Chaykhaboulaliyah's Blog


Jurisprudence: comment faire le tayammoum

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Tayammoum

 

Comment tu fais le tayammoum

 

Allah ta^ala dit :

﴿ فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ

(falam tajidou ma’an fatayammamou sa^idan tayyiban famsahou biwoujou-hikoum wa ‘aydikoum minh) ce qui signifie : « Et lorsque vous ne trouvez pas d’eau [c’est-à-dire après en avoir cherché], faites le tayammoum à l’aide d’un bon sa^id en le passant sur sur vos visages et vos mains [jusqu’aux coudes, coudes compris] » [sourat Al-Ma’idah / 6].

Le Messager de Allah  a dit :

جُعلت لنا الأرضُ كلُّها مسجدا وجعلت لنا تربتها طهورا

(jou^ilat lana l-‘ardou koullaha masjidan wa jou^ilat tourbatouha lana tahoura)

Ce qui signifie : « La terre toute entière nous est mise à disposition comme lieu de prière et sa terre comme purificatrice » [rapporté par Mouslim].

Le tayammoum est pour celui qui est dans l’incapacité de faire le woudou. Il est fait avec de la terre purificatrice et poussiéreuse. Il est permis de faire le tayammoum avec de la pierre non cuite, c’est-à-dire qui n’a pas subi le feu, comme par exemple les galets : il est valable de faire le tayammoum avec selon l’avis des malikites, des hanafites et des hanbalites.

Il est indispensable que l’intention soit simultanée avec le déplacement de la terre du sol au visage et qu’elle reste présente jusqu’au passage sur la première partie du visage. Si l’intention s’interrompt entre le déplacement de la terre et le passage sur le visage, il est annulé mais certains savants ont dit qu’il reste valable même si elle s’interrompt.

 

1/ Frapper une première fois le sol avec le plat des mains (voir figure n° 13).

Figure n° 13 : Frappe le sa^id par le plat de tes mains.

 

2/ L’intention : Tu fais l’intention par ton cœur en disant par exemple : Je fais l’intention du tayammoum pour me rendre autorisée la prière obligatoire (voir figure n° 14).

 

3/ Passer les deux mains sur le visage (voir figure n° 15).

 

Figure n° 14 : Tu frappes une première fois la surface de la terre et tu fais l’intention de te rendre autorisée la prière obligatoire.

 

Figure n° 15 : Passe tes mains sur ton visage.

 

4/ Frappe une deuxième fois la terre avec les deux mains (voir figure n° 16).

5/ Le passage sur la main droite et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main gauche : tu peux effectuer le passage sur la main droite de la manière suivante :

a- Pose le plat des doigts de ta main gauche sur le dos des doigts de ta main droite (voir figure n° 17).

b- Fais passer le plat des doigts de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

Figure 16 : Frappe une deuxième fois la surface de la terre.

 

Figure 17 : Passe la paume de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

c- Lorsque tu arrives au niveau du poignet, fais que le bout de tes doigts soient sur le coté de l’avant bras.

d- Fais glisser ta main gauche jusqu’au coude. Le passage de la main concerne également le coude (voir figure n° 18).

e- Fais pivoter le plat de ta main gauche, de sorte qu’il soit maintenant en contact avec le plat de l’avant-bras (voir figure n° 19).

f- Fais glisser ta main gauche sur le plat de ton avant-bras droit (voir figure n° 20).

 

Figure n° 18

 

Figure n° 19

 

g- Lorsque tu arrives au niveau du poignet de ta main droite, fais passer le plat du pouce de ta main gauche sur le dos du pouce de ta main droite (voir figure n° 21).

 

6) Le passage sur la main gauche et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main droite : tu fais tout comme tu as fait précédemment avec l’autre main. Ainsi tu auras terminé le tayammoum.

 

Remarque : Cette manière de procéder est la plus complète. Mais s’il a effectué le passage sur les deux mains jusqu’aux avant-bras autrement, cela reste valable.

Avertissement : la bague doit être enlevée du doigt lors de la deuxième frappe afin que soit valable le passage sur la main portant la bague.

Information utile : le tayammoum n’est valable qu’après le commencement du temps de la prière et le musulman n’accomplit avec le tayammoum qu’une seule prière obligatoire. S’il veut donc accomplir une deuxième prière obligatoire, il doit refaire le tayammoum.

 

Jurisprudence : comment faire le woudou’

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Woudou

 

 

Le woudou’,
ses obligations, ses actes recommandés
et ses actes méritoires

 

 

 

Allah ta^ala dit :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘idha qoumtoum ‘ila ssalati faghsilou woujouhakoum wa ‘aydiyakoum ‘ila l-marafiqi wa-msahou birou’ouçikoum wa ‘arjoulakoum ‘ila l-ka^bayn) dont on comprend : « Ô vous qui avez cru, lorsque vous voulez faire la prière, lavez vous le visage, vos mains jusqu’aux coudes, passez [les mains] mouillées sur vos têtes, et [lavez] vos pieds jusqu’aux chevilles » [Al-Ma’idah / 6].

 

Le woudou’ a des obligations et des actes recommandés :

 

Les obligations : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ n’est pas valable.

 

Les actes recommandés : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ reste valable, mais si le musulman les délaisse sans excuse, il en rate la récompense.

 

Le woudou’ se fait avec de l’eau pure et purificatrice, telle que l’eau de pluie, l’eau du puits, l’eau de mer, l’eau du fleuve ou ce qui est de cet ordre.

 

 

Figure N° 1 : Dis : Bismi l-Lah lors du lavage des mains

 

 

Comment faire le woudou’ :

 

1-      La tasmiyah lors du lavage des mains : ceci fait partie des actes méritoires du woudou’. La signification de la tasmiyah ici c’est que tu dises : Bismi l-Lah (voir la figure n° 1).

 

 

2-      Laver en premier les mains jusqu’aux poignets[1] : Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure précédente).

3-      Se rincer la bouche : c’est-à-dire faire circuler de l’eau à l’intérieur de la bouche en la faisant déplacer dedans pour ensuite la cracher. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 2).

4-      L’istinchaq consiste à introduire de l’eau dans le nez et à l’aspirer. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 3).

 

 

 

Figure n° 2 : À l’aide de ta main droite, introduis l’eau dans ta bouche et fais-la circuler dedans

 

 

 

Figure n° 3 : Introduis l’eau dans ton nez en l’aspirant

 

 

Parmi les actes recommandés, il y a l’istinthar c’est-à-dire expulser ce qu’il y a dans ton nez comme eau et choses gênantes en expirant.

 

5-      L’intention : c’est-à-dire que tu aies l’intention par ton cœur, de faire le woudou, au moment où tu laves le visage, c’est-à-dire lorsque l’eau touche la première partie de ton visage et c’est comme de dire : J’ai l’intention de faire le woudou’. Cette intention est une des obligations du woudou. L’intention signifie viser, par le cœur, l’accomplissement de l’acte, simultanément avec le début de l’acte. L’intention est toutefois suffisante si elle précède de peu le lavage du visage, selon l’avis de l’Imam Malik, que Allah l’agrée. (voir figure n° 4).

 

6-      Le lavage du visage en entier : c’est-à-dire que tu laves la totalité de ton visage en longueur et en largeur, tout en frottant. Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 5).

 

Il est recommandé de laver le visage trois fois mais il est permis de le laver une seule fois.

 

Figure n° 4 : L’intention au moment du lavage du visage

Figure n° 5 : Lave ton visage dans sa totalité.

 

 

 

Les limites du visage en hauteur vont de là où les cheveux poussent chez la majorité des gens, jusqu’à l’extrémité du menton (voir figure n° 6). Les limites du visage en largeur vont d’une oreille jusqu’à l’autre oreille, les deux oreilles ne faisant pas partie du visage et il n’est donc pas un devoir de les laver. Il est seulement un devoir de laver la partie qui se trouve entre les deux oreilles (voir figure n° 7).

 

7-      Laver les mains avec les coudes : C’est l’une des obligations du woudou’. Le coude est la jointure entre les deux os de l’avant-bras et celui du bras (voir figure n° 8). Il est recommandé de commencer par la droite et de laver trois fois puis de terminer par la gauche et de la laver trois fois. Il est valable de laver une seule fois.

 

Figure n° 6 : Les limites du visage en longueur vont de là où les cheveux poussent habituellement jusqu’au menton.

 

Figure n° 7 : Les limites du visage en largeur vont d’une oreille à l’autre.

 

 

 

8-      Passer les mains mouillées sur une partie de la tête et cela fait partie des obligations du woudou. Il est une condition que ce passage soit dans les limites du crâne, c’est-à-dire de là où poussent habituellement les cheveux jusqu’à l’occiput –la pointe située à l’extrémité arrière de la boîte crânienne– (figure n° 9).

9-      Passer les mains mouillées sur les oreilles et ce passage fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure n° 10).

10-   Laver les pieds chevilles comprises : Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 11). Il est recommandé de laver trois fois mais il est permis de laver une seule fois. De même, il est recommandé de commencer par le pied droit.

 

Figure n° 8 : Lave tes mains et tes avant-bras coudes compris.

Figure n° 9 : Passe les mains mouillées sur une partie de la tête.

 

 

Les chevilles sont les deux os qui dépassent au niveau de l’articulation du pied et de la jambe (figure n° 12).

 

Figure n° 10 : Passes les mains mouillées sur la partie visible et celle cachée des oreilles.

Figure n° 11 : Lave tes pieds chevilles comprises, le droit puis le gauche, tout en frottant.

Figure n° 12 : Voici les chevilles.

 

 

 

11-  L’ordre : c’est-à-dire accomplir les obligations du woudou’ dans l’ordre. Ainsi :

 

1/ tu laves le visage avec l’intention

2/ ensuite tu laves les mains et les avant-bras, coudes compris

3/ ensuite tu passes les mains mouillées sur une partie de la tête

4/ puis tu laves les pieds chevilles comprises

 

 


Informations éminemment précieuses

 

Il est recommandé de dire après avoir terminé le woudou’ :

(( أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا  شريك له، وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، اللهم اجعلني من التوابين واجعلني من المتطهرين ))

 

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, ‘Allahoumma j^alni mina t-tawwabbin wa j^alni mina l-moutatahhirin) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ; ô Allah fais que je sois au nombre de ceux qui se repentent et fais que je sois au nombre de ceux qui se purifient ».

Il est cité dans le hadith que celui qui a terminé son woudou’ et qui dit en levant les yeux  vers le ciel –c’est-à-dire par manifestation de la glorification de Allah– :

(( أشهد أن لا إلاه إلا الله وحده لا  شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، فتحت له أبواب الجنة الثمانية وقيل له أدخل من أيها شئت ))

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, foutihat lahou abwabou ljannah aththamaniyah wa qila lahou oudkhoul min ayyouha chi’ta) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager », il lui sera ouvert les huit portes du paradis et il lui sera dit : « Entre par celle que tu veux ».

 

Il est cité dans le hadith sahih :

(( من توضأ كما أمروصلى كما أمر غفر له ما تقدم من ذنبه ))

man tawadda’a kama ‘oumira wa salla kama ‘oumira ghoufira lahou ma taqaddama min dhanbih) c’est-à-dire celui qui fait un woudou’ de la manière complète et qui accomplit une prière de la manière complète, conforme à la Loi, même s’il s’agissait d’une prière de deux rak^ah, ses [petits] péchés antérieurs lui seront pardonnés, même s’ils étaient nombreux.

 

Il est cité dans Sahihou Mouslim que le Messager de Allah  faisait le woudou’ avec un moudd et le ghousl avec un sa^.

Le moudd équivaut au plein des deux mains (de taille moyenne) jointes.

Le sa^ équivaut à quatre moudd.

Cela indique la forte recommandation d’utiliser peu d’eau pour faire le woudou’ et le ghousl. Il est également cité dans Sahihou Mouslim que le Prophète  avait utilisé un makkouk pour le woudou’ et cinq makkouk pour le ghousl. Le makkouk équivaut à six moudd.

 

 

 

 

Ce qui annule le woudou


 

Ce qui annule le woudou

 

Si un musulman avait le woudou et lui arrive quelque chose qui l’annule, il lui est interdit de faire la prière avant de l’avoir renouvelé.

 

Parmi ce qui annule le woudou il y a :

1/ La sortie, par les deux orifices inférieurs, de quelque chose comme l’urine, les selles ou les gaz.

2/ Le toucher du sexe avec le plat des mains sans qu’il y ait quelque chose qui empêche le contact direct.  « Sans contact direct » signifie que le toucher a lieu, par exemple, par l’intermédiaire d’un vêtement ou en portant des gants lorsqu’on touche avec la main.

3/ La perte de raison par la folie ou autre.

4/ Le sommeil profond si on dort dans une autre position qu’en étant bien calé sur son postérieur en dormant par exemple sur le ventre, le dos ou le côté.

5/ Qu’un homme touche la peau d’une ‘ajnabiyyah par contact direct. Ce qui est visé par ‘ajnabiyyah c’est toute autre  femme en dehors de ses mahram.


[1] Le poignet : la jointure de la main et de l’avant-bras.

L’Islam

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur décembre 15, 2011

Il a été dit:

Introduction

Comme message et principe communs à toutes les communautés de tous les prophètes de Dieu, depuis Adam jusqu’à Mouhammad r, qu’il s’agisse de Abraham, Moïse, Jésus ou de tous les autres prophètes, l’Islam veut dire :

 

« N’ADORER QUE DIEU SEUL SANS RIEN LUI ASSOCIER, ET CROIRE AU PROPHÈTE DU TEMPS. »

1. L’ISLAM

Définition

Dans la langue arabe, le mot Islam signifie soumission. C’est pourquoi on entend souvent dire que les musulmans sont soumis, au point qu’ils seraient plongés dans une léthargie, ou qu’ils se trouveraient dans un immobilisme tel qu’ils ne sauraient laisser le passage à une voiture qui leur foncerait dessus. Or ce n’est pas le cas. Au contraire, nous agissons sur les causes tout en sachant que c’est Dieu qui crée toute chose. Ainsi quand nous sommes malades, nous prenons des médicaments et nous guérissons si Dieu nous a prescrit de toute éternité la guérison. Autrement dit, le médicament n’est qu’une des causes à notre disposition par lesquelles Dieu crée la guérison selon Sa volonté qui ne change pas. Comme on dit, le médecin soigne mais c’est Dieu Qui guérit.

 

Dans le contexte de la Religion, cette soumission est particulière dans la mesure où elle consiste, au minimum, à témoigner qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu, et que le prophète du temps est Son prophète. Et le prophète du dernier temps n’est autre que Mouhammad r, par qui Dieu a clos la prophétie.

 

Ainsi, une des formulations de ce témoignage est :

« Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu (‘ach-hadou ‘al-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) et je témoigne que Mouhammadest Son prophète-messager (wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadar-Raçoulou l-Lah). »

 

Explication

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu– signifie globalement : Je sais, je crois [1] fermement et je reconnais –verbalement– que rien ni personne n’a la divinité sinon Dieu, l’Unique Créateur des cieux, de la Terre et de tout l’Univers. Ce qui exclut l’adoration pour qui que ce soit d’autre, fût-ce un prophète, un ange ou toute autre créature. En revanche, nous respectons et honorons ceux que Dieu a honorés, tels que les prophètes (Mouhammad, Jésus, Moïse, Abraham, Noé, etc.), les anges (Gabriel, Michaël, etc.) ou les saints et les saintes comme Marie mère de Jésus.

 

Je témoigne que Mouhammad est Son prophète-messager, signifie globalement : Je sais, je crois fermement et je reconnais –verbalement– que Mouhammad est le prophète-messager de Dieu, qu’il est véridique en tout ce qu’il a annoncé et énoncé de la part de Dieu, et qu’il est envoyé à tous, aussi bien aux humains qu’aux jinn [2], afin qu’ils croient en sa Loi et le suivent.

 

Remarque

Comme on peut le constater, dans ce double énoncé se trouvent réunies trois affirmations :

•   la négation de la divinité pour toute créature,

• la confirmation de la divinité pour Dieu seul,

•   la reconnaissance, sans réserve aucune, que Mouhammad r est le prophète de Dieu dont on doit suivre la Loi.

 

Ce double témoignage de la foi musulmane, avec ce qu’il renferme comme signification, doit être le reflet d’une conviction intime. De ce fait, il traduit l’adhésion de la raison et du cœur à la certitude de l’existence de Dieu, de Son unicité, et du statut de prophète de Mouhammad. Ainsi, l’adoration doit être comprise comme l’obéissance avec l’extrême humilité. Il s’agit donc de s’humilier volontairement, de façon absolue, pour Dieu et pour Dieu seul.

 

Aussi voit-on les musulmans se prosterner dans leurs prières rituelles. Par ce geste, ils font véritablement preuve d’humilité en posant sur le sol leur front qui est la partie la plus noble du corps. En se rappelant que la prière est une lourde charge, sauf pour les humbles qui, par obéissance à Dieu, se recueillent en toute humilité. Et Dieu honore celui qui s’humilie pour Lui, tandis que les orgueilleux, qui refusent de L’adorer, entreront tête baissée en Enfer. C’est dans le même sens que la repentance de ses fautes ne se fait qu’à Dieu seul, et non à un mortel comme nous, parfois capable de la pire des abominations.

 

Règle

Ensemble, ces deux témoignages constituent le moins que l’on puisse faire pour se préserver du châtiment éternel de l’Enfer. C’est dire que la croyance en Dieu ne va pas sans la croyance en Son prophète Mouhammad r.

2. LA CROYANCE [Al-‘Iman]

Définition

D’une manière générale, le mot Iman désigne la foi, la croyance. Alors, on pourra dire par exemple : –Je crois qu’Untel est honnête. Cependant, du point de vue de la Religion, cette croyance est particulière en ce sens qu’il s’agit au minimum de croire, sans aucun doute, en la signification des deux témoignages. En effet, prétendre verbalement l’Islam tout en le contredisant dans son cœur n’est pas valable.

 

De ce fait, l’Islam et la croyance sont indissociables comme le dos et le ventre, ou les deux faces d’une pièce de monnaie. Ils vont de pair, de telle sorte que tout musulman (mouslim) est un croyant (mou’min) et tout croyant est un musulman.

 

C’est dire qu’il est absolument interdit d’appeler croyant quelqu’un dont on a su qu’il n’est pas musulman, même s’il prétend le contraire. Il en est de même pour celui qui nie la prophétie de Mouhammad r, même s’il affirme croire en Dieu. En effet, la croyance en Dieu implique la croyance en Son prophète. Pour preuve ce verset où Dieu dit :

 

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

qui signifie :

« Et celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager, Nous [3] (Dieu) avons préparé pour les mécréants le feu ardent de l’Enfer. »

(Qour’an 48/13)

 

De ce verset, on tire deux enseignements :

 

1. Celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète-messager Mouhammad, qu’il fasse partie des gens du Livre [4] qu’il soit bouddhiste, athée ou autre, est mécréant, et sa demeure sera l’Enfer s’il meurt ainsi. De même celui qui doute de leur mécréance est à son tour mécréant, parce qu’il a ainsi contredit le Qour’an.

 

2. Un croyant qui n’accomplit pas la prière, le jeûne de Ramadan, ou qui commet d’autres grands péchés ne sort pas de l’Islam, bien qu’il mérite un grand châtiment dans l’Enfer. En effet, c’est sur la croyance que l’accent est mis comme nous le montre le Hadith suivant dans lequel Abou Dharr, grand compagnon du Prophète r, dit :

أَتَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى الله عَلَيْه ِ وَسَلَّمَ وَهو نَائِمٌ عَلَيْهِ ثَوْبٌ أَبْيَضُ ثُمَّ أَتَيْتُهُ فَإِذَا هُونَائِمٌ ثُمَّ أَتَيْتُهُ وَقَدِ اسْتَيْقَظَ فَجَلَسْتُ إِلَيْهِ فَقَالَ مَا مِنْ عَبْدٍ قَالَ لا إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ ثُمَّ مَاتَ عَلَى ذَلِكَ إِلاَّ دَخَلَ الْجَنَّةَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ ثَلاَثًا ثُمَّ قَالَ فِي الرَّابِعَةِ عَلَى رَغْمِ أَنْفِ أَبِي ذَرٍّ قَالَ فَخَرَجَ أَبُوذَرٍّ وَهُو يَقُولُ وَإِنْ رَغِمَ أَنْفُ أَبِي ذَرٍّ.

 

ce qui signifie :

« Je me suis rendu chez le Prophète r, il était habillé de blanc et dormait. Je suis revenu et il dormait toujours ; ensuite je suis retourné auprès de lui et je l’ai trouvé éveillé. Je me suis assis à ses côtés, et il a dit : “Quiconque témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et meurt sur cela (c’est-à-dire en étant musulman) entrera au Paradis”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Et même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. À la quatrième fois, il a ajouté : “ (Il y entrera) quel que soit l’étonnement de Abou Dharr [5]”… »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui précède va dans le même sens que cet autre Hadith, dans lequel le Prophète dit :

من كان آخر كلامه لا إله إلا الله دخل الجنة.

qui signifie :

« Celui dont la dernière parole sera : “Il n’est de dieu que Dieu” (la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) entrera au Paradis (c’est-à-dire même s’il subit au préalable un châtiment ). »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

C’est donc sur la croyance que l’accent est mis. D’où la règle suivante pour celui ou celle qui veut embrasser l’Islam :

 

 

Règle

Sans conviction intime, la prononciation [6] des deux témoignages ne suffit pas, en vérité, pour entrer dans l’Islam. De la même façon, la croyance n’est pas agréée par Dieu sans la prononciation des deux témoignages.

 


Remarque

Pour le non musulman qui veut se convertir à l’Islam, la formulation des deux témoignages –s’il en a les moyens [7]– est une condition nécessaire pour la concrétisation à la fois de son Islam et de sa croyance (Iman).

 

Quant à celui qui est né et a vécu dans un milieu musulman en croyant à la signification des deux témoignages, on le considère comme musulman aussi longtemps qu’il n’aura pas contredit cette croyance par le cœur, les paroles ou les actes. Néanmoins, dès sa puberté il devra, à titre d’obligation rituelle, prononcer les deux témoignages une fois dans sa vie, et cela d’après l’École (madh-hab) Malikite selon laquelle cette prononciation n’est pas obligatoire dans les prières. Par contre, dans les Écoles Chafi^ite, Hanbalite et Hanafite, il est obligatoire de prononcer les deux témoignages dans la prière pour que celle-ci soit valable.

3. MÉRITES DU TEMOIGNAGE

Les Hadith suivants prouvent, si besoin en était, la grande valeur que Dieu accorde au témoignage. Ainsi, le prophète Mouhammad r nous a appris ceci :

قال موسى يا رب علمني شيئاً أذكرك به وأدعوك به قال قل يا موسى لا إله إلا الله قال يا رب كل عبادك يقول هذا قال قل لا إله إلا الله قال إنما أريد شيئاً تخصنى به قال يا موسى لو أن السموات السبع والأراضين السبع في كفة ولا إله إلاّ الله في كفة مالت بهن لا إله إلاّ الله.

ce qui signifie :

« Moïse dit : – Ô Seigneur ! Apprends-moi une chose par laquelle je T’invoquerai et T’implorerai.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Dis : “il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – Ô Seigneur ! Tous Tes esclaves le disent.

Il (Dieu) dit : – Dis : “ il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – J’aimerais quelque chose par laquelle je me distinguerai des autres.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Si les sept cieux et les sept terres se trouvaient dans un des plateaux (de la Balance) et (la parole) “il n’est de dieu que Dieu” dans l’autre, c’est celle-ci qui l’emporterait. »

 (Hadith rapporté par le Hafidh Nourou d-Din Al-Haythamiyy [8])

 

L’Imam Malik, que Dieu l’agrée, rapporte cette parole du Prophète qui montre également la valeur du premier témoignage :

(…) أَفْضَلُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ (…)

ce qui signifie :

«  (…) La meilleure parole que j’ai dite, ainsi que les prophètes qui m’ont précédé, est : – il n’est de dieu que Dieu, l’Unique, Qui n’a pas d’associé (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika Lah) (…) »

 (Hadith rapporté par Malik dans son livre Al-Mouwatta’)

 

Le grand spécialiste de la Science du Hadith, l’Imam Mouslim, que Dieu l’agrée, évoquant à son tour le mérite du témoignage, rapporte cette autre citation du Prophète :

الإسْلاَم يَهْدِمُ مَا قَبْلَه (…).

ce qui signifie :

« L’Islam efface tout ce qui le précède (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui veut dire que par son entrée dans l’Islam, le nouveau converti est assuré de l’effacement de tous les péchés qu’il avait commis auparavant.

 

 

4. LA PREMIERE OBLIGATION

De cette obligation d’ordre individuel, qui est à la charge de chaque personne responsable [9], Dieu dit :

] يا أيها الذين آمنوا آمنوا بالله ورسوله والكتاب الذي نزّل على رسوله والكتاب الذي أنزل من قبل ومن يكفر بالله وملائكته وكتبه ورسله واليوم الآخر فقد ضل ضلالا بعيدا [

 

ce qui signifie :

« Ô vous qui avez cru ! Restez attachés à la croyance en Dieu et en Son Messager, au Livre qu’Il lui a révélé –c’est-à-dire le Qour’an– et à ceux qu’Il a fait descendre auparavant. Celui qui commet de la mécréance envers Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers et concernant le Jour Dernier se trouve dans un terrible égarement. »

 (Qour’an 4/136)

 

C’est dans ce sens que l’éminent savant du Salaf [10], l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a dit :

أول ما يجب على العبد العلم بالله ورسوله ودينه.

ce qui signifie :

« La première obligation qui incombe à tout esclave de Dieu est de connaître Dieu, Son prophète et la Religion qu’Il agrée. »

 

La croyance est un tout, c’est-à-dire qu’elle est globale et indissociable. En effet, à la demande [11] de l’ange Gabriel : « Informe-moi sur la foi », le Prophète r a répondu :

(…) أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّه ِ(…)

ce qui signifie:

«  (…) La foi est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour du Jugement et à la Prédestination du bien et du mal (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ceci implique la croyance en tout ce que le prophète Mouhammad r a annoncé et énoncé de la part de Dieu, qu’il s’agisse de la question posée dans la tombe, des supplices et des délices de celle-ci, de la résurrection des morts, du Jour du Jugement, du Paradis et de ses délectations, de l’Enfer et de ses terribles châtiments, etc.


CHAPITRE 1

croyance en dieu

La religion musulmane ne repose pas sur des bases incohérentes et incomplètes. Au contraire, la raison saine est parmi les plus solides de ses soutiens, tandis que le Qour’an, la Tradition du Prophète r, l’unanimité des savants musulmans (‘ijma^) et le qiyas [12] en sont la référence.

 

Aussi, l’Imam Al-Ghazaliyy [13] dit-il :

لا تصحّ العبادة إلاّ بعد معرفة المعبود.

ce qui signifie :

« L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui qui mérite d’être adoré (c’est-à-dire Dieu). »

 

Autrement dit, celui qui croit que Dieu est une lumière –le contraire de l’obscurité–, qu’Il est assis sur le Trône [14], ou qu’Il est partout par Sa Réalité comme l’air, etc., celui-là n’adore pas Dieu, mais quelque chose issue de son imagination. C’est dire que Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car l’imagination est une création, et ce qui est créé n’a aucune ressemblance avec le Créateur.

Il faut donc avoir une croyance en Dieu correcte, celle qui sauve du châtiment éternel de l’Enfer. Ainsi, Dieu dit à Son prophète :

 ] فاعلم أنه لا إله إلاّ الله واستغفر لذنبك وللمؤمنين والمؤمنات (…) [

ce qui signifie :

« Sache (Mouhammad) qu’il n’est de dieu que Dieu, et demande le pardon pour ton péché [15] et pour les Croyants et les Croyantes (…). »

 (Qour’an 47/19)

 

Ce verset du Qour’an fait ressortir deux sortes de sciences :

– La science qui traite de l’unicité de Dieu, par la parole qui signifie : « Sache qu’il n’est de dieu que Dieu (). »

– La science qui traite des règles d’application, car la parole qui signifie « ()demande le pardon pour ton péché() » fait référence à l’application, à la pratique.

 

Par ce verset, Dieu ordonne à Son prophète r d’accorder la priorité à l’étude de la science qui traite de la croyance sur celle des règles d’application. De ce fait, le Prophète r dit :

(…) إِنِّي لأ علمهم بالله وأشد هم لَهُ خشية (…)

ce qui signifie :

«  (…)Je suis celui qui a  meilleure connaissance de Dieu et qui Le craint le plus.(…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Les compagnons du Prophète r, à son exemple, ont accordé plus d’importance à la science de la croyance qu’aux autres sciences de la Religion. Ainsi, le Spécialiste de la transmission du Hadith Ibnou Majah a rapporté dans son livre « Sounan Ibni Majah » que le compagnon Joundoub, fils de ^Abdou l-Lah, que Dieu l’agrée, a dit :

كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ فِتْيَانٌ حَزَاوِرَةٌ فَتَعَلَّمْنَا الإِيمَانَ قَبْلَ أَنْ نَتَعَلَّمَ الْقُرْآنَ ثُمَّ تَعَلَّمْنَا الْقُرْآنَ فَازْدَدْنَا بِهِ إِيمَانًا.

ce qui signifie :

« Nous étions avec le Prophète r, alors que nous étions proches de la puberté, et nous avons appris la croyance avant d’apprendre le Qour’an. Puis nous avons appris le Qour’an, ce qui nous a renforcés dans la croyance. »

 

C’est pour cela que l’Imam Al-Ghazaliyy a dit que l’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré. Et l’Imam Ar-Rifa^iyy [16] de préciser :

غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان.

ce qui signifie :

« La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Dieu est la certitude de Son existence sans référence à l’espace ni au comment. »

 

Il s’agit donc d’une connaissance qui permet, sans faire appel à la localisation, de distinguer le Créateur de toute chose, Qui n’a ni début ni fin et Qui n’a besoin de rien, des créatures qui sont dans une totale dépendance. C’est en cela que la fameuse citation du premier Calife Abou Bakr, que Dieu l’agrée, est très instructive :

العَجزُ عَن دَرَكِ الإدراكِ إِدرَاكُ

                                                  والبحثُ عن ذاتِهِ كفرٌ وإشراكُ

ce qui signifie :

« S’avouer incapable de cerner la Réalité de Dieu, c’est la vraie compréhension. Et chercher à connaître cette Réalité, c’est de la mécréance et de l’association. »

(Rapporté par Badrou d-Din AzZarkachiyy Ach-Chafi^iyy)

 

En effet, en cherchant à connaître la réalité de Dieu, quelqu’un établirait des comparaisons et des parallèles, ce qui est déraisonnable et illogique, car Dieu est absolument différent de Ses créatures. En d’autres termes, Dieu seul sait Sa Réalité et celle de Ses attributs. Dès lors, connaître Dieu pour les créatures que nous sommes, passe par la confirmation de Ses attributs et par la négation de ce qui n’est pas digne de Lui.

 

Il faut donc croire, sans doute aucun, que Dieu a des attributs.

Pour faire un rapprochement d’idées, prenons un exemple. Si l’on dit à quelqu’un de fabriquer une montre, il ne pourra le faire que s’il possède les connaissances nécessaires. À supposer qu’il maîtrise cette science, mais n’en a pas la capacité physique –s’il est paralysé, par exemple– il n’y parviendra pas. Et s’il possède la connaissance et la capacité mais pas la volonté, il n’y arrivera pas non plus. Ainsi pour exister, ce monde a besoin, à plus forte raison, d’un Créateur Qui a les attributs de la science, de la puissance et de la volonté.

 

Dieu a fait exister ce monde après le néant et n’a aucune ressemblance avec lui ; Il n’a pas besoin d’un endroit, Il ne s’incarne pas et ne se fatigue pas, Il n’a pas de ressemblance avec les hommes ni avec les anges. Il n’est pas une matière, Il n’est donc pas concerné par la forme ni par les limites. Il est différent de toute Ses créatures. Son existence n’a pas de commencement.

 

Dieu a donc des attributs. C’est pourquoi les savants musulmans ont dit qu’il est obligatoire d’en connaître treize, qui sont fréquemment cités dans le Qour’an, soit directement, soit par leur signification. À savoir :

 

  1. L’existence (Al-Woujoud)
  2. L’exemption de début (Al-Qidam)
  3. L’exemption de fin (Al-Baqa)
  4. L’unicité (Al-Wahdaniyyah)
  5. La non ressemblance avec les créatures (Al-Moukhalafatou li l-Hawadith)
  6. La science (Al-^Ilm)
  7. La puissance (Al-Qoudrah)
  8. La volonté (Al-Machi‘ah)
  9. La vue (Al-Basar)
  10. L’ouïe (As-Sam^)
  11. La parole (Al-Kalam)
  12. La vie (Al-Hayat)
  13. Le non-besoin (Al-Qiyamou Bin-Nafs)

1. L’EXISTENCE

Il est connu des gens de la droiture que Dieu a des attributs éternels qui sont dignes de Lui ; l’existence en est un.

 

Dieu Qui est exempt d’imperfection dit :

(…) أفي الله شك (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Douterait-on de l’existence de Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 14/10)

 

Il faut donc croire que l’existence de Dieu est indubitable, et n’a pas de commencement, c’est-à-dire qu’elle n’est pas précédée par le néant, et qu’elle n’a pas de fin, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas affectée par l’anéantissement.

Le Prophète r a dit :

(…) كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ

ce qui signifie :

«  (…) Dieu existe de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Le Trône fut sur l’eau –c’est-à-dire que Dieu a créé le Trône à partir de l’eau qui fut donc la première créature– (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

À travers ce Hadith, le Prophète r confirme l’existence de Dieu avant toute création. De ce fait, quiconque nie l’existence de Dieu est un athée ; comme cet instituteur qui a dit un jour que Dieu n’existait pas, et partant que ce monde n’a pas été créé. Profitant de son absence, un de ses élèves a dessiné un âne au tableau avec le nom de l’instituteur inscrit dessus. À son retour, il fut accueilli par des éclats de rire. Fou de rage, il chercha à connaître l’auteur de ce dessin. Sur ce, un élève se leva et dit que le dessin s’était fait lui-même –c’est-à-dire d’après vous–.

 

Ainsi, cet élève venait de confirmer, à sa façon, ce que tout le monde sait, à savoir que tout acte relève forcément d’un auteur. Par conséquent, il serait impossible d’imaginer l’existence d’un écrit sans personne qui écrive, ou d’un bâtiment sans personne qui bâtisse. En effet, la raison ne peut que rejeter l’idée qu’une encyclopédie puisse résulter d’une déflagration survenue dans une imprimerie, ou qu’un immeuble, avec toutes ses structures, surgisse subitement de Terre à la suite d’une secousse tellurique. De même, on ne saurait imaginer un bateau lourdement chargé, cheminant droit sur une mer agitée, avec des vents portants et tourbillonnants, sans l’aide d’un bon et vaillant capitaine. Que dire alors de cet Univers qui évolue dans une organisation parfaitement cohérente !

 

Un savant, à qui les gens avaient demandé la preuve de l’existence de Dieu, a dit : – Ne constatez-vous pas que toutes les feuilles du mûrier se ressemblent par l’odeur, la couleur et le goût ?

– Bien sûr, répondirent-ils.

– Alors, ajouta-t-il, la brebis mange ses feuilles et donne du lait ; le ver s’en nourrit également et fournit de la soie ; quant à certains cervidés –-notamment le chevrotain porte musc–, en les consommant, ils produisent du musc.

 

Ainsi à partir d’une même plante, il se dégage des choses qui diffèrent dans leur aspect et leur consistance. En effet, le lait est différent de la soie, qui à son tour se distingue du musc. Dès lors, il est évident que c’est un Créateur qui a non seulement créé cette plante mais qui l’a transformée –à travers ces animaux– en des choses différentes de goût, d’odeur, de couleur et même d’utilité. Et ce Créateur n’est autre que Dieu Qui est exempt d’imperfection. Gloire à Lui, le Tout-puissant !

 

Cela nous amène à constater l’absurdité de la théorie du « Big-bang » selon laquelle la nature, qui n’a ni volonté ni science, aurait tout créé. C’est prétendre qu’une chose puisse être à la fois antérieure et postérieure à elle-même. Ainsi, l’existence de l’Univers dans toute sa complexité, sa beauté et son ordonnance, témoigne de l’existence de Dieu.

 

Le musulman croit donc en l’existence de Dieu, une existence qui n’a ni commencement ni fin et qui est différente de celle de Ses créatures. Car l’Unique Créateur de toute chose existe sans rapport avec le temps et l’espace, c’est-à-dire que Son existence ne dépend d’aucune circonstance de lieu, de temps ou de manière.

 

Par conséquent

Dieu est l’Éternel. Nul temps ne Le limite et nul lieu ne Le circonscrit.

Dieu n’est pas un corps, car Il serait limité.

Dieu n’est pas une substance, car Il serait localisable.

Dieu n’est pas accidentel, car Il aurait besoin d’un créateur.

Dieu n’est pas composé, car Il serait divisible.

Dieu n’a pas d’organes, car Il serait imaginable et représentable.

Dieu n’est ni ténèbres, ni lumière.

 

En effet, Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء وهو السميع البصير [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –ou bien Rien n’a de ressemblance avec Lui d’aucun point de vue– , et Il est Celui Qui entend et Qui voit. »

 (Qour’an 42/11)

2. L’exemption de debut

Dieu dit :

] هو الأول (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Dont l’existence n’a pas de commencement (…). »

 (Qour’an 57/3)

 

Une traduction littérale –exclue– donnerait que Dieu serait le premier. Or la primauté de l’existence de Dieu est absolue et atemporelle, alors que la primauté des créatures est relative au temps. Ainsi on dira d’Adam qu’il est le premier des êtres humains, tandis que Dieu est premier dans le sens que Son Existence n’a pas de commencement.

 

Il faut donc croire que Dieu, comme tous Ses attributs, n’a pas de commencement. Par conséquent, Son existence n’est pas relative au temps. Elle ne Lui a pas été attribuée et n’est pas précédée par quelque chose. Car tout ce qui a un commencement a besoin de quelqu’un qui lui a donné l’existence. Or le besoin contredit la divinité, parce qu’il indique une dépendance, c’est-à-dire une imperfection. Donc si Dieu avait besoin de Ses créatures, Il ne pourrait pas les créer. Mais Dieu, le Glorieux, n’a pas besoin de Ses créatures, ni avant, ni après la création de celles-ci.

 

C’est pourquoi nous disons que l’exemption de début de Dieu n’a aucun rapport avec le temps [17], car encore une fois, le Créateur de toute chose existe avant le temps. De ce fait l’Imam Abou Hanifah, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

وصفاته في الأزل غير محدثة ولا مخلوقة ، فمن قال : إنها مخلوقة أو محدثة ، أو وقف فيها ، أو شك فيهما فهو كافر بالله تعالى.

ce qui signifie :

« Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement et ne sont pas créés. Celui qui dit qu’Ils sont créés ou qu’ils ont un commencement, de même que celui qui ne se détermine pas sur la question ou qui en doute a commis de la mécréance envers Dieu Qui est exempt d’imperfection. »

 

Dieu est donc le seul qui a l’attribut de l’exemption de début.

 

Ainsi, pour prouver aux philosophes qu’il est impossible que le monde soit une succession de choses sans commencement, les savants dans la Science de la croyance (At-Tawhid) ont donné l’exemple suivant : – Si quelqu’un dit : “Tel jour, je ne donnerai un franc à Untel que si je lui en ai déjà donné un, que je ne lui aurai donné que si je lui en avais déjà remis un autre… et ainsi de suite”. Il est clair, dans cet exemple, que la pièce promise ne sera jamais donnée car le don est lié à quelque chose d’inexistant, à savoir un commencement de ce don. Or ce qui est suggéré ici, c’est qu’il ne débute jamais.

C’est dire que si ce monde était une succession de choses sans début, il n’existerait pas à présent ; mais puisqu’il existe, cela prouve qu’il a un début.

 

Règle

Tout, excepté Dieu et Ses attributs, a un commencement.

