Conseil pour les écoles et l’apprentissage
Certes, répéter un grand nombre de fois fait partie des méthodes d’enseignement. Les gens se distinguent en cela : Il y a des gens qui retiennent ce qui est appris sans trop de répétition. Il y a des gens qui ne retiennent qu’après un grand nombre de répétitions. Il convient donc de ne pas multiplier les matières et les mémorisations pour les enfants de sorte que les leçons leur paraissent nombreuses et que cela entraîne la fatigue, la retenue des derniers cours tout en oubliant les premiers, ceci venant de la rapidité de l’enseignant et du grand nombre de cours surtout à notre époque où la mémoire de la plupart des gens est devenue très faible. Ce qu’il convient de faire, c’est de diminuer le nombre de cours dans leur ensemble et de multiplier les répétitions tout en mémorisant ; c’est cela qui est utile. N’attachez pas d’importance aux autres ni à leur méthode d’enseignement. De nombreux savants et mouhaddith reprenaient le même cours plusieurs fois. Ibnou l-Jawziyy a rapporté qu’un savant spécialiste de la jurisprudence a repris chez lui un cours de nombreuses fois. Une vieille femme qui se trouvait alors chez lui lui a dit : je l’ai déjà appris. Il lui dit alors : répète-le. Elle le lui répéta. Ensuite, après quelques jours, il lui demanda de le lui répéter. Elle lui dit alors : je l’ai oublié. Il lui répondit : je répète la récitation par cœur pour qu’il ne m’arrive pas ce qui t’est arrivé.
Il convient à l’enseignant de ne pas prolonger le cours d’une durée qui entraîne l’ennui, ni de le raccourcir d’une manière qui porterait atteinte [à la compréhension]. Il prend en considération pour cela ce qui est de l’intérêt des étudiants. Il convient de procéder avec douceur pour faire comprendre les choses, de prendre soin d’enseigner et de faire comprendre en fournissant tout son effort et de faire des rapprochements d’idées sans en faire trop de sorte que son esprit ne puisse pas le supporter, et sans trop détailler non plus de sorte que l’étudiant ne puisse pas mémoriser avec rigueur. Il convient aussi qu’il éclaircisse les questions par des exemples et qu’il demande aux étudiants de reprendre le commentaire pour qu’il persiste dans leurs esprits. Il ne charge pas l’étudiant de ce qu’il n’est pas apte à supporter de par sa compréhension ou son âge, ni d’un écrit que son esprit serait incapable de comprendre. Il convient à l’enseignant de faire preuve de modestie envers l’étudiant ainsi qu’avec toute personne cherchant à être guidée et qui poserait à cet effet des questions. Il convient également qu’il agisse avec un visage détendu et une intention sincère. Rappelle-leur la parole des mouhaddith : celui qui recherche toute la science d’un seul coup, il la manque entièrement.
Ensuite, porte le conseil aux enseignants et aux dirigeants des écoles de faire preuve de miséricorde les uns envers les autres, de faire preuve d’humilité, de faire preuve de modestie et d’excellence de comportement, d’écouter le bon conseil de ceux qui sont moins bien qu’eux ou mieux qu’eux, de diminuer les paroles sauf pour le bien. Porte leur le conseil de s’embellir par les caractéristiques louables, de faire preuve de docilité et de souplesse les uns envers les autres : en effet, ce qu’ils font est une tâche éminente. Alors, soyez sincères dans votre intention et que votre travail soit loin des innovations. Je vous rappelle la parole du Messager de Allah ce qui signifie : « Certes Allah accorde pour ce qui est effectué avec douceur ce qu’Il n’accorde pas pour ce qui est accompli avec rudesse« . Ceci est mon conseil pour vous.
Et je demande à Allah de nous accorder la réussite ainsi que vous pour ce en quoi il y a Son agrément.
Conseils épars
1/ Pour les femmes : Parmi les choses qui relèvent du manque de préparation pour le jour du jugement dans cette époque, il y a les femmes qui sortent fréquemment, ceci revient au fait de suivre les passions, le dimanche, elles veulent sortir se promener en dehors de la ville, si elles s’empêchaient de le faire, ce serait mieux pour elles.
Si le Prophète a dit que la prière de la femme chez elle est meilleure que la prière dans ma mosquée, qu’en est-il donc de la sortie des femmes pour se promener et dont elles ont pris l’habitude de nos jours ? Elles sortent sans que se soit pour se soigner. Si elle est malade et qu’elle veut se faire soigner en sortant de la ville, c’est une excuse. Mais par simple habitude et pour suivre les passions de l’âme, ceci est éloigné de la religion et de la Loi. Dans la mosquée du Prophète, la récompense de la prière est multipliée par cinq cent mille. Pourtant le Prophète a conseillé les femmes de ne pas sortir pour faire la prière dans sa mosquée et qu’elles fassent la prière chez elles, il a montré que la prière chez elles est préférable à celle qui est accomplie dans sa mosquée.
Les femmes ont à se rendre des comptes à elles-mêmes. Elles ont pris l’habitude de sortir et de se promener chaque dimanche. Au Liban, avant l’arrivée de l’occupation, ces choses là n’existaient pas. Les habitudes des mécréants sont restées. Ceci est dû au manque de réflexion pour l’au-delà. La tombe les attend. La tombe est la demeure de la solitude, de l’inquiétude, des vers et de l’obscurité. Elles ne réfléchissent pas à cela. Si maintenant la femme sort pour appuyer le travail de l’association et pour propager la croyance de Ahlou s-sounnah, par la croyance et la pratique, il y a en cela un bien immense.
2/
Suffisent au fils d’Adam, quelques bouchées pour maintenir son corps.
Il est connu que tous les Prophètes, ainsi que les saints veillaient à manger peu, sans pur autant entraîner de nuisance à leurs corps. En effet, le fait de manger peu au point de nuire au corps, est interdit.
Mais manger une petite quantité sans que cela ne nuise au corps, cela est digne d’éloge selon le jugement de Dieu. Ceci est la manière de vivre des Prophètes et des vertueux au sein de leur communauté.
Notre maître Mouhammad, que Dieu l’élève davantage en degré, était parmi ceux qui appliquaient le plus cette noble habitude. Il disait, que Dieu l’élève d’avantage en degré, ce qui signifie : « Le fils de ’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé, soient suffisantes au fils de ’Adam. S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
Sa parole, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : « Le fils d’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé … » veut dire un nombre de bouchées ne dépassant pas les dix. « Louqaymat -des bouchées-« c’est un pluriel, mais de faible nombre. Le pluriel de ce qui est peu, c’est ce qui est en-dessous de onze : la dizaine et ce qui est en-dessous.
Il a dit, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : «…Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé… » cela veut dire qu’elles entretiennent sa force et l’empêchent de faillir.
ce qui signifie « S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
C’est ainsi le Noble Prophète incitait à manger peu, et il était parmi ceux qui appliquaient le plus cette honorable manière.
Et il y a eu certains gens qui ont calomnié le Messager de Dieu. L’un d’entre eux a prétendu la sainteté et le soufisme, et il a prétendu qu’il est un petit prophète !
Cet autre, Rajab Dib, a menti sur le Messager de Dieu, il a dit : (le prophète mangeait beaucoup de sucrerie, il mangeait beaucoup jusqu’à ce qu’il a eu des courbes dans son ventre et il a eu sur son cou il y a des plis).
Ce même Rajab Dib, calomnié sur le Messager de Dieu, qui est le plus parfait des prophètes, aussi bien physiquement que du point de vu comportement, en lui attribuant ce vilain mensonge vulgaire, comme quoi tellement il mangeait beaucoup, que cela lui aurait provoqué des plis.
En fait, c’est parce que cet homme est connu pour le fait de manger beaucoup, dont beaucoup des sucreries et de plats gras.
3/
Question : ce qui est méritoire (machrou^) englobe les devoirs et les actes recommandés. Chez les spécialistes de la Loi, on n’appelle pas « méritoire » ce qui est permis. Ce qui est méritoire c’est ce à quoi Allah a incité, cela englobe les actes obligatoires et les actes recommandés. La bonne innovation est également comprise car le Messager a appelé tout comme le Qour’an à la bonne innovation.
(wa rahbaniyyatan ibtada^ouha) ce qui signifie « et un monachisme qu’ils ont innové ».
Cette ‘ayah comporte l’invitation à la bonne innovation. Le Messager a invité à la bonne innovation, à ce que les musulmans fassent quelque chose de nouveau, qui soit conforme à la religion agréée par Allah. « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne innovation il en aura la récompense et une part de la récompense de ceux qui vont la faire après lui ». C’est pour cela que les savants ont pratiqué des choses qu’ils ont innovées, comme mettre les points sur les lettres dans le Mous–haf, comme de mettre le chakl –voyelles courtes– dans le Mous–haf, comme fabriquer les mihrab concaves, les minarets ou encore l’organisation du Mawlid –commémoration de la naissance du Prophète– le mois de Rabi^ou l-‘Awwal. Comme exemple de bonne innovation il y a l’apprentissage de la grammaire arabe (nahw) et le bayan –rhétorique arabe–. Cela fait partie des bonnes innovations.
Par ailleurs, il y a parmi les bonnes innovations ce qui a le jugement du devoir et il y a ce qui n’entre pas dans le cadre de l’obligation. La grammaire arabe fait partie des obligations d’ordre communautaire. Il est indispensable qu’il y ait parmi les gens qui connaisse le nahw car la compréhension du Qour’an et du hadith en dépend.
(la youqda ^alayhim fayamoutou). Celui qui ne connaît pas le nahw pourra imaginer un sens différent du sens correct de cette ‘ayah. Celui qui connaît le nahw saura le sens correspondant.
Celui qui ne connaît pas le nahw pensera que le sens de la ‘ayah est que Allah ne les anéantit pas mais ils mourront. Alors que le sens visé est tout autre : Allah ne les anéantit pas par la mort ; Allah ne les fera pas mourir et ils ne mourront pas. C’est ce sens-là qui est visé.
Question : Le Chaykh a été interrogé au sujet de celui qui a pensé que les savants de son époque étaient vertueux mais malgré cela il les a spécifiés par la malédiction dans leur totalité, tout en ayant pour conviction qu’ils étaient vertueux. Le Chaykh a dit : il devient mécréant. Considérer maudit l’ensemble des savants de son époque en ayant pour conviction qu’il y a parmi eux des vertueux qui n’ont pas manqué en ce que Allah leur a ordonné, le rend mécréant.
Le Chaykh a dit : Celui qui aura cru que quelqu’un de vertueux selon le jugement de Allah et malgré cela il le maudit, c’est comme s’il a considéré l’obéissance à Allah faire l’objet de la volonté de châtiment de la part de Allah. Il devient alors mécréant.
4/
Parmi les questions importantes il y a :
Celui qui connaît les sortes de mécréance et qui fait la distinction entre la mécréance et la foi, s’il a eu doute véritable quant au fait que lui soit survenue une mécréance certaine – c’est-à-dire qu’il n’y a pas de divergence sur le fait que ce soit une mécréance dans son cas – il lui est un devoir de prononcer les deux témoignages par précaution immédiatement, que le doute de cette personne au sujet de la survenue ou non de cette mécréance, soit fort ou faible, du moment où il s’agit d’un doute véritable. Donc dès lors que la personne a un doute véritable, elle décide fermement et immédiatement par son cœur de faire les deux témoignages et les prononce immédiatement par sa langue – c’est-à-dire la personne fait les deux témoignages avec l’intention de se débarrasser de cette mécréance si celle-ci est survenue de sa part, et elle ne retarde pas son témoignage, après cette décision, pour dire autre chose de plus. Celui-là sera sauvé du fait de retarder le témoignage par précaution. Par ailleurs, son témoignage lui est utile si cette mécréance lui ait véritablement arrivé.
Par contre, s’il retarde le témoignage par précaution par une parole ou par autre chose, comme le fait de répéter l’intention alors qu’il y avait le doute véritable et qu’il ne s’agit pas d’une simple pensée qui lui traverse l’esprit, il devient mécréant pour avoir retardé les deux témoignages. Il lui faudra alors faire les deux témoignages de manière catégorique car il se sera satisfait du fait de rester sur la mécréance dans le cas où cette mécréance se serait produite de sa part.
Le doute véritable – qu’il soit faible (la personne penche plus pour la non survenue de la mécréance que pour la survenue), où fort (la personne penche plus vers la survenue que la non survenue) ou équivalent (la personne penche autant pour la survenue que pour la non survenue de la mécréance) – tout cela est un doute véritable.
Celui qui aura retardé le témoignage, puis l’a prononcé, ce témoignage lui suffira pour se débarrasser de la mécréance, c’est-à-dire, en sachant que ce retard du témoignage durant cette période après la survenue du doute véritable revient à persister sur la mécréance.
Quant à celui de qui est provenue une parole laide, qui est interdite et dont le jugement (est-ce de la mécréance ou pas ?) échappe à beaucoup de ceux qui ne sont pas des savants ; il n’a pas su si c’est de la mécréance ou pas et il est parti posé la question et lorsqu’il a posé la question, il s’est avéré que ça n’était pas de la mécréance, celui-là ne sera pas déclaré mécréant pour avoir douté et pour avoir attendu la réponse. Mais s’il s’avère que cette parole est de la mécréance sans divergence, il doit faire les deux témoignages de manière catégorique. Et son retard de témoignage dans ce cas, serait une persistance sur la mécréance.
5/
Quelque soit la faille ou le défaut que tu trouveras en ton frère, un défaut qui est prouvé sans aucun doute, alors porte lui le conseil en cachette, sans que ce soit au grand jour. Ne te laisse pas tromper par le chaytan de sorte à en venir à faire sa médisance.
Lorsque tu l’exhortes, ne le fais pas en étant content d’avoir pris connaissance de son défaut, de sorte qu’il te considère avec égard et respect et que tu le considères avec dédain et rabaissement ! Fais plutôt en sorte que ton objectif soit de le délivrer du péché. Sois triste pour lui tout comme tu serais triste pour toi si tu découvrais en toi-même un défaut. Il convient que tu préfères qu’il délaisse son défaut sans que tu ne l’aies à l’exhorter plutôt qu’il ne le délaisse parce que tu l’as exhorté.
6/ Soubhana l-Lahi midada kalimatihi veut dire : je fais le tasbih de Allah d’un tasbih qui est digne de l’éminence de Ses kalimat.
7/ Celui qui dit au matin : (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou la charika lah, lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou wahouwa ^ala koulli chay’in qadir) aura l’équivalent de l’affranchissement d’un des descendants de ‘Isma^il…
Cela veut dire c’est comme s’il avait affranchi un esclave parmi ceux qui ont la plus honorable lignée : la plus honorable des lignées des humains c’est la descendance de ‘Isma^il. Ils sont plus honorables que les fils de ‘Isra’il et plus honorables que les non-arabes.
8/ Lorsque notre maître Abou Bakr a été investi du califat, il a dit : « J’ai eu la responsabilité de vos affaires et je ne suis pas le meilleur d’entre vous », c’est-à-dire pour certaines caractéristiques de la sainteté : il n’était pas d’un corps fort comme ^Oumar mais il avait une forte capacité de compréhension et d’esprit pour certains sujets. Mais par ailleurs il savait qu’il était le meilleur de cette communauté après le Prophète.
Notre maître ^Oumar par exemple est le maître de ceux qui ont le kachf. Notre maître ^Aliyy par exemple était celui qui avait le plus de science parmi les compagnons.
9/
Je vous recommande à nos frères de s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala.
Lorsque le musulman aime son frère et que son frère l’aime par recherche de l’agrément de Allah, non pas poru une raison de ce bas monde ni pour une proche parenté, il sera à l’ombre du Trône au jour du jugement, il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil.
Faire des dons les uns aux autres veut dire que l’un donne quelque chose et que l’autre donne quelque chose. Cela renforce l’amour. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit : » تهادوا تحابوا « (tahadou tahabbou) cela veut dire que si vous donnez des cadeaux et que l’un donne quelque chose à son frère et que l’autre lui donne quelque chose alors l’amour augmente. Je vous recommande de vous consacrer avec empressement à la science en apprenant et en enseignant car la science de Ahlou s-Sounnahc’est la vie de l’lslam.
Attachez-vous aussi à éviter les mécréances qui se sont propagées dans de nombreux pays et plsu particulièrement dans ce siècle. Le Hafidh Mourtada Az–Zabidiyy a dit dans le commentaire de ‘Ihya’ou ^Ouloumi d-Din : Un certain nombre d’imams des quatre écoles ont composé des écrits pour la présentation des paroles de mécréance.
Attachez-vous à l’indulgence car l’indulgence est la parure de la science. Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh.
10/
Si l’un des parents a dit à son fils : divorce ton épouse car ils n’aiment pas son épouse, bien qu’elle ne leur nuise pas, il lui est recommandé de leur obéir en cela et ce n’est pas un devoir pour lui.
Si elle leur nuisait en les insultant, en les frappant et ce qui est de cet ordre, ou si elle était connue pour sa perversité comme si elle faisait la fornication et que s’il ne la divorçait pas, ils seraient fortement chagrinés à cause de cela, c’est un devoir pour lui de la divorcer.
Si l’un des deux parents lui ordonnait d’épouser Unetelle et que lui ne désirait pas l’épouser, il leur indique la raison de cela et il n’est pas un devoir pour lui de l’épouser du simple fait qu’ils lui aient ordonné de le faire et qu’ils n’apprécient pas qu’il leur désobéisse en cela sans que cela ne les chagrine. Mais s’ils sont profondément chagrinés s’il ne l’épousait pas, s’il est dit que c’est un devoir pour lui de l’épouser, il n’y a pas de mal en cela.
S’il voulait épouser une femme et que ses parents ne voulaient pas qu’il l’épouse, si cela entraîne pour eux un grand chagrin, il ne lui est pas permis de l’épouser.
11/
D’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit à un homme en l’exhortant, ce qui signifie « Profite de cinq choses avant cinq autres : profite de ta vie avant ta mort, profite de ta bonne santé avant ta maladie, profite de ton temps libre avant d’être occupé, profite de ta jeunesse avant ta vieillesse et profite de ta richesse avant ta pauvreté » rapporté par Ahmad. Dans ce hadith, il y a une mise en garde contre le fait de perdre son temps en ce qui ne profite pas dans l’au-delà car celui qui ne fournit pas son effort pour obéir à Allah durant sa vie, il manquera beaucoup de biens et il gardera le regret. Celui qui ne fournit pas son effort quand il est jeune, il sera incapable après cela de faire beaucoup d’actes qui pourraient lui être utiles dans l’au-delà et il va le regretter. Il ne convient pas donc de s’occuper de loisirs, de jeux et de ne pas faire ce qui profite à la personne dans sa tombe ou dans son au-delà. Ceci est une grande perte que de perdre son temps face à la télévision et ce qui est du même ordre. Ce temps-là, ce qu’il consacre à la télé, s’il le consacrait à l’obéissance, à l’une des obéissances ou à une demande de pardon en faveur des parents ou à ceux qui les ont précédés parmi les ancêtres, cela serait un bon acte, un grand acte. Mais habituer les enfants à passer beaucoup de temps dans pareils loisirs, dans beaucoup de cas, la conséquence c’est que l’enfant, après la mort de son père et de sa mère va être occupé par cela au lieu d’occuper son temps par la demande du pardon en faveur de ses parents et autres de ceux qui ont précédé au barzakh. Et en agissant de la sorte, il se sera acquitté du droit que ses parents et ses proches ont sur lui. Ces gens-là auront habitué leurs enfants à délaisser ces bienfaits qu’ils pourraient obtenir après leur mort au lieu de les habituer à réciter le Qour’an et ce qui est du même ordre des choses qui leur sont utiles car ils auraient profité à eux-mêmes et à leur famille. Ce caractère, quel mauvais caractère, il convient de s’en protéger. Les parents et autres membres de la famille attendent des cadeaux qu’ils vont recevoir de leurs enfants et de leur famille, cadeaux qu’ils obtiendront grâce au istighfar, la demande de pardon et grâce aux récompenses de la récitation et ce qui est du même ordre. Eux, ils se languissent de cela. Si l’enfant était ainsi, il occupera son temps avec des chose sutiles, il va se consacrer totalement à la télévision et ce qui est du même ordre, il aura privé ses parents de ce de quoi ils se languiront. Ceci est une insouciance atroce. Les parents ne doivent pas habituer leurs enfants à se prolonger à passer du temps à regarder la télévision et l’internet sans utilité car sinon, ils vont priver leurs parents de récompenses après leur mort. L’enfant est-ce qu’il n’est dans ce bas monde uniquement pour avoir du loisir ? Quels mauvais parents et quels mauvais enfants, ceux dont c’est leur état. Le père qui délaisse ses enfants se noyer dans leur temps libre dans cela, quel mauvais état que l’état de ce père et quels mauvais enfants ceux dont il sera le père. On ne permet pas à l’enfant que d’une certaine part, de sorte que si l’enfant, il y a un mal qui est moins grave qu’un autre, le père et la mère après la mort, ils attendent des cadeaux de leurs enfants et des autres proches parents car c’est là-bas qu’ils connaîtront la valeur des cadeaux, les gens dans les tombes connaissent la valeur des cadeaux. Quels mauvais enfants que ceux qui passent leur temps depuis le début de la soirée jusqu’au sommeil à regarder la télévision, à ne pas se rappeler de sa famille qui est devenue des gens dans les tombes en leur envoyant des cadeaux. La plupart des gens éduque leurs enfants comme ils élèveraient des vaches. La vache, on espère en profiter, profiter de son lait et si c’est un mâle, ceux qui labourent la terre, ils en profiteront pour labourer leur terre, ceux-là également.
12/
Le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie « Celui à qui des biens ont été accordés et qui a remercié, celui qui a été éprouvé et qui a patienté, celui qui a subi une injustice et qui a pardonné, celui qui a agi injustement et qui a demandé à être pardonné, ceux-là seront en sécurité et sont bien guidés » rapporté par At–Tabaraniyy.
Allah tabaraka wa ta^ala fait l’éloge de ceux dont ceci est le caractère. Le premier caractère, c’est de remercier pour les bienfaits que Allah t’accorde. Le sens du remerciement c’est de le placer à sa juste place que Allah agréée, c’est-à-dire utiliser les bienfaits dont Allah nous a fait grâce. L’argent, il le place dans son poste, c’est-à-dire il dépense dans ce que Allah tabaraka wa ta^ala agrée. Le plus éminent de ce qui fait gagner l’agrément de Allah tabaraka wa ta^ala pour dépenser l’argent, c’est ce qui permet de renforcer la religion, la croyance et les lois selon l’école de Ahlou s-Sounnah. A vous de vous occuper de cela et la récompense diffère selon une différence de l’effort. Celui qui dépense dans la voie que Allah agrée dans cela malgré le peu de biens qu’il possède, il aura beaucoup plus de récompenses que celui qui dépense beaucoup de biens, alors occupez-vous de cela. Que la personne ne dise pas « comment je donne à un homme et je n’ai que peu, je n’ai pas beaucoup » la force de la certitude amène la personne à donner le peu qu’il a pour profiter de cette récompense, que Allah nous accorde des bénédictions. Quelques hadith au sujet de l’intention.
« Innama l-’a^malou bi n-niyyat » c’est un hadith. Ce hadith veut dire que les bons actes ne seront agréés selon le Jugement de Allah qu’avec la bonne intention. Ce hadith ne veut pas dire que l’intention à elle seule suffit car nous avons reçu l’ordre d’améliorer, de corriger les actes et de corriger l’intention. L’intention n’est pas suffisante à elle seule sans les actes et les actes ne sont pas agréés sans l’intention. Il est surprenant, que certains citent ce hadith pour défendre le péché ou la mécréance qui est provenue d’eux, ces gens-là n’ont pas compris le sens du hadith, l’interdit ne se transforme pas en obéissance par l’intention et la mécréance ne se transforme pas en foi grâce à l’intention.
L’imam ^Aliyy, que Allah lui fasse miséricorde a dit des paroles très précieuses pour celui qui les comprend et qui les applique : « parmi les meilleures des choses dans lesquelles tu dépenses ton temps, il y a la revivification de la science utile, de persévérer sur la diffusion de cette science aux grands et aux plus petits. Il y a en cela une préservation de la loi de Dieu, des droits des esclaves et la plus importante des sciences, c’est la connaissance de Allah et de Son messager. Il ne convient pas que la personne n’ait pas une ardeur forte pour demander davantage de science. Allah ta^ala dit à Son prophète « Qoul Rabbi zidni ^ilma » ce qui signifie « Dis, ô Seigneur augmente moi en connaissances ». Il n’a pas demandé à Son prophète de demander à augmenter en autre chose que la science. Le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « La yachba3ou mou’minoun min khayrin yasma3ouh Hattaa yakouuna mountahaahou l-jannah » qui signifie « Le croyant ne se lasse pas d’un bien qu’il entend jusqu’à ce qu’il arrive au Paradis ». Dans ce hadith, il y a une incitation certaine à obtenir la science et la diffuser.
Ne ratez pas ce grand bien et consacrez-y le plus vos ardeurs, que Allah vous accorde la réussite.
13/
La preuve à partir du Qour’an sur l’interdiction de l’adoption, est la parole de Allah ta^ala dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 4 :
Qui signifie : « Attribuez-les à leurs véritables pères. Ceci est plus juste selon le jugement de Allah. Si vous ne connaissez pas leurs pères, ce sont vos frères en religion et des gens de votre clan ».
Et Allah ta^ala dit dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 39 :
Ce qui signifie : « Mouhammad n’est le père d’aucun homme d’entre vous. Il est le Messager de Allah et le dernier des prophètes. Allah sait toute chose ».
Az–Zourqaniyy a dit dans Al-Mawahibou l-Ladounniyyah : « As-Soubkiyy a dit : c’est une parole réprouvable. Le Prophète r n’a été épris par l’épouse de personne. Le récit de Zaynab est que Allah en a fait, comme cela est cité dans sourat Al-‘Ahzab, une cause pour arrêter les gens de dire : (Zayd est le fils de Mouhammad) et également pour indiquer l’infondé et l’interdiction de l’adoption ».
Quant au hadith de Zaynab Bintou Jahch, la femme du Prophète r dans lequel elle disait : ((زَوَّجَكُنَّ أَهَالِيكُنَّ وَزَوَّجَنِيَ اللهُ مِنْ فَوْقِ سَبْعِ سَمَوَاتٍ)) (zawwajakounna ‘ahalikounna wa zawwajaniya l-Lahou min fawqi sab^i samawat) ce qui signifie : « [Ô femmes] ce sont vos familles qui vous ont mariées alors que moi, c’est Allah qui m’a mariée, mon mariage était inscrit au-dessus des sept cieux« . Ceci signifie que le mariage du Prophète avec elle est inscrit dans la Table Préservée, cette table qui est au-dessus des sept cieux.
C’est une écriture spéciale pour Zaynab. Ce hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy. Il comporte la preuve que le Prophète a épousé Zaynab par révélation et sans tuteur ni deux témoins.
Le récit : Au début, le Prophète a adopté Zayd, avant la descente de la ‘ayah de l’interdiction. On l’appelait Zayd fils de Mouhammad. Son épouse était Zaynab Bintou Jahch. Zayd l’a divorcée. Puis la ‘ayah de l’interdiction est descendue. On l’appela par la suite : Zayd fils de son père. Après cela, le Prophète r l’a épousée. Elle est la fille de sa tante paternelle.
14/
Parmi les conditions de la prière en assemblée, le ma’moum (celui qui prie en étant dirigé) met l’intention d’être dirigé, de faire la prière en assemblée et ce, lors de la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel ou après.
Il met cette intention lors de la parole de l’entrée en rituel pour la prière du vendredi, pour la prière répétée et pour le prière rassemblée à cause de la pluie. Pour ces trois prières, il est une condition de mettre l’intention d’être dirigé lors de la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel. Il en est de même pour la prière que la personne a fait le vœu d’accomplir en assemblée.
Mis à part ces quatre prières, il est une condition que l’intention ait lieu avant de commencer à suivre les mouvements de l’imam.
S’il l’a suivi sans avoir mis l’intention au prélable, sa prière n’est pas valable. C’est-à-dire que s’il attend longtemps l’imam et le suit.
Mais s’il l’attend longtemps sans le suivre, sa prière n’est pas annulée.
Si quelqu’un suit un autre sans avoir mis l’intention d’être dirigé par lui dans sa prière, et que délibérément, il attend qu’il s’incline pour s’incliner après lui, ou qu’il attend qu’il se prosterne pour se prosterner après lui comme s’il avait été dirigé par lui (ma’moum) alors qu’il ne l’est pas réellement, alors sa prière est annulée s’il l’a attendu longtemps.
Mais si cela s’est produit par coïncidence et qu’il l’a suivi sans que ce soit délibéré, sa prière n’est pas annulée.
Sa prière n’est pas annulée s’il le suit dans les paroles, sauf pour dire le salam.
De même, s’il l’a attendu longtemps sans le suivre dans ses mouvements, sa prière n’est pas annulée.
Et Allah sait plus que tout autre.
Ne pas perdre du temps / la télévision
Le blâme de perdre du temps face à la télévision
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordées à notre maître Mouhammad ainsi qu’à sa famille et ses compagnons.
D’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père, le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit à un homme en l’exhortant, ce qui signifie « Profite de cinq choses avant cinq autres : profite de ta vie avant ta mort, profite de ta bonne santé avant ta maladie, profite de ton temps libre avant d’être occupé, profite de ta jeunesse avant ta vieillesse et profite de ta richesse avant ta pauvreté » rapporté par Ahmad. Dans ce hadith, il y a une mise en garde contre le fait de perdre son temps en ce qui ne profite pas dans l’au-delà car celui qui ne fournit pas son effort pour obéir à Allah durant sa vie, il manquera beaucoup de biens et il gardera le regret. Celui qui ne fournit pas son effort quand il est jeune, il sera incapable après cela de faire beaucoup d’actes qui pourraient lui être utiles dans l’au-delà et il va le regretter. Il ne convient pas donc de s’occuper de loisirs, de jeux et de ne pas faire ce qui profite à la personne dans sa tombe ou dans son au-delà. Ceci est une grande perte que de perdre son temps face à la télévision et ce qui est du même ordre. Ce temps-là, ce qu’il consacre à la télé, s’il le consacrait à l’obéissance, à l’une des obéissances ou à une demande de pardon en faveur des parents ou à ceux qui les ont précédés parmi les ancêtres, cela serait un bon acte, un grand acte. Mais habituer les enfants à passer beaucoup de temps dans pareils loisirs, dans beaucoup de cas, la conséquence c’est que l’enfant, après la mort de son père et de sa mère va être occupé par cela au lieu d’occuper son temps par la demande du pardon en faveur de ses parents et autres de ceux qui ont précédé au barzakh. Et en agissant de la sorte, il se sera acquitté du droit que ses parents et ses proches ont sur lui. Ces gens-là auront habitué leurs enfants à délaisser ces bienfaits qu’ils pourraient obtenir après leur mort au lieu de les habituer à réciter le Qour’an et ce qui est du même ordre des choses qui leur sont utiles car ils auraient profité à eux-mêmes et à leur famille. Ce caractère, quel mauvais caractère, il convient de s’en protéger. Les parents et autres membres de la famille attendent des cadeaux qu’ils vont recevoir de leurs enfants et de leur famille, cadeaux qu’ils obtiendront grâce au istighfar, la demande de pardon et grâce aux récompenses de la récitation et ce qui est du même ordre. Eux, ils se languissent de cela. Si l’enfant était ainsi, il occupera son temps avec des chose sutiles, il va se consacrer totalement à la télévision et ce qui est du même ordre, il aura privé ses parents de ce de quoi ils se languiront. Ceci est une insouciance atroce. Les parents ne doivent pas habituer leurs enfants à se prolonger à passer du temps à regarder la télévision et l’internet sans utilité car sinon, ils vont priver leurs parents de récompenses après leur mort. L’enfant est-ce qu’il n’est dans ce bas monde uniquement pour avoir du loisir ? Quels mauvais parents et quels mauvais enfants, ceux dont c’est leur état. Le père qui délaisse ses enfants se noyer dans leur temps libre dans cela, quel mauvais état que l’état de ce père et quels mauvais enfants ceux dont il sera le père. On ne permet pas à l’enfant que d’une certaine part, de sorte que si l’enfant, il y a un mal qui est moins grave qu’un autre, le père et la mère après la mort, ils attendent des cadeaux de leurs enfants et des autres proches parents car c’est là-bas qu’ils connaîtront la valeur des cadeaux, les gens dans les tombes connaissent la valeur des cadeaux. Quels mauvais enfants que ceux qui passent leur temps depuis le début de la soirée jusqu’au sommeil à regarder la télévision, à ne pas se rappeler de sa famille qui est devenue des gens dans les tombes en leur envoyant des cadeaux. La plupart des gens éduque leurs enfants comme ils élèveraient des vaches. La vache, on espère en profiter, profiter de son lait et si c’est un mâle, ceux qui labourent la terre, ils en profiteront pour labourer leur terre, ceux-là également
Le début de la création
La louange est à Allah, Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih et par Al-Bayhaqiyy et Abou Dawoud que le Messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a reçu la visite d’un groupe du Yémen qui lui ont dit « Nous sommes venus apprendre cette Religion, alors enseigne nous comment ce monde a commencé. Le Prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « Kana l-Lahou wa lam yakoun chay’oun ghayrouhou wa kana ^archouhou ^ala l-ma’ wa kataba fi dh-dhikri koulla chay’in thoumma khalaqa s-samawati wa l-’ard ». Ce hadith veut dire que « Allah est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité et Son Trône était au-dessus de l’eau, Il a fait écrire sur la Table Préservée toutes choses puis Il a créé les cieux et la terre.
La démonstration que les causes ordinaires n’ont pas d’effet en réalité, et que Celui Qui crée l’effet en réalité, c’est Allaah
Al-Hakim dans son Tarikh [1] a dit : J’ai entendu Abou Zakariyya Yahya Ibnou Mouhammad Al-‘Anbariyy dire : J’ai entendu Abou ^Iça Ibnou Mouhammad Ibnou ^Iça At–Tahmaniyy Al-Marwarroudhiyy dire : « Certes, Allah tabaraka wa ta^ala manifeste ce qu’Il veut s’Il le veut comme signe [2] et leçons de morale au sein de Ses créatures. Il ajoute ainsi à l’Islam honneur et force et Il appuie ce qu’Il a révélé de guidée et de preuves claires. Il fait apparaître les preuves de la véracité de la prophétie et Il éclaire la signification du message. Il renforce les liens de l’Islam [3] et confirme les réalités de la foi à Ses saints, par une grâce accordée de Sa part, en prodiguant un surcroît de preuves en leur faveur et contre celui qui s’est entêté à ne pas Lui obéir et a délaissé la religion qu’Il agrée. Certes, celui qui ira à sa perte le sera après avoir eu les preuves et celui qui sera sauvé le sera après avoir eu les preuves. À Lui les louanges, il n’est de dieu que Lui, Celui Qui a les arguments majeurs, la gloire dominatrice et le mérite éclatant. Que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad, le Prophète de la miséricorde et le Messager de la bonne voie. À sa famille pure la préservation de ce qu’il craint pour elle et la miséricorde de Allah et Ses bénédictions.
Certes, voilà ce dont nous avons été témoin oculaire, ce que nous avons vu à notre époque et dont nous nous sommes assurés. Ceci a fait accroître notre certitude dans notre religion et notre foi en la vérité avec laquelle est venu notre Prophète r et à laquelle il a appelé et a incité concernant le jihad et le mérite des martyrs et ce qu’il a porté à notre connaissance de la part de Allah ^azza wa jall à leur propos. Allah jalla thana‘ouh dit :
[وَلاَ تَحْسَبَنَّ الَّذِينَ قُتِلُوا ِفي سَبِيلِ اللهِ أَمْوَاتاً بَلْ أَحْيَاءٌ عِنْدَ رَبِّهِمْ يُرْزَقُونَ فَرِحِينَ] [4]
(wa la tahçabanna l-ladhina qoutilou fi sabili l-Lahi ‘amwatan bal ‘ahya’oun ^inda rabbihim yourzaqouna farihin) ce qui signifie : « Ne crois pas que ceux qui ont été tués dans la voie que Allah agrée sont morts actuellement. Ils sont vivants : leurs âmes sont en un lieu honoré par Allah, ils sont pourvus et sont heureux ». J’ai traversé en l’an deux cent trente huit l’une des villes de Khouwarizm qui s’appelle Hazarasb, elle se trouve à l’ouest de la rivière Jayhoun [5]. Elle est à une distance d’une demi-journée de la grande ville. On m’avait informé qu’il s’y trouvait une femme, veuve d’un martyr, qui avait vu dans le rêve qu’elle avait été comme nourrie de quelque chose. Depuis, elle ne mangeait plus rien et ne buvait plus rien depuis le règne de Abou l-^Abbas Ibnou Tahir le gouverneur de Khouraçan qui était mort depuis huit ans, que Allah l’agrée. Ensuite, je suis passé par cette ville en l’an deux cent quarante deux, je l’ai vue à cette occasion et elle m’a raconté son histoire mais je ne me suis pas informé davantage en raison de mon jeune âge. Par la suite, je suis retourné à Khouwarizm à la fin de l’an deux cent cinquante deux et je l’ai vue encore vivante. J’ai aussi constaté que son histoire s’était répandue et était très connue. Cette ville est sur le chemin des caravanes et nombreux étaient ceux qui y descendaient. Lorsqu’ils entendaient son histoire, ils voulaient la voir. Pas un homme, une femme ou un enfant qu’ils interrogeaient à son sujet qui ne la connût et ne la leur montrât. Lorsque je suis parvenu dans cette région, j’ai demandé à la voir. J’ai su qu’elle s’était absentée, à plusieurs farsakh de là. J’ai suivi sa trace de village en village et je l’ai rejointe entre deux villages, elle marchait d’un bon pas. C’était une femme d’âge moyen, de grande taille, en bonne santé, les joues colorées, intelligente. Elle m’a accompagné à pied alors que j’étais sur ma monture. Je lui ai proposé une monture mais elle ne l’a pas montée et elle a marché avec moi vigoureusement.
