Série le Mariage en Islam (19) : la HaDaanah ou prise en charge de l’enfant (suite)
Suite de al-hadanah, la prise en charge de l’enfant :
En priorité, celui qui prend en charge l’enfant c’est la mère, si l’enfant est en âge d’être allaité, s’il est encore nourrisson, et cela dans le cas où la femme ne s’est pas remariée c’est elle qui est prioritaire. Parce que la mère est plus adaptée pour l’enfant, elle est la mieux placée en termes de tendresse pour l’enfant.
Abou Chouja^ -savant chafi^ite et Qadi– a dit dans son livre, qui est un résumé sur la jurisprudence chafi^ite :
Lorsqu’un homme quitte sa femme et qu’il a un enfant d’elle, c’est la mère -sa femme- qui est prioritaire pour la prise en charge jusqu’à ce que l’enfant atteigne 7 années lunaires -dans la jurisprudence, on parle toujours en année lunaire-. Après 7 ans lunaires, l’enfant lui est donné à choisir entre ses parents. Lequel des deux il aura choisi, il lui sera confié, cela ne veut pas dire que l’enfant ne pourra pas voir l’autre parent, mais il va rester chez lui.
Après la mère, c’est la mère de la mère qui prend en charge l’enfant en priorité. Puis, la mère de la mère de la mère et ainsi de suite du côté maternel. Si la grand-mère et l’arrière grand-mère sont toutes les deux présentes, c’est la grand-mère qui est prioritaire. Ce n’est pas étonnant puisqu’il n’y a pas si longtemps, les gens se mariaient jeunes, même si ce n’est plus le cas maintenant, cependant la jurisprudence ne change pas. Certains, à 40 ans, étaient grands-parents, ce n’est pas quelque chose de choquant.
Si la mère n’a plus de droit pour une raison ou une autre à assurer la prise en charge de l’enfant, alors ça sera sa mère à elle qui devient prioritaire.
Si la femme par exemple, refuse de prendre en charge l’enfant, ça sera sa mère à elle qui prend l’enfant en charge. Ici, on parle de la prise en charge pour l’éducation et non financière. La prise en charge financière est toujours à la charge du père jusqu’à la puberté, ici on parle de prise en charge en terme d’éducation, comment elle veille sur lui, mais tout ce qui est frais financier, c’est à la charge du père.
Après les mères, lorsqu’on a épuisé toute les femmes du côté de la mère, alors ce sera le père. Après le père, ce seront les mères du père, c’est-à-dire la grand-mère paternelle -la mère du père-. Ensuite, quand on aura passé toutes les femmes du côté du père, ça sera le grand-père. Après le grand-père, ça sera la mère du grand-père, la grand-mère maternelle du grand-père et ainsi de suite. On remonte aux mères du côté du grand-père.
Puis, ce seront les frères et sœurs de l’enfant, ce sera à eux de prendre en charge.
Après les frères et sœurs, l’ordre va pour les tantes maternelles -les sœurs de la mère de l’enfant- de même père et mère que sa mère. Ensuite, ce seront les tantes maternelles de même père que sa mère. C’est-à-dire que si le père de sa mère -le grand-père- a épousé plusieurs femmes, d’une femme il a eu la mère de l’enfant et d’une autre femme, il a eu une autre fille. Cette autre fille représente pour l’enfant sa tante maternelle, car c’est la sœur de sa mère. En français, ils disent “demi-sœur”, mais c’est une sœur de sa mère mais de même père seulement. Puis ce sera la tante maternelle, de même mère que sa mère. C’est-à-dire que sa grand-mère maternelle a eu une fille -la mère de cette enfant- et a eu une autre fille d’un autre mari -ce qui est une tante maternelle pour cette enfant, de même mère que sa mère seulement-.
C’est les descendants de ses frères et sœurs de même parents -ses neveux-, et c’est possible. Puis les frères et sœurs de même père que lui, c’est-à-dire que ce sont ses frères et sœurs de même père que lui. Puis les filles descendantes de ses frères et sœurs de même mère, c’est-à-dire il a des frères et sœurs par sa mère, et c’est les filles de leurs descendantes.
Après on va remonter en haut, c’est-à-dire les descendants de son grand-père, de même père et mère que son père, c’est les descendants de son grand-père, c’est-à-dire ce sont ses oncles et tantes paternelles. Puis, ce seront les oncles de même père que son père et les tantes paternelles de même père que son père. Puis la tante paternelle de même mère que son père.
Ensuite c’est la fille de la tante maternelle (cousine), puis la cousine qui est la fille de la tante paternelle. Ensuite les fils de l’oncle paternel (cousins) mais qui a d’autres mères que son père -c’est-à-dire que son grand-père a épousé deux femmes, avec l’une il a eu son père et avec l’autre il a eu d’autres enfants, ce sont ces autres enfants.
