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Croyance : Les Prophètes, les Messagers et les miracles

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

La prophétie

La prophétie (an-noubouwwah) tire sa racine de (an-naba’), c’est-à-dire la nouvelle, car la prophétie est une transmission de la part de Allah ; ou bien de (an-nabwah) qui est l’élévation. Ainsi, selon la première racine, le prophète (an-nabiyy) est celui qui fait l’action, dans le sens qu’il nous informe de la part de Allah conformément à ce qui lui est révélé ; ou bien selon la deuxième racine, il est celui qui est sujet à l’action, dans le sens qu’il est informé de la part de Allah, c’est-à-dire que l’ange l’informe de la part de Allah [1]. La prophétie est donc possible selon la raison, elle n’est pas impossible.

Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison, ce qui permet de se passer d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Par conséquent, il y a dans l’envoi des prophètes une utilité indispensable pour suffire au besoin dans ce domaine, et la grâce revient à Allah pour l’avoir accordé à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, auprès des créatures.

La différence entre les prophètes et les messagers

Sache que le prophète et le messager ont en commun la révéla­tion. Allah leur révèle donc à tous deux une Loi de l’Islam, conformé­ment à laquelle ils agissent, pour la transmettre aux gens.

Toutefois, le messager vient avec l’abrogation de certaines lois antérieures à son envoi ou avec une nouvelle Loi.

Le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi de l’Islam d’un messager précédent pour la transmettre.

Pour cela, les savants ont dit : « Tout messager est aussi prophète alors que tout prophète n’est pas forcément messager ».

De plus, ils se différencient par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que la simple prophétie, ne peut l’être que pour les humains.

Les attributs obligatoires des prophètes
et ce qui est impossible à leur sujet

Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, il leur est impossible le mensonge. Il leur est obligatoire aussi l’extrême intelligence et il est impossible à leur sujet l’idiotie et la stupidité. Il leur est obligatoire l’honnêteté. Par conséquent, les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse et c’est cela la préservation qui leur est obligatoire. De même, la traîtrise est impossible à leur sujet. D’autre part, la chasteté est obligatoire à leur sujet ; la vulgarité, la bassesse et la lâcheté sont donc impossibles les concernant. Est impossible également les concernant tout ce qui peut repousser l’acceptation de leur appel et de même toute maladie repoussante.

Par conséquent, celui qui leur attribue le mensonge, la traîtrise, la vulgarité, la bassesse, la lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant.

Le miracle

Sache que le moyen de connaître le prophète, c’est le miracle. C’est une chose contraire à l’ordinaire, qui vient en accord avec les dires de celui qui dit être prophète et qui est sauf de l’opposition par quoi que ce soit de semblable.

Ce qui fait partie des choses étonnantes mais qui ne sort pas de l’ordinaire n’est donc pas un miracle.

De même, tout ce qui est contraire à l’ordinaire mais qui n’est pas accompagné de la prétention à la prophétie, comme les choses extraordinaires qui apparaissent aux mains des saints [2], eux qui suivent les prophètes, ce n’est pas un miracle mais on appelle cela prodige [3].

De même, la chose à laquelle on peut opposer une chose sem­blable, comme la magie, n’est pas un miracle. En effet, il est possible que soit opposée à la magie une magie qui lui est équivalente.

De plus, il y a deux sortes de miracles :

Il y a le miracle qui a lieu à la demande des gens, demande faite à celui qui dit être prophète.

Il y a aussi le miracle qui a lieu sans demande des gens.

De la première sorte, il y a par exemple le miracle de la chamelle de Salih qui est sortie du rocher. Son peuple le lui avait demandé en lui disant : si tu es vraiment un prophète envoyé à nous pour que nous croyions en toi, alors fais nous sortir une chamelle et son petit de ce rocher. Il avait alors fait sortir pour eux une chamelle avec son petit. Ils en furent stupéfaits et ils crurent en lui.

Certes, s’il avait été menteur dans son affirmation que Allah l’a envoyé en tant que messager, il n’aurait pas pu produire cette chose étonnante et extraordinaire, à laquelle personne parmi les gens ne peut opposer quoi que ce soit de semblable. La preuve leur a ainsi été donnée.

Ils ne pouvaient faire autrement que se soumettre et en reconnaître la véracité car la raison oblige à croire celui qui vient avec une telle chose, à laquelle ne peut être opposé quoi que ce soit de semblable de la part des opposants.

