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Tafsir, Exégèse de an Nasafiyy : sourate Maryam versets 1-67

C’est une sourate mecquoise, c’est-à-dire qu’elle a été révélée quand le Prophète était à La Mecque. Et elle est composée de 98 ou 99 versets.

Verset 1 : il comporte cinq lettres (kāf-hā-yā-ʿ-ṣād) : aṣ-Ṣuddī dit que c’est un nom de Dieu mais ce n’est pas l’avis qui est correct. Et il a été dit que c’est le nom de la sūrāh.

Il y a eu différentes versions pour la récitation de ce verset : ʿAlī et Yaḥyā ont récité ce premier verset avec une kasrah sous le hā et le yā : ils ont dit kāf-hī-yī .

Verset 2 : ceci est la mention de la miséricorde de ton Seigneur, qu’Il a accordée à Son esclave Zakariyyā.

Verset 3 : il (Zakariyyā) a invoqué son Seigneur en toute discrétion. Il a invoqué Dieu en cachette, tout comme c’est ce qu’il convient de faire. Car ainsi cela permet d’éviter l’insincérité. Et c’est plus proche de la pureté du cœur. Une deuxième explication : il a invoqué son Seigneur en toute discrétion pour qu’on ne lui fasse pas de reproches, du fait qu’il a demandé à avoir un fils alors qu’il était âgé. Il avait 75 ou 80 ans.

Verset 4 : il a dit ô mon Seigneur. A l’origine, la phrase est en arabe « yā rabbī », c’est-à-dire « ô mon Seigneur » mais le terme « yā » qui indique l’appel a été omis ainsi que le terme « ī » « mon », il est donc resté le terme « Seigneur ». Les os de mon corps sont devenus faibles. Il a mentionné les os car les os sont la structure qui maintient le corps.  S’ils deviennent faibles, c’est tout le corps qui s’affaiblit. Également, les os sont la partie la plus dure du corps et la plus forte. Si les os s’affaiblissent, toute la force du corps s’affaiblit. Remarque : en arabe il a employé le terme « os » au singulier, ici il a utilisé le singulier pour indiquer le genre (comme quand on dit « l’homme est un être vivant »). Ce verset veut dire que cet os qui constitue le squelette et qui est le pilier du corps, a été atteint de faiblesse.

Et les poils gris se sont attisés dans ma tête : il a utilisé le verbe qu’on utilise d’habitude pour le feu, c’est-à-dire que les poils gris se sont propagés dans ma tête, à l’image d’un feu qui se propage et qui donne des flammes par-ci et par-là. Donc il a comparé les cheveux gris à des foyers de feu, par sa couleur et par le fait qu’ils se propagent dans la tête. Toute partie de la tête a des zones grises comme le feu se propage. Ceci est très éloquent.

(Zakariyyā) a dit : ô mon Seigneur, je suis devenu vieux et la vieillesse englobe l’affaiblissement du corps, les cheveux gris et plus fort encore. Il n’a pas utilisé de termes explicites mais il a utilisé des allusions et l’allusion est plus forte encore. C’est une forme de construction qui englobe des termes généraux et des détails. C’est une construction très éloquente où il a fait allusion à des parties pour désigner le tout : mes os se sont affaiblis, les cheveux gris se sont propagés dans ma tête comme un feu se propage dans les broussailles.

Et ô mon Dieu, je n’ai pas été dans mes invocations envers Toi, malheureux : cela veut dire que j’ai toujours été exaucé. C’est-à-dire que je Te demande des choses et Tu me les accordes. On dit de quelqu’un qu’il a été heureux quand il a eu son affaire qui a été réglée et malheureux quand son affaire n’a pas été réglée. An-Nasafī a dit qu’un mendiant a dit à quelqu’un : « si c’est à moi que tu as déjà donné tel jour, je te demande de me donner encore ». L’autre lui a répondu : « bienvenue à celui qui a fait le tawassul par nous, pour nous ». Il a rappelé un besoin qu’il avait déjà eu et qui avait été comblé et il veut avoir la même chose et il lui a donné ce qu’il voulait.

Verset 5 : et je crains mon clan : le clan c’est les mawālī : il s’agit de ses frères, ses cousins paternels et ils étaient les plus mauvais des fils de Isrāʾīl. Il craignait qu’ils ne changent la religion, qu’ils n’introduisent des falsifications et il craignait aussi que son clan n’assure pas la succession pour sa communauté. Alors notre maître Zakariyyā a demandé que Dieu lui accorde un descendant vertueux, un fils qui prenne son père comme modèle, sur le fait de veiller sur sa communauté. Je crains ce qu’ils vont faire après moi c’est-à-dire après ma mort.

Et mon épouse est stérile, alors ô Dieu accorde-moi de Ta part : c’est-à-dire sans que ce soit par une cause habituelle, du fait que sa femme est stérile

Un descendant : c’est-à-dire un fils qui s’occupe de l’application de la religion après moi.

Verset 6 : qu’il hérite de moi et qu’il hérite de la famille de Yaʿqūb : ici il s’agit de la description de ce fils, c’est-à-dire que notre maître Zakariyyā demande à Dieu de lui accorder un fils qui va hériter de lui la science et qui hérite de la famille de Yaʿqūble statut de prophète. Mais cela ne veut pas dire qu’on hérite du statut de prophète. Mais cela veut dire : qu’il puisse un jour devenir prophète. Yaʿqūb est le fils de Isḥāq et Yaʿqūb s’appelle Isrāʾīl, ce qui signifie « esclave de Dieu » en hébreu. Isrāʾīl est l’esclave de Celui Qui voit. Et Ismāʿīl signifie l’esclave de Celui Qui entend.

Et ô Allāh fais qu’il soit agréé : c’est-à-dire soit qu’il soit agréé par Toi, ou alors dans le sens qu’il soit satisfait de Toi et de Ton jugement (qu’il n’émette pas d’objection contre Toi)

Verset 7 : ô Zakariyyā Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon qui s’appellera Yaḥyā : C’est Dieu Qui a nommé cet enfant, c’est un grand honneur.

Et Nous n’avons pas fait qu’avant lui, quelqu’un ait porté ce prénom : il a donc été le premier à porter ce prénom. Samiyyā :  ceci est une preuve que le prénom qui n’est pas courant est un prénom qu’il convient d’employer et il a été dit que Samiyyā signifie semblable et ressemblant. C’est-à-dire qu’il n’avait pas de semblable dans le fait qu’il n’a pas désobéi et il n’a pas envisagé de désobéir. Également du fait qu’il était issu d’un homme âgé et d’une femme âgée, il n’avait pas de semblable. Et il était quelqu’un de chaste.

Verset 8 : Lorsque les anges ont donné la bonne nouvelle à Zakariyyā qu’il allait avoir un fils, il a dit ô Seigneur comment aurais-je un fils : cela ne veut pas dire que Zakariyyā trouvait peu probable que Dieu lui accorde un fils mais c’est pour demander par quel moyen il pourrait avoir un fils. Est-ce qu’il allait avoir un fils alors qu’ils étaient tous deux âgés, lui et son épouse ? Ou alors est-ce qu’ils allaient redevenir jeunes et avoir un fils par la suite ?

Alors que ma femme est stérile et que je suis devenu âgé : il a utilisé un adjectif qui indique qu’il est devenu comme une branche d’arbre dure, il fait allusion à la dureté des articulations, pour imager son âge avancé.

Verset 9 : il a dit c’est ainsi que ton Seigneur a dit : c’est-à-dire qu’il en sera ainsi.

C’est aisé pour lui : Ton Seigneur dit que cela est aisé pour Lui c’est-à-dire le fait de créer Yaḥyā de deux parents qui sont d’un âge avancé.

Et Je t’ai fait exister auparavant et tu n’existais pas : ceci pour indiquer que c’est Dieu Qui crée et ce ne sont pas les parents jeunes qui créent leur enfant. Les parents sont une cause.

Verset 10 : Il a dit ô mon Dieu accorde-moi un signe qui me permette de savoir si ma femme est tombée enceinte. Zakariyyā a demandé à Dieu de lui indiquer un signe qui lui montre que sa femme serait tombée enceinte.

Ton signe c’est que tu ne pourras pas parler aux gens pendant trois nuits. Sans pour autant que tu aies une infirmité dans tes organes : tu ne seras pas muet ni sourd. Tes organes seront sains. Dans la sūrat ʾĀli ʿImrān, il est question de trois jours. Cela veut dire que cette privation de parler s’est prolongée trois jours et trois nuits.

