L’outrance et l’exagération : des fléaux à éviter !
L’outrance (Al-Ghoulouww) : c’est le fait de dépasser les limites fixées par la loi. La loi nous a fixé des limites et certains sous prétexte d’excès de zèle, ils dépassent ces limites-là et c’est quelque chose qui est blâmé. Notre prophète ^alayhi wa salam il a blâmé l’outrance. L’outrance ce n’est pas quelque chose de bien.
C’est une forme d’outrance que de qualifier un acte qui est de l’ordre de la recommandation, qui ne dépasse pas la limite du recommandé et de le considérer au niveau de l’obligatoire. Donc quelque chose qui est de l’ordre de la recommandation, le considérer comme étant obligatoire, ça c’est une forme de ghoulouww, d’excès.
Également c’est une forme d’outrance/d’excès que de considérer quelque chose qui est simplement déconseillé, de la considérer interdite. Certains disent du fait de parler pendant qu’on fait le woudou’, que si tu parles dans ton woudou’ tu commet un péché : ça c’est une forme d’outrance, c’est un mensonge et une calomnie.
La parole qui est une bonne parole, l’a prononcé pendant qu’on est en train de faire le woudou’ et il évoque Dieu par exemple comme dire la ‘ilaha ila l-Laah, cette parole elle n’est ni déconseillé ni interdite.
Quant aux paroles qui ne comportent pas de bien mais qui n’arrive pas à jusqu’à l’interdit, cette parole est simplement déconseillée pendant le woudou’. Cela veut dire que si tu l’évite, tu gagnes une récompense mais si tu l’as fait, tu ne commets pas de péché. Celui qui délaisse quelque chose de déconseillé parce qu’elle est déconseillée, il gagne une récompense. Mais s’il commet quelque chose de déconseillé, il n’est pas chargé de péché. Parler pendant qu’on fait le woudou’ ce n’est pas interdit, celui qui le considère interdit c’est une forme d’outrance que Dieu nous a interdit. Celui qui considère le déconseillé comme interdit, il aura dépassé la limite.
Certains ignorants disent quand ils voient quelqu’un qui tend les pieds vers la ka^aba, vers la qibla, ils lui disent « non c’est haram ». Celui qui interdit cela il tombe dans un grand péché, ce n’est pas interdit.
Règle : Ce n’est pas interdit de tendre les pieds vers la qibla, celui qui dit que c’est interdit il tombe dans un grand péché parce qu’il a parlé sans science. Le messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam ne l’a pas interdit et il n’y a pas dans le qour’an le verset qui interdise de tendre les pieds vers la qibla (donc le messager ne l’a pas interdit, le qour’an ne l’a pas interdit). Et même les faqih (les spécialistes des jugements) ne l’ont pas interdit par déduction, alors d’où est-ce que ce serait interdit ? ni le qour’an, ni le hadith, ni la parole des savants, comment alors les gens osent-ils l’interdire ? Ça c’est une forme d’outrance. Ce n’est pas interdit s’il n’y pas devant les pieds de la personne un livre de qour’an ou des livres de science de religion.
Donc si quelqu’un a tendu ses pieds vers la qibla et qu’il y avait devant ses pieds des livres de religion ou des livres de qour’an là c’est interdit si les livres sont au niveau de ses pieds. Mais si les livres sont au-dessus d’une armoire et que ses pieds ne sont pas en direction de l’armoire (ses pieds sont vers le bas) dans ce cas, ce n’est pas interdit sauf s’il dirige ses pieds vers les moushaf auquel cas se serait interdit. Donc tendre les pieds vers le moushaf alors qu’il est en distance proche, ça c’est interdit. Mais si c’est au-dessus d’une armoire et lui tourne les pieds vers le bas et qu’il n’y a rien en face de ses pieds, ce n’est pas interdit.
Quand les gens viennent à interdire de tendre les pieds vers la qibla, ça c’est une forme d’outrance, ce n’est pas une glorification de la qibla.
Si quelqu’un est incapable de prier debout, il est incapable de prier assis alors il prie allonger. Il a les pieds dirigés vers la qibla, il relève un peu la tête (on met un coussin ou quelque chose pour qu’il dirige bien les pieds vers la qibla). Ce jugement, si c’était quelque chose qui était déconseillé ou mauvaise, Dieu n’aurait pas ordonné de le faire mais Dieu l’a ordonné.
Parmi une forme d’outrance surprenante qui est une mécréance claire, c’est ce qui s’est produit dans une région de l’Abyssinie (de l’Éthiopie) c’est un homme qui était profondément éprit de notre maître ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (il l’aimait beaucoup), et son âme l’a amené à faire un acte par lequel selon lui il allait honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy par quelque chose que personne d’autre n’a faite (regardez comment l’ignorance peut amener la personne à la mécréance). Il s’est dit « je vais faire un acte qu’aucun autre que moi n’a fait que moi pour honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (selon lui il voulait atteindre le summum de la manifestation de son amour pour notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy). Il a dit : « je vais faire offrande de moi-même (se sacrifier) pour ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy » et il s’est égorgé. Et ça c’est une mécréance de se sacrifier pour autre que Dieu. Donc ça c’est un exemple d’outrance, de dépassement des limites qui est une mécréance. Que la personne fasse attention à cela.