Par conséquent, quelqu’un qui ne se soumet pas et s’entête est considéré comme méprisant la valeur de l’argumentation rationnelle.

Quelques miracles qui se sont produits
à ceux qui ont précédé Mouhammad r

Parmi les exemples de miracles qui ont eu lieu pour ceux qui ont précédé Mouhammad r, il y a l’absence d’effet du feu gigan­tesque sur ‘Ibrahim r puisqu’il ne l’a pas brûlé, ni lui ni ses habits.

Parmi ces exemples, il y a également la transformation du bâton de Mouça en un véritable serpent, puis son retour à son état initial après la reconnaissance des magiciens que Pharaon (Fir^awn) avait amenés pour le contrecarrer. Ils se sont soumis, ont cru fermement en Allah, et ont abandonné leur foi en Pharaon. Ils ont reconnu à Mouça sa véracité en ce qu’il avait apporté.

Parmi ces exemples encore, il y a la résurrection des morts qui a eu lieu pour le Macih ^Iça –Jésus– fils de Maryam. Cela aussi il n’avait pu lui être opposé quoi que ce soit de semblable. Ainsi, les mécréants des fils de ‘Israil, eux qui brûlaient d’ardeur à le démentir et s’acharnaient à le calomnier, n’ont pas pu opposer à ce miracle quoi que ce soit de semblable.

Jésus est également venu avec un autre miracle stupéfiant, éminent, qui est la guérison de l’aveugle de naissance. Aucun de ses contemporains n’avait rien pu lui opposer de semblable, bien que la médecine fût très répandue à cette époque.

Ceci est donc une preuve de sa véracité en tout ce qu’il a porté à la connaissance des gens concernant le devoir d’adorer Celui Qui crée Lui seul, sans rien adorer d’autre que Lui, et le devoir de le suivre, lui le messager, dans les œuvres qu’il leur ordonnait d’accomplir.

Parmi ses miracles r

1 – Quant à Mouhammad r, il y a parmi ses miracles, que Allah l’élève davantage en degrés ainsi que tous ses frères prophètes, le gémissement du tronc. Le Prophète r s’appuyait contre le tronc d’un palmier dans sa mosquée avant qu’on lui fabriquât une chaire (minbar). Lorsqu’on la lui construisit, il monta dessus r et commença son discours, debout sur le minbar. C’est alors que le tronc se mit à gémir, au point que tous ceux qui étaient dans la mosquée enten­dirent son gémissement. Le Messager de Allah r est alors descendu et l’étreignit, c’est-à-dire le prit contre lui et l’enserra de ses bras, alors il s’est tu.

2 – Il y a parmi ses miracles r, la glossolalie des animaux –le fait qu’ils ont parlé. L’Imam Ahmad et Al-Bayhaqiyy avec une forte chaîne de transmission ont rapporté du hadith de Ya^la Ibnou Mourrah Ath-Thaqafiyy, qu’il a dit : Tandis que nous marchions avec le Prophète r, un chameau affecté au transport de l’eau est passé à côté de nous. Lorsqu’il l’a vu, le chameau a blatéré et a baissé l’avant de son cou. Le Prophète r s’est arrêté à son côté et a dit :

(( أَيْنَ صَاحِبُ هَذَا الْبَعِيرِ ؟ ))

(‘ayna sahibou hadha l-ba^ir) ce qui signifie : « Où est le propriétaire de ce chameau ? » Le propriétaire est alors venu. Le Prophète lui a dit :

(( بِعْنِيهُ ))

(bi^nih) ce qui signifie : « Vends-le moi… ». Il lui a dit : « Nous te le donnons Ô Messager de Allah et il appartient à une famille qui n’a pas d’autre moyen de vivre que lui ». Le Prophète r lui dit :

(( أَمَّا مَا ذَكَرْتَ مِنْ أَمْرِهِ فَإِنَّهُ شَكَا كَثْرَةَ الْعَمَلِ وَقِلَّةَ الْعَلَفِ فَأَحْسِنُوا إِلَيْهِ ))

(‘amma ma dhakarta min ‘amrihi fa’innahou chaka kathrata l-^amali wa qil-lata l-^alafi fa’ahsinou ‘ilayh) ce qui signifie : « Par rapport à ce que tu as dit à son propos, il s’est plaint du trop de travail et du peu de foin, alors traitez-le bien ».