Verset 11 : Zakariyyā est sorti pour son peuple depuis le miḥrāb qui est l’endroit où il faisait sa prière. Son peuple l’attendait et il n’a pas pu parler. Il leur a fait un signe de son doigt pour leur ordonner de glorifier Dieu, c’est-à-dire de faire des prières, matin et après-midi. Matin pour faire allusion à l’aube et après-midi pour faire allusion à al-ʿasr.

Nous lui avons accordé ce fils Yaḥyā et Nous lui avons dit, à ce fils, après sa naissance, après qu’il a grandi 

Verset 12 : ô Yaḥyā prends le Livre et il s’agit de la Torah, vigoureusement c’est-à-dire avec ardeur, pour le maitriser et Nous lui avons accordé la sagesse, c’est-à-dire la compréhension de la Torah et la maitrise de la science de la religion, alors qu’il était déjà enfant. Il a été dit que les enfants lui ont demandé de jouer avec eux, il leur a répondu que Dieu ne nous a pas créés pour jouer.

Verset 13 : Nous lui avons accordé une tendresse de notre part : il avait de la tendresse et de la miséricorde pour ses parents et une pureté : Dieu lui a accordé d’être pur et d’être vertueux et il n’a pas commis de péché et il était pieux : c’est-à-dire un musulman obéissant.

Verset 14 : Yaḥyā était bienfaisant envers ses parents : il ne leur désobéissait pas et il n’était pas quelqu’un d’orgueilleux ni quelqu’un de désobéissant à son Seigneur.

Verset 15 : Que la préservation de Dieu lui soit accordée le jour de sa naissance : c’est-à-dire que le jour de sa naissance le šayṭān ne lui nuise pas car la plupart des enfants, quand ils naissent, le šayṭān leur nuit, ils sortent du ventre de leur mère en pleurant.

Et le jour de sa mort : c’est-à-dire quand les deux anges interrogent dans la tombe

Et le jour où il sera ressuscité vivant : c’est-à-dire pour le jour du jugement, le jour dernier. C’est la plus difficile des stations.

Verset 16 : et cite-leur, c’est-à-dire toi, Muḥammad, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, Maryam, c’est-à-dire récite-leur ce qui est parvenu dans le Qurʾān en tant que récit de Maryam, afin qu’ils en tirent des moralités et afin qu’ils sachent ce qui lui est arrivé.Le moment où il lui est arrivé ce récit étonnant. Quand elle s’est isolée à l’écart de son peuple pour se consacrer à l’adoration à l’est de Jérusalem. Deuxième explication : à l’écart des gens. Et il a été dit qu’elle s’est mise à l’écart dans un endroit pour faire son ġusl suite aux menstrues.

Verset 17 : elle a pris un écran (comme un paravent) qui la voile : elle a fait qu’il y ait comme un voile qui la protège des yeux des gens de son peuple pour qu’elle puisse faire son ġusl derrière.

Nous lui avons envoyé notre rūḥ : et il s’agit de Ǧibrīl ʿalayhi s-salām et l’adjonction « notre » est une marque d’honneur pour indiquer que Ǧibrīl appartient à Dieu et est honoré par Dieu. L’appellation rūḥ quisignifie « âme » ne veut pas dire que Ǧibrīl est une âme de Dieu mais il a été surnommé ainsi parce que c’est comme s’il est l’âme de la religion. La religion revit par Ǧibrīl et par la révélation qu’il transmet.

Il s’est représenté à elle sous forme d’un humain : Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est présenté à Maryam sous la forme d’un jeune homme, imberbe, avec un beau visage et des cheveux ondulés.

Avec une constitution complète.

Ceci, afin qu’elle soit apaisée par ses paroles, afin qu’elle ressente le réconfort par sa parole, afin qu’elle ne le fuie pas, car s’il lui était apparu sous la forme d’un ange, elle l’aurait fui. Elle n’aurait pas pu écouter sa parole.

Verset 18 : elle a dit je demande à être préservée par le très Miséricordieux si tu es quelqu’un qui craint Dieu. C’est-à-dire que si on peut espérer de toi que tu craignes Dieu, alors je demande à être préservée par Dieu contre toi. Autrement dit, si tu es quelqu’un qui craint Dieu, alors ne me fais pas de mal.

Verset 19 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur : il l’a d’abord rassurée de ce qu’elle craignait (du fait qu’elle s’est retrouvée seule avec un homme étranger) puis il l’a informée qu’il n’était pas un humain (qu’il n’était pas un descendant de Ādam) mais qu’il était un envoyé de la part de Celui par lequel elle recherchait la préservation, c’est-à-dire Dieu.

Pour te donner : c’est-à-dire que je te donne moi-même, par la volonté de Dieu ou bien pour que je sois une cause du don de cet enfant, c’est-à-dire en soufflant dans l’encolure de sa robe.

Un enfant pur : un enfant qui soit pur des péchés ou bien un garçon qui va grandir sur le bien et les bénédictions.

Verset 20 : elle a dit comment allais-je avoir un garçon alors qu’aucun humain ne m’a touchée ! C’est-à-dire qu’elle n’a pas été mariée, qu’elle n’a pas eu d’époux, pour avoir un garçon

Et je ne suis pas de ces femmes perverses qui recherchent les hommes, qui recherchent à obtenir le plaisir avec n’importe quel homme. L’enfant, généralement n’est issu que de ces deux voies-là, soit suite à un mariage, soit suite à une fornication.

Verset 21 : il (Ǧibrīl ʿalayhi s-salām) a dit c’est vrai : il en est ainsi, comme tu l’as dit : c’est-à-dire qu’effectivement, tu n’as pas été mariée, et tu n’as pas commis la fornication.

Ton Seigneur dit cela est facile pour Moi : le fait que tu aies un fils sans qu’il n’ait de père, est quelque chose de facile pour Dieu.

Et afin qu’il soit un signe pour les gens : c’est la première explication,et la deuxième explication, c’est pour manifester Notre toute-puissance et qu’il soit une preuve de Notre toute -puissance.  Dieu manifeste Sa toute-puissance en faisant qu’une femme ait un fils sans qu’il n’ait de père. Afin qu’en voyant cela, les gens en déduisent la toute-puissance de Dieu.

Et pour qu’il soit une miséricorde de Notre part : Jésus est une miséricorde de la part de Dieu, pour ceux qui ont cru en lui, c’est-à-dire ceux qui ont cru qu’il est un envoyé de Dieu, un humain, un prophète musulman qui a appelé à adorer Dieu et à ne pas lui attribuer d’associé.

Et cela est quelque chose de prédestinée. La création de Jésus est une chose destinée qui est écrite sur la Table Préservée.

Quand Maryam a été apaisée après qu’il lui ait parlé, Ǧibrīl ʿalayhi s-salām s’est rapproché d’elle et il a soufflé dans l’encolure de sa chemise. Et l’âme est entrée par sa bouche, c’est ainsi qu’a dit Ubay ibnu Kaʿb que Dieu l’agrée. Et le souffle et donc l’âme est arrivé jusqu’au ventre de Maryam.

Verset 22 : elle est tombée enceinte de Jésus : et elle avait treize ans ou bien dix ans ou bien vingt ans. Il y a trois avis.

Alors elle s’est mise à l’écart avec son enfant dans son ventre : d’après ibnu ʿAbbās que Dieu les agrée lui et son père, la durée de la grossesse était d’une heure, c’est-à-dire que dès qu’elle l’a porté, elle a accouché. Et il a été dit six mois et il a été dit sept mois et il a été dit huit mois. Il n’y a pas eu un enfant qui ait vécu après huit mois de grossesse, hormis Jésus. Il y a donc eu plusieurs avis à propos de la grossesse de Maryam. Et il a été dit qu’elle l’a porté une heure et qu’elle a accouché en une heure.

En un endroit éloigné de son peuple. Elle s’est isolée derrière la montagne. Quand elle a senti la grossesse, elle a fui son peuple, par crainte qu’ils ne la blâment.

Verset 23 :  les contractions de l’accouchement l’ont amenée auprès du tronc du palmier : ce palmier était mort, sec et c’était l’hiver : ce palmier est défini par l’article défini « al », ce qui donne l’impression que c’était un palmier qui était connu. Et il est possible qu’il soit défini pour indiquer que c’est le genre de cet arbre. C’est comme si Dieu l’avait guidée vers le palmier pour la faire nourrir de ces fruits et ici il s’agit d’une sorte de fruits de palmiers, qui ne sont pas comme les dattes qu’on connait au Maghreb, ni les dattes qu’on connait en Arabie, mais ce sont des dattes qu’on trouve en Iraq, en Iran. C’est une sorte de datte crémeuse al-ruṭab. C’est la nourriture de prédilection des femmes qui viennent d’accoucher.

