’écarte pas de ce qui a été convenu

Et que celui qui est l’objet de l’obligation dicte : celui qui dicte ce qui doit être écrit est uniquement celui qui est redevable parce que cette dictée revient à témoigner que ce droit lui incombe. Il reconnait ainsi par lui-même que c’est lui qui doit rembourser.

Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire que celui qui doit le remboursement du prêt craigne Dieu et qu’il ne refuse pas de dicter. S’il refusait de dicter, c’est comme s’il renait le droit qui lui incombe.

Et qu’il ne diminue rien : et qu’il ne diminue rien du droit qui lui incombe, lorsqu’il dicte, parce que cela reviendrait à renier une partie de ce droit.

Si celui à qui incombe le droit était quelqu’un de « safīh » : dans certains cas, ça peut avoir le sens de fou. A l’origine, ça signifie vulgaire ou impudent. La vulgarité ou l’impudence est une faiblesse dans l’esprit. Par extrapolation ça arrive à la folie.

Première explication : un fou.

Deuxième explication : quelqu’un qui est sous tutelle car il ne sait pas gérer son argent.

Ou bien qu’il est faible : ici il s’agit d’un enfant.

Ou il est incapable de dicter : soit par une incapacité en lui ou parce qu’il est muet ou parce qu’il ignore la langue

Alors que son tuteur dicte à sa place : celui qui gère ses affaires.

Justement :  c’est-à-dire véritablement et correctement.

Faites témoigner deux témoins : demandez à ce qu’il y ait deux témoins qui soient présents lors de cette transaction.

Parmi vos hommes : c’est-à-dire des hommes croyants, musulmans. Et même si ça n’avait pas été mentionné ici, le statut d’homme libre et la puberté sont des conditions avec l’islam, pour ces deux témoins. Le témoignage des mécréants entre eux, nous l’acceptons.

S’ils ne sont pas deux hommes, alors que ce soient un homme et deux femmes. C’est-à-dire, alors que soient témoins de cette transaction un homme et deux femmes.

De ceux dont vous connaissez le statut de confiance : la fiabilité.

Au cas où l’une des deux femmes oublie, que la seconde le lui rappelle : si l’une des deux oublie le témoignage, la seconde le lui rappelle.

Et les deux témoins ne refusent pas quand ils sont convoqués : soit ils sont convoqués pour témoigner soit pour être témoins. Dans le premier cas où c’est le juge qui les convoque, c’est obligatoire pour eux de témoigner. Et quand les deux contractants leur demandent de venir en en tant que témoins lors de la transaction, c’est recommandé.

Et ne vous lassez pas d’écrire ce crédit : c’est-à-dire de laisser une trace de ce que vous faites, quel que soit le droit,

Que ce soit de faible valeur ou de grande valeur, de petit enjeu ou de grand enjeu, ne vous lassez pas de l’écrire, de laisser une trace, c’est recommandé.

En écrivant l’échéance : sur laquelle les deux contractants se sont entendus.

Car une telle écriture est plus juste selon le jugement de Dieu : c’est un moyen de conserver les droits de tout un chacun, pour ne pas qu’il y ait des gens qui soient lésés. Et ça aide pour le témoignage. C’est une force de preuve.

Et cela aide à ne pas être dans le doute : cet écrit aide à dissiper totalement le doute pour le témoin pour le juge et pour le créancier.

Sauf s’il s’agit d’une vente immédiate que vous pratiquez de main à main, il n’y a pas de mal dans ce cas-là à ne pas garder de trace écrite. Parce qu’il n’y a pas de risque de conséquence comme il y en aurait pour une dette.

Et prenez un témoin lorsque vous faites des ventes : c’est un ordre de prendre un témoin lorsqu’on fait une vente dans l’absolu, que ce soit une vente dans l’immédiat ou bien une vente avec échéance. Il y a plus de précaution et ça éloigne de tomber dans la divergence. Ou alors : prenez des témoins lorsque vous faites cette vente qui est dans l’immédiat, dans le sens que ce n’est pas la peine d’écrire dans ce cas puisqu’il y a des témoins. Et même le fait de prendre des témoins est recommandé, ce n’est pas obligatoire.

Et qu’aucun scribe ni témoin n’agisse en mal : qu’aucun d’eux ne refuse de faire ce qu’on leur demande et qu’il ne déforme pas, qu’il n’ajoute pas ni ne retranche.

Si vous le faites : c’est-à-dire si vous agissez mal,

Cette nuisance est un péché pour vous.

Et craignez Dieu : faites preuve de piété à l’égard de Dieu. Le mot « at-taQwaa » signifie à l’origine la protection. On se protège de la désobéissance à Dieu.

Notre šayẖ a rajouté : si vous faites preuve de piété à l’égard de Dieu, Dieu vous accorde al-ʿilmul -ladunniyy : c’est une science que Dieu accorde aux saints : c’est une science qui est en plus de la science qu’il a apprise par transmission. Pour les prophètes, cette science est une révélation. Mais pour autre que les prophètes, ce n’est pas une révélation. Les savants ont cité parmi cette science, la science de l’interprétation des rêves.

Dieu nous dit d’accomplir ce qu’Il nous a ordonné d’accomplir, que ce soit en termes de science et d’œuvre. La science : ça veut dire : apprenez ce que Dieu vous a ordonné d’apprendre, ce minimum indispensable de la science de la religion. Les œuvres : faites ce que Dieu vous a ordonné de faire, évitez ce que Dieu vous a interdit comme actes du cœur et actes du corps. Celui qui fait cela, Dieu l’honore en lui donnant cette science al-ʿilmul -ladunnī.

L’esclave qui est croyant, s’il a appris ce que Dieu lui a ordonné d’apprendre, en termes de science indispensable de la religion, s’il œuvre et qu’il est véridique dans ses œuvres, c’est-à-dire qu’il a œuvré avec sincérité, c’est-à-dire qu’il a accompli les œuvres d’obéissance exclusivement par recherche de l’agrément de Dieu, et non pas par recherche de l’éloge des gens, est apte à recevoir al-^ilmu l-ladduniyy. C’est une science qui parvient directement au cœur de l’esclave croyant qui est pieux. Car beaucoup de gens vivent dans les illusions et ils n’apprennent pas ce minimum indispensable de la religion que nous étudions dans le mukhtaçar. Ces gens-là sont dans une erreur qui les mène à une grande perte.

Et Dieu vous enseigne les règles de Sa religion.

Il faut connaitre le sens qui est visé par ce verset afin de ne pas le comprendre autrement que conformément au sens qui est visé chez les gens de la connaissance. Le sens correct de ce verset est qu’il est ordonné aux esclaves de faire preuve de piété à l’égard de leur Seigneur. La piété, c’est accomplir les devoirs et éviter les interdits. Quand on dit : « crains Dieu », « fais preuve de piété à l’égard de Dieu », ce n’est pas la simple image de la prière, du jeûne, de la zakāt, du pèlerinage.

At-taqwā, la piété, est quelque chose de très difficile pour l’âme car cela nécessite un combat contre les penchants de l’âme. C’est un mot facile à prononcer mais qui est lourd de sens. La piété comporte l’accomplissement de tout ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves et le fait d’éviter tout ce que Dieu a interdit. Les actes que Dieu a ordonnés à Ses esclaves, certains sont relatifs au cœur et d’autres sont relatifs aux organes. Il y a ce qui concerne les connaissances et il y a ce qui concerne les pratiques. Donc ce n’est pas uniquement le fait d’accomplir l’image des actes.  

La piété a deux piliers fondamentaux : le premier c’est que l’esclave accomplisse ce que Dieu lui a ordonné, des actes du cœur et des actes du corps. L’acte du cœur que Dieu nous a ordonné d’accomplir c’est de connaitre Dieu et Son Messager c’est-à-dire d’une croyance certaine qui ne comporte aucune hésitation ni aucun doute. Également, parmi les actes du cœur, il y a la connaissance des sujets de la croyance, comme le fait de croire aux anges, aux messagers, au jour dernier, qu’il aura lieu sans aucun doute. Les gens seront ressuscités avec leurs corps et leurs âmes, après que les corps qui ont été assimilés par la terre auront été créés à nouveau. Ce n’est pas suffisant de croire à la résurrection des âmes seulement, mais il est un devoir de croire à la résurrection de l’âme avec le corps. Certains corps ne sont pas assimilés par la terre, comme les corps des prophètes, de certains saints et des martyrs. Dieu, Qui a créé les corps la première fois est tout puissant à les créer après qu’ils soient assimilés par la terre. Quant à la résurrection des âmes : depuis que l’âme a été retirée du corps, elle n’est pas anéantie, elle demeure. L’âme a un début mais elle n’a pas de fin. L’anéantissement pour l’être humain, c’est lorsque son âme quitte son corps, c’est cela qui va arriver inéluctablement à chaque être humain.

Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que chacun prenne garde de ceux qui se prétendent ṣūfī mais qui ne prennent pas en considération la Loi de l’islam. Ceux parmi eux qui enfreignent la Loi, quand quelqu’un les reprend pour les corriger, ils lui disent que lui, il fait partie des gens de l’apparence alors qu’eux, sont les gens de l’intérieur, des choses cachées. On leur répond que Dieu n’a pas révélé deux lois mais bien une seule qui s’applique à tous. Ce sont des charlatans. Aucun ṣūfī n’atteindra le haut degré dans le taṣawwuf sans s’attacher parfaitement à la Loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Aucun ṣūfī n’atteindra la sainteté sans s’attacher à la Loi de Dieu. Et après avoir atteint la sainteté, il va augmenter en attachement à la Loi de l’Islam. C’est à ce moment-là qu’il mérite d’avoir cette science al-ʿilmul -ladunnī. Quant à celui qui ne s’attache pas à la Loi de Dieu, parfaitement, il n’obtiendra pas cette science. S’ils disent que Dieu dit dans le Qur’ān : craignez Dieu et Dieu vous l’enseignera (sous-entendu cette science), on leur dit que « craignez Dieu » signifie « accomplir les obligations et éviter les interdits ».

Et Allāh sait absolument toute chose : il ne Lui arrive pas d’oubli, il ne Lui arrive pas de défaillance.

Verset 283 : et si vous (qui faites cette transaction) étiez en voyage et que vous n’avez pas trouvé un scribe, celui en qui on a confiance, c’est comme une caution de cette transaction. Généralement, quand on est en voyage, on ne pense pas qu’on va avoir besoin d’écrire ni d’avoir de témoin. Si quelqu’un veut prêter de l’argent à un autre, et qu’il n’y a pas de scribe, on va prendre une caution à la place de l’écriture. Le voyage n’est pas une condition pour que la caution soit valable. Une caution c’est-à-dire une hypothèque. Si vous n’avez pas de quoi écrire, alors prenez une hypothèque de la part de celui à qui vous prêtez. Et vous saisissez cette hypothèque.

Si vous avez confiance en vous : c’est-à-dire si certains créanciers ont confiance en certains débiteurs. Si le créancier pense du bien du débiteur, et qu’il n’a pas écrit le crédit qu’il lui a octroyé, il n’a pas pris de témoin et qu’il n’a pas pris d’hypothèque

Alors celui à qui il a été fait confiance, rembourse sa dette : c’est une incitation à l’emprunteur d’être à la hauteur de la confiance que le créancier lui a accordée. Et qu’il lui rembourse le crédit pour lequel il lui a fait confiance, même sans avoir pris d’hypothèque. La créance ici a été appliquée en tant que « amānah » c’est-à-dire c’est le fait de déposer un objet chez quelqu’un pour qu’il le conserve. Il a appelé le crédit une amānah, c’est comme s’il lui a fait un dépôt, il lui a fait confiance. Il n’a pas pris d’hypothèque.

Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire qu’il ne renie pas le droit du créancier.

Et ne taisez pas le témoignage : cela revient aux témoins

Et celui qui refuse de témoigner, alors son cœur est dans le péché. Pourquoi le péché est-il attribué au cœur uniquement ? Alors que c’est toute la personne qui est dans le péché en taisant le témoignage parce qu’en fait, il a dissimulé le témoignage dans son cœur, il n’a pas voulu le dire. Comme le péché a été commis par le cœur et acquis par le cœur, il lui a été attribué. Attribuer le péché à l’organe avec lequel le péché a été commis, c’est encore plus éloquent, c’est plus fort. C’est comme quand on dit : c’est ce que j’ai vu de mes yeux, ce que j’ai entendu de mes oreilles, ce que j’ai su par mon cœur. De plus, le cœur est le président de tous les organes et il est ce bout de chair qui, lorsqu’il est sain, tout le corps est sain et lorsqu’il est corrompu, tout le corps est corrompu.  En disant que son cœur est dans le péché, c’est comme s’il a dit que le péché s’est emparé de ce qui est à l’origine-même de lui-même, et qu’il s’est emparé de la partie la plus noble de la personne, qui est le cœur. Et parce que les actes du cœur sont plus éminents que les actes des autres organes. N’as-tu pas vu que l’origine des bonnes œuvres et des mauvaises œuvres, c’est la foi et la mécréance !! Et elles sont toutes deux parmi les actes du cœur. Et si le fait de dissimuler le témoignage a été considéré comme faisant partie des actes du cœur, alors c’est un signe qu’il s’agit d’un des plus graves des péchés.

D’après ʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, qui a été surnommé l’exégète par excellence du Qur’ān, il a dit que les plus grands parmi les grands péchés sont : attribuer à Dieu un associé (et c’est de la mécréance), le faux témoignage et dissimuler le témoignage.

Et Dieu, concernant ce que vous faites, sait toute chose : si vous dissimulez le témoignage ou si vous le montrez, rien n’échappe à Dieu.

Verset 284 : à Dieu appartient ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre : Dieu est le créateur de ce qu’il y a dans les cieux et sur terre et c’est à Dieu qu’appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre.

Que vous manifestiez ce qu’il y a dans votre for intérieur ou que vous le dissimuliez : c’est-à-dire comme mal, Dieu vous rétribuera pour cela, que vous le manifestiez ou pas.

Allāh vous punira : c’est-à-dire pour le mal. Mais ici, les suggestions et ce que l’âme suggère, cela ne fait pas partie de ce que l’homme dissimule, parce qu’il n’est pas en la capacité de l’homme de ne pas avoir cela. Mais l’homme sera rétribué pour ce qu’il a comme croyance et ce qu’il a la ferme volonté de faire. L’être humain n’est pas chargé des mauvaises suggestions et de ce que son âme suggère. La personne est chargée de ce qu’elle a pour croyance et de ce qu’elle se décide de faire. En résumé, se décider à faire de la mécréance est une mécréance. Et l’idée passagère de commettre un péché, sans que cela ne soit suivi d’une décision de commettre le péché, la personne n’en est pas chargée. Et la ferme décision de commettre un péché mais sans le commettre finalement, suivie par le regret d’avoir eu cette décision, puis la personne s’est détournée de commettre ce péché, cette personne-là est pardonnée. La règle est que celui qui fait le repentir d’un péché, c’est comme s’il ne l’avait pas fait. Celui qui a décidé de commettre un péché, il a commis un péché du cœur. Mais s’il a regretté de l’avoir commis, alors il est pardonné.

Si quelqu’un a envisagé de commettre un péché et il a décidé de le commettre et il a maintenu cette décision de le commettre, sauf qu’il y a eu quelque chose qui l’en a empêché et cela n’était pas de son fait à lui, il ne sera pas puni de la punition de celui qui a commis le péché. Par exemple, s’il avait la ferme décision d’aller commettre la fornication, mais par une cause indépendamment de sa volonté, il n’est pas allé jusqu’au bout, alors il ne sera pas châtié de la punition de celui qui a fait la fornication. Mais il sera puni du fait d’avoir décidé à le commettre.

Quant au ḥadīṯ rapporté par Ibnu Māǧah, dans lequel le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit : « Dieu ne charge pas Ma communauté pour ce que leur âme suggère, tant qu’ils ne vont pas jusqu’à agir ou parler ». Tout ne vient pas du šayṭān uniquement, l’âme également suggère.

Notre šayẖ a dit : « al-ʿazm » c’est la décision. « Al-hamm c’est at-taraddud l’hésitation à faire, avec la prévalence de faire l’action. Le ḥadīṯ cité est expliqué par ce qui est moins que la décision ; il est expliqué par l’hésitation, même si le côté « accomplir » l’emporte mais la personne n’a pas dit qu’elle va faire cette action.

An-Nasafiyy a dit que la majorité des savants ont dit que ce ḥadīṯ concerne ce qui traverse l’esprit et qui n’arrive pas jusqu’à la décision. Dieu dit ce qui signifie : « certes l’impudence et le mal se propagent ». An-Nasafiyy a dit que le ḥadīṯ deʿĀʾišah qui signifie : « celui qui hésite à commettre le péché et même s’il ne le commet pas, il sera puni pour cela » n’est pas authentique.

Dans la plupart des exégèses, lorsque ce verset a été révélé, les compagnons ont été apeurés et ont dit : « même si notre âme nous suggère le mal, nous serons punis ? » C’est alors que la suite du verset a été révélée. Cela indique que nous serons responsables de ce que nous aurons acquis comme bien et comme mal.

Il pardonne à qui il veut et Il châtie qui Il veut : c’est-à-dire que c’est Dieu Qui pardonne et c’est Dieu Qui châtie.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant :  Il est tout puissant à pardonner et Il est tout puissant à châtier. Dieu récompense et châtie sans y être obligé.

Verset 285 : le Messager a cru fermement en ce qu’il lui a été descendu par révélation de la part de son Seigneur, ainsi que les croyants : c’est-à-dire que tous ont une croyance qui n’est pas basée sur les illusions. La croyance du musulman est confirmée par la preuve rationnelle. Il est un devoir personnel pour chaque musulman de connaitre la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.

Tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses livres et en Ses messagers. Chacun d’entre eux est croyant. Un savant a dit : croire aux anges signifie croire que ce sont des personnes dotées d’âme et qui ont des corps impalpables. Ce sont des êtres vivants.

Le terme « ḥayawān » signifie dans la langue arabe celui qui est vivant et qui est doté d’âme. Dans le langage courant, il désigne un animal. L’emploi de ce mot pour désigner un animal est accidentel, c’est un usage qui n’existait pas chez les Arabes. A l’origine, c’est un mot qui a une portée plus large, qui désigne les êtres vivants.

 Donc croire aux anges signifie croire que ce sont des êtres dotés d’âmes, de corps impalpables qui descendent et qui montent, sur ordre de Dieu. Ce ne sont pas des étoiles asservies ni des astres, comme l’a prétendu un groupe d’égarés. Il est un devoir de croire que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Par ailleurs, Dieu a chargé les anges de plusieurs fonctions ; certains sont chargés de la pluie, d’autres sont en charge d’inscrire les actes des humains (Raqīb et ʿĀtīd), et d’autres sont chargés de prendre les âmes (soit les anges de la miséricorde, soit les anges du châtiment), et d’autres sont chargés de protéger les humains, pour que les ǧinn    mécréants ne se jouent d’eux.  En effet les ǧinn    nous voient alors que nous ne les voyons pas. Mais les anges ne nous protègent pas du mal que Dieu a prédestiné qu’il va nous arriver.

Nous ne faisons pas de différence entre ces messagers : c’est-à-dire ils disent : nous croyons en eux tous, en leur totalité, depuis Ādam jusqu’à Muḥammad, nous croyons en le message qu’ils ont amené et nous croyons en leur véracité.  Nous reconnaissons leur statut de prophète et le fait qu’ils sont des envoyés de Dieu, ils ont tous amené l’islam. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la meilleure des paroles que j’ai dites et que les prophètes ont dites avant moi est – il n’est de dieu que Dieu – ». Tous les prophètes ont été envoyés par Dieu pour appeler à l’islam.

Nous n’accusons de mensonge aucun d’entre eux. Cela veut dire que nous ne croyons pas en certains tout en démentant d’autres. Nous croyons en eux tous. Cela ne veut pas dire que nous suivons toutes les lois des prophètes. Parce que la Loi de notre prophète est différente de la loi des prophètes qui l’ont précédé. La loi d’un messager abroge la loi du messager qui l’a précédé. La loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus facile.

Ibnu Ḥibbān a rapporté dans son ṣaḥiḥ ce qui signifie : « ô messager de Dieu, combien étaient les prophètes ? Il a dit : 124.000. Je lui ai dit : « ô messager, combien étaient les messagers ? » Il a dit « 313 ».

Et ils ont dit nous avons entendu : c’est-à-dire que nous avons répondu à ton appel ô Muḥammad et nous avons obéi à ton ordre.

O Allāh pardonne-nous

Seigneur c’est à Toi le devenir : c’est une reconnaissance qu’il va y avoir une résurrection et une rétribution.

Verset 286 : Allāh ne charge la personne que de ce dont elle est capable : la capacité de l’être humain, c’est ce qu’il peut faire. Cela signifie que Dieu ne charge la personne que de ce qu’elle peut faire, sans pour autant qu’elle atteigne la limite de sa capacité. Par exemple, l’être humain est capable d’accomplir plus que cinq prières par jour. Or Dieu nous a chargés d’en accomplir cinq. Également nous pouvons jeûner plus qu’un mois. Mais l’obligation est de jeûner un seul mois. Cela ne va pas combler toute notre capacité.

 Les savants ont dit qu’il y a deux sortes de capacités : une capacité qui est antérieure à l’acte et une capacité qui est conjointe à l’acte. La première sorte c’est le fait d’avoir les moyens et les outils qui permettent d’accomplir l’acte. Par exemple pouvoir se mettre debout pour la prière. Etre en bonne santé pour jeûner. C’est cette capacité qui est antérieure à l’acte qui fait que nous sommes responsables. La deuxième sorte, c’est la capacité qui est conjointe à l’acte, c’est celle par laquelle l’acte a lieu. Comme le fait de se mettre debout pour accomplir la prière obligatoire.

L’âme a en sa faveur le bien qu’elle a acquis et elle aura contre elle le mal qu’elle a acquis : nous ne créons pas mais nous acquérons. L’acquisition c’est le fait d’orienter son intention vers l’acte et c’est Dieu Qui crée cet acte. Même l’intention est créée par Dieu. Acquérir le bien signifie qu’il sera rétribué dans l’au-delà par des récompenses. Acquérir le mal signifie que la personne mérite d’être punie dans l’au-delà suite au mal qu’elle a fait. Le bien que l’âme acquiert lui sera bénéfique. L’intention est indispensable pour être récompensé.

L’être humain sera récompensé en acquérant les bonnes actions et il sera puni pour avoir acquis des mauvaises actions. Le fait que Dieu récompense ceux qui sont obéissants, c’est une grâce de Sa part : Dieu n’est pas obligé de récompenser. Le fait que Dieu punisse ceux qui sont désobéissants, c’est une justice de Sa part : cela veut dire qu’Il n’est pas injuste en cela, parce que tout Lui appartient et Il fait ce qu’il veut de ce qui Lui appartient.

L’acquisition c’est lorsque la personne se décide fermement à acquérir quelque chose. Quand l’esclave oriente son intention vers quelque chose, Dieu lui créée cette chose-là. L’esclave va profiter des bonnes actions qu’il acquiert.

La personne va assumer les conséquences des péchés qu’elle commet, parce qu’elle sera punie pour cela. C’est-à-dire qu’elle mérite la punition.

Dans ce verset il y a la confirmation de l’acquisition pour l’esclave. Tous les actes des esclaves sont créés par Dieu. C’est Dieu seul Qui fait entrer en existence les actes de l’esclave et aucun acte n’est excepté. Ce qui distingue le bien du mal, c’est que le bien, Dieu l’agrée et l’ordonne et le mal, Dieu ne l’agrée pas et ne l’ordonne pas.

O notre Seigneur, ne nous punis pas si nous avons oublié ou si nous avons commis une erreur.

O notre Seigneur, ne nous fais pas supporter des charges comme Tu as fait en supporter à ceux qui nous ont précédés : dans la communauté de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, la loi du talion devait s’appliquer inéluctablement : si quelqu’un commettait un homicide injustement, l’assassin devait être absolument exécuté. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad, l’assassin peut être pardonné de la part de la famille de la victime. Autre exemple : si une substance impure tombait sur un tapis de prière, dans les lois antérieures, il fallait découper cette partie et la jeter. Dans la loi de notre maitre Muḥammad, on peut le laver avec de l’eau pour la purifier.

Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons pas supporter : c’est-à-dire des punitions qui se sont abattues sur ceux qui nous ont précédés.

Et pardonne-nous : c’est-à-dire : efface nos mauvaises actions.

Et pardonne-nous : c’est-à-dire : ne dévoile pas nos péchés. An-Nasafī dit que ce n’est pas une répétition parce que la première phrase, c’est pour les grands péchés et la deuxième, c’est pour les petits péchés.

Fais-nous miséricorde : en faisant que la balance de nos bonnes œuvres soit plus lourde, même si nous ne sommes pas à la hauteur.

An-Nasafiyy a donné une deuxième explication de ces trois versets : nous demandons à Dieu de ne pas nous faire subir ce que certains ont subi : 

1/ la transformation : des gens de certaines communautés antérieures ont été transformés (certains des fils d’Isrāʾīl ont été transformés en singes et en porcs)

2/ l’ensevelissement : la communauté de notre maitre Lūṭ a subi cela.

3/ La noyade : comme le peuple de Nūḥ.

Tu es notre Seigneur : le mot « mawlaa » en arabe a quinze sens.

Première explication : ô Dieu, Tu es notre maitre et nous sommes Tes esclaves.

Deuxième explication : Tu es Celui Qui nous soutient.

Troisième explication : Tu es Celui Qui gère la création, Qui prédestine toute chose.

Donne-nous la victoire sur les mécréants : le Seigneur soutient Ses esclaves.

C’est permis de dire « j’ai récité sūratu l-baqarah » et c’est correct de dire : « j’ai récité al-baqarah ». Notre maître ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « les derniers versets de sūratu l-baqarah proviennent d’un trésor qui est sous le Trône ».

D’après le compagnon An-Nuʿmān ibnu Bašīr, il rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam   qu’il a dit ce qui signifie : « Allāh a fait écrire sur une table, deux mille ans avant la création des cieux et de la terre. Et à partir de ce qu’Il a fait écrire sur cette table, Il a fait descendre deux versets par révélation, qui sont les deux derniers versets de sūratu l-baqarah : si ces deux versets sont récités dans une maison trois nuits de suite, le šayṭān n’entre pas dans cette maison ». Il s’agit des ǧinn mécréants.

D’après le compagnon Abū Qatādah, que Dieu l’agrée, il a dit que le Messager de Dieu, ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « celui qui récite Āyatu l-kursiyy et les deux derniers versets de sūratu l-baqarah, au moment de l’épreuve, Allāh ʿAzza wa Ǧ-Ǧall lui envoie le renfort ». Rapporté par ibnu s-sunnī

Au-dessus du Trône, il y a un tableau sur lequel sont inscrits les deux derniers versets de sūratu l-baqarah. Et il y a la table préservée sur laquelle est inscrit tout ce qui va se passer jusqu’à la fin de ce monde. Et il y a un autre support qui est au-dessus du Trône sur lequel est écrit ce qui signifie : les manifestations de Ma miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier.

Informations utiles au sujet de sūratu l-baqarah

1 / Aṭ-Ṭabarānī a rapporté d’après ʿAbdur -Raḥmān fils de al-‘Aʿlā fils de al-Laǧlāǧ qu’il a dit : « mon père m’a dit : – mon fils, quand tu vas me mettre dans la tombe, dis : (bismi l-Lāhi wa fī sabīli l-Lāh wa ʿalā millati rasuli l-Lāh) -. Ce qui signifie : je commence par le nom de Dieu, dans la voie que Dieu agrée, (c’est-à-dire pour rechercher les récompenses de la part de Dieu) et conformément à la religion du Messager de Dieu. Ensuite déverse la terre sur ma tombe, lentement, petit à petit. Ensuite tu récites au niveau de ma tête le début de sūratu l-baqarah et la fin sūratu l-baqarah. Parce que j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire cela. » Il s’agit donc d’un ḥadīṯ marfūʿ. Il a attribué la parole au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

2 / Il a été confirmé qu’ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar que Dieu l’agrée lui et son père, qu’il récitait au niveau de la tombe, après l’enterrement, les quatre premiers versets de sūratu l-baqarahainsi que les deux derniers versets de cette sourate.

3 / L’imam Aḥmad que Dieu l’agrée, a vu une fois des gens qui récitaient le Qur’ān au niveau de la tombe. A ce moment-là, il ne lui était pas parvenu que c’était autorisé, il leur a dit de ne pas le faire. Puis un de ses amis qui était un savant lui a demandé ce qu’il disait au sujet d’un certain savant. L’imam Aḥmad lui a dit que c’était quelqu’un de confiance. Alors son ami lui a dit que cette personne récitait le Qur’ān en faveur des morts. Alors l’imam Aḥmad ne l’a pas interdit. C’est une règle des savants : si une information est confirmée, alors ils la prennent en compte. Ils ne sont pas orgueilleux. C’est une preuve de modestie.

Exemple d’une version d’un ḥadīṯ que notre šayẖ avait rapportée à ses élèves, mais aucun d’eux ne l’a trouvée dans les livres qu’ils ont consultés. Notre šayẖ a confirmé qu’il l’avait apprise avec ces termes-là auprès de ses šayẖ. Il a alors été demandé à šayẖ Ṭāriq qui se trouvait au Maroc de chercher dans d’autres livres. Et il a fini par la trouver dans un livre dans une bibliothèque au Maroc. En effet il y avait quelques divergences entre les copies du Levant et celles du Maghreb.

4/ Et l’imam Aḥmad a authentifié un ḥadīṯ qui signifie : « récitez sūratu Yāsīn auprès vos morts ». Le mot « mort » ici englobe aussi bien celui qui est déjà mort que celui qui est en train d’agoniser. Celui qui est en train d’agoniser va arriver ensuite à l’état de mort.

5/ L’imam Aš-Šāfiʿiyy a dit que la récompense de la récitation n’arrive pas à celui qui est mort. Ceci dans le cas où la personne ne fait pas d’invocation après avoir récité. Mais si quelqu’un demande à Dieu de faire parvenir la récompense de ce qu’il a récité à un tel, on espère que la récompense lui parviendra.  On dit : « Allāhumma ʾawṣil ṯawāba mā qaraʾtu ilā fulān ». C’est-à-dire : « ô Allāh, fais parvenir la récompense de ce que j’ai récité à un tel ». Ceci dans le cas où on est loin de la tombe. Par contre, si on récite alors qu’on est auprès de la tombe, on n’a pas besoin de réciter l’invocation parce que la récompense arrive.

6 / Sūratu l-baqarah a été surnommée ainsi en référence à la vache que les descendants d’Isrāʾīl avaient reçu l’ordre d’égorger quand quelqu’un avait été assassiné et on ne connaissait pas l’assassin. Notre maître Mūsā leur avait ordonné d’égorger une vache et c’était ainsi qu’ils pourraient identifier l’assassin.

Tafsir, Exégèse de an Nasafiyy : sourate Maryam versets 1-67

C’est une sourate mecquoise, c’est-à-dire qu’elle a été révélée quand le Prophète était à La Mecque. Et elle est composée de 98 ou 99 versets.

Verset 1 : il comporte cinq lettres (kāf-hā-yā-ʿ-ṣād) : aṣ-Ṣuddī dit que c’est un nom de Dieu mais ce n’est pas l’avis qui est correct. Et il a été dit que c’est le nom de la sūrāh.

Il y a eu différentes versions pour la récitation de ce verset : ʿAlī et Yaḥyā ont récité ce premier verset avec une kasrah sous le hā et le yā : ils ont dit kāf-hī-yī .

Verset 2 : ceci est la mention de la miséricorde de ton Seigneur, qu’Il a accordée à Son esclave Zakariyyā.

Verset 3 : il (Zakariyyā) a invoqué son Seigneur en toute discrétion. Il a invoqué Dieu en cachette, tout comme c’est ce qu’il convient de faire. Car ainsi cela permet d’éviter l’insincérité. Et c’est plus proche de la pureté du cœur. Une deuxième explication : il a invoqué son Seigneur en toute discrétion pour qu’on ne lui fasse pas de reproches, du fait qu’il a demandé à avoir un fils alors qu’il était âgé. Il avait 75 ou 80 ans.

Verset 4 : il a dit ô mon Seigneur. A l’origine, la phrase est en arabe « yā rabbī », c’est-à-dire « ô mon Seigneur » mais le terme « yā » qui indique l’appel a été omis ainsi que le terme « ī » « mon », il est donc resté le terme « Seigneur ». Les os de mon corps sont devenus faibles. Il a mentionné les os car les os sont la structure qui maintient le corps.  S’ils deviennent faibles, c’est tout le corps qui s’affaiblit. Également, les os sont la partie la plus dure du corps et la plus forte. Si les os s’affaiblissent, toute la force du corps s’affaiblit. Remarque : en arabe il a employé le terme « os » au singulier, ici il a utilisé le singulier pour indiquer le genre (comme quand on dit « l’homme est un être vivant »). Ce verset veut dire que cet os qui constitue le squelette et qui est le pilier du corps, a été atteint de faiblesse.

Et les poils gris se sont attisés dans ma tête : il a utilisé le verbe qu’on utilise d’habitude pour le feu, c’est-à-dire que les poils gris se sont propagés dans ma tête, à l’image d’un feu qui se propage et qui donne des flammes par-ci et par-là. Donc il a comparé les cheveux gris à des foyers de feu, par sa couleur et par le fait qu’ils se propagent dans la tête. Toute partie de la tête a des zones grises comme le feu se propage. Ceci est très éloquent.

(Zakariyyā) a dit : ô mon Seigneur, je suis devenu vieux et la vieillesse englobe l’affaiblissement du corps, les cheveux gris et plus fort encore. Il n’a pas utilisé de termes explicites mais il a utilisé des allusions et l’allusion est plus forte encore. C’est une forme de construction qui englobe des termes généraux et des détails. C’est une construction très éloquente où il a fait allusion à des parties pour désigner le tout : mes os se sont affaiblis, les cheveux gris se sont propagés dans ma tête comme un feu se propage dans les broussailles.

Et ô mon Dieu, je n’ai pas été dans mes invocations envers Toi, malheureux : cela veut dire que j’ai toujours été exaucé. C’est-à-dire que je Te demande des choses et Tu me les accordes. On dit de quelqu’un qu’il a été heureux quand il a eu son affaire qui a été réglée et malheureux quand son affaire n’a pas été réglée. An-Nasafī a dit qu’un mendiant a dit à quelqu’un : « si c’est à moi que tu as déjà donné tel jour, je te demande de me donner encore ». L’autre lui a répondu : « bienvenue à celui qui a fait le tawassul par nous, pour nous ». Il a rappelé un besoin qu’il avait déjà eu et qui avait été comblé et il veut avoir la même chose et il lui a donné ce qu’il voulait.

Verset 5 : et je crains mon clan : le clan c’est les mawālī : il s’agit de ses frères, ses cousins paternels et ils étaient les plus mauvais des fils de Isrāʾīl. Il craignait qu’ils ne changent la religion, qu’ils n’introduisent des falsifications et il craignait aussi que son clan n’assure pas la succession pour sa communauté. Alors notre maître Zakariyyā a demandé que Dieu lui accorde un descendant vertueux, un fils qui prenne son père comme modèle, sur le fait de veiller sur sa communauté. Je crains ce qu’ils vont faire après moi c’est-à-dire après ma mort.

Et mon épouse est stérile, alors ô Dieu accorde-moi de Ta part : c’est-à-dire sans que ce soit par une cause habituelle, du fait que sa femme est stérile

Un descendant : c’est-à-dire un fils qui s’occupe de l’application de la religion après moi.

Verset 6 : qu’il hérite de moi et qu’il hérite de la famille de Yaʿqūb : ici il s’agit de la description de ce fils, c’est-à-dire que notre maître Zakariyyā demande à Dieu de lui accorder un fils qui va hériter de lui la science et qui hérite de la famille de Yaʿqūble statut de prophète. Mais cela ne veut pas dire qu’on hérite du statut de prophète. Mais cela veut dire : qu’il puisse un jour devenir prophète. Yaʿqūb est le fils de Isḥāq et Yaʿqūb s’appelle Isrāʾīl, ce qui signifie « esclave de Dieu » en hébreu. Isrāʾīl est l’esclave de Celui Qui voit. Et Ismāʿīl signifie l’esclave de Celui Qui entend.

Et ô Allāh fais qu’il soit agréé : c’est-à-dire soit qu’il soit agréé par Toi, ou alors dans le sens qu’il soit satisfait de Toi et de Ton jugement (qu’il n’émette pas d’objection contre Toi)

Verset 7 : ô Zakariyyā Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon qui s’appellera Yaḥyā : C’est Dieu Qui a nommé cet enfant, c’est un grand honneur.

Et Nous n’avons pas fait qu’avant lui, quelqu’un ait porté ce prénom : il a donc été le premier à porter ce prénom. Samiyyā :  ceci est une preuve que le prénom qui n’est pas courant est un prénom qu’il convient d’employer et il a été dit que Samiyyā signifie semblable et ressemblant. C’est-à-dire qu’il n’avait pas de semblable dans le fait qu’il n’a pas désobéi et il n’a pas envisagé de désobéir. Également du fait qu’il était issu d’un homme âgé et d’une femme âgée, il n’avait pas de semblable. Et il était quelqu’un de chaste.

Verset 8 : Lorsque les anges ont donné la bonne nouvelle à Zakariyyā qu’il allait avoir un fils, il a dit ô Seigneur comment aurais-je un fils : cela ne veut pas dire que Zakariyyā trouvait peu probable que Dieu lui accorde un fils mais c’est pour demander par quel moyen il pourrait avoir un fils. Est-ce qu’il allait avoir un fils alors qu’ils étaient tous deux âgés, lui et son épouse ? Ou alors est-ce qu’ils allaient redevenir jeunes et avoir un fils par la suite ?

Alors que ma femme est stérile et que je suis devenu âgé : il a utilisé un adjectif qui indique qu’il est devenu comme une branche d’arbre dure, il fait allusion à la dureté des articulations, pour imager son âge avancé.

Verset 9 : il a dit c’est ainsi que ton Seigneur a dit : c’est-à-dire qu’il en sera ainsi.

C’est aisé pour lui : Ton Seigneur dit que cela est aisé pour Lui c’est-à-dire le fait de créer Yaḥyā de deux parents qui sont d’un âge avancé.

Et Je t’ai fait exister auparavant et tu n’existais pas : ceci pour indiquer que c’est Dieu Qui crée et ce ne sont pas les parents jeunes qui créent leur enfant. Les parents sont une cause.

Verset 10 : Il a dit ô mon Dieu accorde-moi un signe qui me permette de savoir si ma femme est tombée enceinte. Zakariyyā a demandé à Dieu de lui indiquer un signe qui lui montre que sa femme serait tombée enceinte.

Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois nuits. Sans pour autant que tu aies une infirmité dans tes organes : tu ne seras pas muet ni sourd. Tes organes seront sains. Dans la sūrat ʾĀli ʿImrān, il est question de trois jours. Cela veut dire que cette privation de parler s’est prolongée trois jours et trois nuits.

Verset 11 : Zakariyyā est sorti pour son peuple depuis le miḥrāb qui est l’endroit où il faisait sa prière. Son peuple l’attendait et il n’a pas pu parler. Il leur a fait un signe de son doigt pour leur ordonner de glorifier Dieu, c’est-à-dire de faire des prières, matin et après-midi. Matin pour faire allusion à l’aube et après-midi pour faire allusion à al-ʿasr.

Nous lui avons accordé ce fils Yaḥyā et Nous lui avons dit, à ce fils, après sa naissance, après qu’il a grandi 

Verset 12 : ô Yaḥyā prends le Livre et il s’agit de la Torah, vigoureusement c’est-à-dire avec ardeur, pour le maitriser et Nous lui avons accordé la sagesse, c’est-à-dire la compréhension de la Torah et la maitrise de la science de la religion, alors qu’il était déjà enfant. Il a été dit que les enfants lui ont demandé de jouer avec eux, il leur a répondu que Dieu ne nous a pas créés pour jouer.

Verset 13 : Nous lui avons accordé une tendresse de notre part : il avait de la tendresse et de la miséricorde pour ses parents et une pureté : Dieu lui a accordé d’être pur et d’être vertueux et il n’a pas commis de péché et il était pieux : c’est-à-dire un musulman obéissant.

Verset 14 : Yaḥyā était bienfaisant envers ses parents : il ne leur désobéissait pas et il n’était pas quelqu’un d’orgueilleux ni quelqu’un de désobéissant à son Seigneur.

Verset 15 : Que la préservation de Dieu lui soit accordée le jour de sa naissance : c’est-à-dire que le jour de sa naissance le šayṭān ne lui nuise pas car la plupart des enfants, quand ils naissent, le šayṭān leur nuit, ils sortent du ventre de leur mère en pleurant.

Et le jour de sa mort : c’est-à-dire quand les deux anges interrogent dans la tombe

Et le jour où il sera ressuscité vivant : c’est-à-dire pour le jour du jugement, le jour dernier. C’est la plus difficile des stations.

Verset 16 : et cite-leur, c’est-à-dire toi, Muḥammad, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, Maryam, c’est-à-dire récite-leur ce qui est parvenu dans le Qurʾān en tant que récit de Maryam, afin qu’ils en tirent des moralités et afin qu’ils sachent ce qui lui est arrivé.Le moment où il lui est arrivé ce récit étonnant. Quand elle s’est isolée à l’écart de son peuple pour se consacrer à l’adoration à l’est de Jérusalem. Deuxième explication : à l’écart des gens. Et il a été dit qu’elle s’est mise à l’écart dans un endroit pour faire son ġusl suite aux menstrues.

Verset 17 : elle a pris un écran (comme un paravent) qui la voile : elle a fait qu’il y ait comme un voile qui la protège des yeux des gens de son peuple pour qu’elle puisse faire son ġusl derrière.

Nous lui avons envoyé notre rūḥ : et il s’agit de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām et l’adjonction « notre » est une marque d’honneur pour indiquer que Ǧibrīl appartient à Dieu et est honoré par Dieu. L’appellation rūḥ quisignifie « âme » ne veut pas dire que Ǧibrīl est une âme de Dieu mais il a été surnommé ainsi parce que c’est comme s’il est l’âme de la religion. La religion revit par Ǧibrīl et par la révélation qu’il transmet.

Il s’est représenté à elle sous forme d’un humain : Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est présenté à Maryam sous la forme d’un jeune homme, imberbe, avec un beau visage et des cheveux ondulés.

Avec une constitution complète.

Ceci, afin qu’elle soit apaisée par ses paroles, afin qu’elle ressente le réconfort par sa parole, afin qu’elle ne le fuie pas, car s’il lui était apparu sous la forme d’un ange, elle l’aurait fui. Elle n’aurait pas pu écouter sa parole.

Verset 18 : elle a dit je demande à être préservée par le très Miséricordieux si tu es quelqu’un qui craint Dieu. C’est-à-dire que si on peut espérer de toi que tu craignes Dieu, alors je demande à être préservée par Dieu contre toi. Autrement dit, si tu es quelqu’un qui craint Dieu, alors ne me fais pas de mal.

Verset 19 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur : il l’a d’abord rassurée de ce qu’elle craignait (du fait qu’elle s’est retrouvée seule avec un homme étranger) puis il l’a informée qu’il n’était pas un humain (qu’il n’était pas un descendant de Ādam) mais qu’il était un envoyé de la part de Celui par lequel elle recherchait la préservation, c’est-à-dire Dieu.

Pour te donner : c’est-à-dire que je te donne moi-même, par la volonté de Dieu ou bien pour que je sois une cause du don de cet enfant, c’est-à-dire en soufflant dans l’encolure de sa robe.

Un enfant pur : un enfant qui soit pur des péchés ou bien un garçon qui va grandir sur le bien et les bénédictions.

Verset 20 : elle a dit comment allais-je avoir un garçon alors qu’aucun humain ne m’a touchée ! C’est-à-dire qu’elle n’a pas été mariée, qu’elle n’a pas eu d’époux, pour avoir un garçon

Et je ne suis pas de ces femmes perverses qui recherchent les hommes, qui recherchent à obtenir le plaisir avec n’importe quel homme. L’enfant, généralement n’est issu que de ces deux voies-là, soit suite à un mariage, soit suite à une fornication.

Verset 21 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit c’est vrai : il en est ainsi, comme tu l’as dit : c’est-à-dire qu’effectivement, tu n’as pas été mariée, et tu n’as pas commis la fornication.

Ton Seigneur dit cela est facile pour Moi : le fait que tu aies un fils sans qu’il n’ait de père, est quelque chose de facile pour Dieu.

Et afin qu’il soit un signe pour les gens : c’est la première explication,et la deuxième explication, c’est pour manifester Notre toute-puissance et qu’il soit une preuve de Notre toute -puissance.  Dieu manifeste Sa toute-puissance en faisant qu’une femme ait un fils sans qu’il n’ait de père. Afin qu’en voyant cela, les gens en déduisent la toute-puissance de Dieu.

Et pour qu’il soit une miséricorde de Notre part : Jésus est une miséricorde de la part de Dieu, pour ceux qui ont cru en lui, c’est-à-dire ceux qui ont cru qu’il est un envoyé de Dieu, un humain, un prophète musulman qui a appelé à adorer Dieu et à ne pas lui attribuer d’associé.

Et cela est quelque chose de prédestinée. La création de Jésus est une chose destinée qui est écrite sur la Table Préservée.

Quand Maryam a été apaisée après qu’il lui ait parlé, Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est rapproché d’elle et il a soufflé dans l’encolure de sa chemise. Et l’âme est entrée par sa bouche, c’est ainsi qu’a dit Ubay ibnu Kaʿb que Dieu l’agrée. Et le souffle et donc l’âme est arrivé jusqu’au ventre de Maryam.

Verset 22 : elle est tombée enceinte de Jésus : et elle avait treize ans ou bien dix ans ou bien vingt ans. Il y a trois avis.

Alors elle s’est mise à l’écart avec son enfant dans son ventre : d’après ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, la durée de la grossesse était d’une heure, c’est-à-dire que dès qu’elle l’a porté, elle a accouché. Et il a été dit six mois et il a été dit sept mois et il a été dit huit mois. Il n’y a pas eu un enfant qui ait vécu après huit mois de grossesse, hormis Jésus. Il y a donc eu plusieurs avis à propos de la grossesse de Maryam. Et il a été dit qu’elle l’a porté une heure et qu’elle a accouché en une heure.

En un endroit éloigné de son peuple. Elle s’est isolée derrière la montagne. Quand elle a senti la grossesse, elle a fui son peuple, par crainte qu’ils ne la blâment.

Verset 23 :  les contractions de l’accouchement l’ont amenée auprès du tronc du palmier : ce palmier était mort, sec et c’était l’hiver : ce palmier est défini par l’article défini « al », ce qui donne l’impression que c’était un palmier qui était connu. Et il est possible qu’il soit défini pour indiquer que c’est le genre de cet arbre. C’est comme si Dieu l’avait guidée vers le palmier pour la faire nourrir de ces fruits et ici il s’agit d’une sorte de fruits de palmiers, qui ne sont pas comme les dattes qu’on connait au Maghreb, ni les dattes qu’on connait en Arabie, mais ce sont des dattes qu’on trouve en Iraq, en Iran. C’est une sorte de datte crémeuse al-ruṭab. C’est la nourriture de prédilection des femmes qui viennent d’accoucher.

Elle a dit si seulement j’étais morte avant ce jour-là et que personne ne se souvienne de moi.

Verset 24 : il l’a appelée par en bas : une explication : c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui l’a appelée parce qu’il était en contrebas de là où elle se trouvait. Ou bien c’était Jésus qui l’a appelée par en-dessous du palmier.  Le pronom « hā » fait référence au palmier.

Tellement elle était effrayée que ce qui vient après, c’est pour égayer le cœur de Maryam. Pour lui dire ne sois pas chagrinée : c’est-à-dire ne te laisse pas affliger par la solitude, par le manque de nourriture, le manque de boisson et ce que les gens vont dire.

Dieu a fait que, sous toi, (ça peut avoir le sens de « à proximité de toi » ou bien sous ton ordre : c’est-à-dire si tu lui donnes l’ordre de couler, il va couler, si tu lui ordonnes de s’arrêter, il va s’arrêter) il y ait un petit ruisseau. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été interrogé à propos de ce mot « sariyya », il a dit c’est le petit ruisseau. Et Al-Ḥasan a expliqué ce mot par « un maitre honorable », c’est-à-dire Jésus ʿalayhi s-salām.

Et il a été rapporté que H̱ālid fils de Safwān a dit que les Arabes appellent le ruisseau « sariyy ».

Il a été dit que lorsque Al-Ḥasan a entendu ce que lui a dit H̱ālid fils de Safwān, il a dit « tu as dit vrai » et il a repris son explication.

Ibnu l-ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, a dit :  a donné au sol un coup avec son talon ʿīsā ou Ǧibrīl, c’est alors qu’une source d’eau douce a jailli et le ruisseau qui avait tari s’est mis à couler et le palmier a verdi et des fruits ont poussé dessus. Et les fruits ont mûri.

Verset 25 : il a été dit à Maryam : tire vers toi le tronc du palmier, c’est ainsi que vont tomber à ta portée les dattes mûres.

Il a été dit que l’habitude de donner ces dattes à la femme qui vient d’accoucher ou juste avant son accouchement, provient de cette époque-là.

Et il a été dit que la femme qui vient d’accoucher, il n’y pas mieux pour elle que des ruṭab et le malade, il n’y a pas mieux pour lui que le miel.

Notre šayẖ a dit : le meilleur des fruits sont les dattes, et les meilleures des dattes sont les ʿaǧwah et la meilleure ʿaǧwah est celle de Médine et la meilleure ʿaǧwah de Médine est celle de Qubāh. (C’est la première mosquée où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait la prière et il a dit que celui qui se rend à Qubāh pour faire la prière, c’est comme s’il avait fait une ʿumrah).

Verset 26 :  mange et bois et réjouis ton cœur : c’est-à-dire mange des fruits mûrs c’est-à-dire des ces dattes, bois de l’eau du ruisseau et réjouis ton cœur par cet enfant satisfaisant. Réjouis-toi de Jésus et rejette ce qui était la cause de ton chagrin.

Si tu vois un humain aujourd’hui, fais-lui comprendre que tu as fait vœu de ne pas parler. En effet c’était un acte d’adoration dans la loi de Zakariyyā de faire abstinence de parole. C’est-à-dire que si tu rencontres un humain qui te demande à propos de ton état, alors dis-lui que tu as fait le vœu, pour Dieu, d’être silencieuse. Fais-lui comprendre que tu as fait le vœu de ne pas parler aujourd’hui. Et c’était un acte d’adoration à leur époque, de faire abstinence de paroles tout comme ils faisaient abstinence de nourriture et de boisson. Dans la loi de Zakariyyā ʿalayhi s-salām, il y avait les deux sortes de jeûne : le fait de s’abstenir de manger et de boire et le fait de s’abstenir de parler.

Et il a été dit que c’était un jeûne véritable, avec les deux sortes. Le fait de ne pas manger ni boire comportait le fait de ne pas parler.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait interdit de faire le jeûne de la parole. Donc ce jugement a été abrogé pour nous.

Elle avait reçu l’ordre de faire comprendre qu’elle avait fait vœu de silence, parce que Jésus allait parler et que cela suffirait pour l’innocenter. Et d’autre part, pour qu’elle n’ait pas à débattre avec des gens impudents et vulgaires. Il y a en cela la preuve que le fait de se taire face aux impudents est quelque chose de requis.

Et celui qui est impudent n’a pas été vaincu par mieux que le fait de se détourner de lui. Si quelqu’un est impudent, tu n’as pas de plus grande victoire sur lui que de se détourner de lui. Au contraire, il ne va pas plus parler que lorsque tu le contredis.

Elle leur a fait comprendre par un signe qu’elle avait fait vœu de jeûner c’est-à-dire de s’abstenir de parler. Le signe peut être appelé un kalām.

Et il a été dit qu’elle a dit qu’elle allait s’abstenir de parler juste après sa dernière parole où elle aurait fait le vœu de silence.

Je ne vais pas adresser aujourd’hui la parole à un humain.

Verset 27 : puis elle s’est dirigée vers son peuple en portant son fils

Ils ont dit ô Maryam tu as ramené là quelque chose d’étonnant : car ils savaient qu’elle n’était pas mariée et qu’elle n’était pas une femme de mauvaise mœurs. Le mot « farīʿ » signifie « ce qui coupe avec l’habitude », qui n’est habituel.

Verset 28 : ô toi la sœur de Hārūn : An-Nasafīa donné plusieurs explications :

  1. Elle avait un frère qui s’appelait Hārūn et c’était son frère de même père qui faisait partie des meilleurs descendants des fils de Isrāʾīl.
  2. Hārūn est le frère de Mūsā ʿalayhi s-salām et elle était descendante de Hārūn. Et il s’était écoulé entre Maryam et Hārūn mille ans. Ici c’est dans le sens qu’ils faisaient partie de la même tribu.
  3. Hārūn était un homme vertueux ou bien un homme mauvais, de leur époque. Et quand ils lui ont dit : ô toi la sœur de Hārūn, ils l’ont assimilée à cet homme contemporain, soit dans la vertu, soit dans le vice.

Ton père n’était pas quelqu’un de mauvais et ta mère n’était quelqu’un de mauvais : son père était ʿImrān n’était pas quelqu’un qui commettait la fornication et sa mère qui s’appelait Ḥannaʾ n’était pas quelqu’un non plus qui commettait la fornication.

Verset 29 : elle a désigné son fils : c’est-à-dire qu’elle a fait signe à Jésus pour qu’il leur réponde. Parce que Jésus lui avait dit : mère, ne sois pas chagrinée et laisse-moi leur répondre. Et il a été dit que c’était Ǧibrīlqui lui avait dit cela. Mais lorsqu’elle a montré Jésus pour qu’il réponde, son peuple s’était mis en colère, il était étonné.

Ils lui ont dit comment nous parlons à un enfant qui est encore dans le berceau.

Verset 30 : il a dit je suis l’esclave de Dieu : Jésus a dit cela. Nous sommes tous des esclaves de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu. Le féminin du mot ʿabd est amah : on dit amatu l-Lāh.

Cette parole comporte un démenti contre ceux qui prétendent qu’il est le fils de Dieu. Comme Maryam s’était abstenue de parler, elle a empêché sa langue qu’elle peut utiliser pour parler et Dieu a fait parler la langue de celui qui, habituellement ne parle pas, en l’occurrence l’enfant au berceau.  Dieu a fait parler Jésus alors qu’il n’avait que quarante jours et c’est l’avis qui est correct. Certains ont dit qu’il n’avait qu’un jour. Il a été rapporté qu’il a pointé l’index et il a dit à haute voix « je suis l’esclave de Dieu » et il y a en cela une réfutation de la parole des chrétiens.

Il m’a accordé le Livre : et il s’agit de l’Evangile que Dieu va lui révéler dans le futur.

Et Il va faire de moi un prophète : et Dieu va faire de lui un prophète.

Il a été rapporté de Al-Ḥasan Al-Biṣrī qu’il a dit que Jésus était déjà prophète alors qu’il était au berceau et que sa parole étant enfant, était son miracle.

Il a été dit que cela signifie que Dieu a prédestiné qu’il reçoive le Livre par révélation et qu’il soit prophète. En effet le verbe en arabe est au passé ou plutôt à l’accompli donc cela donne le sens que c’est inéluctable que ça va se réaliser. Comme cela est inéluctable que cela aura lieu, c’est comme si ça s’est déjà réalisé.

Verset 31 : et Il a fait que je sois béni où que je sois : où que j’aille, je suis béni c’est-à-dire que je suis bénéfique, je suis profitable. Ou bien cela veut dire qu’il enseigne le bien.

Et Dieu m’a ordonné d’accomplir la prière et de m’acquitter de la zakāt : c’est-à-dire que si quelqu’un possède suffisamment de biens, alors je dois donner la zakāt. Il a été dit qu’il s’agit de l’aumône obligatoire de la fin du jeûne, ou bien la zakāt ici signifie la purification du corps. Et c’est possible que le sens de ce verset soit : Dieu m’a ordonné de vous ordonner de faire la prière et de vous acquitter de la zakāt.

Durant ma vie : Dieu m’a ordonné cela tant que je suis vivant.

Verset 32 : et Il a fait que je sois bienfaisant envers ma mère. C’est-à-dire qu’il honore sa mère, qu’il la glorifie, qu’il la respecte.

Il n’a pas fait que je sois orgueilleux ni quelqu’un qui agit mal avec sa mère.

Verset 33 : et salutations sur moi le jour de ma naissance, le jour de mon décès et le jour de ma résurrection : cela veut dire que le jour de sa naissance, Jésus était enveloppé de sauvegarde, c’est-à-dire qu’il était dans un bon état le jour de sa naissance et également le jour de sa mort, quand il va mourir, il sera dans un bon état. Et également, le jour de la résurrection quand il va sortir de sa tombe, il sera dans un bon état. Parce que Jésus fait partie de ceux qui n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, comme tous les saints et les vertueux.

Verset 34 : voilà la nouvelle à propos de Jésus le fils de Maryam : voilà le récit de Jésus le fils de Marie. C’est-à-dire voici le récit véritable de Jésus, voici la réalité à propos de Jésus. C’est celui dont il a dit qu’il était l’esclave de Dieu, ce n’est pas la parole de chrétiens qui disent qu’il est un dieu ou un fils de Dieu.

C’est la parole de vérité : parce que Jésus est né sans qu’il n’ait de père. Dieu a voulu, par Sa parole qui est de toute éternité, l’existence de Jésus sans père. Et ainsi Jésus a existé sans père.

A propos duquel ils ne sont pas d’accord : parce que certains doutent de son statut de prophète. Ils ne sont pas d’accord à propos de Jésus : les Yahūd ont dit qu’il était un sorcier et un imposteur. Les Naṣārah n’ont pas cru en Jésus parce qu’ils ont dit qu’il était le fils de Dieu et qu’il était le troisième de la trinité. Ainsi Jésus est différent de que disent les Yahūd et les Naṣārah.

Verset 35 : Dieu, il est impossible à Son sujet qu’Il ait un fils, Il est exempt de cela. Dieu, s’Il veut quelque chose, Il lui ordonne d’être et cela est. Et donc, celui qui est ainsi, il n’est pas comme ceux qui peuvent avoir un fils. Dieu, par Sa parole qui est de toute éternité, Il a ordonné que les choses existent et les choses ont existé. C’est Dieu Qui a ordonné que Jésus existe sans père et Jésus a existé sans père.

Verset 36 : et Allāh est mon Seigneur et Il est votre Seigneur, alors adorez-Le : c’est la parole de Jésus qui dit : tout comme je suis l’esclave de Dieu, vous également, êtes Ses esclaves. Je dois et vous devez L’adorer.

Ceci, c’est-à-dire ce que je vous ai mentionné, c’est la voie de droiture. Adorez Dieu et ne Lui attribuez aucun associé.

Verset 37 : les groupes ont divergé entre eux : la faction est le groupe qui a une opinion différente des autres. Il s’agit ici de trois groupes de chrétiens : les nestoriens, les jacobites et les chalcédoniens. Entre eux : signifie entre les compagnons de Jésus ou le peuple de Jésus ou bien les gens en général. Les Naṣārah ont divergé à propos de Jésus quand il a été élevé au ciel. Ils ont eu des opinions différentes. Puis ils se sont mis d’accord de se référer à la parole de trois d’entre eux, qui avaient le plus de science de leur époque.

Ils s’appelaient Jacob, Nestor et Melchior. Les deux premiers ont dit une parole de mécréance : Jacob a dit : Jésus est Dieu, il est descendu sur terre puis il est remonté au ciel. Nestor a dit que Jésus était le fils de Dieu, Il nous l’a montré un certain temps puis Il l’a élevé auprès de Lui. Par contre Melchior a dit : ils ont menti, Jésus était un esclave créé et c’était un prophète. Chacun de ces trois-là était suivi par des gens. Par la suite, ils se sont divisés en soixante-douze groupes.

Malheur à ceux qui ont mécru, malheur à eux d’un jour éminent : ils auront un grand malheur au jour du jugement. Parce que ce jour-là, leurs organes vont témoigner contre eux qu’ils ont commis de la mécréance, les anges vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance, les prophètes vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance. Malheur à ces gens-là qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus.

Verset 38 : au jour du jugement, après qu’ils étaient sur l’égarement, ils vont entendre et voir la réalité à propos de Jésus. Après qu’ils étaient comme aveugles et sourds dans le bas-monde, leur état sera étonnant. Qatādah a dit que s’ils étaient aveugles et sourds, au sens figuré car ils n’ont pas vu lé vérité ni entendu la vérité dans le bas-monde, en quoi cela leur sera utile au jour du jugement de connaitre la vérité ? Cela ne leur sera pas utile dans le sens que cela ne diminuera pas leur châtiment.

Mais les injustes aujourd’hui sont dans un profond égarement. Et les injustes sont ceux qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus. Leurs paroles qui étaient de la mécréance seront source de châtiment au jour dernier. En fait ils ont été injustes envers eux-mêmes. Ils n’ont pas su entendre ni voir quand cela était possible pour eux. Ils ont adoré celui qui ne mérite pas d’être adoré ; Jésus est un être humain qui a en lui les signes de la création. Leur égarement est clair car ils ont eu pour croyance que Jésus mérite d’être adoré alors qu’il y a bien en lui les signes de l’entrée en existence. Cet égarement est la plus grave des injustices parce qu’ils ont attribué la divinité à ce qui est clairement une créature. Ce qui prouve que Jésus est une créature est son entrée en existence. Il a donc un début et le fait qu’il a un début est une preuve qu’il n’est pas un dieu. C’est une insulte envers Dieu d’attribuer la divinité à celui qui ne la mérite pas. Ceci indique qu’il n’y a pas plus grave que leur injustice. La mécréance est la plus grande des injustices.

Verset 39 : avertis-les (fais qu’ils reçoivent un avertissement) le jour du grand regret : mets-les en garde du jour du jugement parce que ce jour-là il y aura le regret pour ce qui est passé. Le Prophète Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi s-salām

Le šayẖ précise que le mécréant verra la place qu’il a manquée au paradis, s’il était mort musulman et il verra la place qu’il occupera en enfer. Quand il verra la place qu’il a manquée au paradis, ça va augmenter son regret et quand il verra la place qu’il aura en enfer, ça augmentera son chagrin.

Ce jour-là, lorsque le jugement sera terminé : c’est-à-dire qu’il y aura deux groupes, le groupe qui ira au paradis et le groupe qui ira en enfer.

Alors qu’ils sont dans une insouciance : pour œuvrer et pour s’occuper de la place qu’ils vont occuper dans l’au-delà. L’imām ʿAlī a dit : « les gens sont comme endormis, lorsqu’ils meurent, ils vont se rendre compte ».

Et ils ne sont pas croyants : c’est-à-dire qu’ils ne croient pas au jour du jugement. Mets-les en garde, en raison de leur insouciance et parce qu’ils ne s’occupent pas de l’au-delà.

Verset 40 : Dieu nous apprend qu’après l’anéantissement de cette terre et l’anéantissement de ceux qui sont sur cette terre, Dieu est Celui à Qui elle appartient. Maintenant, cette terre appartient à Dieu et après l’anéantissement des gens, Dieu est Celui dont la souveraineté ne sera pas anéantie et Dieu n’a pas de fin.

Dieu ressuscitera les humains et les ǧinn pour le jour du jugement et chacun aura sa juste rétribution : ceux qui ont agi en bien seront rétribués en bien et ceux qui ont agi en mal seront rétribués par une punition.

Verset 41 : et cite dans le Livre, Ibrāhīm, il était véridique et un prophète. Et cite, c’est-à-dire à ton peuple, ô toi Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, le récit d’Ibrāhīmavec son père c’est-à-dire comment il s’est comporté avec son père. Il était un véridique et un prophète. aS-SaadiQ signifie celui est droit dans son comportement et aṣ-ṣiddīq c’est celui qui persévère et qui va se maintenir sur cette droiture dans toutes les situations. Ibrāhīm était extrêmement droit et il croyait en tout ce que Dieu lui a appris des choses cachées. Ibrāhīm ʿalayhi s-salām croyait en la véracité de tous les prophètes, il croyait en la véracité de leurs livres et lui-même était un prophète.

Verset 42 : il disait à son père « ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas et ne voit pas ? Le père d’Ibrāhīm était idolâtre.

Et qui ne peut te protéger de rien du tout.

Verset 43 : ô mon père, j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues : c’est-à-dire que ces connaissances sont soit la révélation, soit la connaissance de Dieu.

Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture.

Verset 44 : ô mon père, n’adore pas le šayṭān. C’est-à-dire ne lui obéis pas dans ce qu’il a suggéré comme adoration des idoles.

Certes le šayṭān est désobéissant envers Dieu.

Verset 45 : ô mon père, je crains qu’il ne te parvienne de la part de Dieu un châtiment et que tu deviennes ainsi un compagnon du šayṭān. C’est-à-dire que tu sois un compagnon du šayṭān en enfer, vous serez partisans l’un de l’autre en enfer.

Regardez comment il s’y est pris pour conseiller son père, d’une manière douce, pour convaincre son père de délaisser la mauvaise croyance qu’il avait et de le suivre, lui qui était un envoyé de Dieu.

Certains prétendent que le Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit une parole comme quoi il a été révélé à Ibrāhīm qu’il est le ẖalīl de aR-Raḥmān, c’est-à-dire celui qui a un degré particulier alors améliore ton comportement, même avec les non croyants, tu auras la voie des bienfaisants : cela n’est pas un ḥadīṯ.

D’abord, Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, quand il s’est adressé à son père, il a essayé de lui faire prendre conscience, de le faire sortir de son insouciance. Parce que si quelqu’un adorait les meilleures des créatures qui sont les prophètes, c’est quelqu’un qui est égaré. Que dire de celui qui adore une pierre ou qui adore un arbre, ce sont des créatures qui n’entendent pas ce qu’on leur dit, qui ne voient pas ce que cet adorateur fait, qui ne repoussent de son adorateur aucune épreuve et qui ne lui règlent aucune affaire !!

