Conférence RamaDaan 1432: Le mois des bienfaits
Ramadan béni le mois des bienfaits
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Mouhammad l’esclave de Allah.
Je loue Allah l’Unique, Celui qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et Je recherche Sa bonne guidée, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide c’est lui le bien guidé et celui qu’Il égare, tu ne lui trouveras pas de partisan ni de guide.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, lumière éclatante, lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté, Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message, il s’est acquitté de ce qui lui a été confié, il a conseillé la communauté, que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il ait rétribué un de Ses prophètes. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec la bonne guidée et la religion de la vérité afin qu’Il lui donne la victoire sur toutes les religions même si cela déplaît aux mécréants. Et je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave et Son messager, que Allah l’honore lui ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
A/ INTRODUCTION
Nous sommes au tout début d’un mois éminent béni, le mois de Ramadan honoré.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré : ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, le jeûne vous a été ordonné tout comme il a été ordonné à ceux qui vous ont précédés. Puissiez-vous faire preuve de piété ».
Le jeûne de Ramadan a été rendu obligatoire au mois de Cha^ban de la deuxième année de l’Hégire. Le jeûne de Ramadan a été décrété par le texte du hadith du Messager de Allah et nous avons su combien est grande sa récompense. Tout comme c’est par le texte du hadith du Messager de Allah que nous avons su comment le mois est confirmé et comment le mois est terminé. Le Prophète a dit ce qui signifie : « Commencez le jeûne à la vue du croissant et terminez le jeûne à la vue du croissant. Si l’observation vous a été rendue difficile à cause de nuages ou autres alors poursuivez le compte de Cha^ban à trente jours ».
Ainsi le jeûne de Ramadan n’est confirmé et ne devient obligatoire que par l’observation du croissant de lune (al-hilal). Si notre observation a été gênée et que nous n’avons pas vu le croissant, il devient un devoir de poursuivre le compte de Cha^ban à trente jours.
Quant à celui qui n’a pas vu le croissant de Ramadan la nuit du trentième jour de Cha^ban, alors il peut prendre en compte la parole d’un musulman digne de confiance, non-menteur, pour preuve ce qui a été rapporté par Abou Dawoud que Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, a dit ce qui signifie : « J’ai appris au Prophète que j’avais vu le croissant, ainsi il a jeûné et a ordonné aux gens de jeûner ».
A partir de là, on sait qu’il n’est pas valable de se baser sur le calendrier, sur les astrologues ou sur d’autres gens capables de compter. Il n’y a aucune considération à accorder à ces personnes, on ne se base pas sur leurs paroles concernant le jeûne, ceci par accord des quatre écoles.
Ainsi Abou Hanifah a déclaré dans le commentaire de Ibnou ^Abidin concernant le livre du jeûne ce qui signifie : « Il n’y a pas de considération à accorder à la parole de ceux qui calculent pour déterminer l’obligation du jeûne sur les gens. » Ainsi Malik a également déclaré dans le commentaire de Ad-Douçouqiyy sur Ach-Charhou l-Kabir du Moukhtasar de Khalil ce qui signifie : « Le jeûne n’est pas confirmé par l’astrologue (c’est-à-dire par sa parole) ni pour lui ni pour autre que lui ».
Et Ahmad Ibnou Hanbal a déclaré dans Kach-chafou l-Qina^ page 302 du deuxième tome, ce qui signifie : « Le jeûne du jour du trente Cha^ban sans preuve légale à savoir l’observation du croissant ou l’accomplissement de la fin de Cha^ban, ou dans le cas où les nuages ont empêché l’observation ou ce qui est du même ordre, comme par exemple s’il a jeûné à la suite de ses propres calculs ou en se basant sur les étoiles, son jeûne n’est pas valable du fait qu’il ne s’est pas basé sur les choses sur lesquelles on se base selon la Loi », c’est-à-dire qu’il ne s’est pas basé sur la Loi.
Ach-Chafi^iyy a déclaré ce qui signifie : « Qu’il n’y a pas de considération à accorder à l’astrologue (c’est-à-dire à sa parole) ce n’est pas par sa parole que le jeûne devient obligatoire et il n’est pas permis de jeûner suite à sa parole. »
Le point à relever sur ce qui a été dit c’est que le législateur qui est notre Maître Mouhammad non seulement n’a pas utilisé le calcul pour le jeûne mais il l’a complètement écarté par sa parole qui signifie : « Allah ne nous a pas chargés d’œuvrer selon les calculs, le mois est soit ainsi soit ainsi« . Ainsi les choses sur lesquelles on se base sont l’observation et l’accomplissement de la fin du mois de Cha^ban. La fin de Cha^ban elle-même revient à l’observation, ceci requiert donc de nous d’observer le croissant de Cha^ban et celui des autres mois.
