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Tafsir Jouz’ ^amm

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur novembre 3, 2026

69 – Sūra²tu AL-ḤĀQ-QAH

C’est une sourate mecquoise qui comporte cinquante-deux versets.

Verset 1 : le jour inéluctable : c’est l’Heure qui va avoir lieu inéluctablement : c’est un signe qui ne comporte aucun doute sur la survenue du Jour du Jugement. Le mot ḥāq-qah dérive de ḥaq-q c’est-à-dire quelque chose qui va avoir lieu.

Verset 2 : qu’est-ce que al- ḥāq-qah : c’est pour magnifier sa valeur, pour glorifier sa gravité c’est-à-dire qu’il mérite qu’on se pose la question à son sujet en raison de son éminence. Cette question, bien que formulée comme une interrogation, n’est pas destinée à obtenir une réponse. Son but est de souligner l’immensité et la gravité de ce Jour, d’en amplifier la grandeur, comme si l’on demandait : « quelle est donc la véritable nature de ce Jour Inéluctable ? ».

Verset 3 : que sais-tu au sujet de al- ḥāq-qah : c’est un jour tellement terrible que les créatures ne parviennent pas à atteindre sa connaissance. Cette interrogation renforce encore plus la gravité de ce Jour. Elle sous-entend que tu n’as pas vu ce Jour ni ce qu’il contient d’épreuves terrifiantes. C’est une façon d’accentuer sa grandeur et d’insister sur les aspects difficiles et la description de ses événements dont personne ne peut mesurer l’ampleur.

Verset 4 : Ṯamūd et ʿĀd ont démenti al-Qāriʿah : c’est-à-dire al- ḥāq-qah, c’est un autre nom pour le Jour du jugement. Al-Qāriʿah a été mentionné ici au lieu de al- ḥāq-qah parce que c’est un des noms du Jour du Jugement. Al-Qāriʿah dérive de « taqraʿu », qui veut dire « qui touche les gens », c’est une calamité terrible qui va leur arriver, des terreurs et des choses qui vont faire peur aux gens et comme Il l’a mentionné, Il l’a magnifié par la mention de ceux qui ont démenti cette heure et Il a mentionné ce qui leur est arrivé parce qu’ils avaient démenti : c’est un rappel pour les gens de La Mecque pour leur faire peur des conséquences de leur démenti.

Verset 5 : quant à Ṯamūd, ils ont été anéantis par le cri terrifiant : Ṯamūd est le peuple du prophète Sālīḥ ʿalayhi s-salām ; Ṯamūd est le nom de leur grand ancêtre. Ils habitaient entre le Ḥiǧāz et le Šām. Les Ṯamūd ont été détruits à cause de leur rébellion et de leur mécréance. Ils ont été anéantis par al-Qāriʿah, c’est-à-dire par un évènement qui a dépassé la limite dans sa difficulté. Il y a eu divergence à propos de cet évènement ; certains ont dit qu’il s’agissait d’un grand tremblement de terre qui a arraché leurs cœurs, qui a déchiré leurs poitrines, parce qu’ils avaient tué la chamelle alors qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas lui faire du mal. Et il a été dit que c’était par un cri qui leur est parvenu du ciel ; il a été dit que c’était le son de toute foudre ou le son de toute chose qui a un son sur terre, qui a déchiré leurs cœurs dans leurs poitrines. L’objectif de la mention de ces récits est de mettre en garde cette communauté pour qu’elle ne suive pas l’exemple de ces peuples dans la désobéissance, afin que ne leur arrive pas ce qui leur est arrivé.

Verset 6 : ʿĀd est le nom du peuple du prophète Hūd ʿalayhi s-salām et ils ont été mentionnés dans sourate al-faǧr ; ils ont été anéantis par un vent glacial et impétueux : qui s’appelle ad-dabūr, parce que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit qui signifie : « j’ai été soutenu par un vent qui soutient le prophète et ʿĀd a été anéanti par ad-dabūr qui est un vent étrange qui souffle par derrière la kaʿbah, vers l’ouest , contrairement au ṣabāḥ qui est un vent appelé aussi al-qabūl qui souffle du côté de la porte de la  kaʿbah, à l’est ».  Dieu a soutenu son Prophète le jour de al- ẖandaq par le vent de aṣ -ṣabāḥ, le vent qui se lève de l’est qui a éloigné les chaudrons des mécréants et qui a arraché leurs tentes, jusqu’à les faire partir. Et « ṣarṣarin » signifie « qui a un son terrible ». Et « aṣ-ṣar-rah » signifie le cri ou le froid, aṣ-ṣir, qui est le froid terrible, comme si le froid a été amplifié de sorte que ce vent brûle tellement il est froid. « ʿātiyah » est celle qui souffle très fort ou qui a dépassé les mains des anges, qui ont laissé le vent sans le contrôler, par la volonté de Dieu. Tout cela est un châtiment contre les ennemis de Dieu.

Verset 7 :    Il (Dieu) a fait que ce vent s’abatte et se déchaîne sur eux pendant sept nuits et huit jours : le début du châtiment était un mercredi de la fin du mois jusqu’au mercredi suivant ; « ḥusūman » consécutifs c’est-à-dire qui se succèdent sans s’interrompre : pour les comparer à celui qui est « ẖāsim » puisqu’il pratique la cautérisation, il brûle les zones malades jusqu’à ce que la maladie s’interrompe ; et il est possible que ce soit un substantif dans le sens d’arracher et de déraciner.

Allāh a déchaîné et fait perdurer ce vent sur eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs sans relâche, jusqu’à leur anéantissement. Il a été dit aussi que ces jours étaient des jours complets. Ainsi, tu pouvais voir les gens du peuple des ʿĀd, pendant ces nuits et ces jours, gisants morts, comme des souches de palmiers tombées ou vides de leur intérieur. Le verset les compare à des troncs de palmiers couchés sans leurs têtes, car le vent les soulevait et les projetait au sol, brisant leur tête, de sorte qu’il ne restait d’eux qu’un corps sans tête. Cette comparaison avec des palmiers est également une allusion à la grandeur de leur taille.

Tu voyais alors les gens qui y étaient, gisant morts, comme des souches de palmiers tombées.

Verset 8 : En vois-tu un seul survivant ? En vois-tu un seul qui aurait survécu ? La réponse est non. Le mot « bāqiyah » peut désigner une âme survivante,

Verset 9 : pharaon et ceux qui l’ont précédé c’est-à-dire les communautés qui l’ont précédé comme le peuple de Nūḥ ou de ʿĀd ou de Ṯamūd sont venus ainsi que al-muʾtafikāt (ce sont les villages du peuple de Lūṭ qui ont été renversés au point que tout était sans dessus dessous) avec leur erreur, ou leur acte, ou des actes qui constituaient une grave erreur.

Verset 10 : ils ont désobéi (c’est-à-dire le peuple de Lūṭ) au messager de leur Seigneur (c’est-à-dire Lūṭ), alors Il (Dieu) les a châtiés d’un châtiment terrible : un châtiment qui augmente (« rabā » signifie « augmenter ») tout comme leurs actes avaient augmenté en laideur.

Verset 11 : certes, quand l’eau s’est élevée, Nous vous avons transportés dans l’Arche flottante. Lorsque l’eau du déluge, qui a eu lieu à l’époque du prophète Nūḥ, a débordé et a dépassé le plus haut sommet des montagnes sur Terre de quinze coudées, nous avons porté vos ancêtres, dans l’arche flottante. Il s’agit de l’arche que le prophète Nūḥ a construite sur ordre de Dieu et sur laquelle sont montés ceux qui ont cru en lui.

Si l’on demande : « Comment est-il possible de dire « Vous vous avons portés dans l’arche » alors que les destinataires de ce discours n’ont pas vu l’arche ? », la réponse est que ceux à qui cette parole est adressée sont les descendants de ceux qui ont été portés dans l’arche, c’est-à-dire le prophète Nūḥ et ses enfants. Porter les ancêtres dans l’arche revient donc à porter leur descendance.

Verset 12 : afin d’en faire un rappel de cet acte à savoir la sauvegarde des croyants et la noyade des mécréants ou pour faire de cette arche sur laquelle Nous vous avons transportés, un rappel pour vous, une exhortation et que le mémorise une oreille qui entend correctement : Qatādah a dit qu’il s’agit de l’oreille de quelqu’un qui a compris de la part de Dieu et qui a profité de ce qu’il a entendu.

Nous avons accompli cette action, qui est de sauver les croyants et d’anéantir les mécréants, afin qu’elle soit pour vous une leçon et un rappel de la puissance, de la sagesse et de la parfaite puissance et domination de Allāh. Et afin qu’une oreille attentive et gardienne retienne ce récit, une oreille qui se doit de retenir les exhortations et les enseignements venant de Dieu, afin de les diffuser, d’y réfléchir et d’agir en conséquence.

Verset 13 : lorsqu’il sera soufflé dans le cor un premier souffle : il s’agit du premier souffle suite auquel les gens vont mourir et il a été dit que c’est le deuxième souffle suite auquel les gens vont être ressuscités.

Verset 14 : et que la terre et les montagnes ont été soulevées, puis réduites en poussière d’un seul coup. La terre et les montagnes ont été soulevées de leurs places, soit par un vent violent, soit par les anges, soit par Allāh par Sa puissance, sans contact physique. Comme l’a dit l’Imam Zayn al-ʿĀbidīn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī : « Gloire à Toi, Tu n’es ni touché, ni ressenti, ni palpé. » Elles ont été ensuite percutées l’une contre l’autre jusqu’à ce qu’elles se désintègrent. Il a été dit aussi qu’elles seront étalées et deviendront une terre plate et lisse.

Verset 15 : ce jour-là, le Jour du Jugement arrivera : le Jour du Jugement Dernier, appelé « al-Wāqiʿah » (l’Événement), commencera. C’est-à-dire que ce jour-là, alors le Jour Dernier et ce qui va s’y passer va se produire.

Verset 16 : le ciel se fissurera et il va faillir tomber : c’est-à-dire que les portes du ciel vont s’ouvrir ; il a été dit que le ciel va se fissurer, il ne sera plus aussi compact et ferme qu’il était auparavant, il sera fragilisé.

Verset 17 : et les anges seront sur ses bords : quand le ciel va se fissurer alors qu’il est le lieu d’habitation des anges, ceux-ci vont se réfugier sur ses côtés, et ce jour-là portera le trône de ton Seigneur au-dessus d’eux (au-dessus des anges qui sont sur les côtés du ciel) huit d’entre eux : alors qu’aujourd’hui le trône est porté par quatre anges. D’après Aḍ-Ḍaḥāh, ce seront huit rangées et il a été dit huit catégories d’anges.

Verset 18 : ce jour-là, vous serez présentés pour le Jugement (pour rendre des comptes, pour l’interrogatoire) : cela a été comparé à l’exposition d’un sultan qui passe en revue ses soldats pour connaitre leur état

Rien de vous ne sera caché : c’est-à-dire que tout sera visible d’eux, il n’y a pas une chose d’eux qui sera cachée. C’est-à-dire que même un état qui était caché dans le bas monde, il sera dévoilé au Jour du Jugement. Il y a un ḥadīṯ qui signifie : « les gens auront au Jour du Jugement trois expositions, deux sont un débat et des excuses qui seront présentées, quant à la troisième, c’est à ce moment-là que les livrets s’envoleront et ceux qui auront réussi récupèreront le livre de leurs œuvres de la main droite et ceux qui vont être perdus récupèreront leur livre de la main gauche ».

Verset 19 : quant à celui qui aura reçu son livre de la main droite, il dira tenez, lisez mon livre. La particule « fa’ammā » introduit ici une explication détaillée de ce qui se passera le jour de la présentation. La personne qui recevra le livre de ses actions dans sa main droite, ce qui est le signe de son salut, dira alors, en s’adressant à son groupe, avec joie et bonheur : « hākumu » (prenez) et il a été dit : « tenez » et « Lisez mon livre ». Le sens est que, ayant atteint le sommet de la joie et sachant qu’il est sauvé parce qu’il a reçu son livre dans sa main droite, il souhaite montrer cela aux autres pour qu’ils se réjouissent pour lui.

Verset 20 : je savais en vérité que j’allais avoir mon jugement : c’est-à-dire que j’ai eu la certitude que j’allais avoir à rendre des comptes : c’est-à-dire que je vais voir l’exposition de mes œuvres. Le sens ici de « ḍanantu » est « J’ai su avec certitude » et « j’étais certain » dans le bas-monde. Abū Ḥayyān a dit :  » ’Innī ḍanantu’ (J’ai su), c’est-à-dire j’étais certain, car si c’était un doute, ce serait de la mécréance. » Le mot « ḍann » est interprété ici comme la certitude, car si on lui laissait son sens initial de doute et d’hésitation, cela signifierait que cette personne douterait si elle allait être jugée dans l’au-delà ou non. Or, la croyance en la résurrection et le jugement fait partie des croyances religieuses qui sont obligatoires, et douter d’elles est de la mécréance. La foi ne s’obtient pas par le doute, mais par la certitude de la vérité de la résurrection et du jugement. Ainsi, le sens du verset est : « J’ai su et j’ai été certain dans le bas-monde que Dieu me ressusciterait et que j’aurais mon jugement dans l’au-delà, et je n’ai pas renié la résurrection. »

Verset 21 : il sera dans une vie satisfaisante : c’est-à-dire une vie qui mène à la satisfaction, qui satisfait celui qui la mène. Celui qui a reçu son livre dans sa main droite sera dans une vie dont il est satisfait. On a également dit que sa vie sera agréable car il a obtenu la récompense et est à l’abri du châtiment. Muslim a rapporté que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « certes, il vous est promis de ne plus jamais tomber malades, de ne plus jamais mourir, de ne plus jamais vieillir, et de ne plus jamais être malheureux. »

Verset 22 : dans un jardin élevé : élevé par l’endroit ou bien élevé par les degrés. Ou bien dont les constructions sont élevées ou les palais sont élevés. Le Paradis est élevé en lieu, car il se trouve au-dessus des sept cieux. Il est également élevé en rang, en honneur et en architecture. Al-Buẖāriyy a rapporté que le Messager de Allāh ﷺ a dit ce qui signifie : « Il y a au Paradis un arbre sous l’ombre duquel un cavalier pourra voyager cent ans sans en atteindre la fin. » Ce ḥadīṯ est rapporté par Al-Buẖāriyy dans son Ṣaḥīḥ, dans le chapitre « al-Riqāq », section « De la description du Paradis et de l’Enfer ». Le Messager de Allāh ﷺ a également dit ce qui signifie : « Le croyant aura au Paradis une tente faite d’une perle creuse, haute de soixante milles ».

Verset 23 : les fruits qui sont cueillis sont à portée de main. Les fruits du Paradis sont à portée de main, si proches que celui qui les cueille, qu’il soit debout, assis ou couché sur son lit, peut facilement les atteindre. S’il désire que le fruit vienne à sa bouche, il viendra à lui, car aucune distance ne l’empêche de cueillir le fruit.

Verset 24 : on leur dira : « mangez et buvez avec plaisir, pour ce que vous avez avancé dans les jours révolus. Il leur est dit cela par bienveillance, et non pas par obligation, car l’au-delà n’est pas un lieu de devoirs. Le mot « hanī’an » (avec plaisir) signifie que la nourriture et la boisson sont exemptes de tout ce qui pourrait causer de l’inconfort ou du trouble. Il n’y aura aucune souffrance liée à la digestion, pas besoin de se soulager, de cracher, de se moucher. Il n’y aura ni faiblesse ni maux de tête. « bi-mā ’aslaftum » (pour ce que vous avez avancé) signifie pour les bonnes actions que vous avez accomplies en vue de l’au-delà, « fī l-’ayyāmi l- ẖāliyah  » (dans les jours passés), c’est-à-dire dans les jours de la vie d’ici-bas qui sont passés, et dont vous êtes maintenant soulagés des peines.

D’après ibnu ʿAbbās, il s’agit des jeûneurs, c’est-à-dire « mangez et buvez en lieu et place de ce dont vous vous êtes abstenus comme nourriture et boisson par recherche de l’agrément de Dieu ». Et il a été dit que c’est en général, pas uniquement pour les jeûneurs.

Verset 25 : et quant à celui à qui l’on donnera son livre dans sa main gauche, il dira : “malheur pour moi ! si seulement je n’avais pas reçu mon livre.”

Celui qui reçoit le livre de ses actions dans sa main gauche, il s’agit du mécréant. Après avoir découvert son sort funeste, il regrettera de l’avoir reçu, voyant toutes ses mauvaises actions honteuses qui y sont inscrites.

Ibn Ḥibbān a rapporté, d’après Abū Hurayrah, que le Prophète ﷺ a dit ce qui signifie : « l’un d’eux est appelé et reçoit son livre dans sa main droite, son corps est étendu sur soixante coudées, son visage s’illumine et une couronne de perles scintillantes est posée sur sa tête. Il va vers ses compagnons, qui le voient de loin et disent : « Ô Allāh, bénis-nous-en cet homme ! » jusqu’à ce qu’il arrive à eux et qu’il leur dise : « Réjouissez-vous, car chacun de vous aura la même chose. »

Quant au mécréant, il reçoit son livre dans sa main gauche, son visage est noirci, son corps est étendu sur soixante coudées, il a l’apparence d’Ādam, et il porte une couronne de feu. Ses compagnons le voient et disent : « Ô Allāh, humilie-le ! » Il leur dit alors : « que Allāh vous éloigne ! Chacun de vous aura la même chose ». » Ce hadith est rapporté par Ibn Ḥibbān dans son Ṣaḥīḥ,

Verset 26 : “et si je n’avais jamais su ce qu’allait être mon compte.” C’est-à-dire « si seulement je n’avais pas su ce qui allait m’arriver ici ». Il a souhaité ne pas avoir connu son compte car il n’a rien à gagner dans ce jugement, car il n’est que contre lui, et rien en sa faveur.

Verset 27 : si seulement c’était la définitive : c’est-à-dire : « si seulement la mort avait été la fin de tout pour ne pas retrouver ce que je suis en train d’endurer ». Il aurait souhaité ne pas avoir été ressuscité pour le jugement et le châtiment. Il a souhaité la mort, alors qu’elle était la chose qu’il détestait le plus dans le bas-monde, car il se trouve maintenant dans une situation plus horrible et plus amère que ce qu’il a goûté de la mort.

Verset 28 : ma fortune ne m’a servi à rien. Les biens que j’ai amassés ne m’ont été d’aucune utilité. Le sens est que sa richesse du bas-monde ne l’a pas protégé du châtiment de Dieu.

Verset 29 : ma souveraineté m’a été perdue : mes arguments ont disparu et ne m’ont servi à rien. L’autorité que j’avais dans le bas-monde a disparu. On a également dit que cela signifie que sa royauté et sa force l’ont quitté. Dieu dit aux anges en garde de l’enfer :

Verset 30 : saisissez-le, puis enchaînez-le : c’est-à-dire « attachez ses mains à son cou avec des chaînes. Allāh dira aux gardiens de l’Enfer : « Saisissez-le et attachez ses mains à son cou avec des carcans. »

Verset 31 : puis, en enfer, faites-le entrer.  C’est-à-dire « brûlez-le dans le feu ».

Verset 32 : puis dans une chaîne de soixante-dix coudées de longueur, introduisez-le. Insérez-le dans une chaîne composée d’anneaux entrelacés, très grande, car sa longueur de soixante-dix coudées rend la terreur plus grande. La personne sera insérée dans la chaîne, et en raison de sa longueur, elle s’enroulera autour de lui de toutes parts, le comprimant jusqu’à l’engloutir. Il a été dit aussi qu’elle entre par son derrière et ressort par ses narines, ou qu’elle entre par sa bouche et ressort par son derrière.

Verset 33 : car il ne croyait pas en Allāh, le plus Eminent. Le mécréant ne croyait pas et ne reconnaissait pas Allāh, Qui a ordonné à Ses esclaves de croire en Lui et d’abandonner le culte des idoles et des statues. Celui qui délaisse le plus grand des devoirs envers Allāh, qui est Son unicité et le fait de ne rien Lui associer, mérite le châtiment éternel qui ne s’arrête pas dans l’au-delà, car l’association à Allāh est le plus grand péché qu’un esclave puisse commettre. C’est le péché que Dieu ne pardonne pas à celui qui meurt en le commettant, alors qu’Il pardonne ce qui est moins grave que cela à qui Il veut, comme Allāh le dit dans le Qur’ān ce qui signifie : « Certes, Allāh ne pardonne pas qu’on Lui associe, et Il pardonne ce qui est moins grave que cela à qui Il veut. » [Sourate An-Nisā’ : 48]. Le mot « al-ʿAḍhīm » (le plus Eminent) signifie qu’Il est Eminent et qu’Il est exempt des attributs des corps. Allāh a un rang plus grand que toute chose grande.

Verset 34 : et il n’incitait pas à nourrir le pauvre. Ce malheureux qui a reçu son livre dans sa main gauche n’incitait ni lui-même ni les autres à nourrir le pauvre. Il ne croyait pas en la résurrection parce que les gens n’attendent pas de rétribution de la part des pauvres quand ils leur donnent à manger. Ils leur donnent à manger par recherche de l’agrément de Dieu, en espérant la récompense dans l’au-delà. Celui qui  ne croit pas en la résurrection, il n’a pas ce qui va l’inciter à les nourrir. En plus de sa mécréance, il n’incitait pas autrui à donner à manger aux nécessiteux. Ce verset est la preuve forte de la gravité de priver les pauvres.

Les savants ont dit que le verset montre que les mécréants sont tenus de se conformer aux obligations de la Loi, dans le sens qu’ils seront châtiés pour avoir délaissé la prière, la zakāt, et pour ne pas s’être abstenus des péchés et des actes blâmables. Non pas qu’ils soient tenus d’accomplir des actes d’adoration tant qu’ils sont mécréants, car les actes d’adoration ne sont pas valables pour un mécréant.

D’après Abu d-Dardāʾ, il incitait son épouse à cuisiner avec beaucoup de sauce pour les miséreux. Il disait : « nous avons enlevé la moitié de la chaine avec laquelle les mécréants sont enchainés, par la foi. Alors enlevons l’autre moitié de la chaine par cela, c’est-à-dire en donnant à manger au pauvre ».

Ces versets indiquent que les croyants feront l’objet de la miséricorde de toutes parts, tandis que les mécréants n’auront pas de miséricorde, parce que Dieu a classé les créatures en deux catégories : une sera des gens qui recevront leur livre de la main droite et ce sont uniquement des croyants et une autre sera composée de gens qui vont recevoir leur livre de le main gauche et ce sont des mécréants.

Verset 35 : il n’aura donc ici, aujourd’hui, pas de parent proche. Il n’aura personne qui puisse le défendre du châtiment de Dieu, ni personne pour intercéder en sa faveur ou pour le secourir de la calamité dans laquelle il se trouve. Et son cœur brûlera de chagrin pour cela.

Verset 36 : ni d’autre nourriture que du «  ġislīn « . Il n’aura aucune nourriture qui lui soit bénéfique, si ce n’est du  » ġislīn « , qui est le pus et le sang qui s’écoulent des corps des mécréants. On a dit aussi que le  » ġislīn  » est un arbre de l’Enfer.

Verset 37 : que seuls les fautifs en consommeront : seuls les mécréants mangeront du  » ġislīn ».

Verset 38 : Je jure par ce que vous voyez : par les corps que vous voyez, comme la terre, les cieux.

Verset 39 : et par ce que vous ne voyez pas : les anges, les âmes.

Verset 40 : il est certes la parole d’un messager honorable : ce Qur’ān est la parole d’un Messager noble, qui est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. On a dit aussi qu’il s’agit de Ǧibrīl. Le Qur’ān n’est pas une composition du Messager, mais il est une révélation que Dieu lui a révélée.

Fait important : Les gens de la vérité ont dit que la parole de Dieu, qui est un attribut de Son Être, est éternelle et ne ressemble pas à la parole de Ses créatures. Elle n’est ni lettre, ni son, ni langue. Les termes révélés à notre maître Muḥammad en langue arabe sont une expression de cette parole propre à Dieu. Le verset en est la preuve.

Verset 41 : il ne s’agit pas de la parole d’un poète ; peu d’entre vous seront croyants : ce Qur’ān n’est pas la parole d’un poète, comme vous le prétendez, ni ne fait partie des genres de la poésie ou de sa composition. Dieu a nié que le Qur’ān soit la parole d’un poète. Le sens est que vous ne croyez pas que le Qur’ān vient de Dieu.

Verset 42 : ce n’est pas la parole d’un devin à qui viennent les démons et qui lui transmettent ce qu’ils ont entendu comme nouvelles du ciel, comme vous le prétendez. Peu d’entre vous vont être rappelés : le peu ici c’est comme si ce n’était aucun. Que vous vous rappelez peu.

Verset 43 : c’est une révélation émanant du Seigneur des mondes. Le Qur’ān est une révélation. Après avoir dit ce qui signifie : « C’est la parole d’un Noble Messager, » il a ajouté ce qui signifie : « Une révélation émanant du Seigneur des mondes, » afin de dissiper toute ambiguïté et pour que personne ne pense que c’est une composition de Ǧibrīl. Le Qur’ān a été révélé par Ǧibrīl à notre maître Mouḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 44 : même si certains prétendent à Notre sujet certaines choses : même si certains prétendent et Nous accusent d’avoir dit des choses que Nous n’avons pas dit ;

Verset 45 : Nous le prendrons par la droite : c’est-à-dire que Nous l’aurions tué, comme le font les rois à qui l’on attribue des paroles mensongères, en guise de punition, de vengeance. On a dit aussi que ceci est une métaphore pour indiquer le dur châtiment infligé à un coupable qui serait saisi par sa main droite avant d’être exécuté par un coup d’épée au cou pour que le châtiment soit plus intense à la vue de l’épée,

Verset 46 : puis Nous aurions tranché les deux veines jugulaires : quand elles sont tranchées, la personne meurt Le sens est que s’il avait inventé des mensonges contre nous, nous lui aurions ôté la vie sans délai.

Verset 47 : aucun d’entre vous ne pourra alors Nous empêcher de le tuer

Verset 48 : c’est certainement un rappel pour les pieux. Le Qur’ān est une exhortation pour les pieux, qui sont ceux qui craignent le châtiment de Dieu en accomplissant Ses obligations et en s’éloignant de Ses interdictions.

Verset 49 : et Nous savons que parmi vous il y en a qui démentent. Nous savons qu’il y a parmi vous, ô gens, ceux démentent le Qur’ān. C’est une menace pour ceux qui démentent le Qur’ān. Cela n’empêche pas que ce soit un rappel qui indique que Dieu va les rétribuer pour leur démenti.

Verset 50 : et le Qur’ān est une cause de remords pour les mécréants : c’est-à-dire que ceux qui démentent le Qur’ān, quand ils verront la récompense de ceux qui y ont cru, ce sera une source de remords pour eux.

Verset 51 : et il est la vérité même Le Qur’ān est une vérité certaine. Il n’y a aucun doute qu’il vient de Dieu, il n’est pas une composition de Muḥammad ni de Ǧibrīl. Il contient la vérité, la guidance et la lumière.

Verset 52 : alors évoque le nom de Dieu, par Son nom éminent : cela signifie « dis : subḥāna l-Lāh » “Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, le plus Eminent.”

Exempte Allāh de toute imperfection, de tout mal, et de tout ce qui ne Lui convient pas. Remercie-le de t’avoir rendu digne de recevoir Sa révélation. Ce verset est la preuve que le croyant est ordonné d’exempter son Créateur des attributs des créatures, tels que l’ignorance, l’incapacité, le lieu, le corps et la quantité (le volume). L’Imam Abū Jaʿfar Aṭ -Ṭaḥāwiyy a dit : « Et Allāh est exempt des limites, des fins, des membres, des parties et des organes, Il n’est pas contenu par les six directions, comme le reste des créatures. » Allāh n’a pas de limite (volume), ni grand ni petit, car tout cela est un attribut des créatures, et Allāh est exempté de cela

70 – Sūratu AL-MAʿĀRIǦ

C’est une sourate mecquoise qui comporte quarante-quatre versets.

Verset 1 : quelqu’un a demandé un châtiment imminent : il s’agit de An-Naḍr fils de Al-Ḥāriṯ ; il a dit : « Ô Allāh, si cela est la vérité venant de Toi, alors fais pleuvoir sur nous des pierres du ciel ». Ou alors « montre-nous ce châtiment douloureux ». C’est la parole qui est rapportée dans sūratu al-anfāl – verset 32 ou bien c’est le Prophète qui a invoqué contre eux pour qu’il descende sur eux un châtiment. Et lorsqu’il a été interrogé sur la signification, il a dit « daʿa dāʿin biʿaḏābin wāqiʿ » c’est-à-dire un châtiment qui va s’abattre sur eux en raison de leur mécréance sans aucun doute.

Verset 2 : c’est un châtiment qui va avoir lieu pour les mécréants, un châtiment que rien ne repoussera. Le sens de (laysa lahū dāfiʿ) est que ce châtiment s’abattra inévitablement sur eux, qu’ils le demandent ou non. Il s’agira d’un châtiment dans ce bas-monde par la mort et dans l’au-delà, car le châtiment s’abattra sur eux dans l’au-delà et rien ne pourra le repousser. Ibnu Al- Munḏir rapporte que Al-Ḥasan a dit : Le verset (Sa’ala sā’ilun biʿadhābin wāqiʿ) a été révélé et les gens ont demandé : « Sur qui ce châtiment va-t-il s’abattre ? » Allāh a alors révélé le verset : (Lilkāfirīna laysa lahu dāfiʿ).

Verset 3 : (un châtiment) de la part de Dieu rien ne repoussera ce châtiment lorsque son moment sera venu, celui qui a les maʿāriǧ : les maʿāriǧ sont des voies d’ascension, comme des escaliers pour monter dans le ciel pour les anges. Puis Il a décrit ces marches et leur grande distance dans l’élévation.

Verset 4 : dans lequel montent les anges et Ǧibrīl, vers Son Trône (« ilayh » désigne le Trône en raison de son mérite et de son honneur) ou bien vers l’endroit à partir duquel les ordres de Dieu proviennent

En un Jour qui dure cinquante mille ans : c’est-à-dire que cela va se produire en un jour qui est long, qui dure cinquante mille années, des années que nous comptons, ou bien c’est le Jour du Jugement. Soit c’est pour indiquer un temps très long, qui est terrible pour les mécréants ou bien pour dire qu’il dure effectivement cinquante mille ans. Il a été dit qu’il y a cinquante stations dans le Jour du Jugement : chaque station dure mille années. Et cette durée pour le croyant pieux va sembler comme le temps qui s’écoule entre la prière du ẓuhr et celle du ʿaṣr.

Verset 5 : alors patiente parce que le fait d’attendre la survenue rapide du châtiment c’est de la part des mécréants, une moquerie à l’égard du Messager et un démenti de la révélation et cela affectait le Messager, il a donc reçu l’ordre de patienter face aux moqueries des mécréants

D’une belle patience : c’est-à-dire sans perdre patience, sans plainte ni affliction.

Verset 6 : ils (les mécréants) considèrent le châtiment (ou le Jour du jugement) éloigné : ils pensent que cela ne va pas avoir lieu. Eloigné : signifie qu’il est éloigné de toute possibilité, qu’il est peu probable.

Ces polythéistes pensaient que le châtiment ou le Jour du Jugement comme lointain, c’est-à-dire qu’il n’aura pas lieu et ne se produira pas. Allāh ʿazza wa jall a révélé qu’ils le voient lointain parce qu’ils ne le croyaient pas, et qu’ils niaient la résurrection après la mort, la rétribution et le châtiment.

Verset 7 : alors que nous (les musulmans) considérons qu’il est proche : le Jour du Jugement va avoir lieu sans aucun doute. Proche signifie qu’il va survenir, qu’il est imminent.

Verset 8 : le jour où le ciel sera comme al-muhl : al-muhl ce sont les résidus qui restent au fond d’un récipient dans lequel de l’huile a été cuite ou bien comme l’argent métal qui est fondu, c’est-à-dire que le ciel changera de couleur.

Verset 9 : et les montagnes seront comme de la laine cardée : qui a été teintée de différentes couleurs. Parce que les montagnes comportent différentes couches de couleurs différentes avec du noir. Si la montagne s’effondre et est pulvérisée, elle devient comme de la poudre d’orge mélangée avec du beurre clarifié ou de l’huile d’olive c’est-à-dire un genre de poussière emportée par le vent quand il souffle. C’est-à-dire comme de la laine de différentes couleurs, car les montagnes ont différentes couleurs.

Verset 10 : aucun proche ne va s’informer de son proche : chacun sera préoccupé par son propre état. Cela signifie qu’un proche ne s’enquerra pas de son proche en raison de sa propre préoccupation due à l’horreur et à la gravité de ce jour, comme dans le verset dans sourate ʿabasa qui signifie : « Le jour où l’homme s’enfuira de son frère, de sa mère et de son père, de son épouse et de ses enfants, ce jour-là chacun aura sa propre préoccupation qui lui suffira. »

Verset 11 : on les leur rendra visibles. Le criminel souhaiterait pouvoir se racheter du châtiment de ce jour en sacrifiant ses enfants. Ils les verront et l’homme verra son père, son frère, ses proches et sa tribu, mais il ne leur demandera rien et ne leur adressera pas la parole, car chacun sera préoccupé par sa propre personne. (Yawaddu l-mujrimu), c’est-à-dire le mécréant, souhaite se racheter du châtiment du Jour du Jugement par celui qui lui était le plus cher dans ce bas-monde, mais il ne pourra pas. Allāh les a ensuite mentionnés en disant (bibanīh), c’est-à-dire ses enfants. Chacun sera préoccupé par son propre état : même s’ils peuvent se voir les uns les autres, ils ne se préoccupent que de leur propre état. Le criminel (le mécréant) souhaitera pouvoir se libérer du châtiment. Il sera prêt à sacrifier ses propres enfants. Il sera prêt à payer une rançon et à sacrifier les gens qui lui sont le plus cher.

Verset 12 : et même son épouse et son frère.

Verset 13 : et sa tribu qui le protégeait. C’est-à-dire sa tribu qui le rassemble et où il trouve refuge

Verset 14 : ainsi que tous ceux qui sont sur terre (les gens), si cela pouvait le sauver : il sera prêt à donner tous les gens qu’il y a sur terre pour être sauvé. C’est-à-dire que le mécréant aimerait pouvoir se racheter par eux s’il le pouvait. Allāh a commencé par mentionner les enfants, puis l’épouse, puis le frère, afin d’informer Ses esclaves qu’en raison de l’immense épreuve qui s’abattra sur le mécréant ce jour-là, s’il trouvait un moyen de se racheter par les personnes qui lui étaient les plus chères et les plus proches par le lien de parenté dans ce bas-monde, il le ferait. Ibnu Ḥibbān a rapporté d’après ʿUqbah Ibnou ʿĀmir qui a dit : J’ai vu le Messager de Allāh dire ce qui signifie : « Le soleil s’approchera de la terre, et les gens transpireront. Parmi eux, il y en a dont la sueur atteindra leurs chevilles, et d’autres jusqu’à la moitié des jambes, et d’autres jusqu’aux genoux, et d’autres jusqu’au bassin, et d’autres jusqu’à la hanche, et d’autres jusqu’au cou, et d’autres jusqu’au milieu de leur bouche », et il a indiqué avec sa main, en mettant sa main devant sa bouche, et il a dit : « J’ai vu le Messager de Allāh ﷺ faire ainsi. Et il y en a dont la sueur les recouvrira », et il a fait un geste avec sa main. Ibnou Ḥibbān a également rapporté d’après ʿAbdu l-Lāh Ibnou Masʿūd,  que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Le mécréant sera tellement inondé de sueur le Jour du Jugement qu’il dira : « Délivre-moi, ne serait-ce que par l’enfer. » » Si telle est la situation du mécréant qui appelle pour que Allāh le fasse entrer en enfer en raison de la douleur et du tourment intenses qu’il subit en attendant le jugement, que dire de son état une fois qu’il y sera entré ? Quant au croyant pieux, Allāh le protégera par l’ombre du Trône, là où il n’y aura d’ombre que celle du Trône. Nous demandons à Allāh la préservation dans ce bas-monde et dans l’au-delà.

Verset 15 : kallā : c’est une réprimande pour le criminel : il n’aura pas ce qu’il espère. C’est un avertissement pour lui car cela ne lui profitera pas et ne le sauvera pas du châtiment. Le feu de l’enfer c’est « laẓā » car il comporte des flammes qui entourent le mécréant.

Verset 16 : il arrache les membres : les membres de l’être humain comme ses mains et ses pieds : ou bien il arrache la tête de l’être humain puis celle-ci redevient comme avant.

Verset 17 : l’enfer appelle par leurs noms ô toi mécréant ô toi hypocrite, viens, viens : c’est comme si l’enfer l’avait appelé. Celui qui s’est détourné : de la vérité et celui qui n’a pas fait preuve d’obéissance à Dieu. L’enfer appelle réellement vers lui. Allāh y crée la parole comme Il la crée dans les membres [de la personne]. Il appelle celui qui s’est détourné dans ce bas-monde, de l’obéissance à Allāh, et de la croyance en Allāh et en Son messager. Son appel est qu’il dit : « Viens à moi, ô polythéiste ! Viens à moi, ô mécréant ! » Il appelle les mécréants, puis il les saisit comme un oiseau saisit un grain.

Verset 18 : et qui a amassé l’argent et l’a thésaurisée : il ne s’est pas acquitté du droit de Dieu sur cet argent : il n’a pas payé la zakat ni la charge obligatoire qui lui incombe.

Verset 19 : certes l’être humain a été créé halūʿā : l’homme a été créé de nature avide. Le terme « l’homme » est utilisé ici pour désigner l’espèce, c’est pourquoi il en a été fait une exception avec le verset 22 : « ’illā l-muṣallīn ». En langue arabe, le halaʿ est la plus grande avidité, la pire et la plus horrible affliction. Ce terme va être expliqué dans les versets suivants. C’est la rapidité à se stresser quand il arrive quelque chose de détestable et la rapidité de priver autrui lorsqu’il lui arrive quelque chose de bien. C’est cela sa nature. Et il a l’ordre de contredire sa nature pour être en conformité avec la législation de Dieu.

Verset 20 : quand il lui arrive un mal, il s’afflige fortement. Il n’endure pas. Le mal ici ce sont la nuisance, la pauvreté et la maladie.

Verset 21 : et quand il lui arrive un bien, il fait preuve d’avarice. Et le bien, ce sont l’aisance et la richesse ou la bonne santé. Et il prive les gens de ce bien. C’est-à-dire que s’il a beaucoup de richesses et obtient de l’abondance, il est avare avec ce qu’il a en sa possession, il est avare et ne dépense pas pour obéir à Allāh ni ne s’acquitte du droit de Allāh.

Le Messager de Allāh ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Parmi les pires traits de caractère chez l’homme figurent une avidité excessive et une lâcheté excessive. » Rapporté par Abū Dāwūd et d’autres. Le faqīh Mouḥammad Murtadā az-Zubaydiyy al-Ḥanafiyy raḥimahu l-Lāh Taʿālā a dit : « Le pire des caractères chez l’homme », c’est-à-dire de ses défauts, « est une avidité qui le rend avide », c’est-à-dire une avidité qui l’incite à convoiter l’argent et à s’affliger de sa disparition. « Et une lâcheté qui le prive du cœur », c’est-à-dire une lâcheté extrême, comme si elle lui arrachait son cœur, en raison de sa peur intense des créatures.

Verset 22 : exceptés ceux qui font la prière. Ce sont les gens de la foi en Allāh. C’est une exception, et c’est pour cela qu’Il les a décrits par ce qu’Il les a décrits, à savoir la patience face aux épreuves et les belles qualités. Le sens est : sauf ceux qui obéissent à Allāh en accomplissant la prière qu’Il a rendue obligatoire pour Ses esclaves.

Verset 23 : ceux qui persévèrent dans leurs prières. Ils accomplissent leurs prières dans leurs temps et ne la délaissent pas.

Verset 24 : et ceux qui consacrent dans leurs biens une part bien déterminée : c’est-à-dire qu’ils s’acquittent de la zakāt parce qu’elle est bien connue et quantifiée.

Verset 25 : pour le mendiant et celui qui est privé : le mendiant est le nécessiteux qui demande aux gens en raison de sa pauvreté. (Wa l-maḥrūm), c’est-à-dire celui qui est digne, qui ne demande rien aux gens et n’informe pas les gens de son besoin.

Verset 26 : et ceux qui croient en la véracité du Jour du Jugement C’est-à-dire qu’ils croient et ont une croyance ferme en le Jour du Jugement, c’est-à-dire qu’ils croient en la résurrection, au rassemblement, à la rétribution et au jugement.

Verset 27 : et ceux qui ont peur du châtiment de leur Seigneur C’est-à-dire ceux qui, dans ce bas-monde, ont peur que leur Seigneur les châtie dans l’au-delà. C’est pourquoi, par crainte de cela, ils ne délaissent aucune obligation et ne transgressent aucune de Ses limites.

Verset 28 : certes le châtiment de leur Seigneur n’est pas quelque chose dont on a la garantie d’être préservé. Il ne convient à personne, même s’il fournit le maximum d’efforts et d’obéissance, de se croire protégé de ce châtiment. Il convient d’être entre la crainte (du châtiment) et l’espoir (de la miséricorde de Dieu).

Verset 29 : et ceux qui préservent leur chasteté. Ils la préservent des interdits comme l’adultère et autres. Al-Buẖāriyy a rapporté dans son Ṣaḥīḥ que le Messager de Allāh a dit ce qui signifie : « Celui qui me garantit ce qui est entre ses mâchoires et ce qui est entre ses jambes, je lui garantis le Paradis.

Verset 30 : excepté avec leurs épouses ou leurs femmes esclaves, pour cela ils ne sont pas blâmables.

Verset 31 : ceux qui demandent à avoir un rapport, en -dehors de cela : c’est-à-dire en-dehors des épouses et de celles qu’ils possèdent, ce sont ceux qui dépassent la limite : c’est-à-dire qui dépassent la limite pour commettre l’interdit.  Ce verset interdit le mariage provisoire, il interdit d’avoir des rapports avec des personnes de même sexe, il indique l’interdiction d’avoir des rapports avec des animaux et l’interdiction de la masturbation.

Verset 32 : et ceux qui préservent les dépôts qui leur sont confiés : ce qui est confié dans la Loi et ce qui est confié par les esclaves. Et leurs engagements : il y a les engagements des créatures, il y a les vœux, il y a les promesses. Ils préservent sans trahison et sans rupture de ces promesses. C’est-à-dire, ceux qui préservent les dépôts que Allāh leur a confiés, qu’ils soient des paroles, des actes ou des croyances. Cela inclut toutes les obligations, qu’elles soient des actions à accomplir ou des interdictions à respecter, et il est obligatoire de toutes les accomplir. De même, ils préservent les dépôts que les gens leur ont confiés en veillant sur eux jusqu’à ce qu’ils soient rendus. Ils respectent également les engagements de Allāh, ceux qu’Il a pris envers eux en leur ordonnant de Lui obéir dans ce qu’Il a commandé et interdit, ainsi que les engagements qu’ils ont pris avec d’autres. « rāʿūn » signifie qu’ils sont vigilants, qu’ils ne les négligent pas mais les honorent et les respectent comme Allāh leur a demandé de le faire.

Verset 33 : et ceux qui accomplissent leurs témoignages : ils témoignent auprès des gouverneurs, sans prendre parti envers un proche ou un notable, sans prendre parti pour le fort au détriment du faible et ceci est une manifestation de la solidité de l’attachement à la religion et un désir pour conserver les droits des musulmans. C’est-à-dire qu’ils ne cachent pas ce sur quoi il leur a été demandé de témoigner, mais ils l’assument sans le modifier ni le changer. Ce témoignage fait partie de l’honnêteté, mais Allāh le mentionne spécifiquement en raison de son importance, car c’est par lui que les droits sont maintenus et préservés, alors qu’ils sont perdus et négligés par son abandon

Verset 34 : et ceux qui font assidument leurs prières : Il a répété la mention de la prière, pour indiquer qu’elle est le plus important ou bien parce que l’une des deux est pour les obligations et la deuxième mention vise les prières surérogatoires. Il a été dit que la persévérance ou l’assiduité ici, c’est d’en faire beaucoup et la conservation, c’est de ne pas manquer de l’accomplir à l’heure. Ou bien la persévérance, c’est d’accomplir ses prières dans leur temps et la conservation, c’est d’accomplir leurs piliers, leurs devoirs, leurs recommandations et leurs règles de bienséance.

Verset 35 : ceux-là : c’est-à-dire ceux qui ont tous ces caractères précédemment énumérés, seront dans des jardins où ils seront honorés : Dieu les récompense par des jardins que n’a pas vu un seul œil, que n’a pas entendu une oreille, qui n’a pas effleuré le cœur d’un humain.

Verset 36 : qu’est-ce qu’ils ont ceux qui ont mécru à accourir vers toi :  C’est-à-dire, qu’est-ce qui arrive aux mécréants pour qu’ils soient dirigés vers toi, ô Muḥammad ? « muhṭiʿīna » signifie qu’ils se hâtent pour te démentir. On a dit aussi qu’ils se précipitent pour t’écouter afin de te critiquer et de se moquer de toi. On a aussi dit qu’ils se précipitent vers toi, le cou tendu, le regard fixe, comme un regard d’ennemi.

Verset 37 : à droite du Prophète et à gauche du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam en groupes divers : c’est-à-dire, à la droite et à la gauche du Prophète ﷺ, ils sont en groupes séparés, formant des cercles et des assemblées, se détournant de toi et du Livre de Allāh.

Les associateurs disaient : si ceux-là entrent au paradis comme Muḥammad le dit, alors nous y entrerons avant eux. C’est alors qu’a été révélé le verset 38 :

Verset 38 : est-ce que vraiment chacun d’entre eux, malgré tout ce qui a été énuméré, espère entrer dans le paradis de la félicité : c’est-à-dire comme les croyants qui ont été décrits par les bonnes œuvres qu’ils faisaient.

Verset 39 : kallā : c’est une réprimande pour le mécréant qui a l’espoir d’entrer au paradis. Certes Nous les avons créés de ce qu’ils savent : c’est-à-dire d’un sperme qui a une odeur de blanc d’œuf pourri et cela pour indiquer qu’il provient d’un endroit que la pudeur empêche de citer. Alors comment ces gens-là seraient honorables et prétendent être prioritaires en disant qu’ils entreront au paradis avant les croyants. Ou bien : Nous vous avons créés de sperme tout comme Nous avons créé tous les descendants d’Ādam et Notre jugement est que n’entrera au paradis que celui qui a la foi. Comment espèrent-ils y entrer alors qu’ils n’ont pas la foi ?!

Verset 40 : Je jure par le Seigneur des levers : les levers du soleil et des couchers du soleil Nous avons la toute-puissance. Les levants et les couchants concernent le lever et le coucher de chaque jour

Verset 41 : de les remplacer par d’autres créatures meilleures et plus obéissantes à Dieu qu’eux et Nous ne sommes pas incapables de le faire. C’est-à-dire que Nous sommes capables de les anéantir et de créer à leur place des gens meilleurs et plus obéissants à Allāh.  Nous ne sommes pas incapables ou vaincus de les anéantir et de les remplacer par ceux qui sont meilleurs qu’eux. Rien ne nous échappe et aucune affaire n’est difficile pour nous

Verset 42 : laisse-les donc s’enfoncer dans leurs discussions (futiles) et se divertir, jusqu’à ce qu’ils rencontrent le Jour dont ils sont menacés.

C’est-à-dire, laisse les négateurs et abandonne-les. Cette expression est un ordre qui a le sens d’une menace. Ils s’enfoncent dans leurs futilités. Et ils se divertissent dans leur vie mondaine. Ils subiront le châtiment du Jour de la Résurrection dont ils sont menacés.

Verset 43 : le jour où ils sortiront de leurs tombes, hâtifs, comme s’ils allaient être emmenés vers ceux qu’ils adoraient en association avec Dieu. Le sens de ce verset est qu’ils sortent des tombes en se hâtant vers l’Appel, s’y précipitant comme ils se précipitaient autrefois vers leurs idoles pour les toucher. Les « nusub » sont les idoles que les gens de la Jāhiliyyah adoraient et qu’ils vénéraient en se rendant auprès d’elles.

Verset 44 : leur regard est humilié : ils vont baisser le regard en raison de leur humiliation ; ils seront enveloppés d’humiliation, voici le jour qui leur a été promis : c’est-à-dire dans le bas monde alors qu’ils n’y croyaient pas. Ils disaient : quand est-ce que ce châtiment va donc avoir lieu ?

71 – Sūratu NūḤ

C’est une sourate mecquoise qui comporte vingt-huit versets.

Verset 1 : Nous avons envoyé Nūḥ : An-Nasafiyy a dit : il a été dit que « Nūḥ » signifie en langue araméenne « celui qui est calme ». A son peuple pour l’avertir : pour leur faire peur, avant qu’il ne leur parvienne un châtiment douloureux : c’est le châtiment de l’au-delà ou bien c’est le déluge.

Verset 2 : il a dit ô mon peuple : il s’est attribué le peuple à lui-même, pour manifester sa tendresse et qu’en réalité, il ne leur voulait que le bien.

Je suis pour vous quelqu’un qui vous avertit : pour vous faire peur

Clairement : qui vous indique le message de Dieu dans une langue que vous comprenez

Verset 3 : adorez Dieu : c’est-à-dire adorez Dieu en Lui reconnaissant Son Unicité

Et faites preuve de piété à Son égard : c’est-à-dire évitez et prenez garde de Lui désobéir

Et obéissez-moi : en ce que je vous ordonne de faire et ce que je vous interdis de faire.

Verset 4 : Il vous pardonne vos péchés : ce qui est pardonné, ce sont les péchés parce que l’entrée en Islam efface les péchés qui ont été faits avant, ( « min » indique de quoi il s’agit comme dans le verset 30 de sūratu al-ḥaǧǧ qui signifie : « évitez les choses laides « telles » que les idoles ») ou bien encore pour indiquer une partie ; parce que ce qui va être entre un esclave et d’autres esclaves, il rendra des comptes et il aura à s’excuser auprès des gens qu’il a lésé avant son entrée en Islam. Il a été dit que, parmi les péchés, il y a des injustices qui ne seront pardonnées qu’avec l’accord de ceux qui ont été lésés : l’Islam efface ce qui a précédé comme péchés et pas ce qui viendra après. Il va rendre des comptes sur ce qui a eu lieu entre lui et les autres créatures après son entrée en Islam, comme les vengeances.

Et Il vous laissera vivre jusqu’à un terme bien précis :  qui est le moment de votre mort

Certes le terme fixé par Dieu c’est-à-dire la mort, lorsqu’il viendra, il ne sera pas retardé, si vous le saviez. C’est-à-dire si vous saviez ce qui va vous arriver comme regrets, quand votre terme sera achevé, vous auriez été croyants. Il a été dit qu’ils craignaient pour eux-mêmes d’être anéantis par leurs peuples, s’ils rentraient en Islam ou s’ils répondaient favorablement à Nūḥ ʿalayhi s-salām. C’est comme si Nūḥ leur avait octroyé une garantie de sécurité contre cela et qu’il leur avait promis, que grâce à leur foi, ils allaient vivre jusqu’au terme que Dieu leur avait accordé s’ils n’avaient pas été croyants. C’est-à-dire : si vous entrez en Islam, vous demeurerez vivants jusqu’au terme, sains et saufs, épargnés de votre ennemi. En d’autres termes, votre entrée en Islam ne va pas vous raccourcir votre vie.

