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Tafsir An-Nasafiyy sūrāt Āli ʿImrān 1-144

Posted in Coran,Dieu,islam,Livre,Quran,tafsir,Tajwid par chaykhaboulaliyah sur Mai 11, 2026
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Verset 1 : alif lām mīm

Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)

Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.

Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.

Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude

Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.

Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.

Verset 4 : auparavant : cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān

En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.

Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.

Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres

Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.

Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.

Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse : c’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.

Il a été rapporté que les gens de Banī Naǧrān qui sont des Arabes à l’époque du Prophète, ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.

60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.

Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’āndans lequel il y a des versets univoques (muḥkam) : leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible.

Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces versets-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.

Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques (mutašābih) : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables.  Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.

Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».

Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.

Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.

Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.

Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.

Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.

Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance

Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.

Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.

Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.

Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.

Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.  

Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.

La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.

Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –

Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.

La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.

C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).

Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques que les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.

Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.

Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.

Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.

Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.

Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accorde beaucoup de biens.

Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :

Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.

Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.

Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.

Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.

Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.

Ceux-là seront le combustible de l’enfer.

Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.

Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.

Et le châtiment de Dieu est terrible.

Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)

À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)

Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)

Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond

Et quelle mauvaise demeure

Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš

Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour   de la bataille de Badr.

Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans

Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.

Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux, pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.

Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.

Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.

Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.

Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit

Une exhortation : une moralité

Pour ceux qui sont dotés de raison.

Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.

L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.

Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.

Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)

Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.

Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.

Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.

Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.

Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.

Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :

Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé

Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.

Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu

Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.

Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves

Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel

Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse

 Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.

Verset 17 :  ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,

Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)

Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants

Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes

Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».

Verset 18 : Allāh a jugé ou bien Allāh a dit qu’il n’est de dieu que Lui ainsi que les anges : c’est-à-dire que les anges également ont témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu en raison de ce qu’ils ont vu de l’éminence de la toute-puissance de Dieu

Ainsi que les gens qui ont la connaissance qui ont également témoigné qu’il n’est de dieu que Dieu. Ceux qui ont la connaissance ce sont les prophètes et les savants.

Dieu réalise la justice et l’équité dans les subsistances et les échéances qu’Il accorde, dans le fait qu’Il récompense et qu’Il châtie et dans les ordres qu’Il donne à Ses esclaves, d’être justes les uns avec les autres et d’œuvrer ensemble.

Il n’est de dieu que Lui : c’est une insistance

Il est al-ʿĀzīz et al-Ḥakīm : Dieu est Celui Qui n’est pas vaincu et Celui Qui ne Se détourne pas de la vérité c’est-à-dire Celui Qui fait que toute chose soit selon une sagesse

Verset 19 : certes la religion que Dieu agrée c’est l’Islam. Dieu a jugé et a dit et a témoigné que la religion qu’Il agrée c’est l’Islam.

Et ceux qui ont reçu le Livre n’ont dévié : ce sont les yahūd et les nasārāʾ qui ont quitté l’Islam qui est la croyance en l’unicité de Dieu. Les nasārāʾ ont parlé de trinité et les yahūd ont dit que ʿUzayr était le fils de Dieu.

Qu’après avoir eu la connaissance : leur déviation est venue après qu’ils ont eu la connaissance de la vérité : ils n’ont divergé qu’après avoir eu la connaissance de la vérité de laquelle il ne convient pas de s’écarter.

Et c’est une injustice de leur part : cette divergence n’a eu lieu que parce qu’ils ont été jaloux les uns des autres. Chaque groupe cherchait le pouvoir.

Il a été dit que cette divergence de leur part qui était une injustice était une divergence à propos du statut de prophète de notre maître Muḥammad alayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisque certains d’entre eux ont cru en lui et d’autres ont mécru.

Et celui qui ne croit pas aux signes de Dieu (c’est-à-dire les arguments, les preuves que Dieu nous donne) alors certes Dieu est Celui Qui rétribue rapidement.

Verset 20 : s’ils débattent avec toi : c’est-à-dire s’ils discutent avec toi en refusant ce que tu leur dis, à savoir que la religion agréée par Dieu, c’est l’Islam. Ceux qui sont visés par « ils » c’est le groupe de Banī Naǧrān.

Alors dis je me soumets totalement à Dieu, mon âme et tout mon être sont sincèrement soumis à Dieu Lui Seul : je n’ai pas attribué à Dieu un associé : ma religion est la religion de la croyance en Dieu uniquement. Et c’est la religion de droiture, la religion juste dont la véracité est confirmée pour vous tout comme elle est confirmée pour moi. Et je n’ai pas amené quelque chose de nouveau pour que vous débattiez avec moi à ce sujet.

Ainsi que ceux qui m’ont suivi : nous sommes tous musulmans, soumis à Dieu.

Et dis aux gens du Livre : etce sont les yahūd et les nasārāʾ

Ainsi qu’à ceux qui n’ont pas de livre : ce sont les associateurs arabes.

Qu’il vous a été amené les preuves claires qui impliquent la réalisation de l’Islam : allez-vous enfin entrer en islam ou alors vous persistez sur votre mécréance malgré les preuves ?

S’ils se soumettent : s’ils deviennent musulmans, alors ils auront été bien guidés puisqu’ils auront quitté l’égarement pour la bonne guidée.

Mais s’ils refusent, tu n’as qu’à transmettre : ce dont tu es chargé, c’est de transmettre. Cela veut dire que le fait qu’ils ne soient pas entrés en islam, cela ne t’est pas préjudiciable. Tu es un messager qui avertit, tu n’es chargé que de transmettre le message, tu avertis et tu indiques la voie de la bonne guidée.

Et Dieu voit tout de Ses esclaves : Dieu n’ignore rien de Ses esclaves, Il les rétribuera pour leur Islam et pour leur mécréance. Ceux qui sont musulmans, il les rétribue pour leur Islam, ceux qui sont mécréants, Il les rétribue pour leur mécréance.

Verset 21 : certes ceux qui mécroient aux signes de Dieu : ceux qui ne croient pas aux preuves ni aux arguments et qui assassinent les prophètes : il s’agit des gens du Livre qui se sont satisfaits que leurs ancêtres aient assassiné des prophètes.

Injustement : c’est une insistance parce le fait d’assassiner un prophète n’est pas juste.

Et qui assassinent ceux qui ordonnent la justice et l’équité : c’est-à-dire les gens qui ordonnent la justice et l’équité, autres que les prophètes.

Annonce-leur la nouvelle qu’ils auront un châtiment douloureux.

Verset 22 : ceux-là dont les œuvres auront été perdues : c’est-à-dire que tout ce qu’ils auront fait dans le bas-monde ne leur procurera aucune récompense dans l’au-delà. Ils auront la malédiction et l’humiliation dans le bas-monde et le châtiment dans l’au-delà.

Ils n’auront aucun soutien.

Verset 23 : ne vois-tu donc pas ceux qui ont reçu une certaine part du Livre : il vise les savants des yahūd qui ont appris une part importante de la torah

Lorsqu’ils sont appelés à appliquer ce qu’il y a dans le Livre de Dieu : c’est-à-dire la torah ou le Qur’ān

Afin qu’il arbitre entre eux : le Livre a été appelé arbitre ici parce que c’est une cause pour l’arbitrage ; arbitrer signifie juger. Ou bien que le prophète juge et arbitre entre eux.

Puis malgré cela un groupe d’entre eux s’éloigne : c’est surprenant de leur part qu’ils refusent de se référer au Livre après avoir eu connaissance que cela est un devoir.

Et ils sont dans l’objection. C’est le contraire de la soumission c’est-à-dire que ce sont des gens dont l’habitude est de refuser de se soumettre.

Verset 24 : ce refus et cette objection ont pour cause le fait qu’ils considèrent facile pour eux le châtiment et qu’ils espéraient sortir de l’enfer après quelques jours. Ils savaient qu’ils étaient dans l’erreur, ils savaient qu’ils allaient entrer en enfer mais ils disaient qu’ils allaient en sortir après quelques jours seulement. Ils ont dit que c’était soit quarante jours ou bien sept jours.

Ce qui les a trompés c’est leur calomnie au sujet de Dieu : il s’agit de leur parole « nous sommes les enfants de Dieu et ses bien -aimés ».

Verset 25 : comment seront-ils lorsque Nous les rassemblerons pour un jour : c’est-à-dire quel sera leur état ce jour-là ? C’est une menace.

Un jour au sujet duquel il n’y a pas de doute : c’est un jour qui aura lieu inéluctablement.

Et chaque âme recevra la rétribution de ce qu’elle a acquis

Et ils ne seront pas lésés : ils ne subiront pas d’injustice par l’augmentation de leurs mauvaises actions ou la diminution de leurs bonnes actions.

Verset 26 : dis ô Allāh Toi à Qui appartient la souveraineté : la souveraineté ici c’est celle que Dieu accorde aux créatures, aux rois. Alors que la souveraineté de Dieu qui est Son attribut est exempte de début et exempte de fin. Cette première souveraineté qui est citée est générale : tout appartient à Dieu.

Tu accordes la souveraineté à qui tu veux : cette souveraineté-là est partielle et tu la retires à qui Tu veux : c’est aussi une souveraineté partielle. Il a été rapporté que, lorsque le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a conquis La Mecque, il a promis à sa communauté la souveraineté de La Perse et de Rome (Byzance). Alors les yahūd et les hypocrites ont dit : comment Muḥammad aurait-il la souveraineté sur les Perses et les Romains qui sont beaucoup plus glorieux et forts ? C’est ainsi que la suite de ce verset a été révélée.

Tu accordes la gloire à qui Tu veux : il s’agit de la gloire de la souveraineté. Il s’agit du bien que Dieu accorde aux croyants.

Et Tu humilies qui tu Veux : en lui retirant la souveraineté.

A Toi appartient le bien : et le mal est sous-entendu ici : Tu es Celui à Qui appartient le bien et le mal. Et Dieu est puissant pour faire le bien et Il est puissant pour faire le mal, dans le bas-monde et dans l’au-delà. C’est une figure de style qui s’appelle en arabe l’iktifāʾ, « le fait de se suffire de citer un des deux opposés pour ne pas mentionner le second » : c’est-à-dire qu’il a été suffisant de mentionner le bien pour faire comprendre que le mal était sous-entendu.  Le contexte parlait du bien, de la souveraineté que Dieu allait accorder aux croyants et c’est ce que les mécréants avaient renié. Il est question du bien que Dieu accorde à ceux qui Lui obéissent au détriment des mécréants.

Certes Tu es sur toute chose tout puissant : et personne ne peut faire quoi que ce soit si ce n’est par la capacité que Dieu accorde aux gens.

Verset 27 : le verbe utilisé a le sens de faire entrer une chose dans une autre et dans ce verset c’est selon un sens métaphorique : Dieu fait que les heures de la nuit diminuent et que les heures du jour augmentent et Il fait que les heures du jour diminuent et les heures de la nuit augmentent (selon les saisons le nombre d’heures du jour et de la nuit change)

Et Tu fais sortir le vivant à partir de celui qui est mort : il y a trois explications

  1. Dieu fait exister un être vivant à partir d’eau mélangée (qui, elle, n’est pas un être vivant)
  2. Dieu fait exister un poussin à partir d’un œuf qui lui, n’a pas de vie
  3. Dieu fait qu’un mécréant devient croyant : le mécréant a été comparé à celui qui est mort et le croyant à celui qui est vivant.

Et Tu fais sortir ce qui est mort à partir de celui qui est vivant : il y a aussi trois explications.

  1. Dieu fait sortir le liquide séminal de l’être humain
  2. Dieu fait sortir l’œuf à partir de la poule
  3. Dieu fait sortir un mécréant à partir d’un croyant : un parent est croyant et un de ses enfants est mécréant. 

Et Tu accordes à qui Tu veux sans compte : les créatures ne savent pas quelle quantité de subsistance chacun aura mais Dieu sait la subsistance de chacun. Tout cela est pour indiquer que celui qui est tout puissant à faire ces actes éminents qui rendent l’esprit sidéré, Il est tout puissant pour accorder sans limite à qui Il veut parmi Ses esclaves et Il est tout puissant à enlever la souveraineté aux non Arabes pour les humilier et à l’accorder aux Arabes pour les glorifier.

Verset 28 : que les croyants ne prennent pas les non croyants comme référence (comme tuteurs, comme gouverneurs, comme autorités) c’est-à-dire qu’il n’y a pas de tutelle d’un non musulman sur un musulman, même s’ils étaient proches parents, même s’ils étaient amis avant leur Islam. Le fait d’aimer quelqu’un pour Dieu et le fait de détester quelqu’un pour Dieu, c’est un grand chapitre de la foi : aimer pour Dieu signifie aimer quelqu’un parce qu’il a la croyance de vérité, qu’il adore Dieu et qu’il aime les prophètes. Et détester pour Dieu signifie détester ce que Dieu n’agrée pas. En suivant les croyants, en aimant les croyants, en étant les partisans des croyants, ceci vous fait vous dispenser de prendre des tuteurs parmi les non croyants. Vous ne préférez pas les non croyants au détriment des croyants.

Et celui qui fait cela alors il n’est pas dans la voie que Dieu agrée : c’est-à-dire que celui qui prend pour partisan des non croyants, il n’est pas dans la voie que Dieu agrée. Parce qu’on ne peut pas être le partisan de quelqu’un et être le partisan de son ennemi, en même temps.

Sauf si c’est pour te préserver d’eux : dans le cas où le non croyant a un pouvoir sur le musulman et celui-ci craint pour sa personne ou pour ses biens.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : ne vous exposez pas au châtiment de Dieu en prenant pour partisans les ennemis de Dieu. Et ceci est une grave mise en garde.

Et à Dieu le devenir.  Votre devenir est d’être ressuscités pour le jugement de Dieu. Et le châtiment est préparé, l’enfer est déjà préparé.

Verset 29 : dis, que vous cachiez ce que vous avez dans votre cœur ou que vous le montriez (que ce soit le fait de vous rallier aux non croyants ou autre chose que Dieu n’agrée pas), Dieu le sait et cela ne Lui échappe pas. Et c’est encore une plus grande mise en garde.

Et Il sait ce qu’il y a dans les cieux et ce qu’il y a sur terre. Dieu sait votre for intérieur et votre apparence.

Et Dieu est sur toute chose tout puissant. Dieu est tout puissant à vous châtier, à vous punir.

Verset 30 : le jour où chaque personne trouvera le bien qu’elle a préparé (elle le verra) il sera présent. Et le mal qu’elle a fait, elle espère qu’il soit très éloigné d’elle. Le jour du jugement la personne verra le bien qu’elle a fait et le mal qu’elle a fait, tous deux seront présents. Elle espère qu’elle soit éloignée de ce mal.

Et Dieu vous met en garde contre Son châtiment : c’est une répétition de la même phrase pour que chacun soit conscient de cela.

Et Dieu est miséricordieux pour les esclaves. Parmi les manifestations de la miséricorde de Dieu, c’est qu’Il a mis en garde les gens contre Son châtiment pour ne pas qu’ils s’y exposent.

Puis lorsque les yahūd ont dit qu’ils étaient les enfants de Dieu, les bien-aimés de Dieu, Dieu a révélé le verset 31 :

Verset 31 : dis, si vous aimez Dieu véritablement, alors suivez-moi (c’est-à-dire suivez le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) : « aimer Dieu » signifie préférer Lui obéir plutôt que Lui désobéir, c’est-à-dire c’est le fait de préférer Son obéissance à Sa désobéissance. 

Dieu vous agréera :  Dieu récompense Son esclave pour ses actes.  D’après Al-Ḥasan Al-Biṣriyy, il y a des gens qui, du temps du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, prétendaient aimer Dieu. Dieu a voulu faire en sorte que ce prétendu amour soit confirmé par des actes. Celui qui prétend aimer Dieu mais qui contredit la sunnah de Son messager, c’est un menteur. La sunnah ici signifie la croyance et l’enseignement du Prophète.

Et vous pardonnera vos péchés et Dieu est Celui Qui pardonne et Qui est miséricordieux.

Verset 32 : dis, obéissez à Dieu et à Son Messager.

S’ils se détournent : c’est-à-dire s’ils refusent d’accepter l’obéissance à Dieu et au Messager

Alors Dieu n’agrée pas les mécréants. Il ne les agrée pas et Il ne leur pardonne pas.

Verset 33 : Dieu a élu (Dieu a choisi dans le sens que ces gens-là sont meilleurs que les autres)

Ādam qui est le père de toute l’humanité, il est le premier des prophètes

Et Nūḥ qui fut le premier prophète envoyé à des mécréants et il fait partie des cinq meilleurs prophètes

Et la famille d’Ibrāhīm et ce sont Ismāʿīl et Isḥāq et leurs enfants

Et la famille d’ʿImrān et ce sont Mūsā et Hārūn qui sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur et il a été dit que la famille d’ʿImrān était ʿīsā et Maryam fille d’ʿImrān fils de Māṯān. Et entre les deux ʿImrān se sont écoulées 1800 années.