Elle a dit si seulement j’étais morte avant ce jour-là et que personne ne se souvienne de moi.

Verset 24 : il l’a appelée par en bas : une explication : c’est Ǧibrīl ʿalayhi s-salām qui l’a appelée parce qu’il était en contrebas de là où elle se trouvait. Ou bien c’était Jésus qui l’a appelée par en-dessous du palmier.  Le pronom « hā » fait référence au palmier.

Tellement elle était effrayée que ce qui vient après, c’est pour égayer le cœur de Maryam. Pour lui dire ne sois pas chagrinée : c’est-à-dire ne te laisse pas affliger par la solitude, par le manque de nourriture, le manque de boisson et ce que les gens vont dire.

Dieu a fait que, sous toi, (ça peut avoir le sens de « à proximité de toi » ou bien sous ton ordre : c’est-à-dire si tu lui donnes l’ordre de couler, il va couler, si tu lui ordonnes de s’arrêter, il va s’arrêter) il y ait un petit ruisseau. Le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a été interrogé à propos de ce mot « sariyya », il a dit c’est le petit ruisseau. Et Al-Ḥasan a expliqué ce mot par « un maitre honorable », c’est-à-dire Jésus ʿalayhi s-salām.

Et il a été rapporté que H̱ālid fils de Safwān a dit que les Arabes appellent le ruisseau « sariyy ».

Il a été dit que lorsque Al-Ḥasan a entendu ce que lui a dit H̱ālid fils de Safwān, il a dit « tu as dit vrai » et il a repris son explication.

Ibnu l-ʿAbbās que Dieu les agrée, lui et son père, a dit :  a donné au sol un coup avec son talon ʿīsā ou Ǧibrīl, c’est alors qu’une source d’eau douce a jailli et le ruisseau qui avait tari s’est mis à couler et le palmier a verdi et des fruits ont poussé dessus. Et les fruits ont mûri.

Verset 25 : il a été dit à Maryam : tire vers toi le tronc du palmier, c’est ainsi que vont tomber à ta portée les dattes mûres.

Il a été dit que l’habitude de donner ces dattes à la femme qui vient d’accoucher ou juste avant son accouchement, provient de cette époque-là.

Et il a été dit que la femme qui vient d’accoucher, il n’y pas mieux pour elle que des ruṭab et le malade, il n’y a pas mieux pour lui que le miel.

Notre šayẖ a dit : le meilleur des fruits sont les dattes, et les meilleures des dattes sont les ʿaǧwah et la meilleure ʿaǧwah est celle de Médine et la meilleure ʿaǧwah de Médine est celle de Qubāh. (C’est la première mosquée où le Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a fait la prière et il a dit que celui qui se rend à Qubāh pour faire la prière, c’est comme s’il avait fait une ʿumrah).

Verset 26 :  mange et bois et réjouis ton cœur : c’est-à-dire mange des fruits mûrs c’est-à-dire des ces dattes, bois de l’eau du ruisseau et réjouis ton cœur par cet enfant satisfaisant. Réjouis-toi de Jésus et rejette ce qui était la cause de ton chagrin.

Si tu vois un humain aujourd’hui, fais-lui comprendre que tu as fait vœu de ne pas parler. En effet c’était un acte d’adoration dans la loi de Zakariyyā de faire abstinence de parole. C’est-à-dire que si tu rencontres un humain qui te demande à propos de ton état, alors dis-lui que tu as fait le vœu, pour Dieu, d’être silencieuse. Fais-lui comprendre que tu as fait le vœu de ne pas parler aujourd’hui. Et c’était un acte d’adoration à leur époque, de faire abstinence de paroles tout comme ils faisaient abstinence de nourriture et de boisson. Dans la loi de Zakariyyā ʿalayhi s-salām, il y avait les deux sortes de jeûne : le fait de s’abstenir de manger et de boire et le fait de s’abstenir de parler.

Et il a été dit que c’était un jeûne véritable, avec les deux sortes. Le fait de ne pas manger ni boire comportait le fait de ne pas parler.

Le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam avait interdit de faire le jeûne de la parole. Donc ce jugement a été abrogé pour nous.

Elle avait reçu l’ordre de faire comprendre qu’elle avait fait vœu de silence, parce que Jésus allait parler et que cela suffirait pour l’innocenter. Et d’autre part, pour qu’elle n’ait pas à débattre avec des gens impudents et vulgaires. Il y a en cela la preuve que le fait de se taire face aux impudents est quelque chose de requis.

Et celui qui est impudent n’a pas été vaincu par mieux que le fait de se détourner de lui. Si quelqu’un est impudent, tu n’as pas de plus grande victoire sur lui que de se détourner de lui. Au contraire, il ne va pas plus parler que lorsque tu le contredis.

Elle leur a fait comprendre par un signe qu’elle avait fait vœu de jeûner c’est-à-dire de s’abstenir de parler. Le signe peut être appelé un kalām.

Et il a été dit qu’elle a dit qu’elle allait s’abstenir de parler juste après sa dernière parole où elle aurait fait le vœu de silence.

Je ne vais pas adresser aujourd’hui la parole à un humain.

Verset 27 : puis elle s’est dirigée vers son peuple en portant son fils

Ils ont dit ô Maryam tu as ramené là quelque chose d’étonnant : car ils savaient qu’elle n’était pas mariée et qu’elle n’était pas une femme de mauvaise mœurs. Le mot « farīʿ » signifie « ce qui coupe avec l’habitude », qui n’est habituel.

Verset 28 : ô toi la sœur de Hārūn : An-Nasafīa donné plusieurs explications :

  1. Elle avait un frère qui s’appelait Hārūn et c’était son frère de même père qui faisait partie des meilleurs descendants des fils de Isrāʾīl.
  2. Hārūn est le frère de Mūsā ʿalayhi s-salām et elle était descendante de Hārūn. Et il s’était écoulé entre Maryam et Hārūn mille ans. Ici c’est dans le sens qu’ils faisaient partie de la même tribu.
  3. Hārūn était un homme vertueux ou bien un homme mauvais, de leur époque. Et quand ils lui ont dit : ô toi la sœur de Hārūn, ils l’ont assimilée à cet homme contemporain, soit dans la vertu, soit dans le vice.

Ton père n’était pas quelqu’un de mauvais et ta mère n’était quelqu’un de mauvais : son père était ʿImrān n’était pas quelqu’un qui commettait la fornication et sa mère qui s’appelait Ḥannaʾ n’était pas quelqu’un non plus qui commettait la fornication.

Verset 29 : elle a désigné son fils : c’est-à-dire qu’elle a fait signe à Jésus pour qu’il leur réponde. Parce que Jésus lui avait dit : mère, ne sois pas chagrinée et laisse-moi leur répondre. Et il a été dit que c’était Ǧibrīlqui lui avait dit cela. Mais lorsqu’elle a montré Jésus pour qu’il réponde, son peuple s’était mis en colère, il était étonné.

Ils lui ont dit comment nous parlons à un enfant qui est encore dans le berceau.

Verset 30 : il a dit je suis l’esclave de Dieu : Jésus a dit cela. Nous sommes tous des esclaves de Dieu, c’est-à-dire que nous appartenons à Dieu. Le féminin du mot ʿabd est amah : on dit amatu l-Lāh.

Cette parole comporte un démenti contre ceux qui prétendent qu’il est le fils de Dieu. Comme Maryam s’était abstenue de parler, elle a empêché sa langue qu’elle peut utiliser pour parler et Dieu a fait parler la langue de celui qui, habituellement ne parle pas, en l’occurrence l’enfant au berceau.  Dieu a fait parler Jésus alors qu’il n’avait que quarante jours et c’est l’avis qui est correct. Certains ont dit qu’il n’avait qu’un jour. Il a été rapporté qu’il a pointé l’index et il a dit à haute voix « je suis l’esclave de Dieu » et il y a en cela une réfutation de la parole des chrétiens.

Il m’a accordé le Livre : et il s’agit de l’Evangile que Dieu va lui révéler dans le futur.

Et Il va faire de moi un prophète : et Dieu va faire de lui un prophète.