B/ COMPORTEMENTS DURANT CE MOIS
Les mois sont au nombre de douze. Le commencement et la fin de chacun de ces mois est connu et déterminé par l’observation du croissant lunaire. Les musulmans du Salaf et du Khalaf sont sur cette voie et persévèrent toujours sur cette voie. Les savants de jurisprudence ont décrété par les textes qu’il n’est pas permis de se baser sur la parole de quelqu’un se fiant aux étoiles ou au calcul pour la confirmation du début du mois de Ramadan. Ainsi la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, on observe le croissant de lune de Ramadan. Si on le voit, le jeûne est confirmé pour le lendemain mais si l’observation n’a pas été possible, on poursuit le compte de Cha^ban à trente jours.
Il y a dans l’école de l’Imam Abou Hanifah une facilité pour les musulmans ; de sorte que si le croissant de Ramadan a été observé en Orient, il est permis aux gens de l’Occident, du Nord et du Sud de jeûner en se basant sur l’observation des gens de l’Orient.
De même si un musulman digne de confiance (^adl) a vu le croissant de Ramadan en Amérique du Nord, il nous est permis de jeûner selon l’école de l’Imam Abou Hanifah en se basant sur l’observation de ce musulman-là. Ainsi il est indispensable de chercher à observer le croissant de Ramadan. La nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban il convient de s’assurer su le croissant a été observé ou non avant de s’endormir car celui qui se réveille le matin de Ramadan et qui, trouvant les musulmans en train de faire le jeûne, n’avait pas fait l’intention pendant la nuit, son jeûne n’est pas compté pour lui. Il est indispensable donc de veiller à observer le croissant de Ramadan et on se base pour cela sur la parole de quelqu’un qui est digne de confiance.
Cependant, se baser sur quelqu’un qui se fonde sur le calcul pour la détermination du début du mois est en contradiction claire et explicite avec ce qu’a dit le Messager de Allah par sa parole qui signifie : « Jeûnez à la vue du croissant de lune et cessez de jeûner à la vue du croissant de lune ».
Il est indispensable d’abord de connaître la règle selon la Loi que celui qui a été occupé par l’obligation et qui n’a pas fait de surérogatoires est excusé. Et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas accompli de ce fait l’obligatoire, il est prétentieux.
Il est important que la personne fasse le repentir à Allah ta^ala durant le mois de Ramadan, le mois de Cha^ban, durant le mois de Chawwal et dans tous les jour de l’année durant sa vie. Il est important qu’il cesse de faire les choses blâmables les choses interdites et qu’il persévère à les éviter, d’avoir la ferme volonté qu’il ne va pas récidiver afin que soient réunies les conditions du repentir.
C’est en effet dans ce mois-là qu’a eu lieu la conquête de Badr, la grande conquête de Badr. C’est durant ce mois également qu’a eu lieu la conquête de La Mecque. Ramadan n’est donc pas un mois de paresse, ce n’est pas un mois pour reporter à plus tard et ne pas faire certains devoirs sous prétexte d’avoir faim et d’être fatigué. Car l’état des compagnons le jour de la conquête de La Mecque et la grande bataille de Badr témoigne du contraire. Leur état était clair et eux c’étaient des hommes, ils étaient des héros. Que pouvons-nous faire aujourd’hui alors que nous vivons une vie de roi par rapport à la vie des compagnons ? Ils étaient la cible des chefs des associateurs qui portaient des coups d’épées dans leurs poitrines jusqu’à ce que la religion de vérité arrive, louange à Allah, jusqu’aux pays de l’Orient et de l’Occident. Celui donc qui a été occupé par ce qui est obligatoire et n’a pas fait le surérogatoire, il est excusé.
Par conséquent, celui qui a su de lui-même qu’il a des prières obligatoires à rattraper, qu’il ne s’occupe pas à réciter des ‘ayah du Qour’an honoré jour et nuit ni à accomplir des prières surérogatoires et à veiller des nuits de Ramadan sans veiller à rattraper les obligations qu’il a manquées auparavant sans excuses, il les a manquées sans excuse. Donc celui qui a voulu s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment se fait l’obéissance avant de s’occuper à réciter le Mous–haf jour et nuit alors qu’il n’a même pas pris par transmission la manière de réciter le Qour’an auprès de gens de science et de la connaissance.
Pour être un musulman qui recherche l’agrément de Allah soubhanahou wa ta^ala il faut qu’ils soient au nombre de ceux qui apprennent la science, qu’il apprenne ce que Allah lui a ordonné d’apprendre. Ensuite qu’il applique et qu’il s’acquitte et s’attache aux obligations d’abord car pour se rapprocher de l’agrément de Allah ta^ala c’est par les obligations avant les surérogatoires. Tout comme Allah ta^ala dit dans le hadith Qoudsiyy qui signifie : « Mon esclave ne se rapproche pas tant de Mon agrément que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui ». Nombreux sont ceux qui commencent par apprendre la récitation en mémorisant le Qour’an honoré alors qu’il croient que Allah s’assoit au-dessus du Trône. En quoi cette mémorisation du Livre leur sera profitable alors que le Livre de Allah ta^ala les maudit. En effet celui qui croit que Allah a une image, celui-là n’a pas connu Allah ta^ala, le jeûne n’est pas valable de sa part, ni ses veillées de nuit, ni sa prière, ni la zakat ni le pèlerinage ni aucune obéissance. Pour que l’état du musulman soit convenable pendant le mois de Ramadan, s’il veut occuper ce temps par l’obéissance, il convient qu’il assiste aux assemblées de science de la religion. Il est nécessaire qu’il accomplisse les devoirs avant de s’occuper des surérogatoires s’il a des prières obligatoires à rattraper qu’il a manquées sans aucune excuse.