Puis, il a enchainé en appelant son père à la vérité, en adoptant la douceur : il ne s’est pas adressé à lui durement. Il n’a pas dit à son père : tu es un grand ignorant, et il n’a pas dit que lui, avait énormément de connaissances et pourtant c’était le cas : (j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues et que moi, je connaissais). (Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture). Il lui a dit : si toi et moi, étions en train de marcher sur une route et que, moi, je connaissais le chemin et pas toi, alors suis-moi, cela va t’éviter de t’égarer et de te perdre.

Troisième point : il a attiré son attention, il l’a averti en lui disant que le šayṭānavait désobéi à Dieu. Et toutes les grâces proviennent de Dieu. Donc le šayṭānqui a désobéi au Seigneur, il t’a fait tomber dans l’adoration des idoles. Il t’a embelli cette adoration, donc en réalité, tu es en train d’adorer le šayṭān. En apparence tu es en train d’adorer des idoles, mais en réalité tu es en train d’adorer celui qui t’a amené à les adorer et il s’agit du šayṭān.

Quatrième point : Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a fait craindre la mauvaise fin à son père. Il lui rappelé le risque de mal finir, le risque d’avoir une fin malheureuse. Il lui a fait craindre les conséquences de cette mauvaise fin. Ceci, en utilisant un langage qui conserve le bon comportement. Il ne lui a pas dit de manière explicite que le châtiment allait lui parvenir et qu’il allait être châtié. (Je crains qu’il ne te parvienne un châtiment) : ici, le terme « châtiment » est utilisé à la forme indéterminée, cela indique que ce n’est pas forcément quelque chose d’intense. Et Ibrāhīm a dit à son père que le fait qu’il suive le šayṭān, qu’il soit au nombre de ses partisans, c’est quelque chose de plus grave que le châtiment qui risque de lui parvenir. C’était pour le raisonner, pour lui faire prendre conscience. Tout comme l’agrément de Dieu est meilleur que la récompense en elle-même. Le fait de gagner l’agrément de Dieu a plus de valeur que la récompense en tant que telle.

A chaque fois, il disait la parole « ô mon père », ceci, pour essayer de l’attendrir, afin qu’il le suive. Agir avec bienfaisance avec les parents, même s’ils ne sont pas musulmans, est quelque chose de requis. Mais on ne dit qu’il faut respecter le non musulman, parce que celui-ci ne respecte pas Dieu, donc le non musulman n’est pas respectable.

Verset 46 : il a blâmé son fils : le père de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām s’appelait Āzar, il a dit est-ce que tu te détournes de mon dieu, ô Ibrāhīm : tu te détournes de ce que, moi, j’adore ? Il a répondu à son fils en l’appelant par son prénom Ibrāhīm. Pourtant Ibrāhīm l’avait appelé en lui disant « ô mon père ». Et son père ne lui a pas répondu « mon fils ».

Certains prétendent que Āzar n’était pas le père d’Ibrāhīm mais qu’il était son oncle. Ceci parce que notre maître Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām est descendant de notre maître Ibrāhīm. Certains prétendent qu’il n’est pas possible que dans les ancêtres du Prophète il y ait des mécréants et donc, le père d’Ibrāhīm n’était pas mécréant et donc c’était son oncle. Ceci est faux car le grand-père du prophète était idolâtre. ʿAbdul- Muṭṭalib était idolâtre. Donc ce n’est pas une règle que, parmi tous les ancêtres du Prophète, il n’y ait pas de mécréant. Mais nous disons que le père et la mère de notre Prophète étaient croyants, ils étaient musulmans.

Si tu ne t’arrêtes pas d’insulter les idoles, je te lapiderai, c’est-à-dire que je te jetterai des pierres jusqu’à ce que tu meures ou je te frapperai ou je t’insulterai.

Et quittes-moi : c’est-à-dire éloigne-toi de moi.

Longtemps : reste loin de moi longtemps.

Verset 47 : il lui a dit salāmun ʿalayk : salut à toi, c’est pour le délaisser

 saʾastaġfiru laka rabbī : ça ne veut pas dire que je vais demander pardon à mon Dieu mais cela veut dire que je demanderai à Dieu qu’il te fasse entrer en Islam pour que tu sois apte à être pardonné. Parce que Dieu ne pardonne pas à quelqu’un qui est mécréant. Et Ibrāhīm ne va pas demander à Dieu de pardonner à un mécréant. Mais il va demander à Dieu que son père entre en Islam afin de devenir apte à être pardonné.

Mon Seigneur m’accorde beaucoup de grâces : il a ditqu’il va demander àson Seigneur car Dieu est miséricordieux, Il l’a honoré.

Verset 48 : et je vais vous quitter : Ibrāhīm a dit à son père : « je vais vous quitter ». Son père était à Babel en Irak. Donc Ibrāhīm a quitté Babel pour aller au pays de aš-sām dont le centre est la Palestine. Et il est allé en Palestine.

Vous et ce que vous adorez d’autre que Dieu : c’est-à-dire je vais vous quitter, vous et vos idoles. Je vais m’éloigner de vous et de ce que vous adorez, au lieu d’adorer Dieu.  

Et je vais adorer mon Seigneur

Puissé-je ne pas être malheureux par l’adoration de mon Seigneur : c’est une allusion pour indiquer qu’eux vont être malheureux suite à l’adoration de leurs idoles. Mais il a dit cela par modestie et humilité, en faisant allusion qu’eux, seront malheureux dans l’au-delà, suite à l’adoration de leurs idoles. C’est-à-dire qu’il a dit : « moi, je ne serai pas malheureux dans l’au-delà, ce n’est pas comme vous qui allez être malheureux dans l’au-delà, du fait que vous avez adoré des idoles ». Mais il l’a dit d’une manière très subtile qui indique la modestie.

Verset 49 : quand il les a quittés : il s’est éloigné d’eux et il s’est éloigné de ce qu’ils adorent d’autre que Dieu, c’est-à-dire des idoles,

Nous lui avons accordé Isḥāq en tant que fils

Et Yaʿqūb le fils de Isḥāq

Et chacun d’eux, Nous en avons fait un prophète : Isḥāq était un prophète et Yaʿqūb était un prophète.

C’est-à-dire que lorsque notre maître Ibrāhīm a délaissé les mécréants, les pervers pour l’agrément de Dieu, Dieu lui a remplacé cela en lui donnant des fils croyants et prophètes.

Verset 50 : et Nous leur avons accordé de Notre miséricorde : Dieu leur a accordé des biens et des descendants.

Et Nous leur avons accordé une parole de bien : et il s’agit de l’éloge qui est faite pour Ibrāhīm et pour sa famille, dans l’invocation que nous faisons dans aṣ-ṣalātu l-ibrāhīmiyyah.

De manière très élogieuse. Dieu a fait qu’il soit cité de manière élogieuse.

Verset 51 :  et mentionne dans le Livre Mūsā, que Dieu a élu : c’est-à-dire que Dieu lui a accordé le statut de prophète.

Puis il y a deux explications avec deux récitations : muẖlaṣā : c’est-à-dire qu’il a été élu pour être prophète c’est-à-dire que Dieu lui a accordé une grande félicité depuis sa naissance et muẖliṣā c’est-à-dire qu’il est sincère dans son adoration pour Dieu, par sa forte ardeur.

Et il était messager et prophète. Le messager est celui qui a reçu une nouvelle Loi ou bien celui qui a reçu la révélation de l’abrogation de certains jugements dans la Loi du messager précédent, soit totalement une nouvelle Loi, soit une Loi avec des abrogations. Le prophète non messager est celui qui appelle à suivre la Loi d’un messager qui l’a précédé. Entre notre maitre Mūsā et notre maître ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes qui ont appelé à l’application de la Loi de notre maître Mūsā. Ce n’est pas tout messager qui reçoit la révélation d’un Livre ; il y a des messagers qui ont reçu la révélation d’un Livre et d’autres pas.

Dieu a fait descendre aux prophètes 104 Livres : à notre maître Ibrāhīm, 10 livrets, à notre maître Mūsā, 10 livrets avant la torah, Idrīs en a reçu 50, Šīṯ 30, ce qui fait 100. En plus de cela, il y a les 4 suivants : la torah, l’évangile, les psaumes et le Qur’ān. Ce qui fait 104.

Et le prophète est celui qui n’est pas messager, il reçoit la révélation de la part de Dieu, même s’il ne lui est pas révélé de Livre. Comme Yūšā fils de Nūn qui était le serviteur de notre maître Mūsā dont le récit est mentionné dans sūratou l-kahf.

Verset 52 : Dieu a fait entendre à Mūsā sa parole : Nous lui avons ordonné de venir et Nous lui avons fait entendre Notre parole et c’était une nuit de vendredi.

Du côté de aṭ-ṭūr : Tyr est une montagne dans le Sinaï situé entre l’Egypte et Madyan.

Du côté droit : la majorité dit que ce qui est visé ici c’est ce qui est situé à la droite de Mūsā ʿalayhi s-salām , parce que la montagne n’a pas de droite. Le sens est que lorsqu’il est venu de Madyan, qui est la ville du prophète Šuʿayb, c’est-à-dire là où il a épousé son épouse, l’appel était du côté de l’arbre et l’arbre était à droite de Mūsā ʿalayhi s-salām.

Nous l’avons fait rapprocher : ici c’est un rapprochement de degré et de rang et ce n’est pas un rapprochement de position ni d’endroit

Et il implorait Dieu. Dieu l’a élevé en degrés dans son adoration de Dieu.

Verset 53 : et Nous lui avons accordé par Notre miséricorde : c’est-à-dire que par Notre miséricorde envers lui, Nous lui avons accordé

Son frère Hārūn en tant que prophète : Dieu a accordé à notre maître Mūsā le statut de prophète à son frère, par miséricorde de Sa part. Mais Hārūn était plus âgé queMūsā.

Verset 54 : et cite-leur dans le Livre Ismāʿīl : il s’agit du fils d’Ibrāhīm selon l’avis le plus fort.

Il était véridique dans ses engagements : c’est-à-dire qu’il tenait ses engagements. Il avait promis à un homme qu’il allait rester à sa place jusqu’à ce qu’il revienne, il est resté à cet endroit pendant un an jusqu’à son retour. Et il avait promis envers lui-même de patienter lors de l’égorgement, lorsque son père allait l’égorger. Et il a tenu son engagement. Et il a été dit qu’il ne s’était pas engagé envers son Seigneur, de faire quelque chose sans qu’il ne l’ait accomplie. S’Il l’a spécifiquement mentionné par la tenue de ses engagements, même si ce caractère existait chez les autres prophètes, c’était par honneur pour lui. Et c’est le caractère dont il était le plus réputé.

Il était messager : c’est-à-dire à la tribu de Jurhum (la tribu qui s’était établie près de Hāǧar lorsqu’elle avait trouvé la source d’eau de Zamzam)

Il informait et avertissait : il informait de ce que Dieu lui révélait et il avertissait du châtiment.

Verset 55 : et il ordonnait à sa famille la prière et la zakāt : le terme« sa famille » désigne son peuple, sa communauté car le prophète est comme un père pour sa communauté et pour sa famille. Il y a ici la preuve qu’il n’avait pas fait preuve d’hypocrisie envers autrui. « La prière et la zakāt » : ces deux adorations ont été mentionnées ici car ce sont comme l’origine ou les plus élevées des adorations corporelles et financières.

Et il était, selon le jugement de son Seigneur, bien agréé. Il y a une autre récitation avec le terme « marḍūwā ».

Verset 56 : et cite dans le Livre Idrīs : le šayẖ a dit qu’il n’était pas arabe, il était comme Lūṭ et Ibrāhīm. An-Nasafī a dit qu’il s’appelait aẖa Nūḥ (Enoch) ; dans certains pays, certains enfants sont nommés ainsi aẖa Nūḥ. Il a reçu sa mission de prophète après Ādam et Šīṯ ʿalayhimā s-salām. Il est le premier à avoir utilisé un crayon, il a cousu les vêtements, il disait la parole subḥāna l-Lāh. Iblīs est venu le défier, il a ramené la peau d’un fruit, et il lui a dit : « est-ce que ton Seigneur est capable de mettre tout ce monde dans cette pelure ? » Notre maitre Idrīssavait qu’Iblīs n’était pas venu pour apprendre, il lui a crevé un œil et depuis ce jour, Iblīs est borgne. Idrīs lui a dit : « Dieu est tout puissant sur toute chose ». Notre maitre Idrīs connaissait aussi la science des étoiles, comment elles se déplacent, comment déterminer le temps, il connaissait aussi le calcul. Il avait mis en place les étalons pour mesurer le poids, le volume, c’est-à-dire les unités de référence. Et il a utilisé des armes pour combattre les descendants de Qabīl.

Certains prétendent qu’Idrīs était quelqu’un qui étudiait beaucoup, car ils prétendent que son nom dérive de « darasa » qui signifie « étudier ». Cela est faux car, si c’était le cas, le nom Idrīs serait à la forme « ifʿīl » et il n’y aurait qu’une seule explication qui est le nom propre et ce serait un nom qui pourrait se décliner, car les noms arabes, même si ce sont des noms propres, ils se déclinent (nominatif, accusatif, …). Mais le fait que ce mot ne se décline pas est une preuve que ce n’est pas un mot arabe. Règle : quand un mot ne se décline pas, c’est une preuve que ce n’est pas un mot arabe.

Il était véridique et prophète : Dieu lui a révélé 50 livrets.

Verset 57 : Nous l’avons élevé à un très haut degré : il s’agit d’une élévation de degré et il s’agit du statut de prophète et c’est un haut degré selon le jugement de Dieu. Et il a été dit que les anges l’ont élevé au quatrième ciel et que le Prophète šalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a vu la nuit de l’ascension, au quatrième ciel.

Certains racontent une histoire à laquelle il ne faut pas croire car elle est totalement fausse : ils prétendent que Al-H̱asan aurait rapporté qu’Idrīs a été élevé au paradis et rien de plus haut que le paradis, parce que les anges auraient aimé Idrīs, tellement il faisait des actes d’adoration et qu’il aurait dit à l’ange de la mort « fais-moi goûter à la mort, ça me facilitera à la subir »et qu’il le lui a fait goûter puis qu’il l’a ressusciter et il lui a dit « fais-moi entrer en enfer pour que j’augmente en crainte de l’enfer », qu’il l’a fait entrer et qu’il lui a dit  « fais-moi entrer au paradis pour que j’augmente en ardeur pour gagner le  paradis » puis l’ange lui a dit de sortir du paradis, et qu’ Idrīs aurait dit : « j’ai goûté la mort et je suis entré en enfer, je ne veux plus sortir du paradis » et que Dieu aurait dit : « c’est par Ma volonté qu’il a fait et par Ma volonté qu’il est entré, alors laisse-le au paradis », tout cela est faux.

C’est pour cela qu’il est très important d’apprendre les règles de base : comment un prophète va-t-il demander à entrer en enfer !? Cette histoire est pourtant écrite dans certains livres d’exégèse du Qurʾān, soit à l’insu de l’auteur, soit par lapsus de sa part. Les savants ne sont pas exempts de l’erreur.

Verset 58 : ceux-là : désigne ceux qui ont été cités dans le verset, depuis Zakariyyā jusqu’à Idrīs,

A qui Dieu a fait grâce parmi les prophètes : le terme « min » est juste pour énumérer certains, ce n’est pas pour dire que, certains, Dieu leur a fait grâce et d’autres, Il ne leur a pas fait grâce. Cela ne veut pas dire que ce sont seulement ces prophètes qui ont été cités, à qui Dieu a fait grâce, mais Dieu fait grâce à tous les prophètes. Tous les prophètes, Dieu leur a fait grâce.

De la descendance d’Ādam : car Idrīs était de la descendance d’Ādam, il était proche d’Ādam.

Et de ceux que Nous avons fait porter dans le navire avec Nūḥ : Ibrāhīm fait partie de la descendance de ceux qui étaient transportés dans l’arche avec Nūḥ parce qu’Ibrāhīm est descendant de Sām, fils de Nūḥ.

Et de la descendance d’Ibrāhīm : il s’agit d’Ismāʿīl, d’Isḥāq et de Yaʿqūb.

Et d’Isrāʾīl : c’est-à-dire de la descendance de Yaʿqūb. Il s’agit de Mūsā, Hārūn et Zakariyyā, Yaḥyā et ʿīsā. (Maryam était de la descendance de Yaʿqūb).

Isrāʾīl est un prénom que l’on respecte, c’est le prénom d’un prophète, il signifie « esclave de Dieu ». Isrāʾ signifie celui qui voit. Il : Dieu. C’est l’esclave de Dieu, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdul- l- Bāsit. Et Ismāʿīl c’est l’esclave de celui qui entend, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdu s-Samīʿ.

Et descendants de ceux que Nous avons bien guidés et que Nous avons choisis : c’est-à-dire ceux que Nous avons bien guidés vers les règles de l’Islam et que Nous avons élus pour expliquer la Loi et dévoiler la réalité. C’est-à-dire dévoiler ce qui est un bien pour les gens. Dieu a choisi les prophètes qui sont porteurs de la mission de transmettre toutes les règles des actes que nous accomplissons. C’est une noble mission pour laquelle Dieu les a élus.

Lorsque les versets du Très Miséricordieux leur sont récités : lorsque les livres qui leur sont descendus par révélation leur sont récités,

Ils se prosternent sur leur face, par recherche de l’agrément de Dieu, en pleurant : par crainte de Dieu. Et dans le ḥadīṯ de notre Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a dit ce qui signifie : « récitez le Qurʾān et pleurez et si vous ne pleurez pas, provoquez vos larmes ». Rapporté par Al-Bayhaqī et Al-Bazzār.

Et le šayẖ a dit que ce ḥadīṯ a une origine acceptable et on peut le rapporter et on peut l’appliquer. Cela veut dire que l’on provoque les larmes pour manifester la crainte Dieu.

Et d’après Ṣāliḥ al-Marrī, il a dit : « j’ai récité le Qurʾān au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dans le rêve et il m’a dit « ô Ṣāliḥ, ça c’est la récitation et où sont les larmes ? »

A la fin de ce verset, il y a une prosternation de récitation dans laquelle on dit à trois reprises : « subḥāna Rabbi l-ʾAʿlā ».

Verset 59 : ils ont été suivis par des gens de mauvaise descendance : sont venus après eux, c’est-à-dire après ceux qui ont été mentionnés, qui sont des gens de mérite et ce sont les prophètes cités précédemment, après eux, sont venus des gens de leur descendance qui étaient mauvais. « ẖalfun » signifie « une descendance », et selon cette récitation et dans ce contexte cela signifie une mauvaise descendance. Et si on dit « ẖalafun » c’est-à-dire une bonne descendance. Ibnu ʿAbbās a dit que ce sont les Yahūd et si on disait « ẖalafun », ce serait une parole d’éloge. Donc ici on récite avec un sukūn sur la lettre lām, c’est-à-dire qu’il est visé une mauvaise descendance.

Qui ont négligé l’accomplissement de la prière Ils ont négligé la prière c’est-à-dire qu’ils n’ont pas négligé la prière qui est obligatoire.

Et qui ont suivi leurs penchants : c’est-à-dire qu’ils ont suivi les mauvais penchants de l’âme. Il y a eu plusieurs explications à propos de ceux qui ont suivi leurs passions c’est-à-dire le mauvais penchant de leur âme. Qaṭādah que Dieu l’agrée, a dit qu’il s’agit des gens au sein de cette communauté.

Ils auront une mauvaise rétribution pour ce qu’ils ont fait : ils ont négligé la prière et ils ont suivi leurs mauvais penchants donc ils seront punis pour cela. « Ġayy » signifie un mal et tout ce qui est bien est « rašād ».

An-Nasafī explique le mot « ġayy » en prétendant que Ibnu ʿAbbās et ibnu Masʿūd ont dit c’est le nom d’une vallée en enfer pour ceux qui persistent à commettre la fornication, à boire de l’alcool, à consommer l’usure, à agir en mal avec leurs parents, à faire de faux témoignages. Et le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié.

Verset 60 : hormis ceux qui ont fait le repentir et qui ont été croyants et qui ont œuvré en bien : c’est-à-dire ceux qui ont délaissé la mécréance, qui ont été croyants c’est-à-dire avec les conditions de la foi, et qui ont fait le bien après être redevenu croyants.

Ceux-là entreront au paradis : il y a deux manières de réciter ce verset : « faʾulāʾika yadẖulūna l-ǧannah »et une deuxième manière qui est : « faʾulāʾika yudẖalūna l-ǧannah » selon la récitation mekkī. Le sens est le même.

Et ils ne seront nullement lésés : ils ne subiront aucune injustice. Ils ne subiront aucune diminution de la rétribution pour leurs œuvres.et ils ne seront pas privés de leur rétribution, mais au contraire, leur récompense sera multipliée. Ou une autre explication : ils ne subiront aucune injustice.

Verset 61 : des jardins d’Eden : le mot « ǧannāt » est le pluriel du mot « ǧannah » qui veut dire paradis et cela signifie que ce sont des jardins dans lesquels il y aura un séjour pour l’éternité.

ʿadnin : signifie le séjour ou bien c’est un des noms du paradis. Le mot Eden est un endroit où on va séjourner. 

Que Dieu a promis à Ses esclaves : c’est-à-dire les esclaves qui ont fait le repentir et qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres, tout comme ils ont été mentionnés précédemment. Cette adjonction « Ses » au mot esclave, est parce que ces esclaves-là ont une particularité. Ce sont des gens qui sont particuliers. C’est donc une adjonction dans le sens de l’honneur.

Alors qu’ils ne les ont pas vus : Dieu a promis à ses esclaves des jardins qu’ils n’ont pas vus ou alors ce sont eux qui ne voient pas le paradis. Le sens est le même : c’est-à-dire qu’ils y ont cru sans le voir. C’est une augmentation de récompenses parce que le croyant est celui qui a utilisé sa raison et qui a su ce que Dieu a promis, par l’intermédiaire des prophètes et qui y a cru sans le voir.

Certes, ce qu’Il a promis, ils y iront : et il s’agit du paradis, c’est pour confirmer cette récompense.

Verset 62 : ils n’y entendront pas de paroles laides : c’est-à-dire au paradis, ils n’entendront pas de choses laides. Ou alors ils n’entendront pas de paroles inutiles. An-Nasafī dit qu’il y a ici un signe pour éviter les paroles inutiles, puisque Dieu a fait qu’au paradis il n’y en a pas. Le šayẖ dit qu’il ne faut pas comprendre par là l’interdiction de al-laġū dans l’absolu. Il n’en est pas ainsi. Il y a des paroles inutiles qui sont interdites et il y en a qui sont de l’ordre de l’indifférent. Le šayẖ a dit que An-Nasafī a peut-être voulu dire qu’il est recommandé de délaisser les paroles inutiles.

Sauf salāmun : c’est-à-dire qu’ils entendront un salām de la part des anges.Ou bien ils vont entendre le salām des uns aux autres. Ou bien ils n’entendront au paradis que des paroles qui seront sauves du défaut. Il a été dit que le salām est l’invocation de la sauvegarde. An-Nasafī a dit que comme le paradis est la résidence de la sauvegarde, ils n’ont pas besoin d’invocations de sauvegarde, ce salām est comme une parole inutile. Or ce qu’il y a dedans est une marque d’honneur.

Et ils y auront leur subsistance matin et après-midi : ils y auront leur subsistance une fois en début de journée et une fois en fin de journée, c’est-à-dire que leur subsistance leur parviendra au rythme des deux extrémités de la journée du bas-monde. En effet il n’y a pas de nuit et de jour qui se succèdent au paradis. Le paradis est éclairé à jamais. Mais ils connaitront le début de la journée par le lever de voiles et la fin de la journée par l’abaissement de ces voiles. Et les gens du paradis n’auront pas besoin de dormir, il n’y a pas de fatigue au paradis.  Et le fait que la subsistance parvienne en début de journée et en fin de journée, c’est le meilleur rythme de vie chez les Arabes. C’est pour cela Que Dieu a décrit le paradis par ce rythme-là. Et il a été dit cette phrase indique qu’ils auront une subsistance éternellement. Quand on dit « je suis chez quelqu’un nuit et jour », ça veut dire que je suis chez lui tout le temps.

Ici cela veut dire qu’ils auront leur subsistance à jamais, pour l’éternité.

Verset 63 : voici le paradis que Nous accordons à Nos esclaves comme héritage : c’est-à-dire que c’est comme si c’était un héritage pour les œuvres, c’est-à-dire un fruit et un résultat pour les œuvres et il a été dit qu’ils vont hériter les résidences qui auraient celles des mécréants, si ceux-ci étaient morts croyants. Mais ce sont les gens du paradis qui vont les obtenir. La mécréance est comme une mort.

Ceux qui étaient taqī : cela désigne ceux qui se protègent de l’association, ceux qui sont croyants, ceux qui se protègent de la mécréance.

Verset 64 : et nous ne descendons que sur ordre de ton Seigneur : « tanazzala » peut avoir deux sens : le premier est le fait de descendre lentement. Et le deuxième sens est la descente en général, indépendamment de la vitesse de cette descente. An-Nasafī dit que c’est le premier sens qui est convenable ici, qui signifie que notre descente à travers le temps n’est que par ordre de Dieu. Il s’agit ici des anges qui descendent.

A Lui appartient ce qu’il y a devant nous et derrière nous et entre les deux et ton Seigneur n’oublie pas : c’est-à-dire à Dieu appartiennent les endroits qui sont devant nous, les endroits qui sont derrière nous et les endroits où nous nous trouvons. Nous ne possédons pas le mouvement ni le déplacement d’un endroit à un autre si ce n’est par l’ordre de celui à qui appartiennent tous les endroits, si ce n’est pas sa volonté. Dieu est Celui Qui préserve ce monde. Et Il sait tout ce qu’il y a comme mouvements et immobilités.  Et Il sait ce qui va se produire comme évènements. L’insouciance et l’oubli sont impossibles à Son sujet. Comment pourrions-nous évoluer dans ce monde qui Lui appartient si ce n’est par Sa volonté !

Verset 65 : Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux.

Dieu dit à Son Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : comme tu as su qu’Il est attribué parcela, c’est-à-dire qu’Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux

Alors adore-Le : c’est-à-dire persévère dans Son adoration,

Et patiente dans Son adoration : c’est-à-dire patiente et ne te venge pas de l’envieux pour persévérer dans l’adoration de Dieu et patiente face aux difficultés pour persévérer dans l’adoration du Créateur, patiente pour pouvoir accomplir les actes d’adoration.

Lui connaitrais-tu un seul équivalent ? C’est-à-dire lui connaitrais-tu un seul semblable ? Autre explication : est-ce qu’autre que Dieu aurait ce nom ? Parce que le nom Allāh est un nom qui est spécifique à celui qui mérite d’être adoré. Le nom Allāh est le meilleur mot dans la langue arabe. Cela veut dire que du moment qu’il a été validé selon la raison que nul autre que Dieu ne mérite que les esclaves L’adorent, alors il est indispensable de L’adorer et de patienter face aux difficultés de l’adoration. Ubay ibnu H̱alaf (il était mécréant) a dit : « comment allons-nous être ressuscités après avoir été transformés en poussière ? » Il a remis en cause la résurrection. C’est alors que le verset suivant a été révélé.

Verset 66 : et l’homme questionne après ma mort est-ce que je vais ressortir vivant ? C’est-à-dire je vais être ressuscité ? Il a posé cette question dans le sens que cela ne peut avoir lieu. Dieu cite ce que cet homme a dit. La réponse est le verset suivant.

Verset 67 :  est-ce que l’homme ne se rappelle pas que Nous l’avons créé auparavant alors qu’il était inexistant ? Comment l’homme trouve surprenant de revenir à la vie après la mort alors qu’il y encore plus surprenant, c’est qu’il n’existait pas puis il a existé ! C’est Dieu Qui l’a créé. Ici il y a deux récitations : yaḏkuru et yaḏakkaru. Dans la première récitation cela signifie : est-ce que l’homme ne se souvient pas ? Et dans la deuxième récitation : est-ce que l’homme ne réfléchit pas ? C’est-à-dire est-ce qu’il n’est pas exhorté ?

Ce verset blâme l’homme qui renie la résurrection. Comment trouve-t-il étonnant la résurrection sans penser à la première fois où il a été créé ? Autrement dit, ne se souvient-il pas de la première création pour ne pas renier la seconde ? Qu’il ait à l’esprit la première fois où il a été créé pour ne pas rejeter la deuxième fois où il sera créé après son anéantissement ?

La première création est une grande preuve de la toute puissance du Créateur puisque Dieu a fait entrer en existence nos substances et nos caractéristiques des substances. Quant à la seconde création, ce n’est autre que le rassemblement des parties qui existent déjà. Il s’agit de leur rassemblement après leur séparation.

Le šayẖ fait un commentaire sur ce que An-Nasafī a dit à ce sujet : cet auteur considère qu’après la mort, les parties de l’être humain se séparent en des petites parties et il ne considère pas que les parties de l’être humain vont être totalement anéanties. Il a considéré que les parties de l’être humain se séparent les unes des autres mais elles restent et que la résurrection est le rassemblement de ces parties. Il n’a pas dit que les parties sont anéanties et disparaissent totalement. Il a dit que les parties sont simplement dispersées. Le šayẖ a dit que c’est un des deux avis.

Les savants ont eu deux avis sur la question : un avis qui dit que les parties sont séparées. Et un autre avis qui disent qu’elles disparaissent totalement.

« Auparavant » : c’est-à-dire avant l’état où il se trouve, c’est-à-dire avant son état d’existence.

Alors qu’il était inexistant ? Cela veut dire que ce qui inexistant n’est pas un šay, contrairement à ce que prétendent les muʿtazilah.

Ahlou s Sounnah ne divergent pas concernant les fondements de la croyance

Posted in cours général,Croyance,Histoire par chaykhaboulaliyah sur Mai 13, 2023
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Ahlou s-sounnah ne divergent pas concernant les fondements de la croyance, donc les sujets fondamentaux, les sujets de base de la croyance, ils ne sont pas en opposition les uns avec les autres. Et au titre de la mise en garde contre les trois groupes qui eux ont contredit Ahlou s-Sounnah, –ceux qui ont contredit Ahlou s-Sounnah ce ne sont pas uniquement les trois groupes mais le Chaykh les a cités car ce sont les trois groupes les plus visibles à notre époque-. Comme vous le savez dans le hadith le Messager ^alayhi s-salam a dit que la communauté de Mouça s’est divisée en soixante-et-onze groupes, la communauté de ^Iça s’est divisée en soixante-douze groupes et il a dit que sa communauté allait se diviser en soixante-treize groupes. Donc il a dit ça de son vivant et à son époque ils n’étaient pas soixante-treize groupes et il a dit que tous seront en enfer excepté un seul. Quand on lui a demandé qui est ce groupe excepté qui n’ira pas en enfer, il a répondu ce qui signifie « ceux qui auront la croyance que j’ai moi et mes compagnons » ou dans une autre version il a désigné « la grande majorité » c’est-à-dire que la grande majorité qui se disent musulmans sont sur la croyance correcte, ils font partie de ce groupe qui est sauvé. Quand on entend soixante-treize groupes cela fait beaucoup mais quand le Prophète a dit quel était le groupe qui est sauvé, c’est le groupe majoritaire, le groupe majoritaire en termes d’appartenance, en termes de membres. Vous pouvez le voir à travers l’histoire depuis le Prophète et les compagnons jusqu’à notre époque, Ahlou s-Sounnah ont été toujours majoritaires. Ceci est un des signes de la prophétie de notre maître Mouhammad (invocation) parce que ce hadith, il l’a dit de son vivant alors qu’il n’y avait pas de groupes égarés à son époque. Ce hadith est très connu ce n’est pas quelque chose qui a été fabriqué il y a deux cents années mais sa chaîne de transmission remonte jusqu’aux compagnons du Prophète.

En guise d’introduction à ce cours, les élèves du chaykh quand ils ont compilé les cours que le chaykh avait donné, ils ont présenté ce cours, un cours qu’a donné le spécialiste des fondements, le faqih, le chaykh ^Abdou-lLah fils de Mouhammad Al ^abdariy que Dieu lui fasse miséricorde d’une large miséricorde il a dit que Ahlou s-Sounnah ne diverge pas à propos des fondements de la croyance et la mise en garde contre les trois groupes qui les ont contredit. Il a été entendu de lui, donc notamment, pour que l’on ait une chaîne de transmission le chaykh Jamil fils de Mouhammad Halim, le chaykh Samir fils de Sami Al Qadi, le chaykh Nabil fils de Mouhammad Al Sharif, le chaykh Abd Razzak fils Mouhammad Al Sharif et le chaykh Mouhammad fils de Moustafa Al Bakri. Il a dit que Dieu lui fasse une large miséricorde : la louange est Allah, le Seigneur des mondes que l’honneur et l’élévation en degré ainsi que la préservation de ce qu’il craint pour sa communauté soit accordée à notre maitre Mouhammad ainsi qu’à sa famille et ses compagnons bons et purs.

Première information que le Chaykh a donné,  la structure du cours que le chaykh donne est pédagogique pour nous, il a commencé par dire : les quatre écoles ne divergent pas à propos des fondements de la croyance. Pourquoi le chaykh a commencé par parler des quatre écoles ? Parce qu’aujourd’hui, les gens du commun, ceux qui n’ont pas appris, quand tu leur parle des ach^arites ou les matouridites, certains n’accrochent pas mais quand tu leur parle des quatre écoles, ça fait référence à quelque chose qu’ils connaissent, pour certains. Qui sont ces quatre écoles ?  Ce sont les quatre écoles de jurisprudence, il ne s’agit pas d’écoles de croyance mais ces écoles de jurisprudences ne divergent pas concernant les sujets de la croyance. Dans l’ordre chronologique des écoles de jurisprudence, il n’y a pas que ces quatre-là, il y a d’autres écoles mais ces quatre-là, l’avantage qu’elles ont c’est que leurs disciples, les savants moujtahid de ces quatre écoles ont entretenu les avis de ces écoles et ils se les ont transmis de sorte qu’il y a eu d’autres moujtahid que les quatre mais leur écoles n’ont pas été entretenues et transmises comme ce fut le cas pour ces quatre écoles là.

Par ordre chronologique des quatre écoles nous avons l’imam Abou Hanifa que Allah l’agrée, ensuite l’imam Malik Ibnou Anas, l’imam Ach-Chafi^iy Mouhammad Ibnou Idriss et ensuite l’imam Ahmad Ibnou Hanbal. Nous ne parlons pas du mérite de l’un d’entre eux sur l’autre parce que les savants se sont accordés sur une règle, ces écoles-là, pourquoi est-ce qu’il y a des écoles ? Parce que chacun a eu une méthodologie d’extraction des lois à partir des textes et cette méthode  est validée et chacun a abouti à un certain nombre de règles, de lois, de jugements. Les savants ont dit lorsqu’il y a unanimité sur un jugement, si quelqu’un enfreint cette unanimité, alors on le blâme pour cela, mais lorsqu’il y a divergence, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas arrivés tous à la même conclusion, certains ont dit que telle chose est obligatoire, d’autres ont dit c’est recommandé par exemple, dans ce cas-là, il n’y a pas à renier ce qui fait l’objet de divergences car chacun a ses preuves, chacun a ses arguments. C’était une parenthèse pour expliquer quelles sont les quatre écoles.

Donc le chaykh a dit : les quatre écoles ne divergent pas concernant les sujets des fondements de la croyance. Il a dit néanmoins, ces quatre écoles, il arrive qu’elles divergent à propos de certains jugements comme certaines lois de la prière, ou de certaines lois du pèlerinage, ou certaines lois du mariage, ou certaines lois du divorce. A ce propos il arrive qu’ils divergent mais concernant les fondements de la croyance, ces quatre écoles ne divergent pas. Certains ont dit pour la validité de la prière il est une condition que de réciter la basmalah, d’autres ont dit non c’est recommandé, certains ont dit pour que la prière soit valable il faut absolument réciter le tachhahhoud, d’autres ont dit non, c’est recommandé, pour le pèlerinage également, certains ont dit que le tawaf al ifada c’est un devoir du pèlerinage le tawaf le wada ? C’est un devoir du pèlerinage c’est-à-dire quand on termine le pèlerinage il faut absolument faire les tours d’adieu, d’autres ont dit non, ce n’est pas un devoir. Pour le mariage certains ont dit il faut que les témoins soient dignes de confiance, d’autres ont dit non il suffit qu’ils soient deux musulmans, pour le divorce certains considèrent que telle chose est un divorce d’autres non, l’apostasie chez les malikites ils l’a considèrent comme un divorce d’autres ne le considèrent pas comme un divorce. Ceci peut faire l’objet de divergences entre les écoles Mais concernant les fondements de la croyance ils ne divergent pas.

La divergence des écoles entre elles concernant les lois, ce n’est pas quelque chose de blâmable, ce n’est pas un défaut pour la religion, ce n’est pas quelque chose qui induit la critique de la religion et le chaykh explique pourquoi. Il dit : pace que même les compagnons, eux-mêmes, ils ont divergé à propos de certaines lois concernant la prière, concernant le jeûne, concernant le pèlerinage, concernant le divorce, concernant le mariage … donc cette divergence à propos des lois est arrivée même par le passé au niveau des compagnons.

Le chaykh a dit : les compagnons il est arrivé qu’ils aient divergé à propos de certaines lois mais pas à propos de la croyance. Donc oui, il y a eu divergences à propos de certaines lois entre les compagnons mais pas à propos de la croyance. Et ce car la divergence et le fait de contredire à propos des fondements de la croyance, c’est de l’égarement. Celui qui diverge à propos de la croyance, il s’est égaré. Que signifie égaré ? Parfois c’est de la mécréance parfois non mais en tout cas ce n’est pas correct, on voit au cas par cas mais on dit c’est de l’égarement.

Le chaykh dit : parmi les plus importants des devoirs, il y a l’enseignement de la croyance de ahlou s-sounnah aux jeunes et aux adultes à notre époque. Donc si quelqu’un  dit « que puis-je faire pour améliorer mon état ? » on lui dit enseigne la croyance où que tu ailles, quel que soit l’assemblé dans laquelle tu te retrouves, fais le rappel sur la croyance, tu verras c’est une cause pour que ton état s’améliore. Le chaykh a dit c’est le plus important des devoirs à notre époque. Les savants ont une capacité de jugement qui dépasse la nôtre car ils s’appuient sur leur bagage, sur la science justement, tellement ils connaissent le Qou’ran les hadiths, les paroles de savants, ils ont l’aptitude d’apprécier les choses à leur juste valeur, quand quelqu’un comme le chaykh Abdoullah dit : aujourd’hui le plus important c’est enseigner la croyance, c’est que ce n’est pas une parole dans le vent.

Et il explique pourquoi, parce qu’il s’est incrusté, il s’est mélangé aux gens, aux musulmans, des gens dont la croyance est contraire à la croyance de Ahlou s-sounnah. Vous savez quand vous êtes une équipe, vous savez faire des activités ensemble et il s’incruste entre vous des intrus, ils se font passés pour votre équipe et bien ça va pourrir l’équipe, aujourd’hui il s’est incrusté/immiscé parmi les musulmans des gens dont la croyance est contraire à la croyance de Ahlou sounnah  comme les wahhabites.

Maintenant, les gens se sont aperçus, ils ont commencé à prendre conscience, de la corruption des jeunes gens qui vont en Arabie saoudite pour apprendre dans les écoles des wahhabites puis retournent chez eux et ils déclarent mécréants leurs parents, pas seulement leurs parents, ils déclarent également mécréants les saints, ceux dont les tombes sont visitées. Ils disent ce sont des idoles, pour eux celui qui visite la tombe d’un saint c’est un idolâtre, ils le considèrent comme étant un associateur, comme quelqu’un qui adore autre que Dieu. Donc avec quelle croyance ils sont revenus d’Arabie saoudite ? Ils disent à propos des tombes des saints ce sont des idoles et vous vous êtes en train de les adorer parce que ils trouvent que leurs parents, leurs père et mère, ils recherchent la barakah, les bénédictions par la visite des prophètes et des saints. Ceci est une pratique connue, dans tous les pays musulmans, les musulmans visitent les tombes des prophètes et des saints pour rechercher les bénédictions. Donc eux, ils déclarent mécréante toute la communauté. Ils ont pour croyance que c’est du chirk, à savoir une association, une adoration à autre que Dieu. Celui qui fait le chirk ils disent que c’est un mouchrik. Ils déclarent mécréants leurs père et mère qui visitent les tombes et ils déclarent mécréant également celui qui dit « Ya Mouhammad », « ya » c’est pour l’appel, en français de nos jours les gens utilisent directement le nom de ceux qu’ils veulent appeler, si on veut suivre un peu le littéraire c’est comme dire « Ô » en interpellant un autre mais aujourd’hui c’est rare de voir quelqu’un qui interpelle un autre en disant « Ô ». Celui qui dit « ya Mouhammad » à propos du Prophète, eux ils le déclarent mécréant, ou celui qui dit « ya ^Aliyy », ou celui qui dit  « ya ^Oumar, »  ou celui qui dit « ya ^Outhmaan », au nom des califes, ou celui qui dit «  ya abdoul Qaadir » à propos de notre maitre abdoul Qaadir al jaylaniyy, pour eux c’est un associateur, non seulement ils le considèrent comme associateur et ils considèrent que le tuer c’est licite, pour vous indiquer, leur croyance elle est grave.

Le fondateur de la secte wahhabite s’appelle Mouhammad Ibnou ^Abd al-Wahhab,  fils de Abd al Wahhab, d’ailleurs c’est pour cela qu’il a été appelé wahhabite, son père abdoul wahhab n’y est pour rien, c’était un savant sunnite, de même que son frère Souleymane, c’était un sunnite,  un savant hanbalite. Mais lui c’était un égaré Mouhammad. Qu’est-ce qu’il a dit ? il a dit : celui qui intègre notre groupe, notre appel, notre da^wa alors il a les mêmes droits que nous et il a les mêmes devoirs que nous. Ceci est une nouvelle religion. Et celui qui n’intègre pas notre da^wa, qui n’entre pas dans notre appel, c’est un mécréant dont le sang est licite. Qui a rapporté ça de lui ? C’est le moufti de la Mecque.  On cite deux savants entre autre qui ont rapporté cela de lui, mais beaucoup ont rapporté cela de lui, le moufti de la Mecque Ahmad fils de zayni dahlan ? c’est un moufti chaféite et l’illustre savant hanbalite, Mouhammad fils de abdoulLah fils de Houmayd qui lui était le moufti des hanbalites à la Mecque au 13ème siècle de l’Hégire, il rapporté ça dans son livre as souhoubou al wabila ^ala Daraihi al hanabila. As souhoubou : ça veut dire les nuages, al wabila ça veut dire qui déverse la pluie, dara’ihi : c’est le pluriel de darih qui signifie la tombe, al hanabila : les hanbalites. C’est un livre qu’il a composé dans lequel il a fait la biographie de 800 savants hanbalites hommes et femmes. D’ailleurs lorsque les wahhabites ont trouvé le manuscrit de ce livre dans une bibliothèque chez eux, ils étaient contents, ils se sont dit chic c’est un livre de savant, ils l’ont imprimé et ils n’ont pas fait attention que dedans il y avait le blâme de Mouhammad ibn Abd Wahhab et quand ils se sont aperçus qu’il y avait le blâme, ils ont fait une nouvelle édition ils ont retiré le blâme, ce sont des falsificateurs. Mais nous avons obtenu des copies de la version qu’ils ont imprimé, le chaykh quand il est venu à Paris il était très content de montrer, il disait lisez, lisez, parce que ce sont eux même qui se sont auto sabordé ? Donc l’auteur de ce livre, il a parlé de Abd l Wahhab, le père de Mouhammad, il a parlé de Souleymane mais il n’a pas cité Mouhammad Abl l Wahhab comme étant un savant hanbalite mais il a noté en bas de page quand il parlé de son père, il a dit c’est le père de Mouhammad celui qui a causé la grande zizanie, le grand égarement.

Au point où ces wahhabites sont arrivés à tuer à leur époque, à l’époque du fondateur du wahhabisme, Mouhammad fils de abd al wahhab. Ils ont tué un homme, un mou’adhin,  c’est celui qui fait l’appel a la prière, pourquoi ils l’ont tué ? c’était un homme aveugle et c’était un mou’adh-dhin, ils l’ont tué parce que après le adhan il a récité l’invocation en faveur du Prophète alayhi salat ou wa salam. Ceci est l’habitude des musulmans à l’est et à l’ouest, depuis plus de 700 années avant lui, c’était de l’habitude des musulmans après l’appel à la prière de faire l’invocation en faveur du prophète à haute voix. Le mou adhin lui-même après avoir fait l’appel à la prière, il fait l’invocation en faveur du prophète, cela existe encore, même à notre époque.

Ils sont partis voir Mouhammad Ibnou abdal wahhab, ils lui ont dit : « cet homme après l’appel à la prière, il a continué avec la même intonation et il a fait l’invocation en faveur du Prophète ». Il a ordonné qu’on le tue, et il a été tué. Alors que Dieu ordonne dans le Qou’ran ce qui signifie: « Ô vous qui êtes croyants faites l’invocation en faveur du Prophète ».  Pour quelque chose qui est recommandé, ils l’ont considéré comme étant de la mécréance.

Bien que l’invocation en faveur du Prophète ^alayhi salat ou wa salam c’est quelque chose autorisé, il n’y a pas de caractère déconseillé en cela. Le messager de Allah (invocation) a dit ce qui a pour sens : « celui en présence duquel mon nom a été cité, alors qu’il fasse l’invocation en ma faveur ». Ne lésinez pas, ne soyez pas avare envers l’invocation du Prophète, c’est une source de bien pour vous, c’est une augmentation en récompenses, c’est une augmentation d’amour pour le prophète, une augmentation de demande à Dieu d’honneur pour le prophète.

Histoire : Il y avait un homme qui était autour de la ka^ba, cet homme faisait l’invocation en faveur du prophète, il ne faisait que cette invocation. Un savant de son époque lui a dit : « Pourquoi tu ne fais que l’invocation en faveur du Prophète ? Tu as laissé toutes les autres invocations que l’on connait ». Cet homme qui faisait l’invocation lui a dit : « Qui es-tu ? ». L’homme a répondu : « Je suis Sofiane a th-thawri », et il s’agissait d’un grand savant de son époque. L’autre homme lui a dit : « Comme tu m’as dit que tu étais untel alors je vais te dire sinon je ne l’aurai pas dit à quelqu’un d’autre », il lui a dit : « J’étais parti avec mon père pour faire le pèlerinage et en cours de route mon père est tombé malade, je me suis arrêté pour veiller sur lui et il est mort et quand il est mort son visage a noirci ». Parmi les signes qui montrent que le musulman meurt dans un bon état il y a que son visage devient jaunâtre, il a de la transpiration au niveau des tempes, il n’a pas beaucoup de salive qui sort de la bouche. Mais cet homme-là, il a vu que son père avait un mauvais signe. Il a vu son père devenir noir, il a dit : « Je me suis résigné, j’ai recouvert son visage avec le drap et je me suis assoupi. Et quand je me suis assoupi, j’ai vu un homme dans le rêve qui venait, lorsqu’il marchait on aurait dit que la terre se pliait sous ses pas, il était très, très beau, il est venu, il a retiré  le voile de mon père et a passé sa main, et le visage de mon père est devenu tout blanc et il l’a recouvert.  Quand il allait partir je me suis agrippé à lui ». Dans le rêve il lui a dit : « Qui es-tu ? », l’autre homme a dit : « Tu ne m’as pas reconnu ? Je suis Mouhammad fils de ^Abdou-lLah. Il lui a dit : « Ton père était quelqu’un qui commettait beaucoup de péchés mais il faisait beaucoup d’invocations en ma faveur et c’est grâce à ses invocations en ma faveur que Allah lui a amélioré son état ». Quand il s’est réveillé de son sommeil, il a retiré le drap et il a vu que son père avait un beau visage, comme ce qu’il avait vu dans le rêve. Donc nous faisons l’invocation en faveur du Prophète, en définitive c’est nous qui sommes gagnants. Le Prophète a dit : « Celui en présence duquel mon nom a été mentionné alors qu’il fasse l’invocation en ma faveur », rapporté par As-sakhaawiyy dans son livre al qawlou l’badii^ fi salati ala l-habibi ch chafii^ et par Al Hakim dan Al Moustadrak.

 S’il n’y avait que ce hadith que l’on a cité, ça aurait été suffisant. N’est-ce pas que le mou’adh-dhin, il a cité le nom du Prophète ? Le Prophète n’a pas dit qu’il fasse l’invocation dans son cœur, il n’a pas dit qu’il ne faut pas qu’il la fasse à haute voix.  Si quelqu’un nous dit : qu’il la fasse à voix basse (l’invocation en faveur du Prophète), on lui dit : Pourquoi ? Qui dit que le Prophète dit qu’il faut qu’il la fasse à voix basse ? Il n’a pas dit cela. Vous rajoutez des conditions de votre tête, même si vous rajoutez un million de conditions, ça ne compte pas. Que l’on ne soit pas en position de défense par rapport à ces égarés, on lui dit : qui prouve ce que tu dis, ta parole n’a pas de preuve. La preuve est à la charge de celui qui prétend une chose pas à la charge de celui qui se défend. C’est celui qui accuse, à lui la charge de la preuve. Eux ils prétendent qu’il faut réciter à voix basse mais ne sont pas capable de prouver ce qu’ils disent. Il ne faut pas inverser les rôles, c’est à eux de prouver ce qu’ils disent mais ils n’en sont pas capables.

Cet homme a été tué bien que l’invocation en faveur du Prophète est quelque chose d’autorisé qui ne comporte pas de caractère déconseillé. Les musulmans depuis 700 années et plus, ils font les invocations à haute voix en faveur du Prophète après l’appel à la prière. Et cela augmente l’amour des musulmans pour le Prophète, ça augmente l’attachement à la religion, ça augmente en honneur notre Prophète car on demande à Dieu de l’augmenter en honneur par cette invocation. Mais à l’époque du Messager, et après son époque, jusqu’à cette date-là, environ 700 années depuis que les gens le font, les gens ne faisaient pas l’invocation en faveur du prophète à haute voix après l’appel à la prière mais le Messager n’a pas dit : Ne faites pas l’invocation en ma faveur à haute voix, ne la faites qu’à voix basse, le Prophète n’a pas dit ça. Il a autorisé à sa communauté les deux, c’est-à-dire à voix basse et à haute voix. Mais chez les wahhabites, si quelqu’un fait l’invocation à haute voix en faveur du Messager après l’appel à la prière, ils le considèrent égaré, ils le considèrent mauvais innovateur et ils le considèrent comme méritant d’être tué.

Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ces wahhabites leur mal est très grand alors mettez en garde contre eux. Pourquoi on met en garde contre eux ? Parce que Dieu nous ordonné d’ordonner le bien et d’interdire le mal. Allah dit ce qui a pour sens : « Vous êtes la meilleure des communautés qui soit apparue aux gens, vous ordonnez le bien vous interdisez le mal et vous croyez en Dieu ».

Lorsque le chaykh a donné son cours, il a dit : depuis quatre-vingt ans, ils ont gouverné la Mecque et Médine, ils les ont pris entre la première et la deuxième guerre, vers les années 1917-1920, après la chute de l’empire Ottoman. Quand les alliés ont eu le dessus, ils ont partagé ce qui était l’empire Ottoman, ils se sont appuyés sur des personnes et ils les ont motivés par un pseudo nationalisme arabe, ils leur ont dit : vous êtes arabes comment étiez-vous colonisés par des turcs ? alors il ont été colonisé par des français et des anglais, ils ont tracé à la règle les frontières avec des traits, pour dire voilà ça c’est un pays, ils le disent, un d’entre eux a conduit sa voiture et il a tracé une ligne entre ce qui s’appelle aujourd’hui la Jordanie et l’Arabie, ce sont des frontières tracées à la règle qui n’ont aucune justification géographie, ethnique, c’est juste pour fragmenter au maximum les territoires, pour faire en sorte d’appliquer la devise «  diviser pour mieux régner », c’est un classique.

Histoire : Il y avait un vieil homme qui, sachant qu’il allait bientôt mourir a ramené ses enfants et il a ramené un botte de branches, des tiges comme des tiges de siwak par exemple, il les a mis ensemble et il leur a dit : essayez de les casser, aucun n’a réussi, il leur a dit maintenant prenez les un a un et essayez de les casser, puis ils les ont cassé. Quel message voulait-il passer à ses fils ? Restez ensemble, quand vous êtes ensemble vous êtes plus fort.

Après que l’empire Ottoman a été vaincu et que des gens comme Lawrence d’Arabie, les gens croient que c’est un converti qui a fait du bien, en réalité ce sont des gens qui ont favorisé l’essor de ce prétendu nationalisme pour faire ne sorte qu’il y est plusieurs pays. Notamment l’accord de SYAES-PICOT entre les anglais et les français. Donc Les wahhabites étaient justement un des pions utilisés pour fragmenter et diviser, car eux quand ils ont pris la Mecque et Médine, ils ont été fournis en armes, ils ont été aidés par des officiers notamment anglais pour les aider dans la stratégie pour avoir le dessus sur ce qui restait des ottoman et des gens qui ne les suivaient pas. Ils sont venus de leur région à eux qui se trouve à des milliers de kilomètres de Médine et la Mecque, ils sont originaire du Najd, à des milliers de kilomètres à l’est, la capitale c’est Riyad. Certains font passer Mohammad ibn Abd Al Wahhab comme quelqu’un qui a fait des réformes, qui a renouvelé l’appel à l’Islam soit disant, alors qu’en définitive, c’est quelqu’un qui a semé la pagaille, la zizanie, qui a tué femmes et enfants, détruit des bibliothèques, des trésors qu’il y avait dans la chambre du Prophète, ils ont tout pillé, il y avait des choses qui étaient précieuses, qu’il y avait depuis des siècles. Les wahhabites veulent absolument effacer la trace, la mémoire et donc c’est pour ça qu’il est important de mettre en garde eux, in chaa l-Lah bientôt ils vont disparaitre.

Depuis 80 ans ils ont gouverné la Mecque et Médine et son venus d’une distance de 1000 kilomètres, leur origine vient d’une région qui se trouve à 1000 km de la Mecque, c’est beaucoup (une distance comme de paris à nice par exemple). Donc Depuis 80 ans lorsque le chaykh a parlé donc un siècle aujourd’hui environ, ils sont venus de leur région et ils ont pris la Mecque  Médine et at-Ta’if, at-Ta’if se trouve à environ 130 km a l’est de la Mecque, c’est une montagne a l’origine que Jibril a amené du pays de ach-cham.

Le chaykh a dit : auparavant c’est le sharif qui gouvernait la Mecque et Médine et at-Ta’if. ach-charif c’est à dire un descendant du Prophète mais il s’agit d’un homme particulier, c’est le grand père des souverains actuels de la Jordanie, il y  a une longue histoire sur le sujet. Donc c’est lui qui était le représentant de l’autorité ottomane, il gouvernait la Mecque, Médine et at-ta’if sous la tutelle des ottomans.  C’était comme aujourd’hui par exemple vous avez un préfet qui est sous la tutelle du président, donc lui il était le gouverneur de la région sous la tutelle des ottomans.

 Les ottoman, ce qu’aujourd’hui on appelle les pays du cham, c’était des départements, toute la Palestine c’était un département, tout le Liban, toute la Syrie c’était un département, al hijaz, tous ces pays c’était des départements  gouvernés à partir d’Istanbul, du calife, du sultan ottoman.  Ce n’est pas le propre des ottomans, même par le passé à l’époque de notre maitre ‘Omar, ensuite ^Othman, ensuite notre maitre ^Aliyy, ensuite les Omeyades, les Abassides, toutes ces régions avaient un pouvoir régional mais qui étaient sous la tutelle du pouvoir central. Comme les états unis par exemple, il y a des état mais c’est un gouvernement fédéral. Donc c’était ash-sharif qui les gouvernait sous la tutelle ottoman.

Alors le chaykh a dit : prenez garde contre eux mettez en garde, méfiez-vous et surtout mettez en garde les jeunes contre eux.

Tous ces jeunes qui vont à partir d’Afrique, ou du Soudan ou d’Ethiopie, ou d’inde, du Pakistan, ou du Maroc, ces jeunes gens qui veulent aller vivre à Médine par exemple, puis ils sont enrôlés dans les écoles des wahhabites et ils vont apprendre chez eux, ce sont eux qui une fois endoctrinés, même ceux qui disent qu’ils n’apprennent chez eux que le Qou’ran, même quand ils vont apprendre le Qou’ran, ils leur enseignent les égarements. Même les gens qu’ils placent dans les mosquées pour diriger la prière, ce sont des gens qui propagent leur croyance, c’est pour cela qu’on ne fait pas la prière en étant dirigés par ces gens-là. Ils endoctrinent les jeunes  et une fois qu’ils sont endoctrinés, quand ils retournent dans leur pays, ils propagent ce qu’ils ont appris chez les wahhabites.

 C’est pour cela que le chaykh était si vigilant, il donnait les conseils qui sont adaptés. Même certains qui ont voulu faire le pari des wahhabites, qui ont dit on va les utiliser, ils se sont retournés contre eux. Quelqu’un qui prend un âne à la maison, il veut l’élever, il va subir ses âneries quand il sera grand, même ceux qui ont pris le wahhabites soit disant pour les utiliser, ils se retournent contre eux, ils leur éclatent à la figure.

Si quelqu’un dit : « Ô Allah, fais que mon affaire soit réglée », par exemple il veut se marier, il dit : « Ô Allah fais que je me mari » ou il est tourmenté, il dit : « Ô Allah  fais que mon tourment soit dissipé » sans faire de tawassoul (le tawassoul c’est demander à Dieu en évoquant le nom d’un être de vertu en espérant être exaucé par égard pour celui dont le nom est mentionné. Donc si quelqu’un fait une invocation sans faire le tawassoul par un Prophète ou par un saint, c’est permis et c’est accepté, il ne commet pas de péchés, et il sera récompensé pour avoir fait cette invocation. Et s’il dit : « Ô Allah fais que mon affaire soit réglée par le degré de ton prophète Mouhammad, ou par le degré de Abou Bakr, ou par le degré de ^Othman, c’est permis également. Sans le tawassoul c’est permis, avec le tawassoul c’est permis.

A l’origine, c’est de dire « O Allah, fais que mon affaire soit réglée ». Ça c’est le cas de la plupart des musulmans, ils font des invocations sans le tawassoul. Mais ce tawassoul, il a une preuve en sa faveur à partir du Hadith du Messager. Ce n’est pas quelque chose que les musulmans d’eux même ont ajouté parce que un moujtahid l’a trouvé, ça aurait pu mais plus que cela, c’est mentionné dans le hadith, c’est le Messager qui a enseigné ce tawassoul.

Un homme aveugle et venu parler au Prophète a lui a dit : « Ô Messager de Dieu, invoque Dieu en ma faveur pour qu’il me permette de recouvrer la vue » jusqu’à la fin du Hadith. Donc le hadith rapporté par at-tabaraniy dans al mou^jamoul kabir, il n’y a pas que dans ce livre là mais nous citons cette version, il rapporté  que le Messager a reçu la visite d’un homme aveugle qui s’était plaint à lui de la perte de sa vue. Le Messager lui a dit ce qui a pour sens : « patientes ». Celui qui perd la vue et qui patiente, sa récompense c’est le paradis. Alors l’homme a dit : « Ô Messager de Dieu, je n’ai personne pour me guider sur le chemin et c’est vraiment très éprouvant pour moi » alors le Messager a dit ce qui signifie : « vas à l’endroit où l’on fait le woudou’, fais le woudou puis tu accomplis une prière de deux rak^ah et dis cette invocation : Allahoumma inni as alouka … ». (invocation à noter). La signification de cette invocation c’est « Ô Allah, je te demande et je m’adresse à toi par notre Prophète Mouhammad, le Prophète de la miséricorde… » c’est ça qui s’appelle le tawassoul, le fait qu’il ait mentionné un être de vertu c’est un tawassoul mais la demande est adressée à Dieu. Il a dit : « Ô Allah je te demande et je m’adresse à toi, O Mouhammad je m’adresse par toi à mon Seigneur  ^Azza wa jjal pour qu’il me règle mon affaire ». Bien sûr le secret de l’invocation c’est qu’elle soit dite en arabe car c’est l’enseignement de notre Prophète.

Othman Ibnou Hounayf le rapporteur du hadith dit : « par Allah, nous ne nous étions par encore séparés (c’est à dire nous étions encore dans l’assemblée du Prophète,) et l’assemblée n’a pas duré longtemps, que l’homme est revenu comme si il n’avait jamais perdu la vue. » il est parti faire ce que le Prophète lui a dit de faire et Allah lui a donné la vue par le secret de cette invocation, c’est ce qu’on appelle l’invocation du besoin. Cet homme aveugle avait fait le tawassoul par le Messager, il a recouvré la vue immédiatement et il est revenu auprès du Messager qui était encore à sa place, dans son assemblée, assis à l’endroit où il était la première fois qu’il était venu pour le voir. Cette invocation, que cet homme aveugle avait récité, les musulmans l’utilisent depuis cette époque-là jusqu’à nos jours. Cette invocation a été rapportée par Al Bayhaqi, At-Tabaraniyy, (c’est la version que nous avis cité), At Tirmidhiyy, Tirmidh c’est une ville située en Ouzbékistan à la frontière de l’Afghanistan, la plupart des savants du Hadith ce n’étaient pas des arabes, Ibnou Maja l’a rapporté, Ibnou s-sounniy,  An-Nawawiyy dans son livre al adhkar très connu, et beaucoup d’autres. Et les musulmans n’ont pas cessé d’appliquer cette invocation depuis l’époque des compagnons jusqu’à nos jours.

Signification de l’intitulé du livre cité plus haut : les nuages porteurs de pluie qui se déversent sur les tombes des hanbalites.

les musulmans quand ils font des invocations, parfois ils font des invocations en faisant le tawassoul … Invoquer Dieu en mentionnant le nom d’un être de vertu, un prophète un saint, en espérant être exaucé par honneur de celui dont on a cité le nom. Donc parfois les musulmans invoquent Dieu en faisant le tawassoul par le Messager et parfois ils font l’invocation sans faire le tawassoul, sans citer le nom d’un vertueux, les eux sont autorisés.

Les wahhabites ont ajouté une règle, ils ont prétendu que en sa présence (la présence du Prophète), durant sa vie, c’est permis de faire le tawassoul, ils prétendent que si on veut faire le tawassoul par le Prophète on le fait uniquement durant sa vie et en sa présence, mais en dehors de ces deux critères là, ils disent que c’est interdit et que c’est du chirk, ils prétendent que cela revient à adorer autre que Dieu. Et même durant la vie du Prophète mais quand ce n’est pas en sa présence, ils prétendent que c’est haram, selon eux ils disent qu’il a commis quelque chose d’interdit, ils ont rajouté ça de leur tête et il n’y a pas de preuve à ça. C’est permis de faire le tawassoul, que ce soit durant sa vie ou après sa mort, en sa présence ou sans que ce soit en sa présence. En réalité, ce sont des gens qui contredisent Ahlou s-Sounnah, les sunnites, ils ne disent pas la même chose que Ahlou s-Sounnah.

A l’époque de notre du califat de notre maitre ^Omar Ibnou l-Khattab, il y a eu une sècheresse, il n’y avait pas eu de pluie, les gens ont eu faim, ils n’avaient pas d’aliments, c’était une famine qui était la conséquence d’une sécheresse. Un homme est parti auprès de la tombe du Messager de Allah, et cet homme s’est adressé au Prophète (qui était dans sa tombe), quand il a vu l’état de sa communauté, il est parti auprès de la tombe, il a dit : « Ô Messager de Dieu, demandes la pluie pour ta communauté, ils vont périr « . Il a dit au Prophète de demander à Dieu la pluie parce que les gens vont mourir. Le Messager est venu voir cet homme dans son rêve, il lui a dit ce qui suit : « Passe le salam à ^Omar, annonce lui la nouvelle qu’ils vont recevoir la pluie (le prophète  a annoncé une bonne nouvelle) et l’homme et parti voir notre maitre ^Omar et il lui a annoncé la bonne nouvelle. ^Omar en a eu les larmes aux yeux, il a pleuré, il n’a pas dit : pourquoi tu es parti à la tombe du prophète ? Qui connait mieux la religion que ^Omar à notre époque ? Donc si c’était quelque chose de blâmable, est ce que ^Omar aurait réagi ainsi ? C’était quelqu’un de ferme, de fort, il ne craignait pas le blâmé des gens quand il s’agissait d’obéir à Dieu, il était le meilleur de cette communauté après le Prophète et après Abou Bakr, c’était un grand saint à qui Dieu dévoilait des choses cachées. Une fois à son époque, notre maitre ^Aliyy a vu dans le rêve une femme qui lui a donné des dattes, et elle lui a dit dans le rêve : emmène ces dattes au Prophète, notre maitre ^Aliyy a pris ces datte et les a donné au Prophète. Le Prophète a pris une datte et l’a donné à ^Aliyy. Quand il s’est réveillé, ^Aliyy, il est sorti, il a vu la femme qu’il avait vu dans le rêve, elle lui a dit : donne les dattes à notre maitre ^Omar, notre maître ^Omar a pris une datte et l’a donné à notre maitre ^Aliyy. Noter maitre ^Aliyy a trouvé la datte très bonne et il avait envie d’une autre, ^Omar a dit : si le Prophète t’en avais donné une deuxième je l’aurai fait.