Il a été rapporté de Al-Ḥasan Al-Biṣrī qu’il a dit que Jésus était déjà prophète alors qu’il était au berceau et que sa parole étant enfant, était son miracle.

Il a été dit que cela signifie que Dieu a prédestiné qu’il reçoive le Livre par révélation et qu’il soit prophète. En effet le verbe en arabe est au passé ou plutôt à l’accompli donc cela donne le sens que c’est inéluctable que ça va se réaliser. Comme cela est inéluctable que cela aura lieu, c’est comme si ça s’est déjà réalisé.

Verset 31 : et Il a fait que je sois béni où que je sois : où que j’aille, je suis béni c’est-à-dire que je suis bénéfique, je suis profitable. Ou bien cela veut dire qu’il enseigne le bien.

Et Dieu m’a ordonné d’accomplir la prière et de m’acquitter de la zakāt : c’est-à-dire que si quelqu’un possède suffisamment de biens, alors je dois donner la zakāt. Il a été dit qu’il s’agit de l’aumône obligatoire de la fin du jeûne, ou bien la zakāt ici signifie la purification du corps. Et c’est possible que le sens de ce verset soit : Dieu m’a ordonné de vous ordonner de faire la prière et de vous acquitter de la zakāt.

Durant ma vie : Dieu m’a ordonné cela tant que je suis vivant.

Verset 32 : et Il a fait que je sois bienfaisant envers ma mère. C’est-à-dire qu’il honore sa mère, qu’il la glorifie, qu’il la respecte.

Il n’a pas fait que je sois orgueilleux ni quelqu’un qui agit mal avec sa mère.

Verset 33 : et salutations sur moi le jour de ma naissance, le jour de mon décès et le jour de ma résurrection : cela veut dire que le jour de sa naissance, Jésus était enveloppé de sauvegarde, c’est-à-dire qu’il était dans un bon état le jour de sa naissance et également le jour de sa mort, quand il va mourir, il sera dans un bon état. Et également, le jour de la résurrection quand il va sortir de sa tombe, il sera dans un bon état. Parce que Jésus fait partie de ceux qui n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, comme tous les saints et les vertueux.

Verset 34 : voilà la nouvelle à propos de Jésus le fils de Maryam : voilà le récit de Jésus le fils de Marie. C’est-à-dire voici le récit véritable de Jésus, voici la réalité à propos de Jésus. C’est celui dont il a dit qu’il était l’esclave de Dieu, ce n’est pas la parole de chrétiens qui disent qu’il est un dieu ou un fils de Dieu.

C’est la parole de vérité : parce que Jésus est né sans qu’il n’ait de père. Dieu a voulu, par Sa parole qui est de toute éternité, l’existence de Jésus sans père. Et ainsi Jésus a existé sans père.

A propos duquel ils ne sont pas d’accord : parce que certains doutent de son statut de prophète. Ils ne sont pas d’accord à propos de Jésus : les Yahūd ont dit qu’il était un sorcier et un imposteur. Les Naṣārah n’ont pas cru en Jésus parce qu’ils ont dit qu’il était le fils de Dieu et qu’il était le troisième de la trinité. Ainsi Jésus est différent de que disent les Yahūd et les Naṣārah.

Verset 35 : Dieu, il est impossible à Son sujet qu’Il ait un fils, Il est exempt de cela. Dieu, s’Il veut quelque chose, Il lui ordonne d’être et cela est. Et donc, celui qui est ainsi, il n’est pas comme ceux qui peuvent avoir un fils. Dieu, par Sa parole qui est de toute éternité, Il a ordonné que les choses existent et les choses ont existé. C’est Dieu Qui a ordonné que Jésus existe sans père et Jésus a existé sans père.

Verset 36 : et Allāh est mon Seigneur et Il est votre Seigneur, alors adorez-Le : c’est la parole de Jésus qui dit : tout comme je suis l’esclave de Dieu, vous également, êtes Ses esclaves. Je dois et vous devez L’adorer.

Ceci, c’est-à-dire ce que je vous ai mentionné, c’est la voie de droiture. Adorez Dieu et ne Lui attribuez aucun associé.

Verset 37 : les groupes ont divergé entre eux : la faction est le groupe qui a une opinion différente des autres. Il s’agit ici de trois groupes de chrétiens : les nestoriens, les jacobites et les chalcédoniens. Entre eux : signifie entre les compagnons de Jésus ou le peuple de Jésus ou bien les gens en général. Les Naṣārah ont divergé à propos de Jésus quand il a été élevé au ciel. Ils ont eu des opinions différentes. Puis ils se sont mis d’accord de se référer à la parole de trois d’entre eux, qui avaient le plus de science de leur époque.

Ils s’appelaient Jacob, Nestor et Melchior. Les deux premiers ont dit une parole de mécréance : Jacob a dit : Jésus est Dieu, il est descendu sur terre puis il est remonté au ciel. Nestor a dit que Jésus était le fils de Dieu, Il nous l’a montré un certain temps puis Il l’a élevé auprès de Lui. Par contre Melchior a dit : ils ont menti, Jésus était un esclave créé et c’était un prophète. Chacun de ces trois-là était suivi par des gens. Par la suite, ils se sont divisés en soixante-douze groupes.

Malheur à ceux qui ont mécru, malheur à eux d’un jour éminent : ils auront un grand malheur au jour du jugement. Parce que ce jour-là, leurs organes vont témoigner contre eux qu’ils ont commis de la mécréance, les anges vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance, les prophètes vont témoigner contre eux qu’ils commettaient de la mécréance. Malheur à ces gens-là qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus.

Verset 38 : au jour du jugement, après qu’ils étaient sur l’égarement, ils vont entendre et voir la réalité à propos de Jésus. Après qu’ils étaient comme aveugles et sourds dans le bas-monde, leur état sera étonnant. Qatādah a dit que s’ils étaient aveugles et sourds, au sens figuré car ils n’ont pas vu lé vérité ni entendu la vérité dans le bas-monde, en quoi cela leur sera utile au jour du jugement de connaitre la vérité ? Cela ne leur sera pas utile dans le sens que cela ne diminuera pas leur châtiment.

Mais les injustes aujourd’hui sont dans un profond égarement. Et les injustes sont ceux qui ont dit des choses fausses à propos de Jésus. Leurs paroles qui étaient de la mécréance seront source de châtiment au jour dernier. En fait ils ont été injustes envers eux-mêmes. Ils n’ont pas su entendre ni voir quand cela était possible pour eux. Ils ont adoré celui qui ne mérite pas d’être adoré ; Jésus est un être humain qui a en lui les signes de la création. Leur égarement est clair car ils ont eu pour croyance que Jésus mérite d’être adoré alors qu’il y a bien en lui les signes de l’entrée en existence. Cet égarement est la plus grave des injustices parce qu’ils ont attribué la divinité à ce qui est clairement une créature. Ce qui prouve que Jésus est une créature est son entrée en existence. Il a donc un début et le fait qu’il a un début est une preuve qu’il n’est pas un dieu. C’est une insulte envers Dieu d’attribuer la divinité à celui qui ne la mérite pas. Ceci indique qu’il n’y a pas plus grave que leur injustice. La mécréance est la plus grande des injustices.

Verset 39 : avertis-les (fais qu’ils reçoivent un avertissement) le jour du grand regret : mets-les en garde du jour du jugement parce que ce jour-là il y aura le regret pour ce qui est passé. Le Prophète Ṣalla l-Lāhu ʿalayhi s-salām

Le šayẖ précise que le mécréant verra la place qu’il a manquée au paradis, s’il était mort musulman et il verra la place qu’il occupera en enfer. Quand il verra la place qu’il a manquée au paradis, ça va augmenter son regret et quand il verra la place qu’il aura en enfer, ça augmentera son chagrin.

Ce jour-là, lorsque le jugement sera terminé : c’est-à-dire qu’il y aura deux groupes, le groupe qui ira au paradis et le groupe qui ira en enfer.

Alors qu’ils sont dans une insouciance : pour œuvrer et pour s’occuper de la place qu’ils vont occuper dans l’au-delà. L’imām ʿAlī a dit : « les gens sont comme endormis, lorsqu’ils meurent, ils vont se rendre compte ».

Et ils ne sont pas croyants : c’est-à-dire qu’ils ne croient pas au jour du jugement. Mets-les en garde, en raison de leur insouciance et parce qu’ils ne s’occupent pas de l’au-delà.