Par contre celui qui a accompli les devoirs, qu’il s’efforce de réciter le Qour’an honoré durant le mois d’obéissance, durant le mois dans lequel le Qour’an honoré a été révélé.
C/ QUELQUES LOIS DU JEÛNE
Ainsi, le jeûne du mois de Ramadan béni est une adoration éminente, que Allah a spécifiée de particularités. Parmi ces particularités, il y a ce qui a été rapporté dans le hadithqoudsiyy :
(( قال الله تعالى : كلّ حسنة بعشر أمثالها إلى سبعمائة ضعف إلاّ الصّيام فإنّه لي وأنا أجزي به ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Chaque bonne action en vaut dix et [peut être récompensée] jusqu’à sept cents fois hormis le jeûne, il est certes pour Moi et c’est Moi Qui en accorde la récompense correspondante« .
Le jeûne du mois de Ramadan a été rendu obligatoire la deuxième année de l’Hégire et le Messager de Allah a accompli le jeûne de neuf années après quoi il est décédé.
L’obligation du jeûne de Ramadan est connue d’évidence dans la religion. Par conséquent, celui qui renie son obligation devient mécréant sauf s’il est récemment entré en Islam ou s’il a grandi dans une région éloignée des savants. Quant à celui qui ne fait pas le jeûne pendant Ramadan sans excuse légale, tout en ayant pour croyance que le jeûne est obligatoire pour lui, il ne devient pas mécréant mais il est désobéissant et il lui incombe de rattraper les jours pendant lesquels il n’a pas jeûné.
Le jeûne (as–siyam) dans la langue arabe, c’est l’abstinence et du point de vue de la Loi de l’Islam, c’est s’abstenir des choses qui rompent le jeûne, que ce soit manger, boire ou autre que ces deux choses-là, depuis l’aube jusqu’au coucher, avec une intention faite la veille dans le cœur.
Avant même l’Unanimité, ce qui fonde l’obligation du jeûne de Ramadan, c’est la ‘ayah :
)كُتِبَ عَلَيكُمُ الصِّيَامُ(
ce qui signifie : « Le jeûne vous a été prescrit« , et sa parole :
(( بني الإسلام على خمس شهادة أن لا إله إلاّ الله وأنّ محمّداَ رسول الله وإقام الصّلاة وإيتاء الزّكاة وحجّ البيت وصوم رمضان ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « L’Islam est construit sur cinq [principaux devoirs] : le témoignage qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le messager de Allah, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat, le pèlerinage à la Maison [Sacrée] et le jeûne de Ramadan« .
Il est aussi un devoir de procéder à l’observation du croissant de lune de Ramadan lors de la nuit précédant le trentième jour de Cha^ban. Le jeûne de Ramadan devient obligatoire par l’une des deux choses suivantes :
1- en ayant complété Cha^ban à trente jours ;
2- en ayant vu le croissant de lune de Ramadan, la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, conformément à sa parole :
((صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته فإن غُمَّ عليكم
فأكمِلوا عِدّة شعبان ثلاثين يوماً))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim, les auteurs des Sounan et d’autres qu’eux] ce qui signifie : « Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
Ainsi, celui qui a vu le croissant de lune de Ramadan commence le jeûne et celui qui ne l’a pas vu mais a été informé par un musulman digne de confiance, juste (^adl [1]), libre, non menteur, il lui est aussi un devoir de commencer à jeûner. Ainsi, Abou Dawoud a rapporté de Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit : « J’ai informé le Prophète que j’avais vu le croissant, alors il a commencé le jeûne et a ordonné aux gens de jeûner« . Ibnou Hibban a donné à ce hadith le degré de sahih – sûr –.
Quelqu’un qui a été informé par un enfant, ou par un grand pécheur (faciq), par une femme ou un esclave disant qu’ils ont vu le croissant de lune de Ramadan, il lui est permis de jeûner s’il a confiance en eux. Sinon, il complète le compte de Cha^ban à trente jours. Lorsque le juge (qadi) a confirmé le jeûne, le jeûne est devenu obligatoire pour les habitants du pays où il a été confirmé, ainsi que dans les pays proches du pays où le croissant a été vu et qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher du soleil mais pas dans les pays qui n’ont pas les mmes horaires de lever et de coucher ; ceci selon Ach-Chafi^iyy. Tandis que selon Abou Hanifah, il est un devoir de jeûner pour les habitants de tout pays ayant appris la confirmation du jeûne dans n’importe quel autre pays, quel qu’en soit l’éloignement du pays où a été confirmée l’observation du croissant. Ainsi, selon lui, le jeûne devient obligatoire pour les habitants de l’extrme Occident s’ils ont appris que le jeûne a été confirmé en Orient et de même dans le cas contraire.