Il est arrivé en Éthiopie également, qu’un saint, un waliyy de Dieu, Dieu lui a accordé des prodiges surprenants. Les prodiges, Dieu les donnes au sain. Les savants ont dit : tout ce qui est un miracle pour un prophète peut également être un prodige pour un sain sauf ce qui est spécifique au statut de prophète.
Règle : tout ce qui peut être un miracle à un prophète peut être accordé à un sain excepté ce qui est spécifique au statut de prophète comme la révélation d’un livre (ça c’est un miracle pour notre prophète Mouhammad). Cependant la résurrection des morts ce n’est pas quelque chose de spécifique aux prophètes, c’est quelque chose d’extraordinaire, Dieu l’a accordé à notre maitre ^Iça, il a ressuscité des morts par la volonté de Dieu. Et donc ce sain en Abyssinie lui aussi a eu un prodige semblable parce que c’est Dieu le créateur, s’Il veut donner la vie à quelqu’un qui est mort Il le donne.
Quel est le sens de cette karamah ? C’est une preuve que ce saint suit parfaitement ce prophète. La signification du prodige c’est la véracité de ce sain quand il suit le prophète. Il y a des gens qui en sont ignorant, au lieu d’apprendre et de dire « oui c’est un sain, c’est quelqu’un qui est sur la droiture », ils ont pensé autre chose de lui. Ils ont composé un poème dans leur langue où ils qualifiaient cet homme, ils disaient de lui qu’il est comme Dieu et ça c’est une mécréance, c’est une forme d’outrance, d’excès. C’est pour cela que c’est important de ne pas dépasser la limite, de connaitre. Dieu accorde des sains au prodige mais faut pas le mettre au-dessus de Son niveau. Donc ce n’est pas lui qui leur a dit de faire ce poème ou de le qualifier d’être comme Allah, c’est après sa mort qu’ils l’ont fait donc lui n’est pas d’accord avec eux sur ça.
Alors quel le récit de la résurrection des morts qui a été accordé comme prodige à ce saint ?
Ce saint avait un élève qu’il aimait énormément qui était à son service et Dieu a fait mourir cet élève alors qu’il était en voyage, absent. Et quand ce sain est revenu, on lui a annoncé sa mort, ils lui ont dit voilà on l’a préparé pour l’enterrement. Le chaykh est venu, il a supplié Dieu et Dieu l’a ressuscité. La raison de la mort de ce serviteur de ce chaykh c’est que des mécréants avaient attaqué la région de ce chaykh et ils ont tué un certain nombre de personnes entre autres, l’élève de ce chaykh, ils l’ont égorgé. Dieu l’a ressuscité quand ce chaykh a invoqué Dieu. Dieu a exaucé son invocation, Dieu l’a ressuscité. Et ces gens ont vu cette chose, ce n’est pas courant et ils ont vu d’autres choses surprenants. Ils ont dépassé la limite pour leur amour pour ce chaykh.
Ces gens-là ne sont pas excusé selon le jugement de Dieu. L’ignorance ici n’est pas une excuse.
L’esclave reste un esclave quel que soit les prodiges qu’il peut avoir, quel que soit les choses surprenantes qu’il peut avoir, l’esclave reste un esclave, il n’est pas permis de le qualifier par des attributs de la divinité.
Il n’est pas permis de dire de lui qu’il est pareil à Dieu. Bien sûr les sains de Ahlou l-Laah qui sont parfait, qui sont accompli, ne sont pas chargé de ce péché-là, ils n’ont aucune part de charge parce qu’ils n’ont pas accepté et n’ont pas ordonné cela. Ils n’acceptent pas en leur présence et ils n’ont pas ordonné cela.
Le péché est à la charge de ceux qui font preuve d’outrance, qui sont excessif dans leur amour pour ce sain et qui sortent de la loi de Dieu. Le péché leur incombe à eux, il n’est pas à la charge de ces machayikh (de ces sains). Mais les chaykh qui disent aux gens de leur obéir les yeux fermés dans ce que Dieu a rendu licite, dans ce que Dieu a interdit, s’ils leur dit de leur obéir, ils sont chargés des péchés à eux et des péchés de ceux qui les suivent également parce que c’est eux qui étaient la cause de l’égarement des autres. Quant à celui qui n’a pas été la cause, de péchés de ceux qui ont désobéis ou de la mécréance de ceux qui ont mécrus alors il n’est pas chargé de leur péché et de leur mécréance.
Dieu dit ce qui signifie : Le péché de quelqu’un n’est pas imputé à une autre personne. Al-‘An^am / V164