Verset 5 : ô Seigneur, j’ai invoqué mon peuple nuit et jour : c’est-à-dire que je l’ai appelé continuellement, sans me fatiguer.

Verset 6 : mais mon appel ne les augmentés qu’en les faisant fuir : c’est-à-dire qu’ils échappent à Ton obéissance et il a attribué l’appel à lui-même car il provenait de sa part, même si, en réalité, l’appel n’est pas une cause de fuite. Il arrivait qu’un homme amène son fils chez Nūḥ ʿalayhi s-salām et il lui disait « méfie-toi de cet homme, qu’il ne te trompe, mon père m’a mis en garde contre lui ».

Verset 7 :

72 – Sūratu AL-ǦINN

C’est une sourate mecquoise qui comporte vingt-huit versets.

L’Imam Al-Buẖāriyy a rapporté dans son Saḥīḥ, chapitre de l’interprétation du Qur’ān (kitāb at-tafsīr), concernant la sourate Al-ǧinn (72) « qul ’ūḥiya ilayya » le récit d’Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée : il relate que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam partit avec un groupe de ses compagnons en direction du marché de ʿUkāḏ. À ce moment, les démons se virent interdire l’écoute des nouvelles du ciel, et des météorites leur furent lancées. Les démons retournèrent auprès de leur peuple et s’interrogèrent : « que vous arrive-t-il ? » Ils répondirent : « nous avons été empêchés d’entendre les nouvelles du ciel et des météorites nous ont été envoyées. » Le chef des démons leur dit : « ce n’est qu’un événement récent qui vous a empêchés d’entendre les nouvelles du ciel. Parcourez la Terre d’est en ouest pour voir ce qui s’est passé. » Ils se mirent donc à parcourir la Terre pour découvrir la raison de cet empêchement. Ceux qui se dirigèrent vers la région de Tihāmah rencontrèrent le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à Naẖlah (une vallée entre la Mecque et aṭ-Ṭā’if) alors qu’il se rendait au marché de ʿUkāḏ et qu’il priait la prière de l’aube avec ses compagnons. Quand ils entendirent la récitation du Qur’ān, ils y prêtèrent une oreille attentive et dirent : « c’est cela qui nous a empêchés d’entendre les nouvelles du ciel. » Ils retournèrent alors auprès de leur peuple et dirent ce qui signifie : “Ô notre peuple, nous avons entendu un Qur’ān merveilleux. Il guide vers la rectitude, et nous y avons cru. Nous n’associerons plus jamais personne à notre Seigneur.” Et Dieu révéla à Son Prophète Muḥammad :

Verset 1 : Dis : « Il m’a été révélé qu’un groupe de ǧinn a prêté l’oreille, puis ils ont dit : “Nous avons certes entendu un Qur’ān merveilleux. »

Dis : c’est-à-dire dis, Ô Muḥammad, dis à ta communauté, il m’a été révélé qu’un groupe a entendu et le mot « nafar » en arabe désigne un groupe allant de trois à dix, un groupe de ǧinn qui habitent Naṣībīn qui est une ville en Turquie, proche de la frontière syrienne, proche de Al-Qamišliyy

Ils ont dit : c’est-à-dire qu’ils ont dit à leur peuple quand ils sont revenus auprès d’eux, après avoir entendu la récitation du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dans la prière de l’aube

Nous avons entendu une récitation surprenante : elle est surprenante, elle est belle et différente des autres livres, tellement la composition est belle et tellement les sens sont corrects.

Verset 2 : qui appelle à la voie correcte ou bien qui appelle au tawḥīd, la croyance en l’unicité de Dieu et à la foi. Il guide vers la rectitude c’est-à-dire qu’il appelle à la vérité, à la justesse, à l’unicité de Allāh et à la foi.

Nous avons cru en cette récitation : c’est-à-dire au Qur’ān

Et nous n’associerons jamais un associé à notre Seigneur.

Verset 3 : Notre Seigneur est éminent, « ǧaddu » ici signifie éminent. On dit « ǧadda fulānun fī ʿaynī » c’est-à-dire « ʿaẓuma » c’est-à-dire qu’il a une grande place, il est éminent.  Et ʿUmar et Anas disaient : « quand quelqu’un récitait sūratu al-baqarah et sūratu ʾĀli ʿImrān, alors « ǧadda en nous », c’est-à-dire « ʿaẓuma fī ʿayaninā » c’est-à-dire « il a grandi à nos yeux », c’est quelqu’un de très important puisqu’il arrive à réciter ces deux sourates. Cette explication est pour expliquer que le mot « ǧadd » ici, ne veut pas dire « grand-père » mais il signifie « être « éminent ».

Il est exempt d’avoir une compagne ou un fils : Dieu n’a pas d’épouse ni de fils, comme le disent les mécréants parmi les ǧinn et les humains.

Verset 4 : et l’ignorant (le polythéiste parmi les ǧinn) parmi nous disait ou bien notre insensé Iblīs disait (puisqu’il n’y a pas plus ignorant et plus impudent que lui) à propos de Dieu, de la mécréance en Lui attribuant des associés et un enfant, parce qu’il était loin de la vérité. Et « šaṭaṭā » signifie le fait de dépasser la limite dans l’injustice c’est-à-dire des mensonges et de la transgression.

Verset 5 : et nous avions pensé que ni les humains ni les ǧinn n’allaient mentir au sujet de Dieu : c’est-à-dire que nous pensions que personne n’oserait mentir au sujet de Dieu en Lui attribuant une compagne et un fils. Et nous les avions cru quand ils avaient attribué cela à Dieu, jusqu’à ce que nous entendions cette parole du Qur’ān qui les a démentis : car en réalité Dieu n’a pas de compagne ni de fils.

Verset 6 : il y avait des hommes parmi les humains (c’est-à-dire à l’époque de l’ignorance) qui recherchaient la protection auprès d’hommes parmi les ǧinn : c’est-à-dire que les humains demandaient aux ǧinn de les protéger mais cela n’a fait qu’accroitre leur perdition mais ils les ont augmentés en injustice et en impudence et en orgueil car ces ǧinn qui étaient les maitres des vallées disaient qu’ils étaient les maîtres des ǧinn et des humains.

Quand les Arabes faisaient halte dans une région où ils craignaient d’être attaqués par des brigands, ils disaient : « je demande la protection du maitre de cette vallée contre les impudents de son peuple » en visant par là le plus grand des ǧinn qui régnait sur cette vallée. Il croyait ainsi que le djinn de la vallée les protégerait.

« Et cela n’a fait qu’accroître leur perdition », c’est-à-dire que les ǧinn ont augmenté les humains en faute et en péché. Cette augmentation est attribuée aux ǧinn parce qu’ils en étaient la cause.

Verset 7 : et ils avaient cru (c’est-à-dire que les ǧinn ont pensé) tout comme vous, vous aviez pensé (les gens de La Mecque) que Dieu n’allait ressusciter personne après la mort. C’est-à-dire que les ǧinn reniaient la résurrection, comme vous, vous aviez reniez la résurrection. Puis, en entendant la récitation du Qur’ān, ils ont été bien guidés et ils ont reconnu la résurrection. Donc, puisque ces ǧinn ont reconnu la résurrection, pourquoi, vous gens de La Mecque, ne reconnaitriez-vous pas aussi la résurrection ?!

Verset 8 : et nous avons essayé d’atteindre le ciel (c’est-à-dire le ciel du bas monde pour écouter ce que les anges du ciel disent entre eux : « lamasna s-samāʾ » qui signifie littéralement « nous avons touché le ciel » est une métaphore pour indiquer le fait de rechercher à parvenir au ciel et d’essayer de connaitre ce que disent les gens du ciel.

Nous avons trouvé que le ciel était plein de gardes durs (c’est-à-dire très forts) et de météorites (c’est-à-dire des astres éclairants comme des projectiles avec lesquels les démons étaient lapidés).

Verset 9 : et nous étions auparavant capables d’arriver jusqu’au ciel pour écouter les nouvelles du ciel : c’est-à-dire que nous trouvions quelques parties du ciel qui étaient libres de gardiens et de météorites, ceci, avant l’envoi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Tandis que celui qui essaie d’entendre maintenant (c’est-à-dire après l’envoi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) il va trouver des météorites qui sont à l’affût (c’est-à-dire qui sont préparées pour le lapider). Et la majorité des savants a dit que cela n’avait pas eu lieu avant l’envoi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Il a été dit que cette lapidation avait lieu avant l’envoi du Prophète Muḥammad mais les ǧinn, malgré cela, arrivaient à tendre l’oreille et à entendre à certaines périodes. Mais après l’envoi de notre Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ils ont été privés d’écouter définitivement.

Verset 10 :  et nous ne savons pas si c’est un châtiment qui est voulu pour ceux qui sont sur terre (puisqu’ils ne pouvaient plus écouter ce que les anges disent) ou alors si leur Seigneur a voulu du bien pour eux, une miséricorde.  Il a été dit que c’était ce que les ǧinn se disaient les uns les autres, avant de se rendre auprès du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont alors été empêchés d’écouter les nouvelles du ciel. Mais ils ne savaient pas la raison pour laquelle c’était ainsi, avant de se rendre auprès du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 11 : il y a parmi nous des vertueux (les ǧinn ont dit qu’avant qu’ils n’entendent la récitation du Qur’ān, il y avait des gens pieux, bienfaisants, qui étaient ceux qui croyaient aux prophètes précédents) et il y a parmi nous, des gens qui sont autres que cela (c’est-à-dire ceux qui ne sont pas vertueux, qui ne sont pas accomplis ou ceux qui étaient mauvais)

Nous avions des voies différentes (ou des religions différentes).

Verset 12 : et nous avions eu la certitude que nous ne pouvons pas avoir le dessus sur Dieu sur terre, où que nous soyons et que nous ne pouvons pas Le fuir en nous échappant vers le ciel. Le sens du verset est que les ǧinn ont dit : « Nous ne pourrons échapper à la puissance de Allāh, que nous soyons sur Terre où que nous soyons, et que nous y restions ou que nous tentions de nous en échapper. » Fuir ou ne pas fuir, c’est la même chose, car rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Allāh en nous. La Terre, malgré son étendue, n’est pas un refuge contre Lui, et il n’y a pas d’échappatoire. Ne voyez-vous pas comment Allāh a noyé le peuple de Nūḥ avec le déluge et sauvé ceux qui avaient cru en Nūḥ ? Gloire à Allāh, à Qui appartient toute chose et Qui est tout puissant sur toute chose.

Verset 13 : et lorsque nous avons entendu la bonne guidée : c’est-à-dire le Qur’ān qui, lui, montre la bonne guidée, nous avons cru en lui : au Qur’ān ou bien nous avons cru en Dieu, et celui qui croit en son Seigneur, il ne craint pas une diminution de sa récompense c’est-à-dire qu’il ne craint pas qu’on lui retire une partie de ses bonnes actions ou qu’il n’en soit pas récompensé. Et il ne sera pas enveloppé d’humiliation : c’est-à-dire qu’il n’aura pas quelque chose qu’il déteste qui va lui arriver c’est-à-dire qu’il ne craint ni l’injustice ni un mal. Selon une autre interprétation c’est qu’il ne craint pas qu’on lui ajoute des péchés.

Verset 14 : il y a parmi nous des croyants : c’est-à-dire après avoir entendu le Qur’ān et il y a parmi nous des mécréants, qui sont loin de la voie de la vérité. Et (qasaṭā) signifie faire preuve d’injustice et (aqsaṭā) signifie être équitable. Les musulmans équitables sont appelés les muqsiṭūn tandis que les qāsitūn sont les mécréants. Ceux qui sont devenus musulmans ce sont ceux qui ont pris la voie de la bonne guidée. Ils vont rechercher en priorité ce qui est le mieux.

Verset 15 : quant aux mécréants, c’est-à-dire ceux qui s’éloignent du chemin de la vérité et de la foi, qui sont les mécréants parmi les ǧinn,

Ils seront un combustible pour l’enfer. Il y a une preuve que les ǧinn mécréants seront châtiés en enfer, tout comme les mécréants parmi les humains. Si l’on demande comment ils peuvent être châtiés par le feu alors qu’ils sont créés à partir du feu, la réponse est que les ǧinn, ont changé de leur état originel, de la même manière que les humains ont été créés de terre et ont changé de leur état originel.

Verset 16 : et s’ils avaient suivi la voie de droiture, c’est-à-dire qu’il m’a été révélé que, s’ils avaient suivi la voie de droiture, Nous leur aurions accordé à boire de l’eau en abondance : c’est-à-dire que Nous leur aurions accordé une large subsistance. La mention spécifique de l’eau abondante est due au fait qu’elle est à la base de la subsistance et de l’aisance. Selon une autre explication, ce verset a été révélé à propos des mécréants de Qurayš lorsque la pluie fut retenue pendant sept ans.

Verset 17 : afin de les éprouver par cela : comment est-ce qu’ils vont remercier ce qu’ils ont reçu comme grâces de la part de Dieu. Et celui qui se détourne de l’évocation de son Seigneur :  c’est-à-dire qui se détourne du Qur’ān, ou bien qui se détourne de la croyance en l’unicité de Dieu ou qui se détourne de l’adoration de Dieu Il le fera entrer à un châtiment difficile.

Verset 18 : et que les mosquées ont été érigées pour adorer Dieu : c’est-à-dire que les constructions pour y accomplir la prière sont dédiées et consacrées à Dieu alors n’adore pas autre que Dieu dans ces mosquées parce qu’elles sont exclusivement pour Dieu et pour Son adoration. Mais vouez-Lui un culte sincère et unique. Il a été dit que les masāǧid, ce sont les membres de la prosternation et il s’agit du front, des deux mains, des deux genoux et des deux pieds, c’est-à-dire : n’utilisez pas ces organes-là pour autre que Dieu.

Verset 19 : et lorsque l’esclave de Dieu s’est levé (et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) pour faire la prière, il m’a été révélé que, lorsque l’esclave de Dieu (c’est-à-dire le Prophète Muḥammad : il est venu dans un contexte qui indique la modestie et l’humilité et le prénom qu’il préférait était ʿAbdu l-Lāh) s’est levé pour invoquer Dieu, adorer Dieu et réciter le Qur’ān, ils ont failli (c’est-à-dire les ǧinn) s’attrouper autour de lui en foules compactes: le terme (libadā) est le pluriel de libdaʾ qui est ce qui s’accumule les uns sur les autres et ce qu’il en est visé est le grand nombre , comme le grand nombre de sauterelles qui se sont mises les unes sur les autres. Tellement ils étaient étonnés de ce qu’ils avaient vu de l’adoration du Prophète et comment ses compagnons le suivaient dans cette adoration et par surprise de ce qu’il avait récité comme Qur’ān, parce qu’ils avaient vu ce qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.

Verset 20 : dis :  je ne fais qu’adorer mon Seigneur et je ne Lui attribue aucun associé dans cette adoration : pourquoi donc seriez-vous étonnés, pourquoi vous attroupez-vous autour de moi ?

Dis Ô Muḥammad » à ceux qui se pressent autour de toi, qu’il s’agisse des ǧinn ou des humains polythéistes : “je n’adore que mon Seigneur et je ne Lui associe personne.” Le Prophète doit leur faire comprendre que le message qu’il apporte n’a rien de répréhensible. Il n’adore que son Seigneur seul, et cette adoration ne justifie pas leur hostilité.

Verset 21 : dis : je ne possède pour vous ni nuisance ni profit : c’est-à-dire que je ne peux pas vous nuire et je ne peux pas vous profiter parce que Celui Qui crée la nuisance et le profit, c’est Dieu.

Verset 22 : dis :  personne ne peut repousser de moi le châtiment de Dieu si je lui désobéis. Et je ne trouverai jamais de protecteur hormis Lui :

Verset 23 : je ne peux que transmettre de la part de Dieu : je vous dis :  Dieu a dit cela et je transmets le message avec lequel Il m’a envoyé, sans ajouter ni diminuer. Et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, en refusant d’accepter ce qui a été révélé à Son Messager, il aura le feu de l’enfer dans lequel il restera éternellement. Ce verset explique que la seule chose que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam peut faire pour les gens est de leur transmettre le message de Allāh et Ses commandements

Verset 24 : (ḥattā) signifie ils vont demeurer ainsi jusqu’à ce qu’ils voient ce dont ils avaient été menacés (c’est-à-dire le châtiment) ils sauront alors, lorsque le châtiment leur sera appliqué, qui a moins de soutien et qui est en plus faible nombre : est-ce que ce sont eux ou bien les croyants. C’est-à-dire que le mécréant n’aura aucun soutien le Jour du Jugement. Tandis que le croyant aura le soutien de Dieu, des anges et des prophètes. Donc les non-croyants verront le châtiment qui leur a été promis, que ce soit un châtiment sur Terre ou celui de l’au-delà. À ce moment-là, toute incertitude disparaîtra, et ils réaliseront clairement qui est le plus faible en termes de soutien et de nombre. Ils comprendront que leurs divinités et leurs alliés ne leur sont d’aucune aide, et que les croyants, même s’ils étaient moins nombreux sur Terre, avaient le plus grand soutien, celui de Allāh.

Verset 25 : dis : je ne sais pas si ce dont vous êtes menacés est imminent c’est-à-dire le châtiment ou si mon Seigneur lui a fixé une échéance lointaine. C’est-à-dire que sans aucun doute, vous serez châtiés et je ne sais pas quand cela aura lieu. Que ce soit pour un châtiment immédiat ou pour une échéance lointaine, seul Allāh sait l’advenue du châtiment et de l’Heure de la fin du monde. Je ne sais que ce que Allāh m’a révélé.

Verset 26 : Il est Celui Qui sait les choses cachées et Il n’accorde cette connaissance à aucune créature. Ainsi seul Allāh sait toute chose et nul autre que Lui ne sait toute chose

Verset 27 : cependant celui qu’Il agrée comme Messager, Il lui accorde devant lui et derrière lui des anges gardiens.

Dieu a fait savoir au Messager qu’Il agrée certaines choses cachées afin que cela soit un miracle pour lui : Dieu lui fait connaitre ce qu’Il veut de certaines choses cachées. Dieu n’accorde à aucune créature de connaitre toutes les choses cachées.

Il y a des anges devant lui qui protègent le Prophète contre les démons et des anges derrière lui qui le protègent des démons, de leurs suggestions afin qu’il puisse transmettre correctement la révélation.

Verset 28 : afin qu’il [Muḥammad] sache qu’ils [les prophètes avant lui] ont bien transmis les messages de leur Seigneur.

C’est pour que le Prophète Muḥammad sache que les autres messagers avant lui ont accompli leur mission en transmettant fidèlement les messages de Allāh. Certains exégètes disent que cela signifie que Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam saura que Ǧibrīl et les anges ont bien transmis les messages de leur Seigneur.

La fin du verset réaffirme l’omniscience absolue de Dieu. Il sait tout ce que les Messagers ont reçu et transmis. Il a tout dénombré, y compris les plus petites choses comme les gouttes de pluie, les grains de sable, et les feuilles des arbres. Il sait absolument toute chose par une science unique qui ne change pas.

Ou bien : afin que Dieu sache que les messagers ont bien transmis les messages de leur Seigneur, totalement, sans ajout ni diminution, à ceux à qui ils ont été envoyés ; afin que Dieu sache que cela existe, tout comme Il sait que cela va exister avant que cela n’existe. Ou afin de manifester la transmission des messagers à leur peuple, de ce qu’ils ont reçu l’ordre de transmettre, préservé de toute altération et la connaissance ici est dans le sens de la manifestation.

Et Il sait toute chose les concernant : et Dieu englobe ce qu’ils ont c’est-à-dire ce que ces messagers ont comme connaissance

Et Il a dénombré toute chose : que ce soient les gouttes de pluie, les grains de sable, les feuilles des arbres, les écumes des mers. Il sait déjà tout cela, alors comment ne sait-Il pas ce que les messagers ont de Sa révélation et de Sa parole. Dieu sait toute chose, rien n’échappe à Sa science.

73 -Sūratu AL-MUZ-ZAM-MIL

C’est une sourate mecquoise qui comporte dix-neuf ou vingt versets.

Verset 1 : al-muz-zam-mil c’est-à-dire al-mutaz-zam-mil c’est celui qui s’est zam-mala dans ses vêtements : ô toi qui es enveloppé dans tes vêtements : le Prophète dormait en étant enveloppé dans ses vêtements. Et il a reçu l’ordre de se lever pour faire la prière.

Verset 2 :  lève-toi (pour la prière) pendant la nuit : reste éveillé sauf une petite partie. Le prophète Mouḥammad ﷺ reçoit l’ordre de prier une grande partie de la nuit sauf une partie pour le repos du corps. La prière de nuit était initialement une obligation pour lui et sa communauté, avant d’être allégée et de devenir surérogatoire. La nuit dure du coucher du soleil jusqu’à l’aube.

Verset 3 : la moitié de la nuit, ou un peu moins que cela. Ce verset précise la durée de la prière de nuit. Le prophète Mouḥammad ﷺ a le choix de prier la moitié de la nuit ou un peu moins, soit jusqu’au tiers de celle-ci.

Verset 4 : ou augmente un peu sur cela : c’est-à-dire lève-toi plus que la moitié, jusqu’aux deux tiers.

Ce qui est visé ici c’est le choix entre deux possibilités : entre rester éveillé pour faire des prières pendant la nuit, moins que la moitié de la nuit, de manière catégorique ou bien de choisir entre diminuer par rapport à la moitié ou d’augmenter par rapport à la moitié. 

Et si l’analyse grammaticale est différente, cela devient un choix entre trois choses : entre veiller la moitié de la nuit exactement, ou veiller un peu moins que la moitié ou veiller un peu plus que la moitié. Pourquoi est-ce que la moitié a été désignée comme peu, par rapport à un tout ? Parce que le terme « un peu » peut désigner tout ce qui est moins que la moitié.

Et récite le Qur’ān lentement et clairement : psalmodie le Qur’ān : c’est-à-dire arrête-toi à chaque fin de verset, sépare les versets les uns des autres. Ou bien autre explication : récite le Qur’ān lentement, en indiquant bien les lettres, en respectant les arrêts et en récitant complètement les différentes voyelles.

« tartīlā » : c’est pour indiquer l’obligation de cet ordre et que c’est indispensable pour le récitateur de le faire.

Verset 5 : Nous allons faire descendre sur toi par révélation des paroles lourdes : il s’agit du Qur’ān, en raison de ce qu’il comporte comme ordres et interdictions, qui sont des charges légales qui sont lourdes pour des personnes responsables, ou bien qui sont difficiles pour les hypocrites. Ou bien ce sont des paroles qui sont lourdes de sens, qui ne sont pas des paroles futiles ni légères ni médiocres. Et il a été dit que le Qur’ān sera lourd dans la balance le Jour Dernier

Verset 6 :  certes, la partie de la nuit est plus exigeante et plus propice à la concentration.

L’expression «  « nāšiʾata l-layl » «  fait référence aux heures de la nuit, qui naissent l’une après l’autre. Les savants ont divergé sur sa signification exacte. Certains disent que c’est le temps entre le maġrib et le ʿišāʾ, d’autres disent que c’est toute la nuit, et d’autres encore disent que c’est la prière après s’être endormi. La prière de nuit est plus exigeante pour l’individu et plus difficile que la prière de jour, car la nuit est faite pour le sommeil et le repos. Cependant, elle permet une plus grande concentration et une meilleure crainte de Dieu, du fait du silence et de la quiétude de la nuit. C’est pourquoi la récitation faite la nuit est plus apte à la concentration.

Verset 7 : certes pendant la journée, tu as des occupations prolongées : tu vaques à tes occupations, alors décharge-toi la nuit pour l’adoration de ton Seigneur. Ce verset explique pourquoi la prière est plus propice la nuit : le jour est rempli d’activités, de préoccupations, de nécessités et de repos, ce qui rend la concentration plus difficile. La nuit, en revanche, offre un temps libre pour la prière et la méditation.

Verset 8 : persévère sur l’évocation de ton Seigneur de nuit comme de jour et l’évocation de Dieu englobe la glorification, la parole « il n’est de dieu que Dieu », la parole « « Allāhu ʾakbar », la prière, la récitation du Qur’ān, l’étude de la science de la religion

Consacre-toi totalement à Son adoration en te libérant de tout autre chose : consacre-toi à Son adoration. (At-tabat-tul » est le fait de se consacrer à Dieu, en espérant le bien de Sa part et de nul autre que Lui. « tabtīlā » est pour insister sur le tabat-tul).

Verset 9 : Le Seigneur du levant et du couchant : c’est-à-dire Il est le Seigneur du levant et du couchant, Il n’est de dieu que Lui, alors fie-toi à Lui pour la victoire qu’Il t’a promise. Ou bien : dès lors que tu as su qu’Il est le Seigneur du levant et du couchant et qu’il n’y a pas d’autre dieu que Lui, alors n’attends pas pour te consacrer et te fier totalement à Lui pour toutes tes affaires.

Verset 10 : patiente face à ce qu’ils disent : à Mon sujet comme en M’attribuant une compagne et un fils et à ton sujet en prétendant que tu es un sorcier ou un poète.

Et évite-les par ton cœur et contredis-les tout en agissant avec l’excellence de comportement. C’est-à-dire : n’agis pas avec eux en rendant le mal par le mal. Ce commandement a été donné avant l’autorisation de combattre et de riposter par la force.

Verset 11 : laisse-les-Moi : Je te préserverai de leur mal, ceux qui démentent : ce sont les chefs de Qurayš, ceux qui bénéficient des grâces sur terre et donne-leur du répit : accorde-leur un certain délai, un laps de temps : c’est-à-dire jusqu’à la bataille de Badr ou bien jusqu’au Jour du Jugement.

Verset 12 : Nous avons c’est-à-dire pour les mécréants dans l’au-delà, des chaines lourdes avec lesquelles ils seront attachés et un feu brûlant.

Verset 13 : et une nourriture qui stagne dans l’œsophage : la nourriture destinée aux gens de l’Enfer restera coincée dans leur gorge, ni descendue ni remontée, comme le Zaqqūm, le ġislīn et ḍarīʿ. Cela démontre que le châtiment des mécréants est une réalité physique et non seulement spirituelle, comme le prétendent certains mécréants.  Une nourriture qui ne peut être avalée : il s’agit du ḍarīʿ et du zaqqūm : le ḍarīʿ est une plante épineuse qui s’appelle šibriq ; quand elle sèche elle devient du ḍarīʿ qui est un poison mortel ; les animaux n’en consomment pas à cause de cette mauvaise odeur. Et le zaqqūm est un arbre parmi les plus laids des arbres ; il est amer et Dieu l’a fait pousser au fond de l’enfer et ses branches s’élèvent jusqu’aux différents degrés de l’enfer ; et c’est une des nourritures des gens de l‘enfer.

Et un châtiment douloureux : dont la douleur transperce le cœur. Cela démontre que le châtiment des mécréants est une réalité physique et non seulement spirituelle, comme le prétendent certains mécréants.

Verset 14 : le jour où la terre et les montagnes trembleront : elles vont subir de fortes secousses et les montagnes seront comme un amas de sable qui va couler après s’être rassemblé. Ce verset décrit les horreurs du Jour du Jugement. La terre et les montagnes se mettront à trembler, les montagnes deviendront alors comme du sable, qui s’écoulera facilement lorsqu’on essaiera de le ramasser.

Verset 15 : Nous vous avons envoyé : c’est-à-dire vous, les gens de La Mecque, un messager : il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui témoigne de ce que vous aurez fait : au Jour du Jugement, il témoignera de votre mécréance et de votre démenti tout comme Nous avons envoyé à pharaon un messager : il s’agit de Mūsā ʿalayhi s-salām. Le but de ce verset est de mettre en garde les mécréants de La Mecque contre le châtiment en leur rappelant le ce qui est advenu de Pharaon comme châtiment pour sa désobéissance.

Verset 16 : pharaon a désobéi au messager alors Nous lui avons réservé de grandes difficultés dures et violentes. C’est-à-dire que Nous l’avons puni d’une forte punition. Dieu a cité Mūsā et pharaon parce que leur nouvelle était diffusée parmi les gens de La Mecque et parce qu’ils étaient les voisins des yahūd Pharaon a nié le message du prophète Moïse. En conséquence, Dieu l’a détruit, lui et son peuple, d’une manière effroyable. C’est un avertissement pour les mécréants de La Mecque qui continuent de nier la vérité.

Verset 17 : comment allez-vous vous protéger du châtiment de ce jour si vous êtes mécréants ? Ce jour va rendre les jeunes avec des cheveux blancs, tellement c’est un jour terrible et difficile. Et ce, lorsqu’il sera dit à Ādam ʿalayhi s-salām : » lève-toi et envoie le groupe qui va aller en enfer parmi tes descendants ». Il a été dit que c’est une représentation pour indiquer la gravité de ce jour-là. Le jour qui est terrible est surnommé le jour qui rend blanc les cheveux des enfants. Ce verset est un rappel des conséquences du refus de croire en Allāh et en Ses Messagers. Il n’y a pas de protection pour ceux qui mécroient face au Jour du Jugement, qui est si terrifiant que même les enfants y deviendront comme des vieillards à cause de sa grande horreur.

Verset 18 : le ciel (malgré sa grande taille et sa parfaite édification) va se fissurer : si tel est le cas pour le ciel, que penses-tu qu’il va arriver aux autres créatures ! Le ciel est comparé à un toit qui va se fissurer. La promesse de Dieu sera exécutée.

Verset 19 : ces versets (qui comportent la menace) sont un rappel (c’est-à-dire une exhortation). Celui qui le veut, alors qu’il soit exhorté par ces paroles et qu’il prenne un chemin pour l’obéissance et l’agrément de Dieu. Et ceci en faisant preuve de piété et de crainte.

Verset 20 : certes ton Seigneur sait que tu te lèves moins que les deux tiers de la nuit, et parfois la moitié de la nuit et parfois le tiers de la nuit

Ainsi qu’un groupe de ceux qui sont avec toi : c’est-à-dire un groupe de tes compagnons également qui se lèvent pour accomplir des actes d’adoration surérogatoires

Et nul autre que Dieu ne sait la quantité de nuits et de jours : ce qui a lieu dans leurs heures. Ils ont tellement fait de prières surérogatoires que leurs pieds ont gonflé.  Alors il a été révélé

Dieu sait par Sa science qui est de toute éternité que vous ne pourrez pas supporter de veiller la nuit selon ces durées, sauf avec grande difficulté, c’est-à-dire qu’il vous est difficile de compter les heures exactement et de déterminer le tiers ou la moitié de la nuit et vous ne pouvez pas veiller la nuit continuellement, alors cette responsabilité n’est pas en votre capacité. Dieu vous a rendu la chose facile après qu’elle a été difficile : Dieu vous a allégé, Il vous a déchargé de vous lever la nuit pour faire des prières ;

Alors récitez ce que vous pouvez réciter comme Qur’ān : Abū Ḥanīfah rapporte d’Abū Hurayrah qu’il a dit : « celui qui récite cent versets une même nuit, il ne sera pas inscrit au nombre des insouciants et celui qui récite deux cent versets, il sera inscrit au nombre de ceux qui sont obéissants ». Il a été dit qu’il a visé par le Qur’ān, la prière parce que le Qur’ān constitue une partie des piliers de la prière.

Ce verset a abrogé l’obligation de la prière de nuit, car la plupart des croyants ne pouvaient pas la faire. Allāh sait par Sa science éternelle qui n’a pas de début que les gens ne pourraient pas continuer à la faire, Il a donc allégé la règle par Sa miséricorde. La prière de nuit est devenue une sunnah, c’est-à-dire un acte surérogatoire. Autrement dit, faites la prière que vous pouvez ; puis cette prière a été abrogée par les cinq prières qui ont été révélées par la suite. Puis il a expliqué la sagesse de l’abrogation : c’est que ce n’était pas possible pour les malades et les voyageurs

Dieu sait de toute éternité qu’il y aura parmi vous des gens qui seront malades, (qu’il leur sera difficile de se lever la nuit pour faire des prières) et d’autres qui parcourent la terre (qui voyagent) et qui recherchent la grâce de Dieu (c’est-à-dire leur subsistance par le commerce ou l’apprentissage de la science de la religion) et d’autres qui font des conquêtes dans la voie que Dieu agrée, Ces activités sont difficiles à concilier avec la prière de nuit, il leur est donc difficile de se lever la nuit pendant le voyage, récitez alors ce qu’il vous est possible de réciter : il y a une répétition pour ordonner la facilitation , tellement ils étaient précautionneux Le verset réitère l’ordre de réciter ce qu’on peut du Qur’ān pendant la prière de nuit et ordonne aux croyants de faire les cinq prières obligatoires et de donner la zakāt.

Et accomplissez la prière : c’est-à-dire celles qui sont obligatoires et qui vous incombent en leurs temps, en respectant leurs piliers et leurs conditions ; elles sont au nombre de cinq prières par jour et nuit.

Et acquittez-vous de la zakāt : c’est-à-dire celle qui est obligatoire : donnez la Zakāt obligatoire sur vos biens à ceux qui ont droit et qui la méritent.

Et faites le bien dans la voie agréée par Allāh », c’est-à-dire : dépensez de vos biens dans la voie agrée par Allāh avec une intention sincère, en recherchant la récompense de la part de Allāh. La récompense de ces actions est promise par Allāh, ce qui encourage les croyants à faire plus de bien. Le terme en arabe indique un prêt mais ce n’est pas le sens ici : ce qui est dépensé dans la voie de Dieu est appelé qarḍ comme un prêt, ceci pour attirer leur attention que Dieu va les rétribuer pour cela. Le qarḍ est ce qui est accepté dans la main en contrepartie d’autre chose par la suite. En l’occurrence ce sont les bonnes œuvres qui seront récompensées dans l’au-delà.

Et tout bien que vous avanciez pour vos propres âmes », c’est-à-dire : tout ce que vous avancez pour vous-mêmes, ô croyants, dans la demeure du bas-monde comme aumône ou dépense que vous dépensez dans les voies agrées par Allāh, ou toute autre dépense dans les voies du bien, ou toute œuvre d’obéissance à Allāh comme la prière, le jeûne, le pèlerinage, la récitation, la recherche de la science, l’enseignement de la croyance des gens de la Sunnah (Ahlu s-Sunnah) ou toute autre œuvre de bien.

Vous le trouverez selon le jugement de Dieu meilleur et d’une plus grande récompense c’est-à-dire plus grande. Cela est meilleur », c’est-à-dire : meilleur que ce que vous avez laissé derrière vous, car ce que l’homme laisse devient la propriété des héritiers.

Et demandez pardon à Dieu de vos mauvaises actions et de vos défaillances dans les bonnes actions

Certes Dieu est Celui Qui pardonne, Qui ne dévoile pas les gens qui commettent les péchés et qui font preuve de défaillance

Dieu est Raḥīm : c’est-à-dire Miséricordieux, Il soulage les gens qui sont éprouvés et ceux qui ont fourni leurs efforts en persévérant malgré les grandes difficultés.

74 – Sūratu AL-MUD-DAṮ-ṮIR

C’est une sourate mecquoise qui comporte cinquante-six versets.

Ǧābir a rapporté que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit : « j’étais sur la montagne de Ḥiraʾ et j’ai reçu l’appel : « Ô Muḥammad, tu es l’envoyé de Dieu et je suis Ǧibrīl ». Le Prophète a dit ce qui signifie : « alors j’ai observé sur ma droite et sur ma gauche et je n’ai rien vu. J’ai levé la tête et je l’ai vu assis ». C’est-à-dire Ǧibrīl ʿalayhi s-salām car dans une version rapportée par   Al-Buẖāriyy, l’ange était assis sur une chaise, entre ciel et terre et également dans une version rapportée par Al-Bayhaqiyy. Le Prophète a continué en disant : « j’ai pris peur et je suis retourné auprès de H̱adīǧah ». Je lui ai dit : « daṯ-ṯirūnī, daṯ-ṯirūnī » (ce qui signifie : enveloppez-moi dans une couverture, enveloppez-moi). C’est alors que H̱adīǧah l’a enveloppé et Ǧibrīl est venu et lui a récité :

Verset 1 : ô toi qui t’enveloppes dans tes vêtements. Ceci désigne tous les vêtements qui se portent au-dessus des sous-vêtements qui eux, s’appellent aš-šiʿār ; les vêtements qui se portent au-dessus s’appellent ad-diṯār.

Verset 2 : lève-toi : lève-toi du lieu où tu te trouves, ou bien lève-toi avec une ferme décision.

Et avertis : avertis ton peuple qu’ils auront un châtiment de la part de Dieu s’ils ne sont pas croyants. Ou bien : lance un avertissement sans préciser quelqu’un par cet avertissement.

Verset 3 : et ton Seigneur, glorifie-Le : pour tout ce qui te surprend comme évènement, comme épreuve, dis « Allāhu ʾakbar ». Il a été rapporté que, lorsque ce verset a été révélé au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a dit : « Allāhu ʾakbar ». C’est alors que H̱adīǧah a dit « Allāhu ʾakbar » après lui. Et elle était heureuse et certaine qu’il s’agissait bien de révélation, parce que le šayṭān n’ordonne pas de dire « Allāhu ʾakbar ».

C’est-à-dire : proclame Son éminence. La glorification de Dieu a lieu en affirmant Son unicité et en L’exemptant de toute ressemblance avec les créatures. Cette ’āyah enseigne que la première obligation pour l’esclave est la connaissance de Dieu, c’est-à-dire de connaître les attributs de perfection qui Lui sont obligatoires et ce qui est impossible à Son Sujet comme imperfections. En effet, celui qui assimile Allāh à Ses créatures ne Le glorifie pas.

Verset 4 : et tes vêtements, purifie-les : purifie-les avec de l’eau s’il y a une impureté dessus, parce que la prière n’est pas valide avec des vêtements impurs. Et il est prioritaire de rester en état de purification en dehors de la prière. Donc à plus forte raison, il est obligatoire, pendant la prière, d’avoir des vêtements purs de toute impureté. Ou bien : raccourcis tes vêtements pour te distinguer des autres Arabes qui, eux, avaient l’habitude d’avoir de longues traines. Et ce genre de vêtement ne garantit pas d’être préservé des impuretés.

Verset 5 : et le châtiment, éloigne t’en. Reste ferme pour en être éloigné. En effet le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām était innocent de tout ce qui entraine le châtiment. Ar-ruǧz est le châtiment et ce qui est visé ici est ce qui entraine le châtiment. Et les ruses du šayṭān sont appelées ainsi car elles sont une cause pour le châtiment.

Il a été dit :  » Ar-ruǧz  » désigne ici les idoles. « fahjur » signifie : maintiens-toi sur l’abandon des idoles.

Verset 6 : ne donne pas, à l’image de celui qui est insincère ou bien en considérant que ce que tu as donné est beaucoup. Ou bien : ne donne pas en recherchant plus que ce que tu as donné. Parce que tu as l’ordre d’avoir les meilleurs caractères et les plus nobles signes de bienséance.

Verset 7 : et par recherche de l’agrément de Dieu, utilise la patience : ceci, pour exécuter Ses ordres et t’abstenir de commettre ce qu’Il a interdit. Et patiente sur tout ce qui nécessite de la patience pour le réaliser et la patience pour l’éviter,

Verset 8 : et lorsqu’il sera soufflé dans le cor : il s’agit du premier souffle. Et il a été dit : lorsque ce sera le deuxième souffle.

Verset 9 : ce jour-là sera un jour difficile : c’est comme si Dieu avait dit au Prophète : patiente face à leurs nuisances parce qu’il y aura face à eux un jour qui est difficile, dans lequel ils vont recevoir la rétribution pour leurs nuisances. Et toi, tu recevras la rétribution pour ta patience.

Verset 10 : qui ne sera pas facile pour les mécréants : à l’inverse de ce bas-monde dans lequel on a l’espoir que les sujets difficiles soient facilités.

Verset 11 : Je te suffis concernant le sort de celui que J’ai créé seul : c’est-à-dire Al-Walīd fils de Al- Mughīrah qui était surnommé Al-Waḥīd, parce qu’il disait qu’il n’y avait pas d’équivalent dans sa richesse) : c’est-à-dire que Dieu dit à Son Prophète qu’Il le protègera de lui. Ou bien : celui que J’ai créé seul, sans famille, sans argent puis Je lui ai accordé des grâces.

L’expression  » ḏarnī wa man ẖalaqtu waḥīdā » est une parole de menace et signifie : Ô Muḥammad, Je te suffis concernant le sort de celui que J’ai créé seul, qui n’avait ni biens ni enfants, et à qui J’ai ensuite tout accordé. Il s’agit de Al-Walīd Ibn Al-Mughīrah, qui était surnommé « al-Waḥīd » (l’Unique) parmi son peuple. Il est mentionné spécifiquement à cause de son ingratitude envers les bienfaits de Allāh et de ses nuisances envers le Prophète Muḥammad ﷺ. Ibn Al-Ǧawziyy a dit : « ce verset a été révélé à propos de Al-Walīd Ibn Al- Muġīrah et signifie : confie pour moi son sort, car Je m’occuperai de son châtiment. »

Al-Ḥākim a rapporté (Al-Mustadrak [2/506-507]) et l’a jugé authentique, selon Ibn ʿAbbās, que Al-Walīd Ibn Al-Muġīrah vint trouver le prophète Muḥammad ﷺ, qui lui récita le Qur’ān. Al-Walīd en fut ému. Cela parvint à Abū Ǧahl, qui le rejoignit et lui dit : « Ô mon oncle, ton peuple veut te donner de l’argent car tu es allé voir Muḥammad pour le suivre et t’opposer à nous. » Al-Walīd répondit : « Les Qurayš savent bien que je suis l’un des plus riches d’entre eux. » Abū Jahl lui dit alors : « Dis quelque chose à son sujet pour que ton peuple sache que tu le désavoues et que tu ne l’aimes pas. » Al-Walīd demanda : « Que puis-je dire ? Par Allāh, personne parmi vous ne connaît la poésie, le rajaz ou la qaṣīdah (sortes de poésies arabes) mieux que moi, ni la poésie des ǧinn. Par Allāh, ce qu’il dit ne ressemble à rien de tout cela. Par Allāh, sa parole a une douceur, elle a un éclat. Le haut est éclairé, le bas est brillant. Elle s’élève et rien ne s’élève au-dessus d’elle, et elle brise tout ce qui est en dessous. » Abū Ǧahl dit : « Ton peuple ne sera pas satisfait de toi tant que tu n’auras pas dit quelque chose (blâmable) à son sujet. » Al-Walīd répondit : « Laisse-moi réfléchir. » Après avoir réfléchi, il dit : « C’est une magie transmise (siḥrun yu’thar). » C’est alors que fut révélé le verset 11 de cette sourate. Le ḥāfiẓ Al-Suyūṭiyy a dit : « sa chaîne de transmission est authentique selon la condition de Al-Buẖāriyy. Ibnou Jarīr a également rapporté des récits similaires par d’autres voies.

Verset 12 : et Je lui ai accordé des biens abondants. Il s’agit de biens nombreux, vastes et continus, provenant des récoltes, du bétail laitier et du commerce. Allāh lui a donné des biens étendus, il possédait entre La Mecque et Aṭ-Ṭā’if des vergers, des servants, des servantes, des chameaux et des chevaux et des juments.

Verset 13 : Et des fils présents à ses côtés. Il avait dix fils ou plus, dont trois se convertirent à l’Islam : H̱ālid (ibnu l-Walīd), Hišām et ʿUmar. Et « šuhūd  » signifie : présents avec lui à La Mecque, jouissant de leur compagnie. Ils n’avaient pas besoin de voyager pour chercher leur subsistance et il n’avait pas besoin de les envoyer pour ses affaires, en raison du grand nombre de ses serviteurs.

Verset 14 : Je lui ai accordé le pouvoir et Je lui ai parachevé Ma grâce : c’est-à-dire : Je lui ai accordé une vie facile et prospère. Ibn ʿAbbās a dit : « le lui ai étendu les biens entre le Yémen et le Šām.

Verset 15 : et malgré cela, il espère avoir plus : c’est un reproche pour sa cupidité et son avarice. C’est-à-dire que Al- Walīd espère que Dieu lui augmente ses biens et ses enfants, sans qu’il ne Le remercie.

Verset 16 : ah que non ! Car il a été entêté envers Nos versets. Cela ne se produira pas, car il a renié les bienfaits. Al-Walīd s’est obstiné à s’opposer au Prophète ﷺ et à ce qu’il a apporté. Il était face à Nos signes (les versets du Qur’ān) entêté : il reniait. C’est-à-dire : ah que non, il ne lui sera plus donné à partir d’aujourd’hui plus de biens du bas monde : c’est une réprimande à son encontre et après la descente de ce verset, cet homme a vu ses biens et son pouvoir diminuer, jusqu’à mourir.

Verset 17 : Je lui ferai subir Ṣaʿūd : Ṣaʿūd est une montagne en enfer que le mécréant sera chargé de gravir ; c’est une montagne de feu. A chaque fois que le mécréant voudra la gravir, il posera sa main ou son pied ou ses genoux sur cet endroit, ils fondent et lorsqu’il les soulève, ils redeviennent comme ils étaient. Il reste soixante-dix automnes ainsi à la gravir puis il tombe dedans pendant la même période. Puis il redevient comme avant.

Verset 18 : il (Al- Walīd) a réfléchi (à ce qu’il pourrait dire à propos du Qur’ān) : c’est-à-dire que Dieu lui a fait subir la pauvreté et l’humiliation après la richesse et la gloire en raison de son entêtement et Il le punira dans l’au-delà par un châtiment encore plus terrible parce qu’il a atteint par son comportement la limite de l’entêtement et il a surnommé le Qur’ān de la sorcellerie c’est-à-dire qu’il s’est mis à réfléchir à ce qu’il pourrait dire à son propos.

Et il s’est mis à faire des hypothèses dans son cœur : et à chercher des arguments qui pourraient justifier son entêtement.

Verset 19 : (qutila) qu’il soit maudit pour ce qu’il a fomenté : c’est pour attirer l’attention des créatures à propos du comportement de cet homme.  Comment a-t-il décidé de manière incorrecte, d’une manière que personne de raisonnable ne peut concevoir.

Verset 20 : de nouveau qu’il soit maudit pour ce qu’il a fomenté. La malédiction est répétée pour insister et pour désavouer ce à quoi il a réfléchi.

Verset 21 : puis il a regardé : c’est-à-dire : il a réfléchi à nouveau pour trouver un moyen de réfuter le Qur’ān ou bien cela veut dire qu’il regardé le visage des gens.

Verset 22 : puis il s’est renfrogné (à l’image de quelqu’un qui est maussade) et son visage s’est assombri. « ʿAbasa » signifie : il a froncé les sourcils devant les croyants. « wa basar » signifie : son visage s’est assombri et sa couleur a changé. Il a accentué son expression sur son visage

Verset 23 : puis il s’est détourné, et a fait preuve d’arrogance. « Adbara » signifie : il s’est détourné de la foi. « wa stakbara » signifie : il a été orgueilleux, refusant d’accepter la vérité et de suivre le prophète ﷺ.

Verset 24 : il a dit ce n’est que de la sorcellerie transmise par d’autres avant lui : il a été rapporté qu’Al -Walīd a dit à banī Maẖzūm : « par Allāh, j’ai entendu auparavant de Muḥammad des paroles, ce ne sont pas des paroles d’humain, ce ne sont pas des paroles de ǧinn ; il a une douceur et il a une harmonie, une beauté ; ce qui est au début est fertile et ce qui est à la fin est abondant et il a le dessus et on ne peut pas avoir un texte qui soit au-dessus de lui ».  Après qu’il ait dit cela, les gens de Qurayš ont dit : « Al -Walīd a quitté notre religion pour rejoindre la religion de Muḥammad » c’est-à-dire qu’il est devenu musulman.  Abū Ǧahl qui est le neveu de Al-Walīd a alors dit : « je vais m’occuper de lui ». Il s’est assis et a prononcé des paroles pour attiser son arrogance. C’est alors qu’Al -Walīd est venu et leur dit : « vous prétendez que Muḥammad est un fou, est-ce que vous avez vu qu’il allait s’étouffer ? (Parce qu’ils avaient pour croyance que les ǧinn étouffent celui qui est fou) Vous dites qu’il est un devin : est-ce que vous avez vu une fois qu’il a annoncé des choses qui étaient fausses ? (Comme c’est le cas des devins dont les paroles s’avèrent vraies et parfois fausses). Vous prétendez qu’il est un poète, est-ce que vous l’avez vu composer des vers de poésie une fois ?  Vous prétendez qu’il est un menteur, est-ce que vous avez retenu de lui un seul mensonge ? » A chaque fois, ils répondaient par la négative. Ils lui ont dit : « alors, qui est-il ? » Il a réfléchi et a dit : « il est un sorcier : n’avez-vous pas vu qu’il arrive à séparer entre un homme et sa famille et ses enfants et ses esclaves ? Et ce qu’il dit est de la sorcellerie qu’il rapporte de Musaylimah et des gens de Babel. Musaylimah le menteur fait partie des Banī Ḥanīfah, les gens de Al-Yamāmah : il était avant la mission de notre maître Muḥammad pour être un devin et faire de la sorcellerie et du charlatanisme. Dieu cite cela dans le Qur’ān, le fait que la sorcellerie a été descendue avec les deux anges Hārūt et Mārūt à Babel en Irak. Alors l’assemblée des mécréants était toute joyeuse. Ils se sont séparés en étant étonnés de ce qu’Al -Walīd leur avait dit.

Verset 25 : ce n’est là que la parole d’humains. Al -Walīd a voulu dire par là que ce que Muḥammad récite n’est que la parole d’un humain, que ce n’est pas la parole de Dieu.

Verset 26 :  Je vais le faire brûler dans Saqar : Dieu dit qu’Il le fera entrer dans saqar qui est un nom pour désigner la géhenne, l’enfer.

Verset 27 : et sais-tu ce qu’est Saqar : c’est pour magnifier et amplifier la gravité de l’enfer.

Verset 28 : il ne laisse pas et n’épargne rien. C’est-à-dire qu’il ne laisse ni la chair ni les os. Ou bien il n’y a pas une chose qui reste dans l’enfer sans qu’il ne la consume mais cette chose ne disparait pas, elle reste comme elle était.  Le châtiment du mécréant dans le feu ne s’arrête jamais ; et malgré sa sévérité, il n’y meurt pas pour être soulagé du supplice, ni ne vit une vie agréable. Au contraire, son châtiment est éternel et perpétuel.

Verset 29 : il noircit et brûle les peaux. Cela signifie : il décolore et brûle les peaux, les noircissant. On a dit aussi qu’il s’agit des humains parmi les gens de l’enfer.

Verset 30 : à sa charge il y a dix-neuf : il y a dix-neuf anges (selon la majorité) qui se chargent de l’enfer. Il s’agit d’une catégorie d’anges. Il a été dit qu’il s’agit d’une rangée d’anges. Et il a été dit que ce sont les plus grands responsables des anges.