Les obligations du jeûne
Les obligations du jeûne sont au nombre de deux : l’intention et l’abstinence des choses qui le rompent.
1 – L’intention : elle a lieu dans le cœur. Il n’est donc pas une condition de la prononcer avec la langue. Il est un devoir de la faire pendant la nuit qui précède le jeûne, c’est-à-dire de la faire intervenir de nuit avant l’aube pour chaque jour de Ramadan, avec le cœur. On fait de même s’il s’agit d’un rattrapage. Ainsi, lorsque le soleil s’est couché et que le jeûneur fait l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan avant de faire ce qui rompt le jeûne, lorsqu’il ne refait pas cette intention après avoir mangé, elle lui est suffisante. Il est aussi un devoir de préciser de quel jeûne il s’agit, comme de préciser qu’il s’agit du jeûne d’un jour de Ramadan, d’un vœu (nadhr) ou d’une expiation même s’il n’en cite pas la cause. De plus, il est un devoir de faire l’intention pour chaque jour. En effet, il ne suffit pas de faire l’intention au début du mois pour tout le mois, selon Ach-Chafi^iyy. Les savants ont dit : « L’intention complète durant le mois de Ramadan est : j’ai l’intention de jeûner le jour qui vient du mois de Ramadan de cette année par acte de foi et par recherche de la récompense de Allah ta^ala« . Certains savants ont dit qu’il suffit de faire l’intention durant la nuit du premier jour de Ramadan pour tous les jours du mois ; on dit alors avec son cœur : « j’ai l’intention de jeûner trente jours du mois de Ramadan de cette année ».
Et il est un devoir pour la femme qui a les menstrues ou les lochies et dont l’écoulement sanguin a cessé la veille du jeûne, de faire l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan, même si elle n’a pas fait le ghousl – la grande ablution –. Le fait de manger, de dormir ou d’avoir des rapports après avoir fait l’intention et avant l’apparition de l’aube n’est pas préjudiciable. Celui qui s’est endormi de nuit sans avoir fait l’intention de jeûner puis ne s’est réveillé qu’après l’aube, il lui est un devoir de s’abstenir des choses qui rompent le jeûne et doit le rattrapage de ce jour de Ramadan. Quant au jeûne surérogatoire, il n’est pas requis concernant l’intention de la faire intervenir de nuit avant l’aube. Ainsi, s’il se réveille après l’aube, n’a rien mangé et rien bu puis fait l’intention de jeûner ce jour-là, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala par cet acte surérogatoire, tout ceci avant que le soleil ne s’écarte du milieu du ciel, son jeûne est valable.
2 – L’abstinence des choses qui rompent le jeûne : il est un devoir de s’abstenir :
a – de manger, de boire ainsi que d’introduire tout ce qui a un volume, même petit, dans la tête, le ventre ou ce qui est semblable, à partir d’un orifice ouvert tel que la bouche ou le nez, même s’il s’agit de petites particules comme la fumée de cigarettes, ou à partir des orifices inférieurs, antérieur ou postérieur, ceci depuis l’aube jusqu’au coucher.
Celui qui mange ou boit par oubli, même en quantité et même durant le jeûne surérogatoire, il n’a pas rompu son jeûne. Ainsi, dans le hadith sûr :
((من نسي وهو صائم فأكل أو شرب فليتمّ صومه فإنّما أطعمه الله وسقاه))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui a oublié en faisant le jeûne et qui a donc mangé ou bu, qu’il poursuive son jeûne, c’est Allah Qui l’a nourri et abreuvé« .
b – il est un devoir de s’abstenir de provoquer le vomissement délibérément, par exemple avec son doigt, même s’il n’en a rien avalé dans son ventre. Et celui qui a vomi sans l’avoir provoqué et n’en avale rien, il n’a pas rompu son jeûne, cependant il se purifie la bouche avant d’avaler sa salive. Le Messager de Allah r a dit :
(( من ذرعه القيء (أي غلبه) وهو صائم فليس عليه قضاء ومن استقاء فليقض ))
[rapporté par Al-Hakim et les quatre] ce qui signifie : « Celui qui a été gagné par le vomissement alors qu’il faisait le jeûne ne doit pas de rattrapage, mais celui qui l’a provoqué doit rattraper« .
c – il est un devoir de s’abstenir d’avoir un rapport et de faire sortir le maniyy – le sperme ou son équivalent féminin – par la masturbation ou le contact : cela annule le jeûne. Quant à l’émission du maniyy à la suite d’un regard, mme d’un regard interdit, ou bien à la suite d’une l’imagination, cette émission ne rompt pas le jeûne.