Donc notre maitre ^Omar en a eu les larmes aux yeux, quand l’homme est venu pour lui dire ce qu’il avait fait, il n’a pas blâmé cet homme, il ne lui a pas dit : pourquoi tu es parti près de la tombe du Prophète ? Il ne lui a pas dit : comment tu vas auprès de la tombe du Messager, il aurait suffi que tu dises : Ô Allah, donne nous la pluie, le Messager il est mort pourquoi tu lui demande à lui qu’il fasse des invocations ? ^Omar n’a pas dit ça mais ^Omar a pleuré, car c’est un honneur que le Prophète ait dit à l’homme, passe le salam, et c’est un honneur qu’il lui annonce la bonne nouvelle qu’ils seront délivrés de cette épreuve. Et Allah leur a accordé la pluie, se fut une année fertile où il y eu beaucoup d’aliments, se fut une année de bien être car ils ont eu suffisamment de nourriture et de fertilité après la pluie. Voilà comment les musulmans faisaient depuis l’époque des compagnons, c’est-à-dire ils faisaient le tawassoul, ils invoquaient Dieu par le degré du Prophète et par le degré des saints. Mais attention le chaykh dit, celui qui veut, il fait le tawassoul et celui qui veut, il ne fait pas le tawassoul, nous ne sommes pas obligés de faire l’invocation avec le tawassoul. Ceci est autorisé et cela est autorisé, les deux sont autorisés. Et n’oubliez pas, qui nous a enseigné le tawassoul, c’est le Messager, notamment avec l’homme aveugle, c’est le Messager qui lui a enseigné le tawassoul. Le Messager n’a jamais dit : ne faites pas le tawassoul par moi, il n’a pas dit ne faites pas le tawassoul par autre que moi pendant mon absence ou après ma mort. Car les wahhabites c’est ce qu’ils disent, après la mort de la personne et en son absence on ne fait pas le tawassoul. Mais malgré cela, les wahhabites ils interdisent le tawassoul par le Messager sauf si c’est durant sa vie et en sa présence.

Chaykh ^Abdou l-Lah interpelle ici les gens qui sont censés enseigner aux autres, il dit : Beaucoup de ceux qui sont appelés les chaykhs ou imams selon les pays, des personnes censées enseigner la religion ils ont failli à la tâche de montrer la vérité, que ce soit dans ce pays ou dans d’autres pays, il n’a pas précisé un pays un particulier, c’est un manquement général, il dit que beaucoup de ceux qui se font appelés des machayikhs, ils ont failli à la tâche de montrer, enseigner ce qui est correct à ce sujet que ce soit dans ce pays ou ailleurs, ils n’indiquent pas aux gens qui sont les groupes mécréants, et cela est un grand manquement car une des grandes caractéristique de cette communauté quelle est-elle ? Ordonner le bien et interdire le mal, la mécréance est le plus grand mal. Ils ne montrent pas aux gens que ces groupes sont des groupes mécréants. Si ces enseignants avaient mis en garde, si ces machayikh, ces imams avaient montré et indiqué aux gens, les gens les aurait évité. Si on nous dit à propos d’un commerçant « attention ne va pas acheter chez lui car il cache les défauts de sa marchandise », les gens n’achèteront pas chez lui, de même si on veut inscrire un enfant dans une école si on nous dit « ils enseignent l’égarement » on n’inscrit pas l’enfant. Quand on est averti, on va se protéger mais si on ne nous dit pas, c’est comme s’il y a un piège on y va les yeux fermés et on tombe dedans car personne ne nous a averti.

Le chaykh a dit : les wahhabites, le parti de Sayyid Qoutoub c’est-à-dire ceux qui se font appelés les frères musulmans, ils ont beaucoup d’appellation à travers les pays, leur idéologie c’est la même, c’est de déclarer mécréant les gouverneurs qui n’appliquent pas la loi de l’Islam, et Hizb at-tahrir, le parti qui prétend que celui qui ne fait pas allégeance à un calife, il meurt comme les idolâtres. Le chaykh a dit : les wahhabites, le parti de Sayyid Qoutoub, le partie de At-tahrir, ce sont des égarés. Donc le chaykh dit : c’est selon le jugement de la loi, ce sont des égarés pourquoi ? Parce que certains parfois ils jugent avec leur passion, parce qu’ils n’aiment pas ce qu’il fait ils disent celui-là est égaré, ce n’est pas selon ton penchant à toi… Le hadith du Messager c’est : « L’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que s’il fait soumettre ses passions à la loi que je vous ai amenée ». Tu aimes ce que la loi considère comme bien et tu déteste ce que la loi considère comme mauvais, tu fais en sorte que tes passions, ton avis tes penchants, soient conformes à la loi et ça nous aide à l’intention. Pourquoi nous disons cela d’eux ? Pour ordonner le bien et pour interdire le mal, c’est en fonction du jugement de la loi que ces gens-là sont des égarés …

Le chaykh va donner maintenant quelques informations additionnelles a propos de chacun des groupes.

Les wahhabites : ils assimilent Dieu à ses créatures, ils attribuent à Allah les caractéristiques des créatures comme le corps, les organes, le changement, c’est une des idéologies des wahhabites. Ce sont des anthropomorphes, ils considèrent que Dieu est un corps. Al jism, la définition du corps c’est ce qui a des dimensions, une largeur, une longueur, une profondeur, c’est ça le corps. Ils ont considéré que Dieu est un corps et celui qui croit que Dieu est un corps, il est mécréant. Pourquoi il est mécréant ? Parce qu’il n’a pas connu Dieu. Si quelqu’un adore une vache, il dit c’est mon Dieu, est ce qu’il a connu Dieu ? Non, si quelqu’un dit : j’adore la ka^aba, il dit c’est mon Dieu est ce qu’il a connu Dieu non ? C’est la même chose, ils n’ont pas connu Dieu ces gens-là. Et le chaykh donne une règle très simple : Allah est le créateur des corps, comment se pourrait-Il qu’il soit un corps ? Ce n’est pas possible. Nous nous sommes des corps on se rend bien compte qu’on ne créé rien du tout. Ce sont des gens qui n’ont pas connu Dieu. Ils ne connaissent pas Allah. Ils n’ont pas connu Allah. Ils se sont imaginés quelque chose, au-dessus de al ^arch, le trône c’est le toit du paradis, ils ont imaginé quelque chose au-dessus du trône et ils se sont mis à l’adorer ils n’ont pas adoré Dieu ils ont adoré quelque chose qui est le fruit de leur imagination. Ils ont adoré quelque chose qui n’existe pas, c’est juste une imagination, ils n’ont pas adoré Allah ta^ala. Voyez comment le chaykh a présenté les wahhabites.

Pour ce qui est des Qoutbites, le groupe de Sayyid Qoutoub, une de leurs caractéristiques c’est qu’ils déclarent mécréants, tous ceux qui ne font pas partie de leur groupe. C’est pour cette raison que ce sont des mécréants, parce qu’ils déclarent mécréant les musulmans. Celui qui déclare un musulman mécréant, il sort de l’islam, eux ils disent que tous ceux qui ne sont pas de leur groupe ce sont des mécréants. Dans leur croyance, leur doctrine, il y a un autre égarement, parce que Sayyid Qoutoub a considéré que Allah était un corps. Dans ses livres il a écrit : Allah est véritablement partout avec nous. Parce que certains ignorants disent « Allah est partout » mais ils ne comprennent pas que Dieu est diffus comme l’air. Mais lui il a dit « véritablement partout », il a dit véritablement il est partout avec tout un chacun d’entre nous. Il a considéré que Allah était un corps diffus dans le monde avec les créatures, avec les humains, et qu’il se déplace avec eux, et qu’il prend place avec eux là où qu’ils prennent place.

Le troisième groupe Hizb at-tahrir, le chaykh a dit : pour ce qui est de Hizb at-tahrir, ils ont pour croyance que Allah est le créateur de nos corps mais qu’il n’est pas le créateur de nos actes délibérés. C’est quoi les actes délibérés ? Les actes que nous faisons de manière volontaire, ce ne sont pas les actes involontaires. Ils ont ainsi démenti le verset dans sourate az-zoumar qui signifie : « Allah est le créateur de toute chose ». Ils ont contredit le verset de sourate az-zoumar, et l’autre verset : « Allah vous a créé vous ainsi que ce que vous faites » c’est le verset 96 de sourate as-saffat. La règle que an-naçafiy a donné dans son traité de croyance : réfutez les textes, c’est une mécréance. C’est-à-dire quand on dit le texte c’est le Qou’ran ou le hadith. Celui qui dit le contraire, il devient mécréant. Eux ils contredisent clairement les textes, d’autres versets encore ils les contredisent, ils ont contredit le verset de sourate az zoumar, le verset de as saffat 96.

Ils ont contredit également le hadith rapporté par Al Boukhariy que le Messager de Allah quand il revenait d’un pèlerinage, ou qu’il revenait d’une ^oumrah ou qu’il revenait d’une conquête, il disait cette invocation : « Il n’est de Dieu que Dieu Lui seul, Il a réalisé sa promesse, Il accordé la victoire à Son esclave et Il a défait les différentes factions à Lui Seul ». Le mot défait signifie qu’Il a fait qu’ils ont perdu. Pourtant, en apparence c’était les compagnons qui avaient combattu et qui ont défait les mécréants, ça c’est selon l’apparence, mais en réalité qui les a défait ? C’est Allah, c’est pour ça que le Prophète a dit « qui a défait les factions à Lui seul » pourtant selon l’apparence, ce sont les compagnons qui … car en réalité c’est Dieu qui les a défait. Selon l’apparence ils ont eu la victoire mais cette victoire, elle est de la part de Dieu, c’est pour cela qu’il a dit il a défait les factions à lui seul. Il a défait les factions à Lui Seul alors que selon l’apparence, ce sont les compagnons qui ont défait l’ennemi.

Hizb at-tahrir ont mécru aux versets précédemment cités et également, ils ont mécru à ce hadith. Le Chaykh dit qu’il y a une différence, il dit : Hizb at-tahrir, ils n’ont pas manifesté, ils ne se sont pas rendus licites de tuer ceux qui ne font pas partie de leur groupe. Tandis que les deux autres groupes, les wahhabites et le groupe de Sayyid Qoutoub, eux ils autorisent de tuer ceux qui ne font pas partie de leur groupe. Les trois sont des égarés mais à la différence des wahhabites et du groupe de Sayyid Qoutoub, eux ils ne s’autorisent pas de tuer ceux qui ne font pas partie de leur groupe. Les wahhabites considèrent que Dieu est un corps, les qoutoubite sont des mécréant car ils déclarent ceux qui ne font pas partis de leur groupe mécréants et les Hizb at-tahrir ils contredisent les textes

Par ailleurs les wahhabites à cause de l’argent, l’argent de saoudiens, certains qui prétendent la science font leur éloge, ils ont des stratégies pour cela, ils vont voir les imams ils leur disent : on te paye une ^omrah, un pèlerinage, ils proposent des livres, certains de l’argent, un salaire pour propager leur idéologie ou à minima pour ne pas les dénoncer. Certains ignorants te disent : Pourquoi les déclarer mécréants alors qu’ils disent la ilaha illa l-Lah ? Cette parole cela veut dire que Dieu n’est pas un corps. Ce n’est pas parce qu’ils disent « la ilaha illa l-Lah » qu’on les déclare mécréants mais parce qu’ils disent que Dieu est un corps. La réponse à donner à ces gens-là quand ils disent : pourquoi vous les déclarez mécréants, nous leur disons même si ces gens disent « la ilaha illa l-Lah » … notamment les wahhabites ont considéré que Allah était un corps. Et celui qui croit que Allah est un corps, il est mécréant. Tout comme l’a dit Ach-Chafi^iy que Allah l’agréé. Celui qui croit que Dieu est un corps est un mécréant tout comme l’ a dit …. dans son livre… Abou Hanifa a dit également : celui qui dit que Dieu est un corps, il est mécréant.

La parole de Abou Hanifa quelle est-elle dans son livre al fiqhou absat ? il a dit : celui qui dit « je ne sais pas si mon Dieu est au ciel ou sur terre » il est mécréant. Il en est de même pour celui qui dit qu’Il est sur le trône et je ne sais pas si le trône est au ciel ou sur terre, (il est aussi mécréant). En définitive, que veut dire Abou Hanifa ici, il veut dire que celui qui attribue l’endroit à Dieu, il est mécréant. Donc on a dit que celui qui croit que Dieu est un corps il est mécréant, qui a dit ça ? Ach-Chafi^iy et Abou Hanifa, Malik a dit la même chose. Qui a rapporté cela de Malik, Ibnou Hajjar a dit dans son livre Al Manhajou al Qawim : saches que Al Qarafiy et d’autres ont rapporté d’après Ach-Chafi^iy, Malik, Ahmad, Abou Hanifa que Dieu les agréé qu’ils ont dit : ils ont jugé mécréants ceux qui attribuent la direction et le corps à Dieu et ils ont raison en cela.

Ainsi que Ahmad Ibnou Hanbal, cela a été rapporté par l’auteur du livre « Al khisal » c’est un savant hanbalite : il a dit que Ahmad a dit ce qui signifie : « celui qui dit que Allah est un corps pas comme les corps, il devient mécréant ». Parce qu’il n’y a pas de sens à dire « pas comme les corps » du moment qu’il a dit qu’Il était un corps, ça n’a pas de sens. Le fait qu’il dise «  pas comme les corps », ne lui est pas utile, cela ne change rien parce que le corps, sa définition c’est ce qui a une longueur, une largeur et une épaisseur. Donc dire que Dieu a une longueur, une largeur et une épaisseur pas comme les autres, c’est de la mécréance, celui qui a des caractéristiques qui ont un début, il a besoin de qui lui a donné ses caractéristiques.

Par ailleurs, les wahhabites déclarent mécréants les croyants, pour eux celui qui dit « Ya Mouhammad » après la mort du Prophète, il devient mécréant. Ils déclarent mécréants les croyants. Or la communauté est unanime sur le caractère autorisé de dire « Ya Mouhammad » durant sa vie sans que ce soit en sa présence, tout comme après sa mort. Mais durant sa vie et en sa présence, Allah l’a interdit après qu’il ait été permis, c’était permis avant puis c’est devenu interdit, c’est à dire que quand quelqu’un était devant le Prophète, il ne disait pas « Ya Mouhammad », c’était permis au début et Allah a abrogé cela. En sa présence, les compagnons ont reçu l’ordre d’appeler le Prophète « Ô Messager de Dieu » au lieu de dire « Ya Mouhammad ». Il y a un verset qui l’a interdit alors qu’auparavant c’était permis. Cela est par honneur pour lui. La manière d’appeler une personne, indique s’il y a un respect ou pas, dans certains pays ils utilisent le surnom, « Oummou untel » ou « Abou untel », pour ne pas l’appeler par son prénom, ou bien ils l’appellent avec un titre comme « hajj ». Dire « Ya Mouhammad » après sa mort c’est permis, sans que ce soit en sa présence de son vivant c’était permis comme l’invocation de l’homme aveugle.

Quand les wahhabites disent que Dieu est un corps pas comme les corps c’est comme s’ils disaient que Allah est une créature pas comme les créatures, les deux sont de la mécréance.

Et après le décès du Prophète, les compagnons disaient « Ya Mouhammad » et la communauté jusqu’à nos jours, continue à dire cela. A l’époque de notre Maître Abou Bakr, vous savez après le décès du Prophète c’est Abou Bakr qui a veillé sur notre communauté, le Prophète l’avait insinué, quand il était malade, il avait demandé à Abou Bakr de diriger la prière. Alors que ^A’icha voulait proposer quelqu’un d’autre. Abou Bakr à son époque, il y avait des tribus arabes qui avaient apostasié, notamment il y a eu une bataille al yamama, beaucoup de récitateurs de Qou’ran avaient tué dans cette bataille. Pour cette bataille de al yamama, Abou Bakr avait envoyé une armée à al yamama, c’est un endroit, parce qu’un partie d’entre eux étaient musulmans et suite au décès du Messager, ils ont mécru, ils ont apostasié. Et d’autres de cette même tribu, étaient déjà mécréants, donc Abou Bakr a envoyé une armée pour combattre les apostats et les mécréants, qui était à la tête de l’armée envoyée ? Khalid Ibnou l-Walid, c’était un fin stratège militaire, mais il est entré en islam deux ou trois ans après le décès du Prophète. Dans la bataille de Ouhoud, il combattait contre les musulmans. Il a dirigé l’armée des musulmans jusqu’à l’époque de notre maitre ^Omar, après ^Omar a mis quelqu’un d’autre à la tête de l’armée, non pas parce qu’il était faible mais parce qu’il craignait que les gens ne disent que quand la bataille était gagnée c’était grâce à Khalid Ibnou l-Walid. Même si ce n’était pas Khalid à la tête de l’armée, les armées musulmanes étaient victorieuses. Et Khalid n’a pas dit : Comment ça il met en place quelqu’un d’autre à ma place ? Khalid ibnou l-Walid est enterré en Syrie, à Houms, quel était son surnom ? Sayfou l-Lah. Donc Abou Bakr avait envoyé une armée et sa tête il avait nommé Khalid, leur deivse c’était « Ya Mouhammada », c’était comme un mot de passe, quand parfois ils se trouvent face à face dans le combat, ils disaient « Ya Mouhammada » c’est une des choses que l’on peut utiliser pour la devise dans une bataille. Donc ça veut dire qu’ils appelaient le Prophète après sa mort, donc si les wahhabites appliquaient leur règle ils diraient que toute l’armée était mécréante ? Ceci est rapporté par les mouhaddith avec la chaîne de transmission. Donc voyez ce que les wahhabites disent et ce qui a été rapporté, les wahhabites ont adopté une autre religion. Donc ce que les wahhabites ont fait c’est qu’ils ont déclaré mécréants les compagnons ainsi que ceux qui les ont suivi. Comment ne les jugerait-on pas mécréants ? Eux ils ont déclaré mécréants les compagnons, celui qui déclare un musulman mécréant sans excuse ou si ce n’est pas valable, il devient mécréant.

La mise en garde contre ces trois groupes est une obligation, et négliger l’accomplissement de cette obligation mène à la perte. Apprenez là cette règle : délaisser l’interdiction de ce qui est blâmable, est un grand péché. A la fin le chaykh a dit : Que Allah accorde des bénédictions grâce à vous, et en vous, et qu’Il fasse que vous soyez de ceux qui œuvrent. Ce cours est fini aussi, on prend un conseil. Le chaykh a dit : Celui qui ordonne le bien, qu’il le fasse convenablement et celui qui interdit le mal, ce qui est blâmable, qu’il le fasse convenablement. Car certains lorsqu’on leur interdit le mal, ils augmentent en mal. Lorsque vous vous adressez à quelque pour lui donner le conseil, faites-le en étant motivé par la compassion envers lui et non pas la volonté de le détruire car il se peut que quelqu’un n’accepte pas le conseil lorsqu’il lui est adressé avec une volonté de le casser (pour lui montrer qu’il est dans l’erreur) mais il accepte si le conseil lui est adressé avec douceur en lui faisant comprendre que l’objectif du conseil c’est la compassion envers lui.

Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Baqarah versets 187 à 213

Posted in cours général,Croyance,Exhortation,Hadith,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur février 21, 2023
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Verset 187 : au début, concernant le jeûne, lorsque le soleil se couchait, il était permis à l’homme qui faisait le jeûne de manger, de boire et d’avoir un rapport. C’était permis jusqu’à ce qu’il fasse la deuxième prière de la nuit (la prière de al-^ichaa’) et après cela, il ne pouvait plus ni boire, ni manger ni avoir de rapport jusqu’à la nuit suivante. Et il est arrivé que ^Oumar que Dieu l’agrée, a eu un rapport avec son épouse après la prière de ^ichaa’. Quand il a fait le ghousl, il s’est mis à pleurer et à se blâmer. Il est allé voir le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam et l’a informé de ce qu’il avait fait. Le Prophète lui a dit : « tu n’aurais pas dû faire cela ». Et c’est ainsi qu’a été révélé le verset 187 qui a abrogé ce qui était auparavant. C’est-à-dire lorsque c’est la nuit du jeûne et après la prière de ^ichaa’, il vous est permis d’avoir un rapport avec vos femmes.

Le mot « rafth » a été utilisé pour indiquer le fait d’avoir un rapport avec son épouse et ce terme n’est pas aussi beau qu’un autre terme. C’était pour leur expliquer que ce qu’ils considéraient comme quelque chose de mauvais, le fait de boire, ou manger ou avoir un rapport, après s’être endormis, même si c’était encore la nuit, cette chose était licite à présent. S’ils voulaient manger ou boire ou avoir un rapport, c’était avant de dormir. Puis ce jugement a été abrogé.

Elles sont comme un vêtement pour vous et vous êtes comme un vêtement pour elles. Quand l’homme et la femme se serrent l’un contre l’autre, l’un est comme un vêtement pour l’autre. Le vêtement, quand on le porte, il colle à la poitrine, au cou, au ventre. Et il a été dit que le mot « vêtement » ici est au sens figuré parce que, de la même façon qu’un vêtement te cache, le fait d’avoir un rapport avec son épouse empêche de tomber dans l’interdit. C’est quelque chose qui protège de l’interdit. Et c’est une explication de ce qui vient avant. S’il y a entre vos épouses et vous ce contact, alors vous allez peu patienter avec elles et c’est difficile pour vous de les éviter. C’est pour cela que Dieu vous a autorisé d’avoir un rapport avec elles la nuit qui précède le jeûne.

Allaah sait que vous avez été injustes envers vous-mêmes, vous avez trahi : c’est pour montrer la gravité de ce qui a été fait.

Allaah a accepté votre repentir ; le fait que vous ayez regretté de faire ce que Dieu vous avait interdit.

Et Il vous a excusé ce que vous avez fait avant d’avoir reçu l’autorisation.

Maintenant vous pouvez avoir un rapport avec elles. C’est-à-dire la nuit qui précède le jeûne. Ici c’est à l’impératif pour indiquer l’autorisation et non pas l’ordre de faire cela. Le verbe est « baachirouuhounna » : « baachara » a la même racine que « al-bacharah » qui signifie la peau. Baachara signifie « ayez un rapport avec vos femmes la nuit qui précède le jeûne ». Et c’est un ordre qui indique le caractère autorisé. Et le rapport a été appelé « moubaacharah » parce que les peaux du mari et de la femme se collent. Et le mot « moubaacharah » peut avoir le sens de se serrer l’un contre l’autre.

Notre chaykh a dit : un de ces docteurs qui prétendent avoir appris alors qu’ils n’ont pas appris a expliqué le Hadiith de ^Aa’ichah qui disait : « le messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam me serrait contre lui peau contre peau, alors qu’il faisait le jeûne ». Et elle a utilisé le terme « baachara ». Ceci pour enseigner aux gens ce qu’il est licite de faire ou pas : et ce n’est pas un manque de pudeur. Mais cet homme ignorant a expliqué ce terme par un rapport : comme si le Prophète, alors qu’il faisait le jeûne, aurait eu un rapport avec ^Aa’ichah. Et c’est interdit de faire cela. Et cela, parce que cet homme n’a pas su quel était le sens de « moubaacharah ». Cela est la caractéristique de celui qui n’apprend pas la science.

Et recherchez ce que Dieu vous a destiné. C’est-à-dire « ayez un rapport avec vos femmes pour rechercher ce que Dieu vous a prédestiné et ce qu’Il a confirmé dans la Table Préservée, c’est-à-dire l’enfant que vous pourrez avoir suite à ce rapport. C’est-à-dire « ne faites pas le rapport uniquement pour assouvir le désir mais pour rechercher ce pour quoi Dieu a autorisé le mariage, à savoir de vous reproduire, pour que vous ayez une descendance ».

Ou une autre explication : quand vous faites le rapport, faites-le dans l’endroit que Dieu vous a autorisé et pas dans un autre endroit. Ne faites pas la sodomie.

Et vous pouvez manger et boire jusqu’à ce que le trait blanc vous apparaisse. Dès que l’aube apparait, c’est comme un fil blanc c’est-à-dire un trait transversal qui apparait à l’horizon est. Jusqu’à ce que vous puissiez faire la distinction entre le trait blanc et le trait noir. Le trait noir indique la nuit et le trait blanc indique l’aube. Ici l’auteur a juste expliqué le trait blanc de l’aube, il n’a pas dit le trait noir de quoi, parce qu’il suffit d’expliquer l’un des deux et l’autre est déduit. Autre explication : il y a le mot « min » qui signifie « parmi » ou « de » : c’est pour dire que c’est un trait blanc qui est une partie de l’aube et l’aube va s’élargir encore plus. Il va expliquer la construction de la phrase dans la langue : s’il s’était limité au trait blanc, ça serait juste un sens figuré. Car en réalité ce n’est pas un trait blanc mais il s’agit d’une lueur blanche. La blancheur que l’on voit est fine et longue comme un trait. Du fait qu’il est rajouté « min al-fajr », ça devient une comparaison.

Un compagnon qui s’appelle ^Adiil fils de Haatim a dit : « j’ai pris deux cordes avec lesquelles on attache le chameau (un fil épais) une blanche et une noire et je les ai mises sur mon oreiller et j’ai essayé de distinguer entre les deux mais je ne voyais pas de différence car c’était la nuit. J’en ai parlé au Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam qui m’a dit : « tu es quelqu’un de naïf. Ce qui est cité dans le verset ce n’est pas que tu prennes un fil blanc et un fil noir mais il s’agit de la blancheur de l’aube et de la noirceur de la nuit. »

Poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. C’est-à-dire qu’une fois que l’aube s’est levée, poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. Cela signifie : tout d’abord, cessez ces choses-là, que vous pouviez faire la nuit. Maintenant que l’aube est arrivée, vous devez ne plus les faire. An-Naçafiyy est hanafite, il va donc déduire certains jugements selon l’école de jurisprudence hanafite. Il a dit que ceci est une preuve qu’on peut mettre l’intention dans la journée pour jeûner ramaDaan : si quelqu’un n’a pas mis l’intention de jeûner pendant la nuit, il peut la mettre après l’aube.

Deuxièmement : cela veut dire qu’il est permis de retarder le ghousl jusqu’à l’aube.

Troisièmement : c’est interdit d’enchaîner deux jours de jeûne consécutivement.

Quatrièmement : celui qui a mangé ou bu se charge d’une expiation.

Le fait d’être jounoub n’empêche pas la validité du jeûne.

Et n’ayez pas de rapport avec elles lorsque vous êtes en i^tikaaf dans la mosquée. Al-i^tikaaf est un acte d’adoration qui consiste, une fois qu’on se trouve dans la mosquée, à mettre l’intention de rester dans cette mosquée pendant un certain temps, même s’il est très court : cela fait gagner des récompenses. Et il est recommandé de faire al-i^tikaaf les dix dernières nuits de ramaDaan. Ce verset est une preuve que l’i^tikaaf ne peut avoir lieu que dans une mosquée.

Ces jugements qui vous ont été indiqués sont des limites que Dieu a fixées, c’est-à-dire que ce sont des jugements bien précis que Dieu vous a prescrits.

Ne vous en rapprochez pas, c’est-à-dire ne contredisez pas ce que Dieu vous a ordonné et ne modifiez pas ce que Dieu vous a ordonné. Donc ne vous rapprochez pas de ces limites que ce soit en les modifiant ou en les contredisant.

Ainsi Allaah indique Sa Loi pour des gens, puissent-ils éviter les interdits. C’est ainsi que Dieu indique aux gens Ses jugements, puissent-ils se préserver des péchés.

Verset 188 : ne consommez pas vos biens les uns les autres injustement. C’est-à-dire : ne prenez pas vos biens les uns les autres d’une manière que Dieu n’a pas rendu licite.

Et ne vous en remettez pas systématiquement aux juges. N’agissez pas de façon à ce que vous deviez passer devant un tribunal     

Ne prenez pas les biens des gens en vous appuyant sur un jugement basé sur un faux témoignage. Ce verset interdit d’agir ainsi, d’aller consulter un juge pour prendre les biens des gens, en s’appuyant sur un faux témoignage ou bien en s’appuyant sur des gens qui jurent mensongèrement ou bien pour obtenir un règlement à l’amiable, alors que celui en faveur de qui le jugement a été prononcé est un injuste.

Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit à deux personnes qui étaient venues se plaindre à lui et qui demandaient son arbitrage, il leur a dit ce qui signifie : « je ne suis qu’un humain et vous êtes en train de m’exposer votre différend et il se peut que l’un d’entre vous maquille sa preuve et que je prononce la sentence en sa faveur, conformément à ce que j’ai entendu de lui. Celui en faveur de qui j’ai émis un jugement (de prélever du bien de son frère), alors qu’il ne prenne rien de ce que j’ai jugé ». Parce qu’en réalité, c’est du feu qu’il est en train de manger. Si le Prophète juge en faveur de quelqu’un mais qu’en réalité, ce n’est pas son droit, qu’il ne prenne rien du tout, parce que c’est comme s’il lui donnait un bout de feu. Rapporté par Abouu Daawouud et Ad-DaraaQoutniyy. C’est alors que tous les deux se sont mis à pleurer et chacun des deux a dit : le droit que j’ai, je te le concède, mon frère. Il se peut que l’un des deux soit plus apte à développer un argument que l’autre. Il a été dit que le sens du verset est : vous donnez une partie de vos biens au juge pour le soudoyer, pour qu’il prononce le jugement en votre faveur.

Alors que vous le savez. Vous savez que vous êtes dans le faux. An-Naçafiyy a dit que commettre un péché tout en sachant que c’est un péché, c’est un acte plus laid encore, que celui qui commet un péché alors qu’il ne savait pas que c’était un péché. Le premier mérite plus d’être blâmé que le second, même si celui-ci se devait d’apprendre le jugement.

Mou^aadh ibnou Jabal a posé la question au prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam : « ô messager d’Allaah, pourquoi donc le croissant de lune est tout fin, comme un fil, puis il augmente en taille jusqu’à devenir la pleine lune, puis il va diminuer à nouveau jusqu’à devenir comme un fil ? Pourquoi ce n’est pas comme le soleil ? » Il n’y a pas de croissant de soleil. C’est ainsi que la parole d’Allah a été révélée, qui signifie :

Verset 189 : Ils t’interrogent à propos des croissants lunaires. Il a été appelé « hilaal » c’est-à-dire « croissant » parce que les gens lèvent la voix (du verbe hallala) quand ils le voient.

Sache que c’est un moyen de détermination des temps pour les gens et pour faire le pèlerinage. C’est-à-dire que c’est un des signes par lequel les gens comptent le temps pour leurs plantations, pour leur commerce, pour les dates d’échéance de leurs dettes, pour leurs jeûnes, la période d’attente post-maritale de leur femme, les périodes des menstrues des femmes, la période de la grossesse, les temps importants du pèlerinage et ainsi de suite.

Certains partisans de Médine, quand ils entraient en rituel de pèlerinage ou de ^oumrah, aucun d’entre eux n’entrait dans un champ ni dans une maison ni dans une ferme, par la porte. Si c’est quelqu’un qui était de la campagne, il faisait un trou dans une partie de sa maison pour rentrer et sortir. Et si c’était quelqu’un qui habitait dans des tentes faites habituellement à partir de la laine de chameau, il sortait et entrait par derrière et non plus par devant. Alors a été révélé la suite du verset :

Ce n’est pas le plus important que vous évitiez d’entrer par la porte mais ce qui compte, c’est la bienfaisance de quelqu’un qui craint Dieu et qui évite ce que Dieu a interdit.

C’est comme si la réponse était à propos des croissants indiquant le début des mois lunaires. Quelle était la sagesse qu’au début du mois, le croissant est tout fin et qu’au milieu du mois, c’est la pleine lune ? Alors que le soleil a toujours la même taille tout le long du mois ? Il est connu que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse. C’est comme s’il leur dit : sachez que tout est selon une sagesse et laissez la question à propos de ce sujet. Regardez : vous, vous faites une chose qui est dépourvue de sagesse et vous pensiez que c’est quelque chose de bien. C’est cela le lien avec les versets qui ont précédé.

Il se peut que ce verset soit au titre de l’istiTraaD puisqu’il s’agit des versets indiquant le temps du pèlerinage. Les mois lunaires indiquent des temps et le pèlerinage est à faire à certains moments des mois parce que c’était parmi leurs actes de faire le pèlerinage. Et l’istiTraaD est une figure de style utilisée par les savants hors de son contexte parce qu’il y a un élément qui permet d’introduire ce sujet. (En français, alors qu’on parle d’un sujet, on cite une parole qui, en apparence, n’a pas de lien direct avec ce dont on parle, alors on dit pour l’introduire « entre parenthèses » puis on revient au premier sujet).

Il se peut aussi que ce soit là juste un exemple qu’il donne à propos de leur question sur le croissant lunaire. C’est comme celui qui laisse la porte d’entrée principale de sa maison et il rentre par une porte dérobée.  Ce qu’il convient de faire, ce n’est pas de poser des questions inutiles mais la bienfaisance et la bienséance consiste à se préserver de poser pareille question.

Et entrez dans les maisons par leur porte principale. C’est-à-dire : traitez les sujets de la manière par laquelle il faut les traiter et ne les traitez pas à l’envers.  

Ou alors : vous devez avoir pour certitude et pour croyance que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse et que cela est correct, sans qu’il ne parvienne un quelconque doute ou une confusion ou objection, afin de ne pas poser de question à ce sujet, en raison de ce que la question peut sous-entendre de remise en cause suite au doute. Tout comme Dieu dit dans le Qour’aan ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors qu’eux, le seront ».

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : dans ce qu’Il vous a ordonné de faire et ce qu’Il vous a interdit de faire.

Puissiez-vous réussir : afin de gagner la félicité éternelle.

Verset 190 : et combattez dans la voie que Dieu agrée : le combat dans la voie que Dieu agrée, c’est pour élever la parole de Dieu et pour donner la gloire à la religion.

Ceux qui vous combattent : c’est-à-dire ceux qui se mesurent à vous et pas ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes

Et ce verset a été abrogé par un autre verset qui signifie : et combattez les associateurs dans leur totalité.

Et il a été dit que c’était le premier verset à avoir été révélé à propos du combat et le Messager d’Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam combattait ceux qui combattaient et n’attaquait pas ceux qui ne combattaient pas.

An -Naçafiyy a dit : combattez ceux qui peuvent vous combattre et ne combattez pas ceux qui ne peuvent pas vous combattre comme les vieillards, les enfants et les femmes.

Et ne soyez pas injustes, certes Allaah n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 191 : et combattez-les où que vous les trouviez. C’est une autorisation qui vous est donnée de combattre ceux qui vous ont amené à quitter La Mecque.

Et la fitnah est plus grave que l’assassinat. Ce verset, certains se sont trompés pour le comprendre parce que généralement, le mot « fitnah » est utilisé pour indiquer la zizanie, la discorde. Or ce verset ne veut pas dire que semer la discorde est plus grave que de tuer. Ce verset signifie que l’attribution d’un associé à Dieu, c’est-à-dire la mécréance, elle, est plus grave que de tuer. Donc le mot « fitnah » ici, signifie attribuer un associé à Dieu. Ce verset signifie : votre mécréance est plus grave que le fait de tuer, car la mécréance est le plus grand des crimes et le plus laid des crimes selon le jugement de Dieu. Il n’y a pas de crime qui soit plus grave que la mécréance, que ce soit une mécréance par attribution d’un associé à Dieu ou une mécréance sans attribution d’associé à Dieu. Dans les deux cas, la mécréance est le plus grave des crimes et la plus grande des injustices. Cela veut dire que votre mécréance qui est le fait d’attribuer un associé à Dieu est plus grave que ce que vous dénoncez chez les musulmans, à savoir le fait qu’ils aient tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque ; car eux, ils considéraient qu’on ne devait tuer personne dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Suite au fait que les musulmans ont tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque, les associateurs se sont mis à dénigrer les musulmans. Et ce verset est une réplique contre eux : donc ici nous avons appris le contexte dans lequel ce verset a été révélé. Mais la règle est de mise, même en dehors de ce contexte et c’est que la mécréance est plus grave que le fait de tuer.

Cet associateur que les musulmans avaient tué s’appelle ^Amr fils de Al-HaDraamiyy. Il avait un frère qui était un très grand compagnon, Al-^Alaa’ fils de Al-HaDraamiyy, il était même un saint parmi les compagnons.

Ne les combattez dans la mosquée Al-Haraam que si eux vous y combattent. C’est-à-dire : ne soyez pas les premiers à déclencher la guerre si c’est à l’intérieur de la mosquée Al-Haraam. Mais s’ils vous attaquent dans cette mosquée, alors combattez-les. Cela veut dire que vous, les croyants, il vous est interdit de combattre dans la mosquée Al-Haraam. Ici la mosquée Al-Haraam ne désigne pas uniquement l’endroit destiné à faire la prière, que ce soit dans ce verset ou dans d’autres versets. Il s’agit en réalité de toute La Mecque : les maisons, les magasins, tout ce qui est au voisinage de la mosquée.

Faites-les sortir de là où ils vous ont fait sortir. C’est-à-dire de La Mecque. Et ce verset a été révélé avant la conquête de La Mecque. Il est une annonce de bonne nouvelle pour les croyants qu’ils allaient conquérir La Mecque. C’est une promesse de la part de Dieu. Et cela a eu lieu la 8ème année de l’hégire. Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a réalisé cette conquête effectivement. Et il n’est resté à La Mecque que des musulmans. En effet la mécréance est plus grave que l’assassinat et dans d’autres versets qui signifient : « le fait d’attribuer un associé à Dieu est une grande injustice » et « les mécréants, ce sont eux les injustes » et « la plus grave des injustices est la mécréance ».

Ce verset ne veut pas dire que le simple fait de semer la zizanie entre deux musulmans serait plus grave que de tuer un musulman. Et ceci est très important à comprendre parce que celui qui croit que semer la zizanie entre deux personnes est plus grave que de tuer quelqu’un, il sort de l’islam. Car il aura démenti la Loi de l’islam. En effet, le fait de tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance. Ainsi le plus grave des péchés est la mécréance parce que Dieu ne le pardonne pas à celui qui en meurt chargé.

Le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « que le bas monde soit détruit est moins grave selon le jugement de Dieu que de tuer un seul musulman ». Rapporté par An-Naçaa’iyy. Ainsi le statut du musulman est respectable car il a accompli le plus important des devoirs qui est de croire en Dieu et en Son Prophète.

Et la cause de la révélation de ce verset est que les associateurs avaient émis une objection, ils avaient blâmé les musulmans parce qu’ils avaient combattu durant les mois Houroum qui sont : dhou l-Qa^dah, dhou l-Hijjah, Al-MouHarram et Rajab. Alors Allaah leur a répliqué par le fait qu’eux, les associateurs, avaient commis la plus grave des injustices qui est la mécréance, du fait qu’ils avaient attribué à Dieu un associé. Or le fait de combattre durant les mois Houroum était interdit. Puis ça a été abrogé selon l’avis de la majorité. Les gens de l’ignorance avaient cette croyance-là. Ils considéraient qu’il était interdit de combattre durant les mois Houroum.

Et il a été donné une autre explication : c’est que l’épreuve qui s’abat sur l’homme, pour laquelle il va être châtié, son châtiment est plus intense que le fait d’être tué.

Le sens apparent de ce verset est que ce jugement est toujours en vigueur, c’est-à-dire qu’il n’a pas été abrogé. Et c’est l’avis de certains imams : il n’est pas permis de commencer à combattre les non croyants à l’intérieur de l’enceinte sacrée de La Mecque, sauf si les non croyants commencent à y combattre les musulmans.

Mais d’autres savants ont dit que ce verset a été abrogé par un verset dans sourate baraa’ah qui s’appelle aussi sourate « at-tawbah ». Ce verset signifie : « combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Et sourate Baraa’ah fait partie des dernières sourates qui ont été révélées dans le Qour’aan. Dieu dit ce qui signifie : « dès lors que les mois Houroum se sont écoulés, alors combattez les associateurs où que vous les trouvez ». Beaucoup de savants ont dit à propos de ce verset qu’il a abrogé l’application du jugement présent dans sourate al-baQarah et c’est ce dernier verset qui entre en vigueur. Cela signifie que le jugement de sourate al-baQarah qui empêchait de débuter le combat des non croyants dans la mosquée al-Haraam a été abrogé. Avant c’était interdit puis c’est devenu permis, c’est-à-dire que c’est devenu permis de les y combattre, qu’ils aient commencé ou non à vous y combattre.

S’ils vous y combattent, alors combattez-les-y. C’est-à-dire « dans la mosquée al-Haraam ». An-Naçafiyy est de l’avis des savants qui disent que ce verset n’a pas été abrogé. La mosquée al-Haraam a un jugement spécifique : les musulmans n’ont le droit de combattre les non musulmans dans cette enceinte sacrée que si ceux-ci commencent le combat.

Telle est la rétribution des non-croyants.

Verset 192 : s’ils arrêtent : s’ils cessent leur mécréance, s’ils cessent leur combat. Allaah est Celui Qui accepte le pardon, Qui pardonne leur injustice passée. S’ils arrêtent d’attribuer un associé à Dieu, s’ils arrêtent de combattre les musulmans et qu’ils deviennent musulmans, alors Allaah pardonne ce qu’ils ont fait auparavant. Allaah est miséricordieux, Il accepte le repentir, Il accepte leur foi.

Verset 193 : combattez-les afin qu’il n’y ait pas de fitnah : ici le mot « fitnah » signifie l’adoration d’autre que Dieu. Il ne s’agit pas de la zizanie.

Et afin que la religion soit vouée uniquement à Dieu. C’est-à-dire exclusivement à Dieu, pour que le chayTaane n’ait aucune part. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas autre que Dieu qui soit adoré. Notre chaykh a dit : l’objectif principal est de protéger la religion de l’islam pour les musulmans, pour ne pas que les non musulmans les détournent de l’islam. Et afin de propager la religion agréée par Dieu. Dans le cas où nous n’avons pas la capacité, alors ce n’est pas une obligation pour nous. Mais nous pouvons expliquer et répliquer ; et cela est une obligation pour nous.

S’ils cessent : c’est-à-dire les non-musulmans, les associateurs, alors il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. S’ils délaissent leur incrédulité, alors vous ne les combattrez pas, parce qu’il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. Et eux, ils ne sont plus injustes puisqu’ils sont entrés en islam.

Ou alors ne combattez que les injustes, c’est-à-dire ceux qui n’arrêtent pas leur injustice. Il a appelé la rétribution des injustes « dhoulm » c’est une figure de style en arabe qui s’appelle « al-mouchaakalah » : la réponse à une chose est appelée par le même nom, même si elle n’a pas le même jugement. Cela ne veut pas dire « soyez injustes » mais il a utilisé le même terme « adh-dhoulm » parce qu’eux ont fait preuve d’injustice. On utilise le même mot pour une chose et sa réponse.

Les associateurs avaient combattu les musulmans dans l’année de al Houdaybiayh dans un mois sacré qui est dhoul-Qa^dah. Alors il leur a été dit cela quand ils sont partis pour faire la ^oumrah pour le rattrapage. Ce verset signifie « s’ils arrêtent leur mécréance, et s’ils entrent en islam, alors ils ne sont pas combattus. »

Verset 194 : le mois al-Haraam contre le mois al-Haraam : si eux, vous combattent pendant l’un des mois Houroum, alors vous les combattez dans l’un des mois Houroum. Et vous appliquez pour les choses sacrées la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. S’ils vous attaquent, alors vous les attaquez avec la même chose avec laquelle ils vous ont attaqués. Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu quand vous êtes victorieux, dans votre comportement envers celui qui vous a attaqués. C’est-à-dire : ne faites pas avec eux plus que ce qu’il vous est autorisé. Et sachez que Dieu accorde la victoire à ceux qui sont pieux.

Notre chaykh a dit : le soutien, la victoire que Dieu accorde est soit perceptible, physique ou morale. S’ils ont le dessus sur les non musulmans suite à un combat, c’est une victoire matérielle et morale. Mais si ce sont les non musulmans qui ont le dessus sur les musulmans dans la bataille, les croyants sont victorieux dans le sens moral et par le jugement : la victoire est de leur côté parce qu’ils ont une récompense pour avoir combattu et ceux d’entre eux qui ont été tués auront la récompense de martyr. La victoire n’est pas seulement une victoire physique, matérielle. Dieu a promis la victoire aux croyants, c’est-à-dire que, soit ils ont la victoire matérielle et morale, soit ils ont la victoire morale. Donc dans tous les cas, ils sont victorieux. Puis le chaykh cite le récit des gens du puits de Ma^ouun, ils étaient soixante-dix hommes.  Ils étaient sur le chemin pour enseigner le Qour’aan à une tribu arabe qui avait demandé au Prophète de leur envoyer des enseignants de Qour’aan. Une tribu adverse les a attaqués et les a tous tués. Moralement, ce sont les 70 qui sont victorieux. Parce que ceux qui les ont tués méritent un châtiment, en plus de leur châtiment pour leur mécréance. Ils seront châtiés pour leur mécréance et ils seront châtiés pour avoir tué des musulmans. Ces 70 étaient des gens de science, on les appelait des récitateurs.

Verset 195 : et dépensez dans la voie que Dieu agrée. Dépensez dans toutes les voies que Dieu agrée. C’est général.

Et ne vous menez pas à votre propre perte : c’est-à-dire ne soyez pas vous-mêmes la cause de votre mort. Notre chaykh a dit que cela signifie : ne laissez pas la gestion de vos biens vous détourner du jihad. Certains partisans de Médine se sont occupés de gérer leurs biens au lieu de rejoindre le reste des musulmans et ils étaient des propriétaires de palmiers. Ils ont occupé leur temps à la gestion de leurs palmiers au lieu de rejoindre les autres musulmans.

Et faites le bien : c’est-à-dire pensez du bien au sujet de Dieu, si vous n’obtenez pas ce que vous avez voulu.

Certes Dieu agrée les bienfaiteurs. C’est-à-dire ceux qui sont bienfaiteurs envers les nécessiteux.

Verset 196 : poursuivez le Hajj et la ^oumrah pour l’agrément de Dieu. Accomplissez le pèlerinage et accomplissez la ^oumrah pour l’agrément de Dieu, c’est-à-dire accomplissez-les parfaitement, c’est-à-dire avec leurs conditions, avec leurs obligations, pour l’agrément de Dieu, sans paresse et sans diminution.

Si vous en avez été empêchés : c’est-à-dire si quelque chose vous en empêche, comme si un ennemi s’interpose entre vous et l’accomplissement du pèlerinage, ou une maladie.

Alors ce qui vous est possible comme sacrifice. C’est-à-dire si vous êtes sur votre chemin vers le ka^bah et vous êtes entrés en rituel pour faire un pèlerinage ou une ^oumrah, mais s’il y a quelque chose qui s’interpose qui vous empêche d’y aller alors vous vous désengagez du rituel avant le temps du désengagement pour faire un sacrifice à Dieu (soit un chameau, soit une vache, soit un mouton).

Et ne vous rasez pas le crâne avant que l’animal que vous voulez offrir à Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée de La Mecque. Cette parole s’adresse à ceux qui ont été empêchés d’arriver à l’enceinte sacrée de Médine ou de La Mecque, après qu’ils soient entrés en rituel. Il leur est dit de ne pas se raser le crâne comme ce serait le cas pour une situation normale , c’est-à-dire qu’ils ne se désengagent pas du rituel avant que l’animal qu’ils ont décidé d’offrir pour Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée. Parce que chez les Hanafites, ce qui est offert pour se désengager du rituel parce qu’on a été empêché d’y parvenir, il faut qu’il soit égorgé dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Chez les chaféites, il peut être égorgé même ailleurs.

Si l’un d’entre vous était malade : c’est-à-dire si l’un d’entre vous avait une maladie qui nécessitait qu’il se rase le crâne,  

Ou qui a un mal dans sa tête : soit des poux, soit une blessure, il devra alors faire une expiation, (qui consiste en) un jeûne (trois jours de jeûne) ou une aumône (distribuée à six pauvres, à chacun il sera donné la moitié d’un Saa^ de blé, selon les hanafites et chez les chaféites, trois Saa^ de la nourriture de base la plus répandue de la ville, que vont se partager six pauvres). (Le Saa^ équivaut à quatre moudd. Ce sont des unités de volume). Ou bien une brebis.

Si quelqu’un veut faire le tamattou^ : c’est le fait de profiter d’être parti à La Mecque dans la période du pèlerinage, pour faire une ^oumrah avant le pèlerinage. Si on est dans la période des mois du pèlerinage, on peut entrer en rituel du pèlerinage, mais il peut commencer par faire une ^oumrah. Donc quand il fait une ^oumrah dans les mois du pèlerinage, il fait le tamattou^. Il devra égorger ce qu’on égorge le jour de l’^id. Celui qui ne trouve pas quoi égorger, il devra jeûner trois jours dans le temps du pèlerinage. C’est-à-dire dans les mois du pèlerinage, entre son entrée en rituel pour la ^oumrah et son entrée en rituel pour le pèlerinage. Et vous jeûnerez sept jours quand vous aurez fini le pèlerinage. Ce sont là dix jours complets. « Complets » : soit parce que cela équivaut à ce qu’il devait égorger et qu’il n’a pas pu égorger ou bien ça équivaut dans la récompense.

Cette règle (c’est-à-dire l’obligation d’égorger ou de jeûner) est pour celui dont la famille n’est pas dans la mosquée Al-Haraam (il ne fait pas partie de ceux qui habitent dans les limites de La Mecque, c’est-à-dire ceux qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher que les gens de La Mecque)

Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : accomplissez ce que Dieu vous ordonne et évitez ce que Dieu vous interdit. Que ce soit pour le pèlerinage ou autre que le pèlerinage, Dieu nous ordonne de Lui obéir et nous interdit de Lui désobéir. C’est un rappel.

Et sachez que Dieu a un châtiment douloureux pour celui qui Lui désobéit.

Verset 197 : le temps du pèlerinage, ce sont des mois bien définis. Ce sont des mois bien connus chez les gens, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui peut prêter à confusion. Il s’agit de chawwaal, dhou l-Qa^dah et les neuf premiers jours de dhou l-Hijjah. Quand la nuit qui précède l’^iid s’achève, alors le jalon (c’est-à-dire la limite, la borne) temporel du pèlerinage est raté. Et il y a une borne qui est plutôt physique, et c’est un endroit. On s’engage en rituel du pèlerinage à certains endroits que le Prophète a indiqués. Les gens qui viennent du nord passent par Médine , ils ont une borne à ne pas dépasser avant d’être entrés en rituel. Ceux qui viennent de l’ouest ont une autre borne et ainsi de suite.

La borne temporelle s’achève lorsque la nuit qui précède le jour de l’^iid finit (c’est-à-dire le fajr). Quel est l’intérêt d’indiquer que les actes du pèlerinage ont lieu pendant trois mois ? Cela veut dire qu’aucun acte du pèlerinage n’est valable en-dehors de ces trois mois-là et même l’entrée en rituel, selon l’imam Ach-Chaafi^iyy que Dieu lui fasse miséricorde. Et ils ont été appelés « ach-hour », « mois », même si le dernier n’est pas un mois complet.

Celui qui s’y engage pour faire le pèlerinage. « Y » fait référence à ces trois mois-là. Celui qui s’engage à faire le pèlerinage dans cette période-là.

Il ne fait pas de rapport sexuel ni de fouçouuQ. Le fouçouuQ : certains savants ont dit que c’est le péché, d’autres ont dit que cela veut dire l’insulte envers les musulmans et d’autres ont dit que cela veut dire le fait de donner des surnoms qui indiquent le dénigrement.

Et pas de débat inutile pendant le pèlerinage. C’est le fait de débattre juste pour avoir le dernier mot, sans qu’il n’y ait d’intérêt religieux. Ibnou ^Abbaas a expliqué le mot « jidaal » par le « mira’ » et c’est lorsque quelqu’un débat avec son compagnon, il le dispute jusqu’à le mettre en colère. Parole rapportée par AT-Tabariyy dans son explication. Il a reçu l’ordre de ne pas faire de débats inutiles pour des raisons, parce que cela est comme le fait de porter de la soie quand un homme fait la prière et réciter le Qour’aan pour faire joli mais en rajoutant des lettres.

Après ces différentes interdictions pour interdire le mal, Il enchaîne sur le bien pour utiliser à la place de mauvaises paroles, de belles paroles, à la place du fouçouuQ la bienfaisance et la piété, à la place du débat inutile, le fait d’être concordant et les bons comportements :

Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Dieu sait le bien que vous faites et Il vous rétribue pour le bien que vous faites. An-Naçafiyy dit que par cette parole, Dieu réfute la parole de celui qui dit que Dieu ignore les détails. Car Dieu dit « tout » ce que vous faites comme bien, c’est-à-dire même les détails. La philosophie fait partie des sciences qui sont interdites. Il y avait un homme qui était moufti en Syrie, il s’appelle AHmad Kaftaarou et il était ignorant. Une fois, il enseignait et disait que l’islam enseigne la philosophie. Son père était quelqu’un de bien et quand il est décédé, les gens ont pensé qu’il était comme son père, alors qu’il était ignorant. Et les gens aujourd’hui sont ainsi, dans l’ignorance. Les gens avaient l’habitude, quand un homme vertueux mourait, de mettre à sa place, son fils, même s’il était encore jeune et même s’il était ignorant. An-Naçafiyy dit que les gens du Yémen avaient pour habitude de ne pas prendre de provisions quand ils allaient faire le pèlerinage. Ils se fiaient à Dieu. Ils se retrouvaient à la charge des gens.  Alors Dieu a révélé la suite du verset 197

Alors faites des provisions. C’est-à-dire « faites des  provisions et évitez d’aller demander aux gens de vous donner à manger ».

La meilleure des provisions c’est la piété. Le mot « taQwaa » a un sens propre et un sens figuré. Il signifie « se protéger de ». La piété signifie se protéger du châtiment. Et ici cela signifie se protéger de charger les gens de vous donner à manger. Il y a deux explications possibles : une des explications est « veuillez vous protéger de demander aux gens de vous donner à manger et faites donc des provisions pour cela » et l’autre explication est « faites donc des provisions pour le jour du jugement en vous protégeant des choses interdites ». Le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce verset a été révélé à propos des gens du Yémen qui partaient pour le pèlerinage mais ils ne prenaient pas de provisions avec eux. Dieu a révélé ce verset pour leur indiquer ce qui est de leur intérêt. Il leur a indiqué que la meilleure des provisions, c’est la piété. Cela veut dire que prendre des provisions pour le voyage du pèlerinage, c’est un acte de bien parce que cela aide les gens à arriver à La Mecque pour faire le pèlerinage. Mais ce qui est plus important que cela, c’est la piété envers Dieu.  Le mot « taQwaa » est un mot qui est global, qui englobe énormément de sens. Il signifie accomplir ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter ce que Dieu a interdit à Ses esclaves de faire. Du point de vue de l’expression orale, le mot « taQwaa » est un mot qui est léger , mais c’est un mot qui est lourd de sens. La piété consiste à accomplir les devoirs et éviter les interdits. Et parmi les devoirs, il y a l’apprentissage de la science de la religion. La voie pour atteindre la piété est la science. Si Dieu veut le bien pour un esclave, Il lui fait apprendre la religion, Il lui accorde la connaissance des sujets de sa religion. Il lui accorde de connaitre ce que Dieu lui a ordonné d’accomplir et de faire et Il lui accorde de connaitre ce qu’Il lui a ordonné d’éviter et qu’Il a interdit. Il n’y a de réussite qu’en connaissant les sujets de la religion. D’abord la croyance parce que c’est la plus prioritaire des obligations, puis les lois pratiques. Parce que la science de la croyance est la meilleure des sciences.

Et faites preuve de piété envers moi : c’est-à-dire craignez Mon châtiment

O vous qui êtes dotés de raison. La tâche qui est la plus importante pour celui qui est sensé, pour celui qui a une raison, c’est la piété envers Dieu. Et celui qui ne fait pas preuve de piété envers Dieu, c’est comme s’il n’a pas de raison.

Verset 198 : il n’y a pas de mal pour vous (c’est-à-dire pendant la saison du pèlerinage) de chercher à obtenir un bénéfice dans un commerce. Même si vous partez au pèlerinage, il n’y a pas de mal pour vous à rechercher à obtenir un gain, soit par le commerce soit par la location. Par exemple, ceux qui sont à La Mecque louent leurs maisons, leurs voitures pour transporter les gens. Il n’y a pas de mal à saisir cette opportunité pour gagner de l’argent de manière licite.

Dès lors que vous quittez ^Arafaat. Le verbe utilisé ici est « ‘afaaDa » qui signifie « déborder » parce que les gens sont nombreux à ^Arafaat. Quand ils sortent, c’est comme si de l’eau déborde. Tellement vous serez nombreux quand vous quitterez ^Arafaat et c’est le nom d’un endroit. Pourquoi cette terre qui se trouve à peu près à une vingtaine de kilomètres de La Mecque a été appelée ainsi ? ^Arafa signifie connaître. Cette terre avait été décrite à Ibraahiim et quand il l’a vue, il l’a reconnue. Et il a été dit que lorsque notre maitre Aadam et son épouse Hawwaa’ sont sortis du paradis, Aadam est arrivé dans une région en Inde qui correspond au Sri Lanka actuel, et l’air y est très bon et il ressemble le plus au paradis. Et Hawwaa’ a été descendue à Jeddah qui est le port qui est à quelques dizaines de kilomètres de La Mecque, sur la mer rouge. Il a été dit qu’ils se sont rencontrés à ^Arafaat et qu’ils se sont reconnus. Ce verset est une preuve que la station à ^Arafaat est un devoir. Parce que le fait de quitter ^Arafaat n’a lieu qu’après y avoir été. Dans les actes du pèlerinage, il y a la station à ^Arafaat.

Evoquez Dieu. En faisant la talbiyyah en disant « labbayka llaahoumma labbayk, labbayka laa chariika laka labbayk, ‘inna l-Hamda wa n-ni^amata laka wa l-moulk, laa chariika lak ». Ceci signifie : « ô Allaah nous répondons à Ton ordre et nous obéissons, obéissance après obéissance, nous ne nous détournons pas de Ton obéissance. La louange T’appartient, la grâce T’appartient, la souveraineté T’appartient, Tu n’as pas d’associé. Et en faisant le tahliil, qui est la parole « laa ‘ilaaha ‘illa -Laah ». Ou le takbiir qui est la parole « Allaahou ‘akbar ». Ou l’éloge de Dieu comme en disant « al-Hamdou lil-Laah » et des invocations, en demandant à Dieu des choses. Ou encore en accomplissant la prière du maghrib et du ^ichaa’. Quand vous quittez ^Arafaat, le temps du maghrib est rentré car le temps de la station à ^Arafaat est entre le début du dhour du 9 et l’aube du 10 du mois lunaire de dhou-l-Hijjah.

A un endroit qui s’appelle al-mach-^ar L-Haraam : c’est un emplacement qui est sacré. Certains l’ont expliqué par l’emplacement où se trouve l’imam. Le mot « mach-^ar » indique un lieu symbolique parce que c’est un lieu pour l’adoration de Dieu et il a été décrit comme étant Haraam parce qu’il est sacré : on y respecte certaines choses quand on s’y trouve. Il y a des choses qu’on n’y fait pas.  D’autres l’ont expliqué par une terre qui s’appelle « Mouzdalifah ». Le verbe « izdalafa » signifie « se rapprocher ». Il a été dit que l’origine du terme « Mouzdalifah » c’est parce que ‘Aadam ^alayhi s-salaam s’est rapproché là-bas de Hawwaa’. C’est une explication. Ou une autre explication qui est la suivante : après la station à ^Arafah, les pèlerins quittent cette station après le coucher du soleil alors qu’ils n’ont pas encore fait la prière du maghrib. Donc ils accomplissent les prières du maghrib et du ^ichaa’ à Mouzdalifah parce qu’on rapproche les deux prières.  Donc le sens du verbe « izdalafa » qui est le fait de se rapprocher est présent. Une troisième explication est parce que les gens se rapprochent de l’agrément de Dieu. Ils se consacrent à l’adoration de Dieu et espèrent avoir des récompenses de la part de Dieu.

Et évoquez Dieu d’une belle évocation. C’est-à-dire tout comme Dieu vous a bien guidés, évoquez-Le d’une belle évocation.  C’est le propre du musulman, c’est le propre du croyant. Le croyant est reconnaissant envers Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés. Et le plus grand bienfait que Dieu nous a accordé c’est d’être musulman. Autre explication : évoquez-Le tout comme Il vous a appris de L’évoquer et ne vous détournez pas de ce qu’Il vous a appris.

Et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés : vous n’auriez pas su comment adorer Dieu. Grâce à cette bonne guidée, évoquez Dieu de manière parfaite et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés.

Verset 199 : puis quittez ^Arafaat de là où les gens l’ont quitté. Ne faites pas en sorte que ce soit à partir de Mouzdalifah. Il a été dit que c’est un ordre pour la tribu de Qouraych. C’est-à-dire que Qouraych avait reçu l’ordre de partir de ^Arafaat. L’ordre est venu qu’ils partent de La Mecque pour aller à ^Arafaat puis qu’ils quittent ^Arafaat pour retourner à La Mecque. C’est une explication qui concerne les gens de Qouraych.

Et demandez à ce que Dieu vous pardonne. Parce que vous ne faisiez pas comme les gens. Vous n’alliez pas jusqu’à ^Arafaat. Ils se réunissaient dans un autre endroit. L’ordre ici est qu’ils se réunissent à ^Arafaat et qu’ils demandent à Dieu le pardon pour n’avoir pas fait comme les gens, dans leur ignorance. Ou bien « demandez le pardon à Dieu parce que vous avez failli dans les actes du pèlerinage.

Certes Allaah est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 200 : lorsque vous aurez fini avec les actes d’adoration que vous avez reçu l’ordre de faire ( c’est-à-dire pendant le pèlerinage et après avoir quitté ^Arafaat)

Alors évoquez Allaah tout comme vous évoquez vos parents. C’est-à-dire : évoquez beaucoup Dieu, car généralement, la personne, quand elle évoque ses parents, elle parle beaucoup de ses parents, elle est fière de ses ancêtres. Le sens est de glorifier Dieu en L’évoquant beaucoup. En effet, les Arabes, avant, quand ils finissaient leurs rituels, ils se tenaient entre la mosquée à Mina et la montagne, et ils énuméraient les mérites de leurs ancêtres.

Ou encore plus.

Il y a parmi les gens ceux qui disent : (ceux qui vont au pèlerinage et qui demandent à Dieu des choses du bas-monde) ô notre Seigneur , accorde-nous dans le bas-monde : ils demandent à avoir leurs dons dans le bas-monde uniquement, c’est-à-dire le pouvoir, la richesse.

Et il n’a aucune part pour son au-delà. Parce que son objectif est limité au bas-monde, parce qu’il ne croit pas à l’au-delà.

Cela veut dire : évoquez beaucoup Dieu (citez Dieu) et invoquez-Le. (Demandez-Lui). Les gens sont de plusieurs catégories. Il y a parmi les gens qui ne demandent que des choses du bas-monde. Et il y a ceux qui demandent beaucoup, des biens des deux résidences. Le sens de ce verset est : soyez de ceux qui demandent beaucoup, de cette vie et de l’au-delà.

Verset 201 : et parmi eux (c’est-à-dire ceux qui vont faire le pèlerinage) ceux qui disent ô notre Seigneur : accorde-nous dans le bas-monde un bien : ce bien est soit une grâce soit une sauvegarde c’est-à-dire une protection et une bonne santé ou une science et de l’adoration. C’est-à-dire :  fais que nous soyons parmi ceux qui accomplissent les actes d’adoration et que nous ayons la science de la religion.

Et dans l’au-delà un bien : An-Naçafiyy a donné plusieurs explications : un pardon et une miséricorde, ou les biens et le paradis, ou les louanges des créatures et l’agrément du Créateur, ou la foi et la sauvegarde ou la sincérité et la délivrance, ou être sur la voie prophétique et obtenir le paradis, ou se suffire du peu et avoir l’intercession ou la femme vertueuse et les femmes du paradis, ou la vie heureuse et la sortie des tombes le jour de la résurrection avec la bonne nouvelle.

Notre chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ô Seigneur accorde-nous dans ce bas-monde de bonnes œuvres c’est-à-dire accorde-nous la réussite pour faire de bonnes œuvres et accorde-nous le paradis.

Al-Haçan al-BaSriyy a dit : le bien dans ce bas-monde c’est une épouse vertueuse et le bien dans l’au-delà c’est le paradis.

Et préserve-nous du châtiment du feu. C’est-à-dire préserve-nous du feu de l’enfer ou préserve-nous du feu de l’enfer et d’une épouse mauvaise. (C’était l’invocation que faisait le plus notre Prophète).

Verset 202 : ceux-là (qui cherchent les deux biens, dans le bas-monde et dans l’au-delà) ils auront une part de ce qu’ils auront acquis : c’est-à-dire qu’ils auront une rétribution pour les bonnes œuvres qu’ils auront acquises. Il s’agit des récompenses qui vont leur profiter en bien suite à l’invocation qu’ils ont faite. L’invocation est un acte et l’acte est acquis. Et il se peut que le terme « ceux-là » ne se réfère pas uniquement à ceux qui disent cette parole : « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas-monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer », mais que ceux-là se réfèrent aux deux groupes. Chacun des deux groupes aura une part de ce qu’il recherchait.

Allaah est Celui Qui fait parvenir les comptes rapidement. Ce qui est rapide, c’est le fait que les gens rendent des comptes rapidement. De manière imminente, le jour du jugement peut survenir. L’ange ‘Israafiil a pris le cor et l’a collé à sa bouche et il attend l’ordre. Le jour du jugement est donc imminent. Et les esclaves rendront des comptes alors empressez-vous de multiplier les évocations et d’œuvrer pour l’au-delà. Deuxième explication : Il S’est qualifié Lui-même par le fait qu’Il sait que les esclaves rendront compte rapidement de leurs actes, malgré le grand nombre des créatures ; leur nombre est très grand et leurs actes sont nombreux. Ceci indique la parfaite toute puissance de Dieu et l’obligation de prendre garde de son châtiment. Il a été rapporté que les esclaves rendront des comptes de tous leurs actes, en un laps de temps qui suffit pour traire une brebis, ou certains ont dit en un instant.

Verset 203 : évoquez Dieu en des jours bien précis. Allaah nous ordonne de L’évoquer en des jours bien particuliers. Ces jours bien définis sont les jours de at-tachriiQ qui sont les 11° 12° et 13° jours du mois de dhou-l-Hijjah. On fait le takbiir après les prières obligatoires. Dès que tu passes le salaam de la prière obligatoire, tu dis « Allaahou ‘akbar » c’est-à-dire que Dieu a un degré plus élevé que tous, Allaah a une puissance plus élevée que tous ceux qui ont une puissance, Allaah a une science plus élevée que tous ceux qui ont une science, Allaah mérite plus de glorification, plus de vénération que tout autre. Evoquer Allaah au niveau des bassins dans lesquels on jette des pierres.