Verset 31 : Nous n’avons désigné comme gardiens de l’Enfer que des anges, et Nous n’avons fixé leur nombre que pour éprouver les mécréants, afin que ceux qui ont reçu le Livre soient convaincus, que ceux qui ont cru augmentent leur foi, que ceux qui ont reçu le Livre et les croyants ne doutent pas, et que ceux qui ont une maladie dans leur cœur ainsi que les mécréants disent : « qu’a donc voulu Allāh par cette parabole ? » Ainsi Allāh égare qui Il veut et guide qui Il veut. Et nul ne sait [le nombre des anges] de ton Seigneur si ce n’est Lui. Ceci n’est qu’un rappel pour les humains.

Cela signifie : Nous n’avons désigné comme gardiens que des anges, qui sont forts et sévères. (Et Nous n’avons fixé leur nombre), c’est-à-dire leur nombre, qui est de dix-neuf, (que pour éprouver les mécréants), c’est-à-dire comme cause d’épreuve pour les mécréants. Leur épreuve est le fait qu’ils ont prétendu pouvoir affronter les anges, par moquerie.

Abū Ǧahl a dit : « Ô vous les Qurayš, est-ce que dix d’entre vous ne peuvent pas vaincre un seul gardien de l’enfer ? (Afin que soient convaincus) c’est-à-dire qu’ils soient certains (ceux qui ont reçu le Livre), c’est-à-dire les gens du livre, que ce Qur’ān vient de la part de Dieu.

En effet, ils trouvent ce nombre dans leurs livres révélés et savent que le Messager n’a pas lu ces livres et que personne ne les lui a lus. Cependant, son Livre confirme les livres des prophètes, car tout cela est la vérité et se soutient mutuellement, venant de la part de Dieu. 

(Et que ceux qui ont cru augmentent leur foi), c’est-à-dire que ceux qui ont cru en Muḥammad ﷺ parmi les Gens du Livre augmentent leur foi en Muḥammad ﷺ. Le fait que ce nombre existait dans leur livre et que le Prophète ﷺ en a informé, en accord avec ce qu’ils avaient, sans avoir étudié ou appris ces connaissances auparavant, mais par la Révélation, les a fait augmenter en foi et en conviction en Muḥammad ﷺ.

(Et qu’ils ne doutent pas), ce qui renforce l’idée de (afin qu’ils soient convaincus), car l’affirmation de la certitude et la négation du doute sont plus éloquentes et plus fortes pour décrire la tranquillité et l’apaisement total de l’âme. 

(Ceux qui ont reçu le Livre), c’est-à-dire les gens du Livre, (et les croyants) en Dieu de la communauté de Muḥammad ﷺ, ne doutent pas que le nombre des gardiens de l’enfer est de dix-neuf.

(Et afin que disent ceux qui ont une maladie dans leur cœur), c’est-à-dire un doute ou une hypocrisie, (et les mécréants) en Dieu, parmi les polythéistes de Qurayš et d’autres, (qu’a donc voulu Allāh par cette parabole ?), c’est-à-dire par le nombre des gardiens de l’enfer et quelle est la sagesse de la mention de ce nombre ?

(Ainsi), c’est-à-dire de même que Dieu a égaré Abū Ǧahl et ses compagnons qui ont renié le nombre des gardiens de l’enfer, (Allāh égare qui Il veut), c’est-à-dire que Dieu crée l’égarement dans le cœur de celui qu’Il veut égarer, (et guide qui Il veut), c’est-à-dire que Dieu crée la guidance dans le cœur de celui qu’Il veut guider.  » (et nul ne sait), (le nombre des anges de ton Seigneur), c’est-à-dire leur nombre, qui sont les anges, (si ce n’est Lui), c’est-à-dire Allāh.

Muslim a rapporté dans son Ṣaḥīḥ que le prophète ﷺ a dit à propos d’Al-Bayt Al-Maʿmūr (la Maison Peuplée) qui se trouve au septième ciel : “Chaque jour, soixante-dix mille anges y entrent, et ils n’y reviennent jamais.” (Rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ)

« wa mā hiya » (Ceci n’est), c’est-à-dire le feu, (qu’un rappel pour les humains), c’est-à-dire une leçon et une exhortation pour les gens, pour les rappeler, afin qu’ils craignent et obéissent.

Nous n’avons désigné comme gardiens de l’enfer que des anges (parce qu’ils ne sont pas de la catégorie de ceux qui sont châtiés en enfer), ils ne sont pas touchés par la miséricorde ou la pitié (parce que les anges sont les plus fermes créatures de Dieu et les plus forts. L’un d’entre eux a la force de tous les humains et des ǧinn).

Nous n’avons fait de leur nombre (en l’occurrence dix-neuf) que ce soit une épreuve pour ceux qui ont mécru : au point qu’Abū Ǧahl, lorsque ce verset a été révélé a dit : « que chaque dizaine d’entre vous prenne un de ces anges et vous êtes nombreux » , alors Abu Al-Ašad qui a dit : « moi, je peux m’occuper de dix-sept, et vous, occupez-vous de deux », c’est alors que le verset 31 a été révélé, qui signifie : « nous n’avons pas fait que ceux qui sont en charge de l’enfer soient des humains , ce sont plutôt des anges et vous ne pouvez pas avoir le dessus sur eux ».  Six d’entre eux vont emmener les mécréants en enfer, six vont être derrière eux et six vont les frapper avec des entonnoirs en fer et le dernier est l’ange gardien de l’enfer qui est Mālik et c’est le plus grand d’entre eux. Et il y a eu d’autres avis que celui-là.

Afin que soient certains ceux qui ont reçu le Livre : parce que le nombre des anges en charge des gens de l’enfer qui est le nombre dix-neuf, figure dans les deux livres authentiques de la Torah et de l’Evangile. Donc si les gens du Livre entendent que ce nombre est également cité dans le Qur’ān, ils auront la certitude que ce nombre est bien une révélation de la part de Dieu.

Et que ceux qui sont déjà croyants (en Muḥammad) augmentent en foi : pour avoir cru en cela tout comme ils ont cru en tout ce qui a été révélé précédemment. Ou bien qu’ils augmentent en certitude parce que leur Livre est en cohérence avec les Livres des gens du Livre.

Et que ne doutent pas ceux qui ont reçu le Livre et les croyants : c’est pour insister sur la certitude et l’augmentation de la foi

Et pour que ceux qui ont une maladie dans le cœur : c’est-à-dire une hypocrisie

Et les mécréants disent : c’est-à-dire les associateurs ; parce que si on dit que l’hypocrisie s’est manifestée à Médine et que la sourate est mecquoise, cela veut dire : pour les hypocrites qui vont apparaitre dans le futur à Médine, après l’émigration, ainsi que les mécréants à La Mecque :

Qu’est-ce que Dieu a voulu donner par cet exemple : et c’est une annonce de ce qui va avoir lieu, comme les autres annonces des choses qui se produiront dans le futur. La mention du nombre dix-neuf est quelque chose d’extrêmement surprenant pour eux et cela a été appelé un maṯal c’est-à-dire un exemple.

Ainsi Dieu égare qui Il veut : et Il est Celui Qui a su lequel parmi Ses esclaves allait choisir l’égarement

Et Il guide qui Il veut : Il guide celui au sujet duquel Il a su qu’il allait choisir la bonne guidée. Et il y a ici la preuve que c’est Dieu Qui est le Créateur des actes. Et c’est Dieu Qui est attribué par le fait de guider comme d’égarer. Comme Abū Ǧahl que Dieu le maudisse a dit : « est-ce que le Seigneur de Muḥammad n’a pas plus que dix-neuf aides ? » Alors la suite verset a été révélée :

Et ne sait le nombre des soldats de ton Seigneur que Lui : c’est-à-dire que ce n’est pas difficile pour Dieu de compléter le nombre des anges gardiens de l’enfer à vingt ; mais Dieu a voulu ce nombre de dix-neuf, particulièrement, pour une sagesse que vous ne connaissez pas.

Et cela n’est qu’un rappel pour les humains : cette description de l’enfer n’est qu’un rappel pour les humains pour qu’ils en tirent les conclusions.

Verset 32 : kallā : cela signifie : la parole n’est pas telle que celui qui prétend que ses compagnons polythéistes peuvent vaincre les gardiens de l’enfer l’a dite. «  »

Par la lune : Dieu a juré par la lune, en raison de son immense bénéfice.

Verset 33 : et par la nuit quand elle s’en va

Verset 34 : et par l’aube quand elle se lève

Verset 35 : c’est la réponse aux serments précédents : certes la géhenne (saqar) est une des grandes épreuves : ou bien une des grandes catastrophes.

Verset 36 : l’enfer est un des avertissements pour les humains Al-Ḥasan a dit : “Par Allāh, il n’y a rien de plus terrible que l’enfer pour avertir les créatures.”

Verset 37 : pour ceux d’entre vous qui voudraient avancer : c’est-à-dire aller vers le bien ou reculer : c’est-à-dire ne pas aller vers le bien. Ceci est une menace et une information que celui qui avance vers l’obéissance à Allāh et la foi en Muḥammad ﷺ sera récompensé par une rétribution éternelle, et que celui qui recule par rapport à l’obéissance et renie Muḥammad ﷺ sera puni par un châtiment éternel.

Verset 38 : toute âme est redevable de ce qu’elle a acquis. C’est-à-dire qu’elle est redevable de ce qu’elle a commis et elle va rendre des comptes sur cela.

Verset 39 : sauf les musulmans qui se sont libérés grâce à l’obéissance : comme celui qui est prisonnier, il peut se libérer en payant une rançon et la rançon était l’obéissance. Cela signifie qu’ils se sont libérés de l’enfer. Sauf les gens de la droite : Ce sont les gens du paradis, car ils ne sont pas tenus pour redevables. On a dit aussi qu’ils sont les anges, ou les enfants des musulmans, ou les musulmans sincères qui ne sont pas tenus pour redevables car ils ont accompli ce qu’ils devaient. D’autres interprétations ont également été données

Verset 40 : dans les jardins, ils s’interrogent les uns les autres. C’est-à-dire qu’ils sont dans des jardins et des délices, (ils s’interrogent), c’est-à-dire qu’ils questionnent les mécréants qui sont dans l’enfer.

Verset 41 : à propos des criminels (les mécréants) : c’est-à-dire qu’ils se posent des questions les uns aux autres et la réponse de ceux qui ont été questionnés est dans le verset suivant :

Verset 42 : qu’est-ce qui vous a fait entrer en enfer ? C’est-à-dire : qu’est-ce qui vous a fait entrer dans Saqar (l’enfer) ? Leur question est un reproche et une humiliation pour eux. D’ailleurs, ils savent très bien ce qui les a conduits en enfer. Et la réponse est :

Verset 43 : ils ont dit : nous ne faisions pas partie de ceux qui faisaient la prière : c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas pour croyance que la prière était obligatoire.

Verset 44 : et nous ne donnions pas à manger aux pauvres.

Verset 45 : et nous nous perdions avec ceux qui se perdaient, » c’est-à-dire que nous débattions avec ceux qui débattent et qui discutent : c’est-à-dire qu’ils disaient des choses qui sont fausses et calomnieuses à propos des versets de Dieu. “

Verset 46 : et nous démentions le Jour du Jugement : c’est-à-dire le jour de l’exposition des œuvres et le jour de la rétribution.

Verset 47 : jusqu’à ce que la mort vienne à nous.  La certitude ici, c’est la mort.

Verset 48 : ils ne profiteront pas de l’intercession de ceux qui intercèdent : c’est-à-dire les anges, les prophètes et les vertueux, parce que l’intercession est réservée aux croyants et pas aux mécréants. Et il y a dans ce verset la preuve de la confirmation de l’intercession pour les croyants. Cela signifie qu’il n’y aura pas d’intercession pour eux, car l’intercession n’est accordée qu’à celui qui a cru en Allāh et en Son Messager. Le sens n’est pas que ceux qui ont renié le Jour du Jugement auraient droit à une intercession qui ne leur serait pas utile, mais plutôt que l’intercession n’est pas accordée aux mécréants.

Verset 49 : pourquoi se détournent-ils de l’exhortation ? Ils tournent le dos aux exhortations présentes dans le Qur’ān. C’est-à-dire : pourquoi ces polythéistes se détournent-ils des exhortations du Qur’ān, sans les écouter pour en tirer une leçon ? Puis, Allāh les a comparés à des ânes apeurés, en raison de la force de leur dédain et de leur aversion envers la foi et les versets de Allāh تعالى. Il a dit عزَّ وجلَّ :

Verset 50 : on dirait des ânes sauvages : des zèbres qui s’enfuient.

Verset 51 :  qui fuient un chasseur : ils essaient de fuir les archers ou bien les lions. Ces mécréants ont été comparés dans leur détournement du Qur’ān et leur détournement d’écouter le rappel à des zèbres qui sont en alerte et qui sont en train de fuir. C’est-à-dire qu’ils se sont enfuis et ont fui les chasseurs qui les traquent, ou du lion. En effet, lorsque les ânes sauvages voient un lion, ils s’enfuient. De même, ces polythéistes fuient lorsque le prophète ﷺ récite le Qur’ān.

Verset 52 : mais chacun d’eux voudrait qu’on lui donne des feuillets dépliés.

C’est-à-dire que chacun de ceux qui se détournent des exhortations et des versets de Dieu voudrait « qu’on lui donne des feuillets dépliés », c’est-à-dire qu’un livre soit descendu à chacun d’eux, contenant de la part de Dieu un message adressé à telle ou telle personne. Il a été dit qu’ils disaient : « si Muḥammad est véridique, que chacun d’entre nous trouve un feuillet déposé sous sa tête au petit matin, dans lequel il serait garanti et à l’abri du feu. » munaš-šarah » (dépliés), c’est-à-dire des feuillets non pliés que l’on pourrait lire comme on lit les lettres. Ou bien qu’ils soient écrits au ciel et que les anges les fassent descendre encore frais, non pliés. C’est là une preuve de leur obstination. C’est alors que ce verset a été révélé

Verset 53 : Non ! C’est plutôt qu’ils ne craignent pas l’au-delà.

Non, cela ne se produira pas. C’est une réprimande pour leur demande de signes. Ce n’est pas comme ils le prétendent, à savoir que s’ils avaient reçu des feuillets dépliés, ils auraient cru.  (Mais ils ne craignent pas l’au-delà), c’est-à-dire qu’ils ne craignent pas le châtiment de Allāh et ne croient pas à la résurrection, à la récompense et au châtiment. C’est ce qui les a poussés à se détourner du rappel et a rendu plus facile pour eux de ne pas écouter ce que le prophète ﷺ a apporté.

Verset 54 : certes c’est un rappel : le Qur’ān est un rappel éloquent qui est suffisant.

C’est une réprimande pour leur mépris du rappel. Le sens est : il n’en est pas comme ces polythéistes le disent à propos de ce Qur’ān, à savoir qu’il est une magie transmise et qu’il est la parole d’un être humain. Au contraire, (il), c’est-à-dire le Qur’ān, est un rappel, c’est-à-dire une exhortation de Dieu à Ses créatures, pour qu’Il les rappelle.

Verset 55 : que celui qui veut en tire des leçons : qu’il en soit exhorté et qu’il ne l’oublie pas et le bénéfice sera pour lui.

Verset 56 : et ils ne seront exhortés que si Dieu le veut : si Dieu leur veut la bonne guidée. Dieu mérite qu’on Le craigne et Dieu, par Sa miséricorde, accorde le pardon à celui qui fait preuve de piété à Son égard. Cela signifie : ils ne peuvent tirer de leçon « que si Allāh le veut ». C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas se rappeler et tirer de leçon sans que Allāh le veuille pour eux. C’est une déclaration claire que l’action de l’esclave dépend de la volonté de Allāh تعالى, ce qui est la croyance de Ahlou s-Sounnah wa Al-Jamāʿah. « Huwa ’ahlu t-taqwā » c’est-à-dire qu’Il mérite que les gens Le craignent en accomplissant ce qu’Il a ordonné et en évitant ce qu’Il a interdit. « wa ’ahlu l-maghfirah », c’est-à-dire qu’Il est Celui Qui accorde le pardon à celui qui se repent.

75 – Sūratu AL-QIYĀMAH

C’est une sourate mecquoise qui comporte quarante versets

Verset 1 : Je jure par le Jour du Jugement. D’après Ibnu ʿAbbās que Dieu l’agrée et c’est l’avis de la majorité. Al-Farrāʾ a dit : le mot « lā » au début du verset, c’est pour réfuter le reniement des associateurs, qui ont renié la résurrection. C’est comme s’il a été dit : « non, il n’en est pas comme vous le prétendez », puis il a été dit « Je jure par le Jour du Jugement ». Donc la particule « lā » sert à renforcer le serment. Allāh تعالى jure par le Jour de la Résurrection pour en affirmer la grandeur. Ce Jour est celui de la résurrection, du rassemblement, et des autres événements de l’au-delà.

Verset 2 : la majorité des savants sont d’accord pour dire que c’est un deuxième serment, c’est-à-dire : Et Je jure par l’âme qui ne cesse de se blâmer. « Lā » a le même sens que dans le verset précédent. C’est-à-dire « Je jure par l’âme qui est pieuse » : l’âme qui se remet en cause, l’âme qui se considère défaillante à propos de la piété. C’est la personne qui se dit qu’elle n’a pas fait suffisamment. L’âme qui se blâme est celle qui se réprimande pour avoir délaissé l’obéissance et autres actions pieuses. Pour cette raison, elle est louable, et c’est pourquoi Allāh a juré par elle. D’autres ont dit que c’est l’âme qui se blâme pour ce qu’elle a manqué, et qui regrette le mal qu’elle a fait et le bien qu’elle n’a pas accompli en quantité suffisante.

Verset 3 : est-ce que l’homme (le mécréant qui renie la résurrection) pense vraiment que Nous ne rassemblerons pas ses os ? Ce verset fait référence à l’être humain mécréant qui renie la résurrection. Ibnu ʿAbbās a dit qu’il s’agit de Abū Ǧahl. Pense-t-il que Nous ne pourrons pas rassembler ses os après qu’ils se seront décomposés, transformés en poussière et dispersés par le vent aux quatre coins de la terre.

Verset 4 : Ah que si ! Nous sommes capables de rassembler ses phalanges. Nous sommes tout Puissant à les rassembler et à les rendre dans l’état dans lequel ils étaient auparavant. Et Nous sommes tout Puissant à faire en sorte que ses doigts soient comme ils étaient dans le bas monde. Sans qu’il n’y ait un doigt en moins, ou un doigt plus long, et ceci malgré leur petite taille ; que dire alors pour les os qui sont plus grands !!

« Balā » (Si !) signifie que Nous sommes capables de les rassembler. Le verset mentionne les os, même si le sens est de reconstituer l’être humain et de rassembler ses parties dispersées, car les os sont le squelette de la création, et la bonne constitution de l’homme dépend d’eux. (Nous sommes capables) de les rassembler et de faire plus encore, « ʿalā an nusawwiya banānah » (de rassembler ses phalanges). Les « banān » sont les doigts des mains et des pieds. Allāh aurait pu les fondre en un seul bloc, comme le sabot d’un chameau ou d’un âne, de sorte que l’être humain aurait dû manger avec sa bouche comme font les bêtes. Mais Allāh a séparé les doigts de l’être humain de sa main pour qu’il puisse prendre, saisir et tenir des objets. On a dit que ce verset fait également allusion au fait que les empreintes digitales de chaque personne sont uniques, bien que les doigts soient similaires.

Verset 5 : mais l’être humain veut continuer à commettre le mal sans se soucier de ce qui l’attend. C’est-à-dire que l’être humain recherche ses passions et ses désobéissances et persiste dans son vice pour l’avenir, sans que rien ne l’en détourne. Il remet sa repentance à plus tard. Ibnu ʿAbbās a dit (en expliquant ce verset) : « Je me repentirai plus tard, je ferai le bien plus tard. » (Rapporté par Al-Buẖāriyy). Le mot « ’amāmah » (devant lui) est un adverbe de lieu utilisé ici pour le temps. On a également dit que le mécréant renie ce qui l’attend, à savoir la résurrection et le jugement.

Verset 6 : et il pose la question : quand donc aura lieu le Jour du Jugement : il pose cette question à l’image de celui qui est entêté, celui qui considère vraiment peu probable qu’il y ait un Jour du Jugement. Son interrogation est une moquerie, une marque de reniement et d’entêtement.

Verset 7 : quand la vue sera frappée de stupeur. C’est-à-dire que le regard du mécréant sera figé le Jour de la Résurrection, sans cligner des yeux, face aux choses étonnantes qu’il voit et qu’il traitait de mensonges dans ce bas monde.

Verset 8 : et que la lumière de la lune est éclipsée ou bien que la lune se couche. C’est-à-dire qu’elle s’assombrira et perdra sa lumière.

Verset 9 : et que le soleil et la lune seront réunis : c’est-à-dire qu’ils vont se lever tous deux du couchant ou bien ils seront réunis dans le sens que leur lumière va être totalement éclipsée.

Verset 10 : l’homme (mécréant) dira où pourrais-je m’enfuir : c’est-à-dire comment pourrais-je fuir le feu de l’enfer ? Le mécréant qui reniait l’au-delà dira (ce jour-là), c’est-à-dire le Jour de la Résurrection, quand il verra ses horreurs et voudra fuir : « ’ayna al-mafarr » (où fuir ?).

Verset 11 : Non ! Il n’y a pas de refuge ! C’est un rejet de sa demande de fuite. Kallā : c’est un terme qui indique une réprimande. « Lā wazar » signifie : il n’y a rien pour se réfugier, que ce soit une montagne, une forteresse, un homme ou autre chose.

Verset 12 : c’est selon le jugement de ton Seigneur, ce jour-là, que sera le lieu de la demeure. Cela signifie : c’est selon le jugement de Allāh et Sa volonté que « al-mustaqarr » (le lieu de la demeure), c’est-à-dire leur lieu de séjour, sera le paradis ou l’enfer. C’est-à-dire que la demeure finale, que ce soit le paradis ou l’enfer, dépend totalement de la volonté de Dieu :  celui pour qui Il veut, Il le fera entrer au paradis et celui pour qui Il veut, Il le fera entrer en enfer.

Verset 13 : l’homme sera informé, ce jour-là, de ce qu’il a accompli et de ce qu’il n’a pas fait. (L’être humain sera informé), c’est-à-dire le fils d’Ādam, qu’il soit vertueux ou pervers, (ce jour-là de ce qu’il a accompli et de ce qu’il a laissé). Cela signifie de ce qu’il a accompli comme bonne ou mauvaise œuvre, ou de la mauvaise ou bonne tradition qu’il a laissée et qui sera pratiquée après lui.

Verset 14 : en réalité, l’être humain est témoin contre sa propre personne. C’est-à-dire qu’il est son propre témoin, car ses membres témoigneront contre lui : ses mains pour ce qu’elles ont saisi, ses pieds pour ce qu’ils ont parcouru, ses yeux pour ce qu’ils ont vu. D’autres interprétations ont été données.

Verset 15 : même s’il présente ses excuses. (Même s’il baisse les voiles) « Al-’ilqā’ » ici signifie la parole. « Maʿādhīrah » signifie : ses excuses. Le sens est que même s’il s’excuse par la parole et invoque toutes les excuses possibles pour se défendre, il n’y a pas de bénéfice pour lui, car il est le témoin contre sa propre personne, et la preuve est évidente contre lui.

Verset 16 : ne fais pas bouger rapidement ta langue pour te hâter de le mémoriser. C’est une parole adressée au prophète ﷺ. (Ne remue pas ta langue, Ô Muḥammad), c’est-à-dire avec le Qur’ān, (pour te hâter de le mémoriser), c’est-à-dire le Qur’ān. Al-Buẖāriyy a rapporté d’après Ibnou ʿAbbās que, lorsque la Révélation descendait sur le Messager de Allāh ﷺ, il remuait sa langue avec le Qur’ān, voulant le mémoriser. Alors, Allāh a révélé ce verset. Car le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām se mettait à réciter avant même que Ǧibrīl ne lui transmette, de crainte qu’il ne lui échappe une partie. Mais dans ce verset 16, il a été dit au Prophète de ne pas s’empresser de faire bouger sa langue pour réciter ce qu’il lui était révélé, tant que Ǧibrīl récitait encore, pour le prendre avec empressement et ne pas qu’il ne lui échappe. Puis Il lui a expliqué pourquoi Il lui défendait cela, par la parole du verset 17 :

Verset 17 : certes c’est à Nous de le rassembler et de le faire réciter. « Jamʿahu » (le rassembler), c’est-à-dire dans ta poitrine, « wa qur’ānah » (et de le faire réciter), c’est-à-dire que tu le lises. Le sens est que tu le réciteras après que Nous l’aurons rassemblé dans ta poitrine. Et il y a la confirmation de ta récitation par ta langue c’est-à-dire que Dieu lui garantit qu’il ne va rien oublier.

Verset 18 : et quand l’ange le récite sous Notre ordre, suis sa récitation. C’est-à-dire quand l’ange qui transmettra le Qur’ān de notre part le récitera, (suis sa récitation), c’est-à-dire écoute sa récitation. Le Prophète ﷺ écoutait d’abord, puis il lisait. Ibnu ʿAbbās a dit : « qara’nāhu » signifie : Nous l’avons expliqué. « fa-t-tabiʿ » signifie : mets-le en pratique. (Rapporté par Al-Buẖāriyy). L’imām Abū Mansūr Al-Māturīdiyy a dit « qara’nāhu » signifie aussi « Nous l’avons rassemblé », et d’autres savants ont interprété : lorsque l’avons rassemblé dans ta poitrine, mets-le en pratique. Lorsque Nous l’aurons rassemblé dans ton cœur après qu’il aura été descendu de façon dispersée.

Verset 19 : puis c’est à Nous d’indiquer son explication. C’est-à-dire : l’explication de ce qu’il contient, du licite et de l’illicite, ainsi que de ses jugements. Ibnu ʿAbbās que Dieu l’agrée a dit : « C’est à Nous d’indiquer son explication par la voie du prophète. »

Après ces paroles adressées au prophète ﷺ, l’explication revient à l’état de l’être humain mentionné précédemment, qui renie la résurrection et dont la préoccupation n’est que l’obtention des biens éphémères de ce monde, et non pas de la rétribution de l’au-delà qu’il renie. Allāh تعالى dit alors :

Verset 20 : non ! C’est plutôt que vous aimez ce qui est rapide : kallā : c’est un terme qui indique une réprimande contre ceux qui renient la résurrection, C’est une réfutation de leurs paroles, signifiant que ce n’est pas ce que vous prétendez

(Vous aimez ce qui est rapide): c’est-à-dire, vous autres fils d’Ādam, vous avez été créés et vous êtes pressés, cela est une nature en vous, vous vous empressez en toute chose et c’est à partir de là que vous préférez ce qui est rapide, c’est-à-dire le bas monde et ses plaisirs, c’est-à-dire que vous êtes des gens dominés par l’amour des plaisirs de ce bas monde.

Verset 21 : et vous délaissez l’au-delà.

C’est-à-dire : vous abandonnez les œuvres pour l’au-delà et les actions qui y mènent. (Ibn Kathīr, Abū ʿAmr et Ibn ʿĀmir ont lu « bal yuḥibbūna al-ʿājilah wa yadharūna al-’ākhirah » avec un « yā’ » au début des deux mots.)

Verset 22 : Ce jour-là, des visages seront radieux,

Ce sont les visages des croyants en Allāh et en Son Messager.  (Ce jour-là), c’est-à-dire le Jour de la Résurrection. (Radieux), c’est-à-dire beaux, épanouis et heureux.

Verset 23 : ils verront leur Seigneur : sans comment, ni direction, sans qu’il n’y ait de distance. Expliquer «an-naẓar » ici par le fait d’attendre que Dieu leur donne la récompense n’est pas valide car on dit « naẓartu fīhi » qui signifie « je réfléchis à son sujet » et on dit   « naẓartuhu  » qui signifie « je l’attends  » et quand on dit « ilā », ça ne peut avoir le sens que « je le vois ».  Et il n’est pas convenable de dire qu’il y a une attente au paradis : en effet il n’y a pas d’attente au paradis.
La vision de Dieu dans l’au-delà par les croyants est une réalité indubitable, et les ḥadiths à ce sujet sont authentiques.

L’Imam Abu Ḥanîfah a dit ce qui signifie : « Allāh sera vu dans l’au-delà, les croyants Le verront avec les yeux de leur tête sans assimilation, sans quantité et il n’y aura pas entre Lui et Ses créatures de distance. » voir

L’Imam aṭ-Ṭaḥāwiyy a dit ce qui signifie : « La vision de Allāh par les gens du paradis est une réalité. Ils Le verront sans comment et sans cerner Sa Réalité. »

Verset 24 : et ce jour-là, des visages seront assombris : ce sont les visages des mécréants. (Ce jour-là), c’est-à-dire le Jour de la Résurrection. « bāsirah » (assombris), c’est-à-dire ternes, sombres, renfrognés et à la couleur altérée.

Verset 25 : ils sont certains qu’un terrible châtiment les frappe.

(Ils sont certains) a ici le sens de la certitude. « ’an yufʿala bihā » (qu’elle subira), c’est-à-dire une action d’une telle sévérité. « fāqirah » (terrible châtiment), c’est-à-dire un grand malheur qui brise les vertèbres du dos et les détruit. Ils s’attendent à ce qu’il leur parvienne une catastrophe qui va détruire leur colonne vertébrale : c’est un sens figuré ici.

Verset 26 : kallā : c’est un terme qui indique une réprimande contre ceux qui préfèrent le bas monde à l’au-delà : c’est comme s’il leur avait été dit : réveillez-vous et prenez conscience que vous avez la mort qui vous attend, qui va couper court à cette vie qui est rapide et qui va vous faire passer dans l’au-delà, où vous resterez éternellement, lorsque l’âme arrive au niveau de la trachée (« at-tarāqiyy ») : (quand elle atteindra), c’est-à-dire l’âme de celui qui est sur le point de mourir. « at-tarāqī » (les clavicules), pluriel de « tarquwah », qui est l’os reliant la partie supérieure du thorax à l’épaule.

Verset 27 : et qu’il sera dit : « qui peut soigner ? » Ceux qui sont présents à côté de celui qui est en train d’agoniser se disent : qui va lui faire une ruqiyah (une récitation du Qur’ān

Ceux qui l’entourent diront : « man rāq », c’est-à-dire qui la guérit et la sauve par une invocation ? D’autres ont dit : « Y a-t-il un médecin pour la soigner ? » D’autres encore ont dit : les anges se sont demandé les uns aux autres : « qui fera remonter son âme au ciel, les anges de la miséricorde ou les anges du châtiment ? »

Verset 28 : alors que celui qui agonise a la certitude que c’est le moment de la séparation : il sait qu’il va quitter le bas monde qu’il chérissait c’est-à-dire la séparation d’avec ce monde, sa famille, ses biens, et ses enfants, à l’instant où il voit les anges.

Verset 29 : et que ses pieds vont se tordre au moment de sa mort : d’après Saʿīd fils de Mouṣayyab, ce sont ses deux pieds, quand ils vont être rassemblés dans son linceul.

Et d’après ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père : ce sont deux tourments : le tourment de la famille et des enfants et le tourment de venir au Jour du Jugement par l’Unique, Celui Qui n’a besoin de rien. Donc la difficulté de la mort s’est jointe à la difficulté de l’au-delà. Cela signifie que la difficulté de ce monde est jointe à la difficulté de l’au-delà, c’est-à-dire la difficulté de l’agonie est jointe à la sévérité de ce qui l’attend et de l’approche de l’au-delà. Ici as-sāq est une métaphore pour la difficulté.

Verset 30 : les esclaves seront amenés ce jour-là, là où Dieu ordonne qu’ils soient amenés : soit au paradis, soit à l’enfer.

C’est vers le jugement de ton Seigneur ce jour-là que le retour sera. (Ce jour-là), c’est-à-dire le Jour de la Résurrection. « al-masāq » (le retour), c’est-à-dire le retour et la destination finale.

Verset 31 : il n’a pas cru et n’a pas prié. Il n’a pas cru en la véracité du Messager ni du Qur’ān et il n’a pas fait la prière : cet homme mécréant qui a été mentionné plus d’une fois dans cette sourate comme dans Sa parole Taʿālā qui signifie : « est-ce qu’il croit vraiment que ses os ne seront pas rassemblés »

Verset 32 : mais il a plutôt démenti le Qur’ān et il a refusé la foi Il a renié le Qur’ān. « wa tawallā » signifie qu’il s’est détourné de la foi.

Verset 33 : puis il est retourné à sa famille, marchant avec arrogance. Il est retourné à son peuple « yatamattā » (il marchait avec arrogance), c’est-à-dire qu’il se pavanait en marchant par vanité.

Verset 34 : malheur à toi, malheur ! : c’est une invocation contre lui pour qu’il ait, suite à cela, ce qu’il déteste.

Verset 35 : encore une fois, malheur à toi, malheur : malheur à toi le jour de la mort, malheur à toi dans la tombe, malheur à toi lors de la résurrection et malheur à toi en enfer !

C’est une menace après une menace, un avertissement après un avertissement de la part de Dieu au mécréant. La répétition ici est une insistance sur la menace et l’avertissement.

Verset 36 : est-ce que le mécréant pense vraiment qu’il va être laissé pour compte :  sans recevoir d’ordre, sans recevoir d’interdiction, sans être rassemblé et ressuscité, sans être rétribué dans l’au-delà ?

Verset 37 : n’est-ce pas qu’il était un liquide séminal à partir d’un sperme qui a été écoulé dans un utérus : ce verset est un reproche à celui qui renie la capacité de Dieu à le ressusciter après sa mort et à le faire exister après sa disparition. « nuṭfah » (une goutte), c’est-à-dire une petite quantité de liquide provenant de la colonne vertébrale de l’homme et des hanches de la femme. « min maniyyin yumnā » (d’un fluide séminal versé), c’est-à-dire versé dans l’utérus de la femme

Verset 38 : puis il fut du sang coagulé. Puis Allāh l’a créé et l’a façonné harmonieusement. Le liquide séminal est devenu « ʿalaqah », c’est-à-dire un morceau de sang coagulé. (Puis Il l’a créé), c’est-à-dire que Dieu en a créé un être humain composé de différentes choses. « fa-sawwā » (et l’a façonné harmonieusement), c’est-à-dire qu’Il l’a façonné en une personne complète, douée de parole, d’ouïe et de vue.

Verset 39 : puis Il en a fait les deux sexes, le mâle et la femelle. Allāh a créé à partir de cet être humain les deux sexes, le mâle et la femelle, c’est-à-dire l’homme et la femme

Verset 40 : n’est-ce pas que Celui Qui fait cela est tout Puissant à ressusciter les morts : et le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à la fin de ce verset, il disait : « subḥānaka balā » ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection, ah que oui ! » c’est-à-dire : Tu es tout Puissant à ressusciter ceux qui sont morts ».

Celui Qui a fait cela, Qui a créé cet être humain à partir d’une goutte de fluide séminal, puis d’un sang coagulé, puis d’un morceau de chair, jusqu’à en faire un être humain parfait qui a des enfants des deux sexes, « bi-qādirin ʿalā ’an yuḥyiya al-mawtā » (Il est capable de ressusciter les morts), c’est-à-dire de les faire revivre après leur mort et de les faire exister à nouveau tels qu’ils étaient avant leur mort.

Cela signifie que rien ne rend Allāh incapable de ressusciter les morts après leur mort.

Abū Dāwūd a rapporté dans son Sunan qu’un homme priait sur le toit de sa maison et que lorsqu’il lisait le verset : (’Alaysa dhālika bi-qādirin ʿalā ’an yuḥyiya al-mawtā), il disait : (soubḥānaka, fabalā) « Tu es exempt d’imperfections ! Oui, bien sûr ! » On l’a interrogé à ce sujet, et il a répondu : « j’ai entendu le Messager de Allāh ﷺ le faire. » (Rapporté par Abū Dāwūd dans son Sunan : Kitāb aṣ-Ṣalāt : Bāb ad-Duʿā’ fi ṣ-ṣalāt).

76 – Sūratu AL-INSĀN

C’est une sourate mecquoise qui comporte trente et un versets.

Verset 1 : ne s’est-il pas écoulé, pour l’homme, un laps de temps durant lequel il n’était pas une chose mentionnée ?

Il a été dit que « l’homme » ici est ’Ādam, et d’autres ont dit qu’il s’agit de tous les êtres humains. Le laps de temps écoulé sur lui est la période où il était encore une statue d’argile, avant que l’âme ne soit insufflée en lui et il s’agit d’une période de quarante ans.

D’autres ont dit que « l’homme » est le fils d’Ādam, et que ce laps de temps est soit l’époque de son inexistence, ou bien le moment où il était une goutte de liquide séminal et qu’il passait d’un stade à l’autre, jusqu’à ce qu’il devienne un homme. Il est appelé « ’insān » (être humain) en considération de ce qu’il est devenu.

(Il n’était pas une chose mentionnée), c’est-à-dire qu’il n’était pas mentionné, ni connu, et on ne connaissait ni son nom ni ce qu’il deviendrait, et ce avant que l’âme ne soit insufflée en lui.

Ne s’est-il pas écoulé : la forme de la phrase est interrogative mais il s’agit d’une confirmation, c’est pour décréter et informer ; c’est comme si on dit à quelqu’un : ne t’ai-je pas donné telle ou telle chose ? Ne s’est-il donc pas écoulé pour l’homme ( ici il s’agit d’Ādam ʿalayhi s-salām) une certaine période ? Il s’agit de quarante ans durant lesquels le corps d’Ādam avait déjà été constitué, avant que l’âme ne soit insufflée dans son corps.

Son nom n’avait pas encore été mentionné et on ne savait pas ce qu’il était attendu de lui ; il était sous la forme de terre glaise et le temps s’écoulait pour lui alors qu’il était dans cet état-là.

Verset 2 : Nous avons créé l’homme d’une goutte de liquide séminal composée pour l’éprouver, et Nous l’avons fait entendant et voyant.

Nous avons créé l’être humain : ceux qui sont visés sont les descendants de notre maitre Ādam et il a été dit que ce sont ses premiers descendants directs.

A partir de liquide séminal : qui est le produit d’un mélange de deux liquides provenant du père et de la mère.

Nous l’éprouvons : c’est-à-dire que Nous voulons l’éprouver en lui fixant des ordres et des interdits, c’est-à-dire pour le tester en lui imposant des obligations dans cette vie (afin de manifester ce qu’il provient de lui ) et Allāh sait toute chose avant qu’elle n’ait lieu.

Nous en avons fait un être qui a une ouïe et une vue : il entend les sons, il voit les êtres : c’est une grâce d’Allāh envers Ses esclaves. Et par les créatures, il déduit l’existence du Créateur.

Verset 3 : Nous lui avons montré la voie, qu’il soit reconnaissant ou ingrat.

Cela signifie : Nous lui avons montré et fait connaître la voie de la bonne guidance et de l’égarement, le bien et le mal. (Qu’il soit reconnaissant), c’est-à-dire croyant (ou ingrat), c’est-à-dire mécréant. Le mot (šākirā) a été utilisé sans insistance car peu de gens sont reconnaissants, alors que « (kafūrā) (ingrat) a été utilisé avec la forme d’insistance, car le reniement est une chose qui affecte beaucoup de monde. Après avoir mentionné les deux groupes, Allāh a suivi avec une promesse et un avertissement, en disant : (Nous lui avons montré le chemin de la bonne guidée) : par les preuves rationnelles et par les textes qui lui sont parvenus.

Et il est devenu soit au nombre de ceux qui remercient (c’est-à-dire un croyant), soit un mécréant. Qu’il remercie ou qu’il mécroit, Nous lui avons montré le chemin de la bonne guidée, Nous lui avons montré quelles seront les conséquences de cette voie qu’il aura choisie.

Verset 4 : Nous avons préparé pour les mécréants des chaines et des boucles en fer autour du cou (qui sont rattachées aux mains) et un enfer (un feu qui est attisé).

Nous avons préparé pour ceux qui se sont détournés de la foi en Allāh ou en Son Messager – et cela inclut ceux qui ont insulté Allāh, le Prophète, le Qur’ān et toute moquerie envers Allāh, Son Messager et Sa Loi – « salāsila » (des chaînes), au pluriel de « silsilah », qui seront autour de leur cou, et avec lesquelles ils seront tirés dans l’enfer. « waʿaġlālā)  » (et des carcans), au pluriel de « (ġull) « , avec lesquels leurs mains seront attachées à leur cou. « wa saʿīrā » (et un feu ardent), c’est-à-dire un feu intense dans lequel ils seront tourmentés.

Verset 5 : les vertueux (ceux qui ont été véridiques sur la foi) boiront d’un verre dont le mélange est au camphre.

« Al-’abrār » (les vertueux) sont les croyants sincères dans leur foi et obéissants à leur Seigneur en accomplissant ce qu’Il a ordonné et en évitant ce qu’Il a interdit. Ils boiront d’un verre, c’est-à-dire d’un récipient contenant une boisson dont le mélange est au camphre, c’est-à-dire que le mélange de la boisson qu’il contient, a un parfum agréable comme le camphre. Il s’agit d’un ẖamr (qui n’enivre pas et qui n’est pas impur). Le verre s’appelle kaʾs : il a été dit que c’est un récipient en verre rempli de ẖamr qui a été mélangé avec du camphre : il a été également dit que « kāfūr » est le nom d’une source d’eau au paradis, appelée la source du camphre, et que la boisson y est mélangée à l’eau de cette source.

Verset 6 : c’est une source à partir de laquelle vont boire les esclaves de Dieu et qu’ils feront couler comme ils veulent : et cela leur procurera un plaisir : c’est-à-dire qu’ils vont la mélanger avec leur boisson et ils vont faire couler cette source où ils veulent, là où ils se trouvent, c’est quelque chose de facile dont ils ne seront pas privés.

Le mélange du verre dont boivent ces vertueux est comme le camphre dans son parfum agréable, provenant d’une source (dont ils boivent), c’est-à-dire qu’ils boivent de l’eau de cette source. D’autres ont dit que le sens est « Ils boivent d’elle ». Les esclaves de Dieu sont les croyants, car les mécréants ne jouissent jamais de bienfaits dans l’au-delà. (Ils la font couler), c’est-à-dire qu’ils font couler cette source d’où ils boivent, où et comme ils veulent, depuis leurs demeures et leurs palais. (Comme ils veulent), c’est-à-dire facilement, sans difficulté.

Verset 7 :  ils respecteront leur vœu et craignent un Jour dont le mal s’étendra.

Cela signifie qu’ils ne manquent pas à leurs vœux lorsqu’ils en font. On a dit qu’ils accomplissaient leurs vœux dans ce bas monde, et qu’un vœu est une obligation. : ils tiendront ce sur quoi ils se sont engagés à faire. Tenir leur vœu est pour décrire leur motivation à accomplir les devoirs parce que celui qui est fidèle pour tenir ce qu’il s’est engagé à faire de lui -même par recherche de l’agrément de Dieu, il est à plus forte raison fidèle pour accomplir ce que Dieu lui a ordonné de faire. Le sens est qu’ils accomplissent les obligations que   Dieu      leur a imposées, ce qui inclut toutes les formes d’obéissance comme la foi, la prière, la zakāt, le jeûne, le pèlerinage et d’autres obligations. (Et ils craignent), c’est-à-dire qu’ils prennent garde à (un Jour) et c’est le Jour de la Résurrection, (dont le mal s’étendra), c’est-à-dire qu’il est répandu, généralisé et étendu. Le sens est qu’ils accomplissent leurs vœux tout en craignant le mal, la peur et la sévérité de ce Jour. Les épreuves de ce jour seront diverses et variées.

Verset 8 : et ils donnent la nourriture qu’ils aiment à un pauvre (qui est impuissant à l’acquérir), et à un orphelin et à un prisonnier.

Ils le nourrissent de la nourriture qu’il désire, malgré sa faible quantité, leur besoin et leur désir de la manger, et malgré cela, ils aident celui qui est en détresse. Allāh a décrit les vertueux comme étant ceux qui privilégient les autres avant eux‑mêmes en donnant la nourriture et en venant en aide aux nécessiteux.

On a aussi dit que « ʿalā ḥubbihi » (par amour pour Lui) signifie : par amour pour Allāh, en cherchant Son agrément. (Un pauvre) est celui qui n’a pas assez de biens pour subvenir à ses besoins.  (Et un orphelin) est celui dont le père est mort avant qu’il n’atteigne la puberté et qui n’a rien. « wa ’asīrā » (et un captif) est un prisonnier parmi les mécréants. Ibnu al-Munḏīr a rapporté d’après Ibn Jarīr qu’il a dit au sujet de « wa ’asīrā » (et un captif) : le prophète ﷺ n’a jamais fait prisonniers des musulmans, mais ce verset a été révélé à propos des prisonniers des polythéistes qui les tourmentaient. Ainsi le Prophète ﷺ ordonnait de leur faire du bien. Ibn Al-Jawziyy a dit : « Quant au fait de les nourrir, il y a une récompense à l’unanimité, en raison de la parole du prophète ﷺ qui signifie : “Il y a une récompense pour le fait de nourrir chaque être vivant”. Le verset indique qu’il est recommandé de nourrir.

Puis ils ont justifié qu’ils donnent leur nourriture à ces gens -là par la parole dans le verset suivant :

Verset 9 : nous ne vous nourrissons que par recherche de l’agrément de Dieu. Nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude.

(Nous ne voulons de vous ni récompense), c’est-à-dire pas de contrepartie (ni gratitude), c’est-à-dire que vous ne fassiez pas de louanges à notre égard pour cela. On a dit qu’ils n’ont pas prononcé ces mots, mais qu’Allāh l’a su par Sa science éternelle et les en a loués. On a dit aussi qu’ils ont dit cela pour empêcher ceux qui sont dans le besoin de leur donner une contrepartie. D’autres ont dit qu’ils l’ont dit pour que d’autres s’en inspirent, car la bienfaisance envers autrui est parfois faite pour Allāh تعالى seulement, sans rien attendre d’autre, et c’est la sincérité. Parfois, elle est faite pour obtenir une contrepartie ou des louanges des gens, ou les deux, et ces deux types d’actes sont rejetés et ne sont pas acceptés par Allāh تعالى car ils contiennent de l’ostentation. Ils ont donc nié cela d’eux-mêmes en disant c’est-à-dire que nous ne recherchons pas à recevoir un cadeau pour cela. Ni une quelconque parole d’éloge.

Verset 10 : nous craignons de notre Seigneur un Jour terrible et sombre.

Nous vous nourrissons dans l’espoir que notre Seigneur nous protège de Son châtiment. (Un Jour), c’est-à-dire un Jour d’une grande peur et d’une grande difficulté. (Terrible) signifie où les visages se renfrognent à cause de la dureté de ses épreuves. (Sombre), c’est-à-dire un jour extrêmement dur, parmi les plus éprouvants et les plus longs dans l’affliction.

(Certes nous craignons de la part de notre Seigneur) : c’est-à-dire que nous ne recherchons pas de rétribution de votre part parce que nous craignons le châtiment de Dieu si nous demandons la rétribution par une aumône ; ce n’est pas pour cela que nous avons donné cela. Nous craignons notre Seigneur et nous avons donné l’aumône pour l’agrément de Dieu, pour être sauvé de cette peur.

(Un jour qui va être difficile) : ce jour a été décrit par la caractéristique des malheureux : « qamṭarīr » est celui qui est extrêmement malheureux. Et qui fronce les sourcils, tellement il est dépité et malheureux. Ici c’est une métaphore : une caractéristique des humains a été attribuée au jour dernier.

Verset 11 : Allāh les a donc préservés des difficultés ce Jour et leur a donné de la splendeur et de la joie.

Allāh les a donc protégés (du mal de ce Jour), c’est-à-dire de sa sévérité, de sa difficulté et de son châtiment. (Et Il leur a donné), c’est-à-dire qu’Il leur a accordé (de la splendeur), c’est-à-dire une belle apparence sur leurs visages (et de la joie), c’est-à-dire de la joie dans leurs cœurs. Dieu leur a donné à la place du froncement de sourcil des mécréants un beau visage et une joie qui est dans leurs cœurs.

Verset 12 : et Il les a récompensés pour leur patience par des jardins et des soieries.

Allāh les a récompensés pour leur patience dans ce monde, en obéissant à Son ordre et en accomplissant ce qu’Il agrée. (Des jardins), c’est-à-dire qu’ils sont entrés au paradis et des soieries, c’est-à-dire qu’ils sont vêtus de soie qui sera pour eux un très joli vêtement.

Verset 13 : ils seront appuyés sur des lits et ne souffriront ni du soleil ni du froid.

(Ils seront appuyés), c’est-à-dire qu’ils seront assis, et on a aussi dit que cela signifie qu’ils seront allongés. (Dans), c’est-à-dire au paradis. (Sur des lits), c’est-à-dire sur des lits dans des demeures décorées de tissus, de lits et de rideaux. (Ils ne souffriront ni du soleil), c’est-à-dire de la chaleur du soleil, (ni du froid), c’est-à-dire d’un froid intense. Au paradis il n’y a pas de soleil ni de vent : la température est modérée, il n’y a pas de chaleur extrême due au soleil ni de froid qui nuit. « Zamharīr » signifie un froid terrible.

Verset 14 : et les ombres de ses arbres seront proches, et ses fruits seront faciles à cueillir.

(Et les ombres de ses arbres seront proches d’eux), c’est-à-dire que les ombres des arbres du paradis seront proches des vertueux, les couvrant pour augmenter leurs bienfaits, même s’il n’y a ni soleil ni lune au paradis. (Et ses fruits seront faciles à cueillir), c’est-à-dire qu’ils sont rendus accessibles. (Ses fruits) seront faciles à cueillir. L’homme qui se tiendra debout, celui qui sera assis et celui qui sera allongé pourront cueillir ces fruits, sans que des épines ne les gênent, ni qu’ils ne soient trop hauts pour eux. S’il se lève, les fruits s’élèvent pour lui ; s’il s’asseoit, ils descendent ; et s’il s’allonge, ils s’approchent de lui pour qu’il puisse en manger. Quelle que soit la position de la personne : Dieu leur a asservi ainsi les fruits : Dieu leur a facilité de cueillir ces fruits, quelle que soit leur position : debout, assis ou allongé.

Verset 15 : et on fera circuler parmi eux des récipients d’argent et des coupes qui seront comme du cristal,

Des serviteurs feront le tour de ces vertueux (avec des récipients d’argent) dans lesquels ils boiront leurs boissons. (Et des coupes), c’est-à-dire des grands verres sans anse ni poignée, (qui seront comme du cristal). « Qawārīr » signifie que ces ustensiles sont en argent.

Verset 16 : en cristal d’argent, que les serviteurs auront mesurés avec précision.

Elles ont la clarté du cristal et la blancheur de l’argent. Leur clarté est celle du verre, mais elles sont faites d’argent. (Que les serviteurs auront mesurées avec précision) signifie que ceux qui font le tour les auront mesurées avec précision pour les buveurs, sans excès ni manque. Avec la blancheur et la beauté de l’argent, la pureté des bouteilles et leur transparence puisqu’on arrive à voir les boissons de l’extérieur

Ibnu ʿAbbās a dit : « toutes les bouteilles sur terre sont à partir du sol de la terre et la terre du paradis est en argent métal ».