Auparavant, certains commerçants et autres grands agriculteurs avaient assisté à mes assemblées. Parmi eux, il y avait un faqih nommé Mouhammad Ibnou Hamdawayh Al-Harithiyy, Mouça Ibnou Haroun Al-Bazzar à Makkah a écrit à son propos : « Un homme mûr, persévérant dans l’accomplissement des adorations et rapportant le hadith ». Il y avait aussi un jeune homme de bien appelé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman qui jugeait entre les plaignants de sa région. Je les avais interrogés sur cette femme. Ils ont fait son éloge et ont dit du bien d’elle. Ils ont dit que son cas était clair pour eux, il n’y avait pas de divergence entre eux à son sujet. Celui qui s’appelle ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman a dit : « J’entends son histoire depuis mon jeune âge. J’ai grandi et les gens se transmettaient son histoire. Je me suis dégagé de mes occupations et j’ai entrepris des recherches à son sujet. Je n’ai vu d’elle que du bien. Je n’ai pas trouvé de mensonge dans ce qu’elle disait, ni de ruse pour frauder ». Il a aussi cité que des gens parmi ceux que le Sultan avait délégués dans les alentours de Khouwarizm l’avaient retenue enfermée par le passé un, deux mois et plus dans une maison. Ils fermaient les issues et chargeaient quelqu’un de la surveiller. Ils ne la voyaient ni manger, ni boire et ne trouvaient avec elle ni traces d’urine, ni de selles. Ils avaient dès lors agit en bien avec elle, lui donnant des vêtements et l’avaient relâchée. Lorsque tous les gens du pays l’ont crue, je lui ai demandé de me raconter son histoire. Je lui ai demandé son nom et toute son affaire.
Elle a dit que son nom est Rahmah Bintou ‘Ibrahim. Elle avait un époux menuisier et pauvre. Sa subsistance lui provenait du travail de ses mains au jour le jour. Il n’avait pas plus que ce qui suffisait pour la subsistance de sa famille. Elle lui avait donné plusieurs enfants. Al-‘Aqta^, le roi des mécréants était venu un jour jusqu’au village. Il avait traversé la rivière lorsqu’elle était gelée à la tête d’environ trois mille cavaliers. Les gens de Khouwarizm l’appellent Kasra. Abou l-^Abbas a dit : cet homme, Al-‘Aqta^, était un mécréant, perpétrant de grandes injustices, il avait beaucoup d’animosité envers les musulmans. Il avait fait beaucoup de mal aux habitants des régions frontalières avec les mécréants. Il avait harcelé les gens de Khouwarizm par les captures, les tueries et les attaques. Les gouverneurs de Khouraçan le traitaient avec une certaine délicatesse, lui et ses semblables, les notables parmi les non-arabes, pour faire cesser leurs attaques contre les sujets et empêcher de faire couler le sang des musulmans. Ils envoyaient donc à chacun d’eux des biens, de nombreux présents et différentes sortes de vêtements prestigieux. Mais ce mécréant, une année, fut mécontent de la part du Sultan. Je n’en connais pas la raison, était-ce parce qu’il avait trouvé que les cadeaux tardaient à venir ou parce qu’il avait trouvé que ce qu’on lui avait offert avait moins de valeur que ce qu’on avait offert à d’autres rois parmi ses semblables. Il est alors venu avec ses soldats et a barré les routes. Il a ravagé, corrompu, tué et mutilé les cadavres. Les cavaleries de Khouwarizm n’ont pas pu le contenir. La nouvelle de ses agissements parvint à Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il a levé contre lui quatre chefs d’armées : Tahir Ibnou ‘Ibrahim Ibnou Malik, Ya^qoub Ibnou Mansour Ibnou Talhah, Mikal Mawla Tahir et Haroun Al-^Arid.
Il a aussi fourni le pays en soldats et en armes qu’il a placés aux quatre coins du pays, chacun dans un quart. Ils ont réussi à protéger les femmes et les enfants par la volonté de Allah ta^ala. Cependant, le fleuve Jayhoun qui se trouve en amont de la rivière Balkh a gelé lorsque le froid s’est accru. Ce fleuve est très grand et sa crue est dévastatrice et très étendue. Lorsqu’il s’élargit, sa largeur atteint environ un farsakh et lorsqu’il gèle, il devient ferme. On ne peut atteindre l’eau que si on creuse, comme on creuserait les puits dans la roche. J’ai vu l’épaisseur de la glace atteindre dix empans. On m’a informé que dans le passé, elle dépassait vingt empans. Et lorsqu’il gèle, la glace sert de pont aux gens du pays de sorte que les soldats, les chariots et les caravanes peuvent circuler dessus. La liaison se fait entre les deux berges. Cette situation peut durer cent vingt jours et si une année, le froid est moins rude, cela dure de soixante-dix jours à trois mois.
La femme a dit : le mécréant traversa avec ses cavaliers jusqu’aux portes de la forteresse. Les gens s’étaient barricadés et avaient rassemblé leurs biens. Ils emmenèrent les musulmans et leur firent du mal. Les gens de la région furent pris à l’intérieur et voulurent sortir. Le chargé du gouverneur les empêcha de sortir tant que les renforts du Sultan n’étaient pas encore parvenus jusqu’à eux et que les volontaires n’étaient pas arrivés. Un groupe de jeunes gens et d‘hommes jeunes s’avancèrent et se rapprochèrent des remparts avec ce qu’ils avaient pu prendre d’armes. Lorsqu’ils se retrouvèrent à l’extérieur, les mécréants les attaquèrent et les musulmans se regroupèrent dans un petit bois. Ils s’y protégèrent et prirent une barricade derrière laquelle ils combattirent. Ils se retrouvèrent ainsi isolés de la forteresse et les renforts étaient encore loin. Ils combattirent de toutes leurs forces et ne lâchèrent pas jusqu’à ce que cordes et arcs fussent cassés. Ils furent atteints par la fatigue, la faim et la soif. La plupart d’entre eux furent tués et le restant atteints de graves blessures. À la tombée de la nuit, les deux groupes se séparèrent.
La femme a dit : Les feux avaient été allumés en signal du haut des tours dès que le mécréant avait traversé. La nouvelle était alors arrivée à Al-Jourjaniyyah qui est une ville immense à l’extrémité de Khouwarizm. Mikal Mawla Tahir y campait avec son armée. Il avait alors accouru en renfort par égard à l’émir Abou l-^Abbas ^Abdou l-Lah Ibnou Tahir, que Allah lui fasse miséricorde. Il avait parcouru jusqu’à Hazarasb, en un jour et une nuit, quarante farsakh des farsakh de Khouwarizm qui valent beaucoup plus que les farsakh de Khouraçan. Les mécréants s’apprêtaient à en finir avec les gens du bois. C’est alors qu’ils ont vu s’élever les drapeaux noirs et ont entendu le bruit des tambours. Ils ont alors fuit et laissé ces gens-là. Mikal est alors arrivé sur le lieu de la bataille, il enterra les morts et transporta les blessés.
La femme a dit : cette après-midi là, on amena à la forteresse environ quatre cents morts. Il n’y eut pas une maison à laquelle on ne portât un tué. La catastrophe était générale et toute la région était en pleurs. Elle a dit : mon époux fut déposé chez moi, tué. J’ai pleuré et ressenti une extrême tristesse telle que ressent la jeune femme pour la perte de son mari, le père de ses enfants, et nous avions des enfants. Elle a dit : les femmes de mes proches et des voisines se sont réunies pour m’aider à supporter ma tristesse. Les enfants étaient venus, ils étaient jeunes, ils ne réalisaient pas ce qui était arrivé. Ils demandaient du pain et je n’en avais pas. Je me suis sentie gênée. C’est alors que j’ai entendu l’appel à la prière du maghrib. Je me suis alors levée pour la prière et j’ai accompli ce que mon Seigneur m’ordonne. Je me suis prosternée et j’ai invoqué et j’ai supplié Allah ta^ala et je lui ai demandé qu’Il m’accorde la patience et qu’Il subvienne aux besoins de mes enfants orphelins. Le sommeil m’a prise dans ma prosternation et je me suis vue comme si j’étais sur une terre très belle, rocheuse et je cherchais mon mari. Un homme m’a alors appelée : où vas-tu femme libre ? Je lui ai répondu : je cherche mon mari. Il m’a dit : prends à droite. J’eus alors devant moi une terre étendue, bien arrosée, verdoyante. Je vis des palais et des édifices que je ne pourrais décrire. Je n’ai jamais rien vu de semblable. Il y avait aussi des rivières qui coulaient sur la surface du sol, sans lit profond ni berges. Je suis arrivée auprès de gens assis en ronds, habillés de vêtements verts, la lumière rayonnant d’eux. Ils étaient ceux qui avaient été tués dans la bataille, en train de manger autour de plats servis à portée de mains. Je me suis mise à marcher parmi eux, à les dévisager pour trouver mon mari. C’est lui qui m’aperçut. Il m’a appelée : Rahmah ! J’ai suivi la provenance de la voix et je l’ai trouvé dans le même état que les autres martyrs que j’avais vus : son visage était comme la lune une nuit de pleine lune. Il mangeait avec des compagnons à lui qui s’étaient faits tués ce jour-là avec lui. Il a dit à ses compagnons : cette pauvre femme est affamée depuis ce jour, est-ce que vous permettez que je lui donne quelque chose à manger ? Ils l’ont autorisé. Il m’a donné un morceau de pain. Elle a dit : et je savais à cet instant que c’était du pain mais je ne savais pas comment il avait été préparé. Il était plus blanc que la neige et le lait et plus sucré que le miel et le sucre et plus tendre que le beurre et le saman [6]. Je l’ai mangé. Lorsqu’il parvint dans mon estomac, il m’a dit : va, Allah te suffit à ta nourriture et à ta boisson tant que tu seras encore vivante dans le bas-monde. Je me suis alors réveillée de mon sommeil, rassasiée, sans soif, je n’avais pas besoin de nourriture ni de boisson. Je ne les ai plus goûtés depuis ce jour-là et jusqu’à aujourd’hui, pas une seule chose que les gens consomment.
Abou l-^Abbas a dit : et elle venait à nous alors que nous mangions, elle se mettait de côté et se bouchait le nez en disant que l’odeur de la nourriture la gênait. Je lui ai demandé : est-ce que tu manges quelque chose ou tu bois autre chose que de l’eau ? Elle a dit : non. Je lui ai demandé : est-ce qu’il sort de toi des gaz ou autre, comme il en sort des gens ? Elle a dit : rien ne sort depuis cette époque. Je lui dit alors : et les menstrues ? Je pense qu’elle a dit : elles se sont arrêtées avec l’arrêt de la nourriture. Je lui ai dit : n’éprouves-tu pas le besoin qu’ont les femmes pour les hommes ? Elle a dit : n’as-tu pas honte de me poser pareille question ? Je lui dit alors : peut-être parlerai-je aux gens de toi, il est indispensable que je demande. Elle a dit : je n’ai pas de besoin. Je lui ai dit : est-ce que tu dors ? Elle a dit : oui, du meilleur des sommeils. Je lui ai dit : que vois-tu dans ton sommeil ? Elle a dit : comme ce que vous voyez. Je lui ai dit : éprouves-tu de la gêne à cause de la perte de la nourriture ? Elle a dit : je n’ai pas ressenti de faim depuis que j’ai mangé de cette nourriture. Elle acceptait l’aumône. Je lui ai dit : que fais-tu avec ? Elle a dit : je m’habille et j’habille mes enfants. Je lui ai dit : ressens-tu le froid, es-tu affectée par la chaleur ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : éprouves-tu de la fatigue lorsque tu marches ? Elle a dit : oui, ne suis-je pas un être humain ?! Je lui ai dit : fais-tu le woudou’ pour la prière ? Elle a dit : oui. Je lui ai dit : pourquoi ? Elle a dit : les savants me l’ont ordonné. Je me suis dit : ils lui ont donné l’avis de jurisprudence d’après le hadith :
(( لاَ وُضُوءَ إِلاَّ مِنْ حَدَثٍ أَوْ نَوْمٍ ))
(la woudou‘a ‘il-la min hadathin ‘aw nawm) qui signifie : « Pas de woudou’ sinon à la suite d’un hadath ou d’un sommeil ». Elle m’a dit que son ventre collait à son dos. J’ai alors demandé à l’une de nos femmes qui a ainsi regardé –c’est-à-dire ailleurs que la zone de pudeur–. Elle a trouvé que son ventre était comme elle l’avait décrit. Elle avait pris un sac, l’avait bourré de coton et le tenait sur son ventre pour que son dos ne se casse pas lorsqu’elle marche. Ensuite, j’allais et venais à Hazarasb tous les deux ou trois ans et je la trouvais. Je lui posais à nouveau les mêmes questions. Elle n’ajoutait rien ni ne diminuait. J’ai parlé d’elle à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman le Faqih. Il a dit : j’ai entendu ces paroles depuis mon plus jeune âge. Je n’ai trouvé personne qui l’ait accusée de mensonge ou qui prétende qu’il a entendu qu’elle mange ou qu’elle boit ou qu’elle va aux toilettes ». Fin de citation.
Cette histoire montre qu’il n’y a pas de lien obligatoire selon la raison entre l’absence de nourriture et la maladie, la perte de la santé et la dégradation physique. De même pour toutes les causes ordinaires, il est valable selon la raison que leurs conséquences ne se produisent pas. Et elle montre que les choses sont selon la volonté de Allah ta^ala et que les martyrs ont une vie dans le temps qui sépare la mort de la résurrection [7]. Il est exempt d’imperfection Celui Qui est tout-puissant sur toute chose.
[1] C’est-à-dire Al-Hakim l’auteur de Al-Moustadrak à propos de l’histoire de Nayçabour.
[2] Comme « ‘ayah » c’est-à-dire comme signes qui indiquent la véracité de l’Islam et « comme leçons de morale » c’est-à-dire dont on comprend la force de la croyance en l’Islam.
[3] Tels les nœuds d’une corde.
[4] [souratou ‘Ali ^Imran / 169]
[5] L’Amoudaria
[6] le beurre de conserve fondu
[7] Cette période s’appelle le barzakh.
Le décès du Prophète : La barakah des mains du Prophète
La dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit que lorsque le messager de Allah se plaignait d’une maladie, il récitait les mou^awwidhat (Qoul a^oudhou bi rabbi l-falaq – Qoul a^oudhou bi rabbi n-nas) et soufflait d’une manière particulière. En arabe, on appelle ce souffle particulier an-nafth : il s’agit de souffler doucement sans émettre de salive. Ainsi, il récitait les mou^awwidhat, faisait an-nafth dans ses mains, s’essuyait le corps, et les passait sur la partie qui lui faisait mal. Elle dit que lorsque le prophète se plaignit de la maladie de sa mort, ce fut elle qui récita les mou^awwidhat, et souffla sur le prophète. Par contre, elle passa sa main à lui sur son corps Salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Ainsi, faisait-elle la même chose que le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Dans la version rapportée par Malik elle agissait de telle manière en espérant la barakah de la main du prophète.
Dans une autre version de Mouslim, encore, elle disait qu’elle prenait la main du prophète pour la passer le long de son corps salla L-lahou ^alayhi wa sallam car elle comprenait plus de barakah que sa main à elle.
Information utile au sujet du Tabarrouk par le Prophète éminent Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Le messager de Allah est tout entier bénédiction (barakah). En effet, tout comme le disent les illustres savants, on peut rechercher les bénédictions avec toutes les parties de son corps. D’ailleurs, ses bénédictions sur sa communauté furent très nombreuses durant sa vie et elles le sont encore après sa mort.
Ainsi, fut-il confirmé que les compagnons du prophète recherchaient la barakah et pratiquaient le tabarrouk, par le prophète durant sa vie et après sa mort. Aussi, le prophète élu avait-il distribué ses cheveux et ses ongles parmi ses compagnons en premier lieu pour la pratique du tabarrouk, après sa mort. Il fit également cela afin que cette bénédiction reste parmi eux durant leur vie et pour garder un souvenir à travers les époques. Ceux à qui Allah a accordé le bienfait d’imiter les compagnons en cela, pratiquèrent également le tabarrouk. Ils recherchèrent ainsi les bénédictions par les traces physiques du prophète.
Cette pratique fut transmise de génération à génération, les khalaf la prenant des salaf jusqu’à nos jours où les gens pratiquent le tabarrouk.
Il n’y a que celui dont Allah a aveuglé le cœur qui renierait cette bonne pratique et croirait qu’il s’agit d’un mal. Celui-là refusera la barakah de son corps et ses membres salla –L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa vie et après sa mort.
Et quels beaux vers furent ceux composés au sujet du cheveu du Prophète élu salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
C’est du cheveu de l’élu qu’émane cette bonne odeur
Et de son arôme se sont embaumées les senteurs
Alors, fais ta demande au Seigneur par son secret
Sans doute, seras-tu, par ce cheveu, exhaussé
Le Cheveu du Prophète élu Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
O cheveu de Ahmad parfume-nous
Par les brises de tes senteurs
Le dernier jour de la vie du prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Le compagnon honorable ‘Anas fils de Malik qui était aussi le serviteur du messager de Allah dit : « Le lundi durant lequel le Prophète allait mourir, les musulmans ont accomplit la prière du soubh dirigés par Abou bakr As-Siddiq. Tandis qu’ils remplissaient ce devoir, le prophète a écarté le rideau séparant la maison de ^A’ichah de la mosquée afin de voir ce qui s’y passait. Il a ainsi vu les musulmans dans leur prière dirigés par notre maître Abou bakr et a souri [en signe de satisfaction]. Quand il l’avait vu, Abou bakr s’est apprêté à reculer pour se mettre en rang avec les autres personnes. En effet, il pensait que le messager de Allah voulait sortir pour accomplir la prière. Et les musulmans qui faisaient la prière derrière Abou bakr ont également montré des signes de joie [pensant que le prophète allait sortir pour les diriger]. Alors, le messager leur a fait signe de la main de poursuivre leur prière, il est retourné dans la maison de ^A’ichah et a remis le voile de sorte que les gens de l’extérieur ne le voyaient plus. Il est décédé ce jour là». Rapporté par Al-Boukhariyy.
Dans une autre version ‘Anas Ibnou Malik dit « C’était le lundi au cours duquel le messager de Allah Salla L-lahou ^alayhi wa sallam décéda : pendant que les compagnons sortaient accomplir la prière de as-soubh, le Messager de Allah leva le rideau, ouvrit la porte de la maison de ^A’ichah et se tint à son niveau. Les musulmans manifestèrent alors leur grande joie. Mais le messager leur fit signe de poursuivre leur prière et sourit». ‘Anas poursuivit en disant : « je n’avais pas vu le messager de Allah dans un meilleur aspect que ce moment là ». En effet, cela se produisit durant la maladie du prophète précédant sa mort. Et quand il vit ses compagnons accomplir la prière malgré son absence il manifesta sa joie. ‘Anas dit : « le prophète retourna chez lui tandis que les gens pensaient qu‘il fut guéri de sa maladie. C’est ainsi que Abou Bakr rentra parmi les siens au S-soubh. [il s’agit de l’une des habitations de banou l-harith se trouvant au nord-nord-est de la mosquée du Prophète honorée.] »
Quant aux conditions de son décès, la dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète dit : « Parmi les grâces que Allah m’a accordé : le fait que le messager de Allah soit mort chez moi, durant mon tour , la tête sur mon épaule ». La dame ^A’ichah que Allah l’agrée poursuivit : « ^Abdou r-Rahman est entré chez moi avec un siwak à la main alors que le messager de Allah était appuyé contre moi. Je l’ai vu regardant le siwak [le prophète regardait le siwak] et j’ai su qu’il l’aimait »
^A’ichah dit au prophète : « tu veux que je te le ramène ? », il acquiesça de la tête. Elle dit : « je le lui ai mis dans la main. Mais comme il était un peu dur, je lui ai demandé : Est ce que tu veux que je le rende plus souple ? Il a à nouveau fait signe de la tête pour acquiescer». ^A’ichah poursuivit : « je l’ai assoupli un peu, alors le prophète l’a utilisé. Il avait également à côté de lui un récipient d’eau dans lequel il mettait ses mains et s’essuyait le visage en disant :
((لاإله إلاّ الله إن للموتِ سَكَرَاتٍ))
« la ilaha il-la l-Lah, inna li l-mawti sakarat », ce qui signifie : « il n’est de Dieu que Allah, certes la mort est douloureuse » aussi :
((اللهم أعني على سكرات الموت))
« Allahoumma ‘a^inniy ^ala sakarati l-mawt » ce qui signifie : « O Allah aide moi à supporter les douleurs de la mort » et il tendait sa main en disant :
((في الرَّفيقِ الأعلى))
« fi r-rafiqi l-‘a^la » [c’est à dire Jibril et Mika’il] jusqu’à ce qu’il meurt et que son âme honorée soit retirée ».
La dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « j’ai entendu le prophète dire avant qu’il ne meurt, le dos appuyé contre moi:
((اللّهم اغفر لي و ارحمني و ألحقني بالرَّفيقِ))
« Allahoumma ghfir li wa r-rhamni wa alhiqni bi r-rafiq » Ce qui signifie : « … » »
Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Note : Quand nous disons « ighfir li » cela signifie que nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés. Par contre, pour le Prophète cela peut signifier d’augmenter en degré et de faire miséricorde.
Toujours, d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée : « j’entendais qu’il n’y avait pas un Prophète qui mourrait sans qu’avant, il ne lui soit donné à choisir entre le bas-monde et l’Au-delà. J’ai aussi entendu le Prophète dire durant la maladie précédant sa mort alors qu’il était pris d’un enrouement :
((مَعَ الَّذِين أَنْعَمَ الله عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّنَ وَ الصِّدِّقِينَ وَ الشُّهَدَاءِ وَ الصَّالٍحِينَ وَ حَسُنَ أُولئكَ رَفيقًا))
« ma^a L-ladhina an^ama L-lahou ^alayhim mina n-nabiy-yina wa s-sid-diqina wa ch-chouhada’i wa s-salihin wa hassouna ‘oula’ika rafiqa » [Sourate an-nissa’ / Verset 69].
J’ai alors pensé qu’il lui avait été donné à choisir [entre le bas-monde et l’au-delà] ». Rapporté par Al-Boukhariy et Mouslim.
Dans une autre version jugée sahih par Ibnou Hibban le Prophète dit :
((أسأل الله الرّفيق الأعلى الأسعد مع جبريل و ميكائيل و إسرافيل))
« as-‘alou L-laha r-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad ma^a Jibril wa Mika’il wa israfil ».
ce qui signifie : « je demande à Allah ar-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad auprès de de Jibril, Mika’il et ‘Israfil ».
Information utile : D’une part, l’expression ar-rafiqa l-‘a^la veut dire Jibril et Mika’il, ce sont deux anges et non pas Allah car on ne L’appelle pas par « ar-rafiqou l-‘a^la ». Et c’est le messager de Allah lui-même qui expliqua cette expression « ar-rafiqou l-‘a^la » par Jibril et Mika’il.
D’autre part, certains ignorants pensent à tort que « ar-rafiqou l-‘a^la » veut dire Allah, ce qui est faux. Et si ces gens comprennent de cette expression la compagnie c’est de la mécréance car on ne qualifie pas Allah par les caractéristiques des créatures et la compagnie ou l’amitié est une caractéristique des créatures. Par contre, s’ils en comprennent que Allah est Miséricordieux, il n’y a pas de mécréance.
Par ailleurs, on ne dit pas que Jibril ne descend plus sur terre après la mort du prophète. En effet, certains prétendent – toujours à tort – que Jibril aurait dit au Prophète avant son décès que c’était la dernière fois qu’il irait sur terre. Jibril peut aller chez certains saints, non pas pour la révélation mais pour leur apporter du renfort, des bénédictions et pour les encourager aux actes d’adoration. Si Jibril vient à quelqu’un pour la révélation c’est uniquement aux prophètes et non pas aux saints.
Lorsque le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam mourut et que sa fille Fatimah az-zahrah, la mère de Al-Haçan et Al-Houçayn le sut, le cœur lourd et triste, elle dit que Allah l’agrée : « O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril… ».
Notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib dit : « lorsque le messager de Allah a été enterré, sa fille Fatimah s’est tenue devant sa tombe, elle a pris une poignée de la terre dans laquelle a été enterré le prophète, l’a mise sur ses yeux en pleurant et a composé ce poème [qui signifie] :
« A celui qui un jour s’est embaumé
de la terre où ‘Ahmad est enterré,
Il n’aura rien perdu si de sa vie
il n’a senti les meilleurs des parfums.
Sa mort est pour moi cette catastrophe
Qui transformerait les jours en nuits»
Rapporté par Ibnou ^Açakir dans At-Touhfah.
Information utile : la meilleure femme de toute l’humanité est Maryam fille de ^Imran, la mère de notre maître ^Iça Al-Macih, le prophète. Après elle, vient Fatimah, la fille de notre maître Mouhammad, ensuite, Khadijah, la fille de Khouwaylid, l’épouse du prophète ensuite ‘Asiyah fille de Mouzahim, la femme de pharaon enfin, la dame honorée ^A’ichah, la fille de Abou bakr As-Siddiq, l’épouse du prophète, que Allah les agrée toutes.
Abou Sa^id – d’après ce que rapporta Al-Bazzar- dit : « nous avions à peine terminé l’enterrement du prophète que nous avions trouvé que nos cœurs commençaient à changer » c’est à dire leurs sentiments d’amour, de pureté, de douceur, acquis auparavant grâce aux enseignements et à l’éducation du messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
La durée de sa maladie salla L-lahou ^alayhi wa sallam, la période de sa mort et son âge à son décès
Les savants divergèrent quant à la durée de la maladie du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. La plupart dirent qu‘elle s’étendit treize jours.
Sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam eut lieu durant le temps du douha , le lundi 12 de rabi^ou l-‘awwal.
En effet, la dame honorable ^A’ichah, l’une des épouses les plus aimées du prophète, et la femme la plus savante de cette communauté dit : « le prophète est mort alors qu’il avait 63 ans », rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux confirma cela d’après ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy.
Les condoléances de Al-khadir ^alayhi s-salam suite à la mort du Messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam
La famille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam étaient catastrophés suite à sa mort ; ils furent profondément touchés et eurent le cœur alourdi par la tristesse de sa perte.
Il a été rapporté que les membres de la famille du Prophète entendirent, à sa mort, une personne dire : « Assalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh O Ahlou lbayt , Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent lors des catastrophes ou à la perte d’un bien ou d’une personne alors, patientez et tirez les leçons de cette épreuve. Certes, Allah récompense les patients et nous nous fions à Lui. »
Et ils virent que l’orateur était Al-khadir ^alayhi ssalam.
Dans une autre version : Ils entendirent une voix sans distinguer la personne dire : « Assalamou^alaykoum O Ahlou lbayt wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh :
((كُلُّ نَفْسٍ ذائِقَةُ المَوت وَ إنَّمَا تُوَفَّونَ أُجُورَكُم يَوْمَ القِيَامَةِ))
« koullou nafsin dha’iqatou l-mawti wa innama touwaf-fawna ‘oujourakoum yawma l-qiyamati » [Sourate ‘Ali^imran / Verset 185]
Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent suite à une catastrophe ou à la perte de quelqu’un ou d’un bien, alors fiez-vous à Lui. L’éprouvé réellement est celui qui est privé de récompenses wa ssalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lah ».
Ce qu’a laissé le prophète le jour de son décès
D’après ^Amr Ibnou l-Harith: « le messager de Allah n’a pas laissé d’héritage. Il n’a laissé ni dinar ni dirham , ni esclave homme serait-il ou femme. Il a laissé uniquement la mule blanche qu’il montait, son arme et une terre qu’il avait dédiée en aumône aux voyageurs » Rapporté par Al-Boukhariyy.
La Dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « Le messager de Allah est décédé alors que son bouclier était hypothéqué chez un juif contre trente sa^ d’orge »
Les recommandations du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie
Tout d’abord, il est à savoir que toutes les paroles du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam sont riches en leçons, en exhortations et en utilités. Toutefois, durant la maladie précédent sa mort, il appuya sur certains conseils et recommandations particuliers. Il donna ces conseils alors qu’il était proche de l’Au-delà et encore plus éloigné du bas-monde allant à sa perte. Nous en citons, ainsi, certains à titre d’exhortation :
• La recommandation en faveur des partisans (les ‘Ansar) :
D’après Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père : « le messager de Allah était sorti lors de la maladie précédant sa mort et il portait un drap par-dessus ses habits [une sorte de cape posée sur ses épaules] et il avait une bande autour de la tête de couleur foncée virant vers le noir. Il s’assit sur le mimbar – et ce fut sa dernière assemblée qu’il a tint dessus- il loua Allah ta^ala et il Le remercia puis, dit :
((أمَّا بَعْدُ، أَيُّهَا النَّاسُ فَّإنَّ النّاسَ يَكثُرُون و تَقِلُّ الأنصَارُ حتَّى يَكُونُوا كَالمِلْحِ فِي الطَّعَامِ فمَنْ وَلِيَ مِنْكُمْ أَمْرًا يَضُرُّ فِيهِ أَحَدًا أَوْ يَنفَعُهُ فَليَقبَل مِنْ مُحْسِنِهِم وَ يَتَجَاوَزْ عَنْ مُسِيئِهِمْ))
“‘am-ma ba^dou, ‘ay-youha n-nas fa’inna n-nasa yakthouroun wa taqil-lou l-‘ansar hat-ta yakounou kal-milhi fi t-ta^am, faman waliya minkoum ‘amran yadourrou fihi ‘ahadan ‘aw yanfa^ouhou falyaqbal min mouhsinihim wa yatajawaz ^an mousi’ihim”
Rapporté par Al-Boukhariy.
ce qui signifie : « O vous les gens, les gens deviendront très nombreux et le nombre des ‘Ansar diminuera. Ainsi seront-ils comme le sel dans la nourriture. Alors, que celui d’entre vous qui assume une responsabilité soit indulgent envers eux » c’est à dire qu’il accepte ce qu’ils font comme bien et qu’il excuse ce qu’ils font comme mal.
Cette recommandation de la part du messager éminent indique le grand mérite des ‘Ansar, c’est-à-dire les habitants originaux de Médine l’illuminée. En effet, ils furent ceux qui soutinrent le prophète et son appel à l’Islam. Ce furent également eux qui abritèrent les émigrants (al-mouhajjiroun) et aidèrent et appuyèrent l’appel du prophète.
Cette recommandation indique le comportement d’excellence du prophète ; il répondit ainsi à la bienfaisance par la bienfaisance en recommandant le bon agissement envers eux.
De cette façon, le prophète nous apprit la reconnaissance, c’est-à-dire, le fait de rétribuer en bien celui qui agit en bien envers nous – même si ce bien semble négligeable – et de répondre à la bienfaisance par la bienfaisance. Que Allah rétribue notre prophète Mouhammad pour sa communauté du meilleur, pour tout ce qu’il a donné comme conseils et recommandations, comme science et bonne guidée. C’est donc à nous d’être reconnaissant envers notre prophète.
Parmi les recommandations du messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il y a ce qui fut rapporté de Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père: « Durant la maladie précédant sa mort, le messager de Allah a écarté le rideau alors que les gens étaient en rangs derrière Abou bakr. Et il a dit:
((أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّهُ لَمْ يَبْقَ مِنْ مُبْشِّرَاتِ النُّبُوَّةِ إِلَّا الرُّؤْيَا الصَّالِحَةُ يَرَاهَا المُسْلِمُ أَوْ تُرَى لَهُ، أَلَا وَ إِنِّي نُهِيتُ أَنْ أَقْرَأَ القُرْءَانَ رَاكِعًا أَوْ سَاجِدًا فَأمَّا الرُّكُوعُ فَعَظِّمُوا فِيهِ الرَّبَّ عَزَّ وَ جَلَّ وَ أَمَّا السُّجُودُ فَاجْتَهِدُوا فِي الدُّعَاءِ فَقَمِنٌ أَنْ يُسْتَجَابَ لَكُمْ))
« ay-youha n-nasou, in-nahou lam yabqa min moubach-chirati n-noubouw-wati il-la r-rou’ya s-salihatou, yaraha l-mouslimou ‘aw toura lahou, ala wa in-ni nouhitou an ‘aqra’a l-Qour’ana raki^an ‘aw sajidan, fa’am-ma r-roukou^ou fa^adh-dhimou fihi r-rab-ba ^az-za wa jal-la wa ‘am-ma s-soujoudou fajtahidou fi d-dou^a’i faqaminoun ‘an youstajaba lakoum »
ce qui signifie :
« Ô vous les gens, s’il n’y a plus de révélation, il reste les annonces de bonnes nouvelles qui proviennent du musulman ou d’un autre à son sujet [c’est à dire le beau rêve que fait le musulman ou que l’on fait à son sujet]. Et je ne récite pas le Qour’an quand je suis en inclination ni en prosternation. Lorsque vous êtes en inclination glorifiez le Seigneur ^azza wajal et lorsque vous êtes en prosternation faites beaucoup d’invocations, elles seront sans doutes exaucées ». Rapporté par Mouslim.
• La recommandation concernant la prière et les droits des esclaves :
^Aliyy Ibnou Abi Talib que Allah l’agrée dit : « la dernière parole du prophète fut
((الصَّلاَةُ و مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ))
« As-salatou wa ma malakate ‘aymanoukoum »
ce qui signifie : « je vous recommande la prière et les esclaves que vous possédez » Rapporté par Ibnou Majah
Il fut également rapporté de Oum-mou salamah, la mère des croyants, l’épouse du Prophète qu’ « il répétait cela jusqu’à ce que son âme lui soit retirée », rapporté par Ibnou Majah.
Et d’après Anas ibnou Malik le serviteur du Messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam : « la plupart des conseils du Prophète juste avant sa mort étaient la prière et les esclaves » Rapporté par Ibnou Majah.
La signification de la recommandation du messager de Allah au sujet de laquelle il insista fortement est l’incitation à ne pas négliger la prière, persévérer à l’accomplir comme Allah nous l’a ordonné, et ne surtout pas y manquer. Quant aux droits des esclaves, le Prophète a également incité à les respecter du fait des lois particulières qui existent dans la religion à leur sujet.
Information utile concernant les cinq prières :
D’après ce qui est parvenu du prophète éminent au sujet du mérite de la prière, il y a le hadith :
((خمس صلوات كتبهن الله على العباد من أتى بهن بتمامهن كان له عهد عند الله أن يدخله الجنة و من لم يأت بهنَّ فليس له عند الله عهد أن يدخله الجنة إن شاء عذبه و إن شاء أدخله الجنة))
« khamsou salawatin katabahounna L-lahou ^ala l-^ibadi, man ‘ata bihinna bitamamihinna kana lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah wa man lam ya’ti bihinna falayça lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah, ‘in cha’a ^adh-dhabahou wa ‘in cha’a ‘adkhalahou l-jannah”
qui signifie : « il y a 5 prières que Allah a ordonné aux esclaves d’accomplir. Celui qui les accomplit parfaitement a une promesse que Allah le fera entrer au paradis. Et celui qui ne les accomplit pas n’a pas de promesse que Allah le fera entrer au paradis. Si Allah veut, il le châtie et si Allah veut il le fait entrer au paradis » Rapporté par l’imam ‘Ahmad.
Il est rapporté au sujet de la menace concernant celui qui abandonne la prière qu’il n’aura ni de lumière, ni de sauvegarde au Jour du Jugement et qu’il sera avec Pharaon, Haman, Qaroun et ‘Oubay Ibnou Khalaf. Malgré cela celui qui délaisse la prière par paresse ne sort pas de l’Islam : il est un musulman désobéissant qui mérite le châtiment au Jour du Jugement en raison du hadith précédemment cité.
Et parmi ce qui parvint du Prophète au sujet de sa recommandation en faveur des esclaves [musulmans] sa parole salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إخوانكم خَوَلُكم –أي حشَمُكم- مَللكم الله إياهم فمن كان أخوه تحت يده فليطعمه مما يأكل و ليلبسه مما يلبس و لا يكلفه ما يغلبه فإن كلفتموهم فأعينوهم))
« ikhwanoukoum khawaloukoum mallakoukoumou L-lahou iyakoum, fama kana akhouhou tahta yadihi fal-yout^imhou mimma ya’koul wal-youlbaishou mimma yalbas wa la youkallifhou ma yaghlibouhou fa’inna kallaftouhoum fa’a^inouhoum »
Le décès du prophète éminent et la grande tristesse des compagnons suite à sa perte
Le décès du messager éminent fut une épreuve terrible, lui, le meilleur de ceux qui sont nés et le meilleur guide qu’a connu ce monde. Cette grande catastrophe qui s’abattît sur les compagnons honorés les marqua profondément, eux qui perdirent leur prophète et leur bien aimé Mouhammad. Ainsi y-eut-il des traumatisés, des paralysés suite à l’entente de la nouvelle, ou d’autres qui perdirent l’usage de leur langue qui fut bloquée. Il y eut également ceux qui nièrent sa mort tant l’annonce les choqua. En effet, ils pensaient que le prophète resterait en vie longtemps après eux, même s’ils savaient qu’il allait bien mourir un jour. Toutefois, le chagrin des compagnons et la catastrophe de la perte de leur prophète et leur bien-aimé Mouhammad ne les a ni détourné de la patience, ni amené à commettre des actes interdits comme les lamentations. Aucun d’entre eux n’a désobéi à Allah malgré cette grande épreuve, qui est celle de tous les musulmans.
La position des deux compagnons honorables Abou Bakr et ^Oumar suite à la mort du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Quand le prophète fut décédé, lui qui est le meilleur commandant que l’histoire n’ait jamais connu, ^Oumar Al-Farouq fut tellement choqué qu’il dit « le messager de Allah n’est pas mort ». Et il dit : « il y a des gens qui prétendent que le messager de Allah serait mort mais en réalité il n’est pas mort ».
