Exégèse de toute sourate al Kahf par An-Nasafiyy
D’après l’exégèse de An-Nasafī : sourate al-Kahf comporte 111 versets selon le calcul biṣriy ou 110 versets selon le calcul kūfiy C’est juste une différence selon le mode de calcul.
Verset 1 : Al-ḥamdu li-Allāhi al-laḏī ʾanzala ʿalā ʿabdihi : louange à Allāh Qui a fait descendre sur Son esclave : c’est-à-dire Muḥammad Ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam
Al-Kitāba : Le Livre : c’est-à-dire le Qurʾān. Dieu a indiqué à Ses esclaves et leur a fait savoir comment Le remercier et comment Le louer pour la plus grande de Ses grâces qu’il leur a accordées et il s’agit de la grâce de l’Islam. Et pour ce qu’Il a fait descendre à Muḥammad Ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam comme livre qui est la cause de leur sauvegarde. Car ce Livre comporte ce que Dieu ordonne, ce que Dieu interdit, les récits des communautés qui nous ont précédées, les choses qui vont se produire dans le futur, les promesses et menaces de la part de Dieu dans l’au-delà, des exhortations, des rappels.
wa lam yaǧʿal l-lahu ʿiwajā : Et Il a fait qu’il n’y a pas d’anomalie dans ce Livre : Dieu a fait qu’il n’y a pas d’anomalies dans ce Livre, tout est correct et droit. « al-ʿiwāǧ» désigne une anomalie dans les sens alors que « al-ʿawāǧ» désigne des objets qui sont tordus (comme si on dit à propos d’un bâton qu’il est, ʿawāǧ tordu). Cela veut dire qu’il n’y a pas de contradiction dans le Qurʾān et il n’y a pas quelque chose qui est contraire à la sagesse.
Verset 2 : qay-yiman liyunḏira baʾsan šadīdā min ladunhu wa yubaš-šira al-muʾminīnā al-laḏīna yaʿmalūna aṣ-ṣāliḥāti ʾan-na lahum ʾajran ḥasanan
de droiture : c’est-à-dire correct : Dieu a fait que ce Livre soit droit. Si Dieu nie qu’il y ait dans le Qurʾān une quelconque anomalie, Il aura confirmé qu’il est correct et l’intérêt de citer les deux, c’est-à-dire nier l’anomalie et confirmer la droiture, alors que, de prime abord, l’un des deux pourrait faire se passer de l’autre : en effet, combien de ceux qui sont droits et dont on a témoigné de la droiture, on trouve en eux une anomalie. Donc il s’agit d’une insistance pour indiquer qu’il n’y a même pas d’anomalie. C’est pour cela qu’il a nié l’anomalie et il a confirmé la droiture.
Une autre explication que An-Nasafī a donnée : qay-yiman : pour montrer que c’est un Livre qui est témoin de la véracité des livres antérieurs.
Afin qu’il avertisse. Le mot « an-dhara » est un verbe qui admet deux compléments d’objet directs. Mais ici, il n’y a qu’un seul COD mentionné parce que le deuxième est sous-entendu. Ici c’est le premier COD qui n’est pas mentionné : afin qu’il avertisse ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru n’est pas mentionné ici, il est sous-entendu. baʾsan : c’est le deuxième COD et cela signifie un châtiment. D’un châtiment terrible. An-Nasafiyy a dit que Dieu s’est limité à ne mentionner que l’un des deux COD, pour mettre l’accent sur ce deuxième qui est un châtiment terrible.
De Sa part : un châtiment que Dieu a créé.
Afin qu’il annonce la bonne nouvelle aux croyants qui accomplissent les bonnes œuvres, qu’ils auront une bonne rétribution. Et il s’agit du paradis. Ici il ya une récitation « wa-youbaš-šira » ; il y a une autre récitation selon Ḥamzaʾ et ʿAlī : « wa-yab-šoura »
Verset 3 : mākišīna fīhi ʾabadan : ils vont demeurer dans cette récompense : qui est le paradis, à jamais.
Verset 4 : wa yunḏira al-laḏīna qālū ʾit-taẖaḏa Allāhu waladān afin qu’il avertisse ceux qui ont prétendu que Dieu a un fils. Il a mentionné ceux qui sont avertis. Il n’a pas mentionné de quoi ils sont avertis. C’est le contraire de la formulation du verset 2. Les mécréants ont déjà été avertis de ce qui les attend et c’est un terrible châtiment.
Verset 5 : mā lahum bihi min ʿilmin wa lā li-ʾābāʾihim kaburat kalimatan taẖruju min ʾafwāhihim ʾin yaqūlūna ʾil-lā kaḏiban : ils n’ont pas de connaissance à ce sujet. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas connaissance que Dieu a un fils. Leur parole, quand ils disent que Dieu a un fils, ce n’est pas une parole qui est issue d’une connaissance. Mais c’est une parole qui reflète une profonde ignorance. Cela veut dire qu’ils n’en ont pas de connaissance parce que c’est quelque chose dont on ne prend pas connaissance puisque c’est quelque chose d’impossible selon la raison. C’est quelque chose d’irréalisable. Quand on ne sait pas une chose, c’est soit parce qu’on est ignorant de la manière avec laquelle on peut connaitre cette chose, soit parce que cette chose est impossible. Ce verset montre qu’ils n’ont pas de connaissance que c’est une réalité que Dieu ait un fils.
Ni leurs parents : c’est-à-dire leurs prédécesseurs.
Quel grand mot : c’est quelque chose d’étonnant de leur part, comment osent-ils dire cela ? C’est comme s’il avait été dit : combien cette parole est grave !! Il s’agit de la parole qui dit que Dieu a eu un fils. Le terme « kalima » parole, peut être utilisé pour un discours, pour un poème, ce n‘est pas un mot unique : c’est une expression.
Qui est sorti de leurs bouches : ceci qualifie la parole qu’ils ont osé dire, sa gravité. Beaucoup des mauvaises suggestions du chayTaane restent dans le cœur des gens. Beaucoup des choses qui sont blâmables, les gens n’osent pas les dire mais ils les gardent. Alors que dire de cette parole, elle est grave et pourtant, ils ont osé la dire !! Eux, non seulement ils ont suivi les mauvaises suggestions du šayṭān mais en plus, ils les ont prononcées.
Ils ne disent que des mensonges : en arabe, le mot signifie « parole mensongère « c’est un qualificatif. C’est comme s’il avait dit : ils ne disent que mensongères. Le mot « parole » est omis.
Verset 6 : Fa-laʿal-laka bāẖiʿun nafsaka ʿalā ʾāṯārihim ʾin lam yuʾminūn bi-hāḏā al-ḥadīḏi ʾasafā ne sois pas chagriné du fait qu’ils se sont détournés de ton rappel : en effet, les mécréants se sont détournés, ils ont refusé d’écouter l’appel du Prophète ʿalayhi al-šalāt wa s-salām qui a été envoyé à tout le monde, arabes et non arabes, humains et djinns. Allāh Taʿālā le console par ce verset. Il incite Son Prophète à ne pas être chagriné.
S’ils ne croient pas en ce texte : il s’agit du Qurʾān.
Ne fais pas preuve de beaucoup de chagrin : c’est pour indiquer un profond chagrin. Toi, tu as fait ce que tu pouvais, mais eux, ils n’ont pas cru. (Comme le cas de abū Ṭālib l’oncle paternel du Prophète). Comme quelqu’un dont les proches l’ont délaissé, il est chagriné et souhaite les retrouver.
Verset 7 : ʾinnā ǧaʿalnā mā ʿalā al-ʾarḍi zīnatan lahā : Allāh a fait qu’il y ait sur terre comme une parure pour elle : Dieua fait qu’il y ait sur cette terre ce qui est un embellissement pour elle, c’est-à-dire ce qui fait que la vie soit aisée et soit facile sur terre, des choses qui sont appréciées.
linabluwahum ʾay-yuhum ʾahsanu ʿamalan : afin que Nous les éprouvions, qui d’entre eux agit mieux que l’autre. Les bonnes œuvres sur cette terre, c’est le fait de délaisser les bienfaits qu’il y a sur elle, c’est d’être ascète, d’avoir le cœur détaché du bas-monde.
Verset 8 : wa ʾin-nā la-ǧāʿilūna mā ʿalayhā : et Nous avons fait que cet embellissement sur terre
ṣaʿīdan ǧuruzan : elle va devenir par la suite une terre plate. Elle va devenir plate, dure, sans plante, alors qu’auparavant, elle était verdoyante. Cela signifie que tous ceux qui étaient vivants vont mourir, au Jour du Jugement. Il a cité des signes généraux avec l’embellissement de la terre, avec les différents genres de créatures.
Verset 9 : ʾam ḥasibta ʾan-na ʾaṣḥāba al-kahfi wa al-raqīmi : sais-tu que les compagnons de la caverne
Ce que Dieu a créé sur terre est encore plus éminent que le récit de la caverne où les compagnons sont restés en vie une longue période. Le mot « al-kahf » c’est une grotte ou bien une caverne, c’est-à-dire une ouverture large dans une montagne.
Wa « al-raqīm » : une première explication est que c’est le nom de leur chien. Une deuxième explication est que c’est le nom de leur village. Troisième explication : c’est le nom d’un livre qui a été écrit à leur sujet. Quatrième explication : c’est le nom de la montagne où se trouvait cette grotte.
Notre šayẖ ʿAbd Allāh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ce que certains prétendent, que la chamelle de Ṣāliḥ et que le chien des compagnons de la caverne vont aller au paradis, c’est infondé et il faut arrêter de dire cela. Les animaux qui ont vécu sur terre, aucun d’entre eux n’ira au paradis. De même, aucun oiseau n’ira au paradis. Lorsque quelqu’un sera au paradis, il ne désirera pas avoir de chien. Dans le bas-monde, certains peuvent désirer avoir un chien, pour une utilité, comme monter la garde ou autre. Au paradis, les gens ne désirent que les choses qui sont belles. Même le tabac n’est pas désiré au paradis.
kānū min ʾāyātinā ʿaǧaban : ils étaient un signe étonnant de la toute-puissance de Dieu.
Verset 10 : ʾiḏ ʾawā al-fityatu ʾila al-kahfi fa-qālū rab-banā ʾātinā min ladunka raḥmatan : et cite comment de jeunes gens ont trouvé refuge dans la caverne et ils ont dit ô notre Seigneur accorde-nous de Ta part une miséricorde. La miséricorde ici, c’est le pardon et la subsistance et la sécurité contre les ennemis.
wa hay-yiʾ lanā min ʾamrinā rašadan : et réserve-nous pour notre situation (ils viennent de quitter leur peuple de mécréants) ce qui est un bien pour nous (ce qui nous permet d’avoir du bien. Autre explication : facilite-nous ce qui nous permet de gagner Ton agrément.
Verset 11 : fa-ḍarabnā ʿalā ʾāḏānihim fī al-kahfi : Nous avons fait qu’il y ait sur leur ouïe dans la caverne. Le COD a été omis et il s’agit d’un voile : Nous avons fait qu’il y ait sur leurs oreilles un voile. Et c’est un voile abstrait, c’est le sommeil car ils se sont endormis. C’est-à-dire que Nous les avons fait s’endormir d’un sommeil profond, de sorte que les sons ne les réveillent pas.
sinīna ʿadadan : pendant de nombreuses années. Azaǧ-ǧāǧ qui est un spécialiste de la langue a dit que ceci indique un nombre élevé d’années, qu’on a besoin d’énumérer tellement il est élevé.
Verset 12 : ṯum-ma baʿaṯnāhum : puis Nous les avons ressuscités : c’est-à-dire Nous les avons réveillés de leur sommeil.
li-naʿlama ʾay-yu al-hizbayni : pour que Nous leur fassions savoir lequel des deux groupes avait dit le nombre correct d’années. En effet, ils avaient divergé entre eux combien d’années ils étaient restés endormis. Quand ils se sont réveillés, ils ont divergé à propos de la durée de leur séjour dans la caverne. L’un d’entre eux a demandé : combien de temps sommes-nous restés dans la caverne ? L’un a dit : un jour ou peut-être moins d’un jour. D’autres ont dit : non, on est resté plus qu’un jour et c’est notre Seigneur Qui sait mieux que nous combien nous sommes restés.
ʾaḥṣā limā labiṯū ʾamadan : afin que vous sachiez lequel de ces deux groupes a estimé mieux que l’autre la durée du séjour.
Le sens est : afin que Nous manifestions les choses telles que Nous les savons de toute éternité.
Verset 13 : naḥnu naquṣ-ṣu ʿalayka nabaʾahum bi al-ḥaq-q : Nous te citons leur récit véritable.
ʾin-nahum fityatun : ce sont des « fitya » pluriel de « fatā » c’est-à-dire un jeune homme et ça veut dire aussi un brave, celui qui fait le bien, qui cesse de nuire, qui ne se plaint pas, qui évite les interdits et qui fait preuve de noblesse d’âme. Et il a été dit que « al- fatā » c’est celui qui ne prétend pas avoir fait une chose avant de la faire et il ne se vante pas après l’avoir faite.
ʾāmanū bi-rab-bihim wa zidnā lahum hudan : ils ont cru en leur Seigneur et Nous les avons augmentés en bonne guidée. Nous les avons augmentés en certitude. Ils faisaient partie de la cour rapprochée de Dèce (empereur romain de 249 à 251) qui était un roi tyrannique. Mais Dieu a fait que la foi s’est introduite dans leurs cœurs. Chacun d’entre est devenu musulman, sans savoir que les autres l’étaient devenus également. Ils se sont dits que chacun rencontre un autre et dise ce qu’il a dans son cœur.
Verset 14 : wa rabaṭnā ʿalā qulūbihim : et Nous avons raffermi leurs cœurs, par la patience, la patience à quitter leur patrie, pour sauver leur religion, la patience pour avoir le courage à clamer haut et fort la parole de vérité et annoncer leur islam.
ʾiḏ qāmū : lorsqu’ils se sont levés, face à ce tyran, sans prêter attention à lui lorsqu’il les a blâmés quand ils ont délaissé l’adoration des idoles.
fa-qālū rab-bunā rab-bu al-samāwati wa al-ʾarḍi : ils ont dit : notre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre. Ils ont dit cela fièrement.
lan nadʿuwa min dūnihi ʾilāhan : nous n’allons pas adorer d’autre dieu que Lui.
laqad qulnā ʾiḏan šaṭaṭan : le fait d’adorer autre que Dieu est une grande injustice.
Audio 3 : Verset 15 : hāʾulāʾi qawmunā ʾit-taẖaḏū min dūnihi ʾālihatan : ceux-là, notre peuple, ils ont considéré un autre dieu que Dieu.
lawlā yaʾtūna ʿalayhim bi-sulṭānin bay-yinin : est-ce qu’ils sont capables d’amener une preuve claire de la validité de leur adoration ? C’est une question qui entraine une réponse négative car c’est impossible qu’ils apportent une preuve claire de la validité de leur adoration des idoles.
faman ʾaẓlamu min-man ʾiftarā ʿalā Allāhi kaḏiban : qui est plus injuste que ceux qui ont calomnié Dieu en en Lui attribuant un associé ?
Verset 16 : wa ʾiḏ ʾiʿtazaltumūhum : et lorsque vous vous êtes décidés à les fuir : ce sont les jeunes gens qui se sont dits ces paroles entre eux
wa mā yaʿbudūna : et ce qu’ils adorent : c’est-à-dire leurs idoles
ʾil-la Allāha : au lieu d’adorer Dieu. Ces gens-là reconnaissaient l’existence de Dieu mais ils Lui attribuaient des associés. Exactement comme les habitants de La Mecque. Une autre explication : c’est une information à propos de ces jeunes gens : leur peuple adorait des idoles mais eux, ils n’étaient pas des idolâtres. Ils étaient des musulmans de la communauté de notre maitre ʿ Īsā ʿlayhi s-salām
fa-ʾwū ʾila al-kahfi yanšur lakum rab-bukum min raḥmatihi : abritez-vous dans la caverne, votre Seigneur vous accordera de Sa miséricorde : c’est-à-dire de la subsistance.
wa yuhay-yiʾ lakum min ʾamrikum mirfaqan : et Dieu vous accordera ce qui vous profitera. Ils ont dit cela du fait de leur grande confiance en Dieu. Ils espèrent que leur grande confiance en Dieu leur profitera quand ils iront dans la caverne. C’est une preuve de la pureté de leur certitude en Dieu. Une autre explication : c’est une information qu’un prophète de leur époque leur a donnée. Il leur a dit : allez dans la caverne et Dieu vous accordera votre subsistance.
Verset 17 : wa tarā al-šamsa ʾiḏā ṭalaʿat tazāwaru : et tu observes le soleil quand il se lève, il s’écarte. An-Nasafī cite plusieurs manières de réciter le mot « tazāwaru » selon Kūfī ; « tazzāwaru » selon Aš-Šāmī. L’origine est az-zawr qui est le fait de pencher, décliner. Et ziyāra qui est le fait de visiter car c’est comme si on est penché dans sa direction. Et zūr c’est le fait de se pencher pour s’écarter de la vérité.
ʿan kahfihim : de leur grotte. Pour ne pas que les rayons leur parviennent.
ḏāta al-yamīni : du côté droit.
wa ʾiḏā ġarabat taqriḍuhum : et quand il se couche, il s’écarte par la gauche. Cela veut dire que, durant toute la journée, ils sont à l’ombre, le soleil ne les atteint pas, ni lorsqu’il se lève, ni lorsqu’il se couche.
ḏata al-šimāli wa hum fi fajwatin minhu : alors que ces jeunes gens sont dans un endroit qui est exposé au soleil mais Dieu a voilé le soleil pour ne pas qu’il les atteigne. Et il a été dit que leur grotte comporte une ouverture qui permet l’aération et la fraicheur et ils ne sentent pas la gêne d’être dans une grotte fermée.
ḏālika min ʾāyāti Allāhi : ce sont là des signes de la parfaite toute-puissance de Dieu. Tous ceux qui sont dans cette direction sont atteints par le soleil mais eux, ne le sont pas et c’est un honneur pour eux. Et il a été dit que l’entrée de la caverne est au nord ; ils sont donc protégés du soleil à tout moment.
man yahdi Allāhu fa-huwa al-muhtadi : celui que Dieu guide, c’est lui le bien guidé.
wa man yuḍlil fa-lan taǧida lahu waliy-yan muršidan : celui que Dieu égare, nul ne le guide.
Verset 18 : wa taḥsabuhum ʾayqāẓan wa hum ruqūdun : si tu les voyais, tu croirais qu’ils sont éveillés : c’est une parole adressée à tout un chacun et pas seulement au Prophète. Mais en réalité, ils sont endormis. Il a été dit que leurs yeux étaient ouverts alors qu’ils étaient endormis, de sorte que si quelqu’un les voyait, il croirait qu’ils sont endormis.
wa nuqal-libuhum ḏāta al-yamīni wa ḏāta al-šimāli : et on les fait se retourner à droite et à gauche. Il a été dit qu’ils changent de position deux fois par an. Et il a été dit qu’ils changent de position une fois seulement, le jour de ʿĀšūrā
wa kalbuhum bāsiṭun ḏirāʿayhi : et leur chien a les pattes écartées. C’est-à-dire collées au sol.
bi-al-waṣid : soit au centre, soit à l’entrée de la caverne.
law ‘iṭ-ṭalaʿta ʿalayhim la-wal-layta minhum firāran : si tu regardais dans la caverne pour les voir, tu te serais détourné et tu te serais enfui.
wa lamuliʾta minhum ruʿban : et tu aurais été empli de peur. Il y a d’autres récitations : avec une šad-dat sur le lam pour lamuliʾta et ruʿban avec une ḍammat sur la lettre ʿin. Et c’est la peur qui emplit la poitrine et ce, en raison de ce qu’ils inspiraient comme respect ou en raison de leurs cheveux qui sont devenus longs, leurs ongles également et leurs corps qui étaient grands.
