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Ach CharH al Qawiim : Commentaire du Sirat al Moustaqim : de page 1 à 94

Posted in cours général,Croyance,islam,Livre par chaykhaboulaliyah sur juillet 10, 2024
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الشَّرْحُ الْقَوِيمُ

Charh al-qawim

بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Le Chaykh dit : je commence par le nom de Allah ar-Rahman ar-Rahim. 

بِسْمِ اللَّهِ أَيْ أَبْتَدِئُ بِاسْمِ اللَّهِ، وَلَفْظُ الْجَلالَةِ اللَّهُ عَلَمٌ لِلذَّاتِ الْمُقَدَّسِ الْمُسْتَحِقِّ لِنِهَايَةِ التَّعْظِيمِ وَغَايَةِ الْخُضُوعِ وَمَعْنَاهُ مَنْ لَهُ الإِلَهِيَّةُ وَهِيَ الْقُدْرَةُ عَلَى الِاخْتِرَاعِ أَيْ إِخْرَاجِ الْمَعْدُومِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ، وَالرَّحْمٰنُ مَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ فِي الدُّنْيَا وَبِالْمُؤْمِنِينَ فِي الآخِرَةِ.

Il dit : quand je commence par le nom de Allah, c’est-à-dire je débute par le nom de Allah. Et le nom de Allah est un nom indiquant un Être Qui est glorifié et Qui mérite l’extrême glorification de notre part et l’extrême soumission de notre part. Et le nom de Allah veut dire : « Celui Qui a la divinité », la divinité qui signifie : « la capacité de crée », et ici « crée » signifie : « faire passer ce qui n’existe pas du néant à l’existence. » Ainsi, Allah est Celui Qui a la capacité de donner l’existence à ce qui n’existait pas. Et « ar-Rahman » qui est un nom de Dieu signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants et les mécréants dans le bas monde, et envers les croyants dans l’au-delà. »

أَمَّا الرَّحِيمُ فَمَعْنَاهُ الْكَثِيرُ الرَّحْمَةِ بِالْمُؤْمِنِينَ.

Quant au nom de Allah « ar-Rahim », il signifie : « Celui qui est très miséricordieux envers les croyants. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الصِّرَاطُ الْمُسْتَقِيمُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : assirat al-moustaqim, qui signifie : « le chemin de droiture. »

الشَّرْحُ أَيْ هَذَا بَيَانٌ لِلصِّرَاطِ الْمُسْتَقِيمِ أَيْ لِلطَّرِيقِ الْحَقِّ

Commentaire : il s’agit là de l’indication du chemin de droiture, c’est-à-dire du chemin de la vérité.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : louange est à Allah.

الشَّرْحُ الْحَمْدُ مَعْنَاهُ الثَّنَاءُ بِاللِّسَانِ عَلَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ عَلَى جِهَةِ التَّبْجِيلِ وَالتَّعْظِيمِ وَمَعْنَى الْجَمِيلِ الِاخْتِيَارِيِّ أَيِ الشَّىْءُ الَّذِي أَنْعَمَ بِهِ عَلَى عِبَادِهِ مِنْ غَيْرِ وُجُوبٍ عَلَيْهِ.

Commentaire : la louange « al-hamd », est le fait de remercier par la langue pour les bienfaits accordés par la volonté de Dieu, et c’est un remerciement qui indique la glorification. Et le sens de : « bienfaits qu’Il accorde par Sa volonté », signifie : « ce dont Allah fait grâce à Ses esclaves sans que ce soit un devoir pour Lui de le faire », car il n’y a pas d’obligation qui incombe à Allah. Par conséquent, Allah accorde ces bienfaits par Sa grâce sans qu’Il ne soit obligé de le faire.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : que Dieu élève en grade et en degré le Messager de Allah et qu’Il apaise ses craintes quant au sort de sa communauté.

الشَّرْحُ الصَّلاةُ هُنَا مَعْنَاهَا التَّعْظِيمُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى أَنْ يَزِيدَ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا تَعْظِيمًا وَأَمَّا السَّلامُ فَمَعْنَاهُ الأَمَانُ أَيْ نَطْلُبُ مِنَ اللَّهِ لِرَسُولِهِ الأَمَانَ مِمَّا يَخَافُهُ عَلَى أُمَّتِهِ.

Commentaire : le mot salat signifie la glorification, c’est à dire que nous demandons à Dieu d’élever la gloire de notre maitre Mouhammed. Et as-salam, signifie al-‘aman, c’est-à-dire que nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ainsi, la phrase :

الصَّلاةُ وَالسَّلامُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ

qui signifie « que Allah apaise ses craintes quant au sort de sa communauté » résume ceci : « nous demandons à Allah en faveur de Son Messager la sauvegarde de ce que le Messager craint pour sa communauté. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ [سُورَةَ الْحَشْرِ/18]. 

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Dieu dit dans sourate al-hachr verset 18 :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾

ce qui signifie : « ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chacun considère ce qu’il prépare et avance comme acte de bien pour le jour du jugement. »

الشَّرْحُ أَيْ لِيَنْظُرِ الْمَرْءُ مَا يُعِدُّ وَيُقَدِّمُ لِآخِرَتِهِ مِنَ الْعَمَلِ الصَّالِحِ، وَالآخِرَةُ يَنْفَعُ فِيهَا تَقْوَى اللَّهِ.

Commentaire : c’est-à-dire : que la personne prête attention et prenne conscience de ce qu’elle prépare pour son au-delà comme bonnes œuvres. Et ce qui est profitable dans l’au-delà c’est de faire preuve de piété à l’égard de Allah.

وَالتَّقْوَى هِيَ أَدَاءُ الْوَاجِبَاتِ وَاجْتِنَابُ الْمُحَرَّمَاتِ، وَمِنْ جُمْلَةِ الْوَاجِبَاتِ تَعَلُّمُ الْعِلْمِ الشَّرْعِيِّ، فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ، فَلا يَكُونُ مِثْلُ هَذَا مُتَّقِيًا مَهْمَا أَتْعَبَ نَفْسَهُ فِي الْعِبَادَاتِ وَجَاهَدَ نَفْسَهُ بِتَحَمُّلِ مَشَقَّاتِ الْعِبَادَةِ وَكَفِّهَا عَنْ هَوَاهَا.

Et la piété est le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits. Et parmi les devoirs il y a le fait d’apprendre la science de la religion. Ainsi, l’esclave ne sera au nombre des pieux que s’il apprend ce que Allah a ordonné à Ses esclaves de connaitre comme science de la religion. En d’autres termes, celui qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre, il ne sera jamais pieux, parce que l’une des conditions pour atteindre la piété c’est de connaitre le minimum indispensable de la science de la religion. Ainsi, celui qui n’a pas appris ce minimum indispensable de la science de la religion ne deviendra pas pieux, car il n’a pas de quoi garantir que ses actes soient corrects, que sa croyance soit correcte. Ainsi, pareille personne qui n’a pas appris ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’apprendre ne deviendra pas pieuse, quels que soient les efforts qu’elle fournira pour accomplir les actes d’adorations, quels que soient les efforts qu’elle fournit pour contredire les passions de son âme en supportant la difficulté que la personne peut rencontrer pour accomplir les actes d’adorations, quelles que soient les difficultés que la personne rencontre pour empêcher son âme à suivre ses passions, à suivre ses désirs.

فَلا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنَ الْمُتَّقِينَ مَا لَمْ يَتَعَلَّمْ مَا فَرَضَ اللَّهُ عَلَى عِبَادِهِ مَعْرِفَتَهُ مِنْ عِلْمِ دِينِهِ

Ainsi, l’esclave ne fera pas partie des pieux s’il n’a pas appris ce que Dieu a ordonné à l’esclave d’apprendre comme science de la religion.

وَأَكْثَرُ الْمُتَصَوِّفَةِ الْيَوْمَ لا يَطْلُبُونَ الْعِلْمَ الشَّرْعِيَّ إِلَى الْقَدْرِ الْكَافِي إِنَّمَا يَمِيلُونَ إِلَى الإِكْثَارِ مِنَ الذِّكْرِ فَهَؤُلاءِ لا يَصِيرُونَ مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ مَهْمَا تَعِبُوا وَمَهْمَا صَحِبُوا أَوْلِيَاءَ اللَّهِ وَخَدَمُوهُمْ إِلَّا إِذَا أَتَتْهُمْ نَفْحَةٌ فَيَتَعَلَّمُونَ وَيَجِدُّونَ فِي الْعَمَلِ، فَهَؤُلاءِ مِنْ أَهْلِ الْعِنَايَةِ، وَأَمَّا الَّذِينَ بَقُوا عَلَى مَا هُمْ عَلَيْهِ مِنَ الْجَهْلِ وَظَنُّوا أَنَّهُمْ يَصِلُونَ إِلَى اللَّهِ بِالذِّكْرِ وَمَحَبَّةِ الأَوْلِيَاءِ فَهَؤُلاءِ مَخْدُوعُونَ.

Et de nos jours, la plupart de ceux qui se proclament soufiyy à notre époque n’apprennent pas la science de la religion jusqu’à atteindre une part suffisante, mais la plupart d’entre eux ont tendance à multiplier les assemblées d’évocation -dhikr-, et ces gens-là ne deviendront pas des saints vertueux de Dieu, quel que soit l’effort qu’ils fournissent, et quels que soient les saints dont ils tiennent compagnie et au service desquels ils sont. Sauf s’ils reçoivent un souffle, [au sens figuré] c’est-à-dire qu’ils reçoivent un renfort de la part du saint au service duquel ils sont et qui leur donne un souffle, et ce souffle va les amener à apprendre la religion et ils vont s’appliquer dans les œuvres. Ces gens-là sont des gens qui ont été recommandés, c’est-à-dire que les saints se sont occupés d’eux. Quant à ceux qui sont restés sur leur état d’ignorance, ils ont cru qu’ils allaient atteindre un état dans lequel Allah les agrée juste en faisant du dhikr, juste par leur amour pour les saints, eh bien ces gens-là sont dupés, ils sont dans une erreur profonde.

Ainsi, ce qui est à retenir dans ce que le Chaykh dit c’est qu’il n’y a pas de voie pour atteindre les hauts degrés sans l’apprentissage, la voie pour atteindre les hauts degrés passe indispensablement par l’apprentissage d’un minimum de la religion.

وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى مُحَاسَبَةِ الْعَبْدِ نَفْسَهُ، وَمَعْنَى الْغَدِ هُوَ الآخِرَةُ.

Quant à la parole de Dieu dans sourate al-hachr verset 18 :

﴿وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ﴾

elle signifie : « que chacun considère ce qu’il prépare comme acte de bien pour l’au-delà », et c’est une preuve que l’esclave doit se rendre des comptes. Et dans le verset « al-ghad » -le lendemain- fait référence à l’au-delà, ça signifie que l’au-delà est imminent.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَكَرَّمَ وَجْهَهُ: الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي كِتَابِ الرِّقَاقِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et ^Aliyy que Allah l’agrée et honore son visage a dit :

الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

ce qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes. » Rapporté par al-Boukhariyy dans le chapitre ar-riqaq.

الشَّرْحُ قَوْلُ كَرَّمَ وَجْهَهُ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ اسْتَحْدَثَهُ النَّاسُ بَعْدَ مِائَةِ سَنَةٍ أَوْ أَكْثَرَ مِنْ وَفَاةِ عَلِيٍّ وَلا بَأْسَ بِقَوْلِهِ وَقَوْلِ عَلَيْهِ السَّلامُ

Commentaire : la parole « karrama wadjhahou » à propos de notre maitre ^Aliyy est une invocation qui a été innovée par les gens 100 ans ou plus après le décès de ^Aliyy et il n’y a pas de mal à dire cette invocation.

وَلَيْسَ قَوْلُ كَرَّمَ اللَّهُ وَجْهَهُ خَاصًّا بِسَيِّدِنَا عَلِيٍّ لِأَنَّهُ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَمَا يَظُنُّ بَعْضُ النَّاسِ، بَلْ يُوجَدُ غَيْرُهُ فِي الصَّحَابَةِ مَنْ لَمْ يَسْجُدْ لِصَنَمٍ كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ الزُّبَيْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا وَفِيهِمْ مَنْ وُلِدَ ضِمْنَ الْكَعْبَةِ كَمَا وُلِدَ عَلِيٌّ فِي الْكَعْبَةِ فَإِنَّ حَكِيمَ بنَ حِزَامٍ وُلِدَ فِي الْكَعْبَةِ.

Et on ne dit pas l’invocation « karrama Allahou wadjhahou » envers l’imam ^Aliyy pas parce qu’il ne s’est jamais prosterné pour une idole, car il y a eu d’autres compagnons qui ne se sont pas prosternés pour une idole comme ^Abdou l-Lah fils de az-Zoubayr, que Dieu les agrée. Et de même, on ne dit pas « karrama Allahou wadjhahou » à propos de notre maitre Aliyy parce qu’il est né à l’intérieur de la ka^ba, car il y en a d’autres qui sont nées à l’intérieur de la ka^ba, comme un homme qui s’appelle Hakim fils de Hizam qui est née à l’intérieur de la ka^ba tout comme notre maitre ^Aliyy.

   وَتَمَامُ الرِّوَايَةِ الَّتِي رُوِيَتْ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ:

ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل

Et par rapport à la parole de notre maitre ^Aliyy :

الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَغَدًا الْحِسَابُ

qui signifie : « aujourd’hui ce sont les actes et demain les comptes », c’est un extrait d’une parole qui est plus longue que celle-ci qui est :

ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا وَهِيَ مُدْبِرَةٌ وَارْتَحَلَتِ الآخِرَةُ وَهِيَ مُقْبِلَةٌ فَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الآخِرَةِ وَلا تَكُونُوا مِنْ أَبْنَاءِ الدُّنْيَا، الْيَوْمَ الْعَمَلُ وَلا حِسَابَ وَغَدًا الْحِسَابُ وَلا عَمَل

qui signifie : « le bas monde est comme en train de se déplacer pour nous quitter, et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir vers à nous, alors soyez de ceux qui sont attachés à l’au-delà et ne soyez pas de ceux qui sont attachés au bas monde, aujourd’hui ce sont les œuvres et il n’y a pas de compte, et demain ceux sont les comptes et il n’y a pas d’œuvres. »

وَمَعْنَى قَوْلِهِ: ارْتَحَلَتِ الدُّنْيَا أَيْ سَارَتِ الدُّنْيَا، وَمَعْنَى مُدْبِرَةٌ أَيِ الدُّنْيَا سَائِرَةٌ إِلَى الِانْقِطَاعِ وَالآخِرَةُ سَارَتْ مُقْبِلَةً فَالدُّنْيَا دَارُ الْعَمَلِ، وَالآخِرَةُ دَارُ الْجَزَاءِ عَلَى الْعَمَلِ، دَارُ الْحِسَابِ وَلَيْسَتْ دَارَ الْعَمَلِ.

Ainsi, le bas monde se déplace comme s’il va vers sa fin et c’est comme si l’au-delà se déplaçait pour venir à nous, le bas monde est donc une résidence pour œuvrer et l’au-delà est une résidence de rétribution pour les œuvres, l’au-delà est une résidence de rétribution et ce n’est pas une résidence pour les œuvres. Cette parole a été rapportée par al-Boukhariyy dans ar-riqaq.

وَالرِّقَاقُ كِتَابٌ مَخْصُوصٌ فِي أَوَاخِرِ الْجَامِعِ الْمُسْنَدِ لِلْبُخَارِيِّ.

Et « ar-riqaq » est un chapitre dédié à la fin du livre al-jami^ou l-mousnad qui est un livre de hadith qui comporte des chaînes de transmission -al-mousnad- de al-Boukhariyy. Ainsi, al-Boukhariyy a dédié un chapitre du nom de « ar-riqaq » dans son livre jami^ou l-mousnad qui veut littéralement dire : «les paroles d’exhortations. »

أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ

Le devoir le plus éminent à l’égard de Allah de la part de Ses esclaves

اعْلَمْ أَنَّ أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ تَعَالَى عَلَى عِبَادِهِ هُوَ تَوْحِيدُهُ تَعَالَى وَأَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ لِأَنَّ الإِشْرَاكَ بِاللَّهِ هُوَ أَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ وَهُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ.

قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/48].

Sache que le plus éminent des droits de Allah sur Ses esclaves c’est la croyance en Son unicité ta^ala et de ne rien adorer d’autre que Lui, en effet, attribuer un associé à Dieu est le plus grand péché que l’esclave puisse commettre, et c’est le péché que Allah ne pardonne pas alors qu’Il pardonne tout péché moindre que celui-là à qui Il veut. Ainsi, Allah dit sourate an-niça’ verset 48 :

﴿إِنَّ اللَّهَ لا يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَآءُ﴾

ce qui signifie : « certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui attribue un associé et Il pardonne les péchés moins grave que cela à qui Il veut. »

الشَّرْحُ مَعْرِفَةُ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ إِفْرَادِهِ بِالْعِبَادَةِ أَيْ نِهَايَةِ التَّذَلُّلِ هُوَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ، وَأَكْبَرُ ذَنْبٍ يَقْتَرِفُهُ الْعَبْدُ هُوَ الْكُفْرُ وَهُوَ عَلَى نَوْعَيْنِ: كُفْرٌ شِرْكٌ وَكُفْرٌ غَيْرُ شِرْكٍ، فَكُلُّ شِرْكٍ كُفْرٌ وَلَيْسَ كُلُّ كُفْرٍ شِرْكًا، لِذَلِكَ كَانَ أَعْظَمُ حُقُوقِ اللَّهِ عَلَى عِبَادِهِ أَنْ يَعْبُدُوهُ وَلا يُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا. 

Commentaire : connaitre Allah ta^ala en n’adorant que Lui, c’est-à-dire en se soumettant à l’extrême uniquement à Lui, est le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves. Et le plus grave des péchés que puisse commettre l’esclave c’est la mécréance, et la mécréance est de deux sortes : il y a une mécréance qui revient à attribuer un associé à Dieu, et il y a une mécréance qui ne revient pas attribuer un associer à Dieu. Ainsi toute forme d’association à Dieu est de la mécréance, mais ce n’est pas toute mécréance qui revient forcément à attribuer un associé à Dieu. Ainsi, le plus grand des droits que Dieu a sur Ses esclaves est qu’ils L’adorent et qu’ils ne Lui attribue aucun associé.

وَالْكُفْرُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/254] فُظُلْمُ الْكَافِرِ بِكُفْرِهِ أَعْظَمُ مِنْ قَتْلِ الْمُسْلِمِ ءَالافَ الآلافِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْلالٍ لِقَتْلِهِمْ.

Et la mécréance est la pire des injustices, c’est-à-dire que toutes les injustices par rapport à la mécréance sont comme rien du tout. Et la preuve est la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 254 :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾

ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes. » Ainsi, l’injustice commise par le mécréant lorsqu’il commet de la mécréance est la pire des injustices, et l’injustice qu’il commet par sa mécréance est plus grave que si un musulman assassinait des milliers et des milliers de musulmans, sans pour autant considérer licite de les tuer, c’est-à-dire qu’il les assassine en considérant que c’est un péché.

وَقَدْ أَخْبَرَ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَغْفِرُ كُلَّ الذُّنُوبِ لِمَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ الْمُسْلِمِينَ الْمُتَجَنِّبِينَ لِلْكُفْرِ بِنَوْعَيْهِ الإِشْرَاكِ بِاللَّهِ تَعَالَى الَّذِي هُوَ عِبَادَةُ غَيْرِهِ وَالْكُفْرِ الَّذِي لَيْسَ فِيهِ إِشْرَاكٌ كَتَكْذِيبِ الرَّسُولِ وَالِاسْتِخْفَافِ بِاللَّهِ أَوْ بِرَسُولِهِ مَعَ تَوْحِيدِ اللَّهِ تَعَالَى وَتَنْزِيهِهِ.

Ainsi, Allah nous a appris qu’Il pardonne tous les péchés à qui Il veut parmi Ses esclaves musulmans qui évitent la mécréance sous ses deux formes, à savoir l’attribution d’associer à Dieu qui consiste à adorer autre que Allah, ainsi que la mécréance qui ne comporte pas d’attribution d’associer à Allah comme le fait de démentir le Messager ou comme le fait de se moquer de Dieu ou de Son Messager tout en ayant pour croyance que Allah est unique et en L’exemptant de toute ressemblance avec Ses créatures.

وَمِمَّا يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ أَيْضًا قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ رَوَاهُ أَحْمَدُ وَابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ.

Et parmi ce qui indique cela, à savoir que Allah ne pardonne pas la mécréance pour celui qui en meurt chargé, il y a la parole du prophète :

إِنَّ اللَّهَ لَيَغْفِرُ لِعَبْدِهِ مَا لَمْ يَقَعِ الْحِجَابُ

ce qui signifie : « certes Allah pardonne à Son esclave tant que le voile n’est pas tombé. »

 قَالُوا: وَمَا وُقُوعُ الْحِجَابِ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟

Alors les compagnons ont dit : « que signifie donc : « que le voile tombe » ô Messager de Dieu ? »

قَالَ: أَنْ تَمُوتَ النَّفْسُ وَهِيَ مُشْرِكَةٌ

Le prophète a expliqué en disant : « c’est que la personne meurt en étant assimilatrice », c’est que la personne meurt en ayant commise la mécréance. Hadith rapporté Ahmad et Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih.

فَالْكُفْرُ بِجَمِيعِ أَنْوَاعِهِ هُوَ الذَّنْبُ الَّذِي لا يَغْفِرُهُ اللَّهُ أَيْ لِمَنِ اسْتَمَرَّ عَلَيْهِ إِلَى الْمَوْتِ أَوْ إِلَى حَالَةِ الْيَأْسِ مِنَ الْحَيَاةِ بِرُؤْيَةِ مَلَكِ الْمَوْتِ وَمَلائِكَةِ الْعَذَابِ أَوْ إِدْرَاكِ الْغَرَقِ بِحَيْثُ أَيْقَنَ بِالْهَلاكِ وَنَحْوِهِ فَذَاكَ مُلْحَقٌ بِالْمَوْتِ.

Ainsi, la mécréance sous toutes ses formes est le péché que Allah ne pardonne pas, c’est-à-dire pour celui qui persiste sur la mécréance jusqu’à la mort, ou jusqu’à parvenir à un état où il perd tout espoir de vivre, donc s’il meurt ou bien s’il arrive à un état dans lequel il perd tout espoir de vivre, Dieu ne lui pardonnera pas sa mécréance. Et la parole « il perd tout espoir de vivre » signifie qu’il sait qu’il va mourir, comme dans le cas où il voit l’ange de la mort, ou encore comme dans le cas où il voit les anges du châtiment, ou encore comme s’il sait qu’il va se noyer, c’est-à-dire qu’il est certain qu’il va mourir ou ce qui est de cet ordre. Eh bien, ces cas-là que nous venons de citer sont rattachés au jugement du mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement que s’il était mort, par conséquent, ce sont les mêmes règles qui s’appliquent à la personne.

Et nous parlons de la règle qui stipule comme quoi si quelqu’un meurt mécréant, il ne sera pas pardonné. Par conséquent, celui qui voit l’ange de la mort c’est comme s’il était déjà mort, celui qui voit les anges du châtiment c’est comme s’il était mort, celui qui sait qu’il va mourir noyer c’est comme s’il était mort, c’est-à-dire que c’est le même jugement qui s’applique à lui, à savoir le jugement qui stipule qu’il ne sera pas pardonné.

 فَالْحَاصِلُ أَنَّ الْكُفْرَ لا يُغْفَرُ إِلَّا بِالإِسْلامِ فِي الْوَقْتِ الَّذِي يَكُونُ مَقْبُولًا فِيهِ

En résumé, la mécréance n’est pardonnée que par l’Islam pendant le temps dans lequel l’Islam est accepté.

فَمَنْ أَسْلَمَ بَعْدَ الْوَقْتِ الَّذِي يُقْبَلُ فِيهِ فَلا يَمْحُو إِسْلامُهُ كُفْرَهُ.

Celui donc qui reconnait l’Islam comme juste religion dans un temps où son islam n’est plus accepté de lui, eh bien cette reconnaissance n’effacera pas de lui cette mécréance.

فَالْكُفْرُ هُوَ أَعْظَمُ الذُّنُوبِ وَبَعْدَهُ قَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ

Ainsi, la mécréance est le plus grave des péchés, et après la mécréance, le péché le plus grave est le fait de tuer quelqu’un injustement.

وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/191] أَيِ الشِّرْكُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ

Cela étant dit, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 191 :

﴿وَالْفِتْنَةُ أَشَدُّ مِنَ الْقَتْلِ﴾

ce qui signifie : « وَالْفِتْنَةُ est plus grave que de tuer », et dans ce verset : «الْفِتْنَة « ici signifie « ash-shirk» [l’association].

Ainsi, dans ce verset 191 de sourate al-baqarah, la fitnah ne veut pas dire semer la zizanie, car nous ne disons pas que semer la zizanie est plus grave que tuer, non. Mais qu’est-ce qui est plus grave que tuer ? C’est la mécréance. Ainsi, dans le verset 191 de sourate al-baqarah, le mot « fitna » fait référence à la mécréance.

فَالشِّرْكُ هُوَ أَعْظَمُ الظُّلْمِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ لُقْمَان/13]

Et l’association est la plus grande des injustices, preuve en est la parole de Dieu dans sourate Louqmanverset 13 :

﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾

ce qui signifie : « l’association à Dieu est certes une grave injustice. »

وَقَوْلِهِ: ﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾ وَمَعْنَاهُ أَكْبَرُ الظُّلْمِ هُوَ الْكُفْرُ.

Et dans sourate al-baqarah verset 254, Dieu dit :

﴿وَالْكَافِرُونَ هُمُ الظَّالِمُونَ﴾

ce qui signifie : « les mécréants ce sont eux les injustes», c’est-à-dire que par leur mécréance, les mécréants sont ceux qui ont atteint le plus haut degré d’injustice, car la mécréance est la pire des injustices.

Informations utiles :

قول : نَحْنُ قَوْمُ لَا نَأْكُلُ حَتَّى نَجُوع وَإِذَا أَكَلْنَا فَلَا نَشْبَعْ، لَيْسَ حَدِيثَا

La parole : « nous sommes de gens, nous ne mangeons pas avant d’avoir faim, et lorsque nous mangeons, nous ne mangeons pas à notre faim » n’est pas un hadith. Ce n’est pas un hadith ce que certains arabophones répètent.

Autre information utile :

Et le Chaykh a dit : certains savants ont dit : « celui qui mange beaucoup, il dormira beaucoup, et celui qui dort beaucoup ratera beaucoup de bien. »

Autre information utile :

Il a été rapporté par al-Bayhaqiyy et par autres que al-Bayhaqiyy que le Messager utilisait le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan. Le Chaykh a dit : « étant donné que cela a été authentifié, on ne dit pas que le fait d’utiliser le siwak l’après-midi durant le mois de ramadan est déconseillé. »

Autre information utile :

Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 200 :

﴾ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا ﴿

ce qui signifie : « ô vous qui êtes croyants, patientez et صَابِرُوا «

Le Chaykh a dit : صَابِرُوا signifie : « ayez la victoire sur les non musulmans par votre patience. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ جَمِيعُ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَغْفِرُهَا اللَّهُ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et il en est de même pour toutes les sortes mécréances, Allah ne les pardonne pas, preuve en est Sa parole ta^ala dans sourate Mohammed verset 34 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾

ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et qui ont empêché les gens d’entrer en Islam puis qui sont morts en étant mécréants, Allah ne leur pardonne pas. »

الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا النَّصُّ عَلَى أَنَّ مَنْ مَاتَ كَافِرًا لا يَغْفِرُ اللَّهُ لَهُ، وَهَذَا يُؤْخَذُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾ لِأَنَّ هَذَا قَيْدٌ لِعَدَمِ الْمَغْفِرَةِ لَهُمْ.

Commentaire : ce verset est un énoncé sur le fait que celui qui meurt mécréant, Allah ne lui pardonnera pas. Et ceci est déduit de Sa parole ta^ala :

﴿ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ﴾

ce qui signifie : « puis qui sont morts en étant mécréants », car c’est cela le critère qui fait qu’il ne leur sera pas pardonner, à savoir le fait qu’ils soient morts mécréant.

وَمَعْنَى ﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾ أَيْ وَمَنَعُوا النَّاسَ مِنَ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ، وَلَيْسَ هَذَا شَرْطًا لِلْحِرْمَانِ مِنَ الْمَغْفِرَةِ، بَلِ الْكَافِرُ مَحْرُومٌ مِنَ الْمَغْفِرَةِ إِنْ مَنَعَ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَوْ لَمْ يَمْنَعْ، بَلْ وَلَوْ سَاعَدَ الْمُسْلِمِينَ فِي إِدْخَالِ النَّاسِ فِي دِينِهِمْ.

Et dans ce verset 34 de sourate Mouhammed, la phrase :

﴿وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ﴾

signifie : « il y a parmi ceux qui sont mécréants ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam », mais cela ne signifie pas que ce verset ne concernerait que ceux qui empêchent les gens d’entrer en islam, c’est-à-dire que ce n’est pas une condition pour être priver du pardon dans l’au-delà que d’empêcher les gens d’entrer en islam. Ainsi, Le mécréant est privé du pardon dans l’au-delà, qu’il empêche les gens d’entrer en islam ou qu’il ne les empêche pas d’entrer en islam.

لَكِنَّ الْكَافِرَ الَّذِي يَصُدُّ النَّاسَ مِنَ الإِسْلامِ أَشَدُّ ذَنْبًا مِنَ الْكَافِرِ الَّذِي يَكْفُرُ بِنَفْسِهِ وَلا يَصُدُّ غَيْرَهُ عَنِ الإِيـمَانِ

Cependant, le péché du mécréant qui empêche les gens d’entrer en Islam est plus grave que le péché du mécréant qui n’empêche pas les gens d’entrer en Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le Messager de Allah a dit :

مَنْ شَهِدَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ

ce qui signifie : « celui qui témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah, qu’Il est unique sans associer, que Mouhammed est Son esclave et Son Messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager, qu’il est Sa bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que son âme est créée et honorée par Allah, que le paradis est une vérité et que l’enfer est une vérité, Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim :

الشَّرْحُ هَذَا الْحَدِيثُ الصَّحِيحُ اتَّفَقَ عَلَى إِخْرَاجِهِ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ فِي كِتَابَيْهِمَا الْمَعْرُوفَيْنِ بَيْنَ الأُمَّةِ الإِسْلامِيَّةِ

Commentaire : ce hadith a été rapporté aussi bien par al-Boukhariyy que par Mouslim dans leurs deux livres qui sont connus au sein de la communauté islamique.

وَمَعْنَاهُ يَتَضَمَّنُ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا مَاتَ وَهُوَ يَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَتَجَنَّبَ عِبَادَةَ غَيْرِهِ وَأَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ، وَيَشْهَدُ أَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَيَشْهَدُ أَنَّ الْجَنَّةَ حَقٌّ وَأَنَّ النَّارَ حَقٌّ – أَيْ مَوْجُودَتَانِ – يُدْخِلُهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ أَيْ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكَبَائِرِ.

Le sens de ce hadith est : si l’homme meurt en témoignant qu’il n’est de Dieu que Dieu, c’est-à-dire qu’il meurt dans un état où il témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu, et qu’il évite l’adoration d’autre que Dieu et qu’il témoigne que Mouhammed est l’esclave de Dieu et Son Messager et qu’il témoigne que ^Iça est l’esclave de Allah et Son Messager et qu’il est la bonne nouvelle annoncée à Maryam, et que l’âme de ^Iça est une âme qui est honorée par Allah, et qu’il témoigne que le paradis est une réalité, et que l’enfer est une réalité -c’est-à-dire qu’ils existent actuellement- Allah le fera entrer au paradis quels que soient ses actes, c’est-à-dire même s’il commettait les grands péchés.

وَمَعْنَى قَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ أَنَّ الْمَسِيحَ بِشَارَةُ اللَّهِ لِمَرْيَمَ الَّتِي بَشَّرَتْهَا بِهَا الْمَلائِكَةُ بِأَمْرِهِ قَبْلَ أَنْ تَحْمِلَ بِهِ، فَإِنَّ الْمَلَكَ جِبْرِيلَ بَشَّرَهَا بِهِ

Et dans le hadith que nous venons de cité, la parole du prophète : وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمْ signifie que ^Iça, al-massih, Jésus, est l’annonce de bonne nouvelle de Allah à Maryam, et cette annonce a été apportée à Maryam par les anges sous ordre de Dieu avant qu’elle ne soit enceinte de lui. Et c’est l’ange Jibril qui lui a annoncé cette bonne nouvelle.

قَالَ لَهَا أَنَا رَسُولٌ مِنَ اللَّهِ لِأُعْطِيَكِ غُلامًا زَكِيًّا أَيْ طَيِّبًا.

Il lui a dit : « je suis un envoyer de la part de Dieu pour te donner un garçon qui est bon », et c’est ainsi que Maryam s’est retrouvée enceinte sans qu’un homme ne l’ai touché. Jibril a soufflé à partir de l’encolure de la tunique de Maryam, l’âme de Jésus s’est alors retrouvée dans l’utérus de Maryam puis elle s’est retrouvée enceinte sans que ^Iça ne soit créé à partir de l’eau d’un homme et d’une femme, c’est Allah ta^ala Qui a créé ^Iça sans père directement à partir de Maryam. Et ceci est une preuve que ce ne sont pas les causes qui créent les effets mais c’est Allah qui crée les causes et c’est Allah qui crée les effets.

وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وُرُوحٌ مِنْهُ مَعْنَاهُ أَنَّ رُوحَ الْمَسِيحِ رُوحٌ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى خَلْقًا وَتَكْوِينًا

Puis dans la suite du hadith, le Messager de Allah a dit : وَرُوُحٌ مِنْه ce qui signifie : « l’âme de ^Iça est honorée par Allah», c’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme qui provient de Dieu par création, c’est Dieu Qui l’a créé et c’est Dieu Qui l’a fait exister.

أَيْ رُوحُهُ رُوحٌ مُشَرَّفٌ كَرِيْمٌ عَلَى اللَّهِ

C’est-à-dire que l’âme de ^Iça est une âme honorée que Allah ta^ala honore.

وَإِلَّا فَجَمِيعُ الأَرْوَاحِ صَادِرَةٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى تَكْوِينًا لا فَرْقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ رُوحٍ وَرُوحٍ

Et toutes les âmes proviennent de la part de Dieu par création, toutes les âmes ont été créées par Dieu, il n’y a pas de différence en cela entre une âme et une autre âme.

وَكَلِمَةُ رُوحٌ مِنْهُ لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّ الْمَسِيحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ إِنَّمَا مَعْنَاهَا رُوحٌ وُجِدَتْ بِإِيْجَادِ اللَّهِ أَيِ اللَّهُ أَوْجَدَهَا مِنَ الْعَدَمِ

Puis le prophète a dit : رُوحٌ مِنْهُ, et que veut dire « minh » dans le hadith ?  « minh » ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah, mais le sens de « minh » ici est que c’est une âme qui a existée par la création de Dieu, c’est-à-dire que c’est Allah qui l’a fait exister à partir du néant.

لَيْسَ مَعْنَاهَا أَنَّهُ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَمَا ادَّعَى بَعْضُ مُلُوكِ النَّصَارَى احْتَجَّ بِهَذِهِ الآيَةِ عَلَى أَنَّ الْمَسِيحَ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ

Et cela ne veut pas dire que ^Iça serait une partie de Allah comme l’ont prétendu certains Roi chrétiens. Car certains roi chrétiens ont prétendu argumenté leur croyance, à savoir que al-massih, ^Iça serait une partie de Allah à partir de ce terme : وَرُوُحٌ مِنْه qui figure aussi dans un verset du Qour’an.

فَرَدَّ عَلَيْهِ الْقَاضِي أَبُو بَكْرٍ الْبَاقِلَّانِيُّ بِهَذِهِ الآيَةِ ﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾ [سُورَةَ الْجَاثِيَة/13]، فَسَكَتَ ذَلِكَ الْمَلِكُ لِأَنَّ كَلِمَةَ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي النَّصَّيْنِ مَوْجُودَةٌ

Mais le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a répliqué à un de ces rois chrétiens par le verset 13 de sourate al-djathiyah :

﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾

qui signifie : « Il vous a asservi ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre, tout cela ﴿مِّنْهُ﴾ » et ici, il y a le même : ﴿مِّنْهُ﴾ pourtant cela ne veut pas dire : « ce qu’il y a dans les cieux et dans la Terre est une partie de Lui », alors ce Roi chrétien n’a rien trouvé à dire parce que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ existe dans les deux textes.

Et l’histoire est qu’il y a eu un roi chrétien qui avait demandé à qu’on lui envoie un savant musulman très fort, car ce roi chrétien voulait soi-disant débattre. Ainsi, le gouverneur des musulmans de l’époque lui a envoyé le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy qui est un des élèves de Abou l-Haçan al-Ach^ariyy. Et donc Abou Bakr al-Baqillaniyy a débattu avec ce roi chrétien. Et quand ce roi chrétien lui a dit : « nous disons la même chose que vous, à savoir que Jésus est une partie de Dieu, dans le Qour’an il y a : « وَرُوحٌ مِّنْهُ « comme dans sourate an-nisa’ verset 171 », al-Baqillaniyy lui a dit : « non, ici :  وَرُوحٌ مِّنْهُ ne signifie pas « une partie de Lui », mais cela signifie : « une âme qui est honorée par Lui. » Puis, l’imam al-Baqillaniyy lui a donné la preuve que le mot ﴿مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire « une partie de Lui. »

فَكَمَا أَنَّهَا لا تَدُلُّ فِي الآيَةِ عَلَى أَنَّ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ كَذَلِكَ لا تَدُلُّ كَلِمَةُ ﴿مِّنْهُ﴾ فِي ءَايَةِ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ عَلَى أَنَّ رُوحَ عِيسَى جُزْءٌ مِنَ اللَّهِ.

Ainsi, tout comme ce verset 13 de sourate al-djathiyah ne signifie pas que les cieux et la Terre seraient des parties de Allah, également le mot ﴿مِّنْهُ﴾ dans le verset 171 de sourate an-nisa’ ﴿وَرُوحٌ مِّنْهُ﴾ ne veut pas dire que l’âme de ^Iça serait une partie de Allah.

Et le débat a porté sur plusieurs sujets avec le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy mais nous nous focalisons sur celui-ci.

Et il faut savoir que ce roi chrétien voulait absolument que tout le monde s’incline pour lui. Ainsi, avant que Abou Bakr al-Baqillaniyy ne vienne, le roi a demandé à ses conseillers comment faire ? Car il s’est dit : « c’est sûr que ce savant musulman ne va pas s’incliner pour moi… » Et qu’est-ce que ses conseillers lui ont alors dit ? Ils lui ont dit : « tu mets un petit portillon à l’entrée de là où tu te trouves, de sorte que Abou Bakr al-Baqillaniyy sera obligé de se baisser pour que sa tête ne tape pas le haut du portillon, et ça sera comme une inclination », et ce Roi chrétien a aimé l’idée. Ainsi, le roi a fait fabriquer un petit portique, mais quand Abou Bakr al-Baqillaniyy est arrivé et qu’il a remarqué cela, il a compris directement. Alors qu’est-ce qu’il a fait ? Abou Bakr al-Baqillaniyy est rentré à reculons, il a montré son arrière-train, et le Roi était offusqué, ça ne lui a pas plus. Les savants de l’Islam sont très intelligents, cela étant le fait de trouver le bon argument au bon moment.

 Ainsi, le Qadi Abou Bakr al-Baqillaniyy a trouvé directement le verset 13 de sourate al-djathiyah :

﴿وَسَخَّرَ لَكُمْ مَّا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِّنْهُ﴾

qui signifie : « Allah ta^ala a asservie pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre. »

وَمَعْنَى الآيَةِ الثَّانِيَةِ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى سَخَّرَ لِبَنِي ءَادَمَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا مِنْهُ

Ainsi, ce verset 13 de sourate al-djathiyah signifie que Allah ta^ala a asservi pour l’être humain tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre.

أَيْ أَنَّ جَمِيعَ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ مِنَ اللَّهِ خَلْقًا وَتَكْوِينًا وَلَيْسَ الْمَعْنَى أَنَّهَا أَجْزَاءٌ مِنْهُ تَعَالَى.

C’est-à-dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur Terre provient de Allah par création, c’est Allah Qui l’a créé et c’est Allah Qui l’a fait exister, et ça ne signifie pas que ça serait une partie de Allah.

فَالْمَلائِكَةُ مُسَخَّرُونَ لِبَنِي ءَادَمَ بِحِفْظِهِمْ لَهُمْ وَغَيْرِ ذَلِكَ كَإِنْزَالِ الْمَطَرِ وَإِرْسَالِ الرِّيَاحِ الَّتِي يَنْتَفِعُونَ بِهَا وَالدُّعَاءِ لَهُمْ أَيْ لِلْمُؤْمِنِينَ مِنْ بَنِي ءَادَمَ خَاصَّةً.

Et il faut savoir que Allah ta^ala fait que les anges protègent les êtres humains, et ce sont les anges qui font tomber la pluie, et les anges ramènent le vent qui est utile, et ils font des invocations pour les êtres humains, c’est-à-dire parmi les croyants en particulier. Et Dieu a fait ce soient des causes pour protéger l’être humain.

وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ مَعْنَاهُ أَنَّهُمَا مَوْجُودَتَانِ وَبَاقِيَتَانِ وَأَنَّهُمَا دَارَا جَزَاءٍ

Et pour revenir à la suite du hadith, notre prophète a dit :

وَالْجَنَّةَ حَقٌّ والنَّارَ حَقٌّ

ce qui signifie : « le paradis est une réalité et l’enfer est une réalité », cela veut dire que le paradis et l’enfer existent actuellement et qu’ils demeureront sans fin, et que ce seront des résidences de rétribution.

فَالْجَنَّةُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالنَّارُ دَارُ جَزَاءٍ لِلْكَافِرِينَ.

Et le paradis est une résidence de rétribution pour les croyants, et l’enfer est une résidence de rétribution pour les mécréants.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ: فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et dans un autre hadith le Messager de Allah a dit :

فَإِنَّ اللَّهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ

ce qui signifie : « certes, Allah ne châtiera pas éternellement celui qui a témoigné qu’il n’est de Dieu que Allah, en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. » Hadith rapporté par al-Boukhariyy.

الشَّرْحُ الْمَعْنَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى حَرَّمَ عَلَى النَّارِ أَيِ الدَّوَامَ فِيهَا إِلَى الأَبَدِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ

Commentaire : la signification est que Allah a interdit le séjour éternel à jamais en enfer à celui qui dit :

لا إِلَهَ إِلَّا اللَّه، en recherchant par cette parole l’agrément de Allah. Et qu’est-ce que ça veut dire : لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ ? Ça signifie : « il n’est de Dieu que Allah. »

أَيْ إِنْ قَالَ ذَلِكَ مُعْتَقِدًا فِي قَلْبِهِ لا مُنَافِقًا لِيُرْضِيَ الْمُسْلِمِينَ وَهُوَ فِي قَلْبِهِ غَيْرُ رَاضٍ بِالإِسْلامِ إِمَّا بِشَكِّهِ فِي الْوَحْدَانِيَّةِ أَوْ بِتَكْذِيبِهِ فِي قَلْبِهِ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

C’est-à-dire qu’il doit dire cette parole en y croyant dans son cœur, c’est-à-dire qu’il ne prononce pas cette phrase par hypocrisie pour satisfaire les musulmans alors que dans son cœur il ne se satisfait pas de l’Islam et qu’il doute de l’unicité de Dieu ou qu’il dément dans son cœur le prophète Mouhammed.

Ainsi, il doit prononcer cette parole en recherchant l’agrément de Dieu, en ayant pour croyance qu’il n’est de Dieu que Dieu et en ayant la conviction que seul Dieu mérite d’être adorer, et que Dieu seul mérite qu’on se soumette à Lui à l’extrême, la personne ne dit pas cette parole en rejetant l’Islam par le cœur ou en doutant à propos de l’unicité de Dieu ou bien en démentant par son cœur le prophète Mouhammed.

وَمَعْنَى يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللَّهِ أَيْ يَبْتَغِي الْقُرْبَ إِلَى اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى لَيْسَ لِمُرَاءَاةِ النَّاسِ بِدُونِ اعْتِقَادٍ.

Et qu’est-ce que cela veut dire « en recherchant par cela l’agrément de Allah » ? C’est-à-dire qu’il veut obtenir une récompense de la part de Dieu en disant cette phrase, c’est ça le sens du hadith :

يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ الله

qui signifie : « il recherche par cela l’agrément de Allah », c’est-à-dire qu’il ne dit pas cette parole pour plaire aux gens sans y croire.

وَالْوَجْهُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ يَأْتِي بِمَعَانٍ عَدِيدَةٍ مِنْهَا الْقَصْدُ

Et le terme « al-wadjh » dans la langue arabe peut avoir plusieurs sens comme « al-qasad » par exemple, c’est-à-dire « ce qui est visé. »

كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ:

أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ                       رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ

أَيِ الْقَصْدُ.

Comme un poète a dit :

أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ ذَنْبًا لَسْتُ مُحْصِيَهُ                       رَبَّ الْعِبَادِ إِلَيْهِ الْوَجْهُ وَالْعَمَلُ

ce qui signifie : « je demande à Allah le pardon de péchés (péchés au pluriel) que je ne peux énumérer tellement qu’ils sont nombreux ; Lui Qui est Le Seigneur des esclaves, à Lui al-wadjhou et les œuvres. »

Ainsi, « al-wadjh » dans le poème signifie « c’est Son agrément que je recherche », c’est-à-dire : « c’est Son agrément qui est la destination et l’objectif de mes œuvres» Ainsi, le sens de al-wadjh ici est : « la destination -l’objectif-. »

وَكَذَلِكَ وَرَدَ حَدِيثٌ رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ وَغَيْرُهُ وَهَذَا لَفْظُ ابْنِ حِبَّانَ الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا وَمَعْنَى وَجْهِ اللَّهِ هُنَا طَاعَةُ اللَّهِ.

Et le mot « wadjh » peut avoir d’autres sens que l’objectif et la destination, comme ce qui nous est parvenue dans un hadith rapporté par Ibnou Hibban et d’autres, et là c’est la version d’Ibnou Hibban :

الْمَرْأَةُ عَوْرَةٌ فَإِذَا خَرَجَتِ اسْتَشْرَفَهَا الشَّيْطَانُ وَأَقْرَبُ مَا تَكُونُ الْمَرْأَةُ إِلَى وَجْهِ اللَّهِ إِذَا كَانَتْ فِي قَعْرِ بَيْتِهَا

ce qui signifie : « la femme est une cause facile pour le shaytan pour entrainer les gens dans le péché, dès qu’elle sort de chez elle, le shaytan va l’exploiter, et l’endroit où la femme est le plus proche de al-wadjh de Allah, c’est lorsqu’elle est chez elle », et « al-wadjh » dans ce hadith signifie clairement « l’obéissance », et ceci est un sens qui est valide dans la langue et nous pouvons le dire.

Et nous pouvons aussi dire :

‎اللهُمَّ ارْزُقْنَا أَنْ نَرَى وَجْهَكَ الْكَرِيم

Et al-wadjh ici n’est pas le visage, mais ça veut dire l’Être, adh-dhat, « al-wadjh », c’est la réalité -l’Être de Dieu-, ce qui est aussi un sens valable. Cette invocation signifie : « ô Allah accorde nous de voir Ton Être. »

Et il y a aussi une autre signification à al-wadjh comme dans le verset 115 de sourate al-baqarah :

فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ

et dans ce verset 115 de sourate al-baqarah « wadjhou l-Lah » signifie : « la qiblah. »

Ainsi, dans la langue arabe, al-wadjh a beaucoup de sens, il n’a pas que le sens commun que l’on connait qui est le visage.

وَمَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ الْوَجْهَ إِذَا أُضِيفَ إِلَى اللَّهِ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي الْحَدِيثِ مَعْنَاهُ الْجَسَدُ الَّذِي هُوَ مُرَكَّبٌ عَلَى الْبَدَنِ فَهُوَ لَمْ يَعْرِفْ رَبَّهُ

Celui qui croit que quand « al-wadjh » est attribué à Allah que ce soit dans le Qour’an ou dans le hadith veut dire le corps, le visage, celui-là n’a pas connu Dieu. Et le visage c’est ce qui se trouve sur la partie de la tête où il y a les yeux, le nez, la bouche.

Ainsi, celui qui croit que Dieu a un visage n’a pas connu Dieu, c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah.

لِأَنَّ هَذِهِ هَيْئَةُ الإِنْسَانِ وَالْمَلائِكَةِ وَالْجِنِّ وَالْبَهَائِمِ

Et pourquoi n’a-t-il pas connu Dieu [c’est-à-dire qu’il n’a pas adoré Allah] ? Car cette partie de la tête où il y a les yeux, la bouche, le nez, les joues, est l’aspect des êtres humains, c’est l’aspect des anges qui ont des visages, c’est l’aspect des djinn qui ont des visages, et de même les animaux ont des faces.

فَكَيْفَ يَكُونُ خَالِقُ الْعَالَمِ مِثْلَهُمْ.

Alors comment est-ce que Le créateur de ce monde serait-Il semblable à ce qu’Il crée ? Ceci est impossible à Son sujet, ce n’est pas possible selon la raison.

فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.

Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.

Et qu’est-ce c’est qu’un corps impalpable ? C’est ce que nous ne pouvons pas attraper avec la main comme la lumière, comme l’air ou comme l’âme.

Ainsi, Allah n’est pas un corps impalpable ni un corps palpable.

Et qu’est-ce que c’est qu’un corps palpable ? C’est le corps que nous pouvons attraper avec la main comme un arbre ou une pierre. Ainsi, Dieu n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable.

فَاللَّهُ لَيْسَ حَجْمًا بِالْمَرَّةِ، لا هُوَ حَجْمٌ لَطِيفٌ وَلا هُوَ حَجْمٌ كَثِيفٌ لِأَنَّ الْعَالَمَ حَجْمٌ كَثِيفٌ وَحَجْمٌ لَطِيفٌ.

Et Dieu n’est pas un corps, Il n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable car ce monde lui-même est composé de corps palpables et de corps impalpables.

ثُمَّ هَذَا الْحَجْمُ لَهُ صِفَاتٌ حَرَكَةٌ وَسُكُونٌ وَتَغَيُّرٌ وَلَوْنٌ وَانْفِعَالٌ وَتَحَيُّزٌ فِي الْمَكَانِ وَالْجِهَةِ وَاللَّهُ تَعَالَى لَيْسَ كَذَلِكَ

Et ces corps qui sont palpables ou impalpables possèdent des caractéristiques, comme le mouvement ; l’immobilité ; le changement ; la couleur ; les sauts d’humeur ; le fait d’être situé dans un endroit ainsi que les directions, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.

Et qu’est-ce que les sauts d’humeur ? C’est le cas de quelqu’un qui était à l’aise, heureux et puis d’un coup il se met en colère. Et le changement d’humeur est une caractéristique des corps. Et de même, le fait d’être situé dans un endroit est une des caractéristiques des corps. Et de même, le fait d’être dans une direction est une caractéristique du corps, et Allah ta^ala n’est pas ainsi.

إِنَّمَا هُوَ مَوْجُودٌ غَيْرُ مُتَحَيِّزٍ فِي الْجِهَاتِ وَالأَمَاكِنِ لِأَنَّهُ كَانَ مَوْجُودًا قَبْلَهَا وَلَوْ لَمْ يَكُنْ كَذَلِكَ لَكَانَ لَهُ أَمْثَالٌ فِي خَلْقِهِ.

Allah ta^ala est un Être Qui existe et Qui n’est pas situé dans une quelconque direction ni dans un endroit, parce que Allah existe avant toutes les directions et avant tous les endroits, et s’Il n’avait pas été ainsi, Il aurait eu des semblables parmi Ses créatures.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَجِبُ قَرْنُ الإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ بِشَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَذَلِكَ أَقَلُّ شَىْءٍ يَحْصُلُ بِهِ النَّجَاةُ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : il est un devoir de joindre la foi en l’envoie de Mouhammed au témoignage qu’il n’est de Dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauver de l’éternité à jamais en enfer.

الشَّرْحُ أَنَّ اعْتِقَادَ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، فَالْجَمْعُ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ ضَرُورِيٌّ لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ.

Commentaire : croire qu’il n’est de Dieu que Allah seulement n’est pas suffisant tant que cette croyance n’est pas jointe à la croyance que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, joindre les deux témoignages est indispensable pour être sauver du séjour éternel en enfer.

وَالْمُرَادُ بِهَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي مَرَّ ءَانِفًا وَمَا أَشْبَهَهُ مِنَ الأَحَادِيثِ الَّتِي لَمْ يُذْكَرْ فِيهَا شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ مَا يَشْمَلُ الشَّهَادَةَ الأُخْرَىِأَنَّ ذِكْرَ الشَّهَادَةِ الأُولَى صَارَ فِي عُرْفِ الشَّرْعِ مَلْحُوظًا فِيهِ الشَّهَادَةُ الثَّانِيَةُ وَهِيَ شَهَادَةُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ

Et ce qui est visé par ce hadith que nous avons mentionné précédemment, et des hadith qui sont semblables dans lesquels il n’y a pas eu la mention du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah, c’est ce qui englobe l’autre témoignage, c’est-à-dire que dans l’usage des textes de la loi c’est connu que lorsque seul le premier témoignage est mentionné, le deuxième témoignage est implicite.

Et quel est le premier témoignage ? C’est : « il n’est de Dieu que Dieu. » Et quel est le deuxième témoignage ? C’est le témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah. Ainsi, lorsque le hadith mentionne seulement le premier témoignage, le deuxième témoignage est sous-entendu.

وَلَيْسَ الْمَعْنِيُّ بِهَذَا الْحَدِيثِ وَشِبْهِهِ أَنَّ الِاقْتِصَارَ عَلَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ بِدُونِ الشَّهَادَةِ الأُخْرَى يَكْفِي لِلنَّجَاةِ مِنَ الْخُلُودِ الأَبَدِيِّ فِي النَّارِ، بَلْ لا بُدَّ مِنَ الْجَمْعِ بَيْنَ الشَّهَادَتَيْنِ

Ainsi, de ce hadith mentionné et de ceux qui sont de cet ordre, la signification n’est pas que se limiter à : « il n’est de Dieu que Allah » sans ajouter le deuxième témoignage serait suffisant pour être sauver du séjour éternel en enfer, non, mais il est indispensable de réunir les deux témoignages.

وَذَلِكَ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/13] فَتُحْمَلُ هَذِهِ الأَحَادِيثُ عَلَى مَا يُوَافِقُ هَذِهِ الآيَةَ

Et la preuve vient de la parole de Allah dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager certes Nous avons réservés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, ces hadith sont expliqués de manière conforme à ce verset 13 de sourate al-fath.

فَحَدِيثُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَأْتِي مُنَاقِضًا لِلْقُرْءَانِ

Le hadith du Messager de Allah ne va pas contredire le Qour’an.

وَمَنْ تَوَهَّمَ خِلافَ ذَلِكَ فَهُوَ لِقُصُورِ فَهْمِهِ وَشِدَّةِ جَهْلِهِ.

Celui qui croit le contraire c’est dû au fait qu’il a une faiblesse de compréhension et à son extrême ignorance.

مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ

La signification des deux témoignages 

   الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ.

Commentaire : ce paragraphe est la signification des deux témoignages.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأَعْتَقِدُ وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ الْمَعْبُودَ بِحَقٍّ هُوَ اللَّهُ تَعَالَى فَقَطْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage qu’il de Dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue, je crois et je me soumets par le cœur que Celui Qui mérite d’être adorer c’est Allah Lui seul.

الشَّرْحُ أَنَّ مَعْنَى لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ إِجْمَالًا أَيْ مِنْ غَيْرِ تَفْصِيلٍ اعْتِرَافٌ مَعَ الِاعْتِقَادِ وَالإِذْعَانِ بِأَنَّهُ لا يَسْتَحِقُّ الأُلُوهِيَّةَ أَحَدٌ إِلَّا اللَّهُ أَيْ لا يَسْتَحِقُّ أَحَدٌ غَايَةَ الْخُشُوعِ وَالْخُضُوعِ إِلَّا هُوَ

Commentaire : la signification de : لآ إلَـهَ اِلا الله est globalement, c’est-à-dire sans détail, la reconnaissance accompagnée de la croyance et de l’acceptance que nul autre que Allah ne mérite la divinité, c’est-à-dire que nul ne mérite l’extrême limite de la crainte et de la soumission si ce n’est Lui.

وَالإِلَهُ فِي أَصْلِ اللُّغَةِ الْمَعْبُودُ بِحَقٍّ ثُمَّ اسْتَعْمَلَهُ الْمُشْرِكُونَ لِمَا يَعْبُدُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ.

Et à l’origine, dans la langue arabe, le mot « al-‘ilah », signifie : « Celui qui est adorer légitimement » mais les associateurs ont détourné l’utilisation de ce terme pour designer avec ce qu’ils adorent au lieu d’adorer Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَعْنَى شَهَادَةِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَعْتَرِفُ بِلِسَانِي وَأُذْعِنُ بِقَلْبِي أَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la signification du témoignage que Mouhammed est le Messager de Allah est : je reconnais par ma langue et je me soumets par le cœur au fait que notre maitre Mouhammed est envoyé par Allah en tant que Messager à l’ensemble des mondes, des humains et des djinns.

الشَّرْحُ أُذْعِنُ بِمَعْنَى أَعْتَقِدُ لِأَنَّ الِاعْتِرَافَ وَحْدَهُ مِنْ دُونِ اعْتِقَادٍ لا يَكْفِي

Commentaire : « je me soumet » a pour sens « je crois », car la reconnaissance par la langue seule sans qu’elle ne soit accompagnée d’une croyance par le cœur n’est pas suffisante.

فَالْمَعْرِفَةُ إِذَا اقْتَرَنَ بِهَا الإِذْعَانُ أَيْ رِضَا النَّفْسِ بِالشَّىْءِ الَّذِي عَرَفَتْهُ هِيَ الإِيـمَانُ الَّذِي هُوَ مَقْبُولٌ عِنْدَ اللَّهِ.

Ainsi, si la connaissance est accompagnée de cette soumission, c’est-à-dire que l’âme accepte ce qu’elle a connu, c’est cela la foi -al-‘iman- qui est acceptée selon le jugement de Dieu.

وَأَمَّا الْمَعْرِفَةُ وَحْدَهَا فَلا تَكْفِي لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى أَخْبَرَ عَنِ الْيَهُودِ أَنَّهُمْ كَانُوا يَعْرِفُونَ مُحَمَّدًا أَنَّهُ نَبِيٌّ فَقَالَ تَعَالَى: ﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/146]

Quant à la connaissance elle seule, elle ne suffit pas car Allah nous a appris à propos des juifs qu’ils savaient que Mouhammed était un prophète. Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 146 Dieu dit :

﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾

ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »

لَكِنْ لَمْ تُذْعِنْ نُفُوسُهُمْ فَلِذَلِكَ كَانُوا يُكَذِّبُونَهُ بِأَلْسِنَتِهِمْ مَعَ عِلْمِهِمْ بِأَنَّهُ نَبِيٌّ لِأَنَّ التَّوْرَاةَ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَى مُوسَى فِيهَا الإِخْبَارُ بِأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ

Cependant leurs âmes n’ont pas accepté cela, c’est pour cela qu’ils démentaient par leurs langues alors que ces juifs savaient par leurs cœurs que Mouhammed était bien un envoyer de Dieu car dans la Torah qui a été révélée à Moussa il y a l’annonce de Mouhammed en tant que Messager de Dieu.

لَكِنَّ التَّوْرَاةَ وَالإِنْجِيلَ حُرِّفَا لَفْظًا بَعْدَ أَنْ حُرِّفَا مَعْنًى.

Cependant, la Torah et l’Évangile ont été falsifiées, leurs thermes -les textes- ont été falsifiés et cette falsification des thermes -des textes- a eu lieu après la falsification des sens. Quant au Qour’an, Allah ta^ala le préserve, et cela est un défi permanent, c’est un miracle permanent pour notre maitre Mouhammed. Ainsi, quels que soient les moyens que les non croyants mettent en place pour falsifier le Qour’an, pour déformer le Qour’an, il restera intact. Et cela est un défi, car ils ne pourront rien faire, quoi qu’ils fassent. Ceci est donc un miracle permanent pour notre maître Mouhammed.

Ainsi, Dieu dit dans sourate al-baqarah verset 146 :

﴿يَعْرِفُونَهُ كَمَا يَعْرِفُونَ أَبْنَاءَهُمْ﴾

ce qui signifie : « ils le connaissent [ils savent qu’il est prophète] tout comme ils connaissent leurs propres enfant. »

وَقَوْلُهُ: مُرْسَلٌ مِنْ عِنْدِ اللَّهِ إِلَى كَافَّةِ الْعَالَمِينَ مِنْ إِنْسٍ وَجِنٍّ فَالْعَالَمُونَ هُنَا هُمُ الإِنْسُ وَالْجِنُّ بِدَلِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾[سُورَةَ الْفُرْقَان/1]

Quant à la parole du Chaykh à propos de notre maitre Mouhammed : « il est un Messager envoyé à l’ensemble des mondes par Allah aux humains et aux djinns », l’ensemble des mondes ici ce n’est pas tout autre que Allah, mais c’est dans le sens des humains et des jinn, preuve en est la parole de Allah dans sourate al-fourqan verset 1 :

﴿لِيَكُونَ لِلْعَالَمِينَ نَذِيرًا﴾

ce qui signifie : « afin qu’il soit un avertisseur pour les mondes. »

فَالْمَعْنَى أَنَّهُ مُرْسَلٌ إِلَى كَافَّةِ الإِنْسِ مِنْ عُرْبٍ وَعَجَمٍ وَإِلَى كَافَّةِ الْجِنِّ.

Le sens de ce verset est que notre maitre Mouhammed est envoyé de la part de Allah à tous les humains, arabes et non arabes, et à tous les jinn.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا يُبَلِّغُهُ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى، لِيُؤْمِنُوا بِشَرِيعَتِهِ وَيَتَّبِعُوهُ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit à propos de notre maitre Mouhammed : il a été véridique en tous ce qu’il leur a transmis de la part de Allah ta^ala afin qu’ils aient foi en sa loi et afin qu’ils le suivent.

الشَّرْحُ يَجِبُ الإِيـمَانُ بِأَنَّ سَيِّدَنَا مُحَمَّدًا صَادِقٌ فِي كُلِّ مَا جَاءَ بِهِ سَوَاءٌ كَانَ مِمَّا أَخْبَرَ بِهِ عَنِ الأُمُورِ الَّتِي سَتَحْدُثُ فِي الْمُسْتَقْبَلِ كَأُمُورِ الآخِرَةِ أَوْ أُمُورِ الأُمَمِ السَّابِقَةِ أَوْ تَحْلِيلِ شَىْءٍ أَوْ تَحْرِيْمِهِ.

Commentaire : il est un devoir de croire que notre maitre Mouhammed est véridique en tous ce qu’il a amené de la part de Dieu, que ce soient des choses dont il a informé qui vont se déroulées dans le futur comme les sujets de l’au-delà ou les sujets des communautés antérieures qui nous ont précédé ou le jugement de la licéité ou de l’interdit de telle ou telle chose.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمُرَادُ بِالشَّهَادَتَيْنِ نَفْيُ الأُلُوهِيَّةِ عَمَّا سِوَى اللَّهِ وَإِثْبَاتُهَا لِلَّهِ تَعَالَى مَعَ الإِقْرَارِ بِرِسَالَةِ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ce qui est visé par les deux témoignages c’est de nier la divinité à tout autre que Allah et de la confirmée pour Allah ta^ala tout en reconnaissant et en croyant au statut de prophète de notre maitre Mouhammed.

الشَّرْحُ هَذِهِ الْعِبَارَةُ فِيهَا نَفْيُ أَنْ يَكُونَ شَىْءٌ سِوَى اللَّهِ يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ

Commentaire : cette expression comporte le fait de nier que autre que Allah mérite l’adoration.

وَفِيهَا إِثْبَاتُ أَنَّ اللَّهَ وَحْدَهُ هُوَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ الْعِبَادَةَ أَيْ مَعَ الِاعْتِرَافِ وَالإِيـمَانِ بِرِسَالَةِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

Et cette expression comporte la confirmation que Allah Lui seul est Celui Qui mérite l’adoration, c’est-à-dire en reconnaissant et en ayant foi au message de notre maitre Mouhammed.

وَيَنْبَغِي مَعْرِفَةُ مَعْنَى الْعِبَادَةِ عَلَى مَا هُوَ الْمُرَادُ فِي الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ، فَإِنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ يَجْهَلُونَ ذَلِكَ وَهُمُ الْوَهَّابِيَّةُ وَيَظُنُّونَ أَنَّ قَوْلَ الشَّخْصِ يَا مُحَمَّدُ أَوْ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَوْ يَا شَيْخُ عَبْدَ الْقَادِرِ الْجِيلانِيَّ أَوْ يَا عَلِيُّ أَوْ يَا حَسَنُ أَوْ يَا حُسَيْنُ وَنَحْوِ ذَلِكَ عِبَادَةٌ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرُوا

Il convient donc de connaitre le sens de l’adoration tel que cela est visé dans le livre et dans la sunnah, en effet beaucoup de gens ignorent le sens de l’adoration, comme notamment les wahhabiyyah qui croient que le simple fait de dire « ya Mouhammed » ou « ya rassoula l-Lah » ou « ya Chaykh ^Abd l-Qadir al-Jilainiyy » ou « ya ^Aliyy » ou « ya Haçan », ou « ya Houçayn » et ce qui est de cet ordre serait une adoration du Messager et de ceux dont le prénom a été cité.

فَعَلَى زَعْمِهِمْ هُوَ كَافِرٌ بِنِدَائِهِ لِلرَّسُولِ وَلِمَنْ ذُكِرَ بَعْدَهُ وَهَذَا مِنْ أَجْهَلِ الْجَهْلِ

Et selon leur prétention ce serait un mécréant car il aurait appelé le Messager ou qu’il aurait appelé l’un de ceux qui sont mentionnés après le Messager, et ceci est la plus profonde des ignorances.

فَنِدَاءُ غَيْرِ اللَّهِ مِنْ رَسُولٍ أَوْ وَلِيٍّ فِي حَيَاتِهِ أَوْ بَعْدَ مَمَاتِهِ لَيْسَ عِبَادَةً لِغَيْرِ اللَّهِ

Ainsi, appeler autre que Allah que ce soit un messager ou un saint durant sa vie ou après sa mort n’est pas une adoration à autre que Allah.

إِنَّمَا الْعِبَادَةُ كَمَا شَرَحَ عُلَمَاءُ اللُّغَةِ غَايَةُ التَّذَلُّلِ.

L’adoration comme l’ont expliqué les savants de la langue c’est « ghayatou t-tadhalloul » : « l’extrême limite de la soumission. »

هَؤُلاءِ الْمُسْلِمُونَ الَّذِينَ يَقُولُونَ يَا رَسُولَ اللَّهِ عِنْدَ الضِّيقِ أَوِ الْفَرَحِ مَا تَذَلَّلُوا لِلرَّسُولِ غَايَةَ التَّذَلُّلِ إِنَّمَا يُعَظِّمُونَ الرَّسُولَ تَعْظِيمًا

Ainsi, lorsque les musulmans disent « ya rassoula l-Lah » -ô Messager de Dieu- lorsqu’ils sont touchés par une épreuve ou lorsqu’ils sont heureux, ils ne se soumettent pas au Messager de Allah de l’extrême limite de la soumission, cependant, ils glorifient le Messager de Allah d’une glorification qui convient à son rang.

ثُمَّ قَدْ يَقْصِدُونَ مَعَ ذَلِكَ أَنْ يُفَرِّجَ اللَّهُ عَنْهُمُ الْكَرْبَ أَوْ يَقْضِيَ لَهُمْ حَاجَاتِهِمْ إِكْرَامًا لِلرَّسُولِ وَالأَوْلِيَاءِ بِمَا لَهُمْ عِنْدَ اللَّهِ مِنَ الْكَرَامَةِ.

Et il se peut également que lorsque ces musulmans disent « ya rassoula l-Lah » ils recherchent en disant cela que Dieu les délivre de leurs tourments ou règle leurs affaires par honneur pour le Messager ou pour les saints en raison du haut degré qu’ils ont selon le jugement de Dieu.

فَإِذَا كَانَ قَوْلُ يَا فُلانُ لِمَلِكٍ مِنَ الْمُلُوكِ أَوْ نَحْوِهِ فِي وَجْهِهِ لِيُسَاعِدَهُ فِي حَاجَتِهِ الَّتِي يُرِيدُهَا أَوْ لِيَدْفَعَ عَنْهُ مَا يُزْعِجُهُ وَيُؤْذِيهِ جَائِزًا لَيْسَ عِبَادَةً لَهُ فَكَيْفَ يَكُونُ إِذَا حَصَلَ هَذَا لِأَهْلِ الْقُبُورِ أَوْ لِلأَحْيَاءِ الَّذِينَ هُمْ غَيْرُ حَاضِرِينَ عِبَادَةً لَهُمْ.

Si déjà lorsque que quelqu’un s’adresse à un roi devant lui, il lui dit : « ô mon roi », pour l’aider pour une affaire qu’il veut ou pour le défendre de quelque chose qui le dérange et lui nuit, si cela est permis car ce n’est pas une adoration pour ce roi, que dire alors si cela a lieu avec ceux qui sont dans les tombes, ou ceux qui sont vivants et ceux qui ne sont pas présent, comment cela serait-ce une adoration pour eux ?

Ainsi, pourquoi ça deviendrait une adoration lorsqu’ils sont absents ou lorsqu’ils sont morts ? Il n’y a rien dans la langue ni selon la raison qui transformerait cet appel en adoration.

فَاعْتِقَادُ الْوَهَّابِيَّةِ هَذَا مَنْشَؤُهُ الْجَهْلُ بِمَعْنَى الْعِبَادَةِ

Et quelle est donc la racine de cette croyance des wahhabiyyah [qui est fausse bien sûr] ? Cette fausse croyance prend racine dans leur ignorance du sens de l’adoration.

أَلَيْسَ ثَبَتَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ أَنَّهُ عَلَّمَ بَعْضَ أُمَّتِهِ أَنْ يَقُولَ فِي غَيْرِ حَضْرَتِهِ يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي فَفَعَلَ ذَلِكَ الشَّخْصُ

Et n’est-ce pas qu’il a été confirmé que le messager de Allah avait enseigné à certaines personnes de sa communauté de dire sans que ce soit en sa présence :

يَا مُحَمَّدُ إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي فِي حَاجَتِي لِتُقْضَى لِي

ce qui signifie : « ô Mohammed je m’adresse par toi à mon Seigneur pour mon affaire afin qu’elle me soit réglée », et celui envers qui le Messager avait enseigné cela a fait cette invocation.

وَهُوَ رَجُلٌ أَعْمَى أَرَادَ أَنْ يَكْشِفَ اللَّهُ بَصَرَهُ فِي غَيْرِ حَضْرَةِ الرَّسُولِ ثُمَّ عَادَ إِلَى الرَّسُولِ وَهُوَ فِي مَكَانِهِ وَقَدْ أَبْصَرَ.

Et c’était un homme aveugle qui voulait que Allah lui rende la vue, et il a fait cela sans que le Messager ne soit présent. Ensuite, l’homme aveugle est revenu auprès du Messager alors que le Messager était toujours à sa place et cet homme avait alors recouvré la vue.

ثُمَّ الصَّحَابِيُّ الَّذِي كَانَ عِنْدَ الرَّسُولِ تِلْكَ السَّاعَةَ عَلَّمَ شَخْصًا فِي زَمَنِ عُثْمَانَ بنِ عَفَّانَ كَانَتْ لَهُ حَاجَةٌ عِنْدَ عُثْمَانَ فَمَا كَانَ يَلْتَفِتُ إِلَيْهِ لِشُغْلِ بَالِهِ فَفَعَلَ الرَّجُلُ مِثْلَ فِعْلِ ذَلِكَ الأَعْمَى ثُمَّ جَاءَ إِلَى عُثْمَانَ فَقَضَى لَهُ حَاجَتَهُ.

Et ce compagnon qui était présent lorsque le Messager avait enseigné cette invocation à son tour l’a enseigné à l’époque de ^Othman Ibnou ^Affan à un homme qui voulait que le calife, notre maitre Othman lui règle son affaire. Mais notre maitre ^Othman était toujours occupé. Cet homme a alors fait cette invocation qui est la même que l’homme aveugle avait faite durant le temps du prophète. Puis l’homme est retourné auprès de Othman puis ^Othman lui a réglé son affaire.

Donc l’homme a pris la cause, et quelle est la cause ? C’est cette invocation. Puis l’homme est retourné voir Othman, et qu’est-ce que notre maitre Othman a fait ? Il lui a alors réglé son affaire.

ثُمَّ لَمْ يَزَلِ الْمُسْلِمُونَ يَذْكُرُونَ هَذَا الْحَدِيثَ وَيَعْمَلُونَ بِهِ إِلَى يَوْمِنَا هَذَا

Et les musulmans n’ont pas cessé de rappeler ce hadith et de l’appliquer jusqu’à de nos jours.

  وَأَوْدَعَهُ حُفَّاظُ الْحَدِيثِ كُتُبَهُمْ الْحَافِظُ الطَّبَرَانِيُّ وَالْحَافِظُ التِّرْمِذِيُّ مِنَ الْمُتَقَدِّمِينَ وَالْحَافِظُ النَّوَوِيُّ وَالْحَافِظُ ابْنُ الْجَزَرِيِّ وَغَيْرُهُمَا مِنَ الْمُتَأَخِّرِينَ ذَكَرُوهُ فِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ [وَالْحَدِيثُ صَحَّحَهُ الطَّبَرَانِيُّ وَقَالَ فِي مُعْجَمَيْهِ الْكَبِيرِ وَالصَّغِيرِ: وَالْحَدِيثُ صَحِيحٌ]

Et les hafidh -les spécialistes de mémorisation des hadith- ont intégré ce hadith dans leurs livres comme le hafidh at-Tabaraniyy et le hafidh at-Tirmidhiyy parmi les anciens, le hafidh an-Nawawiyy et le hafidh Ibnou l-Jazariyy et d’autre parmi les plus récents, ils les ont cités dans leurs ouvrages.

Et le hadith a été jugé sahih [authentique] par at-Tabaraniyy, il a dit dans son mou^jam al-kabir et dans son mou^jam as-saghir : « le hadith est authentique. »

فَالْوَهَّابِيَّةُ بِقَوْلِهِمْ إِنَّ هَذَا شِرْكٌ وَكُفْرٌ يَكُونُونَ كَفَّرُوا هَؤُلاءِ الْحُفَّاظَ الَّذِينَ أَوْدَعُوا كُتُبَهُمْ هَذَا الْحَدِيثَ لِيُعْمَلَ بِهِ

Ainsi, les wahhabiyyah qui disent que ce serait du shirk -une adoration d’autre que Dieu- et de la mécréance auront ainsi déclarés mécréant tous ces hafidh qui ont écrit et intégré ce hadith dans leurs ouvrages pour que les gens l’applique.

فَنَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ فَسَادِ الْفَهْمِ.

Nous demandons à Allah qu’il nous préserve de la mauvaise compréhension.