Par rapport au reste des mondes. A leur époque, ils étaient les meilleurs. La phrase est générale mais on a su qu’il y a une restriction donc ce n’est pas dans l’absolu car on a su que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est meilleur qu’eux.

Verset 34 : une descendance l’une après l’autre. La famille d’Ibrāhīm et la famille d’ʿImrān, la deuxième descendant de la première. Mūsā et Hārūn sont les deux fils d’ʿImrān fils de Yaṣḥur qui est fils de Qāḥaṯ qui est fils de Lāwā qui est fils de Yaʿqūb qui est fils d’Isḥāq qui est fils d’Ibrāhīm. (Ibrāhīm ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām est donc l’ancêtre de Mūsā).

Et également ʿīsā fils de Maryam qui est fille d’ʿImrān fils de Māṯān qui remonte à Yahūḏā fils de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm.

Et notre prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est descendant d’Ibrāhīm par Ismāʿīl. Il fait donc partie de la famille d’Ibrāhīm.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait. Il sait qui est valable pour être élu pour être prophète.

C’est recommandé de réciter la dernière partie du verset 36 pour un nouveau-né : (wa ʾinnī uʿīḏuhā bika wa ḏurriyyatahā mina š-šayṭani r-raǧim) qui signifie (ô Allāh, je Te demande de la préserver elle et sa descendance contre le diable maudit).

Verset 35 : la femme d’ʿImrān a dit (il s’agit du fils de Māṯān et on parle de la mère de Maryam qui est la grand-mère maternelle d’ʿīsā ʿalayhi wa sallam) Elle s’appelle Ḥannah fille de Fāqūḏā

O Seigneur j’ai fait le vœu (c’est-à-dire que je m’engage à faire ce qui va suivre) que l’enfant que je porte soit un muḥarrar (sous-entendu qu’elle s’attendait à avoir un garçon)

1 – c’est-à-dire dédié pour le service de la mosquée de Jérusalem, je le consacre à cela (et c’était un vœu très méritoire à cette époque-là)   

2 – Ou bien que cet enfant soitconsacré à l’adoration de Dieu.

 Accepte de moi cet enfant, certes Tu es Celui Qui entend et Qui sait.

Verset 36 : quand elle a accouché elle a dit ô Seigneur j’ai accouché d’une fille (elle a dit cela parce que le muḥarrar était forcément un garçon, donc c’est comme si elle s’excusait du vœu qu’elle avait fait, elle ne pourra pas le tenir puisqu’elle avait mis au monde une fille. Elle a exprimé sa déception à son Seigneur)

Dieu sait ce qu’elle a mis au monde : c’est pour magnifier ce sujet qui n’est pas négligeable, c’est pour indiquer que le vœu est quelque chose d’important et dans le sens que le fait qu’elle ait mis au monde une fille, il se peut qu’il y ait en cela un secret et une sagesse.

Et le garçon (qu’elle avait souhaité avoir) n’est pas comme la fille (qu’elle avait eue)

Et je l’ai appelée Maryam : dans leur langue, Maryam signifie « celle qui se consacre à l’adoration ». Elle a voulu, par le prénom qu’elle a donné à sa fille, gagner des récompenses. C’est comme si elle demandait à Dieu de préserver sa fille pour que son acte soit conforme à son prénom, pour que sa fille soit véritablement une adoratrice ; et pour que se réalise en sa fille le souhait qu’elle avait eu quand elle était tombée enceinte, c’est-à-dire qu’elle ait un garçon qui se consacre à la mosquée de Jérusalem.

Et je Te demande de la préserver elle, ainsi que sa descendance (c’est-à-dire ses enfants à elle) contre le diable maudit (c’est-à-dire éloigné du bien). Dans le ḥadīṯ, la plupart des nouveau-nés, le diable leur nuit au moment de leur naissance, et le nouveau-né pousse un cri suite à la nuisance du diable, excepté Maryam et son fils.

Verset 37 : Dieu a agréé Maryam en guise de réponse au vœu à la place du garçon : Dieu a agréé Maryam comme si c’était le garçon que sa mère avait fait le vœu de mettre au monde. Il a été rapporté que Ḥannah, quand elle a mis au monde Maryam, elle l’a enveloppée dans un bout d’étoffe et elle l’a emmenée à la mosquée et elle l’a placée chez les prêtres qui étaient descendants de Hārūn. Et ils étaient à Jérusalem comme la famille de banu Šaybah qui est en charge de la clé de la kaʿbah à La Mecque. Elle leur a dit « je vous charge de cette fille qui est la réalisation d’un vœu que j’ai fait ». Les prêtres se concurrençaient pour s’occuper d’elle car elle était la fille de leur imam Imrān. Et c’était lui qui s’occupait de faire les sacrifices pour Dieu.  Ils étaient les descendants de Māṯān, les chefs des fils d’Isrāʾīl. Mais Zakariyyā leur a dit : « non, ce n’est pas vous qui allez vous occuper de Maryam, c’est moi qui vais m’occuper d’elle ». Zakariyyā était un prophète, il était le mari de sa sœur. Ils ont refusé et lui ont dit : on va tirer un nom pour choisir qui va s’occuper de Maryam. » Ils étaient 27 et chacun d’eux voulait s’occuper de l’éducation de Maryam. Ils sont allés à un fleuve et ont jeté leurs crayons. Celui de Zakariyyā a flotté alors que tous les autres ont coulé. Ce fut ainsi Zakariyyā qui a pris en charge l’éducation de Maryam.

Et Dieu a fait qu’elle grandisse dans le bien. Le verbe utilisé est le verbe qui est employé pour une plante, c’est une métaphore qui indique que Maryam était comme une plante qui a poussé dans les meilleures conditions.

Et ce fut Zakariyyā qui en a assuré la tutelle : il était un tuteur pour elle et un garant. Zakariyyāsignifie en hébreu « celui qui fait tout le temps des évocations et la glorification de Dieu ».

Chaque fois que Zakariyyā venait vérifier si Maryam était dans de bonnes conditions dans le miḥrāb : et c’est une pièce à laquelle on accède par des marches et il a été dit que c’est l’endroit le plus honorable des assemblées, c’est-à-dire à l’avant de l’assemblée. Et dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est là où se tient l’imam, une partie concave. C’est comme si, dans ce verset, Dieu nous apprend que Maryam a été placée dans l’endroit le plus honorable de la mosquée de Jérusalem. Et il n’y avait que Zakariyyā qui pouvait atteindre cet endroit.

Il trouvait qu’elle avait une subsistance.  Sa subsistance provenait du paradis. Et elle n’a jamais été allaitée. Il trouvait chez elle les fruits de l’hiver en été et les fruits de l’été en hiver.

Il a dit ô Maryam d’où as-tu cela : d’où as-tu cette subsistance qui ne ressemble pas à la subsistance du bas-monde ? Et ce sont des fruits qui sont hors saison.

Elle a dit c’est Dieu Qui accorde : c’est-à-dire ne sois pas étonné, Dieu accorde à qui Il veut. C’était un prodige pour Maryam : elle était une sainte, la meilleure des femmes de l’humanité. Il a été dit qu’elle a parlé alors qu’elle était enfant tout comme Jésus a parlé au berceau.

Certes Dieu accorde à Qui Il veut sans limite : c’est-à-dire sans prendre en compte la quantité. Autre explication : Dieu fait grâce sans demander des comptes.

Verset 38 : et là : c’est-à-dire à l’endroit où il était assis auprès de Maryam, dans le miḥrāb, ou bien à ce moment-là, Zakariyyā (qui était le mari de sa sœur ʿišāʿ) quand il a vu le degré de Maryam de la part de Dieu, a également souhaité avoir de sa femme un fils qui ait aussi un haut degré de la part de Dieu, tout comme Maryam avait un haut degré. Et cela même si sa femme était stérile et âgée.

A invoqué son Seigneur, il a dit ô Seigneur, accorde-moi de Ta part une descendance : le mot (ḏurriyyah) signifie une descendance qui peut faire allusion à un singulier ou à un pluriel ; donc on peut dire d’un enfant que c’est une ḏurriyyah et de plusieurs enfants que c’est une (ḏurriyyah).

Une bonne descendance : c’est-à-dire une descendance bénie. Et la bénédiction c’est l’augmentation du bien. Donc Zakariyyā a demandé à Dieu de lui accorder une descendance vertueuse.

Certes Tu es Celui Qui exauce nos invocations. Zakariyyā avait toute confiance en Dieu, que Dieu exauce les invocations.

Verset 39 :  les anges l’ont interpellé : il a été dit que c’était Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui a interpellé Zakariyyā. « Les anges » est au pluriel parce que celui qui l’a appelé fait partie des anges. Comme quand on dit en arabe « un tel monte les chevaux », cela vise qu’il monte un cheval en particulier mais le cheval fait partie de l’ensemble des chevaux. Donc ici dans ce verset, c’est un ange et en l’occurrence l’ange Ǧibrīl, qui a appelé le prophète Zakariyyā.

Alors qu’il (Zakariyyā) était debout, il faisait la prière dans le miḥrāb : il y a la preuve ici que ce que l’on recherche, on l’obtient en faisant la prière : on prie Dieu pour obtenir ce que l’on recherche. Et il y a en cela l’exaucement des invocations et la réalisation des affaires qui sont demandées. (Zakariyyā demandait à Dieu de lui donner un fils). C’est par la prière qu’on espère que Dieu nous exauce. An-Nasafī cite la parole d’un savant qui s’appelle ibnu ʿAṭāʾ : il a dit : « Dieu n’accorde des ouvertures de bien à un esclave que s’il suit les ordres de Dieu et qu’il est sincère dans son obéissance et qu’il s’attache aux endroits où on fait la prière ». Attache-toi à l’obéissance, ne suis pas tes passions et patiente face aux épreuves. Ne sois pas de ceux qui disent « j’ai invoqué, j’ai invoqué et je n’ai rien eu ».

(L’ange lui a dit) que Dieu lui annonce (à Zakariyyā) la bonne nouvelle qu’il aura un fils qui s’appelle Yaḥyā et qui croit en la véracité de celui que Dieu a envoyé : c’est-à-dire que Yaḥyā croit en Jésus qui est son cousin par sa tante maternelle. Et Yaḥyā fut le premier qui a cru en Jésus, lorsque Jésus a annoncé son statut de prophète. Et dans ce verset, Jésus est désigné par le terme « kalimatin mina l-Lāh » c’est-à-dire « une parole de la part de Dieu » : ceci parce que Jésus a été créé par l’ordre de Dieu : Jésus n’avait pas de père et il a existé parce que Dieu a voulu qu’il existe, par Son ordre et Sa parole.

Ou bien cette partie du verset signifie que Yaḥyā croit aux livres de Dieu.

Il est celui qui est le maitre de son peuple : Yaḥyā est le maitre c’est-à-dire qu’il est au-dessus d’eux par l’honneur. Il dépasse son peuple par l’honneur. Effectivement, Yaḥyā dépassait son peuple parce qu’il n’avait jamais commis de péché, quelle maitrise il avait !

Et ḥaṣūr : c’est celui qui n’approche pas les femmes, c’est-à-dire que même s’il avait la capacité de le faire, mais il empêchait son âme de pencher vers ses désirs.

Et un prophète parmi les vertueux : et il était issu de vertueux, parce qu’il était descendant de prophètes : son père était prophète et parmi ses ascendants, il y avait des prophètes.

Ou bien c’est quelqu’un parmi les vertueux.

Verset 40 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur, comment allais-je avoir un enfant alors que je suis devenu âgé et que ma femme est stérile :il a posé cette question parce qu’habituellement, cela ne se produit pas, c’est une exclamation de sa part à titre d’étonnement : cela ne veut pas dire qu’il doute de la toute-puissance de Dieu pour lui accorder un fils malgré son âge avancé et la stérilité de son épouse. Ila dit : l’âge avancé a eu un effet sur moi et cela m’a affaibli. Il avait 99 ans. Et son épouse avait 98 ans.

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi Dieu fait ce qu’Il veut. Dieu fait que des choses surprenantes se réalisent.

Verset 41 : il (Zakariyyā) a dit ô Seigneur accorde-moi un signe : il voulait un signe qui lui indique que sa femme était tombée enceinte pour accueillir cette grâce avec les louanges.

(Ǧibrīl lui a dit) Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois jours : quand ta femme sera enceinte, tu ne pourras plus parler aux gens, sauf en faisant des signes de la main soit un signe de la tête soit des yeux soit des sourcils, tout en en gardant ta capacité à parler si c’est pour l’évocation de Dieu. Sans que Zakariyyā ne soit muet, mais Dieu va faire qu’il ne pourra pas parler aux gens.

Et évoque beaucoup ton Seigneur, fais le tasbīḥ la nuit et le matin : il s’agit là des signes éclatants et des preuves claires du miracle de Zakariyyā que Dieu lui a accordé un fils malgré son âge avancé. Pourquoi sa langue a-telle été ainsi empêchée de tenir la conversation aux gens ? C’était afin qu’il consacre cette période uniquement à l’évocation de Dieu. C’est une grâce que Dieu lui a accordée pour que Zakariyyā le remercie. Zakariyyā n’a pas utilisé sa langue pour autre chose. Comme si, quand il avait demandé un signe pour remercier Dieu, il ne pouvait plus utiliser sa langue qu’exclusivement dans le remerciement de Dieu.

Il lui a été dit : ton signe c’est que tu ne puisses pas utiliser ta langue pour autre chose que pour remercier Dieu.

Fais le tasbīḥ pendant al-ʿašiyyi wa l-ibkār : al-ʿašiyyi c’est depuis que le soleil quitte le milieu du ciel jusqu’à son coucher et al-ibkār c’est depuis le lever de l’aube jusqu’au temps de aḍ-ḍuḥā.

Verset 42 : et cite comment les anges ont dit à Maryam comment Dieu t’a élue et t’a purifiée et Il t’a élue par rapport aux femmes de l’humanité : il a été rapporté que les anges ont adressé la parole directement à Maryam

T’a élue : c’est-à-dire que Dieu t’a accordé quelque chose qu’Il n’a pas accordé à d’autres, Il t’a acceptée de la part de ta mère Ḥannah. Il a fait que tu sois éduquée et Il t’a accordé un degré particulier, un grand honneur.

Dieu t’a purifiée : c’est-à-dire des actes qui sont répugnants.

Dieu t’a élue sur les femmes de l’humanité : puisqu’Il t’a accordé Jésus sans père ; et cela n’a été accordé à aucune autre femme.

Verset 43 : ô Maryam, fais le maximum d’actes d’obéissance, consacre-toi à l’obéissance à Dieu. Ou bien : prolonge la position debout dans tes prières.

Prosterne-toi : il a été dit qu’elle a reçu l’ordre d’accomplir la prière avec la mention de al-qunūt parce que la prosternation et la position debout font partie des positions de la prière.

Et incline-toi avec ceux qui s’inclinent : fais en sorte que ta prière soit réalisée en assemblée.

Ou bien : fais en sorte d’être au nombre des gens qui font la prière. Et ne sois pas de ceux qui ne la font pas.

Verset 44 : ceci : fait référence aux récits précédents : Ḥannah la mère de Maryam, Zakariyyā et Yaḥyā, ce sont des choses cachées que Nous t’avons révélées. Cette parole s’adresse à notre Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : ceci fait partie des nouvelles qui t’étaient inconnues, que tu n’as pu connaitre que par la révélation.

Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils avaient jeté leurs qalam pour savoir qui allait prendre en charge Maryam. Explication du mot qalam :

1 – les azlām : ce sont les tiges avec lesquelles on fabrique les flèches, et il s’agit des tiges que les savants de la mosquée de Jérusalem avaient jetées dans la rivière pour désigner celui qui allait s’occuper de Maryam.

2 – ou bien c’était le crayon avec lequel ils écrivaient la Torah. Ils avaient choisi de jeter ces qalam pour la barakah, car c’étaient des instruments pour écrire un texte révélé.

Tu n’étais pas à côté d’eux quand ils se disputaient : pour savoir qui allait prendre en charge Maryam.

Verset 45 : les anges ont dit (et cite ô Muḥammad lorsque Ǧibrīl a dit) Il a été fait référence à Ǧibrīl par le pluriel employé « les anges » parce que Ǧibrīl ʿalayhi s-salām, quand il descend pour un sujet particulier, il est accompagné d’un ensemble d’anges et c’est pour cela que quand il informe d’une chose, il est permis de dire « les anges ont dit »

O Maryam, Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’une parole de Sa part : c’est-à-dire de Jésus. Et Dieu a créé Jésus par Son ordre, sans que Jésus n’ait de père.