Verset 19 : wa kaḏālika baʿaṯnāhum : et ainsi, Nous les avons ressuscités : c’est-à-dire que tout comme Nous les avons faits dormir de ce sommeil-là , Nous les avons également réveillés, pour manifester la toute-puissance de Dieu à faire dormir et à ressusciter.
li-yatasāʾalū baynahum : afin qu’ils s’interrogent les uns les autres : qu’ils prennent connaissance de leur état et ce que Dieu a fait d’eux, pour que ce soit une moralité pour eux, pour que ce soit une preuve de la parfaite toute-puissance de Dieu et afin qu’ils augmentent en certitude et qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées.
qāla qāʾiloun minhum : l’un d’entre eux a alors dit. C’était leur chef.
kam labiṯtum : combien de temps êtes-vous restés ?
labiṯnā yawman ʾaw baʿḍa yawmin : un jour ou peut-être moins qu’un jour. C’est ce qu’une personne a pensé ; c’est une preuve qu’il est permis de faire une hypothèse en se basant sur une conjecture qui est la plus probable.
qālū rab-bukum ʾaʿlamu bimā labiṯtum : d’autres ont dit : votre Seigneur sait mieux combien de temps vous êtes restés. Ceux qui ont dit cela, c’est comme s’ils ont repris ceux qui ont parlé en premier. C’est comme s’ils ont su, par des preuves ou par une inspiration de la part de Dieu, que la durée était longue et que seul Dieu la connait. Il a été dit que lorsqu’ils sont entrés dans la caverne, c’était la matinée. Puis lorsqu’ils se sont réveillés, c’était le milieu de la journée. Et quand ils ont vu que leurs ongles étaient devenus longs ainsi que leurs cheveux, c’est là qu’ils ont dit que Dieu seul sait la durée. Quant à celui qui a dit qu’ils étaient restés un jour ou moins, il s’est basé sur le fait qu’ils se sont réveillés en milieu de journée alors qu’ils étaient partis le matin. Ibnou- ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père a dit : concernant le nombre des jeunes gens (qui n’est pas cité dans le verset) : un des jeunes a parlé en premier donc ça fait un, puis les autres ont dit et le pronom employé indique au moins trois personnes, donc ça fait un total de quatre personnes. Puis un autre groupe a parlé, ce qui indique qu’il y avait au moins trois personnes, donc le total est de sept.
fa-ʾibʿaṯū ʾaḥadakum : envoyez l’un d’entre vous. Si vous n’avez pas le moyen de connaitre, faites autre chose qui vous importe, envoyez l’un d’entre vous et il s’agit de Yamlīǧā.
bi-wariqikum : avec votre argent. Il y a une autre récitation « bi-warqikum » selon Abū ʿAmr, Ḥamza et de Abū Bakr. Et al-wariq c’est l’argent métal, brut ou frappé en pièces.
hāḏihi ʾilā al-madīnati : à la ville. La ville s’appelle Tarṣūṣ. Le fait qu’ils aient pris avec eux des pièces d’argent, lorsqu’ils se sont enfuis, est une preuve qu’ils se fient à Dieu et non pas qu’ils s’appuient sur les coïncidences et ce qu’il y a dans les récipients des gens. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait de se fier à Dieu et de prendre par les causes. Un savant aimait beaucoup aller à La Mecque et il disait que ce voyage ne nécessite que deux choses : avoir une bourse qu’on attache à sa ceinture pour les frais du voyage et se fier à Dieu.
fal-yanẓur ʾay-yuhā : et qu’ils voient qui d’entre eux (parmi les habitants de la ville)
ʾazkā ṭaʿāman qui a la nourriture la moins chère et de bonne qualité
fal-yaʾtikum bi-rizqin minhu : pour qu’il vous ramène quelque nourriture
wal-yatalat-taf : qu’il agisse avec douceur. Première explication :pour ne pas qu’on le trompe quand il va acheter de la marchandise. Deuxième explication : pour ne pas qu’on le reconnaisse.
wa lā yušʿiran-na bikum ʾaḥadan : et qu’il ne fasse rien qui attire l’attention sur nous. C’est-à-dire qu’il ne soit pas une cause pour qu’on sache qu’on est dans cette caverne et qu’on nous nuise.
Verset 20 : ʾin-nahum ʾin yaẓharū ʿalaykum yarǧumūkum : s’ils prennent conscience que vous êtes là, ils vont vous tuer : c’est-à-dire les gens de votre peuple, s’ils savaient que vous êtes là, ils vous tueraient de la pire mort.
ʾaw yuʿīdūkum fi mil-latihim : ou alors ils vont vous forcer à revenir dans leur religion.
wa lan tufliḥū ʾiḏan ʾabadan : et vous ne réussirez alors jamais. C’est-à-dire dans le cas où vous retourneriez dans leur religion.
Verset 21 : wa kaḏālika ʾaʿṯarnā ʿalayhim : et de la même manière, Nous avons fait que les gens les découvrent. C’est-à-dire de la même manière que Nous les avons faits s’endormir, de la même manière que Nous les avons faits ressusciter, de la même manière, Nous avons fait qu’ils soient retrouvés. La manière commune aux trois situations, c’est qu’il y a une sagesse. Il y a une sagesse dans le fait de les faire s’endormir, il y a une sagesse dans leur résurrection et il y a une sagesse dans le fait qu’ils soient découverts par leur peuple.
li-yaʿlamūʾan-na waʿda Allāhi ḥaq-qun : afin qu’ils sachent que la promesse de Dieu est vraie. C’est-à-dire afin que ceux qui les ont découverts sachent que la résurrection après la mort est quelque chose de réel, de véritable. C’est cela, la sagesse. Car leur état à eux durant leur sommeil et leur réveil après cela est analogue à l’état de celui qui meurt puis qui va être ressuscité au Jour du Jugement.
wa ʾan-na al-sāʿata lā rayba fīhā : et que le Jour du Jugement est inéluctable.
ʾiḏ yatanāzaʿūna baynahum : alors qu’ils se disputaient entre eux. C’est relatif au fait qu’ils soient découverts. Ils ont été découverts par ceux qui se disputaient à leur époque à propos d’un sujet.
ʾamrahum : à propos de leur religion. Ils étaient en divergence à propos de la réalité de la résurrection. Certains disaient que les âmes seront ressuscitées mais pas les corps. Et les autres disaient que les corps seront ressuscités avec les âmes. Afin que la divergence soit levée, et qu’il leur soit avéré que les corps seront ressuscités vivants avec une perception sensorielle, avec leur âme, tout comme ils l’étaient avant la mort.
fa-qālū ʾibnū ʿalayhim bunyānan : ils ont dit. C’est-à-dire les gens de leur peuple ont dit : construisez à l’entrée de leur grotte une construction pour ne pas que les gens comblent cette grotte et pour conserver leur tombe. Tout a été conservée la tombe du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. C’est-à-dire pour que ce soit un emplacement connu que les gens pourront visiter.
rab-buhum ʾaʿlamu bihim : leur Seigneur sait mieux leur état. C’est-à-dire plus que ceux qui sont en conflit, ceux qui se sont disputés à leur sujet. C’est comme s’ils avaient parlés des compagnons de la caverne, qu’ils avaient rapporté la parole à propos de leur ascendance, à propos de leur état, et la durée de leur séjour dans la caverne. Mais comme ils n’étaient pas arrivés à la réalité à leur sujet, ils ont dit leur Seigneur sait plus leur état. Une autre explication : c’est la parole de Dieu en réplique à leur sujet : leur Seigneur sait plus ce qu’il en est en réalité à leur propos.
qāla al-laḏīna ġalabū ʿalā ʾamrihim la-nat-taẖiḏan-na ʿalayhim masǧidan : ceux qui étaient musulmans et leur roi voulaient construire cette construction à l’entrée de la caverne Ils ont dit : nous allons construire une construction à l’entrée de leur caverne et nous allons construire une mosquée pour que les musulmans puissent y accomplir la prière et pour obtenir la bénédiction de leur endroit. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Il a été rapporté que les gens qui suivaient l’évangile c’est-à-dire notre maitre Jésus, n’étaient plus très nombreux après trois siècles. Ils ont commis beaucoup de péchés et leurs rois étaient tyranniques. Puis ils se sont mis à adorer des idoles et les rois ont forcé les gens à adorer ces statues. Et parmi ces rois, il y avait Dès (diqyānūs) qui se réclamait de l’évangile. Il voulait forcer un groupe de jeunes gens parmi les notables de son peuple à devenir associateurs. Et il les a menacés de mort s’ils ne le faisaient pas. Mais ils ont refusé car ils étaient fermement attachés à leur religion. Alors ils ont voulu s’échapper pour préserver leur religion. Ils ont fait semblant de jouer à la balle pour ne pas attirer l’attention et ils sont arrivés devant cette grotte. Sur leur chemin, ils ont été poursuivis par un chien. Ils l’ont chassé. Dieu a fait parler ce chien. Il a dit : « qu’est-ce que vous me voulez ? Moi, j’aime ceux que Dieu agrée. Dormez, moi, je monterai la garde ». Certains ont dit que ce chien s’appelait Casimir. Il y a une autre version qui dit que sur leur trajet jusqu’à la caverne, ils sont passés près d’un berger qui avait un chien. Il les a suivis dans leur religion et le chien les a suivis. Et Dieu a fait que les jeunes gens ont dormi et ils n’entendaient pas autour d’eux.
Et avant qu’ils ne soient ressuscités de leur sommeil profond, Dieu a fait que le roi de leur ville soit un roi vertueux. Et les gens avaient divergé à propos de la résurrection : certains disaient qu’il y avait une résurrection et d’autres disaient que non. Alors ce roi s’est retranché dans sa maison, il est rentré chez lui, il a fermé sa porte, il a changé ses vêtements et a mis un vêtement de laine rêche, à l’image de celui qui est ascète, détaché du bas-monde et il s’est assis sur de la cendre. Tout cela pour indiquer son humilité et il a supplié son Seigneur pour que la vérité éclate. Dieu a inspiré un de leurs bergers de casser une des constructions qui étaient construites à l’entrée de la grotte pour faire une sorte d’étable pour son troupeau. Les jeunes gens se sont réveillés entre-temps et ils ont envoyé un des leurs pour chercher de la nourriture. Et ils lui ont donné des pièces d’argent (al-wariq). Quand ce jeune est arrivé à la ville et qu’il a sorti les fameuses pièces, elles étaient à l’effigie du roi Dès. Les habitants ont alors pensé qu’il avait trouvé un trésor. Puis ils l’ont emmené au roi de l’époque qui était un croyant vertueux et il a raconté son histoire. Le roi et les gens de la ville sont alors sortis ensemble et ils ont remercié Dieu de leur avoir montré ce signe qui prouve la véracité de la résurrection. Les jeunes gens ont dit au roi : « nous te confions à Dieu et nous demandons à Dieu qu’Il te préserve du mal des jinns et des humains ». Ils sont ensuite retournés chez eux et Dieu les a faits mourir. Le roi a pris son vêtement et il l’a étalé sur eux et il a ordonné que chacun d’entre eux ait un cercueil en or. Puis il a vu dans le rêve qu’ils n’aimaient pas l’or. Il a alors changé leurs cercueils avec du bois (de thèque) et il a construit à l’entrée de la grotte une mosquée.
Verset 22 : sayaqūlūna ṯalāṯatun rābiʿuhum kalbuhum : ils disent qu’ils étaient trois et chien était le quatrième
wa yaqūlūna ẖamsatun sādisuhum kalbuhum : et ils disent qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième
raǧman bi-al-ġayb wa yaqūlūna sabʿatun wa ṯāminuhum kalbuhum : pour vous annoncer quelque chose qui était inconnu et ils disent qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Le pronom « ils » désigne ceux qui avaient discuté de leur histoire à l’époque du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhou ʿalayhi wa sallam. Ce sont les compagnons du prophète Muḥammad qui avaient discuté des compagnons de la caverne. Les gens du Livre, à l’époque du Prophète, ils l’avaient interrogé à leur sujet. Mais notre Prophète avait tardé à leur répondre, jusqu’à ce qu’il reçoive la révélation. Le verset qui est parvenu était pour annoncer la divergence des gens du Livre à propos du nombre des jeunes gens. Ce verset est venu pour informer de la divergence à ce sujet. Et celui qui avait raison était celui qui disait qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Il a été rapporté que deux Arabes qui étaient chrétiens à l’époque du Prophète, l’un s’appelle aS-Sayyid et l’autre al-ʿĀqib et le sujet des compagnons de la caverne a été évoqué. aS-Sayyid qui était jacobite a dit qu’ils étaient trois et que le chien était le quatrième. Et al-ʿĀqib qui était nestorien a dit qu’ils étaient cinq et que le chien était le sixième. Et les musulmans ont dit qu’ils étaient sept et que leur chien était le huitième. Et Dieu a confirmé dans ce verset qu’ils étaient sept et que le chien était le huitième. Et notre maître ʿĀlī que Dieu l’agrée a dit qu’ils étaient sept et il a donné leurs noms : Yamlīẖā, Machalīnā, – ils étaient à la droite du roi – et Maranūch, Dabrānūch et Chāḏanūch – ils étaient à la gauche du roi – et le roi leur demandait conseil. Et le septième était le berger qui les avait rejoints. Et leur ville s’appelle aṣ-Ṣūṣ et leur chien s’appelle Qitmīr
Une autre version de leurs noms est la suivante : un ḥāfiẓ ibnu Ṭūlūm a rapporté dans quel objectif on peut rechercher la bénédiction par la citation chaque nom des compagnons de la caverne et dans quel objectif. Il rapporte ce qu’a dit un savant hanbalite qui a composé un petit poème pour retenir les noms des compagnons de la caverne : « toi qui veux connaitre le nombre des compagnons de la caverne, sache qu’ils sont sept, il n’y a pas de divergence ».
La divergence qu’il y a eu n’est pas à propos de leur nombre mais elle est à propos de leurs noms, alors prends la version célèbre que j’ai composée dans mon poème : Mukaslamīne (Maximilien) Amlīẖā, MaraṬūnis, Yanyūnis, Sāzamūnis, Dawānawānis, Kachfīṭiṭ, et leur chien s’appelle Qiṭmīr. Le premier nom, si tu l’écris sur un bout de tissu et tu le jettes dans un incendie, le feu s’éteint tout de suite. Le second nom, si tu l’écris et que tu le jettes en mer alors qu’il y a une tempête, elle se calme. Le troisième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur la cuisse du voyageur qui marche à pied, il ne sera pas fatigué, même s’il parcourt de grandes distances. Le quatrième nom, si tu l’écris et tu le mets dans l’argent pour la protection. Le cinquième nom, si tu l’écris et que tu l’accroches sur celui qui a la fièvre, sa fièvre s’atténue par la volonté de Dieu. Le sixième nom, tu l’écris sur une armée, pour sa protection. Et le septième nom, tu l’écris sur un récipient et tu verses de l’eau dessus et tu donnes à boire à celui qui est malade pour qu’il guérisse. Et certains savants ont dit que le bénéfice des sept noms ensemble a lieu pour six choses : pour rechercher ce qu’on a perdu, pour marcher, lors d’un incendie, pour les pleurs de l’enfant (on les met sous son oreiller), pour les maux de tête, pour la fièvre. Mémorise cela, avec la poésie, ça sera plus facile à retenir. »
qul rab-bī ʾaʿlamu bi-ʿid-datihim mā yaʿlamuhum ʾil-lā qalīl fa-lā tumāri fīhim ʾil-lā mirāʾan ẓāhiran wa lā tastafti fīhim minhum ʾaḥadan
Verset 23 : wa lā taqūlan-na li-šayʾin ʾin-nī fāʿilun ḏālika ġadan : ġadan c’est-à-dire demain, c’est-à-dire dans le futur qui va arriver et il n’a pas visé le lendemain particulièrement. Le šayẖ a dit que le sens est qu’il a voulu parler de ce qu’il allait faire après un ou deux ans ou plus, entre aujourd’hui et ce jour-là.
Verset 24 : ʾil-lā ʾan yašāʾa Allāhu : sauf si Dieu le veut c’est-à-dire que Dieu te permette de le faire, c’est-à-dire sauf par la volonté de Dieu c’est-à-dire sauf en accomplissant par la volonté de Dieu en disant « si Dieu le veut ». Ne dis pas « je vais faire telle chose » sauf si Dieu le veut. Et ceci est une négation de respect à l’égard de Dieu, puisque les juifs ont dit à Qurayš de demander au prophète Muḥammad : posez-lui la question à propos de l’âme et à propos des compagnons de la caverne et de Ḏu l Qarnayn. Ils lui ont posé la question, il leur a dit : « venez demain, je vous informerai ». Mais il n’a pas dit « si Dieu le veut » et c’est pour cela que la révélation a tardé à venir, au point que c’était éprouvant pour lui.
wa ʾuḏkur rab-baka : et évoque ton Seigneur, c’est-à-dire la volonté de ton Seigneur et dis « si Dieu le veut »
ʾiḏā nasīta : dans le cas où tu oublies. C’est-à-dire si tu as oublié de le dire, c’est-à-dire que si tu as oublié de dire cette parole « si Dieu le veut » et que tu t’es aperçu que tu l’avais oubliée, alors rattrape-toi en la disant. D’après Al-Ḥasan, il le fait tant qu’il est encore dans l’assemblée où il s’en est rappelé. Et d’après ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée, lui et son père, ils ont dit qu’il dit cette parole, même si c’est après un an. Et ceci est expliqué par le fait de se rattraper pour le tabarruk par la parole « si Dieu le veut ». Quant à la parole « ʾin šā Allah » qui change le jugement (l’istiṯnāʾ), elle n’est valide que si elle est dite directement après la parole. Il était parvenu au calife Al-Manṣūr, que Dieu lui fasse miséricorde, qu’Abū Hanīfah n’était pas d’accord avec ibnu ʿAbbas, que Dieu l’agrée, lui et son père, à propos de l’istiṯnāʾ qui est ultérieur à l’assemblée où la phrase est énoncée. Il a convoqué pour le réprouver. Alors Abū Hanīfah lui a dit : « cela se rapporte à toi également puisque tu acceptes l’engagement des gens qui jurent qu’ils vont s’engager pour toi. Est-ce que tu acceptes qu’ils sortent de chez toi et plus tard, qu’ils disent « si Dieu le veut » et qu’ils se rebellent contre toi ? ». Al-Manṣūr a apprécié sa réplique et il a ordonné à celui qui avait critiqué Abū Hanīfah de le faire sortir de son assemblée. Tout cela veut dire : mentionne ton Seigneur par le tasbīḥ et l’istiġfār si tu oublies la parole de l’istiṯnā « si Dieu le veut ».