Verset 40 : Dieu nous apprend qu’après l’anéantissement de cette terre et l’anéantissement de ceux qui sont sur cette terre, Dieu est Celui à Qui elle appartient. Maintenant, cette terre appartient à Dieu et après l’anéantissement des gens, Dieu est Celui dont la souveraineté ne sera pas anéantie et Dieu n’a pas de fin.

Dieu ressuscitera les humains et les ǧinn pour le jour du jugement et chacun aura sa juste rétribution : ceux qui ont agi en bien seront rétribués en bien et ceux qui ont agi en mal seront rétribués par une punition.

Verset 41 : et cite dans le Livre, Ibrāhīm, il était véridique et un prophète. Et cite, c’est-à-dire à ton peuple, ô toi Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām, dans le Livre, c’est-à-dire le Qurʾān, le récit d’Ibrāhīmavec son père c’est-à-dire comment il s’est comporté avec son père. Il était un véridique et un prophète. aS-SaadiQ signifie celui est droit dans son comportement et aṣ-ṣiddīq c’est celui qui persévère et qui va se maintenir sur cette droiture dans toutes les situations. Ibrāhīm était extrêmement droit et il croyait en tout ce que Dieu lui a appris des choses cachées. Ibrāhīm ʿalayhi s-salām croyait en la véracité de tous les prophètes, il croyait en la véracité de leurs livres et lui-même était un prophète.

Verset 42 : il disait à son père « ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend pas et ne voit pas ? Le père d’Ibrāhīm était idolâtre.

Et qui ne peut te protéger de rien du tout.

Verset 43 : ô mon père, j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues : c’est-à-dire que ces connaissances sont soit la révélation, soit la connaissance de Dieu.

Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture.

Verset 44 : ô mon père, n’adore pas le šayṭān. C’est-à-dire ne lui obéis pas dans ce qu’il a suggéré comme adoration des idoles.

Certes le šayṭān est désobéissant envers Dieu.

Verset 45 : ô mon père, je crains qu’il ne te parvienne de la part de Dieu un châtiment et que tu deviennes ainsi un compagnon du šayṭān. C’est-à-dire que tu sois un compagnon du šayṭān en enfer, vous serez partisans l’un de l’autre en enfer.

Regardez comment il s’y est pris pour conseiller son père, d’une manière douce, pour convaincre son père de délaisser la mauvaise croyance qu’il avait et de le suivre, lui qui était un envoyé de Dieu.

Certains prétendent que le Prophète Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit une parole comme quoi il a été révélé à Ibrāhīm qu’il est le ẖalīl de aR-Raḥmān, c’est-à-dire celui qui a un degré particulier alors améliore ton comportement, même avec les non croyants, tu auras la voie des bienfaisants : cela n’est pas un ḥadīṯ.

D’abord, Ibrāhīm ʿalayhi s-salām, quand il s’est adressé à son père, il a essayé de lui faire prendre conscience, de le faire sortir de son insouciance. Parce que si quelqu’un adorait les meilleures des créatures qui sont les prophètes, c’est quelqu’un qui est égaré. Que dire de celui qui adore une pierre ou qui adore un arbre, ce sont des créatures qui n’entendent pas ce qu’on leur dit, qui ne voient pas ce que cet adorateur fait, qui ne repoussent de son adorateur aucune épreuve et qui ne lui règlent aucune affaire !!

Puis, il a enchainé en appelant son père à la vérité, en adoptant la douceur : il ne s’est pas adressé à lui durement. Il n’a pas dit à son père : tu es un grand ignorant, et il n’a pas dit que lui, avait énormément de connaissances et pourtant c’était le cas : (j’ai reçu des connaissances que toi, tu n’as pas reçues et que moi, je connaissais). (Suis-moi, je te guiderai vers un chemin de droiture). Il lui a dit : si toi et moi, étions en train de marcher sur une route et que, moi, je connaissais le chemin et pas toi, alors suis-moi, cela va t’éviter de t’égarer et de te perdre.

Troisième point : il a attiré son attention, il l’a averti en lui disant que le šayṭānavait désobéi à Dieu. Et toutes les grâces proviennent de Dieu. Donc le šayṭānqui a désobéi au Seigneur, il t’a fait tomber dans l’adoration des idoles. Il t’a embelli cette adoration, donc en réalité, tu es en train d’adorer le šayṭān. En apparence tu es en train d’adorer des idoles, mais en réalité tu es en train d’adorer celui qui t’a amené à les adorer et il s’agit du šayṭān.

Quatrième point : Ibrāhīm ʿalayhi s-salām a fait craindre la mauvaise fin à son père. Il lui rappelé le risque de mal finir, le risque d’avoir une fin malheureuse. Il lui a fait craindre les conséquences de cette mauvaise fin. Ceci, en utilisant un langage qui conserve le bon comportement. Il ne lui a pas dit de manière explicite que le châtiment allait lui parvenir et qu’il allait être châtié. (Je crains qu’il ne te parvienne un châtiment) : ici, le terme « châtiment » est utilisé à la forme indéterminée, cela indique que ce n’est pas forcément quelque chose d’intense. Et Ibrāhīm a dit à son père que le fait qu’il suive le šayṭān, qu’il soit au nombre de ses partisans, c’est quelque chose de plus grave que le châtiment qui risque de lui parvenir. C’était pour le raisonner, pour lui faire prendre conscience. Tout comme l’agrément de Dieu est meilleur que la récompense en elle-même. Le fait de gagner l’agrément de Dieu a plus de valeur que la récompense en tant que telle.

A chaque fois, il disait la parole « ô mon père », ceci, pour essayer de l’attendrir, afin qu’il le suive. Agir avec bienfaisance avec les parents, même s’ils ne sont pas musulmans, est quelque chose de requis. Mais on ne dit qu’il faut respecter le non musulman, parce que celui-ci ne respecte pas Dieu, donc le non musulman n’est pas respectable.

Verset 46 : il a blâmé son fils : le père de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi s-salām s’appelait Āzar, il a dit est-ce que tu te détournes de mon dieu, ô Ibrāhīm : tu te détournes de ce que, moi, j’adore ? Il a répondu à son fils en l’appelant par son prénom Ibrāhīm. Pourtant Ibrāhīm l’avait appelé en lui disant « ô mon père ». Et son père ne lui a pas répondu « mon fils ».

Certains prétendent que Āzar n’était pas le père d’Ibrāhīm mais qu’il était son oncle. Ceci parce que notre maître Muḥammad ʿalayhi ṣ-ṣalāt wa s-salām est descendant de notre maître Ibrāhīm. Certains prétendent qu’il n’est pas possible que dans les ancêtres du Prophète il y ait des mécréants et donc, le père d’Ibrāhīm n’était pas mécréant et donc c’était son oncle. Ceci est faux car le grand-père du prophète était idolâtre. ʿAbdul- Muṭṭalib était idolâtre. Donc ce n’est pas une règle que, parmi tous les ancêtres du Prophète, il n’y ait pas de mécréant. Mais nous disons que le père et la mère de notre Prophète étaient croyants, ils étaient musulmans.

Si tu ne t’arrêtes pas d’insulter les idoles, je te lapiderai, c’est-à-dire que je te jetterai des pierres jusqu’à ce que tu meures ou je te frapperai ou je t’insulterai.

Et quittes-moi : c’est-à-dire éloigne-toi de moi.

Longtemps : reste loin de moi longtemps.

Verset 47 : il lui a dit salāmun ʿalayk : salut à toi, c’est pour le délaisser

 saʾastaġfiru laka rabbī : ça ne veut pas dire que je vais demander pardon à mon Dieu mais cela veut dire que je demanderai à Dieu qu’il te fasse entrer en Islam pour que tu sois apte à être pardonné. Parce que Dieu ne pardonne pas à quelqu’un qui est mécréant. Et Ibrāhīm ne va pas demander à Dieu de pardonner à un mécréant. Mais il va demander à Dieu que son père entre en Islam afin de devenir apte à être pardonné.

Mon Seigneur m’accorde beaucoup de grâces : il a ditqu’il va demander àson Seigneur car Dieu est miséricordieux, Il l’a honoré.

Verset 48 : et je vais vous quitter : Ibrāhīm a dit à son père : « je vais vous quitter ». Son père était à Babel en Irak. Donc Ibrāhīm a quitté Babel pour aller au pays de aš-sām dont le centre est la Palestine. Et il est allé en Palestine.

Vous et ce que vous adorez d’autre que Dieu : c’est-à-dire je vais vous quitter, vous et vos idoles. Je vais m’éloigner de vous et de ce que vous adorez, au lieu d’adorer Dieu.  