3 – Ibnou Chahin a rapporté dans Dala‘ilou n-Noubouwwah de ^Abdou l-Lah Ibnou Ja^far qu’il a dit : Le Messager de Allah me portait un jour derrière lui sur sa monture. Il pénétra dans le jardin d’un homme des ‘ansar à Médine où se trouvait un chameau. Lorsqu’il vit le Prophète r, ce chameau gémit de tendresse et ses larmes ont coulé. Le Prophète r alla vers lui et lui essuya les larmes, il s’est alors calmé. Le Prophète a dit :

(( مَنْ رَبُّ هَذَا الْجَمَل ؟ ))

(man rabbou hadha l-jamal) ce qui signifie : « Qui est le propriétaire de ce chameau ? » Un jeune des ‘ansar vint alors et dit : Il est à moi. Alors, il lui dit :

)) أَلاَ تَتَّقِي اللهَ فِي هَذِهِ الْبَهِيمَةِ الَّتِي مَلَّكَكَ اللهُ إِيَّاهَا فَإِنَّهُ شَكَا إِلَيَّ أَنَّكَ تُجِيعُهُ وَتُدْئِبُهُ ((

(‘ala tattaqi l-Laha fi hadhihi l-bahimati l-lati mallakaka l-Lahou ‘iyyaha ! fa’innahou chaka ‘ilayya ‘annaka touji^ouhou wa toud’ibouh) ce qui signifie : « Ne crains-tu pas Allah concernant cette bête dont Allah t’a fait propriétaire. Elle s’est plainte à moi du fait que tu l’affames et la fatigues ».

Ce hadith est sûr, comme l’a dit le Mouhaddith Mourtada AzZabidiyy dans Charhou ‘Ihya‘i ^Ouloumi d-Din.

4 – Parmi ses miracles, il y a le jaillissement de l’eau d’entre ses doigts, chose éminente qui a été observée en plusieurs occasions, en présence d’assemblées nombreuses. Ceci nous est parvenu par plusieurs voies dont l’ensemble entraîne la connaissance catégorique, celle qui est acquise par tawatour ma^nawiyy [4]. Ce miracle n’est arrivé à personne d’autre qu’à notre Prophète puisque de l’eau a jailli de ses os, de ses ligaments, de sa chair et de son sang. Ceci est bien plus éminent que le jaillissement de l’eau de la roche que Mouça frappait de son bâton, car le jaillissement d’eau à partir d’un rocher est une chose commune, contrairement à son jaillissement à partir de la chair et du sang. Ceci a été rapporté par Jabir, ‘Anas, Ibnou Mas^oud, Ibnou ^Abbas, Abou Layla Al-‘Ansariyy et Abou Rafi^.

5 – Les deux ChaykhAl-Boukhariyy et Mouslim– ont rapporté du hadith de ‘Anas sa parole : « J’ai vu le Messager de Allah r alors que le temps de la prière du ^asr avait débuté, il avait demandé de l’eau pour le woudou’ mais les gens n’en avaient pas trouvé. C’est alors qu’on apporta au Messager de Allah r un récipient d’eau pour le woudou’ dans lequel il mit sa main et il dit aux gens de faire leur woudou’ avec cette eau. J’ai vu alors l’eau jaillir d’entre ses doigts. Les gens ont fait leur woudou’ jusqu’au dernier d’entre eux ». Dans une version de Al-Boukhariyy, celui qui rapporte a dit à ‘Anas : « Combien étiez-vous ? ». Il lui a dit : « Trois cents ».

6 – Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté du hadith de Jabir également : « Les gens eurent soif le jour de Al-Houdaybiyah alors que le Messager de Allah r avait devant lui un petit récipient à partir duquel il faisait le woudou’. Les gens l’assaillirent. Il leur dit :

)) ما لكم(( 

(ma lakoum ?) ce qui signifie : « Qu’avez-vous ? ». Ils lui dirent : Ô Messager de Allah, nous n’avons plus de quoi faire le woudou’, ni de quoi boire mis à part ce que tu as devant toi. Alors Il mit sa main dans le récipient et l’eau se mit à jaillir comme les sources. C’est ainsi que nous bumes et fîmes le woudou’. On demanda : combien étiez-vous ? Il a dit : si nous avions été cent mille, cela nous aurait suffi ; nous étions quinze cents ».

