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Tafsiir an-Nasafiyy sourate al-Baqarah versets 63 à 102

Posted in islam,tafsir,Tajwid par chaykhaboulaliyah sur août 26, 2022

Verset 63 : Nous avons pris de vous l’engagement. C’est-à-dire : Nous avons pris l’engagement de votre part d’accepter ce qui est écrit dans la Torah et il s’agit ici des musulmans qui avaient suivi notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam. Et Allaah leur rappelle qu’ils s’étaient engagés à suivre la Torah authentique. 

Et nous avons élevé au-dessus de vos têtes la montagne aT-Touur : c’est-à-dire : Nous vous avons menacé par cette montagne qui était au-dessus de vos têtes pour que vous vous engagiez à suivre la Torah. Parce que lorsque notre maitre Mouuçaa ^alayhi s-salaam est parti pour recevoir la révélation, il est revenu avec des tablettes sur lesquelles était écrit ce qu’il devait faire. (La Torah était descendue sur des tablettes déjà écrites). Et son peuple a dit : non, c’est trop dur ce que tu nous demandes. Donc ils ont refusé. Allaah a donné l’ordre à notre maitre Jibriil d’arracher la montagne aT-Touur qui s’est donc élevée au-dessus de leurs têtes au point que ça leur a fait de l’ombre. Et Mouuçaa leur a dit : soit vous acceptez ce qui est écrit dans la Torah, soit vous allez être écrasés par cette montagne. Ils ont dit : oui nous acceptons.

Prenez ce que Nous vous avons transmis c’est-à-dire la Torah

Avec fermeté : et non pas de manière nonchalante. Acquittez-vous de cela fermement.

Et citez ce qu’il y a dans ce Livre : mémorisez et apprenez ce qu’il y a dans ce Livre et ne l’oubliez pas. Ne passez pas à côté, ne faites pas preuve d’insouciance. Soyez sérieux dans l’étude et l’application de ce Livre qui a été révélé au prophète qui vous a été envoyé.

Puissiez-vous être parmi les pieux. Puissiez-vous réussir.

Verset 64 : puis vous vous êtes retournés après avoir donné votre engagement. C’est-à-dire : après avoir été menacés de la montagne, vous avez dit : oui on va l’appliquer, mais vous vous êtes retournés après cela. Vous n’avez pas tenu votre engagement : après avoir accepté, vous avez refusé.

N’eussent été la grâce de Dieu et Sa miséricorde envers vous, c’est-à-dire le fait que le châtiment ne vous est pas parvenu immédiatement. Vous avez refusé une première fois et Dieu vous a donné du répit. Vous avez promis de vous engager puis vous avez changé à nouveau et Dieu vous a donné du répit, Il ne vous a pas châtiés immédiatement. Donc Dieu vous a retardé le châtiment ou bien Il vous a finalement accordé la réussite pour appliquer.

Vous auriez été au nombre des perdants. C’est-à-dire : vous auriez été au nombre de ceux qui périssent et qui subissent un châtiment.

Verset 65 : vous savez qui d’entre vous a dépassé la limite dépassée par la Loi le samedi : parce qu’il était un devoir pour les yahouud de glorifier la journée du samedi, dans la Loi de notre maitre Mouuçaa. Et eux, ils ont dépassé ce qui a été fixé dans la Loi de notre maitre Mouuçaa. Et il s’agissait de consacrer cette journée à l’adoration de Dieu. Au lieu de faire cela, ils sont partis à la pêche alors que Dieu leur avait interdit de faire cela le samedi et Il les a éprouvés par cela. L’épreuve était que le samedi, tous les poissons sortaient leurs bouches de l’eau. Ils étaient présents et il était un devoir pour les yahouud de ne pas les pécher. Une fois le samedi passé, les poissons retournaient au large et n’étaient donc plus accessibles.

Alors les yahouud ont construit des petits bassins sur la plage et des canaux et l’eau de mer parvenait ainsi jusqu’à eux. Donc le samedi, les poissons empruntaient ces canaux et parvenaient jusqu’aux bassins. Alors les yahouud venaient et bloquaient les issues de sortie et le dimanche, ils les attrapaient. Donc le fait qu’ils emprisonnaient les poissons dans les bassins, c’était le dépassement de leur limite.

Et Nous avons leur dit : soyez des singes méprisables. C’est-à-dire : devenez des singes méprisables. Ils ont joint les deux : le fait d’être des singes et le fait d’être méprisables. Le terme « kouunouu » signifie que Dieu les crée ainsi, Il fait qu’ils soient des singes, rapidement ; du simple fait que Dieu a voulu qu’ils soient des singes, à ce moment-là, ils sont devenus des singes. Le début du verset est : vous savez qui a dépassé la limite concernant le jour du samedi, c’est-à-dire que ceux qui sont devenus des singes, leurs proches parents les reconnaissaient, dans le sens qu’ils savaient que cet ensemble de singes représentait leurs proches parents et les singes savaient que ces humains étaient leurs proches parents. Cela ne signifie pas que chaque singe venait auprès de son proche parent, mais ils se reconnaissaient. Les humains savaient qu’il s’agissait de ceux qui avaient fait ces actes interdits. Et ces humains transformés en singes ne parlaient plus comme les humains mais ils poussaient des cris comme des singes. Et trois jours après, ils sont tous morts. Ils ne se sont pas reproduits, c’est-à-dire qu’il n’y a pas aujourd’hui des descendants de ces singes qui ont été transformés.

Et ce verset est une preuve que l’origine des humains n’est pas les singes. Car si cela avait été le cas, ils auraient été transformés en quelque chose d’autre mais ils ont été transformés en quelque chose qui n’est pas l’origine des humains.

Et les savants de ces gens-là leur interdisaient de faire ce qu’ils faisaient, à savoir de fabriquer des canaux et des bassins le samedi pour attraper les poissons le dimanche. Mais ils n’acceptaient pas le conseil. Dieu les a anéantis parce qu’ils avaient désobéi à leur Seigneur et ils avaient fait ce que leur Seigneur leur avait interdit de faire.

Verset 66 : Nous avons fait que cette transformation soit une exhortation : c’est-à-dire une leçon de morale, pour empêcher les gens de faire la même chose, pour amener les gens à s’abstenir de faire ce qui a fait mériter cette punition.

Pour ceux à qui cela est arrivé et pour ceux qui sont venus après ceux à qui cela est arrivé. Dieu avait déjà averti dans les livres anciens, que des gens allaient dépasser leurs limites et que Dieu les transformerait en singes. Ceux qui vivaient avant ont pris connaissance de cela et ils en ont tiré la moralité. Et ceux qui viennent après, prennent connaissance de cela par transmission. Et pourtant, il y a dans la communauté de notre maitre MouHammad ceux qui vont être transformés en singes et en porcs, tellement ils vont commettre des péchés, et on le voit aujourd’hui. A nous d’en tirer la moralité, de nous abstenir de commettre des péchés, d’ordonner le bien et d’interdire le mal.

Et c’est une exhortation de la part de ceux qui font preuve de piété. C’est-à-dire pour ceux qui leur ont défendu de commettre ce qu’ils ont commis (de pêcher le poisson le samedi) : les gens vertueux de leur peuple leur ont dit : attention, ne faites pas cela, c’est interdit. Mais ils ne voulaient rien entendre.

Ou bien une exhortation pour ceux à qui ce récit est parvenu. N’est-ce-pas que le prophète pleurait par crainte de Dieu et pourtant, il est celui à qui Dieu a accordé le plus haut degré au paradis. Les vertueux et les saints, ils pleurent par crainte de Dieu. A plus forte raison, nous, nous devrions pleurer par crainte de Dieu.

Au bord de la mer rouge, il y a une ville qui s’appelle Aylat. (Aujourd’hui il y a une ville qui s’appelle Aylat aussi. On ne sait pas si c’est la même). C’est le village dont le récit a été cité dans le Qour’aan honoré. C’est dans ce village qu’il y a eu les gens du samedi, ceux qui ont commis le grand péché et Dieu les a transformés en singes et en porcs.

Les yahouud, peu avant la venue de notre maitre MouHammad, ils cachaient cette histoire car elle constituait un grand déshonneur pour eux. C’est un blâme pour leurs ancêtres, une humiliation pour ce qui est arrivé à certains de leurs ancêtres. Mais Dieu les a dévoilés dans le Qour’aan honoré parce qu’Il a révélé à notre maitre MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ce récit. Et ceci pour avertir les yahouud, afin qu’ils ne fassent pas preuve d’orgueil ni d’entêtement et pour ne pas qu’ils refusent de croire au prophète MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Et il leur a rappelé ce qui était arrivé à leurs frères dans le village de Aylat.

Le détail de ce récit : les musulmans qui étaient les descendants de notre maitre Israa’iil et c’était Ya^Qouub, depuis Daawouud et même avant lui, il leur était interdit de faire le commerce, l’industrie, la pêche, le jour du samedi. Et c’était une épreuve de la part de Dieu. On ne dit pas que c’est logique car il s’agit d’une loi ordonnée par le Créateur. Il y a une sagesse mais ce n’est pas une condition pour nous de connaitre cette sagesse. Ce sont des épreuves qui permettaient de manifester aux gens qui applique, qui n’applique pas mais ne remet pas en cause et qui n’applique pas et remet en cause. Et le samedi, les poissons se rapprochaient de la côte au point qu’on pouvait les attraper à la main. Les poissons ont été inspirés qu’ils n’allaient pas être attrapés ce jour-là. Ils venaient en bancs entiers. Et les autres jours que le samedi, les poissons restaient au fond de la mer. Mais l’âme qui est maline, a un penchant que le chayTaane entraine à la désobéissance et la corruption. Un des habitants de ce village a désiré manger le poisson et le chayTaane l’a entrainé et lui a embelli cela. Cet habitant est allé au bord de l’eau et il a vu un gros poisson proche de lui ; alors il a pris une corde, a attrapé la queue du poisson et l’a attachée à un piquet. Quand le samedi est passé, il est retourné à cet endroit, a pris le poisson, l’a tué, nettoyé et l’a fait griller. L’odeur du poisson s’est propagée autour de sa maison. Ses voisins sont venus à lui et lui ont demandé s’il avait mangé du poisson. Il a nié ce qu’il avait fait. Ils ont insisté en disant : mais on sent bien l’odeur du poisson !! Alors il a dit : « non, c’est juste une peau de poisson que j’ai trouvée et je l’ai grillée ». Le samedi suivant, il a refait la même chose et quand les gens ont senti l’odeur de la grillade, ils lui ont demandé : tu as mangé du poisson. Il leur a dit : « si vous voulez, vous faites comme moi ». Souvent, la cause des péchés est la nourriture, la langue, le sexe. Si la personne ne sait pas maitriser cela, le chayTaane se jour d’elle. Ils lui ont demandé ce qu’il avait fait, il leur a expliqué et ils ont fait comme lui. Et ils se sont mis à varier les sortes de ruses : le vendredi, certains se sont mis à creuser des canaux de sorte à faciliter le passage des poissons de la mer à des petits bassins. Et ainsi ils pouvaient récupérer les poissons par la suite. Cette pratique s’est répandue et beaucoup se sont mis à faire cela. Ils en sont arrivés à faire cela au grand jour : ils pêchaient le poisson le samedi et le vendaient dans les marchés. Alors leurs savants musulmans qui étaient des descendants de Israa’iil leur ont interdit de faire cela. Ils les ont menacés de recevoir un châtiment mais ces gens-là ont fait preuve d’obstination, d’entêtement, de rejet. Quant aux gens qui craignaient Dieu, ils ont dit : « on va construire un mur entre nous et ceux qui font les grands péchés, on ne veut plus avoir affaire à eux ». Et la nuit, la punition de Dieu s’est abattue sur eux : les plus jeunes d’entre eux ont été transformés en singes et les plus âgés en porcs. Comme à leur habitude, ceux qui interdisaient le mal s’étaient levés le matin pour vaquer à leurs occupations mais ils n’ont vu aucun des pervers qu’ils étaient habitués de voir.  Ils furent étonnés et se sont demandés où ils étaient, car ils n’entendaient aucun son provenir de l’autre côté du mur. Alors l’un d’entre eux a posé une échelle contre le mur et il a vu quelque chose de surprenant : il a vu que les pervers étaient devenus des singes avec des queues, qui sautaient les uns sur les autres et des porcs qui émettaient un son qui était laid. Alors ils ont ouvert les portes et sont allés les voir. Chaque singe se rapprochait de son proche parent, sentait ses vêtements et se mettait à pleurer. Et l’humain lui disait : « n’est-ce -pas qu’il vous a été interdit de faire ce que vous avez fait ? » Et le singe hochait de la tête.

Avant cette transformation, il a été dit qu’ils étaient partagés en trois groupes :  

  • Un premier groupe qui a désobéi à Dieu et qui a péché le poisson le samedi et ce sont qui ont été transformés en singes et en porcs. Il a été dit qu’ils étaient 70.000 !!!
  • Un deuxième groupe qui leur a interdit de faire ce qu’ils ont fait et ils se sont mis à l’écart : ils étaient environ 12.000
  • Un troisième groupe qui s’est mis en retrait, qui n’a pas interdit le mal mais n’a pas désobéi. Ils ont dit au deuxième groupe : mais pourquoi vous leur interdisez puisque de toutes manières Dieu les punira et les châtiera. Car c’est ce que Dieu a réservé dans les communautés désobéissantes antérieures. Le deuxième groupe a répondu : « notre exhortation est à titre de rappel. Puissent-ils se repentir et délaisser leurs péchés ! »

Et c’est un devoir d’interdire le mal donc le groupe qui a le plus de mérite est le deuxième groupe. Et finalement, le seul groupe qui a été anéanti fut le premier. Et Dieu a sauvé ceux qui ont interdit le mal et ceux qui n’ont pas désobéi. Et ceux qui ont été transformés ne sont pas restés vivants plus de trois jours. Durant ces trois jours, ils n’ont rien mangé, rien bu et ils ne se sont pas reproduits entre eux, ils n’ont pas eu de descendance. Ces gens-là ont constitué une source de moralité pour ceux qui sont venus après eux qui ont pris connaissance de leur histoire et pour ceux qui les ont vus.

verset 67 : et Mouuçaa a dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Ce verset commence par une conjonction de coordination « wa » qui signifie « et » il commence par un rappel comme le rappel précédent « rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées », c’est comme s’il était dit : rappelez-vous lorsque Mouuçaa a dit à son peuple. Il en est de même pour toutes les phrases qui ont précédé : Dieu ordonne de rappeler à ces descendants des fils de Israa’iil plusieurs choses : il a été mentionné les grâces que Dieu a mentionnées , il a été mentionné le rappel quand ils ont été sauvés de pharaon, le rappel lorsque la mer a été séparée en douze chemins, le rappel lorsque Mouuçaa a invoqué pour avoir de l’eau pour son peuple, toutes ces phrases sont liées par la conjonction de coordination « wa dh-kourouu » qui signifie « rappelez-vous ».