Il s’appelle al-Masīḥ : c’est un surnom, c’est le surnom de Jésus et c’est un surnom honorable, comme aṣ-siddīq qui est le surnom de abū Bakr et al-Fârûq qui est le surnom de ʿUmar, sont des surnoms honorables. Et l’origine du terme al-Masīḥ, en hébreu est mašiḥā qui signifie « béni » mubārak. Il a été dit aussi que chaque fois qu’il passait la main (yamsaḥ) sur quelqu’un qui était malade, celui-ci guérissait. Ou parce qu’il se déplaçait sur terre et il n’avait pas pris de lieu de résidence pour lui : on dit en arabe « masaḥa l-arḍ » ce qui signifie « il a parcouru la terre » : tellement il se fiait à Dieu qu’il dormait là où il se trouvait la nuit.

Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : si Jésus avait pris une maison comme résidence, les chrétiens auraient adoré cette maison.

Jésus fils de Maryam :  Ǧibrīl a dit « fils de Maryam » pour lui annoncer qu’il va être sans père. Il ne sera attribué qu’à sa mère.

Il aura un honneur dans le bas-monde : il sera honorable dans le bas-monde parce qu’il aura le statut de prophète, il sera sur l’obéissance à Dieu. Celui qui obéit à Dieu est honoré et celui qui désobéira sera humilié.

Et dans l’au-delà : par son haut degré et par son intercession : il va intercéder.

Et parmi ceux qui ont un haut degré : Dieu fait que son honneur sera élevé.

Verset 46 : il parlera aux gens alors qu’il sera au berceau. Il s’adressera aux gens en parlant, alors qu’il sera dans son berceau : à l’état de nourrisson, il va parler aux gens.

Et quand il sera adulte : il s’adressera aux gens dans ces deux situations. Et la parole des prophètes est différente selon leur âge. Quand il sera adulte et qu’il aura le statut de prophète, il s’adressera aux gens également.

Il sera au nombre des vertueux.

Verset 47 : elle (Maryam) a dit ô Seigneur comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun humain ne m’a touchée 

Il (Ǧibrīl) lui a dit c’est ainsi que Dieu crée ce qu’Il veut. Si Dieu ordonne une chose, Il fait que cette chose ait lieu. Si Dieu prédestine l’existence d’une chose, Il la fait exister sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. Et « kun » est un impératif du verbe être, c’est comme si on disait en français « sois ». Ici c’est pour indiquer la rapidité avec laquelle Dieu fait qu’une chose entre en existence dès lors qu’Il en veut l’existence. Cela ne veut pas dire que Dieu prononce les lettres kāf et nūn, ceci est impossible ; mais cela veut dire plutôt que ce dont Dieu veut l’existence, Il le fait exister sans fatigue, sans difficulté, sans retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence.

Verset 48 : et il lui enseigne l’écriture, la sagesse, la torah et l’évangile.

Al-kitāb : il y a deux explications : 1 – l’écriture : Dieu a fait que Jésus a appris l’écriture et il avait la plus belle écriture de son époque. 2 – Les livres de Dieu.

La sagesse : c’est-à-dire l’indication de ce qui est licite et de ce qui est interdit.

La torah : c’est le Livre révélé à Moise

L’évangile : c’est le livre révélé à Jésus.

Verset 49 : et un envoyé : c’est-à-dire que Dieu fait de Jésus un envoyé

Aux descendants de banī Isrāʾīl que je vous ai amené et un signe de la part de votre Seigneur : c’est-à-dire qu’il y a une preuve qui indique que Jésus est véridique dans sa prétention au statut de prophète.

Je (c’est Jésus qui parle) vais concevoir à partir de la terre glaise quelque chose qui a l’aspect d’un volatile (c’est-à-dire quelque chose qui vole)

Les différents sens de « ẖalaqa » :

1 / ṣawwara qui signifie « donner une forme, façonner ». On dit « ẖalaqa un tel à partir de la boue un oiseau » signifie qu’un tel a façonné un oiseau à partir de la terre glaise.

2 / taqdīr c’est-à-dire prévoir, planifier, concevoir.

3/ fomenter, monter de toutes pièces : ẖalaqa une information.

4/ donner l’existence, faire surgir du néant à l’existence : ce sens n’est attribué qu’à Dieu. Dieu seul est Celui Qui donne l’existence à ce qui n’existait pas. Dans sūratu ar-raʿd, verset 16, Dieu dit : « dis, Dieu est Le Créateur de toute chose ».

Et je vais souffler dans cet objet et il sera un volatile : le mot volatile est plus général que le simple oiseau. Par la volonté de Dieu et par l’acte de Dieu de créer. Il a été dit que Jésus n’a pas façonné autre chose qu’une chauve-souris. Et la chauve-souris est un animal complexe : elle vole, mais elle a des poils, la femelle a des saignements de menstrues, elle allaite ses bébés. Elle ne voit pas, sauf à deux moments dans la journée : à l’aube et au coucher du soleil. Mais la chauve -souris que Jésus a façonnée ; une fois qu’elle a disparu des regards, elle n’a pas eu de descendance.

Et je soigne celui qui est né aveugle : par l’invocation de Jésus, celui qui est né aveugle, voit. 

Et je soigne celui qui a al-baraṣ : c’est une maladie de la peau qui consiste en une dépigmentation de la peau sous forme de plaques blanches qui ne disparaissent pas avec les médicaments habituellement.

Et je ressuscite les morts par la volonté de Dieu : il a répété ici « par la volonté de Dieu », et ceci, pour repousser l’illusion de ceux qui auraient pu penser que Jésus aurait la divinité. Il a été rapporté que Jésus a ressuscité Sām le fils de Nūḥ ʿalayhi s-salām et ils ont bien vu cela, quand Jésus était devant la tombe de Sām puis il l’a fait sortir de sa tombe et il était vivant. Alors ils lui ont dit que c’était de la sorcellerie. Ils lui ont demandé de leur montrer un autre signe.

Jésus leur dit : « toi, tu as mangé telle nourriture, et toi, à la maison, on t’a caché telle nourriture ». Et c’est cela le sens de la suite du verset : et je vous informe de ce que vous mangez et de ce que vous cachez comme provision chez vous. Il y a en cela des signes pour vous si vous êtes véritablement croyants.

Verset 50 : et je confirme ce qui m’a précédé dans la torah : il s’agit du livre qui a été révélé à Moise et c’est la torah.

Et je vais vous rendre licite certaines choses qui vous avaient été interdites : ce qui avait été interdit dans la Loi de Moise pour les fils d’Isrāʾīl c’était de manger le gras, la viande de chameau, le poisson, et tout ce qui a des griffes. Donc Jésus leur a autorisé une partie de cela.

Et je vous ai ramené un signe de la part de votre Seigneur : c’est une répétition pour insister.

Alors craignez Dieu : au lieu de me démentir et de me contredire

Et obéissez-moi : dans ce que je vous transmets.

Verset 51 : certes Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur : c’est une reconnaissance de la part de Jésus qu’il est bien un esclave de Dieu, il nie ici le fait qu’il soit un dieu, contrairement à ce que disent les nasārā.

Alors adorez-Le : autrement dit, ne m’adorez pas, moi.

Ceci est une voie de droiture : qui mène celui qui l’emprunte à une félicité ininterrompue.

Verset 52 : quand il (Jésus) a senti de leur part la mécréance : Jésus a su avec certitude que les yahūd commettaient une mécréance et que c’était une mécréance sans aucun doute, tout comme celui qui perçoit la connaissance avec ses sens (la vue, l’odorat)

Il a dit qui sont mes partisans : qui sont mes compagnons, ceux qui vont me soutenir

Qui cherchent le refuge auprès de Dieu.

Les apôtres ont dit :  al-ḥawāriyy est le compagnon proche, l’ami intime.

Nous, nous sommes les partisans de Dieu, nous soutenons Sa religion.

Nous avons cru en Dieu et sois témoin de cela : témoignes-en notre faveur, ô Jésus, de notre croyance en Dieu

Que nous sommes musulmans : ils ont demandé le témoignage de Jésus en faveur de leur Islam pour insister sur leur foi. Parce que les messagers de Dieu, au jour du jugement, ils témoigneront, soit en faveur de leur peuple, soit contre eux. Et ce verset comporte la preuve que la foi et l’Islam sont la même chose.

Verset 53 : ô notre Seigneur nous sommes croyants en ce que Tu as fait descendre comme révélation et nous avons suivi le Messager : c’est-à-dire Ton Messager Jésus.

Alors inscris-nous au nombre de ceux qui témoigneront.

1/ Inscris-nous avec les prophètes qui témoigneront en faveur de leurs communautés

2/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de Ton unicité, qu’il n’est de dieu que Dieu

3/ Inscris-nous avec ceux qui témoignent de la communauté de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Verset 54 : et ils ont rusé : ils ont fait preuve de perfidie. La perfidie c’est de faire parvenir la nuisance à quelqu’un de manière cachée. Les mécréants des fils d’Isrāʾīl ont fait preuve de ruse et de perfidie. Ils ont voulu le tuer et le crucifier. Dieu a révélé cela à Jésus.

Et Dieu les a rétribués pour leur perfidie : Dieu les a punis puisque Jésus est actuellement au ciel, vivant au deuxième ciel. Les traits de Jésus ont été donné à un de ses élèves et c’est lui qui a été emmené et a été tué à la place de Jésus : c’est ce qui a été rapporté de ibnu ʿAbbās qui a dit que c’était le plus jeune des élèves de Jésus et c’était un homme vertueux.

Ce n’est pas permis d’attribuer le sens de la ruse et de la perfidie à Dieu : car la ruse et la perfidie sont blâmables. Donc le mot « makr » ne peut avoir que le sens de la rétribution.

Et Dieu est le meilleur des mākirīn : c’est-à-dire le meilleur de ceux qui rétribuent. Dieu est Le plus fort et Le plus puissant de ceux qui rétribuent, Celui Qui a la plus grande capacité à punir, d’une manière telle que celui qui est puni ne s’y attend pas.

Verset 55 : Dieu dit à Jésus Je vais te faire mourir ultérieurement à ton terme :c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus d’être tué par les mécréants et Jésus mourra ultérieurement mais sans être tué par les mécréants. Il a été dit que « mutawaffīka » signifie que Dieu va faire élever Jésus au-dessus de la terre, que Jésus ne va pas rester sur terre ou encore Dieu va faire mourir Jésus après sa descente du ciel et maintenant Dieu va l’élever.

Et la conjonction de coordination « wa » ne préjuge pas de l’ordre chronologique des actions indiquées. Cela veut dire que ce qui est cité en premier n’aura pas forcément lieu avant ce qui est cité après le terme « wa ». Ici, cela ne veut pas dire que Dieu va faire mourir Jésus dans un premier temps puis que Jésus va être élevé au ciel. 

Et Je vais t’élever « ilayya » : le sens apparent est « à moi » mais cela ne veut pas dire que Dieu est en haut et que Jésus va monter à côté de Dieu. Donc « ilayya » signifie que Dieu va élever Jésus au ciel qui appartient à Dieu et que Dieu honore et qui est le lieu de résidence des anges.

Et Je vais te préserver de ceux qui ont mécru :  c’est-à-dire que Dieu va protéger Jésus de la mauvaise compagnie des mécréants. Jésus n’aura pas à supporter leur mauvaise compagnie.

Et Je vais faire que ceux qui te suivent seront au-dessus de ceux qui ont mécru jusqu’au jour du jugement : c’est-à-dire que ceux vont suivre Jésus vont avoir une supériorité sur les mécréants jusqu’au jour du jugement. Les musulmans seront au-dessus des mécréants grâce aux preuves. Les preuves rationnelles sont du côté des musulmans.

Puis vous reviendrez à Mon jugement : au jour du jugement.

Et Je juge entre vous dans ce à propos de quoi vous n’étiez pas d’accord : Dieu juge au jour du jugement à propos de ce que les gens disaient au sujet de Jésus : certains ont dit qu’il était le fils de Dieu et les musulmans disent que c’est un messager de Dieu. Au jour du jugement, Dieu fait que tous seront au courant de la vérité.

Verset 56 : dans ce verset Dieu parle de ceux qui ont mécru. Ceux qui ont mécru, Je les châtie d’un châtiment douloureux dans le bas monde et dans l’au-delà.

Ils seront châtiés dans le bas monde par l’emprisonnement, par le meurtre, par l’humiliation et dans l’au-delà par le châtiment de l’enfer.

Et ils n’auront aucun soutien.

Verset 57 : quant à ceux qui ont été croyants et qui accompli les bonnes œuvres, Dieu les rétribue par leur récompense. Le verbe « tawfiya » c’est le fait de donner une récompense complète, sans aucune diminution, une large rétribution. Dieu les rétribue largement, sans diminution. Et « ʾuǧūrahum » c’est leur rémunération et ici c’est la récompense pour les œuvres. « Ils auront une large rétribution » signifie qu’ils auront des résidences au paradis en fonction de leurs œuvres et il n’y aura pas de jalousie entre eux.

Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes.

Verset 58 : ceci : fait référence aux récits qui ont été mentionnés jusqu’ici, Nous te le citons en tant que signes et évocations pleines de sagesse. Le Qur’ān est parfait. C’est comme si ce Livre indiquait de la sagesse, c’est comme s’il parlait et qu’il sort de lui de la sagesse.

Puis An-Nasafiyy explique la suite : quand les envoyés de Banī Naǧrān – qui étaient des Arabes chrétiens – étaient venus débattre avec le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām au sujet de Jésus et ils disaient qu’il était le fils de Dieu, ils ont dit : « vois-tu, est-ce qu’il y a un fils qui naisse sans père ? ». Alors le verset 59 a été révélé.

Verset 59 : l’exemple de Jésus selon le jugement de Dieu est tel l’exemple d’Ādam. L’arrivée de Jésus est comme le cas d’Ādam qui a été créé de terre. Dieu a fait que son corps soit façonné à partir des sols de cette terre. Et il n’y avait pour Ādam ni père ni mère. An-Nasafiyy dit que le cas de Jésus est moins surprenant que l’existence d’Ādam qui a été créé sans père ni mère. L’existence d’Ādam sans père ni mère est plus extraordinaire, plus surprenante que le fait d’exister sans avoir de père. Donc dans ce verset, la réplique est une comparaison de ce qui est surprenant à quelque chose d’encore plus surprenant, pour que cet argument soit encore plus fort contre l’adversaire et pour couper court à la confusion qu’ils essayent d’amener.

Il a l’a créé de terre : Dieu a créé Ādam. Puis Il lui a dit d’exister et il a existé.

Il lui a dit sois et il fut. C’est-à-dire que Dieu a créé à partir de ce corps qui est fabriqué de terre, un être vivant et il fut un être vivant.

Verset 60 : telle est la vérité de la part de ton Seigneur et ne sois pas parmi alors ne sois pas (toi qui entends) au nombre de ceux qui doutent.

Verset 61 : quand il y a des chrétiens qui persistent à  débattre avec toi sur ce sujet (et ils disent le contraire de cette vérité que tu viens d’entendre à propos de Jésus) après que tu aies entendu ces informations claires qui entrainent chez toi une reconnaissance, dis venez (avec une fermeté et une volonté) nous et vous, on va appeler nos enfants et vos enfants, et nos épouses et vos épouses et nous-mêmes et vous -mêmes  : pour faire al-mubāhalah qui signifie al-liʿān et al-bahlah c’est al-laʿnah et c’est la malédiction . Et on va invoquer pour que Dieu maudisse le menteur parmi nous. Le Prophète les a défiés, sur ordre de Dieu. Et la malédiction signifie l’éloignement de la miséricorde. Dans le verset il est cité le verbe « nabtahilu », et à l’origine, al-ibtihāl c’était pour indiquer la malédiction. Puis le sens est devenu pour toute invocation où on insiste, même si ce n’est pas une malédiction.

Il a été rapporté que quand le Prophète a défié ces chrétiens de Banī Naǧrān pour qu’ils disent : on va maudire le menteur parmi nous, ils ont dit : « non, on va réfléchir ». Ils ont eu peur. Un homme parmi eux qui s’appelle Al-ʿĀqib qui était selon eux le plus sage d’entre eux, il leur a dit : « vous savez, vous autres nasārā, que Muḥammad est un prophète envoyé. Et il n’y a pas eu des gens qui ont fait al-mubāhalah avec un prophète sans qu’il ne leur arrive des épreuves ; le plus âgé et plus jeune d’entre eux meurt. Si vous faites cela, ce sera votre fin. Si vous voulez conserver votre religion, alors réconciliez-vous avec cet homme.  (C’est-à-dire : trouvez un terrain d’entente et soyez-en de bons termes avec lui) Et retournez chez vous ».