Celui qui s’est empressé en deux jours : c’est-à-dire qu’il n’est pas parti jeter les pierres dans les trois bassins le troisième jour, mais il a lancé des pierres uniquement le premier et le deuxième jour, parce qu’il y a possibilité de jeter les pierres les premier et deuxième jours de at-tachriiQ et celui qui s’empresse c’est-à-dire qu’il quitte Mina avant que le soleil ne se couche le deuxième jour de at-tachriiQ, celui-là n’est pas obligé d’aller lancer les pierres le troisième jour. Mais s’il reste à Mina alors que le soleil se couche, alors il doit lancer les pierres les trois jours. Il s’agit de lancer sept pierres dans chacun des trois bassins

Il ne commet pas de péché en cela. Il ne tombe pas dans le péché pour s’être empressé de la sorte.

Et celui qui retarde pour lancer le troisième jour, il ne commet pas de péché s’il se préserve. C’est-à-dire s’il ne fait pas des choses qui sont interdites pour celui qui est en rituel. Par exemple, il ne peut pas chasser des animaux, il ne peut pas avoir un rapport sexuel. S’il se préserve de la chasse, du rapport sexuel et des grands péchés, il n’y a pas de mal pour lui. Ou encore il a le choix entre s’empresser ou retarder, même si le fait de retarder vaut mieux. Comme le voyageur, il lui est donné le choix entre jeûner et ne pas jeûner, même si jeûner vaut mieux pour lui. Il a été dit que dans la période d’ignorance, il y avait deux groupes : certains considéraient que celui qui s’empresse est dans le péché et certains considéraient que celui qui tarde est dans le péché. Le Qour’aan est venu pour indiquer qu’ils avaient le choix.

Et craignez Dieu : c’est-à-dire craignez Dieu dans toute chose.

Et sachez que vous allez être ressuscités et rassemblés pour Son jugement. C’est-à-dire : sachez que vous allez revenir à la vie pour le jugement de Dieu, c’est-à-dire lorsque vous serez ressuscités et rassemblés à partir de vos tombes.

Al-Akhnas fils de Chou^ayb était quelqu’un, comme on dit de nos jours, qui était un beau parleur et quand il rencontrait le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, il parlait de manière douce, il prétendait qu’il aimait le Prophète et qu’il était musulman, et il disait : « Dieu sait que je suis véridique ». C’est à son sujet qu’a été révélé le verset 204

Verset 204 : Il y a parmi les gens ceux dont les paroles te plaisent : c’est-à-dire qui ont une place dans ton cœur et le verbe « you^jibouka » vient dans le sens d’étonnant, d’agréable.

Dans le bas monde : soit ce qu’il te dit à propos du bas-monde te surprend car il te demande des choses du bas monde et il ne recherche pas les choses de l’au-delà. Ou alors ses belles paroles te plaisent dans ce bas monde mais pas dans l’au-delà parce que sa langue ne pourra pas exprimer ce qu’il exprimait ici-bas, sa langue sera empêchée de dire.

Et il prend à témoin Dieu de ce qu’il a dans son cœur : il jure et il prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans son cœur comme amour et comme islam.

Alors qu’il est le pire des ennemis. Alors qu’il est quelqu’un qui a une profonde animosité envers les musulmans. Ou dans le sens qu’il se dispute beaucoup avec les musulmans.

Verset 205 : et lorsqu’il te quitte après avoir été à côté de toi, et qu’il va se retrouver avec des gens qui sont comme lui, il va aller sur terre pour semer la discorde et la zizanie. Tout comme il a fait avec la tribu de ThaQiif, avec laquelle il avait un conflit. Alors il les a pris par surprise la nuit et il a tué leurs troupeaux et il a brûlé leurs plantations.

Et il détruit les plantations et les animaux : ou bien lorsqu’il a une autorité ou un pouvoir, il agit en semant la corruption sur terre, en anéantissant les plantations et les troupeaux. Et il a été dit que certains gouverneurs ont été injustes au point que Dieu les a privés de la pluie et ce fut une cause pour la destruction de leurs plantations et de leurs animaux.

Et Allaah n’agrée pas la corruption.

Verset 206 : et s’il lui est dit (à cet homme Al-Akhnas) crains Dieu (c’est-à-dire au lieu de semer la corruption et la désolation) alors sa fierté et son amour propre l’amènent à faire encore plus de mal (c’est-à-dire cette arrogance de la période d’ignorance l’entraine à commettre ce qui est interdit). Ou alors il s’est considéré comme supérieur à cause de la mécréance qu’il a dans son cœur.

Il lui suffira d’être en enfer.

Et quel mauvais endroit pour résider.

Puis à propos de Souhayb ar Rouumiyy, lorsque les associateurs voulaient qu’il délaisse l’islam et qu’ils avaient tué un certain nombre de personnes qui étaient avec lui, alors pour s’affranchir de cela, il a donné toute sa fortune et il s’est rendu à Médine. Ou alors à propos de ceux qui ordonnent le bien et interdisent le mal, il a été révélé les versets suivants

Verset 207 : il y a parmi les gens ceux qui essaient de se libérer par recherche de l’agrément de Dieu et certes Dieu est miséricordieux envers les esclaves : puisque Dieu les a récompensés pour cela.

Verset 208 : ô vous qui avez cru, entrez tous dans la paix : c’est-à-dire la soumission et l’obéissance c’est-à-dire soumettez-vous à Dieu et obéissez-Lui ou bien à l’islam. Et la parole s’adresse aux gens du Livre parce qu’ils ont cru en leurs prophètes et en leurs livres ou aux hypocrites parce qu’ils ont cru par la parole. Ibnou l-Jawziyy dans son exégèse a dit : les spécialistes de l’exégèse ont divergé à propos de qui ces versets ont été révélés, ils ont eu trois avis différents.

  • Le premier avis (de abouu SaaliH rapporté de ibnou ^Abbaas) est que ce verset a été révélé à propos de ceux qui sont devenus musulmans et qui, auparavant étaient des gens du Livre. Après leur entrée en islam, ils ont évité de faire ce qu’ils s’abstenaient de faire le samedi, ils évitaient de manger le chameau comme ceux qui suivaient la loi de Moise et d’autres choses que les gens du Livre évitaient.
  • Le deuxième avis est que ce verset a été révélé aussi à propos des gens du Livre, mais à ceux qui n’ont pas cru au Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Ils ont reçu l’ordre d’entrer en Islam. Cela a été rapporté de ibnou ^Abbaas également et c’est ce qu’a dit AD-Dahhak.
  • Et le troisième avis est que ce verset a été révélé à des musulmans avec l’ordre de s’engager dans toutes les lois de l’Islam. Cet avis a été donné par Moujaahid et Qataadah.

Totalement : cela veut dire qu’aucun d’entre vous ne s’écarte de l’obéissance à Dieu. Engagez-vous tous ou bien engagez -vous dans toutes les lois ou encore dans les lois et les détails de l’islam et les règles de l’Islam dans leur totalité. Ce qui est visé ici c’est qu’il leur a été interdit de s’écarter de l’obéissance à la loi de l’Islam.

Et ne suivez pas les pas du chayTaane : c’est-à-dire les suggestions du chayTaane.

Il est certes pour vous un ennemi déclaré. Son animosité est claire.

Verset 209 : si vous vous écartez de rentrer en Islam, après qu’il vous soit parvenu les preuves claires : c’est-à-dire les arguments clairs, évidents, que ce à quoi vous avez été appelés à vous engager, c’est la vérité.

Sachez alors que Dieu est glorieux : c’est-à-dire qu’Il a le dessus sur tout, rien ne L’empêche de vous châtier. Il ne châtie que justement.

Verset 210 : est-ce qu’ils attendent que le châtiment de Dieu leur parvienne dans des nuages ? Et ceci est pour faire encore plus peur du châtiment parce que les nuages font penser à la miséricorde, ils sont porteurs de pluie et la pluie est une miséricorde. Donc si, de ces nuages s’abat un châtiment, la chose est encore plus abominable, plus atroce, plus difficile.

Le Haafidh Al-Jawziyy le Hanbalite, dans son exégèse « zaadou l-maçiir » a dit que l’imam AHmad a dit que ce qui est visé ici c’est la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu : est-ce qu’ils attendent que leur parvienne la manifestation de la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu ? Il a dit que cela était expliqué dans d’autres versets du Qour’aan, comme dans le verset 33 de sourate an-naHl, et ibnou l-Jawziyy a renié la parole de ceux qui prétendent que la venue est la venue de Dieu Lui-même , il a indiqué que l’imam AHmad était innocent de ces mécréants assimilationnistes. Il a détaillé dans son livre réputé « daf^ou choubah at-tachbiih ».

En résumé, il n’est pas permis de croire au sujet de Dieu qu’il serait possible à Son sujet le mouvement et le déplacement. Mais nous Lui reconnaissons les attributs qu’Il S’est attribué à Lui-même dans le Qour’aan, de la manière qui est digne de Lui, en L’exemptant et en délaissant toute assimilation.

Il en est comme l’a dit l’imam Al-BayhaQiyy dans « al-’asmaa’ou wa S-Sifaat » : « Allaahou ta^aalaa n’a pas d’endroit ». Ensuite il a dit : le mouvement et l’immobilité et l’établissement sont des caractéristiques des corps. Or Allaahou ta^aalaa est unique, Il n’a besoin de rien, absolument rien n’est tel que Lui. Et ceci est comme la parole de Allaah ^azza wa jall dans le verset 26 de sourate an-naHl dans lequel il n’est pas visé que Dieu serait venu dans le sens du déplacement. Mais il en est visé que  l’acte qui a amené la destruction de leurs constructions est un acte qui est de toute éternité et le résultat de cet acte est entré en existence. Et ceci est clair pour celui qui étudie et observe correctement.

Et les anges : c’est-à-dire les anges qui ont reçu l’ordre de les châtier viendront. Ou bien ce qui est visé c’est que les anges viendront au jour du jugement.

Et le sujet est clos : c’est-à-dire que leur anéantissement sera achevé et il en sera fini d’eux.

Et c’est à Dieu que sera le devenir. Cela veut dire qu’il a donné aux esclaves de posséder certaines choses mais ces choses reviendront à Dieu au jour de la résurrection.

Verset 211 : pose la question (demande) : la parole concerne le Messager ou tout un chacun. Et c’est une question de menace de châtiment. Comme les mécréants au jour du jugement seront interrogés.

Aux descendants d’Israël combien Nous leur avons fait parvenir de signes clairs : c’est-à-dire sur les mains de leurs prophètes et il s’agit de leurs miracles. Ou bien combien de signes qui témoignent de la véracité de la religion de l’islam.

Et celui qui change la grâce de Dieu : c’est-à-dire les signes qu’Il a créés ou qu’Il a donnés. C’est la plus grande des grâces de Dieu parce que ce sont des causes de bonne guidée et une sauvegarde contre l’égarement. Et leur changement, leur altération, c’est que Dieu a fait manifester ces signes pour que ce soit des causes de leur bonne guidée. Et eux, ils en ont fait des causes de leur égarement. Ou encore, ils ont déformé des versets des livres qui indiquaient la religion de MouHammad ^alayhi s-salaam.

Après qu’elle lui soit parvenue : c’est-à-dire après qu’il l’ait connue, parce que s’il ne l’avait pas connue, c’est comme si elle avait été absente pour lui. 

Certes Allaah est Celui Qui accorde un châtiment terrible. C’est-à-dire le châtiment pour celui qui le mérite.

Verset 212 : la vie du bas -monde a été embellie pour ceux qui ont mécru. Et celui qui la leur a embellie est le chayTaane. Il leur embellit la vie du bas monde par ses mauvaises suggestions. Il la leur a faite aimée de sorte qu’ils ne cherchent pas autre chose. Ou alors c’est Dieu Qui crée des désirs en eux, parce que toutes les créatures, c’est Dieu Qui les a créées.

Et ils se moquaient de ceux qui étaient croyants, ils se moquaient des croyants qui étaient pauvres comme ibnou Mas^ouud, comme ^Amr ibnou Yaaçir comme Souhayb et ceux qui sont de cet ordre. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas autre que le bas monde et en plus, ils se moquent de ceux qui n’ont pas de part des biens du bas monde. Ou bien ils se moquaient de ceux qui recherchent autre que le bas monde.

Et ceux qui se sont préservés du chirk (de l’association à Dieu) : et il s’agit justement de ces gens-là qui sont pauvres

Seront au-dessus d’eux au jour du jugement : parce que le paradis sera élevé alors que les autres seront dans un enfer qui sera tout en bas.

Et Allaah accorde à qui Il veut sans limite. C’est-à-dire que Dieu accorde avec profusion à qui Il a accordé avec profusion comme Qaarouun et d’autres. Or cette largesse dans les biens du bas monde, de la part de Dieu, est pour une sagesse. C’est pour vous amener, par cette grâce, à être dans l’état dans lequel vous êtes. Si cela avait été un honneur de Sa part, les croyants l’auraient mérité davantage, plus que vous.

Verset 213 : les gens étaient une seule communauté : ils étaient tous sur la religion de l’islam, depuis ‘Aadam jusqu’à NouuH ^alayhima -s-salaam. Ou encore il s’agit de NouuH et de ceux qui étaient avec lui sur son arche. Puis ils ont divergé. Ibnou ^Abbaas a dit : les gens étaient tous une seule et même communauté, sur l’islam.

Et Allaah a envoyé les prophètes : c’est-à-dire que les gens étaient sur une même communauté, sur l’Islam et Allaah leur a envoyé les prophètes, annonciateurs de bonne nouvelle : pour les croyants. Et avertisseurs d’un châtiment : pour les mécréants.

Et Allaah a révélé avec eux le Livre pour montrer la vérité. Prétendre que chaque prophète avait reçu un livre, cela n’a pas de preuve parce que la plupart des prophètes qui descendaient d’Israa’iil avaient reçu l’ordre de suivre la Torah.

Afin qu’il juge : c’est-à-dire Allaah ou bien le Livre ou bien le prophète à qui il a été révélé.

Entre les gens au sujet de ce sur quoi ils ont divergé. Ils ont divergé à propos de la religion de l’islam, alors qu’auparavant, ils étaient tous d’accord.

Et n’ont divergé (à propos de la vérité) que ceux qui ont reçu le Livre qui a été révélé pour enlever la divergence : c’est-à-dire qu’ils ont augmenté en divergence lorsque le Livre leur a été révélé

Après qu’ils aient reçu les preuves de sa véracité.

C’est une injustice de leur part : c’est-à-dire par envie de leur part, par injustice de leur part, tellement ils recherchaient le bas monde et qu’ils n’étaient pas objectifs.

Allaah a guidé ceux qui sont croyants vers ce au sujet de quoi ils ont divergé. C’est-à-dire que Dieu a guidé ceux qui sont croyants vers la vérité à propos de laquelle ont divergé ceux qui ont divergé.

Comme vérité : c’est pour indiquer justement cette vérité à propos de laquelle ils ont divergé.

Par Sa volonté

 Et Allaah guide qui Il veut vers le chemin de droiture.

La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés

Posted in cours général,Croyance,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur Mai 3, 2022

La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Son Messager honnête.

La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés

Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih du hadith de Abou Hourayrah que le Messager de Allah  a dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaja mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur ».

Dans ce hadith il y a une grande menace pour celui qui dispute le Calife et se rebelle contre lui, qu’il se mette à le combattre ou pas. Celui qui dit que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui dans son combat contre ^Aliyy n’avaient pas commis de péché et ne se sont chargés d’aucun blâme, il aura contredit ce hadith là du Messager de Allah. Le Messager de Allah a dit :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer ».

Ainsi, ^Ammar, que Allah l’agrée, appelait les gens à l’obéissance à l’Emir des croyants ^Aliyy. Tandis que l’appel de ses opposants, qui l’ont tué et qui est le groupe de Mou^awiyah, est un appel à l’enfer. En effet, ils appelaient les gens à combattre l’Emir des croyants. Ainsi, ceux que le Messager de Allah  a décrits comme étant des gens appelants à l’enfer font partie des grands pécheurs. Comment avec cela, serait-il valable de dire que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui, alors qu’il n’y a parmi eux que très peu de compagnons, comment dire qu’ils ne sont pas désobéissants ! Pire encore, comment serait-il valable de dire qu’ils seront récompensés ! Le hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Ibnou Hibban. Al-Boukhariyy l’a même rapporté à une autre occasion, en abrégé.

Si donc ceux qui ont combattu ^Aliyy, que Allah l’agrée, lors de la bataille de al-jamal qui n’a duré qu’une partie de la journée, étaient désobéissants par leur combat, y compris Zoubayr, Talhah et ^A’ichah, que Allah les agrée, preuve en est le premier hadith et aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans lequel le Messager de Allah  a dit à AzZoubayr :

إنك لتقاتلن علياً وأنت ظالم له

(‘innaka latouqatilanna ^aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste avec lui », que dire alors du groupe de Mou^awiyah qui a combattu l’Emir des croyants pendant trois mois. Ils ont tué à cette occasion un grand nombre des meilleurs compagnons, de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr, celle de ‘Ouhoud et même ceux qui étaient présents lors du pacte d’allégeance de Ar-Ridwan (bay^atou r-Ridwan) !

Dans le commentaire de Al-Boukhariyy, tome 6, page 173, figure ce qui suit : « Sa parole (wa ‘inni la’ourani) est dans le sens de la conjecture. Il pense qu’il va être tué injustement. Cette parole s’est réalisée car il a été tué traîtreusement après que ^Aliyy lui a rappelé. Il avait quitté le lieu du combat. Il s’était endormi dans Wadi l-Qoura. Ce fut un homme de Bani Tamim qui s’appelle ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné. Ibnou Abi Khaythamah a rapporté dans son Tarikh par l’intermédiaire de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla qu’il a dit : J’étais avec ^Aliyy lorsque les deux groupes s’étaient rencontrés. Il a demandé : Où est AzZoubayr ? aaa AzZoubayr était alors venu. Nous avions alors vu la main de ^Aliyy que AzZoubayr avait serrée indiquant son allégeance, avant même que le combat n’ait lieu.

Al-Hakim a rapporté avec plusieurs chaînes de transmission que ^Aliyy avait rappelé à AzZoubayr que le Prophète  lui avait dit :

لتقاتلن عليا وأنت ظالم له

(latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)

ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy et tu seras injuste envers lui dans ce combat ». C’était pour cela qu’il s’était détourné du combat et était retourné.

Ya^qoub Ibnou Soufyan ainsi que Khalifah  dans leurs Tarikh ont rapporté par l’intermédiaire de ^Oumar Ibnou Jawan qu’il a dit : AzZoubayr était reparti quittant le lieu de la bataille et c’était ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné à Wadi s-Siba^.

On ne dit pas que Mou^awiyah avait fait un ijtihad en cela et qu’il serait alors excusé, comme l’ont dit certains. Ceci n’est pas correct. Mou^awiyah combattait ^Aliyy pour parvenir à la souveraineté et à la présidence. Mousaddad Ibnou Mousarhad, le Chaykh de Al-Boukhariyy a rapporté que ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون المُلك ولو أنني أعلم أنه يردهم عن ذلك أن أحلف عند المقام باللَّه إني ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم إنما يريدون الملك

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘annani ‘a^lamou ‘annahou yarouddouhoum ^an dhalika ‘an ‘ahlifa ^inda l-maqami bi l-Lahi ‘inni ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum ‘innama youridouna l-moulk)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais qu’ils abandonneraient cela si je jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ». Cela a également été rapporté par Sa^id Ibnou Mansour dans ses Sounan, tout comme dans le livre Al-Matalibou l-^Aliyah du Hafidh Ibnou Hajar en page 293, avec les termes :

إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون الملك ولو أعلم أن يذهب ما في قلوبهم أني أحلف لهم عند المقام والله ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم يريدون الملك. وإني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله عزوجل: {ونزعنا ما في قلوبهم من غل}

(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘a^lamou ‘an youdh-hiba ma fi qouloubihim ‘anni ‘ahlifou lahoum ^inda l-maqami wa l-Lahi ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum youridouna l-moulka. Wa ‘inni la’arjou ‘an ‘akouna ‘ana wa ^Outhmana mimman qala l-Lahou ^azza wa jall : wa naza^na ma fi qouloubihim min ghill)

ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais que ce qu’il y a dans leurs cœurs disparaîtra si je leur jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ; et j’espère être ^Outhman et moi de ceux au sujet de qui Allah dit ce qui signifie : Et Nous leur avons ôté l’animosité qu’il y a dans leurs cœurs ». ^Ammar Ibnou Yacir a dit aussi semblable à cela. Les propos de ^Aliyy et de ^Ammar sont prioritaires sur la parole de celui qui a dit que Mou^awiyah était moujtahid dans son combat et qu’il serait alors excusé, tout comme un gouverneur qui fait un ijtihad puis qui se trompe, il aura une seule récompense et que s’il ne se trompe pas, il aura deux récompenses. En effet, la question de la rébellion contre le Calife n’est pas sujette à ijtihad en raison du texte clair et explicite du Qour’an et qui est Sa parole ta^ala :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه وأطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Cette ayah est ainsi explicite pour l’obligation de l’obéissance au calife et pour ne pas se rebeller contre lui. Ceci n’est donc pas de l’ordre de ce qui est sujet au ijtihad qui a lieu de la part des moujtahid comme Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah sur des questions qui n’ont pas fait l’objet de textes explicites. C’est le cas par exemple de l’avis de Abou Hanifah de considérer valable le contrat de mariage sans tuteur et l’avis de Ach-Chafi^iyy que le mariage n’est pas valable sans tuteur. Il n’y a pas eu de texte explicite clamant l’obligation du tuteur pour la validité du mariage. Il y a plutôt un hadith qui fait sujet à divergence :

لا نكاح إلا بولي

(la nikaha ‘il-la biwaliyy)

ce qui signifie : « Pas de mariage sans tuteur ». Ach-Chafi^iyy l’a considéré sahih –sûr– et l’a retenu. Abou Hanifah n’a pas considéré ce hadith sahih –sûr– et ne l’a donc pas retenu. Par ailleurs, Ach-Chafi^iyy considère que le mariage qui a lieu sans tuteur n’entraîne pas l’obligation d’appliquer la peine légale. Il n’est en effet pas catégorique à considérer invalide le mariage du hanafiyy sans tuteur. Il le considère fait à titre de conjecture et pour cela, il ne rend pas obligatoire la peine légale pour celui qui a imité le hanafiyy.

La tentative de certains pour rendre ce qu’a fait Mou^awiyah avec l’Emir des croyants semblable au ijtihad de Abou Hanifah ou de Ach-Chafi^iyy n’est que fausse illusion et erreur. Si cela avait été à ce titre –un ijtihad–, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, n’aurait pas dit :

إن حرب معاوية لعلي خطأ وباطل ومنكر وبغي

(‘inna harba Mou^awiyata li^Aliyyin khata’oun wa batiloun wa mounkaroun wa baghy)

ce qui signifie : « Le combat de Mou^awiyah contre ^Aliyy est erreur, infondé, blâmable et injuste ». Selon la parole de celui-là, la divergence qui peut avoir lieu entre les Moujtahid parmi les quatre Imams Ach-Chafi^iyy et Abou Hanifah décrirait son ijtihad comme étant blâmable et infondé. Or aucun Imam digne de considération n’a dit cela auparavant ! C’est là une preuve que celui qui a prétendu cela n’a pas senti l’odeur de la science. Il n’a fait qu’imiter certains impudents qui disent n’importe quoi.

Mais ce qu’a dit certain des plus récents que Mou^awiyah avait fait un ijtihad dans sa guerre menée contre notre maître ^Aliyy et qu’il s’est trompé dans son interprétation, ce n’est là qu’une conjecture sans fondement. C’est plutôt la parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar qui sont dignes de considération. La parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar ne sont pas contrées par l’auteur de AzZoubad et ses semblables (n’ont pas de poids devant les paroles de ^Aliyy et de ^Ammar celles de l’auteur de AzZoubad et de ses semblables). Par ailleurs, les propos de ces gens-là sont contradictoires : Ils disent d’une part que la rébellion contre le Chargé des affaires –le gouverneur– est interdite sauf s’il devient mécréant. Malgré cela, ils disent que Mou^awiyah a une seule récompense et que ^Aliyy en a deux. Comment réunissent-ils la récompense et la désobéissance ?! Comment l’auteur de AzZoubad a-t-il eu l’audace de dire ces deux vers de poésie dans son livre alors qu’ils se contredisent :

Il ne nous est pas permis s’il n’y a pas de mécréance claire

                            de nous rebeller contre le chargé de nous –gouverneur– (gouverneur)

avec sa parole :

Ce qui s’est produit entre les compagnons nous n’en parlons pas

                                        Et la récompense du ijtihad nous confirmons

Il a réuni deux choses contradictoires. Il s’agit de son interdiction de la rébellion contre le chargé des affaires –le gouverneur– et c’est une vérité sur laquelle il y a unanimité, avec sa confirmation de la récompense pour ce faible nombre de compagnons qui étaient avec Mou^awiyah.

Pour ce qui est de ce que certains arguent comme étant la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Mou^awiyah aurait fait un ijtihad pour son combat contre ^Aliyy, la réponse est que si ces paroles sont confirmées comme étant de lui, ce qu’il vise c’est que Mou^awiyah aurait eu un avis qui l’a amené à combattre ^Aliyy. Ce qu’il a visé n’est pas qu’il a fait un ijtihad comme est le cas des Moujtahid, et la preuve est qu’il a dit au sujet de la guerre de Mou^awiyah contre ^Aliyy est blâmable, infondée et injuste. S’il avait considéré Mou^awiyah comme ayant fait un ijtihad digne de considération, dont l’auteur serait excusé, il n’aurait pas dit que sa guerre « était blâmable, infondée et injuste ». Ceci n’échappe pas à qui est objectif. Seul un entêté ne considère pas la vérité vérité mais contrairement à ce qu’il en est réellement.

Il devient clair que le cas de Mou^awiyah n’est pas concerné par le hadith de Al-Boukhariyy :

إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، وإذا اجتهد فأخطأ فله أجر واحد

(‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa ‘akhta’a falahou ‘ajroun wahid)

ce qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et a dit vrai, il aura deux récompenses et s’il fait un ijtihad et se trompe, il aura une seule récompense ». Avoir pour croyance ce qui contredit cela est une atroce ignorance ou un pur entêtement.

Ce qui prouve également cela, c’est-à-dire l’infondé de la parole de celui qui dit que les compagnons qui ont combattu ^Aliyy n’ont pas commis de péché en cela car ils auraient fait un ijtihad, c’est la parole de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Allah l’agrée :

إن طلحة والزبير ذنبهما بقتال علي مغفور لأجل البشارة التي وردت في العشرة المذكورين في الحديث قال وأما خطأ غيرهما أي إثمهم فمجوز غفرانه والعفو عنه

(‘inna Talhata wa zZoubayr dhanbouhouma biqitali ^Aliyyin maghfouroun li’ajli l-bicharati l-lati waradat fi l-^acharati l-madhkourina fi l-hadith ; wa ‘amma khata’ou ghayrihima ‘ay ‘ithmouhouma famoujawwazoun ghoufranouhou wa l-^afwou ^anh)

ce qui signifie : « Talhata et AzZoubayr leur péché pour avoir combattu ^Aliyy est pardonné en raison de l’annonce de bonne nouvelle rapportée au sujet des dix mentionnés dans le hadith. Quant au péché des autres, il est possible qu’il soit pardonné et qu’ils soient excusés ». C’est-à-dire qu’ils sont désobéissants, Allah pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il châtie qui Il veut. Il a dit la même chose au sujet de ^A’ichah. Si telle est la parole des imams des ach^riyy, quelle attention prêter alors à quiconque contredit son texte-ci et qui prétend qu’ils auront une récompense parce qu’ils ont fait un ijtihad. Ceux-là ont contredit le texte de leur imam et ont contredit les hadith sûrs qui sont authentifiés du Messager de Allah. Ainsi dans le hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayh ^Ammarin, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah. Yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar, c’est le groupe injuste qui va le tuer. Il les appelle au paradis et eux l’appellent à l’enfer », il y a l’indication que Mou^awiyah et les compagnons qui ont combattu avec lui appellent à l’enfer. Comment celui qui appelle à l’enfer aura-t-il une récompense pour son acte par lequel il appelle à l’enfer ! Comment auront-ils une récompense alors que le Messager dit :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraja^a)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » ! Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah :

من كره من أميره شيئا فليصبر عليه فإنه من يخرج من السلطان شبرا فمات على ذلك مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir ^alayhi fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani chibran famata ^ala dhalika mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle d’un empan contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ». Ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.

Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah au sujet de ^Aliyy :

اللهم وال من والاه وعاد من عاداه

(Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

ce qui signifie : « Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et châtie celui qui le prend pour ennemi ».

Comment ceux qui ont manifesté leur animosité contre ^Aliyy, que Allah l’agrée, tels que Mou^awiyah auraient-ils une récompense. Non seulement il s’était rebellé contre ^Aliyy mais aussi il a ordonné aux gens de l’insulter. Mouslim a ainsi rapporté de Mous^ab Ibnou Sa^d Ibn ‘Abi Waqqas que Mou^awiyah avait ordonné à Sa^d en lui disant : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab –le surnom de ^Aliyy– ?! Mou^awiyah était en effet la cause pour que les omeyyades insultent ^Aliyy, que Allah l’agrée, du dessus des minbar pendant quatre-vingts ans.

من عادى عمارا عاداه الله

(man ^ada ^Ammaran ^adahou l-Lah)

ce qui signifie : « Celui qui prend ^Ammar pour ennemi, Allah le châtie ». C’est un hadith confirmé rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a rapporté l’unanimité que ceux qui ont combattu ^Aliyy sont des rebelles qui ont été injustes envers lui. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy fait partie des premiers ach^ariyy ; il est réputé parmi eux pour son imamat et sa science. Il a en effet reçu l’école ach^arite de Abou l-Haçan Al-Bahiliyy qui l’a lui-même reçue de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy par transmission orale. Nous citons ce qu’a dit le commentateur de Al-Jami^ AsSaghir le Mouhaddith le Hafidh ^Abdou r-Razzaq Al-Mounawiyy dans son Charh en page 365 : « Wayha ^Ammar, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah –Pauvre ^Ammar c’est le groupe injuste et rebelle qui va le tuer– Al-Qadi a dit dans Charhou l-Masabih : il vise par là Mou^awiyah et ses partisans ». Fin de citation

Ceci est explicite pour confirmer la rebellion du groupe de Mou^awiyah qui ont assassiné ^Ammar lors de la bataille de Siffin et que ^Aliyy était dans son droit. Ceci fait partie des hadith apprenant des choses cachées du futur. ^Ammar appelait le groupe de Mou^awiyah qui l’a assassiné lors de la bataille de Siffin au paradis. Ceci avait eu lieu bien après que le Prophète  ne l’ait dit. Il les appelait à ce qui serait une cause de l’entrée au paradis. Il s’agit de l’obéissance à l’Imam véritable. Alors que eux l’appelaient à ce qui est une cause pour l’entrée en enfer. Il s’agit de la désobéissance à l’Imam et l’appel à son combat. Ils ont dit : Cela s’est réalisé à l’occasion de la bataille de Siffin. Il les avait alors appelés à l’Imam véritable et ils l’ont appelé à l’enfer et l’ont tué. C’était là un miracle pour le Prophète élu (al-moustafa) et un des signes illustrant son statut de Prophète.

Lorsque certains ont dit il s’agit de ceux qui l’avaient torturé à La Mecque au début de l’Islam, les savants leur ont répliqué comme Al-Qourtoubiyy qui a dit : « Ce hadith fait partie des plus authentiques et des plus sûrs. Lorsque Mou^awiyah n’a pas pu le renier, il a dit : (c’est celui qui l’a amené au front pour combattre qui l’a assassiné). ^Aliyy lui a répondu que c’est alors le Messager de Allah  qui aurait assassiné Hamzah lorsqu’il l’a amené au fornt ?! Ibnou Dihyah a dit : C’est là une réplique de ^Aliyy qui ne donne aucune suite, aucun argument pour la contrer ou lui émettre une objection ».

L’Imam ^Abdou l-Qahir Al-Jourjaniyy a dit dans on livre Al-‘Amamiyyah : « Les spécialistes de jurisprudence du Hijaz et de l’Irak des deux groupes : du hadith et de l’avis, parmi lesquels Malik, Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah, Al-‘Awza^iyy et la majorité des spécialistes de la science du tawhid et des musulmans, ont été unanimes à dire que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de Siffin, tout comme il était dans son droit dans son combat contre les gens de al-jamal et que ceux qui l’ont combattu sont des rebelles injustes envers lui mais ne deviennent pas mécréants pour leur rebellion ».

L’Imam Abou Mansour a dit dans le livre Al-Firaq pour indiquer la croyance de Ahlou s-Sounnah : « Ils ont été unanimes que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de al-jamal : Talhah, AzZoubayr et ^A’ichah à Al-Basrah, et des gens de Siffin : Mou^awiyah et son armée ». Fin de citation

Suite :

Dans Ar-Rawdou l-‘Anif, un homme a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « J’ai vu cette nuit dans le rêve comme si le soleil et la lune s’entre-tuaient et avec chacun il y avait des étoiles ». ^Oumar lui a dit : « avec lequel des deux tu étais ? » Il lui a dit : « J’étais avec la lune ». Il lui a dit : « Tu étais avec celle qui est effacée. Va-t-en et ne fais plus aucun travail pour moi ». Il l’a limogé. Il fut tué le jour de Siffin avec Mou^awiyah et il s’appelait Habis Ibnou Sa^d.

D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy : « Nous transportions les briques pour construire la mosquée une par une et ^Ammar les portait deux par deux. Le Prophète  l’a alors vu et s’est mis à lui enlever la poussière de terre en disant wayha … ». L’auteur a dit Al-Khasa’is : « Ce hadith –celui de ^Ammarest moutawatir, plus de dix compagnons l’a rapporté ».

Parmi ce qui constitue une preuve claire que Mou^awiyah n’était pas Moujtahid dans son combat contre ^Aliyy d’un ijtihad conforme à la Loi, c’est qu’il disait aux gens : Nous n’avons pas de pacte d’allégeance à faire à ^Aliyy car il a manqué à la loi du Talion pour le sang de ^Outhman à l’encontre de ses assassins. Il disait à ^Aliyy : Nous ne te ferons pas de pacte d’allégeance tant que tu n’as pas exécuté les assassins de ^Outhman. Par la suite, lorsque notre maître Al-Haçan s’était destitué en sa faveur et qu’il était devenu lui le Calife, il n’a pas cherché à venger l’assassinat de ^Outhman. Il s’est occupé d’autre que cela. Son objectif était en effet la souveraineté et il avait atteint son objectif. Il manifeste par cela que son souci n’était pas d’appliquer le Talion en faveur de ^Outhman, que Allah l’agrée, mais il cherchait plutôt ceux qui s’étaient ralliés à ^Aliyy, que Allah l’agrée, leur nuisait et les tuait. Il était auparavant gouverneur d’Egypte, d’Irak du Cham et d’autres pays que ceux-là qui étaient sous la souveraineté des musulmans du temps de ^Outhman. ^Outhman avait par ailleurs des fils âgés qui n’ont pas requis de ^Aliyy qu’il leur applique le talion pour l’assassinat de leur père. Si les fils de ^Outhman avaient demandé l’application du Talion pour leur père et qu’ils lui avaient donné les noms des assassins, il le leur aurait permis. ^Aliyy fait partie des plus ascètes des créatures de Allah à l’égard du bas-monde. C’est lui qui le jour de sa mort, on n’avait trouvé sur lui que sept cents dirhams qu’il avait laissés pour s’acheter un serviteur, tout comme l’a rapporté Ibnou Hibban de la parole de Haçan fils de ^Aliyy dans son discours qu’il a donné le jour de la mort de son père. Mou^awiyah connaissait l’ascèse de ^Aliyy. Mais il a prétendu vouloir appliquer le Talion aux assassins de ^Outhman pour parvenir en réalité au pouvoir. La manière légale de l’application du Talion est que la famille de la victime accuse un assassin précis auprès d’un juge. Ils lui demandent de leur permettre de se venger de lui. Or tout cela ne s’était pas produit. Mou^awiyah n’est pas de la famille de ^Outhman. Sa famille sont ses fils pubères. Certains d’entre eux étaient des gens de science et de mérite.

Tous ceux qui disent que les combattants de ^Aliyy n’étaient pas dans le péché parce qu’ils auraient fait un ijtihad, n’ont pas de réponse au hadith :

من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع

(man kharaj mina ttaa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)

ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » car ce hadith est explicite pour indiquer que la rébellion contre le calife fait partie des grands péchés. Il est ainsi connu d’évidence de la religion qu’il n’est pas permis de se rebeller contre le Calife bien-guidé en raison des textes explicites rapportés à ce sujet et l’unanimité des savants de la communauté. Le Messager de Allah a décrit les combattants de ^Aliyy dans la bataille de Siffin comme étant des boughat –des rebelles–. La rébellion n’a pas d’autre sens que l’injustice et le dépassement de la limite.

AdhDhoulm est de deux sortes : que la personne fait preuve de dhoulm envers elle-même et qu’elle soit injuste envers d’autres qu’elle. Ce qu’ont fait ceux-là est une injustice envers autrui. L’injustice envers autrui ne peut être qu’un grand péché comme l’a dit le Messager de Allah :

الظلم ظلمات يوم القيامة

(adhdhoulmou dhouloumatoun yawma l-qiyamah)

ce qui signifie : “L’injustice ce sera des ténèbres pour la personne au jour du jugement », puisqu’ils ont tué plus de vingt mille personnes.

Pour ce qui est du dhoulm de la personne envers elle-même, il se peut que ce soit un péché, tout comme il se peut que ce soit un manquement ne comportant pas de désobéissance. C’est de cette catégorie qu’est la parole de Younous ^alayhi s-salam dans le ventre du gros poisson : (soubhanaka ‘inni kountou mina dhdhalimin). C’est ce sens-là que certains spécialistes de la jurisprudence ont donné à ce qui figure dans Abou Dawoud du hadith de ^Amr Ibnou Chou^ayb au sujet duquel il y a divergence chez les spécialistes du hadith. Il y a été cité que le woudou est par trois fois et que celui qui a ajouté ou diminué, il aura agi en mal et été injuste (‘aça’a wa dhalama). Certains savants de jurisprudence ont dit que (dhalama) concerne celui qui a diminué par rapport aux trois fois, qui a donc fait le woudou une fois ou deux fois chaque membre. Ce serait alors quelqu’un qui n’a pas été accompli dans son woudou et qui aura sa récompense diminuée par rapport à celui qui fait son woudou trois fois chaque membre. D’autres ont dit : sa parole (dhalama) concerne celui qui ne s’est même pas lavé une fois en ayant délaissé la partie de la main, du pied ou du visage qu’il est un devoir de laver.

Quant à ce que dit certains impudents que ^Aliyy n’a pas été investi de sa fonction de Calife par un pacte d’allégeance pour dire que celui qui le contredit soit considéré comme s’étant rebellé contre un Calife, ceci fait partie du plus infondé de l’infondé et des plus grandes ignorances. En effet, ce n’est pas chaque individu des musulmans qui a fait pacte d’allégeance à Abou Bakr. ^Oumar également, (il ne lui a pas été fait le pacte d’allégeance) mais c’était Abou Bakr qui l’a désigné pour lui succéder. ^Outhman, ce furent six qui lui avaient fait pacte d’allégeance parmi lesquels figurait ^Aliyy. Quant à ^Aliyy, ce furent les émigrants (mouhajiroun) et les partisans (al-‘ansar) qui lui firent pacte d’allégeance. Ce pacte est ainsi donc confirmé pour chaque individu des musulmans, aussi bien Mou^awiyah que les gens de Ach-Cham qui étaient avec lui et qui ont combattu ^Aliyy. Tout comme il n’est pas permis de se rebeller contre Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, il n’est également pas permis de se rebeller contre ^Aliyy. Comment quelqu’un pourrait-il s’imaginer le contraire alors qu’il a été confirmé au sujet du mérite de ^Aliyy plusieurs hadith qui n’ont pas été mentionnés au sujet d’autres que lui.

Le Messager de Allah r a dit à son sujet :

من كنت مولاه فعلي مولاه اللهم والِ من والاه وعاد من عاداه

 (man kountou mawlahou fa^aliyyoun mawlahou ; Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)

[rapporté par Ibnou Hibban et An-Naça’iyy au sujet des mérites de ^Aliyy] ce qui signifie : « Celui qui m’aime, qu’il suive ^Aliyy. Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et prive de victoire celui qui le prend pour ennemi ».

Il a dit aussi :

من ءاذى علياً فقد ءاذاني

(man ‘adha ^Aliyyan faqad ‘adhani)

[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak et il l’a jugé sahih et Adh-Dhahabiyy a été en accord avec lui] ce qui signifie : « Celui qui nuit à ^Aliyy, il m’aura nuit à moi ».

Mouslim et d’autres ont rapporté de ^Aliyy que Allah l’agrée qu’il a dit :

إنه لعهد النبي الأمِّيِّ إِلَيَّ لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق

(innahou la^ahdou n-nabiyyi l-‘oummiyyi ‘ilayya la youhibbouni ‘il-la mou’minoun wa la yabghadouni ‘il-la mounafiq)

ce qui signifie : « C’est la promesse que m’a faite le Prophète qui ne lit pas et n’écrit pas : ne m’aime qu’un croyant et ne me hait qu’un hypocrite ».

Le Prophète r a dit :

إن منكم من يقاتل على تأويله كما قاتلت على تنـزيله

(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)

ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui combattra pour défendre des sens du Qour’an tout comme j’aurai combattu pour défendre qu’il est révélé ». Abou Bakr a dit alors : est-ce que ce sera moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». ^Oumar dit alors : Est-ce moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». Il a dit : (هو خاصف النعل) (houwa khasifou n-na^l) ce qui signifie : « Ce sera celui qui répare ses sandales ». ^Aliyy était à ce moment en train de réparer ses sandales. Ceci est sahih et rapporté par Ibnou Hibban.

Mouslim a rapporté que le Messager de Allah r a dit :

إني تارك فيكم ثقلين لا تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وعترتي أهل بيتي أذكركم الله في أهل بيتي

(inni tarikou fikoum thaqalayni la tadillou ma tamassaktoum bihima : kitaba l-Lahi wa ^outrati, Ahlou bayti. ‘Oudhakkiroukoumou l-Laha fi ahli bayti)

ce qui signifie : « J’ai laissé parmi vous deux choses telles que vous ne serez pas perdus si vous vous y attachez : le Livre de Allah et le pas de chez moi : les gens de ma famille. Je vous rappelle de craindre Allah au sujet des gens de ma famille ». Ainsi donc ceux qui l’ont combattu ont contredit ce hadith.

Quant au fait que Al-Houçayn, que Allah l’agrée, se soulève contre Yazid, c’était légitime et légal. En effet, aucun des émigrants ni des partisans n’avait fait pacte d’allégeance à Yazid. Les gens de Médine ne lui avaient pas fait pacte d’allégeance. Son investiture n’avait donc pas été confirmée. Plusieurs malikiyy ont dit cela comme ceux qui ont fait le commentaire de Khalil. Mou^awiyah avait œuvré auparavant pour qu’il lui succède. Il parlait à l’un et à l’autre. Il leur disait prenez mon fils Yazid en tant que successeur à moi après moi. C’est un conseil que je vous donne. Il n’avait pas retenu de se faire succéder par les fils des compagnons comme le fils de ^Oumar ou ^Abdou l-Lah Ibnou zZoubayr. Il a transformé le califat en tradition des rois de perse. Ces deux-là étaient des savants vertueux. Mais Yazid lui n’était pas des gens de science et de vertu. Il a été investi de la présidence conformément à la parole du Messager de Allah  :

هلاك أمتي على أيدي أغيلمة من قريش

(halakou ‘oummati ^ala ‘aydi ‘oughaylimatin min qouraych)

[rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres] ce qui signife : « Une cause de la perte au sein de ma communauté sera par des jeunes de Qouraych ».

Ont été confirmes les propos du Messager de Allah  :

الخلافة بعدي ثلاثون سنة ثم يكون ملك عضودٌ

(al-khilafatou ba^di thalathouna sanatan thoumma yakounou milkoun ^adoud)

ce qui signifie : « Le califat après moi sera de trente ans, après quoi ce seront des souverains durs ». Les trente années ont été accomplies avec Al-Haçan fils de ^Aliyy. Il a en effet désigné pour succéder à son père et a assuré le califat durant six mois. Les trente années s’étaient ainsi écoulées et s’est destitué en faveur de Mou^awiyah afin de préserver le sang des musulmans. Al-Haçan avait été désigné par un pacte d’allégeance de la part des émigrants et des partisans à Médine. Lorsque Al-Haçan s’était déchargé en faveur de Mou^awiyah, Mou^awiyah était devenu Calife.

Détailler le sujet ici comme nous l’avons fait n’est pas une chose qui mène à insulter les compagnons. C’est plutôt prendre la voie des spécialistes du hadith. Les gens du hadith ont mentionné ces sujets dans leurs livres.

Pour ce qui est du hadith :

ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار

(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)

ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer », c’est Al-Boukhariyy qui l’a rapporté.

Quant au hadith :

لا أشبع اللَّه بطنه

(la ‘achba^a l-Lahou batnah)

ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié », au sujet de Mou^awiyah, il a été mentionné par Mouslim.

Il en est de même pour tout autre que cela parmi les hadith et les nouvelles rapportées (athar), que nous avons mentionné dans cet écrit, tous ont été mentionnés par les Mouhaddith.

L’habitude des Mouhaddith était de réciter le hadith dans des assemblées auxquelles assistaient les plus âgés et les plus jeunes, même l’enfant de sept ans. Pour plus de précisions, ils chargeaient des gens qui transmettaient à haute voix la parole du Mouhaddith, tout comme les gens transmettent à haute voix la parole de l’imam qui dirige la prière. Il y avait en cela un intérêt pour la religion en plaçant les choses à leur juste contexte et afin de ne pas considérer équivalents celui qui a du mérite et celui qui en a moins. Si on délaissait ces présentations et ces détails des vérités, certains pourraient croire que ce qu’avait fait Mou^awiyah est légitime et qu’il serait alors permis de le suivre en cela. Or il y a en ceci un voile et une déformation de la Loi, puisque ceci diminue de la gravité de la rébellion contre le calife, gravité de laquelle le Qour’an ainsi que le hadith ont fortement insisté. Allah ta^ala dit :

يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه واطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم

(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)

ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».

Le Messager a dit :

من كره من أميره شيئاً فليصبر فانه من يخرج من السلطان فيموت على ذلك إلا مات ميتة جاهلية

(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani fayamoutou ^ala dhalika ‘il-la mata mitatan jahiliyyatan)

ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ».

Indiquer ces sujets contribue à préserver ce que Allah a rendu important ainsi que Son Messager. Abandonner cela contribue à le perdre.

Quant à insulter les compagnons au sujet duquel il y a eu interdiction par la parole du Messager de Allah  :

لا تسبوا أصحابي

(la tasoubboushabi)

ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons », il s’agit d’insulter la totalité des compagnons ou de blâmer l’un d’entre eux sans raison légale, du moment qu’il n’a rien commis qui lui fait mériter la mise en garde. C’est le cas des insultes proférées par les khawarij lorsqu’ils s’étaient rebellés contre ^Aliyy alors qu’auparavant ils combattaient à ses côtés. Ils l’ont insulté et ont insulté ceux qui s’étaient ralliés à lui. Ils ont été jusqu’à le déclarer mécréant ainsi que ceux qui l’avaient rallié. Mais blâmer des individus parmi les compagnons pour une raison valable selon la Loi, cela a été confirmé par le texte même du hadith. Ainsi, le Messager ^alayhi s-salam, a dit au sujet d’un serviteur à lui qui se dénommait Karkarah, et qui était chargé de la famille du Prophète pendant la conquête ; cet homme était mort durant la conquête ; Le Messager a dit : (هو في النار) (houwa fi n-nar) ce qui signifie : « Il est en enfer ». Ils ont trouvé alors qu’il avait volé un voile du butin. Rapporté par Al-Boukhariyy.

Mouslim a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qu’il a dit à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As que le fils de ton oncle paternel Mou^awiyah nous ordonne de consommer les biens des uns des autres injustement et de nous entre-tuer. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu un instant puis lui a dit :

أطعه في طاعة اللَّه واعصه في معصية اللَّه

(ati^hou fi ta^ati l-Lahi wa ^sihi fi ma^siyati l-Lah)

ce qui signifie : « Obéis-lui en ce qui constitue une obéissance à Allah et désobéis-lui en ce qui constitue une désobéissance à Allah ». ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr le compagnon n’a pas dit à ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qui fait partie des successeurs dignes de confiance des compagnons : (tu as blâmé Mou^awiyah et le Messager a dit ce qui signifie : N’insultez pas mes compagnons).

Les savants du hadith n’ont pas cessé de mentionner ce hadith rapporté par Mouslim lorsque le Messager de Allah a envoyé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas pour lui appeler Mou^awiyah. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas était parti l’appeler mais il l’a trouvé en train de manger. Il a dit : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Le Messager de Allah lui a dit : (ارجع فادعه) (irji^ fad^ouhou) ce qui signifie : «retourne et appelle-le ». Il est reparti puis est revenu en disant : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Il a alors dit : (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié ». Ceci est bien un blâme de la part du Messager et non pas une invocation en sa faveur. En effet, trop manger n’est pas la qualité des pieux. Le Messager de Allah a dit :

المؤمن يأكل في معى واحد والكافر يأكل في سبعة أمعاء

(al-mou’minou ya’koulou fi ma^an wahidin wa l-kafirou ya’koulou fi sab^ati ‘am^a’in)

ce qui signifie : “Le croyant accompli mange le un septième de ce que mange le mécréant ». Trop manger est un blâme et non pas un éloge. Le Messager de Allah a dit r :

ما ملأ ابن ءادم وعاء شرا من بطنه، بحسب أحدكم لقيمات يُقمن صلبه، فإن كان ولا بد فثلث للطعام وثلث للشراب وثلث للنفس

(ma mala’a bnou ‘Adama wi^a’an charran min batnihi ; bihasbi ‘ahadikoum louqaymatoun youqimna soulbahou ; fa’in kana wa la boudda fathoulouthoun li tta^ami wa thoulouthoun li ch-charabi wa thoulouthoun li t-tanaffouci)

ce qui signifie : « Le fils de Adam n’aura pas rempli un pire récipient que son ventre. Que chacun d’entre vous se suffise de quelques bouchées qui lui permettent de garder sa santé. S’il était nécessaire, qu’il se suffise d’un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration ». Rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit haçan sahih.

Ce qui fait partie des choses étranges, c’est que certains ont dit que la parole du Messager à Mou^awiyah (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié » est un éloge pour lui ! La corruption de ces propos est apparente en raison de sa contradiction avec les deux autres hadith d’une contradiction claire. Le Messager fait l’éloge du fait de se limiter à quelques bouchées. Il approuve que le croyant se suffise de quelques bouchées, que ce qu’il mange soit de faible quantité.

Nous disons cela, et Allah sait les consciences et les fors intérieurs. Les actes valent selon leur intention et Allah sait nos intentions. A Lui le devenir et le retour pour le jugement.

Exégèse sourate Maryam (Suite 2)

Posted in cours général,Croyance,Histoire,islam,Livre,tafsir par chaykhaboulaliyah sur novembre 30, 2021

^Amr Ibn ^Al °AaS qui était un des envoyés des Qurayshites pour remonter An-Najachiyy (le Négus) contre les musulmans. Voyant que les paroles rapportées par Ja^far avaient un impact sur le Négus et les autres, il voulait tout essayer pour le remonter contre les musulmans.

Amr Ibn ^As lui dit : “Mais ils te contredisent à propos de Jésus fils de Marie !”

Le négus s’est retourné vers les musulmans et leur a demandé musulmans ce qu’ils disaient sur Jésus fils de Marie et à propos de sa mère.

Hamza qui était l’oncle du prophète a pris la parole et a dit : “nous disons à propos de Jésus, qu’il est l’esclave de Dieu et son messager. Il est le fils de Marie, celle qui se consacre à l’adoration de Dieu, celle qui est pure. Nous disons que comme Dieu l’a dit, il est l’annonce de la bonne nouvelle et que son âme (l’âme de Jésus) est une âme honorée par Dieu, c’est Dieu qui l’a créé, c’est Dieu qui l’a honorée et c’est une âme qui a été insufflée dans la vierge Marie, celle qui n’a pas été touchée par un humain (c’est à dire qu’elle n’a pas eu de rapport).”

Ps : à cette époque, ^Amr Ibn Al °AaS était un associateur, par la suite, il est entré en islam.

Lorsque le négus a entendu ces paroles, il a pris une tige et il a dit “Ô vous gens d’Abyssinie, ô vous les prêtres, par Dieu ce qu’ils sont en train de dire à propos de Jésus, c’est exactement ce que nous disons à son propos. Bienvenue à vous et bienvenue de celui de chez qui vous êtes venus (c’est à dire au prophète). Je témoigne qu’il est un envoyé de Dieu et qu’il est celui qui nous a été décrit dans l’évangile et qu’il est le messager qui a été annoncé par Jésus fils de Marie. Vous êtes en sécurité dans mon royaume, vous n’avez rien à craindre, allez ou bon vous semble. Par Dieu, n’eut été les charges de la royauté, je serais venu auprès de lui et je serais celui qui lui porte ses sandales et celui qui lui verse l’eau pour qu’il fasse ses ablutions.”

Le négus a ainsi humilié les deux Quraychites qui étaient venu pour essayer de le remonter contre eux et il a même ordonné qu’on leur rende leur cadeau, ce qui fut fait.

Le négus et ceux qui étaient avec lui, ont pris pour preuve que notre maitre Mouhammad est un envoyé de Dieu en se basant sur le miracle du Qour’aan. C’était suffisant pour eux, pour prouver la véracité du prophète. Ils se sont suffi du texte du Qour’aan et ils ont cru au prophète et en ce qu’il a amené de la part de Dieu.

Parmi les informations qui sont dans le Qour’aan, c’est la confirmation de l’existence du Créateur et du fait que ce monde a un début.

Ce roi d’Abyssinie est entré en Islam et il n’est pas resté longtemps au pouvoir car il est mort peu de temps après. Le jour de son décès, lorsqu’il était mort, le prophète qui était en Arabie a reçu la révélation que le négus était mort au pays d’Abyssine. Dieu le Lui a révélé. Le messager a dit à ses compagnons à Médine ce qui signifie : “Faites la prière funéraire de l’absent en faveur de votre frère le négus car il est mort”. Ils ont fait la prière funéraire de l’absent en sa faveur.

Par la suite, les informations parvenaient aux gens de Médine, que de la tombe du négus, les gens voyaient une lumière qui jaillissait.

°Aa’ichah a dit “nous discutions entre nous sur le fait que c’était très connu qu’au-dessus de la tombe de An-Najaachiyy, on voyait la lumière. Il était devenu un musulman, un saint vertueux. Il était parmi les grands musulmans, des esclaves vertueux et pieux de Allaah ”.

Il est entré en Islam, il a appliqué parfaitement les lois de l’Islam et est devenu un saint. Il est devenu au nombre des saints. Au point que Dieu a fait montrer aux gens ce prodige, c’est à dire qu’il avait de la lumière qui jaillissait de sa tombe.

Le prodige du roi d’Abyssinie, c’est que les gens voyaient au-dessus de sa tombe de la lumière.

Ps : aujourd’hui encore, les gens lui rendent visite en Abyssinie. Les musulmans ont pris l’habitude de visiter sa tombe le mois de mouharram, le jour de ^achoura. Celui qui se tient devant sa tombe ressent une quiétude et la crainte de Dieu.

« Cite dans le Livre, le récit de Notre esclave, Zakariyaa ».

Verset ce qui signifie : “Nous allons te narrer, Nous allons te rapporter, Nous allons t’informer, Nous allons te détailler comment était l’esclave de Dieu, Son prophète Zakariyyâ. Quelles étaient ses belles traces, quels étaient les faits remarquables de sa vie”

Il y a dans le récit de ce prophète des moralités pour ceux qui recherchent à avoir des moralités. C’est l’occasion d’avoir un modèle pour ceux qui veulent un modèle.

En effet, Dieu a élu Zakariyyâ, Il L’a choisi pour être porteur de son message. Il Lui accordé spécifiquement la révélation et Zakariyyâ s’est assuré de cela à l’image de ses semblables parmi Ses messager.

Zakariyyâ a appelé les esclaves à l’adoration de son seigneur et il leur a enseigné ce que Dieu Lui a enseigné. Il a donné le conseil a son peuple comme ses autres frères messagers et ceux qui les ont suivis.

Le verset numéro 3 : « Zakariyyâ a invoqué son Seigneur discrètement ».

Quand, Zakarriyyâ a vu qu’il prenait de l’âge et qu’il devenait faible, il avait craint de mourir sans qu’il n’y ait qui lui succède pour appeler les gens à l’adoration de Allâh. Il s’est plaint à son Seigneur de sa faiblesse physique et de la faiblesse de son for intérieur, c’est-à-dire son impuissance face à cette situation : Il craignait qu’il n’y ait pas de successeur pour son peuple. Il a invoqué Dieu en toute discrétion pour que ce soit encore plus parfait et plus complet en termes de sincérité envers Dieu et en espérant l’exaucement de son invocation. Cette manière d’invoquer est celle qui est la plus proche de la sincérité, de la pureté, et la plus éloigné de l’insincérité. Ceci est un exemple et un modèle pour nous.

Autre explication de ce verset, il n’a pas récité cette invocation à haute voix, afin qu’on ne lui fasse pas de reproche d’avoir demandé à avoir un descendant, alors qu’il était devenu âgé. Il avait atteint l’âge de 120 ans. Zakarriyyâ a invoqué Allâh, il Lui a demandé de Lui accorder de Sa grâce et Dieu L’a exaucé. Dieu, Lui a fait miséricorde et Lui a accordé un enfant pur.

“ô Seigneur, je suis devenu âgé, mes os sont devenus fragiles”.

Dans ce verset, il a cité les os en particulier car ce sont les os qui tiennent tout le reste du corps. Les os sont la partie la plus dure et la plus ferme du corps. Si, celle-ci s’affaiblit à fortiori, le reste s’affaiblit. C’est pour cela qu’il a dit “ô Seigneur mes os sont devenus faibles”. Il a dit “ma tête est devenu blanche”, c’est à dire ses cheveux blancs sont devenus nombreux dans sa chevelure. C’est comme s’il disait “ô Seigneur, je suis devenu vieillard, mes cheveux sont devenus gris, puisque la vieillesse et les cheveux gris sont la preuve de la faiblesse et de l’âge avancé”. Il a imploré Dieu, il s’est plaint à Dieu de sa faiblesse et de son impuissance. Ceci est une preuve qu’il déclare et reconnait que la préservation et la force ne reviennent pas à lui en tant que créature. Il a attaché son cœur à la préservation de Dieu et a Sa puissance. Il n’est de préservation et de force que par Dieu.

Ô Allâh Toi qui a pour attribut la vie, Toi qui n’as besoin de rien, c’est Ta miséricorde que nous recherchons, Corrige-moi mon état et Ne me laisse pas me remettre à mon âme le temps d’un clin d’œil. Dieu nous suffit et qui de mieux que Lui à qui se fier.

« ô Seigneur, j’ai toujours été heureux lorsque je T’invoque »

C’est à dire, j’ai toujours été exaucé avant aujourd’hui. Chaque fois que je T’invoquais, Tu m’accordais ce que je demandais”. C’est-à-dire qu’il obtenait toujours ce qu’il recherchait. Il implorait Dieu par les grâces qu’Il Lui accordées auparavant et par l’exaucement de ses invocations antérieures.

« J’ai craint ce qu’il va advenir à mon clan et à mes proches après ma mort »

Il craignait après sa mort qui allait être en charge des fils d’Israël. Il craignait qu’ils n’assument pas, qu’ils n’accomplissent pas parfaitement la religion que Dieu agrée, et qu’ils n’appellent pas les esclaves à L’adorer. Le prophète craignait de la conduite des siens, c’est à dire de son clan et de ses cousins car, ils étaient les pires des fils d’Israël. Il craignait qu’ils n’altèrent et ne modifient la religion, et qu’ils n’assument pas sa succession pour veiller sur sa communauté. Il n’avait pas trouvé parmi eux quelqu’un qui serait apte à lui succéder après sa mort pour les diriger. C’est pour cela, qu’il a demandé à avoir un descendant de lui-même qui prenne exemple sur lui pour poursuivre et assurer la continuité de la religion. Il y a en cela une miséricorde de la part de Zakarriyyâ, car il voulait le bien à son peuple.

Son objectif était l’intérêt de la religion et la crainte de sa disparition. Il a invoqué Allâh pour qu’Il Lui accorde un fils qui assume la religion après lui. C’est la raison pour laquelle, ce noble prophète a demandé à avoir une descendance. Ce n’est pas pour les raisons de ce bas monde comme la majorité des gens.

Information utile : Il est rapporté dans le sahih Ibn Hiban, que le nombre des prophètes et des messagers est de 124.000 et parmi eux, il y a 313 messagers. Dieu a mentionné 25 d’entre eux dans le Qour’aan.

La plupart des prophètes étaient des fils d’Israël. Leur langue étaient soit de l’araméen, soit de l’hébreu.

Conseil : Il faut apprendre la science, le minimum indispensable de la science et ne pas se lasser de répéter et d’apprendre sinon les loups vont vous dévorer. La science de la religion est une protection permanente.

Les mois, les jours, les heures chez les Arabes et les musulmans

Posted in cours général,Histoire,islam,société par chaykhaboulaliyah sur octobre 27, 2021

LES MOIS

INTRODUCTION

Allah ta^ala par Sa sagesse a fait que certains jours dépassent d’autres par le mérite, Il a fait que certains mois comportent plus de mérite et de faveur que d’autres, pour que les esclaves s’empressent de les remplir par des actes d’adoration et gagner leur mérite.

Ainsi, Dieu a juré par le Qour’an par les dix premiers jours du mois de dhou l-hijjah, Il a accordé un mérite au mois de Ramadan sur le restant des mois, Il a fait que les mois houroum soient au nombre de quatre, Il a spécifié la nuit de Al-Qadar par un honneur éminent sur les autres nuits, Il a fait que le jour de ^Arafah soit le meilleur des jours de l’année, tout comme Il a spécifié le jour du vendredi par le fait d’être le meilleur jour de la semaine. Dieu dit ce qui signifie : « et ton Seigneur crée ce qu’Il veut et Il choisit ».

Et Allah ^Azza wa Jall a dit dans le Qour’an honoré ce qui signifie : « certes le nombre des mois, selon Dieu, est douze, dans le Livre de Dieu, le jour où Il a défini la création des cieux et de la terre. Parmi ces douze mois, il y en a quatre qui sont appelés les mois houroum ».

Les mois houroum représentent le tiers de l’année. Les mois de l’année sont au nombre de 12 et les mois houroum sont au nombre de 4. Quand on parle de mois dans ce verset, il s’agit des mois arabes, ceux dans la langue desquels le Qour’an a été révélé. Et on se base sur le croissant lunaire pour définir les mois, que le mois comporte 30 jours ou 29 jours.

Et comme le mois al-mouharram est le meilleur des mois houroum, et qu’il est parvenu à son sujet d’accomplir des actes d’obéissance dans beaucoup de hadith, nous allons voir dans cette épitre beaucoup d’évènements et de mérites qui le concernent. Nous espérons de la part de Dieu un profit éminent, nous demandons à Dieu qu’Il nous accorde la sincérité dans les œuvres et la conformité avec la vérité dans notre parole et dans nos œuvres, certes Dieu accorde avec profusion.

LES MOIS ARABES, LES JOURS ET LES HEURES

I / Les noms des mois arabes sont de deux sortes : il y a une catégorie qui n’est pas usitée, celle qui a été mise en place par les Arabes (^aribah) d’origine et il y a une catégorie de noms qui est usitée, c’est celle qui a été mise en place et qui l’est devenue par les Arabes (mousta^ribah) par la pratique de la langue. Les deux sortes désignent des mois lunaires. Pour ce qui est de la catégorie qui n’est pas utilisée, ce sont des noms que les Arabes d’origine ont convenu d’employer et ce sont :

Al-mou’tamir qui est al-mouharram ,

Et najr qui est safar,

Et khawwan et ils disent khouwwan et c’est le mois de rabi^ou l’awwal

Et wabçan et c’est le mois de rabi^ou l’Akhir

Et al-hanin et c’est joumada l’oula

Et roubba qui est joumada l’akhirah

Et al-‘açammou et c’est rajab

Et ^adil et c’est cha^ban

Et natiq qui est ramadan

Et wa^il qui est chawwal

Et warnah qui est dhou l-qa^dah

Et bourak qui est dhou-hijjah .

Pour ce qui est des noms qui sont usités, ce sont : al-mouharram qui est le premier des mois et safar et ar-rabi^an (les deux mois de rabi^ou), les deux joumadah, cha^ban, ramadan, chawwal, dhou l-qa^dah et dhou l -hijjah et on peut dire dhou-l’hajjah qui est le dernier mois de l’année.

Il a été rapporté qu’ils ont utilisé ces noms pour marquer des évènements qui se sont produits à ces occasions-là.

– Le mois de al-mouharram a été appelé ainsi car ils avaient fait une conquête mais ils n’avaient pas réussi alors ils se sont abstenus (d’où le mot « haram ») de combattre et ils ont appelé ce mois ainsi.

– Le mois de as-safar : parce que leurs maisons étaient vides (soufr) quand ils partaient pour des conquêtes et il a été dit que c’est parce qu’ils avaient conquis le pays de as-soufriyyah.

– Les deux mois de rabi^ : c’est parce qu’ils avaient une fertilité grâce aux butins qu’ils obtenaient durant ce mois-là. Le mot « rabi^ » signifie « fertilité ». Et c’est le mot qu’on utilise pour désigner « printemps » également.

