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Croyance : retour à la classification de la mécréance

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Retour à la classification de la mécréance
pour plus de compréhension

Sache de plus que la mécréance est de trois catégories :

– l’assimilation (tachbih)

– l’incrédulité (takdhib)

– l’athéisme (ta^til)

La première : l’assimilation (tachbih) : c’est-à-dire le fait d’assimiler Allah à Ses créatures, comme celui qui Lui attribue le fait d’avoir un début à Son existence ou de S’anéantir, ou bien le corps, la couleur, la forme ou la quantité, c’est-à-dire la mesure du volume. Quant à ce qui a été cité dans le hadith :

(( إِنَّ اللهَ جَمِيلٌ ))

(‘inna l-Laha jamil) ce qui signifie : « Certes, Allah est Jamil », cela ne signifie pas la beauté de l’aspect mais qu’Il est Celui Dont les attributs sont parfaits, ou Celui Qui accorde beaucoup de bienfaits.

La deuxième : par incrédulité (takdhib) : c’est-à-dire le refus de croire ce qui est parvenu dans le Qour’an Honoré, ou ce qui a été rapporté d’une manière confirmée du Messager r et qui fait partie de ce qui est connu d’évidence dans la religion. C’est par exemple croire que le paradis et l’enfer auront une fin, ou croire que le paradis est un lieu de félicité non perceptible par nos sens, ou que l’enfer est un lieu de souffrances uniquement morales, ou nier la résurrection des corps et des âmes ensemble ou nier l’obligation de la prière, du jeûne ou de la zakat, ou croire à l’interdiction du divorce ou rendre licite la consommation de boissons alcoolisées et d’autres choses parmi ce qui est confirmé catégoriquement et qui est connu d’évidence chez les musulmans.

Ceci est différent du cas de celui qui croit que la prière est un devoir pour lui par exemple mais qui ne l’accomplit pas : celui-là est désobéissant et non pas mécréant comme le serait celui qui croit qu’elle n’est pas un devoir pour lui.

La troisième : par athéisme (ta^til) : c’est la négation de l’existence de Allah et c’est la pire des mécréances.

Le jugement de celui qui assimile Allah ta^ala à Ses créatures, c’est qu’il est mécréant catégoriquement.

La voie pour écarter l’assimilation :

* c’est de suivre cette règle catégorique : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent ». Cette règle fait l’objet de l’Unanimité chez les gens de la vérité. Elle est tirée de Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ] [1]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui »,

* et c’est de remarquer le poème qui a été rapporté du Siddiq, notre maître Abou Bakr :

L’incapacité à connaître la réalité de Allah est en soi une connaissance

Et chercher à atteindre Sa réalité est une mécréance et une association [2]

* et de remarquer aussi la parole de certains savants : « Ne connaît Allah par Sa réalité que Allah ta^ala ».

Quant à notre connaissance à nous de Allah ta^ala, elle n’est pas exaustive mais elle a lieu :

  • par la connaissance de ce qui est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah, comme par exemple l’obligation selon la raison qu’Il a pour attribut l’exemption de début,
  • et par le fait de L’exempter de ce qui est impossible s’agissant de Lui ta^ala, comme l’impossibilité rationnelle qu’Il ait un associé,
  • et par la connaissance de ce qui est possible s’agissant de Allah, comme le fait de créer une chose ou de ne pas la créer.

L’Imam Ar-Rifa^iyy [3] a dit : « La limite de la connaissance à propos de Allah, c’est la certitude de Son existence ta^ala, sans comment et sans endroit ».

Information précieuse

Al-Ghazaliyy a dit dans son livre Al-‘Ihya : « Il est certes –c’est-à-dire Allahexempt de début. Il n’y a pas de début à Son existence et il n’y a pas de fin à Son existence ; et Il n’est pas une substance élémen­taire qui serait localisée mais Il est exempt de la correspondance avec ce qui entre en existence ; et Il n’est certes pas un corps composé de substances élémentaires. S’il était permis de croire que le Créateur du monde est un corps, il serait permis de croire à la divinité du soleil, de la lune ou d’une autre chose faisant partie des sortes de corps. Ainsi, Il n’a de ressemblance avec aucune chose et aucune chose n’a de ressemblance avec Lui mais Il est الحيّ (Al-Hayy) Celui Qui a pour attribut la vie exempte de début et exempte de fin, القيّوم (Al-Qayyoum) Celui Qui ne s’anéantit pas. Comment ce qui est créé aurait-il une ressemblance avec Celui Qui l’a créé ?! ce qui est quantifié avec Celui Qui l’a quantifié ?! et ce qui a une image avec Celui Qui lui a donné son image ?! »

Ces paroles ne font pas partie de la pratique du kalam que les savants ont blâmée ; en revanche, les gens du Salaf ont blâmé la pratique du kalam des innovateurs dans la croyance, comme les mouchabbihah –ceux qui assimilent Allah à Ses créatures–, les mou^tazilah, les khawarij et l’ensemble des groupes qui se sont singularisés par rapport à ce sur quoi étaient le Messager et les compagnons, ceux qui se sont divisés en soixante-douze groupes comme l’a annoncé le Messager dans son hadith sahih et confirmé que Ibnou Hibban a rapporté avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à Mou^awiyah. Il a dit : le Messager de Allah r a dit :

)) افتَرَقَتِ اليهودُ إحدى وسبعينَ فرقةً وافترقَتِ النصارى على اثنتَينِ وسبعينَ فرقةً وستفتَرِقُ أُمَّتي إلى ثلاثٍ وسبعينَ فرقةً كلُّهم في النارِ إلاّ واحدٌ وهي الجماعةُ ((

(‘iftaraqati l-yahoudou ‘ihda wa sab^ina firqah wa ftaraqati n-nasara ^ala thnatayni wa sab^ina firqah wa sataftariqou ‘oummati ‘ila thalathin wa sab^ina firqah koullouhoum fi n-nari ‘il-la wahidah wahiya l-jama^ah) ce qui signifie : « Les yahoud se sont divisés en soixante-et-onze groupes, les nasara se sont divisés en soixante-douze groupes et ma communauté se divisera en soixante-treize groupes, tous iront en enfer sauf un, et c’est la Jama^ah –c’est-à-dire la grande majorité (as-sawadou l-‘a^dham)–».

Quant à la science du kalam (^ilmou l-kalam) que pratiquent les gens de Ahlou s-Sounnah, qu’ils soient Acharites ou Matouridites, elle était déjà pratiquée avant Al-‘Ach^ariyy et Al-Matouridiyy. En effet, Abou Hanifah a écrit cinq lettres à ce sujet et l’Imam Ach-Chafi^iyy maîtrisait la science du kalam au point qu’il a dit : « Nous avons maîtrisé celle-là avant cette autre » c’est-à-dire : nous avons maîtrisé la science du kalam  avant la science des lois ( le fiqh).

La préservation du feu

Allah ta^ala dit :

]يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلاَئِكَةٌ غِلاَظٌ شِدَادٌ لاَ يَعْصُونَ اللهَ مَا أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ[4] [

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqou­douha n-naçou wa l-hijarah ; ^alayha mala’ikatoun ghiladhoun chidadoun la ya^souna l-Laha ma ‘amarahoum wa yaf^alouna ma you’maroun) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres, qui est à la charge d’anges forts et rudes avec les mécréants, qui ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne et qui font ce qu’Il leur ordonne ».

Il est parvenu dans l’exégèse de cette ayah que Allah ordonne aux croyants de se préserver ainsi que leurs familles du feu dont le combustible sera constitué d’hommes et de pierres et ce, par l’apprentissage des sujets de la religion et l’enseignement de ces choses aux membres de leur famille [5], c’est-à-dire par la connaissance de ce que Allah ordonne de faire ou de s’en garder, c’est-à-dire les devoirs et les interdits, ceci pour qu’ils ne tombent pas dans l’assimilation de Allah à Ses créatures, dans l’idolâtrie, la mécréance et l’égarement.

En effet, si quelqu’un assimile Allah ta^ala à quoi que ce soit, son adoration n’est pas valable parce qu’il adore quelque chose qu’il a imaginée et s’est représentée dans son imagination et ses illusions. L’Imam Abou Hamid Al-Ghazaliyy a dit : « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qu’on adore ».


[1] [souratou ch-Choura / 11]

[2] Rapportée par le faqih et mouhaddith chafi^iyy Badrou d-Din Az-Zarkachiyy.

[3] C’est ‘Ahmad ‘Ibnou Abi l-Haçan ^Aliyy. Il faisait partie de ceux qui ont réuni la science, la pratique et l’ascèse. C’était un faqih, un mouhaddith et un exégète. Il a composé plusieurs ouvrages, parmi lesquels le livre du commentaire du Tanbih dans le fiqh chafi^iyy. Il a aussi composé un livre de quarante hadith avec leurs chaînes de transmission. Il décéda en l’an 578 de l’Hégire. L’Imam Abou l-Qacim Ar-Rifa^iyy a fait sa biographie dans un livre qu’il a intitulé Sawadou l-^Aynayni fi Manaqibi Abi l-^Alamayn.

[4] [souratou t-Tahrim / 6]

[5] Ceci est rapporté de notre maître ^Aliyy fils de Abou Talib avec une forte chaîne de transmission.

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