Et je vais adorer mon Seigneur

Puissé-je ne pas être malheureux par l’adoration de mon Seigneur : c’est une allusion pour indiquer qu’eux vont être malheureux suite à l’adoration de leurs idoles. Mais il a dit cela par modestie et humilité, en faisant allusion qu’eux, seront malheureux dans l’au-delà, suite à l’adoration de leurs idoles. C’est-à-dire qu’il a dit : « moi, je ne serai pas malheureux dans l’au-delà, ce n’est pas comme vous qui allez être malheureux dans l’au-delà, du fait que vous avez adoré des idoles ». Mais il l’a dit d’une manière très subtile qui indique la modestie.

Verset 49 : quand il les a quittés : il s’est éloigné d’eux et il s’est éloigné de ce qu’ils adorent d’autre que Dieu, c’est-à-dire des idoles,

Nous lui avons accordé Isḥāq en tant que fils

Et Yaʿqūb le fils de Isḥāq

Et chacun d’eux, Nous en avons fait un prophète : Isḥāq était un prophète et Yaʿqūb était un prophète.

C’est-à-dire que lorsque notre maître Ibrāhīm a délaissé les mécréants, les pervers pour l’agrément de Dieu, Dieu lui a remplacé cela en lui donnant des fils croyants et prophètes.

Verset 50 : et Nous leur avons accordé de Notre miséricorde : Dieu leur a accordé des biens et des descendants.

Et Nous leur avons accordé une parole de bien : et il s’agit de l’éloge qui est faite pour Ibrāhīm et pour sa famille, dans l’invocation que nous faisons dans aṣ-ṣalātu l-ibrāhīmiyyah.

De manière très élogieuse. Dieu a fait qu’il soit cité de manière élogieuse.

Verset 51 :  et mentionne dans le Livre Mūsā, que Dieu a élu : c’est-à-dire que Dieu lui a accordé le statut de prophète.

Puis il y a deux explications avec deux récitations : muẖlaṣā : c’est-à-dire qu’il a été élu pour être prophète c’est-à-dire que Dieu lui a accordé une grande félicité depuis sa naissance et muẖliṣā c’est-à-dire qu’il est sincère dans son adoration pour Dieu, par sa forte ardeur.

Et il était messager et prophète. Le messager est celui qui a reçu une nouvelle Loi ou bien celui qui a reçu la révélation de l’abrogation de certains jugements dans la Loi du messager précédent, soit totalement une nouvelle Loi, soit une Loi avec des abrogations. Le prophète non messager est celui qui appelle à suivre la Loi d’un messager qui l’a précédé. Entre notre maitre Mūsā et notre maître ʿīsā, il y a eu beaucoup de prophètes qui ont appelé à l’application de la Loi de notre maître Mūsā. Ce n’est pas tout messager qui reçoit la révélation d’un Livre ; il y a des messagers qui ont reçu la révélation d’un Livre et d’autres pas.

Dieu a fait descendre aux prophètes 104 Livres : à notre maître Ibrāhīm, 10 livrets, à notre maître Mūsā, 10 livrets avant la torah, Idrīs en a reçu 50, Šīṯ 30, ce qui fait 100. En plus de cela, il y a les 4 suivants : la torah, l’évangile, les psaumes et le Qur’ān. Ce qui fait 104.

Et le prophète est celui qui n’est pas messager, il reçoit la révélation de la part de Dieu, même s’il ne lui est pas révélé de Livre. Comme Yūšā fils de Nūn qui était le serviteur de notre maître Mūsā dont le récit est mentionné dans sūratou l-kahf.

Verset 52 : Dieu a fait entendre à Mūsā sa parole : Nous lui avons ordonné de venir et Nous lui avons fait entendre Notre parole et c’était une nuit de vendredi.

Du côté de aṭ-ṭūr : Tyr est une montagne dans le Sinaï situé entre l’Egypte et Madyan.

Du côté droit : la majorité dit que ce qui est visé ici c’est ce qui est situé à la droite de Mūsā ʿalayhi s-salām , parce que la montagne n’a pas de droite. Le sens est que lorsqu’il est venu de Madyan, qui est la ville du prophète Šuʿayb, c’est-à-dire là où il a épousé son épouse, l’appel était du côté de l’arbre et l’arbre était à droite de Mūsā ʿalayhi s-salām.

Nous l’avons fait rapprocher : ici c’est un rapprochement de degré et de rang et ce n’est pas un rapprochement de position ni d’endroit

Et il implorait Dieu. Dieu l’a élevé en degrés dans son adoration de Dieu.

Verset 53 : et Nous lui avons accordé par Notre miséricorde : c’est-à-dire que par Notre miséricorde envers lui, Nous lui avons accordé

Son frère Hārūn en tant que prophète : Dieu a accordé à notre maître Mūsā le statut de prophète à son frère, par miséricorde de Sa part. Mais Hārūn était plus âgé queMūsā.

Verset 54 : et cite-leur dans le Livre Ismāʿīl : il s’agit du fils d’Ibrāhīm selon l’avis le plus fort.

Il était véridique dans ses engagements : c’est-à-dire qu’il tenait ses engagements. Il avait promis à un homme qu’il allait rester à sa place jusqu’à ce qu’il revienne, il est resté à cet endroit pendant un an jusqu’à son retour. Et il avait promis envers lui-même de patienter lors de l’égorgement, lorsque son père allait l’égorger. Et il a tenu son engagement. Et il a été dit qu’il ne s’était pas engagé envers son Seigneur, de faire quelque chose sans qu’il ne l’ait accomplie. S’Il l’a spécifiquement mentionné par la tenue de ses engagements, même si ce caractère existait chez les autres prophètes, c’était par honneur pour lui. Et c’est le caractère dont il était le plus réputé.

Il était messager : c’est-à-dire à la tribu de Jurhum (la tribu qui s’était établie près de Hāǧar lorsqu’elle avait trouvé la source d’eau de Zamzam)

Il informait et avertissait : il informait de ce que Dieu lui révélait et il avertissait du châtiment.

Verset 55 : et il ordonnait à sa famille la prière et la zakāt : le terme« sa famille » désigne son peuple, sa communauté car le prophète est comme un père pour sa communauté et pour sa famille. Il y a ici la preuve qu’il n’avait pas fait preuve d’hypocrisie envers autrui. « La prière et la zakāt » : ces deux adorations ont été mentionnées ici car ce sont comme l’origine ou les plus élevées des adorations corporelles et financières.

Et il était, selon le jugement de son Seigneur, bien agréé. Il y a une autre récitation avec le terme « marḍūwā ».

Verset 56 : et cite dans le Livre Idrīs : le šayẖ a dit qu’il n’était pas arabe, il était comme Lūṭ et Ibrāhīm. An-Nasafī a dit qu’il s’appelait aẖa Nūḥ (Enoch) ; dans certains pays, certains enfants sont nommés ainsi aẖa Nūḥ. Il a reçu sa mission de prophète après Ādam et Šīṯ ʿalayhimā s-salām. Il est le premier à avoir utilisé un crayon, il a cousu les vêtements, il disait la parole subḥāna l-Lāh. Iblīs est venu le défier, il a ramené la peau d’un fruit, et il lui a dit : « est-ce que ton Seigneur est capable de mettre tout ce monde dans cette pelure ? » Notre maitre Idrīssavait qu’Iblīs n’était pas venu pour apprendre, il lui a crevé un œil et depuis ce jour, Iblīs est borgne. Idrīs lui a dit : « Dieu est tout puissant sur toute chose ». Notre maitre Idrīs connaissait aussi la science des étoiles, comment elles se déplacent, comment déterminer le temps, il connaissait aussi le calcul. Il avait mis en place les étalons pour mesurer le poids, le volume, c’est-à-dire les unités de référence. Et il a utilisé des armes pour combattre les descendants de Qabīl.

Certains prétendent qu’Idrīs était quelqu’un qui étudiait beaucoup, car ils prétendent que son nom dérive de « darasa » qui signifie « étudier ». Cela est faux car, si c’était le cas, le nom Idrīs serait à la forme « ifʿīl » et il n’y aurait qu’une seule explication qui est le nom propre et ce serait un nom qui pourrait se décliner, car les noms arabes, même si ce sont des noms propres, ils se déclinent (nominatif, accusatif, …). Mais le fait que ce mot ne se décline pas est une preuve que ce n’est pas un mot arabe. Règle : quand un mot ne se décline pas, c’est une preuve que ce n’est pas un mot arabe.