3. L‘exemption de fin

Dieu dit :

] كل من عليها فان  ويبقى وجه ربك ذوالجلال والإكرام [

ce qui signifie :

« Tout ce qui est sur Terre est voué à une fin mais Dieu –Qui est sans endroit– existe éternellement. »

 (Qour’an 55/26-27)

 

Dieu, tout comme Ses attributs, n’a pas de fin. En effet, la raison impose que Dieu, Dont l’existence n’a pas de commencement, soit exempt de fin. Il est le Vivant Qui ne meurt pas, et Sa vie n’est ni acquise ni précédée, ni par quelque chose ni par le néant.

 

Remarque

La non- fin du Paradis et de l’Enfer est confirmée par les Textes (le Qour’an et les Hadith). Ainsi bien qu’ayant un commencement, ce n’est que par la volonté de Dieu qu’ils subsistent éternellement ; sans quoi, étant des créatures, il est possible rationnellement qu’ils s’anéantissent. Mais Dieu a voulu pour eux la pérennité.

 

Règle

Seul Dieu est Éternel en Soi.

4. L’unicité

Dieu a dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

 

L’Imam Abou Hanifah, que Dieu l’agrée, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

والله تعالى واحد لا من طريق العدد ولكن من طريق أنه لا شريك له.

ce qui signifie :

« Dieu est Unique, non pas du point de vue du nombre, mais dans le sens qu’Il n’a pas d’associé. »

Car mathématiquement parlant, le nombre 1 est divisible par 2 ce qui donne 2 demis, par 3 ce qui donne 3 tiers, etc.

Sachez donc que le devoir le plus fondamental de chaque moukallaf (voir définition en page 25) est de croire en l’unicité de Dieu sans rien Lui associer, c’est-à-dire reconnaître que Dieu est :

 

– Unique du point de vue de Sa Réalité

•   Il n’a point d’associé

• Il ne se divise pas

• Il n’est pas composé

• Rien n’est tel que Lui

– Unique du point de vue de Ses attributs

Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement, c’est-à-dire qu’Ils ne sont pas créés. Car si Dieu avait un attribut créé, cela voudrait dire qu’Il change : celui qui change a besoin de quelqu’un qui le fait changer. Et celui qui a besoin de quelqu’un d’autre est une créature et non le Créateur Qui existe avant toute créature, sans les créatures. Or le fait de dire que Dieu aurait acquis un attribut signifierait que cet attribut lui aurait manqué, ce qui indiquerait une imperfection. Celui qui n’est pas parfait ne peut être Dieu dont les attributs :

 

•   sont uniques

   sont parfaits

            ne changent pas

   ne sont pas accidentels, c’est-à-dire créés

   ne sont pas occasionnels

            ne sont pas contingents

            ne sont pas précédés par le néant

 

Rien ni personne ne peut avoir un ou plusieurs attributs de Dieu.

 

– Unique du point de vue de Son acte

Lorsqu’on dit, par exemple, que Dieu est l’Unique Créateur, cela signifie qu’Il est Le seul à pouvoir faire exister toute chose après le néant. Dieu a la puissance de créer ce qu’Il veut sans que nul ne puisse s’opposer à l’accomplissement de Sa volonté.

Le fait de créer la créature n’a pas ajouté à Dieu un attribut qu’Il n’aurait pas eu ; c’est dire que Dieu avait l’attribut d’être Créateur avant la création du monde. De même qu’Il avait l’attribut de donner la vie et celui de donner la mort avant qu’il n’y ait de vivants et de morts ; ce n’est pas après avoir fait vivre ou mourir quelqu’un que Dieu a acquis ces attributs-là.

 

Ainsi, Abou Hanifah a dit :

والفعل صفة في الأزل والمفعول مخلوق.

ce qui signifie :

« L’acte de Dieu est un attribut qu’Il a de toute éternité, mais ce sont les manifestations de Son acte qui sont créées. »

 

Tout ce que les gens possèdent –enfants, biens matériels ou autres moyens de subsistance– provient de Dieu. En effet, Dieu dit :

] وما بكم من نعمة فمن الله (…) [

ce qui signifie :

« Tout ce que vous avez comme bienfait provient de Dieu (…) »

 (Qour’an 16/53)

Ou encore :

] إن الله هو الرزاق (…) [

ce qui signifie :

« Dieu est Le seul Dispensateur de tous les biens (…) »

 (Qour’an 51/58)

5. LA NON RESSEMBLANCE AVEC LES CREATURES

Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…) »

 (Qour’an 42/11)

 

L’Univers est de Dieu par création et non par engendrement ou par émanation. Donc Dieu n’est pas au monde ce que la terre est à l’arbre, ou ce que l’arbre est au bois, ou le bois à la table. Parce que la table vient du bois, le bois de l’arbre, l’arbre de la terre par un cycle de transformations successives voulu et créé par Dieu. Par conséquent, l’Univers qui forme l’ensemble des choses créées est tout autre que Dieu, rien n’a de ressemblance avec le Créateur :

 

– Ni du point de vue de Sa Réalité (Dhat)

Il n’est ni une lumière –le contraire de l’obscurité– ; ni un esprit ; ni un corps impalpable, ni un corps palpable, ni une matière, ni une particule, ni un homme, ni une étoile, ni aucune autre chose de la création.

 

Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car notre imagination est l’une de Ses créations.

 

– Ni du point de vue de Son acte (Fi^l)

L’acte de Dieu n’a pas de commencement, tandis que tout autre acte est une création. Et Il fait exister toute chose après le néant en lui donnant l’existence sans que cela soit par le toucher, le mouvement, la proximité ou l’éloignement.

 

– Ni du point de vue de Ses attributs (Sifat)

En effet, Dieu S’est fait connaître par Ses attributs pour que Ses créatures affirment Son existence et proclament Son unicité, excluant ainsi de chercher à Le connaître par analogie. Car les attributs de Dieu sont sans aucune comparaison ni ressemblance. Il est exempt du fait d’avoir des dimensions, des limites, des repères, des membres ou des organes petits ou grands. On ne peut donc pas se représenter ni imaginer Dieu. Il est impossible de Lui attribuer :

 

•   le fait de s’asseoir

• l’immobilité ou le mouvement –tous deux liés à l’espace et au temps qui sont des créations–

• les sentiments –émotion, envie, etc.–

• le changement

• le sommeil

• la fatigue –comme l’ont prétendu certains égarés–. À ce propos, Dieu dit :

] ولقد خلقنا السمـوات والأرض وما بينهما في ستة أيام وما مسنا من لغوب [

ce qui signifie :

« Certes, Nous (Dieu) avons créé les cieux et la Terre et ce qui est entre eux dans six jours, sans que nulle fatigue Nous ait touché. »

 (Qour’an 50/38)

 

Remarque

Dieu a créé l’Univers sans nul besoin, ni rien qui L’y oblige. Il a donné existence aux mondes sans modèle préexistant. Il n’est pas en contact, par le toucher, avec les choses. Tout est facile pour Dieu, parce qu’Il est le Tout-puissant. Dès lors, l’une des sagesses de la création des cieux et de la terre dans six jours est de nous enseigner la patience. Autrement Dieu, Le Tout-puissant aurait pu tout faire exister en un seul instant, s’Il l’avait voulu. Car notre création et notre résurrection à tous sont pour Lui comme celles d’un seul être.

6. LA SCIENCE

Dieu dit :

] قالوا سبحانك لا علم لنا إلا ما علمتنا إنك أنت العليم الحكيم [

ce qui signifie :

« (Les anges) dirent : “Soubhanak » –c’est-à-dire Dieu, Toi Qui es exempt de toute imperfection– ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous fais savoir. »

 (Qour’an 2/32)

Dieu est le Celui Qui sait tout et, par Sa science qui est éternelle –c’est-à-dire sans commencement ni fin–, Il sait toutes choses dans les moindres détails avant de les créer ; et outre cela, Il sait Sa propre réalité et celle de Ses attributs.

 

La science de Dieu ne change pas et elle n’est pas, comme la nôtre, précédée par l’ignorance. En effet, l’être humain est créé dans le ventre de sa mère d’où il sort complètement ignorant. Puis petit à petit il grandit, se transforme, apprend à marcher et à parler. Il va acquérir des connais­sances qui s’enrichiront par étapes. Cette mutation l’acheminera de l’enfance à la vieillesse en passant par l’adolescence. Ainsi, il aura évolué d’un état de faiblesse à celui de la pleine force, avant de revenir à l’état de faiblesse. Il est illogique et déraisonnable de croire que l’être humain est l’auteur de sa propre transformation, ou que celle-ci soit l’œuvre du père sur son fils. De même, il est inconcevable que la nature, qui est elle-même une création, soit à l’origine de tels changements. Ainsi donc apparaît la nécessité que toutes ces mutations soient dues à Celui Qui a les attributs de la vie, de la science, de la puissance, de la volonté, et Dont l’existence est éternelle : c’est Lui Qu’on appelle Dieu, ou Allah ; Il sait tout de toute éternité, le passé, le présent et le futur.

C’est dire que rien ne Lui est caché et qu’Il sait toute chose dans les moindres détails.

 

Règle

La Science de Dieu, qui n’a ni commencement ni fin, englobe toute chose.

7. LA PUISSANCE

Dieu dit :

] إن الله على كل شىء قدير [

 

ce qui signifie :

« Certes, Dieu a la puissance parfaite sur toute chose. »

 (Qour’an 2/20)

 

Dieu est le Tout-puissant et, par Sa puissance qui n’a ni commencement ni fin, Il crée et anéantit les choses, selon Sa science et Sa volonté.

Rien ni personne n’échappe à la puissance de Dieu, et nul ne peut secourir celui qu’Il veut châtier.

 

Remarque

Le jugement rationnel –selon la raison– est de trois sortes :

 

1) Le nécessaire, c’est ce dont la raison ne peut concevoir l’inexistence ou l’anéantissement : il s’agit de Dieu et de Ses attributs.

 

2) Le possible rationnel (ou le contingent), c’est ce dont la raison peut concevoir l’existence ou la non-existence, comme le monde et tout son contenu. Ainsi, la raison accepte notre existence ici-bas à un moment donné et notre inexistence ailleurs à un autre moment.

 

3) L’impossible rationnel se rapporte à ce dont la raison ne conçoit pas l’existence, comme un associé à Dieu, ou comme le fait que quelqu’un puisse être mort et vivant en même temps.

 

Cela posé, la puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il fait exister ou anéantit. De ce fait, elle ne concerne que le possible rationnel.

 

S’agissant de l’impossible rationnel ou du nécessaire, il n’est pas permis de dire que Dieu est capable ou incapable de créer ce à quoi ces notions se rapportent. En effet, pour faire un rapprochement d’idées, ce n’est pas parce que l’on ne peut pas attribuer la science à un caillou qu’il est ignorant ; car l’ignorance tout comme la science ne concernent pas les corps inertes.

À ceux qui disent que Dieu Qui est exempt d’imperfection est capable d’avoir un enfant car le contraire indiquerait une impuissance de sa part, nous répondons que cette affirmation est un non sens parce que l’enfant pour Dieu relève de l’impossible rationnel, qui n’est pas concerné par la puissance de Dieu.

Il est aussi des athées qui demandent si Dieu est capable de créer Son pareil. Là encore, il s’agit d’une impossibilité rationnelle dont l’existence est rejetée par la raison. La preuve en est que Dieu n’a pas de commencement et que s’Il avait un pareil à Lui, cela voudrait dire que ce pareil n’aurait pas non plus de commencement. Or celui qui n’a pas de commencement n’est pas créé.

Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est impossible que Dieu ait un enfant ou qu’Il se soit créé Lui-même qu’il y aurait là une preuve d’impuissance de Sa part, car encore une fois Sa puissance ne concerne pas l’impossible rationnel ni le nécessaire selon la raison.

 

Règle

Dieu a le pouvoir de créer tout ce qui peut exister du point de vue de la raison, de même que d’anéantir tout ce qui est anéantissable.

8. LA VOLONTE

Dieu dit :

] (…) والله غالب على أمره (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Dieu (…). »

 (Qour’an 12/21)

 

Dieu, par Sa volonté qui n’a ni commencement ni fin, attribue aux choses –à ce qui est contingent– leurs caractéristiques –genre, espèce, qualité, etc.–.

La volonté de Dieu ne concerne donc ni le nécessaire ni l’impossible rationnel, mais seulement le possible rationnel. Un tableau par exemple peut être noir, blanc, vert, etc. ; il y a plusieurs couleurs possibles pour ce tableau. Le fait d’avoir la couleur noire au lieu d’une autre couleur pourtant possible, résulte de l’attribution de Dieu. Il en est de même pour la forme du tableau. Ainsi, telle chose est blanche et non rouge, grande et non petite ; telle personne est riche et non pauvre, etc.

 

Rien ne peut avoir lieu sans la volonté de Dieu, car Il dit :

] وما تشاءون إلا أن يشاء الله رب العالمين [

ce qui signifie :

« Et vous –les créatures– ne voulez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »

(Qour’an 81/29)

 

En effet, notre volonté étant créée, elle n’existe que grâce à Dieu. Par conséquent l’homme a une volonté, mais elle est subordonnée à la volonté de Dieu, de sorte qu’il ne voudra que ce que Dieu a voulu qu’il veuille.

C’est ce que l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy [18] exprime en disant :

 غلبت مشيئته المشيئات كلها (…)

ce qui signifie :

« La volonté de Dieu se réalise au détriment de toute (autre) volonté (…) »

 

Donc :

   Tout est régi par la volonté de Dieu

   Ce que Dieu veut sera, ce que Dieu ne veut pas ne sera pas –qu’il s’agisse du bien, du mal, des corps, du mouvement, du repos, etc.–

   On ne s’épargne le mal –péché, maladie, etc.– que par la préservation de Dieu, et on ne fait le bien que grâce à Son aide

Aucune créature, pas même les prophètes, ne peut quoi que ce soit sans la volonté de Dieu

 

Par conséquent

Rien ne mérite l’adoration si ce n’est Dieu seul.

9. LA VUE

Dieu dit :

] (…) والله بما تعملون بصير [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu voit parfaitement ce que vous faites. »

 (Qour’an 3/156)

 

Dieu voit toute chose visible, que nous puissions la voir ou pas. Mais Sa vue, qui n’a ni commencement ni fin, n’a pas de ressemblance avec la nôtre ; Il voit sans l’intermédiaire d’organes –œil, iris, cornée, pupille, etc.– et Sa vue n’est pas conditionnée par la lumière, la réfraction, la réflexion, l’obscurité, la distance, la direction, etc. L’être humain au contraire a besoin pour voir,de l’organe de la vue –un œil ou des yeux–, il a besoin de disposer de lumière, de regarder dans une direction et d’être situé à une distance donnée par rapport à la chose à voir. En effet, on ne peut voir quelque chose derrière soi qu’avec un rétroviseur ou un autre intermédiaire. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni partout, voit tout sans aucune notion de distance, car la distance marque la limite entre deux corps. Et Dieu n’est pas un corps.

 

10.L’OUÏE

Dieu dit :

] أم يحسبون أنا لا نسمع سرهم ونجواهم بلى (…) [

ce qui signifie  :

 « Pensent-ils que Nous (Dieu) n’entendons pas leurs secrets et leurs confidences ? Mais si ! (…). »

 (Qour’an 43/80)

 

Dieu entend tout ce qui peut être entendu, qu’il s’agisse de choses que nous pouvons entendre ou pas. Et Son ouïe, qui est sans commencement ni fin, n’a aucune ressemblance avec la nôtre. En effet, l’homme ne peut entendre qu’au moyen d’organes appropriés –oreilles, conduit auditif, tympan, etc.– qui succombent parfois à l’assaut de la maladie ou de l’âge. En outre, le son que nous percevons doit être émis à une certaine fréquence et intensité pour être audible sans nuisance, car d’après les observations, à cent quatre-vingts décibels, les tympans éclatent. Ainsi, une explosion peut induire des lésions auditives irréversibles. L’intensité du son n’est pas seule en cause, la durée d’exposition est aussi nuisible. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni dans tous les endroits, et Qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, entend tout.

 

Nous pouvons donc nous adresser à Lui sans passer par un intermédiaire. Ce qui n’exclut pas de Lui demander de nous accorder un bienfait par le rang du Prophète Mouhammad r ou par le degré d’un saint.

11.LA PAROLE

D’un verset du Qour’an, nous comprenons que Dieu dit :

] (…) وكلم الله موسى (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu a parlé assurément à Moïse.(…) »

 (Qour’an 4/164)

 

C’est dire que Dieu a l’attribut de la parole mais, comme tous Ses autres attributs, elle n’a pas de ressemblance avec la nôtre et ne nécessite aucun organe phonatoire. En effet, Dieu n’a pas de bouche et Sa parole qui est de toute éternité, c’est-à-dire sans commencement ni fin, ne comporte ni lettres, ni mots ; ce n’est ni une langue –l’arabe, le grec, l’hébreux, le français, etc.– ni un langage sonore ou vocal.

 

Moïse u a donc entendu cette parole sans l’émission d’une voix, et il en a compris ce que Dieu a voulu qu’il comprenne. Par la suite, il a communiqué le message reçu en s’exprimant dans la langue de son peuple qui était l’hébreux. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبين لهم (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) n’avons pas envoyé de Messager qui ne parle la langue de son peuple –auquel il a été envoyé–, et cela afin qu’il leur explique le message dont il est chargé. Ainsi il leur sera facile de le comprendre(…). »

 (Qour’an 14/4)

 

Remarque

Ainsi, affirmer que le Qour’an, la Torah ou l’Évangile (et non les évangiles) sont la parole de Dieu veut dire deux choses :

 

1. Soit qu’il s’agit de la parole de Dieu qui est Son attribut ; dans ce cas cette parole n’est ni en arabe, ni en une autre langue, ne s’exprime pas par des lettres ni une voix, n’a pas de ressemblance avec la nôtre, n’a pas de commencement et n’est pas quantifiable.

 

2. Soit qu’il s’agit des expressions de cette parole que l’on peut trouver dans les Livres Saints. C’est à travers ces expressions qu’on comprend ce que Dieu dit par Sa parole éternelle, qui n’est pas composée de lettres et qui n’est ni une voix ni un langage. Pour faire un rapprochement d’idées, si nous écrivons au tableau les mots Allah, Dieu ou God, cela ne signifie pas que Dieu s’incarne sur le tableau, ou qu’il y aurait trois dieux. Au contraire, il s’agit de trois expressions indiquant que nous parlons du Créateur Qui n’est pas ces lettres écrites. C’est dans ce sens que nous disons que les versets qu’on trouve dans le Qour’an expriment la parole de Dieu. Ainsi, on comprend du verset suivant que Dieu dit :

] وإن أحد من المشركين استجارك فأجره حتى يسمع كلام الله ثم أبلغه مأمنه ذلك بأنهم قوم لا يعلمون [

ce qui signifie :

« Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, car ce sont des gens qui ne savent pas. Puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. »

 (Qour’an 9/6)

 

Il s’agit ici de lui faire entendre l’expression de la parole de Dieu, à savoir les versets du Qour’an, et non pas la parole divine de Dieu, qui est Son attribut. Quant au verset 164 de la sourate 4, qui signifie : « () Dieu a parlé assurément à Moïse », on en déduit que Dieu parle, mais que Sa parole est différente de la nôtre, et c’est bien celle-là que Moïse a entendue.

 

Règle

Par Son attribut qui est la parole –qui n’a ni commencement ni fin–, Dieu, entre autres choses, ordonne, permet, interdit, avertit, informe et annonce la bonne nouvelle.

12.LA VIE

Dieu dit :

] وتوكل على الحي (…) [

ce qui signifie :

« Et place ta confiance en Celui Qui a pour attribut la vie (…). »

 (Qour’an 25/58)

 

Dieu a pour attribut la vie, mais Sa vie –exempte de début et de fin– n’est pas conditionnée comme la nôtre, par un ensemble de choses composées et indispensables, tels que l’âme, la chair, les muscles, les os, le sang, la peau, etc.

 

Dieu a pour attribut la vie et Il n’a besoin de rien, tandis que nous, les mortels, dépendons entièrement de Lui.

 

Règle

Il a pour attribut la vie, une vie ni acquise ni précédée par quelque chose.

13.LE NON BESOIN

Dieu dit :

] يا أيها الناس أنتم الفقراء إلى الله والله هو الغني الحميد [

ce qui signifie :

« Ô vous les hommes ! vous avez besoin de Dieu, et Dieu n’a pas besoin de Ses créatures. »

 (Qour’an 35/15)

 

Toute chose a besoin de Dieu le Suprême, car il n’y a rien qui existe sans Sa création. Notre existence dépend de Lui, c’est Lui –Dieu– Qui nous a fait exister après le néant.

 

Ainsi, tout ce que nous faisons ne peut exister sans la création et la volonté de Dieu.

 

Dieu est l’Éternel (Al-Qadim) Qui n’a jamais cessé d’exister. Il n’a donc besoin de personne pour Lui donner l’existence, la science, ou tout autre de Ses attributs.

 

Il n’est pas un corps pour être porté par quelque chose ou pour dépendre d’un endroit. De ce fait ^Aliyy Ibnou Abi Talib, le cousin du Prophète r, a dit que Dieu a créé le Trône comme manifestation de Sa puissance et non pour le prendre comme endroit pour Lui-même. En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés.

 

Ainsi, pour nous donner une idée de l’immensité du Trône, le Prophète r a dit :

ما السموات السبع في جنب الكرسيّ إلا كحلقة في فلاة، وفضل العرش على الكرسيّ كفضل الفلاة على الحلقة.

ce qui signifie :

« Les sept cieux par rapport au Koursiyy [19] (le Piédestal) ne sont que comme un anneau dans le désert ; et le ^Arch (le Trône) par rapport au Koursiyy est comme le désert par rapport à l’anneau. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

L’Imam Abou Mansour At-Tamimiyy Al-Baghdadiyy rapporte cette parole de ^Aliyy, que Dieu l’agrée, :

كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان.

ce qui signifie :

« Dieu existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Et Il est maintenant –c’est-à-dire après la création de l’espace–, tel qu’Il est de toute éternité –c’est-à-dire sans endroit–. »

 

De même l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy, dans son livre “Al-^Aqidatou tTahawiyyah”, dit :

لا تحويهِ الجهاتُ الستُّ كسائرِ المبتدعاتِ

ce qui signifie :

«  (Dieu) n’est pas, comme les créatures, cerné par les six directions –devant, derrière, haut, bas, gauche et droite–. »

 

Car si Dieu était dans un lieu, Il aurait des dimensions ; et celui qui a des dimensions est une créature et non le Créateur.

 

Quant à l’Ascension du Prophète r, il faut savoir qu’elle n’avait pas pour but de lui faire atteindre un emplacement où se serait trouvé Dieu le Suprême, car une telle croyance fait sortir de l’Islam. Il s’agissait en fait de le glorifier et de l’honorer en lui montrant les merveilles de l’Univers supérieur. En outre, Dieu a voulu que Mouhammad Le voit avec son cœur (et non dans son cœur).

 

Dans les versets où Dieu dit :

] ثم دنا فتدلى  فكان قاب قوسين أو أدنى [

ce qui signifie :

« Puis il s’approcha, toujours plus, jusqu’à n’être éloigné que d’une distance de deux coudées et moins encore  »,

 (Qour’an 53/8-9)

il est question dans ce verset de l’ange Gabriel que le Prophète r a vu pour la deuxième fois, sous sa forme réelle avec ses six cents ailes, sans perdre connaissance, parce que Dieu l’avait auparavant fortifié et renforcé. Alors qu’en le voyant pour la première fois à La Mecque (Makkah) dans un endroit appelé Ajyad, il s’était évanoui.

 

Et l’Imam Ja^far AsSadiq, que Dieu l’agrée, de dire :

من زعم أن الله في شىءٍ أو على شىءٍ أو من شىءٍ فقد أشرك إذ لو كان في شىءٍ لكان محصورا ولو كان على شىءٍ لكان محمولا ولو كان من شىءٍ لكان محدثا.

ce qui signifie :

« Celui qui prétend que Dieu est dans une chose, sur une chose ou issu d’une chose n’est qu’un associateur. Car si Dieu était dans quelque chose, Il serait circonscrit ; s’Il était sur quelque chose, Il serait porté et s’Il était issu d’une chose, Il serait créé (…). »

 

Cette affirmation est en parfaite concordance avec cette invocation du Prophète r, :

(…) اللَّهُمَّ (…) وَأَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىءٌ وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىء (…)

ce qui signifie :

«  (…) Ô mon Dieu ! (…) Tu es AdhDhahir [20], il n’y a donc rien au-dessus de Toi. Et Tu es Al-Batin [21], il n’y a donc rien en dessous de Toi (…). »

 

Al-Bayhaqiyy, à propos de cette invocation, a dit :

وإذا لم يكن فوقه شىء ولا دونه شىء لم يكن في مكان.

ce qui signifie :

« Et puisqu’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui, Il existe donc sans endroit. »

 

Ainsi, tout en sachant ce qui se passe partout –en tous lieux–, Dieu régit tout par Sa volonté, sans s’incarner dans Sa création :

 

•   ni dans les cieux

   ni sur la Terre

ni dans un endroit

ni dans tous les endroits

   ni partout

 

 

Remarque

C’est parce que le Prophète r nous a appris que la direction des invocations est le ciel (qiblatou d-dou^a) que nous levons les mains vers le ciel pour invoquer ; et c’est parce qu’il nous a enseigné que celle de la prière est la Ka^bah à La Mecque que nous nous orientons vers cette Maison sacrée pour prier. Ce qui explique que Dieu, l’unique Créateur de toute chose, existe sans endroit ni direction.

 

Règle importante

Il est nécessaire de croire que Dieu n’a besoin de rien puisqu’Il existe avant toutes Ses créatures et qu’après leur création, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité.


CHAPITRE 2

CROYANCE EN LES ANGES

Dieu dit :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce que Dieu lui a révélé du Qour’an ; de même que les Croyants : tous ont cru en Dieu et en Ses anges (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

D’après sa femme ^A‘ichah, l’Envoyé de Dieu, le prophète Mouhammad r, a dit :

خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ آدَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ

ce qui signifie :

« Les anges ont été créés de lumière, les jinns de la flamme d’un feu pur et ‘Adam de ce qui vous a été décrit. »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

En effet, plusieurs versets du Qour’an font état de la création de notre père Adam et, par voie de conséquence, de tous les autres êtres humains.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن مثل عيسى عند الله كمثل آدم خلقه من تراب ثم قال له كن فيكون [

 

ce qui signifie :

« Jésus –qui a été créé sans père– est pour Dieu à l’exemple d’Adam qui fut créé de terre : Dieu l’a créé sans difficulté aucune »

 (Qour’an 3/59)

 

Il faut croire à l’existence des anges, que Dieu a créés de lumière. Ce sont des êtres impalpables –non palpables– qui sont doués de raison et dotés de la faculté de choisir ; mais ils ne choisissent que l’obéissance à Dieu et Son adoration continuelle. Ils sont tous des musulmans pieux, des saints que Dieu a préservés des péchés. Ainsi :

 

•   ils exécutent en toute obéissance les ordres de Dieu, sans jamais Lui désobéir

•   ils ne mangent et ne boivent pas

•    ils ne dorment pas

•   ils ne se fatiguent pas

• ils ne se marient pas

• ils ne se reproduisent pas

• ils ne sont ni mâles, ni femelles

• ils ont des degrés et des rangs différents

 

Le meilleur de tous est JIBRIL (Gabriel) qui, sur ordre de Dieu, a transmis la révélation aux prophètes. Il est également appelé le Saint-Esprit ou l’Esprit Saint, mais n’est pas associé à Dieu dans la divinité comme certains l’ont considéré à tort.

Les anges sont plus nombreux que les autres créatures, et chacun d’eux accomplit une ou plusieurs fonctions. Parmi eux, citons :

 

MIKAIL(Michaël) qui s’occupe de la pluie et de la végétation.

 

ISRAFIL, à son premier souffle dans le Cor, tous les êtres dotés d’une âme seront comme foudroyés : les uns –’est-à-dire les humains, les jinn, etc.–mourront ; tandis que les autres –les prophètes qui restent vivants dans leur tombe–s’évanouiront, à l’exception de ceux à qui Dieu veut épargner l’évanouissement. C’est au deuxième souffle que tout le monde sera ressuscité.

 

LES PORTEURS DU TRÔNE, nombre de quatre dans cette vie, seront huit dans l’au-delà. Ayant reçu la permission de les décrire, le Prophète r dit que la distance qui sépare le lobe de leur oreille de leur épaule équivaut à celle parcourue en sept cents ans par un oiseau rapide.

 

LES ANGES qui ont pour fonction, par la volonté de Dieu, de transmettre au prophète Mouhammad rAsSalatou wa s-Salam–invocations des musulmans en sa faveur d’élévation en degré et d’apaisement quant au sort de sa communauté–.

 

^AZRAILest l’ange de la mort. C’est lui qui retire les âmes.

 

HAROUTet MAROUTsont deux anges qui ont appris une sorte de magie aux gens, afin qu’ils puissent faire la différence avec le miracle, et éviter ainsi de tomber dans la mécréance (koufr, en arabe).

Ils n’ont jamais désobéi à Dieu et prenaient soin de mettre en garde contre toute forme d’égarement en disant : « Nous sommes une épreuve pour vous. »

 

ISMA^IL le chef des anges du deuxième ciel.

 

Maliksupervise l’Enfer.

 

MOUNKAR  NAKIRsont les anges qui posent la question dans la tombe.

 

RAQIB ^ATIDinscrivent le bien et le mal que nous faisons.

 

RatAIlapaise le cœur de certains musulmans, en le débarrassant de toute angoisse, anxiété et autre mélancolie, etc.

 

RIDWANest le superviseur du Paradis.

 

Il existe dans le septième ciel, exactement à la verticale de la Ka^bah, une Maison honorée pour les gens du ciel, c’est-à-dire les anges. Cette « Demeure Peuplée » (Al-Baytou l-Ma^mour) est quotidiennement fréquentée par soixante-dix mille anges qui viennent y prier et repartent pour ne plus jamais y revenir. Il n’y a que Dieu qui sache le nombre des anges.

 

Les anges sont ailés sous leur véritable aspect. Cependant, ils apparaissent à certains êtres humains agréés par Dieu, comme les prophètes et les saints, généralement sous les traits d’un jeune et bel homme, sans organes génitaux. Ils ne prennent jamais l’aspect d’une femme, contrairement à ce que l’on voit peint sur certains tableaux. En tous les cas, ils n’ont pas de sexe. Tous subiront la mort pour être, par la suite, ressuscités et rassemblés.

 

Des messagers choisis parmi eux leur transmettent les ordres de Dieu. Parmi les choses que nous avons en commun avec eux et les jinn figure l’obligation de croire en Dieu, sans rien Lui associer. En revanche, l’aumône obligatoire et le jeûne sont ordonnés uniquement aux humains et aux jinn. En effet, le statut et la nature des anges étant particuliers, ils ont des règles qui leur sont spécifiques. De plus, les anges, comme les humains, peuvent être des messagers de Dieu, tandis que seuls les hommes peuvent être prophètes.

 

Remarque

De même que le père des humains est Adam, celui des jinn est Iblis [22] qui était avec les anges et adorait Dieu en leur compagnie. Il a été créé d’une flamme pure, comme Dieu le dit :

] وخلق الجان من مارج من نار [

ce qui signifie :

« Dieu a créé les jinn à partir d’une flamme pure. »

 (Qour’an 55/15)

À savoir donc que Satan (Iblis) n’est pas un ange déchu comme d’aucuns l’ont faussement prétendu, mais bien un jinn orgueilleux et maudit qui a protesté contre l’ordre de Dieu. En effet, Dieu dit :

 

] وإذ قلنا للملائكة اسجدوا لآدم فسجدوا إلا إبليس كان من الجن [

ce qui signifie :

« Dieu a ordonné aux anges de se prosterner pour Adam, ils se prosternèrent tous à l’exception de Iblis (Satan) qui appartenait aux jinn (…). »

 (Qour’an 18/50)

 

La prosternation ainsi demandée aux anges était une salutation révérencielle pour Adam, et non une adoration –une extrême humilité– qui ne doit être vouée qu’à Dieu seul.

 

Les musulmans parmi les jinn sont appelés jinn-croyants tandis que les mécréants parmi les jinn sont appelés diables ou démons (Chayatin, pluriel de Chaytan).

 

Mettons-nous en garde contre Satan, notre plus grand ennemi. En effet, Dieu dit :

 

] إن الشيطان لكم عدوفاتخذوه عدوا (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Satan est pour vous un ennemi déclaré, prenez-le donc comme ennemi (…). »

 (Qour’an 35/6)

Dans ce verset, Dieu nous ordonne de considérer Satan comme ennemi. Il faut donc le détester et ne jamais se laisser tromper par ses promesses, car il ne fait qu’appeler ses disciples à l’Enfer. Que Dieu nous en protège !

 


CHAPITRE 3

CROYANCE EN LES LIVRES

Dieu a révélé aux prophètes-messagers les Livres, qui sont Sa parole. En effet, Dieu dit :

] لقد أرسلنا رسلنا بالبينات وأنزلنا معهم الكتاب (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre sur eux les Livres (…). »

 (Qour’an 57/25)

 

À savoir que Dieu est le Créateur de toutes les langues alors que Sa parole n’est pas une langue. Par conséquent, les écrits contenus dans les Livres révélés ne représentent pas en soi l’attribut de Dieu qui est la parole, mais plutôt son expression, par exemple en hébreux pour la Torah, en syriaque pour l’Évangile et en arabe pour le Qour’an.

 

En effet, Dieu n’a pas envoyé de Messagers sans qu’ils parlent la langue de leur peuple, afin qu’ils leur expliquent le message dont ils étaient chargés. Ainsi il a été facile à leur peuple de les comprendre.

 

Le grand compagnon Abou Dharr a demandé au Prophète r :

يا رسول الله، كم كتابا أنزل الله؟ قال : مائة كتاب وأربعة كتب (…)

ce qui signifie :

« Ô Messager de Dieu, combien de Livres Dieu a-t-Il révélé ? » Il répondit : « cent quatre Livres (…). »

 (Rapporté par  Ibnou Hibban)

Il y a donc eu cent quatre Livres révélés, dont les plus connus [23] sont :

 

•   Le Qour’an de Mouhammad r

• La Torah (At-Tawrat) authentique de Moïse u

• L’Évangile (Al-‘Injil) authentique de Jésus u

• Les Psaumes (AzZabour) de David u

 

Mais deux autres sont également cités dans le Qour’an :

•   Les Feuillets [24] d’Abraham u

•    Les Feuillets de Moïse, qu’il a reçus avant la Torah

 

De nos jours, aucun de ces Livres n’existe dans sa pureté originelle, à l’exception du Qour’an, qui subsiste et reste préservé par Dieu, du fait qu’il n’y aura plus de révélation prophétique après Mouhammad r. Il est donc intégralement conservé en arabe, sa langue de révélation, et restera inchangé jusqu’au Jour du Jugement. Car Dieu, Qui l’a fait descendre, a promis de le préserver.

 

Ceux qui se réclament de la Torah ou de l’Évangile n’en ont plus que de pâles copies corrompues, falsifiées et remplies de ce qui éloigne de la vraie croyance en Dieu. Le Qour’an reste donc, pour le monde entier et jusqu’à la fin du monde, le seul Livre de référence stable.

 

Qu’est-ce que le Qour’a?

 

Le Qour’an, le plus beau des récits, est une Révélation du Clément, du Miséricordieux. En effet, on y apprend ceci :

] الله نزل أحسن الحديث كتابا متشابها مثاني تقشعر منه جلود الذين يخشون ربهم ثم تلين جلودهم وقلوبهم إلى ذكر الله (…) [

ce qui signifie :

« Dieu a fait descendre le meilleur des Récits : un Livre dont les passages se ressemblent [25], et où se réitèrent, entre autres, les Promesses et les Menaces. Lorsqu’est mentionnée la Menace de Dieu, la peau de ceux qui craignent leur Seigneur en frissonne, puis leur corps s’adoucit avec leur cœur à l’évocation de Sa Promesse (…). »

 (Qour’an 39/23)

 

Le Qour’an [26] est un Livre sensé, destiné à être médité, dont les versets sont exposés avec sagesse, et que Dieu a voulu en langue arabe. Il est un rappel pour les Croyants, et un moyen par lequel le prophète Mouhammad r annonce la bonne nouvelle aux gens de la droiture, relate l’histoire des communautés qui nous ont précédées, éclaircit les ordres et les interdits de Dieu, et avertit les mécréants d’un châtiment terrible. Cependant, nombreux sont ceux qui, pris par leurs passions, s’en détournent, car un voile couvre leurs yeux, alors que leurs oreilles et leurs cœurs sont scellés.

 

Ainsi, Dieu dit du Qour’an :

] هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات هن أم الكتاب وأخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة وابتغاء تأويله (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Qui a fait descendre sur toi –Mouhammad– le Livre. On y trouve des versets clairs, explicites (Mouhkamat) qui en sont la Matrice et d’autres non explicites (Moutachabihat). Ceux dont les cœurs penchent vers l’erreur s’attachent aux versets non explicites en leur donnant une interprétation fausse, afin de propager l’égarement par goût du désordre et de la discorde (…). »

 (Qour’an 3/7)

Les Versets explicites et non explicites

Définition

1. Un verset clair ou explicite (Al-‘Ayatou l-Mouhkamah) est soit un verset dont le sens visé est clairement connu, soit un verset qui, linguistiquement, ne peut accepter qu’une seule interprétation possible. Tel est le cas des versets suivants, dans lesquels Dieu dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

ou encore

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

 

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…). »

(Qour’an 42/11)

 

2. Le verset à sens complexe, non évident, ou non explicite (Al-‘Ayatou l-Moutachabihah) est un verset dont le sens approprié ne transparaît pas à première vue, ou un verset qui, du point de vue linguistique, a plusieurs interprétations. Pour être valable et acceptée, son interprétation correcte nécessite une connaissance approfondie de la langue arabe, un effort soutenu dans le raisonnement rationnel, le tout en accord parfait et en concordance avec les versets clairs, appelés « matrice » du Livre, c’est-à-dire la référence. Il convient donc de savoir comment se comporter face à de tels versets pour ne pas contredire les versets clairs, ni sortir des règles de l’unicité de Dieu, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures.

 

Ainsi, les gens de la droiture, c’est-à-dire les Sunnites, ont deux méthodes d’approche par rapport aux versets non explicites :

 

a) Les savants des trois premiers siècles (As-Salafou sSalih), dans la plupart des cas, donnaient une interprétation globale en disant :

 

•    Nous croyons à ces versets comme étant du Qour’an

• Ils ont une signification que Dieu sait et qui Lui convient

• Nous ne cherchons pas à en préciser le sens, mais nous les comprenons en les rapportant aux versets clairs

 

L’Imam Ach-Chafi^iyy, d’une phrase, a expliqué cette méthode en disant :

آمنت بما جاء عن الله على مراد الله وبما جاء عن رسول الله r على مراد رسول الله.

ce qui signifie :

Je crois à tout ce qui est venu de Dieu conformé­ment à ce que Dieu a visé ; je crois à tout ce qui est venu du Prophète conformément à ce que le Prophète a visé.

 

Cependant, certains savants du « Salaf » ont parfois précisé le sens des versets non explicites. Ainsi, Al-Bayhaqiyy rapporte que l’Imam Ahmad a interprété le verset dans lequel Dieu dit :

] وجاء ربك والملك صفا صفا [

qui signifie :

«  (wa ja‘a Rabbouka) alors que les anges viendront rang par rang. »

 (Qour’ an 89/22)

Il a dit, pour interpréter (wa ja‘a Rabbouka), qu’une des manifestations de la puissance de Dieu se manifestera alors que les anges viendront rang par rang. Ainsi, la traduction littérale qui donne en français : (Et ton Seigneur viendra ainsi que les anges rang par rang) est inacceptable.

 

En ce qui concerne le verset dans lequel Dieu dit :

] (…) كل شىء هالك إلا وجهه (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Chaque chose est anéantissable, mais Son “wajh” ne le sera pas (…). »

 (Qour’an 28/88)

 

Al-Boukhariyy, dans son livre « Sahih« , a dit que « wajh » ici veut dire le pouvoir et la souveraineté. Ainsi, il a interprété le verset en disant que « Chaque chose est anéantissable en soi, mais Sa souveraineté ne subira pas l’anéantissement ». Alors que « wajh« , dans son sens apparent, signifie visage ou face.