Quant à As-Siddiq Abou bakr que Allah l’agrée, il se dirigea rapidement sur sa monture vers la mosquée sans parler à personne, au moment où la nouvelle lui parvint, celle du décès de son compagnon et bien-aimé le prophète éminent. Il entra dans la maison de sa fille la dame glorieuse ^A’ichah que Allah l’agrée, et trouva le messager éminent le prophète de cette communauté, le meilleur homme et humain que ce monde ait connu que Allah l’élève d’avantage en degrés. Il le vit recouvert d’un très beau drap du Yémen. Abou Bakr découvrit le visage du prophète honoré, ce visage éclatant de beauté et, tant il se languissait de lui, tant son amour était immense qu’il se mit à l’embrasser entre ses yeux honorés salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Il pleura à chaudes larmes en disant ces paroles témoignant de son amour envers le prophète.
Et d’après ^A’ichah que Allah l’agrée que Abou Bakr entra chez le Prophète après sa mort, posa ses lèvres entre ses yeux salla L-lahou ^alayhi wa sallam et sa main sur ses tempes puis dit : « O toi mon prophète, mon compagnon, mon bien-aimé ! » rapporté par l’imam Ahmad.
Abou Bakr que Allah l’agrée fut, durant cette période difficile, tellement courageux, fort et patient qu’il alla porter renfort aux compagnons traumatisés par cette annonce. ^Oumar, très fortement perturbé, jurait que le messager de Allah n’était pas mort. Et lorsque Abou bakr arriva, il lui dit : « Eh toi qui jure, ne sois pas aussi pressé de le faire ». Il lui demanda ensuite de s’asseoir, mais ^Oumar sous le choc, refusa et continua à parler. C’est alors que Abou bakr que Allah l’agrée s’adressa aux personnes présentes, calmant de cette manière ^Oumar qui finit par s’assoir. Ainsi, les compagnons se dirigèrent vers Abou bakr pour écouter son discours. Il loua Allah ta^ala et il dit sa parole très connue : « O vous les gens, s’il y a quelqu’un qui adore Mouhammad, Mouhammad est mort et celui qui adore Allah, Allah a pour attribut la vie, Il ne meurt pas ». Il récita, ensuite, la parole de Allah ta ^ala :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِبْن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُم وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّاكِرِينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la raçouloun qad khalat min qablihi r-rouçoul afa’in mata aw qoutila nqalabtoum ^ala a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadourra l-Laha chay’a wa sayajzi l-Lahou ch-chakirin » [sourat ‘ali ^imran / 144], ce qui signifie : « Mouhammad est un messager et avant lui il y avait d’autres messagers. Est-ce que s’il meurt ou est tué vous apostasierez ?! Et celui qui apostasie ne nuira aucunement Allah et Allah rétribuera ceux qui remercient ». Lorsque Abou Bakr récita cette ‘ayah honorée aux compagnons honorables, on aurait cru qu’ils n’en avaient jamais pris connaissance. C’est ainsi qu’ils la reprirent tous, la répétèrent et la récitèrent jusqu’à ce que ^Oumar Al-Farouq que Allah l’agrée dit : « par Allah dès que j’ai entendu ce verset de la bouche de Abou Bakr, j’ai repris mes esprits et mes jambes ne pouvaient plus me porter. Je suis tombé à terre lorsque je l’ai entendue. Et j’ai enfin réalisé que le prophète était mort ».
Quant à la dame honorable Fatimah az-zahra’ la fille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, elle dit que Allah l’agrée au moment où elle apprit la mort de son père :
« O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril ! ».
La cause de la maladie du Prophète
Certains historiens rapportent que la cause de la maladie du Prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam fut le complot d’une femme juive le jour de khaybar. Ce jour là, elle lui introduisit du poison dans le plat auquel elle l’invita salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
En effet, le Prophète acceptait les cadeaux et en mangeait mais ne prenait ni les dons ni la zakat. Alors, cette femme lui offrit, le jour de khaybar, un mouton grillé, empoisonné d’une substance qui tuait au bout d’une heure. Les compagnons qui étaient avec lui en mangèrent et quand il en goûta salla Llahou ^alayhi wa sallam il leur dit :
(ارفَعُوا أَيْدِيكُمْ فَإِنَّهَا أَخْبَرَتْنِي أَنَّهَا مَسْمُومَة)))
« irfa^ou ‘aydikoum fa’in-naha akhbaratni an-naha masmoumah » ce qui signifie : « levez vos mains [du plat], il m’a informé qu’il était empoisonné ». Un compagnon en mourut sur l’heure ; il s’agissait de bichrou bnou lbara’, il mourut ainsi, martyre que Allah l’agrée.
Le compagnon honoré Abou hourayrah que Allah l’agrée informa que le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam dit durant les douleurs de sa mort :
(مَا زالت أُكلت خيبر تُعادُّني فالآن أوان قطعت ابْهَري)))
« ma zalat ouklatou khaybar tou3aad-douni fal-‘ana ‘awaanou qouTi^at ab-hari » ce qui signifie : « les effets du plat du jour de khaybar m’atteignent toujours. Et le moment est venu de ma mort ».
En effet, le Prophète éminent salla Llahou ^alayhi wa sallam mourut à cause de cela. Ainsi, après avoir mangé de ce mouton empoisonné, il souffrit salla L-lahou ^alayhi wa sallam de maladie et de fièvre et cela comporte beaucoup d’élévations en degrés et en statut.
L’apparition de la maladie du Prophète éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Lorsque le messager éminent revint du pèlerinage de l’adieu, hajjatou l-wada^, il resta quelques mois à Médine (dhou l-hijjah, mouharram et safar). Vers la fin du mois de safar ou au début du mois de rabi^ou l-‘awwal, la maladie suite à laquelle le prophète mourut apparut. C’était à son retour du cimetière de al-baqi^ à Médine juste en face de la mosquée du prophète ; le Messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam venait d’assister à l’enterrement de l’un de ses compagnons. Il commença à se plaindre d’une douleur à la tête alors qu’il était dans la maison de son épouse ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, que Allah l’agrée: « Le messager de Allah revenait du cimetière de al-baqi^, je me suis plainte à lui d’une douleur à la tête en lui disant (وارأساه) (wa ra’sah) « O ma tête » Alors le prophète dit:
(بل أنا يا عائشة وارأساه)))
« bal ana ya ^a’ichah wa ra’sah », ce qui signifie « c’est plutôt moi ^A’ichah… O ma tête !». ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « et c’était cela le début de la maladie suite à laquelle il est mort ».
Quand la maladie et la douleur furent plus intenses, le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam se trouvait chez son épouse Maymounah. Il réunit, alors, toutes ses femmes et leur demanda leurs accords pour rester dans la maison de ^A’ichah durant sa maladie ce qu’elles lui accordèrent. C’est ainsi que le prophète sortit, tenu par son oncle Al-^Abbas d’un côté (le fils de ^Abdou l-Mouttalib) et de l’autre, par son cousin notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib qui était également son gendre. Arrivé à la maison de ^A’ichah, le prophète demanda à ce qu’on l’asperge d’eau tellement la douleur était forte. La dame ^A’ichah dit : « nous l’avons, alors, fait asseoir dans une bassine appartenant à Hafsah [l’épouse du prophète] et qui ressemblait à un grand récipient dans lequel on lave les vêtements. Puis nous avons versé sur lui des outres d’eau [c’est à dire de l’eau contenue dans des sortes de peaux d’animaux] pour lui alléger les douleurs jusqu’à ce qu’il nous fasse signe de la main pour dire que cela suffisait [son signe montrait que ce qu’elles avaient fait suffisait pour qu’il se lève et qu’il les remerciait]. Puis le prophète alla vers sa mosquée, dirigea les gens dans la prière et donna un cours. »
Ce jour là, il était sortit à la rencontre des compagnons avec un turban sur la tête. Il s’assit salla L-lahou ^alayhi wa sallam sur le minbar et les premières paroles qu’il dit furent des invocations pour les compagnons qui avaient participé à la bataille de ‘Ouhoud. Il demanda, d’abord, le pardon en leur faveur. Ensuite, il s’adressa à ses compagnons présents et leur dit de manière ferme, en se fiant totalement à Allah :
(إنّ عَبدًا مِنْ عِبَاد اللهِ خَيَّرَهُ اللهُ بَيْنَ الدُّنْيَا وَ بَيْنَ مَا عِنْدَهُ فَاخْتَارَ مَا عِنْدَ اللهِ)))
« inna ^abdan min ^ibadi l-Lahi khayyarahou l-Lahou bayna d-dounya wa bayna ma ^indahou fakhtara ma ^inda l-Lah » ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui Allah a donné à choisir entre le bas monde et ce que Allah réserve dans l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Alors notre maître Abou bakr As-Siddiq comprit le sens des paroles du prophète et sut que le prophète se visait lui-même – c’est-à-dire, sa propre personne – quand il dit ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah ». Abou Bakr lui répondit alors : « Nous te sommes même dévoués, nous ferons le sacrifice de nos propres personnes et de nos enfants pour toi, O messager de Allah ! ». Cela signifie « qu’en cas de danger, nous et nos enfants ferions face à celui-ci afin de te protéger».
Le prophète lui dit :
(على رِسْلٍك يا أبَا بَكْرٍ)))
« ^ala rislika ya aba bakr » ce qui signifie : « Ne t’en fais pas O Abou Bakr ». Et lorsque le messager le vit pleurer de tristesse à cause de l’approche de sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il lui dit :
((يَا أَبَا بَكْرٍ لَا تَبْكِ إِنَّ أَمَنَّ الناس عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ وَ مَالِهِ أَبُو بَكْرٍ وَ لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا خَلِيلًا مِنْ أُمَّتِي لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ وَ مَوَدَّتُهُ))
« ya Aba bakr la tabki, ‘inna ‘amanna n-nasi ^alayya fi souhbatihi wa malihi abou bakr wa law kountou mouttakhidhan khalilan min ‘oummati la t-takhadhtou aba bakr wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam wa mawaddatouhou » ce qui signifie : « O Aba bakr, ne pleure pas. Celui d’entre les gens qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr. Et si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de ma communauté j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam et l’amour de l’islam » c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de notre religion.
Puis le prophète dit :
((لاَ يَبْقَيَنَّ فِي المَسْجِدِ بَابٌ إِلاَّ سُدَّ إِلاَّ بَابُ أَبِي بَكْرٍ))
« la yabqayanna fi l-masjidi baboun illa soudda illa babou Abi bakrin » ce qui signifie : « Ne laissez aucune porte des maisons des gens ouverte sur la mosquée, bloquez-les toutes sauf celle de Abou Bakr »,
En effet, les portes des maisons de certains compagnons donnaient directement accès à la mosquée du prophète et ce en plus des portes par lesquelles les gens rentraient. Et quand le prophète dit ce qui signifie : « toutes les portes seront bloquées sauf celle de Abou Bakr », il montra le grand mérite et le haut statut de Abou Bakr As-sidiq que Allah l’agrée.
La dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète, avait rapporté le récit de sa terrible maladie ; elle expliqua dans quel état il sortit vers ses compagnons pour les diriger dans la prière lorsque les douleurs devenaient moins pénibles. Elle dit : « les douleurs et la maladie se sont amplifiées, le prophète a alors demandé :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? » Les compagnons répondirent : « non pas encore, ils t’attendent O messager de Allah ». Le prophète a dit :
((ضَعُوا لِي مَاءً فِي المِخْضَبِ))
« da^ou liy ma’an fi l-mikhdab » ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Ils firent cela ; alors il s’est lavé, puis a voulu se relever mais s’est évanoui. Il s’est réveillé à nouveau et dit
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Ils ont répondu : « non, ils t’attendent O messager de Allah ». Il a dit ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Il s’est lavé et de nouveau lorsqu’il a voulu se relever, il s’est évanoui. Puis, une fois réveillé, il a dit :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Les compagnons ont répondu : « ils t’attendent O messager de Allah ».
^A’ichah que Allah l’agrée dit : « les gens étaient dans la mosquée, ils attendaient le messager de Allah pour la prière de al-^icha’ ». Le messager de Allah envoya alors quelqu’un pour demander à Abou bakr de diriger les gens dans la prière.
Quand cette personne mandatée par le prophète lui dit : « le messager de Allah t’ordonne de diriger les gens dans la prière ». Abou bakr, qui était un homme très sensible, dit : « ^Oumar, dirige les gens dans la prière ». Mais ^Oumar, que Allah l’agrée, répondit : « Tu mérites le plus de le faire». Abou bakr les dirigea alors ce jour-là ainsi que les suivants.
Quelque temps plus tard, le messager de Allah se trouva en meilleure santé. Il sortit de la maison de ^A’ichah, entouré de deux hommes, dont l’un était Al-^Abbas pour faire la prière de adh-dhouhr. Tandis que Abou bakr s’apprêtait à diriger les gens dans la prière, il vit le prophète venir. Abou Bakr voulut alors reculer pour lui laisser la place mais le prophète lui fit signe de la main pour qu’il fasse la prière et dit aux deux hommes qui l’accompagnaient :
((أجلساني إلى جنبه))
« ajlisani ila janbihi » ce qui signifie « faites moi asseoir à coté de lui ». Alors, ils firent asseoir le prophète à coté de Abou bakr que Allah l’agrée, qui accomplit la prière debout tandis que le messager de Allah la fit assis tant les douleurs éprouvées étaient intenses. C’est Abou bakr qui fut l’imam au début puis, le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
Ainsi s’avéra-t-il que le début de la maladie du prophète étaient des maux de tête accompagnés de fièvre. La douleur et la fièvre étaient tellement terribles, qu’il s’asseyait salla L-lahou ^alayhi wa sallam dans cette grande bassine dans laquelle on lave les vêtements et on versait sur lui jusqu’à sept outres d’eau. La fièvre était si élevée que la main de celui qui le touchait devenait également chaude. Il dit à ce sujet salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إنّا (أي الأنبياء) كذلك يُشَدَّدُ علينا البلاء و يُضَاعف لنا الأجر))
« inna kadhalika youchad-dadou ^alayna lbala’ wa youda^afou lana l-‘ajr »
ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, l’épreuve est encore plus difficile [c’est à dire que Allah nous accorde des épreuves plus dures que ce qui vous arrive] et la récompense nous est multipliée ». Allah ta^ala éprouve les prophètes par des épreuves plus difficiles et Il leur multiplie la récompense.
Et il dit également :
((إنِّي أوعكُ كَمَا يوعكُ رجلان منكم))
« inni ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum »
Ce qui signifie : « j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous »
En effet, ces douleurs étaient si fortes qu’il s’évanouissait puis se réveillait et ceci lui arriva plus d’une fois.
Le mérite de Abou Bakr par rapport aux autres compagnons
Parmi ce qui est parvenu des dernières recommandations du prophète, il y a ce que rapporta la dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, en effet : « Quand la maladie était devenue difficile pour le messager de Allah, il a dit :
((مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourou aba bakrin fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à abou bakr qu’il dirige les gens dans la prière ». ^A’ichah dit : « j’ai dit : O prophète de Allah, Abou bakr est un homme doux et sensible dont la voix n’a pas grande portée [quand il parlait sa voix n’était pas forte]. Et il pleure quand il récite le Qour’an ». Le prophète dit malgré cela :
((مُرُوهُ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourouhou fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites-lui de diriger les gens dans la prière ».
Cette recommandation de la part du prophète était explicite. En effet, Bien que ^A’ichah lui dit qu’Abou Bakr était sensible, qu’il pleurait lorsqu’il récitait le Qour’an, que sa voix n’avait pas grande portée, le prophète demanda que ce fut lui qui dirige les gens en son absence salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
On déduit de cette recommandation, premièrement, le mérite de Abou Bakr As-Siddiq. En effet, il est le meilleur des compagnons et le meilleur des saints de cette communauté selon l’unanimité des savants de l’islam. On en déduit également une indication du Prophète en faveur de la succession d’Abou Bakr pour la direction des musulmans.
Ainsi le messager éminent insista pour que ce fut Abou bakr As-Siddiq l’imam des compagnons dans la prière, le plus important des devoirs de l’islam après la croyance. En effet, il s’agit du meilleur des actes pratiques dans l’islam et de la meilleure des œuvres après la croyance en Allah et en son messager.
Information utile : L’imam Ach-Chafi^iyy dit que le prophète, n’avait dirigé les gens pendant la prière dans sa mosquée qu’une seule fois durant la maladie précédant sa mort ; il s’agissait de celle qu’il avait accomplie assis. Au début de cette prière, Abou bakr que Allah l’agrée était l’imam. Et lorsque le prophète vint, Abou bakr comme les autres le suivirent. C’est donc le prophète qui les dirigeat en étant assis. Abou bakr était alors devenu ma’moum, il répétait à voix élevée pour faire entendre aux gens.
D’après ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a, Ibni l-‘Aswad, Ibni l-Mouttalib Ibni ‘Asad, il dit : « Alors que la maladie précédent la mort du messager de Allah était devenue plus éprouvante, j’étais auprès de lui avec un groupe de musulmans. Bilal invita les gens à faire la prière et le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam dit :
((مُرُوا مَنْ يُصَلِّى بِالنَّاسِ))
« mourou man yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à quelqu’un de diriger les gens dans la prière ». Ce compagnon dit : « je suis sorti de chez le prophète et j’ai trouvé ^Oumar avec des gens tandis qu’Abou bakr était absent. J’ai alors dit : ^Oumar lève toi et dirige les gens dans la prière ». Ainsi ^Oumar s’est levé et quand il a dit la parole Allahou ‘akbar pour l’entrée en rituel, le messager de Allah a entendu sa voix [^Oumar était un homme à la voix forte]. C’est alors que le messager de Allah a dit :
((فَأَيْنَ أَبُو بَكْرٍ ؟ يَأْبَى الله ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ، يَأْبَى اللهُ ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ))
« fa’ayna Abou bakr ? ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun, ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun »
ce qui signifie : « mais où est donc Abou Bakr, Allah n’agrée pas et les musulmans n’acceptent pas que ce soit quelqu’un d’autre que Abou Bakr », [c’est-à-dire que mettre ^Oumar et non Abou Bakr pour diriger les gens n’était pas ce qu’il convenait de faire].
Le prophète envoya alors quelqu’un chercher Abou bakr qui arriva après que ^Oumar eut accompli cette prière là. ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a dit : « ^Oumar m’a dit : pourquoi m’as-tu fait ça ? ». [^Oumar a blâmé ce compagnon] « Pourquoi m’as-tu demandé de diriger les gens dans la prière ?! J’ai cru que c’était le prophète qui t’avais demandé de me le dire, sinon je n’aurai pas dirigé les gens dans la prière ! » En effet, il était parvenu à ^Oumar par la suite que le prophète avait voulu que ce fut Abou Bakr qui dirigea. Mais ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a répondit à ^Oumar : « par Allah le messager de Allah ne m’a pas dit de te le demander à toi mais comme Abou bakr était absent et que j’ai vu que tu étais là, j’ai pensé que tu méritais le plus de diriger les gens dans ce cas.»
Rapporté par l’Imam ‘Ahmad.
D’après Abou sa^id al-khoudri : « durant la maladie précédant sa mort, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam est venu à nous avec un turban sur la tête. Il s’est mis sur le mimbar et a dit :
((إِنَّ عَبدًا عرضت عليه الدنيا و زينتها فاختار الآخرة))
« inna ^abdan ^ouridat ^alayhi d-douniya wa zinataha fa-khtara l-‘akhirah », Ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui il a été donné à choisir entre le bas monde et l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Abou sa^id dit : « personne n’a saisi le sens de cette parole sauf Abou Bakr qui a dit : « Mon père et ma mère, je les sacrifie. Notre argent, nous-mêmes et nos enfants, nous les sacrifions ! » Le Prophète est ensuite descendu du mimbar et il n’a plus été vu dessus jusqu’à l’heure. »
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad et Ibnou Majah dans son Sahih.
D’après Abou Mouwayhibah dans le Mousnad de l’imam ‘Ahmad : « le prophète était sorti une nuit vers le cimetière de al-baqi^. Il avait alors demandé le pardon en faveur des musulmans enterrés là-bas, puis, en s’adressant à ses compagnons, il a dit :
((لِيَهْنِكم ما أصبحتم فيه ممّا أصبح فيه النّاس، أقبلت الفتن كقطع الليل المظلم يَتْبَعُ بعضها بعضًا، يتبعُ ءاخرُها أوّلها، الآخرة شرٌّ من الأولى))
« liyahnikoum ma asbahtoum fihi mim-ma asbaha fihi n-nas, aqbalati lfitanou kaqat^i l-layli lmoudhlimi yatba^ou ba^daha ba^dan, yatba^ou ‘akhirouha ‘aw-walaha, al-‘akhiratou char-roun mina l-‘oula »
Ce qui signifie :
« Vous êtes dans un bien par rapport à ce que les gens qui viendront après vous subiront », c’est-à-dire, votre état est meilleur par rapport à ce qui viendra après vous. Et il ajouta ce qui signifie : « les sources de discorde vont venir les unes après les autres. Et comme des morceaux d’obscurité, de ténèbres, elles vont se succéder : la suivante pire que la précédente ».
Et il a dit :
((يا أبا مُوَيْهِبة إني قد أعطيتُ خزائن الدنيا و الخلد ثم الجنة، فخيرت بين ذلك و بين لقاء ربي، فاخترت لقاء ربي و الجنة))
« ya aba mouwayhibah, in-ni qad ‘ou^titou khaza’ina d-douniya wa lkhoulda thoum-ma l-jannah, fa khouy-yirtou bayna dhalika wa bayna liqa’i rab-bi, fkhtartou liqa’a rab-bi wa l-jan-nah»
ce qui signifie : « O Aba Mouwayhibah il m’a été donné de choisir entre les trésors du bas monde puis le paradis ou de mourir et j’ai choisi une mort proche », [c’est à dire qu’il a préféré de ne pas rester longtemps dans cette vie. Bien sûr, cela ne signifie pas que la prédestination de Allah change. Au contraire, la prédestination de Allah ne change pas.]
Il est, ensuite, parti. Et c’est suite à cela que les maux de tête lui sont arrivés, ainsi que les douleurs de sa mort ».
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad.
Information utile : Quand le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam exposa sur le Mimbar, sans être explicite, son choix de la mort proche plutôt que de rester dans ce bas-monde, beaucoup ne saisirent pas le sens voulu sauf son compagnon Abou Bakr ; lui qui fut visé dans le verset :
((ثَانِي اثْنَيْن إْذْ هُمَا فِي الغَار))
« Thaniya thnayn idh houma fi l-ghari ».
Ce qui signifie : «Il était accompagné de son compagnon, ils étaient tous deux dans la grotte »[Sourat At-tawbah / 40]. En effet, Abou bakr était celui qui connaissait le mieux ce que le Prophète visait par ses paroles. Et quand il eut compris ce que le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam voulut par ce qu’il dit, il pleura et dit : « Nous nous sacrifions nous-mêmes, notre argent et nos enfants ! ». Alors, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam calma ses pleures et se mit à le louer et à dire du bien de lui sur le Mimbar afin que les gens connaissent son mérite et qu’il n’y ait pas de divergence quant à sa succession. Ainsi, dit-il :
((إِنَّ منْ أَمَنِّ النّاسِ عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ و ماله أَبُو بَكْرٍ))
« in-na aman-na n-nassa ^alay-ya fi souhbatihi Abou bakrin »
Ce qui signifie : « Celui qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr»
Et dans une autre version :
((ما لأحد عندنا يد إلا و قد كافيناه ما خلا أبا بكر فإنّ له عندنا يدا يكافئه الله يوم القيامة بها، و ما نفعني مال أحد قطّ ما نفعني مال أبي بكر))
« ma li-‘ahadin ^indana yadoun il-la wa qad kafaynahou ma khala Aba bakri fa’in-na lahou ^indana yadan youkafi’ouhou L-lahou yawma lqiyamati biha, wa ma nafa^ani m alou ‘ahadin qat-tou ma nafa^ani malou abi bakrin. »
Ce qui signifie : « Il n’y a pas une personne qui nous a fait un bien sans qu’on le lui ait rendu, sauf Abou Bakr. Allah le rétribuera en bien au Jour du Jugement pour cela. Et il n’y a pas d’argent qui m’ait été aussi utile que l’argent d’Abou Bakr ».
Rapporté par At-tirmidhiy.
Le Prophète ensuite dit :
لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا من أهل الأرض خَلِيلًا لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ خليلا وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ)))(
« law kountou mouttakhidhan min ahli l-‘ardi khalilan la t-takhadhtou aba bakrin khalian wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam» ce qui signifie : « Si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de toute la terre, j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam» c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de la religion. Rapporté par At-tirmidhiy.
Et il dit salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((سُدّوا هذه الأبواب الشارعة في المسجد إلا باب أبي بكر))
« Soud-dou hadhihi l-‘abwaba ch-chari^ata fi lmasjidi il-la baba Abi Bakr »
Ce qui signifie : « fermez ces portes des maisons qui donnent sur la mosquée sauf celle d’Abou Bakr » Rapporté par At-tirmidhiy.
Et dans ce hadith, nous retrouvons une indication au fait que Abou Bakr était l’Imam le succédant salla L-lahou ^alayhi wa sallam. En effet, l’Imam a besoin d’habiter dans la mosquée et d’y avoir constamment accès contrairement à d’autres. Et ceci fait partie des intérêts des musulmans qui y effectuent la prière.
Aussi, Le prophète insista-t-il de manière explicite pour que ce fut Abou bakr qui dirigea les gens. En effet, lorsqu’on lui fut la remarque sur le fait que Abou bakr était sensible, pour lui faire changer d’avis, il n’apprécia pas et dit ce qui signifie : « ordonnez à Abou Bakr de diriger les gens dans la prière ».
Ainsi, en chargeant Abou bakr de diriger les gens dans la prière, et en ne laissant qu’à lui seul l’accès direct à la mosquée depuis sa maison, le Prophète montra un signe clair sur sa priorité pour assumer la fonction de calife après lui. C’est pour cela que lorsque les compagnons prêtèrent serment d’allégeance à Abou bakr, ils dirent : « le messager de Allah l’a accepté et désigné à notre tête pour ce qui est de notre religion [la prière] comment ne l’accepterions nous pas pour les affaires de notre bas monde ». En effet, la priorité de Abou bakr sur les autres semblait évidente.
Le prophète avait, également, décidé d’ordonner que l’on écrive à Abou bakr afin de le désigner en tant que successeur, mais il abandonna l’idée sachant que personne d’autre que lui n’allait se charger des affaires des musulmans. C’est pour cela qu’il dit lorsqu’il su que ^Oumar eut dirigé les gens durant une prière :
((يَأْبَى الله ذَلِك والمؤمنون إلا أبا بكر))
« ya’ba l-Lahou wa l-mou’minouna illa ‘aba bakr » ce qui signifie : « Allah n’agrée pas et les croyants n’acceptent pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que Abou bakr», pour diriger. Toutefois, cela ne constituait pas une désobéissance de la part de ^Oumar qui croyait que le prophète le lui avait demandé.
L’ampleur de sa douleur salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie
Les prophètes sont ceux qui subissent le plus d’épreuves et de difficultés dans ce bas-monde. Les sagesses en cela sont premièrement qu’ils sont élevés en degrés et en récompenses dans l’au-delà. Cela constitue également un exemple pour les croyants qui devraient suivre leur modèle quand les épreuves s’abattent sur eux aussi. Enfin, une autre sagesse est qu’il soit su que la survenue des épreuves n’est pas dans tous les cas un signe que Allah n’agrée pas la personne éprouvée. En effet, Allah agrée les prophètes sans aucun doute, pourtant Il leur a fait parvenir des épreuves. Au contraire, c’est un signe de bien car l’épreuve pour le croyant expie les péchés et l’élève en degrés.
Ainsi, le prophète dit :
((مَن يُرد اللهُ بِه خَيرًا يُصِبْ منه))
« man youridi l-Lahou bihi khayran yousib minh »,
ce qui signifie : « celui pour qui Allah veut le bien, Il lui fait subir des épreuves ».
Et il dit :
((ما يزال البلاء بالمؤمن و المؤمنة في نفسه وولده و ماله حتى يلقى الله تعالى و ما عليه خطيئة))
« ma yazalou lbala’ou bi-lmou’mini wa lmou’minati fi nafsihi wa waladihi wa malihi hat-ta yalqa L-laha ta^ala wa ma ^alayhi khati’ah »
ce qui signifie : « les épreuves se succèdent sur le croyant et la croyante, elles atteignent leur personne, leurs enfants et leurs biens. Elles se succèdent jusqu’à ce que ce croyant et cette croyante arrivent au Jour du Jugement sans aucun péché ». C’est-à-dire que ces épreuves vont expier les péchés qu’ils auraient faits. Rapporté par At-Tirmidhiyy.
Le prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam dit aussi :
((إنَّ عِظم الجزاء مع عِظَم البلاء و إنَّ الله تعالى إذا أحبَّ قوما ابتلاهم، فمن رضي فله الرضا و من سَخِط فله السُّخْط))
« ‘inna ^idhama l-jaza’i ma^a ^idhami l-bala’ wa ‘inna l-Laha ta^ala idha ‘ahabba qawman ibtalahoum, fa man radiya falahou r-rida wa man sakhita falahou s-soukht »,
ce qui signifie « l’éminence de la récompense est relative à la gravité de l’épreuve -si l’épreuve est grande la récompense est grande, si l’épreuve est petite, la récompense est petite- et si Allah Ta^ala agrée des gens, Il les éprouve. Celui qui n’émet pas d’objection contre les épreuves qui lui arrivent gagnera l’agrément de Allah et celui qui se rebelle aura le châtiment » Rapporté par At-Tirmidhiyy.
C’est pour cela que les prophètes et les vertueux sont les plus éprouvés dans le bas monde. La succession des épreuves sur les prophètes et les vertueux comporte une élévation en degrés selon le jugement de Allah.
Le prophète éminent dit :
((أشدُّ الناس بلاءً الأنبياء ثم الصالحون ثم الأمثل فالأمثل))
« ‘achaddou n-nasi bala’an al-anbiya’ thoumma s-salihoun thoumma l-‘amthalou fa l-‘amthal », ce qui signifie : « les gens qui sont les plus éprouvés sont les prophètes, ensuite viennent les vertueux, ensuite ceux qui ont les meilleurs degrés, les uns après les autres » c’est à dire en fonction du degré.
Et notre prophète élu, notre maître Mouhammad qui est le plus honorable et le meilleur des prophètes et des messagers, l’Imam des pieux, le maître des premiers et des derniers, fut celui d’entre les prophètes qui eut le plus d’épreuves.
C’est pour cela que lorsque le compagnon honorable Abou Sa^id Al-Khoudriyy rendit visite au prophète éminent, qu’il posa sa main au-dessus du drap qui recouvrait le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallamet, qu’il en ressentit sa température très élevée, il dit, que Allah l’agrée : « que ta fièvre est forte O messager de Allah » et le messager répondit :
((إِنَّا مَعْشَرَ الأنبياء يُضاعَف لنا البلاء كما يُضاعَف لنا الأجرُ))
« ‘inna ma^chara l-anbiya’ ’youda^afou lana l-bala’ou kama youda^afou lana l-‘ajrou », ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, les épreuves sont amplifiés tout comme la récompense est amplifiée ». C’est-à-dire qu’il nous arrive des épreuves plus difficiles que vous et nous avons des récompenses plus grandes que vous.
Le compagnon honorable ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud que Allah l’agrée dit : « je suis allé rendre visite au messager de Allah qui éprouvait une douleur terrible suite à sa forte fièvre. Je l’ai touché et j’ai dit « O messager de Allah tu éprouves de grandes douleurs » et le messager de Allah a répondu :
((أجلْ إِنِّي أُوعَكُ كَمَا يُوعَكُ رَجُلَانِ مِنْكُمْ))
« ‘ajal ‘inni ‘ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum », ce qui signifie : « En effet, j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous » c’est-à-dire qu’elle était double. Et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud lui dit, alors : « et tu as donc une double récompense » et le messager de Allah lui répondit :
((أجلْ))
« ‘ajal » ce qui signifie : « oui ». Puis le messager de Allah ajouta :
((مَا مِنْ مُسْلِمٍ يُصِيبُهُ أَذًى، مَرَضٌ فَمَا سِوَاهُ إِلَّا حَطّ َاللهُ لَهُ سَيِّئَاتِهِ كَمَا تَحُطُّ الشَّجَرَةُ وَرَقَهَا))
« ma min mouslimin yousibouhou ‘adhan, maradoun fama siwahou ‘illa hatta l-Lahou lahou sayyi’atihi kama tahouttou ch-chajaratou waraqaha », ce qui signifie : « il n’y a pas un musulman à qui il arrive une seule épreuve – que ce soit une maladie ou moins que cela- sans que Allah ne l’allège de ses péchés tout comme l’arbre est allégé de ses feuilles qui tombent » Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Il a été également rapporté que durant la maladie précédent la mort du prophète, sa fille Fatimah Az-Zahrah avait remarqué les douleurs de son père, le Prophète élu, et qu’elle avait dit, chagrinée : « quelle est grande ma tristesse en te voyant ainsi O mon père ». Alors il lui avait répondu en se fiant totalement à Allah, son Créateur :
((لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبٌ بَعْدَ اليَوْمِ))
« laysa ^ala ‘abiki karboun ba^da l-yawm »
Ce qui signifie: « ton père n’aura plus aucun tourment après aujourd’hui » (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
La dame ^A’ichah disait : « je ne voyais pas quelqu’un avoir plus de douleurs que ce qui était arrivé au Prophète » Rapporté par Al-Boukhariyy.
L’épreuve de la mort du Prophète (1)
Tirer des leçons de l’épreuve de la mort
(La mort suffit comme exhortation)
Allah ta^ala dit :
((كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ))
(koullou nafsin dha’iqatou l-mawt) [sourat ‘Ali ^Imran/185 ].
Le messager de Allah a dit : ((أكثِروا ذِكْرَ هادمَ اللذَّات)) (‘akthirou dhikra hadhima l-ladhdhat) ce qui signifie : « Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est-à-dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
Sache que la mort est une réalité. En effet, Allah l’a prédestinée pour tout être vivant parmi Ses esclaves. Et aucun d’entre eux n’est excepté, aucun être vivant n’est épargné. Même les prophètes, et les messagers ont goûté à la mort, eux qui sont les meilleures des créatures de Allah., Cependant, il demeure ceux pour qui Allah a voulu qu’ils soient toujours vivants, c’est à dire ^Iça et notre maître Al-Khadir selon l’avis stipulant qu’il s’agit d’ un prophète. Ainsi, les meilleurs des esclaves de Allah meurent aussi. Allah dit dans Son livre honoré :
((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّن قَبْلِكَ الْخُلْدَ أَفَإيْن مِّتَّ فَهُمُ الْخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ وَ نَبْلُوكُم بِالشَّرِّ وَ الْخَيْرِ فِتْنَةً وَ إِلَيْنَا تُرْجَعُونَ
(wa ma ja^alna libacharin min qablika l-khould, afa’in mit-ta fahoum khalidoun. Koul-lou nafsin dha’iqatou lmawt wa nabloukoum bi ch-char-ri wa l-khayri fitnatan wa ilayna tourja^oun) [sourat Al-‘Anbiya’/34]
Allah tabaraka wa ta^ala a créé le corps de ‘Adam à partir des différentes catégories de sols de cette terre sur laquelle nous vivons. Puis, l’ange chargé de souffler l’âme honorée de notre maître ‘Adam a exécuté l’Ordre de Allah en introduisant l’âme de Adam par sa bouche dans son corps. C’est ainsi que notre maître Adam a vécu. Aussi, Allah a-t-Il fait que les différentes âmes insufflées dans les corps sont comme un objet qui a été prêté et qui devra être rendu.
Allah a prédestiné aux descendants de ‘Adam que nécessairement leurs âmes seront reprises par la mort qui a lieu quand l’âme quitte le corps.. Puis les corps redeviendront poussière et retourneront à la terre à partir de laquelle notre maître ‘Adam, le premier des humains, a été créé Ensuite, au jour du jugement les êtres humains seront ressuscités. Ils sortiront alors de leurs tombes, après que Allah leur aura créé à nouveau le corps qui avait été assimilé par la terre s’il s’agit de corps que la terre assimile. En effet, Allah a interdit à la terre d’assimiler les corps des prophètes.des martyrs du combat et de certains saints.
Allah dit : ((مِنْهَا خَلَقْنَاكُمْ وَ فِيهَا نُعِيدُكُمْ وَ مِنْهَا نُخْرِجُكُمْ تَارَةً أُخْرَى))
(minha khalaqnakoum wa fiha nou^idoukoum wa minha noukhrijoukoum taratan ‘oukhra) [sourat Taha/55] ce qui signifie : « C’est à partir de la terre que nous vous avons créé et c’est à la terre que vous retournerez et c’est à partir de la terre que vous sortirez une deuxième fois ».
Le pronom« nous » ici, n’est pas un « nous » indiquant le pluriel. En effet, c’est Allah qui est le Créateur mais il s’agit d’un « nous » de glorification.
Allah a fait que le mort retourne à la terre après avoir été créé une première fois. La deuxième fois, il reviendra à la vie pour le jour du jugement.
Allah dit :
((قَالَ فِيهَا تَحْيَوْنَ وَ فِيهَا تَمُوتُونَ وَ مِنْهَا تُخْرَجُونَ))
« Qala fiha tahyawna wa fiha tamoutouna wa minha toukhrajoun » [al a^raf/25] ce qui signifie « c’est sur terre que vous vivrez et c’est sur la terre que vous allez mourir et c’est à partir de la terre que vous sortirez pour le jugement ».
Et Il dit :
((وَ اللهُ أَنْبَتَكُمْ مّنَ الأَرْضٍ نَبَاتًا، ثمَّ يُعِيدُكُمْ فِيهَا وَ يُخْرِجُكُمْ إِخْرَاجًا))
“wa L-lahou anbatakoum mina l’-ardi nabatan, thoum-ma you^idoukoum fiha wa youkhrijoukoum ikhrajan”
Note utile : Il a été rapporté dans les deux sahih de Al-Boukhariy et Mouslim d’après ‘Ousama Ibnou Zaid que Allah l’agrée ainsi que son père, qu’une des filles du prophète avait envoyé quelqu’un prévenir son père que l’un de ses enfants était mourant (c’est-à-dire un enfant d’une des filles du prophète). Le messager de Allah a dit à la personne envoyée:
ارجع إليها فأخبرها أنَّ لله تعالى ما أخذ و له ما أعطى و كل شيء عنده بأجل مسمّى
فمُرها فلتصبرْ و لتحتسب
ce qui signifie :
« Retourne chez elle (c’est à dire auprès de la fille du prophète) et dis lui que Allah, à Lui appartient ce qu’Il prend et à Lui appartient ce qu’Il donne et que toute chose a une prédestination et une durée ».
