40 Hadith an Nawawiyy : Hadith 1
D’après l’Emir des croyants Abou Hafs, ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
((إنما الأعمال بالنيات وإنما لكل امرئ ما نوى . فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله ، ومن كانت هجرته لدنيا يصيبها أو امرأة ينكحها فهجرته إلى ما هاجر إليه))
ce qui signifie : « Certes, les actes ne comptent que par l’intention, chaque personne n’aura que ce pour quoi elle a fait l’intention. Celui dont l’émigration a été faite par recherche de l’agrément de Allah et par obéissance à Son messager, alors son émigration est acceptée et celui dont l’émigration a été faite pour obtenir quelque chose du bas-monde ou une femme à épouser, son émigration comptera pour ce pour quoi il a émigré« .
Rapporté par les deux Imams des mouhaddith Abou ^Abdi l-Lah Mouhammad fils de Isma^il fils de Ibrahim fils de Al-Moughirah, fils de Bardizbah Al-Boukhariyy et Abou l-Houçayn, Mouslim fils de Al-Hajjaj, fils de Mouslim dans les deux Sahih, qui sont les deux livres les plus authentiques qui aient été composés.
Commentaire du hadîth[1] :
C’est un hadith Sâhîh, il y a accord des savants sur son caractère authentique et sur les séquences bénéfiques de ce hadith. Ce Hadith a été rapporté par l’imam Aboû ^Abdi l-Lah Al-Boukhâriyy dans plus d’un passage de son livre, et il a été également rapporté par Abou l-Houçayn Mouslim, fils de Al-Hajâj à la fin du livre consacré au Jihad ; Il s’agit de l’un des hadith fondamentaux en Islam. L’imam Ahmad et l’imam Ach-Chafi^iyy qu’Allah leur fasse miséricorde ont dit (est contenu dans le hadith « innama l-^amalou bi n-niyât »[2] un tiers de la science), a dit cela Al-Bayhaqiyy et autre que lui. La raison de cela est que l’acquisition de l’esclave a lieu par son cœur, sa langue et ses membres, or l’intention est l’une des trois catégories[3].
En outre, il a été rapporté de Ach-Châfiˆiyy, que Dieu lui fasse miséricorde qu’il a dit que ce hadîth rentre dans soixante-dix sujets de fiqh, et la majorité des savants ont dit que ce hadîth constitue un tiers de la science.
Les savants ont apprécié de débuter les ouvrages par ce hadîth, et de parmi ceux qui ont commencé par cela dans son premier livre il y a l’imam Aboû ˆAbdi l-Lâh Al-Boukhâriyy, et ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy a dit : il convient pour toute personne qui compose un livre qu’il le commence par ce hadîth afin d’attirer l’attention de l’étudiant pour que son intention soit correcte[4].
Ce hadîth est devenu célèbre mais il a débuté en étant rapporté par seulement un compagnon, parce que seul ˆOumar Ibnou l-Khattâb l’a rapporté du Prophète, et seul ˆAlqamah Ibnou Abî Waqqâs l’a rapporté de ˆOumar, et seul Mouhammad Ibnou Ibrâhîm At-Taymiyy l’a rapporté de ˆAlqamah, et seul Yahyâ Ibnou Saˆîd Al-Ansâriyy l’a rapporté de Mouhammad Ibnou Ibrâhîm, ensuite il s’est diffusé car plus de deux-cent personnes qui sont pour la plupart des imams l’ont rapporté après cela.
En outre, le terme « innama » c’est pour la restriction confirmant ce qui a été cité et qui exclu ce qui n’a pas été cité, et parfois il peut être une restriction dans l’absolu, et parfois une restriction spécifique qui est compris par un lien, comme dans Sa parole taˆâlâ :
{ إِنَّمَا أَنْتَ مُنْذِرٌ ۖ }
[Sourate Ar-Ra`d 7]
Dans le sens premier : « Tu n’es qu’un avertisseur » donc le sens apparent est la restriction au rôle d’avertisseur, or le Messager son rôle ne se restreint pas à cela mais il a beaucoup de belles caractéristiques comme d’être un annonciateur de bonne nouvelle et autre que cela, et de même Sa parole taˆâlâ :
{إِنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا لَعِبٌ وَلَهْوٌ ۚ }
[Sourate Mouhammad 36]
Qui signifie : « La vie du bas-monde n’est que jeu et loisir », le sens apparent, et Dieu sait plus que tout autre, c’est une restriction pour celui qui a préféré cette vie au dépend de l’au-delà, en revanche pour ce qui est de sa réalité en tant que tel, il se peut que ce bas-monde soit une cause pour le bien, et il se peut que cette restriction soit pour indiquer la majorité. Donc, si le contexte et ce qui est visé par le terme indiquent une restriction en un sens particulier, alors on considère que la restriction est limité à ce sens spécifique, sinon alors la restriction est absolue. A partir de là, sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
Nous comprenons les actes par les actes légaux, cela signifie que ces actes indiqués dans la Loi ne sont considérés qu’avec l’intention, comme la petite ablution, la grande ablution, l’ablution sèche, et de même la prière, la zakât, le jeûne, le pèlerinage, la retraite spirituelle et l’ensembles des actes d’adoration, en revanche, éliminer l’impureté cela ne nécessite pas une intention car il s’agit d’éviter (délaisser) une chose, or éviter une chose ne demande pas d’intention, et certains savants sont allé vers la validité de la petite et de la grand ablution sans intention[5].