Ce rappel dans le verset 67 est lié aux rappels précédents et il est lié aux rappels qui vont venir par la suite et ça continue jusqu’à la parole de Dieu où ils ont dénigré les musulmans parce que Dieu a ordonné au prophète de changer la direction de la prière. Au début les musulmans se dirigeaient vers Jérusalem dans la prière puis Dieu a donné l’ordre au Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam d’avoir comme direction pour la prière la ka^bah. An-Naçafiyy dit : attention, c’est un rappel qui est lié aux rappels précédents et qui sera lié aux rappels ultérieurs, jusqu’au passage où il est question du changement de la Qiblah.

Les exégètes ont dit que le début de ce récit est récité ultérieurement. Le récit commence quand Mouuçaa dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Et pourquoi cela ? Cela va venir ultérieurement dans la récitation. C’est-à-dire que le début du récit est retardé dans la récitation.

An-Naçafiyy explique : il y avait un homme qui était fortuné avait été assassiné par ses cousins paternels. Il s’appelait ^Aamiil. Ses cousins l’ont tué pour hériter de lui puis ils ont jeté son corps à la porte d’une ville et ils sont venus réclamer le prix du sang. Dans certains cas, l’assassin paye quelque chose pour compenser l’assassinat. Dieu leur a ordonné d’aller égorger une vache puis de toucher le corps du défunt avec une partie de cette vache, et il reviendra à la vie et il dira qui est son assassin. Parce qu’eux, ils ont nié avoir tué leur cousin.

Ils ont dit » est-ce-que tu te moques de nous ? ». Il a dit « je demande à ce que Dieu me préserve de pareil comportement ». C’est-à-dire « je demande à Dieu qu’Il me préserve d’être parmi ceux qui font des choses absurdement ». Il y a ici une allusion comme quoi ce sont eux qui font les choses absurdement. Mouuçaa leur dit qu’il leur transmet ce que son Seigneur lui ordonne de vous transmettre.

Verset 68 : ils ont dit : invoque ton Seigneur pour savoir de quelle vache il s’agit. Ils ont dit « maa hiya » ce qui signifie « quelle est-elle ? » et non pas « comment est-elle ? ». Ils savaient qu’il s’agissait d’une vache. Il se peut que le mot « maa » ait le sens de « comment », même si à l’origine, cela signifie « quel ». C’est-à-dire « quelles sont ses caractéristiques ? » Pourquoi ont-ils posé cette question ? Parce qu’ils étaient surpris : comment se peut-il que le fait de toucher le corps d’un homme mort avec le corps d’une vache morte après avoir été égorgée, va le faire revenir à la vie ? Donc ils ont dit : quelle est la caractéristique de cette vache si étonnante qui permet de faire cela ?

Mouuçaa a dit : Dieu vous dit que c’est une vache qui n’est pas d’un âge avancé. Le mot « faariD » est un mot qui n’est pas utilisé dans le langage courant : il signifie âgé.

Elle n’est pas jeune mais elle est d’un âge intermédiaire. « Entre cela » et non pas « entre les deux » : et le terme « bayna dhaalik » exprime que son âge est situé entre les deux bornes. Il a cité un exemple d’usage (par ^Oubaydah) où il est cité « entre les deux » et non pas « entre cela ».

Faites ce que vous avez reçu l’ordre de faire.

Verset 69 : ils ont dit invoque donc ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est sa couleur. Ils ne se sont pas suffi de l’âge mais ils ont demandé sa couleur.

Il (Mouuçaa) leur a dit : il s’agit d’une vache qui est de couleur jaune intense. Le terme « faaQi^ » est employé dans une tournure qui indique combien ce jaune était intense.

Qui plait au regard. Tellement cette vache est belle qu’elle réjouit le regard de celui qui la voit. Le terme « taçourrou » signifie une réjouissance dans le cœur quand un plaisir ou une chose utile arrive ou bien quand on s’attend à ce qu’il se produise. Celui qui voit cette chose est apaisé. Cette vache qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger a une couleur qui calme le regard, qui plait au regard de celui qui la voit.

^Aliyy que Dieu l’agrée a dit : celui qui porte des chaussures ou des sandales de couleur jaune sera soulagé et n’aura pas beaucoup de tourments, son cœur sera soulagé et ses tourments seront allégés.  Et cela en raison de ce verset car cette vache a une couleur qui est agréable au regard.

Verset 70 : ils dirent : invoque ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est cette vache. Avec toutes leurs questions, cela montre qu’ils ne se sont pas empressés d’obéir à Dieu. Ils ont répété leurs questionnements pour en savoir plus à propos de cette vache et pour avoir plus de précision sur sa description.

Notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit ce qui signifie : si, dès le départ, ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant ». Mais comme ils ont insisté, ils se sont rendus la chose difficile, alors l’ordre est devenu encore plus difficile. Parfois, quand certaines choses ne sont pas mentionnées, on peut prendre la facilité. Et le fait de beaucoup questionner sans que ce soit justifié, ce n’est pas louable. Par exemple, on sait que concernant la viande, c’est interdit d’en manger avec le doute. Mais pour autre que la viande, comme un bonbon par exemple, on peut manger avec le doute.

Rappel : les ordres et les interdits sont des épreuves de la part de Dieu. C’est sûr qu’être scrupuleux et précautionneux, c’est mieux. Mais dans certains cas, Dieu a autorisé certaines choses, non pas par oubli, mais par miséricorde.

Eux, se sont compliqués la chose, et l’ordre est devenu difficile.

Les vaches se ressemblent. On n’a pas su laquelle égorger. Les vaches qui sont d’un âge intermédiaire, de couleur jaune, elles sont nombreuses.

Et certainement si Dieu le veut, nous y parviendrons. C’est-à-dire : soit nous parviendrons à la vache qu’il faut égorger, soit nous parviendrons à connaitre ce que nous ne connaissons pas, à savoir qui est l’assassin. Et dans le Hadiith : « et s’ils n’avaient pas dit « si Dieu le veut », alors ils n’auraient pas su quelle était cette vache ». Rapporté par aT-Tabariyy mais il n’est pas confirmé.

Verset 71 : Il (Mouuçaa) dit que ‘Il (Dieu) dit que c’est une vache qui n’est pas employée pour le labour. Ce n’est pas une vache que son propriétaire utilise pour labourer la terre.

Ni pour l’irrigation. C’est-à-dire pour puiser de l’eau et la ramener.

Epargnée de défaut et elle est libre de toute tâche : elle n’est utilisée pour aucune tâche

Elle est totalement jaune : il n’y a pas d’autre couleur avec le jaune. Même ses cornes et ses sabots sont jaunes. Sa robe est jaune uniformément.

Ils ont dit maintenant tu nous as donné des caractéristiques suffisantes : tu nous as donné une description telle qu’il n’y a plus de confusion possible. Nous savons de quelle vache il s’agit.

Ils l’ont égorgée. Ils ont trouvé la vache qui réunissait toutes les caractéristiques précédemment indiquées et ils l’ont égorgée.

Et ils ont eu du mal à l’égorger. Une explication est que son propriétaire a demandé un prix très élevé. Deuxième explication : ils avaient peur du scandale car cette vache allait être une cause pour la résurrection de celui qu’ils avaient assassiné. Il allait les désigner. C’est pour cela qu’ils ont failli   ne pas le faire.  

Il a été rapporté que parmi les descendants d’Israël il y avait un vieil homme vertueux qui avait une génisse. Il a dit : « ô Allaah je Te confie cette génisse jusqu’à ce que mon fils grandisse ». Et son fils était bienfaisant envers ses parents. La génisse a grandi et elle était parmi les plus grasses et les plus belles. Et c’était cette vache-là qui remplissait les caractéristiques et qui devait être égorgée. Ils ont négocié le prix avec l‘orphelin et sa mère jusqu’à payer le prix de toute peau en or. Alors que les vaches à cette époque valaient trois dinars d’or, c’est-à-dire environ quatre grammes d’or par pièce donc un total de douze grammes d’or. Cette vache avait donc coûté extrêmement cher. Ils avaient recherché cette vache pendant quarante ans.

Verset 72 : et (rappelez-vous) lorsque vous avez tué quelqu’un (car l’ordre qu’ils avaient reçu d’égorger la vache leur était venu avant la raison pour laquelle ils devaient l’égorger). Ils ont été mentionnés par le pronom « vous » parce que l’assassin était l’un d’entre eux.

Et vous vous êtes accusés les uns les autres : vous ne savez pas qui a tué cette personne et vous vous êtes jetés l’accusation les uns les autres.

Et Allaah manifeste ce que vous dissimuliez : vous cachiez la personne qui a tué, mais Dieu fait manifester sans aucun doute la vérité que vous dissimuliez au sujet de cette assassinat. Dieu fait que ça ne sera pas quelque chose qui reste inconnu.

Verset 73 : et Nous avons dit frappez-le avec une partie de la vache. Le pronom « le » se rapporte à la victime. Quant à la partie de la vache : selon une explication, c’est la langue. Selon une autre explication c’est le jarret droit ou alors la queue. Le sens est qu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné puis il est revenu à la vie.

C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts. Donc cette personne est revenue à la vie. On comprend cela même si cela n’a pas été cité. Il a été rapporté que lorsqu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné, avec une partie de la vache, il est revenu à la vie et il a cité les deux personnes qui l’avaient assassiné et qui étaient deux de ses cousins. Puis il est redevenu mort comme il était auparavant. C’est alors qu’ils ont été attrapés et ils ont été exécutés. Et depuis cet évènement, aucun assassin n’hérite de la victime même s’il fait partie de sa famille.

Cette parole « C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts » est adressée : soit à ceux qui renient la résurrection des morts au jour du jugement parmi les contemporains de notre Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Soit à ceux qui étaient à l’époque de la victime. C’est comme si la parole signifiait : voilà comment Dieu ressuscite les morts.

Et Il vous indique Ses signes : c’est-à-dire les signes que Dieu est sur toute chose tout puissant. Les signes sont les preuves.

Puissiezvous méditer : puissiez-vous raisonner et agir conformément à ce qu’implique la raison. C’est que celui qui a la toute-puissance pour ressusciter une seule personne, il est capable de ressusciter tout le monde. Dieu Qui est tout puissant à ressusciter une personne est tout puissant à ressusciter tous les morts au jour du jugement. Parce que rien n’a spécifié Sa puissance à ressusciter cette personne-là et pas les autres. Donc si Dieu est tout puissant pour ressusciter une personne Il est tout puissant à ressusciter tous les autres. Ceci nous pousse et nous incite à travailler pour améliorer notre réflexion et notre déduction.

Et la sagesse dans le fait d’ordonner d’égorger cette vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache (même si Dieu est tout puissant à ressusciter cet homme sans que ce soit par l’intermédiaire de cette vache) c’est pour nous indiquer qu’il est bien de faire une offrande avant une demande. La vache était une offrande à Dieu avant de Lui demander de ressusciter le mort.  

  • C’est pour nous enseigner le fait d’offrir avant de demander.
  • Et pour enseigner à Ses esclaves également de délaisser l’excès de rigueur dans les choses. La rigueur est louable mais c’est son excès qui est blâmable. Dans cette histoire, s’ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aura été suffisant. Mais eux, ils ont fait de l‘excès de zèle, et la réponse est venue en fonction de leur exagération dans leur questionnement. Donc il est requis d’obtempérer suite aux ordres reçus sans demander trop de détails. S’empresser d’obéir sans trop de questionnement.

Il a été dit qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger une vache et non pas un autre animal, parce que dans leurs lois, c’était la meilleure offrande ; et aussi parce que certains d’entre eux s’étaient mis à adorer un veau. Il leur a été ordonné d’égorger un animal du même genre que ce qu’eux, avaient adoré et ceci, pour rendre encore plus méprisable ce qu’ils avaient adoré au lieu d’adorer Dieu.

Rappel : il leur avait ordonné d’égorger une vache ; et la raison pour laquelle ils devaient l’égorger a été citée après. Entre-temps, ils avaient posé toutes leurs questions. Si quelqu’un demande pourquoi les faits n’ont pas été cités dans l’ordre chronologique dans le verset, c’est-à-dire : l’assassinat de l’homme puis de frapper son corps avec une partie d’une vache puis d’égorger une vache. Alors que dans le verset il est cité d’abord la mention d’égorger la vache puis la mention de celui qui a été assassiné puis la mention de le frapper pour qu’il revienne à la vie afin qu’il cite le nom de ses assassins.

Allaah ta^aalaa nous a relaté plusieurs récits des descendants de Israa’iil pour indiquer le grand nombre de crimes qu’ils avaient commis. Dans ce verset, l’ordre est inversé pour montrer qu’il s’agit de trois crimes différents, trois évènements différents. Et c’est pour insister sur la menace et le blâme à leur encontre. Dieu les a blâmés pour cela :

  • Au lieu d’exécuter l’ordre et d’égorger n’importe quelle vache, ils ont rallongé la durée
  • Ils ont tué quelqu’un
  • Ils ont été dénoncés par leur victime et ils ont été exécutés

Ces deux récits sont liés mais chacun comporte un certain blâme. Le premier récit où ils demandent les caractéristiques de la vache comporte un blâme parce qu’ils se sont moqués et ils ne se sont pas empressés d’obéir, en posant toutes leurs questions au sujet de la vache. Le deuxième récit constitue un blâme pour avoir assassiné quelqu’un. Le signe suivant est la résurrection d’un mort qui indique la toute-puissance de Dieu à ressusciter les morts. Donc ces eux récits peuvent être indépendants et constituent un blâme.

 Le récit de l’ordre d’égorger la vache a été cité avant la mention de l’assassinat, mais si la mention de l’assassinat avait été mentionnée avant, cela aurait constitué un seul récit. Alors que de cette manière, il y a un double blâme. Il y a une subtilité dans la langue arabe : c’est qu’il a été dit « frappez-le avec une de SES parties ». « Ses » est un pronom qui se rapporte à la vache, donc même si la mention de l’assassinat et l’ordre de frapper le corps de la victime avec une partie de la vache a été cité en second lieu, mais il y a ce petit détail qui indique que c’est le même récit ; « ses » parties. Il n’a pas été dit « frappez-le avec une partie d’une vache » ; la vache a été déjà été mentionnée dans la première partie du verset. En définitive, même si les deux parties du récit ont été citées dans un ordre chronologique inverse, ce qui a été cité en second lieu fait référence à ce qui a été cité en premier lieu, il s’agit bien d’un même récit mais il y a eu deux blâmes. Et la sagesse réside dans ce fait : c’est pour dire qu’il y a deux blâmes même s’il y a un seul récit.

Et il a été dit que ce récit indique que celui qui veut avoir son cœur éveillé par le « mouchaahaddaat » : c’est un terme utilisé par les soufis qui indique un sentiment dans le cœur que c’est Dieu le Créateur de toute chose. Si quelqu’un fait une chose, en réalité, c’est Dieu Qui crée cet acte chez cette personne. Celui qui veut atteindre cet état a besoin de combattre ses passions, d’aller à l’opposé des penchants de son âme. Et ceci est un exercice très difficile.