Les gens du paradis ont fait en sorte que ces bouteilles aient une forme particulière : ces bouteilles sont telles qu’ils les ont voulues et estimées, par honneur pour eux. Ou alors ce sont ceux qui leur distribuent les boissons, ils ont rempli à hauteur de ce qui étanche la soif de ceux qui en boivent. Et c’est encore plus délicieux pour eux et plus facile à porter pour eux.

Verset 17 : et ils y boiront (au paradis) un verre dont le mélange est au gingembre.

Les vertueux boiront (un verre), c’est-à-dire du ẖamr mais ce n’est pas comme le ẖamr de ce monde. (Dont le mélange est au gingembre), c’est-à-dire que la boisson est mélangée à du gingembre. Les Arabes aimaient la boisson mélangée au gingembre pour son parfum agréable. Le gingembre a été mentionné pour les inciter à rechercher les délices de l’au-delà en leur parlant de ce qu’ils considéraient comme le summum du plaisir et de la bonne odeur. Ils recevront pour boissons au paradis un verre (de ẖamr) qui a été mélangé avec du gingembre : « zanǧabīl » est une source qui se trouve au paradis qui s’appelle « salsabīlā » ; la source a été appelée « zanǧabīl » en raison du goût du gingembre qui s’y trouve et les Arabes apprécient et trouvent bon le gingembre.

Verset 18 : d’une source qui y est appelée Salsabīl.

Il y a une source au paradis (appelée Salsabīl), dont l’eau est facile et agréable à avaler, et qui n’est pas comme le gingembre de ce monde. Et cette source a été appelée « salsabīlā » en raison de la facilité de l’écoulement de cette eau dans la gorge et la facilité de l’avaler.

Verset 19 : et des jeunes garçons éternels circuleront autour d’eux. Si tu les vois, tu les prendrais pour des perles éparpillées.

(Et circuleront autour d’eux), c’est-à-dire autour des croyants vertueux, (des jeunes garçons), c’est-à-dire des jeunes serviteurs qu’Allāh crée pour servir les gens du paradis. (Éternels) signifie qu’ils ne meurent pas. (Si tu les vois) est un verset adressé au prophète ﷺ, et d’autres ont dit à chaque croyant qui entre au paradis. Le sens est que si tu vois ces jeunes garçons, (tu les prendrais pour des perles éparpillées) en raison de leur beauté, de la pureté de la blancheur de leurs visages, de leur grand nombre et de leur dispersion dans les assemblées. La perle, lorsqu’elle est éparpillée sur un tapis, est plus belle à voir qu’une perle enfilée : « manṯūr » est plus joli en apparence que ce qui est « manẓūm » qui est ce qui constitué en collier.

Verset 20 : et quand tu regardes là-bas, tu ne verras que bonheur et un immense royaume.

Si tu regardes avec tes yeux (là-bas), c’est-à-dire au paradis,  » (tu verras bonheur et un immense royaume), c’est-à-dire un vaste royaume. Il a été rapporté dans le ṣaḥīḥ d’Al-Buẖāriyy que le dernier des gens de l’Enfer à en sortir et le dernier des gens du Paradis à y entrer aura l’équivalent de ce monde et de dix fois plus.

Ibn Al-Munḏīr a rapporté de ʿIkrimah que ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb est entré chez le prophète ﷺ alors qu’il était couché sur une natte de palme qui avait laissé des marques sur son flanc. ʿUmar s’est mis à pleurer. Le prophète lui demanda : « Qu’est-ce qui te fait pleurer ? » ʿUmar répondit : « je me suis souvenu de Chosroes et de son royaume, de Hormoz et de son royaume, et du roi d’Abyssinie et de son royaume. Et toi, Ô Messager d’Allāh, tu es couché sur une natte de palme ! » Le Messager de Allāh ﷺ répondit ce qui signifie : « ne te contentes-tu pas de ce qu’ils aient ce bas monde et que nous ayons l’au-delà ? » Allāh a alors révélé le verset 20 : il a été rapporté que celui qui possède le moins parmi les gens du paradis verra l’étendue de ce qui lui appartient sur une distance de mille années. Et il a été dit que ce sera une propriété qui ne sera pas suivie d’anéantissement, c’est-à-dire une souveraineté à jamais.

Verset 21 : ils seront vêtus de vêtements de soie fine et de brocart, et ornés de bracelets d’argent. Et leur Seigneur les abreuvera d’une boisson très pure.

(Sur eux), c’est-à-dire qu’au-dessus d’eux se trouvent (des vêtements de soie fine), qui est de la soie mince. (Verts) (et de brocart), qui est de la soie épaisse. (Et ils seront ornés), c’est-à-dire les gens du Paradis, de (bracelets), (d’argent). (Et leur Seigneur les abreuvera), Allāh a attribué l’action de les abreuver à Lui-même pour les honorer, (d’une boisson très pure. Et de sa pureté, elle ne se transforme pas en urine impure, mais en une sueur qui émane de leurs corps, dont l’odeur est celle du musc.

Ils seront servis par des serviteurs du paradis qui sont habillés avec du « sundus » c’est-à-dire de la soie qui est très fine qui est de couleur verte et ʾistabraq qui est de la soie qui est plus épaisse

Et ils portent des bracelets en argent : Ibnu l-Muṣayyib a dit : « aucun au paradis sans qu’il n’ait à sa main trois bracelets, un en or, un autre en argent et un troisième en perles » et il a été dit que c’est successivement ce qu’ils portent.

Leur Seigneur leur a donné à boire : c’est une attribution de l’acte à Dieu par honneur, pour dire que c’est quelque chose de particulier pour eux

Une boisson qui est pure : ce n’est pas quelque chose qui est répugnant comme le vin du bas-monde. Et il sera dit aux gens du paradis ce qui est dit dans le verset 22 :

Verset 22 : cette félicité sera votre rétribution pour vos œuvres et vos efforts sont récompensés.

(Ce bonheur) (est pour vous une récompense), c’est-à-dire une rétribution pour les bonnes œuvres que vous accomplissiez dans ce monde (et vos efforts), c’est-à-dire vos actions (sont récompensées), c’est-à-dire acceptés et récompensés. Et vos œuvres ont été rétribuées c’est-à-dire acceptées selon le jugement de Dieu puisque vous avez dit aux pauvres, aux orphelins et aux prisonniers : nous ne cherchons de votre part ni rétribution, ni remerciement.

Verset 23 : certes, c’est Nous qui t’avons révélé le Qur’ān par une révélation progressive.

Ô Muḥammad, ce Qur’ān, tu ne l’as pas inventé, tu ne l’as pas apporté de ta propre personne, comme le prétendent les polythéistes. (Révélation progressive) signifie qu’il a été révélé verset après verset, et non pas en une seule fois. Il a été révélé par parties au prophète. Puis, Allāh lui a ordonné la patience, en disant : la révélation n’était dispersée que pour une sagesse et parmi la sagesse, c’est l’ordre de faire preuve de patience.

Verset 24 : endure donc ce que ton Seigneur a décrété et n’obéis à aucun d’entre eux, qu’il soit pécheur ou mécréant.

Sois patient face à ce que ton Seigneur a décrété et dans la transmission de Son message. (Et n’obéis à aucun d’entre eux), c’est-à-dire parmi les polythéistes, (pécheur), c’est-à-dire celui qui commet des péchés et t’y incite, « ’aw kafūrā » (ou mécréant), c’est-à-dire celui qui est excessif dans le reniement et y appelle. « kāfūr » est une forme d’insistance, même si « kāfūr » est un (pécheur). Il n’est pas possible pour le prophète ﷺ d’obéir à l’un d’eux, car il est préservé de choses pareilles.

ʿAbdu r-Razzāq, Ibn Jarīr et Ibn Al-Mundhir ont rapporté de Qatādah qu’il lui est parvenu que Abū Jahl a dit : « si je vois Muḥammad prier, je lui écraserai le cou ! »

Patiente au jugement de ton Seigneur : patiente en transmettant le message et en supportant la nuisance avec le retard à te donner le soutien contre tes ennemis parmi les gens de La Mecque.

Et n’obéis à aucun d’entre eux, qui appelle au péché ou qui appelle à commettre une mécréance. Il a été dit que al-Āṯim c’est ʿUtbah car il était quelqu’un qui commettait des péchés et de la perversité et que al-Kāfūr c’est Al-Walīd qui était quelqu’un qui faisait preuve d’extrémisme dans la mécréance. Ce qui est visé ici c’est toute personne qui est dans la turpitude et la perversité et tout mécréant. C’est-à-dire : « n’obéis à aucune personne dans la turpitude, dans le péché et n’obéis à aucun mécréant ».

Verset 25 : et évoque le nom de ton Seigneur, matin et après-midi.

(Et évoque le nom de ton Seigneur) signifie : prie ton Seigneur. (Matin), c’est-à-dire la prière de l’aube, (et après-midi), c’est-à-dire les prières de aḏ-ḏuhr et de ʿaṣr.

Verset 26 : et prosterne-toi pour Lui une partie de la nuit et glorifie-Le une longue partie de la nuit.

Cela signifie les prières du maghrib et du ʿišaʾ. (Et glorifie-Le une longue partie de la nuit) signifie : les prières surérogatoires après les prières obligatoires, à savoir le tahaǧǧud de la nuit. Et fais les prières du maġrib et du ʿišaʾ

Et fais le tahhaǧud une longue partie de la nuit (deux tiers ou la moitié ou le tiers de la nuit)

Verset 27 : certes ceux-là (ces mécréants) aiment la vie éphémère (la vie présente) et laissent derrière eux un jour bien lourd.

Ce sont les mécréants. (Ils aiment la vie présente), c’est-à-dire qu’ils préfèrent ce monde à l’au-delà. (Et ils délaissent) (derrière eux), c’est-à-dire devant eux, dans le temps qu’ils vont affronter, (un Jour terrible), c’est-à-dire un Jour d’une grande sévérité, le Jour de la Résurrection. Le sens est qu’ils le délaissent, n’y croient pas et n’agissent pas pour lui. Le mot « lourd » est une métaphore pour la sévérité et la peur de ce Jour. Ils préfèrent le bas monde au détriment de l’au-delà et ils laissent derrière eux un jour terrible : ils n’y prêtent pas attention et il s’agit du jour du jugement dans lequel les difficultés sont énormes. Les difficultés du jour du jugement sont trop lourdes pour les mécréants.

Verset 28 :  C’est Nous qui les avons créés et qui avons raffermi leur création. Et si Nous voulons, Nous pouvons les remplacer par d’autres semblables.

Nous les avons créés de la boue. (Et Nous avons raffermi), c’est-à-dire que nous avons fortifié, perfectionné et bien fait (leur création). On a dit que « ’asrahum » fait référence à leurs articulations et jointures, qui sont raffermies les unes aux autres par des veines et des nerfs. On a aussi dit que « ’asrahum » est l’endroit par où sortent l’urine et les selles, et que cet endroit se contracte quand l’impureté sort. Ce discours indique les bienfaits de Allāh envers eux, alors qu’ils ont répondu à Ses bienfaits par la désobéissance. Le sens est : J’ai perfectionné ta création, ô homme, et l’ai rendue solide, et malgré cela tu mécrois en Moi ?

(Et si Nous voulons), c’est-à-dire les remplacer en les anéantissant, (Nous les remplacerons par d’autres semblables), qui sont obéissants.

Verset 29 : ceci est un rappel. Que celui qui veut prenne un chemin vers l’agrément de son Seigneur.

Cette sourate, ou ces versets du Qur’ān, ou l’ensemble de la Loi, est un rappel. Ce verset constitue une menace et une mise en garde et non un choix qui est donné comme a dit Abū Ḥayyān dans son tafsir. (Un rappel) signifie : une exhortation.

(Que celui qui veut prenne un chemin vers l’agrément de son Seigneur) signifie : une voie qui mène à Son obéissance et à la recherche de Son agrément, en suivant Son Messager.

Verset 30 : et vous ne voulez que si Allāh le veut. Certes, Allāh sait toute chose et Il a la sagesse absolue.

L’obéissance, la droiture et le fait de prendre une voie vers l’agrément d’Allāh ne peuvent avoir lieu que si Allāh le veut c’est-à-dire que cela ne se produit qu’avec la volonté de Allāh عزَّ وجلَّ. Ce verset est une preuve pour les gens de la Vérité qui disent que tout ce qui émane de l’esclave, qu’il s’agisse de bien ou de mal, d’obéissance ou de désobéissance, de foi ou de reniement, est créé par Allāh et dépend de Sa volonté. Votre volonté n’a lieu que par la volonté de Dieu. La volonté de Dieu ne dépend pas du temps, elle est de toute éternité. La volonté de Dieu dans l’obéissance, dans la désobéissance, dans la mécréance et la foi, est globale.

(Certes, Allāh sait absolument toute chose), c’est-à-dire qu’Il sait vos actions et ce qui émane de vous avant même votre création. Il est (Sage), c’est-à-dire dans Ses ordres, Ses interdictions et ce qu’Il fait.

Verset 31 : Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde, et pour les injustes, Il a préparé un châtiment douloureux.

Dieu donne Sa miséricorde à qui Il veut : c’est-à-dire aux croyants, Il les fait entrer au lieu de Sa miséricorde qui est le paradis parce que c’est par la miséricorde de Dieu que l’on obtient le paradis. Et là aussi c’est une réplique contre les moutazilites qui prétendent que Dieu a voulu faire entrer tous dans Sa miséricorde parce qu’Il a voulu la foi à tout le monde. Mais Dieu nous a appris qu’Il fait entrer qui Il veut dans Sa miséricorde.

(Et les injustes), ce sont les mécréants, que ce soit en se détournant de la foi en Allāh ou en Son Messager, ou en les insultant. (Il a préparé pour eux), c’est-à-dire dans l’au-delà, (un châtiment douloureux), c’est-à-dire un châtiment qui fait souffrir, qui est le châtiment de l’Enfer.

Ce verset réfute ceux qui disent que le châtiment de l’Enfer est seulement spirituel et non physique, prétendant que les versets d’avertissement ne sont là que pour effrayer et n’ont aucune réalité dans l’au-delà. Cela est une mécréance et un reniement du Qur’ān.

Quant aux mécréants, Dieu leur a préparé dans l’au-delà un châtiment douloureux qui est le châtiment de l’enfer.

77 – sūratu AL-MURSALĀT

C’est une sourate mecquoise qui comporte cinquante versets. Dans les six premiers versets, Dieu a juré par différentes catégories d’anges, six catégories.

Al-Buẖāriyy a rapporté dans son Ṣaḥīḥ, d’après ʿAbdullāh ibn Masʿūd, qu’il a dit : « alors que nous étions avec le Messager d’Allāh ﷺ dans une grotte, la sourate {Wa-l-mursalāt} lui a été révélée. Nous l’avons reçue de sa bouche. Soudain, un serpent est sorti. Le Messager d’Allāh a dit : « tuez-le. » Nous nous sommes précipités vers lui, mais il nous a échappé. Il a alors dit ce qui signifie : « il a été protégé de votre mal, tout comme vous avez été protégés de son mal.« 

Verset 1 : par les vents qui sont envoyés successivement : « Al-Mursalāt » (ce qui est envoyé) désigne les vents, « ʿurfā » (successivement) signifie que certains suivent d’autres, comme la crinière d’un cheval. On a aussi dit que les « mursalāt » sont les anges, et que « ʿurfā » signifie « ceux qui sont envoyés pour faire le bien », selon les ordres et les interdictions d’Allāh تعالى, c’est-à-dire que ces anges ont été envoyés les uns succédant aux autres.

Verset 2 : par ceux qui soufflent violemment : cela désigne les vents dont le souffle est puissant et le passage rapide. On a dit aussi que ce sont les anges qui emportent l’âme du mécréant avec violence. Et aussi par les anges qui se sont empressés pour obéir aux ordres de Dieu : al-ʿaṣf c’est le vent qui souffle violemment ; les anges se sont empressés d’obéir à Dieu, comme le vent quand il souffle très rapidement.

Verset 3 : par ceux qui étendent : cela désigne les vents qui étendent les nuages et apportent la pluie. On a aussi dit que ce sont les anges qui sont chargés des nuages et qui les répandent. Par les anges qui ouvrent leurs ailes dans l’air quand ils descendent pour la révélation ou pour propager les lois sur terre ou pour ressusciter les morts. Ils vont ressusciter les âmes qui sont mortes au sens figuré, mortes à cause de la mécréance et de l’ignorance de la science de la religion, grâce à ce qu’ils ont amené par la révélation : « an-našr » ici est dans le sens de redonner vie, comme la parole de Dieu « ṯumma šāʾa an-šarah » qui signifie « il l’a ressuscité après sa mort ».

Verset 4 : par ceux qui séparent la vérité du mensonge : ce sont les anges qui font la distinction entre le vrai et le faux. On a aussi dit que ce sont les versets du Qur’ān qui séparent la vérité du mensonge.

Verset 5 : par ceux qui transmettent le Rappel : ce sont les anges qui transmettent la révélation qu’ils ont reçue aux prophètes.

Verset 6 : pour établir la preuve ou avertir : (ʿuḏran) est l’établissement de la preuve contre les créatures. « L’avertissement » est par le châtiment et la punition. Cette révélation sera une cause de repentir pour ceux qui ont suivi la vérité et un avertissement pour ceux qui ont persisté sur la mécréance. Et cette révélation sera en faveur de ceux qui sont dans le droit chemin ou un avertissement pour ceux qui sont dans le déni.

Verset 7 : ce qui vous est promis va se produire sans aucun doute. C’est la réponse de ce par quoi Dieu a juré dans les 6 premiers versets. Ce qui vous est promis, à savoir les événements du Jour de la Résurrection, va certainement vous arriver et se produire, sans aucun doute.

Verset 8 : et lorsque les étoiles seront éteintes : soit elles auront disparu, soit leur éclat sera éteint.

Verset 9 : et que le ciel sera fendu : c’est-à-dire qu’il sera ouvert et fissuré ; il comportera des portes.

Verset 10 : et que les montagnes seront réduites en poussière : c’est-à-dire qu’elles seront arrachées de leur emplacement, réduites en miettes et brisées.

Verset 11 : et que le moment a été fixé pour les Messagers : c’est-à-dire que le jour a été fixé pour les messagers afin qu’ils se réunissent le Jour de la Résurrection ; lorsque les messagers auront reçu l’indication du moment pour témoigner contre leurs communautés

Verset 12 : pour quel jour cela a-t-il été retardé ? C’est-à-dire que ce jour est ultérieur. Ce verset indique la glorification de ce jour et c’est une sorte d’exclamation pour indiquer que ce jour est quelque chose de très important. C’est pour inciter les esclaves de Dieu à s’étonner des horreurs et des difficultés qui s’y produiront. Le sens est : pour quel Jour les messagers ont-ils été fixés ? Comme il est grand et terrible ! Ensuite, Allāh a expliqué et dit quel est ce Jour, en disant :

Verset 13 : c’est le jour où il sera jugé entre les créatures : ce qui est sous-entendu est que ce qui vous a été promis aura lieu. Ce jour-là, il y aura l’arbitrage entre les créatures et le jugement : celui qui a subi une injustice, cela sera réparé en sa faveur et celui qui a agi en bien, il sera rétribué en bien ; et celui qui a agi en mal, il sera rétribué avec la punition.

Verset 14 : et que sais-tu ce qu’est ce jour du grand arbitrage : c’est pour indiquer la gravité et pour indiquer l’étonnement et la glorification de ce jour-là. Cela accentue la grandeur, cela veut dire :  qui te fera connaître, Ô Muḥammad, ce qu’est le Jour du Jugement.

Verset 15 : malheur ce jour-là aux incrédules : à ceux qui auront démenti ce jour-là.

Verset 16 : n’avons-nous pas anéanti les prédécesseurs. C’est-à-dire les communautés antérieures qui ont disparu. Allāh nous informe qu’Il a fait périr les mécréants des nations passées par un châtiment dans ce monde, ceux qui ont démenti le messager qui leur a été envoyé, comme le peuple de Nūḥ, de ʿĀd et de Thamūd.

Verset 17 : et Nous leur faisons suivre les successeurs : là encore c’est une menace contre les gens de La Mecque ; c’est-à-dire que Nous ferons d’eux des semblables parmi les derniers, la même chose que ce que Nous avons fait avec les premiers, parce qu’ils avaient démenti tout comme vous, vous avez démenti. Nous ferons périr les derniers, qui sont le peuple d’Ibrāhīm, de Lūṭ et de Madyan, qui ont suivi la voie des premiers dans le reniement et l’incrédulité. C’est un avertissement pour les mécréants de La Mecque qui ont démenti Muḥammad ﷺ.

Verset 18 : ainsi agissons-Nous avec les criminels. Nous faisons ainsi avec les criminels : c’est-à-dire tous ceux qui ont commis un crime :  » al-muǧrimīn  » sont les mécréants. Le sens est : de la même manière que Nous avons agi avec ceux qui ont démenti les messagers avant toi, telle est Notre pratique avec leurs semblables parmi les nations mécréantes et avec ceux qui commettront la mécréance à l’avenir : Nous les ferons périr.

Verset 19 : malheur à ceux qui démentent ce dont Nous avons menacé les mécréants. C’est-à-dire ceux qui ont démenti les versets d’Allāh et Ses messagers.

Verset 20 : Ne vous avons-Nous pas créés d’un liquide faible ? (Mā ’in mahīn) c’est-à-dire un liquide faible, que les gens méprisent et qui est le liquide séminal de l’homme et de la femme. Aṭ-Ṭabāriyy a rapporté d’ibnu ʿAbbās que Dieu l’agrée, lui et son père que ce qui est visé par « mahīn » c’est de l’eau qui est faible.

Verset 21 : que Nous avons placé dans un lieu sûr : et Nous l’avons placé, c’est-à-dire le liquide faible, dans un lieu sûr, qui est l’utérus, dans lequel il est protégé ce qui qui pourrait le corrompre.

Verset 22 : jusqu’à un terme fixé. C’est-à-dire jusqu’à un moment que Dieu a fixé, qui est le moment de la naissance. C’est-à-dire que cette eau va rester dans cet endroit un certain temps que Dieu sait et qui correspond à neuf mois, ou plus ou moins.

Verset 23 : Nous sommes capables, Nous l’avons créé dans la meilleure des formes et des apparences. (Faqadarnā) vient dans le sens de la capacité. Cela signifie que Nous avons été capables de le créer et de le façonner comme Nous l’avons voulu. (Fa-niʿma al-qādirūn) :  Nous l’avons créé dans la meilleure des formes et des apparences. An-Nasafiyy a dit que le sens est : Nous avons prédestiné cela et Dieu fait Son propre éloge pour dire qu’Il est Celui Qui prédestine avec perfection les choses.

Verset 24 : malheur à ce jour-là à ceux qui auront démenti : la grâce de leur création. C’est-à-dire ceux qui renient la résurrection, car celui qui est capable de créer la première fois est capable de recommencer.

Verset 25 : n’avons-Nous pas fait de la terre un réceptacle ? (N’avons-Nous pas fait) pour vous, ô gens de la terre, (un réceptacle). N’avons-Nous pas fait de la terre ce qui regroupe.

Verset 26 : pour les vivants et les morts : (pour les vivants) sur sa surface (et pour les morts) dans ses profondeurs. Le sens est : n’avons-Nous pas fait de la terre un réceptacle qui rassemble les vivants à sa surface, dans leurs habitations, et les morts dans ses profondeurs, dans les tombes où ils sont enterrés ?

Verset 27 : et Nous y avons placé des montagnes fermes et hautes et Nous vous avons donné à boire de l’eau douce : (et Nous y avons placé), c’est-à-dire dans la terre (des montagnes fermes) (hautes), c’est-à-dire élevées. Le sens est que Dieu a placé sur la terre des montagnes stables, hautes et élevées. (Et Nous vous avons donné à boire de l’eau douce), c’est-à-dire de l’eau pure qui se boit et qui sert à arroser les cultures. Ce sont des bienfaits de Dieu sur Ses esclaves, qu’Il leur rappelle.

Verset 28 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti : ils auront démenti ces grâces qui vous ont été mentionnées.

Verset 29 : allez donc vers ce que vous avez démenti : c’est-à-dire l’enfer auquel vous n’aviez pas cru quand vous étiez dans le bas monde.

Verset 30 : allez vers une ombre (la fumée de l’enfer) qui a trois branches : (une ombre) est la fumée de l’enfer qui s’élève. (A trois branches), c’est-à-dire qu’elle se divise en trois branches à cause de son intensité et de sa force, ce qui est le cas d’une grande fumée lorsqu’elle s’élève. Le terme (šuʿab) (branches) désigne ce qui se sépare d’un seul corps.

Verset 31 : elle n’est ni rafraîchissante ni utile contre la flamme. Elle ne les protège pas et ne leur donne pas d’ombre contre la chaleur du soleil, (ni utile) c’est-à-dire que cette fumée ne leur est d’aucune utilité (contre la flamme), la flamme de l’enfer. Elle ne vous protègera pas de la chaleur des flammes.

Verset 32 : certes, l’enfer jette des étincelles aussi grandes que des forteresses. L’enfer jette des étincelles) qui s’envolent dans toutes les directions, (aussi grandes que des forteresses et des palais) en raison de leur taille. Ibn ʿAbbās a dit : « nous appelions le bois que nous ramassions pour l’hiver, qui mesurait trois coudées ou moins, « qaṣr ». » Il a été dit aussi que « qaṣr » signifie de gros morceaux de bois, comme les troncs de palmier et ce qui y ressemble.

Verset 33 : on dirait des chameaux [noirs penchant vers le jaune] : (on dirait), c’est-à-dire que les étincelles que l’enfer jette sont (des chameaux), pluriel de « jamal », « ṣufr », c’est-à-dire noirs qui penche vers le jaune. Les Arabes appellent les chameaux noirs « ṣufr ». Les étincelles sont comparées aux chameaux noirs. Ibn ʿAbbās a dit : « al-jimālāt as-ṣufr » sont les grosses cordes des bateaux lorsqu’elles sont enroulées les unes sur les autres, elles forment de grands blocs.

Verset 34 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti : c’est-à-dire : voici ce qui les attend. C’est-à-dire malheur, le Jour de la Résurrection, à ceux qui ont démenti cette menace par laquelle Allāh a menacé Ses esclaves qui ne croient pas en Lui.

Verset 35 : ce jour-là, ils ne parleront pas. C’est-à-dire qu’au Jour de la Résurrection, ils ne parleront pas, c’est-à-dire qu’à certains moments et dans certaines stations du Jour de la Résurrection, ils ne parleront pas. Cela est dû au fait qu’à certains moments, ils parleront, à d’autres, ils s’opposeront les uns aux autres, et à d’autres, on scellera leurs bouches et ils ne pourront pas parler. Ibnu ʿAbbās que Dieu l’agrée, lui et son père, a dit à propos de ce verset et du verset 31 de sūratu ẓ-ẓumar : ce jour-là, le jour du jugement, il y aura plusieurs stations : dans certaines stations, les gens vont se disputer, et dans d’autres, ils ne vont pas parler, ou ils ne vont pas dire ce qui leur sera profitable, c’est-à-dire que ce qu’ils vont dire, c’est comme s’ils n’avaient rien dit.

Verset 36 : et il ne leur sera pas donné l’autorisation de s’excuser. Cela signifie que, pour les péchés qu’ils ont commis dans ce monde, ils n’ont en réalité aucune excuse, car ils ont déjà été avertis et prévenus dans ce monde, donc ils n’ont plus d’excuse dans l’au-delà.

Verset 37 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti. Ce verset signifie que puisque leurs excuses ne sont pas valables et qu’ils n’ont aucune capacité à repousser le châtiment qui s’est manifesté suite aux mauvaises actions qu’ils ont commises, il est juste de dire à leur sujet : « Malheur, ce jour-là, à ceux qui ont démenti ! »

Verset 38 : voici le Jour de la Séparation. Nous vous avons rassemblés, vous et les premiers. Voici le jour de la séparation entre celui qui était sur la vérité et celui qui était sur le faux : entre celui qui a bien agi et celui qui a mal agi. C’est une séparation par la rétribution. Il leur sera dit : « ce jour est le Jour du Jugement, où il sera jugé entre toutes les créatures. Ainsi, le véridique se distinguera de l’imposteur, et le bienheureux (qui ira au paradis) se distinguera du malheureux (qui ira en enfer). (Nous vous avons rassemblés), c’est-à-dire que Dieu a rassemblé ceux qui ont démenti Muḥammad ﷺ (et les premiers), c’est-à-dire les mécréants qui ont démenti les prophètes avant lui.

Verset 39 : si vous pouvez ruser, rusez donc !! C’est-à-dire que si vous avez, en ce jour, une ruse pour échapper à la destruction, tout comme vous aviez des ruses dans le bas monde contre la religion agrée par Allāh et les croyants, (rusez donc !!). Ce verset est un défi, une réprimande et un reproche, car ils savent que les ruses n’ont aucun effet en ce Jour-là. C’est -à-dire : si vous avez un moyen pour repousser le châtiment, alors faites-le, en vous délivrant vous-mêmes de ce châtiment et c’est un défi pour prouver leur incapacité et c’est un blâme.

Verset 40 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti : c’est-à-dire que le châtiment sévère est pour ceux qui ont démenti la résurrection, le jugement, la rétribution et tout ce qui s’ensuit.

Verset 41 : certes ceux qui se préservent du châtiment de Dieu seront dans des ombres et des sources. Les pieux sont ceux qui ont cru en Allāh et en Son messager, ont accompli les obligations et ont évité les interdits. Ils seront dans des ombres qui sont les ombres des arbres et des palais, et des sources, c’est-à-dire des rivières (qui proviennent du paradis) qui coulent à travers les arbres de leurs jardins, remplies d’eau, de miel, de lait, et d’autres choses.

Verset 42 : et des fruits délicieux qu’ils désirent : qui sont plaisants et désirables, c’est-à-dire qu’ils mangent des fruits, et chaque fois qu’ils en désirent un, ils le trouvent disponible. Les fruits du Paradis ne sont pas limités à une saison, comme c’est le cas pour certains fruits de ce monde. Tous les fruits du Paradis sont disponibles en permanence, éternellement, alors que les fruits de ce monde ne le sont qu’à certaines périodes.

Verset 43 : mangez et buvez avec plaisir, en récompense de ce que vous faisiez. Alors qu’ils seront à l’ombre, il leur sera dit de manger et de boire par honneur pour ce que vous aviez accompli comme actes de bien dans le bas monde (Mangez), ô croyants, de ces fruits, (et buvez) de ces sources quand vous le désirez, « hanī’an » (avec plaisir) sans contrariété ni gâchis dans ce que vous mangez et buvez. (En récompense de ce que vous faisiez) dans ce bas monde, en obéissant à Allāh.

Verset 44 : c’est ainsi que Nous rétribuons les bienfaisants alors vous serez rétribués par cela. C’est-à-dire que Nous rétribuons (les bienfaisants), ceux qui étaient bienfaisants dans leur obéissance envers Nous et leur adoration de Nous dans ce monde, et donc Nous ne gâchons pas leur récompense dans l’au-delà.

Verset 45 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti. Malheur à ceux qui ont démenti la nouvelle de Dieu concernant l’honneur qu’Il a réservé à ces pieux le Jour de la Résurrection.

Verset 46 : cette parole s’adresse à ceux qui ont démenti dans le bas monde et c’est une menace : mangez et profitez un peu du bas monde car le profit du bas monde est peu. Car certes vous êtes des criminels : vous êtes des mécréants. C’est-à-dire que tout criminel, tout mécréant va manger, va profiter pendant quelques jours puis il demeurera dans la perdition et le châtiment perpétuel. Cette adresse est faite aux mécréants dans ce monde. « qalīlā » (un peu) signifie pour un court laps de temps, car la fin de votre plaisir et de vos délices sera la mort.

Verset 47 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti : qui ne croient pas en la grâce de l’au-delà. Ceux qui ont démenti le châtiment sévère que Dieu leur a préparé pour le Jour de la Résurrection.

Verset 48 : et quand il leur est dit : « inclinez-vous », ils ne s’inclinent pas. Quand il est dit à ces polythéistes : (inclinez-vous), c’est-à-dire « entrez en Islam et priez, (ils ne s’inclinent pas), c’est-à-dire qu’ils ne prient pas, ils ne croient pas pour faire partie des gens de la prière. Il a été dit aussi que cela leur sera dit dans l’au-delà, lorsqu’ils seront appelés à se prosterner, c’est-à-dire craignez Dieu, soyez modestes en acceptant la révélation et en suivant la religion et en délaissant l’orgueil, mais ils ne pourront pas. Il a été dit aussi que ce verset informe de la part de Dieu concernant ceux qui ont désobéi à Ses ordres et interdictions, ils ne suivent ni Ses commandements, ni ne se retiennent de Ses interdits.

Verset 49 : malheur ce jour-là à ceux qui auront démenti : c’est-à-dire qui n’ont pas cru aux ordres ni aux interdictions. Ceux qui ont démenti les messagers de Dieu et ont rejeté ce qu’ils leur ont transmis de Sa part et Ses interdictions.

Verset 50 : en quelle parole après cela croiront-ils ? C’est-à dire que s’ils ne croient pas au Qur’ān alors que c’est une preuve qui est claire, éclatante, et une preuve de la véracité du Messager ﷺ, en quel livre après celui-là vont-ils croire ? C’est une parole de blâme.

Tafsir : sourate al Moutaffiffiin

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur octobre 27, 2026

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

﴿ وَيْلٌ لِّلْمُطَفِّفِينَ ﴾

waylun li-l-muṭaffifīn

1 Malheur aux fraudeurs : un extrême châtiment pour ceux qui diminuent les droits des gens lors de la mesure du volume et de la pesée du poids. التطفيف (at-taṭfīf) signifie la fraude.

﴿ الَّذِينَ إِذَا اكْتَالُوا عَلَى النَّاسِ يَسْتَوْفُونَ ﴾

al-ladhīna ʾidha ktālū ʿala n-nāçi yastawfūn

2 Ceux qui, lorsqu’ils vont prendre leur mesure pour eux-mêmes chez les gens, exigent la pleine mesure : ils s’assurent de recevoir la totalité de leurs droits.

﴿ وَإِذَا كَالُوهُمْ أَو وَّزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ ﴾

wa ʾidhā kālūhum ʾaw wazanūhum yukhsirūn

3 Tandis que lorsqu’ils vont mesurer ou peser pour les autres, ils diminuent. C’est-à-dire que lorsqu’ils sont les vendeurs, ils ne donnent pas la mesure promise lors du contrat de vente.

﴿ أَلَا يَظُنُّ أُولَٰئِكَ أَنَّهُم مَّبْعُوثُونَ ﴾

ʾalā yaḍhunnu ʾulāʾika ʾannahum mabʿūthūn

4 Ces gens-là ne pensent-ils donc pas qu’ils vont être ressuscités ? N’ont-ils pas conscience qu’ils vont sortir de leurs tombes ?

﴿ لِيَوْمٍ عَظِيمٍ ﴾

li yawmin ʿaḍhīm

5 Pour un jour éminent. C’est-à-dire le Jour du Jugement. Il s’agit ici d’un blâme et cela est surprenant que des gens aient cette audace de faire le taṭfīf, c’est-à-dire de tromper les gens dans les poids et mesures. C’est comme s’ils ne réfléchissaient pas au fait qu’ils vont être ressuscités, qu’ils auront à rendre des comptes, ne serait-ce que pour le poids d’un grain de poussière. S’ils pensaient vraiment qu’ils allaient être ressuscités, ils n’auraient pas diminué dans les mesures et les pesées.

﴿ يَوْمَ يَقُومُ النَّاسُ لِرَبِّ الْعَالَمِينَ ﴾

yawma yaqūmu n-nāçu li-Rabbi l-ʿālamīn

6 Le jour où les gens vont sortir pour le jugement du Seigneur des mondes. Ils seront rassemblés, suite à Son ordre et pour Sa rétribution.

﴿ كَلَّا إِنَّ كِتَابَ الْفُجَّارِ لَفِي سِجِّينٍ ﴾

kallā ʾinna kitāba l-fujjāri lafī Sijjīn

7 Kallā : c’est un avertissement pour dissuader les gens de tomber dans les péchés ou l’égarement, c’est une réprimande pour le fait de tromper les gens et cette insouciance de ne pas penser à la résurrection. Il faut donc qu’ils fassent le repentir et qu’ils regrettent cela. Puis la suite est la menace envers les pervers en général.
Les œuvres des pervers (ici il s’agit des mécréants) seront dans siǧǧīn : c’est-à-dire la partie basse de la septième terre.

﴿ وَمَا أَدْرَاكَ مَا سِجِّينٌ ﴾

wa mā ʾadrāka mā Sijjīn

8 Et sais-tu ce qu’est siǧǧīn ? Te rends-tu compte de ce qu’est siǧǧīn ? C’est un registre où sont inscrites les œuvres des démons, des mécréants parmi les ǧinn et les humains. C’est une parole qui amplifie la gravité de ce que contient ce livre.

﴿ كِتَابٌ مَّرْقُومٌ ﴾

kitābun marqūm

9 C’est un livre tracé dont l’écriture est claire. C’est un registre bien scellé, un livre qui est consigné. Ou bien c’est un livre tel que, si quelqu’un le voit, il sait qu’il n’y a pas de bien dedans. Linguistiquement, il est composé sur le rythme de « fiʿʿīl » et provient de « as-saǧan » qui est la prison et aussi la gêne parce qu’il est une cause d’emprisonnement et de gêne en enfer.

﴿ وَيْلٌ يَوْمَئِذٍ لِّلْمُكَذِّبِينَ ﴾

waylun yawmaʾidhin li-l-mukadhdhibīn

10 Malheur ce jour-là (lorsque va sortir ce qui est inscrit) pour ceux qui auront démenti : c’est-à-dire ceux qui renient le jour de la résurrection.

﴿ الَّذِينَ يُكَذِّبُونَ بِيَوْمِ الدِّينِ ﴾

al-ladhīna yukadhdhibūna bi yawmi d-dīn

11 Ceux qui démentent et ne croient pas au Jour du Jugement. C’est-à-dire ceux qui renient le jour de la rétribution et de l’exposition des œuvres.

﴿ وَمَا يُكَذِّبُ بِهِ إِلَّا كُلُّ مُعْتَدٍ أَثِيمٍ ﴾

wa mā yukadhdhibu bihi ʾillā kullu muʿtadin ʾathīm

12 Or ne dément la réalité de ce jour que tout transgresseur et tout pécheur : et ce jour-là, seuls ceux qui sont injustes et qui dépassent leurs limites, ceux qui acquièrent des péchés, osent le démentir.

﴿ إِذَا تُتْلَىٰ عَلَيْهِ آيَاتُنَا قَالَ أَسَاطِيرُ الْأَوَّلِينَ ﴾

ʾidhā tutlā ʿalayhi ʾāyātunā qāla ʾaçāṭīru l-ʾawwalīn

13 Lorsque Nos versets lui sont récités (c’est-à-dire le Qurʾān) il dit que ce sont des contes d’anciens. Az-Zaǧǧāǧ a dit que ce sont des « asāṭīr » c’est-à-dire des histoires qui ne sont pas vraies, ou mythes.

﴿ كَلَّا بَلْ رَانَ عَلَىٰ قُلُوبِهِم مَّا كَانُوا يَكْسِبُونَ ﴾

kallā bal rāna ʿalā qulūbihim mā kānū yaksibūn

14 Ah que non ! Là aussi c’est une réprimande pour cet injuste, criminel, pour ce qu’il aura dit. « Bal » : c’est pour nier ce qu’il a dit. Et Ḥafṣ, dans la récitation, marque un petit arrêt après le lām.
Ce qu’ils ont fait comme péchés a recouvert leurs cœurs : leurs cœurs ont été recouverts par ce qu’ils ont acquis. C’est-à-dire que ce qu’ils ont acquis comme mal a eu le dessus sur leurs cœurs, a noyé leurs cœurs. Les péchés qu’ils ont acquis ont envahi leurs cœurs, jusqu’à ce que leurs cœurs noircissent et deviennent obscurs à cause de leurs péchés. الران ar-rān, c’est la rouille qui recouvre leurs cœurs.

Il est rapporté dans le hadith rapporté par at-Tirmidhiyy, Ibn Māǧah et l’imām Aḥmad : l’esclave qui commet un péché aura un point noir dans son cœur, et lorsqu’il s’arrête de le faire, il demande le pardon, il fait le repentir, alors ce point noir sera éliminé. Mais s’il récidive, il sera augmenté, jusqu’à ce qu’il recouvre tout son cœur et c’est de cela dont il est question dans ce verset 14 : il sera placé dans son cœur des traces, petites comme un point sur un papier et cela diffère selon sa gravité. S’il arrête le péché, alors son cœur sera nettoyé, il sera purifié comme un verre ou une épée qui est bien affûtée et qui est lisse.

﴿ كَلَّا إِنَّهُمْ عَن رَّبِّهِمْ يَوْمَئِذٍ لَّمَحْجُوبُونَ ﴾

kallā ʾinnahum ʿan Rabbihim yawmaʾidhin lamaḥjūbūn

15 Ah que non ! Ce jour-là, (le jour de la résurrection) la vue de leur Seigneur leur sera voilée, ils seront privés de cela. Az-Zaǧǧāǧ a dit que c’est une preuve qu’à l’opposé, les croyants verront leur Seigneur. Car sinon, il n’y aurait pas d’intérêt à dire que les mécréants ne verront pas leur Seigneur. Et Mālik Ibn Anas a dit : comme Il a voilé à Ses ennemis le fait qu’ils Le voient, alors Dieu fait qu’Il sera vu par les croyants.

﴿ ثُمَّ إِنَّهُمْ لَصَالُو الْجَحِيمِ ﴾

thumma ʾinnahum laṣālu l-jaḥīm

16 Après (qu’ils auront été voilés de voir leur Seigneur), ils brûleront en enfer. Et ils seront grillés en enfer.

﴿ ثُمَّ يُقَالُ هَٰذَا الَّذِي كُنتُم بِهِ تُكَذِّبُونَ ﴾

thumma yuqālu hādha l-ladhī kuntum bihi tukadhdhibūn

17 Et il leur sera dit : voilà ce que vous traitiez de mensonge : c’est-à-dire voilà le châtiment que vous démentiez. Vous ne croyiez pas au châtiment quand vous étiez dans le bas-monde et vous reniiez le fait qu’il ait lieu.

﴿ كَلَّا إِنَّ كِتَابَ الْأَبْرَارِ لَفِي عِلِّيِّينَ ﴾

kallā ʾinna kitāba l-ʾabrāri lafī ʿIlliyyīn

18 Kallā : c’est une réprimande à l’encontre des mécréants pour montrer que ce n’est pas comme ils pensent.

Le registre des pieux c’est-à-dire ce qui a été écrit comme acte des bienfaisants, c’est-à-dire de la part de ceux qui sont obéissants, qui ne trompent pas les autres dans les mesures, qui croient en la résurrection.
Sera à ʿilliyyīn : qui est le nom du registre du bien, dans lequel a été enregistré tout ce que les anges et les vertueux des humains et des ǧinn ont fait : il a été appelé ainsi parce qu’il est une cause d’élévation en degrés des pieux au paradis ou bien parce qu’il est élevé au septième ciel, là où résident al-karūbiyyūn qui sont ceux qui ont les plus hauts degrés (ce sont les maîtres parmi les anges comme Ǧibrīl, Mīkāʾīl et Isrāfīl ʿalayhimu s-salām).

﴿ وَمَا أَدْرَاكَ مَا عِلِّيُّونَ ﴾

wa mā ʾadrāka mā ʿIlliyyūn

19 Et sais-tu ce qu’est al-ʿilliyyūn ? C’est une question adressée au Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

﴿ كِتَابٌ مَّرْقُومٌ ﴾

kitābun marqūm

20 C’est un registre bien scellé : c’est un livre dans lequel sont inscrites et enregistrées les œuvres des pieux.

﴿ يَشْهَدُهُ الْمُقَرَّبُونَ ﴾

yachhaduhu l-muqarrabūn

21 Les rapprochés de l’agrément de Dieu témoignent de ce livre des pieux : il s’agit des anges des plus hauts degrés : il a été dit que les œuvres des bienfaisants seront notées par les anges de plus hauts degrés de chaque ciel lorsque ces œuvres-là seront élevées dans les cieux. Les anges de haut rang de chaque ciel assistent à l’élévation de ce livre en signe de respect pour le croyant.

﴿ إِنَّ الْأَبْرَارَ لَفِي نَعِيمٍ ﴾

ʾinna l-ʾabrāra lafī naʿīm

22 Certes les pieux seront dans une félicité : ils seront dans un délice, un bonheur au paradis.

﴿ عَلَى الْأَرَائِكِ يَنظُرُونَ ﴾

ʿala l-ʾarāʾiki yanḍhurūn

23 Ils seront sur des divans (qui comportent comme une tente) et ils observent ce que Dieu leur a accordé comme bienfaits et ils voient comment leurs ennemis seront châtiés.

﴿ تَعْرِفُ فِي وُجُوهِهِمْ نَضْرَةَ النَّعِيمِ ﴾

taʿrifu fī wujūhihim naḍrata n-naʿīm

24 Tu sauras reconnaître sur leurs visages l’éclat de la félicité : c’est-à-dire la joie et la douceur vont marquer leurs visages suite à la félicité dans laquelle ils vont se retrouver.

﴿ يُسْقَوْنَ مِن رَّحِيقٍ مَّخْتُومٍ ﴾

yusqawna min raḥīqin makhtūm

25 Il leur sera donné à boire d’une boisson pure scellée : elle est de très bonne qualité. Le ẖamr du paradis est différent de celui de cette terre d’ici-bas : il ne comporte aucune nuisance.

﴿ خِتَامُهُ مِسْكٌ وَفِي ذَٰلِكَ فَلْيَتَنَافَسِ الْمُتَنَافِسُونَ ﴾

khitāmuhu misk, wa fī dhālika falyatanāfaçi l-mutanāfiçūn

26 Dans des récipients qui seront scellés par du musc : chaque récipient sera scellé et le nom de chacun sera inscrit dessus et ne sera ouvert que par lui. Ou bien : on sent l’odeur du musc quand on termine de boire cette boisson.

Et c’est pour cela (pour cette boisson ou cette félicité) que les gens doivent rivaliser et se concurrencer : il convient que les gens souhaitent l’obtenir et ceci ne peut avoir lieu qu’en s’empressant de faire le bien et en s’abstenant de faire le mal.

﴿ وَمِزَاجُهُ مِن تَسْنِيمٍ ﴾

wa mizājuhu min Tasnīm

27 Et elle sera mélangée avec du tasnīm : le ẖamr sera mélangé avec du tasnīm : c’est le nom d’une source au paradis : c’est la boisson la plus précieuse au paradis. Ou bien parce qu’elle vient d’en haut et se déverse dans leurs récipients.

﴿ عَيْنًا يَشْرَبُ بِهَا الْمُقَرَّبُونَ ﴾

ʿaynan yachrabu biha l-muqarrabūn

28 C’est une source d’eau à partir de laquelle vont boire ceux qui ont les plus hauts degrés : parmi les humains comme Abū Bakr, ʿUmar, ʿUṯmān, ʿAliyy, que Dieu les agrée : ils vont boire de cette eau sans qu’elle ne soit mélangée avec autre chose. Et elle sera mélangée à autre chose pour « aṣḥābu l-yamīn » qui ont un degré moindre que les premiers.

﴿ إِنَّ الَّذِينَ أَجْرَمُوا كَانُوا مِنَ الَّذِينَ آمَنُوا يَضْحَكُونَ ﴾

ʾinna l-ladhīna ʾajramū kānū mina l-ladhīna ʾāmanū yaḍḥakūn

29 Ceux qui étaient criminels (ceux qui ont mécru) ils se moquaient de ceux qui étaient croyants dans le bas-monde : ils les dénigraient, ils se raillaient d’eux, ils les ridiculisaient, comme ʿAmmār Ibn Yāsir, Bilāl et H̱abbāb.

﴿ وَإِذَا مَرُّوا بِهِمْ يَتَغَامَزُونَ ﴾

wa ʾidhā marrū bihim yataghāmazūn

30 Quand ils passaient auprès d’eux, ils se faisaient des signes les uns envers les autres : ils se faisaient des clins d’œil pour se moquer d’eux et les discréditer. (Yataġāmazūn).

﴿ وَإِذَا انقَلَبُوا إِلَىٰ أَهْلِهِمُ انقَلَبُوا فَكِهِينَ ﴾

wa ʾidha nqalabū ʾilā ʾahlihimu nqalabū fakihīn

31 Et quand ils (les mécréants) retournaient auprès des leurs, ils étaient satisfaits de s’être moqués des croyants : ils prenaient du plaisir à faire cela.

﴿ وَإِذَا رَأَوْهُمْ قَالُوا إِنَّ هَٰؤُلَاءِ لَضَالُّونَ ﴾

wa ʾidhā raʾawhum qālū ʾinna hāʾulāʾi laḍāllūn

32 Et lorsqu’ils les voyaient, ils disaient « ces gens-là sont des égarés » : ils considéraient la foi des musulmans comme un égarement. Ils pensaient que les musulmans s’étaient trompés en délaissant les plaisirs du bas-monde, pour quelque chose d’imaginaire qu’ils pensaient avoir au paradis.

﴿ وَمَا أُرْسِلُوا عَلَيْهِمْ حَافِظِينَ ﴾

wa mā ʾursilū ʿalayhim ḥāfiḍhīn

33 Alors que les mécréants n’ont pas été envoyés aux croyants pour les surveiller : ils n’ont pas été chargés de surveiller les œuvres des croyants. Mais les mécréants ont reçu l’ordre de se protéger eux-mêmes. Ils avaient le devoir de s’occuper d’eux-mêmes plutôt que de se moquer des croyants.

﴿ فَالْيَوْمَ الَّذِينَ آمَنُوا مِنَ الْكُفَّارِ يَضْحَكُونَ ﴾

fa-l-yawma l-ladhīna ʾāmanū mina l-kuffāri yaḍḥakūn

34 Au Jour du Jugement, ce sont les croyants qui vont se rire des mécréants. Tout comme les mécréants s’étaient moqués des croyants dans le bas-monde. C’est une rétribution.

﴿ عَلَى الْأَرَائِكِ يَنظُرُونَ ﴾

ʿala l-ʾarāʾiki yanḍhurūn

35 Ils (les croyants) seront sur des lits et ils vont observer : la situation dans laquelle seront les mécréants comme châtiment après la gloire et l’orgueil dans le bas-monde.

﴿ هَلْ ثُوِّبَ الْكُفَّارُ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَ ﴾

hal thuwwiba l-kuffārou mā kānū yafʿalūn

36 Est-ce que les mécréants ont été récompensés de ce qu’ils ont fait dans le bas-monde ? N’est-ce pas là la juste rétribution des mécréants pour ce qu’ils avaient fait : c’est-à-dire n’ont-ils pas été rétribués pour leur moquerie envers les croyants dans le bas-monde ? C’est une affirmation qui indique qu’ils ont été rétribués pour cela. Ce qu’ils ont fait dans le bas-monde leur a fait mériter le châtiment dans l’au-delà.

Tafsir an-Nasafiyy : sourate an-Nisaa versets : 1-32

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 28, 2026

Sūratu n-Nisāʾ

Elle est médinoise et comporte cent soixante-seize versets.