Etant donné que le temps du jeûne s’étend de l’aube jusqu’au coucher, il est un devoir de connaître les deux limites du jour pour chaque personne responsable de l’accomplissement du jeûne. En effet, ceux qui appellent à la prière de nos jours sont pour la plupart ignorants des temps des prières selon la Loi. Par conséquent, on ne se base pas sur les appels à la prière enregistrés qu’ils diffusent aux environs du temps de l’aube et du coucher.
L’aube est donc la lueur blanche transversale et horizontale qui apparaît à l’horizon est. A son début, il y a une légère rougeur mélangée à sa blancheur. Ensuite, après environ une demi-heure, cette rougeur devient plus prononcée. C’est donc cette lueur blanche qui est l’aube. Il est un devoir de faire l’intention avant l’apparition de cette lueur blanche.
Le coucher, c’est la disparition de la totalité du disque solaire.
Ainsi, celui qui a mangé après l’aube, croyant que l’aube ne s’est pas encore levée, son jeûne n’est pas valable, il doit le rattrapage et doit s’abstenir des choses qui rompent le jeûne le restant de la journée. S’il avait fait son ijtihad, c’est-à-dire s’il avait fait un effort de déduction et avait mangé puis, s’il s’avère que l’aube était déjà apparue, il ne commet pas de péché. C’est le cas par exemple de celui qui se base sur le cri du coq qu’on a expérimenté. De même, s’il a mangé juste avant la disparition de tout le disque solaire lors du coucher, en croyant que le soleil s’est déjà couché, puis qu’il s’est avéré qu’il n’en était pas ainsi, son jeûne n’est pas valable et il doit le rattrapage de ce jour. Quant à celui qui mange sans excuse juste avant le coucher, il commet un péché. Allah ta^ala dit : (ثمّ أتمّوا الصّيام إلى اللّيل) [sourat Al-Baqarah / 187] ce qui signifie : « Et poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit« , le coucher du soleil étant un signe du commencement de la nuit.
De même, il est un devoir pour le musulman de se maintenir en Islam à jamais, pendant Ramadan et en-dehors de Ramadan. Il est donc un devoir d’éviter de tomber dans la mécréance, par ses trois sortes :
1 – La mécréance par la parole : comme celui qui insulte Allah, le Qour’an ou l’Islam.
2 – La mécréance par la croyance : comme le fait de croire que Allah est un corps ou une lumière ou une âme.
3 – La mécréance par les actes : comme le fait de jeter le livre du Qour’an dans les ordures ou la prosternation pour une idole.
En effet, persévérer sur la foi de l’Islam et ne pas le rompre est une condition de validité du jeûne pour celui qui le fait. La mécréance est donc une cause d’invalidation du jeûne. Celui qui tombe dans une de ces sortes de mécréance, commettant ainsi l’apostasie alors qu’il était en train de jeûner, son jeûne est annulé et il doit revenir immédiatement à l’Islam en prononçant les deux témoignages. Il doit d’autre part s’abstenir le restant de la journée des choses qui rompent le jeûne, puis rattraper ce jour immédiatement après Ramadan, aprs le jour de la Fête (al-^id).
Les conditions d’obligation du jeûne
Le jeûne est un devoir pour chaque musulman pubère, sain d’esprit, capable de jeûner. Il n’est pas valable de la part du mécréant d’origine, ni de l’apostat et il n’est pas valable aussi d’une femme ayant les menstrues ou les lochies. Si elles jeûnent alors qu’il y a encore un écoulement du sang, elles commettent un péché et doivent le rattrapage.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour l’enfant. En revanche, il est du devoir de son tuteur de lui ordonner de jeûner s’il a atteint l’âge de sept ans lunaires et de le corriger s’il a plus de dix ans lunaires et qu’il ne l’accomplit pas alors qu’il en est capable ; mais l’enfant ne doit pas le rattrapage s’il manque le jeûne.
De même, le jeûne n’est pas un devoir pour le fou qui n’a donc pas à faire le rattrapage. Ce n’est pas non plus un devoir de l’accomplir pour le malade à qui le jeûne est nuisible, ni pour le voyageur d’un long voyage ; l’un et l’autre doivent cependant le rattrapage.
Si le malade ou le voyageur font le jeûne, il est valable pour eux-deux. Mais s’il leur est nuisible, il leur est interdit.
Le voyageur qui veut ne pas jeûner le premier jour de son voyage doit avoir quitté sa ville avant l’apparition de l’aube.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour le vieillard d’un âge avancé qui a peur d’aggraver son état ou qui craint d’en mourir.
Les choses qui annulent le jeûne
Les choses qui annulent le jeûne sont les suivantes :
Manger, même un grain de sésame ou moins que cela, délibérément et non sous la menace, en en connaissant l’interdiction, et boire, même une goutte d’eau ou une goutte de médicament.
Remarque : la poussière du chemin n’est pas préjudiciable, ni le tamisage de la farine et ce, en raison de la difficulté qu’il y a pour s’en préserver. Il n’est pas préjudiciable non plus de goûter la nourriture sans rien en avaler.
