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Série Le Mariage en Islam (14) : Détails sur le divorce

Posted in cours général,islam,jurisprudence,Livre,société par chaykhaboulaliyah sur août 1, 2023
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Il n’y a pas de différence entre le divorce qui est dit en étant sérieux et le divorce qui est dit en plaisantant. Le divorce a lieu.

La preuve en est la parole du Prophète ﷺ qui signifie : “il y a 3 choses qui, si elle sont prononcées en étant sérieux ou, si elles sont prononcées en plaisantant, elles sont comptées pour du sérieux. Ces 3 choses sont : le mariage, le divorce et la reprise en mariage.”

[hadith rapporté par Abou Dawoud dans ses sounan]

Ce hadith est sahih -authentique-. 

La signification de ce hadith est que ces 3 choses : le mariage, le divorce et la reprise en mariage, qu’elles soient prononcées en plaisantant ou en étant sérieux, sont comptées pour du sérieux.

Cela veut dire que si le père dit à un homme qui est du niveau de sa fille, en plaisantant : “je te donne en mariage ma fille une telle” et que l’homme répond : “oui j’accepte son mariage.” 

Le mariage est conclu même s’ils étaient tous les deux en train de plaisanter.

De même, si un homme, en plaisantant dit à sa femme “je te divorce”, le divorce est effectif. De même la reprise en mariage, c’est-à-dire qu’il l’a divorcée une ou deux fois, elle est dans sa période d’attente post-maritale et il lui dit “je te reprends à mon mariage”. La reprise est effective, et ce, même si c’est par plaisanterie. Que dire alors de la mécréance. Si tel est le cas pour le mariage, pour le divorce, pour la reprise en mariage, à plus forte raison la mécréance. Si quelqu’un dit de la mécréance en plaisantant ou en étant sérieux c’est compté pour du sérieux.

L’auteur dit : si le mariage -la transaction- a eu lieu et a rempli les conditions, même si le tuteur et le mari étaient tous deux en train de plaisanter, le mariage est confirmé.

De même pour le divorce, si le mari et la femme étaient tous deux en train de plaisanter ou que l’un des deux étaient sérieux. Comme par exemple, si la femme lui a dit : “divorce moi” et lui dit : “je te divorce.” Et ils étaient tous deux sérieux. C’est compté pour un divorce. Ou qu’ils étaient tous deux en train de plaisanter, elle lui a dit “divorce moi” par plaisanterie. Et lui a dit : “je te divorce”. Le divorce est effectif. C’est du sérieux.

Ou si elle par plaisanterie elle lui a dit “tu me divorces” et lui sérieusement il a dit “tu es divorcée”. Ou bien si elle lui dit sérieusement “divorce moi” et lui par plaisanterie il dit “je te divorce”. Dans tous les cas, c’est compté comme effectif.

Donc, s’il y a eu un divorce ou deux divorces et que dans ce cas là, la reprise en mariage est possible, tant que la femme est encore dans la période d’attente post-maritale.

Comment l’homme reprend la femme en mariage ? Il lui dit : “je te reprends à mon mariage”, ou ce qui est de cet ordre. En revanche, si la période d’attente post-maritale s’est achevée, avant qu’il ne l’a reprenne en mariage, elle ne lui est pas permise, sauf s’il fait un nouveau contrat de mariage avec elle, avec son tuteur à elle et deux témoins musulmans.

Quand on dit الجِد c’est le contraire de la plaisanterie. C’est quand on est sérieux.

Parce que الجَد c’est autre chose; ce mot peut avoir le sens de la richesse ou de la gloire.

Allah ta^ala dit dans sourat Al-jinn : Ici جد ربّنا signifie « la gloire de notre Seigneur/notre Seigneur glorifié soit-il ». 

Et il y a le sens du père de son père ou du père de la mère. Cela s’appelle al-jadd également.

Pour revenir à la différence entre un effacement de contrat et un divorce.

L’effacement de contrat n’est pas limité par un nombre. Tandis que le divorce peut aller jusqu’à 3 fois. Un homme peut au maximum divorcer 3 fois d’une femme libre.