On comprend de cela que l’âme de cet enfant appartient à Allah. Ce que Allah prend Lui appartient et ce qu’Il donne Lui appartient. La vie de cet enfant avait une durée que Allah a prédestinée.
Aussi le prophète a-t-il demandé à cette personne de dire à sa fille de patienter et d’espérer les récompenses de la part de Allah Car le musulman qui patiente par recherche de l’agrément de Allah sera récompensé.’incha’a L-lah.
L’Imam An-Nawawiyy a dit : « Ce hadith comporte énormément de règles très importantes de l’Islam. Ces règles concernent les fondements et les ramifications de la religion, tels le comportement, la patience face à toutes sortes d’épreuves [de ce bas-monde], d’inquiétudes, de préoccupations et autres que ceux-là».
La parole qui a pour sens: « à Allah appartient ce qu’Il a pris », signifie que tout ce monde appartient à Allah. Ce qu’Il prend ne l’est pas injustement car Il prend ce qui Lui appartient. Et « à Lui appartient ce qu’Il nous a donné », signifie que ce que Allah nous a accordé reste Sa propriété. et Il fait ce qu’Il Veut de ce qui Lui appartient. Il fait de nos âmes ce qu’Il veut, Il fait de nos corps ce qu’Il veut, Il fait de nos parents ce qu’Il veut, Il fait de nos enfants ce qu’Il veut. Tout appartient à Allah, tout ce monde appartient à Allah.
La signification de la suite de la parole du prophète est :
« Ne soyez pas tourmenté, celui qui meurt sera mort car l’échéance que lui a accordé Allah est arrivée ».
N’est-ce pas que toute chose est selon une prédestination ? N’est-ce pas que Allah a su et voulu tout ce qui a lieu ? Donc si quelqu’un meurt, c’est parce que son échéance est arrivée. Il est impossible qu’une personne meurt avant ou après son échéance. La personne mourra à l’échéance que Allah lui aura accordée. Si vous savez cela alors faites preuve de patience. Patientez et recherchez l’agrément de Allah face aux épreuves qui vous arrivent. C’est cela la signification du hadith du prophète.
Dans le mousnad de Al-Bazzar d’après ‘Anas, le prophète a dit aux gens qui s’étaient endormis (certains de ses compagnons ont été pris par le sommeil et ne se sont réveillés qu’après la fin du temps de la prière):
أيها الناس إنّ هذه الأرواح عاريّة في أجساد العباد فيقبضها إذا شاء و يرسلها إذا شاء
Ce qui signifie :
« Ô vous les gens, ces âmes sont comme quelque chose qui a été prêté dans le corps des esclaves. Allah les retire quand Il veut et Il les ressuscite quand Il veut. La mort et la résurrection sont par la prédestination de Allah ».
Une personne a dit :
Ô toi, la nafs, prépare-toi à la mort et cherche à être sauvée
Car celui qui réfléchit est celui qui est paré
J’ai, en effet, réalisé que le vivant ne l’est pas éternellement
Et que la mort l’atteindra inéluctablement
Tu es seulement comme un emprunteur, tu ne garderas rien
Car le bien emprunté doit être rendu
Sachez mes frères que la mort est comme un verre à partir duquel tout le monde va boire. Et la tombe est une résidence que tout le monde va habiter. Alors, l’intelligent, le raisonnable est celui qui se prépare pour ce qui vient après la mort par la piété et les bons actes (c’est-à-dire, en agissant en bien).
Le messager a incité à ce que nous nous rappelions souvent de la mort, que nous ayons souvent à l’esprit la mort. Pourquoi ? Parce qu’il y a de nombreuses leçons et sagesses à tirer de cela. Et Il a dit ^alayhi s-salatou wa s-salam :
((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))
Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
Se rappeler souvent de la mort incite la personne à s’y préparer avant qu’elle n’arrive. Y penser régulièrement fait diminuer le trop d’espoir (comme certains qui disent « maintenant je vais m’amuser, je vais avoir du bon temps et quand j’aurai 60 ans je ferai le pèlerinage». La personne qui dit cela a beaucoup d’espoir : celui de vivre jusqu’à 60 ans. Ainsi se rappeler souvent de la mort diminue le trop d’espoir. Et la personne se dira que demain, peut être ne sera-t-elle plus en vie et qu’elle devra donc se préparer. Se rappeler souvent de la mort fait que la personne se suffit du peu de subsistance et qu’elle n’a pas le cœur attaché au bas monde mais à la préparation pour l’au-delà. Penser à la mort allège les difficultés des épreuves dans le bas-monde. Cela éloigne également de l’injustice, de l’orgueil qui pourrait émaner de soi-même.
Le compagnon Abou D-darda’ que Allah l’agrée a dit : « la mort suffit comme exhortation, le temps suffit pour séparer. Aujourd’hui nous habitons des maisons et demain nos logements seront dans des tombes » Ainsi, notre maître ^Oumar avait fait inscrire sur sa bague « la mort te suffit comme exhortation Ô ^Oumar » c’est à dire que la mort nous suffit pour nous exhorter, pour nous inciter à accomplir le bien et éviter d’accomplir le mal.
Et quelle belles paroles que sont ces quelques vers de poésie :
Rappelle-toi de la mort et persiste à t’en rappeler
Certes dans la mort il y a des leçons pour le conscient
Et celle-ci suffit comme exhortation
Pour ceux sur qui elle est prédestinée
Beaucoup d’humains sont vraiment insouciants et se détournent de la préparation pour la mort malgré qu’elle soit inévitable. La cause de cela est l’amour du bas-monde, l’attachement à celui-ci et le trop d’espoir. Ainsi, quelqu’un a dit :
Ô toi qui es préoccupé par le bas-monde
Et s’est enorgueilli par le trop d’espoir
La mort vient de manière soudaine
Et la tombe est le réceptacle des œuvres
Il a également été dit :
Donnez naissance à ceux qui vont mourir
(Nécessairement chacun d’entre nous va mourir. Chaque fois qu’une femme accouche, cet enfant à qui elle a donné naissance va certainement mourir)
Et construisez ce qui va devenir ruine.
(Quelque soit les matériaux, la robustesse, ce qui sera construit va nécessairement un jour devenir des ruines).
Car vous tous finirez sous terre
Comment désirer encore de rester [éternellement] en vie alors que Allah tabaraka wa ta^ala a prédestiné la mort même pour Ses prophètes et Ses messagers (les meilleures des créatures)?! Ou encore, comment se sentir sauf de la mort alors que même les purs et les meilleurs n’ont pas été épargnés ?!
Il est impossible de rester dans ce-bas monde éternellement, alors attention à ne pas s’y attacher !
Dans cette vie, il n’y a pas d’éternité
Dans cette vie il n’y a pas de stabilité
Toutes les créatures meurent
Est Exempt, Celui qui ne meurt pas
Mes frères, la mort nous guète, la tombe nous enlace, le linceul nous entoure et nous retournerons au Jugement de Allah.
Allah ta^ala dit :
((وَ اتَّقُوا يَوْمًا تُرْجَعُونَ فِيهِ إِلَى اللهِ ثُمَّ تُوَفَّى كُلُّ نَفْسٍ مَّا كَسَبَتْ وَ هُمْ لاَ يُظْلَمُونَ))
« wa t-taqou yawman yourj^ouna fihi ila L-lahi thoum-ma touwaf-fa koul-lou nafsin ma kasabat wa houm la youdhlamoun »
Ce qui signifie :
« … »[BB6]
Parmi les belles paroles à ce sujet: « je suis étonné de celui qui sait avec certitude qu’il y a une mort comment il se réjouit, et je suis étonné de celui qui a su avec certitude qu’il y a un enfer comment il rit. Je suis étonné de celui qui croit en la prédestination de tout comment il se fatigue [pour les choses du bas-monde] et je suis étonné de celui qui a vu ce bas-monde et ses changements soudains comment il est rassuré ».
Rappelez-vous mes frères de la mort qui peut toucher les fils de Adam à tout moment et tout endroit et sachez qu’elle met fin aux plaisirs de ce bas-monde allant à sa perdition. Ce bas monde est une résidence de passage et non pas une résidence de séjour éternel. La mort attend et, à chaque instant elle peut arriver, elle peut venir. Alors, L’intelligent est celui qui profite de cette vie évanescente pour œuvrer pour l’au-delà éternel.
Allah tabaraka wa ta^ala dit :
((وَ تَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى و اتَّقُونِ ياَ أُولِى الأَلْبَابٍ))
« wa tazaw-wadou fa’in-na khayra z-zadi t-taqwa wa t-taqouni ya ‘ouli l-‘albab » [sourate al baqarah / verset 197]
Et quelle belle parole est celle-ci :
Il y a de parmi les esclaves de Allah ceux qui sont intelligents
Ils ont divorcé le bas-monde et ont eu peur des tentations
Ils l’ont observé et quand ils ont su
Qu’il n’est guerre la demeure d’un être vivant
Ils l’ont faite océan agité
Et y ont pris les bonnes œuvres comme navires
Il a été rapporté que l’imam Ach-Chafi^iyy est allé présenter ses condoléances à un homme ayant perdu son fils et qui a été touché par sa perte Il lui a, alors, dit :
« je te présente mes condoléances, non pas que j’espère de la vie quelque chose,
mais parce que c’est une bonne tradition dans notre religion.
En effet, celui qui présente ses condoléances, ne va pas demeurer éternellement
tout comme celui à qui on présente les condoléances, même s’ils vivent longtemps». C’est à dire qu’on présente ses condoléances mais que personne ne demeure éternellement dans cette vie.
Prépare-toi à la mort par la piété et les actes de bienfaisance… En effet, la mort survient rapidement et il n’y a aucune alternative à cela.
Et si tu es déjà allé au cimetière pour y enterrer un de tes proches ou ami puis tu en es revenu, dis-toi qu’un jour, on t’y portera et tu ne retournas pas à ton bas-monde.
Et si tu as déjà creusé une tombe pour ton frère, dis-toi qu’un jour, on creusera ton propre trou, tu y seras enterré et tu ne retourneras pas aux tiens.
Et si tu as déjà porté le cercueil de ton frère, dis-toi qu’un jour, c’est toi qui sera porté…
Et si tu es déjà allé présenter tes condoléances à un proche, dis-toi qu’un jour ta famille sera condoléancée pour ta propre mort…
L’un des savants a dit après avoir cité le hadith du Prophète sal-la L-lahou alayhi wa sal-lam :
((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))
Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
« Le musulman devrait se rappeler de la mort chaque jour de l’année et qu’elle viendra inéluctablement. Alors, il se rendrait des comptes et il observerait ce qu’il aura préparé comme actes de bienfaisance. Car l’Au-delà est la demeure finale et il n’y sera utile que la foi et les actes de bienfaisance ».
Allah Ta^ala dit :
((يَا أَيُّهَأ الذَّينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا الله وَ لْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ إِنَّ اللهَ خَبٍيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ))
« ya ‘ay-youha L-ladhina ‘amanou t-taqou L-laha wal-tandhour nafsoun ma qad-damat li ghad, wa t-taqou L-laha in-na L-laha khabiroun bima ta^maloun » [Sourate al-hachr / verset 17]
Cela signifie que la personne doit observer, c’est-à-dire, méditer sur ce qu’elle a préparé pour son Au-delà comme actes qui rapprochent de l’Agrément de Allah ^az-za wa jal et ceci dans chaque jour et nuit de sa vie. Car nos respirations sont comptées et nos jours sont limités ; ce qui est passé de nos années ne reviendra plus alors que multiplier les actes de bienfaisance représente la provision du musulman.
Allah Ta^ala dit :
((المَالُ و البَنُونُ زِينَةُ الحَيَاةِ الدُّنْيَا وَ البَاقِيَاتُ الصَّالِحَاتُ خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَوَابًا وَ خَيْرٌ أَمَلاً))
« Al-malou wa l-banounou zinatou l-hayati D-douniya wa l-baqiyatou s-salihatou khayroun ^inda rab-bika wa khayroun ‘amalan »
[sourate al-kahf / Verset 42]
Quelqu’un a dit :
« Je passe devant les tombeaux, à chaque fois
Je me demande dans quel sol sera ma tombe
Je me réjouis de mes richesses quand elles augmentent
Et ne pleure pas sur mes années lorsqu’elles diminuent »
Le bas-monde est la demeure du travail et l’Au-delà est la demeure des comptes. L’imam ^Aliya dit à ce titre : « ce bas-monde s’est comme mis en marche pour s’en aller et l’au-delà s’est comme mis en marche pour venir. Alors, soyez parmi les gens de l’au-delà et ne soyez pas parmi les gens du bas-monde. Aujourd’hui les actes et pas les comptes et demain les comptes et plus d’actes ».
Et il avait bien raison celui qui a dit :
« Les provisions peuvent te manquer mais tu ne trouverais sans doute pas
Une provision aussi importante que les actes de bienfaisances »
Cela signifie que les provisions peuvent être remplacées sauf les actes de bienfaisances qu’on ne peut échanger car utiles dans l’Au-delà.
Certes, la voix pour être sauvé au Jour du Jugement est de faire preuve de piété à l’égard de Allah ^az-za wa jal en accomplissant ce qu’Il a ordonné et en évitant ce qu’Il a interdit. Car celui qui aime le paradis et le veut réellement doit travailler pour l’avoir. Et celui qui a peur du feu de l’enfer et veut s’en éloigner doit aussi travailler pour l’éviter. Il faut donc faire preuve de piété.
Allah ta^ala dit :
((وَ تَزَوَّدُوا فَإٍنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى))
« wa tazaw-wadou in-na khayra z-zadi t-taqwa » [Sourate al-baqarah / verset 197]
Et avait bien raison celui qui a dit :
« Ô toi qui enlace un bas-monde qui ne demeurera pas
Et qui passe ses jours et ses nuits orgueilleux et enorgueilli
Pourquoi ne laisserais-tu pas ce bas-monde
Pour enlacer des femmes vierges dans al-firdaws
Si tu veux habiter dans le paradis éternel
Il conviendrait que tu ne te sentes pas sauf du feu de l’enfer
Le Prophète a prévenu sa communauté de la grandeur de l’épreuve de sa mort
Notre prophète a prévenu durant sa vie sa communauté de la grande épreuve que sa mort constituera pour elle. D’après ^A’icha que Allah l’agrée, elle a dit : « Le messager de Allah a ouvert une porte, ou un sorte de voile de sorte que – de la maison de ^A’ichah- il puisse voir les gens. Ceux-là étaient dans sa mosquée en train de faire la prière dirigés par Abou Bakrque Allah l’agrée. Lorsqu’illes a vu ainsi, il a fait les louanges à Allah, c’est-à-dire qu’il a remercié Allah car ce qu’il avait vu lui avait plu. Il a, ensuite, dit :
((يَا أيُّهَا النَّاسُ، أَيُّمَا أحَدٍ مِنَ النَّاسِ أَوْ مِنَ المُؤْمِنِينَ أُصِيبَ بِمُصِيبَةٍ فَلْيَتَعَزَّ بِمُصٍيبَتِهِ بِي عَنِ المُصِيبَةِ التِي تُصِيبُهُ بِغَيْرِي فَإِنَّ أَحَدًا مِنْ أُمَّتِي لَنْ يُصَابَ بِمُصِيبَةٍ بَعْدِي أَشَدَّ عَلَيْهِ مِنْ مُصِيبَتِي))
“ya ‘ay-youha –nassou, ‘ay-youma ‘ahadin mina n-nassi ‘aw mina l-mou’minina ‘oussiba bi moussibatin falyata^az-za bi moussibatihi bi ^ani lmoussibati l-lati toussibouhou bi ghayri, fa’in-na ‘ahadan min oum-mati lan youssaba bi moussibatin ba^di ached-da ^alayhi ba^di min moussibati” [Rapporté par Ibnou Majah]
ce qui signifie : « Que chaque croyant lorsqu’il lui arrive une épreuve, qu’il patiente car il n’y aura pas une épreuve plus dure pour ma communauté que lorsque je mourrai».
C’est-à-dire que quelque soit l’épreuve qui peut arriver à la personne, il lui convient de se souvenir de celle qui est plus grande, à savoir, la mort du Prophète. Ainsi, de la même manière qu’elle a patienté pour celle-ci, elle patientera pour ce qui est moins éprouvant.
D’après ‘Anas Ibnou Malik, le serviteur duProphète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, Oummou ‘Ayman la nourrice du messager de Allah a pleuré lors de la mort du messager de Allah Salla –lahou alayhi wa sallam. Quand elle a été interrogée « Qu’est ce qui te fait pleurer Oummou ‘Ayman ? » Elle a dit, que Allah l’agrée, « Je savais que le prophète allait mourir mais je pleure parce que nous n’allons plus recevoir la révélation que le prophète nous transmettait » c’est à dire la révélation qui comporte les lois de cette communauté (rapporté par l’imam ‘Ahmad).
D’après Abou Bourdah, d’après son père, il a dit « Nous avons accompli la prière de al-maghrib avec le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam, puis nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à la prière de al-^icha’ pour l’accomplir avec lui. Et tandis que nous étions assis, le prophète est sorti vers nous et nous a dit ce qui signifie « vous êtes encore ici ? ». Nous avons répondu : « O messager de Allah, nous avons fait la prière de al-maghrib avec toi et nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à accomplir la prière de al ^icha’ avec toi ». Il a dit ce qui signifie « vous avez bien fait (c’est bien) ». Puis il a levé la tête vers le ciel, comme il le faisait si souvent, et a dit :
((النُّجُومُ أَمَنَةٌ للسماء فإذا ذهبت النجوم أتى السماء ما توعد))
ce qui signifie « Les étoiles sont comme une sécurité pour le ciel, lorsqu’elles vont tomber et qu’il ne restera plus aucune lumière au jour du jugement, le ciel va à son tour se fissurer ». Puis il a dit
((و أنا أَمَنَةٌ لأصحابى فإذا ذهبت أتى أصحابي ما يوعدون))
:ce qui signifie « Moi je suis comme une sécurité pour mes compagnons lorsque je m’en irai mes compagnons auront ce qui leur est prédestiné ». C’est à dire qu’après la mort du prophète il y aura des guerres et des discordes, il y aura des gens qui apostasieront et les cœurs deviendront des ennemis les uns pour les autres. Le prophète a annoncé cela et tout cela s’est, en effet, produit. A la suite de ce même hadith le prophète a dit :
((و أصحابي أَمَنَةٌ لأمتي فإذا ذهب أصحابي أتى أمّبي ما يوعدون))
ce qui signifie « Et mes compagnons sont comme une sécurité pour ma communauté, lorsqu’ils s’en iront, il arrivera à ma communauté ce qui lui est prédestinée » c’est à dire l’apparition des mauvaises innovations, contraires à la religion, des évènements et des discordes qui allaient se produire, la force du chaytan qui allait apparaître et d’autres ennemis qui allaient avoir le dessus sur la communauté. Tous ces signes de la prophétie de notre maître Mouhammad sont ses miracles et tout s’est produit comme il nous l’avait annoncé.
Le Prophète a su que son heure approchait
Il a été révélé au prophète éminent, durant sa vie alors qu’il était entouré de ses compagnons et de sa famille, que son terme était proche et ce dans plusieurs versets – ‘ayah – du Qour’an parmi lesquelles la parole de Allah :
((إِنَّكَ لَمَيِّتٌ وَ إٍنَّهُمْ لَمَيِّتُونَ))
« Innaka mayyitoun wa innahoum mayyitoun » [sourat az-zoumar/30]
qui signifie : « O Mouhammad tu vas mourir».
Et la parole de Allah :
((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّنْ قَبْلِكَ الخُلْدَ أَفَإِنْ مِّتَّ فَهُمُ الخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذًائِقَةُ المَوْتِ))
« wa ma ja^alna li bacharin min qablika lkhoulda ‘afa’in mit-ta fahoum khalidoun, koul-lou nafssin dha’iqatou lmawti » [Sourate al-‘anbiya’ / Versets 34-35]
Ainsi que la parole de Allah :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّكِرينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la rassouloun qad khalat min qablihi r-roussoulou ‘afa’in mata ‘aw qoutila nqalabtoum ^ala ‘a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadour-ra L-laha chay’an wa sayajzi Ll-lahou ch-chakirin » [Sourat ‘al^imran / Verset 144]
qui signifie « Et Mouhammad est un messager qui a été précédé par d’autres messagers et il va mourir ».
Et parmi lesquelles également :
((اليَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ وَ أَتْمَمْتُ عَلَيْكُمْ نِعْمَتْي وَ رَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلاَمَ دِينَا))
« Al-yawma akmaltou lakoum dinakoum wa atmamtou ^alaykoum ni^mati wa raditou lakoumou l-‘Islama dinan » [Sourat al-ma’idah / Verset 3]
Il y a aussi sourat An-nasr qui a été révélée au cœur de notre maître Mouhammad et par cette sourah le prophète a su que son terme était proche. D’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar que Allah l’agrée lui et son père, il a dit : « Cette sourah « idha ja’a nasrou l-Lahi wa l-fath » a été révélée au Messager de Allah durant les jours de at-tachriq (les trois jours qui viennent après le jour de ^idou l-adha, la fête du sacrifice, le 11, 12, 13 de dhou l-hijjah) et il a su par cette sourah que bientôt était sa mort ». Rapporté par al-bayhaqiyy dans ses Sounan.
La signification de cette sourah est « Toi O, Mouhammad lorsque Allah t’accordera la conquête des pays et que les gens entreront dans ta religion (c’est-à-dire qu’ils entreront en islam) par groupes (‘afwaj), ton terme s’approchera (c’est à dire que bientôt tu mourras). Prépare-toi alors pour la mort par les paroles al hamdou li l-Lah et astaghfirou l-Lah. Car tu auras accompli ta mission, tu auras transmis le message qui t’a été confié et ce que Allah te prépare après la mort vaut mieux pour toi que le bas monde. Prépare toi à passer de cette vie vers ce qui vient après la mort qui est la vie de al-barzakh. »
Il a été rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père qu’il a dit : « Lorsque cette sourah a été révélée au prophète, il a su qu’il allait bientôt mourir et le prophète s’est alors consacré encore plus aux actes d’adoration pour l’au-delà ».
Il a été rapporté que la dame honorable ^A’ichah a dit : « le messager de Allah disait beaucoup avant sa mort « soubhana l-Lahi wa bi hamdihi, astaghfirou l-Laha wa atoubou ilayh » ». ^A’ichah a alors dit au prophète : « Tu prononces des invocations que tu ne disais pas auparavant. Avant aujourd’hui tu ne disais pas beaucoup ces paroles ». Il lui a répondu ce qui signifie « Mon Seigneur m’a informé que j’allais voir un signe dans ma communauté et que –à sa vue-
j’invoquerai en faisant la louange et la demande de pardon et j’ai vu ce signe ». Le prophète a répondu à ^A’ichah que Allah lui avait ordonné de souvent évoquer en disant « al-hamdou li l-Lah et ‘astaghfirou l-Lah » lorsqu’il verrait un signe particulier et qu’il avait vu ce signe.
Note utile : Si le prophète élu qui est l’imam des pieux, le maître des bienfaiteurs, a reçu l’ordre de veiller à ce que ses derniers actes soient des actes de biens, que dire du cas de celui qui est dans le péché? Que dire de celui qui est dans la désobéissance ? Que dire de celui qui est salit par les péchés et qui a besoin de purification ?! Le prophète a reçu l’avertissement que la mort était proche par une révélation. Mais nous autres qui ne recevons pas cet avertissement par révélation, ce sont les cheveux grisonnants et la mort de ceux qui ont notre âge qui nous en avertissent.
Il suffit comme annonciateur de l’approche de la mort
Une jeunesse qui s’en est allée et des cheveux gris venus
Ainsi que la mort des proches. Alors est-ce qu’il y a
Une survie que le raisonable espèrerait
D’après Jabir que Allah l’agrée, le prophète lorsqu’il a ordonné aux gens qui l’accompagnaient lors du pèlerinage, de lancer des pierres dans les jamarat, il leur a indiqué la taille de ces pierres et il a dit ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas » rapporté par At-Tirmidhiy.
C’est le seul pèlerinage que le prophète ait accompli.. Il a été dit que lors du pèlerinage de al-wada^ah, il répétait à plusieurs reprises
((لعلي لا أراكم بعد عامي هذا))
ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas et peut être je ne ferai plus jamais de pèlerinage après ce pèlerinage ci».
Lors de ce pèlerinage Allah a révélé à son prophète la parole
((اليَوْمَ أَكمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ))
« al-yawma akmaltou lakoum dinakoum » [al-Ma’idah/3] et également sourat an-nasr. Ces ‘ayah indiquent que sa mission de prophète dans le bas monde, était arrivée à son terme. Et c’est pour cela que ce pèlerinage a été appelé hajjatou l-wada^ – le pèlerinage de l’adieu. En effet, le Prophète avait fait ses adieux à l’occasion de ce pèlerinage.
Parmi les évènements bouleversant les cœurs des croyants et par lesquels les yeux pleurent et déversent leurs larmes par nostalgie du prophète salla L-lahou alayhi wa sallam, il y a ce qui est arrivé aux compagnons quand ils comprirent que la mort du prophète s’approchait. En effet, Mou^adh Ibnou Jabal que Allah l’agrée rapporte que lorsque le messager de Allah l’avait envoyé au Yémen, il était sorti avec lui pour l’accompagner comme on accompagne quelqu’un qui va faire un voyage. Le prophète, la meilleure de toute les créatures, avait accompagné son compagnon Mou^adh. Ce dernier était sur sa monture et le messager marchait à côté de lui. Quand il allait le quitter, le prophète a dit à Mou^adh:
((يَا معاذ إنّك عسى لا تلقاني بعدَ عامي هذا أو لعلّك أن تمُرَّ بمسجدي هذا أو قبري))
ce qui signifie :
« O Mou^adh, peut être que tu ne me verras plus après cette fois ci ou peut être tu passeras auprès de ma mosquée-ci ou de ma tombe ». C’est alors que Mou^adh s’est mis à pleurer à chaudes larmes. Puis le messager s’est retourné pour revenir à Médine puis il a dit :
((إنّ أولي النّاس بي المتّقون من كانوا و حيث كانوا))
ce qui signifie « Ceux qui seront les plus proche de moi seront les pieux quels qu’ils soient et où qu’ils soient » (rapporté par l’imam ‘Ahmad).
D’après la dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée, l’épouse du prophète a dit : « Les épouses du prophète s’étaient toutes réunies, aucune n’était absente. C’est alors que Fatimah Az-Zahrah la fille du prophète, était venue en ayant une démarche qui ressemblait à celle du messager de Allah, son père salla Llahou ^alayhi wa sallam. Le prophète lui a, alors,dit ((مَرْحَبًا بِابْنَتِي))« marhaban bi bnatiy » ce qui signifie « bienvenue à ma fille » et il l’a faite assoire près de lui (à sa droite ou à sa gauche). Puis il lui a dit des paroles à voie basse. C’est alors que Fatimah s’est mise à pleurer, ensuite il lui a dit des paroles à voie basse à nouveau et elle s’est mise à sourire. ^A’ichah lui a dit « Qu’est ce qui t’a fait pleurer ? » Elle a répondu : « je ne peux pas divulguer le secret du messager de Allah ». ^A’ichah lui a dit : « Je n’ai jamais vu comme aujourd’hui quelqu’un être heureux aussitôt qu’après avoir été malheureux».Elle était, en effet, passée d’une grande tristesse à une grande joie avec rapidité. Lorsque le prophète est mort ^A’ichah a de nouveau questionné Fatimah et celle-ci lui a répondu « Le prophète m’a dit que Jibril révisait avec lui le Qour’an une fois chaque année et cette année il l’avait révisé avec lui deux fois ».
Cette révision se passait de la manière suivante : L’un récitait et l’autre écoutait.
Le Prophète a dit :
((وَ لا أُرانِي إلاّ قد حضَرَ أجَلي، وَ إنّكِ أَوّلُ أَهلي لُحُوقُا بي و نِعم السّلفُ أنا لكِ))
ce qui signifie « Je pense qu’il ne l’a fait que parce que je vais bientôt mourir et tu seras la première des gens de ma famille à me rejoindre (c’est à dire à mourir après moi) et je suis un bon prédécesseur pour toi ».
Fatimah a dit « C’est pour cela que je me suis mise à pleurer ». Puis il m’a dit par la suite
((أَلاَ تَرضَيْنَ أن تكونِي سيدةَ نساء المؤمنين أو سيّدة نساء هذه الأمّة))
ce qui signifie « Ne voudrais-tu pas être la meilleure des femmes de cette communauté ». Il lui a alors annoncé la bonne nouvelle qu’elle est la meilleure des femmes de la communauté de notre maître Mouhammad.
Ici, il est à noter que la meilleure des femmes de toute l’humanité est notre dame Maryam tandis que Fatimah est la meilleure des femmes de la communauté du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
Ensuite, elle a dit « Et c’est pour cela que j’ai souri ». C’est ce que Fatimah a expliqué à ^A’ichah (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
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D’après le compagnon honorable Abou Hourayarah, il a dit : « Jibril révisait avec le prophète tout le Qour’an une fois par an et l’année de sa mort il l’a révisé avec lui deux fois. Aussi le prophète faisait-il chaque année al-i^tikaf (retraite spirituelle) les dix dernières nuits de Ramadan et l’année de sa mort il l’a faite les 20 dernières nuits de Ramadan ».
Al-i^tikaf est le fait de rester dans la mosquée et de ne pas en sortir, sauf par nécessité et avec l’intention de rester dans la mosquée. C’est un acte d’adoration qui comporte des récompenses.
L’Islam
Il a été dit:
Introduction
Comme message et principe communs à toutes les communautés de tous les prophètes de Dieu, depuis Adam jusqu’à Mouhammad r, qu’il s’agisse de Abraham, Moïse, Jésus ou de tous les autres prophètes, l’Islam veut dire :
« N’ADORER QUE DIEU SEUL SANS RIEN LUI ASSOCIER, ET CROIRE AU PROPHÈTE DU TEMPS. »
1. L’ISLAM
Définition
Dans la langue arabe, le mot Islam signifie soumission. C’est pourquoi on entend souvent dire que les musulmans sont soumis, au point qu’ils seraient plongés dans une léthargie, ou qu’ils se trouveraient dans un immobilisme tel qu’ils ne sauraient laisser le passage à une voiture qui leur foncerait dessus. Or ce n’est pas le cas. Au contraire, nous agissons sur les causes tout en sachant que c’est Dieu qui crée toute chose. Ainsi quand nous sommes malades, nous prenons des médicaments et nous guérissons si Dieu nous a prescrit de toute éternité la guérison. Autrement dit, le médicament n’est qu’une des causes à notre disposition par lesquelles Dieu crée la guérison selon Sa volonté qui ne change pas. Comme on dit, le médecin soigne mais c’est Dieu Qui guérit.
Dans le contexte de la Religion, cette soumission est particulière dans la mesure où elle consiste, au minimum, à témoigner qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu, et que le prophète du temps est Son prophète. Et le prophète du dernier temps n’est autre que Mouhammad r, par qui Dieu a clos la prophétie.
Ainsi, une des formulations de ce témoignage est :
« Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu (‘ach-hadou ‘al-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) et je témoigne que Mouhammadest Son prophète-messager (wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadar-Raçoulou l-Lah). »
Explication
Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu – je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu– signifie globalement : Je sais, je crois [1] fermement et je reconnais –verbalement– que rien ni personne n’a la divinité sinon Dieu, l’Unique Créateur des cieux, de la Terre et de tout l’Univers. Ce qui exclut l’adoration pour qui que ce soit d’autre, fût-ce un prophète, un ange ou toute autre créature. En revanche, nous respectons et honorons ceux que Dieu a honorés, tels que les prophètes (Mouhammad, Jésus, Moïse, Abraham, Noé, etc.), les anges (Gabriel, Michaël, etc.) ou les saints et les saintes comme Marie mère de Jésus.
Je témoigne que Mouhammad est Son prophète-messager, signifie globalement : Je sais, je crois fermement et je reconnais –verbalement– que Mouhammad est le prophète-messager de Dieu, qu’il est véridique en tout ce qu’il a annoncé et énoncé de la part de Dieu, et qu’il est envoyé à tous, aussi bien aux humains qu’aux jinn [2], afin qu’ils croient en sa Loi et le suivent.
Remarque
Comme on peut le constater, dans ce double énoncé se trouvent réunies trois affirmations :
• la négation de la divinité pour toute créature,
• la confirmation de la divinité pour Dieu seul,
• la reconnaissance, sans réserve aucune, que Mouhammad r est le prophète de Dieu dont on doit suivre la Loi.
Ce double témoignage de la foi musulmane, avec ce qu’il renferme comme signification, doit être le reflet d’une conviction intime. De ce fait, il traduit l’adhésion de la raison et du cœur à la certitude de l’existence de Dieu, de Son unicité, et du statut de prophète de Mouhammad. Ainsi, l’adoration doit être comprise comme l’obéissance avec l’extrême humilité. Il s’agit donc de s’humilier volontairement, de façon absolue, pour Dieu et pour Dieu seul.
Aussi voit-on les musulmans se prosterner dans leurs prières rituelles. Par ce geste, ils font véritablement preuve d’humilité en posant sur le sol leur front qui est la partie la plus noble du corps. En se rappelant que la prière est une lourde charge, sauf pour les humbles qui, par obéissance à Dieu, se recueillent en toute humilité. Et Dieu honore celui qui s’humilie pour Lui, tandis que les orgueilleux, qui refusent de L’adorer, entreront tête baissée en Enfer. C’est dans le même sens que la repentance de ses fautes ne se fait qu’à Dieu seul, et non à un mortel comme nous, parfois capable de la pire des abominations.
Règle
Ensemble, ces deux témoignages constituent le moins que l’on puisse faire pour se préserver du châtiment éternel de l’Enfer. C’est dire que la croyance en Dieu ne va pas sans la croyance en Son prophète Mouhammad r.
2. LA CROYANCE [Al-‘Iman]
Définition
D’une manière générale, le mot ‘Iman désigne la foi, la croyance. Alors, on pourra dire par exemple : –Je crois qu’Untel est honnête. Cependant, du point de vue de la Religion, cette croyance est particulière en ce sens qu’il s’agit au minimum de croire, sans aucun doute, en la signification des deux témoignages. En effet, prétendre verbalement l’Islam tout en le contredisant dans son cœur n’est pas valable.
De ce fait, l’Islam et la croyance sont indissociables comme le dos et le ventre, ou les deux faces d’une pièce de monnaie. Ils vont de pair, de telle sorte que tout musulman (mouslim) est un croyant (mou’min) et tout croyant est un musulman.
C’est dire qu’il est absolument interdit d’appeler croyant quelqu’un dont on a su qu’il n’est pas musulman, même s’il prétend le contraire. Il en est de même pour celui qui nie la prophétie de Mouhammad r, même s’il affirme croire en Dieu. En effet, la croyance en Dieu implique la croyance en Son prophète. Pour preuve ce verset où Dieu dit :
] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [
qui signifie :
« Et celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager, Nous [3] (Dieu) avons préparé pour les mécréants le feu ardent de l’Enfer. »
(Qour’an 48/13)
De ce verset, on tire deux enseignements :
1. Celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète-messager Mouhammad, qu’il fasse partie des gens du Livre [4] qu’il soit bouddhiste, athée ou autre, est mécréant, et sa demeure sera l’Enfer s’il meurt ainsi. De même celui qui doute de leur mécréance est à son tour mécréant, parce qu’il a ainsi contredit le Qour’an.
2. Un croyant qui n’accomplit pas la prière, le jeûne de Ramadan, ou qui commet d’autres grands péchés ne sort pas de l’Islam, bien qu’il mérite un grand châtiment dans l’Enfer. En effet, c’est sur la croyance que l’accent est mis comme nous le montre le Hadith suivant dans lequel Abou Dharr, grand compagnon du Prophète r, dit :
أَتَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى الله عَلَيْه ِ وَسَلَّمَ وَهو نَائِمٌ عَلَيْهِ ثَوْبٌ أَبْيَضُ ثُمَّ أَتَيْتُهُ فَإِذَا هُونَائِمٌ ثُمَّ أَتَيْتُهُ وَقَدِ اسْتَيْقَظَ فَجَلَسْتُ إِلَيْهِ فَقَالَ مَا مِنْ عَبْدٍ قَالَ لا إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ ثُمَّ مَاتَ عَلَى ذَلِكَ إِلاَّ دَخَلَ الْجَنَّةَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ ثَلاَثًا ثُمَّ قَالَ فِي الرَّابِعَةِ عَلَى رَغْمِ أَنْفِ أَبِي ذَرٍّ قَالَ فَخَرَجَ أَبُوذَرٍّ وَهُو يَقُولُ وَإِنْ رَغِمَ أَنْفُ أَبِي ذَرٍّ.
ce qui signifie :
« Je me suis rendu chez le Prophète r, il était habillé de blanc et dormait. Je suis revenu et il dormait toujours ; ensuite je suis retourné auprès de lui et je l’ai trouvé éveillé. Je me suis assis à ses côtés, et il a dit : “Quiconque témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et meurt sur cela (c’est-à-dire en étant musulman) entrera au Paradis”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Et même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. À la quatrième fois, il a ajouté : “ (Il y entrera) quel que soit l’étonnement de Abou Dharr [5]”… »
(Hadith rapporté par Mouslim)
Ce qui précède va dans le même sens que cet autre Hadith, dans lequel le Prophète dit :
من كان آخر كلامه لا إله إلا الله دخل الجنة.
qui signifie :
« Celui dont la dernière parole sera : “Il n’est de dieu que Dieu” (la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) entrera au Paradis (c’est-à-dire même s’il subit au préalable un châtiment ). »
(Hadith rapporté par Ibnou Hibban)
C’est donc sur la croyance que l’accent est mis. D’où la règle suivante pour celui ou celle qui veut embrasser l’Islam :
Règle
Sans conviction intime, la prononciation [6] des deux témoignages ne suffit pas, en vérité, pour entrer dans l’Islam. De la même façon, la croyance n’est pas agréée par Dieu sans la prononciation des deux témoignages.