Informations utiles :

Le prophète n’a pas fait de prière funéraire en faveur de quelqu’un de mécréant. Le prophète n’a pas fait la prière funéraire en faveur de ^Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul en ayant pour croyance qu’il était mécréant, non, le prophète pensait qu’il n’avait plus cette hypocrisie, car cet homme faisait preuve d’hypocrisie. Cependant le prophète pensait que cet homme n’était plus hypocrite et c’est pour cela que le prophète a fait la prière funéraire en sa faveur. Et c’est après que le Messager a reçu la révélation qui lui a annoncée que cet homme était encore hypocrite et est mort hypocrite. Quelqu’un de sensé ne va pas dire que le Messager de Dieu faisait la prière funéraire en faveur de quelqu’un à propos duquel le prophète savait qu’il était hypocrite, parce que cela reviendrait à dénigrer la religion, et ceci est impossible au sujet du Messager, le Messager ne se joue pas de la religion.

Ainsi, après la mort du mécréant, il est impossible que le prophète demande le pardon en sa faveur. Dieu dit dans sourate at-tawbah verset 113 :

مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ﴿

﴾أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

ce qui signifie : « le prophète et ceux qui sont croyants n’ont pas à demander le pardon en faveur des associateurs, même si ce sont des proches parents, dès lors qu’il s’est avéré pour eux qu’ils sont morts mécréants. » Ainsi, le prophète ne fait pas la prière en faveur de quelqu’un qui est mort mécréant.

Autre information utile :

Notre Chaykh a dit : « les épreuves qui touchent la personne, tant que sa religion est sauve -préservée-, cela comporte un grand intérêt pour l’au-delà. » Et pourquoi est-ce que les épreuves sont d’un grand profit tant qu’elles ne portent pas sur la religion et tant que ce ne sont que des épreuves du bas monde ? Car lorsque le croyant patiente, ce sera une cause soit pour lui expier les péchés ou pour l’augmenter en degré.

Attention : ce que nous disons au sujet du prophète est que lorsqu’il a fait cette prière funéraire en faveur de Abdou l-Lah Ibnou ‘Oubay Ibnou Saloul, le prophète pensait qu’il n’était plus hypocrite et qu’il avait abandonné son hypocrisie. Puis, par la suite un verset est descendu au prophète lui annonçant qu’en réalité c’était quelqu’un qui était encore hypocrite.

Ainsi, la règle est qu’on ne demande pas à Dieu qu’Il pardonne ou qu’Il fasse reposer en paix quelqu’un qui n’est pas mort musulman, car celui qui est mort mécréant ne reposera pas en paix. Dieu nous apprend que ce mécréant n’aura que des châtiments et des supplices qui vont se succéder.

Ainsi, celui qui demande à Dieu qu’Il leur fasse miséricorde ou qu’Il leur permette de vivre en paix ou de reposer en paix contredit la parole de Allah, et celui qui contredit la parole de Allah n’est pas croyant, il n’est pas musulman.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ [سُورَةَ الْفَتْح/ 13].

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : Allah ta^ala dit dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »

الشَّرْحُ هَذِهِ الآيَةُ فِيهَا دَلِيلٌ عَلَى مَا مَرَّ مِنْ أَنَّ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ لا بُدَّ مِنْهُ لِصِحَّةِ الإِيـمَانِ أَيْ لِكَوْنِ الْعَبْدِ مُؤْمِنًا عِنْدَ اللَّهِ بِحَيْثُ إِنَّ مَنْ شَكَّ فِي ذَلِكَ أَوْ أَنْكَرَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّهُ عَانَدَ الْقُرْءَانَ.

Commentaire : ce verset comporte la preuve que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est indispensable pour la validité de la foi, c’est-à-dire que pour que l’esclave soit croyant selon le jugement de Allah, il est indispensable qu’il croie au prophète Mouhammed, de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman parce qu’il aura contredit le Qour’an.

Et qu’est-ce que cela signifie « de sorte que celui qui doute à ce sujet n’est pas musulman » ? C’est le fait que la personne se dise : « peut-être que croire que Mouhammed est un envoyer de Dieu est une condition de la validité de la foi, et peut être que ce n’est pas une condition pour la validité de la foi. » Ainsi, celui qui doute à ce sujet ou celui qui renie cela est mécréant. Et qu’est-ce que cela signifie « celui qui renie cela est mécréant » ? C’est le fait que la personne se dise : « ce n’est pas une condition pour la validité de la foi que de croire au prophète Mouhammed. » Donc celui qui doute à ce sujet, ou celui qui renie ce sujet est un mécréant.

Et pourquoi est-il mécréant ? Parce qu’il a contredit le Qour’an. Car, qu’est-ce que le Qour’an nous dit ? Dans le Qour’an, Dieu dit dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. »

Ainsi, dire que croire au prophète Mouhammed n’est pas une condition pour la validité de la foi revient à contredire ce verset, et pas uniquement ce verset, mais ce verset est un exemple. Et celui qui contredit le Qour’an, c’est comme s’il disait que Dieu ment, et celui qui dit que Dieu ment n’est pas un croyant ni un musulman, Dieu ne l’agrée pas et c’est un mécréant.

وَهَذِهِ الآيَةُ أَيْضًا تُعْطِي أَنَّ مَنْ ءَامَنَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَعْمَلْ شَيْئًا مِنَ الْفَرَائِضِ لَيْسَ بِكَافِرٍ وَأَنَّهُ لَيْسَ خَالِدًا فِي النَّارِ

Et ce verset [13 de sourate al-fath] indique également que celui qui a cru en Dieu et en Son Messager mais qui n’accompli aucune obligation n’est pas un mécréant, et il ne restera pas éternellement en enfer.

Ainsi, ce verset indique que : croire au prophète Mouhammed est une condition pour la validité de la foi,c’est-à-dire pour que l’on dise de quelqu’un qu’il est croyant [musulman]. Et ce verset indique que : celui qui croit en Dieu et en Son prophète Mouhammed est musulman même s’il n’accompli aucune obligation.Il n’est pas mécréant et ne restera pas éternellement en enfer.

وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾ أَيْ هَيَّأْنَا ﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ أَيْ نَارَ جَهَنَّمَ لِكُفْرِهِمْ

Pour ce qui est de Sa parole ta^ala dans sourate al-fath verset 13 :

﴿فَإِنَّا أَعْتَدْنَا﴾

elle signifie : « Nous avons préparés -Nous avons réservés-. » Et Sa parole :

﴿لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

signifie : « l’enfer pour les mécréants. »

وَذَلِكَ لِقَوْلِهِ تَعَالَى ﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾ حَيْثُ دَلَّتْ هَذِهِ الآيَةُ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ كَافِرٌ وَلَوْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ الْمُنْتَسِبِينَ لِلتَّوْرَاةِ وَالإِنْجِيلِ لِأَنَّ الْقُرْءَانَ سَمَّاهُمْ أَهْلَ الْكِتَابِ وَسَمَّاهُمْ كَافِرِينَ لِأَنَّهُمْ لَمْ يُؤْمِنُوا بِمُحَمَّدٍ.

Et ce verset 13 de sourate al- fath :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer » indique que celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète Mouhammed est un mécréant même s’il fait partie de ahlou l-kittab -des gens du livre- ceux qui prétendent suivre la Torah -at-Tawrat- et l’Évangile -al-Injil- car le Qour’an les a appelés « les gens du livre » mais il les a aussi appelés « mécréants » car ils ne croient pas en Mouhammed.

Et pourquoi sont-ils appelés mécréants ? Car ce verset 13 de sourate al-fath l’indique :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

Eh bien, du fait qu’ils n’aient pas cru en Mouhammed ceux sont des mécréants. Certes, ceux sont des gens du livre, mais ceux sont des mécréants.

وَالتَّوْرَاةُ وَالإِنْجِيلُ الْمُنَزَّلانِ فِيهِمَا الأَمْرُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ غَيْرَ أَنَّ هَؤُلاءِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَيْهِمَا لَمْ يَعْمَلُوا بِالْكِتَابَيْنِ وَلَوْ عَمِلُوا بِهِمَا لَاتَّبَعُوا مُحَمَّدًا لِأَنَّ الْكِتَابَيْنِ حُرِّفَا تَحْرِيفًا بَالِغًا وَحُذِفَ مِنْهُمَا ذِكْرُ الإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ

La Thorah [en arabe at-Tawrat] et l’Évangile [en arabe al-Ingil] qui ont été descendus par révélation comportent l’ordre de croire en Mouhammed. Cependant, ceux qui se réclament de ces deux livres -ceux qui disent : « nous suivons la Thorah» et d’autres qui disent : « nous suivons l’évangile » – n’appliquent pas ce qu’il y a dans ces livres car s’ils avaient appliqué ce qu’il y a dans ces livres, ils auraient suivi Mouhammed. Et pourquoi n’appliquent-ils pas ce qu’il y a dans ces livres ? Car eux prétendent les suivre, mais en réalité ces deux livres ont été fortement falsifiés de sorte qu’il en a été enlevé la mention de la croyance en Mouhammad.

وَالآنَ لَمْ يَبْقَ بَيْنَ الْبَشَرِ إِلَّا الْمُحَرَّفُ

Et de nos jours, entre les mains des humains il ne reste plus que ce qui a été falsifié. Il ne reste donc plus les exemplaires d’origines qui ont été révélés aux prophètes de Dieu.

وَلِأَجْلِ انْتِسَابِ الْيَهُودِ إِلَى التَّوْرَاةِ وَالنَّصَارَى إِلَى الإِنْجِيلِ انْتِسَابًا بِاللَّفْظِ سَمَّاهُمُ الْقُرْءَانُ أَهْلَ الْكِتَابِ وَكَفَّرَهُمْ

Mais comme par prétention les juifs se réclament de la Thorah et les chrétiens se réclament de l’Évangile, le Qour’an les a appelés « ahlou l-kittab » -les gens du livres- et le Qour’an les a déclarés mécréant.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/70].

Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 70 :

﴿يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لِمَ تَكْفُرُونَ بِآيَاتِ اللَّهِ وَأَنتُمْ تَشْهَدُونَ﴾

ce qui signifie : « ô vous gens du livre, pourquoi vous êtes mécréants en ce que Dieu a révélé alors que vous êtes censé le savoir ? »

 وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى كُفْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾ [سُورَةَ الْبَيِّنَة/6] أَيْ شَرُّ الْخَلْقِ.

Et comme autre preuve de la mécréance des gens du livre il y a la parole de Allah dans sourate al-bayyinah verset 6 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾

ce qui signifie : « certes, ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures. »

وَبَعْضُ النَّاسِ الْجُهَّالِ يَقُولُونَ الْقُرْءَانُ يَقُولُ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ مَعْنَاهُ لَيْسُوا كُلُّهُمْ كُفَّارًا وَهَذَا جَهْلٌ بِاللُّغَةِ لِأَنَّ مِنْ هَذِهِ بَيَانِيَّةٌ وَلَيْسَتْ لِلتَّبْعِيضِ مَعْنَاهُ الْكُفَّارُ إِنْ كَانُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَإِنْ كَانُوا مُشْرِكِينَ مِنْ غَيْرِ أَهْلِ الْكِتَابِ هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ.

Et certaines personnes ignorantes disent que le therme « min ahli l-kittab » cité dans le Qour’an signifierait qu’ils ne seraient pas tous mécréants, et ceci est une ignorance de la langue arabe car le « min » ici est un min bayaniyyah -c’est-à-dire qui va énumérer- et ce n’est pas pour indiquer la partie, cela signifie que les mécréants qu’ils fassent partie des gens du livre ou qu’ils soient associateurs ne faisant pas partie des gens du livre, les deux sont les pires des créatures.

Et les mécréants sont les pires des créatures, parce que les mécréants ont atteint le summum de l’ingratitude et de l’injustice. Dieu les a créés, Dieu leur a donné la vie, Dieu leur a donné la raison, Dieu leur a donné la santé, Dieu leur a donné le pouvoir de vivre, Dieu leur a donné le pouvoir de respirer, et malgré cela, ces mécréants renient Son existence, ou ils Lui attribue ce qui n’est pas digne de Lui, ou ils adorent autre que Lui, ou ils ne croient pas en un prophète qu’Il a envoyé, ou tout autre forme de mécréance. Que Dieu nous en préserve. C’est pour cela que l’acte de ne pas être croyant [de ne pas être musulman] est le plus grave des péchés.

La mécréance est le péché que Dieu ne pardonne pas tout comme Il nous l’a appris dans le verset 6 de sourate al-bayyinah :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ وَالْمُشْرِكِينَ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أُولَئِكَ هُمْ شَرُّ الْبَرِيَّةِ﴾

ce qui signifie : « certes ceux qui ont mécru, qu’ils fassent partie des gens du livre ou des associateurs, ils seront dans le feu de l’enfer, ils y resteront éternellement, ceux sont les pires des créatures », et dans sourate al-fath verset 13 :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ces deux versets sont donc des preuves qu’ils sont mécréants et qu’ils iront éternellement en enfer. Et il n’y a pas que ces versets comme preuve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذِهِ الآيَةُ صَرِيْحَةٌ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَمَنْ نَازَعَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ يَكُونُ قَدْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ وَمَنْ عَانَدَ الْقُرْءَانَ كَفَرَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette ‘ayah 13 de sourate al-fath juge explicitement [clairement] mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an, et celui qui contredit le Qour’an est mécréant.

Ainsi, celui qui ne croit pas en Allah et en Son Messager a été appelé kafir par Allah, et qu’est-ce que cela signifie « kafir » ? Ça veut dire mécréant. Ainsi, ce verset [13 de sourate al-fath] juge explicitement mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammed, et celui qui conteste ce jugement-là aura contredit le Qour’an.

Ainsi, celui qui dit : « non, du moment qu’il fasse du bien et qu’il soit gentil, celui-là Dieu lui pardonnera » aura contredit le verset et sera devenu mécréant. Et pourquoi sera-t-il devenu mécréant ? Car celui qui contredit le Qour’an devient mécréant, voici la règle. Comment est-ce que quelqu’un croirait au Qour’an et le contredirait ??? Cela ne fonctionne pas, s’il croit au Qour’an, nécessairement il reconnait la véracité du Qour’an.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ خَالَفَ فِي هَذَا الْمَوْضُوعِ فَأَنْكَرَ الإِيـمَانَ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ.

Commentaire : celui qui contredit ce sujet [en disant que la croyance que Mouhammed est un envoyé de Dieu n’est pas une condition pour la validité de la foi] ou qui renie la foi en Mouhammed un mécréant.

فَمَنْ ظَنَّ أَنَّ الإِنْسَانَ يَكُونُ مُؤْمِنًا مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ مِنْ غَيْرِ إِيـمَانٍ بِمُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ كَمَا أَنَّهُ مَنْ كَانَ فِي زَمَانِ عِيسَى أَوْ زَمَانِ مُوسَى أَوْ غَيْرِهِمَا مِنَ الأَنْبِيَاءِ إِذَا كَذَّبَ أَحَدًا مِنْهُمْ وَاعْتَرَفَ بِوُجُودِ اللَّهِ وَلَمْ يَعْبُدْ غَيْرَهَ فَهُوَ كَافِرٌ لِأَنَّ اللَّهَ أَرْسَلَ هَؤُلاءِ لِيُصَدَّقُوا وَيُتَّبَعُوا فَتَكْذِيبُهُمْ تَكْذِيبٌ لِلَّهِ.

Et si quelqu’un pensait qu’il était possible d’être croyant et d’aller au paradis sans croire en Mouhammed, celui qui a une telle croyance n’est pas musulman, il est mécréant. Tout comme à l’époque de Jésus -^Iça- ou à l’époque de Moise -Moussa- ou d’autres prophètes, si quelqu’un démentait l’un des prophètes de son époque, même s’il reconnaissait l’existence de Dieu et qu’il n’a pas adoré autre que Dieu, du fait qu’il ait démenti le prophète de son époque il est devenu mécréant, parce que Dieu a envoyé ces prophètes pour qu’ils soient crus et suivis, et les démentir revient à démentir Dieu.

Attention : démentir les prophètes revient à démentir Celui qui les a envoyés.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَجْمَعَ الْفُقَهَاءُ الإِسْلامِيُّونَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ دَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ. وَعَلَى تَكْفِيرِ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْهُ أَوْ شَكَّ أَوْ تَوَقَّفَ كَأَنْ يَقُولَ: أَنَا لا أَقُولُ إِنَّهُ كَافِرٌ أَوْ غَيْرُ كَافِرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les juristes de l’Islam sont unanimes à juger mécréant celui qui aurait une autre religion que l’Islam, ainsi que celui qui ne le jugerait pas mécréant, ainsi que celui qui en douterait, ou encore celui qui ne prendrait pas position comme en disant : « moi je ne dis pas qu’il est mécréant et je ne dis pas qu’il n’est pas mécréant. »

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اتَّخَذَ لِنَفْسِهِ دِينًا غَيْرَ دِينِ الإِسْلامِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَمَنْ تَرَدَّدَ فِي تَكْفِيرِهِ أَيْ فِي تَكْفِيرِ مَنْ لا يَدِينُ بِالإِسْلامِ بَلْ يَدِينُ بِغَيْرِهِ مِنْ يَهُودِيَّةٍ أَوْ مَجُوسِيَّةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ يَكْفُرُ، وَكَذَلِكَ الَّذِي يَقُولُ لَعَلَّهُ كَافِرٌ وَلَعَلَّهُ غَيْرُ كَافِرٍ وَلَوْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ مِمَّنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا، بَلْ وَلَوِ اعْتَقَدَ هَذَا الشَّخْصُ وَظَنَّ أَنَّهُ مُسْلِمٌ، فَإِنْكَارُ كُفْرِهِ وَالتَّرَدُّدُ فِي كُفْرِهِ كُفْرٌ.

Commentaire : les juristes de l’Islam sont unanimes [il n’y a pas de divergence] à juger mécréant plusieurs personnes :

Premièrement : celui qui aurait une autre religion que l’Islam.

Par exemple il est bouddhiste, mazdéen, athée, il est mécréant par unanimité des savants.

Ainsi, quiconque a une autre religion que l’Islam comme ceux qui suivent une soi-disant mode qui disent : « je suis agnostique, toutes les croyances sont possiblement vraies» est mécréant selon l’unanimité des savants.

Deuxièmement : celui qui ne le jugerait pas mécréant devient mécréant selon l’unanimité des savants.

C’est-à-dire qu’il ne juge pas mécréant celui qui n’a pas pour religion l’Islam mais qui a pour religion autre que l’Islam, comme s’il était juif, mage ou autre que ces religions.

Donc si une personne A dit d’une personne B qui ne croit pas au prophète Mouhammed : « oui, c’est un musulman celui-là », A de même est mécréant.

Troisièmement : celui qui en douterait.

Comme en disant : « c’est possible que ce soit vrai et c’est possible que ce soit faux», il est mécréant selon l’unanimité des savants.

Par exemple, une personne A dit à propos de quelqu’un qui aurait une autre religion que l’Islam [comme un juif] : « oui au jour du jugement c’est Dieu qui jugera », A devient mécréant selon l’unanimité des savants.

Certes, c’est sûr que c’est Dieu qui jugera, mais Dieu nous a transmis par l’intermédiaire de Ses prophètes ce qu’il en est. Ainsi, nous sommes avertis, il y a des choses que nous connaissons et Dieu nous a ordonné d’appliquer les jugements qui sont révélés aux prophètes, et Dieu nous a ordonné d’interdire le mal et d’ordonner le bien. Et comment est-ce que tu vas ordonner le bien et interdire le mal si tu ne peux pas juger mécréant ? Comme certains ignorants qui disent que c’est Dieu qui juge. C’est sûr que c’est Dieu qui juge mais Dieu nous a donné des règles à appliquer et nous devons les appliquer. Donc celui qui doute de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, lui-même est devenu mécréant, et ceci selon l’unanimité des savants.

Quatrièmement : celui qui ne prendrait pas position.

Comme certains qui te disent : « moi je suis neutre, je suis pacifiste, je ne veux pas me prononcer, ceci est quelque chose qui émane de la sphère privé, je garde ça pour moi, je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant », il devient mécréant selon l’unanimité des savants, c’est-à-dire que celui qui suit une autre religion que l’Islam est mécréant.

Ainsi, celui qui hésite [qui doute] au sujet de sa mécréance, c’est-à-dire qu’il doute du fait de déclarer mécréant quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam, [comme s’il était juif ou mazdéen ou autre] lui aussi devient mécréant.

Et de même, celui qui dit : « peut-être qu’il est mécréant, peut-être qu’il n’est pas mécréant» est lui-même mécréant, même si celui qui dit cela prétend être musulman par la parole, même s’il se croyait être musulman, il n’est plus musulman.

Donc nier la mécréance ou douter de la mécréance de quelqu’un qui a une autre religion que l’Islam est en soit une mécréance. Que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْلَمْ بِإِسْتِيقَانٍ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ الشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ أَوْ مَا فِي مَعْنَاهُمَا وَلَوْ بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ. وَيَكْفِي لِصِحَّةِ الإِسْلامِ النُّطْقُ مَرَّةً فِي الْعُمُرِ وَيَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ، هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache aussi avec certitude que la foi et l’Islam ne sont pas valables et que les bonnes œuvres ne sont pas acceptées sans les deux témoignages qui sont :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

ce qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Allah » ou avec tout autre expression qui aurait la même signification même dans une autre langue que la langue arabe. Et il est suffisant de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie pour la validité de l’Islam, et il reste un devoir de prononcer les deux témoignages dans chaque prière pour la validité de la prière. Ainsi, c’est en prononçant les deux témoignages que la personne qui était sur autre que l’Islam et qui souhaite entrer en islam devient musulmane.

Ainsi, la personne peut dire en français : « je témoignage qu’il n’est de Dieu que Dieu, et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Alla» même si elle est toute seule, mais au minimum en se faisant entendre, ce n’est pas en les disant dans son cœur.

Ainsi, comment quelqu’un qui n’est pas musulman fait pour le devenir ? Il suffit qu’il prononce les deux témoignages, c’est tout. Et c’est ainsi que notre prophète a fait quand les gens venaient pour devenir musulmans. Il ne leur disait pas : « recitez la Fatiha ou prenez rdv avec l’imam » comme dans certains livres d’ignorants vous pouvez trouver cela.

Ainsi, si quelqu’un vient à toi pour prononcer les deux témoignages, tu t’empresses, tu ne le retardes pas, tu ne te satisfais pas du fait qu’il reste mécréant encore quelque minutes, mais tu lui dis : répètes : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu. »

الشَّرْحُ قَوْلُهُ: »وَاعْلَمْ بِاسْتِيقَانٍ« أَيْ جَازِمًا بِلا شَكٍّ أَنَّهُ لا يَصِحُّ الإِيـمَانُ وَالإِسْلامُ وَلا تُقْبَلُ الأَعْمَالُ الصَّالِحَةُ بِدُونِ النُّطْقِ بِالشَّهَادَتَيْنِ بِلَفْظِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، وَلا يُشْتَرَطُ خُصُوصُ هَذَا اللَّفْظِ بَلْ يَكْفِي مَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا كَقَوْلِ لا رَبَّ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ نَبِيُّ اللَّهِ، وَكَذَلِكَ لَوْ نَطَقَ بِمَا يُعْطِي مَعْنَاهُمَا بِغَيْرِ اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَهَذَا النُّطْقُ يَكْفِي مَرَّةً وَاحِدَةً فِي الْعُمُرِ لِصِحَّةِ الإِسْلامِ هَذَا فِيمَنْ كَانَ عَلَى غَيْرِ الإِسْلامِ ثُمَّ أَرَادَ الدُّخُولَ فِي الإِسْلامِ، وَبَعْدَ تِلْكَ الْمَرَّةِ يَبْقَى وُجُوبُهَا فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.

Commentaire : la parole « sache avec certitude » signifie : sois catégorique, sans aucun doute, que la foi et l’Islam ne sont valables tout comme les bonnes œuvres ne sont acceptées uniquement par les deux témoignages par la parole :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Alla», etil n’est pas une condition que d’utiliser ces thermes là en particulier, mais il suffit de dire ce qui a le même sens, comme en disant : « il n’est de seigneur que Allah, Mouhammed est le prophète de Allah », de même, s’il prononce leurs sens mais dans une autre langue que la langue arabe, ceci est valide. Et il est suffisant de prononcer cette expression une seule fois dans la vie pour que l’Islam soit valide de la part de cette personne, cela étant pour la personne qui n’était pas musulmane et qui souhaite entrée en islam, après cette première fois, il reste un devoir de reciter les deux témoignages dans chaque prière lors du dernier tachahhoud pour que la prière soit valide.

ثُمَّ إِنَّ الأَعْمَالَ الصَّالِحَةَ لا تَكُونُ مَقْبُولَةً عِنْدَ اللَّهِ بِدُونِ الإِيـمَانِ، وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/124].

Par ailleurs, les bonnes œuvres ne sont pas acceptées selon le jugement de Allah sans la foi, et la preuve que les bonnes œuvres ne sont acceptées que de la part du croyant [du musulman] réside dans la parole de Dieu dans sourate an-niça’ verset 124 :

﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾

ce qui signifie : « celui qui accompli les bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme et qui est croyant, ceux-là entreront au paradis, ne seront aucunement lésés, ils ne subiront aucune injustice. »

La parole de Dieu :

﴿وَمَن يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتَ مِن ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى﴾

signifie : « celui qui accompli des bonnes œuvres qu’il soit homme ou femme », et la parole de Dieu :

﴾ وَهُوَ مُؤْمِنٌ ﴿

signifie : « et qui est croyant », voici la condition pour l’acceptation des œuvres vertueuses.

Et la parole de Dieu :

﴿فَأُولَئِكَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ وَلا يُظْلَمُونَ نَقِيرًا﴾

signifie : « ceux-là entreront au paradis et ne subiront aucune injusticeils ne seront aucunement lésés. » Ainsi, le critère pour gagner des récompenses pour les bonnes œuvres que la personne accomplie c’est d’être croyant. Et qu’est-ce que cela signifie « être croyant » ? Comme dit précédemment, être croyant c’est ce qui est indiqué dans le verset 13 de sourate al-fath :

﴿وَمَنْ لَّمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيرًا﴾

ce qui signifie : « ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, certes Nous avons préparés pour les mécréants l’enfer. » Ainsi, être croyant est le fait de croire en Allah et en Son Messager. Et pourquoi être croyant réside dans le fait de croire en Allah et en Son Messager ? Parce que celui qui ne croit pas en Allah et ni en Son Messager n’est pas un musulman, mais c’est un mécréant qui restera éternellement en enfer, que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ وَكَانَ يَعْتَقِدُ الشَّهَادَتَيْنِ فَلا يُشْتَرَطُ فِي حَقِّهِ النُّطْقُ بِهِمَا، بَلْ هُوَ مُسْلِمٌ لَوْ لَمْ يَنْطِقْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui a grandi sur l’Islam en croyant aux deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer, c’est-à-dire qu’il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages.

الشَّرْحُ مَنْ نَشَأَ عَلَى الإِسْلامِ بَيْنَ أَبَوَيْنِ مُسْلِمَيْنِ مَا دَامَ اعْتِقَادُهُ عَلَى مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُؤْمِنٌ وَلَوْ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بِلِسَانِهِ حَتَّى مَاتَ، لَكِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا مُرْتَكِبًا لِلْكَبِيرَةِ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْطِقْ بِهِمَا بَعْدَ الْبُلُوغِ.                           

Commentaire : si quelqu’un a grandi musulman et qu’il a pour croyance les deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de prononcer les deux témoignages, il est musulman même s’il ne prononce pas les deux témoignages par la langue jusqu’à la mort [parce qu’il a grandi de parents musulmans]. Cependant, s’il ne dit jamais les deux témoignages durant toute sa vie, on dit qu’il a commis un grand péché parce qu’il ne les a pas prononcés après sa puberté.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ حَدِيثٌ قُدْسِيٌّ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَفْضَلُ وَأَوَّلُ فَرْضٍ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le prophète a dit : « Allah ta^ala dit :

وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَىْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ مِمَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ

ce qui signifie : « Mon esclave n’obtiendra pas Mon agrément pour quelque chose que J’agrée davantage que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui », hadith *qoudsiyy rapporté par al-Boukhariyy. Et la meilleure et la première des obligations est la foi en Allah et en Son Messager.

* Le hadith qoudsiyy est un hadith dans lequel le prophète commence en disant : « Allah ta^ala dit : ».

Ainsi, qu’est-ce que ce hadith qoudsiyy nous enseigne-t-il ? Il nous enseigne que ce qui permet de gagner l’agrément de Allah avant toute chose, c’est d’accomplir ce que Allah a ordonné d’accomplir, or, la meilleure et la première des obligations c’est la foi en Allah et en Son Messager.

الشَّرْحُ الْحَدِيثُ الْقُدْسِيُّ هُوَ الْحَدِيثُ الَّذِي صَدَّرَهُ رَسُولُ اللَّهِ بِقَالَ اللَّهُ أَوْ يَقُولُ اللَّهُ أَوْ بِمَا فِي مَعْنَى ذَلِكَ، أَمَّا الْحَدِيثُ النَّبَوِيُّ فَمَا صَدَّرَهُ الصَّحَابِيُّ بِقَالَ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ.

Commentaire : le hadith qoudsiyy c’est le hadith dans lequel le Messager de Allah commence en disant : « qal Allah » ou bien « yaqoulou l-Lah » ou ce qui est de cet ordre, c’est-à-dire : « Allah dit : ». Quant au hadith prophétique qui n’est pas qoudsiyy, c’est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le Messager a dit : ».

Ainsi il y a une différence entre le hadith qoudsiyy, qui est celui dans lequel le prophète commence par dire : « Allah ta^ala dit : » et le hadith nabawiyy qui est le hadith dans lequel le compagnon commence en disant : « le prophète a dit: ».

وَفِي هَذَا الْحَدِيثِ بَيَانُ أَنَّ أَعْظَمَ مَا يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَى اللَّهِ هُوَ أَدَاءُ فَرَائِضِ اللَّهِ

Dans ce hadith qoudsiyy il y a l’indication de l’éminence de ce qui permet de se rapprocher de l’agrément de Dieu, à savoir l’accomplissement des obligations.

وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الأَكَابِرِ: مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ ذَكَرَهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ فِي شَرْحِ الْبُخَارِيِّ

Et un grand saint a dit :

مَنْ شَغَلَهُ الْفَرْضُ عَنِ النَّفْلِ فَهُوَ مَعْذُورٌ وَمَنْ شَغَلَهُ النَّفْلُ عَنِ الْفَرْضِ فَهُوَ مَغْرُورٌ

ce qui signifie : « celui qui a été occupé par l’obligatoire et qui, par conséquent n’a pas pu faire ce qui est surérogatoire est quelqu’un d’excusé, et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas fait l’obligatoire car il s’est occupé du surérogatoire, c’est quelqu’un qui s’est trompé. » Cette parole a été rapportée par le hafidh Ibnou Hajar dans charh al-Boukhariyy -le commentaire du sahih al-Boukhariyy-.

فَالْعَمَلُ بِالْفَرْضِ يُقَرِّبُ إِلَى اللَّهِ أَكْثَرَ مِنَ الْعَمَلِ بِالنَّوَافِلِ، فَعَلَيْكُمْ بِتَقْدِيمِ الْفَرْضِ عَلَى النَّفْلِ عَمَلًا بِالْقَاعِدَةِ الْمَذْكُورَةِ، وَأَفْضَلُ الأَعْمَالِ عَلَى الإِطْلاقِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ.

Par conséquent, accomplir les obligations permet de gagner davantage l’agrément de Dieu que les œuvres surérogatoires. Priorisez donc l’obligatoire sur le surérogatoire pour appliquer et mettre en pratique la règle précédemment citée. Et la meilleure des œuvres dans l’absolue est de croire en Allah et en Son Messager.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَاعْتِقَادُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ فَقَطْ لا يَكْفِي مَا لَمْ يُقْرَنْ بِاعْتِقَادِ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32] أَيْ لا يُحِبُّ اللَّهُ مَنْ تَوَلَّى عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ لِكُفْرِهِمْ وَالْمُرَادُ بِطَاعَةِ اللَّهِ وَالرَّسُولِ فِي هَذِهِ الآيَةِ الإِيـمَانُ بِهِمَا.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : et la croyance seule qu’il n’est de Dieu que Allah ne suffit pas si on ne lui joint pas la croyance que Mouhammed est Son Messager. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾

ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants », c’est-à-dire que Allah n’agrée pas ceux qui se détournent de la croyance en Allah et en Son Messager en raison de leur mécréance. Et dans ce verset, ce qui est visé par l’obéissance à Allah et à Son Messager est la foi en Allah et en Son Messager.

الشَّرْحُ مَعْنَى ﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ﴾ أَيْ بِالإِيـمَانِ بِهِمَا ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ أَعْرَضُوا عَنْ ذَلِكَ ﴿فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ أَيْ فَهُمْ كُفَّارٌ لا يُحِبُّهُمُ اللَّهُ وَلَوْ أَحَبَّهُمْ لَرَزَقَهُمُ الإِيـمَانَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ.

Commentaire : le sens de : « dis : obéissez à Allah et au Messager », c’est-à-dire en ayant foi en Allah et en croyant en Son Messager : « s’ils se détournent », c’est-à-dire s’ils se détournent de la foi : « alors certes Allah n’agrée pas les mécréants», c’est-à-dire que ceux sont des mécréants que Allah n’agrée pas, et si Dieu avait agrée ces gens-là, Dieu leur aurait accorder la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ كَافِرٌ وَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّهُ لِكُفْرِهِ، فَمَنْ قَالَ إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ الْمُؤْمِنِينَ وَالْكَافِرِينَ لِأَنَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ فَقَدْ كَذَّبَ الْقُرْءَانَ، فَيُقَالُ لَهُ: اللَّهُ خَلَقَ الْجَمِيعَ لَكِنْ لا يُحِبُّ الْكُلَّ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : ceci est donc une preuve que celui qui n’a pas cru en Allah et en Son Messager Mouhammed est mécréant et que Allah ne l’agrée pas en raison de sa mécréance. Par conséquent, si quelqu’un dit que Allah aime les croyants et les mécréants parce qu’Il les a tous crée, il aura contredit le Qour’an. On lui répond : « certes Allah les a tous crée, mais Allah ne les agrée pas tous. »

   الشَّرْحُ اللَّهُ خَلَقَ الْمُسْلِمِينَ وَالْكَافِرِينَ لَكِنَّهُ لا يُحِبُّ سِوَى الْمُسْلِمِينَ.

Commentaire : Allah a créé les musulmans et Il a créé les mécréants cependant Il n’agrée pas les mécréants, Il n’agrée que les musulmans, comme c’est indiqué dans le verset précédemment cité dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

﴿قُلْ أَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾

ce qui signifie : « dis : obéissez à Allah et au Messager, s’ils se détournent, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »

الْفَرْضُ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ

وَاعْلَمْ أَنَّ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ بَعْدَ الْبُلُوغِ فَرْضٌ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ مَرَّةً وَاحِدَةً فِي عُمُرِهِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَ التَّحِيَّاتِ فِي الصَّلاةِ إِنَّمَا هُمْ يَعْتَبِرُونَهَا سُنَّةً وَعِنْدَ غَيْرِهِمْ كَالشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ تَجِبُ فِي كُلِّ صَلاةٍ لِصِحَّةِ الصَّلاةِ.       

L’obligation pour toute personne responsable

Et sache que prononcer les deux témoignages après la puberté est une obligation pour toute personne responsable une fois dans sa vie avec l’intention d’accomplir cette obligation chez les malikites car les malikites considèrent que la récitation du tachahhoud dans la prière n’est pas un devoir, mais selon eux, c’est recommandé, et selon d’autres savants, tel que les chafi^ites et les hanbalites, la récitation du tachahhoud est une obligation dans chaque prière pour la validité de la prière. Il y a donc divergence.

Étant donné que les malikites ne considèrent pas obligatoire le fait de prononcer les deux témoignages dans la prière, ils ont dit que c’est une obligation que de prononcer une fois dans la vie les deux témoignages qui sont :

أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ ٱللَّٰهِ

الشَّرْحُ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ ضَرُورِيَّةٌ فِي كُلِّ صَلاةٍ عِنْدَ الشَّافِعِيَّةِ وَالْحَنَابِلَةِ أَمَّا عِنْدَ الْمَالِكِيَّةِ فَهِيَ عِنْدَهُمْ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ عَلَى أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ فِي الْمَذْهَبِ الْمَالِكِيِّ، وَالسُّنَّةُ الْمُؤَكَّدَةُ هِيَ مَا كَانَ يُوَاظِبُ عَلَيْهِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

Commentaire : les deux témoignages sont indispensables dans chaque prière selon les chafi^ites et les hanbalites. Tandis que chez les malikites, le tachahhoud est une sounnah *mou’akkadah. Et la sunnah mou’akkadah ce que le prophète persévérait à faire.

*La sunnah mou’akkadah est l’acte qui n’est pas obligatoire mais que le prophète faisait tout le temps tout le temps tout le temps, c’est-à-dire que le prophète était assidu à le faire, c’est un acte très recommandé.

فَيَكْفِي عِنْدَهُمْ أَنْ يَرْفَعَ رَأْسَهُ وَيَنْتَظِرَ بِقَدْرِ السَّلامُ عَلَيْكُمْ ثُمَّ يَقُول السَّلامُ عَلَيْكُمْ فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَالِكِيَّةَ يُوجِبُونَ النُّطْقَ بِالشَّهَادَتَيْنِ مَرَّةً وَاحِدَةً بَعْدَ الْبُلُوغِ بِنِيَّةِ الْفَرْضِ لِأَنَّهُمْ لا يُوجِبُونَهَا فِي الصَّلاةِ.

Ainsi,selon les malikites ce n’est pas un devoir que de prononcer les deux témoignages dans la prière, chez eux, il suffit que la personne se relève de la prosternation puis attende le temps de dire « as-salamou^alaykoum » puis il dit « as-salamou^alaykoum » [ce n’est donc pas une condition de reciter le tachahhoud chez les malikites]. On comprend de là que les malikites considèrent obligatoire le fait prononcer les deux témoignages une fois dans la vie après la puberté dans l’intention d’accomplir l’obligation parce que les malikites ne considèrent pas les deux témoignages comme étant obligatoires dans la prière. Et c’est pour cela que les malikites ont dit que c’est indispensable de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie, c’est-à-dire que c’est une obligation selon eux.

informations utiles :

Celui qui fait une invocation pour son frère ou pour sa sœur qui n’est pas présent, il y a un ange qui dit : « ‘amin et à toi la même chose. » Ainsi, l’ange dit « amin: pour l’invocation et il dit : « à toi aussi la même chose », c’est-à-dire : « que Dieu t’accorde la même chose que ce que tu viens de demander pour ton frère. » Et si vous voulez demander la guérison pour quelqu’un qui est malade vous dites :

أَسْأَلُ اللهَ الْعَظِيمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ أَنْ يَشْفِيَ

puis vous citez le prénom. Et c’est une invocation que l’on peut faire pour la personne en son absence.

Et parmi ce qui a été rapporté de notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde il a dit : dans son pays al-Habasha il y avait un Chaykh qui s’appelait Mouhammed fils de ‘Ydris [comme l’imam ach-Chafi^iyy]. Cet homme était Qadi -c’était un juge légal-, et il était pieux, c’était quelqu’un de pieux. Et cet homme-là, Mouhammed fils de ‘Ydris était ascète, c’est-à-dire qu’il n’avait pas le cœur attaché à ce bas monde. Et il craignait énormément Dieu, au point qu’après sa mort, Allah lui a accordé quelque chose d’extraordinaire, Allah lui a accordé ce qu’on appelle une karamah -un prodige-. Il a enseigné à un élève à lui après sa mort.

Par ailleurs, ce Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris avait commencé à enseigner un livre à l’un de ses élèves, et avant de terminer le livre avec son élève il est mort. Cet élève fut alors profondément attristé, il était extrêmement chagriné parce qu’il n’a pas pu continuer d’étudier tout le livre avec son Chaykh. Alors, son Chaykh Mouhammed Ibnou ‘Ydris est venu voir son élève dans le rêve et lui a dit : « prends le livre avec toi, et viens auprès de ma tombe, tu me le lis tout comme tu me le lisais lorsque j’étais vivant, et moi, je t’explique. » Alors cet élève s’est mis à aller auprès de la tombe, il ouvrait le livre et le lisait, puis le Chaykh dans la tombe lui expliquait, jusqu’à ce qu’il ait pu terminer tout le livre. L’élève a ensuite pris un deuxième livre avec lui, puis a essayé de faire la même chose, mais le Chaykh ne lui a pas fait de commentaire comme pour le première livre.

Et l’imam Ibnou Sirin qui a pris la science auprès des compagnons et qui est donc un tabi^i, a dit :

إِنَّ هَذَا العِلْمَ دِينٌ فَانْظُرُوا عَمَّن تَأْخُذُونَ دِينَكُمْ

ce qui signifie : « certes, cette science est la religion, alors faites particulièrement attention de qui vous prenez votre religion. » Cela signifie que l’on n’apprend pas la science de la religion auprès de n’importe qui prétend la détenir, hormis auprès de ceux qui sont de confiance et qui ont la capacité.

Et il y a des gens qui ont pris beaucoup de connaissances, mais qui n’ont pas pu comprendre ces sciences, comme cet égaré qui a dit dans son livre Charhou Hadithi ‘Imrani Bni Housayn : « le genre des créatures n’a pas de début »,or cela est contraire à la raison et aux textes. C’est quelqu’un qui a considéré que le genre de ce monde est sans début, c’est-à-dire que Allah ne l’aurait pas fait précéder par l’inexistence. Cet homme a prétendu que cette parole qui est un démenti des fondements de la croyance, serait une perfection à dire. Selon lui, si le genre de ce monde n’était pas de toute éternité il serait incomplet.

Et donc, que la personne fasse attention auprès de qui elle prend la science, car cet homme était un hafidh, il était hanbalite, il avait beaucoup de science mais il n’avait pas de compréhension. Il a prétendu que Allah est dans la direction du haut, au-dessus du trône et qu’Il descendrait au ciel du bas monde sans pour autant libérer le trône, même la raison ne l’accepte pas. Il a été confronté à ses mécréances, les savants des 4 écoles lui ont fait un débat, et ils ont jugé qu’il soit mis en prison. Et pourquoi ? Parce qu’à chaque fois il disait qu’il abandonnait ses mauvaises croyances, puis quand les gens le laissaient, il se remettait à enseigner ses mauvaises croyances. Donc les savants des quatre écoles, les qadi des 4 écoles de son époque ont jugé qu’il devait être emprisonner et il est mort en prison.

Et quelqu’un l’a vue dans le rêve, il a vue dans le rêve le shaytan qui tenait quelqu’un entre ses bras. L’homme a alors demandé au shaytan : « qui est-ce ? », le shaytan a répondu : « c’est mon frère Ibnou Taymiyah » et combien de gens ont été égarés par sa cause. On ne dit pas que Allah ta^ala touche ni n’est touché, Allah est exempt du contact et de la séparation. Al-^arch, Allah l’a qualifié de karim et de madjid, parce qu’il n’y a pas de péché qui ait été commis sur al-^arch.

Et al-^arch est entouré par les anges honorés. Allah ta^ala dit dans sourate az-zoumar verset 75 :

وَتَرَى الْمَلَائِكَةَ حَافِّينَ مِنْ حَوْلِ الْعَرْشِ يُسَبِّحُونَ بِحَمْدِ رَبِّهِمْ

ce qui signifie : « tu vois les anges qui sont tout autour du trône, ils louent leur Seigneur. »

Et lorsque nous parlons de l’éminence à propos de quelque chose, l’éminence vient par le degré et non par l’endroit. La meilleure de toute les créatures est notre maitre Mouhammed n’est-ce pas ? Où est-ce qu’il est né ? Où est-ce qu’il a vécu ? Où a-t-il été enterré ? Et aujourd’hui où est ce qu’il est ? Il sous terre, dans sa tombe. Pourtant, les anges qui entourent le trône ont un degré très inferieur par rapport au degré de Mouhammed, de très loin selon le jugement de Dieu. Et même dans les sujets du bas monde, il se peut qu’il y ait un roi, un gouverneur d’un pays, qui a sa maison ou son palais en bas de la vallée, alors que vous avez des gardes qui habitent tout en haut dans les hauteurs des montagnes. Donc ce qui compte ce n’est pas l’élévation de l’endroit, mais c’est l’élévation en degré.  Et ces gens-là ont prétendu glorifier Dieu en disant qu’Il est dans la direction du haut. Mais qui a créé la direction du haut ? C’est Allah. Qui a créé la direction du bas ? C’est Allah. Allah n’a ni besoin de la direction du haut ni de la direction du bas. Quant à la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :

ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ

dans ce verset :

مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ

ce sont les anges -al-mala’ikah- parce que prophète de Dieu a dit :

ارْحَمُوا أَهْلَ الْأَرْض، يَرْحَمْكُمْ أَهْلُ السَّمَاءِ

ce qui signifie : « faites miséricorde aux gens sur Terre, les gens du ciel vous feront miséricorde. » Hadith rapporté par Ahmad et par Abou Dawoud. Et qui sont ahlou s-sama’ ? Ce sont les anges.

Ainsi, la parole de Allah dans sourate al-moulk verset 16 :

ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ ٱلْأَرْضَ

signifie : « si Allah ta^ala donnait l’ordre aux anges qui sont les habitants des cieux d’ensevelir sous terre les associateurs, qui va les sauver ? » Qui va s’interposer entre eux et ce châtiment ? Car un seul ange suffit, si Dieu le lui ordonne il ouvre la terre et tous ces associateurs seront ensevelis.

Il est très important d’apprendre la science et de ne pas la prendre de n’importe qui, mais de la prendre auprès des gens de la vérité qui l’ont apprise d’une chaine de transmission qui remonte jusqu’aux compagnons du prophète, eux qui ont appris directement du prophète.

لا دِينَ صَحِيحٌ إِلَّا الإِسْلامُ

Il n’y a pas d’autre religion qui soit correcte en dehors de l’Islam

L’Islam est la seule religion qui soit correcte, mais ça ne veut pas dire que nous n’appelons pas « religion » autre que l’Islam, nous les appelons bien religion. Cependant, la seule qui soit valide, la seule qui soit correcte c’est l’Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الدِّينُ الْحَقُّ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ. قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/85].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : selon le jugement de Allah, la religion correcte est l’Islam. Allah ta^ala dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 85 :

﴿وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلامِ دِينًا فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾

ce qui signifie : « si quelqu’un choisit autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. »

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَطْلُبُ دِينًا غَيْرَ الإِسْلامِ يَدِينُ بِهِ فَلَنْ يَقْبَلَهُ اللَّهُ مِنْهُ، فَالدِّينُ الصَّحِيحُ عِنْدَ اللَّهِ هُوَ الإِسْلامُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ لا يُسَمَّى مَا سِوَى الإِسْلامِ دِينًا بَلْ يُقَالُ دِينُ الْيَهُودِ وَدِينُ الْمَجُوسِ لَكِنَّهُ دِينٌ بَاطِلٌ، وَقَدْ أَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى الرَّسُولَ أَنْ يَقُولَ ﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾ [سُورَةَ الْكَافِرُون/6] أَيْ أَنَا مَا أَزَالُ عَلَى دِينِي الَّذِي هُوَ حَقٌّ وَأَنْتُمْ لَكُمْ دِينُكُمُ الْبَاطِلُ فَعَلَيْكُمْ أَنْ تَتْرُكُوهُ.

Commentaire : celui qui suit une autre religion que l’Islam, Allah ne l’acceptera pas de lui. Ainsi, la seule religion correcte et bonne selon le jugement de Allah est l’Islam. Mais, cela ne veut pas dire qu’on ne va pas appeler religion ce qui est autre que l’Islam. Cependant nous disons bien « la religion des juifs », « la religion des mages » -des mazdéens-. En revanche, ceux sont des religions infondées. Ainsi, Allah a ordonné à Son Messager de dire dans sourate al-kafiroun verset 6 :

﴿لَكُمْ دِينُكُمْ وَلِيَ دِينِ﴾

ce qui signifie : « vous avez votre religion et j’ai ma religion », c’est-à-dire : « je reste sur ma religion qui est correcte et vous avez votre religion qui est fausse. »

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَالَ تَعَالَى أَيْضًا: ﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/19].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 19 :

﴿إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللَّهِ الإِسْلامُ﴾

ce qui signifie : « certes la religion [agrée] selon le jugement de Allah est l’Islam. »

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ الدِّينَ الصَّحِيحَ الَّذِي ارْتَضَاهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ مِنَ الْبَشَرِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ الإِسْلامُ لا غَيْرُ وَمَا سِوَاهُ مِنَ الأَدْيَانِ فَهُوَ بَاطِلٌ. وَهُوَ الدِّينُ الَّذِي كَانَ عَلَيْهِ الْبَشَرُ، ءَادَمُ وَأَوْلادُهُ مَا كَانُوا يَدِينُونَ إِلَّا بِالإِسْلامِ إِنَّمَا نَشَأَ الْكُفْرُ بَعْدَ ذَلِكَ

Commentaire : c’est-à-dire que la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves, que ce soient les humains, que ce soit pour les jinn ou pour les anges, c’est l’Islam et nul autre que l’Islam, et tout autre religion que l’Islam est infondée [elle est rejetée]. Par ailleurs, la religion qu’avaient tous les humains est l’Islam, ‘Adam ainsi que ses enfants n’avaient pas d’autres religions que l’Islam, cependant la mécréance est apparue après.

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/213] أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ ثُمَّ اخْتَلَفَ الْبَشَرُ بَقِيَ بَعْضُهُمْ عَلَى الإِسْلامِ وَكَفَرَ بَعْضٌ فَدَانَ بِغَيْرِ الإِسْلامِ، ثُمَّ لَمَّا اخْتَلَفُوا بَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ لِيُبَشِّرُوا مَنْ أَسْلَمَ بِالْجَنَّةِ وَيُنْذِرُوا مَنْ كَفَرَ بِالْعَذَابِ فِي الآخِرَةِ.

Ainsi, dans sourate al-baqarah verset 213 Allah ta^ala dit :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾

ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté »,c’est-à-dire qu’ils étaient tous musulmans, puis ils ont divergé, certains sont restés sur l’Islam et d’autres ont mécru et ont suivi autre que l’Islam. Et après qu’il y a eu cette divergence et que certains ont suivi autre que l’Islam, Dieu a envoyé les prophètes qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer.

قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فِي هَذِهِ الآيَةِ ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾ أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ فَاخْتَلَفُوا ﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.

Ibnou ^Abbas que Dieu l’agrée lui et son père a dit à propos de la parole de Dieu dans sourate al-baqarah verset 213 :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً﴾

qui signifie : « les gens formaient une seule communauté » c’est-à-dire qu’ils étaient tous sur l’Islam puis ils ont divergé :

﴿فَبَعَثَ اللَّهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنْذِرِينَ﴾.

ce qui signifie : après cela, Dieu a envoyé les prophètes en tant qu’annonceurs de bonnes nouvelles et avertisseurs d’un châtiment. » Ainsi, au début de l’humanité, durant le temps de ‘Adam et au temps des enfants de ‘Adam, c’est-à-dire sa descendance directe, les humains étaient tous sur l’Islam, puis la mécréance est parvenue bien plus tard, des centaines d’années après. Et lorsqu’il y a eu de la mécréance qui est apparue sur Terre, Allah ta^ala a envoyé des prophètes qui appelaient à l’Islam, qui annonçaient la bonne nouvelle à celui qui les suivrait qu’il entrera au paradis, et qui mettaient en garde les mécréants du fait qu’ils encouraient le châtiment éternel sans fin en enfer. Cependant, ‘Adam était prophète, ainsi que son fils Chith -Seth- et après lui ‘Ydris étaient prophètes, ils étaient tous envoyés à des musulmans uniquement. Et ce n’est qu’après la mort du prophète ‘Ydris que la mécréance est apparue pour la première fois au sein de l’humanité sur Terre. Et donc, Ibnou ^Abbass que Allah l’agrée lui et son père a dit à propos de ce verset 213 de sourate al-baqarah : « tout le monde était sur l’Islam, puis lorsque la mécréance est apparue, Allah a envoyé des prophètes annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs d’un châtiment. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ مُسْلِمُونَ، فَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِمُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ، وَمَنْ كَانَ مُتَّبِعًا لِعِيسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ، وَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنِ اتَّبَعَ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, tous les prophètes étaient musulmans, par conséquent ceux qui suivaient Moussa étaient des musulmans Mouçawiyy, et ceux qui suivaient ^Iça étaient également des musulmans, des musulmans qu’on appelle des musulmans ^Içawiyy, [relativement au prénom de chacun des deux prophètes] et il est correcte de dire à propos de ceux qui suivent Mouhammed qu’ils sont musulmans Mouhammadiyy.

الشَّرْحُ أَنَّ الأَنْبِيَاءَ جَمِيعَهُمْ دِينُهُمُ الإِسْلامُ فَكَانَ ءَادَمُ عَلَى الإِسْلامِ وَكَذَلِكَ الأَنْبِيَاءُ بَعْدَهُ إِلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ كَانُوا كُلُّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَلا يُشْرِكُونَ بِهِ شَيْئًا، فَمَنْ كَانَ فِي زَمَنِ مُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَآمَنَ بِاللَّهِ رَبًّا وَصَدَّقَ بِرِسَالَةِ مُوسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ مُوسَوِيٌّ أَيْ مِنْ أَتْبَاعِ مُوسَى، وَكَذَلِكَ الأَمْرُ فِيمَنْ كَانَ فِي أَيَّامِ عِيسَى فَآمَنَ بِاللَّهِ وَصَدَّقَ بِعِيسَى فَهُوَ مُسْلِمٌ عِيسَوِيٌّ.

Commentaire : ainsi, la religion de tous les prophètes dans leur totalité c’est l’Islam. Ainsi ‘Adam était sur l’Islam, puis les prophètes qui sont venus après lui jusqu’à notre prophète Mouhammed adoraient Allah et ne Lui attribuaient aucun associé. De sorte que celui qui avait vécu à l’époque de Moïse -Moussa- et qui a cru en Dieu comme Seigneur, et qui a cru au message de Moïse, nous l’appelons musulman Mouçawiyy, c’est-à-dire de ceux qui avaient suivis Moussa. Et il en est de même pour celui qui était à l’époque de ^Iça, qui a cru en Dieu et qui a cru en la véridicité de ^Iça -Jésus-, c’est un musulman ^Içawiyy.

وَمَعْنَى مُسْلِمٌ مُحَمَّدِيٌّ أَيْ مُسْلِمٌ مُتَّبِعٌ مُحَمَّدًا فِيمَا جَاءَ بِهِ مِنْ تَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَصْدِيقِ الأَنْبِيَاءِ وَالإِيـمَانِ بِوُجُودِ الْمَلائِكَةِ الْمُكْرَمِينَ وَالإِيـمَانِ بِالْكُتُبِ السَّمَاوِيَّةِ وَالإِيـمَانِ بِالْيَوْمِ الآخِرِ الَّذِي يُجَازَى فِيهِ الْعِبَادُ الْمُؤْمِنُونَ بِأَعْمَالِهِمْ بِإِدْخَالِهِمُ الْجَنَّةَ وَالْكَافِرُونَ بِإِدْخَالِهِمْ جَهَنَّمَ، وَأَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا نَعِيمٌ مَحْسُوسٌ وَجَهَنَّمَ فِيهَا ءَالامٌ مَحْسُوسَةٌ، وَأَنَّهُ لا خَالِقَ لِلأَجْسَامِ وَلا لِشَىْءٍ مِنَ الْحَرَكَاتِ وَالسَّكَنَاتِ إِلَّا اللَّهُ.

Et le sens lorsque nous disons qu’untel est un musulman Mouhammadiyy, c’est-à-dire que c’est un musulman qui suit Mouhammed dans tous ce qu’il a amené concernant le tawhid de Allah -c’est-à-dire concernant la croyance en l’unicité de Allah- la véridicité des prophètes, la croyance en l’existence des anges honorés, la foi aux livres célestes, la foi au jour dernier durant lequel les esclaves seront rétribués, les croyants pour leurs œuvres seront emmenés au paradis, et les mécréants seront emmenés en enfer, et que le paradis comporte une félicité qui est perceptible et l’enfer comporte des douleurs perceptibles, et qu’il n’y a pas de créateur pour les corps, ni pour quoi que ce soit des mouvements comme des immobilités si ce n’est Allah.

فَكُلُّ الأَنْبِيَاءِ جَاءُوا بِهَذَا لا يَخْتَلِفُونَ فِي هَذَا إِنَّمَا تَخْتَلِفُ الأَحْكَامُ الَّتِي أَنْزَلَهَا اللَّهُ عَلَيْهِمْ

Ainsi, tous les prophètes ont amené cette même croyance, ils ne se distinguent pas les uns des autres à propos de ces sujets, mais ce qui vari, ceux sont les jugements que Allah leur a révélés.

وَذَلِكَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى فَرَضَ عَلَى أَنْبِيَاءِ بَنِي إِسْرَائِيلَ وَأُمَمِهِمْ صَلاتَيْنِ وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضِ الأَنْبِيَاءِ خَمْسِينَ صَلاةً

Ainsi, Allah ta^ala a ordonné aux prophètes des fils de ‘Isra’il et à leur communauté d’accomplir deux prières tous les jours, et Allah a révélé à certains prophètes l’obligation d’accomplir 50 prières quotidiennes.

وَأَوْجَبَ فِيمَا أَوْجَبَ عَلَى بَعْضٍ أَنْ يَدْفَعُوا رُبُعَ أَمْوَالِهِمْ زَكَاةً

Et parmi les devoirs que Allah a donnés à certain c’est qu’ils devaient payer le quart de leur bien à titre de zakat.

وَأَنْزَلَ عَلَى بَعْضٍ تَحَتُّمَ قَتْلِ الْقَاتِلِ

Et Dieu a révélé à certain l’exécution de celui qui est coupable d’un homicide, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’alternative à cela.

وَأَنْزَلَ عَلَى ءَادَمَ تَحْلِيلَ زِوَاجِ الأَخِ بِأُخْتِهِ الَّتِي هِيَ تَوْأَمَةُ أَخِيهِ الآخَرِ

Et Dieu a fait descendre à ‘Adam un jugement qui décrétait qu’il était permis qu’un frère épouse sa sœur qui est la sœur jumelle de son autre frère.

وَكُلٌّ يَجِبُ الْعَمَلُ بِهِ فِي شَرِيعَةِ ذَلِكَ النَّبِيِّ

Et il est un devoir d’appliquer chacun de ces jugements dans la loi de ce prophète.

وَاللَّهُ تَعَالَى يُغَيِّرُ الأَحْكَامَ الَّتِي كَانَتْ فِي شَرْعِ نَبِيٍّ سَبَقَهُ وَهُوَ الْعَلِيمُ بِمَصَالِحِ عِبَادِهِ، وَالْمَصَالِحُ تَخْتَلِفُ بِاخْتِلافِ الأَزْمَانِ وَالأَحْوَالِ.

Et Allah change les jugements qui étaient dans la loi du prophète qui l’a précédé. Et Allah est Celui qui connait les intérêts de Ses esclaves. Et les intérêts des esclaves changent en fonction des époques et en fonction des situations.

وَكُلُّ نَبِيٍّ فِي زَمَانِهِ يَجِبُ التَّقَيُّدُ بِهِ فِي الإِيـمَانِ وَالأَحْكَامِ الَّتِي أُنْزِلَتْ عَلَيْهِ

Il est donc un devoir de s’attacher à chaque prophète de chaque époque concernant la foi et les jugements qui lui ont été révélés.

فَلَمَّا جَاءَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ ءَاخِرُهُمْ أَنْزَلَ اللَّهُ عَلَيْهِ أَحْكَامًا لَمْ تَكُنْ فِي شَرَائِعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ كَالصَّلاةِ فِي الأَمَاكِنِ الَّتِي هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَغَيْرِهَا وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرْعِ مَنْ قَبْلَهُ مِنَ الأَنْبِيَاءِ، بَلْ كَانَ مَفْرُوضًا عَلَيْهِمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي أَمَاكِنَ مَخْصُوصَةٍ هُيِّئَتْ لِلصَّلاةِ وَهِيَ الْمَسَاجِدُ بِاللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ

Et lorsqu’est venu notre maitre Mouhammed le dernier des prophètes, Allah lui a fait descendre par révélation des jugements qui n’étaient pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé. Et parmi les exemples de ces lois qui étaient spécifiques au prophète Mouhammed et qui n’ont pas été autorisées à des communautés antérieures, il y a la possibilité d’accomplir la prière dans les endroits réservés à la prière et dans les endroits qui ne sont pas initialement réservés pour la prière, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes qui l’ont précédé, cependant, il était une obligation pour eux de faire la prière uniquement dans les endroits réservés à la prière, il s’agit de l’équivalent des mosquées.

وَكَانَ لِتِلْكَ الأَمَاكِنِ عِنْدَ أُولَئِكَ اسْمٌ غَيْرُ الْمَسْجِدِ

Et ces communautés-là avaient un nom pour ces endroits qui n’était pas le mot « mosquée » ni « masdjid. »

وَكَانَ أُولَئِكَ لا تُقْبَلُ صَلاتُهُمْ إِلَّا فِي مَسَاجِدِهِمْ وَلا تَصِحُّ صَلاتُهُمْ فِي بُيُوتِهِمْ وَلا فِي مَتَاجِرِهِمْ وَلا فِي مَزَارِعِهِمْ وَلا فِي الْبَرِّيَّةِ وَالْغَابَةِ

Ainsi, pour ces gens-là des communautés antérieures, ces endroits avaient le statut de mosquée, et leurs prières n’étaient acceptées que dans leurs mosquées, leurs prières n’étaient pas valides lorsqu’il la faisait chez eux, ou dans leur lieu de travail, ou dans leur lieu de commerce, ou dans leur champ, ou dans la campagne, ou dans la foret.

إِلَّا أَنَّ بَنِي إِسْرَائِيلَ الْمُسْلِمِينَ هَدَمَ فِرْعَوْنُ مَسَاجِدَهُمْ فَأَذِنَ اللَّهُ لَهُمْ أَنْ يُصَلُّوا فِي بُيُوتِهِمْ

Toutefois, il y a eu une exception, c’était lorsque Pharaon avait détruit les mosquées des musulmans des fils de Israël, c’est ainsi que Allah leur a autorisé d’accomplir la prière chez eux.

وَأَنْزَلَ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ التَّيَمُّمَ بِالتُّرَابِ عِنْدَ فَقْدِ الْمَاءِ أَوِ الْعَجْزِ عَنِ اسْتِعْمَالِهِ وَلَمْ يَكُنْ ذَلِكَ فِي شَرَائِعِ الأَنْبِيَاءِ قَبْلَهُ

Et parmi les choses qui ont été révélées à notre maitre Mouhammed, il y a le tayammoum qui est l’ablution sèche avec la terre lorsque la personne ne trouve pas d’eau ou qu’elle est incapable d’utiliser l’eau à cause de sa maladie, untel jugement n’existait pas dans les lois des prophètes antérieurs.

بَلْ كَانُوا يَتَوَضَّئُونَ وَيُصَلُّونَ فَإِنْ لَمْ يَجِدُوا مَا يَتَوَضَّئُونَ بِهِ تَوَقَّفُوا عَنِ الصَّلاةِ حَتَّى يَجِدُوا الْمَاءَ.

Cependant, dans les lois des prophètes antérieurs, les musulmans faisaient le woudou’ puis accomplissaient la prière, et lorsqu’ils n’avaient plus d’eau, ils s’arrêtaient de faire la prière jusqu’à ce qu’ils trouvent à nouveau de l’eau.

قِصَّةٌ غَرِيبَةٌ فِيهَا دِلالَةٌ عَلَى أَنَّ سَيِّدَنَا عِيسَى عَلَيْهِ السَّلامُ أَوْصَى بِاتِّبَاعِ مُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ: خَرَجَ مِنَ الْيَمَنِ أَرْبَعَةُ أَشْخَاصٍ قَاصِدِينَ مَكَّةَ فَأَدْرَكَهُمُ اللَّيْلُ فِي الْبَرِّيَّةِ فَنَزَلُوا فِي بَعْضِ اللَّيْلِ فِي أَرْضٍ فَنَامُوا إِلَّا جَعْدَ بنَ قَيْسٍ الْمُرَادِيَّ فَسَمِعَ هَاتِفًا لا يَرَى شَخْصَهُ يَقُولُ:

أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا              إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا

        مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً                 تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا

               وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ            بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا

Un récit étonnant qui comporte la preuve que notre maitre ^Iça avait recommandé de suivre Mouhammed lorsque Mouhammed allait apparaitre : il y a quatre personnes qui sont sortis du Yémen pour se rendre à la Mecque, puis la nuit est tombée alors qu’ils étaient en rase campagne. Ils ont alors fait halte une partie de la nuit dans une terre, puis se sont tous endormis excepté un qui s’appelait Ja^d fils de Qays al-Mouradiyy, cet homme a alors entendu une voix, cependant, il ne voyait pas de qui elle provenait, c’est alors que la voix qu’il entendait dont il ne voyait pas de qui elle provenait a cité trois vers de poésie :

أَلا أَيُّهَا الرَّكْبُ الْمُعَرِّسُ بَلِّغُوا              إِذَا مَا وَصَلْتُمْ لِلْحَطِيمِ وَزَمْزَمَا

        مُحَمَّدًا الْمَبْعُوثَ مِنَّا تَحِيَّةً                 تُشَيِّعُهُ مِنْ حَيْثُ سَارَ وَيَمَّمَا

               وَقُولُوا لَهُ إِنَّا لِدِينِكَ شِيعَةٌ            بِذَلِكَ أَوْصَانَا الْمَسِيحُ ابْنُ مَرْيَمَا

qui signifient : « ô vous voyageurs qui avez fait une halte dans la nuit, transmettez lorsque vous arriverez à al-hatim et à zamzam [c’est-à-dire lorsque vous arriverez à la Mecque] à Mouhammed l’envoyé, une salutation de notre part qui l’accompagne d’où qu’il vienne et quelle que soit que soit sa destination, et dites-lui que nous sommes des partisans de ta religion, c’est ainsi que nous a recommandé le massih le fils de Maryam. »

فَهَذَا الْهَاتِفُ جِنِّيٌّ مُؤْمِنٌ أَدْرَكَ عِيسَى قَبْلَ رَفْعِهِ إِلَى السَّمَاءِ وَءَامَنَ بِهِ وَسَمِعَ مِنْهُ وَصِيَّتَهُ بِالإِيـمَانِ بِمُحَمَّدٍ إِذَا ظَهَرَ وَاتِّبَاعِهِ

Il s’agissait de la voix d’un *jinn qui était croyant et qui avait vécu à l’époque de Jésus avant qu’il ne soit élevé au ciel. Ce jinn avait pu écouter la parole de Jésus, il avait cru en lui, il a entendu sa recommandation de croire en Mouhammed lorsque Mouhammed apparaitrait et de le suivre.

* les jinn, comme les humains sont des créatures de Dieu, certains d’entre eux sont croyants et certains d’entre eux sont mécréants, celui-là en l’occurrence était croyant, c’est-à-dire un musulman.

فَلَّمَا وَصَلُوا إِلَى مَكَّةَ سَأَلَ أَهْلَ مَكَّةَ عَنْ مُحَمَّدٍ فَاجْتَمَعَ بِهِ فَآمَنَ بِهِ وَأَسْلَمَ

Et lorsqu’ils sont arrivés à la Mecque, l’homme qui avait entendu la voix de ce jinn a demandé aux gens de la Mecque après Mouhammed. Il a pu le rencontrer, il a cru en lui et est entré en islam.

وَذَلِكَ كَانَ فِي أَوَّلِ بِعْثَةِ مُحَمَّدٍ قَبْلَ أَنْ يَنْتَشِرَ خَبَرُهُ فِي الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ، وَمَعْنَى الْمُعَرِّسِ أَيِ الْمُسَافِرُ الَّذِي يَنْزِلُ فِي ءَاخِرِ اللَّيْلِ لِيَسْتَرِيحَ.

Et cet évènement s’est produit au tout début de la mission d’envoyer de notre maitre Mouhammed, avant que sa nouvelle ne se diffuse dans toute la péninsule arabique.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالإِسْلامُ هُوَ الدِّينُ الَّذِي رَضِيَهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : l’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.

الشَّرْحُ أَنَّ الإِسْلامَ هُوَ الدِّينُ الَّذِي أَحَبَّهُ اللَّهُ لِعِبَادِهِ وَأَمَرَنَا بِاتِّبَاعِهِ.

Commentaire : c’est-à-dire que l’Islam est la religion que Allah a agréé pour Ses esclaves et c’est la religion qu’Il nous a ordonné de suivre.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يُسَمَّى اللَّهُ مُسْلِمًا كَمَا تَلَفَظَّ بِهِ بَعْضُ الْجُهَّالِ.                                               

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : on n’appelle pas Allah « musulman » comme le disent certains ignorants.

الشَّرْحُ اللَّهُ تَعَالَى لا يَجُوزُ أَنْ يُسَمَّى مُسْلِمًا فَلَيْسَ مِنْ أَسْمَائِهِ تَعَالَى مُسْلِمٌ، بَلِ اسْمُهُ السَّلامُ أَيِ السَّالِمُ مِنْ كُلِّ نَقْصٍ وَعَيْبٍ.

Commentaire : il n’est pas permis d’appeler Allah ta^ala « musulman », il n’y a pas de parmi Ses noms « mouslim -musulman- », mais Son nom est « as-Salam », c’est-à-dire : Celui Qui est sauf de toute défaut et de toute imperfection.

الْمُسْلِمُ مَعْنَاهُ الْمُنْقَادُ، اللَّهُ لا يَنْقَادُ، بَلْ يُنْقَادُ لَهُ فَلا يُقَالُ لَهُ مُسْلِمٌ.

Et le musulman signifie : « celui qui est soumis », et Allah ne Se soumet pas, en revanche on se soumet à Lui. Donc ne dit pas au sujet de Allah qu’Il est mouslim.

وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَةُ اللَّهِ إِلَّا بِمَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ أَوْ فِي حَدِيثِ رَسُولِ اللَّهِ الثَّابِتِ أَوْ أَجْمَعَتْ عَلَيْهِ الأُمَّةُ

Et il n’est permis d’appeler Allah que par un nom qui est parvenu dans le Qour’an ou dans le hadith authentique du Messager de Allah ou ce sur quoi la communauté a été unanime.

فَتَسْمِيَةُ بَعْضِ النَّاسِ اللَّهَ تَعَالَى سَبَبًا وَعِلَّةً كُفْرٌ كَمَا قَالَ الإِمَامُ الْعَلَّامَةُ رُكْنُ الإِسْلامِ عَلِيٌّ السُّغْدِيُّ مِنْ أَكَابِرِ الْحَنَفِيَّةِ.

Mise en garde : certaines personnes appellent Allah « une cause » ou un « agent causale » et c’est de la mécréance, tout comme l’a dit l’illustre savant Rouknou l-islam ^Aliyy as-Soughdiyy de parmi les grands savants hanafites. Ainsi, c’est de la mécréance que d’appeler Allah « cause » ou « agent causale. »

وَلا يَجُوزُ تَسْمِيَتُهُ رُوحًا لِأَنَّ الرُّوحَ مَخْلُوقَةٌ.

De même, il n’est pas permis d’appeler Allah « une âme », car l’âme est créée.

فَتَسْمِيَةُ اللَّهِ سَبَبًا وَعِلَّةً وَرُوحًا كُفْرٌ.

Ainsi, appeler Allah « une cause » ou « un agent causale » ou « une âme » est de la mécréance.

وَمِنْ ذَلِكَ مَا اسْتَحْدَثَهُ بَعْضُ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ فَسَمَّوِا اللَّهَ الْخَمَّارَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.

Et entre autres, il y a ceux qui ont innové parmi les ignorants, les soufiyy qui prétendent le tasawwouf, ils ont appelé Allah « al-khammar » c’est à dire : « celui qui enivre » وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَدِيمًا كَانَ الْبَشَرُ جَمِيعُهُمْ عَلَى دِينٍ وَاحِدٍ هُوَ الإِسْلامُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : jadis, l’humanité entière avait une seule religion qui est l’Islam.

الشَّرْحُ أَنَّ الْبَشَرَ فِي زَمَنِ ءَادَمَ كَانُوا كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ لَمْ يَكُنْ بَيْنَهُمْ كَافِرٌ.

Commentaire : c’est-à-dire que les humains à l’époque de ‘Adam étaient tous sur l’Islam et il n’y avait pas parmi eux de mécréants.

هُوَ عَلَّمَ أَوْلادَهُ الدِّينَ كَمَا عَلَّمَهُمْ أُصُولَ الْمَعِيشَةِ وَعَمِلَ لَهُمُ الدِّينَارَ وَالدِّرْهَمَ وَغَيْرَ ذَلِكَ مِنْ أُصُولِ الْمَعِيشَةِ، فَصَلَّى اللَّهُ عَلَى نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ وَعَلَى ءَادَمَ وَسَائِرِ الأَنْبِيَاءِ وَسَلَّمَ.

‘Adam a enseigné à ses enfants la religion, tout comme il leur a enseigné les moyens de subsistance, et c’est ‘Adam qui a fabriqué les pièces d’or [les dinar] et les pièces d’argent [les dirham], et il leur a enseigné d’autres choses qui leur ont permis de survivre sur Terre. Que Allah honore et élève davantage en degré le rang de notre maitre Mouhammed et ‘Adam ainsi que tous les prophètes.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِنَّمَا حَدَثَ الشِّرْكُ وَالْكُفْرُ بِاللَّهِ تَعَالَى بَعْدَ النَّبِيِّ إِدْرِيسَ.

L’auteur que Allah lui fasse miséricorde a dit : le *shirk et le *koufr en Allah ta^ala se sont produits après le prophète ‘Ydris.

* le shirk : l’attribution d’un associé à Dieu.

* le koufr : la mécréance en Dieu.

الشَّرْحُ أَنَّهُ حَدَثَ الْكُفْرُ بَعْدَ ءَادَمَ بِأَلْفِ سَنَةٍ وَذَلِكَ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ.

La mécréance est apparue 1000 années après ‘Adam, et c’était après le décès de Ydris.

فَأَوَّلُ الأَنْبِيَاءِ ءَادَمُ ثُمَّ ابْنُهُ شِيثٌ ثُمَّ إِدْرِيسُ.

Ainsi, le premier prophète c’est ‘Adam, ensuite son fils Chith ensuite ‘Ydris.

Mise en garde : il ne faut pas prêter attention à certains ignorants qui renient le statut de prophète de ‘Adam de Chith et de ‘Ydris. Ils prétendent que le premier prophète serait Nouh. On dit : « le premier des prophètes c’est ‘Adam, après ‘Adam vient son fils Chith, ensuite est venu ‘Ydris. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَكَانَ نُوحٌ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُو إِلَى عِبَادِةِ اللَّهِ الْوَاحِدِ الَّذِي لا شَرِيكَ لَهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ainsi, Nouh fut alors le premier prophète qui fut envoyé aux mécréants pour appeler à croire en Allah al-Wahid Celui Qui est unique et Qui n’a pas d’associé.

الشَّرْحُ أَنَّهُ بَعْدَ وَفَاةِ إِدْرِيسَ عَلَيْهِ السَّلامُ حَصَلَ الشِّرْكُ بَيْنَ النَّاسِ وَاسْتَمَرُّوا عَلَى هَذَا زَمَانًا إِلَى أَنْ بَعَثَ اللَّهُ نُوحًا يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.

Commentaire : c’est-à-dire qu’après le décès de ‘Ydris, le shirk -l’association à Dieu- s’est produit pour la première fois entre les gens. Ils sont restés ainsi une certaine période jusqu’à ce que Allah leur ait envoyé Nouh pour les appelés à l’Islam.