Tout cela pour inciter à bien s’en rappeler, ou bien rattrape une prière que tu as oubliée d’accomplir, si tu t’en souviens ou, si tu oublies quelque chose, alors évoque Dieu pour que cela te rappelle ce que tu as oublié.
wa qul ʿasā ʾan yahdiyani rab-bī li-ʾaqraba min hāḏā rašadan : et dis si tu oublies quelque chose, évoque ton Seigneur. Et l’évocation de ton Seigneur, quand tu oublies la chose, c‘est que tu dises « ʿasā Rabbī ʾan yahdiyanī » au lieu de cette chose que tu as oubliée, cela comporte un bien plus éminent et un plus grand profit.
Verset 25 : wa labiṯū fī kahfihim ṯalāṯa miʾatin sinīna : ils sont restés dans leur grotte trois cent années. Il vise leur séjour alors qu’ils étaient vivants mais avec leurs oreilles bouchées, c’est l’indication de ce qui a été mentionné de manière plus abrégée. « Nous avons fait en sorte que leurs oreilles n’entendent pas durant un certain nombre d’années, dont le nombre est indiqué par trois cent.
wa ‘izdādū tisʿan : ils sont restés encore neuf ans
Verset 26 : quli Allāhu ʾaʿlamu bi-mā labiṯū : dis : Dieu sait plus que tous ceux qui ont divergé à leur sujet la durée de leur séjour. Dieu sait plus que ceux qui ont divergé à leur sujet combien de temps ils sont restés. Et c’est la vérité. Deuxième explication : c’est le discours rapporté de ce qu’on dit aux gens du Livre : c’est une réplique aux gens du Livre. Et la majorité des savants sont d’avis qu’il s’agit là d’une information de la part de Dieu, qu’ils sont restés tant d’années dans leur caverne : trois cent années plus neuf années.
lahū ġaybu al-samāwati wa al-ʾarḍi : Dieu sait ce qu’il y a comme choses cachées dans les cieux et sur terre. Il cite dans cette partie du verset que Dieu seul sait ce qui n’est pas apparent pour nous dans les cieux et sur terre et ce qui n’est pas apparent pour nous concernant les gens qui sont dans les cieux et sur terre.
ʾabṣir bihī wa ʾasmiʿ : Dieu entend tout et Il voit tout. Dieu voit tout ce qui existe sur terre et dans les cieux. Et Il entend tout ce qu’il y a sur terre et dans les cieux. Rien n’échappe à Sou ouïe et à Sa vue.
mā lahum min dūnihi min waliy-yin : auraient-ils autre que Lui comme Seigneur ? !
wa lā yušriku fī ḥukmihi ʾaḥadan : Dieu n’associe personne dans ce qu’Il prédestine. Les associateurs avaient dit à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām de ramener un autre Qur’ān ou bien de le changer.
Verset 27 : wa ʾutlu mā ʾūḥiya ʾilayka min kitābi rab-bika : récite ce qu’il t’est révélé du Livre de ton Seigneur. Et ne prête pas attention à leur délire quand ils demandent un autre Qur’ān que celui-là.
lā mubad-dila li-kalimātihi : nul n’a la capacité de modifier le Qur’ān
wa lan taǧida min dūnihī multaḥadan : et tu ne trouveras personne auprès de qui tu trouves refuge si tu voulais répondre à leur demande. (D’amener un autre Qur’ān ou de le changer). Les versets du Qur’ān ont une cause à leur révélation. Et le verset suivant qui est le verset 28 a une cause à sa révélation : il y a des gens parmi les chefs des mécréants qui ont dit au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam d’enlever des gens de ses partisans et il s’agit de Suhayb, ʿAm-mār, H̱ab-bāb, Salmān et d’autres parmi les musulmans qui sont pauvres. Ces chefs de Quraych ne voulaient pas entrer en Islam, soi-disant, tant que ces gens pauvres seraient les partisans du prophète.
Verset 28 : wa ʾiṣbir nafsaka maʿa al-laḏīna yadʿūna rab-bahum: force ton âme à patienter auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur. C’est-à-dire : malgré la demande de ces mécréants, reste avec ces gens-là, ne les quitte pas, force-toi à rester à leur côté.
bi-al-ġadāti wa-al-ʿašiy-yi : matin et après-midi. C’est-à-dire qu’ils persévèrent à faire des invocations en tout temps. Autre explication : ils demandent à Dieu la réussite et la facilité dans les actes. Et l’après-midi, ils demandent que Dieu te pardonne tes défaillances. Troisième explication : le matin fait référence à la prière de l’aube et l’après-midi fait référence à la prière de al-ʿasr.
yurīdūna waǧhahu : et ils recherchent Son agrément. C’est-à-dire qu’ils recherchent l’agrément de Dieu.
wa lā taʿdu ʿaynāka ʿanhum turīdu zīnata al-hayāti al-dunyā : ne les quitte pas des yeux : c’est-à-dire : reste avec tes compagnons, ne les quitte pas pour rejoindre les gens du bas-monde
wa lā tuṭiʿ man ʾaġfalnā qalbahū ʿan ḏikrinā : et ne suis pas à ceux dont Nous avons égaré les cœurs et qui ne Nous évoquent pas. Ils sont dans une insouciance telle qu’ils n’évoquent pas Dieu. Celui dont Nous avons fait le cœur complètement endormi et il oublie d’évoquer Dieu. Et c’est une preuve que Dieu est le créateur des actes des esclaves. Dieu crée l’égarement dans le cœur de ces gens-là, c’est-à-dire ceux qui se détournent et qui suivent leurs passions. Tout comme Dieu guide qui Il veut.
wa ʾit-tabaʿa hawāhu wa kāna ʾamruhū furuṭan : et qui a suivi ses passions et qui a dépassé les limites. C’est-à-dire qu’il a quitté la vérité.
Verset 29 : wa quli al-ḥaq-qu min rab-bikum : et dis : la vérité est de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire c’est l’Islam ou le Qur-ān
fa-man šāʾa fal-yuʾmin wa man šāʾa fal-yakfur : celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant. Attention : cela ne veut pas dire que vous avez le choix. Mais cela veut dire que la vérité est claire et apparente, il n’y a plus aucune excuse. Il ne reste plus que votre choix : si vous choisissez la voie de la sauvegarde ou la voie de la perdition. La phrase du verset est dans la forme de l’impératif parce que l’esclave a la capacité de choisir ce qu’il veut. C’est comme s’il choisissait et qu’il avait l’ordre de choisir ce qu’il veut entre les deux chemins. Puis la suite du verset indique les conséquences de celui qui choisit la mécréance.
ʾin-nā ʾaʿtadnā li-al-ẓālimīna nāran ʾaḥāṭa bihim surādiquhā : Nous avons préparé pour les injustes (pour les mécréants) un feu qui est entouré d’une fumée. C’est-à-dire qu’ils auront une fumée avant d’entrer dans le feu ou bien ils auront à franchir un mur de feu. Donc la première partie du verset n’est pas une autorisation à mécroire mais c’est une menace. Le Qur-ān menace ceux qui ont mécru. Si le Qur-ān autorisait d’avoir la croyance que chacun veut, pourquoi donc Dieu a-t-Il envoyé les prophètes ? « Celui qui veut, qu’il soit croyant et celui qui veut, qu’il soit mécréant » ne veut pas dire : ô vous les gens, si vous voulez être des croyants, alors croyez et si vous voulez être des mécréants, mécroyez. Cela ne veut pas dire que chacun a une autorisation de croire ce qu’il veut mais cela indique que c’est une menace. Celui qui aura été croyant, c’est lui le gagnant. Celui qui aura mécru, il sera en enfer, entouré de toutes parts. L’enfer a un sol indépendant, ce n’est pas le sol actuel et ce n’est pas le sol de la septième terre. L’enfer a des murs et un couvercle, pour que le feu soit encore plus fort. L’enfer a un plafond pour que le feu augmente en intensité.
wa ʾin yastaġīṯū yuġāṯū bi-māʾin kal-muhli yašwī al-wuǧūha : s’ils demandent à être secourus pour avoir de l’eau, ils auront de l’eau comme al-muhl : et c’est ce qu’on récupère après avoir pressé de l’huile. Ou alors ce sont les diamants et les pierres de la terre qui auront été fondus. C’est pour les rabaisser et les humilier. Ils demandent de l’eau pour se désaltérer et ils auront ce liquide mauvais.
biʾsa al-šarābu wa sāʾat murtafaqan : quelle mauvaise boisson que cette boisson-là. Et quelle mauvaise demeure que cette demeure-là. Ce sera la géhenne, l’enfer.
Verset 30 : ʾinna al-laḏīna ʾāmanū wa ʿamilu al-ṣāliḥāti ʾinnā lā nuḍiʿu ʾaǧra man ʾaḥsana ʿamalan : quant à ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, la récompense de ceux qui auront agi en bien ne sera pas perdu.
Verset 31 : ‘Ūlā’ika Lahum Jannātu `Adnin : ceux-là auront des jardins d’eden.
Tajrī Min Taĥtihimu Al-‘Anhāru Yuĥallawna Fīhā Min ‘Asāwira : sous lesquels des fleuves vont couler et ils auront des parures
Min Dhahabin: en or
Wa Yalbasūna Thiyābāan Khuđrāan Min Sundusin : ils porteront des vêtements de brocard (un tissu qui est très fin et très joli)
Wa ‘Istabraqin : et un tissu qui est épais.
Muttaki’īna Fīhā `Alá Al-‘Arā’iki : ils seront adossés sur des fauteuils. Le fait d’avoir le dos calé est l’aspect de ceux qui sont dans le confort, l’aspect des rois.
ni`ma Ath-Thawābu : que c’est beau , le paradis et les fauteuils sur lesquels ils sont assis
Wa Ĥasunat Murtafaqāan : quelle belle récompense
Verset 32 : Wa Ađrib Lahum Mathalāan Rajulayni : cite-leur le cas de ces deux hommes ; donne en exemple le cas des croyants et des mécréants comme si c’était deux hommes. C’était deux hommes de banou Isrāʾīl, l’un était mécréant et s’appelait Qatrūs et l’autre était croyant et s’appelait Yahūḏā. Il a été dit que ce sont deux hommes qui sont cités également dans une autre sourate : sourate aṣ-ṣaffāt, ce qui signifie : « j’avais un compagnon ». Ils ont hérité de leur père huit mille dinars qu’ils ont partagé en deux. Le mécréant a acheté un terrain pour mille dinars. Le croyant a dit : » ô mon dieu, mon frère a acheté un terrain pour mille dinars et moi, je t’achète un terrain au paradis pour mille dinars ». Il a pris mille dinars qu’il a donnés en aumône ». Puis son frère s’est fait construire une maison pour mille dinars. Puis le croyant a dit : « ô mon dieu, je t’achète une maison au paradis pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis son frère s’est marié pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, je donne mille dinars en aumône pour les femmes du paradis ». Puis son frère a acheté des serviteurs et des esclaves pour mille dinars. Le croyant a dit : « ô mon dieu, j’achète de toi des serviteurs pour l’éternité pour mille dinars ». Puis il a donné mille dinars en aumône. Puis le croyant s’est retrouvé dans le besoin. Il s’est retrouvé sur le chemin de son frère qui passait avec ses serviteurs. Il a voulu lui parler. Mais son frère mécréant l’a chassé et l’a blâmé pour avoir donné son argent en aumône.
Ja`alnā Li’ĥadihimā Jannatayni Min ‘A`nābin : Nous avons accordé à l’un des deux un verger plein de vignes
Wa Ĥafafnāhumā Binakhlin et Nous l’avons entouré par des palmiers dattiers. C’est ce que les commerçants aiment avoir.
Wa Ja`alnā Baynahumā Zar`āan : et Nous avons fait qu’entre les vignes, il y ait aussi des plantations.
Verset 33 : Kiltā Al-Jannatayni ‘Ātat : chacun des deux vergers a donné ses fruits
‘Ukulahā Wa Lam Tažlim Minhu Shay’āan : et la récolte était élevée, elle n’a pas baissé.
Wa Fajjarnā Khilālahumā Naharāan : et Nous avons fait jaillir un fleuve entre les deux vergers. Il a qualifié les deux vergers par le fait qu’il y ait beaucoup de fruits, qu’ils étaient en grandes quantité et qu’il y avait de l’eau.
Verset 34 : Wa Kāna Lahu Thamarun : et le propriétaire de ces deux vergers avait des fruits. Ce qui est visé ici, ce sont des biens. Non seulement il avait les deux vergers qui donnaient beaucoup de fruits mais en plus il avait d’autres biens, comme de l’or, de l’argent métal et autres.
Faqāla Lişāĥibihi Wa Huwa Yuĥāwiruhu : il a dit à son compagnon en discutant avec lui. Il voulait débattre avec lui. Qatrūs le mécréant a pris la main de son frère et il lui montrait : regarde ce que j’ai, grâce à ma bonne gestion.
‘Anā ‘Aktharu Minka Mālāan Wa ‘A`azzu Nafarāan : moi, j’ai plus de biens que toi, j’ai plus de gens à mon service.
nafara veut dire : des serviteurs ou bien des fils
Verset 35 : Wa Dakhala Jannatahu : et il est entré dans son verger : ou bien il est entré dans un des deux vergers ou bien il a considéré que c’est un seul verger parce qu’il y a un seul mur qui les entoure ou bien il les a considérés deux parce qu’il y a un fleuve qui les traverse. Parfois il dit deux vergers, parfois il dit un seul.
Wa Huwa Žālimun Linafsihi : et il était injuste envers lui-même. Parce qu’il était mécréant.
Qāla Mā ‘Ažunnu ‘An Tabīda Hadhihi ‘Abadāan : il a dit : je ne pense pas que ce verger va disparaitre un jour. Il a douté de l’anéantissement de ce verger, tellement il a de l’espoir, tellement il est noyé dans son insouciance, tellement il était dupé par la vie que Dieu lui a accordée dans ce bas-monde. Et on constate que la plupart des riches sont dans cet état-là.
Verset 36 : Wa Mā ‘Ažunnu As-Sā`ata Qā’imatan : il a dit je ne pense qu’il y aura un jour du Jugement. Et c’est une mécréance.
Wa La’in Rudidtu ‘Ilá Rabbī La’ajidanna Khayrāan Minhā Munqalabāan : Et si jamais je reviens à la vie : puisque toi, tu prétends qu’il y a une résurrection, je vais avoir un verger meilleur que celui-là. Il a cru que Dieu l’avait honoré en lui donnant un verger dans le bas-monde, il a cru qu’il avait un certain degré et il s’attendait à avoir la même chose dans l’éventualité où il y aurait une résurrection.
Verset 37 : Qāla Lahu Şāĥibuhu Wa Huwa Yuĥāwiruhu ‘Akafarta Bial-Ladhī Khalaqaka Min Turābin : son compagnon (celui qui était musulman) lui a dit en discutant avec lui : aurais-tu mécru en celui qui t’a créé à partir de terre ? N’est-ce pas que l’origine de tous les humains est Ādam que Dieu a créé à partir de terre. Donc ici il est fait référence à son premier ancêtre qui est le premier des humains, qui a été créé à partir de terre. Et les êtres humains suivants ont été créés à partir de leurs pères et mères. (Sauf Jésus qui a été créé à partir de sa mère et Eve a été créée à partir de Ādam). Parce que la création de son premier ancêtre est une cause pour sa création à lui.
Thumma Min Nuţfatin: puis à partir d’un mélange de liquide séminal.
Thumma Sawwāka Rajulāan: puis Il a fait de toi un être humain. Il a complété ta création, Il a fait de toi un homme, quelqu’un qui est pubère, qui est au summum de sa capacité, de sa santé, de sa richesse, mais Il a fait de toi un mécréant, qui a douté à propos de la résurrection. L’exemple de ceux qui ont mécru est que leurs œuvres sont telles de la cendre exposée au vent un jour de tempête.
Verset 38 : lākin-na huwa Allāhu Rabbī : lākin-na est un mot qui est contracté, il provient de deux mots qui sont lākin et anā. Cela veut dire « quant à moi ». Quant à moi, je crois que Dieu est mon Seigneur.
Wa Lā ‘Ushriku Birabbī ‘Aĥadāan : et je n‘attribue aucun associé à Dieu.
Verset 39 : Wa Lawlā ‘Idh dakhalta Jannataka Qulta mā Shā’a Allāhu : et si, quand tu rentres dans ton verger, tu disais que tout est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire si tu reconnaissais que tout ce qu’il y a dans ton verger n’a lieu que par la volonté de Dieu. Et que si Dieu veut Il fait que ton verger reste tel quel et si Dieu veut, Il fait que ton verger soit anéanti.
Lā Qūwata ‘Illā Billāhi : et qu’il n’est de force que par Dieu. Tu reconnaitrais ainsi que, si tu as réussi à faire de ton verger ce qu’il est, c’est par la grâce de Dieu et l’aide de Dieu.
‘In Tarani ‘Anā ‘Aqalla Minka Mālāan : même si tu constates que moi, j’ai moins d’argent que toi.
Wa Waladāan : et moins d’enfants que toi.
Verset 40 : Fa`asá Rabbī ‘An Yu’utiyanī Khayrāan Min Jannatika : si mon Seigneur le veut, Il m’accorde mieux que ton verger. Soit dans le bas-monde, soit dans l’au-delà.
Wa Yursila `Alayhā Ĥusbānāan Mina As-Samā’i Fatuşbiĥa Şa`īdāan Zalaqāan : et Il envoie sur ton verger une manifestation de châtiment qui s’abat du ciel au point que ton verger devienne une terre glissante.
Verset 41 : ‘Aw Yuşbiĥa Mā’uuhā Ghawrāan : ou que la rivière qui le traverse soit asséchée. C’est-à-dire que l’eau soit absorbée par la terre et soit enfouie sous terre.
Falan Tastaţī`a Lahu Ţalabāan : et tu ne pourras plus trouver d’eau.
Le sens de ce verset est le suivant : même si, actuellement, je suis plus pauvre que toi, je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers.
Verset 42 : wa uḥīṭa bithamarihi : uḥīṭa signifie assiéger ou être entouré ; à l’origine, cela veut dire que l’ennemi s’est emparé de lui donc que celui a subi cela est devenu sous son autorité. Le verbe est utilisé ici à la voix passive concernant les récoltes. Cela veut dire que ses récoltes ont été encerclées. Ses fruits ont été anéantis.
Fa’aşbaĥa Yuqallibu Kaffayhi : le mécréant s’est mis à frapper ses mains l’une contre l’autre. Et ceci par regret et par remords, car son verger a été anéanti. Puis le fait de frapper ses mains l’une contre l’autre est devenu une allusion au regret et au chagrin, en passant la paume d’une main sur le dos de l’autre main.
`Alá Mā ‘Anfaqa Fīhā Wa Hiya Khāwiyatun `Alá `Urūshihā : il regrette que tout ce qu’il a dépensé pour que son verger soit beau, est parti en vain. Tout est tombé : les supports sont tombés et les vignes sont tombées.
wa yaqūlu yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan : et il s’est dit : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur. Il s’est rappelé de l’exhortation que lui avait faite son frère. Alors il a su que ce qui lui était arrivé était une punition en raison de sa mécréance et de son orgueil. Alors il a souhaité n’avoir pas été associateur pour que Dieu ne lui détruise son verger, alors que le regret n’est plus d’aucun recours. An-Nasafī a dit : il est possible que cette parole qu’il a dite était en réalité un repentir suite à son attribution d’un associé à Dieu. Et qu’elle soit donc considérée comme une entrée en Islam.