Le lendemain matin, ce groupe de nasārā est parti rencontrer le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam à un lieu de rendez-vous. Et le Prophète portait dans ses bras Al-Ḥusayn (qui était son petit-fils) et il tenait Al-Ḥasan par la main. Et Fāṭimah sa fille marchait derrière lui et derrière elle, marchait ʿAliyy. Et le Prophète leur disait : « si je dis une invocation, vous, dites āmīn ».

Alors l’évêque des Banī Naǧrān a dit : « ô vous les chrétiens, je vois des visages, s’ils demandent à Dieu d’enlever une montagne, Dieu la leur enlève pour eux. (C’est-à-dire suite à leur invocation). Ne faites pas la mubāhalah (c’est-à-dire ne dites pas que Dieu maudisse le menteur d’entre nous) parce que, si vous la faites, il ne restera plus de chrétiens sur terre ». C’est alors qu’ils ont dit : « ô Abu l-Qāsim, nous pensons que nous n’allons va pas faire la mubāhalah avec toi » ; (Ils ont appelé le Prophète par son surnom et c’est une forme d’honneur).

Comme ils ont refusé de faire la mubāhalah, le Prophète a conclu un accord avec eux, comme quoi ils allaient lui envoyer chaque année deux mille ḥullah qui est un vêtement composé de deux pièces.

An-Nasafiyy explique que ce verset mentionne les enfants et les épouses, même si, à l’origine, la mubāhalah avait lieu entre le Prophète et celui qui le dément, parce que ceci est une preuve encore plus forte de sa grande confiance de son état et sa certitude en sa véracité, puisqu’il a osé exposer ceux qui sont les plus chers pour lui, à savoir ses enfants et ses épouses. Il ne s’est pas limité à s’exposer lui, seulement. D’autre part, c’est une preuve également de sa certitude du mensonge de son adversaire, pour que son adversaire aille à sa perte, lui avec ceux qui lui sont chers, dans le cas où la mubāhalah aurait eu lieu. Il a cité les enfants et les épouses parce que ce sont, de toute la famille, les êtres les plus chers, ceux qui sont les plus proches du cœur. Il les a mentionnés avant de citer leurs propres personnes, pour attirer l’attention sur leur place dans le cœur, leur grande estimé chez la personne.

Il y a en cela la preuve claire de la véracité du statut de prophète de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam car personne n’a rapporté, que ce soient ceux qui sont d’accord avec le Prophète ou ses adversaires, qu’ils ont relevé ce défi. Ils n’ont pas osé.

Que Dieu maudisse le menteur : il s’agit du menteur à propos de Jésus ʿalayhi s-salām.

Verset 62 : certes ceci c’est-à-dire ce qui t’a été narré, qui t’a été cité à propos du récit de ʿīsāʿalayhi s-salām, est le récit véritable, le récit véridique, qui ne comporte pas de mensonge, c’est la vérité qui ne comporte pas de faux.

Et il n’est de dieu que Dieu : cette phrase est une réplique aux nasārā qui parlent de trinité.

Et certes Allāh est Al-ʿĀzīz :Le Glorieux, Celui Qui a la gloire pour punir ceux qui méritent la punition Al-Hakīm :  Celui Qui gère les choses avec sagesse, il n’y a pas d’absurdité dans ce que Dieu fait qu’il y a dans ce monde.

Verset 63 : s’ils se détournent : c’est-à-dires’ils émettent une objection, s’ils n’acceptent pas la vérité,

Certes Dieu sait tout des corrupteurs : c’est une menace d’un châtiment, le châtiment qui est mentionné entre autres dans le verset 88 de sūratu n-naḥl qui signifie : Nous leur avons augmenté un châtiment en plus de leur châtiment, en raison de la corruption qu’ils faisaient.

Verset 64 : dis ô vous gens du Livre : c’est un ordre de la part de Dieu de s’adresser aux gens du Livre. An-Nasafiyy a dit qu’il y a trois explications pour cette expression « ô vous gens du Livre » :

1/ Ce sont les gens des deux Livres c’est-à-dire les yahūd et les nasārā. On les appelle les gens du Livre car ils prétendent suivre un Livre mais le Livre qu’ils suivent n’est pas le Livre authentique, c’est le livre qui est falsifié.

2 / C’est le groupe des nasārā de Naǧrān qui sont venus débattre avec le Prophète à propos de Jésus.

3/ Ce sont les yahūd de Médine.

Venez, nous nous mettons d’accord sur une parole de droiture, (une parole de rectitude, une parole juste) vous et nous : une parole à propos de laquelle il n’y a pas de divergence entre les trois Livres : al-Qur’ān, al-ʾinǧīl et at-tawrah.

Que nous n’adorions que Dieu

Que nous le Lui attribuions aucun associé : que nous ne considérions pas un parmi nous comme une divinité

Et que nous n’attribuions pas la divinité à autre que Dieu : que nous ne disions qu’ʿUzayr est le fils de Dieu ni que Jésus est le fils de Dieu, parce que chacun des deux est un être humain comme nous.

Et que nous n’obéissions pas aux prêtres qui ont innové des interdictions et des autorisations sans se référer à la Loi de Dieu. En effet ils ont pris des personnes qui ont légiféré pour eux : ils ont émis des lois sans que ce soit conforme à la Loi de Dieu.

D’après ʿAliyy ibnu Ḥātim, il a dit « mais nous ne les adorions pas, ces prêtres qui légiféraient sans se référer à la Loi de Dieu ». Alors le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam lui a répliqué : « mais n’est-ce pas qu’ils vous disent que telle chose est licite, comme le fait de boire du vin, que ça égaye le cœur et ils vous interdisent telle et telle chose, et vous, vous prenez leur avis ». Il lui a répondu « oui ». Alors le messager : « c’est cela donc ».

Ceci nécessite une explication : les yahūd et les nasārā prenaient en compte les avis de leurs prêtres tout en sachant que leurs prêtres légiféraient eux-mêmes. Ils n’avaient pas pour croyance que leurs prêtres déduisaient cela à partir des Livres révélés ou des paroles des prophètes.

Alors que les musulmans du commun (comme nous) quand ils imitent les imāms comme l’imām Mālik, l’imām Abū Ḥanīfah, l’imām Aš-Šāfiʿiyy, l’imām Aḥmad ibnu Ḥanbal et qu’ils agissent conformément à leurs fatwas, c’est en raison de leur conviction que ces imāms muǧtahid déduisent ces jugements à partir du Livre de Dieu. Donc ce n’est pas une adoration de ces imāms.

S’ils émettent une objection : c’est-à-dire s’ils refusent cette parole commune à laquelle tu les appelles, c’est-à-dire s’ils refusent le tawḥīd auquel tu les appelles, et c’est la croyance en l’unicité de Dieu

Alors dites-leur soyez témoins que nous, nous sommes musulmans : vous n’avez plus d’argument, vous n’avez plus de preuves, vous devez vous soumettre et donc reconnaitre que nous, nous sommes musulmans et pas vous. Comme le victorieux dit à celui qui a été vaincu (dans une bataille ou bien dans un débat) : « reconnais que c’est moi le gagnant et reconnais que c’est moi qui suis victorieux dans ce débat ».

Verset 65 : ô vous gens du Livre, pourquoi débattez-vous à propos d’Ibrāhīm alors que la Torah et l’Evangile n’ont été révélées qu’après lui : comment dites-vous qu’Ibrāhīm est yahūdiyy et qu’il suivait la Torah alors que la Torah a été révélée après lui. Chacun des deux groupes, les yahūd et les nasārā, a prétendu qu’Ibrāhīm était des leurs. Ils ont débattu avec le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et les croyants au sujet d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām. Mais il leur a été dit que le judaïsme n’est apparu qu’après la descente de la Torah. Et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et le christianisme n’est apparu qu’après la descente de l’Evangile et Ibrāhīm a vécu avant cela. Et entre Ibrāhīm et Mūsā, il y a mille ans. Et entre Ibrāhīm et Jésus, il y a deux mille ans. Comment Ibrāhīm serait-il d’une religion qui n’est apparue que bien longtemps après lui ?

Ne réfléchissez-vous donc pas ? N’avez-vous donc pas conscience de cela ? Pour ne pas vous laisser aller à débattre d’un tel débat qui est inutile.

Verset 66 : hā : c’est pour attirer l’attention antum est le mubtadaʾ et hāʾulāʾest le ẖabar

Vous, qui êtes stupides et la démonstration de votre stupidité est que vous êtes en train de débattre à propos de quoi vous avez des connaissances : c’est-à-dire que vous débattez à propos de ce qui a été révélé dans la Torah et dans l’Evangile et vous dites des choses fausses

Pourquoi débattez-vous à propos d’un sujet dont vous n’avez pas de connaissance et qui ne vous a pas été cité dans aucun de vos deux livres à propos de la religion d’Ibrāhīm.

Et Allāh sait ce qu’il en est véritablement

Et vous, vous l’ignorez.

Verset 67 : Ibrāhīm n’était pas yahūdiyy ni naṣrāniyy mais il était sur la religion de droiture, il était musulman

Et il ne faisait pas partie des associateurs : par le terme associateur ici, il est visé les yahūd et les nasārā parce qu’ils avaient associé à Dieu dans leur adoration, ʿUzayr pour les yahūd et Jésus pour les nasārā.

Ou bien deuxième explication : Ibrāhīm n’était pas associateur tout comme il n’était pas des leurs, c’est-à-dire qu’il n’adorait pas des idoles.

Verset 68 : certes ceux qui sont prioritaires parmi les gens pour Ibrāhīm : c’est-à-dire ceux qui sont le plus proches de lui, ceux qui lui ressemblent le plus

Sont ceux qui l’ont suivi : les musulmans à son époque et après son époque

Et ce prophète : c’est-à-dire qu’il a été mentionné spécifiquement en raison de son mérite particulier et celui qui est visé est Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Et ceux qui sont croyants : c’est-à-dire de sa communauté.

Et Allāh est Celui Qui soutient les croyants.

Verset 69 : il y a un groupe des gens du Livre qui ont souhaité vous égarer : et il s’agit des yahūd. Ils ont appelé trois compagnons Huḏayfah, ʿAmmār et Muʿāḏ pour qu’ils deviennent des yahūd, comme eux.

Mais ils n’égarent qu’eux-mêmes : c’est-à-dire que les conséquences de leur tentative d’égarement se retourneront contre eux. Ils auront un double châtiment : du fait de leur égarement à eux, et un châtiment pour leur tentative d’égarer autrui.

Et ils ne s’en rendent pas compte : c’est-à-dire que leur tentative d’égarer les autres va se retourner contre eux.

Verset 70 : ô vous gens du Livre, pourquoi mécroyez-vous en les signes :

c’est-à-dire en la Torah et en l’Evangile. Leur mécréance envers la Torah et l’Evangile est le fait qu’ils n’ont pas cru en ce qui est mentionné explicitement, en termes de véracité du statut de prophète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, et autres.

Ou alors vous mécroyez au Qur’ān et aux preuves du statut de prophète du Messager.

Ou alors vous mécroyez en tous les versets de Dieu (les trois livres :  la Torah, l’Evangile et le Qur’ān) alors que vous savez qu’ils sont vrais.

Alors que vous êtes témoins : de sa description dans les deux livres. Pourtant, vous reconnaissez que ce sont des versets révélés par Dieu. Dans les deux livres, le Prophète a été décrit.

Verset 71 : ô vous gens du Livre, pourquoi mélangez-vous le vrai avec le faux, vous dissimulez le vrai alors que vous savez la vérité. Pourquoi mélangez -vous la foi en Moise et en Jésus et la mécréance en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ?

Et vous dissimulez la vérité : An-Nasafiyydit qu’ils dissimulent la description de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām.

Alors que vous savez : qu’il est véridique, qu’il est un prophète.

Verset 72 : et un groupe des gens du Livre se sont dit, entre eux : croyez (ayez foi) en ce qui a été révélé à ceux qui sont croyants : c’est-à-dire le Qur’ān

En plein jour : c’est-à-dire : montrez que vous avez foi en ce qui a été révélé aux croyants, au début du jour

Et mécroyez en fin de journée : c’est une hypocrisie

Puissent-ils revenir : c’est-à-dire puissent les musulmans quitter la croyance, comme vous le faites vous-mêmes. C’est une stratégie qui consiste à s’afficher croyants en début de journée puis mécréants le soir, ceci, de façon à influencer les véritables croyants qui vont se dire : s’ils ont changé entre le matin et le soir, c’est du fait qu’ils ont des connaissances, alors on va faire comme eux. C’est-à-dire puissent-ils (les croyants) apostasier (comme les gens du Livre l’ont fait).

Verset 73 : et ne montrez votre croyance, que personne ne recevra la même chose que ce que vous avez reçu, ne montrez cela qu’à ceux qui sont de votre religion et pas à autrui : vous avez su et vous avez reconnu que les musulmans ont reçu un Livre de la part de Dieu tout comme vous en avez reçu : cachez cela, ne le dites pas, dissimulez cette conviction que vous avez, que les musulmans ont eu un Livre tout comme vous en avez eu un. Ne le dites qu’à ceux qui sont de votre religion et pas aux autres. Et cela, pour ne pas que cela augmente la confiance des musulmans et pour ne pas que les associateurs soient incités à entrer en Islam.

Ne dites pas que les musulmans vont avoir gain de cause au jour du jugement et qu’ils vont vous vaincre par la preuve. Cela signifie qu’en définitive, la bonne guidée c’est celle que Dieu accorde : celui que Dieu veut guider, Il le guidera et celui-là deviendra musulman ou il persévèrera sur l’Islam s’il est déjà musulman. Et vos ruses, vos duperies, vos tromperies et le fait que vous dissimuliez votre reconnaissance de la vérité aux musulmans et aux associateurs ne vous sera pas utile.

Dis : la grâce appartient à Dieu et Il l’accorde à qui Il veut : la grâce ici c’est la réussite à faire le bien, la bonne guidée.

Et Dieu a une large miséricorde, Il sait ce qui est de l’intérêt des gens.

Verset 74 : Il accorde spécifiquement Sa miséricorde : ici le mot « miséricorde » signifie le statut de prophète ou bien l’Islam.

A qui Il veut et Allāh a la grâce éminente.

Verset 75 : il y a parmi les gens du Livre ceux à qui tu confies un qinṭār (c’est une grande quantité) et il va te le rendre. Cela signifie qu’Il sera honnête : il s’agit ici de ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était le savant des juifs de Médine et qui s’était converti à l’Islam. Un homme de Qurayš lui avait confié mille deux cent onces d’or (une once pèse environ trente grammes) et il les lui avait rendus.

Et parmi eux celui à qui on confie à certain un dinar d’or (environ quatre grammes) et il ne le rend pas, sauf si tu insistes. Un homme de Qurayš avait confié à un yahūd un dinar d’or et il avait renié en disant qu’il n’avait jamais rien reçu. Il a été dit que ceux à qui tu confies beaucoup et ils te le rendent, ce sont les nasārā et ceux qui trahissent sont les yahūd.

Et certains ne te rendent le bien laissé en dépôt que si tu insistes jusqu’à ce qu’il te le rende.

Et le fait qu’ils renient les droits parce qu’ils disaient que les ʾummiyyīne (ceux qui ne sont pas des gens du Livre) n’ont pas de droit sur nous. C’est-à-dire qu’ils considéraient qu’ils ne se chargeaient pas de péché à propos de ceux qui ne sont pas gens du Livre. C’est-à-dire que tous ceux qui ne font pas partie des gens du Livre, tout ce que nous faisons comme détention de leurs biens et comme nuisance envers eux, c’est parce qu’ils ne sont pas sur notre religion. Ils s’autorisaient l’injustice envers ceux qui n’étaient pas de leur religion. 

Et ils attribuent des paroles mensongèrement à Dieu en prétendant que c’est ce qui figure dans leurs livres, alors que ce n’est pas vrai. Alors qu’ils savent qu’ils mentent.

Verset 76 : ah que si ! C’est la confirmation de ce qu’ils ont nié des droits de ceux qui ne font pas partie des gens du Livre. Bien sûr que si, ils ont un droit c’est-à-dire que s’ils vous confient quelque chose, vous devez leur rendre, même s’ils ne font pas partie des gens du Livre.

Ceux qui tiennent leur engagement et qui se préservent du châtiment de Dieu, Dieu agrée les pieux : l’engagement,on le fait en promettant par le nom de Dieu.