فَبَيْنَ إِدْرِيسَ وَنُوحٍ عَلَيْهِمَا السَّلامُ أَلْفُ سَنَةٍ وَتِلْكَ الْفَتْرَةُ تُسَمَّى الْجَاهِلِيَّةَ الأُولَى

Ainsi, entre [la mort de] Ydris et [l’envoie de] Nouh il s’est écoulé 1000 années, et c’est cette période qu’on appelle « la première jahiliyyah. »

فَبِهَذَا يَكُونُ نُوحٌ عَلَيْهِ السَّلامُ هُوَ أَوَّلَ نَبِيٍّ أُرْسِلَ إِلَى الْكُفَّارِ يَدْعُوهُمْ إِلَى الإِسْلامِ.

Et c’est ainsi que Nouh fut le premier des prophètes envoyé à des mécréants pour les appeler à l’adoration de Dieu et à l’Islam.

فَآدَمُ مِنْ جُمْلَةِ الأَنْبِيَاءِ الَّذِينَ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّتَهُمْ يَكْفُرُ

Et ‘Adam fait partie de l’ensemble des prophètes, tel que celui qui renie son statut de prophète devient mécréant.

فَكَمَا أَنَّ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى وَعِيسَى وَمُحَمَّدٍ يَكْفُرُ كَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ أَنْكَرَ نُبُوَّةَ ءَادَمَ

Tout comme celui qui renie le statu de prophète de ‘Ibrahim, de Moussa, de ^Iça et de Mouhammed devient mécréant, celui qui renie le statu de prophète de ‘Adam devient mécréant.

كَمَا نَقَلَ ابْنُ حَزْمٍ الإِجْمَاعَ عَلَى نُبُوَّةِ ءَادَمَ، بَلْ هُوَ نَبِيٌّ رَسُولٌ كَمَا وَرَدَ ذَلِكَ فِي حَدِيثِ أَبِي ذَرٍّ الَّذِي أَخْرَجَهُ ابْنُ حِبَّانَ وَصَحَّحَهُ وَأَقَرَّهُ الْحَافِظُ ابْنُ حَجَرٍ

Et par ailleurs, Ibnou Hazam a rapporté de l’unanimité [des savants] que ‘Adam était un prophète. Il est même un prophète Messager tout comme cela a été rapporté dans le hadith de Abou Dharr qui a été rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih [authentique] et le hafidh Ibnou Hajar al-^Asqalaniyy a été d’accord avec lui sur cela.

وَلا مَعْنَى لإِنْكَارِ الْوَهَّابِيَّةِ رِسَالَةَ ءَادَمَ وَلَعَلَّ بَعْضَهُمْ يُنْكِرُ نُبُوَّتَهُ وَلا حُجَّةَ لَهُمْ فِي حَدِيثِ الشَّفَاعَةِ الَّذِي فِيهِ أَنَّ النَّاسَ يَأْتُونَ ءَادَمَ لِيَشْفَعَ لَهُمْ ثُمَّ نُوحًا فَيَقُولُونَ لِنُوحٍ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ اشْفَعْ لَنَا إِلَى رَبِّكَ، رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَغَيْرُهُ

Ainsi, il n’y a pas de sens dans ce que disent les wahhabiyyah qui renient le statut de prophète de ‘Adam, et ils n’ont pas d’arguments dans le hadith de l’intercession, c’est-à-dire que le hadith de l’intercession ne comporte pas d’argument en leur faveur. Dans ce hadith, il est mentionné que les gens au jour du jugement vont se rendre auprès de ‘Adam pour qu’il intercède en leur faveur, à savoir pour qu’il les délivre d’une des épreuves du jour du jugement, mais après ils vont voir Nouh et vont dire à Nouh : « tu es le premier des messagers, intercèdes en notre faveur auprès de ton Seigneur. » Voici ce qui est dit mais ce hadith comporte un sens autre que le sens apparent. Et ce hadith a été rapporté par al-Boukhariyy et d’autres.

لِأَنَّ مَعْنَاهُ أَنْتَ أَوَّلُ الرُّسُلِ إِلَى قَوْمِهِ الْمُنْتَشِرِينَ فِي الأَرْضِ [فِي الْجُزْءِ الْحَادِي عَشَرَ مِنْ فَتْحِ الْبَارِي (ص/365) وَمِنَ الأَجْوِبَةِ أَنَّ رِسَالَةَ ءَادَمَ كَانَتْ إِلَى بَنِيهِ وَهُمْ مُوَحِّدُونَ لِيُعَلِّمَهُمْ شَرِيعَتَهُ وَنُوحٌ كَانَتْ رِسَالَتُهُ إِلَى قَوْمٍ كُفَّارٍ يَدْعُوهُمْ إِلَى التَّوْحِيدِ اهـ] لِأَنَّ الأَنْبِيَاءَ الَّذِينَ بَعْدَهُ كَانَ النَّبِيُّ يُرْسَلُ إِلَى قَوْمِهِ كَمَا حَكَى اللَّهُ عَنْ عِيسَى أَنَّهُ قَالَ ﴿يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ إِنِّي رَسُولُ اللَّهِ إِلَيْكُم﴾ [سُورَةَ الصَّف/6] فَقَدْ خَالَفَتِ الْوَهَّابِيَّةُ فِي قَوْلِهَا هَذَا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ كُلُّهُمْ عَلَى الإِسْلامِ، فَمَاذَا تَقُولُ الْوَهَّابِيَّةُ عَنْ ءَادَمَ وَأَوْلادِهِ أَتَقُولُ إِنَّهُمْ كَانُوا يَعِيشُونَ عِيشَةَ الْبَهَائِمِ لا يَعْرَفُونَ مَا يَأْتُونَ وَمَا يَذَرُونَ! وَكَفَاهُمْ هَذَا خِزْيًا.

Ce hadith signifie : « tu es le premier prophète envoyé à son peuple qui s’est diffusé sur terre »,ils ne sont pas tous dans une même ville par exemple, ils sont diffusés sur terre, parce que chacun des prophètes qui ont succédés à notre maitre Nouh ont été envoyés à leur peuple, tout comme Allah nous l’apprend dans le Qour’an à propos de notre maitre ^Iça qui dit dans sourate as-safa :

﴾يَٰبَنِىٓ إِسْرَٰٓءِيلَ إِنِّى رَسُولُ ٱللَّهِ إِلَيْكُم ﴿

ce qui signifie : « ô vous fils d’Israël je suis l’envoyer de Dieu pour vous. »

Ainsi, dans leur prétention précédemment cité, les wahhabiyyah contredisent la parole de Allah ta^ala dans sourate al-baqarah verset 213 :

﴿كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَّاحِدَةً﴾

ce qui signifie : « les gens formaient une seule communauté. » Ibnou ^Abbass a expliqué ce verset par : « ils étaient tous sur l’Islam », ceci a été rapporté par at-Tabaraniyy dans [son livre] mou^jam l-kabir. Et qu’est-ce que les wahhabiyyah vont dire à propos de ‘Adam et de ses enfants ? Est-ce que les wahhabiyyah vont dire que ‘Adam et ses enfants vivaient comme des animaux qui ne savaient pas ce qui était licite et ce qui ne l’est pas ?! Et cela leur suffit comme rabaissement à ces gens-là qui osent nier le statu de prophète de notre maitre ‘Adam. Que Allah ta^ala honore et élève davantage en degré ‘Adam et tous ses frères prophètes et messagers.

Informations utiles :

Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Allah a asservi les anges pour la gestion de nombreuses affaires des esclaves. Beaucoup d’affaires des esclaves sont gérées par les anges. Et beaucoup de sujets qui concernent les gens sur Terre. En autre les anges gèrent la pluie. La pluie qui tombe ne tombe pas aléatoirement sans quantité, mais ce sont les anges qui gèrent la descente de la pluie, c’est en fonction de la gestion des anges que les gouttes de pluie tombent. Et les anges interviennent également dans la gestion des plantes. Les plantes, qui poussent sur terre, c’est-à-dire ce que consomment les gens et les animaux, tout cela est géré par les anges.

Allah ta^ala est Le créateur de toute chose, il n’y a pas de créateur qui fasse surgir du néant à l’existence hormis Lui. C’est Dieu Qui a fait que les anges gèrent beaucoup de chose, comme la pluie qui descend pour revivifier la terre. Allah ta^ala leur a accordé de gérer, et eux ils gèrent cela. Et même le tonnerre, d’ailleurs le Messager de Allah l’a expliqué. Ainsi, le Messager a dit à propos du tonnerre : « ar-Ra^d est un ange qui conduit les nuages, et, il a à sa main un mikhraq avec lequel il frappe les nuages. » Hadith rapporté par at-Tirmidhiyy.

Et al-mikhraq, dont nous allons expliquer le sens, n’est pas semblable au mikhraq du bas monde que les humains utilisent, mais c’est quelque chose d’autre qui lui ressemble. Donc le prophète a dit : « ar-Ra^d a à sa main un mikhraq. » Et le mikhraq c’est par exemple une cape, un vêtement ou un châle qu’on enroule de sorte qu’il devient comme une corde puis l’on frappe avec comme un fouet. Donc, c’est dans la main de cet ange qui s’appelle ar-Ra^d -en français le tonnerre- qu’il y a ce mikhraq avec lequel il frappe les nuages et les déplacent d’une terre à une autre. Ainsi, c’est ar-Ra^d qui frappe les nuages avec ce mikhraq qui est comme à l’image d’un fouet, et ces nuages d’une terre à une autre se déplacent. Et Allah a donné une force physique aux anges qu’Il n’a pas accordé à d’autre qu’eux. Allah ta^ala n’a pas accordé cette force ni aux humains ni aux jinn. Et le mot « ra^d » en plus d’être le nom de l’ange, c’est le nom du son qui provient des nuages. Et il y a parmi les anges de Dieu, des anges gardiens du vent. Ce vent est également géré par les anges. Ce vent qui souffle sur Terre dans cet espace est géré par les anges. Parfois le vent est fort, parfois le vent est faible, tout cela est par leur gestion. Ils gèrent en fonction des ordres qui leur parviennent. Ce n’est pas une gestion détournée ou incompétente ou absurde ou qui suivrait les passions, cependant les anges gèrent cela conformément à l’ordre de Dieu. Tout comme ils gèrent le vent, ils gèrent la pluie, ils gèrent également les plantes de la terre. Et tout cela est par ordre de Allah ta^ala, c’est-à-dire qu’ils reçoivent l’ordre de Allah ta^ala.

Tout comme Allah a chargé ces anges qui interrogent le mort dans sa tombe, ils lui poseront trois questions, eh bien les anges également gèrent sous ordre de Allah tabaraka wa ta^ala. Mais l’interrogatoire de la tombe n’existait pas à l’époque des autres prophètes. L’interrogatoire dans la tombe avant la mission de notre maitre Mouhammed n’avait pas lieu. Cela a eu lieu dans la communauté de Mouhammed. Et Allah a fait que cette interrogatoire dans la tombe soit dans la communauté de Mouhammed, même le croyant sera interrogé.

La première question sera : « man rabbouka ? », c’est-à-dire : « qui est ton Seigneur ? »

Et la deuxième question sera : « man nabiyyouka », qui signifie : « qui est ton prophète ? »

Ainsi, les anges vont lui dire : « qui est ton prophète ? », et dans une autre version il lui sera dit : « que disais tu à propos de cet homme Mouhammed celui qui vous a été envoyé ? » rapporté par al-Boukhariyy et at-Tabaraniyy.

Le croyant se réjouira en donnant cette réponse, parce que c’était sa croyance catégorique, il n’était pas dans le doute, il ne faisait pas partie de ceux qui renient. Ainsi, le croyant va répondre aux deux anges : « Mouhammed est mon prophète. » Et dans une autre version : « il est l’esclave de Dieu et Son Messager, il nous a amené les preuves et la bonne guidée, nous avons cru en lui et nous avons cru en sa véridicité. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِتَجْدِيدِ الدَّعْوَةِ إِلَى الإِسْلامِ بَعْدَ أَنِ انْقَطَعَ فِيمَا بَيْنَ النَّاسِ فِي الأَرْضِ مُؤَيَّدًا بِالْمُعْجِزَاتِ الدَّالَّةِ عَلَى نُبُوَّتِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : notre maitre Mouhammed a renouvelé l’appel à l’Islam après que l’Islam a cessé d’être présent chez les humains sur Terre, notre maitre Mouhammed était appuyé pour cela par des miracles qui sont des preuves de son statut de prophète.

   الشَّرْحُ أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَ الْوَحْيُ عَلَى النَّبِيِّ لَمْ يَكُنْ بَيْنَ الْبَشَرِ عَلَى الأَرْضِ مُسْلِمٌ غَيْرُهُ

Commentaire : lorsque la révélation de la part de Dieu que notre maitre Mouhammed est un prophète est descendue par l’ange Jibril, il n’y avait pas parmi les humains sur Terre d’autres musulmans hormis lui.

فَعَرَبُ الْجَزِيرَةِ الْعَرَبِيَّةِ كَانُوا يَعْبُدُونَ الأَوْثَانَ

A cette époque-là, les arabes de la péninsule arabique étaient des idolâtres, ils adoraient des idoles, ils adoraient des statues.

وَأَهْلُ فَارِسٍ كَانُوا يَعْبُدُونَ النَّارَ

Et les habitants de la Perse quant à eux étaient des mages, ils étaient mazdéens, ils adoraient le feu.

وَسَائِرُ أَهْلِ الأَرْضِ كَانَتْ لَهُمْ أَصْنَامٌ أَوْ أَشْيَاءُ أُخْرَى يَعْبُدُونَهَا

Et le reste des habitants sur Terre avaient des statues ou d’autres choses qu’ils adoraient.

فَقَامَ سَيِّدُنَا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْعُو إِلَى الإِسْلامِ مُؤَيَّدًا بِمُعْجِزَاتٍ تَدُلُّ عَلَى نُبُوَّتِهِ فَهُوَ مُجَدِّدُ الدَّعْوَةِ.

Notre maitre Mouhammed a appelé à l’Islam, et il était appuyé en cela par des miracles qui prouvaient qu’il était un prophète. Le prophète a donc renouvelé l’appel à l’Islam. Et pourquoi est-ce que le Chaykh a dit : « il a renouvelé l’appel à l’Islam ? » Parce que notre maitre Mouhammed a été précédé en cela par d’autres prophètes, car tous les prophètes ont appelé à cette même religion que Dieu agrée, qui est la seule religion que Dieu agrée.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَدَخَلَ الْبَعْضُ فِي الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains sont entrés en islam.

الشَّرْحُ كَالْجَعْدِ بنِ قَيْسٍ الْمُرَادِيِّ الَّذِي أَسْلَمَ بِسَبَبِ مَا سَمِعَهُ مِنَ الْجِنِّيِّ الَّذِي كَانَ فِي أَيَّامِ كَانَ عِيسَى عَلَى وَجْهِ الأَرْضِ وَدَعَى إِلَى الإِسْلامِ إِلَى أَنْ أَدْرَكَ زَمَانَ مُحَمَّدٍ فَآمَنَ بِعِيسَى وَبِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِمَا وَسَلَّمَ.

Commentaire : parmi ceux qui sont entrés en islam, il y a cet homme qui s’appelle al-Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy qui était entré en islam à cause de ce qu’il avait entendu de ce jinn qui avait vécu à l’époque où Jésus était encore sur Terre. Et ce jinn dont Ja^d fils de Qaïs al-Mouradiyy avait entendu la voix est resté vivant jusqu’à l’époque de Mouhammed. Ce djinn a donc été croyant en Jésus et en Mouhammed, que Allah les honore et les élèves tous deux en degré.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَجَحَدَ بِنُبُوَّتِهِ أَهْلُ الضَّلالِ الَّذِينَ مِنْهُمْ مَنْ كَانَ مُشْرِكًا قَبْلًا كَفِرْقَةٍ مِنَ الْيَهُودِ عَبَدَتْ عُزَيْرًا فَازْدَادُوا كُفْرًا إِلَى كُفْرِهِمْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et certains destinés à l’égarement n’ont pas cru que notre maitre Mouhammed était bien un envoyé de Dieu, et parmi eux il y avait ceux qui étaient déjà des associateurs, tel un groupe de juif qui avait adoré ^Ouzayr et qui par conséquent ont cumulé mécréance sur mécréance.

La première mécréance qui est provenue de ce groupe de juif était d’avoir adoré un homme, à savoir ^Ouzayr, et la deuxième mécréance c’est de ne pas avoir cru que Mouhammed est un envoyé de Dieu.

   الشَّرْحُ قَوْلُهُ: جَحَدَ أَيْ أَنْكَرَ، وَأَمَّا عُزَيْرٌ فَهُوَ رَجُلٌ مِنَ الصَّالِحِينَ وَقَدْ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِنُبُوَّتِهِ.

Commentaire : ils ont ainsi renié le statu de prophète de notre Mouhammed. Et il faut savoir que ^Ouzayr était un vertueux, et certains savants ont dit qu’il était un prophète.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَءَامَنَ بِهِ بَعْضُ أَهْلِ الْكِتَابِ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى كَعَبْدِ اللَّهِ بنِ سَلامٍ عَالِمِ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَهِ، وَأَصْحَمَةَ النَّجَاشِيِّ مَلِكِ الْحَبَشَةِ وَكَانَ نَصْرَانِيًّا ثُمَّ اتَّبَعَ الرَّسُولَ اتِّبَاعًا كَامِلًا وَمَاتَ فِي حَيَاةِ رَسُولِ اللَّهِ وَصَلَّى عَلَيْهِ الرَّسُولُ صَلاةَ الْغَائِبِ يَوْمَ مَاتَ. أَوْحَى اللَّهُ إِلَيْهِ بِمَوْتِهِ. ثُمَّ كَانَ يُرَى عَلَى قَبْرِهِ فِي اللَّيَالِي نُورٌ وَهَذَا دَلِيلٌ أَنَّهُ صَارَ مُسْلِمًا كَامِلًا وَلِيًّا مِنْ أَوْلِيَاءِ اللَّهِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : d’autres parmi *les gens du livre, juifs et chrétiens ont cru en notre maitre Mouhammed, ce fut le cas de ^Abd l-Lah fils de Salam qui était le savant des juifs à Médine, et ce fut le cas de Ashamah An-Nadjachiyy, le négus qui était le roi *d’abissynie, il était chrétien et avait par la suite suivi le Messager de manière parfaite, c’est-à-dire qu’il avait parfaitement appliquer l’Islam. Il est décédé durant la vie du prophète, et le prophète a fait la prière funéraire de l’absence du défunt le jour même de sa mort. C’est Dieu qui lui a révélé sa mort. Par la suite, on voyait provenant de sa tombe durant la nuit une lumière, et ceci est une preuve qu’il était un musulman accompli et un saint de parmi les saints de Dieu, que Dieu l’agrée.

* Nous disons « les gens du livre » parce qu’eux prétendent suivre un livre, même si nous savons que le livre qu’ils suivent est falsifié, ce n’est pas le livre authentique qui a été révélé au prophète respectif qu’ils prétendent suivre, donc c’est pour cela que nous les appelons « gens du livre », mais ils sont également appelés mécréants, c’est-à-dire que nous ne les appelons pas croyant.

* Abissynie : actuelle Éthiopie. 

Et avant que ^Abdou l-Lah Ibnou Salam le savant des juifs n’annonce au grand jour son islam, le prophète avait invité les juifs pour leur dire : « que dites-vous à propos de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam ? » Ils ont alors fait son éloge, les juifs ont alors répondu : « c’est le fils de notre savant », mais lorsque le prophète lui a dit de se montrer à eux et de leur annoncer qu’il était musulman, ils se sont retournés contre lui, tout cela par entêtement pour ne pas reconnaitre la vérité.

Quant à As-hamah An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy est un titre signifiant le négus, le négus qui était le roi d’Abyssinie, eh bien ce négus était chrétien puis avait suivi le Messager. As-Hamah An-Nadjachiyy est décédé du vivant du messager de Allah, et le Messager avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de son décès, Allah, lui ayant révélé que As-Hamah An-Nadjachiyy était décédé. Cependant, An-Nadjachiyy n’avait pas pu rencontrer le Messager de Allah. Ainsi, As-hamah An-Nadjachiyy a vécu à l’époque du prophète, il était musulman accompli, cependant il n’a pas pu rencontrer le prophète car il était préoccupé par son royaume. Donc notre maitre Mouhammed avait fait la prière funéraire en sa faveur en son absence le jour même de sa mort, Allah lui ayant révélé qu’il était décédé. Par la suite, nous pouvions voir la nuit une lumière au-dessus de la tombe de An-Nadjachiyy, cela étant une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un saint, que Allah l’agrée.

الشَّرْحُ أَنَّ مِنَ الَّذِينَ ءَامَنُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ عَالِمَ الْيَهُودِ بِالْمَدِينَةِ عَبْدَ اللَّهِ بنَ سَلامٍ وَهُوَ مِنَ الْمُبَشَّرِينَ بِالْجَنَّةِ.

Commentaire : parmi ceux qui sont devenus croyant de parmi les gens du livre, il y a le savant des juifs à Médine, ^Abd l-Lah fils de Salam, et ^Abd l-Lah fils de Salam fait partie de ceux qui ont reçu la bonne nouvelle du paradis.

وَمِنْهُمُ النَّجَاشِيُّ الَّذِي عَاشَ بَعْدَ إِسْلامِهِ سَبْعَ سَنَوَاتٍ

Et de même, il y a An-Nadjachiyy qui a vécu 7 années après son entrée en l’islam. Il a reçu la bonne nouvelle du paradis.

وَلَمَّا مَاتَ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ. وَأَصْحَمَةُ اسْمُ النَّجَاشِيِّ.

Et le jour du décès de An-Nadjachiyy, le prophète a dit :

مَاتَ الْيَوْمَ رَجُلٌ صَالِحٌ، فَقُومُوا فَصَلُّوا عَلَى أَخِيكُمْ أَصْحَمَةَ

ce qui signifie : « aujourd’hui est mort un homme pieux, levez-vous et faites la prière funéraire en faveur de votre frère Ashamah. » As-Hamah est le prénom de An-Nadjachiyy, An-Nadjachiyy qui est son titre, c’est le titre des souverains de cette région d’Abyssinie.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالْمَبْدَأُ الإِسْلامِيُّ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ عِبَادَةُ اللَّهِ وَحْدَهُ.

L’auteur Dieu lui fasse miséricorde a dit : le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Allah Lui seul.

الشَّرْحُ الْمَبْدَأُ أَيِ الأَسَاسُ الْجَامِعُ لِجَمِيعِ أَهْلِ الإِسْلامِ مِنْ لَدُنِ ءَادَمَ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ هُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَحْدَهُ أَيْ أَنْ لا يُشْرَكَ بِهِ شَىْءٌ

Commentaire : le principe qui réunit tous les gens de l’Islam depuis ‘Adam jusqu’au jour du jugement c’est la croyance en Dieu Lui seul, c’est-à-dire ne pas Lui attribué d’associer.

ثُمَّ هَؤُلاءِ لا يَصِحُّ إِيـمَانُهُمْ إِلَّا أَنْ يُؤْمِنُوا بِنَبِيِّ عَصْرِهِمْ.

Par ailleurs, l’Islam et la foi des gens de l’Islam n’est valide qu’en croyant au prophète de leur époque, c’est-à-dire qu’il ne suffit pas de croire qu’il n’est de Dieu que Dieu, mais il est indispensable de croire au prophète de son époque. Et pourquoi est-il indispensable de croire au prophète de son époque ? Car Celui qui a envoyé les prophètes c’est Dieu, donc ne pas croire au prophète de son époque revient à démentir Dieu, c’est pour cela que la foi n’est pas valide de la part de celui qui ne croit pas au prophète.

هَذَا الْمَبْدَأُ جَمَعَ أَهْلَ الإِسْلامِ كُلَّهُمْ، هَذَا الْمَعْنَى يَشْمَلُهُمْ لِأَنَّهُمْ كُلَّهُمْ يَعْبُدُونَ اللَّهَ وَحْدَهُ.

C’est ce principe qui a réuni les gens de l’Islam dans leur totalité, c’est ce sens-là qui les englobe tous parce que tous adorent Allah Lui seul.

حُكْمُ مَنْ يَدَّعِي الإِسْلامَ لَفْظًا

وَهُوَ مُنَاقِضٌ لِلإِسْلامِ مَعْنًى

Le jugement de ceux qui se réclament de l’Islam par la parole mais qui en contredisent le sens.

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ هَذَا بَيَانُ حُكْمِ مَنْ يَزْعُمُ الإِسْلامَ بِلِسَانِهِ وَهُوَ مُخَالِفٌ لِلإِسْلامِ فِي الْحَقِيقَةِ بِاعْتِقَادِ أَوْ قَوْلِ أَوْ فِعْلِ مَا يُنَافِيهِ.

Commentaire : ceci est l’indication du jugement de celui qui prétend être sur l’Islam par sa langue, mais en réalité contredit l’Islam soit en ayant une croyance, soit en disant une parole, soit en faisant un acte qui contredit l’Islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: هُنَاكَ طَوَائِفُ عَدِيدَةٌ كَذَّبَتِ الإِسْلامَ مَعْنًى وَلَوِ انْتَمَوْا لِلإِسْلامِ بِقَوْلِهِمُ الشَّهَادَتَيْنِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَصَلَّوْا وَصَامُوا لِأَنَّهُمْ نَاقَضُوا الشَّهَادَتَيْنِ بِاعْتِقَادِ مَا يُنَافِيهِمَا فَإِنَّهُمْ خَرَجُوا مِنَ التَّوْحِيدِ بِعِبَادَتِهِمْ لِغَيْرِ اللَّهِ فَهُمْ كُفَّارٌ لَيْسُوا مُسْلِمِينَ، كَالَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أُلُوهِيَّةَ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ أَوِ الْخَضِرِ أَوِ الْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ وَغَيْرِهِمْ أَوْ بِمَا فِي حُكْمِ ذَلِكَ مِنَ الْقَوْلِ وَالْفِعْلِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il y a de nombreux groupes qui ont contredit le sens de l’Islam même s’ils se réclament de l’Islam en prononçant les deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », même s’ils font la prière et le jeûne, parce qu’ils ont contredit les deux témoignages en ayant pour croyance ce qui s’y oppose, ce sont donc des gens qui ont quitté la croyance en l’unicité de Dieu -le tawhid- parce qu’ils ont adoré autre chose que Dieu, ce sont donc des mécréants, ce ne sont pas des musulmans, comme ceux qui ont cru en la divinité de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Khadir, ou ceux qui ont cru en la divinité de al-Hakim bi ‘amri l-Lah ou de quelqu’un d’autre, ou bien en commettant des actes d’apostasie, ou en disant des paroles qui entrainent le même jugement, c’est-à-dire un jugement qui fait sortir de l’islam.

الشَّرْحُ يَعْنِي أَنَّ هُنَاكَ أُنَاسًا يَدَّعُونَ الإِسْلامَ وَهُمْ فِرَقٌ مُتَعَدِّدَةٌ ثُمَّ يُنَاقِضُونَ الإِسْلامَ فَهَؤُلاءِ لَيْسُوا بِمُسْلِمِينَ مُؤْمِنِينَ

Commentaire : il y a des gens qui se disent musulmans et ce sont des groupes nombreux, mais ils contredisent l’Islam, ces gens-là ne sont pas des musulmans ni des croyants.

 مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ أَحَدَهُمْ يَقُولُ لَفْظًا لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللَّهِ ثُمَّ يَعْبُدُ شَيْئًا مِنْ خَلْقِ اللَّهِ كَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ عَلِيًّا وَهُوَ الْخَلِيفَةُ الرَّاشِدُ ابْنُ عَمِّ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَأُنَاسٍ يَعْبُدُونَ الْخَضِرَ وَهُوَ نَبِيٌّ عَلَى الْقَوْلِ الرَّاجِحِ، وَأُنَاسٍ يَعْتَقِدُونَ الأُلُوهِيَّةَ لِلْحَاكِمِ بِأَمْرِ اللَّهِ الَّذِي كَانَ فِي الْقَاهِرَةِ يَعْبُدُ الشَّيَاطِينَ يَخْتَلِي وَيَعْبُدُ فِي خَلَوَاتِهِ الرُّوحَانِيِّينَ أَيِ الْجِنَّ.

Un exemple de ceux-là est le cas de quelqu’un qui dirait : « il n’est de Dieu que Dieu et Mouhammed est le Messager de Dieu » puis il adore une des créatures de Dieu, c’est le cas de ceux qui adorent ^Aliyy qui est le calife bien guidé, le cousin du Messager de Dieu, le fils de l’oncle paternel du Messager, ou des gens qui adorent al-Khadir, et c’est un prophète selon l’avis le plus plausible, ou c’est le cas des gens qui croyaient à la divinité d’un homme qui s’appelle al-Hakim bi ‘amri l-Lah qui a vécu au Caire en Égypte et qui s’isolait et se mettait à adorer les démons -les jinn-.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يَجْحَدُ الشَّهَادَتَيْنِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا وَمَأْوَاهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا أَبَدًا لا يَنْقَطِعُ فِي الآخِرَةِ عَنْهُ الْعَذَابُ إِلَى مَا لا نِهَايَةَ لَهُ وَمَا هُوَ بِخَارِجٍ مِنَ النَّارِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le jugement de celui qui renie les deux témoignages c’est de le déclarer mécréant catégoriquement, sa demeure sera le feu de l’enfer dans lequel il restera éternellement à jamais, le châtiment dans l’au-delà ne s’interrompra pas pour lui, ça sera sans fin, il ne sortira pas du feu.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُنْكِرُ مَعْنَى الشَّهَادَتَيْنِ فَهُوَ كَافِرٌ قَطْعًا بِلا شَكٍّ، وَالْكَافِرُ إِذَا دَخَلَ جَهَنَّمَ فِي الآخِرَةِ فَلا يَخْرُجُ مِنْهَا أَبَدًا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب].

Commentaire : celui qui renie le sens des deux témoignages par une croyance qui les contredit, ou par un acte qui les contredit, ou par une parole qui les contredit, est sans aucun doute mécréant. Et lorsque le mécréant entrera en enfer il n’en sortira plus jamais, preuve en est les verset 64 et 65 de sourate al-ahzab :

﴿إِنَّ اللَّهَ لَعَنَ الْكَافِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُمْ سَعِيرًا خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

ce qui signifie : « Allah a maudit les mécréants, Il leur a réservé l’enfer où ils y resteront éternellement. »

 وَفِي هَذِهِ الْمَسْئَلَةِ خَالَفَ جَهْمٌ وَابْنُ تَيْمِيَةَ، وَكَانَ ابْنُ تَيْمِيَةَ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ هَذَا كَفَّرَ جَهْمًا لِقَوْلِهِ بِفَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ ثُمَّ شَارَكَهُ ابْنُ تَيْمِيَةَ فِي نِصْفِ عَقِيدَتِهِ فَقَالَ بِفَنَاءِ النَّارِ فَهُوَ أَخُو جَهْمٍ.

Et sur cette question, à savoir que les mécréants resteront éternellement en enfer, deux hommes célèbres ont contredit le Qour’an, le premier de ces deux hommes s’appelle Jahm Ibnou Safwan et le deuxième s’appelle Ahmad Ibnou Taymiyah. Auparavant, Ibnou Taymiyah disait que Jahm était mécréant parce qu’il disait que le paradis et l’enfer avaient une fin, et Ibnou Taymiyah l’a contredit en disant que c’est de la mécréance, parce que Ibnou Taymiyah a pour croyance que le paradis n’a pas de fin, puis Ibnou Taymiyah était d’accord avec lui dans la moitié de sa croyance, comme Jahm, Ibnou Taymiyah a dit que l’enfer avait une fin, donc c’est son frère. C’est son frère puisqu’ils ont la même croyance au sujet de l’enfer, mais ils sont des frères mécréants, parce qu’ils contredisent le Qour’an, car Dieu dit dans le verset 65 de sourate al-ahzab :

﴿خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

ce qui signifie : « ils y resteront éternellement » et eux disent : « non l’enfer a une fin. »

Et le jugement d’une parole qui revient à démentir Dieu est que c’est une parole de mécréance. C’est pour cela qu’en contredisant le Qour’an, Jahm et Ibnou Taymiyah sont sortis de l’Islam.

 قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى أَيْ تَرْكِ الإِشْرَاكِ بِهِ شَيْئًا وَتَصْدِيقِ رَسُولِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لا يَخْلُدُ فِي نَارِ جَهَنَّمَ خُلُودًا أَبَدِيًّا وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ وَمَآلُهُ فِي النِّهَايَةِ عَلَى أَيِّ حَالٍ كَانَ الْخُرُوجُ مِنَ النَّارِ وَدُخُولُ الْجَنَّةِ بَعْدَ أَنْ يَكُونَ قَدْ نَالَ الْعِقَابَ الَّذِي يَسْتَحِقُّ إِنْ لَمْ يَعْفُ اللَّهُ عَنْهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’acquitte du plus éminent des droits que Allah a sur lui, en n’adorant Allah uniquement, c’est-à-dire en se gardant de Lui associé quoi que ce soit, et en reconnaissant la véridicité de Son Messager, celui qui aura accompli cela ne restera pas éternellement à jamais dans le feu de la géhenne, même s’il y entre un certain temps à cause de ses péchés, sa destinée finale sera de sortir de l’enfer et d’entrer au paradis après avoir subi le châtiment qu’il mérite, si Allah ne lui a pas pardonné auparavant.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي أَدَّى أَعْظَمَ حُقُوقِ اللَّهِ وَهُوَ الإِيـمَانُ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَاجْتَنَبَ الْكُفْرَ هَذَا إِنْ مَاتَ لا يُخَلَّدُ فِي النَّارِ إِنْ دَخَلَهَا مَهْمَا كَانَتْ ذُنُوبُهُ وَلا بُدَّ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ بَعْدَ أَنْ يُعَاقَبَ بِذُنُوبِهِ الَّتِي كَانَ اقْتَرَفَهَا، هَذَا إِنْ لَمْ يَغْفِرِ اللَّهُ لَهُ ذُنُوبَهُ

Commentaire : celui qui a accompli le plus éminent des droits que Dieu a sur Ses esclaves, à savoir de croire en Dieu et de croire en Son Messager, et qui aura évité la mécréance, s’il meurt, il ne restera pas éternellement en enfer et ceci quel que soit ses péchés, nécessairement il ira au paradis après avoir reçu la punition pour ses péchés qu’il avait commis, dans le cas où Dieu ne lui pardonne pas ses péchés, mais si Dieu lui pardonne ses péchés, il ne sera pas du tout châtier et il ira au paradis sans châtiment

فَحُكْمُ الْمُسْلِمِ الْعَاصِي الَّذِي مَاتَ قَبْلَ التَّوْبَةِ أَنَّهُ تَحْتَ الْمَشِيئَةِ إِمَّا أَنْ يُعَذِّبَهُ اللَّهُ ثُمَّ يُدْخِلَهُ الْجَنَّةَ وَإِمَّا أَنْ يَعْفُوَ عَنْهُ.

Et le jugement du musulman désobéissant qui est mort avant le repentir, c’est qu’il est sous la volonté de Dieu, c’est-à-dire qu’il sera soit châtié pour ses péchés dont il n’a pas fait le repentir ensuite Dieu le fait entrer au paradis, soit Allah lui pardonne ses péchés et ne le châtie pas. Nous demandons à Allah qu’Il nous pardonne.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ مَنْ قَالَ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le Prophète a dit :

يَخْرُجُ مِنَ النّارِ مَنْ قالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيمانٍ

ce qui signifie : « sortira de l’enfer quiconque a dit :لا إله إلَّا الله –Il n’est de Dieu que Dieu– en ayant dans son cœur ne serai ce que le poids infime de foi. » Hadithrapporté par al-Boukhariyydans son sahih.

الشَّرْحُ أَيْ أَنَّ مَنْ مَاتَ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيـمَانٍ أَيْ أَقَلُّ الإِيـمَانِ لا بُدَّ أَنْ يَخْرُجَ مِنَ النَّارِ وَإِنْ دَخَلَهَا بِمَعَاصِيهِ

Commentaire : Ainsi, celui qui meurt et qui a dans son cœur le poids d’un grain de poussière de foi, c’est-à-dire le minimum de la foi, nécessairement sortira de l’enfer même s’il y rentre à cause de ses péchés.

وَالذَّرُّ هُوَ الَّذِي مِثْلُ الْغُبَارِ يُرَى لَمَّا يَدْخُلُ نُورُ الشَّمْسِ مِنَ الْكَوَّهِ، وَيُطْلَقُ عَلَى النَّمْلِ الأَحْمَرِ الصَّغِيرِ، وَإِذَا أَرَدْتَ الْمُفْرَدَ قُلْتَ ذَرَّةٌ وَيُقَالُ لِلْجَمْعِ ذَرٌّ.

Le mot « dharr » que le prophète a utilisé dans ce hadith est un pluriel de « dharrah », et ça peut avoir le sens de la particule de poussière que l’on voit en suspension dans l’air lorsqu’un rayon de soleil passe par une fente, et c’est ce même terme qui désigne les petites fourmis rouges.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا الَّذِي قَامَ بِتَوْحِيدِهِ تَعَالَى وَاجْتَنَبَ مَعَاصِيَهُ وَقَامَ بِأَوَامِرِهِ فَيَدْخُلُ الْجَنَّهَ بِلا عَذَابٍ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ الْخَالِدُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : quant à celui qui s’en tient à la croyance en Son unicité ta^ala, qui se garde de désobéir à Dieu, qui accomplit ce que Dieu ordonne entrera au paradis sans châtiment, là où se trouve la félicité éternelle à jamais.

 الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي ءَامَنَ بِاللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَنَزَّهَهُ عَنْ مُشَابَهَةِ خَلْقِهِ وَأَدَّى الْفَرَائِضَ وَاجْتَنَبَ الْمُحَرَّمَاتِ فَهُوَ التَّقِيُّ الَّذِي مَآلُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَنْ يَدْخُلَ الْجَنَّةَ لا يَلْقَى جُوعًا وَلا عَطَشًا وَلا نَكَدًا فِي الْقَبْرِ وَلا فِي الآخِرَةِ، بَلْ يَدْخُلُ الْجَنَّةَ حَيْثُ النَّعِيمُ الْمُقِيمُ، فَيَكُونُ مَأْوَاهُ الَّذِي لا يَخْرُجُ مِنْهُ.

Commentaire : quant à celui qui s’en tient donc à la croyance en l’unicité de Dieu, c’est-à-dire qui aura exempté Dieu de toute ressemblance avec Ses créatures, qui aura accompli les obligations, qui aura évité les péchés, celui-là est appelé le pieux -at-taqiyy- c’est celui-là dont le devenir au jour du jugement sera d’entrer au paradis, et au paradis il n’aura ni faim, ni soif, ni tristesse, et ceci ni dans sa tombe ni dans l’au-delà. Mais il entrera au paradis là où se trouve la félicité ininterrompue, éternelle, ce sera la demeure de son refuge final, duquel il ne sortira jamais.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: بِدِلالَةِ الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ الَّذِي رَوَاهُ أَبُو هُرَيْرَةَ قَالَ رَسُولُ اللَّهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : preuve en est le hadith *qoudsiyy qu’a rapporté le compagnon Abou Hourayrah que Dieu l’agrée : il a dit : le Messager de Allah a dit :

قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لا عَيْنٌ رَأَتْ وَلا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ

ce qui signifie : « Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil n’a vue, aucune oreille n’a entendu, et ce qui n’a pas même effleuré le cœur d’un être humain. »

Donc le hadith qoudsiyy signifie : Allah ^Azza wajall dit : « J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux -c’est-à-dire les pieux, ceux qui s’acquittent des devoirs et évite les péchés- ce qu’aucun œil n’a jamais vue -c’est-à-dire que ça sera au paradis- aucune oreille n’a jamais entendu -c’est-à-dire que ça sera au paradis- et ce qui n’a pas même traversé le cœur d’un être humain -c’est-à-dire quelque chose qui est au-delà de ce que la personne imaginerait comme plaisir-.

* hadith qoudsiyy : lorsqu’on dit hadith qoudsiyy c’est-à-dire que c’est un hadith dans lequel le Messager rapporte en disant : « Dieu a dit », cependant, les termes du hadith sont les termes composés par le Prophète, ce n’est pas comme le Qour’an, car ce n’est pas le prophète qui a composé les termes du Qour’an, et à la différence du Qour’an, nous ne recitons pas le hadith qoudsiyy durant la prière.

وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: إِقْرَءُوا إِنْ شِئْتُمْ قَوْلَهُ تَعَالَى: ﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾ [سُورَةَ السَّجْدَة/17] رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ.

Et pour encourager les gens à œuvrer pour l’au-delà, Abou Hourayrah que Allah l’agrée a dit : « récitez si vous le voulez, Sa parole ta^ala-sourate as-sadjdah verset 17- :

﴿فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾

qui signifie : « aucune âme ne sait ce qui leur a été caché comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils faisaient comme bonnes œuvres. » Et ceci a été rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih.

   الشَّرْحُ قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ أَيْ شَىْءٌ تَقَرُّ بِهِ أَعْيُنُهُمْ أَيْ تَفْرَحُ بِهِ مِمَّا لَمْ يُطْلِعِ اللَّهُ عَلَيْهِ مَلائِكَتَهُ وَلا أَنْبِيَائَهُ، فَالنَّعِيمُ الْخَاصُّ الْمُعَدُّ لِلصَّالِحِينَ لَمْ يَرَهُ الرَّسُولُ وَلا الْمَلائِكَةُ وَلا خُزَّانُ الْجَنَّةِ الْمُوَظَّفُونَ هُنَاكَ، وَقَدْ فُسِّرَتِ الآيَةُ بِهَذَا الَّذِي جَاءَ فِي هَذَا الْحَدِيثِ الْقُدْسِيِّ.

Commentaire : la parole de Dieu : ﴿قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾ signifie qu’il y a au paradis comme de source de joie ce qui vont leur réjouir le regard, c’est-à-dire que c’est quelque chose qui va leur procurer du plaisir dans leur cœur, et ce plaisir que Dieu a réservé pour les pieux au paradis n’a même pas été connu par les anges ni les prophètes, c’est-à-dire que même les anges et les prophètes n’ont pas vue ce plaisir que Dieu réserve pour les pieux. Ainsi, cette félicité particulière que Dieu a réservé pour les vertueux n’a pas été vue par le Messager, ni par les anges, et même les anges gardiens qui ont des fonctions au paradis n’ont pas vue cette félicitée que Dieu a réservé pour les pieux. Et le verset 17 de sourate as-sadjdah a justement été expliqué par ce qui est parvenu dans le hadith qoudsiyy précédemment cité.

Informations utiles :

Le moujadid est un savant. Dieu fait que le moujadid est vivant à chaque passage de siècle de l’hégire. Ce savant renforce l’appelle à l’Islam, il ne ramène pas quelque chose de nouveau, cette religion est la même depuis 15 siècle, elle ne disparaitra pas jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de musulman sur Terre. Mais la loi de notre prophète sera appliquée.

Parmi les moujadid, il y a en a un qui s’appelle Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed qui est le moujadid du quatrième siècle de l’hégire. Notre Chaykh a dit : il nous a été autorisé de rapporter d’une chaîne de transmission ininterrompue jusqu’au livre al-qadr de al-Bayhaqiyy qui rapporte de ach-charif al-^Othmaniyy qu’il a dit : j’ai entendu l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed dire : « nos œuvres sont des signes pour la récompense et le châtiment. Nos œuvres sont des signes qui indiquent quel sera notre état dans l’au-delà. »

Cet homme, l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed a été cité par al-Hakim dans son moustadrak qu’il était le moujadid, celui qui renouvelle l’appel à l’Islam du quatrième siècle de l’hégire.

Ainsi, al-Hakim a d’abord cité qui était le moujadid, c’est-à-dire celui qui renouvelle et renforce l’appel à l’Islam du premier siècle de l’hégire, c’était ^Oumar Ibnou ^Abd l-^aziz, il était vivant lors du passage du premier siècle de l’hégire au deuxième siècle de l’hégire. Et il est indispensable que le moujadid soit vivant lors du passage de siècle. Al-Hakim a cité que le moujadid du deuxième siècle de l’hégire était l’imam Ach-Chafi^iyy Mouhammed fils de ‘Ydris, il est né en 150 de l’hégire et est mort en 204 de l’hégire. Et il a cité que le moujadid, c’est-à-dire celui qui a renouvelé l’appelle à l’Islam du troisième siècle de l’hégire, c’est l’imam, le Faqih chafi^ite Ibnou Sourayj, que Dieu les agrée tous. Et il a dit à propos de l’imam Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed fils de Souleymane qu’il était le quatrième moujadid, il était célèbre et connu en tant qu’imam chez tous musulman. Et ce savant, sehel fils de Mouhammed faisait partie des ach^arites. Les ach^arites et les matouridites sont ahlou sounnah. La voie correcte dans la croyance est la voie de ces deux groupes de savant, à savoir ceux qui ont suivi l’imam al-Ach^ariyy et ceux qui ont suivi l’imam al-Matouridiyy. Et ces deux imam ont une particularité, ils se sont appliqués à résumer la croyance du salaf, à savoir des musulmans des trois premiers siècles de l’hégire. Et ce savant Abou Tayyib Sehel fils de Mouhammed était ach^arites, tout comme de nombreux illustres savants dans le hadith, dans la jurisprudence, dans la piété, dans l’ascèse étaient des ach^arites.

Celui qui connait la vérité aura su cela, et celui qui ignore la vérité ne l’aura pas su. Les mouchabbihah, c’est-à-dire les assimilationnistes avaient pris pour ennemi les ach^arites par le passé et récemment, parce que la source à laquelle les assimilationnistes s’abreuvent est loin de la source des ach-ach^arites. Les ach^arites exemptent Dieu de toute ressemblance de Dieu avec Ses créatures d’aucune manière que ce soit, quant aux assimilationnistes -les mouchabbihah- le tachbih coule dans leur veine, c’est-à-dire l’assimilation de Dieu avec Ses créatures. Les mouchabbihah -les assimilationnistes- recitent le verset 11 de sourate ach-choura :

لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui », mais ils contredisent sa signification. Ceux qui ont véritablement cru en ce verset 11 de sourate ach-choura sont ceux qui ont exempté Dieu de toute ressemblance avec les créatures d’aucune manière que ce soit. Tout comme l’a dit l’Imam Abou Ja^far AtTahawiyy a dit :

وَمَنْ وَصَفَ اللَّهَ بِمَعْنًى مِنْ مَعَانِى الْبَشَرِ فَقَدْ كَفَرَ

ce qui signifie : « et celui qui qualifie Allah par une signification des humains est certes devenu mécréant. »

بَيَانُ أَقْسَامِ الْكُفْرِ

   وَاعْلَمْ يَا أَخِي الْمُسْلِمَ أَنَّ هُنَاكَ اعْتِقَادَاتٍ وَأَفْعَالًا وَأَقْوَالًا تَنْقُضُ الشَّهَادَتَيْنِ وَتُوقِعُ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَنْوَاعٍ: كُفْرٌ اعْتِقَادِيٌّ وَكُفْرٌ فِعْلِيٌّ وَكُفْرٌ لَفْظِيٌّ، وَذَلِكَ بِاتِّفَاقِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ كَالنَّوَوِيِّ وَابْنِ الْمُقْرِي مِنَ الشَّافِعِيَّةِ وَابْنِ عَابِدِينَ مِنَ الْحَنَفِيَّةِ وَالْبُهُوتِيِّ مِنَ الْحَنَابِلَةِ وَالشَّيْخِ مُحَمَّدِ عِلَّيْشٍ مِنَ الْمَالِكِيَّةِ وَغَيْرِهِمْ فَلْيَنْظُرْهَا مَنْ شَاءَ.

L’exposé des sortes de mécréance

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : sache mon frère en islam qu’il existe des croyances, des actes et des paroles qui annulent les deux témoignages et font tombés dans la mécréance, parce que la mécréance est de trois sortes : il y a la mécréance par la croyance, la mécréance par les actes et la mécréance par les paroles. Et cette classification en trois catégories est par accord des savants des 4 écoles comme An-Nawawiyy et Ibnou l-Mouqriyy chez les chafi^ites, Ibnou ^Abidin chez les hanafites, al-Bouhoutiyy chez les hanbalites, et le Chaykh Mohammed ^illaych parmi les malikites et d’autres qu’eux, et celui qui le souhaite, qu’il vérifie.

وَكَذَلِكَ غَيْرُ عُلَمَاءِ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ مِنَ الْمُجْتَهِدِينَ الْمَاضِينَ كَالأَوْزَاعِيِّ فَإِنَّهُ كَانَ مُجْتَهِدًا لَهُ مَذْهَبٌ كَانَ يُعْمَلُ بِهِ ثُمَّ انْقَرَضَ أَتْبَاعُهُ.

Et ce ne sont pas uniquement les savants des quatre écoles, mais c’est également le cas pour d’autres savants que ceux des quatre écoles parmi les moujtahid du passé comme Al-‘Awza^iyy, Al-‘Awza^iyy qui était un moujtahid ayant une école -un madh-hab- qui était autrefois suivi mais dont les disciples ont fini par disparaitre. C’est-à-dire que son école n’a pas été retenu et transmise comme ce fut le cas pour les quatre école.

الشَّرْحُ أَنَّ مِمَّا اسْتَدَلَّ بِهِ أَهْلُ الْحَقِّ عَلَى أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَقْسَامٍ ءَايَاتٍ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿يَحْلِفُونَ بِاللَّهِ مَا قَالُوا وَلَقَدْ قَالُوا كَلِمَةَ الْكُفْرِ وَكَفَرُوا بَعْدَ إِسْلامِهِمْ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/74] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ قَوْلِيٌ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ ءَامَنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَرْتَابُوا﴾ [سُورَةَ الْحُجُرَات/15] فَهَذِهِ الآيَةُ يُفْهَمُ مِنْهَا أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ اعْتِقَادِيٌّ لِأَنَّ الِارْتِيَابَ أَيِ الشَّكَّ يَكُونُ بِالْقَلْبِ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿لا تَسْجُدُوا لِلشَّمْسِ وَلا لِلْقَمَرِ﴾ [سُورَةَ فُصِّلَت/37] يُفْهَمُ مِنْهُ أَنَّ الْكُفْرَ مِنْهُ فِعْلِيٌّ

Commentaire : et parmi les preuves qui indiquent que la mécréance est bien classée en trois catégories, comme l’ont dit les savants des quatre écoles et d’autre qu’eux, il y a des versets du Qour’an et des hadith qui sont des preuves de cette classification. En autre la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 74 :

يَحْلِفُونَ بِٱللَّهِ مَا قَالُوا۟ وَلَقَدْ قَالُوا۟ كَلِمَةَ ٱلْكُفْرِ وَكَفَرُوا۟ بَعْدَ إِسْلَٰمِهِمْ

qui signifie : « ils jurent par Dieu qu’ils ne l’ont pas dite, alors qu’ils ont effectivement dit la parole de mécréance, ils ont ainsi montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. » Ce verset est donc une preuve qu’il y a une mécréance par la parole. Et parmi les versets du Qour’an qui indiquent qu’il y a une mécréance par la croyance, il y a le verset 15 de sourate al-houjourat :

إِنَّمَا ٱلۡمُؤۡمِنُونَ ٱلَّذِينَ ءَامَنُواْ بِٱللَّهِ وَرَسُولِهِۦ ثُمَّ لَمۡ يَرۡتَابُواْ

qui signifie : « certes les croyants sont uniquement ceux qui ont cru en Allah et en Son Messager, et qui n’ont point douté. » Ce verset est une preuve qu’il y a une mécréance par la croyance. Et parmi les versets qui indiquent qu’il y a une mécréance qui a lieu par les actes, il y a par exemple la parole de Allah ta^ala dans sourate al-foussilat verset 37 :

لَا تَسۡجُدُواْ لِلشَّمۡسِ وَلَا لِلۡقَمَرِ

ce qui signifie : « ne vous prosternez ni pour le soleil ni pour la lune. » On comprend de ce verset qu’il y a une mécréance par les actes.

وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ إِجْمَاعِيَّةٌ اتَّفَقَ عَلَيْهَا عُلَمَاءُ الْمَذَاهِبِ الأَرْبَعَةِ.

Ainsi, la question de la classification de la mécréance en trois catégories est une question faisant l’objet de l’unanimité des savants des 4 écoles.

وَكُلٌّ مِنَ الثَّلاثَةِ كُفْرٌ بِمُفْرَدِهِ فَالْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَلا فِعْلٌ، وَالْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ اعْتِقَادٌ وَانْشِرَاحُ الصَّدْرِ بِهِ وَلا قَوْلٌ، وَالْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ كُفْرٌ وَلَوْ لَمْ يَقْتَرِنْ بِهِ قَوْلٌ وَلا فِعْلٌ.

Et chacune de ces trois catégories de mécréance suffit pour faire sortir la personne de l’Islam, ce n’est pas une condition qu’une mécréance d’une catégorie donnée soit accompagnée d’une mécréance d’une autre catégorie pour que cela fasse sortir la personne de l’Islam. Ainsi, chaque catégorie de mécréance à elle seule suffit pour faire sortir la personne de l’Islam. Par exemple la mécréance par la parole est une mécréance, c’est-à-dire que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, même s’il n’a pas la croyance ni commis un acte qui corresponds à cette parole. Et la mécréance par les actes est une mécréance à elle seule, c’est-à-dire qu’à elle toute seule la mécréance par les actes fait sortir la personne de l’Islam même si elle n’est pas accompagnée par une croyance ou d’une satisfaction par le cœur ni d’une parole. Et la mécréance par la croyance est une mécréance à elle seule même si elle n’est pas accompagnée de parole ni d’acte.

وَإِنَّمَا يُشْتَرَطُ لِلْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ فِي الْمُكْرَهِ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ. فَالْمُكْرَهُ هُوَ الَّذِي لا يَكْفُرُ لِمُجَرَّدِ الْقَوْلِ بَعْدَ أَنْ أُكْرِهَ إِلَّا أَنْ يَشْرَحَ صَدْرَهُ بِمَا يَقُولُهُ فَعِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ، لِأَنَّ الْمُسْلِمَ الْمُكْرَهَ عَلَى قَوْلِ الْكُفْرِ إِنْ قَالَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ لإِنْقَاذِ نَفْسِهِ مِمَّا هَدَّدَهُ بِهِ الْكُفَّارُ وَقَلْبُهُ غَيْرُ مُنْشَرِحٍ بِمَا يَقُولُهُ فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ، وَأَمَّا إِنْ تَغَيَّرَ خَاطِرُهُ بَعْدَ الإِكْرَاهِ فَشَرَحَ صَدْرَهُ بِقَوْلِ الْكُفْرِ كَفَرَ، وَهَذَا مَعْنَى قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾

[سُورَةَ النَّحْل/106

La satisfaction par le cœur est une condition pour que la personne sorte de l’Islam lorsqu’elle prononce une parole de mécréance dans le cas où la personne a dit la parole de mécréance parce qu’elle est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle était sous la contrainte de mort. Mais si la personne dit cette parole de mécréance sous la contrainte de mort et qu’elle s’en satisfait par le cœur, c’est-à-dire qu’elle accepte la mécréance, alors c’est une mécréance pour elle, même si la personne était sous la contrainte de mort. Ainsi, la personne échappe à la mécréance par la parole dans le cas où la personne est sous la contrainte de mort et qu’elle prononce la parole de mécréance à la suite de cette contrainte sans l’acceptée par le cœur, dans cette situation ce n’est pas une mécréance. Ainsi, nous allons prendre en compte le fait que la personne se soit satisfaite de la parole de mécréance ou pas dans le cas où la personne est menacée de mort, c’est-à-dire qu’elle est sous la contrainte de mort. Ce qui indique cela, c’est la parole de Allah dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ


qui signifie : « si quelqu’un fait de la mécréance après avoir été musulman [il subira le châtiment de Allah] sauf celui qui est sous la menace[d’être exécuté ou de ce qui revient au même] et dont le cœur est apaisé par la foi, mais si quelqu’un ouvre son cœur à la mécréance il subira le châtiment de Allah. »

Et comme exemples de paroles qui font sortir de l’Islam, il y a ceux qui prétendent l’unité de l’existence, qui prétendent que tout est Allah, c’est une parole qui fait sortir de l’Islam, ou encore la parole de ceux qui disent que Allah s’incarne dans Ses créatures -qu’Il prendrait place dans Ses créatures- c’est l’unité de l’incarnation, c’est également une mécréance.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الِاعْتِقَادِيُّ: مَكَانُهُ الْقَلْبُ كَنَفْيِ صِفَةٍ مِنْ صِفَاتِ اللَّهِ تَعَالَى الْوَاجِبَةِ لَهُ إِجْمَاعًا كَوُجُودِهِ وَكَوْنِهِ قَادِرًا وَكَوْنِهِ سَمِيعًا بَصِيرًا أَوِ اعْتِقَادِ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ أَوْ أَنَّهُ رُوحٌ، قَالَ الشَّيْخُ عَبْدُ الْغَنِيِّ النَّابُلُسِيُّ: مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ مَلَأَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ أَوْ أَنَّهُ جِسْمٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ فَهُوَ كَافِرٌ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مُسْلِمٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la croyance : son siège est le cœur, comme renier l’un des attributs de Allah ta^ala qui est obligatoirement Sien par unanimité, comme la science, ou bien l’existence, ou le fait qu’Il soit tout puissant, ou qu’Il entende ou qu’Il voit, ou croire que Dieu serait une luminosité ou qu’Il serait une âme. Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulousiyy a dit : « si quelqu’un croit que Allah est un corps qui remplit les cieux et la Terre ou qu’Il est un corps assis au-dessus du Trône, c’est un mécréant même s’il prétend qu’il est musulman. »

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ نَفَى وُجُودَ اللَّهِ بِقَلْبِهِ فَهُوَ كَافِرٌ، وَكَذَلِكَ مَنِ اعْتَقَدَ أَنَّ اللَّهَ غَيْرُ قَادِرٍ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ أَوْ شَكَّ فِي قُدْرَتِهِ عَلَى كُلِّ شَىْءٍ.

Commentaire : celui qui nie par son cœur l’existence de Allah, c’est un mécréant. Parmi les exemples de mécréance par la croyance il y a celui qui croit que Allah n’est pas sur toute chose tout puissant ou qui doute de la toute-puissance de Allah sur toute chose.

فَلا يُعْذَرُ أَحَدٌ فِي الْجَهْلِ بِقُدْرَةِ اللَّهِ وَنَحْوِهَا مِنْ صِفَاتِهِ مَهْمَا بَلَغَ الْجَهْلُ بِصَاحِبِهِ.

Nul n’est excusé pour son ignorance à propos de la toute-puissance de Dieu et ce qui est de cet ordre de parmi Ses attributs, quel que soit le degré d’ignorance que cet personne a atteint.

وَأَمَّا إِذَا قَالَ قَائِلٌ اللَّهُ نُورٌ فَلا يُعْتَرَضُ عَلَيْهِ إِلَّا إِذَا كَانَ يَعْتَقِدُ أَنَّهُ نُورٌ بِمَعْنَى الضَّوْءِ عِنْدَئِذٍ يَكْفُرُ

Par ailleurs, si quelqu’un dit : « Allah est Nour » nous n’émettons pas d’objection contre lui, [parce que ce nom est cité dans le Qour’an au sujet de Dieu] sauf s’il avait pour croyance que Nour vient dans le sens de la lumière au sujet de Dieu, à ce moment-là il devient mécréant parce qu’il aura assimilé Dieu à Ses créatures [dans la langue arabe, « nour » a un de ses sens qui est lumière].

أَمَّا إِذَا قَالَ اللَّهُ نُورٌ وَلَمْ يُفْهَمْ مَاذَا يَقْصِدُ فَلا يُكَفَّرُ

Cependant s’il dit : « Allah est Nour » mais nous ne savions pas ce qu’il visait, il n’est pas déclaré mécréant [nous utilisons délibérément le terme en arabe « Nour », on ne parle pas de celui qui dit un mot en français, là nous parlons du jugement de ce mot en arabe].

وَلا يُقَالُ لَهُ حَرَامٌ أَنَّ تَقُولَ هَذَا لِأَنَّهُ وَرَدَ فِي تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْحُسْنَى عِنْدَ الْبَيْهَقِيِّ وَغَيْرِهِ.

Et nous ne disons pas à celui qui dit Nour que c’est interdit de dire cela, parce que le nom Nour nous est parvenu dans l’énumération des noms parfaits de Allah, c’est-à-dire que parmi les noms parfaits de Dieu il y a Nour, et ceci a été rapporté par al-Bayhaqiyy et d’autres que lui.

وَكَذَلِكَ وَرَدَ فِي بَعْضِ رِوَايَاتِ تَعْدَادِ أَسْمَاءِ اللَّهِ الْمُنِيرُ وَهُوَ تَفْسِيرٌ لِاسْمِ اللَّهِ النُّورِ.

Et de même, il est parvenu dans certaines versions que de parmi les noms de Allah il y a al-Mounir, et le nom de Allah al-Mounir est une explication du nom de Allah An-Nour. Al-Mounir c’est Celui Qui éclair, Dieu a éclairé les endroits qu’Il a voulu dans les cieux et les Terres.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْفِعْلِيُّ: كَإِلْقَاءِ الْمُصْحَفِ فِي الْقَاذُورَاتِ قَالَ ابْنُ عَابِدِينَ: وَلَوْ لَمْ يَقْصِدِ الِاسْتِخْفَافَ، لِأَنَّ فِعْلَهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ. أَوْ أَوْرَاقِ الْعُلُومِ الشَّرْعِيَّةِ، أَوْ أَيِّ وَرَقَةٍ عَلَيْهَا اسْمٌ مِنْ أَسْمَاءِ اللَّهِ تَعَالَى مَعَ الْعِلْمِ بِوُجُودِ الِاسْمِ فِيهَا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par les actes : comme jeté le livre du Qour’an -al-moushaf- dans un endroit répugnant. Ibnou ^Abidin [qui est un savant hanafite] a dit : « même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. » C’est-à-dire que si une personne a jeté le livre du Qour’an dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance même s’il n’avait pas l’intention du rabaissement car son geste indique le rabaissement. Il en est de même pour les feuilles de sciences de la religion, ou toute feuille sur laquelle il y aurait un des noms de Allah ta^ala en sachant que ce nom s’y trouve.

Ainsi, s’il y avait le nom de Allah sur une feuille, et que la personne savait que le nom de Allah figurait sur cette feuille, puis qu’il jette cette feuille dans un endroit répugnant, c’est de la mécréance.

الشَّرْحُ قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: إِذَا رَمَى اسْمَ اللَّهِ فِي الْقَاذُورَاتِ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ كَفَرَ، أَمَّا إِذَا لَمْ يَكُنْ عَلَى وَجْهِ الِاسْتِخْفَافِ فَلا يَكُونُ رِدَّةً وَهَذَا فِي غَيْرِ الْمُصْحَفِ فَإِنَّ رَمْيَهُ فِي الْقَاذُورَاتِ كُفْرٌ لِأَنَّهُ يَدُلُّ عَلَى الِاسْتِخْفَافِ

Commentaire : certains savant ont dit : « si quelqu’un jette une feuille sur laquelle il y a le nom de Dieu dans un endroit répugnant par rabaissement c’est de la mécréance, mais si ce n’est pas par rabaissement ce n’est pas une apostasie, et ceci est pour autre que le moushaf -le Qour’an– car le fait de jeté le moushaf dans les qadhourat -dans les endroits répugnants- est de la mécréance, car que cela indique le rabaissement. »

وَقَالَ الْمَالِكِيَّةُ فِي كُتُبِهِمْ تَرْكُ وَرَقَةٍ فِي الْقَاذُورَاتِ مَكْتُوبٌ فِيهَا قُرْءَانٌ اسْتِخْفَافًا رِدَّةٌ وَكُفْرٌ، أَمَّا الَّذِي يَتْرُكُهَا لَيْسَ لِلِاسْتِخْفَافِ بِهَا، بَلْ يَعْتَقِدُ أَنَّ لَهَا حُرْمَةً لَكِنْ تَرَكَهَا تَكَاسُلًا فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا

Les malikites ont dit dans leurs livres : « celui qui laisse délibérément une feuille sur laquelle il y a le Qour’an dans les endroits répugnants, c’est de la mécréance et c’est de l’apostasieCependant, celui qui laisse cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an non pas par rabaissement, il la laisse en ayant pour conviction que cette feuille sur laquelle il y a du Qour’an est respectable et qu’il l’a laissée juste par paresse, il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché. »

وَهَذَا الَّذِي قَالَهُ الْمَالِكِيَّةُ يُوَافِقُ عَلَيْهِ سَائِرُ أَهْلِ الْمَذَاهِبِ الأُخْرَى لَكِنَّ الْمَالِكِيَّةَ نَصُّوا عَلَيْهِ أَمَّا الآخَرُونَ فَلَمْ يَنُصُّوا عَلَيْهِ فِيمَا أَعْلَمُ لَكِنْ قَوَاعِدُهُمْ تُوَافِقُ عَلَى ذَلِكَ.

Ce qu’ont dit les malikites [à savoir que si quelqu’un laisse une feuille sur laquelle il y a du Qour’an dans un endroit répugnant, sans que ce soit par rabaissement, en ayant pour conviction que c’est quelque chose de respectable, il a simplement laissé par paresse, alors dans ce cas-là il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché] est une règle que à propos de laquelle sont d’accord toutes les autres écoles. Cependant les malikites ont énoncé cette règle, tandis que les autres ne l’ont pas énoncé d’après mes connaissances, cependant leur règle, les lois sur lesquelles ils sont d’accord sont en conformités avec ce qui a été dit par les malikites.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمَنْ عَلَّقَ شِعَارَ الْكُفْرِ عَلَى نَفْسِهِ مِنْ غَيْرِ ضَرُورَةٍ فَإِنْ كَانَ بِنِيَّةِ التَّبَرُّكِ أَوِ التَّعْظِيمِ أَوِ الِاسْتِحْلالِ كَانَ مُرْتَدًّا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : celui qui accroche sur lui un signe de mécréance sans nécessité, s’il le fait dans l’intention d’en rechercher des bénédictions ou de le vénéré ou en considérant que c’est licite, il devient apostat.

   الشَّرْحُ أَمَّا إِنْ عَلَّقَهُ لا بِنِيَّةِ إِحْدَى هَذِهِ الْمَذْكُورَاتِ فَلا يَكْفُرُ لَكِنَّهُ أَثِمَ إِثْمًا كَبِيرًا.

Commentaire : cependant, s’il accroche sur lui ce signe de mécréance mais sans avoir les intentions précédemment citées, [ce n’est pas pour rechercher le tabarrouk, ce n’est pas pour glorifier, ce n’est pas en se rendant licite le fait de porter ce signe des mécréants] il ne devient pas mécréant mais il aura commis un grand péché.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: الْكُفْرُ الْقَوْلِيُّ: كَمَنْ يَشْتِمُ اللَّهَ بِقَوْلِهِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ مِنَ الْكُفْرِ: أُخْتَ رَبِّكَ، أَوِ ابْنَ اللَّهِ، يَقَعُ الْكُفْرُ هُنَا وَلَوْ لَمْ يَعْتَقِدْ أَنَّ لِلَّهِ أُخْتًا أَوِ ابْنًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la mécréance par la parole : si quelqu’un blasphème contre Allah ta^ala en disant, que Allah nous préserve de la mécréance : « ‘ouktha rabbika » ce qui signifie : « sœur de ton Seigneur », ou bien : « ‘ibna l-Lah » ce qui signifie : « fils de Dieu », la mécréance à lieu dans ces cas-là, et ceci même s’il n’a pas cru que Allah a une sœur ou un fils.

Car chacune des catégories de mécréance à elle seule suffit pour faire tomber la personne dans la mécréance et faire sortir la personne de l’islam. Et le Chaykh a cité un exemple qui revient à attribuer à Allah un fils ou une sœur, dans ce cas-là, la personne qui a dit ça sort de l’Islam même si elle n’accompagne pas cette parole d’une croyance ni qu’elle ne commette un acte qui accompagne cette parole de mécréance, c’est-à-dire que sans y croire ni en ne commettant un acte, la personne est sortie de l’Islam par cette parole.

الشَّرْحُ وَيَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ: وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ.                                            

Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète :

قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: شَتَمَنِي ابْنُ ءَادَمَ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ ذَلِكَ

qui signifie : « Allah ta^ala dit : l’être humain M’a insulté, et il n’avait pas à M’insulté. »

وَفَسَّرَ ذَلِكَ بِقَوْلِهِ

ce qui signifie : « et Dieu a expliqué cela par Sa parole :

وَأَمَّا شَتْمُهُ إِيَّايَ فَقَوْلُهُ: اتَّخَذَ اللَّهُ وَلَدًا

qui signifie : pour ce qui est de son insulte à Mon encontre c’est qu’il dise : « Allah a eu un fils.» Hadith rapporté par al-Boukhariyy.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ نَادَى مُسْلِمٌ مُسْلِمًا ءَاخَرَ بِقَوْلِهِ: يَا كَافِرُ بِلا تَأْوِيلٍ كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ سَمَّى الإِسْلامَ كُفْرًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un musulman appelle un autre musulman en lui disant : « eh mécréant » sans ta’wil -sans interprétation- [c’est-à-dire sans qu’il y ait une cause sur laquelle il se soit basé en ayant pensé qu’elle fait sortir de l’Islam alors qu’en réalité elle ne fait pas sortir de l’Islam et en ayant à ce sujet une sorte de confusion] alors celui qui dit cela devient mécréant car il a qualifié l’Islam de mécréance.

Donc si une personne « A » qualifie une personne « B » qui est musulmane de mécréante, ça revient à qualifier l’Islam de mécréance, c’est donc une mécréance.

الشَّرْحُ يَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ مَا رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ فِي الصَّحِيحِ وَغَيْرُهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ

Commentaire : et ce qui indique cela c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih et d’autres qui est :

مَنْ رَمَى مُسْلِمًا بِالْكُفْرِ أَوْ قَالَ عَدُوَّ اللَّهِ إِلَّا عَادَتْ عَلَيْهِ إِنْ لَمْ يَكُنْ كَمَا قَالَ

ce qui signifie : « celui qui accuse un musulman de mécréance, ou s’il dit d’un musulman qu’il est l’ennemi de Dieu, alors cette accusation retombera sur celui qui a parlé si ce qu’il a dit n’était pas vrai. »

وَفِي لَفْظٍ لِهَذَا الْحَدِيثِ: إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ

Et dans une autre version de ce hadith rapportée par Mouslim dans son sahih, le prophète a dit :

إِذَا قَالَ الرَّجُلُ لِأَخِيهِ يَا كَافِرُ فَقَدْ بَاءَ بِهَا أَحَدُهُمَا فَإِنْ كَانَ كَمَا قَالَ وَإِلَّا رَجَعَتْ عَلَيْهِ

ce qui signifie : « lorsqu’un musulman dit à son frère : « tu es mécréant » alors c’est une accusation qui va retomber sur l’un des deux, soit c’est comme il a dit, soit cette accusation retombera sur celui qui a parlé. »

فَقَدْ حَذَّرَنَا رَسُولُ اللَّهِ فِي هَذَا الْحَدِيثِ مِنْ أَنْ نَقُولَ لِمُسْلِمٍ: كَافِرٌ، أَوْ عَدُوَّ اللَّهِ، وَبَيَّنَ لَنَا أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِمُسْلِمٍ يَعُودُ عَلَيْهِ وَبَالُ هَذِهِ الْكَلِمَةِ

Ainsi le messager de Allah nous a fortement mis en garde contre le fait de dire à un musulman : « tu es mécréants» ou bien : « tu es l’ennemie de Dieu », et dans ce hadith, le prophète nous a expliqué que si cette accusation est infondée, elle retombera sur celui qui a parlé.

أَمَّا مَنْ قَالَ لِمُسْلِمٍ يَا عَدُوَّ اللَّهِ أَوْ أَنْتَ عَدُوُّ اللَّهِ بِسَبَبٍ شَرْعِيٍّ فَلَيْسَ عَلَيْهِ حَرَجٌ، أَيْ لَيْسَ فِيهِ مَعْصِيَةٌ.

Quant à celui qui parle à un musulman en lui disant : « ô l’ennemi de Dieu » ou il lui dit : « tu es un ennemi» avec une raison valable, alors il n’y a pas de conséquence pour celui qui a parlé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de péché.

وَإِنْ كَانَ قَالَ لَهُ ذَلِكَ مُتَأَوِّلًا بِنَوْعِ تَأْوِيلٍ فَلا يَكْفُرُ

Et s’il dit cela à cause d’une mauvaise interprétation -d’un mauvais ta’wil- il ne devient pas mécréant.

وَالتَّأْوِيلُ مَعْنَاهُ أَنَّهُ اعْتَمَدَ عَلَى سَبَبٍ فِي ذَلِكَ الشَّخْصِ ظَنَّهُ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَيْسَ مُخْرِجًا مِنَ الإِسْلامِ، وَكَانَ لَهُ فِي ذَلِكَ نَوْعُ شُبْهَةٍ أَيِ الْتِبَاسٍ فَإِنَّ الْمُكَفِّرَ هُنَا لا يَكْفُرُ كَمَا أَنَّ الْمُكَفَّرَ لَمْ يَكْفُرْ

Le ta’wil [dans ce contexte] signifie que la personne s’est basée sur quelque chose provenant de cette personne, et il pensait [du fait de ce qu’il a observé provenant de cette personne] que cette personne était sortie de l’Islam, alors qu’en réalité cette personne n’était pas sortie de l’Islam. Et il avait à ce sujet une sorte de tromperie et de duperie, il avait une certaine dose de confusion en cela. Dans ce cas de figure, celui qui a déclaré mécréant le musulman ne sort pas de l’Islam tout comme celui qui a été accusé de mécréance ne sort pas de l’Islam.

ومِثَالُ ذَلِكَ رَجُلٌ بَلَغَهُ أَنَّ فُلانًا انْتَحَرَ فَقَالَ مَاتَ كَافِرًا وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ، فَهَذَا الْمُكَفِّرُ إِنْ كَانَ جَاهِلًا يَظُنُّ أَنَّ الِانْتِحَارَ وَحْدَهُ كُفْرٌ وَلا يَعْرِفُ أَنَّ الِانْتِحَارَ بِمُجَرَّدِهِ لَيْسَ كُفْرًا لَمْ يَكْفُرْ لِأَنَّهُ لَهُ تَأْوِيلًا.

Et comme exemple de cela, s’il est parvenu à un homme que untel s’est suicidé, et cet homme à qui la nouvelle est parvenu a dit : « malheur à lui, il est mort mécréant », eh bien, celui qui a déclaré mécréant celui qui s’est suicidé, si c’est par ignorance comme s’il pensait que le suicide à lui seul faisait sortir de l’Islam et qu’il ne savait pas que le suicide à lui seul n’est pas quelque chose qui fait sortir de l’Islam, eh bien celui qui a déclaré mécréant ne sort pas de l’Islam parce qu’il a fait une mauvaise interprétation [parce qu’il a mal compris quelque chose].

وَمِنَ التَّأْوِيلِ أَيْضًا أَنْ يَفْعَلَ هَذَا الْمُسْلِمُ فِعْلًا يُشْبِهُ فِعْلَ الْكُفَّارِ فَيَظُنُّ بِهِ أَنَّهُ لا يُحِبُّ الإِسْلامَ أَوْ لا يَعْتَقِدُ الإِسْلامَ فَكَفَّرَهُ بِنَاءً عَلَى هَذَا الظَّنِّ، لِمَا رَأَى مِنْهُ مِنْ فِعْلٍ خَبِيثٍ أَوْ قَوْلٍ خَبِيثٍ.