– Les deux joumadah ont été appelés ainsi parce que l’eau avait gelé à ce moment-là à cause du froid.

– Le mois rajab a été appelé ainsi parce qu’ils le glorifiaient, le mot « tarjib » signifie « glorification ». Il a été dit que l’origine du mot « rajab » c’est qu’il est au milieu de l’année et il dérive de « ar-rawajib » qui est la phalange du milieu. Et il a été dit que lorsqu’ils avaient nommé ce mois-là, la plante avait poussé (du mot « rajaba).

– Et cha^ban a été appelé ainsi car la plante qui a poussé a eu plusieurs branches. Et il a été dit que c’est parce qu’ils se propageaient pour les conquêtes. 

– Pour ce qui est du mois de ramadan, il a été appelé ainsi à cause de « ar-ramda’ », c’est-à-dire la chaleur, parce qu’à cette époque, c’était une période de chaleur.

-Chawwal a été appelé ainsi parce que les chamelles devenaient grosses d’où le mot « chalat » et donc ils l’ont appelé ainsi à cette occasion. Il a été dit que c’était plutôt parce que le mot « chala-yachoulou » c’est-à-dire « élever » d’où le nom de ce mois « chawwal ». Les gens du temps de l’ignorance, avant l’islam, n’aimaient pas se marier dans ce mois, parce qu’il y a dedans le sens de l’élévation, jusqu’à ce que l’islam soit venu et détruise cette ancienne pratique. Mouslim a rapporté dans son sahih d’après ^A’ichah que Dieu l’agrée, qu’elle a dit ce qui signifie : le Messager de Dieu salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a fait son contrat de mariage avec moi un mois de chawwal et il a consommé son mariage avec moi un mois de chawwal ».

Et dhou l-qa^dah : al-qa^dah c’est-à-dire le fait de s’asseoir, dans le sens qu’ils s’abstenaient de combattre parce que c’est un mois houroum et le pluriel de dhou l-qa^dah est dhawatou l-qa^dah et les Arabes de al-koufah ont dit « oulata l-qa^dah ».

– Dhou l -hijjah a été appelé ainsi parce que le hajj est durant ce mois-là.

Il a été dit que le premier qui a donné ces noms-là est Kilab fils de Mourrah, un ancêtre du Prophète. Et les Arabes ont pour habitude d’appeler qautre parmi ces mois-là que précédés du mot « chahr ». Ils disent « le mois de rabi^ou l-‘awwal », « le mois de rabi^ou th-thani », « le mois de rajab » et « le mois de ramadan ». Ils ne disent pas « rabi^ou l-‘awwal » mais « le mois de rabi^ou l-‘awwal ».

Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a utilisé le mot « rajab » sans utiliser le mot « chahr » avant lui. Il a dit ce qui signifie « le rajab de Moudar, celui qui se trouve entre joumada et cha^bane » Il n’a pas employé le mot « rajab » dans l’absolu, il l’a restreint avec une forte restriction pour le préciser et enlever toute confusion possible. Le clan de Moudar et le clan de Rabi^ avaient une divergence à propos du mois de rajab. Le clan de Moudar considérait le mois de rajab comme celui d’aujourd’hui, qui est celui qui entre joumada et cha^bane comme dans le hadith. Tandis que le clan de Rabi^ considérait rajab ce que nous, nous appelons ramadan. C’est pour cela que le Prophète a précisé dans le hadith « le rajab de Moudar ».

Il y a plusieurs autres avis. Il a été dit que les Arabes glorifiaient ce mois plus que les autres mois, il a été dit aussi que les Arabes appelaient les mois de rajab et de cha^bane, « les deux rajab ». Et il a été qu’ils appelaient le mois de joumada le mois de rajab, « les deux joumada » et cha^bane, ils l’appelaient rajab : cela a été rapporté par le hafidh An-Nawawiyy.

Et parmi les 12 mois de l’année, il y en a quatre qu’on appelle houroum. Les savants ont été unanimes que les 4 mois houroum sont les mois de rajab ; dhou-l-qa^dah ; dhou -l-hijjah et al-mouharram. Ils ont divergé avec lequel commencer. Les gens de Médine ont commencé par dhou-l-qa^dah, ensuite dhou -l-hijjah ensuite al-mouharram ensuite rajab. Tandis que les gens de Al-Koufah en Irak ont dit qu’on commence par al-mouharram ensuite rajab ensuite dhou-l-qa^dah, ensuite dhou -l-hijjah, pour qu’ils fassent tous partie d’une même année.

Et l’année lunaire commence par le premier croissant de al-mouharram et elle s’achève par le croissant de dhou -l-hijjah. Le nombre de jours d’une année lunaire c’est environ 354 jours plus un cinquième, plus un sixième d’un jour approximativement (354+1/5+1/6). Et chaque cinquième plus sixième de jour, complètent tous les trois ans un jour en plus. Au bout de trois ans, l’année lunaire comporte donc de 355 jours. Il restera du cinquième et du sixième de chaque année, un seul jour, jusqu’à ce que les fractions de reste représentent onze jours au bout de 30 ans. Pour les Arabes, ce sont des années équivalentes aux années bissextiles pour les années solaires.

Pour ce qui est de l’année solaire, elle comporte 365 jours et un quart. La différence entre une année solaire et une année lunaire est de dix jours plus une moitié de jour plus un quart de jour plus un huitième de jour plus un vingt-cinquième de jour.

Il est dit qu’au début de l’islam, au bout de chaque période de 32 années arabes, ils rajoutaient une année en plus qu’ils appelaient al-izdilaaf, parce que chaque 33 années lunaires, il y a 32 années solaires environ. Ils évitaient de la sorte de tomber dans le nasii’ que Dieu a blâmé. Il a annoncé que les jahiliyyah le faisaient pour augmenter la durée de l’injustice, la tyrannie et la mécréance.

Les Arabes dans l’époque de l’ignorance, bien qu’ils étaient sur l’égarement, bien qu’ils étaient sur la mécréance, ils glorifiaient les quatre mois houroum dans lesquels il s’abstenaient de combattre, au point que même si quelqu’un se retrouvait devant l’assassin de son père durant les mois houroum, il ne lui faisait rien du tout. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à ce qu’on appelle « an-nasi’ » qui signifie « le retard, le décalage », c’est-à-dire qu’ils décalaient le mois de al-mouharram avec son caractère sacré, pour le mois de safar et au lieu de s’interdire de combattre le mois de al-mouharram, ils s’interdisaient de combattre le mois de safar. Ils faisaient la même chose pour le mois de rajab : ils décalaient le caractère sacré du mois de rajab pour le mois de cha^bane et ils ne combattaient pas ce mois-là. Pourquoi cela ? Pour s’autoriser de combattre les mois houroum. Dieu a blâmé cette pratique de décaler le caractère sacré d’un mois pour s’autoriser de combattre alors que Dieu a interdit de combattre durant ce mois, par sa parole :

إِنَّمَا ٱلنَّسِىٓءُ زِيَادَةٌ فِى ٱلْكُفْرِ ۖ يُضَلُّ بِهِ ٱلَّذِينَ كَفَرُواْ يُحِلُّونَهُۥ عَامًا وَيُحَرِّمُونَهُۥ عَامًا لِّيُوَاطِـُٔواْ عِدَّةَ مَا حَرَّمَ ٱللَّهُ فَيُحِلُّواْ مَا حَرَّمَ ٱللَّهُ ۚ

As-Souhayliyy a rapporté que cette pratique de décalage du caractère sacré d’un mois durant l’époque de l’ignorance était de deux sortes : la première où ils faisaient carrément un décalage d’un mois, donc le décalage du mois de al-mouharram à safar, parce qu’ils avaient besoin de mener des combats et de se livrer à des vengeances et la deuxième, c’est qu’ils retardaient leur pèlerinage qu’ils faisaient dans l’époque de l’ignorance par rapport à son temps, pour coïncider avec l’année solaire. Et donc chaque année, ils décalaient de 11 jours pour qu’au bout de 33 années, ils se retrouvent au point de départ.

Lorsque ce fut la neuvième année de l’hégire, c’était Abou Bakr as-Siddiq que Dieu l’agrée, qui a été le porte-étendard du pèlerinage sur ordre du Messager de Dieu salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Cette sortie du pèlerinage avait coïncidé avec le mois de dhou l-qa^dah. E le pèlerinage du Messager de Dieu salla l-Lahou ^alayhi wa sallam était l’année suivante et le retour des pèlerins a eu lieu au mois de dhou l-hijjah, comme cela avait été mis en place au début . Et lorsque le Messager de Dieu a fini d’accomplir son pèlerinage, il a donné son discours très célèbre. Parmi ses paroles, il a dit : « la date du calendrier est revenu comme le jour où Dieu a créé les cieux et la terre », c’est-à-dire que le pèlerinage est à nouveau à faire durant le mois de dhou l-hijjah.

On dit que ^Amr fils de Lou’ay qui s’appelle Khouza^ah était le premier à avoir fait cette pratique de décaler les mois et c’est lui qui a fait certaines pratiques pour la première fois[1]. Il était également le premier à avoir appelé à l’adoration de Houbal[2].

II / Pour ce qui est des jours de la semaine, les Arabes d’origine les appelaient par des noms autres que ceux que les gens utilisent de nos jours. Ils disaient :

– pour le dimanche : le premier parce que c’est le premier des jours de la semaine.

– pour le lundi : ‘ahwan parce que ce mot vient de « al-houn » et « al-houwayna » est quelque chose qui facilite et ils l’appelaient aussi « ‘awhad » également parce que « al-wahdah » est un endroit qui est plus bas que la terre, car c’est un jour qui est plus bas que le premier jour.

– pour le mardi : joubar car le nombre est complété (joubira) par lui.

– pour le mercredi : doubar car il est à la suite (doubour) celui qui a complété le nombre.

– pour le jeudi : mou’nis parce qu’il tient compagnie (you’nis) pour sa bénédiction. An-Nahhas a dit : Et cette recherche de bénédiction du jeudi est demeurée dans l’islam. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam recherchait ainsi les bénédictions du jeudi et il voyageait le jeudi. Et Al-Bazzar a rapporté avec une chaine de transmission qui remonte jusqu’au Prophète : « ô Allah accorde des bénédictions à ma communauté quand elle commence tôt sa journée le jeudi ». Et dans le sahih, « le Prophète est sorti de Médine pour la conquête de Tabouk un jeudi. Et il appréciait sortir le jeudi ».

– Pour le vendredi : al-^aroubah, ce qui signifie « le jour qui est distinct, qui est clair », car a^raba signifie indiquer er et expliciter. C’est-à-dire que son éminence et son honneur sont clairs et explicites.  Et quand l’islam est venu, il a augmenté ce jour-là en glorification.

-Pour le samedi : chayyar qui vient de l’expression « chirtou » telle chose, c’est-à-dire « je l’ai montrée, je l’ai extraite de sa place ».

Information utile : un homme de lettres arabe qui s’appelle Abou Mansour Ath-Tha^alibiyy cite dans son livre « fiqhou l-loughah » les noms des heures de la journée et de la nuit. Il y a donc 24 termes.

Les heures de la journée :

  1. ach-chourouq (le lever)
  2. al-boukour
  3. al-ghoudwah
  4. ad-douha
  5. al-hajirah
  6. adh-dhahirah
  7. ar-rawah
  8. al-^asr
  9. al-qasr
  10. al-asil
  11. al-^achiyy
  12.  al-ghouroub.

Les heures de la nuit :

  1. Ach-chafaq
  2. Al-ghaçaq
  3. Al-^atamah
  4. As-soudfah
  5. Al-fahmah
  6. Az-zoullah
  7. Az-zoulfah
  8. Al-bouhrah
  9. As-sahar
  10. Al-fajr
  11. As-soubh
  12. As-sabah

Le reste des horaires est cité en répétant les noms des moments correspondants.

LA RAISON POUR LAQUELLE LE MOIS DE AL-MOUHARRAM EST SURNOMME « le mois de Dieu »

Le hafidh As-Souyoutiyy, que Dieu lui fasse miséricorde a dit dans son livre « ad-dibaj » : « je fus interrogé un jour sur la raison pour laquelle le mois de « al-mouharram » est appelé « le mois de Dieu » et pas un autre mois que ce mois-là, alors que dans les autres mois, il y a des mois qui sont équivalents dans le mérite ou qui le dépassent, comme le mois de « ramadan ».

Il a dit : « j’ai trouvé comme réponse que ce mois porte un nom islamique contrairement aux autres mois. Les autres mois ont les mêmes noms que ceux qui étaient utilisés dans l’époque de l’ignorance. Et bien sûr, le Prophète les a validés c’est-à-dire qu’il n’a changé que ce que l’islam a changé. Et dans l’époque de l’ignorance, le nom du mois de « al-mouharram » était le premier safar et le mois suivant était le second safar ».

Quand l’islam est arrivé, Dieu a appelé ce mois « al-mouharram » et c’est pour cela qu’il a été attribué à Dieu de ce point de vue (c’est-à-dire que c’est Dieu Qui nous a indiqué  ce nom-là par rapport à l’appellation pendant la période de l’ignorance). Il a été confirmé dans le sahih que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam l’a appelé ainsi tout comme cela vient dans sa parole qui signifie : « le mois de Allah est celui que vous appelez « al-mouharram ».

Et Abou ^Oubayd a dit : « le fait d’attribuer ce mois « al-mouharram » à Allah ^azza wa jall, alors que tous les mois sont à Lui, c’est pour honorer ce mois et le glorifier, tandis que Dieu ne tire aucun honneur d’une de Ses créatures. Dieu en effet a les attributs parfaits. Il n’augmente pas en perfection qu’Il n’aurait pas eue avant l’existence de Ses créatures ».

L’adjonction du mois au terme glorifié Allah, le nom de Dieu, c’est comme lorsque nous disons à propos de la mosquée Al-Haram « c’est la maison de Dieu » c’est-à-dire la maison qui est honorée selon le jugement de Dieu, la maison qui a été construite pour l’adoration et la supplication de Dieu. Tandis que Dieu n’habite ni dans une direction ni dans un endroit. Dieu existe avant la création de ce monde sans comment et sans endroit. Il est de toute éternité sans endroit et sans comment. Et après la création des créatures, Il est toujours sans endroit et Il n’est pas sujet au temps. Absolument rien n’est tel que Lui.

Semblable à cela, on dit à propos du trône éminent, le toit du paradis, le Trône de Ar-Rahman, c’est-à-dire le Trône qui est glorifié selon le jugement de Dieu. Et cela ne veut pas dire que Dieu habite au-dessus du Trône ni qu’il est assis dessus ni installé ni établi comme certains le disent. Dieu est loin de tout cela, Il est exempt de tout cela, d’une grande exemption.

Et les exemples de cet ordre sont nombreux comme quand nous disons « la chamelle de Dieu » c’est-à-dire la chamelle de Salih ^alayhi s-sallam. Dieu l’a appelée ainsi dans le Qour’an honoré parce que c’est un miracle en faveur du prophète de Dieu, qui s’appelle Salih.

De même, il est parvenu dans le Qour’an « Il est Celui à Qui appartient le jour du jugement » ceci pour magnifier et glorifier ce jour-là et encore « Celui à Qui appartiennent les gens » alors que Dieu est Celui à Qui appartiennent les jinns, les anges et toutes les créatures. Les Arabes ont amené l’article défini au début de « mouharram » contrairement à d’autres noms de mois arabes et à ce sujet, Abou Ja^far An-Nahhas a dit dans (^oumdatou l-kouttab) : « l’article défini -al a été rajouté à « mouharram » et pas aux autres mois parce que les mois houroum sont au nombre de 4. Comme ce nom-là a été spécifié comme étant un mois parmi ces quatre-là, il y a eu besoin de le distinguer des autres en rajoutant « al » pour qu’on l’identifie par rapport aux autres. Cela veut dire que même les autres mois sont mouharram puisqu’ils sont des mois houroum. Mouharram devient un adjectif pour les 4 mois. Comme celui-là est qualifié de « mouharram », il devient un nom, c’est pour cela qu’on rajoute – al- pour le distinguer.

^Isamou d-dine Al-Qounawiyy qui est mort en 1195 H a dit ce qui signifie : « on n’utilise pas le nom de ce mois sans l’article défini – al- parce que c’est devenu un nom pour ce mois et ce n’est pas correct pour les noms de faire des déclinaisons grammaticales et des changements. Pour ce qui est des 11 autres mois, il n’y a pas eu l’article défini -al- comme pour « mouharram ». Il n’y a pas d’autres mois où on rajoute – al – mais il y a eu 3 d’entre ces mois-là qui sont cités en tant que compléments du nom. En tant que noms, ils ont nécessité un complément du nom qui est « mois ». Il s’agit du mois de ramadan et des 2 mois de rabi^ comme cela a été précédemment cité. Les autres sont employés en complément du nom. Le mot « chahr » qui veut dire « mois » en arabe a un sens. Il a été appelé ainsi parce qu’il est mach-hour c’est-à-dire célèbre, connu. Comme il est connu, il a été appelé « chahr ». Il y a eu d’autres explications que celle-là.

LE MERITE DE JEUNE DU MOIS DE DIEU « AL-MOUHARRAM » et DES DIX PREMIERS JOURS DE CE MOIS

Mouslim a rapporté du hadith de Abou Hourayrah que Dieu l’agrée, d’après le Prophète salla l -Lahou ^alayhi wa sallam qu’il a dit ce qui signifie : « le meilleur mois après le mois de ramadan est le mois de Dieu « al-mouharram » et la meilleure prière après la prière obligatoire c’est la prière au milieu de la nuit ». Ce hadith est explicite à indiquer que les meilleurs jeûnes après ceux du mois de ramadan sont pendant le mois de « al-mouharram ». Et il est possible que ce qui est visé par ce hadith c’est que le meilleur mois à jeûner en totalité après le mois de ramadan c’est le mois de «« al-mouharram ».

Il se peut que certains jours dans certains mois soient meilleurs que le jeûne de certains jours de « al-mouharram », comme le jeûne du jour de ^Arafah ou les dix jours de dhou l-hijjah ou les jours qualifiés de « blancs » qui sont les 13° 14 ° et 15° jours de chaque mois lunaire (jours « blancs » parce que le croissant est presque plein) et le jour de ^Achoura et ce qui est de cet ordre.

Ce qui témoigne en faveur de cela, c’est ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy du hadith de ^Aliyy, qu’un homme est venu voir le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et lui a dit : « ô messager de Dieu, dis-moi quel mois jeûner après le mois de ramadan ». Le Messager salla l -Lahou ^alayhi wa sallam lui a dit ce qui signifie : « si tu voulais jeûner un mois entier, en totalité, après le mois de ramadan, alors jeûne le mois de « al-mouharram » car il est le mois de Dieu et il comporte un jour durant lequel Dieu a accepté le repentir d’un certain nombre de personnes et Il pardonne à un certain nombre de personnes ». Cependant il y a eu quelques critiques quant à la chaine de transmission de ce hadith.

On donne comme réponse que le Prophète jeûnait le mois de cha^bane mais il n’a pas été rapporté qu’il jeûnait le mois de « al-mouharram ». Cependant il jeûnait ^Achoura ». Et la parole la dernière année de sa vie, qui signifie : « si je vis l’année prochaine, je jeûnerai le 9° jour également ». Ceci est une preuve qu’il ne jeûnait pas le 9° jour auparavant.

Et certains ont donné des réponses à cette question, qui comporte quelques faiblesses mais ce qui apparait, c’est que le jeûne surérogatoire est de deux sortes : une partie est le jeûne absolu et la deuxième sorte c’est le jeûne qui vient avant ou après le jeûne de ramadan (Il est relatif au jeûne de ramadan).

Le jeûne surérogatoire dans l’absolu c’est de jeûner le mois de « al-mouharram » tout comme le meilleur acte surérogatoire dans l’absolu c’est de faire des prières de nuit. Et pour ce qui est de la deuxième sorte de jeûne surérogatoire, c’est le jeûne qui est relatif au jeûne de ramadan, soit avant ramadan, soit après ramadan. Ce n’est donc pas un jeûne surérogatoire absolu mais c’est un jeûne qui va suivre le jeûne de ramadan, bien que ce soit surérogatoire. Il se rattache   au jeûne de ramadan. Pour cela, il a été dit que celui qui jeûne six jours de chawwal après avoir jeûné le mois de ramadan, il lui sera inscrit comme le jeûne de toute l’année. Et ce jeûne comporte une récompense éminente.

Il a été rapporté que Ouçamah le fils de Zayd jeûnait les 4 mois houroum mais le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam lui a ordonné de jeûner uniquement chawwal. Ouçamah a alors arrêté de jeûner les mois houroum et il s’est mis à jeûner chawwal.

Donc la deuxième catégorie de jeûne surérogatoire se rattache à ramadan, elle est liée à ramadan et son jeûne est meilleur que le jeûne surérogatoire dans l’absolu. Pour ce qui est du jeûne surérogatoire dans l’absolu qui n’est pas lié au jeûne de ramadan, le meilleur est celui des mois houroum. Il a été rapporté du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam qu’il a ordonné à quelqu’un de jeûner les mois houroum.

QUEL EST LE MEILLEUR JEUNE DURANT LES MOIS HOUROUM ?

Le meilleur des jeûnes des mois houroum c’est le jeûne du mois de « al-mouharram ». Et ce qui témoigne en faveur de cela, c’est que dans ce hadith que nous avons cité auparavant, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la meilleure prière après la prière prescrite c’est la prière qui est accomplie au milieu de la nuit ». Ce qu’il vise après la dernière prière prescrite c’est-à-dire après les cinq prières obligatoires et sous-entendu et ce qui se rapporte à ces cinq prières surérogatoires parmi les sounnah c’est-à-dire les rawatib c’est-à-dire les prières que l’on fait avant et après les prières obligatoires (avant le soubh : on fait les 2 rak^ah de al-fajr / adh-dhour : on fait 2 rak^ah avant et 2 après / al-^asr : on fait 2 rak^ah avant/ al-maghrib : on fait 2 rak^ah après et on peut aussi faire 2 rak^ah  avant / al-^icha’ : on fait 2 rak^ah avant et on finit par al-witr qui comporte un nombre impair de rak^ah ( 1 ou 3 ou plus) ).

Donc les meilleures prières surérogatoires après ces prières rawatib, c’est la prière au milieu de la nuit. Les rawatib sont les prières surérogatoires que l’on accomplit avant ou après les prières obligatoires, elles sont meilleures que la prière de la nuit selon la majorité des savants, parce que les rawatib sont liées aux prières obligatoires.

Il y a quelques chaféites qui n’ont pas eu le même avis sur ce sujet. Également, le jeûne qui est avant ou après le mois de ramadan est lié au jeûne du mois de ramadan. Et ce jeûne qui est lié au mois de ramadan est meilleur que le jeûne des mois houroum.

Et quand il s’agit d’un jeûne surérogatoire dans l’absolu qui n’est pas lié au mois de ramadan, c’est le jeûne du mois de « al-mouharram ».

QUEL EST LE MEILLEUR PARMI LES MOIS HOUROUM ?

Les savants ont divergé à propos du meilleur mois houroum.

1) Al-Haçan et d’autres ont dit : « le meilleur des mois houroum, c’est le mois de Dieu « al-mouharram » ». C’est l’avis qui a été retenu parmi les savants des plus récents.

Wahb ibn Jarir a rapporté d’après Qourrah fils de Khalid d’après Al-Haçan (al-Bisriyy) qu’il a dit : « Allah a fait que l’année débute par un mois qui haram (sacré) et il a fait que l’année finisse par un mois qui est sacré. Il n’y a pas un mois durant l’année après le mois de ramadan qui soit plus éminent suivant le jugement de Dieu que le mois de Al-Mouharram. Et il a été surnommé le mois de Al-‘Asamm, tellement il y avait l’interdiction de combattre durant ce mois[3] ».

Il a été rapporté de lui avec une chaîne qui remonte jusqu’au Prophète et sns citer le compagnon (moursal) d’après Adam Abou l-Hilal Ar-Rou’aciyy d’après al-Hasan qu’il a dit : Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : La meilleure prière après les prières prescrites est celle qui est accomplie en plein milieu de la nuit. Le meilleur mois après le mois de ramadan est le mois al-mouharram qui est le mois al-asamm de Dieu.

An-Naça’iyy a rapporté du hadith de Abou Dharr qu’il a dit : j’ai interrogé le Prophète : quelle est la meilleure partie de la nuit et quel est le meilleur des mois ? Il a répondu ce qui signifie : Le meilleur de la nuit est son milieu, et le meilleur des mois est le mois de Dieu, celui que vous appelez al-mouharram.

Le fait qu’il ait dit dans l’absolu le meilleur des mois est sous-entendu après ramadan, tout comme cela est indiqué de manière plus explicite dans la version moursal du même hadith.

2) Sa^id ibn Joubayr et d’autres ont dit : « le meilleur des mois houroum c’est dhou l -qa^dah ou dhou l-hijjah ». Il a même été dit que c’est le meilleur des mois dans l’absolu.

3) Et certains chaféites ont prétendu que le meilleur des mois houroum c’est le mois de rajab et ce n’est pas l’avis qui est retenu.

COMPLEMENT : LE MEILLEUR DES JOURS DE LA SEMAINE

Le meilleur des jours de la semaine c’est le jour du vendredi en raison du hadith qui signifie : « le meilleur des jours où se lève le soleil, c’est le jour du vendredi ».Les meilleurs jours du mois pour ce qui est du jeûne, ce sont les jours qu’on appelle blancs.

Et le meilleur jour de l’année dans l’absolu c’est ^Arafah.

Et les meilleures dizaines de jours dans toute l’année sont les dix premiers jours de dhou l-hijjah.

Les meilleures parties du mois de Dieu, « al-mouharram »

Les meilleures parties du mois de Dieu, « al-mouharram », sont ses dix premiers jours.

Yaman Ibn Ri’ab a dit qu’il s’agit justement des dix jours par lesquels Dieu a juré dans son livre par sa parole :

وَلَيَالٍ عَشْرٍ

Et la majorité sont d’avis que l’avis correct est qu’il s’agit des dis premiers jours de dhou l-hijjah.

Abou ^Outhman An-Nahdiyy disait : les musulmans glorifiaient 3 dizaines de jours :

– les dix derniers jours de ramadan

– les 10 premiers jours de dhoul -hijjah

– les 10 premiers jours de « al-mouharram ».


[1] Ces pratiques étaient :

al-bahirah : c’est la chamelle si elle a mis bas à cinq reprises, si le cinquième était une femelle, ils lui fendaient l’oreille, et ils interdisaient aux femmes d’en consommer la chair et le lait, et si c’était un mâle, ils l’égorgeaient en offrande à leur divinité.

As-wasilah : lorsque la brebis mettait bas son septième, si c’était un mâle, il était égorgé et hommes et femmes pouvaient en manger. Si c’était une femelle, elle était laissée en vie. Si c’était un mâle et une femelle, alors ils disaient wasalat – elle est en lien avec son frère et elle n’était pas égorgée en raison de sa place. Son lait et tout ce qu’on pouvait obtenir d’elle étaient interdits chez eux aux femmes. Si ce qu’elle mettait bas était mort, alors hommes et femmes en consommaient.

As-sa’ibah : est la femelle du chameau que l’associateur laissait libre pour son idole. As-sa’ibah parmi les bovins et les moutons étaient consacrés dans leur totalité chair, peau, laine et poils pour les idoles. Leur lait était pour les hommes et pas les femmes.

Al-hami : c’est le mâle qui se reproduit avec les descendants de ses descendants. Si dix générations étaient produites de lui, ils disaient que son dos est hami (chaud). Il n’est plus utilisé comme monture et il n’est privé ni d’eau ni de pâturage.

[2] Un homme de science a rapporté que ^Amr fils de Louhayy était le premier à avoir modifié la religion de Isma^il ^alayhi s-salam. Il était sorti de La Mecque vers le pays de ach-Cham. Lorsqu’il est arrivé à un lieu de la terre de al-Balqa’. Il s’y trouvait à l’époque des géants. Il les a vus adorer des idoles. Il leur demanda : Que sont ces idoles que je vous vois adorer ? Ils lui ont répondu : Nous les adorons et nous leur demandons de nous faire tomber la pluie, et elles nous donnent la pluie. Nous recherchons leur soutien et elles nous donnent la victoire. Il leur dit alors : Pouvez-vous m’en donner une afin que je l’emmène en terre des Arabes et qu’ils l’adorent ? Ils lui ont donné une idole qui est appelé Houbal. Il l’a amenée à La Mecque et l’y installée et ordonné aux gens de l’adorer et de le glorifier.

[3] Dieu y a interdit le combat. Puis l’interdiction a été levée. Allah ta^ala dit :

يَسْـَٔلُونَكَ عَنِ ٱلشَّهْرِ ٱلْحَرَامِ قِتَالٍۢ فِيهِ ۖ قُلْ قِتَالٌ فِيهِ كَبِيرٌ ۖ

Al-Qourtoubiyy a dit dans son Tafsir : Les savnts ont divergé quant à l’abrogation de ce verset. La majorité sont d’avis qu’il a été abrogé, et que le combat durant les mois houroum est permis. Fin de citation. Puis, selon l’avis qu’il n’a pas été abrogé, ils n’ont pas empêché le combat durant les mois houroum pour la défense, comme l’a indiqué explicitement ^Ata’ d’après ce qu’a rapporté de lui Jourayj.

Quelques extraits à propos de l’Hégire honorée, et de Médine l’Illuminée

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur octobre 21, 2021

Les mérites de Médine l’illuminée

Lorsque le Prophète élu a émigré à Médine ﷺ et que ses pieds honorés ont foulé sa terre honorable, la ville toute entière s’est éclairée, s’est illuminée, sa valeur a augmentée et elle a eu une plus grande importance parmi les différentes villes.

Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée a dit « Lorsque ce fut le jour où le Messager de Allah   ﷺ  est entré à Médine l’illuminée alors tout ce qu’il y avait à Médine s’est éclairé. » Et depuis ce temps-là, les cœurs des musulmans se sont attachés à Médine l’illuminée. Et le cœur et le regard des gens ont aspiré à regarder, à voir cette ville bénie. Et ce qui a augmenté cette belle terre, cette terre bonne en honneur et en mérite, c’est le fait que le Messager de Allah ﷺ  y est décédé et que la terre de cette ville embrasse son corps pure et bénie, en plus du fait que sa mosquée honorée s’y trouve, celle qui est la plus éminente des mosquées après la maison de la Mecque, la maison honorée de Dieu qui se trouve à la Mecque.


Ce qui a insisté encore plus sur le mérite de cette ville bénie, c’est un grand ensemble de hadith prophétique, ce qui a fait que les cœurs s’attachent encore plus à cette ville et que les âmes se languissent encore plus d’elle.

Ce qui nous est parvenu parmi les noms de cette ville illuminée : « Al madinah  ». Médine l’illuminée a plusieurs noms. Certains d’entre de ses noms ont été mentionnés par Mouhammad fils de ^Abdou l-Lah Az-Zarkachiyy. Il y aussi Nour d-din As Samhoudiyy et Mouhammad fils de Youssouf As Soilihi Achimi.

Le plus réputé, le plus célèbre des noms de Médine c’est « al madinah  » justement. Et ce nom « al madinah » qui veut dire en français littéralement : « la ville ». Ce nom quand il est employé dans l’absolu on en vise Médine l’illuminée et pas d’autres villes du monde. Il y a dans le Qour’an honoré, il y a des versets honorés qui ont indiqué cette appellation. Ce nom-là et dans quatre passages du Qour’an.

﴿ وَمِمَّنْ حَوْلَكُم مِّنَ الأَعْرَابِ مُنَافِقُونَ وَمِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ مَرَدُواْ عَلَى النِّفَاقِ لاَ تَعْلَمُهُمْ نَحْنُ نَعْلَمُهُمْ ﴾

(Wa mimman hawlakoum mina l-’A^rabi mounafiqouna wa min ‘ahli l-madinati maradou ^ala n-Nifaqi la ta^lamouhoum nahnou na^lamouhoum)

[ sourat At Tawbah, verset 101] dans lequel Allah ta^ala apprend à son Prophète, qu’il y a autour de Médine des gens de la campagne qui sont hypocrites (c’est-à-dire qu’ils montrent qu’ils sont musulmans alors qu’ils ne le sont pas) et qu’il y a même des gens de Médine. Et là, il y a la preuve de ce que nous avançons, c’est que cette ville a été appelée « al madinah  », Médine. Et que même dans cette ville, il y avait à cette époque-là des hypocrites c’est-à-dire des gens qui montraient qu’ils étaient musulmans alors qu’ils ne l’étaient pas. Et dans la qualification dans ce verset : « Tu ne les connais pas et que nous les connaissons . »

 
Et également dans  sourat At Tawbah, verset 120, là encore les gens de Médine, ils ont été appelé ainsi « al madina » et ceux qui sont autour d’eux parmi les gens de la campagne, n’ont pas à retarder et à se mettre en retrait par rapport au Messager de ALLAh lorsqu’il les sollicite.
Et là encore dans le verset 60, de sourat Al ‘Ahzab, il y a eu la mention de Médine. 
Sourat Al Mounafiqoun, verset 8, là encore il est question de Médine. Tout comme ce nom là de Médine est parvenu dans nombreux hadiths. Et cette appellation, « al madinah » c’est le nom connu par les gens du commun et les gens qui ont un haut degré. Les savants tout comme les gens du commun, ils connaissent tous cette appellation de Médine. Donc dès lors que ce nom est employé comme quelqu’un qui entend «al madinah  » immédiatement les musulmans savent qu’il s’agit de Médine l’illuminée, la ville du Prophète. Si quelqu’un parle en arabe et qu’il dit « al madinah  » alors il faut qu’il précise de quelle ville il s’agit parce que littéralement comme on a dit « al madinah » signifie la ville mais les gens du commun, les savants, tout le monde ont eu cette habitude que lorsqu’on parle de « al madina » la ville, il s’agit Médine l’illuminée, la ville du Prophète. Et que s’il voulait parler d’une autre ville, il était indispensable qu’il précise. Parmi les noms de Médine, il y a Tabah ou bien Taybah. Et ce nom là « Tabah» ou « Taybah » est dérivé de « At tayyib » le pur, le bon. C’est-à-dire le pur. Pourquoi ? Parce que c’est celui qui est bon, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré, qui y a résidé et qui est enterré.  C’est une ville qui est bonne grâce au Messager de Allah  ﷺ .

 
Certains savants ont dit : « Le fait que sa terre soit bonne et que son air soit bon est une preuve qui témoigne de la validité de cette validation. Pour ce qui est des preuves qu’elle est bien appelée Tabah , Taybah, les preuves sont nombreuses. Entre autres, il y a ce qu’a rapporté Jabir fils de Samourah que Dieu l’agrée qui a dit : «J’ai entendu le Messager de Allah  ﷺ dire ce qui signifie : « Certes Allah a appelé madinah, : Tabah  .» Il y a également ce qui est rapportépar un compagnon : « Nous étions arrivés en compagnie du Prophète ﷺ depuis Tabouk. Quand nous étions arrivés à proximité de Médine, le Prophète a dit : « Voici Tabah .» Il y a également ce qu’a rapporté Fatimah, la fille de Qais , que Dieu l’agrée, dans le hadith où elle a rapporté ce que le Prophète a dit entres autres à propos de Ad Dajjal, le charlatan, celui qui sera un imposteur, qui prétend la divinité. Et dans ce hadith, elle a cité que le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « Voici Taybah.  Voici Taybah . Voici Taybah
Médine l’illuminée dans la jahiliyah était connue sous le nom de Yathrib et elle a été citée dans le Qour’an honorée, une parole attribuée aux associateurs qui signifie : « Lorsqu’un groupe d’entre eux ont dit : « Ô vous les habitants de Yathrib, vous n’avez rien à faire, retournez chez vous. » Et le Prophète ﷺ  n’a pas apprécié ce nom là mais il a donné l’ordre qu’il soit changé par le nom de madinah, Tabah ou Taybah. Et parmi les preuves que le Messager ﷺ n’a pas apprécié qu’elle soit appelée ainsi, il y a ce qui est rapporté : « Le Messager de Allah  ﷺ  a dit ce qui signifie : « Celui qui a appelé madinah « Yathrib » alors qu’il fasse l’istighfar à Allah ^azza wa jall. Elle s’appelle Tabah. » Et bien sûr ici quand l’auteur explique « il n’a pas apprécié », c’est-à-dire que c’est déconseillé mais ça ne fait pas tomber dans un péché et Dieu sait plus que tout autre.

L’amour que vouait le Prophète  ^alayhi s-salatou wa s-salam à Médine l’illuminée

Il n’y a pas de doute que l’amour que portait le Prophète ﷺ  était compté comme un des faits remarquables de cette ville illuminée. Il est parvenu à de nombreux hadiths qui montrent l’amour que le Messager de Allah portait dans son cœur envers cette ville bénie. Il y a ce qu’a rapporté ^A’ichah que Allah l’agrée que le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : «Ô Allah fait nous aimer Médine tout comme nous aimons la Mecque ou plus intensément encore. » Il y a ce qu’a rapporté ^Abdou l-Lah, le fils ^Oumar que Allah les agrée tous les deux que le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « J’ai su parfaitement que la ville que Dieu ^azza wa jall  agréé le plus c’est la Mecque et si mon peuple ne m’a pas amené à la quitter, je ne l’aurai pas quitté. Ô Allah fait qu’il y ait dans nos cœurs l’amour pour Médine autant que nous avons d’amour dans nos cœurs pour la Mecque. »

L’éminence de la bénédictin de Médine l’illuminée

Cette ville soubhana l-Lah  Allah a fait que c’est une ville bénie et le Prophète ﷺ  lui a fait une invocation de bénédiction pour que Dieu accorde des bénédictions à la ville en elle-même, à ses unités de mesures : son sa^ et son moudd , et à ses fruits, c’est à dire ses récoltes. Et d’après ^Ali Ibnou Talib, que Allah agréé, le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « Ô Allah, Ibrabrim était Ton esclave et Ton messager agréé » et il a fait une invocation en faveur des gens de la Mecque pour qu’ils aient des bénédictions : « et moi je suis Ton esclave, Ton Messager, je T’invoque en faveur des gens de Médine pour que Tu leur accordes  des bénédictions dans leur moudd et leur sa^ (leurs unités de mesures, de volume) tout comme Tu as accordé des bénédictions aux gens de la Mecque avec la bénédiction de bénédictions .»
D’après Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée dans le hadith du récit d’une conquête, il a dit : « Nous avions continué notre marche de sorte que lorsque nous étions arrivé aux confins de Médine, le Messager de Allah  ﷺ a regardé la montagne de Ouhoud et a dit ce qui signifie : « Cette montagne nous aime et nous l’aimons.» Puis Le Prophète a regardé en direction de Médine et il a dit ce qui signifie : « Je rends sacré ce qu’il a entre les deux « labah ». « Labah » ça veut dire des pierres noires, c’est-à-dire qu’il y a deux régions où il y a des pierres noires qui délimitent Médine. Une qui est à l’Est et une qui est à l’Ouest. Et donc le Prophète a dit ce qui signifie : « Je rends sacré ce qu’il y a entre les deux « labah », ces deux monticules de pierres noires tout comme Ibrahim a rendu sacré la Mecque. Ô Allah accorde leur des bénédictions dans leur moudd et leur sa^ (les unités de mesure, de volume). »
D’après Hourayrah, que Allah  l’agréé, il a dit : « Les gens lorsqu’ils cueillaient les premiers fruits de la saison, ils les ramenaient au Prophète ﷺ .Et le Messager de Allah  ﷺ prenaient de leurs mains les premiers fruits cueillis de la saison et il disait ce qui signifie : « Ô Allah accorde nous des bénédictions dans nos fruits, Ô Allah  accorde nous des bénédictions dans notre ville. Ô Allah  accorde nous des bénédictions dans notre sa^. Ô Allah  accorde nous des bénédictions dans notre moudd .» Puis il appelait le plus jeune des enfants qui étaient présents et il lui donnait ce fruit pour qu’il le mange. »

La protection, la préservation de Médine l’illuminée contre Al Awra Ad Dajjal

La sortie de l’imposteur, celui qui se déplace beaucoup, qui est imposteur,  est un des grands signes annonciateurs du Jour du jugement. Et cette information fait partie des informations qu’on qualifie de mouttawatir, c’est-à-dire entendue par un grand nombre, transmise à un grand nombre qui rapporte à un grand nombre et ainsi de suite. De sorte que c’est inconcevable qu’ils se soient tous entendus pour mentir. Et lorsqu’il va apparaître à la fin des temps, il va semer le mal sur terre. Il y aura de nombreuses choses extraordinaires qui vont avoir lieu par ses mains. Et entre autres choses extraordinaires, c’est qu’il va visiter toutes les villes du monde en une très courte période. Il ne sera empêché d’entrer dans aucune d’entre elles hormis les deux enceintes sacrées : celle de la Mecque et celle de Médine. Que Dieu les augmente en honneur et en gloire. Il est parvenu à propos du fait que Ad Dajjal, cet imposteur ne va pas fouler la Mecque et Médine des hadith. Entre autres, il y a ce qu’a rapporté Anas Ibnou Malik, que Dieu l’agrée, que le messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « Il n’y a pas une ville sans que l’imposteur hadith va fouler sauf la Mecque et Médine. Il n’y a pas une seule de ses entrées sans qu’elle soit gardée par des anges qui sont en rang qui la surveillent. Et il va faire halte dans un endroit. Médine tremblera à trois reprises et tous mécréants et hypocrites qui s’y trouvaient vont en sortir pour le rejoindre. »

Il y a également ce qui est rapporté à propos du Prophète ﷺ, qu’il a dit ce qui signifie : « Al massih Ad Dajjal, cet imposteur, ne va pas pouvoir entrer à Médine. Médine aura ce jour-là sept portes. Sur chaque porte, il y aura deux anges pour la surveiller. »

La préservation de Médine l’illuminée de la peste

Ta^oun, c’est du même rythme que fa^oul du mot ta^ana et ce n’est pas le sens d’origine qui est visé mais le mot a été utilisé pour indiquer la mort qui est généralisée. Les spécialistes de la langue, les  spécialistes de la jurisprudence et les médecins ont divergé quant à sa définition. La plupart d’entre eux sont d’avis que sa réalité, c’est une sorte de tumeur ou protubérance qui va pousser chez la personne suite à l’ébullition ou au fait que le sang devient très fort ou qui se déverse sur un membre et il va le corrompre. Ce qui est traduit communément par la peste. Ainsi d’après Abou Hourayrah, que Dieu l’agréé le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « Sur chaque porte de Médine, il y aura des anges. De sorte que ni la peste ni l’imposteur Ad Dajjal ne pourront y entrer .»


Et d’après Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée, d’après le Prophète  ﷺ, il a dit ce qui signifie : « Médine, Ad Dajjal va essayer d’y entrer et il va trouver des anges qui la garde. Il ne pourra pas s’en approcher ni la peste, si Dieu le veut. »

Le fait que la foi va se restreindre dans Médine l’illuminée

Quelque soit les difficultés dans les différentes villes et ce que les esclaves vont endurer pour leur foi, la foi restera à Médine l’illuminée car c’est à partir d’elle qu’il a jaillit et qu’il a éclairé le monde et remplit le monde.  Ainsi d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agréé, le messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « La foi va se recroqueviller dans Médine, va se replier dans Médine tout comme un serpent se replie dans sa tanière ou dans son trou. »


Et d’après le fils de ^Oumar, que Dieu les agréé tous les deux, le Prophète  ﷺ  a dit ce qui signifie : « L’Islam a débuté étrangère et il redeviendra étrangère tout comme elle a commencé et il va se replier dans ses deux mosquées tout comme un serpent se replie dans son trou. »                     
Ibnou Hajar Al-‘Asqalaniy dans Al fath sa parole c’est-à-dire : « Tout comme le serpent sort de son trou pour rechercher ce qui lui permet de survivre et lorsqu’il craint quelque chose il se repli dans son trou, également la foi s’est propagé dans Médine et chaque croyant a en lui-même quelque chose qui lui mène à Médine en raison de son amour pour le Prophète  ﷺ . Et cela concerne toutes les époques parce qu’à l’époque du Prophète  ﷺ les croyants étaient attachés pour apprendre auprès de lui et à l’époque des compagnons et de leur successeurs c’était afin de prendre exemple sur leur guidée et après cela c’était pour visiter sa tombe ﷺ pour accomplir la prière dans sa mosquée pour rechercher les bénédictions par l’observation physique et les traces de ses compagnons.

L’intercession du Prophète SALLA en faveur de celui qui patiente pour le séjour à Médine l’illuminé

Le Prophète ﷺ intercédera et sera témoin le jour du jugement en faveur de celui qui va persévérer et restera ferme à Médine l’illuminé qui patientera face à ses difficultés et qui ne changera pas pour une autre ville. C’est pour cela qu’un certain nombre de compagnons sont attachés à s’y séjourner même dans les moments difficiles et les moments éprouvants. L’intercession « achchafa^ah » consiste à demander le bien en faveur d’autrui et il n’y aura pas quelqu’un qui n’est pas musulman qui va bénéficier de cette intercession. Ainsi le messager de ALLAH SA a dit ce qui signifie : « Mon intercession est réservée pour les grands les pécheurs de ma communauté. »


Ainsi, l’esclave de Az Zoubayr, a rapporté qu’il était un jour assis auprès de ^Abdou l-Lah le fils de ^Oumar au moment de la zizanie et une esclave à lui est venu lui passer le salam. Elle lui a dit : « Je voudrais quitter Médine, Ô ^Abdourrahman. La période est devenue difficile, éprouvante.» C’est alors que ^Abdou l-Lah lui a dit : « Reste plutôt parce que j’ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire ce qui signifie : « Ceux qui patientent à la difficulté de Médine, je serai témoin en leur faveur ou intercesseur au Jour du jugement. » Sa parole ^alayhi s-salatou wa s-salam « témoin ou intercesseur » :

 
–  soit le « ou » est pour partager c’est-à-dire qu’il sera témoin en faveur de certains gens de Médine et intercesseur en faveur du reste,
– soit il est intercesseur pour les désobéissants et témoin en faveur de ceux qui sont obéissants,
–  soit il est témoin pour ceux qui sont morts durant sa vie et intercesseur pour ceux qui sont morts après lui, ou d’autres explications encore.
Et Al-qadi a dit : « Cette particularité est en plus de l’intercession en faveur des désobéissants ou des différentes personnes. C’est une particularité qui a une valeur supérieure à l’intercession qu’il aura aux autres désobéissants, en plus de son témoignage en faveur du reste de la communauté. » Il avait dit d’ailleurs ^alayhi s-salatou wa s-salam à propos des martyrs de Ouhoud : « Je suis témoin en faveur de cela. » Donc le fait qu’il ait spécifié par tout cela, c’est soit quelque chose d’additionnel, soit c’est une augmentation en degré et une part additionnelle. Il a dit également : « Il se peut que le « ou » ici ait le sens du « et » et dans ce cas-là, il sera en faveur des gens de Médine intercesseur et témoin. »

La multiplication de la récompense de la prière dans la mosquée Prophétique

Dieu a fait que la prière dans la mosquée prophétique est meilleure que la prière dans d’autres mosquées hormis la mosquée AL Haram qui se trouve à la Mecque. Et il a fait que la récompense de la prière dans cette mosquée du Prophète équivaut à la récompense de mille prières. Ainsi d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agréé, le Messager de Allah  ﷺ a dit ce qui signifie : « Une prière accomplie dans la mosquée que voici est meilleure que mille prière dans d’autres mosquées hormis la mosquée AL Haram », c’est-à-dire celle de la Mecque.

Et d’après Ibnou ^Abbas, que Dieu l’agréé lui et son père, il a dit : « Une femme s’est plainte de maladie, elle a dit : « Si Dieu me guéris je sortirai pour faire la prière à Jérusalem. Elle a guéri, elle s’est préparé pour aller faire la prière à Jérusalem. Maymounah, l’épouse du Prophète  ﷺ, est venue la saluer et elle lui a annoncé ce qu’elle envisageait de faire. C’est alors que Maymounah lui a dit : « Assieds toi et mange de ce que je t’ai préparé et fais la prière plutôt dans la mosquée du Messager. » Maymounah a dit : « J’ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : « Une prière dans la mosquée vaut mieux que mille prière dans d’autres mosquées hormis la mosquée de la Ka^bah. »

Le décès du Messager ﷺ à Médine et le fait qu’il y soit enterré

Cette faveur fait partir des plus éminentes des faveurs et des plus honorables. Son corps que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré est le plus honorable des corps. Il n’y pas de doute que l’endroit qui regroupe son corps est bon et béni, surtout que les prophètes que Dieu les honore davantage, ont pour particularité d’être enterré là où il meurt. Et le Prophète ﷺ, lors de la maladie qui a précédé sa mort, il cherchait quand était le jour où il se trouvait dans la pièce de ^A’ichah. Ainsi d’après ^A’ichah que Allah l’agrée, le Messager de Allah  ﷺ, posait la question lors de la maladie qui précédait sa mort, il disait ce qui signifie : « Et demain, je serai chez laquelle de mes épouses ? » Il cherchait quand était le jour de AICHAH. C’est alors que ses épouses ont compris, elles lui ont autorisé à être là où il voulait. Il restait dans la maison de ^A’ichah jusqu’à qu’il soit mort chez elle. ^A’ichah  a dit : « Il est mort le jour où il était chez moi, dans ma maison. Allah a retiré son âme et il avait sa tête qui était posée entre mon cou et ma poitrine et sa salive était mélangée avec la mienne. » Il y a en cela de la part du Prophète ALAHI SALAT l’indication du mérite de l’endroit où il a été enterré. Et c’est ce qu’ont compris les plus grands des compagnons, à leur tête Abou Bakr as-Siddiq, que Dieu l’agrée. Ainsi d’après Salam fils de ^Oubayd qui était un compagnon du Prophète, il a dit : «  Le Messager de Allah  ﷺ, lors de la maladie qui a précédé sa mort, s’est évanoui de douleur puis s’est réveillé. » Jusqu’à la fin du hadith à propos de sa maladie et de son décès que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré.


Et également dans ce hadith, il y a l’annonce de Abou Bakr as-Siddiq, que Allah l’agréé, du décès du Prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam et la prière funéraire en sa faveur jusqu’à ce que le rapporteur du hadith  a dit : « Ils ont dit : « Ô toi, le compagnon du Messager de Dieu », il s’adressait à Abou Bakr as-Siddiq : « Est-ce que le Messager de Dieu est mort ? » Il a répondu : « Oui. » Ils lui ont dit : « Ô toi le compagnon du Messager de Allah, est-ce que l’on fait la prière en faveur du Messager de Dieu ? » Il a répondu : « Oui. » Ils lui ont dit : « Comment cela ? » Il a dit : « Certains d’entre vous entrent dans la pièce, ils disent la parole Allahou ‘Akbar pour la prière funéraire, ils font des invocations puis ils sortent. Puis d’autres entrent, ils font la parole Allahou ‘Akbar de la prière funéraire, ils font cette prière, ils font des invocations, puis ils sortent. Ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le monde passe. » Ils lui ont dit : « Ô toi le compagnon du Messager de Dieu, est-ce que l’on enterre le Messager de Dieu. » Il a répondu : « Oui. » Ils lui ont dit : « Où ça ? » Il a répondu : « Dans l’endroit où Allah lui a retiré l’âme. Allah ne retire l’âme du Prophète que dans un endroit qui est bon. » Et d’après ^A’ichah, que Allah l’agrée, elle a dit : « Lorsque le Messager de Allah  ﷺ décéda, il y a eu divergences sur l’endroit de son enterrement. Alors Abou Bakr que Dieu l’agrée a dit : « J’ai entendu du Messager de Dieu une parole que je n’ai pas oubliée, il a dit ce qui signifie : « Allah n’a pas fait mourir un prophète ailleurs que l’endroit où Allah agréé qu’il soit enterré. Alors enterrez-le dans l’endroit de son lit. » An Nawawiyy ainsi que As Salihi et d’autres ont rapporté du Qadi riyad l’unanimité que l’emplacement de la tombe du Prophète est le meilleur endroit sur terre et qu’il est meilleur  que la Ka^bah honoré. Et As Salihi a rapporté du Qadi, il a rapporté que la tombe du Prophète est meilleure que le trône, et, que la tombe du Prophète est meilleure que les cieux. Et Médine a d’autres que cela comme nombreux mérites qu’il est difficile d’énumérer vu le contexte. Ainsi Médine fait sortir les mécréants qui y sont enterrés et sa mosquée est l’une des seules mosquées vers lesquelles on peut accomplir un voyage. Et dans sa mosquée, il y a un jardin des jardins du Paradis. Et dans sa mosquée, il y a le minbar, la chah où le Messager ﷺ montait pour donner son discours qui se trouve devant son bassin et dans un des jardins du Paradis. Médine comporte également la mosquée de Qouba’ qui était une mosquée qui a été fondée sur la piété. Médine comporte également la montagne de Ouhoud, cette montagne que Allah agrée et que Son Messager aime. Elle comporte la vallée bénie.

Ô Allah accorde nous de visiter Celui que tu agrées le plus, Ton Prophète élu. Accorde-nous son intercession. Accorde de nous résider à ses côtés. Que Allah l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous messagers que Allah a envoyés.

Jésus, Al Mahdi, Abraham et Mouhammad

Posted in cours général,Croyance,Histoire par chaykhaboulaliyah sur février 14, 2021
  • Quelle est la preuve que ^Iça ^alayhi s-salam était sur l’Islam et pourquoi était-il surnommé Al-Macih ?

 Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans sourat ‘Ali ^Imran

﴿فَلَمَّا أَحَسَّ عِيسَى مِنْهُمُ الْكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنْصَارِى إِلَى اللَّهِ قَالَ الْحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنْصَارُ اللَّهِ﴾

Ce qui signifie : « Lorsque ^Iça ^alayhi s-salam, Allah Lui a révélé qu’il y aura des mécréants parmi eux, il a dit qui seront mes partisans ? et les apôtres ont dit, nous nous sommes les partisans », c’est-à-dire « des partisans qui soutenons la religion agréée par Allah ». Il a été révélé à leur sujet :

﴿ءَامَنَّا بِاللَّهِ وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Nous avons cru en Allah, et témoigne que nous sommes musulmans ».

Les apôtres, al-hawariyyoun, ce sont des élèves de Jésus, ils étaient sur l’Islam preuve en est leur parole :

﴿وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ﴾

Ce qui signifie : « Témoigne que nous sommes des musulmans ». Ceci est une preuve que ^Iça ^alayhi s-salam était sur l’Islam, car c’est lui qui leur a enseigné cette religion. Comment ^Iça aurait une autre religion que l’Islam comme le prétendent certains ignorants alors que Dieu dit :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِى الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِين﴾

Ce qui signifie : « Celui qui suit autre que l’Islam pour religion elle ne sera pas acceptée de lui, dans l’au-delà il sera au nombre des perdants ». Donc selon leur prétention, Jésus, le Prophète envoyé, serait dans l’au-delà parmi les perdants ? Et Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit dans sourat Al-An^am :

﴿وَكُلًّا فَضَّلْنَا عَلَى الْعَالَمِينَ﴾

Ce qui signifie : « Nous leur avons à tous accordé un degré supérieur au reste des mondes », c’est-à-dire que tous les Prophètes de Allah sont les meilleures des créatures.

Quant au surnom de Jésus Al-Macih, le Messie, il a été dit que c’était en raison de ses nombreux déplacements sur terre afin d’enseigner aux gens la religion agréée par Allah, pour les appeler à l’adoration de Allah Lui Seul. Et il a été dit qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il passait (masaha) sa main honorée sur celui qui était lépreux, qui était aveugle de naissance et ils guérissaient par la volonté de Dieu. Mais cela ne veut pas dire que ^Iça avait une autre religion que l’Islam.

  • Quelle est la preuve de la descente de notre Maitre ^Iça ^alayhi s-salam du ciel ?

Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, dit :

﴿ وَإِنَّهُ لَعِلْمٌ لِّلسَّاعَةِ ﴾

Ce qui signifie : « Il est certes un signe annonciateur du Jour du Jugement », c’est-à-dire que la descente de notre maître ^Iça du ciel est un signe parmi les grands signes annonciateurs du Jour du Jugement. Le Messager de Allah ﷺ a dit :

لَيُوشِكَنَّ أَنْ يَنْزِلَ فِيكُمْ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ حَكَمًا مُقْسِطًا وَلَيَسْلُكَنَّ فَجًّا حَاجًّا أَوْ مُعْتَمِرًا وَلَيَأْتِيَنَّ قَبْرِى حَتَّى يُسَلِّمَ عَلَىَّ وَلَأَرُدَّنَّ عَلَيْهِ، رَوَاهُ الْحَاكِمُ فِى الْمُسْتَدْرَكِ

Ce qui signifie : « Certes ^Iça le fils de Maryam va bientôt descendre parmi vous, il sera un gouverneur équitable, il va traverser Médine pour faire un pèlerinage ou une ^Oumrah, Il se rendra auprès de ma tombe afin de me passer le salam et je lui rendrai sans doute le salam », rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak.

Il est un devoir de croire que notre maître ^Iça ^alayhi s-salam va descendre sur terre et il gouvernera en appliquant la loi de Mouhammad ﷺ. Il descendra du ciel alors qu’il aura les mains posées sur les ailes de deux anges. Et Al-Mahdiyy se trouvera à ce moment-là à l’Est de Damas, il se sera apprêté à accomplir la prière de l’aube. Al-Mahdiyy va le voir, il va l’attendre et lorsque notre maître ^Iça arrivera sur terre, Al-Mahdiyy va reculer pour laisser ^Iça diriger la prière. Mais notre maître ^Iça lui dira « dirige cette prière, c’est pour toi qu’elle a été annoncée », c’est-à-dire « qu’on a fait Al Iqamah pour que tu sois l’Imam de cette prière » et notre maître ^Iça ^alayhi s-salam fera la prière en étant dirigé par Al-Mahdiyy pour ainsi faire comprendre aux gens qu’il est descendu sur terre pour appliquer l’Islam et œuvrer conformément à la loi de Mouhammad ﷺ . Après cette première fois, ce sera notre maître ^Iça qui dirigera les gens dans la prière parce qu’il est un prophète et le prophète est meilleur que le saint tandis que Al-Mahdiyy c’est un saint parmi les saints de Allah.

Et à l’époque de ^Iça, il y aura un miracle éclatant qui renforcera l’Islam. Tout lieu où parviendra le regard de ^Iça, où parviendra le souffle de ^Iça, les mécréants qui s’y trouveront vont mourir. Il ne restera plus sur terre un seul mécréant.

  • Qui est Al-Mahdiyy qui est attendu ?

Le Jour du Jugement n’arrivera pas avant que ne se réalisent les grands et les petits signes annonciateurs. Quant aux petits signes, il y a parmi eux la diminution de la science et l’augmentation de l’ignorance, c’est-à-dire l’ignorance des sujets de la religion, les nombreux homicides et injustices, le grand nombre de maladies que les gens ne connaissaient pas auparavant, le grand nombre de charlatans et d’orateurs qui sèment la discorde, la prétention de gens à la prophétie et les attaques des différentes communautés contre la communauté de Mouhammad tout comme s’ils entouraient un plat de nourriture en l’entourant de toute part. Tout cela s’est réalisé. Parmi les derniers signes des petits signes à apparaitre, il y a l’apparition de Al-Mahdiyy et ceci est confirmé dans le hadith authentique rapporté par Ibnou Hibban dans son Sahih, Abou Dawoud dans ses Sounan, At-Tirmidhiyy dans son Jami^, Al-Hakim dans Al-Moustadrak du hadith de ^AbdoulLah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, d’après le Messager de Allah ﷺ qu’il a dit :

لا تَقُومُ السَّاعَةُ حَتَّى يَمْلِكَ النَّاسَ رَجُلٌ مِنْ أَهْلِ بَيْتِى يُواطِئُ اسْمُهُ اسْمِى وَاسْمُ أَبِيهِ اسْمَ أَبِى فَيَمْلَأُهَا أَىِ الأَرْضَ قِسْطًا وَعَدْلًا

Ce qui signifie : « Le Jour du Jugement n’arrivera pas avant que les gens ne soient dirigés par un homme de ma famille dont le prénom est comme mon prénom et dont le prénom du père est comme le prénom de mon père, il emplira la terre de justice et d’équité ».

Al-Mahdiyy ^alayhi s-salam, s’appelle Mouhammad fils de ^AbdoulLah. Il est soit haçaniyy, descendant de Al-Haçan, soit houçayniyy, descendant de Al-Houçayn, tous deux fils de Fatimah que Allah l’agrée. C’est un homme de grande taille, d’un teint basané, son visage est comme un astre dans sa beauté et sa clarté. Il a un front dégagé, un nez droit, des yeux noirs larges et des sourcils fins et longs qui sont proches sans être collés, sur sa joue droite il y a un grain de beauté noir, il a une barbe épaisse et des dents brillantes. Il va naître à Médine l’illuminée. Il va grandir là-bas, ensuite il ira à la Mecque honorée où les saints vont lui faire un pacte d’allégeance puis il s’installera dans le pays de Ach-Cham. Il est parvenu dans Al ‘Athar qu’il sera accompagné au tout début par un ange qui va marcher avec lui et qui va dire aux gens « Voici le Calife que Allah vous a désigné sur terre, Al-Mahdiyy, alors suivez-le ». Il a été rapporté également dans Al ‘Athar que Al-Mahdiyy ^alayhi s-salam, apparaîtra au tout début à Médine l’illuminée, il sera accompagné de mille anges qui vont lui donner du renfort. Ensuite il ira à la Mecque honorée là où l’attendront trois cents saints qui seront les premiers à lui faire un pacte d’allégeance. Il y aura une armée qui va se constituer pour le combattre et Allah va faire que toute cette armée soit ensevelie sous terre dans un endroit entre la Mecque et Médine. Après cela, il va s’installer dans les pays de Ach-Cham. A l’époque de Al-Mahdiyy il y aura une famine. Le croyant accompli, à ce moment-là, sera rassasié par la glorification de Dieu, le tasbih et le taqdis, c’est-à-dire en évoquant Dieu et en le glorifiant. Et il y aura entre ^Iça et Al-Mahdiyy sept ou neuf années.

  • Quelle est la preuve que Mouça ^alayhi s-salam était sur l’Islam ?

Il est un devoir de croire que notre maître Mouça ^alayhi s-salam n’était pas un juif, mais il était sur l’Islam comme le reste des prophètes. Preuve en est que les magiciens, lorsqu’ils ont été croyants en Mouça et qu’ils sont devenus musulmans, ils ont invoqué Allah pour qu’Il raffermisse leur cœur sur la foi et l’Islam. Ils ont dit : « Seigneur, accorde-nous la patience et fait nous mourir musulmans ».

  • Parle de la croyance aux livres célestes.

Il est devoir de croire aux livres célestes qui ont été révélés aux Messagers de Dieu qui sont au nombre de cent quatre et le plus réputé, le plus célèbre, c’est le Qour’an qui a été descendu à notre maître Mouhammad en arabe. Il y a aussi la Torah, c’est-à-dire d’origine, qui a été révélée à notre Maître Mouça en hébreu, l’évangile d’origine qui a été révélée à notre Maître ^Iça en araméen et les psaumes qui ont été révélées à notre Maître Dawoud en hébreu. Ainsi, Ibn Hibban a rapporté dans son Sahih le hadith de Abou Dharr, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « J’ai demandé au Messager de Allah combien de livres Allah a fait descendre. ». Le Prophète a répondu ce qui signifie : « Cent quatre livres. Il a été descendu à Chith cinquante Livrets, ont été descendus à Akhnoukh, c’est-à-dire à Idris, trente Livrets, ont été descendus à Ibrahim dix Livrets, ont été descendus à Mouça avant la Torah dix Livrets, il a été descendu la Torah, l’Evangile, Az-Zabour et le Qour’an ». La Torah et l’Évangile ont été déchirés et falsifiés, mais on ne dit pas qu’ils ont été élevés au ciel.  Et il y a des livres qui ont été élevés. Il a été rapporté de notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Les mages, les mazdéens, ils avaient un livre et une science qu’ils étudiaient », rapporté par Abou Dawoud d’après le hadith du fils de ^Oumar. C’est-à-dire qu’ils étaient sur l’Islam, ils avaient un livre céleste et une science qu’ils étudiaient. Puis leur roi s’est enivré un jour, il a bu de l’alcool et s’est retrouvé ivre et a commis l’inceste avec sa sœur. Et lorsqu’il a repris connaissance, les gens ont entendu ce qu’il a fait et l’ont su. Alors il a réuni ses chefs, des dignitaires de son royaume et leur a dit : « Est-ce que nous serions critiqués pour avoir fait ce que ‘Adam a fait ? ‘Adam faisait marier ses fils avec ses filles, il ne nous est pas permis de discréditer ou de considérer comme faux ce que ‘Adam faisait ». Alors certains l’ont contredit et blâmé pour ce qu’il avait fait et d’autres ont été d’accord. Le roi a été satisfait de ceux qui étaient d’accord avec lui et il a torturé les autres, il a tué ceux qu’il a pu tuer jusqu’à imposer son avis. Notre Maître ^Aliyy a dit : « Lorsqu’ils ont fait cela, leur livre a été élevé, ils ne l’ont plus retrouvé et la science qu’ils avaient auparavant a été retirée de leur cœur, c’était la science de l’Islam, ils se sont retrouvés à adorer le feu ». Tandis que le Qour’an honoré, Allah le préserve de toute falsification en raison de la parole de Allah :

﴿إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ

Ce qui signifie : « Certes nous avons fait descendre le Qour’an et nous le préserverons ». A la fin des temps le Qour’an sera élevé au ciel et il ne restera plus un seul verset sur terre.