Celui qui a exagéré dans le rinçage de la bouche ou du nez si bien que de l’eau a pénétré dans son corps, celui-là a rompu le jeûne. S’il a fait sortir sa salive de sa bouche même si c’est jusqu’à l’extérieur de ses lèvres, puis l’y a réintroduite et l’a avalée, il a rompu le jeûne. Mais tant que la salive reste en contact avec sa langue, il ne rompt pas le jeûne s’il l’avale. S’il rassemble de la salive dans sa bouche et l’avale sans qu’elle soit changée, cela n’est pas préjudiciable. Quant au fait d’avaler les sécrétions du nez, de la gorge ou des poumons ou autres, il y a un détail :
Si ces sécrétions ont été avalées à partir de l’intérieur de la bouche, cela rompt le jeûne.
Si c’était à partir de ce qui est en-dessous du lieu de sortie du ha‘ (ح), cela ne rompt pas le jeûne.
Toutefois, avaler ces sécrétions ne rompt pas le jeûne selon l’école de l’imam Abou Hanifah, même si on les avale après qu’elles soient parvenues jusqu’à la langue.
Cependant, si le jeûneur avale sa salive altérée par la fumée de la cigarette qu’il aurait fumée avant l’aube ou par autre chose qu’il aurait consommée avant l’aube, il rompt son jeûne.
S’il a été gagné par le vomissement, puis une fois qu’il a cessé, s’il avale sa salive altérée avant de laver sa bouche, son jeûne est annulé car cette salive est souillée par le vomi qui est parvenu jusqu’à sa bouche.
Quant à la fumée qui parvient dans le corps du jeûneur, provenant d’un fumeur de cigarette installé à côté de lui dans la voiture par exemple, cette fumée n’annule pas le jeûne. Il en est de même pour la fumée de l’encens et pour la respiration du parfum, cela n’annule pas le jeûne. Ce n’est toutefois pas le cas de celui qui fume lui-même une cigarette car il s’en détache des petites particules qui parviennent jusqu’à l’intérieur du corps du jeûneur qui les avale.
Le lavement par les orifices inférieurs, antérieur et postérieur annule le jeûne. De même, la goutte dans le nez et dans l’oreille annulent le jeûne si le médicament parvient jusqu’à l’intérieur du corps. Selon un avis, la goutte dans l’oreille n’annule pas le jeûne.
Quant à la goutte dans l’œil, elle ne l’annule pas de même que l’injection à travers la peau et les vaisseaux.
Le jeûne n’est pas rompu pour celui qui s’est évanoui durant le jour de Ramadan et s’est réveillé sans que son évanouissement ait duré toute la journée. Tandis que si l’évanouissement a duré toute la journée, de l’aube jusqu’au coucher, son jeûne n’est pas valable. Toutefois, si le jeûneur est atteint de folie, ne serait ce qu’un instant, le jeûne est rompu.
De même, si les menstrues ou les lochies surviennent à la femme, même juste avant le coucher du soleil, son jeûne est rompu.
Quant au jeûneur qui dort, s’il lui sort du maniyy dans le rêve, son jeûne n’est pas rompu, contrairement à la sortie du maniyy par masturbation ou par contact, de façon délibérée et sans que cela ait lieu par oubli.
Celui qui a un rapport sexuel durant un jour de Ramadan délibérément, en se rappelant le jeûne et de son propre choix, même si à la suite de cela il ne sort pas de maniyy, son jeûne est annulé. Quant à celui qui fait le rapport par oubli, il n’annule pas son jeûne et ne doit pas de rattrapage.
D’autre part, celui qui s’est réveillé jounoub d’un rapport ou autre, il fait le jeûne de ce jour et fait le ghousl – la grande ablution – pour la prière. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit :
((كان رسول الله يدركه الفجر وهو جنب من أهله ثم يغتسل ويصوم))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Le Messager de Allah était atteint par l’aube alors qu’il était jounoub de sa femme puis il faisait le ghousl et il faisait le jeûne« .
Parmi les choses encore qui rompent le jeûne, il y a se retrouver dans la mécréance. La prononciation délibérée signifie qu’elle n’est pas prononcée par lapsus, qu’elle ait été dite en plaisantant ou en étant en colère, de plein gré c’est-à-dire pas sous la menace de mort ou ce qui est du même ordre, que ce soit en se rappelant le jeûne ou non. En effet, aucun acte d’adoration n’est valable de la part d’un mécréant.
Quant au fait d’embrasser l’épouse avec désir, il est interdit s’il craint l’émission de maniyy et il est dit que c’est déconseillé. Toutefois, il n’annule pas le jeûne lorsqu’il n’entraîne pas la sortie du maniyy. Mais, la parole qui signifie (cinq choses annulent le jeûne : le regard interdit, le mensonge, la médisance, rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde et le baiser), cette parole n’a aucun fondement et a été attribuée mensongèrement au Prophète. Certaines de ces choses annulent cependant la récompense du jeûne, comme le fait de rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde.