 

Par ailleurs, à propos du verset dans lequel Dieu dit:

] ولله المشرق والمغرب فاينما تولوا فثم وجه الله (…) [

ce qui signifie :

« L’Orient et l’Occident appartiennent à Dieu. Quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez, le “wajh” de Dieu est là (…). »

 (Qour’an 2/115)

 

Al-Bayhaqiyy, dans son livre “Al-‘Asma’ou wa sSifat”, rapporte que Moujahid, l’élève de Ibnou ^Abbas, le cousin du Prophète r, a dit que “wajh” ici veut dire la “Qiblah” de Dieu, c’est-à-dire la direction de la prière. Autrement dit, celui qui voyage sur une monture –cheval, mulet par exemple– peut, tout en poursuivant sa route et sans mettre pied à terre, faire la prière surérogatoire (mais pas l’obligatoire). Dans ce cas, sa qiblah sera n’importe quelle direction prise par sa monture. Ainsi, quelle que soit la direction vers laquelle il se tourne, là sera la direction de sa prière.

 

b) Quant aux savants du « Khalaf AsSalih » –c’est-à-dire les savants qui sont venus après ceux du Salaf–, ayant connu la prolifération d’idées philosophiques à leur époque, ils ont été amenés à commenter de manière détaillée les versets apparemment équivoques [27], afin de protéger la communauté musulmane contre les mauvaises interprétations. Ce faisant, ils ont précisé les significations possibles, qui conviennent à la langue arabe et qui soient conformes aux versets clairs.

Des Exemples De Versets Non Explicites

Dieu dit :

] (…) إليه يصعد الكلم الطيب (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Vers le ciel qui est honoré par Dieu montent les bonnes paroles où elles sont inscrites (…). »

 (Qour’an 35/10)

 

Ce verset signifie que les bons actes et les bonnes paroles seront inscrits dans un endroit du ciel honoré par Dieu.

 

Ou encore :

] الرحمن على العرش استوى [

ce qui signifie :

« Le Miséricordieux domine le Trône. »

 (Qour’an 20/5)

 

Le mot « Istawa » a plus de dix sens dans la langue arabe, dont le sens de redresser (ce qui est courbe), être cuit à point (pour la nourriture), s’asseoir ou s’établir, dominer, préserver. Cela étant, les savants du Khalaf, partant du principe que Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, n’ont pris en considération pour donner une interprétation explicite que les sens qui conviennent à Dieu. Ainsi, on pourra dire : « Le Miséricordieux domine le Trône ».

 

En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, la plus grande création de Dieu ; il constitue le toit du Paradis qui se trouve au-delà du septième ciel, et c’est Dieu Qui le maintient dans cette position élevée. Par conséquent, si le Trône est dominé par Dieu, toute autre chose est à plus forte raison, également dominée par Dieu.

 

Remarque

Toute interprétation du Qour’an qui est en contradiction avec les versets dits de référence –c’est-à-dire clairs– est inacceptable et doit être rejetée.

 

Quoi qu’il en soit, même les versets apparemment équivoques trouvent leur repère dans le Qour’an. Nous devons donc faire preuve de la plus grande prudence à l’égard des soi-disant traductions du Qour’an. En effet la langue arabe, au vocabulaire si riche, présente parfois des multitudes de sens pour un seul et même mot, ainsi que quantité d’idiomes et de tournures qui n’ont pas d’équivalent dans les autres langues. C’est pourquoi la meilleure des explications du Qour’an est contenue dans les Textes eux-mêmes –c’est-à-dire le Qour’an lui-même et les Hadith–.

 

N’oublions pas que le Qour’an est un ultime avertissement, en même temps qu’une heureuse annonce des biens éternels qui sont promis aux Croyants.

 

CHAPITRE 4

CROYANCE EN LES PROPHETES [28]

Louange à Dieu, le Miséricordieux, Qui a envoyé les prophètes pour montrer aux gens le chemin qui mène au bonheur éternel, et Qui les a appuyés et confirmés par des miracles convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents.

 

Dieu dit :

] كان الناس أمة واحدة فبعث الله النبيين مبشرين ومنذرين (…) [

ce qui signifie :

« Les gens formaient à l’origine une seule communauté croyante [29]. Puis après leurs divergences, Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs ; (…). »

 (Qour’an 2/213)

C’est par Clémence et Grâce, et non par obligation, que Dieu nous a envoyé les prophètes, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l’au-delà. Dieu les a choisis et en a fait l’élite de Ses créatures à tous points de vue. Leur envoi est donc une nécessité pour l’intérêt des gens.

 

Croire en tous les prophètes, sans jamais nier la prophétie d’aucun d’entre eux, signifie que les Croyants ne font aucune discrimination entre les prophètes de Dieu. Ce qui n’est pas en contradiction avec le fait que Dieu Qui est exempt d’imperfection, en a élevé certains au-dessus d’autres.

 

Le cycle de la prophétie, inauguré par Adam u, s’est achevé avec le prophète Mouhammad r. En effet, dans son livre « Al-Mousnad« , l’Imam Ahmad rapporte ce Hadith de Abou Dharr, que Dieu l’agrée, dans lequel Abou Dharr dit :

قلت يا رسول الله فأي الأنبياء كان أول قال آدم قلت أو نبيا كان يا رسول الله قال نبي مكلم.

ce qui signifie :

« J’ai demandé au Prophète r : – Qui a inauguré la prophétie ? Il a répondu : – Adam. J’ai dit : – Ô prophète de Dieu, était-il un Messager ? Il a dit : -Oui, c’est un prophète qui a reçu la Révélation. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Le nombre des prophètes est considérable, compte tenu de ce que Dieu dit :

] (…) وإن من أمة إلا خلا فيها نذير [

ce qui signifie :

«  (…) Il n’est pas de communauté qui n’ait déjà reçu un prophète avertisseur. »

 (Qour’an 35/24)

Ou encore :

] ورسلا قد قصصناهم عليك من قبل ورسلا لم نقصصهم عليك (…) [

ce qui signifie :

« Et il y a des Messagers dont Nous (Dieu) t’avons parlé précédemment, et d’autres dont Nous ne t’avons point parlé (…). »

 (Qour’an 4/164)

 

D’après une Tradition rapportée par Ibnou Hibban, Dieu a envoyé cent vingt-quatre mille prophètes [30] (nabiyy) dont trois cent treize prophètes-messagers (raçoul).

Cependant, seuls vingt-cinq d’entre eux sont, à l’unanimité des savants, nommément cités dans le Qour’an. À savoir :

 

Adam (Adam), Idris (Enoch), Nouh (Noé), Houd, Salih, Ibrahim (Abraham), Isma^il (Ismaël), Is-haq (Isaac), Ya^qoub (Jacob), Lout (Loth), Youçouf (Joseph), Ayyoub (Job), Chou^ayb (Jethro), Mouça (Moïse), Haroun (Aaron), Dhou l-kifl, Dawoud (David), Soulayman (Salomon), Ilyas (Élie), Alyaça^ (Élisée), Younous (Jonas), Zakariyya (Zacharie), Yahya (Jean), ^Iça (Jésus), Mouhammad.

 

Que Dieu les honore tous [31] et élève davantage leur degré, et qu’Il préserve leurs communautés de ce qu’ils craignent pour elles !

1. Fonction Des prophètes

La fonction principale des prophètes est d’appeler les gens à suivre l’Islam, en dehors duquel il n’y a point de salut. Car Dieu dit :

] إن الدين عند الله الإسلام (…) [

ce qui signifie :

« Certes, la Religion que Dieu agrée est l’Islam (…). »

 (Qour’an 3/19)

 

C’est dire que la seule et unique voie pour réussir dans cette vie et dans l’autre est celle de l’Islam ; cela d’autant plus que Dieu dit :

 

] ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Celui qui veut une autre religion que l’Islam, elle ne sera jamais acceptée de lui, et il sera dans l’autre monde parmi les perdants. »

 (Qour’an 3/85)

 

L’Islam est donc la religion que Dieu agrée pour Ses esclaves. Et les prophètes, les meilleures des créatures, sont tous des musulmans. Il est impossible qu’ils se contredisent entre eux. Ils ont la même croyance, mais avec des règles d’application parfois différentes en fonction de l’époque.

 

Ainsi, au temps du prophète Adam u, le frère pouvait, sous certaines conditions, épouser sa sœur. En effet, Dieu a voulu qu’Ève (Hawwa) ait plusieurs grossesses –vingt et une exactement– dont vingt ont donné des faux jumeaux –garçon et fille– et la dernière un garçon, qui fut le prophète Chith (Seth). Le mariage entre frère et sœur de la même grossesse était interdit et aucun des fils d’Adam n’a commis ce péché. En revanche, un frère pouvait épouser sa sœur des grossesses précédentes ou suivantes. Ceci comportait une sagesse pour les besoins de la reproduction de l’époque. Par la suite, cette loi a été abrogée parce qu’elle n’était plus nécessaire. Toujours à cette époque et jusqu’à l’époque des fils d’Israël, il n’y avait qu’une seule prière obligatoire par jour. Puis il en fut prescrite deux jusqu’à l’envoi du prophète Mouhammad r qui devait, avec sa communauté, s’acquitter dans les premiers temps de la prière de la nuit sans celle du jour. Par la suite, après environ dix ans, les cinq prières furent prescrites et cela pendant la nuit de l’Ascension (Al-Mi^raj).

 

Au temps de Jacob, connu aussi sous le nom d’Israël, on pouvait avoir deux sœurs comme épouses en même temps.

 

Dans la Loi de Moïse, on devait, si une impureté se déposait sur son habit, couper la partie souillée du tissu ; laver l’endroit n’était donc pas suffisant.

 

Parmi les spécificités de la Loi de Mouhammad, il y a que la prière peut être acquittée où que ce soit, tandis qu’il était spécifié dans les autres Lois qu’elle ne pouvait être accomplie que dans les lieux réservés à cet effet. Remarquons qu’une partie des interdits de la Loi de Mouhammad étaient également illicites dans toutes les autres Lois. Parmi ceux-ci mentionnons la fornication, la consommation de la viande de maytah –le cadavre d’une bête illicite à la consommation ou qui n’a pas été abattue conformément aux règles de la loi islamique–, le sang et la viande de porc.

2. La Préservation Des prophètes

D’habitude, lorsque les savants parlent des prophètes, ils citent quelques attributs qui leur sont obligatoires comme la véracité. Ainsi, le mensonge leur est impossible, car si l’un d’eux mentait, sa crédibilité serait mise en doute ; ce serait une imperfection qui contredirait le rang de la prophétie.

 

Il faut également savoir que les prophètes sont préservés contre la mécréance avant et après avoir reçu la prophétie.

 

Quant à Ibrahim, Dieu nous apprend qu’en voyant l’astre, il a dit :

] (…) هذا ربي (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Est-ce là mon Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 6/78)

 

Il s’agit d’une forme d’interrogation fictive qui veut dire “Est-ce cela mon Dieu comme vous le prétendez ?” et non qu’il aurait cru que cet astre est son Dieu et qu’il mérite d’être adoré.

 

De ce fait lorsque l’astre disparut, il a dit ce qui signifie :  « Je n’adore pas ceux qui changent ». De cette manière, et par un raisonnement rationnel, Abraham u a voulu prouver à son peuple l’existence de Dieu et, par conséquent, qu’un corps qui change ne mérite pas d’être adoré. Mais en voyant que son peuple persistait dans sa croyance, et qu’il ne comprenait pas ses intentions, il a répété la même chose à la vue de la lune. Puis, devant leur incompréhension et leur obstination aveugle, il s’est déclaré innocent de leur fausse croyance.

 

Enfin, lorsque le soleil apparut, il essaya de nouveau de les convaincre en répétant la même chose ; mais en vain. En désespoir de cause, il se déclara complètement innocent de leur croyance, étant entendu qu’il connaissait par avance que la Divinité revient à Dieu seul, car Dieu dit :

] ولقد آتينا إبراهيم رشده من قبل (…) [

ce qui signifie :

« En effet, Nous (Dieu) avions auparavant accordé à Abraham la sainte voie de la droiture (…). »

 (Qour’an 21/51)

 

Il est impossible que les prophètes commettent des grands péchés, ou même des petits qui reflètent une bassesse de caractère, tel le fait de voler une morceau de pain ou un grain de raisin. Par contre, il peut arriver à l’un d’entre eux de commettre d’autres petits péchés qui ne reflètent pas cette bassesse. Ainsi, Dieu nous dit :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

En effet, Dieu lui avait interdit, comme à Ève sa femme, de manger le fruit d’un arbre dans le Paradis, mais Satan les incita à le faire. Ils furent donc dans l’erreur, mais s’en repentirent immédiatement.

 

Ainsi, lorsque les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas une bassesse de caractère, ils se repentent aussitôt avant d’être imités par quelqu’un d’autre.

 

Il faut aussi croire qu’il est impossible que les prophètes cachent quelque chose que Dieu leur a ordonné d’annoncer, car cela contredit le statut de prophète. De même qu’il leur est impossible d’avoir une maladie qui repousserait les gens normaux, car sinon, cela constituerait un handicap pour l’appel à la Religion. Il est par conséquent mensonger de dire que les vers seraient sortis du corps du prophète Job (‘Ayyoub) et qu’il les aurait remis en place en disant : (Mangez ce que Dieu vous a donné).

 

Par contre, ils ne sont pas à l’abri de maladies non dégradantes ; ils peuvent aussi s’évanouir à la suite d’une grande douleur.

 

Mises en garde importantes

On trouve dans un livre intitulé « Invocation de Moïse » des propos qui lui sont mensongèrement attribués, selon lesquels il aurait dit : (Ô mon Dieu ! Depuis quand as-tu la Divinité ?) Il est impossible qu’un prophète dise une telle parole de mécréance.

 

On trouve aussi écrit dans la Bible que le prophète Jacob (Ya^qoub) aurait combattu Dieu ; ou que le prophète Loth, après avoir bu du vin, aurait eu des relations incestueuses avec ses filles. Il est impossible que ceci soit attribué à un prophète ou contenu dans un Livre Révélé.

 

Quant au verset dans lequel Dieu dit, à propos de Joseph :

] ولقد همت به وهمّ بها لولا أن رأى برهان ربه (…) [

ce qui signifie :

« Elle l’a voulu –elle l’a désiré– et lui aurait voulu –la repousser– n’eut été les preuves de son Seigneur (…). »

 (Qour’an 12/24)

 

cela veut dire que Zoulaykhah, la femme du grand intendant d’Égypte, voulait faire l’adultère avec le prophète Joseph qui, lui, avait l’intention de la repousser. Mais Dieu lui révéla que cela constituerait une preuve aux mains de cette femme auprès de sa communauté, pour faire croire que c’est Joseph qui avait voulu la prendre de force.

 

Dans tous les cas, ce verset ne veut pas dire que le prophète Joseph u a voulu forniquer avec elle. Du reste, Dieu nous relate le témoignage de cette femme qui dit :

] (…) ولقد راودته عن نفسه فاستعصم (…) [

ce qui signifie :

«  (…) J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit (…). »

 (Qour’an 12/32)

 

Les prophètes sont donc préservés de tels comportements. Par conséquent, ce qui a été rapporté sur Abraham (Ibrahim) u selon quoi il aurait menti dans sa réponse à son peuple n’est pas exact ; c’est même un blasphème. En effet, le prophète Abraham u avait brisé les idoles que son peuple adorait, à l’exception de la plus grande qu’il avait laissée intacte ; et quand ils lui ont demandé : “Est-ce toi qui as fait ça ?” sa réponse fut : « C’est la grande qui a fait cela… Interrogez-les (donc) si elles peuvent parler » (Qour’an 21/63). Cette formulation est une figure de style usité dans certaines langues, notamment dans celle d’Abraham. En fait, le sens est que le prophète Abraham, excédé par tous les honneurs, les marques de respects et de glorifications que son peuple vouait à la grande idole, a voulu la rabaisser en cassant toutes les petites pour démontrer qu’elle était totalement impuissante devant son geste. Donc le fait d’imputer cet acte à la grande idole renvoie à un sens métonymique qui ne recèle aucun mensonge.

 

Par conséquent, Dieu préserve Ses prophètes dans les quatre domaines suivants :

 

•   la Croyance

•    l’Appel –le Message–

• la Loi (Chari^ah)

• le Comportement –la Conduite–

 

2.1   La Croyance

À savoir que tous les prophètes, d’Adam à Mouhammad, avaient la même croyance en Dieu, l’Unique. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من قبلك من رسول إلا نوحي إليه أنه لا إله إلا أنا فاعبدون [

ce qui signifie :

« Et Nous (Dieu) n’avons envoyé aucun Messager avant toi sans lui révéler : – Il n’est de dieu que Moi, alors adorez-Moi. »

 (Qour’an 21/25)

Ou encore :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته وكتبه ورسله لا نفرق بين أحد من رسله (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé par son Seigneur ; de même que les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses messagers. Ils dirent : « Nous croyons en tous les messagers de Dieu sans discrimination (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

Sachez que Dieu préserve Ses prophètes contre la mécréance (koufr) et tout autre égarement. C’est dire que de tels penchants leur sont impossibles. Ainsi, leur croyance reste pure et intacte leur vie durant. Et toute affirmation contraire n’est qu’une ignorance blasphématoire et donc coupable.

 

2.2 L’Appel

La communauté de Mouhammad reconnaît unanimement l’immunité des prophètes contre le mensonge et autre falsification volontaire ou par négligence, dans le Message qu’ils ont la charge de transmettre. En effet, si les prophètes étaient, même sur un point de détail, des menteurs ou des falsificateurs, ils perdraient toute crédibilité. De ce fait, ils ne pourraient plus être des exemples pour l’humanité.

 

2.3 La Loi (Chari^ah)

Là encore, notre communauté [32] affirme unanimement l’impossibilité pour les prophètes de fausser la Loi, sciemment ou inconsciemment, même par un lapsus de langue [33].

Il est évident que les prophètes, dont le rôle principal est d’ordonner l’obéissance à Dieu, ne peuvent après cela transgresser ce même ordre, sous peine d’être de ceux dont il est dit :

] أتأمرون الناس بالبر وتنسون أنفسكم وأنتم تتلون الكتاب أفلا تعقلون [

ce qui signifie :

« Vous ordonnez aux gens obéissance et bienfaisance tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous lisez le Livre. N’êtes-vous donc point sensés ! »

 (Qour’an 2/44)

 

Du reste, aucun prophète n’encourt la malédiction ou le châtiment.

 

2.4 Le Comportement, la Conduite, les Actes

Tous les prophètes ont fait valoir un bon comportement, une conduite impeccable et des actes irréprochables. Ainsi, s’agissant du prophète Mouhammad r, Dieu dit :

] وإنك لعلى خلق عظيم [

ce qui signifie :

« Tu es certainement d’une moralité sublime ! »

 ( Qour’an 68/4)

 

De même ^A‘ichah, que Dieu l’agrée, dans un Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, a parlé du Prophète r en disant que “Son comportement était le Qour’an, dans le sens qu’on doit se référer au Qour’an, avec une bonne compréhension, pour bien connaître le comportement du Prophète r. Car chaque qualité décrite dans le Qour’an, et que Dieu nous a ordonné d’avoir, faisait partie de son comportement.

 

C’est dire que tous les prophètes doivent nécessairement avoir les caractéristiques suivantes :

 

•   la véracité

   la loyauté

l’intelligence

l’honnêteté

la probité –ils ne font pas des choses immorales–

 

En outre, ils sont préservés contre les mauvais comportements, tels que :

 

•   le mensonge

   la trahison

la stupidité, l’idiotie, l’étourderie

la vilenie, la malhonnêteté

l’arrogance, la grossièreté, l’obscénité, l’insolence

 

Il est évident qu’un homme que Dieu a établi comme guide pour Ses esclaves, à qui Il a conféré un rang élevé en lui confiant la révélation, ne se laisse pas dominer par les passions.

 

Les prophètes, comme cela a déjà été mentionné, sont saufs des grands péchés, et s’il arrive que l’un d’eux commette un petit péché ne reflétant aucune bassesse de caractère, il s’en repent immédiatement, et Dieu lui accorde Son pardon. Il est donc faux de prétendre que Jésus serait venu pour sauver l’humanité des conséquences du prétendu péché capital d’Adam.

 

À ce propos, Dieu dit :

] وقلنا يا آدم اسكن أنت وزوجك الجنة وكلا منها رغدا حيث شئتما ولا تقربا هذه الشجرة فتكونا من الظالمين [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons dit : Ô Adam ! habite le Paradis toi et ton épouse. Mangez de ses fruits à volonté, où vous voudrez, mais n’approchez point de cet arbre-ci, sans quoi vous désobéirez. »

 (Qour’an 2/35)

Cependant, Dieu nous apprend :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

Le prophète Adam u regretta immédiatement et Dieu lui inspira les paroles adéquates en vue de sa repentance. Et nous apprenons du Qour’an qu’il dit alors :

] قالا ربنا ظلمنا أنفسنا وإن لم تغفر لنا وترحمنا لنكونن من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Seigneur ! nous (Adam et Ève) avons été injustes envers nous-mêmes. Et si Tu ne nous accordes pas Ton pardon et Ta miséricorde, nous serons parmi les perdants. »

 (Qour’an 7/23)

 

Ainsi, Dieu a agréé son repentir et l’a fait rentrer dans Sa grâce, car Il est le Miséricordieux et Celui Qui accepte le repentir sincère de Ses esclaves. Cependant, les sensés sont les seuls à reconnaître le verdict de Dieu en Son pardon à Adam.

 

Il importe de savoir que le diable n’a pas d’emprise sur les esclaves sincères de Dieu [34], dont les prophètes. En effet, Dieu dit à Satan :

] إن عبادي ليس لك عليهم سلطان (…) [

ce qui signifie :

« Tu n’as pas d’emprise sur Mes esclaves pieux (…). »

 (Qour’an 15/42)

 

ou encore :

] إنه ليس له سلطان على الذين آمنوا وعلى ربهم يتوكلون [

ce qui signifie :

« Il (le démon) n’a pas d’emprise sur ceux qui croient et s’en remettent à leur Seigneur. »

 (Qour’an 16/99)

 

Il faut donc se garder d’attribuer à un prophète ce qui, à la base, n’est pas convenable ni acceptable pour un simple croyant appelant à la vérité. Et gardons en mémoire cette parole du prophète Mouhammad r :

إذا سلّمتم عَلَيَّ فسلِّموا على أنبياء الله (…)

ce qui signifie :

« Si vous faites l’invocation en ma faveur, alors faites-la en faveur des autres prophètes de Dieu(…). »

 (Hadith rapporté par As-Sakhawiyy)

 

En conséquence, les prophètes méritent tous honneur et respect. Celui qui se moque donc de l’un d’entre eux tombe dans la mécréance.

 

Chaque prophète doit être suivi par les gens qui ont entendu son appel. Ainsi, maintenant et jusqu’à la fin du bas monde, tout le monde doit suivre Mouhammad r, le Sceau des prophètes. Par ailleurs, il faut savoir et croire que Jésus fils de Marie n’est en rien responsable de la fausse croyance en la trinité que certains professent, car Dieu dit:

] ما كان لبشر أن يؤتيه الله الكتاب والحكم والنبوة ثم يقول للناس كونوا عبادا لي (…) [

ce qui signifie :

« Il n’appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la Science et la prophétie, de dire ensuite aux gens : – soyez mes adorateurs (…). »

 (Qour’an 3/79)

3. Comment Reconnaître un Prophète

N’est pas prophète qui veut ! Sachez donc que la prophétie n’est ni le résultat d’un effort personnel, ni une prétention basée sur le simple fait d’imiter, extérieurement ou d’une autre façon, les prophètes. Au contraire, il s’agit d’un choix par lequel Dieu, Qui crée ce qu’Il veut, honore Ses Élus. De ce fait, il n’y a aucun d’entre eux qui souffre de carences intellectuelles ou physiques.

 

Ainsi, le prophète Mouhammad r dit :

ما بعث الله نبيا إلا حسن الوجه حسن الصوت وإن نبيكم أحسنهم وجها وأحسنهم صوتا.

ce qui signifie :

« Dieu n’a envoyé aucun prophète sans le doter d’un beau visage et d’une belle voix ; et le vôtre a le plus beau visage et la voix la plus belle de tous. »

 (Hadith rapporté par At-Tirmidhiyy)

 

Par conséquent Adam u [35], qui est l’ancêtre des humains et le premier des prophètes, n’était pas un sauvage au dos voûté, vivant nu dans la forêt. Au contraire, comme tous les prophètes, il était beau et ne présentait aucun handicap physique.

 

Personne parmi les prophètes n’était boiteux, bègue ou aveugle. Certes, le prophète Jacob u a momentanément perdu la vue à cause des larmes versées pour la disparition de son fils Joseph. Mais Dieu a fait qu’il recouvre la vue en respirant l’odeur de Joseph à travers la chemise que celui-ci, depuis l’Égypte, lui avait envoyée à Madyan. Il faut donc savoir que Jacob n’a jamais été aveugle avant cette épreuve due à la disparition de Joseph.

 

Moïse avait eu la langue comme nouée par une braise qu’il avait mise dans sa bouche lorsqu’il était enfant, devant le pharaon, sans que cela n’affecte en rien son langage qui est resté net et compréhensible. Il avait un léger accent et devait faire davantage d’effort. Tandis que Aaron, qui était le frère aîné de Moïse d’une année était éloquent. Ainsi, Moïse avait au contraire une bonne élocution et ne zézayait pas. À ce propos Dieu dit que Moïse, après avoir reçu la révélation, L’invoqua en ces termes :

] واحلل عقدة من لساني [

ce qui signifie :

« Et dénoue un nœud en ma langue. »

 (Qour’an 20/27)

 

Et sur Jésus fils de Marie u, Dieu dit :

] ويعلمه الكتاب والحكمة والتوراة والإنجيل  ورسولا إلى بني إسرائيل أني قد جئتكم بآية من ربكم أني أخلق لكم من الطين كهيئة الطير فأنفخ فيه فيكون طيرا بإذن الله وأبرئ الأكمه والأبرص وأحى الموتى بإذن الله وأنبئكم بما تأكلون وما تدخرون في بيوتكم إن في ذلك لآية لكم إن كنتم مؤمنين  ومصدقا لما بين يدي من التوراة ولأحل لكم بعض الذي حرم عليكم وجئتكم بآية من ربكم فاتقوا الله وأطيعون  إن الله ربي وربكم فاعبدوه هذا صراط مستقيم [

ce qui signifie :

« Dieu lui a appris le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile. Il l’enverra en prophète aux fils d’Israël : “Je viens de la part de votre Seigneur porteur d’un signe de ma véracité. Je façonnerai sous vos yeux de l’argile en forme de volatile : je soufflerai dessus et l’argile se fera volatile, par la volonté de Dieu. Je guérirai l’aveugle-né, le malade atteint de vitiligo [36] et ferai ressusciter les morts par la volonté de Dieu. Je vous dirai ce que vous mangez et ce que vous tenez en réserve dans vos demeures. Ce sont là autant de signes pour vous, si vous croyez. Je viens aussi confirmer la Torah qui m’a précédé et rendre licite une partie de ce qui vous a été interdit. Je viens à vous porteur d’un signe de votre Seigneur. Craignez-Le et obéissez-moi. Certes, Dieu est mon Seigneur et Le vôtre. Adorez-Le ! C’est là le droit chemin”. »

 (Qour’an 3/48 à 51)

 

De ces versets, on comprend que c’est par des miracles [37] convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents que Dieu appuie et confirme le statut de prophète.

 

Définition du miracle

Le miracle est un fait qui présente quatre caractéristiques :

 

1. Le miracle est hors du commun. Ainsi, se poser sur la lune, quoique extraordinaire puisque c’est le résultat d’une connaissance et d’une avancée technologique jamais atteintes, n’est pas un fait hors du commun parce que c’est à la portée des êtres humains et c’est une chose ordinaire.

 

2. Le miracle constitue toujours un défi contre les mécréants. En effet, ils ne pourront jamais égaler ou contrecarrer le miracle.

 

3. Le miracle vient confirmer, appuyer et soutenir la véracité de celui qui se proclame prophète.

 

4. Le miracle est impossible à imiter, à contrecarrer, à stopper ou à annihiler.

 

Le miracle est de deux sortes :

 

–    Celui qui survient au prophète sans que les gens lui en fassent la demande

 

–    Celui qui intervient sur demande

 

Dans tous les cas, le miracle est un fait qui se manifeste par la puissance de Dieu, pour confirmer celui qui se proclame, à juste titre, prophète.

 

Quelques exemples de miracle

Moïse jeta son bâton qui devint un véritable serpent ; puis celui-ci avala les cordes dont s’étaient servi les magiciens pour subjuguer l’assistance. Après quoi le serpent se transforma à nouveau en bâton. Il fit aussi se fendre la mer pour laisser passer son peuple. Tout cela par la volonté et la puissance de Dieu.

 

Jésus, par l’imposition de sa main et en disant “Je commence par le nom de Dieu” (Bismi l-Lah), guérissait les malades atteints de vitiligo. Il ressuscita plusieurs morts, dont Lazare son compagnon. Tout cela par la création et la volonté de Dieu.

 

Après que Abraham eut cassé les idoles, les mécréants voulurent se venger. Il fut projeté dans un immense brasier qui devint grâce à Dieu frais et bienfaisant pour lui. Seuls ses liens furent brûlés, au contraire de lui-même et de ses habits. Ce feu était si intense, que les oiseaux ne pouvaient le survoler ni les mécréants s’en approcher.

 

Salih répondit au défi de son peuple en faisant sortir d’un rocher dur et compact une chamelle et son petit.

 

Mouhammad fit jaillir de l’eau –comme des sources– des doigts de sa noble main qu’il avait plongée dans un récipient ; ce qui suffit aux besoins de mille cinq cents de ses compagnons, alors qu’ils se trouvaient dans le désert à court d’eau. Il remit en place l’œil arraché de son compagnon Qatadah, fils de Nou^man, qui affirma par la suite ne plus distinguer lequel avait été atteint.

 

Il y a bien sûr le Qour’an qui demeure, pour tous les temps, le plus grand des miracles. C’est un miracle continuel que nous avons encore entre nos mains, et que chacun peut constater aujourd’hui. Il nous est parvenu intact, et constitue un grand défi pour les mécréants qui ne pourront jamais écrire quoi que ce soit de semblable à la plus courte de ses sourates (chapitres). En effet, Dieu dit :

] قل لئن اجتمعت الإنس والجن على أن يأتوا بمثل هذا القرآن لا يأتون بمثله ولو كان بعضهم لبعض ظهيرا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : – Si les hommes et les jinn s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Qour’an, ils n’y parviendraient pas, même s’ils s’aidaient mutuellement. »

 (Qour’an 17/88)

 

Depuis plus de mille quatre cents ans –en années lunaires–, le Qour’an n’a subi aucune altération et n’en subira point, car Dieu dit :

] إنا نحن نزلنا الذكر وإنا له لحافظون [

ce qui signifie :

« En vérité, c’est Nous (Dieu) Qui avons fait descendre le Qour’an, et c’est Nous Qui le préservons. »

 (Qour’an 15/9)

Par ses caractéristiques, le miracle diffère donc de tous les autres faits, aussi impressionnants soient-ils, tels que les séductions trompeuses du faux Messie, la magie, etc.

 

Autres faits différents du miracle

1. La magie

Il faut savoir qu’il existe une sorte de magie qui fait appel aux jinn. En règle générale, il s’agit d’une manipulation produisant, par certaines pratiques secrètes et prohibées, des effets étonnants. Mais, à la différence du miracle, la magie [38] s’apprend, et peut être neutralisée soit par une autre magie, soit par des invocations ou d’autres faits agréés par Dieu. Ainsi, les magiciens que le pharaon avait fait venir de tout son royaume pour une confrontation avec Moïse furent les premiers à se confondre en prosternation en disant, comme Dieu nous l’apprend :

] قالوا آمنا برب العالمين  رب موسى وهارون [

ce qui signifie :

« Nous croyons au Seigneur des mondes, Le Seigneur de Moïse et d’Aaron. »

 (Qour’an 7/121-122)

 

En effet, avant toute l’assistance, et mieux que quiconque, ils avaient compris que la transformation du bâton de Moïse en serpent –puis de serpent en bâton– n’était pas le produit d’une hallucination, d’une illusion d’optique ou de la magie, mais un fait véritablement hors du commun contre lequel ils étaient restés impuissants et sans parade aucune.

 

2. Les faits hors du commun du faux Messie

Les faits par lesquels le faux Messie (Ad-Dajjal) essaiera de subjuguer les gens sont hors du commun, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme des miracles. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît sur les mains de celui qui se dit prophète : alors que le faux messie prétendra la divinité. Ce corrupteur sera une épreuve que Dieu a réservée aux gens et par laquelle le croyant se distinguera du mécréant. En effet, le croyant trouvera à l’appui suffisamment de preuves et de signes évidents de la fausse prétention de ce mystificateur, ne serait-ce que la raison qui rejette catégoriquement qu’un borgne puisse être le Créateur de toute chose. Car Dieu n’a aucune ressemblance avec Ses créatures, lesquelles sont soumises au change­ment. Il est donc impossible que Dieu, Dont la vie n’est ni acquise ni précédée par quelque chose, soit un homme ou le devienne.

 

Celui qui a la bonne croyance ne se laissera pas abuser par ce diable à visage humain, qui réussira pourtant à séduire et à convaincre beaucoup de gens.

 

3. Les Prodiges (Karamah) des Saints

Le saint (waliyy) est un pieux qui, par crainte et amour de Dieu, se conforme strictement aux préceptes de la Loi (Chari^ah). Il s’acquitte des obligations de la religion et s’abstient de faire les péchés. Il accomplit beaucoup d’actes surérogatoires, tels que jeûnes, prières, aumônes, etc. Il persévère ainsi dans cette voie de droiture jusqu’à la certitude, c’est-à-dire jusqu’à la mort. Il recevra la bonne nouvelle dans cette vie, tout comme dans l’au-delà.

 

Ainsi, Dieu nous dit que les saints verront affluer les anges du ciel qui leur diront :

] ألا تخافوا ولا تحزنوا وأبشروا بالجنة التي كنتم توعدون  نحن أولياؤكم في الحياة الدنيا وفي الآخرة ولكم فيها ما تشتهي أنفسكم ولكم فيها ما تدعون [

ce qui signifie :

«  (…) N’ayez pas peur, ne soyez pas affligés, et recevez plutôt une heureuse assurance, celle du Paradis que Dieu vous a promis. Nous sommes pour vous des soutiens dans cette vie présente tout comme dans l’autre où tous vos désirs seront comblés et vos vœux satisfaits ; là où vous aurez ce que vous voudrez. »

 (Qour’an 41/30 à 31)

Dieu honore le saint par des prodiges (karamah) qui sont autant de miracles pour le prophète qu’il suit correctement. D’une manière générale, il est possible que tout ce qui est miracle pour un prophète se réalise sous forme de prodige, de faits hors du commun, pour le saint.

 

Tel fut le cas de Marie mère de Jésus, à qui Dieu accorda Sa Grâce et dont Il confia la garde, comme signe de cette acceptation, au prophète Zacharie, afin de lui assurer une bonne éducation. Celui-ci, à chaque fois qu’il entrait dans la pièce où Marie s’isolait pour adorer Dieu, trouvait auprès d’elle des fruits d’été en hiver et des fruits d’hiver en été, ce qui lui fit dire : « – Ô Marie ! comment t’es-tu procuré cela ? Et elle de répondre : – C’est de la part de Dieu. Oui, Dieu fait attribution de Ses dons à qui Il veut sans réserve. »

 

D’autre part, sachez que Dieu préserve les saints contre la mécréance. S’il arrive à un saint de tomber dans un grand péché, il s’en repent sans y persister. Le saint chemine droit sur la voie du prophète en observant toutes les prescriptions de Dieu.

 

Il ne profitera donc jamais des prodiges qui se réalisent grâce à lui pour prétendre faussement la prophétie.

 

Le miracle, par ses caractéristiques qui le différencient de la magie et des autres phénomènes extraordinaires, demeure la preuve irréfutable de la véracité du prophète pour lequel il se réalise. En effet, il faut savoir que :

 

•    le miracle appuie et soutient le prophète dans sa prétention. C’est en quelque sorte sa légitimation

il est différent de la magie et de la sorcellerie, qui peuvent être neutralisées.

il est un don de Dieu Qui est véridique ; Sa science est parfaite et englobe toute chose.

 

Par conséquent c’est Dieu Qui, par le miracle, soutient le prophète dans sa prétention : ce qui constitue un témoignage de Dieu à l’égard du prophète. C’est donc la preuve que le prophète est véridique dans tout ce qu’il annonce et énonce de la part de Dieu.

 


Remarque

Un homme, aussi saint soit-il, et même proche parent d’un prophète, reste toujours inférieur en grade aux Envoyés dont Dieu a dit :

] (…)وكلا فضلنا على العالمين [

ce qui signifie :

«  (…) Nous (Dieu) avons accordé à chacun d’eux –les prophètes– un rang plus élevé qu’au reste de la création. »

 (Qour’an 6/86)

 

 

Différence entre prophète-messager et prophète non Messager

Rappelons que tous les prophètes ont eu la même croyance, car on apprend du Qour’an que Dieu dit :

] إنا أوحينا إليك كما أوحينا إلى نوح والنبيين من بعده وأوحينا إلى إبراهيم وإسماعيل وإسحاق ويعقوب والأسباط وعيسى وأيوب ويونس وهارون وسليمان وآتينا داود زبورا [

ce qui signifie :

« Nous t’avons accordé –ô Mouhammad– la Révéla­tion comme Nous l’avons accordée à Noé et aux prophètes venus après lui. Nous avons révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, les Asbat [39], Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et Nous avons donné les Psaumes à David. »

 (Qour’an 4/163)

 

Les prophètes sont soit prophètes-messagers soit prophètes non messagers. Ils ont tous en commun d’avoir reçu la révélation. Cependant, le prophète-messager reçoit une nouvelle Loi, ou vient abroger certaines lois de la Loi du prophète-messager antérieur. Quant au prophète non messager, il reçoit l’ordre de suivre et de faire appliquer la Loi du prophète-messager qui l’a précédé.

 

Tout messager est prophète –excepté dans le cas des anges–, mais tout prophète n’est pas forcément messager. Par ailleurs, les prophètes sont uniquement des humains, de sexe masculin.

 

Il n’y a ni prophète-messager, ni prophète non messager parmi les jinn.

 

CHAPITRE 5

CROYANCE AU JOUR
DU JUGEMENT DERNIER

Dieu dit :

] والذين يؤمنون بما أنزل إليك وما أنزل من قبلك وبالآخرة هم يوقنون  أولئك على هدى من ربهم وأولئك هم المفلحون [

ce qui signifie :

« Ceux qui croient à ce qui t’a été révélé, à ce qui a été révélé avant toi et à la vie future, ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent. »

 (Qour’an 2/4-5)

 

Après l’apparition des grands signes précurseurs de la fin du monde, dont la venue du faux Messie, la descente du ciel de Jésus fils de Marie, le lever du soleil à l’Ouest, etc., l’ange Israfil fera retentir un son de Cor. Ce faisant, les habitants des cieux –les anges– et de la Terre –les humains, les jinn et les animaux– seront comme foudroyés, à l’exception de ceux que Dieu voudra épargner. Puis au deuxième son de Cor, ils seront tous ressuscités.

 

Ce Jour-là, cette Terre sera transformée en une nouvelle Terre plus vaste et totalement aplanie –ne comportant ni montagnes, ni vallées, ni collines– sur laquelle les anges conduiront les gens –humains et jinn– pour le rassemblement et la comparution. La balance (Al-Mizan) sera mise en place pour la pesée des actes (Al-Wazn) et la reddition des comptes (Al-Hab) ; les registres seront distribués, et Dieu jugera les gens sans intermédiaire.

 

Le pont (As-Sirat) reliant la nouvelle Terre aux abords du Paradis sera dressé au-dessus de l’Enfer.