Remarque
Pour le non musulman qui veut se convertir à l’Islam, la formulation des deux témoignages –s’il en a les moyens [7]– est une condition nécessaire pour la concrétisation à la fois de son Islam et de sa croyance (‘Iman).
Quant à celui qui est né et a vécu dans un milieu musulman en croyant à la signification des deux témoignages, on le considère comme musulman aussi longtemps qu’il n’aura pas contredit cette croyance par le cœur, les paroles ou les actes. Néanmoins, dès sa puberté il devra, à titre d’obligation rituelle, prononcer les deux témoignages une fois dans sa vie, et cela d’après l’École (madh-hab) Malikite selon laquelle cette prononciation n’est pas obligatoire dans les prières. Par contre, dans les Écoles Chafi^ite, Hanbalite et Hanafite, il est obligatoire de prononcer les deux témoignages dans la prière pour que celle-ci soit valable.
3. MÉRITES DU TEMOIGNAGE
Les Hadith suivants prouvent, si besoin en était, la grande valeur que Dieu accorde au témoignage. Ainsi, le prophète Mouhammad r nous a appris ceci :
قال موسى يا رب علمني شيئاً أذكرك به وأدعوك به قال قل يا موسى لا إله إلا الله قال يا رب كل عبادك يقول هذا قال قل لا إله إلا الله قال إنما أريد شيئاً تخصنى به قال يا موسى لو أن السموات السبع والأراضين السبع في كفة ولا إله إلاّ الله في كفة مالت بهن لا إله إلاّ الله.
ce qui signifie :
« Moïse dit : – Ô Seigneur ! Apprends-moi une chose par laquelle je T’invoquerai et T’implorerai.
Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Dis : “il n’est de dieu que Dieu”.
Il (Moïse) dit : – Ô Seigneur ! Tous Tes esclaves le disent.
Il (Dieu) dit : – Dis : “ il n’est de dieu que Dieu”.
Il (Moïse) dit : – J’aimerais quelque chose par laquelle je me distinguerai des autres.
Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Si les sept cieux et les sept terres se trouvaient dans un des plateaux (de la Balance) et (la parole) “il n’est de dieu que Dieu” dans l’autre, c’est celle-ci qui l’emporterait. »
(Hadith rapporté par le Hafidh Nourou d-Din Al-Haythamiyy [8])
L’Imam Malik, que Dieu l’agrée, rapporte cette parole du Prophète qui montre également la valeur du premier témoignage :
(…) أَفْضَلُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ (…)
ce qui signifie :
« (…) La meilleure parole que j’ai dite, ainsi que les prophètes qui m’ont précédé, est : – il n’est de dieu que Dieu, l’Unique, Qui n’a pas d’associé (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika Lah) (…) »
(Hadith rapporté par Malik dans son livre Al-Mouwatta’)
Le grand spécialiste de la Science du Hadith, l’Imam Mouslim, que Dieu l’agrée, évoquant à son tour le mérite du témoignage, rapporte cette autre citation du Prophète :
الإسْلاَم يَهْدِمُ مَا قَبْلَه (…).
ce qui signifie :
« L’Islam efface tout ce qui le précède (…) »
(Hadith rapporté par Mouslim)
Ce qui veut dire que par son entrée dans l’Islam, le nouveau converti est assuré de l’effacement de tous les péchés qu’il avait commis auparavant.
4. LA PREMIERE OBLIGATION
De cette obligation d’ordre individuel, qui est à la charge de chaque personne responsable [9], Dieu dit :
] يا أيها الذين آمنوا آمنوا بالله ورسوله والكتاب الذي نزّل على رسوله والكتاب الذي أنزل من قبل ومن يكفر بالله وملائكته وكتبه ورسله واليوم الآخر فقد ضل ضلالا بعيدا [
ce qui signifie :
« Ô vous qui avez cru ! Restez attachés à la croyance en Dieu et en Son Messager, au Livre qu’Il lui a révélé –c’est-à-dire le Qour’an– et à ceux qu’Il a fait descendre auparavant. Celui qui commet de la mécréance envers Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers et concernant le Jour Dernier se trouve dans un terrible égarement. »
(Qour’an 4/136)
C’est dans ce sens que l’éminent savant du Salaf [10], l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a dit :
أول ما يجب على العبد العلم بالله ورسوله ودينه.
ce qui signifie :
« La première obligation qui incombe à tout esclave de Dieu est de connaître Dieu, Son prophète et la Religion qu’Il agrée. »
La croyance est un tout, c’est-à-dire qu’elle est globale et indissociable. En effet, à la demande [11] de l’ange Gabriel : « Informe-moi sur la foi », le Prophète r a répondu :
(…) أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّه ِ(…)
ce qui signifie:
« (…) La foi est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour du Jugement et à la Prédestination du bien et du mal (…) »
(Hadith rapporté par Mouslim)
Ceci implique la croyance en tout ce que le prophète Mouhammad r a annoncé et énoncé de la part de Dieu, qu’il s’agisse de la question posée dans la tombe, des supplices et des délices de celle-ci, de la résurrection des morts, du Jour du Jugement, du Paradis et de ses délectations, de l’Enfer et de ses terribles châtiments, etc.
CHAPITRE 1
croyance en dieu
La religion musulmane ne repose pas sur des bases incohérentes et incomplètes. Au contraire, la raison saine est parmi les plus solides de ses soutiens, tandis que le Qour’an, la Tradition du Prophète r, l’unanimité des savants musulmans (‘ijma^) et le qiyas [12] en sont la référence.
Aussi, l’Imam Al-Ghazaliyy [13] dit-il :
لا تصحّ العبادة إلاّ بعد معرفة المعبود.
ce qui signifie :
« L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui qui mérite d’être adoré (c’est-à-dire Dieu). »
Autrement dit, celui qui croit que Dieu est une lumière –le contraire de l’obscurité–, qu’Il est assis sur le Trône [14], ou qu’Il est partout par Sa Réalité comme l’air, etc., celui-là n’adore pas Dieu, mais quelque chose issue de son imagination. C’est dire que Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car l’imagination est une création, et ce qui est créé n’a aucune ressemblance avec le Créateur.
Il faut donc avoir une croyance en Dieu correcte, celle qui sauve du châtiment éternel de l’Enfer. Ainsi, Dieu dit à Son prophète :
] فاعلم أنه لا إله إلاّ الله واستغفر لذنبك وللمؤمنين والمؤمنات (…) [
ce qui signifie :
« Sache (Mouhammad) qu’il n’est de dieu que Dieu, et demande le pardon pour ton péché [15] et pour les Croyants et les Croyantes (…). »
(Qour’an 47/19)
Ce verset du Qour’an fait ressortir deux sortes de sciences :
– La science qui traite de l’unicité de Dieu, par la parole qui signifie : « Sache qu’il n’est de dieu que Dieu (…). »
– La science qui traite des règles d’application, car la parole qui signifie « (…)demande le pardon pour ton péché(…) » fait référence à l’application, à la pratique.
Par ce verset, Dieu ordonne à Son prophète r d’accorder la priorité à l’étude de la science qui traite de la croyance sur celle des règles d’application. De ce fait, le Prophète r dit :
(…) إِنِّي لأ علمهم بالله وأشد هم لَهُ خشية (…)
ce qui signifie :
« (…)Je suis celui qui a meilleure connaissance de Dieu et qui Le craint le plus.(…) »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)
Les compagnons du Prophète r, à son exemple, ont accordé plus d’importance à la science de la croyance qu’aux autres sciences de la Religion. Ainsi, le Spécialiste de la transmission du Hadith Ibnou Majah a rapporté dans son livre « Sounan Ibni Majah » que le compagnon Joundoub, fils de ^Abdou l-Lah, que Dieu l’agrée, a dit :
كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ فِتْيَانٌ حَزَاوِرَةٌ فَتَعَلَّمْنَا الإِيمَانَ قَبْلَ أَنْ نَتَعَلَّمَ الْقُرْآنَ ثُمَّ تَعَلَّمْنَا الْقُرْآنَ فَازْدَدْنَا بِهِ إِيمَانًا.
ce qui signifie :
« Nous étions avec le Prophète r, alors que nous étions proches de la puberté, et nous avons appris la croyance avant d’apprendre le Qour’an. Puis nous avons appris le Qour’an, ce qui nous a renforcés dans la croyance. »
C’est pour cela que l’Imam Al-Ghazaliyy a dit que l’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré. Et l’Imam Ar-Rifa^iyy [16] de préciser :
غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان.
ce qui signifie :
« La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Dieu est la certitude de Son existence sans référence à l’espace ni au comment. »
Il s’agit donc d’une connaissance qui permet, sans faire appel à la localisation, de distinguer le Créateur de toute chose, Qui n’a ni début ni fin et Qui n’a besoin de rien, des créatures qui sont dans une totale dépendance. C’est en cela que la fameuse citation du premier Calife Abou Bakr, que Dieu l’agrée, est très instructive :
العَجزُ عَن دَرَكِ الإدراكِ إِدرَاكُ
والبحثُ عن ذاتِهِ كفرٌ وإشراكُ
ce qui signifie :
« S’avouer incapable de cerner la Réalité de Dieu, c’est la vraie compréhension. Et chercher à connaître cette Réalité, c’est de la mécréance et de l’association. »
(Rapporté par Badrou d-Din Az–Zarkachiyy Ach-Chafi^iyy)
En effet, en cherchant à connaître la réalité de Dieu, quelqu’un établirait des comparaisons et des parallèles, ce qui est déraisonnable et illogique, car Dieu est absolument différent de Ses créatures. En d’autres termes, Dieu seul sait Sa Réalité et celle de Ses attributs. Dès lors, connaître Dieu pour les créatures que nous sommes, passe par la confirmation de Ses attributs et par la négation de ce qui n’est pas digne de Lui.
Il faut donc croire, sans doute aucun, que Dieu a des attributs.
Pour faire un rapprochement d’idées, prenons un exemple. Si l’on dit à quelqu’un de fabriquer une montre, il ne pourra le faire que s’il possède les connaissances nécessaires. À supposer qu’il maîtrise cette science, mais n’en a pas la capacité physique –s’il est paralysé, par exemple– il n’y parviendra pas. Et s’il possède la connaissance et la capacité mais pas la volonté, il n’y arrivera pas non plus. Ainsi pour exister, ce monde a besoin, à plus forte raison, d’un Créateur Qui a les attributs de la science, de la puissance et de la volonté.
Dieu a fait exister ce monde après le néant et n’a aucune ressemblance avec lui ; Il n’a pas besoin d’un endroit, Il ne s’incarne pas et ne se fatigue pas, Il n’a pas de ressemblance avec les hommes ni avec les anges. Il n’est pas une matière, Il n’est donc pas concerné par la forme ni par les limites. Il est différent de toute Ses créatures. Son existence n’a pas de commencement.
Dieu a donc des attributs. C’est pourquoi les savants musulmans ont dit qu’il est obligatoire d’en connaître treize, qui sont fréquemment cités dans le Qour’an, soit directement, soit par leur signification. À savoir :
- L’existence (Al-Woujoud)
- L’exemption de début (Al-Qidam)
- L’exemption de fin (Al-Baqa‘)
- L’unicité (Al-Wahdaniyyah)
- La non ressemblance avec les créatures (Al-Moukhalafatou li l-Hawadith)
- La science (Al-^Ilm)
- La puissance (Al-Qoudrah)
- La volonté (Al-Machi‘ah)
- La vue (Al-Basar)
- L’ouïe (As-Sam^)
- La parole (Al-Kalam)
- La vie (Al-Hayat)
- Le non-besoin (Al-Qiyamou Bin-Nafs)
1. L’EXISTENCE
Il est connu des gens de la droiture que Dieu a des attributs éternels qui sont dignes de Lui ; l’existence en est un.
Dieu Qui est exempt d’imperfection dit :
] (…) أفي الله شك (…) [
ce qui signifie :
« (…) Douterait-on de l’existence de Dieu ? ! (…) »
(Qour’an 14/10)
Il faut donc croire que l’existence de Dieu est indubitable, et n’a pas de commencement, c’est-à-dire qu’elle n’est pas précédée par le néant, et qu’elle n’a pas de fin, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas affectée par l’anéantissement.
Le Prophète r a dit :
(…) كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ
ce qui signifie :
« (…) Dieu existe de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Le Trône fut sur l’eau –c’est-à-dire que Dieu a créé le Trône à partir de l’eau qui fut donc la première créature– (…) »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)
À travers ce Hadith, le Prophète r confirme l’existence de Dieu avant toute création. De ce fait, quiconque nie l’existence de Dieu est un athée ; comme cet instituteur qui a dit un jour que Dieu n’existait pas, et partant que ce monde n’a pas été créé. Profitant de son absence, un de ses élèves a dessiné un âne au tableau avec le nom de l’instituteur inscrit dessus. À son retour, il fut accueilli par des éclats de rire. Fou de rage, il chercha à connaître l’auteur de ce dessin. Sur ce, un élève se leva et dit que le dessin s’était fait lui-même –c’est-à-dire d’après vous–.
Ainsi, cet élève venait de confirmer, à sa façon, ce que tout le monde sait, à savoir que tout acte relève forcément d’un auteur. Par conséquent, il serait impossible d’imaginer l’existence d’un écrit sans personne qui écrive, ou d’un bâtiment sans personne qui bâtisse. En effet, la raison ne peut que rejeter l’idée qu’une encyclopédie puisse résulter d’une déflagration survenue dans une imprimerie, ou qu’un immeuble, avec toutes ses structures, surgisse subitement de Terre à la suite d’une secousse tellurique. De même, on ne saurait imaginer un bateau lourdement chargé, cheminant droit sur une mer agitée, avec des vents portants et tourbillonnants, sans l’aide d’un bon et vaillant capitaine. Que dire alors de cet Univers qui évolue dans une organisation parfaitement cohérente !
Un savant, à qui les gens avaient demandé la preuve de l’existence de Dieu, a dit : – Ne constatez-vous pas que toutes les feuilles du mûrier se ressemblent par l’odeur, la couleur et le goût ?
– Bien sûr, répondirent-ils.
– Alors, ajouta-t-il, la brebis mange ses feuilles et donne du lait ; le ver s’en nourrit également et fournit de la soie ; quant à certains cervidés –-notamment le chevrotain porte musc–, en les consommant, ils produisent du musc.
Ainsi à partir d’une même plante, il se dégage des choses qui diffèrent dans leur aspect et leur consistance. En effet, le lait est différent de la soie, qui à son tour se distingue du musc. Dès lors, il est évident que c’est un Créateur qui a non seulement créé cette plante mais qui l’a transformée –à travers ces animaux– en des choses différentes de goût, d’odeur, de couleur et même d’utilité. Et ce Créateur n’est autre que Dieu Qui est exempt d’imperfection. Gloire à Lui, le Tout-puissant !
Cela nous amène à constater l’absurdité de la théorie du « Big-bang » selon laquelle la nature, qui n’a ni volonté ni science, aurait tout créé. C’est prétendre qu’une chose puisse être à la fois antérieure et postérieure à elle-même. Ainsi, l’existence de l’Univers dans toute sa complexité, sa beauté et son ordonnance, témoigne de l’existence de Dieu.
Le musulman croit donc en l’existence de Dieu, une existence qui n’a ni commencement ni fin et qui est différente de celle de Ses créatures. Car l’Unique Créateur de toute chose existe sans rapport avec le temps et l’espace, c’est-à-dire que Son existence ne dépend d’aucune circonstance de lieu, de temps ou de manière.
Par conséquent
Dieu est l’Éternel. Nul temps ne Le limite et nul lieu ne Le circonscrit.
Dieu n’est pas un corps, car Il serait limité.
Dieu n’est pas une substance, car Il serait localisable.
Dieu n’est pas accidentel, car Il aurait besoin d’un créateur.
Dieu n’est pas composé, car Il serait divisible.
Dieu n’a pas d’organes, car Il serait imaginable et représentable.
Dieu n’est ni ténèbres, ni lumière.
En effet, Dieu dit :
] (…) ليس كمثله شىء وهو السميع البصير [
ce qui signifie :
« (…) Rien n’est tel que Lui –ou bien Rien n’a de ressemblance avec Lui d’aucun point de vue– , et Il est Celui Qui entend et Qui voit. »
(Qour’an 42/11)
2. L’exemption de debut
Dieu dit :
] هو الأول (…) [
ce qui signifie :
« (Dieu) est Celui Dont l’existence n’a pas de commencement (…). »
(Qour’an 57/3)
Une traduction littérale –exclue– donnerait que Dieu serait le premier. Or la primauté de l’existence de Dieu est absolue et atemporelle, alors que la primauté des créatures est relative au temps. Ainsi on dira d’Adam qu’il est le premier des êtres humains, tandis que Dieu est premier dans le sens que Son Existence n’a pas de commencement.
Il faut donc croire que Dieu, comme tous Ses attributs, n’a pas de commencement. Par conséquent, Son existence n’est pas relative au temps. Elle ne Lui a pas été attribuée et n’est pas précédée par quelque chose. Car tout ce qui a un commencement a besoin de quelqu’un qui lui a donné l’existence. Or le besoin contredit la divinité, parce qu’il indique une dépendance, c’est-à-dire une imperfection. Donc si Dieu avait besoin de Ses créatures, Il ne pourrait pas les créer. Mais Dieu, le Glorieux, n’a pas besoin de Ses créatures, ni avant, ni après la création de celles-ci.
C’est pourquoi nous disons que l’exemption de début de Dieu n’a aucun rapport avec le temps [17], car encore une fois, le Créateur de toute chose existe avant le temps. De ce fait l’Imam Abou Hanifah, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :
وصفاته في الأزل غير محدثة ولا مخلوقة ، فمن قال : إنها مخلوقة أو محدثة ، أو وقف فيها ، أو شك فيهما فهو كافر بالله تعالى.
ce qui signifie :
« Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement et ne sont pas créés. Celui qui dit qu’Ils sont créés ou qu’ils ont un commencement, de même que celui qui ne se détermine pas sur la question ou qui en doute a commis de la mécréance envers Dieu Qui est exempt d’imperfection. »
Dieu est donc le seul qui a l’attribut de l’exemption de début.
Ainsi, pour prouver aux philosophes qu’il est impossible que le monde soit une succession de choses sans commencement, les savants dans la Science de la croyance (At-Tawhid) ont donné l’exemple suivant : – Si quelqu’un dit : “Tel jour, je ne donnerai un franc à Untel que si je lui en ai déjà donné un, que je ne lui aurai donné que si je lui en avais déjà remis un autre… et ainsi de suite”. Il est clair, dans cet exemple, que la pièce promise ne sera jamais donnée car le don est lié à quelque chose d’inexistant, à savoir un commencement de ce don. Or ce qui est suggéré ici, c’est qu’il ne débute jamais.
C’est dire que si ce monde était une succession de choses sans début, il n’existerait pas à présent ; mais puisqu’il existe, cela prouve qu’il a un début.
Règle
Tout, excepté Dieu et Ses attributs, a un commencement.
3. L‘exemption de fin
Dieu dit :
] كل من عليها فان ويبقى وجه ربك ذوالجلال والإكرام [
ce qui signifie :
« Tout ce qui est sur Terre est voué à une fin mais Dieu –Qui est sans endroit– existe éternellement. »
(Qour’an 55/26-27)
Dieu, tout comme Ses attributs, n’a pas de fin. En effet, la raison impose que Dieu, Dont l’existence n’a pas de commencement, soit exempt de fin. Il est le Vivant Qui ne meurt pas, et Sa vie n’est ni acquise ni précédée, ni par quelque chose ni par le néant.
Remarque
La non- fin du Paradis et de l’Enfer est confirmée par les Textes (le Qour’an et les Hadith). Ainsi bien qu’ayant un commencement, ce n’est que par la volonté de Dieu qu’ils subsistent éternellement ; sans quoi, étant des créatures, il est possible rationnellement qu’ils s’anéantissent. Mais Dieu a voulu pour eux la pérennité.
Règle
Seul Dieu est Éternel en Soi.
4. L’unicité
Dieu a dit :
] قل هو الله أحد [
ce qui signifie :
« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »
(Qour’an 112/1)
L’Imam Abou Hanifah, que Dieu l’agrée, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :
والله تعالى واحد لا من طريق العدد ولكن من طريق أنه لا شريك له.
ce qui signifie :
« Dieu est Unique, non pas du point de vue du nombre, mais dans le sens qu’Il n’a pas d’associé. »
Car mathématiquement parlant, le nombre 1 est divisible par 2 ce qui donne 2 demis, par 3 ce qui donne 3 tiers, etc.
Sachez donc que le devoir le plus fondamental de chaque moukallaf (voir définition en page 25) est de croire en l’unicité de Dieu sans rien Lui associer, c’est-à-dire reconnaître que Dieu est :
– Unique du point de vue de Sa Réalité
• Il n’a point d’associé
• Il ne se divise pas
• Il n’est pas composé
• Rien n’est tel que Lui
– Unique du point de vue de Ses attributs
Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement, c’est-à-dire qu’Ils ne sont pas créés. Car si Dieu avait un attribut créé, cela voudrait dire qu’Il change : celui qui change a besoin de quelqu’un qui le fait changer. Et celui qui a besoin de quelqu’un d’autre est une créature et non le Créateur Qui existe avant toute créature, sans les créatures. Or le fait de dire que Dieu aurait acquis un attribut signifierait que cet attribut lui aurait manqué, ce qui indiquerait une imperfection. Celui qui n’est pas parfait ne peut être Dieu dont les attributs :
• sont uniques
• sont parfaits
• ne changent pas
• ne sont pas accidentels, c’est-à-dire créés
• ne sont pas occasionnels
• ne sont pas contingents
• ne sont pas précédés par le néant
Rien ni personne ne peut avoir un ou plusieurs attributs de Dieu.
– Unique du point de vue de Son acte
Lorsqu’on dit, par exemple, que Dieu est l’Unique Créateur, cela signifie qu’Il est Le seul à pouvoir faire exister toute chose après le néant. Dieu a la puissance de créer ce qu’Il veut sans que nul ne puisse s’opposer à l’accomplissement de Sa volonté.
Le fait de créer la créature n’a pas ajouté à Dieu un attribut qu’Il n’aurait pas eu ; c’est dire que Dieu avait l’attribut d’être Créateur avant la création du monde. De même qu’Il avait l’attribut de donner la vie et celui de donner la mort avant qu’il n’y ait de vivants et de morts ; ce n’est pas après avoir fait vivre ou mourir quelqu’un que Dieu a acquis ces attributs-là.
Ainsi, Abou Hanifah a dit :
والفعل صفة في الأزل والمفعول مخلوق.
ce qui signifie :
« L’acte de Dieu est un attribut qu’Il a de toute éternité, mais ce sont les manifestations de Son acte qui sont créées. »
Tout ce que les gens possèdent –enfants, biens matériels ou autres moyens de subsistance– provient de Dieu. En effet, Dieu dit :
] وما بكم من نعمة فمن الله (…) [
ce qui signifie :
« Tout ce que vous avez comme bienfait provient de Dieu (…) »
(Qour’an 16/53)
Ou encore :
] إن الله هو الرزاق (…) [
ce qui signifie :
« Dieu est Le seul Dispensateur de tous les biens (…) »
(Qour’an 51/58)
5. LA NON RESSEMBLANCE AVEC LES CREATURES
Dieu dit :
] (…) ليس كمثله شىء (…) [
ce qui signifie :
« (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…) »
(Qour’an 42/11)
L’Univers est de Dieu par création et non par engendrement ou par émanation. Donc Dieu n’est pas au monde ce que la terre est à l’arbre, ou ce que l’arbre est au bois, ou le bois à la table. Parce que la table vient du bois, le bois de l’arbre, l’arbre de la terre par un cycle de transformations successives voulu et créé par Dieu. Par conséquent, l’Univers qui forme l’ensemble des choses créées est tout autre que Dieu, rien n’a de ressemblance avec le Créateur :
– Ni du point de vue de Sa Réalité (Dhat)
Il n’est ni une lumière –le contraire de l’obscurité– ; ni un esprit ; ni un corps impalpable, ni un corps palpable, ni une matière, ni une particule, ni un homme, ni une étoile, ni aucune autre chose de la création.
Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car notre imagination est l’une de Ses créations.
– Ni du point de vue de Son acte (Fi^l)
L’acte de Dieu n’a pas de commencement, tandis que tout autre acte est une création. Et Il fait exister toute chose après le néant en lui donnant l’existence sans que cela soit par le toucher, le mouvement, la proximité ou l’éloignement.
– Ni du point de vue de Ses attributs (Sifat)
En effet, Dieu S’est fait connaître par Ses attributs pour que Ses créatures affirment Son existence et proclament Son unicité, excluant ainsi de chercher à Le connaître par analogie. Car les attributs de Dieu sont sans aucune comparaison ni ressemblance. Il est exempt du fait d’avoir des dimensions, des limites, des repères, des membres ou des organes petits ou grands. On ne peut donc pas se représenter ni imaginer Dieu. Il est impossible de Lui attribuer :
• le fait de s’asseoir
• l’immobilité ou le mouvement –tous deux liés à l’espace et au temps qui sont des créations–
• les sentiments –émotion, envie, etc.–
• le changement
• le sommeil
• la fatigue –comme l’ont prétendu certains égarés–. À ce propos, Dieu dit :
] ولقد خلقنا السمـوات والأرض وما بينهما في ستة أيام وما مسنا من لغوب [
ce qui signifie :
« Certes, Nous (Dieu) avons créé les cieux et la Terre et ce qui est entre eux dans six jours, sans que nulle fatigue Nous ait touché. »
(Qour’an 50/38)
Remarque
Dieu a créé l’Univers sans nul besoin, ni rien qui L’y oblige. Il a donné existence aux mondes sans modèle préexistant. Il n’est pas en contact, par le toucher, avec les choses. Tout est facile pour Dieu, parce qu’Il est le Tout-puissant. Dès lors, l’une des sagesses de la création des cieux et de la terre dans six jours est de nous enseigner la patience. Autrement Dieu, Le Tout-puissant aurait pu tout faire exister en un seul instant, s’Il l’avait voulu. Car notre création et notre résurrection à tous sont pour Lui comme celles d’un seul être.
6. LA SCIENCE
Dieu dit :
] قالوا سبحانك لا علم لنا إلا ما علمتنا إنك أنت العليم الحكيم [
ce qui signifie :
« (Les anges) dirent : “Soubhanak » –c’est-à-dire Dieu, Toi Qui es exempt de toute imperfection– ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous fais savoir. »
(Qour’an 2/32)
Dieu est le Celui Qui sait tout et, par Sa science qui est éternelle –c’est-à-dire sans commencement ni fin–, Il sait toutes choses dans les moindres détails avant de les créer ; et outre cela, Il sait Sa propre réalité et celle de Ses attributs.
La science de Dieu ne change pas et elle n’est pas, comme la nôtre, précédée par l’ignorance. En effet, l’être humain est créé dans le ventre de sa mère d’où il sort complètement ignorant. Puis petit à petit il grandit, se transforme, apprend à marcher et à parler. Il va acquérir des connaissances qui s’enrichiront par étapes. Cette mutation l’acheminera de l’enfance à la vieillesse en passant par l’adolescence. Ainsi, il aura évolué d’un état de faiblesse à celui de la pleine force, avant de revenir à l’état de faiblesse. Il est illogique et déraisonnable de croire que l’être humain est l’auteur de sa propre transformation, ou que celle-ci soit l’œuvre du père sur son fils. De même, il est inconcevable que la nature, qui est elle-même une création, soit à l’origine de tels changements. Ainsi donc apparaît la nécessité que toutes ces mutations soient dues à Celui Qui a les attributs de la vie, de la science, de la puissance, de la volonté, et Dont l’existence est éternelle : c’est Lui Qu’on appelle Dieu, ou Allah ; Il sait tout de toute éternité, le passé, le présent et le futur.
C’est dire que rien ne Lui est caché et qu’Il sait toute chose dans les moindres détails.
Règle
La Science de Dieu, qui n’a ni commencement ni fin, englobe toute chose.
7. LA PUISSANCE
Dieu dit :
] إن الله على كل شىء قدير [
ce qui signifie :
« Certes, Dieu a la puissance parfaite sur toute chose. »
(Qour’an 2/20)
Dieu est le Tout-puissant et, par Sa puissance qui n’a ni commencement ni fin, Il crée et anéantit les choses, selon Sa science et Sa volonté.
Rien ni personne n’échappe à la puissance de Dieu, et nul ne peut secourir celui qu’Il veut châtier.
Remarque
Le jugement rationnel –selon la raison– est de trois sortes :
1) Le nécessaire, c’est ce dont la raison ne peut concevoir l’inexistence ou l’anéantissement : il s’agit de Dieu et de Ses attributs.
2) Le possible rationnel (ou le contingent), c’est ce dont la raison peut concevoir l’existence ou la non-existence, comme le monde et tout son contenu. Ainsi, la raison accepte notre existence ici-bas à un moment donné et notre inexistence ailleurs à un autre moment.
3) L’impossible rationnel se rapporte à ce dont la raison ne conçoit pas l’existence, comme un associé à Dieu, ou comme le fait que quelqu’un puisse être mort et vivant en même temps.
Cela posé, la puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il fait exister ou anéantit. De ce fait, elle ne concerne que le possible rationnel.
S’agissant de l’impossible rationnel ou du nécessaire, il n’est pas permis de dire que Dieu est capable ou incapable de créer ce à quoi ces notions se rapportent. En effet, pour faire un rapprochement d’idées, ce n’est pas parce que l’on ne peut pas attribuer la science à un caillou qu’il est ignorant ; car l’ignorance tout comme la science ne concernent pas les corps inertes.
À ceux qui disent que Dieu Qui est exempt d’imperfection est capable d’avoir un enfant car le contraire indiquerait une impuissance de sa part, nous répondons que cette affirmation est un non sens parce que l’enfant pour Dieu relève de l’impossible rationnel, qui n’est pas concerné par la puissance de Dieu.
Il est aussi des athées qui demandent si Dieu est capable de créer Son pareil. Là encore, il s’agit d’une impossibilité rationnelle dont l’existence est rejetée par la raison. La preuve en est que Dieu n’a pas de commencement et que s’Il avait un pareil à Lui, cela voudrait dire que ce pareil n’aurait pas non plus de commencement. Or celui qui n’a pas de commencement n’est pas créé.
Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est impossible que Dieu ait un enfant ou qu’Il se soit créé Lui-même qu’il y aurait là une preuve d’impuissance de Sa part, car encore une fois Sa puissance ne concerne pas l’impossible rationnel ni le nécessaire selon la raison.
Règle
Dieu a le pouvoir de créer tout ce qui peut exister du point de vue de la raison, de même que d’anéantir tout ce qui est anéantissable.
8. LA VOLONTE
Dieu dit :
] (…) والله غالب على أمره (…) [
ce qui signifie :
« (…) Rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Dieu (…). »
(Qour’an 12/21)
Dieu, par Sa volonté qui n’a ni commencement ni fin, attribue aux choses –à ce qui est contingent– leurs caractéristiques –genre, espèce, qualité, etc.–.
La volonté de Dieu ne concerne donc ni le nécessaire ni l’impossible rationnel, mais seulement le possible rationnel. Un tableau par exemple peut être noir, blanc, vert, etc. ; il y a plusieurs couleurs possibles pour ce tableau. Le fait d’avoir la couleur noire au lieu d’une autre couleur pourtant possible, résulte de l’attribution de Dieu. Il en est de même pour la forme du tableau. Ainsi, telle chose est blanche et non rouge, grande et non petite ; telle personne est riche et non pauvre, etc.
Rien ne peut avoir lieu sans la volonté de Dieu, car Il dit :
] وما تشاءون إلا أن يشاء الله رب العالمين [
ce qui signifie :
« Et vous –les créatures– ne voulez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »
(Qour’an 81/29)
En effet, notre volonté étant créée, elle n’existe que grâce à Dieu. Par conséquent l’homme a une volonté, mais elle est subordonnée à la volonté de Dieu, de sorte qu’il ne voudra que ce que Dieu a voulu qu’il veuille.
C’est ce que l’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy [18] exprime en disant :
غلبت مشيئته المشيئات كلها (…)
ce qui signifie :
« La volonté de Dieu se réalise au détriment de toute (autre) volonté (…) »
Donc :
• Tout est régi par la volonté de Dieu
• Ce que Dieu veut sera, ce que Dieu ne veut pas ne sera pas –qu’il s’agisse du bien, du mal, des corps, du mouvement, du repos, etc.–
• On ne s’épargne le mal –péché, maladie, etc.– que par la préservation de Dieu, et on ne fait le bien que grâce à Son aide
• Aucune créature, pas même les prophètes, ne peut quoi que ce soit sans la volonté de Dieu
Par conséquent
Rien ne mérite l’adoration si ce n’est Dieu seul.
9. LA VUE
Dieu dit :
] (…) والله بما تعملون بصير [
ce qui signifie :
« (…) Dieu voit parfaitement ce que vous faites. »
(Qour’an 3/156)
Dieu voit toute chose visible, que nous puissions la voir ou pas. Mais Sa vue, qui n’a ni commencement ni fin, n’a pas de ressemblance avec la nôtre ; Il voit sans l’intermédiaire d’organes –œil, iris, cornée, pupille, etc.– et Sa vue n’est pas conditionnée par la lumière, la réfraction, la réflexion, l’obscurité, la distance, la direction, etc. L’être humain au contraire a besoin pour voir,de l’organe de la vue –un œil ou des yeux–, il a besoin de disposer de lumière, de regarder dans une direction et d’être situé à une distance donnée par rapport à la chose à voir. En effet, on ne peut voir quelque chose derrière soi qu’avec un rétroviseur ou un autre intermédiaire. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni partout, voit tout sans aucune notion de distance, car la distance marque la limite entre deux corps. Et Dieu n’est pas un corps.
10.L’OUÏE
Dieu dit :
] أم يحسبون أنا لا نسمع سرهم ونجواهم بلى (…) [
ce qui signifie :
« Pensent-ils que Nous (Dieu) n’entendons pas leurs secrets et leurs confidences ? Mais si ! (…). »
(Qour’an 43/80)
Dieu entend tout ce qui peut être entendu, qu’il s’agisse de choses que nous pouvons entendre ou pas. Et Son ouïe, qui est sans commencement ni fin, n’a aucune ressemblance avec la nôtre. En effet, l’homme ne peut entendre qu’au moyen d’organes appropriés –oreilles, conduit auditif, tympan, etc.– qui succombent parfois à l’assaut de la maladie ou de l’âge. En outre, le son que nous percevons doit être émis à une certaine fréquence et intensité pour être audible sans nuisance, car d’après les observations, à cent quatre-vingts décibels, les tympans éclatent. Ainsi, une explosion peut induire des lésions auditives irréversibles. L’intensité du son n’est pas seule en cause, la durée d’exposition est aussi nuisible. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni dans tous les endroits, et Qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, entend tout.
Nous pouvons donc nous adresser à Lui sans passer par un intermédiaire. Ce qui n’exclut pas de Lui demander de nous accorder un bienfait par le rang du Prophète Mouhammad r ou par le degré d’un saint.
11.LA PAROLE
D’un verset du Qour’an, nous comprenons que Dieu dit :
] (…) وكلم الله موسى (…) [
ce qui signifie :
« (…) Dieu a parlé assurément à Moïse.(…) »
(Qour’an 4/164)
C’est dire que Dieu a l’attribut de la parole mais, comme tous Ses autres attributs, elle n’a pas de ressemblance avec la nôtre et ne nécessite aucun organe phonatoire. En effet, Dieu n’a pas de bouche et Sa parole qui est de toute éternité, c’est-à-dire sans commencement ni fin, ne comporte ni lettres, ni mots ; ce n’est ni une langue –l’arabe, le grec, l’hébreux, le français, etc.– ni un langage sonore ou vocal.
Moïse u a donc entendu cette parole sans l’émission d’une voix, et il en a compris ce que Dieu a voulu qu’il comprenne. Par la suite, il a communiqué le message reçu en s’exprimant dans la langue de son peuple qui était l’hébreux. En effet, Dieu dit :
] وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبين لهم (…) [
ce qui signifie :
« Nous (Dieu) n’avons pas envoyé de Messager qui ne parle la langue de son peuple –auquel il a été envoyé–, et cela afin qu’il leur explique le message dont il est chargé. Ainsi il leur sera facile de le comprendre(…). »
(Qour’an 14/4)
Remarque
Ainsi, affirmer que le Qour’an, la Torah ou l’Évangile (et non les évangiles) sont la parole de Dieu veut dire deux choses :
1. Soit qu’il s’agit de la parole de Dieu qui est Son attribut ; dans ce cas cette parole n’est ni en arabe, ni en une autre langue, ne s’exprime pas par des lettres ni une voix, n’a pas de ressemblance avec la nôtre, n’a pas de commencement et n’est pas quantifiable.
2. Soit qu’il s’agit des expressions de cette parole que l’on peut trouver dans les Livres Saints. C’est à travers ces expressions qu’on comprend ce que Dieu dit par Sa parole éternelle, qui n’est pas composée de lettres et qui n’est ni une voix ni un langage. Pour faire un rapprochement d’idées, si nous écrivons au tableau les mots Allah, Dieu ou God, cela ne signifie pas que Dieu s’incarne sur le tableau, ou qu’il y aurait trois dieux. Au contraire, il s’agit de trois expressions indiquant que nous parlons du Créateur Qui n’est pas ces lettres écrites. C’est dans ce sens que nous disons que les versets qu’on trouve dans le Qour’an expriment la parole de Dieu. Ainsi, on comprend du verset suivant que Dieu dit :
] وإن أحد من المشركين استجارك فأجره حتى يسمع كلام الله ثم أبلغه مأمنه ذلك بأنهم قوم لا يعلمون [
ce qui signifie :
« Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, car ce sont des gens qui ne savent pas. Puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. »
(Qour’an 9/6)
Il s’agit ici de lui faire entendre l’expression de la parole de Dieu, à savoir les versets du Qour’an, et non pas la parole divine de Dieu, qui est Son attribut. Quant au verset 164 de la sourate 4, qui signifie : « (…) Dieu a parlé assurément à Moïse », on en déduit que Dieu parle, mais que Sa parole est différente de la nôtre, et c’est bien celle-là que Moïse a entendue.