En outre, dans sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
il y a un sous-entendu, et les savants ont divergés quant à ce qui a été sous-entendu, ainsi, ceux qui ont considéré l’intention comme une condition de validité ont dit que le sous-entendu est « la validité des œuvres est par l’intention », quant à ceux qui ne l’ont pas mis en condition de validité ils ont considérés le sous-entendu comme étant « la complétude des actes est par l’intention ».
Et sa parole :
وإنما لكل امرئ ما نوى
Al-Khattâbiyy a dit qu’elle apporté une information particulière autre que l’information de la première phrase, et il s’agit de préciser l’acte par l’intention. Le Chaykh Mouhyi d-Dîn An-Nawawiyy a dit : utilité, sa mention que la précision de ce que l’on met l’intention de faire est une condition, alors si quelqu’un devait rattraper une prière il ne lui est pas suffisant de mettre l’intention de rattraper une prière, mais il est une condition qu’il précise dans son intention quelle prière est-elle, le Dhouhr, le ˆAsr ou autre, et s’il n’y avait pas eu cette deuxième phrase, la première aurait impliqué la validité de l’intention sans précision ou aurait donné l’impression de cela, et Dieu sait plus que tout autre.
Et sa parole :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله
La règle est selon les arabes que la condition et la réponse, le moubtada’ et le khabar, il est indispensable qu’ils soient différents, or ici ils sont similaires, la réponse à cela est que :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله
« celui dont son hégire était pour Dieu et Son Messager » par son intention et son objectif
فهجرته إلى الله ورسوله
« alors son hégire est pour Dieu et Son Messager » selon le jugement et la Loi [la règle est donc vérifié car les deux parties sont différentes par leur sous-entendu].
Ce hadîth a été énoncé pour une cause, en effet il a été rapporté qu’un homme avant fait l’hégire depuis La Mecque jusqu’à Médine pour épouser une femme que l’on nommait Oummou Qays, il n’a pas recherché par cela le mérite de l’hégire, et il était surnommé l’émigrant de Oummou Qays, et Dieu sait plus que tout autre.
[1] Il n’est pas permis de faire rentrer dans la portée de ce hadîth les actes de désobéissance, comme font certaines personnes lorsqu’ils serrent la main à une femme qui ne leur est pas licite, ou qu’ils l’embrassent, ou qu’il boivent de l’alcool, ou qu’ils ont été injustes ils disent : les actes valent par l’intention, alors que ce hadîth n‘est pas approprié ici, cependant son sens est que les bonnes œuvres ont besoins d’une bonne intention pour leur validité ou pour leur acceptation.
[2] Le secret des œuvres réside dans l’intention, le sens de l’intention c’est de viser l’accomplissement d’un acte par le cœur, que celui qui veut accomplir un acte de bien oriente son intention pour l’agrément de Allah, qu’il se dise en lui-même : cet acte Dieu l’agrée, c’est pour cela que je le fais, ou ce qui est dans le même sens, comme lorsqu’un homme subvient à la charge de son épouse et de ses enfants ou fait preuve de bienfaisance envers ses proches parents ou encore vient au secours d’une personne en difficulté, ou lorsque quelqu’un récite du Qour’an, ou tout autre acte de cet ordre qui sont des actes d’adoration, la récompense est réalisé s’il met l’intention d’accomplir l’acte pour l’agrément de Allah, ou parce que Dieu l’a ordonné, mais le simple fait d’agir ce n’est pas suffisant pour qu’ait lieu la récompense.