Verset 43 : Wa Lam Takun Lahu Fi’atun Yanşurūnahu Min Dūni Allāhi : il n’avait pas d’allié qui puisse le soutenir hormis Dieu : Dieu seul est tout puissant à le soutenir. Nul autre que Dieu ne peut le soutenir.
Wa Mā Kāna Muntaşirāan : mais Dieu ne l’a pas soutenu pour une sagesse. Sa force à lui n’a pas pu empêcher que s’abatte sur lui le châtiment de Dieu, ni la destruction de ses vergers.
Verset 44 : hunālika al-walāyatu lil-lāhi Al-Ĥaqqi : dans une telle situation l’aide est de la part de Dieu seulement. Il n’y a pas autre que Dieu qui peut amener une telle aide pour éviter la destruction des vergers. Il y a deux manières de réciter ici : soit al-wilāyah soit al-walāyah et le sens est différent selon la prononciation.
Avec le terme al-wilāyah, cela signifie que la souveraineté de Dieu n’est pas vaincue. Une troisième explication est : dans une telle situation difficile, vont avoir recours à Dieu et vont croire en Dieu, tous ceux qui sont dans une grande difficulté.
Donc quand il a dit : yā laytanī lam ‘ushrik birabbī ‘aĥadāan qui signifie : si seulement je n’avais pas attribué d’associé à mon Seigneur, il a été amené à dire cette phrase suite à la gravité des conséquences de sa mécréance. Si ses vergers n’avaient pas été détruits, il n’aurait pas dit cette parole.
Ou encore une autre explication : Dieu donne la victoire à ceux qui se soumettent à Lui et sont croyants, contre les mécréants et Il les venge d’eux, Il leur donne leur revanche.
C’est-à-dire que Dieu a réalisé ce qu’avait dit le frère croyant à avec son frère mécréant. Il lui avait dit : « je m’attends à ce que Dieu change mon état et change ton état (c’est-à-dire mon état de pauvreté et ton état de richesse) et qu’en raison de ma foi, Dieu m’accorde un jardin meilleur que ton jardin et qu’en raison de ta mécréance, Il t’enlève les grâces qu’Il t’a données et Il détruise les fruits et vergers ».
Huwa Khayrun Thawābāan Wa khayrun `uqbāa : Dieu donne une meilleure récompense et une meilleure issue. C’est une allusion à l’au-delà. C’est-à-dire que dans l’au-delà, Dieu accorde une récompense à ceux qui ont cru en Lui.
Verset 45 : Wa Ađrib Lahum Mathala Al-Ĥayāati Ad-Dunyā Kamā’in ‘Anzalnāhu Mina As-Samā’i : et donne-leur l’exemple du bas-monde c’est comme de l’eau qui est tombée du ciel. C’est-à-dire de l’eau que Nous avons fait tomber du ciel.
fākhtalaţa bihi nabātu al-‘arđi : grâce à laquelle les plantes sur terre se sont mélangées. Grâce à cette eau de pluie qui est tombée, la végétation est devenue dense, au point que les tiges et les plantes se sont entrecroisées. Deuxième explication : c’est que l’eau de pluie a irrigué les plantes et elle s’est mélangée avec les plantes.
fa’aşbaĥa hašīman tadhrūhu ar-riyāĥu : puis ces plantes sont devenues sèches, cassantes, que le vent fait envoler
Wa Kāna Allāhu `Alá Kulli Shay’in Muqtadirāan : et Dieu est sur toute chose (c’est-à-dire depuis la première chose créée jusqu’à l’anéantissement). Le bas monde est résumé en deux phrases : des plantes ont poussé puis elles ont séché. Tout puissant : Dieu a comparé l’état du bas-monde avec ce qu’il comporte comme beautés, verdures agréables et ce qui va suivre comme destruction et anéantissement. Dieu a comparé le bas-monde à des plantes qui sont vertes puis qui se multiplient puis qui deviennent sèches et le vent les fait s’envoler, comme si elles n’avaient pas existé.
Verset 46 : Al-Mālu Wa Al-Banūna Zīnatu Al-Ĥayāati Ad-Dunyā : les biens et les enfants sont la parure de la vie du bas-monde. Ce ne sont pas la provision de la tombe et ce n’est pas ce que tu emportes pour l’au-delà.
Wa Al-Bāqiyātu Aş-Şāliĥātu : et celles qui demeurent ce sont celles qui sont bonnes. C’est-à-dire les œuvres de bien dont les fruits vont rester pour l’homme.Les fruits sont la récolte. Deuxième explication : ce sont les cinq prières. Troisième explication : c’est la parole soubḥāna Allāh wa al-ḥamdou lil-Allāh wa lā ilāha il-la Allāh wa Allāhu akbar.
Khayrun `Inda Rabbika Thawābāan : leur récompense vaudra mieux selon le jugement de ton Seigneur.
Wa Khayrun ‘Amalāan: et elles valent mieux que d’autres pour y attacher de l’espoir. Parce que derrière ces bonnes œuvres, il y a une promesse de récompense. La promesse de la part de Dieu est véridique alors que la plupart des espoirs sont mensongers. Celui qui accomplit ces bonnes œuvres dans le bas-monde, son espoir est d’avoir la récompense de la part de Dieu. Et il va l’obtenir.
Le sens du verset est que l’argent et les enfants sont une parure de la vie du bas-monde qui, elle, va à sa fin. Alors que celles qui demeurent et qui sont bonnes, elles sont meilleures selon le jugement de Dieu. Les bonnes actions sont la prière, le jeûne, le pèlerinage, l’aumône obligatoire, les évocations, la récitation du Qur-ān.
Dieu les a appelées « celles qui demeurent », elles sont perpétuelles parce que la récompense des bonnes actions est continue, elle ne s’interrompra pas dans l’au-delà. Le paradis est une récompense et il n’a pas de fin. L’au-delà n’a pas de fin. Ce sera une vie après laquelle il n’y a pas de mort. Ce sera une bonne santé après laquelle il n’y aura pas de maladie. Ce sera une jeunesse après laquelle il n’y a pas de vieillesse. Ce sera un repos après lequel il n’y a pas de fatigue.
Quant à la parure du bas-monde (les biens et les enfants), elle va être anéantie. Les enfants sont amenés à mourir, l’un meurt le jour de sa naissance, l’autre meurt après avoir vécu une semaine, un an, à l’adolescence. Et il se peut que le petit-fils meure avant le grand-père. Les joies du bas-monde sont éphémères. Elles s’estompent très rapidement. Et même l’argent, il disparait très rapidement. La nourriture, si délicieuse soit-elle, quelque soit l’effort réalisé pour la préparer, sera à la fin cette chose qui va sortir et qui est répugnante. La nourriture, qu’elle soit délicieuse ou moins bonne aura cette même fin qui est répugnante. De même les vêtements, aussi luxueux soient-ils, leur devenir est qu’ils seront jetés dans une poubelle, après que la couleur sera usée.
Quant aux bonnes actions, elles vont demeurer, elles ne vont pas s’estomper. Celui qui fait les bons calculs, il ne va pas perdre son temps dans les choses qui sont inutiles, mais il va œuvrer pour son au-delà. La plus facile des bonnes actions à accomplir avec la langue, c’est l’évocation de Dieu. Et la récompense du ḏikr est éminente. Et parmi les évocations, il y a la parole « subḥāna Allāhi wa biḥamdih ». Le musulman qui dit cette parole, il lui sera planté un arbre au paradis et c’est un palmier en or. Celui qui cette parole cent fois, il lui sera planté cent palmiers. Et celui qui dit mille fois cette parole, il lui sera planté mille palmiers. Et celui qui la dit plus que mille fois, il aura plus que mille arbres au paradis. Le chaykh a dit : par ailleurs les palmiers au paradis ne sont pas comme les palmiers du bas-monde, en ce qui concerne la couleur, l’odeur et le goût du fruit. Le nom est commun aux deux, on les appelle tous les deux un palmier, sur terre et au paradis. L’arbre au paradis reste éternellement, avec des fruits.
L’aumône fait partie des bonnes actions. Celui qui donne une aumône à partir d’argent qui est licite, avec une bonne intention par recherche de l’agrément de Dieu et non pas pour rechercher l’éloge des gens, il aura une récompense éminente. En fonction de l’intention de la personne, plus quelqu’un préfère l’au-delà au bas-monde, alors la récompense sera encore plus éminente.
Si quelqu’un possède peu d’argent mais s’il a donné la moitié de ce qu’il possède et il a gardé la moitié, sa récompense est plus éminente que celui qui possède beaucoup d’argent et qui donne en aumône une partie de sa grande fortune. L’exemple qui illustre cela est ce qui est parvenu du hadith du Messager de Dieu ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam qui a dit ce qui signifie : « un dirham procure plus que cent mille dirham ». On lui a dit : « mais comment cela, ô messager de Dieu ? Il a répondu ce qui signifie : « c’est le cas d’un homme qui ne possède que deux dirhams et il a donné en aumône un des deux dirhams. Et un autre qui possède cent mille dirhams et il a donné une partie qui n’est pas très élevée de sa grande fortune. Celui a donné un dirham aura plus de récompenses. » Rapporté par An-Nasāʾiy et At-Tirmiḏiy et ibnu Ḥibbān et Al-Ḥākim et Al-Bayhaqīy. C’est-à-dire que celui qui avait la grande fortune, il a donné en aumône une petite partie et il a gardé beaucoup pour lui-même. Même si ce qu’il a donné était cent mille dirhams et que cela représentait une toute petite partie de sa fortune, il aura une récompense moindre.
Donc celui qui a donné en aumône un seul dirham et qui ne garde pour lui qu’un seul dirham, sa récompense dépasse de loin, selon le jugement de Dieu, la récompense de celui qui a donné en aumône cent mille dirhams qui représente très peu de son immense fortune.
Par ailleurs, Dieu n’agrée les bonnes actions, que ce soit la prière, le jeûne, les aumônes, qu’après avoir connu Dieu. Quant à celui qui aura connu Dieu, celui qui a cru en Dieu et en Son messager, c’est de celui-là dont les bonnes actions seront récompensées. Dieu existe, Il n’a pas de ressemblance avec autre que Lui. Dieu n’est pas un corps de petite taille et ce n’est pas un corps de grande taille. Dieu existe de toute éternité avant toute chose, avant l’existence des cieux, des terres, Il existe avant l’existence des endroits, sans endroit. La première chose qu’Il a créée c’est l’eau. Puis Dieu a créé un corps immense qui s’appelle le Trône. Ensuite Il a créé un autre corps qui s’appelle le calame élevé. Ce n’est pas un crayon comme les crayons du bas-monde. Puis Il a créé un corps qui est une table qui a une étendue de cinq cents années. Le calame a écrit, sans que personne ne le tienne, sur cette table, tout ce qui va avoir lieu dans ce bas-monde, jusqu’au jour du jugement. Puis, après que le calame a eu fini d’écrire ce qui va se passer dans le bas-monde, cinquante mille années plus tard, Dieu a fait entrer en existence les cieux et la terre. Avant que Dieu ne crée la nuit et le jour, il n’y avait ni lumière ni obscurité. Et toutes ces choses-là, Dieu les a créées par Sa puissance et Sa volonté. Et Dieu a créé l’être humain en tant que dernière espèce de ce monde. Après que Dieu a créé les différentes espèces de créatures, Dieu a créé Ādam qui est le premier de l’espèce humaine.
Dieu a créé la terre dans deux jours : le dimanche et le lundi. Puis Dieu a créé les sept cieux le mardi et le mercredi. Puis Dieu les deux derniers jours (jeudi et vendredi) a créé tout ce qu’il y a sur terre comme choses qui sont un support pour nous et ce sont les montagnes, les fleuves, les océans. Dieu a fait que, sur terre, il y a des endroits qui sont bénéfiques et profitables pour les gens pour qu’ils puissent y vivre. Puis Dieu a créé, dans le temps de al-ʿaṣr du jour du vendredi, notre maitre Ādam ʿalayhi s-salām. Quant aux six jours dans lesquels ont été créés les cieux et la terre, chacun de ces six jours a une durée de mille années des années que nous comptons aujourd’hui. Ādam ʿalayhi s-salām a été créé à partir des sols de cette terre. Un ange a prélevé de cette terre une certaine quantité qui a été élevée au paradis et qui a été pétrie avec l’eau du paradis. Il n’a pas été rapporté qui est l’ange qui a fait cela. Il est possible que ce soit Ǧibrīl ou ʿAzrāʾīl ou que ce soit un autre ange que ces deux-là. Cette terre est restée ainsi sous forme de terre glaise pendant un certain temps puis elle a été transformée en quelque chose de dur et sec comme de la porcelaine. Et Dieu l’a transformée en chair, en os et en sang. Puis Dieu a fait que l’âme entre dans ce corps. Puis Dieu a enseigné à Ādam la manière de parler. Et Il a inondé son cœur de connaissances. Ādam connaissait le nom des choses. A partir d’une des côtes d’Ādam, Dieu a créé Eve et Il la lui a donnée en tant qu’épouse. Et ils ont vécu au paradis ensemble pendant cent trente ans. C’est la dernière partie de la journée du vendredi. Ensuite Dieu a envoyé Ādam sur terre et Il lui a enseigné les moyens de subsistance pour survivre sur terre, comment manger, boire, s’abriter, comment planter le blé, le récolter, comment en fabriquer du pain. Il lui a enseigné comment extraire le fer, le feu et comment fabriquer des pièces d’or et des pièces d’argent, pour que les gens puissent faire des échanges.
Verset 47 : Wa Yawma Nusayyiru Al-Jibāla : et cite-leur le jour où les montagnes vont se déplacer. Soit les montagnes vont être pulvérisées, Dieu va les réduire en poudre qui va se déplacer
Wa Tará Al-‘Arđa Bārizatan : et tu vas voir la terre dénudée. La terre ne sera plus couverte par les montagnes, par les arbres qui la couvraient.
Wa Ĥasharnāhum : Nous les avons rassemblés. C’est-à-dire que Dieu rassemblera les morts au jour du Jugement. Ceci pour indiquer que le rassemblement a eu lieu avant que les montagnes ne se déplacent. C’est un évènement qui a eu lieu avant ce qui est cité avant.
Falam Nughādir Minhum ‘Aĥadāan : et personne ne sera laissé de côté. Tous vont sortir de leurs tombes pour être réunis ce jour-là.
Ce verset 47 signifie que les gens seront rassemblés au jour du Jugement. Personne ne sera laissé de côté : cela signifie que tout le monde va être rassemblé. Personne ne sera oublié.
Verset 48 : Wa `Uriđū `Alá Rabbika Şaffāan : et ils ont été exposés à leur Seigneur en rangées. C’est-à-dire que tous ceux qui sont sortis de leurs tombes seront alignés en rangées, on peut voir chacun d’entre eux. Il n’y a pas un qui cache l’autre. Leur état a été comparé à l’état de soldats qui sont exposés à un sultan.
Laqad Ji’tumūnā Kamā Khalaqnākum ‘Awwala Marratin : vous êtes venus à la vie tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. C’est-à-dire que Nous vous avons ressuscités tout comme Nous vous avons créés la toute première fois. Deuxième explication : vous êtes venus tout nus tout comme Nous vous avons créés la première fois.
Bal Za`amtum ‘Allan Naj`ala Lakum Maw`idāan: vous avez prétendu qu’il n’y avait pas de résurrection. Voilà le démenti dans ce que vous croyez dans cette vie. Vous avez pourtant reçu la nouvelle par les prophètes qui vous ont dit que vous allez être ressuscités, que vous allez être rassemblés et ce jour-là ils vous sera dit : voici votre rassemblement.
Verset 49 : Wa Wuđi`a Al-Kitābu Fatará Al-Mujrimīna Mushfiqīna : puis le livre a été rendu. C’est-à-dire le livre des œuvres. Tu verras les criminels ce jour-là qui seront effrayés.
Mimmā Fīhi : de ce qu’il y a dedans.
Wa Yaqūlūna Yā Waylatanā Māli Hādhā Al-Kitābi Lā Yughādiru Şaghīratan Wa Lā Kabīratan : ils vont dire : malheur à nous, pourquoi dans ce livre rien n’est omis, ni une petite chose, ni une grande chose (c’est-à-dire parmi les péchés)
‘Illā ‘Aĥşāhā : sans qu’elle ne soit consignée.
Wa Wajadū Mā `Amilū Ĥāđirāan : et ils verront ce qu’il y aura dans les livres, qui sera présent. Soit ce qui sera inscrit dans les livres ou « présent » c’est-à-dire ce qui sera la rétribution de ce qu’ils ont fait.
Wa Lā Yažlimu Rabbuka ‘Aĥadāan: et ton Seigneur n’est injuste envers personne .Dieu ne charge pas l’esclave d’une chose qu’il n’a pas faite. Dieu ne va pas châtier quelqu’un plus qu’il ne le mérite et Il ne va pas châtier quelqu’un qui n’a pas commis de péchés.
aṬ-Ṭabāriyyu a dit dans son exégèse : « ton Seigneur ne rétribue personne, ô MuḤammad , autrement que par ce qu’il mérite ». C’est-à-dire qu’Il ne rétribue par le bien que les gens de bien, et Il ne rétribue par la punition que les gens du mal. Et c’est cela la justice.
Verset 50 : Wa ‘Idh Qulnā Lilmalā’ikati Asjudū Li’dama : et Nous avons dit aux anges prosternez-vous pour Ādam : d’une prosternation de salutation ou bien de respect.
Fasajadū ‘Illā ‘Iblīsa Kāna Mina Al-Jinni : les anges se sont prosternés sauf Iblīs qui faisait partie des jinns. Cette phrase est comme une réponse à la question : et pourquoi ne s’est-il pas prosterné ? La réponse est : il faisait partie des jinns. La question n’est pas mentionnée mais elle est sous-entendue.
Fafasaqa `An ‘Amri Rabbihi : il n’a pas respecté l’ordre de son Seigneur. Il a agi d’une façon non conforme à ce que son Seigneur lui a ordonné. Il avait reçu l’ordre de se prosterner tout comme les anges avaient reçu cet ordre-là. Il n’est pas permis de dire qu’Iblīs était le prince des anges.Il n’était pas du tout un ange. Preuve en est la parole de Dieu qui signifie : « sauf Iblīs qui, lui faisait partie des jinns ».
Et le Messager de Dieu ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés à partir de la lumière et les jinns ont été créés à partir d’une flamme pure de feu ». Il s’avère donc qu’Iblīs faisait partie des jinns, véritablement, tout comme nous l’avons indiqué précédemment.
‘Afatattakhidhūnahu Wa Dhurrīyatahu ‘Awliyā’a Min Dūnī : est-ce que vous les considérez, lui et ses descendants, comme des partisans, au lieu de M’obéir ? La lettre qui commence cette phrase est une hamza qui signifie « est-ce que » mais ce n’est pas une question qui attend une réponse, mais c’est un blâme. C’est exprimer l’exclamation, l’étonnement. C’est comme s’il était dit : après ce qu’ils ont fait, lui et ses descendants, vous les considérez comme des partisans, au lieu de M’adorer ? Puis An-Nasafī a cité certains noms de chayāṭīn de sa descendance comme Lāqīs qui est celui qui ramène les mauvaises suggestions, pour celui qui doute de sa purification. Un autre ramène à la personne le doute quant au nombre des rakʿa dans la prière. Dāsam est celui qui mange avec la personne qui n’a pas dit la basmala.