Règle
Par Son attribut qui est la parole –qui n’a ni commencement ni fin–, Dieu, entre autres choses, ordonne, permet, interdit, avertit, informe et annonce la bonne nouvelle.
12.LA VIE
Dieu dit :
] وتوكل على الحي (…) [
ce qui signifie :
« Et place ta confiance en Celui Qui a pour attribut la vie (…). »
(Qour’an 25/58)
Dieu a pour attribut la vie, mais Sa vie –exempte de début et de fin– n’est pas conditionnée comme la nôtre, par un ensemble de choses composées et indispensables, tels que l’âme, la chair, les muscles, les os, le sang, la peau, etc.
Dieu a pour attribut la vie et Il n’a besoin de rien, tandis que nous, les mortels, dépendons entièrement de Lui.
Règle
Il a pour attribut la vie, une vie ni acquise ni précédée par quelque chose.
13.LE NON BESOIN
Dieu dit :
] يا أيها الناس أنتم الفقراء إلى الله والله هو الغني الحميد [
ce qui signifie :
« Ô vous les hommes ! vous avez besoin de Dieu, et Dieu n’a pas besoin de Ses créatures. »
(Qour’an 35/15)
Toute chose a besoin de Dieu le Suprême, car il n’y a rien qui existe sans Sa création. Notre existence dépend de Lui, c’est Lui –Dieu– Qui nous a fait exister après le néant.
Ainsi, tout ce que nous faisons ne peut exister sans la création et la volonté de Dieu.
Dieu est l’Éternel (Al-Qadim) Qui n’a jamais cessé d’exister. Il n’a donc besoin de personne pour Lui donner l’existence, la science, ou tout autre de Ses attributs.
Il n’est pas un corps pour être porté par quelque chose ou pour dépendre d’un endroit. De ce fait ^Aliyy Ibnou Abi Talib, le cousin du Prophète r, a dit que Dieu a créé le Trône comme manifestation de Sa puissance et non pour le prendre comme endroit pour Lui-même. En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés.
Ainsi, pour nous donner une idée de l’immensité du Trône, le Prophète r a dit :
ما السموات السبع في جنب الكرسيّ إلا كحلقة في فلاة، وفضل العرش على الكرسيّ كفضل الفلاة على الحلقة.
ce qui signifie :
« Les sept cieux par rapport au Koursiyy [19] (le Piédestal) ne sont que comme un anneau dans le désert ; et le ^Arch (le Trône) par rapport au Koursiyy est comme le désert par rapport à l’anneau. »
(Hadith rapporté par Ibnou Hibban)
L’Imam Abou Mansour At-Tamimiyy Al-Baghdadiyy rapporte cette parole de ^Aliyy, que Dieu l’agrée, :
كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان.
ce qui signifie :
« Dieu existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Et Il est maintenant –c’est-à-dire après la création de l’espace–, tel qu’Il est de toute éternité –c’est-à-dire sans endroit–. »
De même l’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son livre “Al-^Aqidatou t–Tahawiyyah”, dit :
لا تحويهِ الجهاتُ الستُّ كسائرِ المبتدعاتِ
ce qui signifie :
« (Dieu) n’est pas, comme les créatures, cerné par les six directions –devant, derrière, haut, bas, gauche et droite–. »
Car si Dieu était dans un lieu, Il aurait des dimensions ; et celui qui a des dimensions est une créature et non le Créateur.
Quant à l’Ascension du Prophète r, il faut savoir qu’elle n’avait pas pour but de lui faire atteindre un emplacement où se serait trouvé Dieu le Suprême, car une telle croyance fait sortir de l’Islam. Il s’agissait en fait de le glorifier et de l’honorer en lui montrant les merveilles de l’Univers supérieur. En outre, Dieu a voulu que Mouhammad Le voit avec son cœur (et non dans son cœur).
Dans les versets où Dieu dit :
] ثم دنا فتدلى فكان قاب قوسين أو أدنى [
ce qui signifie :
« Puis il s’approcha, toujours plus, jusqu’à n’être éloigné que d’une distance de deux coudées et moins encore »,
(Qour’an 53/8-9)
il est question dans ce verset de l’ange Gabriel que le Prophète r a vu pour la deuxième fois, sous sa forme réelle avec ses six cents ailes, sans perdre connaissance, parce que Dieu l’avait auparavant fortifié et renforcé. Alors qu’en le voyant pour la première fois à La Mecque (Makkah) dans un endroit appelé Ajyad, il s’était évanoui.
Et l’Imam Ja^far As–Sadiq, que Dieu l’agrée, de dire :
من زعم أن الله في شىءٍ أو على شىءٍ أو من شىءٍ فقد أشرك إذ لو كان في شىءٍ لكان محصورا ولو كان على شىءٍ لكان محمولا ولو كان من شىءٍ لكان محدثا.
ce qui signifie :
« Celui qui prétend que Dieu est dans une chose, sur une chose ou issu d’une chose n’est qu’un associateur. Car si Dieu était dans quelque chose, Il serait circonscrit ; s’Il était sur quelque chose, Il serait porté et s’Il était issu d’une chose, Il serait créé (…). »
Cette affirmation est en parfaite concordance avec cette invocation du Prophète r, :
(…) اللَّهُمَّ (…) وَأَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىءٌ وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىء (…)
ce qui signifie :
« (…) Ô mon Dieu ! (…) Tu es Adh–Dhahir [20], il n’y a donc rien au-dessus de Toi. Et Tu es Al-Batin [21], il n’y a donc rien en dessous de Toi (…). »
Al-Bayhaqiyy, à propos de cette invocation, a dit :
وإذا لم يكن فوقه شىء ولا دونه شىء لم يكن في مكان.
ce qui signifie :
« Et puisqu’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui, Il existe donc sans endroit. »
Ainsi, tout en sachant ce qui se passe partout –en tous lieux–, Dieu régit tout par Sa volonté, sans s’incarner dans Sa création :
• ni dans les cieux
• ni sur la Terre
• ni dans un endroit
• ni dans tous les endroits
• ni partout
Remarque
C’est parce que le Prophète r nous a appris que la direction des invocations est le ciel (qiblatou d-dou^a’) que nous levons les mains vers le ciel pour invoquer ; et c’est parce qu’il nous a enseigné que celle de la prière est la Ka^bah à La Mecque que nous nous orientons vers cette Maison sacrée pour prier. Ce qui explique que Dieu, l’unique Créateur de toute chose, existe sans endroit ni direction.
Règle importante
Il est nécessaire de croire que Dieu n’a besoin de rien puisqu’Il existe avant toutes Ses créatures et qu’après leur création, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité.
CHAPITRE 2
CROYANCE EN LES ANGES
Dieu dit :
] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته (…) [
ce qui signifie :
« Le Messager a cru en ce que Dieu lui a révélé du Qour’an ; de même que les Croyants : tous ont cru en Dieu et en Ses anges (…). »
(Qour’an 2/285)
D’après sa femme ^A‘ichah, l’Envoyé de Dieu, le prophète Mouhammad r, a dit :
خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ آدَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ
ce qui signifie :
« Les anges ont été créés de lumière, les jinns de la flamme d’un feu pur et ‘Adam de ce qui vous a été décrit. »
(Hadith rapporté par Mouslim)
En effet, plusieurs versets du Qour’an font état de la création de notre père Adam et, par voie de conséquence, de tous les autres êtres humains.
Ainsi, Dieu dit :
] إن مثل عيسى عند الله كمثل آدم خلقه من تراب ثم قال له كن فيكون [
ce qui signifie :
« Jésus –qui a été créé sans père– est pour Dieu à l’exemple d’Adam qui fut créé de terre : Dieu l’a créé sans difficulté aucune »
(Qour’an 3/59)
Il faut croire à l’existence des anges, que Dieu a créés de lumière. Ce sont des êtres impalpables –non palpables– qui sont doués de raison et dotés de la faculté de choisir ; mais ils ne choisissent que l’obéissance à Dieu et Son adoration continuelle. Ils sont tous des musulmans pieux, des saints que Dieu a préservés des péchés. Ainsi :
• ils exécutent en toute obéissance les ordres de Dieu, sans jamais Lui désobéir
• ils ne mangent et ne boivent pas
• ils ne dorment pas
• ils ne se fatiguent pas
• ils ne se marient pas
• ils ne se reproduisent pas
• ils ne sont ni mâles, ni femelles
• ils ont des degrés et des rangs différents
Le meilleur de tous est JIBRIL (Gabriel) qui, sur ordre de Dieu, a transmis la révélation aux prophètes. Il est également appelé le Saint-Esprit ou l’Esprit Saint, mais n’est pas associé à Dieu dans la divinité comme certains l’ont considéré à tort.
Les anges sont plus nombreux que les autres créatures, et chacun d’eux accomplit une ou plusieurs fonctions. Parmi eux, citons :
MIKA‘IL(Michaël) qui s’occupe de la pluie et de la végétation.
ISRAFIL, à son premier souffle dans le Cor, tous les êtres dotés d’une âme seront comme foudroyés : les uns –’est-à-dire les humains, les jinn, etc.–mourront ; tandis que les autres –les prophètes qui restent vivants dans leur tombe–s’évanouiront, à l’exception de ceux à qui Dieu veut épargner l’évanouissement. C’est au deuxième souffle que tout le monde sera ressuscité.
LES PORTEURS DU TRÔNE, nombre de quatre dans cette vie, seront huit dans l’au-delà. Ayant reçu la permission de les décrire, le Prophète r dit que la distance qui sépare le lobe de leur oreille de leur épaule équivaut à celle parcourue en sept cents ans par un oiseau rapide.
LES ANGES qui ont pour fonction, par la volonté de Dieu, de transmettre au prophète Mouhammad rAs–Salatou wa s-Salam–invocations des musulmans en sa faveur d’élévation en degré et d’apaisement quant au sort de sa communauté–.
^AZRA‘ILest l’ange de la mort. C’est lui qui retire les âmes.
HAROUTet MAROUTsont deux anges qui ont appris une sorte de magie aux gens, afin qu’ils puissent faire la différence avec le miracle, et éviter ainsi de tomber dans la mécréance (koufr, en arabe).
Ils n’ont jamais désobéi à Dieu et prenaient soin de mettre en garde contre toute forme d’égarement en disant : « Nous sommes une épreuve pour vous. »
ISMA^IL le chef des anges du deuxième ciel.
Maliksupervise l’Enfer.
MOUNKAR NAKIRsont les anges qui posent la question dans la tombe.
RAQIB ^ATIDinscrivent le bien et le mal que nous faisons.
RatA‘Ilapaise le cœur de certains musulmans, en le débarrassant de toute angoisse, anxiété et autre mélancolie, etc.
RIDWANest le superviseur du Paradis.
Il existe dans le septième ciel, exactement à la verticale de la Ka^bah, une Maison honorée pour les gens du ciel, c’est-à-dire les anges. Cette « Demeure Peuplée » (Al-Baytou l-Ma^mour) est quotidiennement fréquentée par soixante-dix mille anges qui viennent y prier et repartent pour ne plus jamais y revenir. Il n’y a que Dieu qui sache le nombre des anges.
Les anges sont ailés sous leur véritable aspect. Cependant, ils apparaissent à certains êtres humains agréés par Dieu, comme les prophètes et les saints, généralement sous les traits d’un jeune et bel homme, sans organes génitaux. Ils ne prennent jamais l’aspect d’une femme, contrairement à ce que l’on voit peint sur certains tableaux. En tous les cas, ils n’ont pas de sexe. Tous subiront la mort pour être, par la suite, ressuscités et rassemblés.
Des messagers choisis parmi eux leur transmettent les ordres de Dieu. Parmi les choses que nous avons en commun avec eux et les jinn figure l’obligation de croire en Dieu, sans rien Lui associer. En revanche, l’aumône obligatoire et le jeûne sont ordonnés uniquement aux humains et aux jinn. En effet, le statut et la nature des anges étant particuliers, ils ont des règles qui leur sont spécifiques. De plus, les anges, comme les humains, peuvent être des messagers de Dieu, tandis que seuls les hommes peuvent être prophètes.
Remarque
De même que le père des humains est Adam, celui des jinn est Iblis [22] qui était avec les anges et adorait Dieu en leur compagnie. Il a été créé d’une flamme pure, comme Dieu le dit :
] وخلق الجان من مارج من نار [
ce qui signifie :
« Dieu a créé les jinn à partir d’une flamme pure. »
(Qour’an 55/15)
À savoir donc que Satan (Iblis) n’est pas un ange déchu comme d’aucuns l’ont faussement prétendu, mais bien un jinn orgueilleux et maudit qui a protesté contre l’ordre de Dieu. En effet, Dieu dit :
] وإذ قلنا للملائكة اسجدوا لآدم فسجدوا إلا إبليس كان من الجن [
ce qui signifie :
« Dieu a ordonné aux anges de se prosterner pour Adam, ils se prosternèrent tous à l’exception de Iblis (Satan) qui appartenait aux jinn (…). »
(Qour’an 18/50)
La prosternation ainsi demandée aux anges était une salutation révérencielle pour Adam, et non une adoration –une extrême humilité– qui ne doit être vouée qu’à Dieu seul.
Les musulmans parmi les jinn sont appelés jinn-croyants tandis que les mécréants parmi les jinn sont appelés diables ou démons (Chayatin, pluriel de Chaytan).
Mettons-nous en garde contre Satan, notre plus grand ennemi. En effet, Dieu dit :
] إن الشيطان لكم عدوفاتخذوه عدوا (…) [
ce qui signifie :
« Certes, Satan est pour vous un ennemi déclaré, prenez-le donc comme ennemi (…). »
(Qour’an 35/6)
Dans ce verset, Dieu nous ordonne de considérer Satan comme ennemi. Il faut donc le détester et ne jamais se laisser tromper par ses promesses, car il ne fait qu’appeler ses disciples à l’Enfer. Que Dieu nous en protège !
CHAPITRE 3
CROYANCE EN LES LIVRES
Dieu a révélé aux prophètes-messagers les Livres, qui sont Sa parole. En effet, Dieu dit :
] لقد أرسلنا رسلنا بالبينات وأنزلنا معهم الكتاب (…) [
ce qui signifie :
« Nous (Dieu) avons envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre sur eux les Livres (…). »
(Qour’an 57/25)
À savoir que Dieu est le Créateur de toutes les langues alors que Sa parole n’est pas une langue. Par conséquent, les écrits contenus dans les Livres révélés ne représentent pas en soi l’attribut de Dieu qui est la parole, mais plutôt son expression, par exemple en hébreux pour la Torah, en syriaque pour l’Évangile et en arabe pour le Qour’an.
En effet, Dieu n’a pas envoyé de Messagers sans qu’ils parlent la langue de leur peuple, afin qu’ils leur expliquent le message dont ils étaient chargés. Ainsi il a été facile à leur peuple de les comprendre.
Le grand compagnon Abou Dharr a demandé au Prophète r :
يا رسول الله، كم كتابا أنزل الله؟ قال : مائة كتاب وأربعة كتب (…)
ce qui signifie :
« Ô Messager de Dieu, combien de Livres Dieu a-t-Il révélé ? » Il répondit : « cent quatre Livres (…). »
(Rapporté par Ibnou Hibban)
Il y a donc eu cent quatre Livres révélés, dont les plus connus [23] sont :
• Le Qour’an de Mouhammad r
• La Torah (At-Tawrat) authentique de Moïse u
• L’Évangile (Al-‘Injil) authentique de Jésus u
• Les Psaumes (Az–Zabour) de David u
Mais deux autres sont également cités dans le Qour’an :
• Les Feuillets [24] d’Abraham u
• Les Feuillets de Moïse, qu’il a reçus avant la Torah
De nos jours, aucun de ces Livres n’existe dans sa pureté originelle, à l’exception du Qour’an, qui subsiste et reste préservé par Dieu, du fait qu’il n’y aura plus de révélation prophétique après Mouhammad r. Il est donc intégralement conservé en arabe, sa langue de révélation, et restera inchangé jusqu’au Jour du Jugement. Car Dieu, Qui l’a fait descendre, a promis de le préserver.
Ceux qui se réclament de la Torah ou de l’Évangile n’en ont plus que de pâles copies corrompues, falsifiées et remplies de ce qui éloigne de la vraie croyance en Dieu. Le Qour’an reste donc, pour le monde entier et jusqu’à la fin du monde, le seul Livre de référence stable.
Qu’est-ce que le Qour’an ?
Le Qour’an, le plus beau des récits, est une Révélation du Clément, du Miséricordieux. En effet, on y apprend ceci :
] الله نزل أحسن الحديث كتابا متشابها مثاني تقشعر منه جلود الذين يخشون ربهم ثم تلين جلودهم وقلوبهم إلى ذكر الله (…) [
ce qui signifie :
« Dieu a fait descendre le meilleur des Récits : un Livre dont les passages se ressemblent [25], et où se réitèrent, entre autres, les Promesses et les Menaces. Lorsqu’est mentionnée la Menace de Dieu, la peau de ceux qui craignent leur Seigneur en frissonne, puis leur corps s’adoucit avec leur cœur à l’évocation de Sa Promesse (…). »
(Qour’an 39/23)
Le Qour’an [26] est un Livre sensé, destiné à être médité, dont les versets sont exposés avec sagesse, et que Dieu a voulu en langue arabe. Il est un rappel pour les Croyants, et un moyen par lequel le prophète Mouhammad r annonce la bonne nouvelle aux gens de la droiture, relate l’histoire des communautés qui nous ont précédées, éclaircit les ordres et les interdits de Dieu, et avertit les mécréants d’un châtiment terrible. Cependant, nombreux sont ceux qui, pris par leurs passions, s’en détournent, car un voile couvre leurs yeux, alors que leurs oreilles et leurs cœurs sont scellés.
Ainsi, Dieu dit du Qour’an :
] هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات هن أم الكتاب وأخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة وابتغاء تأويله (…) [
ce qui signifie :
« (Dieu) est Celui Qui a fait descendre sur toi –Mouhammad– le Livre. On y trouve des versets clairs, explicites (Mouhkamat) qui en sont la Matrice et d’autres non explicites (Moutachabihat). Ceux dont les cœurs penchent vers l’erreur s’attachent aux versets non explicites en leur donnant une interprétation fausse, afin de propager l’égarement par goût du désordre et de la discorde (…). »
(Qour’an 3/7)
Les Versets explicites et non explicites
Définition
1. Un verset clair ou explicite (Al-‘Ayatou l-Mouhkamah) est soit un verset dont le sens visé est clairement connu, soit un verset qui, linguistiquement, ne peut accepter qu’une seule interprétation possible. Tel est le cas des versets suivants, dans lesquels Dieu dit :
] قل هو الله أحد [
ce qui signifie :
« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »
(Qour’an 112/1)
ou encore
] (…) ليس كمثله شىء (…) [
ce qui signifie :
« (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…). »
(Qour’an 42/11)
2. Le verset à sens complexe, non évident, ou non explicite (Al-‘Ayatou l-Moutachabihah) est un verset dont le sens approprié ne transparaît pas à première vue, ou un verset qui, du point de vue linguistique, a plusieurs interprétations. Pour être valable et acceptée, son interprétation correcte nécessite une connaissance approfondie de la langue arabe, un effort soutenu dans le raisonnement rationnel, le tout en accord parfait et en concordance avec les versets clairs, appelés « matrice » du Livre, c’est-à-dire la référence. Il convient donc de savoir comment se comporter face à de tels versets pour ne pas contredire les versets clairs, ni sortir des règles de l’unicité de Dieu, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures.
Ainsi, les gens de la droiture, c’est-à-dire les Sunnites, ont deux méthodes d’approche par rapport aux versets non explicites :
a) Les savants des trois premiers siècles (As-Salafou s–Salih), dans la plupart des cas, donnaient une interprétation globale en disant :
• Nous croyons à ces versets comme étant du Qour’an
• Ils ont une signification que Dieu sait et qui Lui convient
• Nous ne cherchons pas à en préciser le sens, mais nous les comprenons en les rapportant aux versets clairs
L’Imam Ach-Chafi^iyy, d’une phrase, a expliqué cette méthode en disant :
آمنت بما جاء عن الله على مراد الله وبما جاء عن رسول الله r على مراد رسول الله.
ce qui signifie :
Je crois à tout ce qui est venu de Dieu conformément à ce que Dieu a visé ; je crois à tout ce qui est venu du Prophète conformément à ce que le Prophète a visé.
Cependant, certains savants du « Salaf » ont parfois précisé le sens des versets non explicites. Ainsi, Al-Bayhaqiyy rapporte que l’Imam Ahmad a interprété le verset dans lequel Dieu dit :
] وجاء ربك والملك صفا صفا [
qui signifie :
« (wa ja‘a Rabbouka) alors que les anges viendront rang par rang. »
(Qour’ an 89/22)
Il a dit, pour interpréter (wa ja‘a Rabbouka), qu’une des manifestations de la puissance de Dieu se manifestera alors que les anges viendront rang par rang. Ainsi, la traduction littérale qui donne en français : (Et ton Seigneur viendra ainsi que les anges rang par rang) est inacceptable.
En ce qui concerne le verset dans lequel Dieu dit :
] (…) كل شىء هالك إلا وجهه (…) [
ce qui signifie :
« (…) Chaque chose est anéantissable, mais Son “wajh” ne le sera pas (…). »
(Qour’an 28/88)
Al-Boukhariyy, dans son livre « Sahih« , a dit que « wajh » ici veut dire le pouvoir et la souveraineté. Ainsi, il a interprété le verset en disant que « Chaque chose est anéantissable en soi, mais Sa souveraineté ne subira pas l’anéantissement ». Alors que « wajh« , dans son sens apparent, signifie visage ou face.
Par ailleurs, à propos du verset dans lequel Dieu dit:
] ولله المشرق والمغرب فاينما تولوا فثم وجه الله (…) [
ce qui signifie :
« L’Orient et l’Occident appartiennent à Dieu. Quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez, le “wajh” de Dieu est là (…). »
(Qour’an 2/115)
Al-Bayhaqiyy, dans son livre “Al-‘Asma’ou wa s–Sifat”, rapporte que Moujahid, l’élève de Ibnou ^Abbas, le cousin du Prophète r, a dit que “wajh” ici veut dire la “Qiblah” de Dieu, c’est-à-dire la direction de la prière. Autrement dit, celui qui voyage sur une monture –cheval, mulet par exemple– peut, tout en poursuivant sa route et sans mettre pied à terre, faire la prière surérogatoire (mais pas l’obligatoire). Dans ce cas, sa qiblah sera n’importe quelle direction prise par sa monture. Ainsi, quelle que soit la direction vers laquelle il se tourne, là sera la direction de sa prière.
b) Quant aux savants du « Khalaf As–Salih » –c’est-à-dire les savants qui sont venus après ceux du Salaf–, ayant connu la prolifération d’idées philosophiques à leur époque, ils ont été amenés à commenter de manière détaillée les versets apparemment équivoques [27], afin de protéger la communauté musulmane contre les mauvaises interprétations. Ce faisant, ils ont précisé les significations possibles, qui conviennent à la langue arabe et qui soient conformes aux versets clairs.
Des Exemples De Versets Non Explicites
Dieu dit :
] (…) إليه يصعد الكلم الطيب (…) [
ce qui signifie :
« (…) Vers le ciel qui est honoré par Dieu montent les bonnes paroles où elles sont inscrites (…). »
(Qour’an 35/10)
Ce verset signifie que les bons actes et les bonnes paroles seront inscrits dans un endroit du ciel honoré par Dieu.
Ou encore :
] الرحمن على العرش استوى [
ce qui signifie :
« Le Miséricordieux domine le Trône. »
(Qour’an 20/5)
Le mot « Istawa » a plus de dix sens dans la langue arabe, dont le sens de redresser (ce qui est courbe), être cuit à point (pour la nourriture), s’asseoir ou s’établir, dominer, préserver. Cela étant, les savants du Khalaf, partant du principe que Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, n’ont pris en considération pour donner une interprétation explicite que les sens qui conviennent à Dieu. Ainsi, on pourra dire : « Le Miséricordieux domine le Trône ».
En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, la plus grande création de Dieu ; il constitue le toit du Paradis qui se trouve au-delà du septième ciel, et c’est Dieu Qui le maintient dans cette position élevée. Par conséquent, si le Trône est dominé par Dieu, toute autre chose est à plus forte raison, également dominée par Dieu.
Remarque
Toute interprétation du Qour’an qui est en contradiction avec les versets dits de référence –c’est-à-dire clairs– est inacceptable et doit être rejetée.
Quoi qu’il en soit, même les versets apparemment équivoques trouvent leur repère dans le Qour’an. Nous devons donc faire preuve de la plus grande prudence à l’égard des soi-disant traductions du Qour’an. En effet la langue arabe, au vocabulaire si riche, présente parfois des multitudes de sens pour un seul et même mot, ainsi que quantité d’idiomes et de tournures qui n’ont pas d’équivalent dans les autres langues. C’est pourquoi la meilleure des explications du Qour’an est contenue dans les Textes eux-mêmes –c’est-à-dire le Qour’an lui-même et les Hadith–.
N’oublions pas que le Qour’an est un ultime avertissement, en même temps qu’une heureuse annonce des biens éternels qui sont promis aux Croyants.
CHAPITRE 4
CROYANCE EN LES PROPHETES [28]
Louange à Dieu, le Miséricordieux, Qui a envoyé les prophètes pour montrer aux gens le chemin qui mène au bonheur éternel, et Qui les a appuyés et confirmés par des miracles convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents.
Dieu dit :
] كان الناس أمة واحدة فبعث الله النبيين مبشرين ومنذرين (…) [
ce qui signifie :
« Les gens formaient à l’origine une seule communauté croyante [29]. Puis après leurs divergences, Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs ; (…). »
(Qour’an 2/213)
C’est par Clémence et Grâce, et non par obligation, que Dieu nous a envoyé les prophètes, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l’au-delà. Dieu les a choisis et en a fait l’élite de Ses créatures à tous points de vue. Leur envoi est donc une nécessité pour l’intérêt des gens.
Croire en tous les prophètes, sans jamais nier la prophétie d’aucun d’entre eux, signifie que les Croyants ne font aucune discrimination entre les prophètes de Dieu. Ce qui n’est pas en contradiction avec le fait que Dieu Qui est exempt d’imperfection, en a élevé certains au-dessus d’autres.
Le cycle de la prophétie, inauguré par Adam u, s’est achevé avec le prophète Mouhammad r. En effet, dans son livre « Al-Mousnad« , l’Imam Ahmad rapporte ce Hadith de Abou Dharr, que Dieu l’agrée, dans lequel Abou Dharr dit :
قلت يا رسول الله فأي الأنبياء كان أول قال آدم قلت أو نبيا كان يا رسول الله قال نبي مكلم.
ce qui signifie :
« J’ai demandé au Prophète r : – Qui a inauguré la prophétie ? Il a répondu : – Adam. J’ai dit : – Ô prophète de Dieu, était-il un Messager ? Il a dit : -Oui, c’est un prophète qui a reçu la Révélation. »
(Hadith rapporté par Ibnou Hibban)
Le nombre des prophètes est considérable, compte tenu de ce que Dieu dit :
] (…) وإن من أمة إلا خلا فيها نذير [
ce qui signifie :
« (…) Il n’est pas de communauté qui n’ait déjà reçu un prophète avertisseur. »
(Qour’an 35/24)
Ou encore :
] ورسلا قد قصصناهم عليك من قبل ورسلا لم نقصصهم عليك (…) [
ce qui signifie :
« Et il y a des Messagers dont Nous (Dieu) t’avons parlé précédemment, et d’autres dont Nous ne t’avons point parlé (…). »
(Qour’an 4/164)
D’après une Tradition rapportée par Ibnou Hibban, Dieu a envoyé cent vingt-quatre mille prophètes [30] (nabiyy) dont trois cent treize prophètes-messagers (raçoul).
Cependant, seuls vingt-cinq d’entre eux sont, à l’unanimité des savants, nommément cités dans le Qour’an. À savoir :
‘Adam (Adam), Idris (Enoch), Nouh (Noé), Houd, Salih, Ibrahim (Abraham), Isma^il (Ismaël), Is-haq (Isaac), Ya^qoub (Jacob), Lout (Loth), Youçouf (Joseph), ‘Ayyoub (Job), Chou^ayb (Jethro), Mouça (Moïse), Haroun (Aaron), Dhou l-kifl, Dawoud (David), Soulayman (Salomon), Ilyas (Élie), ‘Alyaça^ (Élisée), Younous (Jonas), Zakariyya (Zacharie), Yahya (Jean), ^Iça (Jésus), Mouhammad.
Que Dieu les honore tous [31] et élève davantage leur degré, et qu’Il préserve leurs communautés de ce qu’ils craignent pour elles !
1. Fonction Des prophètes
La fonction principale des prophètes est d’appeler les gens à suivre l’Islam, en dehors duquel il n’y a point de salut. Car Dieu dit :
] إن الدين عند الله الإسلام (…) [
ce qui signifie :
« Certes, la Religion que Dieu agrée est l’Islam (…). »
(Qour’an 3/19)
C’est dire que la seule et unique voie pour réussir dans cette vie et dans l’autre est celle de l’Islam ; cela d’autant plus que Dieu dit :
] ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه وهو في الآخرة من الخاسرين [
ce qui signifie :
« Celui qui veut une autre religion que l’Islam, elle ne sera jamais acceptée de lui, et il sera dans l’autre monde parmi les perdants. »
(Qour’an 3/85)
L’Islam est donc la religion que Dieu agrée pour Ses esclaves. Et les prophètes, les meilleures des créatures, sont tous des musulmans. Il est impossible qu’ils se contredisent entre eux. Ils ont la même croyance, mais avec des règles d’application parfois différentes en fonction de l’époque.
Ainsi, au temps du prophète Adam u, le frère pouvait, sous certaines conditions, épouser sa sœur. En effet, Dieu a voulu qu’Ève (Hawwa‘) ait plusieurs grossesses –vingt et une exactement– dont vingt ont donné des faux jumeaux –garçon et fille– et la dernière un garçon, qui fut le prophète Chith (Seth). Le mariage entre frère et sœur de la même grossesse était interdit et aucun des fils d’Adam n’a commis ce péché. En revanche, un frère pouvait épouser sa sœur des grossesses précédentes ou suivantes. Ceci comportait une sagesse pour les besoins de la reproduction de l’époque. Par la suite, cette loi a été abrogée parce qu’elle n’était plus nécessaire. Toujours à cette époque et jusqu’à l’époque des fils d’Israël, il n’y avait qu’une seule prière obligatoire par jour. Puis il en fut prescrite deux jusqu’à l’envoi du prophète Mouhammad r qui devait, avec sa communauté, s’acquitter dans les premiers temps de la prière de la nuit sans celle du jour. Par la suite, après environ dix ans, les cinq prières furent prescrites et cela pendant la nuit de l’Ascension (Al-Mi^raj).
Au temps de Jacob, connu aussi sous le nom d’Israël, on pouvait avoir deux sœurs comme épouses en même temps.
Dans la Loi de Moïse, on devait, si une impureté se déposait sur son habit, couper la partie souillée du tissu ; laver l’endroit n’était donc pas suffisant.
Parmi les spécificités de la Loi de Mouhammad, il y a que la prière peut être acquittée où que ce soit, tandis qu’il était spécifié dans les autres Lois qu’elle ne pouvait être accomplie que dans les lieux réservés à cet effet. Remarquons qu’une partie des interdits de la Loi de Mouhammad étaient également illicites dans toutes les autres Lois. Parmi ceux-ci mentionnons la fornication, la consommation de la viande de maytah –le cadavre d’une bête illicite à la consommation ou qui n’a pas été abattue conformément aux règles de la loi islamique–, le sang et la viande de porc.
2. La Préservation Des prophètes
D’habitude, lorsque les savants parlent des prophètes, ils citent quelques attributs qui leur sont obligatoires comme la véracité. Ainsi, le mensonge leur est impossible, car si l’un d’eux mentait, sa crédibilité serait mise en doute ; ce serait une imperfection qui contredirait le rang de la prophétie.
Il faut également savoir que les prophètes sont préservés contre la mécréance avant et après avoir reçu la prophétie.
Quant à Ibrahim, Dieu nous apprend qu’en voyant l’astre, il a dit :
] (…) هذا ربي (…) [
ce qui signifie :
« (…) Est-ce là mon Dieu ? ! (…) »
(Qour’an 6/78)
Il s’agit d’une forme d’interrogation fictive qui veut dire “Est-ce cela mon Dieu comme vous le prétendez ?” et non qu’il aurait cru que cet astre est son Dieu et qu’il mérite d’être adoré.
De ce fait lorsque l’astre disparut, il a dit ce qui signifie : « Je n’adore pas ceux qui changent ». De cette manière, et par un raisonnement rationnel, Abraham u a voulu prouver à son peuple l’existence de Dieu et, par conséquent, qu’un corps qui change ne mérite pas d’être adoré. Mais en voyant que son peuple persistait dans sa croyance, et qu’il ne comprenait pas ses intentions, il a répété la même chose à la vue de la lune. Puis, devant leur incompréhension et leur obstination aveugle, il s’est déclaré innocent de leur fausse croyance.
Enfin, lorsque le soleil apparut, il essaya de nouveau de les convaincre en répétant la même chose ; mais en vain. En désespoir de cause, il se déclara complètement innocent de leur croyance, étant entendu qu’il connaissait par avance que la Divinité revient à Dieu seul, car Dieu dit :
] ولقد آتينا إبراهيم رشده من قبل (…) [
ce qui signifie :
« En effet, Nous (Dieu) avions auparavant accordé à Abraham la sainte voie de la droiture (…). »
(Qour’an 21/51)
Il est impossible que les prophètes commettent des grands péchés, ou même des petits qui reflètent une bassesse de caractère, tel le fait de voler une morceau de pain ou un grain de raisin. Par contre, il peut arriver à l’un d’entre eux de commettre d’autres petits péchés qui ne reflètent pas cette bassesse. Ainsi, Dieu nous dit :
] (…) وعصى آدم ربه فغوى [
ce qui signifie :
« (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »
(Qour’an 20/121)
En effet, Dieu lui avait interdit, comme à Ève sa femme, de manger le fruit d’un arbre dans le Paradis, mais Satan les incita à le faire. Ils furent donc dans l’erreur, mais s’en repentirent immédiatement.
Ainsi, lorsque les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas une bassesse de caractère, ils se repentent aussitôt avant d’être imités par quelqu’un d’autre.
Il faut aussi croire qu’il est impossible que les prophètes cachent quelque chose que Dieu leur a ordonné d’annoncer, car cela contredit le statut de prophète. De même qu’il leur est impossible d’avoir une maladie qui repousserait les gens normaux, car sinon, cela constituerait un handicap pour l’appel à la Religion. Il est par conséquent mensonger de dire que les vers seraient sortis du corps du prophète Job (‘Ayyoub) et qu’il les aurait remis en place en disant : (Mangez ce que Dieu vous a donné).
Par contre, ils ne sont pas à l’abri de maladies non dégradantes ; ils peuvent aussi s’évanouir à la suite d’une grande douleur.
Mises en garde importantes
On trouve dans un livre intitulé « Invocation de Moïse » des propos qui lui sont mensongèrement attribués, selon lesquels il aurait dit : (Ô mon Dieu ! Depuis quand as-tu la Divinité ?) Il est impossible qu’un prophète dise une telle parole de mécréance.
On trouve aussi écrit dans la Bible que le prophète Jacob (Ya^qoub) aurait combattu Dieu ; ou que le prophète Loth, après avoir bu du vin, aurait eu des relations incestueuses avec ses filles. Il est impossible que ceci soit attribué à un prophète ou contenu dans un Livre Révélé.
Quant au verset dans lequel Dieu dit, à propos de Joseph :
] ولقد همت به وهمّ بها لولا أن رأى برهان ربه (…) [
ce qui signifie :
« Elle l’a voulu –elle l’a désiré– et lui aurait voulu –la repousser– n’eut été les preuves de son Seigneur (…). »
(Qour’an 12/24)
cela veut dire que Zoulaykhah, la femme du grand intendant d’Égypte, voulait faire l’adultère avec le prophète Joseph qui, lui, avait l’intention de la repousser. Mais Dieu lui révéla que cela constituerait une preuve aux mains de cette femme auprès de sa communauté, pour faire croire que c’est Joseph qui avait voulu la prendre de force.
Dans tous les cas, ce verset ne veut pas dire que le prophète Joseph u a voulu forniquer avec elle. Du reste, Dieu nous relate le témoignage de cette femme qui dit :
] (…) ولقد راودته عن نفسه فاستعصم (…) [
ce qui signifie :
« (…) J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit (…). »
(Qour’an 12/32)
Les prophètes sont donc préservés de tels comportements. Par conséquent, ce qui a été rapporté sur Abraham (Ibrahim) u selon quoi il aurait menti dans sa réponse à son peuple n’est pas exact ; c’est même un blasphème. En effet, le prophète Abraham u avait brisé les idoles que son peuple adorait, à l’exception de la plus grande qu’il avait laissée intacte ; et quand ils lui ont demandé : “Est-ce toi qui as fait ça ?” sa réponse fut : « C’est la grande qui a fait cela… Interrogez-les (donc) si elles peuvent parler » (Qour’an 21/63). Cette formulation est une figure de style usité dans certaines langues, notamment dans celle d’Abraham. En fait, le sens est que le prophète Abraham, excédé par tous les honneurs, les marques de respects et de glorifications que son peuple vouait à la grande idole, a voulu la rabaisser en cassant toutes les petites pour démontrer qu’elle était totalement impuissante devant son geste. Donc le fait d’imputer cet acte à la grande idole renvoie à un sens métonymique qui ne recèle aucun mensonge.