Pour ce qui est de l’effacement de contrat –al-faskh-, il n’est pas limité par 3 comme le divorce. S’ils ont fait 3 effacements de contrats ou plus, la femme n’a pas besoin de se marier avec un autre homme pour que le premier puisse se marier avec elle une autre fois, comme pour le divorce. Le divorce triple, s’il y a lieu, pour que celui qui l’a divorcée 3 fois puisse l’épouser à nouveau, il faut qu’elle se marie avec un autre auparavant et qu’il l’a divorce. Après le premier peut faire un nouveau contrat. Mais pour les effacements de contrat, il n’y a pas cette condition. Même s’ils ont fait plusieurs effacements de contrat, si l’homme veut refaire un nouveau contrat de mariage avec elle, il peut. La femme n’a pas besoin de se remarier avec un autre homme. Ils ont simplement besoin de renouveler le contrat de mariage.

Certains ont dit que si l’homme dit à sa femme “tu es divorcée triplement” en une même assemblée, selon un hadith de Mouslim, cela est compté que pour une seule fois. 

Le divorce après lequel il y a possibilité de reprise en mariage, c’est lorsque c’est un divorce simple ou un divorce double. Dans ces cas-là, il est possible de reprendre en mariage par une phrase que dit l’homme “je te reprends à mon mariage”, dans le cas où la période d’attente post-maritale ne s’est pas écoulée. Cependant, si la période d’attente post-maritale s’est achevée, il ne peut pas vivre maritalement avec elle sans avoir fait un nouveau contrat de mariage avec un tuteur et deux témoins dignes de confiance.

La période d’attente post-maritale est de trois périodes intermenstruelles ou trois périodes de pureté.

Dès lors que cela la est connu, il s’avère que la reprise en mariage ce n’est pas un renouvellement de contrat, mais c’est une expression qui indique qu’il est permis de vivre maritalement avec elle.

Certaines personnes ont dit quelque chose qui est faux. Ils ont dit que si quelqu’un a repris sa femme en mariage, ils ont prétendu qu’il ne peut pas avoir de rapport avec elle qu’après la fin de la période d’attente post-maritale. Cela est faux. Parce que dès lors qu’il l’a reprise en mariage, c’est sa femme. Il ne va pas attendre une prétendue période d’attente post-maritale pour avoir un rapport avec elle.

Donc quant à celui qui divorce de son épouse 3 fois en une seule fois (il lui dit “tu es divorcée” 3 fois ou il lui dit “tu es divorcée triplement”), il ne lui est pas permis de la reprendre sauf si la période d’attente post-maritale s’achève, qu’elle épouse un autre homme -qu’elle fasse un autre contrat de mariage-, que cet autre homme consomme le contrat de mariage, puis qu’il veuille la divorcer,  puis que la période d’attente post-maritale avec le deuxième homme s’achève, pour que le premier puisse faire un nouveau contrat de mariage. Et ce jugement est le même s’il lui dit “tu es divorcée triplement” s’il était en colère ou s’il était en train de plaisanter ou en étant sérieux. Le jugement est le même. 

Et donc Ibnou ^Abbas lui-même, un homme est venu et lui a dit : “j’ai prononcé le divorce 100 fois avec ma femme.”

Il lui a dit : “3 fois font qu’elle n’est plus ta femme et 97 c’est une imbécilité de ta part. Tu n’as pas divorcé 100 fois, tu as jusqu’à 3 fois, c’est tout.”

Les savants ont retenu cet avis que Ibnou ^Abbas a donné. Et c’est pour cela qu’ils n’ont pas pris en compte ce que Mouslim a rapporté de Ibnou ^Abbas. Nous allons voir quel est ce hadith et pourquoi les savants ne l’ont pas pris en compte. 

Ils n’ont pas retenu le hadith rapporté par Mouslim d’après Ibnou ^Abbas. Nous allons voir qu’il y a un terme dans ce hadith qui fait que le hadith n’est pas authentique. Parce que d’une part il n’est pas conforme à ce que Ibnou ^Abbas a donné comme jugement. Et Mouslim a rapporté de lui des paroles qui sont contraires à cette fatwa. Nous allons voir qu’il y a une petite subtilité dans le terme et que si cela est rectifié, alors cela devient cohérent.

Mouslim a rapporté que Ibnou ^Abbas a dit que : “le divorce triple était à l’époque du messager de Allah ﷺ et de Abou Bakr et la première partie du califat de ^Oumar était compté comme un seul divorce.”

Puis, ^Oumar a dit : “les gens se sont empressés sur un sujet alors qu’ils avaient eu la possibilité de prendre du temps au lieu de divorcer 3 fois. Nous allons leur appliquer ce qu’ils comprennent.” Et il leur a appliqué le jugement.