Verset 77 : certes ceux qui ont acheté (c’est-à-dire qui ont échangé) en contre partie de la promesse qu’ils ont faite envers Dieu (c’est-à-dire l’engagement qu’ils ont pris de croire au Messager, qui confirme ce qu’ils ont eu de la part de leurs prophètes, à savoir de croire au paradis, à l’enfer, …)

Et de croire au Prophète : « wa aymānihim » : al-yamīn est le fait de dire « wa l-Lāh » et ça veut dire aussi la droite. Ici cela signifie qu’ils ont dit : wa l-Lāhi, nous allons croire au Prophète et nous allons le soutenir.

Des biens du bas monde, comme le fait d’être des chefs de leurs peuples. Ils ont délaissé le fait de tenir leurs engagements de croire au Prophète. Et ils se sont laissés soudoyer. Ils ont vendu leur promesse pour des futilités du bas-monde.

Ces gens-là n’auront aucune part de bien dans l’au-delà

Et ils ne vont pas entendre de la parole de Dieu ce qui va les réjouir : cela ne veut pas dire qu’ils ne vont pas entendre la parole de Dieu mais ils vont entendre ce qui va les attrister.

Ils n’auront pas de la part de Dieu une miséricorde au Jour du Jugement : ici il ne faut pas prendre le verset au sens apparent car Dieu voit toute chose.

Dieu fait qu’ils ne seront pas sujet à des paroles élogieuses : ils ne seront pas l’objet de paroles élogieuses

Et ils auront un châtiment douloureux : par l’âme et le corps.

Verset 78 : et il y a parmi eux : ce sont les gens du Livre (ceux qui prétendent suivre un Livre mais ils suivent un livre falsifié)

Un groupe : parmi eux, il y a Kaʿb fils de Al-Ašraf, Mālik fils de aṣ-Ṣayf, Huyay fils de Aẖṭab et d’autres qu’eux

Qui déforme le Livre par leurs langues : ils déforment la récitation correcte et pratiquent une récitation fausse, ils détournent la récitation. Et c’est une preuve qu’à l’époque du Prophète, la Torah n’avait pas été falsifiée mais ce qui avait été falsifié était l’explication, le jugement. Ils donnaient des jugements qui étaient contraires à la réalité.

Ce qu’il vise par déformation, c’est la déformation de passages comme le verset de la lapidation : ils ont déformé son explication mais les termes étaient bien ceux qui avaient été révélés à Mūsā. 

Ils ont déformé également la description de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui était dans la Torah.

Et ce qui est de cet ordre.

Pour que vous croyiez que cette déformation est ce qui figure dans le Livre (la Torah)

Alors qu’en réalité cela ne fait pas partie du Livre

Et ils disent que c’est cela (cette déformation) qui est venu de la part de Dieu : c’est un blâme additionnel à leur encontre.

Alors qu’en réalité cela n’est pas de la part de Dieu et ils attribuent à Dieu des mensonges alors qu’ils savent (qu’ils sont des menteurs).

Verset 79 : ce qui va être cité ici est un démenti à propos de ceux qui ont adoré Jésus

Il n’y a pas eu un humain à qui Dieu a accordé le Livre :

Il a été dit qu’un homme a dit ô messager de Dieu « nous te saluons de la même manière que nous nous saluons les uns les autres, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’on se prosterne pour toi ? » Le Prophète a répondu ce qui a pour sens : « il ne convient pas que quelqu’un se prosterne pour autre que Dieu, mais si vous tenez à manifester une différence, alors honorez votre prophète et reconnaissez le droit des gens sur vous. (Attribuez à chacun sa propre valeur et donc le Prophète mérite votre reconnaissance).

Et la sagesse : c’est-à-dire la sunnah ou bien c’est le fait d’émettre des jugements décisifs et d’accorder à chaque chose sa juste valeur

Et le statut de prophète

Puis qu’il dise aux gens soyez mes esclaves au lieu d’être des esclaves de Dieu : autrement dit, ce n’est pas vrai ce que vous prétendez que Jésus aurait dit

Mais soyez des rabbāniyyīn : celui qui est rabbāniyy est celui qui s’attache énormément, fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Donc Jésus n’a pas dit aux gens de l’adorer, lui. Mais il a dit aux gens de s’attacher fortement à la religion agréée par Dieu et à l’obéissance à Dieu. Ce verset est une infirmation de ce que certains prétendent au sujet de Jésus. Voici une deuxième explication du mot « rabbāniyy » : c’est al-ʿālimu l- al-ʿāmilu l- muʿallim. C’est le savant qui œuvre et qui enseigne par sa parole et son comportement.

Grâce à votre enseignement du Livre : c’est-à-dire grâce à l’enseignement du Livre à autrui

Et grâce à ce que vous étudiez : c’est-à-dire grâce à ce que vous lisez dans votre Livre.

Le sens est, du fait que vous êtes des savants, c’est-à-dire que vous avez des connaissances religieuses, et du fait que vous étudiez la science (vous savez et vous continuez à apprendre), le résultat est que vous êtes des rabbāniyy : vous avez cette force de l’attachement à l’obéissance à Dieu. Et elle découle de la science et des études.

An-Nasafiyy conclut par des exhortations : il suffit ici comme preuves de la déception et de l’échec de celui qui a agi et œuvré, qui a épuisé son âme et qui s’est fatigué pour collecter la science, mais qui n’en a pas fait un moyen pour agir. C’est comme quelqu’un qui a planté un arbre qui est très beau mais qui ne procure pas de fruit. Le fruit de la science c’est l’application.

Verset 80 : il n’y a pas un humain à qui Dieu accorde le statut de prophète, que Dieu charge de la mission d’appeler les gens à n’adorer que Dieu uniquement et à délaisser l’adoration des associés, puis qui ordonnerait aux gens d’être son esclave ou qui ordonnerait aux gens de considérer les anges et les prophètes comme étant des divinités, est-ce qu’il vous ordonnerait la mécréance après votre islam. Ceci est une preuve que ceux à qui ce discours s’adresse étaient des musulmans. C’était ceux qui avaient demandé l’autorisation au prophète de se prosterner pour lui. Aucun prophète n’a dit aux gens de l’adorer.

Verset 81 : Allāh a pris al-mīṯāq des prophètes : et le verset est à prendre selon le sens apparent, c’est-à-dire que l’engagement a été pris des prophètes, à savoir l’obéissance à Dieu dans ce qu’Il leur ordonne de faire et ce qu’Il leur interdit de faire. Et quand un messager viendra à eux (en l’occurrence le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam), un messager qui confirme ce qu’ils ont déjà reçu comme croyance, ils devaient croire en lui et le soutenir.

Pour tout ce que Je vous ai accordé comme livres et sagesses, vous allez croire en cela

Puis est venu à vous un messager qui confirme la véracité de ce que vous avez reçu : notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a confirmé la véracité de ce que nos maitres Mūsā et ʿīsā ont reçu

Vous devrez croire en lui : c’est-à-dire que vous devrez croire en ce messager

Et vous allez le soutenir : c’est-à-dire que vous allez soutenir Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam

Il (Dieu) dit est-ce que vous êtes d’accord, est-ce que vous acceptez cet engagement : le terme ʾiṣrī signifie un nœud : ici c’est une métaphore qui signifie un engagement.

Ils (les prophètes) ont dit : nous confirmons

Il (Dieu) a dit : soyez témoins : c’est-à-dire que les uns témoignent sur les autres que chacun a accepté l’engagement et que chacun va s’y tenir.

Et Je ferai partie des témoins : c’est-à-dire que Dieu est témoin de leur accord et de leur témoignage mutuel. C’est une insistance et une mise en garde pour ne pas revenir sur l’engagement.

Verset 82 : ceux qui ne respectent pas leur engagement : c’est-à-dire certains parmi les communautés des prophètes, parce que les prophètes eux, ils respectent leurs engagements. Et les communautés des prophètes étaient concernées par l’engagement de leurs prophètes, du fait qu’elles devaient suivre leurs prophètes.

Après cela : aprèsal-mīṯāq c’est-à-dire aprèsl’engagement. Il s’agit de celui qui rompt l’engagement   après l’avoir pris et qui se rejette la croyance du prophète à venir (et il s’agit de notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam) et cette hypothèse est impossible à propos des prophètes mais ceci est à propos des membres de leurs communautés

Ce sont eux les fāsiq : ce terme peut être traduit par pervers, ou grands pêcheurs et ici, ce sont ceux qui se sont rebellés parmi les mécréants.

Verset 83 :la forme du verset est interrogative: est-ce qu’ils veulent autre que la religion agréée par Dieu : mais en réalité c’est un blâme et un reniement,

Alors que sont soumis à Lui (Dieu) ceux qui sont dans les cieux (il s’agit des anges) et ceux qui sont sur terre (les humains et les ǧinn) de gré (ṭawʿan : en étudiant les preuves et étant objectif vis-vis de soi-même) ou de force (karhan : comme par les conquêtes ou en prenant en compte le châtiment, comme l’arrachement de la montagne au-dessus des têtes des fils d’Isrāʾīl lorsqu’ils avaient refusé d’accepter la Loi de la Torah. Lorsque la montagne s’est retrouvée au-dessus de leurs têtes et qu’elle allait les écraser, ils ont accepté. Et quand pharaon était sur le point de mourir noyé, il a dit à ce moment-là qu’il croyait au dieu de Moise. Mais son Islam n’a pas été accepté parce que c’était trop tard.  Et quand la personne sait qu’elle va mourir et qu’elle prononce les deux témoignages , là aussi, c’est trop tard.

Et c’est à Son jugement qu’ils retourneront : c’est-à-dire que Dieu va ressusciter tous ceux qui sont morts et tous ceux qui vont mourir et ils seront rétribués pour leurs actes.

Verset 84 : dis, nous avons cru en Dieu et en ce qu’il nous a été révélé : le messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a reçu l’ordre d’informer à propos de lui-même et de ceux qui étaient avec lui (les membres de sa communauté) qu’ils sont croyants.

Et ce qui a été descendu par révélation à Ibrāhīm, à Ismāʿīl, à ʿIsḥāq, à Yaʿqūb et aux ʾasbāṭ : les ʾasbāṭ sont soit les enfants de Yaʿqūb et il y avait parmi eux des prophètes, et peut-être qu’il vise par-là, sa descendance et pas ses fils directs, ceux qui ont mal agi avec Yūsuf, ceux qui ont fait des actes abjects et vils, ils ne sont pas dignes du statut de prophète. Donc le sens du mot « ʾasbāṭ » ici n’est pas le fils direct, mais ce sont plutôt les descendants. Et en effet, parmi les descendants du prophète Yaʿqūb, il y en a qui sont devenus prophètes.

Et ce qui a été accordé à Moise et à Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur, Nous ne distinguons entre aucun d’entre eux : c’est-à-dire en termes de croyance, nous croyons en eux tous. Non pas comme ont fait les yahūd qui n’ont pas cru en Jésus et les nasārā qui n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.

Et nous nous sommes soumis à Lui : c’est-à-dire que nous croyons en Son unicité et nous sommes sincères dans notre adoration pour Lui. C’est-à-dire que nous n’attribuons pas d’associé à Dieu dans notre adoration.

Verset 85 : et celui qui veut autre que l’Islam pour religion : qui prend autre que la religion de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām pour religion

Elle ne sera pas acceptée de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants. Il sera de ceux qui sont tombés dans la perte. Ce verset a été révélé à propos d’un groupe de gens qui sont entrés en Islam puis ils ont apostasié et ils sont retournés à La Mecque (qui n’était pas encore aux mains des musulmans).

Verset 86 : comment Dieu guide-t-Il des gens qui ont mécru après leur foi, après avoir témoigné que le Messager est véridique et ils ont reçu les preuves : c’est-à-dire ce qui témoigne de cela, tel que le Qur’ān et la totalité des miracles

Et Dieu ne guide pas les injustes : c’est-à-dire tant qu’ils choisissent la mécréance.

Verset 87 : ceux-là, leur rétribution sera qu’ils auront la malédiction de la part de Dieu et des anges et de tout le monde

Verset 88 : ils y resteront éternellement : c’est-à-dire dans la malédiction ou dans le feu de l’enfer parce que la malédiction indique le feu de l’enfer.

Le châtiment ne leur sera pas allégé et il ne leur sera pas accordé de répit. Ils n’auront pas de temps pour le repentir ou pour s’excuser. Dans l’au-delà ils auront le châtiment sans fin, que Dieu nous en préserve.

Verset 89 : hormis ceux qui font le repentir après cela ; c’est-à-dire après cette mécréance éminente et cette apostasie et qui répareront ce qu’ils auront corrompu.

Et certes Dieu est Celui Qui pardonne leur mécréance, il est miséricordieux envers eux.

Verset 90 : ceux qui ont mécru (en Jésus et en l’Evangile) après avoir cru (en Moise et en la Torah), puis qui ont ajouté mécréance sur mécréance : ils n’ont pas cru en Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ni en le Qur’ān.

Autre explication : ou alors ils ont mécru au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam après qu’il a reçu sa mission de prophète, alors qu’avant, ils croyaient en lui. Ils croyaient en lui parce que tous les prophètes précédents annonçaient sa venue, mais quand il est arrivé, ils n’ont pas cru en lui. Ils ont augmenté en mécréance en persistant sur leur incrédulité et en lui portant atteinte à chaque occasion.

Ou bien autre explication : ces versets ont été révélés à propos de ceux qui avaient apostasié et qui étaient repartis à La Mecque. Ils ont dit : nous allons résider à La Mecque et nous allons attendre qu’il arrive à Muḥammad ce qui est arrivé à ceux qui étaient avant lui (c’est-à-dire qu’ils attendaient sa mort).

Leur repentir ne sera pas accepté : il s’agit de leur foi c’est-à-dire leur retour à l’Islam. Leur entrée en Islam au moment où ils savent qu’ils vont mourir, ne sera pas acceptée, parce qu’ils ne font le repentir que lorsque la mort vient à eux : Dieu dit dans sūratu ġāfir ce qui signifie : « leur foi ne leur profitera pas quand ils ont vu Notre châtiment » Quand ils ont vu les anges du châtiment, ils ont alors reconnu la vérité et leur repentir n’est pas accepté. En effet Dieu a jugé de toute éternité que celui qui fait le repentir, après l’avènement du châtiment de la part de Dieu, son repentir ne lui profitera pas.

Et ceux-là sont les égarés.

Verset 91 : ceux qui ont mécru et qui sont morts mécréants, il ne sera pas accepté de l’un d’entre eux la terre tout entière emplie d’or, même s’ils donnaient cela comme rançon. C’est-à-dire qu’il ne sera pas accepté d’eux une compensation (à la place du châtiment) même s’ils ramenaient toute la terre remplie d’or.

Dans le ḥadīṯ, le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dit ce qui signifie : « il sera dit au mécréant : au jour du jugement si tu avais toute la terre pleine d’or, est-ce que tu serais prêt à la donner en guise de caution pour compenser le châtiment que tu mérites ? Il va dire : oui. Il lui sera dit : il t’a été demandé moins que cela : il t’a été demandé de dire : je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Muḥammad est le Messager de Dieu. Mais tu avais refusé ». La raison pour laquelle la compensation n’est pas acceptée est parce qu’il est mort mécréant.

Ceux-là auront un châtiment douloureux, ils n’auront aucun partisan. Ils n’auront pasun soutien qui va repousser d’eux un châtiment : il s‘agit de ceux qui sont morts mécréants.

Verset 92 : vous n’atteindrez la bienfaisance complète. Ou bien : vous n’obtiendrez la récompense de la part de Dieu

Que si vous donnez de vos biens : c’est-à-dire parmi les biens, ce que vous aimez le plus.

Et toute chose que vous dépensez, Dieu le sait. Dieu sait tout ce que vous dépensez en aumônes et dans les voies du bien et Il vous rétribue en conséquence. Et lorsque les yahūd avaient dit au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : « tu prétends que tu suis la même religion qu’Ibrāhīm, alors que tu manges la viande de chameau et tu bois le lait de chamelle ». Alors le Prophète leur a répondu : « c’était licite pour Ibrāhīm ». Alors ils ont prétendu que ça avait toujours été interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ. Mais c’est faux.

Alors a été révélé le verset 93 :

Verset 93 : toute nourriture (sujette à divergence selon les yahūd, en l’occurrence la viande de chameau et le lait de chamelle) était licite pour les descendants d’Isrāʾīl (en excluant la nourriture qui était déjà interdite auparavant dans toutes les Lois comme le cadavre, le sang et le porc par exemple) excepté ce qu’Isrāʾīl (il s’agit de Yaʿqūb fils d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm) s’est abstenu de manger avant que la Torah ne soit révélée (à Moise et c’était bien après).

 Yaʿqūb appréciait le plus la viande de chameau et le lait de chamelle. Il a voulu s’abstenir de ce qu’il aimait le plus.