Verset 1 : Ô vous les gens : c’est-à-dire ô vous descendants d’Ādam

Craignez votre Seigneur Qui vous a créés à partir d’une seule personne : votre Seigneur Qui vous a fait dériver tous à partir d’une même origine qui est votre père à tous et il s’agit d’Ādam ʿalayhi s-salām.

Et Il a créé à partir d’Ādam son épouse : Dieu vous a fait apparaitre à partir d’une seule personne dont telle est la caractéristique :  Dieu l’a créée de terre, et de la personne d’Ādam, Dieu a créé son épouse Hawwāʾqui a été a été créée à partir d’une des côtes d’Ādam.

Et à partir d’eux deux, Dieu a fait qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes. Dieu a fait que se propagent à partir de ces deux-là les deux espèces du genre humain, qui sont des hommes et des femmes. Et Celui Qui est tout puissant à faire cela, Il est puissant sur toute chose. Et parmi les choses sur lesquelles Il est tout puissant, c’est de punir les mécréants et les pervers. La réflexion à ce sujet mène à craindre Celui qui est tout puissant à châtier et mène à craindre Son châtiment.

Et craignez Dieu Celui par Lequel vous vous suppliez les uns les autres : quand on dit à quelqu’un, pour l’attendrir, la parole « bi l-Lāh », on veut dire : « par l’amour révérenciel que tu as pour Dieu, fais cela »

Et les liens de parenté :  faites bien attention à ne pas rompre les liens de parenté, ceci pour montrer l’importance des liens de parenté.

Certes Dieu sait tout de vous : rien n’échappe à Dieu à votre sujet.

Verset 2 : et accordez aux orphelins leurs biens : c’est-à-dire quand ils atteignent la puberté, donnez-leur les biens que leur ont laissé leurs parents. Dès qu’ils atteignent la puberté, ils ne sont plus orphelins mais comme il n’y a pas si longtemps, ils l’étaient, ils sont encore nommés ainsi. Il y a ainsi une indication à ne pas retarder à leur donner leurs biens dès que ces orphelins atteignent la puberté, si on pense d’eux qu’ils vont gérer leurs biens de manière réfléchie c’est-à-dire si on pense qu’ils ont atteint une maturité qui leur permet de gérer leurs biens.

Ne remplacez pas ce qui est mauvais par ce qui est bon : autrement dit, ne substituez pas à ce qui vous est interdit (à savoir les biens des orphelins) par ce qui vous est licite (à savoir votre bien à vous).

Et ne prenez pas leurs biens pour les rajouter à vos propres biens à vous : ne rajoutez leurs biens à vos biens à vous lorsque vous engagez des dépenses de sorte que vous ne distinguiez plus entre vos biens et leurs biens, par insouciance et que vous en arriviez à consommer ce qui ne vous est pas licite. Et que vous ne fassiez pas de différence entre leurs biens et vos propres biens.

Car cela est extrêmement grave : c’est-à-dire consommer les biens des orphelins est extrêmement grave c’est-à-dire que c’est un grand péché.

Verset 3 : et si vous craignez de ne pas être équitables : c’est-à-dire de ne pas être justes à propos des orphelins (ici c’est un pluriel qui englobe les filles et les garçons) 

Alors épousez ce que bon vous semble : c’est-à-dire ce qui vous est licite, autorisé

Parmi les femmes : parce qu’il y a parmi les femmes celles que Dieu vous sont interdites et qui sont mentionnées dans le verset de sūratu at-taḥrīm. Il a été dit : si vous craignez d’être injustes envers les orphelins, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; c’est -à-dire que si vous craignez d’être injustes envers les orphelins dans la gestion de leurs biens, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; alors épousez ce qui vous sont licites comme femmes et ne tournez pas autour des interdits. Il a été dit que c’était des gens qui n’avaient pas de scrupules à commettre la fornication mais ils craignaient d’assurer la tutelle des orphelins. Alors il leur a été dit cela : « si vous craignez d’être injustes à propos des orphelins, alors, à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication. Et pour ne pas tomber dans la fornication, épousez ce qui vous est licite comme femmes. Et ne rodez pas autour des interdits.

Epousez des femmes qui vous sont licites en un nombre bien limité, deux, trois ou quatre : c’est comme si on dit à quelqu’un : partagez -vous cette somme d’argent : deux /deux, ou trois/trois : c’est-à-dire comme ainsi et pas cinq/cinq par exemple. Celui d’entre vous qui veut épouser plus d’une, alors que ce soit dans cet ordre : chacun d’entre vous épouse deux, ou trois ou quatre, selon cet ordre-là et pas selon un autre ordre.

Si vous craignez de ne pas être équitable, alors que ce soit une seule : c’est-à-dire : attachez-vous à n’en épouser qu’une ou choisissez une (dans le cas où certains, à ce moment-là avaient plus que quatre femmes : il leur est dit : si tu crains de ne pas être équitable, tu gardes une femme et tu te sépares des autres)

Ou celles qui vous appartiennent : il a considéré comme équivalent, dans le cas où ils craignent de ne pas être équitables, soit une seule épouse libre ou plusieurs femmes esclaves (sans limiter le nombre des femmes esclaves)

Cela (il fait allusion entre choisir une seule épouse ou avoir des femmes esclaves) vaut mieux que de favoriser une ou d’être injuste.

Verset 4 : et accordez aux femmes leurs dots d’un don qui soit de bon cœur : la parole s’adresse ici aux maris. Il a été dit que cette phrase s’adresse au tuteur qui prenait la dot de la femme : c’est pour leur rappeler que la dot est destinée à la femme. 

Alors si elles acceptent de bon cœur de vous en donner (c’est-à-dire aux maris) une part (c’est-à-dire de la dot) c’est-à-dire qu’elles ont accepté de bon cœur de vous rendre une partie de la dot, mais sans qu’elles n’y soient contraintes à cause de votre mauvais comportement et votre mauvaise vie conjugale,

Alors consommez-le sans péché : et sans qu’il y ait de mal en cela. Cette expression « hanī’an marīʾan » est pour indiquer que c’est licite et qu’il n’y a pas de charge contre vous si vous le faites.

Verset 5 : n’accordez pas aux impudents c’est-à-dire ceux (ceux qui étaient orphelins puis qui ont atteint la puberté) qui gaspillent leurs biens, ceux qui dépensent leurs biens dans ce qu’il ne convient pas et qui n’ont pas la capacité de bien gérer leurs biens, de les faire fructifier et de les utiliser à bon escient : la parole s’adresse ici aux tuteurs

Vos biens : c’est-à-dire les biens des orphelins dont vous avez la charge en tant que tuteurs (en effet ce sont les tuteurs qui gèrent les biens de ces orphelins) alors que Dieu a fait que les biens (en général) soient un moyen de vie pour vous, pour vos familles et vos enfants. Donc ce verset ne veut pas dire que les biens de l’orphelin sont un moyen pour vous de vie pour vos familles.

Et faites-les fructifier : faites en sorte que ces biens soient une source de subsistance pour eux : faites avec ce bien du commerce pour dégager par-là du bénéfice et que leurs frais de charge soient couverts à partir des bénéfices et non pas à partir du bien en soi, pour que le bien ne soit pas consommé uniquement par les dépenses.

Et assurez leur subsistance et achetez-leur aussi des vêtements et dites-leur de belles paroles : c’est-à-dire c’est la promesse que, si vous êtes mûrs lorsque vous atteindrez votre puberté, nous vous rendrons vos biens.

Verset 6 : éprouvez les orphelins : c’est-à-dire : examinez leur comportement, testez leur état et leurs connaissances de la bonne gestion, avant la puberté. Le test « chez nous » signifie « chez les Hanafites » (car l’imam An-Nasafiyy est hanafite) : le test chez eux consiste à leur donner un certain montant pour le gérer, pour déterminer leur état, pour déterminer ce qu’ils vont faire avec ce qui leur a été confié. Il y a la preuve qu’il est permis d’autoriser à un enfant mature de faire du commerce.

Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage : c’est-à-dire la puberté, parce que c’est l’âge qui rend valide le mariage, l’âge auquel le rapport sexuel est possible. Il a été appelé l’âge du mariage car « an-nikāḥ » est un terme qui désigne le mariage et le rapport sexuel.

S’il s’avère pour vous qu’ils sont matures : dans leur comportement (la gestion d’activités) et dans les transactions,

Alors rendez-leur leurs biens : sans retard par rapport à l’âge de la puberté. C’est comme s’il disait : testez les orphelins jusqu’à leur puberté, ils sont en droit de recevoir leurs biens et donnez-leur leurs biens à condition que vous ayez remarqué leur maturité.

Et ne consommez pas leurs biens en gaspillant et en vous empressant qu’ils ne grandissent : ne consommez pas les biens de l’orphelin par gaspillage et par anticipation de leur croissance, en disant « nous les dépensons dans ce que nous désirons, avant que l’orphelin ne devienne pubère et ne récupère les biens qui sont entre nos mains ».

Dans ce verset, Dieu a donné deux règles : une dans le cas où le tuteur est tuteur d’un orphelin qui est riche et une dans le cas où le tuteur est le tuteur d’un orphelin qui est pauvre :  celui qui est riche évite de consommer le bien de l’orphelin, il se préserve autant que faire se peut de la consommation du bien de l’orphelin.  Quant au pauvre, il peut consommer ce qui lui permet de survivre tout en prenant ses précautions lorsqu’il consomme.

Quand vous leur rendrez leurs biens, alors prenez des témoins à ce sujet : prenez des témoins qui témoignent que les orphelins ont bien réceptionné leurs biens, pour éviter tout reniement ultérieur.

Et Dieu suffit pour faire rendre des comptes aux gens : et cela suffit. Au Jour du Jugement il y aura la justice.

Verset 7 : les hommes ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté et les femmes également ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté : ce sont ces gens-là qui héritent les uns les autres, à partir du lien de parenté. Donc c’est le lien de parenté qui implique un héritage. Elles auront une part qui est inférieure ou bien supérieure, mais ce sont des parts qui sont déterminées dans la Loi de l’Islam. C’est-à-dire que chacun aura une part déterminée de l’héritage. Alors que les gens de l’époque de l’ignorance avant la venue du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne donnaient pas d’héritage ni aux enfants ni aux femmes. Et ils disaient : n’hérite que celui qui sait utiliser une lance et obtenir un butin. Ils visaient les hommes capables de se battre. Alors que l’Islam est venu pour définir la part pour chacun.

Verset 8 : et si, sont présents au partage de l’héritage la parenté (qui ne font pas partie des héritiers) et qu’il y a des orphelins et des pauvres (qui ne sont pas de la parenté) donnez-leur une part (de ce qu’ont laissé les parents et la parenté) : ici c’est un ordre de recommandation (amru nadbin) et dites-leur de belles paroles : à ceux qui ne font pas partie de la parenté, dites -leur de belles paroles, c’est-à-dire une belle excuse et de belles promesses ; c’est-à-dire soyez généreux avec eux.

Verset 9 : ceux qui craignent, s’ils meurent, de laisser une descendance qui est démunie, ils ont peur pour eux. Qu’ils craignent Dieu: ceux qui sont visés ici, ce sont les tuteurs, autres que la parenté. Comme si un père recommande quelqu’un de confiance, au cas où lui-même meurt, en assumant les charges et en faisant fructifier leur héritage et en le préservant. Ces tuteurs (autres que la parenté) ont reçu l’ordre de craindre Dieu et de préserver ceux qui sont sous leur tutelle. Dans ce verset, Dieu leur ordonne de craindre pour ceux qui sont sous leur tutelle parmi les orphelins, de la même crainte et de la même compassion que s’ils avaient été leur propre descendance et qu’ils étaient démunis et faibles. Et qu’ils s’engagent à cela dans leurs cœurs et que s’ils s’imaginent que c’était leurs propres enfants, pour qu’ils n’osent pas agir d’une manière différente de la compassion et de la miséricorde. (Ils se disent dans leurs cœurs : si ces orphelins étaient mes propres enfants, comment aimerais-je que d’autres les gèrent ? Donc moi, je vais gérer ces orphelins comme j’aurais espéré que d’autres gèrent mes propres enfants)

Et qu’ils disent des paroles justes : la parole juste, ici, de la part du tuteur, c’est qu’il s’adresse à  ces orphelins tout comme il s’adresserait à ses propres enfants, avec la bienséance et le bon accueil.

Verset 10 : c’est un verset de menace et d’avertissement : ceux qui consomment les biens des orphelins injustement. C’est-à-dire en agissant avec injustice, d’une manière qui n’est pas conforme à la Loi de l’Islam ; ils sont en train de remplir leur ventre d’un feu, c’est comme s’ils sont en train d’avaler du feu. Ils ne font que consommer ce qui va entrainer vers l’enfer. Il a été rapporté que celui qui consomme les biens de l’orphelin injustement, il sortira de sa tombe au Jour du Jugement (il sera ressuscité) avec de la fumée qui sort de sa tombe, de la fumée qui sort de sa bouche et de la fumée qui sort de son nez et de ses oreilles. Les gens sauront ainsi que c’était quelqu’un qui consommait injustement les biens de l’orphelin., dans le bas-monde.

Et ils vont griller en enfer : ils entreront en enfer qui est attisé et dont les flammes sont terribles.

Verset 11 : Dieu vous engage et vous ordonne à propos de vos enfants : c’est-à-dire à propos de leur héritage : le garçon a la part équivalente à deux filles : c’est-à-dire pour chaque garçon de vos enfants. Il a été dit que cette règle est venue abroger ce qui était fait avant dans la période de l’ignorance, où l’héritage allait totalement aux garçons et pas aux filles. Il a été dit qu’il suffit aux garçons qu’ils aient le double de la part des filles. Cette règle est dans le cas où il y a une telle configuration : c’est-à-dire s’il y a parmi les enfants, un garçon et deux filles : dans ce cas-là, le garçon aura deux parts et les deux filles auront deux parts.

S’il n’y a que des filles, plus que deux, dans ce cas elles vont se partager les deux tiers de l’héritage du défunt : parce que, même si l’héritage n’a pas été mentionné explicitement, on comprend qu’il s’agit des deux tiers de l’héritage. Comme le verset parle d’héritage, on a su que celui qui a laissé, c’est le défunt.

Si c’est une fille unique, elle aura la moitié de l’héritage : et le reste sera pour les autres membres du clan. Ceci indique que s’il n’y avait qu’un fils unique, il aura tout l’héritage. Mais cela n’a pas été mentionné de manière explicite. La plupart des compagnons, que Dieu les agrée, ils ont dit que, dans le cas où il y a deux filles, elles ont le même jugement qu’un ensemble de filles, du fait de la règle générale qui indique que le garçon a le double de la part de la fille. Exemple : si quelqu’un meurt et laisse un garçon et une fille : la fille a la moitié de la part du garçon : donc la fille aura un tiers et le garçon aura les deux tiers. Si une fille unique a le tiers, alors les deux tiers sont pour les deux filles. Cela non plus n’est pas mentionné. Ceci, parce qu’à la fin du verset, Dieu dit que si elles étaient deux sœurs, elles auront les deux tiers de ce qu’il a laissé : c’est dans le cas où un homme meurt sans laisser d’enfants et il laisse deux sœurs : elles auront les deux tiers. An -Nasafiyy dit que, comme les deux filles sont plus proches du défunt que les deux sœurs : donc si les deux sœurs ont les deux tiers, alors, à plus forte raison, les deux filles auront deux tiers. On parle des deux sœurs car ce cas n’a pas été mentionné de manière explicite dans le verset. C’est pour cela qu’ils ont considéré que les deux filles auront la même part que les deux sœurs, et ils n’ont pas diminué la part des deux filles.

Et pour ses parents : ce qui est visé est le père et la mère (qui vont hériter si leur enfant décédé n’a pas de descendance) d’un garçon ou d’une fille (même si c’est le pronom possessif masculin qui est employé car le plus courant est qu’il s’agit des parents d’un homme) chacun des deux aura le sixième de ce qu’il aura laissé en héritage, s’il a des enfants. Ceci s’applique pour le garçon et pour la fille. Les parents auront le tiers – chacun aura un sixième avant le partage –

Dans le cas où il meurt sans laisser de descendance, alors sa mère aura le tiers : dans le cas où il n’est pas marié et n’a pas d’enfants, sa mère aura le tiers de l’héritage. S’il (ou elle) était marié(e), son épouse (ou son époux) aura une part de l’héritage et sa mère aura le tiers de ce qui reste. Ceci car le père a une part plus grande dans l’héritage que la mère : il a le double. Donc si la mère recevait le tiers de l’héritage, alors il aurait moins que sa part à elle.  Exemple : une femme était mariée, elle est morte et elle a laissé un mari et ses deux parents. Dans ce cas, le mari a la moitié de l’héritage. Sa mère a le tiers du restant c’est-à-dire le tiers de la moitié ce qui correspond au sixième de l’héritage. Et le père aura le double, ce qui correspond au tiers de l’héritage.

S’il avait des frères, alors sa mère aura le sixième : si le défunt avait deux ou plus frères et sœurs (et il n’a pas laissé d’enfants). Et s’il n’avait qu’un seul frère, la mère aura le tiers : c’est comme s’il n’avait pas de frère ou sœur). Il va citer trois catégories de proches parents : al-ʾaʿyāne et al-ʿalāte et al-aẖyāf.

Al-ʾaʿyāne sont les frères et sœurs de même père et mère. Al-ʿalāte sont les enfants d’un homme qu’il a eus de femmes différentes. Al-aẖyāf sont les enfants d’une femme qu’elle a eus de maris différents. Ces trois catégories de personnes, leur conséquence sur la part de la mère est la même.

Après avoir réalisé les dernières volontés du défunt : le défunt peut donner jusqu’au tiers de son héritage pour autre que les héritiers, à condition que ce ne soit pas dans l’intention de priver les héritiers et après avoir remboursé les dettes et avoir réalisé les dernières volontés. Le remboursement de la dette est prioritaire sur les dernières volontés dans la Loi de l’Islam. Alors que dans le verset, ce qui a été mentionné en premier, ce sont les dernières volontés mais dans la Loi de l’Islam, c’est le remboursement de la dette qui est prioritaire. Cela veut dire que tous ces partages auront lieu après avoir réalisé les dernières volontés et avoir remboursé la dette.

Vos pères et vos enfants, vous ne savez pas lequel d’entre eux vous est le plus bénéfique : c’est-à-dire que vous ne savez pas lequel des deux va vous profiter le plus, en terme d’héritage. Dieu a précisé les parts d’héritage, conformément à ce qui est pour Lui une sagesse. Et si cela dépendait de vous, alors vous ne sauriez lequel d’entre eux est le plus bénéfique et vous auriez placé vos biens d’une manière qui n’est pas sage. Donc les parts de chacun des héritiers se distinguent en fonction des bénéfices de chacun. Et vous ne connaissez pas cette différence, c’est pour cela que Dieu a fixé les parts de chacun et Il n’a pas laissé ce choix à votre propre décision parce que vous êtes incapables de connaitre les parts qu’il convient de donner à chacun.

Cela est une obligation qui a été fixée par Dieu. Certes Dieu sait les choses avant de les créer et il est Ḥakīm c’est-à-dire qu’Il a la sagesse en tout ce qu’Il a défini comme part de l’héritage de chacun et pour autre que l’héritage.

Verset 12 : qu’est-ce que l’homme va hériter si c’est son épouse qui meurt : vous avez la moitié de ce que vos épouses laissent dans le cas où elle n’a pas d’enfant mais dans le cas où elle avait des enfants de vous ou d’autres que vous, vous auriez dans ce cas le quart de ce qu’elle laisse mais après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes. Les dernières volontés (al-waṣiyyah) ne peuvent pas dépasser le tiers de l’héritage et il ne faut pas que ce soit dans l’intention de priver les héritiers.

Et à leur tour, votre épouse héritera du quart de ce que vous laissez si vous n’avez pas d’enfants. Mais si vous avez des enfants, elles auront le huitième de ce que vous aurez laissé (ce qui correspond à 12.5%)

Après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes.

Si c’est une femme ou plusieurs femmes, elles s’associent dans le partage du quart ou du huitième. C’est toujours la règle que l’homme a le double de part de la femme.

Si c’est un homme qui est décédé duquel il est hérité, (kalālatan) c’est-à-dire un homme dont on hérite mais il n’a pas d’enfant ni de parents ou bien si c’est une femme dont les parents sont morts et elle n’a pas d’enfant. S’il a un frère ou une sœur de même mère et sur ce point-là, il ya unanimité des compagnons et des savants, dans ce cas-là, chacun aura le sixième : dans ce cas-là, il n’y a pas de différence entre le garçon et la fille.

Dans le cas où ils sont plus qu’un (frère ou sœur) c’est-à-dire s’ils sont deux ou plus, frères ou sœurs de même mère, garçon ou fille, ils seront associés au tiers : si c’est un frère il aura un sixième, si c’est une sœur, elle aura un sixième mais s’ils sont plus qu’un, alors ils vont se partager le tiers, parce qu’ils ont cette parenté avec leur frère défunt par le biais de leur mère et par ailleurs, la mère n’hériterait pas plus que le tiers.  Le terme qui signifie qu’ils vont être associés (pour le tiers), généralement, cela indique que c’est à parts égales. Et il n’y a pas de part additionnelle pour le frère par rapport à sa sœur. Ils vont se partager le tiers de l’héritage à parts égales.

Après avoir exécuté les dernières volontés et le remboursement des dettes : cette phrase a été répétée dans le verset à plusieurs reprises parce que ceux qui vont laisser leurs dernières volontés sont différents (En effet le défunt est soit le père, soit la mère, soit un homme qui n’a pas d’ascendants ni de descendants).

Ce leg dans l’intention qu’il ne soit pas pour porter préjudice à ses héritiers :   ce qui pourrait être un préjudice serait de léguer plus que le tiers de son héritage ou de léguer à un seul héritier (car cela va diminuer la part des autres héritiers). Rappel : le leg est ce que le défunt a recommandé de donner après sa mort. Cela consiste à donner une part de l’héritage à quelqu’un qui ne fait pas partie des héritiers, dans la limite du tiers des biens laissés.

Ceci est une recommandation de la part de Dieu : Dieu vous recommande d’agir ainsi.

Et Dieu sait qui est juste et qui est injuste dans ses dernières volontés : Dieu ne punit pas l’injuste immédiatement, Dieu donne du répit mais Il ne te néglige pas.

Verset 13 : ceci : fait référence aux Lois qui ont été mentionnées des legs et des héritages sont des frontières que Dieu a fixées : elles sont appelées ainsi car ces Lois sont comme des limites fixées par Dieu, des limites qu’il est interdit de franchir. Mais si quelqu’un les franchit, cela ne veut pas dire que Dieu les néglige, mais Il donne du répit.

Et celui qui obéit à Dieu et à Son Messager, Il le fait entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières, ils y resteront éternellement et c’est cela la grande réussite.

Verset 14 :  et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager et qui franchit ces limites, Il le fera entrer dans un feu où il restera éternellement et il aura un châtiment humiliant : Al-Kalbiyy a dit : celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, en reniant la division des héritages et en dépassant les limites fixées par Dieu, en se rendant licite ce qu’il fait, il sort de l’Islam.

Les versets suivants s’adressent aux juges légaux, les juges de l’Islam.

Verset 15 : et celles de vos épouses qui commettent l’adultère alors prenez des témoins contre elles, quatre d’entre vous : c’est-à-dire quatre croyants

S’ils témoignent, alors emprisonnez-les à la maison jusqu’à leur mort : c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elles meurent et que leur âme soit retirée

Ou que Dieu leur accorde une autre issue : en raison de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui est parvenue dans ce verset : le Prophète légifère dans le sens qu’il fixe les Lois, il est une source de législation pour nous. Dieu le confirme dans le Qur’ān dans Sa parole qui signifie : « ce que le Prophète vous dit de faire, faites-le et ce qu’il vous interdit de faire, ne le faites pas ».

Verset 16 : les deux d’entre vous – le fornicateur et la fornicatrice – qui commettent la fornication, alors faites-leur des reproches en les blâmant, en les réprimandant, en leur disant : « vous n’avez pas honte de commettre l’adultère, vous ne craignez donc pas Dieu ! ».

S’ils font le repentir (suite à la fornication) et qu’ils améliorent leur état, alors cessez : c’est-à-dire « cessez les réprimandes et les reproches ».

Certes Dieu est Celui Qui accepte le repentir et Qui est Miséricordieux. Dieu accepte le repentir de celui qui fait le repentir et Il lui fait miséricorde. Al-Ḥasan Al-Biṣriyy a dit : « le tout premier jugement qui a été révélé à propos de celui qui commet la fornication, était des réprimandes, puis l’emprisonnement, puis le fait d’être fouetté ou lapidé ; l’ordre de la révélation est contraire à l’ordre de la récitation ».

En résumé : si le fornicateur était marié et avait consommé le contrat de mariage, il a le statut de muḥṣan : s’il commet la fornication, il mérite une peine légale et ce n’est que celle-là, il n’y en a pas d’autre.

Et s’il n’était pas muḥṣan, il a une autre peine légale et pas une autre.

Et si l’un des deux était muḥṣan et que l’autre ne l’était pas, et qu’ils ont commis la fornication, il sera appliqué au premier la peine légale du muḥṣan et celui qui n’était pas muḥṣan, il lui sera appliqué la peine de celui qui n’était pas muḥṣan.

Verset 17 : certes l’acceptation du repentir est de la part de Dieu : c’est-à-dire que c’est Dieu Qui accepte le repentir. Attention : cela ne veut pas dire que Dieu est obligé d’accepter le repentir, parce que rien n’est obligatoire pour Dieu. Mais il y a une insistance sur la promesse que Dieu accepte le repentir.

Pour ceux qui commettent le mal : le mal ici est le péché parce que les conséquences du péché sont un mal. Donc les péchés sont appelés par leur conséquence.

Par ignorance : parce que commettre quelque chose de laid est commis par quelqu’un qui manque de sagesse. Il a été dit que l’ignorance ici signifie que celui qui a commis le péché, il a choisi le plaisir éphémère (dans ce bas monde qui a une fin) au détriment du plaisir de l’au-delà (qui n’a pas de fin). Et il a été dit que celui dont il est question ici est celui qui n’a pas ignoré que ce qu’il a fait était un péché, mais il a ignoré quelle sera sa punition.

Puis ils font le repentir rapidement : c’est-à-dire avant que n’arrive la mort. Et il est rapporté de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’il a dit : : « Dieu accepte le repentir tant que la personne n’arrive pas au gargarisme ». Le gargarisme consiste à faire arriver quelque chose au niveau de sa gorge. Ici cela indique « tant que l’âme n’est pas arrivée à ce niveau de la gorge ».

Ceux-là, Dieu accepte leur repentir : ce verset est une information que le pardon aura lieu sans aucun doute.

Et Dieu sait de toute éternité : leur décision ferme de se repentir.

Dieu crée toute chose une sagesse et Il juge que le regret est un repentir. C’est -à-dire que celui qui a regrette ce qu’il a commis en regrettant d’avoir désobéi à Dieu, qu’il arrête de commettre ce qu’il commettait et qui a la ferme décision de ne plus jamais le refaire.

Verset 18 : le repentir n’est pas accepté de la part de ceux qui font les mauvaises œuvres jusqu’à ce que la mort arrive à l’un d’entre eux et alors il dit maintenant je fais le repentir : c’est-à-dire qu’il n’y a pas de repentir pour ceux qui commettent les péchés et qui remettent leur repentir à plus tard, ils procrastinent jusqu’à ce qu’ils sortent de la responsabilité : c’est-à-dire que lorsque les causes de la mort sont réunies et qu’ils voient l’ange de la mort, le repentir n’est pas accepté. En effet c’est un état dans lequel la personne ne choisit pas, elle est comme contrainte. Et le repentir n’est accepté que pour celui qui est en état de choix.  

Ni pour ceux qui commettent des mauvaises actions ni ceux qui meurent mécréants, ceux-là, Nous leur avons réservé un châtiment douloureux. C’est une preuve que l’enfer existe.

An-Nasafiyy introduit le verset suivant (le verset 19) : dans la période anté islamique, les femmes n’héritaient pas. Il arrivait que l’homme hérite de la femme de celui dont il a hérité : c’est comme si la femme faisait partie de l’héritage. Il lançait sur elle son vêtement et il l’épousait sans dot. C’est alors que le verset 19 a été révélé.

 Verset 19 : ô vous qui êtes croyants, il ne vous est pas licite d’hériter les femmes par contrainte : c’est-à-dire qu’il ne vous est pas licite de les prendre comme si elles étaient un héritage, tout comme sont récupérés les biens qui sont hérités, alors qu’elles ne le veulent pas ou qu’elles y sont contraintes. Il est arrivé également dans cette période de l’ignorance que, lorsqu’un homme épousait une femme comme dans le cas précité, et qu’il n’avait plus besoin d’elle, alors il la bloquait en la gardant dans ce mariage, en agissant mal avec elle, pour qu’elle donne de l’argent pour qu’il la libère de ce mariage.

Et ne faites pas « al-ʿaḍl » avec elles : ne la bloquez pas et ne l’emprisonnez pas. Ils faisaient la pression pour qu’elle rende la dot

Pour qu’elles vous rendent la dot

Excepté si elles ont une conduite abominable et qui est clair : première explication de la conduite abominable : c’est « an-nušūz » c’est quand la femme hausse le ton avec son mari, elle lui parle durement et de façon irrespectueuse et cela, injustement. Ou bien si elle le prive de son droit sans excuse, ou si elle sort de sa maison sans droit. Et deuxième explication : d’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, « al-fāḥišah » ici, c’est la fornication.

En résumé, il est dit aux hommes de ne pas mettre la pression à leurs femmes sauf si elles font ces choses abominables. Car à cette époque-là, ils agissaient mal avec les femmes.

Agissez bien avec vos femmes : « al-maʿrūf » ici c’est ce qui est un bien qui incite à la reconnaissance. Le contexte ici est la vie conjugale.  « al-maʿrūf » ici est le fait d’être équitable en termes de nuitée et de charge obligatoire et en accomplissant le bien en disant de belles paroles. 

Si vous ne les supportez plus : si vous ne supportez plus votre épouse, soit en raison de sa laideur, soit en raison de son mauvais comportement, il se peut que vous ayez une aversion envers quelque chose mais il se peut que Dieu ait placé beaucoup de bien en elle : soit une grande récompense ou un enfant vertueux. La signification est que ce qui est à prendre en considération, ce n’est pas ce vers quoi penchent vos désirs, vos penchants : si vous avez une aversion envers elles, ne les quittez pas uniquement en raison de cette aversion de la part de votre âme. Il se peut qu’une âme déteste ce qui, en réalité, est le mieux pour elle dans la religion et qui la fait la plus rapprocher du bien. Et il se peut que l’âme désire ce qui est à l’opposé. Ce qui est à prendre en considération, ce sont les causes de la vertu, ce qui est une cause pour le bien, même si l’âme ne penche pas vers cela.

Verset 20 : si vous voulez prendre une autre épouse à la place de votre épouse : si vous voulez divorcer votre épouse et épouser une autre alors que vous avez donné à l’une d’elle une grande somme d’argent (au titre de la dot) ne reprenez rien du tout de ce que vous avez donné ; est-ce que vous le reprendriez calomnieusement et de manière interdite claire : cette comparaison est pour dissuader de récupérer ce que vous avez déjà donné en tant que dot, même si ça a une très grande valeur. Et dans le verset suivant, Dieu renie le fait de récupérer la dot après avoir consommé le mariage.

Verset 21 : comment osez-vous la reprendre (cette dot) alors que vous vous êtes isolés sans intermédiaire (c’est-à-dire que vous avez consommé le mariage)

Et qu’elles ont pris de vous un engagement fort : c’est un blâme, ne le faites surtout pas

Un engagement fort : première explication : verset 229 de sūratu l-baqarah qui signifie : « soit vous gardez votre épouse en bons termes, soit vous la libérez dans de bonnes conditions ». Dieu a pris cet engagement fort de la part des hommes dans l’intérêt des femmes : c’est comme si c’était elles qui avaient pris cet engagement de la part des hommes. Deuxième explication : cet engagement est la parole du Prophète qui signifie : « vous les hommes, recommandez-vous d’agir en bien envers  les femmes , parce qu’elles sont comme prisonnières entre vos mains : le mariage est comme une prison par le contrat de mariage ». Quand été révélé ce verset, les hommes ont dit qu’ils n’allaient plus faire comme cela, c’est-à-dire prendre les femmes avec l’héritage qui leur revenait ; ils ont dit : nous allons les demander en mariage et nous les épouserons de leur plein gré. C’est alors que le verset 22 a été révélé.

Verset 22 :  n’épousez pas les femmes que vos pères avaient épousées : il est interdit d’épouser celles qui étaient les épouses de son père mais il est déduit qu’il est également interdit d’épouser celles qui étaient esclaves de son père.

Sauf ce qui a déjà eu lieu : c’est-à-dire ce qui a déjà eu lieu avant la révélation de ce jugement, vous n’en êtes pas chargés.

Car cela est quelque chose d’abominable : c’est-à-dire que c’est quelque chose qui est extrêmement laid, le fait d’épouser les femmes de son père ou les femmes esclaves de son père.

Et qui est détestable : c’est-à-dire que c’est détestable selon le jugement de Dieu et les croyants considèrent aussi que c’est détestable.

Et quelle mauvaise voie : au sens figuré.

Au début de la sourate, Dieu a cité les femmes qu’il est permis d’épouser puis Il a cité certaines femmes qu’il est interdit d’épouser. Dans le verset suivant, Dieu va mentionner les autres femmes qu’il est interdit d’épouser. Et elles sont au nombre de sept par lien de sang et sept pour d’autres raisons. Et Il a commencé par celles qui sont interdites par lien de sang.

Verset 23 :  vous sont interdites vos mères : la première catégorie de femmes qui a été mentionnée et qu’il est interdit d’épouser, est sa propre mère, et la grand-mère maternelle et la grand-mère paternelle ont le même jugement que la mère dans le sens qu’il est interdit à l’homme d’épouser (et toutes celles qui sont ascendantes de la mère).

Et vos propres filles : et également les filles de vos fils et les filles de vos filles ont le même jugement d’interdiction.

Et vos sœurs : il y a 3 cas possibles : une sœur de même père et mère ou une sœur de même père mais de mère différente ou une sœur de même mère mais de père différent.

Et vos tantes paternelles : c’est-à-dire la sœur de votre père : il y a aussi trois cas possibles : celle qui a même père et mère que le père, ou celle qui a le même père que votre père mais de mère différente, et celle qui a la même mère que votre père mais de père différent.

Et vos tantes maternelles : c’est-à-dire la sœur de vos mères, avec les trois cas possibles.

Et les filles de votre frère : avec les trois cas possibles.

Et la fille de votre sœur : avec les trois cas possibles

Les sept cas ont été cités. Il passe aux autres cas pour d’autres raisons que les liens de sang.

Vos mères qui vous ont allaités et vos sœurs par allaitement : Dieu a accordé à l’allaitement un statut analogue aux liens de sang, de certains points de vue. Il a appelé la femme qui allaite (la nourrice) une mère pour le nourrisson, et la fille qui a été allaitée avec lui, sa sœur. Également le mari de la nourrice est son père par allaitement ; il s’agit de celui par lequel elle a eu la montée de lait. Et ses parents à lui sont les grands-parents par allaitement. Le père du père est interdit au mariage.

Et la sœur du mari de la nourrice : elle est sa tante paternelle par allaitement.

Tous les enfants que le mari par allaitement a, même ceux qu’il a eu avec une autre femme que la nourrice, sont les enfants de même père par allaitement, que ce soit avant l’allaitement ou après.

Et la mère de la nourrice est la grand-mère par allaitement.

Et la sœur de la nourrice est sa tante maternelle par allaitement.

Si la nourrice a eu des enfants avec cet homme, ils sont tous des frères et sœurs par allaitement de même père et mère par allaitement.

Si cette nourrice a eu des enfants avec un autre homme, ces enfants sont frères et sœurs de même mère par allaitement.

Tous ces jugements ont été cités à partir de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « il est interdit par allaitement ce qui est interdit par lien de sang ».

Les mères de vos épouses : elles sont interdites à jamais par le contrat de mariage, même s’il n’y a pas eu de consommation

Les filles de vos épouses qui sont entre vos bras : en général vous les prenez en charge, ceci est pour donner la preuve de l’interdiction du mariage (cela devient comme si vous épousiez votre propre fille)

De vos épouses avec lesquelles vous avez consommé : la fille de l’épouse avec laquelle il a consommé le mariage vous est interdite au mariage mais elle est licite s’il n’a pas consommé avec cette femme.

Si vous n’avez pas consommé avec elle, alors ce n’est pas interdit pour vous d’épouser leur fille si vous vous séparez ou bien qu’elle meure : comme s’il fait le contrat et il divorce sans avoir consommé

Les épouses de vos fils : elles vous sont interdites à jamais.

Vos fils qui sont vos descendants : pas ceux qui sont adoptés (quand l’adoption était permise puis elle a été interdite). Ainsi le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a épousé Zaynab quand Zayd l’avait quittée. Et le Prophète avait adopté Zayd auparavant. Pour indiquer que l’adoption était interdite, Dieu a ordonné au Prophète d’épouser Zaynab qui avait été l’épouse de Zayd. Car si Zayd avait été son fils, il n’aurait pas pu épouser Zaynab.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām avait un esclave que lui avait offert son épouse H̱adīǧah, avant sa mission de prophète : cet esclave était Zayd.  Et elle l’avait acheté de quelqu’un d’autre. Et le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et son épouse ne connaissaient pas l’histoire de Zayd qui était libre à la base mais il avait été enlevé au Yémen dans le passé. Il s’appelait Zayd ibnu Ḥāriṯah Sa famille l’a cherché et l’a retrouvé auprès du Prophète ; celui-ci n’avait pas encore reçu sa mission de prophète. Le père et l’oncle paternel de Zayd sont venus à La Mecque : le père Ḥāriṯah a dit : « c’est mon fils et je veux le récupérer ». Alors le Prophète a dit : « que pensez-vous si je lui donne le choix : s’il choisit de vous rejoindre, je ne l’empêche pas de partir avec vous et s’il choisit de rester avec moi, je ne l’en empêcherais pas ». Ils ont dit : « c’est juste ». Le Prophète a appelé Zayd et lui a demandé : « le connais-tu ? » Zayd a dit : « oui c’est mon père ». Puis il lui a demandé : « connais-tu le deuxième ? ». Zayd a dit : « oui c’est mon oncle paternel ». Le Prophète a dit : « ils sont venus pour te récupérer : toi que veux-tu ? ». Zayd a dit à son père et à son oncle : « cet homme m’a traité d’une manière telle que je ne veux pas le quitter. Je sais que vous êtes ma famille mais je ne veux pas le quitter ». C’est à ce moment-là que le Prophète a adopté Zayd, au point qu’il se faisait appeler Zayd fils de Muḥammad. Et cela avait eu lieu avant la mission de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Puis quand la révélation est descendue au sujet de l’interdiction de l’adoption, on ne l’a plus appelé Zayd fils de Muḥammad mais à nouveau Zayd ibnu Ḥāriṯah.

An-Nasafiyy mentionne le verset 37 de sūratu al-Aḥzāb ce qui signifie :(afin que rien n’empêche les croyants d’épouser les femmes qui étaient les épouses de celui qui avait le statut de son fils adoptif).

Mais cela ne veut pas dire qu’il est permis d’épouser l’épouse du fils par allaitement.

Et que vous épousiez deux sœurs en même temps : c’est une interdiction temporaire. Si l’une des deux meurt ou s’il divorce de l’une d’elle, il peut épouser l’autre.

Sauf ce qui a déjà eu lieu par le passé : ce qui a eu lieu par le passé est excusé

Certes Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

An -Nasafiyy a dit que Muḥammad ibnu al-Ḥasan a dit que les Arabes dans l’époque de l’ignorance connaissaient l’interdiction de se marier avec toutes celles qui ont été citées précédemment mis à part l’interdiction d’épouser l’épouse du père et l’interdiction d’épouser deux sœurs en même temps. C’est pour cela que pour ces deux cas-là, il y a eu la mention (illā mā qad salaf) (qui signifie « sauf ce qui a déjà eu lieu par le passé) : parce que les Arabes pratiquaient ces deux cas-là. Chaque terme dans le Qur’ān a bien sûr une sagesse.

Verset 24 : (al-muḥṣanāt) est un pluriel féminin qui signifie celle qui a assuré sa chasteté par le mariage. Celles qui ont assuré leur chasteté parce qu’elles sont mariées, excepté celles qui sont devenues votre propriété parce qu’elles sont prisonnières alors que leur mari n’est pas avec elles, car le butin devient licite après avoir passé une période d’attente. C’est ce que Dieu vous a prescrit : Dieu vous a prescrit des règles à savoir qu’Il a vous a fixé ce qui vous est interdit (une femme mariée est interdite) et autre que ce qui vous est interdit, et il vous est licite autre que cela. : c’est-à-dire qu’autre que ce qui vous a été mentionné comme étant interdit, cela vous est licite.

Afin que vous recherchiez, Il vous a indiqué ce qui est licite, Il vous a indiqué ce qui est interdit pour que vous puissiez obtenir par vos biens, (par la dot) et ceci est une preuve que le mariage n’a lieu qu’avec une dot c’est-à-dire que, par le mariage, la femme a droit à la dot, même si la dot n’a pas été mentionnée. Donc la dot devient obligatoire même si elle n’a pas été mentionnée. Autre que ce qui a une valeur marchande n’est pas valide pour constituer une dot. Et ce qui est de faible valeur ne constitue aucunement une dot. Ceci est l’avis chez les Hanafites. Il a donné un contre-exemple : un grain ne constitue pas un bien qui a une valeur marchande.

Dans le cadre de votre chasteté : vous donnez la dot ans le cadre d’un mariage( en vous protégeant de ne pas tomber dans l’interdit) , et pas dans l’interdit comme celui qui donne de l’argent à une prostituée, celui-là est perdant dans le bas monde puisqu’il gaspille son argent et il est perdant dans l’au-delà puisqu’il est en train d’accumuler les péchés. Et il n’y a pas de plus grande corruption que les deux pertes : la perte du bas-monde et la perte de la religion. Et « al-iḥṣān » est la protection, le fait d’être chaste et le « muḥṣan  » est celui qui se protège, qui assure sa chasteté pour ne pas tomber dans l’interdit. Et « al-musāfiḥu » est l’opposé, celui qui commet la fornication.

Celles desquelles vous avez joui : c’est-à-dire celles avec lesquelles vous vous êtes mariés et vous avez consommé le mariage

Alors donnez-leur leur « ʾuǧūrahunn » : donnez-leur leur « rémunération » c’est-à-dire leur dot : la dot est une rétribution pour le mariage, une contrepartie, c’est une obligation que Dieu a accordée en faveur de la femme,

Et il n’y a pas de mal pour vous si vous vous mettez d’accord après cette obligation : il y a plusieurs cas possibles sur lesquels vous pouvez vous mettre d’accord après cette obligation de la dot. La femme peut proposer de diminuer la somme sur laquelle ils s’étaient mis d’accord. Ou bien elle lui fait don de la totalité. Ou bien le mari lui propose de donner plus.

Certes Dieu sait toute chose : Dieu sait les choses avant même de les créer.

Il ordonne les choses avec sagesse. Dieu est H̱akīm dans ce qu’Il a ordonné aux hommes dans le contrat de mariage.  C’est grâce au contrat de mariage qu’il y a la préservation de la lignée, de l’ascendance.

Verset 25 : et celui qui n’a pas les moyens d’épouser une femme qui est chaste : une femme libre et musulmane alors il peut avoir des enfants avec les femmes qui lui appartiennent et qui sont croyantes : celui qui n’a pas les moyens pour payer la dot d’une femme libre, il peut se marier avec une femme esclave. Le mariage avec une femme esclave qui fait partie des gens du Livre est permis chez nous (chez les Hanafites). Dans ce verset il a été question de femmes croyantes, musulmanes, mais c’est à titre de recommandation. Preuve en est qu’être croyante n’est pas une condition pour épouser une femme libre. Le musulman peut épouser une femme qui fait partie des gens du Livre. Ceci est par accord du consensus, avec la précision qu’il y a dans ce verset, qui est le fait de se marier avec des femmes croyantes libres mais, même pour des femmes qui font partie des gens du Livre, il est valable de les épouser.

Et Dieu sait la véracité de votre foi : c’est un avertissement pour accepter leur foi en apparence : si, en apparence, elles sont croyantes, on accepte cela d’elles.

Vous êtes les uns comme les autres : c’est-à-dire ne vous détournez pas d’épouser les femmes esclaves, car vous êtes tous des descendants d’Ādam. Ne méprisez pas celui qui épouse une femme esclave. C’est une mise en garde pour ne pas dénigrer la lignée de quelqu’un ou de faire preuve de vanité par son ascendance.

Alors épousez-les (les femmes esclaves) par l’autorisation de leurs familles (c’est-à-dire leurs maitres)

Et accordez-leur leur rétribution avec bienfaisance : c’est-à-dire que quand vous épousez une femme esclave, donnez-lui sa dot sans retarder le paiement et sans nuisance. Et les détenteurs de leur dot, ce sont leurs maitres.

Chastes et non fornicatrices (ni au grand jour ni en cachette)

Dès lors qu’elles (les femmes esclaves) ont été mariées, si elles commettent une turpitude (la fornication), alors elles méritent la moitié de ce que les femmes libres chastes méritent (comme punition qui est de cinquante coups de fouets ; il est fait référence au nombre de coups de fouets et pas à la lapidation). Ici les « muḥṣanāt » sont les femmes libres chastes qui ne se sont pas mariées.

Ceci, pour celui d’entre vous qui craint la grande nuisance (qui est le fait de tomber dans le péché à cause du fort désir). « Al-ʿanat » c’est la fracture après la consolidation : c’est-à-dire une deuxième fracture après consolidation ; c’est une métaphore qui indique une grande nuisance. Il n’y a pas de plus grave nuisance que de commettre les graves délits : c’est la fornication et le fait d’attribuer un associé à Dieu et toutes les sortes de mécréances. D’après ibnu ʿAbbās, il fait référence ici à la fornication parce que c’est la cause de la perdition.

Et patientez : pour ne pas épouser de femme esclave en garantissant votre chasteté ceci est mieux pour vous : pour votre enfant, pour qu’il puisse dire « ma mère est libre ».

Et Dieu est Celui Qui pardonne : Il ne dévoile pas celui qui commet les choses interdites. Dieu est miséricordieux.

Verset 26 : Dieu veut vous indiquer ce qui vous échappe et qui est de votre intérêt et de ce qui peut constituer de bonnes œuvres pour vous

Et il vous guide aux traditions de ceux qui vous ont précédés : Dieu veut vous guider vers la voie de ceux qui vous ont précédés parmi les prophètes et les vertueux. Dieu vous enseigne dans ces versets ce qui est un bien pour vous. Dieu veut vous indiquer quels sont les chemins qu’ils ont empruntés dans leur religion, ceci, pour les suivre et les prendre pour modèles.

Et pour qu’ils vous accordent de pouvoir vous repentir : c’est-à-dire que Dieu vous indique la voie du repentir afin que vous fassiez le repentir suite à la divergence qui vous opposait.

Et Dieu est Celui Qui sait : Dieu sait ce qui est de l’intérêt de Ses esclaves.

Et Dieu fait toute chose avec une sagesse : toutes les lois sont avec une sagesse.

Verset 27 : Dieu agrée que vous fassiez le repentir. Dieu agrée de votre part que, si vous faites des erreurs, de regretter et d’arrêter de les faire. Il y a une répétition entre les versets 26 et 27 : c’est une insistance au sujet du repentir.

Vos ennemis parmi les mécréants qui ne font que suivre ce vers quoi penchent leurs passions, ils veulent que, vous aussi, vous vous écartiez de l’obéissance à Dieu.

Verset 28 : Dieu veut vous faciliter les choses : comme le fait d’épouser une femme esclave

Et l’être humain a été créé faible : l’être humain en général est faible, il ne patiente pas face aux tentations. Et il ne patiente pas face aux difficultés des actes d’obéissance.

Verset 29 : ô vous qui êtes croyants, ne prenez pas les biens les uns les autres injustement : c’est-à-dire ne prenez pas les biens d’une manière qui n’est pas autorisée dans la Loi de l’Islam comme par exemple : le vol, la trahison, l’usurpation, (prendre le bien d’autrui par la force au grand jour), les paris d’argent, les contrats d’usure.

Sauf si c’est par le commerce et que c’est par consentement mutuel : soit c’est un consentement mutuel contractuel ou bien c’est un don (le vendeur donne la baguette de pain par exemple et l’acheteur donne la somme).

Et ne vous tuez par vous-même : il y a trois explications données par An-Nasafiyy : soit ne vous tuez pas les uns les autres, c’est-à-dire entre croyants, car les croyants sont comme une seule personne ; soit ne vous suicidez pas, soit ne faites pas ce qui fait mériter d’être tué.

Certes Dieu est miséricordieux envers vous : on ne peut pas dénombrer toutes les grâces que Dieu nous a accordées, depuis notre naissance. C’est par Sa miséricorde que Dieu attire notre attention pour ce qui préserve nos biens et nos corps.

Verset 30 : et celui qui fait cela (c’est-à-dire le meurtre) injustement : ce n’est pas par erreur ni un meurtre par application de la loi du talion : Nous le ferons brûler en enfer : Nous le ferons entrer dans un feu qui est réservé à cela, qui est extrêmement douloureux. Et ceci est quelque chose de facile pour Dieu : et cette menace d’être châtié en enfer est pour deux catégories de personnes : envers celui qui mérite le séjour éternel en enfer et également envers celui qui mérite l’entrée en enfer tout en ayant la promesse de la part de Dieu qu’Il l’en fera sortir (et il s’agit de certains musulmans désobéissants).

Verset 31 : si vous évitez les grands péchés qu’il vous est interdit de commettre, Nous vous expirerons vos petits péchés. D’après ibnu Masʿūd, qui était un compagnon, il a dit que les grands péchés sont tout ce que Dieu a interdit depuis le début de sourate an-nisāʾ jusqu’à ce verset 31. D’autres ont dit autre que cela. Cela veut dire que, même si un musulman a fait des grands péchés, mais il a fait le repentir et, au moment de sa mort, il n’avait que des petits péchés, Dieu les lui pardonne.

Et Nous vous ferons entrer dans de belles demeures.

Comme le fait de prendre les biens d’autrui injustement et de tuer injustement a pour origine le souhait d’obtenir le bien des autres et leur pouvoir, alors Dieu a interdit aux gens de chercher à obtenir ce qu’Il a accordé en plus, à certains, par Sa parole dans le verset suivant :

Verset 32 : et ne souhaitez ce par quoi Dieu a favorisé certains par rapport à d’autres : cette faveur est un partage de la part de Dieu et ce partage est par une sagesse et une prédestination et une science. Dieu sait l’état des gens. En résumé : que tout un chacun se satisfasse de ce que Dieu lui a donné et qu’il n’envie pas son frère pour la part qu’il a obtenue. Les hommes ont dit : nous aimerions bien que notre récompense soit le double de celle des femmes, comme pour l’héritage. Et les femmes ont dit : nous espérons bien que nos péchés soient comptés la moitié de ceux des hommes, comme pour l’héritage. C’est alors que la suite du verset a été descendue :

 Les hommes auront une part de ce qu’ils ont acquis : c’est-à-dire qu’ils seront chargés de ce qu’ils auront acquis, donc la récompense sera en fonction de ce qu’ils auront acquis.