  • Parle de la foi de la croyance en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal

Il est un devoir de croire en la prédestination qu’elle soit du bien ou du mal, c’est-à-dire que tout ce qui entre en existence que ce soit du bien ou du mal est par la prédestination de Allah qui est de toute éternité, c’est-à-dire que c’est Allah qui l’a fait exister conformément à Sa Science éternelle et à Sa volonté éternelle. Ainsi le Messager de Allah ﷺ a dit :

الإِيمَانُ أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ، رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Ce qui signifie : « La foi c’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses livres, en Ses Messagers, au Jour dernier, et que tu croies en la destinée du bien et du mal », rapporté par Mouslim. Le mot al-qadar, quand il est employé on peut en viser l’attribut de Allah, c’est-à-dire le fait qu’Il prédestine et il en est visé ce qui est prédestiné, c’est-à-dire ce que Allah, exempté de toute imperfection soit-Il, a prédestiné parmi les créatures. Et c’est ce deuxième sens qui est visé dans la parole du Prophète ﷺ :

وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ

Ce qui signifie : « Que tu croies en ce qui est prédestiné qu’il soit du bien ou du mal ». Le mot qadar a été mentionné une première fois dans le sens de l’attribut de Allah de prédestiner puis le pronom « hi » fait référence au mot qadar mais cette fois-ci dans le sens de ce qui est prédestiné parce que l’attribut de Allah est exempt de défaut, on ne qualifie pas l’attribut de Allah de mauvais ou de mal.

  • Parle de certains sujets qui se rapportent à la croyance au message de notre Prophète Mouhammad ﷺ.

Il est un devoir de croire qu’il est le Messager de Allah ﷺ et qu’il est le dernier des Prophètes, c’est-à-dire le dernier d’entre eux et qu’il est le maître des humains en raison de sa parole ﷺ :

أَنَا سَيِّدُ وَلَدِ ءَادَمَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَلا فَخْر رَوَاهُ التِّرْمِذِىُّ

Ce qui signifie : « Je suis le maître des fils de ‘Adam au Jour du Jugement et je ne dis pas cela par vanité », rapporté par At-Tirmidhiyy, c’est-à-dire je ne dis pas ça par fierté mais bien pour mentionner les grâces que Allah m’a accordées.

  • Parle de certains attributs obligatoires pour les Prophètes.

Il est un devoir de croire que chacun des prophètes de Allah est obligatoirement attribué de véridicité, d’honnêteté, de courage, d’éloquence et d’extrême intelligence.

  • Parle de l’attribut de la véracité pour les Prophètes.

Il est obligatoire que les Prophètes soient véridiques. Il leur est impossible le mensonge car le mensonge est un défaut qui ne convient pas au rang de Prophète. Ainsi notre Maître Mouhammad ﷺ était connu parmi les gens de la Mecque, il était surnommé Al-‘Amin, l’honnête, en raison de sa véracité, de son honnêteté et de sa chasteté. Aucun mensonge n’est provenu de lui, jamais. Quant à la parole de Ibrahim ^alayhi s-salam, à propos de son épouse Sarah, quand il a dit : « c’est ma sœur » alors qu’elle n’était pas sa sœur de sang, c’était en raison du fait qu’elle était sa sœur dans la religion dans l’objectif de la préserver de la nuisance de ce roi tyran. Ce n’est donc pas un mensonge dans le fond et dans la forme, mais c’est une véracité. Ibrahim a visé qu’elle était sa sœur dans la religion, ce n’était donc pas un mensonge. N’est-ce pas que Allah dit, ce qui signifie : « Les croyants sont certes des frères ». Il n’est donc pas permis de croire que Ibrahim ^alayhi s-salam a dit un mensonge car les prophètes sont exemptés du mensonge.

Ibrahim ^alayhi s-salam avait dit de son épouse Sarah « C’est ma sœur » lorsqu’il était arrivé dans le royaume d’un tyran mécréant. C’était l’habitude de ce roi, que toute belle femme qui pénétrait dans son royaume, était emmenée chez lui pour qu’il commette la fornication avec elle. Et Sarah faisait partie des plus belles des femmes. Ce roi avait pour habitude que si cette femme était la sœur d’un homme, il la laissait, sinon il la prenait. Un de ses espions lui a dit : « Aujourd’hui, il y a une femme parmi les belles femmes humaines qui est arrivée dans ton royaume ». Il a dit : « Ramenez-là moi ». Lorsqu’il l’a vue, il n’a pas pu se contenir. Il a tendu sa main vers elle et sa main s’est paralysée, c’est-à-dire qu’il ne pouvait plus la bouger. Il lui a dit : « fais-moi des invocations », elle a invoqué Allah et il a retrouvé l’usage de sa main et à nouveau, il n’a pas pu se retenir, il a tendu sa main vers elle une deuxième fois et sa main s’est paralysée. Il a perdu espoir et a été catégorique qu’il ne tenterait plus jamais après cela. Il lui a dit : « fais-moi des invocations, je ne ferai plus aucune tentative avec toi », et il a retrouvé l’usage de sa main.

  • Quelle est la signification de Sa parole, exempté de toute imperfection soit-Il, à propos de notre Prophète Ibrahim :

﴿بَلْ فَعَلَهُ كَبِيرُهُمْ هَذَا فَاسْأَلُوهُمْ إِنْ كَانُوا يَنْطِقُونَ﴾

Qui signifie : « C’est plutôt l’un d’entre eux qui l’a fait, posez-leur la question s’ils pouvaient répondre ! »

Il est un devoir de croire que les prophètes sont exemptés du mensonge. Quant à ce qui est parvenu à propos de Ibrahim dans ce verset, ce n’est pas un mensonge, c’est une vérité du point de vue du fond et de la forme. Son peuple était un peuple d’idolâtres et Ibrahim ^alayhi s-salam voulait faire quelque chose à leurs idoles qui soit un argument contre eux, puissent-ils se réveiller de leur léthargie et de leur insouciance. Et c’était une habitude de son peuple d’organiser une fête pour leurs idoles à l’extérieur de leur ville. Lorsque c’était le jour de leur fête, ils sont sortis de la ville et le Prophète Ibrahim ^alayhi s-salam s’est rendu au temple où étaient entreposées les idoles. Il a trouvé une grande idole et plusieurs petites. Il a pris de sa main une hache et s’est mis à détruire les petites statues jusqu’à faire en sorte qu’elles soient complètement détruites puis il a accroché la hache au cou de la plus grande des statues de sorte que lorsque son peuple revient, il leur montre que les statues ne peuvent même pas se protéger d’une nuisance. Et notre Maître Ibrahim ^alayhi s-salam donne ainsi l’argument à son peuple mécréant. Ibrahim ^alayhi s-salam a dit à son peuple : « C’est la plus grande qui a fait cela (c’est à dire qui les a détruites), posez-leur donc la question si elles peuvent parler.» En effet, c’était la plus grande des idoles qui l’avait amené à détruire les autres idoles tellement il était exaspéré par leur exagération dans leur glorification de cette grande statue en embellissant son apparence. Cela l’a amené à détruire les petites statues et à humilier la plus grande. L’attribution de l’acte à la plus grande des idoles est donc une attribution métaphorique. Il n’y a pas de mensonge en cela.

Livre du Majorquin : TouHfat al-‘Arîb Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

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Livre du Majorquin

TouHfat al-‘Arîb

Fî ar-radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré

en réplique aux gens de la croix

De °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân

(Anselm Turmeda)


L’auteur comptait parmi les supérieurs de leur hiérarchie, puis quand il est entré en Islam, il a voulu indiquer les aberrations de leurs lois canoniques, la contradiction de leurs évangiles et le dérèglement et la perniciosité de leurs esprits. Il a répliqué en prenant à témoin les textes et la raison.


Il commence par citer sa ville, son lieu de naissance, comment il a grandi, puis ses voyages, son entrée en Islam à l’époque d’Abû al-°Abbâs AHmad,le souverain de Tunis, et de son fils Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il indique qu’il a voulu traiter son sujet dans un livre comportant neuf chapitres et qu’il l’a achevé en l’an 823 de l’hégire, en 1420 du calendrier grégorien.

[Manuscrit de 1290 H – 1873 G]

TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb

Le présent de l’homme lettré,
en réplique aux gens de la croix

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad
ainsi que sa famille et ses compagnons.

°Abdallâh fils de °Abdallâh At-Tourjoumân a écrit : La louange est à Dieu Lui seul, à Lui revient la prédestination de toute chose. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à celui après lequel il n’y aura plus d’autres prophètes.

Après quoi, le Chaykh °Abdallâhfils de °Abdallâh At-Tourjoumân dit, que Dieu fasse de sa tombe et de sa demeure finale des jardins étendus :

Dieu m’ayant accordé la grâce d’être bien guidé vers la voie de droiture et d’entrer dans la religion de l’Islam, la religion agréée par Dieu, la religion de droiture, celle avec laquelle il a envoyé celui qu’il agrée le plus, MouHammad, j’ai pu constater que ses preuves étaient catégoriques et ne pouvaient échapper à qui possède un minimum de discernement –sauf à quelqu’un qui ne verrait pas un œuf d’autruche.

J’ai alors trouvé que les ouvrages de nos savants musulmans, que Dieu les agrée, comportaient ce qui ne nécessite aucun ajout. Cependant, que Dieu leur fasse miséricorde, ils ont suivi dans la plupart de leur argumentation contre les gens des livres –chrétiens ou juifs– la voie des implications rationnelles. Le HâfiDh Abû MouHammad Ibn Hazm[1] leur a répliqué avec les preuves rationnelles et les preuves textuelles, mais il a renoncé à argumenter contre eux par ce qu’impliquent leurs propres textes, sauf en de rares exceptions.

Or, j’avais tellement à cœur plusieurs objectifs :

  • apporter à la réplique contre eux une analyse des textes et des réalités objectives, qui joignent la connaissance des sources à l’analyse comparative, et sur lesquelles s’accordent la parole et l’observation des sens.
  • exposer l’imposture dans leurs propos, le mensonge de ce qu’ils ont établi comme doctrine de la trinité et comme obédience à cette voie corrompue.
  • mentionner avec cela leurs évangiles et ceux qui les ont composés, leurs lois et ceux qui les ont constituées, l’irrationalité de leurs raisonnements et l’imposture de leur croyance de mécréance à partir de leurs propres textes, ainsi que leurs calomnies à l’égard de Jésus °alayh as-salâm et leurs contrevérités explicites à l’égard de Dieu.
  • rapporter la parole de leurs prêtres, leurs croyances, leurs ruses et leurs perversions au regard de l’Évangile authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm.
  • mentionner la réalité de leur dévotion et de leurs prosternations pour leur croix, que Dieu les éloigne de Sa miséricorde et les humilie.

Jusqu’à ce que Dieu m’inspire la décision pertinente de composer cet heureux abrégé.

J’ai commencé par y citer ma ville et mon éducation, puis mes voyages en dehors de ma patrie, mon entrée dans la religion de l’Islam et la foi en notre maître MouHammad. J’y mentionne ensuite les bienfaits dont m’a comblé notre souverain l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmad fils des émirs honorables, et certaines choses qui me sont arrivées pendant son règne, puis durant le règne de son fils, notre maître l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz descendant des nobles émirs, et nous évoquerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations.

J’y mentionne ensuite la réplique que j’ai précédemment évoquée contre la religion chrétienne et la confirmation du mérite de la communauté de MouHammad.

Lorsque cet abrégé peu commun a pris forme selon ce sommaire, je l’ai intitulé TouHfat al-‘Arîb fî ar-Radd °alâ Ahl aS-Salîb « Le présent de l’homme lettré, en réplique aux gens de la croix », et j’en ai fait trois chapitres pour en faciliter la lecture au chercheur sans pour autant ennuyer le curieux.

Le premier chapitre est consacré à mes débuts dans l’Islam, à ma sortie de la religion chrétienne vers la communauté de droiture, puis à la bienfaisance dont m’a comblé notre maître l’Émir des croyants Abû al-°Abbâs AHmadet ce qui m’est arrivé durant son règne.

Le deuxième chapitre est consacré à ce qui m’est arrivé durant le règne de notre maître l’Émir des croyants Abû Fâris °Abd Al-°Azîzet nous citerons une part de sa biographie louable et de ses belles réalisations, pendant la période de composition de ce livre, à savoir l’an 823 de l’hégire prophétique.

Le troisième chapitre poursuit l’objectif de ce livre qui est de répliquer au dogme chrétien et de confirmer la prophétie de notre Maître MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré et qu’Il l’apaise quant au sort de sa communauté, ainsi que sa famille et ses compagnons, à partir du texte de l’Ancien testament, des évangiles et du reste des livres attribués aux prophètes, que Dieu les honore davantage en degré.

Son achèvement a permis d’atteindre l’objectif pour lequel cet ouvrage a été composé, par l’aide de Dieu, et il n’est de force et de préservation que par Dieu Al-°Aliyy Al-°ADhîm.

Premier chapitre

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que je suis originaire de la ville de Majorque, que Dieu fasse qu’elle redevienne une terre d’Islam. C’est une grande ville qui donne sur la mer, blottie entre deux montagnes et traversée par une petite rivière. C’est une ville de négoce, elle a deux ports dans lesquels font escale les grands navires pour des activités commerciales florissantes. La ville porte le nom de l’île, Majorque. Les zones arborées sont majoritairement plantées d’oliviers et de figuiers. Les années favorables, ses oliviers peuvent donner plus de 20 mille barils d’huile d’olive envoyée en Égypte et à Alexandrie. Dans l’île de Majorque citée, il y a plus de cent vingt forts peuplés et clôturés en activité.

Mon père comptait parmi les notables de Majorque et n’avait pas d’autre fils que moi. Quand j’ai atteint mes six ans, il m’a confié à l’un des prêtres enseignants. J’ai pu lire avec lui les évangiles jusqu’à en mémoriser plus de la moitié en deux ans. Puis je me suis mis à apprendre la langue de l’évangile et il m’a enseigné la logique pendant six ans. J’ai ensuite quitté ma région pour voyager jusqu’à la ville de Lérida en terre Catalane qui est une ville de science chez les chrétiens de cette partie du monde. La ville est traversée par une grande rivière et j’ai vu l’or mêlé au sable, sauf qu’il est notoire chez tous les habitants de cette ville que la dépense nécessaire à l’extraction n’est pas garantie par le revenu que l’on pourrait en tirer, c’est pour cela qu’il est délaissé. Dans cette ville, il y a beaucoup de fruits. J’ai vu des agriculteurs couper les pèches en quartiers et les laisser sécher au soleil et faire de même avec les potirons et les carottes. Quand ils veulent en consommer l’hiver, ils les laissent tremper dans l’eau la nuit, puis ils les cuisinent comme s’ils avaient été récoltés le jour même.

Dans cette ville, des étudiants chrétiens se réunissent. Ils forment un contingent de mille ou mille cinq cents hommes et seul le prêtre, auprès de qui ils apprennent, a pouvoir de juridiction sur eux.      
La plante majoritairement cultivée dans ses contrées est le safran. J’y ai appris la science des plantes médicinales et de l’astrologie pendant six ans, puis on m’a confié un poste d’enseignant, je suis resté ainsi à enseigner aux gens l’évangile et sa langue pendant quatre ans.

Puis j’ai voyagé vers la ville de Nabounyah[2] en Abzadie[3] qui est une grande ville construite en brique rouge parfaite parce qu’ils n’ont pas de carrières de pierres. Chaque fabricant de briques à son propre sceau à cacheter et un directeur responsable de tous ces fabricants contrôle la qualité de l’argile et la manière de cuire les briques. Si la brique se fissure ou s’effrite, il en fait alors rembourser le prix à celui qui l’a fabriquée et il reçoit des coups en punition.

C’est une ville de science pour tous les habitants de cette région. Chaque année s’y rassemblent de différents horizons plus de deux mille hommes pour apprendre leurs sciences. Leur vêtement indique l’austérité. Quand bien même il y aurait parmi leurs étudiants en science un gouverneur ou un fils de gouverneur, il ne porterait que ce vêtement pour que les étudiants se distinguent de tout autre qu’eux.

Seul le prêtre auprès de qui ils apprennent avait autorité sur eux. J’y ai séjourné dans une église affectée à un prêtre d’un âge avancé qui avait un haut degré chez eux et qui s’appelait Nicolas Martel. Selon eux, il avait un degré de science, de pratique et d’ascèse très élevé. Personne ne l’égalait à son époque parmi tous les chrétiens. Les questions particulières dans leur religion lui parvenaient de tous les horizons de la part de rois et les questions étaient accompagnées de somptueux cadeaux. Les gens espéraient rechercher par lui des bénédictions, et lorsqu’il acceptait leurs cadeaux, c’était un honneur pour eux.

J’ai appris auprès de cet archiprêtre la science des fondements de la religion chrétienne, ses lois et je me rapprochais de lui en me mettant à son service et en faisant la plupart de ses tâches, jusqu’à devenir son confident le plus proche. À force d’être à son service et de me rapprocher de lui, il en est venu à me confier toutes les clés de ses appartements et de son garde-manger, à l’exception d’une clé, celle de la petite pièce de sa demeure où il s’isolait. Apparemment, c’était la pièce où il gardait les trésors qui lui étaient offerts, mais Dieu sait plus que tout autre sa réalité.

Je suis resté à ses côtés, à réciter auprès de lui, et en étant à son service pendant dix ans. Puis, un jour, il tomba malade et ne put sortir enseigner. Les habitués de son assemblée attendaient son retour en révisant des questions de science, jusqu’à aborder la parole de Dieu à son prophète Jésus °alayh as-salâm « Viendra après toi un prophète qui s’appellera le Paraclet. » (Jean 14 :16) Ils avaient alors beaucoup discuté et débattu, puis s’étaient séparés sans avoir tranché le débat sur qui était ce Paraclet et à quel prophète il faisait référence.

Je suis parti voir le prêtre, qui enseignait ces cours-là, chez lui. Comme il en avait l’habitude, il m’interrogea :

Qu’est-ce que vous avez étudié aujourd’hui en mon absence ? » Je lui ai dit que les gens avaient débattu au sujet du nom de Paraclet et qu’Untel avait répondu telle chose, Untel avait répondu autre chose et je lui ai donné toutes leurs réponses. Il m’a dit :

Et toi, qu’en penses-tu ? » Je lui ai dit :

Par la réponse qu’a donnée l’exégète Untel dans son explication de l’évangile. » Il a dit :

Tu n’as pas failli et tu étais proche, Untel s’est trompé et Untel était proche, mais la vérité est différente de tout cela, parce que l’explication de ce nom honorable n’est connue que par les savants qui maîtrisent la science, et vous n’avez pas obtenu suffisamment de science, vous n’en avez que très peu. » Alors je me suis mis à embrasser ses pieds en lui disant :

Mon maître, vous savez que je suis venu d’une ville éloignée, je suis à votre service depuis dix ans, j’ai pris de vous des connaissances que je ne peux énumérer. Peut-être par votre grand bienfait pourriez-vous parfaire mes connaissances en me faisant connaître ce nom honoré. »

C’est alors que le prêtre se mit à pleurer, en disant :

Mon fils, par Dieu, tu m’es très cher parce que tu es à mon service et que tu t’es consacré à moi. Dans la connaissance de ce nom honoré réside un grand intérêt, mais je crains que tu ne le divulgues et que les gens du commun des chrétiens te tuent sur le champ. »

Mon maître, par Dieu l’Éminent et par la réalité de l’évangile, et par celui qui l’a amené, je ne dirai rien de ce que vous me direz en secret à son sujet. » Ai-je assuré. Il a repris :

Mon fils, je t’ai demandé dès ton arrivée depuis ta ville qui est proche des musulmans, s’ils vous attaquent, si vous les attaquez, pour savoir quel était ton ressenti. Sache, mon fils, que le Paraclet est l’un des noms de leur prophète MouHammad et c’est à son sujet qu’a été révélé le quatrième livre, tel que mentionné par Daniel °alayh as-salâm dans lequel il a annoncé qu’il recevrait une révélation, que sa religion serait la religion de vérité et que sa communauté serait la communauté de droiture qui est citée dans l’évangile. »

J’ai demandé :

Ô mon maître, et que disent les chrétiens à propos de la religion de ces gens-là ? »

Il me répondit :

Mon fils, si les chrétiens étaient sur la religion de Jésus °alayh as-salâm, ils seraient sur [l’Islam,] la religion agréée par Dieu parce que Jésus et tous les prophètes ont pour religion la religion agréée par Dieu. »

Et comment se délivrer de tout cela ? » Ai-je interrogé. 

En entrant dans la religion de l’Islam », a-t-il conclu.

J’ai repris :

Est-ce que celui qui entre dans cette religion est sauvé ? » 

Oui, il sera sauvé dans le bas monde et dans l’au-delà », me dit-il.

Mais mon maître, quelqu’un de sensé ne choisit pour lui-même que ce qu’il a connu de meilleur. Si vous avez su que le mérite réside dans la religion de l’Islam, qu’est-ce qui vous empêche de l’embrasser ? » Ai-je dit.

Mon fils, Dieu ne m’a donné de connaître la réalité de ce que je t’ai dit à propos du mérite de l’Islam et de l’honneur du Prophète de l’Islam qu’après un âge avancé, et mon corps est aujourd’hui fatigué. Certes, nous n’avons pas d’excuse en cela, et l’argument que Dieu a envoyé[4] est contre nous. Si Dieu m’avait guidé vers cela alors que j’avais ton âge, j’aurais tout délaissé et je serais rentré dans la religion de vérité. Mais c’est l’amour du bas monde qui est l’origine de tout péché et toi tu vois parfaitement ce que j’ai chez les chrétiens, comme haut degré, comme gloire, comme honneur et comme quantité de biens du bas monde. Si j’avais manifesté que j’avais en moi un quelconque penchant vers la religion de l’Islam, les gens du commun m’auraient tué sans tarder, et à supposer que je me sois sauvé de leur vindicte et que je sois parvenu jusqu’aux musulmans, je leur aurais dit : « Je vous rejoins en étant musulman. » Ils m’auraient dit : « Tu as profité à toi-même en entrant dans la religion de vérité, alors ne nous énumère pas tes hauts faits en disant que tu es entré dans une religion qui t’a permis de sauver ton âme du châtiment de Dieu. » Alors je serais resté parmi eux, un pauvre grabataire de quatre-vingt-dix ans, ne comprenant pas leur langage et eux ne connaissant pas ma réalité, et je serais mort de faim parmi eux. Alors que moi, par la grâce de Dieu, je suis sur la religion de Jésus et ce qu’il a amené[5], Dieu sait cela de moi. » Je lui ai dit :

Mais mon maître, m’indiquerez-vous comment je peux rejoindre le pays des musulmans et rentrer dans leur religion ? »

Si tu es sensé, tu chercheras à être sauvé, alors empresse-toi de le faire, tu obtiendras le bas monde et l’au-delà. Mais mon fils, ce sujet, personne n’en a été témoin avec nous maintenant. Alors cache-le profondément de toutes tes forces. Si tu montres quoi que ce soit, les gens du commun vont te tuer immédiatement et je ne pourrai pas t’être utile. Il te sera aussi inutile de rapporter mes propos, parce que je les nierai et ma parole est crue, contrairement à la tienne. Moi je serai innocent de ta mort si tu divulgues quoi que ce soit de tout cela. » A-t-il dit pour finir. J’ai dit :

Mon maître, je demande que Dieu me préserve de dire quoi que ce soit de tout cela. »

Je lui ai donné l’engagement de faire ce qui le satisfaisait. Puis j’ai pris mes dispositions pour le voyage. Étant parti lui faire mes adieux, il m’a fait des invocations de bien et m’a donné cinquante dinars en or, puis j’ai pris la mer en direction de la ville de Majorque. J’y suis resté six mois, puis j’ai voyagé vers l’île de la Sicile où je suis resté quinze mois à attendre un navire en partance vers la terre des musulmans. Lorsqu’un navire à destination de la ville de Tunis est arrivé, j’ai embarqué dedans pour quitter la Sicile. Nous avons levé l’ancre peu avant la disparition du crépuscule rouge et nous sommes arrivés au port de Tunis à l’approche de la mi-journée par la grâce de Dieu. Lorsque je suis descendu du bateau au port de Tunis, des membres officiels de la communauté chrétienne qui y étaient établis ont appris ma venue. Ils sont venus m’escorter, et m’ont emmené depuis le port jusqu’à leurs quartiers, en compagnie de certains commerçants qui habitaient également à Tunis. Je suis resté chez eux en tant qu’hôte profitant d’un mode de vie des plus fastes pendant quatre mois. Après cela je les ai interrogés, s’il y avait dans la maison du gouverneur quelqu’un qui comprenait la langue des chrétiens. Le gouverneur à ce moment-là était notre seigneur Abû al-°Abbâs AHmadque Dieu lui fasse miséricorde. C’était le roi de Beni HafS à Tunis, il est mort en 796 (de l’Hégire) correspondant à l’an 1393. Ils m’ont répondu par l’affirmative : il y avait bien un homme de mérite parmi ses serviteurs émérites qui s’appelle Yûsouf le médecin. C’était son médecin personnel, et il faisait partie des gens proches de lui.

J’étais extrêmement heureux, j’ai demandé où habitait ce médecin, on m’a indiqué sa demeure. J’ai ainsi pu le rencontrer. Je lui ai expliqué mon état et la raison pour laquelle j’étais venu, à savoir pour entrer dans la religion de l’Islam. L’homme en fut très heureux, empli d’une joie immense que ce bien soit par ses mains. Il a enfourché son cheval et m’a emmené avec lui à la maison du Sultan. Il est rentré, il lui a annoncé ce que je lui avais dit. Il lui a demandé l’autorisation de me faire entrer. Je fus admis pour avoir une entrevue avec lui. Une fois devant lui, il me questionna tout d’abord sur mon âge. Je lui ai dit avoir 35 ans. Puis il m’a interrogé sur ce que j’avais étudié comme sciences et je l’en ai informé. Il m’a dit :

Tu es arrivé à point. Entre en Islam par la grâce de Dieu. »[6] J’ai dit au traducteur, le médecin :

Dis à notre maître, le Sultan, que personne ne sort d’une religion sans que ses anciens coreligionnaires ne se mettent à médire de lui. Alors je souhaiterais, par votre bienfait, que vous envoyiez chercher qui vous trouverez comme commerçants et prêtres chrétiens en ville et que vous les interrogiez et que vous entendiez ce qu’ils disent à mon sujet, à ce moment-là je déclarerai mon Islam[7]. »

Tu demandes la même chose qu’avait demandée °Abdoullâh fils de Salâm [8] au Prophète r Salla Allâh °alayh wa sallam quand il est entré en Islam ! » M’a-t-il dit par l’intermédiaire du traducteur.

Puis il fit quérir des prêtres des chrétiens et quelques-uns de leurs commerçants, en m’ayant dissimulé dans une pièce voisine de leur assemblée, où ils ne pouvaient me voir.

Quand les chrétiens sont rentrés, il les a interrogés :

Que dites-vous de ce nouveau prêtre arrivé par le dernier navire [en provenance de Sicile] ? » Ils répondirent :

Votre excellence, c’est un érudit très versé dans notre religion. Nos savants disent qu’ils n’ont pas vu quelqu’un ayant un plus haut degré de connaissance, notamment en savoir religieux. »

Et que diriez-vous de lui s’il entrait en Islam ? » Poursuivit-il

Nous demandons à ce que Dieu nous en préserve, lui ne fera jamais cela ! » S’exclamèrent-ils.

Ayant entendu leurs allégations, il m’a fait venir. Je me suis approché devant lui et j’ai prononcé les témoignages de vérité[9] en présence des chrétiens. Ils ont fait leur signe croix sur leur visage et ont argué : « Ce qui l’a amené à faire cela, c’est uniquement parce qu’il veut se marier, parce que les prêtres chez nous ne peuvent pas se marier ! » Ils sortirent choqués, dépités et tourmentés.

Alors le sultan, que Dieu lui fasse miséricorde, m’a octroyé quotidiennement un quart de dinar, il m’a logé dans une maison particulière, il m’a donné en mariage la fille de Hâjj MouHammad aS-Saffâr. Lorsque j’ai décidé de consommer notre mariage, il m’a offert cent dinars d’or et une magnifique garde-robe. J’ai vécu avec elle, j’ai eu un enfant d’elle, que j’ai appelé MouHammad par recherche de bénédictions par le nom de notre prophète MouHammad.

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz[10].

Cinq mois après ma conversion à l’Islam, le sultan m’a chargé de diriger l’administration du port, le Dîwân[11]. Son objectif était que j’apprenne la langue arabe là-bas en raison de ce qu’il m’arriverait de traduire comme échanges entre les chrétiens et les musulmans.

J’ai appris la langue arabe en un an et j’étais présent lorsque Génois et Français ont pris la ville de Mahdia. Je traduisais au sultan le contenu de leurs écrits. Puis j’ai accompagné le sultan à Gabes en tant que son secrétaire, puis à Gafsa. C’est là-bas qu’a débuté l’infection qui a causé son décès, le trois de Cha°bân de l’an 796. Ensuite son fils lui a succédé, notre maître l’Émir des croyants et soutien de la religion Abû Fâris °Abd Al-°Azîz. Il a reconduit tous les engagements de son père concernant mon salaire et mes avantages. Il m’a aussi chargé de la fonction de responsable des appartements privés.

Or, à l’époque de son règne, lorsque j’étais en charge du Dîwân, en tant que responsable administratif et traducteur, un cargo de marchandises affrété par des musulmans est arrivé au Dîwân. Lorsqu’il a jeté l’ancre au port, deux navires siciliens l’ont attaqué et l’ont arraisonné après que les passagers musulmans ont réussi à se sauver sans leurs biens restés à bord. Les chrétiens ont alors saisi leur cargaison et notre seigneur Abû Fâris a demandé au responsable du Dîwân et à ses témoins de sortir à la Goulette[12] pour négocier avec les chrétiens en vue de récupérer les biens des musulmans. Les employés sont sortis et ont demandé la garantie de sécurité pour un traducteur qui serait avec eux, ils la lui ont accordée. Le traducteur est donc monté sur leur navire et a discuté avec eux de la rançon à payer pour récupérer les marchandises. Mais ils ont demandé une somme exorbitante et il n’y a pas eu de suite à cette négociation.

Or il y avait à bord de leur navire un grand prêtre qui avait un haut degré chez eux. Il était venu de Sicile. Nous étions des amis proches, il y avait une confrérie à l’époque dans laquelle nous apprenions la science ensemble. Il avait appris mon entrée en Islam, ce qui lui était pénible. Il était donc venu à bord de ce navire pour m’inviter à revenir à la religion chrétienne en comptant sur notre ancienne amitié. Ainsi, lors de son entretien avec notre traducteur, il lui a demandé comment il s’appelait, ce à quoi il a répondu :

°Aliyy. » Il lui dit :

°Aliyy, prends cet écrit et transmets-le à °Abdoullâh, le chef des affaires maritimes chez vous au Dîwân. Voici un dinar. Et si tu me rends une réponse je t’en donnerai un autre. »

°Aliyy a pris le dinar et la missive et il est rentré à la Goulette. Il a transmis au responsable duDîwân tous leurs échanges. Puis il lui a rapporté ce que ce prêtre lui avait dit, la missive qu’il lui avait remise, et le dinar qu’il avait reçu comme rétribution. Alors le responsable du Dîwân, a pris la missive et l’a faite traduire par un des commerçants de Gênes. Puis il a envoyé l’original et sa traduction à notre seigneur Abû Fâris qui l’a lue puis m’a fait quérir. À mon arrivée, il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, voici la missive qui est arrivée par mer, lis-la et dis-nous ce qu’elle contient. » Je l’ai lue et me suis mis à rire. Il m’a interrogé :

Qu’est-ce qui te fait rire ? »Je lui ai dit :

Que Dieu vous accorde la victoire, cette lettre est envoyée par un prêtre qui était un de mes amis par le passé, je peux vous le traduire tout de suite. » Je me suis assis quelque part, je l’ai traduite en arabe, puis je lui ai remis ma traduction. Il l’a lue, puis il a dit à son frère le Seigneur Ismâ°îl :

Par Dieu, il n’a rien omis ! », [C’est-à-dire c’était la même chose que la copie transmise précédemment]. Je lui ai dit :

Mais Maître, comment savez-vous que je n’ai rien omis ? »Il a dit :

Grâce à l’autre version traduite par les Génois. » Puis il m’a dit :

Ô °Abdoullâh, qu’est-ce que toi tu répondrais à ce prêtre ? » Je lui ai dit :

Maître, c’est de moi-même et de ma propre initiative que je suis entré en Islam, par mon propre choix et par recherche de la religion de vérité. Je refuse de satisfaire sa demande de manière catégorique. » Il a dit :

Nous connaissons la véracité de ton Islam et n’avions aucun doute à ton sujet dès le départ. Mais la guerre est stratagème[13]. Alors écris-lui en réponse, qu’il donne l’ordre au capitaine du navire d’accepter notre rançon en échange de nos marchandises, et de ne pas demander trop cher. Dis-lui que s’il se met d’accord avec les commerçants musulmans sur un montant précis, tu sortiras avec celui qui pèse la marchandise sous prétexte de la peser et tu t’enfuiras avec eux de nuit. » Alors j’ai fait ce qu’il m’a ordonné et j’ai répondu au prêtre qui fut très satisfait. Ils n’ont pas demandé très cher pour la rançon des musulmans, mais comme celui qui pesait est sorti plusieurs fois sans que je sois à ses côtés, le prêtre a perdu espoir, ils ont levé l’ancre et sont partis humiliés par Dieu.

Et voici le texte de la missive du prêtre à °Abdoullâh : « Après les salutations de ton frère le prêtre Francis, je te fais savoir que je suis venu dans ce port pour te ramener avec moi. Aujourd’hui en fonction auprès du gouverneur de Sicile, j’ai atteint un niveau où je peux destituer ou investir. Je donne et je prive et tout son royaume est sous ma direction. Alors écoute-moi et rejoins-moi, par la bénédiction de Dieu. Ne crains pas la perte de tes biens ni de ton pouvoir ni autre, parce que j’ai de l’argent et du pouvoir, suffisamment pour nous deux. Je pourrai t’arranger ce que tu veux. » Fin de cette lettre

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde.

Il a instauré l’équité et la justice entre tous ses gouvernés. Il les a dirigés par le Livre et la Sounnah. Parmi ses faits remarquables, c’est qu’il honore les savants et les gens de vertu. Il leur fait toujours bon accueil à sa cour. Il honore la famille du Messager °alayhi s-salâm. Il leur a donné beaucoup de cadeaux au point qu’ils sont venus en provenance de l’est et de l’ouest de la terre. Il a donné des salaires, des revenus et des tenues vestimentaires à tous ceux d’entre eux qui s’installaient dans son pays. Et il gardait le lien avec ceux qui quittaient sa terre. Il a honoré les responsables de son royaume qui étaient à son service. Il leur donnait annuellement soixante dinars qui étaient versés lorsqu’ils venaient le visiter, la nuit du Mawlid honoré pour qu’ils les dépensent dans les banquets, organisés pour les réjouissances, à l’occasion de cette naissance honorée. Il faisait en sorte que cela provienne du dixième des revenus du Dîwân[14] parce qu’il veillait à ne consommer que des biens de source licite, tout cela en plus de ce qu’il envoyait comme parfum, eau de rose et encens.

Pour ce qui est de son soutien et de sa justice envers les victimes, il reprenait leurs droits des injustes quels qu’ils soient. Il était notoirement connu que ses gouverneurs et les proches du pouvoir suivaient son exemple et se gardaient d’être injustes et de nuire, de sorte qu’il n’y avait personne qui se plaignait d’eux à lui.

Par crainte de Dieu, il prélevait, sur la dîme des chrétiens et la jizyah des juifs, sa nourriture et la nourriture de sa famille et leur vêtement ainsi que tout leur nécessaire, par recherche du licite en cela.

Il se préoccupait des gens emprisonnés. La plupart du temps, il libérait ceux qui méritaient d’être libérés et il leur appliquait les règles des crimes conformément aux lois de l’Islam (il exécutait ceux qui méritaient l’exécution, c’est-à-dire qu’il faisait appliquer le talion).

Pour ce qui est de ses nombreuses aumônes, c’est une chose pour laquelle il était réputé. Il avait organisé des registres pour les distribuer aux pauvres ainsi qu’aux familles qui les méritaient, et à certaines familles honorables. Il a mandaté pour cela le faqîh °Abdallâh MouHammad fils de Salâm AT-Tabariyy de faire parvenir lui-même à chaque ayant droit sa part d’argent, ou de nourriture, ou d’huile d’olive, ou de bétail (bovins ou ovins) à partir de la zakat. Il agissait de la sorte dans toutes ses œuvres.

Parmi ses merveilleuses grâces, c’est ce qu’il envoyait avec les voyageurs du pèlerinage vers la maison honorée de Dieu et à l’adresse des résidents du voisinage de la tombe du Prophète. Il faisait parvenir de l’argent qui était distribué à La Mecque et Médine, suffisamment pour ceux qui y résident et ceux qui y sont de passage, que Dieu lui accorde d’amples récompenses.

Il envoyait en plus de cet argent des vêtements pour les Cheiks des arabes de Barqah en Libye qui étaient désobéissants, de sorte que cela les empêchait de s’attaquer aux pèlerins et les incitaient à faciliter le chemin.

Parmi ses bienfaits, il y a ce qu’il a consacré aux esclaves de la péninsule de l’Andalousie comme biens continus. Il leur a dédié mille qafiz[15] de blé chaque année du dixième des revenus (zakat probablement) de la région de Wichtâtah[16], en plus de l’accompagnement (sauce ou huile) ainsi que de l’argent en espèce, des chevaux purs sang, des armes de qualité et ce qu’ils n’avaient pas comme poudre précieuse pour les munitions.

Il s’est occupé aussi de libérer les musulmans prisonniers aux mains des chrétiens. Il a fait en cela ce que personne dans ce pays n’a fait puisqu’il dédiait des biens de grande valeur, chose en laquelle personne ne l’a égalé dans le pays. Il a dédié [17] des biens considérables à cet effet. Il a chargé pour les gérer le chef des chefs de métier[18], Abû °Abdallâh MouHammad fils de °Azzûz. Il lui a ordonné de bien les exploiter et de préserver leur revenu, et avec tout ce qu’il obtenait des revenus, il achetait un terrain de l’extérieur et de l’intérieur de la Tunisie. L’émir des croyants l’a réservé pour payer la rançon des prisonniers après sa mort.

Il s’était astreint lui-même à payer la rançon de tous les prisonniers qui parvenaient au port de Tunis et ce, à partir du trésor des musulmans, tout le temps de sa vie et de son règne.

J’ai été présent plusieurs fois lorsqu’il demandait aux commerçants chrétiens de toutes leurs nations de lui amener tout ce qu’ils pouvaient amener comme prisonniers musulmans : il leur versait soixante dinars par jeune homme et, entre quarante et cinquante dinars par vieil homme ou adulte[19].

C’était moi qui traduisais les échanges entre lui et les chrétiens à ce sujet. En très peu de temps, les commerçants ont ramené beaucoup de prisonniers et nous avons compté le paiement de la rançon à partir de Bayt al-mâl (du trésor). Il continuait cette pratique à la date d’écriture de ce livre, que Dieu lui accorde une large récompense.

Parmi ses éminentes traces, il a construit la zaouïa qui est à l’extérieur de Tunis, du côté de Bâb al BaHr[20]. Elle était auparavant un lieu de dépravation, un endroit où étaient commis les plus graves des péchés, des désobéissances à Dieu s’y produisaient au grand jour, sans personne qui ne les fasse cesser ni les renie. Un chrétien l’avait loué à douze mille dinars d’or par an, afin d’y vendre de l’alcool et autres substances enivrantes. On y trouvait les plus blâmables les choses, ce qui chagrine le cœur des gens sincères. Alors notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîzs’est privé de ces mauvais revenus interdits de perception et de consommation, pour l’agrément de Dieu. Il ne s’est pas limité à faire cesser ces péchés, mais il a même détruit cette bâtisse et a construit à la place une imposante zaouïa[21] grandement bénéfique. Elle est devenue un lieu d’adoration pour accomplir les prières, le dhikr[22], les adorations, pour y offrir la nourriture [aux nécessiteux] tout le temps. Il lui a en effet dédié[23] des biens nombreux et utiles, des champs agricoles, des oliviers, une presse à olives à côté et d’autres choses encore, que Dieu le récompense pour cela.

Il a également fait construire la zawiya près du verger du Bardo et la zawiya proche d’ad-Dâmûs et de Jabal al Jlûd à la qibla[24] de Tunis. Il lui a dédié des biens qui suffisent pour couvrir les charges.

C’est également à lui que reviennent le système d’alimentation en eau potable qui est à l’extérieur de Bab al-Jadîd[25] ainsi que la grande citerne d’eau qui était sous le lieu où on accomplissait la prière de l’Aïd.

Il a aussi fait construire les postes de garde (maHras) près de Dâr Abû l-Ja°d, les bains maures, les fortins de surveillance des fronts maritimes (rabâT ou rafrâf) et les qamariyyah[26].

Parmi ses grandes réalisations, il y a la grande bibliothèque qu’il a érigée à l’intérieur de la mosquée de la Zaytounah à Tunis. Il y a rassemblé des ouvrages utiles dans différentes sortes de sciences et en a fait un waqf à jamais pour les étudiants de science de la religion. Il lui a dédié pour couvrir les frais d’entretien, des champs d’oliviers et autres, ce qui couvre largement les frais de ceux qui les empruntent pour consultation, ceux qui les consultent sur place et ceux qui en assurent la surveillance.

Parmi ses grands bienfaits, il y a aussi la fondation de l’hôpital[27] de Tunis. Personne en Ifriqiya[28], des prédécesseurs et des successeurs, n’a fait une telle chose. Il était dédié aux étrangers musulmans qui tombaient malades. Il a dédié des waqf suffisamment pour en couvrir les frais de fonctionnement. Cela a eu lieu l’année de composition de ce livre, à savoir en l’an 823 de l’hégire.

Parmi ses immenses bienfaits également, il y a les nombreuses ressources de revenus interdites qu’il a abandonnées pour l’agrément de Dieu, à savoir des taxes hors de la Loi musulmane du Prophète MouHammad. Il a abandonné toutes les taxes et impôts qui ne sont pas conformes à la loi de l’Islam. C’était des taxes et impôts qui étaient prélevés dans tous les marchés de Tunis. Auparavant, il n’y avait pas une seule chose, de petite ou de grande valeur, qui y soit vendue, sans que le marchand ne donnât une taxe au sultan. Il s’agissait d’un dirham et jusqu’à un ou plusieurs dinars lorsqu’il s’agissait d’une marchandise de grande valeur. Tel était l’usage et la pratique depuis une longue période, jusqu’à ce que Dieu a inspiré à ce sultan de les abroger et de les abandonner. L’injustice était ainsi levée et les gens s’en sont sentis mieux.

Ainsi, il a annulé :

  • les taxes dans le souk des ar-Rahadanah, qui étaient de trois mille dinars en or
  • les taxes du souk des céréales qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du souk du bétail, qui étaient de 10 mille dinars
  • les taxes du marché de l’huile qui étaient de cinq mille dinars
  • les taxes du marché des légumes qui étaient de trois mille dinars
  • les taxes du marché des épices qui étaient de cent cinquante dinars
  • les taxes du marché de charbon qui étaient de mille dinars
  • les taxes du °Amûd[29] qui étaient de mille dinars. Ce n’était pas un quelconque bénéfice des marchés, mais plutôt des taxes prélevées par un roi antérieur qui avait imposé les campagnes des mourtajizah et autres qui sont des gens vivant en tentes et des nomades. Cela a duré longtemps jusqu’à ce que ce roi Abû Fâris °Abd Al-°Azîz les ait annulées, ce qui s’élevait à mille dinars.

Il a également annulé :

  • les taxes du marché des entrepreneurs, qui étaient de trois mille dinars,
  • les taxes des Qachchâchîn[30] qui s’élevaient à deux cents dinars
  • les taxes du souk d’AS-Saffârîn qui étaient de cent dinars[31]
  • les taxes de souk Al-Azzâfîn[32] qui étaient de cinquante dinars.

Il a autorisé la fabrication du savon alors que c’était défendu et que celui qui bravait l’interdiction recevait une punition pécuniaire et corporelle. Seul le sultan en avait la fabrication exclusive et il pouvait en fabriquer dans une manufacture particulière où il se vendait[33].

Parmi les plus éminentes de ses bonnes actions dans ce chapitre, c’est qu’il a abandonné les prélèvements sur toutes les choses blâmables[34], qui étaient nombreuses. Il y avait entre autres une milice du gouverneur de la Ville : certains prélevaient les taxes, réclamait trois dinars et demi chaque jour. Notre seigneur AbûFâris °Abd Al-°Azîza annulé tout cela. Au lieu de cela, il a dédié pour cette tâche[35] des gens de confiance, honnêtes, et notables, par honnêteté religieuse.

Il y avait pour les danseurs et les chanteuses des dîmes et prélèvements interdits. Il les en a affranchis. Les efféminés et les homosexuels subissaient des punitions et il leur était imposé d’accomplir des tâches de service dans la maison du sultan. Il a annulé toutes ces taxes et les a fait sortir de son pays, pour ce qu’il lui était parvenu comme désobéissances laides et actes blâmables.

Au tout début de son règne, sa flotte a attaqué la ville de Tarqouba[36] de l’Île de Sicile. Il s’en est emparé, il a détruit son fort et il en a ramené un grand butin.

Pour ce qui est des conquêtes en Ifriqiya et le fait d’avoir éradiqué les rebellions en très peu d’années, c’est quelque chose d’étonnant, qui ne peut être décrit dans un seul livre. Ce fut le cas des villes de Tripoli[37], Gabès, la Hamma, Gafsa, Tozeur, Nafta[38], Biskra, Constantine, Bejaia[39], etc. Au point que Dieu a humilié tout tyran dans ces villes pour la gloire de ce gouverneur.

Les bédouins d’Ifriqiya, avant lui, agissaient comme bon leur semblait contre leurs gouverneurs. Ils assiégeaient les villes, ils participaient au prélèvement forcé des taxes. Ils avaient des aventures mémorables avec les gouverneurs, des complots qu’ils faisaient contre les rois, jusqu’à ce que Dieu fasse qu’ils soient humiliés : la puissance de Dieu s’est manifestée par ce Sultan soutenu par Son aide. Il les dirigeait d’une main de maître comme de simples soldats où qu’il se rende en voyages ou en conquêtes, d’est en ouest, après avoir exterminé beaucoup de leurs notables et de leurs chefs tribaux. Il dépêchait ses propres officiers pour suivre les bédouins pour le prélèvement de la zakat sur leur bétail et ils la versaient, dominés et soumis. Que Dieu lui accorde davantage de grâce, et qu’il le soutienne par la victoire.

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens

Nous voulons leur répliquer par le texte de leurs évangiles et ce qu’ont dit les quatre évangélistes. Nous démontrons la confirmation de notre Prophète MouHammad et ce que les prophètes antérieurs ont amené comme confirmation de sa prophétie °alayh as-salâm dans leurs livres qui sont aujourd’hui entre leurs mains. Ce chapitre comporte neuf parties.

1ère partie : Mention des quatre évangélistes en démontrant leurs mensonges.

2ème partie : Division des chrétiens en différentes écoles et le nombre de leurs groupes.

3ème partie : Corruption des règles de la religion des chrétiens et réplique pour chacune à partir du texte même de leurs évangiles.

4ème partie : La doctrine de leur religion qu’apprennent les jeunes et les plus âgés, et qui constitue la base de leur religion, et les répliques à partir des textes de leurs évangiles.

5ème partie : L’indication que Jésus °alayh as-salâm n’est pas un Dieu contrairement aux calomnies des chrétiens, et qu’il est un être humain, un prophète qui est envoyé à partir du texte de leurs évangiles.

6ème partie : Divergences des quatre évangélistes et démonstration de leur mensonge.

7ème partie : Ce qu’ils ont attribué à Jésus °alayh as-salâm comme mensonge alors que ce sont eux les menteurs.

8ème partie : Ce que les chrétiens -que Dieu les maudisse- reprochent aux musulmans que Dieu leur accorde la gloire.

9ème partie : La confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad °alayh as-salâm par le texte de Az-Zabûr –les psaumes authentiques–, At-Tawrât –la Torah authentique–,Al-‘Injîl –l’Évangile authentique– et l’annonce de sa venue par les prophètes, que Dieu les honore et les élève tous en degré, et ce que les prophètes ont annoncé comme véracité de son envoi en tant que Prophète, et du fait que sa communauté perdurera et ne disparaîtra pas.

Première partie

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les évangélistes sont Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ce sont eux qui ont corrompu la religion de Jésus °alayh as-salâm, qui ont ajouté, retiré, et changé l’Évangile[40] qui est la parole de Dieu, tout comme Dieu nous l’a appris dans le Qourân. Ils ne font pas partie des apôtres dont Dieu a fait l’éloge dans le Qourân.

Pour ce qui est de Matthieu qui est le premier d’entre eux, il n’a pas rencontré Jésus °alayh as-salâm, il ne l’a pas vu sauf l’année ou Dieu l’a élevé au ciel. C’est après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé que Matthieu a écrit son évangile de sa main à Alexandrie. Il y a parlé de la naissance de Jésus °alayh as-salâm et des événements surprenants qui sont apparus lors de sa naissance. Il évoque comment sa mère l’a emmené en terre d’Égypte craignant pour lui que le roi Hérode ne le fasse assassiner. La raison en est ce que Matthieu a cité dans son évangile : « Trois rois mages venus du côté du levant[41] sont arrivés à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), en demandant où était ce sultan qui venait de naître : « Nous avons vu son étoile qui est apparue dans le ciel de notre pays, et c’est la preuve de sa naissance. Nous lui avons amené un présent. »

Lorsque le roi Hérode a entendu cela, il a blêmi. Il a rassemblé les savants des juifs et les a interrogés à propos de ce nouveau-né. Ils lui ont dit : «Les prophètes des fils d’Israël °alayhim as-salâm nous ont appris dans leur livre que Jésus °alayh as-salâm naîtra dans le pays de Bayt al-Maqdis, à Bethléem en cette époque. »

Il leur a ordonné de partir à Bethléem à la recherche de ce nouveau-né, et de lui indiquer où il se trouve. Il prétendit que son objectif était de le rencontrer et de l’adorer. Mais ce n’était pas vrai. C’était une ruse et une tromperie. Il était déterminé à le tuer.

Les trois mages se sont rendus à Bethléem. Ils y ont trouvé Marie avec son fils Jésus °alayh as-salâm dans ses bras. Elle habitait dans une petite maison. Ils lui ont offert leur cadeau et se sont prosternés pour son fils et l’ont adoré.

Puis ils ont vu la nuit un ange leur ordonner de taire la naissance de Jésus °alayh as-salâm et de repartir par un autre chemin que celui par lequel ils étaient arrivés.

Puis l’ange est venu voir Maryam. Il lui a appris les desseins du roi Hérode et lui a ordonné de partir avec Jésus °alayh as-salâm en terre d’Égypte, ce qu’elle fit. »

Fin du récit de Matthieu qui est infondé, pur mensonge et calomnie.

Ce qui le prouve c’est qu’entre Jérusalem (Bayt al-Maqdis) et Bethléem (Bayt laHm) il y a cinq mîl[42]. Si le roi Hérode avait vraiment eu peur de ce nouveau-né et l’avait recherché, il serait parti lui-même accompagner les trois rois mages, ou il aurait dépêché avec eux quelqu’un en qui il avait confiance à sa recherche, de la manière la plus efficace. Ceci est donc une preuve du mensonge de Matthieu dans ce récit.

Par Ailleurs, Luc, Marc et Jean n’ont rien cité de tout cela dans leurs évangiles. Par ailleurs, Matthieu n’était pas présent lors de la naissance. Mais il a rapporté ce récit d’un menteur. Ce qu’il rapporte est conforme à ce qu’on lui a rapporté, c’est-à-dire pur mensonge.

Pour ce qui est de Luc, il n’a pas vécu à l’époque de Jésus °alayh as-salâm. Il ne l’a jamais vu. Mais il est devenu chrétien après que Jésus °alayh as-salâm a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien par la cause de Paul l’Israélite[43]. Ce dernier, lui non plus, n’a jamais rencontré Jésus. Il ne l’a jamais vu. C’était un des plus grands ennemis des naSârâ[44] au point qu’il avait en sa possession un décret d’un des rois Romains, qui lui permettait de pourchasser les naSârâ, où qu’il en trouvât un, pour les capturer, les transférer à Bayt al-Maqdis et les faire emprisonner.

Luc a cité dans son livre qu’il a appelé « Acte des apôtres » qu’alors que ce Paul se déplaçait avec un groupe de cavaliers, il aurait vu une lumière comme un rayon de soleil et aurait entendu une voix provenant de cette lumière lui dire : « Paul, pourquoi me nuis-tu ? »

C’est une histoire qui est mensongère ou une tromperie du diable. Paul lui aurait dit :

Et qui es-tu donc, maître ? » La voix lui aurait répondu :

Je suis Jésus. » Paul aurait répondu :

Et comment t’aurais-je nui alors que je ne t’ai jamais vu ? » La voix lui aurait dit :

Si tu nuis à ma communauté, c’est comme si tu me nuisais à moi-même. Alors cesse de leur nuire, ils sont sur la vérité et suis-les, tu réussiras. » Il lui dit :

Mais maître, qu’est-ce que tu m’ordonnes de faire ? » Il lui dit :

Va à Damas, demande après Anania[45]. Il te dira ce que tu devras faire. » Il partit à Damas. Il demanda après l’homme et le trouva. Il lui dit ce qu’il avait entendu de Jésus (selon lui). L’homme lui demanda alors d’entrer avec lui dans la religion des naSârâ [46]. Il obtempéra et il le glorifia après avoir eu la foi en Jésus °alayh as-salâm.

Ce Paul est devenu chrétien sur les mains d’Anania et Luc est devenu chrétien sur les mains de Paul comme nous l’avons expliqué. Il a appris l’évangile auprès de lui et aucun des deux n’a vécu à l’époque de Jésus (°Îçâ). Ils ne l’ont jamais vu.

Voilà donc l’origine de la confusion, qui comporte la preuve de leur mensonge et de l’infondé de leur religion, que Dieu les éloigne de sa miséricorde.

Pour ce qui est de Marc, lui non plus n’a pas connu Jésus. Sa conversion à la religion des chrétiens s’est produite après que Jésus a été élevé au ciel. Il est devenu chrétien sur les mains de Pierre l’apôtre. Il a appris auprès de lui l’évangile à Rome. Ce même Marc s’est fortement distingué des trois autres évangélistes sur certaines questions tout comme nous allons l’indiquer dans la 6ème partie si Dieu le veut.

Quant à Jean, c’est le fils de la tante paternelle de Jésus °alayh as-salâm. Les chrétiens prétendent que Jésus était présent dans le banquet de Jean, quand il a transformé l’eau en vin à cette occasion, que c’était le premier miracle qui est apparu à Jésus °alayh as-salâm et que lorsque Jean a vu cela, il a laissé son épouse et a suivi Jésus sur sa religion et dans ses déplacements.

Les chrétiens disent que Jésus °alayh as-salâm a recommandé à son cousin Jean de s’occuper de sa mère lorsque les juifs étaient venus et qu’il était sûr qu’il allait mourir selon leur prétention. Il lui aurait dit :

Jean, Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu à propos de ma mère, elle est comme ta mère » et il a dit à sa mère :

Dieu ! Dieu ! Je te recommande de craindre Dieu en Jean, il est comme ton fils » et il le lui a recommandé.

Jean est le quatrième évangéliste comme nous l’avons dit, et cette histoire ne figure absolument pas dans son évangile.

Jean a écrit son évangile en Grec dans la ville d’Éphèse.

Ces quatre sont ceux qui ont écrit les quatre évangiles, qui les ont déformés, qui les ont modifiés et y ont menti. Leurs écrits ne sont pas ce que Jésus a amené parce qu’il n’a amené qu’un seul Évangile, dans lequel il n’y a ni contradiction, ni médiocrité, ni divergence. Alors qu’il est apparu chez eux et parmi ces quatre-là des contradictions, des perturbations, des divergences et des mensonges à propos de Dieu, à propos de son prophète Jésus °alayh as-salâm, ce qui est bien connu et largement répandu. Les chrétiens ne peuvent pas le nier.

Dans les parties que nous citerons, il y aura ce qui suffit à le montrer, si Dieu le veut.

Chapitre

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Marc a dit dans le chapitre 1er de son évangile que dans le livre d’Ésaïe, le prophète, d’après Dieu dit : « Je t’ai envoyé un ange face à toi », et il vise par-là Jésus.

Ceci ne figure pas dans le livre d’Ésaïe. Mais cela figure dans le livre de Melchior le Prophète. Ceci est une des mensonges les plus laids à propos des prophètes de Dieu, puisqu’il attribue à l’un d’entre eux ce qui n’est pas dans son livre.

Parmi leurs mensonges, il y a ce que Matthieu a rapporté dans le 13ème chapitre de son évangile que Jésus aurait dit : « Mon corps restera sous terre trois jours et trois nuits après ma mort, tout comme Jonas est resté dans le ventre du cétacé. »

Ceci est un mensonge explicite et une calomnie que Matthieu a écrite dans son évangile. En effet, il était en accord avec ses trois compagnons qui ont écrit dans leurs évangiles que Jésus serait mort selon leurs prétentions à six heures le vendredi, qu’il serait enterré la première heure de la nuit du samedi et qu’il se serait relevé d’entre les morts le matin du dimanche. Il serait donc prétendument resté sous terre un jour (le samedi) et deux nuits, la nuit avant samedi et la nuit après samedi.

Or selon la parole précédemment citée de Matthieu, Jésus aurait dit qu’il resterait trois jours et trois nuits, tout comme Jonas était resté dans le ventre du cétacé. Le mensonge de Matthieu apparaît clairement ainsi que la contradiction dans ce qu’il rapporte.

Il n’y a pas de doute à propos du mensonge des quatre évangélistes sur cette question, car Jésus °alayh as-salâm n’a pas dit de lui-même à quiconque, et Dieu n’a pas fait savoir dans Son Évangile que Jésus serait tué ou qu’il serait enterré un jour et deux nuits, ni trois jours et trois nuits. Mais il en est comme Dieu nous l’apprend dans Son Livre honoré révélé à son Prophète véridique et honorable : [Sourate An-Niçâ’ verset 157] dont on comprend : « Ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, mais ils en ont eu l’illusion. »

Il y a parmi leurs mensonges, ce qu’a dit Marc : « Notre maître Jésus, lorsqu’il s’est relevé d’entre les morts, a parlé aux apôtres. Ensuite, il est monté au ciel le jour-même. » Lucas l’a contredit dans son livre qu’il a appelé Actes des Apôtres. Il y a cité que Jésus est monté au ciel quarante jours après sa résurrection d’entre les morts. Ceci te suffit comme preuve de leur mensonge à ce sujet, dès le début. Par Dieu, Celui qui est le seul dieu, Jésus n’a pas été tué, ni enterré, ni ressuscité de sa tombe, ni après un jour, ni après quarante jours. Que Dieu maudisse les menteurs à ce sujet.

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les naSârâ se sont divisés en soixante-douze groupes.

Le premier groupe :

Il a pour croyance que Jésus serait Dieu, le créateur des sept cieux et de la terre.

On leur dit : vous êtes menteurs, vous avez mécru et vous avez contredit vos propres évangiles.

En effet, Matthieu dit dans le chapitre 26 de son évangile : « Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, avant la nuit où les juifs voulaient l’arrêter : « Je suis pris d’un des tourments de la mort. » Puis, son chagrin aurait augmenté, il aurait blêmi puis se serait prosterné sur le visage en pleurant, et en suppliant Dieu par ces mots : « Ô mon seigneur, s’il t’est possible de détourner la mort de moi, alors détourne-la. Ce n’est pas ce que je veux qui a lieu, mais n’aura lieu que ce que tu veux. »

Par cette parole, Jésus reconnait qu’il est humain, qu’il est impuissant, qu’il craint l’arrivée de la mort et qu’il reconnait l’existence de Dieu, qu’il appelle mon Dieu et qu’il a supplié.

Ils ont ajouté qu’avec son caractère d’humain, sa crainte et son chagrin, il serait au nombre de ceux qui doutent au sujet de Dieu, puisqu’il aurait dit « s’il t’est possible de détourner la mort, alors détourne-la de moi. » Ce qui revient à douter de la puissance de Dieu.

Or il n’y a aucun doute que Jésus sait que rien ne rend Dieu incapable. Quel serait alors le sens de son propos « s’il t’est possible » ? S’il a su qu’il n’est pas possible pour Dieu, alors quel est le sens de cette demande et de cette supplication ?! Or il est impossible que l’Âme honorée par Dieu, Son messager Jésus, doute à propos de la puissance de Dieu. Il sait et il est absolument certain que rien ne rend Dieu incapable et que tous les miracles qui ont lieu sur ses mains adviennent par la puissance de Dieu, par la volonté de Dieu, Celui qui n’est de Dieu que lui.

On rétorque également à ce groupe : vous contredisez Jean dans le chapitre 17 de son évangile dans lequel il prétend que Jésus aurait levé le regard vers le ciel et aurait supplié Dieu en disant : « Mon Seigneur, je Te remercie d’avoir exaucé mon invocation et je te suis reconnaissant. Je sais que Tu exauces toujours mes invocations, mais je t’invoque cette fois-ci pour ce groupe ici présent parce qu’ils croient en celui qui m’a envoyé[47]. »

Voici donc Jésus lui-même qui a reconnu qu’il a un Dieu, un Seigneur qu’il a imploré et qu’il a remercié pour ses bienfaits et pour avoir exaucé ses invocations. Comment prétendre après cela que Jésus serait le dieu qui a créé les cieux et la terre ?! Y aurait-il selon la raison saine quelque chose de plus atroce que cela ?

On trouve aussi dans leurs livres, ce qu’a mentionné Jean dans le chapitre 5 (24) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux juifs : « Celui qui entend ma parole et qui croit en celui qui m’a envoyé entrera au Paradis. »

Et dans ce chapitre 5 (36) de son évangile, les juifs auraient demandé à Jésus °alayh as-salâm : « Qui témoigne en faveur de ce que tu dis ? » Il leur a alors répondu : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé qui témoigne en ma faveur. »

Ceci est encore une autre preuve que Jésus reconnaît qu’il est un prophète envoyé, qu’il a un Seigneur qui l’a envoyé, et que celui qui œuvre conformément à ce qu’il a entendu de lui et croit en Celui qui l’a envoyé entrera au Paradis.

Parmi les choses qu’on peut trouver aussi dans leurs livres, il y a ce qu’a dit Marc [évangile de Jean, chapitre 5, numéro 36] dans le premier chapitre de son évangile qu’il y avait un fou à Jérusalem. Un djinn démon parlait par sa bouche. Alors qu’il passait près de Jésus, le djinn aurait hurlé en disant : « Ô Jésus, est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Veux-tu me faire sortir de ce corps pour que les gens sachent que tu es prophète, que ton âme est honorée par Dieu et que Dieu t’a envoyé ? » Jésus lui a alors intimé l’ordre de sortir et l’homme s’est relevé sain et sauf. L’assistance en fut stupéfaite.

Ce récit constitue une preuve claire que Jésus était un humain parmi les humains, et un messager parmi les messagers, que Dieu les honore et les élève davantage en degré.

Le deuxième groupe :

Il regroupe les gens qui ont pour croyance que Jésus °alayh as-salâm est le fils de Dieu et qu’il est un dieu et un être humain. Il serait un dieu du côté de son père et un être humain du côté de sa mère. Ils ont pour croyance que les juifs auraient tué son humanité. Après que son corps humain est entré dans la tombe, –que Dieu nous préserve de croire à cela– sa divinité serait descendue en enfer pour en faire sortir Adam, Noé, Abraham et tous les prophètes. Ils y étaient selon eux à cause du péché de leur père Adam, de la consommation du fruit de l’arbre et que tous ces prophètes seraient montés au ciel en compagnie de sa divinité, après que sa divinité se serait à nouveau unie avec son humanité.

Ceci est une croyance relevant d’une extrême mécréance, de la stupidité et de la corruption dans la religion. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de ce par quoi Il les a éprouvés.

On leur dit : Vous avez menti au sujet de Dieu et au sujet de Son messager Jésus (°Îçâ). Preuve en est ce qui figure dans vos livres, en l’occurrence ce que Marc dit au chapitre 12, numéro 29 de son évangile : « Puis Jésus a dit aux apôtres : « Sachez et ayez pour croyance que votre père, c’est-à-dire votre seigneur céleste, celui qui est dans le ciel[48] est unique, il n’engendre pas et il n’est pas engendré. » Quel témoignage de leur mensonge plus clair que ce qui figure dans leurs propres évangiles, par le témoignage même de Jésus °alayh as-salâm !

Tous les autres groupes chrétiens ont pour croyance de la mécréance et du mensonge clair, un arbitraire calomnieux. Je ne vais pas les mentionner pour plus de concision et d’allègement, et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements[49] de la religion chrétienne.

Il s’agit des principes dont ne se sont détournés que très peu d’entre eux. La grande majorité d’entre eux les ont pour règle. Nous indiquerons la réplique à ces fondements, par le texte même de leurs évangiles, pour chacune de leur règle.

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que la religion chrétienne repose sur cinq fondements :

· Le baptême

· La foi en la trinité ; la croyance de l’unité des trois

· La croyance que l’hypostase du fils a pris chair dans le ventre de Marie

· La croyance à l’eucharistie et comment il convient de la faire

· La confession des péchés aux prêtres.

Le premier fondement : le baptême et sa description

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que Luc a dit dans son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Celui qui plonge dans l’eau entre au Paradis et celui qui n’y plonge pas aura l’enfer où il restera éternellement. »

C’est à cause de ce texte que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est pas possible d’entrer au paradis sans le baptême. 

On leur dit : « Que dites-vous alors de Abraham, de Moïse, de Jésus, de Jacob et de tous les prophètes °alayhim as-salâm, est-ce qu’ils iront au Paradis ou pas ? » Nécessairement ils vont dire que oui, ils sont au Paradis. On leur dit alors : « Comment vont-ils y entrer alors qu’ils n’ont pas été baptisés ? » Ils vont répondre que la circoncision leur a suffi au lieu du baptême. On leur dit : « Que dites-vous alors de ‘Adam et de Noé °alayhim as-salâm et de sa descendance directe qui n’ont pas été circoncis et n’ont pas fait le baptême ? Ils sont pourtant au Paradis par le texte même de vos évangiles et l’unanimité de vos savants. » Ils n’ont absolument aucune réponse à cela, catégoriquement.