Wa Hum Lakum `Adūwun : alors qu’ils sont pour vous des ennemis
Bi’sa Lilžžālimīna Badalāan : quels mauvais remplaçants pour les injustes. C’est-à-dire ces injustes qui, au lieu d’obéir à Dieu, ils obéissent à Iblīs. Quelle mauvaise chose qu’ils font !!
Verset 51 : Mā ‘Ash/hadtuhum: Je n’ai pas pris à témoin Iblīs et sa descendance
Khalqa As-Samāwāti Wa Al-‘Arđi: pour la création des cieux et de la terre. C’est-à-dire que vous les avez adorés, or, ils auraient été associés dans l’adoration s’ils avaient été associés dans la divinité. Dieu a nié le fait qu’ils soient des associés dans la divinité pour leur soi-disant soutien dans la création des cieux et de la terre ou bien pour les consulter dans la création des cieux et de la terre. Autrement dit, Dieu dit : Je suis le Seul à créer les choses, alors, n’adorez que Moi.
Wa Lā Khalqa ‘Anfusihim : Dieu nous apprend qu’Il ne S’est pas fait aider par certains d’entre eux pour la création d’autres qu’eux. Ni Il ne s’est consulté avec eux pour la création des cieux et de la terre ni pour leur propre création eux-mêmes.
Wa Mā Kuntu Muttakhidha Al-Muđillīna `Ađudāan : et je ne prends pas les égarés comme soutien. Dieu nous apprend que, s’ils (Iblīs et sa descendance) ne sont pas des soutiens pour Lui dans la création, alors pourquoi vous, les associateurs, vous les considérez comme des associés à Dieu dans l’adoration ?
Verset 52 : Wa Yawma Yaqūlu : le jour où Dieu dit (aux mécréants). Et dans la récitation de Hamzah c’est « wa yawma naqūl » c’est-à-dire « le jour où Nous dirons » avec le « Nous » de majesté. Toutes ces récitations remontent au Prophète qui parfois, récitait la première récitation et parfois le seconde.
Nādū Shurakā’iya Al-Ladhīna Za`amtum : Il fait entendre aux mécréants. Au Jour du Jugement, les associateurs vont entendre la parole de Dieu, appelez c’est-à-dire appelez à haute voix mes associés, selon votre prétention. C’est-à-dire appelez ceux que vous avez prétendus comme étant mes associés qui vont vous protéger de Mon châtiment. Et il est visé par les associés, les djinns. Et le terme associé est utilisé avec le pronom possessif « mes » mais avec la précision « selon votre prétention ». Ceci n’est pas pour confirmer que Dieu aurait des associés.
Fada`awhum Falam Yastajībū Lahum Wa Ja`alnā Baynahum Mawbiqāan : ils les ont appelés mais ils ne leur ont pas répondu et Nous avons fait qu’il y ait entre eux un mawbiq. Il y a plusieurs explications à ce mot :
Ça peut être une cause de perdition.
Ou encore c’est une vallée en enfer qui est un endroit de châtiment douloureux dans lequel ils vont être associés, c’est-à-dire ceux qui ont adoré autre que Dieu et ceux qui ont demandé à être adorés.
Ou encore une longue distance entre les anges, ʿOuzayr et ʿIsā : parce que certains avaient adoré les anges, certains avaient adoré ʿOuzayr et certains avaient adoré ʿIsā. Les mécréants seront en enfer alors que les anges seront dans les cieux et ʿOuzayr et ʿIsā, eux, seront au paradis.
Verset 53 : Wa Ra’á Al-Mujrimūna An-Nāra Fažannū : les criminels vont voir le feu. Ce sont les mécréants qui verront le feu de l’enfer.
Fažannū Annahum Muwāqi`ūhā : et ils auront la certitude. Et ils auront la certitude qu’ils vont entrer en enfer.
Wa Lam Yajidū `Anhā Maşrifāan : et ils n’ont pas trouvé de moyen pour en échapper.
Verset 54 : Wa Laqad Şarrafnā Fī Hādhā Al-Qur’āni : Nous avons fait que dans ce Qur-ān, il y ait des exemples, des moralités, des récits, des leçons
Lilnnāsi Min Kulli Mathalin : pour chaque personne tout ce dont ils ont besoin.
Wa Kāna Al-‘Insānu ‘Akthara Shay’in Jadalāan : et l’être humain en général est celui qui débat, qui discute. C’est la créature de laquelle provient le plus le débat et la discussion.
Verset 55 : Wa Mā Mana`a An-Nāsa ‘An Yu’uminū ‘Idh Jā’ahumu Al-Hudá : et qu’est-ce qui empêche les gens d’être croyants lorsque la bonne guidée leur parvient ? La bonne guidée ici c’est-à-dire celui qui est la cause de la bonne guidée, en l’occurrence le Livre de Dieu et Son Messager.
Wa Yastaghfirū Rabbahum ‘Illā ‘An Ta’tiyahum Sunnatu Al-‘Awwalīna ‘Aw Ya’tiyahumu Al-`Adhābu : (et qu’est-ce qui les empêche de) demander le pardon à leur Seigneur, si ce n’est ce qui est arrivé aux premiers (certains peuples ont été anéantis) ou que leur arrive le châtiment de l’au-delà. Ce verset est une incitation à devenir croyants : entrez en Islam, devenez croyants, demandez à Dieu le pardon pour ne pas qu’il vous arrive ce qui est arrivé aux premiers, c’est-à-dire l’anéantissement, la destruction ou le châtiment de l’au-delà.
Qubulāan : que le châtiment leur arrive sous différentes sortes. Il y a aussi une récitation avec qibalā : c’est-à-dire : face à eux, c’est-à-dire est-ce qu’ils attendent que le châtiment soit devant eux, pour devenir croyants ?
Verset 56 : Wa Mā Nursilu Al-Mursalīna ‘Illā Mubashirīna Wa Mundhirīna : et Nous n’envoyons les messagers qu’annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. C’est une preuve que Dieu n’agrée pas autre que l’Islam comme religion. Si Dieu agréait autre que l’Islam comme religion, Il n’aurait pas envoyé les prophètes et les messagers, pour annoncer la bonne nouvelle aux croyants qu’ils auront le paradis et pour avertir les mécréants du feu de l’enfer.
Wa Yujādilu Al-Ladhīna Kafarū Bil-Bāţili: ceux qui ont mécru débattent de manière fausse sans avoir de preuves acceptables. Il est question ici lorsque les mécréants ont dit aux messagers : « vous n’êtes que des humains comme nous ; si Dieu le voulait, Il aurait fait descendre des anges ». Ce verset dénonce les arguments avancés par les mécréants.
Liyudĥiđū Bihi Al-Ĥaqqa : afin d’annuler par leurs débats le statut de prophète.
Wa Attakhadhū ‘Āyātī Wa Mā ‘Undhirū Huzūan : et ils ont considéré Mes versets : les mécréants ont considéré le Qur-ān et ce dont ils ont été avertis, c’est-à-dire le châtiment dont ils ont été menacés comme sujet de moquerie.
Verset 57 : Wa Man ‘Ažlamu Mimman Dhukkira Bi’āyāti Rabbihi : qui est plus injuste que celui qui a reçu le rappel des versets de son Seigneur ?
Fa’a`rađa `Anhā : et qui s’en est détourné. Le rappel ne l’a pas amené à se corriger.
Wa Nasiya Mā Qaddamat Yadāhu : et il a oublié ce qu’il a accompli comme actes. C’est -à-dire qu’il n’a pas réfléchi aux conséquences de ce qu’il a accompli comme actes, en l’occurrence comme mécréances et comme péchés. Il ne réfléchit pas au fait que le bienfaisant et le malfaisant, nécessairement auront une rétribution. Ils agissent ainsi parce que cette objection est ancrée dans leur cœur.
‘Innā Ja`alnā `Alá Qulūbihim ‘Akinnatan : Nous avons fait sur leurs cœurs comme des couvercles.
‘an yafqahūhu wa fī ‘Ādhānihim waqrāan : qui les empêchent de comprendre ce rappel. La récitation du Qur-ān ne dépasse pas leurs gorges, c’est-à-dire qu’elle n’atteint pas leurs cœurs.
wa ‘in tad`uhum ‘ilá al-hudá falan yahtadū ‘idhāan ‘abadāan: et si tu les appelais : c’est-à-dire ô toi Muḥammad, à la bonne guidée, c’est-à-dire à la foi ils ne seront pas bien guidés. Dieu guide qui Il veut et Il égare qui Il veut. Ils ne seront alors jamais bien guidés. C’est-à-dire que toute la durée où ils seront responsables, ils ne seront alors pas bien guidés. C’est comme si c’était une réponse au Messager qui dirait : pourquoi je ne les appellerais pas pour qu’ils deviennent musulmans ? Il lui a été dit : même si tu les appelais à la bonne guidée, ils ne seront jamais bien guidés, parce que Dieu a voulu qu’ils ne soient pas bien guidés.
Verset 58 : Wa Rabbuka Al-Ghafūru Dhū Ar-Raĥmati : et ton Seigneur est Celui Qui pardonne beaucoup et Qui est très miséricordieux.
Law Yu’uākhidhuhum Bimā Kasabū La`ajjala Lahumu Al-`Adhāba : parmi les formes de Sa miséricorde, c’est que s’Il les châtiait pour ce qu’ils ont fait, Il leur aurait fait parvenir rapidement un châtiment. C’est par miséricorde qu’Il ne châtie pas rapidement les gens de La Mecque, alors qu’ils manifestaient une grande forme d’animosité envers le Prophète ṣalla Allāhu ʿalayhi wa sallam.
Bal Lahum Maw`idun Lan Yajidū Min Dūnihi Maw’ilāan : mais ils auront une date : c’est le jour de la bataille de Badr. Et ils ne trouveront pas de refuge ce jour-là pour échapper à ce châtiment-là.
Verset 59 : Wa Tilka Al-Qurá ‘Ahlaknāhum : et ces villes, Nous les avons détruites. Il s’agit des villes du peuple de Nūḥ , ʿĀd et Ṯamūd.
Lammā Žalamū : lorsqu’ils ont été injustes. Tout comme les gens de La Mecque ont été injustes. Le verset signifie : observez ce qui est arrivé à ceux qui étaient injustes. Craignez qu’il ne vous arrive la même chose.
Wa Ja`alnā Limahlikihim Maw`idāan: et Nous avons fixé pour leur destruction une date. Tout comme a été fixée une date de destruction pour les autres peuples.
Verset 60 : Wa ‘Idh Qāla Mūsá Lifatāhu : et Mūsā a dit à son serviteur : c’est-à-dire « cite ô Muḥammad » lorsque Mūsā a dit à celui qui était à son service et ce serviteur n’a pas été mentionné explicitement. En fait il s’appelait Yūchāʿ fils de Nūn, il était, après Mūsā, le premier des prophètes des descendants d’Isrāʾīl. Et le dernier d’entre eux était ʿIsā. Yūchā appliquait les règles révélées dans la torah. Il a été surnommé al-fatā (qui est un terme qui désigne celui qui est au service de quelqu’un) parce qu’il était au service de Mūsā ʿalayhi s-salām. Il le suivait et il apprenait auprès de lui la science. Ici ce n’est pas dans le sens d’un esclave, cela ne veut pas dire que Yūchā appartenait à Mūsā mais il l’aidait dans son quotidien. Parce que dans la langue arabe, le mot « fatā » peut avoir le sens du jeune homme ou bien de l’esclave.
Lā ‘Abraĥu : il y a dans la construction en arabe quelques subtilités. Je ne vais cesser. La suite est omise et c’est possible dans la langue arabe.
Ĥattá ‘Ablugha Majma`a Al-Baĥrayni : jusqu’à atteindre le point de rencontre des deux mers. Ce qui a été omis après « je ne vais cesser » est « de marcher ». Les deux mers : il s’agit de la mer de Perse et de la mer des Romains. C’est là où notre maître Mūsā a eu la promesse qu’il pourrait rencontrer Al-H̱aḍir. Celui-ci a été surnommé ainsi parce qu’il a été rapporté dans le ḥadīṯ qu’il était assis sur un endroit blanc qui est devenu vert. Et ce n’était pas de manière habituelle. Les savants ont divergé au sujet de cet homme Al-Ǧaḍir : certains ont dit que c’était un saint et d’autres ont dit que c’était un prophète.
‘Aw ‘Amđiya Ĥuqubāan : ou s’il le faut je ferai un voyage d’une durée de quatre-vingts ans. Dans la langue, une durée de 80 ans a un nom, elle s’appelle ḥuqub. Il a été rapporté que, lorsque Mūsā a eu le dessus avec son peuple les descendants d’Isrāʾīl, sur l’Egypte et qu’ils s’y sont installés, après l’anéantissement des Qibṭ (ce sont qui adoraient pharaon), Mūsā a demandé à son Seigneur : « quels sont parmi Tes esclaves ceux que Tu agrées le plus ? Dieu lui a révélé : c’est celui qui M’évoque et qui ne M’oublie pas. C’est-à-dire celui qui se surveille tout le temps pour obtenir les hauts degrés. L’intelligent est celui qui se surveille pour Dieu. Se surveiller pour Dieu signifie le fait d’avoir présent dans son cœur que Dieu sait tout de nous, que Dieu nous a ordonné certaines choses que nous devons accomplir, que Dieu nous a interdit certaines choses que l’on doit éviter, que Dieu a tous les droits sur nous parce que c’est Lui Qui nous a donné tous les bienfaits que l’on a, qu’on ne doit pas être ingrat envers Dieu.
Puis Mūsā a posé une autre question : qui, parmi Tes esclaves est le plus correct dans ses jugements ? Dieu a dit : c’est celui qui juge conformément au droit et qui ne suit pas ses passions. Et c’est le Créateur qui définit le droit. Donc celui qui applique correctement ce qui est révélé aux prophètes, c’est celui-là qui est le plus juste. Le Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’un de vous n’atteindra un degré de foi complète que s’il fait soumettre ses penchants à ce que je vous ai transmis ». Notre maitre Mūsā a demandé à son Seigneur : qui parmi Tes esclaves a le plus de science ? La réponse a été : « c’est celui qui cherche à acquérir la science auprès des gens, pour l’ajouter à sa propre science à lui, puisse-t-il obtenir de la sorte une parole qui va lui montrer une voie de bien ou le détourner d’une voie de mal ». La sagesse est comme l’objet que tu cherches. Ceci est conforme à une autre parole du Prophète ʿalayhi š-šalāt wa s-salām, qui signifie : « le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il parvienne au paradis ». Mūsā a dit à Son Seigneur : « si quelqu’un a plus de connaissances que moi, indique-le-moi ».
Dieu lui a appris que celui qui avait plus de connaissances que lui, était Al-H̱aḍir.
Il a dit : « où pourrais-je le trouver ? ».
Tu le trouveras au bord de l’eau auprès d’un rocher.
Il a demandé : quelle eau, quelle mer, quel rocher ?
Dieu a révélé à notre maitre Mūsā de prendre un poisson mort dans un panier et, là où il perdra, ce sera là où il trouvera Al-H̱aḍir.
Notre maitre Mūsā a entamé le chemin avec son serviteur Yūchāʿ fils de Nūn et il lui a dit : « là où tu vas perdre le poisson, avertis-moi ».
Ils ont marché et à un moment, notre maitre Mūsā s’est assoupi. Dieu a fait que le poisson reprenne vie et il a sauté dans l’eau. Mūsā et Yūchāʿ mangeaient de ce poisson lors de leur voyage, à chaque fois, ils en consommaient une petite partie. Quand le moment du repas est arrivé, Mūsā a demandé à ce qu’on amène le poisson, et son serviteur lui a dit que le poisson avait sauté dans l’eau. Mūsā a dit que c’était exactement ce qu’il recherchait. Alors ils sont revenus auprès du rocher où ils avaient fait halte, et ils sont tombés sur un homme qui était recouvert avec un drap. Notre maitre Mūsā l’a salué et l’homme lui a rendu le salām. C’est la salutation que Dieu a agréée pour nous. Et cela signifie que tu n’as rien à craindre de ma part. « wa ʿalaykoumou s-salām » signifie que toi aussi, tu n’as rien à craindre de moi. Notre maitre Mūsā s’est présenté en disant qu’il était Mūsā fils de ʿImrān. Alors Al-H̱aḍir lui a dit : « ô Mūsā, moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu ne détiens pas. Et toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que moi, je n’ai pas ». Al-H̱aḍir dépasse Mūsā sur la connaissance des choses cachées : Dieu lui révèle certaines choses cachées (comme quelle sera la fin de telle personne). Et Mūsā dépasse Al-H̱aḍir sur la maitrise de la Loi de l’Islam, dans la connaissance des lois apparentes. Nous disons, pour être conforme au texte, que Al-H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā, en prenant en compte le détail que nous venons de citer.
La cause qui a poussé Mūsā à rencontrer Al-H̱aḍir est que les descendants d’Isrāʿīl lui ont posé la question : qui, parmi les gens, a le plus de connaissances ? Mūsā a répondu : « moi ». Il n’a pas dit : « Dieu sait plus que tout autre ». Puis Dieu lui a révélé que ce n’était pas lui qui avait le plus de science, mais que c’était l’esclave de Dieu, qui s’appelle Al-H̱aḍir. Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al-Bouẖārī.
Puis Mūsā a dit :« ô Allāh, comment pourrais-je le rencontrer ? » Mūsā a aspiré à rencontrer celui qui avait plus de science que lui. Dieu lui a indiqué comment il pourrait le rencontrer. Parce que la loi qu’Al-H̱aḍir appliquait à cette époque-là, avait pris fin. En effet, quand un nouveau messager vient, c’est sa loi qui est appliquée. Donc la loi de Al-H̱aḍir ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’était plus appliquée et c’était la loi de Mūsā qui rentrait en application. Les gens devaient appliquer la loi du nouveau prophète. Lorsque notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām est arrivé, Dieu lui a révélé de nouvelles lois. Quant à la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle est plus simple que les lois des autres prophètes. Celui qui ne connait pas la réalité pense que cette loi est la plus dure des lois. Un exemple : l’accomplissement de la prière était un devoir pour chaque communauté. Le nombre des prières était différent mais il y avait des prières obligatoires. Dans les lois des autres prophètes, il n’était permis d’accomplir la prière que dans un endroit dédié, réservé à cela. Quant à nous, dans la loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, où que nous nous trouvions quand le temps de la prière commence, nous pouvons faire notre prière. Dieu nous a facilité.
Concernant notre maitre Al-H̱aḍir, nous pouvons dire Al-H̱aḍir ou bien H̱aḍir. Quelqu’un est venu à notre maitre Mūsā et lui a demandé : connais-tu quelqu’un qui a plus de science que toi ? Mūsā a répondu : non, je n’en connais pas. Et Dieu lui a révélé que quelqu’un avait plus de connaissances que lui et que c’était Al-H̱aḍir. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé à le rencontrer. Et Dieu a fait que le poisson serait le signe qui lui permettrait de le rencontrer, c’est-à-dire que là où il allait perdre le poisson, ce serait là où il allait rencontrer Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām, parce que notre croyance est qu’Al- H̱aḍir était un prophète. Il y a divergence concernant le fait qu’il était soit un prophète, soit un saint.