Également, parmi les sortes de mauvaises interprétations, il y a qu’un musulman fasse un acte qui correspond à l’acte des mécréants, et que celui qui le voit pense que c’est quelqu’un qui a renié l’islam, qu’il n’aime plus l’Islam, qu’il ne croit plus en l’Islam, et du fait de ce qu’il a vu il l’a déclaré mécréant en se basant sur cette conjecture, parce qu’il a vue des actes laids ou des paroles laides.

ثُمَّ إِنَّهُ يُوجَدُ مَسْئَلَةٌ نَفِيسَةٌ يَنْبَغِي بَيَانُهَا أَلا وَهِيَ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ إِنَّمَا يَكْفُرُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ وَقَعَ فِي بَعْضِ الأَنْوَاعِ الأُخْرَى مِنَ الْكُفْرِ، لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ:

نَوْعٌ ظَاهِرٌ لَيْسَ فِيهِ خِلافٌ بِأَنَّهُ كُفْرٌ بَيْنَ الأَئِمَّةِ وَبِأَنَّ مَنْ فَعَلَهُ فَقَدْ كَفَرَ فَمَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ.

Une règle très précieuse qu’il convient d’expliquer, c’est que ne deviens pas mécréant celui qui ne déclare pas mécréant celui qui est tombé dans une des sortes de mécréance, mais deviens mécréant celui qui ne déclare pas mécréant quelqu’un qui est tombé dans d’autres sortes de mécréances.Parceque la mécréance est de deux sortes : il y a une première sorte de mécréance qui est évidente, au sujet de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté que c’est de la mécréance, et que celui qui la commet devient mécréant et que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant.

Ainsi, il y a une sorte de mécréance qui est claire, à propos de laquelle il n’y a pas de divergence, c’est-à-dire que tous les musulmans sont d’accord à propos de cette chose là que c’est une mécréance et que celui qui l’a fait devient mécréant, dans ce cas-là, celui qui ne le déclare pas mécréant sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance claire et qui fait l’objet de l’unanimité.

فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.

Et la mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui l’ayant commise devient alors lui-même mécréant c’est comme insulter Dieu, ou insulter les prophètes, ou mépriser la religion de l’Islam, ou renier la résurrection après la mort ou la récompense ou le châtiment, celui qui doute à propos de celui qui commet une telle mécréance, lui-même devient mécréant. C’est-à-dire que si quelqu’un entend un autre insulter Dieu, ou il insulte le prophète, et il dit : « peut-être qu’il n’est pas mécréant », c’est à dire qu’il doute de la mécréance de celui-là, eh bien celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a insulté Dieu ou insulté le prophète sort de l’Islam, parce que c’est une mécréance à propos de laquelle il n’y a pas de divergence au sein de la communauté.

وَالنَّوْعُ الآخَرُ هُوَ الْكُفْرُ الَّذِي هُوَ كُفْرٌ لَكِنَّهُ إِذَا إِنْسَانٌ لَمْ يُكَفِّرْ مَنْ حَصَلَ مِنْهُ ذَلِكَ الْكُفْرُ لا يَكْفُرُ مَعَ أَنَّ هَذَا كُفْرٌ كَمَا أَنَّ ذَاكَ كُفْرٌ لَكِنَّ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ هَذَا الَّذِي ارْتَكَبَ نَوْعًا مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ لا يَكْفُرُ

Et le deuxième cas est une mécréance également, cependant, si quelqu’un n’a pas déclaré mécréant celui à propos duquel provient cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant, bien que la première sorte soit une mécréance, et que la deuxième sorte est une mécréance, celui qui ne déclare pas mécréant celui qui a commis cette deuxième sorte de mécréance, il ne devient pas mécréant.

فَيُعْلَمُ مِنْ هَذَا أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ الَّتِي يُرَدِّدُهَا بَعْضُ النَّاسِ لَيْسَتْ قَاعِدَةً فَانْبُذُوهَا وَحَذِّرُوا مِنْهَا لِأَنَّهُ لا يَصِحُّ أَنْ تُقَالَ، وَهَذِهِ الْكَلِمَةُ هِيَ: مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ كَافِرًا كَفَرَ.

Nous apprenons à partir de là, que cette phrase que répète certaine personne n’est pas une règle, alors rejetez là et mettez en garde contre elle, parce qu’il n’est pas valide de la dire. Et cette parole est : « celui qui ne déclare pas mécréant le mécréant, alors il est mécréant »,

هَذِهِ الْكَلِمَةُ لا تُقَالُ لِأَنَّ الْكُفْرَ نَوْعَانِ نَوْعٌ شَأْنُهُ أَنَّهُ مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ فَاعِلَهُ يَكْفُرُ وَنَوْعٌ لا يُكَفَّرُ مَنْ تَرَدَّدَ هَلْ هَذَا كُفْرٌ أَمْ لا.

On ne dit pas cette parole, parce que la mécréance est de deux sortes, il y a une mécréance telle que celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient mécréant, et il y a une deuxième sorte de mécréance telle que celui qui hésite si c’est de la mécréance ou pas, il ne devient pas mécréant, parce que c’est n’est pas toute les mécréances qui sont connues de tout le monde.

فَالْكُفْرُ الَّذِي مَنْ لَمْ يُكَفِّرْ صَاحِبَهُ يَكْفُرُ هُوَ كَسَبِّ اللَّهِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ، أَوِ احْتِقَارِ دِينِ الإِسْلامِ، أَوْ إِنْكَارِ الْبَعْثِ بَعْدَ الْمَوْتِ أَوِ الثَّوَابِ أَوِ الْعِقَابِ فَإِنَّ هَذَا مَنْ شَكَّ فِي كُفْرِهِ يَكْفُرُ.

La mécréance à propos de laquelle celui qui ne déclare pas mécréant celui qui la commet devient lui-même mécréant, c’est comme celui qui insulte Dieu, ou qui insulte les prophètes, ou celui qui rabaisse la religion de l’Islam, ou celui qui renie la résurrection après la mort, ou qui renie la récompense ou le châtiment. Celui qui doute de cette mécréance-là, il devient lui-même mécréant.

Informations utiles :

Question : quelqu’un qui doit de l’argent à un autre, comme s’il a acheté avec un paiement différé, ou il a acheté de lui avec as-salam, et l’échéance est arrivée, et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable de rembourser, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, quel est son cas ?

Si l’échéance est arrivée et lui a les moyens de rembourser sa dette, c’est-à-dire qu’il n’est pas incapable, mais malgré cela il lui promet de le rembourser mais il ne le fait pas, ceci s’appelle retarder -différer- le remboursement d’une dette, et c’est un grand péché.

Quant à celui qui est riche, il n’a pas à différer ou retarder le remboursement d’une dette. Et celui qu’on qualifie de riche est celui qui a au-delà de ses besoins de base, il a au-delà de ce qui lui permet de rembourser sa dette, c’est celui-là que nous appelons riche dans ce chapitre.

Il y a énormément de choses qui sont au-delà des besoins de base, de sorte qu’il n’y a presque pas une maison dans laquelle nous ne trouvons pas ce qui est au-delà des besoins de base.

Donc si le prêteur dit à l’emprunteur : « rembourse-moi, rends-moi mon argent », l’emprunteur n’a a pas à lui dire : « moi je n’ai pas » s’il est riche. L’emprunteur va devoir vendre ces choses qui sont chez lui et qui sont au-delà des besoins de base pour rembourser, il n’a pas à lui dire : « non moi je n’ai pas de quoi te rembourser. »

Donc celui qui a au-delà de ses besoins de base, au-delà des besoins de ses épouses, au-delà des besoins de ses enfants qui ne sont pas pubères, au-delà des besoin de ses parents qui sont pauvres, il n’a pas à différer le remboursement et ne pas rembourser son créancier, à savoir celui à qui il doit de l’argent. Et beaucoup de gens tombent dans cela parce qu’il ne leur est pas facile de se passer de choses auxquelles ils se sont habitués. C’est juste parce qu’ils se sont habitués à voir ces choses-là. Pourtant, le prophète nous a expliqué que dans ce bas monde tu peux rembourser tes dettes avec des dinar, des dirhams, mais dans l’au-delà tu n’auras pas la capacité de rembourser tes dettes de cette manière-là. Alors que chacun s’acquitte des droits qu’il lui incombe avant que ne vienne un jour durant lequel il n’y aura ni dinar ni dirham.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَا يَهُودِيُّ أَوْ أَمْثَالَهَا مِنَ الْعِبَارَاتِ بِنِيَّةِ أَنَّهُ لَيْسَ بِمُسْلِمٍ إِلَّا إِذَا قَصَدَ أَنَّهُ يُشْبِهُ الْيَهُودَ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : apostasie celui qui dit à un musulman : « eh mécréant » ou toute expression similaire dans le but de dire qu’il n’est pas musulman, sauf s’il visait qu’il ressemble aux mécréants, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ إِنْ كَانَ هُنَاكَ شَىْءٌ ظَنَّ مِنْ أَجْلِهِ أَنَّهُ كَفَرَ فَقَالَ لَهُ يَا كَافِرُ لا نُكَفِّرُهُ كَأَنْ كَانَ يَرَاهُ يُجَالِسُ الْكُفَّارَ وَيَوَادُّهُمْ وَيُخَالِطُهُمْ أَوْ يُوَافِقُهُمْ فِي كَثِيرٍ مِنْ أُمُورِهِمْ فَقَالَ لَهُ أَنْتَ كَافِرٌ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ يَعْتَقِدُ اعْتِقَادَهُمْ أَوْ أَنَّهُ يَسْتَحْسِنُ دِينَهُمْ.

Commentaire : s’il y a quelque chose à cause de laquelle il a pensé que ce musulman était devenu mécréant, et il lui a dit : « eh mécréant », alors nous ne le déclarons pas mécréant, comme s’il l’avait vu côtoyer les mécréants, être amie avec eux, se mélanger à eux, ou faire la même chose qu’eux dans beaucoup de leurs sujets, puis il lui a dit : « tu es mécréant » en pensant qu’il avait renié l’Islam et qu’il s’était mis à croire leurs croyances, ou qu’il approuvait leurs religions, alors il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِزَوْجَتِهِ أَنْتِ أَحَبُّ إِلَيَّ مِنَ اللَّهِ أَوْ أَعْبُدُكِ كَفَرَ إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا الْعِبَادَةَ الَّتِي هِيَ خَاصَّةٌ لِلَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si un homme dit à son épouse « je t’aime plus que je n’aime Dieu » ou il lui dit : « je t’adore », il devient alors mécréant s’il en comprend le sens de l’adoration qui est réservé à Allah ta^ala.

الشَّرْحُ هَذَا اللَفْظُ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لِأَنَّ اللَّهَ يَجِبُ مَحَبَّتُهُ أَكْثَرَ مِنْ كُلِّ شَىْءٍ، فَمَنْ أَحَبَّ شَيْئًا أَكْثَرَ مِنَ اللَّهِ فَقَدْ كَفَرَ.

Commentaire : lorsque quelqu’un dit « je t’aime plus que Allah » c’est une parole qui est explicite dans la mécréance, parce qu’il est un devoir d’aimer Allah plus que tout autre chose, celui donc qui aime quelque chose plus qu’il n’aime Allah, il devient mécréant.

وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِزَوْجَتِهِ أَعْبُدُكِ وكَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا أُحِبُّكِ مَحَبَّةً شَدِيدَةً فَهَذَا لا نُكَفِّرُهُ. 

Quant à celui qui dit à sa femme « je t’adore » sans en comprendre le sens de l’adoration qui est réservé à Dieu, mais il en comprend « je t’aime beaucoup », dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِآخَرَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي كَفَرَ الْقَائِلُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الظُّلْمَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، إِلَّا إِذَا كَانَ يَفْهَمُ أَنَّ مَعْنَى يَظْلِمُكَ يَنْتَقِمُ مِنْكَ فَلا نُكَفِّرُهُ، بَلْ نَنْهَاهُ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » il devient mécréant, parce qu’il aura attribué l’injustice à Allah, à moins qu’il n’ait compris que : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy » aurait signifié : « que Allah te châtie tout comme tu as été injuste envers moi », dans ce cas-là nous ne le jugeons pas mécréant mais nous lui interdisons de le dire, parce que le verbe yadhlim signifie être injuste, et nous n’attribuons pas l’injustice à Dieu.

الشَّرْحُ الظُّلْمُ مُسْتَحِيلٌ عَلَى اللَّهِ قَالَ تَعَالَى: ﴿وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِلْعَبِيدِ﴾، [سُورَةَ فُصِّلَت/46]، وَالظُّلْمُ مَعْنَاهُ التَّصَرُّفُ فِي مِلْكِ الْغَيْرِ بِمَا لا يَرْضَى، وَاللَّهُ يَتَصَرَّفُ بِمِلْكِهِ فَنَحْنُ وَمَا نَمْلِكُ مِلْكٌ لَهُ.

Commentaire : l’injustice est impossible au sujet de Allah, Dieu dit dans sourate al-foussilat verset 46 :

وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِّلْعَبِيدِ

ce qui signifie : « et ton Seigneur n’est en rien injuste envers les esclaves. » Et la définition de adh-dhouloum -l’injustice- c’est le fait d’agir dans la propriété d’autrui sans son accord, or Allah agit dans ce qui Lui appartient, car nous, ainsi que ce que nous possédons appartenons à Dieu.

فَمَنْ يَقُولُ اللَّهُ يَظْلِمُكَ وَيَقِفُ عِنْدَهَا يَكْفُرُ وَلا تَأْوِيلَ لِكَلامِهِ، وَمَنْ يَشُكُّ فِي ذَلِكَ يَكْفُرُ وَلَوْ نَوَى أَنَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ.

Ainsi, celui qui dit : « que Dieu soit injuste envers toi » et ne dit rien d’autres, là il devient mécréant, il n’y a pas d’interprétation à sa parole par un autre sens que le sens apparent. Et celui qui doute à ce sujet devient mécréant, même s’il visait : « que Dieu me venge de toi»

وَأَمَّا مَنْ قَالَ اللَّهُ يَظْلِمُكَ كَمَا ظَلَمْتَنِي إِنْ فَهِمَ مِنْهُ اللَّهُ يَنْتَقِمُ مِنْكَ قَالَ بَعْضُهم لا يَكْفُرُ.

Quant à celui qui dit : « Allah youdhlimouka kama dhalmataniy» en comprenant de cela : « que Allah me venge de toi, tout comme tu as été injuste envers moi », certains savants ont dit : « il ne devient pas mécréant par le fait qu’il a utilisé le même verbe qui indique être injuste. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَوْ قَالَ شَخْصٌ لِشَخْصٍ ءَاخَرَ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ قَالَ بَعْضُ الْفُقَهَاءِ إِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ فَلا يَكْفُرُ. قَالَ بَعْضُ الْحَنَفِيَّةِ: يَكْفُرُ إِنْ أَطْلَقَ، أَيْ إِنْ لَمْ يَقْصِدْ سِيرَتَهُ وَلا قَصَدَ دِينَ الإِسْلامِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit à une autre personne : « yal^an rabbaka » qui signifie : « maudit soit ton Dieu », il devient mécréant parce qu’il aura maudit Dieu -c’est une insulte à l’égard de Dieu-. De même devient mécréant celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », parce que le sens apparent est : « que Dieu maudisse ta religion », s’il l’a dit à un musulman, il devient mécréant. Et certains spécialistes de la jurisprudence disent : « s’il visait son comportement, il ne devient pas mécréant », parce que dans la langue arabe, le mot « dinak » peut avoir le sens du comportement. Par conséquent, si lui visait le sens de comportement, il ne devient pas mécréant. Mais certains hanafites disent : « il devient mécréant s’il l’a dit dans l’absolue », c’est-à-dire sans rien viser, ni viser la religion ni viser le comportement, dans un tel cas il devient mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ رَبَّكَ كَفَرَ كُفْرًا صَريِحًا لا تَأْوِيلَ لَهُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ لِلْمُسْلِمِ يَلْعَنْ دِينَكَ فَإِنْ قَصَدَ سِيرَتَهُ أَيْ عَادَتَهُ وَأَخْلاقَهُ فَلا يَكْفُرُ. 

Commentaire : celui qui dit : « yal^an rabbaka » devient mécréant d’une mécréance explicite qui ne comporte pas d’interprétation possible. Quant à celui qui dit à un musulman : « yal^an dinaka », s’il vise sa conduite, -c’est-à-dire sa manière de se comporter -ses caractères- alors il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ فُلانٌ زَاحَ رَبِّي لِأَنَّ هَذَا فِيهِ نِسْبَةُ الْحَرَكَةِ وَالْمَكَانِ لِلَّهِ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ قَدَّ اللَّهِ يَقْصِدُ الْمُمَاثَلَةَ. وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ نَسَبَ إِلَى اللَّهِ جَارِحَةً مِنَ الْجَوَارِحِ كَقَوْلِ بَعْضِ السُّفَهَاءِ يَا زُبَّ اللَّهِ وَهُوَ لَفْظٌ صَرِيحٌ فِي الْكُفْرِ لا يُقْبَلُ فِيهِ التَّأْوِيلُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à quelqu’un d’autre : « foulan zaha rabbi » ce qui signifie : « untel a bousculé mon Dieu », que Dieu nous en garde, car cela revient à attribuer à Allah un mouvement et un lieu. De même, devient mécréant celui qui dit « qadda l-Lah », que Allah nous en garde, en visant la similarité avec Allah, qui signifie : « autant que Dieu » -il aura attribué à Dieu la quantité-. De même, devient mécréant celui qui attribue à Allah un organe, comme en disant la parole de certains impudents : « ya zoubba Allah » et le mot « zoubb » signifie : « le pénis », cette expression est de la mécréance explicite, aucune interprétation n’en est acceptée, c’est une mécréance sans aucun doute.

الشَّرْحُ أَنَّ الَّذِينَ يَتَلَفَّظُونَ بِهَذَا اللَّفْظِ يَفْهَمُونَ أَنَّ مَعْنَى الزُّبِّ الآلَةُ الَّتِي هِيَ الذَّكَرُ، وَلا يُسْتَبْعَدُ مِنْ كَثِيرٍ مِنَ الْجَهَلَةِ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ لَهُ هَذِهِ الآلَةُ فَقَدْ أَخْبَرَنِي ثِقَةٌ بِأَنَّهُ كَانَ يُحَذِّرُ أَهْلَهُ الَّذِينَ بِبَلْدَةِ بلُودَان مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ قَالَ حَذَّرْتُ امْرَأَةً مِنْ قَرَائِبِي كَبِيرَةً فِي السِّنِّ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ فَقَالَتْ أَلَيْسَ لَهُ ذَلِكَ الشَّىْءُ، وَلَقَدْ شَاعَتْ فِي عِدَّةِ قُرَى فِي لُبْنَانَ وَفِي سُورِيَا فَلا يَجُوزُ السُّكُوتُ عَنِ النَّهْيِ عَنْهَا بَلِ النَّهْيُ عَنْهَا أَوْلَى مِنَ النَّهْيِ عَنِ الزِّنَى وَالسَّرِقَةِ وَالرِّبَا وَالسُّفُورِ وَكَشْفِ الْمَرْأَةِ رَأْسَهَا فِي الطَّرِيقِ وَعَنِ السِّينَمَا، وَكَثِيرٌ مِنَ الْخُطَبَاءِ يَنْهَوْنَ عَنِ السُّفُورِ وَالسِّينَمَا وَلَمْ نَسْمَعْ مِنْ أَحَدٍ مِنَ الْخُطَبَاءِ أَنَّهُ نَهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ. قَالَ لِي بَعْضُ أَهْلِ الشَّامِ: وَلَمْ أَسْمَعْ مَنْ يَنْهَى عَنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ إِلَّا شَيْخًا يُقَالُ لَهُ الشَّيْخُ خَالِدُ النَّقْشَبَنْدِيُّ نَهَى عَنْهَا عَلَى الْمِنْبَرِ فِي الزَّبَدَانِي.

Commentaire : ceux qui disent cette expression tout en comprenant le pénis -à savoir cette instrument propre à l’homme- deviennent mécréants -c’est-à-dire s’ils comprennent la langue-. Et ce n’est pas étonnant venant de la part de certains ignorants qu’ils aient pour croyance que Allah a cet organe, quelqu’un de confiance m’a dit qu’il mettait en garde sa famille qui était dans le village de baloudan contre cette expression, l’homme de confiance a dit : « j’ai mis en garde contre cette parole une femme de mes proches parents qui était âgée, et elle m’a dit : « mais Dieu n’a pas cet organe ? » Et cette expression s’est propagée dans certains villages au Liban et en Syrie, il n’est pas permis de se taire et de ne pas l’interdire,interdire cette expression est prioritaire sur le fait d’interdire la fornication, le vol, le riba, le fait que la femme sorte avec sa zone de pudeur découverte à l’extérieur ou au cinéma. Beaucoup d’orateurs interdisent le fait que la femme sorte la tête découverte ou au cinéma, mais nous n’avons pas entendu d’un de ces orateurs qu’il interdisait cette parole. Un des habitants de ach-cham m’a dit : « je n’ai entendu personne interdire cette parole excepté un Chaykh qui s’appelle le Chaykh Khalid an-Naqchabandiyy qui l’a interdite sur le minbar dans le quartier de az-Zabadaniyy. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ أَنَا رَبُّ مَنْ عَمِلَ كَذَا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « je suis le rabb de celui qui fait telle activité. »

الشرح أَنَّ قَائِلَ هَذِهِ الْعِبَارَةِ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ جَعَلَ نَفْسَهُ رَبًّا لِلْعِبَادِ،

Commentaire : celui qui dit cette expression devient mécréant, parce qu’il s’est considéré comme étant un Dieu pour les gens.

أَمَّا إِذَا قَالَ أَنَا رَبُّ هَذِهِ الصَّنْعَةِ كَالتِّجَارَةِ بِمَعْنَى أَنِّي خَبِيرٌ بِهَا فَلا يَكْفُرُ

Quant à celui qui dit : « je suis le rabb de ce métier », comme le commerce, dans le sens que « je suis expert », alors il ne devient pas mécréant.

وَكَذَلِكَ يَصِحُّ أَنْ يُقَالَ لِمَنْ كَانَ يَمْلِكُ شَيْئًا كَدَابَّةٍ، أَوْ بُسْتَانٍ، أَوْ جَارِيَةٍ، أَوْ عَبْدٍ: فُلانٌ رَبُّ هَذِهِ الدَّابَّةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْعَبْدِ بِمَعْنَى سَيِّدِهِ

Et de même il est valide de dire à propos de quelqu’un qui possède quelque chose comme un animal ou un verger ou une femme ou un esclave de dire : « untel est le rabb de cet animal » ou « untel est le rabb de cette femme », ou « untel est le rabb de cet esclave » dans le sens que c’est son maitre.

وَمِنْ هَذَا مَا جَاءَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ مِنْ قَوْلِ يُوسُفَ: ﴿اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ﴾ [سُورَةَ يُوسُف/42] فَمَنْ كَانَ فِي صُورَةِ الْعَبْدِ الْمَمْلُوكِ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ حَقِيقَةً مَمْلُوكًا لِلشَّخْصِ يُطْلَقُ عَلَيْهِ مِنْ حَيْثُ الصُّورَةُ هَذَا عَبْدُ فُلانٍ

Et c’est à ce titre là qu’est l’usage du mot « ^abd » et « rabb » comme dans sourate Yousouf dans le verset 42 du Qour’an, la parole de notre maitre Yousouf :

اذْكُرْنِي عِندَ رَبِّكَ

qui signifie : « cite-moi auprès de ton rabb. » Celui qui était à l’image d’un esclave appartient à un maitre, même si en réalité il ne l’était pas, il est désigné du point de vue de l’apparence comme étant l’esclave de untel.

وَيُقَالُ لِلَّذِي هُوَ مُسْتَوْلٍ عَلَيْهِ هَذَا رَبُّ فُلانٍ

Et nous disons à propos de celui qui s’est emparé de lui : « c’est son rabb », c’est-à-dire que c’est son propriétaire.

أَمَّا النَّاسُ الأَحْرَارُ فَلا، لا يُقَالُ أَنَا رَبُّ النَّجَّارِينَ أَوْ رَبُّ الْبَنَّائِينَ

Mais à propos des gens libres nous ne disons pas cela. Par conséquent, on ne dit pas : « je suis le rabb des menuisiers », ou « je suis le rabb des maçon. »

وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ لِطَبِيبِ الْعُيُونِ رَبُّ الْعُيُونِ

Et de même, il n’est pas permis de dire d’un ophtalmologue : « il est le Dieu des yeux. »

وَقَدْ ذَكَرَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الَّذِينَ تَلَقَّوِا الْعِلْمَ فِي مِصْرَ أَنَّهُ كَانَ طَبِيبُ عُيُونٍ مَاهِرٌ فَقَالَ عَنْ نَفْسِهِ: أَنَا رَبُّ الْعُيُونِ فَأُصِيبَ بِالْعَمَى، هُوَ كَفَرَ بِقَوْلِهِ هَذَا أَمَّا لَوْ قَالَ أَنَا رَبُّ طِبِّ الْعُيُونِ فَلا يَكْفُرُ.

Et un des savants qui a appris la science en Égypte a dit qu’il y avait un ophtalmologue qui était très fort dans son métier, et tellement que cet ophtalmologue était imbu de lui-même qu’il a dit : « je suis le rabb des yeux » qui signifie : « je suis le Dieu des yeux », et il est devenu aveugle, cet ophtalmologue a commis la mécréance en disant cela, mais s’il avait dit : « je suis le rabb de l’ophtalmologie », alors il ne serait pas devenu mécréant.

هَذَا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْقَائِلُ تَصَرُّفَاتِ كَلِمَةِ رَبٍّ مِنْ حَيْثُ اللُّغَةُ وَأَمَّا مَنْ لا يَفْهَمُ ذَلِكَ فَيُحْكَمُ عَلَيْهِ بِحَسَبِ مَا يَلِيقُ بِحَالِهِ

Ce jugement concerne celui qui connait les déclinaison et les utilisations du mot « rabb » du point de vue de la langue. Quant à celui qui ne connait pas ses déclinaisons et ses différentes significations, alors il est jugé en fonction de ce qu’il convient par rapport à son état.

فَقَدْ عُرِفَ فِي اللُّغَةِ أَنْ يُقَالَ رَبُّ هَذِهِ الْجَارِيَةِ أَوْ رَبُّ هَذِهِ الدَّارِ أَوْ رَبُّ هَذَا الْبُسْتَانِ بِمَعْنَى مُسْتَحِقِّةِ

Il a été su dans la langue arabe que l’on peut dire : « untel est le rabb de cet esclave » ou bien : « le rabb de cette maison » ou bien : « le rabb de ce verger » dans le sens de celui à qui cela appartient.

قَالَ صَاحِبُ الْقَامُوسِ: رَبُّ كُلِّ شَىْءٍ مُسْتَحِقُّهُ

L’auteur de al-Qamous a donné la règle, il a dit : « le rabb de toute chose c’est celui qui en est propriétaire»

وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ الشَّخْصُ بَارِعًا فِي النَّحْوِ فَقَالَ قَائِلٌ: فُلانٌ رَبُّ النَّحْوِ فَلا يَكْفُرُ

De même, si quelqu’un était adroit dans la grammaire arabe et quelqu’un dit : « untel est rabb de la grammaire arabe », il ne devient pas mécréant.

وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ بَارِعًا فِي النِّجَارَةِ فَقَالَ فُلانٌ رَبُّ النِّجَارَةِ فَلا يَكْفُرُ

Et de même, si quelqu’un était adroit dans la menuiserie, et quelqu’un dit : « untel est rabb de la menuiserie », il ne devient pas mécréant.

أَمَّا لَوْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ النَّجَّارِينَ فَيَكْفُرُ لِأَنَّهُ لا مَعْنَى لَهُ إِلَّا أَنَّهُ خَالِقُهُمْ

Quant à celui qui dit : « untel est le rabb des menuisiers », alors il devient mécréant, parce qu’il n’y a pas d’autres sens que le sens de leur créateur, donc il s’est attribué le fait d’être le créateur des menuisiers, et ceci est de la mécréance.

تَنْبِيهٌ: مِنَ الأَلْفَاظِ الْمُسْتَقْبَحَةِ مَا شَاعَ فِي بَعْضِ الْبِلادِ مِنْ قَوْلِهِمْ رَبُّ الْعَائِلَةِ وَيَعْنُونَ بِهِ صَاحِبَ الْعَائِلَةِ فَإِنَّهُ لا يَصِحُّ لُغَةً وَصْفُ شَخْصٍ بِأَنَّهُ رَبُّ الأَشْخَاصِ الأَحْرَارِ أَمَّا الْعَبِيدُ الْمَمْلُوكُونَ وَالإِمَاءُ الْمَمْلُوكَاتُ فَيَصِحُّ أَنْ يُقَالَ فُلانٌ رَبُّ هَؤُلاءِ الْعَبِيدِ وَرَبُّ هَؤُلاءِ الإِمَاءِ بِمَعْنَى الْمُسْتَحِقِّ وَالْمُخْتَصِّ بِمِلْكِهِمْ، أَمَّا مَنْ قَالَ فُلانٌ رَبُّ الْعَائِلَةِ أَوْ قَالَ رَبُّ الأُسْرَةِ وَكَانَ يَفْهَمُ مِنْ ذَلِكَ أَنَّهُ صَاحِبُهُمْ وَيَكْفِيهِمْ حَاجَاتِهِمْ فَلا يَكْفُرُ.

Mise en garde : contre une expression laide qui s’est propagée dans certains pays, ils disent : « rabbou l-^a’ilah » qui signifie : « le rabb de la famille », et ils visent par-là : « c’est le chef de la famille », et cet usage n’est pas valide selon la langue arabe. Ainsi, dans la langue arabe il n’est pas valide de qualifier quelqu’un qu’il est le rabb de gens qui sont libres, cependant il est valide de dire : « il est le rabb d’esclaves. » Ainsi il est valide de dire : « untel est le rabb de ses esclaves » dans le sens qu’il est leur propriétaire. En revanche, dire de quelqu’un qu’il est le rabb d’une famille tout en comprenant par cela qu’il est celui qui est le chef de famille, il est celui qui subvient aux besoins de la famille, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant, mais ce n’est pas un usage étant correcte.

وَأَمَّا حَدِيثُ: الْخَلْقُ كُلُّهُمْ عِيَالُ اللَّهِ وَأَحَبُّهُمْ إِلَى اللَّهِ أَنْفَعُهُمْ لِعِيَالِهِ

فَلَيْسَ صَحِيحًا، بَلْ هُوَ حَدِيثٌ سَاقِطٌ شَدِيدُ الضَّعْفِ وَبَعْضُ النَّاسِ يَفْهَمُونَهُ عَلَى اللُّغَةِ الْمَحَلِّيَّةِ فَيَقَعُونَ فِي الْكُفْرِ

Pour ce qui est du hadith qui signifie : « toutes les créatures ^iyalou l-Lah et celui que Allah agrée le plus d’entre elles c’est celui qui est le plus bénéfique et profitable pour ses ^iyal » il n’est pas sahih -ce hadith n’est pas authentique-. Et ce hadith est saqit -ce hadith est extrêmement faible- c’est-à-dire que sa chaine de transmission est extrêmement faible. Et certains comprennent le mot « ^iyal » dans le sens du dialecte local, et il tombe dans la mécréance.

فَإِنَّهُمْ يَفْهَمُونَ مِنْ كَلِمَةِ عِيَال أَبْنَاءَ وَلَيْسَ الْمَعْنَى كَذَلِكَ

Certains comprennent du mot « ^iyal » : « les enfants », alors que ce n’est pas le sens correct dans la langue. Donc celui qui comprend le mot « enfant » et dit que les créatures seraient des enfants de Dieu, c’est de la mécréance.

فَإِنَّ الْعِيَالَ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ مَعْنَاهُ النَّاسُ الَّذِينَ يُنْفِقُ عَلَيْهِمُ الشَّخْصُ لَوْ كَانُوا أَعْمَامَهُ وَأَخْوَالَهُ وَزَوْجَاتِهِ وَوَالِدَيْهِ بِمَعْنَى أَنَّهُمْ تَحْتَ نَفَقَتِهِ وَرِعَايَتِهِ لِكَوْنِهِمْ مُحْتَاجِينَ إِلَيْهِ وَيَكْفِيهِمْ نَفَقَاتِهِمْ، وَلا يُوجَدُ فِي اللُّغَةِ عِيَالٌ بِمَعْنَى الأَوْلادِ

Ainsi, dans la langue arabe, le mot « ^iyal » signifie « les gens qui sont à la charge d’une personne », même si ce sont ses oncles paternels, ses oncles maternels, ses épouses, ses parents, dans le sens qu’il subvient à leur charge, ils veillent sur eux, parce qu’ils ont besoin de lui et qu’il leur assure leur subsistance, leur suffisance. Et il n’y a pas dans la langue arabe le sens d’enfant pour « ^iyal. »

وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ مِنْ جُمْلَةِ مَا أَخْرَجَهُ النَّاسُ عَنْ مَعْنَاهُ الأَصْلِيِّ فِي اللُّغَةِ إِلَى غَيْرِ مَعْنَاهُ

Ainsi, ce terme « ^iyal» fait partie des termes que les gens ont déformé, les gens ont donné à ce terme un autre sens que le sens d’origine dans la langue.

وَلَوْ صَحَّ هَذَا الْحَدِيثُ الَّذِي مَرَّ ذِكْرُهُ لَكَانَ مَعْنَاهُ فُقَرَاءُ اللَّهِ كَمَا قَالَ الْمُنَاوِيُّ عِنْدَ شَرْحِ هَذَا الْحَدِيثِ الَّذِي أَوْرَدَهُ السُّيُوطِيُّ فِي الْجَامِعِ الصَّغِيرِ

Et si ce hadith précédemment cité avait été authentique, il aurait eu le sens de ceux qui sont pauvres, ceux qui ont besoin de Dieu, tout comme l’a dit al-Mounawiyy lorsqu’il a fait le commentaire de ce hadith qui a été rapporté par as-Souyoutiyy dans al-Jami^ as-Saghir.

فَمَنْ ظَنَّ أَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ عَنِ الْبَشَرِ أَبْنَاءُ اللَّهِ أَوْ أَوْلادُ اللَّهِ بِالْمَعْنَى الْمَجَازِيِّ أَيْ أَنَّهُ كَافِيهِمْ بِالرِّزْقِ كَفَرَ كَمَا ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ هَذِهِ الآيَةَ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18]

Celui qui a cru qu’il était permis de dire au sujet des humains qu’ils seraient les fils de Dieu ou les enfants de Dieu dans un sens figuré, c’est-à-dire qu’Il leur suffit leur subsistance, il devient mécréant, tout comme l’a dit Ibnou ^Atiyyah dans son tafsir du verset 18 de sourate al-ma’idah :

وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ

qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et ceux qu’Il aime. »

وَأَمَّا قَوْلُ بَعْضِ الصُّوفِيَّةِ أَرْبَابُ الْقُلُوبِ أَيْ أَصْحَابُ الْعُقُولِ الْمُتَنَوِّرَةِ بِالتَّقْوَى لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَؤُلاءِ خَالِقُو الْعُقُولِ، وَالْقُلُوبُ هُنَا بِمَعْنَى الْعُقُولِ وَيَقَعُ فِي بَعْضِ مُؤَلَّفَاتِ الْعُلَمَاءِ قَوْلُ رَبُّ الأَرْبَابِ يَعْنُونَ أَنَّ اللَّهَ مَالِكُ الْمُلَّاكِ وَهَذَا صَحِيحٌ.

Quant à la parole de certains soufiyy qui disent : « arbabou l-qouloub » c’est-à-dire : «ceux qui ont des raison éclairées par la piété », le mot « rabb » ici signifie : « celui qui possède », et ça ne veut pas dire que ce sont des gens qui ont créé des raisons, « al-qouloub » ici signifie : « les raisons. » Et dans certains ouvrage de savants, ils disent à propos de Dieu : « rabbou l-arbab » ce qui signifie : « Le seigneur des seigneurs », c’est-à-dire que Allah est Celui à Qui appartient tous ceux qui possèdent quelque chose, et ceci c’est un sens correct.

  قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ خَوَتْ رَبِّي [أَيْ جَنَّنَ] أَوْ قَالَ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يُكْرِمُكَ بِقَصْدِ أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ كَمَا قَالَ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/32].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit, que Allah nous en préserve : « khawat rabbiy » ce qui signifie : « il a rendu fou mon seigneur. » De même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « Allah youkrimouka » dans le sens : « Allah t’agrée », car Allah n’agrée pas les mécréants, tout comme Allah dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 32 :

فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ

ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance, alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. »

الشَّرْحُ مَعْنَى أَكْرَمَهُ اللَّهُ فِي اللُّغَةِ الْعَرَبِيَّةِ وَسَّعَّ عَلَيْهِ الرِّزْقَ فَمَنْ قَالَ هَذَا لِكَافِرٍ عَلَى هَذَا الْمَعْنَى فَلا يَكْفُرُ

Commentaire : le sens d’origine du mot « akramahou l-Lah », «akrama » c’est-à-dire : « qu’Il lui accorde une large subsistance», ceci est le sens d’origine du terme dans la langue arabe. Ainsi, celui qui dit cela à un mécréant, dans ce sens-là, c’est-à-dire : « que Dieu lui accorde une large subsistance», il n’y a pas de mécréance en cela, nous pouvons invoquer Dieu pour qu’Il accorde une large subsistance à un mécréant, ceci n’est pas une mécréance.

أَمَّا إِنْ قَالَ ذَلِكَ عَلَى مَعْنَى أَنْ يُحِبَّهُ اللَّهُ كَفَرَ وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿فَإِنْ تَوَلَّوْا﴾ أَيْ فَإِنْ أَعْرَضُوا عَنِ الإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَالرَّسُولِ.

En revanche, s’il dit « akramahou l-Lah » dans le sens : « que Dieu l’agrée » alors qu’il est mécréant, il devient mécréant. Et dans le verset 32 de sourate ‘Ali ^Imran :

فَإِن تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْكَافِرِينَ

ce qui signifie : « s’ils se détournent de la croyance -c’est-à-dire s’ils rejettent la croyance en Dieu et en Son Messager- alors certes Allah n’agrée pas les mécréants. » Allah a appelé « mécréants » ceux qui rejettent la foi en Dieu et en Son Messager Mouhammed.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ الْقَوْلُ لِلْكَافِرِ اللَّهُ يَغْفِرُ لَكَ، إِنْ قَصَدَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَغْفِرُ لَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ إِلَى الْمَوْتِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : « que Allah te pardonne » s’il vise par cela : « que Allah le pardonne tout en restant mécréant jusqu’à la mort », c’est-à-dire Il lui pardonne ses péchés.

   الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ ذَلِكَ لِلْكَافِرِ وَقَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُ وَهُوَ كَافِرٌ مَعَ مُوَاظَبَتِهِ عَلَى الْكُفْرِ حَتَّى يَمُوتَ عَلَى ذَلِكَ كَفَرَ، وَأَمَّا إِنْ قَصَدَ أَنْ يَغْفِرَ لَهُ بِالإِسْلامِ فَلا يَكْفُرُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ ءَامَنُوا أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَى مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ﴾ [سُورَةَ التوبة/113].

Commentaire : cependant, s’il visait : « que Allah lui pardonne sa mécréance par l’entré en islam », alors il ne devient pas mécréant. Tout comme cela nous l’indique dans sourate at-Tawbah verset 113 :

مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَن يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَىٰ مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ لِمَنْ مَاتَ عَلَى الْكُفْرِ اللَّهُ يَرْحَمُهُ بِقَصْدِ أَنْ يُريِحَهُ فِي قَبْرِهِ لا بِقَصْدِ أَنْ يُخَفِّفَ عَنْهُ عَذَابَ الْقَبْرِ مِنْ غَيْرِ أَنْ يَنَالَ رَاحَةً فَإِنَّهُ إِنْ قَالَ ذَلِكَ بِهَذَا الْقَصْدِ فَيَحْتَمِلُ أَنَّهُ لا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit à propos de quelqu’un qui est mort mécréant : « Allah yarhamouhou » ce qui signifie : « que Dieu lui fasse miséricorde » en visant par cela : « que Dieu lui donne le repos dans la tombe », en revanche, s’il dit : « Allah yarhamouhou », dans le sens d’un allègement du châtiment dans la tombe sans qu’il n’ait de repos, il se peut qu’il ne soit pas sorti de l’Islam.

الشَّرْحُ أَنَّ التَّرَحُّمَ عَلَى الْكَافِرِ فِي حَالِ حَيَاتِهِ جَائِزٌ لِأَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يَهْتَدِيَ فَيُسْلِمَ فَيَمُوتَ عَلَى الإِسْلامِ، أَمَّا إِذَا مَاتَ فَقَدْ فَاتَهُ الإِيـمَانُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَىْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ﴾ [سُورَةَ الأَعْرَاف/156] أَيْ وَسَعِتْ رَحْمَةُ اللَّهِ فِي الدُّنْيَا كُلَّ مُؤْمِنٍ وَكَافِرٍ أَمَّا فِي الآخِرَةِ فَقَدْ جَعَلَهَا اللَّهُ خَاصَّةً بِالْمُؤْمِنِينَ.

Commentaire : demander la miséricorde en faveur d’un mécréant durant sa vie est quelque chose de permis parce qu’il est possible qu’il soit bien guidé, qu’il entre en islam et qu’il meurt sur l’islam. Mais s’il est mort, alors il n’a plus la possibilité de devenir croyant. Ainsi, dans le verset 156 de sourate al-a^raf Dieu dit :

وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ

ce qui signifie : « Ma miséricorde englobe dans le bas monde tout croyant et mécréant, mais dans l’au-delà Je l’ai réservée uniquement aux croyants. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَعْمِلُ كَلِمَةَ الْخَلْقِ مُضَافَةً لِلنَّاسِ فِي الْمَوْضِعِ الَّذِي تَكُونُ فِيهِ بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ كَأَنْ يَقُولَ شَخْصٌ مَا: أُخْلُقْ لِي كَذَا كَمَا خَلَقَكَ اللَّهُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui utilise le mot création : « khalaqa » en l’attribuant aux gens dans un contexte où il a le sens de faire passer du néant à l’existence. Par exemple si quelqu’un dit : « crée-moi ça, tout comme Allah t’a créé », il n’y a pas de confusion, il n’y a pas d’autres possibilités d’interprétation, parce que la personne aura précisé en disant : « comme Allah t’a créé », ceci est donc de la mécréance. Ainsi, attribuer l’acte de création dans le sens de faire passer du néant à l’existence une créature -de donner existence à ce qui n’existe pas à une créature- revient à attribuer à une créature un des attributs de Dieu, et c’est pour cela que c’est une mécréance.

   الشَّرْحُ الْخَلْقُ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ لَهُ خَمْسَةُ مَعَانٍ أَحَدُهَا بِمَعْنَى الإِبْرَازِ مِنَ الْعَدَمِ إِلَى الْوُجُودِ وَعَلَى هَذَا الْمَعْنَى لا تُسْتَعْمَلُ مُضَافَةً إِلَى غَيْرِ اللَّهِ، أَمَّا عَلَى الْمَعَانِي الأُخْرَى فَيَجُوزُ اسْتِعْمَالُهَا مُضَافَةً لِغَيْرِ اللَّهِ. وَأَمَّا اسْتِعْمَالُ كَلِمَةِ فُلانٌ اخْتَرَعَ كَذَا فَلا يَضُرُّ بِالإِعْتِقَادِ.

Commentaire : dans la langue arabe, le mot -le verbe- « khalaqa » a 5 sens, et l’un de ces sens est faire surgir du néant à l’existence, et nous n’utilisons pas ce sens-là pour autre que Allah. Mais à propos des quatre autres sens du verbe « khalaqa », nous pouvons les utiliser pour autre que Allah. Pour ce qui est de l’utilisation du verbe « ikhtara^a » qui veut dire « inventer », il n’y a pas de préjudice pour la croyance si nous l’attribuons à un humain, c’est-à-dire que ça ne fait pas sortir de l’Islam.

   وَمِنَ الأَلْفَاظِ الْبَشِعَةِ الشَّنِيعَةِ قَوْلُ بَعْضِ النَّاسِ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ أَحْسِبُ اللَّه مَا خَلَقَكَ وَيُرِيدُونَ بِذَلِكَ أَضْرِبُكَ ضَرْبًا شَدِيدًا.

   وَكَذَلِكَ قَوْلُ بَعْضِهِمْ عِنْدَ الْغَضَبِ مِنْ شَخْصٍ ضَرَبَ لَهُمْ وَلَدًا مِنْ أَوْلادِهِمْ الَّذِي يَضْرِبُكَ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ، فَإِنَّ هَذَا اللَّفْظَ فِيهِ نَفْيُ وُجُودِ مَا خَلَقَهُ اللَّهُ إِلَّا أَنَّ كَثِيرًا مِنَ النَّاسِ لا يَفْهَمُونَ مِنْ هَذَا اللَّفْظِ إِلَّا أَنَّهُمْ يَضْرِبُونَ هَذَا الشَّخْصَ ضَرْبًا شَدِيدًا وَيَعْتَبِرُونَهُ كَأَنَّهُ لَيْسَ مَوْجُودًا.

Et il y a des expressions que certains disent dans certains pays lorsqu’ils sont en colère, il dit à quelqu’un : « je considère que Allah ne t’a pas créé » ou ils disent à quelqu’un : « considère comme si Allah ne l’a pas créé. » Eux ils disent cela dans le sens que : « je te frappe violemment », cependant, si quelqu’un dit : « je considère que ce n’est pas Allah qui t’a créé », c’est comme s’il dit qu’il y aurait un autre créateur que Allah. Et ceci est de la mécréance, mais ce n’est pas ce que certains comprennent.

La règle c’est que nous n’attribuons pas le fait de faire surgir du néant à l’existence à autre que Dieu, et nous n’attribuons pas le verbe d’attribution de faire surgir du néant à l’existence à un être humain. Seul Allah fait surgir du néant à l’existence, et l’être humain ne crée pas dans le sens de faire surgir du néant à l’existence.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَشْتِمُ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ كَمَا قَالَ ابْنُ فَرْحُونٍ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، أَوْ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ الْمَلائِكَةِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui insulte l’ange ^Azraïl, comme le dit Ibnou l-Farhoun dans son livre « tabsirati l-houkkam » ou qui insulte un des anges.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ شَتَمَ عَزْرَائِيلَ عَلَيْهِ السَّلامُ يَكْفُرُ نَصَّ عَلَى ذَلِكَ ابْنُ فَرْحُونٍ الْمَالِكِيُّ فِي تَبْصِرَةِ الْحُكَّامِ، وَكَذَا يَكْفُرُ مَنْ شَتَمَ أَيَّ مَلَكٍ مِنَ مَلائِكَةِ اللَّهِ كَجِبْرِيلَ وَإِسْرَافِيلَ وَمِيكَائِيلَ وَغَيْرِهِمْ، وَقَدْ نَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ الإِجْمَاعَ عَلَى أَنَّ اسْمَ مَلَكِ الْمَوْتِ عَزْرَائِيلُ.

Commentaire : celui qui insulte ^Azra’ïl devient mécréant, cela a été indiqué par un texte de Ibnou l-Farhoun le malikite dans son livre tabsirati l-houkkam. De même, devient mécréant celui qui insulte n’importe quel ange de Dieu comme Jibril ou ‘Israfil ou Mika’il ou autre qu’eux. Et le Qadi ^Iyad, le malikite, celui qui est enterré au Maroc à Marrakech a rapporté de l’unanimité des savants que le nom de l’ange de la mort est ^Azra’ïl.

Et si quelqu’un vous dit : « cite-moi un texte, un hadith ou un verset dans lequel il y a l’ange de la mort qui s’appelle ^Azraïl » tu dis : « l’unanimité suffit pour preuve », et il y a un verset du Qour’an qui indique que l’unanimité suffit pour preuve. Dieu تعالى dit dans le قرءان Qour’an Honoré, dans la sourate النِّسَاء An-Niça’ verset 115 :

وَمَن يُشَاقِقِ ٱلرَّسُولَ مِنۢ بَعۡدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُ ٱلۡهُدَىٰ وَيَتَّبِعۡ غَيۡرَ سَبِيلِ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ نُوَلِّهِۦ مَا تَوَلَّىٰ وَنُصۡلِهِۦ جَهَنَّمَ وَسَآءَتۡ مَصِيرًا

ce qui signifie : « si quelqu’un prend comme ennemi le Messager après avoir connu la bonne guidée et suit une autre voie que celle des croyants, Nous lui ferons subir les conséquences de ce qu’il a choisi ; et Nous le ferons parvenir en enfer. Et quelle mauvaise demeure ! »

Et l’unanimité est une preuve parce que l’unanimité est forcément basée sur un texte. La communauté du prophète Mouhammed ne se met pas d’accord sur quelque chose de faux. Ainsi, si à une époque donnée les moujtahid étaient unanimes sur une question, c’est qu’il y a forcément un texte même si nous ne connaissons pas ce texte. C’est comme si tu dis : « cette montagne s’appelle ouhoud », si quelqu’un te dit : « donne-moi un hadith ou un verset du Qour’an que cette montagne s’appelle ouhoud», tu dis : « l’unanimité des musulmans sont d’accord sur le fait que cette montagne s’appelle ouhoud », ce n’est pas une condition qu’il y ait un texte ou un hadith disant : « cette montagne se trouve à telle distance de la Mecque à cet endroit-là » non.

Ainsi, pour l’ange de la mort également, il y a unanimité des musulmans qui appel ^Azra’ïl. Ainsi, tu dis : « la communauté du prophète n’est jamais unanime sur quelque chose de faux », et ça c’est une miséricorde de la part de Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يَقُولُ أَنَا عَايِف اللَّه، أَيْ كَرِهْتُ اللَّهَ. وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « je déteste Allah. » De même, devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan », qui signifie : « Allah ne supporte pas untel », et en comprend que cela implique une incapacité ou que Allah serait dérangé par lui. Néanmoins, s’il comprend de cette expression : « Allah ne l’agrée pas », il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui dit : « Allah ne supporte pas untel » en arabe : « Allah la yatahammalou foulan », son jugement dépend de ce qu’il comprend de cette expression, s’il comprend de cette expression l’incapacité au sujet de Dieu, ou que Allah serait dérangé, ou que Allah aurait un saut d’humeur à cause d’untel, il devient mécréant. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cet être humain parce qu’il est grand pécheur, même si c’est un musulman, alors il ne devient pas mécréant.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui dit : « maudit soit le ciel de ton Dieu », parce qu’il s’est moqué de Dieu, il a rabaissé Allah ta^ala, il a ainsi blasphémé à l’encontre de Allah ta^ala.

الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : le mot « sama » signifie le ciel ou le toit. Ainsi, s’il a dit l’expression en la comprenant et en l’attribuant à Dieu, en disant : « le ciel de ton Dieu », là c’est une mécréance, il n’y a pas de détail dans ce cas-là parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais s’il dit : « samaka » qui signifie littéralement « ton ciel », dans ce cas-là, son jugement dépend de sa compréhension, s’il comprend par le mot « sama » le lieu de résidence des anges et qu’il maudit ce lieu de résidence des anges, il devient mécréant, parce que Allah a fait du ciel la qiblah -la direction- des invocations -dou^ah- et la provenance des miséricordes, c’est-à-dire que les miséricordes et les bénédictions nous parviennent du ciel, et donc Allah a magnifié le ciel. Mais s’il comprend par : « samaka » : « le toit de ta maison », c’est-à-dire : « ce qui t’abrite toi» ou bien : « cet espace qui est au-dessus de toi », alors dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant.

Informations utiles :

Le Chaykh a dit : si quelqu’un était malade et qu’il a eu les deux reins qui étaient hors d’état de fonctionnés, et qu’un autre étant en bonne santé voulait lui donner un rein -c’est-à-dire que celui qui veut donner est vivant et celui qui reçoit est vivant- si celui qui donne ne subit pas de nuisance mais va simplement ressentir des douleurs et que l’autre ne peut pas vivre sauf si on lui donne un rein, alors il est permis qu’il lui donne. Mais ce n’est pas un prélèvement du corps d’un musulman qui est mort, parce que le messager de Allah a dit :

كَسْرُ عَظْمِ الْمَيِّتِ كَكَسْرِهِ حَيَّا

ce qui signifie : « brisez l’os d’un mort est comme le lui briser lorsqu’il est vivant. »

Et si quelqu’un dit : « mais nous n’allons pas casser les os du mort musulman, nous allons juste ouvrir», la réponse est : « cela revient à ne pas respecter le musulman en lui ouvrant le corps lorsqu’il est mort, et manquer au respect dû au musulman qui est mort est quelque chose d’interdit. »

Autre information utile :

at-Tabaraniyy a rapporté dans al-mou^jam al-awsat un hadith, il a dit : le messager de Allah a dit :

أَلَا أُعَلِّمُكُمُ الْكَلِمَاتِ الَّتِي تَكَلَّمَ بِهَا مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ حِينَ جَاوَزَ الْبَحْرَ بِبَنِي إِسْرَائِيلَ ؟

ce qui signifie : « voulez-vous que je vous enseigne les paroles que Moussa avait dites quand il a dépassé la mer avec les fils d’Israël ? »

فَقُلْنَا : بَلَى، يَا رَسُولَ اللهِ

Nous avons alors répondu : « bien sûr ô messager de Allah »

قَالَ : قُولُوا : اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ، وَإِلَيْكَ الْمُشْتَكَى، وَأَنْتَ الْمُسْتَعَانُ، وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللهِ الْعَلِيِّ الْعَظِيمِ

ce qui signifie : « dites : ô Allah, à Toi la louange, à Toi nous nous plaignions, c’est Ton aide que nous recherchons, il n’est de protection et de force que par Allah al-^Aliyy al-^Adhim. »

Le compagnon qui a rapporté s’appelle al-A^mach, et a dit : « je n’ai jamais cesser de dire ces phrases depuis que je les ai entendus de chaqiq. »

Et chaqiq a dit : « je n’ai jamais cessé de répéter ces paroles depuis que j’ai entendu ce hadith de ^Abdou l-Lah. »

Et ^Abdou l-Lah a dit : « je n’ai pas cesser de les dire depuis que j’ai entendu ces paroles de la bouche du messager de Allah. »

Et al-A^mach a dit : « j’ai vu dans le rêve quelqu’un qui me disait : « ô Souleymane, ajoutes à ces paroles :

وَنَسْتَعِينُكَ عَلَى فَسَادٍ هُوَ فِينَا، وَنَسْأَلُكَ صَلَاحَ أَمْرِنَا كُلِّه

ce qui signifie : « et nous demandons Allah de nous aider à corriger la corruption qui est en nous, et nous Te demandons de corriger notre état tout entier»

huitième cours Charh al-qawim donné par Chaykh Ismael le mardi 2 mars 2021. Page 54 à 59 du livre Charh al-qawim édition 2022.

وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا إِذَا فَهِمَ الْعَجْزَ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ، أَمَّا إِذا َكَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْكَلِمَةِ أَنَّ اللَّهَ يَكْرَهُهُ فَلا يَكْفُرُ.

Et devient mécréant celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » qui signifie : « Allah ne supporte pas untel » et il en comprend que cela implique une incapacité au sujet de Dieu ou que Allah serait dérangé par cette personne. Néanmoins, s’il comprend de cette expression que Allah ne l’agrée pas, alors il ne devient pas mécréant.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: اللَّهُ لا يَتَحَمَّلُ فُلانًا فَحُكْمُهُ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ، فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا نِسْبَةَ الْعَجْزِ إِلَى اللَّهِ أَوْ أَنَّ اللَّهَ يَنْزَعِجُ مِنْهُ وَيَحْصُلُ لَهُ انْفِعَالٌ يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْ هَذِهِ الْعِبَارَةِ أَنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ هَذَا الإِنْسَانَ لِفِسْقِهِ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : le jugement de celui qui dit : « Allah la yatahammalou foulan » dépend de ce qu’il comprend de cette expression. S’il comprend de cette expression l’attribution de l’incapacité à Allah ou le fait que Allah serait dérangé par cette personne, c’est-à-dire que Dieu serait dérangé de cette personne, alors il devient mécréant, que Dieu nous en préserve. Mais s’il comprend de cette expression que Allah n’agrée pas cette personne, parce que c’est une personne qui commet les grands péchés, même s’il est musulman, alors s’il comprend ce sens-là de cette parole en arabe, alors il ne devient pas mécréant.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ: يَلْعَنْ سَمَاءَ رَبِّكَ، لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et devient mécréant celui qui dit : « que soit maudit le ciel de ton Dieu » car il a ainsi blasphème à l’égard de Allah.

الشَّرْحُ إِنَّمَا يَكْفُرُ قَائِلُ هَذِهِ الْعِبَارَةِ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ يَلْعَنْ سَمَاكَ فَهَذَا يُحْكَمُ عَلَيْهِ عَلَى حَسَبِ فَهْمِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا السَّمَاءَ الَّتِي هِيَ مَسْكَنُ الْمَلائِكَةِ كَفَرَ لِأَنَّ اللَّهَ جَعَلَهَا قِبْلَةَ الدُّعَاءِ وَمَهْبِطَ الرَّحَمَاتِ وَالْبَرَكَاتِ فَعَظَّمَ شَأْنَهَا، وَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ مِنْهَا سَقْفَ الْبَيْتِ أَوِ الْفَرَاغَ الَّذِي يَلِي مَوْضِعَ إِقَامَةِ هَذَا الشَّخْصِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette expression : « sois maudit le ciel de ton Seigneur » parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura rabaissé Dieu. Mais le jugement de celui qui dit cette parole : « yal^an samak », son jugement sera en fonction de ce qu’il comprend de cette expression. Si dans cette expression, il comprend : « as-sama’ » par « le ciel » qui est le lieu de résidence des anges, alors il devient mécréant, parce que Allah a fait que le ciel soit la direction des invocations, et c’est également du ciel que descendent les miséricordes et les bénédictions. Allah a ainsi élevé le rang du ciel. Mais s’il comprend de cette expression, le toit de la maison, parce qu’en arabe ce terme peut avoir le sens du toit de la maison, ou encore, s’il comprend de cette expression cet espace qui est au-dessus de la personne, alors, dans ce sens-là il ne devient pas mécréant.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ يُسَمِّي الْمَعَابِدَ الدِّينِيَّةَ لِلْكُفَّارِ »بُيُوتَ اللَّهِ«، وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾ [سُورَةَ الْحَج/40] فَالْمُرَادُ بِهِ مَعَابِدُ الْيَهُودِ وَالنَّصَارَى لَمَّا كَانُوا عَلَى الإِسْلامِ لِأَنَّهَا كَمَسَاجِدِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ حَيْثُ إِنَّ الْكُلَّ بُنِيَ لِتَوْحِيدِ اللَّهِ وَتَمْجِيدِهِ لا لِعِبَادَةِ غَيْرِ اللَّهِ فَقَدْ سَمَّى اللَّهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَسْجِدًا وَهُوَ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ. فَلْيَتَّقِ اللَّهَ امْرُؤٌ وَلْيَحْذَرْ أَنْ يُسَمِّيَ مَا بُنِيَ لِلشِّرْكِ بُيُوتَ اللَّهِ وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même sort de l’Islam celui qui nomme les lieux de culte des mécréants « maison de Dieu », parce que les lieux de culte de mécréance sont des lieux où est adoré autre que Dieu, dans lesquels ils attribuent des associés à Dieu ou ils attribuent à Dieu ce dont Il est exempt. Quant à la parole de Allah dans sourate al-Hajj verset 40 :

﴿وَلَوْلا دَفْعُ اللَّهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَّهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ﴾

qui signifie : « si Allah n’avait pas empêché les hommes de se nuire les uns aux autres, des sawami^, des biya^, des salawat et des masadjid auraient été démolies », il s’agit des lieux d’adorations des gens de la communauté de Moussa et des gens de la communauté de ^Iça lorsqu’ils suivaient l’Islam, car ces lieux ont le statut des mosquées de la communauté de Mouhammed, que Allah l’honore et l’élève davantage en degré. En effet, à l’époque de ces prophètes, ces lieux d’adorations ont été bâtis pour adorer Allah uniquement, pour Le glorifier, et non pas pour adorer autre chose que Lui. Allah a nommé la mosquée al-aqsa « masdjid » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed. Que tout un chacun craigne donc Allah et se garde d’appeler « maison de Dieu » ce qui a été édifié pour pratiquer l’association -le shirk-, et celui qui ne craint pas Allah dira ce qu’il veut, que Dieu nous en préserve.

   الشَّرْحُ جَعَلَ اللَّهُ تَعَالَى الْحُكَّامَ يَدْفَعُونَ الأَذَى وَالضَّرَرَ فَأَقَامَهُمُ اللَّهُ لِذَلِكَ فَصَارَ بِهِمُ الأَمَانُ وَلَوْلا ذَلِكَ لَهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ لِلنَّصَارَى الْمُسْلِمِينَ الَّذِينَ كَانُوا عَلَى شَرِيعَةِ الْمَسِيحِ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِدُ.

Commentaire : Dieu a fait que les gouverneurs repoussent la nuisance et le mal, c’est pour cela qu’Il a fait qu’il y ait des gouverneurs et c’est par leurs causes qu’il y a eu une sécurité, et s’il n’y avait eu ces gouverneurs, il y aurait des sawami^ et des biya^ qui auraient été détruites. Les sawami^ et les biya^ sont les lieux que les nasara musulmans, ceux qui étaient sur la loi de ^Iça al-Massih prenaient comme lieu d’adoration de Dieu, et également des salawat et des mosquées.

وَالصَّوَامِعُ جَمْعُ صَوْمَعَةٍ وَهِيَ أَبْنِيَةٌ مُحَدَّبَةُ الرُّءُوسِ تُبْنَى عَلَى أَمَاكِنَ مُرْتَفِعَةٍ يَتَعَبَّدُ فِيهَا الرَّاهِبُ، وَاسِعَةُ الأَسْفَلِ ضَيِّقَةُ الأَعْلَى

Le mot « sawami^ » est un pluriel de « sawma^ah », et sawma^ah est une sorte de construction arrondie par en haut qui est construite dans des endroits élevés où des ermites se consacraient à l’adoration de Dieu. Leur base est large et ça devient étroit en haut.

وَالْبِيَعُ جَمْعُ بِيعَةٍ وَهِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَ يَتَعَبَّدُ فِيهَا النَّصَارَى قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا

Et al-biya^, est le pluriel de bi^ah, ce sont les endroits où les nasara adoraient Dieu avant qu’ils ne deviennent mécréants.

وَالصَّلَوَاتُ يُقَالُ لِلْوَاحِدَةِ مِنْهَا صَلُوتَا – وَهِيَ لُغَةٌ عِبْرِيَّةٌ كَمَا فِي كِتَابِ الْقَامُوسِ الْمُحِيطِ –

Et le mot « salawat » est un pluriel de « salouta » qui est en hébreux, tout comme cela est indiqué dans le livre al-qamouss al-mouhit.

وَالصَّلَوَاتُ هِيَ الأَمَاكِنُ الَّتِي كَانَتِ الْيَهُودُ تَتَعَبَّدُ فِيهَا قَبْلَ أَنْ يَكْفُرُوا بِتَكْذِيبِهِمُ الْمَسِيحَ فَإِنَّهُمْ قَبْلَ ذَلِكَ كَانُوا مُسْلِمِينَ عَلَى شَرِيعَةِ التَّوْرَاةِ الأَصْلِيَّةِ قَبْلَ التَّحْرِيفِ

Et les salawat sont les endroits où les yahoud se consacraient à l’adoration avant de commettre la mécréance lorsqu’ils ont démenti Jésus, le fait qu’ils aient démentis un prophète les a fait sortir de l’Islam. Auparavant ils étaient musulmans, ils étaient sur la loi de la Torah d’origine avant sa falsification, maintenant elle est falsifiée.

وَالْمَسَاجِدُ الْمُرَادُ بِهَا فِي الآيَةِ مَسَاجِدُ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ

Concernant les masadjid, ce qui est visé dans ce verset, ce sont les mosquées de la communauté de Mouhammed.

وَكُلُّ هَذِهِ مَسَاجِدُ، إِلَّا الصَّوَامِعَ يَبْنِيهَا شَخْصٌ وَاحِدٌ عَلَى التِّلالِ وَيَقْصِدُونَ بِذَلِكَ التَّفَرُّغَ لِعِبَادَةِ اللَّهِ كَخَلَوَاتِ الصُّوفِيَّةِ عِنْدَنَا

Et tout ce qui a été cité sont des mosquées, c’est-à-dire les biya^, les salawat et les masadjid sont des mosquées, exceptés les sawami^, les sawami^ sont les ermitages, c’est ce qu’une seule personne construit sur les hauteurs, sur les collines et il cherche par cela le fait de se consacrer totalement à l’adoration de Allah, à l’image des khalawat des soufiyy dans la communauté de notre maitre Mouhammed.

قَالَ تَعَالَى: ﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/1] فَاللَّهُ سَمَّاهُ الْمَسْجِدَ الأَقْصَى مَعَ أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ بِنَاءِ أُمَّةِ مُحَمَّدٍ فَقَدْ بَنَاهُ سَيِّدُنَا ءَادَمُ ثُمَّ جُدِّدَ بِنَاؤُهُ عِدَّةَ مَرَّاتٍ.

Ainsi, Dieu dit dans sourate al-‘isra’ verset 1 :

﴿سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِّنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الأَقْصَى﴾

ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui a fait voyager de nuit Son esclave depuis la mosquée al-haram jusqu’à la mosquée al-‘aqsa. » Allah l’a appelé « la mosquée al-‘aqsa » bien qu’elle n’ait pas été construite par la communauté de Mouhammed, c’était notre maitre ‘Adam qui l’avait construite, puis elle a été reconstruite à plusieurs reprises.

وَلْيُعْلَمْ أَنَّ قَوْلَ:وَمَنْ لَمْ يَتَّقِ اللَّهَ قَالَ مَا شَاءَ لَيْسَ فِيهِ الرِّضَى لِلْكَافِرِ بِكُفْرِهِ،

Que l’on sache que la parole de l’auteur : « celui qui ne craint pas Dieu, qu’il dise ce qu’il veut » ne veut pas dire que ça serait un encouragement aux mécréants pour dire de la mécréance, il n’y a pas de satisfaction de la mécréance du mécréant par cela.

فَإِنَّ مَنْ يَقُولُ لِكَافِرٍ مُتَهَكِّمًا بِهِ مُسْتَهْزِءًا سَاخِرًا بِهِ بَعْدَمَا يَنْصَحُهُ فَيَجِدُهُ مُعَانِدًا: إِنْ شِئْتَ اكْفُرْ

لا يُكَفَّرُ، وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّهُ يَعْرِضُ عَلَيْهِ الْكُفْرَ، بَلْ هَذَا إِنْكَارٌ فِي الْحَقِيقَةِ وَزَجْرٌ لَيْسَ أَمْرًا لَهُ بِالْكُفْرِ

Celui qui dit à un mécréant de manière ironique, il le dit pour se moquer de lui après lui avoir donné le conseil, et il constate que c’est quelqu’un de têtu, s’il lui dit : « si tu veux restes mécréant » ou bien : « mécrois » celui qui dit cela ne devient pas mécréant, et ça ne veut pas dire qu’il lui propose de commettre de la mécréance, mais en réalité c’est un reproche, c’est un blâme, c’est une réprimande, ce n’est pas un ordre pour lui de commettre de la mécréance.

وَمَعْنَاهُ إِنْ كَفَرْتَ أَنْتَ مَاذَا تَضُرُّنِي فِي الآخِرَةِ أَنْتَ تَضُرُّ نَفْسَكَ إِذَا كَفَرْتَ بِكُفْرِكَ هَذَا

Et la signification est : « si toi tu es mécréant, en quoi cela va-t-il me porter préjudice dans l’au-delà ? En réalité, si tu es mécréant tu ne fais que nuire à toi-même par ta mécréance. »

وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ قَوْلُ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي سُورَةِ الْكَهْفِ: ﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ فَإِنَّهُ تَهْدِيدٌ وَلَيْسَ تَرْخِيصًا لِمَنْ شَاءَ أَنْ يَكْفُرَ فِي الْكُفْرِ.

Et la preuve à cela c’est le verset 29 de sourat al-kahf dans lequel Dieu dit :

﴿فَمَنْ شَاءَفَلْيُؤْمِنْ وَمَنْ شَاءَ فَلْيَكْفُرْ إِنَّا أَعْتَدْنَا لِلظَّالِمِينَ نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾

Dans ce verset, il y a une menace et non pas une autorisation à qui le voudrait de rester dans la mécréance ou de commettre de la mécréance.

فَلا وَجْهَ لِقَوْلِ بَعْضِ الْمُلْحِدِينَ الْمُحَرِّفِينَ إِنَّ هَذِهِ الآيَةَ فِيهَا حُرِّيَّةُ الْفِكْرِ بِمَعْنَى أَنَّ الإِنْسَانَ لَهُ أَنْ يَخْتَارَ الإِسْلامَ أَوْ غَيْرَهُ،

Il n’y a donc pas lieu de justifier ou d’accepter la parole de certains athées déviés qui disent que ce verset comporte la liberté de croyance, dans le sens que l’homme pourrait choisir l’Islam ou autre chose.

وَمَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾ أَيْ أَنَّ الْكُفَّارَ مَحْفُوفُونَ فِي جَهَنَّمَ مِنْ جَمِيعِ الْجِهَاتِ.

Et le sens de la parole de Allah à la fin de ce verset de sourate al-kahf :

﴿نَارًا أَحَاطَ بِهِمْ سُرَادِقُهَا﴾

est : « l’enfer entour les mécréants de toute part. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ مَنْ حَدَّثَ حَدِيثًا كَذِبًا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَذِبٌ فَقَالَ: اللَّهُ شَهِيدٌ عَلَى مَا أَقُولُ بِقَصْدِ أَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّ الأَمْرَ كَمَا قُلْتُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ لِلَّهِ تَعَالَى لِأَنَّ اللَّهَ يَعْلَمُ أَنَّهُ كَاذِبٌ لَيْسَ صَادِقًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, sort de l’Islam celui qui tient sciemment un propos mensonger, et dit : « Allah est témoin de ce que je dis » en visant que Allah saurait qu’il en est tel qu’il le dit, ceci, du fait qu’il ait attribué l’ignorance à Allah ta^ala est de la mécréance, car Allah sait qu’il est menteur et non pas véridique.

الشَّرْحُ اللَّهُ يَعْلَمُ الْكَاذِبَ كَاذِبًا وَيَعْلَمُ الصَّادِقَ صَادِقًا، فَمَنْ قَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ كَذَا وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ قَدْ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ يَكْفُرُ لِأَنَّهُ نَسَبَ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ نَاسِيًا أَنَّهُ عَمِلَ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَقَالَ اللَّهُ شَهِيدٌ أَنِّي مَا عَمِلْتُ ذَلِكَ الشَّىْءَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّهُ لَمْ يَنْسُبِ الْجَهْلَ إِلَى اللَّهِ.

Commentaire : Allah sait que le menteur est un menteur et que celui qui est véridique est véridique, donc celui qui dit : « Allah est témoin que je n’ai pas fait telle chose » alors qu’il sait pertinemment qu’il l’a faite, alors il devient mécréant parce qu’il aura attribué l’ignorance à Dieu. Cependant, s’il avait oublié qu’il avait fait cette chose, et qu’il disait : « Allah est témoin que je n’ai pas fait cette chose » alors il ne devient pas mécréant parce qu’il n’aura pas attribué l’ignorance à Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ لا يَجُوزُ الْقَوْلُ: كُلُّ وَاحِدٍ عَلَى دِينِهِ اللَّهُ يُعِينُهُ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ لِكُلٍّ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, il n’est pas permis de dire : « koullou wahidin ^ala dinihi Allahou you^inouhou » en visant l’invocation en faveur de tous.

الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ الإِعَانَةَ مَعْنَاهَا التَّمْكِينُ وَالإِقْدَارُ وَلَيْسَ الرِّضَا كَمَا يَتَوَهَّمُ بَعْضُ النَّاسِ، فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنَ عَلَى إِيـمَانِهِ وَالْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ،

Commentaire : que l’on sache que l’aide ici signifie de donner la capacité -de rendre capable de- l’aide n’est pas une acceptation, une satisfaction tout comme se sont donnés pour illusion certaines personnes. C’est donc Allah Qui a aidé le croyant pour sa foi, et le mécréant pour sa mécréance.

N’est-ce pas que c’est Allah Qui a créé les organes que le mécréant utilise dans sa mécréance ? Bien sûr.

وَمِمَّنْ صَرَّحَ بِهَذَا التَّعْبِيرِ الإِمَامُ مُحَمَّدُ الأَمِيرُ الْمَالِكِيُّ وَهُوَ مِنْ مَشَاهِيرِ عُلَمَاءِ الْقَرْنِ الثَّانِي عَشَرَ الْهِجْرِيِّ وَوَافَقَهُ عَلَيْهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ عِلَيَّشٍ الْمَالِكِيُّ مُفْتِي الدِّيَارِ الْمِصْرِيَّةِ وَإِمَامُ الْحَرَمَيْنِ فِي كِتَابِهِ الإِرْشَادِ وَغَيْرُهُمْ

Parmi ceux qui ont déclaré explicitement cette expression, à savoir : « c’est Allah qui aide le musulman pour sa foi et le mécréant pour sa mécréance » il y a l’imam Mouhammed al-‘amir le malikiyy qui fait partie des plus célèbres des savants du douzième siècle de l’hégire, et le Chaykh Mouhammed ^ilayyach le malikiyy, le moufti d’Égypte a été d’accord avec lui, ainsi que l’imam des deux haram dans son livre al-‘irchad et autres qu’eux.

فَعُلِمَ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَسْئَلَةَ فِيهَا تَفْصِيلٌ فَمَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ بِقَصْدِ الدُّعَاءِ أَيِ الطَّلَبِ بِأَنْ يُعِينَ اللَّهُ الْكَافِرِينَ عَلَى الْكُفْرِ كَفَرَ لِأَنَّ فِيهِ الرِّضَا بِالْكُفْرِ لِلْغَيْرِ، وَأَمَّا إِذَا أَرَادَ الإِخْبَارَ فَلا يَكْفُرُ لِأَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي يَهْدِي مَنْ يَشَاءُ وَيُضِلُّ مَنْ يَشَاءُ وَلا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ لِأَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ مَحْكُومِيَّةٌ وَلا نَاهِيَ لَهُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾ [سُورَةَ الشَّمْس/8].

Nous apprenons de là que la question comporte un détail, celui qui dit cette expression, à savoir qu’il dit : « chacun a sa religion, Dieu l’aide » si par cette parole il vise l’invocation, c’est-à-dire qu’il demande à Dieu qu’Il aide les mécréants à commettre de la mécréance, il devient mécréant dans cas-là, parce que c’est une acceptation de la mécréance pour autrui. Cependant, s’il ne voulait qu’informer, c’est-à-dire qu’il dit que Allah aide les mécréants dans leurs mécréances, il ne demande pas que Allah leur accorde davantage de capacité à commettre la mécréance, s’il ne fait qu’informer il ne devient pas mécréant, parce que Allah est Celui Qui guide qui Il veut et Il égare qui Il veut, et Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait, parce que Dieu n’est pas sujet à l’ordre ni à l’interdiction. Dieu dit dans sourate ach-chams verset 8 :

﴿فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾

ce qui signifie : « c’est Lui qui inspire à l’âme sa perversité et sa piété », c’est Allah Qui crée les causes et Qui crée toute chose. Il y a donc une différence entre le fait d’informer, et le fait de demander.