Sachez que ce sacrement du baptême, c’est quelque chose qu’ils ont prétendu dans leurs évangiles en calomniant Dieu et Son Messager.

La manière de pratiquer le baptême :

Dans chaque église, il y a un bassin en marbre et des verres. Le prêtre le remplit d’eau sur laquelle il récite quelques extraits de l’évangile. Il met dedans beaucoup de sel et un peu d’huile de sureau. Si celui qui veut se faire baptiser pour devenir chrétien est quelqu’un d’âgé, alors certains chrétiens de haut rang accompagnent le prêtre et se réunissent pour lui. Selon leur prétention, ils témoigneront en sa faveur au jour du jugement qu’il a bien fait le baptême.

Le prêtre dit au niveau du bassin : « Ô Untel, sache que devenir chrétien c’est croire –que Dieu nous préserve d’une telle croyance– que Dieu est le troisième de trois, que personne n’entre au Paradis sans baptême et que notre seigneur Jésus est le fils de Dieu, qu’il a pris chair dans le ventre de sa mère Marie, qu’il est devenu être humain et Dieu. C’est croire qu’il est Dieu par la nature de son père et humain par la nature de sa mère, qu’il a été crucifié et qu’il est mort et qu’il a ressuscité, qu’il est revenu à la vie trois jours après son enterrement, qu’il est monté au ciel, qu’il s’est assis à droite de son père. C’est croire qu’au jour du jugement, ce sera lui qui jugera les créatures, et croire en tout ce que les gens de l’église ont pour croyance. Mon, fils as-tu cru en tout cela ? » Celui qui veut devenir chrétien répond : oui. À ce moment-là, le prêtre prend un bol d’eau de ce bassin, et la verse sur lui[50], en disant : « Au nom du père du fils et du saint esprit, je te baptise. » Puis il essuie l’eau avec une serviette et le baptisé s’en va en étant entré dans la religion des chrétiens.

Pour ce qui est du baptême des enfants des chrétiens, c’est au huitième jour de leur naissance[51]. Leurs parents les emmènent à l’église. Ils mettent l’enfant entre les mains du prêtre. Le prêtre lui dit les paroles précédentes pour énumérer leurs croyances et ce sont son père et sa mère qui répondent oui à sa place. Puis ils emmènent l’enfant devenu chrétien et telle est la manière de pratiquer leur baptême.

Sachez que cette eau que les prêtres mettent dans les bassins de leurs églises, certaines restent des années et des lustres sans pourrir, sans être altérée. Le commun des chrétiens s’en étonne. Ils croient que c’est une bénédiction du prêtre et la bénédiction de l’église. Ils ne savent pas que c’est à cause de la grande quantité de sel et d’huile de sureau qui empêchent que cette eau soit altérée. Le prêtre ne rajoute le sel et l’huile de sureau que la nuit ou lorsque personne du commun des chrétiens ne le voit.

C’est là une des ruses des prêtres concernant leur propre égarement et leur égarement d’autrui. J’étais moi-même dans la jâhiliyyah[52] pendant un certain temps dans cette religion et j’ai pratiqué cela. J’ai baptisé beaucoup de ces chrétiens et la louange est à Dieu qui m’a guidé vers la vérité et la connaissance. Il m’a fait sortir de l’obscurité vers la lumière et la perfection, par la bénédiction du Maître des premier et des derniers, le Prophète MouHammad, que Dieu l’honore lui, ses épouses, sa famille et ses compagnons.

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité :

Pour eux, n’entrera au Paradis que ceux qui ont cette croyance, selon ce qu’ont prétendu leurs chefs de l’égarement et de la mécréance, et de ceux qui égarent autrui, depuis les premiers d’entre eux.

Ils ont donc pour croyance que Dieu, exempté soit-Il de ce qu’ils disent, serait selon leur prétention le troisième de trois, et que Jésus serait le fils de Dieu, et qu’il aurait deux natures[53] (une divine et une humaine), et que ces deux natures se seraient mêlées pour devenir un seul être. Le divin est devenu humain entré en existence, parfaitement créé. Et l’humain serait devenu divin, parfaitement créateur, sans être créé, que Dieu nous préserve de pareilles hérésies !

Certains disent que les trois sont Dieu, Jésus et Marie[54]. Il n’y a aucun doute à propos de la mécréance de ceux qui disent cela.

Quelqu’un doté d’une raison saine ne doute pas que quiconque a un minimum de raison doit se détourner de pareille croyance, de telle calomnie inepte, détestable, abjecte, corrompue, que même les raisons des enfants rejettent, une croyance qui fait rire qui a un brin de raison et de compréhension correcte. La louange est à Dieu qui m’a fait sortir de leur groupe et m’a sauvé d’entre eux.

Selon ce qu’implique cette parole corrompue –que Jésus serait le fils de Dieu–, c’est que l’être de Jésus serait comme l’être de Dieu, et qu’il aurait une science et une puissance comme Sa science et Sa puissance ainsi que tous les attributs éternels, ce qui est infondé.

L’invalidité en est démontrée dans leurs livres, par ce que Marc rapporte dans le 13ème chapitre (32) de son évangile, que les apôtres avaient interrogé Jésus °alayh as-salâm à propos de l’Heure qui annonce le jour du jugement. Il leur a dit que ce jour-là même les anges, ceux qui sont dans le ciel ne le connaissent pas et que seul le père –ils visent par-là Dieu– le sait.

Ceci est un aveu de leur part que Jésus a même moins de connaissances que les anges et que Dieu seul sait l’Heure et quand aura lieu le jour du jugement. Ils reconnaissent aussi que Jésus ne sait que ce que Dieu lui a appris.

Et dans le chapitre 26 de l’évangile de Matthieu, on trouve que Jésus °alayh as-salâm aurait été affecté cette nuit où les juifs ont décidé de l’arrêter et de le tuer. Il serait devenu extrêmement triste. Or quelqu’un qui s’attriste et qui est affecté n’est pas un dieu, ni un fils de dieu, et c’est ce que toute personne dotée d’une raison valide conclurait. Rien de plus abominable que leur croyance que Jésus aurait deux natures (une divine et une humaine) et qu’il serait devenu une seule et même entité. Ceci est plus laid encore que celui qui dit que l’eau et le feu sont devenus une seule et même chose, que la lumière et l’obscurité sont devenus une seule chose. Prétendre que l’eau et le feu, la lumière et l’obscurité, soient une même entité est impossible du fait que chacun des deux est l’opposé de l’autre. Or le Créateur des créatures, Celui qui n’a nul besoin de Ses créatures, de par Son être et Ses attributs, Celui qui est exempt dans Sa gloire d’avoir une quelconque ressemblance avec l’une de Ses créatures, comment la raison saine pourrait-elle accepter qu’Il se soit amalgamé avec l’une de Ses créatures pour devenir une seule et même entité. Dieu est Celui à Qui appartient toute chose, Il est totalement exempt de ce qu’ils disent à Son sujet.

Selon leur dogme, où aurait été sa divinité lorsque son humanité est morte ? Surtout que selon leur credo, les deux natures s’étaient unifiées et avaient fusionné au moment où la divinité aurait pris chair ! Qu’est-ce qui les aurait séparées lorsque son corps et son humanité ont été frappés et fouettés selon leurs prétentions ?! Et que sa tête a été cerclée d’une couronne d’épines et qu’il aurait été crucifié sur une planche de bois et qu’ils auraient planté des lances jusqu’à le tuer, hurlant de peur ?

Où serait passée sa divinité durant ce calvaire alors qu’elle était incarnée et faite chair selon leurs dires ?

Ils prétendent que sa divinité l’aurait quitté lors de la crucifixion et de l’assassinat, et qu’elle serait descendue en enfer pour en faire sortir les prophètes et que son humanité entre temps aurait été dans une tombe, enterrée, jusqu’à ce que sa divinité revienne et qu’elle aurait fait sortir son humanité de la tombe, qu’elle serait revenue au corps puis qu’elle l’aurait remontée au ciel.

Tout ceci n’est que divagations inintelligibles infondées, qui constituent une abjecte mécréance, des scandales qu’aucune raison saine n’accepte. Comment prétendent-ils que Jésus aurait deux natures, qu’il serait devenu une seule, alors que leurs évangiles comportent le témoignage qu’il n’a qu’une nature unique qui est humaine.

Preuve en est ce que Matthieu raconte au chapitre 13 (50-58) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm de passage dans sa ville de naissance, aurait répondu aux gens qui se moquaient de lui : « On ne se moque d’un prophète que dans sa ville. »

Il reconnait par cela être un prophète parmi les prophètes, et que les prophètes ont une seule et même nature qui est humaine.

Ce qui conforte cela également, c’est ce qu’a dit Cham°ûn AS-Safâ[55], le plus important des apôtres, s’adressant aux juifs lorsqu’ils ont comploté contre Jésus : « Ô vous les fils de Israël, écoutez bien ce que je vous dis : Jésus est un homme qui est apparu pour vous, envoyé de la part de Dieu, soutenu par Sa puissance et renforcé par des miracles que Dieu a accordés sur ses mains et vous, vous avez mécru en lui. »

C’est ce qui est cité dans les actes des Apôtres[56], chapitre 12 (22) et chez les chrétiens, il est considéré comme l’évangile[57].

Quelle nouvelle plus fiable que cette nouvelle et quel témoin plus juste que Cham°ûn AS-Safâ[58] par le nom duquel les chrétiens cherchent des bénédictions, celui-là même qu’ils citent en croyant en sa grande vertu et en son mérite. Il a témoigné en faveur de Jésus que c’est un homme parmi les humains, et parmi les prophètes et les messagers, ceux que Dieu a soutenus par des miracles. Simon-Pierre confirme aussi que tout ce qui est parvenu sur les mains de Jésus est par la puissance de Dieu et que Jésus n’en a que l’acquisition et non pas la création. Où sont cette vérité et cette lumière par rapport à l’obscurité de la mécréance de leurs allégations que le lâhût, la divinité se serait incarnée ou mixée avec l’humanité de Jésus qui est son corps et qu’il serait devenu un dieu parfait, non créé !!! Ils ont ainsi commis de la mécréance. Ô vous esclaves de Dieu, observez bien comment le démon s’est emparé d’eux par l’obscurité de la mécréance. Il les a aveuglés au point qu’ils ont cru en cette théorie impossible du point de vue rationnel et pratique. Ils ont imité en cela les premiers égarés qui ont inventé pour eux cette croyance abominable et détestable.

Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de leur état et de leur devenir.

Luc à la fin de son évangile (24/13-19) rapporte que deux de ses disciples étaient sur leur chemin ce jour-là pour se rendre dans un village qui se trouve à soixante ghalwah d’Urshalim, et qui s’appelle Emmaüs. Alors qu’ils discutaient ensemble des derniers évènements, Kliyoufas et Lucas ont rencontré Jésus après qu’il s’était relevé de sa tombe.Il leur a demandé :

Pourquoi êtes-vous si tristes ? » L’un des deux –Kliyoufas– lui a dit :

Et toi, c’est comme si tu étais étranger, tout seul dans Urshalim. Tu n’as donc pas su ce qu’il s’est passé ces jours-ci à propos de Jésus qui était un homme véridique, que Dieu a confirmé dans ce qu’il disait et dans ses actes, selon Dieu et selon les gens ?! »

C’est donc un témoignage de son disciple également que c’était un homme dont la vérité est confirmée par Dieu et qu’il n’est ni créateur, ni dieu, ni fils de Dieu. Dieu est exempt de ce que les mécréants disent d’une exemption totale.

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance que Dieu glorifié soit-Il, aurait puni Adam et sa descendance en enfer à cause du péché de Adam d’avoir consommé le fruit de l’arbre défendu, et que Dieu lui aurait fait miséricorde en le faisant sortir de l’enfer et ce, en envoyant Son fils qui aurait pris chair dans le sein de Marie. Ainsi, le corps de Jésus serait le fils de Dieu, devenu être humain tout en restant dieu. Jésus serait donc un être humain par la nature de sa mère, et un dieu par la nature de son père. Dieu ne lui aurait permis de faire sortir Adam et sa descendance de l’enfer que par sa mort. C’est par elle qu’il aurait racheté toutes les créatures des mains de Satan ! Ils croient donc qu’il serait mort assassiné, puis qu’il serait ressuscité trois jours après, qu’il serait descendu en enfer dont il aurait fait sortir Adam et tous les prophètes de sa descendance selon leur prétention ! C’est à Dieu que nous demandons la protection contre pareilles divagations et hérésies.

Voilà donc la doctrine de leur mécréance abjecte et de leur religion détestable et maline. C’est la voie que leur ont instaurée leurs premiers égarés. C’est une doctrine qui ne se base pas sur aucune preuve ni aucune parole rapportée d’un prophète ou d’un messager. Les prophètes et les messagers de Dieu sont exempts de telles bassesses risibles et de telles infamies qui mènent à la perte, innocents de telles contradictions flagrantes.

Il est impossible que le Créateur éternel devienne chair et sang ou qu’il ait un fils sur terre ou dans le ciel. Il est impossible que Ses attributs de l’exemption de début et de l’exemption de fin soient limités, localisés ou qu’ils se transfèrent.

Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il n’a pas de ressemblant ni d’équivalent. Il est exempt dans Sa perfection de s’incarner dans un humain qui meurt. Comment en serait-il ainsi alors qu’Il est Celui qui a pour attribut la vie et qui ne meurt pas ? Comment admettre qu’Il devienne, Lui qui est exempt de tout défaut, incarné dans le ventre d’une femme, alors qu’Il est celui dont le Koursiyy[59] est plus vaste que les cieux et la terre.

On leur dit : « Vous avez pour croyance que Jésus est Dieu et celui qui n’y croit pas n’est pas chrétien. » Ils ne peuvent pas le nier. On leur dit : « Alors vous avez calomnié énormément et dit quelque chose de clairement impossible, puisque vous avez rendu un être humain créateur éternel alors qu’il est entré en existence et créé. »

Ce que vous dites à propos de Jésus vous amène nécessairement à cinq choses :

  1. La première : Soit vous l’avez considéré un dieu éternel soit un lieu d’habitation du dieu éternel.
  2. La deuxième : Est-ce Jésus qui l’a dit de lui-même ou bien l’un de ses élèves qui vous a rapporté sa religion qui vous l’a dit ?
  3. La troisième : Vous l’avez considéré comme étant un dieu en raison de choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains.
  4. La quatrième : Vous avez considéré que c’est un dieu parce qu’il est monté au ciel.
  5. La cinquième : Vous l’avez considéré un dieu pour sa naissance étonnante puisqu’elle a eu lieu sans père.

Quant à l’étonnement suscité par sa naissance sans père, n’est-il pas plus étonnant que Adam ait été créé sans père ni mère ? Serait-ce plus étonnant que les anges créés sans père ni mère, ni matière palpable ni terre ? Pourtant vous n’appelez dieu ni les anges ni Adam ! Et vous interdisez de le faire. Alors dites-nous quelle est la différence entre eux et Jésus, alors que leur création est encore plus étonnante.

Si vous prétendez que Jésus est un dieu en raison des choses extraordinaires qui sont apparues par ses mains, alors demandez à vos savants qui savent que Al-Yasa° qui est un prophète °alayh as-salâm a ressuscité de son vivant un mort, et un autre mort après son décès. Et un homme qui apporte le miracle de la résurrection en étant dans le barzakh[60] c’est-à-dire après sa mort, c’est plus étonnant encore qu’un homme qui apporte ce miracle de son vivant. Élias le prophète °alayh as-salâm a fait revivre également un mort. Il a aussi invoqué les bénédictions dans la farine et l’huile d’une vieille femme, de sorte que son sac ne se vida pas de farine et sa bouteille ne se vida pas d’huile pendant sept ans. Il a demandé à Dieu d’empêcher la pluie pendant sept ans et Dieu l’a exaucé.

Si vous dites que Jésus a donné à manger à partir de cinq morceaux de pain à cinq mille personnes, alors que dites-vous de Moïse celui à qui Dieu a fait entendre Sa parole[61],°alayh as-salâm, qui a demandé la nourriture à Dieu l’Éminent pour son peuple. Il leur a donné la manne et les cailles pendant quarante ans[62]. Ils étaient plus de six cent mille personnes.

Quant au fait que Jésus ait marché sur l’eau, sans se noyer, Moïse a frappé la mer de son bâton. La mer s’est fendue et des chemins se sont ouverts. Tout son peuple a pu traverser alors que Pharaon et ses soldats se sont tous noyés. Il a également fait jaillir douze sources d’eau d’un rocher, chaque tribu des fils d’Israël ayant sa propre source. Il a manifesté aux gens d’Égypte dix signes de châtiment[63] :

Le premier fut son bâton qu’il a jeté de sa main. Il est devenu un serpent gigantesque qui a dévoré toutes les cordes des sorciers.

Le deuxième fut le croupissement de leur eau et la mort des animaux qui y vivaient.

Le troisième fut l’invasion des grenouilles au point qu’elles remplirent leur maison.

Le quatrième fut les poux qui s’en prirent à leurs corps.

Le cinquième fut différentes sortes de châtiments qui se sont abattus sur eux.

Le sixième fut l’anéantissement de tous leurs animaux domestiques.

Le septième fut l’apparition d’ulcères sur leurs corps.

Le huitième fut la grêle sur leurs récoltes qui a détruit leurs plantations.

Le neuvième fut l’invasion de criquets sur tout leur pays.

Le dixième fut l’obscurité qui les a recouverts pendant trois jours et trois nuits.

Si vous prétendez que Jésus était lui-même un dieu parce qu’il est monté au ciel, et que c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, alors vous devriez dire la même chose d’Ilyâs[64] et Idrîs[65] °alayhim as-salâm en les divinisant puisqu’eux aussi sont montés au ciel sans divergence chez vous à ce sujet. De même, Ayyouna Al-‘Injîliyy est monté au ciel par le texte de la Torah et l’unanimité de vos savants.

Enfin, si vous prétendez que Jésus a prétendu lui-même à la divinité, et c’est pour cette raison que vous l’avez divinisé, vous aurez dit haut et fort quelque chose de mensonger et d’abominable, une calomnie atroce. Vos évangiles comportent la réplique à cela. En effet, dans les évangiles qui sont entre vos mains[66], il est mentionné qu’il aurait dit au moment de sa crucifixion : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et avant cela, il y a un texte de l’évangile dans lequel il dit : « Dieu m’a envoyé à vous. » Il a reconnu qu’il était un humain parmi les prophètes et les messagers. Les textes de vos évangiles comportent beaucoup de passages à ce sujet. Tout en sachant que c’est selon vos mensonges, lorsque vous prétendez qu’il a été crucifié et qu’il a hurlé : « Mon Dieu, mon Dieu. »

Ce n’est pas le texte même de l’Évangile authentique. Mais c’est bien une des calomnies des rédacteurs de vos évangiles, une des calomnies contre Dieu. Nous les avons simplement cités comme preuve contre vous pour démontrer vos propres contradictions et pour vous dévoiler devant tous les gens sensés et c’est par Dieu que nous recherchons la réussite.

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens dans les rituels de leur religion, font de la mécréance. Ils ont pour croyance que le morceau de pain, lorsque le prêtre récite dessus certaines paroles, devient à ce moment-là le corps de Jésus °alayh as-salâm et que s’il récite quelques mots sur un verre de vin, il devient à ce moment-là du sang de Jésus, par transsubstantiation.

Ce qui est décrété dans leurs traditions à ce sujet, est que chaque église a un grand prêtre chez eux qui s’en occupe. Le grand prêtre de chaque église, chaque jour, vient avec un petit pain et une bouteille de vin. Il récite dessus dans leurs prières. Les chrétiens ont pour croyance que le morceau de pain devient le corps de Jésus lui-même, et que le vin devient son sang. Ils prennent cela de la parole de Matthieu dans le chapitre 26 de son évangile que Jésus aurait réuni les apôtres un jour avant de mourir, qu’il aurait pris un morceau de pain qu’il aurait cassé et qu’il aurait donné à chacun un bout et qu’il leur aurait dit : « Mangez, ceci est mon corps. » Puis qu’il aurait donné un verre de vin et leur aurait dit : « Buvez, ceci est mon sang. »

Ceci est la parole de Matthieu dans son évangile. Jean, qui était présent lorsque Jésus a été élevé au ciel, n’a rien cité du récit du pain et du vin dans son évangile. Et ceci est une divergence qui indique le mensonge de Matthieu qui rapporte quelque chose d’impossible et de calomnieux.

Les chrétiens ont pour croyance que chaque partie du morceau de pain de chaque prêtre, c’est Jésus °alayh as-salâm avec tout son corps avec sa longueur, sa largeur, son épaisseur. Même si les morceaux de pain atteignent cent mille morceaux, chacun d’entre eux serait Jésus.

On leur dit : le corps de Jésus avait environ, par exemple, dix empans de haut et deux empans de large et un empan de profondeur. Et le morceau de pain sur lequel le prêtre récite, représente peut-être trois empans. Comment son corps, qui aurait dix empans de hauteur sur deux empans de largeur et une épaisseur d’un empan, tiendrait dans quelque chose qui mesure trois empans.

Ceci est impossible pour toute raison saine. Et eux le prennent en considération, ils répondent à cela par le fait qu’un miroir pourrait n’avoir que la taille d’un dirham. Et pourtant quelqu’un peut y voir les plus grandes tours des constructions élevées s’il les reflète dans ce miroir, alors qu’elles sont plus grandes que le miroir et le dépassent de plus de mille fois.

On leur dit : ce qui est dans le miroir c’est une caractéristique[67], c’est un reflet et ce n’est pas le corps ou la substance[68] elle-même. Mais vous, vous avez pour croyance que c’est le corps même de Jésus et ses caractéristiques qui se trouvent dans ce morceau de pain, ce qui est impossible selon la raison[69].

Par ailleurs, vous avez été unanimes à dire que Jésus serait monté au ciel et qu’il serait assis à la droite de Dieu, exempté soit-Il de pareilles balivernes. Selon votre parole, qu’est-ce qui a fait descendre son corps jusqu’à ce morceau de pain ?!

Puis, Jésus est un seul homme et vous, vous croyez que dans chaque partie de ces morceaux de pain, il y a la totalité du corps de Jésus, même si ce pain a été coupé en cent mille parties. Cela vous amène à dire qu’il y a dans chaque pain, cent mille Jésus, et qu’ensuite il se multiplierait autant de fois qu’il y a de pains et qu’il y a d’églises pour vous. Ainsi, il y aurait un nombre presque infini de Jésus. Et quiconque dit une telle chose ou y croit devient la risée des gens sensés et la moquerie des démons. Et nous nous suffisons à Dieu. Qui mieux que Lui à Qui se fier ?!

La manière de pratiquer leur eucharistie avec les morceaux de pains cités, et les prières qu’ils font sont comme suit : leur prêtre ordonne à son serviteur de lui pétrir du pain avec de la semoule pure, de la cuisiner, d’en fabriquer du pain. Ensuite, le prêtre le ramène avec une bouteille de vin à l’église. Il ordonne de sonner la cloche et lorsque les chrétiens se réunissent pour leur prière et qu’ils se tiennent en rangs dans l’église, il leur verse un peu du vin de cette bouteille dans un verre en argent. Il fait que ce morceau de pain soit dans une serviette propre puis il vient de par devant toutes les rangées et se dirige vers l’Est. Il prend le pain dans sa main, et il récite dessus ce qui suit. Il dit : « Jésus, la nuit où les juifs l’ont arrêté, a pris le pain de sa main bénie, il a levé les yeux vers le ciel à Celui Qui est puissant sur toute chose[70]. Après avoir dit les louanges qui conviennent, il a cassé le pain, il a donné à manger aux apôtres chacun un bout. Et il leur a dit : « Mangez, ceci est mon corps. »

Et lorsque le prêtre termine cette parole, il s’incline lui-même pour ce morceau de pain en réalisant effectivement pour lui que c’est le corps de Jésus et que Jésus serait le fils de Dieu. Et le prêtre dit dans son inclination, en s’adressant à ce morceau de pain « Tu es Jésus, le dieu des cieux et de la terre, tu es celui qui a pris corps dans le ventre de Marie, tu es le fils de Dieu, celui qui est né avant tout le monde. Et c’est pour nous délivrer des mains des démons que tu es venu. Tu es celui qui s’assoit à la droite de son père dans le ciel. Nous demandons que tu me pardonnes ainsi qu’à ta communauté que tu as délivrée par ton sang. » Puis il montre le morceau de pain aux rangées des chrétiens et tous s’inclinent pour ce pain.

Ensuite, le prêtre prend le verre de vin. Il leur dit : « Notre dieu Jésus, avant sa mort, a pris un verre de vin. Il l’a donné aux apôtres, il leur a dit buvez ceci est mon sang. » Puis le prêtre s’incline pour le verre et il le montre aux chrétiens. Et les chrétiens s’inclinent pour ce verre également. Puis il mange du pain, il boit le vin. Il récite, après cela, ce qu’il récite d’évangile. Puis il fait des invocations et ils se séparent. Voici leurs prières et leurs rituels.

Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de la perdition.

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que les chrétiens ont pour croyance qu’il n’est possible d’entrer au Paradis qu’après avoir confessé ses péchés au prêtre et que tous ceux qui cachent un péché, même un seul péché au prêtre, sa reconnaissance du reste ne lui est pas utile.

Chaque année, à l’occasion de leur jeûne, ils se rendent dans leurs églises et ils reconnaissent tous leurs péchés au prêtre qui s’occupe de l’église. Le reste du temps, aucun d’entre eux ne reconnaît ses péchés sauf s’il tombe malade et qu’il craint la mort. Il demande alors après le prêtre qui vient à son chevet. Il lui confesse alors tous ses péchés et il lui pardonne selon eux. Ils ont pour croyance que chaque péché que le prêtre pardonne, est pardonné par Dieu. C’est pour cela que le pape qui est à Rome, qui selon eux est le représentant de Jésus sur terre, donne un pardon des péchés et par conséquent un affranchissement de l’enfer et une entrée au Paradis. Il prend en contrepartie de cela beaucoup d’argent. C’est également ce que font les prêtres qui le représentent dans les terres des chrétiens. Ils donnent une exemption, un écrit du pardon et une obligation d’entrer au Paradis et de sauvegarde de l’enfer. Les chrétiens prennent les délivrances après avoir donné à celui qui la leur a écrite beaucoup d’argent. Ils la cachent chez eux de sorte que, lorsque l’un d’entre eux meurt, il laisse cet écrit avec lui dans son linceul. Leur croyance avec certitude est qu’ils vont entrer au Paradis grâce à cette lettre, cette exemption. Et c’est une des ruses des prêtres pour prendre l’argent des chrétiens.

On leur dit : pourquoi faites-vous cela alors que Jésus ne vous a jamais ordonné de le faire et que même les élèves de Jésus n’ont jamais confessé de péchés à Jésus, alors que vous prétendez qu’il est dieu et fils de dieu et qu’il est plus à même de pardonner les péchés que tous les autres prêtres, selon vous.

Par ailleurs le prêtre, sans aucun doute pour vous, est un humain comme vous. Et peut-être qu’il a plus de péchés que vous, surtout du fait qu’il vous déclare mécréant et égarés. Alors, qui lui pardonne ses péchés à lui ?!

Mais vous, vous êtes aveuglés et vos prêtres sont encore plus aveuglés que vous. Et lorsqu’un aveugle dirige un autre aveugle, ils tombent tous deux dans le précipice. Et demain vous tomberez avec vos prêtres dans le feu de l’enfer, où vous resterez éternellement. Le pardon de vos péchés, compte tenu de votre mécréance et de votre association, Dieu vous en a coupé tout espoir, par Sa parole qui est véridique dans Son livre honoré : [Sourate An-Niçâ’ /48] qui signifie : « Certes Dieu ne pardonne pas qu’on Lui attribue des associés, et Il pardonne ce qui est en deçà à qui il veut parmi les croyants. »

Du fait que Son pardon pour vous est impossible conformément à la nouvelle parvenue de Celui Qui est véridique, alors le pardon du prêtre pour vous est encore plus impossible et plus proche de la moquerie du démon et de ses soldats qui se moquent de vous. Qui d’autre que Dieu pardonne les péchés ? Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADhîm.

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi

Tous les chrétiens s’y attachent jusqu’à nos jours. Peu d’entre eux l’abandonnent. Leur doctrine est toute entière de la mécréance et relève de l’impossible rationnel qui se contredit. Celui qui la leur a composée est un homme parmi leurs anciens qui s’appelle Pierre (Cham°ûn AS-Safâ) et qui habitait Rome.

Voici son texte :

Ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur, Jésus, fils de Dieu l’unique, la première des créatures dans leur totalité, il est né de son père avant tous les mondes, il n’est pas créé, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père par la puissance duquel tous les mondes ont été parfaits. Il est le créateur de toute chose. Il est celui qui, pour nous délivrer, est descendu du ciel et a pris corps par le Saint-Esprit –l’ange Gabriel. Il est devenu être humain et sa mère Marie l’a porté. Il est né de Marie, celle qui est chaste. Il a subi des douleurs et a eu mal. Il a été crucifié à l’époque de Pilâtes le roi. Il a été enterré et a ressuscité le troisième jour, tout comme les prophètes l’ont écrit –le mécréant a mécru et a menti au sujet des Prophètes, que Dieu les honore ainsi que notre Prophète, ils sont exempts de dire pareilles choses impossibles selon la raison. Puis il est monté au ciel, s’est assis à la droite de son père, prêt à revenir encore une fois pour juger entre les morts et les vivants. Nous croyons au Saint-Esprit qui est issu du père et du fils, et par lequel les prophètes parlaient, au baptême et au pardon des péchés. Nous croyons à la résurrection de nos corps et à la vie éternelle. »

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que ces paroles sont contradictoires. Au début, ils disent : « Nous croyons en Dieu l’unique, le père, celui qui possède toute chose, le créateur de ce que nous voyons et de ce que nous ne voyons pas. Nous croyons au Seigneur Jésus, …, c’est un dieu véritablement, de la substance de son père. » Au début de leur parole, il y a le témoignage pour Dieu qu’il est un dieu unique. Ensuite, la parole est suivie par « le témoignage qu’il aurait un fils, et que ce fils serait un dieu comme lui, qu’il est de la substance de son père. » Ceci relève d’une extrême mécréance et de l’association. C’est d’une extrême contradiction avec l’unicité de Dieu, l’unique, qui n’a pas d’associé, qui n’a pas de pareil, Il est absolument exempt de leur mécréance.

Il a dit au début de ses propos que Dieu est le créateur de toute chose. Puis juste après, il dit : « Nous croyons que Jésus est le créateur de toute chose, et que c’est par sa puissance que tous les mondes ont été parfaits. » Il aura ainsi confirmé qu’il y aurait un autre créateur avec Dieu pour toute chose. Or ceci est l’une des contradictions les plus scandaleuses.

De même, lorsqu’il dit que Dieu est le créateur de ce qui est vu et de ce qui n’est pas vu, il aura intégré Jésus, car par nécessité il fait partie de ce qui est vu ! Puis il a fait suivre cela par sa parole que Jésus est le créateur de toute chose et qu’il n’est pas créé. Or ceci est une contradiction et une aberration que même des animaux, s’ils avaient le discernement, pourraient renier aux chrétiens. Nous demandons à Dieu qu’Il nous préserve de l’échec et de l’emprise du démon, car il s’est moqué d’eux comme il a voulu et il les a menés vers l’enfer, et quelle mauvaise demeure.

Il a par ailleurs dit : « Il est né de son père avant tous les mondes », alors quand donc aurait-il créé toutes choses ? Avant sa naissance, alors qu’il était inexistant, ou bien après sa naissance et qu’il était un nourrisson encore allaité ? Et qui gérait les cieux et la terre et ce qu’ils comportent avant sa naissance et sa venue à l’existence ? Comment serait-il la première des créatures en étant créateur de toutes les créatures, selon la prétention de ces mécréants. Car le sens de sa parole, la première des créatures, c’est-à-dire la première d’entre-elles à exister. La loi des chrétiens est basée sur cette contraction et cette impossibilité, car ils sont unanimes à dire que Jésus est de toute éternité, créateur sans début, alors que, Dieu nous en préserve, il serait né du ventre de Marie après sa naissance et ainsi de suite. Dieu a fait d’eux la risée de tous ceux qui sont dotés de raison et de connaissance et une source de plaisir pour les démons. Regardez la parole de ce mauvais, que Jésus serait dieu en vérité, de la substance de son père, puis qu’il serait descendu du ciel et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ceci est explicite, que Jésus aurait été un corps issu d’une substance, et qu’il aurait été dans le ciel et serait descendu, et qu’il aurait pris corps dans le ventre de Marie. Ce n’est pas le fait qu’un corps s’incarne dans un corps et une substance qui est étonnant en soi, c’est plutôt que ce qui n’est ni un corps ni une substance prenne corps. Notre Seigneur le Créateur des substances et des caractéristiques des substances est exempt d’être une substance à partir de laquelle aurait existé Jésus ou de se partitionner pour s’établir dans une partie du ventre de Marie mêlé à son sang, ses urines, ses selles. De quelle impudence ces mécréants font preuve à l’égard de Dieu et quelle miséricorde Dieu, gloire à Lui, manifeste en ce monde. La louange est à Dieu qui m’a épargné de ce dont Il les a éprouvés.

Sachez que selon les textes figurant dans leurs livres, il y a ce qui annule cette croyance et toutes les croyances de mécréance au sujet de Jésus. Il s’agit de ce qu’a dit Lucas, dans le quatrième chapitre (24) dans le récit des apôtres. Il a dit : « Dieu a créé les mondes dans leur totalité, avec tout ce qu’ils contiennent. Il est le seigneur des cieux et de la terre. Il n’habite pas dans une forme qui a été préparé par des mains. Il n’a pas besoin de quoi que ce soit, car Il est celui qui donne aux gens, leur forme, leur souffle et tout ce qui leur arrive, leur existence et leur vie sont par Sa volonté. »

Cette parole qu’a dite Lucas, c’est ce qui a été révélé dans le Livre de Dieu et ce que les Prophètes ont dit, °alayhim as-salâm. Il s’avère donc que les croyances des chrétiens sont toutes de la mécréance montées de toutes pièces, impossibilités vaseuses, hideuses contradictions. Ils ne les ont pas apprises des Livres de Dieu ni de ses Prophètes, mais ils ont suivi des prétentions sans fondement et des passions mensongères que leur ont biberonnées n’importe quels mécréants grands pécheurs.

On leur dit : cette croyance à propos de laquelle vous ne divergez pas, vous ainsi que vos adeptes, si vous ne l’attribuez pas à un Livre, ni à un Prophète, dites-nous, est-ce qu’elle est entièrement vraie ou entièrement fausse ? S’ils disent : « Une partie est vraie et une partie est fausse », alors ils auront démenti et mécru en elle, car le faux, on ne le prend ni pour religion ni pour adorer Dieu. Et s’ils disent : « Tout est vrai », alors ils auront reconnu que Jésus est créé et qu’il est né, et que Dieu est son Créateur et le Créateur de tout ce qui est vu et ce qui n’est pas vu.

Puis lorsqu’ils disent : « Jésus est un dieu, créateur de toute chose », alors ce qui arbore une telle contradiction claire et repoussante ne peut en aucun cas être une vérité.

Et lorsqu’ils disent : « Jésus, est dieu issu de la substance de son père et qu’il est un dieu comme lui », cela implique la ressemblance, indispensablement, que Dieu nous préserve. Et qu’est-ce qui ferait que l’un des deux soit un père et l’autre un fils ? Qui aurait spécifié celui-là par la paternité et celui-là par le fait d’être fils, et non l’opposé ? Que Dieu nous préserve. Nous demandons à Dieu, notre Seigneur, le pardon complet et la sauvegarde d’être comme eux et d’avoir leur devenir. Âmîn

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que tout ce que nous avons cité de la croyance des chrétiens, leur mécréance et leur parole que Jésus serait Dieu, fils de Dieu et qu’il serait le créateur des créatures, tout cela est réfuté, annulé par ce qu’on dit les quatre qui ont écrit les quatre évangiles.

Matthieu a dit dans le premier chapitre de son évangile : « L’ascendance de Jésus est de David, descendant d’Abraham. »

Et ceci est une reconnaissance que Jésus est né, qu’il était descendant de David, le prophète alayh as-salâm d’une descendance de Yahûdhâ fils de Jacob fils de Isaac fils d’Abraham °alayhim as-salâm.

Quiconque ayant une ascendance humaine de manière confirmée, est sans aucun doute un être humain, car Dieu est de toute éternité, Il n’est pas né et Il n’engendre pas, Il n’a point d’équivalent, aucun, et tout autre que Lui est contingent et a un début à son existence.

Matthieu dit également dans le 19e chapitre (16-17 ; et dans certaines versions14e) de son évangile qu’un homme a dit à Jésus :

Ô toi, le Khayr[71]. » Jésus lui a dit :

Pourquoi m’appelles-tu le Khayr alors que le Khayr, c’est Dieu ! »

Ceci est une extrême modestie de sa part °alayh as-salâm et une grande manifestation de respect envers son Seigneur et son Créateur. Alors comment prétendrait-il être, lui, son associé dans la divinité ?

Jean dit dans le 17e chapitre (1-3) de son évangile que Jésus a levé ses yeux vers le ciel et il a imploré Dieu l’Unique, le Créateur. Il a dit : « Il faut que les gens sachent que Tu es Dieu l’Unique, le Créateur et que Tu m’as envoyé. »[72]

Ceci est une reconnaissance de sa part qu’il a été envoyé de la part de Dieu, porteur du message qui implique de croire obligatoirement en Son Unicité, et que Dieu est l’Unique, le Créateur, il n’y a pas d’autre créateur pour les créatures sinon Lui. Et c’est le message qui a été amené par Jésus et par tous les Prophètes envoyés, que Dieu les honore et les élève davantage en degrés.

Si un chrétien dit : « Si Jésus avait reconnu dans ce passage qu’il est un prophète envoyé, il a reconnu dans un autre passage qu’il est le créateur éternel. » Nous disons, pour lui répondre, que c’est une calomnie et qu’il en est innocent, de cela et de tout ce qui lui est attribué. Et vous, vous faites preuve d’aveuglement face à de pareilles contradictions abjectes avec ces deux textes, dans ces deux passages, parce que Jésus °alayh as-salâm reconnaît qu’il est un humain envoyé de la part de Dieu. Et c’est cela qui est correct. Comment se pourrait-il qu’il se contredise en prétendant ce qui serait impossible à son sujet du fait qu’il serait créateur éternel ?

Non, cela provient seulement de la calomnie de leurs premiers mécréants, puis l’ensemble de vos groupes l’ont accepté par la suite, malgré la mécréance infecte et la contradiction criante.

Matthieu dit dans le quatrième chapitre de son évangile (8-10) que Satan a appelé Jésus pour qu’il se prosterne pour lui et qu’il lui a montré les royaumes de la terre et ses parures. Il lui a dit :

Prosterne-toi pour moi, nous t’accorderons tout cela » Jésus lui répond :

Il est prescrit pour chaque être humain qu’il n’adore que Dieu et qu’il ne se prosterne pour nul autre que lui. »

Ceci est une reconnaissance qu’il est innocent de la divinité. S’il était un dieu, Satan n’aurait pas osé lui dire pareilles paroles. Et dans la réponse qu’il lui a donnée, il y a une reconnaissance envers Dieu qu’il est le Dieu qui mérite qu’on ne se prosterne pour nul autre que lui, glorifié soit-Il.

Ceci en concédant aux chrétiens leur texte, pour tirer arguments de ce qu’ils ont inséré dans leurs évangiles, car sinon, Jésus et les autres prophètes °alayhim as-salâm sont préservés du fait que Satan leur suggère quoi que ce soit en cachette et en leur for intérieur. Comment les appellerait-il à commettre une mécréance explicite en se prosternant pour lui au lieu de se prosterner pour Dieu ? Et ceci est une déclaration très grave et il ne fait aucun doute que c’est l’une des inventions du livre des évangiles et l’un de leurs appels à rendre possible de telles choses au sujet de Jésus °alayh as-salâm.

Et Jean dit à la fin de son évangile chapitre 20 (17) que Jésus avait dit aux apôtres : « Je vais partir rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu. » Quand il dit : « Mon père et votre père », il veut dire : « Celui à Qui j’appartiens, à Qui vous appartenez » et c’était la terminologie de cette époque[73]. S’ils disent, « c’est son père » à partir de ce terme, nous leur disons que cela implique qu’il soit votre père également parce qu’il a dit : « mon père et votre père. » Puis il a dit explicitement, ce qui repousse toute confusion en disant « mon Dieu et votre Dieu. » Donc il ne reste plus aucune prétention à la divinité, absolument aucune.

Et Matthieu dit dans le dixième chapitre (40) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Celui qui vous acceptera et vous accueillera, il m’aura accepté et accueilli. Et celui qui m’accepte et m’accueille, aura accepté Celui Qui m’a envoyé. »

Et Jean dit dans le chapitre 5, 30 de son évangile que Jésus a dit : « Je n’ai pas été amené pour agir à ma guise, mais pour accomplir la volonté de Celui Qui m’a envoyé. »

Et Marc dit à la fin de son évangile, chapitre 15 (34) que Jésus a dit alors qu’il était crucifié, selon leur prétention : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » et que c’était la dernière parole qu’il a dite dans le bas monde[74]. Cependant, il est impossible que Dieu l’abandonne ou permette aux juifs de le crucifier. Nous avons seulement relevé une preuve contre les chrétiens parce que c’est une preuve qui provient des textes de leurs évangiles et qu’ils croient en ce qu’il y a dedans. Ce texte comporte explicitement que Jésus a dit : « Mon Dieu, mon Dieu. » Il a reconnu donc qu’il a un Dieu qu’il invoque dans les difficultés et qu’il s’innocente de la prétention à la divinité pour lui-même. Cela implique le démenti des croyances des chrétiens, nécessairement. Ils n’ont aucune échappatoire. Mais ils sont sourds, muets et aveugles et n’en prennent pas conscience[75].

Lucas dit à la fin de son évangile que Jésus, après s’être relevé de sa tombe, serait parti voir les apôtres qui étaient réunis dans une pièce dont ils avaient fermé la porte. Et quand il est rentré, ils ont pris peur. Ils ont cru qu’il était l’âme d’un ange ou d’un djinn. Lorsque Jésus l’a constaté, il a dit : « Palpez mon corps ! Sachez que les corps des anges et des djinns n’ont pas de chair et d’os comme vous voyez de mon corps. » Il a reconnu qu’il est composé de chair, d’os et de matière vivante et il s’est innocenté de la divinité.

Ceci est un texte comparable à celui qui a précédé parce que votre mensonge quand vous dites que Jésus a été tué et enterré puis qu’il s’est relevé de sa tombe après l’enterrement, c’est n’est qu’une invention fomenté par les premiers chrétiens et leur appel infondé obscurantiste à suivre l’impossible rationnel, la mécréance et l’égarement. Mais nous avons prouvé l’infondé de leurs arguments prétendant que Jésus serait Dieu et qu’il serait dieu fils de dieu.

Dieu est exempt d’imperfection, il n’est de dieu que Lui. Celui qui dit que Jésus est un esclave de Dieu et qu’il a grandi en longueur et en largeur puis qu’il a atteint sa vigueur et que Dieu l’a envoyé en tant que messager, il aura été en accord avec la parole de Jésus et de ses disciples. Et celui qui contredit aura contredit la vérité, il aura eu pour croyance la mécréance explicite. Nous demandons que Dieu nous en préserve.

Cela implique chez eux une chose des plus abominables chez tous les gens sensés, à savoir que si Jésus était créateur éternel, comme ils le croient, alors qu’il est de chair et de sang, ils considèreraient qu’une partie du Seigneur adoré est éternelle et créatrice, et une autre partie entrée en existence, contingente et créée. En effet, Jésus lui-même a reconnu qu’il est de sang et de chair par le texte de leurs évangiles. La chair et le sang relèvent des aliments et des boissons et ce sont des parties du bas monde. Selon leurs prétentions, le Créateur du bas monde dans sa totalité serait une partie de ce bas monde. Et il se serait créé Lui-même également parce qu’Il serait Lui-même, selon eux, une partie du bas-monde qui est sa propre créature !

Et ceci constitue ce qu’il a de plus abominable qui puisse exister comme prétention et comme calomnie, au-delà de ce qu’une personne sensée et rationnelle peut croire et avoir pour religion. Celui qui croit en cela est amené à ce que nous venons d’expliquer, il aura mérité le châtiment de Dieu et il se sera avéré qu’il fait partie des gens de l’égarement.

Cela implique aussi, entre autres choses abominables relevant de l’impossible rationnel, qu’Il serait une partie du bas monde, alors qu’Il est le Créateur de sa totalité. Or la partie d’une chose n’existe qu’après l’existence de la chose dans sa totalité. Et ce qui n’est ni existant, ni rationnellement acceptable, est inexistant ! Le Créateur de ce bas monde, selon leur prétention, serait donc inexistant, inconnu et inconnaissable.

Je pense, pour ma part, que l’auteur de cette croyance qui l’a mise en place pour eux, avait l’objectif d’aboutir à ce ta°Tîl –c’est-à-dire à ce négationnisme de l’existence de Dieu– précisément, parce qu’il faisait partie des pervers, des zindîq –athées-, des gens du négationnisme –ta°Tîl–. Il s’est moqué des naSârâ[76], leur a composé des mythes, différentes sortes de mécréances et d’égarements fondés sur les plus abominables des impossibilités rationnelles, dès lors qu’il s’est assuré de leur stupidité et de leur acceptation des hérésies par différentes voies et propos.

On leur dit : le premier évangile a dit que Jésus s’est coupé les ongles, les cheveux et que son corps a grandi en hauteur et en largeur. Selon vous, s’il était un créateur éternel, et que toutes ses parties, les cheveux, les ongles, se sont détachées de lui et sont devenues poussière, dispersées et anéanties, n’ayant plus d’existence, alors, le Créateur éternel, selon vous, aurait une partie de Lui qui se serait annulée, et qui aurait disparu alors qu’une autre partie serait restée intacte. Or celui dont l’une des parties disparait et s’anéantit, la disparition peut concerner sa totalité. Par ailleurs, celui qui a une partie est un tout, il est forcément limité, il a besoin de qui l’a composé et de qui l’a limité. Et celui qui est ainsi, avec ces caractéristiques-là, a donc besoin et n’est pas exempt du besoin.

Or, le Dieu Créateur qui est de toute éternité, gloire à Lui exempt d’imperfection, les preuves rationnelles et les textes rapportés témoignent qu’Il n’est pas un corps, qu’Il n’est ni une particule ni une caractéristique d’un corps. Il n’est pas un tout qui se partitionne. Son Être qui est de toute éternité ne devient pas une partie. Il ne Lui arrive pas de diminution, de changement ni de transformation. Il n’a aucun besoin dans l’absolu alors que toutes les créatures ont besoin de Lui dans tous leurs états et toutes leurs situations. Il est comme il a décrit son Être honoré dans le verset honoré : verset 11 de sourate ach-chûrâ, ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et Il est celui qui entend et qui voit. »

On leur dit également : « Jésus, que vous croyez être dieu créateur éternel est-ce qu’il était dans un pays et une époque ou pas ? » Ils ne peuvent pas le renier car les évangiles de Matthieu et de Lucas déclarent explicitement qu’il est né à Bethléem[77] qui était rattachée à la Judée à l’époque du roi Hérode et qu’il aurait été tué et crucifié à l’époque du roi Pilâtes. Et tout être qui existe dans un temps et un endroit, a nécessairement été précédé dans l’existence par l’endroit qui le contient, celui qui est ainsi est donc créé. Et si l’on a confirmé ainsi que Jésus est créé, alors votre croyance selon laquelle il serait dieu véritable, fils de dieu véritable, et créateur de toute chose, est annulée.

Il est connu de manière catégorique que le temps fait partie des choses qui sont créées. De plus, le temps a existé avant que Jésus n’existe sans aucun doute. Comment se pourrait-il que le temps existe avant son créateur et que l’endroit englobe celui qui a créé les endroits ?

Ceci est une des élucubrations les plus abominables. C’est une des pires abominations relevant de l‘impossible rationnelle et une des plus grandes calomnies. Tout être né dans une époque et qui est situé dans un endroit, c’est un être vivant fils d’un être vivant. Jésus faisait partie des plus honorables des êtres vivants puisqu’il est un être humain fils d’un être humain. Dieu est catégoriquement exempt de ce que disent les mécréants.

Ce que j’ai expliqué ici par la grâce de Dieu et Sa puissance implique clairement la corruption de la doctrine des chrétiens et l’invalidation de leur croyance. Il y a l’explication de mon délaissement de cette croyance pour ce que j’ai choisi pour moi-même comme religion de vérité et de clarté, afin de suivre la communauté du meilleur des prophètes, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, lui, sa famille et ses compagnons, et tous ses frères prophètes et messagers.

Et c’est à Dieu que nous demandons de parachever en nous Sa bienfaisance et la réussite qu’Il accorde. Il est notre Seigneur, quel bon Maître et à qui se fier de meilleur ?

Il n’est de force et de préservation que par Dieu al-°Aliyy al-°ADHîm.

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges

Sachez que Dieu vous fasse miséricorde que les quatre qui ont écrit les quatre évangiles ont divergé sur de nombreux sujets, ce qui est une preuve de leurs mensonges. S’ils avaient été sur la vérité, ils n’auraient en rien divergé les uns des autres. Dieu dit dans Son Livre honoré sourate an-Niçâ’, verset 82, livre qu’Il a révélé à celui qu’il a élu pour être Son messager, MouHammad : dont on comprend le sens : « Si ce Qourân provenait d’autre que Dieu, ils y auraient trouvé beaucoup de contradictions. » Il a fait savoir que la contradiction est la preuve du mensonge au sujet de Dieu. Ainsi, tout ce qui est de Sa part ne comporte aucune contradiction, dans la signification et la construction, et sa structure ne comporte aucune perturbation. Chaque fois que les menteurs mentent à Son sujet, Dieu les dévoile par la contradiction et la perturbation dans ce qu’ils ont menti et fomenté, afin que Dieu fasse que les gens puissent distinguer ce qui est mauvais de qui est bon. Il est celui qui crée toute chose selon une sagesse et Il sait toute chose.

Parmi les textes mensongers de ces gens-là, de ces quatre qui ont écrit les évangiles, il y a ce qu’a dit Jean dans le chapitre 13 (21-26) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres alors qu’il dînait avec eux, la nuit où les juifs l’auraient arrêté : « En vérité je vous dis, il y a l’un d’entre vous qui va me trahir. » C’est alors que Jean lui aurait dit : « Qui donc, mon Maître, va faire cela ? » Jésus leur aurait dit : « Celui à qui nous donnerons du pain avec de la sauce. » Puis il l’aurait donné à Judas Iscariote. Ce serait donc lui qui aurait trahi et qui aurait indiqué aux juifs où il se trouvait. »

Marc dans le chapitre 14 (17-20) de son évangile a dit que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va tremper son pain avec moi dans l’écuelle, c’est celui qui va me trahir. »

Matthieu a dit dans le chapitre 26 (23) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va saucer et tremper son pain avec moi dans mon assiette, c’est celui qui va me trahir. »

Quant à Lucas, il dit dans le chapitre 22 (21) de son évangile que Jésus leur aurait dit : « Celui qui va me trahir est avec moi parmi les disciples. »

Cette divergence entre eux est patente. En effet, cette parole de Jésus n’a pas été dite dans d’autres assemblées. Ils ne peuvent donc pas prétendre qu’il a eu différentes expressions dans plusieurs assemblées, et qu’il n’aurait pas dit la même chose à chaque fois. Par ailleurs, ce n’est pas comme si les quatre avaient dit la même chose, de sorte que chacun des quatre l’aurait exprimé avec ses propres termes à lui.

Le fait qu’il ait spécifié Judas Iscariote quand il lui a donné le pain trempé dans la sauce implique qu’il a précisé de qui il s’agissait, et qu’il l’a dévoilé. Or le reste de ce qu’ils ont rapporté indique qu’ils n’auraient pas su de qui il s’agissait. Il y a donc une contradiction. Ceci est une contradiction qui indique le mensonge des quatre qui ont écrit les évangiles, et c’est par Dieu qu’on obtient la réussite.

Il y a également ce qu’a rapporté Matthieu dans le chapitre 20 (29-34) de son évangile que Jésus, lorsqu’il est sorti de la ville de Jéricho (Ariha[78]), deux aveugles l’auraient interpelé et lui auraient dit : « Ô toi fils de David, fais nous miséricorde », il leur aurait ouvert les yeux là-bas, et ils sont devenus voyants.

Il y a également ce qu’a dit Marc dans le chapitre 10 (46-52) de son évangile : « Lorsque Jésus est sorti de la ville citée, un seul aveugle l’a interpelé, et lui a dit : « Ô Jésus fais-moi miséricorde » ; il lui a alors ouvert les yeux. »

Il est connu de l’évangile que Jésus n’est passé dans cette ville qu’une seule fois. Donc, soit Matthieu a menti en disant qu’ils étaient deux aveugles, soit Marc a menti en disant qu’il n’y en avait qu’un, parce que le récit est unique. Et dans le fait qu’ils aient tous deux reconnu que l’aveugle ait appelé Jésus en lui disant : « Toi le fils de David », il y a une attribution à Jésus d’être un descendant d’humains. Il y a en cela ce qui dément leur croyance à son sujet. Ainsi, l’aveugle ne lui a pas dit : « Ô toi le dieu » ou bien « Ô toi le fils de Dieu » ou « Toi le créateur des créatures » comme ils ont prétendu à son sujet. Mais il lui a dit : « Ô toi fils de David. » Il l’a attribué à l’un des prophètes honorables, pour indiquer que l’ascendance de sa mère Marie est de ce genre, pure, et il en est ainsi effectivement. En effet, Marie est de la descendance de David fils de ‘Ichâ°, lui-même de la descendance de Yahûdhâ fils de Ya^qûb –Jacob– fils de Is-Hâq –Isaac–, fils de Ibrâhîm –Abraham– °alayhim as-salâm.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 27 (39-44) de son évangile que Jésus aurait été crucifié en compagnie de deux voleurs et que ces deux voleurs l’insultaient alors qu’ils étaient crucifiés.

Et Lucas a dit dans le chapitre 23 (39-43) de son évangile que l’un des deux voleurs se serait moqué de Jésus et lui aurait dit : « Si tu es véritablement Jésus, alors délivre-toi toi-même et délivre nous. » Le deuxième voleur l’aurait réprimandé, en lui disant : « Crains Dieu ! Ne sais-tu pas que ce qui l’a atteint t’a atteint toi aussi ? Et que toi et moi nous méritons ce qui nous a été fait, mais lui ne le mérite pas ? » Puis il aurait ensuite dit à Jésus : « Ô mon maître ne m’oublie pas le jour où tu reviendras de ton royaume » et Jésus lui aurait répondu : « En vérité je te le dis : tu seras avec moi ce jour-là au Paradis d’Eden. »

Il y a une divergence entre les deux, parce que Matthieu a considéré que les deux voleurs iront en enfer puisqu’ils ont insulté Jésus, et que Lucas a considéré que l’un des deux ira au Paradis. Or ils ont tous deux menti sur le sujet même de la crucifixion de Jésus. Ils ont donc mécru en cela.

Jean qui était présent lors de la crucifixion de ceux qui ont été crucifiés, a dit dans son évangile chapitre 19 (18) : « Deux voleurs ont été crucifiés avec lui. L’un des deux était à sa droite et l’autre à sa gauche. » Mais, il n’a pas du tout cité qu’ils lui aient dit quoi que ce soit. C’est là une totale divergence et un égarement.

Parmi cela il y a que Matthieu a dit dans le chapitre 21 (1-5) de son évangile que Jésus était sur une monture et qu’il était sur son chemin pour Bayt al-Maqdis tout comme l’ont dit à son sujet certains prophètes : « Vous verrez votre souverain qui viendra sur une monture. »

Marc a dit dans le chapitre 11 (1-7) de son évangile que Jésus était sur un ânon, le petit d’un âne, et qu’il n’a pas cité qu’il était monté sur un âne.

Lucas a dit dans le chapitre 19 (30-36) de son évangile qu’il était sur un âne, tout comme l’a dit Matthieu.

Et Jean a dit dans le chapitre 12 (14-15) de son évangile qu’il était sur un ânon, petit d’un âne, tout comme l’a dit Marc.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, cette divergence, cette contradiction et leur mensonge apparent à propos de leur parole qu’il montait un ânon, en indiquant qu’il n’était pas âgé. S’il en est ainsi, comment quelqu’un pourrait-il le monter ?!

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 20 (20-21) de son évangile, que Marie l’épouse de Zébédée était venue voir Jésus et lui a dit : « Mes deux fils vont s’assoir demain avec toi dans ton royaume l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. »

Par ailleurs, Marc dit dans le chapitre 10 (35-37) de son évangile que les deux cousins, fils de la tante maternelle de Jésus, à savoir Marie la femme de Zébédée, lui ont dit : « Ô toi mon seigneur nous voudrions profiter de toi par ce que nous te demandons » et que Jésus leur aurait dit : « Et que voulez-vous ? » Ils lui ont tous deux dit : « Accorde nous le bienfait de rester l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume. »

Quant à Lucas et Jean, ils n’ont rien cité de ce récit dans leurs évangiles à propos de ces deux fils ni de leur mère, alors que Jean aurait été tout le temps aux côtés de Jésus. Il ne l’aurait quitté que lorsqu’il a été élevé au ciel, °alayhi s-salaam. Ceci est une divergence qui indique une médiocrité. Matthieu a dit que la mère a demandé cela. Marc a dit que ce sont les deux fils qui ont demandé cela. Leurs deux autres compagnons les ont contredits en ne citant rien de ce récit.

Parmi leur divergence également, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 9 (14) de son évangile que les élèves de Jean[79] ont dit à Jésus : « Pourquoi jeûnons-nous alors que les pharisiens[80] jeûnent et que tes élèves ne jeûnent pas ? »

Tandis que Marc a dit dans le chapitre 2 (18) de son évangile que les scribes et les pharisiens ont dit à Jésus : « Pourquoi les élèves de YaHyâ –Jean-Baptiste jeûnent et tes disciples mangent et boivent et ne jeûnent pas ? » 

Il y a ici une divergence claire puisque dans le premier texte, les pharisiens jeûnaient, et ceux qui ont posé la question et ceux qui jeûnaient étaient les élèves de Jean. Alors que dans le deuxième texte, c’est un groupe de scribes et de pharisiens qui ont posé la question, avec la mention de Jean-Baptiste –YaHyâ fils de Zacharie. Les scribes étaient avec eux, mais ils n’ont rien dit à propos d’eux-mêmes, ni qu’ils jeûnaient ou pas.

Il y a parmi ces divergences, ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre trois (4) de son évangile : que Jean[81] mangeait les criquets et le miel. Il s’est contredit lui-même dans le chapitre 11 (18) de son évangile en disant que Jésus °alayhi s-salaam a dit aux juifs : « Jean[82] est venu vers vous, ne mangeant ni ne buvant ; vous avez dit : Il a un démon. Le Fils de l’homme (filios et il parle de lui-même ici) est venu vers vous, mangeant et buvant, et vous avez dit : C’est un être humain qui a un gros ventre et qui boit du vin. »

Ceci est une divergence évidente dans la parole de Matthieu parce qu’il a nié à propos de Jean le fait de manger et de boire dans un de ses deux textes et qu’il lui a confirmé le fait de manger des criquets et du miel dans un autre texte.

Les chrétiens sont passés à côté d’une preuve claire contre eux, à savoir la parole de Jésus à son propos quand il a dit : « Je suis le fils de l’homme » et qu’il mange et qu’il boit l’eau, et selon eux le vin. Or ceci est une reconnaissance de sa part qu’il est un être humain, fils d’un être humain. Il a besoin de force à partir de la nourriture, et de maintenir son corps en bonne santé en mangeant et en buvant. Ceci dément leurs prétentions à son sujet qu’il serait dieu, fils de dieu. Dieu le Seigneur des mondes est totalement exempt de toute leur mécréance.

Parmi leurs divergences et leurs mensonges explicites au sujet de Dieu et de Son messager, il y a ce qu’a dit Jean[83] dans le chapitre 5 (37) de son évangile que Jésus aurait dit aux juifs : « Et le Père qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez point vu sa face. » Et ceci est proche de la réalité de la parole de Jésus. Mais Matthieu l’a contredit dans les termes et dans les significations par une mécréance explicite. Il a dit dans le chapitre 17 (1-5) de son évangile : « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques, et Jean, son frère, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici, Moïse et Élie leur apparurent, s’entretenant avec lui. Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! »

C’est la même chose qu’a dit Marc dans le chapitre 9 de son évangile.

Et Jean dit dans le chapitre 14 (7-9) de son évangile que Jésus aurait dit aux apôtres « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Et ceci est une divergence claire et une mécréance abominable.

Quant à la divergence, il s’agit de la différence entre ce qu’a dit Jean à propos de Jésus, à savoir que Celui qui l’a envoyé témoigne en sa faveur de la validité de sa prophétie et de son message, et que personne n’a entendu sa voix ni ne l’a vu, et ce qu’a dit Jean précédemment cité que Jésus aurait dit aux apôtres : « Vous avez vu mon père, et vous l’avez reconnu, et que celui qui m’a vu, aura vu mon père. »

Il y a aussi le récit de la montagne de Tabur, lorsque les trois qui étaient avec Jésus auraient entendu la parole du père, ils visent par là le Seigneur des esclaves glorifié soit-Il, Il est exempt de ce qu’ils disent. Il leur aurait dit à propos de Jésus : « Voici mon fils que j’ai élu pour moi-même. » Dieu est exempt de faire entendre Sa parole à Ses créatures [dans ce bas monde] ; il est exempt d’avoir une voix et un son. Il est exempt d’avoir une compagne et un fils. Comment témoignerait-il en faveur de Jésus qu’il serait son fils ?! Ceci est une calomnie et c’est une insolence à l’égard de Dieu, qui les a menés à mentir à Son sujet et au sujet de Son messager Jésus.

Leur objectif par la totalité de ces mensonges, c’est de diffuser leurs mauvaises croyances à propos de la divinité de Jésus, qu’il serait le fils de Dieu. Dieu est exempt de cela. Par Sa toute-puissance, Dieu les a fait tomber, par Son éminente puissance et Sa sagesse parfaite, dans la contradiction, la perte de continuité dans leurs chaînes de transmissions, et les oppositions dans les termes et les significations, tout ceci, qu’ils en soient conscients ou pas.

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance

Il y a entre autre ce qu’a dit Lucas dans le chapitre 22 (31-34) de son évangile : « Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »

Puis ce Pierre en question a mécru en Jésus. Il a apostasié la religion après quelques jours de l’annonce que Jésus lui a faite que Satan n’avait aucun moyen pour corrompre leur certitude. Aucun des disciples de Jésus n’a mécru excepté ce Pierre-là.

Voyez, que Dieu vous fasse miséricorde, la contradiction de ces gens voués à la perdition, dans ce qu’ils rapportent d’un homme qu’ils considèrent un prophète préservé, et qu’il est également un dieu fils de Dieu, Dieu est exempt de cela ! Comment annonce-t-il à l’un de ses disciples qu’il aurait demandé à Dieu de ne pas accorder à Satan de possibilité de corrompre sa certitude. Puis ils disent que ce même élève à qui il a accordé cette invocation particulière, c’est lui qui a mécru et qui a apostasié et que Satan lui aurait corrompu sa religion et sa certitude d’entre tous les élèves ?! Est-ce que quelqu’un peut ignorer à ce point cette contradiction, en plus de la mécréance dans le fait de rendre possible le mensonge par les prophètes, et qu’il y aurait par conséquent des choses qu’ils auraient annoncées mais qui ne se produisent pas ?! Tout cela fait partie de leur mensonge clair au sujet de Jésus °alayhi s-salâm. Par Dieu, qui est tout puissant sur toute chose, Jésus n’a rien dit de ces égarements. Nous demandons à Dieu qu’il nous préserve de l’échec et de l’égarement.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le verset 5 (19) de son évangile : « Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. »

Or, il est connu avec certitude que Jésus a bien mangé et bu. Il n’a pas vu son père [selon eux] faire quoi que ce soit de cela ! Dieu [qui n’est pas appelé Père] est Tout puissant sur toute chose. Il n’est de dieu que Lui. Jésus n’a rien dit de tout cela. C’est ce maudit Jean qui a menti à son sujet. Par ailleurs, ses trois compagnons [auteurs des évangiles] n’ont rien dit de cette histoire.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 17 (15) de son évangile que Jésus °alayhi s-salâm aurait imploré Dieu avant de mourir et qu’il aurait dit : « Mon Dieu, Je sais que tu exauces toujours. Je te demande de préserver mes élèves de toute chose dans le bas monde et dans l’au-delà. »

Alors que c’est connu par tawâtour[84] chez tous les savants des chrétiens que les disciples de Jésus, la plupart d’entre eux sont morts tués par l’épée, puis que certains d’entre eux ont été crucifiés, d’autres ont été dépecés et qu’ils ont été torturés par différentes sortes de tortures. Il n’est pas possible que Son messager Jésus ait demandé à Dieu qu’Il sauve ses élèves de toutes choses dans le bas monde, puisqu’il leur est arrivé de telles punitions et de telles morts ignobles. Jean est celui qui a menti au sujet de Jésus. Quant à ses trois autres compagnons, ils n’ont absolument rien dit à ce sujet.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 15 (24) de son évangile : « Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché. » Il vise les juifs. Il n’est pas possible que Jésus ait dit cela. En effet, il sait nécessairement que Moïse °alayhi s-salâm a eu des miracles nombreux et éminents. Également Ilyas et Al-Yasa° °alayhim as-salâm, avaient vécu avant Jésus et que tous deux avaient ressuscité des morts, tout comme Jésus. Al-Yasa° avait guéri un homme atteint de vitiligo, tout comme Jésus l’a fait. Comment prétendent-ils que Jésus aurait dit : « J’ai eu des miracles qu’aucun avant moi n’a eus. » Jean a menti en cela. Et ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Marc a dit dans le chapitre 10 (29-30) de son évangile : « Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. »

Matthieu a dit dans le chapitre 19 (29) de son évangile : « Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple et héritera la vie éternelle. » Il n’a donc rien dit de la vie ici-bas.