Il y avait parmi les fils d’Israa’iil un homme riche. Son neveu était très attaché à l’argent, au point d’être obnubilé par l’argent. Il s’est mis à réfléchir au moyen d’obtenir la fortune de son oncle paternel. Alors il l’a tué. Il a maquillé le crime : il a déposé le corps de la victime devant la maison de gens qui n’avaient rien à voir. Il les a accusés du meurtre et eux, se sont révoltés en clamant leur innocence. D’autre part, le clan du meurtrier s’est révolté également car ils ne savaient pas que c’était le neveu qui avait fait cela ; il a même failli avoir un conflit entre les deux clans. Alors certains ont dit : « il y a parmi nous le prophète de Dieu. Allons le voir, il va nous indiquer comment faire ». Ils ont informé Mouuçaa ^alayhi s-salaam du récit. Allaah a révélé à Mouuçaa de leur dire d’égorger une vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache. Ils ont fait. Allaah a fait ressusciter le mort qui a parlé et a dit que c’était son neveu qui l’avait tué.

L’amour de l’argent entraine à cela et pire que cela. Vous trouvez des familles qui s’entretuent à cause d’un héritage constitué de murs et de terres et d’argent. Le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a recommandé que le musulman ne regarde pas celui qui a plus d’argent que lui mais qu’il regarde plutôt celui qui a moins que lui.

Et la louange est à Allaah Dont les grâces ne sont pas énumérées. Et il y a des grâces visibles et des grâces que nous ne voyons pas. Par exemple, les djinns, nous ne les voyons pas quand ils nous attaquent et pourtant, Dieu a fait qu’il y a des anges qui nous protègent. On ne se rend même pas compte de cela et on échappe à leur nuisance. Et il y a des grâces qui sont visibles : on se lève, on a de quoi manger, dormir, se vêtir. Les grâces que Dieu nous accorde sont multiples et que Dieu honore et élève davantage en degrés notre maitre MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam. Et la plus grande des grâces c’est la grâce de l’islam. Celui qui a eu la grâce de l’islam a eu un bienfait éminent. Et le plus éminent des sujets de l’islam est de connaitre la croyance conformément à ses fondements.

verset 74 : Puis vos cœurs se sont endurcis après cela. Ibnou l-Jawziyy a expliqué dans son tafsir : Ibraahiim, le fils de As-Sarii^ a dit « Qaçat » dans la langue signifie que vos cœurs sont devenus durs et la dureté du cœur est une image qui indique le manque de douceur et de miséricorde dans le cœur et le manque de crainte.

Vos cœurs sont devenus comme de la pierre. Après ce qui, normalement, adoucit les cœurs. Mais leurs cœurs se sont endurcis après ce qui aurait dû les adoucir. Leurs cœurs ont refusé l’exhortation. Malgré ce qu’ils ont vu, leurs cœurs ont refusé de tirer les moralités. Après la résurrection de cette victime ou après tous les signes qu’ils ont vus.

Ou encore plus dur que la pierre. Celui qui aura connu l’état de leurs cœurs les aura comparés à de la pierre ou à une substance qui est encore plus dure que la pierre comme le fer.

Or il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir des fleuves d’eau. Tout cela pour indiquer combien leurs cœurs sont devenus très durs. Même parmi les pierres, il y en a qui laissent jaillir des fleuves d’eau.

Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir de l’eau. Le terme cité ici est « yach-chaQQaQou » pour indiquer le fait de se fissurer. A l’origine c’était « yatachaQQaQou » mais il y a un idghaam entre le « taa’ » et le « chiin » et le mot devient « yach-chaQQaQou. C’est-à-dire qu’il y a parmi les pierres celles qui ont des grandes fissures par lesquelles il y a de l’eau qui coule en grande quantité. Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent en longueur ou en largeur. Et l’eau jaillit à partir de la pierre également. Tandis que leurs cœurs sont durs, ils ne sont pas touchés par l’exhortation.

Il y a parmi elles (les pierres) celles qui tombent par crainte de Dieu.

Il a été dit que c’est un sens figuré qui indique que ces pierres sont soumises à la volonté de Dieu et à l’ordre de Dieu et que les pierres ne s’abstiennent pas de ce que Dieu a voulu qu’il leur arrive. Dieu a voulu qu’elles chutent et elles chutent. Alors que les cœurs de ces gens-là ne sont pas soumis à Dieu. Ils ne font pas ce que Dieu leur a ordonnés.

Il a été dit que c’est un sens propre : il y a des rochers qui étaient en haut des montagnes et Dieu crée en eux un discernement et une vie et ils tombent par crainte de Dieu. Pour faire suite à cette explication, ce n’est pas une condition pour la création de la vie et du discernement dans un corps, que ce corps ait un aspect particulier, selon les sunnites. C’est conformément à cette explication que nous comprenons le verset de sourate al-Hachr qui signifie : « si Nous avions révélé ce Qour’aan sur une montagne, tu la verrais fissurée, emplie de crainte envers Dieu ». C’est-à-dire que Dieu, s’Il veut, Il crée la vie dans des objets inanimés. Dieu énumère qu’il y a parmi les pierres celles qui se fissurent, celles qui laissent couleur de l’eau sous forme de rivières, celles qui laissent couler de l’eau en quantités, celles qui tombent par crainte de Dieu. Et eux, leurs cœurs sont durs, ils n’ont pas de crainte de Dieu.

Et le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde, a dit que l’avis qui est correct, est que Dieu a créé dans ces pierres la crainte de Dieu, véritable. Dieu crée la perception sensorielle dans des objets inanimés. Certains objets, Dieu crée en eux un ressenti et une crainte. Mais les humains n’entendent pas le tasbiiH des objets inanimés. Par exemple, on peut citer l’exemple des cailloux qui faisaient le tasbiiH. Habituellement, les humains ne l’entendent pas, sauf les gens qui ont un degré particulier et que Dieu spécifie par cela et ceux pour lesquels Il a voulu cela ; ce n’est pas une condition que ce soit un saint.

Ce qui témoigne de cela est ce qui est arrivé à Abouu Mouslim al-Khawlaaniyy que Allaah l’agrée. Il avait une soubHah à la main ; quand il s’est assoupi, il a trouvé sa soubHah qui tournait toute seule dans sa main et elle disait ce qui signifie : « Ô Allaah, Tu es exempt d’imperfection Toi Qui fais pousser les plantes et Tu es Celui dont l’existence n’a pas de fin ». Ceci est un prodige qui est arrivé à ce saint. « Daa’iman th-thabaat » ne signifie pas que Dieu est Celui Qui ne bouge pas, parce que le mouvement et l’immobilité sont des caractéristiques de corps et Dieu n’est pas un corps.

Les caractéristiques des corps sont nombreuses comme le mouvement, l’immobilité, le fait d’être en contact, d’être séparé, de se réunir, la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le changement d’une caractéristique à une autre, la diminution, l’augmentation. Les corps changent et les caractéristiques des corps changent également. L’être humain a un corps avec des caractéristiques ; une science, une puissance, une volonté. Et ses caractéristiques changent, elles augmentent et elles diminuent. Elles sont entrées en existence. Elles ne sont pas éternelles. Notre corps a un début donc nos caractéristiques changent. Dieu est exempt de tout cela. Dien n’est pas un corps et Il n’a pas les caractéristiques des corps. Le corps a deux catégories : les corps palpables que l’on peut saisir avec la main comme la pierre et les corps impalpables que l’on ne peut pas saisir avec la main comme l’obscurité. Ils sont entrés en existence. Dieu leur a donné l’existence après leur inexistence. Également les caractéristiques des corps sont entrées en existence. La connaissance de l’être humain augmente et diminue au point que quelqu’un peut perdre toutes ses connaissances. Quant à Dieu, Il n’est un corps et Il ne change pas. Il ne passe pas d’un état à un autre. La volonté de Dieu ne change pas. La croyance en l’unicité est de faire l’absolue différence entre le Créateur Qui ne change pas et la créature qui change.

Et Allaah, il ne Lui échappe pas ce que vous faites. Ici ce n’est pas une simple information, mais c’est une menace de châtiment ; c’est-à-dire : attention, ce que vous faites sera comptabilisé, il n’échappe pas à Dieu ce que vous faites.

Verset 75 : est-ce -que vous espérez donc (parole adressée au Messager de Dieu et aux croyants).

Qu’ils croient : c’est-à-dire à votre appel et qu’ils répondent à votre appel

Alors qu’il y avait un groupe d’entre eux c’est-à-dire leurs prédécesseurs

Ils entendaient la parole de Dieu : il s’agit ici de la Torah.

Ensuite ils la déformaient : ils ont falsifié la description du Messager de Dieu puisque dans la Torah d’origine, la venue du Messager de Dieu avec sa description était mentionnée. Et ils ont falsifié les jugements concernant l’adultère. Car celui qui avait commis la fornication tout en ayant consommé auparavant un mariage valable subissait la lapidation, dans la Torah. Mais eux, ils ont renié ce jugement et ils ont appliqué un autre jugement. Alors qu’une partie d’entre eux avaient entendu la Torah et ils l’avaient falsifiée.

Après l’avoir bien comprise, il ne s’agissait pas d’une mauvaise compréhension de leur part.

Et eux, ils savent. Que ce sont des menteurs, des calomniateurs. Ils faisaient cela en connaissance de cause. Ce n’était pas par ignorance.

Le sens du verset 75 est que, si ceux à qui vous vous adressez pour les appeler à l’islam, refusent l’appel à l’islam et font preuve de mécréance, il y a eu parmi leurs prédécesseurs ceux qui avaient refusé l’appel à l’islam et qui avaient fait preuve de mécréance. C’est-à-dire qu’il y a une antériorité à cela. Vous êtes confrontés à ce comportement de la part de ceux qui refusent l’islam, qui altèrent les textes. Sachez qu’avant eux, leurs prédécesseurs avaient agi de la même manière.

Verset 76 : et lorsqu’ils (ce sont soit les hypocrites soit les yahouud) rencontraient ceux qui sont sincères et véridiques parmi les compagnons de MouHammad ^alayhi s-salaam.Quand ces hypocrites rencontraient les compagnons du prophète,

Ils leur disaient : nous avons cru (que vous êtes sur la vérité et que MouHammad est l’envoyé dont l’annonce a été faite).

Et lorsqu’ils se retrouvaient seuls à seuls avec eux c’est-à-dire lorsque ceux qui n’ont pas été hypocrites et qui déclaraient leur mécréance retrouvaient les autres c’est-à-dire ceux qui étaient hypocrites,

Ils leur disaient (à titre de reproche) :

Est-ce que vous les informez (les compagnons de MouHammad ^alayhi s-salaam) de ce que Dieu vous a accordé comme connaissance ? C’est-à-dire de ce que Dieu vous a indiqué dans la Torah en tant que description de MouHammad ^alayhi s-salaam.

Pour qu’ils retiennent ce que vous leur dites comme argument contre vous au jour du jugement ? Regardez leur stupidité. Ils leur disaient : comment informez-vous les compagnons de MouHammad qu’effectivement Dieu a décrit MouHammad dans la Torah ? Parce que si vous leur dites cela, ils vont avoir un argument contre vous au jour du jugement. Vous considérez que les compagnons de MouHammad vont débattre avec vous au jour du jugement et qu’ils vont vous dire : vous n’avez pas voulu croire au Prophète MouHammad alors que vous aviez su qu’il était décrit dans votre Livre. Et donc ils vont retenir cet argument contre vous au jour du jugement. Et ce sont les mécréants qui déclaraient leur mécréance parmi les yahouud qui ont dit cela aux hypocrites.

Afalaa ta^Qilouune

Verset 77 : ne savent-ils donc pas que Dieu sait ce qu’ils disent en cachette et ce qu’ils disent au grand jour. Dieu sait tout ce qu’ils disent à voix basse et ce qu’ils montrent au grand jour, c’est-à-dire le fait qu’ils cachent leur mécréance et qu’ils montrent au grand jour leur foi.

Verset 78 : et il y a parmi eux (les yahouud) ceux qui ne savent pas écrire Et « al-oummiyyou » est celui qui ne sait ni lire ni écrire.

Qui ne connaissent pas le Livre c’est-à-dire la Torah.

Et ils ne prennent que ce qu’ils souhaitent : comme le fait que Dieu leur pardonne ou leur fasse miséricorde, que le feu ne les touche que quelques jours seulement. Ou ils ne savent que des mensonges montés de toutes pièces, fomentés par leurs prétendus savants. Et ils les ont acceptés par imitation

Alors qu’en réalité ce ne sont que des conjectures. Ce ne sont que des idées dans leur têtes, qui ne sont pas fondées ; ils ne savent pas ce qu’il y a dans la Torah comme annonce du statut de prophète de MouHammad et ils renient cela par simple conjecture. ( hypothèse).

Verset 79 : et malheur. Ibnou Hibbaan a cité que « al-wayl » est une valléeen enfer qui a une profondeur de quarante automnes.

A ceux qui écrivent le Livre (falsifié) de leurs mains. Ici « de leurs mains » indique une insistance, c’est un sens figuré qui montre une insistance, que c’est bien eux qui l’ont fait.  Ils écrivent le livre falsifié.

Puis ils disent que c’est ce que Dieu a révélé. Ceci pour le vendre et avoir un peu d’argent.

Et malheur à ceux pour ce qu’ils ont écrit de leurs mains et wayl à eux pour ce qu’ils ont acquis comme soudoiement. Ils se sont faits payer pour altérer et changer le Livre révélé. (La Torah).

Ce verset a été révélé à propos des gens du Livre. Ils sont appelés les gens du Livre parce qu’ils disent suivre un livre, ils prétendent suivre un livre. Mais ce livre est falsifié. Ils s’appellent gens du livre et ils s’appellent également mécréants. Il y a un verset qui signifie : « ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en Dieu ? » Dieu les a appelés gens du Livre et Il les a appelés mécréants également. Donc ce verset a été descendu à propos des gens du Livre qui ont modifié et altéré la Torah et qui ont changé la description du Prophète MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. Ceci est l’explication de ibnou ^Abbaas et de Qataada.

Et Az-Zajjaaj a dit que le mot « al-wayl » est un mot que les Arabes utilisent pour tous ceux qui sont allés à leur propre perte. Et celui qui est dans une épreuve dit cela également.

Et à l’origine, dans la langue le mot « wayl » signifie le châtiment et la perdition.

Les savants ont dit qu’il y a dans ces versets 78 et 79 ceux qui se sont entêtés en ayant falsifié le Livre, en connaissance de cause. Eux savaient ce qui était correct et ils ont falsifié le Livre. Et il y a ceux qui les ont suivis parmi les gens du commun. Ils n’avaient pas de connaissance du Livre et ils les ont suivis par imitation dans leur égarement.

Verset 80 : ils ont dit le feu de l’enfer, nous n’y resterons que quelques jours.

Selon eux, c’était pendant quarante jours qui correspond à la durée pendant laquelle ils se sont mis à adorer le veau. Ils ont dit : « nous sommes un peuple élu, notre châtiment en enfer ne durera que quarante jours pour nous ».

Et il y a une autre explication d’après Moujaahid que Dieu l’agrée : ils ont dit que le bas monde dure 7.000 années et qu’eux seront châtiés un jour pour chaque mille années, donc selon eux, ils seront châtiés sept jours.

Dis -leur (ô MouHammad) est-ce que Dieu S’est engagé à ne vous châtier que cette durée-là uniquement ?

Auquel cas Dieu ne manque pas à Sa promesse : c’est-à-dire que si Dieu vous a promis cela, Il ne manque pas à Sa promesse

Ou alors vous dites au sujet de Dieu ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que vous prétendez des choses que vous ne connaissez pas au sujet de Dieu.

verset 81 : ah que si ! On emploie balaa pour dire « ah que si » après une négation. C’est une confirmation qui vient après une négation. Ici, ils ont nié que le feu les touchera.

Celui qui acquiert une mauvaise œuvre. Ibnou ^Abbaas a dit que la mauvaise œuvre dont il est question ici est une association à Dieu, c’est-à-dire une mécréance. Et Moujaahid a expliqué également comme cela.

Ses péchés l’ont entouré de toutes parts. C’est-à-dire qu’il n’a plus aucune issue pour être sauvé, c’est-à-dire qu’il est mort sur sa mécréance, il est mort sur son association à Dieu. Tandis que celui qui est mort croyant, il aura accompli le plus éminent des actes d’obéissance et c’est la foi en Dieu et en Son Messager. Et ses mauvaises actions ne vont pas l’englober de toutes parts.  Il n’est donc pas concerné par ce texte. Par cette explication, il y a une annulation de l’attachement des mou^tazilah et des khawarij au sens apparent de ce texte-là. (Ils disent que celui qui meurt chargé d’un péché va en enfer et les mou^tazilah ont même innové en disant que celui qui commet un péché restera éternellement en enfer et on ne l’appelle ni croyant ni mécréant mais il a un statut entre les deux). Or ce verset parle de celui qui est noyé dans ses péchés, en plus d’être mécréant.

Et il a été dit que le sens de ce verset 81 est que ses péchés se sont emparés de lui tout comme un ennemi s’empare de sa proie et qu’il n’a pas pu échapper à ses péchés par le repentir.

Ce sont eux les gens de l’enfer qui y resteront éternellement. Les mou^tazilah disent : ça c’est la preuve que même s’il était croyant, il va rester éternellement en enfer. Les savants ont dit : il était mécréant et en plus, il était déjà mécréant. Quant aux khawarij, ce sont ceux qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent un péché. Leurs héritiers actuellement sont ceux qui suivent sayyid QouToub.

Verset 82 : et ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, ceux-là seront les gens qui iront au paradis. Ils y resteront éternellement.

Verset 83 : et Nous avons l’engagement et la promesse des descendants d’Israa’iil, de n’adorer que Dieu. Allah a pris des descendants d’Israa’iil la promesse de n’adorer que Dieu. La forme de construction de la phrase se présente comme une information mais en réalité c’est un ordre. Cela signifie : « n’adorez que Dieu ». C’est une forme qui est beaucoup plus explicite dans l’ordre et dans l’interdiction. L’obéissance à cette information a été rapide puisque c’est comme si on informe de quelque chose qui est déjà réalisé.

Et ce qui renforce cette explication, c’est une autre récitation (celle de Oubay) où il ne dit pas « laa ta^boudouuna » mais il dit « laa ta^boudouu » parce que «« laa ta^boudouuna » est une forme affirmative alors que « laa ta^boudouu » est un ordre. Donc cette deuxième récitation confirme le sens donné à la première récitation.

Et il y a une autre récitation où il est récité « laa ya^boudouuna ». Et c’est le même sens que précédemment.

Et soyez bienfaisants envers vos parents. Cette phrase est subordonnée à la précédente.

Et agissez-en bien avec les proches parents et avec les orphelins. L’orphelin est celui qui a perdu son père alors qu’il n’a pas atteint la puberté. Le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam a dit dans un Hadiith rapporté par Abouu Daawouud ce qui signifie : « on n’appelle plus l’enfant orphelin à partir de la puberté ».

Et envers les pauvres : celui qui est dans le besoin.

Et dites aux gens de belles paroles : quand vous parlez, dites des paroles qui sont belles en soi.

Accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat mais vous n’avez pas tenu vos engagements.

Ce verset s’adresse aux descendants des fils d’Israa’iil qui n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris.

Excepté un faible nombre d’entre vous. Et il a été dit qu’il s’agit de ceux qui étaient croyants parmi les descendants des fils d’Israa’iil.

Et vous vous détournez. Vous êtes des gens qui se détournent c’est-à-dire qui ont l’habitude de ne pas tenir leurs promesses.

Verset 84 : et Nous vous avons fait promettre de ne pas vous entretuer et de ne pas vous chasser les uns les autres de vos lieux de résidence. C’est-à-dire de faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit de sorte à ce que vous vous chassiez les uns les autres. Le mot « anfouçakoum » signifie vous-mêmes. An-Naçafiyy a considéré qu’autre que la personne, c’était comme si c’était elle-même. Et ceci a lieu quand il y a un lien entre elles, soit un lien d’origine parce qu’ils sont des descendants d’Israa’iil, soit un lien de religion. Et il a été dit que si quelqu’un tue quelqu’un d’autre, c’est comme s’il s’était tué lui-même puisqu’il va y avoir l’application de la loi du talion et qu’il sera exécuté pour ce meurtre.

Ibnou l-Jaouziyy a donné une explication pour ce verset 84 : ne faites pas de conflits qui mènent à l’effusion du sang et ne vous chassez pas les uns les autres de vos lieux de résidence pour prendre les villes des autres. Rapporté de ibnou ^Abbaas.

As-Souddiyy a rapporté d’après son chaykh a dit que la tribu de QourayDah (qui vient des descendants d’Israa’iil) était alliée de la tribu de al-Aws (qui est une des deux principales tribus arabes de Médine) et la tribu d’an -NaDiir (qui était descendant d’Israa’iil) était alliée à la tribu des Khazraj (qui était la deuxième tribu de Médine). Donc les gens de QourayDah combattaient leurs cousins d’an-NaDiir. Les vainqueurs prenaient le butin avec des prisonniers et les vaincus payaient une rançon pour récupérer leurs soldats. Alors les Arabes se moquaient d’eux, ils leur disaient : comment vous les combattez et après, vous payez une rançon pour les libérer. Alors ils disent : nous avons reçu l’ordre de les libérer et il nous a été interdit de les tuer. C’est-à-dire que quand on fait un prisonnier, on a reçu l’ordre d’accepter la rançon pour le libérer mais on ne le tue pas. Les Arabes leur ont dit : mais alors pourquoi vous combattez-vous ? Ils ont dit : nous ne voulons pas que nos alliés soient humiliés. Donc c’était leur alliance qui les amenait à se combattre les uns les autres.

Allaah les a rabaissés par Sa parole qui signifie « vous vous tuez vous-mêmes et vous vous faites sortir de vos maisons jusqu’à la parole qui signifie croyez-vous donc en une partie du Livre et vous ne croyez pas en une autre partie ». C’était le cas des descendants d’Israa’iil, ils croyaient en une partie de la Torah et ne croyaient pas en une autre. La partie en laquelle ils croyaient était « et payez une rançon pour récupérer les prisonniers ». Et la partie en laquelle ils n’avaient pas cru était l’interdiction de se combattre.

Puis vous avez reconnu la promesse qui a été retenue de votre part : c’est-à-dire que vous avez reconnu que vous deviez tenir vos engagements.

Et vous en êtes témoins : c’est-à-dire si on dit que quelqu’un avoue certaines choses et il est témoin de son aveu. Ou alors cela veut dire : vous êtes témoins, vous autres yahouud descendants d’Israa’iil de la reconnaissance de vos prédécesseurs qui ont reconnu cet engagement.

Verset 85 : et après (cette promesse et cet engagement) vous vous entretuez (malgré cela) et vous vous chassez les uns les autres de vos résidences. Vous vous entraidez les uns les autres pour cela. Le verbe « taDhaaharouun » signifie vous vous adossez, c’est comme si quelqu’un prend appui sur le dos d’un autre pour avoir plus de force pour pousser quelque chose. C’est un sens figuré pour dire que vous vous entraidez les uns contre les autres.

En faisant preuve de péché et d’injustice.

Et si vous faites des prisonniers, vous acceptez la rançon. Ils acceptent de l’argent pour libérer quelqu’un.

Alors que cela est interdit pour vous de faire sortir les gens pour les tuer. Allaah dénonce leurs agissements en leur disant : est-ce que vous croyez donc en des parties du Livre à savoir la libération des prisonniers moyennant une rançon et vous ne croyez pas en une partie du Livre à savoir l’interdiction de combattre et de chasser les gens de chez eux. AS-Souddiyy a dit : Dieu a pris d’eux quatre engagements : de ne pas s’entretuer, de ne pas se chasser les uns les autres, de ne pas faire des alliances entre eux contre d’autres, l’obligation de payer la rançon pour libérer un prisonnier. Ils se sont détournés de tout, hormis le paiement de la rançon.

Quelle sera alors la rétribution de celui d’entre vous qui fait cela ? Cela fait référence au fait de croire en une partie du Livre et de ne pas croire en une autre partie du Livre. Ici c’est une menace.

Si ce n’est une humiliation dans le bas-monde. Allaah le dévoilera, ce sera un scandale pour lui et il sera humilié.

Et au jour du jugement, ils seront ramenés au pire des châtiments. C’est-à-dire un châtiment qui ne comporte ni repos, ni joie ou bien un châtiment qui est pire que le châtiment du bas monde.

Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allaah. Allaah sait tout ce que vous faites.

verset 86 : ceux qui ont acheté le bas monde en payant l’au-delà c’est-à-dire qu’ils ont préféré le bas-monde au détriment de l’au-delà, comme quelqu’un qui achète quelque chose, il a le prix dans sa main mais il va donner ce prix pour obtenir l’objet qu’il va acheter. Eux, ils ont été comparés à des gens qui ont acheté le bas monde, ils ont préféré le bas monde au lieu de l’au-delà.

Le châtiment ne leur sera pas allégé et personne ne les soutiendra. C’est-à-dire que personne ne va payer à leur place pour qu’ils obtiennent l’au-delà. Ils n’auront pas l’au-delà car ils n’ont pas œuvré pour cela.

Verset 87 : et Nous avons accordé à Mouuçaa le Livre c’est-à-dire la Torah dans sa totalité en une seule fois c’est-à-dire qu’il l’a reçue entièrement sur des tablettes lorsqu’il est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu.

Et Nous l’avons fait suivre par d’autres prophètes. C’est-à-dire que Dieu a envoyé après lui de nombreux messagers. Et ce sont Youucha^ et ‘Ichmaawiil, Cham^ouun, Daawouud, Soulaymaan, Cha^yaa’, Armiyaa’, HisQiil, Ilyaas, al-Yachaa’, Youunous, Zakariyyaa, YaHyaa, et d’autres, que Dieu les honore davantage en degrés. Entre Mouuçaa et ^Iiçaa, il y a eu beaucoup de prophètes.

Et Nous avons accordé à ^Iiçaa fils de Maryam des preuves claires. C’est comme si ces preuves étaient au service de Jésus et il s’agit de miracles éclatants, comme la résurrection des morts ou le fait de guérir celui qui était aveugle de naissance, comme le fait de soigner celui était lépreux, et aussi d’annoncer des choses qui étaient cachées, comme quand Jésus disait aux gens : « vous avez mangé telle chose hier, vous avez caché telle chose en provision ». C’était des miracles que Dieu lui avait accordés. Et le miracle constitue la preuve que celui qui prétend être un envoyé de Dieu est réellement un envoyé de Dieu. C’est comme si Dieu nous dit : cet homme qui est envoyé de Ma part, il est véridique, puisque Je lui ai accordé cette chose extraordinaire qui est en conformité avec ce qu’il dit, donc croyez-le et suivez-le.

Et Nous l’avons appuyé par « rouuHou l-Qoudouç » 

Al-Qoudouç signifie la pureté et rouuHou ici ne signifie pas âme mais cela signifie Jibriil. Donc Dieu dit : Nous avons appuyé Jésus par Jibriil et cette explication est celle d’ibnou Abbaas, de Qataada. Jibriil est le président des anges, il a une âme pure. Allaah l’a envoyé pour soutenir Jésus dans son message.

Ou bien « Nous l’avons soutenu par Jibriil ^alayhi s-salaam car Jibriil amène la révélation ». Et la révélation c‘est ce qui donne la vie au cœur.

Grâce à l’envoi des prophètes, les gens ont un sens à leur vie, ils savent pourquoi ils sont là, ce qu’ils recherchent. Ce n’est pas comme ceux qui vivent comme des animaux dont le besoin est de se nourrir, se reproduire, lutter contre le froid, le chaud. Certains élèvent leurs enfants comme s’ils avaient un élevage de poules. Mais ils ne pensent pas que la vie qui compte c’est la vie de l’au-delà. Parce que cette vie du bas monde a un terme. Ceux qui sont dotés de raison devraient être exhortés par ceux qui nous ont précédés. Ceux-là sont tous morts maintenant. Donc ce qui compte c’est la vie de l’au-delà, mais la vie de l’au-delà on n’aurait pas pu la connaitre s’il n’y avait pas eu les prophètes qui ont été envoyés par Dieu pour nous avertir qu’après cette vie du bas-monde, il y a une autre vie que celle-ci et qui n’aura pas de fin. Et les gagnants dans cette autre vie sont ceux qui auront suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas. Et les perdants seront ceux qui n’auront pas suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas.

Dieu a soutenu Jésus par l’envoi de Jibriil, car quand les yahouud étaient venus pour le tuer, Dieu lui a envoyé l’ange Jibriil pour l’élever au ciel. Actuellement Jésus vit au deuxième ciel, il n’est pas crucifié mais il est vivant puis il va redescendre.

Autre explication de « rouuHou l-Qoudouç » : c’est l’Evangile. Dieu a accordé l’Evangile à Jésus tout comme Il a accordé le Qour’aan à MouHammad.

Ou une explication : c’est le fait que Dieu a soutenu Jésus ^alayhi s-salaam en lui donnant à connaitre le nom éminent de Dieu par lequel il ressuscitait les morts, en l’évoquant.

Est-ce -que chaque fois qu’un messager vous est envoyé et qu’il vous amène des choses qui ne correspondent pas aux penchants de votre âme. Chaque fois qu’un messager est envoyé avec une loi qui ne correspond pas à vos passions

Vous faites preuve d’orgueil. C’est-à-dire que vous rejetez le message du Messager, vous refusez de l’accepter.

Un groupe d’entre vous dément l’envoyé. Cette parole est adressée aux mécréants des descendants des fils d’Israa’iil, les yahouud. Tout comme ils ont démenti Jésus, ils ont démenti MouHammad. La plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Jésus quand il a été envoyé et la plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre MouHammad quand celui-ci a été envoyé.

Et un autre groupe d’entre vous tue le prophète. Comme Zakariyyaa et YaHyaa. Les prophètes sont les meilleures des créatures de Dieu et pourtant, Dieu a fait que des mécréants les tuent. Pour les prophètes, c’est une augmentation en degrés et pour les assassins, c’est une mécréance et donc un châtiment en enfer qui les attend. Dieu fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient. Ce n’est pas parce qu’une personne subit une injustice que Dieu n’agrée pas cette personne.