Si quelqu’un ne fait qu’informer, il dit que c’est Allah qui aide le mécréant dans sa mécréance, il dit : « Allah l’aide », si c’est une information il ne devient pas mécréant, mais si c’est une demande, c’est-à-dire qu’il demande que Allah l’aide à commettre davantage de mécréance que ce qu’il fait, là c’est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Ainsi, dans certains cas, il y a des phrases qui peuvent admettre plusieurs sens, et il y a des phrases qui n’admettent qu’un seul sens, ici, c’est une phrase qui en arabe peut avoir plusieurs sens, et c’est selon le sens qu’avait visé celui qui a parlé, et ainsi est la règle dans ce cas.

وَمِمَّنْ قَالَ بِأَنَّ اللَّهَ يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى كُفْرِهِ الشَّيْخُ مُحَمَّدُ الْبَاقِرُ النَّقْشَبَنْدِيُّ، فَلا عِبْرَةَ بِإِنْكَارِ بَعْضِ الرَّعَاعِ الْمُدَّعِينَ لِلتَّصَوُّفِ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى النَّقْشَبَنْدِيَّةِ حَيْثُ أَنْكَرُوا عَلَيْنَا ذَلِكَ وَاسْتَعْظَمُوهُ وَذَلِكَ مِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ، لِأَنَّ مَعْنَى الإِعَانَةِ التَّمْكِينُ

Parmi ceux qui ont dit que Allah aide le mécréant à sa mécréance, à commettre sa mécréance, il y a le Chaykh Mouhammed al-Baqir an-Naqchabandiyy, il n’y a donc pas de considération au reniement de certains du commun qui prétendent le tasawwouf et qui se réclament de la tariqah naqchabandiyyah, puisqu’ils ont renié cela, ils ont trouvé que c’était grave, mais ça ne reflète que leur extrême ignorance, parce que le sens de l’aide ici est le fait de donner la capacité, et c’est bien Allah Qui donne la capacité, c’est Dieu qui crée toute chose, mais ça ne veut pas dire qu’Il agrée, il y a une différence entre crée et agrée, Dieu a créé l’enfer et pour autant Il n’agrée pas l’enfer. Allah crée les actes du mécréant qui commet sa mécréance, mais Il n’agrée pas sa mécréance.

فَاللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْمُؤْمِنَ مِنَ الإِيـمَانِ وَهُوَ الَّذِي يُقَدِّرُهُ عَلَى ذَلِكَ، وَهُوَ الَّذِي يُمَكِّنُ الْكَافِرَ مِنَ الْكُفْرِ لِأَنَّهُ هُوَ الَّذِي قَدَّرَهُ عَلَى أَنْ يَفْعَلَ الْكُفْرَ.

C’est donc Allah ta^ala Qui donne la capacité au croyant d’être croyant, et c’est Lui Qui donne la capacité pour le faire, et c’est Lui qui donne la capacité au mécréant d’être mécréant, parce que c’est Lui Qui donne la puissance de le faire.

  فَالْحَاصِلُ أَنَّهُ يَصِحُّ اعْتِقَادُ أَنَّ اللَّهَ هُوَ يُعِينُ الْمُؤْمِنَ عَلَى الإِيـمَانِ وَفِعْلِ الصَّالِحَاتِ، وَأَنَّهُ هُوَ الَّذِي يُعِينُ الْكَافِرَ عَلَى الْكُفْرِ وَعَلَى الْمَعَاصِي.

Ainsi, il est valide de dire que c’est Allah qui aide le croyant pour la foi et pour les actes de vertus -les actes d’obéissances- et c’est Allah qui aide le mécréant à la mécréance et à la désobéissance.

وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ وَالْعَاصِي بِالْكُفْرِ وَالْمَعْصِيَةِ فَهَذَا لا يَجُوزُ، فَالأَوَّلُ أَيِ الدُّعَاءُ لِلْكَافِرِ بِالْكُفْرِ كُفْرٌ وَأَمَّا الدُّعَاءُ لِلْعَاصِي بِأَنْ يُمَكِّنَهُ اللَّهُ مِنْ تِلْكَ الْمَعْصِيَةِ فَذَلِكَ مَعْصِيَةٌ وَلَيْسَ كُفْرًا.

Quant au fait de faire une invocation pour que Allah permet au mécréant de faire la mécréance ou pour qu’Il lui permette de commettre un péché, cela n’est pas permis, cela est interdit. Le premier cas, c’est-à-dire de demander à Allah en faveur du mécréant pour qu’il commette la mécréance, c’est une mécréance. Tandis qu’invoquer Dieu pour le désobéissant, pour que Allah le facilite de commettre cette désobéissance, c’est un péché, mais ce n’est pas de la mécréance.

   وَفِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾ [سُورَةَ ءَالِ عِمْرَان/26] أَوْضَحُ دَلِيلٍ عَلَى أَنَّ اللَّهَ هُوَ الَّذِي أَعَانَ الْمُؤْمِنِينَ الَّذِينَ مَلَكُوا وَالْكُفَّارَ الَّذِينَ مَلَكُوا فَنُمْرُودُ وَفِرْعَوْنُ وَغَيْرُهُمَا مِنْ مُلُوكِ الْكُفْرِ الَّذِينَ أَفْسَدُوا فِي الأَرْضِ وَدَعَوُا النَّاسَ إِلَى الْكُفْرِ اللَّهُ تَعَالَى هُوَ الَّذِي أَعْطَاهُمْ هَذِهِ الْقُدْرَةَ فَهُوَ الَّذِي أَعَانَهُمْ عَلَى ذَلِكَ.

Et Dieu dit dans sourate ‘Ali ^Imran verset 26 :

﴿تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ وَتَنْزِعُ الْمُلْكَ مِمَّنْ تَشَاءُ﴾

ce qui signifie : « Tu accordes la souveraineté à qui Tu veux, et Tu ôtes la souveraineté à qui Tu veux », ceci est la preuve la plus claire que c’est bien Allah Qui aide les croyants qui ont été souverains, et les mécréants qui ont été souverains. Ainsi, Noumroud, Pharaon et d’autres qu’eux parmi les rois des mécréants qui ont semé la corruption sur terre, ceux qui ont appelé les gens à la mécréance, c’est Allah Qui leur a octroyé cette capacité, c’est donc Allah qui les a aidés à commettre ce qu’ils ont commis.

وَأَمَّا قَوْلُ الشَّافِعِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ:

خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ                فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ

عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ           وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

فِيهِ إِثْبَاتُ أَنَّ الْعِبَادَ يَجْرُونَ فِيمَا عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُمْ، فَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يُؤْمِنُ ءَامَنَ وَمَنْ عَلِمَ اللَّهُ مِنْهُ أَنَّهُ يَكْفُرُ كَفَرَ.

Quant à la parole de l’imam ach-Chafi^iyy que Dieu l’agrée :

خَلَقْتَ الْعِبَادَ عَلَى مَا عَلِمْتَ                فَفِي الْعِلْمِ يَجْرِي الْفَتَى وَالْمُسِنْ

عَلَى ذَا مَنَنْتَ وَهَذَا خَذَلْتَ           وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

qui signifie : « Tu as créé les esclaves conformément à ce que Tu as su, c’est donc conformément à la science que le jeune homme et le plus âgé seront évolués, à celui-ci Tu as fait grâce à cet autre Tu n’as pas fait, celui-ci Tu l’as aidé et cet autre Tu ne l’as pas aidé », il y a la confirmation que les esclaves évoluent conformément à ce que Allah a su d’eux. Ainsi, celui à propos duquel Allah a su qu’il sera croyant, il sera croyant, et celui à propos duquel Allah a su qu’il sera mécréant, il sera mécréant.

وَقَوْلُهُ وَهَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ مَعْنَاهُ هَذَا الَّذِي وَفَّقْتَهُ لِلْخَيْرِ أَعَنْتَهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَمَّا إِذَا لَمْ تُعِنْ أَيْ لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَأَعَنْتَهُ عَلَى الشَّرِّ فَهَذَا لَمْ تُعِنْهُ عَلَى الْخَيْرِ وَلَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ اللَّهَ لا يُعِينُ عَلَى الشَّرِّ.

Quant au dernier strophes du deuxième vers, quand ach-Chafi^iyy a dit :

وَ هَذَا أَعَنْتَ وَذَا لَمْ تُعِنْ

qui signifie : « celui-ci Tu l’as aidé, cet autre Tu ne l’as pas aidé » « Tu l’as aidé » signifie : « Tu l’as aidé à faire le bien » et : « cet autre Tu ne l’as pas aidé » c’est-à-dire : « Tu ne l’as pas aidé à faire le bien, mais Tu l’as aidé à faire le mal », c’est-à-dire que Tu n’as pas aidé ce dernier à faire le bien, ça ne veut pas dire que Allah n’aide pas pour le mal, c’est-à-dire dans le sens de donner la capacité à le faire.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يَقُولُ مُعَمِّمًا كَلامَهُ: الْكَلْبُ أَحْسَنُ مِنْ بَنِي ءَادَمَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit en généralisant son propos : « les chiens sont meilleurs que les fils de ‘Adam. »

Il devient mécréant parce qu’il aura contredit le Qour’an, parmi les fils de ‘Adam il y a des prophètes et les prophètes sont meilleurs que les chiens, ils sont meilleurs que le reste des humains.

الشَّرْحُ هَذَا اللَّفْظُ لَفْظٌ عَامٌّ يُؤَدِّي إِلَى تَكْذِيبِ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِي ءادَمَ﴾ [سُورَةَ الإِسْرَاء/70]، وَأَمَّا إِنْ كَانَ هَذَا الشَّخْصُ فِي كَلامِهِ قَرِينَةٌ تَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ أَحْسَنُ مِنَ الشَّخْصِ الْمُخَاطَبِ فِي بَعْضِ الْخِصَالِ كَالْوَفَاءِ لِصَاحِبِهِ الَّذِي يَرْعَاهُ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : cette expression est une expression générale, et comme elle est générale elle entraine à démentir la parole de Allah dans sourate al’isra’ verset 70 :

وَلَقَدْ كَرَّمْنَا بَنِىٓ ءَادَمَ

qui signifie : « Nous avons honorés les fils de ‘Adam. » Quant à la personne qui prodigue une telle parole, s’il y a dans son contexte une indication qui prouve qu’en fait il visait que le chien était meilleur que la personne avec laquelle il est en train de discuter dans certaines caractéristiques, comme la fidélité envers son propriétaire qui veille sur lui, alors s’il y a une indication qui restreint sa parole dans le cours de la conversation, alors il ne devient pas mécréant, parce que même si la portée de la phrase était générale, par la cause de la restriction elle ne l’est plus.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَوْ مَنْ يَقُولُ الْعَرَبُ جَرَبٌ، أَمَّا إِذَا خَصَّصَ كَلامَهُ لَفْظًا أَوْ بِقَرِينَةِ الْحَالِ كَقَوْلِهِ الْيَوْمَ الْعَرَبُ فَسَدُوا ثُمَّ قَالَ الْعَرَبُ جَرَبٌ فَلا يَكْفُرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : devient mécréant celui qui dit : « les arabes sont tels de la galle. » Cependant, s’il restreint son propos par une expression ou un contexte en disant par exemple : « aujourd’hui les arabes sont corrompus » puis il continue et dit par exemple : « les arabes sont de la galle », dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant, parce qu’il y a cette indication qui indique qu’il ne généralisait pas.

الشَّرْحُ يَكْفُرُ مَنْ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَةَ مَعَ التَّعْمِيمِ لِأَنَّ كَلامَهُ هَذَا شَمَلَ الأَنْبِيَاءَ وَغَيْرَهُمُ.

Commentaire : devient mécréant celui qui dit cette parole en généralisant, parce que cette parole englobe les prophètes et autres que les prophètes.


قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَيَكْفُرُ مَنْ يُسَمِّي الشَّيْطَانَ بِـ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ لا إِنْ ذَكَرَ الْبَسْمَلَةَ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, devient mécréant celui qui nomme Satan :

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

mais il ne devient pas mécréant s’il recite la basmalah dans l’intention que Allah le protège de son mal.

الشَّرْحُ هَذِهِ الْكَلِمَةُ الشَّرِيفَةُ مَنْ جَعَلَهَا عِبَارَةً عَنِ الشَّيْطَانِ يَكْفُرُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ عِنْدَ إِرَادَةِ ذِكْرِ الشَّيْطَانِ بِنِيَّةِ التَّعَوُّذِ بِاللَّهِ مِنْ شَرِّهِ كَأَنَّهُ يُرِيدُ الشَّيْطَانُ يَحْفَظُنَا اللَّهُ مِنْ شَرِّهِ بِبَرَكَةِ الْبَسْمَلَةِ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui utilise cette parole honorable qui est la basmalah comme si c’était le nom du shaytan, il devient mécréant. Quant à celui qui dit la basmalah lorsqu’il veut mentionner le shaytan dans l’intention de rechercher la préservation par Allah contre son mal, comme s’il voulait dire : « le shaytan, que Allah nous préserve de son mal par la barakah -la bénédiction- de la basmalah », dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَهَذَا يَجْرِي عَلَى أَلْسِنَةِ كَثِيرٍ مِنَ الْعَوَامِّ عَلَى وَجْهٍ يُوهِمُ أَنَّ الشَّيْطَانَ هُوَ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمٰنِ الرَّحِيمِ.

Et malheureusement ceci est une parole qui provient de nombreuses personnes du commun d’une manière qui laisse croire que le shaytan serait :

بِسْمِ اللّهِ الرَّحْمـَنِ الرَّحِيمِ

que la personne fasse attention et n’utilise pas les paroles à tort et à travers.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهُنَاكَ بَعْضُ الشُّعَرَاءِ وَالْكُتَّابِ يَكْتُبُ كَلِمَاتٍ كُفْرِيَّةً كَمَا كَتَبَ أَحَدُهُمْ هَرَبَ اللَّهُ فَهَذَا مِنْ سُوءِ الأَدَبِ مَعَ اللَّهِ الْمُوقِعِ فِي الْكُفْرِ وَقَدْ قَالَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِهِ الشِّفَا: لا خِلافَ أَنَّ سَابَّ اللَّهِ تَعَالَى مِنَ الْمُسْلِمِينَ كَافِرٌ اهـ

   وَيَكْفُرُ مَنْ يَسْتَحْسِنُ هَذِهِ الأَقْوَالَ وَالْعِبَارَاتِ وَمَا أَكْثَرَ انْتِشَارَهَا فِي مُؤَلَّفَاتٍ عَدِيدَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et malheureusement, il y a beaucoup d’auteurs qui utilisent des paroles de mécréances comme l’un d’entre eux qui a écrit : « Dieu s’est enfuit », ceci est un manque de respect à l’égard de Allah qui fait tomber dans la mécréance. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « il n’y a pas de divergence du fait que celui qui était musulman puis qui insulte Allah devient mécréant. » que Dieu nous en préserve. Et de même, devient mécréant celui qui apprécie de telles paroles et de telles expressions, et combien elles sont nombreuses dans beaucoup d’ouvrages.

الشَّرْحُ أَنَّ قَائِلَ كَلِمَةِ هَرَبَ اللَّهُ كَفَرَ لِأَنَّهُ اسْتَخَفَّ بِاللَّهِ وَنَسَبَ إِلَيْهِ التَّحَيُّزَ فِي الْمَكَانِ وَالْحَرَكَةَ وَالْفِرَارَ، وَمَا قَالَهُ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي كِتَابِ الشِّفَا دَلِيلٌ عَلَى كُفْرِ مَنْ قَالَ مِثْلَ هَذِهِ الأَلْفَاظِ الشَّنِيعَةِ بِاتِّفَاقِ الْعُلَمَاءِ. 

Commentaire : celui qui dit cette phrase, : « Dieu s’est enfuit », devient mécréant parce qu’il se sera moqué de Dieu, il aura attribué à Dieu le fait de se situer dans un endroit, de bouger, de s’enfuir, or tous les musulmans ont pour croyance que Allah est exempt de la direction, Il est exempt de l’emplacement, Il est exempt de l’endroit, Dieu existe sans endroit ni direction et Il n’est pas un corps, Dieu est donc exempt du mouvement et de l’immobilité et de la fuite. Et dans son livre ach-chifa, le qadi ^Iyad a dit : « ceci est une preuve de la mécréance de ceux qui disent de telles paroles abominables par accord des savants. »

Informations utiles :

Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « c’est une innovation que de se laver la tête dans le woudou’, il n’aura pas de récompense. » Lors du woudou’, nous passons la main mouillée sur la tête, mais celui qui lave la tête au lieu de seulement passer la main dessus aura commis une innovation, il n’aura pas de récompense.

Et dans le hadith :

أَيُّمَا امْرَأَةٍ خَرَجَتْ مِنْ بَيْتِهَا مُتَعَطِرَةً وَ مَرَّتْ بِقَوْمٍ لِيَجِدُوا رِيـحَهَا فَهِيَ زَانِيَة

qui signifie : « toute femme qui sort de chez elle parfumée et qui passe auprès de gens afin qu’ils sentent son parfum, elle a fait un des péchés qui sont des préliminaires à la fornication », le « li » de « liyajidou -afin- » n’est pas le « lam » de la conséquence. Ibnou Sam^aniyy, le spécialiste des fondements a dit : le « lam » de al-^aqibah -le lam des conséquences- est quelque chose qui est utilisé au sens figuré. Et donc nous pouvons expliquer un tel « lam » comme étant un lam de « ^aqibah » que s’il y a une preuve puisque ce n’est pas le sens propre, c’est le sens figuré. Le lam de la conséquence ne vient que dans le majaz -dans le sens figuré- or, on n’explique un texte par le sens figuré -un majaz- que s’il y a une indication, mais s’il n’y en a pas, on l’explique par le sens propre par défaut. ‘Asma’ la fille de ^Oumays que Dieu l’agrée était venu voir ^A’ichah que Dieu l’agrée, et le Messager de Allah lorsqu’il est entré a senti l’odeur du parfum, et il a dit :

لَا يَنْبَغِي لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَتَطَيَّبَ إِلَّا عِنْدَ زَوْجِهَا

ce qui signifie : « il ne convient pas à une femme de se parfumer pour autre que son mari, sauf si elle est en présence de son mari pour son mari. » Et donc, il ne lui a pas dit que c’est interdit qu’elle se soit parfumée. Ainsi, si une femme sorte parfumée de chez elle, et que son objectif n’était pas d’entrainer les hommes et les tentés au péché, non, dans ce cas-là, ce que l’on dit à son sujet c’est qu’elle a commis quelque chose de déconseiller, c’est-à-dire que si elle évitait cela elle aura des récompenses, mais si elle le fait elle ne mérite pas d’être châtier.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَسُوءُ الأَدَبِ مَعَ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالِاسْتِهْزَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كُفْرٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne pas respecter le Messager en se moquant d’une de ses attitudes ou en se moquant d’une de ses actions ou en se moquant de lui est une mécréance.

الشَّرْحُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنَ الأَنْبِيَاءِ بِحَالٍ مِنْ أَحْوَالِهِ أَوْ بِعَمَلٍ مِنْ أَعْمَالِهِ كَفَرَ وَذَلِكَ كَالَّذِي يَسْتَهْزِئُ بِلُبْسِ الْعِمَامَةِ وَلُبْسِ الْقَمِيصِ أَيْ مَا يُعْرَفُ عِنْدَ النَّاسِ الْيَوْمَ بِالْجَلَّابِيَّةِ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِاسْتِعْمَالِ السِّوَاكِ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّ النَّبِيَّ فَعَلَ ذَلِكَ وَمَدَحَهُ، أَوْ يَسْتَهْزِئُ بِرَوَاتِبِ الصَّلَوَاتِ أَوْ قِيَامِ اللَّيْلِ أَوْ صِيَامِ النَّفْلِ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا وَرَدَ عَنِ النَّبِيِّ أَنَّهُ فَعَلَهُ وَمَدَحَهُ كَإِعْفَاءِ اللِّحْيَةِ وَنَحْوِهِ.

Commentaire : celui qui se moque d’un des prophètes de Allah, il se moque de l’un de ses états ou d’une de ses œuvres, il devient mécréant, c’est le cas par exemple de celui qui se moque du fait de porter un turban ou du fait de porter une tunique longue, ou encore celui qui se moque du siwak -du bâtonnet avec lequel on se nettoie les dents- alors qu’il sait que le prophète l’avait fait, et non seulement il l’avait fait mais en plus il en a fait l’éloge, ou encore celui qui se moque des prières régulières surérogatoires que l’on accompli régulièrement avant ou après les prières obligatoires, ou qui se moque des veillées de nuit, c’est-à-dire qu’il se moque des prières que l’on accompli au milieu de la nuit qui sont des prières surérogatoires, ou celui qui se moque des jeûnes surérogatoires ou autre que cela parmi les choses qui nous ont été rapportés du Messager de Allah, il nous a été rapporté que le prophète l’avait faite et qu’il avait fait l’éloge de ces choses, comme de se laisser pousser la barbe et ce qui est de cet ordre. Celui qui se moque de cela tout en ayant connaissance que le prophète a fait l’éloge ou a commise cette chose-là, il devient mécréant, que Dieu nous en préserve.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالِاسْتِهْزَاءُ بِمَا كُتِبَ فِيهِ شَىْءٌ مِنَ الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ، أَوِ الأَنْبِيَاءِ عَلَيْهِمُ السَّلامُ، أَوِ بِشَعَائِرِ الإِسْلامِ أَوْ بِحُكْمٍ مِنْ أَحْكَامِ اللَّهِ تَعَالَى كُفْرٌ قَطْعًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même se moquer de ce qui relève de l’honorable Qour’an, des prophètes, des emblèmes de l’Islam ou d’une des lois de Allah ta^ala constitue une mécréance de façon absolue.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَهْزَأَ وَلَوْ بِآيَةٍ وَاحِدَةٍ مِنَ الْقُرْءَانِ فَقَدْ كَفَرَ، وَكَذَا لَوْ زَادَ حَرْفًا فِي الْقُرْءَانِ عِنَادًا أَوْ جَحَدَ حَرْفًا مِنْهُ مَعَ عِلْمِهِ أَنَّهُ مِنْهُ

Commentaire : celui qui se moque ne serai ce que d’un seul verset du Qour’an devient mécréant, de même, celui qui rajoute une lettre dans le Qour’an par entêtement, c’est-à-dire qu’il sait que cette lettre ne fait pas partie du Qour’an mais il la rajoute, ou au contraire il renie une lettre du Qour’an tout en sachant qu’elle en fait partie.

وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِنَبِيٍّ مِنْ أَنْبِيَاءِ اللَّهِ بِأَنْ نَسَبَ إِلَيْهِ الْقَبَائِحَ وَالرَّذَائِلَ كَالَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا ءَادَمَ يُشْبِهُ الْقُرُودَ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا يُوسُفَ إِنَّهُ قَصَدَ الزِّنَى أَيْ نَوَى، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ عَصَبِيُّ الْمِزَاجِ بِمَعْنَى سَيِّءِ الْخُلُقِ، أَوْ يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ نِسْوَنْجِي وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ، وَأَمَّا الَّذِي يَقُولُ عَنْ سَيِّدِنَا مُوسَى إِنَّهُ كَانَ فِيهِ حِدَّةٌ فَلا يَكْفُرُ.

Également, devient mécréant celui qui se moque d’un des prophètes de Allah en lui attribuant des choses laides et des choses vils, comme celui qui dit à propos de notre maître ‘Adam qu’il ressemblait aux singes, ou qui dit à propos de notre maitre Yousouf : « il avait l’intention de commettre la fornication », ou celui qui dit de notre maitre Moussa qu’il est d’un tempérament nerveux, c’est-à-dire qu’il aurait un mauvais comportement, ou il dit de notre maitre Mouhammed qu’il est attiré par les femmes et ce qui est de cet ordre.

وَكَذَلِكَ يَكْفُرُ مَنِ اسْتَهْزَأَ بِشَعَائِرِ دِينِ اللَّهِ كَالصَّلاةِ وَالأَذَانِ أَوْ بِمَسَائِلِ الشَّرْعِ، وَالشَّعَائِرُ جَمْعُ شَعِيرَةٍ وَالشَّعِيرَةُ بِمَعْنَى الْمَعْلَمِ أَيْ مَا هُوَ مِنْ عَلامَاتِ الدِّينِ.

De même, devient mécréant celui qui se moque des rites -des symboles- -des signes- représentatifs de la religion agrée par Allah, telle que la prière, tel que l’appel à la prière, ou les questions de religion, c’est-à-dire tel jugement. Ici, quand le Chaykh a dit : « se moque d’un des rites de la religion » c’est-à-dire d’un des symboles de la religion, d’une chose qui est symbolique et représentative de la religion.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ اسْتِحْسَانُ الْكُفْرِ مِنْ غَيْرِهِ كُفْرٌ لِأَنَّ الرِّضَى بِالْكُفْرِ كُفْرٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, le fait d’apprécier la mécréance d’autrui est une mécréance, parce qu’accepter la mécréance est une mécréance.

Ainsi, approuver la mécréance d’autrui, est de la mécréance, parce que se satisfaire et accepter la mécréance c’est de la mécréance. Celui qui accepte de la mécréance, celui qui se satisfait de la mécréance aura commis de la mécréance.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنِ اسْتَحْسَنَ الْكُفْرَ الَّذِي فَعَلَهُ غَيْرُهُ يَكْفُرُ، فَإِذَا قِيلَ لِشَخْصٍ إِنَّ فُلانًا كَفَرَ فَاسْتَحْسَنَ هَذِهِ الْكُفْرِيَّةَ فِي نَفْسِهِ أَوْ بِلِسَانِهِ كَأَنْ قَالَ لا بَأْسَ بِهَا يَكْفُرُ، لِأَنَّهُ لَمَّا يَسْتَحْسِنُ كُفْرَ غَيْرِهِ رَضِيَ بِهِ وَالرِّضَا بِكُفْرِ الْغَيْرِ كُفْرٌ قَالَ تَعَالَى : ﴿وَلا يَرْضَى لِعِبَادِهِ الْكُفْرَ﴾ [سُورَةَ الزُّمَر/7]

Commentaire : celui qui approuve -qui apprécie- la mécréance qui a été commise par quelqu’un d’autre devient mécréant. Ainsi, s’il a été dit à quelqu’un : « untel a commis la mécréance » et lui a approuvé cette mécréance en lui-même, c’est-à-dire que dans son cœur il a approuvé, ou par sa langue il a approuvé cette mécréance comme s’il a dit : « il n’y a pas de mal en cela » alors il devient mécréant, parce qu’en approuvant la mécréance d’autrui, il s’en sera satisfait, en approuvant la mécréance d’autrui, il l’aura accepté, et accepter/se satisfaire de la mécréance d’autrui est une mécréance. Ainsi, dans sourate az-zoumar verset 7, Allah ta^ala dit :

وَلَا يَرْضَىٰ لِعِبَادِهِ ٱلْكُفْرَ

ce qui signifie : « Il n’agrée pas la mécréance pour Ses esclaves. »

وَمِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا أَنْ يُصَفِّقَ لَهُ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا وَالتَّأْيِيدِ لَهُ عَلَى مَا قَالَهُ، وَكَذَلِكَ مِنْ عَلامَاتِ الرِّضَا الضَّحِكُ لِقَوْلِهِ كَلِمَةَ الْكُفْرِ عَلَى وَجْهِ الْمُوَافَقَةِ لَهُ عَلَى قَوْلِهِ، وَأَمَّا إِنْ كَانَ مَغْلُوبًا بِضَحِكِهِ فَلا يَكْفُرُ.

Parmi les signes qui indiquent la satisfaction -l’accord- c’est d’applaudir celui qui qui a commis de la mécréance à la manière de celui qui s’en satisfait et pour le soutenir dans ce qu’il a dit. De même, parmi ce qui indique la satisfaction de la mécréance -l’approbation de la mécréance- -l’acceptation de la mécréance- il y a le fait de rire d’une parole de mécréance de manière à manifester son accord, c’est-à-dire le fait de rire en montrant son accord à ce qu’il a dit comme mécréance, est une mécréance. Quant à celui qui a été gagner par le fou rire, c’est-à-dire qu’il n’a pas rie délibérément mais il a été gagner par le fou rire, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam.

أَمَّا مَا أَخْبَرَ اللَّهُ بِهِ عَنْ مُوسَى مِنْ قَوْلِهِ دُعَاءً عَلَى فِرْعَوْنَ وَقَوْمِهِ﴿رَبَّنَا اطْمِسْ عَلَى أَمْوَالِهِمْ وَاشْدُدْ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَلا يُؤْمِنُوا﴾ [سُورَةَ يُونُس/88] فَلَيْسَ ذَلِكَ عَلَى وَجْهِ الرِّضَا بِكُفْرِهِمْ إِنَّمَا لِأَنَّهُ أَيِسَ مِنْ إِيـمَانِهِمْ فَقَالَ ذَلِكَ إِرَادَةَ التَّشْدِيدِ عَلَيْهِمْ.

Quant à la parole de Allah attribuée à notre maitre Moussa dans le verset 88 de sourate Younous :

رَبَّنَا ٱطْمِسْ عَلَىٰٓ أَمْوَٰلِهِمْ وَٱشْدُدْ عَلَىٰ قُلُوبِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُوا۟

qui signifie : « ô seigneur fait qu’ils ne puissent plus disposer de leurs biens, et fait que par leurs cœur ils n’acceptent plus la foi », il ne s’agit pas de satisfaction de leur état de mécréance de la part de Moussa, mais c’est parce que Moussa a perdu espoir en leur foi, il ne se fait plus d’illusion, c’est-à-dire que Allah lui a appris qu’ils n’allaient pas être des croyants. Moussa a perdu espoir quant au fait qu’ils entrent en islam, alors il a dit cela pour que le châtiment leur soit encore plus terrible, encore plus difficile.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلا يَكْفُرُ مَنْ نَقَلَ [كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا]عَنْ غَيْرِهِ كُفْرِيَّةً حَصَلَتْ مِنْهُ مِنْ غَيْرِ اسْتِحْسَانٍ لَهَا بِقَوْلِهِ: قَالَ فُلانٌ كَذَا وَلَوْ أَخَّرَ صِيغَةَ قَالَ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ فَيُشْتَرَطُ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً عَنِ الِابْتِدَاءِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ne devient pas mécréant celui qui rapporte d’autrui une parole de mécréance qui se serait produite de lui sans l’approuvée en disant : « untel a dit telle chose. » S’il reporte l’expression « untel l’a dit » à la fin de la phrase, il est une condition d’avoir eu dès le début l’intention de mentionner à la fin de la phrase la formule du discours rapporté, c’est-à-dire qu’il doit avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase dès le début de sa parole.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ قَالَ: »قَالَ فُلانٌ كَذَا« وَأَوْرَدَ كُفْرِيَّةً بِدُونِ اسْتِحْسَانٍ لا يَكْفُرُ، سَوَاءٌ كَانَ كِتَابَةً أَوْ قَوْلًا، أَمَّا إِذَا أَخَّرَ صِيغَةَ الْحِكَايَةِ إِلَى ءَاخِرِ الْجُمْلَةِ كَأَنْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى فَإِنَّ هَذَا حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي بِشَرْطِ أَنْ يَكُونَ فِي نِيَّتِهِ ذِكْرُ أَدَاةِ الْحِكَايَةِ ءَاخِرَ الْجُمْلَةِ قَبْلَ الْبَدْءِ بِهَا، وَأَمَّا إِنْ كَانَ فِي نِيَّتِهِ أَنْ يَذْكُرَ أَدَاةَ الْحِكَايَةِ مُؤَخَّرَةً ثُمَّ نَسِيَ فَلا يَكْفُرُ.

Commentaire : celui qui dit : « untel a dit telle chose » puis il rapporte une mécréance sans l’approuver, il ne devient pas mécréant, que ce soit une mécréance par écrit ou par la parole. Et celui qui retarde la formule du discours rapporté à la fin de la phrase, comme s’il dit : « al-massih le fils de Allah, c’est la parole des chrétiens » ou bien : « c’est ce que les chrétiens ont dit » ceci est in discours rapporté empêchant celui qui le rapporte de tomber dans la mécréance, c’est-à-dire que celui qui mentionne cela ne sort pas de l’Islam, à condition d’avoir l’intention de citer le discours rapporté à la fin de la phrase avant même de commencer à rapporter la phrase. Quant à celui qui avait l’intention de mentionner le discours rapporté à la fin de la phrase qu’il va citer, puis il a oublié de citer le discours rapporté, dans ce cas-là, il n’est pas chargé de mécréance. Ainsi, si quelqu’un voulait citer un discours rapporté juste après la phrase qu’il va rapporter, et en fin de compte il a oublié de citer le discours rapporté à la fin de la phrase, dans ce cas-là ce n’est pas une mécréance.

مَا يُسْتَثْنَى مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ الْقَوْلِيِّ

Quelles sont les exceptions de mécréance par la parole

يُسْتَثْنَى مِنَ الْكُفْرِ اللَّفْظِيِّ:

حَالَةُ سَبْقِ اللِّسَانِ: أَيْ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِشَىْءٍ مِنْ ذَلِكَ مِنْ غَيْرِ إِرَادَةٍ، بَلْ جَرَى عَلَى لِسَانِهِ وَلَمْ يَقْصِدْ أَنْ يَقُولَهُ بِالْمَرَّةِ.

Sont exclus de la mécréance par la parole les choses suivantes :

Le cas du lapsus linguae : c’est le fait de dire une parole parmi les paroles de mécréance sans que ce soit dit volontairement, sans l’avoir voulu, involontairement, mais la parole sort de la bouche sans que l’on n’ait voulu la prodiguée.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ أَرَادَ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِكَلامٍ غَيْرِ كُفْرِيٍّ فَأَخْطَأَ لِسَانُهُ فَخَرَجَتْ مِنْهُ كَلِمَةٌ كُفْرِيَّةٌ مِنْ دُونِ قَصْدٍ مِنْهُ لِلنُّطْقِ بِهَا لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ يَقْصِدَ أَنْ يَقُولَ وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ فَيَسْبِقُ لِسَانُهُ فَيَقُول: وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ فَلا مُؤَاخَذَةَ عَلَيْهِ فِي هَذَا.

Commentaire : si quelqu’un a voulu dire une parole qui n’est pas une parole de mécréance, puis il s’est trompé, sa langue à fourchée, et est sorti de sa bouche une parole de mécréance dite involontairement, non délibérément, il n’avait pas eu pour objectif de prodiguée cette parole de mécréance, alors dans ce cas il ne devient pas mécréant. Si quelqu’un voulait dire :

وَمَا أَنَا مِنَ الْمُشْرِكِينَ

ce qui signifie : « je ne suis pas au nombre des associateurs », mais il s’est trompé, sa langue à fourchée et il a dit :

وَمَا أَنَا مِنَ الْمُسْلِمِينَ

ce qui signifie « je ne suis pas au nombre des musulmans », alors dans ce cas il ne devient pas mécréant parce qu’il l’a dit involontairement, il n’a pas dit cette parole délibérément.

وَقَدْ مَثَّلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِسَبْقِ اللِّسَانِ بِرَجُلٍ فَقَدَ دَابَّتَهُ فِي الصَّحْرَاءِ وَعَلَيْهَا طَعَامُهُ وَشَرَابُهُ فَأَيِسَ مِنْهَا فَأَتَى شَجَرَةً فَاضْطَجَعَ فِي ظِلِّهَا فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذَا هُوَ بِهَا قَائِمَةً عِنْدَهُ فَأَخَذَ بِخِطَامِهَا ثُمَّ أَرَادَ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي وَأَنَا عَبْدُكَ فَقَالَ مِنْ شِدَّةِ فَرَحِهِ اللَّهُمَّ أَنْتَ عَبْدِي وَأَنَا رَبُّكَ.

Et le Messager de Allah a représenté le cas du lapsus par un homme qui a perdu sa monture en plein désert, et sur sa monture il y avait toute sa nourriture, sa boisson. Et cet homme avait perdu espoir de retrouver sa monture, puis cet homme est parti sous un arbre et s’est allonger à l’ombre de cet arbre, alors qu’il était ainsi, cet homme a retrouvé sa monture devant lui, puis il a attrapé sa monture. Puis cet homme a voulu dire : « ô Allah Tu es mon seigneur, je suis Ton esclave » et il a fait un lapsus tellement qu’il était heureux, il a fait un lapsus et a dit : « ô Allah Tu es mon esclave je suis Ton seigneur. »

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ غَيْبُوبَةِ الْعَقْلِ: أَيْ عَدَمِ صَحْوِ الْعَقْلِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions de la mécréance par la parole, il y a le cas de celui dont la raison est absente, c’est-à-dire l’absence de lucidité d’esprit.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ غَابَ عَقْلُهُ فَنَطَقَ وَهُوَ فِي هَذِهِ الْحَالِ بِكَلامٍ كُفْرِيٍّ لا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ بِسَبَبِ هَذَا وَذَلِكَ لِارْتِفَاعِ التَّكْلِيفِ عَنْهُ حِينَذَاكَ، وَيَشْمَلُ هَذَا النَّائِمَ وَالْمَجْنُونَ وَنَحْوَهُمَا كَالْوَلِيِّ إِذَا غَابَ عَقْلُهُ بِالْوَجْدِ فَتَكَلَّمَ بِمَا يُخَالِفُ شَرْعَ اللَّهِ فِي حَالِ جَذْبِهِ مِمَّا هُوَ مِنْ أَلْفَاظِ الْكُفْرِ فَإِنَّهُ لا حَرَجَ عَلَيْهِ عِنْدَئِذٍ، وَمَعَ ذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا الْمَجْذُوبَ وَكَذَلِكَ الْمَجْنُون يُنْهَيَانِ عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ.

Commentaire : ainsi, celui qui a perdu sa raison, c’est-à-dire que sa raison est absente, il a parlé lorsqu’il était dans cet état et a dit des paroles de mécréances, alors il n’est pas juger mécréant à cause de cela, parce qu’il n’était pas responsable lorsqu’il a parlé, ce jugement concerne celui qui est endormi, celui qui est fou et ceux qui sont du même ordre, comme le saint s’il perd sa lucidité d’esprit par son extrême amour pour Dieu, à cause de al-wajd il perd la raison, s’il dit une parole qui contredit la loi alors que sa raison est absente, s’il dit une parole de mécréance alors qu’il n’a plus la raison, il n’y a pas de mal pour lui à ce moment-là. Et malgré cela, bien que le saint ne soit pas responsable, ce saint qui est majdhoub tout comme celui qui est fou, nous allons leur interdire de dire de telles paroles, même s’ils ne sont pas responsables, nous leur interdisons de dire de telles paroles.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحَالَةُ الإِكْرَاهِ: فَمَنْ نَطَقَ بِالْكُفْرِ بِلِسَانِهِ مُكْرَهًا بِالْقَتْلِ وَنَحْوِهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ فَلا يَكْفُرُ قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ﴾ الآيَةَ [سُورَةَ النَّحْل/106].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde dit : autre cas d’exception à la parole de mécréance : c’est le cas de celui qui est sous la menace. Si quelqu’un prononce la mécréance par la langue, contre son gré, sous menace de mort ou de ce qui est de cet ordre, mais son cœur est apaisé par la foi, son cœur n’a pas accepté cette mécréance, eh bien il ne sort pas de l’Islam, parce qu’il était sous la menace de mort ou ce qui entraine la mort. Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ

ce qui signifie : « si quelqu’un commet de la mécréance après avoir été musulman, il subira le châtiment de Allah, sauf celui qui est menacé de mort ou qui est de cet ordre et dont le cœur est apaisé par la foi, mais ceux qui ouvrent leur cœur à la mécréance subiront le châtiment de Allah. »

La règle générale est que celui qui dit une parole de mécréance sort de l’Islam, sauf s’il est menacé de mort ou ce qui est de cet ordre. Et s’il est menacé de mort et ce qui est de cet ordre, la condition pour qu’il soit excepté, c’est que son cœur rejette la mécréance, c’est-à-dire que son cœur est apaisé par la foi, dans ce cas-là, la personne ne sort pas de l’Islam. Cependant, si quelqu’un était sous la menace de mort ou ce qui est de cet ordre mais qu’il se satisfaisait de la mécréance, alors il sort de l’Islam.

الشَّرْحُ لِيُعْلَمْ أَنَّ النِّيَّةَ إِذَا خَالَفَتِ الشَّرْعَ فَهِيَ بَاطِلَةٌ وَكَذَلِكَ الْعَمَلُ، فَيَجِبُ تَطْبِيقُ الأَمْرَيْنِ عَلَى مَا يُوَافِقُ الشَّرْعَ، فَلَيْسَ الأَمْرُ الَّذِي كُلِّفَ بِهِ الْعِبَادُ النِّيَّةَ فَقَطْ وَلا الْعَمَلَ فَقَطْ بَلْ كُلِّفْنَا بِأَمْرَيْنِ تَحْسِينِ النِّيَّةِ وَتَحْسِينِ الْعَمَلِ فَلا يَجُوزُ أَنْ نُهْمِلَ وَاحِدًا مِنَ الأَمْرَيْنِ، وَالْعَجَبُ أَنَّ بَعْضَ النَّاسِ يُورِدُونَ هَذَا الْحَدِيثَ: إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ فِي غَيْرِ مَحَلِّهِ فَيَضِلُّونَ وَيُضِلُّونَ غَيْرَهُمْ، فَإِنَّهُمْ يُورِدُونَهُ لِدَفْعِ تَكْفِيرِ مَنْ يَتَكَلَّمُ بِالْكُفْرِ عَمْدًا عَلَى وَجْهِ الْمِزَاحِ أَوْ فِي حَالِ الْغَضَبِ.

Commentaire : que l’on sache que si l’intention n’est pas conforme à la loi de l’Islam, c’est une intention qui est infondée, et de même pour les œuvres, si une œuvre n’est pas conforme à la loi de l’Islam, alors cette œuvre n’est pas valide. Nous devons veillés à pratiquer les deux -l’intention et l’œuvre- conformément à la loi. Les esclaves n’ont pas été chargés uniquement de l’intention ni les œuvres seules, mais nous avons reçu l’ordre de deux choses : veiller à ce que l’intention soit bonne, et veiller à ce que les œuvres soient bonnes, les deux, il ne nous est pas autorisé de négliger l’un ou l’autre. Qu’il est étonnant qu’il y ait des gens qui prennent le hadith :

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ

qui signifie : « certes les actes ne valent que par l’intention » mais l’explique hors de son contexte, ce qui les mènent à s’égarés eux-mêmes et à égarer d’autres qu’eux. Ils citent ce hadith hors de son contexte parce que parfois, quelqu’un commet une mécréance, il dit une mécréance par plaisanterie et pour s’exonérés ils disent : « oui mais Allah dit que les actes ne valent que par leur l’intention », mais ce hadith signifie pour que l’acte soit valide, il est indispensable qu’il y ait l’intention, c’est cela le sens, ça c’est un acte d’adoration. Mais celui qui dit une parole de mécréance délibérément il sort de l’islam, ce n’est pas uniquement s’il met l’intention de dire une mécréance qu’il sort de l’Islam ou s’il plaisante ça ne compterait pas comme le prétendent à tort ces ignorants, une telle personne n’est pas excusée, de même, si quelqu’un est en colère et dit une parole de mécréance il sort de l’Islam s’il l’a dite délibérément, eux disent à tort : « mais le prophète a dit : certes les actes ne sont considérés qu’avec l’intention » si ces gens-là comprennent qu’ils seraient excusés, ils se sont égarés.

وَمِنْ فَرْطِ الْجَهْلِ الْمُؤَدِّي إِلَى الْكُفْرِ احْتِجَاجُ بَعْضِ هَؤُلاءِ بِقَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/225] ظَنُّوا أَنَّ هَذِهِ الآيَةَ مَعْنَاهَا أَنَّ الإِنْسَانَ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَقْصِدْ بِكَلامِ الْكُفْرِ الْكُفْرَ، وَمَعْنَى هَذِهِ الآيَةِ أَنَّ مَنْ حَلَفَ بِلا إِرَادَةٍ كَقَوْلِ لا وَاللَّهِ وَبَلَى وَاللَّهِ بِدُونِ إِرَادَةٍ لا يُكْتَبُ عَلَيْهِ ذَلِكَ، وَفَرْقٌ بَيْنَ الأَيْمَانِ الَّتِي هِيَ جَمْعُ يَمِينٍ وَهُوَ الْقَسَمُ وَبَيْنَ التَّلَفُّظِ بِكَلامِ الْكُفْرِ، فَلا مُنَاسَبَةَ بَيْنَ هَذِهِ الآيَةِ وَبَيْنَ مَسْئَلَةِ مَنْ تَلَفَّظَ بِالْكُفْرِ وَهُوَ لا يَقْصِدُ الْكُفْرَ.

Et certaines personnes citent le verset 225 de sourate al-baqarah :

﴿لا يُؤَاخِذُكُمُ اللَّهُ بِاللَّغْوِ فِي أَيْمَانِكُمْ﴾

ils ont cru à tort que ce verset signifie : l’homme ne devient pas mécréant s’il n’avait pas l’intention par cette parole de mécréance que de commettre la mécréance », ce verset a un sens complètement différent de ce que eux prétendent. Ce verset signifie que si quelqu’un a dit : « non, par Allah » ou bien : « oui, par Allah » de manière machinal – certains jurent de manière machinale- sans que ce soit délibéré, il l’a dit involontairement, eh bien cette parole ne sera pas inscrite pour lui. La parole qu’il a dite lorsqu’il a juré involontairement ne sera pas inscrite pour lui, tel est le sens de ce verset 225 de sourate al-baqarah. Il y a une différence entre le fait de jurer -on appelle ça yamin en arabe- et le fait de dire une parole de mécréance. Ainsi, le verset 225 de sourate al-baqarah parle de ceux qui jurent de manière machinale -involontairement- sans prêter attention, ce verset signifie que cette parole n’est pas comptée pour eux, mais dans ce verset il ne s’agit pas de parole de mécréance. Il y a une grande différence entre ce verset et le fait que celui qui dit une parole de mécréance devient mécréant même s’il n’avait pas l’intention de commettre la mécréance.

وَهَؤُلاءِ لَمْ يَعْرِفُوا مَعْنَى ذَلِكَ الْحَدِيثِ، وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ أَنَّ الأَعْمَالَ الَّتِي أَمَرَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى عِبَادَهُ بِهَا لا تَكُونُ مُعْتَبَرَةً إِلَّا بِالنِّيَّةِ كَالصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ وَالطَّهَارَةِ عَنِ الْحَدَثَيْنِ وَالْحَجِّ وَالْجِهَادِ، كُلُّ هَذَا لا يَكُونُ مَقْبُولًا عِنْدَ اللَّهِ إِلَّا بِالنِّيَّةِ، لَيْسَ مَعْنَاهُ كَمَا يَقُولُ سَيِّدُ سَابِقٍ الَّذِي فَتَحَ لِلنَّاسِ بَابًا مِنَ الْكُفْرِ وَاسِعًا وَوَرَّطَ بِهِ خَلْقًا كَثِيرًا

Ces gens-là n’ont pas su le sens de ce hadith, le sens de ce hadith est que les œuvres que Allah a donné l’ordre à Ses esclaves d’accomplir ne seront considérés qu’avec l’intention, les œuvres comme la prière, le jeûne, la zakat, la taharah, les deux hadath, le hajj, le djihad, tout cela n’est accepté selon le jugement de Dieu qu’avec l’intention. Il n’en est pas comme le prétend Sayyid Sabiq qui a ouvert une large porte dans la mécréance et dans laquelle il a fait tomber beaucoup de personne.

فَإِنَّهُ يَقُولُ: الأَلْفَاظُ الْكُفْرِيَّةُ لا تُؤَثِّرُ إِلَّا أَنْ تَكُونَ شَارِحًا صَدْرَكَ بِهَا وَنَاوِيًا مَعْنَاهَا وَمُعْتَقِدًا

Sayyid Sabiq a prétendu que si quelqu’un dit une parole de mécréance, elle n’a pas d’effet sur lui sauf s’il ouvre son cœur pour cette parole, s’il met l’intention du sens de cette parole et en y croyant fermement. Celui qui considère cela comme étant véridique, il aura ouvert une grande porte sur la mécréance.

فَإِنَّهُ جَعَلَ بِقَوْلِهِ هَذَا كُلَّ الْعِبَادِ فِي حُكْمِ الْمُكْرَهِ، وَاللَّهُ تَعَالَى اسْتَثْنَى الْمُكْرَهَ فِي كِتَابِهِ بِحُكْمٍ خَاصٍّ

Ainsi, cet homme Sayyid Sabiq a considéré que tout le monde avait le jugement de celui qui est sous la contrainte. Or Allah a excepté celui qui est contraint par un jugement particulier.

قَالَ تَعَالَى: ﴿مَنْ كَفَرَ بِاللَّهِ مِنْ بَعْدِ إِيـمَانِهِ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ وَلَكِنْ مَّنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ اللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ﴾ [سُورَةَ النَّحْل/106]

Dieu dit dans sourate an-nahl verset 106 :

مَن كَفَرَ بِٱللَّهِ مِنۢ بَعْدِ إِيمَٰنِهِۦٓ إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُۥ مُطْمَئِنٌّۢ بِٱلْإِيمَٰنِ وَلَٰكِن مَّن شَرَحَ بِٱلْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِّنَ ٱللَّهِ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ

ce qui signifie : « celui qui commet la mécréance après avoir été croyant, il sort de l’Islam, sauf celui qui était contraint et dont le cœur est apaisé par la foi, mais celui qui a ouvert son cœur à la mécréance, il mérite le châtiment de Allah, il aura un châtiment douloureux. »

فَقَدْ جَعَلَ لِلْمُكْرَهِ حُكْمًا خَاصًّا لا يَتَجَاوَزُهُ إِلَى غَيْرِهِ وَهُوَ أَنَّ الْمُكْرَهَ بِالْقَتْلِ أَوْ نَحْوِهِ كَقَطْعِ الْيَدِ وَالرِّجْلِ إِذَا نَطَقَ بِكَلِمَةِ الْكُفْرِ تَحْتَ الإِكْرَاهِ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالإِيـمَانِ عِنْدَ نُطْقِهِ بِمَا أُكْرِهَ عَلَيْهِ مِنَ الْقَوْلِ الْكُفْرِيِّ لَيْسَ عَلَيْهِ غَضَبٌ مِنَ اللَّهِ وَلا يُعَذَّبُ لِأَنَّهُ لَمْ يَكْفُرْ، هَذَا مَعْنَى الآيَةِ.

Allah a accordé à celui qui est contraint un jugement particulier qui ne va pas concerner autre que lui, c’est-à-dire que c’est un jugement qui ne concerne que celui qui est contraint. Celui qui est contraint parce que menacé de mort, ou menacé d’avoir les bras et les jambes amputés s’il ne prononce pas la parole de mécréance, si pour échapper à cela il dit la parole de mécréance alors que son cœur est satisfait par la foi lorsqu’il la prononce, alors il ne mérite pas le châtiment de Allah, il ne sera pas châtié car il ne devient pas mécréant.

وَلَكِنَّ الْمُكْرَهَ إِذَا ثَبَتَ فَلَمْ يُجِبِ الْكُفَّارَ لِمَا أَرَادُوا مِنْهُ فَقَتَلُوهُ يَكُونُ قَدْ فَازَ بِالشَّهَادَةِ.

Cependant, si celui qui est contraint refuse de répondre à la demande de ceux qui veulent qu’il dise de la mécréance et qu’ils le tuent, il aura atteint le degré du martyre.

   وَأَمَّا غَيْرُ الْمُكْرَهِ فَإِنَّهُ لا يُشْتَرَطُ لِلْحُكْمِ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ انْشِرَاحُ الصَّدْرِ وَلا مَعْرِفَةُ الْحُكْمِ لِحَدِيثِ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَحَسَّنَهُ.

Quant à celui qui n’est pas contraint, il n’est pas une condition pour qu’il soit jugé mécréant qu’il se soit satisfait par le cœur de cette mécréance ni qu’il connaisse le jugement de cette mécréance. La preuve vient du hadith :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ لا يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا

qui signifie : « certes, il arrive que l’esclave dise une parole dans laquelle il ne voit pas de mal mais à cause de laquelle il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes. » Que Allah nous évite ainsi qu’à vous le châtiment de l’enfer.

Informations utiles :

Allah est exempt de l’endroit, Il n’est pas dans le ciel ni dans un autre endroit ni dans une quelconque direction.

Dans le verset 16 de sourate al-moulk :

أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء

qui signifie : « ne craigniez-vous donc pas ceux qui sont dans le ciel ? » ce n’est pas Allah qui est concerné pas le fait d’être dans le ciel, mais c’est l’ange Jibril.

Le verset 16 de sourate al-moulk :

أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاء أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الأَرْضَ فَإِذَا هِيَ تَمُورُ

signifie : « vous croyez vous donc protéger du fait que Allah donne l’ordre aux anges qui ont la charge du châtiment -et il s’agit de Jibril- de vous ensevelir tout comme il a enseveli les villes du peuple de Lout ?»

Parmi les savants qui ont rapporté l’unanimité à propos du ta’wil -de l’interprétation- de ce verset, il y a an-Nawawiy dans le commentaire du sahih de Mouslim.

Et ceux qui ont rapporté l’unanimité que ce verset 16 de sourate l-moulk est interprété par un autre sens que le sens apparent -le sens apparent étant que Allah serait dans le ciel mais ce n’est pas cela le sens du verset- c’est le hafidh an-Nawawiyy dans le commentaire du sahih de Mouslim, il y a également ar-Razi, Abou Hayyan al-Andalousiyy, Mouslim, al-Qourtoubiyy, al-Qouchayriyy, l’imam al-Matouridiyy dans at-tafasir ainsi que l’imam des deux haram al-Jouwayniyy as-Shamil fi ousoul ad-Din. Ceux qui ont expliqué ce verset 16 de sourate al-moulk de cette manière sont très nombreux. Il n’y a pas lieu de dire que ce verset signifierait que Dieu serait dans le ciel, parce que Allah est Le créateur du ciel, Il n’en a pas besoin.

Allah est Le créateur du ciel, Il est Le créateur des endroits, celui qui attribue à Allah le ciel ou l’endroit, ou le trône il aura insulté Allah, parce qu’il aura comparé Dieu à Ses créatures, et celui qui insulte Allah n’est pas croyant.

Que Allah m’accorde ainsi qu’à vous une fin heureuse et un bon état.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: حَالَةُ الْحِكَايَةِ لِكُفْرِ الْغَيْرِ: فَلا يَكْفُرُ الْحَاكِي كُفْرَ غَيْرِهِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِ الرِّضَى وَالِاسْتِحْسَانِ، وَمُسْتَنَدُنَا فِي اسْتِثْنَاءِ مَسْئَلَةِ الْحِكَايَةِ قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ التَّوْبَة/30]، ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/64].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les exceptions à la mécréance par la parole : le cas de celui qui rapporte la mécréance d’autrui. Celui qui rapporte la mécréance d’autrui ne devient pas mécréant s’il le fait sans s’en satisfaire ni l’approuvée. Notre preuve concernant l’exception à la mécréance du cas du discours rapporté, c’est la parole de Allah ta^ala dans sourate at-tawbah verset 30 :

وَقَالَتِ الْيَهُودُ عُزَيْرٌ ابْنُ اللَّهِ وَقَالَتِ النَّصَارَى الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ

ce qui signifie : « les juifs ont dit : « ^ouzayr est le fils de Dieu » et les chrétiens ont dit : « le messie est le fils de Dieu », il y a bien un discours rapporté, et la parole de Allah dans sourate al-ma’idah verset 64 :

وَقَالَتِ الْيَهُودُ يَدُ اللَّهِ مَغْلُولَةٌ

qui signifie : « les juifs ont dit : « Allah est avar », là aussi il y a un discours rapporté.

الشَّرْحُ مِمَّا هُوَ مُهِمٌّ مَعْرِفَتُهُ أَنَّ مَا ذُكِرَ هُنَا لَيْسَ مُشَابِهًا لِمَا قَالَهُ أَحْمَدُ دِيدَات وَبَعْضٌ غَيْرُهُ فَكَلامُهُمْ كُفْرٌ صَرِيحٌ لا يَقْبَلُ التَّأْوِيلَ وَهُوَ قَوْلُهُمْ نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مِنْ بَابِ الْمَجَازِ،

Commentaire : parmi les choses qu’il est important de connaitre, c’est que ce qui a été mentionné ici -c’est-à-dire le discours rapporté- n’est pas du même ordre que ce qu’a dit Ahmad Didat et autres que lui, leur parole est une mécréance claire -explicite- qui n’admet pas d’interprétation. Lorsqu’ils disent : « nous sommes des enfants de Dieu » mais au sens figuré, cette parole est une mécréance qui n’admet pas d’interprétation.

فَإِنَّ هَؤُلاءِ وَافَقُوا الْيَهُودَ بِقَوْلِهِمْ هَذَا لِأَنَّ الْيَهُودَ لَمَّا قَالُوا نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ مَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ وَلَدَهُمْ إِنَّمَا قَصَدُوا أَنَّ اللَّهَ يُعِزُّهُمْ، وَمَعَ ذَلِكَ اللَّهُ تَعَالَى كَفَّرَهُمْ فَنَحْنُ أَيْضًا نُكَفِّرُ هَؤُلاءِ عَمَلًا بِحُكْمِ الْقُرْءَانِ: ﴿وَقَالَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى نَحْنُ أَبْنَاءُ اللَّهِ وَأَحِبَّاؤُهُ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم بَلْ أَنْتُمْ بَشَرٌ مِّمَّنْ خَلَقَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/18].

Ces gens-là qui disent que nous sommes des enfants de Dieu -même sils prétendent que c’est au sens figuré- ont été en conformité avec les mécréants des fils d’Israël lorsqu’ils disent cela, car lorsque les mécréants des fils d’Israël disent : « nous sommes des enfants de Dieu » eux n’avaient pas pour objectif de visé que Dieu leur aurait donné naissance dans le sens qu’Il les aurait engendré, mais eux visent par-là que Allah les honore, les glorifie, mais malgré cela Dieu les a déclarés mécréant, et nous également déclarons mécréant ces gens-là par application du jugement du Qour’an. Dans sourate al-ma’idah verset 18 Dieu dit :

وَقَالَتِ ٱلْيَهُودُ وَٱلنَّصَٰرَىٰ نَحْنُ أَبْنَٰٓؤُا۟ ٱللَّهِ وَأَحِبَّٰٓؤُهُۥ ۚ قُلْ فَلِمَ يُعَذِّبُكُم بِذُنُوبِكُم ۖ بَلْ أَنتُم بَشَرٌۭ مِّمَّنْ خَلَقَ

ce qui signifie : « les juifs et les chrétiens ont dit : « nous sommes les enfants de Dieu et Ses bien aimés », dit : alors pourquoi est-ce qu’Il vous châtie pour vos péchés ? Vous n’êtes que des humains parmi ceux qu’Il a créé. »

وَلا اعْتِبَارَ لِقَوْلِ بَعْضِ هَؤُلاءِ: نَحْنُ لا نَقْصِدُ الْبُنُوَّةَ بِمَعْنَى الْوِلادَةِ إِنَّمَا نَقْصِدُ الْعِنَايَةَ وَالْعَطْفَ وَالرَّحْمَةَ

Il n’y a pas de considération a accordé à certains qui disent : « mais quand nous disons « enfant de Dieu » nous ne visons pas le fait qu’Il nous a engendré, mais dans le sens qu’Il nous accorde une attention particulière, une grâce, une miséricorde » il n’y a pas de considération a accordé à de telle parole.

فَقَدْ ذَكَرَ ابْنُ عَطِيَّةَ فِي تَفْسِيرِهِ أَنَّ إِطْلاقَ نِسْبَةِ الْبُنُوَّةِ إِلَى اللَّهِ وَلَوْ قُصِدَ بِهِ الْحَنَانُ كُفْرٌ.

En effet, dans son tafsir -dans son exégèse-, Ibnou ^Atiyyah a cité que le fait d’employer l’affiliation à Allah, de dire que telle créature est fils ou fille de Dieu, même si c’est sans le sens de la miséricorde, de la compassion et de la tendresse, c’est de la mécréance.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثُمَّ الْحِكَايَةُ الْمَانِعَةُ لِكُفْرِ حَاكِي الْكُفْرِ إِمَّا أَنْ تَكُونَ فِي أَوَّلِ الْكَلِمَةِ الَّتِي يَحْكِيهَا عَمَّنْ تَكَلَّمَ بِكُفْرٍ، أَوْ بَعْدَ ذِكْرِهِ الْكَلِمَةَ عَقِبَهَا وَقَدْ كَانَ نَاوِيًا أَنْ يَأْتِيَ بِأَدَاةِ الْحِكَايَةِ قَبْلَ أَنْ يَقُولَ كَلِمَةَ الْكُفْرِ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : par ailleurs, l’expression du discours rapporté qui empêche celui qui rapporte une parole de mécréance de tomber dans la mécréance, cette expression est placée soit au début de ce qu’il rapporte de celui qui a mécrut, il dit par exemple : « untel a dit telle chose », il a donc dit : « untel a dit » au début de sa phrase, ou bien, il cite cette expression du discours rapporté juste après la citation de la mécréance, mais dans ce dernier cas, il est une condition d’avoir eu l’intention d’utilisé l’expression du discours rapporté avant de citer la parole de mécréance.

Ainsi, s’il va utiliser l’expression du discours rapporté à la fin de sa phrase la condition c’est qu’il ait eu l’intention de cité le discours rapporté avant qu’il ne cite la parole de mécréance. En d’autres termes, ce n’est pas après avoir commencé à dire la parole de mécréance sans avoir eu l’intention de la rapporter qu’en citant l’expression du discours rapporté juste après cela va l’excuser, non. Pour qu’il puisse être excepté de la déclaration de mécréance, il est une condition qu’il ait eu l’intention de citer l’expression du discours rapporté avant de commencer à dire cette parole de mécréance.

فَلَوْ قَالَ: الْمَسِيحُ ابْنُ اللَّهِ قَوْلُ النَّصَارَى، أَوْ قَالَتْهُ النَّصَارَى، فَهِيَ حِكَايَةٌ مَانِعَةٌ لِلْكُفْرِ عَنِ الْحَاكِي.

Si par exemple il dit : « Jésus le fils de Dieu » c’est ce que disent les chrétiens » ou bien : « c’est ce qu’ont dit les chrétiens » ceci est un discours rapporté qui empêche de tomber dans la mécréance pour celui qui rapporte ce discours, parce qu’il avait employé ce qui indique le discours rapporté juste après, dans ce cas-là celui qui rapporte échappe à la déclaration de mécréance, parce qu’il avait mentionné ce qui fait référence au discours rapporté juste après, mais il avait eu l’intention de citer le discours rapporté avant de commencer sa phrase, c’est-à-dire que ce n’est pas un rattrapage qu’il a fait, ce n’est pas après avoir cité la parole de mécréance que soi-disant il se serait rattrapé pour dire le discours rapporté à la fin.

وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ

Ainsi, l’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a mentionné les cas d’exception à la mécréance par la parole : il y a le cas du lapsus, il y a le cas de celui dont la raison est absente, il y a le cas de celui qui dit une parole de mécréance sous la menace, il y a le cas de celui qui rapporte la parole d’autrui.

Le Chaykh a cité un autre cas qui est le cas de celui qui fait une interprétation -ta’wil- par son propre effort -ijtihad- dans la compréhension de la loi.

Ainsi, c’est quelqu’un qui a mal interprété parce qu’il a fourni un effort de compréhension seul, il a alors mal interprété un jugement de la loi, alors dans certains cas il n’est pas sorti de l’Islam, ce n’est pas dans tous les cas qu’il sort de l’Islam, comme le Chaykh va l’expliquer.

وَحَالَةُ كَوْنِ الشَّخْصِ مُتَأَوِّلًا بِاجْتِهَادِهِ فِي فَهْمِ الشَّرْعِ: فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ الْمُتَأَوِّلُ إِلَّا إِذَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ فَإِنَّهُ لا يُعْذَرُ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ قَالُوا بِقِدَمِ الْعَالَمِ وَأَزَلِيَّتِهِ كَابْنِ تَيْمِيَةَ.

Celui qui se livre à une interprétation, c’est-à-dire qu’il interprète à sa manière un jugement de la loi, il ne devient pas mécréant sauf si son interprétation concerne ce qui est catégorique et qu’il s’est trompé, c’est-à-dire que ce n’est pas un sujet à divergence, mais il est catégorique et confirmé par les textes, et qui fait partie des fondements et qu’il s’est trompé, dans ce cas-là il n’est pas excusé. Ainsi, ce n’est pas dans tous les cas que la mauvaise interprétation excuse, comme quelqu’un qui a fait une mauvaise interprétation dans un sujet catégorique, c’est-à-dire un sujet qui est un fondement de la croyance et il s’est trompé, c’est le cas de la mauvaise interprétation de ceux qui ont déduit que ce monde n’a pas de début, à l’exemple de Ibnou Taymiyah, une telle interprétation n’est pas excusée, parce que ça porte sur un sujet fondamental de croyance, parce que celui qui dit que ce monde n’a pas de début, ça revient à dire qu’il y aurait un associé à Dieu dans cet attribut d’exemption de début, et cela contredit le tawhid -la croyance en l’unicité de Dieu- à savoir le fait que Dieu n’ait absolument aucune ressemblance avec Ses créatures, c’est pour cela que la mauvaise interprétation à ce sujet n’est pas excusée. Ainsi, ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée.

وَأَمَّا مِثَالُ مَنْ لا يَكْفُرُ مِمَّنْ تَأَوَّلَ فَهُوَ كَتَأَوُّلِ الَّذِينَ مَنَعُوا الزَّكَاةَ فِي عَهْدِ أَبِي بَكْرٍ بِأَنَّ الزَّكَاةَ وَجَبَتْ فِي عَهْدِ الرَّسُولِ لِأَنَّ صَلاتَهُ كَانَتْ عَلَيْهِمْ سَكَنًا لَهُمْ وَطُهْرَةً – أَيْ رَحْمَةً وَطُمَأْنِينَةً – وَأَنَّ ذَلِكَ انْقَطَعَ بِمَوْتِهِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ لِذَلِكَ لِأَنَّ هَؤُلاءِ فَهِمُوا مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلاتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ﴾ [سُورَةَ التوبة/103] أَنَّ الْمُرَادَ مِنْ قَوْلِهِ خُذْ أَيْ يَا مُحَمَّدُ الزَّكَاةَ لِتَكُونَ إِذَا دَفَعُوهَا إِلَيْكَ سَكَنًا لَهُمْ

Quant à ceux qui font une mauvaise interprétation mais qui ne sortent pas de l’Islam, ce sont par exemple ceux qui se sont abstenus de payer la zakat à l’époque de Abou Bakr asSiddiq que Allah l’agrée, ceux-là pensaient que la zakat était un devoir uniquement du vivant du Messager, c’est-à-dire qu’ils pensaient que la zakat était obligatoire durant la vie du prophète car ses invocations étaient pour eux une miséricorde, un apaisement et une purification et que cela s’interromprait après sa mort. Ils ont dit : « après sa mort ce n’est plus un devoir de payer la zakat car après sa mort il ne va pas nous faire d’invocation » ils pensaient qu’ils donnaient la zakat en contrepartie des invocations du prophète et que donc après sa mort ça ne serait plus obligatoire. Voici une mauvaise interprétation. Cependant, les compagnons ne les ont pas jugés mécréants pour cela, ils les ont combattus pour qu’ils s’acquittent de ce qui leur incombe comme obligation, mais ils ne les ont pas combattus pour la mécréance. Car ils ne les ont pas jugés mécréant pour cela. Et la source de leur mauvaise interprétation c’est qu’ils ont mal compris un verset, en effet ces gens-là ont compris de la parole de Allah dans sourate at-tawbah verset 103 :

خُذْ مِنْ أَمْوَٰلِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلَوٰتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ

qui signifie : « prélève de leur bien une aumône qui les purifie et les augmente en bénédiction et fais des invocations en leur faveur, certes tes invocations sont un apaisement pour eux », ils ont compris de ce verset qu’en contrepartie de la zakat il y avait les invocations qui seraient un apaisement. Ils ont compris que ce qui serait visé par Sa parole ta^ala :

خُذْ

qui signifie : « prends », c’est-à-dire ô Mouhammed prends la zakat afin qu’elle soit, s’il te la verse, une miséricorde et un apaisement pour eux. Ils ont compris de ce verset que cela ne se produirait plus après sa mort et que par conséquent il n’était plus un devoir pour eux de la verser, parce qu’il était mort, et que c’était le prophète qui avait reçu l’ordre de prélever, voici leur mauvaise interprétation.

وَلَمْ يَفْهَمُوا أَنَّ الْحُكْمَ عَامٌّ فِي حَالِ حَيَاتِهِ وَبَعْدَ مَوْتِهِ

Ces gens-là n’avaient pas compris que le jugement était général, et que c’était un jugement qui s’appliquait de son vivant et après sa mort.

وَإِنَّمَا قَاتَلَهُمْ أَبُو بَكْرٍ كَمَا قَاتَلَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابَ فِي دَعْوَاهُ النُّبُوُّةَ لِأَنَّهُ مَا كَانَ يُمْكِنُهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنْهُمْ قَهْرًا بِدُونِ قِتَالٍ لِأَنَّهُمْ كَانُوا ذَوِي قُوَّةٍ فَاضْطُرَّ إِلَى الْقِتَالِ.

Abou Bakr que Allah l’agrée n’a pas combattu ces gens-là comme il a combattu les apostats qui avaient suivis Mousaylimah le menteur dans sa prétention à la prophétie, mais il les a combattus uniquement parce qu’il ne pouvait pas prendre d’eux la zakat malgré eux, sans combattre, ils avaient en effet une certaine force, il fut alors dans la nécessité d’engager le combat pour prélever d’eux ce qu’il leur incombait, c’était là la raison pour laquelle il les avait combattus, il n’avait pas combattu ces gens-là comme il avait combattu Mousaylimah qui avait prétendu la prophétie, qui lui, a été combattu pour son apostasie. Mais il les avait combattus parce que c’étaient des gens qui avaient refusés de s’acquitter de leur obligation et qu’ils étaient fort, donc ils ne comprenaient que par le combat.

وَكَذَلِكَ الَّذِينَ فَسَّرُوا قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ بِأَنَّهُ تَخْيِيرٌ وَلَيْسَ تَحْريِمًا لِلْخَمْرِ فَشَرِبُوهَا لِأَنَّ عُمَرَ مَا كَفَّرَهُمْ وَإِنَّمَا قَالَ: اجْلِدُوهُمْ ثَمَانِينَ ثَمَانِينَ، ثُمَّ إِنْ عَادُوا فَاقْتُلُوهُمْ اهـ. رَوَاهُ ابْنُ أَبِي شَيْبَةَ.

Attention, ces mauvaises interprétations ont eu lieu au début de l’Islam, nous n’allons pas dire qu’aujourd’hui il est possible qu’il y ait des gens qui fassent la même mauvaise interprétation, ici c’est à titre pédagogique pour illustrer des cas que le Chaykh a expliqué, mais ce n’est pas toute mauvaise interprétation qui est excusée, car il y a des gens qui se cachent derrière ces sois disant prétextes pour détruire l’Islam, mais celui qui a eu vent d’un jugement et qui le renie, il ne rentre pas dans le cas de celui qui fait une mauvaise interprétation, la mauvaise interprétation cité ici est à propos de gens qui croyaient véritablement que le jugement était ainsi, alors que de nos jours ces jugements sont connus.

Et un autre exemple à propos de ceux qui ont fait une mauvaise interprétation, c’est ceux qui ont mal interprété le verset 91 de sourate al-ma’idah à propos de l’alcool :

فَهَلْ أَنتُم مُّنتَهُونَ

qui signifie : « allez-vous vous en abstenir ? » sous-entendu une fois pour toute. Ils avaient compris que c’était un choix, à savoir : « est-ce que vous allez vous en abstenir ou pas ? », ils croyaient que les boissons enivrantes n’étaient pas une interdiction, et ils en ont bu. Cependant, notre maitre ^Oumar que Dieu l’agrée ne les a pas jugés mécréants, mais il leur a appliqué une grande peine légale avec pour qu’ils cessent et il les a menacés d’être exécuté s’ils reprenaient, parce qu’ils avaient mal interprétés ce verset, et l’explication correcte leur a été donné, donc ils ne pouvaient plus prétendre avoir mal compris. Et ceci a été rapporté par Ibnou Abi Chaybah.

الشَّرْحُ أَيْ إِنْ عَادُوا إِلَى اسْتِحْلالِ الْخَمْرِ أَمَّا فِي زَمَانِنَا هَذَا فَلا عُذْرَ لِمَنْ يُنْكِرُ حُرْمَةَ الْخَمْرِ مِمَّنْ كَانَ يَعِيشُ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ لِأَنَّهُ فِي زَمَانِنَا انْتَشَرَ حُرْمَةُ الْخَمْرِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ وَلا يَخْفَى عَلَى مَنْ يَعِيشُ بَيْنَهُمْ ذَلِكَ، فَصَارَ مَعْلُومًا مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ.

Commentaire : quant à notre époque, il n’y a pas d’excuse pour celui qui renie l’interdiction de l’alcool, pour quelqu’un qui vit parmi les musulmans, parce qu’à notre époque, l’interdiction de boire de l’alcool est un jugement qui s’est propagé chez les musulmans, les musulmans connaissent ce jugement, c’est un jugement qui n’échappe pas à quelqu’un qui vit parmi les musulmans, c’est donc devenu quelque chose comme d’évidence dans la religion.

Et qu’est-ce que ça veut dire « comme d’évidence » ? Et pourquoi nous n’avons pas dit : « connu d’évidence » sans ajouter « comme » ? Parce que l’évidence est à propos des sujets rationnels. Si on prend quelqu’un à l’improviste, et qu’on je lui demande : « qu’est-ce qui est plus grand ? : une baguette ou la moitié d’une baguette ? », d’évidence il va répondre : « le plus grand c’est la baguette entière », c’est cela qui est connu d’évidence, c’est-à-dire que si tu prends quelqu’un à l’improviste il connait, mais comme l’interdiction de l’alcool est un sujet de loi -on ne parle pas de la croyance- et que les sujet des lois ne sont pas des sujets que nous allons connaitre par la raison, ce sont des sujets que nous allons connaitre par la transmission. Allah nous a envoyé un prophète, le prophète a enseigné à ses compagnons, les compagnons ont enseigné à ceux qui sont venus après eux et ainsi de suite, et il y a des moujtahid qui ont déduit des jugements pour les cas qui n’ont pas été cités dans les textes. Ainsi, si nous prenons à l’improviste un musulman qui a vécu parmi les musulmans et que nous lui demandons : « quel est le jugement de boire de l’alcool ? », il va répondre : « c’est interdit ! », mais il n’a pas su cela par la raison, mais c’est parce que c’est un jugement qui a été diffusé, c’est pour cela que nous disons « c’est comme connu d’évidence dans la religion », c’est connu comme si c’était une évidence. Bien que nous parlions d’évidence à propos des sujets rationnels, étant donné qu’ici c’est un sujet religieux, nous rajoutons le « comme. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: إِنَّمَا كَفَّرُوا الآخَرِينَ الَّذِينَ ارْتَدُّوا عَنِ الإِسْلامِ لِتَصْدِيقِيهِمْ لِمُسَيْلِمَةَ الْكَذَّابِ الَّذِي ادَّعَى الرِّسَالَةَ، فَمُقَاتَلَتُهُمْ لِهَؤُلاءِ الَّذِينَ تَأَوَّلُوا مَنْعَ الزَّكَاةِ عَلَى هَذَا الْوَجْهِ كَانَ لِأَخْذِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ عَلَيْهِمْ فِي أَمْوَالِهِمْ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les compagnons n’ont déclaré mécréants que les autres, à savoir ceux qui avaient apostasiés, parce qu’ils avaient cru en Mousaylimah le menteur, celui qui prétendait être Messager. Ainsi le combat des compagnons contre ceux qui s’étaient abstenus de payer la zakat -dans les circonstances mentionnées- fut mené pour prendre la part du droit qui leur incombait, telle est la raison pour laquelle les compagnons les ont combattus, c’est pour prendre la part de droit qui leur incombait sur leurs biens.