 

Le Jour du Jugement s’achèvera par l’établissement des uns au Paradis et des autres en Enfer, chacun selon ce qu’il aura mérité. Et parmi les gens moukallaf –pubères, sains d’esprit et à qui sera parvenu l’appel à l’Islam dans toute langue qu’ils comprennent–, seuls les croyants, c’est-à-dire les musulmans, auront le Paradis pour demeure éternelle.

 

cas du musulman pieux

Le pieux est un croyant qui s’acquitte des obligations prescrites par Dieu et qui évite les péchés.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن المتقين في مقام أمين  في جنات وعيون  يلبسون من سندس وإستبرق متقابلين [

ce qui signifie :

« Les pieux seront dans une demeure sûre, parmi des jardins et des sources. Ils porteront des vêtements de soie et se tiendront les uns en face des autres. »

 (Qour’an 44/51 à 53)

 

Les pieux, après avoir subi un jugement bref, facile et très clément, traverseront sans difficultés le pont pour entrer au Paradis, au même titre que tous ceux dont les bienfaits, lors de la pesée, l’emporteront sur les mauvais actes.

 

 

 

cas du musulman désobéissant

Pour ce qui est des musulmans désobéissants, nous apprenons à leur sujet que Dieu dit :

] إن الله لا يغفر أن يشرك به ويغفر ما دون ذلك لمن يشاء (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Dieu ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui, et pardonne tout autre péché moindre (que l’association) à qui Il veut (…). »

 (Qour’an 4/116)

 

C’est dire qu’une partie de ces désobéissants sera pardonnée et entrera au Paradis sans aucun châtiment préalable, tandis que l’autre n’entrera au Paradis, pour y demeurer éternellement, qu’après avoir subi un juste châtiment dans l’Enfer.

 

En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit :

يخرج من النار من قال لا إله إلاّ الله وفي قلبه وزن ذرّة من إيمان

ce qui signifie :

« Sortira de l’Enfer quiconque meurt avec le minimum de croyance –c’est-à-dire avec la bonne croyance en Dieu et en Son prophète–. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

cas du mécréant

Quant aux non-croyants, ils n’auront pas le moindre poids sur le plateau des bienfaits, car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la bonne croyance. En essayant vainement de traverser le pont (AsSirat), ils seront précipités dans l’Enfer pour y demeurer éternellement. C’est dire que les bienfaits des mécréants (kouffar) ne leur seront d’aucun profit au Jour du Jugement. Car Dieu dit :

 والذين كفروا أعمالهم كسراب بقيعة يحسبه الظمآن ماء حتى إذا جاءه لم يجده شيئا (…) [

ce qui signifie :

« Les œuvres des incrédules sont semblables à un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau jusqu’à ce qu’il l’atteigne. Il n’y trouve rien (…). »

 (Qour’an 24/39)

 

Il y a encore cet autre verset où Dieu dit :

] قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا  أولئك الذين كفروا بآيات ربهم ولقائه فحبطت أعمالهم فلا نقيم لهم يوم القيامة وزنا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : -Voulez-vous que nous vous fassions connaître quels sont ceux dont les actes sont les plus inutiles, et ceux dont les efforts se perdent dans la vie de ce monde alors qu’ils pensent avoir bien agi ?-

Tels sont ceux qui ne croient pas aux preuves évidentes de l’unicité de leur Seigneur et au Jour Dernier. Leurs actions sont vaines et Nous (Dieu) n’attribuerons aucun poids à leurs œuvres au Jour de la Résurrection. »

 (Qour’an 18/103 à 105)

 

Par conséquent, le plus grand bien qu’on puisse souhaiter à un mécréant est qu’il devienne musulman.

 

CHAPITRE 6

CROYANCE en la PRéDESTINATION

Définition

La prédestination est un attribut de Dieu par lequel Il régit les choses selon Sa volonté et Sa science, pour les faire exister dans le moment qu’Il a voulu. En effet, Dieu dit :

] ما أصاب من مصيبة في الأرض ولا في أنفسكم إلا في كتاب من قبل أن نبرأها إن ذلك على الله يسير لكيلا تأسوا على ما فاتكم ولا تفرحوا بما آتاكم والله لا يحب كل مختال فخور 

ce qui signifie :

« Nul malheur n’atteint la Terre ni vos personnes qui ne soit enregistré dans la Table Préservée avant que Nous l’ayons créé, et cela est certes facile à Dieu. Nous vous en informons afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni que vous exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Dieu n’aime pas les présomptueux »

 (Qour’an 57/22-23)

 

Il est à noter que les attributs de Dieu ne changent pas, par conséquent les précautions que nous prenons ou les invocations [40] que nous faisons ne peuvent en rien changer ce que Dieu nous a prédestiné.

Ainsi, la croyance en la prédestination –du bien et du mal, de la douceur et de l’amertume, de la richesse et de la pauvreté, de la santé et de la maladie, etc.– est une condition pour être musulman. Cette croyance comporte deux affirmations :

 

1. Croire que Dieu, par Sa science et Sa volonté :

 

•   sait et veut de toute éternité [41] ce que les gens font et feront avant leur existence : bien ou mal, obéissance ou désobéissance, réussite ou échec, etc.

•   sait et veut de toute éternité qui sera parmi les gens du Paradis et qui sera parmi les gens de l’Enfer, et que c’est Lui (Dieu) Qui détermine la récompense –la réjouissance physique et spirituelle– ou la punition –le châtiment physique et spirituel– qu’ils méritent à cause de leurs actes volontairement accomplis.

 

2. Croire que les actes des gens sont non seulement prédestinés, mais qu’ils s’accomplissent conformément à la science et à la volonté de Dieu.

 

Dieu le Tout-puissant a fait que tout soit inscrit sur la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh) comme nous l’apprend le Qour’an :

] إنا نحن نحيي الموتى ونكتب ما قدموا وآثارهم وكل شىء أحصيناه في إمام مبين [

ce qui signifie :

« C’est Nous (Dieu) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu’ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Livre clair. »

 (Qour’an 36/12)

 

Pour mieux rapprocher les idées, prenons l’exemple de quelqu’un qui sort pour aller à son propre mariage. En cours de route, il est victime d’un accident et décède. Il est évident qu’il n’a pas fait ce qu’il voulait faire. Nous comprenons bien que ce qui nous atteint est inévitable, et ce à quoi nous échappons ne devait pas, sans doute aucun, nous atteindre. Dès lors, les précautions que l’on prend ne changent en rien le caractère déterminé des choses.

 

Ainsi, dans son livre intitulé « Al-Wasiyyah« , l’Imam Abou Hanifah résume tout cela en disant :

نقرُّ بأن العبد مع جميع أعماله وإقراره ومعرفته مخلوقا،

ce qui signifie :

« Nous confirmons que les esclaves de Dieu ainsi que leurs œuvres, leurs paroles et leur savoir sont des créatures de Dieu. »

 

D’où cette vérité :

Toutes les créatures –dont le bien et le mal, l’immensité et la petitesse, la douceur et l’amertume, la guidée et l’égarement, etc.– existent par la toute-puissance de Dieu, conformément à Sa science et à Sa volonté.

 

Comment comprendre la Prédestination ?

Nous savons que Dieu est le seul Dispensateur des biens et que tout vient de Lui. Cependant, nous agissons selon nos possibilités en cherchant à susciter les causes, tout en ignorant ce qui nous a été prédestiné. Chacun doit suivre le bon chemin en sachant que sa responsabilité sera engagée pour tout acte qu’il aura commis volontairement.

 

C’est dire que notre croyance en la prédestination ne signifie pas que l’homme doit perdre toute initiative, en restant les bras croisés, dans l’attente des événements. Nous devons agir en conformité avec les prescriptions de Dieu, car nous ne connaissons pas le futur. Ce n’est qu’après le déroulement des faits que nous pourrons savoir ce qui nous avait été prescrit. Cherchons donc à agir dans le bien, avec l’aide de Dieu.

 

CHAPITRE 7

SUPPLICES et DéLICES de la TOMBE

Avant de connaître certains supplices ou délices de la tombe, la personne décédée devra, au préalable, répondre à la question des anges Mounkar et Nakir.

 

Notons que les prophètes, les martyrs de la guerre sainte et les enfants non pubères sont exemptés de la question posée dans la tombe.

 

Qu’en est-il de la question dans la tombe ?

D’après une Tradition juste, ‘Anas Ibnou Malik rapporte que le Prophète r a dit :

الْعَبْدُ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتُوُلِّيَ وَذَهَبَ أَصْحَابُهُ حَتَّى إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ أَتَاهُ مَلَكَانِ فَأَقْعَدَاهُ فَيَقُولَانِ لَهُ مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُولُ أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ فَيُقَالُ انْظُرْ إِلَى مَقْعَدِكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللَّهُ بِهِ مَقْعَدًا مِنَ الْجَنَّةِ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَرَاهُمَا جَمِيعًا وَأَمَّا الْكَافِرُ أو الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فَيُقَالُ لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ ضَرْبَةً بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ

ce qui signifie :

« Lorsque l’homme est à peine déposé dans sa tombe, lorsque les siens viennent de le quitter et qu’il entend résonner le bruit de leurs pas, viennent à lui deux anges qui le font asseoir et qui lui posent la question suivante : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad ? (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Selon la réponse qu’il donne, sa tombe sera pour lui un jardin du Paradis jouissance– ou un antre de l’Enfer –en terme de châtiment–. En effet, dans la tombe, l’âme revient au corps conformément au Hadith dans lequel ^Abdou l-Lah, fils du Calife ^Oumar, dit que le Prophète r parla un jour de l’épreuve de la tombe –c’est-à-dire de la question des anges dans la tombe–. C’est alors que ^Oumar demanda :

أترد علينا عقولنا يا رسول الله قال نعم كهيئتكم اليوم قال فبفيه الحجر.

ce qui signifie :

« Est-ce que la raison nous reviendra ô Messager de Dieu ? “Oui, tout comme êtes maintenant”, répondit-il. “Alors il n’y a plus rien à ajouter” dit ^Oumar. »

(Hadith rapporté par l’Imam Ahmad)

 

Le cas des prophètes est encore plus révélateur, car non seulement la terre n’assimile pas leur corps [42], mais ils sont vivants dans leur tombe. En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit:

(…) الأنبياء أحياء في قبورهم يصلون (…)’

ce qui signifie :

« (…) Les prophètes sont vivants dans leur tombe et ils prient [43](…) »

                        (Hadith rapporté par Al-Bayhaqiyy)

1. SUPPLICES DE LA TOMBE

À la question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? le mécréant, dont l’hypocrite [44], tout paniqué et terrorisé laissera échapper : – Je ne sais pas… je répétais ce que les gens disaient ! Sur ce, les anges lui objecteront : – Nous savions en fait ce que tu disais. Tu n’as donc rien su de la vérité et tu ne l’as pas suivie ! Avec un marteau de fer, ils lui assèneront un coup violent entre les oreilles –au-dessus de la nuque– qui lui fera pousser un hurlement qu’entendront tous ceux qui sont alentour, à l’exclusion des jinn et des humains. Une montagne s’effondrerait sous l’effet d’un tel coup, mais Dieu maintiendra le mécréant conscient pour qu’il endure cette terrible souffrance. La Terre recevra l’ordre de le comprimer jusqu’à ce que ses côtes s’entrecroisent –les grands pécheurs musulmans subiront une pression de la terre moindre– et il connaîtra l’angoisse de la solitude et de l’obscurité la plus totale ; des serpents, des scorpions et d’autres bêtes effrayantes l’assailliront de toute part. Lorsque son corps se sera désintégré, son âme descendra à « Sijjin« , un lieu de châtiments atroces pour elle dans la septième Terre. Il ne cessera de subir ainsi des châtiments jusqu’à ce qu’il soit, après la résurrection et le Jugement Dernier, précipité, corps et âme réunis, dans l’Enfer pour y demeurer éternellement.

 

À propos du châtiment de la tombe subi par les mécréants, nous apprenons que Dieu dit :

] النار يعرضون عليها غدوا وعشيا ويوم تقوم الساعة أدخلوا آل فرعون أشد العذاب [

ce qui signifie :

« Matin et soir, l’Enfer leur est présenté ; et le Jour Dernier, introduisez Pharaon et ses acolytes en Enfer pour qu’ils subissent les plus atroces des châtiments. »

 (Qour’an 40/46)

ou encore :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Quiconque se sera détourné de Mon Com­mandement mènera une vie pénible –dans la tombe– (…). »

 (Qour’an 20/124)

Tel est le sort réservé à celui qui meurt mécréant, qu’il s’agisse de celui qui n’a jamais été musulman ou de celui qui est sorti de l’Islam en devenant apostat (mourtadd). Les enfants non musulmans et non pubères ne connaissent ni délices, ni supplices dans la tombe.

2. DÉLICES DE LA TOMBE

À la même question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? Le Croyant pieux répond : – Je témoigne qu’il est l’esclave de Dieu et Son prophète. Et les deux anges de lui dire : –Certes, nous savions que tu disais cela.

 

Alors Dieu fait que sa tombe s’illumine d’une lumière comparable à celle de la pleine lune et s’élargisse de soixante-dix coudées [45] sur soixante-dix coudées. Afin d’accroître sa jouissance, les anges lui présenteront deux emplacements en disant : – Regarde la place que tu aurais occupée –autrement– en Enfer, mais que Dieu a remplacée par cette demeure au Paradis.

 

Pour nous donner une idée de cette jouissance spéciale, le Prophète r explique qu’on dira à ce croyant : Dors ! Alors, comme le nouveau marié, il dormira du sommeil dont il n’aimerait être réveillé que par sa bien-aimée.

 

Tous ces délices ne sont qu’un prélude par rapport à ce qui l’attend au Paradis où Dieu a réservé pour Ses esclaves pieux ce qu’aucun œil n’a vu, aucune oreille n’a entendu et aucun esprit n’a imaginé. En effet, Dieu dit :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Aucune âme ne sait quelle félicité lui est réservée en récompense de ses actions. »

 (Qour’an 32/17)

C’est dans ce sens qu’on comprend mieux la parole suivante du Prophète r :

الدنيا سجن المؤمن وسَنَتُهُ، فإذا فارق الدنيا فارق السِّجنَ والسَّنةَ.

qui signifie :

« La vie d’ici-bas est comme une prison et un lieu de fatigue pour le croyant pieux ; en quittant cette vie, il quitte la prison et le lieu de fatigue. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Ceci bien entendu par rapport à ce qu’il connaîtra comme jouissance, aussi bien dans la tombe qu’après.

 

Celui qui veut jouir du délice de la tombe doit pour cela faire toutes les obligations –prières, jeûne, etc.– et s’éloigner des péchés, par crainte de Dieu.

 

Qu’en est-il des musulmans désobéissants ?

Définition

Le musulman désobéissant est celui qui, par exemple :

 

• buvait de l’alcool

• ne faisait pas la prière en son temps, ou ne l’accomplissait pas du tout

• s’adonnait à la fornication ou tout autre grand péché –autre que la mécréance–

 

Ces musulmans-là méritent le châtiment de la tombe [46] s’ils meurent sans se repentir. Mais ils seront en deux groupes :

 

1.  Ceux qui seront graciés et ne subiront pas, de ce fait, le supplice de la tombe

 

2.           Les autres, qui connaîtront ce châtiment, sans toutefois qu’il égale celui que subissent les mécréants. Ainsi, ils endureront la solitude et l’obscurité de la tombe, le resserrement de la tombe sur eux, mais ils ne recevront pas de coups derrière la nuque, par exemple. En outre, le châtiment que subira une partie d’entre eux en Enfer ne sera jamais éternel, car Dieu a interdit à l’Enfer de garder éternellement quiconque aura témoigné sincèrement de son adhésion à l’Islam.

 

Ainsi, après avoir subi le châtiment de l’Enfer, ils entreront définitivement au Paradis.

 

Une Tradition rapportée par Ibnou ^Abbas, que Dieu l’agrée, et d’autres spécialistes du Hadith (Mouhaddith) donne la preuve que le musulman désobéissant peut subir le châtiment de la tombe. En effet, alors qu’il passait auprès de deux tombes, le Prophète r a dit :

إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوْلِ وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ ثُمَّ أَخَذَ جَرِيدَةً رَطْبَةً فَشَقَّهَا نِصْفَيْنِ فَغَرَزَ فِي كُلِّ قَبْرٍ وَاحِدَةً قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ لَعَلَّهُ يُخَفِّفُ عَنْهُمَا مَا لَمْ يَيْبَسَا

ce qui signifie :

« Ces deux morts sont suppliciés dans leurs tombes pour des péchés qui ne paraissent pas graves aux yeux des gens. Pourtant si ! L’un d’eux ne se préservait pas de son urine [47] et l’autre rapportait les paroles des uns aux autres pour semer la discorde (namimah). Le Prophète prit une feuille de palmier et après l’avoir séparée en deux, en planta une moitié sur chaque tombe. Les compagnons dirent : Ô Messager de Dieu, pourquoi fais-tu cela ? Il répondit : Il se peut que cela atténue ce qu’ils endurent tant qu’elles n’auront pas séché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Il faut donc se préserver de l’urine, car selon un Hadith rapporté par Abou Dawoud, la plupart des châtiments de la tombe sont dus à ce péché.

 

Remarque

Dans un Hadith rapporté par AtTabaraniyy, le Prophète r nous a appris que la lecture quotidienne d’une sourate du Qour’an qui n’a que trente versets préserve du châtiment de la tombe. Il s’agit de la sourate « Al-Moulk« , c’est-à-dire le chapitre 67.

 

Que devient l’âme après la désintégration du corps ?

Lorsque le corps est décomposé par la terre, à l’exception d’un os infime –appelé ^Ajbou dh-Dhanab– de la taille d’un grain de moutarde à la base du coccyx, l’âme du pieux va au Paradis, et celle du musulman désobéissant reste maintenue entre ciel et Terre ou peut atteindre le premier ciel.

 

Quant à l’âme du mécréant, elle ira à Sijjin, un lieu de châtiment situé dans la septième Terre [48]..

 

 

S’agissant des martyrs, dont le corps ne se décompose pas, leur âme monte directement au Paradis sans intégrer la tombe, pour prendre place dans le gosier d’oiseaux verts. Cette âme au Paradis a une a des effetsinfluence sur le corps comme le soleil en a sur nous.

Les oiseaux verts mangent des fruits du Paradis, se posent sur les branches des arbres du Paradis, ils volent et ont des niches accrochées sous le Trône.

 

 

 

 

CHAPITRE 8

LA MÉCRÉANCE

1. QU’EST-CE QUE LA MÉCRÉANCE ?

Définition

La mécréance est toute croyance, tout acte ou toute parole qui marque du dédain, du mépris envers Dieu, Ses Livres, Ses prophètes, Ses anges, Ses Lois, Sa promesse ou Ses menaces, les pratiques et symboles de l’Islam, etc.

 

Pour ce qui est des croyants, Dieu dit :

] إنما المؤمنون الذين آمنوا بالله ورسوله ثم لم يرتابوا (…) [

ce qui signifie :

« Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager et qui ne doutent point (…). »

 (Qour’an 49/15)

 

Dieu a révélé dans tous Ses Livres –notamment la Torah, l’Évangile et le Qour’an– que celui qui meurt mécréant ira en Enfer pour y demeurer éternellement, sans fin ni répit. C’est ce qui ressort du Qour’an, dans lequel Dieu dit :

] إن الذين كفروا وصدوا عن سبيل الله ثم ماتوا وهم كفار فلن يغفر الله لهم [

ce qui signifie :

« Dieu ne pardonnera pas à ceux qui font de la mécréance et qui écartent les hommes de la voie agréée par Dieu, puis meurent en étant mécréants. »

 (Qour’an 47/34)

 

C’est donc le péché le plus grave qu’une personne puisse commettre. Aussi, depuis Noé, tous les prophètes mettent-ils leur communauté en garde contre la mécréance sous toutes ses formes, avec ou sans association.

 

1. La mécréance avec association consiste à adorer autre que Dieu ou quelque chose avec Dieu. C’est par exemple :

 

• croire qu’il y a plusieurs dieux

attribuer à Dieu un fils, une compagne ou tout autre associé

etc.

 

2. La mécréance sans association consiste, entre autres, à :

 

• blasphémer –exprimer des paroles moqueuses, rabaissantes ou injurieuses– contre Dieu, l’un de Ses prophètes, l’un de Ses anges

croire qu’une autre religion que l’Islam est agréée par Dieu

se moquer d’un des emblèmes de l’Islam, comme la Ka^bah

• déclarer illicite une chose licite –permise– selon le Qour’an et la Tradition du Prophète (Sounnah) et connue comme telle par les musulmans ; ou inversement déclarer licite, par exemple, la viande interdite à la consommation selon la Loi islamique, l’alcool, ou l’adultère

• croire en quelque chose qui contredit les fondements de l’Islam, comme par exemple la réincarnation

ne pas croire en la prophétie de Mouhammad r ; ou croire qu’il n’est pas le sceau des prophètes, même si l’on croit en l’unicité de Dieu et qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures

nier le statut de prophète d’un des prophètes de Dieu réputé comme tel

etc.

 

Remarque

Cette liste n’étant pas exhaustive, il est donc important de se référer, à toutes fins utiles, aux règles déjà définies. Sans jamais oublier de demander à ceux qui ont la connaissance, car la science de l’Islam, avec l’aide de Dieu, guide, dirige et sauve, alors que l’ignorance égare, trompe et ruine.

 

Il est à noter ici que commettre de la mécréance ou aider à en faire aboutit au même résultat, c’est-à-dire à la sortie de l’Islam, avec ses conséquences désastreuses. Par conséquent, si quelqu’un demande à tout musulman, ou même à un imam qui est en train de faire le prêche du vendredi : – Que dois-je faire pour entrer dans l’Islam ? il doit sans tarder lui dire de faire les deux témoignages. Par contre, s’il le retarde exprès en répondant “attends que je finisse”, cela équivaut à agréer la mécréance. Et celui qui agrée la mécréance d’un autre devient lui-même mécréant.

2. MANIFESTATION DE LA MÉCRÉANCE

Nous demandons à Dieu, le Suprême, de nous préserver de la mécréance, car c’est un véritable abîme.

 

À l’instar de beaucoup d’éminents savants, le Chaykh ^Abdou l-Baçit Al-Fakhouriyy, Moufti [49] de Beyrouth il y a un siècle, a mentionné dans son livre « Al-Kifayah li Dhawi l-^Inayah » que la mécréance se présente sous trois formes :

 

•        la mécréance par la croyance [50] –le cœur–

•        la mécréance par les gestes –les membres par exemple–

•        la mécréance par la parole –la langue–

 

2.1   La mécréance par la croyance

Le siège de ce type de mécréance est dans le cœur. Et Dieu dit :

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager… alors, Nous (Dieu) leur avons préparé une fournaise ardente. »

 (Qour’an 48/13)

 

Comme exemple, il y a le fait de :

•         nier l’Existence de Dieu

•         croire que Dieu est un corps, un esprit, ou une lumière –le contraire de l’obscurité–

•         donner une ressemblance à Dieu avec Ses créatures, comme croire qu’Il est dans un endroit ou partout

•         nier le statut de prophète du prophète Mouhammad

•         croire que l’Enfer a une fin

•         croire que le châtiment du mécréant dans l’Enfer prendra fin

•         croire que le monde n’a pas de commencement

•         croire que quelque chose échappe à la volonté, à la prédestination, ou à la création de Dieu

•         etc.

 

2.2 La mécréance par les gestes

Dieu dit :

] ومن آياته الليل والنهار والشمس والقمر لا تسجدوا للشمس ولا للقمر واسجدوا لله الذي خلقهن إن كنتم إياه تعبدون [

ce qui signifie :

« Parmi les preuves de Sa puissance, il y a la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, mais prosternez-vous pour Dieu Qui les a créés, si c’est Lui Que vous adorez. »

 (Qour’an 41/37)

C’est aussi le fait de :

 

•        se prosterner pour une idole, une statue, etc.

•        porter une marque ou un objet distinctif d’une autre religion en croyant qu’ils sont à vénérer, qu’ils portent bonheur ou qu’ils sont halal.

•        aider à faire la mécréance, par exemple en accompagnant sa femme non musulmane dans un endroit pour qu’elle y fasse de la mécréance

•        jeter consciemment et volontairement dans un endroit répugnant, comme dans les ordures, le Qour’an, ou tout écrit comportant un des noms de Dieu –tels que Ar-Rahman, Ar-Rahim, etc.–, le nom d’un prophète, d’un ange, ou qui traite de l’Islam en général. En effet, ce geste constitue en lui-même une offense qui fait sortir de l’Islam, même si l’on prétend n’avoir pas voulu manquer de respect

 

Remarque

On peut éviter de tomber dans la mécréance si avant de jeter un de ces écrits –même un journal– :

 

•        on sépare les lettres les unes des autres, afin que celles qui restent ne donnent plus le même mot. Par exemple s’il est écrit Dieu, on peut déchirer une des lettres (soit le D, le E, etc.).

•        on brûle et on réduit le résidu en cendres afin d’effacer toute trace d’écriture.

•        on attache le document à un objet lourd –par exemple un caillou– et on l’immerge au large dans la mer, c’est-à-dire loin des côtes, pour que l’action corrosive du sel le désintègre.

•        ou on a recourt à tout autre moyen qui ne marque pas du mépris

 

En aucun cas, on ne doit le jeter dans les ordures.

 

2.3 La mécréance par la parole

 

Dieu dit :

] ولئن سألتهم ليقولن إنما كنا نخوض ونلعب قل أبالله وآياته ورسوله كنتم تستهزئون لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم [

ce qui signifie :

« Si tu les interroges, ils diront nous ne faisions que discuter et plaisanter. Dis :- Est-ce de Dieu, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne vous cherchez pas d’excuses : vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants. »

 (Qour’an 9/65)

 

ou encore :

] يحلفون بالله ما قالوا ولقد قالوا كلمة الكفر وكفروا بعد إسلامهم (…) [

ce qui signifie :

« Ils jurent par Dieu qu’ils n’ont pas dit de la mécréance alors qu’ils sont sortis de l’Islam après avoir été musulmans (…). »

 (Qour’an 9/74)

 

 

Quelques exemples de mécréance par la parole :

 

•        insulter Dieu

•        se rebeller contre Dieu

•        nier le statut de prophète d’un prophète unanimement reconnu comme tel

•        proclamer que Dieu a un fils ou tout autre associé

•        proférer des injures contre un prophète de Dieu en disant, par exemple, qu’il a commis l’adultère ; qu’il a bu ou encouragé les gens à boire du vin ; qu’il s’est emparé de la femme d’un autre ; qu’il encourt la malédiction de Dieu, etc.

•        insulter un ange

•        se moquer d’une loi islamique connue et admise par l’unanimité des savants, ou la réfuter

•        déclarer licite quelque chose qui est unanimement connu comme étant illicite, ou vice versa

•        etc.

 

Cette troisième sorte de mécréance est de loin la plus répandue. En effet, Abou Wa‘il dit que Ibnou Mas^oud, le grand compagnon du Prophète r, est monté une fois sur la colline de Safa à La Mecque, et s’est adressé à sa langue en disant :

يا لسانُ قُل خيرًا تَغنَم، واسكت عن شرّ تسلم، من قبل أن تندم، إني سمعت رسول الله r يقول : -أكثر خطايا ابن آدم من لسانه-.

ce qui signifie :

« Ô langue ! dis du bien, tu y gagneras. Et abstiens-toi de dire du mal, tu seras sauvée, avant de le regretter. Car j’ai entendu le Messager de Dieu dire que la plupart des péchés du fils d’Adam provient de sa langue. »

 (Hadith rapporté par AtTabaraniyy)

 

Celui donc qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise, car d’après Abou Hourayrah, le Prophète r a dit :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ ممَا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ

ce qui signifie :

« Certes, il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer d’une distance plus grande que celle qui sépare l’Orient de l’Occident. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Ce Hadith est la preuve qu’on peut tomber dans la mécréance sans :

 

1. Connaître les règles sur la mécréance

 

2. Croire à la signification de la parole prononcée –comme celui qui dit à un autre « fils de Dieu » ; il sort de l’Islam même s’il est convaincu que Dieu n’a pas de fils–

 

3. Agréer par le cœur cette mécréance. Ce n’est pas comme le prétend un certain Sayyid Sabiq dans son livre « Fiqhou s-Sounnah » où il affirme qu’on ne dit d’un musulman qu’il est sorti de l’Islam, et qu’on ne le déclare apostat (mourtadd ) que s’il a le cœur qui s’est ouvert à la mécréance, qu’il l’agrée et qu’il est passé à l’acte. Il s’est basé pour cela sur un verset qui se rapporte à celui qui commet de la mécréance sous la contrainte, et dans lequel Dieu dit :

] من كفر بالله من بعد إيمانه إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان ولكن من شرح بالكفر صدرا فعليهم غضب من الله ولهم عذاب عظيم [

ce qui signifie :

« Celui qui fait de la mécréance envers Dieu après avoir été croyant, y compris celui qui agrée délibérément la mécréance sous la menace de mort, encourt le châtiment de Dieu et subira un châtiment terrible. Sauf si le cœur de celui qui subit la menace de mort demeure ferme dans la foi. »

 (Qour’an 16/106)

Il a ainsi pris cette partie du verset « () celui qui agrée délibérément la mécréance () » pour soutenir ses propos déviants et a laissé insidieusement le reste qui, au contraire, montre bien que seul celui qui, sous la menace de mort, fait de la mécréance tout en la refusant dans son cœur ne sort pas de l’Islam. En effet, on comprend que Dieu dit : « () Sauf si le cœur de celui qui sous la menace de mort demeure ferme dans la foi. » Cela ne signifie nullement que celui qui, n’étant pas sous la menace de mort, peut s’attendre à la clémence de Dieu s’il prononce de la mécréance même sans l’agréer dans son cœur.

 

Sayyid Sabiq a encore employé la même manœuvre avec cette autre partie du Hadith où l’on comprend que le Prophète r dit : « Certes, les actes ne valent que d’après l’intention () » pour affirmer que si on n’a pas l’intention d’accomplir un mauvais acte –comme la mécréance–, mais qu’on le commet quand même, on n’encourt pas le châtiment de Dieu. Or la suite du Hadith montre que le prophète Mouhammad r a voulu dire par cela « les actes d’adoration et non tous les actes », ceux qui sont agréés par Dieu et non tous les actes, car il dit :

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّات وَإِنَّمَا لكل امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لَدُنْيَا يُصِيبُهَا أو امْرَأَةٍ يَنكحها فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْه

ce qui signifie :

« Certes, les –bons– actes ne valent que d’après l’intention, et chacun sera rétribué selon ce qu’il a entendu faire –en accomplissant ce bon acte– : à celui qui a accompli son émigration pour obéir à Dieu et à Son Messager, son émigration lui sera comptée conformément à son intention ; et celui qui a accompli son émigration pour obtenir quelque chose de ce monde ici-bas ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée pour ce qu’il a recherché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Le bon acte ici consistait à accomplir l’obligation d’émigrer de La Mecque à Médine pour obéir à Dieu et à Son prophète.

 

Demandez donc à Sayyid Sabiq ce qu’il dirait au sujet de quelqu’un qui a forniqué. Va-t-il lui citer ce Hadith pour voir quelle était son intention ? Ou bien encore, est-ce qu’on demande à celui qui est en train de boire de l’alcool quelle est son intention ? Que dire alors de la mécréance qui est beaucoup plus grave que ces deux cas !

 

On le voit, son ignorance l’a conduit à ouvrir en grand les portes à la mécréance. Selon lui, quelqu’un pourrait commettre une telle abomination et se réfugier derrière cette argumentation fantaisiste et farfelue ; ce qui n’est pas une excuse, car on comprend que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Certes il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer () ». Cela signifie qu’il ne voit rien de nuisible dans ce qu’il a dit –à cause de son ignorance– alors qu’il est pourtant sorti de l’Islam.

 

Tout cela est la preuve qu’il y a un abîme entre Sayyid Sabiq et le rang des savants de l’Islam. Prenons donc soin de suivre les véritables savants qui nous mettent en garde contre la mécréance, car celle-ci, sous n’importe quelle forme, est une souillure dont il faut se purifier le plus résolument et le plus rapidement possible. En effet, Dieu ne pardonne pas à ceux qui meurent mécréants ; et personne ne connaît le jour et l’heure de sa mort. Il faut ainsi redouter la mécréance comme on redoute de tomber dans le feu de l’Enfer. Rappelons-nous que Dieu dit :

] ما يلفظ من قول إلا لديه رقيب عتيد [

ce qui signifie :

«  La personne ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui –les deux anges– Raqib et ^Atid »

 (Qour’an 50/18)

3. CONSÉQUENCES DE LA MÉCRÉANCE

Dès que la mécréance est commise, ses conséquences sont immédiates et catastrophiques pour son auteur, à moins qu’il ne s’agisse d’une exception comme celles qui suivent :

 

1. Celui qui est contraint de faire la mécréance sous la menace directe de mort ou de l’amputation du bras ou de la jambe, et dont le cœur n’agrée pas la mécréance comme cela s’est passé avec ^Ammar Ibnou Yaçir. En effet, il fut contraint par les mécréants de La Mecque de blasphémer. Ainsi, alors qu’on le torturait, il dut, sous la menace de mort, insulter le Prophète et faire les louanges de leurs idoles. Par la suite, bouleversé et meurtri, il s’en alla raconter ces faits au Prophète r qui lui demanda ce qui signifie : « Lorsque tu as dit cela, avais-tu le cœur satisfait de la mécréance ? » « Non ! répondit-il ». Alors le Prophète lui dit ce qui signifie : « S’ils refont cela, refais ce que tu as fait », c’est-à-dire si cela devait se reproduire, fais en sorte qu’ils ne te tuent pas.

 

Il doit s’agir d’une menace réelle, sérieuse, directement dirigée contre sa vie, ou indirectement –qu’on le menace de lui couper, par exemple, une jambe ou un bras– et exercée par quelqu’un qui est capable d’exécuter sa menace. Il est évident que le cœur de la victime doit rejeter ce que sa langue prononce.

 

En revanche, quiconque fait de la mécréance sous la contrainte en agréant cela, sort de l’Islam. Il en va de même pour celui qui, délibérément, sans être sous contrainte, blasphème contre Dieu ou un prophète par exemple, que ce soit dans un état de colère, en plaisantant ou en étant sérieux.

 

2. Les paroles involontaires –par exemple répéter involontairement une parole qui contient de la mécréance– et le lapsus de langue (lapsus linguae) : on pense une chose, mais la langue en dit une autre. Il peut y avoir aussi le lapsus d’écriture (lapsus calami), c’est-à-dire substituer involontairement au terme attendu un autre mot.

 

3. Rapporter une mécréance, sans toutefois l’apprécier ou l’agréer, en prenant soin de l’attribuer à son auteur. Ainsi, en rapportant cette mécréance, il devra obligatoirement dire : – Untel a dit ou une formule de ce genre.

 

4. Celui qui dort ou celui qui perd la raison, etc.

 

En dehors des cas d’exception, celui qui commet de la mécréance :

 

•        sort immédiatement de l’Islam et devient apostat (mourtadd).

•        rompt par son acte ses liens de mariage selon l’unanimité des savants dont Malik, Ach-Chafi^iyy, Ahmad et Abou Hanifah, de sorte que toutes relations sexuelles avec le conjoint intervenues dans cet état relèvent de la fornication. Signalons que chez l’Imam Malik, cette rupture des liens du mariage compte même pour un divorce

•        ne peut hériter de quelqu’un, comme on ne peut pas hériter de lui

•        perd la récompense de tous ses bienfaits –prière, Zakat, jeûne, Hajj, etc.–, car Dieu dit :

] (…) ومن يكفر بالإيمان فقد حبط عمله وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

 

«  (…) La récompense de celui qui commet de la mécréance est anéantie –ses bons actes ne lui procureront aucune récompense de la part de Dieu– et dans la vie future, il sera au nombre des perdants. »

 (Qour’an 5/5)

 

•        garde à sa charge tous les péchés qu’il avait déjà commis

•        entrera en Enfer et y demeurera éternellement s’il décède sans revenir à l’Islam

•         


CHAPITRE 9

COMMENT ENTRER dans L’ISLAM

1. CAS DE L’APOSTASIE

Par la riddah [51], le musulman sort de l’Islam et devient mécréant, même s’il prétend le contraire ; il est alors appelé mourtadd. Toute la récompense des bons actes qu’il a déjà accomplis est définitivement anéantie. En effet, celui qui fait sauter sa propre maison à la dynamite ne peut pas, après coup, se prévaloir de ses larmes et de ses différentes lamentations ou protestations pour la réclamer. Au contraire, il devra reprendre la construction, pierre par pierre. C’est ainsi qu’il lui faudra instantanément revenir à ce que Dieu a ordonné, c’est-à-dire l’Islam.

 

Comment faire ?

Il devra immédiatement :

 

•         quitter la mécréance en renonçant complètement à sa cause

•         faire les deux témoignages avec l’intention de rentrer dans l’Islam

 

Il doit au surplus –sans que cela ne soit une condition pour la validité du retour à l’Islam– :

 

•        ressentir du regret pour avoir commis la mécréance

•        avoir l’intention, c’est-à-dire prendre une résolution ferme de ne pas récidiver

 

À noter que c’est seulement à partir du moment où il redevient musulman que les bons actes désormais accomplis lui seront comptés. Car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la foi musulmane. En effet, Dieu dit :

] ومن يعمل من الصالحات من ذكر أو أنثى وهو مؤمن فأولئك يدخلون الجنة ولا يظلمون نقيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui, hommes ou femmes, accomplissent de bonnes œuvres tout en étant croyants entreront au Paradis ; et ils ne subiront aucune injustice. »

 (Qour’an 4/124)

 

Signalons que le fait de dire : « Pardonne-moi mon Dieu ! » après avoir commis la mécréance n’est pas valable pour rentrer dans l’Islam. Au contraire, c’est formellement interdit, puisque cela constitue un surcroît de mécréance. Car Dieu nous apprend dans le Qour’an qu’Il ne pardonne pas la mécréance. Dès lors, comment peut-on Lui demander pardon tant qu’on est mécréant ?

2. CAS DE LA CONVERSION

Tout moukallaf a l’obligation de se convertir immédiatement à l’Islam, car Dieu dit :

] وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون [

ce qui signifie :

 

« Et Je n’ai créé les jinn et les êtres humains que pour leur ordonner de M’adorer [52]. »

 (Qour’an 51/56)

 

C’est dire que nous devons adorer Dieu sans rien Lui associer. De ce fait, vivre hors de l’Islam et mourir dans cet état –c’est-à-dire dans la mécréance– constitue la pire des pertes que l’être humain puisse s’infliger dans ce monde et dans l’au-delà. Cette situation est d’autant plus grave que Dieu dit :

] مثل الذين كفروا بربهم أعمالهم كرماد اشتدت به الريح في يوم عاصف لا يقدرون مما كسبوا على شىء ذلك (…) [

ce qui signifie :

« Les –bonnes– actions de ceux qui ne croient pas en leur Seigneur sont semblables à de la cendre sur laquelle le vent s’acharne un jour de tempête. Ils ne recevront –au Jour du Jugement– aucune rétribu­tion pour les œuvres qu’ils ont accomplies (…). »

 (Qour’an 14/18)

 

ou encore :

] وقدمنا إلى ما عملوا من عمل فجعلناه هباء منثورا [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) considérerons/jugerons ??? –au Jour du Jugement– les –bonnes– œuvres que les mécréants ont accomplies et ne trouverons que /les rendrons telles ??? de la poussière disséminée. »

 (Qour’an 25/23)

 

Le moukallaf doit donc entrer dans l’Islam sans tarder, en prononçant les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu. En français, cela donne : – Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le messager de Dieu.

Celui qui n’arrive pas à bien prononcer le ح (ha) de Mouhammad dira Abou l-Gacim qui est l’un des surnoms du Prophète r. Ainsi, il pourra dire : – Il n’est de dieu que Dieu et Abou l-Gacim est le messager de Dieu.

 

Il n’a besoin pour cela ni de la présence de deux témoins, ni d’aller se doucher préalablement, ni de se rendre dans une mosquée. Il devra néanmoins faire en sorte que, dans des conditions normales d’audition, c’est-à-dire en l’absence de bruit excessif, il puisse entendre –à condition qu’il ne soit ni malentendant ni sourd– ce que prononce sa bouche. Il n’a donc pas besoin de crier de façon inconsidérée, s’il est dans un milieu particulièrement bruyant.