Alors qu’ils étaient sur un navire et qu’un oiseau a picoré un peu d’eau de la mer, Al- H̱aḍir a dit à notre maître Mūsā : la part de connaissances que Dieu nous a donnée, par rapport à la part de connaissances que Dieu ne nous a pas donnée est une part infime, semblable à ce que cet oiseau a pris dans son bec, par rapport à l’étendue de l’eau.
C’est-à-dire que toi, Mūsā, tu as cherché à connaitre la personne qui avait plus de connaissances que toi. Même si tu l’as trouvée, sache que tes connaissances, mes connaissances et ce que toutes les créatures savent, par rapport aux restes des connaissances que nous n’avons pas, est infime.
Notre maître Al- H̱aḍir avait cassé deux planches du navire, de façon à ce que ce navire présente un défaut, parce que le roi de cette époque confisquait toute embarcation qui était en état de naviguer. Au début, notre maître Mūsā n’a pas compris la raison de cet acte. Il a dit : « ce sont des gens qui nous ont emmenés gracieusement, ils nous ont emmenés à bord et toi, tu leur casses deux planches de leur navire ! » Et quand les envoyés du roi étaient passés et qu’ils ont vu que ce navire avait un défaut, ils l’ont laissé. Par la suite, notre maître Al- H̱aḍir a passé sa main sur les deux planches et le navire est redevenu intact. Personne ne s’était noyé malgré les deux planches cassées. Et elles sont redevenues telles quelles. Et les gens du navire étaient heureux. Puis notre maitre Al- H̱aḍir a atteint son objectif qui était de sauver ces pauvres gens qui ont ainsi pu conserver ce navire qui était leur outil de travail.
Dieu a fait un reproche à notre maitre Mūsā parce que celui-ci avait répondu à la question (qui a le plus de science ?) avant de dire ce qui signifie : « Dieu sait plus que tout autre ». Lorsque certains descendants des fils d’Isrāʿīl ont demandé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām qui, parmi les gens, a le plus de connaissances, notre maitre Mūsā n’a pas dit « Dieu sait plus que tout autre »et c’est pour cela que Dieu lui a reproché cette réponse. Et il lui a révélé qu’il existait bien parmi les créatures de Dieu à son époque quelqu’un qui avait plus de connaissances que lui. Quand ils sont descendus du navire, Al- H̱aḍir a dit à notre maitre Mūsā : « ô Mūsā, toi, tu as des connaissances que Dieu t’a données et que, moi, je n’ai pas et moi, j’ai des connaissances que Dieu m’a données et que toi, tu n’as pas ».
Si quelqu’un pose la question : « comment cette réponse de Al- H̱aḍir est-elle en conformité avec ce que Dieu a révélé à notre maitre Mūsā ? » Comment concilier les deux ? La réponse est : les connaissances de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām n’étaient pas aussi nombreuses que celles de Al- H̱aḍir ʿalayhi s-salām, bien que le degré de notre maitre Mūsā est supérieur au degré de Al- H̱aḍir, selon le jugement de Dieu. Et Al- H̱aḍir n’a pas plus de connaissances au sujet de la Loi que Mūsā. C’est-à-dire ce qui concerne ce qui est licite, ce qui est interdit, ce qui est bon, ce qui est mauvais. Al- H̱aḍir a plus de connaissances que Mūsā concernant ce qui se rapporte à l’état des créatures. Dieu lui a accordé de vivre un âge que seul Dieu sait. Car Al- H̱aḍir a vécu bien avant notre maitre Mūsā, peut-être mille ans. De ce fait, il avait, concernant les connaissances de l’état des créatures, ce que notre maitre Mūsā n’avait pas.
Et c’est par cette explication que l’on concilie les deux paroles : la parole de Dieu qui signifie : « oui, il y a quelqu’un qui a plus de connaissances que toi « et la parole de Al- H̱aḍir : « ta science et ma science, par rapport aux connaissances que Dieu ne nous a pas données, c’est comme une goutte d’eau dans la mer ».
Le šayẖ, que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon l’avis le plus fort, Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām est un prophète. Il y a beaucoup de savants qui ont néanmoins dit qu’il était un saint et non pas un prophète. Donc le fait d’avoir une particularité n’implique pas forcément d’avoir plus de mérite.
Il y a une deuxième divergence entre les savants qui concerne le fait de savoir si Al-H̱aḍir est déjà mort ou bien s’il est encore vivant. La plupart des savants sont d’avis qu’il est encore vivant. Mais il mourra lorsque le Qurʾān sera élevé dans le ciel. Viendra une époque où le Qurʾān sera élevé jusqu’au ciel, environ cent ans avant la fin des temps.
Dans le verset qui signifie « et Il sait absolument toute chose », nous comprenons que celui qui prétend connaître toute chose est un mécréant parce qu’il s’est considéré égal à Dieu. Il n’est pas permis de croire qu’il y a un être autre que Dieu qui sait toute chose. Car ainsi celui -là aura attribué un associé à Dieu. Dieu sait ce qui a eu lieu, comment cela a eu lieu et Il sait ce qui aura lieu, comment cela aura lieu, par Sa science qui est unique, qui n’augmente pas ni ne diminue.
Verset 61 : falammā balaghā majma`a baynihimā : quand ils sont arrivés au point de rencontre des deux étendues d’eau
Nasiyā Ĥūtahumā : ils ont oublié leur poisson : et c’est Yūchāʿ, celui qui était en charge des provisions, qui l’a oublié. Sa preuve est qu’il lui a dit « si tu oublies le poisson, c’est comme s’ils avaient oublié leurs provisions, alors que c’est celui qui se charge des provisions qui les a oubliées.
Il a été dit que ce poisson était un poisson salé, qu’ils ont fait halte une nuit au bord de l’eau au bord de la source de la vie et que Mūsā s’est endormi et lorsque le poisson a été éclaboussé par l’essence cette eau et sa fraicheur, ce poisson est retourné à la vie et il est tombé dans l’eau.
Fa Attakhadha Sabīlahu Fī Al-Baĥri Sarabāan : il a emprunté son chemin en mer : il a pris un chemin de la terre vers la mer il s’est jeté à l’eau.
Verset 62 : Falammā Jāwazā : quand ils ont dépassé le point de rencontre de ces deux eaux puis ils ont fait halte alors qu’ils ont marché ce que Dieu a voulu qu’ils marchent
Qāla Lifatāhu ‘Ātinā Ghadā’anā Laqad Laqīnā Min Safarinā Hādhā Naşabāan : il a dit à son aide : Mūsā a dit à Yūchāʿ : donne-nous notre repas, nous sommes fatigués de notre voyage.
Verset 63 : Qāla ‘Ara’ayta ‘Idh ‘Awaynā ‘Ilá Aş-Şakhrati : il a dit vois-tu lorsque nous avons trouvé un abri près d’un rocher
Fa’innī Nasītu Al-Ĥūta : j’ai oublié le poisson
Wa Mā ‘Ansānīhu ‘Illā Ash-Shayţānu ‘An ‘Adhkurahu: ce n’est que le šiṭān qui me l’a fait oublier
Wa Attakhadha Sabīlahu Fī Al-Baĥri `Ajabāan : et il a emprunté son chemin en mer de manière étonnante. Puisque la trace de ce poisson était restée dans l’eau là où il nageait.
Verset 64 : Qāla Dhālika Mā Kunnā Nabghi : il a dit c’est exactement ce que nous voulions ; le départ du poisson était un signe de la rencontre avec Al-H̱aḍir ʿalayhi s-salām
Fārtaddā `Alá ‘Āthārihimā Qaşaşāan : ils ont rebroussé chemin en suivant leurs traces
Verset 65 : Fawajadā `Abdāan Min `Ibādinā ‘Ātaynāhu Raĥmata Min `Indinā : ils ont tous deux trouvé un de Nos esclaves à qui Nous avons accordé une miséricorde de Notre part.
Il s’agit de notre maître Mūsā et de son serviteur notre maître Yūchāʿ qui ont trouvé tous deux, un de Nos esclaves vertueux et il s’agit d’Al-H̱aḍir qui était endormi sous un vêtement. Ou bien assis sur l’eau.
La miséricorde accordée : il s’agit de la révélation et du statut de prophète. L’avis retenu est qu’Al-H̱aḍir est un prophète et qu’il est encore vivant et qu’il ne mourra que lorsque le Qur-ān sera élevé au ciel. Une deuxième explication : c’est la science. Une troisième explication : une longue vie.
Wa `Allamnāhu Min Ladunnā `Ilmāan : Nous lui avons accordé des connaissances de Notre part. C’est un « nous » de majesté. Dieu l’informe de connaissances cachées. Il a été dit que les connaissances auxquelles il est fait référence dans ce verset est la science « allā-duniyy » qui est la science des connaissances qui sont obtenues par l’esclave par l’inspiration. Cette inspiration est réservée aux prophètes et aux saints.
Verset 66 : Qāla Lahu Mūsá Hal ‘Attabi`uka `Alá ‘An Tu`allimani Mimmā `Ullimta Rushdāan : Mūsā lui a dit : est-ce-que je pourrai t’accompagner afin que tu m’enseignes une science qui m’aide à m’accomplir dans ma religion ? Mūsā a demandé à Al-H̱aḍir de lui enseigner une science qui lui soit profitable dans sa religion. Dans cette parole de Mūsā ʿalayhi s-salām, il y a la preuve qu’il ne convient à personne de délaisser l’apprentissage de la science, même si elle a atteint un haut degré dans la science. Et il y a aussi la preuve qu’il convient de faire preuve de modestie envers celui qui a plus de connaissances que soi.
Verset 67 : Qāla ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : il a dit tu ne pourras pas patienter avec moi. Il y a deux façons de réciter ce verset : soit avec une fatḥa sur le yā : maʿiya
, soit avec un sukūn : maʿi. Al-H̱aḍir a répondu cela à notre maître Mūsā. Cela signifie : tu ne pourras pas patienter pour t’abstenir de renier et tu ne pourras pas t’abstenir de poser des questions.
Verset 68 : Wa Kayfa Taşbiru `Alá Mā Lam Tuĥiţ Bihi Khubrāan : comment tu vas supporter de patienter à propos de ce dont tu n’as pas de connaissance. Al-H̱aḍir a dit à notre maître Mūsā qu’il n’allait pas pouvoir patienter et il a insisté sur cela. Il lui a dit : c’est sûr que tu ne pourras pas patienter. Et il a justifié cela par le fait qu’il va être témoin de choses qui, en apparence, sont des choses blâmables (réprouvables) et un homme vertueux ne va pas arriver à s’abstenir de les réprouver et à plus forte raison si c’est un prophète.
Verset 69 : Qāla Satajidunī ‘In Shā’a Allāhu Şābirāan Wa Lā ‘A`şī Laka ‘Amrāan : il lui dit : tu verras, si Dieu le veut, je serai patient et je ne te désobéirai pas. C’est-à-dire : tu me trouveras au nombre de ceux qui patientent, c’est-à-dire pour ne pas renier et émettre d’objection. Et je suivrai tes consignes.
Verset 70 : Qāla Fa’ini Attaba`tanī Falā Tas’alnī `An Shay’in Ĥattá ‘Uĥditha Laka Minhu Dhikrāan : il (Al-H̱aḍir) lui a dit : si tu veux me suivre alors ne me pose pas de question avant que je ne t’informe. Il lui dit : parmi les conditions pour que tu puisses m’accompagner, c’est que, si tu constates quelque chose de ma part et que tu as su que c’était correct, sauf que la raison de cela t’a échappé et que, dans ton cœur, tu t’es posé la question, alors ne prends pas l’initiative de m’interroger ou de me reprendre avant que ce soit moi qui t’en parle en premier. Et cela est la règle du comportement requise de l’étudiant envers son enseignant.
Verset 71 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā Rakibā Fī As-Safīnati Kharaqahā : ils sont partis ensemble et quand ils sont montés à bord d’un navire, il (Al-H̱aḍir) a arraché les planches. Ils sont partis au bord de l’eau à la recherche d’un navire. Certains membres du navire ont dit : ce sont des voleurs ? Mais le propriétaire du navire a dit : non, leurs visages sont des visages de prophètes. Les gens du navire les ont alors embarqués sans leur faire payer de contrepartie. Quand ils ont pris le large, notre maitre Al-H̱aḍir a pris une hache et il a arraché deux planches de la cale du navire. Notre maitre Mūsā s’est mis à combler le trou avec ses vêtements.
Qāla ‘Akharaqtahā Litughriqa ‘Ahlahā : est-ce que tu as arraché les planches de ce navire pour que les gens se noient ?
Laqad Ji’ta Shay’āan ‘Imrāan : tu as fait là quelque chose de grave. C’estnotre maitre Mūsā qui a dit cela.
Verset 72 : Qāla ‘Alam ‘Aqul ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : il ((Al-H̱aḍir) a dit : tu as vu, n’est-ce pas que j’avais dit que tu n’allais pas pouvoir patienter.
Verset 73 : Qāla Lā Tu’uākhidhnī Bimā Nasītu : quand notre maître Mūsā a constaté que le fait d’avoir arraché les planches n’avait pas entrainé que de l’eau pénètre dans le navire et que cela n’avait pas du tout nui aux gens du navire, il a dit à Al-H̱aḍir : ne m’en veux pas pour ce que j’ai oublié. C’est-à-dire qu’il avait oublié la consigne ou bien ne m’en veux pour n’avoir pas suivi ta consigne cette première fois
Wa Lā Turhiqnī Min ‘Amrī `Usrāan : sois indulgent avec moi pour cette fois-ci. Laisse-moi t’accompagner encore et ne m’en veux pas pour avoir délaissé ta consigne.
Verset 74 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā Laqiyā Ghulāmāan Faqatalahu : ils sont repartis et quand il a trouvé un jeune homme, il l’a tué. Al-H̱aḍir a tué le jeune homme. Il a été dit qu’il lui a cogné la tête contre un mur et il a été dit qu’il l’a allongé et qu’il l’a tué avec un couteau.
Qāla ‘Aqatalta Nafsāan : il (Mūsā) lui a dit : tu as tué quelqu’un.
Zakīyatan : qui n’a pas commis quelque chose.
Bighayri Nafsin : qui fait mériter d’être tué. Il n’a pas commis un meurtre pour que ce soit une loi du talion. Or, ce jeune homme qu’Al-H̱aḍir avait tué, c’était par révélation de la part de Dieu et ceci, en raison des choses blâmables qu’il allait commettre s’il était resté vivant.
Notre šayẖ a dit : en apparence, il n’avait pas encore atteint la puberté. Et on ne dit pas qu’il entrera en enfer. Il a dit : nous ne parlons pas de cela. Le jeune homme qu’Al-H̱aḍir avait tué, il est possible à son sujet une des deux choses : notre maître Al-H̱aḍir l’a tué parce qu’il avait su que, s’il atteignait la puberté, il allait entrainer ses parents à la mécréance. Et il a sur cela par révélation. Il est parvenu dans le ḥādīṯ qu’il est marqué « mécréant » et que, s’il avait vécu et avait atteint la puberté, il aurait épuisé ses parents. Les savants n’ont pas cité s’il allait aller au paradis ou bien s’il allait aller en enfer, alors nous nous abstenons de parler de cela.
Laqad Ji’ta Shay’āan Nukrāan : il lui a dit tu as fait là quelque chose de blâmable. Notre maître Mūsā a dit à notre maître Al-H̱aḍir : tu tues quelqu’un sans raison, tu as fait quelque chose de blâmable.
Lors du premier incident avec le navire, il a été employé le terme « imr » qui est plus grave que « an-nukr ». Parce que tuer une personne est moins grave que tuer tous ceux qui sont sur un navire. Et il y a une deuxième explication : ce que tu as fait là, en tuant quelqu’un, c’est quelque chose qui est plus réprouvable que la première chose parce qu’arracher des planches d’un bateau est quelque chose qui peut être rattraper en comblant le trou, alors que quelqu’un qui est tué, ça ne se rattrape pas.
Verset 75 : Qāla ‘Alam ‘Aqul Laka ‘Innaka Lan Tastaţī`a Ma`iya Şabrāan : n’est-ce pas que je t’ai dit que tu ne pourras pas patienter avec moi : ici,Al-H̱aḍir a insisté encore plus en employant le pronom t (avant, il avait dit : n’est-ce pas que j’avais dit dans le verset 72).
Verset 76 : Qāla ‘In Sa’altuka `An Shay’in Ba`dahā Falā Tuşāĥibnī Qad Balaghta Min Ladunnī `Udhrāan : il (Mūsā) a dit : si je te pose encore une question après cela, alors je t’excuse si tu ne veux pas que je t’accompagne encore.
Verset 77 : Fānţalaqā Ĥattá ‘Idhā ‘Atayā ‘Ahla Qaryatin : ils (eux deux) ont poursuivi leur chemin jusqu’à arriver à des habitants d’un village : cette ville est Antakia ou c’est al-Ayla et c’est la ville la plus éloignée du ciel.
Astaţ`amā ‘Ahlahā : ils ont demandé à être invités
Fa’abaw ‘An Yuđayyifūhumā : mais les gens de ce village ont refusé de les inviter. Le Prophète a dit que c’était des gens qui avaient un mauvais comportement, ils étaient avares. Les pires des villages sont ceux qui font preuve d’avarice et ne font pas bon accueil à leurs invités.
Fawajadā Fīhā Jidārāan : ils y ont trouvé un mur et ce mur mesure cent coudées.
Yurīdu ‘An Yanqađđa : et il allait s’écrouler.
Fa’aqāmahu : Al-H̱aḍir l’a redressé. Il l’a redressé avec sa main ou bien il a passé sa main sur le mur et le mur s’est redressé. Ou bien il l’a fait tomber puis il l’a reconstruit. Ils étaient dans le besoin et ils en sont arrivés à demander qu’on les héberge.
Qāla Law Shi’ta Lāttakhadhta`Alayhi ‘Ajrāan: Mūsā a dit : si tu avais voulu, tu aurais pu te faire payer pour redresser ce mur. C’est-à-dire que tu aurais pu demander à être rémunéré pour sortir de cet état de besoin.
Verset 78 : Qāla Hādhā Firāqu Baynī Wa Baynika : il (Al-H̱aḍir) a dit : là, c’est le point de rupture. Ceci fait référence à la troisième question que notre maître Mūsā a posée. Donc c’est la cause de notre séparation.
Sa’unabbi’uka Bita’wīli Mā Lam Tastaţi` `Alayhi Şabrāan : je vais t’expliquer ce à propos de quoi tu n’as pas pu te retenir.
Verset 79 : ‘Ammā As-Safīnatu Fakānat Limasākīna Ya`malūna Fī Al-Baĥri : pour ce qui est de l’embarcation, elle appartenait à des pauvres gens qui l’utilisait pour gagner leur vie en mer. Il a été dit que cette embarcation appartenait à dix frères. Cinq d’entre eux étaient handicapés et cinq partaient en mer pour gagner leur vie.
Fa’aradtu ‘An ‘A`ībahā : et je voulais que dans cette embarcation, il y ait un défaut.