Récapitulatif
- La mère ;
- La mère de la mère ;
- La mère de la mère de la mère -on remonte du côté des femmes- ;
Si on trouve personne, ou elle refuse toutes ou elles ne sont pas apte toutes, parce qu’on a dit la hadanah c’est une musulmane et si ce n’est pas le cas, alors on passe.
- Le père ;
- La mère du père ;
- La mère de la mère du père -et on remonte du côté des mères- ;
- Le père du père ;
- La mère du père du père ;
- La mère de la mère du grand-père -et ainsi de suite- ;
S’ils sont morts, ou s’il n’y a pas, alors on passe :
- Aux frères et sœurs ;
- Les tantes maternelles de même père et mère ;
- Les tantes maternelles de même père ;
- Les tantes maternelles de même mère ;
- Ses neveux ;
- Frères et sœurs de même père ;
- Filles de ses frères et sœurs de même mère ;
- Oncles et tantes paternelle de même père et mère ;
- Oncles et tantes paternelle de même père ;
- Tante paternelle de même mère ;
- Cousine qui est la fille de la tante maternelle ;
- Cousine qui est la fille de la tante paternelle ;
- Cousin qui est le fils de l’oncle paternelle de même père seulement que son père ;
Il y a un ordre qui est bien défini dans la loi. Ce ne sont pas des choses que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. Nous les étudions surtout pour avoir une idée, maintenant quand quelqu’un se pose la question, il va aller chercher l’information pour vérifier qui va prendre en charge l’enfant.
Comme on a vu, que l’enfant reste à la charge de sa mère jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de 7 ans lunaires. Ici, on parle de la charge en termes d’éducation.
Pourquoi 7 ans ? Parce que généralement le discernement arrive à l’âge de 7 ans habituellement, donc la loi à fixé à 7 ans puisque c’est l’âge à lequel arrive généralement le discernement.
Mais, l’auteur dit : ce qui compte en réalité ce n’est pas l’âge, mais le discernement. Que le discernement ait eu lieu avant les 7 années ou après les 7 années. Mais c’est après le discernement que le choix est laissé pour l’enfant. Et cette règle s’applique autant pour le garçon que la fille, les deux leur est laissé le choix, s’il veut rester avec sa mère ou s’il veut rester avec son père.
Sur quoi se sont basés les savants pour parler de ce choix qui est donné à l’enfant ?
L’argument vient de ce qu’a rapporté Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le messager de Allah ﷺ a fait choisir un enfant entre son père et sa mère.
[Rapporté par Ibnou Majah et At-Tirmidhiyy]
Et At-Tirmidhiyy a dit que ce hadith est haçan et on s’appuie dessus.
Le choix est laissé à l’enfant, il choisit entre ses parents et il sera confié à celui des deux qu’il aura choisi.
C’est pour cela que l’auteur dit : lorsque l’enfant atteint le discernement et qu’il choisit son père, son père le prendra. Sinon, il restera chez sa mère.
Si l’un des parents a un défaut, comme une folie, alors le droit de garde est à l’autre parent tant que le premier a le défaut (on parle d’après les 7 ans lunaires, après le discernement).
Si le père n’est pas là, alors l’enfant choisira entre sa mère et son grand-père -le père de son père-. Il en est de même, le choix est laissé à l’enfant entre la mère et ceux qui sont du côté paternel, comme son frère ou son oncle paternel.
[Règle que notre chaykh a donné et qui est issu du hadith : le grand frère, il est comme le père. Quand le père est absent, il a le rôle du père. Et la tante maternelle est comme la mère.]
Certains pensent que si l’enfant est à la garde de l’un des deux, c’est comme si l’autre n’existait pas. Si l’enfant choisit d’aller chez son père, la mère peut le visiter.
Dans l’école chafi^ite, les savants chafi^ite n’ont pas défini combien le père de l’enfant peut autoriser à la mère de le voir.
Il faut que le père permette à la mère de visiter les enfants autant qu’elle veut, c’est-à-dire sans que ne s’écoule un temps éprouvant pour elle pour patienter et pour ne pas les voir.
Il n’est pas permis au père d’empêcher la mère de voir ses enfants sauf si c’était une grande pécheresse -une femme qui commet des grands péchés- et il craint qu’elle enseigne le mal aux enfants.
On aura fini le livre et il reste la conclusion du livre avec de très beaux hadith du Prophète, des règles de comportement familiale, conjugale, les critères du choix de la femme, les règles de vie entre l’homme et la femme.