وَذَلِكَ كَقِتَالِ الْبُغَاةِ فَإِنَّهُمْ لا يُقَاتَلُونَ لِكُفْرِهِمْ، بَلْ يُقَاتَلُونَ لِرَدِّهِمْ إِلَى طَاعَةِ الْخَلِيفَةِ

Ceci est comparable au combat contre les rebelles, en effet, ils ne furent pas combattus pour leur mécréance mais ils furent combattus pour les ramener à l’obéissance au Calife.

كَالَّذِينَ قَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ: وَقْعَةِ الْجَمَلِ، وَوَقْعَةِ صِفِّينَ مَعَ مُعَاوِيَةَ، وَوَقْعَةِ النَّهْرَوَانِ مَعَ الْخَوَارِجِ عَلَى أَنَّ مِنَ الْخَوَارِجِ صِنْفًا هُمْ كُفَّارٌ حَقِيقَةً فَأُولَئِكَ لَهُمْ حُكْمُهُمُ الْخَاصُّ.

Un exemple de ceux qui ont été combattus pour qu’ils soient ramenés à l’obéissance au Calife, comme ceux que notre maitre ^Aliyy a combattu lors des trois batailles principales qu’il a mené, la bataille du chameau -al djamal-, la bataille de siffin contre Mou^awiyah et la bataille de an-nahrawan contre les khawarij. En précisant toutefois qu’il y avait une catégorie des khawarij qui étaient effectivement mécréants, ceux-là avaient donc un jugement particulier.

الشَّرْحُ الَّذِي يُصَدِّقُ مَنْ يَدَّعِي النُّبُوَّةَ بَعْدَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ فَهُوَ كَافِرٌ مُكَذِّبٌ لِقَوْلِ اللَّهِ ﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾ وَلِقَوْلِ النَّبِيِّ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّونَ،رَوَاهُ مُسْلِمٌ

Commentaire : celui qui croit quelqu’un qui prétend être prophète après notre maitre Mouhammed est un mécréant, parce qu’il aura démenti la parole de Dieu dans sourate al-ahzab verset 40 :

﴿وَخَاتَمَ النَّبِيِّينَ﴾

qui signifie : « le dernier des prophètes », également, il aura contredit le hadith du prophète rapporté par Mouslim :

وَخُتِمَ بِيَ النَّبِيُّون

qui signifie : « l’envoie des prophètes a été scellé par mon envoie. » 

وَأَمَّا الْبُغَاةُ الظَّالِمُونَ الَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَى الْخَلِيفَةِ الرَّاشِدِ عَلِيِّ بنِ أَبِي طَالِبٍ كَالَّذِينَ تَمَرَّدُوا عَلَيْهِ فِي الْوَقَائِعِ الثَّلاثِ الْمَشْهُورَةِ فَلَيْسَ لَهُمْ حُكْمُ الْمُرْتَدِّينَ.

Quant aux rebelles, ceux qui étaient injustes, ceux qui s’étaient rebellés contre le Calife bien guidé ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, ceux qui se sont rebellés contre lui lors des trois batailles principales très célèbres qu’on a nommé al-jamal, siffin et an-nahrawan, ceux-là n’ont pas le jugement des apostats. Bien sûr avec la précision que de parmi les khawarij il y a ceux qui sont devenus mécréants.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْحَافِظُ أَبُو زُرْعَةَ الْعِرَاقِيُّ فِي نُكَتِهِ: وَقَالَ شَيْخُنَا الْبُلْقِينِيُّ: يَنْبَغِي أَنْ يُقَالَ بِلا تَأْوِيلٍ لِيَخْرُجَ الْبُغَاةُ وَالْخَوَارِجُ الَّذِينَ يَسْتَحِلُّونَ دِمَاءَ أَهْلِ الْعَدْلِ وَأَمْوَالَهُمْ وَيَعْتَقِدُونَ تَحْرِيْمَ دِمَائِهِمْ عَلَى أَهْلِ الْعَدْلِ، وَالَّذِينَ أَنْكَرُوا وُجُوبَ الزَّكَاةِ عَلَيْهِمْ بَعْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِالتَّأْوِيلِ فَإِنَّ الصَّحَابَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ لَمْ يُكَفِّرُوهُمْ اهـ. وَهَذَا شَاهِدٌ مِنْ مَنْقُولِ الْمَذْهَبِ لِمَسْئَلَةِ التَّأْوِيلِ بِالِاجْتِهَادِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le hafidh Abou Zour^ah al-^Iraqiyy dans son livre an-noukat a dit : notre Chaykh al-Boulqiniyy a dit : « il convient de dire sans interprétation -c’est-à-dire qu’il excepte de la parole de mécréance la parole qui est dite par mauvaise interprétation- pour excepté les rebelles et les khawarij qui se sont rendus licite de faire couler le sang des gens de la vérité et de prendre leur bien tout en croyant que les gens de la vérité n’avaient pas le droit de faire couler leur sang à eux, et ceux qui ont renié l’obligation de la zakat qui leur incombait après le Messager de Allah à cause d’une mauvaise interprétation de leur part, en effet, les compagnons que Allah les agrées, ne les ont pas jugés mécréants. » Ceci est une preuve de ce qui est rapporté dans l’école -chafi^ite- à propos de la question du ta’wil -de l’interprétation- par ‘ijtihad -par effort de compréhension-.

الشَّرْحُ اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي الْخَوَارِجِ مِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَهُمْ بِلا اسْتِثْنَاءٍ وَمِنْهُمْ مَنْ كَفَّرَ فِرْقَةً مِنْهُمْ مَخْصُوصَةً.

Commentaire : il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij sans exception, et il y a parmi les savants ceux qui ont déclaré mécréants un sous-groupe des khawarij.

فَالَّذِينَ كَفَّرُوهُمْ جُمْلَةً اعْتَمَدُوا عَلَى حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ

Ceux qui ont déclaré mécréants les khawarij dans l’absolue se sont basés sur le hadith de Abou Sa^id al-Khoudriyy dans lequel le prophète lui a dit :

يَمْرُقُونَ مِنَ الدِّينِ مُرُوقَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ ثُمَّ لا يَعُودُونَ إِلَيْهِ

ce qui signifie : ce sont des gens qui quittent la religion comme une flèche transperce sa cible, ils n’y retournent pas. » Rapporté par al-Boukhariyy. Ces savants ont pris ce hadith et ont dit à propos des khawarij que ce sont des mécréants [car tous les savants se sont accordés sur le fait que ce sont des khawarij dans ce hadith] puisque le prophète a dit : « ils n’y retournent pas. »

وَهَذَا الْحَدِيثُ ظَاهِرُهُ يَشْهَدُ بِتَكْفِيرِهِمْ لِأَنَّ فِيهِ وَصْفَ الرَّسُولِ لَهُمْ بِأَنَّهُمْ يَخْرُجُونَ مِنَ الإِسْلامِ خُرُوجَ السَّهْمِ مِنَ الرَّمِيَّةِ، أَيْ كَمَا يُصِيبُ السَّهْمُ الطَّرِيدَةَ وَيَخْرُجُ مِنْهَا بِسُرْعَةٍ، فَيُفْهَمُ مِنْ هَذَا أَنَّهُ لا بَأْسَ بِالْقَوْلِ بِتَكْفِيرِهِمْ.

Et le sens apparent de ce hadith témoigne de la mécréance des khawarij, car dans ce hadith le Messager les a décrits comme sortant de l’Islam comme une flèche qui transperce sa cible, c’est-à-dire tout comme une flèche atteint un gibier et sort de l’autre côté rapidement. Nous comprenons de là qu’il n’y a pas de mal à dire que ce sont des mécréants, il n’y a pas de danger pour celui qui prends le sens apparent de ce hadith et dit : « les khawarij sont des mécréants. »

وَالْخَوَارِجُ هُمْ أَوَّلُ فِرْقَةٍ شَذَّتْ فِي الِاعْتِقَادِ عَنْ مُعْتَقَدِ الصَّحَابَةِ فَقَاتَلَهُمْ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ فَأَبَادَهُمْ وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ

Et les khawarij est le premier groupe qui s’est singularisé dans la croyance, il s’est singularisé de la croyance des compagnons, notre maître ^Aliyy les a combattus, il les a exterminés hormis quelques individus.

وَمِنْ ضَلالاتِهِمْ تَكْفِيرُ مُرْتَكِبِ الْكَبِيرَةِ

Et parmi les égarements des khawarij, il y a qu’ils déclarent mécréants celui qui commet un grand péché.

وَيَدُلُّ عَلَى كُفْرِهِمْ حُكْمُهُمْ عَلَى كُلِّ مَنْ خَالَفَ مُعْتَقَدَهُمْ بِالْكُفْرِ وَالتَّخْلِيدِ فِي النَّارِ فَكَانُوا هُمْ أَحَقَّ بِالِاسْمِ مِنْهُمْ.

Et ce qui indique leur mécréance, c’est qu’ils jugent quiconque les contredits dans leur croyance comme étant mécréant et comme étant quelqu’un qui restera éternellement en enfer, et cette déclaration de mécréance s’applique plutôt à eux.

وَكَذَلِكَ يُسْتَدَلُّ عَلَى كُفْرِ الْخَوَارِجِ بِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ: لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ، وَفِي لَفْظٍ: ثَمُود وَكُلٌّ مِنْهُمَا إِنَّمَا هَلَكَ بِالْكُفْرِ.

Également, parmi les arguments retenus concernant la déclaration de mécréance des khawarij, c’est la parole du prophète rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :

لَئِنْ أَدْرَكْتُهُمْ لَأَقْتُلَنَّهُمْ قَتْلَ عَادٍ

qui signifie : « si je vivais à leur époque, je les exterminerais comme ont été exterminés le peuple de ^Ad », et dans une autre version rapporté par al-Boukhariyy dans son sahih :

ثَمُود

ce qui signifie : « le peuple de Thamoud », et chacun de ces deux peuples ont péri par leur mécréance.

وَبِقَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: هُمْ شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَةِ، وَبِقَوْلِهِ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ: إِنَّهُمْ أَبْغَضُ الْخَلْقِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى وَلا يُوصَفُ بِذَلِكَ إِلَّا الْكُفَّارُ.

Parmi les preuves retenus concernant la mécréance des khawarij, il y a la parole du prophète rapporté par Mouslim qui les a décrits en disant :

هُم شَرُّ الْخَلْقِ وَالْخَلِيقَة

ce qui signifie : « ce sont les pires des créatures et de la création. » Également par la parole du prophète au sujet des khawarij :

إِنَّهُم أَبْغَضُ الْخَلْقِ إلى اللهِ تَعَالَى

qui signifie : « ce sont les plus méprisables des créatures selon le jugement de Dieu », c’est-à-dire que ce sont ceux dont Dieu les menace du plus grave des châtiment, et le plus grave des châtiment n’est pas appliqué aux musulmans.

وَمَبْدَأُ أَمْرِهِمْ حَصَلَ لَمَّا وَافَقَ سَيِّدُنَا عَلِيٌّ عَلَى تَحْكِيمِ الْحَكَمَيْنِ، فَانْحَازَ عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ طَائِفَةٌ مِمَّنْ كَانُوا يُقَاتِلُونَ مَعَهُ، فَرَأَوْا هَذَا التَّحْكِيمَ ضَلالًا وَكُفْرًا

Au début les khawarijd étaient avec les musulmans, la première apparition de ces khawarij a eu lieu lorsque notre maître ^Aliyy a accepté l’arbitrage des deux arbitres lorsqu’il était dans la bataille de siffin contre Mou^awiyah et que pour faire cesser l’effusion du sang des musulmans il a accepté l’arbitrage. Eux étaient dans son camp, ils ont considéré le fait qu’il accepte l’arbitrage est de l’égarement et de la mécréance. Ils ont ainsi déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy.

وَقَالُوا كَيْفَ يُحَكِّمُ مَخْلُوقًا وَاللَّهُ يَقُولُ: ﴿إِنِ الْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ﴾ [سُورَةَ الأَنْعَام/57] فَظَنُّوا مِنْ فَسَادِ أَفْهَامِهِمْ أَنَّ عَلِيًّا خَالَفَ الْقُرْءَانَ، وَهُوَ فِي الْحَقِيقَةِ لَمْ يُخَالِفْ فَقَالَ عَلِيٌّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ أَيْ مَا وَضَعُوا هَذِهِ الآيَةَ فِي مَحَلِّهَا.

Ils ont dit : « comment est-ce que ^Aliyy accepte l’arbitrage d’une créature ? Alors que Allah ta^ala dit dans sourate al-an^am verset 57 :

إِنِ ٱلْحُكْمُ إِلَّا لِلَّهِ

alors que ce verset n’a pas du tout le sens que eux ont retenu. À cause de leur mauvaise compréhension, ils ont cru que ^Aliyy avait contredit le Qour’an, alors qu’en réalité il ne l’avait pas contredit, c’est alors que notre maître ^Aliyy a dit une parole qui est devenu connu à son sujet qui est :

كَلِمَةُ حَقٍّ أُرِيدَ بِهَا بَاطِلٌ

ce qui signifie : « c’est une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux. »

Sa parole : « c’est une parole de vérité » c’est-à-dire que c’est du Qour’an, c’est nécessairement une parole de vérité, mais par laquelle ils en ont voulu un sens qui est faux, c’est-à-dire qu’ils ont attribué à cette parole de vérité un sens qui n’est pas correcte, le verset ne signifie pas : « il n’est pas valide d’accepter l’arbitrage d’arbitre humain » ce n’est pas le sens de ce verset, le verset n’est pas du tout dans le sens qu’il ne fallait pas accepter l’arbitrage d’un humain, non, mais le verset à un autre sens, le sens est : « n’a lieu que ce que Dieu a voulu. » Et donc à cause de cela, ils ont déclaré mécréant notre maitre ^Aliyy et ils se sont retrouvés à le combattre. Ils étaient dans son camp et lors de la bataille d’après, la bataille de an-nahrawan, c’était contre notre maître ^Aliyy qu’ils se sont opposés, et au bout du compte les khawarij l’ont tué.

Ainsi, comme cas d’exception à la mécréance par la parole, il y a celui qui dit une parole de mécréance par lapsus, il ne sort pas de l’Islam, de même s’il était endormi ou fou, c’est-à-dire qu’il n’avait pas toute sa raison, il ne sort pas de l’Islam, s’il rapporte la parole de mécréance, il ne sort pas de l’Islam, s’il dit la parole de mécréance sous la contrainte parce qu’il est menacé de mort, il ne sort pas de l’Islam et s’il fait une mauvaise interprétation il ne sort pas de l’Islam, mais l’exception à la mécréance par la mauvaise interprétation n’est pas dans tous les cas.

Informations utiles :

Notre Chaykh que Allah lui fasse miséricorde aimait beaucoup le siwak, et il incitait beaucoup à l’utiliser. Il aimait que le siwak soit du bois d’arak, qu’il soit neuf et qu’il soit souple. Il rapportait les hadith du Messager de Allah concernant le siwak, comme le hadith :

رَكْعَتَانِ بِسِوَاكٍ أَفْضَلُ مِنْ 70 رَكْعَةً مِنْ دُونِ سِوَاك

qui signifie : « deux rak^ah qui sont accomplies après avoir utilisé le siwak valent plus que soixante-dix rak^ah accomplies sans avoir utiliser le siwak. » Et ce hadith a été rapporté avec une forte chaîne de transmission qui est rapporté par al-Bazzar, al-Bayhaqiyy d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée.

Le Chaykh disait : « le siwak multiplie la récompense de la prière. » Et le Chaykh appréciait beaucoup que celui qui l’accompagne ait toujours le woudou’, qu’il ait une bonne odeur et qu’il ait toujours avec lui un siwak.

En effet le siwak -le siwak étant le petit bâtonnet en bois qu’on utilise pour se frotter les dents- fait en sorte que l’haleine de la bouche soit bonne, il contribue à la blancheur des gens, il renforce la gencive, le siwak aide à bien articuler les lettres, si on frotte le siwak sur la langue de l’enfant qui a tardé à parler, cela l’aide à bien prononcer, il renforce le cerveau, le siwak rappel les deux témoignages au moment de la mort, il rend malheureux le shaytan, et il réjouit les anges.

Lorsque notre Chaykh que Dieu l’agrée se réveillait la nuit, il utilisait le siwak par application de l’enseignement du Messager de Allah.

Il nous a rapporté du Messager de Allah que lorsqu’il se levait la nuit, il frottait ses dents avec le siwak.

Et notre Chaykh que Allah l’agrée mettait parfois un peu de miel dans la bouche, il utilisait al-arak avec le miel dans la bouche. Il disait : « ce qui n’est pas enlever avec le siwak, c’est le miel qui va l’enlever », et parfois il mettait de l’huile d’olive dans la bouche et il faisait le siwak comme nous l’avons cité. Et il citait le hadith :

تَهَادَوْا تَحَابُّوا

qui signifie : « offrez-vous des cadeaux, aimez-vous les uns les autres », tout comme l’a rapporté al-Boukhariyy dans al-adab, al-Bayhaqiyy et at-Tabaraniyy.

Et le Chaykh citait le hadith qoudsiyy :

حَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَزَاوِرِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي لِلْمُتَبَاذِلِينَ فِيَّ

qui signifie : « Allah ta^ala dit : Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui se rendent visite les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se donnent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité par ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément. »

Et al-Bayhaqiyy, al-Hakim ainsi que Ibnou Hibban ont rapporté d’après le compagnon ^Oubadah fils de as-Samit qu’il a dit : « j’ai entendu le Messager de Allah dire, en rapportant de son Seigneur tabaraka wa ta^ala :

حَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَحَابِّينَ فِيَّ ، وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَنَاصِحِينَ فِيَّ, وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَزَاوِرِين فِيَّ

 وَحَقَّتْ مَحَبَّتِي عَلَى الْمُتَبَادِلِينَ فيَّ ، وَهُمْ عَلَى مَنَابِرَ مِن نُورٍ يَغْبِطُهُمُ النَّبِيُّونَ وَالصَّدِيقُونَ بِمَكَانِهِم

ce qui signifie : « Mon agrément est mérité par ceux qui s’aiment les uns les autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se portent le conseil les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui se rendent visite les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et Mon agrément est mérité pour ceux qui s’offrent des cadeaux les uns aux autres par recherche de Mon agrément, et ils seront au jour du jugement sur des chairs de lumières, les prophètes et les véridiques seront heureux pour eux et auraient tant aimé avoir comme eux leur place. »

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِمَّا يَشْهَدُ مِنَ الْمَنْقُولِ فِي مَسْئَلَةِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأَوُّلِ وَحِكَايَةِ الْكُفْرِ قَوْلُ شَمْسِ الدِّينِ الرَّمْلِيِّ فِي شَرْحِهِ عَلَى مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ فِي أَوَائِلِ كِتَابِ الرِّدَّةِ فِي شَرْحِ قَوْلِ النَّوَوِيِّ: الرِّدَّةُ قَطْعُ الإِسْلامِ بِنِيَّةٍ أَوْ قَوْلِ كُفْرٍ مَا نَصُّهُ: فَلا أَثَرَ لِسَبْقِ لِسَانٍ أَوْ إِكْرَاهٍ، وَاجْتِهَادٍ وَحِكَايَةِ كُفْرٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : parmi les preuves rapportées concernant l’effort de compréhension pour l’interprétation et la citation des propos de mécréance, il y a ce qu’a rapporté Chamsou d-Din ar-Ramliyy dans son commentaire de minhaj at-Talibin au début du chapitre de l’apostasie lorsqu’il commente la parole de an-Nawawiyy, lorsque an-Nawawiyy a dit : « l’apostasie c’est la rupture de l’Islam par une intention ou une parole de mécréance », ar-Ramliyy a dit : « il n’y a donc pas de conséquence en cas de lapsus ou de menace, en cas d’ijtihad ou de citation de parole de mécréance. »

Ainsi, il y a des paroles qui lorsqu’elles sont prononcées la personne sort de l’Islam, cependant si cette parole a été dite à la suite d’un lapsus, c’est-à-dire qu’il a commis un lapsus en disant cette parole, il ne sort pas de l’Islam à cause de cette parole, ou encore si c’est une parole qu’il a dite parce qu’il est menacé de mort, s’il dit cette parole sans pour autant l’appréciée, là aussi il ne sort pas de l’Islam.

Et ar-Ramliyy rajoute en disant : « en cas d’ijtihad », c’est-à-dire en cas de tentative d’interprétation par son propre effort, c’est-à-dire que la personne à d’elle-même mal compris quelque chose, ça aussi fait l’objet d’exception à la mécréance dans certain cas. Et il y a la citation d’une parole de mécréance, c’est-à-dire que si quelqu’un rapporte la parole de mécréance de quelqu’un d’autre, il ne sort pas de l’Islam.

وَقَوْلُ الْمُحَشِّي – أَيْ صَاحِبِ الْحَاشِيَةِ عَلَى الشَّرْحِ – نُورِ الدِّينِ عَلِيِّ الشَّبْرَامَلِّسِي الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسَبْعٍ وَثَمَانِينَ، عِنْدَ قَوْلِ الرَّمْلِيِّ: وَاجْتِهَادٍ مَا نَصُّهُ: أَيْ لا مُطْلَقًا كَمَا هُوَ ظَاهِرٌ لِمَا سَيَأْتِي مِنْ نَحْوِ كُفْرِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ وَالِاسْتِدْلالِ.

Ainsi, Chamsou d-Din ar-Ramliyy a fait le commentaire du livre de an-Nawawiyy dans lequel il y a la parole de l’auteur du texte -à savoir an-Nawawiyy- qui se trouve en marge du commentaire. Et il y a un autre savant qui s’appelle Nour d-Din ^Aliyy ach-Chabramallisiy qui est mort en 1087 de l’hégire, il a fait un commentaire sur la parole de ar-Ramliyy. Ainsi ar-Ramliyy a cité l’exception à la mécréance de l’ijtihad, et le savant ach-Chabramallisiy explique la parole de ar-Ramliyy. Ainsi, ar-Ramliyy a dit : « en cas d’ijtihad » mais il n’a pas détaillé, et ach-Chabramallisiy dit : « il y a un détail », car les savants donnent une règle et après il y a des exceptions.

Ainsi, ar-Ramliyy a simplement dit que l’ijtihad est une exception à la mécréance, mais bien sur ce n’est pas parce que l’on dit que c’est une exception que c’est dans tous les cas, non, et justement le savant ach-Chabramallisiy dit : « ce n’est pas de façon absolue » et le savant ach-Chabramallisiy donne des exemples, il a dit : « comme cela est clairement illustrer par ce qui va venir, à savoir que ceux qui disent que le monde est sans commencement ou des choses similaires sont mécréants, bien qu’ils l’aient affirmés à partir d’un ‘ijtihad et par déduction. »

Ainsi, ce sont des gens qui ont soi-disant fait un ‘ijtihad, par effort de déduction ils ont prétendu que le monde n’aurait pas de début, mais cette parole est une mécréance, même si c’est par déduction, parce qu’elle est à l’encontre des fondements de la religion, un des principes fondamentaux de la religion c’est que Dieu est Le créateur de tout autre que Lui, ainsi, ceux qui disent que ce monde n’a pas de début c’est comme s’ils disaient que ce monde est associé à Dieu dans Son exemption de début, ceci contredit la croyance en l’unicité de Dieu puisqu’ils attributs un des attributs de Dieu à autre que Dieu, en l’occurrence au monde. C’est pour cela que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé.

قَالَ الْمُحَشِّي الآخَرُ عَلَى الرَّمْلِيِّ أَحْمَدُ بنُ عَبْدِ الرَّزَّاقِ الْمَعْرُوفُ بِالْمَغْرِبِيِّ الرَّشِيدِيِّ الْمُتَوَفَّى سَنَةَ أَلْفٍ وَسِتٍّ وَتِسْعِينَ قَوْلُهُ وَاجْتِهَادٍ أَيْ فِيمَا لَمْ يَقُمِ الدَّلِيلُ الْقَاطِعُ عَلَى خِلافِهِ بِدَلِيلِ كُفْرِ نَحْوِ الْقَائِلِينَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ مَعَ أَنَّهُ بِالِاجْتِهَادِ اهـ

Et il y a un autre auteur qui a commenté en marge l’ouvrage de ar-Ramliyy. Le livre d’origine c’est an-Nawawiyy qui l’a écrit, puis ar-Ramliyy en a fait un commentaire, et il y a deux savants qui ont fait des commentaires additionnels. Ainsi, le deuxième commentateur s’appelle Ahmad fils de ^Abdou r-Razzaq, il est connu sous le nom de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy, il est mort en 1096, c’est-à-dire 9 ans après ach-Chabramallisiy.

Al-Maghribiyy ar-Rachidiyy a dit : « sa parole – c’est-à-dire celle de ar-Ramliyy- « en cas d’ijtihad » c’est-à-dire dans les questions dont la preuve catégorique du contraire n’a pas été établie », c’est-à-dire que ce n’est pas tout ‘ijtihad qui serait excusé -qui fait en sorte que la personne n’est pas déclarée mécréante- mais ce sont les ‘ijtihad qui ne vont pas à l’encontre des fondamentaux de la religion, les ‘ijtihad qui ne sont pas contraires à ce qui est prouvé de manière catégorique.

Et il donne un exemple. Il donne le même exemple que le commentateur précédant, il dit : « preuve en est la mécréance de ceux qui disent que le monde est sans commencement, bien que cela vienne d’un ‘ijtihad de leur part. » Ainsi, ils ont soi-disant fait un ‘ijtihad et ont abouti à ça, mais cela contredit les fondements, cette prétention, cette parole va à l’encontre de la croyance de l’Islam et va à l’encontre de ce qu’implique la raison saine et va à l’encontre de ce qu’impliquent les textes. C’est pour cela que cet ‘ijtihad de leur part -cet effort de déduction- n’est pas excusé, il les a faits tomber dans une mécréance pour laquelle ils ne sont pas excusés, ils sont sortis de l’Islam pour avoir dit cela.

فَلْيَجْعَلْ طَالِبُ الْعِلْمِ قَوْلَ الرَّشِيدِيِّ الْمَذْكُورَ فِيمَا لَمْ يَقُمْ دَلِيلٌ قَاطِعٌ عَلَى ذُكْرٍ – يَعْنِي أَنْ يَكُونَ مُسْتَحْضِرًا لِهَذِهِ الْكَلِمَةِ فِي قَلْبِهِ لِأَنَّهَا مُهِمَّةٌ -، لِأَنَّ التَّأَوُّلَ مَعَ قِيَامِ الدَّلِيلِ الْقَاطِعِ لا يَمْنَعُ التَّكْفِيرَ عَنْ صَاحِبِهِ

Par conséquent, que celui qui recherche la science de la religion garde bien en mémoire la parole de ar-Rachidiyy précédemment cité, qui est : « dans les questions dont une preuve catégorique du contraire n’a pas été établie » alors qu’il garde bien cette parole en mémoire, c’est-à-dire qu’il la garde bien présente dans son cœur, cette précision de al-Maghribiyy ar-Rachidiyy est très importante, parce que faire une interprétation en présence de la preuve catégorique du contraire ne sauve pas son auteur de la mécréance.

وَقَوْلُنَا فِي الْخَوَارِجِ بِاسْتِثْنَاءِ بَعْضِهِمْ مِنَ الَّذِينَ لَمْ يُكَفَّرُوا لِثُبُوتِ مَا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فِي بَعْضِهِمْ كَمَا يُؤَيِّدُهُ قَوْلُ بَعْضِ الصَّحَابَةِ الَّذِينَ رَوَوْا أَحَادِيثَ الْخَوَارِجِ.

Nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions et n’avaient pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour d’autres.

Ainsi, certains savants n’ont pas déclaré les khawarij mécréants pour certaines choses, c’est pour cela que le Chaykh dit : nous avons dit à propos des khawarij que certains faisaient exceptions – à la déclaration de mécréance- et n’avaient donc pas été déclarés mécréants car ce qui implique la mécréance est confirmé pour les autres, comme cela est appuyé par la parole de certains compagnons qui ont rapporté des hadith concernant les khawarij.

الشَّرْحُ قَوْلُهُمْ بِالتَّأْوِيلِ وَالِاجْتِهَادِ مَعْنَاهُ عَلَى حَسَبِ مَا هُوَ أَرَادَ أَنْ يَطْلُبَ مَا هُوَ الْحَقُّ فَإِذَا أَخْطَأَ الشَّخْصُ فِي هَذَا الْبَابِ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يَكُونَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ، فَمَنِ اجْتَهَدَ فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَأَخْطَأَ لا يُعْذَرُ.

Commentaire : lorsqu’ils ont dit « est excepté de la parole de mécréance le ta’wil ou l’ijtihad » c’est-à-dire l’effort de déduction ou l’interprétation de la propre personne, c’est-à-dire en fonction de ce que la personne recherchait comme étant la vérité, c’est-à-dire que la personne croyait avoir atteint la vérité. Mais si cette personne se trompe concernant ce chapitre, elle ne devient pas mécréante, parce qu’elle a fourni un effort pour croire que c’était ainsi. Hormis le cas où il a fourni un effort de déduction dans les sujets catégoriques, parce que celui qui fait un ‘ijtihad dans les sujets catégoriques et se trompe n’est pas excusé.

هَذَا غَيْرُ الِاجْتِهَادِ الَّذِي هُوَ مُقَابِلُ التَّقْلِيدِ، لِأَنَّ هُنَاكَ مَرْتَبَتَيْنِ مَرْتَبَةَ الِاجْتِهَادِ وَمَرْتَبَةَ التَّقْلِيدِ، فَالِاجْتِهَادُ لِمَنْ يَحْفَظُ ءَايَاتِ الأَحْكَامِ وَأَحَادِيثَ الأَحْكَامِ وَيَكُونُ قَوِيَّ الذَّاكِرَةِ قَوِيَّ الْعَقْلِ مَعَ التُّقَى وَالْعَدَالَةِ كَالشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَكَثِيرِينَ مِنَ السَّلَفِ

Et ici, lorsque nous parlons du mot « ‘ijtihad » ce n’est pas l’ijtihad semblable à celui de l’imam Malik ou l’imam Abou Hanifah ou l’imam ach-Chafi^iyy ou l’imam Ahmad Ibnou Hanbal, non, ce n’est pas l’ijtihad qui est opposé au taqlid, nous ne parlons pas de cet ‘ijtihad là. L’ijtihad qui est à l’opposé du taqlid c’est l’ijtihad -l’effort de déduction- que peut faire celui qui mémorise les versets concernant les jugements, les hadith concernant les jugements, qui a une très forte mémoire, qui a une grande capacité intellectuelle, qui est pieux, qui est juste digne de confiance, comme ach-Chafi^iyy, comme l’imam Malik et de nombreux du salaf.

أَمَّا الِاجْتِهَادُ فِي هَذَا الْبَابِ فَمَعْنَاهُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا أَرَادَ أَنْ يَعْرِفَ الْحَقَّ وَيَصِلَ إِلَيْهِ فَقَالَ كَلِمَةً شَاذَّةً كَهَؤُلاءِ الَّذِينَ قَالُوا: الزَّكَاةُ كَانَتْ فِي زَمَنِ الرَّسُولِ فَرْضًا لِأَنَّ الرَّسُولَ لَمَّا يَدْعُو لِلْمُزَكِّي دُعَاؤُهُ هَذَا سَكَنٌ لِلْمُزَكِّينَ، أَمَّا بَعْدَ وَفَاتِهِ فَقَدِ انْقَطَعَ ذَلِكَ فَلَيْسَتْ وَاجِبَةً، مِثْلُ هَذَا يُقَالُ لَهُ اجْتِهَادٌ وَيُقَالُ لَهُ تَأْوِيلٌ أَيْضًا فَهَؤُلاءِ لا نُكَفِّرُهُمْ، لِأَنَّ الَّذِي يَجْتَهِدُ فِي غَيْرِ الْقَطْعِيِّ يُقَالُ غَلِطَ وَلا يُكَفَّرُ.

Tandis que dans ce chapitre, l’ijtihad qui est considéré dans certains cas et non systématiquement comme étant une exception à la mécréance par la parole, c’est lorsque que quelqu’un veut connaitre la vérité et y parvenir, et il a dit une parole qui est singulière, comme ceux qui ont prétendu que la zakat n’était obligatoire que durant la vie du Messager parce que lorsque le Messager faisait des invocations pour celui qui donne la zakat, ces invocations seront une cause de sérénité pour ceux qui donnent la zakat, mais après son décès, cela s’est interrompu, ils ont donc dit : « la zakat n’est plus un devoir après la mort du prophète », cela s’appelle un ‘ijtihad -un effort de déduction- et ça s’appelle aussi un ta’wil. Eh bien ces gens-là ne sont pas déclarés mécréants à cause de cette mauvaise interprétation -ce mauvais ta’wil- ce mauvais ‘ijtihad. Nous ne les déclarons pas mécréants, parce que celui qui fournit un ‘ijtihad dans un autre sujet que les sujets catégoriques et s’est trompé, nous disons simplement qu’il s’est trompé et nous ne disons pas qu’il a commis la mécréance. Ainsi, par un ‘ijtihad, il a fourni un effort de déduction mais dans un sujet autre que les sujets catégoriques, les sujets catégoriques qui sont par exemple les attributs de Dieu, l’existence de Dieu, l’unicité de Dieu, qui sont des sujets catégoriques, le fait que Dieu préserve les prophètes de la mécréance, ceci est un sujet catégorique.

وَأَمَّا مُحَارَبَةُ أَبِي بَكْرٍ لَهُمْ فَلِأَنَّهُمُ امْتَنَعُوا عَنْ أَدَاءِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ وَكَانُوا جَمْعًا لَهُمْ قُوَّةٌ فَقَاتَلَهُمْ مَعَ الْمُرْتَدِّينَ الَّذِينَ اتَّبَعُوا مُسَيْلِمَةَ وَءَامَنُوا بِدَعْوَاهُ النُّبُوَّةَ.

Quant au fait que Abou Bakr les ait combattus n’est pas parce qu’ils étaient des apostats, il les a combattus parce qu’ils s’étaient abstenus de s’acquitter d’un devoir dans la loi de l’Islam, qui est de payer la zakat. Et ils formaient un grand groupe, il les a combattus avec les apostats qui eux avaient suivis Mousaylimah et qui ont cru en la prétention à la prophétie de Mousaylimah.

   أَمَّا فِي الْقَطْعِيَّاتِ فَلا عِبْرَةَ بِالِاجْتِهَادِ، كَابْنِ تَيْمِيَةَ الَّذِي اجْتَهَدَ فَقَالَ الْعَالَمُ أَزَلِيٌّ بِجِنْسِهِ أَيْ لَمْ يَتَقَدَّمِ اللَّهُ جِنْسَ الْعَالَمِ بِالْوُجُودِ، بَلْ قَالَ وَهَذَا كَمَالٌ لِلَّهِ ذَكَرَ هَذَا فِي كِتَابِ شَرْحِ حَدِيثِ عِمْرَانَ بنِ حُصَيْنٍ [انْظُرِ الْكِتَابَ (ص/193)، وَمَجْمُوعَ الْفَتَاوَى (18/239)] وَلَمْ يَدْرِ أَنَّ هَذَا قَوْلٌ مِنْهُ بِأَنَّ اللَّهَ مَا خَلَقَ جِنْسَ الْعَالَمِ إِنَّمَا خَلَقَ الأَفْرَادَ الْمُعَيَّنَةَ

Cependant, si c’est un ‘ijtihad -un effort de déduction- dans les sujets catégoriques, ce n’est pas excusé. Comme lorsque Ibnou Taymiyah à soi-disant fait un ‘ijtihad et a dit que le genre de ce monde n’a pas de début, c’est-à-dire que Allah n’a pas précédé le genre du monde par l’existence, et Ibnou Taymiyah a dit : « ceci est une perfection au sujet de Dieu » il a cité cela dans son livre « charh hadith ^Imran Ibni Houssayn » page 193 et dans son livre « majmou^ l-fatawa » tome 18 page 239. Et c’est comme si Ibnou Taymiyah ne s’était pas rendu compte qu’en disant cela, ça revient à dire que Allah n’a pas créé le genre de ce monde, mais que Dieu n’aurait créé que les individus en particulier.

وَقَالَ أَيْضًا عَنِ الْعَرْشِ إِنَّ جِنْسَهُ قَدِيمٌ لا ابْتِدَاءَ لِوُجُودِهِ أَيْ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ كَمَا أَنَّ اللَّهَ لَمْ يَسْبِقْهُ الْعَدَمُ، فَقَدْ سَاوَى بِقَوْلِهِ هَذَا جِنْسَ الْعَالَمِ مَعَ اللَّهِ وَأَيُّ كُفْرٍ وَشِرْكٍ هَذَا.

Il a également dit à propos de al-^arch -le trône- [qui est le toit du paradis] que son genre est de toute éternité et qu’il n’a pas de début à son existence, c’est-à-dire qu’il n’a pas été précédé du néant tout comme Allah n’a pas été précédé du néant. Par cette parole, il aura ainsi considéré équivalent le genre de ce monde et Allah, et quelle mécréance et quelle association que celle-ci.

نَقَلَ هَذَا عَنْهُ الْعَالِمُ الْعَلَّامَةُ الثِّقَةُ جَلالُ الدِّينِ الدَّوَّانِيُّ فِي شَرْحِ الْعَضُدِيَّةِ.

Celui qui a rapporté cette parole de lui est l’illustre savant, le digne de confiance Djalal ad-Din ad-Dawwaniyy dans le commentaire d’al-^adoudiyyah.

فَلا يُخَلِّصُهُ اجْتِهَادُهُ هَذَا مِنَ الْكُفْرِ

Le fait que Ibnou Taymiyah ait fait cette ‘ijtihad ne va pas le délivrer -l’excepté- de la mécréance.

وَكَالَّذِي قَالَ الْكُفَّارُ يَنْقَطِعُ عَذَابُهُمْ بَعْدَ زَمَنٍ طَوِيلٍ فَإِنَّهُ عَلَى زَعْمِهِ أَرَادَ الْوُصُولَ إِلَى الْحَقِّ فَلا يَمْنَعُ تَأْوِيلُهُ هَذَا عَنْهُ التَّكْفِيرَ

Et comme celui qui a dit que les mécréants n’auront plus de châtiment après un certain temps, selon sa prétention il a voulu parvenir à la vérité, et cette mauvaise interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant. Celui qui est ignorant comme celui qui est savant savent que l’enfer n’aura pas de fin, même celui qui n’a jamais étudié sait que l’enfer n’a pas de fin, c’est pour cela que c’est considéré comme étant un sujet catégorique, ça fait partie des sujets catégoriques à propos desquels celui qui fait un ‘ijtihad n’est pas excusé, c’est-à-dire qu’il fournit un effort de déduction et parvient à quelque chose de faux, du moment qu’il contredit un des sujets fondamentaux il n’est pas excusé.

فَالْمُتَأَوِّلُ فِي الْقَطْعِيَّاتِ لا يُعْذَرُ إِذَا أَخْطَأَ وَإِلَّا لَلَزِمَ تَرْكُ تَكْفِيرِ النَّصَارَى لِأَنَّهُمْ عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمِ اجْتَهَدُوا، وَالْبُوذِيُّونَ أَيْضًا اجْتَهَدُوا عَلَى حَسَبِ زَعْمِهِمْ فَرَأَوْا أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ حَقٌّ فَدَانُوا بِهِ

Et celui qui fait une mauvaise interprétation dans des sujets catégoriques n’est pas excusé, c’est-à-dire que son interprétation ne l’empêche pas d’être déclaré mécréant, ce n’est pas parce qu’il a fait une interprétation qu’il serait exempté de mécréance, non il est déclaré mécréant, car si celui qui fournissait de mauvaises interprétations ou aboutissait à de mauvaises déductions dans des sujets catégoriques et se trompait était excusé, selon cette [fausse] règle, comment allons-nous déclarer mécréants les chrétiens ? Car selon eux ils ont fait un ‘ijtihad, ou les bouddhistes car selon eux ils ont considéré que la religion qu’ils ont est correcte alors que bien sûr c’est quelque chose de faux.

فَالَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ كُلَّ مُتَأَوِّلٍ يُعْذَرُ مَهْمَا كَانَ تَأَوُّلُهُ فَقَدْ عَطَّلَ الشَّرِيعَةَ.

Ainsi, celui qui a eu pour croyance que n’importe quelle personne qui fait un ta’wil -une interprétation- et se trompe serait excusé quelle que soit son interprétation, c’est comme s’il aura annulé l’application de la loi.

وَمِمَّنْ قَالَ بِقِدَمِ الْعَالَمِ بِالِاجْتِهَادِ ابْنُ سِينَا وَالْفَارَابِيُّ فَكَفَّرَهُمُ الْمُسْلِمُونَ، وَلا نُسَمِّي هَذَيْنِ وَأَمْثَالَهُمْ بِالْفَلاسِفَةِ الإِسْلامِيِّينَ كَمَا يَفْعَلُ بَعْضُهُمْ لِلتَّمْيِيزِ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ إِرَسْطُو لِأَنَّهُ كَانَ قَبْلَ سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ بِزَمَانٍ بَعِيدٍ، لِأَنَّ تَسْمِيَتَهُمْ بِذَلِكَ تُوهِمُ أَنَّهُمْ مَا خَرَجُوا مِنَ الإِسْلامِ.

Et parmi ceux qui ont prétendu que ce monde n’a pas de commencement par effort de déduction –‘ijtihad-, il y a Ibnou Sina et al-Farabi. Ibnou Sina et al-Farabi ont été déclaré mécréants par les musulmans, les musulmans les ont déclarés mécréants pour cela. Et ces deux-là et leurs semblables ne sont pas appelés « des philosophes islamiques » comme le font certains pour soi-disant les distingués d’Aristote, parce qu’Aristote a vécu bien avant notre maitre Mouhammed. Car les appeler « philosophes islamiques » laisse croire qu’ils ne sont pas sortis de l’Islam, il faut prendre garde à ne pas les désignés par cette appellation.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَأَمَّا مَا يُرْوَى عَنْ سَيِّدِنَا عَلِيٍّ مِنْ أَنَّهُ قَالَ »إِخْوَانُنَا بَغَوْا عَلَيْنَا« فَلَيْسَ فِيهِ حُجَّةٌ لِلْحُكْمِ عَلَى جَمِيعِهِمْ بِالإِسْلامِ، لِأَنَّهُ لَمْ يَثْبُتْ إِسْنَادًا عَنْ عَلِيٍّ، وَقَدْ قَطَعَ الْحَافِظُ الْمُجْتَهِدُ ابْنُ جَرِيرٍ الطَّبَرِيُّ بِتَكْفِيرِهِمْ وَغَيْرُهُ، وَحُمِلَ ذَلِكَ عَلَى اخْتِلافِ أَحْوَالِ الْخَوَارِجِ بِأَنَّ مِنْهُمْ مَنْ وَصَلَ إِلَى حَدِّ الْكُفْرِ وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَصِلْ، وَهَذِهِ الْمَسْئَلَةُ بَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالِاجْتِهَادِ وَبَعْضُهُمْ عَبَّرَ عَنْهَا بِالتَّأْوِيلِ، فَمِمَّنْ عَبَّرَ بِالتَّأْوِيلِ الْحَافِظُ الْفَقِيهُ الشَّافِعِيُّ سِرَاجُ الدِّينِ الْبُلْقِينِيُّ الَّذِي قَالَ فِيهِ صَاحِبُ الْقَامُوسِ »عَلَّامَةُ الدُّنْيَا« وَعَبَّرَ بَعْضُ شُرَّاحِ مِنْهَاجِ الطَّالِبِينَ بِالِاجْتِهَادِ وَكِلْتَا الْعِبَارَتَيْنِ لا بُدَّ لَهُمَا مِنْ قَيْدٍ مَلْحُوظٍ.

Quant à ce qui est attribué à notre maitre ^Aliyy, qu’il aurait dit : « nos frères se sont rebellés contre nous » ça ne veut pas dire qu’on ne déclare pas mécréants tous ces gens-là, il n’y a pas en cela de preuve pour les juger musulmans dans leur totalité. En effet cette parole n’a pas été confirmée par chaîne de transmission jusqu’à ^Aliyy. D’autres par, le hafidh et moujtahid Ibnou Jarir at-Tabariyy les a jugés mécréants catégoriquement et d’autres que lui également. Et cette divergence dans les avis est imputable à la diversité des cas des khawarij, certains d’entre eux sont allés jusqu’à la mécréance tandis que d’autres ne sont pas tombés dans la mécréance. Certains ont désigné cette question par le terme « ‘ijtihad » tandis que d’autres l’ont désigné par le terme « ta’wil. » Parmi ceux qui l’ont désigné par le terme « ta’wil » il y a le hafidh et faqih chafi^ites Sirajoud d-Din al-Boulqiniyy que l’auteur du Qamous a appelé « le savant émérite du monde. » Et certains auteur du commentaire de minhaj at-Talibin l’ont désigné par le terme « ‘ijtihad », toutefois, pour chacune de ces deux expressions il est indispensable de bien noter qu’elle est assortie d’une restriction.

وَمِنْ هُنَا يُعْلَمُ أَنَّهُ لَيْسَ كُلُّ مُتَأَوِّلٍ يَمْنَعُ عَنْهُ تَأْوِيلُهُ التَّكْفِيرَ، فَلا يَظُنَّ ظَانٌّ أَنَّ ذَلِكَ مُطْلَقٌ لِأَنَّ الإِطْلاقَ فِي ذَلِكَ انْحِلالٌ وَمُرُوقٌ مِنَ الدِّينِ.

À partir de là, que la personne ne s’imagine pas que toute interprétation sauve son auteur de la mécréance. Et que personne ne pense que cela serait dans l’absolue, car la généralisation dans ce domaine revient à se départir et à sortir de la religion.

أَلا تَرَى أَنَّ كَثِيرًا مِنَ الْمُنْتَسِبِينَ إِلَى الإِسْلامِ الْمُشْتَغِلِينَ بِالْفَلْسَفَةِ مَرَقُوا مِنَ الدِّينِ بِاعْتِقَادِهِمُ الْقَوْلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ اجْتِهَادًا مِنْهُمْ وَمَعَ ذَلِكَ أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَكْفِيرِهِمْ كَمَا ذَكَرَ ذَلِكَ الْمُحَدِّثُ الْفَقِيهُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ فِي شَرْحِ جَمْعِ الْجَوَامِعِ فَإِنَّهُ قَالَ بَعْدَ أَنَّ ذَكَرَ الْفَرِيقَيْنِ مِنْهُمُ الْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ وَصُورَتِهِ وَالْفَرِيقَ الْقَائِلَ بِأَزَلِيَّةِ الْعَالَمِ بِمَادَّتِهِ أَيْ بِجِنْسِهِ فَقَطْ مَا نَصُّهُ: اتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى تَضْلِيلِهِمْ وَتَكْفِيرِهِمْ

Ne vois-tu pas en effet que nombre de ceux qui se réclament de l’Islam en versant dans la philosophie sont sortis de la religion par leur croyance, et que le monde serait sans commencement selon leur prétention, ils ont pourtant dit cela à partir d’un ‘ijtihad de leur part, malgré cela les musulmans ont été unanimes à les jugé mécréants comme cela a été cite par l’imam, le mouhaddith et faqih Badrou d-Din az-Zarkachiyy dans son commentaire de djam^ou l-djawami^. Il a cité les deux groupes, l’un disant que le monde est sans commencement par sa matière et son apparence et l’autre disant que ce monde est sans commencement par sa matière, c’est-à-dire par son genre seulement, eh bien à leur sujet les musulmans s’accordent à les jugé égarés et mécréants.

وَكَذَلِكَ الْمُرْجِئَةُ الْقَائِلُونَ بِأَنَّهُ لا يَضُرُّ مَعَ الإِيـمَانِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ إِنَّمَا قَالُوا ذَلِكَ اجْتِهَادًا وَتَأْوِيلًالِبَعْضِ النُّصُوصِ عَلَى غَيْرِ وَجْهِهَا فَلَمْ يُعْذَرُوا [فَإِنَّهُمْ تَأَوَّلُوا هَذِهِ الآيَةَ ﴿وَهَلْ نُجَازِي إِلَّا الْكَفُورَ﴾ حَمَلُوهَا عَلَى أَنَّ مَعْنَاهَا لا عُقُوبَةَ فِي الآخِرَةِ إِلَّا عَلَى الْكَافِرِ. وَهَذَا التَّأَوُّلُ لا يَنْفَعُهُمْ] وَكَذَلِكَ ضَلَّ فِرَقٌ غَيْرُهُمْ وَهُمْ مُنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَانَ زَيْغُهُمْ بِطَرِيقِ الِاجْتِهَادِ بِالتَّأْوِيلِ، نَسْأَلُ اللَّهَ الثَّبَاتَ عَلَى الْحَقِّ.

Il en est de même pour les mourji’ah qui disent qu’aucun péché ne serait nuisible en ayant la foi, ils prétendent que du moment que la personne est croyante, aucun péché ne lui sera préjudiciable, tout comme aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, ils ont fait une fausse analogie. C’est vrai qu’aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant, mais ça ne veut pas dire qu’aucun péché n’est préjudiciable avec l’Islam. Ils ont prétendu dire cela à partir de l’ijtihad et de leur interprétation de certains textes. Ils n’ont pas été excusés pour autant. De même, d’autres groupes se sont égarés bien qu’ils se réclamaient de l’Islam, leur égarement ayant eu lieu à cause d’un ‘ijtihad pour faire une interprétation. Nous demandons à Allah qu’Il nous maintienne dans la vérité.

قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.

Règle : une parole qui a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.

Ainsi, il y a des mots qui ont plus d’un sens, celui qui dit un mot ayant plus d’un sens en visant par cette parole un sens étant de la mécréance, alors il est déclaré mécréant, mais s’il avait visé un sens qui n’est pas de la mécréance, il ne sera pas déclaré mécréant.

Informations utiles :

Habituellement, les choses à propos desquelles nous espérons qu’elles se réaliseront ont des causes, soit des causes apparentes soit des causes qui ne sont pas apparentes. D’autres ont utilisé une autre manière de s’exprimer et on dit : « il y a des causes qui sont terrestres et des causes qui sont célestes. »

Par exemple, quelqu’un qui est malade va voir un médecin pour se soigner, il aura pris la cause qui est apparente, et quand ce malade donne une aumône en étant sincère, il ne recherche que l’agrément de Dieu par cette aumône qu’il a donné, Allah le guérie, et c’est une cause qui n’est pas apparente.

Le Chaykh a dit à quelqu’un de reciter les deux mou^awidhat -al-falaq et an-nas- après l’appel de la prière de l’aube et du coucher du soleil. Et il lui a dit de reciter ces mou^awithat également dans la prière, c’est-à-dire dans chacune des cinq prières. Le Chaykh a dit : « ceci est utile pour protéger contre la sorcellerie, le mauvais œil et la jalousie. »

قَاعِدَةٌ: اللَّفْظُ الَّذِي لَهُ مَعْنَيَانِ أَحَدُهُمَا نَوْعٌ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالآخَرُ لَيْسَ كُفْرًا، وَكَانَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ كُفْرٌ ظَاهِرًا لَكِنْ لَيْسَ صَرِيْحًا، لا يُكَفَّرُ قَائِلُهُ حَتَّى يُعْرَفَ مِنْهُ أَيَّ الْمَعْنَيَيْنِ أَرَادَ، فَإِنْ قَالَ أَرَدْتُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ حُكِمَ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ وَأُجْرِيَ عَلَيْهِ أَحْكَامُ الرِّدَّةِ وَإِلَّا فَلا يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِالْكُفْرِ.

Règle : une parole qui a deux sens [ou plus] dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas, et dont le sens qui relève de la mécréance est son sens apparent, mais n’est pas explicite [c’est-à-dire qu’elle peut admettre d’autre sens]. Celui qui prononce cette parole n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : « je visais le sens qui est de la mécréance » il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie, sinon il n’est pas jugé mécréant.

الشَّرْحُ مِثَالُ ذَلِكَ أَنَّ كَلِمَةَ النَّبِيِّ فِي اللُّغَةِ تَأْتِي بِمَعْنَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ الْمُرْتَفِعَةِ وَتَأْتِي بِمَعْنَى مَنْ أُوحِيَ إِلَيْهِ بِالنُّبُوَّةِ، فَلَوْ قَالَ شَخْصٌ الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ مَكْرُوهَةٌ وَأَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى الأَرْضِ الْمُحْدَوْدِبَةِ مَكْرُوهَةٌ لِأَنَّ الشَّخْصَ لا يَخْشَعُ فِي صَلاتِهِ عَلَيْهَا فَكَلامُهُ صَحِيحٌ، وَأَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ الصَّلاةَ عَلَى النَّبِيِّ أَيْ مُحَمَّدٍ مَكْرُوهَةٌ فَهُوَ كُفْرٌ لِأَنَّ ذَلِكَ تَكْذِيبٌ لِلشَّرِيعَةِ قَالَ تَعَالَى: ﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾ [سُورَةَ الأَحْزَاب/56].

Commentaire : un exemple pour ce genre de parole qui a deux sens : dans la langue arabe, le mot « an-nabiyy » peut avoir le sens de la terre de la petite colline dont le terrain est bosselé, c’est-à-dire qu’il y a des bosses. Une telle terre s’appelle « an-nabiyy. » Et celui à qui il est révélé qu’il est un prophète s’appelle aussi « an-nabiyy. » Le mot « an-nabiyy » a dans la langue arabe deux sens : il y a un sens qui est la terre qui comporte des bosses et il y a le sens qui désigne celui qui reçoit la révélation. Et lorsque quelqu’un dit « an-nabiyy », la première chose qui vient à l’esprit est le sens de celui qui reçoit la révélation. Or « an-nabiyy » peut également avoir le sens de la terre qui comporte des bosses. Si quelqu’un dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par « an-nabiyy » la terre qui est bosselée et par الصَّلاةُ la prière que nous faisons, parce que généralement la personne n’a pas de kouchou^ -la crainte révérencielle de Allah présente dans le cœur- parce qu’elle est plus préoccupée par le fait de tenir l’équilibre que de se concentrer dans sa prière, sa parole est vraie, ce n’est pas quelque chose de faux.  Quant à celui qui dit : الصَّلاةُ عَلَى النَّبِيِّ c’est déconseillé » en visant par-là que les invocations que nous faisons en faveur du prophète Mouhammed seraient déconseillés, alors c’est de la mécréance, parce que cette phrase revient à démentir la loi de l’Islam. Dieu dit dans sourate al-‘ahzab verset 56 :

﴿إِنَّ اللَّهَ وَمَلائِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا﴾

ce qui signifie : « certes Allah élève en degré le Prophète et les anges font des invocations pour que Allah élève en degré le Prophète, ô vous qui êtes croyants faites des invocations pour que Allah l’élève davantage en degré. » Ainsi, Allah nous ordonne dans le Qour’an de faire des invocations en faveur du prophète, celui qui dit que c’est déconseillé de le faire revient à dire que Allah est un menteur, et celui qui dit que Allah ment ne s’est pas soumis à l’extrême pour Allah, ce n’est pas un musulman. Le croyant, le musulman qui se soumet totalement à Allah ne dit pas une parole qui revient à démentir Dieu.

وَكَذَلِكَ إِذَا قَالَ قَائِلٌ الْخُبْزُ خَيْرٌ مِنَ اللَّهِ فَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ نِعْمَةٌ مِنَ اللَّهِ فَلا يَكْفُرُ، أَمَّا إِنْ أَرَادَ أَنَّ هَذَا أَفْضَلُ مِنَ اللَّهِ يَكْفُرُ، لِأَنَّ كَلِمَةَ خَيْرٍ فِي لُغَةِ الْعَرَبِ تَأْتِي بِمَعْنَى أَفْضَل وَتَأْتِي بِمَعْنَى نِعْمَةٍ فَيُحْكَمُ عَلَى الْقَائِلِ بِحَسَبِ الْمَعْنَى الَّذِي أَرَادَهُ.

Et de même, si quelqu’un dit : « le pain khayroun mina Allah » en visant par-là que le pain est une ni^mah -une grâce- de la part de Allah, il ne devient pas mécréant. En revanche, s’il vise par cette phrase que le pain est meilleur que Allah, il devient mécréant, parce que le mot « khayr » dans la langue arabe peut avoir le sens de meilleur et le sens d’une grâce. Par conséquent, on juge sa parole conforment au sens qu’il en a voulu.

Ainsi, dans ces deux exemples, la parole a deux sens dont l’un rentre dans l’une des catégories de mécréance et l’autre pas. Le jugement de la personne qui a dit une telle parole dépend du sens qu’elle a visé.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَكَذَلِكَ إِنْ كَانَ اللَّفْظُ لَهُ مَعَانٍ كَثِيرَةٌ وَكَانَ كُلُّ مَعَانِيهِ كُفْرًا وَكَانَ مَعْنًى وَاحِدٌ مِنْهَا غَيْرَ كُفْرٍ لا يُكَفَّرُ إِلَّا أَنْ يُعْرَفَ مِنْهُ إِرَادَةُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيِّ، وَهَذَا هُوَ الَّذِي ذَكَرَهُ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ الْحَنَفِيِّينَ فِي كُتُبِهِمْ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de même, si une parole a plusieurs significations relevant toutes de la mécréance mais qu’elle possède un sens ne relevant pas de la mécréance, son auteur n’est pas jugé mécréant, sauf si l’on sait qu’il visait le sens relevant de la mécréance. C’est en effet ce qu’ont cité plusieurs savants hanafites dans leurs livres.

وَأَمَّا مَا يَقُولُهُ بَعْضُ النَّاسِ مِنْ أَنَّهُ إِذَا كَانَ فِي الْكَلِمَةِ تِسْعَةٌ وَتِسْعُونَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٌ وَاحِدٌ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ أُخِذَ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ فَلا مَعْنَى لَهُ، وَلا يَصِحُّ نِسْبَةُ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَلا إِلَى أَبِي حَنِيفَةَ كَمَا نَسَبَ سَيِّدُ سَابِقٍ شِبْهَ ذَلِكَ إِلَى مَالِكٍ، وَهُوَ شَائِعٌ عَلَى أَلْسِنَةِ بَعْضِ الْعَصْرِيِّينَ فَلْيَتَّقُوا اللَّهَ.

Quant à ce que disent certains individus : « s’il y avait au sujet d’une parole 99 avis en faveur du jugement de mécréance et un seul avis contre le jugement de mécréance, on prendrait systématiquement l’avis que ce n’est pas de la mécréance parce qu’il y a un seul cas. » cela n’a pas de sens. De plus, ce n’est pas valide d’attribuer cela à l’imam Malik ni à l’imam Abou Hanifah à l’instar de Sayyid Sabiq qui a attribué une citation semblable à Malik. Ceci s’est rependu chez certains contemporains, qu’ils craignent donc Allah.

Ils ouvrent ainsi la porte à la mécréance, ils encouragent les gens à dire de la mécréance, c’est pour cela que le Chaykh dit : « qu’ils craignent donc Allah. »

الشَّرْحُ أَنَّهُ يَنْبَغِي الْحَذَرُ مِمَّا يَقُولُهُ بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ عَنْ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ إِذَا اخْتَلَفَ النَّاسُ عَلَى تِسْعَةٍ وَتِسْعِينَ قَوْلًا بِالتَّكْفِيرِ وَقَوْلٍ وَاحِدٍ بِتَرْكِ التَّكْفِيرِ يُؤْخَذُ بِهَذَا الْقَوْلِ الْوَاحِدِ، وَهَذِهِ لا أَصْلَ لَهَا عَنْ مَالِكٍ وَلا عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ فَلا تَثْبُتُ عَنْ أَحَدٍ مِنْهُمَا، وَهَذَا لَيْسَ مَعْنَاهُ أَنَّ هَذِهِ الْكَلِمَةَ لَهَا عِدَّةُ مَعَانٍ أَحَدُ مَعَانِيهَا لَيْسَ كُفْرًا وَالأُخْرَى كُلُّهَا كُفْرٌ وَإِنَّمَا بَعْضُ الْمُؤَلِّفِينَ يُورِدُونَهَا فِي الْكَلِمَةِ الصَّرِيْحَةِ فِي الْكُفْرِ.

Commentaire : il convient de prendre garde à ce que disent certains auteurs en attribuant cela à l’imam Malik que Allah l’agrée. Ils prétendent que si les gens ont divergé en donnant 99 avis de déclaration de mécréance et un seul avis de non-déclaration de mécréance alors on prend systématiquement ce seul avis qui ne déclare pas mécréant, cela n’a aucun fondement, c’est-à-dire que ce n’est pas une parole qui a été dite par Malik ni par Abou Hanifah, elle n’est confirmée d’aucun des deux. Et ces gens-là ne veulent pas dire que l’un des sens de cette parole n’est pas de la mécréance et que tous les autres sens sont de la mécréance, non. Mais ces auteurs prétendent cela même pour la parole qui est explicite dans la mécréance. Ils disent : « si quelqu’un dit une parole explicite dans la mécréance et que 99 savants disent que c’est une parole explicite dans la mécréance et qu’un dit que ce n’est pas de la mécréance, alors on suit l’avis qui dit que ce n’est pas de la mécréance. » Alors que c’est une parole qui est explicite dans la mécréance.

وَإِنَّمَا الَّذِي فِي عِبَارَاتِ الْفُقَهَاءِ وَفِي مُؤَلَّفَاتِهِمْ أَنَّ مَنْ تَكَلَّمَ بِلَفْظٍ لَهُ أَوْجُهٌ عَدِيدَةٌ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَوَجْهٌ وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ يَحْكُمُ الْمُفْتِيُّ بِالْوَجْهِ الْوَاحِدِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ الْمُتَلَفِّظُ بِهِ إِنَّهُ أَرَادَ غَيْرَ ذَلِكَ الْوَجْهِ فَلا يَنْفَعُهُ فَتْوَى الْمُفْتِي وَتَبِينُ امْرَأَتُهُ، وَمَعْنَى هَذَا أَنَّ الَّذِي يَتَلَفَّظُ بِلَفْظٍ لَهُ عِدَّةُ مَعَانٍ وَلَهُ مَعْنًى وَاحِدٌ لا يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ وَالْمَعَانِي الأُخَرُ تَقْتَضِي التَّكْفِيرَ لا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ إِلَّا أَنْ يَقُولَ إِنَّهُ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ

Quant à ce qui figure dans les livres des fouqaha’ c’est que si quelqu’un a dit une parole qui admet plusieurs possibilités et que toutes ces possibilités impliquent la mécréance mais il y a une possibilité de l’expliquer comme n’étant pas de la mécréance, alors le moufti ne juge pas la personne comme étant mécréante, sauf si celui qui a dit cette parole avoue lui-même qu’il avait visé autre que ce sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il avait visé la mécréance. Dans ce cas-là, la fatwa du moufti ne lui sera pas utile puisqu’il avait visé la parole qui est de la mécréance, et celle qui était son épouse n’est plus son épouse. Car avec l’apostasie le contrat est suspendu.

Et Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Mouhammed Ibnou l-Haçan était un élève de Abou Hanifah et qui est devenu un moujtahid à part entière, mais ses avis ont très souvent rejoint ceux de Abou Hanifah, c’est pour cela qu’il est rattaché à son école.

وَقَدْ ذُكِرَ لِذَلِكَ مِثَالٌ عَنْ مُحَمَّدِ بنِ الْحَسَنِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَهُوَ أَنَّ الرَّجُلَ إِذَا قِيلَ لَهُ: صَلِّ، فَقَالَ: لا أُصَلِّي، فَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِأَنِّي قَدْ صَلَّيْتُ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي لِقَوْلِكَ لا يَكْفُرُ، وَكَذَا إِنْ أَرَادَ لا أُصَلِّي أَنَا مُتَكَاسِلٌ لا يَكْفُرُ، وَإِنْ أَرَادَ أَنَّهُ لا يُصَلِّي لِأَنَّهُ مُسْتَخِفٌّ بِهَا كَفَرَ.

Ainsi, Mouhammed Ibnou l-Haçan a donné un exemple pour illustrer cela. Il a dit : si l’on dit à quelqu’un : « fais la prière » et qu’il répond : « je ne fais pas la prière », s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je l’ai déjà faite » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise par-là : « je ne fais pas la prière parce que c’est toi qui me l’ordonnes » ce n’est pas de la mécréance. Et s’il a visé : « je ne fais pas la prière parce que je suis paresseux » ce n’est pas de la mécréance. C’est sûr que son péché est grand mais ce n’est pas de la mécréance. Et s’il vise qu’il ne fait pas la prière parce qu’il ne lui accorde pas d’importance et se moque de la prière, alors c’est de la mécréance. Ainsi, une même phrase admet plusieurs possibilités.

وَيُفْهَمُ مِنْ لَفْظِ الْمَتْنِ أَيْضًا أَنَّ مَا كَانَ مِنَ الْكَلامِ فِيهِ اسْتِخْفَافٌ بِالدِّينِ أَوْ إِنْكَارُ مَا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ نُكَفِّرُ قَائِلَهُ وَلَوْ خَالَفَ فِي ذَلِكَ أَلْفُ إِنْسَانٍ وَلا نَنْظُرُ إِلَى كَثْرَةِ الْمُخَالِفِينَ وَإِنَّمَا نَنْظُرُ إِلَى مُوَافَقَةِ الْحَقِّ.

On comprend de cela que les paroles qui comportent une moquerie, un dédain, un rabaissement à l’égard de la religion ou toutes paroles qui comportent un reniement de ce qui est connu comme d’évidence dans la religion est de la mécréance, comme quelqu’un qui dit : « c’est permis de boire de l’alcool. » Celui qui dit cela est déclaré mécréant même s’il y a 1000 personnes qui disent le contraire. On ne prend pas en considération le nombre de personnes qui contredisent, mais on prend en considération ce qui est en conformité avec la loi, à savoir quelle parole est conforme à la loi et quelle parole n’est pas conforme à la loi. Ce qui n’est pas en conformité avec la loi n’a aucun poids.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.

كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ

Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.

عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ

À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.

وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.

Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :

إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ

ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.

فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.

وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.

Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :

مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ

ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti, cependant Marwane Ibnou l-Hakam l’avait atteint d’une flèche qui le tua. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.

فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir.

وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ

Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir.

وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا

De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.

Informations utiles :

Celui qui dit que l’eau ne comporte pas d’intérêt, qu’elle est inutile, c’est un mécréant. Mais si quelqu’un insulte une catégorie d’eau, il ne devient pas mécréant. Celui qui insulte l’eau dans l’absolue devient mécréant parce qu’en insultant l’eau il aura contredit le Qour’an. Et dans le hadith, le Messager nous a dit que l’esclave sera interrogé : « n’est-ce pas que tu as eu un corps en bonne santé ? N’est-ce pas que tu as été abreuvé d’eau fraiche ? » Tout comme cela a été rapporté par at-Tabaraniyy et al-Bayhaqiyy.

L’eau fraiche est une grâce éminente à propos de laquelle l’esclave sera interrogé au jour du jugement : est-ce qu’il s’est acquitté du remerciement obligatoire qui lui incombe ou pas ?

Et dans le hadith, le Messager de Allah a dit :

سَيِّدُ شَرَابِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ الْمَاء

ce qui signifie : « le maitre de toutes les boissons du bas monde et de l’au-delà c’est l’eau. » Tout comme l’a rapporté Abou Nou^aym. Voici ce qui est parvenu dans le hadith. L’eau peut remplacer autre chose, mais autre que l’eau ne remplace pas l’eau dans tous les cas.

Quant à celui qui est assoiffé, la chose qu’il désire le plus est l’eau, plus qu’aucune autre boisson.

Et un savant a dit :

إِذَا الْعُشْرُونَ مِنْ شَعْبَانَ وَلَّتْ * فَوَاصِل شُرْبَ لَيْلِكَ بِالنَّهَارِ وَلَا تَشْرَب بِأَقْدَاحٍ صِغَارٍ * فَقَدْ ضَاقَ الزَّمَانُ عَنِ الصِّغَارِ

ce qui signifie : « si les 20 jours de cha^ban se sont écoulés, alors veilles nuit et jour. Et ne t’abreuves pas dans tes petits verres, parce qu’il y a beaucoup qui sont petits. » Ce qu’il vise ici c’est que la mort est imminente, la mort est proche, alors fait toi des provisions pour ton au-delà avec un surcroit de sérieux.

Et à ce sujet il y a la parole de Allah dans sourate al-qasas verset 77 :

وَلَا تَنسَ نَصِيبَكَ مِنَ ٱلدُّنْيَا

qui signifie : « n’oublie pas ta part du bas monde. » C’est-à-dire n’oublie pas de prendre tes provisions de ton bas monde pour ton au-delà. Celui qui a pris des provisions pour son au-delà à partir de ce bas monde est celui qui agit avec intelligence. Et celui qui a manqué de s’approvisionner pour son au-delà est le perdant.

Et nous rappelons qu’à propos du mensonge si la personne le dit en étant sérieuse ou en plaisantant c’est interdit. Et ce, même s’il voulait faire rire les gens, c’est interdit.

Notre maitre Mouhammed a dit :

إِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِنَّ الْبِرَّ يَهْدِي إِلى الْجَنَّةِ وَإِنَّ الْكَذِبَ يَهْدِي إِلى الْفُجُورِ وَإِنَّ الْفُجُورَ يَهْدِي إِلى النَّارِ

ce qui signifie : « être véridique mène à la bienfaisance, et la bienfaisance mène au paradis. Et le mensonge mène à la perversité, et la perversité mène en enfer. » Les savants ont dit que le fait d’être véridique est quelque chose qui mène aux bonnes œuvres qui sont pures de toutes choses blâmables. Quant au mot « al-birr » -la bienfaisance-, c’est un mot qui englobe toute sorte de bien. Tandis que le mensonge mène à la perversité, la perversité qui est le fait de s’écarter de la droiture. Il a été dit que la perversité ici signifie le fait de s’empresser à commettre les péchés.

Et le Messager de Allah a dit :

عَلَيْكُمْ بِالصِّدْقِ فَإِنَّ الصِّدْقَ يَهْدِي إِلى الْبِرِّ وَإِيَّاكُمْ وَالْكَذِبَ

ce qui signifie : « soyez véridiques car le fait d’être véridique mène à la bienfaisance et gare à vous du mensonge. » Les savants ont dit que ce hadith comporte une forte incitation à rechercher le fait d’être véridique, c’est-à-dire d’avoir cela pour objectif et de s’appliquer à être véridique. Et dans ce hadith il y a la mise en garde contre le mensonge et contre le fait de se faciliter le mensonge, parce que si quelqu’un trouve le fait de mentir facile, il va beaucoup mentir et sera connu comme étant un menteur. Et Allah ta^ala fera inscrire la personne en tant que siddiq si la personne est toujours véridique, et kadh-dhab -menteur- si la personne a pour habitude de mentir.

Alors, soyez en garde contre le mensonge, mettez en garde contre le mensonge, c’est une mauvaise habitude. Si elle indique quelque chose, elle indique la mauvaise nature de la personne, les mauvais penchants de la personne. Alors craigniez Dieu et soyez avec les véridiques.

Celui qui prononce certaines paroles qui sont explicites, c’est-à-dire qui n’admettent qu’un seul sens sort de l’Islam. S’il possède toute sa raison lorsqu’il prononce cette parole, c’est-à-dire saint d’esprit et qu’il est pubère, il sort de l’Islam. Et si c’est quelqu’un qui est fou et qui a perdu la raison, comme un saint qui perd la raison, s’il dit une parole explicite dans la mécréance il ne sort pas de l’Islam parce qu’il n’est pas responsable à ce moment-là. Et il ne provient pas du saint de parole de mécréance, sauf s’il fait un lapsus ou bien il perd la raison, mais lorsqu’il a toute sa raison, il ne provient pas de lui de mécréance, parce que Allah le protège de la mécréance. Et il se peut que le saint commette un grand péché, même peu de temps avant de mourir. Cependant, la particularité du saint c’est qu’il fait le repentir avant de mourir.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْعُلَمَاءُ: أَمَّا الصَّرِيحُ أَيِ الَّذِي لَيْسَ لَهُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدٌ يَقْتَضِي التَّكْفِيرَ فَيُحْكَمُ عَلَى قَائِلِهِ بِالْكُفْرِ كَقَوْلِ أَنَا اللَّهُحَتَّى لَوْ صَدَرَ هَذَا اللَّفْظُ مِنْ وَلِيٍّ فِي حَالَةِ غَيْبَةِ عَقْلِهِ يُعَزَّرُ وَلَوْ لَمْ يَكُنْ هُوَ مُكَلَّفًا تِلْكَ السَّاعَةَ قَالَ ذَلِكَ عِزُّ الدِّينِ بنُ عَبْدِ السَّلامِ، وَذَلِكَ لِأَنَّ التَّعْزِيرَ يُؤَثِّرُ فِيمَنْ غَابَ عَقْلُهُ كَمَا يُؤَثِّرُ فِي الصَّاحِي الْعَاقِلِ وَكَمَا يُؤَثِّرُ فِي الْبَهَائِمِ فَإِنَّهَا إِذَا جَمَحَتْ فَضُرِبَتْ تَكُفُّ عَنْ جُمُوحِهَا مَعَ أَنَّهَا لَيْسَتْ بِعَاقِلَةٍ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les savants ont dit : quant à ce qui est une mécréance sarih -explicite-, c’est-à-dire que ça n’a qu’un seul sens -univoque-, son jugement est que celui qui la prononce est jugé mécréant, comme si quelqu’un dit : « je suis Allah. » Et même si cette parole provenait d’un saint qui est dans un état dans lequel il n’a pas sa raison, on le réprimanderait, même s’il n’est pas responsable à ce moment-là. C’est ce qu’a dit ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam. Ceci parce que la réprimande à un effet sur celui dont la raison est absente tout comme elle a un effet sur celui qui est lucide et qui a toute sa raison, de même qu’elle a un effet sur les animaux. Ainsi, lorsqu’on frappe les animaux lorsqu’ils refusent d’obéir ils cessent de désobéir même s’ils ne sont pas dotés de raison.

كَذَلِكَ الْوَلِيُّ الَّذِي نَطَقَ بِالْكُفْرِ فِي حَالِ الْغَيْبَةِ لَمَّا يُضْرَبُ أَوْ يُصْرَخُ عَلَيْهِ يَكُفُّ لِلزَّاجِرِ الطَّبِيعِيِّ

Il en est de même pour un saint qui prononcerait une parole de mécréance lorsque sa raison est absente, il cesse par retenu instinctive lorsqu’on le frappe ou qu’on élève la voix sur lui.

عَلَى أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَصْدُرُ مِنْهُ كُفْرٌ فِي حَالِ حُضُورِ عَقْلِهِ إِلَّا أَنْ يَسْبِقَ لِسَانُهُ أَوْ يَغِيبَ عَقْلُهُ، لِأَنَّ الْوَلِيَّ مَحْفُوظٌ مِنَ الْكُفْرِ بِخِلافِ الْمَعْصِيَةِ الْكَبِيرَةِ أَوِ الصَّغِيرَةِ فَإِنَّ ذَلِكَ يَجُوزُ عَلَى الْوَلِيِّ لَكِنْ لا يَسْتَمِرُّ عَلَيْهِ، بَلْ يَتُوبُ عَنْ قُرْبٍ

À savoir qu’il ne provient pas du saint de mécréance lorsqu’il a toute sa raison sauf s’il commet un lapsus ou qu’il perde la raison, parce que le waliyy est préservé de la mécréance à la différence des grands péchés ou des petits péchés qui peuvent provenir d’un saint, cependant il ne persiste pas dessus et il se repend peu de temps après.