Ce qui est un devoir pour celui qui n’observe pas le jeûne délibérément durant Ramadan
Ne pas accomplir le jeûne délibérément durant Ramadan rend obligatoires les choses suivantes :
1- dans certains cas le rattrapage seul ;
2- dans d’autres le rattrapage assorti d’une compensation (fidyah) ;
3- dans d’autres la compensation seule à la place du rattrapage ;
4- dans d’autres, le rattrapage et le versement d’une expiation (kaffarah).
1 – Ceux qui annulent leur jeûne et qui doivent le rattrapage seul sont les suivants :
a- celui qui n’a pas jeûné à cause d’une maladie dont on espère la guérison ;
b- celui qui a effectué un long voyage durant lequel il n’a pas jeûné ;
c- la femme qui a eu les menstrues ou les lochies ;
d- celui qui a délaissé le jeûne délibérément durant Ramadan sans excuse ou qui était en train de jeûner puis a annulé son jeûne par autre chose que le rapport sexuel ;
e- la femme enceinte et celle qui allaite, si elles ont peur pour elles-mêmes ;
Tous ceux-là doivent seulement le rattrapage jour pour jour.
2 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent le rattrapage assorti d’une compensation, ce sont :
La femme enceinte et celle qui allaite si elles ont peur pour leur enfant et n’ont pas jeûné, elles doivent le rattrapage et la compensation pour chaque jour d’un moudd – le plein de deux mains jointes pour des mains de taille moyenne – de l’aliment de base le plus courant du pays. Dans l’école de jurisprudence hanafiyy, il s’agit là de donner à un pauvre ou à un miséreux une quantité suffisante pour ses repas du midi et du soir ou la valeur correspondant à cela.
Celui à qui il incombait un rattrapage de Ramadan et qui en a retardé le jeûne jusqu’au Ramadan suivant, il doit en plus du rattrapage donner une compensation, pour chaque jour, un moudd.
3 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent la compensation seule, ce sont :
a – le vieillard d’un âge avancé qui ne supporte pas le jeûne ou pour qui le jeûne présente une difficulté insupportable, celui-là ne jeûne pas et donne une compensation – un moudd – jour pour jour ;
b – le malade dont on n’espère pas la guérison : il n’a pas à jeûner ni à rattraper. Il ne doit que la compensation seule qui est la valeur correspondant à ce qui suffit pour manger le midi et le soir selon Abou Hanifah, et selon Ach-Chafi^iyy c’est un moudd de blé ou autre selon l’aliment de base le plus courant du pays.
4 – Quant à celui qui n’observe pas le jeûne et doit à la fois le rattrapage et l’expiation, c’est celui qui a rompu son jeûne par un rapport sexuel durant une journée de Ramadan délibérément, de son plein gré, en se rappelant le jeûne, même s’il n’est pas sorti du maniyy à la suite de cela. Il doit rattraper cette journée qu’il a annulée tout comme il doit l’expiation.
L’expiation consiste en ce qui suit, selon l’ordre suivant :
a- l’affranchissement d’un esclave croyant. Si la personne n’a pas la capacité de le faire, ce sera :
b- le jeûne de deux mois lunaires consécutifs, en-dehors du jour de rattrapage. Si donc la personne ne jeûne pas pendant un jour ou annule le jeûne de l’un d’eux, même à cause d’une maladie, elle reprend depuis le début. Si la personne est incapable de jeûner, ce sera :
c- nourrir soixante pauvres, en donnant à chaque personne un moudd de l’aliment de base prédominant du pays. Selon Abou Hanifah, il faut donner à chaque pauvre la valeur correspondant à un repas du midi et un repas du soir.
Si la personne est incapable de tout cela, l’expiation reste à sa charge et il ne lui incombe rien d’autre qui le remplace.
Ce qui est recommandé lors du jeûne
Il est recommandé de faire certaines choses lors du jeûne :
a – s’empresser à rompre le jeûne, une fois qu’on s’est assuré du coucher du soleil, en raison de sa parole : (( لا يزال النّاس بخير ما عجّلوا الفطر )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les gens vont bien tant qu’ils s’empressent de rompre le jeûne« .
Il est aussi recommandé de rompre le jeûne avec des dattes. Si on n’en trouve pas, que l’on rompe avec de l’eau et ceci, avant d’accomplir la prière de al-maghrib, conformément à sa parole :
(( إذا أفطر أحدكم فليفطر على تمر فإن لم يجد فليفطر على ماء فإنّه طهور ))
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Lorsque l’un de vous rompt le jeûne, qu’il le rompe avec des dattes, s’il n’en trouve pas, qu’il le rompe avec de l’eau, elle est certes purificatrice« .
Et on dit : (( اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت ))) (Allahoumma laka soumt, wa ^ala rizqika ‘aftart) [rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est pour Toi que j’ai jeûné et c’est avec Ta subsistance que je rompts le jeûne« .