Le fait est que l’eau a jailli d’à même la chair qui se trouve sur les doigts. C’est explicitement ce qu’a dit An-Nawawiyy dans le Commentaire de Mouslim et ceci est appuyé par la parole de Jabir : « J’ai vu l’eau qui sortait », et dans une autre version : « qui jaillissait d’entre ses doigts ».

7 – Parmi ses miracles : la remise en place de l’œil de Qatadah après qu’il fut arraché.

Al-Bayhaqiyy, dans Ad-Dala‘il, a rapporté de Qatadah Ibnou n-Nou^man que son œil fut blessé le jour de la bataille de Badr. Le globe de son œil pendait sur sa joue. Les gens voulurent alors le lui sectionner. Ils demandèrent donc la permission au Messager de Allah. Il leur dit :

(( لا ))

(la) ce qui signifie : « non ». Il demanda qu’on le fasse venir à lui et il remit le globe oculaire en place avec la paume de sa main de sorte que par la suite, Qatadah ne distinguait plus lequel de ses deux yeux avait été blessé. Fin de citation

À propos de ces deux miracles, l’un des compositeurs d’éloges a dit en poésie :

Si Mouça a abreuvé les tribus des fils de ‘Israil à partir de la pierre

Il y a dans la main une signification qui n’est pas dans la pierre

Si ^Iça a guéri l’aveugle de naissance par son invocation

Combien par sa paume ont été rendues de visions

8 – Il y a parmi ses miracles : la nourriture qui disait soubhana l-Lah (tasbih) dans sa main. Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Ibnou Mas^oud qui a dit : « Nous mangions avec le Prophète r et nous entendions le tasbih de la nourriture ».

Ces trois miracles sont plus étonnants que de ressusciter les morts, qui est l’un des miracles du Macih ^Iça fils de Maryam.

9 – Et parmi ses miracles r :

Le voyage nocturne (al-‘isra)
et l’ascension (al-mi^raj)

Le Voyage nocturne (al-‘isra) est confirmé par le texte du Qour’an et du hadith sahih. Il est un devoir de croire que Allah l’a fait voyager r en une partie de la nuit, de Makkah à la mosquée Al-‘Aqsa [5].

Quant à l’Ascension (al-mi^raj), elle a été confirmée par le texte du hadith. Mais dans le Qour’an, il n’y a pas de texte explicite y faisant référence qui n’admette aucun ta’wil [6]. Il y a cependant à son sujet ce qui constitue un texte quasi explicite [7].

Ainsi, le voyage nocturne (al-‘isra) a été cité dans Sa parole ta^ala :

]سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلاً مِنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الْأَقْصَى الَّذِي بَارَكْنَا حَوْلَهُ لِنُرِيَهُ مِنْ آيَاتِنَا[ [8]

(soubhana l-ladhi ‘asra bi^abdihi laylan mina l-masjidi l-harami ‘ila l-masjidi l-‘aqsa l-ladhi barakna hawlahou linouriyahou min ‘ayatina) qui signifie : « Il est exempt de toute imperfection Celui Qui a fait voyager Son esclave une partie de la nuit, de la mosquée Al-Haram à la mosquée Al-‘Aqsa dont Nous avons béni les alentours, pour lui montrer certaines des grandes manifestations de Notre toute-puissance ».

Si quelqu’un dit (que Sa parole ta^ala :

[وَلَقَدْ رَآهُ نَزْلَةً أُخْرَى عِنْدَ سِدْرَةِ الْمُنْتَهَى عِنْدَهَا جَنَّةُ الْمَأْوَى] [9]

(wa laqad ra’ahou nazlatan ‘oukhra) qui signifie : « Et certes, il l’a vu une seconde fois » peut admettre que ce soit une vision dans le rêve), nous répondons : ceci est un ta’wil et il ne sied pas de faire le ta’wil d’un texte s’il n’y a pour le faire ni un argument rationnel catégo­rique, ni un texte rapporté et confirmé qui soit une preuve pour le faire, conformément à ce qu’a dit Ar-Raziyy dans Al-Mahsoul et d’autres que lui parmi les savants de la science des fondements. Dans le cas présent, Il n’y a pas de tels arguments pour faire ce ta’wil.