« fa fariiQan kadh-dhabtoum » : ici le verbe est au maaDiyy c’est-à-dire un temps accompli et « wa fariiQan taQtoulouun » : ici le verbe est au mouDaari^, l’inaccompli c’est-à-dire que ça peut être utilisé au présent et au futur. Alors qu’il s’agit de Zakariyyaa et de YaHyaa qui ont déjà été tués.

C’est pour indiquer la ponctuation dans la phrase.

Ou une autre explication : il y a un groupe parmi vous, les yahouud, qui essaie de tuer MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam. C’est la raison pour laquelle le verbe est au mouDaari^, c’est parce que vous essayez de le faire aussi. Mais Allaah le préserve. C’est pour cela qu’ils ont mis du poison dans le mouton qu’il a mangé.

Il ne faut pas croire qu’il a été fait de la sorcellerie au Prophète.

Celui qui veut se préserver de la sorcellerie avant qu’elle ne se produise, qu’il récite sourate al-’ikhlaaç et les deux mou^aawwidhaat matin et soir, trois fois chacune. Celui qui persévère sur cette pratique, la sorcellerie n’aura aucun effet sur lui. Et combien de maladies ont été guéries par la cause de ces sourates !!

Ici, Allah leur fait un blâme.

Verset 88 : ils ont dit : nos cœurs sont comme recouverts d’une couche. C’est une métaphore pour indiquer que la parole du Prophète ne pénètre pas leurs cœurs. Leurs cœurs sont recouverts d’une couche qui empêche les paroles du Prophète de les atteindre.

Une autre explication : ils ont prétendu que leurs cœurs étaient des réceptacles de science et donc qu’ils n’avaient pas besoin, grâce à ce qu’ils possédaient, d’avoir le message de notre prophète. Et ceci est de l’orgueil.

Une autre explication : ils disent au prophète : si ce que tu nous as amené était vrai, nous aurions accepté.

Allaah les a maudits en raison de leur mécréance. C’est une réplique à ces gens-là parce que Dieu leur apprend que leurs cœurs ne sont pas recouverts d’une couche. Leurs cœurs sont créés comme les autres. Quand ils sont nés, ils avaient cette prédisposition pour accepter la vérité.  Mais Il les a chassés de cela en raison de leur mécréance et de leur égarement. Dieu les a maudits en raison de leur mécréance et de leur égarement.

Peu d’entre eux sont des croyants. Ils ne croient pas beaucoup, ces gens-là. Ils croyaient en une partie du Livre et pas en l’autre. Ce qui les arrange, ils le suivent et ce qui ne les arrange pas, ils le rejettent.

Et il a été dit que « Qaliil » ici signifie « pas du tout ». Ils n’ont pas du tout été croyants.

Le mot « Qaliil » dans la langue arabe signifie « peu » et très rarement, il signifie « pas du tout ».

Verset 89 : lorsqu’il leur est parvenu. Lorsqu’il est parvenu aux Yahouud

Un Livre de la part de Dieu : et il s’agit du Qour’aan

Qui confirme ce qu’ils avaient avec eux. Qui est en conformité avec la Torah et qui ne la contredit pas.

Et ils recherchaient la victoire contre les associateurs par le Prophète MouHammad. Ils disaient « ô Allaah donne-nous la victoire par le prophète envoyé à la fin des temps dont la description existe dans la Torah ». Donc ils faisaient le tawassoul par le prophète MouHammad.

Mais quand il est venu, ils ne l’ont pas suivi, ils ont mécru en lui.

Vous voyez comment ils se contredisent. C’est l’orgueil, que Dieu nous en préserve.  Car la venue du Prophète MouHammad avait été annoncée dans les livres révélés authentiques, avant qu’ils ne soient falsifiés. Les yahouud disaient à leurs ennemis : « bientôt, il y aura un prophète qui va confirmer la véracité de ce que nous disons et nous allons combattre à ses côtés, tout comme les combats de ^Aam et de Iram, des peuples anciens ». Et aussi par souci de conservation du pouvoir.

Que Dieu maudisse les mécréants. C’est une malédiction sur les descendants de ces fils d’Israa’iil qui ont mécru en le prophète MouHammad. C’est une malédiction en raison de leur mécréance.

Verset 90 : quelle mauvaise chose ils ont faite : le bas-monde ne vaut pas la peine d’être acheté en payant l’au-delà.

Le fait de mécroire en ce que Dieu a révélé : c’est-à-dire le Qour’aan. Ils ont mécru au Qour’aan.

Par envie du fait que le Prophète a reçu la révélation de la part de Dieu. Ils ont envié le prophète parce qu’il a reçu la révélation de la part de Dieu. Au lieu de le suivre, ils étaient jaloux de lui parce que c’est lui qui a reçu la révélation et non pas eux. Ceci par injustice de leur part :c’est par envie et jalousie de leur part et pour demander ce qui n’est pas à eux. Pour justifier le fait de ne pas suivre le prophète Mouhammad, ils ont prétendu que le dernier prophète qui devait venir était un descendant d’Israa’iil.

Allaah fait descendre de Sa grâce la révélation à qui Il veut parmi Ses esclaves : en l’occurrence ici il s’agit de notre maitre MouHammad.

Ils méritent un châtiment après un châtiment :

 Ils méritent des châtiments successifs parce qu’ils ont mécru au prophète de la vérité, notre maitre MouHammad ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, ils ont fait preuve d’injustice envers lui.

Ou bien parce qu’ils ont mécru au Prophète MouHammad après avoir mécru en Jésus.

Ou bien parce qu’ils ont dit qu’^Ouzayr est le fils de Dieu et ils ont dit que Dieu est avare et d’autres paroles encore de mécréances.

Wa lil-kaafiriina ^adhaaboun mouhiin

verset 91 : et s’il leur est dit (aux yahouud qui viennent d’être mentionnés dans les versets précédents)

Croyez-en ce que Allaah a fait descendre. C’est-à-dire le Qour’aan. Ou bien tout livre qu’Allaah a révélé à Ses prophètes.

Ils vont répondre : nous croyons en ce qui nous a été révélé. C’est-à-dire la Torah qui a été descendue sur Mouuçaa.

Et ils mécroient en ce qui est venu après. Donc ils ont mécru non seulement au prophète MouHammad mais ils ont mécru au prophète ^Iiçaa ^alayhi s-salaam.

Or ce qui est révélé après la Torah confirme la véracité de la Torah. C’est-à-dire l’évangile et le Qour’aan confirment la véracité de la Torah. C’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui est contradictoire avec la Torah. Et il y a en cela une réplique. Comme ils ont mécru en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils ont mécru en la Torah. Ils mentent quand ils disent : « nous, nous croyons en la Torah mais nous ne croyons pas en ce qui vient après ». Mais ce qui est venu après est conforme à la Torah. Donc s’ils mécroient en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils mécroient en la Torah.

Dis -leur (ô MouHammad) pourquoi avez-tué vous les prophètes de Dieu auparavant ? Le verbe « tuer » est employé au mouDaari^ (l’inaccompli) mais le sens est l’accompli al-maaDiyy.   Dans la suite du verset, il y a le terme « min Qabl » qui indique le passé. Donc la phrase donne « pourquoi donc avez-vous tué les prophètes de Dieu, auparavant ? ». Auparavant indique le temps avant MouHammad. Ils ont tué beaucoup de prophètes entre Jésus et MouHammad. Le blâme qui leur est adressé est « pourquoi avez-vous tué beaucoup de prophètes auparavant ? » C’est un reproche qui leur est fait alors qu’ils prétendent croire en la Torah. Et la Torah n’autorise pas de tuer les prophètes.

Il a été dit qu’ils ont tué en un jour 300 prophètes en un jour, mais notre chaykh a dit que ce n’est pas authentifié, ce sont les historiens qui disent cela.

Verset 92 : Et Mouuçaa vous a amené les preuves claires. Ce sont les 9 commandements cités dans le verset 101 de sourate al-‘israa’ où Allaah dit ce qui signifie : « Nous avons accordé à Mouuçaa neuf commandements ». Ce sont des commandements qui sont parvenus dans de nombreux livres de Hadiith très célèbres. C’est le Messager de Allaah Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam qui a expliqué quels sont ces neufs signes.

Le chaykh a dit : il nous a été rapporté dans le Jaami^ d’At-Tirmidhiyy (recueil de Hadiith) et le moustadrak de Al-Haakim que deux yahouud sont venus voir le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam et ils l’ont interrogé à propos des neufs grands signes. (Les neuf commandements). Ils voulaient vérifier s’il était vraiment le dernier prophète parce que leur but était de cacher les histoires anciennes dans lesquelles ils avaient eu des punitions. Et le Prophète leur a expliqué.

Auparavant, un des deux yahouud a dit à l’autre : « viens on va voir   ce prophète. On va l’interroger à propos des neufs grands signes ». Le deuxième lui a dit : « ne dis le mot « prophète ». S’il entend cela de ta part, il va être heureux ». Cela veut dire qu’ils savent que notre maitre MouHammad est un prophète.

Le premier a dit : « si on l’interroge et qu’il répond aux questions, alors c’est sûr qu’il est un prophète ». Parce qu’ils savent que ce sont des informations qu’eux, ne divulguent pas, ils savent que MouHammad n’a pas appris auprès de quiconque ; donc s’il répond aux questions, c’est une révélation de la part de Dieu.

Et lorsqu’ils lui ont posé la question, il leur a répondu en leur citant quels étaient les neuf commandements :

1/ ne pas attribuer d’associé à Dieu c’est-à-dire ne pas adorer autre que Dieu et l’adoration c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission.

2/ ne pas commettre la fornication

3/ ne pas voler

4/ ne pas aller dénoncer un innocent calomnieusement auprès d’une autorité pour qu’il l’exécute

5/ ne pas commettre la sorcellerie

6/ ne pas faire le Qadhf à l’encontre d’une femme mouHSanah (c’est attribuer la fornication à une femme qui a consommé un contrat de mariage valable)

7/ ne pas consommer le gain usuraire (c’est une des sortes de transactions interdites comme le prêt à intérêt)

8/ ne pas déserter le front (lors d’une attaque)

9/ ne pas faire d’activités le samedi pour vous les yahouud du temps de Mouuçaa (c’était donc spécifique à cette époque-là)

Quand ils ont entendu cela, les deux yahouud ont su que le Prophète avait reçu la révélation : ils lui ont dit : « nous témoignons que tu es un prophète ». Et ils ont alors embrassé les mains et les pieds du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam.

At-Tirmidhiyy a dit que ce Hadiith est Haçan, SaHiiH et il a été rapporté également par Al-Haakim dans des termes proches de ces termes-là et il l’a jugé SaHiiH, authentique.

Ces commandements ont été appelés « bayyinaat » parce que ce sont des ordres extrêmement importants. Et la parole du Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam quand il a dit de ne pas aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué, indique l’interdiction de l’espionnage. Cet ordre fait partie des ordres que Dieu a fait descendre dans la Torah à Mouuçaa ^alayhi s-salaam. Allaah a fermement interdit cela aux descendants d’Israël, c’est-à-dire le fait d’aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué. Et l’interdiction concerne aussi moins que cela, elle concerne le fait que cet innocent subisse une nuisance de la part de cette autorité. Ce n’est permis à aucun musulman d’espionner un innocent pour aller le dénoncer calomnieusement à ceux qui ont un pouvoir.

Parmi ce qui ce qui a été rapporté dans al-moustadrak par Al-Haakim, il y a ce que le prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit et qui signifie : « celui qui se fait payer pour espionner un musulman, Allaah lui donnera à consommer du feu de l’enfer au jour du jugement ».

Et celui qui, en dénonçant un musulman, en tire une réputation, Dieu fait qu’au jour du jugement, il sera une célébrité en enfer. Et celui qui tire profit de la dénonciation d’un musulman pour s’habiller, Allaah le fera s’habiller au jour du jugement du feu de l’enfer.

Tout cela indique qu’il est interdit d’espionner les musulmans. Celui qui espionne injustement et qui obtient de l’argent par cet espionnage et il consomme cet argent, alors il en sera rétribué au jour du jugement de la juste rétribution. Ainsi Allaah le nourrira au jour du jugement des aliments de l’enfer. Et Allaah a cité les aliments de l’enfer dans le Qour’aan. Il y a un arbre en enfer qui s’appelle « az-zarQouum », son odeur est répugnante et son aspect est extrêmement laid, insupportable. Mais eux, du fait de leur extrême faim, c’est comme s’ils en mangeront malgré eux. Et les anges du châtiment les alimentent de cela.  Et ils auront deux boissons en enfer : l’une d’elles est de l’eau bouillante, qui entre dans leurs intestins. L’autre est du ghisliin qui est ce qui s’écoule de la peau des gens de l’enfer. Parce que les gens de l’enfer, chaque fois que leur peau brûle, Dieu leur change cette peau par une nouvelle qui est humide. Et cette nouvelle peau va à nouveau brûler et il va en couler un liquide qui est répugnant. Ce qui s’écoule de leurs peaux, Dieu en a fait une des boissons de l’enfer. Dieu Nous apprend que les gens de l’enfer auront comme boissons aD-Darii^ qui ne coupe pas la faim et qui ne donne pas d’embonpoint. 

Dénoncer calomnieusement un musulman c’est-à-dire informer une autorité à son sujet afin qu’on lui nuise c’est-à-dire afin de lui faire parvenir une nuisance, que cette nuisance soit pour le tuer ou ce qui est moindre, est un péché éminent selon le jugement de Dieu, parce que dans la Torah il y a ce que le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a indiqué concernant ce que Dieu a révélé à Mouuçaa. Cette parole signifie « vous n’aviez pas à dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il le tue ». Et tout ce qui a été cité avec ce crime et il s’agit du péché de l’espionnage afin de nuire à un musulman par cet espionnage, est un péché qui est grave.

La deuxième notion citée est le cas de celui qui cherche à nuire à un musulman injustement pour se donner une bonne image aux yeux des gens, afin qu’il soit traité avec égard. Il cherche à tirer profit de cela. Celui-là, au jour du jugement, Dieu le dévoilera devant tout le monde. Il sera dit : « un tel, tel jour, a parlé d’un autre, pour se donner de l’importance et nuire à cet autre ». Le scandale sera dur pour l’âme devant ce rassemblement de gens au jour du jugement. Alors qu’ici, dans cette vie, si quelqu’un est dévoilé, c’est devant quelques personnes, pas autant qu’au jour du jugement.