Ceux qui ont retenu ce hadith comme preuve que le divorce triple en une seule assemblée n’est compté comme une fois, ce hadith n’est pas une preuve en leur faveur pour différentes causes qui vont être énumérées.

  1. Première cause : l’imam Ahmad Ibnou Hanbal a dit que ce hadith est شاذ –chadh-, -singulier-, il n’est pas cohérent avec le reste de ce qui est rapporté sur ce sujet. Et ce qui est singulier n’est pas retenu comme argument. L’imam Ahmad a dit que cette version rapportée par Mouslim est faible parce qu’il est singulier et n’est pas cohérent avec ce qui a été rapporté sur le sujet. Et donc ce n’est pas un argument.

Comme on a dit, Ibnou ^Abbas a donné une fatwa. Quelqu’un lui a dit : “j’ai divorcé 100 fois” et donc il lui a dit : “Les 3 comptent pour un divorce définitif”. C’est confirmé de lui qu’il a émis un jugement que celui qui divorce 3 fois en une même assemblée, cela est compté comme un divorce triple. Donc ça c’est ce qui est rapporté de lui.

Pourquoi il se base sur un autre hadith qui est contraire à ce qui est confirmé de la part de Ibnou ^Abbas?

Et le fait que Ibnou ^Abbas a compté le divorce triple en une seule assemblée comme étant compté 3 fois, 8 parmi ses compagnons dignes de confiance ont rapporté cela de lui. Ils ont entendu Ibnou ^Abbas dire cela et l’ont rapporté de lui.

Tout comme l’a indiqué Al Bayhaqiyy dans as-sounan al-koubra.

Il y a une règle : lorsqu’un hadith est en opposition avec un acte, -ici nous parlons de Ibnou ^Abbas-. Le hadith rapporté est que celui qui dit à sa femme “tu es divorcée par 3 fois”, ils ont prétendu que c’est compté comme un seul divorce. Or, l’acte qui est rapporté de Ibnou ^Abbas: celui qui a divorcé 100 fois, 3 fois est considéré comme étant un divorce triple. Cela a été confirmé et rapporté par 8 de ses compagnons dignes de confiance.

Si l’acte n’est pas conforme au hadith, alors on ne prend pas en compte le hadith. C’est une règle chez certains mouhaddith -spécialiste du hadith-.

Ils ont dit : si on rapporte de quelqu’un un hadith et que son acte n’a pas été conforme à cette parole qui a été rapportée de lui, alors on ne prend pas en compte cette parole car il a agi lui. Et son action est différente de la parole qui lui est attribuée. Donc, on ne prend pas en compte cette parole qui lui est attribuée. C’est une règle chez certains mouhaddith, ils ont dit cela.

Donc, il a été rapporté de Ibnou ^Abbas par Mouslim quelque chose et 8 parmi ses compagnons dignes de confiance ont rapporté qu’il a agi d’une manière différente. Ils ont dit que cette parole de Mouslim, on ne la prend pas.

Et cette règle est suivie par Abou Hanifah et ses disciples.

Et c’est peu probable/plausible que Ibnou ^Abbas rapporte ce hadith selon son sens apparent et il lui donne son sens apparent et d’autre part qu’il donne un jugement contraire à ce qu’il rapporte. Ce n’est pas plausible que ^Abdoullah Ibnou ^Abbas agisse de cette manière.

3 raisons :

  1. Le hadith rapporté par Mouslim de Ibnou ^Abbas est faible en raison de sa singularité.
  2. Il a été confirmé que Ibnou ^Abbas a donné un jugement que le divorce dit 3 fois en une seule assemblée est compté triplement et donc ce qui est rapporté de lui est contraire à l’acte qui est rapporté de lui. Donc, on ne prend pas en compte cette parole rapportée de lui.
  3. Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy a dit dans son livre al-Qabas -commentaire de al-mouwatta de Al-Malik Ibnou Anas-, que le terme البتة –al-battah– à l’époque du messager de Allah, à l’époque de Abou Bakr et une partie de l’époque de ^Oumar Ibn al-Khattab était considéré comme une seule fois, c’est-à-dire que les gens quand ils utilisaient le terme البتة c’était pour insister sur un divorce unique.

Qu’est-ce qu’il a dit ^Oumar ? Il a dit : “les gens s’empressent dans un sujet alors qu’ils pouvaient prendre plus leur temps.”