 

Ceux qui se convertissent à l’Islam pour la première fois s’adjugent un grand avantage : tous leurs péchés déjà commis leur sont pardonnés ; c’est comme s’ils venaient de naître.

 

En effet, Dieu dit :

] قل للذين كفروا إن ينتهوا يغفر لهم ما قد سلف (…) [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) aux mécréants que s’ils mettent fin –à leur mécréance–, il leur sera pardonné ce qui a précédé (…) »

 (Qour’an 8/38)

 

Pour ce faire, ils doivent nécessairement prononcer les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu.

 

Celui qui se convertit à l’Islam a la garantie de ne pas rester éternellement dans l’Enfer –même s’il y entre à cause de ses péchés–. Mais pour y échapper totalement, il lui faut s’acquitter des obligations –prière, jeûne, etc.– et se garder des péchés.

 

En conclusion, nous disons que l’adoration de même que la désobéissance, ne profite ni ne nuit à Dieu. Quiconque prend le chemin de la droiture ne le fait que pour son propre avantage, et quiconque s’égare ne le fait qu’à son propre détriment. En tout état de cause, le Qour’an guide vers la voie droite, celle de la félicité éternelle, et annonce aux croyants qui font des bonnes œuvres la bonne nouvelle d’une grande récompense.

 

Faites donc le bon choix avant le jour
où vous n’aurez plus le choix !


[1]   La croyance a son siège dans le cœur.

[2]   Ce sont des corps fins –non denses ni compacts– créés à partir d’une flamme de feu pur ; ils sont aussi concernés par l’appel à l’Islam, et comme chez les êtres humains, on y trouve des mécréants, des musulmans pieux et d’autres pervers. Dieu leur a donné la faculté de prendre différentes apparences, mais ils restent invisibles aux êtres humains sous leur véritable aspect. Ils se marient, procréent, et éprouvent le besoin de manger, de boire. Ils sont soumis aux mêmes règles que nous (prière, jeûne, etc.) avec cependant quelques spécificités dues à leur nature.

[3]   Il s’agit d’un pluriel dit de majesté, qui s’applique à Dieu. Ce n’est donc pas dans le sens de plusieurs dieux.

[4]   Ahlou l-Kitab : il s’agit des Juifs et des Chrétiens. Et on comprend que le Prophète a dit ce qui signifie : « Il n’est de Juif ni de Chrétien qui entende parler de moi, et qui refuse de croire en moi et en ce que j’ai amené, sans qu’il ne fasse partie des gens de l’Enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.

[5] L’insistance de Abou Dharr n’impliquait ni impertinence ni désaccord de sa part, mais visait la certitude au cas où il serait interrogé à ce sujet.

[6] Elle peut se faire dans n’importe quelle langue (arabe, chinois, malinké, etc.) et avec toute expression comportant la signification voulue.

[7]  Le muet, en raison de son handicap, ou celui qui meurt subitement au moment de prononcer les deux témoignages sont excusés.

[8]  Cette citation se trouve dans son livre “Mawaridou dhDham’an ‘ila zawa’id Ibni Hibban

[9]   responsable (moukallaf) : pubère, sain d’esprit et à qui est parvenu l’appel à l’Islam, ne serait-ce qu’à travers les deux témoignages, dans toute langue qu’il comprend.

[10]   Salaf : les savants des trois premiers siècles. Ils font référence, parce que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Les meilleurs des siècles sont mon siècle, le siècle suivant et le siècle d’après. » Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et d’autres.

[11]  Gabriel lui avait posé cette question pour que les gens présents dans l’assemblée prennent connaissance de la réponse, et non par ignorance.

[12]  qiyas : effort de recherche soutenu, basé sur la déduction par analogie que seuls les savants aux rangs les plus élevés peuvent mener à bien. Ce n’est donc pas à la portée de n’importe qui.

[13]  Abou Hamid Al-Ghazaliyy est né à Khouraçan, région du nord-est de l’Iran, en 450 H/1058 et est décédé en 505 H/1111.

[14]   Le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés, non pour s’y établir, mais comme manifestation de Sa Puissance. Il constitue le toit du Paradis, qui se trouve au-delà du septième ciel.

[15]   relevant des petits péchés qui ne reflètent aucune bassesse de caractère que les prophètes peuvent éventuellement commettre. En revanche, les Prophètes sont préservés contre la mécréance, les grands péchés et même les petits péchés qui reflètent une bassesse de caractère.

[16]  L’Imam Ahmad Ar-Rifa^iyy est un grand saint, qui est né en Iraq en 512 H/1118 et est décédé en 578 H/1182. Il est le fondateur d’une tariqah, c’est-à-dire une méthode de cheminement sur une des voies tracées par le Prophète.

[17]   Le temps est la mesure de la durée des phénomènes ; autrement dit, c’est le rapport d’un événement à un autre événement. C’est donc une création de Dieu.

[18]  L’Imam Ahmad Ibnou Mouhammad, dit Abou Ja^far AtTahawiyy, est l’auteur du célèbre livre de référence « Al-^Aqidatou t-Tahawiyyah« , un traité sur la croyance des gens de la droiture –les Sunnites–. Il est né à Taha (Égypte) en 239 H/853 et mourut au Caire en 321 H/933.

[19]  C’est une autre grande création de Dieu, qui est près du Trône.

[20]   AdhDhahir ici signifie que les preuves rationnelles témoignent de Son existence, de Sa puissance, de Sa science, de Sa volonté. En effet, toute chose donne la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.

[21]   Al-Batin ici signifie Celui Qui sait le fond des choses, leur vérité ; ou encore, c’est Celui Qui n’est pas atteint par les imaginations, et cette dernière explication est la meilleure.

[22]  Il s’agit de Satan, et sa femme porte le surnom d’Oummou Mourrah.

[23]  Dans un Hadith rapporté par l’Imam Ahmad, le compagnon Wathilah Ibnou l-‘Asqa^ rapporte du Prophète r qu’il a dit ce qui signifie : « La Torah est descendue du ciel six nuits écoulées de Ramadan ; l’Evangile après treize nuits ; les Psaumes après dix-huit nuits et le Qour’an la vingt-quatrième nuit de Ramadan. »

[24]   Malgré cette appellation de feuillets, il s’agit bien de Livres.

[25]  Les passages du Qour’an se ressemblent du point de vue de l’éloquence, la justesse, la véracité, la cohérence, la cohésion, etc. et tous convergent vers le même but : l’appel à l’application de l’Islam.

[26]  Dieu l’a fait descendre dans son intégralité au premier ciel en un endroit appelé Baytou l-^Izzah durant la nuit de la Destinée. Puis, étape par étape, il a été révélé au Prophète pendant plus de vingt ans.

[27]   Il y a deux sortes de versets non explicites :

1) ceux dont on ne peut connaître l’interprétation, comme ceux qui traitent de l’instant précis de la fin de ce monde, ou de la descente du Messie sur Terre, etc. Ces choses-là nous sont cachées ; seul Dieu les sait.

2) ceux qu’on peut comprendre en les rapportant aux versets clairs.

[28]   Tous ont eu pour mission d’appeler les gens à l’application de la Religion agréée par Dieu, en leur expliquant Ses Lois. Dieu leur transmet Ses messages sous forme d’une révélation qui leur parvient de trois manières différentes :

– par l’intermédiaire d’un ange qui est généralement Gabriel ;

– par une inspiration authentique, soit dans le rêve, comme ce fut le cas pour le prophète Abraham qui reçut l’ordre d’immoler son fils Ismaël ; soit à l’état d’éveil ;

– sans intermédiaire, comme Moïse qui a entendu la parole divine qui lui était adressée, sans qu’il n’ait pu voir Dieu. Et cette parole n’est ni une voix ni une langue.

[29]   L’incrédulité parmi les hommes n’est apparue qu’après le prophète Enoch (Idris). Et Noé fut le premier prophète envoyé aux mécréants afin de les avertir et de les exhorter à adorer Dieu.

[30]   Les plus élevés en degré parmi les prophètes de Dieu sont : Mouhammad, Abraham, Moïse, Jésus fils de la Sainte Marie et Noé.

[31]  Les prophètes Mouhammad, Houd, Salih et Chou^ayb étaient des Arabes.

[32]   La communauté : elle est formée par tous ceux qui ont suivi et ceux qui suivent encore le Prophète r dans la croyance.

[33]   Lapsus : le fait de dire une parole que l’on ne voulait pas du tout dire.

[34] Les esclaves de Dieu : dans le sens que nous appartenons tous à Dieu, notre Seul Créateur.

[35]  Il était de stature droite et de grande taille, soixante coudées de haut sur sept coudées. Il était éloquent et communiquait avec ses enfants avec des paroles claires et non par des gestes.

[36]  Vitiligo : maladie provoquant la disparition, par plaques, de la pigmentation de la peau.

[37]   Le miracle est différent de la magie que l’on apprend. Ainsi, le miracle est impossible à imiter ou à contrecarrer. Tandis que la magie peut être contrecarrée par une magie semblable.

[38]   Voir explication sur les deux anges Harout et Marout (chapitre 2, page 57).

[39]  Ce sont les Prophètes parmi les descendants des frères du Prophète Joseph.

[40]   Si notre invocation est exaucée, c’est que Dieu l’a voulu de toute éternité ; et si elle n’est pas exaucée, c’est que Dieu ne l’a point voulu. Dans tous les cas, l’invocation est une adoration pour laquelle le croyant sera récompensé au Jour du Jugement.

[41]   Ce que Dieu a su et voulu ne veut pas dire qu’Il a su avant de vouloir. La science et la volonté de Dieu étant deux attributs sans commencement, on peut aussi bien dire : ce que Dieu a voulu et su. Il ne s’agit donc pas d’une succession de cause à effet indiquant un ordre de priorité. La conjonction de coordination « et » n’est pas utilisée pour admettre un ordre dans le temps, parce que Dieu n’a ni début ni de fin à Son existence. C’est pour nous informer que les choses se passent selon la science de Dieu et aussi selon Sa volonté.

[42]  La terre n’assimile pas non plus le corps des martyrs de la guerre sainte et de certains saints, comme cela a été constaté à maintes reprises en beaucoup d’endroits. Ainsi, le corps du grand mouhaddith Ibnou sSalah fut retrouvé intact huit siècles après sa mise en terre.

[43]  Il ne s’agit pas d’une prière obligatoire, mais c’est un délice.

 

[44]  C’est celui qui prononce les deux témoignages alors que dans son for intérieur il déteste l’Islam ou doute de sa véracité.

[45]   Une coudée correspond à quarante cinq cm, environ. Pour certains, elle s’agrandit à perte de vue, et ce même s’il y avait vingt pieux les uns à côtés des autres. En effet, Dieu est le Tout-Puissant.

[46]  Le Prophète r a dit ce qui signifie : « Demandez la protection de Dieu contre le châtiment de la tombe. » Rapporté par Al-Boukhariyy.

[47]  Comment se préserve-t-on de l’urine ? On s’assure d’abord qu’on a bien fini d’uriner, et on se nettoie ensuite selon la méthode islamique, afin de ne tacher ni son corps ni ses habits.

[48] De même qu’il y a sept cieux, les Terres sont également au nombre de sept. Elles ont une épaisseur de cinq cents ans, et sont séparées les unes des autres par une distance de cinq cents ans.

[49]  Moufti : savant et dignitaire musulman chargé de donner des décrets dans le domaine de la religion conformément au Qour’an, à la Sounnah et à l’Unanimité des jurisconsultes antérieurs.

[50]  Les pensées furtives inspirées par satan, qui traversent l’esprit, mais sans que le cœur y adhère ne font pas tomber dans la mécréance.

[51]  riddah : terme proche de l’apostasie ; il s’agit de toute mécréance commise par un musulman.

La plus odieuse sorte de mécréance qui apparaît sous trois formes : croyance, gestes et parole.

[52]  Ceci ne signifie pas que Dieu a voulu que chacun des jinn et des hommes L’adore, car si c’était le cas il n’y aurait pas eu un seul mécréant. En effet, nous comprenons que Dieu dit ce qui signifie : « Si ton Seigneur (Dieu) l’avait voulu, tous les habitants de la Terre auraient cru. » (Qour’an 10/99).

Question diverses : rêves, zone de pudeur et Famille du prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 29, 2011

La louange est à Allah le Seigneur des mondes, Seigneur accorde nous dans ce bas monde un bienfait et dans l’au-delà un bienfait et préserve nous du châtiment de l’enfer. Seigneur,  pardonne nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés en étant croyants. Ô Allah pardonne aux croyants et aux croyantes, aux musulmans et aux musulmanes, les vivants d’entre eux et les morts, fais nous miséricorde dans cette vie du bas monde et dans le barzakh et au Jour du Jugement.

Question : est-ce qu’il est licite à la femme mariée de dévoiler son visage ?

Réponse : le visage ne fait pas partie de la zone de pudeur selon l’unanimité mais si elle cache son visage, c’est mieux. L’imam Malik dit dans son livre réputé « al-Mouwatta’ » « Il est permis à l’homme de manger lui et son épouse avec un autre homme » c’est-à-dire si elle cache sa zone de pudeur, il lui est permis de manger en présence d’homme tout en ayant son visage dévoilé parce que l’homme, quand il mange, il dévoile son visage.

Question : le Messager a vu dans le rêve que ad-Dajjal tournait autour de la Ka^bah, or ad-Dajjal n’entrera pas à la Mecque, c’est ce qu’a dit le Messager.

L’interprétation de ce rêve n’est pas selon le sens apparent. Ce n’est pas tout ce que la personne voit dans le rêve même ce que le Messager a vu dans le rêve, ce n’est pas tout cela qui est expliqué selon le sens apparent. Il y a une partie de ce que le Messager a vu dans le rêve qui est interprété selon le sens apparent et il y a une partie qui a une interprétation qui n’est pas le sens apparent. Que dire alors de ce que voit un des membres de sa communauté. Si par exemple, il lui a serré la main ou qu’il a fait telle et telle chose avec lui, comment expliqué cela selon le sens apparent. Mais on dit plutôt « il est possible que ce soit selon le sens apparent et il est possible que ce ne soit pas selon le sens apparent et que ce soit à interpréter.

Une autre question : c’est un devoir pour nous d’aimer les quatre califes bien guidés, nous n’avons pas à critiquer l’un d’entre eux, eux ils s’aimaient entre eux, pourquoi nous nous faisons la différence.

Il n’est pas permis de distinguer entre eux en aimant certains et en détestant les autres. Il a été confirmé de l’acte de cela, ce qui indique une manière forte qu’ils s’aimaient tous et que chacun d’entre eux aimait l’autre. Il a été confirmait que Abou Bakr avait porté Al-Haçan le fils de ^Aliyy sur ses épaules et que ^Aliyy était avec lui et il disait « Par mon père, tu ressembles plus au Prophète, tu ne ressemble pas à ^Aliyy » et ^Aliyy souriait. Abou Bakr a fait la prière de l’^Asr puis il était sorti en marchant et avec lui, il avait ^Aliyy. C’est alors qu’il a vu Al-Haçan jouer avec les enfants. Il l’a porté sur ses épaules et il lui a dit cela » rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres. C’est une forte preuve de l’amour qu’il y avait entre eux et de la pureté de leur relation. Ce n’était pas une relation légère mais c’était un amour profond. Parmi les preuves à ce sujet c’est que ^Oumar avait demandé en mariage Oummou Kalthoum qui était la fille de Fatima et de ^Aliyy mais ^Aliyy lui a dit « Elle est encore jeune », ^Oumar lui a dit « Je voudrais quand même l’épouser » alors ^Aliyy lui a dit « Je vais l’envoyer vers toi, si elle te plaît, alors ce sera ta femme ». Il le lui a envoyée, il a dit à sa fille « Va voir l’Emir des croyants et tu lui dis « est-ce que al-houllah  t’a plu ». Alors, elle est partie, elle lui a dit « Ô Emir des croyants, mon père te dit « est-ce que al-houllah  t’a plu ? » alors ^Oumar lui a dit « Oui, j’ai accepté ». ^Aliyy comprenait le sens et ^Oumar aussi mais elle, Oummou Kalthoum, elle pensait que par « al-houllah » c’était un vêtement, or ce qui était visé, c’est autre que cela. ^Aliyy a donné en mariage sa fille Oummou Kalthoum a ^Oumar, elle lui a donné un garçon qui s’appelle Zayd qu’on appelait Dhoul Hilalayn en raison de son honneur, parce qu’il avait un honneur des deux côtés, il était le fils de ^Aliyy et le fils de ^Oumar Ibnou-l-Khattab puis elle est décédée à l’époque des omeyades, elle et son fils Zayd. Abou Hourayrah a fait la prière funéraire en leur faveur et un autre parmi les omeyades, parmi les gouverneurs.

Mouhammad Al-Bakir avait épousé une bakriyah, que l’on appelait Oummou Farwah et elle, elle avait donné naissance à Ja^far Ibnou Abi Bakr et il s’agit d’une autre que Asma’, la fille de Abou Bakr.

Question : est-ce qu’il est vrai que l’un des imam de ahlou bayt avait demandé quel était « houllatou s- sayf » « la parure de l’épée » et qu’il avait répondu « C’est Abou Bakr qui l’a embellie ».

Réponse : cela n’a pas été confirmé mais il est permis de le rapporter. Ja^far était fier. Il disait « Abou Bakr est mon ancêtre doublement ». Le père de Ja^far avait pris la science de son grand-père maternel qui était le petit fils de Abou Bakr. Il s’appelait Al-Qacim fils de Mouhammad et c’était un des plus grands savants de Médine à son époque. Ja^far avait pris aussi la science de Ach-Cha^biyy, de Az-Zouhriyy et d’autres savants de Ahli s-Sounnah. Lui, il a pris la science de Ahli s-Sounnah puis un groupe de savants de Ahli s-Sounnah ont pris la science de lui. Il a pris la science de Ahli s-Sounnah, il a donné la science à Ahli s-Sounnah.

Qui sont les Salafs vertueux ?

Posted in cours général,islam par chaykhaboulaliyah sur octobre 17, 2011

Les Salaf vertueux sont les savants de l’Islam qui ont vécu au cours des trois premiers siècles de l’Hégire. Ce sont eux que le Messager de Allah a visés par sa parole : « Khayrou l-qourouni qarni thoumma l-Ladhina yalounahoum thoumma l-Ladhina yalounahoum » qui signifie : « Les meilleures gens sont les gens du siècle dans lequel j’ai vécu, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après ces derniers ».

 

De même, on comprend l’éloge de ces savants, qui ont vécu dans les trois premiers siècles méritoires, à partir de la parole de Allah ta^ala : « wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsanin radiya l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh » [sourat At-Tawbah / 100]  qui signifie : « Les premiers Prédécesseurs parmi les Émigrants et les Partisans ainsi que ceux qui les ont suivis correctement sont agréés par  Allah et ils sont satisfaits de Lui ».

 

Ceux qui  suivront ce sur quoi étaient le Messager et ses Compagnons ainsi que leurs successeurs  sont le groupe sauvé. Ce sont eux que le Messager a visés dans son hadith qui a été rapporté par ‘Abou Dawoud et par d’autres et qui signifie : «  Les Yahoud se sont divisés en 71 groupes, les Nasara se sont divisés en 72 groupes, et ma Communauté se divisera en 73 groupes. Tous seront en Enfer sauf un seul, il s’agit de ceux qui seront sur ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons ».

 

Dans une autre version, il est mentionné : « wa hiya l-jama^ah » c’est-à-dire  qu’il s’agit de la majorité. Dans la version de Ibnou Hibban, « wa hiya s-sawadou l-‘a^dham ». Or « as-sawadou l-‘a^dham » veut dire la grande majorité, et il s’agit de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. La signification de Ahlou s-Sounnah, c’est ceux qui suivent la Chari^ah (Loi) du Messager, c’est-à-dire la Croyance et les lois qu’il a amenées. Donc, le sens de  Al-jama^ah, c’est la grande majorité. En sont exclus, ceux qui se sont singularisés ceux qui attribuent le corps à  Allah et déclarent sans droit les Musulmans comme étant des mécréants. Ils déclarent mécréant le musulman qui rend visite à la tombe du Prophète ou la tombe d’un saint afin de rechercher  de la  bénédiction – la barakah – et qui  y invoque Allah tout en ayant pour Croyance que Celui Qui crée le profit et Qui crée la nuisance, en réalité, c’est Allah. Ces égarés qui se prétendent salafites et qui attribuent le corps à Allah, assimilent Allah à Ses créatures. Ils se sont singularisés  par rapport à la majorité des Musulmans ; ils sont insignifiants. En effet de nos jours, le nombre des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah  a dépassé le milliard.

 

Aussi, il nous est parvenu du Prophète « ^alaykoumou bi s-sawadi l-‘a^dham ; man chadh-dha chadh-dha ‘ila n-nar» ce qui signifie : « Attachez-vous à la grande majorité, celui qui se singularise se retrouvera en Enfer ! ».

 

L’Imam du Salaf, Ahmad ibnou Salamah, Abou Ja^far AtTahawiyy, qui est décédé en l’an 329 de l’Hégire a dit  au début  de son  » Traité de Croyance  »  ceci : « Voici la présentation de la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah ». Au sujet de Allah,  il a dit dans son  » Traité de Croyance  » qui a était réputé et diffusé parmi les Musulmans : « Ta^ala ya^ni l-Lah ^ani l-houdoudi wa l-ghayati wa l-‘arkani wa l-‘a^da’i wa l-‘adawat la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^a» ce qui signifie : « Il est exempt des limites, des fins, des coins, des membres et des petits organes. Il n’est pas contenu dans les six directions contrairement à la totalité des créatures ». Cela veut dire que  Allah est exempt de la limite. Selon les savants, ce qui a une limite, a une localisation grande ou petite. Ainsi, le grain de poussière est limité, le Trône est limité. Tout ce qui est dans une direction ou dans un endroit est limité. Et ce qui est limité est créé. Allah n’est pas limité, car Il est le Créateur ; Il n’est pas  une créature. Ainsi,  Il existe sans endroit et sans direction, car Il n’est pas localisé du tout ; Il n’occupe pas d’endroit. La preuve en est que les corps que contient ce monde ont des quantités ; ils occupent des endroits.

 

      Allah ta^ala dit dans le Qour’an : « koullou chay’in ^indahou bi miqdar » [ sourat Ar-Ra^d / 8 ]    ce qui signifie : « Toutes les choses qu’Il a créées ont une quantité ».

 

Au sujet de Allah, AtTahawiyy a dit : «^ani l-houdoudi wa l-ghayati », ce qui signifie : « Il est exempt des limites et des fins ». Cela veut dire que Allah n’a pas de fin, car toute chose a une fin. Et toute chose qui a une fin est forcément limitée ; elle a une quantité spécifique et occupe un endroit dans l’espace.

 

Quant aux coins, il s’agit des côtés. Cela fait également partie des caractéristiques des corps. Allah est exempt de cela.

 

En ce qui concerne les membres, il s’agit des grands organes comme la tête, la main, le pied ou les petits organes comme la langue, les dents et la glotte.

 

La parole de AtTahawiyy  au sujet de Allah : « la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^a» signifie : « Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah existe  sans direction  et sans endroit.

Cela est la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah, elle est déduite du Qour’an, du Hadith et de l’Unanimité des savants.

 

Quant aux assimilationnistes, ceux qui attribuent le corps à Allah, ils ne se satisfont pas de cela.

 

Dans son  » Tafsir », Al-Qourtoubiyy a dit que « tarbou fi tarfi r-Rahman » signifie le plateau de la balance sur laquelle seront pesées les œuvres. En l’occurrence, on a une omission du complément du nom. C’est comme s’il a dit : « fa tarbou fi kaffati Mizan Ar-Rahma», ce qui signifie  : « Il augmente l’aumône dans le plateau de la balance de Alla». Donc, en arabe le mot « de la balance » a été omis. Et en arabe, ce mot « kaffah » veut dire aussi bien main que plateau. Celui qui croit que Allah a une main, il n’est pas musulman.

 

À propos de l’interprétation – ta’wil – de ces genres de  hadith et ce qui leur est semblable, il a été rapporté de Malik,  de Ath-Thawriyy et  de Ibnou l-Moubarak  ceci : « Retenez ces hadith sans comment ». C’est ce qu’ont dit At-Tirmidhiyy et d’autres. Et c’est ce qu’ont dit les savants de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah.  Et le sens de « sans comment », c’est exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme la position assise, l’installation, les organes, les mouvements, l’immobilité, la descente, la montée. En effet, tout cela fait partie des caractéristiques des créatures. Le Créateur est exempt des caractéristiques des créatures.

 

L’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy, dans son  » Traité de Croyance « , a dit : « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie : « Celui qui attribue à Allah un des sens propres aux humains, il devient mécréant. ». Les sens qu’ont les humains sont leurs attributs, leurs caractéristiques, et elles sont nombreuses.  Parmi elles, il y a la position assise et l’installation.

 

À  propos des hadith qui font partie des hadith moutachabih -de ce qui n’est pas explicite- il nous est parvenu de Al-‘Awza^iyy et de Soufyan Ath-Thawriyy ceci : « Amirrouha kama ja’at bila kayf », c’est-à-dire : « Retenez ces hadith comme ils vous sont parvenus sans attribuer le comment !» Cela veut dire qu’il faut exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie  des caractéristiques des créatures.

 

Il n’y a pas  lieu de considérer ce que disent certains singuliers comme Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy et son élève Ibnou l-Qayyim qui ont contredit la Croyance des Musulmans. Ibnou Taymiyah est un assimilationniste ; il attribue le corps à Allah.   Au sujet de la parole de Allah : « layça kamithlihi chay’ », il a dit : « mounazzah », c’est-à-dire « exemption ». Ensuite, à propos de la parole de Allah : « wa Houwa s-sami^ou l-Basir »,  il a dit : «  fa chabbah », c’est-à-dire : « Il a assimilé ». Et cela fait partie des plus atroces de ses égarements.

 

Quant aux ‘Ach^ariyy et les Matouridiyy, qui sont ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ils  ne sont pas négationnistes comme le prétendent les Wahhabites qui attribuent à Allah le corps et qui assimilent Allah à Ses créatures.

Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est l’Imam ^Aliyy ibnou Isma^il ibnou ‘Ishaq ibnou Salim ibnou Isma^il ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Mouça ibnou Bilal ibnou Abi Bourdah, le fils du Compagnons du Messager de Allah Abou Mouça ^Abdou l-Lah ibnou Qays.

 

L’Imam, le Hafidh As-Soubkiyy dans ses « Tabaqatou ch-chafi^iyyati l-koubra » a dit au sujet de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy ce qui suit : « C’est notre Chaykh, c’est notre modèle qui nous guide sur la voie agréée par Allah ta^ala. Le Chaykh Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy Al-Basriyy, le chaykh de la voie de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, est l’imam des spécialistes de la science de Al-Kalam. C’est lui qui a accordé la réussite à la Croyance de l’Imam des Messagers. C’est lui qui défend la Religion et qui œuvre pour préserver la Croyance des Musulmans. Les traces de ses œuvres resteront jusqu’au jour du Jugement. C’est un imam ascète, pur et bienfaisant.  Il a préservé la Loi de toute parole calomnieuse. Il s’est investi et il a donné la victoire à la Communauté de l’Islam qu’il a fortement soutenue.»

 

Abou Sahl AsSa^loukiyy a dit : « Nous étions auprès du Chaykh Abou l-Haçan dans une assemblée à Al-Basrah et il débattait avec les Mou^tazilah. Allah a humilié ces derniers qui étaient nombreux. C’est alors que Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est venu et les a tous vaincus. Chaque fois que l’un d’entre eux était défait, il passait à l’autre jusqu’à ce que tous, jusqu’au dernier d’entre eux, soient vaincus. Nous étions revenus le lendemain dans l’assemblée, mais aucun d’entre eux n’est revenu. »

 

 

L’Imam Abou Bakr AsSayrafiyy a dit : « Les Mou^tazilah avaient levé haut leurs têtes jusqu’à ce que Allah a manifesté Al-‘Ach^ariyy qui les a emprisonnés dans les trous, comme dans des entonnoirs ».

 

Al- Oustadh Ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Khafif a dit : « Lorsque j’étais jeune, je me suis rendu à Al-Basrah pour voir Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dont j’avais tellement entendu. J’ai vu un chaykh avec un très bel aspect et je lui ai demandé de m’indiquer la maison de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Il m’a dit : Mais qu’est-ce que tu veux de lui ? Je lui ai dit que j’aimerais le rencontrer. Alors, il m’a dit : Viens tôt demain à cet endroit !  Je suis revenu le lendemain tôt ; et quand je l’ai vu, je l’ai  suivi. Il s’est rendu auprès de certains dignitaires de la ville. Et lorsque ces derniers l’ont vu, ils l’ont honoré. Il y avait un ensemble de savants et une assemblée de science de Croyance. Ils l’ont fait asseoir au milieu d’entre eux et quelqu’un d’entre eux a posé une question. Le chaykh s’est alors mis à lui répliquer et à débattre avec lui jusqu’à le faire taire. J’ai vu des choses étonnantes au sujet de sa science et de son éloquence. J’ai alors dit à quelqu’un qui était près de moi : «  Qui est donc ce chaykh ? » Il m’a répondu que c’est Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Quand ils se sont levés, je l’ai suivi à nouveau. Il m’a dit : Ô jeune homme, comment as-tu vu Al-‘Ach^ariyy ? Je suis alors resté à son service et je lui ai dit : « Ô mon maître pourquoi tu n’as pas commencé par poser la question ? » Il a répondu : Je ne parle à aucun de ces gens dès le départ. S’ils commencent à citer des choses qui ne sont pas permises au sujet de la religion agréée par Allah, nous leur répliquons parce que Allah soubhanahou wa ta^ala nous a ordonné de répliquer à ceux qui contredisent la vérité. J’ai rapporté cette histoire de Ibnou Khafif par une autre chaîne de transmission. Les différenet sversions s’accordent sur l’éminence du chaykh et de sa place dans la Science.  En effet,  il n’abordait  la science de Al-Kalam que lorsque c’était un devoir de le faire ; pour soutenir la Religion et pour répliquer aux négationnistes. Nos savants ont dit  que le chaykh était quelqu’un qui avait une firaçah ; Allah lui dévoilait certaines choses. Ensuite, ils ont dit :  Le chaykh était maître dans le Tasawwouf, dans la maîtrise du cœur tout comme il était un maître dans la science de Al-kalam et dans d’autres sciences.»

 

    Le Oustadh Abou ‘Is-haq Al-‘Isfarayiniyy  a dit : « J’étais à côté du Chaykh Abou l-Haçan Al-Bahiliyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. Et j’ai entendu Al-Bahiliyy dire j’étais à côté de Al-‘Ach^ariyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. »

 

En guise d’honneur pour Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, il suffit ce qu’à rapporté Al-Hakim quant à la parole de Allah ta^ala qui signifie : « Allah fera venir des gens qu’Il agrée, et ce sera des gens qui L’ aimeront ». Le Prophète a dit : « Houm qawmou hadha » ce qui signifie : « Il s’agit des gens du peuple de celui-là » et il a désigné Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy qui est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.

Interdiction de toucher peau contre peau une ajnabiyyah non licite

Posted in islam,jurisprudence,société par chaykhaboulaliyah sur octobre 16, 2011

Interdiction de serrer la main a une femme ajnabya par contact direct

Ibnou Hibban a rappoté d’après Oumayma binti Raqiqa ou Rouqayqa et Ishaq ibn rahaweh d’après Asma bintou Yazid que le Prophète sallalahou âlayi wa salam a dit “ Certes, je ne serre pas la main aux femmes ”, et le hadith est jugé sûr par Ibnou Hibban. Quant à la chaîne de transmission de Ishaq ibn Rahaweh le hafidh a dit à son sujet qu’elle est bonne.  Quant à la parole de Oumou ^Atiya:  » nous nous sommes engagées par un pacte vis-à-vis du Prophète, il a récité alors la parole de ALLAH dans la sourate ‘al moumtahina’ aya 12 qui signifie: et quelles n’attribuent rien en tant qu’associé à ALLAH, et il nous a interdit de nous lamenter, c’est alors qu’une femme d’entre nous a repris sa main, et a dit: c’est une telle qui m’a rendue heureuse et je voudrais la rétribuer, elle est partie puis elle est revenue. On répond que ce n’est pas un texte concernant le fait qu’il y ait eu contact peau contre peau. Seulement, la signification c’est qu’elles dirigeaient leurs mains lorsqu’elles s’engageaient sans qu’il n ‘ y ait eu contact direct; il faut donc interpréter ce Hadith par un sens autre que celui qui vient communément à l’esprit ( faire un Ta’wil) pour qu’il y ait concordance entre les deux Hadiths sûrs, parce qu’il faut qu’il y ait concordance entre les deux hadiths lorsque chacun de deux est sûr, c’est à dire que chacun de deux est sûr ou si l’un de deux est sûr et l’autre Hassan, et il n’est pas permis d’annuler l’un de deux; Ici, il s’agit de OUMOU ATITAH qui rapporte de Hadith parce que les femmes s’étaient engagées, vis à vis du Prophète pour lui obéir et ne rien associé à ALLAH et OUMOU ATIYAH a dit qu’une de ces femmes a repris sa main, elle a dit : » Qu’une telle a fait de bien avec moi, je voudrais la rétribuer, elle est parti, puis elle est revenue. Donc lorsqu’elle dit qu’elle a repris sa main, ceci n’implique pas qu’elle avait serré peau contre peau la main du prophète, si elle avait repris sa main , c’est possible comme il a dit elle avait simplement dirigeait sa main vers le Prophète, mais il n y avait pas eu un contact direct, il faut concilier entre les deux hadiths; de l’autre hadith le Prophète nous a appris qu’il ne serre pas la main aux femmes, donc de ce Hadith, cela ne veut pas dire que cette femme avait serrer la main du Prophète puis qu’elle avait repris sa main, cela signifie qu’elle avait simplement dirigeait sa main vers le Prophète et qu’elle avait repris sa main. Il est valable de dire également dans ce cas-là que cette engagement des femmes vis à vis du Prophète avait lieu en présence de quelque chose qui empêchait le contact direct. ABOU DAIWOUD a ainsi rapporté dans le Marassil d’après ALCHAYBI que le Prophète lorsqu’il avait reçu l’engagement des femmes, on lui avait apporté une étoffe de Katar et il avait placé cette étoffe sur sa main, et il avait dit : »Je ne serre pas la main aux femmes. » ABDOUL RAZZAK a rapporté la même chose par l’intermédiaire de IBRAHIM ALNKHI, et SAYID IBNOU MANSOUR avait rapporté la même chose d’après KAYISS IBNOU ABOU HAZIM, cela aussi était une preuve que le Prophète ne serrait pas la main par contact direct, il a dit : » c’est possible de dire qu’il y avait eu quelque chose de direct il a dit que c’est possible de dire qu’il y avait eu quelque chose qui empêche le contact direct. IBNOU ISSHAQ a rapporté dans le MARAZI d’après la version de MOUSSA IBNOU BOUKHEIR d’après KAYSS IBNOU HAZIM d’après HIBAN IBNOU SALEH que le Prophète plongeait sa main dans un récipient puis la femme plongeait sa main dans ce récipient. Le HAFITH IBNOU HAJAR a dit :’ il est possible que le fait de serrer la main avait eu lieu une fois avec quelque chose qui enmpêche le contact direct et l’engagement avait eu lieu en plongeant la main dans l’eau dans un récipient puis après cela la femme plonge à son tour la main dans l’eau dans le même récipient ». TABARANI a rapporté que le Prophète a reçu leur engagement, leur pacte par l’intermédiaire de OMAR. Ceci également est interprété par le fait qu’il a dirigeait vers elle sa main de l’extérieure d’une maison, et les femmes dirigeaient leurs mains de l’intérieur, en faisant qu’elles s’engageaient par un pacte sans que les mains ne soient serrées , et ceci figure chez TABARANI. Le Hadith de ASMA BNTOU ZAYED a une autre chaîne de transmission. ALNNASI tout comme TABARI ont rapporté par l’intermédiaire de MOUHAMED IBNOU MOUKADIR que OUMAYMAH BNOU ROUKAYKAH lui avait appris qu’elle était parmi des femmes qui s’engageaient par un pacte, elles avaient dit : »O Messager de ALLAH tend ta main pour que nous la serrions, il a dit que je ne serre pas la main aux femmes mais je vais recevoir votre engagement, j’accepte votre engagement et il a pris leur engagement jusqu’à atteindre la parole de ALLAH Sourate Almoumtahinah Aya 12 et qu’elles ne te désobéissent pas en quelque chose de bien » et il a dit : »en ce qui est dans votre possible et ce dont vous êtes capable ». Elles ont alors dit « ALLAH et son messager ont plus de miséricorde pour nous que nous même » et selon IBNOU HIBAN le Prophète a dit :Ma parole pour cent femmes et comme ma parole que j’adresse à une seule femme dans la version de TABARI il est autre chose en plus elle avait dit le Messager de ALLAH n’a serré la main à aucune de nous. YIHYAI IBNOU SALAM dans son Tafsir d’après ACHABI a rapporté la même version que ABOU DAWOUD également c’est à dire qu’elle prenait sa main lorsqu’elles s’engageaient par un pacte par l’intermédiaire d’un vêtement sans contact direct. Après cette présentation, il devient claire que ceux qui suivent le Hzbou Attahrir ont fait une mauvaise interprétation de ce qu’a rapporté ALBOUKHARI dans son Sahih, lorsque OUMAYMA BNTOU ROUKAYAH avait dit par ALLAH la main de Prophète n’a jamais touché la main d’une femme lors d’un engagement. Hizbou Attahrir a prétendu que c’était une interprétation de sa part et qu’elle avait dit cela par rapport à ce qu’elle avait vu mais en réalité, le Prophète aurait serré pour ce qui est de la version de Sahih ABBOUKHARI que Hizbou Attahrir a interprété à sa manière figure ce qui suit : ISSHAK nous a appris d’après YAYKOUB IBNOU IBRAHIm IBNOU SAAD d’après le fils de son frère IBNOU CHIHAB d’après son oncle que OURWAH nous a rapporté de AICHAY que ALLLAH l’agrée l’épouse du Prophète, qu’elle lui avait dit que Le Messager de ALLAH examinait les croyantes qui émigraient à Medine, il les passait à l’épreuve par cette Ayah ‘O Prophète, si les croyantes viennent pour s’engager envers toi par un pacte…..’ OURWAH a dit AICHAH a dit celles d’entre elles qui avait accepté cette condition, le Messager de ALLAH lui disait j’ai reçu ton engagement oralement, AICHAH poursuit et dit, non par ALLAH sa main n’a jamais touché la main d’une femme lors d’un engagement, il n’acceptait leur engagement que par sa parole : j’ai accepté ton engagement sur cela parmi les réponses à la prétention de Hizbou Attahrir, ce qui a été rapporté dans le Hadith ce que le Prophète avait tendu la main mais cela n’entraîne pas le fait qu’il est tendu la main de l’extérieure de la maison, et que les femmes ont tendu leurs mains de l’intérieure de la maison et qu’il avait dit O ALLAH nous te prenons pour témoin, il a dit ceci n’implique pas le fait de serrer la main par contact direct. Comment ce parti prend-il comme argument ceci pour réfuter le Hadith de OUMAYMAH BNTOU ROUKAYKHAH et le Hadith de ASSAMA BNTOU YAZID où le Prophète a dit : »Certes je ne serre pas la main aux femmes » c’est-là le cas de ce qui discute pour prétendre trouver les arguments avec le Hadith pour défendre leur passion sans qu’ils y aient une connaissance approfondie du hadith. Il en est de même pour la femme qui a repris sa main, ce Hadith ne comprend pas une déclaration explicite que les autres femmes avaient serré la main par contact direct. Dans les termes de Hadith de OUMOU ATTIYAH dans le Sahih, la chaîne de transmission c’est ABOU MAAMAR nous a rapporté de ABDEL WARITH qui nous a rapporté de AYOUB d’après HAFFSAH BNTOU SIRINE d’après OUMOU ATTIYAH que ALLAH l’agrée qu’elle a dit: « nous nous étions engagées envers le Messager de ALLAH, il nous a récité la Parole de ALLAH qu’elle n’attribue rien en temps qu’associé à ALLAH et ils nous est interdite de nous lamenter, puis une femme a repris sa main; elle avait dit une femme a participé avec moi dans une lamentation et je voudrais la rétribuer, le Prophète ne lui a rien dit, elle est repartie puis elle est revenue et il avait accepté son engagement. Le HAFITH IBNOU HAJAR a dit dans la version de ANNSAI que le Prophète a dit va et participe avec elles, elle a dit je suis partie, et j’ai participé avec elle dans ses lamentations puis je suis revenue, je me suis engagée envers le Prophète ». Si l’on que le fait de se lamenter, il a été confirmé dans le Hadith que c’est une chose interdite et qui compte parmi les grandes péchés comment conciliez entre cela et entre le fait que la femme a dit au Prophète lorsqu’elle a repris sa main : »Une telle a participé avec moi en se la mentant et je voudrais la rétribuer, et que le Prophète ne lui a rien dit, on comprend de ce qui nous a été parvenu du Hadith, à partir des différentes termes et des différentes chaînes de transmission, que les lamentations étaient au départ permises puis elles sont devenues déconseillées, puis interdites et ainsi il n y a plus de problématique. C’est à dire qu’au départ c’était quelque chose de permis c’est pour cela que le Prophète n’a rien dit lorsque cette femme était partie pour aider une autre à se lamenter, puis elle est revenue. Ce Hadith ne comporte pas de preuve que le Prophète a serré la main par contact direct. Et parmi les preuves qu’il est interdit de serrer la main à une femme AJNAbiyah, il y a le Hadith : »Que l’un de vous reçoive un coup de barre de fer sur la tête, c’est mieux pour lui que de toucher une femme qui ne lui est pas licite ». Rapporté par TABARNI et IBNOU HASSAn l’a jugé Hassan. Dans ce Hadith, le mot toucher c’est ‘messe’. Al-messe, signifie palper avec la main. Il ne s’agit par du rapport comme l’on prétendu les Tahririyah, car celui qui a rapporté le Hadith, MA¨KAL IBNOU YASSAR a compris autre que ce que prétendent les Tahririyah. Les Tahririah prétendent que ce qui est interdit dans ce Hadith c’est le rapport et ce n’est pas le fait de toucher peau contre peau parce que les Tahririahs parmi leurs stupidités, c’est qu’ils se rendent licite le fait d’embrasser la femme de leur ami lorsqu’il parte en voyage par exemple. Ils se rendent licite de serrer la main des hommes aux femmes Ajnabiyah. Ca, c’est un parti qui a été fondé par TAKYOU EDDINE ALNABAHANI. Ils prétendent que celui qui ne s’est pas engagé pour un Kalif, meurt chargé d’un grand péché. Ils font peur aux musulmans. Ils ont pris un homme de leur parti et ont dit c’est lui le Kalif. Ils s’ont installé au Danemark. TAKIYOU ADDINE a partagé les pays entre ses deux fils. Il a appelé sa femme la mère des croyants. Ils ont des déviations sur la croyance, les idées de MOU^TAZILAH, ils renient la prédéstination . Donc, ce qui a indiqué qu’il s’agit du toucher dans ce Hadith a été expliqué par IBNOU ABI CHAYBAH dans ‘Almoussanaf’. D’autre part interprété Almesse (le toucher) par le rapport, est un sens figuré. Que l’on ne se détourne pas vers un sens figuré qu’avec une preuve selon la raison ou selon les textes, à condition que cette preuve selon la raison soit catégorique, et que la preuve selon les textes soit sûr du point de vue de fiabilité, Règle qui a été donné par ARRAZI dans son livre ‘Almahssoul’. Il a dit : »Si ces conditions ne sont pas vérifiées et, interpréter le texte et lui donner un sens autre que le sens qui vient à l’esprit pour prétendre un sens figuré serait absurde, les spécialistes des fondements parmi les CHAFIYITES et les ANAFI et d’autres ont précisé cela, par ailleurs, le messe (le toucher) lorsqu’il lui est donné le sens de rapport, ceci est un sens figuré et non pas le sens propre. Pour preuve, ce qu’a rapporté le dernier pour preuve, ce qu’a rapporté le dernier des linguistes ALMOURTADHAH AZZABIDI dans son commentaire ‘Alkamouss’. Il a dit : »lorsque le mot masse est interprété par Aljimah (le rapport) ceci a un sens figuré. Il a dit cela dans le chapitre ‘imim sin sin’. Le Cheykh a dit : »O vous parti de Tahrir, lorsque vous prétendez qu’il est permis qu’un homme sert la main à une femme Ajnabiyah par contact direct, vous prétendez que ceci est un effort de compréhension de votre part, et ceci est contraire au texte parce que les textes sont claires pour dire que c’est interdit. Il a donné une autre preuve du Hadith. Le Prophète a dit :  » les yeux commettent u  péché et les mains commettent des péchés. MOUSLIM a rapporté que le Prophète a dit : »Les yeux, leurs péchés c’est de regarder, et les mains, leurs péchés est le Albatch. Il explique que le mot Albatch veut dire prendre avec la main, car Albatch a deux sens dans la langue. D’une part, c’est prendre avec vigeur et violance, et d’autre part, c’est d’utiliser la main. ALFAYOUMI dans Almousbah a dit : » La main Batachate, c’est à dire qu’on l’a utilisé et ce qui est visé par Al Batch dans le Hadith c’est le fait de prendre avec la main, que soit en serrant la main ou en massant une partie de son corps en recherchant le plaisir ou pour jouir d’elle, ou autre que cela par contacte direct. Le Cheykh a dit :’ S’il n’y avait pas eu d’autre texte que cela, cela aurait suffi, vous n’avez donc aucune réponse à ce Hadith. Le Cheykh a dit si le Messager de ALLAH avait visé Albatch par le rapport, il n’aurait pas dit après cela le sexe confirme ce sentiment ou l’infirme. Il n y a aucune zone d’ombre, il ne reste plus aux Tahririyah que de faire preuve d’orgueil.