Wa Kāna Warā’ahum Malikun : il y avait sur leur chemin un roi : il était devant eux ou bien derrière eux. Et leur chemin de retour passait par ce roi. Mais ils ne savaient pas cela. Mais Dieu a informé notre maitre Al-H̱aḍir de cela. Et le roi s’appelait Ǧulundī
Ya’khudhu Kulla Safīnatin Ghaşbāan : ce roi prenait de force toutes les embarcations. Il confisquait toute embarcation en bon état pour la navigation mais quand il y avait un défaut, il la laissait. Al-H̱aḍir a dit qu’il voulait faire apparaitre un défaut dans cette embarcation pour cette raison.
Verset 80 : Wa ‘Ammā Al-Ghulāmu Fakāna ‘Abawāhu Mu’uminayni Fakhashīnā ‘An Yurhiqahumā Ţughyānāan Wa Kufrāan : pour ce qui est du jeune homme, ses parents étaient des croyants et nous avons craint qu’il ne les épuise par sa tyrannie et sa mécréance. C’est-à-dire que nous avons craint qu’il ne les épuise par le ʿuqūq qui est un grand péché et qui est le fait de faire un mal non négligeable à ses parents. Ou alors nous avons craint qu’il n’égare ses parents et qu’ils deviennent apostats à cause de lui. Al-H̱aḍir a su cela parce que Dieu le lui a fait savoir.
Verset 81 : Fa’aradnā ‘An Yubdilahumā Rabbuhumā Khayrāan Minhu Zakāatan Wa ‘Aqraba Ruĥmāan : nous avons voulu que leur Seigneur leur accorde, à la place de ce jeune homme, qui est meilleur, qui soit plus pur que ce jeune homme et qui soit plus miséricordieux. Il a été rapporté que, après la mort de ce jeune homme, les parents ont eu une fille qui a été l’épouse d’un prophète et qui a donné naissance à un prophète. Dans une autre version, elle a donné naissance à soixante-dix prophètes. Dans une autre version, il a été rapporté que Dieu leur a donné un fils croyant comme eux.
Verset 82 : Wa ‘Ammā Al-Jidāru Fakāna Lighulāmayni : quant au mur, il appartenait à deux garçons : ils s’appellent Aṣram et Ṯuraym.
Yatīmayni Fī Al-Madīnati : ils étaient orphelins de cette ville. C’est la ville où étaient arrivés Al-H̱aḍir et notre maître Mūsā.
Wa Kāna Taĥtahu Kanzun Lahumā : et il y avait sous le mur un trésor qui leur appartenait. Ce trésor est un tableau en or sur lequel était inscrit : je suis étonné de celui qui croit en la prédestination et comment il est chagriné. Cela veut dire que, puisque tu sais que tout est prédestiné par Dieu, pourquoi te chagrines-tu ? Et je suis étonné de celui qui croit que la subsistance est garantie par Dieu, comment il s’épuise en besogne. Et je suis étonné de la part de celui qui croit en la mort, comment il se réjouit. On sait qu’inéluctablement on va mourir, donc ne tombons pas dans l’insouciance, œuvrons pour ce qui vient après la mort. Il convient de fournir encore plus d’efforts pour être gagnant après la mort. La vie est une opportunité pour gagner énormément de récompenses. Ce qui est blâmable c’est d’être dans l’insouciance. Et je suis étonné de la part de celui qui croit en l’exposition des œuvres comment il est insouciant. Et je suis étonné de la part de celui qui connait la réalité de la vie du bas-monde et comment cette vie elle change, comment il s’en remet au bas-monde. Il n’est de dieu que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu.
Une autre explication de ce trésor est que c’était de l’or et de l’argent enfouis sous le mur. Ou encore c’était des livrets dans lesquels il y a une science. Mais c’est le premier avis qui est le plus fort.
Wa Kāna ‘Abūhumā Şāliĥāan : et leur père (sont visés ici tous les ancêtres : père, grand-père,) était leur septième aïeul était quelqu’un de vertueux. Et d’après Al-Ḥusayn le fils de ʿAlī que Dieu les agrée tous les deux, il a dit aux H̱awāriǧ : par quoi Dieu a-T-il préservé les deux orphelins ? Ils ont répondu : parce que leur aïeul était vertueux. Alors Al-Ḥusayn leur a dit : mon père et mon grand-père sont meilleurs que lui. Cela pour leur rappeler qu’ils sont censés avoir de l’égard pour lui. Parce que les H̱awāriǧ se sont rebellés contre notre maitre ʿAlī.
Fa’arāda Rabbuka ‘An Yablughā ‘Ashuddahumā : ton Seigneur a voulu qu’ils grandissent, c’est-à-dire qu’ils atteignent la puberté.
Wa Yastakhrijā Kanzahumā Raĥmatan Min Rabbika : et que, quand ils vont grandir, ils peuvent extraire leur trésor. Tant que le mur est debout, personne ne va savoir qu’il y a un trésor en-dessous pour le prendre. Si le mur tombe, les gens vont voir le trésor et vont vouloir le prendre. C’est pour cela qu’Al-H̱aḍir a reconstruit le mur sans demander d’argent.
Wa Mā Fa`altuhu `An ‘Amrī Dhālika Ta’wīlu Mā Lam Tasţi` `Alayhi Şabrāan : ce que j’ai fait (pour les trois évènements) je ne l’ai pas fait de mon propre chef. Ce n’est pas une initiative de ma part. Je ne l’ai pas fait par un effort de ma part mais je l’ai fait sur ordre de Dieu.
Notre šayẖ a dit : c’est sur ce verset que les gens qui ont dit que Al-H̱aḍir est un prophète se sont appuyés. En effet, s’il n’a pas fait les choses de lui-même, cela veut dire qu’il a reçu la révélation. S’il n’avait pas été prophète, il n’aurait pas agi ainsi avec notre maitre Mūsā. La plupart des gens de cette époque disent que Al-H̱aḍir n’était pas prophète mais qu’il était plutôt un saint mais cela est faux. S’il n’avait pas été prophète, Mūsā n’aurait pas reçu l’ordre d’aller apprendre auprès de lui.
Verset 83 : Wa Yas’alūnaka `An Dhī Al-Qarnayni : ils t’interrogent à propos de Ḏu Al-Qarnayn : ce sont les Yahūd qui interrogent le Prophète à propos deḎul-Qarnayn, pour tester le Prophète, pour voir s’il connaissait ou non la réponse. Une autre explication est : c’est Abu Ǧahl et son clan qui l’interrogent à propos de Ḏu Al-Qarnayn (Al-Iskandar ou Alexandre) qui a gouverné toute la terre.
Il a été dit que la terre a été gouvernée par deux hommes croyants : Ḏul-Qarnayn et notre maître Sulayman et il y a eu deux hommes mécréants qui ont gouverné la terre : An-Numrūd avec lequel notre maitre Ibrāhīm a débattu et Nabuchodonosor. Et Al-Iskandar a vécu après An-Numrūd.
Il a été dit au sujet de Ḏu Al-Qarnayn qu’il était un esclave vertueux. Dieu lui a accordé de gouverner toute la terre, Dieu lui a accordé la science, la sagesse et Il lui a asservi la lumière et l’obscurité. Quand il avançait avec son armée, la lumière éclairait son chemin et l’obscurité l’entourait par derrière pour le protéger.
Il a été dit que Ḏu Al-Qarnayn était un prophète.
Il y a un avis faible qui dit qu’il était un ange.
Il a été rapporté de notre maitre ʿAliy que Dieu l’agrée, qu’il a dit : Ḏu Al-Qarnayn n’était ni un ange ni un prophète, mais il était un esclave vertueux. Et c’est l’avis qui est correct.
Ḏu Al-Qarnayn a reçu un coup sur le côté de la tête (qui s’appelle qarn) le côté droit de la tête alors qu’il était dans l’obéissance à Dieu et il en est mort. Et Dieu l’a ressuscité. Puis Ḏu Al-Qarnayn a reçu un coup sur le côté gauche. Et il en est mort. Et Dieu l’a ressuscité C’est la raison pour laquelle il a été surnommé ainsi : celui qui a été frappé sur les deux côtés de la tête. C’est une explication.
Il a été dit qu’il appelait les gens à l’adoration de Dieu uniquement. Et les gens le tuaient et Dieu le ressuscitait.
Notre maître ʿAliy que Dieu l’agrée a rapporté qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il a parcouru les deux coins de la terre. Cette explication a été rapportée par Ad-Dāraqutniyy d’après Az-Zuhriy. Et les deux coins de la terre sont l’est et l’ouest.
Il y a une autre explication à son surnom ; c’est qu’il avait deux nattes et la natte, en arabe, s’appelle qarn.
Il a été dit par ailleurs qu’il s’est écoulé à son époque deux qarn, c’est-à-dire deux siècles.
Il a été dit aussi qu’il a été surnommé ainsi parce qu’il a eu la souveraineté sur les Romains et les Perses. Les Romains étaient les non-Arabes et les Perses vivaient dans la région de l’Iran et ses alentours. Ou encore il a gouverné les Turcs et les Romains.
Ou bien une autre explication : il avait sur sa couronne deux cornes ou sur sa tête ce qui ressemblait à deux cornes.
Ou encore, il était généreux envers ses deux parents, du côté de son père et du côté de sa mère.
Il était romain, c’est-à-dire d’une région vers la Macédoine.
Quant à notre šayẖ ʿAbdul-Lāh, voilà ce qu’il a dit : Ḏu Al-Qarnayn s’appelle aṢ-Ṣaʿb fils de Al-Ḥāriṯ ou bien aṢ-Ṣaʿb fils de Ḍil-Marāʾil. Il est le plus célèbre des Ṭabābiyah qui est la dynastie des rois du Yémen. Un de ses descendants a dit à son sujet : mon ancêtre Ḏu Al-Qarnayn était musulman, un roi qui a gouverné la terre dans sa totalité, il est allé en orient et en occident à la recherche d’une souveraineté de la part d’un Seigneur généreux.
Il a été rapporté que notre maître Al-H̱aḍir était son ministre et qu’il était à la tête de son armée. Et Ḏu Al-Qarnayn a fait le pèlerinage en marchant depuis le Yémen jusqu’à La Mecque honorée. Il a rencontré notre maître Ibrāhīm et notre maître Ismāʿīl, que Dieu les agrée tous les deux. Il a fait les tours rituels autour de la ka^bah honorée, avec eux. Et il a fait les sacrifices par recherche de l’agrément de Dieu. Lorsque notre maître Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a entendu que Ḏu Al-Qarnayn allait venir, il lui a fait bon accueil, il lui a fait des invocations et il lui a laissé des recommandations. On lui a amené un cheval pour qu’il le monte. Ḏu Al-Qarnayn a répondu avec respect et a dit : « je ne monte pas à cheval dans une ville où il y a Ibrāhīm al-H̱alīl ». C’est-à-dire : « comment, moi, je serais à cheval et lui, un prophète, à pied ? » Dieu a alors asservi à Ḏu Al-Qarnayn les nuages ; ils étaient sous ses ordres, ils pouvaient l’emmener où il voulait. Dieu a récompensé Ḏu Al-Qarnayn de son comportement. Dieu lui a accordé une longue vie et Il lui a accordé la victoire, Il l’a soutenu, jusqu’à conquérir les pays et les villes. Il a marché vers l’est et vers l’ouest et celui qui suivait la religion de l’islam, il était épargné sinon il était humilié.
Dieu a fait mourir Ḏu Al-Qarnayn après qu’il eut pris des provisions pour son au-delà, c’est-à-dire qu’il a accompli beaucoup de bonnes œuvres. Et il a été dit à son sujet : aṢ-Ṣaʿb a eu une grande souveraineté qui a duré deux mille ans. Il a gouverné pendant deux mille ans. Puis il est mort comme ceux qui l’ont précédé.
Qul Sa’atlū `Alaykum Minhu Dhikrāan : dis-leur : je vais vous citer une partie de son histoire. Dis ô Muḥammad je vais vous rapporter une partie de son histoire.
Verset 84 : ‘Innā Makkannā Lahu Fī Al-‘Arđi : Nous lui avons accordé un grand degré sur terre.
Wa ‘Ātaynāhu Min Kulli Shay’in Sababāan : et Nous lui avons accordé pour tout ce qu’il voulait comme objectif un moyen qui lui permet d’y parvenir. Car l’avis le plus fort, c’est que c’était un saint. Donc Il avait des prodiges.
Verset 85 : Fa’atba`a Sababāan : il a pu utiliser ces moyens. Les moyens c’est ce qui permet d’atteindre son objectif, que ce soit la connaissance ou la puissance. Il a voulu se rendre à l’est et il a atteint son objectif. Il a voulu se rendre là où il y a les deux barrages et il les a atteints.
Il y a deux récitations : fattabaʿet fa’atba`a, qui ont été rapportées du Prophète et aussi avec le terme ṯumma.
Verset 86 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Maghriba Ash-Shamsi : jusqu’à ce qu’il soit arrivé au lieu du coucher du soleil, c’est-à-dire la fin des lieux habités sur terre.
Puis An-Nasafiy a cité une histoire mais notre Šayẖ a dit que ce n’était pas confirmé comme venant du prophète, ce n’est même pas un compagnon ni même un successeur des compagnons qui l’a dite.
Wajadahā Taghrubu Fī `Aynin Ĥami’atin : il a vu que le soleil se couchait à un endroit où se trouvait une source d’eau qui était chaude. Cela ne veut pas dire que le soleil va se coucher à un endroit où il y a de l’eau et de la terre. Mais il se peut qu’entre l’endroit où il se couche et lui, il y a une source d’eau chaude. Car entre ciel et terre, il y a une mer.
Wa Wajada `Indahā Qawmāan : et il a trouvé près de cette source d’eau des gens. Ces gens portaient des vêtements en peau de gibier et qui mangeaient des poissons.
Qulnā Yā Dhā Al-Qarnayni ‘Immā ‘An Tu`adhiba Wa ‘Immā ‘An Tattakhidha Fīhim Ĥusnāan : Nous lui avons dit : soit tu les punis, soit tu agis en bien. Si c’était un prophète, Dieu lui a révélé cela. Ou alors Dieu a révélé cela à un prophète et ce prophète lui a dit cela. Et c’est l’avis le plus fort. Ou alors c’est une inspiration. Il a été donné le choix à Ḏu Al-Qarnayn, entre les punir en les tuant s’ils persistaient sur leur mécréance ou bien d’agir en bien avec eux, en les honorant et en leur enseignant la Loi de l’Islam, s’ils étaient croyants. Ou alors soit il les fait prisonniers.
Verset 87 : Qāla ‘Ammā Man Žalama Fasawfa Nu`adhibuhu : il (Ḏu Al-Qarnayn) a dit quant à ceux qui sont injustes, nous les châtierons (c’est-à-dire en les exécutant).
Thumma Yuraddu ‘Ilá Rabbihi Fayu`adhibuhu `Adhābāan Nukrāan : et après leur mort, Dieu les ressuscitera au jour du jugement et Il leur fera subir un châtiment douloureux : c’est-à-dire au jour du jugement. Autrement dit, ceux que j’ai appelés à l’Islam et qui ont refusé, ils sont restés sur la grande injustice (et c’est le fait d’attribuer des associés à Dieu), ce sont eux qui seront châtiés dans les deux résidences.
Verset 88 : Wa ‘Ammā Man ‘Āmana Wa `Amila Şāliĥāan : quant à celui qui sera croyant et qui œuvre en bien, : c’est-à-dire qui va accomplir ce que la Loi de l’islam implique de faire
Falahu Jazā’an Al-Ĥusná : il aura la rétribution du bien. C’est la rétribution suite à la prononciation des deux témoignages.
Wa Sanaqūlu Lahu Min ‘Amrinā Yusrāan : Nous lui ordonnerons des choses faciles. C’est-à-dire qu’il n’aura pas de difficultés dans les ordres qu’il va recevoir.
Verset 89 : Thumma ‘Atba`a Sababāan : et il (Ḏu Al-Qarnayn) a poursuivi son chemin
Verset 90 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Maţli`a Ash-Shamsi Wajadahā Taţlu`u `Alá Qawmin Lam Naj`al Lahum Min Dūnihā Sitrāan: il est arrivé à un endroit où se lève le soleil et il a trouvé que le soleil se levait dans un endroit où ces gens-là étaient exposés au soleil, ils ne pouvaient pas se préserver du soleil. Et comme on va le voir plus tard, il s’agit du peuple de Yaʾǧūǧ et Maʾǧūǧ
Verset 91 : Kadhālika Wa Qad ‘Aĥaţnā Bimā Ladayhi Khubrāan: voilà le récit de Ḏu Al-Qarnayn c’est-à-dire tout comme nous te l’avons rapporté , tout cela pour le magnifier et indiquer l’importance du récit de ce grand saint et Nous lui avons accordé des soldats, des armes, des causes qui assurent sa souveraineté
Verset 92 : Thumma ‘Atba`a Sababāan : et Nous avons connaissance de lui
Verset 93 : Ĥattá ‘Idhā Balagha Bayna As-Saddayni Wajada Min Dūnihimā Qawmāan Lā Yakādūna Yafqahūna Qawlāan : il est arrivé à un endroit entre deux montagnes et il a comblé l’espace entre ces deux montagnes. Ici il y a deux récitations : as-saddayni (chez Makkiy et abu ʿAmr,) et as-suddayni (chez Ḥafṣ et chez Makkiy et abu ʿAmr). Il a été dit qu’il y a une subtilité entre le fait de dire sadd et sudd : il a été dit que ce qui est comblé naturellement est sudd et ce qui est de l’œuvre des humains est sadd. On parle du barrage. Il a trouvé des gens derrière ces deux barrages. An-Nacafi dit que ce sont les Turcs. Ils n’arrivent pas à comprendre ce qu’il leur dit. Ils avaient des difficultés à comprendre ce qu’il leur disait, sauf si c’est avec des signes ou avec des allusions. Ces gens parlaient une langue différente de la sienne. Il n’arrivait pas à faire comprendre à celui à qui il parlait ce qu’il voulait lui dire, parce que leur langue était étrange, elle était difficile.
Verset 94 : Qālū Yā Dhā Al-Qarnayni ‘Inna Ya’jūja Wa Ma’jūja Mufsidūna Fī Al-‘Arđi : ces gens-là lui ont dit ô toi Ḏu Al-Qarnayn, il y a Yagog et Magog, ce sont deux noms, non arabes, ils sont descendants de Yāfiṯ ou alors An-Nacafiyy donne une autre explication : Yaʾǧūǧ est descendant d’un Turc et Maʾǧūǧ, parmi les Ǧīl et at taylamqui sont deux peuples différents. Ils sèment la corruption sur terre.
Il a été dit qu’ils étaient des cannibales qui mangeaient les gens.
Et il a été dit qu’ils sortaient au printemps et ils ravageaient tout sur leur passage. Il ne restait pas une seule chose verte sans qu’ils ne l’aient dévorée, ni quelque chose de sec sans qu’ils ne l’aient emporté. Et ils vivent longtemps, au point que chacun d’entre eux ne meure pas avant d’avoir laissé mille de ses descendants qui atteignaient un âge auquel il portait des armes.
Et il a été dit qu’ils sont de deux catégories : certains étaient excessivement grands et d’autres excessivement petits.
Fahal Naj`alu Laka Kharjāan `Alá ‘An Taj`ala Baynanā Wa Baynahum Saddāan : est-ce que tu accepterais qu’on te paye quelque chose et que tu construises entre eux et nous un barrage ? Donc ces gens-là se sont plaints à Ḏu Al-Qarnayn de la nuisance de Yagog et Magog.