Mouslim a rapporté d’après Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée, que le Messager de Allah r a dit :

)) أُتِيتُ بِالْبُرَاقِ وَهُوَ دَابَّةٌ أَبْيَضُ طَوِيلٌ فَوْقَ الْحِمَارِ وَدُونَ الْبَغلِ يَضَعُ حَافِرَهُ عِنْدَ مُنْتَهَى طَرفِهِ فَرَكِبْتُهُ حَتَّى أَتَيْتُ بَيْتَ الْمَقْدِسِ فَرَبَطْتُهُ بِالْحَلقَةِ الَّتِي يَرْبِطُ بِهَا الأَنْبِيَاءُ. ثُمَّ دَخَلْتُ الْمَسْجِدَ فَصَلَّيْتُ فِيهِ رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ خَرَجْتُ فَجَاءَنِي جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلاَمُ بِإِنَاءٍ مِنْ خَمْرٍ وَإِنَاءٍ مِنْ لَبَنٍ فَاخْتَرْتُ اللَّبَنَ. فَقَالَ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلاَمُ :

اخْتَرْتَ الْفِطْرَةَ. ثُمَّ عَرَجَ بَنَا إِلىَ السَّمَاءِ((

(‘outitou bi l-bouraq wahouwa dabbatoun ’abyadou tawiloun fawqa l-himari wa douna l-baghli yada^ou hafirahou ^inda mountaha tarfihi, qala : farakibtouhou hatta ‘ataytou bayta l-maqdis farabattouhou bi l-hilqati l-lati yarbitou biha l-‘anbiya’, qala : thoumma dakhaltou l-masjida fasallaytou fihi rak^atayni thoumma kharajtou faja’ani Jibrilou ^alayhi s-salamou bi’ina’in min khamrin wa ‘ina’in min labanin fakhtartou l-labana faqala Jibrilou ^alayhi s-salam : ‘ikhtarta l-fitrah ; qala : thoumma ^araja bina ‘ila s-sama’…) ce qui signifie : « On m’a amené le bouraq qui est une bête blanche haute, de taille intermédiaire entre l’âne et le mulet et qui pose son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteint. Je l’ai montée jusqu’à arriver à Baytou l-Maqdis Jérusalem et je l’ai attachée à l’anneau auquel les prophètes attachent leur monture. Il a dit : Ensuite, je suis entré dans la mosquée où j’ai accompli deux rak^ah et je suis sorti. Jibril ^alayhi s-salam m’a présenté un récipient contenant du khamr [du paradis, qui n’enivre pas] et un autre contenant du lait. J’ai choisi le lait. Jibril ^alayhi s-salam m’a dit : tu as choisi de t’attacher à la religion. Il a dit : Puis, il nous a fait monter au ciel… » jusqu’à la fin du hadith.

De plus, dans ce hadith, il y a une preuve que le Voyage nocturne et l’Ascension ont eu lieu dans une même nuit, par son âme et son corps, à l’état d’éveil puisque personne n’a dit qu’il est arrivé à Baytou l-Maqdis puis qu’il s’est endormi.

La vision qu’a eue le Messager de Son Seigneur
par son cœur et non par ses yeux durant cette nuit

AtTabaraniyy a rapporté dans son Mou^jamou l-‘Awsat, avec une forte chaîne de transmission d’après ^Abdou l-Lah fils de Al-^Abbas, que Allah les agrée tous deux, qu’il a dit : « Mouhammad a vu son Seigneur par deux fois ».

De même, Ibnou Khouzaymah a rapporté avec une forte chaîne de transmission : « Mouhammad a vu son Seigneur ».

Ce qui est visé est qu’il L’a vu avec son cœur, pour preuve le hadith de Mouslim citant la parole de Ibnou ^Abbas, rapportée par Abou l-^Aliyah, à propos de Sa parole ta^ala :

[مَا كَذَبَ الْفُؤَادُ مَا رَأَى أَفَتُمَارُونَهُ عَلَى مَا يَرَى وَلَقَدْ رَآهُ نَزْلَةً أُخْرَى[10]

x(ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a ‘afatoumarounahou ^ala ma yara wa laqad ra’ahou nazlatan ‘oukhra) ce qui signifie : « Le cœur n’a pas menti en ce qu’il a vu. Lui contestez-vous donc ce qu’il voit ? Il L’a pourtant vu aussi en une autre occasion ». Il a dit : « Il a vu son Seigneur par son cœur deux fois ».