Et les femmes ont la part ce qu’elles auront acquis : c’est-à-dire qu’elles auront la part correspondant à leur acquisition.

Donc ce n’est pas comme l’héritage. Chacun sera rétribué pour ses bonnes œuvres et ses mauvaises œuvres, conformément à ce que chacun aura acquis.

Et demandez à Dieu (qu’Il vous donne) de Ses grâces : parce que les grâces de Dieu sont abondantes. Même si Dieu vous donne, Il peut vous donner encore. Et ne souhaitez pas obtenir des faveurs de la part des gens. Demandez à Dieu et ne souhaitez pas avoir les grâces des gens.

Certes Dieu sait absolument toute chose : c’est-à-dire que les grâces qu’Il accorde sont conformes à ce qu’Il sait que chacun mérite, conformément à Sa science qui est de toute éternité.

Cours du Chaykh sur le tawHiid (St-Etienne, 2005)

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 28, 2026

Par le nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Ceci est ce qu’a dicté le savant éminent, le muhaddith, le chaykh ^Abd Allah al-Harariyy

qu’Allah lui pardonne ainsi qu’à ses parents

dans la ville de Saint-Étienne, en France, le 7 juin 2005

Louange à Allah, Seigneur des mondes ; que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au maître des messagers, notre maître Mouhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons, les bons et les purs.

Ensuite : il nous a été rapporté, par une chaîne de transmission ininterrompue, dans le Jami^ d’at-Tirmidhiyy – qu’Allah lui fasse miséricorde – que le Messager d’Allah  a dit ce qui signifie : « Les pieds d’un esclave ne quitteront pas au Jour du Jugement leur station, avant qu’il ne soit interrogé sur quatre choses : sur sa vie, en quoi il l’a passée ; sur son corps, en quoi il l’a usé ; sur ses biens, d’où il les a acquis et en quoi il les a dépensés ; et sur sa science, ce qu’il en a fait. » C’est un hadiith authentique (Sahiih).

Cela signifie que l’être humain sera interrogé avant de quitter le lieu de station du Jour de la Résurrection, avant qu’il ne soit ordonné de le conduire au Paradis ou en Enfer. Il sera interrogé sur sa vie, en quoi il l’a consumée ; sur son corps, en quoi il l’a usé ; et sur ses biens, d’où il les a acquis et en quoi il les a dépensés. S’il a acquis ses biens de manière licite et les a dépensés de manière licite, il est sauf ; sinon, il mérite le châtiment.

Et sur sa science, ce qu’il en a fait : il sera interrogé sur ce qu’il a appris, s’il a suivi ou non cette science qu’il a apprise. Celui qui a appris le Qour’an, l’a placé devant lui et l’a suivi – appliquant ses commandements et évitant ce que le Qour’an a interdit – est sauvé et sain. Quant à celui qui l’a appris puis l’a rejeté derrière son dos et s’est mis à faire ce qui contredit le Qour’an, celui-là est perdu, et le Qour’an sera son adversaire.

On sait par là que la voie du salut est la science, c’est-à-dire la science de la religion, car c’est par la science de la religion que l’on connaît ce qu’Allah agrée et ce qu’Allah réprouve. C’est par elle que l’on connaît les paroles qui n’entraînent pas de sanction dans l’au-delà, et la conduite qui n’entraîne pas de sanction dans l’au-delà ; et il en est de même pour tous les actes de l’être humain : par la science, la science de la religion, on connaît ce qui lui nuit et ce qui lui profite. Ainsi, celui qui a appris la science de la religion fait partie de ceux à qui Allah a voulu du bien, et celui qui ne l’apprend pas, Allah Qui est exempt d’imperfection ne lui a pas voulu de bien.

La meilleure des sciences est la science du tawhiid, la science par laquelle on connaît Allah : ce qu’il est admis d’attribuer à Allah et ce qu’il n’est pas admis de Lui attribuer. Cette science est la meilleure des sciences. Abouu Ḥaniifah – qu’Allah l’agrée – a nommé la science du tawhiid « al-Fiqh al-akbar » (la science majeure), ce qui signifie que la science par laquelle on connaît les règles de la purification, de la prière, du jeûne, du pèlerinage et de la zakah est une science mineure. Il faut donc accorder à la science du tawhiid plus d’attention qu’aux autres, car celui qui connaît Allah et Son Messager, y demeure ferme jusqu’au terme de sa vie et se préserve des actes de mécréance entrera nécessairement au Paradis : soit sans aucun châtiment, ni dans la tombe ni dans l’au-delà ; soit il entrera au Paradis après un châtiment, si Allah ne lui pardonne pas et qu’il est chargé de grands péchés, comme l’abandon des cinq prières ou d’une partie d’entre elles, ou le fait de manger de l’illicite. Quant à celui qui ne connaît pas Allah comme il se doit, rien ne lui profite, quels que soient ses efforts dans l’apparence des actes d’adoration : rien ne lui profite. Beaucoup de gens n’apprennent pas la science du tawhiid et s’occupent de la ṭariiqah et du dhikr ; ils s’épuisent, et ceux-là sont en faillite : dans l’au-delà, ils seront en faillite, ils ne trouveront pas ce qu’ils pensaient trouver. Ils croient avoir préparé pour leur au-delà une grande provision, alors qu’ils n’auront rien.

De même, celui qui a connu Allah comme il se doit et a cru en Son Messager Mouhamma, mais qui ne se gardait pas des actes de mécréance – les paroles qui comportent de la mécréance –, soit par plaisanterie, soit par ignorance des actes, des paroles et des croyances qui rendent mécréant, c’est-à-dire qui font sortir de la religion.

Tout cela – c’est-à-dire la connaissance de ce qu’Allah a rendu obligatoire et de ce qu’Allah a interdit en fait de paroles, d’actes et de croyances – ne s’atteint que par l’apprentissage. Quelle perte, donc, pour celui qui a passé sa vie dans le dhikr, la prière et le jeûne sans avoir une croyance correcte ! Et c’est le cas de beaucoup de gens.

Aujourd’hui, certaines personnes, par excès d’ignorance, disent : « Allah Qui est exempt d’imperfection a dit : ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ [sourate al-Baqarah, 282] », et s’adonnent à l’adoration sans apprendre la science. Elles croient que le sens de ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ est que, si l’être humain s’adonne à la prière, au jeûne, au pèlerinage, au dhikr et aux aumônes, Allah Qui est exempt d’imperfection lui accorde une science sans apprentissage. Cela est impossible, impossible.

Allah Qui est exempt d’imperfection n’accorde pas à une personne la science de Sa part  (al-^ilm al-wahbiyy) avant qu’elle n’ait appris et mis en pratique ce qu’elle a appris. Quant à celui qui a appris ce qu’Allah a rendu licite et ce qu’Allah a interdit, avec la croyance correcte, et qui a accompli les obligations – tout ce qu’Allah lui a imposé, il l’a accompli – et a évité tout ce qu’Allah lui a interdit, à celui-là Allah accorde une science de Sa part, autre que la science qu’il a étudiée auprès des savants. Voilà le sens de : ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾.

Quelle déception pour ceux qui s’occupent de la ṭariiqah et du dhikr sans apprendre la science du tawhiid ni la science des règles ! Puis ils s’imaginent que, par ces awrad et ces adhkar, ils atteignent la sainteté (al-wilayah) et deviennent des saints (awliyaʾ) d’Allah. Cela est impossible. C’est à cause de leur mauvaise compréhension qu’ils ont péri. ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ signifie : mettez en pratique ce qu’Allah a rendu obligatoire en fait de science et d’œuvres ; si vous agissez ainsi et l’appliquez pleinement, alors Allah Qui est exempt d’imperfection vous accordera une science venant de Lui (^ilm ladounniyy), c’est-à-dire autre que la science qu’on étudie auprès des savants.

Ceux qui s’imaginent que, s’ils s’occupent du dhikr, de la prière et du jeûne et en font beaucoup, ils deviendront des saints d’Allah et qu’Allah leur accordera une science non acquise (ghayr kasbiyy), ceux-là ont recherché l’impossible, une chose qui n’arrivera pas.

Ensuite, le fondement le plus essentiel est la science du tawhiid. Sans la science du tawhiid, aucune bonne action ne profite. De même que la prière n’est valide qu’avec les ablutions, de même les bonnes actions ne sont acceptées par Allah qu’après le tawhiid – la science du tawhiid –, après la connaissance d’Allah : savoir qu’Il a tels et tels attributs et qu’Il est exempt de tels et tels attributs. Après cela, et après la foi en Son Messager Mouhammad, les œuvres profitent : la prière, le jeûne, le pèlerinage, la zakah, la bienfaisance envers les parents et le jihad dans la voie agréée par Allah. Après cela, ces œuvres profitent ; sans cela, elles ne profitent pas. Celui qui pense atteindre le but sans cela recherche l’impossible.

La connaissance d’Allah, c’est croire qu’Allah existe sans ressembler à quoi que ce soit du monde. Son Être (dhat), c’est-à-dire Sa réalité, ne ressemble pas aux êtres du monde. Allah, en Son Être, n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable ; c’est-à-dire qu’Il n’est pas comme la lumière, le vent et l’âme, qui sont des choses que l’on ne saisit pas avec la main, et Il n’est pas non plus une chose que l’on saisit de la main, comme la pierre, l’arbre et l’être humain. Il n’est ni un petit volume ni un grand volume. Allah Qui est exempt d’imperfection a créé le monde selon des mesures différentes. Il a créé la plus petite chose, le plus petit volume : le grain de moutarde et ce qui est plus petit encore. Et Il a créé le Trône, qui est le plus grand volume ; Il a le pouvoir de créer plus grand que le Trône, mais Il n’a pas créé plus grand que lui. Toute chose qui a un volume est créée. Allah n’a pas de volume ; Il n’est qualifié ni de petitesse ni de grandeur de taille. Nous disons « Allahou akbar » au sens où Il est plus savant que tout savant et plus puissant que tout puissant ; c’est dans ce sens que nous disons « Allahou akbar ». Cela ne signifie pas qu’Allah Qui est exempt d’imperfection ait un volume plus grand que tout volume. De plus, le volume a besoin d’un endroit : certains volumes se trouvent dans l’espace, comme les étoiles ; et parmi les volumes, certains reposent sur la terre et d’autres sont en contact avec les cieux et le Trône.

Par ailleurs, Allah n’est caractérisé par aucune des caractéristiques du corps. Le corps a des caractéristiques : la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse et ce qui leur ressemble. Et Allah n’est pas caractérisé par cela.

C’est Lui qui a fait exister ces choses après qu’elles n’existaient pas. Comment donc leur ressemblerait-Il d’une quelconque façon !!!

Le volume ne crée pas le volume. Si Allah Qui est exempt d’imperfection était un volume, Il n’aurait pas créé le volume. S’Il était une chose impalpable comme l’âme, le vent ou la lumière, Il n’aurait pas pu créer ces choses. S’Il était une chose palpable comme l’être humain, la pierre, l’or et l’argent, Il n’aurait pas pu créer cela.

De même, le corps a besoin d’un endroit ; il lui faut nécessairement un endroit : soit un espace, soit un appui sur un corps comme la terre – ainsi les humains et les bêtes : nous prenons appui sur la terre, sur ce volume qu’est la terre. Et toutes ces choses – les cieux, le Trône, la terre et l’espace – n’existaient pas avant qu’Allah ne les crée ; elles étaient inexistantes, puis Allah les a fait exister. Tout existant a un commencement à son existence, sauf Allah. Il est l’Existant dont l’existence n’a pas de commencement. On dit de toute chose : « Quand est-elle venue à l’existence ? », mais on ne dit pas d’Allah : « Quand est-Il venu à l’existence ? », car le temps ne s’applique pas à Allah. Avant le temps, Il existait ; avant l’endroit ; avant l’endroit et le temps. L’endroit a un commencement, et le temps a un commencement. Si quelqu’un dit : « Comment peut-Il exister sans endroit ? Tout existant doit nécessairement avoir un endroit », on lui répond : rationnellement, rien n’empêche qu’Allah existe sans endroit ; le Qour’an en témoigne, ainsi que le hadiith : le hadiith du Messager en témoigne.

Pour le Qour’an, c’est Sa parole : ﴿ C’est Lui Al-‘Awwal ﴾ [sourate al-Ḥadiid, 3] ; et pour le hadiith, c’est la parole du Prophète : « Allah est de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité », c’est-à-dire qu’Allah existe de toute éternité et que rien d’autre que Lui n’existait : ni l’endroit, ni le temps, ni les six directions. On dit à ces wahhabites qui disent : « Comment Allah existerait-Il sans endroit ? » : vous avez comparé le Créateur à la créature. La créature a nécessairement besoin d’un endroit ; vous avez rendu Allah semblable à Sa création, votre analogie est donc fausse. Et s’ils disent : « Comment concevoir un existant sans endroit ? », on leur répond : la possibilité de se représenter une chose par l’intellect n’est pas une condition de son existence. La preuve en est que la lumière et les ténèbres n’existaient pas avant qu’Allah ne les crée, alors que l’eau, le Trône, le Calame suprême et la Table préservée existaient à un moment où il n’y avait ni lumière ni ténèbres. Qui donc peut se représenter en son esprit un temps où il n’y avait ni lumière ni ténèbres ? Personne ne peut se le représenter, et pourtant il est obligatoire d’y croire, car le Qour’an a fait savoir qu’il n’y avait ni lumière ni ténèbres avant qu’Allah ne les crée. Récitez ce verset : ﴿ Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre et a établi les ténèbres et la lumière ﴾ [sourate al-An^am, 1]. Le sens du verset est qu’il n’y avait ni cieux ni terre, c’est-à-dire ni monde supérieur ni monde inférieur, ni lumière ni ténèbres, avant qu’Allah ne les crée. Le reconnaissez-vous, oui ou non ? Si vous le reconnaissez, vous avez admis la validité de l’existence sans endroit ; et si vous le niez, c’est de la mécréance, car c’est un démenti du Qour’an. Le Créateur ne se compare pas à la création. Vous, ô wahhabites, avez comparé le Créateur à la créature et avez dit : « Comment peut-Il exister sans endroit ? » En cela, vous avez suivi Ibn Taymiyah ; vous n’avez aucune preuve. Votre seule preuve est Ibn Taymiyah, qui a contredit le Qour’an et le hadiith et s’est écarté de la communauté. Il a dit : (« Le Trône était avec Allah ; le Trône, en son espèce – c’est-à-dire en son genre –, n’a pas de commencement à son existence : il a été avec Allah »). Or celui qui dit cela est mécréant par consensus, selon l’accord des savants de l’islam : quiconque affirme qu’une chose autre qu’Allah n’a pas de commencement est mécréant.

Ibn Taymiyah est mort en l’an 728 de l’Hégire prophétique, c’est-à-dire environ ce nombre d’années après la mort du Messager ; mais c’est à partir de son émigration (hijrah) que se compte la date de la mort d’Ibn Taymiyah, ce nombre d’années. Puis, 400 ans après, vint Mouhammad ibn ^Abd al-Wahhab, qui fonda la religion wahhabite – une religion nouvelle, la religion des wahhabites. Il a pris des livres d’Ibn Taymiyah des éléments d’égarement et y a ajouté, de lui-même, un surcroît d’égarement.

Parmi les bizarreries d’Ibn Taymiyah, il y a sa parole selon laquelle Allah descend chaque nuit du Trône vers ce ciel que nous voyons depuis la terre, sans que le Trône soit vide de Lui : Il descend au ciel de ce bas monde sans quitter le Trône. C’est une chose que la raison n’accepte pas : ce qui descend d’une chose la quitte ; voilà ce que la raison accepte. Mais qu’une chose descende d’un endroit vers un autre endroit, y demeure le tiers de la nuit, puis y retourne, tout en prétendant que le Trône n’a pas été vide de lui : c’est une chose que la raison n’accepte pas. Voilà Ibn Taymiyah, qu’ils appellent « Chaykh al-Islam », alors qu’il est le chaykh de la mécréance. De même, la parole d’Ibn Taymiyah (« Allah est avec nous réellement et sur le Trône réellement ») n’est pas acceptée par la raison. Ce qui est rapporté dans le hadiith : « Notre Seigneur yanzilou chaque nuit au ciel de ce bas monde lorsqu’il reste le dernier tiers de la nuit » signifie que les anges descendent par l’ordre d’Allah et transmettent de la part d’Allah : « Allah vous dit : Qui M’invoque afin que Je l’exauce ? Qui Me demande afin que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon afin que Je lui pardonne ? » Puis ils retournent à leurs demeures, qui sont en haut. Voilà le sens du hadiith. Le sens du hadiith n’est pas qu’Allah, en Son Être, se meuve et se déplace d’un endroit à un autre. Allah, il Lui est impossible d’être caractérisé par les attributs des créatures. Sa puissance n’est pas comme la puissance des créatures ; elle n’augmente ni ne diminue. Sa science englobe toute chose ; elle n’augmente ni ne diminue. De même Sa volonté : c’est une volonté unique. Il a voulu faire exister ce monde – ce qui en a été créé et ce qui en sera créé sans fin –, tout cela, Il l’a voulu par une volonté unique, car tout ce qui se renouvelle, augmente et diminue est créé. Comment donc la science d’Allah augmenterait-elle et diminuerait-elle ? Comment la science d’Allah augmenterait-elle d’un moment à l’autre ? Tout ce qui survient d’un moment à l’autre est créé ; la science d’Allah n’est pas ainsi, ni Sa puissance, ni Son ouïe, ni Sa vue, ni Sa parole. Allah Qui est exempt d’imperfection a une parole qui n’est ni lettre ni son ; ce n’est pas une langue parmi les langues. Elle n’est pas comme notre parole, dont une chose se produit, puis une autre, puis une autre, dont une partie en précède une autre et une partie vient après une autre, comme la parole des humains. Nous, lorsque nous récitons le Qour’an, nous commençons par le baʾ de ﴿ Bismi-llahi r-Rahmani r-Rahiim ﴾ jusqu’à ﴿ mina l-jinnati wa n-nas ﴾ : nous prononçons d’abord le baʾ, puis le siin ; puis le siin se termine, puis vient le miim, et ainsi de suite : des lettres qui se suivent les unes les autres. C’est ainsi que nous récitons le Qour’an ; mais ce n’est pas ainsi qu’Allah a dit ce Qour’an. On ne dit pas d’Allah qu’Il est « naTiq » (celui qui prononce) ; on dit d’Allah qu’Il est « mutakallim » (doué de parole). Le naTiq est celui qui parle au moyen de lettres. Quant à « mutakallim », on le dit de celui qui parle sans lettre ni son, et on le dit aussi de celui qui parle avec lettre et son. De l’humain, on dit qu’il est « mutakallim », ce qui signifie que sa parole est son et lettres ; et d’Allah, on dit qu’Il est « mutakallim » alors que Sa parole n’est pas faite de lettres ni de son. Le son est créé : comment pourrait-il être un attribut d’Allah !!

Maintenant, nous ne comprenons pas cette parole ; mais dans l’au-delà, Allah Qui est exempt d’imperfection nous la fera comprendre : nous l’entendrons, alors qu’elle n’est ni lettre ni son. Le croyant l’entendra, et le mécréant l’entendra : le mécréant, lorsqu’il entendra cette parole, sera saisi d’angoisse ; quant au croyant pieux, il se réjouira.

Jibriil entend cette parole ; dans ce bas monde, il l’entend. Et Mouusa l’a entendue une fois. Notre maître Mouhammad, la nuit de l’Ascension (al-Mi^raj), a entendu cette parole qui n’est ni lettre ni son, et il a vu Allah ; mais Allah Qui est exempt d’imperfection n’est pas vu comme est vue la créature. La créature, tu la vois soit de cette façon, loin ou proche ; ou tu la vois ainsi, ou en bas ; ou tu la vois à ta droite, ou tu la vois à ta gauche, ou tu la vois derrière toi : tu te retournes et tu la vois.

Allah n’est pas vu ainsi, car Il n’est pas un volume. Par la puissance d’Allah, Allah crée en nous une vision, et nous voyons Son Être, qui n’est ni en face ni derrière, sans aucune des comments selon lesquelles la créature est vue. C’est ainsi qu’Il est vu.

Et Lui voit le monde : toute chose du monde, Il la voit, non pas en face ni par derrière, ni en occupant une direction – en haut, en bas, à droite ou derrière. C’est sans cela qu’Il voit le monde. Et nous, les croyants, au Paradis, lorsque nous Le verrons, nous ne Le verrons ni en face ni sous aucune forme, car Il n’est pas un volume. On ne dit pas qu’Allah est proche par la distance, ni qu’Il est loin par la distance.

Toute chose entre laquelle et toi il y a une distance, proche ou lointaine, est créée ; Allah n’est pas ainsi. On ne dit donc pas d’Allah qu’Il est présent (haDir), ni qu’Il est absent.

Certains ignorants, lorsqu’ils font le dhikr, disent (« Ya ḤaDir, ya ḤaDir, ya NaDhir » – « Ô Présent, ô Présent, ô Observateur ») : s’ils comprennent par là qu’Il est proche par la distance, ils deviennent mécréants. Quiconque croit qu’Allah est proche de lui par la distance, comme je suis proche de toi, devient mécréant. Sa proximité n’est pas par la distance. Tout cela se comprend à partir de ce verset, un verset du Qour’an : ﴿ Rien n’est semblable à Lui ﴾ [sourate ach-Chouura, 11].

Quant au Qour’an que nous récitons, on dit de lui qu’il est la parole d’Allah parce qu’il exprime la parole d’Allah, qui n’est ni lettre ni son. Et ce texte que nous récitons, Jibriil l’a pris de la Table préservée, où il était écrit. Personne ne l’a écrit : c’est le Calame qui a tracé sur la Table, par la puissance d’Allah, et l’a écrit – le Calame l’a écrit. Puis Jibriil l’a pris par l’ordre d’Allah et l’a récité à notre maître Mouhammad ; Jibriil l’a fait descendre de la Table préservée. De même l’Évangile originel – l’Évangile véritable –, la Torah véritable et les Psaumes véritables : tous, Jibriil les a fait descendre, par l’ordre d’Allah, sur ces prophètes. Ce n’est pas Allah qui l’a récité comme nous le récitons. On dit [du Qour’an] qu’il est la parole d’Allah, non pas au sens où Allah l’aurait récité avec des lettres et un son.

Faisons le tahliil (disons : « La ilaha illa-llah »).

Reprends-leur cette leçon encore et encore – si tu le veux, une fois par semaine ou deux fois par mois –, et qu’elle soit distribuée dans les centres.

Frise temporelle : Historique des wahhabites

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 26, 2026

FRISE CHRONOLOGIQUE · D’APRÈS AḤMAD ibn ZAYNĪ DAḤLĀN, FITNAT AL-WAHHĀBIYYAH

La sédition wahhabite, 1111–1235 H

Principaux événements rapportés dans le texte, de la naissance de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb à la destruction de ad-Dirʿiyyah par les troupes de Muḥammad ʿAliyy Pacha. Les dates hégiriennes sont celles du texte ; l’équivalent grégorien est calculé (±1 jour, parfois à cheval sur deux années).

Vue d’ensemble

N°PériodeHégireÈre chrétienne
INaissance d’une doctrine et alliance avec ad-Dirʿiyyah1111 – 1165 H1699 – 1752
IIGuerre contre le chérif Ghālib et première prise de La Mecque1205 – 1218 H1790 – 1803
IIISept ans de domination sur les deux sanctuaires1220 – 1227 H1805 – 1812
IVReconquête égyptienne du Ḥijāz1226 – 1230 H1811 – 1815
VChute de ad-Dirʿiyyah et fin du premier État saoudien1231 – 1235 H1816 – 1819

I  Naissance d’une doctrine et alliance avec ad-Dirʿiyyah

1111 – 1165 H · 1699 – 1752

Formation de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb à Médine, apparition de sa prédication dans le Najd, pacte avec les émirs Āl Saʿūd et première condamnation par les savants de La Mecque.

1111 H 1699–1700● Naissance de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb Originaire du Machriq (Najd), de la tribu des Banū Tamīm. Le texte lui prête près de cent ans de vie.                                                  
1125 H 1713○ « Hempher » à Baṣrah selon l’éditeur  D’autres auteurs attribuent la cause de son égarement à un espion anglais nommé Hempher, qui aurait posé avec lui les fondements du wahhabisme à Baṣrah.                                      
s. d. jeunesse○ Études à Médine et mises en garde Étudiant en science à al-Madīnah. Son père, son frère le chaykh Sulaymān et ses maîtres pressentent sa « déviation » et mettent les gens en garde contre lui. « Celui-ci s’égarera, ou bien Allāh égarera par lui ceux qu’Il a éloignés. » (ses maîtres de Médine)                          
1143 H 1730–31● Début de l’apparition de sa prédication Il qualifie d’association (chirk) la visite de la tombe du Prophète ﷺ, le tawassul par les prophètes et les saints et la visite de leurs tombes, et affirme que les gens sont dans l’association depuis six cents ans !                
après 1150 H après 1737○ Début de la propagation Il se lie aux émirs de ad-Dirʿiyyah, qui adoptent sa prédication pour étendre leur royaume. Les Bédouins soumis deviennent des « soldats sans solde ».        
s. d.● Alliance avec Muḥammad ibn Saʿūd, émir de ad-Dirʿiyyah L’émir, des Banū Ḥanīfah, soutient et diffuse la doctrine ; à sa mort, son fils ʿAbd al-ʿAzīz ibn Muḥammad prend le relais. Les savants, dont son frère Sulaymān, rédigent de nombreuses réfutations.
av. 1165 H av. 1752● Condamnation par les savants de La Mecque Des savants wahhabites envoyés aux deux sanctuaires sont réfutés. Un acte établissant leur mécréance est rédigé devant le juge de La Mecque, sous l’émirat du chérif Masʿūd ibn Saʿīd (m. 1165 H). Ils sont emprisonnés ; certains fuient vers ad-Dirʿiyyah.
ensuite○ Interdiction du pèlerinage et razzias Les émirs de La Mecque empêchent les wahhabites de faire le pèlerinage ; ceux-ci razzient les tribus soumises à l’émir de La Mecque. Ils soumettent les tribus du Machriq une à une.

II  Guerre contre le chérif Ghālib et première prise de La Mecque

1205 – 1218 H · 1790 – 1803

Sous le sultan Selim III, l’affrontement ouvert avec l’émir de La Mecque aboutit au massacre de Ṭāʾif et à une occupation de La Mecque de quatorze jours.

1203 H 1789○ Règne du sultan Selim III Le récit s’ouvre sur les nombreuses séditions survenues sous son règne : la (sédition) wahhabite au Ḥijāz et l’occupation française de l’Égypte (1213–1216 H / 1798–1801).
1205 H 1790–91● Début de la guerre contre le chérif Ghālib ibn Musāʿid L’émir de La Mecque, lieutenant de la Sublime Porte au Ḥijāz, affronte les wahhabites à de nombreuses reprises. La plupart des tribus et Bédouins de son obédience passent sous leur autorité.
1206 H 1791–92● Mort de Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb Date donnée par un chronogramme dont la valeur numérique (abjad) fait 1206 : بدا هلاك الخبيث Badā halāk al-khabīth « La perdition du scélérat est apparue » · valeur abjad : 7 + 56 + 1143 = 1206
dhū l-qaʿdah 1217 H févr.–mars 1803● Siège et massacre de aṭ-Ṭāʾif Selon le texte, les habitants sont tués, hommes, femmes et enfants, à l’exception d’un petit nombre, et leurs biens pillés. Les assaillants attendent la fin du pèlerinage pour marcher sur La Mecque.
8 muḥarram 1218 H ≈ 29 avril 1803● Entrée à La Mecque, sous sauvegarde (amān) Le chérif Ghālib se replie à Juddah. Les Mecquois obtiennent l’amān. Les wahhabites restent quatorze jours, exigent le « repentir » selon leur prétention et interdisent tawassul et visite des tombes.
muḥarram 1218 H mai 1803○ Échec devant Juddah Repoussés par le canon de Ghālib, ils lèvent le siège au bout de huit jours. Ils laissent à La Mecque une troupe et un émir, ʿAbd al-Muʿīn, frère de Ghālib.
rabīʿ al-awwal 1218 H juin–juil. 1803○ Ghālib reprend La Mecque Avec Charīf Pacha, gouverneur ottoman de Juddah, il chasse la garnison. Les wahhabites soumettent ensuite les tribus autour de La Mecque et de Médine ; ʿUthmān al-Muḍāyifī devient leur émir de Ṭāʾif.

III  Sept ans de domination sur les deux sanctuaires

1220 – 1227 H · 1805 – 1812

Après un siège qui affame La Mecque, les wahhabites tiennent La Mecque et Médine, bloquent les caravanes de Syrie et d’Égypte et imposent leurs règles.

1220 H 1805● Siège et famine de La Mecque Routes coupées, ravitaillement bloqué : selon le texte, les habitants en viennent à manger les chiens. Ghālib négocie une paix qui lui conserve l’émirat.
fin dhū l-qaʿdah 1220 H ≈ févr. 1806● Seconde entrée à La Mecque Les wahhabites entrent à La Mecque en vertu de la paix conclue.
1220 H et suiv. 1805–06● Prise de Médine et pillage de la Chambre prophétique Les biens de la Ḥujrah sont emportés. Mubārak ibn Muḍayyān est nommé émir de Médine.
1220 – 1227 H 1805 – 1812○ Sept ans de domination Caravanes de pèlerins de Syrie et d’Égypte (maḥmal) interdites, kiswah de bure noire pour la Kaʿbah, interdiction du tabac sous peine de châtiment, démolition des coupoles sur les tombes des saints, lecture des Dalāʾil al-khayrāt et invocation en faveur du Prophète ﷺ après l’appel interdites.

IV  Reconquête égyptienne du Ḥijāz

1226 – 1230 H · 1811 – 1815

Sur ordre du sultan Maḥmūd II, Muḥammad ʿAliyy Pacha envoie son fils Ṭūsūn, puis vient lui-même : les villes saintes sont reprises, largement par l’argent et la diplomatie.

1226 H 1811● Ordre du sultan Maḥmūd II à Muḥammad ʿAliyy Pacha   [contexte] Le maître de l’Égypte reçoit l’ordre de combattre les wahhabites. L’État ottoman sort d’années de guerres contre les chrétiens et de dépositions de sultans.
ramaḍān 1226 H sept.–oct. 1811○ Départ de l’armée de Ṭūsūn Pacha Par terre et par mer, l’armée du fils de Muḥammad ʿAliyy s’empare de Yanbuʿ.
dhū l-ḥijjah 1226 H déc. 1811 – janv. 1812● Déroute entre aṣ-Ṣafrāʾ et al-Ḥudaydah Les tribus de Ḥarb, alliées aux wahhabites, écrasent l’armée et pillent ses bagages ; peu d’hommes rentrent en Égypte.
chaʿbān – ramaḍān 1227 H août – sept. 1812○ Nouvelle armée, ralliement des Ḥarb Dix-huit canons et trois mortiers. aṣ-Ṣafrāʾ et al-Ḥudaydah sont prises sans combat : 100 000 riyals au grand chef des Ḥarb, 18 000 à un chef mineur, plus des pensions mensuelles, grâce à l’entremise secrète du chérif Ghālib.
fin dhū l-qaʿdah 1227 H ≈ déc. 1812● Reprise de Médine Trois jours de fête et salves de canon en Égypte. L’émir Saʿūd, qui avait fait le pèlerinage cette année-là, ne l’apprend qu’après coup.
début muḥarram 1228 H janv. 1813● Reprise de Juddah, La Mecque et aṭ-Ṭāʾif Sans combat. Les garnisons wahhabites fuient ; ʿUthmān al-Muḍāyifī abandonne Ṭāʾif.
rabīʿ al-awwal 1228 H mars 1813○ Les clés des villes saintes portées à Istanbul Cortège solennel : clés de La Mecque, Médine, Juddah et Ṭāʾif sur des plateaux d’or et d’argent. Muḥammad ʿAliyy est élevé en rang.
chawwāl – dhū l-qaʿdah 1228 H oct. – nov. 1813○ Muḥammad ʿAliyy au Ḥijāz ; arrestation du chérif Ghālib Ghālib, après avoir livré al-Muḍāyifī enchaîné, est lui-même arrêté et exilé à Salonique. Son neveu Yaḥyā ibn Surūr devient chérif.
muḥarram 1229 H déc. 1813 – janv. 1814○ Exécutions à Istanbul Mubārak ibn Muḍayyān (ex-émir de Médine) et ʿUthmān al-Muḍāyifī sont promenés dans la ville puis exécutés ; leurs têtes sont exposées à la porte du palais.
jumādà l-ūlà 1229 H avr. – mai 1814● Mort de l’émir Saʿūd Son fils ʿAbd Allāh ibn Saʿūd lui succède.
chaʿbān 1229 H juil. – août 1814○ Campagne vers Turabah, Bīchah, Ghāmid, Zahrān et ʿAsīr Muḥammad ʿAliyy poursuit lui-même les « bandes wahhabites » : nombreux tués et prisonniers, demeures ruinées.
mi-rajab 1230 H juin 1815○ Retour de Muḥammad ʿAliyy en Égypte Après un an et sept mois au Ḥijāz ; Ḥasan Pacha reste à La Mecque. Un accord conclu entre Ṭūsūn et ʿAbd Allāh ibn Saʿūd est rejeté par le Pacha.

V  Chute de ad-Dirʿiyyah et fin du premier État saoudien

1231 – 1235 H · 1816 – 1819

Ibrāhīm Pacha assiège la capitale des Āl Saʿūd, capture ʿAbd Allāh ibn Saʿūd, exécuté à Istanbul, et rase ad-Dirʿiyyah.

1231 H 1815–16○ Mort du chérif Ghālib à Salonique   [contexte] Il y meurt honoré, après vingt-six ans d’émirat sur La Mecque ; une coupole est bâtie sur sa tombe.
fin 1231 H automne 1816● Expédition d’Ibrāhīm Pacha Muḥammad ʿAliyy confie les troupes à son fils Ibrāhīm contre le dernier bastion, ad-Dirʿiyyah. Coûts énormes : 45 000 riyals pour un seul transport de munitions, 140 000 pour un convoi de Médine à ad-Dirʿiyyah.
1232 H 1816–17○ Arrivée devant ad-Dirʿiyyah Ibrāhīm Pacha investit ʿAbd Allāh ibn Saʿūd ; longs affrontements.
dhū l-qaʿdah 1233 H sept. 1818● Capture de ʿAbd Allāh ibn Saʿūd Mille coups de canon et sept jours de fête en Égypte.
17 muḥarram 1234 H ≈ 16 nov. 1818○ ʿAbd Allāh ibn Saʿūd au Caire Reçu par Muḥammad ʿAliyy, il remet un coffret pris dans la Chambre prophétique : trois Livres de Qurʾān royaux, trois cents perles, une émeraude. « Qu’était-ce que cette longue résistance ? » — « La guerre a des alternances. »
rabīʿ al-awwal [1234 H] ≈ déc. 1818● Exécution à Istanbul Promené dans la ville puis mis à mort près de la Porte impériale (Bāb-ı Hümāyūn  ; ses partisans sont exécutés en divers endroits.
muḥarram 1235 H oct. – nov. 1819● Retour d’Ibrāhīm Pacha ; ad-Dirʿiyyah abandonnée La ville est « entièrement ruinée, au point qu’on cessa de l’habiter ». Fin du récit de Daḥlān.

Nature de la source

Aḥmad ibn Zaynī Daḥlān (m. 1304 H / 1886), muftī chaféite de La Mecque, écrit en adversaire déclaré du mouvement. Son récit est une chronique polémique : les qualifications (« scélérats », « hérétiques »), les bilans de victimes et certaines anecdotes (le muezzin exécuté, la femme qui confond Ibn ʿAbd al-Wahhāb) reflètent ce point de vue et ne sont pas datés.

Légende

● événement majeur    ○ événement secondaire ou contexte    s. d. : sans date dans le texte

Source : La sédition wahhabite (Fitnah al-Wahhābiyyah), as-Sayyid Aḥmad ibn Zaynī Daḥlān, suivi de Aṣ-Ṣawāʿiq al-ilāhiyyah, trad. française, Maktabah al-Ḥaqīqah, Istanbul, 1442 H / 2021. Conversions hégire → grégorien selon le calendrier tabulaire.

Commentaire Ibn Achir : croyance partie 1

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 24, 2026

Minimum ibn Achir et biographies

La louange à Allah, le Seigneur du monde, qu’Allah honore et élève davantage le rang de notre Maître Mouhammad ﷺ. Et qu’Il préserve Sa communauté de ce qu’Il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié, et qu’Il nous augmente en connaissances. Et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions, nos actes et nos paroles soient accomplis sincèrement par recherche de son agrément.

Nous allons étudier ce poème qui est le poème d’Ibnou ^Achir. Ibnou ^Achir, comme je le disais tout à l’heure, c’est un savant qui est originaire de la ville de Fès et qui a vécu il y a environ trois siècles. Et l’explication que nous allons prendre, c’est l’explication qui a été donnée par Mouhammad ibnou Ahmad ibn Mouhammad al-Fassiyy. Lui aussi c’est un savant de Fès. C’était l’élève de Ibnou ^Achir et il a fait l’explication de ce traité de croyance. Son explication s’appelle Mayarah. Le surnom du celui qui l’a expliqué s’appelle Mayarah.

Qu’est-ce qu’il dit donc le premier vers de ce poème que les enfants apprenaient. Moi, par exemple, mon grand-père le connaissait par cœur. C’est à dire que c’était dans tout le Maghreb, les gens apprenaient ce poème parce qu’il constitue la référence dans la science obligatoire :

Il commence par citer le nom de l’auteur, qui s’appelle ^Abdou l-Wahid Ibnou ^Achir. Comme vous avez entendu, j’ai prolongé le « ri » « yakou lu ^Abdou l-Wahid Ibnou ^Achirri » ça c’est pour la métrique, la prosodie de la poésie. C’est juste pour que ça soit rythmé, mais en réalité, c’est Ibnou ^Achir tout court.

^Abdou l-Wahid Ibnou ^Achir dit en évoquant le nom de Allah. Alors pourquoi est-ce qu’il cite son nom au début du poème ? Parce qu’il est important de connaître l’auteur d’un livre, ça c’est un sujet d’importance. Prendre des connaissances et donner des avis à partir de livres ou d’Internet, si on ignore qui en est l’auteur et on ne sait pas si c’est valide ou pas, ça c’est haram, c’est interdit. Parce que la préservation de la chaîne de transmission est une préservation de la religion. Et l’Imam Mouslim a rapporté dans son Sahih, d’après notre maître ^Abdou l-Wahid Ibnou l-Moubarak, que Dieu lui fasse miséricorde, qu’il a dit :

Ce qui signifie : « La chaîne de transmission fait partie intégrante de la religion. S’il n’y avait pas eu la chaîne de transmission, alors n’importe qui aurait dit n’importe quoi ». Et l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Dieu l’agrée, a dit :

« Celui qui recherche le hadith sans chaîne de transmission, il est à l’image d’un bûcheron qui veut ramasser le bois la nuit. Dans l’obscurité, il ne sait pas si ce qu’il va prendre c’est une branche ou un serpent ». Et Mouhammad Ibnou Sirin que Dieu l’agréé, a dit :

C’est-à-dire cette science, c’est votre religion, alors vérifiez auprès de qui vous apprenez votre religion. Lire dans des livres et des brochures sans avoir pris par transmission auprès des gens de confiance, ce n’est pas la voix des apprenants éclairés. Aucun savant n’a été promu juste par la simple lecture. Aucun prédicateur n’est devenu prédicateur par la simple lecture. Si cela avait été suffisant, Allah n’aurait pas envoyé les messagers et Il n’aurait pas ordonné de les suivre en prenant d’eux ce qu’ils leur transmettent et en les prenant pour modèles.

Pour en revenir à l’auteur de ce poème, c’est ^Abdou l-Wahid, fils de Ahmad, fils de ^Aliyy, fils de ^Achir al-Ansari. Ansari, c’est-à-dire, son ascendance remonte jusqu’aux Ansar de Médine, Al-Andaloussi, c’est-à-dire son origine, elle est andalouse. Al-Fassi, il est né à Fès, il a résidé à Fès. C’était un savant qui mettait en œuvre la science de la religion. C’était un adorateur qui maîtrisait différentes sortes de sciences que Dieu l’agrée.

Il était connu, il connaissait les différentes récitations du Coran, les explications, le nahou, la grammaire arabe, le tafsir, l’exégèse, Al-i^rab, les analyses grammaticales, Al-Rassam, l’écriture, Al-Dabat, ^ilmou Kalam, la science de la croyance, Al-Osoul, les fondements, Al-Fiqh, la jurisprudence, Al-Tawkrit, les horaires, Al-Ta^dil, al-Khisab, l’arithmétique, Al-Farah, l’héritage, Al-Mantek, la logique, Al-Bayan, l’éloquence, la prosodie, la médecine et d’autres. Il a fait le pèlerinage, il a fait le jihad, il a fait l’i^tiqaf. Il veillait la nuit ce que Dieu a voulu qu’il veille. Il a appris auprès de nombreux chouyouh, il a composé de nombreux ouvrages utiles. Il est mort, que Dieu lui fasse miséricorde, l’après-midi du jeudi 3 de Dhou l-Hijjah de l’année 1040 de l’hégire, donc il y a à peu près 408 années. Sa tombe est connue jusqu’à aujourd’hui à Fès, mais sa tombe est connue.

Ce livre c’est un résumé. L’explication. On va voir deux choses incha’Allah ensemble, aussi bien le poème que son explication qui s’appelle Moukhtasar Ad-dourrou thamin de l’imam Mayarah, qui était l’élève justement d’Ibnou ^Achir. Donc le commentateur, c’est Mayarah, l’élève du compositeur du poème Ibnou ^Achir, ça veut dire que le commentaire c’est de l’imam Mayarah. Quant à la composition du poème, c’est l’imam Ibnou ^Achir.

L’auteur du poème, Ibnou ^Achir, a commencé son poème alors qu’il était dans un voyage de pèlerinage. C’est à dire que les gens lui avaient dit, des accompagnateurs lui ont dit : « Donnez-nous un cours sur le pèlerinage. » Il a composé d’abord la partie de son poème qui parle du pèlerinage parce qu’il était en voyage pour le pèlerinage et pour visiter le prophète à Médine. Et après être retourné, d’autres de ses élèves et ses compagnons lui ont dit : « Est-ce que tu peux continuer ton poème pour que ton poème embrasse la totalité de la science indispensable de la religion ? »

Et effectivement, c’est ce qu’il a fait. Et puis là, c’était son élève Mayarah qui a fait le commentaire du poème. Il a expliqué dans 2livres, il y a un grand commentaire de ce poème, Shah al-Kabir qui s’appelle Ad-dourrou thamin et lui-même, Mayarah a fait un abrégé, un résumé de ce grand commentaire qui s’appelle Moukhtasar Ad-dourrou thamin, il a fait 2 ouvrages.

Le chaykh, celui qui va apprendre un chapitre de sciences de la religion, a une récompense plus grande que de faire les Tarawih que l’on fait durant toutes les nuits de Ramadan.

La récompense de l’apprentissage d’un cours, d’un chapitre de sciences de la religion procure selon le jugement de Dieu une grande récompense parce que le Prophète :

C’est-à-dire que les anges sont très contents de ce que fait l’étudiant de sciences quand il va apprendre la science de la religion. N’oubliez pas de mettre l’intention de rechercher l’agrément de Dieu en écoutant cette connaissance.

Comme la composition des livres, des ouvrages de tout sujet important, requiert d’évoquer le nom de Dieu justement Ibnou ^Achir a commencé par l’évocation du nom de Dieu :

^Abdou l-Wahid Ibnou ^Achir commence en évoquant le nom de Dieu le tout puissant, c’est-à-dire je commence mon ouvrage en disant bismi l-Lah, c’est-à-dire en mentionnant le nom de Dieu, en recherchant la baraka par le nom de Dieu, et c’est l’habitude du salaf et du khalaf. Les musulmans des trois premiers siècles de l’hégire, on les appelle les salaf, et les musulmans des 4e, 5e jusqu’à notre époque à nous, on les appelle les khalaf. Nous, on n’est pas du salaf, on est du khalaf. L’habitude du salaf et du khalaf, c’est de commenter leurs ouvrages par la basmala. C’est ainsi qu’il s’agit d’une habitude :

C’est un terme qui signifie littéralement « le Dieu ». Et donc quand on dit « le Dieu » dans l’absolu, Il s’agit du Seigneur des mondes, Il s’agit d’Allah. C’est pour ça qu’il est valide de dire « il n’est de dieu que Dieu ». Il n’est permis d’employer le nom Al-Ilah, Le Dieu, qu’à Allah. Il n’est pas permis de dire à propos d’autre que Allah, Un Dieu. Mais si on utilise un complément du nom, c’est possible de l’employer pour « autre que Dieu », comme la parole de Mouça ^alayhi s-salam :

« Regarde ton Dieu ». Donc là, c’est avec un complément du nom, une précision, ce n’est pas dans l’absolu. Il n’a pas dit « regarde le Dieu », il a dit « son Dieu » parce que notre maître Mouça s’adressait à cet homme, à Samiriyy qui avait fabriqué un veau en or et qu’il a considéré comme étant son Dieu, avec le pronom relatif ou le complément du nom, on peut l’employer pour autre que Dieu, mais dans l’absolu, on ne dit pas que le veau c’est un Dieu ou c’est le Dieu, quand il n’est pas dans l’absolu. Ça c’est pour le premier vers.

Le deuxième vers :

« Louange à Dieu qui nous a appris, Parmi les sciences, Ce dont il nous a chargés ». Al-hamdou li l-lah, La louange est à Dieu, Qui nous a enseigné, qui nous a permis d’apprendre.

La louange à Dieu, il y a deux formes de louange :

  • Il y a la louange qui est obligatoire,
  • Il y a la louange qui est surérogatoire ou recommandée.

La louange obligatoire, ce n’est pas de dire Al-hamdou li l-lah. La louange obligatoire, c’est de s’abstenir d’utiliser les bienfaits qu’Allah nous a accordés dans la désobéissance. C’est s’abstenir d’utiliser les bienfaits qu’Allah nous a accordés dans la désobéissance. C’est ça la louange qui est obligatoire et la louange qui est recommandée, c’est comme par exemple, on dit Al-hamdou li l-lah. Le fait de remercier Dieu par la parole, ça c’est une louange qui est recommandée. C’est la signification de

« Al-hamdou li l-lah… »

Qu’est-ce que ça veut dire ? La louange est à Dieu, qui nous a enseigné, qui a fait que nous puissions apprendre. C’est-à-dire que c’est grâce à Dieu que nous avons pu apprendre. Parce qu’Allah nous a chargés de connaissances. Et cette science, cette connaissance dont il nous a chargés, c’est ce qu’on appelle la science obligatoire. Il y a une part de connaissance qui est obligatoire pour chaque personne, ce sont des connaissances d’ordre individuel. Toute personne responsable doit les apprendre. C’est la science qui est requise, qui est une condition pour accomplir les obligations. C’est-à-dire on ne peut accomplir les obligations qu’en apprenant cette science. Ce sont des connaissances obligatoires pour toute personne responsable, tous ceux qui sont pubères, qui ont la raison rendront des comptes au jour du jugement à propos de l’apprentissage de la science indispensable de la religion. Parce que la science de la religion est de deux sortes. Il y a une sorte qui est indispensable, qui est obligatoire pour toute personne responsable, c’est-à-dire la personne pubère et sainte d’esprit. De sorte que celui qui n’apprend pas cette science par transmission orale est désobéissant, c’est un grand pécheur, c’est un façiq. Même si en apparence, il montre l’apparence qu’il est appliqué dans la religion, mais s’il n’a pas appris les 13 attributs de Dieu, il n’a pas appris les attributs des prophètes, il n’a pas appris qu’est-ce que l’apostasie, il n’a pas appris les piliers du woudou’, il n’a pas appris les piliers de la prière, il n’a pas appris le ghousl, il n’a pas appris la zakat s’il a de l’argent, le pèlerinage s’il était capable, il n’a pas appris quels sont les devoirs du cœur, les péchés du cœur, c’est un façiq, c’est un grand pécheur. Même si lui, il pense qu’il est en train d’augmenter en degré ou il dit « Mon cœur, il est plein de foi », mais en réalité, c’est un grand pécheur et Allah ne l’agrée pas dans cet état-là. Donc c’est pour cela que c’est un devoir d’apprendre ce minimum indispensable, c’est ce que nous ferons, incha’Allah, ensemble. C’est surtout le sujet qui se rapporte à la croyance, parce que la croyance, c’est la base. C’est pour ça que nous avons commencé. C’est ce qu’Ibnou ^Achir a commencé, c’est par le chapitre de la croyance.

C’est à dire qu’est-ce que veut dire la croyance, c’est-à-dire les attributs de Dieu, les attributs du prophète, l’apostasie. Et de même de connaître quels sont les devoirs du cœur, parce que le cœur est soumis à des actes. Parmi ces actes, il y a des actes d’adoration qui permettent de gagner l’agrément de Dieu. Et il y a des actes qui peuvent provenir du cœur, qui sont des péchés, qui font éloigner de l’agrément de Dieu. Et également donc ce qu’il est obligatoire de connaître pour toute personne responsable, il y a les péchés. Les péchés qui se rapportent aux yeux, à la langue, aux oreilles, à la main, aux pieds, au ventre, etc. C’est ce qu’on appelle Al-^Ilma l-darouri, la science indispensable, qui n’est permis à aucune personne responsable d’ignorer. De sorte que celui qui n’apprend pas, au jour du jugement, il va rendre des comptes. Il sera puni, parce que l’interrogatoire au jour du jugement, le questionnement au jour du jugement, tout comme c’est parvenu dans le Jama^ de At-Tirmidhiyy et d’autres, avec une chaîne de transmission sahih du Prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam :

qui signifie : « L’esclave ne quittera pas la station au jour du jugement (une des stations, parce qu’il y en a 50) avant d’avoir rendre compte de quatre choses : Il rendra compte de sa vie, En quoi il l’a passée. Il rendra compte de son corps, en quoi il l’a utilisé, il rendra compte de son argent, de ses biens, d’où est-ce qu’il les a eus et dans quoi il les a dépensés ». C’est pour cela que c’est obligatoire pour toute personne responsable de connaître ce qui est licite comme bien, qu’est-ce qui est interdit. Parce qu’il se peut que quelqu’un il lui parvienne de l’argent illicite, de l’argent interdit. S’il ne sait pas faire la différence entre ce qui est licite et ce qui est interdit, alors il va tomber dans la consommation de l’argent interdit. Même pour ce qui est de la vente, du prêt, de la mise en commun des biens, de la location, etc.

Il est un devoir donc d’apprendre le jugement de ce qu’il veut faire par l’unanimité, de sorte qu’il soit interdit à une personne de s’engager dans quoi que ce soit avant d’avoir appris le jugement de Dieu. Mais pour autre que les actes d’adoration, il suffit d’apprendre le jugement de manière globale, de sorte qu’il ne tombe pas dans l’ignorance du fondement même du jugement, et il se peut que, par les sciences dont il nous a chargé, Ibnou ^Achir vise la science obligatoire aux individus et la science obligatoire collectivement. Parce que la science collective, la personne va rendre compte également selon le cas bien sûr. Qu’est-ce que ça veut dire la science collective ? Si certains apprennent cette science, les autres sont déchargés.