Mais l’intention à elle-seule ne suffit pas pour la validité de l’acte pour lequel il est une condition avec l’intention autre qu’elle, comme dans la parole du Messager à celui dont sa prière avait un défaut :
ارْجِعْ فَصَلِّ، فإنَّكَ لَمْ تُصَلِّ
Ce qui signifie : « Retourne et prie, certes tu n’as pas prié » trois fois, et à chaque fois il voyait de sa part un défaut apparent, et il n’a pas pris connaissance de son intention, jusqu’à ce que l’homme lui fasse savoir en lui disant : ô Messager de Dieu je ne sais faire que cela, alors à ce moment-là le Messager lui a enseigné comment s’accomplit correctement la prière.
[3] Al-Boukhâriyy a commencé son livre « As-Sahîh » par ce hadîth, il l’a placé comme une introduction, en tant qu’indication que tout acte qui est accomplit sans vouloir par cela l’agrément de Dieu est rejeté, il n’apporte pas de profit ni dans le bas-monde ni dans l’au-delà, c’est pour cela qu’a dit ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy : si je devais composer un livre j’aurais fait que le hadîth de ˆOumar Ibnou l-Khattâb concernant les intention des actes soit au début de chaque chapitre, et d’après lui il a dit : celui qui veut composer un ouvrage qu’il commence par le hadîth « al-‘aˆmâlou bin-niyyât ».
[4] Par ailleurs, l’imam ‘Ahmad a dit : les fondements de l’Islam sont sur trois hadîth : le hadîth de ˆOumar « innamal-‘aˆmâlou bin-niyyât », le hadîth de ˆÂ’ichah : « man ‘ahdatha fî ‘amrinâ hâdhâ mâ layça minhou fahouwa radd » et le hadîth de An-Nouˆmân Ibnou Bachîr : « al-halâlou bayyinoun wal-harâmou bayyin ».
L’intention dans la langue c’est une sorte de décision et de volonté. Et l’intention selon la terminologie des savants elle a deux significations : l’une des deux est de distinguer les actes d’adorations les uns des autres, comme la distinction de la prière du Dhouhr de la prière du ˆAsr par exemple, et la distinction du jeûne de Ramadân du jeûne d’autre que lui, et la distinction des actes d’adoration des actes ordinaires, comme la distinction de la grande ablution de la janâbah du lavage pour se rafraîchir, ou pour se laver, ou tel que cela.
Quant à la deuxième signification c’est dans le sens de distinguer qui est visé par l’acte, est-ce que cela est pour Dieu Lui Seul sans Lui associer, ou bien pour Dieu et pour autrui, et ceci est l’intention que les connaisseurs soufis citent dans leurs livres lorsqu’ils parlent de la sincérité et ce qui s’en suit.
Soufiane Ath-Thawriyy a dit : je n’ai pas eu à gérer une chose plus difficile pour moi que mon intention. Et d’après Ibnou l-Moubârak il a dit : combien d’actes paraissant négligeables sont magnifié par l’intention, et combien d’actes paraissant grands sont amoindris par l’intention. Ibnou ˆAjlân a dit : la science n’est pas valide si ce n’est par trois choses : la piété à l’égard de Dieu, la bonne intention et de faire l’acte correctement.
Il est rapporté de Ibnou ˆAbbâs, que Dieu les agrée tous deux, concernant la parole de Dieu :
{ إِذَا جَاءَكُمُ الْمُؤْمِنَاتُ مُهَاجِرَاتٍ فَامْتَحِنُوهُنَّ ۖ اللَّهُ أَعْلَمُ بِإِيمَانِهِنَّ ۖ }
[Al-Moumtahanah 10]
Il a dit : la femme lorsqu’elle venait au Prophète il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie parce qu’elle détestait son mari, et il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie par préférence d’un endroit sur un autre, qu’elle n’est pas venue chercher un bien mondain qu’elle n’a quitter sa terre que par amour pour Dieu et pour Son Messager » l’a rapporté Ibnou Abî Hâtim, Ibni Jarîr et Al-Bazzâr dans son Mousnad. Enfin, l’ensemble des actes sont comme l’hégire de ce point de vue, leur validité et leur invalidité est en fonction de l’intention qui a amené à les accomplir, comme le jihâd, le pèlerinage et autre.
[5] Les actes légaux ne sont considérés qu’avec l’intention, et celui qui inclut les œuvres qui sont dès le départ contraires à la Loi dans la portée de ce hadith il aura ouvert grand les portes de la corruption, comme l’a fait Sayyid Sâbiq l’auteur de « Kitâb fiqhou s-Sounnah » qu’il a rempli de faussetés, d’égarements et de contradiction avec la Loi, et de parmi cela sa prétention que la mécréance, c’est-à-dire les paroles de mécréance, son auteur ne sera considéré mécréant que par l’intention, c’est-à-dire que s’il a mis l’intention de la mécréance et ceci est un égarement évident.