Tous les aliments sujets à divergence étaient licites pour les descendants d’Isrāʾīl, avant la révélation de la Torah, excepté ce qu’Isrāʾīl lui-même s’était abstenu de manger. Et quand la Torah a été révélée à Moise, il est alors devenu interdit de consommer la viande de chameau et le lait de chamelle, parce qu’Isrāʾīl s’était abstenu d’en manger.

Dis amenez la Torah, récitez-la si vous êtes véridiques : le Prophète Muḥammad a dit aux yahūd d’amener la Torah et de la réciter s’ils étaient véridiques. Notre Prophète a reçu l’ordre de défier les yahūd et de débattre avec eux en leur apportant les arguments qui figurent dans leur Livre et de les faire taire par ce qui est mentionné explicitement dedans, à savoir que l’interdiction de ce qui leur a été interdit est une interdiction qui est récente, en raison de leur injustice ; ce n’est pas une interdiction ancienne, comme ils le prétendent.

Ils n’ont pas osé ramener la Torah et ils sont restés sans voix, ils n’ont pas trouvé de réponse. En cela, il y a :

1 / la preuve claire de la véracité du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām : parce que d’où le Prophète aurait-il pu savoir cela si ce n’est par la révélation de Dieu ? Le Prophète leur a appris des choses qu’eux-mêmes voulaient cacher.

2 / Et cela est une preuve également qu’il est valide qu’il y ait une abrogation. (An-nasẖ). Et l’abrogation ici est la fin de l’application d’un jugement et le début de l’application d’un autre : c’était la fin de l’autorisation de manger certains aliments et le début de l’interdiction de manger de la chair de chameau et le lait de chamelle.

Verset 94 : ceux qui calomnient Dieu en Lui attribuant des paroles mensongères : dans ce contexte, c’est le fait de prétendre que le fait de manger de la viande de chameau et de boire du lait de chamelle était déjà interdit dans la Loi d’Ibrāhīm et dans la Loi de Nūḥ.

Après cela : c’est-à-dire après avoir eu l’argument catégorique

Ce sont eux les injustes : ce sont eux les orgueilleux, ceux qui ne sont pas objectifs avec eux-mêmes. Ce sont qui ne prêtent pas attention aux preuves claires.

Verset 95 : dis Dieu est véridique dans l’information qu’Il nous a donnée que cela n’était pas interdit. Il y a ici une allusion à leur mensonge. Il y a ici une confirmation que Dieu est véridique dans ce qu’Il a fait descendre par révélation et que les yahūd sont des menteurs.

Alors suivez la religion d’Ibrāhīm : qui est la religion de l’Islam afin de vous débarrasser de la yahūdiyyah qui a corrompu votre religion et votre bas-monde. Cela vous a entrainé à falsifier le Livre de Dieu. Vous avez altéré la Torah par la suite, pour parvenir à vos objectifs. Et cela vous a amené à vous priver des choses belle et bonnes que Dieu avait autorisées à Ibrāhīm et à ceux qui l’ont suivi. Dieu a autorisé Ibrāhīm à manger la viande chameau et à boire le lait de chamelle. Et dans la Loi de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, c’est autorisé.

Ḥanīfā : à l’écart de toute religion fausse. Al-ḥanafiyyah, c’est la droiture.

Et il (Ibrāhīm) n’était pas au nombre des associateurs.

Et comme les yahūd ont dit aux musulmans : nous, notre qiblah est avant la vôtre, Dieu a révélé le verset 96 :

Verset 96 : certes la première construction instaurée sur terre, en tant que lieu d’adoration, c’est la construction qui est à Bakkah (et c’est La Mecque) : la première construction instaurée pour les gens, celui qui l’a instaurée c’est Allāh : Il en a fait un lieu d’adoration pour eux. C’est comme s’Il avait dit : le premier lieu qui a été instauré comme endroit d’adoration pour les gens, c’est la kaʿbah. Dans le ḥadīṯ, la mosquée et al-ḥarām ont été instaurés quarante ans avant baytu l-maqdis et la kaʿbah est la première construction édifiée par Ādam ʿalayhi s-salām, sur terre.

Donc la première construction qui a été instaurée pour les gens sur terre est l’édifice qui est à Bakkah ; Bakkah est un nom propre de la ville. Bakkah et Makkah sont deux usages de la langue pour désigner la même ville. Il a été dit que Makkah est la ville et Bakkah est l’emplacement de la mosquée. Et il a été dit que Bakkah signifie celle qui détruit les tyrans. Le mot bakkah signifie celui qui détruit et anéantit. Il n’y a pas eu un seul tyran qui n’ait pris La Mecque pour destination pour la détruire sans que Dieu ne l’ait détruit.

Et qui est bénie : c’est-à-dire qui entraine beaucoup de biens, en raison de ceux qui font le pèlerinage et ceux qui font la ʿumrah obtiennent comme récompense.  Cette construction est bénie en raison de la grande récompense qu’obtiennent les pèlerins et ceux qui font la ʿumrah et comme expiation des mauvaises actions.

Et qui est une guidée pour les gens : elle est la direction de la prière pour les gens. Elle est aussi le lieu d’adoration.

Verset 97 : il s’y trouve des signes clairs, (aucune confusion possible pour les gens), parmi eux, le maqām d’Ibrāhīm, parce que la trace du pied d’Ibrāhīm s’y trouve. Alors que c’est un rocher dur et compact, la trace du pas d’Ibrāhīm est là et le fait qu’une partie de la roche soit devenu souple et malléable de sorte que le pied d’Ibrāhīm s’y enfonce et que l’autre partie reste dure, c’est aussi un signe. Et le fait que cette trace d’Ibrāhīm soit restée et pas les traces des autres prophètes, c’est également un autre signe.

Celui qui s’y rend, il est sauf. C’est-à-dire qu’il y a la sécurité pour celui qui va à La Mecque.

C’est comme s’il a dit qu’il y a des signes clairs et ce sont le maqām d’Ibrāhīm et la sécurité pour celui qui s’y rend. Et beaucoup d’autres signes que ces deux-là.

Il a été dit à propos de cette trace dans la roche, que, lorsque la construction de la kaʿbah a pris forme dans la roche et qu’’Ibrāhīm n’arrivait plus à soulever les pierres au-dessus, il est monté sur ce maqām (ce rocher) et c’est alors que ses pieds se sont enfoncés dedans.

Allāh a ordonné aux gens d’accomplir ce pèlerinage vers cette construction : l’obligation du pèlerinage incombe aux gens envers Dieu à quiconque a les moyens de s’y rendre, avec des provisions et avec une monture.

Quant à celui qui aura mécru, c’est-à-dire qui aura renié l’obligation du pèlerinage, certes Allāh n’a pas besoin des gens. Allāh Se passe des gens et de leur obéissance. Il n’a pas besoin d’eux.

Dans ce verset, il y a plusieurs sortes d’insistance et d’ordres qui sont importants. Le pèlerinage est un droit de Dieu et c’est un devoir envers Dieu qui incombe aux gens.

Verset 98 : dis ô vous gens du Livre pourquoi reniez-vous les signes de Dieu alors que Dieu est témoin de ce que vous faites : pourquoi reniez-vous les signes que Dieu a créés et qui sont une preuve de la véracité de Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām ? En réalité Dieu sait tout de vos œuvres et Il vous rétribue pour ces œuvres.

Verset 99 : dis ô vous gens du Livre pourquoi empêchez-vous ceux qui sont croyants de suivre la voie que Dieu agrée ? C’est la voie que Dieu agrée, qui est l’Islam. Et les associateurs à cette époque-là empêchaient de toutes leurs forces ceux qui voulaient entrer en Islam.

Vous voulez vous écarter de la droiture : vous voulez suivre un chemin qui n’est pas droit, en modifiant les caractéristiques du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, qui sont décrites dans vos livres. En effet, la Torah n’était pas encore altérée à l’époque du Prophète.

Alors que vous êtes témoins : que c’est la voie agréée par Dieu, c’est la voie que seul un égaré empêche les gens de suivre.

Et Dieu n’ignore pas ce que vous faites comme empêchement de suivre Sa voie : c’est une grave menace. Ensuite Il a interdit aux croyants de suivre la voie de ceux qui empêchent de suivre la voie de vérité.

Verset 100 : il a été dit que Šaṯ fils de Qays qui était un yahūdiyy de Médine est passé au niveau d’un groupe des partisans de Médine, parmi la tribu de al-Aws et al- H̱azraǧ, qui étaient en train de discuter. Il n’a pas supporté de les voir ainsi (car auparavant il y avait des guerres entre ces deux tribus). Alors il a ordonné à un jeune homme parmi les juifs de leur rappeler de la bataille de Buʿāṯ qui est le nom d’un fort ou d’un verger au niveau duquel une guerre avait eu lieu entre les Aws et les H̱azraǧ, cinq ans avant l’émigration du Prophète. Il a essayé de raviver cette animosité qui existaient entre eux à cette époque. Et c’était un jour où la victoire était du côté de al-Aws. Et les gens se sont alors mis à se disputer. Ils ont dit : « aux armes, aux armes ! » Ce jeune homme a donc provoqué une zizanie.

La nouvelle parvint au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām. Il est sorti tout de suite avec le groupe d’émigrants et de partisans qui étaient avec lui à ce moment-là. Il a dit à ceux qui se disputaient, ce qui a pour sens : « est-ce que vous relancez les appels de la période d’ignorance alors que je suis parmi vous, après que Dieu vous a honorés par l’Islam et qu’il vous a unis ? » Les gens se sont alors rendus compte que c’était une ruse du šayṭān. Ils ont jeté les armes, ils se sont pris par les bras, ils se sont serrés les uns les autres, en larmes et le verset a été révélé à ce sujet.

Verset 101 : comment osez-vous mécroire ! c’est une exclamation et un reproche : par quel biais la mécréance pourrait vous atteindre : c’est pour dire que c’est peu probable que cela ait lieu, que vous tombiez dans la mécréance, avec ces deux états qui vont être mentionnés dans le verset. Le fait que le Livre de Dieu leur soit récité, en l’occurrence le Qur’ān dont le caractère miraculeux est apparent et deuxièmement le fait que le Messager soit parmi vous et sur lequel des miracles apparaissent sur ses mains. Comment est-ce-que la mécréance pourrait vous parvenir alors qu’il y a ces deux choses-là ?

Alors que les versets de Dieu vous sont récités :  par la bouche du Messager de Dieu ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et c’est la première fois qu’ils vous parviennent.

Et parmi vous il y a Son Messager ; il vous avertit, il vous exhorte et il élimine toutes les confusions possibles que vous pouvez avoir.

C’est-à-dire comment la mécréance pourrait -elle vous parvenir alors qu’il y a en vous ces deux choses-là ? 

Et celui qui s’attache à la religion agréée par Dieu (ou au Livre de Dieu) : il n’a pas été mentionné dans ce verset le nom « religion » ou « Livre » : c’est une figure de style en arabe. Ou encore il s’agit du fait que Dieu les incite à trouver refuge dans l’aide de Dieu pour repousser le mal des mécréants et leurs ruses.

Il sera guidé vers un chemin de droiture. C’est-à-dire qu’il sera guidé vers la religion de droiture. Ou encore celui qui cherche refuge dans l’aide de son Seigneur, celui qui, dans les situations de doute, s’en remet à Dieu, Dieu le préserve de la confusion.

Verset 102 : ô vous qui êtes croyants, craignez Dieu de la véritable crainte, faites preuve de piété à l’égard de Dieu de la véritable piété. Allāh taʿālā a ordonné de faire preuve de piété à Son égard. C’est-à-dire dans le fait d’accomplir les devoirs et d’éviter les interdits.

Et ne mourez qu’en étant musulmans : ne soyez pas dans un autre état que l’état de l’Islam lorsque la mort vous surprendra.

Verset 103 : et attachez-vous au Qur’ān : c’est le sens de l’expression « wa ʿtaṣimū biḥabli l-Lāh » que certains traduisent par « attachez-vous à la corde de Dieu » et ceci n’a pas de sens !!! Le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit dans le ḥadīṯ, ce qui signifie : « le Qur’ān est le lien qui est très fort, qui fait parvenir à l’agrément de Dieu ». Et le Qur’ān est en arabe, il n’est pas dans une autre langue et ce qui peut être traduit est l’explication des versets. Le Qur’ān est le lien fort qui fait parvenir à l’agrément de Dieu. Les choses surprenantes qui sont dans le Qur’ān, vous ne pourrez pas les savoir toutes. Et les gens ne se lassent pas de le répéter souvent. Celui qui dit ce qu’il y a dans le Qur’ān, il aura dit la vérité. Et celui qui œuvre conformément au Qur’ān, il aura été bien guidé. Et celui qui s’y attache, il sera guidé vers une voie de droiture.

Tous : attachez-vous tous au Qur’ān. Il a été dit que « tous » signifie le fait de s’attacher à l’unanimité et au consensus de la communauté, soyez du côté du consensus.

Et ne divergez pas : autrement dit, ne faites pas ce qui provoque la séparation et qui fait disparaitre l’union.

Et rappelez-vous des grâces que Dieu vous a accordées lorsque vous étiez des ennemis, Il a uni vos cœurs et vous êtes devenus par Sa grâce des frères : dans la période de l’ignorance, il y avait entre eux de l’animosité et des guerres. Dieu a réuni leurs cœurs par l’Islam. Dieu a projeté dans leurs cœurs l’amour, puis ils se sont aimés et ils sont devenus des frères.

Et vous étiez au bord de l’abîme de l’enfer : c’est-à-dire que vous avez failli tomber dans le feu de l’enfer en raison de votre mécréance.

Il (Dieu) vous en a sauvé : grâce à l’Islam.  Ici « šafā ḥufratin » signifie « le bord ».

C’est ainsi : c’est-à-dire de cette manière ainsi profonde et éloquente, Dieu vous indique Ses signes c’est-à-dire le Qur’ān dans lequel il y a des ordres, des interdictions, des promesses et des menaces.

Puissiez-vous être bien guidés : pour que vous soyez dans un état d’espoir de bonne guidée. Ou encore : pour que, grâce au Qur’ān, vous soyez guidés vers la vérité et ce par quoi on obtient des récompenses.

Verset 104 : qu’il y ait parmi vous des gens qui appellent au bien, ordonnent ce qui est convenable et interdisent ce qui est blâmable. Ce sont eux qui réussiront.

Qu’il y ait parmi vous un groupe de personnes qui appellent au bien et qui ordonnent al-maʿrūf : c’est ce que la Loi de l’Islam et la raison apprécient.

Et interdit ce qui est blâmable : c’est ce que la Loi et la raison trouvent laid.

Selon une deuxième explication : al-maʿrūf c’est ce qui est conforme au Livre et à la sunnah. Et al-munkar c’est ce qui contredit le Livre et la sunnah.

 Yadʿūna ʾila l-ẖayr : ils appellent au bien ; le bien ici est dans un sens général, c’est ce qui est à notre charge comme actes à faire ou à laisser.  – Faire la prière, le jeûne, délaisser le mensonge – Et ce qui le suit est particulier.

Dans le verset, Dieu dit « liyakūna minkum », qui signifie « qu’il y ait parmi vous », c’est-à-dire « une partie d’entre vous » : parce qu’ordonner le bien et interdire le mal est une obligation d’ordre collectif. Et d’autre part, n’est sujet à l’accomplir que celui qui a appris ce qui est un bien et ce qui est un mal. Et aussi il faut apprendre comment structurer cela.

Il a dit : commence par la méthode la plus simple. Si cela n’est pas utile, il amplifie.

Ce sont eux qui réussiront : ce sont ceux qui ont, en particulier la réussite complète.

Verset 105 : ne soyez pas comme ceux qui se sont séparés (par l’animosité)

Et qui ont divergé (dans la religion comme les yahūd et les nasārā) : ils ont divergé et ils se sont déclarés mécréants les uns les autres.

Après qu’ils aient eu les preuves claires (qui impliquent l’accord sur une même parole) : il s’agit de la parole de vérité « il n’est de dieu que Dieu, Muḥammad est le Messager de Dieu)

Et ceux-là auront un châtiment éminent.

Verset 106 : le jour où des visages seront clairs : il s’agit des visages des croyants

Tandis que des visages seront assombris : il s’agit des visages des mécréants.

La clarté c’est de la lumière et le fait d’être sombre c’est de l’obscurité.

Quant à ceux dont les visages seront assombris, il leur sera dit avez-vous mécru après votre foi ? La forme est interrogative puisqu’elle commence par la particule « a » et est suivie par un verbe au muḍāriʿ : akafarta ? Ici cette hamza indique le blâme et nous incite à nous étonner de leur état.