Dans ce Hadiith, les deux yahouud, lorsque le Messager Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, leur a annoncé quels étaient les neufs commandements, savaient que MouHammad ne lisait pas et    n’écrivait pas, qu’il n’avait pas lu la Torah, qu’il n’était jamais allé dans une école pour apprendre l’écriture, qu’il n’avait pas eu d’enseignant pour cela. Et ceci est connu parmi les gens de La Mecque. Ceci est connu par tawaatour, (nouvelle véridique qui a été transmise à partir d’un grand nombre de personnes qui ont constaté d’un commun accord cette nouvelle en se basant sur une perception sensorielle (ce n’est pas une théorie), qu’ils l’ont vue ou entendue, et qui l’ont transmise à un autre groupe de telle sorte qu’il soit impossible qu’ils se soient mis d’accord pour mentir. Concernant le fait que les chrétiens prétendent que Jésus a été crucifié, ce n’est pas une nouvelle véridique parce que : la première couche de gens est composée d’un nombre très faible ( entre sept et neuf ) et ils n’étaient pas d’accord entre eux sur ce qu’ils ont transmis (cette information n’est pas transmise à partir d’une perception sensorielle sur laquelle se seraient accordés un grand nombre de personnes) ; d’autre part cette nouvelle a été démentie par le Prophète MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ( qui nous a appris que Jésus ^alayhi s-salaam n’a pas été tué mais qu’il a été élevé au ciel puis qu’il va redescendre sur terre et qu’il suivra la loi de MouHammad)  et la nouvelle rapportée par un prophète est forcément véridique parce que le prophète est envoyé de la part de Dieu et il est appuyé par des miracles).

Ceci était connu chez les gens de La Mecque et de Médine, chez les Arabes et chez les yahouud que le Prophète ne lisait ni n’écrivait.  C’est pour cela qu’ils ont dit au début : « si on lui pose la question et qu’il répond, c’est qu’il est forcément prophète ». Donc quand MouHammad a répondu aux questions et qu’ils lui ont embrassé les pieds, il leur a demandé : « qu’est-ce qui vous empêche de devenir musulmans maintenant que vous savez ? ». Ils ont répondu en mentant : « Le prophète Daawouud a demandé à Dieu à ce que la prophétie reste parmi ses descendants » et ils ont dit aussi qu’ils avaient peur que s’ils croyaient en MouHammad, que les yahouud ne les tuent. Ils ont préféré la vie du bas-monde à la vie de l’au-delà.

Ils ont justifié le fait de ne pas croire au Prophète MouHammad par deux choses :

  • La première, c’est une calomnie : ils ont prétendu que Daawouud avait demandé à ce que le statut de prophète reste parmi ses descendants. En réalité le prophète Daawouud n’a pas demandé cela.
  • La deuxième est qu’ils ont prétendu que s’ils suivaient MouHammad, alors les yahouud allaient les tuer. Or les faQiih ont dit que parmi les grands péchés, il y a de dénoncer un innocent et non pas celui qui est un corrupteur. Si quelqu’un ne cesse pas de nuire aux gens, si on va le dénoncer à une autorité pour que cette autorité arrête sa nuisance, cela est permis. Donc si on va voir quelqu’un qui nuit aux gens, qu’on lui donne le conseil d’arrêter de nuire aux gens, mais qu’il n’accepte pas, alors c’est permis d’aller le dénoncer. Quant à celui qui va dénoncer calomnieusement quelqu’un pour obtenir quelque chose du bas monde, comme un avancement à son travail, ou pour recevoir une prime, cela sera une source de malheur pour lui au jour dernier.

Puis vous avez pris un veau comme si c’était un dieu pour vous : après que Mouuçaa vous a confié à son frère Haarouun alors que lui-même était parti à la montagne aT-Touur au mont Sinaï afin de recevoir la révélation de la Torah, alors qu’ils avaient vu des miracles que Dieu avait accordés à notre maitre Mouuçaa.

Et vous êtes injustes. Il y a deux explications :

1/ Vous avez adoré le veau alors que c’est une adoration qui n’est pas justifiée.

2/ Vous êtes un peuple qui commet beaucoup d’injustices.

verset 93 : Et Nous avions pris de vous l’engagement d’obéir et Nous avons fait que la montagne d’aT-Touur soit élevée au-dessus de vos têtes (c’est-à-dire que s’ils refusaient, elle allait les fracasser) et écoutez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. La montagned’aT-Touur a été élevée au-dessus de leurs têtes et ils ont reçu l’ordre d’accepter ce qu’il y a dans la Torah. « Ecoutez » ici signifie appliquez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. Que votre audition soit de celle de celui qui va appliquer ce qui lui est dit. Quand vous écoutez cet ordre, écoutez-le à la manière de celui qui va l’appliquer.

Ils ont dit « nous avons entendu mais nous désobéissons ». Nous avons entendu Ta parole mais nous désobéissons à Tes ordres.

Et leurs cœurs ont été imprégnés de l’adoration du veau : c’est-à-dire que l’amour du veau et le fait de veiller à adorer un veau s’est imprégné dans leurs cœurs tout comme un colorant imprègne un tissu. Le mot « amour » n’est pas cité dans le verset, il a été omis. Le complément « du veau » est cité. Ce n’est pas le veau qui a imprégné leurs cœurs mais c’est l’amour du veau. C’est une figure de style en arabe qui consiste à omettre le nom et de citer le complément du nom et qui s’appelle « Hadhfou l-mouDaaf ».

En raison de leur mécréance. Leur mécréance ici était l’assimilation de Dieu à Ses créatures.

Dis est-ce ce à quoi vous amène votre foi ? Quelle mauvaise chose que vous ordonne votre foi !! Il s’agit de la foi en la Torah dans laquelle il n’est pas question d’adorer un veau. Est-ce que c’est cela le résultat de votre croyance en la Torah. Est-ce que la croyance en la Torah vous amène à adorer un veau ?! C’est une forme d’ironie, un rabaissement à leur égard.

Si vous êtes véritablement croyants. Cette phrase met en doute leur foi en réalité. C’est-à-dire qu’ils prétendant qu’ils sont croyants mais ils ne le sont pas. C’est une remise en cause de la véracité de leur prétention à être des croyants. Eux prétendaient être des croyants, en tant que descendants des fils d’Israa’iil.

Verset 94 : dis, si vous prétendez que la résidence de l’au-delà. Ils prétendent gagner le paradis.

Sera uniquement pour vous et à nul autre que vous. C’est-à-dire que vous prétendez que le paradis est réservé à vous qui êtes les yahouud

Alors souhaitez mourir si vous êtes véridiques. Désirez mourir, comme cela, vous irez à la résidence que vous prétendez être réservée à vous seuls. Celui qui   a la certitude qu’il va aller au paradis, il va se languir d’aller au paradis, il va souhaiter se débarrasser de cette résidence dans laquelle il y a des épreuves. C’est un défi qui leur a été lancé : si vous avez la certitude d’aller au paradis alors que vous vous êtes mis à adorer un veau, alors souhaitez mourir, si vous êtes véridiques !!

Les dix auxquels le Prophète ^alayhi s-salaam a rapporté la bonne nouvelle qu’ils vont aller au paradis et ceci dans une même assemblée,  puis suite à cela, chacun d’entre eux désirait mourir et se languissait de la mort : ce sont Abouu Bakr, ^Oumar, ^Outhmaane, ^Aliyy, TalHah, Az-Zoubayr, ^Abdour -RaHmaan ibnou ^Awf, Abouu ^Oubaydah (^Aamir) ibnou l-Jarrah, Sa^aad ibnou abii WaQQaas et Sa^iid ibnou Zayd. (Az-Zoubayr était le cousin du Prophète, par sa mère.   Et abouu ^Oubaydah est enterré en Jordanie, ^Aliyy en Irak et les autres à Médine).

Verset 95 : et ils ne le souhaiteront jamais : tant qu’ils sont vivants, ils ne souhaiteront jamais mourir, tellement ils sont attachés à ce bas-monde. Le musulman, quant à lui, souhaite mourir dans la voie que Dieu agrée.

En raison de leurs œuvres : du fait qu’ils ont mécru, ils n’ont pas cru au Prophète MouHammad et ils ont déformé la Torah révélée au prophète Mouuçaa. Et ceci est un miracle pour le Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam car il s’agit d’un « ghayb » c’est-à-dire quelque chose de caché pour nous. Dieu a annoncé qu’ils ne vont jamais souhaiter la mort et cela s’est effectivement réalisé tout comme Dieu l’a annoncé. Ils n’ont pas souhaité mourir.  Dieu dit « wa lan taf^alouu », car s’ils avaient désiré la mort, cela aurait été rapporté jusqu’à nous. On l’aurait su. Mais personne parmi eux n’a souhaité mourir.

Mais Dieu sait l’état des injustes : c’est une menace contre eux.

Verset 96 : et tu verras que parmi les gens il y en a qui veillent le plus à vivre : ils recherchent le plus la vie du bas-monde. Ce sont des gens qui sont viscéralement attachés à une vie : ici c’est le mot « vie » avec un article indéterminé : c’est la vie du bas monde, pour indiquer qu’ils sont très attachés à cette vie du bas-monde.

Et ce sont des associateurs : il y a des gens qui sont plus attachés à cette vie du bas-monde. « Parmi les gens », cela inclut les associateurs qui, parmi les gens, sont ceux qui tiennent le plus à cette vie du bas-monde. Il arrive qu’un ensemble est mentionné puis qu’une partie de cet ensemble soit mentionné, pour insister au sujet de ce sous-groupe. Ce verset 96 constitue un grand blâme contre les associateurs. Et ce sont ceux qui associent à l’adoration de Dieu, autre que Dieu. Et eux ne croient pas en la résurrection, ni en la rétribution pour les œuvres, ni en une vie près celle-ci.  Ils ne connaissent que cette vie du bas-monde. Donc le fait qu’ils tiennent à cette vie, ce n’est pas étonnant de leur part puisqu’ils ne croient pas à autre chose. Le maximum de leurs désirs est lié à cette vie.

Si ceux qui tiennent à cette vie du bas-monde (les yahouud) ont reçu un Livre (la Torah) qui leur apprend qu’il y aura un jour de la rétribution, mais eux, ils ne croient pas qu’il va y avoir un jour du jugement, ils sont blâmés pour cela. Le blâme est encore plus justifié à leur sujet.

Ces yahouud tiennent encore plus que ceux qui sont associateurs à cette vie du bas-monde, parce qu’ils savent qu’ils vont aller en enfer, ils savent ce qui est réservé aux gens qui sont dans leur état. Alors que les associateurs ne savent pas puisqu’ils ne croient pas du tout en la rétribution.

L’un d’entre eux (parmi les yahouud) souhaite vivre mille ans.

Il a été dit que ceux visés par le terme « associateurs » ici ce sont les mazdéens (ou les mages) qui adoraient le feu en Perse au temps de l’empire perse qui était très étendu. Parce qu’il était de leurs habitudes, lorsqu’ils s’adressaient à leur roi : « vis mille ans ».

Ibnou ^Abbass a dit que ceux qui sont visés sont les ^ajam, un terme qui désigne les non Arabes car, à l’époque, les non Arabes n’étaient pas musulmans.

Il y a un autre avis qui dit « les associateurs » ici vise une partie des yahouud. Car une partie des yahouud avait adoré autre que Dieu. Ils avaient adoré ^Ouzayr, un homme vertueux qui avait mémorisé la Torah. A l’époque de Nabuchodonosor qui avait détruit Jérusalem et avait fait prisonnier les fils d’Israël, Dieu a fait mourir ^Ouzayr pendant cent ans puis Il l’a fait revivre. Quand ^Ouzayr est revenu à la vie, il est revenu voir les habitants de Jérusalem et il leur a récité la Torah par cœur. A l’époque, ils avaient égaré tous les exemplaires de la Torah, alors ils se sont mis à adorer ^Ouzayr.

Chacun de ces gens dont parle Dieu dans ce verset 96, souhaite vivre mille ans mais le fait qu’il vive mille ans ne va pas l’éloigner du feu. C’est-à-dire que même s’il vit mille ans, cela ne va pas l’écarter de l’enfer.  

Et Allaah sait ce qu’ils font : et Dieu les rétribue pour ce qu’ils font.

Verset 97 : Dis : celui qui est un ennemi de Jibriil. « Li Jibriila ».Le terme « li » est un Harf jarr mais le mot « Jibriil » n’est pas déclinable, donc on ne dit pas « li-Jibriili » parce qu’il n’est pas un mot arabe, et les mots qui ne sont pas arabes, les règles de l’arabe ne s’appliquent pas à eux. Et le mot « jabr » signifie « esclave » dans la langue Souriyaniyyah » (l’araméen) la langue que parlait notre maitre Jésus et d’Aadam. Et « iil » est un des noms de Dieu. Donc le nom « Jibriil » signifie « esclave de Dieu ».

Un des prêtres des yahouud qui s’appelle ibnou Souuriyaa avait débattu avec le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam et lui a demandé qui lui ramenait la révélation. Notre Prophète lui a répondu que c’était Jibriil. Ce prêtre a répondu par une parole de mécréance : c’est notre ennemi. Si c’était quelqu’un d’autre qui t’avait ramené la révélation, on aurait cru en toi. Et il a été notre ennemi à plusieurs reprises ».

Alors certes il l’a descendu : il s’agit du Qour’aan. Le fait d’utiliser un pronom de ce qui n’a pas été cité avant est une forme d’amplification, tellement c’est connu que Jibriil a descendu le Qour’aan. C’est comme si le pronom indiquait par lui-même le Qour’aan sans qu’il n’y ait besoin d’indiquer auparavant de quoi il s’agit. C’est le fait de citer une des ses caractéristiques sans qu’il n’ait été cité auparavant. Et la caractéristique ici est que Jibriil l’a descendu. Tout le monde sait que Jibriil a descendu le Qour’aan. Allaah a fait descendre le Qour’aan par Jibriil.

Sur ton cœur : pourquoi mentionner le cœur ici ? Parce que le cœur est là où tu conserves la chose. Ton secret, tu le conserves dans ton cœur. Ce que tu apprends tu le conserves dans ton cœur.

S’ils sont des ennemis pour Jibriil, alors c’est Jibriil qui l’a fait descendre sur ton cœur : cela veut dire que si un des gens du Livre considère Jibriil comme étant son ennemi, ça n’a pas de sens qu’il le prenne pour ennemi puisqu’il a fait descendre un Livre qui confirme les livres qui l’ont précédé. Jibriil a fait descendre un livre qui est conforme et qui renforce, qui confirme et qui soutient les livres qui l’ont précédé. Donc si eux prétendent être des gens du Livre, ça n’a pas de sens de prendre Jibriil pour ennemi puisque c’est lui-même qui a fait descendre les livres dont ils se réclament. Et c’est lui qui a fait descendre le Qour’aan à notre Prophète ^alayhi s-salaam. S’ils étaient objectifs et francs avec eux-mêmes en prétendant suivre un livre , ils auraient aimé Jibriil. Ils auraient remercié Jibriil pour ce qu’il leur a fait, puisqu’il leur a fait descendre ce qui leur est utile et profitable.

Il a été donné une autre explication : que la réponse à cette phrase « celui qui est un ennemi de Jibriil » a été omise. Et c’est « qu’il meure » à cause de sa haine pour Jibriil.

Parce que c’est Jibriil qui a fait descendre la révélation sur ordre de Dieu.

Qui confirme les livres qui ont précédé et qui constitue une annonce de bonne nouvelle pour les croyants.

Ce verset est une réplique aux yahoud parce qu’ils disent que Jibriil vient avec l’ordre de faire la guerre et la rudesse. La réponse est qu’il descend aussi avec ce qui constitue une bonne guidée et une annonce de bonne nouvelle.