Récit : Les signes qui se suivent, pour notre maître 3Iiçaa

Posted in islam,Récit par chaykhaboulaliyah sur octobre 12, 2011

معجزات

 سيّدنا عيسى عليه السلام المتواليات

 

 

Lorsque notre maître ^Iça Al-Maçih ^alayhi salam, a eu trente ans, la trentaine, Allah ta^ala lui a révélé d’appeler les gens à l’adoration de Allah ^azza wa jall. Il est sorti, il a parcouru les pays en traversant les villages et c’est pour cela, tout comme on le sait, qu’il a été surnommé ^Iça Al-Maçih. Certains savants ont dit que tellement il parcourait la terre, yaçih, que le prophète ^Iça a été surnommé Al-Maçih, et d’autres savants ont dit que c’est parce qu’il passait la main, yamçahou, sur l’homme qui était aveugle qui recouvrait ainsi la vue. Il est sorti ainsi parcourant les pays et traversant les villages pour appeler à l’Islam. Il disait aux gens : « Adorez Allah Lui seul, ne Lui attribuez aucun associé, et croyez en moi que je suis un messager pour vous ». Au tout début il y a eu douze personnes qui ont cru en lui, ils sont appelés  « الحواريين » les apôtres.

Il est rapporté que parmi les premiers des miracles de notre maître ^Iça ^alayhi salam, que sa mère, notre dame Maryam ^alayha salam, l’avait envoyé plusieurs fois pour accomplir plusieurs travaux et les derniers à qui elle l’avait envoyé c’était des gens qui faisaient de la teinture pour les vêtements, c’étaient des gens qui blanchissaient les vêtements et les coloraient. Le patron de cette entreprise voulait une fois voyager, il a dit à notre maître ^Iça ^alayhi salam : «  j’ai plusieurs habits à colorer en différentes couleurs ». Il lui a dit : « je  t’ai enseigné maintenant la teinture alors colore chaque vêtement de la couleur que je vais te préciser et j’ai mis pour cela un fil  de la couleur demandée sur chaque vêtement ». Notre maître ^Iça ^alayhi salam a chauffé un gros récipient et il a mis dedans différents colorants et il a mis tous les vêtements ensemble dans ce même récipient et il a dit : « Ayez, par la volonté de Allah, la couleur que je voudrais ». Le patron est revenu après son voyage et il a trouvé que tous les vêtements étaient dans un même récipient. Lorsqu’il a vu que tous les vêtements étaient dans un même récipient il été surpris et il a dit à ^Iça : ils sont tous, selon lui il croyait qu’ils n’étaient plus de bonne couleur, qu’il y a eu des dégâts. Et notre maître ^Iça ^alayhi salam a alors sorti de ce récipient un vêtement de couleur rouge, un vêtement de couleur jaune, un autre de couleur verte et autre que cela conformément à ce qui était demandé pour chaque vêtement. Celui qui avait l’entreprise était étonné et il savait que cela était quelque chose d’étonnant et il a su que cela est par la volonté de Allah. À cause de cela il  a cru en notre maître ^Iça, qu’il est un prophète et il a appelé les gens à croire en lui et ils ont cru en lui et cet homme a fait partie de l’ensemble des hawariyin ceux qui étaient aux côtés de notre maître ^Iça qui le soutenaient dans son appel à la religion agréée par Allah ta^ala.

Les miracles se sont multipliés, ceux que Allah a fait paraître sur les mains de notre maître ^Iça. Il est passé une fois auprès d’un groupe de gens qui pêchaient, leur chef  s’appelait Cham^oun, notre maître ^Iça leur a dit : « que faites-vous ? » Ils lui ont dit : « nous pêchons le poisson ». Il leur a dit « ne voulez pas venir avec nous pour être à la pêche des gens ? » C’est-à-dire pour les diriger et les guider à l’Islam ils lui ont dit : « et qui es-tu ? »  Il leur a dit : «  je suis ^Iça le fils de Maryam l’esclave de Allah et Son messager ». Ils lui ont demandé une preuve qui leur indique sa véracité dans ce qu’il a dit et ceci est un exemple du miracle qui se produit suite à la demande des gens parce qu’il y a des miracles qui se produisent suite à une demande et il y a des miracles qui ont lieu sans que ce soit suite à une demande. Ils lui ont demandé une preuve sur la véracité de ce à quoi il prétend. Cham^oun avait cette nuit là jeté son filet dans l’eau mais il n’avait rien pêché, Cham^oun était donc le chef de ceux qui pêchaient le poisson il est arrivé qu’il a lancé son filet dans l’eau mais il n’a rien pris.  Notre maître ^Iça  ^alayhi salam, lui a ordonné de lancer à nouveau son filet et ^Iça  a invoqué Allah ta^ala en Le suppliant. Il s’est écoulé quelques instants, très peu de temps que dans ce filet se sont rassemblés un nombre de poissons tel que le filet a failli se déchirer. Allah a exaucé l’invocation de notre maître ^Iça  ^alayhi salam et ce miracle est apparu donc tant qu’ils avaient demandé l’aide de pêcheurs d’une autre embarcation et ils ont rempli les deux navires de poissons. A ce moment là ils ont cru en lui et sont partis avec lui, ils sont alors au nombre des apôtres, des hawariyin, de ceux qui étaient donc qui pêchaient le poisson,  c’est-à-dire avant qu’ils deviennent croyants en notre maître ^Iça , donc après avoir en cru en notre maître ^Iça ils se sont mis à pêcher les gens pour les guider et les diriger à la religion de l’Islam. Ils ont été surnommées al-hawariyin parce que leurs habits étaient blancs et il a été dit que c’était plutôt parce qu’ils étaient des partisans de notre maître ^Iça alayhi salam, c’était ses aides, ses supports  qui étaient sincères dans leur amour pour lui dans leur obéissance à lui et être à son service. Parmi les hawariyin, les apôtres il y a celui qui a reçu la ressemblance avec ^Iça ^alayhi salam, c’est celui à qui Allah  a accordé les traits de ^Iça et c’est lui qui a été accroché sur un poteau parce que, lorsque les mécréants des fils de ‘Israil étaient entrés dans la maison parce qu’ils voulaient tuer ^Iça, ^Iça a été élevé au ciel par une lucarne qui se trouvait dans la toiture de cette maison et les traits de ^Iça avaient été donnés au plus jeune de ses élèves.        Lorsqu’ils sont entrés dans la maison ils ont cru que c’était lui ^Iça  ^alayhi salam, ils l’ont pris et ils l’ont tué mais ^Iça  ^alayhi salam n’a pas été tué et n’est pas encore mort. Il n’a pas été accroché à un poteau mais il vit au deuxième ciel, là où notre maître Mouhammad   l’a rencontré lors de son ascension dans la nuit de Al-Mi^rajet ^Iça était avec le fils de sa tante maternelle Yahya.

Les mécréants des fils de ‘Israil n’ignoraient pas les nouvelles qui parvenaient  au sujet de ses miracles éclatants qui apparaissaient à notre maître ^Iça Al-Maçih, ils ont senti comme si le tapis était retiré sous leurs pieds et qu’il était une menace pour leur poste et combien de gens ils ont induits en erreur et ils ont égarés et qu’il ont écartés de la voie de vérité pour leur destin bas et vil. Et voici notre maître ^Iça qui est ferme avec les arguments et les preuves qui dévoilait leur secrets et qui diffusaient entre les gens leurs égarements. Ils se sont tous accordés entre eux à le combattre où qu’il aille et à l’accuser de mensonge quelque soit l’endroit où il se trouve ils lui ont dit un jour: « si tu es véridique dans ce que tu dis et dans ton appel alors fabrique nous de tes mains une chauve souris à partir de terre et fais en sorte qu’elle vole ». Notre maître ^Iça  ^alayhi salam s’est levé en se fiant totalement à Allah ta^ala il a pris de la terre glaise et il a donné la forme d’une chauve souris et il a soufflé dans cette chauve souris qui s’est mis à voler entre ciel et terre au milieu de l’étonnement de ceux qui regardaient, mais dès qu’elle a échappée à leurs regards cette chauve souris est tombée morte. Allah tabaraka wa ta^ala l’a honoré par cela comme cela est parvenu dans la parole de Allah qui signifie : (( Et tu fabriques avec la terre glaise comme un volatile)) et notre maître ^Iça  a donné à cette forme l’image d’un volatile. Puis il a soufflé dedans et il volé par la volonté de Allah et lorsque il disparaissait au regard des gens il tombait raide mort. Les mécréants de fils de ‘Israil étaient emplis de haine parce qu’ils avaient demandé à voir une chauve souris parce que c’est très étonnant, parce que c’est parmi les créatures les plus étonnantes et parmi les volatiles celui qui a une forme la plus complète parce que la femelle de la chauve souris a des mamelles, des dents et des oreilles et parmi les choses étonnantes de la chauve souris c’est qu’elle est de chair et de sang mais vole sans plume et  accouche (met bas ?) comme accouche les mammifères et ne pond pas des œufs tout comme le font le restant des volatiles et elle a des mamelles desquelles sort du lait et c’est un animal qui ne voit pas ni dans la lumière du jour ni dans l’obscurité de la nuit et c’est un animal qui arrive à voir pendant deux heures, une heure après le coucher du soleil et une heure après la levée de l’aube et c’est un animal qui rie tout comme l’être humain rie et sa femelle a les menstrues tout comme la femme a les menstrues. la forme à partir de terre glaise et le fait de souffler étaient fait par notre maître ^Iça mais la création est de la part de Allah ^azza wa jall c’est pour cela que les mécréants des fils de ‘Israil ont été profondément exaspérés lorsqu’ils ont vu cela de notre maître ^Iça, ils pensaient qu’il allait être incapable de faire ce qu’ils lui avaient demandé mais Allah tabaraka wa ta^ala l’a honoré par ce miracle et a montré l’impuissance et le mensonge des mécréants des fils de ‘Israil.

Parmi ses miracles ^alayhi salam il guérissait l’aveugle de naissance et celui qui était atteints de al-baras par la volonté de Allah. Al-baras c’est une maladie de peau qui est la forme d’une blancheur qui s’étale sur des surfaces du corps et qui fait que les gens sont répugnés et évite celui qui l’a et ces deux maladies ont été particulièrement mentionnées car ce sont deux maladies qui sont difficiles pour leur guérison et ce qui était courant de notre maître ^Iça c’était la médecine qui était beaucoup pratiquée de son époque et Allah leur a fait montré des miracles sur les mains de notre maître ^Iça de la même sorte de chose qu’il maîtrisaient de leur époque tout comme cela est arrivé à notre maître  Mouça ^alayhi salam ce qui était courant de son époque c’était la magie la sorcellerie et il les a défié par ce qui est supérieur à cela il leur a montré que la magie, la sorcellerie peuvent être contrées alors que le miracle ne peut pas être contré preuve en est ce que nous avons cité dans le cours précédent. Egalement notre maître Mouhammad     son peuple a été connu pour sa grande maîtrise de la langue et son éloquence et malgré cela ils avaient été incapables d’amener un texte qui soit de la taille de la plus courte sourat du Qour’an honoré, il les a défié par le fait d’amener comme la plus courte des ayah du Qour’an. Ainsi notre maître ^Iça  ^alayhi salam a ramené à la vie les morts par la volonté de Allah tant qu’il a été dit qu’il a ramené à la vie quatre créatures par la volonté de Allah et Sa puissance. Et notre maître Hizqil, avant notre maître ^Iça avait ramené à la vie  huit et il était également un des prophètes des fils de ’Israil  tout comme on a dit dans le cours précédent, qu’après le prophète de Allah, ‘Israil tous les prophètes qui sont venus après lui sont de sa propre descendance mis à part notre prophète Mouhammad . Yaqoub c’est lui-même ‘Israil qui est fils de Ishaq. Tous les prophètes qui sont venus après lui sont de sa propre descendance mis à part notre prophète Mouhammad. Notre maître Yaqoub a eu parmi ses fils notre maître Youçouf, il a eu d’autre fils mais Youçouf était un des prophètes et certains ont dit que Binyamin, un autre fils de Yaqoub, était lui aussi un prophète comme son frère Youçouf. Donc Mouça et tous les Prophètes qui sont venus après  Yaqoub sont des descendants de Yaqoub qui   s’appelle aussi ‘Israil. Il y a eu également le prophète de Allah Hizqil. Hizqil également Allah l’a honoré par le fait de ramener des morts à la vie tout comme Il a accordé cela également à notre maître ^Iça ^alayhi salam et parmi ceux que notre maître ^Iça ^alayhi salam  a ramené à la vie par la volonté de Allah il y a un de ses amis qui s’appelle ^Azar, en effet lors de sa maladie sa soeur a envoyé quelqu’un informer ^Iça ^alayhi salam que ^Azar était en train de mourir. Il a pris le chemin en marchant pour aller vers lui et il y avait entre eux une distance de trois jours, à son arrivée lorsqu’il l’a rejoint il l’a trouvé déjà mort, il est parti à sa tombe et il a invoqué Allah ^azza wa jall et il lui a dit : « relèves toi  par la volonté de Allah » et ^Azar s’est relevé par la volonté de Allah et il a vécu et il a eu aussi des descendants après cela.

Et ce n’est pas comme certains prétendent que ceux qu’il ramenait à la vie vivaient quelques instants ou une heure puis ils mourraient à nouveau. Parmi ceux qui ont été ramenés à la vie par la volonté de Allah sur les mains de notre maître ^Iça Al-Maçih il y a le fils d’ une vieille femme qui était passé, transporté sur sa civière, devant notre maître ^Iça et notre ^Iça  ^alayhi salam a  invoqué Allah pour qu’ il se relève par la volonté de Allah. Il s’est relevé, il est descendu du dessus des épaules des gens, il a remis ses vêtements, il a transporté sa civière et il est revenu dans sa famille. Malgré tout cela les mécréants des fils de ‘Israil n’ont pas cru en notre maître ^Iça, ils ont poursuivis sur leur orgueil, leur refus, leur entêtement et ils n’ont pas cru en lui. Et il a ainsi fait de même avec un roi qui lui aussi était porté sur sa civière, son brancard et il s’est passé avec lui la même chose qu’il s’est passé avec le fils de la vieille femme. Mais les mécréants des fils de ‘Israil qui étaient jaloux et envieux lorsqu’ils ont vu cela ils lui ont dit par entêtement : « mais toi, tu ramènes à la vie ceux qui sont morts récemment alors peut-être ils ne sont pas véritablement morts mais ils sont évanouis ou c’était juste un coma ».  Ils lui ont dit alors : « ramènes à la vie pour nous  Sam, le fils de Nouh » et notre maître Nouh  ^alayhi salam  avait quatre fils, trois d’entre eux sont entrés en Islam et ont été sauvés avec lui sur l’arche qui sont Sam, Ham et Yafith. Quant à son quatrième fils Kan^an il a refusé d’être croyant et il n’est pas monté sur l’arche avec son père et ses frères et il est mort noyé.

Notre maitre ^Iça ^alayhi salam   leur a dit : « montrez moi sa tombe ». Notre maître ^Iça est sorti et les gens avec lui jusqu’à arriver à la tombe de Sam fils de Nouh. ^Iça a invoqué Allah ta^ala et Sam est sorti de sa tombe et il s’était écoulé depuis  sa mort plus de quatre mille années. Sam s’est retourné en indiquant aux gens notre maître ^Iça Al-Maçih et a dit : « croyez en lui, qu’il est véridique car il est prophète », puis il est revenu tel qu’il était auparavant. Certains ont cru en lui et d’autres l’ont accusé de mensonge et ils ont dit : « c’est de la sorcellerie et de la magie », que Allah nous préserve de leur égarement. Et il a été rapporté que notre maître ^Iça ^alayhi salam lorsqu’il ramenait les morts à la vie par la volonté de Allah, il frappait de son bâton le mort, c’est-à-dire il touchait de son bâton le mort ou la tombe ou le crâne et l’homme revenait à la vie et il lui parlait et restait en vie.

Parmi ses miracles   c’est qu’il disait aux  gens ce qu’ils avaient mangé et ce qu’ils avaient caché comme provisions chez eux et ce, car lorsqu’il leur avait ramené des morts à la vie, par la volonté de Allah, ils lui ont demandé un autre miracle ils lui ont dit : « dis nous qu’est-ce que nous avons mangé chez nous et qu’est ce que nous avons caché pour le lendemain ». Et il leur a dit : « toi untel tu as mangé telle et telle chose et toi tu as mangé telle et telle chose et tu as caché telle et telle chose ». Et malgré tout cela seuls pour qui Allah a voulu qu’ils soient des croyants ont été croyants. Comme nous avons cité ce ni n’est le prophète qui créé la bonne guidée ni le miracle qui créé la bonne guidée mais la guidée est par la création de Allah  tabaraka wa ta^ala.

Extraits de RiyaaDou S-SaaliHiin de An-Nawawiyy

Posted in cours général,Exhortation,islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur octobre 9, 2011

Ayah et hadith pour l’incitation à apprendre la Science de la Religion

Rassemblées par An-Nawawiyy dans son livre Riyadou sSalihin

Allah ta^ala dit : [وقُل رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا] [sourat  Taha/ 114] ce qui signifie : « Dis : Seigneur, augmente mes connaissances« .

Et Il dit ta^ala  : [قُلْ هَلْ يَسْتَوِي الَّذِينَ يَعْلَمُونَ وَالَّذِينَ لاَ يَعْلَمُونَ [sourat  AzZoumar / 9] ce qui signifie : « Dis : sont-ils équivalents ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? !« .

Et Il dit ta^ala : [يَرفَعِ اللهُ الّذِينَ ءَامَنُوا مِنكُمْ وَالّذِينَ أُوتُوا العِلْمَ دَرَجَات] [sourat  Al-Moujadalah / 11] ce qui signifie : « Allah élève en degré ceux d’entre vous qui ont cru et qui ont acquis la connaissance« .

Et Il dit ta^ala : [إِنَّمَا يَخْشَى اللهَ مِنْ عِبَادِهِ العُلَمَاءُ] [sourat  Fatir / 28] ce qui signifie : « Ceux qui craignent le plus Allah parmi Ses esclaves, ce sont les savants« .

 

1374 – D’après Mou^awiyah : Le Messager de Allah e a dit :

((مَنْ يُرِدِ اللهُ بِهِ خَيْرًا يُفَقِّهْهُ فِي الدِين))

 [rapporté par accord] ce qui signifie : « Celui pour qui Allah veut le bien, Il fait qu’il apprend la science de la religion« .

1375 – D’après Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, il a dit : Le Messager de Allah e a dit :

((لا حَسَدَ إِلاّ فِي اثْنَتَيْنِ : رَجُلٌ آتَاهُ اللهُ مَالاً فَسَلَّطَهُ عَلَى هَلَكَتِهِ فِي الحَقِّ ، وَرَجُلٌ آتَاهُ اللهُ الحِكْمَةَ فَهُوَ يَقْضِي بِهَا وَيُعَلِّمُهَا))

[rapporté par accord] ce qui signifie : « On n’éprouve [légitimement] de la ghibtah –souhaiter la même chose pour soi– qu’envers deux personnes : un homme à qui Allah accorde un bien qu’Il donne à ceux qui l’utilisent dans le bien, et un homme à qui Allah accorde une sagesse grâce à laquelle il juge entre les gens et qu’il enseigne« .

1376 – D’après Abou Mouça, que Allah l’agrée, il a dit : Le Prophète e a dit :

((مثَلُ مَا بَعَثَني اللهُ مِنَ الهُدَى وَالعِلمِ كَمَثَلِ غَيْثٍ أَصَابَ أَرْضاً ، فَكَانَتْ مِنْهَا طَائفةٌ طَيِّبَةٌ قَبِلَتِ الماءَ فَأَنْبَتَت الْكَلأََ ، وَالعُشْبَ الكَثِيرَ ، وَكَانَ مِنْهَا أَجَادِبُ أَمْسَكَتِ الماءَ ، فَنَفَعَ اللهُ بِهَا النَّاسَ ، فَشَرِبُوا مِنْهَا وَسَقَوا وَزَرَعُوا ، وَأَصَابَ طَائِفَةٌ مِنْهَا أُخْرَى إِنَّمَا هِيَ قِيعَانٌ ، لاَ تُمْسِكُ مَاءً ، وَلاَ تُنْبِتُ كَلأَ ، فَذَلِكَ مَثَلُ مَنْ فَقُهَ فِي دِينِ اللهِ ، وَنَفَعَهُ مَا بَعَثَنِي اللهُ بِهِ وَعَلَّمَ ، وَمَثَلُ مَنْ لَمْ يَرْفَعْ بِذَلِكَ رَأْساً ، وَلَمْ يَقْبَلْ هُدَى اللهِ الَّذِي أُرْسِلْتُ بِهِ))

[rapporté par accord] ce qui signifie : « La bonne guidée et la science avec lesquelles Allah m’a envoyé sont à l’exemple d’une pluie qui est tombée sur un terrain ; de ce terrain une bonne partie a accepté l’eau, a fait pousser le pâturage et beaucoup d’herbe. De ce terrain des zones arides ont retenu l’eau, et Allah en a fait profiter les gens. Ils en ont bu, ont arrosé et semé. Une autre partie de la pluie a aussi atteint un terrain qui ne retient pas d’eau et ne fait pas pousser de pâturage. Ceci est à l’exemple de celui qui a eu de la science dans la religion agréée par Allah et à qui a profité ce par quoi Allah m’a envoyé et a enseigné. Cela est semblable à celui qui n’en a pas profité et qui n’a pas accepté la bonne guidée de Allah avec laquelle j’ai été envoyé« .

1377 – D’après Sahl Ibnou Sa^d, que Allah l’agrée, le Prophète e a dit à ^Aliyy, que Allah l’agrée :

((فَوَاللهِ : لأَن يَهْدِي اللهُ بِكَ رَجُلاً وَاحِدًا خَيْرٌ لَكَ مِنْ حُمْرِ النَعَمِ))

[rapporté par accord] ce qui signifie : « Par Allah, si Allah guide par toi un seul homme, c’est mieux pour toi que les plus chers des chameaux –qui compte parmi le plus précieux des biens chez les arabes–« .

1378 – Il a été rapporté d’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As, que Allah  l’agrée, que le Prophète e a dit :

((بَلِّغُوا عَنِّي وَلَوْ آيَةً ، وَحَدِّثُوا عَنْ بَنِي إسْرَائِيل وَلا حَرَجَ ، وَمَنْ كَذَبَ عَلَيَّ مُتَعَمِّدًا فَلْيَتَبَوَّأْ مَقْعَدَهُ مِنَ النَّارِ))

[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Transmettez de moi même une ‘ayah, et parlez des fils de Israil sans retenue. Celui qui m’attribue des paroles mensongèrement qu’il se prépare à prendre sa place en enfer« .

1379 – D’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, le Messager de Allah e a dit :

((وَمَنْ سَلَكَ طَرِيقًا يَلْتَمِسُ فِيهِ عِلْمًا ، سَهَّلَ اللهُ لَهُ بِهِ طَرِيقًا أِلَى الجَنَّةِ))

[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui prend une voie dans laquelle il cherche à acquérir une science, Allah lui facilite grâce à elle une voie pour le paradis« .

1380 – D’après lui également, le Messager de Allah e a dit :

((مَنْ دَعَا إِلَى هُدًى كَانَ لَهُ مِنَ الأَجْرِ مِثْلُ أُجُورِ مَنْ تَبِعَهُ لا يُنْقِصُ ذَلِكَ مِنْ أُجُورِهِم شَيْئاً))

[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui appelle à une bonne guidée, il aura en récompense l’équivalent des récompenses de ceux qui l’ont suivi. Cela ne diminuera en rien de leurs récompenses« .

1381 – D’après lui, il a dit : Le Messager de Allah e a dit :

((إِذَا مَاتَ ابْنُ آدَمَ انْقَطَعَ عَمَلُهُ إِلاّ مِنْ ثَلاثٍ : صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ ، أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ ، أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ))

[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Quand l’homme meurt, ses actes ne lui rapportent plus de récompenses sauf trois : une aumône qui court, une connaissance dont on tire profit ou un enfant vertueux qui fait des invocations pour lui« .

1382 – D’après lui, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah e dire :

((الدُّنْيَا مَلْعُونَةٌ ، مَلْعُونٌ مَا فِيهَا ، إِلاَّ ذِكْرَ اللهِ تَعَالَى ، وَمَا وَالاَهُ ، وَعَالِمًا ، أَوْ مُتَعَلِّمًا))

[rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit : c’est un hadith fiable] ce qui signifie : « Le bas-monde n’a pas grande valeur, de même que tout ce qui s’y fait n’a pas grande valeur, excepté l’évocation de Allah, ce qui est fait dans Son obéissance, un savant ou quelqu’un qui apprend« .

1383 – D’après ‘Anas, que Allah l’agrée, le Messager de Allah e a dit :

((مَنْ خَرَجَ فِي طَلَبِ العِلْمِ ، فَهُوَ فِي سَبِيلِ اللهِ حَتَّى يَرْجِعَ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit : c’est un hadith fiable] ce qui signifie : « Celui qui sort pour rechercher la science, il est fi sabili l-Lah –dans la voie que Allah agrée– jusqu’à ce qu’il revienne« .

1384 – D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy, que Allah l’agrée, d’après le Messager de Allah e qu’il a dit :

((لَنْ يَشْبَعَ مُؤْمِنٌ مِنْ خَيْرٍ حَتَّى يَكُونَ مَنْتَهَاهُ الجَنَّة))

[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit : c’est un hadith fiable] ce qui signifie : « Un croyant ne se lasse pas d’un bien [qu’il entend] jusqu’à ce qu’il parvienne au paradis« .

1385 – D’après Abou ‘Oumamah, que Allah l’agrée, le Messager de Allah e a dit :

((فَضْلُ العَالِمِ عَلَى العَابِدِ كَفَضْلِي عَلَى أَدْنَاكُم))

ce qui signifie : « Le mérite du savant sur celui qui s’adonne uniquement aux actes d’adoration est semblable à mon mérite sur le plus bas en degré d’entre vous« . Puis le Messager de Allah e a dit :

((إِنَّ اللهَ وَمَلاَئِكَتَهُ وَأَهْلَ السَمَوَاتِ وَالأَرْضِ حَتَّى النَّمْلَةَ فِي جُحْرِهَا وَحَتَّى الحُوتَ لَيُصَلُّونَ عَلَى مُعَلِّمِي النَّاسِ الخَيْرَ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit c’est un hadith fiable] ce qui signifie : « Certes, Allahhonore et élève en degré, et Ses anges, les habitants des cieux et de la terre, jusqu’à la fourmi dans son trou et même les poissons font des invocations en faveur de ceux qui enseignent aux gens le bien« .

1386 – D’après Abou d-Darda, que Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah e dire :

((مَنْ سَلَكَ طَرِيقاً يَبْتَغِي فِيهِ عِلْماً سَهَّلَ اللهُ لَهُ طَرِيقاً إِلى الْجَنَّة ، وَإِنَّ المَلاَئِكَةَ لَتَضَعُ أَجْنِحَتَهَا لِطَالِبِ الْعِلْمِ رِضىً بِمَا يَصْنَعُ ، وَإِنَّ الْعَالِمَ لَيَسْتَغْفِرُ لَهُ مَنْ فِي السَّمَوَاتِ وَمَنْ فِي الأَرْضِ حَتَّى الْحِيتَانُ فِي الْمَاءِ ، وَفَضْلُ الْعَالِمِ عَلَى الْعَابِدِ كَفَضْلِ الْقَمَرِ عَلَى سَائِرِ الْكَوَاكِبِ ، وَإِنَّ الْعُلَمَاءَ وَرَثَةُ الأَنْبِيَاءِ وَإِنَّ الأَنَبِيَاءَ لِمْ يُوَرِّثُوا دِينَاراً وَلاَ دِرْهَماً وَإِنَّمَا وَرَّثُوا الْعِلْمَ . فَمَنْ أَخَذَهُ أَخَذَ بِحَظٍّ وَافِرٍ))

[rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Celui qui prend une voie dans laquelle il recherche une science, Allah lui facilite grâce à elle une voie pour le paradis. Certes les anges baissent leurs ailes pour celui qui apprend la science de la religion par satisfaction pour ce qu’il fait. Certes ceux qui sont dans les cieux et dans la terre, et même les poissons dans l’eau, demandent à Allah le pardon pour le savant. Le mérite du savant sur celui qui s’adonne uniquement aux actes d’adoration est semblable au mérite de la lune sur le reste des astres. Les savants sont les héritiers des prophètes. Les prophètes n’ont laissé en héritage ni dinar ni dirham mais ils ont laissé en héritage la science. Celui qui en a pris quelque chose a reçu une grande part« .

1387 – D’après Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah e dire :

((نَضَّرَ اللهُ امْرَءاً سَمِعَ مِنَّا شَيْئاً ، فَبَلَّغَهُ كَمَا سَمِعَهُ ، فَرُبَّ مُبَلَّغٍ أَوْعَى مِنْ سَامِعٍ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit c’est un hadith haçan fiable, sahih sûr] ce qui signifie : « Que Allah accorde un beau visage et beaucoup de bien à quelqu’un qui a entendu quelque chose de nous, puis l’a transmise comme il l’a entendue. Il y a certains à qui l’on transmet la parole et qui en ont plus de compréhension que ceux qui l’ont entendue à la source« .

1388 – D’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, il a dit : Le Messager de Allah a dit :

((مَنْ سُئِلَ عَنْ عِلْمٍ فَكَتَمَهُ ، أُلْجِمَ يَوْمَ القِيَامَةِ بِلِجَامٍ مِن نَارِ))

[rapporté par Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy qui a dit c’est un hadith haçan fiable] ce qui signifie : « Celui qui a été interrogé au sujet d’une science et qui l’a tue, sera muni au jour du jugement d’un mors de feu« .

1389 – D’après lui, il a dit : le Messager de Allah e a dit :

((مَنْ تَعَلَّمَ عِلْماً مِمَّا يُبْتَغَى بِهِ وَجْهُ اللهِ عَزَّ وَجَلَّ لا يَتَعَلَّمُهُ إِلاَّ لِيُصِيبَ بِهِ شَيْئاً مِنَ الدُّنْيَا لَمْ يَجِدْ عَرْفَ الجَنَّةِ يَوْمَ القِيَامَةِ))

[rapporté par Abou Dawoud avec une chaîne de transmission sûre] ce qui signifie : « Celui qui apprend une science par laquelle on recherche l’agrément de Allah ^azza wa jall mais ne l’apprend que pour obtenir grâce à elle quelque chose de ce bas-monde ne sentira pas l’odeur du paradis au jour du jugement« .

1390 – Il a été rapporté d’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As, que Allah l’agrée, qu’il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah e dire :

((إِنَّ اللهَ لا يَقْبِضُ العِلْمَ انْتِزَاعاً يَنْتَزِعُهُ مِنَ النَّاسِ ، وَلَكِنْ يَقْبِضُ العِلْمَ بِقَبْضِ العُلَمَاءِ حَتَّى إِذا لَمْ يُبْقِ عَالِماً ، اتَّخَذَ النّاَسُ رُؤُوساً جُهَّالاً ، فَسُئِلُوا ، فَأَفْتُوْا بِغَيْرِ عِلْمٍ ، فَضَلُّوا وَأَضَلُّوا))

[rapporté par accord] ce qui signifie : « Certes Allah ne retire pas la science en l’arrachant des gens. Allah retire la science en faisant mourir les savants, à tel point que lorsqu’il ne restera plus aucun savant, les gens prendront des chefs ignorants à qui on posera des questions. Ils donneront alors des avis de jurisprudence sans science. Ils s’égareront et ils égareront autrui« .

 

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La louange est à Allah le Seigneur des mondes, à Lui reviennent les bienfaits, les grâces et les bonnes louanges. Que l’élévation en degré de la part de Allah Celui Qui accorde avec bienfaisance, Celui Qui est Très-Miséricordieux, que les invocations d’honneur des anges de haut degré soient accordées à notre maître Mouhammad, le plus honorable des messagers, ainsi qu’aux musulmans de sa famille les excellents et les purs.

Allah tabaraka wa ta^ala dit ce qui signifie : « Certes les bonnes œuvres effacent les mauvaises ». De nombreux hadith sahih ont été rapportés du Messager de Allah r dans l’exégèse du sens de cette ‘ayah. Parmi cela, il y a ce qu’a rapporté Mouslim dans son Sahih, que le Prophète de Allah a dit ce qui signifie : « Est-ce que l’un de vous serait incapable d’acquérir en une journée mille bonnes actions ? Il fait le tasbih pour Allah ta^ala cent fois. Il lui inscrit pour cela mille bonnes actions et Il efface de lui mille mauvaises actions ». Dans ce hadith, il y a une preuve qu’une seule bonne action efface dix mauvaises actions. Ceci est le moins qui puisse avoir lieu. En effet, la seule bonne action peut effacer plus que cela comme mauvaises actions. La preuve pour cela est que le Messager r nous a appris que les cents tasbih (dire soubhana l-Lah) ont pour récompense mille bonne actions et plus : il a appris qu’Il efface pour celui qui dit ces cents tasbih mille mauvaises actions, c’est-à-dire mille péchés. Le Messager de Allah r n’a pas restreint les péchés concernés par la condition qu’ils fassent partie des petits péchés. Ainsi, nous disons qu’il est possible que Allah efface par une des bonnes actions certains grands péchés, même s’il a été rapporté au sujet du mérite des cinq prières qu’il lui sera effacé et qu’il lui sera expié grâce à elles ce qui est en-deçà des grands péchés si le nombre des péchés n’est pas supérieur [à celui de ses bonnes actions]. Mais ceci n’est pas restreint aux seules cinq prières. Ainsi, il a été confirmé avec une chaîne de transmission sûre que celui qui dit : (‘Astaghfirou l-Laha l-ladhi la ‘ilaha ‘il-la houwa l-Hayyou l-Qayyoum wa ‘atoubou ‘ilayh), il lui sera pardonné même s’il s’était enfui du front. S’enfuir du front compte parmi les plus grands péchés. Si avec ces paroles de demande de pardon, Allah ta^ala efface ce qu’Il veut comme grands péchés, il n’y a pas d’empêchement que le tasbih et ce qui est du même ordre, effacent certains grands péchés. Le deuxième hadith ce qui signifie : « Celui qui dit ‘Astaghfirou l-Laha l-ladhi la ‘ilaha ‘il-la houwa l-Hayyou l-Qayyoum wa ‘atoubou ‘ilayh, il lui sera pardonné même s’il s’est enfui du front », a été rapporté par Abou Dawoud dans ses Sounan et c’est un hadith de chaîne de transmission fiable (haçan). Le Hafidh Ibnou Hajar lui a donné le degré de fiable (haçan) dans Al-‘Amaliyy.