Il était véridique et prophète : Dieu lui a révélé 50 livrets.

Verset 57 : Nous l’avons élevé à un très haut degré : il s’agit d’une élévation de degré et il s’agit du statut de prophète et c’est un haut degré selon le jugement de Dieu. Et il a été dit que les anges l’ont élevé au quatrième ciel et que le Prophète šalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam l’a vu la nuit de l’ascension, au quatrième ciel.

Certains racontent une histoire à laquelle il ne faut pas croire car elle est totalement fausse : ils prétendent que Al-H̱asan aurait rapporté qu’Idrīs a été élevé au paradis et rien de plus haut que le paradis, parce que les anges auraient aimé Idrīs, tellement il faisait des actes d’adoration et qu’il aurait dit à l’ange de la mort « fais-moi goûter à la mort, ça me facilitera à la subir »et qu’il le lui a fait goûter puis qu’il l’a ressusciter et il lui a dit « fais-moi entrer en enfer pour que j’augmente en crainte de l’enfer », qu’il l’a fait entrer et qu’il lui a dit  « fais-moi entrer au paradis pour que j’augmente en ardeur pour gagner le  paradis » puis l’ange lui a dit de sortir du paradis, et qu’ Idrīs aurait dit : « j’ai goûté la mort et je suis entré en enfer, je ne veux plus sortir du paradis » et que Dieu aurait dit : « c’est par Ma volonté qu’il a fait et par Ma volonté qu’il est entré, alors laisse-le au paradis », tout cela est faux.

C’est pour cela qu’il est très important d’apprendre les règles de base : comment un prophète va-t-il demander à entrer en enfer !? Cette histoire est pourtant écrite dans certains livres d’exégèse du Qurʾān, soit à l’insu de l’auteur, soit par lapsus de sa part. Les savants ne sont pas exempts de l’erreur.

Verset 58 : ceux-là : désigne ceux qui ont été cités dans le verset, depuis Zakariyyā jusqu’à Idrīs,

A qui Dieu a fait grâce parmi les prophètes : le terme « min » est juste pour énumérer certains, ce n’est pas pour dire que, certains, Dieu leur a fait grâce et d’autres, Il ne leur a pas fait grâce. Cela ne veut pas dire que ce sont seulement ces prophètes qui ont été cités, à qui Dieu a fait grâce, mais Dieu fait grâce à tous les prophètes. Tous les prophètes, Dieu leur a fait grâce.

De la descendance d’Ādam : car Idrīs était de la descendance d’Ādam, il était proche d’Ādam.

Et de ceux que Nous avons fait porter dans le navire avec Nūḥ : Ibrāhīm fait partie de la descendance de ceux qui étaient transportés dans l’arche avec Nūḥ parce qu’Ibrāhīm est descendant de Sām, fils de Nūḥ.

Et de la descendance d’Ibrāhīm : il s’agit d’Ismāʿīl, d’Isḥāq et de Yaʿqūb.

Et d’Isrāʾīl : c’est-à-dire de la descendance de Yaʿqūb. Il s’agit de Mūsā, Hārūn et Zakariyyā, Yaḥyā et ʿīsā. (Maryam était de la descendance de Yaʿqūb).

Isrāʾīl est un prénom que l’on respecte, c’est le prénom d’un prophète, il signifie « esclave de Dieu ». Isrāʾ signifie celui qui voit. Il : Dieu. C’est l’esclave de Dieu, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdul- l- Bāsit. Et Ismāʿīl c’est l’esclave de celui qui entend, c’est comme si on dit en arabe ʿAbdu s-Samīʿ.

Et descendants de ceux que Nous avons bien guidés et que Nous avons choisis : c’est-à-dire ceux que Nous avons bien guidés vers les règles de l’Islam et que Nous avons élus pour expliquer la Loi et dévoiler la réalité. C’est-à-dire dévoiler ce qui est un bien pour les gens. Dieu a choisi les prophètes qui sont porteurs de la mission de transmettre toutes les règles des actes que nous accomplissons. C’est une noble mission pour laquelle Dieu les a élus.

Lorsque les versets du Très Miséricordieux leur sont récités : lorsque les livres qui leur sont descendus par révélation leur sont récités,

Ils se prosternent sur leur face, par recherche de l’agrément de Dieu, en pleurant : par crainte de Dieu. Et dans le ḥadīṯ de notre Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il a dit ce qui signifie : « récitez le Qurʾān et pleurez et si vous ne pleurez pas, provoquez vos larmes ». Rapporté par Al-Bayhaqī et Al-Bazzār.

Et le šayẖ a dit que ce ḥadīṯ a une origine acceptable et on peut le rapporter et on peut l’appliquer. Cela veut dire que l’on provoque les larmes pour manifester la crainte Dieu.

Et d’après Ṣāliḥ al-Marrī, il a dit : « j’ai récité le Qurʾān au Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam dans le rêve et il m’a dit « ô Ṣāliḥ, ça c’est la récitation et où sont les larmes ? »

A la fin de ce verset, il y a une prosternation de récitation dans laquelle on dit à trois reprises : « subḥāna Rabbi l-ʾAʿlā ».

Verset 59 : ils ont été suivis par des gens de mauvaise descendance : sont venus après eux, c’est-à-dire après ceux qui ont été mentionnés, qui sont des gens de mérite et ce sont les prophètes cités précédemment, après eux, sont venus des gens de leur descendance qui étaient mauvais. « ẖalfun » signifie « une descendance », et selon cette récitation et dans ce contexte cela signifie une mauvaise descendance. Et si on dit « ẖalafun » c’est-à-dire une bonne descendance. Ibnu ʿAbbās a dit que ce sont les Yahūd et si on disait « ẖalafun », ce serait une parole d’éloge. Donc ici on récite avec un sukūn sur la lettre lām, c’est-à-dire qu’il est visé une mauvaise descendance.

Qui ont négligé l’accomplissement de la prière Ils ont négligé la prière c’est-à-dire qu’ils n’ont pas négligé la prière qui est obligatoire.

Et qui ont suivi leurs penchants : c’est-à-dire qu’ils ont suivi les mauvais penchants de l’âme. Il y a eu plusieurs explications à propos de ceux qui ont suivi leurs passions c’est-à-dire le mauvais penchant de leur âme. Qaṭādah que Dieu l’agrée, a dit qu’il s’agit des gens au sein de cette communauté.

Ils auront une mauvaise rétribution pour ce qu’ils ont fait : ils ont négligé la prière et ils ont suivi leurs mauvais penchants donc ils seront punis pour cela. « Ġayy » signifie un mal et tout ce qui est bien est « rašād ».

An-Nasafī explique le mot « ġayy » en prétendant que Ibnu ʿAbbās et ibnu Masʿūd ont dit c’est le nom d’une vallée en enfer pour ceux qui persistent à commettre la fornication, à boire de l’alcool, à consommer l’usure, à agir en mal avec leurs parents, à faire de faux témoignages. Et le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié.

Verset 60 : hormis ceux qui ont fait le repentir et qui ont été croyants et qui ont œuvré en bien : c’est-à-dire ceux qui ont délaissé la mécréance, qui ont été croyants c’est-à-dire avec les conditions de la foi, et qui ont fait le bien après être redevenu croyants.

Ceux-là entreront au paradis : il y a deux manières de réciter ce verset : « faʾulāʾika yadẖulūna l-ǧannah »et une deuxième manière qui est : « faʾulāʾika yudẖalūna l-ǧannah » selon la récitation mekkī. Le sens est le même.

Et ils ne seront nullement lésés : ils ne subiront aucune injustice. Ils ne subiront aucune diminution de la rétribution pour leurs œuvres.et ils ne seront pas privés de leur rétribution, mais au contraire, leur récompense sera multipliée. Ou une autre explication : ils ne subiront aucune injustice.

Verset 61 : des jardins d’Eden : le mot « ǧannāt » est le pluriel du mot « ǧannah » qui veut dire paradis et cela signifie que ce sont des jardins dans lesquels il y aura un séjour pour l’éternité.

ʿadnin : signifie le séjour ou bien c’est un des noms du paradis. Le mot Eden est un endroit où on va séjourner. 

Que Dieu a promis à Ses esclaves : c’est-à-dire les esclaves qui ont fait le repentir et qui sont croyants et qui accomplissent les bonnes œuvres, tout comme ils ont été mentionnés précédemment. Cette adjonction « Ses » au mot esclave, est parce que ces esclaves-là ont une particularité. Ce sont des gens qui sont particuliers. C’est donc une adjonction dans le sens de l’honneur.