Par conséquent, Dieu préserve Ses prophètes dans les quatre domaines suivants :
• la Croyance
• l’Appel –le Message–
• la Loi (Chari^ah)
• le Comportement –la Conduite–
2.1 La Croyance
À savoir que tous les prophètes, d’Adam à Mouhammad, avaient la même croyance en Dieu, l’Unique. En effet, Dieu dit :
] وما أرسلنا من قبلك من رسول إلا نوحي إليه أنه لا إله إلا أنا فاعبدون [
ce qui signifie :
« Et Nous (Dieu) n’avons envoyé aucun Messager avant toi sans lui révéler : – Il n’est de dieu que Moi, alors adorez-Moi. »
(Qour’an 21/25)
Ou encore :
] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته وكتبه ورسله لا نفرق بين أحد من رسله (…) [
ce qui signifie :
« Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé par son Seigneur ; de même que les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses messagers. Ils dirent : « Nous croyons en tous les messagers de Dieu sans discrimination (…). »
(Qour’an 2/285)
Sachez que Dieu préserve Ses prophètes contre la mécréance (koufr) et tout autre égarement. C’est dire que de tels penchants leur sont impossibles. Ainsi, leur croyance reste pure et intacte leur vie durant. Et toute affirmation contraire n’est qu’une ignorance blasphématoire et donc coupable.
2.2 L’Appel
La communauté de Mouhammad reconnaît unanimement l’immunité des prophètes contre le mensonge et autre falsification volontaire ou par négligence, dans le Message qu’ils ont la charge de transmettre. En effet, si les prophètes étaient, même sur un point de détail, des menteurs ou des falsificateurs, ils perdraient toute crédibilité. De ce fait, ils ne pourraient plus être des exemples pour l’humanité.
2.3 La Loi (Chari^ah)
Là encore, notre communauté [32] affirme unanimement l’impossibilité pour les prophètes de fausser la Loi, sciemment ou inconsciemment, même par un lapsus de langue [33].
Il est évident que les prophètes, dont le rôle principal est d’ordonner l’obéissance à Dieu, ne peuvent après cela transgresser ce même ordre, sous peine d’être de ceux dont il est dit :
] أتأمرون الناس بالبر وتنسون أنفسكم وأنتم تتلون الكتاب أفلا تعقلون [
ce qui signifie :
« Vous ordonnez aux gens obéissance et bienfaisance tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous lisez le Livre. N’êtes-vous donc point sensés ! »
(Qour’an 2/44)
Du reste, aucun prophète n’encourt la malédiction ou le châtiment.
2.4 Le Comportement, la Conduite, les Actes
Tous les prophètes ont fait valoir un bon comportement, une conduite impeccable et des actes irréprochables. Ainsi, s’agissant du prophète Mouhammad r, Dieu dit :
] وإنك لعلى خلق عظيم [
ce qui signifie :
« Tu es certainement d’une moralité sublime ! »
( Qour’an 68/4)
De même ^A‘ichah, que Dieu l’agrée, dans un Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, a parlé du Prophète r en disant que “Son comportement était le Qour’an”, dans le sens qu’on doit se référer au Qour’an, avec une bonne compréhension, pour bien connaître le comportement du Prophète r. Car chaque qualité décrite dans le Qour’an, et que Dieu nous a ordonné d’avoir, faisait partie de son comportement.
C’est dire que tous les prophètes doivent nécessairement avoir les caractéristiques suivantes :
• la véracité
• la loyauté
• l’intelligence
• l’honnêteté
• la probité –ils ne font pas des choses immorales–
En outre, ils sont préservés contre les mauvais comportements, tels que :
• le mensonge
• la trahison
• la stupidité, l’idiotie, l’étourderie
• la vilenie, la malhonnêteté
• l’arrogance, la grossièreté, l’obscénité, l’insolence
Il est évident qu’un homme que Dieu a établi comme guide pour Ses esclaves, à qui Il a conféré un rang élevé en lui confiant la révélation, ne se laisse pas dominer par les passions.
Les prophètes, comme cela a déjà été mentionné, sont saufs des grands péchés, et s’il arrive que l’un d’eux commette un petit péché ne reflétant aucune bassesse de caractère, il s’en repent immédiatement, et Dieu lui accorde Son pardon. Il est donc faux de prétendre que Jésus serait venu pour sauver l’humanité des conséquences du prétendu péché capital d’Adam.
À ce propos, Dieu dit :
] وقلنا يا آدم اسكن أنت وزوجك الجنة وكلا منها رغدا حيث شئتما ولا تقربا هذه الشجرة فتكونا من الظالمين [
ce qui signifie :
« Nous (Dieu) avons dit : Ô Adam ! habite le Paradis toi et ton épouse. Mangez de ses fruits à volonté, où vous voudrez, mais n’approchez point de cet arbre-ci, sans quoi vous désobéirez. »
(Qour’an 2/35)
Cependant, Dieu nous apprend :
] (…) وعصى آدم ربه فغوى [
ce qui signifie :
« (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »
(Qour’an 20/121)
Le prophète Adam u regretta immédiatement et Dieu lui inspira les paroles adéquates en vue de sa repentance. Et nous apprenons du Qour’an qu’il dit alors :
] قالا ربنا ظلمنا أنفسنا وإن لم تغفر لنا وترحمنا لنكونن من الخاسرين [
ce qui signifie :
« Seigneur ! nous (Adam et Ève) avons été injustes envers nous-mêmes. Et si Tu ne nous accordes pas Ton pardon et Ta miséricorde, nous serons parmi les perdants. »
(Qour’an 7/23)
Ainsi, Dieu a agréé son repentir et l’a fait rentrer dans Sa grâce, car Il est le Miséricordieux et Celui Qui accepte le repentir sincère de Ses esclaves. Cependant, les sensés sont les seuls à reconnaître le verdict de Dieu en Son pardon à Adam.
Il importe de savoir que le diable n’a pas d’emprise sur les esclaves sincères de Dieu [34], dont les prophètes. En effet, Dieu dit à Satan :
] إن عبادي ليس لك عليهم سلطان (…) [
ce qui signifie :
« Tu n’as pas d’emprise sur Mes esclaves pieux (…). »
(Qour’an 15/42)
ou encore :
] إنه ليس له سلطان على الذين آمنوا وعلى ربهم يتوكلون [
ce qui signifie :
« Il (le démon) n’a pas d’emprise sur ceux qui croient et s’en remettent à leur Seigneur. »
(Qour’an 16/99)
Il faut donc se garder d’attribuer à un prophète ce qui, à la base, n’est pas convenable ni acceptable pour un simple croyant appelant à la vérité. Et gardons en mémoire cette parole du prophète Mouhammad r :
إذا سلّمتم عَلَيَّ فسلِّموا على أنبياء الله (…)
ce qui signifie :
« Si vous faites l’invocation en ma faveur, alors faites-la en faveur des autres prophètes de Dieu(…). »
(Hadith rapporté par As-Sakhawiyy)
En conséquence, les prophètes méritent tous honneur et respect. Celui qui se moque donc de l’un d’entre eux tombe dans la mécréance.
Chaque prophète doit être suivi par les gens qui ont entendu son appel. Ainsi, maintenant et jusqu’à la fin du bas monde, tout le monde doit suivre Mouhammad r, le Sceau des prophètes. Par ailleurs, il faut savoir et croire que Jésus fils de Marie n’est en rien responsable de la fausse croyance en la trinité que certains professent, car Dieu dit:
] ما كان لبشر أن يؤتيه الله الكتاب والحكم والنبوة ثم يقول للناس كونوا عبادا لي (…) [
ce qui signifie :
« Il n’appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la Science et la prophétie, de dire ensuite aux gens : – soyez mes adorateurs (…). »
(Qour’an 3/79)
3. Comment Reconnaître un Prophète
N’est pas prophète qui veut ! Sachez donc que la prophétie n’est ni le résultat d’un effort personnel, ni une prétention basée sur le simple fait d’imiter, extérieurement ou d’une autre façon, les prophètes. Au contraire, il s’agit d’un choix par lequel Dieu, Qui crée ce qu’Il veut, honore Ses Élus. De ce fait, il n’y a aucun d’entre eux qui souffre de carences intellectuelles ou physiques.
Ainsi, le prophète Mouhammad r dit :
ما بعث الله نبيا إلا حسن الوجه حسن الصوت وإن نبيكم أحسنهم وجها وأحسنهم صوتا.
ce qui signifie :
« Dieu n’a envoyé aucun prophète sans le doter d’un beau visage et d’une belle voix ; et le vôtre a le plus beau visage et la voix la plus belle de tous. »
(Hadith rapporté par At-Tirmidhiyy)
Par conséquent Adam u [35], qui est l’ancêtre des humains et le premier des prophètes, n’était pas un sauvage au dos voûté, vivant nu dans la forêt. Au contraire, comme tous les prophètes, il était beau et ne présentait aucun handicap physique.
Personne parmi les prophètes n’était boiteux, bègue ou aveugle. Certes, le prophète Jacob u a momentanément perdu la vue à cause des larmes versées pour la disparition de son fils Joseph. Mais Dieu a fait qu’il recouvre la vue en respirant l’odeur de Joseph à travers la chemise que celui-ci, depuis l’Égypte, lui avait envoyée à Madyan. Il faut donc savoir que Jacob n’a jamais été aveugle avant cette épreuve due à la disparition de Joseph.
Moïse avait eu la langue comme nouée par une braise qu’il avait mise dans sa bouche lorsqu’il était enfant, devant le pharaon, sans que cela n’affecte en rien son langage qui est resté net et compréhensible. Il avait un léger accent et devait faire davantage d’effort. Tandis que Aaron, qui était le frère aîné de Moïse d’une année était éloquent. Ainsi, Moïse avait au contraire une bonne élocution et ne zézayait pas. À ce propos Dieu dit que Moïse, après avoir reçu la révélation, L’invoqua en ces termes :
] واحلل عقدة من لساني [
ce qui signifie :
« Et dénoue un nœud en ma langue. »
(Qour’an 20/27)
Et sur Jésus fils de Marie u, Dieu dit :
] ويعلمه الكتاب والحكمة والتوراة والإنجيل ورسولا إلى بني إسرائيل أني قد جئتكم بآية من ربكم أني أخلق لكم من الطين كهيئة الطير فأنفخ فيه فيكون طيرا بإذن الله وأبرئ الأكمه والأبرص وأحى الموتى بإذن الله وأنبئكم بما تأكلون وما تدخرون في بيوتكم إن في ذلك لآية لكم إن كنتم مؤمنين ومصدقا لما بين يدي من التوراة ولأحل لكم بعض الذي حرم عليكم وجئتكم بآية من ربكم فاتقوا الله وأطيعون إن الله ربي وربكم فاعبدوه هذا صراط مستقيم [
ce qui signifie :
« Dieu lui a appris le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile. Il l’enverra en prophète aux fils d’Israël : “Je viens de la part de votre Seigneur porteur d’un signe de ma véracité. Je façonnerai sous vos yeux de l’argile en forme de volatile : je soufflerai dessus et l’argile se fera volatile, par la volonté de Dieu. Je guérirai l’aveugle-né, le malade atteint de vitiligo [36] et ferai ressusciter les morts par la volonté de Dieu. Je vous dirai ce que vous mangez et ce que vous tenez en réserve dans vos demeures. Ce sont là autant de signes pour vous, si vous croyez. Je viens aussi confirmer la Torah qui m’a précédé et rendre licite une partie de ce qui vous a été interdit. Je viens à vous porteur d’un signe de votre Seigneur. Craignez-Le et obéissez-moi. Certes, Dieu est mon Seigneur et Le vôtre. Adorez-Le ! C’est là le droit chemin”. »
(Qour’an 3/48 à 51)
De ces versets, on comprend que c’est par des miracles [37] convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents que Dieu appuie et confirme le statut de prophète.
Définition du miracle
Le miracle est un fait qui présente quatre caractéristiques :
1. Le miracle est hors du commun. Ainsi, se poser sur la lune, quoique extraordinaire puisque c’est le résultat d’une connaissance et d’une avancée technologique jamais atteintes, n’est pas un fait hors du commun parce que c’est à la portée des êtres humains et c’est une chose ordinaire.
2. Le miracle constitue toujours un défi contre les mécréants. En effet, ils ne pourront jamais égaler ou contrecarrer le miracle.
3. Le miracle vient confirmer, appuyer et soutenir la véracité de celui qui se proclame prophète.
4. Le miracle est impossible à imiter, à contrecarrer, à stopper ou à annihiler.
Le miracle est de deux sortes :
– Celui qui survient au prophète sans que les gens lui en fassent la demande
– Celui qui intervient sur demande
Dans tous les cas, le miracle est un fait qui se manifeste par la puissance de Dieu, pour confirmer celui qui se proclame, à juste titre, prophète.
Quelques exemples de miracle
Moïse jeta son bâton qui devint un véritable serpent ; puis celui-ci avala les cordes dont s’étaient servi les magiciens pour subjuguer l’assistance. Après quoi le serpent se transforma à nouveau en bâton. Il fit aussi se fendre la mer pour laisser passer son peuple. Tout cela par la volonté et la puissance de Dieu.
Jésus, par l’imposition de sa main et en disant “Je commence par le nom de Dieu” (Bismi l-Lah), guérissait les malades atteints de vitiligo. Il ressuscita plusieurs morts, dont Lazare son compagnon. Tout cela par la création et la volonté de Dieu.
Après que Abraham eut cassé les idoles, les mécréants voulurent se venger. Il fut projeté dans un immense brasier qui devint grâce à Dieu frais et bienfaisant pour lui. Seuls ses liens furent brûlés, au contraire de lui-même et de ses habits. Ce feu était si intense, que les oiseaux ne pouvaient le survoler ni les mécréants s’en approcher.
Salih répondit au défi de son peuple en faisant sortir d’un rocher dur et compact une chamelle et son petit.
Mouhammad fit jaillir de l’eau –comme des sources– des doigts de sa noble main qu’il avait plongée dans un récipient ; ce qui suffit aux besoins de mille cinq cents de ses compagnons, alors qu’ils se trouvaient dans le désert à court d’eau. Il remit en place l’œil arraché de son compagnon Qatadah, fils de Nou^man, qui affirma par la suite ne plus distinguer lequel avait été atteint.
Il y a bien sûr le Qour’an qui demeure, pour tous les temps, le plus grand des miracles. C’est un miracle continuel que nous avons encore entre nos mains, et que chacun peut constater aujourd’hui. Il nous est parvenu intact, et constitue un grand défi pour les mécréants qui ne pourront jamais écrire quoi que ce soit de semblable à la plus courte de ses sourates (chapitres). En effet, Dieu dit :
] قل لئن اجتمعت الإنس والجن على أن يأتوا بمثل هذا القرآن لا يأتون بمثله ولو كان بعضهم لبعض ظهيرا [
ce qui signifie :
« Dis (Mouhammad) : – Si les hommes et les jinn s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Qour’an, ils n’y parviendraient pas, même s’ils s’aidaient mutuellement. »
(Qour’an 17/88)
Depuis plus de mille quatre cents ans –en années lunaires–, le Qour’an n’a subi aucune altération et n’en subira point, car Dieu dit :
] إنا نحن نزلنا الذكر وإنا له لحافظون [
ce qui signifie :
« En vérité, c’est Nous (Dieu) Qui avons fait descendre le Qour’an, et c’est Nous Qui le préservons. »
(Qour’an 15/9)
Par ses caractéristiques, le miracle diffère donc de tous les autres faits, aussi impressionnants soient-ils, tels que les séductions trompeuses du faux Messie, la magie, etc.
Autres faits différents du miracle
1. La magie
Il faut savoir qu’il existe une sorte de magie qui fait appel aux jinn. En règle générale, il s’agit d’une manipulation produisant, par certaines pratiques secrètes et prohibées, des effets étonnants. Mais, à la différence du miracle, la magie [38] s’apprend, et peut être neutralisée soit par une autre magie, soit par des invocations ou d’autres faits agréés par Dieu. Ainsi, les magiciens que le pharaon avait fait venir de tout son royaume pour une confrontation avec Moïse furent les premiers à se confondre en prosternation en disant, comme Dieu nous l’apprend :
] قالوا آمنا برب العالمين رب موسى وهارون [
ce qui signifie :
« Nous croyons au Seigneur des mondes, Le Seigneur de Moïse et d’Aaron. »
(Qour’an 7/121-122)
En effet, avant toute l’assistance, et mieux que quiconque, ils avaient compris que la transformation du bâton de Moïse en serpent –puis de serpent en bâton– n’était pas le produit d’une hallucination, d’une illusion d’optique ou de la magie, mais un fait véritablement hors du commun contre lequel ils étaient restés impuissants et sans parade aucune.
2. Les faits hors du commun du faux Messie
Les faits par lesquels le faux Messie (Ad-Dajjal) essaiera de subjuguer les gens sont hors du commun, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme des miracles. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît sur les mains de celui qui se dit prophète : alors que le faux messie prétendra la divinité. Ce corrupteur sera une épreuve que Dieu a réservée aux gens et par laquelle le croyant se distinguera du mécréant. En effet, le croyant trouvera à l’appui suffisamment de preuves et de signes évidents de la fausse prétention de ce mystificateur, ne serait-ce que la raison qui rejette catégoriquement qu’un borgne puisse être le Créateur de toute chose. Car Dieu n’a aucune ressemblance avec Ses créatures, lesquelles sont soumises au changement. Il est donc impossible que Dieu, Dont la vie n’est ni acquise ni précédée par quelque chose, soit un homme ou le devienne.
Celui qui a la bonne croyance ne se laissera pas abuser par ce diable à visage humain, qui réussira pourtant à séduire et à convaincre beaucoup de gens.
3. Les Prodiges (Karamah) des Saints
Le saint (waliyy) est un pieux qui, par crainte et amour de Dieu, se conforme strictement aux préceptes de la Loi (Chari^ah). Il s’acquitte des obligations de la religion et s’abstient de faire les péchés. Il accomplit beaucoup d’actes surérogatoires, tels que jeûnes, prières, aumônes, etc. Il persévère ainsi dans cette voie de droiture jusqu’à la certitude, c’est-à-dire jusqu’à la mort. Il recevra la bonne nouvelle dans cette vie, tout comme dans l’au-delà.
Ainsi, Dieu nous dit que les saints verront affluer les anges du ciel qui leur diront :
] ألا تخافوا ولا تحزنوا وأبشروا بالجنة التي كنتم توعدون نحن أولياؤكم في الحياة الدنيا وفي الآخرة ولكم فيها ما تشتهي أنفسكم ولكم فيها ما تدعون [
ce qui signifie :
« (…) N’ayez pas peur, ne soyez pas affligés, et recevez plutôt une heureuse assurance, celle du Paradis que Dieu vous a promis. Nous sommes pour vous des soutiens dans cette vie présente tout comme dans l’autre où tous vos désirs seront comblés et vos vœux satisfaits ; là où vous aurez ce que vous voudrez. »
(Qour’an 41/30 à 31)
Dieu honore le saint par des prodiges (karamah) qui sont autant de miracles pour le prophète qu’il suit correctement. D’une manière générale, il est possible que tout ce qui est miracle pour un prophète se réalise sous forme de prodige, de faits hors du commun, pour le saint.
Tel fut le cas de Marie mère de Jésus, à qui Dieu accorda Sa Grâce et dont Il confia la garde, comme signe de cette acceptation, au prophète Zacharie, afin de lui assurer une bonne éducation. Celui-ci, à chaque fois qu’il entrait dans la pièce où Marie s’isolait pour adorer Dieu, trouvait auprès d’elle des fruits d’été en hiver et des fruits d’hiver en été, ce qui lui fit dire : « – Ô Marie ! comment t’es-tu procuré cela ? Et elle de répondre : – C’est de la part de Dieu. Oui, Dieu fait attribution de Ses dons à qui Il veut sans réserve. »
D’autre part, sachez que Dieu préserve les saints contre la mécréance. S’il arrive à un saint de tomber dans un grand péché, il s’en repent sans y persister. Le saint chemine droit sur la voie du prophète en observant toutes les prescriptions de Dieu.
Il ne profitera donc jamais des prodiges qui se réalisent grâce à lui pour prétendre faussement la prophétie.
Le miracle, par ses caractéristiques qui le différencient de la magie et des autres phénomènes extraordinaires, demeure la preuve irréfutable de la véracité du prophète pour lequel il se réalise. En effet, il faut savoir que :
• le miracle appuie et soutient le prophète dans sa prétention. C’est en quelque sorte sa légitimation
• il est différent de la magie et de la sorcellerie, qui peuvent être neutralisées.
• il est un don de Dieu Qui est véridique ; Sa science est parfaite et englobe toute chose.
Par conséquent c’est Dieu Qui, par le miracle, soutient le prophète dans sa prétention : ce qui constitue un témoignage de Dieu à l’égard du prophète. C’est donc la preuve que le prophète est véridique dans tout ce qu’il annonce et énonce de la part de Dieu.
Remarque
Un homme, aussi saint soit-il, et même proche parent d’un prophète, reste toujours inférieur en grade aux Envoyés dont Dieu a dit :
] (…)وكلا فضلنا على العالمين [
ce qui signifie :
« (…) Nous (Dieu) avons accordé à chacun d’eux –les prophètes– un rang plus élevé qu’au reste de la création. »
(Qour’an 6/86)
Différence entre prophète-messager et prophète non Messager
Rappelons que tous les prophètes ont eu la même croyance, car on apprend du Qour’an que Dieu dit :
] إنا أوحينا إليك كما أوحينا إلى نوح والنبيين من بعده وأوحينا إلى إبراهيم وإسماعيل وإسحاق ويعقوب والأسباط وعيسى وأيوب ويونس وهارون وسليمان وآتينا داود زبورا [
ce qui signifie :
« Nous t’avons accordé –ô Mouhammad– la Révélation comme Nous l’avons accordée à Noé et aux prophètes venus après lui. Nous avons révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, les Asbat [39], Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et Nous avons donné les Psaumes à David. »
(Qour’an 4/163)
Les prophètes sont soit prophètes-messagers soit prophètes non messagers. Ils ont tous en commun d’avoir reçu la révélation. Cependant, le prophète-messager reçoit une nouvelle Loi, ou vient abroger certaines lois de la Loi du prophète-messager antérieur. Quant au prophète non messager, il reçoit l’ordre de suivre et de faire appliquer la Loi du prophète-messager qui l’a précédé.
Tout messager est prophète –excepté dans le cas des anges–, mais tout prophète n’est pas forcément messager. Par ailleurs, les prophètes sont uniquement des humains, de sexe masculin.
Il n’y a ni prophète-messager, ni prophète non messager parmi les jinn.
CHAPITRE 5
CROYANCE AU JOUR
DU JUGEMENT DERNIER
Dieu dit :
] والذين يؤمنون بما أنزل إليك وما أنزل من قبلك وبالآخرة هم يوقنون أولئك على هدى من ربهم وأولئك هم المفلحون [
ce qui signifie :
« Ceux qui croient à ce qui t’a été révélé, à ce qui a été révélé avant toi et à la vie future, ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent. »
(Qour’an 2/4-5)
Après l’apparition des grands signes précurseurs de la fin du monde, dont la venue du faux Messie, la descente du ciel de Jésus fils de Marie, le lever du soleil à l’Ouest, etc., l’ange Israfil fera retentir un son de Cor. Ce faisant, les habitants des cieux –les anges– et de la Terre –les humains, les jinn et les animaux– seront comme foudroyés, à l’exception de ceux que Dieu voudra épargner. Puis au deuxième son de Cor, ils seront tous ressuscités.
Ce Jour-là, cette Terre sera transformée en une nouvelle Terre plus vaste et totalement aplanie –ne comportant ni montagnes, ni vallées, ni collines– sur laquelle les anges conduiront les gens –humains et jinn– pour le rassemblement et la comparution. La balance (Al-Mizan) sera mise en place pour la pesée des actes (Al-Wazn) et la reddition des comptes (Al-Hiçab) ; les registres seront distribués, et Dieu jugera les gens sans intermédiaire.
Le pont (As-Sirat) reliant la nouvelle Terre aux abords du Paradis sera dressé au-dessus de l’Enfer.
Le Jour du Jugement s’achèvera par l’établissement des uns au Paradis et des autres en Enfer, chacun selon ce qu’il aura mérité. Et parmi les gens moukallaf –pubères, sains d’esprit et à qui sera parvenu l’appel à l’Islam dans toute langue qu’ils comprennent–, seuls les croyants, c’est-à-dire les musulmans, auront le Paradis pour demeure éternelle.
cas du musulman pieux
Le pieux est un croyant qui s’acquitte des obligations prescrites par Dieu et qui évite les péchés.
Ainsi, Dieu dit :
] إن المتقين في مقام أمين في جنات وعيون يلبسون من سندس وإستبرق متقابلين [
ce qui signifie :
« Les pieux seront dans une demeure sûre, parmi des jardins et des sources. Ils porteront des vêtements de soie et se tiendront les uns en face des autres. »
(Qour’an 44/51 à 53)
Les pieux, après avoir subi un jugement bref, facile et très clément, traverseront sans difficultés le pont pour entrer au Paradis, au même titre que tous ceux dont les bienfaits, lors de la pesée, l’emporteront sur les mauvais actes.
cas du musulman désobéissant
Pour ce qui est des musulmans désobéissants, nous apprenons à leur sujet que Dieu dit :
] إن الله لا يغفر أن يشرك به ويغفر ما دون ذلك لمن يشاء (…) [
ce qui signifie :
« Certes, Dieu ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui, et pardonne tout autre péché moindre (que l’association) à qui Il veut (…). »
(Qour’an 4/116)
C’est dire qu’une partie de ces désobéissants sera pardonnée et entrera au Paradis sans aucun châtiment préalable, tandis que l’autre n’entrera au Paradis, pour y demeurer éternellement, qu’après avoir subi un juste châtiment dans l’Enfer.
En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit :
يخرج من النار من قال لا إله إلاّ الله وفي قلبه وزن ذرّة من إيمان
ce qui signifie :
« Sortira de l’Enfer quiconque meurt avec le minimum de croyance –c’est-à-dire avec la bonne croyance en Dieu et en Son prophète–. »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)
cas du mécréant
Quant aux non-croyants, ils n’auront pas le moindre poids sur le plateau des bienfaits, car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la bonne croyance. En essayant vainement de traverser le pont (As–Sirat), ils seront précipités dans l’Enfer pour y demeurer éternellement. C’est dire que les bienfaits des mécréants (kouffar) ne leur seront d’aucun profit au Jour du Jugement. Car Dieu dit :
والذين كفروا أعمالهم كسراب بقيعة يحسبه الظمآن ماء حتى إذا جاءه لم يجده شيئا (…) [
ce qui signifie :
« Les œuvres des incrédules sont semblables à un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau jusqu’à ce qu’il l’atteigne. Il n’y trouve rien (…). »
(Qour’an 24/39)
Il y a encore cet autre verset où Dieu dit :
] قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا أولئك الذين كفروا بآيات ربهم ولقائه فحبطت أعمالهم فلا نقيم لهم يوم القيامة وزنا [
ce qui signifie :
« Dis (Mouhammad) : -Voulez-vous que nous vous fassions connaître quels sont ceux dont les actes sont les plus inutiles, et ceux dont les efforts se perdent dans la vie de ce monde alors qu’ils pensent avoir bien agi ?-
Tels sont ceux qui ne croient pas aux preuves évidentes de l’unicité de leur Seigneur et au Jour Dernier. Leurs actions sont vaines et Nous (Dieu) n’attribuerons aucun poids à leurs œuvres au Jour de la Résurrection. »
(Qour’an 18/103 à 105)
Par conséquent, le plus grand bien qu’on puisse souhaiter à un mécréant est qu’il devienne musulman.
CHAPITRE 6
CROYANCE en la PRéDESTINATION
Définition
La prédestination est un attribut de Dieu par lequel Il régit les choses selon Sa volonté et Sa science, pour les faire exister dans le moment qu’Il a voulu. En effet, Dieu dit :
] ما أصاب من مصيبة في الأرض ولا في أنفسكم إلا في كتاب من قبل أن نبرأها إن ذلك على الله يسير لكيلا تأسوا على ما فاتكم ولا تفرحوا بما آتاكم والله لا يحب كل مختال فخور
ce qui signifie :
« Nul malheur n’atteint la Terre ni vos personnes qui ne soit enregistré dans la Table Préservée avant que Nous l’ayons créé, et cela est certes facile à Dieu. Nous vous en informons afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni que vous exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Dieu n’aime pas les présomptueux »
(Qour’an 57/22-23)
Il est à noter que les attributs de Dieu ne changent pas, par conséquent les précautions que nous prenons ou les invocations [40] que nous faisons ne peuvent en rien changer ce que Dieu nous a prédestiné.
Ainsi, la croyance en la prédestination –du bien et du mal, de la douceur et de l’amertume, de la richesse et de la pauvreté, de la santé et de la maladie, etc.– est une condition pour être musulman. Cette croyance comporte deux affirmations :
1. Croire que Dieu, par Sa science et Sa volonté :
• sait et veut de toute éternité [41] ce que les gens font et feront avant leur existence : bien ou mal, obéissance ou désobéissance, réussite ou échec, etc.
• sait et veut de toute éternité qui sera parmi les gens du Paradis et qui sera parmi les gens de l’Enfer, et que c’est Lui (Dieu) Qui détermine la récompense –la réjouissance physique et spirituelle– ou la punition –le châtiment physique et spirituel– qu’ils méritent à cause de leurs actes volontairement accomplis.
2. Croire que les actes des gens sont non seulement prédestinés, mais qu’ils s’accomplissent conformément à la science et à la volonté de Dieu.
Dieu le Tout-puissant a fait que tout soit inscrit sur la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh) comme nous l’apprend le Qour’an :
] إنا نحن نحيي الموتى ونكتب ما قدموا وآثارهم وكل شىء أحصيناه في إمام مبين [
ce qui signifie :
« C’est Nous (Dieu) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu’ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Livre clair. »
(Qour’an 36/12)
Pour mieux rapprocher les idées, prenons l’exemple de quelqu’un qui sort pour aller à son propre mariage. En cours de route, il est victime d’un accident et décède. Il est évident qu’il n’a pas fait ce qu’il voulait faire. Nous comprenons bien que ce qui nous atteint est inévitable, et ce à quoi nous échappons ne devait pas, sans doute aucun, nous atteindre. Dès lors, les précautions que l’on prend ne changent en rien le caractère déterminé des choses.
Ainsi, dans son livre intitulé « Al-Wasiyyah« , l’Imam Abou Hanifah résume tout cela en disant :
نقرُّ بأن العبد مع جميع أعماله وإقراره ومعرفته مخلوقا،
ce qui signifie :
« Nous confirmons que les esclaves de Dieu ainsi que leurs œuvres, leurs paroles et leur savoir sont des créatures de Dieu. »
D’où cette vérité :
Toutes les créatures –dont le bien et le mal, l’immensité et la petitesse, la douceur et l’amertume, la guidée et l’égarement, etc.– existent par la toute-puissance de Dieu, conformément à Sa science et à Sa volonté.
Comment comprendre la Prédestination ?
Nous savons que Dieu est le seul Dispensateur des biens et que tout vient de Lui. Cependant, nous agissons selon nos possibilités en cherchant à susciter les causes, tout en ignorant ce qui nous a été prédestiné. Chacun doit suivre le bon chemin en sachant que sa responsabilité sera engagée pour tout acte qu’il aura commis volontairement.
C’est dire que notre croyance en la prédestination ne signifie pas que l’homme doit perdre toute initiative, en restant les bras croisés, dans l’attente des événements. Nous devons agir en conformité avec les prescriptions de Dieu, car nous ne connaissons pas le futur. Ce n’est qu’après le déroulement des faits que nous pourrons savoir ce qui nous avait été prescrit. Cherchons donc à agir dans le bien, avec l’aide de Dieu.
CHAPITRE 7
SUPPLICES et DéLICES de la TOMBE
Avant de connaître certains supplices ou délices de la tombe, la personne décédée devra, au préalable, répondre à la question des anges Mounkar et Nakir.
Notons que les prophètes, les martyrs de la guerre sainte et les enfants non pubères sont exemptés de la question posée dans la tombe.
Qu’en est-il de la question dans la tombe ?
D’après une Tradition juste, ‘Anas Ibnou Malik rapporte que le Prophète r a dit :
الْعَبْدُ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتُوُلِّيَ وَذَهَبَ أَصْحَابُهُ حَتَّى إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ أَتَاهُ مَلَكَانِ فَأَقْعَدَاهُ فَيَقُولَانِ لَهُ مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُولُ أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ فَيُقَالُ انْظُرْ إِلَى مَقْعَدِكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللَّهُ بِهِ مَقْعَدًا مِنَ الْجَنَّةِ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَرَاهُمَا جَمِيعًا وَأَمَّا الْكَافِرُ أو الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فَيُقَالُ لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ ضَرْبَةً بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ
ce qui signifie :
« Lorsque l’homme est à peine déposé dans sa tombe, lorsque les siens viennent de le quitter et qu’il entend résonner le bruit de leurs pas, viennent à lui deux anges qui le font asseoir et qui lui posent la question suivante : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad ? (…) »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)
Selon la réponse qu’il donne, sa tombe sera pour lui un jardin du Paradis jouissance– ou un antre de l’Enfer –en terme de châtiment–. En effet, dans la tombe, l’âme revient au corps conformément au Hadith dans lequel ^Abdou l-Lah, fils du Calife ^Oumar, dit que le Prophète r parla un jour de l’épreuve de la tombe –c’est-à-dire de la question des anges dans la tombe–. C’est alors que ^Oumar demanda :
أترد علينا عقولنا يا رسول الله قال نعم كهيئتكم اليوم قال فبفيه الحجر.
ce qui signifie :
« Est-ce que la raison nous reviendra ô Messager de Dieu ? –“Oui, tout comme êtes maintenant”, répondit-il. –“Alors il n’y a plus rien à ajouter” dit ^Oumar. »
(Hadith rapporté par l’Imam Ahmad)
Le cas des prophètes est encore plus révélateur, car non seulement la terre n’assimile pas leur corps [42], mais ils sont vivants dans leur tombe. En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit:
(…) الأنبياء أحياء في قبورهم يصلون (…)’
ce qui signifie :
« (…) Les prophètes sont vivants dans leur tombe et ils prient [43](…) »
(Hadith rapporté par Al-Bayhaqiyy)
1. SUPPLICES DE LA TOMBE
À la question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? le mécréant, dont l’hypocrite [44], tout paniqué et terrorisé laissera échapper : – Je ne sais pas… je répétais ce que les gens disaient ! Sur ce, les anges lui objecteront : – Nous savions en fait ce que tu disais. Tu n’as donc rien su de la vérité et tu ne l’as pas suivie ! Avec un marteau de fer, ils lui assèneront un coup violent entre les oreilles –au-dessus de la nuque– qui lui fera pousser un hurlement qu’entendront tous ceux qui sont alentour, à l’exclusion des jinn et des humains. Une montagne s’effondrerait sous l’effet d’un tel coup, mais Dieu maintiendra le mécréant conscient pour qu’il endure cette terrible souffrance. La Terre recevra l’ordre de le comprimer jusqu’à ce que ses côtes s’entrecroisent –les grands pécheurs musulmans subiront une pression de la terre moindre– et il connaîtra l’angoisse de la solitude et de l’obscurité la plus totale ; des serpents, des scorpions et d’autres bêtes effrayantes l’assailliront de toute part. Lorsque son corps se sera désintégré, son âme descendra à « Sijjin« , un lieu de châtiments atroces pour elle dans la septième Terre. Il ne cessera de subir ainsi des châtiments jusqu’à ce qu’il soit, après la résurrection et le Jugement Dernier, précipité, corps et âme réunis, dans l’Enfer pour y demeurer éternellement.
À propos du châtiment de la tombe subi par les mécréants, nous apprenons que Dieu dit :
] النار يعرضون عليها غدوا وعشيا ويوم تقوم الساعة أدخلوا آل فرعون أشد العذاب [
ce qui signifie :
« Matin et soir, l’Enfer leur est présenté ; et le Jour Dernier, introduisez Pharaon et ses acolytes en Enfer pour qu’ils subissent les plus atroces des châtiments. »
(Qour’an 40/46)
ou encore :
] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [
ce qui signifie :
« Quiconque se sera détourné de Mon Commandement mènera une vie pénible –dans la tombe– (…). »
(Qour’an 20/124)
Tel est le sort réservé à celui qui meurt mécréant, qu’il s’agisse de celui qui n’a jamais été musulman ou de celui qui est sorti de l’Islam en devenant apostat (mourtadd). Les enfants non musulmans et non pubères ne connaissent ni délices, ni supplices dans la tombe.
2. DÉLICES DE LA TOMBE
À la même question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? Le Croyant pieux répond : – Je témoigne qu’il est l’esclave de Dieu et Son prophète. Et les deux anges de lui dire : –Certes, nous savions que tu disais cela.
Alors Dieu fait que sa tombe s’illumine d’une lumière comparable à celle de la pleine lune et s’élargisse de soixante-dix coudées [45] sur soixante-dix coudées. Afin d’accroître sa jouissance, les anges lui présenteront deux emplacements en disant : – Regarde la place que tu aurais occupée –autrement– en Enfer, mais que Dieu a remplacée par cette demeure au Paradis.
Pour nous donner une idée de cette jouissance spéciale, le Prophète r explique qu’on dira à ce croyant : Dors ! Alors, comme le nouveau marié, il dormira du sommeil dont il n’aimerait être réveillé que par sa bien-aimée.
Tous ces délices ne sont qu’un prélude par rapport à ce qui l’attend au Paradis où Dieu a réservé pour Ses esclaves pieux ce qu’aucun œil n’a vu, aucune oreille n’a entendu et aucun esprit n’a imaginé. En effet, Dieu dit :
] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [
ce qui signifie :
« Aucune âme ne sait quelle félicité lui est réservée en récompense de ses actions. »
(Qour’an 32/17)
C’est dans ce sens qu’on comprend mieux la parole suivante du Prophète r :
الدنيا سجن المؤمن وسَنَتُهُ، فإذا فارق الدنيا فارق السِّجنَ والسَّنةَ.
qui signifie :
« La vie d’ici-bas est comme une prison et un lieu de fatigue pour le croyant pieux ; en quittant cette vie, il quitte la prison et le lieu de fatigue. »
(Hadith rapporté par Ibnou Hibban)
Ceci bien entendu par rapport à ce qu’il connaîtra comme jouissance, aussi bien dans la tombe qu’après.