Avertissement :

Al-Ghazaliyy a dit : « La vérité, c’est que le Prophète n’a pas vu son Seigneur la nuit de l’Ascension ». Ce qu’il vise, c’est qu’il ne L’a pas vu avec ses yeux. En effet, il n’a pas été confirmé que le Prophète r ait dit qu’il L’a vu avec ses yeux ni qu’un des compagnons, des successeurs ou de leurs successeurs ait dit : (Il L’a vu avec ses yeux).

Le fait que le miracle est une preuve
de la véracité du Prophète r

L’arrivée d’une chose extraordinaire, qui apparaît aux mains de ceux qui disent être prophètes, qui répond à un défi et ne peut se voir opposer quoi que ce soit de semblable, est du même ordre que si Allah disait :

(صَدَقَ عَبْدِي فِي كُلِّ مَا يُبَلِّغُ عَنِّي)

(sadaqa ^abdi fi koulli ma youballighou ^anni) ce qui signifie : « Mon esclave est véridique en tout ce qu’il transmet de Ma part », c’est-à-dire que s’il n’avait pas été véridique dans ses dires, Allah ne lui aurait pas fait apparaître ce miracle. C’est donc comme si Allah ta^ala disait : « Mon esclave, celui-là même qui dit être prophète est véridique dans ce qu’il dit, car Je lui fais apparaître ce miracle ». En effet, celui qui déclare qu’un menteur est véridique est lui-même un menteur et s’agissant de Allah, le mensonge est impossible. Ceci prouve donc que Allah lui crée ce miracle pour manifester sa véracité, étant donné que toute personne raisonnable sait que le retour des morts à la vie, la transformation d’un bâton en véritable serpent et la sortie d’une chamelle d’une roche compacte ne sont pas des choses ordinaires.

Le moyen de connaître le miracle
de façon formelle et avec certitude

La connaissance du miracle a lieu par l’observation, pour ceux qui l’ont vu et, par l’arrivée de la nouvelle par tawatour à ceux qui ne l’ont pas vu. Ceci est comparable à notre connaissance des pays éloignés et des événements historiques indubitables qui sont arrivés à ceux qui nous ont précédés, relatifs par exemple aux rois et aux communautés antérieures. La nouvelle transmise par tawatour tient lieu d’observation. Il est donc obligatoire selon la raison de croire en celui à qui le miracle est arrivé, tout comme cela est obligatoire selon la Loi de l’Islam.


[1] Que l’on sache que c’est Jibril qui descend avec la révélation aux prophètes la plupart du temps mais c’est parfois un autre ange. La révélation a lieu soit par l’intermédiaire d’un ange, ou par l’audition de la parole de Allah exempte de début, ou par ce qui parvient directement au cœur du Prophète r (‘ifadah).

[2] waliyy de Allah

[3] Le miracle s’appelle mou^jizah et le prodige s’appelle karamah.

[4] C’est-à-dire que le sens de cette nouvelle est parvenu par tawatour mais qu’ils ne l’ont pas transmise avec exactement les mêmes termes.

[5] Les gens de vérité, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, spécialistes du hadith et spécialistes des fondements, exégètes et savants, ont été unanimes sur le fait que le Voyage nocturne a eu lieu avec le corps et l’âme et à l’état d’éveil.

[6] C’est-à-dire par une autre explication que le sens qui vient communément à l’esprit.

[7] Il y a dans le Qour’an ce qui indique le Mi^raj mais ce n’est pas un texte explicite, tel que Sa parole ta^ala : (walaqad ra’ahou nazlatan ‘oukhra ^inda sidrati l-mountaha ^indaha jannatou l-ma’wa). Si quelqu’un a compris que Sidratou l-mountaha se trouve dans le ciel et qu’il renie malgré cela le Mi^raj, il aura mécru. Quant à celui qui ne le sait pas et qui ne le comprend pas du Qour’an, il n’a pas fait de mécréance.

[8] [souratou l-‘Isra/ 1]

[9] [souratou n-Najm / 14-15-16]

[10] [souratou n-Najm / 12-13-14]

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