Après votre foi : c’est-à-dire le jour où le pacte a été pris de vous :  le jour où Dieu a fait sortir tous les descendants d’Ādam de son dos sous forme de leurs âmes et Dieu les a interpelés, Il leur a dit : « ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Toutes les âmes ont reconnu qu’il n’est de dieu que Dieu. Mais lorsque l’ange place l’âme dans l’utérus de la mère, l’âme oublie. Ici ce qui est visé dans ce verset 106 est un blâme de tous les mécréants. C’est une première explication.

Autre explication : Après votre foi désigne les apostats c’est-à-dire ceux qui étaient musulmans puis qui ont apostasié.

Goûtez donc au châtiment en raison de votre mécréance : voilà votre rétribution : c’est le châtiment à cause de votre mécréance.

Verset 107 : quant à ceux dont le visage s’est éclairci, ils seront dans la miséricorde de Dieu : ils seront dans la félicité. Il s’agit de la récompense ininterrompue.

Dans laquelle ils resteront éternellement. Ils n’en sortiront pas et ils ne vont pas mourir.

Verset 108 : ce sont là des versets de la part de Dieu ou bien : ce sont là des signes de la part de Dieu. Ils indiquent la promesse et la menace de la part de Dieu.

Nous les faisons réciter à toi : c’est-à-dire que Nous te les révélons les uns à la suite des autres. Il a été dit que c’est Ǧibrīl qui les récite au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām sur ordre de Dieu, les uns à la suite des autres.

Ce sont des versets qui comportent la vérité. Et il a été dit que c’est pour indiquer la vérité, à savoir la rétribution de celui qui agit bien et la rétribution de celui qui agit mal.

Et Dieu n’a pas voulu l’injustice pour Ses esclaves : c’est-à-dire que la volonté de l’injustice n’arrive pas de la part de Dieu. Parce que l’injustice est impossible au sujet de Dieu. Et l’injustice n’est pas concevable de la part de Dieu. Il est Celui à Qui appartient toute souveraineté. Dieu n’est pas redevable de quelque chose de sorte à être injuste, en faillant à cela. Nul n’a un droit sur Dieu. Et Dieu n’est pas soumis à une interdiction de sorte qu’Il serait injuste en l’accomplissant. 

Et Il rétribue tout un chacun par ce qu’il a promis ou ce dont Il a menacé. Ainsi Dieu ne punit pas quelqu’un sans que celui-ci n’ait commis de péché et il n’augmente pas dans la punition d’un criminel plus que ce qu’il ne mérite. Et Il ne diminue pas la récompense de celui qui agit en bien.

Verset 109 : à Dieu appartient tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre. Et à Dieu le devenir de toute chose. Dieu rétribue celui qui agit en bien pour sa bienfaisance et celui qui agit en mal pour le mal qu’il a fait.

Verset 110 : vous êtes la meilleure des communautés qui soit apparue aux gens : il s’agit de la communauté du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est comme s’il a été dit : vous avez existé en tant que meilleure des communautés. Ou bien autre explication : vous avez été mentionnés aux communautés qui vous ont précédés (les communautés qui vous ont précédés ont été informées que vous alliez venir) comme allant être la meilleure des communautés.

Vous ordonnez al- al-maʿrūf : c’est-à-dire que vous ordonnez la foi et l’obéissance au Messager

Et vous interdisez al-munkar :  vous interdisez ce qui est blâmable, c’est-à-dire que vous interdisez la mécréance et la désobéissance.

Et vous croyez en Dieu : c’est-à-dire que vous persévérez sur la foi en Dieu.

Et si les gens du Livre avaient cru (en Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām le Messager de Dieu) cela vaudrait mieux pour eux : c’est-à-dire que la foi vaudrait mieux pour eux que l’état dans lequel ils se trouvent. Ils ont préféré leur religion au détriment de l’Islam. Et ceci par amour du pouvoir et pour avoir les gens du commun sous leur commandement. S’ils avaient été croyants, ils auraient eu du pouvoir, des gens qui les suivent et des parts du bas monde meilleures que la religion fausse qu’ils ont préférée, en plus de la réussite qui leur a été promise pour la foi au Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām puisqu’ils auraient eu leurs récompenses doublement : la récompense d’avoir suivi le prophète et la récompense d’avoir incité leur peuple à le suivre.

Il y a eu parmi eux ceux qui sont croyants : comme ʿAbdul- Lāh ibnu Salām qui était un savant juif qui est entré en Islam.

Mais la plupart d’entre eux sont des pervers : c’est-à-dire ceux qui persistent sur la mécréance.

Verset 111 : ils ne vous nuiront que par des nuisances qui se limitent à des paroles, des nuisances dans la religion ou bien des menaces ou ce qui est de cet ordre.

Et s’ils vous combattent, ils vous fuiront.  Ils ne vous nuiront ni en vous tuant ni en vous faisant prisonniers.

Et ils n‘auront aucun soutien. Ils ne seront pas à l’abri.

Il y a dans ce verset un raffermissement du cœur de ceux parmi ces gens du Livre qui sont entrés en Islam malgré leur peuple qui leur nuit en les blâmant et en les menaçant.

Verset 112 : ils ont été toujours humiliés (il s‘agit des yahūd) où qu’ils se trouvent sauf s’ils s’attachent à la voie de Dieu et s’il y a un engagement de ceux qui les soutiennent.

Ils ont toujours été humiliés dans toute situation sauf dans le cas où ils s’attachent à la protection de la part de Dieu et à la protection de la part des musulmans. C’est-à-dire qu’ils n’ont jamais de gloire sauf s’ils ont recours à la protection des musulmans, parce qu’ils ont accepté al-ǧizyah qui est ce que les gens du Livre paient au gouverneur des musulmans pour leur protection.

Aḏ-ḏimmmiyy est celui qui fait partie des gens du Livre et qui paie une ǧizyah au gouverneur des musulmans pour le protéger. Même cela est une humiliation en soi.

Ils ont mérité un châtiment de la part de Dieu.

Et il s’est abattu sur eux une pauvreté en guise de punition pour avoir dit : « Dieu est pauvre et nous, nous sommes riches ». Ou bien : il s’est abattu sur eux leur peur de la pauvreté alors qu’ils sont dans l’aisance.

Tout cela parce qu’ils ne croyaient pas aux versets de Dieu et ils assassinaient les prophètes injustement. « Tout cela » fait allusion à ce qui a été mentionné précédemment : le fait qu’ils soient dans l’humiliation, dans la pauvreté, de mériter le châtiment de Dieu. Tout cela en raison de leur mécréance.

Tout cela parce qu’ils ont désobéi et ils ont été injustes : cette mécréance et ces meurtres ont eu lieu à cause de leur désobéissance et parce qu’ils ont dépassé les limites que Dieu leur a fixées.

Verset 113 : ils ne sont pas égaux : les gens du Livre ne sont pas tous pareils. Il y a parmi eux des gens qui sont sur la droiture : ce sont des gens qui sont justes, ceux qui sont entrés en Islam. Ils récitent les versets du Qur’ān une partie de la nuit et ils se prosternent :  c’est-à-dire qu’ils font la prière (c’est une formulation dans la langue arabe de citer une partie de la chose pour viser la chose elle-même).

Verset 114 : ils croient en Dieu et au Jour Dernier et ils ordonnent le bien. Le bien c’est la foi et toutes les formes de bienfaisance, comme le jeûne, la prière, l’aide des gens qui sont dans la difficulté.

Et ils interdisent les choses blâmables : comme la mécréance et tout ce que la Loi interdit.

Et ils s’empressent pour faire le bien par crainte de ne plus pouvoir le faire.

Et ceux-là (qui ont ces caractéristiques qui viennent d’être décrites ici) font partie des gens qui sont bons. « Aṣ-ṣāliḥīn » ici ce sont soitles musulmans, soit les vertueux : ce sont ceux dont l’état est bon selon le jugement de Dieu, ceux que Dieu agrée.

Verset 115 : tout le bien qu’ils font leur sera reconnu : tout le bien qu’ils vont faire, ils en seront rétribués, ils ne seront pas privés de la rétribution.

Et Dieu sait ceux qui sont pieux : c’est une annonce de bonne nouvelle pour ceux qui sont pieux qu’ils auront une grande récompense.

Verset 116 : certes ceux qui ont mécru, leurs biens et leurs enfants ne les font pas dispenser du châtiment de Dieu : même si ces mécréants avaient des biens et des enfants, cela ne va pas les sauver du châtiment de Dieu.

Ce sont eux les gens qui seront en enfer, ils y seront éternellement.

Verset 117 : l’exemple de ce qu’ils (les mécréants) dépensaient dans cette vie du bas monde c’est-à-dire des choses dont ils tiraient vanité, des choses qui leur plaisaient, des choses qui leur attiraient l’éloge, des choses qui leur donnaient une bonne réputation chez les gens,

-Ou alors les dépenses par lesquelles ils prétendaient vouloir gagner des récompenses de la part de Dieu ; ils étaient mécréants mais ils prétendaient que ces dépenses qu’ils engageaient étaient pour Dieu.

C’est comme un vent : c’est-à dire comme ce qui a été détruit par le vent, comme un champ qui a été labouré et qui a été détruit par le vent ou bien la destruction de leurs dépenses (le fait que leurs dépenses soient vaines) est comme la destruction du vent, quand il souffle et qu’il éparpille et disperse,

Un vent qui comporte un froid terrible qui a touché la récolte de gens qui ont été injustes envers eux-mêmes. Ceci à cause de la mécréance. Ce vent a détruit leurs récoltes en guise de punition pour leur mécréance.

Et Dieu n’est pas injuste envers eux mais ce sont eux qui étaient injustes envers eux-mêmes car ils avaient commis ce qui leur a fait mériter la punition.

Verset 118 : ô vous qui êtes croyants, ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas comme vous (ne prenez pas pour confidents des gens qui ne sont pas musulmans)

Car sinon, ils ne vont pas manquer de tout faire pour corrompre votre religion  car ils espèrent vous nuire dans votre religion et votre bas monde, de la plus grave nuisance et la plus extrême

La haine transparait de leurs bouches : parce qu’ils n’arrivent pas à se retenir bien qu’ils essayent de le faire, ils n’arrivent pas à retenir les paroles de leurs bouches qui indiquent leur haine envers les musulmans.

Et ce qu’ils cachent dans leurs poitrines comme haine envers vous dépasse de loin ce qui transparait par leurs langues.

Nous vous avons montré les signes : Nousvous avons indiqué les signes qui montrent qu’il est obligatoire de faire preuve de sincérité dans la religion, de prendre parti et de se rallier à ceux qui se sont soumis à Dieu et de prendre pour ennemis ceux qui ont pris Dieu pour ennemi.

Si vous êtes véritablement conscients et vous avez bien compris ce qui vous a été indiqué.

Verset 119 : vous voici : vous qui êtes dans l’erreur en vous ralliant et en soutenant les hypocrites parmi les gens du Livre.

Vous les aimez et ils ne vous aiment pas : c’est pour indiquer leur erreur pour s’être rangés de leur côté, en les ayant soutenus puisqu’ils prodiguent leur amour pour des gens qui ont de la haine.

Vous croyez en tout le Livre : cette parole s’adresse aux musulmans qui croient en tous les Livres que Dieu a révélés aux prophètes et eux, malgré cela, ils vous détestent ; pourquoi donc les aimez-vous alors qu’eux ne croient en rien de votre Livre ? Il y a en cela un grand blâme car eux, s’attachent à leur erreur, ils sont plus fermes à s’y attacher que vous n’êtes attachés à votre vérité.

Et ils viennent à votre rencontre, ils disent « nous sommes croyants » et ils montrent la parole du tawḥīd

Et lorsqu’ils se retrouvent seuls : c’est-à-dire quand ils ne sont pas avec vous, ou qu’ils se retrouvent entre eux

Ils se mordent les doigts d’exaspération et de colère : c’est une expression pour dire qu’ils regrettent que vous soyez ainsi sur l’Islam (ils se mordent les phalanges ou les doigts ou le pouce)

Dis « mourez de rage » : c’est-à-dire de rancœur ou de dépit ou d’exaspération : c’est une invocation contre eux pour que leur rage et leur exaspération augmentent jusqu’à en mourir. Et ce qui est visé par l’augmentation de la rage et de l’exaspération c’est l’augmentation de ce qui la provoque et il s’agit de la force de l’Islam et la gloire des gens de l’Islam et ce que cela entraine comme humiliation et rabaissement pour eux.

Certes Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs : Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs des hypocrites comme rage et comme haine. Dieu sait ce qu’il en est d’eux quand ils se retrouvent seuls entre eux. Tout cela est compris dans la phrase que le Prophète a reçu l’ordre de leur dire : « dis » c’est-à-dire « informe -les de ce qu’ils cachent quand ils se mordent les doigts de rage quand ils sont tout seuls et dis-leur en plus que Dieu sait ce qui est encore moins apparent que ce qu’ils font entre eux et il s’agit de ce qui est dans leurs cœurs » Dieu les a dévoilés à Son Prophète. Par conséquent, ne pensez pas qu’il y a un de vos secrets qui échappe à Dieu.

Verset 120 : si un bien vous touche ils sont chagrinés : un bien comme un bien-être ou une fertilité ou une récolte ou un butin ou une victoire. Le fait que vous ayez ce bien les rend tristes.

Et si c’est un mal qui vous touche, ils se réjouissent

Et si vous patientez face à leur animositéet que vous évitez ce qui vous a été défendu (de vous rallier à eux), leur ruse ne vous nuira pas c’est-à-dire que leur nuisance ne vous parviendra aucunement. Vous serez sous la protection de Dieu. Et ceci est un enseignement de la part de Dieu et une orientation vers la recherche de l’aide par la patience et la piété contre la nuisance de l’ennemi (contre ses pièges et ses ruses).

Dieu sait parfaitement ce qu’ils font : Dieu englobe par Sa science ce qu’ils font. C’est-à-dire que Dieu sait ce qu’ils font dans leur animosité envers eux et Il les punira pour cela.

Verset 121 : et quand tu es parti le lendemain matin, tu as quitté ta famille : cite, ô Muḥammad, quand tu es parti le matin à Médine. Ce qui est visé ici c’est que le Prophète a quitté la pièce de ʿĀʾišah son épouse, pour se rendre à Uḥud.

Tu places les croyants dans des positions pour le combat : c’est-à-dire les emplacements où ils allaient se positionner ; certains étaient à droite, d’autres à gauche, certains au centre et certains à l’arrière.

Et Dieu est Celui Qui entend et Qui sait : Il entend ce que vous dites et Il sait ce qu’il y a comme intention et ce qu’il y a dans vos for intérieurs.

Verset 122 : quand deux groupes d’entre vous : c’est-à-dire deux clans des Anṣār (les partisans de Médine) qui sont les Banū Salimah de la tribu de Al-H̱azraǧ et Banū Ḥāriṯah de la tribu de Al-Aws. Uḥud est une montagne qui se trouve au nord de Médine et c’est là qu’a eu lieu la bataille. Le Prophète s’est rendu dans ce lieu de bataille avec mille combattants. Et les associateurs étaient trois mille. Et le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām leur a promis la victoire s’ils patientaient. Mais ʿAbdul-Lāh ibnu ʿUbay qui était un hypocrite, connu sous le nom de ibnu Salūl et Salūl est le nom de sa grand-mère paternelle. Il était à la tête des hypocrites de Médine mais en apparence il montrait qu’il soutenait les musulmans. Il a fait défection avec le tiers des groupes (c’est-à-dire qu’il s’est retiré de la bataille). Il a dit : « pourquoi est-ce que nous allons mourir, nous et nos enfants ? ». Et les deux autres clans allaient le suivre. Mais Dieu les a préservés de tomber dans ce grand péché. Ils sont restés en compagnie du Messager de Dieu. Ont failli faire preuve de couardise (manque de courage).

Et Dieu est Celui Qui les soutient, Dieu est Celui Qui les protège, pourquoi donc faire preuve de couardise et pourquoi donc ne pas se fier à Dieu ?

Et que les croyants se fient totalement à Dieu : Dieu leur a donné l’ordre de ne se fier qu’à Lui et de ne pas s’en remettre à autre que Lui.

Verset 123 : Dieu vous a soutenus lors de la bataille de Badr : Il vous a donné la victoire. Badr est le nom d’un puits qui se trouve entre La Mecque et Médine et c’était un puits qui appartenait à un homme qui s’appelle Badr. Le puis a porté le nom de son propriétaire. Ou alors, Il a cité Badr après avoir cité Uḥud, pour inciter à la patience et au remerciement. La patience à Uḥud et le remerciement à Badr puisqu’ils ont eu la victoire.

