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Tafsir an-Nasafiyy : sourate al Anbiyaa – versets de 1 à 86

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 26, 2025
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Commentaire de sūratu l-ʾanbiyāʾ

Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres.  Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.

Toute chose qui va venir est proche.

Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre.  Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.

Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).

Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.

« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.

C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.

Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ». 

Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).

Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie.  Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.

Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.

Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).

Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.

Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces

Ou c’est plutôt un poète

Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.

Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.

Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.

Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.

Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie

Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.

Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?

Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.

La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.

Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».

Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».

Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.

Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.

Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.

Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.

La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.

Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.

Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.

Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.

Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).

Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.

Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.

N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.

Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.

qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée. 

Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.

Verset 12 :  quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation

 C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.

Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.

Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.

Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.

Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.

Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé.  C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.

Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.

Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).

Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –

Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.  

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.

Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.

Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.

Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,

Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.

Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.

Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,

De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.

Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.

Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».

Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre.  « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.

Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.

Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)

Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »

Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.

 « subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ».  Or Dieu est absolument exempt de cela.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.

« law kāna fīhimā » :  fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.

Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.

Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,

1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.

2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance

3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.

Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.

Et il est impossible que le dieu soit impuissant.

Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre  que lui, il est possible  que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement,  cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on  n’émette pas d’objection contre lui.

Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.

On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.

L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.

Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.

La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.

Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.

Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.

Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.

Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.

Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.

Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.

Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).

Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.

Et ils agissent conformément à Ses ordres.

Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.

Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.

Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.

Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.

Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.  

Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer

C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer

C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.

Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.

Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.

Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).

Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.

Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.

 Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.

Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.

Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?

Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont   et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.

Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.

Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī )  des piquets pour que la terre ne tremble pas.    rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.

Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.

Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.

Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».

Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas.  Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.

Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.

Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.

Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.

Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.

Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.  

Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.

Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.

Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.

inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.

C’est la première explication qui vise l’être humain en général.

Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».

Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer.  Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.

Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.

Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.

Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.

Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.

Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.

Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.

Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu.  Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.

Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ?  Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.

Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.

Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.

Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.

Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?

Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.

Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.

Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis.  C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.

Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.

Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.

Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.

Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes.  Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.

Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.

Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.

Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »

Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».

Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez.  (Pour les adorer)

Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.

Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.

Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.

Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.

Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?

Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.

Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.

Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.

Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.

Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.

Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.

Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).

Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.

Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.

Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?

Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.

  • Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
  • Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.

Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.

Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.

Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux :  vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?

Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.

Tu sais bien qu’ils ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’ils ne parlent pas.

Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.

Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.

N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.

Verset 68 :  ils ont dit brûlez-le :  c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.

Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui

Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.

Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.

Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.

Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.

1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »

2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika   ilāha l-ḥaqqi āmīne

Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine  

Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.

3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.

4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.

5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.

6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.

7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l-ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.

Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue. 

Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.

Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.

Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître   Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.

Verset 72 :  et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.

Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.

Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.

Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.

Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :

1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien

2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien

3/ le statut de prophète

Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)

Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome

Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville

C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.

Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ

Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.

Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.

Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque -le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué   Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.

Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ

Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ

Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)

De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.

Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.

Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.

Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.

Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés.  Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.

 Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.

Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète

Et une science : c’est la connaissance du jugement. 

Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que   Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a   été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.

Et Nous faisions cela

Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici :   » lituḥṣinakum »   « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »

Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi

Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.

  Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et  ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.

Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.

Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.

Verset 82 :  et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : Et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.

Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités.  Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie.  Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.

Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.

Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.

Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.

Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose). Dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».

D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.

Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.

Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.

Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants.  Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.

La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.

C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.

Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.

Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.

Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.

Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.

A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn