Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-Baqarah
D’après Abū Umāmatah (qui est un compagnon du Prophète) que Dieu l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire (ce qui signifie) : récitez le Qur’ān car il intercèdera en faveur de ceux qui le récitent au Jour du jugement. Récitez az-zahrawayne qui sont al-baqarah et āli ʿimrān, elles viendront au Jour du jugement comme si c’était deux nuages ». Rapporté par Muslim.
Cela ne veut pas dire que le Qur’ān est un être vivant qui va venir mais cela veut dire que la récompense de la récitation sera en faveur de la personne au Jour du jugement. Donc le Prophète a incité à réciter ces deux sūrat, il les a appelées az-zahrawayne, il a qualifié ces deux sourates de fleurs. Vous savez qu’au Jour du jugement le soleil va se rapprocher de la tête des gens, ceci est pour indiquer qu’elles vont protéger la personne au Jour du jugement. Il a été rapporté du prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, que le fait de réciter sūratul-baqarah et āli ʿimrān sera comme deux nuages au Jour du jugement et Aḥmad ibnu Ḥanbal a dit : c’est-à-dire que ce sera la récompense qui viendra. Et là c’est une preuve qui indique qu’il a interprété par un autre sens que le sens apparent
Verset 1 : Ibnu ʿAbbās a dit : Dieu a juré par ces trois lettres (alif lām mīm) et il a donné une autre explication, qui signifie : « Moi, Dieu, Je sais plus que tout autre ». Et c’est cette deuxième explication qui a été donnée par ibnu Masʿūd et Saʿīd ibnu Ǧubayr.
Verset 2 : c’est une bonne guidée pour ceux qui font preuve de piété et la guidée c’est le chemin qui fait parvenir à la destination. Or les pieux sont déjà bien guidés. Ici c’est une demande pour qu’ils soient augmentés encore en bonne guidée. C’est une demande pour renforcer ce qui est confirmé en eux et pour le prolonger. Ils sont sur la piété et ils demandent à être augmentés sur la piété. Comme lorsque nous disons « ihdina ṣ-ṣirāṭa l-mustaqīm » qui signifie « guide-nous sur le droit chemin ». Or nous sommes sur le droit chemin, du fait que nous sommes musulmans ; c’est-à-dire « fais que nous persévérions sur ce chemin », c’est-à-dire « augmente-nous en bonne guidée ».
Qui est le pieux, al-muttaqiyy ? Le pieux, dans la Loi de l’Islam, c’est celui qui se protège. Dans le mot- taqwā- il y a le mot – wiqāyah – qui est la protection. Le mot « pieux » a une racine linguistique dans la langue arabe similaire au mot « protection ». Il se protège de faire ce qui fait mériter la punition, que ce soit faire ou délaisser. Le pieux est celui qui accomplit les devoirs et qui évite les péchés. Comme Dieu nous a annoncé à propos de ce livre qu’il est une guidée pour les pieux, Il nous informe par cela que ce livre est une certitude, qu’il n’y a pas de doute à son sujet et que c’est une vérité, qu’il n’y a pas de faux dans ce Livre.
Verset 3 : ceux qui croient au ġayb. C’est-à-dire ceux qui reconnaissent la véridicité en le « ġayb ». La racine du mot « ġayb » c’est « ġāba » qui signifie s’absenter c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose que l’on connait. C’est-à-dire que les pieux croient en la véridicité de ce que leur prophète leur a annoncé, à propos de choses qu’ils n’ont pas vues, que ce soient les sujets de la résurrection ou du rassemblement ou de l’exposition des actes et autres. C’est une preuve de leur foi, ils croient en ce que leur dit le prophète, lui qui ne parle pas sous l’effet de ses passions, mais c’est bien par révélation. La foi qui est correcte c’est de reconnaitre par la langue et de croire par le cœur.
Wa yuqīmūna ṣ-ṣalāh : « yuqīmūna » provient de « iqāmah », le fait d’être debout. Ces pieux accomplissent la prière, ils persévèrent à la faire. Il a exprimé le fait de faire la prière par le fait de se lever pour l’accomplir, parce que la position debout pour accomplir la prière est un des piliers de la prière. Ici le sens est « ceux qui accomplissent la prière dans son temps ».
Ceux qui donnent à partir de ce que Nous leur avons accordé comme subsistance. Cela signifie « ils donnent l’aumône, la zakāt et autre que cela ».
Verset 4 : et ceux qui croient en ce qu’il t’a été révélé. Ce sont toujours des qualificatifs des pieux. Il s’agit des croyants des gens du Livre, c’est-à-dire qui étaient juifs et chrétiens et qui sont devenus musulmans, comme ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām qui était le savant des juifs à Médine. Quand il a voulu annoncer son islam, le Prophète a invité les juifs à Médine et leur a dit : « que dites-vous de ʿAbdul-Lāh ibnu s-salām ? » et celui-ci était resté dans un endroit où ils ne le voyaient pas et ils ne savaient pas qu’il était entré en islam. Ils ont dit : « c’est notre savant, c’est le fils de notre savant ». Quand le Prophète lui a dit d’annoncer aux juifs qu’il était devenu musulman, ils l’ont renié, par orgueil.
Le Qur’ān est également une bonne guidée pour les pieux car ils ont cru en la totalité du Qur’ān.
Ils ont cru en ce qui a été révélé avant toi c’est-à-dire qu’ils ont cru en tous les livres qui ont été révélés aux prophètes.
Et qui croient avec certitude en l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils ne doutent pas ; la certitude ici est la connaissance parfaite qui ne comporte aucun doute ni aucune confusion. « Ayqana » c’est avoir la certitude.
Verset 5 : ces gens-là sont sur la bonne guidée. Et cette bonne guidée, c’est leur Seigneur qui la leur a accordée. Nous disons « lā ḥawla wa lā quwwata ʾillā bil-Lāh » c’est -à-dire que si nous accomplissons un acte d’obéissance, c’est grâce à Dieu et si on évite une désobéissance, c’est grâce à Dieu. Les pieux sont sur la bonne guidée mais c’est grâce à Dieu. C’est Dieu Qui a fait qu’ils sont sur la bonne guidée.
Et cette bonne guidée est de la part de leur Seigneur.
Ce sont ceux-là qui sont les gagnants. Ici al-falāḥ c’est-à-dire les gagnants qui vont gagner ce qu’ils ont recherché et qui vont être sauvés de ce qu’ils ont fui. Ils ont gagné le paradis qu’ils ont recherché et ils sont sauvés de l’enfer qu’ils ont fui. La réussite c’est d’atteindre l’objectif. Dans l’appel à la prière il y a « ḥayya ʿala l-falāḥ » c’est-à-dire la réussite. Al-mufliḥ c’est celui qui a réussi et qui a atteint son objectif. Regardez comment Allāh a attiré notre attention sur cette spécificité des pieux qui vont obtenir ce que nul autre n’obtiendra. Cette bonne guidée que les pieux ont eue, elle est confirmée pour eux, et elle confirme la réussite. La bonne guidée leur confirme la réussite. La définition de ceux qui réussissent, ce sont les pieux qui vont réussir dans l’au-delà. Les pieux seront victorieux. Nous demandons à Dieu qu’Il nous embellisse par la tenue des pieux et qu’Il nous rassemble au Jour du jugement dans le groupe de ceux qui ont été mentionnés au début de cette sourate.
Dieu a cité en premier les pieux et les vertueux, les saints, par des caractéristiques qui permettent de gagner Son agrément et Il a indiqué que ce Livre, le Qur’ān est une bonne guidée, puis Il fait suivre ce verset par la mention de leur opposé qui sont les rebelles, les obstinés, ceux qui ne profitent pas de la bonne guidée. Et ce sont les versets 6 à 10
Verset 6 : il débute par la mention de ceux qui ont mécru. Le mot « kafara » en arabe veut dire « couvrir », couvrir la vérité par le reniement, Ils ont refusé la vérité en la reniant. Ceux dont il est question ici sont des mécréants bien spécifiques, comme Abū Ǧahl et abū Lahab et leurs semblables, au sujet de qui Dieu a su qu’ils allaient mourir mécréants. C’est comme s’Il dit : ceux qui sont mécréants, c’est équivalent pour eux que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas. L’avertissement c’est de faire craindre le châtiment de Dieu en réprimandant les gens qui commettent des péchés.
La sagesse dans l’avertissement est de trois ordres, en sachant que dans ce verset, les mécréants, qu’ils soient avertis ou pas, cela revient au même :
Premièrement c’est le fait d’établir une preuve contre eux. Ils ne pourront pas dire au Jour du jugement : Dieu, pourquoi Tu nous châties ? Pourquoi Tu ne nous as pas envoyé un messager, on l’aurait suivi. Or, le messager a été envoyé mais eux, ils ne l’ont pas suivi.
Deuxièmement : pour que l’envoi des messagers soit pour tout le monde. Et qu’il ne soit pas uniquement pour ceux qui vont devenir croyants. Il y a, parmi ceux qui sont mécréants, ceux qui vont profiter de cet avertissement.
Troisièmement : c’est pour que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām soit récompensé. Quand le prophète va avertir Abū Ǧahl et abū Lahab, il fait quelque chose que Dieu lui a ordonné de faire et il gagne des récompenses.
Verset 7 : Dieu a scellé leurs cœurs. Le sceau c’est de la cire qu’on met sur un manuscrit ou une lettre pour qu’on sache qu’elle a été ouverte. La cire va sécher et va se casser quand on va ouvrir la lettre.
Az-Zaǧǧāǧ a dit : le sceau – al-ẖatam- c’est la couverture car, pour s’assurer qu’une chose est bien fermée, il y a un sceau qui est apposé dessus, pour que personne n’en prenne connaissance.
Ibnu ʿAbbās a donné une explication semblable, il a dit : Dieu a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils ne comprennent pas le bien, ils ne saisissent pas cet avertissement que le Prophète leur a donné. C’est cela le sens. Cela veut dire que Dieu a refermé leurs cœurs de sorte que la mécréance qui est contenue dans leurs cœurs ne va pas s’échapper, ils vont rester mécréants et la foi ne va pas pénétrer dans leurs cœurs. Le résultat est que leur cœur va être ténébreux, obscur et étroit dans le corps de cet esclave, de sorte qu’il ne va pas être croyant tant que cette obscurité réside dans son cœur.
Le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy a dit : le cœur est le siège de la raison. Il a été appelé qalb parce qu’il « yataqallab », il change. Le cœur est le siège de la compréhension. Le cœur est ce morceau de chair qui a une forme conique qui est placé dans la partie gauche de la cage thoracique.
Dans le Qur’ān, Allāh taʿālā dit ce qui a pour sens : ne vont-ils pas se déplacer sur terre, n’ont-ils donc pas des cœurs par lesquels ils peuvent comprendre ou des oreilles par lesquelles ils peuvent entendre ? Dieu a fait que la compréhension a lieu par le cœur tout comme l’audition a lieu par l’oreille. Allāh nous apprend que leurs cœurs ont été scellés.
Et Il a placé comme une couverture, une couche qui recouvre leur audition et leur vue. Al-baṣar c’est la lumière des yeux, c’est ce par quoi la personne voit. Et Al-baṣīrah c’est la lumière du cœur, c’est ce qui permet d’apprendre et de comprendre. C’est comme si c’était deux caractéristiques que Dieu a créées, dans lesquelles il y a l’instrument qui permet de voir et de comprendre.
Et al-ġišawah c’est-à-dire une couverture, une fine couche sur quelque chose. Le šayẖ l’imām abū Manṣur fils d’Aliyy que Dieu lui fasse miséricorde, a dit : lorsque le mécréant n’a pas voulu entendre la parole de vérité, qu’il a refusé de l’entendre, lorsqu’il n’a pas observé son propre état, il n’a pas médité sur sa propre réalité, ni à propos de la réalité des autres créatures, il n’aura pas vu les manifestations de l’entrée en existence. Regardons autour de nous, tout ce que nous voyons, ce sont des choses qui sont entrées en existence, elles n’existaient pas puis elles ont existé. Nous concluons après avoir vu l’existence de ces choses qui sont entrées en existence qu’il est indispensable qu’il y ait un créateur qui les a fait exister. Comme ce mécréant a refusé de faire cette réflexion-là, c’est comme si, sur sa vue et son ouïe, il y a un voile, même si ce n’est pas au sens propre. Et ceci est une preuve que l’audition intervient ici.
Ils auront un châtiment éminent. Parfois il y a le mot « ʿaẓīm » qu’on traduit par « éminent » et le mot « kabīr » qui est traduit par « grand ». Dans le verset c’est le mot « ʿaẓīm » qui est employé. « Eminent » est le contraire de méprisable et « grand » est le contraire de « petit ». C’est comme si « éminent » est au-dessus de « grand » tout comme méprisable est plus petit que « petit ». Ici Dieu blâme ces mécréants qui n’ont pas fait cette réflexion. C’est comme si, sur leurs yeux, il y avait une sorte de couverture, mais pas la couverture que les gens connaissent, c’est une couverture de ceux qui feignent ne pas voir les signes des versets de Dieu et ils auront des douleurs car ils vont subir un châtiment éminent dont Dieu seul sait la réalité.
Verset 8 : il y a parmi les gens ceux qui disent « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier » mais en réalité ce ne sont pas des croyants. Allāhu subḥānahu wa taʿālāa débuté cette sourate en mentionnant ceux qui vouaient pour Dieu une adoration sincère, c’est-à-dire ceux qui n’adorent que Dieu et ne Lui attribuent pas d’associé, c’est-à-dire ceux dont les cœurs ont été conformes à leurs paroles. Ils disent qu’ils sont croyants et dans leurs cœurs, ils sont véritablement croyants.
Puis Il a cité ceux qui sont mécréants, ceux qui sont mécréants par leur cœur et par leurs paroles c’est-à-dire qu’ils étaient mécréants dans leurs cœurs et ils disaient qu’ils étaient mécréants. Dans ce verset numéro 8, Allāh mentionne les hypocrites, ceux qui disent par leur langue qu’ils sont croyants mais leurs cœurs ne sont pas conformes à ce qu’ils disent. Et ce sont les plus mauvais, les plus malins parmi les mécréants, parce qu’en plus de la mécréance, ils ont rajouté la tromperie et la moquerie. C’est à leur sujet qu’a été descendue par révélation la parole d’Allāh qui signifie : certes les hypocrites seront aux fins fonds de l’enfer.
EtMuǧāhid que Dieu l’agrée a dit : il y a au début de cette sourate, 4 versets pour la mention des croyants puis 2 versets pour la mention des mécréants et 13 versets à propos des hypocrites. Allāh les a dévoilés pour leur reniement, leur malignité, leur impudence. Et Il les a cités par leur ignorance, Il les a rabaissés et les a surnommés sourds, muets, aveugles. Ceci au sens figuré : sourds parce qu’ils n’entendent pas la vérité, muets parce qu’ils ne disent pas la vérité (ils ne prononcent pas les deux témoignages) et aveugles parce qu’ils ne voient pas la vérité. Et Dieu les a qualifiés par des qualificatifs abominables.
Et la foi est définie comme suit : Ahlu s-sunnah (les sunnites) a défini la foi par le fait de reconnaitre par la langue et croire par le cœur. Reconnaitre les deux témoignages et croire au sens des deux témoignages.
Verset 9 : ils trompent le Messager de Dieu (car Dieu sait la réalité des choses, nul ne Le trompe) c’est-à-dire qu’ils donnent une apparence autre que ce qu’il y a dans leurs cœurs. L’apparence qu’ils donnent est qu’ils sont des croyants alors que dans leurs cœurs ce n’est pas le cas, donc ils dupent. La définition de la duperie c’est de montrer autre que ce qu’il y a dans le cœur.
Et ils trompent ceux qui sont croyants. Ils donnent l’apparence qu’ils sont croyants, tout en ayant la mécréance dans leurs cœurs. Quel était leur intérêt dans cette hypocrisie ? Pour qu’ils ne soient pas combattus comme étaient combattus les autres mécréants. Et pour qu’il leur soit appliqué les lois relatives aux musulmans. Et d’obtenir une part des butins. Et d’autres raisons encore. Ces gens-là prononçaient les témoignages mais dans leurs cœurs, ils avaient de la mécréance. Du fait qu’ils prononçaient les témoignages, il leur est appliqué les jugements relatifs aux musulmans. Et ils obtiennent une part des butins. Et ils sont enterrés dans les cimetières des musulmans. Et il y a d’autres intérêts dans ce qu’ils font.
Et en réalité ils ne se dupent qu’eux-mêmes c’est-à-dire que si les croyants se comportent avec eux de cette manière, en réalité ils ne se trompent qu’eux-mêmes, parce que leur réalité se retournera contre eux. Leur réalité est qu’ils sont des mécréants. Et le châtiment qui est réservé aux mécréants va leur être appliqué. Quelle est la résultante de cette duperie ? C’est le châtiment dans l’au-delà et c’est eux qui vont le subir. Donc en réalité c’est comme s’ils se sont dupés eux-mêmes. Cette tromperie va les toucher eux uniquement, elle ne va pas toucher d’autres qu’eux.
Et ils ne s’en rendent pas compte. Ils ne le ressentent pas. Le ressenti c’est la perception des choses grâce aux sens. L’être humain ressent grâce à ses sens. Cette nuisance qui leur parvient est comme quelque chose qu’ils vont sentir. Et comme ils ne sentent pas qu’ils sont en train de se tromper eux-mêmes, c’est comme si le fait qu’ils persistent dans leur insouciance et leur hypocrisie, c’est comme si quelqu’un ne sentait pas. Car la réalité de cette tromperie est un châtiment pour eux.
Verset 10 : il y a dans leurs cœurs une maladie. C’est-à-dire le doute concernant la véracité de cette foi et l’hypocrisie. Parce que le doute est l’hésitation entre deux choses et l’hypocrite est quelqu’un qui est dans l’hésitation. Dieu a fait qu’il y a dans leurs cœurs une maladie, c’est-à-dire une faiblesse qui les prive de victoire, une impuissance qui les prive de pouvoir et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal en raison de leur mensonge. Ils ont menti quand ils ont dit : « nous croyons en Dieu et au Jour Dernier ». La définition du mensonge est toute information à propos d’une chose contrairement à sa réalité.
Verset 11 : et s’il leur est dit « ne semez pas la corruption sur terre ». La corruption -al-fasād – c’est faire en sorte qu’une chose soit dans autre que son état de droiture, dans un état autre que ce qui est profitable. Et c’est le contraire de la chose qui est correcte – aṣ-ṣalāḥ- la vertu qui est le fait d’être dans un état de droiture avec un profit. La corruption sur terre, ici c’est-à-dire la provocation des guerres et des zizanies ce qui entraine le délaissement de la droiture pour l’état des gens, pour les plantations et en général pour tout ce qui est bénéfique, religieusement et dans le bas monde. Quelle était la corruption des hypocrites sur terre ? C’est qu’ils se rapprochaient des mécréants et les remontaient (incitaient au mal) contre les musulmans, en divulguant leurs secrets et en les entrainant contre les musulmans, ce qui provoquait la zizanie entre eux.
Ils répondent : mais nous, nous sommes au contraire des gens qui réparons et corrigeons. Ils disent : nous sommes des gens qui rapprochent les croyants et les mécréants. Ils prétendent que cette caractéristique de conciliation leur est acquise, sans aucun doute d’aucune manière que ce soit et qu’il n’y a pas de corruption dans ce qu’ils font.
Verset 12 : en réalité ce sont eux les corrupteurs mais ils ne s’en rendent pas compte. Dieu leur a répliqué : ils ne se rendent pas compte que ce sont des corrupteurs, Il leur a répliqué contre leur prétention que ce sont des gens qui corrigent, des gens qui veulent le bien, d’une manière très éloquente, qui indique qu’ils méritent un grand châtiment.
Verset 13 : s’il leur est dit « soyez croyants tout comme les gens l’ont été » c’est-à-dire « ayez foi en Dieu et en Son Messager tout comme les gens ont été croyants ».
Le conseil a été donné à ces hypocrites à deux reprises dans les versets 11 et 13 de deux points de vue : le premier afin qu’ils se rendent compte combien est laide leur position, combien elle est loin de la vérité et elle entraine à la corruption. Et le deuxième c’est de leur faire prendre conscience du bienfait de revenir sur leur position et d’être croyants tout comme les gens sont croyants. C’est pour leur montrer le chemin le plus droit pour eux, le meilleur chemin pour eux et pour ceux qui sont dotés de raison, qui est de croire en Dieu et en Son Messager.
Mais leur réponse est qu’ils ont préféré rester sur leur ignorance et ils ont accusé ceux qui leur ont donné le conseil de stupides. Il y a dans ce verset une incitation à la patience pour celui qui est savant face à la réaction des ignorants.
Tout comme les gens ont cru : ici il s’agit du Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et ceux qui étaient avec lui.
Ils ont dit : voulez-vous que nous soyons croyants comme les gens stupides l’ont été ? Ils les ont jugés idiots alors que ce sont ceux qui sont croyants qui sont censés. Donc ces hypocrites, en raison de leur ignorance, ils ont cru que la voie qu’ils suivaient était la vérité et que tout autre que cette voie était fausse. Et celui qui a adhéré au faux est quelqu’un de stupide. La stupidité est un manque dans la raison, une légèreté dans la raison.
En réalité, ce sont eux les stupides mais ils ne s’en rendent pas compte. Que Dieu nous préserve du mauvais état.
Verset 14 : lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent nous sommes croyants. Ils dénigraient les croyants, ils faisaient croire qu’ils étaient avec eux, comme s’ils étaient des amis.
Et lorsqu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān. C’est lorsqu’ils ne sont pas en présence des autres mais qu’ils se retrouvent seuls avec leur šayṭān, ici c’est une métaphore, c’est -à-dire ceux qui étaient comme les véritables šayṭān, qui ont été en accord avec leur šayṭān, c’est-à-dire les yahūd, les mécréants des descendants de Isrāʾīl.
Ils leur disent : non, en réalité nous sommes avec vous. Ici il y a une explication : ils ont utilisé une figure de style quand ils se sont adressés aux croyants et une autre figure de style quand ils se sont adressés aux mécréants, pour indiquer qu’ils ne pouvaient pas montrer leur réalité puisque ce sont des hypocrites qui vivent parmi les musulmans. Ils vivaient à Médine entre les émigrants et les partisans. Ce sont des gens qui voulaient faire croire aux croyants qu’ils étaient comme eux alors qu’en réalité ils ne l’étaient pas et quand ils se retrouvaient seuls avec les mécréants, ils leur faisaient croire qu’ils étaient avec eux et c’était vrai.
Et nous ne faisions que nous moquer des croyants. C’est pour insister sur la première partie et montrer qu’ils étaient sur la religion des yahūd. Ceci est une réfutation de l’islam. Ces gens-là rejetaient l’islam. Ils repoussent l’éventualité qu’ils soient sur l‘islam. Parce que celui qui dénigre une chose, il la renie et il repousse le fait qu’il la prend en compte. Celui qui rejette une chose et s’en moque, c’est une insistance au-delà du simple rejet. Ils repoussent le fait d’être croyants donc cela confirme le fait qu’ils soient mécréants. Donc repousser le contraire d’une chose confirme ce contraire.
Verset 15 : Dieu les rétribue pour leur moquerie (on ne dit pas que Dieu se moque d’eux). Même si la rétribution de leur moquerie a été appelée « istihzāʾ » qui est le même mot, c’est pour indiquer que Dieu les punira mais le sens propre de l’istihzāʾ n’est pas possible au sujet de Dieu parce que la moquerie est motivée par l’absurdité et Dieu est exempt de l’absurdité. Dans le fait d’appeler leur punition du même nom que ce qu’ils ont fait, c’est pour dire que ce que Dieu leur fera parvenir, c’est le summum qui puisse leur arriver comme punition, humiliation et rabaissement.
Comme les punitions et le châtiment que Dieu leur fait subir s’abattent sur eux étapes par vagues (ils ont une épreuve puis une autre puis une autre)
Dieu leur donne du répit dans leur mécréance, ils s’enfoncent encore et encore. Avec le temps, Dieu leur donne du répit et ils augmentent avec leur mécréance, ils s’enfoncent davantage.
Verset 16 : ils ont acheté l’égarement en payant la bonne guidée. Ils ont échangé la bonne guidée par l’égarement, ils ont choisi l’égarement au lieu de choisir la bonne guidée. Pourquoi ont-ils fait cela alors qu’ils n’étaient même pas sur la bonne guidée ? Parce qu’ils vivaient avec des gens qui étaient croyants et eux, étaient mécréants. L’égarement est un mot qui indique quelqu’un qui a perdu son chemin. Ces gens-là n’ont pas suivi le chemin qui mène à la bonne guidée.
Leur commerce n’est pas gagnant. Le bénéfice est ce qui est au-delà du capital.Le commerce est l’activité du commerçant qui est celui qui achète et qui revend dans l’objectif de faire du bénéfice. Ici, attribuer un bénéfice suite à un commerce est dans un sens figuré. Ils n’ont pas fait de bénéfice. Le début du verset est au sens figuré et la suite également. C’est pour insister que cela est bien un sens figuré et non pas un sens propre.
Et ils n’ont pas été bien guidés. Ils n’ont pas connu les voies correctes du commerce parce que les commerçants qui savent gérer leur commerce, savent ce qui risque d’entrainer des bénéfices ou des pertes. Ils n’ont pas su gérer. Le sens est que le commerçant veille à préserver son capital et à faire du bénéfice. Mais eux, ils n’ont eu aucun des deux. Le capital c’est la bonne guidée de l’islam. Or, eux, ils ont choisi l’égarement, donc ils n’ont pas de capital. S’il ne leur est resté que l’égarement, on ne peut pas dire qu’ils ont fait du bénéfice, même s’ils ont obtenu certaines choses du bas monde. Parce que celui qui arrive à sauvegarder son capital, c’est comme s’il n’a pas eu de pertes. Le capital du musulman c’est la croyance du Prophète et des compagnons. Et grâce à Dieu, cette croyance des sunnites, elle est encore en nous. La majorité de ceux qui se disent musulmans, que ce soit en Afrique ou en Asie, en Amérique, ils sont encore sur cette croyance, la croyance du Prophète et de ses compagnons. Même s’il y a un manque dans les pratiques. Il y a un relâchement dans les pratiques actuellement.
Verset 17 : leur exemple est comme celui qui a allumé un feu. Comme Il les a dévoilés dans les versets précédents, (eux, ils montraient qu’ils étaient avec les croyants), Dieu a fait suivre les versets suivants par un exemple pour augmenter en dévoilement et pour compléter cette présentation. Et les exemples aident beaucoup à dévoiler la réalité et la compréhension. Et le fait de donner des exemples est fréquent dans les livres célestes. Il y a même dans l’évangile authentique tout un chapitre qui s’appelle les exemples. L’origine du mot « miṯl » c’est-à-dire « le semblable », c’est une situation semblable à cette situation-là. Si tu comprends cette situation et cette autre qui est semblable, et ainsi de suite, la première, tu vas bien la comprendre.
Leur état est comme celui qui a allumé un feu. An-Nasafīa dit que c’est une substance qui est impalpable mais notre šayẖ a dit que le feu est une substance qui est palpable comme l’eau, sauf que sa lumière est impalpable.
Lorsque le feu a éclairé les alentours, Dieu a fait que cette lumière disparaisse. Et ce que Dieu fait disparaitre, nul ne peut le faire venir.
Il les a laissés dans une obscurité et ils ne voient pas. L’obscurité est le contraire de la lumière. Dans quelle mesure ressemblent-ils à celui qui a attisé un feu ? Après l’éclairage, ils se sont retrouvés dans l’obscurité. Après la bonne guidée, ils se sont retrouvés dans l’égarement. C’est vrai que l’hypocrite n’a jamais été dans la lumière. Il se débat dans l’obscurité de la mécréance. Comme ils n’ont pas été dans la bonne guidée, comment peut-on dire qu’ils ont profité d’une lumière ?
Une première explication est qu’ils en ont un peu profité car, par la parole, ils disaient qu’ils étaient croyants.
Une deuxième explication est que, après cette parole par laquelle ils prétendaient qu’ils étaient croyants, ils se sont retrouvés dans l’égarement de l’hypocrisie et donc dans l’obscurité de l’hypocrisie, qui, elle, entraine l’obscurité de la punition éternelle, puisque la punition du mécréant est un châtiment qui est sans fin, que Dieu nous en préserve.
Verset 18 : Allāh les a qualifiés d’être sourds, muets et aveugles. C’est-à-dire que leurs sens étaient sains, ils n’étaient pas, au sens propre, sourds, muets et aveugles. Mais lorsqu’ils ont refusé d’entendre la vérité et de la prononcer, ils ont refusé de prononcer les deux témoignages et ils ont refusé de la voir, donc ils ont été comparés à des gens qui sont sourds, muets et aveugles. Ils ne vont pas revenir à la bonne guidée après l’avoir délaissée.
Verset 19 : Dieu compare l’islam à une pluie qui tombe à verse car la terre profite de la pluie tout comme les gens profitent de l’islam. Dieu a comparé la religion de l’islam à la pluie car les cœurs se revivifient grâce à l’islam, tout comme la terre se revivifie par la pluie.
Et Il a comparé les mécréants à l’obscurité et le tonnerre et l’éclair à la menace du châtiment que subit le mécréant. Et Il a comparé ce qui atteint les mécréants comme terreur et épreuves subies de la part des musulmans par la foudre qui tombe sur eux. Ce qui est cité dans ces versets est l’analogie de personnes qui ont été prises sous une tempête et qui ont enduré ce qu’ils ont enduré de cette tempête (l’orage, l’éclair, la foudre) sauf qu’il n’est pas cité ce qui ressemble à quoi exactement. Dieu a décrit la situation dans laquelle se sont retrouvés les hypocrites dans leur égarement et l’hésitation et la surprise dans laquelle ils se débattent. Il l’a comparée à l’étonnement et l’épreuve qu’ils subissent quand quelqu’un a eu son feu qui s’est éteint alors qu’il l’avait attisé auparavant en plein milieu de la nuit. Imaginez quelqu’un en plein milieu de la nuit qui allume un feu qui l’éclaire puis qui s’éteint. Donc il se retrouve dans un tel désarroi à l’image de ces hypocrites qui ont vu la foi (c’est l’analogie avec la lumière qui les a éclairés) sauf qu’ils n’en ont pas profité, comme celui qui a éteint son feu en plein milieu de la nuit.
Et le deuxième exemple comme celui qui se retrouve en plein milieu de la nuit obscure dans une tempête avec de l’orage, des éclairs, la peur de la foudre. Donc c’est comme l’hypocrite qui s’est retrouvé en pleine nuit exposé à tout cela. Et le deuxième exemple est encore plus éloquent que le premier parce que la situation est plus éprouvante. Car celui qui voit son feu qui s’éteint pendant la nuit, c’est certes éprouvant mais c’est plus supportable que celui qui est exposé pendant une nuit obscure à une tempête effroyable. Ce deuxième exemple a été cité après le premier, pour montrer la progression de leur état, de leur épreuve la moins grave vers la plus grave. Ils progressent du plus simple au plus difficile.
Cela veut dire que le récit de l’état des hypocrites est semblable à ces deux scénarios qui ont été mentionnés. Le premier qui est celui dont le feu s’éteint dans la nuit et le deuxième qui est en pleine obscurité et qui est exposé au tonnerre, aux éclairs et à la foudre. Les deux exemples représentent de manière indépendante l’état des hypocrites. Mais on peut également les représenter avec les deux exemples.
Puis on explique quelques mots de vocabulaire : « aṣ-ṣayyib » c’est la pluie qui se déverse en abondance et ce sont aussi les nuages qui sont appelés ainsi. Et dans ce verset, le mot « ṣayyib » est indéterminé, employé dans une forme indéfinie pour indiquer que c’est une pluie abondante, tout comme le feu dans le premier exemple était indéfini également.
L’auteur explique la composition du point de vue de la grammaire arabe. La mention de « aṣ-ṣayyib » et du ciel, en sachant que le « ṣayyib » ne provient que du ciel, c’est que « as-samāʾ » est déterminé, contrairement au mot « ṣayyib » : cela indique que le mot « ṣayyib » ici, ce sont des nuages qui viennent de l’horizon du ciel et dans cette composition, il y a une exagération pour montrer la gravité de la situation tout comme le mot « ṣayyib « est indéterminé. Il y a ici la preuve que les nuages viennent du ciel et que c’est de là que les nuages prennent leur eau.
Le mot « raʿd » est un son, que l’on traduit en français par « orage », c’est le son que l’on entend lorsque les nuages s’entrechoquent. Le mot « raʿd » désigne également un ange, l’ange qui conduit les nuages, tout comme dans le ḥadīṯ rapporté par at-Tirmiḏiyy. Cet ange conduit les nuages avec un miḥrāq : si on prend un bout d’étoffe et qu’on l’enroule, on frappe avec comme un fouet. Le Prophète a dit que « ar -raʿd » est un ange qui tient à la main un miḥrāq avec lequel il fouette les nuages pour les conduire d’une région à une autre.
Et le barq c’est ce qui brille, c’est l’éclair et baraqa signifie « briller ».
Il a qualifié aṣ-ṣayyib par la noirceur. Il a fait que ces nuages soient un lieu pour l’obscurité et si c’est pendant la nuit, c’est une double obscurité. Et s’il était visé par le mot « aṣ-ṣayyib » la pluie, alors cela indique que la pluie tombe à verse, les gouttes d’eau sont très rapprochées les unes des autres, c’est là qu’il y a une obscurité en plus de l’obscurité de la nuit. Il a fait que les nuages, c’est là qu’il y a le tonnerre et l’éclair et si c’est la pluie qui est visée, également.
Il a cité ces trois éléments qui sont « aṣ-ṣayyib », l’orage et le tonnerre.
Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles. Comme Il a cité le tonnerre, l’éclair et ce qui présage de leur intensité et de la gravité de cette situation, c’est comme si quelqu’un disait : comment étaient-ils dans pareille situation ? La réponse est : ils mettaient leurs doigts dans leurs oreilles tellement le bruit était fort. Il a cité les doigts mais pas les phalanges. Et généralement ce qu’on met dans les oreilles, c’est l’extrémité du doigt. Ici le doigt a été cité par extrapolation car dans le fait de citer les doigts, il y a une exagération qu’il n’y a pas dans les phalanges. À cause de l’intensité de la foudre, ils placent leurs doigts dans leurs oreilles.
Et la foudre est un éclat d’orage dans lequel il y a une quantité de feu qui descend. Lorsque les nuages sont frottés l’un contre l’autre, il se produit un feu très puissant qui ne touche pas une seule chose sans qu’elle ne le foudroie, sauf que ce feu-là, malgré son intensité, il ne dure pas longtemps. C’est-à-dire que s’il ne trouve pas quelque chose à consumer, il s’éteint rapidement. On dit que la foudre s’est abattue sur un palmier, elle en a brûlé la moitié puis elle s’est éteinte.
Par crainte de la foudre et de la mort. La mort est la détérioration de l’état du vivant ou c’est un état dans lequel on n’a plus de perception. C’est un état qui fait suite à l’état de la vie.
Et les mécréants sont sous la puissance de Dieu. Ils n’arrivent pas à faire ce que Dieu ne veut pas. Tout ce qu’ils font est par la volonté et la puissance de Dieu. A l’image de celui qui est entouré, il ne peut pas faire plus que ce qui l’entoure
Verset 20 : l’éclair a failli arracher leur regard. Chaque fois qu’il y a un éclair, ils marchent à la lumière de cet éclair
C’est comme si cette partie du verset est une réponse à celui qui pose la question : et concernant l’éclair, comment faisaient-ils ? Comment font-ils entre le moment où il y a un éclair et le moment où il n’y a pas d’éclair ? Ici, c’est une métaphore qui indique la gravité de l’état des hypocrites : leur état est similaire à la gravité qui est endurée par ceux qui sont sous cette pluie. Et la profonde hésitation : leur état est semblable à ces gens qui sont exposés à cette tempête et leur profonde hésitation et leur ignorance entre ce qu’il faut qu’ils fassent et ce qu’il faut qu’ils délaissent. Lorsqu’il y a un éclat de l’éclair, bien qu’ils aient peur que cela les aveugle (que ça leur enlève la vue), ils profitent de cet éclair pour faire quelques petits pas. Et lorsque la lumière de l’éclair s’estompe, ils s’arrêtent et n’avancent plus. Chaque fois qu’il y a une lumière qui éclaire leur chemin, ils prennent ce chemin.
Puis l’auteur explique les nuances de la marche. La marche est le déplacement de la personne à un rythme habituel. Si la marche devient rapide, ça devient un saʿy » (ce mot -là nous rappelle les trajets entre aṣ-ṣafāʾ et al-marwah). Et si elle est encore plus rapide, ça devient un « ʿaḍuʿ », une course. Ibnu l-Ǧawziyy, ce grand savant hanbalite a dit dans son exégèse : les savants ont divergé sur l’explication de cette phrase « kullamā ʾaḍāʾa lahum mašaw fīh » (chaque fois qu’il les éclaire, ils marchent). Il y a quatre explications à ce sujet : parmi elles chaque fois que le Qur’ān leur parvient par ce qu’ils aiment, alors ils suivent ce qu’il y a dans le Qur’ān. C’est ce qui a été rapporté par Ibnu ʿAbbās et aṣ-Ṣuddiyy.
Et lorsqu’il n’y a plus d’éclair, ils s’arrêtent. Ils n’ont plus ce qui leur permet d’avancer, de savoir où marcher.
Et si Dieu veut, Il leur aurait fait perdre leur ouïe (par le bruit du tonnerre. Si Dieu avait voulu les rendre sourds, Il aurait pu les rendre sourds) et leur vue (par l’éclair)
Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.
Récapitulatif : jusqu’à ce verset 20 de sūratu l-baqarah, Allāh a énuméré les groupes de personnes responsables : ce sont les croyants, les mécréants et les hypocrites. Il a cité les caractéristiques de tout un chacun. Il a cité leur état et Il a cité ce qui est spécifique à chaque groupe, des choses qui les réjouissent ou qui les chagrinent. Puis il y a une introduction de ce qui vient après et Dieu s’adresse aux gens de La Mecque.
Verset 21 : un savant a dit : chaque fois qu’il y a dans le Qur’ān la parole « yā ʾayyuha n-nās », « ô vous les gens », cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs. Et chaque fois qu’il y a dans un verset « yā ʾayyuha l-laḏīna ʾāmanū » qui signifie « ô vous qui êtes croyants », c’est une parole qui s’adresse aux gens de Médine.
*Et le terme « yā » est une particule qui est utilisée pour appeler quelqu’un qui est éloigné. Alors que pour appeler quelqu’un qui est proche, on utilise le terme « a » ou bien « ay » : on va dire par exemple « aṢālaḥ » ou « ayṢālaḥ » pour appeler celui qui est proche.
Puis le terme « yā » a été utilisé par extension pour celui qui est « dans les nuages » comme quelqu’un qui s’est assoupi par exemple, même s’il est proche. Comme il a la tête ailleurs, il a été comparé à celui qui a été éloigné. Donc si quelqu’un de proche est appelé par le terme « yā » c’est pour indiquer que la parole qui va suivre, il convient d’y prêter une attention particulière. C’est une insistance pour que la personne appelée accorde une attention particulière à cette parole.
Nous voyons ici l’importance d’apprendre la langue arabe qui est la langue fondamentale pour la compréhension des textes du Qur’ān et du ḥadīṯ.
Et dans le Qur’ān, il y a souvent l’appel de cette manière, avec le terme « yā », parce que Dieu adresse à Ses esclaves des ordres et des interdits, des promesses et des menaces. Donc il s’agit de sujets éminents. C’est donc un devoir pour les esclaves d’être extrêmement attentionnés et vigilants concernant ce que Dieu leur adresse. Il ne convient pas d’être insouciant. C’est pour cela que le terme « yā » est présent car la plupart des gens sont dans l’insouciance. Le terme « « yā » est pour attirer l’attention et susciter la vigilance.
*Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit qu’il y a eu divergence entre les savants à propos de qui est visé par ce discours « yā ʾayyuha n-nās » (ô vous les gens). Il y a eu 4 avis :
1/ Cette parole s’adresse aux gens de La Mecque, c’est-à-dire aux associateurs.
2 / C’est général pour tous les gens : et c’est l’avis d’Ibnu ʿAbbās. Le terme « an-nās » est le nom de l’être vivant qui est un être humain, un descendant de Ādam.
3/ Il a été appelé ainsi car il change de volonté et le mouvement se dit « naws ».
4/ Il a été dit aussi qu’il a été appelé « unās » qui vient de « an-nisyān » qui signifie l’oubli. L’être humain oublie.
*Et « uʿbudū rabbakum » peut signifier :
1 / « Ô vous les gens, adorez votre Seigneur », c’est-à-dire « ayez foi en Son unicité ».
2/ Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée, a dit : chaque fois que le mot « uʿbudū » est utilisé, cela signifie « ayez foi en l’unicité de Dieu ».
3/ Et « uʿbudū rabbakum » peut avoir le sens de « obéissez à votre Seigneur ».
Ô vous les gens adorez votre Seigneur Qui vous a créés. Ces gens-là étaient des idolâtres, ils considéraient leurs idoles comme étant leur seigneur. Mais ici il est spécifié « Celui Qui vous a créés » pour ne pas confondre avec les autres. Même si eux, ils considéraient leurs idoles comme étant dignes d’être adorées, il leur est rappelé ici que c’est Dieu Qui a créé les gens. Et le fait de créer c’est de donner l’existence à ce qui n’existait pas.
Et dans la langue arabe, le mot « šāyʾ » n’est pas traduit uniquement par le mot « chose ». Car le mot « šāyʾ » signifie « ce qui existe ». Et c’est pour cela qu’il est valide à propos de Dieu de dire « šāyʾ ». Et dans le Qur’ān, il y a le mot « šāyʾ » qui a été employé au sujet de Dieu. Mais dans le langage courant, le mot « šāyʾ » est employé dans le sens d’une « chose »
Vous ainsi que ceux qui vous ont précédés. L’argument que Dieu leur a donné c’est qu’Il est leur Créateur et qu’Il est Le Créateur de ceux qui les ont précédés. Et ils avaient reconnu cela. Comme ils avaient reconnu cela, il leur a été dit : si vous reconnaissez cela, que Dieu est votre Créateur, alors adorez-Le et n’adorez plus les idoles.
Puissiez-vous devenir pieux c’est-à-dire accomplissez les devoirs et évitez les péchés. Et grâce à la piété, vous serez sauvés du châtiment. « Laʿallā » qui est traduit par « puissiez-vous » est dans le sens de l’espoir et de l’incitation. Comme c’est une incitation de la part de Celui Qui est généreux, ça a le sens d’une promesse qui sera réalisée sans aucun doute. C’est l’explication donnée par Sībaway qui est une des plus grandes références dans la grammaire arabe, alors que lui-même n’était pas arabe. Et H̱uṭrūb, un autre spécialiste a dit que cela signifie « afin que vous soyez pieux ».
Verset 22 : Allāh est Celui Qui a fait que la terre soit pour vous comme un tapis sur lequel nous pouvons nous asseoir, sur lequel nous pouvons dormir et nous vivons notre vie dessus
Et que le ciel soit pour vous comme un toit. Dieu l’a préservé du fait de tomber et de détruire ce sur quoi il pourrait arriver. Parce que si ce n’était Dieu Qui maintient le ciel dans sa position, celui-ci serait tombé et aurait détruit la terre.
Il est Celui Qui a fait tomber du ciel de l’eau c’est-à-dire la pluie
Et grâce à laquelle Dieu fait pousser des fruits. C’est Dieu Qui a fait qu’à partir de l’eau il y ait des fruits
En tant que subsistance pour vous. C’est-à-dire qu’à partir de l’eau, Dieu a fait qu’il y ait des fruits, par Sa toute-puissance, par Sa volonté et par Son acte de créer. Mais Il a fait que l’eau soit une cause pour que les fruits sortent, parce que Dieu est tout puissant à créer la totalité sans qu’il n’y ait d’eau. Tout comme l’eau du mâle est une cause pour qu’il y ait l’enfant, Dieu est tout puissant à créer la totalité sans cette eau. En effet dans le fait que Dieu fasse évoluer les choses d’un état à un autre de manière progressive, alors qu’Il est tout puissant à créer le fruit directement, sans passer par les différentes étapes de maturation comme le bourgeon, les feuilles, il y a dans toutes ces étapes une sagesse, pour qu’il y ait une moralité pour nous, pour nous inciter à raisonner et que cette réflexion nous amène à considérer la toute-puissance du Créateur. L’eau de l’homme est une cause par laquelle Dieu peut créer l’enfant mais ce n’est pas cette eau de l’homme qui crée l’enfant. Si Dieu avait voulu, Il aurait créé l’enfant sans qu’il y ait cette eau de l’homme, tout comme Il a créé notre maître Ādam sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père ni d’une mère et Il a créé Jésus sans qu’il ne soit issu de l’eau d’un père. Donc c’est Dieu Qui est le Créateur des causes et des effets.
Puis il y a une explication concernant le vocabulaire car en arabe, il peut y avoir un même mot qui a plusieurs formes de pluriels. Les fruits en question ici, c’est une forme de pluriel très particulière, c’est un pluriel de pluriel pour indiquer entre autres qu’il y en a beaucoup.
Alors n’attribuez pas des équivalents à Dieu. C’est un ordre de n’adorer que votre Seigneur, de ne pas Lui attribuer d’associé. Parce que la base même de l’adoration, c’est de croire en l’unicité de Celui Qui est adoré. Cette partie du verset commence par la lettre « fa » qui a le sens ici de « alors » c’est-à-dire que c’est la suite de ce qui est parvenu auparavant, c’est-à-dire : regardez ce que Dieu vous a accordé comme bienfaits, Il a fait que la terre soit pour vous comme un tapis, Il a fait que le ciel soit pour vous comme un toit, Il a fait descendre l’eau qui est une cause pour faire pousser des fruits qui sont une subsistance pour vous. Donc Dieu énumère certains bienfaits qu’Il nous a accordés et après, vient le terme « alors » qui indique : prenez cela en compte, réfléchissez et méditez et ne Lui attribuez pas d’associé car ce sont autant de preuves qui indiquent l’unicité de Dieu.
Le mot « andād » est le pluriel de « nidd » qui signifie « équivalent ». Et l’équivalent est celui qui peut se substituer à un autre. Et Dieu n’a pas d’équivalent, Il n’a pas qui peut se substituer à Lui ni qui est égal à Lui. Et Dieu n’a pas d’opposant, c’est-à-dire qu’Il n’a pas qui a un pouvoir supérieur au Sien. « Wa lā nidd wa lā didd » signifie que Dieu n’a pas d’équivalent ni d’opposant.
Alors que vous savez (pertinemment). Ici il y a quelque chose qui est su et qui n’a pas été mentionné : il s’agit du fait que les associateurs savent que les idoles ne créent absolument rien du tout. Vous savez pertinemment que les idoles ne donnent pas de subsistance, vous savez pertinemment que Dieu est Le Créateur, Celui Qui pourvoit. Donc attribuer des équivalents à Dieu, que ce soient des idoles ou le fait de faire une représentation de Dieu, de lui attribuer un fils, c’est le summum de l’ignorance.
Dieu, dans ces versets, a énuméré les preuves qui indiquent et confirment Son Unicité et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. D’abord Dieu a créé les humains et a fait d’eux des êtres vivants. Il les a dotés de capacités. Il a créé la terre qui est pour eux un abri, sur laquelle ils se sont établis. Et Il a créé le ciel qui est comme une tente qui est attachée et Dieu a fait que le ciel est à l’image de l’homme qui introduit l’eau dans la terre qui porte et donne les fruits, tout cela en tant que subsistance pour les humains. Ce sont des preuves qui indiquent l’unicité de Dieu et qui prouvent l’invalidité de l’association à Dieu. Parce qu’aucune des créatures n’a la capacité de créer ce qui a été énuméré jusqu’ici. Aucune créature n’a la capacité de créer ni une terre ni un ciel ni une pluie ni des fruits.
Après cette première partie introductive, Dieu a fait suivre par le rappel de ce qui confirme le statut de prophète de Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et ce qui prouve le caractère miraculeux du Qur’ān. Car le Qur’ān est un défi, c’est un défi que les associateurs n’ont pas pu relever et que personne, jusqu’à aujourd’hui ne peut relever. Par le Qur’ān, Dieu a défié les associateurs. S’ils avaient été capables de relever le défi, ils n’auraient pas eu recours au combat. S’ils avaient pu composer un texte pour relever le défi que constitue le Qur’ān, ils se seraient suffi de cela. Pourquoi auraient-ils eu recours au combat ?
Verset 23 : et si vous avez le doute concernant ce que Nous avons révélé à votre esclave, (c’est-à-dire Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés). Le mot « ʿabd » que l’on traduit en français par « esclave » désigne ce qui appartient et qui est doté de raison. Donc nous sommes des esclaves de Dieu parce que nous appartenons à Dieu. Et il peut y avoir un esclave qui appartient à un humain. Donc on n’appelle pas les animaux des esclaves parce qu’ils ne sont pas dotés de raison. Donc les esclaves, ce sont les humains, les ǧinn et les anges. Les humains sont des esclaves de Dieu, les ǧinn sont des esclaves de Dieu et les anges sont des esclaves de Dieu, parce qu’ils sont dotés de raison. Également ceux qui sont du même ordre qu’eux comme les femmes du paradis qu’on appelle « al-ḥūru l-ʿīn » et les serviteurs du paradis. Dieu a créé des serviteurs qui ont l’aspect humain mais qui ne sont pas des descendants de Ādam. Ils ont l’aspect d’adolescents et chaque personne au paradis aura un grand nombre de ces serviteurs. Eux aussi sont dotés de raison.
Pour ce qui est des animaux, ils ont bien des âmes mais ils n’ont pas de raison. On les appelle créatures de Dieu. Le mot « créature » est plus large que le mot « esclave » parce que les esclaves de Dieu sont aussi des créatures de Dieu. La définition d’un esclave est : un être vivant doté de raison qui appartient à autrui. Dans ce verset il y a le verbe « nazzalnā » qui signifie « faire descendre » et on peut aussi utiliser le verbe « anzalnā ». Il y a des subtilités entre ces deux formes. La forme « nazzalnā » est employée pour indiquer que la révélation du Qur’ān est progressive. Ce n’est pas tout le Livre qui est descendu en même temps au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Mais la révélation du Qur’ān a eu lieu sur environ 23 années, depuis que le Prophète avait 40 ans jusqu’à ses 63 ans.
Les mécréants ont dit que si ce Livre provenait de Dieu, il ne serait pas descendu ainsi éparpillé, parfois des sourates entières, parfois des versets, selon les évènements, comme c’est le cas des poètes ou des orateurs, lorsqu’ils composent leurs textes, ils ne le font pas d’une seule traite. Ils ont dit que si c’était de la part de Dieu, il serait parvenu en une seule fois. Mais Dieu dit ce qui signifie : « et ceux qui ont mécru ont dit : pourquoi est-ce que le Qur’ān n’est pas descendu tout entier en une seule fois ? » Ils ont prétendu avoir trouvé un argument que ce ne serait pas de la part de Dieu parce que le Livre du Qur’ān n’est pas parvenu d’un seul bloc, tout entier. Et le verset 23 de sūratu l-baqarah est une réplique à cette interrogation. Il a été dit : « si vous doutez à propos de ce qui est parvenu par révélation, de cette façon qui est progressive, à Notre esclave, c’est-à-dire à notre maître Muḥammad, alors amenez donc une sourate équivalente ». Le défi est que les mécréants composent une seule sourate, un chapitre de la taille du plus petit chapitre du Qur’ān si vous en êtes capables. Et ceci correspond à un chapitre qui est composé d’au moins trois versets.
*Le mot « sūrah » en arabe,
1/ Soit il vient de « sūr d’une ville » qui est ce qui entoure une ville c’est-à-dire ses remparts, ceci pour dire qu’il s’agit d’un texte qui est bordé, qui a une délimitation ou bien pour dire que ce texte comporte plusieurs informations utiles tout comme les remparts d’une ville englobent ce qu’il y a dans cette ville.
2/ Une autre explication du mot « sūrah » est dans le sens du degré parce que ce chapitre du Qur’ān est comme un niveau, un degré que la personne va atteindre progressivement. La personne va lire une sūrat puis une autre et ainsi de suite : c’est comme si la personne passe d’un degré à un autre. Et les sūrat du Qur’ān sont classées, il y a celles qui sont longues, celles qui sont moyennes, celles qui sont courtes.
3 / Ou encore pour expliquer le haut degré de ces sūrat dans la religion.
4 / Une autre explication est le mot « sūrah » qui est une part, une partie du Qur’ān.
*Quel est l’intérêt que le Qur’ān soit composé de plusieurs sūrat ? Il y a beaucoup d’intérêts, beaucoup de sagesses. Et c’est pour cela que Dieu a révélé les livres qu’Il a révélés : la torah, l’évangile, les psaumes, et tout ce que Dieu a révélé à Ses prophètes est classé ainsi par chapitres. Ce sont des chapitres qui se succèdent : les livres célestes sont ainsi.
1/ Une des sagesses est que quand un ensemble comporte plusieurs parties, c’est plus beau que si c’était d’un seul bloc.
2/ Une autre sagesse est que celui qui récite et termine la récitation d’une sūrat puis qui entame un autre chapitre, cela va le motiver davantage, il va avoir plus d’ardeur pour attaquer le suivant. C’est ainsi que les récitateurs du Qur’ān ont eu cette classification en chapitres (en sūrat et de plus, le Qur’ān a été classé en quatre quarts, et en soixante ḥizb et en trente ǧuzʾ. Par exemple, celui qui se fixe comme objectif de réciter tout le Qur’ān pendant le mois de ramaḍān, il se dit qu’il va réciter chaque jour un ǧuzʾ.
3 / Une autre sagesse est que celui qui va mémoriser le Qur’ān par cœur va être également motivé, il va accorder de la considération à ce qu’il a mémorisé et il va être encouragé pour poursuivre. Il y a un compagnon du Prophète qui s’appelle Anas ibnu Mālik qui a été le serviteur du Prophète depuis l’âge de dix ans. Sa mère, quand le Prophète est arrivé à Médine, elle lui a demandé de le garder à son service. Et Anas a passé les dix années que le Prophète a passées à Médine avec lui en étant à son service. Et le Prophète lui a fait beaucoup d’invocations et ainsi Anas a vécu longtemps, il a eu beaucoup d’enfants et il a été riche. Anas a dit : « quand l’un d’entre nous récitait sūratu l-baqarah et sūratu Āli ʿImrān, nous avions de la considération pour lui ». C’est à partir de là que les savants ont dit que, quand tu fais la prière, et que tu récites toute une sourate après la fātiḥah, c’est mieux que si tu ne récitais que quelques versets.
Alors amenez une sourate semblable : en arabe il y a deux possibilités pour expliquer le mot semblable : soit cela concerne la similarité de la sūrat ou alors cela concerne Notre esclave. Dans le cas où la similarité est avec la sourate, c’est-à-dire « amenez une sourate équivalente à ce texte, dans son éloquence, dans les informations qu’il comporte, dans le haut degré, dans la beauté du texte ».
Dans le cas où la similarité concerne l’esclave (le Prophète) alors amenez un homme, comme notre maître Muḥammad, qui ne sache ni lire ni écrire, qui n’a pas appris auprès des savants et qui amène un texte aussi beau que celui-là. Ici c’est un défi qui est lancé. Vous n’êtes pas capable d’amener un texte aussi beau, aussi impressionnant, aussi miraculeux que ce texte-là et vous n’êtes pas capable de trouver quelqu’un qui n’a jamais appris auprès de savants et qui vous amène un tel texte.
C’est la première explication qui a le plus d’arguments au niveau textuel, même si les deux explications au niveau de la langue, tiennent. Et ceci parce qu’il y a d’autres versets dans le Qur’ān qui ont le même sens. Dans certains versets, il est dit « amenez ne serait-ce qu’une sūrat », dans d’autres versets, il est dit « amenez dix sūrat » et dans certains versets, ils ne peuvent pas amener comme ce Qur’ān.
Et cette première explication est retenue car, du point de vue de la langue arabe, le style est meilleur, le fait de dire que ça se rapporte au texte et non pas au Prophète. Et le contexte depuis le début est à propos de ce qui a été révélé, c’est-à-dire le texte et non pas celui à qui il a été révélé.
Le sens global est : si vous doutez à propos du Qur’ān, s’il a bien été révélé de la part de Dieu, alors amenez donc un texte qui soit équivalent à une partie du Qur’ān.
Ici, si le pronom se rapportait au Prophète, comme c’est le cas dans la deuxième explication : si vous doutez que ce Qur’ān est bien révélé de la part de Dieu, alors amenez un homme qui soit comme Muḥammad qui amène un texte semblable.
Et appelez ceux qui témoignent en votre faveur, d’autres que Dieu c’est-à-dire amenez ceux que vous considérez comme étant des divinités et que vous prétendez qu’ils seront témoins en votre faveur au jour du jugement, que vous êtes sur la vérité ou bien amenez qui témoigne en votre faveur que le texte que vous prétendez est comme le Qur’ān. C’est un défi lancé à ces gens-là qui doutent si le Qur’ān est révélé de la part de Dieu.
Si vous êtes véridiques dans votre prétention que le Qur’ān n’est pas de la part de Dieu, alors amenez un texte semblable et faites-vous aider par ceux que vous considérez comme étant votre dieu, c’est-à-dire les idoles que vous adorez.
Verset 24 : si vous ne le faites pas et vous ne le ferez pas alors protégez-vous d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres
Après leur avoir indiqué les moyens qui permettent de reconnaitre la véracité du Prophète, il leur a dit : si vous n’êtes pas capable d’opposer au Qur’ān quoi que ce soit de semblable, (parce qu’ils ont essayé mais ils n’ont pas pu) et que votre impuissance est avérée, c’est la preuve qu’il s’agit bien d’un miracle, alors c’est un devoir pour vous de croire en la véracité du Prophète. Alors croyez en lui et craignez un châtiment qui est réservé pour ceux qui ont démenti et qui se sont entêtés.
« Si vous ne le faites pas » signifie : si vous n’amenez pas un texte équivalent au Qur’ān. Et vous ne le ferez pas.
*Il y a dans cela deux preuves de la confirmation du statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
La première est que ce par quoi Dieu les a défiés est bien un miracle qui prouve leur impuissance à amener quoi que ce soit de semblable. Et il s’agit du Qur’ān.
La deuxième est que Dieu les informe qu’ils ne pourront pas amener un texte semblable dans le futur. Et ceci est un ġayb c’est-à-dire une chose cachée, que seul Dieu sait. Et le mot ġayb vient de « ġāba » qui signifie « absent », c’est-à-dire absent pour nous, une chose que nous ne savons pas. Soit ce sont des choses cachées, ou bien des choses qui auront lieu dans le futur ou bien qui ont eu lieu dans le passé. Et Dieu sait tout le ġayb.
Craignez ce feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres. Ce feu a une particularité, il se distingue des autres feux. C’est que ce feu est attisé par des gens et de la pierre qui s’y trouvent, ce feu augmente en chaleur par les gens qui y sont jetés et par la pierre qui est du soufre. Le soufre prend feu plus facilement et il s’éteint plus lentement. Il a aussi une plus mauvaise odeur. Et il imprègne le corps. Il y a une autre explication pour la pierre : il s’agit des idoles qu’ils adoraient. Et c’est pour augmenter leur regret parce qu’ils vont se retrouver à brûler avec elles.
Dieu a joint dans ce verset la mention des gens avec la pierre parce qu’eux-mêmes se sont joints à elle, ils l’ont adorée. Et ils ont faits des idoles des équivalents à Dieu. Comme dans le verset qui signifie : « certes vous et ce que vous adorez, autre que Dieu, vous serez le combustible de l’enfer ». Dans ce verset, Dieu les a joints à ces idoles qu’ils adoraient. Ils seront des combustibles pour l’enfer et ceci est pour les blâmer encore plus.
Dans la période antéislamique (avant la révélation à notre maitre Muḥammad) qui était une période d’obscurantisme, ils avaient des pratiques très laides, ils enterraient leurs filles vivantes. Cela ne veut pas dire que l’islam est venu pour la première fois avec notre maître Muḥammad. L’islam est la religion de tous les prophètes. Depuis Ādam jusqu’au prophète Muḥammad, la religion est l’islam. Peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, l’islam a disparu sur terre. Donc les Arabes avaient des pratiques d’obscurantisme comme le fait d’enterrer les filles vivantes à leur naissance ou le fait d’adorer une pierre. Puis lorsqu’ils trouvaient une pierre plus jolie que la première, ils la jetaient et se mettaient à adorer la seconde. Et c’est pour cela que Dieu a révélé Sa parole qui signifie : « vois-tu celui qui prend ses passions pour divinité ». C’est-à-dire ce vers quoi son âme penche.
Le feu a été préparé pour les mécréants. C’est-à-dire que le feu de l’enfer existe déjà, tout comme le paradis existe déjà. Et Dieu sait combien de personnes vont aller en enfer et combien de personnes vont aller au paradis. Et Dieu a réservé pour chacun son emplacement, parce que Dieu, rien n’échappe à sa science. Cette phrase « uʿiddat lil-kāfirīn » est à la voix passive -le feu a été préparé pour les mécréants- c’est donc une preuve que l’enfer existe actuellement et non pas comme le prétend un homme qui s’appelle Ǧaḥm fils de Safwān qui prétend que l’enfer sera créé dans le futur. Cet homme est le dirigeant des Jahmites qui est un groupe égaré qui a disparu actuellement. D’ailleurs les savants ont répertorié les groupes égarés comme Abū Manṣūr at-Tamīmiyy dans son livre « al-farqu bayna l-firāq »
Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : “ma communauté va se diviser en 73 groupes, tous iront en enfer sauf un seul c’est le groupe majoritaire ». Et le groupe majoritaire ce sont les sunnites. Ils ont une bonne croyance même s’ils se sont relâchés concernant la pratique. Quant aux autres groupes, ils sont nombreux en termes de nombre de groupes, mais ils sont peu nombreux en termes d’adeptes, par rapport au groupe majoritaire. Et ils iront en enfer à cause de leur mauvaise croyance.
Le Prophète a parlé d’un groupe qui s’appelle les ẖawāriǧ. L’un d’entre vous trouvera qu’il ne fait pas beaucoup de prières ni de jours de jeûne par rapport à eux. Et pourtant le Prophète a dit que l’un d’entre eux sort de la religion tout comme une flèche transperce sa cible et il a dit que s’il les trouve, il les tuera. Selon l’apparence, on voit que leur comportement est rigoureux mais en réalité, leur croyance est mauvaise. On en trouve encore à notre époque.
Donc Ǧaḥm fils de Safwān est un fondateur d’un de ces groupes égarés et il a été exécuté à l’époque des Omeyades. Une fois, il a été interrogé au sujet de Dieu. Il n’a pas trouvé de réponse, il s’est retiré pendant quelques jours puis quand il est revenu, il a dit : « Dieu, c’est l’air, Il est partout, sur tout et avec tout ». Et il a prononcé d’autres paroles de mécréance. Mais nous, les sunnites, nous croyons que Dieu n’est pas un corps, donc Il n’est pas comme l’air. Dieu est un Etre Qui existe obligatoirement selon la raison parce que tout est une preuve de Son existence et nous ne connaissons pas Sa réalité. Il existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas concerné par les endroits car les endroits, c’est Lui Qui les a créés. Avant l’existence des endroits, Dieu existe. Après la création des endroits, Il ne change pas. Et Dieu n’est pas concerné par le comment. Ce sont les créatures qui ont un comment, comme le fait d’être proche ou éloigné, en mouvement ou immobile. Dieu n’est pas un corps. Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.
Dieu a fait que dans le Qur’ān, Il cite des paroles d’encouragement et d’incitation à faire le bien avec des paroles de menace de châtiment. Ceci est pour motiver la personne à acquérir ce qui rapproche de l’objectif et pour démotiver la personne de commettre des péchés. Notre âme, elle est comme un enfant : si tu la laisses, elle va faire des bêtises. Elle a besoin d’être cadrée. Dans le Qur’ān, il y a ce cadrage.
Jusqu’au verset 23, il y a eu mention des mécréants, de leurs œuvres et de la menace de châtiment. Puis il y a eu la mention des croyants, de leurs œuvres et l’annonce de bonne nouvelle qui les attend.
Verset 25 : Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres. Qui a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle ?
Il s’agit du messager, notre maitre Muḥammad que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés.
Il y a une deuxième explication : il s’agit de tout un chacun : tout un chacun a l’ordre d’annoncer la bonne nouvelle. L’auteur dit que cette explication est la meilleure parce qu’elle indique que ce sujet est éminent. Cette bonne nouvelle est quelque chose d’éminent. Puisque tout un chacun reçoit l’ordre de l’annoncer, c’est que c’est quelque chose de magnifique qui mérite d’être annoncé par tout le monde, par tous ceux qui ont la capacité de l’annoncer. L’annonce de bonne nouvelle est un seul mot en arabe –al-bišārah – qui est le fait d’informer ce qui va entraîner la joie chez celui qui va être informé.
Parfois on trouve dans le Qur’ān ce même terme – bišārah– dans une menace aux mécréants « annonce-leur la bonne nouvelle d’un châtiment douloureux ». Or le châtiment douloureux n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une figure de style en arabe qui indique un surcroit de rabaissement à l’encontre de celui à qui le châtiment douloureux est annoncé. Tout comme un homme pourrait dire à son ennemi « je t’annonce la bonne nouvelle de la mort de tes descendants et le pillage de tes biens ». En réalité ce n’est pas une bonne nouvelle mais c’est pour l’humilier davantage.
Etaṣ-šāliḥāt, c’est tout ce qui est correct parmi les œuvres. Les jugements de valeur que nous émettons sont conformes à ce que notre Prophète nous a transmis. Et il parle suite à la révélation de Dieu. Si le Prophète nous dit que telle chose est bonne, alors elle est bonne. S’il nous dit que telle chose est mauvaise, alors nous disons qu’elle est mauvaise parce qu’il sait mieux que nous notre propre intérêt. Les règles de la religion ont été enseignées par Dieu au Prophète qui nous les a enseignées et nous les appliquons. Et cela montre la force de la personne à contraindre ses passions, c’est un exercice qui n’est pas facile. Cela montre la différence entre les gens : il y a ceux qui s’empressent à obéir, à contraindre leur âme et il y a ceux qui suivent leurs passions. Ceux qui suivent leurs passions ne sont pas les plus intelligents, ils ne sont pas les plus forts. Les plus forts sont ceux qui contraignent leurs âmes à suivre la loi du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām
. Donc les bonnes œuvres sont ce qui est conforme à la sounnah en référence au Qur’ān et au ḥadīṯ.
On ne dit pas pour autant que le croyant entrera au paradis même sans accomplir de bonnes œuvres sous prétexte que Dieu a annoncé la bonne nouvelle aux croyants parce que Dieu a fait que cette annonce de bonne nouvelle du paradis est pour les croyants qui ont accompli les bonnes œuvres. L’annonce de bonne nouvelle dans l’absolu est pour ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres.
Par contre les croyants qui commettent les grands péchés, ils n’ont pas cette annonce de bonne nouvelle dans l’absolu. Mais ils auront une annonce de bonne nouvelle conditionnée par la volonté de Dieu. Cela veut dire que ce musulman grand pécheur qui est chargé de grands péchés (il n’a pas fait le repentir avant de mourir), que va-t-il lui arriver ? Il y a deux cas : si Dieu veut, Il lui pardonne : Il le fait entrer au paradis sans châtiment préalable. Si Dieu veut, Il le châtie à hauteur de ses péchés, puis Il le fait entrer au paradis.
Dans le ḥadīṯ le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām nous a parlé du dernier musulman à entrer au paradis : il aura comme cette terre et dix fois encore. C’est pour cela que l’intelligent est celui qui dit : ça vaut la peine que je patiente ici pour accomplir les devoirs et éviter les péchés, pour être au nombre des gagnants dans l’au-delà.
Qu’ils auront des jardins. Ici – ǧannāt – signifie des jardins, des vergers. Le verbe – ǧannā – indique le sens de cacher et de couvrir et c’est la même origine que le mot – ǧinn -. Les ǧinn, on ne les voit pas. Et al-ǧunūn – c’est la folie, ça concerne quelqu’un dont la raison est cachée. Et – al-ǧanīn– c’est le fœtus qui est caché dans l’utérus de sa mère. Et – al-ǧunnah– c’est la protection, c’est un bouclier par exemple. « Aṣ-ṣiyyāmu ǧunnah » signifie : le jeûne est une protection (contre le désir). Et le paradis est appelé – ǧannah – en raison de nombreux ǧinān qu’il y a dedans. Le paradis est déjà créé, en raison de la parole de Dieu qui signifie : « ô Ādam, habitez, toi et ton épouse, au paradis et mangez ce que vous voulez mais ne touchez pas à cet arbre, sinon vous seriez injustes ».
Sous lesquels vont couler des rivières : à l’image des rivières qui coulent à proximité des arbres, des arbres qui poussent sur les bords de ces rivières dans le bas-monde. Donc il y a des rivières qui coulent au paradis ; mais elles ont une particularité. Les rivières du paradis coulent sans qu’il n’y ait de lit. Les plus beaux des vergers sont ceux qui ont des arbres qui font de l’ombre et dans lesquels l’eau est courante, pas stagnante. « An-naḥr » c’est une rivière (ou un fleuve), entre le ruisseau et la mer. Et on dit à propos du Nil que c’est le « naḥr » de l’Egypte. Ce qui caractérise un verger, c’est qu’il comporte une rivière avec de l’eau qui coule et le fait que l’eau coule est un symbole de grande grâce et de grand bienfait. Et Dieu a cité cette spécificité des jardins avec des rivières qui coulent avant d’autres spécificités, en raison de l’importance de cette caractéristique-là. Il peut y avoir beaucoup de spécificités dans un verger mais Dieu a cité celle-là en premier, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des rivières qui coulent.
Chaque fois qu’il leur est accordé en subsistance c’est-à-dire concernant ce qu’il y a au paradis. Quand il leur a été dit qu’il y a des jardins au paradis, alors celui qui entend va forcément imaginer qu’il y a des fruits au paradis, soit des fruits semblables aux fruits du bas monde, soit d’autres catégories de fruits. Il a été dit que ces fruits ressemblent aux fruits du bas monde, c’est-à-dire que leurs espèces sont semblables, même s’il y a une différence dans d’autres critères que Dieu sait. Cela veut dire que du point de vue de l’aspect de ces fruits, de la douceur du goût, de la bonne odeur, il n’y a pas de correspondance entre les deux, puisque les fruits du paradis dépassent de loin en beauté les fruits du bas-monde et leur goût est de loin meilleur et l’odeur est de loin meilleure. Mais les espèces sont la même.
De n’importe quel fruit : que ce soient des pommes, des grenades ou d’autres que cela, ils vont dire cela (la phrase qui va venir). Le terme « min » est employé deux fois : « minhā min ṯamarihim », c’est pour indiquer la provenance de cette subsistance. Et le premier « min » est pour indiquer que cette subsistance provient des jardins du paradis et à partir des jardins du paradis, ce sont des fruits. C’est comme si on dit à quelqu’un : un tel m’a donné une subsistance. Il te dit : à partir de quoi ? On répond : à partir de son jardin. Il te dit : de quel fruit de son jardin t’a-t-il donné ? Tu dis : des grenades. L’expression : min ṯamaratim : il ne s’agit pas d’un fruit unique, mais il s’agit du genre, c’est-à-dire des pommes, des grenades, …
Ils disent : voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant. Cela est une preuve que les fruits que nous avons reçus sont semblables aux fruits du bas monde par le genre.
Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent. C’est comme lorsqu’on dit : abū Yūsuf c’est abū Ḥanīfah. On veut dire par là qu’ils se ressemblent énormément. Et le pronom « bihi » se rapporte à la subsistance qui a été accordée, dans le bas monde et dans l’au-delà. Dans cette phrase il est fait mention de ce qu’ils ont eu comme subsistance dans les deux résidences, dans le bas-monde et dans l’au-delà. Et si les fruits du paradis sont semblables aux fruits du bas monde et qu’il ne s’agit pas de nouvelles espèces, c’est parce que l’homme est plus apaisé avec les choses auxquelles il est habitué. L’homme penche plus vers ce à quoi il a été habitué. Et si l’homme voit ce à quoi il n’a pas été habitué, sa nature émet une répulsion et son âme répugne cette nouvelle chose. Par ailleurs, si l’homme voit une chose à laquelle il est habitué mais qu’il la voit avec une particularité et une faveur claire, c’est-à-dire quand il voit les pommes du paradis alors qu’il connait les pommes du bas-monde mais il constate que les pommes du paradis sont beaucoup plus douces, beaucoup plus parfumées, qui sont meilleures, alors son étonnement sera plus grand et sa surprise sera plus grande.
Et le fait que les gens du paradis disent cette expression à propos de chaque catégorie de fruits qu’ils reçoivent en subsistance, « voici ce qui ressemble à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant » ( c’est-à-dire dans le bas-monde), le fait qu’ils manifestent leur étonnement à chaque fruit qui leur est accordé en subsistance au paradis, est une preuve que ce qu’ils reçoivent est grandiose et que le mérite de ce qu’ils reçoivent au paradis est extrême, tellement ils voient la différence entre les fruits du bas-monde et les fruits de l’au-delà. Chaque fois qu’ils voient un fruit de l’au-delà, ils disent cette phrase d’étonnement. Tout en sachant que c’est cette grande différence qui provoque leur étonnement à chaque fois. Ils considèrent que ce qu’ils ont eu est étonnant et que c’est un bienfait éminent. Pourtant ce sont des choses qui se ressemblent en soi tout comme l’a rapporté Al-Ḥasan : ils disent que ce qu’ils reçoivent comme subsistance du paradis, est de la même espèce. Et chaque fois qu’il est ramené à quelqu’un un récipient dans lequel il y a de la nourriture du paradis, il en mange et quand on lui ramène un autre récipient, il dit : « mais c’est comme ce que nous avons eu auparavant ». Mais l’ange lui dit : « mange, l’aspect est le même mais le goût est différent ».
Et il est rapporté du Prophète ʿalayhi s-salām qu’il a dit ce qui signifie : « par Celui Qui détient l’âme de Muḥammad, par Sa toute-puissance, il arrive que l’homme au paradis cueille un fruit pour en consommer. Avant même qu’il n’arrive dans sa bouche, Dieu fait pousser un autre fruit à la place de ce fruit. Et quand la personne voit qu’il y a un autre fruit à sa place, avec le même aspect, elle dit cette phrase : « voici ce qui est semblable à ce qui nous a été accordé en subsistance auparavant ».
Et ils ont reçu les fruits qui se ressemblent est une phrase qu’on appelle en arabe muṭṭariḍah qui revient à confirmer une information. C’est comme si on dit : un tel a bien agi envers un tel et ce qu’il a fait est bien. Ou bien quelqu’un a pensé faire telle chose et ce qu’il a pensé est correct. Ou la phrase du Qur’ān : ils ont rendu les habitants glorieux de cette ville humiliés et c’est comme ça qu’ils font.
Et ils y ont des épouses purifiées.
C’est-à-dire pures des mauvais caractères, ce ne sont pas des femmes ṭamihāt qui est le pluriel de ṭāmīh. La femme qui est ṭāmīh est celle qui déteste son mari et qui convoite d’autre que lui. Et elles ne sont pas marihāt qui signifie orgueilleuses. Donc elles sont pures de tout mauvais caractère.
La deuxième explication du mot « pures » est qu’elles sont pures de tout ce qui est spécifique aux femmes comme les menstrues, les lochies et le sang de maladie et pures de ce qui n’est pas spécifique aux femmes comme l’urine, les selles et le reste des choses répugnantes et diverses souillures. C’est-à-dire que ces femmes au paradis, elles sont pures de tout cela. Et dans le verset, c’est le mot « purifiées » qui est employé, car ce mot est encore plus éloquent et indique qu’elles ont été purifiées de beaucoup plus de choses. Et il y a également l’allusion qu’il y a QUI les a purifiées. Et il s’agit de Dieu, gloire à Lui.
Et ils y resteront éternellement. L’éternité ici, c’est qu’ils vont rester sans fin. C’est quelque chose qui ne s’interrompra pas. Et il y a ici l’infondé de la parole des ǧahmiyyah qui prétendent que le paradis aura une fin et que les gens du paradis seront anéantis.
Nous disons « Al-Awwal » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de début à Son existence. Et « Al-Āẖir » au sujet de Dieu, c’est Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Quant à nous, lorsque nous disons al-awwal, c’est l’individu qui a précédé les autres et lorsque nous disons « al-āẖir » c’est celui qui est ultérieur.
La précision ici est que les musulmans resteront éternellement au paradis.
Dieu a pour attribut l’exemption de début et l’exemption de fin, ceci pour indiquer Sa parfaite toute puissance et pour nier à Son sujet le défaut et l’anéantissement. Il suffit que tout autre que Lui, il lui est possible l’anéantissement en considérant sa réalité mais Dieu, l’anéantissement n’est pas possible à Son sujet. Allāh est unique en cela. Il n’y a donc pas de ressemblance entre Dieu et Ses créatures concernant l’exemption de fin parce que l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est propre à Son Etre, c’est un attribut qu’Il a de toute éternité, ce n’est pas autre que Lui qui l’en a caractérisé. Tandis que la non-fin de Ses créatures, c’est Dieu Qui leur a accordé cela.
Par ailleurs l’exemption de fin de Dieu est une exemption qui est obligatoire selon la raison tandis que la non-fin de certaines créatures, elle reste possible selon la raison. Ainsi la non-fin du paradis et de l’enfer est possible selon la raison, elle n’est pas obligatoire selon la raison en considérant leur réalité. Tandis que l’exemption de fin de Dieu est une exemption de fin qui est obligatoire selon la raison.
Puis lorsque Dieu a mentionné dans Son Livre honoré les mouches et l’araignée et Il a donné des exemples par ces insectes, les yahūd se sont mis à se moquer et ils ont dit : ça ne ressemble pas à la parole de Dieu. Et pour les démentir, Dieu a révélé les versets 26 à 30 de sūratu l-baqarah.
Verset 26 : Dieu n’est pas comme ceux qui ont une pudeur de donner des exemples tels un moustique ou ce qui est plus petit : c’est-à-dire que Dieu ne s’abstient pas de donner en exemple même un moustique, comme celui qui délaisserait cela parce que c’est un insecte qui est méprisable. Les esclaves n’osent pas donner en exemple un moustique parce qu’il est méprisable. A l‘origine, le fait d’avoir honte ou la pudeur, c’est un changement, c’est un sentiment de faiblesse qui arrive à la personne par crainte d’être désigné par quelque chose qui est un défaut par crainte d’être blâmé. Or le changement et la crainte du blâme ne sont pas des choses possibles pour Celui Qui est exempt de début. Allāh ne craint pas le blâme de celui qui blâme, parce qu’Il est exempt de début, le changement est impossible à Son sujet. Mais comme le fait de délaisser est une implication de cela, Il l’a exprimé par ce terme-là « yastaḥyī ».
Et il est possible également que cette expression provienne de la parole de mécréants qui ont dit : le dieu de Muḥammad n’a-t-il pas honte de donner pour exemples les mouches et l’araignée ? Ce verset est une sorte de réplique et de réponse à la question et c’est un art de l’éloquence qui est très fin dans la langue des Arabes. En arabe, on peut dire « istaḥyaytuh » qui est un verbe transitif avec un complément d’objet direct et également « istaḥyayhu minhu » comme verbe intransitif et le sens est « j’ai eu honte de lui ». Le verbe en arabe est « ḍarbu l-maṯal » et c’est le même verbe qu’on utilise pour d’autres verbes d’action. Mais ici c’est un sens figuré de ce verbe qui est utilisé.
Le terme « mā » employé ici, indique soit la généralisation soit l’insistance. Dieu ne se garde pas comme certains qui ont honte de donner un exemple. Le mot « mā » signifie « quel que soit cet exemple » ou bien cela signifie « du tout » : Dieu ne se garde pas du tout de donner en exemple le moustique. Puis le mot « baʿūḍah » qui signifie le moustique est un mot qui dérive de « al-baʿḍ » qui veut dire les parties ou les morceaux. Et le mot « baʿūḍ » à l’origine est un adjectif qui signifie une petite partie de la chose, puis il a été transformé en un nom qui a été employé pour désigner cet insecte ou ce qui est au-dessus, c’est-à-dire qui dépasse les moustiques c’est-à-dire qui a un sens additionnel au moustique qui a été donné en exemple, qui est très peu et très méprisable ou bien ce qui le dépasse dans la taille. Il a voulu par-là répliquer à ce qu’ils ont donné comme exemple qui a été donné avec les mouches et les araignées qui ont une taille plus grande que le moustique. Et on ne dit pas : comment donne-t-Il en exemple ce qui est plus petit que le moustique ? Parce que le moustique est extrêmement petit en taille et il y a ce qui est plus petit, en l’occurrence l’aile du moustique. L’aile du moustique est plus petite que le moustique. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a donnée en exemple quand il a comparé le bas monde à l’aile d’un moustique. En effet dans le ḥadīṯ célèbre rapporté par Al-Ḥākim et aṭ-Ṭabarāniyy, le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « si le bas monde était équivalent selon le jugement de Dieu à l’aile d’un moustique, Dieu n’aurait pas accordé au mécréant une seule gorgée d’eau ».
De mêmeil n’est pas permis de déduire de ce verset « inna l-Lāha lā yastaḥyī » qu’on pourrait appeler Dieu «al-mustaḥyī ». Le sens du verset est que Dieu ne délaisse pas cela par pudeur, par honte, comme certains humains pourraient délaisser quelque chose par pudeur. Le sens est que Dieu n’agrée pas de délaisser la manifestation de la vérité. Il ne délaisse pas la manifestation de la vérité par honte ou par pudeur comme le feraient certaines créatures. Ceci est impossible au sujet de Dieu. Il arrive que certaines créatures éprouvent de la honte ou de la pudeur et ne veulent pas manifester une vérité. Dieu n’agit pas ainsi.
« Faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » : quant à ceux qui sont croyants, ils savent que c’est la vérité qui est de la part de leur Seigneur. La vérité c’est ce qui est vrai, c’est-à-dire qu’on ne peut renier. Lorsqu’une chose est confirmée et que c’est une chose obligatoire, on dit que c’est la vérité.
« Wa ʾamma l-laḏīna kafarū » : quant à ceux qui ont mécru et disent mais qu’est-ce que Dieu a voulu nous indiquer par cet exemple ? C’est une sorte de dénigrement tout comme ʿĀʾišah, que Dieu l’agrée, qui a dit à propos de ʿAbdul-Lāh fils de ʿAmr : « qu’il est étonnant ce fils de ʿAmr en Le dénigrant ». Le mot « ʾammā » qu’on traduit en français par « quant à » vient dans le sens de la condition. C’est pour cela qu’il y a le mot « fa » dans « fayaqūlūn ». Et l’intérêt de cette structure est de donner une insistance, qu’on retrouve dans d’autres langues.
Et dans les deux phrases « faʾamma l-laḏīna ʾāmanū » « quant à ceux qui ont été croyants » et « wa ʾamma l-laḏīna kafarū » « quant à ceux qui ont été mécréants », les deux phrases commencent par cette structure. En cela il y a un éloge éminent pour les croyants pour souligner le fait qu’ils savent que c’est la vérité et il y a un reproche aux mécréants parce qu’ils ont utilisé des mots qui indiquent une stupidité.
L’analyse grammaticale de « māḏā » : ça peut être analysé de deux manières différentes : ça peut être traduit par « pourquoi » et par « qu’est-ce -que Dieu a voulu par cela ? » Et le vouloir est un attribut véritable de Dieu selon Ahlu s-sunnah c’est-à-dire que Dieu a bien l’attribut de la volonté dans le sens de spécifier le possible selon la raison par certaines spécificités au lieu d’autres.
Il égare par cela de nombreuses personnes et Il guide par cela de nombreuses personnes. C’est une explication des deux phrases qui précèdent : « quant aux croyants et quant aux mécréants » : le groupe qui sait que c’est la vérité et le groupe qui ignore, qui se moque, les deux sont nombreux. Et le fait de savoir que c’est la vérité de la part de Dieu, c’est une bonne guidée et ceux qui ignorent que c’est un bon exemple, c’est un égarement puisqu’ils sont arrivés à dénigrer l’exemple qui a été donné, en l’occurrence l’exemple du moustique.
Les gens de bonne guidée sont nombreux par eux-mêmes, même si, en les comptant, ils sont peu par rapport aux gens de l’égarement parce que le peu de bien guidés représente beaucoup en réalité. Et « al-iḍlāl », c’est de créer l’égarement dans l’esclave : on dit que Dieu égare qui Il veut parmi Ses esclaves, c’est-à-dire qu’Il crée l’égarement en eux. Il crée en eux le fait d’agir et de commettre ce qui est un égarement. Et la bonne guidée c’est de créer l’acte de la bonne guidée. On dit que Dieu guide Son esclave c’est-à-dire qu’Il crée en lui les actes qui sont une bonne guidée, à savoir la foi et les actes d’obéissance. Voici le sens véritable pour Ahlu s-sunnah. Et le contexte du verset est pour indiquer ce que ces ignorants parmi les mécréants ont renié, ce qu’ils ont trouvé étrange, le fait que des choses qui sont méprisables, en l’occurrence un moustique soient données en exemple, en réalité, ça ne devrait pas être quelque chose qui ferait l’objet d’un quelconque reniement ou d’un quelconque étonnement parce que l’exemple qui est donné est pour dévoiler un sens, c’est pour rapprocher ce qui n’est pas observé à ce qui est observé. Si ce qui est cité était éminent, alors ce qui est donné en exemple l’est également. Et si c’était méprisable, alors ce qui est donné en exemple l’est également. N’as-tu pas vu que la vérité est claire et éclatante et qu’il est donné pour la représenter la lumière et la clarté ! Et que le faux, comme il est à l’opposé de la vérité, il est représenté par l’obscurité.
Donc comme l’état de ce qui est adoré a été donné en exemple pour les mécréants (les mécréants ont considéré que Dieu a des équivalents et ce qu’ils ont donné comme équivalents à Dieu est très méprisable) il n’y a pas plus méprisable qu’eux, c’est pour cela que les associés que les mécréants ont attribués à Dieu, ont été comparés à la toile d’araignée, parce que la toile d’araignée est quelque chose de très fragile et c’est considéré comme moindre et plus méprisable que des mouches. Il leur a été donné l’exemple du moustique et de plus petit que le moustique, alors ces exemples ne sont pas blâmables et on ne dit pas que celui qui donne de tels exemples devrait avoir honte, parce qu’il a raison dans ces exemples qu’il donne. Ce qu’il dit est vrai et il donne l’exemple qui convient.
Et pour indiquer également que les croyants qui ont pour habitude d’être objectifs, de traiter les sujets avec la raison, quand ils écoutent et qu’ils entendent de tels exemples, ils ont su que c’était la vérité, tandis que les mécréants chez qui l’ignorance a prévalu sur la raison, quand ils entendent cela, ils font preuve d’orgueil, ils s’entêtent et ils décident que c’est faux et ils font face à cela par du reniement. Et cela est la raison de la bonne guidée des croyants et de l’égarement des pervers. La louange est à Allāh Qui nous a guidés à cela et nous n’aurions pas pu être bien guidés s’il n’y avait pas eu cette bonne guidée de la part de Dieu.
A partir des preuves qui sont dans le Qur’ān, ne seront guidés par ces versets que ceux pour qui Dieu veut la bonne guidée. Les versets ne guident pas par eux-mêmes mais c’est Dieu Qui guide qui Il veut par ces versets. Les miracles qui sont apparus sur les mains des prophètes ont été une cause de bonne guidée pour un certain nombre de mécréants qui sont passés de la mécréance à la foi et ils sont devenus ainsi bienheureux. Et une partie des personnes ont été témoins de ces miracles mais ils n’ont pas été bien guidés par eux, ils sont donc malheureux c’est-à-dire qu’ils sont voués à l’enfer. Et tout est par la volonté de Dieu. Celui que Dieu a voulu qu’il soit bien guidé, il sera bien guidé. Et celui que Dieu n’a pas voulu qu’il soit bien guidé par les miracles des prophètes, il ne sera pas bien guidé.
Le verset « il égare par le Qur’ān beaucoup de personnes et il guide par le Qur’ān beaucoup de personnes » signifie que Dieu a voulu que le Qur’ān soit une cause de l’égarement de nombreuses personnes et Il a fait que le Qur’ān soit une cause de guidée pour de nombreuses personnes. Certains sont bien guidés par la cause du Qur’ān et d’autres sont égarés par la cause du Qur’ān. Et il est étonnant de la part de ces mécréants -là qu’ils renient les exemples que Dieu a donnés, comme l’exemple du moustique et ce qui est au-dessous. Pourtant les gens ont toujours donné des exemples avec des animaux, des oiseaux, des insectes. En réalité ces gens-là se rendent bien compte que les gens ont toujours donné des exemples avec les animaux. Par exemple, en arabe, on dit « il rassemble plus qu’une fourmi » (pour dire que quelqu’un ramasse beaucoup de choses) et « il a plus d’audace qu’une mouche » (si on chasse une mouche, elle revient) et « il a une ouïe plus fine que le singe », « plus faible qu’un papillon », « il mange plus que les mites » (qui dévorent même le bois), « plus faible que le moustique ». Celui qui a été vaincu dans le débat refuse la clarté et il rejette ce qui est clairement apparent juste par entêtement.
Et il n’égare par le Qur’ān que les pervers. Dieu égare les fāsiq. Le fāsiq est celui qui sort de l’objectif. Dans la Loi de l’islam, le fāsiq qu’on traduit par « pervers » est celui qui sort du sujet en commettant le grand péché. Ici c’est l’attachement à la religion.
Dieu a pris d’eux l’engagement qu’ils ne soient pas injustes les uns envers les autres : qu’ils ne s’entretuent pas et qu’ils ne rompent pas les liens de proche parenté les uns avec les autres. Il a été dit que Dieu a pris de Ses créatures trois engagements :
1 / Le premier engagement est celui qu’a pris Dieu de la descendance d’Ādam, que tous reconnaissent l’unicité de Dieu dans sūratu l-ʾaʿrāf verset 172 qui signifie : « lorsque ton Seigneur a fait sortir du dos d’Ādam ses descendants et qu’Il les a faits témoigner : n’est-ce pas que Je suis votre Seigneur ? Ils ont dit « oui, nous témoignons » et certains vont dire au jour du jugement « nous avions oublié cela ».
2 / le deuxième engagement est celui que Dieu a pris des prophètes que ceux-ci transmettent Son message et qu’ils fassent en sorte que les gens appliquent la religion en ordonnant le bien et en interdisant le mal, dans sūratu l-ʾaḥzāb verset 7 qui signifie : « et Nous avons pris des prophètes l’engagement ».
3/ Le troisième engagement est spécifique aux savants. Dieu a pris l’engagement de la part de ceux qui ont reçu le Livre de le transmettre aux gens et de ne pas le dissimuler. Mais certains l’ont caché et ils ont obtenu de l’argent et quel mauvais commerce ils ont fait. C’est-à-dire qu’ils ont vendu l’au-delà pour le bas monde.
Verset 27 : ceux qui rompent l’engagement à l’égard de Dieu après s’être engagés. C’est-à-dire ceux qui ont rompu l’engagement qu’ils ont pris à l’égard de Dieu et ils l’ont dénoué c’est-à-dire que certains n’ont pas tenu leur engagement. Ils n’ont pas respecté leur engagement. Ils rompent ce que Dieu a ordonné d’entretenir comme liens : ils ont rompu les liens avec les proches parents et ils ont rompu le soutien des croyants ou encore ils ont rompu le lien qu’il y a entre les prophètes et le fait d’être unis sur la vérité, en croyant en certains prophètes et pas en d’autres : tout comme les yahūd qui reconnaissent que Mūsā est un prophète mais ils ne reconnaissent pas que ʿīsā et Muḥammad sont des prophètes.
Et ils sèment la corruption sur terre en barrant la route (ils s’attaquent aux gens qui sont sur la route) et en empêchant les gens de devenir croyants.
Ce sont eux les perdants. Au lieu d’être fidèles, d’être loyaux, ils ont rompu le lien. Au lieu de maintenir, ils ont coupé. Au lieu d’être vertueux, ils ont corrompu. Et au lieu de la récompense, ils auront le châtiment.
Verset 28 : comment mécroyez-vous en Dieu ! Ici le terme « comment » n’est pas une question, mais c’est pour marquer la surprise : comment mécroyez-vous en Dieu alors que vous avez les preuves qui vous empêchent de mécroire en Dieu ? Comment ne croyez-vous pas en Dieu alors qu’il y a des preuves qui vous appellent à la foi ? Donc c’est un reniement et un étonnement, comme si on dit à quelqu’un : comment voles-tu sans ailes ?
Alors que vous n’étiez pas vivant et Dieu vous a donné la vie. Aucun d’entre nous n’était vivant puis Dieu lui a donné la vie. Vous étiez de l’eau mélangée dans vos parents. Celui qui est dépourvu de vie est appelé « mayt » (mort) puis votre vie a commencé dans les utérus (de vos mères). Vous étiez de l’eau mélangée sans âme. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « l’un d’entre vous se constitue dans l’utérus de sa mère pendant quarante jours (il est à l’état de liquide mélangé de ses parents) puis il devient comme un caillot de sang pendant la même période puis il devient comme un bout de chair (comme une bouchée) pendant la même période (ce qui fait cent vingt jours) puis l’ange est envoyé et pendant la même période il insuffle l’âme ». Rapporté par Al-Buẖāriyy. Donc sa parole indique que le maniyy ne comporte pas d’âmeet que l’âme est insufflée dans le fœtus après quatre mois de grossesse.
Puis Il vous fait mourir (lorsque votre terme arrive). Vous connaissez l’histoire de cet homme qui était tombé dans un puits puis on l’a remonté. On lui a donné à boire un verre de lait puis il est retombé dans le puits et il est mort. C’est-à-dire que son terme n’était pas arrivé la première fois. Donc chacun va mourir à son terme. Cela ne veut pas dire qu’on ne prend pas nos précautions : oui, on fait les causes, comme prendre un médicament, se vacciner et autres. Un jour, un homme est venu voir le Prophète que Dieu l’élève davantage en degrés et lui a demandé : « est-ce que je laisse la chamelle et je me fie à Dieu ou bien je l’attache ? ». Il lui a répondu ce qui signifie : « tu l’attaches et tu te fies à Dieu ». C’est-à-dire que tu prends la cause et tu as pour conviction que c’est Dieu Qui est le Créateur.
Et Il vous ressuscite (c’est-à-dire le jour de la résurrection)
Puis vous reviendrez à Son jugement. Vous allez être ressuscités pour la rétribution le jour du jugement. Ou alors Il vous ressuscite quand vous êtes encore dans votre tombe, c’est-à-dire que vous revenez à la vie puis Il vous fait sortir de vos tombes pour le jugement.
On donne une explication concernant les conjonctions de coordination « fa » et « ṯumma ». La première est « fa » dans le verset et les suivantes sont toutes « ṯumma ». Parce que la première a suivi la mort : vous étiez morts et Il vous a donné la vie quand vous étiez dans l’utérus de votre mère, il n’y a pas eu d’intermède entre les deux : on a dit qu’au bout du 120° jour, l’âme est arrivée. Avant le 120° jour, il n’y avait pas de vie en vous.
La suite est avec « ṯumma » – ensuite Il vous a fait mourir – mais entre cette vie et cette mort il y a eu un temps qui s’est écoulé et c’est notre vie dans ce bas-monde-. Et « ṯumma » est utilisé après la mort car s’il est visé la résurrection, entre la mort et la résurrection, il y a le séjour dans la tombe et s’il est visé la vie dans la tombe, on sait qu’elle survient après la mort, elle n’arrive pas immédiatement. Également le retour à la vie pour la rétribution, il a lieu après la sortie de la tombe, ce n’est pas immédiatement, car il y a cinquante stations au jour du jugement, et ensuite il y aura la rétribution par le paradis ou l’enfer. Donc il y a des intermèdes. Donc le premier « fa » indique que ce qui suit est immédiat et « ṯumma » indique qu’il y a un intermède entre les deux.
Pourquoi les mécréants ont-ils été blâmés dans le récit précédemment cité ? Parce que dans ce récit, il y a beaucoup de signes clairs qui devraient les détourner de la mécréance et ce récit comporte des grâces énormes qui méritent que Dieu devrait être remercié et non pas être renié.
Verset 29. Il est Celui Qui a créé pour vous ce qu’il y a sur terre. C’est-à-dire qu’Il a créé ce qu’il y a sur terre pour que ce soit utile pour vous, pour que vous en profitiez pour votre bas monde et pour ce qui est de votre religion. L’auteur qui est An-Nasafiyy explique qu’il y a dans ce bas-monde des choses étonnantes qui indiquent qu’elles sont l’œuvre d’un créateur tout puissant, qui crée toute chose selon une sagesse, qui sait tout. Et il y a dans ce bas-monde ce qui rappelle l’au-delà parce que les plaisirs du bas-monde rappellent la récompense et les choses qui sont désagréables dans le bas-monde rappellent le châtiment. C’est-à-dire que les plaisirs du bas-monde nous rappellent que les plaisirs de l’au-delà sont meilleurs que ceux-là, quels qu’ils soient et que le châtiment de l’au-delà est encore plus terrible que les choses désagréables de ce bas-monde. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de son Créateur. Ce bas-monde est une preuve de l’existence de l’au-delà car nous voyons ce bas-monde qui change comme par exemple les plantes qui, après avoir été vertes et fraiches deviennent sèches et cassantes. Le paradis comporte des plaisirs et l’enfer comporte des choses désagréables.
Al-Kaṯriyy ainsi que Abū Bakr Al-Ġāziyy et même certains groupes égarés ont déduit à partir de la parole de Allāh qui signifie « Il a créé pour vous », qu’il est valide de profiter des choses. C’est-à-dire que l’origine des choses est qu’elles sont licites jusqu’à ce qu’il y ait un texte qui les interdise. Par défaut, les choses sont permises sauf s’il y a un texte qui les rend interdites. On comprend de ce verset que Dieu a créé la terre avant les cieux. Donc Dieu a créé la terre puis les cieux. Et sur terre, Il a fait que nous puissions y vivre et profiter de ce qui s’y trouve. N’est-ce pas que Dieu y a fait couler des rivières et des fleuves, y a fait exister des chemins que l’on peut emprunter pour marcher et voyager ?! Il a fait qu’il y ait des sources d’eau. Et « ḍaḥahā » c’est-à-dire que Dieu a fait que les endroits sur terre soient étendus et qu’on puisse y vivre, même s’il y a certains endroits où il est difficile de vivre. Quand la terre a été créée, il n’était pas possible d’y vivre. C’est après que Dieu y a fait couler des rivières, …
Au jour du jugement, après que Dieu ait fait sortir les humains de leurs tombes, les âmes vont revenir aux nouveaux corps que Dieu crée pour ceux dont le corps a été assimilé par la terre. Les gens seront séparés de cette terre et emmenés dans un lieu obscur auprès du pont qui surplombe l’enfer et la terre sera, entre-temps, complètement détruite. Elle sera aplanie, elle sera changée complètement. Les cieux seront changés également, ils seront fissurés. La terre sera comme une peau tendue, sans hauteur ni ravin, elle sera plate. Actuellement, la terre ressemble à une balle mais le jour du jugement, elle deviendra plate. Après ce changement, les gens seront amenés sur cette terre changée. Puis ils rendront des comptes et un groupe sera amené au paradis et un groupe sera en enfer. L’exposition des actes aura lieu sur la terre qui aura été changée.
Et Il a fait exister le ciel (après avoir fait exister la terre). Et al-ʾistiwā signifie « se redresser », à l’origine en arabe. Mais ici cela veut dire que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création des cieux. Dieu a d’abord créé la terre puis les cieux. Certains ont expliqué le terme « istawā » par « qaṣada » c’est-à-dire avoir pour destination ou pour finalité ou pour direction : et ce sens-là n’est pas correct parce qu’il laisse croire que la volonté de Dieu change. Or la volonté de Dieu est unique, comme tous Ses attributs. La volonté de Dieu n’est pas multiple.
Ici le mot « ṯumma » vient dans le sens de « et », et non pas dans le sens de « ensuite ». Cela ne veut pas dire qu’il Lui serait advenu une nouvelle volonté qu’Il n’aurait pas eue auparavant. Dieu a fait que l’entrée en existence du ciel soit ultérieure à l’entrée en existence de la terre. Cela ne veut pas dire qu’Il aurait fait un acte après un acte car l’acte de Dieu ne dépend pas du temps. L’acte de Dieu de créer est de toute éternité. Mais ce qui résulte de Son acte est la créature, Il a fait qu’une créature existe après une autre et Il a fait que le ciel existe après la terre. On ne dit pas qu’Il S’est consacré ou destiné parce que cela laisse croire que la volonté de Dieu dépend du temps. Ici cela signifie que Dieu a fait suivre la création de la terre par la création du ciel. On peut dire d’une plante istawā » c’est-à-dire qu’elle a poussé. Et on peut dire « istawā ilay » c’est-à-dire « il a visé », comme une flèche qu’il a tirée directement, sans faire de détour.
Et certains ont expliqué cela par le fait que Dieu a créé le ciel après la création de la terre, sans qu’Il n’ait créé quelque chose entre les deux.
Et « as-samāʾ » indique ici tout ce qui est dans la direction du haut, c’est-à-dire au-dessus de nous, au-dessus de la terre.
Et Il les a créés sept cieux. Cela signifie que Dieu a créé les cieux parfaits, il n’y a pas de fissure, ils sont droits.
Une autre explication de « ṯumma » : est pour indiquer le mérite de la création des cieux sur la création de la terre. Les cieux ont un mérite sur la création de la terre. Cela ne veut pas dire que Dieu a créé la terre puis qu’Il n’a rien créé et Il a créé le ciel, qu’Il n’aurait rien créé entre les deux. Ce qui est visé est que le ciel est meilleur que la terre.
Et cela ne contredit pas la parole « wa l-‘arḍa baʿda ḏālika daḥahā » (la terre après cela daḥahā) parce que le corps de la terre a précédé la création des cieux, mais le fait qu’il y ait des facilités de subsistance sur terre est après la création des cieux. Dieu « daḥahā », cela signifie que Dieu a étendu la terre. Il a fait jaillir l’eau de la terre et Il a fait jaillir les pâturages de la terre et Il a fait qu’il y ait des montagnes sur terre et Il a fait qu’il y ait des choses dont nous profitions sur terre et dont les humains profitent.
L’auteur rapporte de Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu a fait surgir la terre à partir d’un emplacement qui se trouve à Jérusalem. Au début c’était comme une pierre de la taille d’une main puis ça s’est étendu et ça a fait exister tout le reste de la terre. Mais cela n’a pas été rapporté du Prophète. Al-Ḥasan Al-Biṣriyy (qui était un successeur des compagnons) a dit qu’à partir de cette terre, il y a une fumée qui s’est dégagée et à partir de cette fumée, Dieu a créé les cieux. Et c’est à partir de là qu’ils ont expliqué le verset « ṯumma » qui signifie que la terre et les cieux étaient collés.
Et Allāh sait absolument toute chose. Allāh a créé des créatures parfaites, sans qu’il n’y ait de défaut et Il a créé ce qu’il y a sur terre conformément aux besoins des gens qui vont vivre sur terre. Et après la création de la terre, Allāh a fait que les ǧinn habitent sur terre et Il a fait que les anges habitent au ciel. Mais les ǧinn ont semé la corruption et le désordre sur terre. Dieu leur a envoyé des anges qui les ont chassés de la terre jusque sur des iles et sur les hauteurs des montagnes. Et les anges ont peuplé la terre à leur place. Et Allāh a ordonné à Son Prophète Muḥammad de leur citer ce récit.
Verset 30 : et ton Seigneur a dit aux anges Je vais faire en sorte qu’il y ait sur terre un successeur. Parce que c’était eux, les habitants sur terre et Dieu a fait en sorte que la descendance d’Ādam leur succède. Il a dit « un » successeur. Pourquoi le singulier ? Parce que de la même manière que quand on veut citer une tribu, on cite le chef de la tribu, on dit la tribu de Muḍar de Qurayš et on vise les descendants de ce chef. Donc « un » successeur ici signifie Ādam et ses descendants. Ou quelqu’un qui dit être envoyé de Ma part parce qu’Ādam est envoyé de la part de Dieu, tout comme tous les prophètes. Donc il n’y a pas de pluriel ici parce que celui qui est visé par « ẖalīfah » ici est Ādam ʿalayhi s-salām.
Donc Allāh a annoncé cela aux anges afin qu’ils posent la question et qu’ils reçoivent la réponse et qu’ils sachent la sagesse que ce soit eux qui peuplent la terre avant les humains. Ici quand on parle de ẖalīfah concernant un prophète, ça ne veut pas dire « celui qui est mandaté » mais cela veut dire « celui qui instaure » les ordres de Dieu sur terre. C’est pour enseigner à Ses esclaves la concertation avant de s’engager dans un sujet, même si Dieu n’a pas besoin de la concertation.
Donc le fait que Dieu ait annoncé aux anges qu’Il va faire en sorte qu’ils aient un successeur sur terre, qu’Il va peupler la terre après eux, il y a ici une sagesse dans cette annonce. C’est la sagesse de se concerter avant de faire quelque chose, c’est-à-dire que nous, les êtres humains, il convient que nous demandions l’avis avant de nous engager dans quelque chose.
Ils ont dit (les anges) est-ce -que Tu vas faire en sorte qu’il y ait sur terre qui va semer la corruption ? (C’est-à-dire comme les ǧinn auparavant).
Ici ce n’est pas une question pour émettre une objection, mais c’est une question pour demander la sagesse. Ils étaient étonnés que Dieu fasse succéder à des gens d’obéissance (eux les anges) des gens qui commettent des péchés, en l’occurrence les humains, alors que Dieu est Celui Qui crée toute chose selon une sagesse.
Et comment ont-ils su que les humains commettent les péchés ?
1/ Ils l’ont su, soit parce que Dieu le leur a fait savoir
2 / ou bien parce qu’ils ont vu que c’était écrit sur la Table Préservée
3 / ou bien ils ont fait une analogie des humains sur les ḥadīṯ après avoir vu ce qu’ils avaient semé comme désordre sur terre et comme injustices les uns envers les autres
4 / ou bien Dieu leur a fait savoir cela par l’intermédiaire de Ǧibrīl ou autre que Ǧibrīl. Mais attention, ce que nous disons ici n’a pas été rapporté dans un ḥadīṯ authentique.
5 / Il est rapporté par certains qu’il y avait des ǧinn qui ont semé la corruption, qu’ils se sont entretués sur terre avant Ādam et Dieu leur a envoyé des anges qui les ont brûlés. Certains exégètes ont rapporté que ce qui est cité dans ce verset concerne ces gens-là.
6 / Quant aux savants pour lesquels cette information n’a pas été confirmée mais que les anges ont demandé à Dieu au sujet de ces créatures qui sèment la corruption sur terre alors qu’eux ne sèment pas la corruption sur terre, Dieu leur a fait savoir certaines choses qui vont avoir lieu dans le futur. Il leur a fait savoir ce que les fils d’Ādam allaient faire, comme le fait de s’entretuer, de provoquer des guerres injustement et d’autres injustices. Donc l’interrogation des anges n’était pas une objection contre Dieu mais c’était pour connaitre la sagesse dans le fait qu’il y ait des humains alors que les humains mènent des guerres, ils sèment la corruption sur terre. Le fait que ce soit eux qui leur succèdent sur terre, que ce soit eux qui peuplent la terre, qui gouvernent sur terre, les anges ont voulu connaitre la sagesse.
Allāh tabāraka wa taʿālā leur a fait savoir la sagesse. C’est parce que parmi les humains il y a les prophètes et les prophètes sont les meilleures des créatures. Il leur a donné une seule preuve : Dieu a dit aux anges de Lui donner le nom des choses. Et les anges n’ont pas su quel était le nom des choses. Et Il a dit à Ādam de les informer du nom des choses. Et Ādam leur a appris que telle chose s’appelle ainsi, que telle chose s’appelle ainsi. Ils ont donc connu la sagesse. C’est-à-dire qu’Ādam est meilleur qu’eux. Ils ont dit : Dieu a fait que les humains gouvernent la terre parce qu’ils sont meilleurs que d’autres créatures qu’eux. Les anges ont connu la sagesse et ils se sont soumis totalement à Dieu. Auparavant, les anges étaient totalement soumis, il n’y a pas eu d’objection de leur part contre Dieu.
L’objectif des anges n’était pas comme celui d’Iblīs quand il a dit : « moi je suis meilleur qu’Ādam, comment vais-je me prosterner pour quelqu’un qui est fait de terre ? » et ceci était une objection contre Dieu, car c’est comme si Iblīs disait à Dieu : « Tu m’as donné un ordre qui n’est pas correct ». C’est comme s’il avait dit à Dieu : « comment m’ordonnes-Tu de me prosterner pour quelqu’un alors que je suis meilleur que lui ? Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé de terre ». Ceci est une objection à l’encontre de Dieu. C’est pour cela qu’il a mérité d’être chassé de la miséricorde de Dieu. Quant aux anges, quand ils ont reçu l’ordre de se prosterner pour Ādam, ils se sont prosternés, ils n’ont pas émis d’objection. Leur questionnement était pour connaitre la sagesse, ce n’était pas pour émettre une objection. Et quand ils ont connu la sagesse, ils ont augmenté en soumission pour Dieu.
Les noms que Dieu a fait connaitre à Ādam et que les anges ne connaissaient pas, ce sont les noms des choses. Dieu a fait qu’Ādam ʿalayhi s-salām connaisse le nom de toutes les choses, sans qu’il n’ait appris auprès de quelqu’un. C’était une grâce que Dieu a accordée à Ādam et qu’Il n’a pas accordée aux anges. Les anges avaient été créés bien longtemps avant Ādam mais ils ne connaissaient pas le nom des choses. Quant à Ādam, il connaissait le nom des choses alors qu’il avait été créé récemment par rapport aux anges. Ils se sont prosternés pour Ādam ʿalayhi s-salām, d’une prosternation qui consiste à poser le front par terre. Ceci est l’avis qui a été retenu par la plupart des exégètes. Et d’autres ont dit que la prosternation était une simple inclination.
Et qu’il y ait sur terre qui va faire couler du sang ? c’est-à-dire par des guerres et des assassinats ?
Alors que nous, nous Te glorifions et nous Te louons ? C’est-à-dire que nous disons que Tu es exempt d’imperfection et nous Te louons, nous Te remercions
Et nous nous purifions pour Toi. Et il a été dit que le tasbīẖ et le taqdīs, c’est de considérer Dieu exempt de tout défaut et de tout mal.
Il (Dieu) a dit certes Je sais ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que Je sais des sagesses que vous ne savez pas, des choses qui vous échappent, à savoir qu’il y aura parmi les humains des prophètes, il y aura parmi les humains des saints et des savants.
Verset 31 : Il (Dieu) a enseigné à Ādam tous les noms. Ādam est un nom qui n’est pas arabe. Le plus plausible est qu’il a la même structure que Āzar, comme fāʿal, une syllabe longue et deux syllabes courtes.
Et Ādam serait dérivé de 1/ adīmu l-arḍ, de la terre, car Ādam a été créé à partir de la terre. Dieu a ordonné à un ange de prélever de la terre de différents sols de cette terre. Et al-ʾadim est ce qui est à la surface de la terre. 2 / Ou al-ʿudma à l’image de la dérivation du nom Yaʿqūb, à partir de al-ʿāqab, c’est-à-dire le fait de suivre. Car Yaʿqūb a suivi ʿIsḥāq dans le sens qu’il est son descendant.
Et le nom Idrīs est dérivé de dars, étude car Idrīs fut le premier à avoir écrit avec un calame. Cela ne veut pas dire que les autres n’écrivaient pas mais lui, a utilisé un instrument particulier.
Et Iblīs dérive de al-iblās. On dit « ablasa min raḥmati l-Lāhi an yaʿisa ». Le verbe ablasa signifie perdre espoir, dans le sens qu’il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Et Iblīs signifie qu’il est perdu : il a perdu espoir en la miséricorde de Dieu. Il s’appelait auparavant ʿĀzāzīl.
Et d’autres savants ont dit qu’Ādam n’est pas un nom qui dérive d’un autre mot, parce que ce n’est pas un nom arabe pour qu’on puisse dire qu’il dérive d’un autre mot.
Il y a deux avis différents sur le sujet.
Que signifie ici que Dieu a enseigné à Ādam le nom des choses qui portent des noms ? Allāh taʿālā, après que Ādam ʿalayhi s-salām est entré en existence et que Dieu a demandé aux anges de citer le nom des choses, les anges ne savaient pas ; et Ādam, lui, il a su. Il a su que le nom de telle chose que c’est une montagne et ceci est une mer. Ceci montre qu’Ādam avait un mérite, qu’il dépassait les anges en certaines choses.
Que signifie qu’Allāh a enseigné le nom des choses ? C’est qu’Allāh a montré à ’Ādam les noms des différentes espèces des créatures qu’Il a créées et Il lui a appris que telle chose s’appelle un cheval, telle chose s’appelle un chameau. Et d’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu l’agrée lui et son père, Dieu a enseigné à ’Ādam le nom de toutes les choses, même le récipient dans lequel on mange et même la cuiller avec laquelle on mange. Cette explication est parvenue dans un ḥadīṯ dont la chaine de transmission est rapportée jusqu’au Prophète dans Al-Buẖāriyy.
Il y a un groupe égaré qui est apparu en Syrie il y a quelques temps, qui explique ce verset « wa ʿallama Ādama l-ʾasmāʾa kullahā » en disant que Dieu lui a enseigné Ses noms à Lui, parfaits, et uniquement cela. Si cela était le cas, alors le verset suivant n’aurait pas été « et lorqu’Il lui a enseigné les noms des choses », mais « lorsqu’Il a enseigné Mes noms ». Mais ce n’est pas ce qui a été dit. Dieu n’a pas dit « quand Il les a informés de Mes noms », mais Il a dit « quand Il les a informés des noms ». Malheureusement, ils persistent sur leur ignorance et sur leur déformation du Qur’ān.
Puis il les a cités aux anges. Ādam a cité les noms des choses aux anges en leur disant : ça, ça s’appelle un chameau, ça c’est une montagne. Donc il les a mentionnés aux anges. Ici il y a une subtilité dans la grammaire arabe concernant les formes des pluriels : quand il s’agit de pluriels d’êtres qui ne sont pas dotés de raison comme les animaux par exemple, on n’utilise pas de pronom au pluriel. On utilise un pronom qui est au féminin. Or ici il n’est pas cité un pluriel pour des êtres qui ne sont pas dotés de raison mais il est cité un pluriel « leurs noms » (ʿaraḍahum), c’est bien un pluriel, ce n’est pas un féminin. Et ceci parce qu’Il a donné le nom d’êtres qui sont dotés de raison. Il y a parmi l’ensemble qu’Il a indiqué aux anges des êtres qui sont dotés de raison, Il a utilisé ce pronom-là. « Ṯummaʿaraḍahum » : « hum » ici est un pronom qui fait référence à un pluriel. Ici Allāh a dit aux anges de citer le nom des choses. Et Dieu sait que les anges ne savent pas le nom des choses. Pourquoi a-t-Il demandé aux anges de citer le nom des choses alors qu’Il sait qu’ils ne savent pas ? C’est pour montrer leur incapacité face à Ādam. Ādam savait le nom des choses car Dieu le lui avait appris. Et les anges ne savaient pas à ce moment-là le nom de choses.
Il a dit : citez-Moi le nom des choses. Informez-Moi, dites-Moi,
Si vous êtes véridiques : dans votre prétention. Quand ils ont su qu’il y aura sur terre des humains, ils ont posé la question à Dieu, ils ont dit : « pourquoi Tu fais que sur terre, il y a des gens qui vont semer la corruption au point qu’ils vont d’entretuer ? » parce qu’ils avaient vu ce que les ǧinn avaient fait. Ils avaient posé la question par demande de sagesse et non pas par objection contre Dieu. Dieu leur a dit « donnez-Moi le nom des choses si vous êtes véridiques » c’est-à-dire dans votre prétention que Je vais laisser sur terre des corrupteurs qui s’entretuent, qui font couler le sang. Il y a dans cela une réplique et une explication. Il y a une réplique et une explication que, parmi ceux qui vont peupler la terre, il y a ceux qui méritent de gérer la terre.
Verset 32 : ils ont dit « subḥānak ». Tu es exempt d’être ignorant de quelque chose. Rien ne T’échappe. Tu es exempt qu’il n’échappe à Ta connaissance une quelconque information et Tu es exempt qu’on émette une quelconque objection contre Toi dans ce que Tu prédestines. « Subḥānak » est un substantif, ce n’est pas un verbe. Et il y a un sous-entendu, ça veut dire que je T’exempte d’une exemption. Si on traduit mot à mot, on dirait « Ton exemption », « l’exemption de Toi ». Et le verbe est sous-entendu, ça a le sens de « nous T’exemptons d’une exemption ».
Ils ont dit : Tu es exempt d’imperfection, nous n’avons de connaissance que ce que Tu nous as accordés comme connaissances. Nous n’avons pas de connaissances au sujet de ce que Tu ne nous as pas accordé à connaitre. Nous n’avons de connaissances que de certaines choses. Et parmi les choses que nous ignorons, il y a le nom des choses. Les connaissances que nous avons, ô Allāh, c’est Toi Qui les as créées. Et il en est de même pour le reste de nos actes, que ce soient les actes qui sont en notre for intérieur comme les intentions ou les péchés du cœur. Il en est de même pour nos œuvres qui sont apparentes. Tout cela n’entre en existence que par la volonté de Dieu et Sa création. C’est Toi Qui crées en nous les connaissances et ce n’est pas nous qui les créons. Quant aux moutazilites, que Dieu les enlaidisse davantage, ils ont prétendu que nos connaissances et nos perceptions c’est nous qui les créons. Et ceci est une de leurs mécréances. Parce que quand nous disons « il n’y a de dieu que Dieu », une des explications est « il n’y a de créateur que Dieu ».
Tu es certes Celui Qui sait sans avoir besoin d’enseignant. Alors que nous,les choses que nous savons, il y a eu qui nous les a enseignées. Al-Ḥakīm signifie que tout ce que Tu destines et prédestines est avec une sagesse. C’est-à-dire que Tu accordes à chaque chose sa juste valeur.
Verset 33 : Il (Dieu) a dit : ô Ādam informe-les de leurs noms. Lorsque Ādam les (les anges) a informés de leurs noms (le nom des choses)
Il (Dieu) dit : ne vous ai-Je pas dit que Je sais ce qui est caché dans les cieux et sur terrec’est-à-dire que Je sais ce qui vous (aux anges) échappe dans les cieux et sur terre des choses qui se sont déjà produites et des choses qui vont se produire.
Et Je sais ce qui apparait de vous et ce qui est en votre for intérieur
Verset 34 : et Nous avons dit aux anges de se prosterner pour Ādam. Ici ce n’est pas un « nous » de pluriel mais un « Nous » de majesté, d’éminence. Certains ont dit que cela signifie « soumettez-vous à lui et reconnaissez son mérite ». D’après ʾUbay ibnu Kaʿb un compagnon, que Dieu l’agrée, et d’après Ibnu ʿAbbās, ils ont dit qu’il s’agissait d’une inclination c’est-à-dire sans toucher le sol. Il y a divergence ici sur l’explication car la majorité des savants ont dit que l’ordre dont il est question ici consiste à poser la tête à même le sol. Et l’ordre de se prosterner était l’ordre de se prosterner pour Ādam ʿalayhi s-salām selon l’avis le plus fort. C’était un ordre donné à Iblīs et aux anges de se prosterner pour Ādam et non pas pour Dieu. Car si l’ordre de se prosterner avait été de se prosterner pour Dieu, Iblīs l’aurait exécuté. Et il s’agissait d’une prosternation de salutation. Dieu avait donné l’ordre aux anges et à Iblīs qui est un ǧinn de se prosterner d’une prosternation de salutation. Par le passé il était permis de se prosterner d’une prosternation de salutation. Puis ce caractère permis a été abrogé. Et l’abrogation est la fin de l’application d’une loi. Dieu a fait qu’entre les lois d’un messager et un autre, il y a des lois qui sont abrogées : des choses qui étaient permises sont devenues interdites et des choses qui étaient interdites sont devenues autorisées. Dieu fait changer les lois selon des sagesses et selon la communauté à laquelle ce messager est envoyé. Mais la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a abrogé les lois antérieures. La prosternation de salutation a été abrogée, preuve en est la parole du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lorsque Salmān le Perse qui était un compagnon, lorsqu’il a voulu se prosterner pour le Prophète, celui-ci lui aurait dit ce qui signifie : il ne convient pas pour une créature de se prosterner pour une autre créature, on ne se prosterne que pour Dieu. Mais ce ḥadīṯ n’est pas authentifié. Par contre le ḥadīṯ qui est authentifié concernant la prosternation pour une créature, c’est la parole que le Prophète a dit à Muʿāḏ un compagnon, qui signifie : « si je devais ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari ». Tout comme l’ont rapporté Al-Ḥakīm, Ibnu Māǧah, Aṭ-Ṭabarāniyy et Aḥmad.
Ils se sont tous prosternés (les anges) excepté Iblīs. Il s’agit d’une exception munqaṭāʿ, discontinue, c’est-à-dire que ce qui est excepté n’appartient pas à la famille de ce qui n’est pas excepté. Ils se sont tous prosternés, il s’agit des anges. Excepté Iblīs : il ne fait pas partie des anges. C’est une exception appelée grammaticalement « discontinue », car celui qui est mentionné comme une exception n’est pas du même genre que l’ensemble dont il est excepté. Or l’ensemble est un groupe d’anges et Iblīs n’était pas un ange mais il était un ǧinn par le texte même du Qur’ān, et c’est l’avis retenu par Al-Ḥasan et Qatādah. Et parce que par ailleurs, Iblīs a été créé de feu, alors que les anges ont été créés de lumière. C’est l’avis qui est le plus fort.
D’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, l’épouse du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, elle a dit que le Messager a dit ce qui signifie : « les anges ont été créés de lumière, le ǧānn a été créé d’une flamme de feu et Ādam a été créé de ce qui vous a été décrit précédemment ». Rapporté par Muslim et d’autres. Par ailleurs, Iblīs a refusé d’exécuter l’ordre, il a désobéi et a fait preuve d’orgueil, tandis que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Les anges ne sont pas orgueilleux. Par contre, certains sont tellement orgueilleux que leurs têtes ne leur permettent pas de s’incliner ni de se prosterner pour obéir à Dieu. Ce n’est pas le cas des anges.
La preuve également qu’Iblīs n’est pas un ange, c’est qu’Allāh taʿālā dit aux mécréants ce qui signifie : est-ce -que vous le considérez lui et ses descendants comme des êtres que vous adorez au lieu de M’adorer Moi. Et c’est connu que les anges n’ont pas de descendance, donc Iblīs n’est pas un ange. Il a une descendance donc il n’est pas un ange. Les anges ne se reproduisent pas, ils n’ont pas d’enfant alors que Dieu nous a appris à propos d’Iblīs qu’il a une descendance. Donc prétendre qu’Iblīs était un ange véritable est quelque chose qui est loin de la vérité.
Il (Iblīs) a refusé : c’est-à-dire qu’il s’est abstenu de faire ce qui lui a été ordonné de faire, à savoir que Dieu lui a ordonné de se prosterner pour Ādam.
Et il a fait preuve d’orgueil : c’est-à-dire par rapport à cet acte qui lui avait été ordonné de faire.
Et il est devenu au nombre des mécréants. Ceci est une première explication : parce qu’il a refusé, il a fait preuve d’orgueil et il a réfuté l’ordre. C’est par cela qu’il est devenu mécréant et non pas parce qu’il n’a pas appliqué l’ordre. Ce n’est pas le fait de ne pas appliquer l’ordre qui a fait de lui un mécréant mais c’est le fait qu’il ait remis en cause cet ordre. En effet le fait de ne pas se prosterner, cela n’est pas en soi une chose qui fait sortir de l’islam et ce n’est pas une mécréance selon Ahlu s-sunnah contrairement à ce que disent les moutazilites et les H̱awāriǧ. Ils déclarent mécréant celui qui commet un péché.
Ou bien une deuxième explication et il était mécréant Dieu sait de toute éternité qu’Iblīs allait devenir mécréant après avoir été croyant parce que c’est ainsi dans la science de Dieu.
Verset 35 : Et Nous avons dit ô toi Ādam réside, toi et ton épouse au paradis. Le verbe est « sakana ». « Uskun » signifie « réside » qui vient du verbe « sakana d-dār » qui signifie il a habité dans la maison, il y réside. Et le mot sakana a aussi le sens de s’immobiliser. Un objet en mouvement « sakana » c’est-à-dire qu’il s’immobilise. Et al-ǧannah est le paradis qui est la résidence pour l’éternité, qui a été promise pour les pieux. Preuve en sont les versets nombreux.
Quant aux moutazilites, ils ont dit que al-ǧannah ici, ce n’est pas le paradis de l’éternité, mais que c’est un jardin qui était au Yémen. Selon leur prétention c’est parce qu’au paradis il n’y a pas de mort et Ādam est sorti de ce jardin. Les sunnites ont répondu : ne sort pas du paradis celui qui y entre par rétribution. Celui dont la rétribution est le paradis, il n’en sortira plus jamais. Et par ailleurs notre Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām il est bien entré au paradis lors de la nuit du miracle du voyage nocturne et de l’ascension. Et il en est sorti. Par ailleurs, les gens du paradis sont chargés de la connaissance et du tawḥīd.
Et mangez (des fruits) du paradis : le nom du complément du nom a été omis. C’est très courant dans le Qur’ān et dans la langue arabe d’omettre le nom du complément du nom.
Avec largesse : profitez
Où que vous vous trouviez : ici c’est un verbe conjugué au duel, qui concerne Ādam et son épouse. C’est-à-dire dans n’importe quel endroit au paradis.
Et ne vous approchez pas de cet arbre (de cette plante) : certains ont dit que c’est le blé. C’est pour cela qu’il a été dit : comment l’être humain ne commettrait-il pas de péché alors que sa nourriture est à partir de la plante qui a été la cause de la désobéissance ? Mais ce n’est pas un ḥadīṯ. Certains ont dit : comment l’être humain peut-il échapper à la désobéissance alors que sa nourriture est du pain, fabriqué à partir du blé ?
D’autres ont dit que cette plante était la vigne qui donne les raisins, parce que c’est la cause de beaucoup de désobéissances, avec le vin.
D’autres ont dit que c’est le figuier.
Il y a donc trois avis mais en réalité, ce qui est correct est de ne pas préciser de quelle plante il s’agit, parce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne nous a pas dit comment s’appelle cette plante ou cet arbre. Certes, Dieu a interdit à Ādam de consommer des fruits d’un arbre mais sans préciser lequel. Et nous n’avons pas à deviner le nom de cette plante. Ça peut être un pommier et ça peut être autre qu’un pommier. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de conséquence pour nous. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de conséquence pour nous dans le fait de consommer certains fruits sur terre suite au fait qu’Ādam a consommé du fruit de cette plante.
Sinon vous seriez au nombre des injustes. C’est-à-dire au nombre de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes ou de ceux qui ont nui à eux-mêmes. C’est-à-dire que nous aurions fait à nous-mêmes, à notre âme, qui appartient à Dieu, une chose que Dieu nous a interdite. Donc nous aurons été injustes envers nous-mêmes.
Verset 36 : le šayṭān leur a fait commettre l’interdit puisqu’Ādam et Ḥawwāʾ ont consommé de l’arbre qui leur était interdit. Le šayṭān a incité Ādam et Ḥawwāʾ à consommer de l’arbre qui était interdit. Il les a faits glisser, dans le sens qu’ils ont commis ce qui était interdit et à cause de cela, ils se sont retrouvés à commettre cette chose que Dieu avait interdite. Le mot « zalla » signifie glisser ou déraper.
Certains ont dit que c’est parce qu’il s’est trompé dans l’interprétation de ce qui lui avait été dit : il valait mieux qu’il ne consomme pas de cet arbre et non pas qu’il était interdit de consommer de cet arbre. C‘est une preuve qu’il est permis d’utiliser le mot « zalla » qui signifie glisser ou déraper dans le sens de commettre une erreur à propos des prophètes comme l’ont dit les savants de la région de Al-Buẖārā. An-Nasafiyy dit que c’est le nom de l’acte de celui qui fait le contraire de l’ordre mais sans avoir pour objectif de faire le contraire de l’ordre. Il a donné l’exemple de celui qui glisse dans la boue alors qu’il était en train de marcher, il a glissé. Est-ce qu’il voulait glisser ? Non, il n’avait pas pour objectif de glisser.
Et les savants de Samarqand ont dit qu’on ne dit pas « zalla » à propos des prophètes pour leurs actes tout comme on ne dit pas « péché » à leur propos. Il y a une divergence : certains savants ont utilisé le terme que les prophètes peuvent commettre des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse et d’autres ont dit qu’un ne dit pas cela, mais que les prophètes n’ont pas fait ce qui est le mieux. Mais ceci est infondé.
Certains savants hanafites ont dit que celui qui dit que les prophètes ne commettent pas du tout de péché, il devient mécréant. Parce que dans le Qur’ān, il est écrit « wa ʿaṣā Ādamu rabbahu » ce qui signifie qu’Ādam a commis une désobéissance à son Seigneur. Donc ils ont appliqué la règle de celui qui dit une parole contraire au Qur’ān.
Mais le šayẖ a dit que ce n’est pas correct de dire cela. La parole correcte est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent des petits péchés qui ne comportent pas de bassesse de caractère. Un exemple de petit péché qui comporte une bassesse de caractère c’est comme quelqu’un qui passe devant un étalage de fruits et qui vole un grain de raisin. Il est possible qu’un prophète commette un petit péché ne comportant pas de bassesse mais il s’en repent immédiatement, avant que d’autres ne le suivent en cela.
Allāh avertit les prophètes quand ils font un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et ils font le repentir immédiatement, avant que d’autres ne les suivent en cela. Il y a beaucoup de versets où il y a le terme maʿṣiyah. Donc ce qui est conforme aux textes c’est de dire qu’il est possible que les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère mais Dieu les avertit et ils font le repentir immédiatement avant que d’autres ne les suivent en cela.
Et il les a fait sortir de ce dans quoi ils étaient. C’est-à-dire que le šayṭān a été une cause pour qu’ils sortent de là où ils étaient, là où il y avait une félicité et un honneur, c’est-à-dire le paradis. Le šayṭān est parvenu à faire glisser Ādam et Ḥawwāʾ pour qu’ils mangent de l’arbre dont le fruit avait été interdit ; il a réussi à faire cela après qu’il lui avait été dit de sortir parce qu’il était maudit du fait qu’il avait refusé d’obéir à l’ordre de Dieu de se prosterner pour Ādam. Maudire signifie éloigner de la miséricorde. Le šayṭān était au paradis pour suggérer le mal à Ādam et Ḥawwāʾ. Certains rapportent qu’Iblīs voulait entrer au paradis et que les anges en charge du paradis l’ont empêché de rentrer et qu’il est rentré dans la gueule d’une vipère puis qu’il est rentré à l’intérieur de cette vipère au paradis. Cela n’est pas vrai. Certains ont dit qu’il était resté à l’entrée du paradis et qu’il a suggéré de l’extérieur à Ādam de consommer du fruit interdit. Mais notre šayẖ a dit qu’Iblīs a reçu l’ordre de quitter le paradis mais il a désobéi, il y est resté puis il a suggéré à Ādam de consommer du fruit de cet arbre puis il a été exclu du paradis.
Nous avons dit : descendez. C’est-à-dire la descente sur terre. Et il a été dit que cette parole « descendez » a été adressée à Ḥawwāʾ et à Iblīs mais il a été dit aussi à cette vipère. Ce qui est correct est que la parole a été adressée à Ādam et Ḥawwāʾ.
En arabe il y a le singulier, le duel et le pluriel. Ici l’ordre de descendre est au pluriel « ihbiṭū » alors que l’ordre est adressé à Ādam et Ḥawwāʾ, donc on s’attendait à une forme au duel. La réponse est que ceux qui sont visés sont Ādam et Ḥawwāʾ et leur descendance. Comme Ādam et Ḥawwāʾ sont à l’origine de tous les humains, la parole est comme si elle était adressée à tous les humains, donc au pluriel.
Vous serez les uns pour les autres des ennemis. Ce qui est visé c’est l’injustice que commettent les gens les uns envers les autres, l’animosité que les gens ont les uns envers les autres, le fait que certains jugent les autres égarés.
Et vous aurez sur terre un lieu d’établissement c’est-à-dire un lieu pour vous établir, pour y vivre.
Vous pourrez profiter de la vie, jusqu’au terme. Le terme c’est le jour du jugement ou bien la mort.
Un savant a dit que le fait qu’Ādam et Ḥawwāʾ aient mangé de cet arbre a engendré pour nous un long chagrin c’est-à-dire que la vie est difficile sur terre. Mais ça ne veut pas dire comme le disent certains égarés qu’Ādam et Ḥawwāʾ ont fait un péché capital et que Jésus est venu à l’humanité pour expier ce péché capital. Ādam, comme Jésus, comme Muḥammad sont des prophètes et les prophètes sont les meilleurs des gens. Nous disons que c’est un petit péché qui ne comporte pas de bassesse et Ādam a fait le repentir et Dieu lui a pardonné.
Verset 37 : Ādam a reçu de la part de son Seigneur des paroles. Dieu lui a révélé certaines choses et Ādam a accepté ces paroles et il a œuvré conformément à ces paroles. Il s’agit de la parole qui signifie « ô notre Seigneur, nous avons été injustes envers nous-mêmes et si Tu ne nous pardonnais pas et ne nous faisais pas miséricorde, nous serions au nombre des perdants ». Ces paroles sont une exhortation pour sa descendance. Il y a dans ces paroles une indication de la manière dont on peut se décharger des péchés et c’est par le repentir.
Ibnu Masʿūd que Dieu l’agrée, a dit que parmi les paroles que Dieu agrée le plus, c’est la parole de notre père Ādam ʿalayhi s-salām qui a dit, quand il a commis le péché, ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection ô Allāh et je Te loue et que soit glorifié Ton nom et que soit exemptée d’imperfection Ton éminence. Et il n’est de dieu que Toi. J’ai été injuste envers moi-même alors pardonne-moi, nul autre que Toi ne pardonne les péchés ». Et Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu m’as créé par Ta toute puissance (biyadika) « et Dieu a dit « oui » et Ādam a dit : « ô Seigneur n’est-ce pas que Tu as insufflé en moi l’âme qui est honorée » et Dieu lui a révélé « oui » puis Ādam a dit « n’est-ce pas que les manifestations de Ta miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ta volonté de châtier, n’est-ce pas que Tu m’as fait résider au paradis ? » Et à la fin, Ādam a dit « pourquoi m’as-Tu fait sortir du paradis ? » Et Dieu lui a révélé : « c’est à cause de ton péché ». Et Ādam a dit « et si je fais le repentir, est-ce que Tu me ramèneras au paradis ? ». Dieu lui a révélé que oui.
Dieu lui a fait miséricorde et lui a pardonné son péché. Il s’est suffi de citer le repentir d’Ādam parce que Ḥawwāʾ suivait Ādam. Et la mention des femmes dans la sunnah et le Qur’ān est souvent ainsi.
Certes Allāh est Celui Qui est tawwāb : c’est-à-dire que Dieu accepte beaucoup le repentir. Même si la personne commettait mille fois un péché et que suite à ce péché, elle fait le repentir, Dieu accepte le repentir.
Et Il est miséricordieux, en faveur de Ses esclaves.
Verset 38 : Nous avons dit descendez tous ensemble et comme nous avons vu, il s’agit de la seconde fois où cet ordre de descendre est donné. La répétition est pour insister. Une deuxième explication est parce que la première descente était du paradis jusqu’au ciel du bas monde et que la deuxième descente était du ciel vers la terre.
Il vous parviendra de Ma part un « hudā » : c’est-à-dire un messager que Je vous envoie. Ou bien deuxième explication : un livre qui vous parviendra.
Celui qui accepte cette bonne guidée (le messager ou le livre) en y croyant, il n’y a pas de crainte à son sujet. C’est-à-dire que dans le futur, il n’y aura pas de crainte pour eux.
Ils n’auront pas à être chagrinés. Ils n’auront pas de chagrin concernant ce qu’ils laisseront derrière eux, leur famille. Ceux qui acceptent la bonne guidée de la part de Dieu, ils n’ont pas à avoir de crainte, ni à être chagrinés pour ceux qu’ils vont laisser après eux c’est-à-dire leur famille et leurs enfants.
Verset 39 : et ceux qui ne croient pas en Dieu et en son messager et qui ont démenti les signes et les preuves que Nous leur avons envoyés. Eux ce seront les gens de l’enfer c’est-à-dire qu’ils mériteront l’enfer
Ils y resteront éternellement. Que Dieu nous en préserve.
Verset 40 : ô vous descendants d’Isrāʾīl. Isrāʾīl c’est Yaʿqūb ʿalayhi s-salām qui est le fils d’ʿIsḥāq qui est le fils d’Ibrāhīm. Yaʿqūb est un surnom qui signifie l’élite de Dieu ou bien l’esclave de Dieu. Le mot « Isrāʾīl » est composé de deux mots « isrāʾ » qui veut dire « esclave » ou « élite » et « īl » qui veut dire « Allāh ». Donc « esclave de Dieu ». Et du point de vue grammatical, c’est un mot qui ne se décline pas parce que ce n’est pas un mot arabe. « Isrāʾīl » est un mot hébreu.
Dans cette phrase il a la fonction de complément du nom « Dieu » et habituellement le complément du nom porte une kasrah à la fin. Mais comme ce n’est pas un mot arabe, il ne se décline pas, il ne porte pas de kasrah à la fin mais une fatḥah.
Souvenez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Dieu leur rappelle les bienfaits qu’Il leur a accordés afin qu’ils remercient Dieu pour les grâces qu’Il leur a accordées et pour qu’ils obéissent à celui qui leur a accordé ces grâces. Dieu a visé par-là les grâces qu’Il leur a accordées et qu’Il a accordées à leurs ancêtres. Et l’auteur a énuméré ici ces grâces à savoir comment ils ont été sauvés de pharaon, de la noyade, comment Dieu leur a pardonné après qu’ils aient fabriqué et adoré un veau en or et qu’ils soient revenus à l’adoration de Dieu seul et le fait qu’ils sont restés vivants jusqu’à l’avènement de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont pu entendre son appel, lui qui avait été annoncé dans la torah et dans l’évangile. Les yahūd qui vivaient à l’époque de la descente du Qur’ān, Dieu leur a ordonné d’évoquer et de se rappeler des grâces qu’Il leur a accordées, à savoir que leurs ancêtres qui étaient avec Mūsā, Dieu les a sauvés de pharaon et de son châtiment, Il les a sauvés de la noyade, Il a pardonné à ceux d’entre eux qui avaient adoré le veau, Il a accepté leur repentir. Puis ceux qui étaient contemporains de notre maitre Muḥammad, Dieu a fait qu’ils ont pu entendre son appel. Donc cela veut dire : remerciez Dieu en croyant en Muḥammad et qu’il est un envoyé de Dieu.
Et soyez fidèles à votre promesse. Tenez vos engagements, tenez la promesse que vous avez faite de croire en Moi et de M’obéir ou de croire au prophète de la miséricorde et au Livre qui est miraculeux, le Qur’ān qui est un miracle permanent pour notre prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
Je vous accorderai ce que Je vous ai promis. C’est-à-dire la grande récompense pour vos bonnes œuvres. Et les gens du taṣawwuf ont expliqué ce verset en disant : respectez votre engagement en M’adorant dans cette résidence qui est une résidence où Je vous fais subir des épreuves, alors Je vous accorderai dans la résidence de la récompense la grande récompense de Me voir. La plus grande récompense sera de voir Dieu sans qu’Il ne soit dans un endroit ni dans une direction parce que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures.
Et ne rompez pas cet engagement. Cet engagement que vous avez fait de M’obéir, respectez-le et craignez-Moi. En effet, le croyant doit maintenir son cœur entre la crainte et l’espoir. La crainte d’être châtié et l’espoir d’être pardonné. La crainte du châtiment et l’espoir de la récompense. Les savants ont dit que c’est comme les deux ailes qui doivent rester en équilibre pour avancer correctement : ne pencher ni vers l’un ni vers l’autre. Ni se mettre à commettre des péchés en se croyant préservé du châtiment de Dieu, ni penser que Dieu va le punir à cause du grand nombre de péchés commis. Il faut garder son cœur entre les deux, en gardant la crainte et l’espoir.
Verset 41 : ayez foi en ce que J’ai fait descendre (c’est-à-dire le Qur’ān) qui est conforme à ce que vous avez c’est-à-dire la Torah ; il confirme l’adoration de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme l’unicité de Dieu qui est dans la Torah. Il confirme la prophétie de Muḥammad qui est annoncée dans la Torah. Il n’y a pas de différence entre la Torah qui a été révélée à Mūsā et le Qur’ān qui a été révélé à Muḥammad, concernant la croyance. Muḥammad n’a pas apporté quelque chose de différent de ce que Moise avait apporté.
Et ne soyez pas les premiers à y mécroire. (A Muḥammad) Ne soyez pas, vous, les descendants de Isrāʾīl, les premiers à ne pas croire à Muḥammad ou encore : ne soyez pas le premier groupe qui mécroit en lui ou encore : que chacun d’entre vous ne soit pas le premier à ne pas croire en lui. Il y a ici une allusion que ce devrait être eux les premiers à y croire parce qu’ils le connaissent du fait qu’il leur a été annoncé dans la Torah, ils connaissent sa description.
Et ne changez pas Mes versets en les déformant, pour des choses futiles du bas monde. Ne déformez pas Mes signes, juste pour obtenir des choses du bas monde. Par rapport à l’au-delà, le bas monde dans sa totalité ne représente rien du tout. Et il a été dit que ces choses futiles du bas monde c’était la notoriété qu’ils avaient au sein de leur peuple qu’ils craignaient de perdre, ainsi que le pouvoir, s’ils suivaient le messager de Dieu. Même au sein de cette communauté il y a certains présidents ou leaders qui contredisent la vérité pour ne pas perdre le pouvoir. Al-Buẖāriyy que Dieu lui fasse miséricorde était allé dans une ville dans laquelle se trouvait un šayẖ qui était très connu. Les gens étaient sortis de la ville pour aller l’accueillir par respect pour lui. Or le savant connu de cette ville a été jaloux. Il a calomnié Al-Buẖāriyy auprès du gouverneur de cette ville, alors le gouverneur a exilé Al-Buẖāriyy de la ville.
Et craignez-Moi : c’est-à-dire ne faites pas ce qui vous fait mériter Mon châtiment. C’est-à-dire ne commettez pas les péchés.
Verset 42 : et ne mélangez pas le vrai avec le faux. Ceci est adressé aux yahūd. C’est-à-dire n’écrivez pas dans la Torah ce qui n’en fait pas partie, de sorte que le vrai qui a été révélé à Moise se mélange au faux que vous avez rajouté, de sorte qu’on ne puisse plus distinguer entre le vrai et le faux.
Et ne dissimulez pas la vérité : c’est-à-dire : ne faites pas ces deux choses, c’est-à-dire l’amalgame entre le vrai et le faux d’une part et la dissimulation de la vérité. Il s’agit de la vérité du fait que Muḥammad est un envoyé de Dieu et que le Qur’ān est un miracle. Et le fait d’altérer la Torah qui est le Livre révélé à Moise. Ils prétendent qu’ils n’ont pas trouvé dans la Torah l’annonce que Muḥammad est un envoyé de Dieu ou qu’ils n’ont pas trouvé tel jugement.
Alors que vous savez. En connaissance de cause. C’est encore plus grave. Vous mélangez le vrai avec le faux et vous dissimulez la vérité, c’est encore plus grave et plus laid de votre part. Parce que si quelqu’un l’avait fait par ignorance, dans certains cas, il se peut que certaines choses soient excusées du fait de l’ignorance. Mais vous, vous savez ce que vous êtes en train de faire, donc c’est encore plus laid de votre part.
Verset 43 : accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakāt. C’est-à-dire faites votre prière comme la font les musulmans et donnez la zakāt comme la donnent les musulmans.
Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent. Parce que les yahūd n’ont pas d’inclination dans leurs prières selon les historiens. Mais dans le ḥadīṯ, il n’a pas été mentionné que les yahūd n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, mais c’est possible.
1/ Si on prend cette explication qu’ils n’avaient pas d’inclination dans leurs prières, ce verset signifie « inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent, de ceux de la communauté de Muḥammad ». C’est-à-dire « devenez musulmans de parmi la communauté de Muḥammad et faites la prière tout comme il vous l’a enseigné, même si dans votre loi, il n’y avait pas d’inclination, c’est-à-dire « entrez en islam et appliquez les œuvres des gens de l’islam ».
2 / Et il est possible aussi que Et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent fasse allusion à la prière, tout comme on peut faire allusion à la prière par la prosternation. Et c’est un ordre d’accomplir la prière avec ceux qui font la prière, c’est-à-dire « faites la prière en assemblée » et non pas seul.
Verset 44 : est-ce-que vous ordonnez la bienfaisance aux gens et là, c’est pour indiquer le blâme et l’exclamation de la part des esclaves c’est-à-dire est-ce-que vous ordonnez aux gens d’accomplir beaucoup de bien. Et leurs prêtres disaient en cachette à ceux qui leur demandaient au sujet de Muḥammad, ils leur disaient de le suivre, mais eux restaient sur leur mécréance, pour ne pas perdre le pouvoir. Et parfois ils le disaient au grand jour.
Une autre explication est qu’ils ordonnaient aux gens de donner des aumônes mais eux, ils ne donnaient pas. Et lorsqu’on leur donnait les aumônes pour qu’ils les distribuent, ils les gardaient pour eux.
Et vous vous oubliez vous-mêmes. C’est-à-dire que vous oubliez de le faire. C’est-à-dire que vous ordonnez aux autres de faire le bien et vous ne le faites pas. Ceci a été exprimé par le verbe « oublier », comme si c’était un oubli.
Alors que vous récitez le Livre. C’est un blâme et une menace, c’est-à-dire que vous récitez la Torah dans laquelle il y a la description de Muḥammad ʿalayhi s-salām, où il y a la menace pour celui qui trahit, pour celui qui n’agit pas en bien et pour celui dont les œuvres ne sont pas conformes à sa parole. Vous dites des choses et vous ne les faites pas. Vos œuvres ne sont pas conformes à votre parole. Arrêtez de vous comporter d’une manière qui n’est pas conforme à ce qui a été révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām dans la Torah.
Est-ce que vous vous rendez compte de la laideur de ce que vous êtes en train de faire ? Ceci afin que cela vous détourne de le commettre. Le fait de prendre conscience de la laideur de ce que vous êtes en train de faire va vous détourner de le commettre. C’est une grande mise en garde.
Verset 45 : et faites-vous aider pour vos besoins à l’égard de Dieu par la patience et par la prière.
1/ C’est-à-dire en réunissant les deux c’est-à-dire faites la prière en faisant preuve de patience face à l’effort demandé pour que vous puissiez faire la prière, en supportant ses difficultés et ce qu’elle implique comme obligation d’être sincère dans votre cœur en l’accomplissant, en repoussant les mauvaises suggestions du šayṭān et en repoussant les mauvaises suggestions de l’âme et en veillant à respecter les règles de comportement de la prière et en ayant la crainte de Dieu lorsque vous l’accomplissez et en vous rappelant le fait que si vous êtes en train de faire la prière , vous vous adressez à Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre.
2/ Ou bien faites-vous aider pour affronter le choc des épreuves en utilisant la prière c’est-à-dire faites preuve de patience face aux épreuves en ayant recours à la prière, lorsque l’épreuve survient. On se rappelle de l’histoire de Raḥmah, lorsque son mari a été tué et qu’elle s’est retrouvée avec des orphelins. Lorsque l’appel à la prière a eu lieu, elle a fait sa prière. Elle n’a pas dit : « j’ai perdu mon mari, j’ai des orphelins, je n’ai pas de quoi les nourrir ». Et Dieu lui a accordé un prodige. La prière est le recours du croyant. Il patiente en faisant la prière. Et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’un sujet le chagrinait, il avait recours à la prière, c’est-à-dire qu’il faisait des prières surérogatoires. Il faisait des prières en demandant à Dieu qu’Il le délivre de ce tourment. Ne soyons pas comme celui qui est malade, qui connait le médicament et qui ne l’utilise pas. Allāh tabāraka wa taʿālā nous a accordé la prière : si tu as des tourments, aie recours à la prière, fais des prières surérogatoires et Dieu te délivrera de ce tourment. C’est requis de notre part de prendre exemple sur le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Il convient pour chacun d’entre nous, homme ou femme, de rechercher l’aide de Dieu, si un sujet nous tourmente. Si quelqu’un est touché par une difficulté, il convient qu’il ait recours à la prière. Il ne va pas aller consulter x ou y pour chaque problème.
D’après Ibnu ʿAbbās le cousin du Prophète en faveur de qui le Prophète avait invoqué Dieu pour qu’Il lui accorde la sagesse, la bonne compréhension et l’interprétation du Qur’ān, il a été rapporté que lors du décès de son frère Ḥusām alors que lui-même était en voyage, il a fait l’istirǧāʿ (il a prononcé la parole qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous allons revenir à Son jugement ») ceci pour nous rappeler que notre séjour est temporaire. Puis il a accompli deux rakʿah surérogatoires puis il a dit ce qui signifie : « faites-vous aider par la patience et la prière ». Il a essayé de se soulager de la grande perte de son frère en accomplissant la prière.
3/ Il a été dit que la patience signifie le jeûne parce que le jeûne consiste en une privation des choses qui rompent le jeûne. Et c’est pour cela que le mois de ramaḍān a été appelé le mois de la patience.
4 /Et il a été dit que la prière ici signifie les invocations, les supplications pour repousser cette épreuve qui vous touche. Il y a l’invocation de notre maître Yūnus qui a dit quarante fois : lā ʾilāha illa l-Lāh subḥānak ʾinnī kuntu mina ẓ-ẓālimīn ». Celui qui dit quarante fois cette invocation dans le dernier tiers de la nuit, pour ce qu’il veut, si Dieu veut, Dieu le lui accorde.
Wa innahā : certains ont expliqué par la recherche de l’aide et d’autres par la prière. Et cela semble difficile, sauf pour ceux qui craignent Dieu, pour lesquels ce n’est pas difficile, parce qu’ils savent ce que Dieu a réservé pour ceux qui patientent face aux difficultés et qui font la prière. Si tu es en train de monter une pente et tu sais qu’après cette pente, il y aura du repos, alors la pente semble moins difficile. Si tu sais qu’au bout de la journée, il y aura la rupture du jeûne, les choses deviennent faciles. Ceux qui craignent Dieu, ils savent qu’en faisant preuve de patience et en faisant des prières surérogatoires, il y a aura la grande récompense du paradis et que ce sera peut-être une cause pour repousser ces épreuves. Quant à d’autres ce n’est pas le cas.
Verset 46 : ceux qui pensent (qui ont pour conviction) qu’ils vont venir au jour du jugement de leur Seigneur.
Ici « penser » signifie avoir pour conviction, pour croyance, c’est-à-dire qu’ils ont pour croyance qu’ils viendront au jour du jugement pour être jugés par Dieu, ils s’attendent à obtenir une récompense et ils espèrent cela. Ils ont donc la certitude, en raison de la récitation de ʿAbdul-Lāh Ibnu Masʿūd parce qu’il a récité « yaʿlamūn » au lieu de « yaẓunnūn », ce qui signifie « ils savent » mais cette récitation avec le terme « yaʿlamūn » n’est pas une récitation qui est mutawātir. Ils savent qu’ils vont recevoir la rétribution de la part de leur Seigneur et ils vont agir en fonction de cela.
Quant à ceux qui n’ont pas la certitude qu’il y aura une rétribution et qui ne s’attendent pas à ce qu’il y ait une récompense pour les œuvres, alors c’est quelque chose qui est difficile pour eux. Le mot « ẓanna » est habituellement utilisé pour quelqu’un qui n’est pas certain mais il peut être utilisé pour ce dont on est certain, comme dans ce cas. C’est comme dans le fait de faire la prière : la plupart des gens ne sont pas heureux quand ils font la prière, c’est comme s’ils la font pour se débarrasser de quelque chose, alors que les pieux, eux, y trouvent du plaisir, ils sont apaisés quand ils font la prière.
Notre maitre ʿUṯmān ibnu ʿAffān que Dieu l’agrée, le troisième calife, a récité la totalité du Qur’ān en une seule rakʿah en une nuit. Allāh lui a accordé cela. Les prophètes et les saints trouvent une joie dans les actes d’adoration et notamment dans la prière. Dieu place dans leur cœur une joie et un apaisement qu’ils ne trouvent dans aucun autre acte d’adoration que dans la prière. La prière leur procure plus de plaisir que toute autre chose.
Le ẖušūʿ en arabe signifie la sérénité et l’apaisement. N’est-ce-pas que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām disait à Bilāl quand celui-ci faisait l’appel à la prière : « lance l’appel de ce qui va nous amener l’apaisement, la paix intérieure et la sérénité ». Donc la prière est une cause d’apaisement et de sérénité.
Le ẖuḍūʿ signifie la douceur et la soumission. C’est le fait d’abandonner toute objection contre Dieu. Nous faisons preuve d’humilité.
La glorification qui s’accompagne d’un ressenti de crainte, c’est cela le ẖušūʿ. C’est une crainte révérencielle. Le ẖušūʿ pendant la prière c’est le fait d’avoir présent dans le cœur la crainte de Dieu, la glorification et l’amour envers Dieu. Il ne s’agit pas ici de la crainte du châtiment.
Le mot « liqāʿ » signifie « rencontre ». Mais ici certains ont expliqué ce mot par le fait que les croyants verront Dieu.
Ils verront Dieu sans comment. Certains exégètes ont expliqué la parole « mulāqū rabbihim » par « ceux qui ont la certitude qu’ils vont voir leur Seigneur ». C’est une vue qui est sans comment, c’est-à-dire que ce ne sera pas une vue dans une direction. Il n’y aura pas de distance entre eux et Dieu, ni une distance proche ni éloignée. Car la distance est une relation entre deux corps. Or Dieu n’est pas un corps, donc cette relation-là ne Le concerne pas. C’est pour cela qu’on dit qu’Il est exempt de cela. Qu’est-ce qui fait que la vue d’un être soit possible rationnellement ? Ce n’est pas le fait que cet être soit dans un endroit, mais c’est le fait qu’il existe. Comme Dieu existe, il est valide selon la raison qu’Il soit vu. Il sera vu sans qu’Il ne soit dans une direction ni dans un endroit parce que la distance est impossible au sujet de Dieu. Parce que celui qui se trouve à une distance de toi, il a une limite et celui qui est limité a besoin de qui lui a donné cette limite. Or Dieu n’a pas besoin d’autrui. C’est Lui le Créateur, c’est Lui Qui donne les limites aux choses, Il n’est pas concerné par les limites. Quand on dit que Dieu n’est pas limité, cela ne veut pas dire qu’Il a une étendue qui est infinie, non, cela veut dire qu’Il n’est pas un corps ni un volume.
Et ils retourneront à la vie au jour du jugement. C’est-à-dire que nul autre que Dieu ne juge les esclaves au jour du jugement. C’est Dieu Qui fait que tel esclave sera au paradis et tel autre sera en enfer.
Verset 47 : ô vous, fils (descendants) d’Isrāʾīl, rappelez-vous de la grâce que Je vous ai accordée. Il y a eu un verset semblable précédemment donc c’est une répétition pour insister sur le fait que Dieu leur a accordé beaucoup de grâces. Isrāʾīl est le nom du prophète Yaʿqūb qui veut dire « esclave » de Dieu ou « élite » de Dieu car « īl » signifie Dieu en hébreu. Et les descendants de Isrāʾīl sont les descendants des douze fils d’Isrāʾīl, les descendants des douze tribus.
Et que Je vous ai accordé un mérite (c’est-à-dire que J’ai fait en sorte que vous soyez meilleurs) sur les mondes. En arabe quand il y a un grand nombre de personnes, on dit « ʿālam », c’est le même mot que pour « monde » donc cela signifie que Dieu leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens. Cela veut dire : « Nous vous avons accordé un mérite sur de nombreuses créatures ». C’est-à-dire : vos ancêtres qui étaient musulmans, rappelez-vous des grâces que Dieu leur a accordées et qu’Il leur a accordé un mérite sur beaucoup de gens et prenez exemple sur eux en croyant en Muḥammad (qui est le prophète de votre époque). Si vous croyez en Muḥammad, vous serez comme vos ancêtres qui étaient croyants en Mūsā et en les prophètes précédents.
Quant à ceux qui sont des descendants d’Isrāʾīl de nos jours mais qui n’ont pas cru au prophète Muḥammad et également ceux qui sont descendants du prophète Muḥammad et qui ont contredit, qui se sont entêtés et qui ont démenti, ceux-là n’ont absolument aucun mérite. Ceux qui étaient meilleurs que beaucoup de monde, c’était leurs ancêtres qui étaient musulmans.
Le mérite dont il est question dans ce verset revient à leurs ancêtres qui, eux, suivaient les prophètes, à l’époque de Moise et les prophètes qui l’ont suivi. Ils croyaient en Dieu et en Ses prophètes. Ils ne les démentaient pas.
Ces ancêtres-là étaient comme nous, c’est-à-dire que nous avons pour croyance que chaque prophète est véridique et qu’il est venu avec la religion de vérité qui est l’islam. Ceux à propos de qui il est fait référence parmi les fils d’Isrāʾīl, ce sont les croyants, qui croyaient en tous les prophètes.
Certains se sont donnés pour illusion, à partir de ce verset, que les yahūd qui sont non musulmans et qui sont de cette époque, auraient un certain mérite. Comment auraient-ils ce mérite ? Alors qu’ils ne croient même pas au prophète Muḥammad ni au prophète Jésus. Celui qui comprend le Qur’ān de travers, c’est une source d’égarement et également pour ceux qui suivent ceux qui comprennent de travers. En effet, les phrases peuvent être expliquées de plusieurs manières. Donc celui qui ne les comprend pas correctement aura des contradictions et il va s’égarer. Il n’y aura pas de cohérence. Allāh a éprouvé Ses esclaves : certains connaissent les explications correctes et ils donnent aux versets les sens corrects. Et ceux à qui Dieu n’a pas accordé cette réussite, ils vont donner au Qur’ān un autre sens que le sens correct et c’est une source de perdition et ils vont être égarés.
Verset 48 : et craignez un jour. Et il s’agit du jour du jugement. Il n’y aura pas une âme croyante qui pourra intercéder en faveur d’une âme, c’est-à-dire mécréante. C’est-à-dire que celui qui est venu au jour du jugement, musulman, il ne va pas compenser les défaillances de quelqu’un qui est mort non croyant. C’est pour cela que le Qur’ān est un miracle permanent pour notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. De nos jours il y a beaucoup de gens qui ont délaissé le Qur’ān, pour eux, c’est juste un objet de décoration à la maison, malheureusement.
Et il ne sera accepté d’elle aucune intercession. Et le terme « elle » (minhā) ici est un pronom qui fait référence à l’âme croyante. C’est-à-dire que l’âme croyante ne pourra pas intercéder pour l’âme qui est mécréante. Celui qui est croyant n’intercèdera pas pour celui qui est non croyant. L’intercession consiste à demander le bien à autrui en faveur d’autrui. Ceux qui vont intercéder au jour du jugement vont demander à Dieu le bien en faveur de tierces personnes. Au jour du jugement, aucune âme croyante n’intercèdera en faveur d’une âme non croyante.
Il a été dit que les yahūd à l’époque du prophète ont dit : « ce sont nos ancêtres qui étaient prophètes qui vont intercéder en notre faveur », alors qu’eux n’étaient pas croyants. Ce verset a été révélé pour leur couper tout espoir de l’intercession en leur faveur alors qu’ils n’étaient pas croyants. C’est comme dans un autre verset où il est dit ce qui signifie : « l’intercession de ceux qui intercèderont au jour du jugement ne leur profitera pas ».
Et le groupe des moutazilites qui est un groupe qui se prétendait musulman disait que le musulman qui commet un péché, il n’est plus musulman et qu’il n’y a plus d’intercession en sa faveur. Et ils prétendent que ce verset explique cela. La réplique à leur donner est que ce verset concerne l’intercession en faveur de non croyants et non pas en faveur de musulmans désobéissants.
Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « mon intercession est pour les grands pêcheurs de ma communauté ». Rapporté par Al-Ḥakīm.
Et il ne sera pas accepté d’eux une compensation. La compensation est pour compenser une défaillance. Actuellement, si quelqu’un a une défaillance, dans certains cas, il paye une compensation. Mais au jour du jugement, ce ne sera pas le cas : les mécréants ne pourront pas payer une compensation pour compenser leur mécréance, ils ne seront pas acquittés.
Et ils ne seront pas soutenus. C’est-à-dire que ces non croyants, au jour du jugement, personne ne va les aider.
Verset 49 : et lorsque Nous vous avons sauvés de ceux qui étaient dans le camp de Pharaon. Le mot « āl » indique ceux qui suivaient Pharaon dans sa religion et « pharaon » est un titre de rois qui ont gouverné les géants comme César est un titre donné à ceux qui dirigeaient les Romains et Chosroes est le titre donné aux rois des Perses.
Nous vous avons délivrés de l’injustice que commettait Pharaon parce que Pharaon leur faisait subir des injustices, c’est comme s’il les recherchait pour leur faire parvenir la nuisance. « Sūʾul-ʿaḏāb » : le mal du châtiment, il s’agit du mal que Pharaon faisait subir à leurs ancêtres, alors que tout le châtiment est un mal. Cela signifie le châtiment qui est extrême et qui est atroce.
Puis Il énumère les différentes sortes de châtiments que Pharaon avait fait subir à leurs ancêtres. A l’un, il égorgeait ses garçons et il laissait les filles vivantes pour qu’elles soient à leur service. Ceci parce que les devins avaient dit à Pharaon qu’il y aurait un garçon qui allait naitre et qui serait la cause de la disparition de son royaume. Et ces devins ont averti Pharaon tout comme ils avaient averti An-Numrūd à propos de Ibrāhīm. Mais ce que ces deux ont essayé de faire n’a pas empêché la réalisation de ce que Dieu a prédestiné de toute éternité, à savoir que Moise est né et a été la cause de la perte de Pharaon.
Et il y a en cela un « balāʾ » de la part de votre Seigneur. Le mot « balāʾ », s’il est expliqué par le sens de l’épreuve, il en est visé l’acte de Pharaon, c’est cela qui est une épreuve qui a été subie par les gens. Si le mot « balāʾ » était expliqué par le sens de la grâce, il fait allusion au fait qu’ils ont été sauvés de Pharaon. Donc on voit que le mot « balāʾ » peut avoir le sens de l’épreuve et il peut avoir le sens de la grâce.
Un « balāʾ » qui est éminent. C’est pour cela qu’on ne traduit pas le Qur’ān.
Verset 50 : Dieu leur rappelle les grâces qu’Il a accordées à leurs ancêtres qui étaient musulmans, de la communauté de Moise. Nous avons séparé la mer en plusieurs chemins. La mer s’est écartée pourfaire apparaitre un chemin pour qu’ils puissent traverser.Et il y eut douze chemins pour les douze tribus des descendants d’Isrāʾīl. Chaque tribu avait son chemin. Dieu est sur toute chose tout puissant. Ceci pour rappeler que ce ne sont pas les causes qui créent les effets. C’est Dieu Qui est le créateur des causes et des effets. S’Il veut qu’il y ait des effets sans la cause habituelle, cela a lieu.
Donc les tribus traversaient et la mer s’ouvrait pour leur laisser le chemin. Dieu leur a accordé cela. Il a été dit que les descendants d’Isrāʾīl, alors qu’ils étaient dans un chemin qui était séparé d’un autre par un mur (chacune des douze tribus étaient comme entre deux montagnes d’eau), ont dit à Moise : « où sont nos compagnons ? nous voulons les voir ». Allāh a révélé à Moise de faire un signe avec son bâton et il est apparu sur les murs d’eau des lucarnes à travers lesquelles ils pouvaient se voir et s’entendre.
Nous vous avons sauvés et Nous avons fait périr noyés Pharaon et ses soldats et vous, vous observez. Vous voyez cela, vous en êtes conscients et vous ne doutez pas à ce sujet. Dieu leur rappelle cela dans l’objectif qu’ils soient croyants. Les yahūd de l’époque du Prophète Muḥammad savaient cela mais ils le cachaient. Et le Prophète a su cela par révélation de la part de Dieu, car il ne lisait pas.
Verset 51 : Et Nous avons promis à Mūsā la révélation en quarante nuits puis vous avez pris un veau après cela
Dieu a promis à Mūsā ʿalayhi s-salām la révélation et Il lui a promis de lui révéler certaines choses, parmi elles le fait d’aller à un endroit qui s’appelle « aṭ-ṭūr » dans le Sinaï (Tyr). Quand les descendants d’Isrāʾīl s’étaient installés en Egypte après la mort de pharaon, ils n’avaient pas de livre. Allāh taʿālā a promis à Mūsā de lui révéler la Torah et Il lui a indiqué la date de cette révélation au mois de ḏu l-qaʿdah plus dix jours de ḏu l-ḥiǧǧah, ce qui fait quarante nuits en tout. Et certains parmi les fils de Isrāʾīl s’étaient alors mis à adorer un veau. Un homme nommé Mūsa s-Sāmiriyy leur a fabriqué un veau à partir des bijoux qu’ils avaient emmenés et auquel ils avaient mélangé un peu de terre de l’endroit où se tenait le cheval de l’ange Ǧibrīl et ce veau s’est mis à émettre un son alors ils se sont mis à l’adorer. Donc ceci est arrivé après que Mūsā soit parti à « aṭ-ṭūr ».
Et vous êtes injustes en cela. Et vous êtes injustes dans votre adoration du veau ; puisque vous avez voué votre adoration à ce qui ne mérite pas d’être adoré.
Verset 52 : puis Nous vous avons pardonné. Dieu leur a accordé le repentir et leur a effacé leur péché. Après que vous ayez adoré le veau, puissiez-vous remercier. Que vous remerciiez Dieu Qui vous a fait grâce du pardon suite au péché que vous avez commis.
Verset 53 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre et le furqān
Et Nous avons accordé à Mūsāle Livre et ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux, entre le bon et le mauvais.
C’est-à-dire que Dieu lui a accordé la révélation d’un livre qui est la Torah, qui, en plus d’être un livre révélé, comporte ce qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Ici, même s’il y a le terme « wa » qui est une conjonction de coordination, cela indique la même chose, ce sont deux caractéristiques qui se trouvent dans ce livre-là, que c’est un livre qui est révélé ET qui permet de faire la différence entre le vrai et le faux. Il ne s’agit donc pas de deux livres différents mais bien d’un seul livre qui s’appelle la Torah qui remplit les deux caractéristiques citées.
Une autre explication est : Nous t’avons fait révéler le livre et le furqān : le Livre est la Torah et le furqān ce sont les miracles que Dieu a accordés à Mūsā, comme le bâton qui s’est transformé en un véritable serpent.
Une troisième explication de furqān est la révélation de ce qui est licite et ce qui est illicite.
Une autre explication est le fait que la mer se soit entrouverte pour les descendants des fils d’Isrāʾīl. C’est dans le sens de la séparation puisque c’est la séparation qui a eu lieu dans la mer qui a permis d’avoir ces chemins et les tribus des descendants des fils d’Isrāʾīl ont pu quitter l’Egypte pour la Palestine.
Ou encore dans le sens de la victoire qui a fait la différence entre Mūsā et son ennemi. Grâce à cette victoire, Mūsā a eu le dessus sur ses ennemis, en l’occurrence sur Pharaon et son armée.
Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire « afin que » vous soyez bien guidés. Dieu a révélé cela à Mūsā pour que vous soyez bien guidés.
Verset 54 : et Mūsā a dit à son peuple c’est-à-dire ceux d’entre eux qui se sont mis à adorer le veau.
Ô peuple vous avez été injustes envers vous-mêmes en vous mettant à adorer le veau : c’est-à-dire en considérant que c’est quelque chose qui mérite l’adoration
Alors faites le repentir à votre Créateur : c’est Lui Qui a créé les créatures et Il n’a pas créé les choses absurdement : c’est-à-dire que tout ce que Dieu a créé comporte une sagesse. Même dans la création des porcs et des singes, il y a une sagesse en cela.
Il y a dans cette parole de Mūsā à son peuple une mise en garde et un avertissement parce qu’ils ont délaissé l’adoration de Dieu Celui Qui sait toute chose, Celui Qui crée toute chose selon une sagesse, Lui Qui les a créés et Qui a fait qu’il n’y ait pas d’absurdité dans ce qu’Il crée. Ils se sont détournés de l’adoration de Dieu, Celui Qui est exempt de toute imperfection, pour se mettre à adorer un veau qui est l’exemple-même de l’idiotie et de la stupidité.
Alors tuez-vous vous-mêmes.
Il a été dit que c’est selon le sens apparent. Certains savants ont dit que leur repentir passait par le fait de se donner la mort à eux-mêmes.
Et il a été dit que leur repentir était de se tuer les uns les autres. C’est-à-dire qu’après leur retour à l’islam, c’était une condition pour l’acceptation de leur repentir.
Troisième explication : il a été dit que ceux qui n’ont pas adoré le veau ont reçu l’ordre de tuer ceux qui avaient adoré le veau. Et 70.000 d’entre eux sont morts.
Cela (fait référence au repentir et au fait de tuer) vaut mieux pour vous selon le jugement de votre Créateur c’est-à-dire que cela vaut mieux pour vous que de persister sur la désobéissance.
Il est Celui Qui a accepté votre repentir, c’est-à-dire qu’Il est celui Qui vous fait grâce d’accepter votre repentir même si vous faites beaucoup de péchés. Même si une personne commet un péché mille fois et fait le repentir avec les conditions remplies, Dieu accepte le repentir.
Et Il est miséricordieux, même si ce sont des péchés qui sont graves. N’est-ce-pas que c’est grave d’adorer un veau ? Et pourtant Dieu a accepté d’eux leur repentir. C’est-à-dire qu’ils rentrent en islam et ils ne sont pas châtiés pour ce qu’ils ont fait.
Analyse grammaticale de ce verset 54 : Dieu a fait que leur repentir après avoir adoré ce veau en or, était qu’ils se donnent la mort. Et Dieu ordonne ce qu’Il veut ; comme quand Il a ordonné à Ibrāhīm d’égorger son propre fils. C’est interdit d’égorger son propre fils. Et pourtant ce fut un ordre donné à Ibrāhīm de la part de Dieu. Cela lui ferait gagner des récompenses. Donc Dieu a fait qu’un acte, du temps du prophète Ibrāhīm fasse gagner des récompenses et dans la Loi du prophète Muḥammad, c’était un grand péché. Les lois en Islam ne sont pas selon la raison. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut. Comment est-ce qu’on a su qu’il est interdit d’épouser la sœur de notre père ? Pourquoi est-ce interdit d’épouser son propre frère ou sa propre sœur ? C’est par la Loi. Pourtant c’était permis dans la Loi d’Ādam. Et c’est devenu interdit dans les lois ultérieures. Donc les jugements ne sont pas par la raison. Les jugements sont par la transmission selon ce que le prophète de notre époque nous a transmis.
Verset 55 : Et ils ont dit ô Mūsā, nous ne croirons en toi que si nous voyons Allāh, mais la foudre s’est abattue sur vous (la mort vous a pris). Vous n’avez pas pu Le voir. Il a été dit qu’un feu est descendu du ciel et qui les a brûlés. Il a été dit qu’il y avait 70 personnes qui sont parties avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām lorsqu’il est parti au mont Tyr pour aller demander le pardon de Dieu pour son peuple. Ils lui ont dit : nous n’avons pas participé à l’adoration du veau avec les autres, alors fais-nous voir Dieu. Mūsā leur a dit : « j’ai demandé à Dieu mais je n’ai pas pu Le voir ». La montagne n’a pas pu supporter de voir Dieu et Mūsā s’est évanoui. Demander de voir Dieu n’est pas quelque chose d’impossible parce que le critère pour la vision d’un être c’est que cet être existe, ce n’est pas qu’il soit dans un endroit. Comme l’a dit notre maitre Abū Ḥanīfah : « Dieu existe il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». D’ailleurs nous savons que les croyants, lorsqu’ils seront au paradis, ils verront Dieu, sans que Dieu ne soit au paradis ni ailleurs ; parce que Dieu n’est pas dans un endroit.
Notre maitre Mūsā connait mieux Dieu que nous. Il a demandé à Dieu de Le voir. Et Dieu lui a appris que si la montagne supportait de voir Dieu, alors lui, Mūsā pourrait Le voir également. Mais la montagne n’a pas supporté, elle s’est effondrée et Mūsā s’est évanoui. C’est cela le sens de la réponse de notre maitre Mūsā à ces soixante-dix quand ils lui ont dit : fais-nous voir Dieu et qu’il leur a répondu : je n’ai pas pu Le voir. Ils lui ont répondu : « toi, tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Et Dieu a envoyé sur eux une foudre qui les a brûlés.
Les moutazilites prétendent que l’homme est créateur de ses actes et ils ont dit également que ce n’est pas possible que Dieu soit vu. Ils ont prétendu que ce verset est une preuve que Dieu ne peut pas être vu car ils ont dit que ces 70 n’auraient pas été châtiés pour avoir demandé quelque chose de possible. En réalité s’ils ont été châtiés par ce feu qui s’est abattu sur eux, c’est parce qu’ils avaient dit à Mūsā : « tu as vu Dieu alors nous n’allons te croire que si tu nous montres Dieu ». Ils ont donc été châtiés pour leur mécréance et non pas pour avoir demandé à voir Dieu. Ils avaient refusé de croire en Mūsā ʿalayhi s-salām, alors qu’ils ont vu les miracles de sa part. Or croire aux prophètes est un devoir, dès l’apparition de leurs miracles. Et on ne demande pas à un prophète de nouveau miracle sans raison ; c’est-à-dire qu’après que le premier miracle soit apparu, c’est suffisant pour l’obligation de croire au prophète.
Mais il est possible de demander au prophète d’autres miracles, et ceci pour augmenter en certitude. Comme ceux qui ont demandé à notre maître Jésus ʿalayhi s-salām. Ses compagnons lui ont demandé une table qui descende du ciel, pleine de nourriture, alors qu’ils avaient déjà vu des miracles de sa part mais c’était pour augmenter en certitude. Concernant la demande du premier miracle, il n’y a pas de problème puisque c’est le miracle qui permet de différencier un prophète d’un charlatan. (Et le miracle est quelque chose d’extraordinaire, qui a lieu sur les mains de celui qui prétend la prophétie, qui est conforme à ce qu’il dit, et qui ne peut pas être contré par quoi que ce soit de semblable). Quant à ceux qui étaient avec notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont été brûlés par la foudre qui s’est abattue sur eux, car leur demande n’était pas dans le but d’apprendre mais ils avaient demandé de la manière de celui qui montre un entêtement.
Et vous la voyez. C’est-à-dire la foudre qui s’est abattue sur eux.
Verset 56 : puis Nous vous avons ressuscités après votre mort, puissiez-vous remercier. Puissiez-vous remercier la grâce de revenir à la vie après la mort.
Verset 57 : et Nous vous avons abrités par des nuages. C’est-à-dire que Dieu a fait qu’il y a eu des nuages qui les protègent du soleil lorsqu’ils s’étaient perdus quarante ans dans un désert. Et Dieu a asservi pour eux des nuages qui les accompagnaient dans leur marche pour les protéger de la chaleur du soleil et la nuit, il y avait un pilier de feu qui éclairait leur chemin. Et leurs vêtements ne se salissaient pas et ne s’usaient pas.
Et Nous avons fait descendre al-mann : c’est une nourriture qui était comme la neige qui descendait du ciel depuis l’aube jusqu’au lever du soleil et chacun d’entre eux avait un ṣāʿ (qui est l’équivalent de quatre mudd).
Et du salwā : Dieu faisait souffler un vent du sud qui leur ramenait des oiseaux qu’ils pouvaient attraper comme ils le voulaient, puis les égorger et les manger comme ils voulaient.
Nous leur avons dit : mangez des choses délicieuses que Nous avons accordées.
Et ils ont été injustes envers eux-mêmes : c’est-à-dire que malgré tous les bienfaits que Dieu leur a accordés, ils ont été ingrats. (Le péché constitue une injustice envers soi-même parce que quand quelqu’un agit envers sa propre personne autrement que conformément aux ordres de Dieu, il aura agi dans quelque chose qui ne lui appartient pas véritablement. Car nous appartenons à Dieu, donc si quelqu’un agit de façon non conforme aux ordres de Dieu, il aura été injuste envers lui-même).
Verset 58 : et Nous leur avons dit : après être sorti de cet endroit où ils s’étaient perdus
Entrez dans cette ville : c’est soit Jérusalem soit Jéricho. Et qarā signifie « regrouper » et qaryah signifie un regroupement de personnes, donc ce verset signifie « allez dans ce village ».
Et mangez des fruits (de cet endroit) où vous voulez et mangez en abondance et entrez par la porte c’est-à-dire la porte de la ville ou la porte de la coupole où ils faisaient leur prière. Et le peuple d’Isrāʾīl qui est sorti d’Egypte avec notre maitre Mūsā, en définitive, ils ne sont pas entrés dans la ville de Jérusalem du vivant de Mūsā ʿalayhi s-salām mais ils sont entrés par cette porte puis ils sont entrés dans Jérusalem après la mort de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām.
En vous prosternant. Ils ont reçu l’ordre de se prosterner en arrivant devant cette porte de cette ville en guise de remerciement pour Dieu et par humilité.
Et dites : exprimez votre besoin. (Dites à Dieu de vous décharger de vos péchés). C’est-à-dire qu’ils demandent à Dieu de les décharger de leur péché. Une autre explication est : dites : nous avons reçu l’ordre d’entrer dans cette ville et de nous y installer. D’après ʿĀliyy que Dieu l’agrée, il a dit qu’il leur a été dit : dites « bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm » et selon ʿIkrimah, il leur a été ordonné de dire « lā ʾilāha ‘illa l-Lāh ».
Nous vous pardonnerons alors vos péchés. Et Nous ajouterons encore plus à ceux qui agissent en bien. Donc cette parole qu’ils avaient reçu l’ordre de dire était une cause pour l’augmentation de la récompense de celui qui agissait en bien et c’était une cause de pardon et de repentir pour celui qui agissait en mal.
Verset 59 : ceux qui ont été injustes ont changé les paroles autres que celles qui leur ont été dites : ceux qui ont été injustes ont changé le mot qu’il leur avait été ordonné de dire c’est-à-dire qu’ils ont mis à la place du mot « ḥiṭṭah » une parole différente ; eux, ils avaient reçu l’ordre de dire un mot qui signifie le repentir ou le fait d’être déchargé des péchés. Ils ont déformé le mot et ont dit « ḥinṭah » qui signifie « blé ». Il a été dit qu’en langue nabatéenne, ils ont dit « ḥinṭan sunqāṭan » qui signifie « blé rouge ». Ils ont dit cela pour se moquer de ce que Dieu leur a ordonné de dire et pour se détourner de ce que Dieu leur a ordonné de dire et dire ce qu’eux, désiraient parce qu’ils recherchaient les biens du bas monde.
Nous avons fait que s’abatte du ciel sur ceux qui ont été injustes un châtiment. Ici il y a une répétition de la phrase « ceux qui ont été injustes », c’est pour insister sur la laideur de leur comportement et pour annoncer que s’abattra sur eux un châtiment en raison de leur injustice
En raison de leur perversité. C’est-à-dire en raison de leurs péchés. Il a été dit que 24.000 d’entre eux sont morts de la peste en une heure et il a été dit 70.000 personnes.
Verset 60 : ce verset revient au temps où Mūsā était vivant parmi eux. Quand Mūsā a demandé l’eau pour son peuple, Nous lui avons dit : donne un coup avec ton bâton sur un rocher. Ils avaient eu soif dans ce désert où ils s’étaient perdus, alors Mūsā ʿalayhi s-salām a demandé l’eau pour eux. Ici le rocher a été désigné par un article défini « le » rocher : il s’agit d’un rocher qui provenait de la montagne « Ṭūr » au Sinaï et qui était de forme cubique. Il avait quatre faces et de chaque face avait jailli une source d’eau puisqu’ils étaient douze tribus. Chaque tribu savait quelle source lui était dédiée. Et quand ils ont traversé la mer rouge, alors qu’ils quittaient l’Egypte, ils étaient 600.000. Et la taille de leur campement était de douze mille. Ceci était un miracle parce qu’un rocher qui donne de l’eau à 600.00 personnes, c’est miraculeux. Et ils transportaient ce rocher avec eux. Et il a été dit que ce n’était pas un rocher en particulier mais que cela signifiait : frappe le rocher en général.
« Fa » : soit c’est pour indiquer une conséquence, c’est-à-dire que le fait de frapper le rocher a eu pour conséquence le jaillissement de l’eau en abondance ou c’est une explication.
C’est alors qu’ont jailli de ce rocher douze sources, autant de sources qu’il y a de tribus. Chaque tribu a su quelle source lui était désignée. Mangez et buvez de cette subsistance que Dieu vous accorde c’est-à-dire que tout ce qui vous est donné est une subsistance de la part de Dieu, c’est-à-dire que c’est Dieu Qui vous a fait grâce de tout cela.
Et ne semez pas la corruption sur terre. Ici le verbe employé indique le summum, le plus grave de la corruption c’est-à-dire « ne faites pas plus que ce que vous êtes en train de faire, cessez de faire et n’en rajoutez pas ».
Verset 61 : vous avez dit ô Mūsā nous ne patientons pas et nous voulons un plat. Ils ont dit cela alors qu’ils s’étaient égarés dans le désert de Ṭūr après qu’ils aient refusé d’obéir à l’ordre de Mūsā de combattre les mécréants qui étaient à Jérusalem pour les en faire sortir. Leur punition a été qu’ils se sont retrouvés à tourner en rond dans un désert, pendant quarante ans et ils n’arrivaient pas à en sortir. Malgré cela, Dieu leur faisait descendre de la nourriture du ciel, sous forme de cailles prêtes et de mann qui était comme de la rosée matinale qui ressemble au coton sucré. Ils pouvaient manger autant qu’ils voulaient, mais malgré cela, ils disaient qu’ils voulaient des plats qu’eux-mêmes cuisinent. Ils ont dit qu’ils n’arrivaient pas à patienter à manger un seul plat, le même chaque jour. Dans le verset, il est question d’un seul plat (Ṭaʿāmin wāḥidin) mais cela vise les deux : le mann et les cailles, donc le plat ici signifie le menu. Combien sont-ils ingrats !!
Une autre explication est qu’ils ont visé par là une seule catégorie de nourriture qui était soignée et raffinée, c’était de la nourriture de gens qui ont du goût. Or ils étaient plutôt des agriculteurs, c’est pourquoi ils ont demandé à Mūsā de la nourriture à laquelle ils étaient habitués comme des céréales, des légumineuses.
(Ils lui ont dit) Invoque ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir des graines de la terre. Ils n’ont pas dit invoque notre Seigneur mais ton Seigneur, tellement ils sont ingrats. Ils ont dit à Mūsā : demande à Dieu qu’Il nous fasse sortir de la terre des plantations (al-baql) c’est-à-dire des plantes vertes aromatiques comme la menthe, le céleri et autres légumes que les gens consomment
Et des concombres
Et wa fūmihā : si c’est récité ainsi cela veut dire le blé et selon une autre récitation dans laquelle la lettre fāʾ est récitée ṯāʾ (ṯūmihā), et cela signifie alors l’ail. Ces deux récitations proviennent du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : une fois il a récité avec « fa » et une fois avec « ṯa »
Et des lentilles et des oignons.
Il a dit est-ce que vous demandez quelque chose de moins précieux que ce que vous avez ? Ils ont demandé des choses pour lesquelles ils vont se fatiguer pour les semer, pour les entretenir, pour les récolter, pour les cuisiner, alors que la nourriture leur tombe du ciel !!!
Allez donc à Miṣr : le mot « Miṣr » en arabe a plusieurs sens. Il peut avoir le sens de ville (allez dans une ville) ou encore l’Egypte. Donc ce verset peut avoir deux sens : quittez l’endroit où vous êtes perdus, qui s’appelle at-tīh du verbe tāha qui signifie « s’égarer » pour aller soit dans une ville, soit en Egypte. Et le territoire où ils se sont égarés se trouve entre Baytou l-Maqdis (Jérusalem) et une ville qui s’appelle (qinnasrīn) qui se trouve actuellement en Syrie. Et la superficie de ce territoire est de douze farsaǧ sur huit farsaǧ. Le farsaǧ s’appelle persange, c’est une unité de distance perse qui équivaut à 5 kilomètres. Donc le territoire s’étendait sur une longueur de soixante sur quarante kilomètres. Ce n’est pas très grand et malgré cela, ils s’y sont égarés pendant quarante ans.
Vous trouverez là-bas ce que vous voudrez. C’est-à-dire que vous trouverez cela dans les villes et non pas dans le désert.
Ils ont été frappés d’humiliation et de pauvreté. Il y a une image dans la suite du verset : c’est-à-dire que Dieu les a humiliés, l’humiliation les a entourés de toutes parts et s’est collée à eux, à l’image de la terre glaise qui colle au mur si on la plaque au mur. L’image est que cette humiliation et cette pauvreté s’est collée à eux, tout comme la boue colle au mur lorsqu’elle est jetée sur ce mur. Dieu a fait qu’ils soient dans l’humiliation et la pauvreté en raison de leur ingratitude. Les yahūd, en général, ils sont humiliés et pauvres. Soit en réalité soit ils montrent qu’ils sont pauvres. Ceci par crainte que la jiziah augmente pour eux. La ǧizyah est ce que les gens du Livre paient au sultan des musulmans pour rester sous sa protection.
Et ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu. Suite à ce qu’ils ont fait, ils méritent un châtiment de la part de Dieu.
Et ce parce qu’ils mécroyaient en ce que Dieu leur envoyait comme signes et ils assassinaient les prophètes. Ce qui leur est arrivé ici est à cause de leur mécréance et parce qu’ils avaient assassiné des prophètes, en effet les yahūd avaient tué les prophètes Šāʿyā, Zakariyyā et Yaḥyā que Dieu les honore davantage en degrés. Un nabiy (prophète) informe de la part de Dieu. Et le mot nabiyy signifie également l’élévation, parce que le degré d’un prophète est élevé. Les deux significations sont valides dans la langue et le sens de chacune des deux déclinaisons sont correctes.
Ils étaient mécréants et ils assassinaient les prophètes injustement et ce, en raison de leur désobéissance et de l’injustice qu’ils commettaient. Et ce, parce qu’ils avaient désobéi et qu’ils avaient dépassé les limites. Ils avaient commis plusieurs sortes de désobéissances et ils avaient dépassé la limite fixée par Dieu en toutes choses, tout en étant mécréants et en assassinant les prophètes.
Le terme « yaʿtadūn » :
Il a été dit que c’est parce qu’ils avaient dépassé la limite de samedi : car pour eux, dans leurs lois, ils ne devaient pas faire certaines activités le samedi. Mais certains avaient contourné cette interdiction. Et donc en raison de cette injustice, il leur arrive la punition.
Une autre explication est qu’ils étaient mécréants, ils assassinaient les prophètes et ce, à cause de leur désobéissance et de leur dépassement des limites. C’est-à-dire que leurs désobéissances et leur dépassement des limites fixées par Dieu a entrainé leur mécréance et le fait qu’ils aient assassiné des prophètes. Et bien sûr le fait d’assassiner un prophète est plus grave que le fait d’insulter un prophète. Insulter un prophète est une mécréance et à plus forte raison, assassiner un prophète est une mécréance. Ils s’étaient noyés dans les péchés et l’animosité au point que leurs cœurs se sont endurcis, ce qui a entrainé leur mécréance et l’assassinat des prophètes. Le fait qu’ils aient commis beaucoup de péchés, le fait qu’ils aient dépassé les limites a endurci leurs cœurs, ce qui a emmené le fait de renier ceux que Dieu leur a envoyés et ils ont assassiné les prophètes.
Ou alors ce sont des choses qui se sont cumulées ; leur désobéissance, leur dépassement des limites se sont cumulées avec leur désobéissances et leur assassinat des prophètes.
Verset 62 : certes ceux qui ont cru par la langue seulement, sans que leurs cœurs n’aient adhéré à la foi, c’est-à-dire que ce sont les hypocrites.
Et ceux qui sont yahūd c’est-à-dire ceux qui sont rentrés dans la yāhūdiyyah (le judaïsme), on dit de celui-là qu’il est « hāʾid » et le pluriel est « hūd ». Certains savants ont dit que le mot « yahūd » dérive de la parole de Mūsā « innā hudnā ilayk », « ô Allāh, hudnā ilayk » qui signifie « nous avons fait le repentir à Toi (à Dieu) ». C’est-à-dire qu’ils se sont repentis à Dieu. Mais cette appellation « innā hudnā ilayk » s’applique à ceux qui étaient croyants parmi eux, c’est-à-dire ceux qui croyaient en Moise et ceux qui croyaient en la loi de Moise telle qu’elle était lorsqu’elle a été révélée. Donc une explication du mot « yahūd » s’applique à ceux-là qui avaient fait le repentir. Cette appellation désigne ceux qui étaient croyants à l’époque de Moise.
Quant à ceux qui ont repris l’appellation de « yahūd» mais qui n’appliquent pas la loi de Moise, c’est-à-dire depuis qu’ils ont refusé de croire en Jésus parce que celui qui croit en un prophète et pas en un autre, il n’est plus musulman. Donc ils ont cru en Moise, ils étaient donc sur l’islam mais quand ils ont mécru en Jésus, ils n’étaient plus musulmans. Également, celui qui dit qu’il croit en Muḥammad mais pas en Moise, ce n’est pas un musulman. Le musulman est celui qui croit en tous les prophètes parce qu’ils sont tous envoyés de Dieu.
Certains savants ont dit que le mot « yahūd » désigne ceux qui ont fait le repentir parmi ceux qui étaient à l’époque de Moise, qui étaient croyants. Mais il y en a qui ont repris cette appellation de « yahūd », qui sont venus après ceux-là, et ils ne sont plus croyants car ils ont renié le message de Jésus.
Pour ce qui est du début de leur falsification de la Torah, le Livre révélé à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, qui est musulman comme tous les prophètes, il se peut que cela ait eu lieu avant la mission de Jésus. Mais ils ont augmenté en falsification après le message de Jésus.
D’autres savants ont dit qu’ils ont été appelés ainsi parce qu’ils se balancent lorsqu’ils récitent la Torah. Ce balancement s’appelle « tahawwud ».
Il y a plusieurs avis concernant l’origine de leur appellation.
1/ Pour reprendre la première explication du mot « yahūd », ils ont été appelés ainsi car ils ont suivi Moise sur la foi. Mūsā a dit lui-même : « innā hudnā ilayk ». Et « hudnā » signifie « nous nous repentons ». Lui, Moise, n’a pas commis de péché pour dire cela, mais il parle au nom de son peuple. Cette définition ne s’applique pas à l’appellation de notre époque car ceux de notre époque n’ont pas cru en Jésus ni en Muḥammad. Donc ils ne s’appellent pas « « yahūd » dans le sens qu’ils ont fait le repentir.
« Wa n-naṣārā » : ils ont été appelés ainsi parce qu’ils ont « naṣarū » Jésus c’est-à-dire qu’ils l’avaient soutenu. Et on appelle les partisans de Médine les « Anṣār » c’est-à-dire ceux qui soutiennent. Les naṣārā (les chrétiens) sont ceux qui avaient soutenu Jésus au début.
2/ Une autre explication de ce terme est : ceux qui avaient suivi Jésus, lorsque celui-ci avait demandé « qui sont mes soutiens ? » pour renforcer l’appel à l’obéissance à Dieu.
3/ Une autre explication est ceux qui sont de Nazareth qui est une ville en Palestine. Et c’était des gens de cette ville qui avaient répondu à l’appel, au début. On traduit ce terme par chrétiens, actuellement.
« Wa ṣ-ṣābiʿīn » (et les Sabéens) : ṣabaʾa signifie le fait de quitter une religion connue pour une autre religion. Ici les Sabéens sont des gens qui ont quitté la religion des yahūd et la religion des naṣārā et ils se sont mis à adorer les anges.
Il a été dit que ce sont des gens qui se sont mis à réciter les psaumes de David, le livre révélé à Dāwūd ʿalayhi s-salām. Même s’ils suivaient Dāwūd véritablement, ils auraient dû suivre le prophète qui venait après, parce que chaque communauté de prophète doit suivre le prophète suivant s’il apparaissait.
Et d’autres savants ont dit que les sabéens sont un groupe qui adore les astres.
Notre chaykh nous a rapporté qu’à l’époque de notre maitre Aḥmad ar-Rifāʿiyy que Allāh l’agrée, alors qu’il était en Irak, il y avait un Sabéen qui avait perdu sa vache et il s’est retrouvé proche de l’endroit où était notre maitre Aḥmad qui a vu cet homme exténué après avoir cherché sa vache toute la journée. Il lui a proposé de passer la nuit dans sa zawiyah. Et comme il savait que cet homme était sabéen et que les sabéens avaient une haine contre les musulmans, qu’ils ne mangeaient même pas le pain fabriqué par un musulman, il lui a alors ramené de la farine, de l’eau et ce qu’il faut pour qu’il prépare son pain et lui a dit de fabriquer son pain lui-même. Le lendemain, cet homme était tellement heureux suite à ce geste de la part de Aḥmad ar-Rifāʿiyy, que, quand il est rentré chez lui, il a dit aux siens : « sa religion est forcément correcte. Regardez comment il a agi envers moi alors que je ne suis pas sur sa religion. » Et les gens sont alors entrés en islam.
Ceux (qui ont été énumérés précédemment) qui croient en Dieu et au jour dernier : ils étaient mécréants puis ils ont cru en Dieu et au jour dernier sincèrement.
Et qui ont œuvré en bien, ils auront leur rétribution c’est-à-dire leur récompense. Dieu a créé des catégories de gens et Il a voulu que certains suivent la vérité. Disons louange à Dieu que nous fassions partie de ceux pour qui Dieu a voulu cela. Ils auront une récompense qui leur est réservée pour leur au-delà.
Que Dieu leur accordera, ils n’auront pas à avoir peur ni à être chagrinés. Lechaykh a dit que ce verset est une preuve que, dans le peuple de Jésus et le peuple de Moise, avant que certains ne commettent de la mécréance, il y avait parmi eux des saints. Car ceux qui n’auront pas peur et qui ne seront pas chagrinés, ce sont des saints. Comme par exemple Ǧurayǧ, ce saint qui était de la communauté de Jésus, qui s’était éloigné des gens pour adorer Dieu dans un ermitage et qui a été accusé à tort de fornication. Mais le bébé a témoigné en sa faveur et disant que son père était le berger. C’était un prodige pour Ǧurayǧ.
Verset 63 : Nous avons pris de vous l’engagement. C’est-à-dire : Nous avons pris l’engagement de votre part d’accepter ce qui est écrit dans la Torah et il s’agit ici des musulmans qui avaient suivi notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām. Et Allāh leur rappelle qu’ils s’étaient engagés à suivre la Torah authentique.
Et nous avons élevé au-dessus de vos têtes la montagne aṭ-ṭūr : c’est-à-dire : Nous (c’est Dieu qui parle) vous avons menacé par cette montagne qui était au-dessus de vos têtes pour que vous vous engagiez à suivre la Torah. Parce que lorsque notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām est parti pour recevoir la révélation, il est revenu avec des tablettes sur lesquelles était écrit ce qu’il devait faire. (La Torah était descendue sur des tablettes déjà écrites). Et son peuple a dit : non, c’est trop dur ce que tu nous demandes. Donc ils ont refusé. Allāh a donné l’ordre à notre maitre Ǧibrīl d’arracher la montagne aṭ-ṭūr qui s’est donc élevée au-dessus de leurs têtes au point que ça leur a fait de l’ombre. Et Mūsā leur a dit : soit vous acceptez ce qui est écrit dans la Torah, soit vous allez être écrasés par cette montagne. Ils ont dit : oui nous acceptons.
Prenez ce que Nous vous avons transmis c’est-à-dire la Torah
Avec fermeté : et non pas de manière nonchalante. Acquittez-vous de cela fermement.
Et citez ce qu’il y a dans ce Livre : mémorisez et apprenez ce qu’il y a dans ce Livre et ne l’oubliez pas. Ne passez pas à côté, ne faites pas preuve d’insouciance. Soyez sérieux dans l’étude et l’application de ce Livre qui a été révélé au prophète qui vous a été envoyé.
Puissiez-vous être parmi les pieux. Puissiez-vous réussir.
Verset 64 : puis vous vous êtes retournés après avoir donné votre engagement. C’est-à-dire : après avoir été menacés de la montagne, vous avez dit : oui on va l’appliquer, mais vous vous êtes retournés après cela. Vous n’avez pas tenu votre engagement : après avoir accepté, vous avez refusé.
N’eussent été la grâce de Dieu et Sa miséricorde envers vous, c’est-à-dire le fait que le châtiment ne vous est pas parvenu immédiatement. Vous avez refusé une première fois et Dieu vous a donné du répit. Vous avez promis de vous engager puis vous avez changé à nouveau et Dieu vous a donné du répit, Il ne vous a pas châtiés immédiatement. Donc Dieu vous a retardé le châtiment ou bien Il vous a finalement accordé la réussite pour appliquer.
Vous auriez été au nombre des perdants. C’est-à-dire : vous auriez été au nombre de ceux qui périssent et qui subissent un châtiment.
Verset 65 : vous savez qui d’entre vous a dépassé la limite fixée par la Loi le samedi : parce qu’il était un devoir pour les yahūd de glorifier la journée du samedi, dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et eux, ils ont dépassé ce qui a été fixé dans la Loi de notre maitre Mūsā. Et il s’agissait de consacrer cette journée à l’adoration de Dieu. Au lieu de faire cela, ils sont partis à la pêche alors que Dieu leur avait interdit de faire cela le samedi et Il les a éprouvés par cela. L’épreuve était que le samedi, tous les poissons sortaient leurs bouches de l’eau. Ils étaient présents et il était un devoir pour les yahūd de ne pas les pécher. Une fois le samedi passé, les poissons retournaient au large et n’étaient donc plus accessibles. Alors les yahūd ont construit des petits bassins sur la plage et des canaux et l’eau de mer parvenait ainsi jusqu’à eux. Donc le samedi, les poissons empruntaient ces canaux et parvenaient jusqu’aux bassins. Alors les yahūd venaient et bloquaient les issues de sortie et le dimanche, ils les attrapaient. Donc le fait qu’ils emprisonnaient les poissons dans les bassins, c’était le dépassement de leur limite.
Et Nous avons leur dit : soyez des singes méprisables. C’est-à-dire : devenez des singes méprisables. Ils ont joint les deux : le fait d’être des singes et le fait d’être méprisables. Le terme « kūnū » signifie que Dieu les crée ainsi, Il fait qu’ils soient des singes, rapidement ; du simple fait que Dieu a voulu qu’ils soient des singes, à ce moment-là, ils sont devenus des singes. Le début du verset est : vous savez qui a dépassé la limite concernant le jour du samedi, c’est-à-dire que ceux qui sont devenus des singes, leurs proches parents les reconnaissaient, dans le sens qu’ils savaient que cet ensemble de singes représentait leurs proches parents et les singes savaient que ces humains étaient leurs proches parents. Cela ne signifie pas que chaque singe venait auprès de son proche parent, mais ils se reconnaissaient. Les humains savaient qu’il s’agissait de ceux qui avaient fait ces actes interdits. Et ces humains transformés en singes ne parlaient plus comme les humains mais ils poussaient des cris comme des singes. Et trois jours après, ils sont tous morts. Ils ne se sont pas reproduits, c’est-à-dire qu’il n’y a pas aujourd’hui des descendants de ces singes qui ont été transformés.
Et ce verset est une preuve que l’origine des humains n’est pas les singes. Car si cela avait été le cas, ils auraient été transformés en quelque chose d’autre mais ils ont été transformés en quelque chose qui n’est pas l’origine des humains.
Et les savants de ces gens-là leur interdisaient de faire ce qu’ils faisaient, à savoir de fabriquer des canaux et des bassins le samedi pour attraper les poissons le dimanche. Mais ils n’acceptaient pas le conseil. Dieu les a anéantis parce qu’ils avaient désobéi à leur Seigneur et ils avaient fait ce que leur Seigneur leur avait interdit de faire.
Verset 66 : Nous avons fait que cette transformation soit une exhortation : c’est-à-dire une leçon de morale, pour empêcher les gens de faire la même chose, pour amener les gens à s’abstenir de faire ce qui a fait mériter cette punition.
Pour ceux à qui cela est arrivé et pour ceux qui sont venus après ceux à qui cela est arrivé. Dieu avait déjà averti dans les livres anciens, que des gens allaient dépasser leurs limites et que Dieu les transformerait en singes. Ceux qui vivaient avant ont pris connaissance de cela et ils en ont tiré la moralité. Et ceux qui viennent après, prennent connaissance de cela par transmission. Et pourtant, il y a dans la communauté de notre maitre Muḥammad ceux qui vont être transformés en singes et en porcs, tellement ils vont commettre des péchés, et on le voit aujourd’hui. A nous d’en tirer la moralité, de nous abstenir de commettre des péchés, d’ordonner le bien et d’interdire le mal.
Et c’est une exhortation de la part de ceux qui font preuve de piété. C’est-à-dire pour ceux qui leur ont défendu de commettre ce qu’ils ont commis (de pêcher le poisson le samedi) : les gens vertueux de leur peuple leur ont dit : attention, ne faites pas cela, c’est interdit. Mais ils ne voulaient rien entendre.
Ou bien une exhortation pour ceux à qui ce récit est parvenu. N’est-ce-pas que le prophète pleurait par crainte de Dieu et pourtant, il est celui à qui Dieu a accordé le plus haut degré au paradis. Les vertueux et les saints, ils pleurent par crainte de Dieu. A plus forte raison, nous, nous devrions pleurer par crainte de Dieu.
Au bord de la mer rouge, il y a une ville qui s’appelle Aylat. (Aujourd’hui il y a une ville qui s’appelle Aylat aussi. On ne sait pas si c’est la même). C’est le village dont le récit a été cité dans le Qur’ān honoré. C’est dans ce village qu’il y a eu les gens du samedi, ceux qui ont commis le grand péché et Dieu les a transformés en singes et en porcs.
Les yahūd, peu avant la venue de notre maitre Muḥammad, ils cachaient cette histoire car elle constituait un grand déshonneur pour eux. C’est un blâme pour leurs ancêtres, une humiliation pour ce qui est arrivé à certains de leurs ancêtres. Mais Dieu les a dévoilés dans le Qur’ān honoré parce qu’Il a révélé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ce récit. Et ceci pour avertir les yahūd, afin qu’ils ne fassent pas preuve d’orgueil ni d’entêtement et pour ne pas qu’ils refusent de croire au prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Et il leur a rappelé ce qui était arrivé à leurs frères dans le village de Aylat.
Le détail de ce récit : les musulmans qui étaient les descendants de notre maitre Isrāʾīl et c’était Yaʿqūb, depuis Dāwūd et même avant lui, il leur était interdit de faire le commerce, l’industrie, la pêche, le jour du samedi. Et c’était une épreuve de la part de Dieu. On ne dit pas que c’est logique car il s’agit d’une loi ordonnée par le Créateur. Il y a une sagesse mais ce n’est pas une condition pour nous de connaitre cette sagesse. Ce sont des épreuves qui permettaient de manifester aux gens : qui applique, qui n’applique pas mais ne remet pas en cause, et qui n’applique pas et remet en cause. Et le samedi, les poissons se rapprochaient de la côte au point qu’on pouvait les attraper à la main. Les poissons avaient été inspirés qu’ils n’allaient pas être attrapés ce jour-là. Ils venaient en bancs entiers. Et les autres jours que le samedi, les poissons restaient au fond de la mer. Mais l’âme qui est maline, a un penchant que le šayṭān entraine à la désobéissance et la corruption. Un des habitants de ce village a désiré manger le poisson et le šayṭān l’a entrainé et lui a embelli cela. Cet habitant est allé au bord de l’eau et il a vu un gros poisson proche de lui ; alors il a pris une corde, a attrapé la queue du poisson et l’a attachée à un piquet. Quand le samedi est passé, il est retourné à cet endroit, a pris le poisson, l’a tué, nettoyé et l’a fait griller. L’odeur du poisson s’est propagée autour de sa maison. Ses voisins sont venus à lui et lui ont demandé s’il avait mangé du poisson. Il a nié ce qu’il avait fait. Ils ont insisté en disant : mais on sent bien l’odeur du poisson !! Alors il a dit : « non, c’est juste une peau de poisson que j’ai trouvée et je l’ai grillée ». Le samedi suivant, il a refait la même chose et quand les gens ont senti l’odeur de la grillade, ils lui ont demandé : tu as mangé du poisson. Il leur a dit : « si vous voulez, vous faites comme moi ». Souvent, la cause des péchés est la nourriture, la langue, le sexe. Si la personne ne sait pas maitriser cela, le šayṭān se joue d’elle. Ils lui ont demandé ce qu’il avait fait, il leur a expliqué et ils ont fait comme lui. Et ils se sont mis à varier les sortes de ruses : le vendredi, certains se sont mis à creuser des canaux de sorte à faciliter le passage des poissons de la mer à des petits bassins. Et ainsi ils pouvaient récupérer les poissons par la suite. Cette pratique s’est répandue et beaucoup se sont mis à faire cela. Ils en sont arrivés à faire cela au grand jour : ils pêchaient le poisson le samedi et le vendaient dans les marchés.
Alors leurs savants musulmans qui étaient des descendants de Isrāʾīl leur ont interdit de faire cela. Ils les ont menacés de recevoir un châtiment mais ces gens-là ont fait preuve d’obstination, d’entêtement, de rejet. Quant aux gens qui craignaient Dieu, ils ont dit : « on va construire un mur entre nous et ceux qui font les grands péchés, on ne veut plus avoir affaire à eux ». Et la nuit, la punition de Dieu s’est abattue sur eux : les plus jeunes d’entre eux ont été transformés en singes et les plus âgés en porcs. Comme à leur habitude, ceux qui interdisaient le mal s’étaient levés le matin pour vaquer à leurs occupations mais ils n’ont vu aucun des pervers qu’ils étaient habitués de voir. Ils furent étonnés et se sont demandés où ils étaient, car ils n’entendaient aucun son provenir de l’autre côté du mur. Alors l’un d’entre eux a posé une échelle contre le mur et il a vu quelque chose de surprenant : il a vu que les pervers étaient devenus des singes avec des queues, qui sautaient les uns sur les autres et des porcs qui émettaient un son qui était laid. Alors ils ont ouvert les portes et sont allés les voir. Chaque singe se rapprochait de son proche parent, sentait ses vêtements et se mettait à pleurer. Et l’humain lui disait : « n’est-ce -pas qu’il vous a été interdit de faire ce que vous avez fait ? » Et le singe hochait de la tête.
Avant cette transformation, il a été dit qu’ils étaient partagés en trois groupes :
- Un premier groupe qui a désobéi à Dieu et qui a péché le poisson le samedi et ce sont eux qui ont été transformés en singes et en porcs. Il a été dit qu’ils étaient 70.000 !!!
- Un deuxième groupe qui leur a interdit de faire ce qu’ils ont fait et ils se sont mis à l’écart : ils étaient environ 12.000
- Un troisième groupe qui s’est mis en retrait, qui n’a pas interdit le mal mais n’a pas désobéi. Ils ont dit au deuxième groupe : mais pourquoi vous leur interdisez puisque de toutes manières Dieu les punira et les châtiera. Car c’est ce que Dieu a réservé dans les communautés désobéissantes antérieures. Le deuxième groupe a répondu : « notre exhortation est à titre de rappel. Puissent-ils se repentir et délaisser leurs péchés ! »
Et c’est un devoir d’interdire le mal, donc le groupe qui a le plus de mérite est le deuxième groupe. Et finalement, le seul groupe qui a été anéanti fut le premier. Et Dieu a sauvé ceux qui ont interdit le mal et ceux qui n’ont pas désobéi. Et ceux qui ont été transformés ne sont pas restés vivants plus de trois jours. Durant ces trois jours, ils n’ont rien mangé, rien bu et ils ne se sont pas reproduits entre eux, ils n’ont pas eu de descendance. Ces gens-là ont constitué une source de moralité pour ceux qui sont venus après eux qui ont pris connaissance de leur histoire et pour ceux qui les ont vus.
Verset 67 : et Mūsā a dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Ce verset commence par une conjonction de coordination « wa » qui signifie « et » il commence par un rappel comme le rappel précédent « rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées », c’est comme s’il était dit : rappelez-vous lorsque Mūsā a dit à son peuple. Il en est de même pour toutes les phrases qui ont précédé : Dieu ordonne de rappeler à ces descendants des fils de Isrāʾīl plusieurs choses : il a été mentionné les grâces que Dieu a mentionnées , il a été mentionné le rappel quand ils ont été sauvés de pharaon, le rappel lorsque la mer a été séparée en douze chemins, le rappel lorsque Mūsā a invoqué pour avoir de l’eau pour son peuple, toutes ces phrases sont liées par la conjonction de coordination « waḍ-kurū » qui signifie « rappelez-vous ».
Ce rappel dans le verset 67 est lié aux rappels précédents et il est lié aux rappels qui vont venir par la suite et ça continue jusqu’à la parole de Dieu où ils ont dénigré les musulmans parce que Dieu a ordonné au prophète de changer la direction de la prière. Au début les musulmans se dirigeaient vers Jérusalem dans la prière puis Dieu a donné l’ordre au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām d’avoir comme direction pour la prière la kaʿbah. An-Nasafiyy dit : attention, c’est un rappel qui est lié aux rappels précédents et qui sera lié aux rappels ultérieurs, jusqu’au passage où il est question du changement de la qiblah.
Les exégètes ont dit que le début de ce récit est récité ultérieurement. Le récit commence quand Mūsā dit à son peuple : Dieu vous ordonne d’égorger une vache. Et pourquoi cela ? Cela va venir ultérieurement dans la récitation. C’est-à-dire que le début du récit est retardé dans la récitation.
An-Nasafiyy explique : il y avait un homme qui était fortuné qui avait été assassiné par ses cousins paternels. Il s’appelait ʿĀmīl. Ses cousins l’ont tué pour hériter de lui puis ils ont jeté son corps à la porte d’une ville et ils sont venus réclamer le prix du sang. Dans certains cas, l’assassin paye quelque chose pour compenser l’assassinat. Dieu leur a ordonné d’aller égorger une vache puis de toucher le corps du défunt avec une partie de cette vache, et il reviendra à la vie et il dira qui est son assassin. Parce qu’eux, ils ont nié avoir tué leur cousin.
Ils ont dit « est-ce-que tu te moques de nous ? ». Il a dit « je demande à ce que Dieu me préserve de pareil comportement ». C’est-à-dire « je demande à Dieu qu’Il me préserve d’être parmi ceux qui font des choses absurdement ». Il y a ici une allusion comme quoi ce sont eux qui font les choses absurdement. Mūsā leur dit qu’il leur transmet ce que son Seigneur lui ordonne de vous transmettre.
Verset 68 : ils ont dit : invoque ton Seigneur pour savoir de quelle vache il s’agit. Ils ont dit « mā hiya » ce qui signifie « quelle est-elle ? » et non pas « comment est-elle ? ». Ils savaient qu’il s’agissait d’une vache. Il se peut que le mot « mā » ait le sens de « comment », même si à l’origine, cela signifie « quel ». C’est-à-dire « quelles sont ses caractéristiques ? » Pourquoi ont-ils posé cette question ? Parce qu’ils étaient surpris : comment se peut-il que le fait de toucher le corps d’un homme mort avec le corps d’une vache morte après avoir été égorgée, va le faire revenir à la vie ? Donc ils ont dit : quelle est la caractéristique de cette vache si étonnante qui permet de faire cela ?
Mūsā a dit : Dieu vous dit que c’est une vache qui n’est pas d’un âge avancé. Le mot « fāriḍ » est un mot qui n’est pas utilisé dans le langage courant : il signifie âgé.
Elle n’est pas jeune mais elle est d’un âge intermédiaire. « Entre cela » et non pas « entre les deux » : et le terme « bayna ḏālik » exprime que son âge est situé entre les deux bornes. Il a cité un exemple d’usage (par ʿUbaydah) où il est cité « entre les deux » et non pas « entre cela ».
Faites ce que vous avez reçu l’ordre de faire.
Verset 69 : ils ont dit invoque donc ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est sa couleur. Ils ne se sont pas suffi de l’âge mais ils ont demandé sa couleur.
Il (Mūsā) leur a dit : il s’agit d’une vache qui est de couleur jaune intense. Le terme « fāqiʿ » est employé dans une tournure qui indique combien ce jaune était intense.
Qui plait au regard. Tellement cette vache est belle qu’elle réjouit le regard de celui qui la voit. Le terme « tasourrou » signifie une réjouissance dans le cœur quand un plaisir ou une chose utile arrive ou bien quand on s’attend à ce qu’il se produise. Celui qui voit cette chose est apaisé. Cette vache qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger a une couleur qui calme le regard, qui plait au regard de celui qui la voit.
ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « celui qui porte des chaussures ou des sandales de couleur jaune sera soulagé et n’aura pas beaucoup de tourments, son cœur sera soulagé et ses tourments seront allégés. Et cela en raison de ce verset car cette vache a une couleur qui est agréable au regard ».
Verset 70 : ils dirent : invoque ton Seigneur pour qu’Il nous indique quelle est cette vache. Avec toutes leurs questions, cela montre qu’ils ne se sont pas empressés d’obéir à Dieu. Ils ont répété leurs questionnements pour en savoir plus à propos de cette vache et pour avoir plus de précision sur sa description.
Notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : si, dès le départ, ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant ». Mais comme ils ont insisté, ils se sont rendus la chose difficile, alors l’ordre est devenu encore plus difficile. Parfois, quand certaines choses ne sont pas mentionnées, on peut prendre la facilité. Et le fait de beaucoup questionner sans que ce soit justifié, ce n’est pas louable. Par exemple, on sait que concernant la viande, c’est interdit d’en manger avec le doute. Mais pour autre que la viande, comme un bonbon par exemple, on peut manger avec le doute.
Rappel : les ordres et les interdits sont des épreuves de la part de Dieu. C’est sûr qu’être scrupuleux et précautionneux, c’est mieux. Mais dans certains cas, Dieu a autorisé certaines choses, non pas par oubli, mais par miséricorde.
Eux, se sont compliqués la chose, et l’ordre est devenu difficile.
Les vaches se ressemblent. On n’a pas su laquelle égorger. Les vaches qui sont d’un âge intermédiaire, de couleur jaune, elles sont nombreuses.
Et certainement si Dieu le veut, nous y parviendrons. C’est-à-dire : soit nous parviendrons à la vache qu’il faut égorger, soit nous parviendrons à connaitre ce que nous ne connaissons pas, à savoir qui est l’assassin. Et dans le ḥadīṯ : « et s’ils n’avaient pas dit « si Dieu le veut », alors ils n’auraient pas su quelle était cette vache ». Rapporté par aṬ-Ṭabariyy mais il n’est pas confirmé.
Verset 71 : Il (Mūsā) dit qu’Il (Dieu) dit que c’est une vache qui n’est pas employée pour le labour. Ce n’est pas une vache que son propriétaire utilise pour labourer la terre.
Ni pour l’irrigation. C’est-à-dire pour puiser de l’eau et la ramener.
Epargnée de défaut et elle est libre de toute tâche : elle n’est utilisée pour aucune tâche
Elle est totalement jaune : il n’y a pas d’autre couleur avec le jaune. Même ses cornes et ses sabots sont jaunes. Sa robe est jaune uniformément.
Ils ont dit maintenant tu nous as donné des caractéristiques suffisantes : tu nous as donné une description telle qu’il n’y a plus de confusion possible. Nous savons de quelle vache il s’agit.
Ils l’ont égorgée. Ils ont trouvé la vache qui réunissait toutes les caractéristiques précédemment indiquées et ils l’ont égorgée.
Et ils ont eu du mal à l’égorger. Une explication est que son propriétaire a demandé un prix très élevé. Deuxième explication : ils avaient peur du scandale car cette vache allait être une cause pour la résurrection de celui qu’ils avaient assassiné. Il allait les désigner. C’est pour cela qu’ils ont failli ne pas le faire.
Il a été rapporté que parmi les descendants d’Isrāʾīl il y avait un vieil homme vertueux qui avait une génisse. Il a dit : « ô Allāh je Te confie cette génisse jusqu’à ce que mon fils grandisse ». Et son fils était bienfaisant envers ses parents. La génisse a grandi et elle était parmi les plus grasses et les plus belles. Et c’était cette vache-là qui remplissait les caractéristiques et qui devait être égorgée. Ils ont négocié le prix avec l’orphelin et sa mère jusqu’à payer le prix de toute la peau en or. Alors que les vaches à cette époque valaient trois dinars d’or, c’est-à-dire environ quatre grammes d’or par pièce donc un total de douze grammes d’or. Cette vache avait donc coûté extrêmement cher. Ils avaient recherché cette vache pendant quarante ans.
Verset 72 : et (rappelez-vous) lorsque vous avez tué quelqu’un (car l’ordre qu’ils avaient reçu d’égorger la vache leur était venu avant la raison pour laquelle ils devaient l’égorger). Ils ont été mentionnés par le pronom « vous » parce que l’assassin était l’un d’entre eux.
Et vous vous êtes accusés les uns les autres : vous ne savez pas qui a tué cette personne et vous vous êtes jetés l’accusation les uns les autres.
Et Allāh manifeste ce que vous dissimuliez : vous cachiez la personne qui a tué, mais Dieu fait manifester sans aucun doute la vérité que vous dissimuliez au sujet de cet assassinat. Dieu fait que ça ne sera pas quelque chose qui reste inconnu.
Verset 73 : et Nous avons dit frappez-le avec une partie de la vache. Le pronom « le » se rapporte à la victime. Quant à la partie de la vache : selon une explication, c’est la langue. Selon une autre explication c’est le jarret droit ou alors la queue. Le sens est qu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné puis il est revenu à la vie.
C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts. Donc cette personne est revenue à la vie. On comprend cela même si cela n’a pas été cité. Il a été rapporté que lorsqu’ils ont frappé le corps de celui qui a été assassiné, avec une partie de la vache, il est revenu à la vie et il a cité les deux personnes qui l’avaient assassiné et qui étaient deux de ses cousins. Puis il est redevenu mort comme il était auparavant. C’est alors qu’ils ont été attrapés et ils ont été exécutés. Et depuis cet évènement, aucun assassin n’hérite de la victime même s’il fait partie de sa famille.
Cette parole « C’est ainsi que Dieu ressuscite les morts » est adressée : soit à ceux qui renient la résurrection des morts au jour du jugement parmi les contemporains de notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Soit à ceux qui étaient à l’époque de la victime. C’est comme si la parole signifiait : voilà comment Dieu ressuscite les morts.
Et Il vous indique Ses signes : c’est-à-dire les signes que Dieu est sur toute chose tout puissant. Les signes sont les preuves.
Puissiez–vous méditer : puissiez-vous raisonner et agir conformément à ce qu’implique la raison. C’est que celui qui a la toute-puissance pour ressusciter une seule personne, il est capable de ressusciter tout le monde. Dieu Qui est tout puissant à ressusciter une personne est tout puissant à ressusciter tous les morts au jour du jugement. Parce que rien n’a spécifié Sa puissance à ressusciter cette personne-là et pas les autres. Donc si Dieu est tout puissant pour ressusciter une personne Il est tout puissant à ressusciter tous les autres. Ceci nous pousse et nous incite à travailler pour améliorer notre réflexion et notre déduction.
Et la sagesse dans le fait d’ordonner d’égorger cette vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache (même si Dieu est tout puissant à ressusciter cet homme sans que ce soit par l’intermédiaire de cette vache) c’est pour nous indiquer qu’il est bien de faire une offrande avant une demande. La vache était une offrande à Dieu avant de Lui demander de ressusciter le mort.
- C’est pour nous enseigner le fait d’offrir avant de demander.
- Et pour enseigner à Ses esclaves également de délaisser l’excès de rigueur dans les choses. La rigueur est louable mais c’est son excès qui est blâmable. Dans cette histoire, s’ils avaient égorgé n’importe quelle vache, cela aurait été suffisant. Mais eux, ils ont fait de l’excès de zèle, et la réponse est venue en fonction de leur exagération dans leur questionnement. Donc il est requis d’obtempérer suite aux ordres reçus sans demander trop de détails. S’empresser d’obéir sans trop de questionnement.
Il a été dit qu’ils ont reçu l’ordre d’égorger une vache et non pas un autre animal, parce que dans leurs lois, c’était la meilleure offrande ; et aussi parce que certains d’entre eux s’étaient mis à adorer un veau. Il leur a été ordonné d’égorger un animal du même genre que ce qu’eux, avaient adoré et ceci, pour rendre encore plus méprisable ce qu’ils avaient adoré au lieu d’adorer Dieu.
Rappel : il leur avait ordonné d’égorger une vache ; et la raison pour laquelle ils devaient l’égorger a été citée après. Entre-temps, ils avaient posé toutes leurs questions. Si quelqu’un demande pourquoi les faits n’ont pas été cités dans l’ordre chronologique dans le verset, c’est-à-dire : l’assassinat de l’homme puis de frapper son corps avec une partie d’une vache puis d’égorger une vache. Alors que dans le verset il est cité d’abord la mention d’égorger la vache puis la mention de celui qui a été assassiné puis la mention de le frapper pour qu’il revienne à la vie afin qu’il cite le nom de ses assassins.
Allāh taʿālā nous a relaté plusieurs récits des descendants de Isrāʾīl pour indiquer le grand nombre de crimes qu’ils avaient commis. Dans ce verset, l’ordre est inversé pour montrer qu’il s’agit de trois évènements différents. Et c’est pour insister sur la menace et le blâme à leur encontre. Dieu les a blâmés pour cela :
- Au lieu d’exécuter l’ordre et d’égorger n’importe quelle vache, ils ont rallongé la durée
- Ils ont tué quelqu’un
- Ils ont été dénoncés par leur victime et ils ont été exécutés
Ces deux récits sont liés mais chacun comporte un certain blâme. Le premier récit où ils demandent les caractéristiques de la vache comporte un blâme parce qu’ils se sont moqués et ils ne se sont pas empressés d’obéir, en posant toutes leurs questions au sujet de la vache. Le deuxième récit constitue un blâme pour avoir assassiné quelqu’un. Le récit suivant est la résurrection d’un mort qui indique la toute-puissance de Dieu à ressusciter les morts. Donc ces trois récits peuvent être indépendants et constituent un blâme.
Le récit de l’ordre d’égorger la vache a été cité avant la mention de l’assassinat, mais si la mention de l’assassinat avait été mentionnée avant, cela aurait constitué un seul récit. Alors que de cette manière, il y a un double blâme. Il y a une subtilité dans la langue arabe : c’est qu’il a été dit « frappez-le avec une de SES parties ». « Ses » est un pronom qui se rapporte à la vache, donc même si la mention de l’assassinat et l’ordre de frapper le corps de la victime avec une partie de la vache a été cité en second lieu, mais il y a ce petit détail qui indique que c’est le même récit ; « ses » parties. Il n’a pas été dit « frappez-le avec une partie d’une vache » ; la vache a déjà été mentionnée dans la première partie du verset. En définitive, même si les deux parties du récit ont été citées dans un ordre chronologique inverse, ce qui a été cité en second lieu fait référence à ce qui a été cité en premier lieu, il s’agit bien d’un même récit mais il y a eu deux blâmes. Et la sagesse réside dans ce fait : c’est pour dire qu’il y a deux blâmes même s’il y a un seul récit.
Et il a été dit que ce récit indique que celui qui veut avoir son cœur éveillé par le « mušāhaddāt » : c’est un terme utilisé par les soufis qui indique un sentiment dans le cœur que c’est Dieu le Créateur de toute chose. Si quelqu’un fait une chose, en réalité, c’est Dieu Qui crée cet acte chez cette personne. Celui qui veut atteindre cet état a besoin de combattre ses passions, d’aller à l’opposé des penchants de son âme. Et ceci est un exercice très difficile.
Histoire : il y avait parmi les fils d’Isrāʾīl un homme riche. Son neveu était très attaché à l’argent, au point d’être obnubilé par l’argent. Il s’est mis à réfléchir au moyen d’obtenir la fortune de son oncle paternel. Alors il l’a tué. Il a maquillé le crime : il a déposé le corps de la victime devant la maison de gens qui n’avaient rien à voir. Il les a accusés du meurtre et eux, se sont révoltés en clamant leur innocence. D’autre part, le clan du meurtrier s’est révolté également car ils ne savaient pas que c’était le neveu qui avait fait cela ; il a même failli avoir un conflit entre les deux clans. Alors certains ont dit : « il y a parmi nous le prophète de Dieu. Allons le voir, il va nous indiquer comment faire ». Ils ont informé Mūsā ʿalayhi s-salām du récit. Allāh a révélé à Mouuçaa de leur dire d’égorger une vache puis de frapper le corps du défunt avec une partie de cette vache. Ils ont fait cela. Allāh a fait ressusciter le mort qui a parlé et a dit que c’était son neveu qui l’avait tué.
L’amour de l’argent entraine à cela et pire que cela. Vous trouvez des familles qui s’entretuent à cause d’un héritage constitué de murs et de terres et d’argent. Le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a recommandé que le musulman ne regarde pas celui qui a plus d’argent que lui mais qu’il regarde plutôt celui qui a moins que lui.
Et la louange est à Allāh Dont les grâces ne sont pas énumérées. Et il y a des grâces visibles et des grâces que nous ne voyons pas. Par exemple, les ǧinn, nous ne les voyons pas quand ils nous attaquent et pourtant, Dieu a fait qu’il y a des anges qui nous protègent. On ne se rend même pas compte de cela et on échappe à leur nuisance. Et il y a des grâces qui sont visibles : on se lève, on a de quoi manger, dormir, se vêtir. Les grâces que Dieu nous accorde sont multiples et que Dieu honore et élève davantage en degrés notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et la plus grande des grâces c’est la grâce de l’islam. Celui qui a eu la grâce de l’islam a eu un bienfait éminent. Et le plus éminent des sujets de l’islam est de connaitre la croyance conformément à ses fondements.
Verset 74 : Puis vos cœurs se sont endurcis après cela. Ibnu l-Ǧawziyy a expliqué dans son exégèse : Ibrāhīm, le fils de aṢ-Ṣāriyy a dit « qasat » dans la langue signifie que vos cœurs sont devenus durs et la dureté du cœur est une image qui indique le manque de douceur et de miséricorde dans le cœur et le manque de crainte.
Vos cœurs sont devenus comme de la pierre. Après ce qui, normalement, adoucit les cœurs. Mais leurs cœurs se sont endurcis après ce qui aurait dû les adoucir. Leurs cœurs ont refusé l’exhortation. Malgré ce qu’ils ont vu, leurs cœurs ont refusé de tirer les moralités. Après la résurrection de cette victime ou après tous les signes qu’ils ont vus.
Ou encore plus dur que la pierre. Celui qui aura connu l’état de leurs cœurs les aura comparés à de la pierre ou à une substance qui est encore plus dure que la pierre comme le fer.
Or il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir des fleuves d’eau. Tout cela pour indiquer combien leurs cœurs sont devenus très durs. Même parmi les pierres, il y en a qui laissent jaillir des fleuves d’eau.
Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent et qui laissent jaillir de l’eau. Le terme cité ici est « yaš-šaqqaqu » pour indiquer le fait de se fissurer. A l’origine c’était « yatašaqqaqu » mais il y a une fusion entre les lettres tāʾ et šīn et le mot devient « yaš-šaqqaqu ». C’est-à-dire qu’il y a parmi les pierres celles qui ont des grandes fissures par lesquelles il y a de l’eau qui coule en grande quantité. Et il y a parmi les pierres celles qui se fissurent en longueur ou en largeur. Et l’eau jaillit à partir de la pierre également. Tandis que leurs cœurs sont durs, ils ne sont pas touchés par l’exhortation.
Il y a parmi elles (les pierres) celles qui tombent par crainte de Dieu.
Il a été dit que c’est un sens figuré qui indique que ces pierres sont soumises à la volonté de Dieu et à l’ordre de Dieu et que les pierres ne s’abstiennent pas de ce que Dieu a voulu qu’il leur arrive. Dieu a voulu qu’elles chutent et elles chutent. Alors que les cœurs de ces gens-là ne sont pas soumis à Dieu. Ils ne font pas ce que Dieu leur a ordonné.
Il a été dit que c’est un sens propre : il y a des rochers qui étaient en haut des montagnes et Dieu crée en eux un discernement et une vie et ils tombent par crainte de Dieu. Pour faire suite à cette explication, ce n’est pas une condition pour la création de la vie et du discernement dans un corps, que ce corps ait un aspect particulier, selon les sunnites. C’est conformément à cette explication que nous comprenons le verset de sūratu l-ḥašr qui signifie : « si Nous avions révélé ce Qur’ān sur une montagne, tu la verrais fissurée, emplie de crainte envers Dieu ». C’est-à-dire que Dieu, s’Il veut, Il crée la vie dans des objets inanimés. Dieu énumère qu’il y a parmi les pierres celles qui se fissurent, celles qui laissent couler de l’eau sous forme de rivières, celles qui laissent couler de l’eau en quantités, celles qui tombent par crainte de Dieu. Et eux, leurs cœurs sont durs, ils n’ont pas de crainte de Dieu.
Et le chaykh que Dieu lui fasse miséricorde, a dit que l’avis qui est correct, est que Dieu a créé dans ces pierres la crainte de Dieu, véritable. Dieu crée la perception sensorielle dans des objets inanimés. Certains objets, Dieu crée en eux un ressenti et une crainte. Mais les humains n’entendent pas le tasbīḥ des objets inanimés. Par exemple, on peut citer l’exemple des cailloux qui faisaient le tasbīḥ. Habituellement, les humains ne l’entendent pas, sauf les gens qui ont un degré particulier et que Dieu spécifie par cela et ceux pour lesquels Il a voulu cela ; ce n’est pas une condition que ce soit un saint.
Ce qui témoigne de cela est ce qui est arrivé à Abū Muslim Al-H̱awlāniyy que Allāh l’agrée. Il avait une subḥah à la main ; quand il s’est assoupi, il a trouvé sa subḥah qui tournait toute seule dans sa main et elle disait ce qui signifie : « Ô Allāh, Tu es exempt d’imperfection Toi Qui fais pousser les plantes et Tu es Celui dont l’existence n’a pas de fin ». Ceci est un prodige qui est arrivé à ce saint. Et « dāʾiman ṯ-ṯabāt » ne signifie pas que Dieu est Celui Qui ne bouge pas, parce que le mouvement et l’immobilité sont des caractéristiques de corps et Dieu n’est pas un corps.
Les caractéristiques des corps sont nombreuses comme le mouvement, l’immobilité, le fait d’être en contact, d’être séparé, de se réunir, la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le changement d’une caractéristique à une autre, la diminution, l’augmentation. Les corps changent et les caractéristiques des corps changent également. L’être humain a un corps avec des caractéristiques ; une science, une puissance, une volonté. Et ses caractéristiques changent, elles augmentent et elles diminuent. Elles sont entrées en existence. Elles ne sont pas éternelles. Notre corps a un début donc nos caractéristiques changent. Dieu est exempt de tout cela. Dieu n’est pas un corps et Il n’a pas les caractéristiques des corps. Le corps a deux catégories : les corps palpables que l’on peut saisir avec la main comme la pierre et les corps impalpables que l’on ne peut pas saisir avec la main comme l’obscurité. Ils sont entrés en existence. Dieu leur a donné l’existence après leur inexistence. Également les caractéristiques des corps sont entrées en existence. La connaissance de l’être humain augmente et diminue au point que quelqu’un peut perdre toutes ses connaissances. Quant à Dieu, Il n’est pas un corps et Il ne change pas. Il ne passe pas d’un état à un autre. La volonté de Dieu ne change pas. La croyance en l’unicité est de faire l’absolue différence entre le Créateur Qui ne change pas et la créature qui change.
Et Allāh, il ne Lui échappe pas ce que vous faites. Ici ce n’est pas une simple information, mais c’est une menace de châtiment ; c’est-à-dire : attention, ce que vous faites sera comptabilisé, il n’échappe pas à Dieu ce que vous faites.
Verset 75 : est-ce -que vous espérez donc (parole adressée au Messager de Dieu et aux croyants).
Qu’ils croient : c’est-à-dire à votre appel et qu’ils répondent à votre appel
Alors qu’il y avait un groupe d’entre eux c’est-à-dire leurs prédécesseurs
Ils entendaient la parole de Dieu : il s’agit ici de la Torah.
Ensuite ils la déformaient : ils ont falsifié la description du Messager de Dieu puisque dans la Torah d’origine, la venue du Messager de Dieu avec sa description était mentionnée. Et ils ont falsifié les jugements concernant l’adultère. Car celui qui avait commis la fornication tout en ayant consommé auparavant un mariage valable subissait la lapidation, dans la Torah. Mais eux, ils ont renié ce jugement et ils ont appliqué un autre jugement. Alors qu’une partie d’entre eux avaient entendu la Torah et ils l’avaient falsifiée.
Après l’avoir bien comprise, il ne s’agissait pas d’une mauvaise compréhension de leur part.
Et eux, ils savent. Que ce sont des menteurs, des calomniateurs. Ils faisaient cela en connaissance de cause. Ce n’était pas par ignorance.
Le sens du verset 75 est que, si ceux à qui vous vous adressez pour les appeler à l’islam, refusent l’appel à l’islam et font preuve de mécréance, il y a eu parmi leurs prédécesseurs ceux qui avaient refusé l’appel à l’islam et qui avaient fait preuve de mécréance. C’est-à-dire qu’il y a une antériorité à cela. Vous êtes confrontés à ce comportement de la part de ceux qui refusent l’islam, qui altèrent les textes. Sachez qu’avant eux, leurs prédécesseurs avaient agi de la même manière.
Verset 76 : et lorsqu’ils (ce sont soit les hypocrites soit les yahūd) rencontraient ceux qui sont sincères et véridiques parmi les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām. Quand ces hypocrites rencontraient les compagnons du prophète,
Ils leur disaient : nous avons cru (que vous êtes sur la vérité et que Muḥammad est l’envoyé dont l’annonce a été faite).
Et lorsqu’ils se retrouvaient seuls à seuls avec eux c’est-à-dire lorsque ceux qui n’ont pas été hypocrites et qui déclaraient leur mécréance retrouvaient les autres c’est-à-dire ceux qui étaient hypocrites,
Ils leur disaient (à titre de reproche) :
Est-ce que vous les informez (les compagnons de Muḥammad ʿalayhi s-salām) de ce que Dieu vous a accordé comme connaissance ? C’est-à-dire de ce que Dieu vous a indiqué dans la Torah en tant que description de Muḥammad ʿalayhi s-salām.
Pour qu’ils retiennent ce que vous leur dites comme argument contre vous au jour du jugement ? Regardez leur stupidité. Ils leur disaient : comment informez-vous les compagnons de Muḥammad qu’effectivement Dieu a décrit Muḥammad dans la Torah ? Parce que si vous leur dites cela, ils vont avoir un argument contre vous au jour du jugement. Vous considérez que les compagnons de Muḥammad vont débattre avec vous au jour du jugement et qu’ils vont vous dire : vous n’avez pas voulu croire au Prophète Muḥammad alors que vous aviez su qu’il était décrit dans votre Livre. Et donc ils vont retenir cet argument contre vous au jour du jugement. Et ce sont les mécréants qui déclaraient leur mécréance parmi les yahūd qui ont dit cela aux hypocrites.
afalā taʿqilūn
Verset 77 : ne savent-ils donc pas que Dieu sait ce qu’ils disent en cachette et ce qu’ils disent au grand jour. Dieu sait tout ce qu’ils disent à voix basse et ce qu’ils montrent au grand jour, c’est-à-dire le fait qu’ils cachent leur mécréance et qu’ils montrent au grand jour leur foi.
Verset 78 : et il y a parmi eux (les yahūd) ceux qui ne savent pas écrire Et « al-ummiyyu » est celui qui ne sait ni lire ni écrire.
Qui ne connaissent pas le Livre c’est-à-dire la Torah.
Et ils ne prennent que ce qu’ils souhaitent : comme le fait que Dieu leur pardonne ou leur fasse miséricorde, que le feu ne les touche que quelques jours seulement. Ou ils ne savent que des mensonges montés de toutes pièces, fomentés par leurs prétendus savants. Et ils les ont acceptés par imitation
Alors qu’en réalité ce ne sont que des conjectures. Ce ne sont que des idées dans leur têtes, qui ne sont pas fondées ; ils ne savent pas ce qu’il y a dans la Torah comme annonce du statut de prophète de Muḥammad et ils renient cela par simple conjecture. (Hypothèse).
Verset 79 : et malheur. Ibnu Ḥibbān a cité que « al-wayl » est une valléeen enfer qui a une profondeur de quarante automnes.
A ceux qui écrivent le Livre (falsifié) de leurs mains. Ici « de leurs mains » indique une insistance, c’est un sens figuré qui montre une insistance, que c’est bien eux qui l’ont fait. Ils écrivent le livre falsifié.
Puis ils disent que c’est ce que Dieu a révélé. Ceci pour le vendre et avoir un peu d’argent.
Et malheur à ceux pour ce qu’ils ont écrit de leurs mains et wayl à eux pour ce qu’ils ont acquis comme soudoiement. Ils se sont faits payer pour altérer et changer le Livre révélé. (La Torah).
Ce verset a été révélé à propos des gens du Livre. Ils sont appelés les gens du Livre parce qu’ils disent suivre un livre, ils prétendent suivre un livre. Mais ce livre est falsifié. Ils s’appellent gens du livre et ils s’appellent également mécréants. Il y a un verset qui signifie : « ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en Dieu ? » Dieu les a appelés gens du Livre et Il les a appelés mécréants également. Donc ce verset a été descendu à propos des gens du Livre qui ont modifié et altéré la Torah et qui ont changé la description du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ceci est l’explication de Ibnu ʿAbbās et de Qatāda.
Et Az-Zaǧǧāǧ a dit que le mot « al-wayl » est un mot que les Arabes utilisent pour tous ceux qui sont allés à leur propre perte. Et celui qui est dans une épreuve dit cela également.
Et à l’origine, dans la langue le mot « wayl » signifie le châtiment et la perdition.
Les savants ont dit qu’il y a dans ces versets 78 et 79 ceux qui se sont entêtés en ayant falsifié le Livre, en connaissance de cause. Eux savaient ce qui était correct et ils ont falsifié le Livre. Et il y a ceux qui les ont suivis parmi les gens du commun. Ils n’avaient pas de connaissance du Livre et ils les ont suivis par imitation dans leur égarement.
Verset 80 : ils ont dit le feu de l’enfer, nous n’y resterons que quelques jours.
Selon eux, c’était pendant quarante jours qui correspond à la durée pendant laquelle ils se sont mis à adorer le veau. Ils ont dit : « nous sommes un peuple élu, notre châtiment en enfer ne durera que quarante jours pour nous ».
Et il y a une autre explication d’après Muǧāhid que Dieu l’agrée : ils ont dit que le bas monde dure 7.000 années et qu’eux seront châtiés un jour pour chaque mille années, donc selon eux, ils seront châtiés sept jours.
Dis -leur (ô Muḥammad) est-ce que Dieu S’est engagé à ne vous châtier que cette durée-là uniquement ?
Auquel cas Dieu ne manque pas à Sa promesse : c’est-à-dire que si Dieu vous a promis cela, Il ne manque pas à Sa promesse
Ou alors vous dites au sujet de Dieu ce que vous ne savez pas. C’est-à-dire que vous prétendez des choses que vous ne connaissez pas au sujet de Dieu.
Verset 81 : ah que si ! On emploie balaa pour dire « ah que si » après une négation. C’est une confirmation qui vient après une négation. Ici, ils ont nié que le feu les touchera.
Celui qui acquiert une mauvaise œuvre. Ibnu ʿAbbāsa dit que la mauvaise œuvre dont il est question ici est une association à Dieu, c’est-à-dire une mécréance. Et Muǧāhid a expliqué également comme cela.
Ses péchés l’ont entouré de toutes parts. C’est-à-dire qu’il n’a plus aucune issue pour être sauvé, c’est-à-dire qu’il est mort sur sa mécréance, il est mort sur son association à Dieu. Tandis que celui qui est mort croyant, il aura accompli le plus éminent des actes d’obéissance et c’est la foi en Dieu et en Son Messager. Et ses mauvaises actions ne vont pas l’englober de toutes parts. Il n’est donc pas concerné par ce texte. Par cette explication, il y a une annulation de l’attachement des moutazilites et des khawarij au sens apparent de ce texte-là. (Ils disent que celui qui meurt chargé d’un péché va en enfer et les moutazilites ont même innové en disant que celui qui commet un péché restera éternellement en enfer et on ne l’appelle, ni croyant ni mécréant mais il a un statut entre les deux). Or ce verset parle de celui qui est noyé dans ses péchés, en plus d’être mécréant.
Et il a été dit que le sens de ce verset 81 est que ses péchés se sont emparés de lui tout comme un ennemi s’empare de sa proie et qu’il n’a pas pu échapper à ses péchés par le repentir.
Ce sont eux les gens de l’enfer qui y resteront éternellement. Les moutazilites disent : ça c’est la preuve que même s’il était croyant, il va rester éternellement en enfer. Les savants ont dit : il était mécréant et en plus, il était déjà mécréant. Quant aux ẖawāriǧ, ce sont ceux qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent un péché. Leurs héritiers actuellement sont ceux qui suivent Sayyid Qutub.
Verset 82 : et ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, ceux-là seront les gens qui iront au paradis. Ils y resteront éternellement.
Verset 83 : et Nous avons l’engagement et la promesse des descendants d’Israa’iil, de n’adorer que Dieu. Allāh a pris des descendants d’Isrāʾīl la promesse de n’adorer que Dieu. La forme de construction de la phrase se présente comme une information mais en réalité c’est un ordre. Cela signifie : « n’adorez que Dieu ». C’est une forme qui est beaucoup plus explicite dans l’ordre et dans l’interdiction. L’obéissance à cette information a été rapide puisque c’est comme si on informe de quelque chose qui est déjà réalisé.
Et ce qui renforce cette explication, c’est une autre récitation (celle de Ubay) où il ne dit pas « lā taʿbudūna » mais il dit « lā taʿbudū » parce que « lā taʿbudūna » est une forme affirmative alors que « lā taʿbudū » est un ordre. Donc cette deuxième récitation confirme le sens donné à la première récitation.
Et il y a une autre récitation où il est récité « lā yaʿbudūna ». Et c’est le même sens que précédemment.
Et soyez bienfaisants envers vos parents. Cette phrase est subordonnée à la précédente.
Et agissez-en bien avec les proches parents et avec les orphelins. L’orphelin est celui qui a perdu son père alors qu’il n’a pas atteint la puberté. Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans un ḥadīṯ rapporté par abū Dāwūd ce qui signifie : « on n’appelle plus l’enfant, orphelin, à partir de la puberté ».
Et envers les pauvres : celui qui est dans le besoin.
Et dites aux gens de belles paroles : quand vous parlez, dites des paroles qui sont belles en soi.
Accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat mais vous n’avez pas tenu vos engagements.
Ce verset s’adresse aux descendants des fils d’Isrāʾīl qui n’ont pas respecté l’engagement qu’ils avaient pris.
Excepté un faible nombre d’entre vous. Et il a été dit qu’il s’agit de ceux qui étaient croyants parmi les descendants des fils d’Isrāʾīl.
Et vous vous détournez. Vous êtes des gens qui se détournent c’est-à-dire qui ont l’habitude de ne pas tenir leurs promesses.
Verset 84 : et Nous vous avons fait promettre de ne pas vous entretuer et de ne pas vous chasser les uns les autres de vos lieux de résidence. C’est-à-dire de faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit de sorte à ce que vous vous chassiez les uns les autres. Le mot « anfusakum » signifie vous-mêmes. An-Nasafī a considéré qu’autre que la personne, c’était comme si c’était elle-même. Et ceci a lieu quand il y a un lien entre elles, soit un lien d’origine parce qu’ils sont des descendants d’Isrāʾīl, soit un lien de religion. Et il a été dit que si quelqu’un tue quelqu’un d’autre, c’est comme s’il s’était tué lui-même puisqu’il va y avoir l’application de la loi du talion et qu’il sera exécuté pour ce meurtre.
Ibnu l-Ǧawziyy a donné une explication pour ce verset 84 : ne faites pas de conflits qui mènent à l’effusion du sang et ne vous chassez pas les uns les autres de vos lieux de résidence pour prendre les villes des autres. Rapporté de Ibnu ʿAbbās
Aṣ-Ṣuddiyy a rapporté d’après son šayẖ qu’il a dit que la tribu de Qurayḍah (qui vient des descendants d’Isrāʾīl) était alliée de la tribu de al-Aws (qui est une des deux principales tribus arabes de Médine) et la tribu d’an-naḍīr (qui était descendant d’Isrāʾīl) était alliée à la tribu des H̱azraǧ (qui était la deuxième tribu de Médine). Donc les gens de Qurayḍah combattaient leurs cousins d’an-naḍīr. Les vainqueurs prenaient le butin avec des prisonniers et les vaincus payaient une rançon pour récupérer leurs soldats. Alors les Arabes se moquaient d’eux, ils leur disaient : comment vous les combattez et après, vous payez une rançon pour les libérer. Alors ils disent : nous avons reçu l’ordre de les libérer et il nous a été interdit de les tuer. C’est-à-dire que quand on fait un prisonnier, on a reçu l’ordre d’accepter la rançon pour le libérer mais on ne le tue pas. Les Arabes leur ont dit : mais alors pourquoi vous combattez-vous ? Ils ont dit : nous ne voulons pas que nos alliés soient humiliés. Donc c’était leur alliance qui les amenait à se combattre les uns les autres.
Allāh les a rabaissés par Sa parole qui signifie « vous vous tuez vous-mêmes et vous vous faites sortir de vos maisons » jusqu’à la parole qui signifie » croyez-vous donc en une partie du Livre et vous ne croyez pas en une autre partie ». C’était le cas des descendants d’Isrāʾīl, ils croyaient en une partie de la Torah et ne croyaient pas en une autre. La partie en laquelle ils croyaient était « et payez une rançon pour récupérer les prisonniers ». Et la partie en laquelle ils n’avaient pas cru était l’interdiction de se combattre.
Puis vous avez reconnu la promesse qui a été retenue de votre part : c’est-à-dire que vous avez reconnu que vous deviez tenir vos engagements.
Et vous en êtes témoins : c’est-à-dire si on dit que quelqu’un avoue certaines choses et il est témoin de son aveu. Ou alors cela veut dire : vous êtes témoins, vous autres yahouud descendants d’Isrāʾīl de la reconnaissance de vos prédécesseurs qui ont reconnu cet engagement.
Verset 85 : et après (cette promesse et cet engagement) vous vous entretuez (malgré cela) et vous vous chassez les uns les autres de vos résidences. Vous vous entraidez les uns les autres pour cela. Le verbe « taẓāharūna » signifie vous vous adossez, c’est comme si quelqu’un prend appui sur le dos d’un autre pour avoir plus de force pour pousser quelque chose. C’est un sens figuré pour dire que vous vous entraidez les uns contre les autres.
En faisant preuve de péché et d’injustice.
Et si vous faites des prisonniers, vous acceptez la rançon. Ils acceptent de l’argent pour libérer quelqu’un.
Alors que cela est interdit pour vous de faire sortir les gens pour les tuer. Allāh dénonce leurs agissements en leur disant : est-ce que vous croyez donc en des parties du Livre à savoir la libération des prisonniers moyennant une rançon et vous ne croyez pas en une partie du Livre à savoir l’interdiction de combattre et de chasser les gens de chez eux. Aṣ-Ṣuddiyy a dit : Dieu a pris d’eux quatre engagements : de ne pas s’entretuer, de ne pas se chasser les uns les autres, de ne pas faire des alliances entre eux contre d’autres, l’obligation de payer la rançon pour libérer un prisonnier. Ils se sont détournés de tout, hormis le paiement de la rançon.
Quelle sera alors la rétribution de celui d’entre vous qui fait cela ? Cela fait référence au fait de croire en une partie du Livre et de ne pas croire en une autre partie du Livre. Ici c’est une menace.
Si ce n’est une humiliation dans le bas-monde. Allāh le dévoilera, ce sera un scandale pour lui et il sera humilié.
Et au jour du jugement, ils seront ramenés au pire des châtiments. C’est-à-dire un châtiment qui ne comporte ni repos, ni joie ou bien un châtiment qui est pire que le châtiment du bas monde.
Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allāh. Allāh sait tout ce que vous faites.
Verset 86 : ceux qui ont acheté le bas monde en payant l’au-delà c’est-à-dire qu’ils ont préféré le bas-monde au détriment de l’au-delà, comme quelqu’un qui achète quelque chose, il a le prix dans sa main mais il va donner ce prix pour obtenir l’objet qu’il va acheter. Eux, ils ont été comparés à des gens qui ont acheté le bas monde, ils ont préféré le bas monde au lieu de l’au-delà.
Le châtiment ne leur sera pas allégé et personne ne les soutiendra. C’est-à-dire que personne ne va payer à leur place pour qu’ils obtiennent l’au-delà. Ils n’auront pas l’au-delà car ils n’ont pas œuvré pour cela.
Verset 87 : et Nous avons accordé à Mūsā le Livre c’est-à-dire la Torah dans sa totalité en une seule fois c’est-à-dire qu’il l’a reçue entièrement sur des tablettes lorsqu’il est parti pour recevoir la révélation de la part de Dieu.
Et Nous l’avons fait suivre par d’autres prophètes. C’est-à-dire que Dieu a envoyé après lui de nombreux messagers. Et ce sont Yūšāʿ et Išmāwīl, Šamʿūn, Dāwūd, Sulaymān, Šaʿyā, Armiyāʾ, Ḥisqīl, Ilyās, Al-Yašāʾ, Yūnus, Zakariyyā Yaḥyā, et d’autres, que Dieu les honore davantage en degrés. Entre Mūsā et ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes.
Et Nous avons accordé à ʿīsā fils de Maryam des preuves claires. C’est comme si ces preuves étaient au service de Jésus et il s’agit de miracles éclatants, comme la résurrection des morts ou le fait de guérir celui qui était aveugle de naissance, comme le fait de soigner celui était lépreux, et aussi d’annoncer des choses qui étaient cachées, comme quand Jésus disait aux gens : « vous avez mangé telle chose hier, vous avez caché telle chose en provision ». C’était des miracles que Dieu lui avait accordés. Et le miracle constitue la preuve que celui qui prétend être un envoyé de Dieu est réellement un envoyé de Dieu. C’est comme si Dieu nous dit : cet homme qui est envoyé de Ma part, il est véridique, puisque Je lui ai accordé cette chose extraordinaire qui est en conformité avec ce qu’il dit, donc croyez-le et suivez-le.
Et Nous l’avons appuyé par « rūḥu l-quddūs »
Al-quddūs signifie la pureté et rūḥu ici ne signifie pas « âme » mais cela signifie Ǧibrīl. Donc Dieu dit : Nous avons appuyé Jésus par Ǧibrīl et cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās et de Qatāda. Ǧibrīl est le président des anges, il a une âme pure. Allāh l’a envoyé pour soutenir Jésus dans son message.
Ou bien « Nous l’avons soutenu par Ǧibrīl ʿalayhi s-salām car Ǧibrīl amène la révélation ». Et la révélation c‘est ce qui donne la vie au cœur.
Grâce à l’envoi des prophètes, les gens ont un sens à leur vie, ils savent pourquoi ils sont là, ce qu’ils recherchent. Ce n’est pas comme ceux qui vivent comme des animaux dont le besoin est de se nourrir, se reproduire, lutter contre le froid, le chaud. Certains élèvent leurs enfants comme s’ils avaient un élevage de poules. Mais ils ne pensent pas que la vie qui compte c’est la vie de l’au-delà. Parce que cette vie du bas monde a un terme. Ceux qui sont dotés de raison devraient être exhortés par ceux qui nous ont précédés. Ceux-là sont tous morts maintenant. Donc ce qui compte c’est la vie de l’au-delà, mais la vie de l’au-delà on n’aurait pas pu la connaitre s’il n’y avait pas eu les prophètes qui ont été envoyés par Dieu pour nous avertir qu’après cette vie du bas-monde, il y a une autre vie que celle-ci et qui n’aura pas de fin. Et les gagnants dans cette autre vie sont ceux qui auront suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas. Et les perdants seront ceux qui n’auront pas suivi les prophètes dans cette vie d’ici-bas.
Dieu a soutenu Jésus par l’envoi de Ǧibrīl, car quand les yahūd étaient venus pour le tuer et Dieu lui a envoyé l’ange Ǧibrīl pour l’élever au ciel. Actuellement Jésus vit au deuxième ciel, il n’est pas crucifié mais il est vivant puis il va redescendre.
Autre explication de «« rūḥu l-quddūs » : c’est l’Evangile. Dieu a accordé l’Evangile à Jésus tout comme Il a accordé le Qur’ān à Muḥammad.
Ou une autre explication : c’est le fait que Dieu a soutenu Jésus ʿalayhi s-salām en lui donnant à connaitre le nom éminent de Dieu par lequel il ressuscitait les morts, en l’évoquant.
Est-ce -que chaque fois qu’un messager vous est envoyé et qu’il vous amène des choses qui ne correspondent pas aux penchants de votre âme. Chaque fois qu’un messager est envoyé avec une loi qui ne correspond pas à vos passions
Vous faites preuve d’orgueil. C’est-à-dire que vous rejetez le message du Messager, vous refusez de l’accepter.
Un groupe d’entre vous dément l’envoyé. Cette parole est adressée aux mécréants des descendants des fils d’Isrāʾīl, les yahūd. Tout comme ils ont démenti Jésus, ils ont démenti Muḥammad. La plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Jésus quand il a été envoyé et la plupart d’entre eux n’ont pas voulu suivre Muḥammad quand celui-ci a été envoyé.
Et un autre groupe d’entre vous tue le prophète. Comme Zakariyyā et Yaḥyā. Les prophètes sont les meilleures des créatures de Dieu et pourtant, Dieu a fait que des mécréants les tuent. Pour les prophètes, c’est une augmentation en degrés et pour les assassins, c’est une mécréance et donc un châtiment en enfer qui les attend. Dieu fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient. Ce n’est pas parce qu’une personne subit une injustice que Dieu n’agrée pas cette personne.
Et « fa farīqan kaḏ-ḏabtum » : ici le verbe est au māḍī c’est-à-dire un temps accompli et « wa farīqan taqtulūn » : ici le verbe est au muḍāriʿ, l’inaccompli c’est-à-dire que ça peut être utilisé au présent et au futur. Alors qu’il s’agit de Zakariyyā et Yaḥyā qui ont déjà été tués.
C’est pour indiquer la ponctuation dans la phrase.
Ou une autre explication : il y a un groupe parmi vous, les yahūd, qui essaie de tuer Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. C’est la raison pour laquelle le verbe est au muḍāriʿ, c’est parce que vous essayez de le faire aussi. Mais Allāh le préserve. C’est pour cela qu’ils ont mis du poison dans le mouton qu’il a mangé.
Il ne faut pas croire qu’il a été fait de la sorcellerie au Prophète.
Celui qui veut se préserver de la sorcellerie avant qu’elle ne se produise, qu’il récite sūratul-iẖlāṣ et les deux muʿawwiḏāt matin et soir, trois fois chacune. Celui qui persévère sur cette pratique, la sorcellerie n’aura aucun effet sur lui. Et combien de maladies ont été guéries par la cause de ces sourates !!
Ici, Allāh leur fait un blâme.
Verset 88 : ils ont dit : nos cœurs sont comme recouverts d’une couche. C’est une métaphore pour indiquer que la parole du Prophète ne pénètre pas leurs cœurs. Leurs cœurs sont recouverts d’une couche qui empêche les paroles du Prophète de les atteindre.
Une autre explication : ils ont prétendu que leurs cœurs étaient des réceptacles de science et donc qu’ils n’avaient pas besoin, grâce à ce qu’ils possédaient, d’avoir le message de notre prophète. Et ceci est de l’orgueil.
Une autre explication : ils disent au prophète : si ce que tu nous as amené était vrai, nous aurions accepté.
Allāh les a maudits en raison de leur mécréance. C’est une réplique à ces gens-là parce que Dieu leur apprend que leurs cœurs ne sont pas recouverts d’une couche. Leurs cœurs sont créés comme les autres. Quand ils sont nés, ils avaient cette prédisposition pour accepter la vérité. Mais Il les a chassés de cela en raison de leur mécréance et de leur égarement. Dieu les a maudits en raison de leur mécréance et de leur égarement.
Peu d’entre eux sont des croyants. Ils ne croient pas beaucoup, ces gens-là. Ils croyaient en une partie du Livre et pas en l’autre. Ce qui les arrange, ils le suivent et ce qui ne les arrange pas, ils le rejettent.
Et il a été dit que « qalīl » ici signifie « pas du tout ». Ils n’ont pas du tout été croyants.
Le mot « qalīl » dans la langue arabe signifie « peu » et très rarement, il signifie « pas du tout ».
Verset 89 : lorsqu’il leur est parvenu. Lorsqu’il est parvenu aux yahūd
Un Livre de la part de Dieu : et il s’agit du Qur’ān
Qui confirme ce qu’ils avaient avec eux. Qui est en conformité avec la Torah et qui ne la contredit pas.
Et ils recherchaient la victoire contre les associateurs par le Prophète Muḥammad. Ils disaient « ô Allāh donne-nous la victoire par le prophète envoyé à la fin des temps dont la description existe dans la Torah ». Donc ils faisaient le tawassoul par le prophète Muḥammad.
Mais quand il est venu, ils ne l’ont pas suivi, ils ont mécru en lui. Vous voyez comment ils se contredisent. C’est l’orgueil, que Dieu nous en préserve. Car la venue du Prophète Muḥammad avait été annoncée dans les livres révélés authentiques, avant qu’ils ne soient falsifiés. Les yahūd disaient à leurs ennemis : « bientôt, il y aura un prophète qui va confirmer la véracité de ce que nous disons et nous allons combattre à ses côtés, tout comme les combats de ʿĀm et Irām et des peuples anciens ». Et aussi par souci de conservation du pouvoir.
Que Dieu maudisse les mécréants. C’est une malédiction sur les descendants de ces fils d’Isrāʾīl qui ont mécru en le prophète Muḥammad. C’est une malédiction en raison de leur mécréance.
Verset 90 : quelle mauvaise chose ils ont faite : le bas-monde ne vaut pas la peine d’être acheté en payant l’au-delà.
Le fait de mécroire en ce que Dieu a révélé : c’est-à-dire le Qur’ān. Ils ont mécru au Qur’ān.
Par envie du fait que le Prophète a reçu la révélation de la part de Dieu. Ils ont envié le prophète parce qu’il a reçu la révélation de la part de Dieu. Au lieu de le suivre, ils étaient jaloux de lui parce que c’est lui qui a reçu la révélation et non pas eux. Ceci par injustice de leur part :c’est par envie et jalousie de leur part et pour demander ce qui n’est pas à eux. Pour justifier le fait de ne pas suivre le prophète Muḥammad, ils ont prétendu que le dernier prophète qui devait venir était un descendant d’Isrāʾīl.
Allāh fait descendre par Sa grâce la révélation à qui Il veut parmi Ses esclaves : en l’occurrence ici il s’agit de notre maitre Muḥammad.
Ils méritent un châtiment après un châtiment :
Ils méritent des châtiments successifs parce qu’ils ont mécru au prophète de la vérité, notre maitre Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, ils ont fait preuve d’injustice envers lui.
Ou bien parce qu’ils ont mécru au Prophète Muḥammad après avoir mécru en Jésus.
Ou bien parce qu’ils ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu et ils ont dit que Dieu est avare et d’autres paroles encore de mécréances.
wa lil-kāfirīna ʿaḏābun muhīn
Verset 91 : et s’il leur est dit (aux yahūd qui viennent d’être mentionnés dans les versets précédents)
Croyez-en ce qu’Allāh a fait descendre. C’est-à-dire le Qur’ān. Ou bien tout livre qu’Allāh a révélé à Ses prophètes.
Ils vont répondre : nous croyons en ce qui nous a été révélé. C’est-à-dire la Torah qui a été descendue sur Mūsā.
Et ils mécroient en ce qui est venu après. Donc ils ont mécru non seulement au prophète Muḥammad mais ils ont mécru au prophète Jésus ʿalayhi s-salām.
Or ce qui est révélé après la Torah confirme la véracité de la Torah. C’est-à-dire l’évangile et le Qur’ān confirment la véracité de la Torah. C’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui est contradictoire avec la Torah. Et il y a en cela une réplique. Comme ils ont mécru en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils ont mécru en la Torah. Ils mentent quand ils disent : « nous, nous croyons en la Torah mais nous ne croyons pas en ce qui vient après ». Mais ce qui est venu après est conforme à la Torah. Donc s’ils mécroient en ce qui est conforme à la Torah, c’est comme s’ils mécroient en la Torah.
Dis -leur (ô Muḥammad) pourquoi avez- vous tué les prophètes de Dieu auparavant ? Le verbe « tuer » est employé au muḍāriyy (l’inaccompli) mais le sens est l’accompli al-māḍī. Dans la suite du verset, il y a le terme « min qabl » qui indique le passé. Donc la phrase donne « pourquoi donc avez-vous tué les prophètes de Dieu, auparavant ? ». Auparavant indique le temps avant Muḥammad. Ils ont tué beaucoup de prophètes entre Jésus et Muḥammad. Le blâme qui leur est adressé est « pourquoi avez-vous tué beaucoup de prophètes auparavant ? » C’est un reproche qui leur est fait alors qu’ils prétendent croire en la Torah. Et la Torah n’autorise pas de tuer les prophètes.
Il a été dit qu’ils ont tué en un jour 300 prophètes, mais notre šayẖ a dit que ce n’est pas authentifié, ce sont les historiens qui disent cela.
Verset 92 : et Mūsā vous a amené les preuves claires. Ce sont les 9 commandements cités dans le verset 101 de sourate al-‘israa’ où Allāh dit ce qui signifie : « Nous avons accordé à Mūsā neuf commandements ». Ce sont des commandements qui sont parvenus dans de nombreux livres de ḥadīṯ très célèbres. C’est le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a expliqué quels sont ces neufs signes.
Le šayẖ a dit : il nous a été rapporté dans le ǧāmiʿ d’At-Tirmiḏī (recueil de ḥadīṯ) et le moustadrak de Aḷ-Ḥākim que deux yahūd sont venus voir le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils l’ont interrogé à propos des neufs grands signes. (Les neuf commandements). Ils voulaient vérifier s’il était vraiment le dernier prophète parce que leur but était de cacher les histoires anciennes dans lesquelles ils avaient eu des punitions. Et le Prophète leur a expliqué.
Auparavant, un des deux yahūd a dit à l’autre : « viens on va voir ce prophète. On va l’interroger à propos des neufs grands signes ». Le deuxième lui a dit : « ne dis pas le mot « prophète ». S’il entend cela de ta part, il va être heureux ». Cela veut dire qu’ils savent que notre maitre Muḥammad est un prophète.
Le premier a dit : « si on l’interroge et qu’il répond aux questions, alors c’est sûr qu’il est un prophète ». Parce qu’ils savent que ce sont des informations qu’eux, ne divulguent pas, ils savent que Muḥammad n’a pas appris auprès de quiconque ; donc s’il répond aux questions, c’est une révélation de la part de Dieu.
Et lorsqu’ils lui ont posé la question, il leur a répondu en leur citant quels étaient les neuf commandements :
1/ ne pas attribuer d’associé à Dieu c’est-à-dire ne pas adorer autre que Dieu et l’adoration c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission.
2/ ne pas commettre la fornication
3/ ne pas voler
4/ ne pas aller dénoncer un innocent calomnieusement auprès d’une autorité pour qu’il l’exécute
5/ ne pas commettre la sorcellerie
6/ ne pas faire le qaḏf à l’encontre d’une femme muḥṣanah (c’est attribuer la fornication à une femme qui a consommé un contrat de mariage valable)
7/ ne pas consommer le gain usuraire (c’est une des sortes de transactions interdites comme le prêt à intérêt)
8/ ne pas déserter le front (lors d’une attaque)
9/ ne pas faire d’activités le samedi pour vous les yahūd du temps de Mūsā (c’était donc spécifique à cette époque-là)
Quand ils ont entendu cela, les deux yahūd ont su que le Prophète avait reçu la révélation : ils lui ont dit : « nous témoignons que tu es un prophète ». Et ils ont alors embrassé les mains et les pieds du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
At-Tirmiḏiyy a dit que ce ḥadīṯ est ḥasan, ṣaḥīḥ et il a été rapporté également par Aḷ-Ḥākimdans des termes proches de ces termes-là et il l’a jugé ṣaḥīḥ, authentique.
Ces commandements ont été appelés « bayyināt » parce que ce sont des ordres extrêmement importants. Et la parole du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, quand il a dit de ne pas aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué, indique l’interdiction de l’espionnage. Cet ordre fait partie des ordres que Dieu a fait descendre dans la Torah à Mūsā ʿalayhi s-salām. Dieu a fermement interdit cela aux descendants d’Isrāʾīl c’est-à-dire le fait d’aller dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il soit tué. Et l’interdiction concerne aussi moins que cela, elle concerne le fait que cet innocent subisse une nuisance de la part de cette autorité. Ce n’est permis à aucun musulman d’espionner un innocent pour aller le dénoncer calomnieusement à ceux qui ont un pouvoir.
Parmi ce qui ce qui a été rapporté dans al-moustadrak par Aḷ-Ḥākim, il y a ce que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit et qui signifie : « celui qui se fait payer pour espionner un musulman, Allāh lui donnera à consommer du feu de l’enfer au jour du jugement ».
Et celui qui, en dénonçant un musulman, en tire une réputation, Dieu fait qu’au jour du jugement, il sera une célébrité en enfer. Et celui qui tire profit de la dénonciation d’un musulman pour s’habiller, Allāh le fera s’habiller au jour du jugement du feu de l’enfer.
Tout cela indique qu’il est interdit d’espionner les musulmans. Celui qui espionne injustement et qui obtient de l’argent par cet espionnage et il consomme cet argent, alors il en sera rétribué au jour du jugement de la juste rétribution. Ainsi Allāh le nourrira au jour du jugement des aliments de l’enfer. Et Allāh a cité les aliments de l’enfer dans le Qur’ān. Il y a un arbre en enfer qui s’appelle « az-zarqūm », son odeur est répugnante et son aspect est extrêmement laid, insupportable. Mais eux, du fait de leur extrême faim, c’est comme s’ils en mangeront malgré eux. Et les anges du châtiment les alimentent de cela. Et ils auront deux boissons en enfer : l’une d’elles est de l’eau bouillante, qui entre dans leurs intestins. L’autre est du ghisliin qui est ce qui s’écoule de la peau des gens de l’enfer. Parce que les gens de l’enfer, chaque fois que leur peau brûle, Dieu leur change cette peau par une nouvelle qui est humide. Et cette nouvelle peau va à nouveau brûler et il va en couler un liquide qui est répugnant. Ce qui s’écoule de leurs peaux, Dieu en a fait une des boissons de l’enfer. Dieu nous apprend que les gens de l’enfer auront comme boissons aḍ-ḍarīʿ qui ne coupe pas la faim et qui ne donne pas d’embonpoint.
Dénoncer calomnieusement un musulman c’est-à-dire informer une autorité à son sujet afin qu’on lui nuise c’est-à-dire afin de lui faire parvenir une nuisance, que cette nuisance soit pour le tuer ou ce qui est moindre, est un péché éminent selon le jugement de Dieu, parce que dans la Torah il y a ce que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a indiqué concernant ce que Dieu a révélé à Mūsā. Cette parole signifie « vous n’aviez pas à dénoncer calomnieusement un innocent à une autorité pour qu’il le tue ». Et tout ce qui a été cité avec ce crime et il s’agit du péché de l’espionnage afin de nuire à un musulman par cet espionnage, est un péché qui est grave.
La deuxième notion citée est le cas de celui qui cherche à nuire à un musulman injustement pour se donner une bonne image aux yeux des gens, afin qu’il soit traité avec égard. Il cherche à tirer profit de cela. Celui-là, au jour du jugement, Dieu le dévoilera devant tout le monde. Il sera dit : « un tel, tel jour, a parlé d’un autre, pour se donner de l’importance et nuire à cet autre ». Le scandale sera dur pour l’âme devant ce rassemblement de gens au jour du jugement. Alors qu’ici, dans cette vie, si quelqu’un est dévoilé, c’est devant quelques personnes, pas autant qu’au jour du jugement.
Dans ce ḥadīṯ, les deux yahūd, lorsque le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, leur a annoncé quels étaient les neufs commandements, savaient que Muḥammad ne lisait pas et n’écrivait pas, qu’il n’avait pas lu la Torah, qu’il n’était jamais allé dans une école pour apprendre l’écriture, qu’il n’avait pas eu d’enseignant pour cela. Et ceci est connu parmi les gens de La Mecque. Ceci est connu par tawātur, (nouvelle véridique qui a été transmise à partir d’un grand nombre de personnes qui ont constaté d’un commun accord cette nouvelle en se basant sur une perception sensorielle (ce n’est pas une théorie), qu’ils l’ont vue ou entendue, et qui l’ont transmise à un autre groupe de telle sorte qu’il soit impossible qu’ils se soient mis d’accord pour mentir. Concernant le fait que les chrétiens prétendent que Jésus a été crucifié, ce n’est pas une nouvelle véridique parce que : la première couche de gens est composée d’un nombre très faible ( entre sept et neuf ) et ils n’étaient pas d’accord entre eux sur ce qu’ils ont transmis (cette information n’est pas transmise à partir d’une perception sensorielle sur laquelle se seraient accordés un grand nombre de personnes) ; d’autre part cette nouvelle a été démentie par le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ( qui nous a appris que Jésus ʿalayhi s-salām n’a pas été tué mais qu’il a été élevé au ciel puis qu’il va redescendre sur terre et qu’il suivra la loi de Muḥammad) et la nouvelle rapportée par un prophète est forcément véridique parce que le prophète est envoyé de la part de Dieu et il est appuyé par des miracles).
Ceci était connu chez les gens de La Mecque et de Médine, chez les Arabes et chez les yahūd que le Prophète ne lisait ni n’écrivait. C’est pour cela qu’ils ont dit au début : « si on lui pose la question et qu’il répond, c’est qu’il est forcément prophète ». Donc quand Muḥammad a répondu aux questions et qu’ils lui ont embrassé les pieds, il leur a demandé : « qu’est-ce qui vous empêche de devenir musulmans maintenant que vous savez ? ». Ils ont répondu en mentant : « Le prophète Dāwūd a demandé à Dieu à ce que la prophétie reste parmi ses descendants » et ils ont dit aussi qu’ils avaient peur que s’ils croyaient en Muḥammad, que les yahūd ne les tuent. Ils ont préféré la vie du bas-monde à la vie de l’au-delà.
Ils ont justifié le fait de ne pas croire au Prophète Muḥammad par deux choses :
- La première, c’est une calomnie : ils ont prétendu que Dāwūd avait demandé à ce que le statut de prophète reste parmi ses descendants. En réalité le prophète Dāwūd n’a pas demandé cela.
- La deuxième est qu’ils ont prétendu que s’ils suivaient Muḥammad, alors les yahūd allaient les tuer. Or les savants ont dit que parmi les grands péchés, il y a de dénoncer un innocent et non pas celui qui est un corrupteur. Si quelqu’un ne cesse pas de nuire aux gens, si on va le dénoncer à une autorité pour que cette autorité arrête sa nuisance, cela est permis. Donc si on va voir quelqu’un qui nuit aux gens, qu’on lui donne le conseil d’arrêter de nuire aux gens, mais qu’il n’accepte pas, alors c’est permis d’aller le dénoncer. Quant à celui qui va dénoncer calomnieusement quelqu’un pour obtenir quelque chose du bas monde, comme un avancement à son travail, ou pour recevoir une prime, cela sera une source de malheur pour lui au jour dernier.
Puis vous avez pris un veau comme si c’était un dieu pour vous : après que Mūsā vous a confié à son frère Hārūn alors que lui-même était parti à la montagne aṭ-ṭūr au mont Sinaï afin de recevoir la révélation de la Torah, alors qu’ils avaient vu des miracles que Dieu avait accordés à notre maitre Mūsā.
Et vous êtes injustes. Il y a deux explications :
1/ Vous avez adoré le veau alors que c’est une adoration qui n’est pas justifiée.
2/ Vous êtes un peuple qui commet beaucoup d’injustices.
Verset 93 : Et Nous avions pris de vous l’engagement d’obéir et Nous avons fait que la montagne d’aṭ-ṭūr soit élevée au-dessus de vos têtes (c’est-à-dire que s’ils refusaient, elle allait les fracasser) et écoutez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. La montagned’aṭ-ṭūr a été élevée au-dessus de leurs têtes et ils ont reçu l’ordre d’accepter ce qu’il y a dans la Torah. « Ecoutez » ici signifie appliquez ce que vous avez reçu l’ordre de faire dans la Torah. Que votre audition soit de celle de celui qui va appliquer ce qui lui est dit. Quand vous écoutez cet ordre, écoutez-le à la manière de celui qui va l’appliquer.
Ils ont dit « nous avons entendu mais nous désobéissons ». Nous avons entendu Ta parole mais nous désobéissons à Tes ordres.
Et leurs cœurs ont été imprégnés de l’adoration du veau : c’est-à-dire que l’amour du veau et le fait de veiller à adorer un veau s’est imprégné dans leurs cœurs tout comme un colorant imprègne un tissu. Le mot « amour » n’est pas cité dans le verset, il a été omis. Le complément « du veau » est cité. Ce n’est pas le veau qui a imprégné leurs cœurs mais c’est l’amour du veau. C’est une figure de style en arabe qui consiste à omettre le nom et de citer le complément du nom et qui s’appelle « ḥaḏfu l-muḍāf ».
En raison de leur mécréance. Leur mécréance ici était l’assimilation de Dieu à Ses créatures.
Dis est-ce ce à quoi vous amène votre foi ? Quelle mauvaise chose que vous ordonne votre foi !! Il s’agit de la foi en la Torah dans laquelle il n’est pas question d’adorer un veau. Est-ce que c’est cela le résultat de votre croyance en la Torah. Est-ce que la croyance en la Torah vous amène à adorer un veau ?! C’est une forme d’ironie, un rabaissement à leur égard.
Si vous êtes véritablement croyants. Cette phrase met en doute leur foi en réalité. C’est-à-dire qu’ils prétendent qu’ils sont croyants mais ils ne le sont pas. C’est une remise en cause de la véracité de leur prétention à être des croyants. Eux prétendaient être des croyants, en tant que descendants des fils d’Isrāʾīl.
Verset 94 : dis, si vous prétendez que la résidence de l’au-delà. Ils prétendent gagner le paradis.
Sera uniquement pour vous et à nul autre que vous. C’est-à-dire que vous prétendez que le paradis est réservé à vous qui êtes les yahūd
Alors souhaitez mourir si vous êtes véridiques. Désirez mourir, comme cela, vous irez à la résidence que vous prétendez être réservée à vous seuls. Celui qui a la certitude qu’il va aller au paradis, il va se languir d’aller au paradis, il va souhaiter se débarrasser de cette résidence dans laquelle il y a des épreuves. C’est un défi qui leur a été lancé : si vous avez la certitude d’aller au paradis alors que vous vous êtes mis à adorer un veau, alors souhaitez mourir, si vous êtes véridiques !!
Les dix auxquels le Prophète ʿalayhi s-salām a rapporté la bonne nouvelle qu’ils vont aller au paradis et ceci dans une même assemblée, puis suite à cela, chacun d’entre eux désirait mourir et se languissait de la mort : ce sont Abū Bakr, ʿUmar, ʿUṯmān, ʿAliyy, Ṭalḥah, Az-Zubayr, ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf, Abū ʿUbaydah, ʿĀmir ibnu l-Ǧarrah, Saʿād ibnu abī Waqqās Saʿīd ibnu Zayd. (Az-Zubayr était le cousin du Prophète, par sa mère. Et Abū ʿUbaydah est enterré en Jordanie, ʿAliyy en Irak et les autres à Médine).
Verset 95 : et ils ne le souhaiteront jamais : tant qu’ils sont vivants, ils ne souhaiteront jamais mourir, tellement ils sont attachés à ce bas-monde. Le musulman, quant à lui, souhaite mourir dans la voie que Dieu agrée.
En raison de leurs œuvres : du fait qu’ils ont mécru, ils n’ont pas cru au Prophète Muḥammad et ils ont déformé la Torah révélée au prophète Mūsā. Et ceci est un miracle pour le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām car il s’agit d’un « ġayb » c’est-à-dire quelque chose de caché pour nous. Dieu a annoncé qu’ils ne vont jamais souhaiter la mort et cela s’est effectivement réalisé tout comme Dieu l’a annoncé. Ils n’ont pas souhaité mourir. Dieu dit « wa lan tafʿalū » car s’ils avaient désiré la mort, cela aurait été rapporté jusqu’à nous. On l’aurait su. Mais personne parmi eux n’a souhaité mourir.
Mais Dieu sait l’état des injustes : c’est une menace contre eux.
Verset 96 : et tu verras que parmi les gens il y en a qui veillent le plus à vivre : ils recherchent le plus la vie du bas-monde. Ce sont des gens qui sont viscéralement attachés à une vie : ici c’est le mot « vie » avec un article indéterminé : c’est la vie du bas monde, pour indiquer qu’ils sont très attachés à cette vie du bas-monde.
Et ce sont des associateurs : il y a des gens qui sont plus attachés à cette vie du bas-monde. « Parmi les gens », cela inclut les associateurs qui, parmi les gens, sont ceux qui tiennent le plus à cette vie du bas-monde. Il arrive qu’un ensemble est mentionné puis qu’une partie de cet ensemble soit mentionné, pour insister au sujet de ce sous-groupe. Ce verset 96 constitue un grand blâme contre les associateurs. Et ce sont ceux qui associent à l’adoration de Dieu, autre que Dieu. Et eux ne croient pas en la résurrection, ni en la rétribution pour les œuvres, ni en une vie après celle-ci. Ils ne connaissent que cette vie du bas-monde. Donc le fait qu’ils tiennent à cette vie, ce n’est pas étonnant de leur part puisqu’ils ne croient pas à autre chose. Le maximum de leurs désirs est lié à cette vie.
Si ceux qui tiennent à cette vie du bas-monde (les yahūd) ont reçu un Livre (la Torah) qui leur apprend qu’il y aura un jour de la rétribution, mais eux, ils ne croient pas qu’il y aura un jour du jugement, ils sont blâmés pour cela. Le blâme est encore plus justifié à leur sujet.
Ces yahūd tiennent encore plus que ceux qui sont associateurs à cette vie du bas-monde, parce qu’ils savent qu’ils vont aller en enfer, ils savent ce qui est réservé aux gens qui sont dans leur état. Alors que les associateurs ne savent pas puisqu’ils ne croient pas du tout en la rétribution.
L’un d’entre eux (parmi les yahūd) souhaite vivre mille ans.
Il a été dit que ceux visés par le terme « associateurs » ici ce sont les mazdéens (ou les mages) qui adoraient le feu en Perse au temps de l’empire perse qui était très étendu. Parce qu’il était de leurs habitudes, lorsqu’ils s’adressaient à leur roi : « vis mille ans ».
Ibnu ʿAbbās a dit que ceux qui sont visés sont les ʿaǧam, un terme qui désigne les non Arabes car, à l’époque, les non Arabes n’étaient pas musulmans.
Il y a un autre avis qui dit « les associateurs » ici vise une partie des yahūd. Car une partie des yahūd avait adoré autre que Dieu. Ils avaient adoré ʿUzayr, un homme vertueux qui avait mémorisé la Torah. A l’époque de Nabuchodonosor qui avait détruit Jérusalem et avait fait prisonnier les fils d’Israël, Dieu a fait mourir ʿUzayr pendant cent ans puis Il l’a fait revivre. Quand ʿUzayr est revenu à la vie, il est revenu voir les habitants de Jérusalem et il leur a récité la Torah par cœur. A l’époque, ils avaient égaré tous les exemplaires de la Torah, alors ils se sont mis à adorer ʿUzayr.
Chacun de ces gens dont parle Dieu dans ce verset 96, souhaite vivre mille ans mais le fait qu’il vive mille ans ne va pas l’éloigner du feu. C’est-à-dire que même s’il vit mille ans, cela ne va pas l’écarter de l’enfer.
Et Allāh sait ce qu’ils font : et Dieu les rétribue pour ce qu’ils font.
Verset 97 : Dis : celui qui est un ennemi de Ǧibrīl. « Li Ǧibrīla ».Le terme « li » est une particule mais le mot « Ǧibrīl » n’est pas déclinable, donc on ne dit pas « li- Ǧibrīli » parce qu’il n’est pas un mot arabe, et les mots qui ne sont pas arabes, les règles de l’arabe ne s’appliquent pas à eux. Et le mot « ǧabr » signifie « esclave » dans la langue l’araméenne, la langue que parlaient notre maitre Jésus et ’Ādam. Et « īl » est un des noms de Dieu. Donc le nom « Ǧibrīl » signifie « esclave de Dieu ».
Un des prêtres des yahūd qui s’appelle ibnu Sūriyā avait débattu avec le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a demandé qui lui ramenait la révélation. Notre Prophète lui a répondu que c’était Ǧibrīl. Ce prêtre a répondu par une parole de mécréance : « c’est notre ennemi. Si c’était quelqu’un d’autre qui t’avait ramené la révélation, on aurait cru en toi. Et il a été notre ennemi à plusieurs reprises ».
Alors certes il l’a descendu : il s’agit du Qur’ān. Le fait d’utiliser un pronom de ce qui n’a pas été cité avant est une forme d’amplification, tellement c’est connu que Ǧibrīl a descendu le Qur’ān. C’est comme si le pronom indiquait par lui-même le Qur’ān sans qu’il n’y ait besoin d’indiquer auparavant de quoi il s’agit. C’est le fait de citer une de ses caractéristiques sans qu’il n’ait été cité auparavant. Et la caractéristique ici est que Ǧibrīl l’a descendu. Tout le monde sait que Ǧibrīl a descendu le Qur’ān. Allāh a fait descendre le Qur’ān par Ǧibrīl
Sur ton cœur : pourquoi mentionner le cœur ici ? Parce que le cœur est là où tu conserves la chose. Ton secret, tu le conserves dans ton cœur. Ce que tu apprends tu le conserves dans ton cœur.
S’ils sont des ennemis pour Ǧibrīl, alors que c’est Ǧibrīl qui l’a fait descendre sur ton cœur : cela veut dire que si un des gens du Livre considère Ǧibrīl comme étant son ennemi, ça n’a pas de sens qu’il le prenne pour ennemi puisqu’il a fait descendre un Livre qui confirme les livres qui l’ont précédé. Ǧibrīl a fait descendre un livre qui est conforme et qui renforce, qui confirme et qui soutient les livres qui l’ont précédé. Donc si eux prétendent être des gens du Livre, ça n’a pas de sens de prendre Ǧibrīl pour ennemi puisque c’est lui-même qui a fait descendre les livres dont ils se réclament. Et c’est lui qui a fait descendre le Qur’ān à notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. S’ils étaient objectifs et francs avec eux-mêmes en prétendant suivre un livre, ils auraient aimé Ǧibrīl. Ils auraient remercié Ǧibrīl pour ce qu’il leur a fait, puisqu’il leur a fait descendre ce qui leur est utile et profitable.
Il a été donné une autre explication : que la réponse à cette phrase « celui qui est un ennemi de Ǧibrīl » a été omise. Et c’est « qu’il meure » à cause de sa haine pour Ǧibrīl.
Parce que c’est Ǧibrīl qui a fait descendre la révélation sur ordre de Dieu.
Qui confirme les livres qui ont précédé et qui constitue une annonce de bonne nouvelle pour les croyants.
Ce verset est une réplique aux yahūd parce qu’ils disent que Ǧibrīl vient avec l’ordre de faire la guerre et la rudesse. La réponse est qu’il descend aussi avec ce qui constitue une bonne guidée et une annonce de bonne nouvelle.
Verset 98 : celui qui est un ennemi pour Dieu, pour Ses anges, pour Ses envoyés, pour Ǧibrīl et pour Mīkāʾīl : ces deux anges ont été mentionnés car ils ont un mérite sur les autres anges.
Certes Allāh est un ennemi pour les non croyants. Dieu a considéré ces non croyants comme étant des ennemis en raison de leur mécréance. Cela veut dire que ceux qui prennent les anges pour ennemis sont comme ceux qui prennent les prophètes pour ennemis et cela est de la mécréance. De même l’animosité envers les anges est semblable à l’animosité envers les prophètes. Et celui qui prend les anges pour ennemis, Dieu le prend pour ennemi.
Verset 99 : Nous t’avons fait descendre des versets qui sont clairs, qui indiquent le vrai du faux. Nous avons fait descendre sur Muḥammad la révélation qui indique la vérité.
Et ne mécroient en ces versets que les pervers. Seuls les pervers mécroient en ce que Dieu leur a révélé. Le mot « pervers » ici a un sens large puisqu’il englobe les mécréants, c’est-à-dire ceux qui se rebellent parmi les mécréants. An-Nasafiyy dit qu’ici le mieux est que ce soit une allusion aux gens du Livres ; c’est valable pour tous les mécréants mais en particulier pour les gens du Livre.
Il a été rapporté d’Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’ibnu Sūriyyah ce fameux savant des juifs, qui était mécréant et qui avait débattu avec le Messager, il lui avait dit : « ô messager de Dieu, tu ne nous as pas amené quelque chose que nous reconnaissons et aucun verset ne t’a été révélé pour qu’on te suive ». Il a ainsi manifesté son incrédulité. C’est ainsi que ces versets ont été révélés depuis le début.
Verset 100 : est-ce qu’à chaque fois qu’il leur est demandé de s’engager sur une chose, un groupe d’entre eux refusent. A chaque fois qu’il leur est ordonné de suivre un prophète, ils rejettent cela, un groupe d’entre eux, pas la totalité.
Mais la majorité d’entre eux ne sont pas des croyants. Ils ne croient pas en la Torah.Ils n’ont rien à voir avec la religion. Ce ne sont pas des gens qui se seraient engagés par un engagement à suivre les prophètes puis ils se seraient rétractés. Non, ils ne se sont jamais engagés, mais dès le début, ils se sont rétractés.
Verset 101 : et lorsqu’est venu à eux un messager de la part d’Allāh : il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui a été envoyé aux Arabes et aux non Arabes qui confirme ce qu’ils avaient entre leurs mains : il est venu avec la même croyance qui est dans leur livre d’origine et il s’agit de la Torah, un groupe de ceux qui avaient le Livre l’ont rejeté : une partie des gens du Livre, les yahūd dans ce verset, ont rejeté le livre de Dieu et il s’agit de la Torah. Du fait qu’ils ont mécru au message du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, lui qui confirme le livre qu’ils avaient chez eux et c’est la Torah, ils sont en train de mécroire en la Torah, puisque le Messager les a appelés à la même croyance que celle qui figure dans la Torah. En refusant de croire en le Prophète Muḥammad, ils ont rejeté le Livre de Dieu révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām, même s’ils prétendent le suivre.
Autre explication : le Livre de Dieu serait le Qur’ān
(Ils l’ont rejeté) derrière leur dos : c’est une métaphore pour illustrer le fait qu’ils se soient détournés de lui. Comme quand tu tournes le dos à une chose, tu te détournes d’elle. C’est pour montrer qu’ils n’ont pas prêté attention à cette chose-là.
Comme s’ils ne savaient pas (que c’était le Livre de Dieu).
Verset 102 : et ils ont suivi ce que les démons récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. Cela veut dire que les yahūd se sont détournés des livres de Dieu et se sont plutôt tournés vers les livres de charlatanisme que les charlatans récitaient à l’époque de la souveraineté de Sulaymān. En effet les démons tentaient d’espionner et d’écouter ce que les anges disaient entre eux dans les cieux. Puis ils rajoutaient des mensonges à ce qu’ils avaient entendu et ils transmettaient cela aux devins. Ils avaient inscrit cela dans livres qu’ils lisaient aux gens. Et ceci s’est propagé à l’époque de Sulaymān ʿalayhi s-salām, au point qu’ils osaient dire que les ǧinn connaissaient le ǧayb, les choses cachées. Et ils disaient que cela, c’est la science de Sulaymān et que lui-même pratiquait cela et que ce qu’il avait comme le fait que le vent le transporte où il voulait avait lieu grâce à la sorcellerie. Et nous savons qu’accuser un prophète de commettre un grand péché est de la mécréance.
Mais Sulaymān n’a pas commis de mécréance : ceci constitue un démenti de la prétention des démons qui ont accusé Sulaymān de pratiquer la sorcellerie.
En réalité ce sont les démons, eux, qui ont mécru : ils ont mécru parce qu’ils pratiquaient la sorcellerie et ils se rendaient licites de la pratiquer. Ils l’ont écrite.
Al-Mawardiyy a dit à propos de ce verset qu’il y a deux avis :
1 – Les démons ont mécru parce qu’ils ont attribué la sorcellerie à Sulaymān. Et attribuer un grand péché à un prophète est de la mécréance. Les mécréants disaient de lui qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Et c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pas une pratique de prophète ni de saint. Mais les démons étaient énervés contre notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait donné un secret et par ce secret, les démons lui obéissaient. Malgré leur mécréance, ils étaient à son service. Ils faisaient pour lui de grands travaux. Et celui d’entre eux qui refusait, Dieu faisait que s’abatte sur eux un châtiment dans ce bas-monde. Ils étaient détruits. C’est pour cela qu’ils étaient sous sa domination. Quand notre maitre Sulaymān est mort, ils ont écrit de la sorcellerie et ils l’ont cachée sous son trône. Puis certains parmi eux sont apparus aux gens et leur ont dit : « savez-vous comment Sulaymān gouvernait ? C’est par de la sorcellerie qu’il vous commandait. Creusez et regardez sous son trône, vous allez voir ». Ils ont creusé et ont trouvé cet écrit sur lequel il y avait de la sorcellerie et ils ont cru la parole des démons. Et du fait qu’ils ont accusé un prophète d’un grand péché, ils sont devenus mécréants. Celui qui croit que Sulaymān pratiquait la sorcellerie n’est pas musulman parce que la sorcellerie n’est pas la pratique des prophètes ni des saints. Alors prenez garde de ceux qui prétendent être des spirites et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés, des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance. Parce que si quelqu’un croit que la sorcellerie est licite et que c’est quelque chose de bien, il devient mécréant. La sorcellerie est parmi les grands péchés et se rendre licite un grand péché est de la mécréance.
Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui est un devin ou celui qui demande à un devin de lui annoncer le futur ou celui qui pratique la sorcellerie ou qui demande à ce qu’on lui fasse de la sorcellerie ». Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.
Celui qui fait le devin ou qui demande à un devin ou celui qui pratique la sorcellerie ou celui qui demande à ce qu’on lui pratique de la sorcellerie, tous ceux-là sont maudits. Parmi les choses qui sont interdites, il y a le fait de consulter des devins (qui prétendant annoncer le futur) et des voyants (qui prétendent connaître les choses cachées comme connaître ce qui a été volé ou perdu). Et les consulter fait partie des grands péchés.
Ainsi Muslim a rapporté dans son ṣaḥīḥ que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un voyant et l’interroge à propos de quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits ». Il n’aura pas de récompense.
Par ailleurs, Al-Hākim dans al-Mustadrak et Al-Bayhaqī dans ses sounan ont rapporté que le Messager de Dieu que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés a dit ce qui signifie : « celui qui va consulter un devin ou un voyant et qui le croit dans ce qu’il dit, alors il aura mécru en ce qui a été descendu sur Muḥammad ». C’est-à-dire que celui qui a pour croyance que ce devin et ce voyant connaissent les choses cachées, il devient mécréant. Et non pas le cas de celui qui pense que ça peut coïncider avec la réalité et ça peut ne pas coïncider avec la réalité, ce dernier ne devient pas mécréant, mais il aura commis un grand péché en les consultant.
Le devin- al-kāhin – est celui qui prétend informer de ce qui va arriver dans le futur, en se basant dur l’observation des étoiles ou sur des choses qu’ils utilisent comme des preuves comme certains qui ont des amis parmi les djinns et ils s’appuient sur leurs informations pour parler aux gens.
Quant au voyant – al-ʿarāf -c’est celui qui informe à propos des objets volés et ce qui est de cet ordre comme les objets perdus. Celui qui va le consulter, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits, c’est-à-dire qu’il n’aura de récompense ni pour sa prière obligatoire, ni pour sa prière surérogatoire, durant toute cette période, s’il ne fait pas le repentir.
Concernant la sorcellerie, certaines ont lieu en se faisant aider par les démons et d’autres ont lieu autrement. Et il n’est pas permis de répondre à la sorcellerie par la sorcellerie, comme font certains ignorants. Les savants ont dit : « tout comme on ne purifie pas un endroit souillé d’une impureté par une autre impureté ».
Parmi les pratiques des sorcierset leurs paroles malines, c’est qu’ils cherchent l’aide des démons et ils disent des paroles laides et malines afin qu’ils les aident à nuire à cette personne à laquelle ils veulent nuire.
Parmi les actes malins qu’ils pratiquent parfois, ils prennent du sang de menstrues pour le faire boire à une personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils prennent les ongles ou les cheveux afin que la nuisance soit plus forte. Parfois, ils prennent de la terre de la tombe dans cet objectif- là. Parfois les paroles laides qu’ils disent, ils se font aider par des démons qui se trouvent sur terre ou par des astres car ils prétendent que les astres ont des âmes qui pourraient les aider. Il en est de même pour le soleil, ils prétendent qu’il a une âme et ils recherchent son secours. Et tout cela est un mensonge.
Parfois, ils choisissent un temps particulier pour faire leur sorcellerie. Parce que Dieu a fait que certains temps sont plus propices à faire le bien et d’autres à faire le mal. Parmi les sortes de sorcellerie, il y a la sorcellerie de l’emprise ; ils font qu’un ǧinn s’attaque à une personne et celle-ci devient sous son emprise et ce ǧinn rend malade cette personne et parfois, il la tue.
Parmi ce qui est profitable pour se protéger contre la sorcellerie, c’est que la personne récite continuellement les trois musʿawiḏāt trois fois chacune matin et soir.
Et parmi ce qui est profitable pour la protection contre la sorcellerie, il y a ce qu’a rapporté l’imam Mālik dans le muwaṭṭaʾ avec une bonne chaine de transmission, d’après Al-Qa^Qa^ qui rapporte de Kaʿb al-Aḥbār, un compagnon, que Dieu l’agrée ; il était juif puis il est entré en islam. Il a dit : « s’il n’y avait pas des paroles que je dis régulièrement, les yahūd m’auraient transformé en âne ». On lui a dit : « quelles sont ces paroles ? ».
Il a dit : « aʿūḏu bi-wahji l-Lāhi l-ʿAẓīm al-laḏī layça šayʾun aʿẓama minhu wa bi-kalimāti l -Lāhi t-tāmmāti l-latī lā yuǧāwizuhunna barrun wa lā fāǧir wa bi-ʾasmā’i l-Lāhi l-ḥusnā kullihā mā ʿalimtu minhā wa mā lam ʾaʿlam min šarri mā ẖalaqa wa ḏaraʾa wa baraʾ »
C’est-à-dire que Kaʿb al-Aḥbār que Dieu l’agrée, en disant cela, il disait que les yahūd sont parmi les gens qui utilisent le plus la sorcellerie. Et s’il n’avait pas dit cette évocation, ils lui auraient énormément nui. Avant, il était yahūd puis il est entré en islam du temps du califat de ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée. Il avait reçu de son père plusieurs livres qu’il avait scellés, hormis un seul. Son père lui avait dit de lire celui-là. Et son père était parmi les chefs des yahūd. Et il a pris l’engagement de son fils qu’il n’ouvre aucun des livres sous scellé.
Et Kaʿb a dit : « quand l’islam s’est propagé, j’ai ouvert ces livres et j’y ai trouvé la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et comment les prophètes ont annoncé sa venue ». Et c’est à ce moment-là que Kaʿb est devenu musulman.
Cette évocation est utile pour se protéger de la sorcellerie et pour soigner la sorcellerie, même si elle est écrite sur une feuille et accrochée au cou.
Parmi ce qui est également utile pour se délivrer de la sorcellerie, il y a les feuilles de jujubier : on prend sept feuilles fraiches qu’on écrase finement entre deux pierres, puis on les met dans de l’eau puis on récite Āyatu l-kursiyy et les trois muʿawwiḏāt trois fois chacune ou une fois chacune. Ou alors on récite ceci après les avoir broyées et avant de les mettre dans l’eau. Ensuite celui qui est atteint de sorcellerie, en boit trois gorgées et il se lave avec le reste.
Et parmi ce qui est utile aussi, c’est de ramener quarante et une graines de poivre noir et sur chacune de ces graines, on récite sūratu l-ʾiẖlāṣ sept fois puis on les brûle et on encense celui qui est touché par la sorcellerie.
Et parmi les choses qui sont utiles pour dénouer la sorcellerie, il y a la récitation du verset 81 de sūrat Yūnus « falammā ʾalqaw qāla Mūsā mā ǧiʾtum bihi s-siḥru inna l-Lāha sayubṭiluh inna l-Lāha lā yuṣliḥu ʿamala l-mufsidīn – » 25 fois.
Et aussi la récitation de la fātiḥah 7 fois, Āyatu l-kursiyy 7 fois, sūratu l-ʾIẖlāṣ 11 fois, sūratu n-nās 11 fois et sūratu l-falaq 11 fois : on récite tout cela sur de l’eau et celui est ensorcelé boit cette eau.
Ils enseignaient aux gens la sorcellerie : les démons au temps de Sulaymān ʿalayhi s-salām enseignaient la sorcellerie. Leur objectif était d’égarer les gens et leur nuire.
Et ce qui a été descendu aux deux anges : il s’agit de Hārūt et Mārūt.
Ils (les démons) leur enseignent (aux gens) ce qui a été descendu aux deux anges. Ou bien ils récitent ce qui a été descendu, c’est-à-dire la science de la sorcellerie. Et c’est une épreuve de la part de Dieu aux gens. Celui qui aura appris la sorcellerie (telle qu’elle a été descendue aux deux anges) et qui l’applique, il devient mécréant s’il réfute, par cette sorcellerie, ce qui est une des conditions de la foi, c’est-à-dire s’il contredit l’islam. Et celui qui évite cette sorcellerie ou bien celui qui l’apprend mais non pas pour l’appliquer mais afin de l’éviter, pour connaitre que ceci est une sorcellerie qu’il ne faut donc pas faire, ou pour ne pas être trompé (pour savoir faire la différence entre la sorcellerie et autre chose), lui restera croyant.
Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « dire que la sorcellerie est dans l’absolu une mécréance, est une erreur. Mais il faut analyser quelle est, au préalable, la raison de cette sorcellerie. S’il y a dans cette sorcellerie particulière, une réfutation de ce qui est une condition indispensable de la foi, alors c’est une mécréance. Par contre, si dans cette sorcellerie particulière, il n’y a pas de réfutation de ce qui est une condition nécessaire à la foi, alors ce n’est pas une mécréance ».
Par ailleurs, dans le cas où la sorcellerie est une mécréance, alors celui qui est de sexe masculin qui la pratique, il sera exécuté mais pas les personnes de sexe féminin. Quant à la sorcellerie qui n’est pas une mécréance mais qui revient à faire mourir une personne, alors le jugement de faire pratiquer une telle sorcellerie est le même jugement que celui d’un brigand qui va barrer la route aux gens. Et dans ce cas-là, la peine légale est la même, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.
Par contre si un sorcier a fait le repentir de son acte, son repentir sera accepté. Et celui qui prétend que le repentir du sorcier ne sera pas accepté, il aura commis une erreur. La preuve est que le repentir des sorciers de pharaon a été accepté.
Et il a été dit que « unzila » ici n’est pas quelque chose qui a été descendu mais que ça a été projeté dans le cœur des gens comment faire la sorcellerie tout en recevant l’interdiction de la pratiquer.
Mise en garde contre un récit qui est faux : quant à ce qui a été dit qu’il s’agit de deux anges que les anges avaient élus pour qu’ils aient en eux le désir comme les humains, lorsque les humains ont dit aux anges : « vous n’avez pas le désir ». Ils étaient sur terre la journée et la nuit, ils montaient au ciel et ils étaient tombés amoureux de Zahra et elle les a amenés à boire de l’alcool et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, puis qu’un humain les aurait vu puis qu’ils l’auraient assassiné, qu’ils auraient choisi d’être torturés dans le bas monde plutôt que dans l’au-delà et qu’ils sont maintenant en train d’être torturés tête vers le bas dans un puits à Babel. Tout cela est faux.
Pourquoi Babel a -telle été appelée ainsi ? En raison du tabalbul et c’est le chant d’un oiseau qui chante à plusieurs voix et c’est une analogie parce que les humains se seraient installés à Babel et chacun d’entre eux s’était mis à parler avec une langue différente des autres.
Quant à Hārūt et Mārūt, ils font partie des anges, ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne et ils font absolument tout ce que Dieu leur ordonne de faire.
Ce que certains rapportent d’eux, qu’ils auraient bu de l’alcool et qu’ils auraient tué l’enfant qu’une femme portait dans ses bras et qu’ils auraient commis la fornication avec cette femme, tout cela n’est pas vrai.
Quant à ce que disent beaucoup d’exégètes de ahlu s-sunnah à propos du récit de Hārūt et Mārūt, ils prétendent que ces deux anges seraient exceptés de la préservation des prophètes et que Zahra était une femme avec laquelle ils auraient essayé de faire la fornication mais qu’elle aurait refusé sauf s’ils lui enseignaient le nom éminent de Dieu, celui par lequel, lorsqu’il est invoqué, Il exauce. Puis qu’ils lui auraient enseigné ce nom et qu’elle serait devenue une planète dans le ciel, tout cela est mensonge. Cela est une hérésie fomentée par les descendants d’ Isrāʾīl .
Autre histoire mensongère : ils auraient vu une femme, auraient eu la tentation en eux de commettre la fornication avec elle. Elle aurait dit qu’elle n’accepterait que s’ils attribuaient un associé à Dieu, ils auraient refusé. Elle leur aurait alors fait boire de l’alcool, ils en auraient bu et auraient été ivres puis ils auraient tué un enfant et se seraient prosternés pour une idole. Tout cela n’est que mensonge et mythe.
Toute personne à qui les deux anges enseignaient la sorcellerie, ils lui disaient pour l’avertir, nous sommes une épreuve de la part de Dieu et ils lui disaient « ne commets pas la mécréance » : c’est-à-dire en apprenant et en pratiquant cette sorcellerie de manière à ce que ce soit une mécréance.
Et ils apprennent d’eux : les deux anges apprennent aux gens la sorcellerie et les gens enseignent entre eux la sorcellerie et la mécréance que les deux anges leur auraient indiquée et ce qui est visé par l’enseignement des anges, c’est que les gens fassent la différence entre ce qui est de la sorcellerie et ce qui n’est pas de la sorcellerie.
Ce qui leur permet de séparer entre un homme et son épouse. C’est-à-dire de la sorcellerie qui est une cause pour la séparation entre deux époux. Suite à la pratique de cette sorcellerie, Dieu crée la répulsion et la divergence et c’est une épreuve de la part de Dieu.
La sorcellerie est une réalité selon Ahlou s-sounnah, que Dieu fasse qu’ils soient encore plus nombreux. Tandis que les moutazilites considèrent que ce sont des illusions et des duperies.
Et les gens, malgré cela, ne pourront nuire par cette sorcellerie, personne, si ce n’est par la volonté de Dieu. C’est-à-dire que tout ce qui arrive par la volonté de Dieu. Ici, c’est par la volonté de Dieu que la sorcellerie nuit. Et il y a dans cette phrase une réfutation de la voie des moutazilites parce qu’ils prétendent que les désobéissances n’ont pas lieu par la volonté de Dieu mais qu’elles ont lieu uniquement par la volonté des esclaves. Ce verset est explicite pour réfuter leur prétention.
Et ils apprennent de la sorcellerie ce qui va leur nuire et ne va pas leur profiter, c’est-à-dire dans l’au-delà. Il y a ici une preuve que c’est un devoir d’éviter l’apprentissage de la sorcellerie, comme l’apprentissage de la philosophie qui entraine à l’égarement, et également l’apprentissage qui permet de deviner les choses cachées. On apprend de ce verset que Hārūt et Mārūt sont deux anges auxquels Dieu a donné l’ordre de descendre sur terre et d’enseigner aux gens la sorcellerie, non pas pour que les gens la pratiquent mais pour qu’ils connaissent sa réalité. Les deux anges ont donc enseigné aux gens la sorcellerie et ils les mettaient en même temps en garde contre le fait de la pratiquer. Les deux anges disaient aux gens : « nous sommes une épreuve de la part de Dieu. Nous vous enseignons la sorcellerie mais ne commettez pas la mécréance ». Ils leur enseignaient comme sorte de sorcellerie ce qui permet de séparer entre deux personnes qui s’aiment. Par ailleurs les gens qui avaient appris auprès des deux anges la sorcellerie, certains d’entre eux ne l’ont pas appliquée et d’autres l’ont appliquée et ils ont ainsi désobéi à leur seigneur.
Et il y a parmi la sorcellerie autre que ce que Hārūt et Mārūt ont enseigné aux humains. Les démons mécréants pratiquaient la sorcellerie et l’enseignaient. Et parmi les sortes de sorcellerie qu’ils enseignaient, il y en a qui sont de la mécréance comme le fait d’adorer le soleil. Il y a même des cas où le démon posait comme condition à la personne pour l’aider, que la personne urine sur le muṣḥaf parce que la mécréance se produit ainsi.
Également parmi les duperies que les démons utilisent pour propager la pratique de la sorcellerie, c’est qu’ils mélangent certains versets du Qour’aan avec de la sorcellerie, afin de faire croire aux gens que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie. Or le Qur’ān est contraire à la sorcellerie. Par le Qur’ān, on arrive à libérer de la sorcellerie. Mais ces gens-là mélangent le Qur’ān à la sorcellerie. Ils mettent des paroles malignes que les démons aiment, sur une feuille puis ils écrivent à côté de ces paroles malignes certains versets du Qur’ān, de sorte que les ignorants parmi les humains vont croire que le Qur’ān intervient dans la sorcellerie et c’est ainsi que les démons égarent les gens. Si quelqu’un voit de la sorcellerie écrite avec à côté de cela des versets du Qur’ān, qu’il sache que le Qur’ān n’intervient pas dans la sorcellerie, mais que ce sont les démons qui ont fait cela, pour les amener à croire que le Qur’ān est de la sorcellerie.
Notre maitre Sulaymān ʿalayhi s-salām, les mécréants disaient qu’il était un roi et qu’il pratiquait la sorcellerie. Or c’est un mensonge. La sorcellerie n’est pratiquée ni par les prophètes ni par les saints. Mais les démons étaient exaspérés contre notre Sulaymān ʿalayhi s-salām parce que Dieu lui avait accordé un secret de sorte que les démons lui obéissaient, bien qu’ils fussent mécréants. Ils étaient à son service et accomplissaient des travaux très difficiles. Celui d’entre eux qui désobéissait à notre maitre Sulaymān, Dieu faisait que s’abattait sur lui un châtiment dans ce bas-monde ; ainsi ils étaient dominés par notre maitre Sulaymān.
Quand il décéda, les démons ont écrit de la sorcellerie et l’ont placée sous son trône. Puis ils sont allés voir des gens et leur ont dit : « saviez-vous comment Sulaymān vous gouvernait ? Il vous gouvernait par la sorcellerie. Allez creuser sous son trône et vous verrez ». Ils sont partis creuser sous le trône de Sulaymān et ils ont trouvé cet écrit dans lequel il y avait la sorcellerie et certains ont cru que cet écrit était celui de Sulaymān : ceux qui ont cru cela sont devenus mécréants. Ceux qui ont cru ce que les démons ont dit sont devenus mécréants, parce que la sorcellerie n’est l’œuvre ni des prophètes ni des saints. Que l’on prenne garde contre ceux qui se présentent spirites ou devins !!! Méfiez-vous d’eux et mettez les gens en garde contre eux. La plupart de ces gens-là sont des égarés et des corrupteurs. Ils font tomber les gens dans l’égarement et la mécréance parce que la personne, si elle croit que la sorcellerie est une bonne chose et que c’est licite, elle devient mécréante. La sorcellerie compte parmi les grands péchés et se rendre licite la sorcellerie est une mécréance.
Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ne fait pas partie des nôtres celui qui a été un devin ou qui a demandé à un devin certaines choses ou qui a fait de la sorcellerie ou qui a demandé à ce qu’on fasse de la sorcellerie pour lui ». Rapporté par Aṭ-Ṭabarāniyy.
La sorcellerie a lieu soit avec l’aide des démons soit sans leur aide. Il n’est pas permis d’utiliser la sorcellerie pour soigner ou pour se défaire d’une sorcellerie, comme le font certains ignorants.
Parmi les pratiques de sorcellerie et leurs paroles malignes, il y a qu’ils demandent le secours des démons pour nuire à telle personne et ils disent des paroles laides qui comportent une glorification du šayṭān pour qu’il les aide à nuire à cette personne.
Parmi les actes malins qu’ils font, c’est qu’ils prennent du sang de menstrues qu’ils font boire à la personne à laquelle ils veulent nuire et parfois ils utilisent les ongles ou une touffe de cheveux pour que la nuisance soit encore plus forte.
Parfois ils prélèvent de la terre de la tombe de la personne dans cet objectif-là.
Et parfois ils se font aider par des démons terrestres et parfois par des planètes parce que selon leur prétention, les planètes auraient des âmes qui pourraient les aider tout comme le soleil. Et bien sûr ils mentent en disant cela.
Et parfois ils utilisent des temps particuliers pour pratiquer la sorcellerie parce que Dieu a accordé à des moments de la journée et à certains mois des spécificités, soit pour faire du bien soit pour faire du mal.
Parmi les sorcelleries, il y a la sorcellerie de l’emprise c’est-à-dire qu’ils orientent un ǧinn sur une personne, il va avoir une emprise sur cette personne, il va la faire tomber malade, il peut même aller jusqu’à la tuer.
Parmi les choses qui sont bénéfiques et profitables pour se préserver contre la sorcellerie, il y a que la personne persévère chaque matin et chaque soir à réciter les muʿawwiḏāt trois fois chacune.
Pour en revenir à Hārūt et Mārūt, ce sont deux anges parmi les anges et comme tous les anges, ils ne désobéissent pas aux ordres que Dieu leur donne et ils font absolument ce qu’ils ont reçu l’ordre de faire. Et ceux qui prétendent qu’ils auraient bu du vin et qu’ils auraient tué un enfant qui était porté par une femme et qu’ils auraient commis la fornication avec elle, tout cela est faux.
Et ils ont su c’est-à-dire les yahūd que celui qui a préféré ce que font les démonsau lieu de suivre le livre de Dieu, n’aura pas dans l’au-delà de part, il sera perdant.
Et quel mauvais commerce ils ont fait, ils ont vendu leur âme.
law kānū yaʿmalūn. Il a nié la connaissance à leur sujet c’est-à-dire qu’ils sont ignorants. Alors qu’auparavant, il a dit qu’ils savaient parfaitement. C’est-à-dire que s’ils avaient œuvré conformément à leurs connaissances, alors ils auraient été sauvés. Mais comme ils n’ont pas œuvré conformément à ce qu’ils avaient su, c’est comme s’ils n’avaient pas su.
Verset 103 : et s’ils avaient été croyants au Messager de Dieu, au Qur’ān et s’ils avaient fait preuve de piété à l’égard de Dieu et s’ils avaient délaissé leur conduite qui consiste à rejeter le Livre de Dieu et à suivre les livres des démons
Ils auraient eu la récompense de la part de Dieu et cette récompense de la part de Dieu est mieux pour eux, ils le savent. Cela signifie que la récompense de la part de Dieu vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Et ils le savent. Mais il les a considérés ignorants parce qu’ils n’avaient pas œuvré conformément à leurs connaissances. Et la construction grammaticale ici est une phrase nominale et non pas une phrase verbale en guise de réponse à la condition « law » parce que c’est plus fort pour indiquer la preuve de la confirmation de la récompense. Il y a une subtilité dans la construction de la phrase pour dire qu’un peu de récompense de la part de Dieu valait mieux pour eux.
Et il y a eu une autre explication qui a une chaine de transmission plus faible : il a été dit que « law » ici signifie que cela aurait mieux pour eux. C’est-à-dire « si seulement ils avaient été croyants, il y aurait une récompense de la part de Dieu ».
Verset 104 : ô vous qui êtes croyants, ne dites pas « rāʿinā » et dites « unẓurnā »
Les musulmans disaient au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsqu’il leur enseignait, ils lui disaient « rāʿinā, ô messager de Dieu », c’est-à-dire « surveille-nous et attends-nous pour que nous puissions bien comprendre et mémoriser ce que tu nous enseignes ». Et les yahūd avaient une phrase d’insulte, en hébreu ou en araméen qui était « rāʿinā » qui ressemble à la phrase en arabe que les musulmans disaient mais le sens était différent. Comme ils ont entendu que les croyants disaient «« rāʿinā » dans le sens « attends que nous puissions assimiler ce que tu nous dis », eux, ils ont saisi cette occasion pour s’adresser au Prophète avec la même phrase mais eux, ils visaient le sens de l’insulte. C’est pour cela qu’il a été défendu aux croyants d’utiliser ce terme-là dorénavant et ils ont reçu l’ordre de dire « unẓurnā » qui signifie « attends-nous ».
Et écoutez bien :c’est-à-dire soyez attentifs lorsque le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam vous parle et qu’il vous enseigne des questions religieuses. Ayez des oreilles attentives et votre cœur présent afin que vous n’ayez pas besoin de vous préparer et de demander à ce qu’il vous attende.
Une autre explication : écoutez à la manière de celui qui accepte et qui va obéir. Ne soyez pas de ceux qui écoutent comme les yahouud qui disent « nous avons entendu mais nous désobéissons ».
Et les mécréants c’est-à-dire les yahūd, ceux qui ont insulté le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam auront un châtiment douloureux.
Verset 105 : ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui ont prétendu suivre un livre et les associateurs ne souhaitent pas qu’il vous soit révélé de la part de votre Seigneur un quelconque bien. Et le bien ici c’est la révélation au Prophète Muḥammad et c’est également la miséricorde.
Et Allāh accorde Sa miséricorde à qui Il veut. Ils considèrent qu’ils sont prioritaires sur vous pour recevoir la révélation. Et par conséquent ils vous envient et ils n’aiment pas qu’il vous soit descendu quoi que ce soit de révélation. Mais Allāh accorde spécifiquement le repentir à qui Il veut.
Et Allāh est Celui Qui a la grâce et l’éloge et le mérite éminent. Cela est une preuve que le fait d’accorder le statut de prophète est une grâce éminente. Et comme ils ont considéré que l’abrogation est impossible, ils l’ont dénigrée et ont dit à leurs compagnons : « regardez comment Muḥammad ordonne à ses compagnons aujourd’hui une chose et le lendemain, il la leur interdit ». C’est ainsi qu’ont été révélés les versets 106 à 110.
Verset 106 : tout verset que Nous abrogeons. An-nasẖ, l’abrogation. Dans la langue arabe, cela signifie « baddala », « changer ». Et dans la Loi de l’Islam, c’est l’indication de la fin de l’application d’un jugement. C’est un changement pour nous mais au sujet de Dieu ce n’est pas un changement, mais c’est une indication pour nous. Dieu nous indique que tel jugement n’est plus appliqué mais qu’il est remplacé par un autre. Donc l’abrogation n’implique pas un changement au sujet de Dieu parce que le changement est la preuve de l’entrée en existence et Dieu et Dieu est exempt du début. Dans cette définition citée, il y a en cela une réplique aux yahūd qui, eux, ont prétendu que l’abrogation implique le changement. Selon eux, il est impossible qu’il y ait une abrogation dans une loi.
Il y a plusieurs cas possibles d’abrogation.
1/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un ḥadīṯ.
2/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un verset du Qur’ān
3/ Il est possible qu’un verset du Qur’ān soit abrogé par un autre verset.
4/ Il est possible qu’un ḥadīṯ soit abrogé par un autre ḥadīṯ.
5/ Il est possible qu’il y ait abrogation d’une récitation. Un verset avait été révélé puis le Prophète indique qu’il n’en fait plus partie donc il n’est plus récité.
6/ Il est possible qu’il y ait abrogation du jugement mais pas de la récitation. On récite toujours le verset mais son jugement a été abrogé.
7/ Il est possible qu’il y ait abrogation de la récitation mais pas du jugement. On ne récite plus le verset mais le jugement reste applicable.
Ou que nous faisons oublier : il y a deux explications possibles.
1/ « aw nunsihā » : que les gens l’oublient en faisant enlever son souvenir des cœurs. Quelqu’un peut apprendre une sourate et il l’oublie.
2/ Ou alors selon une autre manière de réciter « nansahā », récitation mecquoise de Makkī makiyy et de ʿAmr qui signifie « Nous la décalons dans le temps » avec le verbe « nasa’a » c’est-à-dire retarder.
Donc selon la manière de réciter, il y a un sens différent.
Nous en amenons un qui est meilleur. C’est-à-dire un verset qui est meilleur pour les esclaves, c’est-à-dire qu’en l’appliquant les gens gagnent plus de récompenses.
Ou qui est semblable. Dans le sens qu’il n’y a pas de mérite de certains versets sur d’autres. Lorsque nous étudions la parole de Dieu qui est propre à Son Etre, dans le sens que cette parole est une parole unique, on ne dit pas que dans la parole de Dieu, il y a ce qui est meilleur que l’autre. Parce que la parole de Dieu est unique dans le sens qu’elle n’est pas composée de parties. Mais pour ce qui est du terme qui est révélé, dans certains versets il y a un ordre qui allège et dans d’autres il y a un ordre qui est plus contraignant. C’est dans ce sens qu’on parle de « meilleur » : soit il y a un allégement soit une contrainte dans l’ordre.
Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit à propos de Āyatu l-kursiyy, ce qui signifie : « elle est la maitresse des versets du Qur’ān ». Cela signifie que Āyatu l-kursiyy est le meilleur verset du Qur’ān. La parole de Dieu en parlant de l’attribut de Dieu qui est de toute éternité, on ne dit pas qu’une parole est meilleure qu’une autre, parce que l’attribut de la parole de Dieu n’est pas composé de parties. Mais pour ce qui est des termes et des lettres qui sont révélés, nous disons que certains sont meilleurs que d’autres comme le verset Āyatu l-kursiyy.
Ne sais-tu pas que Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant pour le bien et pour autre que cela.
Verset 107 : ne sais-tu pas que Dieu a la souveraineté des cieux et de la terre. Tout ce qui vous concerne appartient à Dieu. C’est Dieu Qui prédestine tout ce qui vous arrive. Et Dieu sait plus que tout autre par quoi Il vous asservit, en l’occurrence ce par quoi Il abroge et ce qui est abrogé.
Vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous prédestine les choses et vous n’avez nul autre que Dieu Qui vous soutienne et Qui vous protège du châtiment si Dieu veut vous châtier.
Verset 108 : ou alors voulez-vous demander à votre messager tout comme il a été demandé à Mūsā certaines choses. Il a été rapporté que les gens de qurayš ont dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām « ô Muḥammad, transforme-nous la montagne de aṣ-ṣafā en or et fais que La Mecque soit plus étendue ». Il leur a été interdit de demander à avoir des miracles, tout comme le peuple de Mūsā lui a demandé certaines choses, dont certaines qui sont de la mécréance, comme quand ils lui ont dit de leur accorder un dieu quand ils se sont mis à adorer le veau.
Et celui qui délaisse la foi et suit la mécréance c’est-à-dire celui qui délaisse la confiance en les versets qui ont été descendus, qui doute à propos de ces versets et qui en demande d’autres, il se sera égaré, il aura perdu son chemin.
Verset 109 : beaucoup de gens du Livre espèrent vous rendre mécréants après votre foi : ils espèrent que vous commettiez une apostasie. Ce verset a été révélé après la bataille de Uḥud. Certains musulmans n’avaient pas appliqué les consignes du Prophète qui leur avait dit de ne pas abandonner une position ; il avait placé des archers pour assurer les arrières des musulmans. Ces archers ont vu que les musulmans semblaient gagner la bataille, alors ils ont abandonné leurs positions, sauf quelques-uns, puis ils ont été attaqués par l’arrière et ils ont été défaits. On dit que ce sont ceux qui n’ont pas appliqué les consignes du Prophète qui ont été défaits, on ne dit pas que le Prophète a été défait.
Ce verset a été révélé lorsque les yahūd ont dit aux musulmans, après la bataille de Uḥud : « vous voyez ce qui vous est arrivé, si vous étiez sur la vérité, vous n’auriez pas perdu. Revenez à notre religion, c’est mieux pour vous ».
Les versets sont « as-bābu n-nuzūl », c’est-à-dire les conditions dans lesquelles tel verset a été révélé. La bonne compréhension des versets nécessite de connaitre les causes pour lesquelles ils ont été révélés.
Par jalousie et envie. Celui qui est jaloux et envieux est malheureux et triste du bien que les autres ont. Les savants ont dit que celui qui est envieux, en réalité, il se nuit à lui-même, car son cœur se ronge de malheur parce que les autres ont du bien.
De leur part : Ils ont souhaité vous rendre mécréants suite à un souhait de leur propre passion, qui émane d’eux-mêmes. Ce n’est pas un souhait qui est motivé par la religion. Par exemple, si tu souhaites que le mois de ramaḍān ait trente jours et pas vingt-neuf pour avoir plus de récompenses, il s’agit d’un souhait qui a une origine religieuse.
Après qu’il leur soit avéré que vous êtes sur la vérité. Ils souhaitent que le bien que vous avez vous soit ôté et il s’agit de l’islam. Alors qu’ils savent au fond d’eux-mêmes que Muḥammad et ses compagnons sont sur la vérité.
Excusez et pardonnez : c’est-à-dire « empruntez le chemin du pardon » c’est-à-dire de ce qui peut provenir d’eux comme ignorance et animosité
Jusqu’à ce que Dieu vous donne l’ordre : c’est-à-dire du combat.
Certes Dieu est sur toute chose tout puissant. C’est-à-dire que Dieu est tout puissant à leur faire parvenir le châtiment.
Verset 110 : accomplissez la prière, acquittez-vous de la zakaat et tout ce que vous faites comme bien pour vous-mêmes : c’est-à-dire comme bonne action
Vous en trouverez la récompense que Dieu vous conservera. Tout ce que vous faites comme bien, Dieu vous en donnera la récompense.
Certes Allāh sait parfaitement ce que vous faites. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’œuvre de la part de quelqu’un qui œuvre qui ne sera pas récompensée. Allāh taʿālā vous donnera la récompense. Dieu dit ce qui signifie : « celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution ».
Verset 111 : ils ont dit que n’entrera au paradis que quelqu’un qui est yahūdī ou naṣrānī. C’est-à-dire que les gens du Livre ont dit, c’est-à-dire les yahūd et les nasārāʾ : les yahouud ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est nasārāʾ. Dans ce verset, les deux ont été cités en même temps, parce que celui qui entend cette phrase, il saura que chaque parole est dite par celui de ce clan-là, c’est-à-dire que les yahūd ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est yahūdī et les nasārāʾ ont dit que n’entrera au paradis que celui qui est naṣrānī. Chacun dit que ceux qui sont dans son propre clan entrera au paradis et il n’y a pas de confusion possible car on sait qu’il y a une animosité entre les deux et que chacun de deux groupes déclare l’autre égaré. Il y a un autre verset dans lequel les yahūd ont dit que les nasārāʾ sont dans l’erreur et les nasārāʾ disent que les yahūd sont dans l’égarement.
Ce sont là leurs souhaits. C’est-à-dire les trois souhaits précédemment cités : d’abord ils ont souhaité qu’il n’y ait pas de bien qui soit révélé pour les croyants de la part de leur Seigneur. Puis ils ont souhaité que les croyants deviennent mécréants. Puis ils ont souhaité que n’entre pas au paradis autre qu’eux.
Dis : donnez donc votre preuve. C’est-à-dire : donnez votre preuve que vous serez les seuls à entrer au paradis.
Si vous êtes véridiques. Dans votre prétention qu’il n’y aura que vous qui entrerez au paradis.
Verset 112 : ah que oui. C’est une confirmation de ce qu’ils ont nié. C’est pour confirmer qu’il y aura autre qu’eux qui entreront au paradis. Et c’est une réfutation de leur prétention.
Celui qui s’est soumis totalement à Dieu. C’est-à-dire celui qui adore Dieu uniquement et ne Lui attribue aucun associé.
Wa huwa muḥsin : il y a deux explications.
1/ Et qui croit au Qur’ān
2/ ibnu l-Ǧawziyy a donné une autre explication. Il a dit : et il agit en bien c’est-à-dire qu’il accomplit de bonnes œuvres.
Il aura la récompense de la part de son Seigneur. C’est-à-dire qu’il aura la rétribution de la part de son Seigneur. Az-Zaǧǧāǧ a dit : il est visé par-là l’entrée au paradis.
Il n’y a pas de crainte à leur sujet et ils n’ont pas à être attristés.
Verset 113 : et les yahūd ont dit : les nasārā ne se basent pas sur quelque chose de fiable : les nasārāʾ sont dans l’erreur et les nasārā ont dit que les yahūd ne s’appuient pas sur quelque chose de fiable. Les deux camps s’accusent d’égarement.
Alors qu’ils récitent le Livre : ici il s’agit de la Torah et de l’Evangile (authentiques). Ils sont normalement des gens de science et de récitation du Livre. Et celui qui porte la Torah et l’Evangile et qui croit en ces livres, normalement, il ne mécroit pas au reste parce que chacun des deux livres confirme ce que contient l’autre. Donc celui qui croit en la Torah, normalement, croit en l’Evangile et celui qui croit en l’Evangile, normalement, il croit en la Torah.
Et de même, la même parole a été dite par ceux qui n’ont pas de science : c’est -à-dire par ceux qui n’ont pas de livre, comme les idolâtres, comme les athées, qui ont dit chacune des deux religions est dans l’erreur.
Et cette dernière partie du verset 113 est un grand blâme pour les nasārā parce que, par leur parole (qu’ils ont certaines connaissances), ils se sont placés au même niveau que ceux qui n’ont pas de connaissance (ceux qui n’ont pas de Livre). Ils se réclament d’un livre et malgré cela, ils disent la même chose que ceux qui suivent leurs passions et qui sont complètement égarés.
Allāh juge entre eux au jour du jugement à propos de ce en quoi ils divergeaient. Allāh fait apparaitre la vérité. C’est-à-dire que Dieu punira chacun des deux au jour du jugement, par la juste punition qu’ils méritent.
Verset 114 : qui donc est plus injuste que ceux qui empêchent d’accéder aux mosquées et d’y évoquer le nom de Dieu. C’est une grande injustice. La raison de la révélation de ce verset est que les nasārā ont mis des saletés dans la mosquée de Jérusalem et ils ont empêché les gens d’y faire la prière. Ou alors, une autre raison est que les associateurs de La Mecque avaient empêché le Messager de Dieu de parvenir à la mosquée Al-Haram à La Mecque lorsque le Prophète voulait faire une ʿumrah.
Dans ce verset, le mot mosquée est employé au pluriel « masāǧid », alors que l’empêchement concernait une seule mosquée, soit la mosquée de Jérusalem, soit la mosquée Al-Haram selon l’explication. C’est une règle : le jugement est parvenu général, même si la cause est particulière. On retrouve cela dans d’autres versets : il se peut que la révélation d’un jugement soit pour une raison bien particulière mais que le jugement soit général. Comme lorsque le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a demandé à ce qu’on soutienne les gens qui étaient miséreux. Alors quelqu’un a ramené un peu de nourriture et un autre a suivi et ainsi de suite. Alors le Prophète a dit ce qui signifie : « celui qui instaure en islam une bonne tradition, il en aura les récompenses ». Ici la parole est générale, elle concerne l’islam, il n’a pas dit : celui qui fait une collecte pour des pauvres ». Ça arrive que le texte soit général alors que l’événement est bien particulier. Comme dans le Qur’ān, ce qui signifie « malheur à tout houmazah » ici le terme est général alors que le verset a été descendu à propos de quelqu’un en particulier qui s’appelle Aḥnas ibnu Šurayq.
Et qui œuvre pour les détruire.
Ceux-là. C’est-à-dire ceux qui œuvrent pour les détruire
N’avaient pas à entrer dans les mosquées autrement qu’apeurés. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas à entrer dans les mosquées autre que dans un état de crainte des croyants qu’ils ne les attaquent. A plus forte raison, ils n’ont pas à s’emparer des mosquées et à empêcher les croyants d’y accéder. Telle est la vérité n’eut été l’injustice des mécréants. Il a été rapporté que n’entrait à Jérusalem aucun nasārā sauf s’il était déguisé, par crainte d’être tué. Ceci avait lieu avant les compagnons, lorsque les yahūd s’étaient emparés de la mosquée de Jérusalem. Donc c’était avant la mission de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Puis lorsque les nasārā ne pouvaient pas entrer dans la mosquée de Jérusalem au grand jour, Nabuchodonosor a détruit Jérusalem. Puis les yahūd sont revenus et il y avait quelques nasārā avec eux. Puis notre maitre ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu l’agrée est allé au pays de aš-šām et il a fait un pacte d’armistice avec les nasārā de Jérusalem, en contrepartie d’une ǧizyah (sorte de dime qui est payée par les gens du Livre au sultan des musulmans). Puis Jérusalem est restée aux mains des musulmans jusqu’au quatrième siècle de l’hégire. Puis les croisés sont entrés à Jérusalem puis Ṣalāḥu d-Dīn les en a fait sortir.
Et Qatādah a dit qu’à l’époque où les yahūd s’étaient emparés de Jérusalem, il n’y avait pas un seul nasārā là-bas car dès qu’ils en voyaient un, ils le frappaient. Et le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a lancé un appel qui signifie qu’après cette année-là, aucun associateur ne fasse le pèlerinage. Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim.
Aucun mécréant n’entre à La Mecque ni à Médine. Il a été dit que c’est une interdiction de leur permettre d’entrer.
Ils auront une humiliation dans le bas monde et ils auront dans l’au-delà un châtiment terrible, c’est-à-dire le feu de l’enfer.
Verset 115 : à Allāh appartient le levant et le couchant. C’est-à-dire que ce soit à l’est ou à l’ouest, tout cela appartient à Dieu. Il est Celui à Qui tout cela appartient et Celui Qui gère tout cela. Il n’y a pas une chose qui a lieu sans que ce soit par Sa volonté subḥānahu wa taʿālā.
Où que vous vous dirigiez. C’est-à-dire où que vous vous dirigiez, dans n’importe quel endroit vers lequel vous vous orientez c’est-à-dire vous orientez vos faces pour votre prière, preuve en est la parole de Dieu « šaṭrahu », il y a dans cette direction que vous avez prise, une direction que Dieu agrée.
Il y a une direction que Dieu a ordonnée d’avoir et que Dieu agrée. C’est-à-dire que si on vous empêche de faire la prière dans la mosquée al-Haraam ou dans la mosquée de Jérusalem, toute la terre pour vous est un lieu de prière. Vous pouvez faire la prière partout. Où que vous vous dirigiez, la prière est valable. Il est parvenu dans l’exégèse de Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās, l’explication du mot « waǧh » non pas par face mais par « qiblah » c’est-à-dire la direction agréée pour la prière surérogatoire sur une monture pendant le voyage.
Où que vous vous trouviez il y a « waǧhu l-Lāh », cela veut dire « où que vous orientez vos visages pendant la prière surérogatoire en voyage », c’est une qiblah que Dieu agrée. C’est-à-dire que c’est une direction que Dieu agrée pour votre prière.
Le jugement de celui qui croit que Dieu a des organes, c’est qu’il est déclaré mécréant.
« Faṯamma waǧhu l-Lāh », signifie que le voyageur, lorsqu’il est sur sa monture (un cheval ou une ânesse ou autre que cela), il peut faire une prière surérogatoire. Mais l’avion n’est pas concerné par cela, excepté le pilote de l’avion, il est considéré comme celui qui est sur une monture. Également concernant le pilote, si le temps devient court pour lui, et qu’il veut faire la prière obligatoire et qu’il ne trouve pas d’endroit pour faire la prière sur le sol, alors dans ce cas, il lui est permis de faire la prière alors qu’il est assis et qu’il est assis dans la direction dans laquelle il dirige l’avion.
Le sens apparent de ce verset est que Dieu serait sur terre, de sorte que si quelqu’un fait la prière vers l’est ou l’ouest ou vers le sud ou le nord, il se dirigerait vers Dieu et que Dieu serait là tout autour de l’horizon, de sorte que n’importe quelle personne qui fait la prière surérogatoire se dirigerait vers l’Etre de Dieu !! Or le sens apparent de ce verset contredit la croyance des wahabites qui disent que Dieu est situé au-dessus du Trône. Ce verset détruit toutes leurs illusions, tout ce que leurs imaginations ont construit.
Alors que nous, les gens de ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, par la réussite que Dieu nous accorde, nous avons été bien guidés pour donner un sens correct, valide, qui concilie les textes. C’est Allāh Qui nous a accordé la réussite par Sa miséricorde et Sa grâce, de concilier entre les versets et les ḥadīṯ. Nous disons que ce verset « fa’aynamā tuwallū faṯamma waǧhu l-Lāh » « où que vous vous dirigiez, il y a waǧhu l-Lāh », nous ne lui donnons pas le sens apparent, mais nous l’interprétons par un autre sens que le sens apparent.
Certes Allaah est Celui Qui est extrêmement miséricordieux. Il accorde l’élargissement de la subsistance à Ses esclaves et Il est Celui Qui sait ce qui est de leur intérêt. Et le fils de ʿUmar que Dieu les agrée tous les deux, a dit la même chose que ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās, c’est-à-dire que ce verset est réservé au voyageur sur sa monture, où que sa monture se dirige.
Et il a été dit que des gens n’ont pas su où se trouvait la qiblah (ils étaient dans un endroit, la nuit) et chacun a prié dans une direction, ils pensaient que c’était la bonne direction. Au matin, ils se sont rendus compte de leur erreur et ils ont été excusés. Et ceci est un argument contre l’avis de Aš-šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, concernant celui qui tourne le dos à la qiblah.
Et il a été dit qu’il ne s’agit pas de prière ici, mais il s’agit d’invocation et d’évocation. C’est-à-dire qu’où que vous vous tourniez pour invoquer ou évoquer Dieu, cela est valide.
Verset 116 : et ils disent que Allāh S’est donné un fils. Ceux qui disent que Jésus est le fils de Dieu et ceux qui ont dit qu’ʿUzayr est le fils de Dieu. Et le terme « wa » ici est une conjonction de coordination qui indique que ce récit qui va être cité maintenant est lié au récit précédent.
Allāh est complètement exempt d’avoir un fils.
A Lui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre. Cela signifie que tout cela appartient à Dieu. Et, entre autres choses qu’il y a dans les cieux et sur terre, il y a le messie Jésus et il y a ʿUzayr. Et la filiation contredit la propriété. Le fait d’être fils est différent du fait d’appartenir, c’est un être qui dérive.
Et tout lui est soumis. Ils sont tous soumis à Dieu, il n’y a pas une chose qui soit dans les cieux ou sur terre, qui ne soit pas concernée par la puissance de Dieu et par Sa prédestination.
Verset 117 : Il est Celui Qui crée les cieux et la terre. Il les a créés sans qu’il n’y ait d’exemple antérieur, sans qu’Il n’ait copié sur autre que Lui. Il les a fait exister alors qu’ils n’existaient pas. Quiconque fait quelque chose que d’autres n’ont pas fait avant lui, on dit que c’est une innovation. C’est pour cela que celui qui a contredit ahlu s-sunnatu wa l-ǧamāʿah, on l’appelle « mubtadiʿ » parce qu’il a amené dans la religion de l’islam quelque chose que ni les compagnons ni les successeurs n’ont faite. Mais nous savons bien que cela ne veut pas dire que toutes les innovations sont mauvaises.
Et si Allāh juge qu’une chose aura lieu : c’est-à-dire qu’Il a prédestiné qu’une chose va avoir lieu.
Il dit à cette chose « sois » et cette chose a lieu. C’est-à-dire de toute éternité, Il dit « sois ». Ici c’est une métaphore pour indiquer la rapidité de la création et c’est pour nous rapprocher les idées. Tout comme c’est rapide pour nous de dire « sois », Dieu, s’Il veut qu’une chose existe, Il la fait exister dans le temps dans lequel Il veut qu’elle existe.
L’explication de An-Nasafiyy est la suivante : ce que Dieu a prédestiné comme choses, parmi les choses que Dieu a voulu qu’elles existent, elles entrent en existence, sans manquement. Tout comme celui qui reçoit des ordres et qui est obéissant. Quand on lui donne un ordre, il obtempère immédiatement, sans hésitation. Il ne s’abstient pas et il n’y a pas de refus de sa part. Et il y a une insistance dans ce verset que les choses entrent en existence par le simple fait que Dieu a voulu qu’elles existent. Il a insisté ainsi que Dieu est exempt d’avoir un fils parce que celui qui a ces attributs-là comme la toute-puissance, forcément ces attributs sont différents des attributs des corps, alors comment pourrait-Il avoir un fils ? C’est impossible selon la raison.
Il y a ici deux possibilités pour réciter « yaqūlu », certains ont dit « yaqūla ». Les deux récitations sont rapportées du Prophète et les deux ont une explication grammaticale. Et An-Nasafiyy a fait prévaloir la récitation avec « yaqūlu » parce que « yaqūla » serait dans le cas d’une condition. Or ici il ne s’agit pas d’une condition mais d’une information. Si c’est une chose qui existe déjà, ça n’a pas de sens de lui ordonner d’exister. Et si c’est une chose qui n’existe pas, ça n’a pas de sens de lui adresser une parole.
Verset 118 : et ceux qui ne savent pas ont dit : il est visé les associateurs ou les gens du Livre, ils ont été qualifiés par « ceux qui ne savent pas » parce qu’ils n’ont pas œuvré avec la science qui leur est parvenue. Ils ont donc été qualifiés d’ignorants.
Pourquoi Allāh ne nous parle pas : ils ont dit « pourquoi Il ne nous parle pas tout comme Il a parlé aux anges, Il a parlé à Mūsā » et c’est de l’orgueil et de l’entêtement de leur part.
Ou qu’Il nous amène un signe. Ils ont renié le fait que ce que le Prophète nous a amené comme miracle soit des signes de la part de Dieu et c’est un dénigrement de leur part.
Ceux qui les ont précédés ont dit la même chose qu’eux : leurs paroles se ressemblent. Ceux qui étaient à l’époque du Prophète Muḥammad ont dit cela mais ceux qui étaient avant ont dit la même chose. Leurs cœurs et les cœurs de ceux qui les ont précédés se ressemblent dans leur cécité parce que ce sont des cœurs qui sont aveugles.
Nous avons indiqué les signes à ceux qui sont objectifs : et qui ont la certitude que ce sont des signes de la part de Dieu, qu’il est un devoir de reconnaitre, auxquels il est un devoir de se soumettre et de se suffire de ces signes-là sans avoir à en demander d’autres.
Verset 119 : Nous t’avons envoyé avec la vérité annonciatrice de bonne nouvelle : il a annoncé la bonne nouvelle aux croyants, qu’ils auront la récompense.
Et avertisseur : c’est-à-dire qu’il avertit les mécréants qu’ils auront un châtiment.
Et tu ne seras pas interrogé à propos de ceux qui iront en enfer : Nous n’allons pas t’interroger à leur propos, ceux qui iront en enfer. Nous ne te dirons pas « pourquoi ne sont-ils pas devenus croyants ? » du moment que tu as transmis et que tu as fourni tous tes efforts pour les appeler à l’islam. On peut réciter « wa lā tusʾalu ».
Il y a une autre manière de réciter « wa lā tasʾal », dans le sens de la négation de l’impératif : ne demande pas après les gens de l’enfer, quand ils seront dans le châtiment. Comme si quelqu’un te dit : comment va un tel ? Et tu ne demandes pas de ses nouvelles.
Verset 120 : les yahūd et les nasārā ne seront jamais satisfaits de toi tant que tu ne suivras pas leur religion. C’est comme s’ils avaient dit « nous ne serons jamais satisfaits de toi, même si tu fournis tous tes efforts pour gagner notre agrément, tant que tu ne suis pas notre religion ». C’était pour faire perdre espoir au Messager de Dieu qu’ils entrent en islam. Et Dieu a rapporté leurs paroles.
Dis : la bonne guidée de la part d’Allāh : c’est-à-dire celle qu’Il agrée pour Ses esclaves, c’est l’islam. L’islam est la religion qu’Allāh agrée et il n’y a pas d’autre chose que Dieu agrée si ce n’est l’islam. Et ce à quoi vous appelez, ce n’est pas une bonne guidée. Ce ne sont que vos passions.
Et si tu suivais leurs passions : leurs paroles proviennent du fait qu’ils suivent leurs passions et ce sont de mauvaises innovations
Après la science que tu as reçue : c’est-à-dire après que tu aies eu connaissance que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam. Ou que la religion qui est valide par les preuves claires et l’argument qui sont apparents.
Tu n’auras pas de la part de Dieu : c’est-à-dire du châtiment de Dieu.
Quiconque qui te protègera. Tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.
Ni quiconque qui te suivra. C’est-à-dire qu’après la connaissance que tu as eue, tu n’auras pas de protecteur contre le châtiment de Dieu.
Verset 122 : ceux à qui Nous avons accordé le Livre. An-Nasafī donne deux explications. La première : ce sont les croyants parmi les gens du Livre et le Livre dans ce cas-là, c’est la Torah et l’Evangile. Deuxième explication : ce sont les compagnons du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le Livre serait le Qur’ān.
Ils le récitent de la parfaite récitation : c’est-à-dire qu’ils le récitent correctement tel qu’il a été révélé, en articulant, en méditant, en réfléchissant au sens. Ou deuxième explication donnée par An-Nasafiyy : ils œuvrent conformément au Livre, ils croient au contenu de ce Livre. Et ils ne changent pas ce qu’il y a dans le Livre comme description du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il y a ici une preuve qu’il n’y a pas de récompense pour celui qui récite le Qur’ān sans avoir reçu sa récitation par transmission. Car sinon, comment se garantit-il qu’il le récite tel qu’il a été révélé ?
Ceux-là croient fermement en ce qu’il y a dans le Livre. Et ceux qui mécroient au Livre, ce sont eux les perdants. Parce qu’ils ont choisi l’égarement en délaissant la bonne guidée.
Verset 122 : ô vous descendants d’Isrāʾīl, rappelez-vous des grâces que Je vous ai accordées et que Je vous ai accordé un mérite par rapport au reste du monde. C’est-à-dire au reste du monde de leur époque. C’est-à-dire quand ils étaient musulmans, ils étaient les meilleurs de leur époque.
Verset 123 : craignez un jour dans lequel personne ne va sauver quelqu’un d’autre. Si quelqu’un est mécréant, il ne pourra pas sauver quelqu’un d’autre. Et il ne pourra pas profiter de l’intercession ni du soutien. Ces quatre phrases sont une description de cette journée, durant laquelle les gens seront rétribués, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté de compensation, cette journée durant laquelle il ne sera pas accepté d’intercession, cette journée durant laquelle il n’y aura pas de soutien, pour le mécréant car il y aura une intercession pour le grand pêcheur.
Verset 124 : et cite lorsque Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur par des ordres et des interdits. Allāh a éprouvé Ibrāhīm en lui fixant des ordres et des interdits. En quoi consiste l’épreuve en général ? Lorsque nous éprouvons quelqu’un, nous l’éprouvons pour connaitre ce que nous ne savons pas. Mais quand c’est Dieu Qui éprouve Ses esclaves, c’est pour montrer ce que Lui sait de toute éternité. Et les conséquences de l’épreuve de la part de celui qui éprouve, c’est la manifestation de ce qui est caché, aussi bien pour celui qui sait que celui qui ne sait pas. C’est pour cela qu’il est permis de dire que Dieu éprouve Ses créatures.
Et il a été dit que l’épreuve que Dieu fait subir à Son esclave c’est ce qui revient à donner la capacité de choisir l’une des deux choses, ce que Dieu agrée et ce que l’esclave désire. Comme si Dieu l’éprouvait pour manifester ce qui va provenir de la part l’esclave et pour le rétribuer en fonction de ce que l’esclave va choisir, que Dieu a voulu qu’il choisisse.
Et Abū Ḥanīfah que Dieu l’agrée, a récité ce verset autrement. Au lieu de dire « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīma rabbuhu », ce qui signifie qu’Ibrāhīm a été éprouvé par son Seigneur, il a dit « wa iḏhib taʿālā Ibrāhīmu rabbahu » : il a considéré qu’Ibrāhīm était le sujet et non pas le complément d’objet direct, dans le sens qu’il a invoqué son Seigneur. C’est la récitation deʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās. Ibrāhīm avait invoqué son Seigneur pour voir s’Il allait l’exaucer ou pas.
Et Ibrāhīm a accompli les épreuves parfaitement. C’est-à-dire qu’il a réalisé les épreuves de la meilleure manière, sans manquement, sans paresse.
Et selon la deuxième manière de réciter, cela signifie que Dieu a accordé à Ibrāhīm tout ce qu’il avait demandé à son Seigneur. Il y a d’autres versets où il est cité qu’Ibrāhīm a été exaucé : « ô Seigneur, fais que cette ville soit paisible » : il s’agissait d’une invocation en faveur de La Mecque. « Fais que nous Te soyons soumis » : il avait fait cette invocation quand il était avec son fils Ismāʿīl. « Seigneur, envoie-leur un messager qui soit l’un d’entre eux » : Ibrāhīm avait demandé à ce que ceux qui allaient habiter à La Mecque reçoivent un messager qui était d’entre eux et ce fut Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. « Ô notre Seigneur, agrée de nous ce que nous faisons » quand il était avec son fils Ismāʿīl.
Et selon la récitation qui est la plus réputée, c’est-à-dire que c’est son Seigneur Qui a éprouvé Ibrāhīm, quelles sont ces paroles qu’Ibrāhīm avait accomplies parfaitement ? Ce sont cinq choses qui sont au niveau de la tête : d’avoir une raie au milieu des cheveux, de se couper les moustaches (pour ne pas qu’elles arrivent sur les lèvres), d’utiliser le siwaak, de se rincer la bouche et le nez. Et cinq autres choses qui sont au niveau du corps : la circoncision, le fait de se couper les ongles, le fait de s’épiler les aisselles, le fait de raser le pubis et faire l’istinǧaʾ.
Et selon Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée lui et son père, ces fameuses paroles par lesquelles Dieu a éprouvé Ibrāhīm, sont au nombre de trente : dix ont été mentionnées dans sūratu baraʾa à partir du verset at-tāʾibūn, dix dans sūratu l-Aḥzāb à partir de la parole « inna l-muslimīna wa l-muslimāt », dix ont été dans sūratu l-muʾminūn et sūratu l-maʿariǧ jusqu’à la parole de Dieu « huḥāfiḏūn » et il a été dit que ces paroles sont les rites du pèlerinage.
Je vais faire en sorte que tu sois un imām pour les gens : Dieu a annoncé à notre maitre Ibrāhīm qu’il allait être quelqu’un que l’on suit sur sa religion.
Et de ma descendance ? Ibrāhīm a demandé à Dieu que parmi sa descendance, il y ait des gens qui soient pris pour imaam c’est-à-dire qui soient suivis dans leur religion. Et « ḏurriyyah » ce sont les descendants de l’homme c’est-à-dire les garçons et les filles, les deux sont appelés « descendants ».
Il a dit : ce que Je confie, Je ne le confie pas aux injustes. Cela signifie quele fait d’être imaam, de diriger les gens, c’est-à-dire le fait d’être prophète, ne va pas être obtenu par ceux qui commettent des injustices c’est-à-dire par ceux qui sont mécréants parmi ses descendants. Allāh a annoncé que le fait de diriger les musulmans ne sera pas accordé aux mécréants. Et que parmi ses descendants qui sont musulmans, il y a ceux qui sont musulmans et ceux qui sont mécréants. Dieu dit ce qui signifie : « Nous avons accordé des bénédictions à Ibrāhīm ainsi qu’à ʿIsḥāq et à leur descendance, il y a ceux qui sont bienfaiteurs, il y a ceux qui sont des injustes envers eux-mêmes ». Le bienfaisant est celui qui est croyant et l’injuste est celui qui est mécréant.
Verset 125 : et Nous avons fait que La maison : c’est-à-dire le kaʿbah. Il est convenu qu’on comprend qu’il s’agit de la kaʿbah quand il est cité le terme « la » maison dans le Qur’ān, tout comme on comprend du terme ṯurayyah l’étoile. C’est le nom de l’individu du genre qui est visé et connu.
C’est un lieu vers lequel d’une part les pèlerins se dirigent puis ils se séparent puis ils retournent à cet endroit que ce soit pour le pèlerinage ou pour la ʿumrah.
Et une sécurité : c’est-à-dire que c’est un lieu qui est sûr car, même celui qui a commis un crime et qui s’y réfugie, on ne lui fait rien du tout jusqu’à ce qu’il en sorte. C’est une preuve que le ḥaram reste un refuge.
Et prenez le maqām d’Ibrāhīm comme lieu de prière : c’est-à-dire que Nous avons dit« prenez le maqām d’Ibrāhīm comme un endroit pour faire la prière. Et il a été rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qu’il a pris la main d’ʿUmar ibnu l-H̱aṭṭāb ab et il lui a dit : « voici lemaqām d’Ibrāhīm ». Rapporté par Abū Nuʿaym. Alors ʿUmar que Dieu l’agrée a dit au Prophète : « est-ce que nous pouvons le prendre comme lieu de prière ? ». Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « je n’ai pas reçu l’ordre de cela ». Le soleil ne s’était pas couché que la révélation lui était parvenue pour qu’effectivement lemaqām d’Ibrāhīm soit pris comme lieu de prière.
Et il a été dit que le terme « muṣsallā » signifie un lieu qui est respecté. Et lemaqām d’Ibrāhīm est la pierre qui est sous une cloche en verre et on voit la trace des pieds de notre maitre Ibrāhīm dessus.
Et il y a un avis qui est faible et qui dit que tout le ḥaram est le maqām d’Ibrāhīm.
Il y a une autre récitation appelée récitation « šāmī » nafaʿ qui est « wa t-taẖaḏū » avec le verbe non pas à l’impératif mais à l’accompli c’est-à-dire que les gens ont pris cet endroit qui est connu relativement à Ibrāhīm parce qu’il s’en était occupé, parce que c’est un lieu dans lequel Ibrāhīm a fait habiter sa descendance « prenez -le pour qiblah » c’est-à-dire comme direction pour se diriger dans la prière.
Et Nous avons donné l’ordre à Ibrāhīm et à Ismāʿīl de purifier Ma maison : et la signification est la purification des idoles, des choses indécentes, des choses vilaines, des souillures dans leur totalité. Et lorsque Dieu dit cela à Ibrāhīm et Ismāʿīl, c’est pour nous faire comprendre que la kaʿbah a un haut degré selon le jugement de Dieu et que la kaʿbah est honorée selon le jugement de Dieu. Et ceci n’est pas dans le sens d’un adjectif qui implique une relation comme quand tu dis que l’ami de Zayd est ʿAmr. ʿAmr est un ami qui est attribué à Zayd en raison de la relation d’amitié qu’il y a entre eux. C’est pour indiquer que ce n’est pas une maison dans laquelle Dieu habiterait.
Pour ceux qui viennent accomplir les tours rituels autour. Il a été dit « ceux qui viennent des différentes contrées pour aller à la kaʿbah.
Et ceux qui restent au voisinage de la kaʿbah : c’est-à-dire qui y demeurent sans partir, qui résident à La Mecque. Ou bien ceux qui font l’intention de l’iʿtikāf qui est un acte d’adoration qui consiste à rester dans la mosquée ce qui permet de gagner des récompenses.
Et pour ceux qui s’inclinent et se prosternent : c’est-à-dire pour tous ceux qui font la prière dans sa totalité.
Verset 126 : et lorsque Ibrāhīm a dit ô Seigneur, fais que cet endroit soit une ville paisible c’est-à-dire une ville où il y a une vie agréable où ceux qui s’y trouvent soient en sécurité.
Et accorde à ses habitants une subsistance : parce que c’était un endroit qui était aride, sans rien à consommer et cela a été changé.
Et accorde à ceux qui sont croyants en Dieu et au jour dernier : c’est-à-dire les habitants de cette ville, ceux qui sont croyants parmi eux.
Et Il a dit (Dieu a dit à Ibrāhīm ʿalayhi s-salām en réponse à sa demande) et également à celui qui a mécru (c’est-à-dire J’accorde sa subsistance à celui qui a mécru) Je lui permettrai de profiter de jouir un peu de temps (jusqu’à la fin de son terme) Puis Je l’amènerai à subir le châtiment de l’enfer et quelle mauvaise demeure. Le devenir qui sera celui de ce mécréant est l’enfer.
Verset 127 : et lorsqu’ Ibrāhīm élève les bases (il construit les bases de la fondation) de la maison sacrée (qui est la kaʿbah) avec Ismāʿīl (Ibrāhīm construisait la maison et Ismāʿīl lui passait les pierres à chaque fois)
O notre Seigneur (c’est-à-dire qu’eux deux disaient cette parole). Ici ʿAbdul-Lāh a fait une clarté dans la récitation entre Ismāʿīl et rabbanā, parce qu’en même temps qu’ils construisaient, ils disaient ces paroles.
Agrée de nous (c’est-à-dire récompense-nous pour la construction de cette maison).
Tu es certes Celui Qui exauce (nos invocations) et Qui sait (ce qu’il y a dans nos cœurs et nos intentions).
Verset 128 : ô notre Seigneur, fais que nous soyons soumis à Toi (c’est-à-dire sincères dans notre invocation. Augmente-nous en sincérité et augmente-nous en soumission à Toi).
Ainsi que notre descendance : c’est-à-dire fais également que de notre descendance, il y ait une communauté qui soit soumise à Toi. Le mot « min » peut avoir le sens de la partie et peut avoir le sens du détail de ce que contient un ensemble. Il a été dit que ce qu’il a visé par « la communauté », c’est la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Et Ibrāhīm et Ismāʿīl ont cité dans l’invocation leurs descendances parce que, généralement, on a plus de compassion et de tendresse envers sa propre descendance, tout comme il est dit dans le verset ce qui signifie « préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un feu… ».
Et indique-nous nos rites : c’est-à-dire comment nous accomplissons nos actes d’adoration, ce par quoi Tu nous as asservi le pèlerinage ou fais-les-nous connaitre. Le mot « manāsik » est le pluriel de « mansak » qui signifie l’acte par lequel Dieu nous a ordonné de L’adorer et c’est pour cela que l’adorateur ʿabd est appelé nāsik.
Et accepte notre repentir : cela signifie, ou bien accepte notre repentir pour notre éventuelle défaillance, si nous avons failli en certaines choses. Ou bien ils ont demandé le repentir en faveur de leur descendance.
O Allāh Tu es Celui Qui accepte le repentir et Qui est miséricordieux.
Verset 129 : ô Seigneur, envoie parmi eux (c’est-à-dire parmi la communauté musulmane)
Un messager d’entre eux (c’est-à-dire quelqu’un qui fait partie des leurs. Et c’est ainsi que Dieu a envoyé notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam). Notre maitre Muḥammad a dit ce qui signifie : « je suis l’exaucement de l’invocation de mon père Ibrāhīm, l’annonce de bonne nouvelle portée par Jésus et la vision que ma mère a vue ». Rapporté par ibnu Ḥibbān, Al-Bazzār et Aḥmad, c’est-à-dire qu’Aminah a vu qu’il a jailli d’elle une lumière qui a éclairé La Mecque.
Qu’il leur récite Tes signes : c’est-à-dire il leur transmette ce que Tu lui révèleras comme preuve de Ton unicité, comme la véracité de ce prophète et de Tes messagers
Et leur enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qur’ān et la sagesse : c’est-à-dire la sounnahet la compréhension du Qur’ān.
Et il les purifie : c’est-à-dire qu’il les purifie de toute forme d’association à Dieu et de toute forme de souillure.
Certes Tu es Al- Al-ʿAzīz : c’est-à-dire Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu.
Al-Ḥakīm : Tu crées les choses selon une sagesse dans ceux à qui Tu accordes ce statut, cette mission de prophète.
Verset 130 : et qui de sensé se détourne de la communauté d’Ibraahiim ? C’est une interrogation dans le sens du reniement, c’est-à-dire de renier qu’il y ait parmi les gens sensés qui se détourne de la vérité claire, à savoir de la communauté d’Ibrāhīm, à savoir de la croyance en l’unicité de Dieu. Et le mot « millah » c’est-à-dire la tradition, ce qui est instauré, c’est le chemin : c’est ce qui est rapporté par Az-Zaǧǧāǧ.
Hormis quelqu’un qui n’a pas pensé à son propre intérêt ? C’est quelqu’un qui va négliger sa propre personne. Ou si quelqu’un qui est idiot. Et les deux explications sont rapportées de Az-Zaǧǧāǧ.
Nous lui avons accordé un honneur dans le bas-monde et il est dans l’au-delà parmi les vertueux. C’est une indication de l’erreur de l’avis de celui qui se détourne de la communauté d’Ibrāhīm parce que celui qui a réuni l’honneur des deux vies, la vie du bas-monde et la vie de l’au-delà, il ne va se détourner de l’une des deux, il ne va pas se détourner de la communauté d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām,
Verset 131 : cite cette époque pour qu’eux, sachent que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est celui qui a été élu, celui qui est vertueux, dont on ne se détourne pas. Quelqu’un de sensé ne se détourne pas de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le terme « aslim » ici ne veut pas dire qu’il n’était pas musulman et qu’il lui a été dit de devenir musulman. Mais cela veut dire « soumets-toi, obéis et sois sincère » dans la religion que tu as envers Dieu. C’est-à-dire « n’adore pas autre que Dieu ».
Il a dit je me suis soumis au Seigneur des mondes. Il a dit qu’il n’adore pas autre que Dieu.
Verset 132 : et il a donné cette même recommandation. C’est-à-dire « aslim » qui signifie l’ordre de se soumettre totalement à Dieu. Ou bien il a donné la même communauté.
Ibrāhīm a donné la même recommandation à ses fils et Yaʿqūb a donné la même recommandation qui est de n’avoir que l’islam pour religion. C’est une preuve que tous les prophètes sont musulmans. Dans cette construction de phrase, Ibrāhīm a fait cette recommandation à ses fils et Yaʿqūb également. (Yaʿqūb est le fils de ʿIsḥāq et le père de Yūsuf). C’est la preuve que ce n’est pas le Prophète Muḥammad qui est venu le premier avec la religion de l’islam. Les prophètes avant lui sont venus avec l’islam.
O mes fils, Dieu vous a sélectionné une religion. C’est-à-dire qu’Il vous a donné la religion qui est la meilleure des religions. Ceci est une preuve qu’autre que l’islam s’appelle aussi religion, mais ce sont des religions fausses.
Tâchez de ne mourir qu’en étant musulmans. Ce sont Ibrāhīm et Yaʿqūb qui ont dit cela à leurs enfants, donc cela veut dire qu’ils étaient musulmans. Ils ont dit : œuvrez pour que votre état au moment de votre de votre mort soit l’islam. Ne mourez pas sur un autre état que l’islam.
Verset 133 : ou alors est-ce-que vous étiez présents lorsque Yaʿqūb allait mourir ? C’est-à-dire que vous n’étiez pas présents. C’est une question qui entraine implicitement une réponse négative. Et cette parole s’adresse aux croyants. Comment avez-vous su ce que Yaʿqūb avait dit à ses fils, de rester sur l’islam ? ? Vous en avez pris connaissance grâce à la révélation à votre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Et il y a une autre explication : c’est une parole qui s’adresse aux yahūd qui ont dit que tout prophète est mort yahūdī. Comment prétendez-vous que les prophètes étaient des yahūd alors que vous n’étiez pas présents lorsque Yaʿqūb était prêt à mourir ?
Ces deux explications sont deux preuves qui indiquent que Yaʿqūb était bien musulman.
Lorsque Yaʿqūb a dit à ses fils « qui adorez-vous après ma mort ? ». Il a dit cela au moment de mourir.
Ils ont dit « nous adorons ton Dieu et le Dieu de tes parents ». Ici, il a été mentionné le mot « dieu » deux fois. Les fils de Yaʿqūb ont répondu cela.
Ibrāhīm, Ismāʿīl et ʿIsḥāq. Ibrāhīm est le grand-père de Yaʿqūb, Ismāʿīl est l’oncle paternel de Yaʿqūb et ʿIsḥāq est son père. L’oncle est considéré comme le père et la tante maternelle est comme la mère.
Un Dieu unique.
Et nous sommes sortis à Lui.
Verset 134 : cette communauté-là (de Ibrāhīm, Yaʿqūb, et de leurs fils) a vécu avant. C’est-à-dire par rapport à la communauté de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Elle aura ce qu’elle a acquis et vous, vous aurez ce que vous aurez acquis. C’est-à-dire que personne ne va profiter de l’acquisition des autres. Certains n’œuvraient pas en bien sous prétexte que leurs parents, eux, avaient agi en bien. La personne n’est pas sauvée du fait que son père était un saint ou un prophète. Elle sera sauvée par son travail à elle.
Et vous ne serez pas interrogés sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas payer sur ce qu’ils faisaient. Vous n’allez pas être punis pour les péchés qu’eux, ont fait. Eux seront rétribués pour ce qu’ils auront acquis et vous, vous serez rétribués pour ce que vous allez acquérir.
Verset 135 : et ils ont dit soyez soit des yahūd ou soit des nasārā. Les yahūd ont dit soyez des yahūd, les nasārā ont dit soyez des nasārā.
Vous serez bien guidés.
Dis : non, plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous suivons plutôt la communauté d’Ibrāhīm. Nous sommes sur la même religion qu’Ibraahiim.
(ḥanīfā) de droiture : celui qui s’éloigne de toute religion fausse et qui est sur la religion de vérité. Ibrāhīm était à l’écart de toute religion fausse.
Et Ibrāhīm n’était pas un associateur. Cette dernière phrase du verset 135 est une réponse par allusion. Comme quand quelqu’un dit à un autre : « moi, je ne suis pas issu de fornication ». Sous-entendu que toi, tu l’es. Ici, cette dernière phrase est une allusion aux gens du Livre et à autre que les gens du Livre. Parce que chacun d’entre eux prétend suivre Ibrāhīm, aussi bien les yahūd que les nasārā, alors qu’ils sont sur l’association ; ils attribuent la divinité à autre que Dieu.
Verset 136 : dites : première explication : c’est une parole qui est adressée aux croyants. Deuxième explication : c’est une parole qui est adressée aux non croyants. C’est-à-dire « dites ce qui va suivre, pour être sur le vrai, sinon vous serez sur le faux ».
Nous avons cru fermement en Dieu et en ce qui nous a été descendu. C’est-à-dire le Qur’ān.
Et en ce qui a été descendu à Ibrāhīm et Ismāʿīl et ʿIsḥāq et Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ. C’est le pluriel de sibṭ qui veut dire à l’origine petit-fils. Al-Ḥasan et Al-Ḥusayn qui étaient les deux petits-fils de notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam sont appelés sibṭay rasūli l-Lāh. Mais ici il s’agit des descendants de Yaʿqūb c’est-à-dire les descendants de ses douze fils. Yūsuf était prophète et Binyāmīn, certains savants ont dit qu’il était prophète. Les dix autres fils n’étaient pas des prophètes. Mais dans leur descendance il y a eu beaucoup de prophètes, comme Sulaymān, Dāwūd, Mūsā, Yūšaʿ, Zakariyyā, Yaḥyā, ʿīsā.
Ainsi que ce qui a été révélé à Moise, à Jésus et à tout ce que les prophètes ont eu de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons point de distinction entre eux. C’est-à-dire que nous ne disons pas au sujet de certains qu’ils étaient des prophètes et au sujet d’autres qu’ils n’étaient pas des prophètes. Notre croyance est qu’ils étaient tous des prophètes. C’est-à-dire que nous ne faisons pas comme les yahūd et les nasārā. Les yahūd n’ont pas cru en Jésus. Les nasārā n’ont pas cru en certains prophètes. Nous, nous croyons en tous les envoyés de Dieu.
Et nous sommes musulmans. C’est-à-dire que nous adorons Dieu uniquement. Nous sommes sincères dans notre adoration pour Dieu.
Verset 137 : s’ils croient en pareil à ce à quoi vous croyez, alors ils seront bien guidés. Cette phrase, si elle est prise selon son sens apparent, peut prêter à confusion : cela pourrait indiquer que Dieu a un semblable, alors que ce n’est pas cela le sens. Le sens est : s’ils ont la même croyance que celle que vous avez. La similarité est dans la croyance et non pas celui qui est adoré. Parce que celui qui est adoré est unique et Il n’a pas de pareil ni de semblable. C’est une forme qu’on trouve dans d’autres versets du Qur’ān.
S’ils se détournent : s’ils refusent de croire en ce en quoi vous croyez. S’ils se détournent (de ce que vous leur dites). Ou alors s’ils se détournent (du témoignage qu’il n’est de dieu que Dieu et s’ils refusent d’entrer dans la croyance par le témoignage).
Alors ils seront loin de la vérité : ils seront dans l’erreur. Ce ne sont pas des gens qui recherchent la vérité.
Allāh te garantit que tu auras le dessus sur eux. C’est une garantie de la part de Dieu que le Messager Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam aura le dessus sur eux. Et la promesse de Dieu s’est réalisée puisque certains sont morts et d’autres ont été exilés. La lettre « sa » indique que c’est un événement qui aura lieu dans le futur, sans aucun doute.
Et Il est Celui Qui entend : c’est-à-dire que Dieu entend ce qu’eux disent
Qui sait : Il est Celui Qui sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs comme envie et jalousie et comme animosité. Et Il les punira. Donc c’est une menace de la part de Dieu.
Deuxième explication : c’est une promesse en faveur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, que Dieu entend ses invocations et Il sait quelle est son intention, à savoir que le Messager souhaite que la religion de vérité ait le dessus. Dieu exaucera le Messager et lui fera parvenir ce qu’il souhaite.
Verset 138 : « ṣibġata l-Lāh » : certains l’ont traduit par la couleur de Dieu !! Mais Dieu n’est pas un corps et la couleur est la caractéristique du corps. Or Dieu n’est pas concerné par la caractéristique du corps. La signification est : nous croyons fermement en Dieu. Cela veut dire que c’est une purification de la part de Dieu. La foi purifie les âmes. L’origine de cette phrase est que les chrétiens, lorsqu’ils baptisent leurs enfants, ils les plongent dans de l’eau qui est jaunâtre et ils disent que c’est une purification pour eux et qu’ainsi, ils sont chrétiens. Donc les musulmans ont reçu l’ordre de leur dire : nous croyons fermement en Dieu et Dieu nous a purifiés par la foi. Nous ne disons pas lors de la ʿaqīqah que nous faisons le baptême de l’enfant.
Et quelle meilleure purification que celle que Dieu vous accorde : c’est-à-dire qu’il n’y a pas meilleure religion que celle que Dieu agrée pour vous. Ou il n’y a pas meilleure purification que celle que Dieu vous accorde par la foi.
Et nous adorons Dieu : c’est comme s’ils disaient : nous croyons en tous les prophètes et nous adorons Dieu.
Il a cité un dicton : « lorsque Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, alors croyez-la ». C’était une femme qui pouvait voir très loin, avant la venue de notre prophète. Donc quand un ennemi se préparait à les attaquer, elle prévenait son peuple et il gagnait tout le temps. Une fois, une armée a utilisé un stratagème, elle a pris des branches pour se dissimuler ; et cette femme a dit qu’elle voyait des branches qui se rapprochaient. Ils se sont moqués d’elle. Puis cette armée a gagné la guerre et ils ont tué Ḥaḏāmiyy. C’est pour cela que c’est devenu un proverbe : si Ḥaḏāmiyy dit quelque chose, croyez-la. Les ennemis ont ouvert les yeux de cette femme pour comprendre ce qu’ils avaient de particulier. Ils ont trouvé plein de iṯmīd.
Verset 139 : dis est-ce -que vous émettez une objection contre Dieu ? Cela signifie : vous remettez en cause le fait que Dieu ait choisi le Prophète parmi les Arabes au lieu que ce soit un des vôtres. Et vous dites : si Dieu avait révélé la prophétie à quelqu’un, Il l’aurait révélée à l’un d’entre vous. Vous considérez que vous êtes prioritaires pour avoir le statut de prophète. Les yahūd ont dit que le dernier prophète est forcément de la descendance de Moise. Alors que non. Tous les prophètes ont bien annoncé à leurs communautés que le dernier des prophètes s’appellerait Muḥammad.
Alors qu’Il est notre Seigneur et votre Seigneur : nous avons tous en commun que nous sommes les esclaves de Dieu. Il est notre Seigneur et c’est Lui Qui accorde Sa miséricorde et c’est Lui Qui accorde l’honneur à qui Il veut parmi Ses esclaves. Dieu veut honorer certains, Il les honore. Et Il veut rabaisser d’autres et Il les rabaisse. Il n’a pas de comptes à rendre.
Et nous avons nos œuvres et vous avez vos œuvres. Ce qui distingue les uns des autres, ce sont leurs œuvres. Et tout comme vous avez vos œuvres, nous aussi, nous avons nos œuvres.
Et nous Lui sommes fidèles : c’est-à-dire que nous reconnaissons Son unicité. Nous accordons notre foi en Dieu uniquement. Alors que vous, vous Lui attribuez des associés. Et celui qui est sincère dans son adoration mérite plus d’honneur et mérite plus le statut de prophète qu’autre que lui. Quiconque croit en Dieu et en Son Prophète MouHammad fait partie de cette communauté. Dieu a accordé l’honneur à cette communauté en disant ce qui signifie : « vous êtes la meilleure des communautés ».
Verset 140 : où alors vous prétendez qu’Ibrāhīm, Ismāʿīl, ʿIsḥāq, Yaʿqūb et les ʾasbāṭ étaient des juifs ou des chrétiens. Et Dieu a ordonné à Son Prophète de leur répondre par une interrogation en guise de réplique.
Dis est-ce vous qui avez plus de connaissances ou bien Dieu ? La forme de la phrase est une question mais la réponse est implicite. C’est-à-dire que Dieu a témoigné pour tous Ses prophètes qu’ils étaient musulmans, par Sa parole qui signifie : « Ibrāhīm n’était pas juif et n’était pas chrétien, mais il était musulman sur la religion de droiture ». Et musulman signifie avoir pour croyance qu’il n’est de dieu que Dieu, que Dieu seul mérite l’adoration. Et l’adoration c’est l’extrême soumission. Et bien sûr croire au prophète de son époque.
Qui est plus injuste que celui qui cache ce que Dieu a révélé ? C’est une grande injustice ce que font certains qui ont déformé ce que Dieu a révélé aux prophètes précédents. Ici cela fait référence au témoignage de Dieu du fait qu’Ibrāhīm était musulman. Les yahūd et les naSaarah avaient cette information dans leurs livres authentiques (la torah et l’évangile) mais ils les ont falsifiés. Le sens de ce verset est qu’il n’y a pas plus injuste que les gens du livre, parce qu’ils ont caché ce témoignage alors qu’ils le connaissaient.
Deuxième explication : si nous cachons ce témoignage qu’Ibrāhīm était musulman, alors il n’y a pas plus injuste que nous. Alors nous allons le dire.
Et il y a en cela une allusion au fait qu’ils ont dissimulé le témoignage de Dieu en faveur du Prophète Muḥammad dans leurs livres authentiques.
Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites. C’est-à-dire dans le fait que vous démentez des messagers et que vous dissimulez le témoignage.
Verset 141 : voici une communauté qui vous a précédés, ils auront ce qu’ils ont acquis et vous aurez ce que vous aurez acquis. Chacun sera rétribué en fonction de ses actes. Et vous ne serez pas interrogés à propos de ce qu’eux ont fait. Chacun rendra des comptes sur ce qu’il fait lui-même. Nous n’allons pas rendre des comptes sur ce que des communautés précédentes ont fait ou pas.
Il y a une répétition ici dans ces versets. La première explication est que c’est pour insister. Ou une autre explication : la fois précédente, le sujet était les prophètes tandis que cette fois-ci, il s’agit des prédécesseurs des yahūd et des nasārā.
Verset 142 : les impudents parmi les gens vont dire. Les impudents sont ceux qui ont des idées stupides. L’impudence à l’origine est une forme de légèreté, c’est-à-dire un manque de maturité et une manière de ne pas accorder à chaque chose sa juste valeur. Ici il s’agit des yahūd qui ne veulent pas se diriger vers la kaʿbah pour faire la prière. Non seulement ils ont refusé de croire au prophète Jésus mais ils refusent de croire au prophète Muḥammad et ils refusent de se diriger vers la kaʿbah. Et ils considèrent qu’il n’y a pas d’abrogation possible dans la Loi. Ils veulent dire par là que c’est la loi de Moise qui reste appliquée. Alors que Dieu a fait que la loi de Moise a été abrogée par celle de Jésus et celle de Jésus a été abrogée par celle de Muḥammad et, au sein-même de la loi de Muḥammad, il y a des jugements qui ont été abrogés. Par exemple, le fait de boire de l’alcool n’était pas interdit depuis le début de la révélation. Au début, les musulmans consommaient de l’alcool et ils ne commettaient pas de péché. Par contre les prophètes, eux, n’ont jamais bu d’alcool. Cette interdiction est venue progressivement, jusqu’à ce qu’elle soit ferme et définitive.
Une deuxième explication pour les impudents : ce sont les hypocrites, dans la croyance. Ils aiment porter atteinte et se moquer.
Une troisième explication : les impudents sont les associateurs, qui adorent autre que Dieu. Ils adoraient des idoles au point qu’ils avaient entreposé 360 idoles dans la kaʿbah. Au début, le Prophète se dirigeait vers Jérusalem dans la prière. Il plaçait la kaʿbah devant lui et il se dirigeait vers Jérusalem. Quand il est parti à Médine, il a continué à prier vers Jérusalem. Puis il y a eu abrogation et l’ordre de se diriger vers la kaʿbah. Il y a une mosquée à Médine qui s’appelle la mosquée des deux qiblah car les musulmans devaient prier en direction de Jérusalem, donc vers le nord puis ils ont reçu l’ordre de changer de direction et de se diriger vers Médine, donc vers le sud. Les associateurs ont dit : « comment le Prophète s’est détourné de la qiblah de ses ancêtres ! Puis il est revenu vers la direction de ses ancêtres ! ».
Ce verset 142 commence par le terme « sa » qui indique le futur, donc Dieu prépare le Prophète à ce qu’ils vont dire quand Dieu va ordonner de changer la direction de la prière. Quel est l’intérêt de cette annonce ? L’intérêt d’informer de ce que les associateurs vont dire, avant qu’ils ne le disent, c’est de raffermir le cœur. Parce que quand on est surpris par quelque chose de mauvais et qu’on ne s’y prépare pas, ça fait encore plus mal. Si on y est préparé, c’est plus facile. C’est une préparation de ce qu’ils vont dire. Et ça permet la préparation de la réponse avant d’en avoir besoin. Quand la réplique est préparée avant d’en avoir besoin, c’est plus fort pour couper court à ce que dit l’adversaire. Le proverbe arabe dit « avant de tirer la flèche, on lui met des plumes derrière ». Les plumes permettent de garder l’équilibre.
Qu’est-ce qui les a détournés (les musulmans) de leur qiblah (de leur direction) qu’ils suivaient pour leur prière. Le mot qiblah est la direction vers laquelle fait face celui qui fait la prière.
Dis : à Dieu appartient le levant et le couchant. Les pays du levant et les pays du couchant et toute la terre appartiennent à Dieu.
Il guide qui Il veut. C’est-à-dire que, de ces pays, Dieu guide qui Il veut.
Vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’Il guide qui Il veut vers la direction de vérité qui est la kaʿbah vers laquelle nous avons reçu l’ordre de nous orienter. Deuxième explication : tous les endroits appartiennent à Dieu. Il donne l’ordre de nous diriger là où Il veut que nous nous dirigions, tantôt vers la kaʿbah et tantôt vers Jérusalem. Il n’y a pas d’objection contre Lui parce qu’Il est Celui à Qui appartient toute chose.
Verset 143 : également Nous avons fait de vous (la communauté du Prophète Muḥammad) une communauté de juste milieu. Et le juste milieu c’est le meilleur. C’est ce qui est juste et qui est agréé. Il a été dit que ce qui est bon a un milieu, parce que s’il y a une nuisance, ça parvient aux extrêmes et pas au centre. Et le juste milieu est protégé. C’est-à-dire que, tout comme Dieu a fait que votre qiblah est la meilleure des qiblah, Il a fait de vous la meilleure des communautés.
Notre šayẖ a dit : ce qui justifie cet adverbe « également », afin que vous sachiez, vous, la communauté de Muḥammad, par l’observation, grâce aux preuves qui vous ont été données et grâce au Livre qui a été révélé, que Dieu n’a été injuste envers personne. Mais Dieu a montré la voie, Il a envoyé des messagers qui ont transmis le message, ils ont porté le conseil. Mais ceux qui ont mécru, leur malheur les a amenés à suivre leurs passions, leur malheur les a amenés à émettre des objections contre les différents signes, afin que vous, la communauté du Prophète Muḥammad, soyez les témoins de cela, que vous témoigniez de ceux qui vous sont contemporains et que vous témoigniez de ceux qui vous ont précédés et ceux qui vont vous suivre. N’est-ce pas que nous, nous témoignons qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muḥammad est le messager de Dieu ! Et nous témoignons qu’il a transmis le message honnêtement et de façon fiable ! N’est-ce pas que nous, nous transmettons son message et nous témoignons que certains acceptent et que ceux qui n’acceptent pas, ils ont entendu l’appel. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ils ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas au courant ! Ils n’auront aucune excuse !!
Celui qui est au juste milieu, il ne penche pas vers les extrêmes, il n’est pas plus proche d’une extrême que de l’autre. Cela veut dire que, tout comme Nous avons fait que votre direction pour la prière soit au centre, Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu. C’est-à-dire que vous n’êtes ni dans l’outrance, qui est le fait de dépasser la limite fixée par la Loi, en transgressant la Loi en faisant des choses mauvaises, ni dans la négligence, qui est le fait de manquer à ce que Dieu a ordonné. Vous n’avez pas fait preuve d’outrance comme les nasārā, les chrétiens qui ont décrit Jésus comme étant un dieu : ils ont exagéré dans la glorification de Jésus au point de lui attribuer la divinité. Et vous n’avez pas fait preuve de négligence comme les yahūd qui ont attribué à Marie d’être fornicatrice et que Jésus serait le fils de fornication.
Afin que vous soyez témoins de ce que font les gens et que le Messager témoigne de ce que vous faites. Il a été rapporté que les différents mécréants au jour du jugement vont renier l’envoi des prophètes. Dieu ordonne aux prophètes de donner les preuves qu’ils ont bien transmis. Et Dieu sait qu’ils ont bien transmis. Et ce sera la communauté de Muḥammad ^alayhi s-salaam qui viendra et qui témoignera que tous les prophètes ont transmis. Alors les mécréants des communautés diront : « mais comment savez-vous que les prophètes ont transmis ? » La communauté de Muḥammad dira : « nous avons su que les différents prophètes ont bien transmis parce que Dieu nous en a informés dans Son Livre qu’Il a fait prononcer par Son Prophète véridique ». Le Prophète Muḥammad a reçu le Qur’ān par révélation puis il l’a transmis à ses compagnons et c’est par ce biais que nous avons su. Alors le Prophète Muḥammad sera appelé et il sera interrogé à propos de sa communauté. Il validera le témoignage de sa communauté et témoignera qu’elle est de confiance et qu’elle est la communauté du juste milieu.
Et le témoignage peut avoir lieu sans qu’on soit présent, comme si c’est quelque chose qui nous a été transmis.
Et il a été dit : « afin que vous puissiez apporter votre témoignage dans le bas-monde pour des sujets qui nécessitent des personnes de confiance ». Il y a des témoignages qui ne sont pas pris de n’importe qui. Il y a des témoignages qui nécessitent que le témoin soit digne de confiance.
Le šayẖ Abū Manṣūr Al-Māturidiyy a dit que ce verset est une preuve que l’unanimité est une preuve parce que Dieu a décrit cette communauté par le fait qu’elle est digne de confiance. « Le juste milieu » peut avoir la signification de « digne de confiance ». « Al-ʿadl » est celui dont le témoignage est pris en considération. Donc si les membres de cette communauté qui sont dignes de confiance sont parvenus à la même conclusion à propos de quelque chose et qu’ils ont témoigné de quelque chose, alors il faut prendre leur témoignage en considération.
Il y a eu deux citations de témoignage, de la part de la part de la communauté et de la part du Prophète. Au début, le verbe qui indique le témoignage est venu après et quand il s’agit du témoignage du Prophète, il est venu en premier. C’est pour confirmer le témoignage de cette communauté sur les autres communautés et pour spécifier que le Messager témoignera uniquement pour cette communauté-là.
Et Nous n’avons fait de la qiblah que tu avais : c’est-à-dire la direction que tu suivais pour la prière et qui est la kaʿbah. Il a été rapporté que le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, au tout début, s’est dirigé dans la prière vers la kaʿbah. Puis il a reçu l’ordre de se diriger vers le rocher de Jérusalem, après l’émigration, pour une sagesse. (C’était pour rapprocher les yahūd). Puis il a reçu l’ordre de se diriger à nouveau vers la kaʿbah.
Que pour que Nous montrions aux gens qui va suivre le Messager et qui va se rebeller. C’est-à-dire que Nous n’avons fait de la qiblah que tu aimes prendre pour direction et qui était celle du début, que par épreuve pour les gens, pour indiquer qui reste ferme sur l’islam et qui est sur un fil et apostasie l’islam lorsque la qiblah change. (C’est une règle générale : les ordres et les interdits que Dieu nous fixe, ce sont des épreuves. Dieu ordonne et interdit ce qu’Il veut). Donc ce changement de direction est une épreuve pour que se manifeste qui est imperturbable.
Le šayẖ Abū Manṣūr a dit : « afin que Nous fassions exister ce que Nous savons de toute éternité qui va avoir lieu ». Dieu sait de toute éternité tout ce dont Il a voulu l’existence, que cela va exister dans le temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Donc le changement n’a pas lieu dans l’attribut de la science de Dieu mais dans les choses qui sont sues et qui sont des créatures. Allāh ne change pas, ce sont les créatures qui changent. Dieu a su que certains allaient rester fermes sur leur foi et que d’autres allaient apostasier. Le changement n’est pas dans la science de Dieu.
Autre explication : afin que Dieu manifeste aux créatures, qui reste ferme et qui revient sur ses pas. Ici l’épreuve est le changement de direction pour la prière, afin que les gens voient d’eux-mêmes qui est fort et ne change pas et qui ne tient qu’à un fil et qui a apostasié. C’est afin que ce soit connu par les gens. Comme dans d’autres versets dans lesquels Dieu dit ce qui signifie : « afin que soit distingué qui est mauvais et qui est bon ». Pour que cette distinction parvienne aux créatures.
Ou afin que le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants prennent connaissance de qui reste ferme et qui apostasie. Par cette épreuve, le Messager saura et les croyants sauront, qui reste ferme et qui va apostasier. Allāh attribue le verbe à Lui-même parce qu’Il agrée le Messager et les croyants.
Ou encore c’est une figure de style, pour expliquer avec douceur à quelqu’un qui ne sait pas.
Et ce changement est difficile uniquement pour ceux que Dieu a guidés. Ils se dirigeaient dans une direction puis il leur a été demandé de changer de direction pour leur prière.
Et Allāh conserve votre īmān. Le terme « īmān » ici désigne la prière. C’est-à-dire que Dieu conserve la récompense des prières que vous avez accomplies en vous dirigeant vers Jérusalem.
Allāh a appelé la prière « īmān » :
1 / parce qu’elle est obligatoire pour les croyants
2/ et qu’elle est récompensée quand elle est accomplie par des croyants
3 / et que le fait d’accomplir une prière en assemblée est une preuve de foi.
Et quand le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre de se tourner vers la kaʿbah pour la prière, certains compagnons ont demandé quel était le jugement des prières de leurs frères qui se dirigeaient vers Jérusalem et qui étaient morts. C’est alors que ce verset a été révélé.
Certes Allāh est Raʾūf, Il est Raḥīm. Raʾūf est encore plus fort que miséricordieux. Cela signifie : Dieu est très miséricordieux et Il est miséricordieux. C’est-à-dire que leur récompense ne sera pas perdue.
Verset 144 : Nous voyons comment tu scrutes le ciel de ton regard. Dieu a appris à Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’Il sait que le Prophète lèverait le regard vers le ciel parce qu’il s’attendait, de la part de son Seigneur, que la direction de la prière soit à nouveau vers la kaʿbah.
1 /Conformément à ce que faisait notre maitre Ibrāhīm qui se dirigeait vers la kaʿbah dans sa prière et
2/ en contradiction avec les yahūd, qui eux, se dirigeaient vers Jérusalem. Le Prophète s’attendait à ce changement
3 / car c’était plus facile pour les Arabes pour devenir croyants.
4/ D’autre part parce que la kaʿbah est une source de fierté pour les Arabes.
5 / Les différentes tribus s’y rendaient lorsqu’elles allaient à La Mecque.
6 / Également c’est là-bas qu’ils faisaient le ṭawāf, les tours autour de la kaʿbah.
Pour toutes ces raisons, le Prophète scrutait le ciel en attendant que Dieu lui donne l’ordre de se diriger vers la kaʿbah.
Nous allons certes t’accorder et Nous allons te donner la capacité de te diriger vers la kaʿbah. Nous allons faire que la direction pour ta prière soit le corps de la kaʿbah et non pas le corps de Jérusalem. Le corps de la kaʿbah signifie le prolongement du corps de la kaʿbah : que la personne soit située plus haut ou plus bas que la kaʿbah, elle va faire sa prière en se dirigeant vers le prolongement du corps de la kaʿbah.
Une qiblah qui te réjouira le cœur. Nous allons t’accorder une qiblah vers laquelle tu t’orienteras pour des raisons valides que tu as dans ton cœur et ton souhait est conforme à la volonté de Dieu et à Sa sagesse. C’est-à-dire que Dieu a voulu cela. Dieu n’a pas changé de volonté parce que, toi, tu le souhaites.
Oriente-toi vers la mosquée al-Ḥarām. Fais en sorte que, dans la prière, tu t’orientes vers la mosquée al-Ḥarām. « Vers » signifie dans la direction de la mosquée » et vers son corps. Parce que se diriger vers le corps de la kaʿbah est difficile pour celui qui se trouve dans un endroit éloigné. Il a été rapporté que le Prophète ^alayhi s-salaam, lorsqu’il est arrivé à Médine, il a fait la prière en direction de Jérusalem durant seize mois, puis il a reçu l’ordre de se diriger vers la kaʿbah dans sa prière.
Et où que vous vous trouvez : c’est-à-dire sur terre et que vous voulez faire la prière, alors orientez-vous vers la mosquée al-Ḥarām et ceux qui ont reçu le Livre avant vous savent que c’est la vérité de la part de leur Seigneur C’est-à-dire que ce changement de direction vers la kaʿbah, c’est la vérité, parce que les prophètes, avant notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, avaient annoncé la bonne nouvelle qu’il y aura un prophète qui s’appellera Muḥammad qui va venir et qui fera la prière vers les deux qiblah, de Jérusalem et La Mecque.
C’est une obligation pour vous de vous orienter vers la kaʿbah, dans la prière, où que vous vous trouviez sur terre. Et ce qui est visé par la kaʿbah, c’est cette construction qui existe actuellement. Et quand le Prophète avait fait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, il avait dit ce qui signifie : « voici votre direction pour la prière ». Ce ḥadīṯ a été rapporté par Al- Buẖāriyy dans son ṣaḥīḥ. Et apprendre comment déterminer la direction pour la prière est un devoir.
Et rien de ce que vous faites n’échappe à Allaah.
Verset 145 : et si tu donnais à ceux qui ont reçu le Livre (ce sont les entêtés qui ont reçu le Livre mais qui refusent de le suivre) les arguments catégoriques qui prouvent que se diriger vers la kaʿbah, c’est cela la vérité. Ils ne suivront pas ta direction. Car ce n’est pas à cause d’une confusion qu’ils ont eue qui va être dissipée en leur donnant la preuve. Mais le fait qu’ils aient refusé de te suivre, c’est par orgueil et par entêtement parce qu’ils savent dans leurs livres que tu es décrit comme étant sur la vérité.
Et tu ne vas pas suivre leur qiblah. Qiblahici est au singulier. Pourtant, il s’agit de deux groupes qui ont reçu le Livre, ce sont les yahūd et les nasārā. Chacun a eu une qiblah différente. Ici, c’est pour couper définitivement tout espoir que tu suivras leur qiblah. Parce qu’ils ont été perturbés à ce moment-là : ils ont dit : s’il était resté sur notre qiblah, alors peut-être que nous aurions pensé que c’est celui que nous attendions. En effet, ils prétendent que le prophète qu’ils attendaient n’est pas le Prophète Muḥammad, alors que c’est lui. Mais ils ont dit que ce serait quelqu’un de la descendance de Mūsā. Puis ils ont espéré qu’il se dirige à nouveau vers Jérusalem. Et le mot qiblah est au singulier parce que leurs qiblah respectives ont en commun qu’elles sont fausses. Dieu ne les agrée pas, Dieu n’agrée que ceux qui se dirigent vers la kaʿbah.
Et ils ne vont pas suivre les qiblah des autres. Même s’ils sont d’accord sur le fait de contredire le Prophète Muḥammad, ils sont divergents à propos de leurs qiblah. Et on n’espère pas qu’ils tombent d’accord. Tout comme on n’espère pas qu’ils soient d’accord avec toi. Les yahūd se dirigent vers Jérusalem et les nasārā vers le lever du soleil.
Et si tu suivais leurs passions après la science que tu as eue. La parole est adressée au Prophète mais ce n’est pas lui qui est visé parce que le Prophète est préservé de la mécréance. C’est-à-dire après les arguments que tu as connus, qui prouvent que la qiblah c’est la kaʿbah et que la religion que Dieu agrée, c’est l’islam, si tu suivais leurs passions après cela,
Tu serais au nombre des injustes, c’est-à-dire de ceux qui commettent l’injustice la plus abominable. Le mot « injuste » est parvenu dans le Qur’ān dans plus d’un passage. Parfois il a le sens des mécréants, parfois du grand pêcheur, parfois d’un petit pêcheur, tout comme notre maitre Yūnus ʿalayhi s-salām, quand il a quitté la ville avant d’avoir reçu l’ordre de la quitter, il a fait une invocation alors qu’il était dans le ventre du cétacé, en disant ce qui signifie : « j’ai commis un petit péché qui ne comporte pas de bassesse de caractère ».
Dans cette parole, il y a un ordre qui est donné avec douceur pour ceux qui entendent ce verset. C’est également un moyen de renforcement pour rester ferme sur la vérité. Et c’est également une mise en garde pour celui délaisse les preuves et qui suit les mauvais penchants de son âme.
Il a été dit que cette parole s’adresse en apparence au Prophète ʿalayhi s-salām alors que ceux qui sont visés, c’est sa communauté. Si les membres de sa communauté suivent les passions de ceux qui sont sur l’égarement, ils seront alors injustes.
Verset 146 : ceux à qui on avait fait parvenir le Livre (c’est-à-dire les injustes)
Ils le reconnaissent (c’est-à-dire Muḥammad à qui Nous avons fait parvenir le Livre)
Exactement comme ils sont capables de reconnaitre leurs enfants. ʿAbdul-Lāh ibnu s- salām était le savant des juifs puis il s’est converti à l’islam. Alors les autres juifs ont dit à son sujet que c’était quelqu’un qui ne savait rien du tout. Il a dit : « moi je connais Muḥammad plus que je ne connais mon propre fils ». Alors notre maitre ʿUmar lui a dit : « comment ça ? Tu le connais plus que ton propre fils ? » Alors il a répondu : « le Prophète Muḥammad, je n’ai aucun doute qu’il est prophète. Pour ce qui est de mon fils, je n’ai aucune garantie que sa mère ne m’a pas trahi ». C’est-à-dire que c’est quelque chose qui est possible selon la raison. C’est alors que ʿUmar lui a embrassé la tête.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la connaissance à elle-seule ne suffit pas. Il faut que la personne reconnaisse cela. Car les yahūd savaient que Muḥammad était un envoyé de Dieu mais leur âme a refusé d’accepter cela. C’est pour cela qu’ils se sont mis à le démentir par la langue. Car la Torah d’origine, celle qui a été révélée à notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, comporte l’annonce que Muḥammad est l’envoyé de Dieu. Et la Torah ainsi que l’Evangile ont été falsifiées, les sens des termes ont été falsifiés. Puis les termes ont été déformés.
Et un groupe d’entre eux (qui n’ont pas été musulmans) dissimule la vérité alors qu’ils la connaissent. C’est par jalousie et par entêtement. Leurs livres qui ont été révélés à Moise et à Jésus comportent la vérité.
Verset 147 : la vérité est de la part de ton Seigneur. C’est-à-dire que la vérité est ce qui a été confirmé de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle est le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam Et ce qui n’a pas été authentifié comme étant de la part de Dieu, comme la voie sur laquelle sont les gens du Livre, c’est faux.
Ne sois pas au nombre de ceux qui doutent. C’est-à-dire : ne doute pas que cette vérité est bien de la part de ton Seigneur.
Verset 148 : et chaque groupe de chaque religion a une direction vers laquelle il se dirige.
Empressez-vous pour faire le bien, où que vous soyez : c’est-à-dire que du fait que Dieu vous a ordonné de changer de direction pour la prière, alors empressez-vous pour aller vers le bien, que ce soit concernant la qiblah ou autre que la qiblah. Dans toutes les choses, soyez, vous, les pionniers. Qui que vous soyez, c’est-à-dire vous et vos ennemis. Même pour vos ennemis, c’est un ordre de vous rejoindre sur la vérité.
Allāh vous ressuscitera tous. Vous et vos ennemis, vous serez ressuscités pour le jour du jugement et Dieu jugera entre ceux qui étaient sur la vérité et ceux qui étaient sur le faux.
La deuxième explication du verset « où que vous soyez » est que vous, communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, chacun d’entre vous a une direction vers laquelle il prie. En effet si quelqu’un est au nord de la kaʿbah, il va se diriger vers le sud pour sa prière ; celui qui est au sud, il se dirige vers le nord ; celui qui à l’est de la kaʿbah, il se dirige vers l’ouest et celui qui est à l’ouest, il se dirige vers l’est. Donc ce verset veut dire que vous, communauté de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, où que vous soyez, vous vous dirigez vers la meilleure des directions. Et c’est le prolongement de la kaʿbah. Où que vous soyez : c’est comme si vous étiez tous ensemble dans la mosquée al-ḥarām en train de prier.
Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.
Verset 149 : de n’importe quel endroit tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām lorsque tu faisla prière.
Et l’ordre qui vous est donné est la vérité de la part de ton Seigneur.
Et Allāh, rien ne Lui échappe de ce que vous faites.
Verset 150 : c’est une répétition du verset précédent : et de n’importe quel endroit duquel tu pars pour entamer un voyage, oriente-toi vers la mosquée al-ḥarām
Et où que vous soyez, alors orientez-vous vers la mosquée al-ḥarām pour la prière. Cette répétition est pour insister à propos de la qiblah, parce qu’il y a eu une abrogation ici : c’était Jérusalem puis c’est devenu la kaʿbah. Cette répétition est pour éliminer toute confusion possible et pour que les gens restent fermes sur l’ordre qui leur a été donné. C’est bien vers la kaʿbah qu’ils doivent se diriger vers la prière. Il y a beaucoup d’intérêts dans cette répétition.
Pour que les gens n’aient pas d’argument contre vous. C’est-à-dire que Dieu vous a donné suffisamment d’arguments pour justifier votre qiblah pour répliquer aux gens (ici ce sont les yahūd), car c’est différent de ce qui est dans la Torah. La qiblah a bel et bien été changée. Leur parole a été appelée un argument parce que ce sont eux qui prétendent que c’est un argument. Mais en réalité ce n’est pas un argument car ça ne prouve pas quelque chose de vrai. Habituellement, l’argument prouve quelque chose de vrai. Mais eux, ils utilisent ces paroles comme étant une preuve alors que ça n’en est pas une.
Sauf ceux qui sont injustes parmi eux. C’est-à-dire ceux qui sont entêtés parmi les yahouud. Ils disent : s’il a quitté notre qiblah pour se diriger vers la kaʿbah, c’est pour rejoindre la religion de son peuple (les gens de Qurayš qui étaient des idolâtres), c’est parce qu’il aime sa ville. Ils ont dit : s’il était sur la vérité, il serait resté sur la qiblah des prophètes, c’est-à-dire vers Jérusalem.
Ou bien deuxième explication : pour ne pas que les Arabes puissent émettre une objection sur le fait que vous ayez abandonné l’orientation vers la kaʿbah qui est la qiblah d’Ibrāhīm et d’Ismāʿīl, le père des Arabes, excepté ceux qui sont injustes parmi eux, qui sont les gens de La Mecque, quand ils vont dire : il a changé d’avis, il est revenu à la qiblah de ses ancêtres et bientôt, il va rejoindre leur religion.
Ne les craignez pas. N’ayez pas peur d’eux, c’est-à-dire ne les craignez pas dans leurs paroles qui portent atteinte à propos de votre qiblah. Ils ne vont pas vous nuire.
Mais craignez-Moi. C’est-à-dire craignez Dieu et ne désobéissez pas à Son ordre.
Pour que Je vous parachève Ma grâce. C’est-à-dire : Je vous ai donné les arguments pour que personne ne puisse émettre de parole contre vous et Je vous ai guidés vers le ka^bah. Je vous ai accordé cette grâce de vous avoir dirigés vers la kaʿbah.
Puissiez-vous être bien guidés. C’est-à-dire pour que vous soyez guidés vers la qiblah de notre maître Ibrāhīm. Car notre maitre Ibrāhīm faisait la prière en se dirigeant vers la kaʿbah, qu’il avait d’ailleurs reconstruite avec son fils Ismāʿīl.
Verset 151 : tout comme Nous avons envoyé parmi vous. « Tout comme », soit il se rapporte à ce qui l’a précédé, c’est-à-dire afin que Je vous parachève Ma grâce dans l’au-delà, en vous accordant la récompense, tout comme Je vous l’ai parachevée dans le bas-monde en vous envoyant le Messager. Dans ce cas, on ne marque pas d’arrêt à la fin du verset 150.
D’entre vous : c’est-à-dire un messager qui est arabe Qui vous récite : c’est-à-dire qui récite ce qui est révélé Nos versets : c’est-à-dire le Qur’ān. wa yuzakkīkum : il y a trois avis rapportés par le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy 1/ Ibnu ʿAbbās et Al-Farraḥ ont dit : il prélève de vous la zakāt et c’est une cause pour purifier vos biens. 2/ Al-Muqādir a dit : ce messager va vous purifier du chirk (l’association à Dieu) et du kufr (la mécréance) 3/ Il les invite à ce qui va faire d’eux des gens vertueux.
Et il vous enseigne le Livre : c’est-à-dire le Qour’aan
Et la sagesse : c’est-à-dire la sounnah (la croyance et les jugements et les actes du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et le fiqḥ (la science des lois).
Il vous enseigne ce que vous ne saviez pas : c’est-à-dire qu’il vous enseigne ce que vous ne pouvez connaitre que par révélation.
La deuxième explication est que le « tout comme » se rapporte à ce qui va suivre : tout comme Nous vous avons envoyé un messager d’entre vous, qui vous récite Nos versets, qui vous purifie, qui vous enseigne le Livre et la sagesse et qui vous enseigne ce que vous ne saviez pas. Allāh taʿālā nous rappelle ainsi qu’Il nous a envoyé le Messager,
Verset 152 : alors évoquez-Moi et Je vous accorderai la récompense. Selon cette deuxième explication, on marque un arrêt à la fin du verset 150, c’est-à-dire la parole « tahtadūn ».
Evoquez-Moi : c’est-à-dire par la demande du pardon. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son explication qu’Ibnu ʿAbbās et ibnu Ǧubayr ont dit : évoquez-Moi en M’obéissant, alors Je vous accorderai le pardon.
Ibrāhīm ibnu s-sariyy a dit : tout comme Je vous ai fait grâce par le message, c’est-à-dire le fait que Dieu nous a envoyé le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām,
Alors évoquez-Moi par le tawḥīd, c’est-à-dire en ayant pour croyance que Je n’ai pas d’associé et en croyant en la véracité de Mon prophète.
Ou alors évoquez-Moi en faisant Mon éloge, en me remerciant et Je vous donnerai
Ou alors évoquez-Moi en Me demandant, et Je vous donnerai
Ou alors évoquez-Moi par le repentir et Je vous pardonnerai
Ou alors évoquez-Moi avec la sincérité et Je vous délivrerai
Ou évoquez-Moi par la supplication et Je vous sauverai.
Et remerciez-Moi : c’est-à-dire pour les grâces que Je vous ai accordées.
Et ne reniez pas les grâces. Ne soyez pas ingrats pour les grâces que Je vous ai accordées.
Verset 153 : ô vous qui êtes croyants, faites-vous aider par la patience. Par la patience, on obtient toutes les grandes vertus.
Et par la prière. La prière empêche de commettre les actes vils, les actes d’impudence. La prière aide la personne à s’améliorer et soigne du mauvais comportement.
Certes Allāh soutient ceux qui patientent. Dans la bague de notre maitre Idrīs, il est écrit que la patience avec la sincérité donne la réussite.
Verset 154 : ne dites pas à propos de ceux qui ont été tués dans la voie que Dieu agrée : ce verset a été révélé à propos des martyrs de la bataille de Badr et ils étaient au nombre de quatorze. Cette bataille a eu lieu le 17 de ramaḍān de l’an deux de l’hégire.
Qu’ils sont morts mais ils sont bien vivants. Mais vous ne le constatez pas. C’est-à-dire que vous ne savez pas cela, parce que la vie du martyr n’est pas quelque chose que l’on connait par la perception sensorielle. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy que Dieu l’agrée, les martyrs sont vivants, selon le jugement de Dieu. Leur subsistance est exposée à leur âme et ils en ressentent la fraicheur et la joie, tout comme le feu est exposé aux âmes de ceux qui ont suivi pharaon dans la mécréance, matin et soir. (Verset qui cite cela). Dans cette vie, les mécréants ne sont pas exposés au feu et dans l’au-delà, ils seront en enfer. Donc ils seront exposés au feu dans la tombe. Et c’est de ce verset que les savants ont déduit qu’il y a un supplice dans la tombe. Et les suppliciés ressentiront de la peine et de la douleur suite à cela.
D’après Muǧāhid, les martyrs reçoivent des fruits du paradis, ils sentent l’odeur du paradis sans y être. Mais cette parole n’est pas confirmée. Le šayẖ rectifie et dit : leur âme sera au paradis. On a entendu que leur âme sera dans des volatiles verts qui mangent des fruits du paradis et qui se réfugient dans des chandelles accrochées au Trône. Leur âme sera au paradis mais les martyrs ne vont pas occuper la place qu’ils occuperont après le jour du jugement. Histoire d’un savant qui s’appelle Abdur -Raḥmān ibnu l-Qāsim il y a plus de six cents années. Il a été tué dans une bataille, avec d’autres personnes. Ils ont été laissés à terre. Un mécréant est venu et s’est moqué du Qur’ān. Il leur a dit : « vous, vous dites : ne dites pas à propos de ceux qui sont tués dans la voie que Dieu agrée, qu’ils sont morts mais qu’ils sont bien vivants ». L’un des morts s’est levé et a récité le verset. Le mécréant tremblait de peur. Le martyr est ensuite retourné comme il était.
« Chez » signifie « selon le jugement de leur Seigneur ». C’est-à-dire que Dieu les honore et les agrée. Le martyr, lorsqu’il meurt, son âme va au paradis. L’âme quitte le corps mais pas totalement. Comme le soleil qui est dans le ciel mais son effet est sur terre. De même, l’âme du martyr va au paradis mais son effet reste sur le corps qui est sur terre. Ils sont vivants même si ce n’est pas la même vie que nous avons actuellement. Il y a les traces de l’âme dans le corps du martyr qui est sur terre.
Muḥammad aṣ-ṣaʿidiyy était un élève de notre šayẖ ʿAbdul-Lāh al-Ḥarariyy. Les gens ont ouvert sa tombe quinze ans après qu’il ait été enterré. Ils voulaient enterrer son frère et ils pensaient que son corps avait été assimilé par la terre. Ils ont trouvé son corps intact car il était mort martyr.
Verset 155 : et Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves pour éprouver vos états comme un examinateur. Est-ce que vous allez patienter et accomplir des actes d’obéissance ou bien vous n’allez pas patienter ? Dieu éprouve qui Il veut par ce qu’Il veut. Et certains croient que Dieu ne crée pas le mal. Or Dieu crée le bien et le mal et c’est une preuve de Sa parfaite toute puissance. Mais Il n’ordonne pas le mal et il n’agrée pas le mal.
Par quelques (c’est-à-dire quelques épreuves): « bišayʾin » signifie « un peu », pour indiquer que toute épreuve qui touche l’être humain, même si cette épreuve est importante, il se peut qu’il y ait plus grave encore. On dit : « dafaʿa l-Lāhu mā kāna ʾaʿẓam », « Dieu repousse de nous ce qui est encore plus grave ». Ceci montre que les gens bénéficient de la miséricorde de Dieu en toute situation. Et Dieu les a informés qu’il y aura une épreuve avant qu’elle ne se produise, pour qu’ils puissent la supporter. Les gens ont ainsi été préparés.
Peurs. La crainte de Dieu et de l’ennemi.
Et faim : c’est-à-dire la famine ou le jeûne du mois de ramaḍān.
Et un manque dans les biens. Par la mort du bétail ou par la zakāt. Et le mot « et » suit, soit le mot « šāyʾ » (quelques pertes dans le bien) soit le mot « ẖawf » (crainte). Nous allons vous éprouver par quelques pertes dans vos biens. Ce sont des épreuves de la part de Dieu.
Et dans les âmes : c’est-à-dire par les homicides et la mort. Nous allons vous éprouver par une diminution dans le nombre de personnes. Ou bien par la maladie et la vieillesse.
Et dans les fruits : les récoltes ou par la mort des enfants (car l’enfant est un fruit du cœur, il est comme un fruit pour les parents).
Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent. C’est-à-dire à ceux qui patientent suite à toutes ces épreuves. Parce que ceux qui font l’istirǧāʿ face aux épreuves, annonce-leur la bonne nouvelle, parce que c’est une soumission totale à Dieu. C’est le fait de dire le verset « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn » ce qui signifie : « certes nous appartenons à Dieu et nous retournerons à la vie pour Son jugement ». Ce qui veut dire qu’en définitive, même si j’ai été éprouvé par cette épreuve, j’appartiens à Dieu et je reviendrai à Son jugement au jour dernier.
Et dans le ḥadīṯ notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui dit l’istirǧāʿ lors de l’épreuve, Dieu lui comble le manque qu’il a à cause de cette épreuve et Il lui accorde un bien pour la suite ainsi qu’une suite vertueuse qui le satisfera ». Rapporté par Al-Bayhaqiyy, Aṭ-Ṭabarāniyy et ibnu Ǧarīr.
Une fois, la chandelle du messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est éteinte. Le Prophète a alors dit : « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn ». Quelqu’un s’est étonné et a dit : « ça, c’est une épreuve ? » alors le Prophète a dit ce qui signifie : « toute chose qui nuit au musulman est une épreuve ».
Ce verset s’adresse au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à tous ceux à qui peut parvenir cette annonce de bonne nouvelle de ceux qui patientent.
Ceux qui patientent sont ceux qui se satisfont de Dieu, qui ne se rebellent pas contre Lui, ceux qui ne perdent pas patience pour ce que Dieu prédestine, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les chagrinent, leur font du mal dans leurs corps, mais leurs cœurs sont satisfaits vis -à- vis de Dieu. Notre maitre Ayyūb ʿalayhi s-salām est resté dix-huit ans étant malade et il n’y avait un seul endroit de son corps qui n’était pas malade.
Ceux qui patientent, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des ṣalawāt de la part de Dieu, c’est-à-dire des miséricordes accompagnées d’élévations en degrés. Ici, il ne s’agit pas d’une simple miséricorde mais elle est accompagnée d’élévations en degrés. Parce que la simple miséricorde dans le bas-monde concerne le croyant et le mécréant. Même le mécréant profite de la miséricorde de Dieu, dans le bas-monde. Mais le mécréant est ingrat, car il mange et boit de ce que Dieu lui accorde et il renie Dieu. Il y a des miséricordes spécifiques et il y a des miséricordes générales. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles sont associés le croyant et le non croyant, le bienfaisant et le malfaisant. Il y a le fait de profiter de cet air que nous respirons, de la bonne santé, des biens, et autres : tout cela fait partie des miséricordes générales. Alors que les miséricordes particulières, elles sont réservées aux croyants qui patientent, ceux qui sont soumis à Dieu d’une totale soumission. La première des conditions pour gagner ces miséricordes particulières, c’est la foi, c’est-à-dire être croyant. Celui qui n’est pas croyant ne bénéficie pas de ces miséricordes particulières.
Verset 156 : ceux qui (il s’agit d’une description de ceux qui patientent)
Lorsqu’ils sont touchés par une épreuve (c’est-à-dire qui est difficile à supporter)
Ils disent « certes nous appartenons à Allāh et nous reviendrons à la vie pour Son jugement ». C’est une reconnaissance de la souveraineté de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu et Dieu fait de nous ce qu’Il veut et nous sommes satisfaits de ce qu’Il fait de nous, que ce soit quelque chose qui correspond aux penchants de l’âme ou quelque chose qui va à l’encontre de notre nature. Nous nous soumettons à Lui, nous n’émettons pas d’objection contre Lui. Dieu a créé les âmes et Il fait que, naturellement, elles penchent pour certaines choses et elles ont une aversion pour certaines choses. Ceux dont Dieu fait l’éloge dans ce verset 156, ce sont des gens qui se soumettent totalement à Dieu, c’est-à-dire lorsqu’Il leur fait subir ce qui convient à leur âme et lorsqu’il leur fait subir ce qui ne convient pas à leur âme, des choses que Dieu leur a destinées et prédestinées : ils se soumettent à Lui dans les deux cas.
Pour illustrer cela, dans le ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) rapporté du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, parmi les choses que nous récitons, entre la parole « Allāhu ʾakbar » et la récitation de la al-fātiḥah, nous disons « naḥnu laka wa ilayk » c’est-à-dire « ô Allāh, nous T’appartenons et nous reviendrons à la vie pour Ton jugement ». C’est une reconnaissance par la langue de cette conviction par le cœur que tout appartient à Dieu.
Dans le livre «al-marāsil » de Abū Dāwūd qu’il a composé pour les ḥadīṯ mursal. Un ḥadīṯ mursal est un ḥadīṯ rapporté par un successeur des compagnons qui le rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Mais il ne dit pas qui est le compagnon qui le lui a rapporté. Parmi ces ḥadīṯ mursal, il y a une parole qui est attribuée au Prophète par un successeur : « Allāhumma ʾinnamā naḥnu bika wa ʾilayk », ce qui signifie littéralement : « ô Allāh nous sommes par Toi et à Toi », c’est-à-dire que notre existence est par Ta puissance et Ta volonté et conformément à Ta science ». Il n’y a pas une seule chose qui existe sans que ce soit par Ta création, par Ta puissance, par Ta volonté et par Ta science. Nos êtres et nos caractéristiques, tout cela est par la création de Dieu, par la volonté de Dieu, conformément à Sa science et Sa prédestination et Sa destinée. « Wa ilayk » : c’est-à-dire que notre devenir est à Toi. Chacun d’entre nous, Dieu lui a prescrit la mort. Pas un d’entre nous ne va y échapper. Soit la personne meurt dans un bon état selon le jugement de Dieu, soit elle meurt sur un état que Dieu n’agrée pas selon Son jugement.
« Muṣībatun » : dans la grammaire, c’est un mot qui est indéfini (nakirah). Dieu nous fait comprendre ainsi que toute épreuve qui touche le musulman, quelle qu’elle soit, elle va profiter au musulman, soit par l’élévation en degrés, soit par une expiation de péché, ceci dans le cas où cette personne ne se rebelle pas contre Dieu. Donc celui qui se satisfait de Dieu, il patiente, il va profiter de l’épreuve, elle sera bénéfique pour lui. Parce que, soit ce sera une élévation en degrés selon le jugement de Dieu, soit une expiation de péchés. Tout ce qui va toucher le musulman sera une cause pour qu’il soit élevé en degrés ou bien ce seront des péchés qui lui seront expiés, c’est-à-dire qu’une partie de ses péchés lui sera effacée. Il n’y a pas une seule épreuve qu’il subisse, qu’elle soit petite ou grande, sans qu’il n’en profite. Et quel bon bénéfice de cela. Même l’épreuve qui parait négligeable aux yeux des gens, comme le fait d’être piqué par épine ou le fait d’être dérangé par un tourment ou un souci sans grande conséquence. Par contre si c’est un grand tourment, le musulman va en profiter, en fonction de la gravité de ce tourment. Par ailleurs, ces croyants dont Dieu fait l’éloge, ils ont une particularité, c’est que lors les jours de al-ḥarb, ils s’attachent à l’obéissance à Dieu, autant que faire se peut. Al-ḥarb, c’est quand il y a beaucoup de morts, beaucoup de meurtres ; même dans ces jours-là, ils ne désobéissent pas à Dieu. Ils ne délaissent pas les obligations et ils ne se mettent pas à commettre des péchés à cause de cela. Ils sont fermes.
Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « se consacrer à l’adoration de Dieu en période de ḥarb, c’est comme celui qui a fait une émigration pour venir me rejoindre ». Rapporté par ibnu Ḥibbān dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Mouslim dans son ṣaḥīḥ, rapporté par Ibnu Māǧah dans ses sounan. C’est-à-dire que celui qui s’attache à l’obéissance à Dieu dans une période de ḥarb, il est comme celui qui a accompli l’émigration pour rejoindre le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à l’époque où l’émigration vers le Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām était obligatoire. Parce qu’il n’y a plus eu d’émigration obligatoire après la conquête de La Mecque.
Ils ont su (c’est une connaissance), ils ont eu pour croyance et ils sont catégoriques, qu’ils appartiennent à Dieu, qu’Il peut faire d’eux ce qu’Il veut et qu’ils vont revenir à Son jugement, c’est-à-dire qu’ils vont mourir, pour, par la suite, être rétribués par Dieu. La rétribution des croyants pour leur foi commence dans le barzaẖ (c’est la période entre la mort et la résurrection et elle a lieu dans la tombe). Mais la plus grande rétribution est dans l’au-delà. Pour les croyants, ce seront des choses qui vont les réjouir. Dieu leur a promis que, dès qu’ils quittent le bas-monde, ils n’auront rien qui va les chagriner. Mais le fait de quitter le bas-monde, ils sont à l’image de quelqu’un qui était prisonnier et qui sort de prison ou bien quelqu’un qui était dans une famine et une sécheresse, il retrouve le bien-être et le confort. La tombe que les gens craignent, certains y seront dans un état meilleur que ce qu’ils avaient auparavant, même s’ils résidaient dans des palais luxueux et qu’ils avaient beaucoup de grâces dans ce bas-monde. Mais parce qu’ils étaient pieux dans la vie d’ici-bas, dans la tombe, ce sera encore meilleur. Il suffit pour cela le fait qu’ils verront dans leurs tombes leur place au paradis, une fois au début du jour et une fois à la fin de la journée. Ceci dépasse tous les plaisirs du bas monde lorsqu’ils étaient sur terre.
Il y a d’autres félicités que celles-là. Entre-autres, il y a le fait qu’ils ne seront pas en proie à ce qui va leur nuire, dans leurs tombes, comme les bêtes sous terre (les scorpions, les serpents, les vers) et ils ne vont pas endurer non plus la solitude dans la tombe, ils ne vont pas endurer non plus la difficulté de l’obscurité car leur tombe sera éclairée. Œuvrons pour gagner cela. Ils seront également épargnés de l’étroitesse de la tombe. Et la félicité de l’au-delà sera encore meilleure.
Certes nous allons revenir à Lui : c’est une reconnaissance qu’ils vont mourir et donc que le devenir, ce sera la rétribution de la part de Dieu.
Verset 157 : ceux-là auront des ṣalawāt de la part de leur Seigneur et une raḥmah. Cela signifie une grâce et une miséricorde. Cela indique qu’ils auront des miséricordes qui vont se suivre. Saʿīd ibnu Ǧubayr a indiqué dans ce verset que ṣalawāt signifie le pardon de la part de Dieu. Ce verset indique une annonce de bonne nouvelle pour les croyants. Ce sont des gens qui se satisfont de Dieu, c’est-à-dire qu’ils n’émettent pas d’objection contre Dieu, ils ne se mettent pas en colère contre Dieu contre ce qu’Il a prédestiné, ils ne font pas preuve de rébellion ni d’exaspération pour les choses que Dieu leur a fait subir, même si les épreuves en tant que telles les dérangent, les attristent, leur nuisent dans leurs corps. Mais leurs cœurs sont satisfaits de Dieu.
Ceux-là, Dieu leur a annoncé la bonne nouvelle qu’ils auront des miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degrés. Il ne s’agit pas ici de simple miséricorde. Car la miséricorde dans le bas-monde, vont en bénéficier le croyant et le mécréant. Mais les ṣalawāt ici, ce sont les miséricordes qui sont accompagnées d’élévation en degré : ce sont des miséricordes particulières. Cet air que nous respirons fait partie de la miséricorde générale. Il y a des miséricordes générales dans lesquelles s’associent le croyant et le mécréant, comme le fait de profiter des biens, de la santé, des grâces du bas-monde. Alors que les miséricordes particulières, seuls les croyants qui patientent, qui se soumettent à Dieu totalement, vont les recevoir. La première condition pour obtenir ces miséricordes spécifiques est d’être croyant.
Et ce sont eux les bien-guidés. C’est-à-dire ceux qui ont été bien guidés pour aller sur le droit chemin, puisqu’ils ont fait l’istirǧāʿ (qui est le fait de dire « ʾinnā lil-Lāhi wa innā ʾilayhi rāǧiʿūn »). Et ʿUmar a dit : quelle belle charge que celle qu’on répartit sur le dos du chameau ».
Verset 158 : certes aṣ-ṣafā wa l-marwah. Ce sont deux montagnes à La Mecque où les pèlerins font les trajets.
Font partie des rites de la religion agréée par Dieu.
Celui qui se rend à la kaʿbah soit pour faire le pèlerinage, soit pour faire la ʿumrah, il n’y a pas de péché pour lui s’il fait les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Le mot ṭawāf à l’origine signifie marcher autour. Ici, par extension, cela signifie marcher entre aṣ-ṣafā wa l-marwah. Il a été dit qu’au-dessus de aṣ-ṣafā, il y avait un isāf et sur al-marwah, il y avait nāʾilah qui sont deux idoles, deux statues. C’était un homme et une femme qui avaient commis la fornication à l’intérieur de la kaʿbah et ils ont été transformés en pierres et ils ont été placés sur chacun des deux monts pour que les gens soient exhortés de ce qui arrive à ceux qui commettent ce péché-là. Mais avec le temps, les gens se sont mis à les adorer ; les gens de la période d’ignorance, quand ils marchaient entre les deux monts, ils se frottaient à ces idoles. Lorsque l’islam est venu et que les idoles ont été détruites, les musulmans n’étaient pas très à l’aise pour faire les trajets entre les deux monts parce que les gens faisaient des actes d’idolâtrie. Mais Allāh dit qu’il n’y a pas de mal en cela, de faire les trajets entre les deux monts. Et An-Nasafiyy dit que cela est une preuve que les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah ne sont pas un pilier du pèlerinage et de la ʿumrah, selon Abū Ḥanīfah. Contrairement à Mālik et Aš-Šāfiʿiyy qui considèrent tous deux que les trajets entre les deux monts sont un pilier.
Et celui qui veut le faire (c’est-à-dire les trajets entre aṣ-ṣafā wa l-marwah) et là encore, cela fait ressentir que ce n’est pas un pilier
Certes Allāh rétribue pour peu de choses d’une large récompense. Parfois il arrive que quelqu’un donne une datte en aumône, et c’est cette aumône qui sauvera cette personne de l’enfer.
Et Allāh sait absolument tout.
Verset 159 : certes ceux qui cachent (parmi les traitres des yahūd) ce que Nous avons révélé (c’est-à-dire ce que Dieu a révélé dans la Torah) comme signes clairs (qui témoignent de Muḥammad ʿalayhi s-salām) et bonne guidée (ce qui guide à l’islam). Car dans la Torah, on trouve la description du dernier prophète.
Après que Nous l’avons montré aux gens dans le Livre (c’est-à-dire dans la Torah) Il n’y a pas sujet à confusion. Ils sont partis avec ce qui est indiqué au sujet du Prophète Muḥammad dans le Livre et ils l’ont caché.
Ceux-là, Dieu les maudit et ceux qui maudissent les maudissent. « Ceux qui maudissent » : ce sont ceux de qui il est possible qu’il provienne une parole de malédiction. Ce sont les anges et ce sont les croyants parmi les humains et les ǧinn.
Verset 160 : hormis ceux qui ont fait le repentir. Pour avoir caché ce qui était dans la Torah et pour avoir délaissé la foi et l’islam.
Et qui ont corrigé. Ce qui a été corrompu de leur état antérieur et qui ont rattrapé ce qu’ils ont manqué.
Et qui ont indiqué. Ce qu’ils avaient caché comme indication du Prophète Muḥammad qui était dans la Torah.
Ceux-là, J’accepte leur repentir et Je suis Celui Qui accepte le repentir. Allāhest Celui Qui accepte le repentir.
Verset 161 : certes ceux qui ont mécru et qui sont morts en étant mécréants, ceux-là, Allāh les maudit, les anges les maudissent et tout le monde les maudit. C’est-à-dire que ceux qui sont morts, parmi ceux qui ont dissimulé la description de Muḥammad, et qui n’ont pas fait le repentir, Dieu a cité qu’ils seront maudits, quand ils étaient vivants et également quand ils sont morts. Et tout le monde les maudit : ce qui est visé par « tout le monde » ici, ce sont les croyants. Ou deuxième explication : ce sont les croyants et les mécréants. Puisque certains vont maudire les autres au jour du jugement. Allāh taʿālā dit ce qui signifie : « chaque fois qu’un groupe entre en enfer, il maudit le groupe qui a été la cause ».
Verset 162 : ils y resteront éternellement. C’est-à-dire dans la malédiction ou bien en enfer. L’enfer n’a pas été cité explicitement pour montrer sa gravité.
Il ne leur sera pas allégé du châtiment et ils n’auront pas de répit. Il ne leur sera pas donné de délai ou bien ils ne seront pas attendus pour qu’ils puissent se repentir.
Verset 163 : et votre dieu est un dieu unique. Il n’a pas d’associé dans Sa divinité. Et il n’est pas valide d’appeler dieu autre que Lui.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une confirmation de Sa divinité et c’est une négation de la divinité pour tout autre que Lui.
Il est ar-Raḥmānu r-Raḥīm : Il est Celui à Qui appartient toutes les grâces, que ce soient les origines des grâces ou leurs dérivations. Et nul autre que Lui n’est ainsi. Tout autre que Dieu est soit une grâce, soit une créature qui a bénéficié d’une grâce.
Verset 164 : les associateurs ont été surpris qu’il y ait un dieu unique parce qu’ils avaient des divinités et ils ont demandé un signe, alors Dieu a révélé ce verset.
Certes dans la création des cieux et de la terre et dans la variation de la nuit et du jour : c’est-à-dire dans leurs couleurs, leur longueur, leur petitesse, leur succession.
Ainsi que les navires qui voguent sur l’eau et profitent aux gens : c’est-à-dire que soit on transporte sur ces navires ce qui est bénéfique aux gens, soit on profite de ces navires qui sont eux-mêmes bénéfiques aux gens.
Et ce qui descend du ciel comme eau : c’est-à-dire de la pluie, car il arrive qu’il pleuve du sang et c’est une punition pour ces gens-là sur lesquels il pleut du sang et il arrive qu’il pleuve des poissons. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit : « vous ne savez pas qu’il a des mers dans les cieux ? Et de ces mers, il tombe des poissons ». C’est pour cela que dans ce verset, il est précisé que c’est de l’eau.
Et Il a revivifié la terre après qu’elle soit morte. C’est-à-dire que la terre a fait pousser ses plantes après qu’elle a été sèche et dure.
Et Il a fait que sur terre, soient propagées des créatures qui se déplacent. Comme les animaux, comme les humains.
Et le fait que les vents soufflent et leurs directions sont différentes. Il y a ceux qui viennent du sud, du nord, de l’est, de l’ouest. Il y a des vents qui sont chauds, des vents qui sont froids, des vents qui sont des tempêtes, des vents qui sont des brises, des vents qui sèment la stérilité, des vents qui sèment la fertilité. Et il a été dit que ces vents, parfois ils ramènent la miséricorde, et parfois, ils ramènent le châtiment.
Et les nuages qui sont asservis : les nuages sont soumis à la volonté de Dieu. Allaah fait que ces nuages donnent la pluie où Il veut.
Entre ciel et terre. C’est-à-dire que ces nuages sont entre ciel et terre.
Ce sont autant de signes pour les gens qui méditent. Ils vont déduire par ces choses qu’ils observent la moralité qui est la toute-puissance de Celui Qui les a fait exister et la sagesse de Celui Qui les a créés, et l’unicité de Celui Qui a fait exister cela.
Et dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui récite ce verset et qui ne médite pas à son sujet ». C’est-à-dire qui ne médite pas son sujet et qui n’en tire pas des leçons.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est un blâme pour celui qui ne médite absolument pas ». Ce qui est interdit, c’est le fait de n’avoir jamais médité, absolument pas du tout sur la création des créatures qui sont un des signes de l’existence de leur créateur. Il a dit aussi : « le cœur est utile à la personne qui en est dotée, si elle l’utilise dans ce que Dieu lui a ordonné de l’utiliser ».
Si la personne médite à propos de la création des cieux et de la terre et même à propos de sa propre création à elle-même, et qu’elle ressent ainsi l’éminence de Dieu, elle aura ainsi une grande récompense. La méditation, le fait de réfléchir au sujet des créatures de Dieu, est une obligation.
Ainsi, notre maitre, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, a récité le verset qui se trouve dans sourate ʾĀli ʿImrān qui signifie : « certes il y a dans la création des cieux et de la terre et dans la succession de la nuit et du jour des signes pour ceux qui sont dotés de raison. Ceux qui évoquent Allāh quand ils sont debout, quand ils sont assis, quand ils sont sur leurs couches, et ils réfléchissent à propos de la création des cieux et de la terre, et ils disent : Seigneur, Tu n’as pas créé cela absurdement ». Puis il a dit ce qui signifie : « malheur à celui qui le récite et qui ne médite pas à son sujet ». Rapporté par ibnu Ḥibbān.
A partir de là, on sait que l’homme doit méditer, doit réfléchir au sujet des différents états de ce monde. Il médite à propos de sa propre personne, il médite à propos de l’air dans lequel il vit, pour que cela l’augmente en certitude en l’existence de Dieu Qui a créé toutes ces choses. Si la personne réfléchit à propos d’elle-même, de son propre état, elle saura qu’elle a existé après n’avoir pas existé, chacun d’entre nous en est bien conscient. Et il sait parfaitement que ce n’est pas lui-même qui s’est créé lui-même. Et celui qui les a créés, il n’est pas possible qu’il ait une ressemblance avec les humains ni avec autre chose. S’il réfléchit à ce sujet et qu’il aboutit à la connaissance que Dieu a une puissance parfaite et que le créateur de toutes ces choses-là, c’est Dieu. Grâce à cette méditation grâce à cette réflexion, il aura une récompense éminente. Ceci fait partie des devoirs du cœur. Également parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Dieu. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre Son messager. Parmi les devoirs du cœur, il y a le fait de connaitre ce que Dieu nous a ordonné de faire. Cette connaissance a pour siège le cœur. Le cœur est le siège de la connaissance. Et cette connaissance, Dieu nous a ordonné de l’avoir.
Verset 165 : et il y a parmi les gens (malgré les preuves éclatantes qui ont été données) ceux qui adorent autre que Dieu. Ils considèrent autre que Dieu qui sont équivalents à Dieu. Ils ont adoré des idoles. Ils les glorifient (leurs idoles) de la soumission de celui qui aime Allāh : comme celui qui glorifie Allāh et qui se soumet à Lui. C’est-à-dire qu’ils aiment leurs idoles tout comme ils aiment Allāh, c’est-à-dire qu’ils aiment de façon équivalente leurs idoles et Dieu. Ils reconnaissaient Dieu selon leur prétention, c’est-à-dire qu’ils reconnaissaient qu’il y avait un dieu qui s’appelle Allāh et ils essayaient de gagner Son agrément selon leur prétention, mais ils Lui attribuaient des associés. Et il a été dit qu’ils les aiment, c’est-à-dire qu’eux aiment leurs idoles tout comme les croyants aiment Allāh.
Mais les musulmans aiment Allāh plus que les associateurs n’aiment leurs idoles : parce que les croyants ne vont pas se détourner de Dieu pour adorer autre que Lui, dans n’importe quelle situation. Tandis que les associateurs, quand ils sont en proie à une épreuve, ils se détournent de leurs idoles pour adorer Dieu.
Et s’il avait vu cela, il aurait vu quelque chose de très éminent. Quant à ceux qui ont été injustes, quand ils verront le châtiment, ils verront que la puissance revient à Allāh. Ceux qui ont été injustes sont ceux qui ont pris des associés à Dieu.
Certes le châtiment de Dieu est terrible. C’est-à-dire que si ceux qui commettaient cette grande injustice, en attribuant des associés à Dieu, savaient que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’Il est tout puissant à faire parvenir la récompense et le châtiment, alors que les idoles qu’ils adorent n’ont pas cette capacité, s’ils savaient combien est terrible le châtiment de Dieu pour les injustes, lorsqu’ils vont être confrontés au châtiment au jour du jugement, alors il y aura parmi eux, ceux qui vont éprouver un regret et un chagrin indescriptibles
Verset 166 : ceux qui ont été suivis (c’est-à-dire les présidents) se sont innocentés de ceux qui les ont suivis (les présidents ont dit auxgens qui les ont suivis d’assumer leur responsabilité) lorsqu’ils vont voir le châtiment. Comme le chayTaane qui dira au jour du jugement aux gens qu’il a entrainé dans l’erreur : c’est votre faute à vous.
Et les liens qui les liaient ont été coupés. C’est-à-dire qu’ils étaient sur la même religion qui était de la mécréance, qu’ils avaient des liens de proche parenté et parce qu’ils s’aimaient les uns les autres. Ces liens -là seront coupés lorsqu’ils vont voir le châtiment.
Verset 167 : et ceux qui les ont suivis ont dit : si nous avions eu une autre chance : c’est-à-dire : si seulement nous pouvions revenir au bas-monde (dans le sens du souhait)
Nous nous serions innocentés d’eux tout comme eux s’innocentent de nous maintenant : tout comme eux ne nous reconnaissent pas, on les aurait quittés.
C’est ainsi, tout comme Allāh leur fait voir le châtiment : Nous leur faisons voir les conséquences de leurs mauvaises œuvres (et il s’agit du fait qu’ils ont adoré des idoles)
Et ce seront des regrets pour eux. Cela veut dire que leurs œuvres, ce seront des regrets pour eux, ils ne verront que du regret en raison de leurs œuvres.
Et ils ne sortiront pas de l’enfer. Allāh fait qu’ils ne sortiront pas de l’enfer en raison de leurs mauvaises œuvres et de leur adoration des idoles. Mais ils resteront en enfer éternellement.
Cause de la révélation du verset 167 : ce verset a été révélé à propos de ceux qui se sont interdits de consommer la chair de la chamelle qui est devenue tellement âgée qu’on ne peut plus la monter, on ne peut plus tondre sa laine, on ne peut plus boire de son lait. Ils ont l’habitude de lui fendre l’oreille et ils la laissent sans que personne ne l’utilise. Certains ont prétendu qu’on ne peut pas manger de la viande de cette chamelle, parce qu’ils étaient des idolâtres, ils donnaient des jugements de leur tête. Ce verset a été révélé à leur intention.
Verset 168 : ô vous les gens, mangez. Ici, c’est une injonction d’autorisation et non une injonction d’obligation. Mangez de ce qu’il y a sur terre : parce que ce n’est pas tout ce qui est sur terre qui est licite à la consommation.
Il est pur de toute confusion. C’est-à-dire qui est licite, qui ne comporte aucune suspicion de caractère illicite.
Et ne suivez pas les voies du šayṭān : c’est-à-dire ne suivez pas les chemins auxquels il vous appelle. Et ẖuṭuwāt est le pluriel de ẖuṭwah qui signifie « un pas », ce qui sépare les deux pieds quand on marche. Suivre les pas de quelqu’un, c’est au sens figuré ici, c’est-à-dire prendre quelqu’un pour modèle, l’imiter dans tout ce qu’il est en train de faire.
Il est pour vous certes un ennemi clair. Son animosité est claire, elle n’est pas cachée. Il a déclaré son animosité envers l’être humain. Ce verset n’est pas en contradiction avec l’autre verset qui signifie : « et ceux qui ont mécru, celui qui les soutient est « aṭ-ṭāġūt ». Et c’est le šayṭān qui est leur ennemi en réalité mais, en apparence, il leur embellit leurs actes.
Verset 169 : mais : c’est pour indiquer l’obligation de s’abstenir de le suivre et c’est aussi pour indiquer que son animosité est déclarée, elle est apparente, parce que le šayṭān ne vous ordonne pas le bien mais uniquement le mal
Il vous ordonne le mal et ce qui est abominable : c’est-à-dire les choses qui sont extrêmes dans la laideur. Toute porte qui mène à la désobéissance à Dieu, tu la fermes. Certains ont dit que le terme « mal » ici indique que c’est une chose interdite mais il n’y a pas de peine légale dans la Loi de l’Islam pour celui qui la commet. Alors que ce qui est abominable, c’est ce qui fait mériter l’application d’une peine légale.
Et il vous ordonne de dire des choses au sujet de Dieu, sans science. C’est lorsque vous dites que telle chose est licite, telle chose est interdite, mais sans science. Le chayTaane vous amène à dire au sujet de Dieu ce qui n’est pas digne de Lui.
Verset 170 : et lorsqu’il leur a été dit « suivez ce que Dieu a révélé » : il s’agit d’un certain groupe de gens que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a appelé à la foi et à suivre le Qur’ān. Il a été dit que ces gens-là étaient des associateurs et il a été dit que c’était un groupe de yahūd.
Ils ont répondu « non, nous, nous suivons ce sur quoi que nous ayons trouvé nos parents ». Ils ont dit que leurs parentsavaient plus de connaissances, ils étaient mieux qu’eux.
Allāh leur a répliqué par : et si leurs parents n’avaient pas de science et n’étaient pas bien guidés. C’est-à-dire : est-ce qu’ils suivent leurs parents, même si leurs parents ne comprenaient rien de la religion et qu’ils n’étaient pas guidés vers ce qui est correct ?
Verset 171 : l’exemple de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire celui qui appelle ces gens-là qui sont mécréants, c’est comme celui qui crie sur quelqu’un qui ne comprend pas, comme si on crie sur un animal et il ne comprend pas. Il a comparé ces gens-là aux animaux qui ne comprennent pas l’appel. Ils n’entendent que le timbre et le son de la voix. Cela veut dire qu’ils ne méditent pas à propos de ce qui leur est dit et cela est à l’exemple de celui qui crie sur des animaux qui entendent que c’est une réprimande mais ils ne comprennent pas car ils n’ont pas de raison. Il y a l’appel et il y a ad-duʿāʾ qui est ce qui peut être entendu et ce qui peut ne pas être entendu.
Ils sont comme sourds, muets, aveugles, ils ne saisissent pas : c’est-à-dire le rappel et l’exhortation. Que Dieu nous préserve de la mauvaise compréhension. C’est une épreuve.
Verset 172 : puis il a expliqué que ce que les associateurs avaient interdit est en réalité licite.
Ô vous qui êtes croyants, mangez des choses licites que nous vous avons accordées : c’est-à-dire soit des choses délicieuses, soit des choses licites.
Et remerciez Allāh Qui vous a accordé ces bienfaits.
Si vous L’adorez véritablement. C’est-à-dire s’il est vrai que vous n’adorez que Lui et que vous reconnaissez que c’est Lui Qui accorde les bienfaits.
Verset 173 : mais Il ne vous a interdit que le cadavre et le sang. Ici « ʾinnamā » indique une restriction. Il n’y a que ce qui est cité après ce terme qui soit interdit. Le cadavre c’est tout animal dont l’âme a quitté le corps sans qu’il ne soit égorgé s’il fait partie des animaux qui sont égorgés. Le sang : c’est le sang qui a coulé, c’est celui-là qu’il est interdit de consommer. Et Dieu nous a autorisé deux cadavres et deux sortes de sang selon le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : le poisson et le criquet (les sauterelles) et le foie et la rate. Rapporté Al-Bayhaqī et Ibnu Māǧah.
Et la viande du porc. Ce qui est interdit est le porc dans sa totalité et pas uniquement la viande.
Et ce qui a été égorgé pour autre que Dieu. C’est-à-dire ce qui a été égorgé pour les idoles. C’est qu’il a été mentionné lors de l’égorgement autre que le nom de Dieu. Ici il est cité le terme « ouhilla » c’est -à-dire que la voix a été élevée pour citer le nom d’une idole. Le sacrifice est fait en tant qu’offrande pour une idole. C’est la parole des gens de la période de l’ignorance.
Celui qui a été amené à manger sans que ce soit par dépassement de limite (par nécessité) : ce n’est pas par plaisir ou pour un désir qu’il en a mangé et sans consommer plus que nécessaire (il a mangé pour rester en vie, car il était dans un désert par exemple et il n’y avait que ce cadavre à manger). Celui qui est contraint, il lui est autorisé de consommer juste la quantité qui lui permet de rester en vie, mais pas de manger jusqu’à satiété.
Dans ce cas-là, il ne commet pas de péché (parce qu’il était contraint)
Certes Allāh est Celui Qui pardonne : Il pardonne les grands péchés donc comment punirait-Il celui qui consomme le cadavre par nécessité ?
Et Il est miséricordieux : parce qu’Il a autorisé cela. S’il voulait, Il ne l’aurait pas autorisé.
Et cela a été révélé à propos des yahūd et de leurs chefs puisqu’ils ont changé la description du prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ils se sont fait soudoyer pour modifier ce qu’il y a dans le Livre.
Verset 174 : certes ceux qui dissimulent ce que Dieu a révélé du Livre c’est-à-dire concernant la description de Muḥammad ʿalayhi s-salām.
Et qui prennent en contrepartie de cela de l’argent qui est quelque chose de négligeable
Ces gens-là ne font que manger du feu : ils ont pris de l’argent qu’ils ont consommé et ce qu’ils ont consommé fait mériter le feu, en tant que punition, c’est comme s’ils ont consommé du feu. Il y a des exemples dans la langue arabe qui indiquent qu’un tel a consommé telle chose et en fait, il s’agit de la contrepartie qu’il a consommée.
Et ils ne vont pas comprendre de la parole de Dieu au jour du jugement une parole qui va leur réjouir le cœur mais ils vont comprendre la parole : « restez en enfer et ne me demandez plus rien ». Si quelqu’un dit que dans ce verset, ils ne vont pas entendre la parole de Dieu, la réponse est que, le jour du jugement, il y a différentes stations : parmi elles, il y en aura une où des questions leur seront posées et ils comprendront le questionnement et ils parleront pour répondre. Et il y a des stations où il n’y aura pas cela. Donc il n’y a pas de contradiction entre les versets.
Et Dieu ne les purifie pas : c’est-à-dire qu’Il ne les purifie pas de la souillure de leurs péchés et Il ne fait pas leur éloge. Et ils auront un châtiment douloureux c’est-à-dire qui fait mal.
Un savant a dit que ce verset a été révélé à propos de deux hommes qui sont partis se plaindre au Prophète ʿalayhi s-salām à propos d’un terrain. Le premier prétendait que ce terrain lui appartenait et l’autre allait jurer que non, c’était le sien. (Et en Islam, celui qui prétend une chose mais sans témoin, alors celui qui est accusé, s’il jure pour récuser l’accusation, l’affaire en reste là). Allāh a alors révélé ce verset pour interdire aux gens de consommer les biens injustement. L’homme s’est abstenu de jurer. C’est comme s’il a reconnu que l’autre avait raison.
At-Tirmiḏiyy a rapporté que le prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui jure en mentant pour prendre le bien d’un musulman, alors Allāh taʿālā le punira au jour du jugement ».
Verset 175 : ce sont ceux qui ont acheté l’égarement en abandonnant la bonne guidée et qui ont eu le châtiment au lieu du pardon. Il s’agit des yahūd qui ont dissimulé la description du Prophète pour ne pas que les gens le suivent.
Qu’est-ce qui va leur faire supporter le châtiment de l’enfer. Quelle chose va les aider pour patienter à supporter le châtiment en enfer ? Le verset est sous forme d’une interrogation mais en réalité c’est un blâme.
Verset 176 : Allāh a révélé le Livre porteur de vérités. Et « ḏālika » fait référence aux versets qui ont précédé. « Ceci » c’est-à-dire ce châtiment parce que Dieu a révélé ce qu’Il a fait descendre du Livre et c’est porteur de vérité. Ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas des illusions, mais c’est une vérité. Donc ce châtiment leur est réservé parce que ce qui est parvenu est une vérité.
Et ceux qui ont divergé à propos du Livre. Ici, il ne s’agit pas d’un livre particulier, cela signifie qu’ils ont divergé à propos du livre en tant que genre. « Ceux qui ont divergé » c’est-à-dire les gens du Livre. Certains livres, ils ont dit que c’est une vérité et d’autres livres qui ont été révélés à d’autres prophètes, ils ont dit que c’était faux.
Ils sont dans une grande opposition les uns envers les autres, dans une divergence qui les a amenés loin de la vérité. Ou bien une autre explication : c’est parce qu’ils savent que Dieu a révélé le Qur’ān véritablement, mais ils ont divergé à son sujet et donc, par conséquent, ils sont loin de la bonne guidée.
Verset 177 : le bien n’est pas le fait que vous vous orientiez vers le levant ou vers le couchant : cette parole s’adresse aux gens du Livre parce que la qiblah, la direction de la prière des nasārā (des chrétiens) est le levant de baytu l-Maqdis et la qiblah des yahūd (des juifs) c’est le couchant. Et chacun des deux groupes prétend que le bien est de se diriger vers sa qiblah à lui. Ce verset est une réplique à ces gens-là pour leur dire que le bien ne réside pas dans ce que vous êtes en train de faire, parce que ce qui a été révélé avant le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été abrogé par la mission de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Mais celui qui a la bienfaisance c’est celui qui croit en Dieu. « Al-birr » c’est le nom du bien ou c’est le nom de tout acte qui est agréé. Et il a été dit qu’il y a eu beaucoup de débats entre les musulmans et les gens du Livre à propos de la qiblah. Ce verset indique que la plus éminente des œuvres qui devrait attirer votre attention, plus que tout autre sujet, ce n’est pas le sujet de la qiblah. Mais la plus grande des bonnes œuvres à laquelle vous devriez vous consacrer, c’est la bienfaisance que constitue la croyance en Dieu et le fait d’accomplir ces œuvres-là. Ici il y a deux récitations : « laysa l-birru »et « laysa l-birra », qui sont parvenues du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et il y a une légère différence dans le sens à chaque fois.
Et au jour dernier : c’est-à-dire le jour de la résurrection.
Et aux anges et au Livre : le Livre ici, soit c’est le nom du genre, c’est-à-dire tous les livres que Dieu a révélés ou alors le Livre en particulier le Qur’ān.
Et aux prophètes et qui donne l’argent « ʿalā ḥubbihi » : une explication est : il donne l’argent pour l’amour de Dieu ou bien « il donne l’argent malgré son amour pour l’argent » ou bien « il donne l’argent en aimant donner l’argent » c’est-à-dire qu’il donne l’argent et il est satisfait de le donner.
A ses proches parents : ils sont cités en premier parce qu’ils méritent avant toute autre personne. Le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « l’aumône que tu donnes au pauvre, c’est une aumône mais l’aumône que tu donnes à ton proche parent (qui est dans le besoin) ce sera une aumône et un entretien de liens avec ton proche parent ». Rapporté par An-Nasāʾī.
Et aux orphelins : ceux qui sont visés ici sont les pauvres parmi les proches parents et parmi les orphelins.
Et à des miséreux : le miséreux est celui qui est toujours dans le besoin. Il ne possède rien du tout.
Et à « ibnu s-sabīl » : cela signifie littéralement « le fils du chemin ». Ici c’est le voyageur qui n’a pas les moyens, même s’il s’agit ici d’un singulier. Il a été appelé « ibnu s-sabīl » parce qu’il est toujours sur le chemin. Ou alors c’est l’invité.
Et à ceux qui demandent : c’est-à-dire les mendiants.
Et pour aider ceux qui ont fait un contrat d’affranchissement : c’est-à-dire les esclaves qui ont passé un contrat d’affranchissement pour retrouver leur liberté. Ou à des prisonniers.
Et qui accomplit la prière : c’est-à-dire la prière obligatoire.
Et qui s’acquitte de la zakāt : c’est-à-dire de la zakāt obligatoire. Il a été dit cici que cette mention de la zakāt constitue une insistance sur ce qu’il a cité précédemment. Et il a été dit que les premiers qui sont énumérés sont les aumônes qui sont surérogatoires et les actes de bienfaisance. Alors qu’ici, la zakāt est l’aumône obligatoire.
La bienfaisance est aussi pour les croyants qui tiennent leurs engagements lorsqu’ils les prennent : qu’ils prennent ces engagements à l’égard de Dieu ou à l’égard des gens.
Et ceux qui patientent : c’est un éloge afin de montrer le mérite de la patience, lors des difficultés, lors des situations de combat, sur les différentes œuvres.
En période de pauvreté et de difficulté et en période de maladie : que ce soient des maladies ponctuelles ou chroniques.
Et lors du combat : ce sont ceux qui ont été véridiques et ceux qui sont des pieux. C’est-à-dire que ceux qui ont ces caractéristiques, ce sont ceux qui ont été sincères et véridiques dans leur attachement à la religion.
Le verset 177 est terminé et An-Nasafiyy introduit le contexte dans lequel le verset 178 a été révélé. Il a été rapporté qu’entre deux clans des Arabes, il y a eu des affaires de sang (des gens ont été tués). Dans le temps de l’ignorance qui a précédé l’islam, il y a eu des guerres entre les tribus pour différentes causes, et ça durait des années et des années. Une des deux tribus a juré : si vous tuez un de nos esclaves, on tuera un de vous qui est libre, si vous tuez une de nos femmes, on tuera un de vos hommes. Si vous tuez un de chez nous, on tuera deux de chez vous. Puis ils sont partis demander l’arbitrage du Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, lorsque Dieu a fait parvenir l’islam. Et alors Allāh a révélé le verset 178.
Verset 178 : ô vous qui êtes croyants, la loi du talion vous a été rendue possible. C’est-à-dire qu’il y a équivalence entre la personne qui est tuée ou qui est blessée chez vous et la possibilité de prendre la revanche de manière équivalente. La loi du talion est appliquée concernant les meurtres. Cela veut dire que c’est obligatoire pour vous de prendre en considération l’équivalence et l’égalité concernant les meurtres. C’est une réplique concernant ce que les deux tribus s’étaient jurées l’une l’autre.
Le libre contre le libre. Si une personne libre avait été fait prisonnière ou avait été tuée, vous appliquez la même chose.
Et un esclave pour un esclave, et une femme pour une femme. Aš-Šāfiʿiyyque Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un esclave a été tué par quelqu’un qui est libre, on n’exécute pas celui qui est libre. Donc ici, on n’applique pas le talion. Les hanafites ont divergé des chaféites sur ce sujet. Ils ont dit que si un homme libre tue un esclave, il est exécuté quand même. Ils se sont appuyés sur un autre verset qui signifie « une âme contre une âme ». C’est un sujet de divergence entre les deux. Tout comme il a indiqué la personne de sexe masculin et celle de sexe féminin par la parole du Prophète ʿalayhi s-salām, les musulmans, leurs sangs sont équivalents. Rapporté par Al-Bazzār et Al-Bayhaqiyy. Dans ce sujet-là, il n’y a pas de différence chez les Hanafites entre un homme libre et un esclave.
Celui qui a été excusé pour le meurtre de son frère : c’est-à-dire que la famille de la victime n’a pas voulu l’application de la loi du talion. Le pardon est le contraire de la punition. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué ceci : celui qui ne réclame pas l’application de la loi du talion mais qui accepte en contrepartie le prix du sang (ad-diyah c’est un bien défini dans la loi de l’islam qui est donné à la famille de la victime pour compenser le meurtre. Et le meurtrier n’est pas exécuté). Il suffit qu’il y ait certains de la famille de la victime qui l’aient excusé pour que la loi du talion ne soit pas appliquée.
Ceci (le fait de pardonner et d’accepter le prix du sang) est un allègement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Dans la loi de Moise, il y avait l’application du talion et rien d’autre. Le meurtrier devait être exécuté. Et dans la loi de Jésus, c’était le pardon sans aucune contrepartie. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a été autorisé l’application de la loi du talion ou la prise d’une contrepartie du pardon c’est-à-dire que la famille de la victime accepte de pardonner au meurtrier en contrepartie de quelque chose : c’est un allègement par rapport au talion et une compensation matérielle au lieu du pardon de la loi de Jésus. C’est le juste milieu.
An-Nasafiyy dit que ce verset indique que celui qui a commis le grand péché, en l’occurrence le meurtrier, il est croyant parce qu’il a été appelé « muʾmin ». C’est une réplique aux ẖawāriǧ (au groupe dit « des frères musulmans) qui prétendent que le grand pêcheur est sorti de l’islam. Et c’est une réplique aux moutazilites qui disent que celui qui commet un grand péché n’est ni musulman, ni mécréant. Ils disent qu’il sera éternellement en enfer mais qu’il n’est pas mécréant. Parce que la fraternité qu’engendre la foi demeure.
Celui qui dépasse la limite après cela : c’est-à-dire après cet allègement ; il a dépassé ce qui lui a été autorisé dans la Loi. Soit il tue autre que le meurtrier (comme s’il tue le cousin du meurtrier) ou bien il accepte le prix du sang et après, il va tuer le meurtrier.
Il aura un châtiment douloureux dans l’au-delà.
Verset 179 : et vous avez dans la revanche due à la loi du talion une vie : il y a « la » revanche qui est citée avec l’article défini « la » et « une » vie qui est citée avec l’article indéfini. C’est une parole éloquente en raison de l’étrangeté qu’il y a dedans.La revanche est une exécution, elle indique quelqu’un qui va perdre la vie, il s’agit du meurtrier ici. Et pourtant c’est indiqué comme si c’était une vie.
An-Nasafiyy explique cette partie : le fait que la revanche soit avec l’article défini et que le mot « vie » soit avec l’article indéfini signifie que ce genre de jugement qui est l’application de la loi du talion qui est la revanche, vous gagnerez une vie éminente, parce qu’elle va empêcher les meurtres qui avaient lieu auparavant, comme lorsqu’ils tuaient tout un groupe suite à l’assassinat d’une personne. Donc la revanche est une garantie de vie et quelle vie !! Elle a empêché l’effusion du sang.
Deuxième explication : dans l’application de la revanche, vous avez une sorte de vie : c’est la vie qui est le résultat de la dissuasion d’assassiner. Parce que la personne a su qu’il va y avoir application du talion. Le meurtrier potentiel sait qu’il s’expose à l’application du talion. Quand il envisage de tuer et qu’il se rappelle qu’il y aura l’application de la loi du talion (la revanche), cela va l’amener à s’abstenir. C’est dissuasif. La mise en pratique de la loi du talion se trouve être une cause de vie pour deux personnes : celui qui allait tuer et celui qui allait être tué.
Vous qui êtes dotés de raison. Puissiez-vous éviter (l’assassinat). Et Dieu sait mieux que nous ce qui est le mieux pour nous. Et Dieu sait de toute éternité que la loi du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus adaptée et la plus appropriée pour nous, jusqu’au jour du jugement.
Verset 180 : il vous a été prescrit : c’est-à-dire que c’est une obligation de la part de Dieu.
Lorsque l’un d’entre vous est près de mourir : c’est-à-dire que les signes qu’il va bientôt mourir sont apparu.
S’il a laissé des biens (ici il s’agit d’une grande quantité de biens). Il a été rapporté de notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, qu’il avait un esclave qu’il avait affranchi. Cet homme possédait 700 et ce n’était pas une grande somme ; il voulait faire un testament. Notre maitre ʿAlī lui a interdit cela parce que dans le verset, le terme « taraka ẖayran » veut dire « beaucoup de biens » et cet homme n’avait pas beaucoup de biens. ʿAliyy lui a dit : ce verset concerne beaucoup de biens.
De faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Il y a une recommandation de faire ceci. Car au début de l’islam, il y avait la possibilité de faire ce testament, ce qui correspond aux dernières volontés, en faveur des héritiers. Puis ça a été abrogé parce qu’il y a eu un autre verset qui a défini la part de l’héritage de chacun.
Une autre explication de ce verset est que ce verset n’a pas été abrogé. Il n’y a pas abrogation de la possibilité de faire un testament en faveur des parents et des proches parents. Parce que ce verset a été révélé à propos de quelqu’un qui n’est pas un héritier, en raison de la mécréance. Au début de la révélation, les gens étaient récemment entrés en islam. Il arrivait donc que quelqu’un entre en islam et le reste de sa famille n’entre pas en islam. Or l’islam a coupé l’héritage entre les musulmans et les non musulmans. Comme il n’y a pas d’héritage, ce qui était permis était le testament. Eu égard aux liens de proche parenté, il était possible, même s’ils n’étaient pas musulmans, de faire un testament pour qu’il ait une part des biens qu’il laisse. Donc dans ce sens-là, le verset n’a pas été abrogé. Et dans ce sens-là aussi « kutiba » ne veut pas dire « obligatoire » mais ça veut dire « permis ».
Le testament est permis de manière juste (équitable) : ça veut dire que c’est permis de faire un testament en faveur de certaines personnes qui ne font pas partie de ses héritiers mais de manière équitable. Premièrement, il ne va pas faire un leg à ceux qui sont riches au détriment des pauvres. D’autre part il ne faut pas que ce leg dépasse le tiers de son héritage. Parce que la loi de l’islam a prévu, lors du décès d’une personne, qui sont les héritiers et quelle part de l’héritage chacun va avoir.
Ceci est un droit que Dieu accorde à ceux qui se protègent de la mécréance.
Verset 181 : celui qui change le testament : celui qui va mourir dit qu’il veut que telle part aille à telle personne. Et celui qui change le testament est quelqu’un qui ne respecte pas les dernières volontés du défunt, si ce testament était conforme à la Loi de l’Islam aussi bien de la part de ceux à qui la recommandation a été faite ou de la part des témoins.
Après avoir entendu les dernières volontés : c’est quelqu’un qui, après avoir entendu les dernières volontés, il les modifie.
Le péché incombe à celui qui modifie le testament.
Certes Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il entend la parole de celui qui a fait le testament et Il sait l’injustice de celui qui a modifié.
Verset 182 : faman ẖāfa ne signifie pas « il a peur » mais il a su que quelqu’un qui a laissé un testament s’écarte de la vérité en se trompant dans son testament ou il craint un péché : il craint que, délibérément il modifie ou il altère le testament.
Il a recommandé pour eux : il a veillé à réparer entre ceux qui ont fait l’objet de ce leg, en l’occurrence dans ce verset les parents et les proches parents. Il concilie entre eux pour ne pas qu’il y ait de conflit entre eux, en exécutant le testament conformément à la Loi de l’Islam.
Il n’y a pas de péché pour lui : parce qu’il a veillé à ce que les choses ne restent pas dans le faux.
Dans ce verset, il y a d’abord la mention de ceux qui changent le faux en vrai et ceux qui changent le vrai en faux. Pour que l’on sache que ce n’est pas tout changement qui est rejeté. Le changement qui est rejeté est celui qui change quelque chose de correct en quelque chose qui est mauvais. Mais celui qui veut réparer quelque chose de mauvais pour le rendre correct, il n’y a pas de péché pour cela.
Certes Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 183 : ô vous qui êtes croyants, il vous a été prescrit (c’est-à-dire que c’est une obligation pour vous) le jeûne (il s’agit du jeûne du mois de ramaḍān) tout comme il a été prescrit (c’est-à-dire tout comme il a été rendu obligatoire) pour ceux qui vous ont précédés (c’est-à-dire les prophètes et les communautés depuis Ādam ʿalayhi s-salām jusqu’à votre époque à vous). Donc le jeûne est une ancienne adoration. La comparaison ici est que chacun a jeûné des jours particuliers. Vous, il vous a été rendu obligatoire de jeûner certains jours, tout comme d’autres avant vous, ont reçu l’obligation de jeûner certains jours.
Puissiez-vous faire preuve de piété : vous préserver des péchés. Comment vous préserver des péchés ? Grâce au jeûne, parce que le jeûne préserve l’âme. Le jeûne détourne l’âme de commettre le mal. Et dans le ḥadīṯ de ʿAliyy que Dieu l’agrée, l’ascèse (le détachement des plaisirs) a préservé la personne de ses désirs. Ou bien : puissiez-vous devenir pieux par le jeûne. Parce que le jeûne est le signe des pieux.
Verset 184 : il s’agit de jours bien comptés. Il vous a été rendu obligatoire de jeûner un certain nombre de jours bien comptés, c’est-à-dire un nombre qui n’est pas élevé.
Ceux d’entre vous qui sont malades : c’est-à-dire ceux à propos de qui on craint que la maladie ne s’aggrave à cause du jeûne.
Ou qui sont en voyage
Alors ils devront un certain nombre de jours : ils devront jeûner en rattrapage autant de jours qu’ils n’ont pas jeûné.
Et ceux qui peuvent jeûner : c’est-à-dire ceux qui ont la capacité de jeûner, puisqu’ils n’ont pas d’excuse pour ne pas jeûner, peuvent donner une compensation, la moitié d’un ṣaʿ de blé ou d’un ṣaʿ d’autre chose que le blé. Cette possibilité de compenser au lieu de jeûner était au début de l’islam. Le jeûne avait été prescrit pour les musulmans au début de l’islam mais c’était difficile pour eux car ils n’étaient pas habitués. Alors Dieu les a autorisés à ne pas jeûner mais de payer une compensation à la place. Donc ils avaient le choix. Puis cette possibilité de choisir a été abrogée. Ce jugement a ensuite été abrogé par le verset qui signifie : « celui qui est vivant le mois de ramaḍān alors qu’il le jeûne ». Et pourtant on continue à réciter ce verset. Donc celui qui récite le Qour’aan tout seul, il va se mélanger les idées, parce qu’il ne sait pas quel verset a été abrogé ou non. Le verset cité auparavant indique qu’ensuite, il n’y a plus de possibilité de payer une compensation au lieu de jeûner. Mais le jugement reste pour les malades et les voyageurs.
Il y a une autre explication : certains ont dit qu’il y a une négation qui est sous-entendue. Il est écrit « ceux qui en sont capables » mais il est sous-entendu « ceux qui n’en sont pas capables ». C’est dans une autre récitation et dans ce cas-là, il n’y a pas d’abrogation.
Celui qui veut donner plus (que le montant de la compensation) c’est un bien pour lui. Car si on fait du bien avec la bonne intention, on gagne des récompenses.
Mais le fait que vous jeûniez (c’est-à-dire ceux qui sont capables de jeûner) cela vaut mieux pour vous (que de donner la compensation, même si vous donnez plus que la compensation). C’est un jugement qui concerne les gens au début de la révélation, lorsqu’ils avaient le choix entre jeûner et donner la compensation.
Si vous le saviez.
Verset 185 : le mois de ramaḍān durant lequel a été descendu le Qur’ān. Il y a une autre explication : le mois de ramaḍān à propos duquel le Qour’aan a été descendu.
A propos de la première explication : le mois de ramaḍān durant lequel le Qur’ān a commencé à être descendu et c’était la nuit de al- al-qadar.
Selon la deuxième explication : il y a des versets qui concernent le mois de ramaḍān.
Et le terme « ramaḍān » est le substantif de « ramaḍa » qui veut dire « brûler ». C’est un substantif c’est-à-dire un mot qui dérive d’un verbe. Ceci signifie que, pendant ce mois, les gens endurent la chaleur de la faim et de la difficulté du jeûne. En effet la faim est ressentie comme une brûlure. Et à l’origine, les noms des mois désignaient des évènements particuliers et quand le nom du mois de ramaḍān a été donné, cela coïncidait avec des jours de grande chaleur.
Et il est une guidée pour les gens : il guide les gens vers la vérité. Dans le Qur’ān il y a des versets qui sont clairs et ils guident vers la vérité et grâce à ces versets, on distingue entre le vrai et le faux. Dans ce verset, il a été cité que le Qur’ān est une guidée et c’est ce qui permet de distinguer entre le vrai et le faux. C’est une partie de ce que Dieu a révélé, parmi les livres célestes. Cette appellation « céleste » signifie que l’ange chargé de la révélation ramène ce qui est écrit sur la table préservée qui est dans le ciel, il le ramène aux prophètes. Le livre céleste permet de distinguer entre la bonne guidée et l’égarement.
Celui d’entre vous qui est présent : c’est-à-dire qui est résident et qui n’est pas voyageur durant ce mois alors qu’il le jeûne (qu’il ne rompe pas le jeûne)
Quant à celui qui est malade ou qui est en voyage, alors qu’il jeûne un certain nombre d’autres jours.
Allāh agrée pour vous la facilité puisqu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Puisqu’Il a autorisé de ne pas jeûner pour celui qui voyage ou pour celui qui est malade.
Et Allāh n’agrée pas pour vous la difficulté. Le sens est qu’Il n’a pas fait qu’il y ait dans votre religion des difficultés. Dans la religion, il n’y a que ce que vous pouvez supporter.
Et afin que vous complétiez le nombre. C’est-à-dire le nombre de jours que vous n’avez pas jeûnés, en faisant le rattrapage s’il n’y a plus de maladie ni de voyage. Allāh vous a autorisé cela.
Et afin que vous glorifiiez Allāh pour vous avoir guidés.
Puissiez-vous remercier.
Concernant le fait de compléter le nombre de jours : c’est parce qu’il y a l’ordre de compléter par le même nombre de jours quand on rattrape.
Concernant le fait de glorifier Dieu, c’est parce qu’Il nous a enseigné comment rattraper.
Concernant le fait de remercier : c’est pour remercier Dieu de l’autorisation qu’Il nous a donnée, de ne pas jeûner.
Verset 186 : un homme de la campagne a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et a dit : « est-ce que notre Seigneur est proche pour que nous L’implorions ou loin pour que nous L’appelions ? » Rapporté par aṭ-Ṭabariyy et d’autres. Alors le verset 186 a été révélé.
Et lorsque Mes esclaves t’interrogent à Mon sujet, alors Je suis qarīb : c’est-à-dire proche par la science et par l’exaucement et non pas par la position physique. C’est -à-dire Je sais absolument tout d’eux et Je peux les exaucer rapidement. Parce que Dieu est exempt de la proximité par l’endroit. On ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il est loin (baʿīd) ni qu’Il est présent (ḥāḍir). Mais on peut dire le mot « qarīb » en arabe au sujet de Dieu, comme nous l’avons expliqué auparavant. Et šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté : la question de cet homme n’était pas parce qu’il aurait douté à propos de l’impossibilité de la proximité physique ni de l’éloignement physique au sujet de Dieu. Mais il voulait augmenter en certitude, du fait que Dieu n’est ni proche par la distance ni qu’Il est éloigné par la distance. Car celui qui aura cru que Dieu est proche par la distance ou éloigné par la distance, il aura assimilé Dieu à Ses créatures. Parce que les créatures sont proches les unes des autres par la distance et éloignées les unes des autres par la distance. Donc on ne dit pas cela au sujet de Dieu.
J’exauce l’invocation de celui qui M’invoque lorsqu’il m’invoque. Cela veut dire que Dieu donne la récompense à celui qui est obéissant, pour son obéissance qui est conforme à la Loi. L’exaucement de l’invocation est une promesse véridique de la part de Dieu à laquelle il n’y a pas de manquement.
Il y a une histoire qui est fausse que le šayẖ a citée pour mettre en garde contre elle : certains prétendent que lorsque l’esclave dit : « ô mon Seigneur » alors Dieu lui dit « labbayk, ô Mon esclave », c’est un mensonge. Le mot « labbayk » signifie : « je t’obéis, obéissance après obéissance. Les musulmans disent ce mot-là au pèlerinage « labbayka l-Lāhumma labayk ». Cela veut dire : « ô Allāh, nous T’obéissons, obéissance après obéissance ». Cette phrase, c’est l’esclave qui la dit à Allāh mais ce n’est pas Dieu Qui dit cette phrase à l’esclave.
Alors qu’ils répondent et qu’ils obéissent à Mon ordre. C’est-à-direlorsque Je leur ordonne d’être croyant. Tout comme Je leur exauce leurs invocations lorsqu’ils M’invoquent pour leurs affaires.
Et qu’ils croient en Moi.
Puissent-ils être bien guidés. Et ar-rašadest le contraire de l’égarement.
Verset 187 : au début, concernant le jeûne, lorsque le soleil se couchait, il était permis à l’homme qui faisait le jeûne de manger, de boire et d’avoir un rapport. C’était permis jusqu’à ce qu’il fasse la deuxième prière de la nuit (la prière de al-ʿišaʾ) et après cela, il ne pouvait plus ni boire, ni manger ni avoir de rapport jusqu’à la nuit suivante. Et il est arrivé qu’ʿUmar que Dieu l’agrée, a eu un rapport avec son épouse après la prière de al-ʿišaʾ. Quand il a fait le ġusl, il s’est mis à pleurer et à se blâmer. Il est allé voir le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et l’a informé de ce qu’il avait fait. Le Prophète lui a dit : « tu n’aurais pas dû faire cela ». Et c’est ainsi qu’a été révélé le verset 187 qui a abrogé ce qui était auparavant. C’est-à-dire lorsque c’est la nuit du jeûne et après la prière de al-ʿišaʾ, il vous est permis d’avoir un rapport avec vos femmes.
Le mot « rafṯ » a été utilisé pour indiquer le fait d’avoir un rapport avec son épouse et ce terme n’est pas aussi beau qu’un autre terme. C’était pour leur expliquer que ce qu’ils considéraient comme quelque chose de mauvais, le fait de boire, ou manger ou avoir un rapport, après s’être endormis, même si c’était encore la nuit, cette chose était licite à présent. S’ils voulaient manger ou boire ou avoir un rapport, c’était avant de dormir. Puis ce jugement a été abrogé.
Elles sont comme un vêtement pour vous et vous êtes comme un vêtement pour elles. Quand l’homme et la femme se serrent l’un contre l’autre, l’un est comme un vêtement pour l’autre. Le vêtement, quand on le porte, il colle à la poitrine, au cou, au ventre. Et il a été dit que le mot « vêtement » ici est au sens figuré parce que, de la même façon qu’un vêtement te cache, le fait d’avoir un rapport avec son épouse empêche de tomber dans l’interdit. C’est quelque chose qui protège de l’interdit. Et c’est une explication de ce qui vient avant. S’il y a entre vos épouses et vous ce contact, alors vous allez peu patienter avec elles et c’est difficile pour vous de les éviter. C’est pour cela que Dieu vous a autorisé d’avoir un rapport avec elles la nuit qui précède le jeûne.
Allāh sait que vous avez été injustes envers vous-mêmes, vous avez trahi : c’est pour montrer la gravité de ce qui a été fait.
Allāh a accepté votre repentir ; le fait que vous ayez regretté ce que Dieu vous avait interdit.
Et Il vous a excusé ce que vous avez fait avant d’avoir reçu l’autorisation.
Maintenant vous pouvez avoir un rapport avec elles. C’est-à-dire la nuit qui précède le jeûne. Ici c’est à l’impératif pour indiquer l’autorisation et non pas l’ordre de faire cela. Le verbe est « bāširūhunna » : « bāṣara » a la même racine que « al-bašarah » qui signifie la peau. Bāṣara signifie « ayez un rapport avec vos femmes la nuit qui précède le jeûne ». Et c’est un ordre qui indique le caractère autorisé. Et le rapport a été appelé « mubāšarah » parce que les peaux du mari et de la femme se collent. Et le mot « mubāšarah » peut avoir le sens de se serrer l’un contre l’autre.
Notre šayẖ a dit : un de ces docteurs qui prétendent avoir appris alors qu’ils n’ont pas appris a expliqué le ḥadīṯ de ʿĀʾišah qui disait : « le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam me serrait contre lui peau contre peau, alors qu’il faisait le jeûne ». Et elle a utilisé le terme « bāṣara ». Ceci pour enseigner aux gens ce qu’il est licite de faire ou pas : et ce n’est pas un manque de pudeur. Mais cet homme ignorant a expliqué ce terme par un rapport : comme si le Prophète, alors qu’il faisait le jeûne, aurait eu un rapport avec ʿĀʾišah. Et c’est interdit de faire cela. Et cela, parce que cet homme n’a pas su quel était le sens de « mubāšarah ». Cela est la caractéristique de celui qui n’apprend pas la science.
Et recherchez ce que Dieu vous a destiné. C’est-à-dire « ayez un rapport avec vos femmes pour rechercher ce que Dieu vous a prédestiné et ce qu’Il a confirmé dans la Table Préservée, c’est-à-dire l’enfant que vous pourrez avoir suite à ce rapport. C’est-à-dire « ne faites pas le rapport uniquement pour assouvir le désir mais pour rechercher ce pour quoi Dieu a autorisé le mariage, à savoir de vous reproduire, pour que vous ayez une descendance ».
Ou une autre explication : quand vous faites le rapport, faites-le dans l’endroit que Dieu vous a autorisé et pas dans un autre endroit. Ne faites pas la sodomie.
Et vous pouvez manger et boire jusqu’à ce que le trait blanc vous apparaisse. Dès que l’aube apparait, c’est comme un fil blanc c’est-à-dire un trait transversal qui apparait à l’horizon est. Jusqu’à ce que vous puissiez faire la distinction entre le trait blanc et le trait noir. Le trait noir indique la nuit et le trait blanc indique l’aube. Ici l’auteur a juste expliqué le trait blanc de l’aube, il n’a pas dit le trait noir de quoi, parce qu’il suffit d’expliquer l’un des deux et l’autre est déduit.
Autre explication : il y a le mot « min » qui signifie « parmi » ou « de » : c’est pour dire que c’est un trait blanc qui est une partie de l’aube et l’aube va s’élargir encore plus. Il va expliquer la construction de la phrase dans la langue : s’il s’était limité au trait blanc, ça serait juste un sens figuré. Car en réalité ce n’est pas un trait blanc mais il s’agit d’une lueur blanche. La blancheur que l’on voit est fine et longue comme un trait. Du fait qu’il est rajouté « min al-fajr », ça devient une comparaison.
Un compagnon qui s’appelle ʿĀdil fils de Ḥātim a dit : « j’ai pris deux cordes avec lesquelles on attache le chameau (un fil épais) une blanche et une noire et je les ai mises sur mon oreiller et j’ai essayé de distinguer entre les deux mais je ne voyais pas de différence car c’était la nuit. J’en ai parlé au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui m’a dit : « tu es quelqu’un de naïf. Ce qui est cité dans le verset ce n’est pas que tu prennes un fil blanc et un fil noir mais il s’agit de la blancheur de l’aube et de la noirceur de la nuit. »
Poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. C’est-à-dire qu’une fois que l’aube s’est levée, poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit. Cela signifie : tout d’abord, cessez ces choses-là, que vous pouviez faire la nuit. Maintenant que l’aube est arrivée, vous devez ne plus les faire.
An-Nasafiyy est hanafite, il va donc déduire certains jugements selon l’école de jurisprudence hanafite. Il a dit que ceci est une preuve qu’on peut mettre l’intention dans la journée pour jeûner ramaḍān : si quelqu’un n’a pas mis l’intention de jeûner pendant la nuit, il peut la mettre après l’aube.
Deuxièmement : cela veut dire qu’il est permis de retarder le ġusl jusqu’à l’aube.
Troisièmement : c’est interdit d’enchaîner deux jours de jeûne consécutivement.
Quatrièmement : celui qui a mangé ou bu se charge d’une expiation.
Le fait d’être ǧunub n’empêche pas la validité du jeûne.
Et n’ayez pas de rapport avec elles lorsque vous êtes en ʾiktikāf dans la mosquée. Al-ʾiktikāf est un acte d’adoration qui consiste à mettre l’intention de rester dans une mosquée pendant un certain temps, même s’il est très court : cela fait gagner des récompenses. Et il est recommandé de faire al-ʾiktikāf les dix dernières nuits de ramaḍan. Ce verset est une preuve que al-ʾiktikāf ne peut avoir lieu que dans une mosquée.
Ces jugements qui vous ont été indiqués sont des limites que Dieu a fixées, c’est-à-dire que ce sont des jugements bien précis que Dieu vous a prescrits.
Ne vous en rapprochez pas, c’est-à-dire ne contredisez pas ce que Dieu vous a ordonné et ne modifiez pas ce que Dieu vous a ordonné. Donc ne vous rapprochez pas de ces limites que ce soit en les modifiant ou en les contredisant.
Ainsi Allāh indique Sa Loi pour des gens, puissent-ils éviter les interdits. C’est ainsi que Dieu indique aux gens Ses jugements, puissent-ils se préserver des péchés.
Verset 188 : ne consommez pas vos biens les uns les autres injustement. C’est-à-dire : ne prenez pas vos biens les uns les autres d’une manière que Dieu n’a pas rendu licite.
Et ne vous en remettez pas systématiquement aux juges. N’agissez pas de façon à ce que vous deviez passer devant un tribunal
Ne prenez pas les biens des gens en vous appuyant sur un jugement basé sur un faux témoignage. Ce verset interdit d’agir ainsi, d’aller consulter un juge pour prendre les biens des gens, en s’appuyant sur un faux témoignage ou bien en s’appuyant sur des gens qui jurent mensongèrement ou bien pour obtenir un règlement à l’amiable, alors que celui en faveur de qui le jugement a été prononcé est un injuste.
Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à deux personnes qui étaient venues se plaindre à lui et qui demandaient son arbitrage, il leur a dit ce qui signifie : « je ne suis qu’un humain et vous êtes en train de m’exposer votre différend et il se peut que l’un d’entre vous maquille sa preuve et que je prononce la sentence en sa faveur, conformément à ce que j’ai entendu de lui. Celui en faveur de qui j’ai émis un jugement (de prélever du bien de son frère), alors qu’il ne prenne rien de ce que j’ai jugé ». Parce qu’en réalité, c’est du feu qu’il est en train de manger. Si le Prophète juge en faveur de quelqu’un mais qu’en réalité, ce n’est pas son droit, qu’il ne prenne rien du tout, parce que c’est comme s’il lui donnait un bout de feu. Rapporté par Abū Dāwūd et ad-Darāqutnī. C’est alors que tous les deux se sont mis à pleurer et chacun des deux a dit : le droit que j’ai, je le confirme, mon frère. Il se peut que l’un des deux soit plus apte à développer un argument que l’autre. Il a été dit que le sens du verset est : vous donnez une partie de vos biens au juge pour le soudoyer, pour qu’il prononce le jugement en votre faveur.
Alors que vous le savez. Vous savez que vous êtes dans le faux. An-Nasafiyy a dit que commettre un péché tout en sachant que c’est un péché, c’est un acte plus laid encore, que celui qui commet un péché alors qu’il ne savait pas que c’était un péché. Le premier mérite plus d’être blâmé que le second, même si celui-ci se devait d’apprendre le jugement.
Muʿāḏ ibnu Ǧabal a posé la question au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « ô messager de Dieu, pourquoi donc le croissant de lune est tout fin, comme un fil, puis il augmente en taille jusqu’à devenir la pleine lune, puis il va diminuer à nouveau jusqu’à devenir comme un fil ? Pourquoi ce n’est pas comme le soleil ? » Il n’y a pas de croissant de soleil. C’est ainsi que la parole de Dieu a été révélée, qui signifie :
Verset 189 : Ils t’interrogent à propos des croissants lunaires. Il a été appelé « hilāl » c’est-à-dire « croissant » parce que les gens lèvent la voix quand ils le voient.
Sache que c’est un moyen de détermination des temps pour les gens et pour faire le pèlerinage. C’est-à-dire que c’est un des signes par lequel les gens comptent le temps pour leurs plantations, pour leur commerce, pour les dates d’échéance de leurs dettes, pour leurs jeûnes, la période d’attente post-maritale de leur femme, les périodes des menstrues des femmes, la période de la grossesse, les temps importants du pèlerinage et ainsi de suite.
Certains partisans de Médine, quand ils entraient en rituel de pèlerinage ou de ʿumrah, aucun d’entre eux n’entrait dans un champ ni dans une maison ni dans une ferme, par la porte. Si c’est quelqu’un qui était de la campagne, il faisait un trou dans une partie de sa maison pour rentrer et sortir. Et si c’était quelqu’un qui habitait dans des tentes faites habituellement à partir de la laine de chameau, il sortait et entrait par derrière et non plus par devant. Alors a été révélé la suite du verset :
Ce n’est pas le plus important que vous évitiez d’entrer par la porte mais ce qui compte, c’est la bienfaisance de quelqu’un qui craint Dieu et qui évite ce que Dieu a interdit.
C’est comme si la réponse était à propos des croissants indiquant le début des mois lunaires. Quelle était la sagesse qu’au début du mois, le croissant est tout fin et qu’au milieu du mois, c’est la pleine lune ? Alors que le soleil a toujours la même taille tout le long du mois ? Il est connu que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse. C’est comme s’il leur dit : sachez que tout est selon une sagesse et laissez la question à propos de ce sujet. Regardez : vous, vous faites une chose qui est dépourvue de sagesse et vous pensiez que c’est quelque chose de bien. C’est cela le lien avec les versets qui ont précédé.
Il se peut que ce verset soit au titre de l’ʾistiṭrāḍ puisqu’il s’agit des versets indiquant le temps du pèlerinage. Les mois lunaires indiquent des temps et le pèlerinage est à faire à certains moments des mois parce que c’était parmi leurs actes de faire le pèlerinage. Et l’ʾistiṭrāḍ est une figure de style utilisée par les savants hors de son contexte parce qu’il y a un élément qui permet d’introduire ce sujet. (En français, alors qu’on parle d’un sujet, on cite une parole qui, en apparence, n’a pas de lien direct avec ce dont on parle, alors on dit pour l’introduire « entre parenthèses » puis on revient au premier sujet).
Il se peut aussi que ce soit là juste un exemple qu’il donne à propos de leur question sur le croissant lunaire. C’est comme celui qui laisse la porte d’entrée principale de sa maison et il rentre par une porte dérobée. Ce qu’il convient de faire, ce n’est pas de poser des questions inutiles mais la bienfaisance consiste à se préserver de poser pareille question.
Et entrez dans les maisons par leur porte principale. C’est-à-dire : traitez les sujets de la manière par laquelle il faut les traiter et ne les traitez pas à l’envers.
Ou alors : vous devez avoir pour certitude et pour croyance que tout ce que Dieu fait est selon une sagesse et que cela est correct, sans qu’il ne parvienne un quelconque doute ou une confusion ou objection, afin de ne pas poser de question à ce sujet, en raison de ce que la question peut sous-entendre de remise en cause suite au doute. Tout comme Dieu dit dans le Qour’aan ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors qu’eux, le seront ».
Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : dans ce qu’Il vous a ordonné de faire et ce qu’Il vous a interdit de faire.
Puissiez-vous réussir : afin de gagner la félicité éternelle.
Verset 190 : et combattez dans la voie que Dieu agrée : le combat dans la voie que Dieu agrée, c’est pour élever la parole de Dieu et pour donner la gloire à la religion.
Ceux qui vous combattent : c’est-à-dire ceux qui se mesurent à vous et pas ceux qui se sont repliés sur eux-mêmes. Et ce verset a été abrogé par un autre verset qui signifie : et combattez les associateurs dans leur totalité.
Et il a été dit que c’était le premier verset à avoir été révélé à propos du combat et le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam combattait ceux qui combattaient et n’attaquait pas ceux qui ne combattaient pas.
An-Nasafī a dit : combattez ceux qui peuvent vous combattre et ne combattez pas ceux qui ne peuvent pas vous combattre comme les vieillards, les enfants et les femmes.
Et ne soyez pas injustes, certes Allāh n’agrée pas ceux qui sont injustes.
Verset 191 : et combattez-les où que vous les trouviez. C’est une autorisation qui vous est donnée de combattre ceux qui vous ont amenés à quitter La Mecque.
Et la fitnah est plus grave que l’assassinat. Ce verset, certains se sont trompés pour le comprendre parce que généralement, le mot « fitnah » est utilisé pour indiquer la zizanie, la discorde. Or ce verset ne veut pas dire que semer la discorde est plus grave que de tuer. Ce verset signifie que l’attribution d’un associé à Dieu, c’est-à-dire la mécréance, elle, est plus grave que de tuer. Donc le mot « fitnah » ici, signifie attribuer un associé à Dieu. Ce verset signifie : votre mécréance est plus grave que le fait de tuer, car la mécréance est le plus grand des crimes et le plus laid des crimes selon le jugement de Dieu. Il n’y a pas de crime qui soit plus grave que la mécréance, que ce soit une mécréance par attribution d’un associé à Dieu ou une mécréance sans attribution d’associé à Dieu. Dans les deux cas, la mécréance est le plus grave des crimes et la plus grande des injustices. Cela veut dire que votre mécréance qui est le fait d’attribuer un associé à Dieu est plus grave que ce que vous dénoncez chez les musulmans, à savoir le fait qu’ils aient tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque ; car eux, ils considéraient qu’on ne devait tuer personne dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Suite au fait que les musulmans ont tué un associateur dans l’enceinte sacrée de La Mecque, les associateurs se sont mis à dénigrer les musulmans. Et ce verset est une réplique contre eux : donc ici nous avons appris le contexte dans lequel ce verset a été révélé. Mais la règle est de mise, même en dehors de ce contexte et c’est que la mécréance est plus grave que le fait de tuer.
Cet associateur que les musulmans avaient tué s’appelle ʿAmr fils de Al-Ḥaḍramiyy. Il avait un frère qui était un très grand compagnon, Al-ʾAʿlā fils de Al-Ḥaḍramiyy, il était même un saint parmi les compagnons.
Ne les combattez dans la mosquée al-ḥarām que si eux vous y combattent. C’est-à-dire : ne soyez pas les premiers à déclencher la guerre si c’est à l’intérieur de la mosquée al-ḥarām. Mais s’ils vous attaquent dans cette mosquée, alors combattez-les. Cela veut dire que vous, les croyants, il vous est interdit de combattre dans la mosquée al-ḥarām. Ici la mosquée al-ḥarām ne désigne pas uniquement l’endroit destiné à faire la prière, que ce soit dans ce verset ou dans d’autres versets. Il s’agit en réalité de toute La Mecque : les maisons, les magasins, tout ce qui est au voisinage de la mosquée.
Faites-les sortir de là où ils vous ont fait sortir. C’est-à-dire de La Mecque. Et ce verset a été révélé avant la conquête de La Mecque. Il est une annonce de bonne nouvelle pour les croyants qu’ils allaient conquérir La Mecque. C’est une promesse de la part de Dieu. Et cela a eu lieu la 8° année de l’hégire. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a réalisé cette conquête effectivement. Et il n’est resté à La Mecque que des musulmans. En effet la mécréance est plus grave que l’assassinat et cela est cité dans d’autres versets qui signifient : « le fait d’attribuer un associé à Dieu est une grande injustice » et « les mécréants, ce sont eux les injustes » et « la plus grave des injustices est la mécréance ».
Ce verset ne veut pas dire que le simple fait de semer la zizanie entre deux musulmans serait plus grave que de tuer un musulman. Et ceci est très important à comprendre parce que celui qui croit que semer la zizanie entre deux personnes est plus grave que de tuer quelqu’un, il sort de l’islam. Car il aura démenti la Loi de l’islam. En effet, le fait de tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance. Ainsi le plus grave des péchés est la mécréance parce que Dieu ne le pardonne pas à celui qui en meurt chargé.
Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « que le bas monde soit détruit est moins grave selon le jugement de Dieu que de tuer un seul musulman ». Rapporté par An-Nasāʾiyy. Ainsi le statut du musulman est respectable car il a accompli le plus important des devoirs qui est de croire en Dieu et en Son Prophète.
Et la cause de la révélation de ce verset est que les associateurs avaient émis une objection, ils avaient blâmé les musulmans parce qu’ils avaient combattu durant les mois ḥurum qui sont : ḏu l-qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah, al-muḥarram et raǧab. Alors Allāh leur a répliqué par le fait qu’eux, les associateurs, avaient commis la plus grave des injustices qui est la mécréance, du fait qu’ils avaient attribué à Dieu un associé. Or le fait de combattre durant les mois ḥurum était interdit. Puis ça a été abrogé selon l’avis de la majorité. Les gens de l’ignorance avaient cette croyance-là. Ils considéraient qu’il était interdit de combattre durant les mois ḥurum.
Et il a été donné une autre explication : c’est que l’épreuve qui s’abat sur l’homme, pour laquelle il va être châtié, son châtiment est plus intense que le fait d’être tué.
Le sens apparent de ce verset est que ce jugement est toujours en vigueur, c’est-à-dire qu’il n’a pas été abrogé. Et c’est l’avis de certains imams : il n’est pas permis de commencer à combattre les non croyants à l’intérieur de l’enceinte sacrée de La Mecque, sauf si les non croyants commencent à y combattre les musulmans.
Mais d’autres savants ont dit que ce verset a été abrogé par un verset dans sūratu barāʾa qui s’appelle aussi « sūratu t-tawbah ». Ce verset signifie : « combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Et sūratu barāʾa fait partie des dernières sourates qui ont été révélées dans le Qur’ān. Dieu dit ce qui signifie : « dès lors que les mois ḥurum se sont écoulés, alors combattez les associateurs où que vous les trouviez ». Beaucoup de savants ont dit à propos de ce verset qu’il a abrogé l’application du jugement présent dans sūratu l-baqarah et c’est ce dernier verset qui entre en vigueur. Cela signifie que le jugement de sūratu l-baqarah qui empêchait de débuter le combat des non croyants dans la mosquée al-ḥarām a été abrogé. Avant, c’était interdit puis c’est devenu permis, c’est-à-dire que c’est devenu permis de les y combattre, qu’ils aient commencé ou non à nous y combattre.
S’ils vous y combattent, alors combattez-les-y. C’est-à-dire « dans la mosquée al-ḥarām ». An-Nasafiyy est de l’avis des savants qui disent que ce verset n’a pas été abrogé. La mosquée al- ḥarām a un jugement spécifique : les musulmans n’ont le droit de combattre les non musulmans dans cette enceinte sacrée, que si ceux-ci commencent le combat.
Telle est la rétribution des non-croyants.
Verset 192 : s’ils arrêtent : s’ils cessent leur mécréance, s’ils cessent leur combat. Allāh est Celui Qui accepte le pardon, Qui pardonne leur injustice passée. S’ils arrêtent d’attribuer un associé à Dieu, s’ils arrêtent de combattre les musulmans et qu’ils deviennent musulmans, alors Allāh pardonne ce qu’ils ont fait auparavant. Allāh est miséricordieux, Il accepte le repentir, Il accepte leur foi.
Verset 193 : combattez-les afin qu’il n’y ait pas de fitnah : ici le mot « fitnah » signifie l’adoration d’autre que Dieu. Il ne s’agit pas de la zizanie.
Et afin que la religion soit vouée uniquement à Dieu. C’est-à-dire exclusivement à Dieu, pour que le šayṭān n’ait aucune part. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas autre que Dieu qui soit adoré. Notre šayẖ a dit : l’objectif principal est de protéger la religion de l’islam pour les musulmans, pour ne pas que les non musulmans les détournent de l’islam ; et afin de propager la religion agréée par Dieu. Dans le cas où nous n’avons pas la capacité, alors ce n’est pas une obligation pour nous. Mais nous pouvons expliquer et répliquer ; et cela est une obligation pour nous.
S’ils cessent : c’est-à-dire les non-musulmans, les associateurs, alors il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. S’ils délaissent leur incrédulité, alors vous ne les combattrez pas, parce qu’il n’y a pas d’attaque sauf contre les injustes. Et eux, ils ne sont plus injustes puisqu’ils sont entrés en islam.
Ou alors ne combattez que les injustes, c’est-à-dire ceux qui n’arrêtent pas leur injustice. Il a appelé la rétribution des injustes « injustice » c’est une figure de style en arabe qui s’appelle « al-mušākalah » : la réponse à une chose est appelée par le même nom, même si elle n’a pas le même jugement. Cela ne veut pas dire « soyez injustes » mais il a utilisé le même terme « aẓ-ẓulm » parce qu’eux ont fait preuve d’injustice. On utilise le même mot pour une chose et sa réponse.
Les associateurs avaient combattu les musulmans dans l’année de al-qudayliyah dans un mois sacré qui est ḏu l-qaʿdah. Alors il leur a été dit cela quand ils sont partis pour faire la ʿumrah pour le rattrapage. Ce verset signifie « s’ils arrêtent leur mécréance, et s’ils entrent en islam, alors ils ne sont pas combattus. »
Sayyid Quṭub qui était un journaliste, a dit au sujet de cette partie du verset 193 : « s’ils ne nous empêchent pas d’entrer en islam, alors on ne peut pas les confronter ». Selon sa prétention qui est fausse, qui contredit la religion agréée par Dieu, qui contredit le Qur’ān, s’ils laissent les musulmans appeler à l’islam et qu’ils ne les empêchent pas d’appeler à l’islam, alors, selon lui, il ne serait plus permis de leur tenir tête. Or sa parole est contraire à la religion agréée par Dieu, elle est contraire au Qur’ān, aux ḥadīṯ du Prophète et à l’unanimité des musulmans. C’est un homme mauvais, combien il est grave ! Sa nuisance est grande envers les musulmans. Son groupe a provoqué l’assassinat de nombreuses personnes en Algérie dans les années 1990.
Verset 194 : le mois al-ḥarām contre le mois al-ḥarām : si eux, vous combattent pendant l’un des mois ḥurum, alors vous les combattez dans l’un des mois ḥurum. Et vous appliquez pour les choses sacrées la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. S’ils vous attaquent, alors vous les attaquez avec la même chose avec laquelle ils vous ont attaqués. Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu quand vous êtes victorieux, dans votre comportement envers celui qui vous a attaqués. C’est-à-dire : ne faites pas avec eux plus que ce qu’il vous est autorisé. Et sachez que Dieu accorde la victoire à ceux qui sont pieux.
Notre šayẖ a dit : le soutien, la victoire que Dieu accorde est soit perceptible, physique ou bien morale. S’ils ont le dessus sur les non musulmans suite à un combat, c’est une victoire matérielle et morale. Mais si ce sont les non musulmans qui ont le dessus sur les musulmans dans la bataille, les croyants sont victorieux dans le sens moral et par le jugement : la victoire est de leur côté parce qu’ils ont une récompense pour avoir combattu et ceux d’entre eux qui ont été tués auront la récompense de martyr. La victoire n’est pas seulement une victoire physique, matérielle. Dieu a promis la victoire aux croyants, c’est-à-dire que, soit ils ont la victoire matérielle et morale, soit ils ont la victoire morale. Donc dans tous les cas, ils sont victorieux. Puis le šayẖ cite le récit des gens du puits de Māʿūn, ils étaient soixante-dix hommes. Ils étaient sur le chemin pour enseigner le Qur’ān à une tribu arabe qui avait demandé au Prophète de leur envoyer des enseignants de Qur’ān. Une tribu adverse les a attaqués et les a tous tués. Moralement, ce sont les 70 qui sont victorieux. Parce que ceux qui les ont tués méritent un châtiment, en plus de leur châtiment pour leur mécréance. Ils seront châtiés pour leur mécréance et ils seront châtiés pour avoir tué des musulmans. Ces 70 étaient des gens de science, on les appelait des récitateurs.
Verset 195 : et dépensez dans la voie que Dieu agrée. Dépensez dans toutes les voies que Dieu agrée. C’est général.
Et ne vous menez pas à votre propre perte : c’est-à-dire ne soyez pas vous-mêmes la cause de votre mort. Notre šayẖ a dit que cela signifie : ne laissez pas la gestion de vos biens vous détourner du ǧihād. Certains partisans de Médine se sont occupés de gérer leurs biens au lieu de rejoindre le reste des musulmans et ils étaient des propriétaires de palmiers. Ils ont occupé leur temps à la gestion de leurs palmiers au lieu de rejoindre les autres musulmans.
Et faites le bien : c’est-à-dire pensez du bien au sujet de Dieu, si vous n’obtenez pas ce que vous avez voulu.
Certes Dieu agrée les bienfaiteurs. C’est-à-dire ceux qui sont bienfaiteurs envers les nécessiteux.
Verset 196 : poursuivez le ḥaǧǧ et la ʿumrah pour l’agrément de Dieu. Accomplissez le pèlerinage et accomplissez la ʿumrah pour l’agrément de Dieu, c’est-à-dire accomplissez-les parfaitement, c’est-à-dire avec leurs conditions, avec leurs obligations, pour l’agrément de Dieu, sans paresse et sans diminution.
Si vous en avez été empêchés : c’est-à-dire si quelque chose vous en empêche, comme si un ennemi s’interpose entre vous et l’accomplissement du pèlerinage, ou une maladie.
Alors ce qui vous est possible comme sacrifice. C’est-à-dire si vous êtes sur votre chemin vers la kaʿbah et vous êtes entrés en rituel pour faire un pèlerinage ou une ʿumrah, mais s’il y a quelque chose qui s’interpose qui vous empêche d’y aller alors vous vous désengagez du rituel avant le temps du désengagement pour faire un sacrifice à Dieu (soit un chameau, soit une vache, soit un mouton).
Et ne vous rasez pas le crâne avant que l’animal que vous voulez offrir à Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée de La Mecque. Cette parole s’adresse à ceux qui ont été empêchés d’arriver à l’enceinte sacrée de Médine ou de La Mecque, après qu’ils soient entrés en rituel. Il leur est dit de ne pas se raser le crâne comme ce serait le cas pour une situation normale, c’est-à-dire qu’ils ne se désengagent pas du rituel avant que l’animal qu’ils ont décidé d’offrir pour Dieu soit arrivé à l’enceinte sacrée. Parce que chez les Hanafites, ce qui est offert pour se désengager du rituel parce qu’on a été empêché d’y parvenir, il faut qu’il soit égorgé dans l’enceinte sacrée de La Mecque. Chez les chaféites, il peut être égorgé même ailleurs.
Si l’un d’entre vous était malade : c’est-à-dire si l’un d’entre vous avait une maladie qui nécessitait qu’il se rase le crâne,
Ou qui a un mal dans sa tête : soit des poux, soit une blessure, il devra alors faire une expiation, (qui consiste en) un jeûne (trois jours de jeûne) ou une aumône (distribuée à six pauvres, à chacun il sera donné la moitié d’un ṣāʿ de blé, selon les hanafites et chez les chaféites, trois ṣāʿ de la nourriture de base la plus répandue de la ville, que vont se partager six pauvres). (Le ṣāʿ équivaut à quatre mudd. Ce sont des unités de volume). Ou bien une brebis.
Si quelqu’un veut faire le tamattuʿ : c’est le fait de profiter d’être parti à La Mecque dans la période du pèlerinage, pour faire une ʿumrah avant le pèlerinage. Si on est dans la période des mois du pèlerinage, on peut entrer en rituel du pèlerinage, mais on peut commencer par faire une ʿumrah. Donc quand on fait une ʿumrah dans les mois du pèlerinage, on fait le tamattuʿ. On devra égorger ce qu’on égorge le jour de l’ʿīd. Celui qui ne trouve pas quoi égorger, il devra jeûner trois jours dans le temps du pèlerinage. C’est-à-dire dans les mois du pèlerinage, entre son entrée en rituel pour la ʿumrah et son entrée en rituel pour le pèlerinage. Et vous jeûnerez sept jours quand vous aurez fini le pèlerinage. Ce sont là dix jours complets. « Complets » : soit parce que cela équivaut à ce qu’il devait égorger et qu’il n’a pas pu égorger ou bien ça équivaut dans la récompense.
Cette règle (c’est-à-dire l’obligation d’égorger ou de jeûner) est pour celui dont la famille n’est pas dans la mosquée al-ḥarām : il ne fait pas partie de ceux qui habitent dans les limites de La Mecque, c’est-à-dire ceux qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher que les gens de La Mecque.
Et faites preuve de piété à l’égard de Dieu : accomplissez ce que Dieu vous ordonne et évitez ce que Dieu vous interdit. Que ce soit pour le pèlerinage ou autre que le pèlerinage, Dieu nous ordonne de Lui obéir et nous interdit de Lui désobéir. C’est un rappel.
Et sachez que Dieu a un châtiment douloureux pour celui qui Lui désobéit.
Verset 197 : le temps du pèlerinage, ce sont des mois bien définis. Ce sont des mois bien connus chez les gens, c’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose qui peut prêter à confusion. Il s’agit de šawwāl, ḏu l’qaʿdah, ḏu l-ḥiǧǧah et les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah. Quand la nuit qui précède l’ʿīd s’achève, alors la borne temporelle (c’est-à-dire la limite) du pèlerinage est raté. Et il y a une borne qui est plutôt physique, et c’est un endroit. On rentre en rituel du pèlerinage à certains endroits que le Prophète a indiqués. Les gens qui viennent du nord passent par Médine, ils ont une borne à ne pas dépasser avant d’être entrés en rituel. Ceux qui viennent de l’ouest ont une autre borne et ainsi de suite.
La borne temporelle s’achève lorsque la nuit qui précède le jour de l’ʿīd finit (c’est-à-dire le faǧr). Quel est l’intérêt d’indiquer que les actes du pèlerinage ont lieu pendant trois mois ? Cela veut dire qu’aucun acte du pèlerinage n’est valable en-dehors de ces trois mois-là et même l’entrée en rituel, selon l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde. Et ils ont été appelés « aṣ-hūr », « mois », même si le dernier n’est pas un mois complet.
Celui qui s’y engage pour faire le pèlerinage. « Y » fait référence à ces trois mois-là. Celui qui s’engage à faire le pèlerinage dans cette période-là.
Il ne fait pas de rapport sexuel ni de fusūq. Le fusūq : certains savants ont dit que c’est le péché, d’autres ont dit que cela veut dire l’insulte envers les musulmans et d’autres ont dit que cela veut dire le fait de donner des surnoms qui indiquent le dénigrement.
Et pas de débat inutile pendant le pèlerinage. C’est le fait de débattre juste pour avoir le dernier mot, sans qu’il n’y ait d’intérêt religieux. Ibnu ʿAbbās a expliqué le mot « ǧidāl » par le « mira’ » et c’est lorsque quelqu’un débat avec son compagnon, il le dispute jusqu’à le mettre en colère. Parole rapportée par aṭ-Ṭabariyy dans son explication. Il a reçu l’ordre de ne pas faire de débats inutiles pour des raisons, parce que cela est comme le fait de porter de la soie quand un homme fait la prière et réciter le Qur’ān pour faire joli mais en rajoutant des lettres.
Après ces différentes interdictions pour interdire le mal, Il enchaîne sur le bien pour utiliser à la place de mauvaises paroles, de belles paroles, à la place du fusūq la bienfaisance et la piété, à la place du débat inutile, le fait d’être concordant et les bons comportements :
Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Dieu sait le bien que vous faites et Il vous rétribue pour le bien que vous faites. An-Nasafiyy dit que par cette parole, Dieu réfute la parole de celui qui dit que Dieu ignore les détails. Car Dieu dit « tout » ce que vous faites comme bien, c’est-à-dire même les détails. La philosophie fait partie des sciences qui sont interdites. Il y avait un homme qui était mufti en Syrie, il s’appelle Aḥmad Kaftāru et il était ignorant. Une fois, il enseignait et disait que l’islam enseigne la philosophie. Son père était quelqu’un de bien et quand il est décédé, les gens ont pensé qu’il était comme son père, alors qu’il était ignorant. Et les gens aujourd’hui sont ainsi, dans l’ignorance. Les gens avaient l’habitude, quand un homme vertueux mourait, de mettre à sa place, son fils, même s’il était encore jeune et même s’il était ignorant. An-Nasafiyy dit que les gens du Yémen avaient pour habitude de ne pas prendre de provisions quand ils allaient faire le pèlerinage. Ils se fiaient à Dieu. Ils se retrouvaient à la charge des gens. Alors Dieu a révélé la suite du verset 197
Alors faites des provisions. C’est-à-dire « faites des provisions et évitez d’aller demander aux gens de vous donner à manger ».
La meilleure des provisions c’est la piété. Le mot « taqwā » a un sens propre et un sens figuré. Il signifie « se protéger de ». La piété signifie se protéger du châtiment. Et ici cela signifie se protéger de charger les gens de vous donner à manger. Il y a deux explications possibles : une des explications est « veuillez-vous protéger de demander aux gens de vous donner à manger et faites donc des provisions pour cela » et l’autre explication est « faites donc des provisions pour le jour du jugement en vous protégeant des choses interdites ».
Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que ce verset a été révélé à des gens du Yémen qui partaient pour le pèlerinage mais ils ne prenaient pas de provisions avec eux. Dieu a révélé ce verset pour leur indiquer ce qui est de leur intérêt. Il leur a indiqué que la meilleure des provisions, c’est la piété. Cela veut dire que prendre des provisions pour le voyage du pèlerinage, c’est un acte de bien parce que cela aide les gens à arriver à La Mecque pour faire le pèlerinage. Mais ce qui est plus important que cela, c’est la piété envers Dieu. Le mot « taqwā » est un mot qui est global, qui englobe énormément de sens. Il signifie accomplir ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves de faire et éviter ce que Dieu a interdit à Ses esclaves de faire. Du point de vue de l’expression orale, le mot « taqwā » est un mot qui est léger, mais c’est un mot qui est lourd de sens. La piété consiste à accomplir les devoirs et éviter les interdits. Et parmi les devoirs, il y a l’apprentissage de la science de la religion. La voie pour atteindre la piété est la science. Si Dieu veut le bien pour un esclave, Il lui fait apprendre la religion, Il lui accorde la connaissance des sujets de sa religion. Il lui accorde de connaitre ce que Dieu lui a ordonné d’accomplir et de faire et Il lui accorde de connaitre ce qu’Il lui a ordonné d’éviter et qu’Il a interdit. Il n’y a de réussite qu’en connaissant les sujets de la religion. D’abord la croyance parce que c’est la plus prioritaire des obligations, puis les lois pratiques. Parce que la science de la croyance est la meilleure des sciences.
Et faites preuve de piété envers moi : c’est-à-dire craignez Mon châtiment
O vous qui êtes dotés de raison. La tâche qui est la plus importante pour celui qui est censé, pour celui qui a une raison, c’est la piété envers Dieu. Et celui qui ne fait pas preuve de piété envers Dieu, c’est comme s’il n’a pas de raison.
Verset 198 : il n’y a pas de mal pour vous : c’est-à-dire pendant la saison du pèlerinage de chercher à obtenir un bénéfice dans un commerce. Même si vous partez au pèlerinage, il n’y a pas de mal pour vous à rechercher à obtenir un gain, soit par le commerce soit par la location. Par exemple, ceux qui sont à La Mecque louent leurs maisons, leurs voitures pour transporter les gens. Il n’y a pas de mal à saisir cette opportunité pour gagner de l’argent de manière licite.
Dès lors que vous quittez ʿArafāt. Le verbe utilisé ici est « afaḍa » qui signifie « déborder » parce que les gens sont nombreux à ʿArafāt. Quand ils sortent, c’est comme si de l’eau déborde. Tellement vous serez nombreux quand vous quitterez ʿArafāt et c’est le nom d’un endroit. Pourquoi cette terre qui se trouve à peu près à une vingtaine de kilomètres de La Mecque a été appelée ainsi ? Et ʿarafa signifie connaître. Cette terre avait été décrite à Ibrāhīm et quand il l’a vue, il l’a reconnue. Et il a été dit que lorsque notre maitre Ādam et son épouse Ḥawwāʾ sont sortis du paradis, Ādam est arrivé dans une région en Inde qui correspond au Sri Lanka actuel, et l’air y est très bon et il ressemble le plus au paradis. Et Ḥawwāʾ a été descendue à Jeddah qui est le port qui est à quelques dizaines de kilomètres de La Mecque, sur la mer rouge. Il a été dit qu’ils se sont rencontrés à ʿArafāt et qu’ils se sont reconnus. Ce verset est une preuve que la station à ʿArafāt est un devoir. Parce que le fait de quitter ʿArafāt n’a lieu qu’après y avoir été. Dans les actes du pèlerinage, il y a la station à ʿArafāt.
Evoquez Dieu.
1/ En faisant la talbiyyah en disant « labbayk Allāhumma labbayk – labbayka lā šarīka labbayk – ʾinna l-ḥamda wa niʿmata laka wa l-mulk – lā šarīka lak »
Ceci signifie : « ô Allāh nous répondons à Ton ordre et nous obéissons, obéissance après obéissance, nous ne nous détournons pas de Ton obéissance. La louange T’appartient, la grâce T’appartient, la souveraineté T’appartient, Tu n’as pas d’associé ».
2 / Et en faisant le tahlīl, qui est la parole « lā ʾilāha ʾilla l-Lāh ».
3 / Ou le takbīr qui est la parole « Allāhu akbar ».
4 / Ou l’éloge de Dieu comme en disant « al-ḥamdu lil-Lāh » et des invocations, en demandant à Dieu des choses.
5 / Ou encore en accomplissant la prière du maġrib et du ʿišāʾ. Quand vous quittez ʿArafāt, le temps du maġrib est rentré car le temps de la station à ʿArafāt est entre le début du ẓuhr du 9 et l’aube du 10 du mois lunaire de ḏu l-ḥiǧǧah
A un endroit qui s’appelle al-mašʿar al-ḥarām : c’est un emplacement qui est sacré.
1/ Certains l’ont expliqué par l’emplacement où se trouve l’imam. Le mot « mašʿar » indique un lieu symbolique parce que c’est un lieu pour l’adoration de Dieu et il a été décrit comme étant ḥarām parce qu’il est sacré : on y respecte certaines choses quand on s’y trouve. Il y a des choses qu’on n’y fait pas.
2 / D’autres l’ont expliqué par une terre qui s’appelle « Muzdalifah ». Le mot « zdalafah » signifie « se rapprocher ». Il a été dit que l’origine du terme « Muzdalifah » c’est parce que Ādam ʿalayhi s-salām s’est rapproché là-bas de Ḥawwāʾ. C’est une explication. Ou une autre explication qui est la suivante : après la station à ʿArafah, les pèlerins quittent cette station après le coucher du soleil alors qu’ils n’ont pas encore fait la prière du maġrib. Donc ils accomplissent les prières du maġrib et du ʿišāʾ à Muzdalifah parce qu’on rapproche les deux prières. Donc le sens du mot « zdalafah » qui est le fait de se rapprocher est présent.
3 / Une troisième explication est parce que les gens se rapprochent de l’agrément de Dieu. Ils se consacrent à l’adoration de Dieu et espèrent avoir des récompenses de la part de Dieu.
Et évoquez Dieu d’une belle évocation. C’est-à-dire tout comme Dieu vous a bien guidés, évoquez-Le d’une belle évocation. C’est le propre du musulman, c’est le propre du croyant. Le croyant est reconnaissant envers Dieu pour les bienfaits qu’Il lui a accordés. Et le plus grand bienfait que Dieu nous a accordé c’est d’être musulman. Autre explication : évoquez-Le tout comme Il vous a appris de L’évoquer et ne vous détournez pas de ce qu’Il vous a appris.
Et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés : vous n’auriez pas su comment adorer Dieu. Grâce à cette bonne guidée, évoquez Dieu de manière parfaite et si vous n’aviez pas été bien guidés, vous auriez été égarés.
Verset 199 : puis quittez ʿArafāt de là où les gens l’ont quitté. Ne faites pas en sorte que ce soit à partir de Muzdalifah. Il a été dit que c’est un ordre pour la tribu de qurayš. C’est-à-dire que qurayš avait reçu l’ordre de partir de ʿArafāt. L’ordre est venu qu’ils partent de La Mecque pour aller à ʿArafāt puis qu’ils quittent ʿArafāt pour retourner à La Mecque. C’est une explication qui concerne les gens de qurayš.
Et demandez à ce que Dieu vous pardonne. Parce que vous ne faisiez pas comme les gens. Vous n’alliez pas jusqu’à ʿArafāt. Ils se réunissaient dans un autre endroit. L’ordre ici est qu’ils se réunissent à ʿArafāt et qu’ils demandent à Dieu le pardon pour n’avoir pas fait comme les gens, dans leur ignorance. Ou bien « demandez le pardon à Dieu parce que vous avez failli dans les actes du pèlerinage ».
Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 200 : lorsque vous aurez fini avec les actes d’adoration que vous avez reçu l’ordre de faire : c’est-à-dire pendant le pèlerinage et après avoir quitté ʿArafāt.
Alors évoquez Allāh tout comme vous évoquez vos parents. C’est-à-dire : évoquez beaucoup Dieu, car généralement, la personne, quand elle évoque ses parents, elle parle beaucoup de ses parents, elle est fière de ses ancêtres. Le sens est de glorifier Dieu en L’évoquant beaucoup. En effet, les Arabes, avant, quand ils finissaient leurs rituels, ils se tenaient entre la mosquée à Mina et la montagne, et ils énuméraient les mérites de leurs ancêtres.
Ou encore plus.
Il y a parmi les gens ceux qui disent : ceux qui vont au pèlerinage et qui demandent à Dieu des choses du bas-monde, ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde : ils demandent à avoir leurs dons dans le bas-monde uniquement, c’est-à-dire le pouvoir, la richesse.
Et il n’a aucune part pour son au-delà. Parce que son objectif est limité au bas-monde, parce qu’il ne croit pas à l’au-delà.
Cela veut dire : évoquez beaucoup Dieu (citez Dieu) et invoquez-Le. (Demandez-Lui). Les gens sont de plusieurs catégories. Il y a parmi les gens qui ne demandent que des choses du bas-monde. Et il y a ceux qui demandent beaucoup, des biens des deux résidences. Le sens de ce verset est : soyez de ceux qui demandent beaucoup, de cette vie et de l’au-delà.
Verset 201 : et parmi eux : c’est-à-dire ceux qui vont faire le pèlerinage ceux qui disent ô notre Seigneur, accorde-nous dans le bas-monde un bien : ce bien est soit une grâce soit une sauvegarde c’est-à-dire une protection et une bonne santé ou une science et de l’adoration. C’est-à-dire : fais que nous soyons parmi ceux qui accomplissent les actes d’adoration et que nous ayons la science de la religion.
Et dans l’au-delà un bien : An-Nasafiyy a donné plusieurs explications : un pardon et une miséricorde ou les biens et le paradis ou les louanges des créatures et l’agrément du Créateur ou la foi et la sauvegarde ou la sincérité et la délivrance ou être sur la voie prophétique et obtenir le paradis ou se suffire du peu et avoir l’intercession ou la femme vertueuse et les femmes du paradis ou la vie heureuse et la sortie des tombes le jour de la résurrection avec la bonne nouvelle.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ô Seigneur accorde-nous dans ce bas-monde de bonnes œuvres c’est-à-dire accorde-nous la réussite pour faire de bonnes œuvres et accorde-nous le paradis.
Al-Ḥasan Al-Biṣriyy a dit : le bien dans ce bas-monde c’est une épouse vertueuse et le bien dans l’au-delà c’est le paradis.
Et préserve-nous du châtiment du feu. C’est-à-dire préserve-nous du feu de l’enfer ou préserve-nous du feu de l’enfer et d’une épouse mauvaise. (C’était l’invocation que faisait le plus notre Prophète).
Verset 202 : ceux-là (qui cherchent les deux biens, dans le bas-monde et dans l’au-delà) ils auront une part de ce qu’ils auront acquis : c’est-à-dire qu’ils auront une rétribution pour les bonnes œuvres qu’ils auront acquises. Il s’agit des récompenses qui vont leur profiter en bien suite à l’invocation qu’ils ont faite. L’invocation est un acte et l’acte est acquis. Et il se peut que le terme « ceux-là » ne se réfère pas uniquement à ce qui est visé « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas-monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer », mais que ceux-là se réfèrent aux deux groupes. Chacun des deux groupes aura une part de ce qu’il recherchait.
Allāh est Celui Qui fait parvenir les comptes rapidement. Ce qui est rapide, c’est le fait que les gens rendent des comptes rapidement. De manière imminente, le jour du jugement peut survenir. L’ange Isrāfīl a pris le cor et l’a collé à sa bouche et il attend l’ordre. Donc le jour du jugement est imminent. Et les esclaves rendront des comptes alors empressez-vous de multiplier les évocations et d’œuvrer pour l’au-delà. Deuxième explication : Il S’est qualifié Lui-même par le fait qu’Il sait que les esclaves rendront compte rapidement de leurs actes, malgré le grand nombre des créatures ; leur nombre est très grand et leurs actes sont nombreux. Ceci indique la parfaite toute puissance de Dieu et l’obligation de prendre garde de Son châtiment. Il a été rapporté que les esclaves rendront des comptes de tous leurs actes, en un laps de temps qui suffit pour traire une brebis, ou certains ont dit en un instant.
Verset 203 : évoquez Dieu en des jours bien précis. Allāh nous ordonne de L’évoquer en des jours bien particuliers. Ces jours bien définis sont les jours d’at-tašrīq qui sont les 11° 12° et 13° jours du mois de ḏu l-ḥiǧǧah. On fait le takbīr après les prières obligatoires. Dès que tu passes le salām de la prière obligatoire, tu dis « Allāhu ʾakbar » c’est-à-dire que Dieu a un degré plus élevé que tous, Allāh a une puissance plus élevée que tous ceux qui ont une puissance, Allāh a une science plus élevée que tous ceux qui ont une science, Allāh mérite plus de glorification, plus de vénération que tout autre. Evoquer Allāh au niveau des bassins dans lesquels on jette des pierres.
Celui qui s’est empressé en deux jours : c’est-à-dire qu’il n’est pas parti jeter les pierres dans les trois bassins le troisième jour, mais il a lancé des pierres uniquement le premier et le deuxième jour, parce qu’il y a possibilité de jeter les pierres les premier et deuxième jour d’at-tašrīq et celui qui s’empresse c’est-à-dire qu’il quitte Minā avant que le soleil ne se couche le deuxième jour d’at-tašrīq, celui-là n’est pas obligé d’aller lancer les pierres le troisième jour. Mais s’il reste à Minā alors que le soleil se couche, alors il doit lancer les pierres les trois jours. Il s’agit de lancer sept pierres dans chacun des trois bassins
Il ne commet pas de péché en cela. Il ne tombe pas dans le péché pour s’être empressé de la sorte.
Et celui qui retarde pour lancer le troisième jour, il ne commet pas de péché s’il se préserve. C’est-à-dire s’il ne fait pas des choses qui sont interdites pour celui qui est en rituel. Par exemple, il ne peut pas chasser des animaux, il ne peut pas avoir un rapport sexuel. S’il se préserve de la chasse, du rapport sexuel et des grands péchés, il n’y a pas de mal pour lui. Ou encore il a le choix entre s’empresser ou retarder, même si le fait de retarder vaut mieux. Comme le voyageur, il lui est donné le choix entre jeûner et ne pas jeûner, même si jeûner vaut mieux pour lui. Il a été dit que dans la période d’ignorance, il y avait deux groupes : certains considéraient que celui qui s’empresse est dans le péché et certains considéraient que celui qui tarde est dans le péché. Le Qur’ān est venu pour indiquer qu’ils avaient le choix.
Et craignez Dieu : c’est-à-dire craignez Dieu dans toute chose.
Et sachez que vous allez être ressuscités et rassemblés pour Son jugement. C’est-à-dire : sachez que vous allez revenir à la vie pour le jugement de Dieu, c’est-à-dire lorsque vous serez ressuscités et rassemblés à partir de vos tombes.
Al-Aẖnās fils de Šuʿayb était quelqu’un, comme on dit de nos jours, qui était un beau parleur et quand il rencontrait le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il parlait de manière douce, il prétendait qu’il aimait le Prophète et qu’il était musulman, et il disait : « Dieu sait que je suis véridique ». C’est à son sujet qu’a été révélé le verset 204
Verset 204 : Il y a parmi les gens ceux dont les paroles te plaisent : c’est-à-dire qui ont une place dans ton cœur et le verbe « yuʿǧibuka » vient dans le sens d’étonnant, d’agréable.
Dans le bas-monde : soit ce qu’il te dit à propos du bas-monde te surprend car il te demande des choses du bas-monde et il ne recherche pas les choses de l’au-delà. Ou alors ses belles paroles te plaisent dans ce bas-monde mais pas dans l’au-delà parce que sa langue ne pourra pas exprimer ce qu’il exprimait ici-bas, sa langue sera empêchée de dire.
Et il prend à témoin Dieu de ce qu’il a dans son cœur : il jure et il prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans son cœur comme amour et comme islam.
Alors qu’il est le pire des ennemis. Alors qu’il est quelqu’un qui a une profonde animosité envers les musulmans. Ou dans le sens qu’il se dispute beaucoup avec les musulmans.
Verset 205 : et lorsqu’il te quitte après avoir été à côté de toi, et qu’il va se retrouver avec des gens qui sont comme lui, il va aller sur terre pour semer la discorde et la zizanie. Tout comme il a fait avec la tribu de Ṭāqīf, avec laquelle il avait un conflit. Alors il les a pris par surprise la nuit et il a tué leurs troupeaux et il a brûlé leurs plantations.
Et il détruit les plantations et les animaux : ou bien lorsqu’il a une autorité ou un pouvoir, il agit en semant la corruption sur terre, en anéantissant les plantations et les troupeaux. Et il a été dit que certains gouverneurs ont été injustes au point que Dieu les a privés de la pluie et ce fut une cause pour la destruction de leurs plantations et de leurs animaux.
Et Allāh n’agrée pas la corruption.
Verset 206 : et s’il lui est dit : à cet homme Al-Aẖnās : crains Dieu : c’est-à-dire au lieu de semer la corruption et la désolation alors sa fierté et son amour-propre l’amènent à faire encore plus de mal : c’est-à-dire cette arrogance de la période d’ignorance l’entraine à commettre ce qui est interdit. Ou alors il s’est considéré comme supérieur à cause de la mécréance qu’il a dans son cœur.
Il lui suffira d’être en enfer.
Et quel mauvais endroit pour résider.
Puis à propos de Šuʿayb Ar-Rūmiyy, lorsque les associateurs voulaient qu’il délaisse l’islam et qu’ils avaient tué un certain nombre de personnes qui étaient avec lui, alors pour s’affranchir de cela, il a donné toute sa fortune et il s’est rendu à Médine. Ou alors à propos de ceux qui ordonnent le bien et interdisent le mal, il a été révélé les versets suivants
Verset 207 : il y a parmi les gens ceux qui essaient de se libérer par recherche de l’agrément de Dieu et certes Dieu est miséricordieux envers les esclaves : puisque Dieu les a récompensés pour cela.
Verset 208 : ô vous qui avez cru, entrez tous dans la paix : c’est-à-dire la soumission et l’obéissance c’est-à-dire soumettez-vous à Dieu et obéissez-Lui ou bien à l’islam. Et la parole s’adresse aux gens du Livre parce qu’ils ont cru en leurs prophètes et en leurs livres ou aux hypocrites parce qu’ils ont cru par la parole. Ibnu l-Ǧawziyy dans son exégèse a dit : les spécialistes de l’exégèse ont divergé à propos de qui ces versets ont été révélés, ils ont eu trois avis différents.
- Le premier avis (de Abū Sālīḥ rapporté de Ibnu ʿAbbās) est que ce verset a été révélé à propos de ceux qui sont devenus musulmans et qui, auparavant étaient des gens du Livre. Après leur entrée en islam, ils ont évité de faire ce qu’ils s’abstenaient de faire le samedi, ils évitaient de manger le chameau comme ceux qui suivaient la loi de Moise et d’autres choses que les gens du Livre évitaient.
- Le deuxième avis est que ce verset a été révélé aussi à propos des gens du Livre, mais à ceux qui n’ont pas cru au Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Ils ont reçu l’ordre d’entrer en Islam. Cela a été rapporté de Ibnu ʿAbbās également et c’est ce qu’a dit aḍ-Ḍahhāk.
- Et le troisième avis est que ce verset a été révélé à des musulmans avec l’ordre de s’engager dans toutes les lois de l’Islam. Cet avis a été donné par Muǧāhid et Qatādah
Totalement : cela veut dire qu’aucun d’entre vous ne s’écarte de l’obéissance à Dieu. Engagez-vous tous ou bien engagez -vous dans toutes les lois ou encore dans les lois et les détails de l’islam et les règles de l’Islam dans leur totalité. Ce qui est visé ici c’est qu’il leur a été interdit de s’écarter de l’obéissance à la loi de l’Islam.
Et ne suivez pas les pas du šayṭān : c’est-à-dire les suggestions du šayṭān.
Il est certes pour vous un ennemi déclaré. Son animosité est claire.
Verset 209 : si vous vous écartez de rentrer en Islam, après qu’il vous soit parvenu les preuves claires : c’est-à-dire les arguments clairs, évidents, que ce à quoi vous avez été appelés à vous engager, c’est la vérité.
Sachez alors que Dieu est glorieux : c’est-à-dire qu’Il a le dessus sur tout, rien ne L’empêche de vous châtier. Il ne châtie que justement.
Verset 210 : est-ce qu’ils attendent que le châtiment de Dieu leur parvienne dans des nuages ? Et ceci est pour faire encore plus peur du châtiment parce que les nuages font penser à la miséricorde, ils sont porteurs de pluie et la pluie est une miséricorde. Donc si, de ces nuages s’abat un châtiment, la chose est encore plus abominable, plus atroce, plus difficile.
Le ḥāfiẓ ibnu l-Ǧawziyy le Hanbalite, dans son exégèse « zādu l-masīr » a dit que l’imam Aḥmad a dit que ce qui est visé ici c’est la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu : est-ce qu’ils attendent que leur parvienne la manifestation de la puissance de Dieu et le châtiment de Dieu ? Il a dit que cela était expliqué dans d’autres versets du Qur’ān, comme dans le verset 33 de sūratu n-naḥl, et ibnu l-Ǧawziyy a renié la parole de ceux qui prétendent que la venue est la venue de Dieu Lui-même, il a indiqué que l’imam Aḥmad était innocent de ces mécréants assimilationnistes. Il a détaillé dans son livre réputé « dafʿu šuba t- tašbīh ».
En résumé, il n’est pas permis de croire au sujet de Dieu qu’il serait possible à Son sujet le mouvement et le déplacement. Mais nous Lui reconnaissons les attributs qu’Il S’est attribué à Lui-même dans le Qur’ān, de la manière qui est digne de Lui, en L’exemptant et en délaissant toute assimilation.
Il en est comme l’a dit l’imam Al-Bayhaqiyy dans « al-ʾasmā’u wa ṣ-ṣifāt » : « Allāh taʿālā n’a pas d’endroit ». Ensuite il a dit : le mouvement et l’immobilité et l’établissement sont des caractéristiques des corps. Or Allāh taʿālā est unique, Il n’a besoin de rien, absolument rien n’est tel que Lui. Et ceci est comme la parole de Allāh ʿazza wa ǧ-ǧall dans le verset 26 de sūratu n-naḥl dans lequel il n’est pas visé que Dieu serait venu dans le sens du déplacement. Mais il en est visé que l’acte qui a amené la destruction de leurs constructions est un acte qui est de toute éternité et le résultat de cet acte est entré en existence. Et ceci est clair pour celui qui étudie et observe correctement.
Et les anges : c’est-à-dire les anges qui ont reçu l’ordre de les châtier viendront. Ou bien ce qui est visé c’est que les anges viendront au jour du jugement.
Et le sujet est clos : c’est-à-dire que leur anéantissement sera achevé et il en sera fini d’eux.
Et c’est à Dieu que sera le devenir. Cela veut dire à donner aux esclaves à posséder certaines choses mais ces choses reviendront à Dieu au jour de la résurrection.
Verset 211 : pose la question (demande) : la parole concerne le Messager ou tout un chacun. Et c’est une question de menace de châtiment. Comme les mécréants au jour du jugement seront interrogés.
Aux descendants d’Isrāʾīl combien Nous leur avons fait parvenir de signes clairs : c’est-à-dire sur les mains de leurs prophètes et il s’agit de leurs miracles. Ou bien combien de signes qui témoignent de la véracité de la religion de l’islam.
Et celui qui change la grâce de Dieu : c’est-à-dire les signes qu’Il a créés ou qu’Il a donnés. C’est la plus grande des grâces de Dieu parce que ce sont des causes de bonne guidée et une sauvegarde contre l’égarement. Et leur changement, leur altération, c’est que Dieu a fait manifester ces signes pour que ce soit des causes de leur bonne guidée. Et eux, ils en ont fait des causes de leur égarement. Ou encore, ils ont déformé des versets des livres qui indiquaient la religion de Muḥammad ʿalayhi s-salām.
Après qu’elle lui soit parvenue : c’est-à-dire après qu’il l’ait connue, parce que s’il ne l’avait pas connue, c’est comme si elle avait été absente pour lui.
Certes Allāh est Celui Qui accorde un châtiment terrible. C’est-à-dire le châtiment pour celui qui le mérite.
Verset 212 : la vie du bas-monde a été embellie pour ceux qui ont mécru. Et celui qui la leur a embellie est le šayṭān. Il leur embelli la vie du bas monde par ses mauvaises suggestions. Il la leur a faite aimée de sorte qu’ils ne cherchent pas autre chose. Ou alors c’est Dieu Qui crée des désirs en eux, parce que toutes les créatures, c’est Dieu Qui les a créées.
Et ils se moquaient de ceux qui étaient croyants, ils se moquaient des croyants qui étaient pauvres comme ibnu Masʿūd, comme ʿAmr ibnu Yāsir comme Šuʿayb et ceux qui sont de cet ordre. C’est-à-dire qu’ils ne cherchent pas autre que le bas-monde et en plus, ils se moquent de ceux qui n’ont pas de part des biens du bas-monde. Ou bien ils se moquaient de ceux qui recherchent autre que le bas-monde.
Et ceux qui se sont préservés du širk (de l’association à Dieu) : et il s’agit justement de ces gens-là qui sont pauvres
Seront au-dessus d’eux au jour du jugement : parce que le paradis sera élevé alors que les autres seront dans un enfer qui sera tout en bas.
Et Allāh accorde à qui Il veut sans limite. C’est-à-dire que Dieu accorde avec profusion à qui Il a accordé avec profusion comme Qārūn et d’autres. Or cette largesse dans les biens du bas-monde, de la part de Dieu, est pour une sagesse. C’est pour vous amener, par cette grâce, à être dans l’état dans lequel vous êtes. Si cela avait été un honneur de Sa part, les croyants l’auraient mérité davantage, plus que vous.
Verset 213 : les gens étaient une seule communauté : ils étaient tous sur la religion de l’islam, depuis Ādam jusqu’à Nūḥ ʿalayhima s-salām. Ou encore il s’agit de Nūḥ et de ceux qui étaient avec lui sur son arche. Puis ils ont divergé. Ibnu ʿAbbās a dit : les gens étaient tous une seule et même communauté, sur l’islam.
Et Allāh a envoyé les prophètes : c’est-à-direque les gens étaient sur une même communauté, sur l’Islam et Allāh leur a envoyé les prophètes, annonciateurs de bonne nouvelle : pour les croyants. Et avertisseurs d’un châtiment : pour les mécréants.
Et Allāh a révélé avec eux le Livre pour montrer la vérité. Prétendre que chaque prophète avait reçu un livre, cela n’a pas de preuve parce que la plupart des prophètes qui descendaient d’ Isrāʾīl avaient reçu l’ordre de suivre la Torah.
Afin qu’il juge : c’est-à-dire Allāh ou bien le Livre ou bien le prophète à qui il a été révélé.
Entre les gens au sujet de ce sur quoi ils ont divergé. Ils ont divergé à propos de la religion de l’islam, alors qu’auparavant, ils étaient tous d’accord.
Et n’ont divergé (à propos de la vérité) que ceux qui ont reçu le Livre qui a été révélé pour enlever la divergence : c’est-à-dire qu’ils ont augmenté en divergence lorsque le Livre leur a été révélé
Après qu’ils aient reçu les preuves de sa véracité.
C’est une injustice de leur part : c’est-à-dire par envie de leur part, par injustice de leur part, tellement ils recherchaient le bas-monde et qu’ils n’étaient pas objectifs.
Allāh a guidé ceux qui sont croyants vers ce au sujet de quoi ils ont divergé. C’est-à-dire que Dieu a guidé ceux qui sont croyants vers la vérité à propos de laquelle ont divergé ceux qui ont divergé.
Comme vérité : c’est pour indiquer justement cette vérité à propos de laquelle ils ont divergé.
Par Sa volonté et Allāh guide qui Il veut vers le chemin de droiture.
Verset 214 : ou alors est-ce-que vous croyez (ou vous pensez) : c’est quelque chose à laquelle ils sont loin de penser, c’est quelque chose à laquelle ils ne croient pas. Le contexte de ce verset est qu’auparavant, Dieu a rappelé à notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’état des différentes communautés : malgré les preuves que leurs prophètes leur ont apportées, certaines communautés n’avaient pas suivi les prophètes. Ce rappel est pour encourager le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et pour encourager les croyants à persévérer et à patienter malgré les associateurs, malgré les gens du livre qui renient et qui remettent en cause les signes que le Prophète a amenés.
Que vous alliez pouvoir entrer au paradis sans pour autant subir : cela signifie : vous ne vous attendez donc pas à subir. Est-ce que vous pensez vraiment que vous allez entrer au paradis
Ce qu’ont subi ceux qui vous ont précédés : c’est-à-dire ce qu’ont subi les communautés antérieures qui ont subi des difficultés.
Elles ont subi la pauvreté, la maladie et la faim. Dieu éprouve qui Il veut.
Ils ont subi des tremblements : ils ont subi des épreuves qui les ont dérangés, à l’image d’un séisme. C’est un sens figuré : ils ont subi ce qui les a fait trembler, comme un tremblement de terre ou un séisme aurait fait trembler les gens. Et ce sont des épreuves.
Au point que le Messager et ceux qui étaient croyants avec lui, ont dit : quand est-ce que Dieu nous accordera la victoire ? C’est-à-dire que tellement ils étaient éprouvés, tellement ils étaient dérangés par les épreuves qu’ils avaient subies, qu’ils ont dit : mais quand Dieu nous accordera-t-Il la victoire ? Pas dans le sens de la perte de patience, mais parce que les épreuves étaient très fortes. Ils ont demandé la victoire. Ils l’ont souhaitée et ils ont trouvée longue la période de l’épreuve.
Certes la victoire accordée par Dieu est imminente. C’était une réponse à leur demande d’avoir la victoire. Et comme un homme qui s’appelle ʿAmr ibnu l-Ǧamūḥ, il était âgé et avait beaucoup d’argent. Il a dit : qu’est-ce que nous dépensons de nos biens et où plaçons-nous notre argent ? La réponse est dans le verset suivant.
Verset 215 : ils t’interrogent qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce que vous dépensez comme biens, ce sera pour les parents, pour les proches parents, pour les orphelins, pour les miséreux et pour les voyageurs. Sa parole ce que vous dépensez comme biens est une réponse à ce qu’ils dépensent. Tout ce qu’ils dépensent est un bien. Il a poursuivi l’indication en montrant ce qui est plus important. Il y a deux questions : quels biens dépenser et à quel poste affecter cette dépense ? La dépense n’est récompensée que si elle est affectée au bon poste. Ici il est question des dépenses qui sont en plus des dépenses obligatoires. Il a cité les parents, les proches parents, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Il ne s’agit pas ici de la charge obligatoire mais du surérogatoire.
Et tout ce que vous faites comme bien, Dieu le sait. Il le récompensera. Faites le bien sans compter parce que tout ce que vous ferez comme bien, vous en serez récompensés.
Verset 216 : il vous a été prescrit le combat : c’est-à-dire le combat contre les incrédules et c’est quelque chose qui est difficile pour vous. C’est quelque chose vers laquelle l’âme ne penche pas. Le mot « kurhun » est un substantif à l’origine mais il est valable qu’il soit utilisé dans le sens de ismu mafʿūl (le nom de celui qui subit l’action) makrūh c’est-à-dire ce qui est détestable. Ici le sens de « détester » est « trouver difficile ». Même si c’est difficile, c’est quelque chose d’utile car c’est pour sauver les gens de la mécréance. Et la mécréance est la cause du séjour éternel en enfer. Ce combat est une miséricorde en leur faveur, c’est un bienfait car s’ils meurent sur leur mécréance, ils iront en enfer pour l’éternité. C’est pour cela que les musulmans diffusent l’Islam, par miséricorde, pour ne pas que les gens restent sur la mécréance. Si, véritablement, chacun pouvait croire ce qu’il voulait, alors Dieu n’aurait pas envoyé les prophètes. Si Dieu a envoyé les prophètes c’est bien pour que les gens les suivent. Les prophètes ont enduré beaucoup de difficultés, certains ont même été tués par des mécréants, certains ont subi des coups et des nuisances. Dieu a ordonné aux prophètes d’appeler les gens à l’islam. Ceux qui remettent l’appel à l’Islam en cause, c’est comme s’ils ont considéré que les prophètes n’ont pas de compréhension, c’est comme s’ils ont dit que les prophètes faisaient des choses inutiles. Notre maître Jésus, après qu’il a eu des gens qui l’ont suivi puis qu’il a pris une position de force, certains de ceux qui l’ont suivi ont propagé l’Islam contre les mécréants. Et Dieu dit dans le verset 146 de sūratu Āli ʿImrān combien les prophètes ont fourni des efforts pour amener les gens à entrer en Islam. Il n’y avait pas de voitures. Ils montaient sur des chameaux, sur des chevaux, sous la chaleur du soleil, dans le froid de l’hiver, pour aller propager l’Islam. Si Dieu ne leur avait pas ordonné de faire cela, ils seraient restés dans leurs pays. Certains compagnons sont partis au Maghreb pour propager l’Islam.
Et il se peut que vous trouviez une chose difficile alors qu’en réalité c’est un bien pour vous. Vous trouvez la chose difficile mais il y a en cela un des deux biens : soit vous avez la victoire et vous gagnez le butin, soit vous êtes martyrs et vous gagnez le paradis.
Et il se peut que vous penchiez vers une chose et peut-être que c’est un mal pour vous : peut-être que vous préférez ne pas avoir à propager l’Islam, mais ce serait un mal pour vous, parce que ça vous ramènera l’humiliation, la pauvreté, la privation du butin et de la récompense.
Et Dieu sait ce qui est un bien pour vous et vous, vous ne savez pas. Dieu est notre Créateur, Il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous.
La moralité est : empressez-vous d’accomplir ce que Dieu a ordonné de faire, même si vous le trouvez difficile. Dieu vous a ordonné de jeûner ramaḍān, faites-le même si vous le trouvez difficile ; Dieu vous a ordonné de faire cinq prières, faites-les, même si vous trouvez cela difficile. Empressez-vous car il y a un bien en cela. Et le verset suivant a été révélé à propos d’un bataillon que le Messager d’Allāh ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait envoyé pour combattre les associateurs alors que le mois de raǧab avait commencé. Et c’est un mois ḥurum dans lequel les Arabes ne combattaient pas. Alors les gens de qurayš ont dit : « ah ! Muḥammad s’est permis de combattre durant ce mois ḥurum où, habituellement, les gens n’ont rien à craindre.
Verset 217 : ils t’interrogent à propos du mois ḥarām : c’est-à-dire que les mécréants t’interrogent du jugement de combattre durant ce mois-là.
Dis que le combat dans ce mois-là est un grave péché. Certains savants ont dit que ce verset a été abrogé. Le jugement de l’interdiction de combattre durant les mois ḥurum a été annulé, il n’est plus interdit de combattre durant ces mois.
Le fait d’empêcher d’obéir à Dieu : c’est-à-dire d’accomplir la ʿumrah. Les associateurs avaient empêché le Messager de Dieu et ses compagnons de venir faire la ʿumrah. C’était l’année de al-ḥudaybiyah, appelée ainsi parce qu’il y a eu un pacte suite à cet évènement-là, entre le Prophète et les gens de qurayš pour qu’il n’y ait plus de guerres pendant un certain temps. Parce que le Prophète n’était pas venu pour faire la guerre mais pour faire la ʿumrah. Les associateurs l’en ont empêché parce que La Mecque n’était pas encore conquise à cette époque. Puis ils ont fait un pacte pendant une certaine période, suite auquel certains évènements très importants se sont produits. Et ce pacte est un armistice qui a eu lieu à al-ḥudaybiyah.
Et une mécréance en Dieu.
Et le fait d’empêcher d’aller à la mosquée al-ḥarām : ils ont empêché le Prophète d’arriver à la mosquée de La Mecque pour faire la ʿumrah.
Et le fait d’avoir amené ses habitants (de la mosquée al-ḥarām) à la quitter : et il s’agit du Messager de Dieu et de ses compagnons qui ont été amenés à émigrer vers Médine
Ces quatre points-là sont plus graves que le combat de cette brigade dans un mois ḥarām. Ce que lesassociateurs de qurayš ont fait là est plus grave que le fait que cette brigade ait combattu durant un des mois ḥurum, parce que cette brigade ne savait pas que le mois de raǧab avait commencé. Alors que les autres ont agi délibérément, donc leur péché est plus grave que ce qu’a fait cette brigade par erreur.
Et la fitnah est plus grave que tuer quelqu’un c’est-à-dire que le fait de commettre la mécréance est plus grave que de tuer quelqu’un : c’est-à-dire le fait d’avoir amené le Prophète à quitter La Mecque, parce que les associateurs voulaient le tuer. Et vouloir tuer un prophète est une mécréance. Donc amener le Prophète à quitter La Mecque et vouloir le tuer est plus grave que combattre dans un mois ḥurum. Ou encore la fitnah qui signifie la mécréance ou le fait d’attribuer des associés à Dieu, est plus grave que de combattre durant un mois ḥarām. Ou bien le fait que les mécréants aient supplicié les musulmans comme Bilāl, Sumayyā la mère de ʿAmr, Yasīr, son père, cela est plus grave que de combattre durant un mois Haraam. Remarque importante : certains ignorants ont mal compris ce verset et ont dit que semer la zizanie est plus grave que tuer quelqu’un. Et croire cela est de la mécréance. Alors que tuer quelqu’un est le plus grave des péchés après la mécréance.
Et ils ne cessent de vous combattre jusqu’à vous amener à quitter votre religion. C’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils vous entrainent vers la mécréance. C’est une information de la persistance de l’animosité des mécréants envers les musulmans, qu’ils ne cesseront pas de combattre les musulmans dans l’objectif que ceux-ci quittent leur religion.
S’ils le pouvaient. C’est pour dire qu’ils ne le pourront pas. C’est comme si on dit à son ennemi : si tu arrives à m’attraper, alors tu m’exécuteras. Et l’autre est certain que son ennemi ne pourra pas l’attraper.
Et ceux d’entre vous qui apostasient leur (propre) religion : c’est-à-dire ceux d’entre vous qui abandonnent leur religion pour rejoindre la religion des mécréants
Et qui meurent en étant mécréants, ces gens-là perdront toutes leurs œuvres, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est-à-dire qu’ils vont rater à cause de leur apostasie, ce que les musulmans auront dans le bas-monde, comme les fruits de l’Islam et dans l’au-delà, comme récompenses et bonnes demeures.
Et ceux-là seront les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement. C’est l’avis de l’imam Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, qui a dit que si quelqu’un a apostasié mais qu’il revient à l’Islam avant de mourir : les œuvres qu’il avait faite avant son apostasie, il n’a pas à les refaire. Car ses actes, alors qu’il était musulman, étaient valides. Mais, par son apostasie, il aura perdu toutes les récompenses de ces actes-là. En d’autres termes, celui qui a apostasié et qui est mort apostat, il est mort sur la mécréance, il aura perdu ses bonnes actions et il ne lui sera inscrit aucune bonne action après son apostasie. C’est ce qu’indique le verset 5 de sūratu l-māʾidah qui signifie : celui qui a mécru après avoir été croyant, ses œuvres vont s’effondrer (il perdra toutes les récompenses) et dans l’au-delà, il sera au nombre des perdants.
Verset 218 : certes ceux qui ont été croyants et ceux qui ont émigré : ils ont laissé leur famille, ils ont laissé leur vie à La Mecque.
Et qui ont fourni des efforts dans la voie que Dieu agrée, ceux-là espèrent la miséricorde de Dieu. Il a été dit que celui qui espère, il cherche et celui qui craint, il fuit. Celui qui espère la récompense, il cherche en accomplissant les obligations et celui qui craint le châtiment, il fuit les péchés.
Et Allāh est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 219 : préambule : il a été révélé à propos de l’alcool quatre versets. Certains ont été révélés à La Mecque :
1 – Parmi eux il y a la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl / 67 qui signifie : « et des fruits des palmiers et des vignes, vous prenez des boissons fermentées ». Les musulmans buvaient l’alcool et c’était licite pour eux. Puis notre maitre ʿUmar et d’autres compagnons sont partis voir le Prophète et lui ont dit ; « ô Messager de Dieu, donne-nous le jugement clair à propos de l’alcool, parce que l’alcool fait perdre la raison et fait perdre l’argent ».
2 – Un deuxième verset dans sūratu n-nisāʾ / verset 43 a été révélé qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, ne faites pas la prière lorsque vous êtes ivres pour que vous sachiez ce que vous êtes en train de dire ». C’est alors que le nombre de ceux qui en buvaient a encore diminué. Puis il est arrivé qu’un autre compagnon ʿUtbān fils de Mālik a invité des gens. Quand ils ont bu de l’alcool, ils sont devenus ivres au point qu’ils se sont disputés, ils se sont battus. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair ». Par ailleurs, certains se sont lamentés au sujet des morts lors de la bataille de Badr. Et les lamentations ne sont pas permises. C’est alors qu’il y a eu la révélation du troisième verset sur le sujet.
3 – Il y a eu un troisième verset dans sūratu l-baqarah /verset 219 qui a été révélé qui signifie : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent ». Quand ce verset a été révélé, certains ont continué à en boire et d’autres ont arrêté d’en boire. Puis il est arrivé que ʿAbdur-Raḥmān ibnu ʿAwf qui fait partie des dix à qui le Prophète a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront au paradis, a invité des gens chez lui. Ils ont bu de l’alcool, sont devenus ivres. Certains ont dirigé d’autres dans la prière. Il a récité la sourate « qul yā ayyuha l-kāfirūn » mais il a changé le sens et a dit : « j’adore ce que vous adorez » parce qu’il était ivre. Alors ʿUmar a dit : « ô Allāh, indique-nous à propos de l’alcool un jugement qui soit clair »
4 – Un quatrième verset a alors été révélé, qui signifie : « certes l’alcool, les paris d’argent, (et autres que cela) sont des suggestions du šayṭān, éloignez-vous en » et après le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie : « allez-vous en finir une fois pour toutes ». Alors ʿUmar a dit : « nous en avons fini, nous en avons fini, ô Allāh ». Il a compris que c’était un ordre pour arrêter d’en boire, une interdiction catégorique. Le reste des stocks d’alcool a coulé dans les rues.
Certains prétendent que notre maitre ʿAliyy que Dieu l’agrée, aurait dit : « si une goutte d’alcool est tombée dans un puits, et qu’on construit un minaret au-dessus, je ne vais pas monter dans ce minaret pour faire l’appel. Et si une goutte est tombée dans une rivière puis qu’elle s’est asséchée et qu’il y a eu de l’herbe qui a poussé, je ne vais pas emmener mon troupeau brouter là-bas », ceci n’est pas confirmé. Parce que si une impureté tombe dans une grande quantité d’eau, elle ne rend pas cette eau impure.
Le terme « ẖamr » en arabe est un terme générique qui désigne une boisson obtenue par fermentation, qui provient du raisin ou autre. Le ẖimār de la femme est ce qui cache et le ẖamr cache la raison. Celui qui en boit n’est plus lucide après une certaine quantité. Le verbe « ẖamara » veut dire « couvrir ».
Al-maysīr est un des noms de al-qimār et cela désigne les paris d’argent. Cela vient du mot « yasār » qui signifie la facilité parce que celui qui fait un pari d’argent prend l’argent des gens facilement. Ou ce mot signifie l’aisance parce qu’en lui prenant son argent, il n’est plus aisé, il devient dans le besoin.
A l’époque, ils avaient une méthode ; ils prenaient dix récipients. Sur chacun d’entre eux il y avait des traits et sept des récipients avaient un nom. Un qui s’appelle al-fadl, il a une seule part, le deuxième s’appelle at-tawʾām, il a deux parts. Le troisième s’appelle ar-raqīb, il a trois parts. Le quatrième s’appelle al-falṯ, il a quatre parts. Le cinquième s’appelle an-nāfis, il a cinq parts. Le sixième s’appelle al-musbīl, il a six parts et le septième s’appelle al-muʾallāʿ, il a sept parts. Et il y a trois autres récipients qui n’ont aucune part et qui s’appellent respectivement « al-manīḥ », « as-safīḥ » et « al-ward ». Quelqu’un va mélanger ces récipients puis il va introduire sa main et il dit : « ça, c’est au nom d’un tel ». Si le nom d’un tel est associé à l’un des récipients sur lequel il y a sept parts, il prendra cette part et celui qui a un récipient sur lequel il n’y a aucune part, il ne prendra rien du tout, mais il va payer le prix de tous. Leur habitude était de donner les parts aux pauvres et ils n’en consommaient rien. Et ils tiraient fierté de cela et ils blâmaient quiconque ne s’engageait pas dans ces paris.
A le même jugement que les paris d’argent, ce que font les gens avec les dés ou avec des jeux qui sont à l’origine licites, mais quand ils introduisent de l’argent, ça devient interdit. Les jeux de dés et de cartes sont interdits, même sans pari d’argent.
Ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent. Dis que leur péché est grand. Parce que ce sont des choses, aussi bien les paris d’argent que l’alcool, qui entrainent les disputes, les insultes, les paroles vulgaires.
Et il y a une utilité en eux. Pour ce qui est de l’alcool, certains en tirent profit lorsqu’ils en font le commerce (ils gagnent de l’argent), d’autres lorsqu’ils en consomment (ils trouvent du plaisir à en boire). Mais ce sont des utilités qui sont interdites. Pour ce qui est des paris d’argent, l’utilité qu’ils trouvaient c’était de donner cet argent aux pauvres et également pour obtenir de l’argent sans fatigue. Également cette utilité est interdite.
Et leur péché est plus grand que leur utilité. C’est-à-dire que le châtiment pour le péché de les avoir consommés est plus grave que leur profit. Parce que ceux qui boivent de l’alcool ou qui font des paris d’argent commettent des péchés à plusieurs titres. Al-Mawardī a dit en tome 1 page 276 à propos de ce verset 219 : « ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent » c’est-à-dire que tes compagnons, ô Muḥammad, ils t’interrogent à propos de l’alcool et des paris d’argent », c’est-à-dire quel est le jugement de boire de l’alcool et quel est le jugement de faire des paris d’argent. Et ce verset 219 était le premier verset à être révélé à ce sujet.
Al-ẖamr est tout ce qui va altérer la raison et faire perdre à la personne sa lucidité. Concernant la nuisance de l’alcool et des paris d’argent, il y a deux interprétations. La première c’est que celui qui boit de l’alcool et qui devient ivre, il nuit aux gens. Quant à celui qui fait des paris d’argent, il va commettre des injustices : il va prendre les biens des gens injustement. La deuxième, c’est que boire de l’alcool altère la raison de celui qui en boit, au point qu’il n’arrive plus à connaitre son créateur alors que Dieu ne nous a créés que pour L’adorer. Dieu dit ce qui signifie : « Je n’ai créé les ǧinn et les humains que pour leur ordonner de M’adorer ». Quant à la gravité des paris d’argent, c’est que ça détourne la personne de l’évocation de Dieu, de la prière, ça entraine l’animosité, la haine, tout comme Dieu dit ce qui signifie : « le šayṭān veut provoquer entre vous l’animosité et la haine par l’intermédiaire de al-ẖamr et des paris d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière ». Ce sont des moyens que le šayṭān utilise pour détourner la personne de l’adoration de Dieu.
Il y a deux interprétations. 1 / Ibnu ʿAbbās a dit qu’après leur interdiction, le péché de les commettre est plus grand que leur profit. 2 / Saʿīd ibnu Ǧubayr a dit que dans les deux cas, les conséquences graves qui surviennent du fait de les commettre sont plus graves que leur profit et cela, même avant leur interdiction.
Les savants ont divergé pour indiquer si l’interdiction de l’alcool provient de ce verset ou bien d’un autre verset. Certains ont dit que c’est ce verset qui a indiqué l’interdiction de l’alcool. Et d’autres savants comme Qatādah ont dit que c’est le verset dans sūratu l-māʾidah qui signifie « allez-vous en finir ». Donc Dieu a révélé l’interdiction de l’alcool de manière progressive, ceci afin que ce ne soit pas une difficulté insurmontable pour les gens, le fait d’arrêter de boire de l’alcool.
Pour ce qui est de la parole de Dieu dans sūratu n-naḥl/verset 67 : « vous en prenez un saqr et une subsistance licite », certains ont expliqué le saqr par le vinaigre. Et le vinaigre est une boisson fermentée qui est devenu acide. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « quel bon accompagnement pour le pain que le vinaigre ! ». Il a fait l’éloge du vinaigre. Et certains ont dit que ce verset a été abrogé après la révélation de l’interdiction de l’alcool.
Tout comme il est interdit de boire de l’alcool, il est interdit de le vendre, même si l’acheteur ne va pas en boire. Ceci en raison du ḥadīṯ rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim qui signifie : « Allāh et Son Messager interdisent la vente de l’alcool, du cadavre, du porc et des idoles ».
Audio 48 : verset 219 : ils t’interrogent au sujet de l’alcool et des paris d’argent.
Toute boisson qui altère la raison en entrainant une euphorie, une joie, s’appelle du ẖamr (en arabe, c’est le mot qui désigne le vin ou l’alcool en général), qu’elle provienne du raisin et le résultat est le vin ou qu’elle provienne du miel et le résultat est de l’hydromel ou qu’elle provienne du maïs ou de l’orge et le résultat est de la bière, ou qu’elle provienne de la pomme et le résultat est du cidre, ou qu’elle provienne de pomme de terre, ou autre que cela. Et cette substance ẖamr est interdite à la consommation.
Mouslim a rapporté du ḥadīṯ de fils de ^Umar ibnu l-H̱aṭṭāb que Dieu les agrée tous les deux que le prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui signifie : « tout ce qui enivre c’est du ẖamr et tout ce qui enivre est interdit ». Et dans une version : « tout ẖamr est ḥarām ».
Elle est produite au moment où des bulles apparaissent à la surface des choses citées, comme si le liquide se mettait à bouillir et le niveau s’élève. Puis le niveau du liquide s’abaisse à nouveau et c’est à ce moment-là que les buveurs d’alcool considèrent que c’est une boisson à consommer. Mais avant cette étape de fermentation où on constate comme une ébullition, le liquide est licite à la consommation. Il s’appelle « nabīḏ » en arabe et désigne ce liquide à ce moment-là et au-delà. Le terme « nabīḏ » en arabe désigne la boisson qui est licite et également la boisson qui est interdite. Lorsque ce liquide n’est pas arrivé au point où il enivre celui qui le boit, alors c’est un nabiidh qui est licite à la consommation. Pour ce qui est du jus de raisin, il a cette particularité qu’il se transforme en ẖamr (boisson alcoolisée qui est du vin ici) après cette fermentation, sans qu’on ne lui rajoute de l’eau. Pour ce qui est du miel, de l’orge, du maïs, du raisin et des dattes, ils ne deviennent du ẖamr que lorsqu’on leur rajoute de l’eau et qu’ils restent pendant un certain temps, le niveau du liquide s’élève, suite à l’ébullition qui a lieu, on entend un pétillement « našīš » en arabe et c’est à ce moment-là que cette boisson devient interdite à la consommation.
D’après An-Nasāʾiyy qui rapporte du fils de ʿUmar, ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar, qui a dit : « toute boisson qui pétille est interdite ». Le pétillement est le début de la transformation en ẖamr puis le niveau redescend et les buveurs d’alcool apprécient cette boisson. Et cette boisson reste dans cet état de longues journées. Au bout de quarante jours, dans certains pays, il devient acide et celui qui en boit ne devient pas ivre : c’est devenu du vinaigre. Et le vinaigre n’enivre pas. Le goût du vinaigre est acide alors que le goût des boissons alcoolisées est amer. Et pourtant les buveurs d’alcool les apprécient.
Par ailleurs, si le miel est mélangé avec de l’eau puis mis dans un récipient fermé, alors dans les pays chauds, au bout de cinq jours, il devient une boisson alcoolisée appelée hydromel. Mais dans les pays froids, cela prend plus de temps. Si le miel est pur et qu’il est mis dans un bocal fermé, il peut rester des années et il reste intact.
Il y a des gens qui deviennent ivres, qu’ils boivent un peu d’alcool ou beaucoup. Il y a des gens qui deviennent ivres uniquement s’ils boivent une grande quantité de boissons alcoolisées. Mais dans les deux cas, c’est interdit, tout comme cela a été indiqué dans un ḥadīṯ rapporté par Aḥmad d’après Ǧābir que Dieu l’agrée, il a dit : le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « ce qui enivre quand il est bu en grande quantité, il est interdit d’en boire en petite quantité ». Et lorsque le Prophète a été interrogé à propos de l’hydromel, il a dit ce qui signifie : « toute boisson qui enivre alors elle est interdite ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim, que Dieu les agrée.
Et il a été rapporté à propos de la menace envers celui qui boit de l’alcool, un ḥadīṯ ṣaḥīḥ (authentique) du messager d’Allaah ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui boit régulièrement de l’alcool, il est comme un idolâtre », rapporté par Al-Bazzār d’un ḥadīṯ de Al-Muǧāhid d’après ʿAbdul-Lāh fils de ʿUmar et Abu Nuʿaym. Et ibnu Ḥibbān l’a rapporté avec d’autres termes, il a dit que le Prophète a dit ce qui signifie : « le buveur régulier d’alcool est comme un adorateur d’idole ». Ce ḥadīṯ veut dire que celui qui boit de l’alcool régulièrement, son péché est grave, il est tellement grave qu’il ressemble à celui qui adore les idoles. Et il se peut qu’il soit éprouvé par une mauvaise fin, au moment de mourir, que Dieu nous en préserve. Certaines personnes sont attaquées par le šayṭān, juste avant de mourir et il leur donne de mauvaises idées. Et cette personne devient mécréante alors que ceux qui sont autour ne s’en rendent pas compte. Et le Messager alla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam nous a enseigné de dire dans nos invocations : « Allāhumma ʾinnī ʾaʿūḏu bika min an yataẖabbaṭaniyah š-šyṭānu ʿinda l-mawt » ce qui signifie : « ô Allāh je Te demande de me préserver de l’attaque du šayṭān au moment de la mort ».
Certains, au moment de mourir, ils ne peuvent plus parler, leurs langues s’immobilisent, et ils sont extrêmement assoiffés. Le šayṭān vient à cette personne avec un verre d’eau et il lui dit : « deviens mécréant, je te donne à boire ». Celui à qui Allāh raffermit le cœur, il patiente et il ne prête pas attention à cela.
Par ailleurs, boire de l’alcool fait partie des plus grands des grands péchés mais ça reste moins grave que la fornication. Le plus grave des péchés est la mécréance, c’est le péché que Dieu ne pardonne pas. Puis vient le fait de tuer un musulman injustement. Puis c’est commettre la fornication. Puis le fait de délaisser la prière puis le fait de consommer le gain usuraire puis boire de l’alcool.
Concernant le fait de considérer l’alcool impur ou pas, c’est l’avis de la plupart des imams, entre autres les quatre imams, Mālik, Aḥmad ibnu Ḥanbal, abū Ḥanīfah et Aš-Šāfiʿiyy. Mais si l’alcool touche un vêtement ou un corps, c’est un devoir de le nettoyer pour que la prière soit valable. Il y a un imam muǧtahid dans la science qui est appelé Rabīʿatu r-Rāʿī fils de ʿAbdur-Raḥmān, (il était le šayẖ de l’imam Mālik), il a dit que l’alcool n’était pas impur. Mais cela ne veut pas dire que c’est permis de le consommer. Mais cela veut dire qu’il n’a pas le jugement du sang par exemple. Ils ont tous été unanimes à dire qu’il est interdit de le boire, de le vendre, de l’acheter. La divergence est : est-ce que c’est une impureté ou pas ? Il n’a pas été cité dans le Qur’ān ni dans le ḥadīṯ de texte qui indique que l’alcool était impur selon la Loi de l’Islam. Mais il y a eu un texte explicite qui indique l’interdiction de le boire, de le vendre, de l’acheter. Celui qui dit que ce n’est pas interdit de boire de l’alcool ou que ce n’est pas interdit d’en vendre ou d’en acheter pour celui qui veut en boire, alors il devient mécréant, parce qu’il aura nié l’interdiction de consommer quelque chose qui est interdit selon l’unanimité.
Quant à ce qu’ont rapporté Muslim et Abū Dāwūd et d’autres qu’eux, du ḥadīṯ de Wāʾil Al-H̱aḍramiyy que Ṭāriq fils de Suhayl a interrogé le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām à propos de la fabrication des boissons alcoolisées en tant que médicament. Le Prophète a répondu que ce n’est pas un médicament mais c’est une maladie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de guérison d’une quelconque maladie grâce aux boissons fermentées, mais cela veut dire que ce n’est pas un bon remède, ce n’est pas un bon moyen pour se soigner. Parce qu’il y a beaucoup de nuisances dans l’alcool. Tellement l’alcool est nuisible, c’est comme s’il n’y a pas de guérison grâce à l’alcool. Ce qu’a visé le Prophète ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām, ce n’est pas que l’alcool ne constitue en aucune manière un remède parce que le fait qu’il y a une guérison par l’alcool de certaines maladies, c’est quelque chose d’observable.
L’explication de ce ḥadīṯ selon le sens apparent est une grande erreur. Les anciens médecins et les médecins actuels sont tous d’accord pour dire que l’alcool peut être utile pour soigner certaines maladies. C’est une forme de sens figuré en arabe qui s’appelle un sens figuré par omission ; il y a un mot qui est omis. Le mot omis est le qualificatif du remède. Dans la phrase « ce n’est pas un remède », le mot omis est « bon » avant remède : ce n’est pas un bon remède. Ce qui prouve que l’alcool peut être un bon remède est justement la parole de Dieu dans le verset 219 qui signifie :
Dis : il y a en eux (l’alcool et les paris d’argent) beaucoup de mal et aussi un profit pour les gens. Mais le bénéfice -risque est plutôt en faveur du risque, plus nuisible que profitable. Et ceux qui ont nié qu’il y ait un profit dans l’alcool, ils ont dit qu’avant, il y avait un bénéfice dans l’alcool mais que maintenant, il a été enlevé.
Par ailleurs, l’interdiction des boissons alcoolisées n’a été révélée qu’après l’émigration du Prophète ʿalayhi s-salām. Avant l’émigration, les gens buvaient de l’alcool pour se réchauffer. Certains en buvaient et cela leur donnait une vigueur mais ils n’arrivaient pas au point d’être saouls. Puis quand l’interdiction a été révélée, ils ont été privés des bénéfices qu’il y avait dans l’alcool.
Pour ce qui est de se soigner par l’alcool, la majorité des savants ont penché pour l’avis qui dit que c’est interdit. Et c’est l’avis apparent de ce qui est rapporté dans l’école hanafite et c’est ce qui est retenu chez eux. C’est ce qu’ont dit les malikites également et c’est l’avis qui est correct chez les chaféites et les hanbalites. Mais certains savants ont dit qu’il était permis de se soigner par l’alcool sous trois conditions : 1/ qu’il n’y ait pas d’autre remède possible que l’alcool. 2/ que ce soit en quantité minime, de sorte à ce que cela n’enivre pas. 3/ que ce soit prescrit par un médecin musulman digne de confiance.
Quant au ḥadīṯ du Prophète qui signifie : « celui qui boit de l’alcool, il n’en boit pas tant qu’il est croyant », cela ne veut pas dire que du simple fait qu’il a bu de l’alcool, il est sorti de l’Islam. Cela veut dire que sa foi n’est pas complète.
Al-Bayhaqiyy a rapporté qu’il a été dit à un arabe ancien : pourquoi ne bois-tu pas de l’alcool ? Il a répondu : « je ne suis pas satisfait de ma raison alors qu’elle est complète. Comment veux-tu que j’introduise dans mon corps quelque chose qui va me l’altérer ? »
Al-Ḥasan a dit : je vois que les gens font attention à leurs femmes (ils n‘acceptent pas qu’un homme la regarde avec désir) excepté les buveurs d’alcool. Quand tu vas les voir, ils te font bon accueil et quand tu es absent, ils parlent de toi en mal.
C’est pour cela : enseignez à vos enfants chaque jour au moins une question de religion parmi les sujets importants et répétez-les. Ne donnez pas un grand nombre d’informations d’un seul coup, pour que l’information reste gravée dans leurs cœurs. Enseignez à vos enfants que Dieu a dit à propos de l’alcool et des paris d’argent que c’est quelque chose de mauvais et que ce sont des suggestions du šayṭān, ce sont des choses que le šayṭān incite les gens et les encourage à faire parce que ce sont des choses qui provoquent des zizanies, des discordes, des nuisances entre les gens, l’animosité et la haine parmi les musulmans. Enseignez-leur que le pari d’argent est ḥarām. Si vous n’enseignez pas à vos enfants, qui va leur enseigner ? Dites-leur que le fait de jouer aux jeux de cartes, au Monopoly, aux dominos, tout ce qui utilise des dés, cela est ḥarām, parmi les petits péchés. Et si l’argent intervient, cela devient un grand péché. Que la personne sache que cet argent ne rentre pas dans sa propriété, il ne lui est pas licite. Même chose en ce qui concerne le loto ou les tombolas ou chacun met de l’argent et si c’est le numéro d’un tel qui est tiré, il gagne ; sinon, il aura perdu son argent. Même chose concernant les courses de chevaux ou autres animaux, le fait de faire des paris est interdit. Même chose concernant les combats de coq ou de chiens ou autres : le fait de miser de l’argent sur celui-là est un péché. Même chose si deux hommes combattent l’un contre l’autre et que d’autres misent sur l’un ou l’autre. Même chose quand deux font une course et que d’autres misent de l’argent. Idem avec ceux qui parient sur des équipes. En arabe, cela s’appelle al-qimār. Beaucoup de gens ont perdu tous leurs biens à cause de cela, leurs maisons, leur vie, leurs familles, que Dieu nous préserve de cela.
Ils t’interrogent : qu’est-ce qu’ils dépensent. Dis : ce qui est en plus. C’est-à-dire : donnez en aumône ce qui est en plus de votre besoin. Au début de l’islam, il était une obligation de donner en aumône ce qui était en plus de tes besoins. Si l’homme était un propriétaire terrien, il possédait des champs de blé par exemple, il gardait pour lui et sa famille de quoi vivre une année et il donnait en aumône tout ce qui était en plus. Et si c’était un artisan, il gardait la subsistance d’une journée, et ce qui était en plus, il le donnait en aumône. Cette obligation-là a été abrogée par le verset de az-zakāt qui dit que celui qui possède un bien une année, il va payer le quart du dixième (2.5%).
C’est ainsi que Dieu vous indique les signes, puissiez-vous méditer. Puissiez-vous réfléchir.
Verset 220 : à propos du bas-monde et à propos de l’au-delà. C’est-à-dire au sujet de cette vie d’ici-bas et au sujet de l’au-delà. C’est-à-dire afin que vous puissiez réfléchir à ce qui se rapporte aux deux résidences, afin que vous œuvriez en fonction de ce qui est le mieux pour vous. Autre explication : afin que vous choisissiez celle des deux qui dure plus longuement, celle des deux qui est le plus bénéfique pour vous. Sans aucun doute, c‘est celle de l’au-delà qui est éternelle.
Il a été révélé un verset qui est une grande menace de châtiment pour ceux qui prennent les biens des orphelins injustement. Alors les gens se sont mis en retrait des orphelins, ils avaient peur de tomber dans la consommation du bien de l’orphelin injustement. Ils n’ont plus voulu côtoyer les orphelins, ils n’ont plus voulu gérer leurs biens. Et cela a été cité au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est ainsi qu’a été révélée la suite de ce verset qui signifie : « ils t’interrogent à propos des orphelins. Dis : les côtoyer pour bien les gérer, bien gérer leurs biens, cela vaut mieux que de les tenir à l’écart. Et si vous les côtoyez (c’est-à-dire si vous vivez avec eux) alors en définitive, ce sont vos frères (de religion) et parmi les droits qu’un frère a sur son frère, c’est qu’il le côtoie, il ne le laisse pas à l’écart.
Et Allāh sait qui sont les corrupteurs, c’est-à-dire ceux qui vont corrompre les biens des orphelins. Dieu sait qui gère mal et qui prend les biens de l’orphelin, et qui gère au mieux les biens de l’orphelin pour ce qui est de son intérêt et Dieu rétribue tout un chacun en fonction de ce qu’il fait. Soyez en garde contre ceux qui gèrent mal les biens des orphelins.
Et si Dieu voulait que vous soyez épuisés, Il vous aurait épuisés. C’est-à-dire qu’Il vous aurait amenés à être éprouvés et Il ne vous aurait pas permis de gérer leurs biens.
Certes Allāh est sur toute chose tout puissant.
Allāh ne charge l’esclave que ce dont il est capable. Par sa miséricorde, Dieu charge les esclaves de ce dont ils sont capables.
Et lorsqu’un compagnon qui s’appelle Mirsād a demandé au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’il pouvait épouser une femme qui s’appelait ʿAnāq qui était une associatrice, les versets suivants ont été révélés.
Verset 221 : et n’épousez pas les femmes associatrices jusqu’à ce qu’elles deviennent croyantes. Dans ce verset celles qui sont visées sont les femmes idolâtres. Ce ne sont pas les femmes des yahūd ni celles des nasārā. Les associatrices que Dieu a interdit aux musulmans d’épouser, dans sūratu l-baqarah sont celles qui sont des idolâtres, comme celles qui adorent les vaches, le soleil. Alors que les femmes des yahūd et nasārā, même si elles attribuent des associés à Dieu, elles sont appelées des femmes des gens du Livre. Dans sūratu l-māʾidah/ verset 5, Dieu a autorisé aux musulmans d’épouser les femmes qui font partie des gens du Livre des yahūd et des nasārā. Avant qu’ils ne deviennent mécréants, ces gens du Livre étaient sur la religion de Jésus qui était un prophète musulman. Ils considéraient que Jésus était un prophète tout comme nous, nous considérons que Muḥammad est un esclave et un messager de Dieu. Eux, également, ils avaient pour croyance que Jésus était un esclave de Dieu, qu’il avait été créé par Dieu, qu’il appartenait à Dieu tout comme nous croyons que Muḥammad est un esclave de Dieu et un messager de Dieu. Ils avaient pour croyance que Jésus était un envoyé de Dieu. Dieu l’a envoyé pour appeler les gens à adorer Dieu, comme c’est le cas pour Muḥammad. Ceux-là qui suivaient Jésus, ils étaient musulmans. Les yahūd et les nasārā, avant qu’ils n’aient falsifié, qu’ils n’aient altéré la loi de Moise et celle de Jésus, ils étaient sur l’islam. Les yahūd disaient « il n’est de dieu que Dieu et Mūsā est le messager de Dieu » et les nasārā disaient « il n’est de dieu que Dieu et Jésus est le messager de Dieu ». L’évangile authentique est un livre qui a été révélé à Jésus tout comme le Qur’ān. Sauf que l’évangile était en araméen et la langue du Qur’ān est l’arabe. Ce sont deux livres révélés par Dieu aux prophètes. Et la torah est comme le Qur’ān sauf que la torah d’origine était en hébreu. Il y a des choses qui sont mentionnées dans la torah et qui ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān, ni dans l’évangile. Il y a des choses qui sont citées dans l’évangile et qui ne sont citées ni dans la torah ni dans le Qur’ān. Et il y a des choses dans le Qur’ān qui ne sont citées ni dans l’évangile ni dans la torah. Mais l’un a été révélé par Dieu, le deuxième a été révélé par Dieu, et le troisième a été révélé par Dieu. Tous les trois ont été descendus par révélation de la part de Dieu.
A l’époque où ils étaient attachés à la torah authentique d’origine, à l’époque où ils étaient attachés à l’évangile authentique d’origine, ils étaient musulmans. Et ils avaient pour croyance que Muḥammad allait arriver, qu’il allait être envoyé et qu’il serait le dernier des prophètes. Et ils avaient pour croyance que, lorsque Muḥammad allait arriver, ils devraient le suivre. Voilà ce qui était mentionné dans l’évangile authentique et dans la torah authentique.
Et une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu. Cela signifie que la femme croyante est meilleure que la femme mécréante, même si celle-ci dépasse cette croyante par l’argent ou par la beauté. Et l’esclave croyante est meilleure que l’esclave mécréante. Ne penchez pas vers cette mécréante au détriment de la croyante.
Lorsque l’imam Mālik que Dieu l’agrée, a été interrogé à propos du fait d’épouser les moutazilites (qui prétendent que l’esclave est le créateur de ses actes, alors que Dieu est le seul créateur de toute chose), il a dit : « une femme esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous a plu et un homme esclave croyant vaut mieux qu’un associateur, même s’il vous a plu ». Les moutazilites sont des associateurs.
Et ne donnez pas vos filles musulmanes à des associateurs. Az-Zaǧǧāǧ a expliqué cela en disant : ne donnez pas en mariage une musulmane à un non musulman.
Jusqu’à ce qu’ils deviennent croyants. Et un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, même si l’associateur vous a plu. C’est-à-dire que le croyant a un mérite tandis que le non croyant n’a pas de mérite selon le jugement de Dieu. En effet le non croyant est ingrat : Dieu lui a donné l’existence, Il lui a donné tous les bienfaits qu’il a et, soit il renie l’existence de Dieu, soit il L’insulte en Lui attribuant des choses dont Il est exempt. Dans la langue arabe, on dit que le miel est plus sucré que le vinaigre, alors que le vinaigre n’est pas sucré du tout. Car quand il a dit qu’un esclave croyant est meilleur qu’un associateur, en réalité, il n’y a pas de bien dans un associateur. Cela ne veut pas dire que celui-là a un bien et cet autre a un bien et que le bien du musulman dépasse le bien du mécréant. Le musulman a un bien et le mécréant n’a aucun bien en lui.
Elles ne sont pas licites pour eux : les femmes musulmanes ne sont pas licites pour les associateurs et les associateurs ne sont pas licites pour elles. Ce verset est catégorique sur le fait que le mariage d’une musulmane avec un mécréant n’est pas autorisé.
Ceux-là : cela fait référence aux associateurs et aux associatrices
Appellent à l’enfer. C’est-à-dire qu’ils appellent à la mécréance qui est l’œuvre des gens de l’enfer. Cela veut dire qu’ils ne méritent pas qu’on fasse des alliances de mariage avec eux.
Et Dieu vous incite au paradis et au pardon. Les croyants appellent au paradis et au pardon et à ce qui fait gagner le paradis et ce qui fait gagner le pardon de Dieu. Ce sont eux qu’il faut prendre pour alliés pour les mariages.
Par la facilitation de la part de Dieu. Par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde.
Allāh indique les signes pour les gens. Dans l’explication de al-baḥru l-Muḥīt , c’est-à-dire que Dieu manifeste et dévoile les signes de sorte que les gens n’aient plus de confusion. C’est-à-dire que cette explication est claire, elle n’est pas spécifique à certaines personnes et pas à d’autres. Allāh manifeste Ses versets pour tout un chacun. La finalité est que, par la manifestation de ces signes, il y ait un rappel et une exhortation. Parce que, dès lors que le signe est visible, il y a un rappel par cela. Dès lors qu’il y a un rappel, il y a une facilité pour l’obéissance et de suivre ce qu’a indiqué ce rappel. L’obéissance est le fait d’exécuter l’ordre et de s’abstenir de l’interdit.
Puissent-ils être exhortés.
L’auteur dit : les Arabes ne mangeaient pas avec la femme qui a les menstrues, ni ne buvaient avec elle ni ne vivaient avec elle sous le même toit. Exactement comme les yahouud et les mazdéens. Alors un compagnon qui s’appelle Abū Dardāḥ a demandé au Messager comment faire avec leurs femmes quand elles avaient leurs menstrues. C’est alors que fut révélé le verset 222.
Verset 222 : ils t’interrogent à propos des menstrues. Les menstrues est le sang qui sort de l’utérus de la femme alors qu’elle est en bonne santé et sans que ce soit suite à un accouchement. Le minimum des menstrues est de 24 heures, le maximum est de quinze jours et la moyenne est de six à sept jours dans l’école de l’imam Aš-Šāfiʿiyy. Il est possible qu’une fille ait les menstrues à partir de l’âge de neuf ans lunaires. Et la durée maximale chez les hanafites est de dix jours.
Dis : c’est quelque chose qui est répugnant et qui nuit à celui qui s’en approche. Alors n’approchez pas les femmes quand elles ont les menstrues : c’est-à-dire n’ayez pas de rapports sexuels avec elles. Il a été dit que les chrétiens avaient des rapports avec la femme qui a les menstrues alors que les juifs évitaient les femmes qui ont les menstrues en toute chose. Dieu a donné l’ordre de la position qui est intermédiaire entre les deux. Selon Abū Ḥanīfah et Abū Yūsuf, que Dieu leur fasse miséricorde, l’homme doit éviter d’avoir un contact peau contre peau lorsque la femme a les menstrues pour la zone qui est sous le pagne. Mais Muḥammad ibnu l-Ḥasan, le troisième de l’école hanafite a dit que seul le rapport sexuel est interdit. C’est une divergence au sein de l’école hanafite. ʿĀʾišah que Dieu l’agrée a dit que l’homme doit éviter l’emplacement d’où sort le sang uniquement.
Et ne vous approchez pas : c’est-à-dire n’ayez pas de rapport sexuel avec elles tant qu’elles ont les menstrues
Jusqu’à ce qu’elles fassent le ghousl : jusqu’à ce que l’écoulement du sang soit terminé puis qu’elles aient fait le ghousl. Certains hanafites ont dit : jusqu’à ce qu’elle n’ait plus d’écoulement de menstrues même si elle n’a pas encore fait son ghousl. Certains savants ont dit que le rapport était permis à partir du moment où l’écoulement de sang s’est arrêté, sans différence si elle a dépassé le minimum des menstrues ou pas. Et il y a d’autres savants qui ont dit qu’il était interdit d’avoir un rapport avant qu’elle ne fasse le ghousl. Et c’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy. Et Abū Ḥanīfah a autorisé le rapport même si elle n’a pas encore fait le ġusl si le sang s’est arrêté après avoir atteint la durée maximale et il a interdit d’avoir un rapport si le sang s’est arrêté avant qu’il n’atteigne la durée maximale, tout en considérant qu’elle devait faire le ġusl et en jugeant qu’elle est pure. Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde a dit que l’homme ne peut avoir un rapport avec sa femme qu’après qu’elle se soit purifiée. Et sa preuve est le verset qui signifie : « si elle se purifie, alors vous pouvez avoir un rapport avec elle ».
De là où Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire par le vagin, ne pratiquez pas la sodomie.
Certes Allāh agrée le repentir. C’est-à-dire ceux qui font le repentir suite aux péchés qu’ils ont commis ou qui font le repentir à Dieu.
Il agrée ceux qui se purifient avec de l’eau ; ou autre explication : ceux qui ne font pas la sodomie. Ou autre explication : ceux qui ne font pas de rapports alors que la femme a les menstrues ou encore ceux qui se purifient de toutes les choses viles et vilaines.
Verset 223 : An-Nasafiyy a dit : les yahūd disait, lorsqu’un homme avait un rapport avec son épouse, alors qu’elle était accroupie, que l’enfant loucherait. C’est alors qu’a été révélé le verset 223 de sūratu l-baqarah : vos épouses sont comme un champ de semence pour vous. C’est un sens figuré, c’est une métaphore, c’est-à-dire que les épouses ont été comparées à un champ de semence, en raison de ce qui est semé dans leurs utérus comme liquide séminal de l’homme, à partir duquel il y aura une descendance, comme si ce liquide était des graines qui étaient semées et comme si l’enfant qui était engendré de cette semence était une plante qui allait pousser. Donc cette première partie de ce verset est une explication de ce qui va venir juste après, c’est-à-dire : ayez un rapport avec vos épouses, tout comme Dieu vous l’a autorisé. C’est-à-dire que l’emplacement pour ce rapport est l’emplacement qui permet d’avoir cette semence et non pas l’emplacement d’où sortent les restes, pour rappeler et avertir que l’objectif initial de ce rapport est d’obtenir la descendance et non pas de satisfaire le désir. Donc n’ayez de rapport avec vos épouses que de l’endroit qui permet d’atteindre cet objectif.
Allez à votre terrain de semence quand vous voulez : c’est-à-dire que vous pouvez avoir un rapport avec elles quand vous voulez. Ou bien, deuxième explication : ayez un rapport avec vos épouses comme vous voulez : qu’elles soient accroupies, ou allongées sur le dos, ou sur le côté, du moment que l’emplacement à partir duquel vous allez pour terrain de semence est le même. Et c’est une métaphore : tout comme vous allez à votre champ que vous voulez labourer pour le semer, vous pouvez aller dans votre champ dans n’importe quelle direction. Aucune direction ne vous est interdite. An-Nasafiyy ouvre une parenthèse : il a cité des allusions assez subtiles, ce sont des signes qui sont appréciés. Il convient pour tout musulman de prendre pour habitude cette manière de parler de ces sujets, quand il s’agit de conversations ou d’écritures, d’une manière qui soit subtile et non pas crue et vulgaire.
Et anticipez pour vous-mêmes : priorisez pour vous-mêmes. Il y a plusieurs explications.
1/ Accomplissez les bonnes œuvres qu’il faut que vous accomplissiez. C’est le contraire de ce qui vous a été interdit.
2/ Recherchez l’enfant.
3/ Evoquez Dieu avant de commencer le rapport.
Et craignez Dieu. C’est-à-dire ne commettez pas les choses qui vous ont été interdites.
Et sachez que vous allez venir à Son jugement. C’est-à-dire votre devenir est d’être jugés par Dieu au Jour du jugement, alors préparez-vous pour cela.
Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. C’est-à-dire toi Muḥammad, annonce-leur qu’ils auront la récompense.
Il y a eu au début du verset 222 : wa yasʾalūnaka : et eux, ils t’interrogent, et les trois phrases suivantes n’ont pas été liées par une conjonction de coordination. An-Nasafī a dit que les trois questions qu’ils avaient posées, c’est comme si elles avaient eu lieu dans des moments différents. Elles n’ont pas été posées à la suite les unes des autres. Et il y a eu trois autres questions, qui, elles, ont été liées par la conjonction de coordination et il s’agit de trois questions, qui, elles, ont été posées en même temps.
Verset 224 : wa lātaǧʿalu l-Lāhaʿurḍah li’aymānikum : il arrivait que certains juraient par Dieu, alors qu’ils étaient en colère, qu’ils n’allaient plus faire une certaine sorte de bien. Comme si quelqu’un dit : je jure par Dieu que je n’irai plus rendre visite à mon cousin, ou qu’il ne va pas faire ce qu’il peut pour réconcilier deux personnes. Puis il dit : je vais tenir ma parole car j’ai juré par le nom de Dieu. Et ainsi, il se prive d’un bien sous prétexte de tenir sa parole parce qu’il a juré par Dieu. Ne faites pas en sorte que le nom de Dieu par lequel vous avez juré, vous empêche de faire telle sorte de bien. Ne faites pas en sorte que, du fait que vous avez juré, vous ne fassiez pas un bien. Celui qui a juré ne va pas se priver de cette chose de bien, mais il va la faire. Mais comme il a juré, il doit faire une expiation du fait qu’il n’a pas respecté ce qu’il avait juré de ne pas faire. Tout comme dans le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām, qui signifie : « celui qui jure sur quelque chose puis il constate qu’il y a mieux que ce qu’il a juré de faire, alors qu’il expie cette chose qu’il a jurée de faire ». Celui qui a juré de ne pas faire une chose puis qui la fait quand même, il ne commet pas de péché de la faire quand même. Mais il doit expier le fait qu’il a juré. Il a le choix entre trois choses : soit il affranchit un esclave, soit il donne à manger à dix pauvres, soit il donne de quoi se vêtir à dix pauvres. S’il ne peut aucune des trois choses, alors il jeûne trois jours.
Ne faites pas en sorte que le fait de jurer vous empêche d’accomplir le bien, vous empêche de faire preuve de piété, vous empêche de réconcilier les gens entre eux. C’est-à-dire les choses sur lesquelles vous avez juré et qui sont la bienfaisance, la piété et la réconciliation entre les gens.
Ne prétextez pas le fait que vous jurez pour vous abstenir d’accomplir ces choses qui sont un bien.
Et Allāh est Celui Qui entend, Celui Qui sait : Dieu entend ce que vous avez juré de faire et Il sait quelles sont vos intentions.
Verset 225 : Allāh ne vous tient pas rigueur pour « al-laġwu » quand vous jurez. Al-laġwuce sont les choses qu’on ne prend pas en considération, des paroles qu’on ne prend pas en compte ou autre ; ici c’est comme le manque d’attention, comme si quelqu’un a juré par une chose alors qu’il pensait jurer sur autre chose et il s’est avéré que ce n’est pas correct. Ici « Dieu ne vous tient pas rigueur » cela veut dire que Dieu ne vous châtie pas. Dieu ne vous punit pas pour cette inattention dans le fait de jurer. Quelqu’un pense qu’une chose a eu lieu, alors qu’elle n’a pas eu lieu et lui, il jure par Dieu.
Selon les chaféites, al-laġwu est ce qui passe par la langue de la personne sans volonté de jurer. Certains disent « wal-Lāh », rapidement, sans volonté de jurer, sans avoir fait attention. C’est de cela dont il est question selon Aš-Šāfiʿiyy et la personne n’est pas punie pour cela.
Le šayẖ a donné une explication ici, il a dit : d’après ʿĀʾišah que Dieu l’agrée, elle a expliqué la parole de Dieu (le verset 225 de sūratu l-baqarah) : c’est lorsque quelqu’un dit d’une manière machinale « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh », (cela veut dire : je jure par le nom de Dieu) c’est cela « al-laġwu » pour lequel Dieu ne punit pas.
Mais Il vous tient rigueur : c’est-à-dire qu’Il vous punit pour le péché de votre volonté de mentir. C’est votre volonté de mentir qui expose à la punition. La personne est punie lorsqu’elle jure à propos d’une chose tout en sachant que c’est le contraire de ce qu’elle dit : c’est « al-yamīnu l-ġamūs ». Al-yamīne est un terme qui veut dire la main droite et qui veut dire aussi le fait de jurer. Ici, ce qui est visé est le fait de jurer. « Al-ġamūs » signifie ici « qui fait plonger en enfer ». Celui qui jure par Dieu, en mentant délibérément, est puni pour cela. Il n’est pas puni pour le fait d’avoir menti involontairement, comme celui qui dit rapidement « non, wal-Lāh » ou bien « oui, wal-Lāh. Ou alors il pensait que c’était véritablement comme cela. Mais il sera puni pour le fait de jurer et qui plonge en enfer, alors qu’il a menti délibérément.
Aš-Šāfiʿiyy s’est attaché à ce texte pour dire qu’il est un devoir d’expier le fait de jurer lorsque c’est un mensonge. « Al-yamīnu l-ġamūs » est le fait de jurer par Dieu délibérément en mentant. Aš-Šāfiʿiyy a dit que dans ce cas-là, non seulement c’est un péché, mais en plus, il doit expier ce péché. Comme quelqu’un qui jure d’une chose qu’il allait faire mais qui ne la fait pas : comme l’exemple de quelqu’un qui dit « wal-Lāh, je ne vais plus manger dans cette assiette ». Puis, après, il veut manger dans cette assiette ; il ne commet pas de péché mais il doit l’expiation. Le deuxième cas est s’il jure mensongèrement au sujet d’une chose comme s’il dit « wal-Lāh c’était comme ça » ; tel qu’un commerçant qui dirait : « wal-Lāh, j’ai acheté cette marchandise à mille euros » alors qu’il n’a pas acheté à ce prix-là. Aš-Šāfiʿiyy a dit que c’est un péché et qu’en plus, il doit s’acquitter de l’expiation, tout comme celui qui jure de faire quelque chose mais qui ne la fait pas.
Et Allāh est Celui Qui pardonne, Il est Celui Qui est ḥalīm. Ḥalīm ici signifie Celui Qui ne vous tient pas rigueur pour avoir juré d’une manière involontaire. Concernant une créature, on dit d’un homme qu’il est ḥalīm, c’est-à-dire qu’il est indulgent, qu’il patiente face aux erreurs des autres.
Certains sont tellement ignorants que leur ignorance les a amenés à sortir de l’islam. Ils se sont appuyés sur ce verset : « lā yuʾāẖiḏukumu l-Lāhu bil-laġwi fī aymānikum » et ont cru que ce verset voulait dire que la personne ne sort pas de l’islam si elle a dit une parole de mécréance, mais qu’elle ne visait pas la sortie de l’islam. Ils ont détourné le sens de ce verset, ils ont dit que le sens était : « Dieu ne vous tient pas rigueur pour al- laġwu quand vous jurez c’est-à-dire que si quelqu’un a dit une parole de mécréance, délibérément, mais qu’il ne voulait pas sortir de l’islam, alors dans ce cas-là, il ne sort pas de l’islam ». C’est une ignorance et une mécréance de leur part parce qu’ils ont appelé la mécréance, islam.
Le sens de ce verset est que celui qui jure d’une manière machinale, sans que ce soit délibéré, alors cela ne sera pas inscrit dans le livre de ses œuvres. Notre šayẖ a dit : il y a une différence entre le fait de jurer (al-aymān qui est un pluriel de yamīn) et le fait de prononcer une parole de mécréance. Donc il n’y a pas de correspondance entre ce verset qui parle de celui qui jure de manière machinale et la question de celui qui prononce de la mécréance, même si, lui, il ne voulait pas sortir de l’islam. Parce que le jugement des paroles est en fonction de leur signification dans la langue et la compréhension de la part de la personne de cette signification. Si quelqu’un dit une parole dont la signification contredit la religion de l’islam, et qu’il comprend ce qu’il est en train de dire, même si, lui, n’avait pas l’intention de quitter l’islam, cette parole le fait sortir de l’islam.
Verset 226 : à ceux qui jurent à propos de leurs femmes : cette récitation avec « yuʾlūn » est celle d’Ibnu ʿAbbās. (Ǧibrīl ^ ʿalayhi s-salām a transmis à notre Prophète ʿalayhi s-salām plusieurs récitations du Qur’ān, quatorze en tout. Il y a quelques différences concernant une lettre ou une voyelle. Sept parmi ces récitations ont une chaine de transmission plus forte, puis trois autres et quatre autres ont une chaine de transmission plus faible).
Ils attendent alors quatre mois. C’est-à-dire ceux qui ont juré à propos de leurs femmes, ils devront attendre quatre mois en s’éloignant d’elles.
S’ils reviennent : c’est-à-dire s’ils reviennent durant ces quatre mois : s’ils ont un rapport avec leur épouse alors qu’ils avaient juré de ne pas avoir de rapport avec elle
Certes Allāh est Celui Qui pardonne et Il est miséricordieux : Dieu pardonne et il y a pour cela une expiation à donner.
Verset 227 : si malgré tout, ils se décident à divorcer : si le mari a juré de ne pas avoir de rapport avec elle puis s’il veut divorcer, alors l’épouse devra attendre le temps de la période post-maritale.
Certes Allāh est Celui Qui entend (le fait que le mari ait juré) et Il sait (quelle est son intention). Et c’est une menace en réalité face à leur persistance et le fait qu’ils délaissent le rapport.
Verset 228 : et les femmes divorcées. Ici il s’agit des femmes qui ont été divorcées après qu’il y ait eu consommation du contrat de mariage. Et il s’agit de femmes qui ont les menstrues.
Alors qu’elles attendent : c’est une information qui a le poids d’un ordre, pour insister sur cet ordre. C’est une figure de style en arabe, qui indique que c’est un devoir de recevoir cette information en s’empressant à obtempérer. C’est comme si elles ont déjà exécuté l’ordre et c’est comme si on est informé qu’elles ont exécuté l’ordre. Et le fait que cette construction ici commence par un moubtada’ indique un surcroit d’insistance. (En arabe, il y a deux sortes de phrases :la phrase verbale qui commence par un verbe et c’est le cas le plus fréquent et elle peut dépendre du temps et la phrase nominale qui commence par un nom et elle indique la continuité). Ici cette phrase exprime comme une règle générale : le fait que les femmes divorcées attendent. Les femmes aspirent à avoir des hommes, se marier pour avoir un rapport. Elles ont reçu l’ordre de retenir cette aspiration, pour les obliger à l’attente. Les femmes divorcées ne peuvent pas se remarier immédiatement, comme le peuvent les hommes. Elles doivent respecter une période d’attente.
Trois qurūʾ : qurūʾ est un pluriel de qarr qui signifie un sens et le contraire de ce sens. An-Nasafiyy est Hanafite. Il a expliqué le qar selon les Hanafites et cela signifie « périodes de menstrues ». La période d’attente est de trois périodes de menstrues selon les Hanafites. Il a cité un ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām dans lequel il a dit à une femme : « ne fais pas la prière pendant tes qur » c’est-à-dire pendant tes menstrues. Rapporté par Ad-Darāqutnī. Et dans un autre ḥadīṯ, le Prophète a dit ce qui signifie : « le divorce de la femme esclave, c’est deux fois et sa période d’attente est de deux périodes de menstrues ».
Le mot « ṯalāṯata » est mansūb avec une fatḥah, soit dans le sens du complément d’objet direct ou bien parce qu’il s’agit d’un complément circonstanciel de temps, en arabe, il est mansūb également.
L’auteur a analysé pourquoi c’est « ṯalāṯata qurūʾ » et pas « ṯalāṯata aqrāʾ ». (Parce que dans la langue arabe, il y a deux formes de pluriels : il y a le pluriel de petits nombres et le pluriel de grands nombres. Et chacune des deux formes a un mot adapté). Il dit qu’ici, la forme employée « qurūʾ » est la forme du grand nombre, alors que trois fait partie des petits nombres ; c’est une extension.
Et il ne leur est pas permis de cacher ce que Dieu a créé dans leurs utérus. Il s’agit ici de femmes qui ont consommé leur contrat de mariage, qui ont des menstrues, qui ont été divorcées et doivent attendre une période avant de pouvoir se remarier. Les Hanafites ont expliqué cette période par les menstrues et les chaféites l’ont expliqué par les périodes inter menstruelles. Donc le mot « qarr » peut avoir le sens de menstrues et il peut avoir le sens de pureté.
Ou le sang des menstrues.
Il se peut qu’une femme qui veut quitter absolument son mari cache le fait qu’elle soit enceinte pour ne pas qu’il attende qu’elle accouche pour la divorcer.
Ou bien elle sait qu’elle est enceinte et elle le cache pour ne pas que son mari s’attendrisse sur l’enfant et ainsi il ne la divorcera pas.
Elle cache le fait qu’elle a les menstrues et elle dit qu’elle n’a plus les menstrues.
Si elles croient en Dieu et au jour dernier. Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, il ne va pas oser faire pareille chose grave, comme cacher cette information.
Leur mari est prioritaire pour les reprendre. C’est-à-dire pour les reprendre en mariage.
Durant cette période d’attente post-maritale. Le mari peut reprendre la femme qu’il a divorcée alors qu’elle dans la période d’attente post-maritale.
Si le mari a divorcé sa femme une fois, il a plus de droit pour la reprendre. Cela veut dire que s’il veut la reprendre pendant cette période d’attente post-maritale et qu’elle ne le veut pas, c’est la parole du mari qui a le dessus. Dieu nous a donné une règle pour nous soulager de débats inutiles. Dieu est notre Créateur, Il sait ce qui est le mieux pour nous.
S’ils veulent la réparation : s’ils veulent réparer le différend qu’il y a eu entre eux.
Et elles ont droit comme eux ont un droit. La femme a un droit sur son mari tout comme le mari a un droit sur sa femme. L’homme doit pour son épouse la dot, il doit lui assurer la charge, il doit agir avec elle convenablement sans lui nuire. La femme doit obéir à son mari quand il la réclame. Aucun des deux époux n’a à charger son partenaire de ce qu’il n’a pas à le charger. Il y a des devoirs conjugaux de l’un envers l’autre. Ce ne sont pas les mêmes. Ce n’est pas un devoir pour lui de laver les vêtements de sa femme dans le cas où, elle, elle lui a lavé ses vêtements. Mais il doit répondre à ce bien qu’elle lui a fait par quelque chose de convenable de la part d’un homme.
Et les hommes ont sur les femmes un degré au-dessus : soit c’est parce qu’ils ont un droit sur l’épouse, soit un mérite parce que c’est lui qui assume les frais du foyer, soit parce que c’est lui qui prend en charge l’épouse ou bien parce que c’est lui qui tient les clés du mariage.
Le šayẖ a dit : n’est-ce-pas que l’homme a l’obligation de subvenir à la charge de son épouse !! Parce qu’il a ce droit et c’est pour cela que Dieu a fait que l’homme doit subvenir à la charge de son épouse et donc par conséquent, la femme doit s’attacher au sujet du mariage.
Et Allāh est ʿĀzīz : on n’émet pas d’objection contre Dieu concernant les devoirs qu’Il nous indique : cette hiérarchisation, cette structuration, c’est un bien. Il y a une sagesse en cela. Et la personne n’a pas à émettre d’objection. Dieu est Celui Qui vainc et Qui n’est pas vaincu. Il est Celui Qui châtie et Son châtiment est douloureux. Personne ne peut le supporter.
Il crée toute chose selon une sagesse. Les ordres qu’Il donne sont corrects et sont bons.
Verset 229 : le divorce est jusqu’à deux fois : le fait de libérer la femme des liens du mariage, le divorce suite auquel l’homme peut reprendre la femme en mariage, après l’avoir divorcée, est jusqu’à deux fois.
Suite à cela, soit l’homme reste en bons termes avec son épouse, ou alors il la libère définitivement mais toujours en bons termes. C’est-à-dire qu’il prononce le troisième divorce, dans une période inter menstruelle. S’il l’a divorcée une ou deux fois, soit il la reprend en mariage, ou bien s’il veut la libérer définitivement, il prononce le divorce dans la troisième période inter menstruelle.
Ce verset a été révélé à propos d’une femme compagnon qui s’appelle Ǧamīlah et son époux s’appelle Ṯābit fils de Qays fils de Šammās. Elle ne le supportait pas parce qu’il n’était pas beau mais lui, il l’aimait. Il lui avait donné à titre de dot un verger. Elle a dit au Prophète qu’elle avait peur de ne pas assumer ses devoirs conjugaux. Elle n’avait rien à dire concernant l’application des devoirs conjugaux de la part de son époux. Le Prophète a proposé à cet homme d’accepter qu’elle lui rende son verger en contrepartie de quoi il la libèrerait des liens du mariage. C’est le ẖulūʿ c’est-à-dire une séparation moyennant une contrepartie qui est versée au mari. Ce peut être la femme qui la verse, ce peut être un tiers. Moyennant cette contrepartie, le lien du mariage est effacé. Ce fut le premier ẖulūʿ en islam.
Et il ne vous est pas autorisé (c’est-à-dire vous les maris) de prendre ce que vous leur avez donné (aux femmes) quoi que ce soit (de leur dot).
Sauf dans le cas où les deux époux craignent de ne pas assurer leurs droits conjugaux mutuels. Comme si la femme craint de tomber dans le « nušūs » c’est-à-dire si elle ne craint de refuser à son mari son droit conjugal. Dans ce cas-là, justement, il y a cette issue de libération des liens du mariage moyennant une contrepartie.
Si vous craignez : An-Nasafiyy a dit que le pronom « vous » ici peut être adressé aux gouverneurs et c’est possible aussi qu’il s’adresse aux maris et que, plus tard, à la fin de ce verset, la parole s’adressera aux gouverneurs.
Qu’ils ne respectent pas les limites de la religion agréée par Allāh (en ce qui concerne la vie conjugale, c’est-à-dire le droit de chacun des époux l’un sur l’autre)
Alors il n’y a pas de mal (à ce que le mari récupère tout ou partie de la dot et il n’y a pas de mal à ce que la femme donne tout ou partie de la dot).
A ce que la femme verse pour son mari (pour se libérer des liens du mariage).
Ce sont là les limites définies dans la religion agréée par Dieu. Concernant le mariage, le fait de jurer, le fait de divorcer, le fait de faire le ẖulūʿ, etc… Ceci, pour que les musulmans sachent comment exécuter ces différentes transactions.
Ne dépassez pas ces limites : c’est-à-dire n’outrepassez pas ce que Dieu vous a fixé. Agissez conformément aux règles que Dieu a fixées.
Ceux qui outrepassent les limites fixées par Dieu, ce sont eux les injustes. Allāh nous a envoyé un Prophète qui nous a indiqué les lois à suivre. Celui qui ne suit pas cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même.
Verset 230 : s’il la divorce : c’est-à-dire s’il prononce un troisième divorce après les deux précédemment cités, elle ne lui est plus licite jusqu’à ce qu’elle se marie avec un autre. C’est une parole de dissuasion pour que l’homme réfléchisse bien avant de prononcer une parole de divorce. Ce jugement est conforme à ce que notre Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit à une femme qui a été divorcée trois fois par son mari nommé Rifāʿah. Elle est allée voir le Prophète pour lui dire que, malgré cela, elle voudrait bien redevenir son épouse. Le Prophète lui a dit qu’elle ne pourrait revenir à Rifāʿah que si un autre homme l’épousait, consommait le mariage, puis qu’il veuille bien la divorcer pour qu’elle puisse se marier à nouveau avec Rifāʿah. Ḥadīṯ réputé rapporté par Al-Buẖāriyy. Il n’y a pas de considération à accorder à tout avis qui serait non conforme à ce jugement.
Les muǧtahid sont ceux qui ont l’habitude de déduire les lois à propos de questions qui n’ont pas été mentionnées dans les textes (et ce sont les versets du Qur’ān et les ḥadīṯ confirmés du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām). Quand les musulmans sont confrontés à un cas qui n’a pas été mentionné dans un texte, celui qui va donner la réponse, c’est le muǧtahid, comme l’imam Mālik, comme l’imam Aš-Šāfiʿiyy, comme l’imam Abū Ḥanīfah, comme l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal. Il ne s’agit donc pas d’une concertation entre les gens du commun. Ce sont les savants muǧtahid qui ont l’aptitude à déduire les lois en utilisant l’analogie par rapport aux questions qui, elles, ont été mentionnées dans les textes. Par ailleurs, il y a des textes qui sont abrogés – l’application de ce texte s’est arrêtée – mais que l’on continue à réciter. Donc si quelqu’un ne sait pas que tel texte a été abrogé (et ceci a eu lieu au temps du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)et qu’un autre texte est venu après, il est possible qu’il fasse une analogie avec ce verset qui a été abrogé et ceci n’est pas valable. Il y a de nombreux critères qui font qu’un savant ait le degré de muǧtahid.
Tous les savants muǧtahid sont d’accord sur le fait qu’à partir du moment où un homme a prononcé trois divorces, il ne peut pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre puis qu’il veuille bien la divorcer.
Quiconque dit une parole qui n’est pas conforme aux textes, sa parole est rejetée. Le muǧtahid ne va pas dire une parole qui ne soit pas conforme à un texte. Et tous les textes n’ont pas le poids d’arguments. Le plus fort est le Qour’aan. Concernant la parole du Prophète, il y a des degrés de fiabilité. Il se peut qu’un savant moujtahid dise que cette chaine de transmission n’est pas suffisamment forte pour qu’il s’appuie dessus. C’est pour cela qu’il y a des divergences entre les muǧtahid. Un muǧtahid va arriver à un jugement différent d’un autre muǧtahid en s’appuyant sur tel ḥadīṯ que l’autre n’a pas retenu. Les divergences concernent les actes pratiques et non pas la croyance. Il n’y a pas de divergence acceptable dans la croyance. Si un muǧtahid aboutit à un jugement qui contredit un texte qui fait l’accord chez les savants, on ne doit pas le suivre dans ce qu’il a dit. Comme l’exemple de ce verset qui indique que l’homme ne pourra pas épouser cette femme après qu’il l’ait divorcée trois fois, tant qu’elle n’a pas épousé un autre. Si quelqu’un vient et dit le contraire de cela, on ne va pas le suivre parce qu’il est en train de contredire un texte qui va l’accord chez tous les savants. De même, si un juge émet une sentence (en sachant qu’il y a des juges pour chaque école de jurisprudence) et que cette sentence revient à contredire un texte qui fait l’objet d’accord des savants, cette sentence n’est pas à prendre en compte. Et nous demandons à Dieu qu’Il fasse que nous persévérions sur la voie correcte, sur la tradition prophétique.
La sagesse dans le fait qu’une femme qui a été divorcée par trois fois par son mari, celui-ci ne pourra pas vivre à nouveau avec cette femme tant qu’elle n’aura pas été épousée par un autre qui aura consommé ce mariage puis qu’il veuille bien la divorcer pour que le premier puisse l’épouser à nouveau, tient dans le fait que l’homme soit au courant que s’il fait cela, cette séparation ne pourra pas être compensée par un regret. C’est une séparation définitive.
S’il la divorce (ici il s’agit du deuxième mari)
Il n’y aura pas de mal pour eux deux (le premier mari et la femme) qu’ils se remettent ensemble (c’est-à-dire par un mariage) si eux deux pensent qu’ils vont respecter la loi de Dieu (s’ils pensent qu’ils pourront respecter leurs obligations conjugales l’un envers l’autre).
Ce sont là les limites fixées par Dieu. Dieu les explique pour les gens qui ont de la compréhension. (C’est-à-dire qui comprennent ce qui leur a été indiqué).
Verset 231 : et si vous divorcez une femme et qu’elle atteint son terme (c’est-à-dire la fin de sa période d’attente post maritale). Le mot « aǧal » peut avoir le sens d’échéance, du terme et peut avoir le sens de la période. On dit que l’âge d’un être humain, sa vie s’appelle un « aǧal » et on dit que la mort qui est le terme de cette vie est un « aǧal ».
Ou bien vous les retenez dans de bonnes conditions ou bien vous les libérez dans de bonnes conditions. C’est-à-dire que : soit il la reprend à son mariage (l’homme peut reprendre cette femme à son mariage lors de cette période d’attente post-maritale, sans faire de nouveau contrat, et ceci par une simple phrase comme s’il dit qu’il la reprend à son mariage) mais sans vouloir lui nuire par cette reprise. Soit il la quitte jusqu’à ce que s’achève la période d’attente post-maritale et qu’elle soit définitivement séparée de lui, sans qu’il ne lui nuise.
Mais ne retenez pas votre femme que vous avez divorcée pour lui nuire. Il arrivait en effet, avant la révélation de ce verset, qu’un homme prononce le divorce avec sa femme, qu’il la laisse jusqu’à ce que la fin de la période d’attente post maritale soit proche puis il la reprenait, non pas parce qu’il avait besoin d’elle mais juste pour lui prolonger sa période d’attente post maritale : c’est cela le fait de retenir avec une nuisance.
Pour être injuste envers elle. Ne faites pas cela pour la pousser à vouloir vous payer pour que vous la libériez.
Et celui qui fait cela : c’est-à-dire qui retient l’épouse pour lui nuire il aura exposé sa femme au châtiment de Dieu : il l’aura poussée à commettre peut-être des péchés.
Et ne prenez pas les versets et les ordres de Dieu comme objets de moquerie : c’est-à-dire soyez sérieux en prenant ces jugements, en les appliquant, en les respectant, sinon vous aurez dénigré ces jugements-là.
Et citez les bienfaits et les grâces que Dieu vous a accordés : le bienfait de l’islam et le bienfait du Prophète ʿalayhi s-salām.
Comme livres et comme sagesses. Le livre c’est le Qour’aan et les sagesses c’est la sounnah, le ḥadīṯ du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Citez c’est-à-dire évoquez, répondez à ces bienfaits par le remerciement. Et considérez ces bienfaits à leur juste valeur, ce Livre que Dieu vous a révélé et cette sagesse que Dieu vous a fait connaitre par le biais de Son envoyé. Ne soyez pas ingrats.
Dieu vous exhorte par ce qu’Il vous a fait descendre : comme révélation à Son Prophète.
Et craignez Dieu : c’est-à-dire préservez Dieu dans les épreuves qu’Il vous accorde.
Et sachez que Dieu sait absolument tout : Il sait ceux pour qui le rappel est profitable et qui le mettent en œuvre, ceux qui se préservent, ceux qui sont exhortés et autres que ceux-là. C’est une menace et une promesse très éloquentes : une menace de châtiment et une promesse de récompense. Ceci est un rappel pour que nous accomplissions ce que Dieu nous a ordonné de faire et que nous évitions ce que Dieu nous a interdit de faire.
Verset 232 : lorsque vous prononcez le divorce pour vos épouses et qu’elles atteignent leur terme : c’est-à-dire que leur période d’attente post-maritale s’est achevée, le contexte indique ici qu’il s’agit d’une séparation entre deux personnes qui étaient mariées, parce que le mariage parce que le mariage est suivi par la période d’attente post-maritale.
Et ne les empêchez pas : c’est-à-dire ne les gênez pas si elles veulent épouser des maris (qu’elles désirent épouser) et qui sont bons pour elles. Le sens de « maris » ici est qu’ils deviendraient leur mari si elles l’épousaient. Le contrat de mariage est conclu si la femme se donne elle-même en mariage. La parole ici s’adresse aux hommes, pour qu’ils ne dérangent pas leurs femmes qu’ils ont divorcées, si elles veulent épouser un autre homme, après que la période d’attente post-maritale se soit écoulée. Cette parole s’adresse donc aux hommes qui gênent leur ex-femme et ne la laissent pas épouser qui elle veut parmi les hommes. An-Nasafiyy explique le mot « mari » également par le fait que la parole est adressée au tuteur qui dérange les épouses afin de les empêcher de devenir les épouses de ceux qui les ont divorcées. Ce verset a été révélé à propos d’un compagnon qui s’appelle Maʿqīl fils de Yasār qui avait gêné sa sœur pour qu’elle ne retourne pas à son premier mari. Ou bien troisième possibilité : la parole s’adresse aux gens en général, c’est-à-dire : tâchez qu’il n’y ait pas de gêne entre vous.
Dès lors qu’ils sont d’accord entre eux : c’est-à-dire ceux qui ont demandé en mariage et les femmes.
« Bil-maʿrūf » : convenablement : c’est un terme général qui signifie « tel qu’il est convenable », tel qu’il est bon du point de vue religieux et tel qu’il est bon du point de vue de l’usage. Une autre explication est : à condition que le mari donne la dote que semblable à cette femme peut avoir et que le mari soit digne de cette femme, c’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui est en deçà de son niveau. Chez les hanafites, la femme peut se marier elle-même. Mais si une des deux conditions n’est pas remplie, c’est-à-dire s’il n’y a pas la dot des semblables ou si le mari n’est pas digne de la femme, et que la femme se marie quand même, le tuteur, s’il prend connaissance, il peut émettre une objection et le contrat est annulé.
An-Nasafiyy dit que la parole ici s’adresse au Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ou à tout un chacun.
Cela est une exhortation pour celui parmi vous qui croit en Dieu et au Jour Dernier : cette exhortation est profitable pour ceux qui croient en Dieu et au Jour Dernier.
Ceci est plus pur et meilleur pour vous : c’est plus pur que de vous souiller de péchés et c’est meilleur que de gêner et de déranger, comme le fait de gêner la femme ou de la maintenir dans une situation où il ne veut pas la divorcer.
Et Dieu sait et vous, vous ne savez pas : Dieu sait ce qui est meilleur.
Verset 233 : et les mères allaitent leurs enfants : c’est une information qui sous-entend un ordre à propos duquel il y a insistance. C’est-à-dire : que les mères allaitent leurs enfants ! C’est un ordre qui n’est pas dans le sens de l’obligation, mais dans le sens de la recommandation. Ou bien c’est un devoir si le nourrisson n’accepte pas autre que le sein de sa mère. Ou qu’on ne lui trouve pas de nourrice. Ou dans le cas où le père était incapable de payer celle qui allaite l’enfant. Ou bien il a visé les mères qui ont été divorcées. Parce que comme c’est un devoir pour l’homme de prendre en charge la mère en ce qui concerne la nourriture et les vêtements, la mère doit prendre en charge l’allaitement de l’enfant.
Deux années complètes : il s’agit de deux années lunaires complètes. Et pas seulement approximativement.
Pour ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. Il y a une indication que ce jugement s’adresse à ceux qui veulent aller jusqu’au bout de l’allaitement. En résumé, c’est le père qui a l’obligation d’assurer l’allaitement de son enfant et pas la mère et c’est à lui de lui trouver une nourrice, sauf si la mère, de façon bénévole, veut bien allaiter l’enfant. C’est recommandé pour elle de le faire, mais elle n’est pas contrainte pour cela.
Et pour ceux qui ont eu un enfant : celui pour qui un enfant est né et il s’agit ici du père. Il n’a pas été dit « le père » et c’est pour que l’on sache que les mères ont donné l’enfant au père puisque les enfants sont attribués au père par ascendance : on dit « le fils d’un tel ». De ce fait, c’est un devoir pour le père de subvenir à la charge de la mère et à leur tenue vestimentaire, si elle allaite. Exactement comme si c’était pour une nourrice.
Ils doivent leur assurer à elles (les mères) leur subsistance et leur tenue vestimentaire, convenablement : c’est-à-dire sans gaspillage et sans avarice.
Chacun des deux n’est pas chargé de ce dont il n’est pas capable : la personne n’est chargée que de ce dont elle est capable, c’est-à-dire que de ce dont elle dispose ou la part de ce qui est en sa possession.
Qu’une mère n’utilise pas son enfant pour nuire à son mari : c’est une information qui signifie l’interdiction comme si la femme violentait son mari à cause de l’enfant. Ou qu’elle demande à cause de l’enfant ce qui n’est pas juste, comme subsistance et comme tenue vestimentaire. Ou qu’elle provoque du souci au père en négligeant l’enfant. Ou qu’elle dise, après que l’enfant ait été habitué à être allaité par elle : trouve -lui une nourrice. Et ce qui est de cet ordre.
Et la même chose réciproquement : ni que quelqu’un qui a eu un enfant ne nuise à son épouse à cause de cet enfant, en empêchant quelque chose qui est un devoir pour lui, le mari, envers l’épouse, comme lui assurer la subsistance ou sa tenue vestimentaire ou qu’il ne lui prenne l’enfant alors qu’elle veut l’allaiter. Et que la femme ne nuise pas à l’époux à cause de l’enfant et qu’elle ne nuise pas à son enfant de sorte à ce qu’elle assume mal sa nourriture et son entretien et qu’elle ne le donne pas au père après que l’enfant se soit habitué à elle et que le père ne nuise pas à la femme à cause de l’enfant en le lui enlevant ou en faisant preuve de manquement à son égard de sorte qu’à son tour, elle manque à son enfant.
Il a été mentionné en arabe, son enfant à elle ou son enfant à lui, parce que comme il a été interdit à la femme de nuire et que l’enfant lui a été attribué, c’est pour provoquer l’attendrissement. Car c’est son enfant donc qu’elle ne l’utilise pas pour nuire. Et la même chose pour le père, qu’il n’utilise pas l’enfant pour nuire à la mère. Le possessif a été utilisé pour provoquer l’attendrissement à chaque fois.
Et pour l’héritier la même chose : il s’agit de l’héritier du père, c’est-à-dire celui qui est le tuteur de l’enfant, lorsqu’il n’y a pas de père. Celui qui a en charge l’enfant doit la même chose que le père durant sa vie, en termes de subsistance et de tenue vestimentaire. An-Nasafī dit qu’il y a eu divergence à ce sujet. Selon ibnou abū Laylā qui est un muǧtahid hanafite, la parole ici concerne tous ceux qui héritent : ceux qui sont proches parents et qui sont maḥram, en raison de la récitation de ibnu Masʿūd « wa ʿala l-wāriṯi ( ) miṯlu ḏālik ». Et chez Aš-Šāfiʿiyy que Dieu lui fasse miséricorde, il n’y a pas de charge obligatoire sauf s’il y a une naissance.
S’ils veulent (les parents) le sevrage d’un commun accord et par concertation, il n’y a pas de mal pour eux en cela : ils ne tombent pas dans le péché. Qu’ils aillent au-delà des deux ans ou bien qu’ils arrêtent au-delà des deux ans, c’est comme ils veulent. Il y a donc eu une recommandation d’allaiter l’enfant deux ans puis ce verset indique une possibilité de l’allaiter plus ou moins que deux ans. Le terme qui indique la concertation provient d’un mot qui signifie l’extraction d’un avis. C’est le même verbe qui est utilisé pour extraire le miel. La concertation consiste à extraire le meilleur avis à l’image du miel qui est extrait d’une ruche. Ici c’est pour montrer que l’accord des deux parents pour sevrer l’enfant intervient suite à une réflexion, de sorte à ce qu’il n’y ait pas de nuisance pour le nourrisson.
Qu’Il est exempt d’imperfection Celui Qui a éduqué les personnes âgées par cette règle et Qui n’a pas négligé nos petits. Les ordres de Dieu comportent une sagesse. Le commun accord des parents a été pris en compte parce que le père a le droit de l’ascendance et de la tutelle sur l’enfant. Et la mère a la tendresse et l’attention envers l’enfant.
Et si vous voulez charger de l’allaitement de vos enfants, autre que la mère : le verbe « istarḍaʿā » est dans le sens de demander à ce que l’allaitement soit fait. Ici c’est dans le cas où la mère refuse d’allaiter ou lorsqu’elle est incapable d’allaiter.
Il n’a pas de mal en cela pour vous : c’est-à-dire que vous ne tombez pas dans le péché si vous donnez aux nourrices la rémunération que vous voulez leur donner. Ici, cette rémunération est recommandée, ce n’est pas une condition pour que ce soit autorisé de faire allaiter l’enfant par autre que sa mère. Quelqu’un peut trouver une nourrice qui allaite sans contrepartie.
bil-maʿrūf: convenablement : il n’y a pas de mal si vous rémunérez celle à qui vous confiez l’enfant, convenablement c’est-à-dire de bon cœur, sans contrainte.
Et craignez Dieu et sachez que Dieu voit ce que vous faites. Vos œuvres ne lui échappent pas. Il vous rétribue pour ces œuvres (que vous faites).
Verset 234 : et ceux d’entre vous qui décèdent (il a eu son âme jusqu’à son terme)
Et qui laissent des épouses, qu’elles attendent : c’est-à-dire qu’elles entament une période d’attente post maritale
Quatre mois et dix : c’est-à-dire dix nuits et les jours sont compris.
Si elles atteignent leur terme : c’est-à-dire si la période d’attente post maritale est achevée
Il n’y a pas de mal pour vous : les imams et les juges
Dans ce qu’elles font : du fait qu’elles s’exposent à être demandées en mariage.
Convenablement : d’une manière que la Loi ne renie pas.
Et Allāh sait ce que vous faites : Dieu sait ce qu’il y a au fond de vous, dans votre cœur, dans votre corps, dans votre for intérieur. Rien ne Lui échappe.
Verset 235 : il n’y a pas de mal pour vous si vous faites allusion en demandant la femme en mariage. On parle ici de la veuve en période d’attente post maritale. L’allusion est comme en lui disant : « tu es belle, tu es une femme de bien, j’aimerais me marier » ou ce qui est de cet ordre de paroles qui suggèrent qu’il voudrait se marier avec elle mais ce n’est pas explicite. Ceci est comme une demande de sa part de se réserver pour lui, pour qu’elle ne pense pas à un autre, dans le cas où elle est intéressée par lui. Ainsi, quand elle aura fini sa période d’attente post maritale, il pourra venir la demander explicitement. Car une femme qui a déjà été mariée, son avis est une condition pour le contrat de mariage. En arabe, il y a deux expressions : « al-kināyah » est ce qui est implicite et « at-taʿrīḍ » qui est l’allusion. « Al-kināyah » est le fait de mentionner la chose par un autre terme que le terme qui la désigne. L’allusion est le fait de mentionner une chose qui indique ce qui n’a pas été mentionné. Comme quelqu’un qui est nécessiteux qui va voir quelqu’un de qui il a besoin et il lui dit : « je suis venu te voir pour te passer le salaam et voir ton visage généreux ».
Ou si vous cachez cela dans vos cœurs : dans le cas où la femme est veuve et un homme se dit dans son cœur qu’il voudrait l’épouser. Il n’y a pas de mal dans le fait de penser cela dans son cœur sans l’avoir mentionné par sa langue, ni par allusion ni explicitement.
Dieu sait que vous allez les citer : c’est-à-dire ces femmes qui ont perdu leurs maris, sans aucun doute, vous n’allez pas vous empêcher de parler pour exprimer votre désir à les épouser.
Mais ne leur promettez pas en cachette que vous êtes capables d’avoir un rapport avec elles : Al-Qurtubiyy a dit dans son exégèse, que les savants ont divergé à propos de ce mot « sirran » (en secret).
Il a été dit que ça veut dire « mariage » c’est-à-dire que l’homme ne dise pas à cette femme qui est en période d’attente post-maritale « épouse-moi » mais s’il veut, il peut faire une allusion. Mais il ne prend pas d’elle une promesse de ne pas épouser quelqu’un d’autre que lui en cachette. Cette explication est celle d’Ibnu ʿAbbās, d’ibnu Ǧubayr, de Mālik, de ses compagnons, de Aš-Šaʿbiyy, de Muǧāhid, d’Iqrimah, et de l’ensemble des gens de science.
Et il a été dit que « sirran » ici signifie la fornication c’est-à-dire qu’il n’y ait pas de promesse de commettre la fornication pendant la période d’attente post-maritale puis un mariage après la période d’attente post-maritale. C’est l’avis d’Al-Ḥasan, de Qatādah, d’An-Naǧāʾiyy et Aṭ-Ṭabāriyy. Et il a été dit que « sirran » ici est le rapport c’est-à-dire : ne vous décrivez pas comme quelqu’un qui est capable d’avoir beaucoup de rapports pour l’inciter à vous épouser, parce que la mention du rapport sexuel avec autre que l’épouse est quelque chose d’indécent et de vulgaire. C’est l’avis de Aš-Šāfiʿiyy.
Aṣ-Ṣuyūtiyy a dit et ibnu l-Ǧarīr, ibnu l-Munḏir, ibnu abī Ḥātim ont rapporté d’ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, qu’il a dit à propos de ce verset : « qu’il ne lui dise pas qu’il est amoureux d’elle, qu’elle lui promette de l’épouser et personne d’autre » et ce qui est de cet ordre, sauf si vous dites des paroles convenables comme « si tu veux bien, ne prends pas un autre que moi ».
Ibnu l-Ǧarīr a rapporté une autre parole d’ibnu ʿAbbās : « ne leur promettez pas en secret, c’est-à-dire la fornication ». L’homme venait pour faire la fornication mais il prétendait qu’il voulait le mariage.
Et Al-Bayhaqiyy a rapporté de Muqātin fils de Ḥayyān : il nous a été rapporté que la signification de ce verset, c’est le rapport sexuel, c’est-à-dire que l’homme ne fasse pas d’allusion à la femme d’avoir un rapport avec elle.
Une autre explication rapportée par ʿAbdu r-Razzāq d’après Muǧāhid : il s’agit de celui qui prend de la femme la promesse de ne pas épouser autre que lui.
Et Sufyān et ibnu abī Šaybah ont rapporté d’après Muǧāhid : qu’il ne la demande pas en mariage explicitement pendant sa période d’attente post-maritale.
Mais dites des paroles convenables : il lui dit par exemple « tu es belle » ou « tu as une bonne situation » ou « tu es quelqu’un que les gens désirent épouser ».
ʿAbdu r-Razzāq et ibnu l-Munḏir ont rapporté d’ibnu ʿAbbās à propos de sa parole « sauf si vous dites des paroles convenables » comme s’il lui dit qu’elle est belle ou qu’elle aura une bonne situation.
Sauf si vous dites des paroles convenables : c’est-à-dire que vous faites allusion mais vous ne demandez pas explicitement en mariage tant qu’elle est en période d’attente post maritale. Cette expression « ʾillā » qui signifie « sauf » se rapporte à la phrase « ne leur promettez pas ». C’est-à-dire « ne leur faites pas de promesse sauf de manière convenable, qui ne soit pas blâmable ».
Et ne vous décidez pas au contrat de mariage : ici il y a l’interdiction de décider de faire le contrat de mariage. Il y a une insistance sur le sujet car décider de faire un acte précède l’acte. S’il y a interdiction de décider de faire l’acte, à plus forte raison, il y a interdiction de faire l’acte lui-même. Ici cela veut dire : ne vous décidez pas à faire le contrat de mariage ou bien ne soyez pas catégorique à faire le contrat de mariage parce que « al-ʿazm » signifie le fait d’être catégorique pour une chose. An-Nasafiyy a rapporté un ḥadīṯ rapporté par l’auteur des sounan, qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas décidé le jeûne la nuit » et une autre version rapportée par An-Nasāʾī qui signifie : « il n’y a pas de jeûne pour celui qui n’a pas mis l’intention la nuit ».
Jusqu’à ce que le terme arrive à sa fin : il s’agit ici de la période d’attente post-maritale. Ici le terme qui désigne l’échéance est le livre « jusqu’à ce que le livre arrive à son terme ». La période d’attente post-maritale est appelée ici par le terme « livre » parce qu’elle a été rendue obligatoire par le livre. C’est-à-dire jusqu’à ce que cette attente qui est écrite dont le terme lui est prescrit arrive à sa fin.
Et sachez que Dieu sait ce que vous avez dans vos cœurs : c’est-à-dire ce que vous pourriez avoir comme décision dans vos cœurs pour faire ce qui n’est pas permis.
Alors méfiez-vous : c’est-à-dire ne vous décidez à faire ce qui est interdit.
Et sachez que Dieu est Ġafūr (Celui Qui pardonne) ḥalīm : pour un être humain, ḥalīm signifie être indulgent, ne pas perdre patience. Mais concernant Dieu, ḥalīm signifie « Celui Qui ne vous fait pas parvenir la punition rapidement ». Dieu accorde à la plupart des gens du répit pour qu’ils puissent se rattraper.
Verset 236 : l’auteur rappelle le contexte et dit que ces versets ont été révélés à propos de celui qui a divorcé de son épouse sans lui avoir fixé de dot et sans avoir eu de rapport avec elle. C’est-à-dire qu’ils ont juste fait le contrat de mariage puis le mari a prononcé le divorce.
Il n’y a pas de conséquence pour vous lorsque vous divorcez les femmes et que vous n’avez pas fixé de dot tant que vous n’avez pas consommé : il n’y a pas de mal pour vous de n’avoir pas fixé de dot parce qu’il n’y a pas de dot qui soit obligatoire comme il y a eu un divorce avant la consommation. Vous n’êtes pas redevables d’une dot à la femme dans ce cas-là.
Sauf si vous lui avez fixé une dot : c’est-à-dire si la dot a été mentionnée lors du contrat. Et ce, parce que celle qui a été divorcée alors qu’il n’y a pas eu consommation et que la dot a été citée dans le contrat, dans ce cas, elle a le droit à la moitié de ce qui a été fixé dans le contrat.
Et donnez-leur une mutʿah : une mutʿah c’est une chemise et un drap dans lesquels la femme s’enveloppe et un ẖimār (quelque chose qui lui couvre la tête et le cou)
Pour l’homme qui a les moyens, qu’il donne le montant qu’il est capable de donner
Et celui dont les moyens financiers sont limités, il donne ce dont il est capable.
matāʿan : grammaticalement c’est un mafʿūl mouṭlaq, c’est -à-dire qui comporte une insistance sur l’action citée par le verbe. En insistant sur cette mutʿah.
De manière qui est convenable dans la Loi : donnez-leur un bien qui est convenable dans la Loi et qui est correct. Ne diminuez pas de façon à ne pas la rabaisser et ne gaspillez pas non plus.
C’est un droit : soit c’est un droit pour elles, c’est-à-dire qu’elles ont droit à cela.
Et un devoir pour ceux qui agissent en bien. C’est-à-dire pour les musulmans ou pour ceux qui agissent en bien avec les femmes divorcées, en leur donnant cette mutʿah (qui est une compensation financière suite à un divorce). An-Nasafiyy indique que cette bienfaisance n’est pas une action qui est délibérée et bénévole, mais c’est un devoir pour l’homme. La mutʿah est un bien qui est donné à la femme qui est divorcée sans que ce soit à cause d’elle. Ce n’est pas un montant particulier. Mais il est recommandé qu’elle soit d’un montant de trente dirham (et un dirham est une pièce d’argent qui est un peu moins que trois grammes d’argent, donc cela fait environ quatre-vingt-dix grammes d’argent) pour celui qui est dans une situation financière intermédiaire et que cette compensation financière n’atteigne pas la moitié de la dot des femmes qui lui sont semblables (c’est-à-dire les femmes qui ont son profil, on dirait aujourd’hui sa catégorie socio-professionnelle) : c’est-à-dire ce que les gens lui donnent comme dot en se référant à sa sœur, sa tante maternelle.
Il est suffisant de donner un montant sur lequel les deux se mettent d’accord, même si c’est le plus faible montant c’est-à-dire le minimum de ce qui est appelé un bien marchand.
Si l’homme et la femme ne se mettent pas d’accord, alors c’est le juge qui va fixer par son propre effort un montant, en prenant en considération l’état de l’homme.
Verset 237 : ensuite il va donner le jugement de la femme à laquelle il a fixé une dot s’il la divorce avant la consommation. Mais si vous divorcez une femme avant d’avoir consommé avec elle, alors que vous aviez fixé une dot, alors elles auront droit à la moitié de la dot que vous aviez fixée sauf si la femme refuse cela.
C’est comme s’il a dit : dans les deux cas, s’il y a eu divorce avant consommation, vous devez lui donner la moitié de la dot, sauf si la femme refuse d’elle-même. Ou que, de lui-même, celui qui détient le contrat, décide de donner malgré tout. Celui qui détient le contrat est le mari : c’est la parole de ʿAliyy, de Saʿīd fils de Zubayr, de Šurayf, de Muǧāhid, d’Abū Ḥanīfah, d’Aš-Šāfiʿiyy selon la nouvelle école, que Dieu les agrée tous. Ils considèrent que le divorce est entre les mains du mari. C’est donc lui qui décide si le contrat est poursuivi ou pas.
Le devoir selon la Loi est que le mari donne à la femme qui a été divorcée avant la consommation, la moitié de la dot, sauf si la femme l’excuse ou si le mari lui donne quand même malgré qu’elle l’ait excusé, c’est-à-dire si le mari veut donner malgré tout, la totalité de la dot (alors qu’elle a droit à la moitié).
Le fait que vous excusiez cela, vaut mieux pour vous : c’est plus proche pour la piété. « Vous » concerne aussi bien l’homme que la femme. Az-Zaǧǧāǧ a dit : pour l’homme, cela veut dire donner la totalité de la dot. Pour la femme, si elle excuse le mari pour la totalité, cela vaut mieux pour elle. Il y a une incitation à s’excuser. Cela vaut mieux.
Et n’oubliez pas le mérite entre vous : n’oubliez pas le mérite que vous avez les uns sur les autres. C’est une incitation à agir en bien. Ne rentrez pas dans des querelles, dans des disputes.
Et Allāh voit ce que vous faites et Il vous rétribue pour le fait que vous agissiez en bien.
Verset 238 : persévérez dans l’accomplissement des prières : c’est-à-dire accomplissez-les dans leurs temps, avec leurs piliers, avec leurs conditions de validité. Allāh taʿālā nous a ordonné d’être assidus dans l’accomplissement de la prière. Et ceci ne peut avoir lieu qu’en connaissant les temps conformément aux règles de la Loi de l’islam.
Et la prière du milieu : c’est-à-dire la meilleure car elle est située au milieu des autres et c’est la prière de al-ʿaṣr, la prière de l’après-midi. Il y a donc une mention particulière pour cette prière-là. Abū Ḥanīfah l’a expliquée par la prière de al-ʿaṣr et la majorité des savants sont de cet avis. Ils ont déduit cela parce que le jour de la bataille des factions, le Prophète avait dit ce qui signifie : « ils nous ont occupé de l’accomplissement de la prière centrale, que Dieu remplisse leurs maisons de feu ». Rapporté par Mouslim. Et il a jouté ^alayhi S-Salaat wa s-salaam ce qui signifie : « c’est la prière dont Soulaymane a été détourné jusqu’à ce que le soleil se cache à l’horizon ». Le temps de al-ʿaṣr se termine lorsque le soleil se couche. Cette prière de al-ʿaṣr est entre les deux prières de la journée et les deux prières de la nuit. Al-maġrib et al ^ichaa’ sont les deux prières de la nuit et aṣ-ṣubḥ et aẓ-ẓuhur sont les deux prières de la journée. La prière centrale (du milieu) qui est celle de al-ʿaṣr a un mérite particulier parce que les gens sont habituellement occupés dans cette partie de la journée, comme les commerçants qui, s’ils n’ont pas vendu leur marchandise de la journée, ils font des remises. Les gens sont occupés par leurs affaires. Il y a un grand mérite, malgré les occupations des gens, à accomplir cette prière en son temps.
Levez-vous pour accomplir la prière. « Qānitīn » c’est-à-dire remplis de crainte et de soumission envers Dieu. Ou bien en évoquant Dieu quand vous vous levez. Qānitīn est un adjectif qui signifie « en ayant le qunūt » et c’est le fait d’évoquer Dieu quand on est debout. Dans la deuxième rak^ah de la prière du ṣubḥ, on récite l’invocation du qunūt. Ou bien, autre explication : en restant longtemps debout. Et Zayd ibnu l-Arqam (qui est un des premiers compagnons) il a dit : « au début, quand on faisait la prière avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, on pouvait parler à son compagnon pendant la prière, jusqu’à ce que ce verset 238 de sūratu l-baqarah soit révélé. Quand ce verset 238 a été révélé, alors on a reçu l’ordre de ne pas parler avec les gens alors qu’on était en train de faire la prière. Il nous a été interdit, dès lors, de parler avec les gens, pendant la prière ». Rapporté par Al-Buẖāriyy et Muslim et la version qui vient d’être rapportée est celle de Muslim.
Verset 239 : si vous avez une crainte : vous voulez faire la prière mais vous avez peur de l’attaque d’un ennemi ou autre qu’un ennemi,
Alors faites la prière en étant à pied ou sur les montures : en mimant les mouvements et dans ce cas-là, il n’est pas une obligation de se diriger vers la qiblah. C’est un cas particulier où la personne peut faire une prière obligatoire dans ces conditions.
Lorsque vous êtes en sécurité : c’est-à-dire qu’il n’y a plus de crainte de l’ennemi,
Alors évoquez Dieu tout comme Il vous enseigné ce que vous ne saviez pas. C’est-à-dire la prière de la sécurité.
Verset 240 : ceux d’entre vous qui décèdent et qui laissent des épouses, alors faites un testament pour vos épouses : c’est-à-dire qu’avant de décéder, faites des recommandations pour qu’un certain montant leur soit dédié. Rapporté par Az-Zaǧǧāǧ. Il s’agit d’un bien qui dure une année, c’est-à-dire une recommandation pour, qu’après lui, son épouse soit entretenue une année complète c’est-à-dire que, à partir de son héritage, elle soit prise en charge pendant une année et qu’elle ne sorte pas de chez elle pendant une année. C’était au début de l’islam. Puis ce jugement a été abrogé par un verset qui indique que la période d’attente post-maritale de la veuve est de quatre mois lunaires et dix jours. Le verset qui a abrogé dans la récitation a précédé le verset qui est abrogé. Il a été révélé après mais, dans la récitation, il vient avant.
Si elles sortent après l’année lunaire, alors il n’y a pas de mal dans ce qu’elles ont fait : comme si elles s’embellissent, elles s’exposent à des demandes de mariage. En ne faisant pas quelque chose de blâmable selon la Loi de l’Islam. Sans faire quelque chose de réprouvable dans la Loi.
Et Allāh est ʿĀzīz, Hakīm : Dieu est glorieux et les jugements qu’Il donne sont selon une sagesse.
Verset 241 : et celles qui sont divorcées, elles ont une charge : c’est-à-dire qu’elles ont droit à la charge durant la durée de la période d’attente post-maritale. Aš-Šāfiʿī a dit que la femme qui a été divorcée a droit à une sorte de compensation : c’est un don qui lui est donné pour la consoler. C’est autre que la dot, pour la consoler dans le cas où le divorce n’est pas à cause d’elle.
De manière que ce don soit donné avec bienfaisance, c’est un droit pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 242 : ainsi Allāh vous indique des signes, puissiez-vous être sensés et raisonner. Si ce qui est visé est autre que la charge pendant la période d’attente post-maritale, mais c’est la mutʿah (le don de consolation), chez les Hanafites, c’est recommandé.
Verset 243 : n’as-tu pas vu : cette expression n’est pas une interrogation mais c’est une confirmation de ce qui va être cité par la suite, pour ceux qui ont entendu le récit de ces gens du Livre et les nouvelles des prédécesseurs et c’est pour susciter l’étonnement de leur histoire. Une deuxième explication est que c’est une parole adressée à ceux qui n’ont pas vu ni entendu cette histoire qui va suivre, parce que cette expression « n’as-tu pas vu » est comme une interpellation pour marquer la surprise.
Ceux qui ont quitté leur ville : il a été dit que cette ville s’appelle Wāṣiṭ. La peste s’est déclarée chez eux, ils sont alors partis pour la fuir. Mais Allāh les a faits mourir. Et le prophète Ḥizqīn les a ressuscités. Et il a été dit que ceux qui sont sortis de leurs villes, est un peuple des descendants d’Isrāʾīl. Leur roi les a appelés au ǧihād mais eux, se sont enfuis car ils avaient peur de mourir. Dieu les a faits mourir huit jours puis Il les a faits ressusciter.
Ils étaient des milliers à fuir leur ville par crainte de la mort. Dieu leur a dit de mourir c’est-à-dire que Dieu les a faits mourir. C’est pour nous faire comprendre que c’était comme la mort d’un seul homme : ils sont tous morts en même temps. Cette mort était une mort qui n’était pas ordinaire. Il y a ici un encouragement pour les musulmans pour le ǧihād. La mort est inéluctable et il n’y a pas de fuite qui soit utile contre elle. Ici, leur roi leur a dit d’aller faire le ǧihād et eux se sont enfuis pour ne pas mourir et Dieu les a faits mourir quand même. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’échappatoire à la mort. Donc du moment que la mort est inéluctable et qu’il n’y a pas d’échappatoire, le mieux est que ce soit une mort que Dieu agrée.
Puis Il les a ressuscités : après leur mort, ils sont revenus à la vie afin qu’ils en tirent des moralités. Afin qu’ils sachent qu’il n’y a pas d’échappatoire au jugement de Dieu et de Sa prédestination.
Certes Allāh est Celui Qui fait grâce aux gens : puisqu’il leur fait prendre connaissance de ce qui est une moralité pour eux, tout comme Il a fait prendre conscience aux autres. Dieu nous fait prendre conscience, par ces récits, de ces moralités.
Autre explication : Dieu fait grâce aux gens puisqu’Il a ressuscité ces gens-là afin qu’ils tirent la moralité, qu’ils sachent que Dieu est sur toute chose tout puissant, qu’il n’y a pas de possibilité d’échapper à la prédestination de Dieu. Dieu a donné aux gens cette possibilité d’être exhortés. Et s’Il l’avait voulu, Il les aurait laissés morts jusqu’au jour du jugement.
Mais la plupart des gens ne remercient pas. La preuve est que ce récit a été cité pour inciter au ǧihād et ce qui va s’en suivre comme ordre de faire le ǧihād dans la voie que Dieu agrée. Et c’est le verset qui suit qui est le verset 244 : combattez dans la voie que Dieu agrée : Il les a incités au ǧihād après les avoir informés que la fuite de la mort n’est pas utile. Et cette parole s’adresse à la communauté de Muḥammad ʿalayhi s-salām ou bien à ceux qu’Il a ressuscités, des milliers dont il a été question tout à l’heure.
Et sachez que Dieu entend : Il entend ce que disent ceux qui se mettent en retrait, qui ne veulent pas rejoindre ceux qui sortent et Il entend ce que disent ceux qui sortent.
Il sait ce qu’ils ont dans leurs cœurs. Il sait ce qu’ils ont dans leur for-intérieur.
Verset 245 : qui donc est prêt à dépenser dans la voie que Dieu agrée et il le fait de plein gré : Il a appelé cela un prêt « qarḍ », comme un prêt que la personne dépense dans la voie que Dieu agrée. Le qarḍ est ce qui est remboursé par un équivalent par la suite. C’est ce qui est remboursé par un montant équivalent, plus tard. Cela signifie « couper » (les maqrūḍ sont les morceaux de gâteaux, qui sont coupés). C’est comme si la personne coupe le montant de ses biens pour le donner à un autre, qui le remboursera l’équivalent. Il a comparé ce qu’on dépense dans la voie que Dieu agrée, à un prêt d’argent. Cela veut dire que Dieu te conserve cela, ce n’est pas perdu, la personne sera récompensée pour ce qu’elle aura fait. C’est comme si on prête puis on sera remboursé. La dépense que l’on fait par recherche de l’agrément de Dieu est comme si on avait prêté et le remboursement sera la récompense. Et Dieu nous rétribuera sans aucun doute.
La personne le fait de bon cœur à partir de l’argent qui est bon c’est-à-dire licite. Ici il s’agit de la dépense pour le ǧihād car Dieu a ordonné de mener des conquêtes dans la voie qu’Il agrée pour ces conquêtes, il y a besoin d’argent, Il a incité à faire des dons pour que les causes soient réunies pour cela.
Allāh le lui multipliera de nombreuses fois et Dieu seul sait combien. Il a été dit que la récompense d’un euro est comme sept-cent euros.
Et Allāh est Celui Qui fait que la subsistance devienne très faible ou qu’elle devienne très grande. Le licite dans ce bas monde, on va rendre des comptes dessus, et l’illicite dans ce bas monde, on mérite un châtiment. Alors ne faites pas preuve d’avarice pour le bien que Dieu nous a accordé en abondance, sinon vous allez le regretter.
Et vous allez revenir à la vie pour son jugement. Et Dieu va vous rétribuer pour ce que vous aurez fait. Celui qui a fait du bien va trouver du bien. Celui qui a fait du mal trouvera autre que le bien.
Verset 246 : n’as-tu pas vu l’assemblée : l’assemblée de personnes nobles parce que, quand tu les vois, ton cœur est empli de respect et les yeux sont emplis de crainte. De certains descendants d’Isrāʾīl, après le décès de Mūsā ʿalayhi s-salām, ils ont dit à un de leurs prophète (il s’appelle Šamʿūn (Simon) ou bien Yūšaʿ ou bien Išmāwīl)
Désigne-nous un roi : ils lui ont demandé de leur désigner un roi qui va les amener au combat, qui les dirige et qui va les orienter pour la gestion des conquêtes et nous allons lui obéir
Nous allons mener des conquêtes dans la voie que Dieu agrée.
Le prophète leur a répondu : il a dit est-ce-que, lorsque le combat vous sera prescrit, vous allez vraiment combattre ? Il était convaincu qu’ils n’allaient pas combattre et qu’ils allaient faire preuve de manque de courage. La forme est une question mais il était persuadé de la réponse négative. Cette forme interrogative est pour décréter et confirmer ce dont il était convaincu.
Ils ont répondu mais pourquoi n’irions-nous pas combattre dans la voie que Dieu agrée ? C’est-à-dire qu’est-ce qui nous amènerait à délaisser le combat ? Quel objectif aurions-nous en cela ?
Alors que nous avons été chassés de chez nous, nous et nos enfants ? Parce que le peuple de Goliath habitait entre l’Egypte et la Palestine et ils ont fait prisonniers les enfants de leur roi (440 d’entre eux). Ils visent par-là que, si la situation est telle qu’elle est maintenant, il est forcément nécessaire que nous allions combattre.
Lorsque le combat leur a été prescrit : c’est-à-dire qu’ils ont été exaucés dans leur attente,
Ils ont reculé : comme ce à quoi s’attendait leur prophète
Excepté un faible nombre d’entre eux : ceux qui n’ont pas reculé étaient 313 (exactement le même nombre que les musulmans qui ont combattu lors de la bataille de Badr)
Et Dieu sait ceux qui sont injustes. Cette parole est une menace pour eux, pour leur injustice de n’avoir pas répondu à l’ordre de Dieu.
Verset 247 : leur prophète leur a dit : Allāh vous a désigné un roi qui s’appelle Ṭālūt : et ce ne sont pas des noms arabes. C’est comme le nom Goliath et le nom Dāwūd, ce ne sont pas des noms arabes et donc ils ne suivent pas la déclinaison grammaticale des noms arabes (ce sont des noms exceptés de la déclinaison).
Ils lui ont dit comment est-ce que c’est un roi, lui ? Nous sommes prioritaires pour être des rois et lui, n’a pas d’argent. Ils ont renié le fait qu’il soit un roi pour eux. Et ils ont trouvé cela inadmissible. Ils ont dit comment Ṭālūt deviendrait-il un roi alors qu’il ne mérite pas de devenir notre roi puisqu’il y a ceux qui sont prioritaires sur lui pour devenir des rois ? Ils lui ont dit : il est pauvre et un roi a nécessairement de l’argent pour pouvoir gouverner. Ils lui ont dit tout cela parce qu’habituellement, parmi les descendants d’ Isrāʾīl, les prophètes étaient des descendants d’un homme qui s’appelle Lāwā fils de Yaʿqūb ʿalayhi s-salām. Et la souveraineté était de la descendance de Yahūḏā qui était un des descendants de Binyāmīn, le petit frère de Yūsuf. Alors que Ṭālūt était un homme qui donnait de l’eau aux gens et il donnait aux pauvres. Il a été dit que leur prophète a invoqué Allāh. Ils lui ont ramené un bâton et lui ont dit : votre roi sera celui qui aura la taille de ce bâton. Ils ont mesuré tout le monde et il n’y a eu que Ṭālūt qui avait la taille de ce bâton.
Il leur a dit : Allāh l’a élu pour qu’il soit votre roi et Allāh sait mieux votre propre intérêt que ce que vous le savez. Puis Il leur a cité deux choses qui sont de leur intérêt, qui sont plus utiles et plus profitables que ce qu’ils ont cité eux-mêmes. Ils avaient cité l’ascendance de Ṭālūt en disant qu’il n’était pas descendant des rois et le fait qu’il n’avait pas d’argent. Allāh leur a cité deux particularités que les autres n’avaient pas : il avait beaucoup de science et il était fort.
Allāh lui a donné encore plus de science et une force physique. Ils ont dit que Ṭālūt était parmi les descendants d’Isrāʾīl celui qui avait le plus de connaissance des techniques de guerre et dans la science de la religion parmi les gens de son époque. Et il dépassait tout le monde par sa tête et ses épaules. Dieu dit que Ṭālūt a plus qu’eux et que le roi fait partie nécessairement des gens qui ont de la science, parce que celui qui est ignorant est méprisable, il est humilié et on ne profite pas de lui. Un roi a forcément des connaissances dans la religion. Et il était fort physiquement et ceci a un impact sur les gens. Quand le roi est imposant par sa taille et par sa corpulence, il inspire davantage de crainte et de respect chez les gens.
Et Allāh accorde la souveraineté à qui Il veut. La souveraineté appartient à Dieu. Il n’y a pas qui la Lui dispute. Allāh l’accorde à qui Il veut l’accorder. Et ce n’est pas par l’héritage.
Et Allāh est Celui Qui accorde avec largesse : Il élargità celui qui n’a pas suffisamment d’argent, Il l’enrichit après sa pauvreté.
Et Il sait : c’est-à-dire qu’Il sait qui Il élit pour la souveraineté.
C’est à ce moment-là qu’ils ont demandé quel était le signe qui leur indiquerait que Ṭālūt serait leur roi.
Verset 248 : et leur prophète leur a dit que le signe de sa souveraineté est qu’il va vous ramener at-tābūt : il s’agit du coffret de la Torah. Et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, quand il allait au combat, faisait en sorte que ce coffre était placé à la tête des descendants d’Isrāʾīl et ça amenait la sérénité dans leurs cœurs. Et ainsi ils ne s’enfuyaient pas.
Il comporte une sérénité de la part de votre Seigneur. C’est-à-dire une sérénité et une paix. Et dans le coffre, il y aura quelques restes des tablettes qui ont été révélées à Mūsā et il y aura son bâton, ses vêtements et un peu de Torah ainsi que les deux sandales de Mūsā et le turban de Hārūn
Ce sont des restes que vous ont laissés Mūsā et Hārūn. Les anges vont vous le porter. Car ce tābūt a été élevé après la mort de Mūsā puis les anges l’ont fait descendre jusqu’à terre.
Il y a certes en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants. Cela veut dire que le fait que ce coffre vous revienne, c’est un signe que Dieu a accordé la souveraineté à Ṭālūt : il est devenu votre roi si vous êtes de ceux qui croient en la véracité.
Verset 249 : lorsque Ṭālūt est sorti avec les soldats pour combattre l’ennemi, ils étaient 80 000 soldats. Il faisait extrêmement chaud et ils ont demandé à Dieu de leur faire couler une rivière pour qu’ils puissent boire. Il leur a dit : Allāh vous éprouvera c’est-à-dire qu’Il va vous faire subir une épreuve par une rivière. Dieu va vous donner la rivière de Palestine, pour que soit distingué entre vous qui est sincère dans le combat et qui ne veut pas combattre. Il leur a dit : celui qui va boire comme boivent les animaux, c’est-à-dire en mettant directement sa bouche dans l’eau, alors il ne fera pas partie des miens. Mais celui qui n’en boit pas, il fait partie des miens, comme s’il puise l’eau avec la paume des mains. C’est une autorisation. Ils ont tous bu, comme font les animaux, excepté peu parmi eux : et c’était les 313.
Quand ils ont dépassé la rivière, Ṭālūt et ceux qui étaient croyants avec lui, ils lui ont dit : nous ne pouvons pas aujourd’hui tenir tête à Goliath (Ǧālūt) et à son armée. Et Goliath était un géant et un injuste. Il était descendant de Imlīq qui est le fils de ʿĀd. Il portait 300 livres de fer sur son armure et son casque. (Une livre équivaut à environ 500 grammes, donc 300 livres équivalent à 150 kg).
Il a dit ceux qui ont la certitude qu’ils vont gagner l’agrément de Dieu : c’est-à-dire la certitude qu’ils vont mourir martyrs. Ceux qui sont restés avec Ṭālūt étaient peu nombreux. Il a été dit que ceux qui avaient puisé avec le creux de leurs mains, ce qu’ils avaient puisé leur avait suffi pour étancher leur soif et en tant que provision. Tandis que ceux qui ont bu directement, leurs lèvres sont devenues noires et ils étaient assoiffés.
Ceux qui ont juste puisé l’eau ou bien qui n’ont rien pris, ils ont dit que le faible nombre a eu le dessus sur le groupe du grand nombre, par la volonté de Dieu. Et c’est Dieu Qui accorde la victoire.
Et Allāh accorde la victoire à ceux qui patientent.
Verset 250 : quand ils se sont engagés pour combattre Goliath (Ǧālūt) et son armée. Ils sont sortis avec Ṭālūt pour combattre Goliath.
Ils ont dit : ô notre Seigneur déverse sur nous la patience pour le combat et fais que nos pas soient fermes en renforçant nos cœurs et en introduisant la terreur dans les cœurs de nos ennemis.
Et donne-nous la victoire sur les mécréants. C’est-à-dire : fais que nous ayons le dessus.
Verset 251 : ils les ont vaincus : c’est-à-dire que les musulmans ont vaincu les mécréants c’est-à-dire que Ṭālūt et les musulmans ont vaincu Goliath et son armée
Par la volonté de Dieu : c’est-à-dire par un soutien de la part de Dieu, par la prédestination de Dieu, Dieu les a aidés et ils ont vaincu les mécréants.
Et David a tué Goliath : Bīšā était un croyant qui était dans l’armée de Ṭālūt, avec six de ses fils. Et le septième fils de Bīšā était David qui était jeune et qui faisait paitre le bétail. Dieu a révélé au prophète des descendants d’Isrāʾīl que ce serait David qui allait tuer Goliath. Ṭālūt, a demandé à Bīšā de ramener le plus jeune de ses fils. Et alors que David était en chemin, il y a trois pierres qui lui ont dit de les prendre. Chacune de ces pierres disait à David : « ramasse-moi ». Et chacune d’elle disait : « c’est avec moi que tu vas tuer Goliath ». David a pris les trois pierres, il a saisi sa fronde et il a tué Goliath. Alors Ṭālūt a donné en mariage sa fille à David. Ṭālūt était roi, il a envié David et a souhaité le tuer puis il a fait le repentir.
Allāh lui a accordé la souveraineté : c’est-à-dire à David. Dieu lui a accordé la souveraineté à l’est et à l’ouest. Et le peuple d’Isrāʾīl n’a pas eu un souverain qui les unisse tous avant David. David était le premier roi et prophète qui les a tous gouvernés.
Wal-ḥikmah : c’est-à-dire la prophétie.
Et Dieu lui a appris plusieurs choses : entre autres la fabrication des armes, des armures, des boucliers, ainsi que le langage des oiseaux et des animaux et autre que cela.
Et si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes s’opposent à d’autres, alors il y aurait beaucoup de corruption sur terre. C’est-à-dire que si Dieu n’avait pas fait que certaines personnes repoussent d’autres, s’Il n’avait pas fait que leur corruption soit arrêtée, les corrupteurs auraient fait beaucoup plus de mal et il y aurait moins de bienfait sur terre en tant que récolte et descendance. S’il n’y avait pas eu certains qui se sont opposés à d’autres, le mal se serait propagé. Si Dieu n’avait pas accordé la victoire aux musulmans, alors il y aurait corruption sur terre et il y aurait la mort des gens de bien, il y aurait la destruction de villes. Par la cause des musulmans, le mal cesse.
Allāh est Celui Qui accorde une grande grâce pour les gens. Dieu est Celui Qui fait grâce aux gens, en faisant cesser la corruption, en éloignant d’eux le mal. Dieu accorde le bien par Sa grâce : c’est une preuve contre les moutazilites parce que ce groupe, que Dieu les maudisse, dit que c’est une obligation pour Dieu de récompenser ceux qui sont obéissants. Alors que Dieu n’est pas contraint à faire quoi que ce soit. Ils prétendent que c’est l’homme qui crée le bien et que, forcément, Dieu doit le récompenser. Nous, nous disons comme il est dit dans ce verset : Dieu a fait grâce aux gens en leur accordant le bien. Si le bien provient de nous, c’est une grâce de la part de Dieu. Si Dieu nous rétribue pour ce bien, c’est un bienfait et une grâce de la part de Dieu.
Verset 252 : ce sont là des signes de la part de Dieu. C’est-à-dire les récits qui vous ont été rapportés par des milliers, le fait que Dieu les ait fait mourir puis les ait fait revenir à la vie, le fait que Ṭālūt ait été désigné en tant que roi et le fait qu’il ait le dessus sur les géants par les mains d’un jeune qui est David.
Nous te les rapportons véritablement : c’est-à-dire que c’est une certitude. Il n’y a pas de doute à ce sujet. Les gens du Livre n’ont pas de doute à ce sujet parce que ce récit qui est dans le Qur’ān est aussi dans leurs livres. Même eux ne le renient pas.
Et certes tu es certes au nombre des envoyés. Certes tu fais partie des envoyés. C’est-à-dire que tu informes de ces récits-là sans que tu ne les aies connus en lisant un livre ou en les ayant entendus de ceux qui les ont rapportés. C’est un témoignage de la part de Dieu que Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam bien un envoyé de la part de Dieu, puisqu’il rapporte ce récit, alors qu’il ne lit pas et n’écrit pas. Et eux, ils cachent cela. Comment donc a-t-il su cela ? Par révélation.
Verset 253 : ces messagers : c’est une allusion à un certain nombre de messagers dont le récit a été mentionné dans cette sourate, depuis Ādam jusqu’à David. Ou encore ces messagers dont le messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a eu connaissance.
Nous avons accordé à certains un mérite sur d’autres : parce que tous les messagers ne sont pas du même degré. Les messagers se distinguent les uns des autres : certains ont un degré supérieur aux autres, par des caractéristiques qui sont au-delà de leur statut de prophète. Car en ce qui concerne leur statut de messager, ils sont tous équivalents puisqu’ils sont tous des messagers. Comme les croyants qui sont tous équivalents dans la foi, c’est-à-dire dans la base de la foi. Les Hanafites disent que la base de la foi n’augmente pas ni ne diminue. Les croyants se distinguent dans les actes d’obéissance. Comme si quelqu’un jeûne les neuf premiers jours de ḏu l-ḥiǧǧah : il va dépasser en degré celui qui ne les jeûne pas. Ainsi pour les prophètes, certains se distinguent des autres par des caractéristiques que Dieu leur accorde : comme notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām, il a voulu rencontrer quelqu’un qui avait plus de science que lui et c’était Al-Ǧādir. Et Al-Ǧādir avait plus de connaissances que Mūsā sur certaines choses et vice-versa.
Parmi eux il y a ceux à qui Allaah a fait entendre Sa parole : sans qu’il n’y ait d’intermédiaire. Et il s’agit de Mūsā ^alayhi s-salaam. La parole de Dieu n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. C’est un attribut, comme Sa vie, Son unicité, Sa vue, ce ne sont pas des attributs avec des organes. Quand on dit que Mūsā a entendu la parole de Dieu, ça veut dire que Dieu a enlevé le voile abstrait qui empêche d’entendre la parole de Dieu.
Allāh a élevé certains prophètes par certains degrés : il y a parmi les prophètes ceux que Dieu a élevés en degrés plus que d’autres. Celui qui a le plus haut degré parmi les prophètes est notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam parce qu’il a été envoyé à tout le monde. Alors que Mūsā, ʿīsā ont été envoyés à banu Isrāʾīl, c’est-à-dire aux descendants de Yaʿqūb. Également il a un mérite sur les autres prophètes car il a eu plus de miracles que les autres prophètes. Certains ont dit mille ou plus que mille miracles. Et le plus haut miracle est le Qur’ān, qui est un miracle permanent. Dans ce verset, il n’a pas été précisé par quoi ils ont été élevés. Ceci est pour montrer l’importance des degrés de certains par rapport à d’autres, que le degré de certains dépasse le degré d’autres.
Et il a été dit que ceux qui ont été élevés par rapport à d’autres, ce sont Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ, qui sont appelés ʿulu l-ʿazm. Et notre maitre Abū Hurayrah a dit ce qui signifie : « les meilleurs des prophètes sont au nombre de cinq : Muḥammad, Ibrāhīm, Mūsā, ʿīsā et Nūḥ et le meilleur d’entre eux est MouHammad ». Rapporté par Al-Ḥākim dans al-mustadrak.
Et Nous avons accordé à ʿīsā le fils de Maryam des signes clairs. Ce sont les miracles comme la résurrection des morts, guérir celui qui est aveugle de naissance et celui qui a la maladie de la peau appelée vitiligo et autres que cela.
Nous l’avons soutenu par rūḥi l-qudus : et c’est l’ange Ǧibrīl ^alayhi s-salaam, ou bien par l’évangile. On peut dire « al-qudis » ou « al-qudusi » : ça veut dire l’âme de la pureté. C’est une caractéristique de Ǧibrīl.
Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit après les messagers, après qu’ils aient eu les preuves claires. C’est-à-dire les miracles.
Mais les gens ont eu des conflits : par la volonté de Dieu. Dieu l’a voulu. Et Il a indiqué en quoi il y a eu des conflits, comment les gens se sont distingués les uns des autres
Certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants. Dieu nous apprend qu’Il a fait que les choses soient ainsi pour Ses messagers. Il n’y a pas parmi les messagers un seul qui a eu l’obéissance de toute sa communauté durant sa vie, ni l’obéissance de toute sa communauté après sa mort. Mails ils ont été différents : certains ont été croyants et d’autres ont été mécréants.
Et si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. C’est une répétition, pour insister. Si Dieu l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de différence au sein de la communauté et ils auraient tous été croyants. Parce que n’a lieu dans ce qui appartient à Dieu, que ce que Dieu veut. Et cette phrase est encore une réplique aux moutazilites : ils disent que Dieu a voulu qu’il n’y ait pas de conflit mais ils ont eu des conflits. Alors que Dieu nous apprend que, s’Il l’avait voulu, il n’y aurait pas eu de conflit. Et les moutazilites disent le contraire. Ils disent que Dieu est vaincu. Quand une chose arrive en-dehors de la volonté de quelqu’un, ça veut dire que ce quelqu’un est impuissant.
Mais Allāh fait ce qu’Il veut. Dieu fait absolument ce qu’Il veut. Il n’y a pas une chose qui arrive sans que ce soit par la volonté de Dieu. Dieu a confirmé la volonté pour Lui-même, tout comme c’est la voie de ahlu s-sunnah. La voie de ahlu s-sunnah est que tout est par la volonté de Dieu.
Verset 254 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir de ce que Nous vous avons accordé en subsistance. C’est-à-dire dans le ǧihād dans la voie que Dieu agrée, ou bien c’est un sens général il s’agit de toute aumône en général.
Avant que ne vienne un jour dans lequel il n’y aura pas de commerce : c’est-à-dire avant que ne vienne un jour dans lequel vous n’aurez pas la capacité de rattraper les dépenses que vous avez manquées, et c’est le jour du jugement parce que ce jour-là, il n’y aura plus de vente ni d’achat, vous ne pourrez pas ce jour-là obtenir ce que vous dépenserez c’est-à-dire toujours dans la voie que Dieu agrée
Ni de compagnon : c’est-à-dire que ce jour-là, il n’y aura pas de compagnon qui pourra vous excuser ni vous pardonner
Ni d’intercession : c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’intercession en faveur des mécréants. Quant aux croyants, ils auront une intercession. Ou bien il n’y aura pas d’intercession sans l’autorisation de Dieu.
Et les mécréants ce sont eux les injustes : ils sont injustes envers eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas œuvré pour le jour du jugement. Ils n’ont pas préparé ce qui est un jour où ils auront des besoins. Ils auront des besoins ce jour-là et ils n’ont pas anticipé. Ou bien les « kāfirūn » ce sont les incrédules c’est-à-dire ceux qui ne croient pas en ce jour-là.
Notre šayẖ a ajouté : et la mécréance est le summum de l’injustice, c’est l’extrême injustice. Ainsi toute injustice qui peut se produire de la part d’un musulman, ce n’est comme rien du tout par rapport à l’injustice qui peut se produire de la part d’un mécréant. Le mécréant, du fait d’avoir commis cette mécréance a commis une injustice qui est la plus grave des injustices. Elle est plus grave que l’injustice que peut commettre un musulman. Si un musulman ne fait pas la prière obligatoire, c’est une injustice, si un musulman commet la fornication, c’est une injustice. Donc ce qui compte, c’est d’adorer Dieu. Ce n’est pas comme certains disent, que la religion c’est le comportement. Cela veut dire que celui qui est injuste mais qui est musulman, comme s’il consomme les biens des gens injustement ou bien s’il frappe les gens sans droit, tout cela est comme rien du tout par rapport à la mécréance. Parce que l’injustice que commet le musulman, Dieu la pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il ne les châtie pas. Cela veut dire que la mécréance est la couche supérieure dans l’injustice. La mécréance commise par le mécréant constitue une injustice. Cette injustice est plus grave que si un musulman avait assassiné des milliers de milliers de musulmans, sans se rendre licite l’assassinat, même s’il n’avait pas fait le repentir. Allāh taʿālā nous a fait comprendre par ce verset et par autre que ce verset que la mécréance est le summum de l’injustice et que toute injustice qui est moindre que la mécréance est quelque chose de très petit par rapport à la mécréance. Et les mécréants ce sont eux les injustes c’est-à-dire que ce sont eux qui ont commis le maximum d’injustices. La mécréance commise par les mécréants est le maximum de l’injustice.
Verset 255 : et c’est Āyatu l-kursiyy. Allāh, il n’est de dieu que Lui :
Le nom « Allāh » est un nom propre qui désigne un être qui est glorifié et qui mérite que nous Le glorifiions à l’extrême et que nous nous soumettions à Lui à l’extrême. Le nom « al-ilaahou » est celui qui a la divinité c’est-à-dire celui qui a la capacité de créer c’est-à-dire de faire exister ce qui n’existait pas.
Puis An-Nasafiyy cite un linguiste qui s’appelle Al-Fayyūmiyy qui a écrit un livre intitulé « al-miṣbāḥu l-munīr » (qui se présente comme un dictionnaire très concis mais c’est une mine d’or) dans lequel il explique le mot « al-ilāh » : à l’origine, c’est celui qui est adoré et il s’agit de Dieu subḥānahu wa taʿālā. Quand on dit « al-ilāh » (le dieu) c’est Allāh taʿālā. Puis les associateurs ont détourné ce mot et l’ont utilisé pour désigner ce que, eux, ont adoré, au lieu d’adorer Dieu. En effet Dieu seul a la capacité de faire exister ce qui n’existe pas.
Un autre spécialiste de la langue qui s’appelle Al-Mubarrid a dit : le dieu est celui qui a al- ilāhiyyah c’est-à-dire la divinité et la divinité est la capacité de faire exister et de créer. Donc il n’est pas permis de dire que « le dieu » est tout ce qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. N’est-ce pas qu’il y a des gens qui adorent des vaches ?! Nous disons que « le dieu » est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs qui ont détourné le sens du mot « dieu » pour désigner ce qui ne mérite pas d’être adoré.
L’imam Abū Manṣūr al-Baġdādiyy a compté le nom « al-ilāh » parmi les noms de Dieu.
Tout cela est une preuve contre ceux qui prétendent que « al-ilāh » signifie celui qui est adoré, que ce soit légitimement ou pas. On ne dit pas que tout ce qui est adoré est un dieu. On dit que le dieu est ce qui mérite d’être adoré. Ce sont les associateurs, c’est-à-dire ceux qui adorent autre que Dieu qui ont détourné ce mot pour prétendre que ce mot désigne tout ce qui est adoré et c’est faux.
Dieu, il n’est de dieu que Lui, Il a pour attribut la vie. Sa vie est exempte de fin. L’anéantissement est impossible au sujet de Dieu. Dieu ne S’anéantit pas. La vie des humains s’anéantit lorsque l’âme sort du corps, qu’elle est retirée du corps par l’ange ʿAzrāʾīl. Alors que la vie de Dieu est un attribut qui n’a ni début ni fin.
Il est Qayyūm c’est-à-dire qu’Il est Celui Qui est exempt de fin, Celui Qui n’a pas de fin à Son existence. Il est Celui Qui prédestine à Ses créatures et Qui préserve Ses créatures de ce dont Il veut qu’elles soient préservées.
Il n’est touché ni par la somnolence : la somnolence est cet état de relâchement qui précède le sommeil. Dieu n’est pas concerné par cela.
Ni par le sommeil : Al-Muffaḍḍal a dit que « as-sinah » c’est lorsque la tête s’alourdit. Et « an-nuʿās » c’est lorsque les yeux sont fatigués. Et « an-nawm » c’est lorsque le cœur se déconnecte, lorsque la personne s’endort. Il a dit que « as-sinah » est relatif à la tête, «an- nuʿās » est relatif aux yeux et « an-nawm » est relatif au cœur. C’est une insistance pour montrer que Dieu est bien « Al-Qayyūm ». Car celui pour lequel ces choses sont possibles, il n’est pas qayyūm. Dieu a révélé à Mūsā ʿalayhi s-salām de dire à ces gens-là : « c’est Moi Qui fais que les cieux et la terre restent à leur place, par Ma toute-puissance. Si J’étais touché par la somnolence ou le sommeil, ils tomberaient ».
A Lui ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre Lui appartient et tout ceci est sous Sa domination. Il n’y a pas de chose qui se produise sans que ce soit par Sa volonté. Cela signifie que le bien et le mal sont par la volonté de Dieu.
Qui donc aurait intercédé si ce n’est pas Sa permission ? Personne ne pourra intercéder au jour du jugement si ce n’est pas la volonté de Dieu. Et ceci est une indication de Sa totale souveraineté et de la totale gloire qui lui est due. Et qu’au jour du jugement, personne n’aura la capacité de dire un seul mot sauf s’il lui est autorisé de parler. De plus, ce verset est une réplique à la prétention des mécréants qui prétendent que leurs idoles vont intercéder en leur faveur.
Il sait ce qu’il y a devant eux et derrière eux. Il sait ce qui va avoir lieu avant eux et ce qui va avoir lieu après eux. Le pronom « eux » se rapporte à ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Parmi ceux qui sont dans les cieux et sur terre, il y a ceux qui sont dotés de raison.
Et ils ne savent de ce qu’Il sait que ce qu’Il veut qu’ils sachent : on dit ô Dieu, pardonne ce que Tu sais de nous. Et ils ne savent de ce que Dieu sait, que ce que Dieu veut qu’ils sachent. Cela signifie que les habitants des cieux, qui sont les anges et les habitants de la terre, que ce soient les prophètes, les saints, toutes ces créatures ne savent que ce que Dieu veut qu’ils sachent.
Excepté ce qu’Il veut : c’est-à-dire excepté ce qu’Il a voulu qu’ils sachent. C’est pour cela que Dieu mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême parce qu’Il est Celui Qui nous a créé, Qui nous a donné l’existence.
Al-kursī est un corps de très grande dimension qui se trouve sous le Trône : si tous les sept cieux et les sept terres étaient placés les uns à côté des autres, al-kursī serait encore plus grand que tout cela réuni.
Par ailleurs ibnu Ḥibbān a rapporté du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam que la taille des sept cieux par rapport à celle de al-kursī est à l’image d’un anneau jeté dans une terre déserte.Al-kursiyy est très grand par rapport aux sept cieux. Et le mérite du Trône par rapport au kursiyy est comme cette terre étendue par rapport à l’anneau. C’est-à-dire que le Trône est encore beaucoup plus grand que al- kursī. Pourquoi le kursiyy a-t-il été appelé ainsi ? En arabe « kursiyy » signifie « chaise » ou « tabouret » dans le sens de ce sur quoi on poserait le pied pour monter sur un lit. Donc al-ʿarš est comme un lit et al-kursiyy est comme un tabouret sur lequel on monterait pour accéder au lit.
An-Nasafiyy précise une chose. Il dit que ce n’est pas valide d’expliquer al- kursiyy par la science, parce que ce n’est pas correct dans la langue arabe. Dans la langue arabe, le mot « kursiyy» n’a pas le sens de la science. Certains exégètes ont prétendu cela. Cette phrase ici est pour rectifier le sens que certains ont donné.
Pour en revenir à al-ʿarš qui est traduit par le Trône : al-ʿarš est un lit, c’est-à-dire un support horizontal qui repose sur quatre piliers verticaux. Et c’est le plus grand corps que Dieu a créé. Et cela ne veut pas dire que Dieu ne peut pas créer plus grand que cela mais cela veut dire que Dieu n’a pas créé un corps qui soit plus grand. Et le Trône est le toit du paradis. Et la sagesse de la création du Trône et du kursiyy est de manifester la puissance de Dieu.
Et l’imam ʿAbdul-Qāhir fils de Ṭāhir Al-Baġdādiyy dans son livre intitulé « ʾUṣūlu d-dīn » (les fondements de la religion) a rapporté du compagnon ʿAliyy ibnu abī Ṭālib que Dieu l’agrée, ce qui signifie : « certes Dieu a créé le Trône en tant que manifestation de Sa puissance et Il ne Se l’est pas pris comme endroit pour Lui-même ».
Il y a une autre version du ḥadīṯ qu’on a vu précédemment à propos du kursiyy : « les sept cieux par rapport au kursiyy sont comme un anneau dans une terre déserte et le rapport du Trône par rapport au kursiyy est comme l’étendue de cette terre par rapport à l’anneau ». Rapporté par ibnu Ǧarīr.
Et ce n’est pas difficile pour Lui, de les préserver : c’est-à-dire de préserver les cieux et la terre.
Il a un très haut degré : il s’agit ici d’une élévation en degré et on ne dit pas que Dieu serait établi sur le Trône. Parce que l’élévation par la direction est quelque chose d’impossible au sujet de Dieu. C’est une caractéristique des créatures.
Al-Qurtubiyy (originaire de de Cordoue) a expliqué le nom de Dieu « Al-ʿAliyy » par l’élévation du degré et de la glorification qui lui est due et ça ne veut pas dire l’élévation par l’endroit car Allāh est exempt d’être situé dans un endroit. Al-ʿAliyy et Al-Āliyy signifient « Al-Qāhir », Celui Qui domine toute chose.
Autre explication du nom « Al-ʿAliyy » : celui qui est au-dessus des caractéristiques qui ne sont pas dignes de lui. C’est-à-dire qu’Il est exempt des caractéristiques des créatures.
Al-ʿAẓīm : Il est l’Eminent par Sa gloire et par le respect qui lui est dû. Celui Qui est attribué des attributs qui sont dignes de Lui.
Ces deux noms réunissent le sens parfait, complet du tawḥīd
Commentaire de An-Nasafiyy : les phrases qui composent ce verset ne sont pas liées par une conjonction de coordination, comme « mais où et donc or ni car ».
La première phrase indique que Dieu est Celui Qui prédestine à Ses créatures, et Il est Celui Qui domine Ses créatures. Il n’est pas sujet à la somnolence ni au sommeil. Rien ne Lui échappe.
La deuxième phrase indique qu’Il est Celui à qui appartient ce à quoi Il prédestine.
La troisième phrase indique la grande éminence de Dieu.
La quatrième phrase indique que Dieu sait tout de Ses créatures, rien ne Lui échappe.
La cinquième phrase est pour expliquer l’étendue de Sa science et le fait que Sa science se rapporte à toute chose. Ou pour indiquer l’éminence de Son degré.
Ce verset a un mérite sur les autres versets du Qur’ān parce qu’il y a eu beaucoup de textes qui nous sont parvenus à ce sujet et qui indiquent qu’il a un mérite. Entre autres ce qu’a rapporté l’imam ʿAliyy ibnu abī Ṭālib, le quatrième calife, de la part du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, ce qui signifie : « celui qui récite « āyatu l-kursiyy » après chaque prière obligatoire, rien ne l’empêche d’entrer au paradis si ce n’est la mort ». Rapporté par An-Nasāʾiyy et aṬ-Ṭabāniyy.
Il n’y a pas une évocation plus éminente, plus importante, que l’évocation de Dieu. Tout ce qui est une évocation de Dieu est meilleur que toutes les autres évocations. Et c’est par là que nous avons su que la meilleure des sciences est la science du tawḥīd.
Il a été rapporté que « āyatu l-kursiyy » est la meilleure de toutes les sūratu l-baqarah du Qur’ān. Abū Hurayrah a rapporté que le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « il y a dans sūratu l-baqarah une āyah qui est la maitresse des autres āyah du Qur’ān. Elle n’est pas récitée dans une maison qui comporte un šayṭān (un ǧinn mécréant) sans que celui-ci en sorte ». Rapporté par Al-Hākim, at-Tirmiḏiyy et Al-Bayhaqiyy.
Et dans le ḥadīṯ de la ṣadaqah (c’est-à-dire la zakāt) : il y a eu la collecte de la zakāt des animaux et le Prophète avait chargé Abū Hurayrah de se charger de cela. Une nuit, quelqu’un a essayé d’en prendre et Abū Hurayrah l’en a empêché mais il n’a pas vu qui était-ce. Celui-là a dit : « lâche -moi et je ne referai pas cela. Je suis un ǧinn ». Et Abū Hurayrah a demandé : « qu’est-ce qui nous protège de vous ? » Le ǧinn lui a dit : « quand tu vas pour dormir, alors récite Āyatu l-kursiyy. Tu auras de la part de Dieu une protection et aucun šayṭān ne t’approchera jusqu’au matin ». Abū Hurayrah est parti rapporter cela au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui a dit ce qui signifie : « il t’a dit quelque chose de vrai ». Mais attention car généralement, les ǧinn sont très souvent des menteurs. (Kaḏūb en suivant la structure faʿūl indique que quelqu’un fait une chose de façon excessive)
Verset 256 : il n’y a pas de contrainte dans la religion : c’est le sens apparent. Une première explication est : c’est-à-dire que, toi, Muḥammad, tu n’as pas la capacité de contraindre les cœurs à croire. C’est-à-dire que tu ne peux pas rendre quelqu’un croyant si, lui, son cœur rejette la foi. Une deuxième explication est que tu n’as pas à contraindre quelqu’un qui paye la ǧiziah (qui est le montant que paient les non musulmans qui font partie des gens du Livre et qui vivent sous l’autorité du sultan musulman), tant qu’il paye cette ǧiziah et qu’il respecte les conditions du gouverneur musulman, tu ne peux pas le contraindre à venir à la religion de vérité. D’autres savants ont dit que ce verset est à prendre selon son sens apparent mais qu’il a été abrogé. Lorsqu’il y a eu l’ordre de combattre les infidèles, ce verset a été abrogé.
Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh que Dieu lui fasse miséricorde a commenté ce que An-Nasafiyy a dit : c’est un verset à propos duquel il y a eu plusieurs avis. Entre autres que ce verset a été descendu par révélation au début de l’islam, avant que ne vienne l’autorisation de combattre. Parce qu’à cette époque-là, quand ce verset a été révélé, le Messager, il lui était empêché de se défendre et de défendre ceux qui l’avaient suivi par le ǧihād parce que leur nombre était faible. Puis, après treize années, il leur a été ordonné de combattre, dans le verset 39 de sourate sūratu l-ḥaǧǧ : « il a été autorisé à ceux qui sont combattus (les musulmans) qu’ils ont subi une injustice et que Dieu est tout puissant à les soutenir ». L’autre verset a été abrogé par ce verset. Le šayẖ a dit que le sens de ce verset « lā ʾikrāha fi d-dīn » c’est-à-dire « ne contraignez personne à entrer en islam par le combat » jusqu’à ce que vous parvienne l’autorisation de le faire. Puis l’autorisation de le faire leur est parvenue et ce verset a été abrogé par d’autres versets qui incitent au combat.
Il a été rapporté qu’un partisan (de Médine) avait deux fils qui étaient devenus chrétiens. Alors leur père leur a dit qu’il allait insister jusqu’à ce qu’ils redeviennent musulmans. Mais ils ont refusé et ils sont partis se plaindre au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Le père a dit : « est-ce qu’une partie de moi va aller en enfer et moi, j’observe, sans broncher ? » C’est alors que ce verset a été révélé, alors le père les a laissés.
Ibnu Masʿūd et d’autres ont dit que cela a eu lieu au début de l’islam puis cela a été abrogé ; il fallait contraindre par le combat. Certains prétendent s’appuyer sur ce verset-là pour dire que les non musulmans ne sont pas combattus dans l’absolu. En vérité, remettre en cause ce jugement est une apostasie parce qu’ils contredisent les textes comme le verset qui signifie : « combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ».
La foi est bien distincte de la mécréance : on arrive parfaitement à distinguer la foi et la mécréance par les preuves qui sont claires.
Celui qui mécroit au šayṭān ou qui renie les idoles (qui ne les adore pas) et qui croit en Dieu, il se sera attaché à la voie de droiture. Celui qui délaisse la mécréance et qui croit en Dieu, c’est comme s’il s’est attaché à une corde ferme. Ibnu l-Ǧawziyy a dit dans son exégèse que l’analogie avec la corde qui est ferme, c’est la foi. As-Suddiyy a dit que cette corde ferme, c’est l’islam. Ou il s’est attaché à la phrase « il n’est de dieu que Dieu ». Abū Ǧaʿfār a dit : « al-ʿurwah, dans ce contexte, est un exemple pour représenter la foi, à laquelle le croyant s’attache ». Al-ʿurwah est aussi l’anse d’une tasse, c’est la chose à partir de laquelle on peut prendre, un point qui sert à saisir quelque chose. Le fort attachement du croyant à la foi est comparable à celui qui s’attache à une anse. Cette anse est une corde qui ne se casse pas.
Cette métaphore est une allusion pour pouvoir déduire par quelque chose qu’on observe quelque chose qu’on ne voit pas. Parce qu’on ne voit pas la foi. Et cela permet de raffermir sa croyance. Celui qui aura cru en l’islam se sera attaché à ce qui est le plus ferme. Celui qui s’est attaché à la foi, il se sera attaché à la religion d’un attachement qui est ferme, un attachement qui ne sera pas dissous par une quelconque confusion.
Et Allāh est Celui Qui entend. Il entend la reconnaissance du croyant qui reconnait la foi.
Et Il sait la foi du croyant.
Verset 257 : Allāh est Celui Qui soutient ceux qui ont voulu être croyants. Et Allāh est Celui Qui leur règle leurs affaires et Qui assure ce dont ils ont besoin.
C’est Lui Qui fait sortir les croyants des ténèbres, c’est-à-dire des ténèbres de la mécréance et des ténèbres de l’égarement. Ici le mot « aẓ-ẓulumāt est au pluriel parce qu’il y a plusieurs sortes d’égarements.
Vers la lumière : c’est-à-dire vers la foi et la bonne guidée. La foi est au singulier car elle est une seule.
Et ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont aṬ-Ṭārūt, ils les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Ceux qui ont persisté sur la mécréance, ils ont le chemin inverse. Autre explication : Allāh soutient les croyants. Il les fait sortir de ce qui est une source de confusion dans la religion grâce à ce qui les guide et ce qui leur indique la solution de cette confusion, afin qu’ils sortent de cette confusion vers la certitude. Tandis que ceux qui ont mécru, leurs partisans, ce sont les démons, qui les font sortir de la lumière de la clarté qui leur apparait vers les ténèbres du doute et de la confusion. Ce sont eux les gens de l’enfer dans lequel ils resteront éternellement.
Après le verset 257, Dieu cite ce qui étonne Son prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et qui lui réjouit le cœur, par le débat qu’avait eu notre maitre Ibrāhīm avec An-Numrūd qui avait prétendu la divinité.
Verset 258 : n’as-tu pas vu celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur ? C’est-à-dire qu’an-Numrūd a émis une objection contre Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Le pronom « son » ici se rapporte à Ibrāhīm ou bien à celui qui a débattu parce que Dieu est le dieu d’Ibrāhīm et le dieu d’an-Numrūd également.
Comment an-Numrūd, Dieu lui a accordé la souveraineté : une fois que d’an-Numrūd a eu la souveraineté, il est devenu imbu de lui-même et cela l’a amené à débattre avec Ibrāhīm et à renier la divinité de Dieu. Soit le fait qu’il ait eu la souveraineté a eu pour conséquence son débat avec Ibrāhīm à propos de la divinité de Dieu. Une autre explication : c’est qu’il a remis en cause la divinité de Dieu puis il a débattu lorsqu’il a eu la souveraineté.
Ibrāhīm a dit à an-Numrūd : mon Seigneur est Celui Qui donne la vie et Qui donne la mort. C’est comme si d’an-Numrūd lui avait dit : qui est ton dieu ? Et Ibrāhīm lui a répondu : mon Dieu est celui qui donne la vie et qui donne la mort.
Il (an-Numrūd) a dit : moi je donne la vie et je donne la mort. Il veut dire ici qu’il peut éviter l’exécution de quelqu’un et il fait exécuter un autre. Comme ce roi avait répondu d’une manière qui pouvait porter à confusion ceux qui sont faibles d’esprit, Ibrāhīm a ajouté un argument qui ne pouvait pas être source de confusion même à ceux qui sont faibles d’esprit.
Ibrāhīm a dit : Dieu fait que le soleil se lève au levant, alors fais-le lever du couchant.
Et ceci n’est pas un passage d’un argument à un autre argument, comme l’ont prétendu les autres, car la première preuve était suffisante, c’est-à-dire le fait de dire que Dieu est Celui qui donne la vie et Qui donne la mort. Mais comme an-Numrūd avait fait preuve d’entêtement face à cette preuve, alors Ibrāhīm lui a donné un argument auquel il ne peut rien opposer. Et les gens de cette époque suivaient les mouvements des planètes et ils savaient qu’elles se déplacent du couchant vers le levant alors que le soleil va du levant vers le couchant. Ibrāhīm a dit An- Numrūd : comme tu prétends être le dieu du soleil, alors fais-lui suivre le même mouvement que les autres planètes.
Celui qui a mécru fut ébahi : il n’a rien trouvé à dire, il n’avait plus rien à dire. Le maudit s’interrompit et il ne pouvait plus continuer à débattre.
Et Dieu ne guide pas les gens injustes. C’est-à-dire qu’Il ne leur accorde pas la réussite. Dieu n’a pas accordé la réussite à an-Numrūd. Et il a été dit qu’an-Numrūd prétendait la divinité pour lui seulement et qu’il ne reconnaissait pas la divinité pour autre que lui.
Ce verset est une preuve du caractère autorisé de parler dans la science de al-kalām qui est la science de la croyance et de débattre dans ce cadre-là. On comprend cela du début de ce verset : n’as-tu pas vu celui qui a débattu … C’est un débat qui autorisé de la part d’Ibrāhīm Le débat a lieu entre deux protagonistes. Donc cela prouve qu’Ibrāhīm a bien débattu avec ce roi mécréant. Et si ce débat n’avait pas été autorisé, Ibrāhīm ^alayhi s-salaam ne l’aurait pas fait, parce que les prophètes sont préservés des grands péchés. Une autre preuve qui montre que ce débat n’était pas interdit est que nous avons pour ordre d’appeler les mécréants à croire en Dieu et à reconnaitre Son unicité. Et si nous les appelons à croire en Dieu, nécessairement, ils vont nous demander la preuve. Et le fait de pouvoir donner les arguments ne peut avoir lieu qu’avec un débat.
Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a ajouté que ce verset est une preuve que le soleil a une trajectoire, qu’il n’est pas immobile.
Verset 259 : ou encore celui qui est passé : c’est comme si le début du verset précédent « n’as-tu pas vu (celui qui a débattu avec Ibrāhīm à propos de son Seigneur) » n’avait pas été mentionné ici, c’est-à-dire la première partie « n’as-tu pas vu » était sous-entendue : c’est-à-dire n’as-tu pas vu celui qui est passé. Il y a omission de cette partie. Cela signifie : ne trouves-tu pas cela surprenant ? C’est pour attirer l’attention. Ou cela sous-entend « n’as-tu pas vu comme celui qui débat avec Ibrāhīm ou comme celui qui est passé.
D’après Al-Ḥasan, celui qui est passé était quelqu’un qui ne croyait pas en la résurrection, il suivait la voie d’an-Numrūd et ne croyait pas au fait que Dieu ressuscite cette ville après son anéantissement.
Une autre explication est que celui qui est passé était ʿUzayr. Il voulait voir de ses yeux comment se passait la résurrection des morts, afin d’augmenter en certitude. Exactement comme l’avait demandé Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Cette deuxième explication est une reconnaissance de l’incapacité à connaitre la manière de cette résurrection. Et c’est une glorification de la toute-puissance de celui qui ressuscite.
Près d’une ville et il s’agit de Jérusalem après qu’elle a été détruite par Nabuchodonosor (venu de Perse) ; certains sont morts, d’autres ont été faits prisonniers et ont été emmenés en Perse.
Qui était complètement détruite y compris les toits : tout était tombé y compris les toits ou alors les toits sont tombés et les murs sont tombés sur les toits. Et le mot « ʿarš » signifie tout ce qui est élevé. (Tout endroit où on cherche de l’ombre s’appelle ʿarīš)
Il a dit comment cette ville serait-elle ressuscitée : comment les habitants de cette ville seraient-ils ressuscités ?
Par Allāh après la mort des gens. Allāh l’a fait mourir cent ans puis Il l’a ressuscité. C’est-à-dire qu’Il lui a donné la vie après la mort.
Il lui a dit : combien de temps tu es resté ? Un ange lui a dit : combien de temps es-tu resté mort ?
Il a dit « je suis resté un jour ou peut-être moins d’un jour. Il s’est basé sur la conjecture. An-Nasafiyy a dit : voilà la preuve qu’il est permis de faire un effort de déduction (un ʾiǧtihād). Il a fait une estimation. Il a été rapporté qu’il était mort au temps du ḍuḥā et qu’il a été ressuscité cent ans plus tard avant que le soleil ne se couche. Avant de voir le soleil, il a dit qu’il était resté mort pendant un jour puis il a regardé et a vu que le soleil ne s’était pas encore couché, il a dit que c’était peut-être moins qu’un jour.
Il (l’ange) lui a dit : non tu es resté cent ans, regarde donc ta nourriture et ta boisson. Il a été rapporté que sa nourriture était des figues et du raisin et que sa boisson était du jus et du lait. Il a vu que les figues et les raisins étaient intacts, comme s’ils venaient d’être cueillis et que les boissons étaient telles quelles.
Elles n’ont pas été altérées. « Lam yatasannah » peut avoir le sens que cette nourriture n’a pas subi les années ou bien c’est une nourriture qui n’a pas été altérée par les années.
Et regarde ton âne. Lui aussi est ressuscité.
Et que Nous fassions de toi un signe pour les gens Le « waw » est une conjonction de coordination. Il a été dit qu’après sa résurrection, ʿUzayr est allé à la rencontre de son peuple et il était à nouveau monté sur son âne. Il leur a dit qu’il était ʿUzayr mais ils l’ont démenti car ils savaient que ʿUzayr avait vécu un siècle avant. Il leur a demandé de lui ramener la Torah et il s’est mis à la réciter par cœur, sans voir ce qui était écrit. Et personne n’avait récité la Torah par cœur avant ʿUzayr. Et c’était un signe de la part de Dieu pour eux.
Et il a été dit qu’il est rentré chez lui, qu’il a retrouvé ses enfants qui étaient devenus des vieillards alors que lui était encore jeune.
Et regarde les os : ce sont, soit les os de l’âne, soit les os des morts, alors qu’il était étonné qu’il puisse être ressuscité.
Comment ils sont levés et remontés les uns en face des autres : pour qu’ils puissent reconstituer le squelette de celui qui est mort.
Puis Nous les recouvrons de chair : la chair est comme un vêtement pour les os. C’est une métaphore.
Quand il s’est avéré devant lui ce qui était problématique pour lui (c’est-à-dire la résurrection des morts et cela ne veut pas dire qu’il n’était pas certain que Dieu soit sur toute chose tout puissant) il a pu voir de ses yeux comment les os étaient reconstitués et enveloppés de chair, il a vu tout le processus.
Le récit de ʿUzayr, qui était un homme musulman vertueux parmi les descendants d’Isrāʾīl nous est parvenu dans sūratu l-baqarah, mais de manière concise. Nous allons le citer en détail, par la volonté de Dieu et par la réussite que Dieu accorde, en raison de ce qu’il comporte comme manifestation de l’éminence de la toute-puissance de Dieu. Les descendant d’Isrāʾīl se sont divisés en plusieurs groupes. Parmi eux, il y avait ceux qui étaient musulmans, croyants, qui suivaient l’islam parfaitement et il y avait ceux qui avaient mécru et qui avaient introduit des déformations dans la Loi, en prétendant que c’était la vérité. Ils ont altéré la croyance. Ceci a entrainé de graves zizanies au point d’entrainer l’assassinat de certains prophètes honorables. Lorsque leur mal s’est multiplié, qu’ils ont été injustes, qu’ils ont fait preuve de tyrannie, ils ont tué deux prophètes honorables selon le jugement de Dieu et ce sont nos maitres Zakariyyā et son fils notre maitre Yaḥyā ^alayhima s-salām. Dieu a fait que ces mécréants ont été attaqués par un roi mécréant et c’était Nabuchodonosor. Il est venu de l’Iraq avec une grande armée en direction de Jérusalem en Palestine. Il a attaqué les descendant d’Isrāʾīl dans leur ville. Il a tué beaucoup d’entre eux et a fait prisonnier le restant. Très peu ont pu s’échapper. Il a ordonné à ses soldats de ramener de grandes quantités de terre et d’ensevelir la ville, de sorte qu’elle est devenue comme une grande montagne. Tout cela pour les humilier davantage et les rabaisser encore plus. Et Nabuchodonosor a emmené les prisonniers avec lui à Babel en Iraq. Parmi ces prisonniers, certains étaient des savants musulmans. Ils avaient enterré la Torah d’origine dans un endroit qu’eux seuls connaissaient. Et parmi eux il avait ʿUzayr fils de Šaẖiyyah, qui, lui, a pu revenir à Jérusalem après un certain temps. Mais il a trouvé Jérusalem dans cet état de désolation et de ruine. Il ne restait que des cadavres déchiquetés, des membres éparpillés, des os. Il passait parmi tout cela, étonné, en tirant son âne. Puis il est passé par des vergers et il a trouvé que les fruits étaient mûrs. Son étonnement était encore plus grand parce que les arbres étaient pourvus de fruits alors que la population était morte. Il a dit : Dieu est tout puissant à faire ressusciter cette ville et ses habitants après qu’ils soient arrivés dans cet état. Puis il a cueilli quelques raisins et figues, il a rempli un panier, il a pressé un peu de raisin dans un récipient, il en a bu un peu puis il s’est assis pour se reposer à l’ombre d’un arbre. Quelques instants plus tard, Dieu l’a fait mourir. Mais Dieu l’a voilé des yeux des gens, des fauves et des rapaces. Donc son corps est resté intact.
Soixante-dix ans après la mort de ʿUzayr, Dieu a envoyé un ange à un roi de Perse qui s’appelle Lūṯīk. Il lui a dit : Dieu t’ordonne de prendre ton peuple et de te diriger vers Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville et les terres qui sont tout autour, afin qu’elles redeviennent meilleures que ce qu’elles étaient auparavant. Le roi Lūṯīk a ordonné à des dizaines de milliers de personnes de son royaume d’aller à Jérusalem pour peupler à nouveau cette ville. Et les rescapés sont revenus avec lui et ils ont peuplé la ville en trente ans. Ils sont devenus nombreux et la situation des habitants était très bonne.
Cent ans après la mort de ʿUzayr, Allāh l’a ressuscité par Sa toute-puissance. Dieu l’avait fait mourir le matin et Il l’a ressuscité en fin de journée, avant le coucher du soleil. La première chose que Dieu a ressuscitée en lui est son cœur afin qu’il puisse prendre conscience de ce qui allait se passer devant lui. Et ses yeux afin qu’il puisse voir comment eut lieu la résurrection des corps. Sa certitude se renforcera ainsi. Et ʿUzayr a vu comment tout le reste de son corps était à nouveau composé. Puis un ange honorable est venu et lui a dit : combien de temps es-tu resté (mort) ? Et ʿUzayr lui a répondu en fonction de ses estimations. Il a dit : « je suis resté un jour ». Puis quand il a constaté que le soleil ne s’était pas complètement couché, il a dit : « ou peut-être moins qu’une journée ». L’ange l’a rectifié et lui a dit : « non, tu es resté cent ans. Regarde donc le panier de ta nourriture ». Alors il a vu le panier où il avait mis des figues et du raisin et il a trouvé que les fruits étaient mûrs, intacts et que le jus qu’il avait pressé était intact également. Puis l’ange lui a dit : « regarde donc ton âne ». Il a regardé en direction de l’arbre auquel il avait attaché son âne. Il a vu que l’âne était mort et que ses os étaient devenus tout blancs et troués. Les membres de cet âne s’étaient dispersés et étaient devenus poussière. Il a entendu la voix d’un ange du ciel dire : « ô vous les os troués, rassemblez-vous, par la volonté de Dieu ». Les os se sont regroupés les uns avec les autres. Puis chaque membre est venu se placer à ce qui lui correspondait, la côte à côté d’une côte, chaque patte à sa place, puis ce fut le tour de la tête de se positionner à sa place. Puis les nerfs se sont reconstitués et les veines. Puis Dieu a fait que la chair pousse sur le squelette, Il l’a recouvert par la peau qui a recouvert toute la chair puis les poils ont poussé sur la peau. Puis Allāh a envoyé un ange qui a insufflé l’âme par les naseaux de l’âne qui s’est levé et qui s’est mis à braire. ʿUzayr s’est mis à terre, se prosternant pour Dieu, ayant vu un signe éclatant de la toute-puissance de Dieu, un signe étonnant qui est la résurrection des morts. Il a dit : « je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant ».
Il a dit je sais parfaitement que Dieu est sur toute chose tout puissant.
Verset 260 : Ibrāhīm a dit : Seigneur montre-moi comment Tu ressuscites les morts. Comment Tu ramènes ceux qui sont morts, à la vie.
Il lui a dit : n’as-tu pas cru en cela ?
Ah que oui mais c’est pour que mon cœur soit apaisé : apaisé par le fait que Tu m’accordes ce que je te demande. Il est possible que Dieu accorde à certains prophètes tout ce qu’ils demandent et il est possible que Dieu leur accorde une partie de ce qu’ils demandent. Ibrāhīm voulait avoir le cœur apaisé par le fait que Dieu lui exauce toutes ses demandes, même le fait de voir comment les morts sont ressuscités. Notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui est le plus honorable parmi les créatures de Dieu, il n’a pas eu tout ce qu’il a demandé. Dieu ne l’a pas exaucé dans toutes ses invocations. Il lui a été accordé une partie de ce qu’il a demandé et il ne lui a pas été accordé une partie de ce qu’il a demandé. Et notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, il n’était pas certain que Dieu lui accorde tout ce qu’il demandait. Il savait qu’il y avait une possibilité que Dieu l’exauce dans sa demande et une possibilité que Dieu ne l’exauce pas. C’est-à-dire qu’il y avait une possibilité que Dieu lui montre comment Il ressuscite les morts et une possibilité que Dieu ne lui montre pas cela. Donc il n’a pas douté au sujet de la toute-puissance de Dieu qu’Il pouvait lui montrer. Dieu lui a dit : n’es-tu pas croyant en cela ? Et Dieu sait qu’Ibrāhīm est le plus sûr de toutes les créatures à croire en cela. Cette question était pour qu’Ibrāhīm donne la réponse qu’il a donnée, en raison de l’intérêt pour ceux qui l’entendent. Quand Ibrāhīm a donné sa réponse, cette réponse est utile pour nous, pour nous rappeler que Dieu est sur toute chose tout puissant.
Lorsqu’ Ibrāhīm a répondu « balā » c’est pour dire « si !! » c’est pour insister sur la véracité de la chose. C’est pour dire : ma croyance est que Dieu est toute chose tout puissant. Mais afin que j’augmente en apaisement du cœur, suite à ce que je vais voir, je vais en déduire que Dieu est sur toute chose tout puissant, en plus de la preuve évidente que Dieu est sur toute chose tout puissant. En effet la concordance des preuves apaise encore plus le cœur. Une chose qui est connue par déduction peut être sujette à hésitation, contrairement à la connaissance qui est acquise d’évidence. Ibrāhīm voulait apaiser son cœur sur le fait que Dieu l’exauce dans ses invocations.
Il (Dieu) a dit prends quatre sortes de volatiles : il y avait un paon, un coq, un corbeau et un pigeon.
Et serre-les contre toi. Ceci pour qu’il les observe bien et qu’il reconnaisse leurs formes, leurs aspects, leurs couleurs. Puis Dieu lui a ordonné de les égorger, de les couper en morceaux et de les mélanger et de faire quatre parties avec le mélange.
Place sur chaque montagne une partie. Il y a eu divergence sur le nombre de montagnes : 4 ou 7.
Puis appelle-les.
Et tu verras que ces oiseaux vont venir vers toi rapidement.
Il lui a été demandé de bien les observer avant qu’il ne les égorge, pour qu’après leur résurrection, il n’y ait pas de confusion pour lui, qu’il soit sûr que c’était bien ces oiseaux-là. Il a été rapporté qu’il a reçu l’ordre de les égorger, de les plumer, de les couper et de partager des parties et de mélanger les plumes, le sang et la chair et de garder les têtes dans sa main. Il a reçu l’ordre de placer sur chacune des quatre montagnes un quart de chaque oiseau. Puis il les a appelés : « venez, par la volonté de Dieu ». Dieu a fait que chaque partie s’envole pour venir se coller à chaque partie du même oiseau. Ils sont devenus des corps comme des cadavres. Puis les corps sont arrivés et chaque corps est venu se coller à la tête qu’Ibrāhīm tenait dans sa main. Il a été rapporté que s’il présentait une autre tête que celle qui correspondait au corps, le corps ne voulait pas se coller à elle, mais il allait vers la tête qui correspondait à son corps.
Et sache que Dieu est ʿĀzīz : c’est-à-dire que ce que Dieu veut, a lieu. Il n’y a pas quelque chose qui empêche la réalisation de la volonté de Dieu.
Hakīm c’est-à-dire que Dieu crée toute chose selon une sagesse.
Allāh taʿālā a donné la preuve qu’Il est tout puissant à ressusciter les morts. Après cette preuve sur la résurrection des morts, Dieu incite à dépenser dans la voie qu’Il agrée (à faire des dons dans la voie qu’Il agrée). Et Dieu informe que celui qui dépense dans la voie qu’Il agrée, celui-là aura une immense récompense. Et Dieu est tout puissant à donner une immense récompense.
Verset 261 : l’exemple de ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire l’exemple de ceux qui engagent des dépenses dans la voie que Dieu agrée,
C’est comme l’exemple d’une graine qui a fait pousser sept épis, dans chaque épi il y a cent graines. Celui qui fait pousser, en réalité, c’est Dieu. Mais le verbe a été attribué à la graine parce qu’elle était une cause. Cela signifie que la graine fait pousser une tige à partir de laquelle vont pousser sept autres qu’on appelle épis. C’est une image de la multiplication. Une graine va donner sept cent graines. On peut le voir dans les champs de blé ou autres céréales.
Et Allāh multiplie davantage à qui Il veut. Cela signifie que Dieu multiplie les récompenses de cette manière-là, à qui Il veut. Parce que ce ne sont pas tous ceux qui auront dépensé qui auront cette multiplication. Il est possible que celui qui aura donné un euro en aumône aura plus de récompenses que celui qui en aura donné cent mille, dans le cas où le premier possédait seulement deux euros et le second des centaines de milliers d’euros. Allāh multiplie les récompenses jusqu’à sept cent fois à qui Il veut.
Et Allāh accorde avec grande générosité. Et Il sait. C’est-à-dire qu’Il sait les intentions des donateurs, parce que ce ne sont pas tous les donateurs qui sont sincères.
Verset 262 : ceux qui dépensent leurs biens dans la voie que Dieu agrée et qui ne font pas suivre leur dépense d’un rappel des œuvres de bienfait ni par une nuisance. Certains rappellent à l’autre leur œuvre de bienfait. Dieu interdit que l’on fasse cela. Il interdit que la personne énumère ses bienfaits à celui avec qui elle a agi en bien. Quand on aide quelqu’un, on le fait pour Dieu, c’est-à-dire pour obtenir des récompenses de la part de Dieu. On ne le fait pas dans le but d’obtenir une considération envers soi ou qu’il reste reconnaissant envers soi. Et on ne considère pas celui qu’on a aidé comme moins bien que soi.
Et (ṯumma) : c’est pour montrer la grande différence entre la dépense et le fait de ne pas rappeler ses œuvres de bienfait et la nuisance. Délaisser le rappel de son bienfait et la nuisance vaut mieux que la dépense elle-même. Donc ne pas tomber dans le péché est mieux.
Auront leur récompense de la part de leur Seigneur.
Ils n’auront pas à avoir peur : de ne pas avoir de récompense. C’est pour les rassurer sur le fait qu’ils auront une récompense.
Ni à être chagrinés : de ne pas avoir de récompense du tout. Autre explication : ils n’auront pas à avoir de crainte d’être châtiés et ils n’auront pas à avoir de chagrin suite à un manque de récompenses.
Verset 263 : une belle parole : c’est-à-dire une belle réponse. Et ibnu l-Ǧawzī a dit dans son exégèse que cela signifie ici « une belle parole à quelqu’un qui est pauvre ». Celui qui vient mendier, tu lui dis une belle parole comme de lui dire ce qui signifie : que Dieu t’accorde avec largesse.
Et un pardon (ou une excuse) : soit on pardonne au mendiantsi on constate de sa part qu’il est insistant. Deuxième explication : on obtient le pardon de la part de Dieu grâce à la bonne réponse.
Cela vaut mieux qu’une aumône qui est suivie par une nuisance. Ibnu l-Ǧawzī a donné deux explications à la nuisance citée ici : 1°) le fait de répondre au mendiant par ce qui constitue une nuisance pour lui comme de lui dire : tu seras toujours pauvre et tu es une épreuve pour moi et que Dieu me débarrasse de toi ou 2°) il va agir en bien avec le pauvre puis il va informer quelqu’un de cela, alors que le pauvre ne veut pas qu’il soit au courant. Dans les deux cas, c’est une nuisance pour le pauvre et ce n’est pas le caractère de ceux qui sont sincères dans leur aumône.
Ibnu l-Ǧawziyy a dit aussi qu’il nous a été rapporté de Al-Ḥassān fils de abū Sīnān qu’il a acheté la famille d’un homme avec sa femme et ses enfants, puis qu’il les a tous affranchis. Tout cela sans les informer de son identité. Leur maitre leur a dit qu’il y a quelqu’un qui les a affranchis.
Et Allāh est exempt du besoin : Il n’a pas besoin de quelqu’un qui dépense dans la voie que Dieu agrée, puis qui rappelle son œuvre de bienfait puis qui va nuire aux gens.
Ḥalīm : c’est-à-dire que Dieu ne punit pas rapidement quelqu’un et c’est une menace. Il se peut que quelqu’un commette beaucoup de péchés mais Dieu ne le châtie pas sur le coup, mais plus tard.
Verset 264 : ô vous qui êtes croyants, n’annulez pas vos aumônes par le rappel des œuvres de bienfait ni par la nuisance comme celui qui dépense ses biens avec insincérité envers les gens et qui ne croit pas en Dieu ni au jour dernier. C’est-à-dire : n’annulez pas la récompense de vos aumônes par le rappel de vos œuvres de bienfait ni par la nuisance, à l’image de l’hypocrite qui dépense tous ses biens avec insincérité et qui ne recherche pas par sa dépense l’agrément de Dieu ni la récompense de l’au-delà. Dieu a comparé le rappel des œuvres de charité au bénéficiaire à l’insincérité parce que ces deux actes annulent la récompense.
Pourquoi est-ce que le rappel des œuvres de bienfait est compté parmi les péchés du cœur alors que c’est par la langue que la personne rappelle ? Parce que l’origine de ce péché est dans le cœur.
Son exemple est comme une roche qui est lisse sur laquelle il y a de la terre et une pluie torrentielle est tombée et il ne reste plus rien.
Ils ne retrouveront rien de la récompense de ce qu’ils ont donné.
Et Allāh ne guide pas les mécréants. Tant qu’ils se maintiennent sur la mécréance, Dieu ne les guide pas.
Verset 265 : et à l’opposé, l’exemple de ceux qui dépensent de leurs biens dans la voie que Dieu agrée par recherche de l’agrément de Dieu et par acte de foi de leur part : c’est-à-dire qu’ils ont la certitude que Dieu les récompensera
Ils croient en la véracité de l’Islam. Le musulman qui dépense son argent dans la voie que Dieu agrée, cette conviction vient de lui-même et de la sincérité de son cœur.
C’est comme un verger sur une colline. Généralement, les arbres qui poussent sur des lieux élevés sont plus purs et leurs fruits sont meilleurs.
Sur laquelle est tombée une pluie torrentielle et la quantité de la récolte a été le double de la récolte précédente.
S’il n’y a pas eu de pluie qui est tombée, c’est la rosée. C’est-à-dire l’humidité qui se produit la nuit et qui retombe sur les plantes et qui suffit pour que ces plantes puissent donner des fruits. Ou alors il a comparé leur état, selon le jugement de Dieu, à un jardin situé sur une colline et lors des grandes dépenses ou des faibles dépenses, c’est comme soit la pluie torrentielle, soit la rosée. Chacune des deux permet de multiplier la récolte de ce verger. De la même façon pour l’aumône, qu’elle soit en grande quantité ou en petite quantité, du moment que celui qui fait cette dépense la fait avec l’intention sincère de rechercher l’agrément de Dieu uniquement, alors cette dépense augmentera selon le jugement de Dieu.
Et Allāh sait ce que vous faites. Il sait vos actes, quand vous faites beaucoup et quand vous faites peu. Et Il sait vos intentions dans chacun de vos actes, que ce soit fait avec sincérité ou pas.
Et Allāh voit tout ce que vous faites. Ce verset est une preuve chez les ʾAšʿārītes que Dieu voit tout ce qui existe, c’est-à-dire y compris vos actes.
Verset 266 : est-ce que l’un de vous aimerait : c’est sous la forme d’une question mais qui n’attend pas de réponse, comme quand un professeur dit à ses élèves : est-ce que vous allez vous taire ? Il veut leur dire : taisez-vous.
Avoir un verger. C’est-à-dire un jardin dans lequel il y a des plantes et des fruits.
Qui comporte des dattiers et des vignes.
Dans lequel il y a des rivières et des ruisseaux qui coulent.
Où il aurait plusieurs sortes de fruits. Les fruits ici ce sont toutes les choses de ce verger et dont il va tirer un profit. Une autre explication est qu’il a été mentionné dans ce jardin deux arbres, des dattiers et des vignes, ce sont les fruits qui sont les plus généreux et qui sont très utiles. Il a fait comme si le verger ne comportait que ces arbres-là, même s’il y avait d’autres arbres fruitiers que ces deux-là. Ceci, pour indiquer que ce sont les plus importants et les plus généreux.
Et qui est atteint d’orgueil.
Alors qu’il a des enfants qui sont encore jeunes.
Et que son verger a été touché par une tornade : c’est comme une spirale verticale qui aspire tout vers le haut : le verbe utilisé s’applique à l’éclair, à la lumière, au vent, à la poussière, tout ce qui remonte vers le haut ou qui se propage.
Dans laquelle il y a un feu, ce qui va brûler son verger. Et cet exemple que Dieu nous donne dans ce verset 266 de sūratu l-baqarah, c’est l’exemple de celui qui accomplit les actes avec insincérité. C’est-à-dire qu’il cherche l’éloge des gens. Celui-là n’a pas de récompense pour ses actes mais en plus, il est chargé d’un grand péché. De sorte qu’au jour du jugement, il ne trouvera rien de ses actes, aucune récompense. Il va le regretter, d’un regret analogue à celui qui avait un verger dans lequel il y avait des dattiers et des vignes et d’autres fruits et qui a fait preuve d’orgueil et qui a des enfants qui sont jeunes et c’était leur subsistance et une tornade s’est abattue sur son verger et l’a brûlé. De même, celui qui accomplit des bonnes actions insincèrement, alors au jour du jugement, il n’aura pas de fruits, c’est-à-dire de récompenses.
C’est ainsi : c’est-à-dire comme cet exemple qui vous a été indiqué précédemment
Que Dieu vous indique les signes : du tawḥīd (la croyance en l’unicité de Dieu) et de la religion.
Puissiez-vous réfléchir. C’est-à-dire puissiez-vous ne pas être dans l’insouciance, mais plutôt être avertis. Celui qui est averti va se préparer.
Verset 267 : ô vous qui êtes croyants, dépensez à partir des biens que vous avez acquis : ce qui est de la meilleure qualité. Allāh nous incite à donner dans la voie qu’Il agrée, le meilleur de ce que nous avons. Il y a en cela la preuve qu’il est obligatoire de payer la zakāt sur les biens commerciaux.
Et (du bien) de ce que nous vous avons fait sortir de terre : c’est-à-dire les graines, les céréales, les fruits comme les dattes et les raisins secs, les minerais d’or et d’argent et d’autres. Ici, le mot « bien » a été omis parce qu’il est implicite.
Et ne recherchez pas ce qui est mauvais : c’est-à-dire ne prenez pas pour destination ce qui est mauvais. Ne cherchez pas l’argent qui est de mauvaise source.
A partir duquel vous allez dépenser.
En réalité vous ne le prenez pas : cet argent parce qu’il est de source interdite.
Sauf si vous vous excusez les uns les autres. Sauf si vous vous pardonnez les uns les autres. Si l’un a acheté un bien avec de l’argent illicite, s’il veut se repentir, il va voir le vendeur et lui donne de l’argent licite ou alors il lui demande de l’excuser. Et ʿAbdul- Lāh ibnu ʿAbbās a dit à propos de ce verset que les gens donnaient en aumône les dattes de mauvaise qualité. Et cela leur a été interdit. Dieu leur a ordonné de donner en aumône ce qui est de la meilleure qualité. Les savants ont dit que si quelqu’un a un esclave, il mange et s’habille comme lui.
Et sachez que Dieu n’a pas besoin de vos aumônes, Il mérite d’être loué : remercié.
Verset 268 : le šayṭān vous promet la pauvreté (quand vous dépensez) : il dit à celui qui donne des aumônes : tu vas devenir pauvre, comme Qārūn, le cousin de notre maître Mūsā, qui, quand il a calculé ce qu’il devait donner comme zakāt, il a trouvé que c’était beaucoup. Et il a apostasié, alors qu’il avait beaucoup d’argent, il avait une grande fortune. Mais son cœur était attaché à la vie d’ici-bas, alors il ne pensait pas à l’au-delà. Le verbe « promettre » est employé ici parce qu’en arabe, la promesse vaut pour le bien et pour le mal.
Et il vous ordonne l’avarice : l’avarice c’est le fait de ne pas dépenser. Et il vous incite à l’avarice et à ne pas payer les aumônes. Et c’est une incitation à l’image de celui qui donne des ordres à celui qui les reçoit.
Alors que Dieu vous promet (quand vous dépensez) un pardon de Sa part : c’est-à-dire qu’Il vous pardonne vos péchés et Il vous expie vos péchés
Et Il vous remplace mieux que ce que vous avez payé. Une des épouses du prophète avait reçu un mouton en cadeau, elle l’a distribué et elle a gardé une épaule. Le Prophète lui a demandé ce qu’elle avait gardé. Elle a dit : une épaule. Il lui a dit : non, en fait, tu as gardé le reste. C’est-à-dire que c’est ce qu’elle avait distribué qui lui restera comme récompense. Autre histoire ; quelqu’un avait offert dix œufs à un juge et un pauvre est passé et le juge a dit à sa servante de lui donner les œufs. Elle a gardé un œuf et lui a donné les neuf autres. Plus tard, quelqu’un est venu frapper à la porte avec quatre-vingt-dix œufs en disant : tu as donné neuf œufs et non pas dix.
Et Dieu accorde avec largesse à qui Il veut. Notre šayẖ ʿAbdul- Lāh a parlé d’un homme qui vivait en Arabie et qui était analphabète. Mais il était très fort pour gérer les chantiers au point que les états demandaient à ce que ce soit lui qui gère les chantiers. Il est donc devenu très riche, tout en étant analphabète.
Et Il sait tout de vous : Il sait vos actes et Il sait vos intentions. Rien ne Lui échappe.
Verset 269 : Il accorde la sagesse à qui Il veut. Ici « Al-Ḥikmah » signifie la connaissance du Qur’ān et de la sunnah. Ou alors la science utile qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Et la science utile que tu mets en pratique. Al-Ḥakīm est celui qui est sage selon le jugement de Dieu, c’est celui qui a la science et qui applique la science qu’il a apprise. Allāh accorde le statut de prophète et de messager à qui Il veut.
Celui à qui Dieu accorde la sagesse aura eu un très grand bien de la part de Dieu.
Et seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel. Seuls ceux qui ont des cœurs sensés profitent de ce rappel que Dieu leur fait parvenir. Ou alors ce sont les savants qui œuvrent.
Le sens des versets 266 à 269 est l’incitation à œuvrer et à appliquer ce qui est compris dans le verset de la dépense, c’est-à-dire le fait de donner la zakāt.
Verset 270 : il n’y a pas une seule dépense que vous faites dans la voie que Dieu agrée ou parce que vous avez obéi au šayṭān.
Ou n’importe quel vœu que vous faites : que ce soit un vœu dans l’obéissance à Dieu ou dans la désobéissance
Certes Allāh le sait : cela n’échappe pas à Dieu. Dieu vous rétribuera pour ce que vous faites. Celui qui fait le poids d’un grain de poussière de bien, il en verra la rétribution. Et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal, il en verra la rétribution.
Et ceux qui sont injustes : c’est-à-dire ceux qui s’abstiennent de payer la zakaat, ou encore ceux qui dépensent leur argent dans la désobéissance ou ils font un vœu de désobéissance ou encore ceux qui ne respectent pas les vœux qu’ils font.
Il n’y a pas qui les soutient pour les protéger du châtiment de Dieu.
Verset 271 : si vous montrez les aumônes que vous faites, c’est quelque chose de bien. Dans certains cas, la personne montre les bienfaits que Dieu lui a accordés, ce n’est pas par insincérité mais c’est pour remercier Dieu de lui avoir accordé ces bienfaits.
Ou si vous les faites de manière discrète, si vous donnez ces aumônes aux pauvres, mais en cachette.
La discrétion vaut mieux.
Ce qui est visé ici, ce sont les aumônes surérogatoires. Le fait d’accomplir les actes obligatoires au grand jour, vaut mieux, pour ne pas être suspecté de ne pas les avoir faits, pour repousser les fausses accusations. Quant à celui qui, habituellement n’est pas riche, s’il lui arrive de donner la zakāt, c’est mieux pour lui de la donner avec discrétion. Et celui qui donne une aumône surérogatoire, s’il a pour objectif d’inciter les gens à faire des aumônes, alors c’est mieux de le faire au grand jour.
Et Dieu vous expie vos mauvaises actions. C’est-à-dire que Dieu vous pardonne vos mauvaises actions. C’est pour cela que celui qui est éprouvé, une des causes pour être délivré est de faire des aumônes en cachette. Une fois, šayẖ ʿAbdul- Lāh a dit à quelqu’un qui était très éprouvé de chercher une personne qui soit dans un grand besoin et de lui donner une aumône. Ou aussi pour remercier Dieu pour avoir obtenu une grâce ou avoir échappé à une épreuve.
Et ce que vous faites au grand jour ou en cachette, Dieu le sait.
Verset 272 : tu n’es pas en charge de leur bonne guidée : c’est-à-dire que tu n’es pas responsable de rendre ces gens-là des croyants, mais tu as la charge de montrer, d’expliquer. C’est Dieu Qui guide. Ce n’est pas un devoir pour Muḥammad de faire que ces gens soient bien guidés, au point qu’ils s’abstiennent de faire ce qu’il leur a interdit de faire : il leur a interdit « al-mann » c’est-à-dire rappeler les œuvres de bienfait, il leur a interdit la nuisance et de dépenser à partir de voies interdites. Mais la tâche du Prophète est de leur montrer les choses interdites, uniquement. Mais si les gens commettent l’interdit, il n’est pas responsable.
Mais Dieu guide qui Il veut.
Ou encore tu n’es pas en charge de créer la réussite pour faire le bien et tu n’es pas en charge de créer la bonne guidée dans le cœur des gens. Mais c’est Dieu Qui crée. Dieu est le Créateur et Muḥammad indique ce que les gens doivent faire et ne pas faire.
Tout bien que vous dépensez : le bien ici c’est-à-dire l’argent
En réalité c’est pour vous. C’est-à-dire que nul autre que vous ne va en profiter, c’est-à-dire de cette récompense que vous allez obtenir en dépensant ce bien. En le dépensant, c’est vous qui êtes gagnant. Alors, comme c’est vous qui êtes gagnant, ne rappelez pas vos œuvres de bienfait aux gens. Et ne leur nuisez pas en leur faisant du mal, c’est-à-dire en les traitant de manière hautaine.
Ce que vous dépensez n’est que pour l’agrément de Dieu : c’est-à-dire cette dépense est uniquement dans le but d’obtenir la récompense de la part de Dieu, c’est-à-dire l’agrément de Dieu. Puisque c’est ainsi, pourquoi donc rappeler vos œuvres de bienfait aux bénéficiaires ? Deuxième explication : c’est une négation : ne faites pas de dépenses pour l’éloge des gens. Mais ne donnez des aumônes que pour l’agrément de Dieu.
Tout le bien que vous dépensez, vous en serez rétribués : par des récompenses qui seront multipliées de nombreuses fois. Alors vous n’aurez pas d’excuse pour ne pas faire de telles dépenses.
Et vous ne serez pas lésés : c’est-à-dire que votre récompense ne sera pas diminuée.
Verset 273 : donnez des aumônes à ceux qui sont pauvres : une autre explication : « ces aumônes sont pour les pauvres » et le mot « aumônes » a été omis.
Ceux qui ont été amenés à cause du ǧihād et n’ont pas pu gérer leurs affaires : du fait qu’ils sont occupés par le ǧihād, ils ne peuvent pas gagner leur vie. Et il a été dit que ce sont les gens de aṣ-ḥābu ṣ-ṣuffah qui sont environ quatre cent hommes parmi les émigrants de qurayš. A cette époque-là, c’était un devoir d’émigrer pour rejoindre le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Ces hommes n’avaient pas de maison ni de clan pour les soutenir. Ils étaient dans aṣ-ṣuffah de la mosquée, c’est-à-dire la partie recouverte de la mosquée. Ils apprenaient le Qur’ān pendant la nuit et la journée, ils cassaient les noyaux des dattes pour en faire une alimentation pour le bétail. Et ils partaient dans chaque bataillon que le Messager envoyait pour le ǧihād. Ils étaient bénévoles. Celui qui avait un peu de nourriture qui lui restait, le soir, il la leur ramenait. Et certains disent que le terme ṣūfī vient de ces gens-là.
Celui qui ignore leur état pense qu’ils sont riches, tellement ils sont chastes, ils s’empêchent de mendier.
Notre šayẖ a dit : les tous premiers de la communauté de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, à entrer au paradis et avant même les autres communautés des prophètes, ce seront les émigrants qui étaient pauvres, c’est-à-dire des habitants de La Mecque qui ont voyagé à Médine pour soutenir le Prophète. Du fait qu’ils ont entouré le Messager de Dieu à Médine, ils ont par conséquent soutenu la religion agréée par Dieu. Ils ont laissé leur famille, ils ont laissé les biens qu’ils ne pouvaient pas emmener avec eux, tout ceci par amour pour Dieu et pour le Messager de Dieu. Les pauvres parmi les émigrants seront les tous premiers à entrer au paradis, d’entre toutes les communautés, avant le reste des saints, d’une durée de cinq cent années avant eux, si on compte les jours du bas-monde. C’est le cas des gens de aṣ-ṣuffah. La nuit, ils faisaient des prières surérogatoires et la journée, ils ramenaient de l’eau aux gens pour qu’ils fassent le wuḍuʾ. Ils enduraient l’amertume de la pauvreté. Et ils patientaient par recherche de l’agrément de Dieu. Dieu a dit à leur sujet ce qui signifie : « celui qui ne connait pas leur état pense qu’ils ont leur suffisance, tellement ils ne vont pas mendier ». On les reconnait par leur aspect.
Et parmi eux il y a Abū Hurayrah, que Dieu l’agrée. Dieu lui a donné la certitude, la foi complète, la confiance en Dieu et la patience face à la faim et autre. Les difficultés et les épreuves ne le faisaient pas trembler, il était ferme. Parfois, tellement il avait faim qu’il tombait par terre ; celui qui ne connaissait pas son état croyait que c’était une crise d’épilepsie. Mais après le décès du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Dieu a fait qu’il s’est enrichi, qu’il a obtenu beaucoup de biens provenant des butins des guerres, notamment à l’époque de notre maître ʿUmar et de notre maître Uṯmān, que Dieu les agrée.
Une autre partie des gens de aṣ-ṣuffah est morte dans le même état que celui dans lequel ils étaient lorsque le Prophète était vivant. Comme Muṣḥab fils de ʿUmayr : lorsqu’il vivait avec sa famille à la Mecque et c’était des mécréants, il était parmi les plus riches. Il était issu d’une famille fortunée. Mais il avait délaissé tout cet argent, par amour pour Dieu et de Son Messager. Il a accepté la pauvreté, il s’est suffi du peu, et il s’est consacré à l’obéissance à Dieu et à Son Messager. Il est mort dans cet état de pauvreté. On n’a pas trouvé ce qui lui suffisait pour son linceul. On n’a trouvé qu’un seul drap chez lui mais qui ne suffisait pas à couvrir la tête et les pieds. Si on lui couvrait la tête, ses pieds étaient découverts. Si on lui couvrait les pieds, c’était sa tête qui était découverte. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a alors dit ce qui signifie : « couvrez-lui la tête et mettez sur ses pieds « – al-ʾidẖir – il s’agit d’une plante qui a une belle odeur qu’on trouve au Ḥiǧaz. Comme cet homme s’est consacré à Dieu, il a délaissé le superflu et il a préféré l’au-delà. Dieu a fait que sa rétribution dans l’au-delà soit par des hauts degrés, en raison de l’amour complet pour Dieu et pour Son Messager qu’il a eu, de la certitude dans son cœur qui n’a pas été perturbée par les difficultés.
Tu les reconnais par leur apparence : l’apparence qui les caractérise est que leur visage était jaunâtre et leur état misérable.
Ils ne demandent pas aux gens avec insistance : il y a deux choses qui sont niées ici : non seulement ils ne demandent pas aux gens avec insistance, mais ils ne demandent pas du tout. L’insistance ici est de rester coller à la personne et de ne la lâcher que lorsqu’elle lui donne quelque chose. Dans le ḥadīṯ rapporté par ibnu abī Šaybah, le Messager de Dieu a dit ce qui signifie : « Allāh agrée celui qui est pudique, celui qui est indulgent et qui est chaste ». Et Allāh n’agrée pas celui qui mendie avec insistance. Il a été dit que lorsqu’il demande, il demande gentiment et il n’insiste pas.
Et chaque bien que vous dépensez , Allāh le sait : c’est-à-dire que la récompense ne sera pas perdue.
Verset 274 : ceux qui dépensent leurs biens de nuit comme de jour en cachette et au grand jour : c’est-à-dire à n’importe quel moment de la journée et dans les différentes situations qu’ils rencontrent. Ce sont des gens qui donnent à titre d’aumône, tellement ils veulent avoir du bien, tellement ils veulent gagner des récompenses. Chaque fois qu’ils sont au courant qu’un nécessiteux a un besoin, ils s’empressent de régler ce besoin et ils ne retardent pas. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos d’abū Bakr aš-Ṣiddīq que Dieu l’agrée, quand il avait donné en aumône quarante mille dinars. Il avait donné dix de nuit, dix de jour, dix en cachette et dix au grand jour. Et il a été dit que ce verset a été révélé à propos de ʿAlī ibnu abī Ṭālib (que Dieu l’agrée) qui ne possédait un jour que quatre dirhams. Il a donné un dirham en aumône la nuit, un autre le jour, un autre en cachette, et un autre au grand jour.
Et ils auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Ils n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés.
Verset 275 : ceux qui consomment le ribā : le ribā est un bien qui est donné en surplus sans qu’il y ait de contrepartie dans une transaction où il y a échange d’un bien contre un autre.
Notre šayẖ a dit : c’est comme celui qui prête de l’argent à un autre afin qu’il le lui rende après un mois mais avec un surplus. Il veut de l’argent en plus. Comme ce que font certains lorsqu’ils vendent un bien, à paiement différé, (en donnant tant par mois) et si l’acheteur tarde à payer l’échéance, le vendeur lui rajoute une pénalité. Ou encore s’il vend une marchandise à un autre, avec un paiement échelonné,
Ils ne se lèveront, lorsqu’ils vont être ressuscités à partir de leurs tombes, que comme celui qui est sous l’emprise du šayṭān (à l’image de celui qui se relève suite à une crise d’épilepsie avec des mouvements spasmodiques) parce qu’il s’est engagé dans cette transaction du ribā. Suite à l’attaque des ǧinn. Cela veut dire qu’au jour du jugement, ceux qui pratiquaient le gain usuraire, ils vont se lever de leurs tombes en faisant des mouvements désordonnés à l’image de celui qui est sous l’emprise d’un ǧinn. Ils seront reconnus par cette caractéristique-là le jour de la station au jour dernier. Et il a été dit que ceux qui vont sortir des tombes le jour de la résurrection, ils vont s’empresser de sortir, excepté ceux qui consommaient le gain usuraire : ils vont se lever puis tomber. Ceux qui ont consommé un surplus dans leurs ventres, pendant leur vie, cela les a alourdis, de sorte qu’ils ne peuvent pas sortir rapidement.
Et ce, (châtiment qui leur est infligé) du fait qu’ils ont dit que la vente est comme le ribā : ils n’ont pas dit que le ribā est comme la vente. Pourtant le sujet est le ribā. C’est une forme d’exagération : tellement ils sont convaincus que le ribā est licite, ils ont considéré que c’est une référence, une règle pour connaitre ce qui est licite, au point qu’ils ont comparé la vente au ribā.
Or Allāh a autorisé la vente et Il a interdit le ribā : ceci est pour renier leur prétention d’équivalence parce que ce qui est licite et ce qui est interdit sont deux opposés. Comment se ressembleraient-ils ? L’un est permis (c’est la vente) et l’autre est interdit (c’est le ribā). C’est une preuve que l’analogie (qui est la principale fonction du muǧtahid) est annulée par le texte. Ils ont dit que le gain usuraire et la vente sont équivalents. Or Dieu dit que la vente est autorisée mais que le gain usuraire est interdit. La réplique à leur analogie a lieu par le texte. Donc c’est une preuve que l’analogie peut être contre-carrée par le texte.
Le šayẖ a dit que Dieu a autorisé la vente hormis ce qu’Il a interdit par révélation à Son Prophète Muḥammad. Pourquoi le texte du Qour’aan a-t-il mentionné le ribaa, pourquoi s’est-il restreint à ne mentionner que le gain usuraire ? En effet les autres ventes interdites ont été révélées au Prophète, mais elles ne sont pas mentionnées dans le Qur’ān. Parce que le ribā est la plus grave des sortes de ventes interdites. Donc tout bien qui provient d’une transaction interdite est moindre que la gravité du ribā. Par ailleurs, le ribā a été expliqué et défini par le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : il y a ce qui provient d’une créance suite à un prêt et il y a du ribā qui provient de ce qui n’est pas un crédit. La première sorte qui est la plus connue c’est le prêt avec intérêt c’est-à-dire associé à une condition d’intérêt. Celui qui prête profite du prêt qu’il accorde : soit un intérêt pour lui-même ; soit un intérêt pour lui et pour l’emprunteur. N’importe quel crédit dans lequel le prêteur pose comme condition de tirer un bénéfice pour lui-même en particulier ou bien pour lui-même et pour l’emprunteur, alors c’est un ribā
Le ribā était déjà interdit dans la Loi de Mūsā ʿalayhi s-salām. Mais au début de la mission de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il n’y avait pas eu l’interdiction du ribā, parce que les lois étaient révélées au Prophète progressivement. L’obligation des cinq prières a eu lieu sept années après la révélation. Au début de la révélation, il y avait une obligation de faire une prière la nuit (ṣalātu l-ʿadamah). Puis il y a eu abrogation de l’obligation de la prière nocturne et instauration des cinq prières quotidiennes. L’alcool également n’était pas interdit au début de la révélation à notre Prophète, il a été rendu interdit après l’émigration à Médine, trois après l’émigration. Également le ribā n’a été rendu interdit qu’après l’émigration. Et le ribā que les gens pratiquaient le plus c’était le ribā avec un intérêt : soit en réclamant un surplus par rapport au capital, soit en réclamant un autre bénéfice comme de loger gratuitement dans le logement de l’emprunteur ou de payer un loyer moindre que le loyer courant tant qu’il n’aura pas récupéré tout ce qu’il a prêté.
A retenir : Dieu a autorisé le prêt entre les gens pour qu’ils se soutiennent et non pas pour que l’un profite de l’autre. Mais concernant la vente, on peut faire du bénéfice. On a le droit de vendre plus cher que ce qu’on a acheté. La finalité de la vente est de faire du bénéfice. Alors que l’objectif du prêt n’est pas de faire du profit.
Celui à qui est parvenu une exhortation de son Seigneur : c’est-à-dire celui à qui il est parvenu un rappel de la part de Dieu, une réprimande qui comporte une interdiction de pratiquer le ribaa
Et qui s’est alors abstenu : suite à cette exhortation, il a arrêté, c’est-à-dire qu’il a appliqué l’interdiction et il a arrêté cette pratique du ribaa.
Il aura obtenu ce qu’il a obtenu par le passé. S’il avait pratiqué le ribā avant la révélation de son interdiction, alors il conservera ce qu’il avait obtenu.
Et Dieu le jugera au jour du jugement. Dieu sait qui a pratiqué le ribā et à quel moment il l’a pratiqué, avant la révélation de l’interdiction ou bien après.
Et ceux qui reviennent : c’est-à-dire ceux qui récidivent, qui reviennent à pratiquer le ribā après la révélation de l’interdiction, en se le rendant licite.
Ce sont eux qui iront en enfer où ils resteront éternellement : et cela, parce qu’en se rendant licites le ribā, ils sont devenus mécréants.
Conclusion de ce verset : il s’avère clairement que les moutazilites n’ont pas de preuve pour leur croyance dans ce verset à propos du séjour éternel en enfer du grand pêcheur. Parmi leurs égarements, ils disent que celui qui meurt grand pêcheur, il ira éternellement en enfer. Ils disent que celui-là n’est pas mécréant mais qu’il n’est pas musulman. Ils ont dit qu’il y a un état entre les deux. Ils utilisent ce verset en disant : regardez, ceux qui font le ribaa resteront éternellement en enfer. Or ce n’est pas pour cette raison qu’ils resteront éternellement en enfer, mais c’est parce qu’ils se rendent licites le ribā, après qu’il ait été rendu interdit.
Verset 276 : Allāh taʿālā anéantit le ribā : dans le sens qu’Il fait partir ses bénédictions. Dieu enlève l’augmentation du bien du ribā. Et Il fait que l’argent dans lequel le ribā intervient disparait.
Par contre Dieu fait fructifier les aumônes : l’argent à partir duquel on a extrait une aumône, Dieu fait qu’il augmente et il y a de la barakah dedans. Un bien ne diminue pas par l’aumône qu’on donne. Et dans le ḥadīṯ le Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la zakāt n’a pas diminué la valeur d’un bien dont elle est extraite » et aussi « l’argent ne diminue pas à cause d’une aumône, alors faites des aumônes ». Rapporté par Muslim et l’imam Barzaẖ. Cela veut dire que l’argent que tu donnes en aumône dans la voie que Dieu agrée, véritablement, ton argent n’aura pas diminué du montant de l’aumône. Même si, en apparence, tu as moins d’argent qu’avant que tu donnes. Mais en réalité, il n’a pas diminué. En vérité tu as gagné.
Et Dieu n’agrée pas tous ceux qui se rendent licites le ribā : c’est-à-dire le mécréant qui dépasse les limites : et c’est celui qui se rend licite quelque chose d’interdit.
Et le aṯīm : celui qui commet le péché en continuant à consommer le ribā.
Verset 277 : ceux qui ont été croyants et qui ont accompli les bonnes œuvres, qui ont accompli la prière et qui se sont acquittés de la zakāt, auront leur rétribution de la part de leur Seigneur. Il n’y a pas de crainte pour eux et ils n’ont pas à être chagrinés.
Il a été dit que « ceux qui ont été croyants », ce sont ceux qui ont cru en l’interdiction du ribā.
Verset 278 : ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de votre Seigneur et délaissez ce qui reste comme gain usuraire. C’est-à-dire : cessez de commettre cette interdiction. Le contexte de la révélation de ces versets est l’interdiction du ribaa alors qu’auparavant, il n’était pas interdit. Ils avaient pris un surplus, conformément au contrat de ribā qu’ils avaient fait. L’ordre était de délaisser ce qu’ils pouvaient réclamer en plus selon ce contrat. C’est-à-dire : même si vous avez pris un surplus de gain usuraire, maintenant, arrêtez. Ce qui, en fonction du contrat que vous aviez fait, restait dû, délaissez-le, ne le réclamez pas. Il a été rapporté que ce verset a été révélé à propos d’un clan d’une tribu de Ṯaqīf : l’un d’eux avait contracté un contrat de ribā avec quelqu’un de la tribu de qurayš. Au moment où le premier venait réclamer son ribā, ce verset a été révélé.
Si vous êtes véritablement croyants : c’est-à-dire : si vous êtes croyants du degré de foi complète. La preuve du degré de foi complète, c’est le fait qu’il s’empresse à obtempérer.
Verset 279 : si vous ne le faites pas, alors préparez-vous à subir un châtiment de la part de Dieu et à ce que le Messager ne soit pas content de ce que vous faites. Si vous ne le faites pas, alors sachez que vous allez subir une sorte de guerre qui est éminente de la part de Dieu et de Son Messager. Il a été rapporté que lorsque ce verset a été révélé, Ṯaqīf a dit : nous ne pouvons pas engager de guerre contre Dieu et Son Messager.
Et si vous faites le repentir (si vous cessez de commettre le ribā) alors reprenez votre capital : ne soyez pas injustes envers les emprunteurs en leur réclamant un surplus et vous ne subirez pas d’injustice en recevant moins que votre capital. C’est-à-dire : prenez votre capital, pas plus et pas moins.
Verset 280 : et si un de ceux de qui vous attendez un remboursement (un de ceux à qui vous avez fait un crédit) se trouve dans l’incapacité de rembourser, alors accordez -lui un délai (un temps additionnel) jusqu’à ce qu’il soit en capacité de rembourser.
Et que vous fassiez l’aumône : c’est-à-dire que vous excusiez celui qui vous doit de l’argent, pour la totalité ou pour une partie du capital que vous lui avez prêté. S’il peut vous rendre une partie, vous l’excusez pour le reste ; s’il ne peut rien vous rendre, vous l’excusez pour tout.
Cela vaut mieux pour vous : c’est-à-dire au jour du jugement.
Si vous le saviez : si vous saviez que ce serait mieux pour vous et que, en conséquence, vous appliquiez cela. C’est une incitation à se soutenir les uns les autres.
Verset 281 : craignez un jour dans lequel vous reviendrez au jugement de Dieu. C’est-à-dire le jour de la résurrection, lorsque vous sortirez de votre tombe, pour l’exposition de vos œuvres. Craignez ce jour c’est-à-dire préparez-vous pour ce jour. Celui qui est intelligent, c’est celui qui se décharge de toutes les éventuelles injustices qu’il a commises.
Il a été dit que ce verset 281 de sūratu l-baqarah était le dernier verset que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām a descendu. Et c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a dit à Muḥammad de placer ce verset au tout début c’est-à-dire au verset 281 de cette sourate. Après la révélation de ce verset, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a vécu vingt et un jours ou selon un autre avis, quatre-vingt-un jours ou encore sept jours ou trois heures. Il y a donc eu quatre avis.
Puis chaque âme sera rétribuée en fonction de ce qu’elle a acquis. Elle aura la rétribution des actes qu’elle a acquis.
Et ils ne subiront pas d’injustice : ils ne seront pas lésés. Ce qu’ils auront acquis comme bonnes actions leur sera donné, ils n’auront pas moins que ce qu’ils méritent. Ce qu’ils auront fait comme mauvaise action ne sera pas augmentée. Personne ne subira d’injustice.
Verset 282 : ô vous qui êtes croyants, si vous contractez des prêts : c’est-à-dire si vous prêtez de l’argent ou bien si vous empruntez de l’argent,
Avec une échéance définie, alors écrivez cela. L’ordre est venu d’écrire cela parce que cela garantit la conservation de l’information et cela protège de l’oubli et cela protège la personne de renier le crédit qui lui a été octroyé. Le sens est que si vous faites une transaction de crédit avec une échéance, alors écrivez-la. Ici, ce n’est pas un ordre d’obligation. C’est un ordre de recommandation. Si quelqu’un a prêté ou emprunté et qu’il n’a pas écrit, on ne dit pas qu’il a commis un péché, mais s’il avait écrit, cela aurait été mieux. S’il le fait du fait que c’est recommandé, il gagne des récompenses. Ibnu ʿAbbās et son père ont dit qu’il ne s’agit pas ici d’un simple crédit mais il s’agit d’une vente appelée « vente de as-salām ». C’est le fait de donner de l’argent à quelqu’un pour qu’il ramène une marchandise bien définie, selon des conditions bien particulières. Pour ce contrat-là, écrivez-le.
Et que les deux contractants écrivent
Et que celui qui écrit soit un scribe de confiance : que l’on ait confiance que ce qu’il va écrire est correct. Il doit être précautionneux. Il n’ajoute pas plus que ce qu’il doit écrire ni moins. Il écrit de manière fiable. Il y a ici une preuve que celui qui écrit soit quelqu’un qui connait la religion, pour que ce qu’il écrit soit valide selon la Loi. Cet ordre concerne les deux contractants du prêt, c’est-à-dire le créancier et l’emprunteur. Ils doivent ne demander qu’à quelqu’un qui soit faqīh, fiable dans ce qu’il écrit.
Et aucun scribe (notaire) ne devrait refuser d’écrire autrement que de la manière dont Dieu lui a enseigné d’écrire des documents : c’est-à-dire d’une façon fiable et correcte. Il ne change pas et il n’altère pas.
Alors qu’il écrive : c’est-à-dire qu’il écrive cette écriture telle qu’elle a été décrite en tant qu’objet de cette transaction, qu’il ne s’écarte pas de ce qui a été convenu
Et que celui qui est l’objet de l’obligation dicte : celui qui dicte ce qui doit être écrit est uniquement celui qui est redevable parce que cette dictée revient à témoigner que ce droit lui incombe. Il reconnait ainsi par lui-même que c’est lui qui doit rembourser.
Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire que celui qui doit le remboursement du prêt craigne Dieu et qu’il ne refuse pas de dicter. S’il refusait de dicter, c’est comme s’il renait le droit qui lui incombe.
Et qu’il ne diminue rien : et qu’il ne diminue rien du droit qui lui incombe, lorsqu’il dicte, parce que cela reviendrait à renier une partie de ce droit.
Si celui à qui incombe le droit était quelqu’un de « safīh » : dans certains cas, ça peut avoir le sens de fou. A l’origine, ça signifie vulgaire ou impudent. La vulgarité ou l’impudence est une faiblesse dans l’esprit. Par extrapolation ça arrive à la folie.
Première explication : un fou.
Deuxième explication : quelqu’un qui est sous tutelle car il ne sait pas gérer son argent.
Ou bien qu’il est faible : ici il s’agit d’un enfant.
Ou il est incapable de dicter : soit par une incapacité en lui ou parce qu’il est muet ou parce qu’il ignore la langue
Alors que son tuteur dicte à sa place : celui qui gère ses affaires.
Justement : c’est-à-dire véritablement et correctement.
Faites témoigner deux témoins : demandez à ce qu’il y ait deux témoins qui soient présents lors de cette transaction.
Parmi vos hommes : c’est-à-dire des hommes croyants, musulmans. Et même si ça n’avait pas été mentionné ici, le statut d’homme libre et la puberté sont des conditions avec l’islam, pour ces deux témoins. Le témoignage des mécréants entre eux, nous l’acceptons.
S’ils ne sont pas deux hommes, alors que ce soient un homme et deux femmes. C’est-à-dire, alors que soient témoins de cette transaction un homme et deux femmes.
De ceux dont vous connaissez le statut de confiance : la fiabilité.
Au cas où l’une des deux femmes oublie, que la seconde le lui rappelle : si l’une des deux oublie le témoignage, la seconde le lui rappelle.
Et les deux témoins ne refusent pas quand ils sont convoqués : soit ils sont convoqués pour témoigner soit pour être témoins. Dans le premier cas où c’est le juge qui les convoque, c’est obligatoire pour eux de témoigner. Et quand les deux contractants leur demandent de venir en en tant que témoins lors de la transaction, c’est recommandé.
Et ne vous lassez pas d’écrire ce crédit : c’est-à-dire de laisser une trace de ce que vous faites, quel que soit le droit,
Que ce soit de faible valeur ou de grande valeur, de petit enjeu ou de grand enjeu, ne vous lassez pas de l’écrire, de laisser une trace, c’est recommandé.
En écrivant l’échéance : sur laquelle les deux contractants se sont entendus.
Car une telle écriture est plus juste selon le jugement de Dieu : c’est un moyen de conserver les droits de tout un chacun, pour ne pas qu’il y ait des gens qui soient lésés. Et ça aide pour le témoignage. C’est une force de preuve.
Et cela aide à ne pas être dans le doute : cet écrit aide à dissiper totalement le doute pour le témoin pour le juge et pour le créancier.
Sauf s’il s’agit d’une vente immédiate que vous pratiquez de main à main, il n’y a pas de mal dans ce cas-là à ne pas garder de trace écrite. Parce qu’il n’y a pas de risque de conséquence comme il y en aurait pour une dette.
Et prenez un témoin lorsque vous faites des ventes : c’est un ordre de prendre un témoin lorsqu’on fait une vente dans l’absolu, que ce soit une vente dans l’immédiat ou bien une vente avec échéance. Il y a plus de précaution et ça éloigne de tomber dans la divergence. Ou alors : prenez des témoins lorsque vous faites cette vente qui est dans l’immédiat, dans le sens que ce n’est pas la peine d’écrire dans ce cas puisqu’il y a des témoins. Et même le fait de prendre des témoins est recommandé, ce n’est pas obligatoire.
Et qu’aucun scribe ni témoin n’agisse en mal : qu’aucun d’eux ne refuse de faire ce qu’on leur demande et qu’il ne déforme pas, qu’il n’ajoute pas ni ne retranche.
Si vous le faites : c’est-à-dire si vous agissez mal,
Cette nuisance est un péché pour vous.
Et craignez Dieu : faites preuve de piété à l’égard de Dieu. Le mot « at-taQwaa » signifie à l’origine la protection. On se protège de la désobéissance à Dieu.
Notre šayẖ a rajouté : si vous faites preuve de piété à l’égard de Dieu, Dieu vous accorde al-ʿilmul -ladunniyy : c’est une science que Dieu accorde aux saints : c’est une science qui est en plus de la science qu’il a apprise par transmission. Pour les prophètes, cette science est une révélation. Mais pour autre que les prophètes, ce n’est pas une révélation. Les savants ont cité parmi cette science, la science de l’interprétation des rêves.
Dieu nous dit d’accomplir ce qu’Il nous a ordonné d’accomplir, que ce soit en termes de science et d’œuvre. La science : ça veut dire : apprenez ce que Dieu vous a ordonné d’apprendre, ce minimum indispensable de la science de la religion. Les œuvres : faites ce que Dieu vous a ordonné de faire, évitez ce que Dieu vous a interdit comme actes du cœur et actes du corps. Celui qui fait cela, Dieu l’honore en lui donnant cette science al-ʿilmul -ladunnī.
L’esclave qui est croyant, s’il a appris ce que Dieu lui a ordonné d’apprendre, en termes de science indispensable de la religion, s’il œuvre et qu’il est véridique dans ses œuvres, c’est-à-dire qu’il a œuvré avec sincérité, c’est-à-dire qu’il a accompli les œuvres d’obéissance exclusivement par recherche de l’agrément de Dieu, et non pas par recherche de l’éloge des gens, est apte à recevoir al-^ilmu l-ladduniyy. C’est une science qui parvient directement au cœur de l’esclave croyant qui est pieux. Car beaucoup de gens vivent dans les illusions et ils n’apprennent pas ce minimum indispensable de la religion que nous étudions dans le mukhtaçar. Ces gens-là sont dans une erreur qui les mène à une grande perte.
Et Dieu vous enseigne les règles de Sa religion.
Il faut connaitre le sens qui est visé par ce verset afin de ne pas le comprendre autrement que conformément au sens qui est visé chez les gens de la connaissance. Le sens correct de ce verset est qu’il est ordonné aux esclaves de faire preuve de piété à l’égard de leur Seigneur. La piété, c’est accomplir les devoirs et éviter les interdits. Quand on dit : « crains Dieu », « fais preuve de piété à l’égard de Dieu », ce n’est pas la simple image de la prière, du jeûne, de la zakāt, du pèlerinage.
At-taqwā, la piété, est quelque chose de très difficile pour l’âme car cela nécessite un combat contre les penchants de l’âme. C’est un mot facile à prononcer mais qui est lourd de sens. La piété comporte l’accomplissement de tout ce que Dieu a ordonné à Ses esclaves et le fait d’éviter tout ce que Dieu a interdit. Les actes que Dieu a ordonnés à Ses esclaves, certains sont relatifs au cœur et d’autres sont relatifs aux organes. Il y a ce qui concerne les connaissances et il y a ce qui concerne les pratiques. Donc ce n’est pas uniquement le fait d’accomplir l’image des actes.
La piété a deux piliers fondamentaux : le premier c’est que l’esclave accomplisse ce que Dieu lui a ordonné, des actes du cœur et des actes du corps. L’acte du cœur que Dieu nous a ordonné d’accomplir c’est de connaitre Dieu et Son Messager c’est-à-dire d’une croyance certaine qui ne comporte aucune hésitation ni aucun doute. Également, parmi les actes du cœur, il y a la connaissance des sujets de la croyance, comme le fait de croire aux anges, aux messagers, au jour dernier, qu’il aura lieu sans aucun doute. Les gens seront ressuscités avec leurs corps et leurs âmes, après que les corps qui ont été assimilés par la terre auront été créés à nouveau. Ce n’est pas suffisant de croire à la résurrection des âmes seulement, mais il est un devoir de croire à la résurrection de l’âme avec le corps. Certains corps ne sont pas assimilés par la terre, comme les corps des prophètes, de certains saints et des martyrs. Dieu, Qui a créé les corps la première fois est tout puissant à les créer après qu’ils soient assimilés par la terre. Quant à la résurrection des âmes : depuis que l’âme a été retirée du corps, elle n’est pas anéantie, elle demeure. L’âme a un début mais elle n’a pas de fin. L’anéantissement pour l’être humain, c’est lorsque son âme quitte son corps, c’est cela qui va arriver inéluctablement à chaque être humain.
Le šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que chacun prenne garde de ceux qui se prétendent ṣūfī mais qui ne prennent pas en considération la Loi de l’islam. Ceux parmi eux qui enfreignent la Loi, quand quelqu’un les reprend pour les corriger, ils lui disent que lui, il fait partie des gens de l’apparence alors qu’eux, sont les gens de l’intérieur, des choses cachées. On leur répond que Dieu n’a pas révélé deux lois mais bien une seule qui s’applique à tous. Ce sont des charlatans. Aucun ṣūfī n’atteindra le haut degré dans le taṣawwuf sans s’attacher parfaitement à la Loi de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Aucun ṣūfī n’atteindra la sainteté sans s’attacher à la Loi de Dieu. Et après avoir atteint la sainteté, il va augmenter en attachement à la Loi de l’Islam. C’est à ce moment-là qu’il mérite d’avoir cette science al-ʿilmul -ladunnī. Quant à celui qui ne s’attache pas à la Loi de Dieu, parfaitement, il n’obtiendra pas cette science. S’ils disent que Dieu dit dans le Qur’ān : craignez Dieu et Dieu vous l’enseignera (sous-entendu cette science), on leur dit que « craignez Dieu » signifie « accomplir les obligations et éviter les interdits ».
Et Allāh sait absolument toute chose : il ne Lui arrive pas d’oubli, il ne Lui arrive pas de défaillance.
Verset 283 : et si vous (qui faites cette transaction) étiez en voyage et que vous n’avez pas trouvé un scribe, celui en qui on a confiance, c’est comme une caution de cette transaction. Généralement, quand on est en voyage, on ne pense pas qu’on va avoir besoin d’écrire ni d’avoir de témoin. Si quelqu’un veut prêter de l’argent à un autre, et qu’il n’y a pas de scribe, on va prendre une caution à la place de l’écriture. Le voyage n’est pas une condition pour que la caution soit valable. Une caution c’est-à-dire une hypothèque. Si vous n’avez pas de quoi écrire, alors prenez une hypothèque de la part de celui à qui vous prêtez. Et vous saisissez cette hypothèque.
Si vous avez confiance en vous : c’est-à-dire si certains créanciers ont confiance en certains débiteurs. Si le créancier pense du bien du débiteur, et qu’il n’a pas écrit le crédit qu’il lui a octroyé, il n’a pas pris de témoin et qu’il n’a pas pris d’hypothèque
Alors celui à qui il a été fait confiance, rembourse sa dette : c’est une incitation à l’emprunteur d’être à la hauteur de la confiance que le créancier lui a accordée. Et qu’il lui rembourse le crédit pour lequel il lui a fait confiance, même sans avoir pris d’hypothèque. La créance ici a été appliquée en tant que « amānah » c’est-à-dire c’est le fait de déposer un objet chez quelqu’un pour qu’il le conserve. Il a appelé le crédit une amānah, c’est comme s’il lui a fait un dépôt, il lui a fait confiance. Il n’a pas pris d’hypothèque.
Et qu’il craigne Dieu son Seigneur : c’est-à-dire qu’il ne renie pas le droit du créancier.
Et ne taisez pas le témoignage : cela revient aux témoins
Et celui qui refuse de témoigner, alors son cœur est dans le péché. Pourquoi le péché est-il attribué au cœur uniquement ? Alors que c’est toute la personne qui est dans le péché en taisant le témoignage parce qu’en fait, il a dissimulé le témoignage dans son cœur, il n’a pas voulu le dire. Comme le péché a été commis par le cœur et acquis par le cœur, il lui a été attribué. Attribuer le péché à l’organe avec lequel le péché a été commis, c’est encore plus éloquent, c’est plus fort. C’est comme quand on dit : c’est ce que j’ai vu de mes yeux, ce que j’ai entendu de mes oreilles, ce que j’ai su par mon cœur. De plus, le cœur est le président de tous les organes et il est ce bout de chair qui, lorsqu’il est sain, tout le corps est sain et lorsqu’il est corrompu, tout le corps est corrompu. En disant que son cœur est dans le péché, c’est comme s’il a dit que le péché s’est emparé de ce qui est à l’origine-même de lui-même, et qu’il s’est emparé de la partie la plus noble de la personne, qui est le cœur. Et parce que les actes du cœur sont plus éminents que les actes des autres organes. N’as-tu pas vu que l’origine des bonnes œuvres et des mauvaises œuvres, c’est la foi et la mécréance !! Et elles sont toutes deux parmi les actes du cœur. Et si le fait de dissimuler le témoignage a été considéré comme faisant partie des actes du cœur, alors c’est un signe qu’il s’agit d’un des plus graves des péchés.
D’après ʿAbdul-Lāh Ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, qui a été surnommé l’exégète par excellence du Qur’ān, il a dit que les plus grands parmi les grands péchés sont : attribuer à Dieu un associé (et c’est de la mécréance), le faux témoignage et dissimuler le témoignage.
Et Dieu, concernant ce que vous faites, sait toute chose : si vous dissimulez le témoignage ou si vous le montrez, rien n’échappe à Dieu.
Verset 284 : à Dieu appartient ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre : Dieu est le créateur de ce qu’il y a dans les cieux et sur terre et c’est à Dieu qu’appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre.
Que vous manifestiez ce qu’il y a dans votre for intérieur ou que vous le dissimuliez : c’est-à-dire comme mal, Dieu vous rétribuera pour cela, que vous le manifestiez ou pas.
Allāh vous punira : c’est-à-dire pour le mal. Mais ici, les suggestions et ce que l’âme suggère, cela ne fait pas partie de ce que l’homme dissimule, parce qu’il n’est pas en la capacité de l’homme de ne pas avoir cela. Mais l’homme sera rétribué pour ce qu’il a comme croyance et ce qu’il a la ferme volonté de faire. L’être humain n’est pas chargé des mauvaises suggestions et de ce que son âme suggère. La personne est chargée de ce qu’elle a pour croyance et de ce qu’elle se décide de faire. En résumé, se décider à faire de la mécréance est une mécréance. Et l’idée passagère de commettre un péché, sans que cela ne soit suivi d’une décision de commettre le péché, la personne n’en est pas chargée. Et la ferme décision de commettre un péché mais sans le commettre finalement, suivie par le regret d’avoir eu cette décision, puis la personne s’est détournée de commettre ce péché, cette personne-là est pardonnée. La règle est que celui qui fait le repentir d’un péché, c’est comme s’il ne l’avait pas fait. Celui qui a décidé de commettre un péché, il a commis un péché du cœur. Mais s’il a regretté de l’avoir commis, alors il est pardonné.
Si quelqu’un a envisagé de commettre un péché et il a décidé de le commettre et il a maintenu cette décision de le commettre, sauf qu’il y a eu quelque chose qui l’en a empêché et cela n’était pas de son fait à lui, il ne sera pas puni de la punition de celui qui a commis le péché. Par exemple, s’il avait la ferme décision d’aller commettre la fornication, mais par une cause indépendamment de sa volonté, il n’est pas allé jusqu’au bout, alors il ne sera pas châtié de la punition de celui qui a fait la fornication. Mais il sera puni du fait d’avoir décidé à le commettre.
Quant au ḥadīṯ rapporté par Ibnu Māǧah, dans lequel le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit : « Dieu ne charge pas Ma communauté pour ce que leur âme suggère, tant qu’ils ne vont pas jusqu’à agir ou parler ». Tout ne vient pas du šayṭān uniquement, l’âme également suggère.
Notre šayẖ a dit : « al-ʿazm » c’est la décision. « Al-hamm c’est at-taraddud l’hésitation à faire, avec la prévalence de faire l’action. Le ḥadīṯ cité est expliqué par ce qui est moins que la décision ; il est expliqué par l’hésitation, même si le côté « accomplir » l’emporte mais la personne n’a pas dit qu’elle va faire cette action.
An-Nasafiyy a dit que la majorité des savants ont dit que ce ḥadīṯ concerne ce qui traverse l’esprit et qui n’arrive pas jusqu’à la décision. Dieu dit ce qui signifie : « certes l’impudence et le mal se propagent ». An-Nasafiyy a dit que le ḥadīṯ deʿĀʾišah qui signifie : « celui qui hésite à commettre le péché et même s’il ne le commet pas, il sera puni pour cela » n’est pas authentique.
Dans la plupart des exégèses, lorsque ce verset a été révélé, les compagnons ont été apeurés et ont dit : « même si notre âme nous suggère le mal, nous serons punis ? » C’est alors que la suite du verset a été révélée. Cela indique que nous serons responsables de ce que nous aurons acquis comme bien et comme mal.
Il pardonne à qui il veut et Il châtie qui Il veut : c’est-à-dire que c’est Dieu Qui pardonne et c’est Dieu Qui châtie.
Et Dieu est sur toute chose tout puissant : Il est tout puissant à pardonner et Il est tout puissant à châtier. Dieu récompense et châtie sans y être obligé.
Verset 285 : le Messager a cru fermement en ce qu’il lui a été descendu par révélation de la part de son Seigneur, ainsi que les croyants : c’est-à-dire que tous ont une croyance qui n’est pas basée sur les illusions. La croyance du musulman est confirmée par la preuve rationnelle. Il est un devoir personnel pour chaque musulman de connaitre la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.
Tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses livres et en Ses messagers. Chacun d’entre eux est croyant. Un savant a dit : croire aux anges signifie croire que ce sont des personnes dotées d’âme et qui ont des corps impalpables. Ce sont des êtres vivants.
Le terme « ḥayawān » signifie dans la langue arabe celui qui est vivant et qui est doté d’âme. Dans le langage courant, il désigne un animal. L’emploi de ce mot pour désigner un animal est accidentel, c’est un usage qui n’existait pas chez les Arabes. A l’origine, c’est un mot qui a une portée plus large, qui désigne les êtres vivants.
Donc croire aux anges signifie croire que ce sont des êtres dotés d’âmes, de corps impalpables qui descendent et qui montent, sur ordre de Dieu. Ce ne sont pas des étoiles asservies ni des astres, comme l’a prétendu un groupe d’égarés. Il est un devoir de croire que les anges ne désobéissent pas à Dieu. Par ailleurs, Dieu a chargé les anges de plusieurs fonctions ; certains sont chargés de la pluie, d’autres sont en charge d’inscrire les actes des humains (Raqīb et ʿĀtīd), et d’autres sont chargés de prendre les âmes (soit les anges de la miséricorde, soit les anges du châtiment), et d’autres sont chargés de protéger les humains, pour que les ǧinn mécréants ne se jouent d’eux. En effet les ǧinn nous voient alors que nous ne les voyons pas. Mais les anges ne nous protègent pas du mal que Dieu a prédestiné qu’il va nous arriver.
Nous ne faisons pas de différence entre ces messagers : c’est-à-dire ils disent : nous croyons en eux tous, en leur totalité, depuis Ādam jusqu’à Muḥammad, nous croyons en le message qu’ils ont amené et nous croyons en leur véracité. Nous reconnaissons leur statut de prophète et le fait qu’ils sont des envoyés de Dieu, ils ont tous amené l’islam. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « la meilleure des paroles que j’ai dites et que les prophètes ont dites avant moi est – il n’est de dieu que Dieu – ». Tous les prophètes ont été envoyés par Dieu pour appeler à l’islam.
Nous n’accusons de mensonge aucun d’entre eux. Cela veut dire que nous ne croyons pas en certains tout en démentant d’autres. Nous croyons en eux tous. Cela ne veut pas dire que nous suivons toutes les lois des prophètes. Parce que la Loi de notre prophète est différente de la loi des prophètes qui l’ont précédé. La loi d’un messager abroge la loi du messager qui l’a précédé. La loi de notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est la plus facile.
Ibnu Ḥibbān a rapporté dans son ṣaḥiḥ ce qui signifie : « ô messager de Dieu, combien étaient les prophètes ? Il a dit : 124.000. Je lui ai dit : « ô messager, combien étaient les messagers ? » Il a dit « 313 ».
Et ils ont dit nous avons entendu : c’est-à-dire que nous avons répondu à ton appel ô Muḥammad et nous avons obéi à ton ordre.
O Allāh pardonne-nous
Seigneur c’est à Toi le devenir : c’est une reconnaissance qu’il va y avoir une résurrection et une rétribution.
Verset 286 : Allāh ne charge la personne que de ce dont elle est capable : la capacité de l’être humain, c’est ce qu’il peut faire. Cela signifie que Dieu ne charge la personne que de ce qu’elle peut faire, sans pour autant qu’elle atteigne la limite de sa capacité. Par exemple, l’être humain est capable d’accomplir plus que cinq prières par jour. Or Dieu nous a chargés d’en accomplir cinq. Également nous pouvons jeûner plus qu’un mois. Mais l’obligation est de jeûner un seul mois. Cela ne va pas combler toute notre capacité.
Les savants ont dit qu’il y a deux sortes de capacités : une capacité qui est antérieure à l’acte et une capacité qui est conjointe à l’acte. La première sorte c’est le fait d’avoir les moyens et les outils qui permettent d’accomplir l’acte. Par exemple pouvoir se mettre debout pour la prière. Etre en bonne santé pour jeûner. C’est cette capacité qui est antérieure à l’acte qui fait que nous sommes responsables. La deuxième sorte, c’est la capacité qui est conjointe à l’acte, c’est celle par laquelle l’acte a lieu. Comme le fait de se mettre debout pour accomplir la prière obligatoire.
L’âme a en sa faveur le bien qu’elle a acquis et elle aura contre elle le mal qu’elle a acquis : nous ne créons pas mais nous acquérons. L’acquisition c’est le fait d’orienter son intention vers l’acte et c’est Dieu Qui crée cet acte. Même l’intention est créée par Dieu. Acquérir le bien signifie qu’il sera rétribué dans l’au-delà par des récompenses. Acquérir le mal signifie que la personne mérite d’être punie dans l’au-delà suite au mal qu’elle a fait. Le bien que l’âme acquiert lui sera bénéfique. L’intention est indispensable pour être récompensé.
L’être humain sera récompensé en acquérant les bonnes actions et il sera puni pour avoir acquis des mauvaises actions. Le fait que Dieu récompense ceux qui sont obéissants, c’est une grâce de Sa part : Dieu n’est pas obligé de récompenser. Le fait que Dieu punisse ceux qui sont désobéissants, c’est une justice de Sa part : cela veut dire qu’Il n’est pas injuste en cela, parce que tout Lui appartient et Il fait ce qu’il veut de ce qui Lui appartient.
L’acquisition c’est lorsque la personne se décide fermement à acquérir quelque chose. Quand l’esclave oriente son intention vers quelque chose, Dieu lui créée cette chose-là. L’esclave va profiter des bonnes actions qu’il acquiert.
La personne va assumer les conséquences des péchés qu’elle commet, parce qu’elle sera punie pour cela. C’est-à-dire qu’elle mérite la punition.
Dans ce verset il y a la confirmation de l’acquisition pour l’esclave. Tous les actes des esclaves sont créés par Dieu. C’est Dieu seul Qui fait entrer en existence les actes de l’esclave et aucun acte n’est excepté. Ce qui distingue le bien du mal, c’est que le bien, Dieu l’agrée et l’ordonne et le mal, Dieu ne l’agrée pas et ne l’ordonne pas.
O notre Seigneur, ne nous punis pas si nous avons oublié ou si nous avons commis une erreur.
O notre Seigneur, ne nous fais pas supporter des charges comme Tu as fait en supporter à ceux qui nous ont précédés : dans la communauté de notre maitre Mūsā ʿalayhi s-salām, la loi du talion devait s’appliquer inéluctablement : si quelqu’un commettait un homicide injustement, l’assassin devait être absolument exécuté. Alors que dans la loi de notre maitre Muḥammad, l’assassin peut être pardonné de la part de la famille de la victime. Autre exemple : si une substance impure tombait sur un tapis de prière, dans les lois antérieures, il fallait découper cette partie et la jeter. Dans la loi de notre maitre Muḥammad, on peut le laver avec de l’eau pour la purifier.
Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons pas supporter : c’est-à-dire des punitions qui se sont abattues sur ceux qui nous ont précédés.
Et pardonne-nous : c’est-à-dire : efface nos mauvaises actions.
Et pardonne-nous : c’est-à-dire : ne dévoile pas nos péchés. An-Nasafī dit que ce n’est pas une répétition parce que la première phrase, c’est pour les grands péchés et la deuxième, c’est pour les petits péchés.
Fais-nous miséricorde : en faisant que la balance de nos bonnes œuvres soit plus lourde, même si nous ne sommes pas à la hauteur.
An-Nasafiyy a donné une deuxième explication de ces trois versets : nous demandons à Dieu de ne pas nous faire subir ce que certains ont subi :
1/ la transformation : des gens de certaines communautés antérieures ont été transformés (certains des fils d’Isrāʾīl ont été transformés en singes et en porcs)
2/ l’ensevelissement : la communauté de notre maitre Lūṭ a subi cela.
3/ La noyade : comme le peuple de Nūḥ.
Tu es notre Seigneur : le mot « mawlaa » en arabe a quinze sens.
Première explication : ô Dieu, Tu es notre maitre et nous sommes Tes esclaves.
Deuxième explication : Tu es Celui Qui nous soutient.
Troisième explication : Tu es Celui Qui gère la création, Qui prédestine toute chose.
Donne-nous la victoire sur les mécréants : le Seigneur soutient Ses esclaves.
C’est permis de dire « j’ai récité sūratu l-baqarah » et c’est correct de dire : « j’ai récité al-baqarah ». Notre maître ʿAliyy que Dieu l’agrée a dit : « les derniers versets de sūratu l-baqarah proviennent d’un trésor qui est sous le Trône ».
D’après le compagnon An-Nuʿmān ibnu Bašīr, il rapporte du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qu’il a dit ce qui signifie : « Allāh a fait écrire sur une table, deux mille ans avant la création des cieux et de la terre. Et à partir de ce qu’Il a fait écrire sur cette table, Il a fait descendre deux versets par révélation, qui sont les deux derniers versets de sūratu l-baqarah : si ces deux versets sont récités dans une maison trois nuits de suite, le šayṭān n’entre pas dans cette maison ». Il s’agit des ǧinn mécréants.
D’après le compagnon Abū Qatādah, que Dieu l’agrée, il a dit que le Messager de Dieu, ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « celui qui récite Āyatu l-kursiyy et les deux derniers versets de sūratu l-baqarah, au moment de l’épreuve, Allāh ʿAzza wa Ǧ-Ǧall lui envoie le renfort ». Rapporté par ibnu s-sunnī
Au-dessus du Trône, il y a un tableau sur lequel sont inscrits les deux derniers versets de sūratu l-baqarah. Et il y a la table préservée sur laquelle est inscrit tout ce qui va se passer jusqu’à la fin de ce monde. Et il y a un autre support qui est au-dessus du Trône sur lequel est écrit ce qui signifie : les manifestations de Ma miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier.
Informations utiles au sujet de sūratu l-baqarah
1 / Aṭ-Ṭabarānī a rapporté d’après ʿAbdur -Raḥmān fils de al-‘Aʿlā fils de al-Laǧlāǧ qu’il a dit : « mon père m’a dit : – mon fils, quand tu vas me mettre dans la tombe, dis : (bismi l-Lāhi wa fī sabīli l-Lāh wa ʿalā millati rasuli l-Lāh) -. Ce qui signifie : je commence par le nom de Dieu, dans la voie que Dieu agrée, (c’est-à-dire pour rechercher les récompenses de la part de Dieu) et conformément à la religion du Messager de Dieu. Ensuite déverse la terre sur ma tombe, lentement, petit à petit. Ensuite tu récites au niveau de ma tête le début de sūratu l-baqarah et la fin sūratu l-baqarah. Parce que j’ai entendu le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dire cela. » Il s’agit donc d’un ḥadīṯ marfūʿ. Il a attribué la parole au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
2 / Il a été confirmé qu’ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUmar que Dieu l’agrée lui et son père, qu’il récitait au niveau de la tombe, après l’enterrement, les quatre premiers versets de sūratu l-baqarahainsi que les deux derniers versets de cette sourate.
3 / L’imam Aḥmad que Dieu l’agrée, a vu une fois des gens qui récitaient le Qur’ān au niveau de la tombe. A ce moment-là, il ne lui était pas parvenu que c’était autorisé, il leur a dit de ne pas le faire. Puis un de ses amis qui était un savant lui a demandé ce qu’il disait au sujet d’un certain savant. L’imam Aḥmad lui a dit que c’était quelqu’un de confiance. Alors son ami lui a dit que cette personne récitait le Qur’ān en faveur des morts. Alors l’imam Aḥmad ne l’a pas interdit. C’est une règle des savants : si une information est confirmée, alors ils la prennent en compte. Ils ne sont pas orgueilleux. C’est une preuve de modestie.
Exemple d’une version d’un ḥadīṯ que notre šayẖ avait rapportée à ses élèves, mais aucun d’eux ne l’a trouvée dans les livres qu’ils ont consultés. Notre šayẖ a confirmé qu’il l’avait apprise avec ces termes-là auprès de ses šayẖ. Il a alors été demandé à šayẖ Ṭāriq qui se trouvait au Maroc de chercher dans d’autres livres. Et il a fini par la trouver dans un livre dans une bibliothèque au Maroc. En effet il y avait quelques divergences entre les copies du Levant et celles du Maghreb.
4/ Et l’imam Aḥmad a authentifié un ḥadīṯ qui signifie : « récitez sūratu Yāsīn auprès vos morts ». Le mot « mort » ici englobe aussi bien celui qui est déjà mort que celui qui est en train d’agoniser. Celui qui est en train d’agoniser va arriver ensuite à l’état de mort.
5/ L’imam Aš-Šāfiʿiyy a dit que la récompense de la récitation n’arrive pas à celui qui est mort. Ceci dans le cas où la personne ne fait pas d’invocation après avoir récité. Mais si quelqu’un demande à Dieu de faire parvenir la récompense de ce qu’il a récité à un tel, on espère que la récompense lui parviendra. On dit : « Allāhumma ʾawṣil ṯawāba mā qaraʾtu ilā fulān ». C’est-à-dire : « ô Allāh, fais parvenir la récompense de ce que j’ai récité à un tel ». Ceci dans le cas où on est loin de la tombe. Par contre, si on récite alors qu’on est auprès de la tombe, on n’a pas besoin de réciter l’invocation parce que la récompense arrive.
6 / Sūratu l-baqarah a été surnommée ainsi en référence à la vache que les descendants d’Isrāʾīl avaient reçu l’ordre d’égorger quand quelqu’un avait été assassiné et on ne connaissait pas l’assassin. Notre maître Mūsā leur avait ordonné d’égorger une vache et c’était ainsi qu’ils pourraient identifier l’assassin.
Tafsir An-Nasafiyy : sourate al-Moulk
La louange est à Allah, Le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève d’avantage le rang de notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam, et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions, nos actes et nos paroles soient accomplis sincèrement par recherche de Son agrément.
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم
(bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim)
تَبَـٰرَكَ ٱلَّذِی بِیَدِهِ ٱلۡمُلۡكُ وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَیۡءࣲ قَدِیرٌ﴿ ١ ﴾ ٱلَّذِی خَلَقَ ٱلۡمَوۡتَ وَٱلۡحَیَوٰةَ لِیَبۡلُوَكُمۡ أَیُّكُمۡ أَحۡسَنُ عَمَلࣰاۚ وَهُوَ ٱلۡعَزِیزُ ٱلۡغَفُورُ﴿ ٢ ﴾
(tabaraka l-ladhi biyadihi l-moulkou wa houwa ^ala koulli chay’in qadir (1) al-ladhi khalaqa l-mawta wa l-hayata liyablouwakoum ‘ayyoukoum ‘ahçanou ^amala, wa houwa l-^Azizou l-Ghafour (2))
- تَبَٰرَكَ (tabaraka) c’est-à-dire: Il est exempt d’imperfection et glorifié soit-Il, Il est exempt des caractéristiques des créatures. Il est exempt d’imperfection, Il a la gloire et Il est exempt des caractéristiques des créatures.
ٱلَّذِی بِیَدِهِ ٱلۡمُلۡكُ (al-ladhi biyadihi l-moulk): Celui Qui détient la souveraineté, c’est-à-dire la souveraineté et le pouvoir sur toutes les créatures, toutes les créatures Lui appartienne. Et Il est Celui à Qui appartient la souveraineté. Il accorde la souveraineté à qui Il veut et Il hôte la souveraineté de qui Il veut. Quand on dit qu’Il est Celui à Qui appartient la souveraineté, cette deuxième dont il est question ici, c’est la souveraineté de la créature, c’est la souveraineté que Allah accorde à certains de Ses esclaves croyants et mécréants. La souveraineté dans ce sens-là est créée. Quant à la souveraineté qui est comprise de son nom Al-Malik c’est un attribut à Lui et cet attribut est éternel, exempt de début, exempt de fin. Lorsqu’il est dit : « Celui à Qui appartient la souveraineté », la souveraineté ici c’est celle qui est créée. Quant à notre parole : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui a la souveraineté » c’est-à-dire la souveraineté qui est Son attribut tabaraka wata^ala.
وَهُوَ عَلَىٰ كُلِّ شَیۡءࣲ قَدِیرٌ Et Il est sur toute chose, c’est-à-dire toute chose qui fait partie des possibles selon la raison, Il est sur toute chose tout-puissant, c’est-à-dire tout-puissant parfaitement. C’est-à-dire que Sa toute-puissance est parfaite, il n’y a pas une chose dont Il serait incapable. Il n’y a pas une chose possible selon la raison qui serait exceptée de Sa puissance.
- ٱلَّذِی خَلَقَ ٱلۡمَوۡتَ وَٱلۡحَیَوٰةَ (al-ladhi khalaqa l-mawta wal-hayata): Celui Qui a créé la mort et la vie, c’est-à-dire: Il a créé votre mort et votre vie, vous qui êtes responsables. Ainsi, Allah est Le Créateur des substances et des caractéristiques des substances.
لِیَبۡلُوَكُمۡ (liyablouwakoum): pour vous éprouver, c’est-à-dire: Il vous éprouve par les ordres qu’Il vous donne et par les interdits qu’Il vous fixe, tout cela avant votre mort, c’est-à-dire de votre responsabilité jusqu’à votre mort Il vous éprouve, ainsi ce manifeste de vous ce que Dieu a su qu’il proviendrait de vous. C’est-à-dire que ce qui provient de nous est quelque chose que Dieu sait. Et Il vous rétribuera ainsi pour vos œuvres (…).
أَیُّكُمۡ أَحۡسَنُ عَمَلࣰاۚ (‘ayyoukoum ‘ahçanou ^amala): Qui d’entre vous accompli les meilleures œuvres, c’est-à-dire qui d’entre vous accomplis les œuvres les plus sincères et les plus correctes. L’acte sincère c’est quand il est accompli pour l’agrément de Dieu et l’acte qui est correcte c’est qu’il soit conforme à la Sounnah.
Ce qui est visé c’est : Il vous a accordé la vie grâce à laquelle vous êtes capable d’œuvrer. C’est Lui Qui vous a donné la vie grâce à laquelle vous avez la capacité à œuvrer et Il vous a soumis à la mort qui est ce qui vous amène à choisir les bonnes œuvres plutôt que les mauvaises. Il vous a dominé par la mort, la mort qui est le moteur, ce qui vous appel, vous invite à choisir les bonnes œuvres plutôt que les œuvres laides, les œuvres mauvaises. Après la mort, il n’y a d’autre que la résurrection et la rétribution qui sont inéluctables. Et Allah a mentionné la mort avant la vie dans ce verset parce que le plus fort des gens, le plus intelligent et le plus efficace des gens qui incite les gens à œuvrer c’est celui qui a placé entre ses yeux la mort. La mort est le plus grand moteur des gens qui incite à œuvrer. Ce qui va motiver le plus les gens à œuvrer c’est de placer la mort entre les yeux, c’est-à-dire d’y penser.
وَهُوَ ٱلۡعَزِیزُ ٱلۡغَفُورُ (wa houwa l-^Azizou l-Ghafour): Il est Al-^Aziz c’est-à-dire Celui Qui vainc, Celui Qui n’est pas rendu impuissant par celui qui agit mal. Celui qui agit mal ne nuit aucunement à Dieu. Al-Ghafour c’est Celui Qui ne dévoile pas, Celui dont les gens qui font du mal, les gens qui dérapent ne désespère pas de Son pardon.
ٱلَّذِی خَلَقَ سَبۡعَ سَمَـٰوَ ٰتࣲ طِبَاقࣰاۖ مَّا تَرَىٰ فِی خَلۡقِ ٱلرَّحۡمَـٰنِ مِنتَفَـٰوُتࣲۖ فَٱرۡجِعِ ٱلۡبَصَرَ هَلۡ تَرَىٰ مِن فُطُورࣲ﴿ ٣ ﴾
ثُمَّ ٱرۡجِعِ ٱلۡبَصَرَ كَرَّتَیۡنِ یَنقَلِبۡ إِلَیۡكَ ٱلۡبَصَرُ خَاسِئࣰا وَهُوَ حَسِیرࣱ﴿ ٤ ﴾
وَلَقَدۡ زَیَّنَّا ٱلسَّمَاۤءَ ٱلدُّنۡیَا بِمَصَـٰبِیحَ وَجَعَلۡنَـٰهَا رُجُومࣰا لِّلشَّیَـٰطِینِۖ وَأَعۡتَدۡنَا لَهُمۡ عَذَابَ ٱلسَّعِیرِ﴿ ٥ ﴾
(al-ladhi khalaqa sab^a samawatin tibaqa, ma tara fi khalqi r-Rahmani mintafawout, farji^i l-basara hal tara min foutour (3) thoumma rji^i l-basara karratayni yanqalib ‘ilayka l-basarou khasi’an wa houwa hasir (4) wa laqad zayyana s-sama’a d-dounya bimasabiha wa ja^alnaha roujouma l-lich-chayatin, wa ‘a^tadna lahoum ^adhaba s-sa^ir (5))
- ٱلَّذِی خَلَقَ سَبۡعَ سَمَـٰوَ ٰتࣲ طِبَاقࣰاۖ (al-ladhi khalaqa sab^a samawatin tibaqa) Celui Qui a créée sept cieux similaires, c’est-à-dire qui sont les uns au-dessus des autres sans qu’ils ne soient en contacts les uns avec les autres. Et tu ne vois pas dans la création de Ar-Rahman (ici « tu » s’adresse au Messager ou à tout interlocuteur) pour prouver par que par Sa puissance Il est Celui Qui créée pareille chose, cette créature qui est tellement belle et harmonieuse que ces sept cieux qui sont les uns au-dessus des autres.
مَّا تَرَىٰ فِی خَلۡقِ ٱلرَّحۡمَـٰنِ مِنتَفَـٰوُتࣲۖ (ma tara fi khalqi r-Rahmani mintafawout) Tu ne vois pas dans la création de Dieu de «tafawout», c’est-à-dire d’inharmonie, de désordre. Autrement dit, il n’y a pas dans la création de Dieu, dans la création des cieux et autres que les cieux, de toutes Ses créatures, il n’y a pas dans de défauts dans la création.
فَٱرۡجِعِ ٱلۡبَصَرَ هَلۡ تَرَىٰ مِن فُطُورࣲ (farji^i l-basara hal tara min foutour): fixe encore du regard, regarde à nouveau, c’est-à-dire regarde à nouveau vers le ciel pour qu’il te soit confirmé de visu ce dont tu as été informé, de sorte à ce que tu n’aies aucun doute. Est-ce que tu vois des fissures dans le ciel ? Tu ne vois pas ni fissure, ni déformation, ni défaut. Allah fait que cette création est parfaite.
- ثُمَّ ٱرۡجِعِ ٱلۡبَصَرَ كَرَّتَیۡنِ (thoumma rji^i l-basara karratayni): Ensuite, regarde à nouveau une deuxième fois. Il a été dit qu’il n’a pas été visé la restriction à regarder à deux reprises, même si dans le verset il est cité « regarde une deuxième fois » mais ce qui est visé n’est pas de se restreindre à scruter, fixer du regard que par deux fois mais il est visé par la répétition de nombreuses fois, c’est-à-dire : regarde à nouveau, fixe bien du regard, est-ce que tu vois un défaut ? Est-ce que tu vois une fissure ?
یَنقَلِبۡ إِلَیۡكَ ٱلۡبَصَرُ خَاسِئࣰا وَهُوَ حَسِیر (yanqalib ‘ilayka l-basarou khasi’an wa houwa hasir): Ton regard te reviendras, c’est-à-dire que ce que tu vois te ramèneras l’information que ton regard sera déçu, loin de ce que tu cherches, c’est-à-dire que tu ne vas pas trouver de défauts. Ton regard rentrera bredouille, il reviendra à toi sans réussite à voir ce que tu voulais voir comme défauts. C’est-à-dire qu’il ne va trouver de défauts.
- وَلَقَدۡ زَیَّنَّا ٱلسَّمَاۤءَ ٱلدُّنۡیَا (wa laqad zayyana s-sama’a d-dounya): Et nous avons décoré le ciel. Le mot « dounya » signifie le plus proche, c’est-à-dire le ciel qui est le plus proche de nous, qui est celui que nous voyons qui est le premier. Avec quoi il a été décoré ? Avec بِمَصَـٰبِیحَ (bimasabih) des chandelles, c’est ainsi qu’ont été appelé les planètes (kawkab) est un terme qui désigne les étoiles. Des planètes qui éclairent comme le jour.
وَجَعَلۡنَـٰهَا رُجُومࣰا لِّلشَّیَـٰطِینِۖ (wa ja^alnaha roujouma l-lich-chayatin): Nous en avons fait des causes pour a lapidation des démons, c’est-à-dire vos ennemis, ceux qui vont font sortir de la lumière vers les ténèbres. « ar-roujoum » c’est un pluriel de « rajm » c’est un substantif par lequel a été nommé ce qui est lapidé. Ici ce qui est lapidé s’appelle « roujoum ». Cela veut dire que le fait que ces planètes, ces étoiles soient une cause de lapidation des démons parce qu’il s’en sépare des « chihab » des météorites. Cela veut dire que les démons sont lapidés par des boules de feu, ici le mot « chihab » et le mot « qabas » il s’agit de la boule de feu, cela veut dire qu’il se détache de l’étoile une boule de feu, l’étoile est stable dans sa place, comme une flemme de laquelle peut se détacher du feu et la flemme reste à sa place. Cela ne veut pas dire qu’ils sont lapidés par l’étoile elle-même mais c’est quelque chose qui se détache de l’étoile qui va lapider les démons. Il sera pris du feu qui va tuer se jinn ou qui va le rendre fou.
وَأَعۡتَدۡنَا لَهُمۡ عَذَابَ ٱلسَّعِیرِ (wa ‘a^tadna lahoum ^adhaba s-sa^ir): Et nous leur avons réservé (aux démons) le châtiment de l’enfer dans l’au-delà après leur brulure par les boules de feu dans le bas monde.
وَلِلَّذِینَ كَفَرُوا۟ بِرَبِّهِمۡ عَذَابُ جَهَنَّمَۖ وَبِئۡسَ ٱلۡمَصِیرُ﴿ ٦ ﴾
إِذَاۤ أُلۡقُوا۟ فِیهَا سَمِعُوا۟ لَهَا شَهِیقࣰا وَهِیَ تَفُورُ﴿ ٧ ﴾
تَكَادُ تَمَیَّزُ مِنَ ٱلۡغَیۡظِۖ كُلَّمَاۤ أُلۡقِیَ فِیهَا فَوۡجࣱ سَأَلَهُمۡ خَزَنَتُهَاۤ أَلَمۡ یَأۡتِكُمۡ نَذِیرࣱ﴿ ٨ ﴾
(wa li l-ladhina kafarou birabbihim ^adhabou jahannam, wa bi’sa l-masir (6) idha ‘oulqou fiha sami^ou laha chahiqan wa hiya tafour (7) takadou tamayyazou mina l-ghaydh, koullama ‘oulqiya fiha fawjoun sa’alahoum khazanatouha ‘alam ya’tikoum nadhir (8))
- وَلِلَّذِینَ كَفَرُوا۟ بِرَبِّهِمۡ wa li l-ladhina kafarou birabbihim): Et pour ceux qui ont mécru en leur Seigneur, c’est-à-dire pour tous ceux qui ont mécru en Dieu, qu’ils fussent des démons ou autres.
عَذَابُ جَهَنَّمَۖ (^adhabou jahannam): Ils auront le châtiment de la géhenne, et cela n’est pas réservé qu’aux démons qui ont été lapidés, cela n’est pas spécifique aux démons qui ont été lapidés dont il été question dans le verset précédent.
وَبِئۡسَ ٱلۡمَصِیرُ (wa bi’sa l-masir): Et quelle mauvaise demeure, c’est-à-dire: Et quelle mauvaise demeure qu’est l’enfer.
- إِذَاۤ أُلۡقُوا۟ فِیهَا (idha ‘oulqou fiha): Lorsqu’ils y seront jetés, c’est-à-dire qu’ils seront jetés en enfer tout comme on jette le bois dans un grand brasier.
سَمِعُوا۟ لَهَا شَهِیقࣰا (sami^ou laha chahiqan): On lui entend, c’est-à-dire on entend de l’enfer un soupir, un son qui est blâmable, comme le son de l’âne (l’âne quand il brait, c’est un son qui est laid) on entends aussi un son laid de l’enfer quand ils seront jetés dedans. Le bruit du feu, le crépitement des flemmes de l’enfer qui est abominable a été comparé au braiement d’un âne.
وَهِیَ تَفُورُ (wa hiya tafour): Alors qu’il est en train de bouillir, c’est-à-dire qu’on entend de l’enfer un bruit comme l’ébullition du chaudron quand il y a de l’eau qui est chauffée dedans.
- تَكَادُ تَمَیَّز(takadou tamayyazou): L’enfer va faillir se déchirer et se découper مِنَ ٱلۡغَیۡظِۖ (mina l-ghaydh) c’est-à-dire que l’enfer c’est comme s’il va se déchirer, se rompre par colère contre les mécréants. L’enfer a été comparé à quelqu’un qui est en colère, c’est un sens figuré pour indiquer l’extrême ébullition avec les mécréants dedans.
كُلَّمَاۤ أُلۡقِیَ فِیهَا فَوۡجࣱ (koullama ‘oulqiya fiha fawjoun): Chaque fois qu’un groupe est jeté dedans, c’est-à-dire un groupe de mécréants, سَأَلَهُمۡ خَزَنَتُهَاۤ (sa’alahoum khazanatouha): les anges qui en sont chargés les interrogent, il s’agit de Malik et de ceux qui sont avec lui parmi les anges de l’enfer, az-zabaniyah. Les zabaniyah est le nom des anges qui poussent les gens dans l’enfer. Les anges gardiens de l’enfer, Malik et les zabaniyah, ses aides, les interrogeront et c’est une interrogation de blâme. أَلَمۡ یَأۡتِكُمۡ نَذِیرࣱ (‘alam ya’tikoum nadhir): N’est-ce pas qu’ils vous est parvenu quelqu’un qui vous en a averti?! Un Messager qui vous a fait craindre ce châtiment.
قَالُوا۟ بَلَىٰ قَدۡ جَاۤءَنَا نَذِیرࣱ فَكَذَّبۡنَا وَقُلۡنَا مَا نَزَّلَ ٱللَّهُ مِن شَیۡءٍ إِنۡ أَنتُمۡ إِلَّا فِی ضَلَـٰلࣲ كَبِیرࣲ﴿ ٩ ﴾
وَقَالُوا۟ لَوۡ كُنَّا نَسۡمَعُ أَوۡ نَعۡقِلُ مَا كُنَّا فِیۤ أَصۡحَـٰبِ ٱلسَّعِیرِ﴿ ١٠ ﴾
فَٱعۡتَرَفُوا۟ بِذَنۢبِهِمۡ فَسُحۡقࣰا لِّأَصۡحَـٰبِ ٱلسَّعِیرِ﴿ ١١ ﴾
إِنَّ ٱلَّذِینَ یَخۡشَوۡنَ رَبَّهُم بِٱلۡغَیۡبِ لَهُم مَّغۡفِرَةࣱ وَأَجۡرࣱ كَبِیرࣱ﴿ ١٢ ﴾
(qalou bala qad ja’ana nadhiroun fakadh-dhabna wa qoulna ma nazzala l-Lahou min chay’in ‘in ‘antoum ‘illa fi dalalin kabir (9) wa qalou law kounna nasma^ou ‘aw na^qilou ma kounna fi ‘as-habi s-sa^ir (10) fa^tarafou bidhanbihim fasouhqan li‘as-habi s-sa^ir (11)’inna l-ladhina yakhchawna rabbahoum bi l-ghaybi lahoum maghfiratoun wa ‘ajroun kabir (12))
- قَالُوا۟ بَلَىٰ قَدۡ جَاۤءَنَا نَذِیرࣱ (qalou bala qad ja’ana nadhiroun): Ils ont dit «Ah que oui, ils nous ait bien parvenu un avertisseur», c’est une reconnaissance de leur part de l’équité et de la justice de Dieu, c’est un aveu, Allah leur a éliminé toutes excuses en leur envoyant des messagers et en les avertissant de ce dans quoi ils se sont retrouvés. فَكَذَّبۡنَا (fakadh-dhabna): ils ont dit: «Nous les avons démenti» c’est-à-dire qu’ils ont dit: «Nous avons démenti les messagers,
وَقُلۡنَا مَا نَزَّلَ ٱللَّهُ مِن شَیۡءٍ (wa qoulna ma nazzala l-Lahou min chay’in): et nous avons dit: Allah n’a rien révélé de ce que les avertisseurs qui ont prétendu être des envoyés, comme promesses et menaces et autres que cela» Ils reconnaissent qu’ils n’avaient pas cru en ce que Allah a révélé.
إِنۡ أَنتُمۡ إِلَّا فِی ضَلَـٰلࣲ كَبِیرࣲ (‘in ‘antoum ‘illa fi dalalin kabir): Et ils ont dit: «Vous n’êtes que dans un profond égarement», c’est-à-dire que les mécréants ont dit au Prophète qui les a averti: «Vous n’êtes que dans un profond égarement».
- وَقَالُوا۟ لَوۡ كُنَّا نَسۡمَعُ (wa qalou law kounna nasma^ou): Ils ont dit: «Si nous avions entendu» c’est-à-dire qu’ils ont dit: «Si nous avions entendu cet avertissement mais de la manière de celui qui recherche la vérité». أَوۡ نَعۡقِلُ (‘aw na^qilou): et ils ont dit: «et si nous avions résonné» c’est-à-dire à la manière de celui qui observe correctement alors cette réflexion nous aurait amenée à croire en sa véracité et en la véracité de ce à quoi il a appelé et qu’il n’est pas permis de suivre le contraire. مَا كُنَّا فِیۤ أَصۡحَـٰبِ ٱلسَّعِیرِ (ma kounna fi ‘as-habi s-sa^ir): ils ont dit: «Nous n’aurions pas été alors en enfer» c’est-à-dire au nombre des gens de l’enfer. Mais ils écoutaient le message à la manière de celui qui est entêté, à la manière de celui qui est orgueilleux, celui qui ne réfléchie pas à propos de la véracité de ce qu’il entend.
- فَٱعۡتَرَفُوا۟ بِذَنۢبِهِم (fa^tarafou bidhanbihim): Ils ont reconnu leur péché, ils ont reconnu leur mécréance pour avoir démenti les messagers. فَسُحۡقࣰا لِّأَصۡحَـٰبِ ٱلسَّعِیرِ (fasouhqan li‘as-habi s-sa^ir): Malédiction aux gens de l’enfer, c’est-à-dire qu’ils soient éloignés de la miséricorde et de la grâce de Dieu. Qu’ils aient reconnu ou qu’ils renient cela ne leur sera pas profitable.
- إِنَّ ٱلَّذِینَ یَخۡشَوۡنَ رَبَّهُم بِٱلۡغَیۡبِ (‘inna l-ladhina yakhchawna rabbahoum bil-ghayb): Certes ceux qui craignent Dieu sans avoir vu le châtiment. Et il a été dit : Ils croient en la véracité du châtiment alors qu’ils sont encore dans le bas monde, ils croient aux choses qui leurs échappent, qu’ils ne voient pas, qui aura lieu dans l’au-delà. Et il a été dit : Il le craigne lors de désobéissance alors que ne sont pas présentes avec eux car leur crainte est une crainte de Dieu et ce n’est pas une crainte de la critique des gens quand ils font le péché. لَهُم مَّغۡفِرَةࣱ (lahoum maghfiratoun): Ils auront un pardon, c’est-à-dire pour leur péché. وَأَجۡرࣱ كَبِیرࣱ (wa ‘ajroun kabir): Et une grande récompense, c’est-à-dire le Paradis.
وَأَسِرُّوا۟ قَوۡلَكُمۡ أَوِ ٱجۡهَرُوا۟ بِهِۦۤۖ إِنَّهُۥ عَلِیمُۢ بِذَاتِ ٱلصُّدُورِ﴿ ١٣ ﴾
أَلَا یَعۡلَمُ مَنۡ خَلَقَ وَهُوَ ٱللَّطِیفُ ٱلۡخَبِیرُ﴿ ١٤ ﴾
هُوَ ٱلَّذِی جَعَلَ لَكُمُ ٱلۡأَرۡضَ ذَلُولࣰا فَٱمۡشُوا۟ فِی مَنَاكِبِهَا وَكُلُوا۟ مِن رِّزۡقِهِۦۖ وَإِلَیۡهِ ٱلنُّشُورُ﴿ ١٥ ﴾
(wa ‘asirrou qawlakoum ‘awijharoubih, ‘innahou ^alimoun bidhati s-soudour (13) ‘ala ya^lamou man khalaqa wa houwa l-latifou l-khabir (14) houwa l-ladhi ja^ala lakoumou l-arda dhaloulan famchou fi manakibiha wa koulou min rizqih, wa ‘ilayhi n-nouchour (15))
- وَأَسِرُّوا۟ قَوۡلَكُمۡ أَوِ ٱجۡهَرُوا۟ بِهِۦۤ (wa ‘asirrou qawlakoum ‘awijharoubih): «Que vous parliez à voix basse ou que vous parliez à haute voix », il a été rapporté que les associateurs de la Mecque médisaient et insultaient le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam quand ils étaient entre eux. Et Jibril a informé le Prophète de ce que les associateurs de la Mecque avaient dit à son sujet et les insultes qu’ils avaient porté à son égard. Alors ils se sont dit entre eux : « Parlez à voix basse pour que le Dieu de Mouhammad ne vous entende pas » c’est alors que ce verset a été révélé.
Puis il a expliqué la parole إِنَّهُۥ عَلِیمُۢ بِذَاتِ ٱلصُّدُورِ (‘innahou ^alimoun bidhati s-soudour): « Certes, Il sait ce qu’il y a dans les poitrines », c’est-à-dire ce qui est caché dans les cœurs avant qu’il ne soit exprimé par les langues, alors comment ignorerait-Il ce qui a été dit même si c’était à voix basse. C’est-à-dire que le fait que vous parliez à voix basse ne Lui échappe pas, tout comme le fait que vous parliez à haute voix cela n’ajoute pas d’avantage de connaissance pour Lui.
- أَلَا یَعۡلَمُ مَنۡ خَلَقَ وَهُوَ ٱللَّطِیفُ ٱلۡخَبِیرُ (‘ala ya^lamou man khalaqa wa houwa l-latifou l-khabir): « Ne saurait-Il pas ce qu’Il a créé alors qu’Il est Al-Latif, Al-Khabir ?! […]. Il est Al-Latif : Celui Qui sait le détail des choses, Al-Khabir : Celui Qui la réalité des choses. Il y a en cela la confirmation qu’Il est le Créateur des paroles, cela est donc une preuve qu’Il est le Créateur des actes des esclaves, c’est-à-dire que Allah est le Créateur de tout vos actes et de toutes vos paroles, comment ne saurait-Il pas ce que vous cachez dans votre fort intérieur et ce que vous annoncez au grand jour, à savoir parmi vos paroles, puisqu’Il est en le créateur. Donc c’est une phrase sou forme de question mais c’est pour renier, c’est-à-dire pour dire que la réponse est « bien sûr que oui ».
هُوَ ٱلَّذِی جَعَلَ لَكُمُ ٱلۡأَرۡضَ ذَلُولࣰا فَٱمۡشُوا۟ فِی مَنَاكِبِهَا وَكُلُوا۟ مِن رِّزۡقِهِۦۖ وَإِلَیۡهِ ٱلنُّشُورُ﴿ ١٥ ﴾
- هُوَ (houwa) : c’est-à-dire Allah, ٱلَّذِی جَعَلَ لَكُمُ ٱلۡأَرۡضَ ذَلُولࣰا (al-ladhi ja^ala lakoumou l-arda dhaloulan): Celui qui a fait que la terre pour vous soit facile, elle est asservie pour vous de sorte qu’il ne vous est pas impossible de marcher dessus, vous n’êtes pas empêchés de pouvoir vous déplacer dessus. Parce que si Allah l’avait voulu Il aurait fait qu’elle soit comme des épines sur laquelle il serait difficile de marcher. فَٱمۡشُوا۟ فِی مَنَاكِبِهَا (famchou fi manakibiha) : Marchez dans ses différents recoins, dans les différentes régions, que ce soit pour déduire de votre raison la toute-puissance de Dieu ou pour rechercher votre subsistance. وَكُلُوا۟ مِن رِّزۡقِهِۦۖ (wa koulou min rizqih): Et consommez de la subsistance qu’Il vous accorde, c’est-à-dire de ce dont Allah vous pourvoie sur terre. وَإِلَیۡهِ ٱلنُّشُورُ (wa ‘ilayhi n-nouchour) : et à Lui le devenir, c’est-à-dire votre résurrection, votre rassemblement Lui appartienne et c’est Lui Qui possède tout cela. Il est Celui Qui vous interrogera sur le remerciement pour les grâces qu’Il vous a accordé.
ءَأَمِنتُم مَّن فِی ٱلسَّمَاۤءِ أَن یَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ فَإِذَا هِیَ تَمُورُ﴿ ١٦ ﴾
أَمۡ أَمِنتُم مَّن فِی ٱلسَّمَاۤءِ أَن یُرۡسِلَ عَلَیۡكُمۡ حَاصِبࣰاۖ فَسَتَعۡلَمُونَ كَیۡفَ نَذِیرِ﴿ ١٧ ﴾
وَلَقَدۡ كَذَّبَ ٱلَّذِینَ مِن قَبۡلِهِمۡ فَكَیۡفَ كَانَ نَكِیرِ﴿ ١٨ ﴾
(‘a‘amintoum man fi s-sama’i ‘an yakhsifa bikoumou l-arda fa’idha hiya tamour (16) ‘am ‘amintoum man fi s-sama’i ‘an yoursila ^alaykoum hasiba, fasata^lamouna kayfa nadhir (17) walaqad kadh-dhaba l-ladhina min qablihim fakayfa kana nakir (18))
- ءَأَمِنتُم (‘a‘amintoum) : C’est-à-dire : Vous les associateurs, vous croyez-vous à l’abri, en sécurité, مَّن فِی ٱلسَّمَاۤءِ (man fi s-sama’i) : c’est-à-dire Celui dont la souveraineté et l’éminence ce manifeste dans le ciel, parce que le ciel et le lieu de résidence des anges, parce que c’est du ciel que vous parvienne les Lois, c’est du ciel que descend la réalisation de ce que Dieu a ordonné qu’il est lieu dans Sa création. C’est du ciel de descende Ses Livres, c’est du ciel que descende Ses ordres et Ses interdictions. La signification : « Vous croyez-vous à l’abri du Créateur du ciel, de Celui à Qui le ciel appartient ? ». Note : On dit que مَّن فِی ٱلسَّمَاۤءِ (man fi s-sama’i) c’est-à-dire « Ahlou s-sama’ » il s’agit des anges, les anges ont la capacité de les ensevelir sous terre s’ils en reçoivent l’ordre. أَن یَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ (‘an yakhsifa bikoumou l-arda) : c’est-à-dire qu’Il vous ensevelisse, qu’Il face que la terre s’ouvre et que vous soyez ensevelit tout comme cela a été fait pour Qaroun. فَإِذَا هِیَ تَمُورُ (fa’idha hiya tamour) : Alors la terre va bouger, va trembler et elle va vous entourez et vous engloutir jusqu’à ses entrailles.
- أَمۡ أَمِنتُم مَّن فِی ٱلسَّمَاۤءِ أَن یُرۡسِلَ عَلَیۡكُمۡ حَاصِبࣰاۖ (’am ‘amintoum man fi s-sama’i ‘an yoursila ^alaykoum hasiba) : Ou alors vous croyez-vous à l’abri de ceux qui sont au ciel qu’ils ne vous envoient des pierres par-dessus vous comme cela a été fait avec le peuple de Lout ^alayhi-salam. Le sens est : est-ce que vous êtes à l’abri de ces deux choses-là ? Et donc si vous n’avez pas la sécurité de ces deux choses-là que veut dire alors votre prolongation dans l’association à Dieu, et ceci est une éminente mise en garde. فَسَتَعۡلَمُونَ كَیۡفَ نَذِیرِ (fasata^lamouna kayfa nadhir) : Vous saurait qu’elle a été Mon avertissement, c’est-à-dire quand vous voyez ce qui vous a été mentionné et par lequel vous avez été averti, vous saurait comment était Mon avertissement mais ce sera au moment où cette connaissance ne vous sera pas profitable.
- وَلَقَدۡ كَذَّبَ ٱلَّذِینَ مِن قَبۡلِهِمۡ (walaqad kadh-dhaba l-ladhina min qablihim) : Déjà des gens avant eux ont démenti, c’est-à-dire «Des gens avant ton peuple», فَكَیۡفَ كَانَ نَكِیرِ (fa kayfa kana nakir) : c’est-à-dire «Comme Je les ai anéanti» et il y a ici un réconfort pour le messager de Allah et une menace de châtiment pour son peuple qui sont des associateurs. [13min30 : pas compris la phrase]
أَوَلَمۡ یَرَوۡا۟ إِلَى ٱلطَّیۡرِ فَوۡقَهُمۡ صَـٰۤفَّـٰتࣲ وَیَقۡبِضۡنَۚ مَا یُمۡسِكُهُنَّ إِلَّا ٱلرَّحۡمَـٰنُۚ إِنَّهُۥ بِكُلِّ شَیۡءِۭ بَصِیرٌ﴿ ١٩ ﴾
أَمَّنۡ هَـٰذَا ٱلَّذِی هُوَ جُندࣱ لَّكُمۡ یَنصُرُكُم مِّن دُونِ ٱلرَّحۡمَـٰنِۚ إِنِ ٱلۡكَـٰفِرُونَ إِلَّا فِی غُرُورٍ﴿ ٢٠ ﴾
أَمَّنۡ هَـٰذَا ٱلَّذِی یَرۡزُقُكُمۡ إِنۡ أَمۡسَكَ رِزۡقَهُۥۚ بَل لَّجُّوا۟ فِی عُتُوࣲّ وَنُفُورٍ﴿ ٢١ ﴾
أَفَمَن یَمۡشِی مُكِبًّا عَلَىٰ وَجۡهِهِۦۤ أَهۡدَىٰۤ أَمَّن یَمۡشِی سَوِیًّا عَلَىٰ صِرَ ٰطࣲ مُّسۡتَقِیمࣲ﴿ ٢٢ ﴾
(‘awa lam yaraw ‘ila t-tayri fawqahoum saffatin wa yaqbidna ma youmsikouhounna ‘illa r-rahman, ‘innahou bikoulli chay’in basir (19) ‘amman hadha l-ladhi houwa joundoun lakoum yansouroukoum min douni r-rahman, ‘ini l-kafirouna ‘illa fi ghourour (20) ‘amman hadha l-ladhi yarzouqoukoum ‘in ‘amsaka rizqah, bal lajjou fi ^outouwwin wa noufour (21) ‘afaman yamchi moukiban ^ala wajhihi ‘ahda ‘amman yamchi sawiyyan ^ala siratin moustaqim (22))
- أَوَلَمۡ یَرَوۡا۟ إِلَى ٱلطَّیۡرِ (‘awa lam yaraw ‘ila t-tayri) : N’ont-ils pas vu les volatiles « Tayr » et le pluriel de « Tayir », فَوۡقَهُمۡ (fawqahoum) : Au-dessus d’eux, c’est-à-dire dans l’air, صَـٰۤفَّـٰتࣲ (saffatin) : qui ont leurs ailes grandes ouvertes quand ces oiseaux vols dans l’air, leurs ailes sont grandes ouvertes quand ils sont dans les airs, وَیَقۡبِضۡنَۚ (wa yaqbidn) : Et qui les regroupent quand ils rabattent les ailes sur leur côté (le mouvement de l’oiseau qui bas ses ailes, tantôt les ailes sont ouvertes et tantôt les ailes sont fermés). مَا یُمۡسِكُهُنَّ (ma youmsikouhounna) : qui les retient de tomber, aussi bien au moment où leurs ailes sont largement ouvertes ou quand ils battent leurs ailes et les ramènent au niveau de leur corps, إِلَّا ٱلرَّحۡمَـٰنُۚ (‘illa r-rahman) : Ormi Dieu par Sa toute-puissance, c’est Lui Qui les empêche de tomber. Et de même, s’Il n’accordait pas le bien à ce monde alors les étoiles et les planètes qui sont dans leur trajectoire seraient tombées, elles ne seraient pas restées stable dans leur endroit, dans l’espace. إِنَّهُۥ بِكُلِّ شَیۡءِۭ بَصِیرٌ (‘innahou bikoulli chay’in basir) : Certes, Il sait absolument toute chose, Il sait ce qu’Il crée, Il sait ce qu’Il prédestine des choses surprenantes.
- أَمَّنۡ هَـٰذَا ٱلَّذِی هُوَ جُندࣱ لَّكُمۡ یَنصُرُكُم مِّن دُونِ ٱلرَّحۡمَـٰنِۚ (‘amman hadha l-ladhi houwa joundoun lakoum yansouroukoum min douni r-rahman) : « Ou alors est-ce que vous avez des soldats qui vous soutiennent autre que Dieu, c’est-à-dire qui vous donne la victoire d’autre que Dieu si Dieu vous éprouve par Son châtiment ?! » La aussi c’est une forme interrogative mais pour blâmer, par reniement, cela veut dire : « Personne ne vous soutiendra ». إِنِ ٱلۡكَـٰفِرُونَ إِلَّا فِی غُرُورٍ (‘ini l-kafirouna ‘illa fi ghourour) : « Certes les mécréants sont dans une grande erreur, ils sont trompés, le chaytan les a dupés, il leur a dit que le châtiment n’allait pas s’abattre sur eux.
- أَمَّنۡ هَـٰذَا ٱلَّذِی یَرۡزُقُكُمۡ إِنۡ أَمۡسَكَ رِزۡقَهُۥۚ (‘amman hadha l-ladhi yarzouqoukoum ‘in ‘amsaka rizqah) : « Ou alors qui donc vous donne votre subsistance si Dieu la retient ?! » La aussi c’est une forme interrogative mais la phrase à le sens de la mise en garde, du blâme, c’est-à-dire : « Nul autre que Dieu ne vous pourvoit, ne vous accorde votre subsistance ». بَل لَّجُّوا۟ فِی عُتُوࣲّ (bal lajjou fi ^outouwwin) : Malheureusement ils ont persistés sur orgueil et leur refus de la vérité, وَنُفُورٍ (wa noufour) : c’est-à-dire leur éloignement de la vérité, en raison de la difficulté qu’ils ont pour la suivre, ils ne l’ont donc pas suivie.
Puis Il a donné un exemple du mécréant et du croyant :
- أَفَمَن یَمۡشِی مُكِبًّا عَلَىٰ وَجۡهِهِۦۤ أَهۡدَىٰۤ أَمَّن یَمۡشِی سَوِیًّا عَلَىٰ صِرَ ٰطࣲ مُّسۡتَقِیمࣲ (‘afaman yamchi moukiban ^ala wajhihi ‘ahda ‘amman yamchi sawiyyan ^ala siratin moustaqi) : Est-ce que celui qui marche la tête vers le sol, qui trébuche à chaque instant, qui va dans n’importe quelle direction, il ne connaît pas sa destination, est-ce que celui-là est plus mûr et mieux guidé que celui qui marche droit, sauf de trébucher et de tomber, sur un chemin de droiture. Et nul doute que celui qui marche droit, le tronc droit, est mieux guidé. Alors, vous les gens soyez ainsi. Le mécréant c’est adonné à la désobéissance à Dieu dans le bas monde. Allah le rassemblera au jour du jugement la tête au sol. Le croyant lui il a été droit sur l’ordre de Dieu dans le bas monde ; Allah le rassemblera au Jour du jugement le tronc droit.
قُلۡ هُوَ ٱلَّذِیۤ أَنشَأَكُمۡ وَجَعَلَ لَكُمُ ٱلسَّمۡعَ وَٱلۡأَبۡصَـٰرَ وَٱلۡأَفۡـِٔدَةَۚ قَلِیلࣰا مَّا تَشۡكُرُونَ﴿ ٢٣ ﴾
قُلۡ هُوَ ٱلَّذِی ذَرَأَكُمۡ فِی ٱلۡأَرۡضِ وَإِلَیۡهِ تُحۡشَرُونَ﴿ ٢٤ ﴾
وَیَقُولُونَ مَتَىٰ هَـٰذَا ٱلۡوَعۡدُ إِن كُنتُمۡ صَـٰدِقِینَ﴿ ٢٥ ﴾
قُلۡ إِنَّمَا ٱلۡعِلۡمُ عِندَ ٱللَّهِ وَإِنَّمَاۤ أَنَا۠ نَذِیرࣱ مُّبِینࣱ﴿ ٢٦ ﴾
فَلَمَّا رَأَوۡهُ زُلۡفَةࣰ سِیۤـَٔتۡ وُجُوهُ ٱلَّذِینَ كَفَرُوا۟ وَقِیلَ هَـٰذَا ٱلَّذِی كُنتُم بِهِۦ تَدَّعُونَ﴿ ٢٧ ﴾
(Qoul houwa l-ladhi ‘ancha’akoum wa ja^ala lakoumou s-sam^a wal-‘absara wal-‘af’idah, qalilan ma tachkouroun (23) Qoul houwa l-ladhi dhara’akoum fi l-ardi wa ‘ilayhi touhcharoun (24) wa yaqoulouna mata hadha l-wa^dou ‘in kountoum sadiqin (25) qoul ‘innama l-^ilmou ^inda l-Lahi wa ‘innama ‘ana nadhiroun moubin (26) falama ra’awhou zoulfatan si’at woujouhou l-ladhina kafarou wa qila hadha l-ladhi kountoum bihi tadda^oun (27))
- قُلۡ (Qoul) : c’est-à-dire : « Dis, ô Mouhammad, dis aux associateurs, dis à ceux qui démentent la résurrection », هُوَ ٱلَّذِیۤ أَنشَأَكُمۡ (houwa l-ladhi ‘ancha’akoum) : C’est Lui Qui vous a créé la première fois, وَجَعَلَ لَكُمُ ٱلسَّمۡعَ وَٱلۡأَبۡصَـٰرَ وَٱلۡأَفۡـِٔدَةَۚ (wa ja^ala lakoumou s-sam^a wal-‘absara wal-‘af’idah) : qu’Il vous a accordé l’ouïe, la vue, le cœur. Il a spécifié ces trois-là parce que ce sont des instruments pour la connaissance. قَلِیلࣰا مَّا تَشۡكُرُونَ (qalilan ma tachkouroun) : Peu d’entre vous remercie pour ces grâces parce que vous attribuez des associés à Dieu, vous ne l’adorez pas exclusivement. Et il a été dit ici : peu veut dire « aucun », c’est-à-dire que les associateurs ne remercient ni peu ni beaucoup, mais la première explication veut dire que peu d’entre vous entreront en Islam et deviendront aux nombres de ceux qui remercient. Cela ne veut pas dire qu’il y a peu de mécréants qui remercient alors qu’ils sont sur la mécréance, car la mécréance et le remerciement sont incompatible, ils ne se réunissent pas.
- قُلۡ هُوَ ٱلَّذِی ذَرَأَكُم فِی ٱلۡأَرۡضِ وَإِلَیۡهِ تُحۡشَرُونَ ۡ (Qoul houwa l-ladhi dhara’akoum fi l-ardi wa ‘ilayhi touhcharoun) : Dis : c’est Lui Qui vous a créé sur terre et vous allez être rassemblé pour l’exposition des actes et la rétribution.
- وَیَقُولُونَ مَتَىٰ هَـٰذَا ٱلۡوَعۡدُ إِن كُنتُمۡ صَـٰدِقِینَ (wa yaqoulouna mata hadha l-wa^dou ‘in kountoum sadiqin) : Et ils disent, c’est-à-dire les mécréants, aux croyants par moquerie : « Quand est-ce que va se produire ce que vous ne promettez, c’est-à-dire ce châtiment, si vous êtes véridiques » c’est-à-dire qu’ils disent : « Si cela va avoir lieu, dites-nous quand cela aura lieu ».
- قُلۡ إِنَّمَا ٱلۡعِلۡمُ عِندَ ٱللَّهِ وَإِنَّمَاۤ أَنَا۠ نَذِیرࣱ مُّبِینࣱ (qoul ‘innama l-^ilmou ^inda l-Lahi wa ‘innama ‘ana nadhiroun moubin) : « Dis : cette connaissance, la science de quand aura lieu le châtiment, c’est Dieu Qui la détient et je ne suis qu’un avertisseur, c’est-à-dire je vous fais craindre cela ». مُّبِینࣱ (moubin) : c’est-à-dire : « je vous indique les Lois ».
زُلۡفَةࣰ سِیۤـَٔتۡ وُجُوهُ ٱلَّذِینَ كَفَرُوا۟ وَقِیلَ هَـٰذَا ٱلَّذِی كُنتُم بِهِۦ تَدَّعُونَ
falama ra’awhou si’at woujouhou l-ladhina kafarou wa qila hadha l-ladhi kountoum bihi tadda^oun
- فَلَمَّا رَأَوۡهُ (falama ra’awhou) : Quand ils vont voir ce qui leur a été promis, autrement dit le châtiment dont ils avaient été menacés, زُلۡفَةࣰ (zoulfatan) : c’est-à-dire proche d’eux, سِیۤـَٔتۡ وُجُوهُ ٱلَّذِینَ كَفَرُوا۟ (si’at woujouhou l-ladhina kafarou) : cette vision de ce châtiment, de ce qui a été promis va faire du mal à leur visage, puisque sur le visage on lira la tristesse, le chagrin, et ils seront recouvert de la poussière noire et obscure. وَقِیلَ هَـٰذَا ٱلَّذِی (wa qila hadha l-ladhi) : Il a été dit que ce sont les zabaniyah qui vont dire cela, qui sont les anges du châtiment, ceux qui poussent les gens de l’enfer en enfer ; ils vont dire : « Voici ce dont vous avez été menacés, c’est-à-dire ce que vous vouliez voir rapidement » c’est dire : « Vous prétendiez demander que ce soit rapide et vous disiez : applique nous ce dont tu nous menace ».
قُلۡ أَرَءَیۡتُمۡ إِنۡ أَهۡلَكَنِیَ ٱللَّهُ وَمَن مَّعِیَ أَوۡ رَحِمَنَا فَمَن یُجِیرُ ٱلۡكَـٰفِرِینَ مِنۡ عَذَابٍ أَلِیمࣲ﴿ ٢٨ ﴾
قُلۡ هُوَ ٱلرَّحۡمَـٰنُ ءَامَنَّا بِهِۦ وَعَلَیۡهِ تَوَكَّلۡنَاۖ فَسَتَعۡلَمُونَ مَنۡ هُوَ فِی ضَلَـٰلࣲ مُّبِینࣲ﴿ ٢٩ ﴾
قُلۡ أَرَءَیۡتُمۡ إِنۡ أَصۡبَحَ مَاۤؤُكُمۡ غَوۡرࣰا فَمَن یَأۡتِیكُم بِمَاۤءࣲ مَّعِینِۭ﴿ ٣٠ ﴾
(Qoul ‘araytoum ‘in ‘ahlakaniya l-Lahou wa man ma^iya ‘aw rahimana faman youjirou l-kafirina min ^adhabin ‘alim (28) qoul houwa r-rahmanou ‘amanna bihi wa ^alayhi tawakkalna, fasata^lamouna man houwa fi dalalin moubin (29) qoul ‘araytoum ‘in ‘asbaha ma’oukoum ghawran faman ya’tikoum bima’in ma^in (30))
- قُلۡ أَرَءَیۡتُمۡ إِنۡ أَهۡلَكَنِیَ ٱللَّهُ وَمَن مَّعِیَ أَوۡ رَحِمَنَا فَمَن یُجِیرُ ٱلۡكَـٰفِرِینَ مِنۡ عَذَابٍ أَلِیمࣲ﴿ ٢٨ ﴾ (Qoul ‘araytoum ‘in ‘ahlakaniya l-Lahou wa man ma^iya ‘aw rahimana faman youjirou l-kafirina min ^adhabin ‘alim) : « Dis ô Mouhammad: Si Dieu me fait mourir ainsi que ceux qui sont avec moi (c’est-à-dire mes compagnons), ou si Il nous fait miséricorde, c’est-à-dire qu’Il retarde notre terme, qui va sauvé les mécréants d’un châtiment douloureux, qui fait mal ». Les mécréants de la Mecque invoquaient contre le Messager de Dieu et contre les croyants pour qu’ils meurent. Le prophète a reçu l’ordre de leur dire : « Nous sommes des croyants, et nous nous attendons une des deux bonnes choses : soit nous mourrons comme vous le souhaitez et nous irons au Paradis ou alors il nous sera fait miséricorde et la victoire nous sera accordé contre vous tout comme nous l’espérons, et vous qu’est-ce que vous faites ? Qui vous préserve alors que vous êtes mécréants, qui vous préserve du châtiment de l’enfer ? Nécessairement vous irez là-bas, il n’y a pas de délivrance pour vous par notre mort, il n’y a pas de délivrance pour vous contre le châtiment. » La seule délivrance, la seule sauvegarde et par la croyance, par la foi en l’Islam.
- : قُلۡ هُوَ ٱلرَّحۡمَـٰنُ ءَامَنَّا بِهِۦ (qoul houwa r-rahmanou ‘amanna bihi) « Dis : c’est Ar-Rahman, Celui à l’adoration Duquel je vous invite. Nous croyons en Lui et nous ne mécroyons pas tout comme vous avez mécru. وَعَلَیۡهِ تَوَكَّلۡنَاۖ (wa ^alayhi tawakkalna) : A Lui nous nous fions, c’est-à-dire : nous nous en remettons à Lui totalement pour toutes nos affaires, فَسَتَعۡلَمُونَ (fasata^lamouna) :Vous saurez lorsque le châtiment va s’abattre sur vous, مَنۡ هُوَ فِی ضَلَـٰلࣲ مُّبِینࣲ (man houwa fi dalalin moubin) : Qui est dans un égarement profond, si c’est nous ou si c’est vous.
- قُلۡ أَرَءَیۡتُمۡ إِنۡ أَصۡبَحَ مَاۤؤُكُمۡ غَوۡرࣰا فَمَن یَأۡتِیكُم بِمَاۤءࣲ مَّعِینِۭ (qoul ‘araytoum ‘in ‘asbaha ma’oukoum ghawran faman ya’tikoum bima’in ma^in) : Dis : Voyez-vous si votre eau est absorbée par la terre et que les sources et les puits tarissent, que vos sceaux n’arrivent plus à atteindre l’eau parce que l’eau a été absorbée, qui donc vous ramènera de l’eau douce, de l’eau qui coule à laquelle peut parvenir qui le veut.
Et il est recommandé pour le récitateur après avoir récité ce verset de dire, après le mot « ma^in » : « Allahou rabbou l-^alamin », c’est-à-dire : « c’est Allah Qui peut nous ramener cette eau » mais c’est un défi qui leur a été lancé.
C’est ainsi que s’achève sourate Al-Moulk, le prophète a dit ce qui signifie : « j’aurais souhaité qu’elle soit dans le cœur de chaque personne de ma communauté » Celui qui persévère à la réciter toutes les nuits il sera préservé du supplice de la tombe.
Tafsir An-Nasafiyy sūrāt Āli ʿImrān 1-144
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu
Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.
Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance
Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse
Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.
Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.
Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.
Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.
Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.
Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.
Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.
Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.
Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.
Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ
Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.
Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?
S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.
Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.
Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.
Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.
Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.
Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.
Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.
Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.
Ils n’auront aucun soutien.
Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah
Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān
Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.
Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.
Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.
Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.
Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».
Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.
Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.
Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis
Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.
Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.
Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.
Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.
Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.
A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu. Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.
Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.
Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)
Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications
- Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
- Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
- Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.
Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.
- Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
- Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
- Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant.
Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.
Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.
Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.
Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.
Et à Dieu le devenir. Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.
Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.
Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.
Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.
Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.
Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.
Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :
Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance.
Dieu vous agréera : Dieu récompense Son esclave pour ses actes. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.
Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.
S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager
Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.
Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)
Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes
Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes
Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants
Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.
Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.
Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).
Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.
Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.
Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.
C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).
Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā
O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)
1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)
2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.
Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.
Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)
Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.
Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)
Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.
Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.
Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu. Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.
Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.
Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».
Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.
Il trouvait qu’elle avait une subsistance. Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.
Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.
Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.
Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.
Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.
A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).
Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.
Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.
Verset 39 : les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.
Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».
(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.
Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.
Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !
Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.
Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.
Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.
Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.
Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.
(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.
Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.
Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.
Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.
Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam
T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.
Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.
Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.
Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.
Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.
Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.
Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.
Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.
Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :
1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.
2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.
Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.
Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »
O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.
Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.
Jésus fils de Maryam : Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.
Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.
Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.
Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.
Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.
Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.
Il sera au nombre des vertueux.
Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.
Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.
Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.
La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.
La torah : c’est le Livre révélé à Moise
L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.
Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé
Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.
Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)
Les différents sens de « ẖalaqa » :
1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.
2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.
3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.
4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».
Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.
Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit.
Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.
Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.
Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.
Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.
Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.
Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.
Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire
Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.
Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les nasārā.
Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.
Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.
Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)
Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir
Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.
Les apôtres ont dit : al-ḥawāriyy est le compagnon proche, l’ami intime.
Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.
Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu
Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.
Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.
Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.
1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés
2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu
3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.
Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.
Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.
Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.
Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.
Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel.
Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.
Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.
Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.
Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.
Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.
Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.
Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.
Et ils n’auront aucun soutien.
Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.
Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.
Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.
Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.
Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.
Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.
Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.
Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.
Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.
Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme. (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».
Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».
Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).
Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.
An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.
Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.
Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.
Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.
Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.
Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm : Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.
Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,
Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.
Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :
1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.
2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.
3/ Ce sont les yahūd de Médine.
Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.
Que nous n’adorions que Dieu
Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité
Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.
Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.
D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».
Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.
Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.
S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu
Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».
Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?
Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.
Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar
Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses
Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.
Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement
Et vous, vous l’ignorez.
Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman
Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.
Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.
Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus
Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque
Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.
Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.
Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.
Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.
Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.
Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :
c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.
Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.
Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres : la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.
Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.
Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?
Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.
Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān
En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour
Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie
Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).
Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.
Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.
Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.
Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.
Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.
A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.
Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.
Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.
Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.
Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion.
Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.
Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.
Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement,on le fait en promettant par le nom de Dieu.
Verset 77 : certes ceux qui ont acheté (c’est-à-dire qui ont échangé) en contre partie de la promesse qu’ils ont faite envers Dieu (c’est-à-dire l’engagement qu’ils ont pris de croire au Messager, qui confirme ce qu’ils ont eu de la part de leurs prophètes, à savoir de croire au paradis, à l’enfer, …)
Et de croire au Prophète : « wa aymānihim » : al-yamīn est le fait de dire « wa l-Lāh » et ça veut dire aussi la droite. Ici cela signifie qu’ils ont dit : wa l-Lāhi, nous allons croire au Prophète et nous allons le soutenir.
Des biens du bas monde, comme le fait d’être des chefs de leurs peuples. Ils ont délaissé le fait de tenir leurs engagements de croire au Prophète. Et ils se sont laissés soudoyer. Ils ont vendu leur promesse pour des futilités du bas-monde.
Ces gens-là n’auront aucune part de bien dans l’au-delà
Et ils ne vont pas entendre de la parole de Dieu ce qui va les réjouir : cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas entendre la parole de Dieu mais ils vont entendre ce qui va les attrister.
Ils n’auront pas de la part de Dieu une miséricorde au Jour du Jugement : ici il ne faut pas prendre le verset au sens apparent car Dieu voit toute chose.
Dieu fait qu’ils ne seront pas sujet à des paroles élogieuses : ils ne seront pas l’objet de paroles élogieuses
Et ils auront un châtiment douloureux : par l’âme et le corps.
Verset 78 : et il y a parmi eux : ce sont les gens du Livre (ceux qui prétendent suivre un Livre mais ils suivent un livre falsifié)
Un groupe : parmi eux, il y a Kaʿb fils de Al-Ašraf, Mālik fils de aṣ-Ṣayf, Huyay fils de Aẖṭab et d’autres qu’eux
Qui déforme le Livre par leurs langues : ils déforment la récitation correcte et pratiquent une récitation fausse, ils détournent la récitation. Et c’est une preuve qu’à l’époque du Prophète, la Torah n’avait pas été falsifiée mais ce qui avait été falsifié était l’explication, le jugement. Ils donnaient des jugements qui étaient contraires à la réalité.
Ce qu’il vise par déformation, c’est la déformation de passages comme le verset de la lapidation : ils ont déformé son explication mais les termes étaient bien ceux qui avaient été révélés à Mūsā.
Ils ont déformé également la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui était dans la Torah.
Et ce qui est de cet ordre.
Pour que vous croyiez que cette déformation est ce qui figure dans le Livre (la Torah)
Alors qu’en réalité cela ne fait pas partie du Livre
Et ils disent que c’est cela (cette déformation) qui est venu de la part de Dieu : c’est un blâme additionnel à leur encontre.
Alors qu’en réalité cela n’est pas de la part de Dieu et ils attribuent à Dieu des mensonges alors qu’ils savent (qu’ils sont des menteurs).
Verset 79 : ce qui va être cité ici est un démenti à propos de ceux qui ont adoré Jésus
Il n’y a pas eu un humain à qui Dieu a accordé le Livre :
Il a été dit qu’un homme a dit ô messager de Dieu « nous te saluons de la même manière que nous nous saluons les uns les autres, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’on se prosterne pour toi ? » Le Prophète a répondu ce qui a pour sens : « il ne convient pas que quelqu’un se prosterne pour autre que Dieu, mais si vous tenez à manifester une différence, alors honorez votre prophète et reconnaissez le droit des gens sur vous. (Attribuez à chacun sa propre valeur et donc le Prophète mérite votre reconnaissance).
Et la sagesse : c’est-à-dire la sunnah ou bien c’est le fait d’émettre des jugements décisifs et d’accorder à chaque chose sa juste valeur
Et le statut de prophète
Puis qu’il dise aux gens soyez mes esclaves au lieu d’être des esclaves de Dieu : autrement dit, ce n’est pas vrai ce que vous prétendez que Jésus aurait dit
Mais soyez des rabbāniyyīn : celui qui est rabbāniyy est celui qui s’attache énormément, fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Donc Jésus n’a pas dit aux gens de l’adorer, lui. Mais il a dit aux gens de s’attacher fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Ce verset est une infirmation de ce que certains prétendent au sujet de Jésus. Voici une deuxième explication du mot « rabbāniyy » : c’est al-ʿālimu l- al-ʿāmilu l- muʿallim. C’est le savant qui œuvre et qui enseigne par sa parole et son comportement.
Grâce à votre enseignement du Livre : c’est-à-dire grâce à l’enseignement du Livre à autrui
Et grâce à ce que vous étudiez : c’est-à-dire grâce à ce que vous lisez dans votre Livre.
Le sens est, du fait que vous êtes des savants, c’est-à-dire que vous avez des connaissances religieuses, et du fait que vous étudiez la science (vous savez et vous continuez à apprendre), le résultat est que vous êtes des rabbāniyy : vous avez cette force de l’attachement à l’obéissance à Dieu. Et elle découle de la science et des études.
An-Nasafiyy conclut par des exhortations : il suffit ici comme preuves de la déception et de l’échec de celui qui a agi et œuvré, qui a épuisé son âme et qui s’est fatigué pour collecter la science, mais qui n’en a pas fait un moyen pour agir. C’est comme quelqu’un qui a planté un arbre qui est très beau mais qui ne procure pas de fruit. Le fruit de la science c’est l’application.
Verset 80 : il n’y a pas un humain à qui Dieu accorde le statut de prophète, que Dieu charge de la mission d’appeler les gens à n’adorer que Dieu uniquement et à délaisser l’adoration des associés, puis qui ordonnerait aux gens d’être son esclave ou qui ordonnerait aux gens de considérer les anges et les prophètes comme étant des divinités, est-ce qu’il vous ordonnerait la mécréance après votre islam. Ceci est une preuve que ceux à qui ce discours s’adresse étaient des musulmans. C’était ceux qui avaient demandé l’autorisation au prophète de se prosterner pour lui. Aucun prophète n’a dit aux gens de l’adorer.
Verset 81 : Allāh a pris al-mīṯāq des prophètes : et le verset est à prendre selon le sens apparent, c’est-à-dire que l’engagement a été pris des prophètes, à savoir l’obéissance à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne de faire et ce qu’Il leur interdit de faire. Et quand un messager viendra à eux (en l’occurrence le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam), un messager qui confirme ce qu’ils ont déjà reçu comme croyance, ils devaient croire en lui et le soutenir.
Pour tout ce que Je vous ai accordé comme livres et sagesses, vous allez croire en cela
Puis est venu à vous un messager qui confirme la véracité de ce que vous avez reçu : notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a confirmé la véracité de ce que nos maitres Mūsā et ʿīsā ont reçu
Vous devrez croire en lui : c’est-à-dire que vous devrez croire en ce messager
Et vous allez le soutenir : c’est-à-dire que vous allez soutenir Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Il (Dieu) dit est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que vous acceptez cet engagement : le terme ʾiṣrī signifie un nœud : ici c’est une métaphore qui signifie un engagement.
Ils (les prophètes) ont dit : nous confirmons
Il (Dieu) a dit : soyez témoins : c’est-à-dire que les uns témoignent sur les autres que chacun a accepté l’engagement et que chacun va s’y tenir.
Et Je ferai partie des témoins : c’est-à-dire que Dieu est témoin de leur accord et de leur témoignage mutuel. C’est une insistance et une mise en garde pour ne pas revenir sur l’engagement.
Verset 82 : ceux qui ne respectent pas leur engagement : c’est-à-dire certains parmi les communautés des prophètes, parce que les prophètes eux, ils respectent leurs engagements. Et les communautés des prophètes étaient concernées par l’engagement de leurs prophètes, du fait qu’elles devaient suivre leurs prophètes.
Après cela : aprèsal-mīṯāq c’est-à-dire aprèsl’engagement. Il s’agit de celui qui rompt l’engagement après l’avoir pris et qui se rejette la croyance du prophète à venir (et il s’agit de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) et cette hypothèse est impossible à propos des prophètes mais ceci est à propos des membres de leurs communautés
Ce sont eux les fāsiq : ce terme peut être traduit par pervers, ou grands pêcheurs et ici, ce sont ceux qui se sont rebellés parmi les mécréants.
Verset 83 :la forme du verset est interrogative: est-ce qu’ils veulent autre que la religion agréée par Dieu : mais en réalité c’est un blâme et un reniement,
Alors que sont soumis à Lui (Dieu) ceux qui sont dans les cieux (il s’agit des anges) et ceux qui sont sur terre (les humains et les ǧinn) de gré (ṭawʿan : en étudiant les preuves et étant objectif vis-vis de soi-même) ou de force (karhan : comme par les conquêtes ou en prenant en compte le châtiment, comme l’arrachement de la montagne au-dessus des têtes des fils d’Isrāʾīl lorsqu’ils avaient refusé d’accepter la Loi de la Torah. Lorsque la montagne s’est retrouvée au-dessus de leurs têtes et qu’elle allait les écraser, ils ont accepté. Et quand pharaon était sur le point de mourir noyé, il a dit à ce moment-là qu’il croyait au dieu de Moise. Mais son Islam n’a pas été accepté parce que c’était trop tard. Et quand la personne sait qu’elle va mourir et qu’elle prononce les deux témoignages , là aussi, c’est trop tard.
Et c’est à Son jugement qu’ils retourneront : c’est-à-dire que Dieu va ressusciter tous ceux qui sont morts et tous ceux qui vont mourir et ils seront rétribués pour leurs actes.
Verset 84 : dis, nous avons cru en Dieu et en ce qu’il nous a été révélé : le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre d’informer à propos de lui-même et de ceux qui étaient avec lui (les membres de sa communauté) qu’ils sont croyants.
Et ce qui a été descendu par révélation à Ibrāhīm, à Ismāʿīl, à ʿIsḥāq, à Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ : les ʾasbāṭ sont soit les enfants de Yaʿqūb et il y avait parmi eux des prophètes, et peut-être qu’il vise par-là, sa descendance et pas ses fils directs, ceux qui ont mal agi avec Yūsuf, ceux qui ont fait des actes abjects et vils, ils ne sont pas dignes du statut de prophète. Donc le sens du mot « ʾasbāṭ » ici n’est pas le fils direct, mais ce sont plutôt les descendants. Et en effet, parmi les descendants du prophète Yaʿqūb, il y en a qui sont devenus prophètes.
Et ce qui a été accordé à Moise et à Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur, Nous ne distinguons entre aucun d’entre eux : c’est-à-dire en termes de croyance, nous croyons en eux tous. Non pas comme ont fait les yahūd qui n’ont pas cru en Jésus et les nasārā qui n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Et nous nous sommes soumis à Lui : c’est-à-dire que nous croyons en Son unicité et nous sommes sincères dans notre adoration pour Lui. C’est-à-dire que nous n’attribuons pas d’associé à Dieu dans notre adoration.
Verset 85 : et celui qui veut autre que l’Islam pour religion : qui prend autre que la religion de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām pour religion
Elle ne sera pas acceptée de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. Il sera de ceux qui sont tombés dans la perte. Ce verset a été révélé à propos d’un groupe de gens qui sont entrés en Islam puis ils ont apostasié et ils sont retournés à La Mecque (qui n’était pas encore aux mains des musulmans).
Verset 86 : comment Dieu guide-t-Il des gens qui ont mécru après leur foi, après avoir témoigné que le Messager est véridique et ils ont reçu les preuves : c’est-à-dire ce qui témoigne de cela, tel que le Qur’ān et la totalité des miracles
Et Dieu ne guide pas les injustes : c’est-à-dire tant qu’ils choisissent la mécréance.
Verset 87 : ceux-là, leur rétribution sera qu’ils auront la malédiction de la part de Dieu et des anges et de tout le monde
Verset 88 : ils y resteront éternellement : c’est-à-dire dans la malédiction ou dans le feu de l’enfer parce que la malédiction indique le feu de l’enfer.
Le châtiment ne leur sera pas allégé et il ne leur sera pas accordé de répit. Ils n’auront pas de temps pour le repentir ou pour s’excuser. Dans l’au-delà ils auront le châtiment sans fin, que Dieu nous en préserve.
Verset 89 : hormis ceux qui font le repentir après cela ; c’est-à-dire après cette mécréance éminente et cette apostasie et qui répareront ce qu’ils auront corrompu.
Et certes Dieu est Celui Qui pardonne leur mécréance, il est miséricordieux envers eux.
Verset 90 : ceux qui ont mécru (en Jésus et en l’Evangile) après avoir cru (en Moise et en la Torah), puis qui ont ajouté mécréance sur mécréance : ils n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ni en le Qur’ān.
Autre explication : ou alors ils ont mécru au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam après qu’il a reçu sa mission de prophète, alors qu’avant, ils croyaient en lui. Ils croyaient en lui parce que tous les prophètes précédents annonçaient sa venue, mais quand il est arrivé, ils n’ont pas cru en lui. Ils ont augmenté en mécréance en persistant sur leur incrédulité et en lui portant atteinte à chaque occasion.
Ou bien autre explication : ces versets ont été révélés à propos de ceux qui avaient apostasié et qui étaient repartis à La Mecque. Ils ont dit : nous allons résider à La Mecque et nous allons attendre qu’il arrive à Muḥammad ce qui est arrivé à ceux qui étaient avant lui (c’est-à-dire qu’ils attendaient sa mort).
Leur repentir ne sera pas accepté : il s’agit de leur foi c’est-à-dire leur retour à l’Islam. Leur entrée en Islam au moment où ils savent qu’ils vont mourir, ne sera pas acceptée, parce qu’ils ne font le repentir que lorsque la mort vient à eux : Dieu dit dans sūratu ġāfir ce qui signifie : « leur foi ne leur profitera pas quand ils ont vu Notre châtiment » Quand ils ont vu les anges du châtiment, ils ont alors reconnu la vérité et leur repentir n’est pas accepté. En effet Dieu a jugé de toute éternité que celui qui fait le repentir, après l’avènement du châtiment de la part de Dieu, son repentir ne lui profitera pas.
Et ceux-là sont les égarés.
Verset 91 : ceux qui ont mécru et qui sont morts mécréants, il ne sera pas accepté de l’un d’entre eux la terre tout entière emplie d’or, même s’ils donnaient cela comme rançon. C’est-à-dire qu’il ne sera pas accepté d’eux une compensation (à la place du châtiment) même s’ils ramenaient toute la terre remplie d’or.
Dans le ḥadīṯ, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « il sera dit au mécréant : au jour du jugement si tu avais toute la terre pleine d’or, est-ce que tu serais prêt à la donner en guise de caution pour compenser le châtiment que tu mérites ? Il va dire : oui. Il lui sera dit : il t’a été demandé moins que cela : il t’a été demandé de dire : je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Muḥammad est le Messager de Dieu. Mais tu avais refusé ». La raison pour laquelle la compensation n’est pas acceptée est parce qu’il est mort mécréant.
Ceux-là auront un châtiment douloureux, ils n’auront aucun partisan. Ils n’auront pasun soutien qui va repousser d’eux un châtiment : il s‘agit de ceux qui sont morts mécréants.
Verset 92 : vous n’atteindrez la bienfaisance complète. Ou bien : vous n’obtiendrez la récompense de la part de Dieu
Que si vous donnez de vos biens : c’est-à-dire parmi les biens, ce que vous aimez le plus.
Et toute chose que vous dépensez, Dieu le sait. Dieu sait tout ce que vous dépensez en aumônes et dans les voies du bien et Il vous rétribue en conséquence. Et lorsque les yahūd avaient dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « tu prétends que tu suis la même religion qu’Ibrāhīm, alors que tu manges la viande de chameau et tu bois le lait de chamelle ». Alors le Prophète leur a répondu : « c’était licite pour Ibrāhīm ». Alors ils ont prétendu que ça avait toujours été interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ. Mais c’est faux.
Alors a été révélé le verset 93 :
Verset 93 : toute nourriture (sujette à divergence selon les yahūd, en l’occurrence la viande de chameau et le lait de chamelle) était licite pour les descendants d’Isrāʾīl (en excluant la nourriture qui était déjà interdite auparavant dans toutes les Lois comme le cadavre, le sang et le porc par exemple) excepté ce qu’Isrāʾīl (il s’agit de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm) s’est abstenu de manger avant que la Torah ne soit révélée (à Moise et c’était bien après).
Yaʿqūb appréciait le plus la viande de chameau et le lait de chamelle. Il a voulu s’abstenir de ce qu’il aimait le plus.
Tous les aliments sujets à divergence étaient licites pour les descendants d’Isrāʾīl, avant la révélation de la Torah, excepté ce qu’Isrāʾīl lui-même s’était abstenu de manger. Et quand la Torah a été révélée à Moise, il est alors devenu interdit de consommer la viande de chameau et le lait de chamelle, parce qu’Isrāʾīl s’était abstenu d’en manger.
Dis amenez la Torah, récitez-la si vous êtes véridiques : le Prophète Muḥammad a dit aux yahūd d’amener la Torah et de la réciter s’ils étaient véridiques. Notre Prophète a reçu l’ordre de défier les yahūd et de débattre avec eux en leur apportant les arguments qui figurent dans leur Livre et de les faire taire par ce qui est mentionné explicitement dedans, à savoir que l’interdiction de ce qui leur a été interdit est une interdiction qui est récente, en raison de leur injustice ; ce n’est pas une interdiction ancienne, comme ils le prétendent.
Ils n’ont pas osé ramener la Torah et ils sont restés sans voix, ils n’ont pas trouvé de réponse. En cela, il y a :
1 / la preuve claire de la véracité du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : parce que d’où le Prophète aurait-il pu savoir cela si ce n’est par la révélation de Dieu ? Le Prophète leur a appris des choses qu’eux-mêmes voulaient cacher.
2 / Et cela est une preuve également qu’il est valide qu’il y ait une abrogation. (An-nasẖ). Et l’abrogation ici est la fin de l’application d’un jugement et le début de l’application d’un autre : c’était la fin de l’autorisation de manger certains aliments et le début de l’interdiction de manger de la chair de chameau et le lait de chamelle.
Verset 94 : ceux qui calomnient Dieu en Lui attribuant des paroles mensongères : dans ce contexte, c’est le fait de prétendre que le fait de manger de la viande de chameau et de boire du lait de chamelle était déjà interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ.
Après cela : c’est-à-dire après avoir eu l’argument catégorique
Ce sont eux les injustes : ce sont eux les orgueilleux, ceux qui ne sont pas objectifs avec eux-mêmes. Ce sont qui ne prêtent pas attention aux preuves claires.
Verset 95 : dis Dieu est véridique dans l’information qu’Il nous a donnée que cela n’était pas interdit. Il y a ici une allusion à leur mensonge. Il y a ici une confirmation que Dieu est véridique dans ce qu’Il a fait descendre par révélation et que les yahūd sont des menteurs.
Alors suivez la religion d’Ibrāhīm : qui est la religion de l’Islam afin de vous débarrasser de la yahūdiyyah qui a corrompu votre religion et votre bas-monde. Cela vous a entrainé à falsifier le Livre de Dieu. Vous avez altéré la Torah par la suite, pour parvenir à vos objectifs. Et cela vous a amené à vous priver des choses belle et bonnes que Dieu avait autorisées à Ibrāhīm et à ceux qui l’ont suivi. Dieu a autorisé Ibrāhīm à manger la viande chameau et à boire le lait de chamelle. Et dans la Loi de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est autorisé.
Ḥanīfā : à l’écart de toute religion fausse. Al-ḥanafiyyah, c’est la droiture.
Et il (Ibrāhīm) n’était pas au nombre des associateurs.
Et comme les yahūd ont dit aux musulmans : nous, notre qiblah est avant la vôtre, Dieu a révélé le verset 96 :
Verset 96 : certes la première construction instaurée sur terre, en tant que lieu d’adoration, c’est la construction qui est à Bakkah (et c’est La Mecque) : la première construction instaurée pour les gens, celui qui l’a instaurée c’est Allāh : Il en a fait un lieu d’adoration pour eux. C’est comme s’Il avait dit : le premier lieu qui a été instauré comme endroit d’adoration pour les gens, c’est la kaʿbah. Dans le ḥadīṯ, la mosquée et al-ḥarām ont été instaurés quarante ans avant baytu l-maqdis et la kaʿbah est la première construction édifiée par Ādam ʿalayhi s-salām, sur terre.
Donc la première construction qui a été instaurée pour les gens sur terre est l’édifice qui est à Bakkah ; Bakkah est un nom propre de la ville. Bakkah et Makkah sont deux usages de la langue pour désigner la même ville. Il a été dit que Makkah est la ville et Bakkah est l’emplacement de la mosquée. Et il a été dit que Bakkah signifie celle qui détruit les tyrans. Le mot bakkah signifie celui qui détruit et anéantit. Il n’y a pas eu un seul tyran qui n’ait pris La Mecque pour destination pour la détruire sans que Dieu ne l’ait détruit.
Et qui est bénie : c’est-à-dire qui entraine beaucoup de biens, en raison de ceux qui font le pèlerinage et ceux qui font la ʿumrah obtiennent comme récompense. Cette construction est bénie en raison de la grande récompense qu’obtiennent les pèlerins et ceux qui font la ʿumrah et comme expiation des mauvaises actions.
Et qui est une guidée pour les gens : elle est la direction de la prière pour les gens. Elle est aussi le lieu d’adoration.
Verset 97 : il s’y trouve des signes clairs, (aucune confusion possible pour les gens), parmi eux, le maqām d’Ibrāhīm, parce que la trace du pied d’Ibrāhīm s’y trouve. Alors que c’est un rocher dur et compact, la trace du pas d’Ibrāhīm est là et le fait qu’une partie de la roche soit devenu souple et malléable de sorte que le pied d’Ibrāhīm s’y enfonce et que l’autre partie reste dure, c’est aussi un signe. Et le fait que cette trace d’Ibrāhīm soit restée et pas les traces des autres prophètes, c’est également un autre signe.
Celui qui s’y rend, il est sauf. C’est-à-dire qu’il y a la sécurité pour celui qui va à La Mecque.
C’est comme s’il a dit qu’il y a des signes clairs et ce sont le maqām d’Ibrāhīm et la sécurité pour celui qui s’y rend. Et beaucoup d’autres signes que ces deux-là.
Il a été dit à propos de cette trace dans la roche, que, lorsque la construction de la kaʿbah a pris forme dans la roche et qu’’Ibrāhīm n’arrivait plus à soulever les pierres au-dessus, il est monté sur ce maqām (ce rocher) et c’est alors que ses pieds se sont enfoncés dedans.
Allāh a ordonné aux gens d’accomplir ce pèlerinage vers cette construction : l’obligation du pèlerinage incombe aux gens envers Dieu à quiconque a les moyens de s’y rendre, avec des provisions et avec une monture.
Quant à celui qui aura mécru, c’est-à-dire qui aura renié l’obligation du pèlerinage, certes Allāh n’a pas besoin des gens. Allāh Se passe des gens et de leur obéissance. Il n’a pas besoin d’eux.
Dans ce verset, il y a plusieurs sortes d’insistance et d’ordres qui sont importants. Le pèlerinage est un droit de Dieu et c’est un devoir envers Dieu qui incombe aux gens.
Verset 98 : dis ô vous gens du Livre pourquoi reniez-vous les signes de Dieu alors que Dieu est témoin de ce que vous faites : pourquoi reniez-vous les signes que Dieu a créés et qui sont une preuve de la véracité de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ? En réalité Dieu sait tout de vos œuvres et Il vous rétribue pour ces œuvres.
Verset 99 : dis ô vous gens du Livre pourquoi empêchez-vous ceux qui sont croyants de suivre la voie que Dieu agrée ? C’est la voie que Dieu agrée, qui est l’Islam. Et les associateurs à cette époque-là empêchaient de toutes leurs forces ceux qui voulaient entrer en Islam.
Vous voulez vous écarter de la droiture : vous voulez suivre un chemin qui n’est pas droit, en modifiant les caractéristiques du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui sont décrites dans vos livres. En effet, la Torah n’était pas encore altérée à l’époque du Prophète.
Alors que vous êtes témoins : que c’est la voie agréée par Dieu, c’est la voie que seul un égaré empêche les gens de suivre.
Et Dieu n’ignore pas ce que vous faites comme empêchement de suivre Sa voie : c’est une grave menace. Ensuite Il a interdit aux croyants de suivre la voie de ceux qui empêchent de suivre la voie de vérité.
Verset 100 : il a été dit que Šaṯ fils de Qays qui était un yahūdiyy de Médine est passé au niveau d’un groupe des partisans de Médine, parmi la tribu de al-Aws et al- H̱azraǧ, qui étaient en train de discuter. Il n’a pas supporté de les voir ainsi (car auparavant il y avait des guerres entre ces deux tribus). Alors il a ordonné à un jeune homme parmi les juifs de leur rappeler de la bataille de Buʿāṯ qui est le nom d’un fort ou d’un verger au niveau duquel une guerre avait eu lieu entre les Aws et les H̱azraǧ, cinq ans avant l’émigration du Prophète. Il a essayé de raviver cette animosité qui existaient entre eux à cette époque. Et c’était un jour où la victoire était du côté de al-Aws. Et les gens se sont alors mis à se disputer. Ils ont dit : « aux armes, aux armes ! » Ce jeune homme a donc provoqué une zizanie.
La nouvelle parvint au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est sorti tout de suite avec le groupe d’émigrants et de partisans qui étaient avec lui à ce moment-là. Il a dit à ceux qui se disputaient, ce qui a pour sens : « est-ce que vous relancez les appels de la période d’ignorance alors que je suis parmi vous, après que Dieu vous a honorés par l’Islam et qu’il vous a unis ? » Les gens se sont alors rendus compte que c’était une ruse du šayṭān. Ils ont jeté les armes, ils se sont pris par les bras, ils se sont serrés les uns les autres, en larmes et le verset a été révélé à ce sujet.
Verset 101 : comment osez-vous mécroire ! c’est une exclamation et un reproche : par quel biais la mécréance pourrait vous atteindre : c’est pour dire que c’est peu probable que cela ait lieu, que vous tombiez dans la mécréance, avec ces deux états qui vont être mentionnés dans le verset. Le fait que le Livre de Dieu leur soit récité, en l’occurrence le Qur’ān dont le caractère miraculeux est apparent et deuxièmement le fait que le Messager soit parmi vous et sur lequel des miracles apparaissent sur ses mains. Comment est-ce-que la mécréance pourrait vous parvenir alors qu’il y a ces deux choses-là ?
Alors que les versets de Dieu vous sont récités : par la bouche du Messager de Dieu ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et c’est la première fois qu’ils vous parviennent.
Et parmi vous il y a Son Messager ; il vous avertit, il vous exhorte et il élimine toutes les confusions possibles que vous pouvez avoir.
C’est-à-dire comment la mécréance pourrait -elle vous parvenir alors qu’il y a en vous ces deux choses-là ?
Et celui qui s’attache à la religion agréée par Dieu (ou au Livre de Dieu) : il n’a pas été mentionné dans ce verset le nom « religion » ou « Livre » : c’est une figure de style en arabe. Ou encore il s’agit du fait que Dieu les incite à trouver refuge dans l’aide de Dieu pour repousser le mal des mécréants et leurs ruses.
Il sera guidé vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’il sera guidé vers la religion de droiture. Ou encore celui qui cherche refuge dans l’aide de son Seigneur, celui qui, dans les situations de doute, s’en remet à Dieu, Dieu le préserve de la confusion.
Verset 102 : ô vous qui êtes croyants, craignez Dieu de la véritable crainte, faites preuve de piété à l’égard de Dieu de la véritable piété. Allāh taʿālā a ordonné de faire preuve de piété à Son égard. C’est-à-dire dans le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits.
Et ne mourez qu’en étant musulmans : ne soyez pas dans un autre état que l’état de l’Islam lorsque la mort vous surprendra.
Verset 103 : et attachez-vous au Qur’ān : c’est le sens de l’expression « wa ʿtaṣimū biḥabli l-Lāh » que certains traduisent par « attachez-vous à la corde de Dieu » et ceci n’a pas de sens !!! Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans le ḥadīṯ, ce qui signifie : « le Qur’ān est le lien qui est très fort, qui fait parvenir à l’agrément de Dieu ». Et le Qur’ān est en arabe, il n’est pas dans une autre langue et ce qui peut être traduit est l’explication des versets. Le Qur’ān est le lien fort qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Les choses surprenantes qui sont dans le Qur’ān, vous ne pourrez pas les savoir toutes. Et les gens ne se lassent pas de le répéter souvent. Celui qui dit ce qu’il y a dans le Qur’ān, il aura dit la vérité. Et celui qui œuvre conformément au Qur’ān, il aura été bien guidé. Et celui qui s’y attache, il sera guidé vers une voie de droiture.
Tous : attachez-vous tous au Qur’ān. Il a été dit que « tous » signifie le fait de s’attacher à l’unanimité et au consensus de la communauté, soyez du côté du consensus.
Et ne divergez pas : autrement dit, ne faites pas ce qui provoque la séparation et qui fait disparaitre l’union.
Et rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées lorsque vous étiez des ennemis, Il a uni vos cœurs et vous êtes devenus par Sa grâce des frères : dans la période de l’ignorance, il y avait entre eux de l’animosité et des guerres. Dieu a réuni leurs cœurs par l’Islam. Dieu a projeté dans leurs cœurs l’amour, puis ils se sont aimés et ils sont devenus des frères.
Et vous étiez au bord de l’abîme de l’enfer : c’est-à-dire que vous avez failli tomber dans le feu de l’enfer en raison de votre mécréance.
Il (Dieu) vous en a sauvé : grâce à l’Islam. Ici « šafā ḥufratin » signifie « le bord ».
C’est ainsi : c’est-à-dire de cette manière ainsi profonde et éloquente, Dieu vous indique Ses signes c’est-à-dire le Qur’ān dans lequel il y a des ordres, des interdictions, des promesses et des menaces.
Puissiez-vous être bien guidés : pour que vous soyez dans un état d’espoir de bonne guidée. Ou encore : pour que, grâce au Qur’ān, vous soyez guidés vers la vérité et ce par quoi on obtient des récompenses.
Verset 104 : qu’il y ait parmi vous des gens qui appellent au bien, ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable. Ce sont eux qui réussiront.
Qu’il y ait parmi vous un groupe de personnes qui appellent au bien et qui ordonnent al-maʿrūf : c’est ce que la Loi de l’Islam et la raison apprécient.
Et interdit ce qui est blâmable : c’est ce que la Loi et la raison trouvent laid.
Selon une deuxième explication : al-maʿrūf c’est ce qui est conforme au Livre et à la sunnah. Et al-munkar c’est ce qui contredit le Livre et la sunnah.
Yadʿūna ʾila l-ẖayr : ils appellent au bien ; le bien ici est dans un sens général, c’est ce qui est à notre charge comme actes à faire ou à laisser. – Faire la prière, le jeûne, délaisser le mensonge – Et ce qui le suit est particulier.
Dans le verset, Dieu dit « liyakūna minkum », qui signifie « qu’il y ait parmi vous », c’est-à-dire « une partie d’entre vous » : parce qu’ordonner le bien et interdire le mal est une obligation d’ordre collectif. Et d’autre part, n’est sujet à l’accomplir que celui qui a appris ce qui est un bien et ce qui est un mal. Et aussi il faut apprendre comment structurer cela.
Il a dit : commence par la méthode la plus simple. Si cela n’est pas utile, il amplifie.
Ce sont eux qui réussiront : ce sont ceux qui ont, en particulier la réussite complète.
Verset 105 : ne soyez pas comme ceux qui se sont séparés (par l’animosité)
Et qui ont divergé (dans la religion comme les yahūd et les nasārā) : ils ont divergé et ils se sont déclarés mécréants les uns les autres.
Après qu’ils aient eu les preuves claires (qui impliquent l’accord sur une même parole) : il s’agit de la parole de vérité « il n’est de dieu que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu)
Et ceux-là auront un châtiment éminent.
Verset 106 : le jour où des visages seront clairs : il s’agit des visages des croyants
Tandis que des visages seront assombris : il s’agit des visages des mécréants.
La clarté c’est de la lumière et le fait d’être sombre c’est de l’obscurité.
Quant à ceux dont les visages seront assombris, il leur sera dit avez-vous mécru après votre foi ? La forme est interrogative puisqu’elle commence par la particule « a » et est suivie par un verbe au muḍāriʿ : akafarta ? Ici cette hamza indique le blâme et nous incite à nous étonner de leur état.
Après votre foi : c’est-à-dire le jour où le pacte a été pris de vous : le jour où Dieu a fait sortir tous les descendants d’Ādam de son dos sous forme de leurs âmes et Dieu les a interpelés, Il leur a dit : « ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Toutes les âmes ont reconnu qu’il n’est de dieu que Dieu. Mais lorsque l’ange place l’âme dans l’utérus de la mère, l’âme oublie. Ici ce qui est visé dans ce verset 106 est un blâme de tous les mécréants. C’est une première explication.
Autre explication : Après votre foi désigne les apostats c’est-à-dire ceux qui étaient musulmans puis qui ont apostasié.
Goûtez donc au châtiment en raison de votre mécréance : voilà votre rétribution : c’est le châtiment à cause de votre mécréance.
Verset 107 : quant à ceux dont le visage s’est éclairci, ils seront dans la miséricorde de Dieu : ils seront dans la félicité. Il s’agit de la récompense ininterrompue.
Dans laquelle ils resteront éternellement. Ils n’en sortiront pas et ils ne vont pas mourir.
Verset 108 : ce sont là des versets de la part de Dieu ou bien : ce sont là des signes de la part de Dieu. Ils indiquent la promesse et la menace de la part de Dieu.
Nous les faisons réciter à toi : c’est-à-dire que Nous te les révélons les uns à la suite des autres. Il a été dit que c’est Ǧibrīl qui les récite au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām sur ordre de Dieu, les uns à la suite des autres.
Ce sont des versets qui comportent la vérité. Et il a été dit que c’est pour indiquer la vérité, à savoir la rétribution de celui qui agit bien et la rétribution de celui qui agit mal.
Et Dieu n’a pas voulu l’injustice pour Ses esclaves : c’est-à-dire que la volonté de l’injustice n’arrive pas de la part de Dieu. Parce que l’injustice est impossible au sujet de Dieu. Et l’injustice n’est pas concevable de la part de Dieu. Il est Celui à Qui appartient toute souveraineté. Dieu n’est pas redevable de quelque chose de sorte à être injuste, en faillant à cela. Nul n’a un droit sur Dieu. Et Dieu n’est pas soumis à une interdiction de sorte qu’Il serait injuste en l’accomplissant.
Et Il rétribue tout un chacun par ce qu’il a promis ou ce dont Il a menacé. Ainsi Dieu ne punit pas quelqu’un sans que celui-ci n’ait commis de péché et il n’augmente pas dans la punition d’un criminel plus que ce qu’il ne mérite. Et Il ne diminue pas la récompense de celui qui agit en bien.
Verset 109 : à Dieu appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Et à Dieu le devenir de toute chose. Dieu rétribue celui qui agit en bien pour sa bienfaisance et celui qui agit en mal pour le mal qu’il a fait.
Verset 110 : vous êtes la meilleure des communautés qui soit apparue aux gens : il s’agit de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est comme s’il a été dit : vous avez existé en tant que meilleure des communautés. Ou bien autre explication : vous avez été mentionnés aux communautés qui vous ont précédés (les communautés qui vous ont précédés ont été informées que vous alliez venir) comme allant être la meilleure des communautés.
Vous ordonnez al- al-maʿrūf : c’est-à-dire que vous ordonnez la foi et l’obéissance au Messager
Et vous interdisez al-munkar : vous interdisez ce qui est blâmable, c’est-à-dire que vous interdisez la mécréance et la désobéissance.
Et vous croyez en Dieu : c’est-à-dire que vous persévérez sur la foi en Dieu.
Et si les gens du Livre avaient cru (en Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām le Messager de Dieu) cela vaudrait mieux pour eux : c’est-à-dire que la foi vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Ils ont préféré leur religion au détriment de l’Islam. Et ceci par amour du pouvoir et pour avoir les gens du commun sous leur commandement. S’ils avaient été croyants, ils auraient eu du pouvoir, des gens qui les suivent et des parts du bas monde meilleures que la religion fausse qu’ils ont préférée, en plus de la réussite qui leur a été promise pour la foi au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisqu’ils auraient eu leurs récompenses doublement : la récompense d’avoir suivi le prophète et la récompense d’avoir incité leur peuple à le suivre.
Il y a eu parmi eux ceux qui sont croyants : comme ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était un savant juif qui est entré en Islam.
Mais la plupart d’entre eux sont des pervers : c’est-à-dire ceux qui persistent sur la mécréance.
Verset 111 : ils ne vous nuiront que par des nuisances qui se limitent à des paroles, des nuisances dans la religion ou bien des menaces ou ce qui est de cet ordre.
Et s’ils vous combattent, ils vous fuiront. Ils ne vous nuiront ni en vous tuant ni en vous faisant prisonniers.
Et ils n‘auront aucun soutien. Ils ne seront pas à l’abri.
Il y a dans ce verset un raffermissement du cœur de ceux parmi ces gens du Livre qui sont entrés en Islam malgré leur peuple qui leur nuit en les blâmant et en les menaçant.
Verset 112 : ils ont été toujours humiliés (il s‘agit des yahūd) où qu’ils se trouvent sauf s’ils s’attachent à la voie de Dieu et s’il y a un engagement de ceux qui les soutiennent.
Ils ont toujours été humiliés dans toute situation sauf dans le cas où ils s’attachent à la protection de la part de Dieu et à la protection de la part des musulmans. C’est-à-dire qu’ils n’ont jamais de gloire sauf s’ils ont recours à la protection des musulmans, parce qu’ils ont accepté al-ǧizyah qui est ce que les gens du Livre paient au gouverneur des musulmans pour leur protection.
Aḏ-ḏimmmiyy est celui qui fait partie des gens du Livre et qui paie une ǧizyah au gouverneur des musulmans pour le protéger. Même cela est une humiliation en soi.
Ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu.
Et il s’est abattu sur eux une pauvreté en guise de punition pour avoir dit : « Dieu est pauvre et nous, nous sommes riches ». Ou bien : il s’est abattu sur eux leur peur de la pauvreté alors qu’ils sont dans l’aisance.
Tout cela parce qu’ils ne croyaient pas aux versets de Dieu et ils assassinaient les prophètes injustement. « Tout cela » fait allusion à ce qui a été mentionné précédemment : le fait qu’ils soient dans l’humiliation, dans la pauvreté, de mériter le châtiment de Dieu. Tout cela en raison de leur mécréance.
Tout cela parce qu’ils ont désobéi et ils ont été injustes : cette mécréance et ces meurtres ont eu lieu à cause de leur désobéissance et parce qu’ils ont dépassé les limites que Dieu leur a fixées.
Verset 113 : ils ne sont pas égaux : les gens du Livre ne sont pas tous pareils. Il y a parmi eux des gens qui sont sur la droiture : ce sont des gens qui sont justes, ceux qui sont entrés en Islam. Ils récitent les versets du Qur’ān une partie de la nuit et ils se prosternent : c’est-à-dire qu’ils font la prière (c’est une formulation dans la langue arabe de citer une partie de la chose pour viser la chose elle-même).
Verset 114 : ils croient en Dieu et au Jour Dernier et ils ordonnent le bien. Le bien c’est la foi et toutes les formes de bienfaisance, comme le jeûne, la prière, l’aide des gens qui sont dans la difficulté.
Et ils interdisent les choses blâmables : comme la mécréance et tout ce que la Loi interdit.
Et ils s’empressent pour faire le bien par crainte de ne plus pouvoir le faire.
Et ceux-là (qui ont ces caractéristiques qui viennent d’être décrites ici) font partie des gens qui sont bons. « Aṣ-ṣāliḥīn » ici ce sont soitles musulmans, soit les vertueux : ce sont ceux dont l’état est bon selon le jugement de Dieu, ceux que Dieu agrée.
Verset 115 : tout le bien qu’ils font leur sera reconnu : tout le bien qu’ils vont faire, ils en seront rétribués, ils ne seront pas privés de la rétribution.
Et Dieu sait ceux qui sont pieux : c’est une annonce de bonne nouvelle pour ceux qui sont pieux qu’ils auront une grande récompense.
Verset 116 : certes ceux qui ont mécru, leurs biens et leurs enfants ne les font pas dispenser du châtiment de Dieu : même si ces mécréants avaient des biens et des enfants, cela ne va pas les sauver du châtiment de Dieu.
Ce sont eux les gens qui seront en enfer, ils y seront éternellement.
Verset 117 : l’exemple de ce qu’ils (les mécréants) dépensaient dans cette vie du bas monde c’est-à-dire des choses dont ils tiraient vanité, des choses qui leur plaisaient, des choses qui leur attiraient l’éloge, des choses qui leur donnaient une bonne réputation chez les gens,
-Ou alors les dépenses par lesquelles ils prétendaient vouloir gagner des récompenses de la part de Dieu ; ils étaient mécréants mais ils prétendaient que ces dépenses qu’ils engageaient étaient pour Dieu.
C’est comme un vent : c’est-à dire comme ce qui a été détruit par le vent, comme un champ qui a été labouré et qui a été détruit par le vent ou bien la destruction de leurs dépenses (le fait que leurs dépenses soient vaines) est comme la destruction du vent, quand il souffle et qu’il éparpille et disperse,
Un vent qui comporte un froid terrible qui a touché la récolte de gens qui ont été injustes envers eux-mêmes. Ceci à cause de la mécréance. Ce vent a détruit leurs récoltes en guise de punition pour leur mécréance.
Et Dieu n’est pas injuste envers eux mais ce sont eux qui étaient injustes envers eux-mêmes car ils avaient commis ce qui leur a fait mériter la punition.
Verset 118 : ô vous qui êtes croyants, ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas comme vous (ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas musulmans)
Car sinon, ils ne vont pas manquer de tout faire pour corrompre votre religion car ils espèrent vous nuire dans votre religion et votre bas monde, de la plus grave nuisance et la plus extrême
La haine transparait de leurs bouches : parce qu’ils n’arrivent pas à se retenir bien qu’ils essayent de le faire, ils n’arrivent pas à retenir les paroles de leurs bouches qui indiquent leur haine envers les musulmans.
Et ce qu’ils cachent dans leurs poitrines comme haine envers vous dépasse de loin ce qui transparait par leurs langues.
Nous vous avons montré les signes : Nousvous avons indiqué les signes qui montrent qu’il est obligatoire de faire preuve de sincérité dans la religion, de prendre parti et de se rallier à ceux qui se sont soumis à Dieu et de prendre pour ennemis ceux qui ont pris Dieu pour ennemi.
Si vous êtes véritablement conscients et vous avez bien compris ce qui vous a été indiqué.
Verset 119 : vous voici : vous qui êtes dans l’erreur en vous ralliant et en soutenant les hypocrites parmi les gens du Livre.
Vous les aimez et ils ne vous aiment pas : c’est pour indiquer leur erreur pour s’être rangés de leur côté, en les ayant soutenus puisqu’ils prodiguent leur amour pour des gens qui ont de la haine.
Vous croyez en tout le Livre : cette parole s’adresse aux musulmans qui croient en tous les Livres que Dieu a révélés aux prophètes et eux, malgré cela, ils vous détestent ; pourquoi donc les aimez-vous alors qu’eux ne croient en rien de votre Livre ? Il y a en cela un grand blâme car eux, s’attachent à leur erreur, ils sont plus fermes à s’y attacher que vous n’êtes attachés à votre vérité.
Et ils viennent à votre rencontre, ils disent « nous sommes croyants » et ils montrent la parole du tawḥīd
Et lorsqu’ils se retrouvent seuls : c’est-à-dire quand ils ne sont pas avec vous, ou qu’ils se retrouvent entre eux
Ils se mordent les doigts d’exaspération et de colère : c’est une expression pour dire qu’ils regrettent que vous soyez ainsi sur l’Islam (ils se mordent les phalanges ou les doigts ou le pouce)
Dis « mourez de rage » : c’est-à-dire de rancœur ou de dépit ou d’exaspération : c’est une invocation contre eux pour que leur rage et leur exaspération augmentent jusqu’à en mourir. Et ce qui est visé par l’augmentation de la rage et de l’exaspération c’est l’augmentation de ce qui la provoque et il s’agit de la force de l’Islam et la gloire des gens de l’Islam et ce que cela entraine comme humiliation et rabaissement pour eux.
Certes Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs : Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs des hypocrites comme rage et comme haine. Dieu sait ce qu’il en est d’eux quand ils se retrouvent seuls entre eux. Tout cela est compris dans la phrase que le Prophète a reçu l’ordre de leur dire : « dis » c’est-à-dire « informe -les de ce qu’ils cachent quand ils se mordent les doigts de rage quand ils sont tout seuls et dis-leur en plus que Dieu sait ce qui est encore moins apparent que ce qu’ils font entre eux et il s’agit de ce qui est dans leurs cœurs » Dieu les a dévoilés à Son Prophète. Par conséquent, ne pensez pas qu’il y a un de vos secrets qui échappe à Dieu.
Verset 120 : si un bien vous touche ils sont chagrinés : un bien comme un bien-être ou une fertilité ou une récolte ou un butin ou une victoire. Le fait que vous ayez ce bien les rend tristes.
Et si c’est un mal qui vous touche, ils se réjouissent
Et si vous patientez face à leur animositéet que vous évitez ce qui vous a été défendu (de vous rallier à eux), leur ruse ne vous nuira pas c’est-à-dire que leur nuisance ne vous parviendra aucunement. Vous serez sous la protection de Dieu. Et ceci est un enseignement de la part de Dieu et une orientation vers la recherche de l’aide par la patience et la piété contre la nuisance de l’ennemi (contre ses pièges et ses ruses).
Dieu sait parfaitement ce qu’ils font : Dieu englobe par Sa science ce qu’ils font. C’est-à-dire que Dieu sait ce qu’ils font dans leur animosité envers eux et Il les punira pour cela.
Verset 121 : et quand tu es parti le lendemain matin, tu as quitté ta famille : cite, ô Muḥammad, quand tu es parti le matin à Médine. Ce qui est visé ici c’est que le Prophète a quitté la pièce de ʿĀʾišah son épouse, pour se rendre à Uḥud.
Tu places les croyants dans des positions pour le combat : c’est-à-dire les emplacements où ils allaient se positionner ; certains étaient à droite, d’autres à gauche, certains au centre et certains à l’arrière.
Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait : Il entend ce que vous dites et Il sait ce qu’il y a comme intention et ce qu’il y a dans vos for intérieurs.
Verset 122 : quand deux groupes d’entre vous : c’est-à-dire deux clans des Anṣār (les partisans de Médine) qui sont les Banū Salimah de la tribu de Al-H̱azraǧ et Banū Ḥāriṯah de la tribu de Al-Aws. Uḥud est une montagne qui se trouve au nord de Médine et c’est là qu’a eu lieu la bataille. Le Prophète s’est rendu dans ce lieu de bataille avec mille combattants. Et les associateurs étaient trois mille. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām leur a promis la victoire s’ils patientaient. Mais ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUbay qui était un hypocrite, connu sous le nom de ibnu Salūl et Salūl est le nom de sa grand-mère paternelle. Il était à la tête des hypocrites de Médine mais en apparence il montrait qu’il soutenait les musulmans. Il a fait défection avec le tiers des groupes (c’est-à-dire qu’il s’est retiré de la bataille). Il a dit : « pourquoi est-ce que nous allons mourir, nous et nos enfants ? ». Et les deux autres clans allaient le suivre. Mais Dieu les a préservés de tomber dans ce grand péché. Ils sont restés en compagnie du Messager de Dieu. Ont failli faire preuve de couardise (manque de courage).
Et Dieu est Celui Qui les soutient, Dieu est Celui Qui les protège, pourquoi donc faire preuve de couardise et pourquoi donc ne pas se fier à Dieu ?
Et que les croyants se fient totalement à Dieu : Dieu leur a donné l’ordre de ne se fier qu’à Lui et de ne pas s’en remettre à autre que Lui.
Verset 123 : Dieu vous a soutenus lors de la bataille de Badr : Il vous a donné la victoire. Badr est le nom d’un puits qui se trouve entre La Mecque et Médine et c’était un puits qui appartenait à un homme qui s’appelle Badr. Le puis a porté le nom de son propriétaire. Ou alors, Il a cité Badr après avoir cité Uḥud, pour inciter à la patience et au remerciement. La patience à Uḥud et le remerciement à Badr puisqu’ils ont eu la victoire.
Alors que vous étiez peu nombreux et mal équipés : lors de la bataille de Badr, les musulmans étaient un peu plus que 310 (313) tandis que leurs ennemis étaient environ 1000 combattants. Et les armes et les équipements étaient peu nombreux pour les musulmans : ils relayaient sur quelques chameaux et les autres marchaient à pied et ils n’avaient qu’un seul cavalier. Alors que leurs ennemis avaient environ cent chevaux et ils avaient beaucoup d’armes.
Alors craignez Dieu : en restant aux côtés du Messager
Puissiez-vous remercier : faites preuve de piété à l’égard de Dieu en persévérant aux côtés de Son Messager, puisse votre piété être un remerciement de Dieu pour les grâces dont Dieu vous a gratifiées lors de Badr avec la victoire.
Verset 124 : quand tu dis (ô Muḥammad) aux croyants le jour de Badr ou le jour de Uḥud, ne vous-est-il pas suffisant que votre Seigneur envoie en renfort trois mille anges qui descendent pour vous soutenir : c’est-à-dire n’est -ce- pas que cela vous suffirait d’avoir un renfort de trois mille anges. C’est une formulation pour renier que ce ne soit pas suffisant. C’est pour montrer qu’en réalité, c’est suffisant.
Verset 125 : ah que si ! C’est pour confirmer ce qui vient après « n’est-ce pas que ? » C’est -à -dire : oui, ce renfort vous suffira. Si vous patientez (face au combat) et que vous évitez de désobéir au Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et dans le cas où les associateurs viendront vous attaquer tout de suite, alors votre Seigneur vous soutiendra par cinq mille anges : si les associateurs vous attaquent les anges descendront immédiatement. En d’autres termes, Dieu vous soutiendra et vous facilitera, si vous faites preuve de patience et de piété.
Masawwimīn : signifie que les anges en question ont des signes distinctifs, soit sur eux-mêmes ou sur leurs montures, signes qui indiquent comment les reconnaitre pendant le combat.
Verset 126 : Dieu a fait que le renfort par les anges n’est qu’une annonce de bonne nouvelle pour vous, que vous serez appuyés pour la victoire et afin que vos cœurs soient tranquillisés comme c’était le cas de l’apaisement pour les descendants de banu Isrāʾīl : quand ils recevaient l’apaisement, la tranquillité, c’était une annonce de bonne nouvelle de victoire pour eux.
Et la victoire n’est que de la part de Dieu : la victoire n’est ni suite au combat, ni de la part des anges, mais elle est de la part de Dieu. Les choses qui viennent d’être énumérées sont ce qui renforce la victoire et l’espérance d’obtenir la miséricorde.
Al ʿĀzīz : est un des noms de Dieu : Celui Qui n’est pas vaincu dans Ses jugements. On ne remet pas en cause ce que Dieu a prédestiné que ça ait lieu. Al-Hakīm : Celui Qui crée toute chose selon une sagesse. Celui Qui donne la victoire à ceux qu’Il soutient. Et Il les éprouve par le combat de ses ennemis.
Verset 127 : afin de faire périr un groupe d’entre eux (les associateurs) par le combat et l’emprisonnement : et c’est ce qui s’est produit le jour de Badr ; puisque 70 associateurs ont été tués et 70 parmi les chefs des associateurs ont été faits prisonniers.
Ou pour les rabaisser et leur faire perdre patience à cause de la défaite : ils sont énervés par la défaite.
De sorte qu’ils reviennent chez eux sans être victorieux.
Verset 128 : tu ne possèdes rien d’eux : tu n’as pas la capacité de faire d’eux quoi que ce soit.
Dieu est Celui à Qui appartient tout ce qui va leur arriver : soit Il les anéantit et les fait périr par la défaite, soit Il leur pardonne s’ils entrent en Islam
Ou Il les châtie s’ils persistent sur la mécréance. Tu n’es qu’un esclave qui a été envoyé pour les avertir et pour les combattre.
Et ils sont injustes et ils méritent le châtiment.
Verset 129 : et à Dieu appartient ce qui est dans les cieux et sur terre, Dieu pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut et Dieu pardonne à ceux qu’Il soutient, Il est miséricordieux pour ceux qui lui obéissent.
Verset 130 : ô vous qui êtes croyants ne consommez pas le ribā des multiples de fois : ce verset est une interdiction du ribā (il y a plusieurs formes de gain usuraire) avec un blâme de ce qu’ils pratiquaient à cette époque-là comme multiplication des intérêts. Quand l’échéance de remboursement d’une dette arrivait, le créancier disait « soit tu me rembourses mon dû, soit tu me rembourses plus et je te rallonge le délai ».
Et craignez Dieu : en ne pratiquant pas leribā
Puissiez-vous réussir
Verset 131 : et craignez le feu qui a été préparé pour les mécréants : Dieu a menacé les croyants par un feu qui a été réservé pour les mécréants, s’ils ne le craignent pas en évitant les choses qu’Il a leur a interdites. Dieu a informé que ce feu a été préparé pour les mécréants. Par conséquent, il n’y aura pas de séjour éternel pour les croyants, même s’ils y entrent à cause de leurs péchés.
Verset 132 : et obéissez à Dieu et au Messager, puissiez-vous faire l’objet de la miséricorde : obéissez à Dieu dans l’interdiction du ribā et au Messager dans les différentes formes de ribā qu’il a indiquées, pour qu’il vous soit fait miséricorde.
Verset 133 : et empressez- vous pour un pardon de votre Seigneur et un paradis : ici, le sens de l’empressement pour le pardon et le paradis, c’est d’aller vers ce qui y fait parvenir.
Le paradis dont la largeur est l’étendue des cieux et de la terre : la largeur du paradis est la largeur des cieux et de la terre. Ce qui est visé est de décrire le paradis comme étant extrêmement étendu et élargi. Le paradis a été comparé à ce qui est le plus étendu parmi ce que les gens ont su, parmi les créatures. Il y a la mention de la largeur parce qu’habituellement elle est plus petite que la longueur : c’est pour insister sur l’étendue du paradis. Si la largeur est aussi étendue, que dire de la longueur !
Il a été préparé pour ceux qui font preuve de piété : les deux versets prouvent que le paradis et l’enfer sont déjà créés. Et les moutazilites croient que le paradis et l’enfer vont être créés par la suite. Et celui qui fait preuve de piété c’est celui qui se protège de l’association à Dieu.
Verset 134 : ceux qui dépensent dans l’aisance et dans la difficulté : qu’ils soient dans l’aisance ou dans la difficulté, ils dépensent dans les voies du bien.
Ceux qui étouffent al-ġaiẓ : ceux qui empêchent al-ġaiẓ de s’exprimer et al-ġaiẓ, c’est une chaleur dans le cœur suite à la colère. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui étouffe un ġaiẓ, (c’est-à-dire la colère) alors qu’il était capable de l’exprimer, de la manifester, Dieu lui remplira le cœur d’apaisement et de foi ».
Et ceux qui excusent les gens : si quelqu’un leur fait du mal, ils ne lui en veulent pas.
Et Dieu agrée ceux qui agissent en bien. Les bienfaisants englobent tous ceux qui font du bien, cela est général. Et les catégories énumérées ici dans ce verset rentrent dans les bienfaisants.
Verset 135 : et ceux qui, lorsqu’ils font quelque chose de grave (il s’agit ici de la fornication) ou qui ont été injustes envers eux-mêmes (en faisant les préliminaires de la fornication), ils évoquent Dieu (par leurs langues ou par leurs cœurs pour que cela les incite au repentir) et ils demandent le pardon pour leurs péchés (ils font le repentir de leurs péchés en raison de la laideur de leurs péchés et en ayant regretté)
Et qui d’autre que Dieu pardonne les péchés : c’est pour réjouir les âmes des esclaves, pour les encourager au repentir, pour les inciter à se repentir, pour les dissuader de faire preuve de désespoir de la miséricorde de Dieu, pour leur indiquer l’immensité de la miséricorde de Dieu et l’éminence de Son pardon pour celui qui fait le repentir et leur indiquer que les péchés, même s’ils sont énormes et nombreux, le pardon de Dieu est plus éminent et Sa générosité est encore plus grande.
Et ils ne persistent pas sur ce qu’ils ont fait : c’est-à-dire qu’ils ne demeurent pas sur leurs mauvais actes.
Et ils savent : que nul autre que Dieu ne leur pardonne leurs péchés.
Verset 136 : ceux-là (c’est-à-dire ceux qui ont été décrits précédemment) leur rétribution sera un pardon de la part de leur Seigneur en leur accordant le repentir. Et des jardins par Sa miséricorde, dans lesquels coulent des rivières. Ils y resteront éternellement.
Quelle belle rétribution que celle de ceux qui œuvrent. Quelle bonne rétribution que celle de ceux qui œuvrent : ce sont le pardon et les jardins.
Ces versets ont été révélés à propos d’un marchand de dattes musulman qui a dit à une femme qui voulait acheter des dattes : « à l’intérieur de la maison, j’ai des dattes de meilleure qualité ». Il l’a faite entrer chez lui, il l’a prise entre ses bras et l’a embrassée. Puis il a regretté. Le fait qu’il a fait le repentir est le sens de ces versets 135 et 136. Ceci est une incitation au repentir.
Verset 137 : se sont écoulés avant vous ce que Dieu a instauré dans les communautés antérieures : c’est-à-dire des communautés d’incrédules, ceux qui ont démenti des prophètes.
Parcourez la terre et observez quelle a été l’issue et la rétribution de ceux qui ont démenti : afin que vous en tiriez des leçons.
Verset 138 : ceci : soit le Qur’ān, soit ce qui a été mentionné précédemment. C’est une indication pour les gens et une bonne guidée, et une exhortation (pour inciter à faire le bien et menacer du châtiment) pour ceux qui se protègent de l’attribution d’associé à Dieu.
Verset 139 : et ne vous découragez pas : c’est-à-dire ne faiblissez pas pour faire le ǧihād suite à votre défaite et ne soyez pas chagrinés : pour le butin que vous avez manqué ou bien pour ceux d’entre vous qui ont été tués ou blessés. Ce verset est de la part de Dieu un réconfort pour Son Messager et pour les croyants, suite à ce qui leur est arrivé lors de la bataille de Uḥud et pour renforcer leurs cœurs.
Alors que vous êtes supérieurs : une première explication est que votre état est supérieur au leur, parce que vous avez eu le dessus le jour de Badr et ce que vous aviez obtenu d’eux dépasse ce qu’ils ont obtenu de vous le jour de Uḥud. Ou bien vous êtres supérieurs par la victoire dans ce qui va suivre : c’est une annonce de bonne nouvelle pour eux qu’ils vont avoir la victoire ultérieurement. Ou bien vous êtes supérieurs par le degré, car votre combat est pour Dieu et pour faire en sorte que la parole de Dieu soit la plus élevée, tandis que leur combat est pour le šayṭān et pour élever la parole de mécréance. Ou encore parce que vos morts seront au paradis tandis que les leurs seront en enfer.
Si vous êtes croyants : c’est-à-dire que la validité de la foi implique la force dans le cœur et la totale confiance en la promesse de Dieu. Et le peu d’importance accordé aux ennemis de Dieu.
Verset 140 : si vous êtes touchés par un qaraḥ c’est-à-dire des blessures ou des douleurs ou des meurtres, les gens ont aussi été touchés par les mêmes choses que vous : si on vous a nui lors de la bataille de Uḥud (qui a eu lieu à Médine), sachez que les associateurs ont été vaincus lors de la bataille de Badr, et malgré cela, ils n’ont pas faibli et cela ne les a pas empêchés de venir vous vous combattre à nouveau. Conclusion : en priorité c’est à vous de ne pas faiblir.
Et c’est ainsi, les jours se succèdent et ne se ressemblent pas : Dieu dit qu’Il fait changer les choses : Nous faisons que certains aient des grâces (comme la victoire) et d’autres aient des épreuves (comme la défaite) Nous accordons tantôt à ceux-ci et tantôt à ceux-là.
Ainsi Dieu manifeste ceux d’entre vous qui sont croyants : c’est-à-dire que Nous faisons changer les jours et les états des gens selon ce qui est prédestiné afin que Dieu manifeste les croyants qui ont la patience et la foi, différents des autres (qui eux n’ont pas la patience). Et Dieu sait leur état (de ces croyants) pendant leur existence, tout comme Il sait leur état avant leur existence. Et ceci est une preuve que la science de Dieu n’entre pas en existence. Car la science de Dieu, il est impossible qu’elle n’augmente ni qu’elle diminue.
Il a été dit que cela signifie que Dieu manifeste en existence la foi de ceux au sujet de qui Il a su de toute éternité qu’ils allaient être croyants puisqu’il n’arrive pas de changement à Sa science.
Et afin que Dieu fasse qu’il y ait parmi vous des martyrs : c’est-à-dire pour que Dieu honore certains d’entre vous par le martyr, comme ce qui a eu lieu lors de la bataille de Uḥud.
Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes : Dieu n’agrée pas ceux qui ne font pas partie de ceux-là, c’est-à-dire ceux qui restent fermes sur la foi, qui fournissent des efforts dans la voie que Dieu agrée ; Dieu n’agrée pas les hypocrites et les mécréants.
Verset 141 : afin que Dieu purifie ceux qui sont croyants : la purification ici est la clarification
Et qu’Il anéantisse les mécréants : c’est-à-dire qu’Il les extermine. Si la défaite était du côté des croyants, c’est pour montrer leur honneur, leur accorder le martyr et les purifier. Et si la défaite était du côté des mécréants, c’est pour les exterminer et effacer leurs traces.
Verset 142 : ou alors vous pensez que vous alliez entrer au paradis sans qu’il n’y ait pas parmi vous qui fournisse des efforts et sans qu’il n’y ait parmi vous qui patiente
Verset 143 : et vous aviez souhaité mourir avant cette bataille : cette parole s’adresse à ceux qui n’étaient pas été présents lors le bataille de Badr : c‘était des gens qui avaient souhaité assister et participer à une bataille aux côtés du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, afin d’obtenir l’honneur du martyr. Et c’était eux qui avaient insisté auprès du Messager de Dieu pour sortir à la rencontre des associateurs, alors que le Messager était d’avis de rester à Médine.
Et vous l’avez vue devant vous et vous en êtes conscients : vous avez vu la mort devant vous c’est-à-dire que vous avez été témoins lorsque vos frères ont été tués devant vous et que vous-mêmes avez failli être tués. Et ceci est un blâme pour eux, pour avoir souhaité la mort et pour les conséquences qu’ils ont provoquées en amenant le Messager de Dieu à sortir de Médine, tellement ils avaient insisté. Puis le fait qu’ils se soient retirés.
Lorsque ibnu Qamīʾah a lancé une pierre vers le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a cassé sa deuxième incisive puis qu’il est venu pour le tuer, c’est alors que Muṣḥab ibnu ʿUmayr est venu le défendre. Il est un des premiers à être entré en Islam ; il a participé à la bataille de Badr et il fut tué lors de la bataille de Uḥud, la troisième année de l’hégire. Puis ibnu Qamīʾah a tué Muṣḥab et il a cru qu’il avait tué le Prophète : il a couru en criant qu’il avait tué le Prophète. Et la nouvelle s’est propagée et les musulmans se sont retirés. Alors le Prophète a dit : « venez, esclaves de Dieu » c’est alors qu’un groupe de ses compagnons se sont réunis autour de lui. Il leur a fait le reproche de s’être retirés. Ils ont dit : « ô Messager de Dieu, ne nous en veux pas, nous avons eu l’information comme quoi tu t’étais fait tué, alors nous nous sommes retirés ». Alors a été révélé le verset suivant :
Verset 144 : et Muḥammad n’est qu’un messager avant lequel il y a eu d’autres messagers : il va mourir comme les autres avant lui sont morts et tout comme ceux qui avaient suivi les autres prophètes étaient restés attachés à leur religion après la disparition de leurs prophètes, alors vous, également, attachez-vous à sa religion après sa disparition.
Car la finalité de l’envoi des messagers c’est de transmettre le message et de donner des preuves et non pas que le messager reste parmi son peuple.
Est-ce que le jour où il mourra ou s’il est tué, est-ce que vous allez revenir sur vos pas ? « Revenir sur ses pas » est ici au sens figuré pour désigner l’apostasie ou bien la défaite.
Et celui qui retourne sur ses pas, il ne nuit aucunement à Dieu. Il ne fera que nuire à lui-même.
Et Dieu rétribue ceux qui remercient : c’est-à-direceux qui ne sont pas retournés sur leurs pas et Il les a appelés « ceux qui remercient » parce qu’ils ont remercié Dieu pour la grâce de l‘Islam par leur comportement. Ils n’ont pas quitté le champ de bataille.
Conférence la vie conjugale – première partie
Avignon, 8 Mai 2026
Dr Ismael Mouhammad
خير متاع الدنيا
La meilleure provision dans le bas monde
روى مسلم في صحيحه عن عبد الله بن عمرو أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال:« الدنيا متاع، وخير متاع الدنيا المرأة الصالحة ». إن الزوجة الصالحة تعين زوجها على أمر الآخرة، فالزواج فيه تحصّن عن الشيطان، فالمرأة الصالحة الْمُصلحة للمنْزل عَوْنٌ على الدين بهذا الطريق، والزواج فيه مجاهدة النفس ورياضتها بالرعاية والولاية والقيام بحقوق الأهل والصبر على أخلاقهن واحتمال الأذى منهن. فالمرأة الصالحة تسرّ زوجها إذا نظر، وتطيع إذا أمر، ولا تخالف في نفسها، فلا تكن أنّانة ولا منّانة ولا حنّانة ولا حدّاقة ولا برّاقة ولا شدّاقة.
والأنّانة هي التي تكثر الأنين والتشكي، والمنّانة هي التي تمنّ على زوجها تقول له فعلت لأجلك كذا وكذا. والحنّانة التي تحنّ إلى زوج ءاخر، والحدّاقة هي التي ترمي إلى كل شىء ببصرها فتشتهيه وتكلّف الزوج شراءه، والبرّاقة التي تكون طول نهارها في تصقيل وجهها وتزيينه ليكون لوجهها بريق بالتصنّع. وأما الشدّاقة فهي المتشدّقة الكثيرة الكلام الذي لا خير فيه.
Mouslim a rapporté dans son ŠaȞiiȞ d’après ʻAbdou lLaah ibnou ʻAmr que le Messager de Allaah a dit :
« الدّنيا متاع وخير متاع الدّنيا المرأة الصالحة »
(Ad dounyaa mataaʻ wa khayrou mataaʻi d dounya l mar°atou Š ŠaaliȞah)
C’est à dire : « dans ce bas monde il y a des biens et le meilleur des biens c’est la femme vertueuse ».
La femme vertueuse aide son mari pour l’au-delà car dans le mariage, il y a une protection contre le chayŤaan. La femme vertueuse qui s’occupe bien de son foyer représente une aide pour l’application de la religion.
De plus, dans le mariage, il y a un combat permanent contre les passions de l’âme. Il y a un exercice pour l’âme de l’époux qui doit assumer des responsabilités, assumer la charge obligatoire de la femme.
Il y a également un exercice pour l’âme qui doit patienter face aux comportements de son conjoint, et supporter la nuisance éventuelle de sa part.
La femme vertueuse réjouit son mari lorsqu’il la voit. Elle lui obéit s’il lui demande quelque chose et elle ne le contredit pas.
Elle n’est donc pas râleuse (Annaanah), ni ingrate (Mannaanah), ni nostalgique de ses précédents maris (Ȟannaanah), ni dépensière (Ȟaddaaqah), ni futile (Barraaqah), ni pipelette (Chaddaaqah).
• Al Annaanah, c’est celle qui se plaint tout le temps, qui passe son temps à gémir et à se plaindre.
• Al Mannaanah, c’est celle qui rappelle ses bienfaits à son mari ; elle lui dit par exemple : « j’ai fait telle et telle chose pour toi ».
• Al Ȟannaanah, c’est celle qui se languit d’un ancien mari. Elle a été mariée par le passé et se remémore toujours son premier en présence du second.
• Al Ȟaddaaqah, c’est celle qui, à chaque fois qu’elle voit quelque chose, voudrait l’avoir et demande à son mari de la lui acheter.
• Al Barraaqah, c’est celle qui passe sa journée à se faire belle, à embellir son visage pour qu’il soit resplendissant. Mais elle ne le fait pas pour son mari.
• Ach Chaddaaqah, c’est celle qui parle beaucoup et dit des paroles qui ne comportent pas de bien.
Voilà les différents caractères qu’il convient à la femme vertueuse d’éviter.
حسن السياسة مع المرأة
Le bon comportement envers la femme
ينبغي للرجل أن يعامل زوجته بحسن السياسة، لكن ليس إلى درجة تسقط هيبته عندها، وأن ينفق عليها باعتدال، بحيث لا يقتر ولا يسرف، ويعلمها ما تحتاجه من أمور الدين، ويخوفها الله إذا تساهلت في دينها، ويتلطف بها إذا ولدت، ويؤانسها ولا يظهر لها الحزن بالأنثى. ولا يفشي سرها، ولا يسيء الظن بها. ولا يطلقها في الحيض أو في طهر جامعها فيه فإن طلق وقع في المعصية لكن الطلاق يقع.
Il convient à l’homme d’agir envers son épouse avec un bon comportement et beaucoup de sagesse mais pas au point qu’elle ne soit plus respectueuse envers lui. Il convient qu’il se charge des dépenses avec modération, de sorte à ce que son épouse ne vive pas dans la difficulté mais sans pour autant en arriver à gaspiller son argent.
Il convient qu’il lui enseigne la science de la religion dont elle a besoin. Il l’exhorte et lui rappelle le châtiment d’Allaah si elle se laisse aller et contredit la religion.
Il est attentionné, tendre et doux avec elle quand elle accouche. Il lui tient compagnie et ne lui montre pas qu’il est chagriné si l’enfant à qui elle a donné naissance était une fille. Il ne divulgue pas son secret. Il ne pense pas du mal d’elle. Il ne prononce pas la parole de divorce quand elle est en période de menstrues ou dans une période inter menstruelle durant laquelle il a eu un rapport avec elle, sinon, il tombe dans le péché. Il est à noter que le divorce est tout de même effectif dans ce cas.
وقد فرض الله أمورًا على المرأة ما فرضها على الرجل، وكذلك هناك أشياء الله فرضها على الرجل ما فرضها على المرأة، وكل منهما عليه أن يصبر على أداء ما أوجبه الله عليه مخلصًا لله. وليكن قدوته الأنبياء ومن سبقوه من الصالحين وأن تحسن عشرتها معه، بحسن الأدب والانبساط والمداعبة وأسباب اللذة وأن تتطيب له وتتزين وترق له في المخاطبة، لا تتكلم إذا غضب، لا تكلفه ما لا يطيق، وأن تقنع بالمقسوم، ولا تطلب منه شيئا وقت ملاعبتها وأن تكون قليلة الكلام والتردد لجيرانها ولا تطلب منه ما يثقل عليه، ولا تكثر الشكوى.
Tout comme Allaah a ordonné à la femme certaines choses qu’Il n’a pas ordonnées à l’homme, Allaah a ordonné des choses à l’homme qu’Il n’a pas ordonnées à la femme. Chacun des deux doit patienter pour accomplir ce qu’Allaah a ordonné, en étant sincère pour rechercher Son agrément. Que chacun cherche l’exemple et trouve le modèle dans la conduite des Prophètes et des vertueux qui l’ont précédé.
Il convient à la femme d’assurer une vie conjugale heureuse à son mari, par le bon comportement, en le cajolant, en se faisant belle pour lui, en se parfumant, en étant douce quand elle lui parle. Elle ne parle pas si son mari est en colère. Elle ne le charge pas de ce qu’il ne peut pas supporter et se suffit du peu. Pendant le rapport, elle ne se met pas à demander qu’il lui ramène des choses. En général, elle essaie de peu parler. Elle ne va pas trop souvent chez ses voisines. Elle ne demande pas à son mari des choses qui sont lourdes à assurer et elle ne se plaint pas beaucoup.
وأن تكون قائمة بتدبير أمور بيتها، هائمة بصلاتها وعبادة ربها، تقدم حق زوجها على نفسها وأقاربها، مشفقة على أولادها، قصيرة اللسان عن سب الأولاد وعن مراجعة الزوج، لا تتفاخر بجمالها أو مالها، ولا تفشي له سره، وأن تحدّ على زوجها إذا مات بأن لا تتزين ولا تتطيب في زمن عدتها.
Il convient aussi qu’elle soit une bonne gestionnaire de sa maison, qu’elle soit soucieuse d’accomplir la prière et l’adoration de son Seigneur, qu’elle priorise le droit de son mari sur son avis à elle et celui de ses proches parents. Elle fait preuve de tendresse avec ses enfants, elle ne les gronde pas souvent. Elle ne remet pas en cause la parole de son mari. Elle ne tire pas fierté de sa beauté ou de son argent et ne divulgue pas son secret. Si son mari meurt, elle s’endeuille pour lui. Elle ne se fait pas belle. Elle ne se parfume pas pendant la période d’attente post maritale.
السعادة الدنيوية
Le bonheur dans le bas monde
المرأة الصالحة من جملة الأمور الأربعة التي هي من السعادة الدنيوية كما جاء في الحديث الذي رواه الحافظ ضياءُ الدين المقدسيُّ: « فالسعادة الدنيوية-يعني سعادة الحياة الدنيا – هي كالبيت الواسع والمركب الهنيء والزوجة الصالحة والجار الصالح« .
هذه الأمورُ الأربعةُ هي من السّعادةِ الدنيويةِ، معناهيعيش مرتاحًا الذي كان حظه هذا، وقد تساعد هذه الأمور الأربع على أمر الدين فتنفعه في الآخرة.
لكن هذا ليس معناه أن الذي يكون اليوم له دار واسعة أو مركب هنيء وجار موافق وزوجة صالحة يكون في الآخرة سعيدًا، لا.
La femme vertueuse fait partie des quatre choses qui font gagner le bonheur du bas monde, tout comme cela est parvenu dans le Ȟadiith rapporté par le ȞaafiḊ Ďiyaa°ou d diin Al Maqdisiyy, qui a pour sens : « le bonheur du bas monde, c’est-à dire le bonheur dans cette vie ici-bas, est tel une grande maison, une bonne monture pour se déplacer, une épouse vertueuse et un voisin vertueux ».
Ce sont les quatre choses qui mènent au bonheur dans le bas monde. Celui qui a ces quatre choses vivra heureux, et il se peut que ces quatre choses l’aident dans sa religion et lui profitent pour son au-delà. Bien entendu, cela ne veut pas dire que celui qui possède une grande maison, une bonne monture, qui a pour voisin un homme vertueux et pour épouse une femme vertueuse, sera assurément heureux dans l’au-delà.
فأساس الإسلام هو الإيمان بالله ورسوله من حصّله فقد حصّل أفضل الأعمال ومن فقده فقد كل خير لأنه فقد السعادة الأخروية وهي السعادة الدائمة التي لا نهاية لها.
أما المرأة الصالحة فهي عون للرجل على أمر دينه وذلك بمساعدته في أمور المعيشة والاشتغال بأمور البيت مما يساعده على التفرغ للعلم والعمل.
فالأصل هو الدين، فإن لم تكن ديِّنة قد تفسد دين زوجها بسلوكها مما يؤدي إلى تكدير عيشه. وكذا الأمر إن كانت سيئة الخلق كان ضررها أكثر من نفعها، لذلك حَثَّ نبيُّنا صلى الله عليه وسلم أنْ يتَزَوَّجَ الواحِدُ مِنَّا ذاتَ الدّينِ التي تَخَافُ اللهَ تعالى وتُعامِلُ زَوْجَهَا بالإحْسانِ إليْهِ وطاعَتِهِ فيما يُرْضِي اللهَ تعالى.
En effet, la base de l’Islam c’est de croire en Allaah et en Son Messager. Celui qui réalise cela, aura réalisé la meilleure des œuvres. Par contre, celui qui ne réalise pas cela, aura perdu tout bien car il aura perdu la félicité de l’au-delà, celle qui n’aura pas de fin.
Pour ce qui est de la femme vertueuse, elle soutient son mari pour sa religion en s’occupant de la maison tandis que lui se charge de ramener la subsistance au foyer, ce qui le libère pour se consacrer à la science de la religion et aux œuvres pieuses.
La base pour obtenir la félicité dans ce bas monde et l’au-delà, c’est l’attachement à la religion. Si l’épouse n’est pas attachée à la religion, il se peut qu’elle affaiblisse l’attachement à la religion de son mari et provoque ainsi une nuisance dans son quotidien.
Cela est également le cas si la femme a un mauvais comportement, sa nuisance sera beaucoup plus grande que son profit. Compte tenu de cela, le Prophète Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam a incité à épouser la femme attachée à la religion, qui craint Allaah taʻaalaa, qui agit avec bienfaisance envers son mari et qui lui obéit dans ce qui fait obtenir l’agrément d’Allaah ʻazza wa jall.
قالَ عليهِ الصلاةُ والسَّلامُ: « تُنْكَحُ المرْأَةُ لأَرْبَع: لِمَالِها ولِجَمالِهَا ولِحَسَبِها ولِدينِها، فاظْفَرْ بِذاتِ الدّينِ تَرِبَتْ يَداكَ ». فقوله « تربت يداك » حض منه صلى الله عليه وسلم على زواج الديّنة التي تخاف الله تعالى وتعامل زوجها بالإحسان إليه وطاعته فيما يرضي الله.
ففي هذا الحديث تشجيع من رسول الله للنساء على تعلم أمور الدين.
Le Prophète ʻalayhi Š Šalaatou wa s salaam a dit :
« تنكح المرأة لأربع: لمالها ولجمالها ولحسبها ولدينها، فاظفر بذات الدّين تربت يداك »
Ce dont nous comprenons en français : « La femme est généralement choisie, pour le mariage, pour quatre critères : ses biens, sa beauté, son ascendance et son attachement à la religion. Alors recherche la femme pour son attachement à la religion, tu y gagneras. »
L’expression « taribat yadaak » que le Prophète a utilisée indique une insistance de sa part Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam à épouser la femme qui est attachée à la religion, qui craint Allaah taʻaalaa, qui œuvre et agit avec bienfaisance envers son mari en lui obéissant dans ce qui permet d’obtenir l’agrément de Dieu.
Dans ce Ȟadiith, il y a donc également un encouragement de la part du Messager d’Allaah afin que les femmes apprennent les sujets de la religion.
أكثر الناس إحسانًا للزوجة
Celui qui a le meilleur comportement envers son épouse
روى الترمذي أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: « خيركم خيركم لأهله وأنا خيركم لأهله » معناه أنا أشد الناس إحسانًا للأزواج أنا أحسن معاملة لأزواجي منكم، وأنتم من كان معاملته للنساء أحسن فهو أفضل المسلمين.
الرسول عليه الصلاة والسلام من حسن خلقه لَما كان يبيت في بيت إحدى زوجاته يخرج صباحًا ويدور على الكلّ يقف على باب زوجته هذه ويقول: السلام عليكم ورحمة الله وبركاته أهل البيت.
يأتي على باب هذه فيسلم عليها ويأتي على باب هذه فيسلم عليها، لا ينتظر حتى يأتين هنّ فيسلّمن عليه وهو أفضل الخلق وحبيب الحق صلى الله عليه وسلم، انظروا إلى هذه المعاملة، أيّ سرور يدخل على قلب زوجته بهذا السلام.
At Tirmidhiyy a rapporté que le Messager de Allaah a dit :
« خيركم خيركم لأهله وأنا خيركم لأهله »
Ce qui a pour sens « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leurs épouses et je suis celui qui est le meilleur avec mes épouses ». Le Prophète est celui qui a le meilleur des comportements avec son épouse. Le musulman qui a un excellent comportement avec son épouse, est meilleur que les autres musulmans.
Parmi les exemples de l’excellent comportement du Messager ʻalayhi Š Šalaatou wa s salaam, il y a le fait qu’après avoir passé la nuit chez l’une de ses épouses, il passait au matin voir chacune d’entre elles, l’une après l’autre. Il se tenait devant la porte de chacune et disait :
« السلام عليكم ورحمة الله وبركاته أهل البيت »
As salaamou ʻalaykoum wa raȞmatou lLaahi wa barakaatouh ahla l bayt
C’est lui qui passait devant chacune de ses épouses pour lui passer le salaam ! Il n’attendait pas que son épouse vienne le saluer, alors qu’il est le meilleur de toutes les créatures de Dieu, celui que Allaah agrée le plus Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam.
Prenons exemple sur ce comportement ! Quelle joie il introduit ainsi dans le cœur de ses épouses par ce salaam !
من يريد أن يقتدي بالرسول صلى الله عليه وسلم يعامل زوجته بالإحسان، ليس بالتجبر والتكبر، إنما يعاملها بالرحمة والشفقة والصبر وحسن السياسة، لا أن يقسو عليها ويسيء معاملتها.
ألا نسمع عن أزواج يضربن زوجاتهن ويوجهن لهن إهانات إذا لم تطبخ له كما يريد؟ هذا يكون فاسقًا ظالِمًا ذنبه كبير عليه عذاب في الآخرة. الله تعالى ينتقم منه في الآخرة يأخذ من حسناته بقدر مظلمته إلا أن يستسمح في الدنيا قبل الخروج إلى القبر، فإن استسمحها قبل أن يموت فليس عليه عقوبة من أجلها.
الرسول كان يخدم كما يخدم الناس، يعمل في خدمة البيت، كان يحلب الشاة ويرقع دَلوه إن انكسر ويخصف نعله أي يصلحها بيده إذا صار فيها خلل. ما كان يعامل الناس معاملة الملوك للرعية.
Celui qui veut prendre exemple sur le Messager Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam, qu’il se comporte avec bienfaisance envers son épouse. Qu’il ne fasse pas preuve d’orgueil et d’oppression avec elle, mais qu’il agisse plutôt avec miséricorde, compassion, patience et sagesse. Qu’il ne soit pas dur et qu’il n’agisse pas mal avec elle.
N’est-ce pas que nous entendons souvent que des maris battent leurs épouses, qu’ils les humilient si elles n’ont pas cuisiné comme ils le souhaitent ? Celui qui bat son épouse parce qu’elle ne cuisine pas comme il le souhaite aura commis un grand péché. Il est injuste. Il mérite un intense châtiment dans l’au-delà. Il lui sera prélevé de ses récompenses le nombre qui correspond à ses injustices, sauf si avant de mourir, avant d’aller dans la tombe, il demande le pardon à son épouse. Il ne sera alors pas puni à cause de cela.
Le Messager participait au quotidien dans la maison comme tout-un-chacun. Il faisait la trait de sa brebis, il réparait le seau s’il se cassait et entretenait lui-même ses sandales si elles avaient besoin de réparation. Il n’agissait pas avec les gens à l’image des rois envers leurs sujets.
روى البخاري أن عائشة رضي الله عنها لَما سئلت: ماذا كان يفعل رسول الله في البيت؟ قالت: « ما يعمل الرجل في بيته » معناه كان يخدم في البيت.
Al Boukhaariyy a rapporté que ʻAa°ichah qu’Allaah l’agrée, fut interrogé : « Que faisait le Messager de Allaah à la maison ? »
Elle répondit : « Ce que chaque homme fait chez lui ! » C’est-à-dire qu’il vaquait lui-même aux tâches de la maison !
التواضع مطلوب
La modestie est chose requise
الأنبياء عليهم السلام هم أشد الناس تواضعًا لعباد الله، لذلك كل نبي من أنبياء الله سبق له أن رعى الغنم. سيدنا محمد صلى الله عليه وسلم رعى الغنم برهة من الزمن في مكة، كذلك موسى رعى الغنم لشعيب عشر سنين، رعاية الغنم فيها تحمل التعب، الذي يكون يرعى الغنم يكون مستعدًا لرعاية الناس مع تحمل متاعبهم.
Les Prophètes ʻalayhimou s salaam sont, parmi les esclaves de Allaah, les gens les plus modestes. C’est pour cette raison que chaque Prophète d’Allaah a une fois dans sa vie fait paître des moutons. Notre maître MouȞammad Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam a fait paître les moutons pendant un certain temps quand il était à La Mecque.
Mouusaa également a fait paître pendant dix ans un troupeau de moutons appartenant au Prophète Chouʻayb. Pourquoi donc ? Parce que faire paître les moutons entraîne à supporter la fatigue. Le berger est ainsi préparé pour diriger les gens, et supporter leur difficulté.
التواضُعُ مطلوبٌ مع الكبار والصغار والأغنياء والفقراء لوَجْه الله وهو يدعو للتآلُفِ وأمّا التكَبُّر فهو مذمومٌ، فعلى حسب ما يكون الإنسان المؤمن متواضعًا الله يرفعه درجات حتى يكون من أهل عليين. التواضع يدعو إلى التآلف لذلك الرسول عليه الصلاة والسلام قال: « إنكم لتغفلون عن أفضل العبادة التواضع »رواه الحافظ ابن حجر في الأماليّ.
La modestie est requise avec les personnes âgées et les plus jeunes, avec les riches tout comme les pauvres, et tout cela par recherche de l’agrément d’Allaah. La modestie entraîne l’amour alors que l’orgueil est blâmable. C’est en fonction de la modestie du croyant par recherche de la récompense d’Allaah, que son degré est élevé jusqu’à atteindre le plus haut de ʻilliyyiin [ʻilliyyiin est un endroit au-dessus du septième ciel]. Pour cela le Messager de Allaah, Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam a dit :
« إنّكم لتغفلون عن أفضل العبادة التّواضع »
[Rapporté par le ȞaafiḊ Ibnou Ȟajar dans son livre Al ‘Amaaliyy]
Ce dont nous comprenons : « Certes, vous négligez un des meilleurs actes d’adoration : la modestie ».
الرجل إذا كان في البيت خدم نفسه وخدم زوجته بدل أن ينتظر خدمتها هذا عند الله أفضل ولقد قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « من تواضع لله درجة رفعه الله درجة حتى يجعله في أعلى عليين، ومن تكبر على الله درجة وضعه الله درجة حتى يجعله في أسفل سافلين » رواه أحمد. أي من استمر على التكبر يصل إلى أسفل السافلين في الانحطاط المعنوي وهو الخسران معناه هو أخسر الخاسرين أكان زوجا أم زوجة.
فعلى حسب ما يكون المؤمن متواضعًا الله يرفعه درجات، حتى يكون من أهل عليين.
Lorsque l’homme est chez lui, il n’attend pas que l’on soit à son service. S’il est lui-même au service de son épouse au lieu d’attendre que ce soit elle qui soit à son service, ceci vaut mieux selon le jugement de Dieu.
Le Messager de Allaah Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam a dit :
« من تواضع لله درجة رفعه الله درجة حتّى يجعله في أعلى عليين،
ومن تكبّر على الله درجة وضعه الله درجة حتّى يجعله في أسفل سافلين »
Ce dont nous comprenons : « Celui qui fait preuve d’un seul degré de modestie, Allaah l’élève d’un degré, jusqu’à ce qu’il arrive au plus haut de ʻilliyyiin. Et celui qui fait preuve d’un degré d’orgueil, Allaah le rabaisse d’un degré jusqu’à ce qu’il arrive au plus bas des niveaux », c’est-à-dire à sa perte. Il sera ainsi perdant, qu’il soit un époux ou une épouse.
C’est donc en fonction de la modestie, que ce croyant est élevé en degré selon le jugement d’Allaah jusqu’à arriver aux plus hauts degrés.
الإحسان من الزوج لزوجته أمر مطلوب، فقد ورد في الحديث « إذا أحبَّها أكرمَها وإذا كرهها فلم يُهِنها« . الرسول صلى الله عليه وسلم سَـمى التواضع « أفضل العبادة » أي من أفضل العبادة.
Il est requis que le mari agisse avec bienfaisance envers son épouse. Il est parvenu dans le Ȟadiith :
« إذا أحبّها أكرمها وإذا كرهها لم يهنها »
Ce dont nous comprenons : « Lorsqu’il aime son épouse, il l’honore et s’il n’a pas de penchant pour elle, il ne l’humilie pas ».
Le Messager Šalla lLaahou ʻalayhi wa sallam a appelé la modestie :
« أفضل العبادة »
« Parmi les meilleurs des actes d’adoration »
كذلك التطاوع مطلوب لأن الاستفادة بين الزوجين لا تتم بدونه، ومعنى التطاوع هو التوافق على ما فيه خير أي التعاون على فعل الخير فيستضيء أحدهما بما عند الآخر من الفهم والمعرفة ويستفيد الآخر من ذلك.
لذلك كان التواضع والتطاوع من أساس نجاح الحياة الزوجية، فالزوج يحسن إلى زوجته بأن يتواضع معها ويرحم ضعفها وكذلك الزوجة تتطاوع معه وتعينه على أمور الدين والدنيا.
Le taŤaawouʻ à savoir la concordance ou l’obéissance mutuelle, est également requise. L’époux ne bénéficie pleinement de l’amour de son épouse et réciproquement qu’avec la concordance.
La concordance (taŤaawouʻ en arabe) c’est de s’entraider pour accomplir le bien.
Chacun est alors éclairé par ce que son conjoint a comme bonne compréhension et connaissances. Chacun profitera ainsi de l’autre. C’est pour cela que la modestie et la concordance sont des bases pour réussir sa vie conjugale. Le mari agit avec bienveillance avec son épouse en étant modeste avec elle. Il lui fait miséricorde pour sa faiblesse. L’épouse également fait preuve de concordance avec son mari et l’aide pour les sujets de la religion et du bas monde.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
القاديانيَّة المؤامرة الدنيئة والعقيدة الكفرية Al-Qādiyāniyyah : un complot vil et une croyance de mécréance : INTRODUCTION
Nous commençons l’étude de ce livre intitulé Al-Qādiyāniyyaا al-muʾāmarah ad-danīʾah wa al-ʿaqīdah al-kufriyyah. C’est un ouvrage que le Shaykh Jamīl Ḥalīm a rassemblé.
Introduction — المقدمة
قال رسولُ الله ﷺ : لَتُنتَقَضَنَّ عُرَى الإسلام عُرْوَةً عُرْوَةً، فَكُلَّمَا انتَقَضَتْ عُرْوَةٌ تَشَبَّثَ النَّاسُ بِالَّتِي تَلِيهَا، فَأَوَّلُهُنَّ نَقْضًا الحُكْمُ، وَآخِرُهُنَّ الصَّلاةُ
Dans l’introduction, le Shaykh Jamīl a cité un ḥadīth du Messager ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam, rapporté par Aḥmad, al-Muḥammil, Ummū bi-Khātim et Ibn Ḥibbān. Dans ce ḥadīth, le Messager ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam a dit, ce qui signifie :
« Les nœuds de l’Islam seront déliés nœud après nœud. Et chaque fois qu’un nœud est délié, les gens s’attachent au suivant. Le premier des nœuds qui sera délié sera le gouvernement, c’est-à-dire le fait de gouverner, et le dernier sera la prière »
L’importance de cette recherche — أهميَّة البحث
لقد عَلَّمَنا الصَّادِقُ المَصدُوقُ ﷺ أنَّ مِن علاماتِ السَّاعةِ الصُّغرى انتشارَ الجهلِ وقِلَّةَ العِلمِ وظُهورَ الكذَّابينَ المُحرِّفينَ مُدَّعِي النُّبُوَّة، أمثال غلام أحمد القاديانيّ، ولكنَّهُ
Ainsi, celui en la véracité duquel nous croyons, le Prophète ʿalayhi aṣ-ṣalātu wa as-salām, nous a appris que parmi les petits signes annonciateurs du Jour du Jugement, il y a la propagation de l’ignorance. Parmi ces signes, il y a la propagation de l’ignorance et la diminution de la science religieus. Ce n’est pas comme auparavant : autrefois, le commun des gens connaissait davantage de choses que certains qui, aujourd’hui, se prétendent imams. Le troisième signe est l’apparition de menteurs, de déformateurs, de charlatans, et même de certains qui prétendent être prophètes. Parmi ceux qui ont prétendu être prophètes, il y a Ghulām Aḥmad al-Qādiyāniyy, celui que nous allons justement étudier.
ولكنَّهُ ﷺ قال أيضًا: لَا تَزَالُ طَائِفَةٌ مِنْ أُمَّتِي ظَاهِرِينَ عَلَى الحَقِّ لا يَضُرُّهُم مَّن خَالَفَهُم
Cependant, le Messager ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam a dit, ce qui signifie :
« Il y aura toujours, au sein de ma communauté, un groupe qui sera sur la vérité. Ils seront apparents, et ceux qui les contredisent ne leur causeront aucun préjudice. »
هذه الطَّائفة من مَهَمَّاتِها تَفنِيدُ أقوالِ المُخَالِفينَ بعَونِ الله
Ce groupe qui restera sur la vérité aura parmi ses caractéristiques le fait de réfuter les opposants et de prouver la fausseté de ceux qui sont dans l’égarement. Ceux qui sont égarés seront dénoncés par ce groupe qui est sur la vérité, par la volonté et l’aide d’Allāh.
وإظهارُ تحريفاتِهم وفهمِ السَّقيم للأحكام المُنزَّلة عِبرَ إظهارِ حقيقتِهم
Ils montreront la déformation des égarés et leur mauvaise compréhension des lois révélées, en exposant leur réalité. C’est cela la caractéristique de ce groupe qui restera toujours sur la vérité.
والرَّدِّ على شُبَهِهم، فهيَ للباطل بالمِرصاد
Répondre aux tentatives de mise en doute fait donc partie de leur mission. Ce groupe reste à l’affût pour dénoncer les gens qui sont dans l’égarement.
ومَن عَرَفَ الحقَّ عَرَفَ أهلَهُ
Celui qui connaît la vérité reconnaît les gens qui sont sur la vérité. Si tu connais la vérité, en écoutant les différentes personnes et ce qu’elles disent, tu reconnaîtras ceux qui sont sur la vérité, car ils diront ce que tu as appris comme étant la vérité. En connaissant la vérité, tu reconnaîtras ceux qui sont sur la vérité.
ذلك أنَّ البَشَرَ ليسوا على درجةٍ واحدة مِنَ الفَهْمِ والذَّكاء وقُوَّةِ الإيمانِ
Il explique aussi que les êtres humains ne sont pas tous au même niveau de compréhension, d’intelligence et de force de. Les gens ne sont pas égaux : ils n’ont pas tous le même degré de compréhension, ni le même degré d’intelligence, ni la même force de foi.
بل هم أصنافٌ وأشكالٌ، منهم الخامِلُ، ومنهم المُخادِعُ، ومنهم مَن يُحبُّ المَسكَنةَ والذِّلَّة
Il existe différentes sortes et catégories de personnes. Il y a ceux qui ont une faible ardeur, peu de motivation. Il y a ceux qui dupent les gens, rusés comme des renards. Il y a ceux qui cherchent à paraître misérables, pauvres, afin d’attendrir le cœur des gens.
ومنهم مَن يُحبُّ الرِّياسَةَ والسُّلطةَ والشُّهرة
Il y a parmi les gens ceux qui aiment être chefs, qui aiment le pouvoir et le leadership. Ils veulent commander les autres. Ils aiment la célébrité et veulent être connus. Ainsi, les gens sont de différentes catégories.
لذا نَجِدُ على مَرِّ الأزمانِ أنَّ كلَّ صائح وَجَدَ لَهُ صَدًى
À travers les époques, à chaque personne qui élève la voix et lance un appel , tu trouves des gens qui font écho à ce qu’elle dit, c’est-à-dire qui la suivent.
وكلَّ داعٍ وَجَدَ لنفسِه أتباعًا، سواءً كانت دعوتُه خيِّرةً أو شريرةً
Que son appel soit un appel au bien ou un appel au mal, il trouvera des gens pour le suivre.
فالخَيِّرةُ يَقبَلُها أهلُ الخير، والشريرةُ يَتَلَقَّفُها أهلُ الشَّر
Les appels au bien sont suivis par des gens de bien, et les appels au mal sont suivis par des gens du mal.
، والتَّافِهةُ يَتَقَبَّلُها التَّافِهُونَ من النَّاس وضِعافُ النُّفوس
Et les appels insignifiants sont suivis par les gens insignifiants et faibles.
وغلام أحمد القاديانيُّ وَجَدَ لدعوتِهِ الشِّريرة التَّافِهةَ مَن يَتَقبَّلُها
Celui dont nous parlons s’appelle Ghulām Aḥmad al-Qādiyāniyy. Cet homme a trouvé pour son appel de mal et qui est vil, des gens qui l’ont accepté.
فالقاديانيَّةُ مِنَ الفِرَقِ والمذاهب الباطلة الخَطِرَة على الأُمَّةِ الإسلامية،
Les Qādiyāniyy constituent donc un groupe infondé et dangereux pour la communauté islamique. Infondé signifie qu’il ne repose pas sur les bases de l’appel de notre maître Muḥammad ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam.
الخارجة مِن عَباءة الاستعمار الإنجليزيّ
Qui est le fruit de la colonisation anglaise. C’est la colonisation anglaise qui l’a mis en place.
وقد انتشروا في كثير من البلاد الإسلامية
Ils se sont répandus parmi de nombreux pays islamiques. Ils ont bénéficié du soutien du colonisateur, par son pouvoir discret et par ses moyens financiers. Ils sont ainsi ses aides et ses outils pour propager la corruption parmi les musulmans.
يُعاونُهمُ الاستعمارُ بسُلطانِه الخفيِّ ومالِهِ
Ils ont bénéficié du soutien du colonisateur, par son pouvoir discret et par ses moyens financiers.
فَهُم أعوانُهُ وأداتُهُ في إشاعةِ الفسادِ بين المسلمين
Ils sont ainsi ses aides et ses outils pour propager la corruption parmi les musulmans.
وباسترداد تاريخيٍّ بسيط سنستعرض كيف نَبَتُوا، ومَن زَرَعَهُم
Le Shaykh explique qu’il présentera une revue historique simple afin de montrer comment ils ont pris racine, comment ils ont été implantés et qui a semé leur graine.
وسَنُحَذِّرُ النَّاسَ من شَوكِهم وَنَباتِهِم السَّامِّ الذي أَعيَا المجتمعَ الإسلاميَّ
Il dit : nous mettrons en garde les gens contre leurs épines et leurs plantes empoisonnées, qui ont éprouvé la société islamique. Nous dévoilerons leur réalité, leurs avis qualifiés d’impurs, ainsi que leurs paroles et leur enseignement empoisonnés.
وسنكشِفُ اللِّثامَ عن حقيقتِهم وآرائِهم النَّجِسة وأقوالِهم وتعاليمِهم المسمومة
Nous dévoilerons leur réalité, leurs avis d’impurs, ainsi que leurs paroles et leur enseignement empoisonnés.
وقد قال رسولُ الله ﷺ: قَد تَرَكتُكُم عَلى البَيضَاءِ لَيلُهَا كَنَهَارِهَا، لَا يَزِيغُ عَنهَا بَعدِي إِلَّا هَالِكٌ، مَن يَعِشْ مِنكُم فَسَيَرى اختِلافًا كَثِيرًا، فَعَلَيكُم بِمَا عَرَفتُم مِن سُنَّتِي، وَسُنَّةِ الخُلَفَاءِ الرَّاشِدِينَ المَهدِيِّينَ عَضُّوا عَلَيهَا بِالنَّوَاجِذِ
Puis il cite la parole du Prophète ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam
Ce qui signifie :
« Je vous ai laissés sur une voie claire qui est sécurisée de nuit, comme de jour. Nul ne s’en écartera après moi sans être voué à la perdition. Celui d’entre vous qui vivra longtemps verra beaucoup de divergences. Attachez-vous donc à ce que vous avez su de ma Sunnah. »
Il parle ici de la croyance et des jugements. Celui qui vivra longtemps verra apparaître de nombreuses divergences au sein de la communauté. Quelle est alors la solution ? Le Prophète l’a indiquée : attachez-vous à ma Sunnah. La Sunnah ici ne signifie pas simplement la tenue vestimentaire, comme certains le pensent. La Sunnah désigne la croyance et les actes.
Il a également dit : attachez-vous à la Sunnah des califes bien guidés – : Abū Bakr, ʿUmar, ʿUthmān et ʿAlī.
Et il a dit : « ʿAḍḍoū ʿalayhā bi-n-nawājidh », c’est-à-dire : mordez-y avec vos molaires, accrochez-vous-y fermement.
La Sunnah n’est pas quelque chose que l’on mord réellement ; cela signifie : ne la lâchez pas.
فالعقيدةُ الإسلاميةُ صافيةٌ نقيَّة، مَحجَّةٌ بيضاء
La croyance de l’islam est pure et claire, simple et limpide. C’est une route blanche, qui mène à la sauvegarde.
ولهذا فما إن تَظهَرُ البِدَعُ والفِتَنُ التي أرادَ أهلُها بسوء نيَّةٍ تَعكيرَ صَفاء العقيدة وطَمسَ نُورها، حتى يَقِفَ أهلُ الحقِّ بكلِّ حَزمٍ وشجاعةٍ ويقين لِرَدِّها والإنكار عليها وعلى أهلِها،
C’est pour cela que, dès que les mauvaises innovations apparaissent, dès que surgissent les sources de sédition et ceux qui cherchent à troubler la pureté de la croyance et à éteindre ou voiler sa lumière — par métaphore, comme si la croyance était une lumière — les gens de la vérité se mobilisent.
Avec fermeté, courage et certitude pour réfuter ces innovations et ces zizanies et les renier ceux qui en sont les instigateurs
لا تَأخُذُهُم في الله لومةُ لائم
Ils ne craignent le blâme de personne lorsqu’il s’agit de rechercher l’agrément d’Allāh.
فَحَفِظَ اللهُ بهم الدِّين
Par leurs cause, Allāh a préservé la religion. À chaque époque où certains ont tenté de propager le mal, d’autres se sont levés pour y faire barrage.
Ceci est une particularité de la communauté de notre maître Muḥammad ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam. Dans les communautés antérieures, après leurs prophètes, les égarés ont parfois pris le dessus. Le Shayṭān œuvre toujours, pour altérer et déformer le message des prophètes. Mais dans la communauté de Muḥammad, même s’il existe des égarés, la majorité est restée sur la vérité grâce à ceux qui interdisent le mal. Cela implique que chacun d’entre nous, lorsqu’il est témoin d’une chose incorrecte, dise stop. Que ce soit la médisance, la calomnie ou une mauvaise croyance, il faut interdire le faux, quel qu’il soit.
ولولا فضلُ اللهِ ثم تلك الجهودُ التي بَذَلُوها لاختَلَطَ الحقُّ بالباطل
C’est par la grâce d’Allāh envers cette communauté. Avant toute chose, c’est la grâce d’Allāh.
Premièrement, puis par les efforts de ces gens qui sont sur la vérité (ahl al-ḥaqq), en second lieu. Sans la grâce d’Allāh et sans les efforts de ceux qui sont fermement attachés à la vérité, le vrai se serait mélangé au faux.
وقالَ مَن شاء في الدِّين ما شاء
N’importe qui aurait alors parlé de la religion comme il le souhaite, et chacun aurait dit ce qu’il veut à propos de la religion.
Il n’y aurait pas eu de garde-fous, pas de groupe préservant la vérité. Or, grâce à ces gens qui ordonnent le bien et interdisent le mal, la croyance est restée limpide et claire depuis l’époque du Prophète ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam jusqu’à nos jours. C’est la même croyance, et elle est portée par la majorité des musulmans.
ولانتَشَرَ التَّحريفُ والخُرافاتُ، إلى أن يُصبِحَ المسلمونَ في دينِهم كما أصبحت عليه الأُمَمُ السَّابِقة
Sans ces efforts, par la grâce d’Allāh et par les efforts de ceux qui les ont accomplis, la vérité se serait confondue avec le faux. N’importe qui aurait alors parlé de la religion comme il le souhaite, et chacun aurait dit ce qu’il veut à propos de la religion. La falsification et les fausses informations se seraient largement propagées.
Si l’on observe l’histoire, il y a eu des périodes où des croyances déviantes ont pris de l’ampleur. Par exemple, les Muʿtazilah ont connu une grande influence à l’époque des ʿAbbāsides. Malgré cela, les gens de la vérité ont persévéré, et ces déviations ont fini par s’atténuer. Aujourd’hui encore, il existe une grande fitna (contre les wahabbites). Notre chaykh ʿAbd Allāh a comparé cela à fitna contre le dadjal. Les gens de la vérité sont présents, ils combattent par la science et la fermeté, et la vérité finit par prévaloir.
إلى أن يُصبِحَ المسلمونَ في دينِهم كما أصبحت عليه الأُمَمُ السَّابِقة
Sans la grâce d’Allāh et les efforts de ces gens, les musulmans seraient devenus comme certaines communautés précédentes. Mais Allāh a garanti la préservation de la religion qu’Il a agréée pour nous jusqu’au Jour du Jugement.
وسَخَّرَ له رجالًا يَخدِمُونَهُ يَبتَغُون فَضلًا من الله ورضوانًا
Allāh a asservi des gens au service de cette religion : Il a mis au service de la religion des hommes qui recherchent Son agrément et Sa grâce.
لا يَضرُّهم مَن خالَفَهم في حياة رسول الله ﷺ وبعد وفاته
Ceux qui s’opposent à eux ne leur nuisent pas. Leur opposition ne diminue ni leur ardeur ni leur détermination. Ceux qui les contredisent ne leur causent aucun tort, que ce soit durant la vie du Messager d’Allāh ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam ou après son décès.
فقد كان السَّلَفُ أَخلَصَ النَّاس وأَشَدَّهم حِفاظًا على شعائر الإسلام
Les Salaf, c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire, étaient les plus sincères. Ils étaient les plus fermes dans la préservation des rites de l’Islam.
ومنهم الصَّحابةُ فقد كانوا أَشِدَّاءَ على الكفار رُحماءَ بينهم، يتناصحونَ ويُرشِدون
Parmi eux se trouvent les Compagnons du Messager d’Allāh. Ils étaient fermes envers les mécréants et miséricordieux entre eux.
Ils s’encourageaient mutuellement au conseil. Les Compagnons avaient l’habitude, lorsqu’ils se rencontraient, de réciter Sūrat al-ʿAṣr. Ils se recommandaient la vérité et la patience. Le conseil signifie ramener la personne à la conformité avec la loi de l’Islam. Ce n’est pas un conseil basé sur une opinion personnelle, mais un rappel fondé sur la religion, afin que la personne soit en accord avec la loi d’Allāh. C’est cela, le véritable conseil.
Ils acceptent le conseil les uns des autres et ils guident vers la vérité et vers le bien.
لا يَسكتُ أَحدُهم إذا رأى مُنكَرًا من قريبٍ أو من بعيد، ولا يُداهِنُ منهم أَحَدًا.
L’un d’eux ne reste pas silencieux lorsqu’il voit quelque chose de blâmable, que cela vienne d’un proche ou d’un éloigné. Il ne dit pas : « Lui, c’est mon ami, nous avons grandi ensemble », puis il s’abstient de lui interdire le mal.
Il ne fait pas preuve d’hypocrisie. Il ne ment pas et n’embellit pas le mal. Il ne dit pas à quelqu’un qui est dans une mauvaise situation : « C’est bien ce que tu fais », alors qu’il sait que c’est faux. Lorsqu’il voit quelque chose d’incorrect, il dit : « Attention, cela n’est pas correct. » Il ne flatte pas les gens dans le sens du poil en disant « mā shāʾ Allāh » alors qu’il sait qu’ils sont dans l’erreur. Il conseille et il corrige.
Informations utiles
قال الشيخ عبد الله الهروي رحمة الله: «المؤمن التقي في الحالين يكون مطيعا لربه تبارك وتعالى.»
Notre chaykh ʿAbd Allāh a dit : le croyant pieux, dans les deux situations, obéit à son Seigneur. C’est le meilleur état pour l’être humain. Quelles sont ces deux situations ? Le croyant pieux remercie Allāh lorsqu’il est dans l’aisance, dans le confort, et il Le remercie également lorsqu’il traverse des épreuves et des difficultés. Dans les deux cas, il remercie Allāh. Que signifie remercier Allāh ? Cela signifie Lui obéir dans toutes les situations : dans l’aisance comme dans la difficulté.
وثبت في الصحيحين عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه قال: «من صلى الصبح فهو في ذمة الله تعالى.» أي في أمان الله وحفظه. معناه له عهد من الله
Il est rapporté de manière authentique dans les deux Ṣaḥīḥ, celui d’al-Bukhārī et celui de Muslim, que le Messager d’Allāh ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam a dit, ce qui signifie :
« Celui qui accomplit la prière du ṣoubḥ est sous la protection d’Allāh. »
Être sous la protection d’Allāh signifie qu’il bénéficie d’une promesse de protection de la part d’Allāh. Cela veut dire qu’Allāh le protège. Certains savants ont expliqué que celui qui accomplit la prière du ṣubḥ à son heure, en particulier en assemblée lorsqu’il en a la possibilité, est sous la protection d’Allāh pour cette journée.
Et nous terminons avec une invocation du Prophète ṣallallāhu ʿalayhi wa sallam :
يا ذا المعروف الذي لا ينقطع أبداً ولا يحصيه غيرك فرج عني ما أهمني
Ô Toi Qui accordes le bien qui ne s’interrompt jamais,
Et que nul autre que Toi ne sait,
Soulage-moi de ce qui me préoccupe.
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al-A alaa
Sourate Al-‘A^la est une sourate qui est mecquoise. Elle comporte 19 versets.
Bismi l-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm
Sabbihisma Rabbika l-’Aʿlā [1]
Sabbihisma Rabbika l-’Aʿlā signifie : « Exempte ton Seigneur ». « Exempte ton Seigneur de ce qui n’est pas digne de Lui ». « Al-’A^la », ça veut dire « al-ʿOulouww » qui signifie « La domination et la puissance ». Ici, il ne s’agit pas de l’endroit. Ce n’est pas une élévation par l’endroit, puisque Allah ne dépend pas des endroits. C’est lui le créateur des endroits. Il ne dépend pas de Ses créatures. Dans le hadith, lorsque cette ayah a été révélée, le Prophète – ^alayhi s-salam – a dit ce qui signifie : « Appliquez ce verset dans votre prosternation ». C’est pour cela que quand on est en prosternation, on dit : « Soubhana Rabbiya l-’A^la ». Ça, c’est le premier verset.
Le deuxième,
Al-ladhī khalaqa fa ṣawwā [2]
Il est Celui qui a créé toute chose et Il a fait que la création soit parfaite. Il n’y a pas eu dans Sa création des choses qui sont inégales, qui sont inappropriées, imparfaites. Mais toute Sa création est avec perfection et avec harmonie. Preuve que cela provient d’un Être qui a une science et qui a une sagesse.
Le troisième verset,
Wa l-ladhī qaddara fa hadā [3]
C’est-à-dire, Celui qui a prédestiné à tout être vivant ce qu’il lui faut et Il l’a guidé vers cela. Il lui a fait connaître comment en profiter, en tirer profits. « fa hadā » c’est-à-dire, Il a guidé et Il a égaré. Mais « Il a égaré » ici a été omis parce que c’est ce qu’on appelle une figure de style en arabe de al-iktifâ. Al-iktifâ c’est comme dans le verset de sourate Aali Imraan. C’est comme dans sourate Aali Imraan, le verset 26 : « biyadikal khayr » « À toi appartient le bien ». Ça sous-entend « et le mal » également. Certains ignorants pensent que le bien c’est ce que Allah prédestine par Sa Science, Sa Volonté et Son agrément et que le mal ce n’est pas Allah qui le prédestine. Une telle croyance fait sortir de lIislam, c’est de la mécréance. Allah est Celui qui crée le bien et le mal. Il est celui qui a créé la foi et la mécréance dans Ses esclaves. Il a créé en celui-ci la foi et en cet autre la mécréance. On ne dit pas : « Pourquoi Il crée la mécréance en celui-là pour qu’Il le châtie dans l’au-delà ? ». Allah n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait.
C’est le style en arabe qui s’appelle al-iktifâ, c’est-à-dire la suffisance. Il se suffit de citer un des deux opposés pour englober le deuxième. Comme Sa parole ta^ala: « Il égare qui Il veut et Il guide qui Il veut » dans sourate an-Nahl verset 93 :
Wa l-ladhiī ’akhraja l-marʿā [4]
C’est le verset 4. Il est Celui qui a fait pousser le pâturage, ce que les bêtes peuvent paître ou ce qu’elles peuvent brouter.
Fajaʿalahou ghoutha’an ’aḥwā [5]
Il en a fait – donc de ces herbes – ce qui est sec et cassant. « Al-ghouthā » c’est ce que le ruisseau ou le torrent emporte sur son passage comme brindilles sèches et autres. « al-hashim » ce sont les plantes qui sont cassantes, qui se cassent. Donc il en a fait ce qui est sec et cassant et ce qui est noir, « aḥwā ». Ça c’est le verset numéro 5.
Le verset numéro 6,
Sanouqri’ouka fa lā tansā [6]
C’est-à-dire, Nous allons t’apprendre le Qour’an afin de ne pas l’oublier.
’illā mā cha’a l-Lāhou [7]
c’est-à-dire, sauf ce que Dieu veut abroger. Et ceci est une annonce de bonne nouvelle de la part de Allah à son Prophète, à savoir qu’il lui conservera la révélation afin que rien ne lui échappe. Sauf ce que Allah veut abroger, il échappera de sa mémorisation parce qu’il n’aura plus le statut de récitation de Qour’an.
‘innahou yaʿlamou l-jahra wa mā yakhfā [7]
C’est le verset numéro 7. C’est-à-dire : Certes, quand tu récites à haute voix avec la récitation de Jibril par crainte de l’oublier, et Allah sait que tu récites à haute voix avec lui et Il sait ce qu’il y a dans ton cœur, ce qui t’amène à prononcer à haute voix. Ou Il sait ce que tu récites en ton cœur par crainte de l’oubli. Ou c’est général, c’est-à-dire, Il sait ce que vous cachez dans vos cœurs et ce que vous annoncez au grand jour parmi vos paroles et vos gestes, ce qui est apparent et ce qui est caché de vos états.
Wa nouyassirouka li l-yousrā [8]
Le verset numéro 8. Nous allons t’accorder la réussite vers le chemin qui est le plus facile, le plus aisé, c’est-à-dire la mémorisation de la révélation. Et il a été dit que la voie la plus facile, c’est la loi, la loi qui est belle, c’est-à-dire qui ne comporte pas de difficultés et qui n’est pas difficile, celle qui est la plus facile des lois.
Le verset numéro 9,
Fadhakkir ’in nafa^ati dh-dhikrā [9]
« Fadhakkir » c’est-à-dire : Exhorte les gens par le Qour’an. ’in nafʿati dh-dhikrā [9]
Il a été dit que la forme apparente de ce verset c’est une condition. C’est-à-dire, que c’est peu probable que l’exhortation ait un effet sur eux, c’est-à-dire ceux qui ont le cœur qui est fermé. Et il a été dit que c’est un ordre de faire le rappel dans l’absolu, comme dans la parole de Allah, fadhakkir ‘innama ‘anta moudhakkir , sourate Al-Ghachiyah, verset 21, qui signifie : « Fais le rappel, tu n’es que quelqu’un qui fait le rappel » Donc, il a été dit qu’il n’y a pas de condition que ça soit utile. Donc, tu fais l’exhortation sans requérir la condition qu’il y ait un bénéfice derrière.
Le verset numéro 10,
Sayadhdhakkarou man yakhchā [10]
« Sayadhdhakkarou » c’est-à-dire, seront exhortés et accepteront le rappel « man yakhchā » ceux qui craignent Allah » et qui craignent une fin malheureuse.
Le verset 11,
Wa yatajannabouha l-’ashqā [11]
« Wa yatajannabouhā » et va s’éloigner de ce rappel, de cette exhortation et ne va pas l’accepter – « al-’cshqā » – le mécréant. Il a été dit qu’elle a été révélée à propos de Al-Walid ibn al-Moughirah » et de ibn Rabi’ah
Alladhī yaṣla n-nāra l-kubrā [12]
Le verset 12. Celui qui entrera dans le feu de l’enfer – et le feu, donc ici, il est appelé le feu majeur, c’est-à-dire le feu de l’enfer tandis que le feu mineur, c’est celui du bas monde –
Thumma lā yamoutou fīhā wa lā yaḥyā [13]
« Thumma lā yamoutou fīhā » Et il ne va pas y mourir pour se reposer du châtiment. « wa lā yaḥyā » et il ne va pas vivre une vie de plaisir où il va avoir une vie heureuse.
Le verset 14,
Qad ’aflaḥa man tazakkā [14]
« Qad ’aflaḥa » : Aura réussi, aura obtenu la victoire, « man tazakkā » celui qui s’est purifié du chirk ou celui qui s’est purifié pour la prière ou celui qui a accompli la zakat.
Wa dhakara sma Rabbihi fa ṣallā [15]
C’est le verset 15, Et qui a mentionné le nom de Allah et qui a donc fait la prière, c’est-à-dire les cinq prières. « Wa dhakara sma Rabbihi » c’est-à-dire, il a mentionné le nom de son Seigneur, il a dit la parole « Allahou ‘akbar » pour l’ouverture de la prière. « fa ṣallā » c’est-à-dire il a fait les cinq prières, ça c’est le verset 15.
Bal tou’thirouna l-hayata d-dounya [16]
Le verset 16. Mais en réalité, vous préférez la vie du bas monde au détriment de l’au-delà et vous ne faites pas ce qui pourrait vous accorder la réussite. Et ce qui est concerné par ce discours ici, ce sont les mécréants.
Le verset 17,
Wa l-‘ākhiratou khayroun wa abqā [17]
Et l’au-delà vaut mieux et demeure plus. Elle est meilleure en elle-même et elle dure plus que le bas-monde.
Le verset 18,
Inna hādhā lafī s–souhoufi l-ʾoula [18]
Cela figure dans les premiers livrets.
souhoufi ʾIbrāhīma wa Mousa [19]
Le verset 19. Les livrets de ’Ibrāhīm et de Mouça. « hādhā », ceci est un démonstratif. Il fait allusion à la parole de Allah « Qad ’aflaḥa » jusqu’à « wa abqā » c’est-à-dire, le sens de ces paroles figure dans ces livrets ou ceci fait allusion à toute cette sourate dans sa totalité. Dans Al-‘Athar, il figure – dans les livrets de ‘Ibrahim qui signifie : « Il convient à celui qui est sensé de garder sa langue, c’est-à-dire de ne pas trop parler, d’être au courant des faits de son époque, c’est-à-dire il sait qu’est-ce qu’il y a de bien dans son époque pour le faire et l’encourager et ce qu’il y a de mal dans son époque pour l’éviter et mettre en garde contre, et de s’occuper de soi-même, pour essayer d’améliorer son état dans un objectif d’amélioration et de progression continue ».
Tafsir an-Nasafiyy : sourate aT-Taariq
Bismil-lahi r-Rahmani r-Rahim
wa s-sama‘i wa t–tariq [1]
wa ma ‘adraka ma t–tariq [2]
an-najmou th-thaqib [3]
Ce sont les trois premiers versets. Allah ta^ala a juré par le ciel. Il a magnifié le degré du ciel aux yeux de la création parce que c’est du ciel que proviennent leur subsistance. C’est-à-dire, l’eau tombe du ciel, cette pluie elle vient du ciel.
« […] » dans sourate Adh-Dhāriyāt, verset 22, c’est-à-dire : « Au ciel se trouve votre subsistance » c’est-à-dire l’origine de votre subsistance, le début de votre subsistance. Et c’est également le lieu de résidence des anges. Allah a ainsi juré par le ciel et par « at–Tariq ». « at–Tariq » signifie les étoiles ou les météorites par lesquels sont lapidés les démons, pourquoi ? En raison de leur grand profit. C’est-à-dire, les étoiles sont extrêmement utiles. C’est par les météorites que sont lapidés les chayāṭīnes qui essayent d’écouter ce que les anges disent. Ils sont ainsi privés d’écouter ce qu’ils vont rapporter aux devins et ceux qui sont de cet ordre parmi leurs aides qui provoquent la mécréance de beaucoup de ceux à qui ils ramènent ces nouvelles en prétendant connaître al-ghayb – les choses cachées – et autres choses corrompues. Puis il a expliqué « at–Tariq » par l’étoile qui est scintillante. C’est comme si elle perce l’obscurité par sa lumière et elle la traverse. L’étoile a été qualifiée de « at–Tariq » parce qu’elle apparaît la nuit. Tout comme on dit au sujet de celui qui vient la nuit un Tariq. Celui qui vient la nuit on l’appelle at–Tariq. Ou parce que, si c’est dans le sens de la météorite, c’est ce qui va frapper le jinniyy. C’est à dire, ce qui va lui donner un coup très fort. La réponse de cette parole, cette première partie où Allah Il a juré c’est le verset 4.
in koullou nafsin lama ^alayha hafidh [4]
C’est à dire il n’y a pas une seule âme sans qu’il y a un protecteur avec elle qui la protège des calamités ou qui protège ses œuvres et sa subsistance et son terme. Si tout cela est fini alors Allah lui retire son âme. Et il a été dit que ce gardien, celui qui la garde, c’est celui qui inscrit les actes, c’est à dire Raqīb et ʿAtīd.
Le verset numéro 5,
fa l-yandhouri l-‘insanou mimma khouliq [5]
Que l’être humain réfléchisse et observe de quoi il a été créé. La réponse c’est le verset 6,
khouliqa min ma’in dafiq [6]
Il a été créé d’une eau qui sort avec effusion, c’est à dire avec force. Il n’a pas dit de deux eaux parce qu’ils se sont mélangés dans l’utérus et leur union marque le début de sa création.
yakhroujou min bayni s–soulbi wa t-tara’ib [7]
Le verset 7. Une eau qui provient de As-soulb et At-tara’ib. As-soulb de l’homme c’est le dos, c’est-à-dire, là où il y a la colonne vertébrale. Et At-tara’ib pour la femme, ce sont les os de la poitrine, là où elle met son collier.
Le verset 8,
innahou ^ala raj^ihi laqadir [8]
Certes, Celui qui a créé l’être humain la première fois à partir de ce liquide, est tout puissant à le créer à nouveau, à faire en sorte qu’Il fasse que cet être humain redevienne une deuxième fois tout comme il l’a créé la première fois. Il est le seul à faire cela. « laqadir » c’est à dire il a la toute-puissance pour le faire rien ne le rend incapable.
Le verset 9,
‘yawma toubla s-sara‘ir [9]
« ‘yawma toubla », c’est-à-dire, le jour où seront dévoilés ; c’est-à-dire: Il le créera à nouveau, Il le ressuscitera le jour où seront dévoilés « as-sara’ir », c’est ce qui est caché en secret dans les cœurs. Les croyances et les intentions et les actes cachés.
Le verset 10,
famalahou min qouwwatin wa la nasir [10]
L’être humain n’aura personne, il n’aura ni de force en lui-même pour repousser ce qui va lui arriver ni de partisan qui va l’aider et repousser de lui ce qui va lui arriver.
Le verset 11,
wa s-sama‘i dhati r-raj^ [11]
C’est-à-dire, par le ciel qui a la pluie. Donc elle a été appelée « ar-raj^ » – la pluie – ici parce qu’elle revient de temps en temps.
wa l-‘ardi dhati s–sad^ [12]
Le verset qui suit. Par la terre et ce qui ouvre la terre, ce qui fait qu’il y a des fissures en elle, parce que les plantes quand elles poussent de terre elles écartent la terre certes
‘innahou laqawloun fasl [13]
Le verset 13. Certes le Qou’ran est une parole qui sépare entre le vrai et le faux. Tout comme il a été appelé également al-Fourqan donc comme dans sourate al-Fourqan : tabāraka lladhī nazzala l-furqāna ʿalā ʿabdihī c’est-à-dire : Celui qui a fait descendre al-Fourqan ce qui fait la différence entre le vrai et le faux à son esclave.
Le verset 14,
wa mahouwa bi l-hazl [14]
Ce n’est pas du jeu, ce n’est pas du faux et il mérite comme Allah tabaraka wa ta^ala l’a décrit d’être craint dans les cœurs, glorifier dans les cœurs, que celui qui le récite soit élevé, que celui qui l’entend, qu’il ne soit pas en proie à la plaisanterie ou qu’il plaisante et rit avec le Qour’an. C’est à dire, il ne faut pas que celui qui récite le Qour’an soit en proie à la plaisanterie, au rire. C’est cela le sens de ce verset qui est le dernier verset de cette sourate.
Tafsir Nasafiyy : sourate Aali Imraan versets 1-103
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu
Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.
Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.
Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance
Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse
Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.
Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.
Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.
Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.
Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.
Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.
Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.
Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.
Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.
Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ
Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.
Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?
S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.
Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.
Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.
Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.
Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.
Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.
Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.
Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.
Ils n’auront aucun soutien.
Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah
Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān
Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.
Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.
Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.
Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.
Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».
Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.
Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.
Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis
Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.
Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.
Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.
Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.
Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.
A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu. Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.
Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.
Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)
Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications
- Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
- Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
- Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.
Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.
- Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
- Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
- Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant.
Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.
Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.
Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.
Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.
Et à Dieu le devenir. Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.
Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.
Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.
Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.
Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.
Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.
Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.
Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :
Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance.
Dieu vous agréera : Dieu récompense Son esclave pour ses actes. D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.
Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.
Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.
S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager
Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.
Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)
Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes
Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes
Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants
Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.
Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.
Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).
Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.
Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.
Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.
C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).
Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā
O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)
1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)
2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.
Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.
Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)
Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.
Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)
Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.
Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.
Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu. Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.
Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.
Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».
Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.
Il trouvait qu’elle avait une subsistance. Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.
Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.
Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.
Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.
Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.
A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).
Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.
Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.
Verset 39 : les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.
Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».
(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.
Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.
Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !
Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.
Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.
Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.
Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.
Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.
(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.
Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.
Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.
Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.
Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam
T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.
Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.
Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.
Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.
Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.
Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.
Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.
Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.
Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :
1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.
2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.
Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.
Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »
O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.
Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.
Jésus fils de Maryam : Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.
Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.
Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.
Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.
Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.
Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.
Il sera au nombre des vertueux.
Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée
Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.
Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.
Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.
La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.
La torah : c’est le Livre révélé à Moise
L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.
Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé
Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.
Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)
Les différents sens de « ẖalaqa » :
1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.
2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.
3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.
4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».
Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.
Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit.
Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.
Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.
Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.
Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.
Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.
Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.
Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire
Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.
Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les nasārā.
Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.
Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.
Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)
Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir
Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.
Les apôtres ont dit : al-ḥawāriyy est le compagnon proche, l’ami intime.
Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.
Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu
Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.
Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.
Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.
1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés
2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu
3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.
Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.
Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.
Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.
Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.
Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel.
Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.
Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru : c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.
Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.
Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.
Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.
Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.
Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.
Et ils n’auront aucun soutien.
Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.
Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.
Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.
Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.
Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.
Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.
Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.
Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.
Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.
Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme. (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».
Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».
Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).
Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.
An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.
Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.
Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.
Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.
Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.
Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm : Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.
Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,
Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.
Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :
1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.
2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.
3/ Ce sont les yahūd de Médine.
Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.
Que nous n’adorions que Dieu
Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité
Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.
Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.
D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».
Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.
Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.
S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu
Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».
Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?
Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.
Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar
Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses
Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.
Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement
Et vous, vous l’ignorez.
Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman
Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.
Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.
Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus
Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque
Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.
Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.
Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.
Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.
Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.
Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :
c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.
Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.
Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres : la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.
Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.
Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?
Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.
Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.
Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān
En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour
Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie
Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).
Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.
Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.
Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.
Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.
Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.
A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.
Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.
Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.
Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.
Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion.
Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.
Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.
Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement,on le fait en promettant par le nom de Dieu.
Verset 77 : certes ceux qui ont acheté (c’est-à-dire qui ont échangé) en contre partie de la promesse qu’ils ont faite envers Dieu (c’est-à-dire l’engagement qu’ils ont pris de croire au Messager, qui confirme ce qu’ils ont eu de la part de leurs prophètes, à savoir de croire au paradis, à l’enfer, …)
Et de croire au Prophète : « wa aymānihim » : al-yamīn est le fait de dire « wa l-Lāh » et ça veut dire aussi la droite. Ici cela signifie qu’ils ont dit : wa l-Lāhi, nous allons croire au Prophète et nous allons le soutenir.
Des biens du bas monde, comme le fait d’être des chefs de leurs peuples. Ils ont délaissé le fait de tenir leurs engagements de croire au Prophète. Et ils se sont laissés soudoyer. Ils ont vendu leur promesse pour des futilités du bas-monde.
Ces gens-là n’auront aucune part de bien dans l’au-delà
Et ils ne vont pas entendre de la parole de Dieu ce qui va les réjouir : cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas entendre la parole de Dieu mais ils vont entendre ce qui va les attrister.
Ils n’auront pas de la part de Dieu une miséricorde au Jour du Jugement : ici il ne faut pas prendre le verset au sens apparent car Dieu voit toute chose.
Dieu fait qu’ils ne seront pas sujet à des paroles élogieuses : ils ne seront pas l’objet de paroles élogieuses
Et ils auront un châtiment douloureux : par l’âme et le corps.
Verset 78 : et il y a parmi eux : ce sont les gens du Livre (ceux qui prétendent suivre un Livre mais ils suivent un livre falsifié)
Un groupe : parmi eux, il y a Kaʿb fils de Al-Ašraf, Mālik fils de aṣ-Ṣayf, Huyay fils de Aẖṭab et d’autres qu’eux
Qui déforme le Livre par leurs langues : ils déforment la récitation correcte et pratiquent une récitation fausse, ils détournent la récitation. Et c’est une preuve qu’à l’époque du Prophète, la Torah n’avait pas été falsifiée mais ce qui avait été falsifié était l’explication, le jugement. Ils donnaient des jugements qui étaient contraires à la réalité.
Ce qu’il vise par déformation, c’est la déformation de passages comme le verset de la lapidation : ils ont déformé son explication mais les termes étaient bien ceux qui avaient été révélés à Mūsā.
Ils ont déformé également la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui était dans la Torah.
Et ce qui est de cet ordre.
Pour que vous croyiez que cette déformation est ce qui figure dans le Livre (la Torah)
Alors qu’en réalité cela ne fait pas partie du Livre
Et ils disent que c’est cela (cette déformation) qui est venu de la part de Dieu : c’est un blâme additionnel à leur encontre.
Alors qu’en réalité cela n’est pas de la part de Dieu et ils attribuent à Dieu des mensonges alors qu’ils savent (qu’ils sont des menteurs).
Verset 79 : ce qui va être cité ici est un démenti à propos de ceux qui ont adoré Jésus
Il n’y a pas eu un humain à qui Dieu a accordé le Livre :
Il a été dit qu’un homme a dit ô messager de Dieu « nous te saluons de la même manière que nous nous saluons les uns les autres, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’on se prosterne pour toi ? » Le Prophète a répondu ce qui a pour sens : « il ne convient pas que quelqu’un se prosterne pour autre que Dieu, mais si vous tenez à manifester une différence, alors honorez votre prophète et reconnaissez le droit des gens sur vous. (Attribuez à chacun sa propre valeur et donc le Prophète mérite votre reconnaissance).
Et la sagesse : c’est-à-dire la sunnah ou bien c’est le fait d’émettre des jugements décisifs et d’accorder à chaque chose sa juste valeur
Et le statut de prophète
Puis qu’il dise aux gens soyez mes esclaves au lieu d’être des esclaves de Dieu : autrement dit, ce n’est pas vrai ce que vous prétendez que Jésus aurait dit
Mais soyez des rabbāniyyīn : celui qui est rabbāniyy est celui qui s’attache énormément, fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Donc Jésus n’a pas dit aux gens de l’adorer, lui. Mais il a dit aux gens de s’attacher fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Ce verset est une infirmation de ce que certains prétendent au sujet de Jésus. Voici une deuxième explication du mot « rabbāniyy » : c’est al-ʿālimu l- al-ʿāmilu l- muʿallim. C’est le savant qui œuvre et qui enseigne par sa parole et son comportement.
Grâce à votre enseignement du Livre : c’est-à-dire grâce à l’enseignement du Livre à autrui
Et grâce à ce que vous étudiez : c’est-à-dire grâce à ce que vous lisez dans votre Livre.
Le sens est, du fait que vous êtes des savants, c’est-à-dire que vous avez des connaissances religieuses, et du fait que vous étudiez la science (vous savez et vous continuez à apprendre), le résultat est que vous êtes des rabbāniyy : vous avez cette force de l’attachement à l’obéissance à Dieu. Et elle découle de la science et des études.
An-Nasafiyy conclut par des exhortations : il suffit ici comme preuves de la déception et de l’échec de celui qui a agi et œuvré, qui a épuisé son âme et qui s’est fatigué pour collecter la science, mais qui n’en a pas fait un moyen pour agir. C’est comme quelqu’un qui a planté un arbre qui est très beau mais qui ne procure pas de fruit. Le fruit de la science c’est l’application.
Verset 80 : il n’y a pas un humain à qui Dieu accorde le statut de prophète, que Dieu charge de la mission d’appeler les gens à n’adorer que Dieu uniquement et à délaisser l’adoration des associés, puis qui ordonnerait aux gens d’être son esclave ou qui ordonnerait aux gens de considérer les anges et les prophètes comme étant des divinités, est-ce qu’il vous ordonnerait la mécréance après votre islam. Ceci est une preuve que ceux à qui ce discours s’adresse étaient des musulmans. C’était ceux qui avaient demandé l’autorisation au prophète de se prosterner pour lui. Aucun prophète n’a dit aux gens de l’adorer.
Verset 81 : Allāh a pris al-mīṯāq des prophètes : et le verset est à prendre selon le sens apparent, c’est-à-dire que l’engagement a été pris des prophètes, à savoir l’obéissance à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne de faire et ce qu’Il leur interdit de faire. Et quand un messager viendra à eux (en l’occurrence le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam), un messager qui confirme ce qu’ils ont déjà reçu comme croyance, ils devaient croire en lui et le soutenir.
Pour tout ce que Je vous ai accordé comme livres et sagesses, vous allez croire en cela
Puis est venu à vous un messager qui confirme la véracité de ce que vous avez reçu : notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a confirmé la véracité de ce que nos maitres Mūsā et ʿīsā ont reçu
Vous devrez croire en lui : c’est-à-dire que vous devrez croire en ce messager
Et vous allez le soutenir : c’est-à-dire que vous allez soutenir Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam
Il (Dieu) dit est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que vous acceptez cet engagement : le terme ʾiṣrī signifie un nœud : ici c’est une métaphore qui signifie un engagement.
Ils (les prophètes) ont dit : nous confirmons
Il (Dieu) a dit : soyez témoins : c’est-à-dire que les uns témoignent sur les autres que chacun a accepté l’engagement et que chacun va s’y tenir.
Et Je ferai partie des témoins : c’est-à-dire que Dieu est témoin de leur accord et de leur témoignage mutuel. C’est une insistance et une mise en garde pour ne pas revenir sur l’engagement.
Verset 82 : ceux qui ne respectent pas leur engagement : c’est-à-dire certains parmi les communautés des prophètes, parce que les prophètes eux, ils respectent leurs engagements. Et les communautés des prophètes étaient concernées par l’engagement de leurs prophètes, du fait qu’elles devaient suivre leurs prophètes.
Après cela : aprèsal-mīṯāq c’est-à-dire aprèsl’engagement. Il s’agit de celui qui rompt l’engagement après l’avoir pris et qui se rejette la croyance du prophète à venir (et il s’agit de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) et cette hypothèse est impossible à propos des prophètes mais ceci est à propos des membres de leurs communautés
Ce sont eux les fāsiq : ce terme peut être traduit par pervers, ou grands pêcheurs et ici, ce sont ceux qui se sont rebellés parmi les mécréants.
Verset 83 :la forme du verset est interrogative: est-ce qu’ils veulent autre que la religion agréée par Dieu : mais en réalité c’est un blâme et un reniement,
Alors que sont soumis à Lui (Dieu) ceux qui sont dans les cieux (il s’agit des anges) et ceux qui sont sur terre (les humains et les ǧinn) de gré (ṭawʿan : en étudiant les preuves et étant objectif vis-vis de soi-même) ou de force (karhan : comme par les conquêtes ou en prenant en compte le châtiment, comme l’arrachement de la montagne au-dessus des têtes des fils d’Isrāʾīl lorsqu’ils avaient refusé d’accepter la Loi de la Torah. Lorsque la montagne s’est retrouvée au-dessus de leurs têtes et qu’elle allait les écraser, ils ont accepté. Et quand pharaon était sur le point de mourir noyé, il a dit à ce moment-là qu’il croyait au dieu de Moise. Mais son Islam n’a pas été accepté parce que c’était trop tard. Et quand la personne sait qu’elle va mourir et qu’elle prononce les deux témoignages , là aussi, c’est trop tard.
Et c’est à Son jugement qu’ils retourneront : c’est-à-dire que Dieu va ressusciter tous ceux qui sont morts et tous ceux qui vont mourir et ils seront rétribués pour leurs actes.
Verset 84 : dis, nous avons cru en Dieu et en ce qu’il nous a été révélé : le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre d’informer à propos de lui-même et de ceux qui étaient avec lui (les membres de sa communauté) qu’ils sont croyants.
Et ce qui a été descendu par révélation à Ibrāhīm, à Ismāʿīl, à ʿIsḥāq, à Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ : les ʾasbāṭ sont soit les enfants de Yaʿqūb et il y avait parmi eux des prophètes, et peut-être qu’il vise par-là, sa descendance et pas ses fils directs, ceux qui ont mal agi avec Yūsuf, ceux qui ont fait des actes abjects et vils, ils ne sont pas dignes du statut de prophète. Donc le sens du mot « ʾasbāṭ » ici n’est pas le fils direct, mais ce sont plutôt les descendants. Et en effet, parmi les descendants du prophète Yaʿqūb, il y en a qui sont devenus prophètes.
Et ce qui a été accordé à Moise et à Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur, Nous ne distinguons entre aucun d’entre eux : c’est-à-dire en termes de croyance, nous croyons en eux tous. Non pas comme ont fait les yahūd qui n’ont pas cru en Jésus et les nasārā qui n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Et nous nous sommes soumis à Lui : c’est-à-dire que nous croyons en Son unicité et nous sommes sincères dans notre adoration pour Lui. C’est-à-dire que nous n’attribuons pas d’associé à Dieu dans notre adoration.
Verset 85 : et celui qui veut autre que l’Islam pour religion : qui prend autre que la religion de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām pour religion
Elle ne sera pas acceptée de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. Il sera de ceux qui sont tombés dans la perte. Ce verset a été révélé à propos d’un groupe de gens qui sont entrés en Islam puis ils ont apostasié et ils sont retournés à La Mecque (qui n’était pas encore aux mains des musulmans).
Verset 86 : comment Dieu guide-t-Il des gens qui ont mécru après leur foi, après avoir témoigné que le Messager est véridique et ils ont reçu les preuves : c’est-à-dire ce qui témoigne de cela, tel que le Qur’ān et la totalité des miracles
Et Dieu ne guide pas les injustes : c’est-à-dire tant qu’ils choisissent la mécréance.
Verset 87 : ceux-là, leur rétribution sera qu’ils auront la malédiction de la part de Dieu et des anges et de tout le monde
Verset 88 : ils y resteront éternellement : c’est-à-dire dans la malédiction ou dans le feu de l’enfer parce que la malédiction indique le feu de l’enfer.
Le châtiment ne leur sera pas allégé et il ne leur sera pas accordé de répit. Ils n’auront pas de temps pour le repentir ou pour s’excuser. Dans l’au-delà ils auront le châtiment sans fin, que Dieu nous en préserve.
Verset 89 : hormis ceux qui font le repentir après cela ; c’est-à-dire après cette mécréance éminente et cette apostasie et qui répareront ce qu’ils auront corrompu.
Et certes Dieu est Celui Qui pardonne leur mécréance, il est miséricordieux envers eux.
Verset 90 : ceux qui ont mécru (en Jésus et en l’Evangile) après avoir cru (en Moise et en la Torah), puis qui ont ajouté mécréance sur mécréance : ils n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ni en le Qur’ān.
Autre explication : ou alors ils ont mécru au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam après qu’il a reçu sa mission de prophète, alors qu’avant, ils croyaient en lui. Ils croyaient en lui parce que tous les prophètes précédents annonçaient sa venue, mais quand il est arrivé, ils n’ont pas cru en lui. Ils ont augmenté en mécréance en persistant sur leur incrédulité et en lui portant atteinte à chaque occasion.
Ou bien autre explication : ces versets ont été révélés à propos de ceux qui avaient apostasié et qui étaient repartis à La Mecque. Ils ont dit : nous allons résider à La Mecque et nous allons attendre qu’il arrive à Muḥammad ce qui est arrivé à ceux qui étaient avant lui (c’est-à-dire qu’ils attendaient sa mort).
Leur repentir ne sera pas accepté : il s’agit de leur foi c’est-à-dire leur retour à l’Islam. Leur entrée en Islam au moment où ils savent qu’ils vont mourir, ne sera pas acceptée, parce qu’ils ne font le repentir que lorsque la mort vient à eux : Dieu dit dans sūratu ġāfir ce qui signifie : « leur foi ne leur profitera pas quand ils ont vu Notre châtiment » Quand ils ont vu les anges du châtiment, ils ont alors reconnu la vérité et leur repentir n’est pas accepté. En effet Dieu a jugé de toute éternité que celui qui fait le repentir, après l’avènement du châtiment de la part de Dieu, son repentir ne lui profitera pas.
Et ceux-là sont les égarés.
Verset 91 : ceux qui ont mécru et qui sont morts mécréants, il ne sera pas accepté de l’un d’entre eux la terre tout entière emplie d’or, même s’ils donnaient cela comme rançon. C’est-à-dire qu’il ne sera pas accepté d’eux une compensation (à la place du châtiment) même s’ils ramenaient toute la terre remplie d’or.
Dans le ḥadīṯ, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « il sera dit au mécréant : au jour du jugement si tu avais toute la terre pleine d’or, est-ce que tu serais prêt à la donner en guise de caution pour compenser le châtiment que tu mérites ? Il va dire : oui. Il lui sera dit : il t’a été demandé moins que cela : il t’a été demandé de dire : je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Muḥammad est le Messager de Dieu. Mais tu avais refusé ». La raison pour laquelle la compensation n’est pas acceptée est parce qu’il est mort mécréant.
Ceux-là auront un châtiment douloureux, ils n’auront aucun partisan. Ils n’auront pasun soutien qui va repousser d’eux un châtiment : il s‘agit de ceux qui sont morts mécréants.
Verset 92 : vous n’atteindrez la bienfaisance complète. Ou bien : vous n’obtiendrez la récompense de la part de Dieu
Que si vous donnez de vos biens : c’est-à-dire parmi les biens, ce que vous aimez le plus.
Et toute chose que vous dépensez, Dieu le sait. Dieu sait tout ce que vous dépensez en aumônes et dans les voies du bien et Il vous rétribue en conséquence. Et lorsque les yahūd avaient dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « tu prétends que tu suis la même religion qu’Ibrāhīm, alors que tu manges la viande de chameau et tu bois le lait de chamelle ». Alors le Prophète leur a répondu : « c’était licite pour Ibrāhīm ». Alors ils ont prétendu que ça avait toujours été interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ. Mais c’est faux.
Alors a été révélé le verset 93 :
Verset 93 : toute nourriture (sujette à divergence selon les yahūd, en l’occurrence la viande de chameau et le lait de chamelle) était licite pour les descendants d’Isrāʾīl (en excluant la nourriture qui était déjà interdite auparavant dans toutes les Lois comme le cadavre, le sang et le porc par exemple) excepté ce qu’Isrāʾīl (il s’agit de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm) s’est abstenu de manger avant que la Torah ne soit révélée (à Moise et c’était bien après).
Yaʿqūb appréciait le plus la viande de chameau et le lait de chamelle. Il a voulu s’abstenir de ce qu’il aimait le plus.
Tous les aliments sujets à divergence étaient licites pour les descendants d’Isrāʾīl, avant la révélation de la Torah, excepté ce qu’Isrāʾīl lui-même s’était abstenu de manger. Et quand la Torah a été révélée à Moise, il est alors devenu interdit de consommer la viande de chameau et le lait de chamelle, parce qu’Isrāʾīl s’était abstenu d’en manger.
Dis amenez la Torah, récitez-la si vous êtes véridiques : le Prophète Muḥammad a dit aux yahūd d’amener la Torah et de la réciter s’ils étaient véridiques. Notre Prophète a reçu l’ordre de défier les yahūd et de débattre avec eux en leur apportant les arguments qui figurent dans leur Livre et de les faire taire par ce qui est mentionné explicitement dedans, à savoir que l’interdiction de ce qui leur a été interdit est une interdiction qui est récente, en raison de leur injustice ; ce n’est pas une interdiction ancienne, comme ils le prétendent.
Ils n’ont pas osé ramener la Torah et ils sont restés sans voix, ils n’ont pas trouvé de réponse. En cela, il y a :
1 / la preuve claire de la véracité du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : parce que d’où le Prophète aurait-il pu savoir cela si ce n’est par la révélation de Dieu ? Le Prophète leur a appris des choses qu’eux-mêmes voulaient cacher.
2 / Et cela est une preuve également qu’il est valide qu’il y ait une abrogation. (An-nasẖ). Et l’abrogation ici est la fin de l’application d’un jugement et le début de l’application d’un autre : c’était la fin de l’autorisation de manger certains aliments et le début de l’interdiction de manger de la chair de chameau et le lait de chamelle.
Verset 94 : ceux qui calomnient Dieu en Lui attribuant des paroles mensongères : dans ce contexte, c’est le fait de prétendre que le fait de manger de la viande de chameau et de boire du lait de chamelle était déjà interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ.
Après cela : c’est-à-dire après avoir eu l’argument catégorique
Ce sont eux les injustes : ce sont eux les orgueilleux, ceux qui ne sont pas objectifs avec eux-mêmes. Ce sont qui ne prêtent pas attention aux preuves claires.
Verset 95 : dis Dieu est véridique dans l’information qu’Il nous a donnée que cela n’était pas interdit. Il y a ici une allusion à leur mensonge. Il y a ici une confirmation que Dieu est véridique dans ce qu’Il a fait descendre par révélation et que les yahūd sont des menteurs.
Alors suivez la religion d’Ibrāhīm : qui est la religion de l’Islam afin de vous débarrasser de la yahūdiyyah qui a corrompu votre religion et votre bas-monde. Cela vous a entrainé à falsifier le Livre de Dieu. Vous avez altéré la Torah par la suite, pour parvenir à vos objectifs. Et cela vous a amené à vous priver des choses belle et bonnes que Dieu avait autorisées à Ibrāhīm et à ceux qui l’ont suivi. Dieu a autorisé Ibrāhīm à manger la viande chameau et à boire le lait de chamelle. Et dans la Loi de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est autorisé.
Ḥanīfā : à l’écart de toute religion fausse. Al-ḥanafiyyah, c’est la droiture.
Et il (Ibrāhīm) n’était pas au nombre des associateurs.
Et comme les yahūd ont dit aux musulmans : nous, notre qiblah est avant la vôtre, Dieu a révélé le verset 96 :
Verset 96 : certes la première construction instaurée sur terre, en tant que lieu d’adoration, c’est la construction qui est à Bakkah (et c’est La Mecque) : la première construction instaurée pour les gens, celui qui l’a instaurée c’est Allāh : Il en a fait un lieu d’adoration pour eux. C’est comme s’Il avait dit : le premier lieu qui a été instauré comme endroit d’adoration pour les gens, c’est la kaʿbah. Dans le ḥadīṯ, la mosquée et al-ḥarām ont été instaurés quarante ans avant baytu l-maqdis et la kaʿbah est la première construction édifiée par Ādam ʿalayhi s-salām, sur terre.
Donc la première construction qui a été instaurée pour les gens sur terre est l’édifice qui est à Bakkah ; Bakkah est un nom propre de la ville. Bakkah et Makkah sont deux usages de la langue pour désigner la même ville. Il a été dit que Makkah est la ville et Bakkah est l’emplacement de la mosquée. Et il a été dit que Bakkah signifie celle qui détruit les tyrans. Le mot bakkah signifie celui qui détruit et anéantit. Il n’y a pas eu un seul tyran qui n’ait pris La Mecque pour destination pour la détruire sans que Dieu ne l’ait détruit.
Et qui est bénie : c’est-à-dire qui entraine beaucoup de biens, en raison de ceux qui font le pèlerinage et ceux qui font la ʿumrah obtiennent comme récompense. Cette construction est bénie en raison de la grande récompense qu’obtiennent les pèlerins et ceux qui font la ʿumrah et comme expiation des mauvaises actions.
Et qui est une guidée pour les gens : elle est la direction de la prière pour les gens. Elle est aussi le lieu d’adoration.
Verset 97 : il s’y trouve des signes clairs, (aucune confusion possible pour les gens), parmi eux, le maqām d’Ibrāhīm, parce que la trace du pied d’Ibrāhīm s’y trouve. Alors que c’est un rocher dur et compact, la trace du pas d’Ibrāhīm est là et le fait qu’une partie de la roche soit devenu souple et malléable de sorte que le pied d’Ibrāhīm s’y enfonce et que l’autre partie reste dure, c’est aussi un signe. Et le fait que cette trace d’Ibrāhīm soit restée et pas les traces des autres prophètes, c’est également un autre signe.
Celui qui s’y rend, il est sauf. C’est-à-dire qu’il y a la sécurité pour celui qui va à La Mecque.
C’est comme s’il a dit qu’il y a des signes clairs et ce sont le maqām d’Ibrāhīm et la sécurité pour celui qui s’y rend. Et beaucoup d’autres signes que ces deux-là.
Il a été dit à propos de cette trace dans la roche, que, lorsque la construction de la kaʿbah a pris forme dans la roche et qu’’Ibrāhīm n’arrivait plus à soulever les pierres au-dessus, il est monté sur ce maqām (ce rocher) et c’est alors que ses pieds se sont enfoncés dedans.
Allāh a ordonné aux gens d’accomplir ce pèlerinage vers cette construction : l’obligation du pèlerinage incombe aux gens envers Dieu à quiconque a les moyens de s’y rendre, avec des provisions et avec une monture.
Quant à celui qui aura mécru, c’est-à-dire qui aura renié l’obligation du pèlerinage, certes Allāh n’a pas besoin des gens. Allāh Se passe des gens et de leur obéissance. Il n’a pas besoin d’eux.
Dans ce verset, il y a plusieurs sortes d’insistance et d’ordres qui sont importants. Le pèlerinage est un droit de Dieu et c’est un devoir envers Dieu qui incombe aux gens.
Verset 98 : dis ô vous gens du Livre pourquoi reniez-vous les signes de Dieu alors que Dieu est témoin de ce que vous faites : pourquoi reniez-vous les signes que Dieu a créés et qui sont une preuve de la véracité de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ? En réalité Dieu sait tout de vos œuvres et Il vous rétribue pour ces œuvres.
Verset 99 : dis ô vous gens du Livre pourquoi empêchez-vous ceux qui sont croyants de suivre la voie que Dieu agrée ? C’est la voie que Dieu agrée, qui est l’Islam. Et les associateurs à cette époque-là empêchaient de toutes leurs forces ceux qui voulaient entrer en Islam.
Vous voulez vous écarter de la droiture : vous voulez suivre un chemin qui n’est pas droit, en modifiant les caractéristiques du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui sont décrites dans vos livres. En effet, la Torah n’était pas encore altérée à l’époque du Prophète.
Alors que vous êtes témoins : que c’est la voie agréée par Dieu, c’est la voie que seul un égaré empêche les gens de suivre.
Et Dieu n’ignore pas ce que vous faites comme empêchement de suivre Sa voie : c’est une grave menace. Ensuite Il a interdit aux croyants de suivre la voie de ceux qui empêchent de suivre la voie de vérité.
Verset 100 : il a été dit que Šaṯ fils de Qays qui était un yahūdiyy de Médine est passé au niveau d’un groupe des partisans de Médine, parmi la tribu de al-Aws et al- H̱azraǧ, qui étaient en train de discuter. Il n’a pas supporté de les voir ainsi (car auparavant il y avait des guerres entre ces deux tribus). Alors il a ordonné à un jeune homme parmi les juifs de leur rappeler de la bataille de Buʿāṯ qui est le nom d’un fort ou d’un verger au niveau duquel une guerre avait eu lieu entre les Aws et les H̱azraǧ, cinq ans avant l’émigration du Prophète. Il a essayé de raviver cette animosité qui existaient entre eux à cette époque. Et c’était un jour où la victoire était du côté de al-Aws. Et les gens se sont alors mis à se disputer. Ils ont dit : « aux armes, aux armes ! » Ce jeune homme a donc provoqué une zizanie.
La nouvelle parvint au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est sorti tout de suite avec le groupe d’émigrants et de partisans qui étaient avec lui à ce moment-là. Il a dit à ceux qui se disputaient, ce qui a pour sens : « est-ce que vous relancez les appels de la période d’ignorance alors que je suis parmi vous, après que Dieu vous a honorés par l’Islam et qu’il vous a unis ? » Les gens se sont alors rendus compte que c’était une ruse du šayṭān. Ils ont jeté les armes, ils se sont pris par les bras, ils se sont serrés les uns les autres, en larmes et le verset a été révélé à ce sujet.
Verset 101 : comment osez-vous mécroire ! c’est une exclamation et un reproche : par quel biais la mécréance pourrait vous atteindre : c’est pour dire que c’est peu probable que cela ait lieu, que vous tombiez dans la mécréance, avec ces deux états qui vont être mentionnés dans le verset. Le fait que le Livre de Dieu leur soit récité, en l’occurrence le Qur’ān dont le caractère miraculeux est apparent et deuxièmement le fait que le Messager soit parmi vous et sur lequel des miracles apparaissent sur ses mains. Comment est-ce-que la mécréance pourrait vous parvenir alors qu’il y a ces deux choses-là ?
Alors que les versets de Dieu vous sont récités : par la bouche du Messager de Dieu ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et c’est la première fois qu’ils vous parviennent.
Et parmi vous il y a Son Messager ; il vous avertit, il vous exhorte et il élimine toutes les confusions possibles que vous pouvez avoir.
C’est-à-dire comment la mécréance pourrait -elle vous parvenir alors qu’il y a en vous ces deux choses-là ?
Et celui qui s’attache à la religion agréée par Dieu (ou au Livre de Dieu) : il n’a pas été mentionné dans ce verset le nom « religion » ou « Livre » : c’est une figure de style en arabe. Ou encore il s’agit du fait que Dieu les incite à trouver refuge dans l’aide de Dieu pour repousser le mal des mécréants et leurs ruses.
Il sera guidé vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’il sera guidé vers la religion de droiture. Ou encore celui qui cherche refuge dans l’aide de son Seigneur, celui qui, dans les situations de doute, s’en remet à Dieu, Dieu le préserve de la confusion.
Verset 102 : ô vous qui êtes croyants, craignez Dieu de la véritable crainte, faites preuve de piété à l’égard de Dieu de la véritable piété. Allāh taʿālā a ordonné de faire preuve de piété à Son égard. C’est-à-dire dans le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits.
Et ne mourez qu’en étant musulmans : ne soyez pas dans un autre état que l’état de l’Islam lorsque la mort vous surprendra.
Verset 103 : et attachez-vous au Qur’ān : c’est le sens de l’expression « wa ʿtaṣimū biḥabli l-Lāh » que certains traduisent par « attachez-vous à la corde de Dieu » et ceci n’a pas de sens !!! Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans le ḥadīṯ, ce qui signifie : « le Qur’ān est le lien qui est très fort, qui fait parvenir à l’agrément de Dieu ». Et le Qur’ān est en arabe, il n’est pas dans une autre langue et ce qui peut être traduit est l’explication des versets. Le Qur’ān est le lien fort qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Les choses surprenantes qui sont dans le Qur’ān, vous ne pourrez pas les savoir toutes. Et les gens ne se lassent pas de le répéter souvent. Celui qui dit ce qu’il y a dans le Qur’ān, il aura dit la vérité. Et celui qui œuvre conformément au Qur’ān, il aura été bien guidé. Et celui qui s’y attache, il sera guidé vers une voie de droiture.
Tous : attachez-vous tous au Qur’ān. Il a été dit que « tous » signifie le fait de s’attacher à l’unanimité et au consensus de la communauté, soyez du côté du consensus.
Et ne divergez pas : autrement dit, ne faites pas ce qui provoque la séparation et qui fait disparaitre l’union.
Et rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées lorsque vous étiez des ennemis, Il a uni vos cœurs et vous êtes devenus par Sa grâce des frères : dans la période de l’ignorance, il y avait entre eux de l’animosité et des guerres. Dieu a réuni leurs cœurs par l’Islam. Dieu a projeté dans leurs cœurs l’amour, puis ils se sont aimés et ils sont devenus des frères.
Et vous étiez au bord de l’abîme de l’enfer : c’est-à-dire que vous avez failli tomber dans le feu de l’enfer en raison de votre mécréance.
Il (Dieu) vous en a sauvé : grâce à l’Islam. Ici « šafā ḥufratin » signifie « le bord ».
C’est ainsi : c’est-à-dire de cette manière ainsi profonde et éloquente, Dieu vous indique Ses signes c’est-à-dire le Qur’ān dans lequel il y a des ordres, des interdictions, des promesses et des menaces.
Puissiez-vous être bien guidés : pour que vous soyez dans un état d’espoir de bonne guidée. Ou encore : pour que, grâce au Qur’ān, vous soyez guidés vers la vérité et ce par quoi on obtient des récompenses.
Verset 104 : qu’il y ait parmi vous une communauté qui appelle au bien, ordonne ce qui est convenable et interdit ce qui est blâmable. Ce sont eux qui réussiront.
Verset 110 : vous êtes la meilleure communauté suscitée pour les gens : vous ordonnez le bien, vous interdisez le mal et vous croyez en Dieu.
Verset 190 : en vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour ceux qui sont doués d’intelligence
Verset 191 : ceux qui invoquent Dieu, debout, assis et sur leurs côtés et qui méditent sur la création des cieux et de la terre : ô notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment du feu.
La réplique à ceux qui prétendent que la première créature est la lumière de MouHammad
بسم الله الرحمن الرحيم
من المفاسد التي انتشرت بين بعض العوام ما درج عليه بعض قُرَّاء المولد النبوي الشريف وبعض المؤذنين وغيرهم من قولهم: « إن محمدًا أوّل المخلوقات »، وما ذاك إلا لانتشار حديث جابر الموضوع بينهم وهو: « أوَّل ما خلق الله نور نبيك يا جابر » وفيما يلي نورد ردَّنا بالأدلة العقلية والنقلية الشافية:
نقول: هذا الحديث موضوع لا أصل له وهو مخالف للقرءان الكريم، وللحديث الصحيح الثابت.
أما مخالفته للقرءان قال الله تعالى: {وجعلنا منَ الماءِ كلَّ شىءٍ حيٍّ} [سورة الأنبياء].
Parmi les corruptions qui se sont propagés parmi certains les gens du commun il y a ce qu’a eu l’habitude de faire certains récitateurs du Mawlid prophétique honoré, certains muezzin également, et d’autres qu’eux dans leur parole : « Mouhammad est la première des créatures. » La raison de cela est la diffusion du hadith de Jabir qui est fomenté et c’est le prétendu hadith :
))أوَّل ما خلق الله نور نبيك يا جابر((
Ce qui signifie : « La toute première chose que Dieu a créé est la lumière de ton prophète ô Jabir. » Et ci-après nous mentionnons les preuves rationnelles et textuelles suffisantes :
Nous disons : Ce hadith est fomenté et il n’a aucun fondement et il est en contradiction avec le Qour’an honoré, et le hadith authentique et sûr.
Pour ce qui est de sa contradiction avec le Qour’an, c’est la parole de Allah ta^ala :
وجعلنا منَ الماءِ كلَّ شىءٍ حيٍّ
Ce qui signifie : « Nous avons fait à partir de l’eau toute chose vivante. »
وأما مخالفته للحديث فقد روى البخاري [15] والبيهقي [16] من حديث عمران بن حصين أن أناسًا من أهل اليمن أتوا إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم فقالوا: جئناك يا رسول الله لنتفقه في الدين فأنبئنا عن أول هذا الأمر ما كان؟ قال: « كان الله ولم يكن شىء غيره، وكان عرشه على الماء، وكتب في الذكر كل شىء ثم خلق السموات والأرض« ، فهذا نص صريح في أنّ أول خلق الله الماء والعرش لأن أهل اليمن سألوه عن بدء العالم.
Pour ce qui est de sa contradiction au hadith il y a ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy du compagnon ^Imran ibnou Housayn que des gens du Yémen sont partis voir le Messager et ils ont dit : « Nous sommes venus te voir ô Messager de Dieu pour apprendre la religion. Informe-nous à propos du début de ce monde, comment a-t-il commencé ? Et le Prophète a répondu :
))كان الله ولم يكن شىء غيره، وكان عرشه على الماء، وكتب في الذكر كل شىء ثم خلق السموات والأرض((
Ce qui signifie : « Dieu existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité, et Son trône était au-dessus de l’eau, et il a fait inscrire sur la table préservée toute chose, puis il a créé les cieux et la terre. » Ceci est un texte explicite dans le fait que les toutes premières créatures de Dieu sont l’eau et le trône car les gens du Yémen était venu interroger le Prophète au sujet du début de ce monde.
فقوله عليه الصلاة والسلام: « كان الله ولم يكن شىء غيره » إثبات الأزلية لله أي أنه تعالى لا ابتداء لوجوده، وقوله: « وكان عرشه على الماء » معناه أن هذين أول المخلوقات، أما الماء فعلى وجه الإطلاق وأما العرش فبالنسبة لما بعده كما أفاد ذلك قوله عليه السلام: « على الماء » وذلك يدل على تأخر العرش عن هذا الأصل.
وروى ابن حبان [17] وصححه من حديث أبي هريرة قال: قلت: يا رسول الله إني إذا رأيتك طابت نفسي وقرّت عيني فأنبئني عن كل شىء، قال: « كل شىء خلق من الماء« ، وفي لفظ: « أن الله تعالى خلق كل شىء من الماء« .
La parole du Prophète : « Dieu existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité » est une confirmation de l’exemption de début au sujet de Dieu c’est-à-dire qu’Il n’a pas de début à Son existence, et sa parole « Son trône était au-dessus de l’eau » son sen est que l’eau et le trône sont les toutes premières créatures. Quant à l’eau c’est la première des créatures dans l’absolu, et quant au trône c’est la première créature par rapport à ce qui vent après, comme le prophète a dit « sur l’eau » et ceci indique que le trône
Ibnou Hibban a rapporté et jugé authentique d’après Abou Hourayrah qu’il a dit : « ô Messager de Dieu quand je te vois je me sens bien et j’ai du plaisir à te voir, parle-moi de toute chose. » et le Prophète a répondu : ce qui signifie : « Toute chose a été créé à partir de l’eau. » et dans une autre version : « Allah ta^ala a créé toute chose à partir de l’eau. »
وروى السُّدي [18] في تفسيره بأسانيد متعددة عن جماعة من أبناء الصحابة: « إنّ الله لم يخلق شيئًا مما خلق قبل الماء ».
ففي الحديث الأول، نصّ على أن الماء والعرش هما أوّل خلق الله، وأما أنّ الماء قبل العرش فهو مأخوذ من الحديثين التاليين.
Et As-Souddiyy a rapporté que le Prophète a dit :
))إنّ الله لم يخلق شيئًا مما خلق قبل الماء((
ce qui signifie : « Allah n’a rien créé parmi ce qu’Il a créé avant l’eau. »
Dans ce premier hadith nous apprenons que le trône et l’eau sont les toutes premières créatures, mais c’est à partir des deux autres hadiths que nous avons appris que l’eau a existé avant le trône.
قال الحافظ ابن حجر في شرح البخاري [19] ما نصه: « قال الطيبي: هو فصل مستقل لأن القديم من لم يسبقه شىء، ولم يعارضه في الأولية، لكن أشار بقوله: « وكان عرشه على الماء » إلى أن الماء والعرش كانا مبدأ هذا العالم لكونهما خلقا قبل خلق السموات والأرض ولم يكن تحت العرش إذ ذاك إلا الماء » ا.هـ.
وفي تفسير عبد الرزاق [20] عن قَتادة في شرح قوله تعالى: {وكانَ عَرْشُهُ عَلَى الماء} [سورة هود] ما نصه: « هذا بدء خلقه قبل أن يخلق السموات والأرض ».
Le Hafidh ibnou Hajar dans son commentaire de Al-Boukhariyy rapporte de At–Tibbiyy qu’il a dit : « C’est une séparation indépendante parce que Celui qui est de toute éternité, Son existence n’a pas été précédé par l’existence d’autre chose, et il n’y a pas autre que Lui qui soit de toute éternité, mais il y a l’allusion par sa parole : « et son trône était sur l’eau » au fait que l’eau et le trône étaient le début de ce monde parce qu’ils ont été tous deux créer avant la création des cieux et de la terre et il n’y avait alors que l’eau en dessous. » Fin de citation
Et dans le tafsir de ^Abdou r-Razzaq d’après Qatadah dans son commentaire de la parole de Dieu :
وكانَ عَرْشُهُ عَلَى الماء
Ce qui signifie : « Et son trône était sur l’eau » il a dit : « C’est le début de ce qu’Il a créé avant qu’Il ne crée les cieux et la terre. »
وأخرج ابن جرير [21] عن مجاهد رضي الله عنه في قوله: {وكانَ عرشُهُ على الماء} [سورة هود] قال: « قبل أن يخلق شيئًا ».
Et ibnou Jarir rapporte d’après Moujahid que Dieu l’agréé qu’il a dit au sujet de ce verset : « Avant qu’il ne crée toute chose »
Information utile : Celui qui délaisse une chose pour l’agrément de Dieu, Dieu le lui remplace par mieux. D’après le hanafite Abou l-Wafa’ ibnou ^Aqil qu’il a dit : Je suis allé au pèlerinage et j’ai trouvé un collier de perle enfilé dans un fil rouge et il y avait un homme âgé aveugle qui le cherchait et promettait à celui qui l’avait ramassé cent dinar, Je lui ai rendu et l’homme m’a dit : prends les dinar et il n’a pas accepté.
Puis je suis parti dans les pays du Cham après mon pèlerinage et j’ai visité Al-Qoud et j’étais à Halep et j’avais faim et les gens m’ont demandé de diriger la mosquée c’était ramadan j’ai rompu avec eux. Puis ils m’ont proposé de diriger la prière durant tout le mois. Puis ils m’ont dit que leur imam est décédé et a laissé une fille et je l’ai marié puis elle est tombée enceinte et elle est tombé malade à la suite puis j’ai vue autour de son cou ce même collier et je lui ai raconté l’histoire et elle m’a dit : Mon père avait invoqué en disant : « » puis elle est morte et j’ai hérité de son collier. » Rapporté dans Siyarou A^lamou n-Noubala’ de Adh-Dhahabiyy.
21/12/23 :
فإن قيل: أليس قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « أوّل ما خلق الله تعالى نور نبيك يا جابر، خلقه الله من نوره قبل الأشياء »؟، فالجواب: أنه يكفي في رد هذا الحديث كونه مخالفًا للأحاديث الثلاثة الصحيحة السابقة، وأما عزو هذا الحديث للبيهقي فغير صحيح إنما ينسب إلى مصنّف عبد الرزاق عكس هذا، فقد ذكر فيه أنّ أول الأشياء وجودًا الماء كما تقدم.
Si quelqu’un dit : N’est-ce pas que le Prophète a dit : La toute première chose que Dieu a créé c’est la lumière de ton prophète, Dieu l’a créé de Sa lumière avant toute chose.
Il suffit pour répliquer et réfuter ce hadith de rappeler qu’il est en contradiction avec les trois hadith authentiques précédemment cité. Quant à la prétention que ce hadith est rapporté par al-Bayhaqiyy, cela n’est pas vrai mais il est attribué au Mousannaf de ^Abdou r-Razzaq c’est-à-dire que certains prétendent qu’il l’a mentionné dans son recueil, or il ne figure pas dans son Mousannaf, mais ce qui y figure est le contraire de ce que prétend le hadith de Jabir. ^Abdou r-Razzaq a dit dans son tafsir que la première créature que Dieu a créée c’est l’eau tout comme nous l’avons vu dans le hadith précédent.
وقال الحافظ السيوطي [22] في الحاوي: « ليس له -أي حديث جابر- إسناد يُعتمد عليه » ا.هـ.
قلت: وهو حديث موضوع جزمًا، وقد صرّح الحافظ السيوطي في شرحه على الترمذي أن حديث أولية النور المحمدي لم يثبت.
Le Hafidh As-Souyoutiyy dans son livre Al-Hawi li fatawi : ce hadith n’a pas de chaine authentique fiable.
Le chaykh a dit : Je dis que c’est un hadith fomenté et le Hafidh As-Souyoutiyy a cité de manière explicite dans son commentaire sur At-Tirmidhiyy que le hadith de la primauté de la lumière de Mouhammad n’a pas été confirmé.
وقد ذكر عصريّنا الشيخ عبد الله الغماري محدّث المغرب [23] أن عزو هذا الحديث الموضوع إلى مصنّف عبد الرزّاق خطأ لأنه لا يوجد في مصنّفه، ولا جامعه ولا تفسيره، والأمر كما قال.
Notre contemporain le chaykh ^Abdou l-Lah Al-Ghoumariyy le mouhaddith du Maghrib dans son livre Mourchid que l’attribution de ce hadith fomenté au Mousannaf de ^Abdou r-Razzaq est une erreur parce qu’il n’y figure pas, ni dans son Jami^, ni dans son Tafsir, et il en est ainsi.
كما أن محدّث عصره الحافظ أحمد بن الصدّيق الغماري [24] حكم عليه بالوضع محتجًا بأنّ هذا الحديث ركيك ومعانيه منكرة.
Tout comme le mouhaddith de son époque le Hafidh Ahmad fils de As-Siddiq Al-Ghoumariyy l’a jugé mensonger, il a dit que le style de ce hadith est médiocre et les sens qu’il comporte sont blâmable et le Prophète ne parle pas avec un style médiocre.
قلت: والأمر كما قال، ولو لم يكن فيه إلا هذه العبارة: « خلقه الله من نوره قبل الأشياء » لكفى ذلك ركاكة، لأنه مشكل غاية الإشكال، لأنه إن حُمل ضمير من نوره على معنى نور مخلوق لله كان ذلك نقيض المدعى لأنه على هذا الوجه يكون ذلك النور هو الأول ليس نور محمّد بل نور محمّد ثاني المخلوقات،
Je dis qu’il en est ainsi, s’il n’y avait dans ce hadith que le phrase « Dieu l’a créé à partir de sa lumière avant toute chose », cela aurait été suffisant comme médiocrité, parce que c’est problématique, très problématique, parce que si le pronom dans « Sa lumière » se rapportait par une lumière créé par Dieu se serait le contraire de ce qui est prétendu, parce que selon cette prétention cette lumière serait la première et non pas celle de Mouhammad, mais la lumière de Mouhammad serait la deuxième créature et non pas la première.
وإن حُمِلَ على إضافة الجزء للكل كان الأمر أفظعَ وأقبحَ لأنه يكون إثبات نور هو جزء لله تعالى، فيؤدي ذلك إلى أن الله مركب والقول بالتركيب في ذات الله من أبشع الكفر لأن فيه نسبة الحدوث إلى الله تعالى. وبعد هذه الجملة من هذا الحديث المكذوب ركاكات بشعة يردها الذوق السليم ولا يقبلها.
Et si cela aurait été expliqué par une lumière qui serait une partie de Dieu se serait encore plus abominable car cela reviendrait a confirmé que la lumière est une partie de Dieu et entraine a dire qu’Il serait composé, et prétendre la composition au sujet de Dieu est l’une des plus abominable des accusations, car cela revient a Lui attribué l’entrée en existence.
Et au-delà de cette phrase de ce hadith mensonger il y a plusieurs autres médiocrités abominables que le bon sens rejette et n’accepte pas.
ثم هناك علّة أخرى وهي الاضطراب في ألفاظه، لأن بعض الذين أوردوه في مؤلفاتهم رووه بشكل وءاخرون رووه بشكل ءاخر، فإذا نُظِرَ إلى لفظ الزرقاني ثم لفظ الصاوي لوجد فرق كبير.
فالحديثان الأولان لا حاجة إلى تأويلهما لأجل حديث غير ثابت بل حديث موضوع لركاكته وهو حديث أولية النور.
Il y a par ailleurs une autre anomalie qui est l’idtirab–une différence inconciliable entre les version– car dans ce hadith certains l’ont mentionné sous une version et d’autres l’ont rapporté sous une autre version inconciliable. Si on regarde la version de Az-Zourqaniyy et de As-Sawiyy il y a une grand différence.
Les deux premiers hadith il n’y a pas besoin d’en faire un ta’wil pour expliquer un hadith qui n’est pas même authentique et qui plus est, est fomenté en raison de sa médiocrité, en l’occurrence le hadith de la primauté de la lumière.
فلا حاجة لما ذكره بعض من حمل حديث أول ما خلق الله نور نبيك يا جابر على الأولية المطلقة لغرض إثبات أولية النور المحمدي.
Il n’y a pas besoin de ce qu’a cité certains en expliquant le hadith « la toute première que Dieu a créé c’est la lumière de ton prophète ô Jabir » par la primauté absolue dans l’objectif de confirmé la primauté de la lumière Mouhammadiyy.
وأما حديث: « أوّل ما خلق الله العقل » فليس له طريق يثبت كما قال الحافظ ابن حجر [25]، ففي كتاب إتحاف السادة المتقين بشرح إحياء علوم الدين للحافظ محمد مرتضى الزبيدي [26] ما نصّه: «
Quant au hadith : « La toute première chose que Dieu a créé c’est la raison », il n’y a pas de chaine authentique à son sujet comme l’a cité le Hafidh ibnou Hajar, dans le livre ithafou s-sadah Al-Mouttaqin du commentaire de ‘Ihya’ou ^ouloumi d-Din deMouhammad Mourtada Az-Zbidiyy.
ثم قال العراقي: أما حديث عائشة فرواه أبو نعيم في الحلية [27] قال: أخبرنا أبو بكر عبد الله بن يحيى بن معاوية الطلحي بإفادة الدارقطني، عن سهل بن المرزبان بن محمد التميمي، عن عبد الله بن الزبير الحُميدي، عن ابن عُيينة، عن منصور، عن الزهري، عن عروة، عن عائشة رضي الله عنها قالت: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « أول ما خلق الله العقل » فذكر الحديث، هكذا أورده في ترجمة سفيان بن عيينة ولم أجد في إسناده أحدًا مذكورًا بالضعف، ولا شكّ أنّ هذا مركب على هذا الإسناد ولا أدري ممّن وقع ذلك، والحديث مُنكر.
Pour ce qui est du hadith de ^A’ichah il est rapporté par Abou Nou^aym dans Hilyah il dit : Abou Bakr… tel que l’a cité Ad-Daraqoutniyy tel qu’a rapporté.. d’après.. d’après .. d’après ^A’ichah qu’elle a dit : Le Messager de Dieu a dit (()) ce qui signifie :
Et Al-^Iraqiyy a dit : je n’ai pas trouvé est faible dans cette chaine, sans aucun doute cette chaine est un montage mais je ne sais pas qui l’a fait, et hadith est blamable.
قلت: ولفظ حديث عائشة على ما في الحِلية قالت عائشة: حدثني رسول الله صلى الله عليه وسلم أن أوّل ما خلق الله العقل، قال: أقبل فأقبل، ثم قال له: أدبر فأدبر ثم قال: ما خلقت شيئًا أحسن منك، بك ءاخذ وبك أعطي. قال أبو نعيم: غريب من حديث سفيان ومنصور والزهري لا أعلم له راويًا عن الحميدي إلا سهلاً، وأراه واهيًا فيه ». انتهت عبارة مرتضى الزبيدي.
Et je dis : Les termes du hadith de ^A ‘ichah comme il figure dans Al-Hilyah que le Prophète aurait : ..
Abou Nou^aym a dit : « Ce hadith est étrange comme parole attribué à Soufyan et à Mansoub et Az-Zouhriyy je ne sais pas qui lui a rapporté des hadith de Al-Houmaydiyy si ce n’est Sahl, et je pense que ce hadith n’est pas fiable. » Fin de la parole de Az-Zabidiyy.
وقال الحافظ العراقي في تخريج الإحياء [28] بعد إيراده هذا الحديث ما نصه: « رواه الطبراني في الأوسط من حديث أبي أمامة، وأبو نعيم من حديث عائشة بإسنادين ضعيفين » انتهى كلام العراقي.
Et le Hafidh Al-^Iraqiyy dans le takhrij–la recherche des chaines de transmission des hadiths de Al-Ihyaa’ après avoir mentionné ce hadith, il y a ce qui est rapporté de At-Tabaraniyy dans Al-‘Awsat de Abou Oumamah et Abou Nou^aym du hadith de ^A’ichah, les deux chaines sont faible.Fin de la parole de Al-^Iraqiyy
Information utile : Le chaykh a dit : « Attachez-vous à la patience et à l’indulgence, ceux qui ont réussi n’ont réussi que grâce à la patience et à l’indulgence. »
Et il a dit à propos du verset 68 dans sourate Yaçin: ()
Le sens est que celui qui vit longtemps il change, l’homme s’affaiblit il devient faible après avoir été fort vigoureux.
04/01/24 :
أما حديث أولية القلم قال الحافظ ابن حجر [29] في الجواب عنه ما نصه: « فيجمع بينه وبين ما قبله بأن أولية القلم بالنسبة إلى ما عدا الماء والعرش، أو بالنسبة إلى ما منه صدر من الكتابة، أي أنه قيل له اكتب أول ما خلق، وأما حديث: « أول ما خلق الله العقل »، فليس له طريق يثبت وعلى تقدير ثبوته فهذا التقدير الأخير هو تأويله والله أعلم » ا.هـ.
Quant au hadith qui indique que le qalam serait la première des créatures, le Hafidh ibnou Hajar dans son livre Fathou l-Bari Tome 6 p 289 a dit en réponse : « On concilie entre la primauté du qalam et le hadith précédent selon lequel l’eau est la première des créatures en disant que la primauté du qalam est relativement par rapport à tout autre que l’eau et le trône, ou il a été au premier par rapport à l’écriture qu’il a tracé, c’est-à-dire qu’il a été ordonné au qalam d’écrire dès qu’il a été créé. Quant au prétendu hadith que la toute première chose que Dieu a créé c’est la raison, il n’a pas de chaine de transmission confirmée, et dans l’hypothèse qu’il serait confirmé, c’est cette dernière explication qui en serait l’explication c’est-à-dire que la raison serait première par rapport à ce qui est venu après, et Dieu sait plus que tout autre. » Fin de citation
وأمّا قول ابن حجر الهيتمي في شرح الأربعين النووية ونصه: « أما أولية القلم نسبية وأما أولية النور المحمدي فهي مطلقة ». ا.هـ، فهذا التأويل مخالف للحديث الصحيح، ومخالف للقاعدة الحديثية أن الضعيف إذا خالف الحديث الثابت فلا حاجة إلى التأويل، بل يعمل بالثابت ويترك الضعيف، وذلك مقرر في كتب المصطلح وفي كتب الأصول.
Quant à la parole de ibnou Hajar Al-Haytamiyy [le faqih chafi^iyy] il a dit dans le commentaire des quarante hadith de An-Nawawiyy : « La primauté du qalam est relative et celle de la lumière de Mouhammad est absolu. » Cette interprétation est contraire au hadith sahih et contraire à la règle du hadith que lorsqu’il y a un hadith faible qui est contraire à un hadith authentique, alors il n’est pas nécessaire de faire l’interprétation, mais on applique le hadith authentique et on délaisse le hadith faible. Cette règle est décrétée dans les livres de Al-Moustalah–Terminologie de hadith et de Al-‘Ousoul–Les fondements.
فإن قيل: أليس قال الرسولُ: « كنتُ أوّل النبيين في الخلق وءاخرهم في البعث »، وقال أيضًا: « كنت نبيًا وءادم بين الماء والطين »، و: « كنت نبيًا ولا ماء ولا طين ».
فالجواب: أن الحديث الأول ضعيف [30] كما نقل ذلك العلماء، وفيه بقية بن الوليد وهو مدلّس، وسعيد بن بشير وهو ضعيف، ثم لو صح لم يكن فيه أنّه أوّل خلقِ الله وإنما فيه أنه أول الأنبياء، ومعلوم أن البشر أولهم ءادم الذي هو ءاخر الخلق باعتبار أجناس المخلوقات.
Si quelqu’un pose la question en disant : N’est-ce pas que le Messager a dit : « J’ai été le premier des prophètes dans la création et le dernier d’entre eux dans l’envoi. » Et n’est-ce pas que le Messager a dit : « J’ai été prophète alors que ‘Adam était entre l’eau et la terre », et qu’il a dit : « J’étais prophète alors qu’il n’y avait ni eau ni terre. »
La réponse est que le premier hadith est faible comme cela est rapporté par les savants. Il y a dans sa chaine de transmission un homme du nom de Baqiyyah fils de Al-Waliyy qui est un falsificateur, et Sa^id ibnou Bachir qui est faible. Et par ailleurs si ce hadith avait été authentique il n’aurait pas indiqué qu’il serait la première des créatures de Dieu, mais il indique qu’il était le premier des prophètes, or il est connu que le premier des humains c’est ‘Adam qui est le dernier de la création par rapport au reste des espèces de créatures.
وأما الثاني والثالث فلا أصل لهما [31]، ولا حاجة لتأويل قول الله تعالى: {وجَعلنا من الماء كل شىءٍ حي} [سورة الأنبياء] والحديث الصحيح لخبر واهٍ ضعيف أو موضوع لا أصل له كما فعل ذلك بعض المتصوفة حيث أوَّل الآية بحديث جابر السابق الذكر وقال: إنّ للآية معنًى مجازيًا.
Quant au deuxième et au troisième hadith, ils sont tous deux mensongers, il n’y a pas besoin de donner un autre sens que le sens apparent du verset de sourate Al-‘Anbiya’ :
[/] ce qui signifie : « Nous avons fait à partir de l’eau toute chose vivante », ni d’interpréter le hadith sahih qui indique que l’eau est la première des créatures pour une information qui est illusoire et faible ou fomenté et sans fondement comme l’a fait un prétendu soufiyy puisqu’il a interprété le verset par le prétendu hadith de Jabir précédemment cité en disant que le verset aurait un sens figuré.
أما حديث ميسرة الفجر أنه قال: يا رسولَ الله متى كنت نبيًا، قال: « كنت نبيًا وءادم بين الروح والجسد« ، فهو حديث صحيح رواه أحمد في مسنده [32]، وقال الحافظ الهيثمي [33] بعد عزوه لأحمد وللطبراني [34] أيضًا ما نصه: « ورجاله رجال الصحيح » ا.هـ.
Quant au hadith de Maysarah Al-Fajr dans lequel il a dit : Ô Messager de Dieu depuis quand tu étais prophète ? et que le Prophète aurait répondu : « J’étais prophète alors que ‘Adam était encore entre l’âme et le corps. » c’est-à-dire que l’âme n’était pas encore entré dans son corps, ce hadith est authentique et il est rapporté dans le Mousnad de Ahmad, et le Hafidh Al-Hathamiyy après l’avoir attribué à Ahmad et à At-Tabaraniyy également a dit : « Et les hommes qui composent sa chaine de transmission sont du degré de sahih. » Fin de citation
وأمّا معناه فلا يدلّ على أوّليّته صلى الله عليه وسلم بالنسبة لجميع الخلق، وإنما يدل على أن الرسول كان مشهورًا بوصف الرسالة بين الملائكة في الوقتِ الذي لم يتم تكوُّنُ جسدِ ءادم بدخولِ الروح فيه.
Quant à sa signification, il n’indique pas la primauté du prophète par rapport aux autres créatures, mais il indique que le Messager était connu chez les anges qu’il allait être un messager alors que la création de ‘Adam n’avait pas été terminé par l’entrée de l’âme dans le corps.
وقد أخرج أحمد [35] والحاكم [36] والبيهقي [37] في الدلائل عن العِرباض بن سارية رضي الله عنه قال: سمعتُ رسول الله صلى الله عليه وسلم يقول: « إني عند الله في أمّ الكتاب لخاتمُ النبيين، وإن ءادم لمنجدل في طينته« . قال البيهقي [38]: « قوله صلى الله عليه وسلم: « إني عبد الله وخاتم النبيّين وإن ءادم لمنجدل في طينته« ، يريد به أنه كان كذلك في قضاء الله وتقديره قبل أن يكون أبو البشر وأول الأنبياء صلوات الله عليهم » ا.هـ.
Par ailleurs Ahmad a rapporté dans son Mousnad, Al-Hakim dans son Moustadrak et Al-Bayhaqiyy dans Dala’ilou n-Noubouwwah d’après Al-^Irbat ibnou Sariyah que Dieu l’agrée qu’il a dit : J’ai entendu le Messager de Dieu dire : ce qui signifie : « J’étais selon le jugement de Dieu inscrit dans la table préservée comme étant le dernier des prophètes alors que ‘Adam était encore sous la forme de terre glaise. » Al-Bayhaqiyy a dit : « La parole du Prophète qui signifie : « Je suis l’esclave de Dieu et le dernier des prophètes alors que ‘Adam était encore de sa terre glaise » il vise par cela qu’il était ainsi prophète selon la prédestination de Dieu et sa destinée avant même l’existence du père des humains et des prophètes que Dieu les honneur et les élève en degrés.
ثم إن الأفضلية ليست الأسبقية في الوجود بل الأفضلية بتفضيل الله، فالله تعالى يفضّل ما شاء من خلقه على ما شاء، فالله تعالى جعل سيدنا محمدًا أفضل خلقه على الإطلاق وأكثرهم بركة.
Par ailleurs le mérite n’est pas en précédent par l’existence mais par ce qui est accordé par Dieu, Il accorde plus de mérite parmi Ses créatures sur celles qu’Il veut, et Dieu a fait que notre maitre Mouhammad soit la meilleure des créatures dans l’absolu, celui qui a le plus de bénédiction.
فائدة مهمة
سؤال موجه إلى هؤلاء القائلين بأن الرسولَ هو أول خلق الله، يقال لهم: ألستم تعتقدون أن إبليس خُلق قبل ءادم؟ فيقولون: بلى للنص الوارد في القرءان وهو قوله تعالى: {والجانَّ خلقناهُ من قبلُ من نارِ السَّمُوم} فيقال لهم: وهل سَبْقُ إبليس ءادم عليه السلام بالخلق يقتضي أفضليته؟ فلا شك أنهم لا يقولون إن ذلك يقتضي أفضلية إبليس فيقال لهم: لماذا تتشبثون بقولكم: « الرسول أول خلق الله » وأي طائل تحت قولكم هذا؟!.
Information importante
Un question adressée à ceux qui disent que le Messager est la première des créatures de Dieu, nous leur disons : N’est-ce pas que vous avez pour croyance que ‘Iblis a été créé avant ‘Adam ? Ils diront oui par le texte du Qour’an par Sa parole :
[] ce qui signifie : « Et les jinns nous les avons créé auparavant à partir d’une flamme pure. » On leur dit : Le fait que ‘Iblis a existé avant ‘Adam, cela prouverait-il son mérite sur ‘Adam ? Nul doute qu’ils n’oseront pas dire que cela implique qu’’Iblis serait meilleur que ‘Adam, alors nous leur disons : « Pourquoi vous vous attachez à dire que le Messager est la première créature de Dieu ? et qu’est-ce qui la justifie ?!
أيضًا لا معنى لقول هؤلاء: إن الحديث الضعيف الإسناد إذا تلقته الأمة بالقبول فيكون صحيحًا لغيره كما ادعاه بعض من كتب في هذه المسألة من الهند وحديث أولية النور كذلك، فيقال لهم: هذا لا ينطبق على هذا الحديث الموضوع لأن مرادهم بالأمة المجتهدون، فاذكروا لنا أيّ إمام من الأئمة المجتهدين الأربعة وغيرهم قال بذلك، فإن كان عندكم نص فأظهروه، وهل تستطيعون أن تثبتوا ذلك عن أحد من أصحاب الأئمة الأربعة الذين تلقوا عن هؤلاء
De même il n’y a pas de sens dans leur parole que lorsque le hadith est faible par sa chaine de transmission, si la communauté le reçoit avec acceptation alors il deviendrait authentique pour une raison extrésinque relative à autre que lui-même tout comme l’a prétendu certains auteurs à ce sujet faisant partie de l’Inde en prétendant que le hadith de la primauté de la lumière serait ainsi. On leur dit : Ceci ne s’applique pas à ce hadith qui est fomenté car lorsque les savants ont donné cette règle, c’est lorsque la communauté des moujtahid l’accepte. On leur dit : Citez-nous quel imam par les quatre moujtahid et autre a dit cela ? Si vous avez un texte dans ce sens alors montrez-le, et seriez-vous capable de prouver cela d’un des compagnons de ses quatre imams qui ont reçu la science d’eux.
كل ما في الأمر أنكم وجدتم هذا الكلام الذي تقولونه من كلام بعض المتأخرين مثل الزرقاني وابن حجر الهيتمي والقسطلاني الذي هو من أهل القرن العاشر وأشباههم ومن جاء بعد هؤلاء مثل يوسف النبهاني الذي هو من أهل القرن الرابع عشر والعجلوني وأبي بكر الأشخر وأمثالهم، فكيف تدّعون أن هذا مما تلقته الأمة بالقبول؟!. ومن سواهم ممن تحتجون بكلامهم متأخر عن ابن حجر الهيتمي.
Dans cette question vous avez trouvé ces paroles chez certains des plus récents comme Az-Zourqaniyy, ibnou Hajar Al-Haytamiyy et Al-Qatallaniyy qui font partie des savants du dixième siècle et leurs semblables, et ceux qui sont venus après eux comme Youçouf An-Nabahaniyy qui fait partie du quatorzième siècle, et Al-^Ajlouniyy et Abou Bakr Al-Achkhal et leurs semblables, et comment vous prétendez que ceci fait partie de ce que la communauté a accepté ?! Et autre que ce que vous prenez la parole comme preuve sont venus après ibnou Hajar Al-Haytamiyy.
Ce qu’on dit les savants dans les livres de hadith c’est que lorsqu’un hadith est faible, si la communauté l’accepte alors il est authentique pour des raisons extrinsèques comme le hadith : « La mer est pure et l’animal qui meure et en est extrait est licite » et l’interdiction de vente Al-Kali’ contre Al-Kali’, ces deux hadiths les imams du salaf qu’ils soient des faqih–jurisconsultes– ou Hafih–spécialiste du hadith– ainsi que ceux qui les ont suivis comme Hafidh et Faqih venus après eux ont dit qu’ils étaient authentiques car la communauté les a reçus avec acceptation, c’est-à-dire que tous les moujtahid ont appliqué ce qu’il comporte malgré la faible de leur chaine de transmission, vous voyez bien que votre prétention est loin de cela !
Information utile : Le chaykh a dit : Beaucoup de mal est issu de l’âme, ceux qui ont des âmes nobles, sont au-dessus du mal et des turpitudes, ce sont ceux qui ont pris l’habitude de combattre les mauvais penchants de l’âme.
-Il n’a pas été rapporté du Messager de Dieu à propos du mois de Rajab ni de Ramadan que celui qui félicité les gens à l’occasion de ce mois, Dieu le préserve de l’enfer, ceci est un mensonge proféré sur le Messager. Et il a dit : ce qui signifie : « Mentir à mon sujet ce n’est pas comme mentir au sujet de quelqu’un d’autre, celui qui ment à mon sujet délibérément, qu’il se prépare à occuper sa place en enfer. »
إنما الذي ذكره العلماء في كتب الحديث أن الحديث الضعيف إذا تلقته الأمة بالقبول يكون صحيحًا لغيره مثل حديث [39]: « البحر هو الطهور ماؤه الحل وميتته »، وحديث [40] النهي عن بيع الكالئ بالكالئ، هذان الحديثان أئمة السلف من الفقهاء والمحدثين ومن تبعهم من الحفاظ والفقهاء الذين جاءوا بعدهم قالوا بصحة هذين الحديثين لان الأمة تلقتهما بالقبول، أي أنّ جميع المجتهدين عملوا بهما مع ضعف إسناديهما فأين ما تدعون من هذا؟!.
Audio 11/01/24 :
أما الحافظ ابن حجر العسقلاني فإنه لم يتعرض لما تقولونه بل صرح بما يُفهم من حديث: « كان الله ولم يكن شىء غيره وكان عرشه على الماء » بما دل عليه الحديث.
Le Hafidh ibnou Hajar n’a pas dit ce que vous prétendez mais il a dit de manière explicite ce qui est compris du hadith (kana l-lahou walam yakoun chay’oun ghayrouh) ce qui signifie : « Dieu existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité » il a dit ce que ce hadith indique.
وأما عبد الرزاق الصنعاني صاحب المصنف فهو متقدم، فالثابت عنه ما في تفسيره من أولية الماء والعرش، ثم من شأن عبد الرزاق في مؤلفاته أن يورد الحديث من غير أن يصححه، فكتابه المصنف والجامع لا يتعرض فيهما للحكم على الأحاديث التي يذكرها بقول « صحيح أو حسن أو ضعيف »، فلو ثبت أنّ حديث جابر ذكره في مصنفه فلم يصححه ولم يحسنه، فهل يقول ذو إلمام بعلم الحديث بأن مجرد ذكر المحدث لحديث في تأليفه أنه صحيح، لا يقول هذا من مارس علم الحديث دراية.
Pour ce qui est de ^Abdou r-Razzaq As–San^aniyy l’auteur de Al-Mousannaf, il est fait partie des anciens savants, et ce qui est authentifié de lui c’est ce qui figure dans son tafsir, à savoir l’antériorité de l’eau et du trône. Par ailleurs l’une de ces caractéristiques dans ses ouvrages c’est qu’il mentionne le hadith sans pour autant le valider. Dans son livre Al-Mousannaf et dans son Jami^ il ne fait pas mention de la classification des hadiths mentionnés en disant : sahih, ou haçan ou da^if, s’il avait été qu’il est mentionné le hadith de Jabir dans son Mousannaf, il ne l’aurait pas jugé sahih ni haçan. Est-ce que quelqu’un qui a une connaissance de la science du hadith dirait que la simple mention d’un hadith par un mouhaddith dans son ouvrage reviendrait à le classer comme sahih ? Celui qui a étudié la science du hadith en connaissance de cause ne dirait pas cela.
وقد ادعى بعض المتعصبين لحديث أولية النور أنه وجد نسخة من المصنف فيها ذكر هذا الحديث ولم يُعرف لها أثرٌ منذ نحو خمس عشرة سنة منذ قالها هذا الرجل.
فكيف ساغ لهم أن يحتجوا بحديث « أول ما خلق الله تعالى نور نبيك يا جابر » الذي لم يصححه أحد من الحفاظ.
Un de ces fanatiques qui prend parti pour la croyance de la primauté de la lumière a prétendu avoir trouvé une version du Mousannaf dans laquelle il aurait la mention de ce hadith, mais on n’en a retrouvé aucune trace depuis que cette personne a dit cela il y a une quinzaine d’années.
Et comment se sont-ils autorisés avec autant de faciliter de s’appuyer sur ce hadith « la première chose que Dieu a créé c’est la lumière de ton prophète ô Jabir » qu’aucun savant n’a jugé authentique.
على أن ابن حجر الهيتمي لما أورده في كتابه « شرح الأربعين النووية » لم ينقل أنّ احدًا من الحفاظ صحح حديث أولية النور المحمدي إنما قال عن نفسه أنّ ما ارتضاه من قِبَلِ نفسه وحاول تقوية رأيه بتأويل حديث الترمذي: « إن أول ما خلق الله تعالى القلم« ، وهذا الحديث صححه الترمذي، لكن ابن حجر الهيتمي أوّل هذا الحديث فقال: « أولية القلم نسبية وأولية النور المحمدي حقيقية »،
Tout en sachant par ailleurs que ibnou Hajar Al-Haytamiyy lorsqu’il a mentionné dans livre charhou l-arba^ina n-nawawiyyah il n’a pas rapporté qu’un hafidh a jugé sahih le hadith de l’antériorité de la lumière mouhammadiyy, mais il n’a fait que donner son avis de ce qu’il s’en est satisfait sans preuve. Il a essayé d’appuyer son avis par l’interprétation du hadith de At-Tirmidhiyy :
Ce qui signifie : « La première chose que Dieu a créé c’est le qalam. » Et ce hadith a été jugé authentique par At-Tirmidhiyy mais ibnou Hajar Al-Haytamiyy a interprété ce hadith en disant : « L’antériorité du qalam est relative et l’antériorité de la lumière mouhammadite est véritable. »
وكان الذي يليق به أن لا يتكلف هذا التأويل لأن تأويل النصوص الثابتة لا يصار إليه إلا لدليل عقلي أو نقلي ثابت وهنا لا يوجد واحد منهما.
Ce qui il aurait convenu de sa part c’était de ne pas se charger de cette interprétation, car l’interprétation des textes authentiques, on y a recours que lorsqu’il y a une preuve rationnelle catégorique ou textuelle authentique, or ici il n’y a aucun des deux.
وأما دعوى بعض الذين كتبوا في تأييد هذا الحديث أن السيوطي ما ضعفه إنما ضعف إسناده فلا ينافي ذلك ثبوته في نفسه من جهة أخرى، فالجواب: أن عبارته في قوت المغتذي تأبى ذلك لأن عبارته فيه وهذا نصها: « وأما حديثُ أولية النور المحمدي فلا يثبت » ا.هـ، فهذا حكم على الحديث بالضعف ولم يذكر الإسناد.
Quant à la prétention de certains qui ont composé des textes pour appuyer ce hadith, à savoir que As-Souyoutiyy ne l’aurait pas jugé faible mais qu’il a jugé faible sa chaine de transmission, et que selon eux cela ne remet en cause son authenticité en soi par ailleurs. La réponse est que ce qu’il a écrit dans son livre Qoutou l-Mouhtadiyy est contraire à cela, car ce qu’il a dit est ce qui suit : « Quant au hadith de l’antériorité de la lumière mouhammadite, il n’est pas authentifié. » Fin de citation
Il a attribué la non authenticité au hadith en soit, voici donc une classification du hadith comme étant faible et il n’a pas mentionné la chaine de transmission.
قاعدة أصولية تؤيد ما ذكرنا
اتفق الأصوليون على أنَّ النص لا يُؤول إلا لدليل سمعي ثابت أو دليل عقلي قاطع فقالوا: لا يجوز تأويل النص لغير ذلك وإن ذلك عبث والنصوص تُصان عن العبث، ذكر ذلك كثير منهم كصاحب المحصول.
فبعد هذا يبطل تأويل المؤولين لحديث أولية الماء بأن أوليته نسبية لتأييد قولهم: إن أول ما خلق الله نور محمد.
Une règle à partir des fondements confirmant ce qui a été cité
Les spécialistes des fondements de la religion sont d’accord sur le fait que le texte n’est interprété [sous-entendu par un autre sens que ce qui est apparent] que s’il y a une preuve textuelle authentique ou une preuve rationnelle catégorique. Ils ont dit : Il n’est pas permis de faire l’interprétation par un autre sens pour autre que ces deux raisons car ce serait absurde, et les textes sont préservés de l’absurdité [qui est le contraire de la sagesse]. Beaucoup de spécialiste des fondements ont mentionné cela, comme l’auteur de Al-Mahsoul [à savoir Ar-Raziyy qui vient de Ar-Rayyi à côté de l’actuel Téhéran].
En considérant cette règle, est alors prouvé l’infonder de l’interprétation de ce qui interprète le hadith de l’antériorité de l’eau, en prétendant qu’elle serait relative pour appuyer leur parole : « Certes la première chose que Dieu a créé c’est la lumière de Mouhammad. »
أما تأويل حديث أولية القلم للتوفيق بينه وبين حديث أولية الماء فذلك حق وصواب لأن كلا الحديثين ثابت، وفي هذا مقنع للمتدبر المنصف.
Pour ce qui est de l’interprétation par un autre sens que le sens apparent, de l’antériorité du Qalam, afin de concilier entre ce hadith et le hadith de l’antériorité de l’eau, cela est juste et correcte, car les deux hadiths sont authentifiés, et il y a en cela ce qui suffit à convaincre celui qui réfléchit correctement et qui est objectif.
ثم إن أحدهما أقوى من الآخر إسنادًا وهو حديث أولية الماء، فإن حديث أولية القلم دونه في القوة فسلكنا مسلك التأويل لحديث أولية القلم بأنها أولية نسبية وأن أولية الماء مطلقة جريًا على القاعدة: « إذا تعارض مقبولان أي صحيحان جُمع بينهما إن أمكن الجمع » وهنا وجدنا الجمع ممكنًا بالتأويل،
Par ailleurs, l’un des deux hadiths a une chaine de transmission plus forte que l’autre, en l’occurrence le hadith de l’antériorité de l’eau, car le hadith de l’antériorité du Qalam est plus faible que lui. Nous avons ainsi suivi la voie de l’interprétation du hadith de l’antériorité du Qalam en disant qu’il s’agit d’une antériorité relative, par application de la règle : Lorsque deux textes acceptés [c’est-à-dire authentique] ont des sens contradictoires, on concilie les deux lorsque cela est possible. » Et ici nous avons trouvé que la conciliation est possible grâce à l’interprétation par un autre sens que le sens apparent.
فإن قلنا: أولية القلم فهي بالنسبة للكتابة أي أن القلم أول ما خُلق للكتابة، فصح الجمع بينهما وزال التعارض.
Lorsque nous disons que le Qalam est antérieur c’est relativement à l’écriture, c’est-à-dire que le Qalam est la première chose créée pour l’écriture, la conciliation entre les deux est donc valide, et il n’y a plus d’opposition.
Information utile : Une histoire qui a eu lieu à l’époque du gouverneur Ishaq ibnou Ibrahim.
Il a vu dans le rêve le Prophète lui dire : « Libère l’assassin », il a eu extrêmement peur de cet ordre du Prophète, il a alors vu tous les registres pour voir s’il était mention d’un quelconque assassin et n’a rien trouvé. Puis il a demandé à tous les responsables de possible de police, et il a demandé à l’un : Est-ce que tu as reçu la plainte de quelqu’un d’accusation d’assassinat ? et on lui a répondu : oui. Et il a vérifié et a vu cela, et que l’assassin avait reconnu. Il a alors ordonné à ce qu’on amène cet homme, et ce gouverneur a vu qu’il avait peur. Puis il a dit : Si tu m’as dit la vérité je te libère. Puis le jeune homme a parlé de son histoire et il a raconté qu’il était avec ses amis et se réunissaient sur des grands péchés et qu’ils commettaient de grave désobéissance, que leur lieu de réunion était dans une ville. Lorsque c’était le jour en question, une vielle femme était venue pour les aider à l’interdit, elle avait ce jour là une jeune femme extrêmement belle, quand elle était au milieu de la maison la vielle femme a chuchoté à l’oreille de l’un des jeunes et il a voulu prendre la jeune femme par la main et la femme a poussé une cri fort et elle a dit : Je suis une charifah et mon grand-père est le Messager de Dieu. Le jeune homme a dit : J’ai eu pitié d’elle et j’ai voulu la délivrer. Lorsqu’elle s’est réveillée j’étais le premier à ses côtés et je l’ai interrogé sur son histoire comment elle s’était retrouvée ici. Elle a alors juré et a dit : Cette vielle femme ma trompé et emmené pour voir de très beau vêtement sans pareil, elle a essayé de m’entrainer tellement elle était convaincante et je l’ai accompagné en étant confiante en elle et elle m’a entrainé chez vous alors que mon grand-père c’est le messager de Dieu et ma mère est Fatimah et mon père est Al-Haçan fis de ^Aliyy. Puis le jeune homme a dit : Je l’ai garantie de la libérer et j’ai voulu faire en sorte qu’on la laisser partir en parlant avec mes amis mais ils ont refusé et ont continué à lui nuire, je me suis levé et je me suis mis devant elle pour la défendre et qu’ils ne s’y approchent pas. Certains d’entre eux sont partis et la situation s’est empiré au point que certains m’ont blessé, j’ai pris le plus acharné et je l’ai tué. Je n’ai pas arrêté de la protéger jusqu’à ce qu’elle parte saine et sauve et elle a pu sortir saine et sauve. Elle lui a fait une invocation : Que Dieu ne te dévoile pas comme tu as contribué à ne pas que je sois dévoilé et que Dieu t’accorde un soutien comme tu m’as soutenu. Les voisins ont entendu et ils sont arrivés et le couteau était dans ma main et un homme agonisait. Le père de cette fille était venu témoigner que ce jeune homme était venu prendre la défense de cette fille. Puis le gouverneur a dit : Je reconnais ton mérité pour avoir préserver l’honneur de cette femme et je t’excuse pour l’agrément de Dieu et de Son messager et fais le repentir de tes péchés. Le jeune homme a répondu : Par Allaah je ne ferai plus jamais de désobéissance et je ne m’engagerai plus dans des choses suspect jusqu’à ce que je sois jugé. Puis le gouverneur lui a annoncé le rêve et il lui a proposé beaucoup d’argent et il a refusé. Il a fait un repentir sincère pour lui l’argent et la terre était équivalent. C’est une leçon de moralité pour les jeunes hommes et jeunes femmes afin d’être en garde face aux turpitudes car le châtiment de Dieu est terrible.
قاعدة في التصحيح والتضعيف
العبرة في التصحيح والتضعيف أن يكون من حافظ أي أن يَنُصَّ حافظ على أن هذا الحديث صحيح أو أن يذكر حافظ في كتابه أنه يقتصر فيه على الصحيح كالحافظ سعيد بن السَّكن فإنه ألَّف كتابًا اشترط فيه الاقتصار على الصحيح سمّاه « السنن الصحاح ».
Audio 18/01/24 :
Une règle pour juger authentique ou faible [un texte]
Ce qui est à prendre en compte pour considérer un hadith authentique c’est lorsqu’un hafidh affirme explicitement que le hadith est authentique, ou lorsqu’il indique qu’il ne mentionnera que ce qui est du degré de l’authentique commence le Hafidh Sa^id ibnou s-Sakan dans son livre il a dit qu’il allait citer que ce qui est authentique.
ويؤيد هذا ما ذكره الحافظ السيوطي في ألفيته في مصطلح الحديث:
وخذه حيث حافظ عليه نصّْ *** أو من مصنف بجمعه يُخَصّْ
يعني أنّ الحديث الصحيح يُعرف أنه صحيحٌ بنص حافظ على صحته، أو بأن يُذكر في كتاب ألفَّه حافظٌ واشترط فيه أنه لا يذكر في كتابه هذا إلا الصحيح.
Et le Hafidh As-Souyoutiyy a cité cette règle dans sa Alfiyah dans Al-Moustalahou l-hadith
Ces vers résument donc cette règle, le hadith est authentique par la mention du hafidh ou lorsqu’il pose pour condition de ne mention que ce qui est authentique.
وأما غير الحفاظ فلا عبرة بتصحيحهم ولا بتضعيفهم، فحديث أولية النور المحمدي لم يصححه حافظٌ من الحفاظ لا من المتقدمين ولا من المتأخرين، ولم يُذكر في كتاب اشترط فيه مؤلفه الحافظ أنه يقتصر فيه على الصحيح.
Quant à autre que les hafidh, il n’y a pas de considération a donné à leur déclaration d’authentique ou de faible. Le hadith de l’antériorité de la lumière mouhammadiyy n’a pas été jugé sahih par aucun hadith, ni parmi les anciens ou les récents. Il n’a pas été cité non plus dans un livre dont l’auteur qui serait un hafidh a posé pour condition qu’il n’y mentionne que ce qui est authentique.
وأما مجرد ذكر حديث في كتابٍ مؤلفُه حافظ فليس دليلاً على صحته، فهذا الإمام أحمد بن حنبل شيخ الحفاظ مع جلالة قدره وهو أحد الأئمة الأربعة المجتهدين ذكر في كتابه المسند ءالافًا من الأحاديث الثابتة الصحيحة وءالافًا من الضعاف، بل تكلم الحافظ زين الدين العراقي شيخ الحافظ ابن حجر العسقلاني على أربعة عشر حديثًا مما في المسند بأنها موضوعة،
Quant au simple fait de citer un hadith dans un livre dont l’auteur est un hafidh, ceci n’est pas une preuve de son authenticité, voici par exemple l’imam Ahmad ibnou Hanbal le chaykh des hafidh, malgré son haut degré tout en sachant qu’il est l’un des quatre imam moujtahid, il a cité dans son livre Al-Mousnad, des milliers de hadith authentiques, et des milliers de hadith faibles, plus encore le hafidh Zaynou d-Din Al-^Iraqiyy le chaykh du Hafidh ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy a dit à propos de quatorze hadith dans le Mousnad qu’ils sont mensongers.
فإذا كان هذا حال مسند الإمام شيخ الحفاظ أحمد بن حنبل فماذا يكون مؤلفات مَنْ هو دونه كالحافظ عبد الرزاق الذي صنف كتابه المعروف بالمصنف وكتاب التفسير وكتاب الجامع.
Si tel est l’état du Mousnad de l’imam le chaykh des Hafidh Ahmad ibnou Hanbal, que dire alors des ouvrages de ceux qui ont un degré moindre que le sien comme le Hafidh ^Abdou r-Razzaq qui a composé son ouvrage connu sous le nom de Al-Mousannaf, et un livre At-Tafsir, et un livre du nom de Al-Jami^.
فالذين ذكروا حديث: « أولُ ما خلق الله نورُ نبيك يا جابر » من المتأخرين كثيرٌ لكنّ كثرتهم لا تفيدهم شيئًا لأنهم لم يبلغوا درجة الحافظ، إنما بعضهم محدثون لهم إلمامٌ بالحديث وبعضهم ليسوا من المحدثين بالمرة مثل الشيخ يوسف النبهاني فإنه ذكر في بعض مؤلفاته أنه ليس عالمًا فضلاً عن المحدثيّةِ وأدخل في كتابه « أربعين الأربعين » لضعفه في هذا العلم « الأربعين الودعانية » المحكوم عليها عند الحفاظ بأنها موضوعة، وهذا ناتج عن قلة اطلاعه في هذا العلم فلذلك خَفيَ عليه ذلك ولم يعرف أنها موضوعة.
Ceux qui ont cité le hadith « La première chose que Dieu a créé est la lumière de ton Prophète ô Jabir » parmi les récents sont nombreux, mais leur grand nombre n’implique rien du tout car ils n’ont pas atteint le degré de Hafidh. Il est vrai que certains d’entre eux sont des mouhaddith, ils ont quelques connaissances du hadith, et certains autres ne sont même pas mouhaddith, comme le chaykh Youçouf An-Nabahaniyy, il a lui-même cité dans certains de ces ouvrages qu’il n’était pas un savant et à plus forte raison qu’il n’était pas un mouhaddith. Il a inséré dans son livre Arba^ina l-arba^in en raison de sa faiblesse dans cette science [du hadith] Al-Arba^in Al-wad^aniyyah jugé par les Hafidh comme étant faible, et ceci est le résultat de son peu de connaissance dans cette science, cela lui a échappé, il ne savait pas que ces hadith étaient faibles.
والشيخ يوسف النبهاني قد جازف في هذا الباب مجازفة كبيرة لقوله في ألفيته:
نورك الكل والورى أجزاءُ *** يا نبيًا من جنده الأنبياءُ
وفي كتاب « مولد أبي الوفا » أيضًا ما نصه:
خلق الله من النور القديم *** نور مصطفى التهامي الأصيل
أتطلق هذه العبارة على ما يرويه مثل هؤلاء؟! وما الذي يدعو إلى هذا التعصب؟ وهل الفضل بالتقدم في الوجود؟
Et le chaykh Youçouf An-Nabahaniyy a extrêmement dépassé les limites dans ces sujets, il a composé dans sa Alfiyyah [poème de mille vers] il a dit :
« Ta lumière c’est le tout et les gens sont des parties, ô toi le prophète dont les soldats sont les prophètes. »
Et dans le livre Mawlid abi l-Wafa figure également ce qui suit :
« Allah a créé de la lumière ancienne, la lumière de l’Élu At-Tihamiyy le pure. »
Est-ce que cette expression peut être employé en se basant sur ce que rapporte pareil à ces gens !? Et qu’est-ce qui appelle à pareil fanatisme !? Et est-ce que le mérite est dans l’antériorité de l’existence ?
إنما الفضل بتفضيل الله تعالى لمن يشاء، فلو كان الفضل بتقدم الوجود لكان الماء أفضل كل شىء مع أنه من النعم التي امتن الله بها على عباده وذكره في القرءان بقوله: {وجعلنا من الماء كل شىءٍ حي} [سورة الأنبياء]، ولكان القلم أيضًا أفضل خلق الله مع ثبوت لفظ « إنه أول ما خلق الله » رواية.
Le mérite est en réalité accordé par Allah à qui Il veut, si le mérite était par l’antériorité de l’existence, l’eau aurait été meilleure que toute chose bien qu’elle soit effectivement une grâce que Allah a accordé à Ses esclaves et qu’Il a cité dans le Qour’an par Sa parole :
[/30] ce qui signifie : « Nous avons fait de l’eau toute chose vivante », et le Qalam aurait été également la meilleure créatures de Allah avec la confirmation de l’expression qu’il est le premier de ce que Allah a créé dans d’autres versions du hadith.
يكفي سيدنا محمدًا بأفضليته على جميع خلق الله ما ذكره الله في القرءان الكريم من أخذ الميثاق على كل نبي أن يؤمن به إذا بُعث محمد وهو حي وذلك ما في قوله تعالى: {وإذ أخذَ اللهُ ميثاقَ النَّبِيِّينَ لَمَا ءاتيتُكم مِن كتابٍ وحكمةٍ ثمَّ جاءكُم رسولٌ مصدِّقٌ لِما معكم لَتُؤمِنُنَّ بهِ ولَتَنْصُرنَّهُ} [سورة ءال عمران] الآية.
Il suffit pour notre maitre Mouhammad comme mérite sur toutes les créatures de Dieu ce que Allah a mentionné dans le Qour’an honoré, qu’Il a pris l’engagement de tous les prophètes de croire en lui, si Mouhammad recevait sa mission de prophète, alors qu’il était vivant, et c’est ce qui est indiqué dans sourate ‘Ali ^Imran / 81 :
وإذ أخذَ اللهُ ميثاقَ النَّبِيِّينَ لَمَا ءاتيتُكم مِن كتابٍ وحكمةٍ ثمَّ جاءكُم رسولٌ مصدِّقٌ لِما معكم لَتُؤمِنُنَّ بهِ ولَتَنْصُرنَّهُ
دليل وضع حديث جابر
هذا الحديث فيه ثلاث علل على أنه موضوع:
الأولى: أن أوّله وهو نص في أن النور المحمدي أول المخلوقات على الإطلاق، ثم الجملة التي بعده وهي « خلقه الله تعالى من نوره قبل الأشياء »، فإن قُدّرت هذه الإضافة التي في كلمة نوره إضافة المِلْك إلى المالك كان المعنى أنّ أول المخلوقات نورٌ خلقه الله تعالى ثم خلق منه نورَ محمدٍ فيكون هذا نقضًا لأوله فلا يصحُّ على هذا قولُ « نورُ محمدٍ أول المخلوقات على الإطلاق ».
La preuve que le hadith de Jabir est fomenté
Ce hadith comporte trois causes qui prouve qu’il est fomenté :
La première est que le début du hadith est un énoncé indiquant que la lumière Mouhammadite est la première des créatures dans l’absolu. Puis la phrase qui le suit à savoir « Allah l’a créé à partir de Sa lumière avant toute chose. » Si le pronom possessif dans « sa lumière » était supposé être une attribution d’une chose à celui qui la possède, le sens serait alors que la première des créatures serait une lumière que Dieu aurait créée, à partir de laquelle Il aurait créé la lumière de Mouhammad, et ce serait une contradiction du début du hadith et il ne serait plus valide alors de dire que la lumière de Mouhammad est la première des créatures dans l’absolument.
وأما إن قُدّرت هذه الإضافة إضافةَ الصفة إلى الموصوف فالبليَّة أشدُّ وأكبرُ لأنه يكون المعنى على هذا التقدير أنَّ نور محمد جزءٌ من الله وهذا هو الشرك الأكبر والكفر الأشنع، لأن من عقيدة أهل السنة أن الله تعالى لم ينحلَّ منه شىء ولا ينحلُّ هو من شىءٍ غيره وأنه ليس مركبًا وأنه ليس شيئًا له أجزاء وإنما الجزء للمخلوقات،
Toutefois s’il était supposé que cette adjonction serait l’adjonction d’un attribut à celui qui en est attribué, la catastrophe serait encore plus grande et plus grave car le sens serait dans cette hypothèse que la lumière de Mouhammad serait une partie de Allah et ce serait l’association majeur et la mécréance la plus abominable. En effet, la croyance de Ahlou s-sounnah est que Allah ta^ala, rien ne se sépare de Son Être et lui-même ne dérive de quelque chose d’autre que Lui, et qu’Il n’est pas composé, et qu’Il n’est pas quelque chose qui a des parties car ce qui a des parties est créé.
Audio 25/01/24 :
وقد ذكر الشيخ عبد الغني النابلسي رضي الله عنه أن من اعتقد أن الله انحلَّ منه شىء أو انحلّ هو من شىء فهو كافر وإن زعم أنه مسلم وأن من اعتقد أنه نور يتصوره العقل فهو كافر، فاعتقاد أن الرسول جزءٌ من نور هو من ذات الله كاعتقاد النصارى أنّ المسيح روحٌ هو جزءٌ من الله.
Le chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulsiyy a dit : Celui qui croit que Dieu dérive de lui quelque chose ou que lui-même dérive de quelqu’un chose est un mécréant même s’il prétend être musulman et celui qui croit que Dieu est une lumière est un mécréant. La croyance que le Messager serait une partie d’une lumière qui proviendrait de l’être de Dieu est comme la croyance des chrétiens que ^Iça est une âme qui serait une partie de Dieu.
ومن المعلوم أن كلام الرسول لا ينقضُ بعضه بعضًا، وهذا الحديث الجملة الثانية منه تنقض الأولى، فالرسول منزهٌ عن أن ينطق بمثله، فبهذا سقط الاحتجاج بهذا الحديث على دعوى أن أول المخلوقات على الإطلاق نور محمد.
Et il est connu que le prophète ne dit pas de parole contradictoire, et ce hadith la deuxième phrase contredit la première, le Messager est exempt de dire pareil parole. Ainsi il n’y a plus de possibilité de preuve pour prétendre que la première des créatures dans l’absolu serait la lumière de Mouhammad.
الثانية: قد حكم المحدث الحافظ أبو الفضل أحمد الغماري المغربي على هذا الحديث بأنه موضوع كما قدمنا، واستدل بما قرره علماء الحديث أن الركاكة في الحديث دليل كونه موضوعًا وذلك ظاهر لمن تأمل في ألفاظه.
La deuxième cause est que le mouhaddith le Hafidh abou l-Fadl Ahmad Al-Ghoummariyy Al-Maghribiyy l’a jugé ce hadith faible comme nous l’avions mentionné, et il s’est appuyé sur une règle qui est que la médiocrité du style d’un hadith est une preuve qu’il est fomenté, et cela est apparent pour celui qui étudie ces termes.
الثالثة: من جملة ألفاظه ما نقله سليمان الجمل في شرحه على الشمائل عن سعد الدين التفتازاني في شرح بردة المديح عند قوله:
وكل ءاي أتى الرسل الكرام بها *** فإنما اتصلتْ من نوره بهمِ
La troisième cause est que parmi les termes qui ont été rapporté par Soulayman Al-Jamal dans son commentaire de Ach-Chimal d’après Sa^dou d-Din At-Taftazaniyy dans son commentaire de Bourdatou l-Madih quand l’auteur a dit :
« Tous les signes que les messagers honorables ont amenés, ce sont liés de sa lumière à eux »
وهذا نص عبارته [41]: « عن جابر بن عبد الله الأنصاري قال: سألت رسول الله صلى الله عليه وسلم عن أول شىء خلقه الله فقال: هو نور نبيك يا جابر خلقه الله ثم خلق منه كل خير وخلق بعده كل شر، فحين خلقه أقامه قدامه في مقام القرب اثني عشر ألف سنة ثم جعله أربعة أقسام، فخلق العرش من قسم والكرسي من قسم وحملة العرش وخزنة الكرسي من قسم، وأقام القسم الرابع في مقام الحب اثني عشر ألف سنة ثم جعله أربعة أقسام، فخلق القلم من قسم والروح من قسم والجنة من قسم وأقام القسم الرابع في مقام الخوف اثني عشر ألف سنة، ثم جعله أربعة أجزاء فخلق الملائكة من جزء وخلق الشمس من جزء وخلق القمر والكواكب من جزء وأقام الجزء الرابع في مقام الرجاء اثني عشر ألف سنة، ثم جعله أربعة أجزاء فخلق العقل من جزء والحلم والعلم من جزء والعصمة والتوفيق من جزء وأقام الجزء الرابع في مقام الحياء اثني عشر ألف سنة، ثم نظر إليه فترشح ذلك النور عرقًا فقطرت منه مائة ألف وعشرون ألفًا وأربعة ءالاف قطرة فخلق الله تعالى من كل قطرة روح نبي أو رسول، ثم تنفست أرواح الأنبياء فخلق الله من أنفاسهم نور أرواح الأولياء والسعداء والشهداء والمطيعين من المؤمنين إلى يوم القيامة، فالعرش والكرسي من نوري، والكروبيون والروحانيون من الملائكة من نوري، وملائكة السموات السبع من نوري، والجنة وما فيها من النعيم من نوري، والشمس والقمر والكواكب من نوري، والعقل والعلم والتوفيق من نوري، وأرواح الأنبياء والرسل من نوري، والشهداء والسعداء والصالحون من نتائج نوري، ثم خلق الله اثني عشر حجابًا فأقام النور وهو الجزء الرابع في حجاب ألف سنة وهي مقامات العبودية وهي حجاب الكرامة والسعادة والرؤية والرحمة والرأفة والحلم والعلم والوقار والسكينة والصبر والصدق واليقين فعبد الله ذلك النور في كل حجاب ألف سنة، فلما خرج النور من الحجب ركّبه الله في الأرض فكان يضيء، وركب فيه النور في جيبه ثم انتقل منه إلى شيث ولده، وكان ينتقل من طاهر إلى طيب إلى أن وصل إلى صلب عبد الله بن عبد المطلب ومنه إلى زوجه أمي ءامنة، ثم أخرجني إلى الدنيا فجعلني سيد المرسلين وخاتم النبيين ورحمة للعالمين وقائد الغر المحجلين هكذا كان بدء خلق نبيك يا جابر » ا.هـ.
Et voici ce qu’il a dit :
« D’après Jabir fils de ^Abdou l-Laah Al-Ansariyy qu’il a dit : J’ai interrogé le Messager de Allah à propos de la première des créatures que Dieu a créé, le Prophète aurait dit : C’est la lumière de ton prophète Ô Jabir, Allah l’a créé puis Il a créé d’elle toute chose de bien puis il a créé tout mal. Lorsqu’Il l’a créé il a laissé devant lui dans le degré de la proximité pendant douze mille années puis il l’a partagé en quatre partie, il a créé le trône avec une partie, le piédestal avec une autre, les anges qui portent le trône et gardien du piédestal à partir d’une partie puis Il a gardé une quatrième partie dans le degré de l’amour pendant douze mille ans. Puis Il l’a partagé en quatre parties, Il a créé le Qalam à partir d’une partie, l’âme à partir d’une autre, le paradis à partir d’une autre, puis Il a laissé la quatrième partie dans le degré de la crainte pendant douze milles ans et Il l’a divisé en quatre parties, Il a créé les anges o partir d’une partie, le soleil à partir d’une autre, la lune et les étoiles à partir d’une autre, puis Il a gardé la quatrième partie dans le degré de l’espoir pendant douze mille ans. Puis Il a divisé en quatre parties, Il a créé la raison à partir d’une partie, l’indulgence et la science à partir d’une autre, la préservation et la réussite à partir d’une autre et Il a conservé la quatrième partie dans le degré de la pudeur pendant douze milles ans puis Il lui a accordé une vue, cette lumière s’est condensée en des gouttes qui sont tombés en 124 000 gouttes et Dieu a créé à partir de chaque goutte l’âme d’un prophète ou d’un messager. Puis les âmes des prophètes ont respiré et Dieu a créé de leur souffle la lumière des âmes des saints des bien heureux des martyrs et des obéissants parmi les croyants jusqu’au Jour du jugement. Ainsi le trône et le piédestal sont à partir de ma lumière, les kouroubiyyoun et les rouhaniyyoun parmi les anges sont à partir de ma lumière, les anges des sept cieux sont de ma lumière, le paradis et ce qu’il comporte comme félicité sont de ma lumière, le soleil la lune et les étoiles sont de ma lumière, la raison la science et la réussite sont de ma lumière, les âmes des prophètes et des messagers sont de ma lumière, les martyrs, les bienheureux et les vertueux résultent de ma lumière. Ensuite Allah a créé douze mille écrans et Il y a laissé la lumière qui est la quatrième parties dans un écran durant mille ans, et il s’agit du statut de l’esclave et l’écran de l’honneur de la félicité de la vision de la miséricorde de la compassion de l’indulgence de la science, de la quiétude, de la patience de la véracité et de la certitude.
Cette lumière a adoré Dieu dans chaque écran pendant mille ans et lorsque cette lumière est sortie des différents écrans, Allah a fait descendre sur terre et a éclairé, et Il a monté cette lumière dans le front de ‘Adam, puis elle s’est déplacée de lui à son fils Chith, puis elle s’est déplacé d’un pur à un bon jusqu’à arriver dans ^Abdou l-Lah ibnou ^Abdou l-Mouttalib, et de lui à son épouse ma mère ‘Aminah, puis Il m’a fait apparaitre dans le bas monde, a fait de moi le maitre des messagers, le dernier des prophètes, la miséricorde pour les mondes, le guide des ghour et des mouhajjarin, voici comment a commencé la création de ton prophète ô Jabir. » Fin de citation
واللفظ الذي ساقه العجلوني ونسبه إلى مصنف عبد الرزاق وهذا نصه: « عن جابر بن عبد الله قال: قلت: يا رسول الله بأبي أنت وأمي أخبرني عن أول شىء خلقه الله قبل الأشياء قال: يا جابر إن الله تعالى قد خلق قبل الأنبياء نور نبيك من نوره فجعل ذلك النور يدور بالقدرة حيث شاء الله ولم يكن في ذلك الوقت لوحٌ ولا قلمٌ ولا جنةٌ ولا نارٌ ولا ملكٌ ولا سماءٌ ولا أرضٌ ولا شمسٌ ولا قمرٌ ولا جنٌّ ولا إنسٌ، فلما أراد الله تعالى أن يخلق الخلق قسم ذلك النور أربعة أجزاء فخلق من الجزء الأول القلم ومن الثاني اللوح ومن الثالث العرش، ثم قسم الجزء الرابع أربعة أجزاء فخلق من الأول حملة العرش ومن الثاني الكرسي ومن الثالث باقي الملائكة، ثم قسم الجزء الرابع أربعة أجزاء فخلق من الأول السموات ومن الثاني الأرضين ومن الثالث الجنة والنار، ثم قسم الجزء الرابع أربعة أجزاء فخلق من الأول نور أبصار المؤمنين ومن الثاني نور قلوبهم وهي المعرفة بالله تعالى ومن الثالث نور أنفسهم وهو التوحيد لا إله إلا الله محمد رسول الله صلى الله عليه وسلم ». ا.هـ.
Il y a une autre version rapportée par Al-^Ajlouniyy, il a prétendu que cette version figure dans le mousannaf de ^Abdou r-Razzaq, dans cette version il est dit : D’après Jabir ibnou ^Abdi l-Lah qu’il a dit : Ô Messager de Dieu je t’aime plus que mon père et ma mère, informe-moi de la première créature que Dieu a créé avant toute chose ? et le Prophète aurait dit : Ô Jabir avant la création de tous les prophètes il y a eu la lumière de ton prophète à partir de Sa lumière et il a fait que cette lumière tourne par la toute-puissance de Dieu où Il a voulu et à cette époque il n’y avait ni table ni qalam ni paradis ni enfer ni ange ni ciel ni terre ni soleil ni lune ni jinn ni humain, et lorsque Dieu a voulu créé les créatures, Il a partagé cette lumière en quatre parties, de la première Il a créé le qalam, de la deuxième la table préservée, de la troisième le trône et il a fait que la quatrième partie soit divisé en quatre partie, Il a créé de la première les anges porteurs du trône de la deuxième al-Koursiyy et de la troisième le reste des anges, puis Il a divisé la quatrième partie en quatre parties, et Il a créé de la première les cieux, de la deuxième les terres, de la troisième le paradis et l’enfer puis Il a partagé la quatrième partie en quatre, Il a créé de la première la lumière des regard des croyants, de la deuxième la lumière de leur cœur, il s’agit de la connaissance de Dieu, de la troisème la lumière de leur souffle qui est le tawhid laa ilaaha illa l-Laah Mouhammadoun raçoulou l-laah. » Fin de citation
وبين الروايتين المنقولتين اختلاف كبير فظاهر هذا اضطراب والاضطراب من موجبات الضعف.
ثم إن الإسناد الذي ذكر لهذا الحديث منقطع بين إسحاق بن إبراهيم الدَّبَري وعبد الرزاق، فقد ظهر بذلك أن فيه ثلاث علل: الاضطراب، وانقطاع الإسناد، والركاكة، والركاكة من علامات الوضع كما قرره علماء الحديث في كتب المصطلح.
Entre les deux versions qui sont rapportés il y a une grande différence, ce qui indique une perturbation–idtirab qui prouve que le hadith est nécessairement faible.
Par ailleurs la chaine de transmission mentionné pour ce hadith est interrompue entre Ishaq fils de Ibrahim Ad-Dabariyy et ^Abdou r-Razzaq. Il s’avère ainsi qu’il y a trois défaillances, premièrement la perturbation–al-idtirab, deuxièment la discontinuité de la chaine de transmission et troisièmement la médiocrité du style–ar-Rakakah, et cette médiocrité indique que ce hadith est fomenté comme l’ont indiqué les savants spécialistes du hadith–al-moustalah.
نصيحة
قال عصرينا الشيخ عبد الله الغماري في رسالته « مرشد الحائر » [42]: « وما يوجد في بعض كتب المولد النبوي من أحاديث لا خطام لها ولا زمام هي من الغلو الذي نهى الله ورسوله عنه، فلا يعتمد على تلك الكتب ولا يقبل الاعتذار عنها بأنها من الفضائل، لأن الفضائل يتساهل فيها برواية الضعيف، أما الحديث المكذوب فلا يقبل في الفضائل إجماعًا، والنبي يقول: « من حدث عني بحديث يرى أنه كذب فهو أحد الكاذبين.. » [43]، ويقول: « من كذب عليّ متعمدًا فليتبوأ مقعده من النار« [44]، وفضل النبيّ صلى الله عليه وسلم ثابت في القرءان الكريم والأحاديث الصحيحة وهي في غنى عما يقال فيه من الكذب والغلو… » ا.هـ.
Conseil
Notre contemporain le chaykh ^Abdou l-Lah Al-Ghoummariyy a dit dans sa livre Mourchidou l-Haa’ir : « Ce qu’il y a dans certains livre composé pour le Mawlid prophétique comme hadith qui n’ont pas de bride, est une forme d’outrance que Dieu et Son messager ont interdit. On ne se base pas sur de tel livre et on n’accepte pas de les tolérer sous prétexte que cela porte sur des actes de mérites, car pour inciter aux actes de mérite, on tolère les versions rapportées du degré de faible, quant au hadith mensonger il n’est pas accepté par unanimité lorsqu’il s’agit d’acte de mérite, et le Prophète a dit :
[Rapporté par Mouslim et At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Celui qui rapporte de moi un hadith qu’il considère mensonger fait partie lui-même des menteurs. » et dans un hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim, Abou Dawoud, ibnou Majah ce qui signifie : « Celui qui ment à mon sujet délibérément, alors qu’il se prépare à occuper sa place en enfer. »
Et le mérite du prophète est confirmé dans le Qour’an honoré et les hadiths authentiques, et le Prophète n’a pas besoin de ce que l’on dit à son sujet comme mensonge et outrance.
ثم إن التشبث بقول إن نور محمد أولُ المخلوقات على الإطلاق نوعٌ من الغلو وقد نهى الله ورسوله عن الغلو.
ومن الغلو أيضًا اعتقاد كثير من الناس أن الولي لا يخطئ في شىء من أمر الدين، وهذا خلاف حديث رسول الله صلى الله عليه وسلم الذي رواه الطبراني في الأوسط من حديث عبد الله بن عباس عن النبي صلى الله عليه وسلم: « ما من أحد منكم إلا يؤخذ من قوله ويترك غير رسول الله« ، وفي رواية: « غير النبي« ، وحسَّنه الحافظ العراقي.
De plus, s’attacher à la parole que la lumière de Mouhammad est la première des créatures est une forme d’outrance que Dieu et Son messager a interdit.
Et parmi les formes d’outrance il y a également la croyance de certains que le saint ne se trompe dans aucun sujet de la religion, or ceci est contraire au hadith rapporté par At-Tabaraniyy dans Al-‘Awsat d’après ^Abdou l-Lah ibnou ^Abbas que le Prophète a dit : ce qui signifie : « Il n’y a pas l’un d’entre vous sans qu’on puisse prendre de sa parole ou la délaisser hormis le Messager de Allah. » et dans une version hormis le prophète, et ce hadith a été jugé haçan par le Hafidh Al-^Iraqiyy.
L’imam Ach-Chafi^iyy que Dieu l’agrée a relu son livre une quarantaine de fois avec ses élèves et à chaque fois il trouvait quelque chose à corriger, et il a dit à la fin : « Allah a voulu qu’il n’y ait pas autre que Son livre qui soit préservé de l’erreur. »
01/02/24 :
Le saint quel que soit élevé son degré, nécessairement il va se tromper dans certaines questions secondaires mais pas dans les fondements de la croyance et ce qui est de cette ordre. Et voilà la croyance des plus grands des saints, les plus grands des saints tel est sa croyance. Le chaykh Aboul Qadir Al-Jillaniyy que Allah l’agrée, a dit : « Si le mourid(c’est à dire le disciple) prend connaisse de l’erreur de chaykh, alors qu’il lui attire l’attention (Qu’il lui dit attention tu t’es trompé). Si le Chaykh délaisse l’erreur l’affaire et close. (Alors qu’est-ce que fait le Mourid)Sinon qu’il soit conforme à la loi. C’est à dire il ne le suit pas pour ce qui est une erreur. »
Chaykh Ahmad ^arifariyy , notre grand saint de cette communauté, a dit ce qui signifie : « N’émet pas d’objection contre les saints quelques soient leur comportement tant qu’ils ne contredisent pas la loi. Mais s’ils contredisent la loi alors reste du côté de la loi. Ici bien sûr le saint ne veut pas dire qu’ils commettent de la mécréance, il se peut qu’ils commettent un péché, un petit péché ou un grand péché ou quelques choses de déconseiller ; c’est à dire ici ne le suit pas reste du côté de la loi. » Ce hadith c’est celui qu’on a vu la foi passée, le hadith du Prophète (06’58) rapporté par Tabaraniyy , d’après Abdou L-Laah Ibnou Abass : « Toute à chacun peut se tromper dans ce qu’il dit hormis le Messager de Allah ». Il a jugé ce hadith comme haçan. Ce hadith indique de manières explicites que chaque individu de la communauté, aussi bien les gens de sciences que les gens du commun, dira indispensablement aura une partie de ses paroles qui sont correctes et une partie qui ne sont pas correctes. Autrement dit personne n’est exceptée. Le Prophète a été claire ,pas un seule d’entre vous, il n’y a aucun qui est excepté .Il est devoir de mettre en garde contre ceux qui s’attachent à tout ce qui est attribué aux saints ,qui est véritablement provenu d’eux , qui est une erreur de leur part , et ce qui n’est pas véritablement provenu d’eux , et c’est le plus fréquent , certains dès qu’ils entendent quelques choses qui attribuait à un saint, ça y est ils suivent ; parfois quelques chose c’est véritablement provenu d’eux et c’est une erreur , et c’est le plus fréquent ce n’est pas provenu d’eux mais certains ils s’attachent les yeux fermés. Ils prétendent justifier cette mauvaise compréhension par la parole suivant ce qui signifie : « Soit chez lui comme le mort chez celui qui le lave, il lui fait prendre la position qu’il veut. Il pense à tort que cela veut dire qu’il est un devoir de suivre le Chaykh accompli en toutes choses et qu’il serait exempt d’erreur ». Ces ignorants ont considéré équivalents le saint et les Prophètes. Il suffit comme témoin comme ce qui a été cité et qu’il a été authentifié que ^Oumar fils de Khattab que Dieu l’agrée avait reconnu propre erreur. Il avait dit une fois ce qui signifie : « Ne surenchérissez pas les dotes des femmes. S’il me parvient que quelqu’un a fait que la dote de la femme dépasse les quatre cents dirhams, je la confisque et je le mets dans le trésor des musulmans ». Une femme a dit à ^Oumar : « Tu n’as pas à faire cela ô émir des croyant ». (17’16) Elle lui cité le verset n°20 de Sourate An-Nisa ce qui signifie : « Et si vous accordez à l’une d’entre elle à titre de dote un quintal alors n’ont récupéré rien. » Cela veut dire qu’il n’y a pas de limitation. ^Oumar est remonté au minbar et leur a dit (il n’a pas dit j’ai envoyé quelqu’un moi je suis le calife) : « Ô vous les gens faites ce que vous voulez pour les dotes des femmes ; une femme a dit vrai et ^Oumar s’est trompé (il parle de lui-même). » Aujourd’hui une hausse un peu le temps et il lui dit comment tu me parles et comment tu me regardes, et ça part en cacahouète. Comment tu me parles, comment tu me regardes. ^Oumar regarde comment il a fait, une femme la dit vrai ^Oumar s’est trompé et on passe à autre chose. Est cela à diminuer de sa valeur, au contraire cela l’a augmenté. Et ^Oumar est le meilleur des saints de la communauté de Mouhammad après Aboubacar que Dieu les agrée tous les deux. Ils sont enterrés à côté du Prophète. Et le messager de Dieu a témoigné en faveur de ^Oumar qu’il est quelqu’un d’inspirer, Allah lui donne des inspirations des choses qui sont correct es. Al Boukhariyy rapporté que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Il y avait dans votre communauté qui vous ont précédé des saints qui reçoivent l’inspiration. C’est à dire que Allah leur dévoile certaines choses. S’il y en a dans cette communauté d’entre les gens comme eux alors se sera ^Oumar Ibnou Khattab ». Et le dévoilement qu’avait ^Oumar est confirmé. C’est lui qui a dit : « J‘ai été en conformité avec mon Seigneur dans quatre choses, c’est à dire que son inspiration à coïncider avec le qour’an .Il lui été inspiré à telle chose était ainsi ,et le qour’an est descendu au Prophète c’était comme lui il a dit ».Que ces gens qui se sont trompés , ce sont des dupes ,que ces dupes qui croient que ce que dit le chaykh de leur tariqa ne se trompe jamais , n’a jamais une erreur et qui par conséquent s’attachent à ce qui est attribué à leur Machaykh et qui contredit la chari^a .Car il croit qu’ils ne proviennent d’eux que ceux qui ets conforme à la réalité. Et ceci est une sorte d’outrance que Allah et son Messager ont interdit ; Allah ta^ala a dit dans sourate Al Ma’idah verset n°77 ce qui signifie : « Ô vous gens du livre ne faites pas preuve de transes dans la religion. » Dans un hadith de An Naçafiyy ,le messager de Allah que Dieu l’agrée a dit ce qui signifie : « Prenez garde à l’outrance dans la religion. Ce qui a mené à la perte de ce qui vous ont précédé c’est l’outrance dans la religion. », hadith rapporté par An Naça’iyy. Parmi les gens qui font le plus preuves de trans dans cette époque, certains qui se réclament des tariqas soufis. Il accepte quand on leur dit que tel auteur s’est trompé dans tel sujet même s’il était des plus célèbres des faqiyy Musulmans. Mais ils ‘n’acceptent pas lorsqu’on leur dit que votre Chaykh de tariqa duquel vous vous réclamez s’est trompé même si l’on leur montre la preuve. Que ces gens sachent qu’ils ont contredis le qour’an et la parole du maître du Soufi de Al Jounayd fils de Mouhammad Al Bardadiyy que Allah l’agrée. Al Jounayd que Allah l’agrée a dit : « Toutes les voies pour rechercher l’agrément de Dieu sont sans issu, hormis ceux qui suivent la trace du Messager de Allah ». Toujours c’est Al Jounayd fils de Mouhammad Al Bardadiyy , il a dit ce qui signifie : « Il se peut que je reçoive ou qu’il me traverse l’esprit une des inspirations que reçoivent les saints, mais je ne l’accepte qu’avec deux témoins de confiance à partir du livre et de la Sounnat. » C’est à dire, c’est une inspiration si par exemple il a un dévoilement que c’est un voleur, il a dit qu’il faut qu’il preuve du qour’an ou du hadith . A partir de la certains spécialités des fondements a dit dans les livres des fondements : « L’inspiration du saint n’est pas une preuve. » Conclusion ,le faite de s’attacher à ce hadith , de quel hadith il parle le prétendu du hadith de Jabir , prétendu hadith de Jabir dans lequel le Prophète selon eux aurait dit : « La première chose que Allah a créé c’est la lumière de ton Prophète ô Jabir il crée à partir de sa lumière avant toute chose » , ce hadith renforce les wahabites pour porter à Al Sounnat .C’est à dire ils profitent pour porter atteintes à Al Sounnat , à considérer idiots alors que se sont eux les idiots, ou insensés .Il n’y a pas de biens à continuer à dire ou a persister sur une parole qui augmentent les wahabites en atteinte porté à Al Sounnat .Et en criant au scandale à propos d’un sujet qui est sans fondement chez Al Sounnat.De même prétendre que le Messager de Dieu sait tous ce que Allah sait , ils augmentent en audace à porter atteinte à Al Sounnat , et notamment les Soufis .
information utile : Chaykh Abdou L-Laah a dit ce qui signifie : « Le mal de la personne peut lui mener à la mécréance. Le mal n’est pas uniquement du chaytane. C’est à dire, certes l’âme suggère le mal hormis à ceux à qui Allah a accordé la protection. Il y a certaines âmes qui sont enclines pour le mal et d’autres âmes qui sont enclines pour le bien. Puis s’ajoute à cela la suggestion du chaytane .Par exemple dans le qour’an (44’12), il est dit ce qui signifie: « Il défend l’âme de suivre ses passions »,an-Naf cela veut dire amour .Dans le discours du mariage parmi les phrases que le Prophète a dite dans ce qu’ a rapporté Al Bahaqiyy Ibnou Majah et An-Naça’iyy : « Parfois l’âme de la personne le tant pour la mécréance par le billet de l’argent ou du leadership ,par le billet de vouloir contrôler les autres ».Certains veut contrôler les autres ,déjà il n’a pas mal de choses à faire avec sa propre personne , déjà assures ce que par défaut tu en as pour toi même , tu vas rendre des compte. Certains même s’ils n’atteignent pas la sainteté leur âme leur suggère le bien. L’âme qui est noble, elle est au-dessus des vilenies et des bassesses. Dans le du’a (47’29) on dit ce qui signifie : « Ô Allah accorde à nos âmes la piété et purifie la tu es celui qui la purifie, tu es celui à qui notre âme appartient. » Amine
فالولي مهما علت مرتبته يخطئ في بعض المسائل الفرعية إلا في أصول العقيدة ونحو ذلك، وعلى هذا كبار القوم، قال الشيخ عبد القادر الجيلاني رضي الله عنه: « إذا علم المريد من الشيخ الخطأ فينبهه فإن رجع وإلا فليكن مع الشرع ».
وقال الشيخ أحمد الرفاعي رضي الله عنه: « سلّم للقوم أحوالهم ما لم يخالفوا الشريعة فإذا خالفوا الشرع فكن مع الشرع »، يعني رضي الله عنه الأولياء.
وهذا الحديث صريح في أنّ كل فرد من أفراد الأمة خواصها وعوامها لا بد أن يكون بعضُ قوله صحيحًا وبعض غيَر صحيح أي أنه لا يستثنى منهم أحد.
فيجب تحذير هؤلاء المتشبثين بكل ما ينسب إلى الأولياء مما صح عنهم مما هو خطأ ومما لم يصح عنهم وذلك أكثر، ويحتجون لهذا الفهم الفاسد بقول القائل:
وكن عنده كالميتِ عند مُغسِّلٍ *** يقلّبُهُ كَيْمَا يشاءُ ويفعلُ
ويظنون أنّ معناه أنه يجب اتباع الشيخ الكامل في كل شىء وأنه منزه عن الخطإ فهؤلاء الجهلة سَاوَوا الوليَّ بالنبي.
ويكفي شاهدًا لما ذُكر أنه ثبت عن عمر بن الخطاب رضي الله عنه أنه اعترف بالخطإ على نفسه وذلك أنه قال مرةً: « أيها الناس لا تغالوا في مهور النساء فأي إنسان بلغني أنه جعل مهر امرأته أكثر من أربعمائة درهم أخذته ووضعته في بيت المال »، فقالت امرأة: ليس لك ذلك يا أمير المؤمنين إن الله تعالى يقول: {وءاتَيْتُم إحداهُنَّ قِنطارًا فلا تأخُذُوا منهُ شيئًا} [سورة النساء] فصعد عمر رضي الله عنه المنبر وقال: « أيها الناس أنتم وشأنكم في مهور نسائكم أصابت امرأة وأخطأ عمر »، وعمر أفضل أولياء أمة محمد بعد أبي بكر رضي الله عنهما وشهد رسول الله صلى الله عليه وسلم له بأنه مُلهَمٌ، فقد روى البخاري [45] أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال: « إنه قد كان فيما مضى قبلكم من الأمم مُحَّدثُون وإنه إن يكن في أمتي هذه منهم فإنه عمر بن الخطاب« ، وكشف عمر رضي الله عنه ثابت وهو الذي قال: « وافقتُ ربي في أربع » أي وافق إلهامه القرءان.
فليعلم هذا هؤلاء الأغرار الذين يعتقدون أن ما يقوله شيخ طريقتهم لا يخطئ أبدًا فيتشبثون بما يُنسب إلى مشايخهم مما يخالف الشريعة لاعتقادهم أنه لا يصدر منهم إلا ما يوافق الواقع، وهذا نوع من الغلو الذي نهى عنه الله ورسوله قال الله تعالى: {يا أهلَ الكتابِ لا تَغْلوا في دينكم} [سورة المائدة]، وقال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « وإياكم والغلو في الدين، فإنما أهلك مَنْ كان قبلكم الغلو في الدين » رواه النسائي [46].
ومن أشد الناس غلوًا في هذا الزمن بعض المنتسبين للطرق فإنهم يَقبلون إذا قيل لهم المؤلف الفلاني أخطأ في كذا ولو كان من أشهر فقهاء المسلمين ولا يقبلون إذا قيل لهم شيخكم الذي تنتسبون إلى طريقته أخطأ ولو بُيِّن لهم الدليل، فليعلم هؤلاء أنهم خالفوا القرءان والحديث وكلام سيد الطائفة الصوفية الجنيد بن محمد البغدادي رضي الله عنه فإنه قال: « الطريق إلى الله مسدودة إلا على المقتفين ءاثار رسول الله »، وقال أيضًا: « ربما تخطر لي النكتة من نكت القوم فلا أقبلها إلا بشاهدي عدل من الكتاب والسنة ».
ومن هنا قال بعض الأصوليين في كتب أصول الفتح: « إلهام الولي ليس بحجة ».
خاتمة
Conclusion
إن التشبث بهذا الحديث يقوّي الوهابية على الطعن في أهل السنة وتسفيههم وهم السفهاءُ، فلا خير في التمادي على قول يزيد أولئك الوهابية طعنًا في أهل السنة وتشنيعًا مما ليس له أصل عند أهل السنة، وكذلك القول بأنّ الرسول يعلم كلّ ما يعلم الله يزيدهم جرأة على الطعن في أهل السنة ولا سيما الصوفية.
S’attachez à ce hadith ne fait que renforcer les wahhabites pour attaquer Ahlou s-Sounnah, et les juger stupide alors que ce sont les wahhabites qui sont les stupides. Il n’y a aucun bien à persister sur une parole qui ne fait qu’augmenter ces wahhabites en attaquent envers Ahlou s-Sounnah en dénonçant quelques choses chez Ahlou s-Sounnah même est infondé ; c’est en occurrence le hadith de Jabir. Et il y a également le hadith, la parole, la prétention que le Messager sait tout ce que Allah sait. Ça c’est une autre prétention. Cela aussi les augmentent en audace à porter atteinte à Ahlou s-Sounnah et notamment les soufis. Quand ils entendent cela les ennemies de Ahlou s-Sounnah vont porter atteinte surtout les Soufis alors que là aussi ce sont quelques choses sans fondement. La prétention que le Prophète sait tout ce que Allah sait ce sont quelques choses d’infondées. C’est d’ailleurs le livre suivant que nous allons voir dès qu’on finit cela qu’on va étudier en particulier.
فماذا يقول المنتسب إلى السنة أمام الوهابي إذا قال له الوهابي: من أين لكم أن تقولوا هذا وقد قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « أوتيتُ مفاتيح كل شىء سوى الخمس » وهو حديث صحيح صححه السيوطي [47]،
Ce qui se réclame de Ahlou s-Sounnah devant le wahhabite, alors le wahhabite comment vous prétendez que le Messager sait tout ce que Allah sait alors qu’il y a un hadith sahih :
(( ))
[rapporté par As–Souyoutiyy] ce qui signifie : « Il m’a été accordé les clés de toutes choses mis à part cinq choses ».
وحديث البخاري [48]: « إنكم محشورون إلى الله حُفاةً عُراة غُرلا {كما بدأنا أوَّل خلقٍ نُعيدهُ} الآية، وإن أول الخلائق يُكسى يوم القيامة إبراهيم الخليل، وإنه سيُجاءُ برجال من أمتي فيؤخذ بهم ذات الشمال فأقول: يا رب أصحابي فيقول الله: إنك لا تدري ما أحدثوا بعدك، فأقول كما قال العبد الصالح: {وكُنتُ عَلَيْهِمْ شَهِيدًا} إلى قوله: {الحَكِيم}، قال: فيقال: إنهم لم يزالوا مرتدين على أعقابهم ».
Il y a également un autre hadith rapporté par Al Boukhariyy qui réfute cette prétention que le Prophète sait toutes choses, et on va détailler in chaa l-Laah dans le livre suivant, et dans ce hadith :
(( ))
la fin de ce hadith c’est que le Prophète il lui sera dit : « Tu ne sais pas ce qu’ils ont fait après toi », là encore c’est une preuve que le Prophète ne sait pas absolument toutes choses.
وزاد في رواية سعيد بن المسيَّب عن أبي هريرة أيضًا: « فيقول: إنك لا علم لك بما أحدثوا بعدك، فيقال: إنهم قد بدلوا بعدك، فأقول: سُحقًا سُحقًا« ، فهذا نص صريح واضحٌ كالشمس في أن الرسول لا يعلم كل ما يعلم الله.
Il y a une autre version rapporté par ce même hadith rapporté Saïd fils de Mousayyad d’après Abou Hourayrah, dans lequel Allah dit : c’est hadith Qoudsiyy :
(( ))
ce qui signifie : « Tu ne sais pas ce qu’ils ont fait après toi. » Il sera dit : « Ils ont changé après toi ». Je dirais alors : « Malheur à eux, malheur à eux. » Ceci est un énoncé explicite clair comme le soleil, prouvant que le Messager ne sait pas tout ce que Allah sait.
ثم التمادي على دعوى القول بأن نور محمد أول خلق الله لا يزيد الكافرين إذا سمعوا ذلك إلا نفورًا من الإسلام واستبشاعًا له، فأيُّ فائدة للتعصب لهذا الحديث؟!
Par ailleurs persister à prétendre que la lumière de Mouhammad est la première des créatures ne va qu’augmenter les mécréants s’ils entendent cela en aversion envers l’islam, en trouvant cela abominable. Quel intérêt y aurait-il à faire preuves de fanatisme pour ce hadith ?
فهذا الحديث تنفر الكفار عند سماعه من بعض المسلمين نفورًا زائدًا على نفورهم الأصلي من الإسلام، فلقد ذكر لي رجلٌ يدعى أبا علي ياسين من أهل الشام أن نصرانيًا قال له: كيف تقولون أنتم محمد ءاخر الأنبياء وتقولون إنه أول خلق الله؟
Ce hadith fait que les mécréants quand ils l’entendent de certains musulmans, en sont repoussés plus, encore plus que leur aversion de base de l’islam. Le Chaykh a dit : Il m’a été rapporté qu’un homme qui s’appelle Abou ^Aliyy Yaçin m’a dit qu’un chrétien lui a dit : «Comment vous dites que Mouhammad est le dernier des prophètes et vous dites qu’il est la première créature de Dieu ? »
وذلك نشأ عنده لما كان يسمع من بعض المؤذنين قولهم عقب الأذان على المنائر: « يا أول خلق الله وخاتم رسل الله »، قال أبو علي ياسين: فلم أجد جوابًا.
Il s’est posé cette question quand il a entendu certains mou’adh-dhin dire après l’appelle à la prière au-dessus des minarets : « Ô toi la première créature de Dieu et le dernier des Messagers de Dieu. » cet homme Abou ^Aliyy Yaçin a dit : « je n’ai pas trouvé de réponse. »
والحمد لله، وصلى الله عليه صلاةً يقضي بها حاجاتنا، ويفرّج بها كُرباتنا، ويكفينا بها شر أعدائنا، وسلم عليه وعلى ءاله الاطهار وصحابته الأخيار سلامًا كثيرا، والحمد لله رب العالمين. انتهى.
Et la louange est Allah et que Allah honore et élève d’avantage notre Messager Mouhammad, une invocation par laquelle nous espérons que nos affaires sera réglé, que nous soyons délivrés de nos tourments et que nous soyons protégés du mal de nos ennemis et que les salutations lui soit accordé à lui ainsi qu’à sa famille pure et ses compagnons élus les meilleurs, et la louange est Allah le Seigneur des mondes. Fin du livre
الهوامش:
[1] أخرجه البخاري في صحيحه: كتاب الاعتصام بالكتاب والسنة: باب قول النبي صلى الله عليه وسلم: « لا تزال طائفة من أمتي ظاهرين على الحق » وهم أهل العلم.
[2] الكلم الطيب [ص/73].
[3] عمل اليوم والليلة [ص/72-73]، الأدب المفرد [ص/324].
[4] غريب الحديث [2/673-674].
[5] الأذكار [ص/321].
[6] عدة الحصن الحصين [ص/105].
[7] تحفة الذاكرين [ص/267].
[8] أخرجه الطبراني في المعجم الكبير [9/17-18]، والمعجم الصغير [ص/201-202] وقال: « والحديث صحيح ».
[9] أخرجه مسلم في صحيحه: كتاب الصلاة: باب ما يقال في الركوع والسجود.
[10] البداية والنهاية [10/327]، قال البيهقي: « هذا إسناد لا غبار عليه ».
[11] فتح الباري [13/428]، الأسماء والصفات [ص/345].
[12] صحيح البخاري: التفسير: أول باب تفسير سورة القصص.
[13] تفسير القرءان الكريم [ص/194].
[14] صحيح البخاري: كتاب التفسير: سورة هود: باب قوله: {وكان عرشه على الماء}.
[15] صحيح البخاري: كتاب بدء الخلق: باب ما جاء في قوله تعالى: {وهو الذي يبدأ الخلق ثم يعيده وهو أهون عليه}.
[16] الأسماء والصفات [1/364].
[17] صحيح ابن حبان: كتاب الصلاة: فصل في قيام الليل، راجع الإحسان بترتيب صحيح ابن حبان [4/115].
[18] فتح الباري [6/289].
[19] فتح الباري [6/289].
[20] تفسير عبد الرزاق [2/301].
[21] تفسير الطبري [12/4]، والدر المنثور [4/4].
[22] الحاوي للفتاوى [1/325].
[23] مرشد الحائر لبيان وضع حديث جابر [ص/43].
[24] المغير على الأحاديث الموضوعة في الجامع الصغير للمناوي [ص/4].
[25] فتح الباري [6/289].
[26] إتحاف السادة المتقين شرح إحياء علوم الدين [1/453-454].
[27] حلية الأولياء وطبقات الأصفياء [7/318].
[28] المغني عن حمل الأسفار [1/48].
[29] فتح الباري [6/289].
[30] انظر أسنى المطالب [ص/242]، والمقاصد الحسنة [ص/520]، وكشف الخفا [2/169-170].
[31] التذكرة في الأحاديث المشتهرة [ص/172]، والمقاصد الحسنة [ص/522]، وتمييز الطيب من الخبيث [ص/126]، وكشف الخفا [2/173]، وتنزيه الشريعة [1/341]، والأسرار المرفوعة [ص/178]، وتذكرة الموضوعات [ص/86]، وأسنى المطالب [ص/243]، ومرشد الحائر [ص/49].
[32] مسند أحمد [5/59].
[33] مجمع الزوائد [8/223].
[34] المعجم الكبير [20/353].
[35] مسند أحمد [4/127-128].
[36] مستدرك الحاكم [2/600].
[37] دلائل النبوة [1/80-83].
[38] دلائل النبوة [1/81].
[39] أخرجه أبو داود في سننه: كتاب الطهارة: باب الوضوء بماء البحر، والترمذي في سننه: أبواب الطهارة: باب ما جاء في ماء البحر أنه طهور، وابن ماجه في سننه: كتاب الطهارة وسننها: باب الوضوء بماء البحر، والحاكم في المستدرك [1/140]، وابن خزيمة في صحيحه [1/59] كلهم من طريق مالك، وصححه الترمذي والحاكم وابن خزيمة.
[40] أخرجه الدارقطني في سننه [3/71]، والبيهقي في سننه [5/290]، والحاكم في المستدرك [2/57] وقال: حديث صحيح على شرط مسلم ولم يخرجاه.
[41] بلغة السالك لأقرب المسالك للصاوي [2/537].
[42] مرشد الحائر [ص/49 و50].
[43] أخرجه مسلم في صحيحه: المقدمة: باب وجوب الرواية عن الثقات وترك الكذّابين والتحذير من الكذب عن رسول الله، والترمذي في سننه: كتاب العلم: باب ما جاء فيمن روى حديثًا وهو يرى أنه كذب، وابن ماجه في سننه: المقدمة: باب من حدّث عن رسول الله حديثًا وهو يرى أنه كذب.
[44] روي من طريق عديدة منها ما اخرجه البخاري في صحيحه: في كتاب العلم: باب إثم من كذب على النبي، وكتاب الأدب: باب من سمى بأسماء الأنبياء، ومسلم في المقدمة: باب تغليظ الكذب على رسول الله، وأبو داود في سننه: كتاب العلم: باب في التشديد في الكذب على رسول الله، والترمذي في سننه: كتاب العلم: باب ما جاء في تعظيم الكذب على رسول الله، وباب ما جاء في الحديث عن بني إسرائيل، وكتاب الفتن، وابن ماجه في سننه: المقدمة: باب التغليظ في تعمد الكذب على رسول الله، وأحمد في مسنده في مواضع عديدة عن رواة عدة.
[45] صحيح البخاري: أحاديث الأنبياء: باب 54.
[46] أخرجه النسائي في سننه: كتاب المناسك: باب التقاط الحصى.
[47] الخصائص الكبرى [2/334].
[48] أخرجه البخاري في مواضع من صحيحه: كتاب التفسير: باب سورة الأنبياء، وكتاب الأنبياء: قول الله تعالى: {واتَّخَذ اللهُ إبراهيمَ خليلاً}، وكتاب الرقاق: باب الحشر.
La réplique à la parole de certains que le Messager sait tout ce que Allah sait
تمهيد:
من المقرر بين الموحّدين أن الله تعالى لا يشبهه خلقه بوجه من الوجوه، ومن صفاته العلمُ بكل شىء قال الله تعالى: {وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيمٌ} [سورة الأنعام/101]، فلو كان يصح لغيره تعالى العلمُ بكل شىء لم يكن لله تعالى تمدَّحٌ بوصفه نفسَه بالعلم بكل شئ،
فمن يقول إن الرسول يعلم بكل شئ يعلمه الله فقد جعل الرسول مساويًا لله تعالى في صفة العلم فيكون كمن قال الرسول قادر على كل شىء، وكمن قال الرسول مريد لكل شىء، سواء قال هذا القائل إن الرسول عالم بكل شىء بإعلام الله له وقادر على كل شىء بإقدار الله له فلا مَخلَصَ له من الكفر.
08.02.24 :
Préambule :
Il fait partie de ce qui est convenu et décrété chez Mouwahhid (ceux qui ont pour croyance le Tawhid) que Allah ta^ala ses créatures ne lui ressemblent pas avec lui en quoiques se soient.Et parmi les attributs de Dieu , il y a le faite qu’il sache toute chose. Allah ta^ala dit ce qui signifie dans sourate Al-‘An^am :
﴿ ﴾
[] ce qui signifie : « Et il sait absolument toutes choses. » S’il était valide pour autre que Allah de savoir toutes choses, Allah ta^ala n’aurait pas fait son propre éloge en nous apprenons au sujet de lui-même qu’il sait toute chose, sinon ce ne serait pas un éloge. Une éloge c’est ce qui le distingue des autres.
Celui qui dit que le Messager sait toutes choses que Dieu sait, il aura considéré le Messager est équivalent à Allah dans l’attribut de la science. Il serait alors comme celui qui dit que le Messager est sûr, tout chose tout puissant ou celui qui dit que le Messager a une volonté qui concerne toute chose. Même si la personne dit que le Messager sait toute chose parce que Allah lui a fait savoir et qu’il est sur toute chose tout puissant parce que Allah l’en a rendu puissant ; il n’échappe pas à la mécréance la mécréance c’est le contraire de l’islam.
والحاصل أن الله هو المنفرد بالإحاطة بالغيب علمًا، لا أحد من خلقه يحيط بالغيب علمًا، ومن اعتقد أن أحدًا غير الله يحيط بالغيب علمًا فقد كذَّب القرءان.
En résumé c’est Allah est l’unique et le seul à englober toute chose par sa science. Aucune de ses créatures n’englobent toutes choses par sa science. Et celui qui a pour croyance que quelqu’un d’autres que Dieu sait les choses cachées (tous ce qui n’est pas apparent pour nous les êtres humains, des choses qui ont existé ou des choses qui vont exister) il aura démenti le Qour’an.
وقد ألف بعضٌ رسالة ذكر فيها أن الله أطلع الرسول على كل ما يعلمه بلا استثناء وهذا مصادمة للنصوص كقوله تعالى: {قُل لاَّ أَمْلِكُ لِنَفْسِي نَفْعًا وَلاَ ضَرًّا إِلاَّ مَا شَاء اللهُ وَلَوْ كُنتُ أَعْلَمُ الْغَيْبَ لاَسْتَكْثَرْتُ مِنَ الْخَيْرِ وَمَا مَسَّنِيَ السُّوءُ} [سورة الأعراف/188]، وهذا غلو شبيه بغلو النصارى في قولهم: اتحد اللاهوت بالناسوت أي اتحد الله بزعمهم بالإنسان يعنون عيسى.
Il y a quelqu’un qui a composé une épitre dans la quel il a prétendu que Allah a fait que son Messager prenne connaissance de tous ce que lui-même sait sans exception, et ceci est une contradiction aux textes comme cela est mentionné dans Sa parole :
﴿ ﴾
sourate Al A^raf verset 188 ce qui signifie : « Dis : je ne possède pour moi même de profits ou de nuisances que ce que Dieu veut, et si je savais les choses cachées, j’aurai multiplié le bien et le mal ne m’auraient pas touchés ». Vous voyez la preuves ici ,si je savais les choses cachées j’aurai multiplié le bien et le mal ne m’aurait pas touché. Cette prétention que le Messager sait absolument toute chose est une forme d’outrance (c’est le fait de dépassé la limite) semblable à celle des chrétiens quand ils disent le fait d’être Dieu et l’humain se sont réunis en Jésus. Ils disent que le Divin et l’humain se sont réunis en Jésus c’est pour qu’ils disent que Jésus est Dieu est homme, ce n’est pas le sujet de notre cours mais il a plusieurs groupes soufis que le summum du Soufisme est de faire un avec Dieu comme Al hallaj et ses gens-là. Le Chaykh a dit que leur mécréance est pire que ce des chrétiens parce que les chrétiens ils ont eu qu’un homme s’est réunis avec Dieu alors qu’eux ils disent que tout le monde se réunit avec Dieu. Que Dieu les enlaidisse d’avantages Amin.
وكيف يعقل أن يكون الرسول أحاط علمًا بكل الأمور الخفية والظاهرة مما تعلق به علم الله تعالى، وعلم الله شامل للجائزات العقلية والمستحيلات العقلية والواجب العقلي، حتى إن الله يعلم ما سيحدث إلى ما لا نهاية له جملة وتفصيلاً.
Et comment serait-il plausible de sensé dirait-il que le Messager englobe toutes les choses que ce soit cachées ou apparentes par sa science .De ce que la science Dieu concerne , autrement dit de tout ce que Dieu sait, alors que la science de Dieu englobe , comme vous le saviez les trois catégorie de jugement, le possible rationnel dont la raison conçoit aussi bien l’existence et l’inexistence, les impossibles rationnels tout ce dont la raison ne conçoit pas l’existence comme l’impossibilité de l’associer à Dieu , et l’obligatoire selon la raison il s’agit de Dieu et de ses attributs. La science de Dieu englobe le possible rationnel, l’impossible rationnel et l’obligation selon la raison. Et Allah sait même ce qui va se produire sans fin, ce qui va avoir lieu au paradis et en enfer qui n’a pas de fin, Allah sait en en globalité et en détails. La croyance des musulmans ce n’est pas comme les philosophes disent que Dieu sait les globalités des choses mais ne sait pas les détails, cela aussi est de la mécréance parce que celui qui ne sait pas une chose il change et celui qui change il a besoin de celui qui le fait changer à plus forte raison il a un début, hors Dieu n’a pas de début et Dieu ne change pas donc il sait absolument tout.
ثم ماذا يكون ما في اللوح بالنسبة إلى ما لم يكتب فيه من معلومات الله لأن الآخرة لا نهاية لها، وفي كل زمن تحدث حادثات كثيرة، فأنفاس أهل الجنة والنعيم الذي يتجدد لهم وكذلك أنفاس أهل النار وما يتجدد لهم من الآلام إلى ما لا نهاية كل ذلك يعلمه الله سبحانه وتعالى.
Que représente ce qui est inscrit dans la table préservée, cette table dans lequel Allah a fait écrire tout ce qui aura lieu dans ce monde ,mais tout ce qui est inscrit la bas qu’est-ce qu’il représente par rapport à ce que qui n’y sont pas inscrit et que Dieu sait parce que l’au-delà n’a pas de fin , sur la table préservée, il est inscrit ce qui va arriver jusqu’à la fin du monde ,mais ce qui va se passer dans l’au-delà il n’a pas de fin il n’est pas inscrit sur la table préservée qui elle ,elle est limité. Ce qui n’est pas limitée n’est pas inscrit sur ce qui est limitée. Alors que la table préservée a une fin. Et à chaque époque il y a de nombreux évènements qui se produisent. Les souffles des gens du paradis, leur respiration et la félicité qu’ils vont avoir continuellement et perpétuellement. Et de même les souffles des gens de l’enfer et leur souffrance perpétuellement, et leur douleur perpétuellement, les douleurs qu’ils vont avoir, tout cela Allah ta^ala le sait.
وهذا القول المذكور وقع من بعض المنتسبين للبريلوية لكن نظن أن فضلاءهم لا يقولون به، والله أعلم.
Cette parole citée, la prétention que le Messager il sait absolument tout ce que Dieu sait, cette parole citée, a été dite pour certains qui se réclame d’une voie soufie qui s’appelle Brilwiyy que l’on retrouve en Inde, mais il n’y a pas qu’en Inde même ailleurs mais nous pensons que les gens de biens d’entre eux ne disent pas cela. Nous ne disons que tous ce qui fait partie de cette voie ont cette croyance. Et Dieu sait plus que toute autre.
Justement à propos de ce sujet, pourquoi nous en parlons sur plusieurs motifs, le premier motif c’est (40’52) le verset du qour’an ce qui signifie : « Vous êtes la meilleure des communautés qui soient apparues aux gens, vous ordonnez le bien et vous interdisez le mal et vous croyez en Dieu. » Dieu a fait l’éloge de cette communauté, la communauté du Prophète Mouhammad .Ça c’est le premier motif pourquoi on parle de ces gens-là et l’on dénonce. Et le deuxième c’est le hadith du Prophète ce qui signifie : « Jusqu’à quand vous évitez le pervers le grand pécheur (Al Fajir), dénoncer le de ce qui est en lui afin que les gens se méfient de lui ». C’est ça l’objectif car une telle croyance contredit la croyance de notre maître Mouhammad.
الأدلة الشرعية في إبطال هذا القول
Les preuves légales pour réfuter
مما يَرُدُّ ذلك قولُه تعالى:{وَعِندَهُ مَفَاتِحُ الْغَيْبِ لاَ يَعْلَمُهَا إِلاَّ هُوَ وَيَعْلَمُ} [سورة الأنعام/59]، وقوله تعالى: {عَالِمُ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ} [سورة التغابن/18]، وقد تمدَّح تبارك وتعالى بإحاطته بالغيب والشهادة علمًا، فهذا القائل إن الرسول يعلم بإعلام الله له كل شىء يعلمه الله جعله مساويًا لله في إحاطة علمه بكل شىء.
Parmi les preuves qui fait partie de ce qui réfute cette prétention il y a Sa parole :
﴿ ﴾
verset 59 de Sourate Al -An^am « Allah sait des choses cachées nul autre que lui ne le sait. »
Egalement Sa parole :
﴿ ﴾
Verset 18 de Sourate At Taghaboun ce qui signifie : « Il sait des choses cachées et les choses apparentes. » Allah tabaraka ta^ala a fait son propre éloge dub faite qu’il sait les choses cachées et les choses apparentes. Celui qui a prétendu que le Messager sait ce que tout ce que Allah sait parce que c’est Allah qui le lui a fait savoir, aura considéré que le Messager est équivalent à Allah dans le fait qu’il sache toutes choses.
ومما يَرُدُّ ذلك أيضًا قوله تعالى: {عَالِمُ الْغَيْبِ فَلا يُظْهِرُ عَلَى غَيْبِهِ أَحَدًا {26} إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى مِن رَّسُولٍ فَإِنَّهُ يَسْلُكُ مِن بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ رَصَدًا {27} [سورة الجن] أي أن الذي ارتضاه الله من رسول يجعل له رصدًا أي حفظة وهم الملائكة يحفظونه من بين يديه ومن خلفه من الشيطان.
Parmi ce qui réfute cela également :
﴿ ﴾
[sourate Al Jinn/26-27] ce qui signifie : « Allah est celui qui sait les choses cachées, il ne fait connaître les choses cachées à personne. Celui qu’il agrée comme ses Messagers, il lui assure qu’il le protège devant lui et par derrière lui. Il lui assure des anges qui le protège par devant et par derrière. »
وقد تبين أن الآية ليس فيها اطلاع الله الرسول على العلم بالغيب لا على الإطلاق ولا على البعض وإنما يُعلم إطلاع الله النبي والولي والمَلك على بعض الغيب من غير هذه الآية، لأن هذا مسكوت عنه بالنسبة لهذه الآية، وإنما الذي فيها أن الله لا يُطلع على جميع غيبه أحدًا من خلقه.
Ce verset ne comporte pas que Allah fasse prendre connaissance son Messager de tous ce qui est cachées ni une partie des choses cachées, mais on sait que Allah fait connaître le prophète, le saint et l’ange une partie des choses cachées (Al-Ghayb) à partir d’autres preuves que ce verset. Car ce sujet n’est pas abordé dans ce verset. Mais ce qui est indiqué dans ce verset c’est que Allah ne fait pas prendre connaissance la totalité des choses cachées à toutes ses créatures.
Informations utiles :
-Notre Chaykh a été interrogé sur le sourate ‘Isra verset 70 Le verset 70 ce qui signifie : « Nous avons accordez des bienfaits à l’être humains. » C’est donc au sens général, cela ne veut pas dire que Dieu à glorifie les musulmans et les non musulmans. Mais c’est à dire que nous avons fait grâce en général. Alors An Naçafiyy il a dit propos du verset 70 de sourate Al ‘Isra : « Nous avons honoré le fils de ‘Adam ,en lui accordant la raison , en lui accordant la capacité de prononcer , la capacité d’écrire, le bel aspect (regarder les autres créature par rapport aux autres créatures comparer aux anges ils ont pas un bel aspect ) , la taille qui est intermédiaire(ni très grand ni très petite) , le fait de pouvoir gérer sa subsistance, le fait pouvoir d’acquérir certains choses, de pouvoir asservir certaines choses (d’asservir de métaux pour faire de choses comme le téléphone par exemple) de pouvoir prendre la nourriture avec ses mains( les animaux ils mangent de leur bouche) ».
Il était rapporté du gouverneur Abasside qui a fait beaucoup de bien Haroun Rachid, il avait préparé » un repas et il a demandé qu’on lui amène le couvert, il avait à côté de lui Abou Youssouf un savant. Ce savant s’est adressé à ce calife, regardez les savants n’ont pas peur de conseiller le gouverneur, et les gouverneurs sont ouvert à cela, ils attentent cela, il s’est adressé à ce gouverneur, il a été parvenu de ton ancêtre Abdou L-Laah fils de Al Abass à propose de ce verset 70 de Sourate Al ‘Isra , ce qui signifie : « Cela veut dire nous leur avons accordé les doigts avec lequel ils peuvent manger. » Bien sûr cela est un honneur et on mange pas avec cinq doigts, la sounnah s’est mangé avec trois doigts. Quand les cuillères sont arrivés , Haroun Rachid ne les a pas pris il a mangé avec ses doigts.
Et cela était rapporté par Ibnou Moundir, Ibnou Abi hatim, Ibnou Mardaway ainsi que Bayhaqiyy, toute qui remonte de Ibnou Abbas à propos du verste 70 de Sourate Al ‘Isra: « Nous avons fait qu’ils mangent avec leur main » et cela était rapporté par As Souyoutiyy dans Ad-dourrou l-manthour.
-Al Bayhaqiyy a rapporté ainsi que At Tabaraniyy d’après Abou ^Oubaydah le fils de Mouhammad qui est le fils de ^Amar Ibnou Yaçir, il a dit je me suis adressé Ar Roubayyah à la fille de Mouwwaouiyy et elle lui a dit : « Si tu le voyais tu dirais que le soleil est en train de se lever. »
15.02.24 :
وقد عُلم اطلاع الله المَلك والنبي والولي على بعض الغيب من دليل ءاخر مثل قصة الخضر عليه السلام المذكورة في القرءان فإن فيها اطلاع الله خضرًا على بعض الغيب وقد أخبرنا رسول الله صلى الله عليه وسلم عن الخضر أنه قال لموسى: « يا موسى ما نقص علمي وعلمك من علم الله إلا مثل ما نقص هذا العصفور بمنقاره من البحر » رواه البخاري، وأحاديث أخرى كالحديث الذي فيه إخباره عليه الصلاة والسلام بأن أمته ستفتح بعض البلاد.
L’auteur il dit que nous avons su que Allah donne connaissance à certains anges, prophètes et saints d’une partie des choses cachées. On a su cela à partir d’un autre verset 26-27 de Sourate Al Jinn, comme par exemple le récit de Al Khadir que Dieu l’agrée, c’est un récit cité dans le Qour’an, Sourate Al-Kahf, dans cette sourate il ya l’information que Allah donne à Al Khadir quelques informations des choses cachées. Et le Messager de Allah a rapporté de Al Khadir à Mouça :
(( ))
rapporté par Al Boukhariyy ce qui signifie : « Ô Mouça mes connaissance et tes connaissances par rapport à ce que Allah sait, et comme cet oiseau a pris dans son bec de l’eau de la mer. »(cela veut dire que nous connaissons peu de choses à ce que Allah sait , et que nos connaissances sont très négligeables même si nous connaissons beaucoup de choses ). Nous avons su aussi également que Allah donne la connaissances de certaines choses cachées à certaines créatures comme à partir d’autres hadith, comme le hadith dans lequel Messager ^aleyhi salam a annoncé que sa communauté allait conquérir certains pays.
ومن الغلط القبيح استدلال بعض الناس على اطلاع الولي على بعض الغيب بالآية السابقة {عَالِمُ الْغَيْبِ فَلا يُظْهِرُ عَلَى غَيْبِهِ أَحَدًا {26} إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى مِن رَّسُولٍ {27} [سورة الجن] حيث قال: لما أثبت اطلاع الرسول عُلم بطريق التَّبَع اطلاع أولياء أمته على الغيب،
Une des causes de confusion chez certains et une très grave erreur, le fait que certains s’appuient sur les verset 26 et 27 de sourate Al-Jinn pour prétendre que Allah donne à certains saints la connaissance d’une partie des choses cachées, c’est un grave erreur de s’appuyer sur ce verset. Et ce, lorsqu’ils ont dit : Il a été confirmé que le Messager prend connaissance de certaines choses cachées, on sait par conséquent que Allah donne aux saints de la communauté du Messager la connaissance Al-Ghayb, ce n’est pas ce verset qui est la preuve que certains saints puissent connaître Al-Ghayb.
وهذا منشؤه ظنهم أن « إلا » هنا استثنائية، بل « إلا » في هذه الآية كإلا التي في قوله تعالى:{لَّسْتَ عَلَيْهِم بِمُصَيْطِرٍ {22} إِلاَّ مَن تَوَلَّى وَكَفَرَ {23} فَيُعَذِّبُهُ اللهُ الْعَذَابَ الْأَكْبَرَ {24} [سورة الغاشية] كما قال اللغوي الثعالبي وغيره، فلا يصح كونها هنا بمعنى الاستثناء لفساد المعنى على ذلك لأنه يكون المعنى أن الرسول صلى الله عليه وسلم مسيطر على الكفار.
والمعنى المراد أن الرسول صلى الله عليه وسلم ليس مسيطرًا عليهم لكن الله يعذب أولئك الكفار العذاب الأكبر لكفرهم، لكن هؤلاء الغلاة في هذه الآية لا يَدَّعون أنها استثنائية فكيف جعلوها في تلك الآية استثنائية؟!.
L’origine de cette erreur, c’est qu’ils croient que « illa » veut dire « excepter » or il-la dans ce verset vient dans un sens semblable à celui dans le verset :
﴿ ﴾
Sourate Al-Ghachiyah 22-24 Le sens de « il-la » ne veut pas dire « sauf » ici non plus mais signifie : « Tu ne les domine pas mais ceux qui se détournent et mécroient, Allah châtie les mécréants d’un grand châtiment en raison de leur mécréance.» tout comme le premier verset Allah connaît les choses cachées, il ne donne a personnes les choses cachées mais ce qu’il a agréé comme messagers il leur accorde une protection par devant eux et par derrière eux. Et le verset n’est pas finit, c’est à dire il y a la suite, elle a une suite mais ce qu’il agrée comme Messagers il leur accorde une protection devant eux et derrière eux , c’est à dire ce sont des anges qui les gardent. « Il La » ici c’est dans le sens de mais vous voyez. Parfois dans leur langage ils disent des faux amis, on ne dit pas cela dans le qour’an , il y a des gens qui pensent un mot alors que c’est un autre mot , par exemple « thoumma » la plupart des gens pensent que c’est « ensuite » mais cela peut être une conjonction de coordination, c’est comme le « et » ce n’est pas le sens de chronologie mais dans le sens d’énumération. C’est pour qu’il ne faut pas interpréter le Qour’an comme ça . Le Chaykh , regarder comment l’élégance pour la réplique, le Chaykh il dit dans ces verset 22, 23 et 24 de sourate Al Ghachiyah, eux ces gens qui preuve d’outrance ils les considèrent pas ici « Il la » c’est dans le sens d’exception, mais s’ils disent non que ce n’est pas dans le sens de l’exception et ça c’est correcte ,pourquoi ils veulent dans d’autre versets 26-27 de Sourate Al Jinn ils veulent considérer c’est dans le sens de l’exception voyez deux point de mesure , dans le deuxième verset ils reconnaissent que ce n’est pas de l’exception dans sourate Al Ghachiyah donc pourquoi penser le contraire .et c’est en cela qu’est la force de Chaykh Abdou L-Laah c’est qu’il te donne des preuves et il va droit au but, ça c’est la capacité d’avoir présent à l’esprit qu’est-ce qu’il faut cité comme preuve pour ce sujet-là , puisque parfois il y a des gens qui connaissent le Qour’an par cœur mais il ne va pas penser à réciter ce verset pour le répliquer. Et nous al-hamdouli l-lah on a trouvé qui nous a faciliter le travail, on va en profiter.
والتفسير السديد للآية {إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى مِن رَّسُولٍ} [سورة الجن/27] أن يقال: الله تعالى عالم الغيب والشهادة فلا يطلع على جميع غيبه أحدًا من خلقه لكن من ارتضى من رسول يجعل له رصدًا، فإلا هنا ليست استثنائية بل هي بمعنى « لكن »، فليس معناها أن الله تعالى يظهر على غيبه من ارتضى من رسول.
L’explication correcte de ce verset 27 de sourate Al-Jinn (regarder rien que pour ce verset il y a au moins cinq ligne d’explication , alors pour dire qui dise on va traduire le Qour’an ce sont des gens qui se sont dupés, l’explication correcte c’est de dire sourate Al-Jinn verset 27 ce qui signifie: « Allah s’est les choses cachées et les choses apparentes , il ne donne pas la connaissance de la totalité des choses cachées et les choses apparentes à aucune de ses créatures », la suite « mais ceux qu’il agrée comme les Messagers , il leur accorde une protection (comme on l’a vu la fois passé ce sont les anges qui les gardent) » . « Il La » ici ce n’est pas dans le sens de « sauf » ou de « excepter » mais elle est dans le sens de « néanmoins, cependant », la signification du verset n’est donc pas que Allah donne à connaître les choses cachées à ceux qu’il agrée comme le Messager. Voyez comme c’est très important, on défait point par point les tentatives de doutes émis par ses gens-là.
فيُفهم من الآية أن علم الغيب جميعِه خاصٌّ بالله تعالى فلا يتطرَّق إليه الاستثناء، فتكون الإضافة في قوله {عَلَى غَيْبِهِ أَحَدًا} {26} للعموم والشمول على مقتضى قول النحويين والأصوليين ان المفرد المضاف للعموم، فيكون معنى {غَيْبِهِ} {26} أي جميع غيبه، وليس المعنى أن الله يُطلِع على جميع غيبه من ارتضى من رسول.
On comprend de ce verset que la connaissance de Al-Ghayb dans sa totalité est spécifique à Allah ta^ala, il n’y a donc pas d’exception. Et donc ici on parle d’annexion du pronom au terme ghayb : « Son ghayb » ici les grammairiens ont donnés une règle ils ont dit que cette forme du complément du nom au singulier indique la généralité c’est-à-dire « tout le ghayb ». Par conséquent, ils ont dit que Allah ne peut donner une partie du Ghayb à certains mais ici sur ce verset c’est la totalité. Sur un mot d ‘un verset ,c’est pourquoi c’est important de connaître les règles de grammaires du Qour’an (soit l’arabe littéraire)ce qui prétende avoir lu le qour’an en français ou en anglais mais qu’est-ce que tu racontes, regardez rien que ça comment on a passé notre temps qu’est- ce que les gens ont déduit comme règle, si quelqu’un ne connaît pas cette règle, moi je connais pas cette règle, je vous transmets ce que j’entends et peu êtres si je la vois une autre fois je vais pas forcément tilter ,quand le complément du nom cela veut dire la totalité, vous voyez. Le sens n’est pas que Allah donne la totalité du Ghayb a ce qu’il agrée comme Messager.
قال الإمام الفقيه المحدث الأصولي بدر الدين الزركشي في البرهان ما نصه: « وتُقَدَّر – يعني « إلا » بـ « لكن » كقوله تعالى: {لَّسْتَ عَلَيْهِم بِمُصَيْطِرٍ} {22} {إِلاَّ مَن تَوَلَّى وَكَفَرَ} {23} [سورة الغاشية] و{قُلْ مَا أَسْأَلُكُمْ عَلَيْهِ مِنْ اجرٍ إِلاَّ مَن شَاء} [سورة الفرقان/57] وقوله: {إِلاَّ الَّذِينَ ءامَنُواْ} [سورة الإنشقاق/25] في سورة الإنشقاق و{إِلاَّ مَن تَوَلَّى وَكَفَرَ}[سورة الغاشية/23] في ءاخر الغاشية، وكذلك:{إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى مِن رَّسُولٍ} [سورة الجن/27]، ودخول الفاء في دليل انقطاعه ولو كان متصلاً لتم الكلام عند قوله:{رسولٍ} » اهـ.
Toujours pour insister que « Il la » cela veut dire mais c’est « cependant néanmoins » .En suite le Chaykh il dit alors ici c’est un autre savant : Le faqih le mouhaddith spécialiste des fondement Badrou d-din Az-Zarkachiyy dans son livre Al-Bourhan tome 4 page 236-237 a dit ce qui suit : Le mot « Il La » est sous-entendu comme « Lakin » « cependant » « mais », il donnait un certains nombres de verset où c’est le cas, comme les verset 22, 23 et 24 , comme le verset 57 de sourate Al Fourqan Sourate Al-Ghachiyah et encore le verste 27 de sourate Al Jinn comme verset 25 de sourate Al-Inchiqaq. Dans tous ces verset il y a « Il la « qui a le sens de « cependant » et encore le verset 27 de sourate Al Jinn que nous sommes en train d’étudier ,il a donné un argument additionnel : Le faite qu’il est le « fa » est une preuve que « il-la » n’est pas dans le sens de l’exception parce que si c’était une exception il n’y a pas eu de phrase d’après , le faite cela veut dire qu’il est une suite cela veut dire que ce n’est pas une exception , c’est une preuve que « Il La » est dans le sens de « lakin » mais non pas dans le sens de l’exception .Si c’est dans le sens de l’exception la phrase serait fini il n’y aurait pas de suite avec « fa ».
وقال اللغوي علي بن محمد الهروي في باب مواضع « إلا » أنها تكون بمعنى لكن ما نصه: « وقوله: {فَلا يُظْهِرُ عَلَى غَيْبِهِ أَحَدًا} {26} {إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى مِن رَّسُولٍ فَإِنَّهُ يَسْلُكُ}{27} معناه: لكن من ارتضى من رسول فإنه يسلك » اهـ
Un autre spécialiste de la langue : ^Aliyy fils de Mouhammad Al Harrawiyy il a dit dans le chapitre : Les passages où « il-la » est mentionné cela peut-être dans le sens de « lakin », elle a le sens de « lakin » « cependant » « néanmoins » il y a e verset 26 et 27 de sourate Al Jinn, il a dit « Mais ce qu’il agrée comme Messagers il leur accorde une protection ». C’est la même chose précédemment mais dite par un savant.
وقال المفسر اللغوي أبو حيان ما نصه: « قال ابن عباس: {إِلاَّ} بمعنى لكن فجعله استثناء منقطعًا » اهـ.
وقال المفسر السمين الحلبي ما نصه: « قوله: {إِلاَّ مَنِ ارْتَضَى}{27} يجوز أن يكون منقطعًا أي: لكن من ارتضاه فإنه يُظهره على ما يشاء من غيبه بالوحي » اهـ.
Un autre savant c’est le fameux : Abou Hayyan andalous il a un tafsir qui s ‘appelle Barrou l-Mouhit, c’est un résumé du premier un Al Naroulmad Minal Taroul Mourrit , on va citer tome 8 page 355 , il rapporte de Ibnou Abbas a dit : « il-la c’est dans le sens de lakin mais , il a considéré que ce n’est pas une exception continue mais une exception discontinue. »
Un autre moufasir qui s’appelle As-Samiyy Noull Hallabiyy dans son livre Douroul Mansour tome 10 page 5-106 a dit ce qui suit : « Il est possible que ce soit une exception discontinue (il va expliquer ce que c’est une exception discontinue ici), c’est à dire ce que Allah agrée il leur fait connaître ce qu’il veut de son khayb par révélation. » Voyez cela est une autre subtilitée.
Informations utiles : Comme nous sommes le mois de Cha^ban qu’est ce qui s’est passé durant le mois de Cha^ban. La deuxième année de l’hégire, l’obligation bénie du mois du jeûne du mois de ramadan n’est pas parvenue au tout début de la révélation. Le Prophète ne lui a pas était descendu toutes les lois d’un seul coup. Les jugements lui ont été révélé étape par étape. Le jeune béni du mois de ramadan lui a été rendu obligatoire pour la communauté Mouhammadite durant le mois de Cha^ban la deuxième année de l’hégire .Il y a eu également durant le mois de Cha^ban une conquête béni durant lequel la victoire a été pour les musulmans, il s’agit de la conquête du clam de Bani Al Moustariq, elle a eu lieu le mois de Cha^ban durant la 6ème année de l’hégire .L’imam Abou Mansour Al Matouridiyy que Dieu l’agrée , il est décédé du mois de cha^ban de l’an 333 de l’hégire , sa tombe est connu , qui est en Ouzbékistan. L’iman Aboul Hassan Hacharriyy également est mort durant cha^ban de l’année 324 de l’hégire, 9 ans avant lui. Ce sont deux honorables imans selon le jugement de Dieu , ils ont soutenu et appuyé la croyance des musulmans avec les preuves rationnelles et textuelles Que Dieu les agrée tous les deux Amin.
22.02.24 :
وذهب بعض المفسرين مذهبًا غير هذا فقالوا: إن الرسول يُظهره الله على بعض الغيب، فجعلوا « إلا » هنا على معناها الذي هو الأكثر استعمالا وهو أن تكون للاستثناء المعهود، لكنهم لم يقولوا بذاك القول الفاسد.
Les moufasir a eu un autre avis que celui qui a été précédemment indiquer. Nous parlons du verset 26 et 27 sourate Al Jinn et on a vu jusqu’ici certains on dit que « Il La » est dans le sens de cependant ou mais « Lakina ». Mais certains moufasirs ont donnés une autre signification. Qu’est-ce qu’ils ont ? Ils ont dit que: « le Messager Allah lui fait savoir une partie du Khayb » ils ont retenu pour « Il La » le sens qui est usité c’est l’exception cela veut dire « sauf », le verset voudrait dire alors : « Allah ne donne à connaître son khayb à personne sauf aux Messagers qu’il agrée »,mais ici ça veut dire quoi c’est une exception d’une partie du khayb pas la totalité c’est à dire sauf le Messager Allah lui fait connaître une partie du Khayb .Ces Moufasirs , ces exégèse du Qour’an ils n’ont pas dit la parole corrompu que les autres ont dites, ils n’ont pas dire que Allah il donne à savoir aux Prophètes tout ce que lui-même sait, d’accord , ils ont retenu ici le sens usité habituel de « Il La » qui est l’exception .Mais ils n’ont pas que cela veut dire que Allah fait savoir le Prophète tout ce que lui-même il sait , non cela veut dire que Allah fait savoir aux Prophètes une partie des choses cachés que lui-même il sait.
فعقيدة أهل السنة أن الله تعالى منفرد بخلق الاجسام والأعراض كلها من حركة وسكون وتنفس ولمحة وطرفة وغير ذلك، وأن من نسب خلق شىء من ذلك إلى غيره استقلالا يكون كافرًا لرده قوله تعالى: {اللهُ خَالِقُ كُلِّ شَىْءٍ }[سورة الزمر/62 ].
La croyance de Ahlou s-Sounnah , quelle est-elle? C’est que Allah ta^ala est l’unique à créer les corps et les caractéristiques des corps dans leur totalité. Comme le mouvement et l’immobilisation, la respiration, le regard furtif, le clin d’œil, tout cela c’est Allah qui le crée. La suite, la phrase, la croyance de Ahlou s-Sounnah et que celui qui attribut la création d’une de ces chose (les corps, la caractéristiques le mouvement et l’immobilisation, la respiration, le regard furtif, le clin d’œil et autres) à autre que Allah, il devient mécréant car il aura réfuté la parole de Allah :
dans sourate Az-Zoumar verset 62 ce qui signifie : « Allah est le créateur de toute chose ».
قال الحافظ الفقيه اللغوي محمد مرتضى الزبيدي الحنفي في شرح الإحياء ما نصه: « لم يتوقف علماء ما وراء النهر في تكفير المعتزلة » اهـ لأجل إثباتهم للعبد التأثير أي على هذا الوجه أي على وجه الخلق والإبراز من العدم إلى الوجود.
Ensuite l’auteur rapporte ce qu’a dit le hafidh , le faqih , le spécialité de la langue Mouhammad Mourtada Az-Zabidiyy le hanifite qui a fait le commentaire de Al iHya’ou ^ouloumi d-din) dans le tome 2 page 135 , il a dit ce qui signifie : « Les savants (quand il y avait des savants à cette époque-là) des contrés qui sont au-delà des fleuves (actuel Ouzbékistan et au-delà) ne se sont pas abstenus de déclarés mécréant les mou^tazilah » Fin de citation, parce qu’ils ont attribué à l’esclave un effet c’est-à-dire dans le sens de créer et de donner l’existence a ce qui n’existe pas. La croyance de Ahlou s-Sounnah est que Allah est le créateur de toute chose.
وقال الإمام المُقَدَّم من الأشاعرة أبو منصور البغدادي: « أصحابنا أجمعوا على تكفير المعتزلة » اهـ، وذلك في كتابه « تفسير الأسماء والصفات » وفي كتابه « الإمامة ». وقوله: « أصحابنا » يعني به الأشاعرة والشافعية لأنه رأس كبير في الأشاعرة الشافعية.
Et l’imam le mouqadam parmi les Achaarites , Abou Mansour Al Bardadiyy a dit: « Nos compagnons ont été unanime à déclarer mécréants les mou^tazilah » , dans son livre Al ‘Asma wa Sifat et dans son livre Al ‘Imamah .Quand il dit nos compagnons ils visent les Achaarites et les Chafarites parce qu’il est un grand représentant de ceux-là.
فكما أن من أنكر انفراد الله بخلق كل شىء مخالف لهذه الآية كذلك الذي ينكر انفراد الله بالعلم بكل شىء يكون مخالفًا لقوله تعالى: {وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيمٌ} [سورة البقرة/29
Tout comme celui qui renie que Allah soit le seul créateur de toutes choses il aura contredit ce verset 62 dans sourate Az-Zoumar, également celui qui renie le faite que Allah soit le seule qui sache toute chose, il aura contredit sa parole de Allah :
﴿ ﴾
Sourate Al Baqarah/29 ce qui signifie : « Allah sait toute chose ».
ومن قال إن أحدًا غيرَ الله يعلم بكل شىء فقد ساوى بين الله وبين ذلك المخلوق. فقول بعض الناس: إن الرسول يعلم كل الغيب أي يعلم جميع ما يعلم الله من طريق عطاء الله فقد ساوى بين الله تعالى وبين الرسول والعياذ بالله تعالى.
Et celui qui dit qu’il y a autre que Allah qui sait toute chose, il aura considéré équivalent Allah et cette créature. Et la parole de certains qui disent que le Messager sait toutes les choses cachées, c’est-à-dire qu’il sait tout ce que Allah sait et que c’est un don que Allah lui a donné, il aura considéré équivalent Allah et le Messager, que Allah nous en préserve de pareil mécréance.
ويرد هذ العقيدة قول الإمام الجليل أبي جعفر الطحاوي الحنفي في عقيدته التي سماها « عقيدة أهل السنة والجماعة » ما نصه: « وأصل القدر سرُّ الله تعالى في خلقه لم يَطَّلع على ذلك مَلَك مقرب ولا نبي مرسل، والتعمق والنظر في ذلك ذَريعة الخِذلان وسُلَّم الحرمان ودرجة الطغيان » اهـ.
Ceux qui réfutent cette croyance c’est la parole de l’illustre imam Abou Jafar At Tahawiyy le hanafite dans son traité de croyance qu’il a appelé la croyance de Ahlou s-Sounnah wal-Jama^ah, il a dit : « Le fondement de la prédestination est un secret que Allah n’a pas donné à connaître à ses créatures.» parce que ce sont les attributs de Dieu et ne connaissons pas la réalité des attributs de Dieu que Dieu , nous connaissons Dieu par le biais de ce qui est obligatoire à son sujet par le biais de ce qui est possible à son sujet à son sujet , par le biais de ce qui impossible à son sujet , et nous connaissons pas sa réalité ,ne sait la réalité de Allah que Allah, la prédestination c’est un attribut de Allah. Allah n’a pas a donné à savoir, à connaître un ange de haut degré ni à un Prophète ni à un Prophète envoyé. L’approfondissement et la réflexion à ce sujet est la couverture de l’échec ou prétexte de l’échec, les marches vers la privation, et les degrés de l’injustice. »
قال شارح الطحاوية الشيخ سراج الدين أبو الصفا عمر بن إسحاق الحنفي الهندي ما نصه: « القدر هو جعل كل شىء على ما هو عليه من خير وشر، حسن وقبيح، حكمة وسَفه، وبيان ما يقع عليه كل شىء من زمان ومكان وما له من ثواب وهو تأويل الحكمة، والحكمة أن يجعل كل شىء على ما هو عليه، ويُقدِّر كل شىء على ما هو الأولى به قال الله تعالى: {إِنَّا كُلَّ شَىْءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ} [سورة القمر/49]،
Le commentateur de At Tahawiyy le chaykh Sirajou d-din Abou s-Safa ^Oumar fils de Ishaq le hanafite originaire d’Inde, il a dit : « La prédestination est de faire que chaque chose est l’état qu’elle a, comme bien ou mal, beau ou laid, sagesse ou stupidité, et d’indiquer ce qui sera pour chaque chose comme époque ou endroit, est ce qu’il aura comme la récompense. La prédestination c’est l’expression de la sagesse. Et la sagesse c’est accordé à chaque chose sa juste valeur. Et il prédestine chaque chose ce qui lui convient. » Allah ta^ala a dit :
﴿ ﴾
Sourat Al-Qamar/ 49 ce qui signifie : « Certes nous avons créé toute chose conformément une prédestination. »
وعقول البشر قاصرة عن الإحاطة بكُنه الحكمة الإلهية، والأبصار حاسرة عن إدراك الأسرار الربانية فيكون القدر من الغيب الذي استأثر الله تعالى بعلمه وجعل سره مكتومًا عن خلقه، فيكون التعمق فيه وسيلة الخذلان لأن التعمق في طلب الوقوف على الحكمة التي كتمها الله تعالى عن خلقه ينشأ عن الإنكار والارتياب وهو من صفات أهل النفاق،
Les raisons des humains sont incapables d’englobées la sagesse divine, les cœurs sont incapables de connaître les secrets divins. La prédestination fait partie des choses cachées que seule Allah sait. Il a fait que son secret ne soit pas divulgué à ses créatures. L’approfondissement dans la prédestination sera le moyen de l’échec, car l’approfondissement dans la recherche de la sagesse que Allah n’a pas divulgué à ses créatures est une conséquence du reniment et du doute, qui sont les caractéristiques des hypocrites.
والمناظرة فيه تُفضي الى المنازعة في أحكام الربوبية، فيكون مبدأ التعمق ذريعة الخذلان، والمخذول هو الذي مُنع بسبب خلافه عن النُّصرة والظفر بالحق، ثم باستمراره على الخلاف يكون سُلمًا للحرمان، ثم إذا أكمل ينتهي إلى درجة الطغيان وهو المجاوزة عن الحد المجعول للعبد إلى المنازعة في أحكام الربوبية » اهـ.
Et débattre au sujet de la prédestination mène à remettre en cause et disputer la sagesse divine. La raison de l’approfondissement n’est autre que la couverture de celui qui échoue. Et celui qui échoue c’est celui qui a été privée de soutien et de réussite pour connaître la vérité. Par ailleurs s’il persiste dans son opposition se seront des marches qui vont le même à la privation. Puis s’il poursuit encore, il arrivera à l’injustice et la tyrannie, qui est le fait de dépasser la limite donner à l’esclave pour en arriver à disputer les jugements du Seigneur. » On le voit les mou^tazilah, ils remettent en cause, ils disent pourquoi il fait. C’est simple ! La raison nous que le monde a forcément un créateur, ce créateur a une volonté et sa volonté concerne toutes les créatures et que ce créateur est le seul qui donne l’existence à toute chose, il est le seul qui sait absolument toute chose. Si quelqu’un, nous dit mais alors nous qu’est-ce que nous faisons dans tout cela. On dit : « Dieu nous a donné des organes, des sens une vie, une âme, un corps, un choix, et une volonté. Mais cette volonté est soumise à la volonté de Allah » tout simplement. Parce que notre volonté fait partie des créatures et toutes les créatures sont soumise à la volonté de Allah sans exception.
Audio 29.02.24 :
قلنا: أورد الطحاوي رحمه الله تعالى ما أورد مبالغة في الإخبار عن كون علم القدر مكتومًا عن الخلائق أجمعين، لأن الله تعالى قال في كتابه {قُل لا يَعْلَمُ مَن فِي السَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ الْغَيْبَ إِلاَّ اللهُ} [سورة النمل/65]، والغيب في هذه الآية أُريد به جميع الغيب، والغيب هو ما غاب عن حس الخلق فما غاب عن حس الخلق لا يعلم جميعه إلا الله، ولا يُطلع الله على ذلك نبيًّا ولا مَلكًا، إنما يطلع على بعض الغيب من شاء من عباده من ملائكة وأنبياء وأولياء من الإنس والجن.
Nous disons : At Tahawiyy a beaucoup parler au sujet de la prédestination, il a dit que le sujet de la prédestination les créatures ne connaissent pas de ma manières complètes. C’est un sujet que les créatures ne connaissent pas de manières parfaites. La preuve est dans le verset :
﴿ ﴾
65 dans sourate An Naml ce qui signigfie : « Dis : Ne sait parmi ce qui sont dans les cieux et sur terre la totalité du Khayb que Allah. » Al-Ghayb dans ce verset c’est la totalité de Al khayb, cela ne veut pas dire que Allah est dans les cieux ou sur terre cela ne veut pas dire que Allah est dans les cieux ou sur terre, al-Ghayb c’est ce qui échappe à la perception des créatures, c’est cela la définition de al-Ghayb, c’est à dire tout ce qui échappe à la perception des créatures seul Allah en sait la totalité, Allah ne donne pas à connaître la totalité de Al-Ghayb ni à un Prophète ni à un ange. Mais Allah donne à connaître une partie de Al-Ghayb à qui il veut parmi ses exclaves à savoir les anges, les Prophètes et les Saints parmi les humains et les jinns.
ويخالف ذلك أيضًا قولَه تعالى: {قُلْ مَا كُنتُ بِدْعًا مِّنْ الرُّسُلِ وَمَا أَدْرِي مَا يُفْعَلُ بِي وَلا بِكُمْ إِنْ أَتَّبِعُ إِلاَّ مَا يُوحَى إِلَيَّ} [سورة الأحقاف/9] فإذا كان الرسول صلى الله عليه وسلم بنص هذه الآية لا يعلم جميع تفاصيل ما يفعله الله به وبأمته فكيف يتجرأ متجرئ على قول: إن الرسول يعلم بكل شىء يعلمه الله؟.
Cette prétention que le Messager sait tout le ghayb est également contraire à la parole de Allah dans sourate Al haqaf verset 9 :
﴿ ﴾
Dans ce verset nous apprenons que le Messager ne sait pas la totalité et le détail de ce que Allah fait de lui, par le texte même de ce verset, il ne sait pas tout le détails de ce que Allah ferait de lui et de sa communauté. Allah ordonne à son Messager de dire qu’il ne sait pas le détail de ce que Allah fera de lui et de sa communauté. Si tel est le cas, comment va-t-il prétendre que le Messager sait absolument tout ce que Allah sait. Ce verset est suffisant. Alors que dans ce verset nous apprends que le Messager ne sait pas le détail de ce que Allah fera de lui et de sa communauté.
وروى البخاري في الجامع حديثًا بمعنى هذه الآية ورد في شأن عثمان بن مظعون.
فقائل هذه المقالة قد غلا الغلو الذي نهى الله ورسوله عنه، قال الله تعالى: {قُلْ يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لاَ تَغْلُواْ فِي دِينِكُمْ} [سورة المائدة/77]، وقال النبي صلى الله عليه وسلم: « إياكم والغلوَّ في الدين، فإنه أهلك من كان قبلكم الغلو في الدين » رواه ابن حبان وغيره.
Al Boukhariyy a rapporté dans son Jami^a un hadith dans le sens de ce verset , un hadith qui est parvenu à propos de ^Outhman fils de Madh^oun, celui qui dit cette parole celui qui prétend que le Messager sait toute chose que Allah ,celui qui dit cette parole, il aura fait preuve d’outrance, qu’est-ce l’ outrance , c’est le fait de dépasser les limites fixées par la loi, et Allah a interdit de faire preuve d’outrance et Son Messager a interdit de faire preuve d’outrance, l’outrance c’est dépassé la limite fixer par la loi, faire soi-disant ce qu’il dise de l’excès de zèle ce qui dise plus royaliste que le roi. Allah ta^ala dit :
﴿ ﴾
Sourate Al-Ma’idah / 77 ce qui signifie : « Ô vous gens du livre ne faites pas preuve d’outrance dans la religion, et ne dépasser pas la limite qui vous a été fixé. » Allah a fixé des limites nous ne devons pas les dépasser. Même certains qui soi-disant pour insister les gens parfois ils disent les choses qui dépassent la limite et ça c’est interdit. Comme ses gens qui prétendent soi-disant que le Messager sait toute ce que Allah sait, ils ont soit disant glorifié le Messager par cela il prétend faire son éloge mais c’est une outrance parce c’est une outrance qui fait sortir de l’islam. Et le Prophète a dit dans un hadith a dit :
(( ))
rapporté par Ibnou Hibban et d’autres ce qui signifie : « Gardez-vous de faire preuve d’outrance dans la religion, surtout ne faites pas preuves d’outrance dans la religion. Ce qui a perdu ce qui vous ont précédé c’est ceux qui ont commis de l’outrance dans la religion. » Comme ceux qui se sont mis à adorer Jésus, ils l’ont considéré comme étant un Dieu, ceux par excès de glorification. Ou ceux qui a prétendu que la loi de Moïse ne doit pas être abrogée, ils ont fait preuves d’outrance dans la religion, ils ont dépassé la limite que Dieu les a fixés. Donc le Messager nous a mis en garde.
وقد صح أن الرسول صلى الله عليه وسلم قال: « لا ترفعوني فوق منزلتي »، والغلو هو الزيادة عن الحد المأمور به، فقد أمرنا أن نعظم الأنبياء لكن لا يجوز أن نرفعهم فوق منزلتهم كوصفهم بصفات الربوبية.
Il a été authentifié que le Messager il a dit :
(( ))
rapporté par At Tabaraniyy ce qui signifie : « Ne m’élever pas au-dessus de mon degré », et l’outrance c’est le dépassement de la limite qui a été ordonné, nous avons reçu l’ordre de glorifier les Prophètes, mais il n’est pas permis de les élever au-dessus de leur degré, comme ont leur attribuons la divinité.
ومما يرد مقالتهم هذه قوله تعالى {وَمِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ مَرَدُواْ عَلَى النِّفَاقِ لاَ تَعْلَمُهُمْ نَحْنُ نَعْلَمُهُمْ} [سورة التوبة/101]، وما رواه ابن ماجه عن الرُّبيع بنت مُعَوِّذ أن النبي صلى الله عليه وسلم دخل عليها صبيحة عرسها وعندها جاريتان يتغنيان وتقولان: « وفينا نبي يعلم ما في غد »، فقال: « أما هذا فلا تقولوه، ما يعلم ما في غدِ إلا الله ».
Parmi ce qui réfute leur thèse à ces gens-là, c’est le verset :
sourate de At Tawbah / 101 ce qui signifie : « Il y a parmi les gens de Médine ceux qui ont atteint un niveau élevé dans l’hypocrisie, tu ne les connais pas, nous les connaissons ». Nous ici c’est un nous de majesté. Il arrive que dans le qour’an Allah fait qu’il y a le pronom « nous » (nahnou) à son sujet mais c’est un nous de majesté ce n’est pas un nous de pluriel. Tu ne l’as connais pas, cela veut dire que le Prophète ne connait pas tous les sujets. Ici l’hypocrisie c’est quoi c’est ceux qui montre l’islam mais dans leur cœur ils sont contre l’islam. C’est l’hypocrisie dans la foi, ce n’est pas l’hypocrisie dans les transactions, c’est à dire qu’ils te montrent qu’ils sont musulmans mais en réalité ils ne le sont pas, et ce qui réfute également leur parole, verset 101 de Sourate At Tawbah et il y a également ce qu’à rapporter Ibnou Majah d’après Ar Roubayyi^ fille de Mou^awwiz, le prophète est venu la visiter la matinée de son mariage, elle avait deux jeunes filles qui étaient en train de chanter. Vous saviez dans les mariages les gens de Médine aimaient faire les chants, taper du tambourin. Lorsque le Prophète voit quelques choses qu’il ne voit pas correcte, il interdite le mal, C’est pour ça que les savants ont dit une des sources législations c’est une chose se déroule devant le Prophète, il ne la rejette pas, cela veut dire qu’il l’approuve. Donc il a dit :
(( ))
ce qui signifie : « Cela ne le dite pas, Seul Allah sait ce qui aura lieu demain. »
ويرده أيضًا ما رواه البخاري في الجامع من حديث أبي هريرة قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: « إنكم محشورون الى الله حُفَاةً عُرَاةً غُرلا {كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ} {104} الآية، وإن أول الخلائق يُكسَى يوم القيامة إبراهيم الخليل، وإنه سَيُجَاء برجال من أمتي فيؤخذ بهم ذات الشمال فأقول: يا رب أصحابي فيقول الله: إنك لا تدري ما أحدثوا بعدك، فأقول كما قال العبد الصالح:{وكنتُ عليهم شهيدًا} إلى قوله: {الْحَكِيمِ}، قال: فيقال: إنهم لم يزالوا مرتدين على أعقابهم ».
Vous voyez combien de preuves et pourtant tu les trouves il y en a qui persiste. C’est pour c’est important de les maîtriser et de les apprendre, parce que les preuves elles sont claires. Donc ce qui réfute également ce qu’ils prétendent (que le Messager sait tout ce que Allah sait), c’est un autre hadith cette fois ci rapporté par
Al Boukhariyy dans son ceci par sahih, d’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, qu’il a dit que le Messager de Allah a dit :
(( ))
ce qui signifie : « Certes vous serez rassemblés au jour du jugement dévêtus et nus pied ». Et il a cité le verset :
﴿ ﴾
Ce qui signifie : « Tout comme nous avons créé la dernière fois, nous vous ressusciterons. » La première créature qui sera vêtu au jour du jugement c’est Ibrahim. Et on amènera un groupe d’homme de ma communauté qui seront amenés ensuite vers la gauche. Je dirai au Seigneur ce sont mes compagnons. Et Allah dit : « tu ne sais pas ce qu’ils ont fait après toi». C’est encore autant de preuve que le Prophète ne sait pas tout ce que Allah sait. Je répondrai comme l’esclave vertueux a dit :
﴿ ﴾
Sourate Al Ma’idah verset 117 et 118 ce qui signifie : « J’étais témoins d’eux quand j’étais parmi eux » A propos de notre maître ‘Iça ^aleyhi salam qui leur a bien transmis le message il leur a dit adorer Allah et n’adorez que Allah. Mais eux se sont mis à adorer ‘Iça .Donc il a dit : « J‘étais témoins d’eux quand j’étais parmi eux mais après que j’ai été élevé au ciel, je ne sais pas ce qu’ils ont fait ». Il sera dit « ils ont apostasié après toi » parce que le Prophète quand il les connaissait c’étaient des compagnons. Le point important de ce hadith c’est que le Prophète ne sait pas ce que tout ce que Allah sait.
وزاد في رواية سعيد بن المسيَّب عن أبي هريرة أيضًا: « فيقول: إنك لا علم لك بما أحدثوا بعدك، فيقال: إنهم قد بدلوا بعدك، فأقول: سُحقًا سُحقًا ».
Il a une autre version chez Sa^id fils de Al-Mousayyad, il y a un ajout des paroles en plus dans celle de Sa^id fils de Al Mousayyad et d’après Abou Hourayrah , il dira ce qui signifie : « Tu n’as pas de connaissances de ce qu ‘ils ont fait après toi , ils ont apostasiés après toi .Je dirai malheur à eux. »
ومن أعجب ما ظهر من هؤلاء الغلاة لمَّا قيل لأحدهم: كيف تقول الرسول يعلم كل شىء يعلمه الله وقد أرسل سبعين من أصحابه الى قبيلة ليعلموهم الدين فاعترضتهم بعض القبائل فحصدوهم، فلو كان يعلم أنه يحصل لهم هذا هل كان يُرسلهم؟ فقال: نعم يرسلهم مع علمه بذلك، والحديث رواه البخاري وغيره.
Du plus étonnant le plus apparue de ses gens qui font preuves d’outrance, c’est lorsqu’il a été dit à l’un d’entre eux : Comment tu dis que le Messager sait tout ce que Allah sait, alors qu’il a envoyé soixante-dix de ses compagnons chez une tribu pour leur enseigner la religion? C’était des gens qui étaient connus surnommé Al Qourra ils maîtrisaient le Qour’an le Qour’an ce qui était révéler à cette époque par cœur (parce que la totalité du Qou’ran a été révélé sur une longueur de 23 ans) mais à cette époque ils connaissaient par cœur, il les a formé et leur a enseigné , et le Prophète les a envoyé à une tribu .Qu’est ce qui a été fait ?Une autre tribu leur a tendu un guet-apens et ils les ont exterminé, soixante-dix compagnons ,c’était au début de l’islam. Si le Messager savait qu’il leur arrivé cela, est ce qu’il les aurait envoyés ? Et bien la personne qui fait preuve d’outrance, elle répondu : Oui, il les envoie alors il savait qu’il sait qu’il leur arrive cela. Vous voyez pour ne pas en démordre. Un dicton en arabe qui dit : « c’est une chèvre même si elle vole, mais je dis elle vole, il dit c’est une chèvre » hadith rapporté par Al Boukhariyy et d’autres.
فبعد هذا كيف ساغ لهؤلاء الغالين أن يقولوا: إن الرسول عليه الصلاة والسلام يعلم كل ما يعلمه الله من طريق العطاء ولا نقول من طريق الذات!!.
Après tout cela comment, comme se fait-il à ces outranciers de dire : « Le Messager sait tout ce que Allah sait, est par un don de la part de Dieu. Mais nous ne disons pas que sait par son être. » Il prétende que nous quand on dit Allah il sait et que le Prophète sait tout ce que Allah sait, que sait Allah qui lui a donné cette science, ce n’est pas par son être que le Messager sait tout ce que Allah sait. On dit que le Messager ne sait pas tout ce que Allah sait. Voilà les preuves, pourquoi ils persistent à ce qui ne tiennent pas la route, alors qu’il y a tellement de preuves qu’indique que le Messager ne sait pas tout ce que Allah sait. Eux ils disent que c’est un don de Dieu que ce n’est pas propre à son être, même cela c’est faux. Mais on n’a pas besoin de chercher à prouver le faux de cela. Déjà le Messager ne sait par tout ce que Allah sait. Qu’est-ce que tu dis un don ou un a son être Qu’est-ce que tu dis ? Le Messager ne sait pas tout ce que Allah sait.
ومثل هذا الغالي في شدة الغلو رجل كان يَدَّعي أنه شيخُ أربع طُرق قال: الرسول هو المراد بهذه الآية {هُوَ الأَوَّلُ وَالآخِرُ وَالظَّاهِرُ وَالْبَاطِنُ وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيمٌ} [سورة الحديد/3]، وهذا من أكفر الكفر لأنه جعل الرسول الذي هو خلقٌ من خلق الله تعالى أزليًّا أبديًّا، لأن الأول في الآية معناه الذي ليس لوجوده بداية، وهو الله تعالى بصفاته فقط.
Semblable à cette outrancier, il y a un autre qui fait preuve d’une extrême outrance, un homme qui prétend être le Chaykh de quatre tariqa soufis, il a dit que le verset 3 de Sourate Al Hadid :
﴿ ﴾
concerne le Messager. Ce verset il s’agit de Allah, Il est celui qui est exempt de début, il est celui exempt de fin, il est celui dans les preuves de l’existence est apparent, et il est celui qui sait les choses cachées, il est celui qui sait toutes choses. Cet homme a dit ce verset concerne le Messager. Cela est une des plus grave des mécréances parce qu’il a rendu le Messager équivalent à Allah car il a considéré le Messager qui est une créature de Allah comme étend exempt de début et exempt de fin car dans ce verset Al ‘Awwal signifie celui qui n’a pas de début à son existence. Il s’agit de Allah ta^ala avec ses attributs seulement.
Informations utiles : Si quelqu’un avait l’intention d’interrompre son woudou‘ ou son ghousl (il est en train de le faire et il avait l’intention de l’interrompt ou il a excité) ,; alors il ne sera pas interrompu ce n’est pas la prière , tant qu’il est en train de le faire il ne l’ a pas coupé, ni pas l’intention de le coupé, ni par l’excitation de le couper , tant qu’il n’a pas fait quelques choses qui interrompt le woudou’. Il en est de même pour celui qui a l’intention de couper le jeune, tant qu’il ne coupe pas son jeune il reste dans l’état de jeuneur, tant qu’il ne coupe pas en définitif il reste entrain de jeuner.
الخاتمة
أما قول بعضٍ من هؤلاء: إن الرسول علمُهُ يشمل ما في اللوح المحفوظ كله ويزيد عليه فيُرَدُّ عليه: بأن ارتداد هؤلاء الذين كانوا من أصحابه في الدنيا مقرر في اللوح المحفوظ والرسول صلى الله عليه وسلم خفي عليه ذلك ولم يعلم به، فكيف تجرأوا على دعوى أن الرسول يعلم على وجه الإحاطة بكل ما في اللوح المحفوظ؟!. فقول هؤلاء من أشنع الغلو لأنهم ساووا الرسول بالله تعالى.
قال الحافظ السيوطي في « الخصائص الكبرى » ما نصه: « وأخرج أحمد والطبراني بسند صحيح عن ابن عمر عن النبي صلى الله عليه وسلم قال: « أوتيتُ مفاتيح كل شىء إلا الخمس {إِنَّ اللهَ عِندَهُ عِلْمُ السَّاعَةِ} [سورة لقمان/34] الآية » اهـ.
وقال: « وأخرج أحمد وأبو يعلى عن ابن مسعود قال: أُوتي نبيكم صلى الله عليه وسلم مفاتيح كل شىء غير الخمس {إِنَّ اللهَ عِندَهُ عِلْمُ السَّاعَةِ} الآية » اهـ.
يقال لهم: هذا دليل أهل الحق فهل عندكم من جواب؟ ألا يكفي هؤلاء أن يقفوا عند معتقد أهل السنة أن الرسول صلى الله عليه وسلم أفضل خلق الله، ولو أضافوا الى ذلك أنه أعلم خلق الله تعالى لم يكن بذلك بأس، لكنهم لم يكتفوا بذلك بل ساووه بالله، تعالى الله عن ذلك.
والله نسألُ أن يحفظنا من الفتن إنه على كل شىء قدير، والحمد لله رب العالمين، وصلى الله وسلَّم على سيدنا محمد وعلى ءاله وصحبه الطيبين الطاهرين.