Verset 98 : celui qui est un ennemi pour Dieu, pour Ses anges, pour Ses envoyés, pour Jibriil et pour Mickaa’iil : ces deux anges ont été mentionnés car ils ont un mérite sur les autres anges.

Certes Allaah est un ennemi pour les non croyants. Dieu a considéré ces non croyants comme étant des ennemis en raison de leur mécréance. Cela veut dire que ceux qui prennent les anges pour ennemis sont comme ceux qui prennent les prophètes pour ennemis et cela est de la mécréance. De même l’animosité envers les anges est semblable à l’animosité envers les prophètes. Et celui qui prend les anges pour ennemis, Dieu le prend pour ennemi.

Verset 99 : Nous t’avons fait descendre des versets qui sont clairs, qui indiquent le vrai du faux. Nous avons fait descendre sur MouHammad la révélation qui indique la vérité.

 Et ne mécroient en ces versets que les pervers. Seuls les pervers mécroient en ce que Dieu leur a révélé. Le mot « pervers » ici a un sens large puisqu’il englobe les mécréants, c’est-à-dire ceux qui se rebellent parmi les mécréants. An-Naçafiyy dit qu’ici le mieux est que ce soit une allusion aux gens du Livres ; c’est valable pour tous les mécréants mais en particulier pour les gens du Livre.

Il a été rapporté de Ibnou ^Abbaas que Dieu les agrée lui et son père qu’Ibnou Souuriyyah ce fameux savants des juifs, qui était mécréant et qui avait débattu avec le Messager, il lui avait dit : « ô messager de Dieu, tu ne nous as pas amené quelque chose que nous reconnaissons et aucun verset ne t’a été révélé pour qu’on te suive ». Il a ainsi manifesté son incrédulité. C’est ainsi que ces versets ont été révélés depuis le début.

Verset 100 :  est-ce qu’à chaque fois qu’il leur est demandé de s’engager sur une chose, un groupe d’entre eux refusent. A chaque fois qu’il leur est ordonné de suivre un prophète, ils rejettent cela, un groupe d’entre eux, pas la totalité.

Mais la majorité d’entre eux ne sont pas des croyants. Ils ne croient pas en la Torah.Ils n’ont rien à voir avec la religion. Ce ne sont pas des gens qui se seraient engagés par un engagement à suivre les prophètes puis ils se seraient rétractés. Non, ils ne se sont jamais engagés, mais dès le début, ils se sont rétractés.

Verset 101 : et lorsqu’est venu à eux un messager de la part d’Allaah : il s’agit de MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, qui a été envoyé aux Arabes et aux non Arabes qui confirme ce qu’ils avaient entre leurs mains : il est venu avec la même croyance qui est dans leur livre d’origine et il s’agit de la Torah, un groupe de ceux qui avaient le Livre l’ont rejeté : une partie des gens du Livre, les yahouud dans ce verset, ont rejeté le livre de Dieu et il s’agit de la Torah.  Du fait qu’ils ont mécru au message du Prophète ^alayhi S-Salaat wa s-salaam, lui qui confirme le livre qu’ils avaient chez eux et c’est la Torah, ils sont en train de mécroire en la Torah, puisque le Messager les a appelés à la même croyance que celle qui figure dans la Torah. En refusant de croire en le Prophète MouHammad, ils ont rejeté le Livre de Dieu révélé à Mouuçaa ^alayhi s-salaam, même s’ils prétendent le suivre.

Autre explication : le Livre de Dieu serait le Qour’aan.

(Ils l’ont rejeté) derrière leur dos : c’est une métaphore pour illustrer le fait qu’ils se soient détournés de lui. Comme quand tu tournes le dos à une chose, tu te détournes d’elle.  C’est pour montrer qu’ils n’ont pas prêté attention à cette chose-là.

Comme s’ils ne savaient pas (que c’était le Livre de Dieu).

Verset 102 : et ils ont suivi ce que les démons récitaient à l’époque de la souveraineté de Soulaymaane. Cela veut dire que les yahouud se sont détournés des livres de Dieu et se sont plutôt tournés vers les livres de charlatanisme que les charlatans récitaient à l’époque de la souveraineté de Soulaymaane. En effet les démons tentaient d’espionner et d’écouter ce que les anges disaient entre eux dans les cieux. Puis ils rajoutaient des mensonges à ce qu’ils avaient entendu et ils transmettaient cela aux devins. Ils avaient inscrit cela dans livres qu’ils lisaient aux gens. Et ceci s’est propagé à l’époque de Soulaymaane ^alayhi s-salaam, au point qu’ils osaient dire que les djinns connaissaient le ghayb, les choses cachées. Et ils disaient que cela, c’est la science de Soulaymaane et que lui-même pratiquait cela et que ce qu’il avait comme le fait que le vent le transporte où il voulait avait lieu grâce à la sorcellerie. Et nous savons qu’accuser un prophète de commettre un grand péché est de la mécréance.

Mais Soulaymaane n’a pas commis de mécréance : ceci constitue un démenti de la prétention des démons qui ont accusé Soulaymaane de pratiquer la sorcellerie.

En réalité ce sont les démons, eux, qui ont mécru : ils ont mécru parce qu’ils pratiquaient la sorcellerie et ils se rendaient licites de la pratiquer. Ils l’ont écrite.

Al-Mawardiyy a dit à propos de ce verset qu’il y a deux avis :

1 – Les démons ont mécru parce qu’ils ont attribué la sorcellerie à Soulaymaane. Et attribuer un grand péché à un prophète est de la mécréance. Les mécréants disaient de lui qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Et c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pas une pratique de prophète ni de saint.  Mais les démons étaient énervés contre notre maitre Soulaymaane ^alayhi s-salaam parce que Dieu lui avait donné un secret et par ce secret, les démons lui obéissaient. Malgré leur mécréance, ils étaient à son service. Ils faisaient pour lui de grands travaux. Et celui d’entre eux qui refusait, Dieu faisait que s’abatte sur eux un châtiment dans ce bas-monde. Ils étaient détruits. C’est pour cela qu’ils étaient sous sa domination. Quand notre maitre Soulaymaane est mort, ils ont écrit de la sorcellerie et ils l’ont cachée sous son trône. Puis certains parmi eux sont apparus aux gens et leur ont dit : « savez-vous comment Soulaymaane gouvernait ? C’est par de la sorcellerie qu’il vous commandait. Creusez et regardez sous son trône, vous allez voir ». Ils ont creusé et ont trouvé cet écrit sur lequel il y avait de la sorcellerie et ils ont cru la parole des démons. Et le fait d’accuser un prophète d’un grand péché, ils sont devenus mécréants. Celui qui croit que Soulaymaane pratiquait la sorcellerie n’est pas musulman parce que la sorcellerie n’est pas la pratique des prophètes ni des saints. Alors prenez garde de ceux qui prétendent être des spirites et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés, des corrupteurs.  Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance. Parce que si quelqu’un croit que la sorcellerie est licite et que c’est quelque chose de bien, il devient mécréant. La sorcellerie est parmi les grands péchés et se rendre licite un grand péché est de la mécréance.

Le Prophète Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui est un devin ou celui qui demande à un devin de lui annoncer le futur ou celui qui pratique la sorcellerie ou qui demande à ce qu’on lui fasse de la sorcellerie ».  Rapporté par AT-Tabaraaniyy.

Celui qui fait le devin ou qui demande à un devin ou celui qui pratique la sorcellerie ou celui qui demande à ce qu’on lui pratique de la sorcellerie, tous ceux-là sont maudits. Parmi les choses qui sont interdites, il y a le fait de consulter des devins (qui prétendant annoncer le futur) et des voyants (qui prétendent connaître les choses cachées comme connaître ce qui a été volé ou perdu). Et les consulter fait partie des grands péchés.

Ainsi Mouslim a rapporté dans son SaHiiH que le Messager de Dieu Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un voyant et l’interroge à propos de quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits ». Il n’aura pas de récompense.

Par ailleurs, Al-Haakim dans al-Moustadrak et Al-BayhaaQiyy dans ses sounan ont rapporté que le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un devin ou un voyant et qui le croit dans ce qu’il dit, alors il aura mécru en ce qui a été descendu sur MouHammad ». C’est-à-dire que celui qui a pour croyance que ce devin et ce voyant connaissent les choses cachées, il devient mécréant. Et non pas le cas de celui qui pense que ça peut coïncider avec la réalité et ça peut ne pas coïncider avec la réalité, ce dernier ne devient pas mécréant, mais il aura commis un grand péché en les consultant.

Le devin-al-kaahin- est celui qui prétend informer de ce qui va arriver dans le futur, en se basant dur l’observation des étoiles ou sur des choses qu’ils utilisent comme des preuves comme certains qui ont des amis parmi les djinns et ils s’appuient sur leurs informations pour parler aux gens.

Quant aux voyants -al-^araaf- c’est celui qui informe à propos des objets volés et ce qui est de cet ordre comme les objets perdus. Celui qui va le consulter, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits, c’est-à-dire qu’il n’aura de récompense ni pour sa prière obligatoire, ni pour sa prière surérogatoire, durant toute cette période, s’il ne fait pas le repentir.

Concernant la sorcellerie, certaines ont lieu en se faisant aider par les démons et d’autres ont lieu autrement. Et il n’est pas permis de répondre à la sorcellerie par la sorcellerie, comme font certains ignorants.

Les savants ont dit : « tout comme on ne purifie pas un endroit souillé d’une impureté par une autre impureté ».

Parmi les pratiques des sorcierset leurs paroles malines, c’est qu’ils cherchent le   des démons et ils disent des paroles laides et malines afin qu’ils les aident à nuire à cette personne à laquelle ils veulent nuire.

Parmi les actes malins qu’ils pratiquent parfois, ils prennent du sang de menstrues pour le faire boire à une personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils prennent les ongles ou les cheveux afin que la nuisance soit plus forte. Parfois, ils prennent de la terre de la tombe dans cet objectif- là. Parfois les paroles laides qu’ils disent, ils se font aider par des démons qui se trouvent sur terre ou par des astres car ils prétendent que les astres ont des âmes qui pourraient les aider. Il en est de même pour le soleil, ils prétendent qu’il a une âme et ils recherchent son secours. Et tout cela est un mensonge.

Parfois, ils choisissent un temps particulier pour faire leur sorcellerie. Parce que Dieu a fait que certains temps sont plus propices à faire le bien et d’autres à faire le mal. Parmi les sortes de sorcellerie, il y a la sorcellerie de l’emprise ; ils font qu’un djinn s’attaque à une personne et celle-ci devient sous son emprise et ce djinn rend malade cette personne et parfois, il la tue.

Parmi ce qui est profitable pour se protéger contre la sorcellerie, c’est que la personne récite continuellement les trois mous^awidhaate trois fois chacune matin et soir.

Et parmi ce qui est profitable pour la protection contre la sorcellerie, il y a ce qu’a rapporté l’imam Malik dans al-mouwaTTa’, avec une bonne chaine de transmission, d’après Al-Qa^Qaa^ qui rapporte de Ka^b al-AHaar, un compagnon, que Dieu l’agrée ; il était juif puis il est entré en islam. Il a dit : « s’il n’y avait pas des paroles que je dis régulièrement, les yahouud m’auraient transformé en âne ». On lui a dit : « quelles sont ces paroles ? ».

Il a dit : « a^ouudhou bi wajhi l-Laahi l-^ADhiim l-ladhiyy layça chay’oun a^dhama minhou wa bi-kalimaati l-Laahi t-taamaati l-latiyy laa youjaawizouhounna barroun wa laa faajir wa bi-asmaa’i l-Lahi l-Housnaa koullihaa maa ^alimtou minhaa wa maa lam a^lam min charri maa khalaQa wa dhara’a wa bara’ ».

C’est-à-dire que Ka^ab l-AHbar que Dieu l’agrée, en disant cela, il disait que les yahouud sont parmi les gens qui utilisent le plus la sorcellerie. Et s’il n’avait pas dit cette évocation, ils lui auraient énormément nui. Avant, il était yahoud puis il est entré en islam du temps du califat de ^Oumar ibnou l-KhaTTaab que Dieu l’agrée. Il avait reçu de son père plusieurs livres qu’il avait scellés, hormis un seul. Son père lui a dit de lire celui-là. Et son père était parmi les chefs des yahouud. Et il a pris l’engagement de son fils qu’il n’ouvre aucun des livres sous scellé.

Et Ka^b a dit : « quand l’islam s’est propagé, j’ai ouvert ces livres et j’y ai trouvé la description de MouHammad Salla l-Laahou ^alayhi wa sallam et comment les prophètes ont annoncé sa venue ». Et c’est à ce moment-là que Ka^ab est devenu musulman.

Cette évocation est utile pour se protéger de la sorcellerie et pour soigner la sorcellerie, même si elle est écrite sur une feuille et accrochée au cou.

Parmi ce qui est également utile pour se délivrer de la sorcellerie, il y a les feuilles de jujubier : on prend sept feuilles fraiches qu’on écrase finement entre deux pierres, puis on les met dans de l’eau puis on récite aayatou l-koursiyy et les trois mous^awidhaates, trois fois chacune ou une fois chacune. Ou alors on récite ceci après les avoir broyées et avant de les mettre dans l’eau. Ensuite celui qui est atteint de sorcellerie, en boit trois gorgées et il se lave avec le reste.

Et parmi ce qui est utile aussi, c’est de ramener quarante et une graines de poivre noir et sur chacune de ces graines, on récite sourate al-ikhlaaç sept fois puis on les brûle et on encense celui qui est touché par la sorcellerie.

Et parmi les choses qui sont utiles pour dénouer la sorcellerie, il y a la récitation du verset 81 de sourate Youunous :

فَلَمَّاۤ اَلۡقَوۡا قَالَ مُوۡسٰى مَا جِئۡتُمۡ بِهِۙ السِّحۡرُ‌ؕ اِنَّ اللّٰهَ سَيُبۡطِلُهٗ ؕ اِنَّ اللّٰهَ لَا يُصۡلِحُ عَمَلَ الۡمُفۡسِدِيۡنَ

« fa lammaa  alqaw qaala Mouusaa maa ji’toum bihi s-siHrou ‘inna l-Laaha sayoubTilouh ; inna l-Laaha laa youSliHou ^amala l-moufsidiin »   25 fois.

Et aussi la récitation de la faatiHah 7 fois, aayatou l-koursiyy 7 fois, sourate al-ikhlaaç 11 fois, sourate an-naaç 11 fois et sourate al-falaQ 11 fois : on récite tout cela sur de l’eau et celui est ensorcelé boit cette eau.  

Ils enseignaient aux gens la sorcellerie : les démons au temps de Soulaymaane ^alayhi s-salam enseignaient la sorcellerie. Leur objectif était d’égarer les gens et leur nuire.

Et ce qui a été descendu aux deux anges : il s’agit de haarouut et Maarouut.