Alors que vous étiez peu nombreux et mal équipés : lors de la bataille de Badr, les musulmans étaient un peu plus que 310 (313) tandis que leurs ennemis étaient environ 1000 combattants. Et les armes et les équipements étaient peu nombreux pour les musulmans : ils relayaient sur quelques chameaux et les autres marchaient à pied et ils n’avaient qu’un seul cavalier. Alors que leurs ennemis avaient environ cent chevaux et ils avaient beaucoup d’armes.

Alors craignez Dieu :  en restant aux côtés du Messager

Puissiez-vous remercier : faites preuve de piété à l’égard de Dieu en persévérant aux côtés de Son Messager, puisse votre piété être un remerciement de Dieu pour les grâces dont Dieu vous a gratifiées lors de Badr avec la victoire.    

Verset 124 : quand tu dis (ô Muḥammad) aux croyants le jour de Badr ou le jour de Uḥud, ne vous-est-il pas suffisant que votre Seigneur envoie en renfort trois mille anges qui descendent pour vous soutenir : c’est-à-dire n’est -ce- pas que cela vous suffirait d’avoir un renfort de trois mille anges. C’est une formulation pour renier que ce ne soit pas suffisant. C’est pour montrer qu’en réalité, c’est suffisant.

Verset 125 : ah que si ! C’est pour confirmer ce qui vient après « n’est-ce pas que ? » C’est -à -dire : oui, ce renfort vous suffira. Si vous patientez (face au combat) et que vous évitez de désobéir au Messager ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām et dans le cas où les associateurs viendront vous attaquer tout de suite, alors votre Seigneur vous soutiendra par cinq mille anges : si les associateurs vous attaquent les anges descendront immédiatement. En d’autres termes, Dieu vous soutiendra et vous facilitera, si vous faites preuve de patience et de piété.

Masawwimīn : signifie que les anges en question ont des signes distinctifs, soit sur eux-mêmes ou sur leurs montures, signes qui indiquent comment les reconnaitre pendant le combat.

Verset 126 : Dieu a fait que le renfort par les anges n’est qu’une annonce de bonne nouvelle pour vous, que vous serez appuyés pour la victoire et afin que vos cœurs soient tranquillisés comme c’était le cas de l’apaisement pour les descendants de banu Isrāʾīl : quand ils recevaient l’apaisement, la tranquillité, c’était une annonce de bonne nouvelle de victoire pour eux.

Et la victoire n’est que de la part de Dieu : la victoire n’est ni suite au combat, ni de la part des anges, mais elle est de la part de Dieu. Les choses qui viennent d’être énumérées sont ce qui renforce la victoire et l’espérance d’obtenir la miséricorde.

Al ʿĀzīz : est un des noms de Dieu : Celui Qui n’est pas vaincu dans Ses jugements. On ne remet pas en cause ce que Dieu a prédestiné que ça ait lieu. Al-Hakīm : Celui Qui crée toute chose selon une sagesse. Celui Qui donne la victoire à ceux qu’Il soutient. Et Il les éprouve par le combat de ses ennemis.

 Verset 127 : afin de faire périr un groupe d’entre eux (les associateurs) par le combat et l’emprisonnement : et c’est ce qui s’est produit le jour de Badr ; puisque 70 associateurs ont été tués et 70 parmi les chefs des associateurs ont été faits prisonniers.

Ou pour les rabaisser et leur faire perdre patience à cause de la défaite : ils sont énervés par la défaite.

De sorte qu’ils reviennent chez eux sans être victorieux.

Verset 128 : tu ne possèdes rien d’eux : tu n’as pas la capacité de faire d’eux quoi que ce soit.

Dieu est Celui à Qui appartient tout ce qui va leur arriver : soit Il les anéantit et les fait périr par la défaite, soit Il leur pardonne s’ils entrent en Islam

Ou Il les châtie s’ils persistent sur la mécréance. Tu n’es qu’un esclave qui a été envoyé pour les avertir et pour les combattre.

Et ils sont injustes et ils méritent le châtiment.

Verset 129 : et à Dieu appartient ce qui est dans les cieux et sur terre, Dieu pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut et Dieu pardonne à ceux qu’Il soutient, Il est miséricordieux pour ceux qui lui obéissent.

Verset 130 : ô vous qui êtes croyants ne consommez pas le ribā des multiples de fois : ce verset est une interdiction du ribā (il y a plusieurs formes de gain usuraire) avec un blâme de ce qu’ils pratiquaient à cette époque-là comme multiplication des intérêts. Quand l’échéance de remboursement d’une dette arrivait, le créancier disait « soit tu me rembourses mon dû, soit tu me rembourses plus et je te rallonge le délai ».

Et craignez Dieu : en ne pratiquant pas leribā

Puissiez-vous réussir

Verset 131 : et craignez le feu qui a été préparé pour les mécréants : Dieu a menacé les croyants par un feu qui a été réservé pour les mécréants, s’ils ne le craignent pas en évitant les choses qu’Il a leur a interdites. Dieu a informé que ce feu a été préparé pour les mécréants. Par conséquent, il n’y aura pas de séjour éternel pour les croyants, même s’ils y entrent à cause de leurs péchés.

Verset 132 : et obéissez à Dieu et au Messager, puissiez-vous faire l’objet de la miséricorde : obéissez à Dieu dans l’interdiction du ribā et au Messager dans les différentes formes de ribā qu’il a indiquées, pour qu’il vous soit fait miséricorde.

Verset 133 : et empressez- vous pour un pardon de votre Seigneur et un paradis : ici, le sens de l’empressement pour le pardon et le paradis, c’est d’aller vers ce qui y fait parvenir.

Le paradis dont la largeur est l’étendue des cieux et de la terre : la largeur du paradis est la largeur des cieux et de la terre. Ce qui est visé est de décrire le paradis comme étant extrêmement étendu et élargi. Le paradis a été comparé à ce qui est le plus étendu parmi ce que les gens ont su, parmi les créatures. Il y a la mention de la largeur parce qu’habituellement elle est plus petite que la longueur : c’est pour insister sur l’étendue du paradis. Si la largeur est aussi étendue, que dire de la longueur !

Il a été préparé pour ceux qui font preuve de piété : les deux versets prouvent que le paradis et l’enfer sont déjà créés. Et les moutazilites croient que le paradis et l’enfer vont être créés par la suite. Et celui qui fait preuve de piété c’est celui qui se protège de l’association à Dieu.

Verset 134 : ceux qui dépensent dans l’aisance et dans la difficulté : qu’ils soient dans l’aisance ou dans la difficulté, ils dépensent dans les voies du bien.

Ceux qui étouffent al-ġaiẓ : ceux qui empêchent al-ġaiẓ de s’exprimer et al-ġaiẓ, c’est une chaleur dans le cœur suite à la colère. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit ce qui signifie : « celui qui étouffe un ġaiẓ, (c’est-à-dire la colère) alors qu’il était capable de l’exprimer, de la manifester, Dieu lui remplira le cœur d’apaisement et de foi ».

Et ceux qui excusent les gens : si quelqu’un leur fait du mal, ils ne lui en veulent pas.

Et Dieu agrée ceux qui agissent en bien. Les bienfaisants englobent tous ceux qui font du bien, cela est général. Et les catégories énumérées ici dans ce verset rentrent dans les bienfaisants.

Verset 135 : et ceux qui, lorsqu’ils font quelque chose de grave (il s’agit ici de la fornication) ou qui ont été injustes envers eux-mêmes (en faisant les préliminaires de la fornication), ils évoquent Dieu (par leurs langues ou par leurs cœurs pour que cela les incite au repentir) et ils demandent le pardon pour leurs péchés (ils font le repentir de leurs péchés en raison de la laideur de leurs péchés et en ayant regretté)

Et qui d’autre que Dieu pardonne les péchés : c’est pour réjouir les âmes des esclaves, pour les encourager au repentir, pour les inciter à se repentir, pour les dissuader de faire preuve de désespoir de la miséricorde de Dieu, pour leur indiquer l’immensité de la miséricorde de Dieu et l’éminence de Son pardon pour celui qui fait le repentir et leur indiquer que les péchés, même s’ils sont énormes et nombreux, le pardon de Dieu est plus éminent et Sa générosité est encore plus grande.

Et ils ne persistent pas sur ce qu’ils ont fait : c’est-à-dire qu’ils ne demeurent pas sur leurs mauvais actes.

Et ils savent : que nul autre que Dieu ne leur pardonne leurs péchés.

Verset 136 : ceux-là (c’est-à-dire ceux qui ont été décrits précédemment) leur rétribution sera un pardon de la part de leur Seigneur en leur accordant le repentir. Et des jardins par Sa miséricorde, dans lesquels coulent des rivières. Ils y resteront éternellement.

Quelle belle rétribution que celle de ceux qui œuvrent. Quelle bonne rétribution que celle de ceux qui œuvrent : ce sont le pardon et les jardins.

Ces versets ont été révélés à propos d’un marchand de dattes musulman qui a dit à une femme qui voulait acheter des dattes : « à l’intérieur de la maison, j’ai des dattes de meilleure qualité ». Il l’a faite entrer chez lui, il l’a prise entre ses bras et l’a embrassée. Puis il a regretté. Le fait qu’il a fait le repentir est le sens de ces versets 135 et 136. Ceci est une incitation au repentir.

Verset 137 : se sont écoulés avant vous ce que Dieu a instauré dans les communautés antérieures : c’est-à-dire des communautés d’incrédules, ceux qui ont démenti des prophètes.

Parcourez la terre et observez quelle a été l’issue et la rétribution de ceux qui ont démenti : afin que vous en tiriez des leçons.

Verset 138 : ceci : soit le Qur’ān, soit ce qui a été mentionné précédemment. C’est une indication pour les gens et une bonne guidée, et une exhortation (pour inciter à faire le bien et menacer du châtiment) pour ceux qui se protègent de l’attribution d’associé à Dieu.

Verset 139 : et ne vous découragez pas : c’est-à-dire ne faiblissez pas pour faire le ǧihād suite à votre défaite et ne soyez pas chagrinés : pour le butin que vous avez manqué ou bien pour ceux d’entre vous qui ont été tués ou blessés. Ce verset est de la part de Dieu un réconfort pour Son Messager et pour les croyants, suite à ce qui leur est arrivé lors de la bataille de Uḥud et pour renforcer leurs cœurs.

Alors que vous êtes supérieurs : une première explication est que votre état est supérieur au leur, parce que vous avez eu le dessus le jour de Badr et ce que vous aviez obtenu d’eux dépasse ce qu’ils ont obtenu de vous le jour de Uḥud. Ou bien vous êtres supérieurs par la victoire dans ce qui va suivre : c’est une annonce de bonne nouvelle pour eux qu’ils vont avoir la victoire ultérieurement. Ou bien vous êtes supérieurs par le degré, car votre combat est pour Dieu et pour faire en sorte que la parole de Dieu soit la plus élevée, tandis que leur combat est pour le šayṭān et pour élever la parole de mécréance. Ou encore parce que vos morts seront au paradis tandis que les leurs seront en enfer.

Si vous êtes croyants : c’est-à-dire que la validité de la foi implique la force dans le cœur et la totale confiance en la promesse de Dieu. Et le peu d’importance accordé aux ennemis de Dieu.

Verset 140 : si vous êtes touchés par un qaraḥ c’est-à-dire des blessures ou des douleurs ou des meurtres, les gens ont aussi été touchés par les mêmes choses que vous : si on vous a nui lors de la bataille de Uḥud (qui a eu lieu à Médine), sachez que les associateurs ont été vaincus lors de la bataille de Badr, et malgré cela, ils n’ont pas faibli et cela ne les a pas empêchés de venir vous vous combattre à nouveau. Conclusion : en priorité c’est à vous de ne pas faiblir.

Et c’est ainsi, les jours se succèdent et ne se ressemblent pas :  Dieu dit qu’Il fait changer les choses : Nous faisons que certains aient des grâces (comme la victoire) et d’autres aient des épreuves (comme la défaite) Nous accordons tantôt à ceux-ci et tantôt à ceux-là.

Ainsi Dieu manifeste ceux d’entre vous qui sont croyants : c’est-à-dire que Nous faisons changer les jours et les états des gens selon ce qui est prédestiné afin que Dieu manifeste les croyants qui ont la patience et la foi, différents des autres (qui eux n’ont pas la patience). Et Dieu sait leur état (de ces croyants) pendant leur existence, tout comme Il sait leur état avant leur existence. Et ceci est une preuve que la science de Dieu n’entre pas en existence. Car la science de Dieu, il est impossible qu’elle n’augmente ni qu’elle diminue.

Il a été dit que cela signifie que Dieu manifeste en existence la foi de ceux au sujet de qui Il a su de toute éternité qu’ils allaient être croyants puisqu’il n’arrive pas de changement à Sa science.

Et afin que Dieu fasse qu’il y ait parmi vous des martyrs : c’est-à-dire pour que Dieu honore certains d’entre vous par le martyr, comme ce qui a eu lieu lors de la bataille de Uḥud.

Et Dieu n’agrée pas ceux qui sont injustes : Dieu n’agrée pas ceux qui ne font pas partie de ceux-là, c’est-à-dire ceux qui restent fermes sur la foi, qui fournissent des efforts dans la voie que Dieu agrée ; Dieu n’agrée pas les hypocrites et les mécréants.

Verset 141 : afin que Dieu purifie ceux qui sont croyants : la purification ici est la clarification 

Et qu’Il anéantisse les mécréants : c’est-à-dire qu’Il les extermine. Si la défaite était du côté des croyants, c’est pour montrer leur honneur, leur accorder le martyr et les purifier. Et si la défaite était du côté des mécréants, c’est pour les exterminer et effacer leurs traces. 

Verset 142 : ou alors vous pensez que vous alliez entrer au paradis sans qu’il n’y ait pas parmi vous qui fournisse des efforts et sans qu’il n’y ait parmi vous qui patiente

Verset 143 : et vous aviez souhaité mourir avant cette bataille : cette parole s’adresse à ceux qui n’étaient pas été présents lors le bataille de Badr : c‘était des gens qui avaient souhaité assister et participer à une bataille aux côtés du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, afin d’obtenir l’honneur du martyr. Et c’était eux qui avaient insisté auprès du Messager de Dieu pour sortir à la rencontre des associateurs, alors que le Messager était d’avis de rester à Médine.

Et vous l’avez vue devant vous et vous en êtes conscients : vous avez vu la mort devant vous c’est-à-dire que vous avez été témoins lorsque vos frères ont été tués devant vous et que vous-mêmes avez failli être tués. Et ceci est un blâme pour eux, pour avoir souhaité la mort et pour les conséquences qu’ils ont provoquées en amenant le Messager de Dieu à sortir de Médine, tellement ils avaient insisté. Puis le fait qu’ils se soient retirés.

Lorsque ibnu Qamīʾah a lancé une pierre vers le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et lui a cassé sa deuxième incisive puis qu’il est venu pour le tuer, c’est alors que Muṣḥab ibnu ʿUmayr est venu le défendre. Il est un des premiers à être entré en Islam ; il a participé à la bataille de Badr et il fut tué lors de la bataille de Uḥud, la troisième année de l’hégire. Puis ibnu Qamīʾah a tué Muṣḥab et il a cru qu’il avait tué le Prophète : il a couru en criant qu’il avait tué le Prophète. Et la nouvelle s’est propagée et les musulmans se sont retirés. Alors le Prophète a dit : « venez, esclaves de Dieu » c’est alors qu’un groupe de ses compagnons se sont réunis autour de lui.  Il leur a fait le reproche de s’être retirés. Ils ont dit : «  ô Messager de Dieu, ne nous en veux pas, nous avons eu l’information comme quoi tu t’étais fait tué, alors nous nous sommes retirés ». Alors a été révélé le verset suivant :

Verset 144 : et Muḥammad n’est qu’un messager avant lequel il y a eu d’autres messagers : il va mourir comme les autres avant lui sont morts et tout comme ceux qui avaient suivi les autres prophètes étaient restés attachés à leur religion après la disparition de leurs prophètes, alors vous, également, attachez-vous à sa religion après sa disparition.

Car la finalité de l’envoi des messagers c’est de transmettre le message et de donner des preuves et non pas que le messager reste parmi son peuple.

Est-ce que le jour où il mourra ou s’il est tué, est-ce que vous allez revenir sur vos pas ? « Revenir sur ses pas » est ici au sens figuré pour désigner l’apostasie ou bien la défaite.

Et celui qui retourne sur ses pas, il ne nuit aucunement à Dieu. Il ne fera que nuire à lui-même.

Et Dieu rétribue ceux qui remercient : c’est-à-direceux qui ne sont pas retournés sur leurs pas et Il les a appelés « ceux qui remercient » parce qu’ils ont remercié Dieu pour la grâce de l‘Islam par leur comportement. Ils n’ont pas quitté le champ de bataille.