Et Lucas a dit dans le chapitre 18 de son évangile (28-30) : « Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus que ce qu’il a laissé. »

Mais il n’a cité ni le paradis, ni le bas monde.

Quant à Jean il n’a rien cité de tout cela.

Il s’agit là de mensonges clairs contre Jésus. Nombreux sont ceux qui ont laissé des maisons, des jardins, des commerces et autres pour suivre Jésus. Ils n’ont pas eu cent fois ce qu’ils ont laissé dans le bas monde ni une quantité proche de ce qu’ils ont laissé. C’est donc une preuve que Jésus n’a jamais dit cela, mais qu’ils ont menti à son sujet.

Il y a également ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 19 (3-5) de son évangile : « Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver : Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit : N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair ? »

Ceci est un mensonge contre Jésus et contre la Torah. Ce sont des paroles que Dieu n’a pas dites. Ce sont certains livres prophétiques qui l’ont rapporté d’Adam °alayh as-salâm, car lorsqu’il s’est endormi, Dieu lui a créé son épouse Ève à partir de sa côte. Quand il s’est réveillé, il l’a trouvée à ses côtés. Il aurait ensuite dit : « C’est pour celle-là qu’il arrive à l’homme d’abandonner son père et sa mère, et de constituer avec son épouse une seule chair. »

Il est impossible que Jésus attribue cela à la Torah alors qu’il mémorisait la Torah et l’Évangile[85]. Il ne dit donc que ce que Dieu dit à leur sujet. Mais c’est un mensonge à son sujet fait par Matthieu dans cette parole. Ses trois compagnons n’ont rien dit à ce sujet.

Il y a parmi les mensonges à ce sujet ce qu’a dit Jean dans le chapitre 3 (13) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Ne monte au ciel que celui qui en est descendu. » Ceci est infondé, c’est un mensonge au sujet de Jésus °alayh as-salâm, car dans la Torah il est indiqué qu’Idris et Ilyas °alayhim as-salâm ont été élevés au ciel alors qu’ils n’en étaient pas descendus. Ils ont vécu sur terre jusqu’au moment de leur montée au ciel. Il est indiqué dans les évangiles que Jésus °alayh as-salâm est monté au ciel, alors qu’il n’en était pas descendu. Et notre Prophète MouHammad est monté au ciel la nuit de son ascension Mi°râj alors qu’il n’en était pas descendu. Il s’avère clairement que Jean a menti au sujet de Jésus. Ses trois compagnons n’ont rien rapporté à ce sujet.

Si un chrétien disait que Jésus a dit cela, mais n’en a visé que les âmes, il lui sera dit : « Ceci est contraire à la Torah et à l’Évangile », car dans ces deux livres, les prophètes qui sont montés au ciel, y sont montés avec leur âme et leur corps, tout comme notre prophète MouHammad est monté avec son âme et son corps.

S’ils disent que Jésusl’a dit et qu’il en a visé les âmes des humains dont les corps sont morts et qu’au moment de la mort les anges emmènent leurs âmes au ciel. Nous leur disons : « Ceci est une possibilité qui est prouvée comme étant fausse avec la preuve. Par défaut, pour comprendre les termes, nous retenons la généralité et le sens propre, jusqu’à preuve du contraire. Par ailleurs, les âmes des mécréants ne montent pas au ciel. Mais elles vont vers Sijjîn. » Ce qu’ils ont dit est donc infondé et il s’avère clairement qu’ils ont menti au sujet de Jésus.

Entre autre, il y a ce qu’a dit Matthieu dans le chapitre 21 (18-20) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm aurait été pris de faim. Alors qu’il marchait vers les apôtres, il aurait vu un figuier en bordure du chemin. Il s’y serait dirigé pour en manger mais n’y aurait pas trouvé un seul fruit. Il aurait fait alors une invocation contre lui, et l’arbre serait mort sur le coup.

Marc a rapporté dans le chapitre 11 (12-13) de son évangile cette nouvelle. Il a ajouté la précision que ce n’était pas la saison des figues.

Regardez que Dieu vous fasse miséricorde comment ils ont attribué au prophète Jésus qu’il chercherait des figues dans les arbres des gens, en dehors de sa saison. Cela, même les enfants et les fous ne le font pas. Puis, ils ont dit qu’il a fait une invocation contre ce figuier et que l’arbre est mort. Or cet arbre n’a pas commis de péché qui mérite une telle punition. Cet arbre est soit la propriété de quelqu’un, soit il n’a pas de propriétaire et il est donc permis à tous ceux qui passent d’en cueillir les fruits. S’il était la propriété de quelqu’un, Jésus avec son ascèse et sa piété, n’aurait pas cherché à en manger sans l’autorisation de son propriétaire. En effet, les lois se sont accordées à interdire cela. Et si c’était un arbre sans propriétaire, à la portée de tout le monde, il n’aurait pas fait d’invocation pour qu’il meure, et que personne ne puisse plus en profiter. Jésus et tous les prophètes °alayhim as-salâm, Dieu a fait qu’ils soient naturellement une source de profit pour les créatures, pour leur intérêt, et non le contraire. Il s’avère clairement que Matthieu et Marc ont menti dans ce qu’ils ont attribué à Jésus à ce sujet, et c’est Dieu qui accorde la réussite pour l’obéissance.

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire

Entre autres, il y a leur parole que les vertueux parmi les musulmans se marient contrairement à ceux qui choisissent le chemin de la prêtrise parmi les chrétiens. On leur dit : vous êtes d’accord dans votre religion que David °alayh as-salâm était un prophète et qu’il était un roi. Et le degré de prophète est plus élevé que le degré de saint selon l’unanimité pour vous et pour nous. Et dans la Torah, David °alayh as-salâm a épousé cent femmes, et qu’il a eu d’elles plus de cinquante garçons et filles. Il y figure également que Salomon°alayh as-salâm a épousé mille femmes, tout comme cela a été confirmé dans la Torah. Et vous avez pour croyance que la Torah est vérité, qu’elle a été révélée de la part de Dieu. Et, de même, tous les prophètes °alayhim as-salâm, se sont mariés et ont eu des enfants, hormis Jésus et YaHyâ fils de Zacharie °alayhim as-salâm. Dans la Torah, il est permis à l’homme d’épouser autant de femmes qu’il peut prendre en charge. Et vous les chrétiens, vous n’avez pas autorisé le mariage contrairement à ce que Dieu a autorisé dans la Torah et dans l’Évangile. Mais vous êtes attachés en cela à la parole de Paul dont les premiers d’entre vous ont prétendu qu’il était comme un prophète. C’est ce même Paul qui vous a ordonné qu’un homme ne se marie qu’avec une seule femme et que, si elle meurt, il la remplace jusqu’à trois fois. Il vous a ordonné aussi que le prêtre n’épouse qu’une seule femme vierge et non pas une femme qui a déjà été mariée, et que, si elle meurt, il lui est interdit de se remarier. Il s’avère que votre religion, concernant le mariage, est en opposition avec les prophètes. Vous avez aussi contredit Paul pour le mariage des prêtres avec les femmes vierges puisque vous avez interdit le mariage à tous vos prêtres. Vos impudents et vos ignorants ont pour croyance cela, et ils blâment les saints parmi les musulmans dans ce qu’ils font quand ils se marient.

Tandis que vos savants, ils savent que cela est licite et que c’est écrit dans les livres célestes. Les gens de l’Islam, Dieu leur a accordé la religion de droiture, la religion belle qui ne comporte pas de difficulté pour eux. Et notre Prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam leur a dit : ce dont nous comprenons : « Mariez-vous et ayez des descendants, je serai fier de votre nombre au Jour du jugement. » Ainsi, par le mariage et par le fait d’avoir des enfants, ils ont des récompenses parce qu’ils obéissent ainsi à l’ordre de leur Prophète Salla llâhou °alayhi wa sallam.

Parmi ce que les chrétiens reprochent aux gens de l’Islam, il y a la circoncision. On leur dit que chez vous, dans les évangiles, Jésus °alayh as-salâm était circoncis et que le jour de sa circoncision, pour vous, fait partie des plus grandes fêtes. Comment reprochez-vous aux musulmans ce que vous glorifiez au sujet de votre prophète ? Puis vous avez pour croyance que Abraham °alayh as-salâm et tous les prophètes étaient circoncis et que Dieu leur a ordonné de se circoncire, tout comme c’est indiqué dans la Torah. Le blâme retombe sur vous, et le péché retombe sur vous, parce que vous avez délaissé une tradition de votre prophète concernant la circoncision. Vous avez contredit tous les prophètes, puis vous le reprochez. Et tous ceux qui reprochent et blâment un acte des prophètes dans ce qu’ils ont légiféré, aura mécru en Dieu et en Ses prophètes.

Parmi les choses qu’ils reprochent aux musulmans, c’est leur croyance que les gens du Paradis mangent et boivent. On leur dit : Comment blâmez-vous cela alors que Matthieu dit dans le chapitre 26 (29) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres, alors qu’ils dinaient la nuit où les juifs, selon eux, l’ont emmené et tué : « Je ne boirai plus une autre boisson après celle-ci hormis au Paradis. » Et Marc a dit la même chose dans le chapitre 14 (25) de son évangile.

Et Lucas a dit dans le chapitre 22 (30) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit aux apôtres : « Vous allez boire et vous allez manger avec moi à ma table au Paradis. » Les savants des chrétiens savent qu’Adam °alayh as-salâm a mangé d’un arbre qui lui était interdit au Paradis, lui et son épouse Ève (Hawwâ’) et que ce fut la cause de leur descente sur terre, et ceci est indiqué dans la Torah et dans l’Évangile. Comment leurs ignorants renient-ils qu’il y ait au Paradis des nourritures et des boissons ?! Ils donnent pour interprétation à ce sujet que tout ce qui est mangé et bu va nécessairement entrainer de l’urine et des selles, alors que le Paradis est pur de tout cela. Ils n’ont pas su que notre prophète MouHammad Salla llâhou °alayhi wa sallam, celui qui était le plus grand des sages, nous a appris que ce que les gens du Paradis mangent et boivent sortira d’eux sous forme de transpiration qui a une odeur pareille à celle du musc et qu’ils ne crachent pas, qu’ils ne se mouchent pas, qu’ils n’urinent pas, qu’ils ne défèquent pas.

Les Livres et les messagers ont été unanimes à dire qu’au Paradis il y a différentes sortes de fruits et de chair d’oiseaux et autres, de tout ce que les âmes désirent et qui est un plaisir pour les yeux. Or s’il était possible que quelqu’un y entre et soit privé de ces plaisirs, il se retrouverait châtié, menant une triste vie. Nous demandons à Dieu de nous préserver de pareilles croyances. Car cette croyance entraine ce que disent les athées, que le plaisir du Paradis après la mort, a lieu uniquement avec les âmes et pas avec les corps, parce qu’ils renient la résurrection des corps. Les chrétiens, même s’ils ne déclarent pas cela de manière explicite, cette parole que « les âmes seules profiteront au Paradis et que les corps n’auront de félicité par les aliments que pour être en bonne santé conformément à ce que Dieu a fait. » Et ceci est contraire à ce qu’implique la raison et à ce qui est rapporté.

Parmi les choses qu’ils renient également aux musulmans, il y a leurs paroles qu’il y a au Paradis des palais, des perles et autres que cela. On leur dit : Chez vous, dans le livre appelé Nûr al-qiddisîn, à propos du récit de Jean l’évangéliste, il est passé un jour auprès de deux jeunes gens qui avaient des vêtements en soie, qui avaient avec eux des serviteurs et un grand convoi. Il les a exhortés en leur rappelant l’enfer. Il les a menacés au point qu’ils ont abandonné ce qu’ils avaient comme bienfaits. Ils ont suivi Jean, précédemment cité, et ils ont donné en aumône leur argent à leurs serviteurs. Quelques temps plus tard, leurs serviteurs étaient passés avec des vêtements luxueux, et des convois et des serviteurs. Ils en furent attristés et regrettèrent ce qu’ils avaient raté comme plaisirs du bas monde. Cela était devenu for éprouvant pour eux. Jean comprit cela et leur dit :

Vous avez donc regretté, vous êtes tristes pour les bienfaits que vous avez manqués du bas monde ? » Ils lui ont répondu :

Oui, nous ne pouvons pas supporter ce manque. » Alors, il leur a dit :

Alors, allez, ramenez-moi des pierres de la rivière. » Ils en ont ramenées. Il les a mises sous son vêtement puis les a sorties, après qu’elles soient devenues des perles précieuses. Il leur a dit :

Allez au marché, vendez-les et achetez avec leur prix plus que vous aviez possédé. Mais vous n’aurez aucune part au Paradis. Vous avez vendu votre part au Paradis pour cette chose rapide qui va à sa fin. » Tandis qu’ils étaient ainsi, des gens sont venus avec un mort. Et ils ont demandé à Jean précédemment cité de le ressusciter. Il a dit :

Relève-toi, ô mort, par la volonté de Dieu. » Le mort s’est relevé et Jean lui dit :

Annonce à ces deux hommes ce qu’ils ont raté comme félicité du Paradis. » Celui qui était mort leur dit alors :

Vous aviez au Paradis des palais construits avec des perles de chaque couleur, la longueur de chaque palais est de telle et de telle distance. » Lorsque les deux jeunes gens ont entendu cela, ils ont fait le repentir, ils ont tout abandonné et ont suivi Jean sur la religion de Jésus jusqu’à ce que leur vienne la mort.

Vous avez également, dans le livre cité, que Valerian, que vous comptez parmi les vertueux et les grands prêtres, les anges lui ramenaient chaque jour de la nourriture du Paradis sur des plateaux en or avec des serviettes en soie et au-dessus des serviettes et des fleurs de différentes couleurs. Comment reniez-vous qu’il y ait pas au Paradis des ustensiles en or, des vêtements en soie et de la nourriture, alors que ce récit est une preuve contre vous, autre que ce que les livres prophétiques ont rapporté à ce sujet, et sur lesquels se sont accordés tous les gens sensés qui suivent la loi. Mais vous êtes un peuple qui préfère l’ignorance. Et vous ignorez que vous êtes ignorants.

Et dans le livre cité également, il y a dans le récit de Santone que les anges venaient le voir chaque jour avec une quantité de nourriture qui lui suffisait matin et soir, une nourriture des gens du Paradis avec différentes variétés. Un jour, il a reçu la visite d’un homme vertueux chez eux, un grand prêtre qui est connu sous le nom de Paul l’esclave. Ce jour-là, les anges ont amené beaucoup plus que ce qu’ils ne ramenaient habituellement comme nourriture dans des récipients en or, couverts de serviettes de soie. Et dans leurs livres, il y a beaucoup de récits semblables, mais je les ai laissés, par crainte de prolonger et d’ennuyer.

Parmi ce qu’ils reprochent aux musulmans également, il y a le fait qu’ils se donnent des noms de prophètes °alayhim as-salâm. On leur dit : Comment nous reprochez-vous cela alors que nous nous donnons les noms des prophètes, par recherche des bénédictions par ces prophètes, et qu’ils sont bien des êtres humains. Comment ne vous reprochez-vous pas vous-mêmes le fait que vous vous donniez des noms d’anges tels que Gabriel, Mikael, Azrael, et ce qui est du même ordre. Et ils n’ont absolument aucune réponse à cela. Et c’est Dieu qui accorde la réussite.

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes.

Sachez, que Dieu vous fasse miséricorde, que la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad est confirmée dans tout livre que Dieu a révélé. Tous les prophètes ont annoncé sa venue.

Il y a entre autre ce qui figure dans le chapitre 16 (6-12) du premier livre de la Torah[86]. La Torah est composée de cinq livres qui ont été réunis dans un même volume. Et ce, lorsqu’ils prétendent qu’Agar (Hâjar) a fui Sarah l’épouse de Abraham, elle a vu cette nuit-là un ange qui lui dit : « Ô Agar que veux-tu et d’où viens-tu ? » Elle a répondu : « J’ai fui Sarah. » Il lui a dit : « Retourne chez elle et soumet toi à elle. Dieu fera que ta descendance sera nombreuse. Bientôt tu seras enceinte et tu donneras naissance à un fils qui s’appelle Ismaël, car Dieu a entendu ta crainte. Ton fils sera le plus honorable des gens. Il aura une autorité sur tous les gens. Tout le monde se soumettra à lui. Il aura une souveraineté qui s’étendra dans la majorité du monde. » Fin du texte de la Torah.

Il est connu qu’Ismaël et les enfants de sa descendance n’ont pas géré la majorité du monde. L’allusion par cela est faite vers l’éminent descendant qu’il a eu, qui est notre prophète MouHammad. C’est sa religion, l’Islam, qui a été au-dessus de tous les gens de la terre et la majorité de sa partie habitée. Sa communauté a eu le pouvoir aux orients et aux occidents de la terre. Ceci est quelque chose que les savants des juifs savent comme la majeure partie d’entre eux. Cependant, ils le cachent aux gens du commun.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 18 (18) du cinquième livre de la Torah[87] que Dieu a dit à Moïse °alayh as-salâm : « Dis au fils d’Israël que je leur accorderai à la fin des temps un prophète comme toi, du fils de leur frère. Celui qui ne suit pas la parole que je lui révèle, je me vengerai de lui. » Ce texte indique que ce prophète qu’il enverra pour les fils d’Israël [ainsi qu’à toute l’humanité] à la fin des temps, ne fait pas partie de leur descendance. Mais il fera partie de la descendance de leur frère. Or chaque prophète qui a été envoyé après Moïse faisait partie des fils d’Israël. Le dernier d’entre eux était Jésus °alayh as-salâm. Il ne reste plus du fils de leur frère que notre prophète MouHammad, parce qu’il est descendant d’Ismaël et Ismaël est le frère d’Isaac fils d’Abraham. Isaac est l’ancêtre des fils d’Israël. C’est cette fraternité qui a été mentionnée dans la Torah.

Si cette annonce d’un prophète avait concerné l’un des prophètes des fils d’Israël, il n’y aurait pas eu d’intérêt à mentionner cette fraternité. Les juifs sont unanimes à dire que parmi tous les prophètes des fils d’Israël après Moïse, il n’en y a pas eu un seul qui soit comme lui. Le sens de la similarité ici, c’est qu’il ait amené une Loi particulière que les communautés suivront après lui. Or, c’est bien la description de notre prophète MouHammad parce qu’il est descendant de leurs frères les arabes, un descendant d’Ismaël. Il a amené une Loi qui abroge toutes les Lois antérieures, et sur laquelle les communautés l’ont suivi. Il est donc comme Moïse de ce point de vue, et meilleur que lui et que tous les prophètes et les messagers, par l’unanimité de sa communauté, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré.

Il y a également ce qui figure dans le chapitre 33 (2) du cinquième livre de la Torah[88]. Ils disent que le Seigneur est venu du haut du Sinaï, et qu’il a brillé de Séir et qu’il est révélé de la montagne de Pharan, c’est-à-dire La Mecque et la terre duHijaz. Pharan c’est le nom d’un des rois géants qui se sont partagé la terre. Le Hijaz et ses environs furent la part dePharan. Pour cela, tout ce pays a porté son nom dans la Torah.

Quand ils disent que Dieu est venu du haut du Sinaï, ils visent par cela, la venue de la religion qu’il agrée, et la croyance en son unicité tout comme il l’a révélé à Moïse au mont Tyr au Sinaï. Ils visent par sa brillance sur le Séir, qui est une montagne du Cham[89], l’apparition de la religion de Jésus °alayh as-salâm par ce qu’il lui a révélé. Enfin, ils visent par sa révélation sur le mont Pharan, la religion de l’Islam que Dieu a révélée à La Mecque et au Hijaz à notre prophète MouHammad.

Et lorsqu’il dit : « Les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu », les myriades sont les hommes saints et vertueux. Ce qui est visé ici, ce sont les compagnons de notre prophète MouHammad, car ce sont eux qui étaient avec lui, à sa droite, ils ne l’ont pas du tout lâché, que Dieu les agrée.

Il y a également ce sur quoi se sont accordés les quatre qui ont écrit les quatre évangiles que Jésus °alayh as-salâm aurait dit aux apôtres quand il a été élevé au ciel : « Je vais rejoindre mon père et votre père, mon Dieu et votre Dieu, et je vous annonce la bonne nouvelle d’un prophète qui viendra après moi qui s’appelle Paraclet. » Et ce nom honoré est en grec. Sa traduction en arabe est AHmad, tout comme Dieu dit dans son livre honoré :

﴿ وَمُبَشِّرًا بِرَسُولٍ يَأْتِي مِن بَعْدِي اسْمُهُ أَحْمَدُ ﴾

[sourate aS-Saff, verset 6] ce dont nous comprenons : « Et annonciateur d’un Messager après moi qui s’appellera AHmad. » Ce nom figure dans l’évangile en latin Paracletus. C’est ce nom honoré et bénie qui a été la cause de mon Islam, tout comme je l’ai cité au tout début de ce livre.

Et Jean a dit dans le chapitre 14 (26) de son évangile que Jésus °alayh as-salâm a dit : « Mais le Paraclet, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Le Paraclet, c’est notre prophète MouHammad, celui qui a enseigné aux gens toutes choses, conformément à ce que Dieu lui a révélé comme Qourân honoré dans lequel il y a les informations sur les premières et les dernières communautés. Et Dieu a fait qu’il ne comporte pas de défaillance ou de défaut, tout comme Dieu dit :

﴿  مَّا فَرَّطۡنَا فِي ٱلۡكِتَٰبِ مِن شَيۡءٖۚ  ﴾

[sourate al-‘An°âm, verset 38] dont nous comprenons : « Nous avons fait qu’il n’y a aucun défaut dans le livre. »

Il n’est pas apparu après Jésus un prophète-envoyé avec ces caractéristiques, hormis notre prophète MouHammad. Il est donc celui qui est visé par cette glorieuse annonce.

Il y a également ce qu’a dit Jean dans le chapitre 16 (13) de son évangile que Jésus a dit : « Quand le Paraclet sera venu, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. »

Ceci est la description de notre prophète MouHammad connu par la voie du tawâtour[90] de sorte que ne la renie que quelqu’un pour qui Dieu a voulu l’égarement, quelqu’un repoussé loin des portes de la miséricorde de Dieu. Quant au fait qu’il ne parle pas en suivant ses passions, et qu’il ne dise que ce qu’il lui est révélé, ceci Dieu en témoigne, et il n’y a pas divergence à son sujet au sein de sa communauté, tout comme Dieu dit :

﴿ وَمَا يَنطِقُ عَنِ الْهَوَىٰ ٣ إِنْ هُوَ إِلَّا وَحْيٌ يُوحَىٰ ٤ ﴾

[sourate an-Najm verset 3 et 4] ce dont nous comprenons : « Il ne parle pas en suivant des passions, ce n’est qu’une révélation qui lui parvient. »

Quant au fait qu’il a annoncé les évènements passés et les choses du futur, c’est un vaste sujet sur lequel des livres entiers ont été écrits, c’est une mer immense qu’on ne peut englober. Ainsi il y a par exemple dans le livre Ach-Chifâ[91] du maître le Faqih, l’Imam, Houjjatal‘Islâm, Abou al-FaDl °IyâD ce qui est suffisant et une moralité pour les gens dotés de raison.

Quant à la confirmation de sa prophétie à partir des livres des prophètes antérieurs °alayhim as-salâm, il y a entre autre ce qu’a dit David °alayh as-salâm dans les Psaumes dans le chapitre 72 (8-17) « Il dominera d’une mer à l’autre, Et du fleuve aux extrémités de la terre. Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière. Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présents. Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n’a point d’aide. Il aura pitié du misérable et de l’indigent, Et il sauvera la vie des pauvres. Il les affranchira de l’oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux. Ils vivront, et lui donneront de l’or de Séba ; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes, Et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban ; Les hommes fleuriront dans les villes comme l’herbe de la terre. Son nom subsistera toujours, Aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera ; Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux. »

Ce sont là toutes les descriptions de notre prophète MouHammad. La réalité témoigne de cela et tous ceux qui prétendent que ce n’est pas sa description, ne trouveront personne au monde à qui une telle description puisse s’appliquer. Et si quelqu’un prétend qu’elle s’applique à un autre prophète, c’est un calomniateur au grand jour.

Par ailleurs, je ne connais personne parmi les prophètes après David qui ait eu de telles caractéristiques. Or David a vécu avant notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. Or les savants des juifs savent que cette description est exactement celle de notre prophète. Mais ils la dissimulent[92] en agissant exactement en fonction du malheur qui leur a été prédestiné de toute éternité.

Et entre autre il y a ce que le prophète Habacuc a dit dans le chapitre 3 de son livre[93] « À la fin des temps viendra le Seigneur (c’est-à-dire les manifestations du Seigneur) de la qibla et le Saint des montagnes de Pharan[94]. » La venue des manifestations du Seigneur, c’est la venue de sa révélation.Le Saint,c’est notre prophète MouHammad. Il est bien apparu de la montagne de Pharan qui est La Mecque et la terre duHijaz.

Il y a aussi ce qu’a dit le prophète Michée c’est-à-dire Mikha dans le chapitre 4 (1-3) de son livre [95]: « À la fin des temps viendra une communauté à laquelle il sera fait miséricorde, qui choisira la montagne bénie pour adorer Dieu. Là-bas, ils se réuniront de toutes les contrées pour adorer l’unique et ils ne lui attribueront aucun associé. » Il s’agit là de la montagne d’Arafat sans aucun doute. Et la communauté à laquelle il est fait miséricorde, c’est la communauté de MouHammad. Et la réunion dans la montagne bénie, c’est la réunion des pèlerins à Arafat, le fait qu’ils s’y rendent en venant de différentes contrées.

Il y a également ce qu’a dit le prophète Ich°ayâ c’est-à-dire Ésaïe dans le chapitre 42 de son livre[96] : « Le Seigneur enverra à la fin des temps son esclave qu’il a élu. Il lui enverra l’ange honoré et honnête pour lui enseigner la religion. À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. Il est comme une lumière qui les sortira de l’obscurité dans laquelle ils étaient endormis. Je vous fais savoir ce que le Seigneur m’a fait savoir, avant que cela n’ait lieu. »

Ceci, que Dieu vous fasse miséricorde, est la description de notre prophète MouHammad, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré. C’est bien elle, clairement, parce que c’est lui que Dieu a envoyé à la fin des temps après l’avoir élu. Il a fait de lui celui qu’Il agrée le plus parmi toutes ses créatures. Il lui a envoyé l’ange honnête Jibril (Gabriel) pour lui enseigner la religion. Il s’agit de la révélation du Qourân, de la tradition (Sounnah) et des lois de l’Islam. Le Prophète a bien transmis tout ce qu’il a reçu l’ordre de transmettre. C’est cela le sens de la parole de ce prophète : « À son tour, il enseignera aux gens ce que l’ange honnête lui aura enseigné. Il jugera avec la vérité parmi les gens. Il appliquera la justice entre eux. » Tout ce qu’il a reçu l’ordre de faire et tout ce à quoi il a appelé, et ce qu’il a interdit, les gens censés ont été unanimes à propos de son équité, et sur le fait qu’il était correct dans les choses qu’il a ordonnées et les choses qu’il a interdites. Ceux qui ont mécru en lui et qui l’ont renié, ne l’ont fait que par entêtement, par orgueil par rejet de la vérité au grand jour. Ils se sont pris les pieds dans les cordes du démon, par ce qui leur a été prédestiné comme égarement. La lumière par laquelle il a sorti les gens de l’obscurité, c’est le Qourân éminent que Dieu lui a révélé. La parole de ce prophète Ésaïe est une des preuves les plus claires et les plus fortes pour la confirmation de la prophétie de notre prophète MouHammad. Si je citais tout ce qui est parvenu dans les livres des anciens prophètes, ce livre aurait pris beaucoup plus de volume. Et, j’espère de la part de Dieu, qu’il m’accorde de rassembler les annonces de bonne nouvelle portées par tous les prophètes, dans un livre unique pour les détailler.

Nous nous fions à Dieu, Il nous suffit. Il n’est de force et de préservation que par Dieu.

Que Dieu honore et élève davantage en degré notre maître MouHammad ainsi que sa famille et ses compagnons et qu’il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté et ce, jusqu’au Jour du jugement et la louange est à Dieu le Seigneur des mondes.

Cette copie a été faite en 1290 de l’hégire correspondant à l’année 1873 du calendrier grégorien.

C’est une copie alors que le livre d’origine a été terminé en l’an 823 de l’hégire correspondant à l’année 1420 du calendrier grégorien.

Traduction en français terminée le 16 du mois de Joumâdâ al-‘Ûlâ de l’année 1442 de l’hégire, correspondant au 31 décembre 2020 du calendrier grégorien.

Épitaphe inscrit sur le maqâm de l’auteur

Maqâm de l’auteur à Tunis, Tunisie

Épilogue du traducteur

C’est un grand bonheur que de suivre cette religion éminente qu’est l’Islam, cette religion que Dieu a agréée pour Ses esclaves, cette religion qu’Il nous a ordonné de suivre et dans laquelle nous devons persévérer. Attachez-vous à cette religion éminente. Persévérez dans cette religion jusqu’à la mort, vous serez ainsi au nombre des victorieux au Jour du jugement.

Observez bien ce qui est parvenu dans le Hadîth qoudsiyy rapporté par le Messager de Dieu d’après son Seigneur. Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allâh dit [ce dont nous comprenons] : « Ô vous mes esclaves, ce sont vos actes que je vous comptabilise et pour lesquels, par la suite, je vous rétribuerai. Celui qui trouve du bien, qu’il fasse la louange à Dieu ; et celui qui y trouve autre chose, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.«  »

Rends-toi des comptes à toi-même, surveille ton âme et fais attention à tes paroles, à ce que tu fais et à ce à quoi tu crois. Adore Dieu comme si tu Le voyais et même si tu ne Le vois pas, rappelle-toi que Lui te voit. Dieu dit dans le Qourân honoré dans sourate at-tawbah, verset 74 : ce dont nous comprenons : « Ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont bien dit la parole de mécréance. Ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. »

Les savants ont retenu comme preuve ce verset éminent du Qourân sur le fait qu’il y a parmi les sortes de mécréance ce qui est appelé la mécréance par la parole. Elle a lieu par la langue, et c’est la mécréance la plus répandue.

Parmi ce qui relève de cette mécréance par la parole, il y a le fait d’insulter Dieu, ou les prophètes, ou les anges. De même, il y a le fait de se moquer de la prière, ou du jeûne, ou du Qourân, ou de l’enseignement prophétique. Celui qui le fait devient mécréant, et ceci, qu’il l’ait dit en étant sérieux ou en plaisantant, en étant en colère ou en étant calme. Rien de tout cela n’est excusé. Allâh dit dans sourate at-tawbah, versets 65 et 66 : ce dont nous comprenons : « Et si tu les avais interrogés, ils auraient répondu : « Nous ne faisions que discuter et plaisanter. » Dis : « Est-ce de Dieu, de Ses signes et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne cherchez pas d’excuses, vous avez montré votre mécréance après avoir montré la foi. » »

Et Dieu, Celui que nous aimons et que nous adorons[97] dit dans le Qourân honoré, sourate al-Houjourât, verset 15 : ce dont nous comprenons : « Certes, les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Dieu et en son Messager puis qui n’ont point douté. »

Par ce verset éminent du Qourân, les savants ont retenu la preuve que parmi des sortes de mécréance, il y a ce qui est appelé la mécréance par la croyance. En effet, le doute a lieu dans le cœur.

Celui qui a pour croyance que Dieu serait une lumière, ou un grand corps, ou un petit corps, ou un corps de taille intermédiaire, qui habiterait le ciel ou bien qui s’incarnerait lui-même en tout endroit, il n’a pas connu son Seigneur, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures. Il n’a de ressemblance ni avec le soleil, ni avec la lune, ni avec les étoiles, ni avec les planètes, ni avec les humains, ni avec les djinns, ni avec les anges. Mais, comme Il le dit à Son sujet dans la révélation, sourate ach-chûrâ, verset 11 : ce dont nous comprenons : « Absolument rien n’est pareil à lui et il est celui qui entend, celui qui voit. »

Et Il dit dans sourate al-ikhlâS, verset 4 ce dont nous comprenons : « Et il n’a point d’équivalent. » Dieu n’a pas de ressemblant, Il n’a pas d’équivalent, Il n’a pas de semblable. Quoi que tu imagines en ton esprit, Dieu n’est pas ainsi, c’est-à-dire qu’Il n’a aucune ressemblance avec tout cela.

Dieu, celui que nous aimons et nous n’adorons nul autre que Lui dit dans le Qourân honoré, sourate fouSSilat, verset 37 : ce dont nous comprenons : « Ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, prosternez-vous plutôt pour Dieu qui les a créés, si c’est vraiment Lui Que vous adorez. »

Ce verset éminent du Qourân a été retenu par les savants comme preuve qu’il y a, parmi les sortes de mécréance, la mécréance par les gestes. Elle consiste par exemple à se prosterner pour le soleil, ou pour la lune, ou pour le chayTân, ou pour le feu, ou bien à jeter le MouS-Haf –le livre du Qourân– dans les ordures, ou le piétiner, ou même piétiner des livres de religion.

Tout cela fait sortir de la religion agréée par Allâh. Celui de qui est provenu une mécréance, qu’elle ait eu lieu par une parole, par une croyance ou par un geste, cette mécréance l’ayant fait sortir de la religion, il doit revenir à l’Islam en prononçant les deux témoignages : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que MouHammad est le Messager de Dieu. »

Anselm Turmeda ou °Abdoullâh at-Tourjoumân a vécu sa vie, et est passé au barzakh, la résidence qui nous sépare du Jour du jugement.

Il a fait le bon choix.

Il avait grandi dans un environnement qui attribuait à Dieu ce dont Il est exempt, et qui ne croyait pas au dernier des prophètes, notre maître MouHammad. Il a gravi les échelons de sa religion d’origine pour se rendre compte qu’il avait une mauvaise croyance au sujet de Dieu et de Ses prophètes.

Il a choisi la vérité au mensonge, la réalité à l’illusion, les épreuves du bas monde au superflu de la vie d’ici-bas.

Chacun d’entre nous va un jour mourir.

Le plus grand bienfait dont puisse bénéficier un être vivant doté de raison, c’est d’avoir la croyance qu’agrée pour nous Allâh, notre créateur, Celui qui crée le bien et le mal. Il crée le bien, Il l’agrée et ordonne de le faire. Il crée le mal, Il ne l’agrée pas et Il interdit de le commettre.

Que chacun s’attache à la religion des prophètes et des envoyés, la religion de l’Islam, afin d’être au nombre de ceux qui seront sauvés du châtiment du Jour du jugement.

Ô mon Dieu, fais que nous mourions sur la croyance de l’Islam, ô Toi qui accorde le plus de miséricorde.

Table des matières

Premier chapitre. 6

Deuxième chapitre : Ce qui m’est arrivé comme bien à l’époque de notre maître Abû al-°Abbâs AHmadet son fils notre maître AbûFâris °Abd Al-°Azîz. 11

Mention de la conduite de notre seigneur l’Émir des croyants AbûFâris °Abd Al-°Azîz que Dieu lui fasse miséricorde. 13

Troisième chapitre : Réplique aux chrétiens. 18

Première partie. 19

Chapitre. 22

Deuxième partie : La division des naSârâ, la multiplication de leurs voies et de leurs groupes. 23

Le premier groupe : 23

Le deuxième groupe : 24

Troisième partie : afin de montrer la corruption des sacrements de la religion chrétienne. 26

Le premier fondement : le baptême et sa description. 26

La manière de pratiquer le baptême : 27

La deuxième règle qui est la croyance en la trinité : 28

La troisième règle : leur croyance que l’hypostase (ouqnûm) du fils a pris chair en Jésus dans le ventre de Marie et quel en est la raison. 31

La quatrième règle : c’est croire à l’eucharistie et la manière de la pratiquer 34

La cinquième règle c’est la confession des péchés au prêtre et la manière de la pratiquer 38

Quatrième partie : L’exposé du crédo de leur loi 40

Cinquième partie : pour indiquer que Jésus n’est pas un dieu mais qu’il est un être humain créé et un prophète envoyé, que Dieu l’honore davantage en degré. 43

Sixième partie : au sujet de la divergence des quatre qui ont écrit les quatre évangiles et du dévoilement de leurs mensonges. 48

Septième partie : dans ce qu’ils ont attribué à Jésus comme mensonge, et que Jésus s’est innocenté de tout ce qu’ils disent et de toute leur croyance. 53

Huitième partie : ce que les chrétiens reprochent aux musulmans, que Dieu leur donne la gloire. 57

Neuvième partie : la confirmation de la prophétie de notre maître MouHammad par le texte même de la Torah, de l’Évangile, des Psaumes, et l’annonce des prophètes de sa venue et de son message, et le fait que sa communauté demeurera jusqu’à la fin des temps, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degré ainsi que tous les prophètes. 60

Épilogue du traducteur 67


[1] Mort en 456 de l’hégire – 1064 Grégorien. Certains savants de Ahl as-Sounnah w l-Jamâ°ah ont remis en cause certains de ses prétendus arguments.

[2] NdT : Pampelune, comme dans certaines autres références de ce livre.

[3] NdT : Anvariyah et Anvrounah dans d’autres références ; fort probablement Navarre.

[4] NdT : Le Prophète MouHammad.

[5] NdT : Bien sûr que le christianisme n’est pas la religion de Jésus. Jésus, comme tous les envoyés de Dieu, était musulman, c’est-à-dire soumis à l’extrême à Dieu et à Dieu seul.

[6] NdT : Probablement : « Fais une annonce publique de ton Islam », car il était vraisemblablement entré en Islam avec le médecin précédemment cité.

[7] NdT : Même si son objectif était d’avoir la totale confiance du Sultan, il est interdit de retarder son entrée en Islam. Accepter de rester ne fut-ce qu’une seconde de plus non musulman, est un acte qui fait mériter le châtiment éternel de Dieu. Un non musulman se doit de prononcer les deux témoignages de foi immédiatement pour devenir musulman.

[8] NdT : Ce compagnon était auparavant un savant érudit juif de Médine. Lorsqu’il avait annoncé son Islam, ses anciens coreligionnaires l’ont dénigré alors qu’auparavant, avant qu’ils n’apprennent son Islam, ils avaient fait son éloge.

[9] NdT : c’est-à-dire l’attestation de foi ou ach-chahâdah : Je témoigne que nul autre que Dieu ne mérite d’être adoré et je témoigne que MouHammad est Son esclave et Son messager.

[10] Celui qui a fondé la bibliothèque de Tunis, mort en 837 de l’hégire –1433 Grégorien.

[11] NdT : Apparemment, sorte d’administration gérant les affaires commerciales du port. Probablement ce qui s’appelle aujourd’hui Douane.

[12] NdT : Port de la banlieue de Tunis.

[13] NdT : Du Hadîth : montrer que l’on a une destination et en avoir une autre en réalité, ou tawriyah.

[14] Le registre consignant les entrées du trésor des musulmans.

[15] NdT : unité de mesure de volume, équivalent à huit makkûk, soit douze Sâ°, ou encore environ vingt-quatre kilogrammes et demi ou seize kilogrammes de blé selon certains.

[16] NdT : Du Gouvernorat de Nafzah, au Nord Est de la Tunisie, pas loin de la ville de Béja.

[17] NdT : waqf ou houbous.

[18] En arabe Âmîn.

[19] NdT : Entre trente et cinquante ans.

[20] NdT : littéralement la porte de la mer, c’est-à-dire la porte qui donne vers la route qui mène à la mer.

[21] NdT : lieu d’adoration, d’évocations et d’apprentissage religieux.

[22] NdT : les évocations orales de Dieu.

[23] NdT : waqf ou houbous. Généralement biens immobiliers consacrés par des donateurs bienfaiteurs et dont le revenu est dédié à l’entretien ou au financement d’une activité religieuse.

[24] NdT : soit le Sud Est pour Tunis.

[25] NdT : faubourg de Tunis à l’époque, intégré dans la ville de Tunis de nos jours.

[26] NdT : probablement observatoires de la nouvelle lune.

[27] NdT : dénomination usitée à l’époque : mâristân.

[28] NdT : ancienne dénomination de la partie orientale du Maghreb.

[29] NdT : probablement en référence aux structures verticales des tentes.

[30] NdT : Probablement en référence à ce qui est vendu à notre époque dans un bazar.

[31] NdT : dans certaines versions du livre deux cents dinars.

[32] NdT : Probablement instruments de musique.

[33] NdT : une sorte de monopole.

[34] NdT : en référence probablement à la prostitution et la vente d’alcool.

[35] NdT : la police.

[36] NdT : Peut-être Trapani.

[37] NdT : Dans l’actuelle Libye.

[38] NdT : Dans l’actuelle Tunisie.

[39] NdT : Dans l’actuelle Algérie.

[40] NdT : Le Livre authentique révélé à Jésus °alayh as-salâm, et non pas les livres présentés comme tels entre les mains des gens, à notre époque et depuis longtemps.

[41] NdT : l’Est du pays du Châm, les actuelles Syrie, Liban, Jordanie et Palestine.

[42] NdT : mesure ancienne de distance, selon les auteurs varie entre 1,5 Km et 3,7 Km.

[43] NdT : connu chez les chrétiens sous le nom de Paul de Tarse.

[44] NdT : les musulmans qui suivaient Jésus sur l’Islam, et qui ont été pervertis par la suite par ceux qui ont diffusé les fausses croyances des chrétiens.

[45] Dans certaines versions Athanias, et dans d’autres Hanania.

[46] NdT : Littéralement les soutiens de Jésus. Mais ce terme a été dévoyé dans sa signification pour désigner ensuite les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui ont considéré Jésus comme étant dieu.

[47] Dans une autre version parce qu’ils ne croient pas que tu m’as envoyé.

[48] NdT : Il vise par-là Dieu. La croyance des musulmans est que Dieu n’est pas au ciel, mais qu’il existe sans endroit et qu’Il est sans comment. Il existe avant la création des cieux et de la terre. Il ne change pas. Tout comme avant l’existence des cieux et de la terre, Il est sans endroit, également après la création des cieux et de la terre, Il est sans endroit.

[49] NdT : Wikipédia : Le sacrement est un rite cultuel sacré dans le catholicisme, le christianisme orthodoxe, et certaines dénominations protestantes. Selon la doctrine, un sacrement produit un effet dont la source est Dieu, qui donne sa grâce. Ils y trouvent le symbole et le moyen d’une alliance entre Dieu et les hommes.

L’Église catholique distingue sept sacrements qui forment une liste dite septénaire : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la réconciliation, l’onction des malades, l’ordre et le mariage.

Alexandre Ganoczy, La doctrine catholique des sacrements, Paris, Desclée, 1988 « Au Xe siècle, les Églises occidentales commençaient à reconnaître, en plus du baptême et de l’eucharistie, la sacramentalité de la pénitence et du mariage. On y ajouta diverses onctions d’initiation : du baptême, de la confirmation, du sacre du roi, de l’ordination des prêtres et de la consécration des moines. Les nombres cités variaient entre cinq et douze. Quelques docteurs allaient jusqu’à trente. »

[50] NdT : Ceci chez les catholiques. Mais les orthodoxes ne se suffisent pas d’asperger, mais insistent sur le fait de plonger dans l’eau.

[51] NdT : Là encore il y a divergence entre les orthodoxes et les catholiques au sujet de l’obligation du baptême des enfants.

[52] NdT : pré-islam.

[53] NdT : C’est ce que disent les catholiques. Quant aux orthodoxes, ils disent qu’il n’en aurait qu’une.

[54] NdT : selon la plupart d’entre eux, le troisième est ce qu’ils appellent le Saint-Esprit, Jibril °alayhi s-salâm.

[55] NdT : Selon les références chrétiennes : Celui qui est visé est Pierre. Son prénom d’origine est Sam°ân. Il était pêcheur. Jésus l’aurait invité à le suivre et il aurait cru en lui. Il l’aurait surnommé Kifa qui est un mot araméen qui a le sens de la pierre et du rocher. Il lui aurait dit : « Tu es la pierre ou le rocher sur lequel je bâtirai mon église. » Puis ce nom a été traduit en latin en un mot qui signifie le rocher et la pierre à savoir Petrus. Il est mort à Rome durant le règne de l’empereur Néron, là où il a posé les fondements de l’église catholique. Les papes se considèrent ses successeurs. Certains disent que c’est lui qui a écrit l’évangile de son élève Marc et le lui aurait attribué par la suite.

[56] NdT : Les livres du nouveau testament : l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l’enseignement de ses premiers disciples qui ont été reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d’un processus de plusieurs siècles : les quatre évangiles canoniques, les Actes des Apôtres, 14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse, l’épître aux Hébreux, d’autres actes attribuées à différents disciples et l’Apocalypse. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtres_de_Paul

[57] NdT : canonique selon les chrétiens.

[58] NdT : Les douze apôtres selon les chrétiens sont (au passage, seul un des 4 évangélistes est cité) : Pierre (Simon-Pierre) ; André (frère de Pierre, dit le Protoclet 11,12) ; Jacques le Majeur ; Jean (frère de Jacques, tous deux fils de Zébédée) ; Philippe ; Barthélemy ; Thomas ; Matthieu ; Jacques le Mineur (fils d’Alphée) ; Jude (appelé aussi Thaddée) ; Simon le Zélote ; Judas Iscariote (remplacé par Matthias après son suicide) 5,6.

[59] NdT : Le marchepied : un corps gigantesque que Dieu a créé par manifestation de Sa toute-puissance et dont Il n’a pas besoin, puisque Dieu existe sans endroit et sans direction, tout comme Il le dit dans le Qourân verset 11 de sourate ach-Chûrâ, qui signifie en français : « Absolument rien n’est pareil à Lui, et Il est celui qui entend et qui voit. »

[60] NdT : C’est la période entre la mort et le jour du jugement. Il vise ici que Al-Yasa° avait eu ce miracle de ressusciter un mort alors que lui-même était mort, tandis que Jésus avait eu ce même miracle alors qu’il était encore vivant.

[61] NdT : La parole de Dieu est Son attribut par lequel Il ordonne, interdit, promet, avertit et informe. Cet attribut n’est pas une langue arabe, hébraïque, araméenne ou autre. Ce n’est pas une suite de mots ni un son, ni des lettres. Les Livres révélés sont appelés parole de Dieu, dans ce sens qu’ils sont une expression de cet attribut éternel. Tout comme le mot Dieu est une expression de l’Être éternel, qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, et qui mérite la totale soumission et l’entière dévotion.

[62] NdT : Selon la mythologie chrétienne dans l’Exode : (16:2) Toute la communauté des Israélites se mit à murmurer contre Moïse et Aaron dans le désert. Les Hébreux murmuraient contre Moïse parce qu’ils mouraient de faim. Le soir, il leur tomba des cailles du ciel ; le matin suivant, il se répandit un brouillard ou une rosée ; lorsqu’elle se fut évaporée, « apparut sur la surface du désert quelque chose de menu, de granuleux, de fin comme du givre sur le sol. » (16:14) Moïse leur dit : « C’est le pain que l’Éternel vous donne pour nourriture. » (16:15) Et plus loin : « La maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne. » La manne tombait du ciel chaque jour, excepté le jour du Chabat, la veille de ce jour il en tombait une quantité double. « Les enfants d’Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu’à leur arrivée dans un pays habité ; ils mangèrent la manne jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan. »

[63] NdT : Le Qourân a fait allusion à cela par la parole de Dieu dans le verset 139 de sourate Al-‘A°râf.

[64] Élie.

[65] Énoch.

[66] NdT : Évangile de Marc [15, 34].

[67] NdT : traduction de °araD. C’est tout ce qui advient àh une substance ou un corps comme la couleur, l’odeur, le mouvement et l’immobilité, la chaleur et la froideur, etc. C’est ce qui ne se définit que par autre que soi et qui n’a pas d’existence indépendante de la substance.

[68] NdT : traduction de jawhar. C’est ce qui se définit par soi-même, qui occupe un endroit. Il peut être indivisible, et c’est la plus petite partie d’un corps, il s’appelle alors substance ou particule élémentaire (jawhar fard). Il peut être composé de substances élémentaires, auquel cas c’est le corps.

[69] NdT : Les savants musulmans sunnites (Ahl as-Sounnah), acharites et matouridites, ont dit qu’il est un devoir d’ordre communautaire de connaître la preuve rationnelle détaillée de l’existence de Dieu, et ce en disant par exemple :

A) L’existence de ce monde a un début

  1. Le monde est composé de substances et d’attributs de substances ou accidents.
  2. Une substance, c’est ce qui a une localisation en tant que tel, c’est-à-dire une localisation qui n’est pas par l’intermédiaire d’autre qu’elle. Ainsi une substance occupe un endroit qu’aucune autre substance qu’elle n’occupe en même temps qu’elle.
  3. Quant à l’accident ou attribut d’une substance, il n’a pas de localisation en tant que tel, mais par l’intermédiaire d’autre que lui. Par exemple le mouvement, qui n’a de localisation que par le biais d’une substance en mouvement et n’a pas de localisation par lui-même. Il n’y a de mouvement que par le biais d’une substance en mouvement.
  4. Les substances sont nécessairement sujettes à des attributs, tels que le mouvement et l’immobilité. Ceci est clair, c’est une évidence rationnelle. Ainsi, une substance est soit immobile, soit en mouvement. Il est impossible selon la raison qu’il existe une substance qui ne soit ni immobile ni en mouvement.
  5. L’existence du mouvement et de l’immobilité par le biais des substances –dans lesquelles la succession du mouvement et de l’immobilité est aisément constatée par l’observation–, a nécessairement un début. En effet, par l’entrée en existence de l’un des deux, l’autre s’anéantit et prend fin. L’existence de celui des deux qui est survenu a donc un début du fait qu’il est survenu –c’est-à-dire par son existence après l’inexistence– et celui des deux qui précède l’autre, lui aussi, est entré en existence du fait de son anéantissement. En effet, si son existence n’avait pas de début, il aurait été impossible qu’il s’anéantisse, car, ce dont la raison conçoit l’anéantissement fait partie du possible rationnel, c’est-à-dire que l’existence tout comme l’inexistence lui sont possibles du point de vue de sa réalité même, et aucun des deux ne prévaut sur l’autre en soi. De ce fait, il a besoin de qui a fait prévaloir son existence sur son inexistence. Ainsi, c’est quelque chose qui est entré en existence, et ce qui entre en existence n’est pas exempt de début.
  6. Étant donné que les substances sont soit immobiles soit en mouvement, on sait alors que les deux états –mouvement et immobilité– sont concevables à leur sujet. De plus, les corps sont tous équivalents, concernant leurs attributs physiques, alors tout ce qui est concevable pour l’un d’eux est concevable pour le reste et ce, en raison de leur équivalence.
  7. Ainsi, l’immobilité des substances dont on n’a pas constaté le mouvement, et le mouvement des substances dont on n’a pas constaté l’immobilité, ont tous deux un début également. En effet, tout ce qui est immobile, la raison juge concevable que cela se mette en mouvement –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son immobilité. Il en est de même pour tout ce qui est en mouvement, la raison juge concevable que cela devienne immobile –c’est-à-dire que la raison conçoit l’anéantissement de son mouvement. L’immobilité et le mouvement de ces substances sont donc possibles selon la raison. Par conséquent, leur existence a un début.
  8. Par conséquent, l’existence des substances a un début parce qu’elles sont nécessairement sujettes à des accidents, c’est-à-dire des attributs dont l’existence a un début. Un corps donné, est nécessairement soit immobile soit en mouvement. Il est donc caractérisé nécessairement par l’un des deux à un instant donné. Et il ne peut pas exister avant l’existence des deux accidents, le mouvement et l’immobilité.
  9. De plus, ce qui est nécessairement sujet à des accidents, c’est-à-dire à des caractéristiques dont l’existence a un début, son existence a forcément un début. Il est en effet impossible qu’il les précède par son existence, car il est nécessairement caractérisé par ces caractéristiques. Ainsi, si son existence n’avait pas de début, alors avant chaque accident ou caractéristique entrée en existence, il y aurait un enchaînement sans début d’accidents ou de caractéristiques entrées en existence. C’est-à-dire que si en ce qui est sujet à des accidents, ces accidents se succédaient sans début, cela impliquerait l’existence d’événements entrés en existence et ce, sans début. Or ceci est une impossibilité rationnelle.
  10. Il est impossible qu’il y ait un enchaînement sans début d’évènements entrés en existence, car un tel enchaînement impliquerait l’impossibilité de l’existence de l’évènement présent. Ceci parce que l’existence de l’événement présent dépend de l’achèvement de tous les événements successifs qui l’ont précédé. Or, l’achèvement de ce qui est sans fin est impossible. Étant donné que l’existence de l’évènement présent est confirmée par la perception des sens, il est donc impossible qu’il y ait un enchaînement d’événements sans début.
  11. Pour invalider la parole de ceux qui disent qu’il peut y avoir un enchaînement d’évènements sans début, les gens de la vérité –les musulmans sunnites– ont dit ce qui suffit amplement. Ils ont donc fait l’analogie avec quelqu’un qui s’engagerait en disant : « Je ne donne à Untel un dirham (ou un euro) tel jour que si je lui ai donné avant cela un dirham (ou un euro) ; et je ne lui donne ce dirham (ou un euro) que si je lui ai donné avant cela un autre dirham (ou euro) et ainsi de suite sans qu’il y ait un début. » Il est connu que le don du dirham (ou euro) promis tel jour est impossible puisqu’il dépend de quelque chose d’impossible, à savoir l’écoulement et l’achèvement d’un enchaînement qui n’aurait pas de fin, consistant à ne donner quelque chose qu’après avoir donné autre chose auparavant. Il n’y a pas de doute que prétendre qu’il y a un enchaînement d’événements sans début est exactement similaire à cet exemple.
  12. Il s’avère donc que l’existence des substances a un début et que l’existence des caractéristiques des substances ou accidents a également un début.
  13. L’existence du monde a donc a un début.

B) Ce dont l’existence a un début a besoin de Qui lui donne l’existence et agit par Sa volonté et Son choix

  1. L’existence du monde a un début. Le monde a donc besoin de Qui lui donne l’existence. En effet, il n’est pas valable que l’existence du monde ait lieu par hasard, car la raison confirme l’impossibilité de l’existence d’une chose sans un auteur, parce que cela impliquerait une impossibilité, à savoir le fait que l’existence d’une chose possible selon la raison prévale sur son inexistence sans qu’il n’y ait Qui l’a fait prévaloir. En effet, l’existence et l’inexistence de ce qui est possible selon la raison sont toutes deux équivalentes du point de vue de la raison. L’une des deux ne prévaut sur son opposée si ce n’est par un Être Qui l’a rendue prépondérante, car sinon cela reviendrait à rendre équivalents l’équivalence et la prépondérance.
  2. De même, il n’est pas valable que ce monde se soit créé lui-même. En effet, cela comporterait la confirmation de deux choses contradictoires, car quand tu dis que Zayd (ou Jean) s’est créé lui-même, d’un côté tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et d’un autre côté tu as considéré qu’il serait entré en existence après lui-même. Du point de vue qu’il serait créateur, tu as considéré qu’il existerait avant son entrée en existence et du point de vue qu’il serait créature, tu as dit qu’il serait entré en existence après qu’il existait déjà, et ceci est impossible selon la raison.
  3. Il n’est pas valable non plus que celui qui donne l’existence soit une nature, qui n’a ni choix ni de volonté, parce qu’elle n’a pas la capacité de spécifier ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par une époque au lieu d’une autre et par certains attributs plutôt que d’autres.
  4. Il est donc confirmé que ce monde a un Créateur, un Être Qui agit par Sa volonté et Son choix, c’est-à-dire qu’Il spécifie ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par un attribut au lieu d’un autre et par une époque au lieu d’une autre.

C) Il est indispensable qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde

  1. Il est indispensable selon la raison qu’il n’y ait pas de début à l’existence du Créateur de ce monde, car s’il y avait un début à Son existence, Il serait entré en existence, Il aurait donc besoin de qui le ferait entrer en existence et cela entraînerait un cycle ou un enchaînement sans début, or chacun des deux est impossible.
  2. L’enchaînement consiste à faire dépendre l’existence d’une chose de l’existence d’une chose précédente, qui elle-même dépend d’une chose avant elle et ainsi de suite sans fin. Ceci est impossible tout comme nous l’avons indiqué précédemment.
  3. Quant au cycle, il consiste à faire dépendre l’existence d’une chose d’autre chose dont l’existence dépend de la première. Ceci également est impossible, car cela entraînerait que l’existence d’une chose aurait lieu avant sa propre existence d’un point de vue, et après sa propre existence d’un autre point de vue.
  4. Cela confirme donc que le monde a un Créateur Qui l’a fait entrer en existence, Qui est exempt de début, Qui a une volonté et un choix et il s’agit de Dieu Allâh en arabe.

[70] NdT : une des croyances par laquelle les chrétiens se distinguent des musulmans : les musulmans ont pour croyance que Dieu existe sans endroit et sans direction, qu’Il n’est pas dans le ciel ni au-dessus du ciel ni partout. Étant donné qu’Il existe avant la création des endroits sans endroit et qu’Il ne change pas, après la création des endroits, Il est toujours sans endroit. Dieu n’est pas un corps. Tandis que les chrétiens ont pour croyance que Dieu est au ciel, tout comme les juifs.

[71] NdT : Littéralement le bien.

[72] NdT : le ciel est la direction pour les invocations et non pas un lieu de résidence pour Dieu. Dieu est le Créateur du ciel, de tous les endroits et de toutes les directions. Il existe sans endroit ni direction.

[73] NdT : Probablement une erreur lors de la traduction des évangiles. Car en français et en arabe, le mot père (ab) ne peut pas être employé au sujet de Dieu. Cf. sourate al-‘IkhlâS.

[74] NdT : Ceci est la croyance des chrétiens. Quant aux musulmans, leur croyance est que Jésus n’a pas été crucifié, mais qu’il a été élevé au ciel, qu’il y réside et qu’il en redescendra pendant la gouvernance d’Al-Mahdiyy. Celui qui a été crucifié est le plus jeune des apôtres de Jésus.

[75] NdT : citation du Qourân.

[76] NdT : Les chrétiens.

[77] NdT : Bayt al-laHm : ville d’environ 7.000 habitants au centre sud de la Palestine, au sud de Bayt al-Maqdis. Il a été dit qu’elle est la ville de naissance de notre maître Jésus. Elle est indiquée dans certains livres anciens par le nom de Bayt Dâwûd. L’empereur Constantin y a fait construire en 330 une église dans l’endroit même où les gens disent que Jésus est né. Son nom ancien est Ifrat.

[78] NdT : Ariha (Jéricho) : ville de 2500 habitants en Jordanie, à l’Est de Al-Qouds –Jérusalem. Elle fait partie des plus anciennes villes du monde. Elle se trouve à 260 mètres en-dessous du niveau de la mer. Il s’y trouve des ruines romaines et arabes dont la plus importante est le palais de Hicham. Les anglais l’ont prise le 21 février 1918 durant la guerre mondiale. La Jordanie a déclaré son rattachement après la guerre de Palestine (encyclopédie arabe page 172).

[79] NdT : Dans d’autres versions du livre : Yahya (Jean Baptiste).

[80] NdT : D’après https://eglise.catholique.fr/glossaire/pharisiens/ : en hébreu pérouchim : séparés Juifs vivant dans la stricte observance de la Loi écrite ou Thora (Pentateuque) et de la tradition orale. Ils étaient séparés de la classe dirigeante, mais aussi de la foule qu’ils jugeaient ignorante et impure. Les pharisiens multipliaient les obligations et tombaient dans le pur formalisme.

[81] NdT : Dans d’autres versions du livre : YaHyâ (Jean Baptiste).

[82] Même note que précédemment.

[83] Même note que précédemment.

[84] NdT : Tawâtour : mode de transmission d’une information acquise par l’intermédiaire des sens sains (ouïe, vue, odorat, toucher et goût) par un grand nombre de personnes qui l’ont transmise à un grand nombre de personnes et ainsi de suite à chaque génération, le nombre qui l’a relayée est grand de sorte que la raison ne conçoit pas qu’ils se soient tous rejoints dans le mensonge ou l’erreur. Une telle information entraîne une connaissance avec certitude contrairement à la rumeur : si le nombre est faible dans une couche, cette information-là n’entraîne pas la connaissance avec certitude et ne relève pas du tawâtour. C’est par exemple le cas de la prétention que Jésus aurait été crucifié. La première couche à l’avoir prétendu fait moins de neuf personnes. De plus ils ne sont pas tous d’accord sur ce qu’ils rapportent. Même si de nos jours les gens qui prétendent que Jésus a été crucifié sont nombreux, cette information n’est pas une certitude. Bien plus, elle est fausse puisqu’il y a une autre information certaine qui est parvenue par la suite : la nouvelle apportée par le Prophète MouHammad qui est nécessairement véridique puisqu’il a été appuyé par des miracles. Dans le Qourân qui lui a été révélé, il nous a informé que Jésus n’a pas été tué et n’a pas été crucifié mais qu’a été élevé au ciel, vivant.

[85] NdT : L’évangile authentique, et non pas les écrits que les chrétiens appellent la bible et qui ne sont pas le livre révélé au Prophète Jésus.

[86] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/genese/16.html il est écrit : (16,1) Saraï, épouse d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. (16,2) Saraï dit à Abram : « Hélas! L’Éternel m’a refusé l’enfantement ; approche-toi donc de mon esclave : peut-être, par elle, aurai-je un enfant. » Abram obéit à la voix de Saraï. (16,3) Saraï, épouse d’Abram, prit Agar l’Égyptienne, son esclave, il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan ; et elle la donna à son époux Abram pour qu’elle lui servît de femme. (16,4) Il s’approcha d’Agar, et elle conçut. Quand elle vit qu’elle avait conçu, sa maîtresse devint l’objet de son dédain. (16,5) Saraï dit à Abram : « Mon injure est la tienne. Moi-même, j’ai placé mon esclave dans tes bras ; or, elle a vu qu’elle avait conçu, et je suis devenue méprisable à ses yeux. L’Éternel prononcera entre moi et toi. » (16,6) Abram dit à Saraï : « Voici, ton esclave est dans ta main, fais-lui ce que bon te semble. » Saraï l’humilia, et elle s’enfuit de devant elle. (16,7) Un envoyé du Seigneur la trouva près d’une source d’eau, dans le désert, près de la source sur le chemin de Chour. (16,8) Il dit : « Agar, esclave de Saraï, d’où viens-tu, et où veux-tu aller ? » Elle répondit : « Je fuis de devant Saraï, ma maîtresse. » (16,9) L’envoyé du Seigneur lui dit : « Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. » (16,10) L’envoyé du Seigneur ajouta : « Je rendrai ta race très nombreuse, tellement qu’elle ne pourra être comptée. » (16,11) L’envoyé du Seigneur lui dit encore : « Te voici enceinte, et près d’enfanter un fils ; tu énonceras son nom Ismaël, parce que Dieu a entendu ton affliction. (16,12) Celui-ci sera un onagre parmi les hommes : sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui ; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères. »

[87] NdT : Dans https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/18.html, il est écrit : (18,17) et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien parlé. (18,18) Je leur susciterai un prophète du milieu de leurs frères, tel que toi, et je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. (18,19) Et alors, celui qui n’obéira pas à mes paroles, qu’il énoncera en mon nom, c’est moi qui lui demanderai compte !

[88] NdT : Dans : https://www.torah-box.com/torah-pdf/torah/deuteronome/33.html, il est écrit : (33,2) Il dit : « L’Éternel est apparu du haut du Sinaï, a brillé sur le Séir, pour eux ! S’est révélé sur le mont Pharan, a quitté les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu, pour eux !

[89] NdT : Région qui regroupe la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Palestine.

[90] NdT : Cf. plus haut dans le livre.

[91] NdT : Tome 1, page 246.

[92] NdT : Dieu dit dans sourate Al-Baqarah, verset 146 : ce dont nous comprenons : « Ceux à qui nous avons donné le Livre, ils le reconnaissent [MouHammad] tout comme ils reconnaissent leurs propres enfants ; un groupe d’entre eux certes dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. »

[93] NdT : Dans https://saintebible.com/habakkuk/3-2.htm, il est dit : Dieu vient de Théman, Le Saint vient de la montagne de Paran… Pause. Sa majesté couvre les cieux, Et sa gloire remplit la terre

[94] NdT : concernant la controverse de la situation de Pharan : http://www.le-carrefour-de-lislam.com/Voyages/Pharan_Paran_Faran_1.htm

[95] NdT : Dans : https://saintebible.com/micah/4-2.htm, il est écrit : Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que les peuples y afflueront. Des nations s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, À la maison du Dieu de Jacob, Afin qu’il nous enseigne ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l’Éternel. Il sera le juge d’un grand nombre de peuples, L’arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes ; Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, Et l’on n’apprendra plus la guerre.

[96] NdT : Dans https://saintebible.com/isaiah/42-1.htm, il est écrit : Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations. Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, Et ne la fera point entendre dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n’éteindra point la mèche qui brûle encore ; Il annoncera la justice selon la vérité. Il ne se découragera point et ne se relâchera point, Jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, Et que les îles espèrent en sa loi. Ainsi parle Dieu, l’Éternel, Qui a créé les cieux et qui les a déployés, Qui a étendu la terre et ses productions, Qui a donné la respiration à ceux qui la peuplent, Et le souffle à ceux qui y marchent. Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations, Pour ouvrir les yeux des aveugles, Pour faire sortir de prison le captif, Et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres. Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles. Voici, les premières choses se sont accomplies, Et je vous en annonce de nouvelles ; Avant qu’elles arrivent, je vous les prédis.

[97] NdT : L’adoration (en arabe °ibâdah) qui n’est vouée qu’à Dieu, c’est l’extrême limite de la crainte révérencielle et de la soumission (Cf. As-Soubkiyy).

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