Justement l’auteur, lui connaissait les deux. Parce que la science de la religion est de 2 catégories. Il y a une science qu’il est obligatoire d’apprendre individu par individu. Il y a une science qu’il est obligatoire d’apprendre collectivement. Donc la science qu’il est obligatoire d’apprendre individuellement, c’est celle qui est obligatoire pour toute personne responsable, c’est-à-dire pubère et saine d’esprit, comme nous l’avons mentionné. Et la 2e sorte de science, c’est celle qui est obligatoire d’ordre collective, c’est-à-dire il est un devoir que certains musulmans l’acquièrent et c’est ce qui est, en plus de la science, obligatoire.

L’obligation collective, c’est les connaissances par lesquelles la personne peut profiter à autrui. C’est la part qui est obligatoire à certains croyants et pas à toutes les personnes responsables. C’est ce qui est au-delà des besoins de la personne elle-même. C’est ce qui permet à la personne de donner des jugements à autrui et pour les affaires qui peuvent se produire des gens.

Le troisième vers :

Sa parole « Salla wa s-salama » ça veut dire Allah honore et élève en degré, même si la phrase est khābarīya, c’est-à-dire c’est une phrase informative, mais ce qui en est visé, c’est l’invocation, ça veut dire je demande à Allah d’élever degré Mouhammad ﷺ. C’est-à-dire que Allah, Il honore, je demande à Dieu qu’il honore encore plus son prophète Mouhammad et le « Wa s-salam », ça veut dire : « Je demande à ce qu’Allah protège son prophète ﷺ de ce qu’il craint pour sa communauté ». Et justement, comme dans Sourate Al-Ahzab, Allah nous l’apprend :

﴾ إِنَّ ٱللَّهَ وَمَلَـٰٓئِكَتَهُۥ يُصَلُّونَ عَلَى ٱلنَّبِىِّ ۚ يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ صَلُّوا۟ عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا۟ تَسْلِيمًا ﴿

Ça veut dire : « Allah, Il honore le Prophète. Les anges invoquent Allah pour qu’Il honore davantage le Prophète. Vous qui êtes croyant, dites : Allahoumma Salli wa salim ^ala Mouhammad », c’est à dire, vous qui êtes croyants, demandez à Allah qu’Il honore et qu’Il élève davantage en degré le Prophète.

Et Mouhammad c’est un nom qui dérive de Hammadah, c’est à dire que notre Prophète a été appelé ainsi par inspiration d’Allah, parce que c’est de bon augure dans le sens que les créatures vont le louer tellement il a des caractères louables. C’est-à-dire que Mouhammad signifie celui qui est énormément loué par les gens tellement il a des caractères louables ﷺ. C’est un terme qui dérive de Al-hamd, qui est la louange.

L’invocation en faveur du Prophète « as-Salatou wa s-salam ^ala raçoul » sont obligatoires d’obligation une fois dans la vie, en étant capable, c’est-à-dire chez l’Imam Malik si quelqu’un dit une seule fois dans sa vie salla l-Lahou ^ala Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam, il aura réalisé l’obligation chez l’Imam Malik. De même, l’Imam Malik dit que les premières tahiyat et la deuxième partie des Tahiyat ne sont pas obligatoires, mais c’est sounnah. Selon lui, dans la prière, si quelqu’un ne fait pas les Tahiyat, sa prière reste valable. C’est pour cela que As-salat ^ala n-nabiyy n’est pas obligatoire selon Malik dans la prière, ni selon Abou Hanifah. Si quelqu’un récite les Tahiyat et il dit « ‘ach-hadou ‘al-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa’ach-hadou ‘anna Mouhammadar-raçoulou l-Lah » puis il passe de Salam, la prière est valable chez les hanafites, même s’il ne dit pas « Allahoumma salli ^ala Mouhammad » et chez les Malikites également. Tandis que chez les Chafi^ites, il faut qu’ils rajoutent « Allahoumma salli ^ala Mouhammad ». Dans l’école Chafi^ites, l’invocation en faveur du Prophète est obligatoire dans la prière. Contrairement à l’Imam Abou Hanifah et à l’Imam Malik. Certains Malikites ont dit que l’invocation en faveur du prophète dans la prière fait partie des Sunan Mou’akkada, des actes très recommandés, qu’il ne convient pas de délaisser, que seul celui qui n’a pas de bien en lui va délaisser. Et d’autres ont dit que c’est obligatoire quand on entend la mention du prophète ﷺ. C’est-à-dire quand on entend la mention du prophète, c’est requis de faire l’invocation en sa faveur, de dire ﷺ. Si j’attire votre attention aussi, de ne pas faire comme beaucoup d’ignorants, ils compressent la phrase, tu n’entends que « Salla.. ». Ils déforment le nom d’Allah, ce n’est pas ainsi. Si tu invoques pour le Prophète, c’est comme si tu es en train d’offrir un cadeau. Quand tu offres un cadeau à quelqu’un, tu lui jettes dans la figure ou bien tu lui présentes avec un papier cadeau, avec un sourire, avec la main, tu dis ﷺ. Il ne faut pas déformer le nom de Allah. Il faut prendre le temps et avoir l’intention de l’invoquer en faveur du Prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam.

Je vous rappelle une bonne tradition qui était même chez beaucoup de gens dans certains pays. Quand deux hommes se rencontrent ou deux femmes se rencontrent, c’est de se serrer la main en disant « As-salamou ^alaykoum – wa ^alaykoums-salam » et de faire l’invocation en faveur du Prophète. Car dans un hadith, justement, le Prophète a dit :

Qui signifie : « Chaque fois qu’il y a deux esclaves qui s’aiment pour l’agrément de Dieu, qui se rencontrent, qui se saluent en se serrant la main, qui récitent l’invocation en faveur du Prophète ﷺ. Ils ne se sépareront pas avant qu’il ne leur soit pardonné leurs péchés respectifs, ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire ». C’est très recommandé, notamment le vendredi, de multiplier les invocations en faveur du Prophète, le jour du vendredi et la veille. Il est parvenu dans le hadith honoré, d’après Aws ibnou Aws qui a dit : « Le Messager ﷺ a dit :

Ce qui signifie : « Parmi les meilleurs de vos jours, il y a le vendredi. C’est en ce jour-là qu’Adam, Allah l’a créé et qu’il l’a fait mourir, et qu’il y aura le souffle dans le corps et que les gens vont mourir. Multipliez le vendredi les invocations en ma faveur. Vos invocations me seront exposées ». Certains compagnons ont dit : « Comment nos invocations te seront exposées alors que tu seras mort ? ». Il a répondu :

Ce qui signifie : « Allah ^azza wa jall a interdit à la Terre de consommer les corps des prophètes ». Rapporté par Abou Dawoud, An-Naça’iyy, juger des sahih, par Ibn Khouzaymah et d’autres. C’est très important de multiplier les invocations en faveur du Prophète ﷺ.

Rappelez-vous donc dans le vers :

Qu’est-ce que ça veut dire « Wa alihi wa sahbihi wa Mouqtadi » ? C’est une invocation pour Al-Al du prophète. Quand on dit « Allahoumma salli ^ala Mouhammadin wa ^ala ali Mouhammad », qu’est-ce que ça veut dire « Ali Mouhammad » ? Ce sont les croyants pieux de sa communauté, que ce soit ses proches parents, que ce soit autre que ses parents. Mais quand nous disons « Kama sallayta ^ala Ibrahim wa ^ala ali Ibrahim » ici « Ali Ibrahim », ça veut dire c’est deux fils, Isma^il et Is-Haq

Le Messager d’Allah ﷺ a été interrogé : « comment on fait l’invocation en ta faveur ô Messager de Dieu ? » lorsque le verset « ṣalloū ʿalayhi wa sallimoū taslīmā » a été révélé. Il leur a dit : « dites : Allahoumma salli ^ala Mouhammadin wa ^ala ali MouhammadKama sallayta ^ala Ibrahim wa ^ala ali Ibrahim » jusqu’à la fin. C’est donc le prophète qui leur a enseigné cette formulation.

Quand un des prophètes de Dieu est mentionné, il convient de faire l’invocation en sa faveur. Lorsque c’est notre maître Mouhammad, il est mentionné, il convient de faire l’invocation en sa faveur. Tout comme il convient de faire suivre l’invocation en faveur du Prophète par l’invocation en faveur de ses frères, des autres prophètes. Il est parvenu dans le Hadith que le Messager de Allah ﷺ a dit :

Ce qui signifie : « Quand vous me passez le salam, Alors faites le salam aussi. Quand vous dites « wa salam » aux prophètes de Dieu, parce qu’ils ont été envoyés tout comme moi-même j’ai été envoyé ».

Le quatrième vers :

Ici : Wa ba^dou, c’est juste ceci étant dit.

L’aide est de la part d’Allah. C’est-à-dire après la louange de Dieu, après l’invocation en faveur du Prophète que j’avais déjà mentionnée. Je demande de l’aide. L’aide, c’est être capable de faire quelque chose. « . », C’est un des attributs de Dieu. C’est à dire que Allah est très généreux. Qu’il a un très haut degré.

C’est-à-dire que je recherche l’aide de Allah qui me donne la capacité. La louange est à Allah qui m’a donné la capacité à composer ces vers. Ces vers de poésie qui sont utiles pour celui qui est de cette communauté. Cette communauté al-Oummah, Al Oummiyyah. Al-Oummiyyah, c’est à dire qui ne sait pas lire et écrire. La louange est à Dieu qui m’a donné cette capacité de composer ces vers qui sont utiles pour cette communauté qui ne lit pas et n’écrit pas, c’est à dire en général. Ils sont utiles pour celui qui est de cette communauté, qui ne lit pas et qui n’écrit pas. Ça, c’est le sens de ce quatrième vers.

Attention ici, quand nous par exemple, dans la Fatihah on dit :

﴿إِيَّاكَ نَعۡبُدُ وَإِيَّاكَ نَسۡتَعِينُ ٥﴾

(‘iyyaka na^boudou wa‘iyyaka nasta^in), c’est-à-dire, c’est vrai, « na^boudou », c’est-à-dire, ô Allah, c’est toi seul que nous adorons, et tu es le seul qui mérite d’être adoré. C’est ça le sens de l’adoration, c’est de se soumettre à l’extrême. C’est à dire à toi, nous demandons l’aide pour faire le bien et à persévérer sur la bonne guidée, parce que les cœurs dépendent de la volonté de Dieu. Ça veut dire que nous demandons à Dieu une aide particulière, parce que c’est Dieu qui est le Créateur pour l’esclave de ce qui lui est utile. Comme moyen de subsistance, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas demander l’aide à autre que Dieu dans l’absolu. Preuve en est le hadith rapporté par At-Tirmidhiyy :

« Allah aide l’esclave tant que l’esclave aide son frère »

Le cinquième vers de poésie :

La aqd ici, c’est à dire la croyance. Son poème, il a commencé par le chapitre de croyance. Il a dit dans la croyance de Ach^ariyy et dans le fiqh de l’Imam Malik et dans la tariqa soufi de Al-Jounayd as-Salik. Ça veut dire que le compositeur de ce poème religieux demande à Allah de l’aider pour composer des vers qui sont utiles pour celui qui ne sait pas lire et écrire ou qui n’a pas appris, pour qu’il puisse bien réciter ce poème, pour en comprendre le sens, parce qu’il englobe tout ce qu’il est un devoir d’apprendre et qu’il ne lui convient pas de délaisser en termes de croyance, de jurisprudence et de tasawwouf. C’est ça ce qu’il vise par tariqah Al-Jounayd as-Salik. Et là, Mayarah renvoie vers le Grand Tafsir pour plus de détails. Ça c’était juste l’introduction et nous détaillerons un peu plus. Juste pour en parler des Imams qu’il a mentionnés dans son texte, Al-Jounayd c’est une grande référence dans l’éducation de l’âme. C’est une référence pour le tasawwouf chez les gens véritables. C’était un Mouhaddith, un faqih qui a dit : « on n’a pas appris cela en rapportant les paroles des uns aux autres, mais on a appris cette voie avec les veillées, avec la faim, en délaissant les plaisirs et les choses qui plaisent à l’âme. » C’est-à-dire on s’est détourné du bas monde et on a éduqué nos âmes, pour parvenir à ce grand attachement de la religion. Al-Jounayd est mort à la fin du IIIe siècle de l’hégire. Quant à l’imam Al-Ach^ariyy, lui, il est mort au tout début du IVe siècle de l’hégire. Il a vécu à à la fin du IIIe siècle de l’hégire. Lui et l’imam Abou Mansour Al-Matouridiyy ce sont les deux références des musulmans dans la croyance. ‘Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a vécu à Baghdad et le Matouridiyy était dans la région de Boukhara. Ce sont deux imams d’Ahlou s-Sounnah qui ont résumé la croyance des compagnons avec des arguments rationnels et textuels et de sorte que Ahlou s-Sounnah après se sont ensuite réclamés de ces deux imams, comme l’a mentionné ce grand savant de Fès Ibnou ^Achir et l’imam Malik, bien sûr, comme vous le savez, il est mort le dimanche, le matin du dimanche, 14 rabi^ou al-Awwal de l’année 179 de l’hégire. Al-Jounayd, il est mort en 297, ce sont tous des imams du Salaf. Quand on les suit, on dit qu’on est salafite, c’est à dire on suit ces imams du Salaf, l’imam Al-Ach^ariyy, d’abord, l’imam Malik et l’imam Al-Jounayd.

Et juste après, on ne va pas détailler, mais juste on va introduire l’introduction du livre de la croyance. Là, il va expliquer, il va commencer par expliquer les sujets de croyance. Et donc c’est pour cela que, Incha’Allah ta^ala, la fois prochaine, nous allons débuter l’explication de ce sujet. Où il résume d’abord, il explique d’abord qu’est-ce que ça veut dire ce qui est possible selon la raison, qu’est-ce que ça veut dire ce qui est impossible selon la raison, qu’est-ce qui est obligatoire selon la raison. Et incha’Allah, petit à petit, nous allons et ensuite il va expliquer comment, quels sont les attributs de Dieu, quels sont les attributs des prophètes. Ce sont des choses que nous verrons au fur et à mesure.

Tafsir sourate an-Nisaa versets 1-23

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur septembre 7, 2026

Sūratu n-Nisāʾ

Elle est médinoise et comporte cent soixante-seize versets.

Verset 1 : Ô vous les gens : c’est-à-dire ô vous descendants d’Ādam

Craignez votre Seigneur Qui vous a créés à partir d’une seule personne : votre Seigneur Qui vous a fait dériver tous à partir d’une même origine qui est votre père à tous et il s’agit d’Ādam ʿalayhi s-salām.

Et Il a créé à partir d’Ādam son épouse : Dieu vous a fait apparaitre à partir d’une seule personne dont telle est la caractéristique :  Dieu l’a créée de terre, et de la personne d’Ādam, Dieu a créé son épouse Hawwāʾqui a été a été créée à partir d’une des côtes d’Ādam.

Et à partir d’eux deux, Dieu a fait qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes. Dieu a fait que se propagent à partir de ces deux-là les deux espèces du genre humain, qui sont des hommes et des femmes. Et Celui Qui est tout puissant à faire cela, Il est puissant sur toute chose. Et parmi les choses sur lesquelles Il est tout puissant, c’est de punir les mécréants et les pervers. La réflexion à ce sujet mène à craindre Celui qui est tout puissant à châtier et mène à craindre Son châtiment.

Et craignez Dieu Celui par Lequel vous vous suppliez les uns les autres : quand on dit à quelqu’un, pour l’attendrir, la parole « bi l-Lāh », on veut dire : « par l’amour révérenciel que tu as pour Dieu, fais cela »

Et les liens de parenté :  faites bien attention à ne pas rompre les liens de parenté, ceci pour montrer l’importance des liens de parenté.

Certes Dieu sait tout de vous : rien n’échappe à Dieu à votre sujet.

Verset 2 : et accordez aux orphelins leurs biens : c’est-à-dire quand ils atteignent la puberté, donnez-leur les biens que leur ont laissé leurs parents. Dès qu’ils atteignent la puberté, ils ne sont plus orphelins mais comme il n’y a pas si longtemps, ils l’étaient, ils sont encore nommés ainsi. Il y a ainsi une indication à ne pas retarder à leur donner leurs biens dès que ces orphelins atteignent la puberté, si on pense d’eux qu’ils vont gérer leurs biens de manière réfléchie c’est-à-dire si on pense qu’ils ont atteint une maturité qui leur permet de gérer leurs biens.

Ne remplacez pas ce qui est mauvais par ce qui est bon : autrement dit, ne substituez pas à ce qui vous est interdit (à savoir les biens des orphelins) par ce qui vous est licite (à savoir votre bien à vous).

Et ne prenez pas leurs biens pour les rajouter à vos propres biens à vous : ne rajoutez leurs biens à vos biens à vous lorsque vous engagez des dépenses de sorte que vous ne distinguiez plus entre vos biens et leurs biens, par insouciance et que vous en arriviez à consommer ce qui ne vous est pas licite. Et que vous ne fassiez pas de différence entre leurs biens et vos propres biens.

Car cela est extrêmement grave : c’est-à-dire consommer les biens des orphelins est extrêmement grave c’est-à-dire que c’est un grand péché.

Verset 3 : et si vous craignez de ne pas être équitables : c’est-à-dire de ne pas être justes à propos des orphelins (ici c’est un pluriel qui englobe les filles et les garçons) 

Alors épousez ce que bon vous semble : c’est-à-dire ce qui vous est licite, autorisé

Parmi les femmes : parce qu’il y a parmi les femmes celles que Dieu vous sont interdites et qui sont mentionnées dans le verset de sūratu at-taḥrīm. Il a été dit : si vous craignez d’être injustes envers les orphelins, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; c’est -à-dire que si vous craignez d’être injustes envers les orphelins dans la gestion de leurs biens, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; alors épousez ce qui vous sont licites comme femmes et ne tournez pas autour des interdits. Il a été dit que c’était des gens qui n’avaient pas de scrupules à commettre la fornication mais ils craignaient d’assurer la tutelle des orphelins. Alors il leur a été dit cela : « si vous craignez d’être injustes à propos des orphelins, alors, à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication. Et pour ne pas tomber dans la fornication, épousez ce qui vous est licite comme femmes. Et ne rodez pas autour des interdits.

Epousez des femmes qui vous sont licites en un nombre bien limité, deux, trois ou quatre : c’est comme si on dit à quelqu’un : partagez -vous cette somme d’argent : deux /deux, ou trois/trois : c’est-à-dire comme ainsi et pas cinq/cinq par exemple. Celui d’entre vous qui veut épouser plus d’une, alors que ce soit dans cet ordre : chacun d’entre vous épouse deux, ou trois ou quatre, selon cet ordre-là et pas selon un autre ordre.

Si vous craignez de ne pas être équitable, alors que ce soit une seule : c’est-à-dire : attachez-vous à n’en épouser qu’une ou choisissez une (dans le cas où certains, à ce moment-là avaient plus que quatre femmes : il leur est dit : si tu crains de ne pas être équitable, tu gardes une femme et tu te sépares des autres)

Ou celles qui vous appartiennent : il a considéré comme équivalent, dans le cas où ils craignent de ne pas être équitables, soit une seule épouse libre ou plusieurs femmes esclaves (sans limiter le nombre des femmes esclaves)

Cela (il fait allusion entre choisir une seule épouse ou avoir des femmes esclaves) vaut mieux que de favoriser une ou d’être injuste.

Verset 4 : et accordez aux femmes leurs dots d’un don qui soit de bon cœur : la parole s’adresse ici aux maris. Il a été dit que cette phrase s’adresse au tuteur qui prenait la dot de la femme : c’est pour leur rappeler que la dot est destinée à la femme. 

Alors si elles acceptent de bon cœur de vous en donner (c’est-à-dire aux maris) une part (c’est-à-dire de la dot) c’est-à-dire qu’elles ont accepté de bon cœur de vous rendre une partie de la dot, mais sans qu’elles n’y soient contraintes à cause de votre mauvais comportement et votre mauvaise vie conjugale,

Alors consommez-le sans péché : et sans qu’il y ait de mal en cela. Cette expression « hanī’an marīʾan » est pour indiquer que c’est licite et qu’il n’y a pas de charge contre vous si vous le faites.

Verset 5 : n’accordez pas aux impudents c’est-à-dire ceux (ceux qui étaient orphelins puis qui ont atteint la puberté) qui gaspillent leurs biens, ceux qui dépensent leurs biens dans ce qu’il ne convient pas et qui n’ont pas la capacité de bien gérer leurs biens, de les faire fructifier et de les utiliser à bon escient : la parole s’adresse ici aux tuteurs

Vos biens : c’est-à-dire les biens des orphelins dont vous avez la charge en tant que tuteurs (en effet ce sont les tuteurs qui gèrent les biens de ces orphelins) alors que Dieu a fait que les biens (en général) soient un moyen de vie pour vous, pour vos familles et vos enfants. Donc ce verset ne veut pas dire que les biens de l’orphelin sont un moyen pour vous de vie pour vos familles.

Et faites-les fructifier : faites en sorte que ces biens soient une source de subsistance pour eux : faites avec ce bien du commerce pour dégager par-là du bénéfice et que leurs frais de charge soient couverts à partir des bénéfices et non pas à partir du bien en soi, pour que le bien ne soit pas consommé uniquement par les dépenses.

Et assurez leur subsistance et achetez-leur aussi des vêtements et dites-leur de belles paroles : c’est-à-dire c’est la promesse que, si vous êtes mûrs lorsque vous atteindrez votre puberté, nous vous rendrons vos biens.

Verset 6 : éprouvez les orphelins : c’est-à-dire : examinez leur comportement, testez leur état et leurs connaissances de la bonne gestion, avant la puberté. Le test « chez nous » signifie « chez les Hanafites » (car l’imam An-Nasafiyy est hanafite) : le test chez eux consiste à leur donner un certain montant pour le gérer, pour déterminer leur état, pour déterminer ce qu’ils vont faire avec ce qui leur a été confié. Il y a la preuve qu’il est permis d’autoriser à un enfant mature de faire du commerce.

Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage : c’est-à-dire la puberté, parce que c’est l’âge qui rend valide le mariage, l’âge auquel le rapport sexuel est possible. Il a été appelé l’âge du mariage car « an-nikāḥ » est un terme qui désigne le mariage et le rapport sexuel.

S’il s’avère pour vous qu’ils sont matures : dans leur comportement (la gestion d’activités) et dans les transactions,

Alors rendez-leur leurs biens : sans retard par rapport à l’âge de la puberté. C’est comme s’il disait : testez les orphelins jusqu’à leur puberté, ils sont en droit de recevoir leurs biens et donnez-leur leurs biens à condition que vous ayez remarqué leur maturité.

Et ne consommez pas leurs biens en gaspillant et en vous empressant qu’ils ne grandissent : ne consommez pas les biens de l’orphelin par gaspillage et par anticipation de leur croissance, en disant « nous les dépensons dans ce que nous désirons, avant que l’orphelin ne devienne pubère et ne récupère les biens qui sont entre nos mains ».

Dans ce verset, Dieu a donné deux règles : une dans le cas où le tuteur est tuteur d’un orphelin qui est riche et une dans le cas où le tuteur est le tuteur d’un orphelin qui est pauvre :  celui qui est riche évite de consommer le bien de l’orphelin, il se préserve autant que faire se peut de la consommation du bien de l’orphelin.  Quant au pauvre, il peut consommer ce qui lui permet de survivre tout en prenant ses précautions lorsqu’il consomme.

Quand vous leur rendrez leurs biens, alors prenez des témoins à ce sujet : prenez des témoins qui témoignent que les orphelins ont bien réceptionné leurs biens, pour éviter tout reniement ultérieur.

Et Dieu suffit pour faire rendre des comptes aux gens : et cela suffit. Au Jour du Jugement il y aura la justice.

Verset 7 : les hommes ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté et les femmes également ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté : ce sont ces gens-là qui héritent les uns les autres, à partir du lien de parenté. Donc c’est le lien de parenté qui implique un héritage. Elles auront une part qui est inférieure ou bien supérieure, mais ce sont des parts qui sont déterminées dans la Loi de l’Islam. C’est-à-dire que chacun aura une part déterminée de l’héritage. Alors que les gens de l’époque de l’ignorance avant la venue du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne donnaient pas d’héritage ni aux enfants ni aux femmes. Et ils disaient : n’hérite que celui qui sait utiliser une lance et obtenir un butin. Ils visaient les hommes capables de se battre. Alors que l’Islam est venu pour définir la part pour chacun.

Verset 8 : et si, sont présents au partage de l’héritage la parenté (qui ne font pas partie des héritiers) et qu’il y a des orphelins et des pauvres (qui ne sont pas de la parenté) donnez-leur une part (de ce qu’ont laissé les parents et la parenté) : ici c’est un ordre de recommandation (amru nadbin) et dites-leur de belles paroles : à ceux qui ne font pas partie de la parenté, dites -leur de belles paroles, c’est-à-dire une belle excuse et de belles promesses ; c’est-à-dire soyez généreux avec eux.

Verset 9 : ceux qui craignent, s’ils meurent, de laisser une descendance qui est démunie, ils ont peur pour eux. Qu’ils craignent Dieu: ceux qui sont visés ici, ce sont les tuteurs, autres que la parenté. Comme si un père recommande quelqu’un de confiance, au cas où lui-même meurt, en assumant les charges et en faisant fructifier leur héritage et en le préservant. Ces tuteurs (autres que la parenté) ont reçu l’ordre de craindre Dieu et de préserver ceux qui sont sous leur tutelle. Dans ce verset, Dieu leur ordonne de craindre pour ceux qui sont sous leur tutelle parmi les orphelins, de la même crainte et de la même compassion que s’ils avaient été leur propre descendance et qu’ils étaient démunis et faibles. Et qu’ils s’engagent à cela dans leurs cœurs et que s’ils s’imaginent que c’était leurs propres enfants, pour qu’ils n’osent pas agir d’une manière différente de la compassion et de la miséricorde. (Ils se disent dans leurs cœurs : si ces orphelins étaient mes propres enfants, comment aimerais-je que d’autres les gèrent ? Donc moi, je vais gérer ces orphelins comme j’aurais espéré que d’autres gèrent mes propres enfants)

Et qu’ils disent des paroles justes : la parole juste, ici, de la part du tuteur, c’est qu’il s’adresse à  ces orphelins tout comme il s’adresserait à ses propres enfants, avec la bienséance et le bon accueil.

Verset 10 : c’est un verset de menace et d’avertissement : ceux qui consomment les biens des orphelins injustement. C’est-à-dire en agissant avec injustice, d’une manière qui n’est pas conforme à la Loi de l’Islam ; ils sont en train de remplir leur ventre d’un feu, c’est comme s’ils sont en train d’avaler du feu. Ils ne font que consommer ce qui va entrainer vers l’enfer. Il a été rapporté que celui qui consomme les biens de l’orphelin injustement, il sortira de sa tombe au Jour du Jugement (il sera ressuscité) avec de la fumée qui sort de sa tombe, de la fumée qui sort de sa bouche et de la fumée qui sort de son nez et de ses oreilles. Les gens sauront ainsi que c’était quelqu’un qui consommait injustement les biens de l’orphelin., dans le bas-monde.

Et ils vont griller en enfer : ils entreront en enfer qui est attisé et dont les flammes sont terribles.

Verset 11 : Dieu vous engage et vous ordonne à propos de vos enfants : c’est-à-dire à propos de leur héritage : le garçon a la part équivalente à deux filles : c’est-à-dire pour chaque garçon de vos enfants. Il a été dit que cette règle est venue abroger ce qui était fait avant dans la période de l’ignorance, où l’héritage allait totalement aux garçons et pas aux filles. Il a été dit qu’il suffit aux garçons qu’ils aient le double de la part des filles. Cette règle est dans le cas où il y a une telle configuration : c’est-à-dire s’il y a parmi les enfants, un garçon et deux filles : dans ce cas-là, le garçon aura deux parts et les deux filles auront deux parts.

S’il n’y a que des filles, plus que deux, dans ce cas elles vont se partager les deux tiers de l’héritage du défunt : parce que, même si l’héritage n’a pas été mentionné explicitement, on comprend qu’il s’agit des deux tiers de l’héritage. Comme le verset parle d’héritage, on a su que celui qui a laissé, c’est le défunt.

Si c’est une fille unique, elle aura la moitié de l’héritage : et le reste sera pour les autres membres du clan. Ceci indique que s’il n’y avait qu’un fils unique, il aura tout l’héritage. Mais cela n’a pas été mentionné de manière explicite. La plupart des compagnons, que Dieu les agrée, ils ont dit que, dans le cas où il y a deux filles, elles ont le même jugement qu’un ensemble de filles, du fait de la règle générale qui indique que le garçon a le double de la part de la fille. Exemple : si quelqu’un meurt et laisse un garçon et une fille : la fille a la moitié de la part du garçon : donc la fille aura un tiers et le garçon aura les deux tiers. Si une fille unique a le tiers, alors les deux tiers sont pour les deux filles. Cela non plus n’est pas mentionné. Ceci, parce qu’à la fin du verset, Dieu dit que si elles étaient deux sœurs, elles auront les deux tiers de ce qu’il a laissé : c’est dans le cas où un homme meurt sans laisser d’enfants et il laisse deux sœurs : elles auront les deux tiers. An -Nasafiyy dit que, comme les deux filles sont plus proches du défunt que les deux sœurs : donc si les deux sœurs ont les deux tiers, alors, à plus forte raison, les deux filles auront deux tiers. On parle des deux sœurs car ce cas n’a pas été mentionné de manière explicite dans le verset. C’est pour cela qu’ils ont considéré que les deux filles auront la même part que les deux sœurs, et ils n’ont pas diminué la part des deux filles.

Et pour ses parents : ce qui est visé est le père et la mère (qui vont hériter si leur enfant décédé n’a pas de descendance) d’un garçon ou d’une fille (même si c’est le pronom possessif masculin qui est employé car le plus courant est qu’il s’agit des parents d’un homme) chacun des deux aura le sixième de ce qu’il aura laissé en héritage, s’il a des enfants. Ceci s’applique pour le garçon et pour la fille. Les parents auront le tiers – chacun aura un sixième avant le partage –

Dans le cas où il meurt sans laisser de descendance, alors sa mère aura le tiers : dans le cas où il n’est pas marié et n’a pas d’enfants, sa mère aura le tiers de l’héritage. S’il (ou elle) était marié(e), son épouse (ou son époux) aura une part de l’héritage et sa mère aura le tiers de ce qui reste. Ceci car le père a une part plus grande dans l’héritage que la mère : il a le double. Donc si la mère recevait le tiers de l’héritage, alors il aurait moins que sa part à elle.  Exemple : une femme était mariée, elle est morte et elle a laissé un mari et ses deux parents. Dans ce cas, le mari a la moitié de l’héritage. Sa mère a le tiers du restant c’est-à-dire le tiers de la moitié ce qui correspond au sixième de l’héritage. Et le père aura le double, ce qui correspond au tiers de l’héritage.

S’il avait des frères, alors sa mère aura le sixième : si le défunt avait deux ou plus frères et sœurs (et il n’a pas laissé d’enfants). Et s’il n’avait qu’un seul frère, la mère aura le tiers : c’est comme s’il n’avait pas de frère ou sœur). Il va citer trois catégories de proches parents : al-ʾaʿyāne et al-ʿalāte et al-aẖyāf.

Al-ʾaʿyāne sont les frères et sœurs de même père et mère. Al-ʿalāte sont les enfants d’un homme qu’il a eus de femmes différentes. Al-aẖyāf sont les enfants d’une femme qu’elle a eus de maris différents. Ces trois catégories de personnes, leur conséquence sur la part de la mère est la même.

Après avoir réalisé les dernières volontés du défunt : le défunt peut donner jusqu’au tiers de son héritage pour autre que les héritiers, à condition que ce ne soit pas dans l’intention de priver les héritiers et après avoir remboursé les dettes et avoir réalisé les dernières volontés. Le remboursement de la dette est prioritaire sur les dernières volontés dans la Loi de l’Islam. Alors que dans le verset, ce qui a été mentionné en premier, ce sont les dernières volontés mais dans la Loi de l’Islam, c’est le remboursement de la dette qui est prioritaire. Cela veut dire que tous ces partages auront lieu après avoir réalisé les dernières volontés et avoir remboursé la dette.

Vos pères et vos enfants, vous ne savez pas lequel d’entre eux vous est le plus bénéfique : c’est-à-dire que vous ne savez pas lequel des deux va vous profiter le plus, en terme d’héritage. Dieu a précisé les parts d’héritage, conformément à ce qui est pour Lui une sagesse. Et si cela dépendait de vous, alors vous ne sauriez lequel d’entre eux est le plus bénéfique et vous auriez placé vos biens d’une manière qui n’est pas sage. Donc les parts de chacun des héritiers se distinguent en fonction des bénéfices de chacun. Et vous ne connaissez pas cette différence, c’est pour cela que Dieu a fixé les parts de chacun et Il n’a pas laissé ce choix à votre propre décision parce que vous êtes incapables de connaitre les parts qu’il convient de donner à chacun.

Cela est une obligation qui a été fixée par Dieu. Certes Dieu sait les choses avant de les créer et il est Ḥakīm c’est-à-dire qu’Il a la sagesse en tout ce qu’Il a défini comme part de l’héritage de chacun et pour autre que l’héritage.

Verset 12 : qu’est-ce que l’homme va hériter si c’est son épouse qui meurt : vous avez la moitié de ce que vos épouses laissent dans le cas où elle n’a pas d’enfant mais dans le cas où elle avait des enfants de vous ou d’autres que vous, vous auriez dans ce cas le quart de ce qu’elle laisse mais après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes. Les dernières volontés (al-waṣiyyah) ne peuvent pas dépasser le tiers de l’héritage et il ne faut pas que ce soit dans l’intention de priver les héritiers.

Et à leur tour, votre épouse héritera du quart de ce que vous laissez si vous n’avez pas d’enfants. Mais si vous avez des enfants, elles auront le huitième de ce que vous aurez laissé (ce qui correspond à 12.5%)

Après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes.

Si c’est une femme ou plusieurs femmes, elles s’associent dans le partage du quart ou du huitième. C’est toujours la règle que l’homme a le double de part de la femme.

Si c’est un homme qui est décédé duquel il est hérité, (kalālatan) c’est-à-dire un homme dont on hérite mais il n’a pas d’enfant ni de parents ou bien si c’est une femme dont les parents sont morts et elle n’a pas d’enfant. S’il a un frère ou une sœur de même mère et sur ce point-là, il ya unanimité des compagnons et des savants, dans ce cas-là, chacun aura le sixième : dans ce cas-là, il n’y a pas de différence entre le garçon et la fille.

Dans le cas où ils sont plus qu’un (frère ou sœur) c’est-à-dire s’ils sont deux ou plus, frères ou sœurs de même mère, garçon ou fille, ils seront associés au tiers : si c’est un frère il aura un sixième, si c’est une sœur, elle aura un sixième mais s’ils sont plus qu’un, alors ils vont se partager le tiers, parce qu’ils ont cette parenté avec leur frère défunt par le biais de leur mère et par ailleurs, la mère n’hériterait pas plus que le tiers.  Le terme qui signifie qu’ils vont être associés (pour le tiers), généralement, cela indique que c’est à parts égales. Et il n’y a pas de part additionnelle pour le frère par rapport à sa sœur. Ils vont se partager le tiers de l’héritage à parts égales.

Après avoir exécuté les dernières volontés et le remboursement des dettes : cette phrase a été répétée dans le verset à plusieurs reprises parce que ceux qui vont laisser leurs dernières volontés sont différents (En effet le défunt est soit le père, soit la mère, soit un homme qui n’a pas d’ascendants ni de descendants).

Ce leg dans l’intention qu’il ne soit pas pour porter préjudice à ses héritiers :   ce qui pourrait être un préjudice serait de léguer plus que le tiers de son héritage ou de léguer à un seul héritier (car cela va diminuer la part des autres héritiers). Rappel : le leg est ce que le défunt a recommandé de donner après sa mort. Cela consiste à donner une part de l’héritage à quelqu’un qui ne fait pas partie des héritiers, dans la limite du tiers des biens laissés.

Ceci est une recommandation de la part de Dieu : Dieu vous recommande d’agir ainsi.

Et Dieu sait qui est juste et qui est injuste dans ses dernières volontés : Dieu ne punit pas l’injuste immédiatement, Dieu donne du répit mais Il ne te néglige pas.

Verset 13 : ceci : fait référence aux Lois qui ont été mentionnées des legs et des héritages sont des frontières que Dieu a fixées : elles sont appelées ainsi car ces Lois sont comme des limites fixées par Dieu, des limites qu’il est interdit de franchir. Mais si quelqu’un les franchit, cela ne veut pas dire que Dieu les néglige, mais Il donne du répit.

Et celui qui obéit à Dieu et à Son Messager, Il le fait entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières, ils y resteront éternellement et c’est cela la grande réussite.

Verset 14 :  et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager et qui franchit ces limites, Il le fera entrer dans un feu où il restera éternellement et il aura un châtiment humiliant : Al-Kalbiyy a dit : celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, en reniant la division des héritages et en dépassant les limites fixées par Dieu, en se rendant licite ce qu’il fait, il sort de l’Islam.

Les versets suivants s’adressent aux juges légaux, les juges de l’Islam.

Verset 15 : et celles de vos épouses qui commettent l’adultère alors prenez des témoins contre elles, quatre d’entre vous : c’est-à-dire quatre croyants

S’ils témoignent, alors emprisonnez-les à la maison jusqu’à leur mort : c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elles meurent et que leur âme soit retirée

Ou que Dieu leur accorde une autre issue : en raison de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui est parvenue dans ce verset : le Prophète légifère dans le sens qu’il fixe les Lois, il est une source de législation pour nous. Dieu le confirme dans le Qur’ān dans Sa parole qui signifie : « ce que le Prophète vous dit de faire, faites-le et ce qu’il vous interdit de faire, ne le faites pas ».

Verset 16 : les deux d’entre vous – le fornicateur et la fornicatrice – qui commettent la fornication, alors faites-leur des reproches en les blâmant, en les réprimandant, en leur disant : « vous n’avez pas honte de commettre l’adultère, vous ne craignez donc pas Dieu ! ».

S’ils font le repentir (suite à la fornication) et qu’ils améliorent leur état, alors cessez : c’est-à-dire « cessez les réprimandes et les reproches ».

Certes Dieu est Celui Qui accepte le repentir et Qui est Miséricordieux. Dieu accepte le repentir de celui qui fait le repentir et Il lui fait miséricorde. Al-Ḥasan Al-Biṣriyy a dit : « le tout premier jugement qui a été révélé à propos de celui qui commet la fornication, était des réprimandes, puis l’emprisonnement, puis le fait d’être fouetté ou lapidé ; l’ordre de la révélation est contraire à l’ordre de la récitation ».

En résumé : si le fornicateur était marié et avait consommé le contrat de mariage, il a le statut de muḥṣan : s’il commet la fornication, il mérite une peine légale et ce n’est que celle-là, il n’y en a pas d’autre.

Et s’il n’était pas muḥṣan, il a une autre peine légale et pas une autre.

Et si l’un des deux était muḥṣan et que l’autre ne l’était pas, et qu’ils ont commis la fornication, il sera appliqué au premier la peine légale du muḥṣan et celui qui n’était pas muḥṣan, il lui sera appliqué la peine de celui qui n’était pas muḥṣan.

Verset 17 : certes l’acceptation du repentir est de la part de Dieu : c’est-à-dire que c’est Dieu Qui accepte le repentir. Attention : cela ne veut pas dire que Dieu est obligé d’accepter le repentir, parce que rien n’est obligatoire pour Dieu. Mais il y a une insistance sur la promesse que Dieu accepte le repentir.

Pour ceux qui commettent le mal : le mal ici est le péché parce que les conséquences du péché sont un mal. Donc les péchés sont appelés par leur conséquence.

Par ignorance : parce que commettre quelque chose de laid est commis par quelqu’un qui manque de sagesse. Il a été dit que l’ignorance ici signifie que celui qui a commis le péché, il a choisi le plaisir éphémère (dans ce bas monde qui a une fin) au détriment du plaisir de l’au-delà (qui n’a pas de fin). Et il a été dit que celui dont il est question ici est celui qui n’a pas ignoré que ce qu’il a fait était un péché, mais il a ignoré quelle sera sa punition.

Puis ils font le repentir rapidement : c’est-à-dire avant que n’arrive la mort. Et il est rapporté de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’il a dit : : « Dieu accepte le repentir tant que la personne n’arrive pas au gargarisme ». Le gargarisme consiste à faire arriver quelque chose au niveau de sa gorge. Ici cela indique « tant que l’âme n’est pas arrivée à ce niveau de la gorge ».

Ceux-là, Dieu accepte leur repentir : ce verset est une information que le pardon aura lieu sans aucun doute.

Et Dieu sait de toute éternité : leur décision ferme de se repentir.

Dieu crée toute chose une sagesse et Il juge que le regret est un repentir. C’est -à-dire que celui qui a regrette ce qu’il a commis en regrettant d’avoir désobéi à Dieu, qu’il arrête de commettre ce qu’il commettait et qui a la ferme décision de ne plus jamais le refaire.

Verset 18 : le repentir n’est pas accepté de la part de ceux qui font les mauvaises œuvres jusqu’à ce que la mort arrive à l’un d’entre eux et alors il dit maintenant je fais le repentir : c’est-à-dire qu’il n’y a pas de repentir pour ceux qui commettent les péchés et qui remettent leur repentir à plus tard, ils procrastinent jusqu’à ce qu’ils sortent de la responsabilité : c’est-à-dire que lorsque les causes de la mort sont réunies et qu’ils voient l’ange de la mort, le repentir n’est pas accepté. En effet c’est un état dans lequel la personne ne choisit pas, elle est comme contrainte. Et le repentir n’est accepté que pour celui qui est en état de choix.  

Ni pour ceux qui commettent des mauvaises actions ni ceux qui meurent mécréants, ceux-là, Nous leur avons réservé un châtiment douloureux. C’est une preuve que l’enfer existe.

An-Nasafiyy introduit le verset suivant (le verset 19) : dans la période anté islamique, les femmes n’héritaient pas. Il arrivait que l’homme hérite de la femme de celui dont il a hérité : c’est comme si la femme faisait partie de l’héritage. Il lançait sur elle son vêtement et il l’épousait sans dot. C’est alors que le verset 19 a été révélé.

 Verset 19 : ô vous qui êtes croyants, il ne vous est pas licite d’hériter les femmes par contrainte : c’est-à-dire qu’il ne vous est pas licite de les prendre comme si elles étaient un héritage, tout comme sont récupérés les biens qui sont hérités, alors qu’elles ne le veulent pas ou qu’elles y sont contraintes. Il est arrivé également dans cette période de l’ignorance que, lorsqu’un homme épousait une femme comme dans le cas précité, et qu’il n’avait plus besoin d’elle, alors il la bloquait en la gardant dans ce mariage, en agissant mal avec elle, pour qu’elle donne de l’argent pour qu’il la libère de ce mariage.

Et ne faites pas « al-ʿaḍl » avec elles : ne la bloquez pas et ne l’emprisonnez pas. Ils faisaient la pression pour qu’elle rende la dot

Pour qu’elles vous rendent la dot

Excepté si elles ont une conduite abominable et qui est clair : première explication de la conduite abominable : c’est « an-nušūz » c’est quand la femme hausse le ton avec son mari, elle lui parle durement et de façon irrespectueuse et cela, injustement. Ou bien si elle le prive de son droit sans excuse, ou si elle sort de sa maison sans droit. Et deuxième explication : d’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, « al-fāḥišah » ici, c’est la fornication.

En résumé, il est dit aux hommes de ne pas mettre la pression à leurs femmes sauf si elles font ces choses abominables. Car à cette époque-là, ils agissaient mal avec les femmes.

Agissez bien avec vos femmes : « al-maʿrūf » ici c’est ce qui est un bien qui incite à la reconnaissance. Le contexte ici est la vie conjugale.  « al-maʿrūf » ici est le fait d’être équitable en termes de nuitée et de charge obligatoire et en accomplissant le bien en disant de belles paroles. 

Si vous ne les supportez plus : si vous ne supportez plus votre épouse, soit en raison de sa laideur, soit en raison de son mauvais comportement, il se peut que vous ayez une aversion envers quelque chose mais il se peut que Dieu ait placé beaucoup de bien en elle : soit une grande récompense ou un enfant vertueux. La signification est que ce qui est à prendre en considération, ce n’est pas ce vers quoi penchent vos désirs, vos penchants : si vous avez une aversion envers elles, ne les quittez pas uniquement en raison de cette aversion de la part de votre âme. Il se peut qu’une âme déteste ce qui, en réalité, est le mieux pour elle dans la religion et qui la fait la plus rapprocher du bien. Et il se peut que l’âme désire ce qui est à l’opposé. Ce qui est à prendre en considération, ce sont les causes de la vertu, ce qui est une cause pour le bien, même si l’âme ne penche pas vers cela.

Verset 20 : si vous voulez prendre une autre épouse à la place de votre épouse : si vous voulez divorcer votre épouse et épouser une autre alors que vous avez donné à l’une d’elle une grande somme d’argent (au titre de la dot) ne reprenez rien du tout de ce que vous avez donné ; est-ce que vous le reprendriez calomnieusement et de manière interdite claire : cette comparaison est pour dissuader de récupérer ce que vous avez déjà donné en tant que dot, même si ça a une très grande valeur. Et dans le verset suivant, Dieu renie le fait de récupérer la dot après avoir consommé le mariage.

Verset 21 : comment osez-vous la reprendre (cette dot) alors que vous vous êtes retrouvés seuls à seuls sans intermédiaire (c’est-à-dire que vous avez consommé le mariage)

Et qu’elles ont pris de vous un engagement fort : c’est un blâme, ne le faites surtout pas

Un engagement fort : première explication verset 229 de sūratu l-baqarah qui signifie : « soit vous retenez votre épouse dans de bonnes conditions, soit vous la libérez dans de bonnes conditions ». Dieu a pris cet engagement de la part des hommes pour l’intérêt des femmes : c’est comme si c’était elles qui avaient pris cet engagement de la part des hommes. Deuxième explication : cet engagement est la parole du Prophète qui signifie : « recommandez-vous d’agir en bien avec les femmes ». Parce qu’elles sont comme prisonnières entre vos mains : le mariage est comme une prison par le contrat de mariage. Quand été révélé ce verset, les hommes ont dit qu’ils n’allaient plus faire comme cela, c’est-à-dire prendre les femmes avec l’héritage qui leur revenait ; ils ont dit : nous allons les demander en mariage et nous les épouserons de leur plein gré. C’est alors que le verset 22 a été révélé.

Verset 22 :  n’épousez pas les femmes que vos pères avaient épousées : il est interdit d’épouser celles qui étaient les épouses de son père mais il est déduit qu’il est également interdit d’épouser celles qui étaient esclaves de son père.

Sauf ce qui a déjà eu lieu : c’est-à-dire ce qui a déjà eu lieu avant la révélation de ce jugement, vous n’en êtes pas chargés.

Car cela est quelque chose d’abominable : c’est-à-dire que c’est quelque chose qui est extrêmement laid, le fait d’épouser les femmes de son père ou les femmes esclaves de son père.

Et qui est détestable : c’est-à-dire que c’est détestable selon le jugement de Dieu et les croyants considèrent aussi que c’est détestable.

Et quelle mauvaise voie : au sens figuré.

Au début de la sourate, Dieu a cité les femmes qu’il est permis d’épouser puis Il a cité certaines femmes qu’il est interdit d’épouser. Dans le verset suivant, Dieu va mentionner les autres femmes qu’il est interdit d’épouser. Et elles sont au nombre de sept par lien de sang et sept pour d’autres raisons. Et Il a commencé par celles qui sont interdites par lien de sang.

Verset 23 :  vous sont interdites vos mères : la première catégorie de femmes qui a été mentionnée et qu’il est interdit d’épouser, est sa propre mère, et la grand-mère maternelle et la grand-mère paternelle ont le même jugement que la mère dans le sens qu’il est interdit à l’homme d’épouser (et toutes celles qui sont ascendantes de la mère).

Et vos propres filles : et également les filles de vos fils et les filles de vos filles ont le même jugement d’interdiction.

Et vos sœurs : il y a 3 cas possibles : une sœur de même père et mère ou une sœur de même père mais de mère différente ou une sœur de même mère mais de père différent.

Et vos tantes paternelles : c’est-à-dire la sœur de votre père : il y a aussi trois cas possibles : celle qui a même père et mère que le père, ou celle qui a le même père que votre père mais de mère différente, et celle qui a la même mère que votre père mais de père différent.

Et vos tantes maternelles : c’est-à-dire la sœur de vos mères, avec les trois cas possibles.

Et les filles de votre frère : avec les trois cas possibles.

Et la fille de votre sœur : avec les trois cas possibles

Les sept cas ont été cités. Il passe aux autres cas pour d’autres raisons que les liens de sang.

Vos mères qui vous ont allaités et vos sœurs par allaitement : Dieu a accordé à l’allaitement un statut analogue aux liens de sang, de certains points de vue. Il a appelé la femme qui allaite (la nourrice) une mère pour le nourrisson, et la fille qui a été allaitée avec lui, sa sœur. Également le mari de la nourrice est son père par allaitement ; il s’agit de celui par lequel elle a eu la montée de lait. Et ses parents à lui sont les grands-parents par allaitement. Le père du père est interdit au mariage.

Et la sœur du mari de la nourrice : elle est sa tante paternelle par allaitement.

Tous les enfants que le mari par allaitement a, même ceux qu’il a eu avec une autre femme que la nourrice, sont les enfants de même père par allaitement, que ce soit avant l’allaitement ou après.

Et la mère de la nourrice est la grand-mère par allaitement.

Et la sœur de la nourrice est sa tante maternelle par allaitement.

Si la nourrice a eu des enfants avec cet homme, ils sont tous des frères et sœurs par allaitement de même père et mère par allaitement.

Si cette nourrice a eu des enfants avec un autre homme, ces enfants sont frères et sœurs de même mère par allaitement.

Tous ces jugements ont été cités à partir de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « il est interdit par allaitement ce qui est interdit par lien de sang ».

Les mères de vos épouses : elles sont interdites à jamais par le contrat de mariage, même s’il n’y a pas eu de consommation

Les filles de vos épouses qui sont entre vos bras : en général vous les prenez en charge, ceci est pour donner la preuve de l’interdiction du mariage (cela devient comme si vous épousiez votre propre fille)

De vos épouses avec lesquelles vous avez consommé : la fille de l’épouse avec laquelle il a consommé le mariage vous est interdite au mariage mais elle est licite s’il n’a pas consommé avec cette femme.

Si vous n’avez pas consommé avec elle, alors ce n’est pas interdit pour vous d’épouser leur fille si vous vous séparez ou bien qu’elle meure : comme s’il fait le contrat et il divorce sans avoir consommé

Les épouses de vos fils : elles vous sont interdites à jamais.