Et il leur a appliqué le jugement. Dans la deuxième partie du califat de ^Oumar, les gens utilisaient le mot al-battah dans le sens de triple. Puis, la compréhension des gens a changé. Ils se sont mis à comprendre al-battah par 3 fois, c’est-à-dire définitivement.

La première fois, ils comprenaient ce mot par fermement, certainement. Et après, ils ont compris définitivement. ^Oumar leur a appliqué le jugement selon leur compréhension.

Si vous remplacez dans la version de Mouslim, au lieu de 3 fois par le mot al-battah, on trouve la même chose. Donc, c’est à priori une erreur de l’un des rapporteurs qui a remplacé le mot al-battah par 3 fois.

Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy a dit que cette parole c’est Mouslim qui l’a rapportée. Abou Bakr Ibnou Al-^Arabiyy est d’Andalousie et il a dit : peut-être qu’il s’est basé sur l’une des versions de Mouslim qui était chez les maghrébins, parce qu’il y a des gens qui transmettent et puis, il y a peut-être eu une dérivation, une version qui est restée chez les gens en Orient et une autre version qui est restée chez les gens du Maghreb. Et que lui aurait pris connaissance d’une version des gens du Maghreb, chez qui cela était resté intact et qu’il est possible que là l’erreur soit dans une des retranscriptions chez les gens du machraq.

Le chaykh explique encore une fois ce qu’on vient de dire.

Il a dit : Les gens lorsqu’ils disaient “tu es divorcée al-battah”. Au début, c’était dans l’intention d’insister dans le divorce unique. Mais pour dire que c’est ferme. Puis, la compréhension des gens a changé, ils en ont compris définitivement. C’était fermement et ils en ont compris définitivement et donc ça veut dire 3 fois. C’est pour cela que certaines écoles de jurisprudence ont divergé sur ce sujet lorsque le divorce triple est prononcé en une seule assemblée.

Certains ont considéré que le terme al-battah c’est pour le divorce triple.

De même, lorsqu’il dit “tu m’es interdite” ou “tu es définitivement séparée de moi”. Et certains d’entre eux, l’emploient en fonction de la compréhension de la personne.

  • C’est ce que nous venons d’expliquer. C’est que l’expression rapportée par Mouslim est interprétée autrement que par le sens apparent. Ces explications ont été mentionnées par le hafidh Ibnou Hajar.

Certaines possibilités d’interprétation, c’est que un des rapporteurs de hadith chez Mouslim a rapporté la parole de Ibnou ^Abbas par la signification que lui a eu, par le sens que lui a compris et non pas par le terme que Ibnou ^Abbas a dit. Parce qu’il a dit que le divorce par trois fois. Alors que Ibnou ^Abbas a dit : “le divorce al-battah”.

Donc, il n’y a plus de preuve pour dire que le divorce prononcé 3 fois en une seule occasion serait compté une fois seulement. Ce n’est donc pas permis pour celui qui a divorcé de son épouse en une seule assemblée par 3 fois de continuer à vivre avec son épouse sans qu’un autre homme ne l’épouse (avec les règles que l’on connaît). Et celui qui fait cela aura violé l’unanimité qui a été réalisée à l’époque de notre maître ^Oumar.

Il n’est pas permis de croire que notre maître ^Oumar, que Allah l’agrée,aurait de sa propre initiative changé la loi et le jugement qui étaient appliqués par le messager de Allah  et les compagnons. Il n’a juste fait qu’appliquer aux gens ce qu’ils comprennent de cette parole.

Ainsi, dans le commentaire de Al-Boukhariyy, chapitre ‘Le divorce triple’, le hafidh Ibnou Hajar Al-Asqalaniyy a dit que la question que le divorce triple dit en une seule fois est compté comme étant un divorce triple, c’est un sujet qui fait l’objet de l’unanimité. Et celui qui contredit en cela, c’est quelqu’un qui délaisse l’unanimité.

Certains de ceux qui déforment les jugements de la religion dans la question du divorce, il a dit à propos de quelqu’un qui a prononcé deux divorces en une seule fois. Comme s’il a dit à sa femme : “je t’ai divorcée 2 divorces”. Puis, quelques temps plus tard, il a prononcé un autre divorce. Certains ont dit qu’en tout, cela fait deux. Les deux premiers parce qu’ils sont dit une seule fois, il les a compté comme un et le troisième, il l’a compté comme étant le deuxième. Ils ont prétendu que dans le verset 229 de sourat al-baqarah, dans lequel Allah ta^ala dit ce qui signifie : “Le divorce est deux fois”. Ils ont prétendu que cela est la preuve de ce que nous disons. Ils ont prétendu qu’il n’y a pas de divorce triple en une seule fois. 