Verset 95 : Qāla Mā Makkannī Fīhi Rabbī Khayrun : il leur a dit : ce que Dieu m’a accordé (en tant que souveraineté, en tant que grande fortune, en tant qu’aisance) est mieux que ce que vous voulez me payer. Je n’ai pas besoin de ce que vous me proposez.
Fa’a`īnūnī Biqūwatin : aidez-moi plutôt (avec des ouvriers, des bâtisseurs, des gens et des outils
‘Aj`al Baynakum Wa Baynahum Radmāan: alors je ferai en sorte qu’il y ait entre eux et vous un « radman » : c’est un mot qui indique ce qui est encore plus infranchissable qu’un barrage.
Verset 96 : ‘Ātūnī Zubara Al-Ĥadīdi: ramenez-moi des barres de fer. Il a été dit qu’il a creusé les fondations, il est arrivé au niveau de la nappe phréatique. Les fondations étaient de gros rochers et du cuivre fondu et la structure était formée de ces barres de fer. Et entre les deux, il avait mis du bois et du charbon. Ceci, jusqu’à combler entre les deux montagnes. Il a fait fondre du cuivre sur le fer chauffé à blanc. Et ainsi c’est devenu un bloc solide, comme une montagne.
Et il a été dit que la distance entre les deux montagnes était de cent persanges (un persange vaut entre trois et cinq kilomètres).
Ĥattá ‘Idhā Sāwá Bayna Aş-Şadafayni : jusqu’à relier les deux montagnes
Qāla Anfukhū : il leur a dit de souffler
Ĥattá ‘Idhā Ja`alahu Nārāan : jusqu’à ce que ça devienne comme du feu. Le fer est devenu incandescent comme si c’était du feu.
Qāla ‘Ātūnī ‘Ufrigh `Alayhi Qiţrāan : il leur a dit : ramenez-moi du cuivre fondu. Pour qu’il le déverse dessus.
Verset 97 : Famā Asţā`ū ‘An Yažharūhu Wa Mā Astaţā`ū Lahu Naqbāan : de sorte qu’ils (les gens qui étaient derrière le barrage) ne pouvaient plus passer par-dessus (tellement il était élevé) et ils ne pouvaient plus le franchir (c’est-à-dire en le transperçant). Donc ils se sont retrouvés emprisonnés derrière.
Verset 98 : Qāla Hādhā Raĥmatun Min Rabbī : il a dit ceci est une miséricorde de la part mon Seigneur. « Ceci » fait référence au barrage qui est une grâce de la part de Dieu et une miséricorde pour Ses esclaves. Une autre explication est : cette capacité d’avoir réalisé cela est une grâce de la part de Dieu.
Fa’idhā Jā’a Wa`du Rabbī : lorsque la promesse de mon Seigneur sera éminente. Il s’agit du jour du jugement. Lorsque le jour du jugement arrivera,
Ja`alahu Dakkā’a Wa Kāna Wa`du Rabbī Ĥaqqāan : Dieu fera que ce barrage va s’effondrer. Et la promesse de mon Seigneur est une réalité. C’est-à-dire que ce que Dieu promet, se réalisera. Ici se termine la parole de Ḏu Al-Qarnayn.
Verset 99 : Wa Taraknā Ba`đahum Yawma’idhin Yamūju Fī Ba`đin : et Nous ferons en sorte que certaines créatures, ce jour-là, vont être gênées et vont se mélanger les uns avec les autres, c’est-à-dire les humains et les djinns seront étonnés. Et il est possible que le verbe utilisé qui est « yamuj » qui signifie faire des vagues, monter et descendre, fait référence à la sortie de Yagog et Magog, qui vont sortir, lorsque le barrage s’effondrera, comme des vagues, tellement ils seront nombreux et ils vont occuper les pays.
Il a été rapporté qu’ils vont venir devant l’eau d’une rivière et qu’ils vont la boire (il s’agit de la lagune de Tibériade qui se trouve en Palestine) et ils vont assécher cette étendue d’eau. Le dernier qui passera dira : « ici il y avait de l’eau ». Ils vont manger les animaux, les plantations et même les humains. Et il a été dit qu’ils ne pourront pas entrer à La Mecque ni à Médine ni à Jérusalem. La cause de leur mort est un vers que Dieu enverra, ce vers va pénétrer par leur cou.
Wa Nufikha Fī Aş-Şūri Fajama`nāhum Jam`āan : il sera soufflé dans le cor et c’est l’ange Isrāfīl qui va souffler dans le cor.Le cor est un instrument dans lequel on souffle. Ceci annonce la fin de ce monde. Et Nous les rassemblerons Les créatures seront toutes rassemblées pour la récompense et le châtiment. Pour le rassemblement : c’est une insistance pour indiquer la réalité de la chose citée.
Verset 100 : Wa `Arađnā Jahannama Yawma’idhin Lilkāfirīna `Arđāan : Nous avons exposé ce jour-là l’enfer aux mécréants. Avant que les mécréants n’entrent en enfer, ils le verront. Une grande partie de l’enfer sera tirée, sans être détachée de lui. Comme une flamme qui sera ramenée, à une distance de quarante années de la station où se trouvent les mécréants.
Verset 101 : Al-Ladhīna Kānat ‘A`yunuhum Fī Ghiţā’in `An Dhikrī : ce sont ceux qui, dans le bas-monde, leurs yeux étaient voilés et ils ne M’évoquaient pas. C’est-à-dire qu’ils étaient dans le déni. Ils niaient le fait qu’il y a un jour du jugement, ils niaient qu’il y ait une récompense et un châtiment, un paradis et un enfer. Ce jour-là, ils vont le voir.
Wa Kānū Lā Yastaţī`ūna Sam`āan : et auparavant, ils ne pouvaient pas l’entendre. C’est-à-dire le Qur’ān, ils ne pouvaient pas en percevoir le sens. Comme s’ils étaient incapables d’entendre le miracle de la révélation. Et c’est plus fort que de dire qu’ils étaient sourds. Même en faisant des efforts, ils n’entendaient pas.
Verset 102 : ‘Afaĥasiba Al-Ladhīna Kafarū ‘An Yattakhidhū `Ibādī Min Dūnī ‘Awliyā’a : est-ce que ceux qui ont mécru ont cru qu’ils vont prendre mes saints autre que Moi en tant que waliyy : est-ce que les mécréants ont cru que le fait qu’ils aient adoré Mes esclaves (les anges et Jésus), est-ce qu’ils pensent que cela leur sera utile ?
‘Innā ‘A`tadnā Jahannama Lilkāfirīna Nuzulāan : Nous avons réservé pour les mécréants l’enfer.
Nuzulāan est le lieu où on reçoit les invités. C’est pour dire : voilà où ils vont être reçus.
Verset 103 : Qul Hal Nunabbi’ukum Bil-‘Akhsarīna ‘A`mālāan: dis est-ce que Nous vous informons qui seront ceux dont les œuvres seront perdantes. Et ce sont les gens du Livre ou les représentants religieux de chez eux.
Verset 104 : Al-Ladhīna Đalla Sa`yuhum: ce sont ceux dont les œuvres ont été perdues. Ils ont œuvré mais tout ce qu’ils ont fait était vain.
Fī Al-Ĥayāati Ad-Dunyā Wa Hum Yaĥsabūna ‘Annahum Yuĥsinūna Şun`āa: dans la vie du bas-monde alors qu’ils pensaient qu’ils étaient en train de bien agir. Notre maître
ʿAlī a dit à propos de ce verset qu’il concerne ceux qui avaient des ermitages et qui pensaient agir en bien alors que dans l’au-delà, ils n’auront que le feu de l’enfer. En effet ils ont adoré autre que Dieu, ils se sont soumis à l’extrême pour autre que Dieu
Verset 105 : ‘Ūla’ika Al-Ladhīna Kafarū Bi’āyāti Rabbihim Wa Liqā’ihi Faĥabiţat ‘A`māluhum Falā Nuqīmu Lahum Yawma Al-Qiyāmati Waznāan : ceux-là qui ont mécru aux signes que leur Seigneur leur a envoyés et qui ont mécru au jour du jugement. Le jour où les gens seront ressuscités pour être jugés à leur Créateur. Leurs œuvres ne leur procureront aucune récompense. Nous ne leur accorderons au jour du jugement aucun poids.
Verset 106 : Dhālika Jazā’uuhum Jahannamu: ceux-là, leur rétribution sera l’enfer.
Bimā Kafarū Wa Attakhadhū ‘Āyātī Wa Rusulī Huzūan : en raison de leur mécréance et parce qu’ils ont considéré les signes que Je leur ai envoyés et les messagers que Je leur ai envoyés comme sujets de moquerie. Ils ont dénigré les signes et les messagers que Dieu leur a envoyés.
Verset 107 : ‘Inna Al-Ladhīna ‘Āmanū Wa `Amilū Aş-Şāliĥāti Kānat Lahum Jannātu Al-Firdawsi Nuzulāan : ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, eux, ils auront les jardins du paradis
Verset 108 : Khālidīna Fīhā Lā Yabghūna `Anhā Ĥiwalāan où ils resteront éternellement. Ils ne chercheront pas autre chose que cela. C’est-à-dire qu’ils seront satisfaits de ce qui leur a été accordé. Ils ne cherchent pas autre chose. Et c’est le summum de la félicité parce que, dans le bas-monde, celui qui a n’importe quel bien du bas-monde, généralement, il aspire à avoir plus et mieux. Mais au paradis, les gens seront satisfaits de ce qu’ils auront et c’est le plus haut degré de la félicité.
Autre explication : ils ne quitteront pas cet endroit et c’est une insistance pour indiquer qu’ils resteront au paradis éternellement. Chacun des gens du paradis sera satisfait de ce qu’il a au paradis. Ils ne seront pas ennuyés de leur séjour.
Verset 109 : Qul Law Kāna Al-Baĥru : dis si la mer : c’est-à-dire l’eau de la mer
Midādāan Likalimāti Rabbī : était une encre avec laquelle on pouvait écrire les paroles de mon Seigneur : c’est-à-dire les paroles des connaissances de Dieu, Sa sagesse. Les paroles, ici, ça n’est pas pour indiquer un pluriel parce que la parole propre à l’Etre de Dieu n’est pas multiple, la parole de Dieu n’est pas composée de parties, c’est une parole unique qui est une information une promesse, une menace mais elle est exprimée ici par un pluriel pour indiquer la majesté et la glorification. Il en est de même pour la science, la science est unique, elle englobe toute chose, la parole est unique, elle indique ce qui n’a pas de fin, comme Sa vie, comme Sa puissance.
Lanafida Al-Baĥru Qabla ‘An Tanfada Kalimātu Rabbī Wa Law Ji’nā Bimithlihi : l’eau de la mer aurait été épuisée avant que les paroles de mon Seigneur soient écrites, même si Nous amenions une mer semblable.
Madadāan : en tant qu’encre pour écrire. Et les paroles n’ont pas de fin.
Cela veut dire que la parole de Dieu n’est pas quelque chose composée de parties, mais c’est une parole unique. Il y a dans le Qur’ān un passage où il est mentionné « kalimatu rabbī » et il est mentionné « kalimātou l-Lāh » au pluriel. Dieu a exprimé à propos de Lui-même un terme au pluriel et un terme au singulier. « qul huwa l-Lāhu ʾaḥad » est explicite pour exprimer l’unicité et Dieu s’est exprimé avec un pronom au pluriel en disant « ʾinnā naḥnu nouḥī wanumīt » dans šūrāṭ qāf verset 43 alors qu’Il est unique : le pronom au pluriel n’est pas utilisé pour indiquer le pluriel.
Et dans ṣūrāt al-anbiyāʾ verset 79 « wa kunnā fāʿlīn » alors qu’Il est Le Seul à agir, c’est-à-dire qu’Il est Le Seul à créer.
Et dans sūrāt Luqmān verset 27 « mā nafidat kalimātu l-Lāh », c’est un pluriel employé pour la majesté et la glorification.
Tout comme Il a exprimé Lui-Même par « naḥnu » « Nous » alors qu’Il est Unique, Il n’est pas deux ni trois, ni plus.
Parmi les plus claires des preuves que les termes descendus au Prophète ne sont pas la parole même de l’attribut de l’Etre de Dieu, c’est Sa parole Taʿālā dans le verset 109 de surat al-kahf.
Ces livres célestes qui ont été descendus, les quatre et les autres, si nous avions supposé que la mer fût une encre pour écrire les livres révélés, on aurait pu les écrire sans que la mer ne soit totalement utilisée. Donc ce verset indique que ce qui est visé est autre que les livres révélés, mais il s’agit de la parole propre à l’Etre de Dieu qui, elle, n’est pas de lettre ni une voix. Quant au terme kalimāt, Al-Bayhaqī a dit que c’est un pluriel pour indiquer la majesté.
Verset 110 : Qul ‘Innamā ‘Anā Basharun Mithlukum Yūĥá ‘Ilayya : dis : je ne suis qu’un humain comme vous mais qui reçoit la révélation : c’est une preuve que notre maitre Muḥammad a été créé à partir du liquide séminal de ses parents et qu’il n’a pas été créé à partir de lumière. Les humains sont créés à partir des liquides séminaux de leurs deux parents, à part notre maître ʾĀdam et son épouse Ḥawwā et notre maître ʿīssā fils de Maryam, qui n’ont pas été créés à partir des liquides séminaux. Mais tout autre qu’eux parmi les humains a été créé ainsi. Dis : je ne suis qu’un humain comme vous : si cette parole était interdite, Dieu n’aurait pas ordonné à Son prophète de la dire. Il n’est donc pas permis de dire ce que certains prétendent, que Dieu nous en préserve, de la parole « mu’anā ». Parce que le pronom « anā », il n’y a pas de mal à le dire, si la personne ne le dit pas par orgueil et vanité. Et le Messager de Dieu Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a employé dans plus d’un passage. Il a dit : « ʾanā sayyidu waladi ʾĀdam yauma l-qiyāmati wa lā faẖr » rapporté par Muslim aṭ-Ṭabārānī et d’autres, ce qui signifie : « je suis le maître des fils d’Ādam au jour du jugement et je ne dis pas cela par vanité ».
Si quelqu’un dit que le Messager est un nūr, dans le sens qu’il indique la vérité et qu’il éloigne de l’égarement, il n’y a pas de mal en cela. Dieu a guidé grâce à lui beaucoup de créatures. En commençant par sa ville natale La Mecque où il était le seul à adorer Dieu, il a appelé les associateurs à adorer Dieu uniquement, puis cette bonne croyance s’est diffusée à l’orient et à l’occident. Le Messager est un nūr dans ce sens, mais sa réalité est qu’il est un être humain. Il a été créé à partir du liquide séminal des ses parents et chacun de ses parents a été créé du liquide séminal des ses parents et ainsi de suite par enchaînement jusqu’à Ādam.
‘Annamā ‘Ilahukum ‘Ilahun Wāĥidun : votre dieu est un Dieu unique
Faman Kāna Yarjū Liqā’a Rabbihi : celui qui espère venir en de bonnes conditions pour le jugement de son Seigneur et que son Seigneur lui accorde Son agrément et Son acceptation ou celui qui craint un mauvais état lors de la résurrection pour le jugement de son Seigneur
Falya`mal `Amalāan Şāliĥāan : qu’il œuvre en bien, sincèrement : qu’il ne fasse que des actes par lesquels il ne recherche que l’agrément de Dieu.
Wa Lā Yushrik Bi`ibādati Rabbihi ‘Aĥadāan : et qu’il n’associe nul autre à Dieu quand il accomplit ses œuvres. Yaḥyā ibnou ʿAmr a dit c’est-à-dire des œuvres au sujet des quelles on n’éprouve pas de honte. C’est une interdiction du fait d’attribuer un associé à Dieu et de l’insincérité dans les œuvres de bien.
Le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « préservez-vous de l’association mineure. Ils ont dit : de quoi s’agit-il ? Il a dit : l’insincérité ». Rapporté par Al-Ḥākim dans al-mustadrak.
D’après Šadād ibnu ʿAws, il a dit : « nous considérions à l’époque du Messager de Dieu, l’insincérité comme l’association mineure ».
N’importe quelle bonne action que l’esclave accomplit, s’il recherche par elle l’éloge des gens, il n’aura pas de récompenses. Et en plus, il sera chargé d’un grand péché parce que cela ressemble à l’association à Dieu, c’est-à-dire l’adoration d’autre que Dieu et c’est une mécréance. Le Messager a appelé celui qui commet un acte avec insincérité, l’association mineure parce que celui qui s’en charge ne sort pas de l’islam, et Dieu pardonne à qui Il veut et Il punit qui Il veut.
N’importe quelle bonne action, si la personne n’a pas recherché par elle l’agrément de Dieu uniquement, il n’aura pas de récompense. L’aumône pour un pauvre, la charge obligatoire pour l’épouse et les enfants, s’il n’a pas mis l’intention de faire cela pour l’agrément de Dieu, il n’aura pas de récompense.
L’intention est le secret des œuvres. Combien de gens éprouvent de la fatigue pour leurs enfants jusqu’à leur puberté, ils n’auront de récompense suite à cette fatigue que s’ils ont mis l’intention par recherche de l’agrément de Dieu uniquement. Si les parents mettent cette intention une seule fois par journée, cette intention suffit.
L’intention d’être sincère dans ses actes de bienfaisance suffit, selon certains savants, une seule fois dans sa vie, tant qu’elle ne change pas, tant qu’elle n’est pas altérée par l’insincérité.
Le šayẖ a dit que la parole correcte est de mettre l’intention sincère chaque jour au début de chaque acte, parce que le cœur de l’être humain change rapidement.
Si quelqu’un voit un autre qui de l’argent et il souhaite avoir lui aussi cet argent pour le dépenser dans des œuvres de bien.
Le Messager de Dieu a dit à un compagnon ce qui signifie : il n’y a pas une seule dépense que tu engages par laquelle tu recherches l’agrément de Dieu, sans que tu n’en soies récompensé, même la bouchée que tu places dans la bouche de ta femme ». Le sens de ce hadith est que même l’argent que tu dépenses avec la bonne intention, tu en seras récompensé. Quant à l’œuvre qui ne comporte pas de bonne intention, elle ne procurera pas de récompense, selon le jugement de Dieu, même si c’est un acte qui est très important.
Et cela, on le sait en apprenant la science de la religion. Mais celui qui n’apprend pas, il ne sait pas ce qui lui est profitable ni ce qui lui est nuisible. Il est perdu comme celui qui marche dans l’obscurité la plus profonde, dans une forêt pleine d’arbres épineux, de fauves, de serpents. Alors apprenez la science de la religion !!
Celui qui a été insincère, même s’il a été tué dans le combat des héros, il n’aura pas de récompenses selon le jugement de Dieu, mais en plus il se sera chargé d’un péché. Le secret des œuvres, c’est la sincérité. Bien sûr, après la bonne croyance. Les œuvres nécessitent deux choses : la validité de la croyance et la conformité avec la Loi avec la sincérité. Le secret des œuvres c’est l’intention qui est le fait de rechercher l’agrément de Dieu. Peu d’œuvres avec la sincérité vaut mieux que beaucoup sans la sincérité. La sincérité, son origine, c’est l’application. Et c’est le cas dans la bonne intention.
De même, le Messager de Dieu a indiqué l’importance de l’intention. Il a dit ce qui signifie : « chaque personne sera récompensée en fonction de son intention ».