وَقَدْ يَحْصُلُ مِنَ الْوَلِيِّ مَعْصِيَةٌ كَبِيرَةٌ قَبْلَ مَوْتِهِ بِقَلِيلٍ لَكِنْ لا يَمُوتُ إِلَّا وَقَدْ تَابَ كَطَلْحَةَ بنِ عُبَيْدِ اللَّهِ وَالزُّبَيْرِ بنِ الْعَوَّامِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا فَإِنَّهُمَا خَرَجَا عَلَى أَمِيرِ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِوُقُوفِهِمَا مَعَ الَّذِينَ قَاتَلُوهُ فِي الْبَصْرَةِ فَذَكَّرَ عَلِيٌّ كُلًّا مِنْهُمَا حَدِيثًا، أَمَّا الزُّبَيْرُ فَقَالَ لَهُ أَلَمْ يَقُلْ لَكَ رَسُولُ اللَّهِ إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ فَقَالَ نَسِيتُ، فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا عَنْ قِتَالِهِ ثُمَّ لَحِقَهُ فِي طَرِيقِهِ رَجُلٌ مِنْ جَيْشِ عَلِيٍّ فَقَتَلَهُ.

Il est possible qu’un saint commette un grand péché même peu de temps avant de mourir, mais il ne meurt qu’après s’en être repenti, comme ce fut le cas de Talha Ibnou ^Oubaydi l-Lah et de az-Zoubayr Ibnou l-^Awwam que Dieu les agrée tous les deux. En effet, ils s’étaient tous deux rebellés contre l’émir des croyants ^Aliyy que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui le combattaient à Bassora, mais notre maitre ^Aliyy avait rappelé à chacun d’eux un hadith. Pour ce qui est de az-Zoubayr, avant que le combat n’éclate, ^Aliyy l’a invité, il lui a dit qu’il allait lui parler. Il lui a dit : « n’est-ce pas que le prophète t’a dit :

إِنَّكَ لَتُقَاتِلَنَّ عَلِيًّا وَأَنْتَ ظَالِمٌ لَهُ

ce qui signifie : « tu vas faillir combattre ^Aliyy et tu seras injuste envers lui. » az-Zoubayr lui a dit : « j’avais complètement oublié. » Il est donc reparti en quittant le champ de bataille, car il avait reconnu qu’il était injuste dans ce combat. C’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’avait rattrapé en chemin et l’avait tué, alors qu’il n’avait pas à le tué.

فَتَابَ بِتَذْكِيرِ عَلِيٍّ لَهُ فَلَمْ يَمُتْ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, il s’est repenti grâce au rappel de ^Aliyy, il n’est donc mort qu’après avoir fait le repentir.

وَأَمَّا طَلْحَةُ فَقَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَلَمْ يَقُلْرَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِوَسَلَّمَ مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ فَذَهَبَ مُنْصَرِفًا فَضَرَبَهُ مَرْوَانُ بنُ الْحَكَمِ فَقَتَلَهُ. وَهُوَ أَيْضًا تَابَ وَنَدِمَ عِنْدَ ذِكْرِ عَلِيٍّ لَهُ هَذَا الْحَدِيثَ.

Quant à Talha, ^Aliyy lui a dit : « n’est-ce pas que le Messager a dit :

مَنْ كُنْتُ مَوْلاهُ فَعَلِيٌّ مَوْلاهُ

ce qui signifie : « celui qui est mon partisan, alors qu’il soit le partisan de ^Aliyy. » C’est-à-dire que celui qui me soutient, qu’il se tienne au côté de ^Aliyy. C’est alors que Talha est lui aussi reparti. Cependant Marwane Ibnou l-Hakam qui était dans son camp l’avait atteint d’une flèche qui le tua, il n’est pas mort sur le coup mais a agonisé avant de mourir. Et au départ Marwane ne l’avait pas dit, mais c’est l’un de ses fils qui plus tard a dit que c’était Marwane qui avait tué Talha. Et Talha aussi avait fait le repentir lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith.

فَكُلٌّ مِنْهُمَا مَا مَاتَ إِلَّا تَائِبًا

Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après avoir fait le repentir, ils ne sont donc pas morts chargés d’un grand péché.

وَكِلا الْحَدِيثَيْنِ صَحِيحٌ، بَلِ الْحَدِيثُ الثَّانِي مُتَوَاتِرٌ

Les deux hadith sont authentiques, et le deuxième hadith est même moutawatir, d’un degré encore plus fort que le sahih.

وَقَدْ ذَكَرَ الإِمَامُ أَبُو الْحَسَنِ الأَشْعَرِيُّ أَنَّ طَلْحَةَ وَالزُّبَيْرَ مَغْفُورٌ لَهُمَا لِأَجْلِ الْبِشَارَةِ الَّتِي بَشَّرَهُمَا رَسُولُ اللَّهِ بِهَا مَعَ ثَمَانِيَةٍ ءَاخَرِينَ فِيمَجْلِسٍ وَاحِدٍ فَهَذَا مِنَ الإِمَامِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ إِثْبَاتٌ أَنَّهُمَا أَثِمَا

De plus, l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a mentionné que l’acte de Talha et de az-Zoubayr avait été pardonné du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncé le Messager de Allah, à eux ainsi qu’à huit autres lors d’une même assemblée. Ceci est donc un témoignage de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy qui est l’imam de ahlou sounnah wa l-djama^ah. Ils ont donc fait le repentir avant de mourir. Tout cela pour confirmer que si le saint commet un grand péché, même si c’est peu de temps avant de mourir, en l’occurrence ici c’était lorsqu’ils se sont rebellés contre notre maitre ^Aliyy, mais étant donné que ce sont des saints, ils ne meurent pas avant d’avoir fait le repentir.

وَكَذَلِكَ قَالَ فِي حَقِّ عَائِشَةَ لِأَجْلِ أَنَّهَا مُبَشَّرَةٌ أَيْضًا وَكَانَتْ نَدِمَتْ نَدَمًا شَدِيدًا مِنْ وُقُوفِهَا فِي الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ حَتَّى كَانَتْ لَمَّا تَذْكُرُ سَيْرَهَا إِلَى الْبَصْرَةِ وَوُقُوفَهَا مَعَ الْمُقَاتِلِينَ لِعَلِيٍّ تَبْكِي بُكَاءً شَدِيدًا يَبْتَلُّ مِنْ دُمُوعِهَا خِمَارُهَا. وَهَذَا مُتَوَاتِرٌ أَيْضًا

L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a d’ailleurs dit la même chose au sujet de ^A’ichah étant donné qu’elle avait elle aussi reçu la bonne nouvelle du paradis de la part du prophète, car le prophète avait annoncé à ^A’ichah qu’elle serait son épouse au paradis. D’ailleurs, elle est appelée la bien aimée du Messager de Allah, le prophète l’aimait beaucoup. Ainsi, L’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a dit que son péché est pardonné, et elle avait immensément regrettée de s’être retrouvée dans le camp adverse à ^Aliyy. Preuve en est qu’elle avait regrettée cela énormément, c’est qu’à chaque fois qu’elle s’en rappelait, qu’elle avait voyagé jusqu’à Bassora alors que ^Aliyy lui avait dit de ne pas y aller, car elle avait voyagé pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy, et son objectif était de réconcilier les deux parties, mais elle n’avait pas à y aller sans que l’émir des croyants, en l’occurrence ^Aliyy le lui autorise, elle avait pourtant fait le voyage vers Bassora pour rejoindre les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy. Et comme elle regrettait cela par la suite, elle pleurait jusqu’à en tremper son voile de larme. Et ceci est également moutawatir.

وَقَالَ فِي غَيْرِهِمَا مِنْ مُقَاتِلِي عَلِيٍّ مِنْ أَهْلِ وَقْعَةِ الْجَمَلِ وَمِنْ أَهْلِ صِفِّينَ الَّذِينَ قَاتَلُوا مَعَ مُعَاوِيَةَ عَلِيًّا مُجَوَّزٌ غُفْرَانُهُ وَالْعَفْوُ عَنْهُ كَمَا نَقَلَ ذَلِكَ الإِمَامُ أَبُو بَكْرِ بنُ فُورَك عَنْ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ فِي كِتَابِهِ مُجَرَّدِ مَقَالاتِ الأَشْعَرِيِّ، وَابْنُ فُورَك تِلْمِيذُ تِلْمِيذِ أَبِي الْحَسَنِ الأَشْعَرِيِّ وَهُوَ أَبُو الْحَسَنِ الْبَاهِلِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ.

Et l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a aussi dit au sujet de ceux qui ont combattu ^Aliyy dans la bataille du chameau en dehors de Talha et de az-Zoubayr et au sujet de ceux qui ont combattu avec Mou^awiyah contre ^Aliyy durant la bataille de Siffin : « il est possible que leur acte soit pardonné. » Ça veut dire qu’ils ont commis un péché mais qu’il est possible que Dieu le pardonne, donc ce n’est pas un péché qui fait sortir de l’Islam. Cette parole de l’imam Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy a été rapportée de lui par l’imam Abou Bakr Ibnou Fourak dans son livre moudjarradou maqalat al-‘Ach^ariyy. Et Ibnou Fourak est l’élève de l’élève de al-‘Ach^ariyy, qui est Abou l-Haçan al-Bahiliyy que Allah les agrée.

وَمَا يَظُنُّ بَعْضُ الْجَهَلَةِ مِنْ أَنَّ الْوَلِيَّ لا يَقَعُ فِي مَعْصِيَةٍ فَهُوَ جَهْلٌ فَظِيعٌ. فَهَؤُلاءِ الثَّلاثَةُ طَلْحَةُ وَالزُّبَيْرُ وَعَائِشَةُ مِنْ أَكَابِرِ الأَوْلِيَاءِ.

Quant à ce que pensent certains ignorants, à savoir que le saint ne tomberait jamais dans un péché, ceci dénote une terrible ignorance. Ces trois, à savoir Talha, az-Zoubayr et ^A’ichah font parties des plus grands saints, pourtant ils sont tombés dans un péché, mais comme ils avaient reçu l’annonce de bonne nouvelle de la part du Messager de Allah, il leur a été pardonné. D’ailleurs ils ont fait le repentir.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يَكْفُرُ وَلا يُقْبَلُ لَهُ تَأْوِيلٌ إِلَّا إِذَا كَانَ لا يَفْهَمُ مَعْنَى الْكَلِمَةِ الَّتِي قَالَهَا فَعِنْدَئِذٍ لا يُكَفَّرُ، فَمَنْ حَصَلَ مِنْهُ كُفْرٌ صَرِيحٌ يُنْظَرُ إِلَى فَهْمِهِ وَلا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ يَفْهَمُ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ وَقَالَ لَمْ أَقْصِدْهُ كَفَرَ وَلَمْ يُقْبَلْ مِنْهُ تَأَوُّلُهُ

Commentaire : celui de qui est provenu une mécréance explicite est sorti de l’Islam, et on n’accepte de lui aucune interprétation, sauf s’il ne comprend pas le sens de la parole qu’il a dite, dans ce cas-là il n’est pas déclaré mécréant. Ainsi, dans le cas où il ne comprend pas ce qu’il est en train de dire, car il y a des gens qui utilisent des termes sans les comprendre, il se peut qu’il parle la langue tout en croyant que ce mot a un autre sens. Celui de qui est provenue une parole de mécréance explicite, on prend en considération sa compréhension et on ne prend pas en considération ce qu’il visait, c’est-à-dire qu’on ne va pas lui demander ce qu’il visait, car sa parole est explicite, mais on s’assure qu’il comprenne ce qu’il dit. Ainsi, on prend en considération sa compréhension du sens de cette parole et non ce qu’il visait par elle. Ainsi, s’il comprend le sens qui est un sens de mécréance dans la phrase qu’il a dite, et qu’il dit : « mais moi je ne visais pas cela » il est quand même sorti de l’Islam, même s’il prétend ne pas avoir visé ce sens-là du moment qu’il le comprend. Et on n’accepte de lui aucune autre interprétation, puisque la parole en soi est une parole explicite, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens.

وَإِنْ لَمْ يَفْهَمِ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ لا يَكْفُرُ، وَلَكِنْ يُنْهَى عَنْ ذَلِكَ الْقَوْلِ

Cependant, s’il ne comprenait pas ce sens, c’est-à-dire qu’il ne comprenait pas ce sens qui est un sens de mécréance, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Cependant, on lui interdit de dire cette parole, parce que ce sens est un sens de mécréance. Et ceci est le cas de celui qui a dit une parole explicite, c’est-à-dire n’admettant qu’un seul sens.

وَأَمَّا مَنْ حَصَلَ مِنْهُ كَلامٌ يَحْتَمِلُ وَجْهَيْنِ بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ أَحَدُهُمَا كُفْرٌ وَالآخَرُ لَيْسَ كَذَلِكَ فَإِنَّ هَذَا يُنْظَرُ إِلَى قَصْدِهِ فَإِنْ كَانَ أَرَادَ الْمَعْنَى الْكُفْرِيَّ كَفَرَ وَإِلَّا فَلا يَكْفُرُ.

Quant à celui de qui est provenu une parole admettant deux sens du point de vue de la langue, l’un des sens est une mécréance et l’autre sens n’est pas une mécréance, quelqu’un qui dit une telle parole qui n’est donc pas explicite, nous allons voir ce qu’il visait, parce que cette parole admet plusieurs possibilités du point de vue de la langue. S’il avait visé le sens qui est de la mécréance, alors il aura mécru, sinon, il n’aura pas mécru.

وَأَمَّا مَنْ قَالَ كَلِمَةً كُفْرِيَّةً لا تَحْتَمِلُ إِلَّا مَعْنًى وَاحِدًا بِحَسَبِ وَضْعِ اللُّغَةِ، وَلَكِنْ هُوَ ظَنَّ أَنَّ لَهَا مَعْنًى ءَاخَرَ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَقَالَهَا عَلَى هَذَا الْوَجْهِ الَّذِي ظَنَّهُ غَيْرَ كُفْرِيٍّ فَلا يَكْفُرُ.

Quant à celui qui dit une parole n’admettant qu’un seul sens qui est de la mécréance, c’est-à-dire du point de vue de la langue dans laquelle il s’exprime, mais qu’il croyait que ce terme -cette expression- avait un autre sens qui n’est pas de la mécréance, c’est-à-dire qu’il pensait que dans la langue cette expression pouvait avoir un autre sens, et cet autre sens auquel il pensait n’était pas de la mécréance, et que lui avait prononcé cette expression dans le sens qu’il avait imaginé être l’un de ses sens, dans ce cas-là, même si cette parole n’a qu’un seul sens dans la langue, relativement à lui cette parole à le jugement de la parole admettant plusieurs sens. Parce qu’il croyait véritablement que cette parole avait un autre sens et que cet autre sens n’était pas de la mécréance, il l’avait dite dans cet autre sens, dans ce cas-là il ne sort pas de l’Islam. Parce que même si cette parole est à l’origine explicite dans la mécréance, pour lui elle a le jugement de la parole qui est plurivoque, c’est-à-dire qui admet plusieurs sens, et lui avait prononcé cette parole dans un sens qui n’est pas de la mécréance.

Si quelqu’un a dit une parole dont il ne connaissait pas le jugement, et qu’après il a appris le jugement comme quoi son sens était de la mécréance, il devra dire les deux témoignages de manière catégorique pour entrer en islam.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ الْجُوَيْنِيُّ: اتَّفَقَ الأُصُولِيُّونَ عَلَى أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِكَلِمَةِ الرِّدَّةِ – أَيِ الْكُفْرِ – وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً[أَيْ أَنَّهُ أَرَادَ بِهِ مَعْنًى بَعِيدًا عَنِ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِرِ مِنَ الْكَلِمَةِ] كُفِّرَ ظَاهِرًا وَبَاطِنًا وَأَقَرَّهُمْ عَلَى ذَلِكَ أَيْ فَلا يَنْفَعُهُ التَّأْوِيلُ الْبَعِيدُ كَالَّذِي يَقُولُ: يَلْعَنُ رَسُولَ اللَّهِ وَيَقُولُ قَصْدِي بِرَسُولِ اللَّهِ الصَّوَاعِقُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam des deux haram al-Jouwayniyy a dit : les savants spécialistes des fondements de la religion sont unanimes à dire que celui qui prononce une parole d’apostasie -c’est-à-dire une parle de mécréance- n’admettant qu’un seul sens et qui prétend par la suite qu’il avait visé intérieurement une tawriyah -un sens qui est très éloigné du sens de la parole qui vient communément à l’esprit- alors il est jugé mécréant selon les jugement des hommes et selon le jugement de Dieu. Après avoir rapporté la parole des spécialistes des fondements, al-Jouwayniyy a dit qu’il était d’accord avec eux sur ce point. C’est-à-dire qu’avoir fait une interprétation trop éloignée de sa parole ne lui est pas utile, comme celui qui dit : « que sois maudit l’envoyé de Dieu » et ajoute : « mais moi je vise la foudre puisqu’elle est envoyée de Dieu. » Ceci est une tawriyah qui ne le sauve pas, parce qu’elle est très éloignée du sens.

الشَّرْحُ هَذَا الْقَوْلُ ذَكَرَهُ إِمَامُ الْحَرَمَيْنِ عَبْدُ الْمَلِكِ الْجُوَيْنِيُّ فِي كِتَابِ الإِرْشَادِ وَمَعْنَاهُ أَنَّ مَنْ نَطَقَ بِاللَّفْظِ الصَّرِيحِ بِالْكُفْرِ وَزَعَمَ أَنَّهُ أَضْمَرَ تَوْرِيَةً أَيْ تَأْوِيلًا بَعِيدًا لا يُقْبَلُ مِنْهُ، بَلْ يَكُونُ كَافِرًا ظَاهِرًا وَبَاطِنًا.

Commentaire : c’est l’imam des deux haram ^Abdou l-Malik al-Jouwayniyy qu’il l’a citée dans son livre al-‘irchad. Ainsi, celui qui dit une expression qui est univoque dans la mécréance et a prétendu qu’il avait sous-entendu quelque chose mais qui était loin du sens, cette prétention n’est pas acceptée de lui mais il est déclaré mécréant en apparence pour nous et selon le jugement de Dieu.

أَمَّا التَّأْوِيلُ الْقَرِيبُ إِنْ أَبْدَاهُ الشَّخْصُ إِنْ كَانَ صَادِقًا فِي دَعْوَاهُ يَنْفَعُهُ.

Quant au sous-entendu qui n’est pas éloigné du sens proche, si la personne était véridique dans ce qu’elle dit, ça peut lui être utile.

وَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّهُ لا يُؤَوَّلُ كُلُّ لَفْظٍ مُنْحَرِفٍ وَإِنَّمَا يُؤَوَّلُ مَا كَانَ تَأْوِيلُهُ قَرِيبًا، وَأَمَّا مَا كَانَ صَرِيْحًا فِي الْمَعْنَى الْفَاسِدِ فَلا يُؤَوَّلُ، فَالْحَذَرَ مِنْ هَؤُلاءِ الَّذِينَ يُؤَوِّلُونَ الصَّرِيحَ لِمَنْ يَفْهَمُ مَعْنَاهُ.

Et ceci est une preuve que ce n’est pas n’importe quelle parole qui admet d’être interpréter par un autre sens que son sens apparent, mais seul l’interprétation qui est proche. Quant à la parole qui est univoque et qui a un sens mauvais, c’est-à-dire de la mécréance, on n’accepte pas son interprétation. Que l’on prenne garde contre ceux qui admettent l’interprétation par un autre sens que le sens apparent des paroles qui sont univoques dans la mécréance et de la part de quelqu’un qui comprend le sens qui est de la mécréance. C’est-à-dire que quelqu’un comprend le sens qui est de la mécréance, cette parole est univoque, c’est-à-dire qu’elle n’admet qu’un seul sens qui est de la mécréance, et malgré cela il y a des gens qui disent que l’on peut interpréter sa parole autrement. Que l’on prenne garde contre ces gens-là, parce que celui qui a parlé comprend ce sens univoque de mécréance.

وَقَوْلُ إِمَامِ الْحَرَمَيْنِ الْمَذْكُورُ مَحْمُولٌ عَلَى التَّوْرِيَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ، أَمَّا التَّوْرِيَةُ الَّتِي يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ فَإِنَّهَا تَنْفَعُ بِالتَّأْوِيلِ، فَلْيُعْلَمْ ذَلِكَ.

Cette règle énoncée par l’imam des deux haram al-Jouwayniyy précédemment citée s’applique dans le cas où la tawriyah -le sous-entendu- n’est pas admis par cette parole, c’est-à-dire que cette parole n’admet pas ce sous-entendu. Cependant, si c’est un sous-entendu qui peut être admis par l’expression prononcée, c’est-à-dire que cette parole admet ce sous-entendu, alors ça peut être utile pour celui qui l’a dite s’il est véridique. Que l’on sache cela.

فَمِنَ التَّوْرِيَةِ الْبَعِيدَةِ الَّتِي لا يَحْتَمِلُهَا اللَّفْظُ قَوْلُ بَعْضِ جَهَلَةِ الْمُتَصَوِّفَةِ:

كَفَرْتُ بِدِينِ اللَّهِ وَالْكُفْرُ وَاجِبٌ  لَدَيَّ وَعِنْدَ الْمُسْلِمِينَ حَرَامُ

يَنْسِبُونَ هَذَا لِلْحَلَّاجِ وَيَسْتَحْسِنُونَهُ

Parmi les interprétations éloignées qui n’admettent pas de tawriyah, il y a la parole de certains qui se prétendent soufiyy, ils disent des vers de poésie qui sont de la mécréance univoque, et ça n’admet pas de sous-entendu comme eux prétendent, et après ils prétendent sous-entendre autre chose alors que c’est de la mécréance univoque. Ils attribuent ça à al-Hallaj.

وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:

وَمَا الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ إِلَّا إِلَهُنَا              وَمَا اللَّهُ إِلَّا رَاهِبٌ فِي كَنِيسَتِي

وَيَقُولُونَ فِي تَأْوِيلِهِ إِذَا أُنْكِرَ عَلَيْهِمْ قَوْلُهُمْ إِلَهُنَا مَعْنَاهُ إِلَى الأَرْضِ أَيِ الْكَلْبُ وَالْخِنْزِيرُ مَرْجِعُهُمْ إِلَى التُّرَابِ.  

Ou d’autres verbes où ils jouent sur les mots avec des paroles qui sont de la mécréance univoque, et ils prétendent visés un sens qui est éloigné du sens de la parole, cela aussi ne leur est pas utile.

   وَأَيْضًا قَوْلُ بَعْضِهِمْ:

أَلا بِالذِّكْرِ تَزْدَادُ الذُّنُوبُ          وَتَنْطَمِسُ الْبَصَائِرُ وَالْقُلُوبُ

   فَقَدْ قَالَ بَعْضُ مَنْ لَقِيتُهُ مِنَ الْمُتَعَسِّفِينَ: يُؤَوَّلُ بِأَنَّهُ أَرَادَ الذِّكْرَ مَعَ الْغَفْلَةِ.

Ou certains qui blâment le dhikr, ils sortent des interprétations qui sont loin du sens proche. Le Chaykh a cité plusieurs exemples qu’on retrouve chez des gens qui prétendent être des soufiyy alors que le tasawwouf est complètement innocent de leur pratique.

وَكَذَا قَوْلُ بَعْضِهِمْ: وُجُودُكَ ذَنْبٌ لا يُقَاسُ بِهِ ذَنْبُ، إِلَى أَمْثَالٍ لِهَذِهِ الْكَلِمَاتِ وَهِيَ كَثِيرَةٌ. وَهَؤُلاءِ بَعْضُهُمْ مَلاحِدَةٌ يُظْهِرُونَ الإِسْلامَ وَلا يَعْتَقِدُونَهُ مَعَ دَعْوَى التَّصَوُّفِ، وَبَعْضُهُمْ مِنْ شِدَّةِ الْجَهْلِ يَظُنُّونَ أَنَّ هَذَا صَوَابٌ، فَهَؤُلاءِ ضَرَرُهُمْ عَلَى بَعْضِ الْمُسْلِمِينَ أَشَدُّ مِنْ ضَرَرِ الْكُفَّارِ الْمُعْلِنِينَ الَّذِينَ لا يَنْتَسِبُونَ إِلَى الإِسْلامِ كَالْمَجُوسِ وَالْبُوذِيِّينَ.

Ces gens-là parfois sont des athées, c’est-à-dire qu’ils montrent en apparence qu’ils sont musulmans alors qu’en réalité ils sont athées, et ils se cachent en prétendant être des soufiyy. Et malheureusement certains sont tellement ignorants qu’ils pensent que ce qu’ils leur disent est vrai. Ces gens-là qui diffusent de telles paroles, leur nuisance aux musulmans est plus grave que la nuisance des mécréants qui déclarent leur mécréance et qui ne se réclament pas de l’Islam comme les mages et les bouddhistes.

Informations utiles :

Une question a été posée au Chaykh, on lui a dit : certains viennent faire des collectes d’argent dans la salle de prière pour demander des contributions pour rapatrier le corps d’un musulman qui est mort dans un pays musulman. Le Chaykh a dit : ce n’est pas un devoir pour vous de contribuer à cela, parce qu’il n’y a pas de nécessité en cela. Les musulmans à qui il leur a été demandé de donner de l’argent pour rapatrier un corps mais qui ne payent pas ne tombent pas dans le péché. Ils ne sont pas dans le péché s’ils ne contribuent pas.

Et s’il y a une nécessité pour qu’il soit enterré dans un cimetière de musulmans, s’il est enterré dans un cimetière de non musulmans, les gens qui n’ont pas contribué pour rapatrier le corps ne tombent pas dans le péché. Ceux qui n’ont pas contribué pour aider ne tombent pas dans le péché. Ça sera lui et ses œuvres dans sa tombe, s’il était pieux Allah le protège de tous le châtiment qui va s’abattre sur les mécréants. Allah lui éclairera même sa tombe et Il lui envoie une odeur, l’odeur du paradis. Le croyant qui s’attachait à la loi de l’Islam, qui accomplissait les devoirs et qui évitait les péchés, Allah lui accorde dans sa tombe le fait qu’elle deviendra l’un des jardins du paradis, et sa tombe sera éclairée, et Allah lui la élargie, Allah est sur toute chose tout puissant.

Cette place qui est toute petite, qui fait 4 coudées de long sur une coudée de large, Allah l’élargi pour certain musulman à perte de vue, et pour certain musulman elle sera élargie de 70 coudées sur 70 coudées.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَدْ عَدَّ كَثِيرٌ مِنَ الْفُقَهَاءِ كَالْفَقِيهِ الْحَنَفِيِّ بَدْرِ الرَّشِيدِ وَهُوَ قَرِيبٌ مِنَ الْقَرْنِ الثَّامِنِ الْهِجْرِيِّ أَشْيَاءَ كَثِيرَةً فَيَنْبَغِي الِاطِّلاعُ عَلَيْهَا فَإِنَّ مَنْ لَمْ يَعْرِفِ الشَّرَّ يَقَعْ فِيهِ فَلْيُحْذَرْ، فَقَدْ ثَبَتَ عَنْ أَحَدِ الصَّحَابَةِ أَنَّهُ أَخَذَ لِسَانَهُ وَخَاطَبَهُ: يَا لِسَانُ قُلْ خَيْرًا تَغْنَمْ، وَاسْكُتْ عَنْ شَرٍّ تَسْلَمْ، مِنْ قَبْلِ أَنْ تَنْدَمَ، إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ، [رَوَاهُ الطَّبَرَانِيُّ بِإِسْنَادٍ صَحِيحٍ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بنِ مَسْعُودٍ] وَمِنْ هَذِهِ الْخَطَايَا الْكُفْرُ وَالْكَبَائِرُ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : de plus, de nombreux savants ont énuméré de nombreux exemples de paroles de mécréance comme le faqih hanafite Badrou r-Rachid qui a vécu au huitième siècle de l’hégire, il y a environ 700 années. Il convient donc d’en prendre connaissance car celui qui ne connait pas le mal y chutera, alors qu’on prenne garde. Il a été confirmé à propos d’un *compagnon du prophète qu’il a pris à parti sa langue et s’est adressé à elle en disant : « ô langue, dis du bien tu y gagneras, et gardes toi de dire du mal, tu seras sauvé, avant d’avoir à regretter. Certes j’ai entendu le Messager de Allah dire :

أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ ءَادَمَ مِنْ لِسَانِهِ

ce qui signifie : « la plupart des péchés du fils de ‘Adam proviennent de sa langue. » Rapporté par atTabaraniyy avec une chaine de transmission sûr d’après le compagnon ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud qui fait partie des tout premiers à être entrés en islam. Et parmi ces péchés il y a la mécréance et les grands péchés.

*Le compagnon est celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire, ce n’est pas de manière extraordinaire comme notre maitre ar-Rifa^iyy qui a embrassé la main du prophète 5 siècle après le décès du prophète, on ne dit pas que notre maitre ar-Rifa^iyy est un compagnon, non, mais nous parlons de celui qui a rencontré le prophète de manière habituelle, ordinaire. Qui a cru en lui, c’est-à-dire qui a cru qu’il était bien un envoyé de Dieu et qui est mort musulman, parce qu’il y a des gens qui ont apostasié. On ne dit pas de ceux qui sont morts apostats qu’ils sont des compagnons. Mais si l’un d’entre eux a apostasié puis est revenu à l’Islam, il garde son statut de compagnon.

الشَّرْحُ مَعْنَى الْحَدِيثِ أَنَّ مَنْ قَالَ مِنَ الْكَلامِ مَا هُوَ خَيْرٌ كَذِكْرِ اللَّهِ وَأَفْضَلُهُ التَّهْلِيلُ كَسَبَ ثَوَابًا، وَأَنَّ مَنْ أَمْسَكَ لِسَانَهُ عَمَّا فِيهِ مَعْصِيَةٌ فَقَدْ حَفِظَ نَفْسَهُ وَسَلِمَ لِأَنَّ مَنْ لَمْ يَحْفَظْ لِسَانَهُ فَقَدْ عَرَّضَ نَفْسَهُ لِلْهَلاكِ لِأَنَّ أَكْثَرَ الْمَهَالِكِ سَبَبُهَا اللِّسَانُ، فَإِنْ مَاتَ وَهُوَ عَلَى هَذِهِ الْحَالِ فَإِنَّهُ يَنْدَمُ يَوْمَ لا يَنْفَعُ النَّدَمُ.

Commentaire : la signification de ce hadith est que celui qui dit des paroles de bien comme l’évocation de Dieu, et la meilleure des évocations de Dieu est le tahlil – لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ-, il gagnera des récompenses, et que celui qui garde sa langue de dire ce qui est un péché se sera préservé et sauvé, parce que celui qui ne préserve pas sa langue se sera exposé à sa propre perte, parce que la plupart des péchés proviennent de la langue. Et s’il meurt ainsi, c’est-à-dire chargé de ces péchés qu’il a commis avec sa langue, il va le regretter le jour où le regret ne sera d’aucune utilité.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَفِي حَدِيثٍ ءَاخَرَ لِلرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ.  

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : dans un autre hadith du Messager de Allah, il y a cette parole :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ

qui signifie : « certes il arrive que l’esclave prononce une parole dont il ne réalise pas la portée, mais à cause de laquelle il chutera en enfer plus loin encore de ce qui sépare le levant du couchant. » C’est-à-dire d’une grande distance. Hadith rapporté par al-Boukhariyy et Mouslim d’après le compagnon Abou Hourayrah.

الشَّرْحُ مَعْنَى حَدِيثِ الشَّيْخَيْنِ أَنَّ الإِنْسَانَ قَدْ يَتَكَلَّمُ بِكَلِمَةٍ لا يَرَى أَنَّ فِيهَا ذَنْبًا وَلا يَرَاهَا ضَارَّةً لَهُ يَسْتَوْجِبُ بِهَا النُّزُولَ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ كَمَا تَدُلُّ عَلَى ذَلِكَ رِوَايَةُ التِّرْمِذِيِّ مِنْ غَيْرِ فَرْقٍ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ مُنْشَرِحَ الْبَالِ أَوْ غَيْرَ مُنْشَرِحٍ، وَقَعْرُ جَهَنَّمَ مَسَافَةُ سَبْعِينَ عَامًا وَذَلِكَ مَحَلُّ الْكُفَّارِ لا يَصِلُهُ عُصَاةُ الْمُسْلِمِينَ.

Commentaire : le sens du hadith des *deux Chaykh comporte le fait qu’il se peut que quelqu’un dise une parole dans laquelle il ne voit pas de péché, il ne voit pas qu’il y a une désobéissance à la dire, il ne pense même pas que cette parole va être préjudiciable pour eux, c’est-à-dire qu’elle va leur faire du tort, il ne considère même pas qu’il y ait un mal dans ce qu’il dit alors qu’il se peut que cette parole va entrainer pour lui la descente au fond de l’enfer, tout comme cela est indiqué dans la version rapportée par at-Tirmidhiyy, sans qu’il n’y ait de différence entre le fait qu’il se soit satisfait ou pas de ce qu’il dit, c’est-à-dire qu’il ait adhéré par son cœur cette parole ou pas, même s’il dit : « mais je rejette par mon cœur ce que j’ai dit. » Le fait qu’il l’ait dite implique que le jugement s’applique à lui. Et le fond de l’enfer sa trouve à une distance de 70 ans, c’est-à-dire que du haut de l’enfer jusqu’au fond de l’enfer, une pierre mettrait soixante-dix ans de chute pour l’atteindre. Et le fond de l’enfer est un emplacement réservé aux mécréants. Les désobéissants de parmi les musulmans ne l’atteindront pas.

* Lorsque l’on dit « les deux Chaykh » dans le hadith, il s’agit de al-Boukhariyy et Mouslim. Et lorsque l’on parle des deux Chaykh dans les compagnons, il s’agit de Abou Bakr et ^Oumar.

وَقَدْ عُلِمَ أَنَّ الْمَسَافَةَ الَّتِي تُوصِلُ إِلَى قَعْرِ جَهَنَّمَ هِيَ هَذِهِ مِنَ الْحَدِيثِ الَّذِي فِيهِ أَنَّهُ بَيْنَمَا كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَ بَعْضِ أَصْحَابِهِ إِذْ سَمِعُوا وَجْبَةً أَيْ صَوْتًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: تَدْرُونَ مَا هَذَا قَالُوا: اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ قَالَ: هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ. 

Et nous avons su que la distance pour atteindre le fond de l’enfer est de soixante-dix ans à partir d’un hadith. Tandis que le Messager de Allah était en compagnie de ses compagnons, ils ont entendu un bruit, le Messager leur a dit :

تَدْرُونَ مَا هَذَا

ce qui signifie : « vous savez ce que c’est ? » Les compagnons ont répondu :

اللَّهُ وَرَسُولُهُ أَعْلَمُ

ce qui signifie : « Allah sait plus que tout autre et Son Messager sait. » Le prophète a expliqué en disant :

هَذَا حَجَرٌ رُمِيَ بِهِ فِي النَّارِ مُنْذُ سَبْعِينَ خَرِيفًا فَهُوَ يَهْوِي فِي النَّارِ الآنَ حَتَّى انْتَهَى إِلَى قَعْرِهَا

ce qui signifie : « il s’agit d’une pierre qui a été lancée en enfer il y a 70 automnes, elle était en train de chuter en enfer et c’est maintenant qu’elle a atteint le fond de l’enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.

ثُمَّ إِنَّ الْعُلَمَاءَ اخْتَلَفُوا فِي بَعْضِ الأَشْيَاءِ هَلْ هِيَ كُفْرٌ أَمْ لا، فَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا كُفْرٌ وَقَالَ بَعْضٌ إِنَّهَا لَيْسَتْ كُفْرًا.

Par ailleurs, les savants ont divergé à propos de certaines choses, est-ce de la mécréance ou pas ? Certains ont dit que telle chose est de la mécréance et d’autres ont considéré que ce n’était pas de la mécréance.

هَؤُلاءِ الْعُلَمَاءُ بَعْضُهُمْ مُجْتَهِدٌ اجْتِهَادًا مُطْلَقًا وَبَعْضُهُمْ مُجْتَهِدُونَ فِي الْمَذْهَبِ وَهَاكَ الْبَيَان.

De ces savants qui ont divergé, certains sont des moujtahid moutlaq -absolu- et d’autres sont moujtahid au sein de l’école -du madh-hab-. Et il va y avoir des exemples, c’est-à-dire que le Chaykh va illustrer dans quel cas il se peut qu’il y ait des divergences entre les savants quant au jugement de mécréance de telle et telle chose.

قَالَ فِي فَتَاوَى قَاضِيخَان مَا نَصُّهُ: رَجُلٌ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ مُتَعَمِّدًا رُوِيَ عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى أَنَّهُ يَكْفُرُ وَإِنْ أَصَابَ الْقِبْلَةَ، وَبِهِ أَخَذَ الْفَقِيهُ أَبُو اللَّيْثِ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى، وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ أَوْ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ

Et dans « fatawa qadihan » [qui est un livre] figure la question suivante : un homme a prétendu faire la prière en se dirigeant vers une autre direction que la qiblah délibérément. Il a été rapporté de l’imam Abou Hanifah qu’il sort de l’Islam, même si ça a coïncidé avec la qiblah. Supposons qu’il soit rentré dans une mosquée dont la direction n’était pas correcte, la qiblah était dans une direction et lui pensait que c’était celle-ci la bonne direction, mais pour contredire la religion il s’est dirigé vers une autre direction, lui pensait se diriger vers autre que la qiblah, même si ça a coïncidé avec la véritable direction de la qiblah, selon Abou Hanifah, étant donné que son objectif était de se diriger vers autre que la qiblah, il sort de l’Islam, et ce même si ça a coïncidé avec la qiblah. Et c’est cet avis de Abou Hanifah qui a été retenu par le faqih Abou l-layt que Dieu lui fasse miséricorde. Et c’est le même jugement s’il accompli la prière avec un vêtement najis -impure- ou s’il n’est pas purifié.

وَبَعْضُ الْمَشَايِخِ قَالُوا إِنْ فَعَلَ ذَلِكَ بِتَأْوِيلِ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾ [سُورَةَ الْبَقَرَة/115] لا يَكُونُ كَافِرًا

Et certains savant ont dit que s’il s’était dirigé dans une autre direction que la qiblah en raison d’une mauvaise interprétation du verset 115 de sourate al-baqarah :

﴿فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللَّهِ﴾

qui signifie : « où que vous vous dirigiez, il y a une direction que Dieu agrée. » Mais ce verset ne concerne pas celui qui accompli des prières en étant résidant, ni les prières obligatoires que fait celui qui est voyageur. Ce verset concerne les prières surérogatoires, mais pas n’importe quelle prière surérogatoire. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur, et ce n’est pas n’importe quelle voyageur. Ce sont les prières surérogatoires que fait un voyageur lorsqu’il est assis sur sa monture, comme s’il voyageait sur un chameau et traversait le désert en voulant faire des prières surérogatoires tout en étant assis. Dans ce cas-là, lorsqu’il entre en rituel de prière il se dirige vers la qiblah puis dit « Allah ‘akbar », puis, quelle que soit la direction que va emprunter sa monture, sa prière surérogatoire sera valable, parce qu’il est voyageur et est sur une monture, c’est-à-dire un animal. Tel est le sens de ce verset. Et ce verset ne veut pas dire que si quelqu’un est résidant chez lui il peut faire la prière dans n’importe quelle direction. Pour ce qui est des savants qui n’ont pas déclaré mécréant celui qui se dirige vers autre que la qiblah, ils ont dit que si c’était par mauvaise interprétation du verset, c’est-à-dire qu’il pensait véritablement que ce verset signifiait que l’on peut faire la prière dans n’importe quelle direction, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَقَالَ مَشَايِخُ بُخَارَا مِنْهُمُ الْقَاضِي الإِمَامُ أَبُو عَلِيٍّ السُّغْدِيُّ وَشَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى: لَوْ صَلَّى إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ لا يَكْفُرُ وَكَذَا إِذَا صَلَّى فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ لِأَنَّ الصَّلاةَ إِلَى غَيْرِ الْقِبْلَةِ جَائِزَةٌ حَالَةَ الِاخْتِيَارِ وَهُوَ التَّطَوُّعُ عَلَى الدَّابَّةِ وَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ جَوَّزَ الصَّلاةَ فِي الثَّوْبِ النَّجِسِ [وَهُوَ قَوْلٌ لِمَالِكٍ مَشْهُورٌ عِنْدَ أَهْلِ الْمَذْهَبِ] فَلا يُحْكَمُ بِكُفْرِهِ

Et il y a un troisième avis sur la question, c’est l’avis des savants de Boukhara [la région qui se trouve à l’est de la perse qui se trouve aujourd’hui en Ouzbékistan, avant il y avait beaucoup de science là-bas]. Le Qadi, l’imam ^Aliyy as-Soughdiyy et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy on dit : « si quelqu’un faisait la prière en direction d’autre que la qiblah, il ne devient pas mécréant. Et de même si quelqu’un fait la prière avec un vêtement najis, il ne devient pas mécréant, parce que la prière vers autre que la qiblah est valide dans certains cas, et il s’agit de la prière surérogatoire sur une monture. Dans certains cas la personne a le choix et peut prier vers autre que la qiblah, ceci est le jugement pour la prière vers une autre direction que la qiblah. Et concernant les vêtement najis, parmi les savants il y a ceux qui ont autorisé le fait d’accomplir la prière avec des vêtements sur lesquels il y a une najaçah -une impureté rituelle-. On ne le déclare donc pas mécréant. » Et la validité de la prière en ayant des habits najis est l’avis de l’imam Malik, c’est un avis qui est très connu dans l’école.

أَمَّا إِذَا صَلَّى بِغَيْرِ الطَّهَارَةِ مُتَعَمِّدًا فَإِنَّهُ يَصِيرُ كَافِرًا، وَقَالَ شَمْسُ الأَئِمَّةِ الْحَلْوَانِيُّ رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى يَكُونُ زِنْدِيقًا لِأَنَّ أَحَدًا لَمْ يُجَوِّزِ الصَّلاةَ بِغَيْرِ طَهَارَةٍ فَيَكُونُ اسْتِخْفَافًا بِاللَّهِ تَعَالَى اهـ

Ils ont dit : cependant, s’il fait la prière sans avoir fait son woudou’ délibérément, alors il devient mécréant. Et Chamsou l-‘A’immah al-Halwaniyy a rajouté en disant : « celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ est un *zindiq, parce que personne n’a autorisé la prière sans avoir le woudou’. Ce sera donc un rabaissement de Allah ta^ala. » Ce savant considère donc que le fait de prier sans avoir le woudou’ est un rabaissement de Dieu.

*Le mot zindiq désigne les athées qui n’accordent aucune importance à la religion.

وَالْقَوْلُ الصَّحِيحُ الَّذِي يُوَافِقُ قَوَاعِدَ مَذْهَبِ الشَّافِعِيِّ وَمَالِكٍ وَغَيْرِهِمَا أَنَّهُ لا يَكْفُرُ وَلَيْسَ يَلْزَمُ مِنْهُ الِاسْتِخْفَافُ بِالدِّينِ.

Après avoir rapporté la parole de ces hanafites, le Chaykh a dit : l’avis correcte qui est conforme aux règles de l’école chafi^ite, de l’école malikite et d’autres qu’eux est que celui qui fait la prière sans avoir le woudou’ ne devient pas mécréant parce que faire la prière sans avoir le woudou’ n’implique pas qu’il se moque de la religion.

فَائِدَةٌ مُهِمَّةٌ

حُكْمُ مَنْ يَأْتِي بِأَحْدَى أَنْوَاعِ هَذِهِ الْكُفْرِيَّاتِ هُوَ أَنْ تَحْبَطَ أَعْمَالُهُ الصَّالِحَةُ وَحَسَنَاتُهُ جَمِيعُهَا فَلا تُحْسَبُ لَهُ ذَرَّةٌ مِنْ حَسَنَةٍ كَانَ سَبَقَ لَهُ أَنْ عَمِلَهَا مِنْ صَدَقَةٍ، أَوْ حَجٍّ، أَوْ صِيَامٍ، أَوْ صَلاةٍ وَنَحْوِهَا. إِنَّمَا تُحْسَبُ لَهُ الْحَسَنَاتُ الْجَدِيدَةُ الَّتِي يَقُومُ بِهَا بَعْدَ تَجْدِيدِ إِيـمَانِهِ قَالَ تَعَالَى ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة/5].

Remarque importante

Le jugement de celui qui commet une de ces sortes de mécréance est que ses bonnes œuvres ainsi que ses bonnes actions sont toutes effacés, c’est-à-dire que le fait qu’il sorte de l’Islam lui fait perdre toutes ses récompenses, il ne lui sera pas compté ne serai ce que l’équivalent d’un infime poids de bonnes actions qu’il aurait accompli auparavant comme une aumône, un hajj, un jeûne, une prière ou autre. Ce qui lui sera compté sont les nouvelles bonnes œuvres qu’il va accomplir après avoir renouvelé sa foi en prononçant les deux témoignages. Allah ta^ala dit dans sourate al-ma’idah verset 5 :

﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾

ce qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. »

الشَّرْحُ أَنَّ الشَّخْصَ إِذَا كَانَ مُسْلِمًا ثُمَّ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ فَإِنَّ أَعْمَالَهُ الصَّالِحَةَ تَحْبَطُ كُلُّهَا فَيَخْسَرُ حَسَنَاتِهِ السَّابِقَةَ كُلَّهَا مِنْ صَلاةٍ أَوْ صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ وُجُوهِ الْخَيْرِ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾ فَإِنْ رَجَعَ إِلَى الإِسْلامِ لَمْ تَرْجِعْ إِلَيْهِ حَسَنَاتُهُ الَّتِي خَسِرَهَا، وَأَمَّا ذُنُوبُهُ الَّتِي عَمِلَهَا فِي أَثْنَاءِ الرِّدَّةِ وَقَبْلَ ذَلِكَ فَإِنَّهَا لا تُمْحَى عَنْهُ بِرُجُوعِهِ إِلَى الإِسْلامِ

Commentaire : si quelqu’un était musulman puis qu’il est provenu de lui une mécréance, alors toutes ses bonnes œuvres seront annulés, il perdra toutes ses bonnes actions précédentes, que ce soit la récompense de la prière, la récompense du jeûne, la récompense de l’aumône ou d’autres récompenses des œuvres de bien. Et ceci de Sa parole ta^ala dans sourate al-ma’idah verset 5 :

﴿وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيـمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ﴾

qui signifie : « celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulés. » S’il revient à l’Islam, il ne retrouvera pas ses bonnes actions qu’il aura perdu. Cependant, pour ce qui est des péchés qu’il aurait commis pendant son apostasie, ils ne seront pas effacés lorsqu’il revient à l’Islam. Et de même, les péchés qu’il aurait fait avant son apostasie ne seront pas effacés par son retour à l’Islam.

وَإِنَّمَا الَّذِي يُغْفَرُ لَهُ بِذَلِكَ هُوَ الْكُفْرُ لا غَيْرُ، بِخِلافِ الْكَافِرِ الأَصْلِيِّ فَإِنَّ ذُنُوبَهُ تُمْحَى بِإِسْلامِهِ لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ رَوَاهُ مُسْلِمٌ.

Ainsi, ce qui lui sera effacé c’est uniquement la mécréance et rien d’autre que la mécréance, mais ses péchés qui ne lui seront pas effacé, contrairement au mécréant d’origine, lorsqu’il entre en islam pour la première fois, tous ses péchés antérieurs lui seront effacés par son entré islam, preuve en est la parole du Messager :

الإِسْلامُ يَهْدِمُ مَا قَبْلَهُ

qui signifie : « l’Islam efface tout ce qui l’a précédé. » Hadith rapporté par Mouslim.

أَمَّا حَسَنَاتُهُ الَّتِي كَانَ عَمِلَهَا قَبْلَ إِسْلامِهِ فَلا تُكْتَبُ لَهُ بَعْدَ أَنْ يُسْلِمَ، وَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ الصَّحِيحُ وَمَنْ قَالَ بِأَنَّ حَسَنَاتِهِ تَعُودُ لَهُ فَهُوَ غَالِطٌ لَكِنْ لا يُكَفَّرُ إِنْ كَانَ مِمَّنْ يَخْفَى عَلَيْهِ الْحُكْمُ.

Pour ce qui est des bonnes œuvres qu’avait fait le mécréant d’origine avant son entré en islam, après son entré en islam ses bonnes œuvres ne lui seront pas inscrites, et ceci est l’avis retenu. Et celui qui a prétendu qu’il gardera ses bonnes actions, il s’est trompé, mais il n’est pas déclaré mécréant s’il fait partie de ceux pour qui le jugement pourrait échapper. Et de même pour l’apostat, à savoir celui qui était musulman, qui a fait de bonnes œuvres et qui a apostasié, il perd toutes ses bonnes actions, c’est-à-dire ses récompenses, et s’il revient à l’Islam, ses bonnes actions ne seront pas rétablies, elles ne lui reviendront pas, il les aura perdus.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَإِذَا قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يُجِدِّدَ إِيـمَانَهُ بِقَوْلِهِ أَشْهَدُ أَنْ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَهُوَ عَلَى حَالَتِهِ هَذِهِ فَلا يَزِيدُهُ قَوْلُهُ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ إِلَّا إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يُكَذِّبُ قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾ [سُورَةَ مُحَمَّد/34]، وَقَوْلَهُ تَعَالَى ﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾ [سُورَةَ النِّسَاء].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si quelqu’un dit أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ -je demande le pardon à Allah- avant d’avoir renouveler sa foi, c’est-à-dire avant d’avoir renouveler son islam par la prononciation des deux témoignages : « je témoigne qu’il n’est de Dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammed est le Messager de Dieu », c’est-à-dire qu’il est toujours sur son état de mécréance, comme s’il a apostasié en se moquant d’un prophète ou en se moquant d’un ange ou il a dit que les juifs et les chrétiens étaient nos frères et allaient entrés au paradis, ou s’il a dit que chacun est libre de croire ce qu’il veut, s’il dit une parole de mécréance et qu’il n’est pas revenu à l’Islam en prononçant les deux témoignages puis il dit : « que Dieu me pardonne », le fait de dire « que Dieu me pardonne », « je demande pardon à Allah » ne lui ajoute que péché et mécréance, c’est-à-dire que par cette parole il s’enfonce davantage, par cette parole il contredit à nouveau la religion. Il contredit le verset 34 de sourate Mouhammed

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللَّهُ لَهُمْ﴾

qui signifie : « certes ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en islam puis sont morts en étant mécréant, ceux-là Allah ne leur pardonne pas. » Et il contredit la parole de Allah dans sourate an-niça’ versets 168 à 169 :

﴿إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللَّهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلا لِيَهْدِيَهُمْ طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا﴾

qui signifient : « certes ceux qui ont mécru et qui font preuve d’injustice, Allah ne leur pardonnera pas et ne les mènera qu’à la géhenne où ils resteront éternellement à jamais. » Ainsi, le fait de dire : « que Dieu me pardonne » alors qu’il est sur la mécréance ne fait que l’enfoncer davantage.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ كَفَرَ ثُمَّ قَالَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ قَبْلَ أَنْ يَرْجِعَ إِلَى الإِسْلامِ بِالشَّهَادَتَيْنِ لا يَنْفَعُهُ ذَلِكَ شَيْئًا، بَلْ يَزْدَادُ إِثْمًا وَكُفْرًا لِأَنَّهُ يَطْلُبُ الْمَغْفِرَةَ وَهُوَ عَلَى الْكُفْرِ وَاللَّهُ تَعَالَى لا يَغْفِرُ كُفْرَ الْكَافِرِ وَذُنُوبَهُ وَهُوَ عَلَى كُفْرِهِ

Commentaire : celui qui a commis une mécréance, puis il dit :  سْتَغْفِرُاللَّهَavant d’être revenu à l’Islam par la prononciation des deux témoignages, celui ne lui sera aucunement utile. Non seulement cela ne sera pas utile pour lui mais en plus il augmentera en péché et en mécréance, parce qu’il demande le pardon tout en étant mécréant, or Allah ta^ala ne pardonne pas la mécréance du mécréant ni les péchés du mécréant tant qu’il est mécréant.

وَمَنْ صَدَرَ مِنْهُ كُفْرٌ ثُمَّ تَشَهَّدَ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ غَيْرِ الإِقْلاعِ عَنِ الْكُفْرِ وَمِنْ غَيْرِ أَنْ يَعْتَقِدَ أَنَّهُ كَفَرَ لا يَنْتَفِعُ بِذَلِكَ وَلا يَرْجِعُ إِلَى الإِسْلامِ حَتَّى يُقْلِعَ عَنِ الْكُفْرِ فَيَتَشَهَّدَ بِنِيَّةِ الدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ وَهَذَا هُوَ الْحَقُّ الَّذِي عَلَيْهِ عُلَمَاءُ الإِسْلامِ بِالِاتِّفَاقِ فَإِنَّ مَنْ هُوَ مُقِيمٌ عَلَى الْكُفْرِ لا يَنْفَعُهُ التَّشَهُّدُ وَلَوْ تَكَرَّرَ مِنْهُ مِائَةَ مَرَّةٍ.

Et celui de qui est provenu une mécréance puis a témoigné d’une manière systématique, car certains prononcent les deux témoignages sans que ce soit pour accomplir un acte d’adoration, c’est-à-dire sans que ce soit dans l’intention de devenir musulman ou dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration, ce témoignage n’est pas utile pour celui qui est tombé dans la mécréance s’il ne dit pas ce témoignage dans le but de se débarrasser de la mécréance, ça ne lui est pas utile s’il n’a pas pour croyance que ce qu’il a commis était de la mécréance, il n’en profitera pas. Il ne retournera pas à l’Islam tant qu’il n’a pas abandonné la mécréance, tant qu’il n’a pas considérer que c’est une mécréance et qu’il s’en décharge en prononçant les deux témoignages dans l’intention d’entrer en islam. Et c’est cela la vérité sur laquelle sont les savants de l’Islam par accord. Ainsi, celui qui est sur la mécréance ne profitera d’aucun témoignage même s’il le fait 100 fois.

Informations utiles :

Notre Chaykh, que Dieu lui fasse miséricorde a été interrogé à propos de quelqu’un qui avait des jours de jeûne à rattraper. On lui a posé la question : si quelqu’un avait des jours de jeûne à rattraper, est-ce qu’il peut jeûner en même temps le rattrapage et un jeûne recommandé comme le jeûne de ^arafah par exemple ?

Le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cette question est autorisée chez certains savants. C’est-à-dire que chez certains savants, la personne peut mettre l’intention de rattraper le jour de ramadan et en même temps de faire l’acte recommandé du jour de ^arafah, mais c’est contraire à l’avis qui est retenu. C’est-à-dire que ce n’est pas l’avis que le Chaykh a retenu.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: رَوَى ابْنُ حِبَّانَ عَنْ عِمْرَانَ بنِ الْحُصَيْنِ: أَتَى رَسُولَ اللَّهِ رَجُلٌ فَقَالَ يَا مُحَمَّدُ، عَبْدُ الْمُطَّلِبِ خَيْرٌ لِقَوْمِهِ مِنْكَ كَانَ يُطْعِمُهُمُ الْكَبِدَ وَالسَّنَامَ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ – مَعْنَاهُ رَدَّ عَلَيْهِ -،فَلَمَّا أَرَادَ أَنْ يَنْصَرِفَ قَالَ: مَا أَقُولُ، قَالَ:قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي فَانْطَلَقَ الرَّجُلُ وَلَمْ يَكُنْ أَسْلَمَ، ثُمَّ قَالَ لِرَسُولِ اللَّهِ إِنِّي أَتَيْتُكَ فَقُلْتُ عَلِّمْنِي فَقُلْتَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي، فَمَا أَقُولُ الآنَ حِينَ أَسْلَمْتُ قَالَ: قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ.

Ibnou Hibban rapporte de ^Imran Ibnou l-Housayn, : un homme est venu auprès du Messager de Allah et lui a dit : « ô Mouhammed, ^Abdou l-Mouttalib est meilleur que toi [il parle du grand père du Prophète] pour son peuple, il leur donnait à manger du foi et de la graisse de bosse de chameau alors que toi tu les envoie se faire tuer. » Et cette parole est une mécréance parce que c’est une insulte à l’égard du Prophète. Et le Messager lui a répliqué. Et cet homme qui avait insulté était dans l’assemblée et voulait partir, et malgré le fait qu’il soit mécréant il voulait apprendre quelque chose du Prophète, il lui a dit : « que puis-je dire ? » C’est-à-dire enseigne moi des paroles que je puisse dire. Alors le prophète lui a dit de dire cette invocation :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي

qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Puis l’homme est parti, il n’était pas encore entré en islam à ce moment-là. Par la suite, l’homme a dit au Messager de Allah : « j’étais venu auprès de toi, je t’avais demandé de m’enseigner et tu m’avais dit de dire cette invocation :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي

qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. » Alors que vais-je dire maintenant que je suis entré en islam ? » C’est-à-dire qu’il est revenu plus tard et était devenu musulman, et il a demandé au Prophète de lui enseigner des paroles à dire. Alors le Prophète lui a enseigné de dire :

اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا جَهِلْتُ

ce qui signifie : « ô Allah préserve moi du mal de mon âme et guide moi vers ce qui est le mieux pour moi. Ô Allah pardonne moi ce que j’ai fait en secret et ce que j’ai fait au grand jour, pardonne-moi mes désobéissances, ce que j’ai fait délibérément et ce que j’ai fait par manque de sagesse. » Ainsi, la deuxième fois le Prophète lui a enseigné de demander que Dieu lui pardonne ses péchés après son entré en islam.

الشَّرْحُ قَوْلُهُ أَتَى رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ أَيْ رَجُلٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ، وَأَمَّا السَّنَامُ فَهُوَ سَنَامُ الإِبِلِ وَهُوَ طَعَامٌ فَاخِرٌ عِنْدَ الْعَرَبِ، وَقَوْلُهُ وَأَنْتَ تَنْحَرُهُمْ أَيْ تَقْتُلُهُمْ فِي الْجِهَادِ، وَقَوْلُهُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ مَا شَاءَ اللَّهُ مَعْنَاهُ أَنَّ الرَّسُولَ رَدَّ عَلَيْهِ بِمَا شَاءَ اللَّهُ لَهُ مِنَ الْكَلامِ.

Commentaire : dans le hadith de ^Imran Ibnou Housayn, lorsqu’il a dit : « un homme est venu auprès du Messager de Allah » c’est-à-dire un homme associateur, ce n’était pas un musulman. Quant à « as-sanam » c’est la graisse de la bosse du chameau qui est un mets luxueux chez les arabes. Et lorsque que l’homme a dit au prophète : « ton grand père leur donnait à manger et toi tu les envoie se faire tuer » c’est-à-dire que tu les fais tuer au jihad. Puis le Prophète lui a expliqué qu’on n’a pas à négocier les ordres de Dieu. Dieu donne les ordres Qu’il veut, Il interdit ce qu’Il veut et Il mérite qu’on se soumette à Lui. Dans le hadith, ^Imran Ibnou Housayn n’a pas rapporté en détail ce que le Prophète lui a répliqué mais il lui a expliqué.

ثُمَّ إِنَّ هَذَا الْحَدِيثَ الصَّحِيحَ فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الإِنْسَانَ مَا دَامَ كَافِرًا لا يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَقُولَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي ذَنْبِي لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ ذَلِكَ جَائِزًا لَكَانَ الرَّسُولُ عَلَّمَهُ من الأَوَّلِ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ، وَلَكِنَّهُ لَمْ يُعَلِّمْهُ الِاسْتِغْفَارَ اللَّفْظِيَّ إِلَّا بَعْدَ أَنْ أَسْلَمَ.

Par ailleurs, dans ce hadith qui est authentique il y a la preuve que tant que la personne est mécréante, il ne lui est pas permis de dire : « ô Allah pardonne moi mon péché. » Car si cela avait été autorisé, le Messager lui aurait enseigné dès la première fois la demande de pardon par l’expression سْتَغْفِرُاللَّهَ. Mais il ne lui a pas enseigné la première fois, il ne lui a enseigné qu’après qu’il soit devenu musulman.

فَإِنْ قَالَ قَائِلٌ أَلَيْسَ كَانَ نُوحٌ يَقُولُ لِقَوْمِهِ الَّذِينَ هُمْ عَلَى عِبَادَةِ الأَوْثَانِ: ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾ [سُورَةَ نُوح/10] فَالْجَوَابُ أَنَّ قَوْلَهُ ﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ﴾ أَيِ اطْلُبُوا مَغْفرةَ اللَّهِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ بِتَرْكِ عِبَادَةِ الأَصْنَامِ وَالإِيـمَانِ بِاللَّهِ وَحْدَهُ وَالإِيـمَانِ بِي أَنِّي نَبِيُّ اللَّهِ

Et si quelqu’un dit : mais n’est-ce pas que Nouh disait à son peuple qui étaient idolâtres, c’est-à-dire qu’ils adoraient les idoles, il leur disait ce que Dieu a rapporté dans sourate Nouh verset 10 :

﴿اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ إِنَّهُ كَانَ غَفَّارًا﴾

dans ce verset, la parole :  اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire « demandez le pardon à Dieu alors que vous êtes mécréants » non. Mais ce verset signifie : « demandez à Dieu qu’Il vous pardonne en vous faisant entré en islam en délaissant l’adoration des idoles et en croyant en Dieu Lui seul, et en croyant au Prophète Nouh qu’il est un envoyé de Dieu. »

كَذَلِكَ الِاسْتِغْفَارُ فِي مَوَاضِعَ أُخْرَى فِي الْقُرْءَانِ مَعْنَاهُ طَلَبُ الْغُفْرَانِ بِالدُّخُولِ فِي الإِسْلامِ لِأَنَّ الإِسْلامَ يَمْحُو اللَّهُ بِهِ الْكُفْرَ

Et même, dans d’autres passages du Qour’an, l’istighfar a été mentionné dans le sens de la demande de pardon de la mécréance en entrant en islam, parce que Dieu efface la mécréance par l’Islam.

قَالَ تَعَالَى : ﴿قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴾[سُورَةَ الأَنْفَال/38] وَلَيْسَ الْمُرَادُ فِي تِلْكَ الْمَوَاضِعِ قَوْلَ أَسْتَغْفِرُ اللَّهَ أَوْ رَبِّ اغْفِرْ لِي أَوْ نَحْوِ ذَلِكَ

Dans sourate al-‘anfal verset 38 Dieu dit :

﴾قُل لِّلَّذِينَ كَفَرُوا إِن يَنتَهُوا يُغْفَرْ لَهُم مَّا قَدْ سَلَفَ﴿

ce qui signifie : « dis à ceux qui ont mécru que s’ils cessent leur mécréance ils leur seront pardonner leur péché antérieur. » Et au sujet du Prophète Nouh, la parole اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ne veut pas dire : « dites astaghfirou l-La» tout en restant mécréant. Mais ça veut dire : « demandez que Dieu vous pardonne par l’entrer en islam et qu’Il vous pardonne vos péchés par votre entré en islam. »

وَهَذِهِ الآيَةُ نَصٌّ صَرِيحٌ فِي أَنَّ الْكَافِرَ الأَصْلِيَّ وَالْمُسْلِمَ الَّذِي كَفَرَ بِقَوْلِ كُفْرٍ أَوْ فِعْلِ كُفْرٍ أَوِ اعْتِقَادٍ كُفْرِيٍّ إِنْ رَجَعَ عَنْهُ فَدَخَلَ فِي الإِسْلامِ يُغْفَرُ لَهُ لا وَسِيلَةَ غَيْرُ ذَلِكَ فَإِنْ كَانَ كَافِرًا أَصْلِيًّا يُغْفَرُ لَهُ كُلُّ ذُنُوبِهِ الْكُفْرُ وَمَا سِوَاهُ وَإِنْ كَانَ مُسْلِمًا ارْتَدَّ يُغْفَرُ لَهُ كُفْرُهُ فَقَطْ.

Ce verset 38 de sourate al-‘anfal est un texte explicite sur le fait que le mécréant d’origine, tout comme le musulman qui a commis de la mécréance par une parole de mécréance ou par un acte de mécréance ou par une croyance de mécréance, s’il revient à l’Islam en abandonnant sa mécréance et en entrant en islam, il lui sera pardonné, il n’y a pas d’autres moyens que celui-là. Ce qu’il lui sera pardonné est sa mécréance. Si c’est un mécréant d’origine, il lui sera pardonné tous ses péchés, la mécréance et autre que la mécréance, et s’il était musulman mais qu’il a apostasié, il ne lui sera pardonné que sa mécréance.

 تَنْبِيهٌ مُهِمٌّ: فِي تَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ: قَالَ الشَّوْبَرِيُّ فِي تَجْرِيدِهِ حَاشِيَةَ الرَّمْلِيِّ الْكَبِيرِ مَا نَصُّهُ: وَجَزَمَ ابْنُ عَبْدِ السَّلامِ فِي الأَمَالِي وَالْغَزَالِيُّ بِتَحْرِيْمِ الدُّعَاءِ لِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ بِمَغْفِرَةِ جَمِيعِ الذُّنُوبِ وَبِعَدَمِ دُخُولِهِمُ النَّارَ، لِأَنَّا نَقْطَعُ بِخَبَرِ اللَّهِ تَعَالَى وَخَبَرِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ فِيهِمْ مَنْ يَدْخُلُ النَّارَ.

Remarque importante : l’interdiction de demander que Allah pardonne aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés, c’est-à-dire qu’il est interdit de demander à Allah de pardonner aux croyants et aux croyantes la totalité de leurs péchés. Ach-Chawbariyy, dans tajridi hachiyatou r-Ramliyy a dit : Ibnou ^Abdi as-Salam a été catégorique dans al-’amali tout comme al-Ghazaliyy sur l’interdiction de faire une invocation en faveur des croyants et des croyantes pour que leur soit pardonné la totalité de leurs péchés et pour qu’aucun d’entre eux n’entrent en enfer, parce que nous sommes catégoriques suite à la nouvelle qui nous a été amenée de Allah et la nouvelle qui nous a été amenée du Messager de Allah qu’il y aura parmi les croyants et les croyantes ceux qui entreront en enfer. Ils ne resteront pas éternellement, mais il y a sans aucun doute des croyants et des croyantes qui entreront en enfer. Par conséquent, il est interdit de demander quelque chose qui revient à attribuer le mensonge à Allah et à Son Messager.

وَأَمَّا الدُّعَاءُ بِالْمَغْفِرَةِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى حِكَايَةً عَنْ نُوحٍ: ﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ [سُورَةَ نُوح/28] وَنَحْوِ ذَلِكَ فَإِنَّهُ وَرَدَ بِصِيغَةِ الْفِعْلِ فِي سِيَاقِ الإِثْبَاتِ، وَذَلِكَ لا يَقْتَضِي الْعُمُومَ لِأَنَّ الأَفْعَالَ نَكِرَاتٌ، وَلِجَوَازِ قَصْدِ مَعْهُودٍ خَاصٍّ وَهُوَ أَهْلُ زَمَانِهِ مَثَلًا اهـ.

Quant aux invocations de demande de pardon qui sont parvenues dans le Qour’an, comme dans le verset 28 de sourate Nouh :

﴿رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوَالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِنًا وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾

ici, ça n’implique pas la généralisation. Et c’est possible qu’il vise un sens restreint qui est connu, comme les gens de son époque. C’est-à-dire qu’il a demandé le pardon en faveur des gens de son époque.

وَكَذَا ذَكَرَ الرَّمْلِيُّ فِي شَرْحِ الْمِنْهَاجِ، فَلَيْسَ مَعْنَى الآيَةِ اغْفِرْ لِجَمِيعِ الْمُؤْمِنِينَ جَمِيعَ ذُنُوبِهِمْ.

Et ar-Ramliyy a cité la même chose dans le commentaire de al-minhaj. Ainsi, ce verset ne veut pas dire : « ô Allah, pardonnes à tous les croyants la totalité de leurs péchés. Cette invocation est interdite.

 وَهَذَا الدُّعَاءُ أَيْ بِعَدَمِ دُخُولِ أَحَدٍ مِنْ أَهْلِ الإِسْلامِ النَّارَ فِيهِ رَدٌّ لِلنُّصُوصِ، وَرَدُّ النُّصُوصِ كُفْرٌ كَمَا قَالَ النَّسَفِيُّ فِي عَقِيدَتِهِ الْمَشْهُورَةِ، وَقَدْ قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ الطَّحَاوِيُّ: وَالأَمْنُ وَالإِيَاسُ يَنْقُلانِ عَنْ مِلَّةِ الإِسْلامِ، وَهَذِهِ عَقِيدَةُ الْمُرْجِئَةِ، وَهُمْ مِنَ الْكَافِرِينَ مِنْ أَهْلِ الأَهْوَاءِ وَذَلِكَ لِقَوْلِهِمْ لا يَضُرُّ مَعَ الإِسْلامِ ذَنْبٌ كَمَا لا تَنْفَعُ مَعَ الْكُفْرِ حَسَنَةٌ.

Ainsi, cette invocation, à savoir le fait de demander qu’aucun musulmans n’entrent en enfer comporte une réfutation des textes, or la réfutation des textes est de la mécréance tout comme l’a dite an-Naçafiyy dans son traité de croyance très célèbre. Et Abou Ja^far at-Tahawiyy le hanafite a dit : « al-’amn wa l-‘iyas font sortir de la communauté de l’Islam. » En effet, c’est la croyance des Mourji’ah, à savoir le fait de croire qu’aucun musulman ne sera châtié. Les mourji’ah sont des mécréants, des gens qui suivent leurs passions, parce qu’ils disent qu’aucun péché n’est nuisible tant que la personne est musulmane tout comme aucune bonne action n’est profitable à celui qui est mécréant. Ceci est une fausse analogie. Nous disons que certes, aucunes bonnes actions ne sont profitables pour celui qui est mécréant tant qu’il est mécréant, mais on ne dit pas qu’aucun péché n’est nuisible à quelqu’un tant qu’il est musulman, non. Nous disons que Allah châtie pour les péchés, et il y a des musulmans qui seront châtiés en enfer.

تَنْبِيهٌ: إِذَا شَخْصٌ وَقَعَ فِي كُفْرِيَّةٍ ثُمَّ لَمَّا تَعَلَّمَ عَرَفَ أَنَّهَا كُفْرٌ وَلَمْ يَتَذَكَّرْ أَنَّهُ قَالَهَا فَصَارَ يَتَلَفَّظُ بِالشَّهَادَتَيْنِ عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ مِنْ دُونِ اسْتِحْضَارٍ لِمَا حَصَلَ مِنْهُ قَبْلُ وَلَوْ تَذَكَّرَ هَذِهِ الْمُدَّةَ لَتَشَهَّدَ لِلْخَلاصِ ثُمَّ بَعْدَ أَيَّامٍ تَذَكَّرَ أَنَّهُ قَالَهَا وَقَبْلَ ذَلِكَ لَمْ يَتَشَهَّدْ قَطُّ لِلْخَلاصِ مِنْ كُفْرٍ وَقَعَ فِيهِ لِأَنَّهُ لَمْ يَذْكُرْ أَنَّهُ حَصَلَ مِنْهُ فَشَهَادَتُهُ الَّتِي تَشَهَّدَهَا عَلَى سَبِيلِ الْعَادَةِ تَكْفِيهِ، لِأَنَّهُ كَانَ أَرَادَ الْبُعْدَ مِنَ الْكُفْرِ.

Remarque : si quelqu’un était tombé dans une mécréance et qu’il a par la suite appris que c’était une mécréance, mais lorsqu’il a appris, il ne s’est pas rappelé qu’il l’avait commise, puis il a continué sa vie et disait les deux témoignages par habitude, c’est-à-dire sans que ce soit au titre d’un acte d’adoration. Plus tard, il s’est rappelé qu’il avait effectivement dit cette parole, mais il n’avait jamais dit les deux témoignages pour se débarrasser de la mécréance dans laquelle il était tombé, parce qu’il ne s’est pas du tout rappelé qu’il avait commis une mécréance. Alors les témoignages qu’il a fait entre temps par habitude lui suffiront, c’est-à-dire entre le moment où il a appris le jugement et le moment où il s’est rappelé qu’il a commis cette mécréance. Ainsi, comme il connaissait le jugement et prononçait les deux témoignages par habitude, les témoignages par habitudes lui seront suffisant, parce qu’il n’aime pas la mécréance et il aime s’éloigner de la mécréance. Dans ce cas-là, les témoignages qu’il fait partie habitude lui auront été suffisant. Et par habitude signifie lorsque ce n’est pas dans l’intention d’accomplir un acte d’adoration.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمِنْ أَحْكَامِ الرِّدَّةِ أَنْ يَنْفَسِخَ نِكَاحُ زَوْجَتِهِ أَيْ عَقْدُ الزِّوَاجِ الشَّرْعِيِّ فَتَكُونُ الْعَلاقَةُ بَيْنَ الزَّوْجَيْنِ بَعْدَ كُفْرِهِ عَلاقَةً غَيْرَ شَرْعِيَّةٍ فَجِمَاعُهُ لَهَا زِنًى، وَلا فَرْقَ بَيْنَ أَنْ يَكْفُرَ الزَّوْجُ وَبَيْنَ أَنْ تَكْفُرَ الزَّوْجَةُ.

الشَّرْحُ أَنَّ الرِّدَّةَ يَتَرَتَّبُ عَلَيْهَا أَحْكَامٌ عَدِيدَةٌ مِنْهَا أَنَّ الْمُرْتَدَّ يَفْسُدُ صِيَامُهُ وَتَيَمُّمُهُ ونِكَاحُهُ قَبْلَ الدُّخُولِ وَكَذَا بَعْدَهُ إِنْ لَمْ يَرْجِعْ إِلَى الإِسْلامِ فِي الْعِدَّةِ، وَلا يَصِحُّ عَقْدُ نِكَاحِهِ لا عَلَى مُسْلِمَةٍ وَلا كَافِرَةٍ وَلَوْ مُرْتَدَّةٍ مِثْلِهِ.

À la suite de l’apostasie il y a de nombreux jugements, son jeûne sera annulé, tout comme son tayammoum, tout comme son contrat de mariage avant la consommation. Son contract de mariage après la consommation sera également rompu s’il ne revient pas à l’Islam avant la période d’attente post maritale. Et son contrat de mariage ne sera pas valable avec une musulmane ni une non musulmane même si c’est une apostate comme lui.

وَلا فَرْقَ فِي حُكْمِ انْفِسَاخِ الْعَقْدِ بَيْنَ أَنْ يَرْتَدَّ الزَّوْجُ أَوْ تَرْتَدَّ الزَّوْجَةُ، وَلَوِ ارْتَدَّ أَحَدُهُمَا وَعَرَفَ الآخَرُ بِذَلِكَ ثُمَّ حَصَلَ جِمَاعٌ بَيْنَهُمَا فَهُوَ زِنًى مِنْهُمَا وَكِلاهُمَا ءَاثِمٌ وَالْوَلَدُ مِنْ هَذَا الزِّنَى لا يُنْسَبُ إِلَى الرَّجُلِ، وَأَمَّا إِنْ لَمْ يَعْرِفِ الثَّانِي فَالإِثْمُ عَلَى الْمُرْتَدِّ مِنْهُمَا فَقَطْ.