Et la réponse que les savants ont donné à ces gens-là, ils ont dit que la parole de Allah -ce verset 229 de sourat al-baqarah-, il y a une information qui est implicite, elle n’a pas été mentionnée mais elle est comprise du contexte. C’est le divorce après lequel il y a possibilité de reprise, est de deux fois. « Après lequel il y a possibilité de reprise« , ça n’a pas été mentionné, mais c’est implicite. Preuve en est ce qui appuie ce verset.

Qu’est ce qu’il y a après ce verset? Après ce verset, le divorce est de deux fois, ensuite, soit vous conservez votre épouse dans de bons termes, soit vous vous séparez définitivement dans de bons termes.


Ce n’est pas une guerre. C’est possible que vous ne vous entendiez pas mais, soit vous restez dans de bons termes, soit vous vous quittez dans de bons termes.

Le verset est explicite.

Allah ta^ala dit dans le verset 230 de sourat al-baqarah, qui signifie : « Le divorce est jusqu’à 2 fois. Ensuite, soit vous continuez à vivre en bons termes, soit une séparation définitive dans de bons termes. Et s’il la divorce -s’il choisit la deuxième option- alors elle ne lui sera à nouveau licite que si elle se marie avec un autre homme. »

Allah tabaraka wa ta^ala dit dans le sens que le divorce est jusqu’à 2 fois. Ça veut dire que le divorce après lequel il y a une reprise possible en mariage est de deux fois.

Cela veut dire que celui qui prononce le divorce de son épouse une seule fois, il peut lui dire « je te reprends à mon mariage ». Elle devient à nouveau licite pour lui tout comme elle l’était tant qu’il dit cette phrase avant la fin de la période d’attente post-maritale. Elle lui est licite.

Et de même, s’il prononce un 2e divorce, il peut dire à sa femme « je te reprends en mariage » tant que la période d’attente post-maritale ne s’est pas achevée.

Selon ce qu’ont dit ces gens-là, ils ont prétendu que le divorce n’est valide que s’il est prononcé que deux fois. Cela est totalement faux et personne n’accepte cela. Ils ont pris le sens apparent du verset, mais ce n’est pas cela le sens.

Le sens de ce verset “le divorce est de deux fois” : signifie que les divorces après lesquels il y a possibilité de reprise en mariage est deux fois, c’est-à-dire après le premier divorce et après le deuxième divorce. C’est là où il y a possibilité de reprise.

Donc ce qui manque ici, c’est un mot qui est implicite et qui est compris du contexte, c’est-à-dire le nombre de divorce après lequel il est possible de reprendre en mariage est de deux. C’est cette phrase qui n’est pas mentionnée, mais qui est implicite.

Les arabes parlent comme cela, pour eux c’est évident. Le Qour’an est descendu dans la langue que parlaient les compagnons du Prophète. Pour eux c’est quelque chose d’évident.

C’est pour cela qu’on a besoin de tant d’explications.

Ce qui est à retenir : l’homme libre peut avoir jusqu’à 3 divorces avec sa femme. Mais, il peut avoir autant d’effacement de contrat qu’il veut.

Tandis que si jamais il y a eu un divorce triple, l’homme ne pourra vivre maritalement avec cette femme que si sa période d’attente post-maritale avec elle s’achève, qu’elle fasse un nouveau contrat de mariage avec un autre homme, que cet autre homme consomme avec elle, puis s’il veut il l’a divorce car il se peut qu’il ne veuille pas la divorcer. Puis, que la période d’attente post-maritale avec le deuxième s’achève, pour qu’à nouveau le premier puisse faire un nouveau contrat de mariage avec elle.

Les savants n’ont pas pris la version de Mouslim, du moins celle qui se trouve chez autre que les maghrébins car comme on a vu Ibnou Al-^Arabiyy a rapporté dans le commentaire de Malik, une version de Ibnou ^Abbas dans laquelle il n’a pas dit le divorce triple est compté une fois, mais dans laquelle il a dit “le divorce al-battah est compté une fois”. Et cela est cohérent avec l’unanimité qui a été établie sur le fait que divorcer 3 fois son épouse, que ce soit en une même assemblée ou en des assemblées différentes est compté comme un divorce triple et donc définitif.