Alors qu’ils ne les ont pas vus : Dieu a promis à ses esclaves des jardins qu’ils n’ont pas vus ou alors ce sont eux qui ne voient pas le paradis. Le sens est le même : c’est-à-dire qu’ils y ont cru sans le voir. C’est une augmentation de récompenses parce que le croyant est celui qui a utilisé sa raison et qui a su ce que Dieu a promis, par l’intermédiaire des prophètes et qui y a cru sans le voir.

Certes, ce qu’Il a promis, ils y iront : et il s’agit du paradis, c’est pour confirmer cette récompense.

Verset 62 : ils n’y entendront pas de paroles laides : c’est-à-dire au paradis, ils n’entendront pas de choses laides. Ou alors ils n’entendront pas de paroles inutiles. An-Nasafī dit qu’il y a ici un signe pour éviter les paroles inutiles, puisque Dieu a fait qu’au paradis il n’y en a pas. Le šayẖ dit qu’il ne faut pas comprendre par là l’interdiction de al-laġū dans l’absolu. Il n’en est pas ainsi. Il y a des paroles inutiles qui sont interdites et il y en a qui sont de l’ordre de l’indifférent. Le šayẖ a dit que An-Nasafī a peut-être voulu dire qu’il est recommandé de délaisser les paroles inutiles.

Sauf salāmun : c’est-à-dire qu’ils entendront un salām de la part des anges.Ou bien ils vont entendre le salām des uns aux autres. Ou bien ils n’entendront au paradis que des paroles qui seront sauves du défaut. Il a été dit que le salām est l’invocation de la sauvegarde. An-Nasafī a dit que comme le paradis est la résidence de la sauvegarde, ils n’ont pas besoin d’invocations de sauvegarde, ce salām est comme une parole inutile. Or ce qu’il y a dedans est une marque d’honneur.

Et ils y auront leur subsistance matin et après-midi : ils y auront leur subsistance une fois en début de journée et une fois en fin de journée, c’est-à-dire que leur subsistance leur parviendra au rythme des deux extrémités de la journée du bas-monde. En effet il n’y a pas de nuit et de jour qui se succèdent au paradis. Le paradis est éclairé à jamais. Mais ils connaitront le début de la journée par le lever de voiles et la fin de la journée par l’abaissement de ces voiles. Et les gens du paradis n’auront pas besoin de dormir, il n’y a pas de fatigue au paradis.  Et le fait que la subsistance parvienne en début de journée et en fin de journée, c’est le meilleur rythme de vie chez les Arabes. C’est pour cela Que Dieu a décrit le paradis par ce rythme-là. Et il a été dit cette phrase indique qu’ils auront une subsistance éternellement. Quand on dit « je suis chez quelqu’un nuit et jour », ça veut dire que je suis chez lui tout le temps.

Ici cela veut dire qu’ils auront leur subsistance à jamais, pour l’éternité.

Verset 63 : voici le paradis que Nous accordons à Nos esclaves comme héritage : c’est-à-dire que c’est comme si c’était un héritage pour les œuvres, c’est-à-dire un fruit et un résultat pour les œuvres et il a été dit qu’ils vont hériter les résidences qui auraient celles des mécréants, si ceux-ci étaient morts croyants. Mais ce sont les gens du paradis qui vont les obtenir. La mécréance est comme une mort.

Ceux qui étaient taqī : cela désigne ceux qui se protègent de l’association, ceux qui sont croyants, ceux qui se protègent de la mécréance.

Verset 64 : et nous ne descendons que sur ordre de ton Seigneur : « tanazzala » peut avoir deux sens : le premier est le fait de descendre lentement. Et le deuxième sens est la descente en général, indépendamment de la vitesse de cette descente. An-Nasafī dit que c’est le premier sens qui est convenable ici, qui signifie que notre descente à travers le temps n’est que par ordre de Dieu. Il s’agit ici des anges qui descendent.

A Lui appartient ce qu’il y a devant nous et derrière nous et entre les deux et ton Seigneur n’oublie pas : c’est-à-dire à Dieu appartiennent les endroits qui sont devant nous, les endroits qui sont derrière nous et les endroits où nous nous trouvons. Nous ne possédons pas le mouvement ni le déplacement d’un endroit à un autre si ce n’est par l’ordre de celui à qui appartiennent tous les endroits, si ce n’est pas sa volonté. Dieu est Celui Qui préserve ce monde. Et Il sait tout ce qu’il y a comme mouvements et immobilités.  Et Il sait ce qui va se produire comme évènements. L’insouciance et l’oubli sont impossibles à Son sujet. Comment pourrions-nous évoluer dans ce monde qui Lui appartient si ce n’est par Sa volonté !

Verset 65 : Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux.

Dieu dit à Son Messager ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam : comme tu as su qu’Il est attribué parcela, c’est-à-dire qu’Il est le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qu’il y a entre eux

Alors adore-Le : c’est-à-dire persévère dans Son adoration,

Et patiente dans Son adoration : c’est-à-dire patiente et ne te venge pas de l’envieux pour persévérer dans l’adoration de Dieu et patiente face aux difficultés pour persévérer dans l’adoration du Créateur, patiente pour pouvoir accomplir les actes d’adoration.

Lui connaitrais-tu un seul équivalent ? C’est-à-dire lui connaitrais-tu un seul semblable ? Autre explication : est-ce qu’autre que Dieu aurait ce nom ? Parce que le nom Allāh est un nom qui est spécifique à celui qui mérite d’être adoré. Le nom Allāh est le meilleur mot dans la langue arabe. Cela veut dire que du moment qu’il a été validé selon la raison que nul autre que Dieu ne mérite que les esclaves L’adorent, alors il est indispensable de L’adorer et de patienter face aux difficultés de l’adoration. Ubay ibnu H̱alaf (il était mécréant) a dit : « comment allons-nous être ressuscités après avoir été transformés en poussière ? » Il a remis en cause la résurrection. C’est alors que le verset suivant a été révélé.

Verset 66 : et l’homme questionne après ma mort est-ce que je vais ressortir vivant ? C’est-à-dire je vais être ressuscité ? Il a posé cette question dans le sens que cela ne peut avoir lieu. Dieu cite ce que cet homme a dit. La réponse est le verset suivant.

Verset 67 :  est-ce que l’homme ne se rappelle pas que Nous l’avons créé auparavant alors qu’il était inexistant ? Comment l’homme trouve surprenant de revenir à la vie après la mort alors qu’il y encore plus surprenant, c’est qu’il n’existait pas puis il a existé ! C’est Dieu Qui l’a créé. Ici il y a deux récitations : yaḏkuru et yaḏakkaru. Dans la première récitation cela signifie : est-ce que l’homme ne se souvient pas ? Et dans la deuxième récitation : est-ce que l’homme ne réfléchit pas ? C’est-à-dire est-ce qu’il n’est pas exhorté ?

Ce verset blâme l’homme qui renie la résurrection. Comment trouve-t-il étonnant la résurrection sans penser à la première fois où il a été créé ? Autrement dit, ne se souvient-il pas de la première création pour ne pas renier la seconde ? Qu’il ait à l’esprit la première fois où il a été créé pour ne pas rejeter la deuxième fois où il sera créé après son anéantissement ?

La première création est une grande preuve de la toute puissance du Créateur puisque Dieu a fait entrer en existence nos substances et nos caractéristiques des substances. Quant à la seconde création, ce n’est autre que le rassemblement des parties qui existent déjà. Il s’agit de leur rassemblement après leur séparation.

Le šayẖ fait un commentaire sur ce que An-Nasafī a dit à ce sujet : cet auteur considère qu’après la mort, les parties de l’être humain se séparent en des petites parties et il ne considère pas que les parties de l’être humain vont être totalement anéanties. Il a considéré que les parties de l’être humain se séparent les unes des autres mais elles restent et que la résurrection est le rassemblement de ces parties. Il n’a pas dit que les parties sont anéanties et disparaissent totalement. Il a dit que les parties sont simplement dispersées. Le šayẖ a dit que c’est un des deux avis.

Les savants ont eu deux avis sur la question : un avis qui dit que les parties sont séparées. Et un autre avis qui disent qu’elles disparaissent totalement.

« Auparavant » : c’est-à-dire avant l’état où il se trouve, c’est-à-dire avant son état d’existence.

Alors qu’il était inexistant ? Cela veut dire que ce qui inexistant n’est pas un šay, contrairement à ce que prétendent les muʿtazilah.