Et il n’y a pas de différence concernant le jugement de l’effacement du contract entre le fait que ce soit l’époux qui apostasie ou l’épouse qui apostasie. Et si l’un des deux a apostasié et que l’autre en a pris connaissance et qu’il y a eu un rapport entre eux, alors c’est de la fornication et les deux tombent dans le péché. Et l’enfant issu de cette fornication n’est pas attribué au père. Cependant, dans le cas où l’un des deux apostasie sans que le deuxième ne soit courant, le péché n’incombe qu’au premier des deux, à savoir celui qui a apostasié. L’autre qui n’est pas au courant n’est pas chargé de péché.

 تَنْبِيهٌ: الْكُفَّارُ الأَصْلِيُّونَ نِكَاحُهُمْ فِيمَا بَيْنَهُمْ نِكَاحٌ وَزِنَاهُمْ زِنًى فَلِذَلِكَ نَقُولُ خَالِدُ بنُ الْوَلِيدِ وَعُمَرُ بنُ الْخَطَّابِ فَنَنْسُبُ كُلًّا مِنْهُمَا إِلَى أَبِيهِ مَعَ أَنَّهُمَا وُلِدَا وَأَبَوَاهُمَا مُشْرِكَانِ فِي الْجَاهِلِيَّةِ.

Remarque : le mariage queles mécréants d’origines considèrent comme étant un mariage entre eux est considéré comme un mariage, et la fornication qu’ils commettent est considérée comme une fornication. Et c’est pour cela que nous disons « Khalid le fils de al-Walid » et « ^Oumar le fils de al-Khattab. » Nous attribuons chacun d’entre eux à leurs pères bien qu’ils étaient nés de parents associateurs.

عَوْدٌ إِلَى تَقْسِيمِ الْكُفْرِ لِزِيَادَةِ فَائِدَةٍ

   وَاعْلَمْ أَنَّ الْكُفْرَ ثَلاثَةُ أَبْوَابٍ: إِمَّا تَشْبِيهٌ، أَوْ تَكْذِيبٌ، أَوْ تَعْطِيلٌ.

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Sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation -tachbih-, sois du démenti -takdhib-, sois de l’athéisme -ta^til-.

الشَّرْحُ أَنَّ أَبْوَابَ الْكُفْرِ ثَلاثَةٌ تَشْبِيهٌ أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ، وَتَكْذِيبٌ أَيْ لِلشَّرْعِ، وَتَعْطِيلٌ أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى.

Commentaire : sache que la mécréance relève de trois catégories : sois de l’assimilation, c’est-à-dire de l’assimilation de Dieu à Ses créatures ; sois du démenti, c’est-à-dire du démenti de la loi de l’Islam ; sois de l’athéisme, c’est-à-dire le fait de renier l’existence de Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: أَحَدُهَا التَّشْبِيهُ: أَيْ تَشْبِيهُ اللَّهِ بِخَلْقِهِ كَمَنْ يَصِفُهُ بِالْحُدُوثِ، أَوِ الْفَنَاءِ، أَوِ الْجِسْمِ، أَوِ اللَّوْنِ، أَوِ الشَّكْلِ، أَوِ الْكَمِيَّةِ أَيْ مِقْدَارِ الْحَجْمِ، أَمَّا مَا وَرَدَ فِي الْحَدِيثِ إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ فَلَيْسَ مَعْنَاهُ جَمِيلَ الشَّكْلِ وَإِنَّمَا مَعْنَاهُ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَوْ مُحْسِنٌ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’un d’entre elles est l’assimilation, c’est-à-dire le fait d’assimiler Allah à Ses créatures comme en Lui attribuant un début à Son existence, ou l’anéantissement, ou le corps, ou qu’Il aurait une couleur, ou une forme, ou une quantité, c’est-à-dire la taille du volume. Quant à ce qui a été rapporté dans le hadith :

إِنَّ اللَّهَ جَمِيلٌ

qui signifie : « certes Allah est Jamil. » Cela ne vient pas dans le sens de la beauté ni de l’aspect, mais ça vient dans le sens qu’Il est Celui dont les attributs sont parfaits, ou dans le sens qu’Il est Celui Qui accorde beaucoup de bienfaits.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ وَقَعَ فِي التَّشْبِيهِ فَعَبَدَ صُورَةً مَا أَوْ خَيَالًا تَخَيَّلَهُ يَكُونُ بِذَلِكَ مِنَ الْكَافِرِينَ الْخَارِجِينَ عَنْ مِلَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَإِنْ زَعَمَ أَنَّهُ مِنْهُمْ. لِأَنَّ الَّذِي يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ يَكُونُ مُكَذِّبًا لِـ لا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مَعْنًى وَلَوْ قَالَهَا لَفْظًا.

Commentaire : celui qui tombe dans l’assimilation de Allah avec Ses créatures et qui aura adoré une image, une figure ou un aspect qu’il aurait imaginé, celui-là est mécréant, il aura mécru en Dieu et est sorti de la religion des musulmans même s’il prétend en faire partie. Parce que celui qui assimile Allah à Ses créatures est mécréant, il aura démenti la parole : « il n’est de Dieu que Dieu » même s’il la prononce.

وَمَعْنَى إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ أَيْ صِفَاتُهُ كَامِلَةٌ، وَقَوْلُهُ أَوْ مُحْسِنٌ أَيْ يُحْسِنُ لِعِبَادِهِ وَيَتَكَرَّمُ عَلَيْهِمْ بِنِعَمِهِ.

Et le sens de :

إِنَّ اللَّهَ جَمِيلُ الصِّفَاتِ

signifie que les attributs de Allah sont parfaits. Et l’explicitation de 

مُحْسِنٌ

c’est-à-dire que Allah accorde avec bienfait à Ses esclaves. Il leur fait grâce de ces nombreux bienfaits.

وَأَمَّا الْحَدِيثُ الَّذِي رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَهُوَ: إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ فَمَعْنَاهُ مُنَزَّهٌ عَنِ السُّوءِ وَالنَّقْصِ، وَقَوْلُهُ: يُحِبُّ النَّظَافَةَ أَيْ يُحِبُّ لِعِبَادِهِ نَظَافَةَ الْخُلُقِ، وَالْعَمَلِ، وَالثَّوْبِ، وَالْبَدَنِ.

Quant au hadith rapporté par at-Tirmidhiyy :

إِنَّ اللَّهَ نَظِيفٌ يُحِبُّ النَّظَافَةَ

il signifie que Allah est exempt de tout défaut. Il est exempt de tout mal. Et la parole du Prophète :

يُحِبُّ النَّظَافَةَ

signifie que Allah agrée pour Ses esclaves la pureté du comportement, des œuvres, des vêtements et du corps.

Informations utiles :

Dans l’islam, la ta^ziyah est le fait de présenter ses condoléances. Ta^ziyah est le fait de consoler, c’est-à-dire que c’est une sorte de consolation de celui qui a été touché par la mort de l’un de ses proches. Ainsi, la ta^ziyah -le fait de présenter ses condoléances- est une sounnah avant l’enterrement jusqu’à trois jours après l’enterrement. Sauf si quelqu’un était excusé, comme s’il était en voyage et n’est revenu qu’après un mois pour lui présenter ses condoléances, ceci du fait qu’il était excusé, il était absent. Et si un musulman est proche d’un musulman, on présente la ta^ziyah au musulman. On lui : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ. Et il est correcte de dire : عَظَّمَ اللهُ أَجْرَكَ, mais ce qui a été rapporté des expressions des savants c’est de dire : أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ وَغَفَرَ لِمَيِّتِكَ qui veut littéralement dire : « que Allah t’accorde une grande récompense [en raison de sa patience pour la perte de son proche] » puis on demande qu’il soit consolé dans son chagrin et on fait l’invocation du pardon envers le mort. On peut présenter les condoléances à un musulman pour un mort mécréant, c’est-à-dire que si un mécréant est mort dans sa famille, on peut présenter les condoléances à ce musulman. On dit au musulman :

أَعْظَمَ اللهُ أَجْرَكَ وَصَبَّرَكَ

ce qui signifie : « que Allah t’accorde une grande récompense et qu’Il t’accorde la patience. » On dit cela à un musulman. Et on ne dit pas : « que Dieu pardonne à ton défunt » parce que celui qui est mort est mécréant. Et on peut présenter les condoléances à un mécréant pour la mort d’un musulman, on dit :

غَفَرَ اللهُ لِمَيِّتِكَ وَأَحْسَنَ عَزَاءَكَ

ce qui signifie : que Dieu pardonne à ton défunt [ce musulman qui est mort] et on espère que tu seras consolé. »

Il est permis de pleurer un mort avant la mort et après. Le Messager de Allah a versé des larmes lors de la mort de son fils ‘Ibrahim. Un des compagnons qui a vu ces larmes a dit :

مَا هَذَا يَا رَسُولُ الله ؟

ce qui signifie : « qu’est-ce que c’est ô Messager de Allah ? »

le Prophète a répondu :

هَذِهِ رَحْمَةٌ يَجْعَلُ اللَّهُ فِي قُلُوبِ مَنْ شَاءَ مِنْ عِبَادِهِ، وَإِنَّمَا يَرْحَمُ اللَّهُ مِنْ عِبَادِهِ الرُّحَمَاءَ

ce qui signifie : « ces larmes sont une miséricorde que Allah place dans les cœurs de qui Il veut parmi Ses esclaves. Et Allah fait miséricorde à ceux qui sont miséricordieux. » C’est-à-dire que dans pareilles situations, ces larmes ne sont pas un signe de faiblesse, les larmes ne sont pas interdites. Ce qui est interdit c’est an-nadb et an-niyahah. An-nadb est le fait de citer les qualités du défunt d’une manière bien particulière comme ils faisaient durant la jahiliyyah. Et an-niyahah est le fait d’élever la voix pour cela, comme en disant : « tu étais comme une montagne pour moi » ou « comme une caverne où je me protégeais. » Quant au fait de mentionné les qualités du défunt sans que ce soit de cette manière, mais d’une manière posée et réfléchi, cela n’est pas interdit. Il n’est pas interdit de cité les qualités d’un défunt. 

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَانِيهَا التَّكْذِيبُ: أَيْ تَكْذِيبُ مَا وَرَدَ فِي الْقُرْءَانِ الْكَرِيْمِ أَوْ مَا جَاءَ بِهِ الرَّسُولُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى وَجْهٍ ثَابِتٍ وَكَانَ مِمَّا عُلِمَ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَاعْتِقَادِ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ، أَوْ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتٌ غَيْرُ حِسِيَّةٍ، وَأَنَّ النَّارَ ءَالامٌ مَعْنَوِيَّةٌ،أَوْ إِنْكَارِ بَعْثِ الأَجْسَادِ وَالأَرْوَاحِ مَعًا أَوِ إِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ أَوِ الصِّيَامِ أَوِ الزَّكَاةِ، أَوِ اعْتِقَادِ تَحْرِيْمِ الطَّلاقِ أَوِ تَحْلِيلِ الْخَمْرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا ثَبَتَ بِالْقَطْعِ وَظَهَرَ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième catégorie [de mécréance] est le démenti : c’est-à-dire le démenti de ce qui est parvenu dans le Qour’an honoré ou ce qui est rapporté du Messager d’une manière confirmée et faisant partie de ce qui est bien connu comme faisant partie de la religion. C’est-à-dire que quelqu’un dément ce qui est rapporté du Messager et qui est connu comme étant dans la religion, c’est-à-dire comme d’évidence, c’est-à-dire comme si c’était connu d’évidence que ça fait partie de la religion. Comme croire que le paradis et l’enfer auront une fin, cela étant un démenti, ou croire que le paradis est un lieu de félicité uniquement moral et non pas physique, c’est-à-dire non perceptible, cela étant un démenti, ou croire que l’enfer serait un lieu de souffrance uniquement moral, cela étant un démenti, ou encore nier que les corps et les âmes seront ressuscités ensemble, ou en niant l’obligation de la prière, ou en niant l’obligation du jeûne, ou nier l’obligation de la zakat, ou en croyant à l’interdiction du divorce. Ou en croyant que la consommation des boissons alcoolisées serait autorisée, permise. Et autres que cela des choses qui sont confirmées de manière catégorique et connu manifestement chez les musulmans.

الشَّرْحُ أَنَّ مِنْ أَنْوَاعِ الْكُفْرِ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ كُفْرَ التَّكْذِيبِ وَيَكُونُ بِتَكْذِيبِ مَا جَاءَ بِهِ الْقُرْءَانُ مِمَّا هُوَ ظَاهِرٌ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ كَتَحْلِيلِ لَحْمِ الْخِنْزِيرِ أَوْ بِرَدِّ مَا جَاءَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعْدَ مَعْرِفَتِهِ بِأَنَّ هَذَا الأَمْرَ مِمَّا جَاءَ بِهِ مُحَمَّدٌ عَلَيْهِ الصَّلاةُ وَالسَّلامُ، فَمَنْ جَحَدَ خَبَرَ الْقُرْءَانِ وَمَا قَدْ ثَبَتَ عِنْدَهُ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ جَاءَ بِهِ فَهُوَ كَافِرٌ لا شَكَّ فِي ذَلِكَ

Commentaire : parmi les sortes de mécréance,que Dieu nous en préserve, il y a la mécréance par démenti, cela a lieu en démentant ce qui est parvenue dans le Qour’an faisant partie de ce qui est manifestement connu chez les musulmans, comme quelqu’un qui dit que consommer le porc serait licite, ou encore en réfutant ce qu’a amené comme information le Messager de Allah de la part de quelqu’un qui a su que cette information est quelque chose que le Prophète nous a transmise, que nous a informé notre maitre Mouhammed. De sorte que celui qui renie une information qui est venue dans le Qour’an et celui qui renie une information alors que pour lui c’est authentifié que le Messager de Allah l’a amené, c’est-à-dire que s’il est parvenu à quelqu’un qu’il a été authentifié que le Messager a dit telle chose et qu’il la renie, alors c’est un mécréant, il n’y a aucun doute à ce sujet.

وَأَمَّا إِنْ سَمِعَ حَدِيثًا يُوهِمُ ظَاهِرُهُ أَنَّ لِلَّهِ جَوَارِحَ فَأَنْكَرَهُ جَهْلًا مِنْهُ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ وَذَلِكَ كَأَنْ سَمِعَ حَدِيثَ: وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا فَأَنْكَرَهُ ظَنًّا مِنْهُ أَنَّهُ مُفْتَرًى عَلَى الرَّسُولِ وَأَنَّ فِيهِ إِثْبَاتَ الْجَوَارِحِ لِلَّهِ فَإِنَّهُ لا يَكْفُرُ.

Cependant, si quelqu’un a entendu un hadith dont le sens apparent donne l’illusion [ce n’est pas vrai bien sûr] que Dieu aurait des organes et que lui a renié ce hadith en ignorant que le Prophète a dit cela, alors il ne devient pas mécréant, comme quelqu’un qui a entendu le hadith :

وَلا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطُشُ بِهَا وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا

dont le sens apparent est que Allah devient l’ouïe de Son esclave, la vue de Son esclave, la main de Son esclave, le pied de Son esclave. Ce sens apparent n’est pas un sens correct. Ainsi, celui qui a entendu cette parole et a dit : « non, le Prophète n’a pas dit cela » en pensant que c’était une calomnie, c’est-à-dire que ce sont des paroles attribuées mensongèrement au Messager parce que le sens apparent revient à attribuer les organes à Allah, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant.

وَهَذَا الْحَدِيثُ مَعْنَاهُ أَحْفَظُ لَهُ سَمْعَهُ وَبَصَرَهُ وَيَدَهُ وَرِجْلَهُ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: أَيْ أُعْطِيهِ قُوَّةً غَرِيبَةً فِي سَمْعِهِ، وَبَصَرِهِ، وَيَدِهِ وَرِجْلِهِ.

Et ce hadith qoudsiyy signifie que Allah préserve l’ouïe de Son esclave vertueux, la vue la main et le pied. Et d’autres savants ont expliqué autrement en disant : ce hadith signifie que Allah accorde à Son esclave vertueux une force étonnante dans son ouïe, sa vue, sa main et son pied, c’est-à-dire que Allah accorde à cette esclave vertueux des prodiges.

وَمِنْ كُفْرِ التَّكْذِيبِ أَيْضًا اعْتِقَادُ فَنَاءِ الْجَنَّةِ وَالنَّارِ أَوْ إِحْدَاهُمَا وَهُوَ كُفْرٌ بِالإِجْمَاعِ، وَمِثْلُهُ فِي الْحُكْمِ مَنْ يَعْتَقِدُ أَنَّ الْجَنَّةَ لَذَّاتُهَا مَعْنَوِيَّةٌ فَقَطْ أَوْ أَنَّ النَّارَ لَيْسَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ لِأَنَّ هَذَا إِنْكَارٌ لِنُصُوصِ الشَّرْعِ الصَّرِيْحَةِ الْمُتَوَاتِرَةِ الْمَعْرُوفَةِ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ الْعُلَمَاءِ وَالْعَوَامِّ.

Parmi les mécréances par démenti, il y a également le fait de croire que le paradis et l’enfer ou l’un des deux aurait une fin, et cela est une mécréance selon l’unanimité, parce que avoir une telle croyance revient à accuser Dieu de mentir et revient à accuser le Prophète de mentir, et toute parole qui revient à attribuer un défaut à Allah ou à Son Messager ne provient pas de la part de quelqu’un qui adore Allah et qui croit en Son Messager. Possède le même jugement celui qui a pour croyance que les plaisirs du paradis sont uniquement de l’ordre moral, ou que l’enfer ne comporte pas de douleurs physiques, parce que cela revient également à renier les textes de la loi explicites qui sont parvenus par tawatour -par un grand nombre qui rapporte d’un grand nombre et ainsi de suite- et ce sont des croyances qui sont connues chez les musulmans, aussi bien chez les savants que chez les gens du commun, à savoir ceux qui n’ont pas appris.

وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ الْجَنَّةَ فِيهَا لَذَّاتٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾ [سُورَةَ الْحَاقَّة/24]، وَمِنَالدَّلِيلِ عَلَى أَنَّ النَّارَ فِيهَا ءَالامٌ حِسِيَّةٌ ءَايَاتٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى: ﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾ [سُورَةَ النِّسَاء/56].

Et parmi les preuves que le paradis comporte une félicité et un plaisir physique perceptible, il y a des versets comme la parole de Allah ta^ala dans sourate al-haqqah verset 24 :

﴿كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الأَيَّامِ الْخَالِيَةِ﴾

qui signifie : « mangez et buvez en guise de récompense pour ce que vous avez accompli dans des temps révolus. » Et parmi les preuves que l’enfer comporte des douleurs perceptibles, il y a plusieurs versets, parmi lesquels le verset 56 de sourate an-niça’ :

﴿كُلَّمَا نَضِجَتْ جُلُودُهُمْ بَدَّلْنَاهُمْ جُلُودًا غَيْرَهَا لِيَذُوقُوا الْعَذَابَ﴾

qui signifie : « à chaque fois que leurs peaux vont brûler, Nous leur changeons de nouvelles peaux pour qu’ils goûtent encore et encore au châtiment. »

وَمن التَّكْذِيبِ لِلشَّرْعِ إِنْكَارُ بَعْثِ الأَرْوَاحِ وَالأَجْسَادِ مَعًا فَإِنِ اعْتَقَدَ مُعْتَقِدٌ أَنَّ الأَرْوَاحَ تُبْعَثُ فَقَطْ دُونَ الأَجْسَادِ فَإِنَّهُ يَكْفُرُ وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ تَعَالَى، وَالنُّصُوصُ الصَّرِيْحَةُ بِبَعْثِ الأَجْسَادِ كَثِيرَةٌ مِنْهَا قَوْلُهُ تَعَالَى ﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾ [سُورَةَ الأَنْبِيَاء/104] وَهَذَا الأَمْرُ مَعْلُومٌ عِنْدَ الْجَاهِلِ وَالْعَالِمِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ.

Et de parmi les démentis de la loi de l’Islam, il y a le fait de renier le fait que les âmes et les corps seront ressuscités ensemble, c’est-à-dire que si quelqu’un a eu pour croyance que les âmes seront ressuscitées seulement mais pas les corps, il aura commis de la mécréance, que Dieu nous en préserve. Et les textes indiquant que les corps seront ressuscités sont nombreux, parmi lesquels le verdet 104 de sourate al-‘anbiya’ :

﴿كَمَا بَدَأْنَا أَوَّلَ خَلْقٍ نُّعِيدُهُ﴾

qui signifie : « tout comme Nous vous avons crées la première fois, Nous vous ressusciterons. » Et ce sujet est connu aussi bien chez l’ignorant que le savant parmi les musulmans.

وَمِنَ الْكُفْرِ إِنْكَارُ أَيِّ أَمْرٍ مَعْلُومٍ مِنَ الدِّينِ بِالضَّرُورَةِ كَإِنْكَارِ وُجُوبِ الصَّلاةِ وَالصِّيَامِ وَالزَّكَاةِ، ونَقَلَ الْقَاضِي عِيَاضٌ فِي الشِّفَا الإِجْمَاعَ عَلَى تَكْفِيرِ مَنْ أَنْكَرَ وُجُوبَ الصَّلَوَاتِ الْخَمْسِ وَعَدَدَ رَكَعَاتِهَا وَسَجَدَاتِهَا.

Et parmi les sortes de mécréances qui font partie du démenti, il y a le fait de renier n’importe quel sujet qui est connu comme d’évidence de la religion, comme celui qui renie l’obligation de la prière ou celui qui renie l’obligation du jeûne ou de la zakat. Et le qadi ^Iyad, dans son livre ach-chifa a rapporté l’unanimité de la mécréance de celui qui renie l’obligation des cinq prières ou qui renie le nombre de leurs rak^ah ou de leurs inclinations ou de leurs prosternations.

وَكَذَا الْحُكْمُ فِيمَنْ يَعْتَقِدُ تَحْرِيْمَ الطَّلاقِ عَلَى الإِطْلاقِ فَإِنَّ فَسَادَ هَذَا ظَاهِرٌ بَيْنَ عَامَّةِ الْمُسْلِمِينَ وَعُلَمَائِهِمْ، وَمِثْلُهُ حُكْمُ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَ الْخَمْرِ فَقَدْ أَجْمَعَ عَلَى تَحْرِيْمِهَا الأَئِمَّةُ مِنْ عَهْدِ صَحَابَةِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى أَيَّامِنَا هَذِهِ وَانْتَشَرَ هَذَا الْحُكْمُ وَشُهِرَ حَتَّى بَيْنَ مَنْ يَشْرَبُهَا مِنَ الأُمَّةِ وَلِذَلِكَ جَزَمَ الْعُلَمَاءُ بِتَكْفِيرِ مَنْ أَحَلَّ شُرْبَهَا مُطْلَقًا

Et a le même jugement celui qui croit que le divorce est interdit dans l’absolue. La corruption de pareille croyance est claire chez les musulmans, le commun des musulmans et leurs savants. Et a le même jugement celui qui autorise de boire de l’alcool, car les imam depuis l’époque des compagnons du Messager de Allah jusqu’à nos jours ont été unanimes sur l’interdiction de l’alcool, et ce jugement s’est diffusé au sein de la communauté, et c’est un jugement qui est connu, ce n’est pas quelque chose qui échappe, même les buveurs d’alcool de la communauté connaissent ce jugement, pour cela les savants ont été catégoriques à déclarer mécréant celui qui rend autoriser d’en boire dans l’absolue.

وَخَالَفَ فِي ذَلِكَ وَشَذَّ رَعَاعٌ مُرَادُهُمْ هَدْمُ الدِّينِ وَإِفْسَادُ الشَّرْعِ وَإِشَاعَةُ الْفَوَاحِشِ وَالرَّذَائِلِ فَزَعَمُوا أَنْ لَيْسَ فِي الْقُرْءَانِ نُصُوصٌ عَلَى تَحْرِيْمِ الْخَمْرِ بَلْ غَايَةُ مَا جَاءَ فِيهِ قَوْلُهُ تَعَالَى عَنِ الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَالأَنْصَابِ وَالأَزْلامِ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ وَغَرَضُهُمْ بِهَذَا الْكَلامِ الْمُمَوَّهِ التَّوَصُّلُ إِلَى إِبَاحَةِ الْخَمْرِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ [سُورَةَ الْمَائِدَة]، فَقَوْلُهُ ﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾ مَعَ قَوْلِهِ ﴿فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾ يُفْهِمَانِ التَّحْرِيْمَ الشَّدِيدَ وَلِهَذَا قَالَ عُمَرُ لَمَّا سَمِعَهَا: »انْتَهَيْنَا انْتَهَيْنَا« رَوَاهُ التِّرْمِذِيُّ وَغَيْرُهُ، وَأَرَاقَ الْمُسْلِمُونَ لَمَّا نَزَلَتْ ءَايَةُ التَّحْرِيْمِ الْخَمْرَ حَتَّى جَرَتْ فِي شَوَارِعِ الْمَدِينَةِ.

Et à ce sujet, un groupuscule de gens se sont singularisés. Leur objectif en cela est de détruire les règles de la religion, de corrompre la loi de l’Islam, de propager les vilenies et les actes indécents. Ils ont prétendu qu’il n’y a pas dans le Qour’an de texte qui indique l’interdiction de l’alcool. Ils ont prétendu que tout ce qu’il y à ce sujet c’est la parole de Allah dans le verset 90 de sourate al-ma’idah :

﴿فَاجْتَنِبُوهُ﴾

qui prit toute seule veut dire : « évitez-le. » Leur objectif par cette parole qui veut instaurer le doute et induire les gens dans l’erreur est de parvenir à autoriser l’alcool. Or, il y a deux versets dans sourate al-ma’idah :

﴿يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا إِنَّمَا الْخَمْرُ وَالْمَيْسِرُ وَالأَنْصَابُ وَالأَزْلامُ رِجْسٌ مِّنْ عَمَلِ الشَّيْطَانِ فَاجْتَنِبُوهُ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ إِنَّمَا يُرِيدُ الشَّيْطَانُ أَنْ يُوقِعَ بَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةَ وَالْبَغْضَاءَ فِي الْخَمْرِ وَالْمَيْسِرِ وَيَصُدَّكُمْ عَن ذِكْرِ اللَّهِ وَعَنِ الصَّلاةِ فَهَلْ أَنْتُمْ مُّنْتَهُونَ﴾

dont le sens globale est : « ô vous qui êtes croyants, le vin, les pari argent, les ‘ansab et les ‘azlam [qui sont des pratiques de la jahiliyyah] sont des souillures qui sont suggérées par le shaytan, alors évitez-le, puissiez-vous réussir. Le shaytan veut provoquer la haine et l’animosité entre vous par l’alcool les pari d’argent et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière. Allez-vous en finir ? » La parole « évitez le » avec la parole « allez-vous en finir ? » font comprendre l’interdiction ferme et définitive. Et c’est pour cela que lorsque ^Oumar a entendu ces versets a dit : « nous en avons finis, nous en avons finis. » Rapporté par at-Tirmidhiyy et d’autres. Et lorsque le verset de l’interdiction de l’alcool a été révélé, les musulmans ont déversé le restant des stocks d’alcool qu’ils avaient chez eux à point que l’alcool a coulé dans les rues de Médine, c’est-à-dire qu’ils se sont débarrassés de ce qu’ils avaient chez eux puisque l’alcool n’était pas encore interdit au départ.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَهَذَا بِخِلافِ مَنْ يَعْتَقِدُ بِوُجُوبِ الصَّلاةِ عَلَيْهِ مَثَلًا لَكِنَّهُ لا يُصَلِّي فَإِنَّهُ يَكُونُ عَاصِيًا لا كَافِرًا كَمَنْ يَعْتَقِدُ عَدَمَ وُجُوبِهَا عَلَيْهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ceci est différent du cas de celui qui a pour croyance que la prière est bien un devoir pour lui mais qu’il ne l’accompli pas par paresse, celui-là est désobéissant et non pas mécréant comme le serait celui qui croit qu’elle ne serait pas un devoir pour lui, parce que celui qui renie son caractère obligatoire, sa croyance revient à contredire la parole de Dieu et la parole du Prophète. Tandis que celui qui a pour croyance qu’elle est bien obligatoire sans la faire par paresse, il ne sort pas de l’Islam à cause de cela mais on dit qu’il est désobéissant puisqu’il n’a pas accompli une obligation.

   الشَّرْحُ هَذَا مَذْهَبُ أَهْلِ السُّنَّةِ وَالْجَمَاعَةِ أَنَّ مُرْتَكِبَ الْكَبِيرَةِ لا يَكْفُرُ إِذَا لَمْ يَسْتَحِلَّهَا.

Commentaire :telle est la voie de ahlou sounnah wa l-jama^ah -les sunnites qui ont la croyance du Prophète et de ses compagnons et qui constitue le groupe majoritaire de ceux qui se disent musulman-, à savoir que celui qui commet le grand péché ne devient pas mécréant tant qu’il ne se l’autorise pas. C’est-à-dire que ce n’est pas le fait de commettre le péché qui fait sortir de l’Islam, mais c’est le fait de se l’autoriser, c’est-à-dire de le considérer licite.

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: ثَالِثُهَا التَّعْطِيلُ: أَيْ نَفْيُ وُجُودِ اللَّهِوَهُوَ أَشَدُّ الْكُفْرِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : la troisième sorte est l’athéisme : c’est-à-dire le fait de nier l’existence de Allah et c’est la pire des mécréance.

الشَّرْحُ كَالشُّيُوعِيَّةِ النَّافِينَ لِوُجُودِهِ تَعَالَى وَهَذَا أَشَدُّ الْكُفْرِ عَلَى الإِطْلاقِ. وَكَذَلِكَ كُفْرُ الْوَحْدَةِ الْمُطْلَقَةِ وَكُفْرُ الْحُلُولِ.  

Commentaire : comme les communistes qui renient l’existence de Dieu et c’est la pire des mécréances dans l’absolue. De même pour la mécréance de l’unité de l’existence, c’est-à-dire croire que tout ce monde est Allah, et que ce que nous voyons ainsi que nous sont des parties de Lui. Et également la mécréance de l’incarnation, c’est-à-dire celui qui croit que Allah S’incarne dans les choses, qu’Il est dans le mur, dans la table. Les pires des mécréances sont ces trois-là, à savoir celui qui nie l’existence de Dieu, celui qui croit que tout ce monde est Allah -l’unité absolue- et celui qui croit que Allah S’incarne dans les créatures -al-houloul-.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَحُكْمُ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ بِخَلْقِهِ التَّكْفِيرُ قَطْعًا.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le jugement de celui qui assimile Allah à Ses créatures est qu’il est mécréant catégoriquement.

الشَّرْحُ أَنَّ مَنْ يُشَبِّهُ اللَّهَ تَعَالَى بِخَلْقِهِ فَهُوَ كَافِرٌ مِنْ غَيْرِ شَكٍّ وَذَلِكَ أَنَّ الْمُشَبِّهَ لا يَعْبُدُ اللَّهَ تَعَالَى وَإِنَّمَا يَعْبُدُ صُورَةً تَخَيَّلَهَا وَتَوَهَّمَهَا وَمَنْ عَبَدَ غَيْرَ اللَّهِ فَلا يَكُونُ مُسْلِمًا.

Commentaire : celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant sans aucun doute, et ceci parce que l’assimilateur n’adore pas Allah mais il adore une image qu’il s’est imaginé, il s’est donné pour illusion que c’est Dieu, et celui qui adore autre que Dieu n’est pas un musulman. Parce que lui a adoré une chose qu’il est imaginé, et cette chose qu’il a imaginé n’est pas Allah.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَالسَّبِيلُ إِلَى صَرْفِ التَّشْبِيهِ اتِّبَاعُ هَذِهِ الْقَاعِدَةِ الْقَاطِعَةِ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ وَهِيَ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ، وَهِيَ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et le moyen pour écarter l’assimilation, c’est-à-dire pour que tout un chacun enlève l’assimilation de Dieu de son cœur, c’est de suivre cette règle catégorique :

مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ

qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » C’est-à-dire que quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi. Et cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah dans le Qour’an dans sourate ach-choura verset 11 :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »

الشَّرْحُ أَنَّ السَّبِيلَ لِصَرْفِ التَّشْبِيهِ وَالْمُحَافَظَةِ عَلَى التَّنْزِيهِ هُوَ اتِّبَاعُ قَوْلِ ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ: مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ رَوَاهُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخَ بَغْدَادَ، لِأَنَّ مَا يَتَصَوَّرُهُ الإِنْسَانُ بِبَالِهِ خَيَالٌ وَمِثَالٌ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْ ذَلِكَ، فَهَذِهِ قَاعِدَةٌ مُجْمَعٌ عَلَيْهَا عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ مَأْخُوذَةٌ مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ [سُورَةَ الشُّورَى/11].

Commentaire : la manière d’éviter le tachbih -l’assimilation de Dieu avec Ses créatures- et de conserver le tanzih -l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures- est de suivre cette parole de Dhou n-Noun al-Misriyy :

مَهْمَا تَصَوَّرْتَ بِبَالِكَ فَاللَّهُ بِخِلافِ ذَلِكَ

qui signifie : « quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent. » Cette règle a été rapportée par le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy dans son livre : « tarikh Baghdad » -l’histoire de Bagdad-. Car tout ce que l’être humain imagine en son esprit est une image et une représentation, et Allah est exempt de cela. Cette règle fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la vérité, elle est tirée de la parole de Allah ta^ala sourate ach-choura verset 11 :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾

qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui. »

وَهَذِهِ الْعِبَارَةُ يَنْقُلُهَا الْحَافِظُ أَبُو بَكْرٍ الْخَطِيبُ الْبَغْدَادِيُّ فِي تَارِيخِ بَغْدَادَ بِإِسْنَادٍ مُتَّصِلٍ إِلَى ذِي النُّونِ الْمِصْرِيِّ وَاسْمُهُ ثَوْبَانُ بنُ إِبْرَاهِيمَ وَهُوَ مِنَ الصُّوفِيَّةِ الصَّادِقِينَ الأَكَابِرِ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ، تَلَقَّى الْحَدِيثَ مِنَ الإِمَامِ مَالِكٍ وَغَيْرِهِ، وَأَفَاضَ اللَّهُ عَلَى قَلْبِهِ جَوَاهِرَ الْحِكَمِ، وَهَذَا الْقَوْلُ نَقَلَهُ أَيْضًا أَبُو الْفَضْلِ التَّمِيمِيُّ الْحَنْبَلِيُّ [فِي كِتَابِهِ اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ] عَنِ الإِمَامِ أَحْمَدَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.

Et cette expression, le hafidh Abou Bakr al-Khatib al-Baghdadiyy la rapporte dans son livre « Tarikh Baghdad » d’une chaîne de transmission ininterrompue qui remonte jusqu’à Dhou n-Noun al-Misriyy. Dhou n-Noun al-Misriyy est son surnom, il s’appelle Thawban fils de ‘Ibrahim, il fait partie des soufiyy véridiques, des grands parmi ceux qui ont réuni la science et la pratique conformément à la science. Il a pris le hadith par transmission auprès de l’imam Malik et auprès d’autres que lui et Allah a inondé son cœur par des diamants et des perles de sagesse. Et cette même parole a été rapportée par Abou l-fadl at-Tamimiyy al-Hanbaliyy dans son livre « اعْتِقَادُ الإِمَامِ الْمُبَجَّلِ أَحْمَدَ بنِ حَنْبَلٍ » d’après l’imam Ahmad que Allah l’agrée. Ceci est une preuve de l’infondé de la parole des assimilationnistes, parce que beaucoup d’entre eux se disent hanbalite, on leur dit : « l’imam Ahmad Ibnou Hanbal lui-même a dit : « quoi que tu imagines en ton esprit Dieu en est différent. »

وَكَذَلِكَ يُفْهَمُ مِنْ قَوْلِهِ تَعَالَى: ﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾ [سُورَةَ النَّجْم/42] أَنَّهُ لا تُدْرِكُهُ تَصَوُّرَاتُ الْعِبَادِ وَأَوْهَامُهُمْ.

Et cette règle est également déduite du verset 42 de sourate an-najm

﴿وَأَنَّ إِلَى رَبِّكَ الْمُنْتَهَى﴾

qui signifie : « les imaginations des esclaves et leurs illusions n’atteignent pas la réalité de Dieu. »

   قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَمُلاحَظَةُ مَا رُوِيَ عَنِ الصِّدِّيقِ (شِعْرٌ مِنَ الْبَسِيطِ)

الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ [رَوَاهُ الْفَقِيهُ الْمُحَدِّثُ بَدْرُ الدِّينِ الزَّرْكَشِيُّ الشَّافِعِيُّ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : et pour s’écarter de l’assimilation de Dieu envers Ses créatures, il y a le ver rapporté de notre maitre Abou Bakr asSiddiq :

الْعَجْزُ عَنْ دَرَكِ الإِدْرَاكِ إِدْرَاكٌ وَالْبَحْثُ عَنْ ذَاتِهِ كُفْرٌ وَإِشْرَاكُ

qui signifie : « l’incapacité à connaitre la réalité de Allah est en soi une connaissance, et essayer d’appréhender Sa réalité est une mécréance et de l’association. » Tout comme cela a été rapporté par le faqih, le mouhaddith Badrou d-Din az-Zarkachiyy le chafi^ite.

الشَّرْحُ مَعْنَى مَا رُوِيَ عَنْ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ أَنَّ الإِنْسَانَ إِذَا عَرَفَ اللَّهَ تَعَالَى بِأَنَّهُ مَوْجُودٌ لا كَالْمَوْجُودَاتِ وَاعْتَقَدَ أَنَّهُ لا يُمْكِنُ تَصْوِيرُهُ فِي النَّفْسِ وَاقْتَصَرَ عَلَى هَذَا وَاعْتَرَفَ بِالْعَجْزِ عَنْ إِدْرَاكِهِ أَيْ عَنْ مَعْرِفَةِ حَقِيقَتِهِ وَلَمْ يَبْحَثْ عَنْ ذَاتِ اللَّهِ لِلْوُصُولِ إِلَى حَقِيقَةِ اللَّهِ فَهَذَا إِيـمَانٌ، وَهَذَا يُقَالُ عَنْهُ عَرَفَ اللَّهَ وَإِنَّهُ سَلِمَ مِنَ التَّشْبِيهِ

Commentaire : la signification de ce qui a été rapporté notre maitre Abou Bakr as-Siddiq est que si la personne a su que Allah existe non pas comme ce qui existe, s’il a eu pour croyance qu’il n’est pas possible d’imaginer Allah et que la personne s’est limitée à cela, c’est-à-dire la croyance que Dieu existe et qu’il n’est pas possible de l’imaginer tout en reconnaissant son incapacité à atteindre la réalité de Dieu et ne cherche pas à parvenir à connaitre la réalité de Dieu, c’est cela la foi.

أَمَّا الَّذِي لا يَكْتَفِي بِذَلِكَ وَيُرِيدُ بِزَعْمِهِ أَنْ يَعْرِفَ حَقِيقَتَهُ وَيَبْحَثَ عَنْ ذَاتِهِ وَلا يَكْتَفِي بِهَذَا الْعَجْزِ فَيَتَصَوَّرُهُ كَالإِنْسَانِ أَوْ كَكُتْلَةٍ نُورَانِيَّةٍ أَوْ يَتَصَوَّرُهُ حَجْمًا مُسْتَقِّرًا فَوْقَ الْعَرْشِ أَوْ نَحْوَ ذَلِكَ فَهَذَا كَفَرَ بِاللَّهِ تَعَالَى.

Quant à celui qui ne se limite pas à cela, il cherche à atteindre la réalité de Dieu, il ne se suffit pas de cette incapacité à connaitre Sa réalité mais il en arrive à l’imaginer comme un être humain, ou comme étant une boule lumineuse ou il imagine un corps qui est établit au-dessus du trône ou ce qui est de cet ordre, alors celui-là aura mécru en Allah ta^ala.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَقَوْلُ بَعْضِهِمْ: لا يَعْرِفُ اللَّهَ عَلَى الْحَقِيقَةِ إِلَّا اللَّهُ تَعَالَى. وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ، بَلْ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ تَعَالَى كَوُجُوبِ الْقِدَمِ لَهُ، وَتَنْزِيهِهِ عَمَّا يَسْتَحِيلُ عَلَيْهِ تَعَالَى كَاسْتِحَالَةِ الشَّرِيكِ لَهُ ومَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَخَلْقِ شَىْءٍ وَتَرْكِهِ.

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : certains savants ont : « nul ne sait la réalité de Allah hormis Allah ta^ala. » Quant à notre connaissance de Allah ta^ala, elle n’est pas exhaustive, mais elle a lieu par la connaissance de ce qui est obligatoire selon la raison s’agissant de Lui, comme l’obligation selon la raison qu’Il ait pour attribut l’existence de toute éternité et par le fait de l’exempter de ce qui est impossible s’agissant de Lui, comme l’impossibilité selon la raison qu’Il ait un associé, et par la connaissance de ce qui est possible s’agissant de Lui comme le fait de crée une chose ou de ne pas la crée.

الشَّرْحُ أَنَّ مَعْرِفَتَنَا بِاللَّهِ تَعَالَى لَيْسَتْ عَلَى سَبِيلِ الإِحَاطَةِ إِذْ لا يَعْرِفُ أَحَدٌ مِنَ الْخَلْقِ اللَّهَ تَعَالَى عَلَى الْحَقِيقَةِ حَتَّى الأَنْبِيَاءُ وَالأَوْلِيَاءُ لا يَعْرِفُونَ اللَّهَ تَعَالَى بِالإِحَاطَةِ وَإِنَّمَا اللَّهُ تَعَالَى عَالِمٌ بِذَاتِهِ عَلَى الْحَقِيقَةِ وَبِمَا يُحْدِثُهُ مِنْ مَخْلُوقَاتِهِ، وَمَعْرِفَتُنَا نَحْنُ بِاللَّهِ إِنَّمَا هِيَ بِمَعْرِفَةِ مَا يَجِبُ لِلَّهِ مِنَ الصِّفَاتِ كالْعِلْمِ وَالْقُدْرَةِ وَالإِرَادَةِ وَالْقِدَمِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَسْتَحِيلُ فِي حَقِّهِ تَعَالَى كَالْعَجْزِ وَالْحَجْمِ وَالشَّرِيكِ، وَمَعْرِفَةِ مَا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ كَإِيْجَادِ شَىْءٍ وَإِعْدَامِهِ، فَاللَّهُ تَعَالَى يَجُوزُ أَنْ يَخْلُقَ مَا يَشَاءُ وَيَتْرُكَ مَا يَشَاءُ أَيْ لا يَخْلُقَهُ.

Commentaire : notre connaissance de Allah ta^ala n’est pas une connaissance de Sa réalité, puisque aucune des créatures de Dieu ne connait la réalité de Dieu, pas même les prophètes ni les saints, ils ne connaissent pas Allah en cernant Sa réalité. Ainsi, seul Allah connait Sa réalité, Il sait ce qu’il va créer parmi Ses créatures. Quant à notre connaissance de Dieu, c’est une connaissance sur ce qui est obligatoire à Son sujet comme attributs tel que la science, la puissance, la volonté, l’exemption de début et la connaissance de ce qui est impossible à Son sujet comme l’impuissance, le corps, l’associé et la connaissance de ce qui est possible à Son sujet comme le fait de faire exister une chose et de l’anéantir. Ainsi, il est possible pour Allah de créer ce qu’Il veut ou de ne pas créer ce qu’Il veut.

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الإِمَامُ الرِّفَاعِيُّ: غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ. [وَالرِّفَاعِيُّ هُوَ أَحْمَدُ بنُ أَبِي الْحَسَنِ عَلِيٌّ وَكَانَ مِمَّنْ جَمَعَ بَيْنَ الْعِلْمِ وَالْعَمَلِ وَالزُّهْدِ. كَانَ فَقِيهًا مُحَدِّثًا مُفَسِّرًا أَلَّفَ تَآلِيفَ مِنْهَا كِتَابُ شَرْحِ التَّنْبِيهِ فِي الْفِقْهِ الشَّافِعِيِّ وَأَلَّفَ فِي الْحَدِيثِ أَرْبَعِينَ حَدِيثًا بِالإِسْنَادِ، تُوُفِّيَ سَنَةَ خَمْسِمِائَةٍ وَثَمَانِيَةٍ وَسَبْعِينَ. أَلَّفَ فِي تَرْجَمَتِهِ الإِمَامُ أَبُو الْقَاسِمِ الرَّافِعِيُّ تَأْلِيفًا سَمَّاهُ سَوَادَ الْعَيْنَيْنِ فِي مَنَاقِبِ أَبِي الْعَلَمَيْنِ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : l’imam ar-Rifa^iyy a dit :

غَايَةُ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ بِوُجُودِهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ

qui signifie : « la limite de la connaissance que l’on peut avoir de Allah, c’est la certitude en Son existence ta^ala sans comment et sans endroit. »

الشَّرْحُ أَنَّ أَقْصَى مَا يَصِلُ إِلَيْهِ الْعَبْدُ مِنَ الْمَعْرِفَةِ بِاللَّهِ الإِيقَانُ أَيِ الِاعْتِقَادُ الْجَازِمُ الَّذِي لا شَكَّ فِيهِ بِوُجُودِ اللَّهِ تَعَالَى بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ، فَقَوْلُهُ بِلا كَيْفٍ صَرِيحٌ فِي نَفْيِ الْجِسْمِ وَالْحَيِّزِ وَالشَّكْلِ وَالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالِاتِّصَالِ وَالِانْفِصَالِ وَالْقُعُودِ إِذْ كُلُّ ذَلِكَ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَاللَّهُ مُنَزَّهٌ عَنْهُ.

Commentaire : la limite de ce à quoi peut parvenir l’esclave en tant que connaissance de Dieu c’est d’avoir la certitude, c’est-à-dire une croyance catégorique qui n’est entachée d’aucun doute en l’existence de Dieu sans qu’Il n’ait de comment ni d’endroit. Ainsi, lorsque ar-Rifa^iyy a dit : « sans comment » c’est explicite pour nier le corps, la localisation, la forme, le mouvement, l’immobilité, le contact, la séparation, la position assise, car ce sont des choses autres que Lui et Allah en est exempt.

فَالْكَيْفُ يَشْمَلُ كُلَّ مَا كَانَ مِنْ صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ، فَمَنْ أَيْقَنَ بِأَنَّ اللَّهَ مَوْجُودٌ بِلا كَيْفٍ وَلا مَكَانٍ فَقَدْ وَصَلَ إِلَى غَايَةِ مَا يَبْلُغُ الإِنْسَانُ مِنْ مَعْرِفَةِ اللَّهِ.

Et le comment englobe tout ce qui est de l’ordre des caractéristiques des créatures. Ainsi, celui qui a eu la certitude que Dieu existe sans comment et sans endroit sera parvenu à la limite à ce à quoi peut parvenir un être humain concernant la connaissance de Allah.

فَائِدَةٌ

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: قَالَ الْغَزَالِيُّ فِي إِحْيَاءِ عُلُومِ الدِّينِ: إِنَّهُ (أَيِ اللَّه)أَزَلِيٌّ لَيْسَ لِوُجُودِهِ أَوَّلٌ وَلَيْسَ لِوُجُودِهِ ءَاخِرٌ. وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجَوْهَرٍ يَتَحَيَّزُ بَلْ يَتَعَالَى وَيَتَقَدَّسُ عَنْ مُنَاسَبَةِ الْحَوَادِثِ وَإِنَّهُ لَيْسَ بِجِسْمٍ مُؤَلَّفٍ مِنْ جَوَاهِرَ، وَلَوْ جَازَ أَنْ يُعْتَقَدَ أَنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ جِسْمٌ لَجَازَ أَنْ تُعْتَقَدَ الأُلُوهِيَّةُ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ أَوْ لِشَىْءٍ ءَاخَرَ مِنْ أَقْسَامِ الأَجْسَامِ فَإِذًا لا يُشْبِهُ شَيْئًا وَلا يُشْبِهُهُ شَىْءٌ بَلْ هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ الَّذِي لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ وَأَنَّى يُشْبِهُ الْمَخْلُوقُ خَالِقَهُ وَالْمُقَدَّرُ مُقَدِّرَهُ وَالْمُصَوَّرُ مُصَوِّرَهُ [وَالْخَلْقُ الْمُقَدَّرُ أَيْ لَهُ كَمِيَّةٌ هَذَا شَكْلُهُ مُرَبَّعٌ وَهَذَا شَكْلُهُ غَيْرُ ذَلِكَ وَهَذَا حَارٌّ وَهَذَا بَارِدٌ].

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : al-Ghazaliyy a dit dans son livre al-‘ihya’ : « Il estc’est-à-dire Allahexempt de début, Son existence n’a ni début ni fin. Il n’est pas une substance élémentaire ayant une localisation, mais Il est exempt de toutes correspondances avec ce qui entre en existencec’est-à-dire qu’il n’a pas les caractéristiques de ce qui entre en existence-, et Allah n’est pas un corps composé de différentes substances élémentaires, s’il était possible de croire que Le créateur de ce monde est un corps, il serait possible de croire que le soleil soit un Dieu ou que la lune soit un Dieu ou que tout autre corps soit un Dieu. Ainsi, Allah n’a de ressemblance avec aucune chose et rien n’a de ressemblance avec lui. Il est donc al-Hayy -Qui a la vie- al-Qayyoum -Qui ne S’anéanti pas- et absolument rien n’est tel que Lui. Et comment celui qui est créé ressemblerait il à son créateur, comment ce qui est quantifié ressemblerait il à Celui Qui a donné sa quantité, et comment ce qui a une image aurait-il une ressemblance avec Celui Qui la lui a donné.

الشَّرْحُ الْعَالَمُ جَوَاهِرُ وَأَعْرَاضٌ، وَالْجَوْهَرُ عِنْدَ عُلَمَاءِ اللُّغَةِ أَصْلُ الشَّىْءِ وَهُوَ مَا لَهُ تَحَيُّزٌ وَقِيَامٌ بِذَاتِهِ كَالأَجْسَامِ فَمَا لَهُ حَجْمٌ كَثِيفٌ كَالْعَرْشِ وَالشَّجَرِ وَالْحَجَرِ وَالسَّمَوَاتِ وَالأَرْضِ وَالإِنْسَانِ وَالنَّبَاتِ أَوْ لَطِيفٌ كَالرِّيحِ وَالنُّورِ وَالرُّوحِ وَالْجِنِّ وَالْمَلائِكَةِ يُقَالُ لَهُ جَوْهَرٌ.

Commentaire : le monde -c’est-à-dire tout autre que Allah- est composé de substances et de caractéristiques de substances. La substance, selon les savants de la langue arabe c’est ce qui constitue l’origine de la chose. La substance est ce qui a une localisation, un emplacement et qui se défini par lui-même comme les corps, c’est-à-dire qu’il existe en soi comme les corps. Tout ce qui a un corps qu’il soit palpable comme le trône, les arbres, les pierres, les cieux, la Terre, l’être humain, les plantes ou que ce soient des corps impalpables comme le vent, la lumière, l’âme, les jinn, les anges, tout cela s’appelle jawhar -substance-.

وَالْجَوْهَرُ إِمَّا مُرَكَّبٌ وَإِمَّا مُفْرَدٌ فَالْمُفْرَدُ هُوَ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ، وَالْمُرَكَّبُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ.

Et la substance est soit composée soit unitaire. La substance unitaire s’appelle la substance élémentaire. Et la substance composée est celle qui est composée de deux substances élémentaires ou plus.

وَأَمَّا الْعَرَضُ فهُوَ صِفَاتُ الْجَوْهَرِ كَحَرَكَةِ الْجِسْمِ وَسُكُونِهِ وَالْبُرُودَةِ وَالْحَرَارَةِ وَالتَّحَيُّزِ فِي مَكَانٍ وَجِهَةٍ، فَالنَّارُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا عَرَضٌ وَالرِّيحُ جَوْهَرٌ وَحَرَارَتُهَا أَوْ بُرُودَتُهَا عَرَضٌ.

Concernant la caractéristique de la substance -al-^arad- c’est comme le mouvement du corps, l’immobilité du corps, la froideur ou la chaleur, la localisation dans un endroit et dans une direction. Ainsi le feu est une substance, et la chaleur du feu est sa caractéristique, le vent est une substance, sa chaleur ou sa froideur sont des caractéristiques.

وَأَصْغَرُ الأَشْيَاءِ يُقَالُ لَهُ الْجَوْهَرُ الْفَرْدُ وَهُوَ الْجُزْءُ الَّذِي لا يَتَجَزَّأُ مِنْ تَنَاهِيهِ فِي الْقِلَّةِ، وَالْجِسْمُ مَا تَرَكَّبَ مِنْ جَوْهَرَيْنِ فَأَكْثَرَ بِأَنْ يَنْضَمَّ إِليه جَوْهَرٌ ءَاخَرُ فَيَصِيرُ قَابِلًا لِلْقِسْمَةِ

La plus petite des choses s’appelle la substance élémentaire, c’est la partie qui ne se divise plus du corps tellement qu’elle est petite. Et le corp est ce qui est composé de deux substances élémentaires ou plus, c’est-à-dire qu’une substance élémentaire est jointe à une deuxième de sorte que l’ensemble accepte la division.

فَاللَّهُ تَعَالَى لا يُشْبِهُ ذَلِكَ كُلَّهُ، بَلْ يَتَنَزَّهُ عَنْ مُشَابَهَةِ الْحَوَادِثِ

Allah ta^ala n’a aucune ressemblance avec tout cela, Allah est exempt de toute ressemblance avec toutes les créatures.

وَلَيْسَ لَهُ حَدٌّ وَالدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ أَنَّ الْحَدَّ هُوَ مِقْدَارُ الْجِرْمِ، فَمِقْدَارُ الْجَسَدِ يُقَالُ لَهُ الْحَدُّ وَالشَّمْسُ لَهَا حَدٌّ وَهِيَ مَعَ عُظْمِ نَفْعِهَا مُسَخَّرَةٌ لِغَيْرِهَا وَاللَّهُ هُوَ خَالِقُهَا لِأَنَّ الشَّمْسَ لا تَصْلُحُ أَنْ تَكُونَ مُدَبِّرَةً لِلْعَالَمِ لِأَنَّ لَهَا حَجْمًا وَمِقْدَارًا وَجِهَةً وَمَكَانًا

Et Allah n’a pas de limite -de quantité-, et la preuve que Allah n’a pas de limite -de quantité- est que la limite est la quantité du corps, la quantité du corps s’appelle la limite, le soleil a une limite. Malgré son immense bénéfice, le soleil est asservi pour d’autres que lui. C’est Dieu Qui a créé le soleil. Il n’est pas valide selon la raison que ce soit que soleil qui crée et qui gère de monde, parce que le soleil a une taille, parce que le soleil a une quantité, parce que le soleil a une direction, parce que le soleil a un endroit.

فَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِلأَجْسَامِ لَصَحَّتْ لِلشَّمْسِ وَالْقَمَرِ وَغَيْرِ ذَلِكَ، وَلَوْ كَانَتِ الأُلُوهِيَّةُ تَصِحُّ لِشَىْءٍ مِنَ الأَجْسَامِ لَكَانَتِ الشَّمْسُ أَوْلَى بِالأُلُوهِيَّةِ لِكَثْرَةِ مَنَافِعِهَا وَحُسْنِ لَوْنِهَا مِمَّا هُوَ مَحْسُوسٌ لِكُلِّ الْخَلْقِ.

Si la divinité avait été possible pour les corps, alors, elle aurait été valide pour le soleil, pour la lune et pour d’autres corps que ces deux-là. Si la divinité avait été possible pour un quelconque corps, alors le soleil aurait été prioritairement divin, tellement que le soleil est bénéfique, tellement que le soleil a un bel aspect, et ce sont des choses qui sont perceptibles pour tout le monde.

فَكُلُّ مَا لَهُ حَيِّزٌ يَسْتَحِيلُ أَنْ يَكُونَ إِلَهًا، وَالتَّحَيُّزُ هُوَ أَخْذُ مِقْدَارٍ مِنَ الْفَرَاغِ، فَالنُّورُ يَأْخُذُ مَسَافَةً وَالظَّلامُ يَأْخُذُ مَسَافَةً، وَالرِّيحُ كَذَلِكَ، فَاللَّهُ تَعَالَى بِمَا أَنَّهُ لَيْسَ حَجْمًا كَثِيفًا وَلا لَطِيفًا لا يَجُوزُ فِي حَقِّهِ أَنْ يَأْخُذَ قَدْرًا مِنَ الْفَرَاغِ.

Ainsi, tout ce qui a donc une localisation, tout ce qui est situé dans un endroit, il est impossible selon la raison qu’il soit un Dieu. Et être localisé dans un endroit veut dire occuper une partie de l’espace. La lumière occupe une étendu, et l’obscurité aussi occupe une étendu. Et le vent également. Et comme Allah n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable, il n’est pas possible à Son sujet qu’Il occupe une partie de l’espace.

فَلَوْ قَالَ أَحَدُ عَبَدَةِ الشَّمْسِ الْمُلْحِدِينَ لِمُسْلِمٍ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ وَتَقُولُ عَنِّي إِنَّ دِينِيَ بَاطِلٌ فَأَيْنَ الدَّلِيلُ، فَإِنْ قَالَ لَهُ هذا الْمُسْلِمُ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: ﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾ [سُورَةَ إِبْرَاهِيم/10] يَقُولُ الْمُلْحِدُ: أَنَا لا أُؤْمِنُ بِكِتَابِكَ أَعْطِنِي دَلِيلًا عَقْلِيًّا

Et si un de ces adorateurs du soleil disait à un musulman : « Toi, tu prétends que ta religion est correcte et que ma religion est fausse, quelle est ta preuve ? » Si le musulman lui dit : « Allah dit dans sourate ‘Ibrahim verset 10 :

﴿أَفِي اللَّهِ شَّكٌّ﴾

ce qui signifie : « il n’y a pas de doute au sujet de Allah. » L’athée va lui dire : « moi je ne crois pas en ton livre, donne-moi une preuve rationnelle. »

فَإِنْ كَانَ هَذَا الْمُسْلِمُ يَفْهَمُ الدَّلِيلَ الْعَقْلِيَّ وَالدَّلِيلَ النَّقْلِيَّ عَلَى وَجْهِهِ يَقُولُ: هَذِهِ الشَّمْسُ لَهَا هَيْئَةٌ وَشَكْلٌ وَحُدُودٌ وَالشَّىْءُ الْمَحْدُودُ يَحْتَاجُ إِلَى حَادٍّ حَدَّهُ بِهَذَا الْحَدِّ، ثُمَّ هِيَ مُتَطَوِّرَةٌ وَالْمُتَطَوِّرُ يَحْتَاجُ إِلَى مُطَوِّرٍ لَهُ فَهَذِهِ لا تَصْلُحُ عَقْلًا أَنْ تَكُونَ إِلَهًا كَمَا أَنْتَ تَزْعُمُ، وَأَمَّا دِينِي فَحَقٌّ لِأَنَّ دِينِي يَقُولُ إِنَّ صَانِعَ الْعَالَمِ لا يُشْبِهُهُ بِوَجْهٍ مِنَ الْوُجُوهِ مُنَزَّهٌ عَنِ الْحَدِّ وَالْمَكَانِ وَالشَّكْلِ وَالْكَيْفِيَّةِ مُنَزَّهٌ عَنْ كُلِّ مَا فِي هَذَا الْعَالَمِ مِنْ صِفَةٍ، فَلِذَلِكَ دِينِي هُوَ الصَّحِيحُ الَّذِي يَقْبَلُهُ الْعَقْلُ فَيَكُونُ هَذَا الْمُسْلِمُ قَطَعَ بِهَذَا الدَّلِيلِ الْعَقْلِيِّ عَابِدَ الشَّمْسِ وَأَدْحَضَ دَعْوَاهُ.

Si ce musulman comprenait la preuve rationnelle et la preuve textuelle convenablement, il va répondre à cet athée en lui disant : « le soleil a un aspect, le soleil a une forme, le soleil a une limite, une quantité, et ce qui a une limite et une quantité a besoin de qui lui a fixé cette limite et cette quantité. Par ailleurs, le soleil change, et ce qui change à besoin de qui le fait évoluer. Puisque le soleil a besoin, il n’est pas valide selon la raison qu’il soit un Dieu tout comme tu le prétends. Quant à ma religion qui est l’Islam, c’est une religion qui est correcte, parce que ma religion dit que Le créateur de ce monde n’a absolument aucune ressemblance avec ce monde d’aucune manière que ce soit, que Le créateur de ce monde est exempt de la limite, Il est exempt de l’endroit, Il est exempt de l’aspect, Il est exempt du comment, Il est exempt de tout ce qu’il y a dans ce monde comme caractéristique. C’est ainsi que ma religion est la religion correcte, que la raison accepte. » Et donc ce musulman aura clôturé le débat en ayant le dernier mot par les preuves rationnelles face à cet adorateur du soleil et il a prouvé l’infonder de sa prétention.

أَمَّا الَّذِي يَقُولُ اللَّهُ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ فَبِأَيِّ دَلِيلٍ يَدْفَعُ كَلامَ هَذَا الَّذِي يَعْبُدُ الشَّمْسَ، يَقُولُ لَهُ ذَاكَ: أَنْتَ تَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ سَاكِنٌ فِي السَّمَاءِ وَأَنَا أَقُولُ إِنَّ مَعْبُودِيَ الشَّمْسُ فِي الْفَضَاءِ وَقَدْ يَدَّعِي أَنَّهَا فِي سَمَاءٍ مِنَ السَّمَوَاتِ وَالشَّمْسُ مَنْفَعَتُهَا ظَاهِرَةٌ تَنْفَعُ الْهَوَاءَ وَالنَّبَاتَ وَالإِنْسَانَ، وَأَنْتَ تَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَوَهَّمًا وَأَنَا أَعْبُدُ شَيْئًا مُتَحَيِّزًا مُتَحَقَّقَ الْوُجُودِ مُشَاهَدًا يَرَاهُ كُلُّ الْخَلْقِ وَيَرَوْنَ مَنْفَعَتَهُ وَأَمَّا هَذَا الَّذِي أَنْتَ تَعْبُدُهُ لا نَرَاهُ وَلا أَنْتَ رَأَيْتَهُ وَلا أَحْسَسْنَا لَهُ بِمَنْفَعَةٍ، فَلِمَاذَا تَجْعَلُ الْحَقَّ فِي دِينِكَ وَتَجْعَلُ دِينِي مُخَالِفًا لِلْحَقِّ فَذَاكَ الْمُشَبِّهُ كَالْوَهَّابِيِّ الَّذِي يَعْتَقِدُ أَنَّ اللَّهَ جَسَدٌ قَاعِدٌ فَوْقَ الْعَرْشِ لا يَكُونُ عِنْدَهُ جَوَابٌ.

Quant à celui qui dit que Allah est localisé dans le ciel ou habite dans le ciel, avec quelle preuve pourra-t-il réfuté la parole de celui qui adore le soleil ? Il va lui dire : « moi ce que j’adore est dans l’espace », il se peut qu’il lui dise : « il est dans l’un des cieux » « et le soleil est fortement bénéfique, son bénéfice est apparent, il profite à l’air, aux plantes, aux humains, alors que toi tu adores quelque chose qui est situé dans un endroit mais que tu as imaginé, tandis que moi j’adore quelque chose qui est situé dans un endroit mais dont l’existence est authentifiée, il est observable, toutes les créatures peuvent le voir. Ils voient l’intérêt, quant à celui que tu adores, on ne le voit pas, et toi-même tu ne l’as pas vue, et nous n’avons pas senti son bénéfice. Pourquoi veux-tu que la vérité soit dans ta religion et tu fais que ma religion soit contraire à la vérité. » Le mouchabbih, le wahabite qui croit que Allah est un corps assis sur le trône n’aura pas de réponse.’

قَالَ الْمُؤَلِّفُ رَحِمَهُ اللَّهُ: فَلَيْسَ هَذَا الْكَلامَ الَّذِي عَابَهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا عَابَ السَّلَفُ كَلامَ الْمُبْتَدِعَةِ فِي الِاعْتِقَادِ كَالْمُشَبِّهَةِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْخَوَارِجِ وَسَائِرِ الْفِرَقِ الَّتِي شَذَّتْ عَمَّا كَانَ عَلَيْهِ الرَّسُولُ وَالصَّحَابَةُ الَّذِينَ افْتَرَقُوا إِلَى اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كَمَا أَخْبَرَ الرَّسُولُ بِذَلِكَ فِي حَدِيثِهِ الصَّحِيحِ الثَّابِتِ الَّذِي رَوَاهُ ابْنُ حِبَّانَ بِاسْنَادِهِ إِلَى أبي هُريرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ – أَيِ السَّوَادُ الأَعْظَمُ

L’auteur que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ces paroles que nous sommes en train de prodiguées ne font pas parties du kalam que les innovateurs ont pratiqué en matière de croyance et que les savants ont blâmé. En revanche, les savants du salaf ont bien blâmé la pratique des innovateurs dans la croyance comme les mouchabbihah -ceux qui assimilent Allah à Ses créatures- qui disent que Allah est établit sur le trône, comme les mou^tazilah qui prétendent que l’homme est créateur de ses actes et qu’il n’y a pas de prédestination, comme les khawarijd qui déclarent mécréants les musulmans qui commettent les péchés et l’ensemble des groupes qui ont dévié de ce sur quoi étaient le Messager et les compagnons. Ces groupes se sont divisés en 72 factions comme l’a annoncé le Messager dans son hadith sahih et confirmé que Ibnou Hibban rapporte avec une chaine de transmission remontant jusqu’à Abou Hourayrah qu’il a dit :

افْتَرَقَتِ الْيَهُودُ إِحْدَى وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَافْتَرَقَتِ النَّصَارَى على اثْنَتَيْنِ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً وَسَتَفْتَرِقُ أُمَّتِي إِلَى ثَلاثٍ وَسَبْعِينَ فِرْقَةً كُلُّهُمْ فِي النَّارِ إِلَّا وَاحِدَةً وَهِيَ الْجَمَاعَةُ

ce qui signifie : « les yahoud se sont divisés en 71 groupes, les nasarah se sont divisés en 72 groupes, et ma communauté se sont divisés en 73 groupes, tous iront en enfer sauf 1 et c’est la jama^ah. » C’est-à-dire la grande majorité de ceux qui se disent musulmans.

وَأَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يَشْتَغِلُونَ بِهِ أَهْلُ السُّنَّةِ مِنَ الأَشَاعِرَةِ وَالْمَاتُرِيدِيَّةِ فَقَدْ عُمِلَ بِهِ مِنْ قِبَلِ الأَشْعَرِيِّ وَالْمَاتُرِيدِيِّ كَأَبِي حَنِيفَةَ فَإِنَّ لَهُ خَمْسَ رَسَائِلَ فِي ذَلِكَ وَالإِمَامُ الشَّافِعِيُّ كَانَ يُتْقِنُهُ حَتَّى إِنَّهُ قَالَ: أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا، أَيْ أَتْقَنَّا عِلْمَ الْكَلامِ قَبْلَ الْفِقْهِ.

Quant à la science du kalam que pratiquent les gens de ahlou sounnah, qu’ils soient ach-^arites ou matouridites, elle était déjà pratiquée avant al-‘Ach^ariyy et al-Matouridiyy. En effet, Abou Hanifah a écrit 5 épitres à ce sujet, et l’imam ach-Chafi^iyy maîtrisait la science du kalam au point qu’il a dit :

أَتْقَنَّا ذَاكَ قَبْلَ هَذَا

ce qui signifie : « nous avons maitriser ceci avant cet autre. » C’est-à-dire que nous avons maitriser la science du kalam avant la science des lois de la jurisprudence.

الشَّرْحُ عِلْمُ التَّوْحِيدِ هُوَ الْعِلْمُ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ مَا يَجُوزُ عَلَى اللَّهِ وَمَا يَلِيقُ بِهِ وَمَا لا يَجُوزُ عَلَيْهِ وَمَا يَجِبُ لَهُ مِنْ أَنْ يُعْرَفَ فِي حَقِّهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى، وَلِذَلِكَ سَمَّاهُ أَبُو حَنِيفَةَ الْفِقْهَ الأَكْبَرَ إِيذَانًا وَإِعْلامًا بِأَنَّهُ هُوَ الْفِقْهُ الَّذِي هُوَ أَشْرَفُ وَأَفْضَلُ مِنْ غَيْرِهِ.

Commentaire : la science du tawhid c’est cette science par laquelle nous apprenons et savons ce qui est digne d’être attribué à Allah et ce qui n’est pas digne d’être attribuer à Allah, ce qui est possible à Son sujet et ce qui n’est pas possible à Son sujet, ce qui est obligatoire à Son sujet et ce qui n’est pas obligatoire à Son sujet. Pour cela, l’imam Abou Hanifah a appelé cette science « al-fiqh al-’akbar » -la science majeure-. C’est une allusion claire de sa part que c’est la science la plus noble des sciences et qui est meilleure qu’autre qu’elle.

فَلَيْسَ هَذَا هُوَ عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي ذَمَّهُ الْعُلَمَاءُ وَإِنَّمَا ذَمُّوا كَلامَ أَهْلِ الأَهْوَاءِ أَهْلِ الضَّلالِ الْمُنْشَقِّينَ عَنْ أَهْلِ السُّنَّةِ كَعَقِيدَةِ الْخَوَارِجِ وَالْمُعْتَزِلَةِ وَالْمُرْجِئَةِ وَغَيْرِهِمْ مِنَ الْفِرَقِ الْمُخَالِفِينَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مَقَالاتٍ يُجَادِلُونَ عَلَيْهَا لِيُوهِمُوا النَّاسَ أَنَّ مَا هُمْ عَلَيْهِ هُوَ الْحَقُّ وَأَنَّ مَا عَلَيْهِ أَهْلُ السُّنَّةِ بَاطِلٌ.

Il ne s’agit pas ici de la science de al-kalam qu’ont blâmé les savants, mais ce qu’ils ont blâmé c’est ce qu’ont dit les gens qui suivent leurs passions, ceux qui sont égarés et se sont écartés de ahlou sounnah, comme la croyance des khawarijd, ou les mou^talizah, les mourji’ah et d’autres parmi les groupes qui ont contredit ahlou sounnah. En effet ces gens-là ont des avis avec lesquels ils débattent avec ahlou sounnah pour leur faire croire que leur position est la vérité et que la positon de ahlou sounnah est fausse.

وَهَذَا هُوَ الَّذِي عَنَاهُ الشَّافِعِيُّ بِقَوْلِهِ الَّذِي رَوَاهُ عَنْهُ الإِمَامُ الْمُجْتَهِدُ الْحَافِظُ أَبُو بَكْرِ بنُ الْمُنْذِرِ: لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ

Et voilà le sens avec lequel on explique la parole de ach-Chafi^iyy qui a été rapportée de lui par l’imam, le moujtahid, le hafidh Abou Bakr Ibnou l-Moundhir :

لَأَنَّ يَلْقَى اللَّهَ الْعَبْدُ بِكُلِّ ذَنْبٍ مَا عَدَا الشِّرْكَ خَيْرٌ مِنْ أَنْ يَلْقَاهُ بِشَىْءٍ مِنَ الأَهْوَاءِ

ce qui signifie : « que l’esclave vienne au jour du jugement avec tous péchés hormis la mécréance, cela vaut mieux pour lui que de venir avec les paroles de ceux qui suivent leurs passions [dans la croyance]. »

وَمَعْنَى قَوْلِهِ: الأَهْوَاءِ أَيِ الْعَقَائِدُ الَّتِي مَالَ إِلَيْهَا الْمُخَالِفُونَ لِأَهْلِ السُّنَّةِ فَإِنَّ لَهُمْ مُؤَلَّفَاتٍ وَلا سِيَّمَا الْمُعْتَزِلَةُ، وَكَذَلِكَ الْمُشَبِّهَةُ الَّذِينَ يَعْتَقِدُونَ أَنَّ اللَّهَ جِسْمٌ وَأَنَّهُ مُتَّصِفٌ بِالْحَرَكَةِ وَالسُّكُونِ وَالنُّزُولِ وَالصُّعُودِ إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ صِفَاتِ الأَجْسَامِ، وَكَلِمَةُ الأَهْوَاءِ جَمْعُ هَوى وَالْهَوَى مَا تَمِيلُ إِلَيْهِ النَّفْسُ مِنَ الْبَاطِلِ.

Et le mot « ‘ahwa’ » vise les croyances qui ont attiré les gens qui contredisent ahlou sounnah, ils ont même rédigé des livres, dont notamment les mou^tazilah. Il en est de même pour les mouchabbihah -les assimilationnistes-, ceux qui ont pour croyance que Allah est un corps et qu’Il a les caractéristiques des corps comme le mouvement et l’immobilité, la descente et la montée et autres que cela de parmi les caractéristiques des corps. Et le mot « ‘ahwa’ » est le pluriel de « hawa » qui est ce vers quoi l’âme penche alors que c’est quelque chose d’infondé.

أَمَّا عِلْمُ الْكَلامِ الَّذِي يُعْرَفُ بِهِ أَدِلَّةُ الرَّدِّ عَلَى الْمُخَالِفِينَ هُوَ فَرْضُ كِفَايَةٍ فَيَجِبُ أَنْ يَقُومَ بِذَلِكَ مَنْ تَحْصُلُ بِهِ الْكِفَايَةُ لِأَنَّ هَذَا مِنْ بَابِ إِزَالَةِ الْمُنْكَرِ، وَهَذَا مِنْ أَفْرَضِ الْفُرُوضِ لِأَنَّهُ حِفْظٌ لِأُصُولِ عَقِيدَةِ أَهْلِ السُّنَّةِ.

Tandis que la science d’al-kalam qui permet de connaitre les preuves pour répliquer à ceux qui contredisent, cela est une obligation collective, il est un devoir de l’accomplir. C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait des gens qui réalisent la suffisance, qui s’acquittent de cette obligation au titre d’interdire ce qui est blâme. Et ceci fait partie des obligations les plus importantes car c’est ce qui permet de conserver les fondements de la croyance de ahlou sounnah.

Informations utiles :

Le Messager de Allah est mort dans la maison de ^A’ichah, et ceci est une preuve du mérite de la dame ^A’ichah. Et le Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « le Messager n’a pas vécu après le pèlerinage de l’adieu plus que deux mois et quelque. »

Et notre maitre Mouhammed avait eu une bannière [qui est comme un drapeau] de couleur noir. Il a choisi la couleur noir parce que le noir ne dérange pas le regard. C’est-à-dire que celui qui voit cette couleur peut fixer son regard dessus plus qu’il ne peut fixer son regard sur une autre couleur au soleil.

Le Chaykh a dit que le Messager de Allah a oublié alors qu’il faisait la prière. Une fois, il a passé le salam au bout de deux rak^ah pour une prière de quatre rak^ah, il a pensé qu’il avait terminé. Un des compagnons lui a dit :

يَا رَسُولُ الله أَقُصِرَتِ الصَّلَاةُ أَمْ نُسِيتَ

ce qui signifie : « ô Messager de Allah, est-ce que la prière a été raccourcie ou tu as oublié ? » Le Prophète a répondu :

كُلُّ ذَلِكَ لَمْ يَكُون

ce qui signifie : « cela n’a pas eu lieu. » C’est-à-dire ni l’un ni l’autre. Puis on lui a rappelé. Il a dit :

بَلَا كَانَ بَعْدُ ذَلِكَ

ce qui signifie : « oui, il y a eu une partie de ce que tu dis. » Puis il a dit aux compagnons :

أَحَقٌّ مَا يَقُولُ ذُو الْيَدَيْنِ ؟

ce qui signifie : « est-ce vrai ce qu’a dit dhou l-yadayn ? » Ils ont répondu : « oui. » Il s’est alors levé et a complété les deux rak^ah manquantes. Rapporté par an-Naça‘iyy.

Notre Chaykh que Dieu lui fasse miséricorde a dit : ^Abdou l-Lah Ibnou Salam a dit que dans la Torah d’origine il est parvenu que ^Iça sera enterré tout près de notre maitre Mouhammed tout comme l’a rapporté at-Tabaraniyy.