Cette version qui a été jugée fiable ne comporte pas la restriction que cette parole soit dite trois fois ni que cela ait lieu à la suite de la prière de al-fajr. Elle est générale, c’est-à-dire que lorsqu’il dit cet istighfar – cette demande de pardon – : (‘Astaghfirou l-Laha l-ladhi la ‘ilaha ‘il-la houwa l-Hayyou l-Qayyoumou wa ‘atoubou ‘ilayh), il lui est pardonné ses péchés, même s’il a commis quelques grands péchés. De plus la phrase se lit selon deux manières, avec la dammah : (Al-Hayyou l-Qayyoumou) tout comme avec la fathah : (Al-Hayya l-Qayyouma). Les deux manières sont possibles selon les savants de la grammaire (an-nahw).

De plus, le Hafidh Ibnou Hajar a cité que grâce à cette demande de pardon, il lui est effacé des grands péchés qui ne concernent pas les droits pris injustement aux gens, c’est-à-dire que les injustices n’entrent pas dans le cadre de ce hadith. De plus pour tout cela, la condition c’est qu’il y ait une intention conforme à la Loi, à savoir de viser par ce tasbih de se rapprocher de l’agrément de Allah, et qu’il ne comporte pas d’insincérité (riya’), c’est-à-dire une recherche de l’éloge des gens. Seulement, que son objectif soit sincère, de se rapprocher de l’agrément de Allah et il en est ainsi pour toutes les bonnes actions : la récitation du Qour’an, la prière, le jeûne, le pèlerinage, la zakat, le bienfait envers les parents, la charge envers les ascendants, la conservation des liens avec les proches et autre que cela parmi les bonnes actions. Ainsi, n’importe quelle bonne action ne comporte une récompense qu’avec l’intention. L’intention, c’est de dire par son cœur : je fais cela pour me rapprocher de l’agrément de Allah ou par recherche de l’agrément de Allah, ou par recherche de la récompense de Allah mais à condition de ne pas cumuler avec cela l’objectif de recevoir l’éloge des gens et d’être évoqué par des belles louanges. Que son objectif ne soit pas cela mais que son objectif soit de rechercher le rapprochement de l’agrément de Allah par cette bonne action, par ce tasbih ou par cette récitation du Qour’an ou par cette aumône ou par les obligations qu’il fait comme la prière, le pèlerinage, la zakat, toutes ces bonnes actions si elles sont accompagnées par elle, si elles sont accompagnées par une intention correcte, sincère pour rechercher l’agrément de Allah ta^ala, si elles ne sont pas accompagnées d’insincérité (riya’), alors celui qui les a accomplies aura cette grande récompense, c’est-à-dire que chaque bonne action lui sera inscrite comme dix semblables au moins. Il se peut que Allah multiplie à qui Il veut. De plus, il y a une condition qui est indispensable, c’est la validité de la croyance. La validité de la croyance est une condition pour la récompense des actes. Il n’y a donc pas de récompense pour les œuvres sans la validité de la croyance. Et le sens de la validité de la croyance, c’est d’avoir la connaissance de Allah et de Son Messager comme il se doit et non le simple fait de prononcer la parole de tawhid. La base qui est indispensable pour être sauvé de l’enfer dans l’au-delà et pour obtenir les récompenses pour les œuvres, c’est de connaître Allah tel qu’il se doit, de connaître Son Messager et, après cela, de persévérer sur l’Islam, c’est-à-dire d’éviter les sortes de mécréances, par la parole, les gestes et les croyances. Ainsi, celui qui a persévéré sur cela, jusqu’à la mort, chaque bonne action qu’il fait sera récompensée de cette manière. Il sera alors au nombre des gagnants, de ceux qui seront sauvés et qui auront réussi. Le sens de la validité de la croyance, c’est d’être sur la croyance sur laquelle étaient les compagnons du Messager de Allah, et leurs successeurs (at-tabi^oun), les successeurs des successeurs et ceux qui les ont suivis sur cette croyance, croyance qui a été prise du Messager et que les successeurs ont reçue à partir des compagnons et que les musulmans ont reçue de génération en génération. C’est cette croyance qui existe jusqu’à nos jours, même si certains groupuscules en ont dévié.

Cette croyance sur laquelle étaient les compagnons et ceux qui les ont suivis correctement, c’est la croyance ‘ach^ariyy et matouridiyy. De nos jours, les gens de Ahlou s-Sounnah, leur majorité, pour ne pas dire leur totalité sont ‘ach^ariyy. Dans le passé, les matouridiyy étaient présents dans les régions de Boukhara, Samarqand, Tachqand, Jourjan et Nayçabour du pays de Perse. Mais de nos jour, l’ach^ariyy s’est pratiquement généralisé. Les ‘ach^ariyy et les matouridiyy sont les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ceux qui suivent la Tradition Prophétique et qui représentent la majorité de ceux qui se réclament de l’Islam. Leur croyance est issue de la parole de Allah ta^ala : ce qui signifie : « Rien n’est tel que lui ». Ils ont compris le sens de cette ‘ayah comme il se doit et ils ont exempté Allah ta^ala des caractéristiques des créatures, de la localisation dans un endroit, de la limite, c’est-à-dire de l’étendue. En effet, la connaissance de Allah n’est pas valable avec la croyance qu’Il ressemble à Ses créatures par certaines de leurs caractéristiques telles que la localisation dans un endroit, que ce soit la localisation sur le Trône (al-^arch) ou autre que le Trône ou même la localisation dans tous les endroits. Tout cela est contraire à cette ‘ayah : {áíÓ ßãËáå ÔìÁ} ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Le résumé de la croyance des Gens de la Vérité, c’est que Allah existe non pas comme les êtres qui existent, c’est-à-dire qu’Il n’a aucune ressemblance avec les êtres qui existent en aucune manière que ce soit. Les Prédécesseurs (Salaf) vertueux étaient sur cette croyance, c’est-à-dire l’exemption (tanzih) de Allah de la localisation et de la limite. La preuve à cela, c’est celle de l’Imam Zaynou l-^Abidin ^Aliyy Ibnou l-Houçayn Ibni ^Aliyy Ibni Abi Talib, que Allah les agrée, faisait partie des premiers parmi les Prédécesseurs. Il a composé un traité appelé As-Sahifatou s-Sajjadiyyah. Il y avait mentionné des phrases sur l’exemption (tanzih) parmi lesquelles, cette phrase : « Tu es exempt de toute imperfection (Soubhanak), Tu es Allah, Celui Qui n’est pas contenu dans un endroit ».

Dans ce livret qui est composé par notre maître Zaynou l-^Abidin il y a sa parole : « Tu es exempt de toute imperfection (Soubhanak), Tu es Allah, Celui Qui n’est pas contenu dans un endroit ». Apprenez-la, car elle fait partie de la parole des Prédécesseurs vertueux. On a dit de Zaynou l-^Abidin, que Allah l’agrée, qu’il était le meilleur de Qouraych de son époque, le meilleur de la famille du Prophète. Il a dit également pour nier la limite au sujet de Allah : « Tu es exempt de toute imperfection (Soubhanak), Tu es Allah, Celui Qui n’est pas limité ». Et ce, parce que ce qui est limité a besoin de qui l’a limité. Ainsi Allah tabaraka wa ta^ala n’a pas une étendue, Il n’est pas de la taille du Trône, ni plus étendu, ni plus petit que le Trône. Celui qui croit que Allah est de la taille du Trône, il est ignorant de Allah et celui qui croit qu’Il est plus étendu que lui en surface, il est ignorant de Allah et celui qui croit qu’Il est plus petit que le Trône, il est encore plus ignorant et plus éloigné de la connaissance de Allah. De plus, l’Imam Abou Ja^far At-Tahawiyy qui a vécu au troisième siècle de l’Hégire pendant des dizaines d’années, environ soixante-dix ans, et a atteint par la suite le siècle d’après, le quatrième siècle de l’Hégire d’environ vingt ans et quelque, At-Tahawiyy donc a composé un Livre qu’il a appelé L’explication de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, croyance sur laquelle était Abou Hanifah qui est mort en l’an cent cinquante et ses deux compagnons qui sont morts des dizaines d’années après lui, durant le deuxième siècle de l’Hégire : Abou Youçouf Ya^qoub Ibnou ‘Ibrahim et Mouhammad Ibnou l-Haçan qui font partie des Imams capables de faire l’ijtihad – d’extraire et de déduire des jugements à partir des textes –. C’est aussi sur cette croyance qu’étaient d’autres qu’eux. Il a cité que Ahlou s-Sounnah, ces trois Imams et d’autres, sont sur la croyance que Allah n’est pas limité, ni localisé dans les directions, ni en direction du haut, ni du bas, ni à droite, ni à gauche, ni derrière et ni avant. L’Imam a dit : « Il est exempt des limites ». Allah ta^ala est exempt des limites, il n’est pas limité. Le Trône est limité bien que nous, nous ne connaissons pas sa limite, mais il est lui-même limité. Il a une limite que Allah sait. Allah tabaraka wa ta^ala n’est pas limité. Il n’est pas permis de dire qu’Il a une limite que Lui sait. Il n’est pas permis de dire qu’Il a une limite que Lui sait et que nous connaissons. Les deux paroles sont fausses. La vérité, c’est de L’exempter de la limite et ce, parce que celui qui a une limite a besoin de Qui l’a fait avec cette limite. Ce soleil, nous avons une preuve selon la raison autre que la preuve du Qour’an qu’il n’est pas valable qu’il soit un dieu pour ce monde. Et ce, car il a une limite et donc il a un Créateur Qui l’a fait selon cette limite. Allah tabaraka wa ta^ala s’Il avait eu une limite, Il aurait eu besoin de qui l’a fait selon cette limite, tout comme le soleil a besoin de Qui l’a fait selon cette limite sur laquelle il est. Il vous est devenu clair que les Prédécesseurs niaient la limite s’agissant de Allah, tout comme ils niaient la direction, c’est-à-dire la localisation dans une des six directions, ou dans toutes les directions et de toutes les caractéristiques de la création.

Allah est exempt de tout cela et tout ceci est tiré de cette ‘ayah ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Mais les cœurs sont différents. Il y a des cœurs qui comprennent à partir de cette ‘ayah ces sens-là et il y a des cœurs qui ne comprennent pas ; leurs langues la récitent mais ils ne comprennent pas ce qu’elle contient comme sens d’exemption (tanzih). C’est sur cette croyance qu’a toujours été Ahlou s-Sounnah. Le madh-hab, la voie de Ahlou s-Sounnah n’est pas le tachbih, l’assimilation de Allah avec Ses créatures de sorte à croire qu’Il a des organes et de croire à Son sujet la localisation sur le Trône, alors que ce qui fait partie des caractéristiques des créatures et autre que cela est impossible s’agissant de Allah, comme de descendre du haut vers le bas puis de retourner là-haut.

Certains ignorants des réalités pensent que la parole de Allah ta^ala ce qui signifie : « Certes, votre Seigneur est Allah, Celui Qui a créé les cieux et la terre dans six jours et Qui d’autre part istawa le Trône », ils pensent que cette ‘ayah signifie que Allah descend du Trône qui serait Son lieu d’établissement, vers le bas, qu’Il a préparé les cieux et la terre puis qu’Il serait remonté après cela. Ceci est une ignorance abjecte du Qour’an. Le sens, de cette ‘ayah, c’est que Allah tabaraka wa ta^ala a créé les cieux et la terre dans six jours et qu’Il istawa’ [de toute éternité] le Trône c’est-à-dire qu’Il domine (qahara) le Trône avant l’existence même des cieux et de la terre. Selon leur prétention, le mot (thoumma) ne vient seulement que pour indiquer l’arrivée d’une chose après une autre et ceci est une ignorance de la langue. (thoumma) a pour sens le synonyme de (waw), tout comme il vient aussi pour indiquer que l’existence de ce qui suit [ce terme] a lieu après l’existence de ce qui le précède. Tout comme il est employé avec le sens du décalage dans le temps, il est aussi employé dans le sens de la réunion de deux choses, signifiant l’information que deux choses sont réunies dans l’existence, sans indication du décalage de ce qui suit ce terme par rapport à ce qui le précède. Ceci a été confirmé par les savants de la langue, parmi lesquels Al-Farra’. Il a dit : « (Thoumma) vient dans le sens du (waw) ». De plus, il y a pour cela une preuve du Qour’an et une preuve de la poésie des arabes anciens qui étaient éloquents, qui parlaient la langue arabe naturellement et depuis leur plus jeune âge, sans avoir étudié la grammaire (an-nahw). L’un d’eux a dit ce qui signifie : « Certes, c’est quelqu’un qui a gouverné thoumma son père a gouverné

thoumma, avant cela son grand-père a gouverné ».

Est-il valable d’expliquer (thoumma) ici par le fait qu’il indique le retard dans l’existence de ce qui le suit par rapport à ce qui le précède ? Non, il n’indique pas cela. De même, dans cette ‘ayah : {Ëãø ÇÓÊæì Úáì ÇáÚÑÔ} (thoumma stawa ^ala l-^arch), (thoumma) n’indique pas que Allah ta^ala a créé les cieux et la terre puis, après que les cieux et la terre ont existé, qu’Il serait monté sur le Trône et qu’Il se serait assis dessus, comme le prétendent les mouchabbihah qui ont été privés de la compréhension des preuves rationnelles. La raison est prise en compte dans la Loi. Pour cela, Allah a ordonné de réfléchir dans plus d’une ‘ayah. La réflexion, c’est de considérer quelque chose avec la raison. Ceux-là ont été privés de la connaissance des preuves rationnelles, par lesquelles on sait ce qui est valable et ce qui n’est pas valable. Un exemple pour cela, qui montre la faiblesse d’esprit de ceux qui croient au sujet de Allah en la localisation dans un endroit, à la limite et à l’étendue, c’est leur façon d’expliquer le hadith qui est ainsi dans une autre version et qui est un hadith dont la chaîne de transmission est sûre (sahih). Le sens apparent et qui vient communément à l’esprit de ce hadith, d’après la prétention de ceux-là qui s’attachent au sens qui vient communément à l’esprit, c’est que Allah reste pendant le dernier tiers de la nuit jusqu’à l’aube en train de dire ces paroles. Leur compréhension de ce sens est une preuve de la faiblesse de leur esprit. Et ceci du fait que la nuit diffère en fonction des contrées. Ainsi, la nuit sur une région correspond au jour d’une autre et la moitié de la nuit dans une région correspond au début du jour sur une autre et d’autres différences encore. Selon leurs dires, ceci entraînerait que Allah tabaraka serait dans le ciel de ce bas-monde en train de remonter vers le Trône à chaque instant des instants de la nuit et du jour. Ceci est une faiblesse d’esprit.

Quant à l’exégèse des gens de Ahlou s-Sounnah qui exemptent Allah de l’endroit, de la direction et de la limite, pour eux, ce nouzoul, cette descente, n’est pas une descente physique mais une expression de la descente des anges de la miséricorde vers le ciel du bas monde, par rapport à chaque région, selon la nuit de cette région. Ce sont eux les anges de la miséricorde qui descendent et qui transmettent de la part de Allah. Ils disent : Votre Seigneur dit : Y a-t-il qui L’invoque et il sera exaucé ou : Y a-t-il qui l’Invoque alors Je l’exauce, y a-t-il qui demande le pardon, alors Je lui pardonne, y a-t-il qui demande, alors Je lui donne. Ils transmettent de la part de Allah, par Son ordre. C’est cela le sens de (younzilou Rabbouna koulla laylatin ‘ila s-sama’i d-dounya …). Selon ce sens, ceci est valable, c’est une chose raisonnable, que la raison accepte. Mais comme le comprennent ces autres, que Allah Lui-même descendrait d’en haut vers le bas, ceci est une stupidité, une faiblesse d’esprit qui n’est acceptée ni par la raison ni par la Loi. Quant à la descente des anges sur l’ordre de Allah afin qu’ils transmettent de Lui, appellent et disent ce qu’Il leur a ordonné, c’est une chose qui est en accord avec la raison et avec la Loi.

Les gens de Ahlou s-Sounnah, Allah ta^ala les a guidés vers les sens qui sont en accord avec la Loi et avec la raison. Quant à ceux-là, ils en sont privés, ils vivent dans la stupidité, ils vivent en répétant les paroles de faiblesse d’esprit au point que l’un d’eux a parlé par son extrême stupidité concernant le hadith rapporté au sujet de l’enfer au jour du jugement, à savoir qu’il sera dit à l’enfer : Est-ce que tu t’es rempli et qu’il répondra : encore, et qu’alors Allah y met Son qadam, et dans une autre version Il y met son rijl, alors l’enfer se contracte sur lui-même et dit : cela suffit, cela suffit. Ce hadith également, ceux-là l’expliquent avec la faiblesse de leur esprit, selon leur prétention, que Allah ta^ala a des membres et qu’Il met Son rijl dans le sens du membre – et donc le pied – en enfer et que l’enfer se calme. C’est ainsi que l’un d’entre eux, des gens de notre époque et qui est docteur, a dit : « Lorsqu’Il met son pied dedans, Sa jambe ne brûle pas, tout comme les anges du châtiment, leurs jambes ne brûlent pas ». Il a ainsi assimilé Allah avec Ses créatures, il Lui a attribué un membre à savoir la jambe, qu’Il mettrait en enfer et en remplirait l’enfer qui en serait plein, lequel s’en suffirait et dirait : cela me suffit, cela me suffit. Quant au sens correct, qui est le sens du hadith que le Messager visait par al-qadam, il s’agit d’un groupe parmi les mécréants, des gens de l’enfer, le dernier groupe que Allah fait entrer en enfer et avec lesquels Il remplit l’enfer. Dans la langue des arabes, on appelle qadam : ce qui est présenté (youqaddam) à quelque chose. De même, on dit dans la langue « un groupe de criquets » (rijloun min jarad), c’est-à-dire un groupe de criquets. La version avec le mot (rijlouh) et celle avec le mot (qadamouh), toutes les deux ont un sens correct qui ne contredit ni la raison ni la Loi. Mais selon leur parole, ils ont démenti le Qour’an et ont contredit la raison. Concernant le Qour’an, Allah tabaraka wa ta^ala dit au sujet des statues ce qui signifie : « Si ceux-là étaient dieux, ils n’y entreraient pas [en enfer] ». Au jour du jugement, les statues seront jetées en enfer par rabaissement pour les mécréants qui les adoraient. Les statues entreront en enfer au jour du jugement. Allah ta^ala dit : ces statues, si elles méritaient l’adoration, elles n’entreraient pas en enfer. Et Allah Qui nous a appris cela, il n’est pas valable selon la raison qu’Il entre en enfer. Ils L’ont donc égalé aux statues qui seront jetées en enfer au jour du jugement. Ce sont des gens stupides. Ne vous méprenez pas lorsqu’ils disent nous sommes sur la voie des Salaf. Dites-leur vous mentez, vous ne suivez pas la voie du Salaf, vous induisez les gens en erreur et vous entraînez les faibles d’esprit.

En résumé, sachez que ceux-là ne sont pas sur la voie du Salaf dans la croyance ; en ce qui concerne les attributs de Allah, ils ne sont pas sur la voie des Salaf. Il en est de même dans de nombreux actes, concernant leur interdiction du tawassoul – l’invocation de Allah par le degré des êtres de mérite – par les prophètes et les saints. Ceci ne fait pas partie de la croyance des Salaf, mais Ibnou Taymiyah l’a affirmé calomnieusement. Ibnou Taymiyah est un homme qui est apparu vers la fin du septième siècle de l’Hégire et il s’était écarté du rang c’est-à-dire qu’il s’était singularisé des musulmans en interdisant le tawassoul par les prophètes et les saints. Sa parole : « il n’est permis de faire le tawassoul que par celui qui est vivant et présent », sur laquelle aucun des Imams du Salaf ne serait en accord avec lui, n’est rien d’autre qu’un avis, un avis corrompu. Il a ainsi provoqué le jugement de mécréance à l’encontre des musulmans sans raison légale. Selon eux, celui qui dit « Ya Raçoula l-Lah » – Ô Messager de Allah –, devient associateur, mécréant. Et celui qui dit « Ya ^Aliyy » – Ô ^Aliyy –, devient associateur, mécréant et d’autres choses encore. Aucun des Imams des musulmans n’a précédé ni Ibnou Taymiyah ni Ibnou ^Abdi l-Wahhab avec ces deux avis. Les compagnons ont fait le tawassoul par le Messager, les successeurs (tabi^iyy) ont fait le tawassoul et les successeurs des successeurs ont fait le tawassoul jusqu’à nos jours.

Il y a même, parmi les savants du Hadith qui a dit, et il s’agit du Hafidh Ibnou l-Jazriyy qui est le Chaykh des spécialistes de la récitation et qui faisait partie des Hafidh du Hadith, il a dit dans un livre dont il est l’auteur appelé Al-Hisnou l-Hasin, ainsi que dans son Moukhtasar : « Parmi les lieux où les invocations sont exaucées, il y a les tombes des vertueux ». Ce Hafidh est venu environ cent ans après Ibnou Taymiyah. Aucun des savants ne lui a renié cela, si ce n’est certains qui se sont singularisés qui ont suivi Ibnou Taymiyah. Les gens du Salaf, les prédécesseurs, faisaient le tabarrouk – la recherche des bénédictions – par la visite des tombes des vertueux, au point que l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, lorsqu’il était à Baghdad, se rendait auprès de la tombe de l’Imam Abou Hanifah car Abou Hanifah était mort l’année de la naissance de Ach-Chafi^iyy. Ainsi, il se rendait auprès de la tombe de Abou Hanifah et y invoquait Allah, dans l’espoir d’être exaucé, c’est-à-dire dans l’espoir que Allah lui exauce son invocation par les bénédictions (barakah) de cet esclave vertueux Abou Hanifah. Personne parmi les gens de la science de cette époque ne reniait cela. Personne n’a jamais renié cela à Ach-Chafi^iyy, ne fut-ce par un seul mot, ni en sa présence, ni derrière lui.

Ibnou Taymiyah a entraîné la dissension entre les musulmans à l’époque où il est apparu, à Damas. Mais les savants et les gouverneurs ne se sont pas tus. Il a été emprisonné à plusieurs reprises au Cham. Il a été emprisonné puis appelé au Caire, sur ordre du souverain An-Nasir Mouhammad Ibnou Qalawoun. Le souverain Mouhammad Ibnou Qalawoun a réuni les présidents des juges (qadi) des quatre écoles : le président des juges hanbaliyy, le président des juges chafi^iyy, le président des juges hanafiyy et le président des juges malikiyy. Ils ont ainsi étudié le cas de Ibnou Taymiyah et ils ont dit : Cet homme, il faut le réprimer et éloigner les gens de lui et de ses disciples. Le souverain avait ainsi émis un décret pour mettre en garde contre lui et pour menacer ceux qui l’avaient suivi : s’ils n’abandonnaient pas les idées de Ibnou Taymiyah ils n’auraient aucune part de responsabilité dans l’Etat musulman ; ni d’être orateur ni imam, ni juge ni aucune autre fonction de l’Etat musulman. Parmi ces quatre juges, il y avait Badrou d-Din Ibnou Jama^ah. Il est un de ceux qui avaient prononcé la sentence d’emprisonnement contre Ibnou Taymiyah d’un long emprisonnement. Ensuite, Badrou d-Din est mort un an avant la mort de Ibnou Taymiyah. Ibnou Taymiyah est resté en prison deux ans et il est mort en prison. Aujourd’hui, ils l’appellent Chaykhou l-‘Islam, comme s’il était le Sultan des savants de l’Islam. Dans le passé, ceux qui avaient sa croyance et qui faisaient partie des moujassimah – qui attribuent à Allah le corps – qui se prétendaient hanbaliyy et croyaient que Allah est un corps qu’ils s’étaient eux-mêmes imaginés et qui en réalité n’a pas d’existence, ils se sont imaginés un corps assis sur le Trône, de la taille du Trône, qui aurait rempli le Trône ; ceci est une imagination de leur part qui n’a pour fondement ni le Livre ni le Sounnah, ceux-là, tant ils l’ont aimé parce qu’il était fort dans le discours et la discussion et parce qu’il appuyait leur croyance, ils l’ont appelé Chaykhou l-‘Islam. Soyez donc en garde contre lui et mettez en garde contre lui et contre ceux qui le suivent et qui sont aujourd’hui ceux qui ont suivi Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab. En effet, Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab a pris la croyance de Ibnou Taymiyah bien qu’il soit apparu environ trois cents ans après lui, et ce, à partir des livres de Ibnou Taymiyah. Il a pris sa croyance et y a apporté des ajouts de sa part, comme de déclarer mécréant celui qui accroche un hijab autour de son cou. Cette parole-là, Ibnou Taymiyah ne l’avait pas dite. Ibnou Taymiyah n’avait pas dit que celui qui s’accroche un hijab autour du cou est un mécréant, il s’agit bien d’un des apports de Ibnou ^Abdi l-Wahhab. Selon eux, lorsqu’ils voient sur une personne un hirz, ils disent : ceci est du chirk, de l’association, et s’ils peuvent lui arracher du cou de leurs mains, ils le font. Et d’autres choses encore parmi leurs hérésies, par lesquelles ils déclarent mécréant le musulman sans aucune raison selon la Loi. A la suite de la simple parole Ya Raçoula l-Lah,Ya ^Aliyy – Ô Messager de Allah, Ô ^Aliyy –, ils déclarent les gens mécréants. Il y a une preuve que cette déclaration des gens mécréants, qui vient d’eux, est pur égarement : Le Messager a enseigné à l’aveugle qui était venu à lui pour qu’il fasse des invocations en sa faveur afin que Allah lui rende la vue, de dire : ((íÇ ãÍãÏ Åäí ÃÊæÌå Èß Åáì ÑÈí Ýí ÍÇÌÊí áÊÞÖì áí)) (ya Mouhammad ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati litouqda li) ce qui signifie : « Ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur pour mon affaire, pour qu’elle me soit réglée ». L’aveugle était ainsi parti à l’endroit où l’on fait les ablutions, tout comme le Messager le lui avait ordonné, il avait accompli deux rak^ah [surérogatoires] et avait dit ce tawassoul. Ce n’est pas en face du Messager qu’il a dit : Ya Mouhammad – Ô Mouhammad –. Non, c’était là où il était parti. Puis il était revenu en ayant recouvré la vue, il avait ouvert les yeux, il était revenu vers l’assemblée du Messager alors que le Messager n’avait pas quitté cette assemblée et l’aveugle avait ainsi retrouvé la vue. Ceci est une preuve que leur déclaration de mécréance lorsque les gens disent « Ya Mouhammad, ya Raçoula l-Lah » – Ô Mouhammad, Ô Messager de Allah – ou « Ya ^Aliyy » – Ô ^Aliyy – n’est qu’un égarement.

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Attributs des prophètes : mise en garde

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur octobre 9, 2011

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَـٰنِ الرَّحِيمِ

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim

 

La louange est à Allah et que Allah élève davantage en degré le Messager de Allah et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle

 

Les attributs des prophètes et mise en garde contre des fausses histoires qui circulent au sujet des prophètes de Allah

 

La prophétie (an-noubouwwah) tire sa racine de an-naba’, c’est-à-dire de la nouvelle car la prophétie est une nouvelle révélée de la part de Allah ; ou bien c’est un terme qui est dérivé de an-nabwah qui est l’élévation. Ainsi, selon la première racine, le prophète (an-nabiyy) est celui qui fait l’action, dans le sens qu’il nous informe de la part de Allah conformément à ce qui lui est révélé, ou bien il est celui qui fait l’action dans le sens qu’il est informé de la part de Allah, c’est-à-dire que l’ange porte à sa connaissance des choses de la part de Allah. La prophétie est donc possible selon la raison. Elle n’est pas impossible.

 

 

An-naba’, c’est-à-dire la nouvelle, et an-nabwah c’est l’élévation. Le terme an-nabiyy – prophète – est soit dérivé du an-naba’ , c’est-à-dire que c’est quelqu’un qui rapporte ou qui reçoit des nouvelles ou encore c’est un terme qui dérive de an-nabwah – l’élévation – et les deux définitions sont correctes. Que nous disions c’est un terme qui dérive de an-naba’, c’est-à-dire de la nouvelle, dans ce sens les prophètes reçoivent des nouvelles de la part de Allah ou que l’on dise que an-nabiyy et dérivé de an-nabwah c’est-à-dire de l’élévation parce que les prophètes ont un degré extrêmement élevé. Le prophète – an-nabiyy – est un terme en arabe qui dérive de an-naba’ – la nouvelle – ou un terme qui dérive de an-nabwah qui signifie l’élévation, les deux sens sont correctes.

 

Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas dans la seule raison ce qui permet de se passer d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà.

 

La raison à elle seule ne suffit pas pour être sauvé. Les mécréants ont une raison par nature mais malgré cela ils font partie des gens de l’enfer. C’est pour cela qu’il y a une sagesse dans l’envoi des prophètes. Les prophètes sont eux qui enseignent aux gens ce qui les sauve dans l’au-delà et ce qui mène à la perte dans l’au-delà.

 

Ainsi, dans l’envoi des prophètes, il y a une utilité, indispensable pour combler le besoin des esclaves de Allah. Pour cela, Allah est donc Celui qui accorde Sa grâce à Ses esclaves en les envoyant. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, pour les créatures.

L’envoi des prophètes est un intérêt nécessaire pour les esclaves. Allah ta^ala a tait grâce à Ses esclaves en leur envoyant des prophètes. C’est une grâce de Sa part, et s’Il n’a pas envoyé de prophètes, Il ne serait pas injuste. Que l’on sache aussi, que la prophétie est particulière au sexe masculin parmi les humains. Il n’y a pas de prophète parmi les femmes tout comme l’a dit la majorité des savants.

 

Allah ta^ala dit : (Wa ma ‘arsalna min qablika ‘illa rijalan nouhi ‘ilayhim) [sourat An-Nahl / 43] ce qui signifie : « Et Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous avons révélé ». Cette ayah comporte une preuve que la prophétie est spécifique pour les hommes seuls. Que l’on sache également que Jibril est celui qui descend avec la révélation sur les prophètes la plupart du temps. Mais dans certaines occasions, il se peut que ce soit autre que lui qui descend.

La révélation est soit par l’intermédiaire d’un ange ou lorsque le prophète entend la parole de Allah qui est de toute éternité ou que la révélation arrive au corps du prophète directement.

 

La différence entre les prophètes et  les messagers

Sache que  le prophète et le messager ont en commun la révélation. Allah leur révèle donc à tous deux une Loi de l’Islam, conformément à laquelle ils agissent, pour la transmettre aux gens.

Toutefois, le messager vient avec l’abrogation de certaines lois antérieures à lui ou avec une nouvelle Loi de l’Islam.

 

Le messager, il descend sur lui la révélation d’une Loi qu’il applique. Il lui est révélé aussi l’abrogation d’une partie de la Loi de qui l’a précédé c’est-à-dire l’abrogation de certains jugements qui étaient dans l’époque du messager qui l’a précédé ou il lui descend un nouveau jugement qui n’est pas descendu sur qui l’a précédé parmi les prophètes ; celui-là est appelé messager.

 

Quant à celui sur qui il ne descend rien de nouveau, mais seulement l’ordre d’agir conformément à la Loi du messager qui l’a précédé comme si par exemple il lui a été dit : transmets la loi de Mouça, celui-là est appelé prophète et il n’est pas appelé messager.

 

Il a été rapporté que le nombre de prophètes est de 124 000 parmi lesquels il y a 313 messagers [hadith rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih].

Le premier d’entre eux est notre maître Adam et le dernier est notre maître Mouhammad. Et le meilleur d’entre eux est Mouhammad, ensuite ‘Ibrahim, ensuite Mouça, ensuite ^Iça, ensuite Nouh, que Allah les honore et les élève tous davantage en degré.

 

Notre maître Mouça était un prophète messager. Il avait un élève qui s’appelle Youcha^ Bin Noun. A la mort de Mouça, Allah a révélé à Youcha^ Bin Noun et Il lui a accordé le statut de prophète. C’est sur ses mains qu’a été conquise Jérusalem et ce, après la mort de Mouça. Youcha^ Bin Noun a invoqué Allah afin qu’Il retarde d’une heure le coucher du soleil. Son invocation a été exaucée afin qu’il puisse conquérir Jérusalem avant le coucher du soleil.

 

Quant au nombre des prophètes, il y a ce qu’a été rapporté dans le hadith précédemment cité mais l’avis qui est retenu par les savants comme étant celui qui prévaut c’est de dire que Allah a envoyé des prophètes, le premier d’entre eux est Adam et le dernier est Mouhammad. L’avis qui prévaut au sujet des prophètes c’est de ne pas préciser un nombre de crainte d’intégrer parmi eux qui ne fait pas partie d’eux ou d’enlever parmi eux qui fait partie d’eux. Seulement on dit que Allah a envoyé des prophètes, le premier d’entre eux est Adam et le dernier est Mouhammad. Pour ce qui est du mérite ‘oulou l-^azm  sont au nombre de cinq et sont : Mouhammad, ensuite ‘Ibrahim, ensuite Mouça, ensuite ^Iça, ensuite Nouh, que Allah les honore et les élève tous davantage en degré.

 

Le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi de l’Islam d’un messager antérieur à lui pour la transmettre.

 

C’est cette différence entre le prophète et le messager qui est correcte. Quant à ce qu’a cité certains des plus récents dans leurs écrits que le prophète reçoit la révélation d’une Loi mais qu’il n’a pas reçu d’ordre pour la transmettre, ceci est faux et très loin du sens du statut de prophète. Que l’on soit sur ses gardes de pareilles explications.

 

Quant à l’explication correcte c’est ce qu’a cité de nombreux savants, comme l’Imam glorieux, le Chaykh des Chafi^iyy et des ‘Ach^ariyy, Abou Mansour Al-Baghdadiyy ou encore Al-Qounawiyy, celui qui a fait le commentaire de AtTahawiyyah ou Al-Mounawiyy. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ait transmis à sa communauté.

 

Pour cela, les savants ont dit : « Tout messager est aussi prophète et tout prophète n’est pas forcément messager ».

 

De plus, ils se différencient par le fait que le message peut être attribué aux anges ou aux êtres humains. Alors que la simple prophétie ne peut avoir lieu que chez les hommes.

 

Les messagers sont meilleurs que les prophètes qui ne sont pas messagers. Et tous ceux qui ont été messagers ont également été prophètes mais ce n’est pas tout prophète qui est également messager.

 

De plus, le message est une caractéristique que peut avoir les anges et un humain. Quant au statut de prophète ce ne peut être que parmi les humains. Il y a parmi les anges des messagers parmi lesquels Jibril ^alayhi s-salam. Il est un messager parmi les anges tout comme il y a d’autres que lui que Allah envoie aux anges afin de transmettre la révélation. Allah ta^ala leur ordonne de transmettre à un groupe d’anges un ordre particulier.

 

Allah ta^ala dut : (Allahou yastafi mina l-mala’ikati rouçoulan wa mina n-nas) [sourat Al-Hajj / 75] ce qui signifie : «Allah élit parmi les anges des messagers et également parmi les gens ». C’est-à-dire que Allah choisit parmi les anges des messagers et également parmi les humains des messagers. Jibril est donc un messager de la part de Allah pour les prophètes et pour les messagers parmi les humains et de même, il est un messager de la part de Allah pour les anges également.

 

Les messagers sont meilleurs que les prophètes mais la personne ne distingue pas par elle même entre tel ou tel autre prophète sans science.

 

Notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ne savait pas au début qu’il était le meilleur des prophètes, c’est pour cela qu’il a dit : ce qui signifie : « Ne m’accordez pas un degré supérieur aux autres prophètes ». Lorsqu’il avait dit cela, il ne savait pas encore qu’il était le meilleur des prophètes. La raison pour laquelle ce hadith a été dit c’est qu’il y avait un mécréant des fils de ‘Israil qui vendait à un musulman. Le musulman avait offert un prix au mécréant des fils de ‘Israil mais le mécréant des fils de ‘Israil n’a pas été d’accord pour ce prix. Le mécréant des fils de ‘Israil a répondu : « Non par Celui qui a élit et qui a accordé à Mouça un degré supérieur à toutes les créatures ». Le musulman a alors frappé le mécréant des fils de ‘Israil et le mécréant des fils de ‘Israil qui faisait partie des gens de la dhimmah est parti se plaindre auprès du Messager de Allah. Il lui a dit ce qui lui était arrivé. Le mécréant des fils de ‘Israil a dit : « Ô Abou l-Qacim, nous sommes des gens de la dhimmah et un des musulmans nous a frappé ». Alors le Messager a envoyé chercher ce musulman. Ainsi, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « Ne m’accordez pas un degré supérieur aux autres prophètes parce que au jour du jugement lorsque ‘Israfil va souffler dans le corps, je vais m’évanouir et les gens vont s’évanouir et lorsque je me réveille je vais voir Mouça qui est près d’un des piliers du Trône. Je ne sais pas si lui il ne s’évanouit pas parce que il a été rétribué pour son évanouissement sur le mont Sinaï ou alors il s’est réveillé avant moi de son évanouissement ». Le prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam s’est attaché à la Loi. A nous donc de prendre exemple sur lui parce que le prophète à ce moment-là ne savait pas qu’il avait un degré supérieur à tous les autres prophètes et il s’est attaché à ce qui lui a été transmis comme Loi et à nous donc de ne pas préférer un  prophète sur un autre sans qu’il y ait un texte. Et lorsqu’il a reçu la révélation le Prophète a dit : (‘Ana sayyidou waladi ‘adama yawma l-qiyamati wa la fakhar) ce qui signifie : « Je suis le maître des fils de ‘Adam au jour du jugement et je ne dis pas cela par fierté ou orgueil ».

Les prophètes sont les meilleurs des créatures de Allah tout comme Sa parole ta^ala l’indique : (Wa koullan faddalna ^ala l-^alamin) ce qui signifie : « Et Nous leur avons tous accordé un degré et un mérite supérieur par rapport aux autres créatures ».

 

 

Les attributs obligatoires des prophètes et les attributs qui leur sont impossibles :

 

Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité. Il leur est impossible le mensonge. Il leur est obligatoire aussi l’extrême intelligence. Il leur est impossible  l’idiotie et la stupidité. Il leur est obligatoire l’honnêteté. Ainsi, les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de  bassesse. C’est cela la préservation qui leur est obligatoire et il leur est impossible la trahison.  D’autre part, la chasteté leur est obligatoire. Ainsi, la vulgarité, la légèreté morale et la lâcheté leur sont impossibles.

 

Il est un devoir pour les prophètes la véracité et il leur est impossible le mensonge. Notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam était connu d’entre les gens de La Mecque comme étant al-‘amin – l’honnête – . Il n’a pas été rapporté qu’il ait menti une seule fois toute la période qu’il a passée avant de recevoir la révélation à savoir 40 ans. Le mensonge est un défaut qui contredit le rang des prophètes.

 

Il est obligatoire également pour les prophètes l’extrême intelligence. Ils sont tous extrêmement intelligents. Ils ont une raison saine, complète et ils ont une forte compréhension. Il leur est impossible la stupidité et l’idiotie. Il n’y a pas parmi eux un seul qui ait été stupide, de faible compréhension et qui ne comprend pas rapidement les paroles sauf après qu’on  les lui répète plusieurs fois. Il n’y a pas parmi eux qui était idiot car s’ils avaient été idiots, les gens les auraient fuit en raison de leur idiotie et Allah a pour attribut la sagesse, Il ne fait pas cela.

 

En effet, ils ont été envoyé afin de transmettre aux gens ce qui est de leur intérêt dans l’au-delà et dans le bas monde. Et l’idiotie et la stupidité contredisent ce qui est demandé d’eux.