Ils (les démons) leur enseignent (aux gens) ce qui a été descendu aux deux anges. Ou ils récitent ce qui a été descendu, c’est-à-dire la science de la sorcellerie. Et c’est une épreuve de la part de Dieu aux gens. Celui qui aura appris la sorcellerie (telle qu’elle a été descendue aux deux anges) et qui l’applique, il devient mécréant s’il réfute, par cette sorcellerie, ce qui est une des conditions de la foi, c’est-à-dire s’il contredit l’islam. Et celui qui évite cette sorcellerie ou bien celui qui l’apprend mais non pas pour l’appliquer mais afin de l’éviter, pour connaitre que ceci est une sorcellerie qu’il ne fait donc pas faire, ou pour ne pas être trompé (pour savoir faire la différence entre la sorcellerie et autre chose), lui restera croyant.

Le chaykh Abouu ManSouur al-Maatouridiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « dire que la sorcellerie est dans l’absolu une mécréance, est une erreur. Mais il faut analyser quelle est, au préalable, la raison de cette sorcellerie. S’il y a dans cette sorcellerie particulière, une réfutation de e qui est une condition indispensable de la foi, alors c’est une mécréance. Par contre, si dans cette sorcellerie particulière, il n’y a pas de réfutation de ce qui est une condition nécessaire à la foi, alors ce n’est pas une mécréance.

Par ailleurs, dans le cas où la sorcellerie est une mécréance, alors celui qui est de sexe masculin qui la pratique, il sera exécuté mais pas les personnes de sexe féminin. Quant à la sorcellerie qui n’est pas une mécréance mais qui revient à faire mourir une personne, alors le jugement de faire pratiquer une telle sorcellerie est le même jugement que celui d’un brigand qui va barrer la route aux gens. Et dans ce cas-là, la peine légale est la même, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.

Par contre si un sorcier a fait le repentir de son acte, son repentir sera accepté. Et celui qui prétend que le repentir du sorcier ne sera pas accepté, il aura commis une erreur. La preuve est que le repentir des sorciers de pharaon a été accepté.

Et il a été dit que « ounzila » ici n’est pas quelque chose qui a été descendu mais que ça a été projeté dans le cœur des gens comment faire la sorcellerie tout en recevant l’interdiction de la pratiquer.

Mise en garde contre un récit qui est faux : quant à ce qui a été dit qu’il s’agit de deux anges que les anges avaient élus pour qu’ils aient en eux le désir comme les humains, lorsque les humains ont dit aux anges : « vous n’avez pas le désir ». Ils étaient sur terre la journée et la nuit, ils montaient au ciel et ils étaient tombés amoureux de Zohra et elle les a amenés à boire de l’alcool et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, puis qu’un humain les aurait vu puis qu’ils l’auraient assassiné, qu’ils auraient choisi d’être torturés dans le bas monde plutôt que dans l’au-delà et qu’ils sont maintenant en train d’être torturés tête vers le bas dans un puits à Babel. Tout cela est faux.

Pourquoi Babel a -telle été appelée ainsi ? En raison du tabalboul et c’est le chant d’un oiseau qui chante à plusieurs voix et c’est une analogie parce que les humains se seraient installés à Babel et chacun d’entre eux s’était mis à parler avec une langue différente des autres.

Quant à haarouut et Maarouut, ils font partie des anges, ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne et ils font absolument tout ce que Dieu leur ordonne de faire.

Ce que certains rapportent d’eux, qu’ils auraient bu de l’alcool et qu’ils auraient tué l’enfant qu’une femme portait dans ses bras et qu’ils auraient commis la fornication avec cette femme, tout cela n’est pas vrai.

Quant à ce que disent beaucoup d’exégètes de Ahlou s-sounnah à propos du récit de haarouut et Maarouut, ils prétendent que ces deux anges seraient exceptés de la préservation des prophètes et que Zohra était une femme avec laquelle ils auraient essayé de faire la fornication mais qu’elle aurait refusé sauf s’ils lui enseignaient le nom éminent de Dieu, celui par lequel, lorsqu’il est invoqué, Il exauce. Puis qu’ils lui auraient enseigné ce nom et qu’elle serait devenue une planète dans le ciel, tout cela est mensonge. Cela est une hérésie fomentée par les descendants d’Israël.

Autre histoire mensongère : ils auraient vu une femme, auraient eu la tentation en eux de commettre la fornication avec elle. Elle aurait dit qu’elle n’accepterait que s’ils attribuaient un associé à Dieu, ils auraient refusé. Elle leur aurait alors fait boire de l’alcool, ils en auraient bu et auraient été ivres puis ils auraient tué un enfant et se seraient prosternés pour une idole. Tout cela n’est que mensonge et mythe.

Toute personne à qui les deux anges enseignaient la sorcellerie, ils lui disaient pour l’avertir, nous sommes une épreuve de la part d’Allaah et ils lui disaient « ne commets pas la mécréance » : c’est-à-dire en apprenant et en pratiquant cette sorcellerie de manière à ce que ce soit une mécréance.

Et ils apprennent d’eux : les deux anges apprennent aux gens la sorcellerie et les gens enseignent entre eux la sorcellerie et la mécréance que les deux anges leur auraient indiquée et ce qui est visé par l’enseignement des anges, c’est que les gens fassent la différence entre ce qui est de la sorcellerie et ce qui n’est pas de la sorcellerie.

Ce qui leur permet de séparer entre un homme et son épouse. C’est-à-dire de la sorcellerie qui est une cause pour la séparation entre deux époux. Suite à la pratique de cette sorcellerie, Dieu crée la répulsion et la divergence et c’est une épreuve de la part de Dieu.

La sorcellerie est une réalité selon Ahlou s-sounnah, que Dieu fasse qu’ils soient encore plus nombreux. Tandis que les moutazilites considèrent que ce sont des illusions et des duperies.

Et les gens, malgré cela, ne pourront nuire par cette sorcellerie, personne, si ce n’est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire que tout ce qui arrive par la volonté de Dieu. Ici, c’est par la volonté de Dieu que la sorcellerie nuit. Et il y a dans cette phrase une réfutation de la voix des moutazilites parce qu’ils prétendent que les désobéissances n’ont pas lieu par la volonté de Dieu mais qu’elles ont lieu uniquement par la volonté des esclaves. Ce verset est explicite pour réfuter leur prétention.

Tajwid : Règles de Tajwid

Posted in Tajwid par chaykhaboulaliyah sur mars 13, 2011

 

Règles de récitation du Qour’an

Livre du Chaykh ^Abdou l-Lah Ad-Dourou n-Nadid fi ‘Ahkami t-tajwid.

 

 

Cours n° 1 : La Ghounnah

 

Définition : C’est un noun (la lettre « n ») caché qui sort du nez (de son extrémité).

Elle est requise dans les cas suivants :

1/ Noun doublée et Mim doublée

Exemples : (inna)

(lamma)

 

2/ La mim avec soukoun (sans altération, sans voyelle) qui précède le ba.

Exemple : (am bihi)

 

3/ Le Noun avec soukoun et le tanwin sauf lorsqu’il y a après eux une des six lettres de al-halq :

‘     h     h kh       ^     gh

ou lorsqu’il y a après eux un lam (l) ou un ra(r).

Exemples : (Siratin moustaqim)

 

Durée de la ghounnah : elle dure deux temps.

 

Les règles du noun avec soukoun et le tanwin (oun, an, in).

Il y a quatre cas :

1/ Al-‘Idh-har : c’est le fait de prononcer chaque lettre à partir de son point de prononciation, sans ghounnah. Dans le cas où le noun avec soukoun et le tanwin précèdent une des six lettres de al-halq :

‘     h h kh     ^     gh

Exemples :

(min ‘ilahin)

(raçouloun ‘amin)

 

(min hajara)

 

(jouroufin har)

 

(min ^indi)

 

(‘ajroun ^adhim)

 

(min hakim)

 

(khayratoun han)

 

(min ghillin)

 

(ma‘in ghayr)

 

(min khawf)

 

(nida‘an khafiyya)

 

Cours n° 2 : Al-‘Idgham

Selon la langue, c’est intégrer une chose dans une autre.

Selon la Loi (‘isti lahan) : la rencontre d’une lettre avec un soukoun, avec une lettre ayant une voyelle qui deviennent une même lettre (prononcée avec insistance) à la prononciation de laquelle la langue s’élève d’un seul coup.

Sache que le noun avec soukoun et le tanwin sont sujets du ‘idgham à l’occasion de six lettres regroupées dans le mot : yarmaloun

Il y a deux sortes de ‘idgham : avec ou sans ghounnah.

 

1/ Le ‘idgham sans ghounnah.

C’est un ‘idgham total, complet [du noun avec soukoun et du tanwin] avec le lam et le ra, sans ghounnah.

Exemples :

(mam lam)

 

(la ^ibratan liman)

 

(min Rabbikoum)

 

(Mouhammadoun Raçoulou l-Lah)

 

2/ Le ‘idgham avec ghounnah.

C’est un ‘idgham avec les quatre lettres restantes de (yarmaloun) à savoir (yanmou).

Il y a un ‘idgham dont l’insistance n’est pas complète puisque la ghounnah demeure.

Exemples :

(man yaqoum)

 

(barqoum yaj ^aloun)

 

(min wara ‘ihim)

 

(houdan wa rahmah)

 

(Siratin moustaqim)

 

(min ni^mah)

 

(hittatoun naghfir)

 

Exception :

Il n’y a pas de ‘idgham lorsque le noun avec soukoun, précède le waw ou le yadans un même mot comme dans :

(sinwan)

 

(ad-dounya)

 

3/ Al-‘Iqlab

Selon la langue : modifier la chose, la transformer, renverser [c’est-à-dire ce qui est apparent devient intérieur].

Selon la Loi : remplacer une lettre par une autre avec un ‘ikhfa (caché) pour prendre compte de la ghounnah.

Quand : lorsque le noun avec soukoun et le tanwin précèdent le ba, ils sont transformés (‘iqlab) en mim caché sans ‘idgham ni dédoublement du ba. Il y a une ghounnah qui dure deux temps.

Exemples :

(‘anbi ‘houm)

 

(min ba^di)

 

(alimoun bidhati ssoudour)

On peut aussi faire le ‘idgham du badans le mim comme dans :

(‘irkab ma^ana)

Il y a ghounnah.

 

4/ Al-‘Ikhfa

Selon la langue : c’est dissimuler, cacher, voiler.

Selon la Loi : c’est la prononciation de la lettre entre le ‘idh-har et le ‘idgham, dépourvue du dédoublement, de l’insistance avec la ghounnah sur la première lettre, à savoir le noun avec soukoun et le tanwin.

Al-‘Ikhfa se distingue du ‘Idgham car il est entre le ‘idh-har et le ‘idgham.

Quand : on fait le ‘Ikhfa du noun avec soukoun et du tanwin lorsqu’ils précèdent le reste des lettres qui n’ont pas été citées précédemment.

Ce sont les quinze lettres :

f     z t d     s     q ch     j k     th     dh     s dh d t

Exemples :

(laman sabara)

 

(yandhouroun)

 

(kountoum)

 

(rihan sarsara)

 

(manthoura)

 

Cours n° 3 : Règles concernant le mim avec soukoun et du noun et du mim doublés.

3-1/ Règles concernant le mim avec soukoun, il y a trois cas :

Ce sont Al-‘Ikhfa labial (relatif aux lèvres), Al-‘Idgham labial et Al-‘Idh-har labial.

3-1-1/ Al-‘Ikhfalabial : Il s’agit du Ikhfa du mim avec soukoun (sans voyelle) avec une ghounnah lorsque le mim se trouve avant le ba‘.

Exemples :

(tarmihim bihijarah)

 

(wa man ya^tasim billah)

3-1-2/ Al-‘Idgham labial : C’est le cas du ‘Idgham le mim avec soukoun avec un mim qui vient à la suite avec une ghounnah complète.

Exemples :

(wa lakoum ma kaçabtoum)

 

(lahoum maghfirah)

 

3-1-3/ Le ‘Idh-har labial : c’est de faire le ‘Idh-har, prononcer distinctement à partir de son point de prononciation le mim avec soukoun lorsqu’il précède un des lettres restantes.

Exemples :

(‘an ^amta)

 

(lakoum tadhkirah)

 

(^alayhim wa la)

 

3-2/ La règle du noun et du mim doublés : Sache que la règle du noun et du mim doublés c’est de [faire paraître] (faire Idhhar avec) la ghounnah lors de leur doublement d’une durée de deux temps.

Exemples :

(mina l-jinnati wa n-nas)

 

(thoumma)

 

(lamma)

 

Cours n° 7 : Les prolongations (madd) et leurs catégories.

Dans la langue al-madd signifie l’augmentation. Selon la terminologie du Tajwid, il s’agit de la prolongation du son par une lettre de prolongation qui fait partie des lettres de al-^il-lah.

Les lettres de madd sont : le ‘alif avec soukoun précédé d’une lettre comportant une fat-hah, le waw avec soukoun précédée d’une lettre comportant une dammah et le yaavec soukoun précédée d’une lettre comportant une kasrah.

Exemples :

(qala)

 

(Yaqoulou)

 

(Qila)

Le madd se classe en deux catégories :

1/ Un madd d’origine : c’est le madd naturel qui fait partie du mot, qui n’est pas conséquent à une hamzah ou à un soukoun comme :

(‘al ladhina ‘amanou wa ^amilou )

Sa durée est de deux temps.

 

2/ Un madd par extension : il est différent du précédent. Il s’agit d’un madd en plus du madd d’origine, en raison d’une hamzah ou d’un soukoun.

2-1/ Sache que le madd avec la hamzah se classe en trois catégories.

2-1-1/ Le premier le madd mouttasil.

C’est lorsque le madd et la hamzah se réunissent dans un même mot comme :

(wa s-sama‘a banaynaha)

 

(min sou‘)

 

(wa ji‘a)

 

Il a ainsi été appelé (mouttasil) car la hamzah est liée (ittasal) au mot contenant la lettre du madd. La prolongation ici est l’objet de divergence. Ainsi selon Abou ^Amr, Qaloun et Ibnou Kathir elle dure trois temps (le temps pour le madd est la durée que prend le fait de tendre le doigt ou le plier). Selon Ibnou ^Amir elle dure quatre temps. Selon ^Asim, elle dure cinq temps ou quatre et c’est ce qui est le plus courant.

Selon Warch et Hamzah, elle dure six temps. Ceci se précise oralement et par transmission.

 

2-1-2/ Le deuxième le madd mounfasil.

C’est lorsque la lettre du madd se trouve à la fin d’un mot et la hamzah au début d’un autre mot comme :

(fi ‘anfoucihim)

 

(ya ‘ayyouha n-nas)

 

(qalouamanna)

 

Il a ainsi été appelé (mounfasil) –séparé- car le madd et la hamzah sont séparés, chacun dans un mot. Les spécialistes de la récitation ont pour sa prolongation différents avis. Il est permis de le prolonger, d’être modéré et de le raccourcir (2).

 

2-1-3/ Le troisième le madd badal.

C’est lorsque le madd et la hamzah se réunissent dans un même mot, mais la hamzah précède le madd, comme par exemple :

(amanou)

 

(atouni)

 

(amana)

 

Son jugement c’est de le raccourcir (2) selon tous les spécialistes de la récitation hormis Warch. Warch a à son sujet pour avis la prolongation (6), la modération (4) et le raccourcissement (2).

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