Vos fils qui sont vos descendants : pas ceux qui sont adoptés (quand l’adoption était permise puis elle a été interdite). Ainsi le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a épousé Zaynab quand Zayd l’avait quittée. Et le Prophète avait adopté Zayd auparavant. Pour indiquer que l’adoption était interdite, Dieu a ordonné au Prophète d’épouser Zaynab qui avait été l’épouse de Zayd. Car si Zayd avait été son fils, il n’aurait pas pu épouser Zaynab.

Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām avait un esclave que lui avait offert son épouse H̱adīǧah, avant sa mission de prophète : cet esclave était Zayd.  Et elle l’avait acheté de quelqu’un d’autre. Et le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et son épouse ne connaissaient pas l’histoire de Zayd qui était libre à la base mais il avait été enlevé au Yémen dans le passé. Il s’appelait Zayd ibnu Ḥāriṯah Sa famille l’a cherché et l’a retrouvé auprès du Prophète ; celui-ci n’avait pas encore reçu sa mission de prophète. Le père et l’oncle paternel de Zayd sont venus à La Mecque : le père Ḥāriṯah a dit : « c’est mon fils et je veux le récupérer ». Alors le Prophète a dit : « que pensez-vous si je lui donne le choix : s’il choisit de vous rejoindre, je ne l’empêche pas de partir avec vous et s’il choisit de rester avec moi, je ne l’en empêcherais pas ». Ils ont dit : « c’est juste ». Le Prophète a appelé Zayd et lui a demandé : « le connais-tu ? » Zayd a dit : « oui c’est mon père ». Puis il lui a demandé : « connais-tu le deuxième ? ». Zayd a dit : « oui c’est mon oncle paternel ». Le Prophète a dit : « ils sont venus pour te récupérer : toi que veux-tu ? ». Zayd a dit à son père et à son oncle : « cet homme m’a traité d’une manière telle que je ne veux pas le quitter. Je sais que vous êtes ma famille mais je ne veux pas le quitter ». C’est à ce moment-là que le Prophète a adopté Zayd, au point qu’il se faisait appeler Zayd fils de Muḥammad. Et cela avait eu lieu avant la mission de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Puis quand la révélation est descendue au sujet de l’interdiction de l’adoption, on ne l’a plus appelé Zayd fils de Muḥammad mais à nouveau Zayd ibnu Ḥāriṯah.

An-Nasafiyy mentionne le verset 37 de sūratu al-Aḥzāb ce qui signifie :(afin que rien n’empêche les croyants d’épouser les femmes qui étaient les épouses de celui qui avait le statut de son fils adoptif).

Mais cela ne veut pas dire qu’il est permis d’épouser l’épouse du fils par allaitement.

Et que vous épousiez deux sœurs en même temps : c’est une interdiction temporaire. Si l’une des deux meurt ou s’il divorce de l’une d’elle, il peut épouser l’autre.

Sauf ce qui a déjà eu lieu par le passé : ce qui a eu lieu par le passé est excusé

Certes Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

An -Nasafiyy a dit que Muḥammad ibnu al-Ḥasan a dit que les Arabes dans l’époque de l’ignorance connaissaient l’interdiction de se marier avec toutes celles qui ont été citées précédemment mis à part l’interdiction d’épouser l’épouse du père et l’interdiction d’épouser deux sœurs en même temps. C’est pour cela que pour ces deux cas-là, il y a eu la mention (illā mā qad salaf) (qui signifie « sauf ce qui a déjà eu lieu par le passé) : parce que les Arabes pratiquaient ces deux cas-là. Chaque terme dans le Qur’ān a bien sûr une sagesse.

Tafsir sourate an Nisaa versets 1-16

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 31, 2026

Sūratu n-Nisāʾ

Elle est médinoise et comporte cent soixante-seize versets.

Verset 1 : Ô vous les gens : c’est-à-dire ô vous descendants d’Ādam

Craignez votre Seigneur Qui vous a créés à partir d’une seule personne : votre Seigneur Qui vous a fait dériver tous à partir d’une même origine qui est votre père à tous et il s’agit d’Ādam ʿalayhi s-salām.

Et Il a créé à partir d’Ādam son épouse : Dieu vous a fait apparaitre à partir d’une seule personne dont telle est la caractéristique :  Dieu l’a créée de terre, et de la personne d’Ādam, Dieu a créé son épouse Hawwāʾqui a été a été créée à partir d’une des côtes d’Ādam.

Et à partir d’eux deux, Dieu a fait qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes. Dieu a fait que se propagent à partir de ces deux-là les deux espèces du genre humain, qui sont des hommes et des femmes. Et Celui Qui est tout puissant à faire cela, Il est puissant sur toute chose. Et parmi les choses sur lesquelles Il est tout puissant, c’est de punir les mécréants et les pervers. La réflexion à ce sujet mène à craindre Celui qui est tout puissant à châtier et mène à craindre Son châtiment.

Et craignez Dieu Celui par Lequel vous vous suppliez les uns les autres : quand on dit à quelqu’un, pour l’attendrir, la parole « bi l-Lāh », on veut dire : « par l’amour révérenciel que tu as pour Dieu, fais cela »

Et les liens de parenté :  faites bien attention à ne pas rompre les liens de parenté, ceci pour montrer l’importance des liens de parenté.

Certes Dieu sait tout de vous : rien n’échappe à Dieu à votre sujet.

Verset 2 : et accordez aux orphelins leurs biens : c’est-à-dire quand ils atteignent la puberté, donnez-leur les biens que leur ont laissé leurs parents. Dès qu’ils atteignent la puberté, ils ne sont plus orphelins mais comme il n’y a pas si longtemps, ils l’étaient, ils sont encore nommés ainsi. Il y a ainsi une indication à ne pas retarder à leur donner leurs biens dès que ces orphelins atteignent la puberté, si on pense d’eux qu’ils vont gérer leurs biens de manière réfléchie c’est-à-dire si on pense qu’ils ont atteint une maturité qui leur permet de gérer leurs biens.

Ne remplacez pas ce qui est mauvais par ce qui est bon : autrement dit, ne substituez pas à ce qui vous est interdit (à savoir les biens des orphelins) par ce qui vous est licite (à savoir votre bien à vous).

Et ne prenez pas leurs biens pour les rajouter à vos propres biens à vous : ne rajoutez leurs biens à vos biens à vous lorsque vous engagez des dépenses de sorte que vous ne distinguiez plus entre vos biens et leurs biens, par insouciance et que vous en arriviez à consommer ce qui ne vous est pas licite. Et que vous ne fassiez pas de différence entre leurs biens et vos propres biens.

Car cela est extrêmement grave : c’est-à-dire consommer les biens des orphelins est extrêmement grave c’est-à-dire que c’est un grand péché.

Verset 3 : et si vous craignez de ne pas être équitables : c’est-à-dire de ne pas être justes à propos des orphelins (ici c’est un pluriel qui englobe les filles et les garçons) 

Alors épousez ce que bon vous semble : c’est-à-dire ce qui vous est licite, autorisé

Parmi les femmes : parce qu’il y a parmi les femmes celles que Dieu vous sont interdites et qui sont mentionnées dans le verset de sūratu at-taḥrīm. Il a été dit : si vous craignez d’être injustes envers les orphelins, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; c’est -à-dire que si vous craignez d’être injustes envers les orphelins dans la gestion de leurs biens, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; alors épousez ce qui vous sont licites comme femmes et ne tournez pas autour des interdits. Il a été dit que c’était des gens qui n’avaient pas de scrupules à commettre la fornication mais ils craignaient d’assurer la tutelle des orphelins. Alors il leur a été dit cela : « si vous craignez d’être injustes à propos des orphelins, alors, à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication. Et pour ne pas tomber dans la fornication, épousez ce qui vous est licite comme femmes. Et ne rodez pas autour des interdits.

Epousez des femmes qui vous sont licites en un nombre bien limité, deux, trois ou quatre : c’est comme si on dit à quelqu’un : partagez -vous cette somme d’argent : deux /deux, ou trois/trois : c’est-à-dire comme ainsi et pas cinq/cinq par exemple. Celui d’entre vous qui veut épouser plus d’une, alors que ce soit dans cet ordre : chacun d’entre vous épouse deux, ou trois ou quatre, selon cet ordre-là et pas selon un autre ordre.

Si vous craignez de ne pas être équitable, alors que ce soit une seule : c’est-à-dire : attachez-vous à n’en épouser qu’une ou choisissez une (dans le cas où certains, à ce moment-là avaient plus que quatre femmes : il leur est dit : si tu crains de ne pas être équitable, tu gardes une femme et tu te sépares des autres)

Ou celles qui vous appartiennent : il a considéré comme équivalent, dans le cas où ils craignent de ne pas être équitables, soit une seule épouse libre ou plusieurs femmes esclaves (sans limiter le nombre des femmes esclaves)

Cela (il fait allusion entre choisir une seule épouse ou avoir des femmes esclaves) vaut mieux que de favoriser une ou d’être injuste.

Verset 4 : et accordez aux femmes leurs dots d’un don qui soit de bon cœur : la parole s’adresse ici aux maris. Il a été dit que cette phrase s’adresse au tuteur qui prenait la dot de la femme : c’est pour leur rappeler que la dot est destinée à la femme. 

Alors si elles acceptent de bon cœur de vous en donner (c’est-à-dire aux maris) une part (c’est-à-dire de la dot) c’est-à-dire qu’elles ont accepté de bon cœur de vous rendre une partie de la dot, mais sans qu’elles n’y soient contraintes à cause de votre mauvais comportement et votre mauvaise vie conjugale,

Alors consommez-le sans péché : et sans qu’il y ait de mal en cela. Cette expression « hanī’an marīʾan » est pour indiquer que c’est licite et qu’il n’y a pas de charge contre vous si vous le faites.

Verset 5 : n’accordez pas aux impudents c’est-à-dire ceux (ceux qui étaient orphelins puis qui ont atteint la puberté) qui gaspillent leurs biens, ceux qui dépensent leurs biens dans ce qu’il ne convient pas et qui n’ont pas la capacité de bien gérer leurs biens, de les faire fructifier et de les utiliser à bon escient : la parole s’adresse ici aux tuteurs

Vos biens : c’est-à-dire les biens des orphelins dont vous avez la charge en tant que tuteurs (en effet ce sont les tuteurs qui gèrent les biens de ces orphelins) alors que Dieu a fait que les biens (en général) soient un moyen de vie pour vous, pour vos familles et vos enfants. Donc ce verset ne veut pas dire que les biens de l’orphelin sont un moyen pour vous de vie pour vos familles.

Et faites-les fructifier : faites en sorte que ces biens soient une source de subsistance pour eux : faites avec ce bien du commerce pour dégager par-là du bénéfice et que leurs frais de charge soient couverts à partir des bénéfices et non pas à partir du bien en soi, pour que le bien ne soit pas consommé uniquement par les dépenses.

Et assurez leur subsistance et achetez-leur aussi des vêtements et dites-leur de belles paroles : c’est-à-dire c’est la promesse que, si vous êtes mûrs lorsque vous atteindrez votre puberté, nous vous rendrons vos biens.

Verset 6 : éprouvez les orphelins : c’est-à-dire : examinez leur comportement, testez leur état et leurs connaissances de la bonne gestion, avant la puberté. Le test « chez nous » signifie « chez les Hanafites » (car l’imam An-Nasafiyy est hanafite) : le test chez eux consiste à leur donner un certain montant pour le gérer, pour déterminer leur état, pour déterminer ce qu’ils vont faire avec ce qui leur a été confié. Il y a la preuve qu’il est permis d’autoriser à un enfant mature de faire du commerce.

Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage : c’est-à-dire la puberté, parce que c’est l’âge qui rend valide le mariage, l’âge auquel le rapport sexuel est possible. Il a été appelé l’âge du mariage car « an-nikāḥ » est un terme qui désigne le mariage et le rapport sexuel.

S’il s’avère pour vous qu’ils sont matures : dans leur comportement (la gestion d’activités) et dans les transactions,

Alors rendez-leur leurs biens : sans retard par rapport à l’âge de la puberté. C’est comme s’il disait : testez les orphelins jusqu’à leur puberté, ils sont en droit de recevoir leurs biens et donnez-leur leurs biens à condition que vous ayez remarqué leur maturité.

Et ne consommez pas leurs biens en gaspillant et en vous empressant qu’ils ne grandissent : ne consommez pas les biens de l’orphelin par gaspillage et par anticipation de leur croissance, en disant « nous les dépensons dans ce que nous désirons, avant que l’orphelin ne devienne pubère et ne récupère les biens qui sont entre nos mains ».

Dans ce verset, Dieu a donné deux règles :une dans le cas où le tuteur est tuteur d’un orphelin qui est riche et une dans le cas où le tuteur est le tuteur d’un orphelin qui est pauvre :  celui qui est riche évite de consommer le bien de l’orphelin, il se préserve autant que faire se peut de la consommation du bien de l’orphelin.  Quant au pauvre, il peut consommer ce qui lui permet de survivre tout en prenant ses précautions lorsqu’il consomme.

Quand vous leur rendrez leurs biens, alors prenez des témoins à ce sujet : prenez des témoins qui témoignent que les orphelins ont bien réceptionné leurs biens, pour éviter tout reniement ultérieur.

Et Dieu suffit pour faire rendre des comptes aux gens : et cela suffit. Au Jour du Jugement il y aura la justice.

Verset 7 : les hommes ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté et les femmes également ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté : ce sont ces gens-là qui héritent les uns les autres, à partir du lien de parenté. Donc c’est le lien de parenté qui implique un héritage. Elles auront une part qui est inférieure ou bien supérieure, mais ce sont des parts qui sont déterminées dans la Loi de l’Islam. C’est-à-dire que chacun aura une part déterminée de l’héritage. Alors que les gens de l’époque de l’ignorance avant la venue du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne donnaient pas d’héritage ni aux enfants ni aux femmes. Et ils disaient : n’hérite que celui qui sait utiliser une lance et obtenir un butin. Ils visaient les hommes capables de se battre. Alors que l’Islam est venu pour définir la part pour chacun.

Verset 8 : et si, sont présents au partage de l’héritage la parenté (qui ne font pas partie des héritiers) et qu’il y a des orphelins et des pauvres (qui ne sont pas de la parenté) donnez-leur une part (de ce qu’ont laissé les parents et la parenté) : ici c’est un ordre de recommandation (amru nadbin) et dites-leur de belles paroles : à ceux qui ne font pas partie de la parenté, dites -leur de belles paroles, c’est-à-dire une belle excuse et de belles promesses ; c’est-à-dire soyez généreux avec eux.

Verset 9 : ceux qui craignent, s’ils meurent, de laisser une descendance qui est démunie, ils ont peur pour eux. Qu’ils craignent Dieu: ceux qui sont visés ici, ce sont les tuteurs, autres que la parenté. Comme si un père recommande quelqu’un de confiance, au cas où lui-même meurt, en assumant les charges et en faisant fructifier leur héritage et en le préservant. Ces tuteurs (autres que la parenté) ont reçu l’ordre de craindre Dieu et de préserver ceux qui sont sous leur tutelle. Dans ce verset, Dieu leur ordonne de craindre pour ceux qui sont sous leur tutelle parmi les orphelins, de la même crainte et de la même compassion que s’ils avaient été leur propre descendance et qu’ils étaient démunis et faibles. Et qu’ils s’engagent à cela dans leurs cœurs et que s’ils s’imaginent que c’était leurs propres enfants, pour qu’ils n’osent pas agir d’une manière différente de la compassion et de la miséricorde. (Ils se disent dans leurs cœurs : si ces orphelins étaient mes propres enfants, comment aimerais-je que d’autres les gèrent ? Donc moi, je vais gérer ces orphelins comme j’aurais espéré que d’autres gèrent mes propres enfants)

Et qu’ils disent des paroles justes : la parole juste, ici, de la part du tuteur, c’est qu’il s’adresse à  ces orphelins tout comme il s’adresserait à ses propres enfants, avec la bienséance et le bon accueil.

Verset 10 : c’est un verset de menace et d’avertissement : ceux qui consomment les biens des orphelins injustement. C’est-à-dire en agissant avec injustice, d’une manière qui n’est pas conforme à la Loi de l’Islam ; ils sont en train de remplir leur ventre d’un feu, c’est comme s’ils sont en train d’avaler du feu. Ils ne font que consommer ce qui va entrainer vers l’enfer. Il a été rapporté que celui qui consomme les biens de l’orphelin injustement, il sortira de sa tombe au Jour du Jugement (il sera ressuscité) avec de la fumée qui sort de sa tombe, de la fumée qui sort de sa bouche et de la fumée qui sort de son nez et de ses oreilles. Les gens sauront ainsi que c’était quelqu’un qui consommait injustement les biens de l’orphelin., dans le bas-monde.

Et ils vont griller en enfer : ils entreront en enfer qui est attisé et dont les flammes sont terribles.

Verset 11 : Dieu vous engage et vous ordonne à propos de vos enfants : c’est-à-dire à propos de leur héritage : le garçon a la part équivalente à deux filles : c’est-à-dire pour chaque garçon de vos enfants. Il a été dit que cette règle est venue abroger ce qui était fait avant dans la période de l’ignorance, où l’héritage allait totalement aux garçons et pas aux filles. Il a été dit qu’il suffit aux garçons qu’ils aient le double de la part des filles. Cette règle est dans le cas où il y a une telle configuration : c’est-à-dire s’il y a parmi les enfants, un garçon et deux filles : dans ce cas-là, le garçon aura deux parts et les deux filles auront deux parts.

S’il n’y a que des filles, plus que deux, dans ce cas elles vont se partager les deux tiers de l’héritage du défunt : parce que, même si l’héritage n’a pas été mentionné explicitement, on comprend qu’il s’agit des deux tiers de l’héritage. Comme le verset parle d’héritage, on a su que celui qui a laissé, c’est le défunt.

Si c’est une fille unique, elle aura la moitié de l’héritage : et le reste sera pour les autres membres du clan. Ceci indique que s’il n’y avait qu’un fils unique, il aura tout l’héritage. Mais cela n’a pas été mentionné de manière explicite. La plupart des compagnons, que Dieu les agrée, ils ont dit que, dans le cas où il y a deux filles, elles ont le même jugement qu’un ensemble de filles, du fait de la règle générale qui indique que le garçon a le double de la part de la fille. Exemple : si quelqu’un meurt et laisse un garçon et une fille : la fille a la moitié de la part du garçon : donc la fille aura un tiers et le garçon aura les deux tiers. Si une fille unique a le tiers, alors les deux tiers sont pour les deux filles. Cela non plus n’est pas mentionné. Ceci, parce qu’à la fin du verset, Dieu dit que si elles étaient deux sœurs, elles auront les deux tiers de ce qu’il a laissé : c’est dans le cas où un homme meurt sans laisser d’enfants et il laisse deux sœurs : elles auront les deux tiers. An -Nasafiyy dit que, comme les deux filles sont plus proches du défunt que les deux sœurs : donc si les deux sœurs ont les deux tiers, alors, à plus forte raison, les deux filles auront deux tiers. On parle des deux sœurs car ce cas n’a pas été mentionné de manière explicite dans le verset. C’est pour cela qu’ils ont considéré que les deux filles auront la même part que les deux sœurs, et ils n’ont pas diminué la part des deux filles.

Et pour ses parents : ce qui est visé est le père et la mère (qui vont hériter si leur enfant décédé n’a pas de descendance) d’un garçon ou d’une fille (même si c’est le pronom possessif masculin qui est employé car le plus courant est qu’il s’agit des parents d’un homme) chacun des deux aura le sixième de ce qu’il aura laissé en héritage, s’il a des enfants. Ceci s’applique pour le garçon et pour la fille. Les parents auront le tiers – chacun aura un sixième avant le partage –

Dans le cas où il meurt sans laisser de descendance, alors sa mère aura le tiers : dans le cas où il n’est pas marié et n’a pas d’enfants, sa mère aura le tiers de l’héritage. S’il (ou elle) était marié(e), son épouse (ou son époux) aura une part de l’héritage et sa mère aura le tiers de ce qui reste. Ceci car le père a une part plus grande dans l’héritage que la mère : il a le double. Donc si la mère recevait le tiers de l’héritage, alors il aurait moins que sa part à elle.  Exemple : une femme était mariée, elle est morte et elle a laissé un mari et ses deux parents. Dans ce cas, le mari a la moitié de l’héritage. Sa mère a le tiers du restant c’est-à-dire le tiers de la moitié ce qui correspond au sixième de l’héritage. Et le père aura le double, ce qui correspond au tiers de l’héritage.

S’il avait des frères, alors sa mère aura le sixième : si le défunt avait deux ou plus frères et sœurs (et il n’a pas laissé d’enfants). Et s’il n’avait qu’un seul frère, la mère aura le tiers : c’est comme s’il n’avait pas de frère ou sœur). Il va citer trois catégories de proches parents : al-ʾaʿyāne et al-ʿalāte et al-aẖyāf.

Al-ʾaʿyāne sont les frères et sœurs de même père et mère. Al-ʿalāte sont les enfants d’un homme qu’il a eus de femmes différentes. Al-aẖyāf sont les enfants d’une femme qu’elle a eus de maris différents. Ces trois catégories de personnes, leur conséquence sur la part de la mère est la même.

Après avoir réalisé les dernières volontés du défunt : le défunt peut donner jusqu’au tiers de son héritage pour autre que les héritiers, à condition que ce ne soit pas dans l’intention de priver les héritiers et après avoir remboursé les dettes et avoir réalisé les dernières volontés. Le remboursement de la dette est prioritaire sur les dernières volontés dans la Loi de l’Islam. Alors que dans le verset, ce qui a été mentionné en premier, ce sont les dernières volontés mais dans la Loi de l’Islam, c’est le remboursement de la dette qui est prioritaire. Cela veut dire que tous ces partages auront lieu après avoir réalisé les dernières volontés et avoir remboursé la dette.

Vos pères et vos enfants, vous ne savez pas lequel d’entre eux vous est le plus bénéfique : c’est-à-dire que vous ne savez pas lequel des deux va vous profiter le plus, en terme d’héritage. Dieu a précisé les parts d’héritage, conformément à ce qui est pour Lui une sagesse. Et si cela dépendait de vous, alors vous ne sauriez lequel d’entre eux est le plus bénéfique et vous auriez placé vos biens d’une manière qui n’est pas sage. Donc les parts de chacun des héritiers se distinguent en fonction des bénéfices de chacun. Et vous ne connaissez pas cette différence, c’est pour cela que Dieu a fixé les parts de chacun et Il n’a pas laissé ce choix à votre propre décision parce que vous êtes incapables de connaitre les parts qu’il convient de donner à chacun.

Cela est une obligation qui a été fixée par Dieu. Certes Dieu sait les choses avant de les créer et il est Ḥakīm c’est-à-dire qu’Il a la sagesse en tout ce qu’Il a défini comme part de l’héritage de chacun et pour autre que l’héritage.

Verset 12 : qu’est-ce que l’homme va hériter si c’est son épouse qui meurt : vous avez la moitié de ce que vos épouses laissent dans le cas où elle n’a pas d’enfant mais dans le cas où elle avait des enfants de vous ou d’autres que vous, vous auriez dans ce cas le quart de ce qu’elle laisse mais après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes. Les dernières volontés (al-waṣiyyah) ne peuvent pas dépasser le tiers de l’héritage et il ne faut pas que ce soit dans l’intention de priver les héritiers.

Et à leur tour, votre épouse héritera du quart de ce que vous laissez si vous n’avez pas d’enfants. Mais si vous avez des enfants, elles auront le huitième de ce que vous aurez laissé (ce qui correspond à 12.5%)

Après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes.

Si c’est une femme ou plusieurs femmes, elles s’associent dans le partage du quart ou du huitième. C’est toujours la règle que l’homme a le double de part de la femme.

Si c’est un homme qui est décédé duquel il est hérité, (kalālatan) c’est-à-dire un homme dont on hérite mais il n’a pas d’enfant ni de parents ou bien si c’est une femme dont les parents sont morts et elle n’a pas d’enfant. S’il a un frère ou une sœur de même mère et sur ce point-là, il ya unanimité des compagnons et des savants, dans ce cas-là, chacun aura le sixième : dans ce cas-là, il n’y a pas de différence entre le garçon et la fille.

Dans le cas où ils sont plus qu’un (frère ou sœur) c’est-à-dire s’ils sont deux ou plus, frères ou sœurs de même mère, garçon ou fille, ils seront associés au tiers : si c’est un frère il aura un sixième, si c’est une sœur, elle aura un sixième mais s’ils sont plus qu’un, alors ils vont se partager le tiers, parce qu’ils ont cette parenté avec leur frère défunt par le biais de leur mère et par ailleurs, la mère n’hériterait pas plus que le tiers.  Le terme qui signifie qu’ils vont être associés (pour le tiers), généralement, cela indique que c’est à parts égales. Et il n’y a pas de part additionnelle pour le frère par rapport à sa sœur. Ils vont se partager le tiers de l’héritage à parts égales.

Après avoir exécuté les dernières volontés et le remboursement des dettes : cette phrase a été répétée dans le verset à plusieurs reprises parce que ceux qui vont laisser leurs dernières volontés sont différents (En effet le défunt est soit le père, soit la mère, soit un homme qui n’a pas d’ascendants ni de descendants).

Ce leg dans l’intention qu’il ne soit pas pour porter préjudice à ses héritiers :   ce qui pourrait être un préjudice serait de léguer plus que le tiers de son héritage ou de léguer à un seul héritier (car cela va diminuer la part des autres héritiers). Rappel : le leg est ce que le défunt a recommandé de donner après sa mort. Cela consiste à donner une part de l’héritage à quelqu’un qui ne fait pas partie des héritiers, dans la limite du tiers des biens laissés.

Ceci est une recommandation de la part de Dieu : Dieu vous recommande d’agir ainsi.

Et Dieu sait qui est juste et qui est injuste dans ses dernières volontés : Dieu ne punit pas l’injuste immédiatement, Dieu donne du répit mais Il ne te néglige pas.

Verset 13 : ceci : fait référence aux Lois qui ont été mentionnées des legs et des héritages sont des frontières que Dieu a fixées : elles sont appelées ainsi car ces Lois sont comme des limites fixées par Dieu, des limites qu’il est interdit de franchir. Mais si quelqu’un les franchit, cela ne veut pas dire que Dieu les néglige, mais Il donne du répit.

Et celui qui obéit à Dieu et à Son Messager, Il le fait entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières, ils y resteront éternellement et c’est cela la grande réussite.

Verset 14 :  et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager et qui franchit ces limites, Il le fera entrer dans un feu où il restera éternellement et il aura un châtiment humiliant : Al-Kalbiyy a dit : celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, en reniant la division des héritages et en dépassant les limites fixées par Dieu, en se rendant licite ce qu’il fait, il sort de l’Islam.

Les versets suivants s’adressent aux juges légaux, les juges de l’Islam.

Verset 15 : et celles de vos épouses qui commettent l’adultère alors prenez des témoins contre elles, quatre d’entre vous : c’est-à-dire quatre croyants

S’ils témoignent, alors emprisonnez-les à la maison jusqu’à leur mort : c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elles meurent et que leur âme soit retirée

Ou que Dieu leur accorde une autre issue : en raison de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui est parvenue dans ce verset : le Prophète légifère dans le sens qu’il fixe les Lois, il est une source de législation pour nous. Dieu le confirme dans le Qur’ān dans Sa parole qui signifie : « ce que le Prophète vous dit de faire, faites-le et ce qu’il vous interdit de faire, ne le faites pas ».

Verset 16 : les deux d’entre vous – le fornicateur et la fornicatrice – qui commettent la fornication, alors faites-leur des reproches en les blâmant, en les réprimandant, en leur disant : « vous n’avez pas honte de commettre l’adultère, vous ne craignez donc pas Dieu ! ».

S’ils font le repentir (suite à la fornication) et qu’ils améliorent leur état, alors cessez : c’est-à-dire « cessez les réprimandes et les reproches ».

Certes Dieu est Celui Qui accepte le repentir et Qui est Miséricordieux. Dieu accepte le repentir de celui qui fait le repentir et Il lui fait miséricorde. l’ordre de la révélation est contraire à l’ordre de la récitation ».

En résumé : si le fornicateur était marié et avait consommé le contrat de mariage, il a le statut de muḥṣan : s’il commet la fornication, il mérite une peine légale et ce n’est que celle-là, il n’y en a pas d’autre.

Et s’il n’était pas muḥṣan, il a une autre peine légale et pas une autre.

Et si l’un des deux était muḥṣan et que l’autre ne l’était pas, et qu’ils ont commis la fornication, il sera appliqué au premier la peine légale du muḥṣan et celui qui n’était pas muḥṣan, il lui sera appliqué la peine de celui qui n’était pas muḥṣan.

Iyās ibn Muʿāwiyah

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 26, 2026

Sa biographie : Il s’agit d’Abū Wāthila Iyās ibn Muʿāwiya ibn Qurrah ibn Iyās ibn Hilāl ibn Rabāb ibn ʿUbayd ibn Sawʾah ibn Sāriyah ibn Ḏibyān ibn Thaʿlabah ibn Sulaym ibn Aws ibn Muzaynah al-Muzaniyy ; il naquit à Baṣra en l’an cinquante-six de l’hégire.

Les signes de son génie et de sa perspicacité se manifestèrent dès son plus jeune âge ; Ibn Khillikān rapporte dans « Wafayāt al-Aʿyān » qu’il dit un jour à son père, alors qu’il était enfant — et son père préférait son frère à lui — : « Ô père, sache que la comparaison entre moi et mon frère auprès de toi est celle d’un pigeonneau : plus laid il est à l’éclosion, plus il gagne en beauté en grandissant, si bien qu’on lui construit des étages et lui aménage des enclos, et que les rois l’apprécient ; tandis que mon frère est comme un jeune ânon : plus séduisant à sa naissance, il perd en beauté en grandissant, jusqu’à ne plus servir qu’à porter le fumier et la terre. »

Il exerça la fonction de juge une année, sous le califat de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz : le calife écrivit à son délégué en Irak, ʿAdiyy ibn Arṭāt, de réunir Iyās ibn Muʿāwiyah et al-Qāsim ibn Rabīʿa al-Jurchiyy, afin de nommer l’un d’eux juge de Baṣrah. Il les réunit donc ; Iyās lui dit : « Ô gouverneur, interroge à mon sujet et à celui d’al-Qāsim les deux juristes de la ville, al-Ḥasan al-Baṣriyy et Muḥammad ibn Sīrīn » — sachant qu’al-Qāsim leur rendait visite alors qu’Iyās ne le faisait pas ; al-Qāsim sut donc que s’il les interrogeait, ils recommanderaient le recommanderaient lui.

Al-Qāsim dit alors au gouverneur : « N’interroge ni à mon sujet ni au sien ; par Allāh, en dehors de qui il n’y a nulle autre dieu, Iyās ibn Muʿāwiyah est plus versé en droit que moi et plus savant en matière de jugement ; si je mens, il ne te sied pas de me nommer alors que je mens, et si je dis vrai, il te faut accepter ma parole. » Iyās dit alors au gouverneur : « Tu as amené un homme que tu avais placé au bord de l’enfer, et il s’en est sauvé par un serment mensonger dont il demande pardon à Allāh, échappant ainsi à ce qu’il craignait. » ʿAdiyy dit : « De ce que je comprends de cela, c’est à toi que revient la charge » ; il le nomma ainsi juge de Baṣrah.

Parmi ses mérites : de nombreux ouvrages de biographies, de littérature et de récits rapportent des anecdotes témoignant de l’intelligence et de la perspicacité du juge Iyās ibn Muʿāwiyah ; al-Ḥarīriyy dit à son sujet, dans ses Maqāmāt, ces mots qu’il écrivit dans la septième séance : « Mon intuition est celle d’Ibn ʿAbbās, et ma perspicacité est celle d’Iyās. » On dit aussi en proverbe : « Il est plus que Iyās », c’est-à-dire plus intelligent que lui.

Parmi ce qui est rapporté de son intelligence et de sa perspicacité, ce que rapporte Ibn al-Jawziyy dans son livre al-ʾAdhkiyāʾ : un homme avait confié un dépôt d’argent à un autre ; lorsqu’il revint le réclamer, celui-ci le nia. Il vint trouver Iyās, qui lui demanda : « Sait-il que tu es venu me voir ? » Il répondit : « Non. » « L’as-tu confronté devant quelqu’un ? » demanda-t-il. « Non », répondit-il. Iyās dit : « Va, et reviens dans deux jours. » Il fit ensuite venir l’autre homme et lui dit : « J’ai une grande somme d’argent que je souhaite te confier ; prépare chez toi un endroit pour cet argent et des gens pour le transporter. »

Lorsque le propriétaire de l’argent revint, le juge lui dit : « Va le trouver et réclame ton argent ; s’il te le donne, tant mieux ; s’il te le nie encore, dis-lui : « J’en informerai le juge. » » L’homme se rendit chez lui, qui lui remit son argent.

Ibn al-Jawziyy rapporte une autre version : un homme avait confié un dépôt d’argent à un autre, puis le lui réclama ; l’homme le nia. Ils portèrent leur litige devant le juge Iyās, qui demanda au demandeur : « Qui était présent avec vous ? » Il répondit : « Je le lui ai remis à tel endroit », et en cet endroit se trouvait un arbre. Iyās dit alors au propriétaire de l’argent : « Va à cet endroit et observe l’arbre ; peut-être Allāh t’y montrera-t-Il ce qui établira ton droit. » L’homme se rendit vers l’arbre, tandis que le juge demandait à l’autre d’attendre le retour de son adversaire ; pendant qu’Iyās jugeait d’autres affaires, il demanda soudain à l’homme : « Penses-tu que ton compagnon soit déjà arrivé à l’arbre ? » Il répondit : « Non. » Le juge lui dit : « Tu es donc un traître » ; l’homme avoua alors avoir nié l’argent.

L’auteur de Ḥilyat al-ʾAwliyāʾ rapporte qu’on dit un jour à Iyās : « Tu as trois défauts : la laideur, le fait de trop parler, et la hâte dans le jugement. » Il répondit : « Quant à la laideur, cela ne dépend pas de moi ; quant au fait de trop parler, est-ce que je parle avec justesse ou avec erreur ? » Ils dirent : « Avec justesse. » Il dit : « Alors abonder en justesse est mieux et préférable. Quant à votre reproche de hâte dans le jugement, combien fait ceci ? » — et il montra cinq doigts. Ils répondirent : « Cinq. »

Il dit : « Vous vous êtes hâtés ! N’auriez-vous pas dû dire un, deux, trois, quatre, cinq ? » Ils dirent : « Nous ne comptons pas ce que nous connaissons déjà. » Il dit : « Je ne retiens pas non plus ce qui m’est déjà apparu clairement dans un jugement. »

Parmi ses récits, il se trouvait un jour dans un lieu où survint une chose alarmante, en présence de trois femmes qu’il ne connaissait pas ; il dit : « Celle-ci doit être enceinte, celle-ci allaitante, et celle-ci vierge. » On vérifia, et il en fut bien ainsi. On lui demanda : « Comment le sais-tu ? » Il répondit : « Dans la peur, l’homme porte instinctivement la main sur ce qu’il a de plus précieux et craint pour cela ; j’ai vu l’enceinte porter la main sur son ventre, j’en ai déduit sa grossesse ; j’ai vu l’allaitante porter la main sur son sein, et la vierge porter la main sur ses parties intimes. »

Il regarda un jour une brique, à Wāsiṭ, et dit : « J’ai vu entre les deux briques un endroit humide, différent de tout le reste de cet espace ; j’ai su qu’il y avait dessous quelque chose qui respire. »

Il passa un jour près d’un endroit et dit : « J’entends l’aboiement d’un chien étranger. » On lui demanda comment il le savait ; il répondit : « Par la soumission de sa voix et l’intensité des aboiements des autres chiens contre lui » ; on vérifia, et l’on trouva effectivement un chien étranger attaché, alors que les autres chiens aboyaient contre lui.

Il se trouvait un jour dans le désert et entendit l’aboiement d’un chien ; il dit : « Ce chien aboie au bord d’un puits » ; on constata que la chose était bien telle qu’il l’avait dite ; on lui demanda comment il le savait ; il répondit : « Parce que j’ai entendu un son semblable à celui qui sort d’un puits. »

Dāwūd ibn Abī Hind rapporte, d’après lui, qu’il dit : « Je parle aux gens avec la moitié de mon intelligence ; mais lorsque deux parties viennent en litige devant moi, je rassemble toute mon intelligence. »

Ḥabīb ibn ach-Chahīd l’entendit dire : « Je n’ai jamais parlé à un homme de doctrine erronée avec toute mon intelligence, sauf aux qadarites ; je leur ai demandé : « Qu’est l’injustice selon vous ? » Ils répondirent : « Que quelqu’un prenne ce qui ne lui appartient pas. » Je leur dis : « Or tout appartient à Allāh ʿazza wa jall ! » »

Parmi ses paroles en défense de la religion, il entendit un jour un juif dire : « Comme les musulmans sont sots ! Ils prétendent que les gens du Paradis mangent sans jamais avoir de besoins naturels [c’est-à-dire qu’ils mangent sans uriner ni déféquer]. » Iyās lui dit : « Tout ce que tu manges se transforme-t-il en besoin naturel ? » Il répondit : « Non, car Allāh en fait une nourriture assimilée. » Il dit : « Alors pourquoi nies-tu qu’Allāh Qui est exempt d’imperfections fasse de tout ce que mangent les gens du Paradis une nourriture entièrement assimilée ? » Le mécréant fut confondu.

Il est également rapporté qu’il dit : « Nul ne m’a jamais surpassé, sauf un seul homme : j’étais dans la salle du tribunal à Baṣrah lorsqu’un homme entra, témoignant devant moi que tel jardin, dont il décrivit les limites, appartenait à Untel. Je lui demandai : « Combien d’arbres y compte-t-on ? » Il se tut, puis dit : « Depuis quand notre maître le juge siège-t-il dans cette assemblée ? » Je répondis : « Depuis tant. » Il demanda : « Et combien de poutres compte le plafond ? » Je lui dis : « Tu as raison », et j’acceptai son témoignage. »

Son décès : l’auteur de Wafayāt al-Aʿyān rapporte qu’Iyās ibn Muʿāwiyah dit, l’année de sa mort : « J’ai vu en songe mon père et moi montés sur deux chevaux, courant ensemble ; je ne l’ai pas devancé, ni lui ne m’a devancé ; mon père a vécu soixante-seize ans, et j’ai le même âge aujourd’hui. » Une nuit, il dit : « Savez-vous quelle nuit est celle-ci ? C’est la nuit où j’atteins l’âge exact de mon père » ; il se coucha et fut trouvé mort au matin ; cela survint en l’an cent vingt-deux de l’hégire, à l’âge de soixante-six ans.

Al-Hasan al-Basriyy

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 25, 2026
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Al-Ḥasan al-Baṣriyy

Sa biographie : Il s’agit du grand imam, du noble maître, le mujtahid, le ḥāfiẓ, l’un des maîtres parmi les Successeurs (Tabiʿīn), Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Abī al-Ḥasan Yasār ibn Muṭahhar ibn Ġāḍirah ibn Qurhud — on dit aussi Furhud, avec un fāʾ — al-ʿAwfiyy.

Son père, Abū al-Ḥasan Yasār, faisait partie des captifs de Maysān, une vaste et importante province riche en villages et en palmeraies, située entre Baṣrah et Wāsiṭ, en terre d’Irak ; il s’établit à Médine, alors qu’il était esclave ; il fut affranchi et demeura à Médine, où il se fixa et se maria, sous le califat d’al-Fārūq ʿUmar, qu’Allāh l’agrée ; al-Ḥasan y naquit ainsi deux ans avant la fin du califat de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. Le nom de sa mère était Khayrah ; on dit qu’elle était affranchie de la Mère des croyants Umm Salamah, épouse du Prophète ﷺ ; Umm Salamah envoyait parfois la mère d’al-Ḥasan pour une course, et lui, encore nourrisson, se mettait à pleurer ; Umm Salamah l’apaisait alors avec son propre sein ; elle le présentait parfois, tout enfant, aux Compagnons du Messager d’Allāh ﷺ, qui invoquaient pour lui. Elle le présenta une fois à notre maître ʿUmar, qui invoqua pour lui en disant : « Ô Allāh, donne-lui la compréhension de la religion et fais-le aimer des gens. » Al-Ḥasan grandit ainsi dans le Wādī al-Qurā[1] ; il faut signaler qu’à sa naissance, notre maître ʿUmar lui avait fait mâcher une datte ; il avait un an lorsque notre maître ʿUthmān mourut, et il assista avec lui à la prière du vendredi ; ainsi, l’année de la naissance d’al-Ḥasan serait l’an vingt et un de la bénie hégire.

Description de quelques-uns de ses traits : l’imam al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, était éminent, vénéré, noble, d’un rang élevé et d’une grande importance, d’une exceptionnelle prestance, de belle apparence, au point qu’on disait qu’il était le plus bel homme de Baṣrah de son temps, de constitution parfaite, imposant et rayonnant ; il était par ailleurs un combattant, un héros courageux, réputé et compté parmi les braves, un lion parmi les lions de la guerre sur les champs de bataille, d’une force considérable et d’une puissance immense, aguerri face aux hommes. Al-Aṣmaʿiyy rapporte, d’après son père : « Je n’ai jamais vu d’avant-bras plus large que celui d’al-Ḥasan al-Baṣriyy ; il faisait un empan de large. » Muḥammad ibn Saʿd rapporte : « Al-Ḥasan, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était un homme accompli, élevé, versé en droit religieux, digne de confiance, faisant autorité, sûr, dévot, ascète, d’une science abondante, éloquent, beau et séduisant ; on ne vit à Baṣrah, de son temps, personne au visage plus beau que le sien, et les gens le tenaient pour l’homme dont l’opinion ressemblait le plus à celle de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. »

Ses mérites : al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, fut l’un des hommes dont le for intérieur ressemblait le plus au comportement extérieur ; s’il ordonnait quelque chose, il était le premier à l’appliquer, et s’il interdisait quelque chose, il était le plus éloigné de le commettre ; dévot, humble, obéissant, ascète, pieux, scrupuleux, d’une virilité étonnante et d’une vaste générosité d’âme, il possédait une part considérable de bonne moralité : sa forme était belle, son caractère était beau, sa science était belle, sa voie était belle — et il était al-Ḥasan [le Beau]. Malgré cela, on le voyait rarement rire, et lorsqu’il riait, ce n’était que par un sourire ; il était d’une tristesse durable et pleurait abondamment, comme s’il venait toujours d’être frappé d’un malheur ; il pleurait avec des sanglots et une voix telle qu’on aurait dit le feu entre ses deux yeux. Il est rapporté qu’il se trouvait une fois dans une assemblée et demanda de l’eau ; lorsqu’on la lui apporta, il s’évanouit un moment, puis reprit connaissance ; interrogé sur la cause de cela, il répondit, qu’Allāh l’agrée : « Je me suis souvenu de cette parole d’Allāh ʿazza wa jall : « Et s’ils implorent du secours, on les secourra avec une eau semblable à du métal fondu qui brûlera leurs visages ; quelle affreuse boisson et quelle détestable demeure ! » [sourate al-Kahf/verset 29]. » Quel homme dont la crainte atteignait un tel degré qu’il s’évanouissait de peur et de crainte au simple souvenir d’un verset du Livre d’Allāh ! Comment s’en étonner, lui qui était réputé pour la longueur de sa tristesse, l’abondance de ses larmes, la profusion de ses pleurs et de ses sanglots par crainte du châtiment d’Allāh ; on dit qu’il resta trente ans sans rire et quarante ans sans plaisanter. Oui, il était perspicace, comprenant que ce bas monde n’est pas le terme ultime de toute chose ; il le prit ainsi pour un océan profond et fit de ses bonnes œuvres un navire pour naviguer vers la demeure de sécurité et de salut ; il fut ainsi un excellent savant œuvrant, revenant sans cesse à la crainte de Allāh, se tenant debout la nuit pour prier et jeûnant le jour, multipliant les veillées nocturnes et les jeûnes. Lorsqu’un homme venait lui demander la science, il ne tardait pas à la voir se manifester dans son humilité, son ascèse, sa langue et son regard, qu’Allāh l’agrée. Il réunissait, outre ces nobles qualités, le combat dans la voie agréée par Allāh, dans lequel il avait une part considérable, au point qu’al-Muhallab, lorsqu’il voulait combattre les mécréants et se préparait au combat pour l’agrément d’Allāh, le faisait venir pour la guerre, en raison de son courage, de sa fermeté, de sa vigueur et de sa force dans l’affrontement des hommes, et de sa constance dans les situations où d’autres hésitaient ; il était en effet un héros aguerri, de forte constitution, aux muscles noués, doté d’un jugement pénétrant, d’une perspicacité vive et d’une excellente capacité de planification et d’action ; tout cela contribua à élever son rang et à magnifier son importance auprès de toutes les catégories de gens et des hommes sensés. Sache également qu’al-Ḥasan al-Baṣriyy, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était réputé pour son soin de lui-même : il nettoyait son vêtement et son corps avec un grand souci du détail ; parmi les récits témoignant de son attention à la beauté de sa mise vestimentaire, ce que rapporte Adh-Dhahabiyy, d’après Salām ibn Miskīn, qu’il dit : « J’ai vu al-Ḥasan porter un vêtement scintillant comme de l’or. » Yūnus rapporte : « Al-Ḥasan portait en hiver un manteau rayé, un châle kurde et un turban noir, et en été un izār (pagne) de lin, une tunique et un manteau rayé. » Salām ibn Miskīn rapporte : « J’ai vu sur al-Ḥasan un châle comme si l’eau y coulait, et une tunique comme si elle était de soie. » Il teignait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, sa barbe en jaune chaque vendredi, changeant en jaune tout ce qui avait blanchi de ses cheveux.

Mention de l’abondance de sa science : quant à la science, al-Ḥasan y atteignit un degré immense, dont peu bénéficièrent parmi les gens ; il fut un imam en de nombreuses branches de la science — droit religieux, hadith, exégèse, sciences coraniques, langue, littérature, soufisme et rhétorique —, un maître de son époque, un Chaykh vénéré. Il rapporta le hadith du noble Compagnon ʿImrān ibn al-Muʿīn, ainsi qu’al-Muġīrah ibn Chuʿbah, Abū Bakr ath-Thaqafiyy, an-Nuʿmān ibn Bachīr, ʿAbdullāh ibn ʿAbbās, Anas et d’autres ; il vit ʿUthmān et entendit de lui quelques sermons du vendredi, ainsi que d’autres grands Compagnons ; nombre de Successeurs rapportèrent de lui, dont Thābit al-Bunāniyy, Mālik ibn Dīnār et bien d’autres. Certains l’accompagnèrent pour le droit religieux et devinrent juristes ; d’autres l’accompagnèrent pour le hadith et devinrent traditionnistes ; d’autres l’accompagnèrent pour le soufisme et l’ascèse et y atteignirent un degré éminent. Al-Ḥasan demeura ainsi un océan débordant de sciences diverses, de sagesses et de connaissances variées. Ḥajjāj al-Aswad rapporte qu’un homme fit un vœu, disant : « Puissé-je avoir l’ascèse d’al-Ḥasan, le scrupule d’Ibn Sīrīn, la dévotion de ʿĀmir ibn ʿAbd Qays, et la compréhension juridique de Saʿīd ibn al-Musayyab » — et il mentionna Muṭarrif ibn ach-Chikhkhīr pour une autre qualité ; on examina cela et l’on trouva tout cela pleinement réuni chez al-Ḥasan. Qatādah rapporte : « Al-Ḥasan était l’un des plus savants en matière de licite et d’illicite ; il tenait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, des propos qui sortaient de lui comme des perles et des joyaux, et lorsqu’il parlait, ses paroles captivaient les cœurs et ses exhortations marquaient profondément les âmes des hommes. » Il possédait par ailleurs une vaste maîtrise de l’art oratoire, au point qu’on disait qu’il était le plus célèbre orateur de son époque en matière d’exhortation et de rappel ; on discernait, dans ses propos, le langage d’un homme sensé, avisé, perspicace, connaissant la portée des choses et embrassant une part abondante de compréhension et de mémoire. Ar-Rabīʿ ibn Anas rapporte : « J’ai fréquenté al-Ḥasan dix années durant, et il n’était pas un jour où je n’apprenais de lui ce que je n’avais jamais entendu auparavant. » Anas ibn Mālik, qu’Allāh l’agrée, rapporte : « Interrogez al-Ḥasan, car il a retenu ce que nous avons oublié. » Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Abū Hilāl : « J’étais auprès de Qatādah lorsque parvint la nouvelle de la mort d’al-Ḥasan ; je dis : « Il s’était certes plongé dans la science. » Qatādah dit : « Bien plus, elle a poussé en lui, il l’a assimilée et s’en est imprégné. » » ʿAṭāʾ, à qui l’on rapporta qu’al-Ḥasan disait réciter sur la dépouille lors des funérailles, répondit à celui qui l’interrogeait : « Ta science à ce sujet suffit ; c’est un immense imam, digne d’être suivi. » Yūnus ibn ʿUbayd, l’un des Chaykhs vertueux et des savants œuvrants dignes de confiance et pieux, rapporta une fois : « Je n’ai jamais vu quelqu’un dont la parole fût plus proche de l’acte qu’al-Ḥasan » ; il dit également ailleurs à son sujet : « Il était l’un des chefs des savants. » Tous ces témoignages attestent de l’ampleur de la science que cet homme atteignit, ce qui en fit un point de référence, l’un des piliers de la science et l’un des grands érudits de la communauté, qu’Allāh l’agrée et l’ait pour satisfait.

Son décès, qu’Allāh l’agrée : après une vie immense qu’il consacra à la science, à l’œuvre et au combat dans la voie agréée par Allāh, notre imam al-Ḥasan fut rejoint par la mort inéluctable ; cela survint en rajab de l’an cent dix, à l’âge d’environ quatre-vingt-huit ans ; on le porta alors dans des funérailles imposantes, majestueuses et grandioses ; on pria pour lui après la prière du vendredi à Baṣrah ; les gens l’accompagnèrent en foule et se pressèrent autour de lui, au point que la prière de l’après-midi ne put être célébrée ce jour-là dans cette grande mosquée. Sa mort affligea les notables, comme Ibn Sīrīn et d’autres ; Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Hichām ibn Ḥassān : « Nous étions auprès de Muḥammad [Ibn Sīrīn] un jeudi soir, lorsqu’un homme entra après la prière de l’après-midi et dit : « Al-Ḥasan est mort. » Muḥammad implora la miséricorde pour lui, changea de couleur et se tut, ne parlant plus jusqu’au coucher du soleil ; les gens se turent aussi devant lui, voyant sa profonde affliction. »

Qu’Allāh fasse miséricorde à l’imam al-Ḥasan al-Baṣriyy et élève son rang dans les jardins des délices ; Il est Celui qui entend l’invocation ; louange à Allāh, Seigneur des mondes.


[1] NdT : Wādī al-Qurā désignait historiquement une vallée d’oasis parsemée de villages, située sur les routes reliant le Hedjaz à la Syrie. Sa principale cité était Qurḥ (قُرْح), un important centre commercial et agricole. Les ruines de Qurḥ se trouvent aujourd’hui à environ 20 km au sud de la vieille ville d’Al-ʿUla, près du village de Mughayrah. Le nom Wādī al-Qurā a progressivement disparu au profit du nom Al-ʿUla, qui désigne aujourd’hui la région et la ville.

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