 

Il est obligatoire pour les prophètes aussi, l’honnêteté. Il leur est donc impossible la trahison aussi bien dans les paroles, les actes ou les comportements. Si quelqu’un leur demande un conseil, ils ne lui disent pas des propos mensongers pour le laisser croire quelque chose contraire à la réalité et si quelqu’un leur confie un objet, ils le conservent.

 

Et les prophètes sont préservés de la mécréance des grands péchés et des petits péchés de bassesse, c’est-à-dire des péchés qui indiquent une bassesse de caractère comme le fait de voler un grain de raisin et ce, avant l’avènement de la mission de prophète tout comme après. C’est celle-là la préservation qui leur est obligatoire. Il leur est possible autre que cela parmi les péchés mais ils sont immédiatement avertis pour se repentir avant que d’autres ne prennent exemple sur eux en cela.

 

Et c’est comme ça que l’on répond à ce qu’ont dit certains des plus récents parmi les ‘Ach^ariyy qui ont considéré obligatoire pour les prophètes la préservation de tout ce qui est interdit et de tout ce qui est déconseillé prétendant par cela que s’il provenait d’eux une seule désobéissance ou une seule chose déconseillée alors cette désobéissance ou cette chose déconseillée  se transformerait en obéissance car nous avons reçu l’ordre de prendre exemple sur eux. Il leur est répondu que cela est réfuté par ce qui a été cité à savoir, que Allah ta^ala leur inspire le repentir de cela avant qu’un autre ne prenne exemple sur eux en cela et ainsi le risque est levé.

 

Ce qui explique la possibilité qu’un péché autre que la mécréance le grand péché, et  le petit péché de bassesse, provienne de leur part, c’est la parole de Allah ta^ala :

(Wa ^asaadamou rabbahou fa ghawa ) [sourat Taha / 121] ce qui signifie : « Et Adam a désobéis à son Seigneur ».

 

Il est également obligatoire un devoir pour les prophètes la chasteté. Il leur est impossible la vulgarité comme de regarder les femmes ‘ajnabiyyah avec désir ou voler un grain de raisin. Et de même, il leur est impossible le fait d’agir d’une manière non conforme à la sagesse comme celui qui dit des paroles vulgaires et laides.

 

Il leur est également impossible le manque de courage. En effet, les prophètes sont les plus courageux des créatures de Allah. Et certains compagnons ont dit : « Lorsque la bataille battait son plein, nous recherchions la protection auprès du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ».  Ainsi, Allah a accordé à notre Prophète la force de quarante hommes forts.

 

De plus, les prophètes sont tous extrêmement intelligents, il n’y a pas parmi eux qui soit stupide, imbécile ou idiot. Et parmi ce qui représente une preuve de la véracité, de l’intelligence des prophètes, il y a ce qui a été rapporté entre notre maître ‘Ibrahim ^alayhi s-salam et An-Noumroud. Notre maître ‘Ibrahim ^alayhi s-salam a dit à An-Noumrou: « Mon Seigneur donne la vie et donne la mort ». Alors An-Noumroud a dit : « Moi aussi, je donne la vie et je donne la mort ». Il a ramené deux hommes qui étaient selon lui condamnés à mort et il a libéré un deux et il a fait tuer le deuxième. Alors notre maître ‘Ibrahim lui  a dit : « Mon Dieu fait lever le soleil de l’orient alors, fais le lever à partir de l’occident ! », c’est alors que An-Noumroud n’a rien trouvé à dire.

 

Il est également obligatoire pour les prophètes l’honnêteté. Il leur est impossible la trahison. Ainsi, notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam malgré la grande aversion, la grande animosité et la grande haine qu’avaient les gens mécréants de Qouraych envers lui, ils l’avaient  surnommé AsSadiq Al-‘Amin, le véridique, l’honnête, parce qu’il n’avait pas fait une seule fois preuve de trahison ou de mensonge.  Même lorsqu’il a émigré de La Mecque à Médine, il a laissé notre maître ^Aliyy afin qu’il rende à leurs propriétaires, les objets qui avaient été confiés au prophète et ce, par honnêteté.

 

La préservation des prophètes est une grâce de la part de Allah, c’est un bienfait qu’Il leur a accordé. Mais c’est une préservation de sorte à ce que ce qu’ils font reste le fruit de leurs choix après la préservation, c’est-à-dire lorsqu’ils font une obéissance et qu’ils s’abstiennent d’une désobéissance. Ce qu’ils font c’est un choix de leur part malgré cette préservation et c’est l’avis pour lequel a penché le Chaykh Abou Mansour Al-Matouridiyy et c’est l’avis le plus correct que l’on retient car si ce n’était pas ainsi, ils seraient contraints dans leurs actes. Et celui qui est contraint pour faire l’obéissance ou pour s’abstenir de la désobéissance, il ne sera pas récompensé dans le fait qu’il a fait ou qu’il a abandonné.

 

Pour ce qui est de la parole de Allah ta^al: (Wa laqad hammat bihi wa hamma biha lawla ‘an ra’a bourhana rabbihi) [sourat Youçouf / 24]. Il a été dit au sujet de cette ayah environ cinq interprétations et le meilleur de ce qui a été dit à ce sujet c’est ce qui suit : La parole de Allah ta^ala  (Wa hamma biha ) c’est-à-dire : « il aurait eu un penchant pour elle … » est lié avec ce qui vient après : ( … lawla ‘anra’a bourhana rabbihi) c’est-à-dire : « … s’il n’avait eu des preuves de son Seigneur ». Et selon cette explication, Youçouf n’a pas du tout eu l’intention envers elle car il a reçu les preuves et s’il n’avait pas eu la preuve, il aurait eu un penchant. Et la preuve ici c’est la préservation. C’est-à-dire qu’il lui a été inspiré que les prophètes sont préservés de pareilles choses et qu’il va recevoir le statut de prophète et ainsi il n’a pas eu de penchant pour elle. C’est le meilleur de ce qui a été dit pour l’exégèse de cette ayah.

 

En résumé, les prophètes ne commettent pas la fornication et ne penchent pas pour commettre la fornication. On ne prête donc aucune attention à ce qui figure dans certains livres prétendus de Tafsir que selon eux, notre maître Youçouf ^alayhi s-salam aurait eu un penchant et aurait désiré commettre la fornication ou que notre maître ‘Ibrahim ^alayhi s-salam aurait commis un mensonge ou autre que cela parmi les paroles mensongères et calomnieuses à l’égard des prophètes. On ne prête aucune attention à cela.

 

AVERTISSEMENT

 

Parmi ce qui est un devoir pour les prophètes c’est de transmettre. Aussi, tous le prophètes, il leur est ordonné de transmettre cela a été indiqué et prouvé par la parole de Allah ta^ala : (Wa ma ‘arsalna min qablika min raçoulin wa la nabiyyin ‘i-la ‘idha tamanna ‘alqa ch-chaytanou fi ‘oumniyyatih) [sourat Al-Hajj / 52].

 

Dans cette ayah, la signification de tamanna c’est lorsque le prophète appelle son peuple à l’Islam. Et la signification de  ( … ‘alqa ch-chaytanou fi ‘oumniyatih) c’est-à-dire que le chaytan ajoute à ce que les prophètes ont dit. Il ajoute des choses que les prophètes n’ont pas dites afin de tromper les gens et leur donner l’illusion que les prophètes ont dit ces paroles corrompues. Mais cela ne veut pas dire du tout que le chaytan parle sur la langue du prophète.

En effet, Al-Fakhrou r-Raziyy a dit : « Devient mécréant celui qui dit que le chaytan fait sortir des paroles de la bouche du prophète et que le prophète aurait fait l’éloge des idoles, des trois statues, ‘al-lat, al-^ouzza et manat avec cette expression : et ces trois statues leur intercession est espérée ». En effet, il est impossible que Allah fasse que le chaytan puisse faire sortir de la bouche de son prophète une éloge pour des statues. Pour mieux expliquer cela le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam récitait un jour sourat An-Najm, lorsqu’il a récité : (‘Afara’aytoumou llata wa l-^ouzza wa manata th-thalithata l-‘oukhra) ce qui signifie : « avez-vous les trois statues ‘al-lat, al-^ouzza et manat ».  Le chaytan a profité de l’arrêt et du silence du Messager de Allah, pour faire entendre aux associateurs qui étaient auprès du prophète, leurs faisant croire que c’était la voix du prophète. Il leur a fait entendre cette phrase où il a dit : (Ces trois statues élevées, leur intercession est espérée). C’est alors que les associateurs ont été heureux. Ils ont dit : (Jamais Mouhammad n’a cité nos dieux avant aujourd’hui en bien). Allah a fait descendre, pour les démentir, cette ayah qui est dans [sourat Al-Hajj / 52] : Wa ma ‘arsalna min qablika min raçoulin wa la nabiyyin ‘i-la ‘idha tamanna ‘alqa ch-chaytanou fi ‘oumniyyatih ; Fa yansakhou l-Lahou ma youlqi ch-chaytanou thoumma youhkimou l-Lahou ‘ayatihi » c’est-à-dire que Allah dévoile et montre que ce que le chaytan a dit ne provient pas du  Prophète. Et ceci est une épreuve de la part de Allah afin que soit distingué qui suit ce que le chaytan a dit et qui ne le suit pas pour que celui-là périsse et que cet autre soit heureux.

 

Et dans la parole du prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  qui signifie : « Le prophète était envoyé pour son peuple, et j’ai été envoyé pour tous les gens ». Dans cette parole, cela ne veut pas dire que tous les autres prophètes, hormis notre prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, qu’il ne leur était pas un devoir de transmettre à autre que leur peuple. Mais la signification du hadith c’est que les prophètes autres que notre prophète ont été envoyés à leur peuple. C’est-à-dire qu’il leur a été ordonné de transmettre à leur peuple et cela ne veut pas dire qu’ils ne transmettent qu’à leur peuple car ordonner le bien et interdire le mal est un devoir à tout individu parmi les croyants qui en est capable. Et cette obligation est encore plus prioritaire pour les prophètes.

 

Notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a été envoyé à tout le monde. Les autres prophètes que notre maître Mouhammad ont été envoyés chacun pour sa communauté. Mais c’était un devoir pour quiconque qui suivait un des prophètes, s’il y avait un autre prophète qui est venu après lui, de suivre cet autre prophète.

 

Que l’on sache que chacun des prophètes était éloquent. Il n’y a pas parmi eux dont la langue ne facilite pas sa prononciation  de sorte à ce qu’il parle rapidement et sa langue ne répond pas comme il le veut. Et il n’y a pas parmi eux qui balbutie et  il n’y a pas  parmi eux qui transforme le « ra » en « gha » ou en « la » ni celui qui transforme le « tha » en « sa ».

 

Et il leur est impossible également les lapsus, aussi bien concernant la Loi ou concernant les choses habituelles autres que la Loi. En effet, si le lapsus leur avait été possible, il n’y aurait plus de confiance dans la véracité de ce qu’ils disent et alors quelqu’un pourrait dire lorsqu’il lui est rapporté les paroles du prophète : (qu’est-ce qui nous fait savoir  que ce  qu’il dit n’est pas par lapsus ?) Il ne peut arriver du Prophète qu’il dise des paroles autres que celles qu’il voulait dire. Il est également impossible qu’il provienne de lui des paroles qu’il ne voulait pas dire du tout, comme cela pourrait arriver à quelqu’un d’endormi de parler.

 

Quant à l’oubli qui est possible pour eux, c’est comme de faire le salam après deux rak^ah tout comme cela s’est produit pour le Messager. En effet, il a été rapporté qu’il a été dit au Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam : « Est-ce que la prière a été raccourci Ô Messager de Allah, ou bien on t’a fait oublier les deux dernières rak^ah ? ». Il a dit ce qui signifie : « Tout cela n’a pas eu lieu ». Puis le Prophète a interrogé ses compagnons et a dit ce qui signifie : « Est-ce que Dhou l-yadayn -celui qui a posé la question- a dit vrai ? ». Ils lui ont répondu : « oui ». C’est alors qu’il s’est levé et il a accompli les deux rak^ah manquantes. [rapporté par Mouslim].

 

Et parmi ce qui est impossible pour les prophètes également, il y a la folie. Quant à l’évanouissement, il leur est possible. En effet, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam tant les douleurs étaient terribles dans la maladie de sa mort, il s’évanouissait, on l’aspergeait d’eau et il se réveillait.

 

Parmi ce qui est impossible pour eux également, il y a l’influence de la magie sur leur raison. Il n’est pas permis de croire que la magie a une quelconque influence sur leur raison et il n’est pas permis de croire que la sorcellerie a eu une influence sur la raison de notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam quelque soit la personne qui a dit cela.

 

Pour ce qui est de la peur naturelle, comme d’éviter un serpent, cela ne leur est pas impossible. Mais la peur qui est le manque de courage, c’est cette peur-là qui leur est impossible. Mai on ne dit pas que le Prophète s’est enfui des mécréants parce que cette phrase suggère le manque de courage.

 

 

 

De même, leur est impossible toute maladie repoussante.

 

Celui qui leur attribue donc le mensonge, la trahison, la vulgarité,  la légèreté morale, la lâcheté ou ce qui est semblable à cela, est devenu mécréant.

 

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  a dit :  (Ma ba^atha l-Lahou nabiyyan ‘il-la haçana l-wajhi haçana ssawti  wa ‘in-na nabiyyakoum ‘ahçanouhoum wajhan wa ‘ahçanouhoum sawta) [rapporté par At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Allah n’a pas envoyé un seul prophète sans qu’il ait un beau visage et une belle voix et certes, votre Prophète est celui d’entre eux qui a le plus beau visage et la plus belle voix ».

 

Les prophètes ont donc tous une grande beauté. Il leur est donc impossible la maladie qui répugne les gens et les éloigne d’eux. Allah ta^ala ne leur donne pas pareilles maladies. Quant à la maladie douloureuse, extrêmement  douloureuse même si suite à elle il se produit un évanouissement, pareilles maladies leur sont possibles. Par contre, les maladies répugnantes ne sont pas possibles pour les prophètes.

 

Voici ‘Ayyoub ^alayhi s-salam que Allah a éprouvé d’une grande épreuve. Il était resté dix-huit ans malade. Et suite à cette épreuve, il a perdu ses biens et sa famille et après laquelle Allah l’a guéri et lui a donné la richesse et Il lui a accordé beaucoup d’enfants.

 

Certaines personnes ignorantes le calomnient et prétendent que des vers auraient mangé de son corps et que ces vers tombaient puis qu’il prenait le ver et le remettait à l’endroit de son corps et lui disait : (Ô toi créature de mon Seigneur, mange de la subsistance que Allah t’a accordée). Nous demandons à Allah qu’Il nous préserve de cela, c’est un égarement clair et de la mécréance. Lorsqu’il avait recouvert la bonne santé, sa femme ne l’ayant pas reconnu lui  a dit : (Tu es la personne qui ressemble le plus au prophète de Allah ‘Ayyoub avant qu’il ne soit atteint par sa maladie). Elle ne l’avait pas reconnu ! Allah a également éprouvé ‘Ayyoub  ^alayhi s-salam dans ses enfants parce qu’il a perdu ses enfants pendant sa vie. Et Il l’a également éprouvé dans ses biens : il a perdu tous ses biens. Et malgré tout cela, il a fait preuve de patience et n’a émis aucune objection à Allah ta^ala. Seulement, en raison de sa patience Allah l’a rétribué dans le bas monde avant l’au-delà. Allah tabaraka wa ta^ala lui a accordé des enfants après qu’il les ait tous perdu. Et Allah lui a rendu la santé qu’il avait perdue à cause de sa maladie.

 

Quant au Prophète de Allah Mouça ^alayhi s-salam, lui dont la langue a eu un effet suite au charbon qu’il avait pris et qu’il avait mis dans sa bouche lorsqu’il était tout enfant devant pharaon pour une sagesse que Allah sait, ce charbon n’a pas laissé comme conséquence dans la langue de Mouça le fait qu’il ait des paroles qui ne sont pas compréhensibles pour les gens. Ses paroles étaient au contraire tout à fait compréhensibles. Il ne transformait pas une lettre en une autre. Mais il parlait correctement. Seulement, il avait une légère lenteur suite à ce charbon et il a invoqué Allah ta^ala lorsqu’il a reçu la révélation et dans [sourat Taha / 27-28] (wa hloul ^ouqdatan min liçani yafqahou qawli) et Allah l’a délivré de cela.

 

En résumé, les prophètes de Allah sont d’une parfaite création. Il n’y avait pas en eux un seul qui avait une maladie dans son apparence, et qui était boiteux ou handicapé ou aveugle. Seulement Ya^qoub ^alayhi s-salam tant il avait pleuré son fils Youçouf ^alayhi s-salam ses yeux étaient devenus blancs de chagrin. En fait, c’était les frères de Youçouf ^alayhi s-salam qui avaient rusé et qui avaient mis leur frères dans un puits. Ils avaient prétendu à leur père que Youçouf avait été dévoré par un loup. Notre maître Ya^qoub ^alayhi s-salam par chagrin pour son fils avait perdu la vue pendant une période de sa  vie.  Allah ta^ala lui a rendu la vue lorsque Youçouf avait envoyé sa chemise d’Egypte jusqu’à Madyan qui était la ville où résidait son père. Ya^qoub a ainsi senti l’odeur de Youçouf dans cette chemise et Allah ta^ala a fait que suite à cela, il a recouvert la vue. Lui, il n’était pas aveugle de naissance et il n’avait pas de cécité avant cette épreuve qui l’avait atteint, à savoir la perte de son fils Youçouf. A partir du début de la révélation sur le prophète, il voit nécessairement et après cela, il est possible qu’il perde la vue pour une période, tout comme cela s’est produit donc pour le prophète de Allah Ya^qoub ^alayhi s-salam.

 

Quant à celui qui dit que Adam ^alayhi s-salam était sauvage, de taille courte qui ressemblait au singe, cela est de la mécréance. Et de même celui qui dit qu’il marchait sur terre nu, comme les animaux car cela est un démenti du Qour’an. Allah ta^ala dit : (Wa t-tini wa zzaytouni wa touri sinin wa hadha l-baladi l-‘amin laqad khalaqna l-‘insana fi ‘ahçani taqwim) [sourat At-Tin /1-2-3-4] ce qui signifie : «Allah a créé l’être humain dans la meilleure image et la meilleur apparence ».

Ainsi, les propos de certains irréligieux dans les dernières époques qui disent que les premiers humains avaient une image semblable à celle du singe, cela est un démenti de cette ayah précédemment citée et du hadith sûr : (Kana ‘adamou sittina dhira’an toulan fi sab^ati ‘adhrou^in ^arda) [rapporté par l’Imam ‘Ahmad] ce qui signifie : « La taille de ‘Adam était de soixante coudées sur sept coudées de large ».

 

Tous les prophètes avaient une belle image et une belle forme. Il n’y a  pas parmi eux un seul qui ressemble au singe ou à un quelconque autre animal. Comment les prophètes ressembleraient-ils aux singes alors que Allah a châtié un peuple en les transformant en singes ! Notre maître Adam ^alayhi s-salam avait une belle image et une belle forme. Et la taille de notre maître Adam était de soixante coudées de haut sur sept coudées de large. Et c’est avec cette taille que seront les gens du paradis à l’image de leur père Adam.

 

Celui qui dit que Adam ressemble au singe, celui-là, il est mécréant.

 

AVERTISSEMENT

 

Il n’est pas permis de dire que le verbe al-liwat qui signifie en français sodomie, dérive du nom du prophète de Allah Lout. Le faqih, le mouhaddith, le spécialiste de la croyance Badrou d-Din AzZarkachiyy dans son livre Tachnifou l-Masami^ a dit ce qui signifie : « Les verbes sont dérivés des noms selon l’avis le plus plausible, et les verbes sont à l’origine des attributs qui en sont dérivés. Ainsi, les noms sont également une origine également ».

Et Abou Mansour, le linguiste a dit : « Tous les noms des prophètes ne sont pas arabes sauf quatre : ‘Adam, Salih, Chou^ayb et Mouhammad ». Mais ceci est contraire à ce qui est parvenue dans le sahih. En effet, il a été rapporté dans le Sahih de Ibnou Hibban du hadith de Abou Dharr que le Messager ^alayhi s-salam a dit : (‘Arba^atoun l-mina l-‘anbiya’i mina l-^arabi Houdoun wa Salihoun wa Chou^ayboun wa Mouhammadoun) ce qui signifie : « Quatre parmi les prophètes sont arabes : Houd, Salih, Chou^ayb et Mouhammad ».

 

Et ce qui apparaît du hadith c’est que les noms d’autres que ces quatre-là ne sont pas arabes. Et il est possible d’interpréter le hadith dans le sens que ce qui en est visé, c’est que les quatre sont des prophètes arabes et que d’autres qu’eux ne sont pas arabes de par leur origine. Ainsi, cette explication ne contredit pas que le fait que le terme Adam soit un terme arabe.

 

Le nom du prophète de Allah Lout est dans ce cas-là c’est-à-dire que ce n’est pas un nom arabe. Il n’est pas permis de dire que c’est un nom qui est dérivé de al-liwat – la sodomie –  car al-liwat est un terme arabe et c’est le nom du verbe lata. Alors que Lout est un nom non arabe. Comment quelqu’un pourrait-il prétendre qu’il dériverait de al-liwat – la sodomie – ! Et comment prétendre l’inverse également c’est-à-dire que prétendre que al-liwat serait dérivé du nom du prophète Lout ! En réalité le terme al-liwat existait avant même le peuple de Lout car la langue arabe  est une langue ancienne tant que certains savants ont dit : « La première langue qu’a utilisé ‘Adam c’est l’arabe ».

Ce qui témoigne pour cela c’est ce qui a été rapporté dans le Sahih que le Prophète a dit ce qui signifie : « Adam a éternué, il a dit : Al-hamdou lil-Lah ».

 

Mais le peuple de Lout était le premier à faire ces actes atroces. Quant au terme (liwat), il était utilisé chez ceux qui parlaient la langue arabe avant Lout. Il s’agit ici du peuple de ^Ad. Il n’y a pas dans la parole de Allah ta^ala au sujet du peuple de Lout lorsque ce dernier a dit à son peuple : (‘ata’touna l-fahichata ma sabaqakoum biha min ‘ahadin mina l-^alamin) [sourat Al-‘A^raf / 80] ce qui signifie : « Commettez-vous donc ce vilain péché et personne parmi les gens ne vous a  précédé pour le commettre ! ».

 

Il n’y a pas de preuve que le terme al-liwat n’existait pas avant cela. Seulement la signification de cette parole de Lout, c’est que ce péché, personne d’autre eux ne les avait précédés pour le commettre. L’existence du terme a donc précédé l’acte indiqué par ce terme. Par ailleurs, al-liwat ce terme-là a existé bien avant, mais la réalisation de ce terme n’a eu lieu que dans le peuple de  Lout.

 

Et il n’y a pas d’analogie entre la dérivation d’un terme par rapport à un terme qui est nouvellement utilisé chez les arabes c’est-à-dire un terme qui est intégré dans la langue arabe. Et cela ne s’appelle pas dérivation. Ces deux choses sont différentes. Nous disons pour le terme qui est intégré dans la langue arabe, c’est un terme qui est ramené d’une langue non arabe vers la langue arabe. Mais les arabes ne l’ont pas utilisé comme étant un terme arabe. Ainsi, les noms des choses, un certains nombre d’entre eux ont été ramenés vers la langue arabe et les arabes les ont utilisés d’une simple utilisation mais il n’y a pas ce qui indique que tel mot a été dérivé de tel autre qui a été ramené vers la langue arabe. Il y a une grande différence entre un mot qui est intégré dans la langue arabe et un mot qui est dérivé à partir d’un autre mot.

 

Celui qui dit que nom du prophète  Lout est dérivé de al-liwat – sodomie –, celui-là, il devient mécréant.

 

De plus, Allah ta^ala a préservé les prophètes de tout ce qui repousse et éloigne les gens, comme le fait que leurs noms soient des noms laids ou que leurs caractères soient des caractères laids. Ainsi, celui qui leur attribue un nom atroce et mauvais, il les aura rabaissés.

Comment certains linguistes ont-ils osé dire que Lout serait tiré et dérivé de al-liwat ?! Cette parole est infondée. Elle est atroce selon la langue et selon la Loi. Que l’on soit sur ses gardes des paroles de quiconque a dit cela parmi les linguistes et que l’on soit sur ses gardes pour ne pas les suivre.  Comment aurait-il pu leur échapper que le verbe, le nom du verbe, le nom de l’auteur de l’acte indiqué par ce verbes, le comparatif et le superlatif, que tout cela est extrait et dérivé à partir du nom (masdar).

 

Abou l-Qacim Al-Haririyy a ainsi dit dans Moulhatou l-‘I^rab : (Al-masdar c’est l’origine et c’est à partir du masdar qu’est extrait et dérivé le verbe).

 

Comment se sont-ils rendus permis que le nom de ce Prophète honoré a dérivé de al-liwat ou que al-liwat soit dérivé de son nom ?! Alors que celui qui observe et qui réfléchit, il ne lui échappe pas que les propos de ces gens-là ne s’appliquent à aucune des trois catégories des dérivations que les savants ont présentées dans leurs contextes.

 

Allah a préservé les prophètes d’avoir des noms laids ou vulgaires, ou d’avoir des noms qui sont dérivés de choses mauvaises, ou qu’à partir de leurs noms, il soit dérivé de mauvaises choses.

 

Il a été validé que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  a dit :  (Ma ba^atha l-Lahou nabiyyan ‘il-la haçana l-wajhi haçana ssawti  wa ‘in-na nabiyyakoum ‘ahçanouhoum wajhan wa ‘ahçanouhoum sawta) [rapporté par At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : «Allah n’a pas envoyé un seul prophète sans qu’il ait un beau visage et une belle voix et certes, votre Prophète est celui d’entre eux qui a le plus beau visage et la plus belle voix ». Si tel étaient les prophètes, alors forcément leurs noms sont beaux ! Mais ce qu’a rapporté Al-‘Azhariyy d’après Al-Layth que les gens avaient dérivé du nom de Lout un verbe pour celui qui fait la sodomie, cela  ne s’accorde pas avec ce qu’a dit Al-‘Azhariyy que tout autre que les quatre noms des prophètes sont des noms non arabes. Il n’y a donc pas de fondement sur cette parole rapportée de Al-Layth.

 

Quant à la parole des gens qui disent au sujet de celui qui fait cet acte : (Loutiyy) ceci est pour l’attribuer au peuple de Lout et non pas à Lout lui-même. En effet, la règle de l’attribution dans la langue arabe, c’est qu’ils disent lorsqu’ils attribuent quelque chose à un terme composé d’un nom et d’un complément de nom, ils citent le nom et disent au sujet de ^Abdou l-Qays, un tel est Qaysiyy et ils comprennent de cela uniquement la tribu. Il en est de même lorsqu’ils disent : (Loutiyy). Seulement, ce n’est pas une expression approuvée. Lorsqu’il y a l’attribution, si la personne visait l’acte, il est préférable qu’elle dise : (Untel est liwatiyy) ou (Untel al-la’it).

 

De plus, cette parole de Al-Layth que les gens auraient dérivé à partir de Lout un verbe pour celui qui pratique al-liwat, cette parole n’est pas explicite pour affirmer que c’est une dérivation correcte dans la langue. Peut-être voulait-il dire que c’est une attribution qui n’a pas de considération mais que ce ne sont que quelques mécréants qui ont fait cela et il ne vise pas par là l’approbation ni qu’il était correct de faire une pareille dérivation du verbe à partir du nom de Lout ^alayhi s-salam.

 

En résumé, ce qui a été cité pour la dérivation de lata et ce qui est de cet ordre à partir du nom de Lout, il n’a aucun fondement dans la dérivation qui est connue comme telle selon les linguistes. En effet, al-‘ichtiqaq – la dérivation – qui est reconnue comme telle selon les linguistes, sa condition c’est que ce qui est dérivé et ce de quoi il est dérivé soient tous deux dans la langue arabe parce qu’ils ont dit dans la définition de la dérivation que c’est de prendre un terme à partir d’un autre pour une correspondance entre eux. Ils ont classé cela en trois exemples dans la langue arabe puisqu’ils ont pris pour exemple : pour la petite dérivation comme halboun et halaba qui est le verbe, pour la dérivation moyenne comme darboun et dariboun et pour la dérivation majeure comme thalboun et thalmoun et ce qui est de cet ordre.  Et Lout ^alayhi s-salam c’est le fils du frère de ‘Ibrahim ^alayhi s-salam et tous deux ne sont pas arabes par accord des savants.

Le paradis

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur septembre 28, 2011

La croyance au Paradis et à sa félicité

La louange est à Allah. Que davantage d’honneur et d’élévation en degrés soient accordés au Prophète de Allah. Louanges à Allah, Celui Qui est Unique, Celui Qui n’a besoin de rien, Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah ta^ala et je L’implore de me guider sur le chemin de droiture. Je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah contre le mal de mon âme et de mes mauvais actes. Le bien-guidé est celui que Allah guide, et nul ne peut guider celui qu’Il égare.

 

Que l’honneur et l’élévation en degrés les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur d’un châtiment. Le Prophète, qui est comme une lumière éclatante et une lune éclairante, a appelé à la religion agréée par Allah. Allah a guidé par lui la communauté. Il a dévoilé par lui les obscurités. Le Prophète a transmis le message. Il s’est acquitté de ce qui lui a été confié. Il a conseillé la communauté. Que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il a rétribué chacun de Ses prophètes.

 

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec l’enseignement de droiture et la religion de la vérité. Je témoigne que notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam est Son esclave et Son messager. Que Allah l’honore ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.

 

 

 

 

 

 

Mes frères de foi, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyy, Al-^Adhim, Lui Qui dit dans la révélation :

﴿ وَعَدَ اللهُ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَمَسَاكِنَ طَيِّبَةً فِي جَنَّاتِ عَدْنٍ وَرِضْوَانٌ مِّنَ اللهِ أَكْبَرُ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ  ﴾

(wa^ada l-Lahou l-mouminina wa l-mouminati jannatin tajri min tahtiha l-‘anharou khalidina fiha wa maçakina tayyibatan fi jannati ^adnin wa ridwanoun mina l-Lahi ‘akbar dhalika houwa l-fawzou l-^adhim)

ce qui signifie : « Allah a promis aux croyants et aux croyantes des jardins sous lesquels coulent des fleuves, ils y resteront éternellement, et de belles résidences dans des jardins d’Eden. Et l’agrément de Allah est une récompense plus éminente encore. C’est cela la grande réussite » [sourat At-Tawbah / 72].

Oui mes bien-aimés, c’est cela la grande réussite, que Allah nous honore par cela. Mes frères de foi, nous parlons aujourd’hui du Paradis et de ce que Allah y a réservé aux croyants.

 

Le Paradis est la résidence de la félicité éternelle. Croire au Paradis, autrement dit croire en son existence, cela fait partie de la croyance des musulmans. Il est un devoir de croire en son existence. Le Paradis existe actuellement, c’est ce qu’ont indiqué les nombreux textes de Loi. Il existe et n’aura pas de fin, car Allah l’a spécifié ainsi.

 

Au Paradis, les gens vivront éternellement, tout comme Allah ^azza wa jall nous l’apprend dans le Qour’an :

﴿ وَالَّذِينَ ءامَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ سَنُدْخِلُهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا لَّهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَنُدْخِلُهُمْ ظِـلاًّ ظَلِيلاً 

 (wa lladhina ‘amanou wa^amilou ssalihati sanoudkhilouhoum jannatin tajri min tahtiha l-‘anharou khalidina fiha ‘abada lahoum fiha ‘azwajoun moutahharatoun wa noudkhilouhoum dhillan dhalila)

ce qui signifie : « Ceux qui ont été croyants et ont agi en bien, Nous les ferons entrer dans des jardins sous lesquels coulent des fleuves. Ils y resteront éternellement, ils y auront des épouses pures » [sourat An-Niça / 57].

 

La félicité du Paradis est éternelle, autrement dit, elle ne prend pas fin. Au Paradis, la félicité est de deux sortes : il y aune félicité spécifique que seuls les pieux auront et une félicité générale qu’auront tous les gens du Paradis. Parmi la félicité générale qu’obtiendront tous les gens du Paradis, il y a le fait qu’ils seront tous jeunes, ils ne vieilliront jamais, ils seront tous en bonne santé et ils ne tomberont jamais malade. Les gens seront tous heureux, ils ne seront jamais atteints de tourments, de chagrin et de tristesse, jamais !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, ils resteront toujours vivants dans une félicité éternelle, ils ne mourront jamais, tout comme nous l’a annoncé notre Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam dans le hadith sahih :

 

 » يُنَادِي مُنَادٍ إِنَّ لَكُمْ أَنْ تَصِحُّوا فَلاَ تَسْقَمُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَحْيَوْا فَلاَ تَمُوتُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَشِبُّوا فَلاَ تَهْرَمُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَنْعَمُوا فَلاَ تَبْأَسُوا أَبَداً « 

ce qui signifie : « Un ange appellera et les gens du Paradis vont l’entendre, il dira : “Vous resterez en bonne santé, vous ne tomberez jamais malades. Vous resterez vivants éternellement, vous ne mourrez plus jamais. Vous resterez jeunes éternellement, vous ne vieillirez jamais. Vous aurez une félicité, vous ne serez atteints d’aucune tristesse, à jamais ” » [rapporté par Mouslim].

 

Et cela est conforme à la parole de Allah ^azza wa jall:

﴿ وَنُودُواْ أَن تِلْكُمُ الْجَنَّةُ أُورِثْتُمُوهَا بِمَا كُنتُمْ تَعْمَلُونَ

(wa noudou ‘an tilkoumou l-jannatou ‘ourithtoumouha bima kountoum ta^maloun)

ce qui signifie : « Ils entendront un appel qui signifie : “Voici le Paradis dont vous avez hérité en récompense de vos œuvres” » [sourat Al-‘A^raf / 43].

 

Mes frères de foi, écoutez bien ce qui nous est parvenu au sujet de sa description faite par le Prophète éminent, que Allah l’honore et l’élève davantage en degrés, dans un autre hadith, où il dit à son sujet :

« هِيَ وَرَبِّ الكَعْبَةِ نُورٌ يَتَلأْلأُ وَرَيْحَانَةٌ تَهْتَزُّ وَنَهْرٌ مُضْطَّرِدٌ وَقَصْرٌ مَشِيدٌ وَفَاكِهَةٌ نَضِيجَةٌ وَزَوْجَةٌ حَسْنَاءُ جَمِيلَةٌ فِي مُقَامٍ أَبَدِيٍّ وَحُبْرَةٍ وَنَضْرَةٍ »

ce qui signifie : « Par le Seigneur de la Ka^bah, le Paradis contient des lumières scintillantes, une belle odeur qui embaume, des fleuves qui coulent à même le sol sans lits, des palais érigés, des fruits mûrs, et une épouse belle dans une résidence éternelle, dans une grâce et une joie éternelles » [rapporté par Ibnou Majah dans ses Sounan].

 

Ainsi, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam  a juré par le Seigneur de la Ka^bah en disant que dans le Paradis, il y a des lumières qui scintillent. C’est pour cela qu’au Paradis, il n’y a pas besoin de soleil ou de lune. Tout ce qu’il y a au Paradis est clair, il n’y a pas d’obscurité. La durée de la nuit et du jour est connue par des signes que Allah crée au Paradis.

 

Au Paradis, il y a Touba. Mes frères de foi, Touba est un arbre à l’ombre duquel un voyageur pourrait marcher pendant cent ans sans le dépasser. Il a comme fruits les vêtements que les gens du Paradis porteront.

 

Au Paradis, il y a des fleuves qui coulent, et il n’y a pas de difficultés pour en puiser. Ce ne sont pas des fleuves qui se trouvent dans des lits profonds. Ce sont des fleuves qui coulent à même le sol du Paradis.

 

Au Paradis, il y a également des oiseaux qui ne sont pas comme les oiseaux du bas monde. À ce sujet, il  nous est parvenu que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :

« إِنَّكَ لَتَنْظُرُ إِلَى الطَّيْرِ فِي الجَنَّةِ فَتَشْتَهِيهِ فَيَخِرُّ بَيْنَ يَدَيْكَ مَشْوِيّاً »

ce qui signifie : « Au paradis, il t’arrive d’observer un oiseau. Si tu désires le manger, tu le retrouves grillé entre tes mains ». [rapporté par Al-Bazzar dans son Mousnad].

Après que le croyant ait mangé cet oiseau cuit, Allah lui donne à nouveau la vie et il s’envole comme il était.

 

Au Paradis, il y a des lits élevés, tout comme notre Seigneur le dit dans le Qour’an Honoré :

فِيهَا سُرُرٌ مَّرْفُوعَةٌ﴿

(fiha sourouroun marfou^ah)

ce qui signifie : « Il comporte des lits élevés » [sourat Al-Ghachiyah/13].

 

Concernant la description de ces lits, il nous est parvenu qu’ils sont ornés de pierres précieuses, et que ses planches sont en or. Ils sont élevés tant que celui qui veut y prendre place n’est pas venu. Lorsque celui qui veut s’y installer arrive, ce lit s’abaisse et il s’assoit dessus, puis il reprend sa position élevée. Allah ta^ala a fait que ses lits fassent partie des moyens de déplacement au Paradis. Ainsi, si quelqu’un souhaite rencontrer une autre personne au Paradis, ce lit l’emmène en s’envolant, par la Toute- Puissance de Allah ta^ala, jusqu’à arriver face au lit de cette personne. Ils s’assoient l’un en face de l’autre et ils discutent. Ensuite, son lit l’amène d’où il est venu. Et c’est cela la signification de la parole de Allah ta^ala :

﴿ عَلَى سُرُرٍ مُّتَقَابِلِينَ

(^ala sourourin moutaqabilin)

ce qui signifie : « Sur des lits l’un en face de l’autre » [sourat Al-Hijr/47].

 

        Mes frères de Foi, ce que nous avons cité est une partie de ce qui nous est parvenu au sujet de la félicité générale qu’obtiendront tous les gens du Paradis. Quant à la félicité particulière que Allah a réservée aux pieux, aucun ange de haut degré, aucun prophète envoyé n’en ont pris connaissance. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté de Abou Hourayrah, que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :

قَالَ اللهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَعْدَدْتُ لِعِبَادِي الصَّالِحِينَ مَا لَا عَيْنٌ رَأَتْ وَلاَ أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلاَ خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ فَاقْرَؤُوا إِنْ شِئْتُمْ

 (qala l-Lahou tabaraka wa ta^ala: ‘a^dadtou li^ibadiya ssalihina ma la ^aynoun ra’at wa la ‘oudhounoun sami^at wa la khatara ^ala qalbi bachar)

ce qui signifie : « Allah a dit ce qui signifie : “J’ai réservé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’a pas même effleuré le cœur d’un humain“ ». Alors récitez, si vous voulez la parole de Alla:

﴿ فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّن قُرَّةِ أَعْيُنٍ

 (fala ta^lamou nafsoun ma ‘oukhfiya lahoum min qourrati a^younin)

ce qui signifie : « Aucune âme ne sait ce qui leur a été réservée comme réjouissance » [sourat As-Sajdah/17].

 

Ô Allah, par le degré du Maître des Messagers, fais que nous soyons parmi les meilleurs de Tes esclaves vertueux, ceux-là même qui n’auront pas à avoir de crainte ni à être chagrinés. Ô Allah accorde- nous une grande ardeur pour soutenir cette religion afin que nous soyons au nombre des victorieux dans l’au-delà.

 

 

Mes frères de foi, œuvrez dans l’obéissance à Allah avec sérieux et diffusez l’appel à la religion agréée par Allah. Mettez vos ardeurs au service de cette religion et rappelez-vous la parole de Allah ta^ala :

﴿ إِنَّ اللهَ اشْتَرَى مِنَ الْمُؤْمِنِينَ أَنفُسَهُمْ وَأَمْوَالَهُم بِأَنَّ لَهُمُ الجَنَّةَ  ﴾

(‘inna l-Laha chtara mina l-mou’minina ‘anfouçahoum wa ‘amwalahoum bi ‘anna lahoumou l-jannah)

ce qui signifie : « Allah a promis aux croyants, en contrepartie de leur âme et de leurs biens, qu’ils auront le Paradis » [sourat At-Tawbah/111].

 

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