Celui qui veut jouir du délice de la tombe doit pour cela faire toutes les obligations –prières, jeûne, etc.– et s’éloigner des péchés, par crainte de Dieu.
Qu’en est-il des musulmans désobéissants ?
Définition
Le musulman désobéissant est celui qui, par exemple :
• buvait de l’alcool
• ne faisait pas la prière en son temps, ou ne l’accomplissait pas du tout
• s’adonnait à la fornication ou tout autre grand péché –autre que la mécréance–
Ces musulmans-là méritent le châtiment de la tombe [46] s’ils meurent sans se repentir. Mais ils seront en deux groupes :
1. Ceux qui seront graciés et ne subiront pas, de ce fait, le supplice de la tombe
2. Les autres, qui connaîtront ce châtiment, sans toutefois qu’il égale celui que subissent les mécréants. Ainsi, ils endureront la solitude et l’obscurité de la tombe, le resserrement de la tombe sur eux, mais ils ne recevront pas de coups derrière la nuque, par exemple. En outre, le châtiment que subira une partie d’entre eux en Enfer ne sera jamais éternel, car Dieu a interdit à l’Enfer de garder éternellement quiconque aura témoigné sincèrement de son adhésion à l’Islam.
Ainsi, après avoir subi le châtiment de l’Enfer, ils entreront définitivement au Paradis.
Une Tradition rapportée par Ibnou ^Abbas, que Dieu l’agrée, et d’autres spécialistes du Hadith (Mouhaddith) donne la preuve que le musulman désobéissant peut subir le châtiment de la tombe. En effet, alors qu’il passait auprès de deux tombes, le Prophète r a dit :
إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوْلِ وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ ثُمَّ أَخَذَ جَرِيدَةً رَطْبَةً فَشَقَّهَا نِصْفَيْنِ فَغَرَزَ فِي كُلِّ قَبْرٍ وَاحِدَةً قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ لَعَلَّهُ يُخَفِّفُ عَنْهُمَا مَا لَمْ يَيْبَسَا
ce qui signifie :
« Ces deux morts sont suppliciés dans leurs tombes pour des péchés qui ne paraissent pas graves aux yeux des gens. Pourtant si ! L’un d’eux ne se préservait pas de son urine [47] et l’autre rapportait les paroles des uns aux autres pour semer la discorde (namimah). Le Prophète prit une feuille de palmier et après l’avoir séparée en deux, en planta une moitié sur chaque tombe. Les compagnons dirent : Ô Messager de Dieu, pourquoi fais-tu cela ? Il répondit : Il se peut que cela atténue ce qu’ils endurent tant qu’elles n’auront pas séché. »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)
Il faut donc se préserver de l’urine, car selon un Hadith rapporté par Abou Dawoud, la plupart des châtiments de la tombe sont dus à ce péché.
Remarque
Dans un Hadith rapporté par At–Tabaraniyy, le Prophète r nous a appris que la lecture quotidienne d’une sourate du Qour’an qui n’a que trente versets préserve du châtiment de la tombe. Il s’agit de la sourate « Al-Moulk« , c’est-à-dire le chapitre 67.
Que devient l’âme après la désintégration du corps ?
Lorsque le corps est décomposé par la terre, à l’exception d’un os infime –appelé ^Ajbou dh-Dhanab– de la taille d’un grain de moutarde à la base du coccyx, l’âme du pieux va au Paradis, et celle du musulman désobéissant reste maintenue entre ciel et Terre ou peut atteindre le premier ciel.
Quant à l’âme du mécréant, elle ira à Sijjin, un lieu de châtiment situé dans la septième Terre [48]..
S’agissant des martyrs, dont le corps ne se décompose pas, leur âme monte directement au Paradis sans intégrer la tombe, pour prendre place dans le gosier d’oiseaux verts. Cette âme au Paradis a une a des effetsinfluence sur le corps comme le soleil en a sur nous.
Les oiseaux verts mangent des fruits du Paradis, se posent sur les branches des arbres du Paradis, ils volent et ont des niches accrochées sous le Trône.
CHAPITRE 8
LA MÉCRÉANCE
1. QU’EST-CE QUE LA MÉCRÉANCE ?
Définition
La mécréance est toute croyance, tout acte ou toute parole qui marque du dédain, du mépris envers Dieu, Ses Livres, Ses prophètes, Ses anges, Ses Lois, Sa promesse ou Ses menaces, les pratiques et symboles de l’Islam, etc.
Pour ce qui est des croyants, Dieu dit :
] إنما المؤمنون الذين آمنوا بالله ورسوله ثم لم يرتابوا (…) [
ce qui signifie :
« Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager et qui ne doutent point (…). »
(Qour’an 49/15)
Dieu a révélé dans tous Ses Livres –notamment la Torah, l’Évangile et le Qour’an– que celui qui meurt mécréant ira en Enfer pour y demeurer éternellement, sans fin ni répit. C’est ce qui ressort du Qour’an, dans lequel Dieu dit :
] إن الذين كفروا وصدوا عن سبيل الله ثم ماتوا وهم كفار فلن يغفر الله لهم [
ce qui signifie :
« Dieu ne pardonnera pas à ceux qui font de la mécréance et qui écartent les hommes de la voie agréée par Dieu, puis meurent en étant mécréants. »
(Qour’an 47/34)
C’est donc le péché le plus grave qu’une personne puisse commettre. Aussi, depuis Noé, tous les prophètes mettent-ils leur communauté en garde contre la mécréance sous toutes ses formes, avec ou sans association.
1. La mécréance avec association consiste à adorer autre que Dieu ou quelque chose avec Dieu. C’est par exemple :
• croire qu’il y a plusieurs dieux
• attribuer à Dieu un fils, une compagne ou tout autre associé
• etc.
2. La mécréance sans association consiste, entre autres, à :
• blasphémer –exprimer des paroles moqueuses, rabaissantes ou injurieuses– contre Dieu, l’un de Ses prophètes, l’un de Ses anges
• croire qu’une autre religion que l’Islam est agréée par Dieu
• se moquer d’un des emblèmes de l’Islam, comme la Ka^bah
• déclarer illicite une chose licite –permise– selon le Qour’an et la Tradition du Prophète (Sounnah) et connue comme telle par les musulmans ; ou inversement déclarer licite, par exemple, la viande interdite à la consommation selon la Loi islamique, l’alcool, ou l’adultère
• croire en quelque chose qui contredit les fondements de l’Islam, comme par exemple la réincarnation
• ne pas croire en la prophétie de Mouhammad r ; ou croire qu’il n’est pas le sceau des prophètes, même si l’on croit en l’unicité de Dieu et qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures
• nier le statut de prophète d’un des prophètes de Dieu réputé comme tel
• etc.
Remarque
Cette liste n’étant pas exhaustive, il est donc important de se référer, à toutes fins utiles, aux règles déjà définies. Sans jamais oublier de demander à ceux qui ont la connaissance, car la science de l’Islam, avec l’aide de Dieu, guide, dirige et sauve, alors que l’ignorance égare, trompe et ruine.
Il est à noter ici que commettre de la mécréance ou aider à en faire aboutit au même résultat, c’est-à-dire à la sortie de l’Islam, avec ses conséquences désastreuses. Par conséquent, si quelqu’un demande à tout musulman, ou même à un imam qui est en train de faire le prêche du vendredi : – Que dois-je faire pour entrer dans l’Islam ? il doit sans tarder lui dire de faire les deux témoignages. Par contre, s’il le retarde exprès en répondant “attends que je finisse”, cela équivaut à agréer la mécréance. Et celui qui agrée la mécréance d’un autre devient lui-même mécréant.
2. MANIFESTATION DE LA MÉCRÉANCE
Nous demandons à Dieu, le Suprême, de nous préserver de la mécréance, car c’est un véritable abîme.
À l’instar de beaucoup d’éminents savants, le Chaykh ^Abdou l-Baçit Al-Fakhouriyy, Moufti [49] de Beyrouth il y a un siècle, a mentionné dans son livre « Al-Kifayah li Dhawi l-^Inayah » que la mécréance se présente sous trois formes :
• la mécréance par la croyance [50] –le cœur–
• la mécréance par les gestes –les membres par exemple–
• la mécréance par la parole –la langue–
2.1 La mécréance par la croyance
Le siège de ce type de mécréance est dans le cœur. Et Dieu dit :
] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [
ce qui signifie :
« Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager… alors, Nous (Dieu) leur avons préparé une fournaise ardente. »
(Qour’an 48/13)
Comme exemple, il y a le fait de :
• nier l’Existence de Dieu
• croire que Dieu est un corps, un esprit, ou une lumière –le contraire de l’obscurité–
• donner une ressemblance à Dieu avec Ses créatures, comme croire qu’Il est dans un endroit ou partout
• nier le statut de prophète du prophète Mouhammad
• croire que l’Enfer a une fin
• croire que le châtiment du mécréant dans l’Enfer prendra fin
• croire que le monde n’a pas de commencement
• croire que quelque chose échappe à la volonté, à la prédestination, ou à la création de Dieu
• etc.
2.2 La mécréance par les gestes
Dieu dit :
] ومن آياته الليل والنهار والشمس والقمر لا تسجدوا للشمس ولا للقمر واسجدوا لله الذي خلقهن إن كنتم إياه تعبدون [
ce qui signifie :
« Parmi les preuves de Sa puissance, il y a la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, mais prosternez-vous pour Dieu Qui les a créés, si c’est Lui Que vous adorez. »
(Qour’an 41/37)
C’est aussi le fait de :
• se prosterner pour une idole, une statue, etc.
• porter une marque ou un objet distinctif d’une autre religion en croyant qu’ils sont à vénérer, qu’ils portent bonheur ou qu’ils sont halal.
• aider à faire la mécréance, par exemple en accompagnant sa femme non musulmane dans un endroit pour qu’elle y fasse de la mécréance
• jeter consciemment et volontairement dans un endroit répugnant, comme dans les ordures, le Qour’an, ou tout écrit comportant un des noms de Dieu –tels que Ar-Rahman, Ar-Rahim, etc.–, le nom d’un prophète, d’un ange, ou qui traite de l’Islam en général. En effet, ce geste constitue en lui-même une offense qui fait sortir de l’Islam, même si l’on prétend n’avoir pas voulu manquer de respect
Remarque
On peut éviter de tomber dans la mécréance si avant de jeter un de ces écrits –même un journal– :
• on sépare les lettres les unes des autres, afin que celles qui restent ne donnent plus le même mot. Par exemple s’il est écrit Dieu, on peut déchirer une des lettres (soit le D, le E, etc.).
• on brûle et on réduit le résidu en cendres afin d’effacer toute trace d’écriture.
• on attache le document à un objet lourd –par exemple un caillou– et on l’immerge au large dans la mer, c’est-à-dire loin des côtes, pour que l’action corrosive du sel le désintègre.
• ou on a recourt à tout autre moyen qui ne marque pas du mépris
En aucun cas, on ne doit le jeter dans les ordures.
2.3 La mécréance par la parole
Dieu dit :
] ولئن سألتهم ليقولن إنما كنا نخوض ونلعب قل أبالله وآياته ورسوله كنتم تستهزئون لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم [
ce qui signifie :
« Si tu les interroges, ils diront nous ne faisions que discuter et plaisanter. Dis :- Est-ce de Dieu, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne vous cherchez pas d’excuses : vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants. »
(Qour’an 9/65)
ou encore :
] يحلفون بالله ما قالوا ولقد قالوا كلمة الكفر وكفروا بعد إسلامهم (…) [
ce qui signifie :
« Ils jurent par Dieu qu’ils n’ont pas dit de la mécréance alors qu’ils sont sortis de l’Islam après avoir été musulmans (…). »
(Qour’an 9/74)
Quelques exemples de mécréance par la parole :
• insulter Dieu
• se rebeller contre Dieu
• nier le statut de prophète d’un prophète unanimement reconnu comme tel
• proclamer que Dieu a un fils ou tout autre associé
• proférer des injures contre un prophète de Dieu en disant, par exemple, qu’il a commis l’adultère ; qu’il a bu ou encouragé les gens à boire du vin ; qu’il s’est emparé de la femme d’un autre ; qu’il encourt la malédiction de Dieu, etc.
• insulter un ange
• se moquer d’une loi islamique connue et admise par l’unanimité des savants, ou la réfuter
• déclarer licite quelque chose qui est unanimement connu comme étant illicite, ou vice versa
• etc.
Cette troisième sorte de mécréance est de loin la plus répandue. En effet, Abou Wa‘il dit que Ibnou Mas^oud, le grand compagnon du Prophète r, est monté une fois sur la colline de Safa à La Mecque, et s’est adressé à sa langue en disant :
يا لسانُ قُل خيرًا تَغنَم، واسكت عن شرّ تسلم، من قبل أن تندم، إني سمعت رسول الله r يقول : -أكثر خطايا ابن آدم من لسانه-.
ce qui signifie :
« Ô langue ! dis du bien, tu y gagneras. Et abstiens-toi de dire du mal, tu seras sauvée, avant de le regretter. Car j’ai entendu le Messager de Dieu dire que la plupart des péchés du fils d’Adam provient de sa langue. »
(Hadith rapporté par At–Tabaraniyy)
Celui donc qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise, car d’après Abou Hourayrah, le Prophète r a dit :
إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ ممَا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ
ce qui signifie :
« Certes, il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer d’une distance plus grande que celle qui sépare l’Orient de l’Occident. »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)
Ce Hadith est la preuve qu’on peut tomber dans la mécréance sans :
1. Connaître les règles sur la mécréance
2. Croire à la signification de la parole prononcée –comme celui qui dit à un autre « fils de Dieu » ; il sort de l’Islam même s’il est convaincu que Dieu n’a pas de fils–
3. Agréer par le cœur cette mécréance. Ce n’est pas comme le prétend un certain Sayyid Sabiq dans son livre « Fiqhou s-Sounnah » où il affirme qu’on ne dit d’un musulman qu’il est sorti de l’Islam, et qu’on ne le déclare apostat (mourtadd ) que s’il a le cœur qui s’est ouvert à la mécréance, qu’il l’agrée et qu’il est passé à l’acte. Il s’est basé pour cela sur un verset qui se rapporte à celui qui commet de la mécréance sous la contrainte, et dans lequel Dieu dit :
] من كفر بالله من بعد إيمانه إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان ولكن من شرح بالكفر صدرا فعليهم غضب من الله ولهم عذاب عظيم [
ce qui signifie :
« Celui qui fait de la mécréance envers Dieu après avoir été croyant, y compris celui qui agrée délibérément la mécréance sous la menace de mort, encourt le châtiment de Dieu et subira un châtiment terrible. Sauf si le cœur de celui qui subit la menace de mort demeure ferme dans la foi. »
(Qour’an 16/106)
Il a ainsi pris cette partie du verset « (…) celui qui agrée délibérément la mécréance (…) » pour soutenir ses propos déviants et a laissé insidieusement le reste qui, au contraire, montre bien que seul celui qui, sous la menace de mort, fait de la mécréance tout en la refusant dans son cœur ne sort pas de l’Islam. En effet, on comprend que Dieu dit : « (…) Sauf si le cœur de celui qui sous la menace de mort demeure ferme dans la foi. » Cela ne signifie nullement que celui qui, n’étant pas sous la menace de mort, peut s’attendre à la clémence de Dieu s’il prononce de la mécréance même sans l’agréer dans son cœur.
Sayyid Sabiq a encore employé la même manœuvre avec cette autre partie du Hadith où l’on comprend que le Prophète r dit : « Certes, les actes ne valent que d’après l’intention (…) » pour affirmer que si on n’a pas l’intention d’accomplir un mauvais acte –comme la mécréance–, mais qu’on le commet quand même, on n’encourt pas le châtiment de Dieu. Or la suite du Hadith montre que le prophète Mouhammad r a voulu dire par cela « les actes d’adoration et non tous les actes », ceux qui sont agréés par Dieu et non tous les actes, car il dit :
إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّات وَإِنَّمَا لكل امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لَدُنْيَا يُصِيبُهَا أو امْرَأَةٍ يَنكحها فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْه
ce qui signifie :
« Certes, les –bons– actes ne valent que d’après l’intention, et chacun sera rétribué selon ce qu’il a entendu faire –en accomplissant ce bon acte– : à celui qui a accompli son émigration pour obéir à Dieu et à Son Messager, son émigration lui sera comptée conformément à son intention ; et celui qui a accompli son émigration pour obtenir quelque chose de ce monde ici-bas ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée pour ce qu’il a recherché. »
(Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)
Le bon acte ici consistait à accomplir l’obligation d’émigrer de La Mecque à Médine pour obéir à Dieu et à Son prophète.
Demandez donc à Sayyid Sabiq ce qu’il dirait au sujet de quelqu’un qui a forniqué. Va-t-il lui citer ce Hadith pour voir quelle était son intention ? Ou bien encore, est-ce qu’on demande à celui qui est en train de boire de l’alcool quelle est son intention ? Que dire alors de la mécréance qui est beaucoup plus grave que ces deux cas !
On le voit, son ignorance l’a conduit à ouvrir en grand les portes à la mécréance. Selon lui, quelqu’un pourrait commettre une telle abomination et se réfugier derrière cette argumentation fantaisiste et farfelue ; ce qui n’est pas une excuse, car on comprend que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Certes il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer (…) ». Cela signifie qu’il ne voit rien de nuisible dans ce qu’il a dit –à cause de son ignorance– alors qu’il est pourtant sorti de l’Islam.
Tout cela est la preuve qu’il y a un abîme entre Sayyid Sabiq et le rang des savants de l’Islam. Prenons donc soin de suivre les véritables savants qui nous mettent en garde contre la mécréance, car celle-ci, sous n’importe quelle forme, est une souillure dont il faut se purifier le plus résolument et le plus rapidement possible. En effet, Dieu ne pardonne pas à ceux qui meurent mécréants ; et personne ne connaît le jour et l’heure de sa mort. Il faut ainsi redouter la mécréance comme on redoute de tomber dans le feu de l’Enfer. Rappelons-nous que Dieu dit :
] ما يلفظ من قول إلا لديه رقيب عتيد [
ce qui signifie :
« La personne ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui –les deux anges– Raqib et ^Atid »
(Qour’an 50/18)
3. CONSÉQUENCES DE LA MÉCRÉANCE
Dès que la mécréance est commise, ses conséquences sont immédiates et catastrophiques pour son auteur, à moins qu’il ne s’agisse d’une exception comme celles qui suivent :
1. Celui qui est contraint de faire la mécréance sous la menace directe de mort ou de l’amputation du bras ou de la jambe, et dont le cœur n’agrée pas la mécréance comme cela s’est passé avec ^Ammar Ibnou Yaçir. En effet, il fut contraint par les mécréants de La Mecque de blasphémer. Ainsi, alors qu’on le torturait, il dut, sous la menace de mort, insulter le Prophète et faire les louanges de leurs idoles. Par la suite, bouleversé et meurtri, il s’en alla raconter ces faits au Prophète r qui lui demanda ce qui signifie : « Lorsque tu as dit cela, avais-tu le cœur satisfait de la mécréance ? » « Non ! répondit-il ». Alors le Prophète lui dit ce qui signifie : « S’ils refont cela, refais ce que tu as fait », c’est-à-dire si cela devait se reproduire, fais en sorte qu’ils ne te tuent pas.
Il doit s’agir d’une menace réelle, sérieuse, directement dirigée contre sa vie, ou indirectement –qu’on le menace de lui couper, par exemple, une jambe ou un bras– et exercée par quelqu’un qui est capable d’exécuter sa menace. Il est évident que le cœur de la victime doit rejeter ce que sa langue prononce.
En revanche, quiconque fait de la mécréance sous la contrainte en agréant cela, sort de l’Islam. Il en va de même pour celui qui, délibérément, sans être sous contrainte, blasphème contre Dieu ou un prophète par exemple, que ce soit dans un état de colère, en plaisantant ou en étant sérieux.
2. Les paroles involontaires –par exemple répéter involontairement une parole qui contient de la mécréance– et le lapsus de langue (lapsus linguae) : on pense une chose, mais la langue en dit une autre. Il peut y avoir aussi le lapsus d’écriture (lapsus calami), c’est-à-dire substituer involontairement au terme attendu un autre mot.
3. Rapporter une mécréance, sans toutefois l’apprécier ou l’agréer, en prenant soin de l’attribuer à son auteur. Ainsi, en rapportant cette mécréance, il devra obligatoirement dire : – Untel a dit ou une formule de ce genre.
4. Celui qui dort ou celui qui perd la raison, etc.
En dehors des cas d’exception, celui qui commet de la mécréance :
• sort immédiatement de l’Islam et devient apostat (mourtadd).
• rompt par son acte ses liens de mariage selon l’unanimité des savants dont Malik, Ach-Chafi^iyy, Ahmad et Abou Hanifah, de sorte que toutes relations sexuelles avec le conjoint intervenues dans cet état relèvent de la fornication. Signalons que chez l’Imam Malik, cette rupture des liens du mariage compte même pour un divorce
• ne peut hériter de quelqu’un, comme on ne peut pas hériter de lui
• perd la récompense de tous ses bienfaits –prière, Zakat, jeûne, Hajj, etc.–, car Dieu dit :
] (…) ومن يكفر بالإيمان فقد حبط عمله وهو في الآخرة من الخاسرين [
ce qui signifie :
« (…) La récompense de celui qui commet de la mécréance est anéantie –ses bons actes ne lui procureront aucune récompense de la part de Dieu– et dans la vie future, il sera au nombre des perdants. »
(Qour’an 5/5)
• garde à sa charge tous les péchés qu’il avait déjà commis
• entrera en Enfer et y demeurera éternellement s’il décède sans revenir à l’Islam
•
CHAPITRE 9
COMMENT ENTRER dans L’ISLAM
1. CAS DE L’APOSTASIE
Par la riddah [51], le musulman sort de l’Islam et devient mécréant, même s’il prétend le contraire ; il est alors appelé mourtadd. Toute la récompense des bons actes qu’il a déjà accomplis est définitivement anéantie. En effet, celui qui fait sauter sa propre maison à la dynamite ne peut pas, après coup, se prévaloir de ses larmes et de ses différentes lamentations ou protestations pour la réclamer. Au contraire, il devra reprendre la construction, pierre par pierre. C’est ainsi qu’il lui faudra instantanément revenir à ce que Dieu a ordonné, c’est-à-dire l’Islam.
Comment faire ?
Il devra immédiatement :
• quitter la mécréance en renonçant complètement à sa cause
• faire les deux témoignages avec l’intention de rentrer dans l’Islam
Il doit au surplus –sans que cela ne soit une condition pour la validité du retour à l’Islam– :
• ressentir du regret pour avoir commis la mécréance
• avoir l’intention, c’est-à-dire prendre une résolution ferme de ne pas récidiver
À noter que c’est seulement à partir du moment où il redevient musulman que les bons actes désormais accomplis lui seront comptés. Car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la foi musulmane. En effet, Dieu dit :
] ومن يعمل من الصالحات من ذكر أو أنثى وهو مؤمن فأولئك يدخلون الجنة ولا يظلمون نقيرا [
ce qui signifie :
« Ceux qui, hommes ou femmes, accomplissent de bonnes œuvres tout en étant croyants entreront au Paradis ; et ils ne subiront aucune injustice. »
(Qour’an 4/124)
Signalons que le fait de dire : « Pardonne-moi mon Dieu ! » après avoir commis la mécréance n’est pas valable pour rentrer dans l’Islam. Au contraire, c’est formellement interdit, puisque cela constitue un surcroît de mécréance. Car Dieu nous apprend dans le Qour’an qu’Il ne pardonne pas la mécréance. Dès lors, comment peut-on Lui demander pardon tant qu’on est mécréant ?
2. CAS DE LA CONVERSION
Tout moukallaf a l’obligation de se convertir immédiatement à l’Islam, car Dieu dit :
] وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون [
ce qui signifie :
« Et Je n’ai créé les jinn et les êtres humains que pour leur ordonner de M’adorer [52]. »
(Qour’an 51/56)
C’est dire que nous devons adorer Dieu sans rien Lui associer. De ce fait, vivre hors de l’Islam et mourir dans cet état –c’est-à-dire dans la mécréance– constitue la pire des pertes que l’être humain puisse s’infliger dans ce monde et dans l’au-delà. Cette situation est d’autant plus grave que Dieu dit :
] مثل الذين كفروا بربهم أعمالهم كرماد اشتدت به الريح في يوم عاصف لا يقدرون مما كسبوا على شىء ذلك (…) [
ce qui signifie :
« Les –bonnes– actions de ceux qui ne croient pas en leur Seigneur sont semblables à de la cendre sur laquelle le vent s’acharne un jour de tempête. Ils ne recevront –au Jour du Jugement– aucune rétribution pour les œuvres qu’ils ont accomplies (…). »
(Qour’an 14/18)
ou encore :
] وقدمنا إلى ما عملوا من عمل فجعلناه هباء منثورا [
ce qui signifie :
« Nous (Dieu) considérerons/jugerons ??? –au Jour du Jugement– les –bonnes– œuvres que les mécréants ont accomplies et ne trouverons que /les rendrons telles ??? de la poussière disséminée. »
(Qour’an 25/23)
Le moukallaf doit donc entrer dans l’Islam sans tarder, en prononçant les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu. En français, cela donne : – Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le messager de Dieu.
Celui qui n’arrive pas à bien prononcer le ح (ha‘) de Mouhammad dira Abou l-Gacim qui est l’un des surnoms du Prophète r. Ainsi, il pourra dire : – Il n’est de dieu que Dieu et Abou l-Gacim est le messager de Dieu.
Il n’a besoin pour cela ni de la présence de deux témoins, ni d’aller se doucher préalablement, ni de se rendre dans une mosquée. Il devra néanmoins faire en sorte que, dans des conditions normales d’audition, c’est-à-dire en l’absence de bruit excessif, il puisse entendre –à condition qu’il ne soit ni malentendant ni sourd– ce que prononce sa bouche. Il n’a donc pas besoin de crier de façon inconsidérée, s’il est dans un milieu particulièrement bruyant.
Ceux qui se convertissent à l’Islam pour la première fois s’adjugent un grand avantage : tous leurs péchés déjà commis leur sont pardonnés ; c’est comme s’ils venaient de naître.
En effet, Dieu dit :
] قل للذين كفروا إن ينتهوا يغفر لهم ما قد سلف (…) [
ce qui signifie :
« Dis (Mouhammad) aux mécréants que s’ils mettent fin –à leur mécréance–, il leur sera pardonné ce qui a précédé (…) »
(Qour’an 8/38)
Pour ce faire, ils doivent nécessairement prononcer les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu.
Celui qui se convertit à l’Islam a la garantie de ne pas rester éternellement dans l’Enfer –même s’il y entre à cause de ses péchés–. Mais pour y échapper totalement, il lui faut s’acquitter des obligations –prière, jeûne, etc.– et se garder des péchés.
En conclusion, nous disons que l’adoration de même que la désobéissance, ne profite ni ne nuit à Dieu. Quiconque prend le chemin de la droiture ne le fait que pour son propre avantage, et quiconque s’égare ne le fait qu’à son propre détriment. En tout état de cause, le Qour’an guide vers la voie droite, celle de la félicité éternelle, et annonce aux croyants qui font des bonnes œuvres la bonne nouvelle d’une grande récompense.
Faites donc le bon choix avant le jour
où vous n’aurez plus le choix !
[1] La croyance a son siège dans le cœur.
[2] Ce sont des corps fins –non denses ni compacts– créés à partir d’une flamme de feu pur ; ils sont aussi concernés par l’appel à l’Islam, et comme chez les êtres humains, on y trouve des mécréants, des musulmans pieux et d’autres pervers. Dieu leur a donné la faculté de prendre différentes apparences, mais ils restent invisibles aux êtres humains sous leur véritable aspect. Ils se marient, procréent, et éprouvent le besoin de manger, de boire. Ils sont soumis aux mêmes règles que nous (prière, jeûne, etc.) avec cependant quelques spécificités dues à leur nature.
[3] Il s’agit d’un pluriel dit de majesté, qui s’applique à Dieu. Ce n’est donc pas dans le sens de plusieurs dieux.
[4] Ahlou l-Kitab : il s’agit des Juifs et des Chrétiens. Et on comprend que le Prophète a dit ce qui signifie : « Il n’est de Juif ni de Chrétien qui entende parler de moi, et qui refuse de croire en moi et en ce que j’ai amené, sans qu’il ne fasse partie des gens de l’Enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.
[5] L’insistance de Abou Dharr n’impliquait ni impertinence ni désaccord de sa part, mais visait la certitude au cas où il serait interrogé à ce sujet.
[6] Elle peut se faire dans n’importe quelle langue (arabe, chinois, malinké, etc.) et avec toute expression comportant la signification voulue.
[7] Le muet, en raison de son handicap, ou celui qui meurt subitement au moment de prononcer les deux témoignages sont excusés.
[8] Cette citation se trouve dans son livre “Mawaridou dh–Dham’an ‘ila zawa’id Ibni Hibban”
[9] responsable (moukallaf) : pubère, sain d’esprit et à qui est parvenu l’appel à l’Islam, ne serait-ce qu’à travers les deux témoignages, dans toute langue qu’il comprend.
[10] Salaf : les savants des trois premiers siècles. Ils font référence, parce que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Les meilleurs des siècles sont mon siècle, le siècle suivant et le siècle d’après. » Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et d’autres.
[11] Gabriel lui avait posé cette question pour que les gens présents dans l’assemblée prennent connaissance de la réponse, et non par ignorance.
[12] qiyas : effort de recherche soutenu, basé sur la déduction par analogie que seuls les savants aux rangs les plus élevés peuvent mener à bien. Ce n’est donc pas à la portée de n’importe qui.
[13] Abou Hamid Al-Ghazaliyy est né à Khouraçan, région du nord-est de l’Iran, en 450 H/1058 et est décédé en 505 H/1111.
[14] Le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés, non pour s’y établir, mais comme manifestation de Sa Puissance. Il constitue le toit du Paradis, qui se trouve au-delà du septième ciel.
[15] relevant des petits péchés qui ne reflètent aucune bassesse de caractère que les prophètes peuvent éventuellement commettre. En revanche, les Prophètes sont préservés contre la mécréance, les grands péchés et même les petits péchés qui reflètent une bassesse de caractère.
[16] L’Imam Ahmad Ar-Rifa^iyy est un grand saint, qui est né en Iraq en 512 H/1118 et est décédé en 578 H/1182. Il est le fondateur d’une tariqah, c’est-à-dire une méthode de cheminement sur une des voies tracées par le Prophète.
[17] Le temps est la mesure de la durée des phénomènes ; autrement dit, c’est le rapport d’un événement à un autre événement. C’est donc une création de Dieu.
[18] L’Imam Ahmad Ibnou Mouhammad, dit Abou Ja^far At–Tahawiyy, est l’auteur du célèbre livre de référence « Al-^Aqidatou t-Tahawiyyah« , un traité sur la croyance des gens de la droiture –les Sunnites–. Il est né à Taha (Égypte) en 239 H/853 et mourut au Caire en 321 H/933.
[19] C’est une autre grande création de Dieu, qui est près du Trône.
[20] Adh–Dhahir ici signifie que les preuves rationnelles témoignent de Son existence, de Sa puissance, de Sa science, de Sa volonté. En effet, toute chose donne la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.
[21] Al-Batin ici signifie Celui Qui sait le fond des choses, leur vérité ; ou encore, c’est Celui Qui n’est pas atteint par les imaginations, et cette dernière explication est la meilleure.
[22] Il s’agit de Satan, et sa femme porte le surnom d’Oummou Mourrah.
[23] Dans un Hadith rapporté par l’Imam Ahmad, le compagnon Wathilah Ibnou l-‘Asqa^ rapporte du Prophète r qu’il a dit ce qui signifie : « La Torah est descendue du ciel six nuits écoulées de Ramadan ; l’Evangile après treize nuits ; les Psaumes après dix-huit nuits et le Qour’an la vingt-quatrième nuit de Ramadan. »
[24] Malgré cette appellation de feuillets, il s’agit bien de Livres.
[25] Les passages du Qour’an se ressemblent du point de vue de l’éloquence, la justesse, la véracité, la cohérence, la cohésion, etc. et tous convergent vers le même but : l’appel à l’application de l’Islam.
[26] Dieu l’a fait descendre dans son intégralité au premier ciel en un endroit appelé Baytou l-^Izzah durant la nuit de la Destinée. Puis, étape par étape, il a été révélé au Prophète pendant plus de vingt ans.
[27] Il y a deux sortes de versets non explicites :
1) ceux dont on ne peut connaître l’interprétation, comme ceux qui traitent de l’instant précis de la fin de ce monde, ou de la descente du Messie sur Terre, etc. Ces choses-là nous sont cachées ; seul Dieu les sait.
2) ceux qu’on peut comprendre en les rapportant aux versets clairs.
[28] Tous ont eu pour mission d’appeler les gens à l’application de la Religion agréée par Dieu, en leur expliquant Ses Lois. Dieu leur transmet Ses messages sous forme d’une révélation qui leur parvient de trois manières différentes :
– par l’intermédiaire d’un ange qui est généralement Gabriel ;
– par une inspiration authentique, soit dans le rêve, comme ce fut le cas pour le prophète Abraham qui reçut l’ordre d’immoler son fils Ismaël ; soit à l’état d’éveil ;
– sans intermédiaire, comme Moïse qui a entendu la parole divine qui lui était adressée, sans qu’il n’ait pu voir Dieu. Et cette parole n’est ni une voix ni une langue.
[29] L’incrédulité parmi les hommes n’est apparue qu’après le prophète Enoch (Idris). Et Noé fut le premier prophète envoyé aux mécréants afin de les avertir et de les exhorter à adorer Dieu.
[30] Les plus élevés en degré parmi les prophètes de Dieu sont : Mouhammad, Abraham, Moïse, Jésus fils de la Sainte Marie et Noé.
[31] Les prophètes Mouhammad, Houd, Salih et Chou^ayb étaient des Arabes.
[32] La communauté : elle est formée par tous ceux qui ont suivi et ceux qui suivent encore le Prophète r dans la croyance.
[33] Lapsus : le fait de dire une parole que l’on ne voulait pas du tout dire.
[34] Les esclaves de Dieu : dans le sens que nous appartenons tous à Dieu, notre Seul Créateur.
[35] Il était de stature droite et de grande taille, soixante coudées de haut sur sept coudées. Il était éloquent et communiquait avec ses enfants avec des paroles claires et non par des gestes.
[36] Vitiligo : maladie provoquant la disparition, par plaques, de la pigmentation de la peau.
[37] Le miracle est différent de la magie que l’on apprend. Ainsi, le miracle est impossible à imiter ou à contrecarrer. Tandis que la magie peut être contrecarrée par une magie semblable.
[38] Voir explication sur les deux anges Harout et Marout (chapitre 2, page 57).
[39] Ce sont les Prophètes parmi les descendants des frères du Prophète Joseph.
[40] Si notre invocation est exaucée, c’est que Dieu l’a voulu de toute éternité ; et si elle n’est pas exaucée, c’est que Dieu ne l’a point voulu. Dans tous les cas, l’invocation est une adoration pour laquelle le croyant sera récompensé au Jour du Jugement.
[41] Ce que Dieu a su et voulu ne veut pas dire qu’Il a su avant de vouloir. La science et la volonté de Dieu étant deux attributs sans commencement, on peut aussi bien dire : ce que Dieu a voulu et su. Il ne s’agit donc pas d’une succession de cause à effet indiquant un ordre de priorité. La conjonction de coordination « et » n’est pas utilisée pour admettre un ordre dans le temps, parce que Dieu n’a ni début ni de fin à Son existence. C’est pour nous informer que les choses se passent selon la science de Dieu et aussi selon Sa volonté.
[42] La terre n’assimile pas non plus le corps des martyrs de la guerre sainte et de certains saints, comme cela a été constaté à maintes reprises en beaucoup d’endroits. Ainsi, le corps du grand mouhaddith Ibnou s–Salah fut retrouvé intact huit siècles après sa mise en terre.
[43] Il ne s’agit pas d’une prière obligatoire, mais c’est un délice.
[44] C’est celui qui prononce les deux témoignages alors que dans son for intérieur il déteste l’Islam ou doute de sa véracité.
[45] Une coudée correspond à quarante cinq cm, environ. Pour certains, elle s’agrandit à perte de vue, et ce même s’il y avait vingt pieux les uns à côtés des autres. En effet, Dieu est le Tout-Puissant.
[46] Le Prophète r a dit ce qui signifie : « Demandez la protection de Dieu contre le châtiment de la tombe. » Rapporté par Al-Boukhariyy.
[47] Comment se préserve-t-on de l’urine ? On s’assure d’abord qu’on a bien fini d’uriner, et on se nettoie ensuite selon la méthode islamique, afin de ne tacher ni son corps ni ses habits.
[48] De même qu’il y a sept cieux, les Terres sont également au nombre de sept. Elles ont une épaisseur de cinq cents ans, et sont séparées les unes des autres par une distance de cinq cents ans.
[49] Moufti : savant et dignitaire musulman chargé de donner des décrets dans le domaine de la religion conformément au Qour’an, à la Sounnah et à l’Unanimité des jurisconsultes antérieurs.
[50] Les pensées furtives inspirées par satan, qui traversent l’esprit, mais sans que le cœur y adhère ne font pas tomber dans la mécréance.
[51] riddah : terme proche de l’apostasie ; il s’agit de toute mécréance commise par un musulman.
La plus odieuse sorte de mécréance qui apparaît sous trois formes : croyance, gestes et parole.
[52] Ceci ne signifie pas que Dieu a voulu que chacun des jinn et des hommes L’adore, car si c’était le cas il n’y aurait pas eu un seul mécréant. En effet, nous comprenons que Dieu dit ce qui signifie : « Si ton Seigneur (Dieu) l’avait voulu, tous les habitants de la Terre auraient cru. » (Qour’an 10/99).