Il est indispensable avant de rompre le jeûne, de s’être assuré du coucher du soleil et il ne suffit pas de se fier simplement à l’appel à la prière de la radio. Il arrive parfois qu’il ait lieu certaine précipitation à diffuser l’appel avant son temps, comme cela a déja eu lieu dans le passé dans certains pays.
b – Retarder le sahour – le dernier repas – jusqu’à la fin de la nuit, avant l’aube, même s’il se limite à une gorgée d’eau. D’après ‘Anas qui a dit : le Messager de Allah a dit : (( تسحّروا فإنّ في السّحور بركة )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Prenez le sahour, certes, il y a dans le sahour une bénédiction« .
c – De même, il est encore plus important pour le jeûneur de préserver sa langue du mensonge, de la médisance, des paroles vulgaires et autres encore parmi les choses interdites.
Sachez, mes frères qu’il est plus facile de faire preuve de patience pour persévérer dans l’obéissance à Allah soubhanahou wa ta^ala que d’avoir à endurer Son châtiment.
Alors, empêche ton ventre de consommer ce qui est interdit pendant la période où tu ne jeûnes pas c’est-à-dire la nuit, empêche ta vue du regard illicite et empêche-toi de dire les paroles laides, illicites comme le mensonge et la médisance, qui consiste à mentionner ton frère en Islam par ce qui lui déplaît, sans raison légale en citant des choses qui sont vraies à son sujet, et cela en son absence. Aussi, abstiens-toi de faire ce qui est indécent, cesse les querelles, la sécheresse dans tes comportements et les disputes.
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de la parole de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Messager de Allah a dit :
(( إنّما الصّوم جنّةٌ (أي وقايةٌ) فإذا كان أحدكم صائما فلا يرفث
ولا يجهل وإن امرؤ قاتله أو شاتمه فليقل : إنّي صائم إنّي صائم ))
ce qui signifie : « Certes, le jeûne est une protection. Si l’un de vous était en train de jeûner, qu’il n’ait pas de rapport sexuel et qu’il ne fasse pas preuve d’indécence et si quelqu’un le provoque ou l’insulte, qu’il dise : Certes, je suis en train de jeûner. Certes, je suis en train de jeûner« .
De la même façon, il est encore plus important pendant Ramadan de s’empêcher d’écouter tout ce qu’il est interdit d’écouter, et d’empêcher le reste des organes, comme la main et le pied de commettre les péchés et les interdits.
De même, il est recommandé de faire preuve de beaucoup de générosité, d’entretenir les liens de proche parenté, de réciter beaucoup le Qour’an et de faire retraite dans la mosquée (al-i^tikaf) et plus particulièrement pendant les dix derniers jours. Ainsi, Mouslim a rapporté d’après Ibnou ^Oumar, que le Prophète faisait retraite dans la mosquée pendant les dix derniers jours de Ramadan.
Il est aussi recommandé de donner de quoi rompre le jeûne aux jeûneurs. Le Messager de Allah a dit :
((من فطّر صائماً كان له مثل أجره غير أنّه لا ينقص من أجر الصّائم شىء))
[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit que le hadith est fiable et sûr] ce qui signifie : « Celui qui donne à rompre le jeûne à un jeûneur, aura une récompense semblable à la sienne sans que la récompense du jeûneur ne soit en rien diminuée« .
Il est enfin recommandé de dire, si on était insulté : je suis en train de jeûner, je suis en train de jeûner (‘inni sa‘im, ‘inni sa‘im).
Avertissement :
Celui qui meurt et à qui incombe des rattrapages de Ramadan, son tuteur – la personne la plus proche de lui – jeûne pour lui. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, il a été rapporté que le Messager de Allah a dit : ((من مات وعليه صيام صام عنه وليّه)) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui meurt et devait rattraper des jours, son tuteur [son plus proche parent] jeûne pour lui« .
Les jours pendant lesquels il est interdit de jeûner
1 – Le jour de la Fête de la fin du jeûne (^idou l-fitr) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
2 – Le jour de la Fête du sacrifice (^idou l-‘ad–ha) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
Mouslim a rapporté de ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qu’elle a dit : « Le Messager de Allah a interdit deux jeûnes : celui du jour de al-fitr – la Fête de la fin du jeûne – et celui du jour de al-‘ad–ha – la Fête du sacrifice – ».
3 – Les trois jours de at-tachriq, et ce sont les trois jours qui suivent le jour de la Fête du sacrifice. Le Messager de Allah a dit :
(( أيّام التّشريق أيّام أكل وشرب ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les jours de at-tachriq sont des jours où on mange et o on boit« .
4 – Le jour du doute, c’est le trentième jour de Cha^ban dans le cas où certaines personnes ont dit avoir vu le croissant de lune de Ramadan, par exemple des personnes comptant parmi les grands pécheurs (faciq), des femmes, des enfants ou autres de ceux dont la parole ne confirme pas le début du jeûne. Le Prophète a interdit de jeûner ce jour par sa parole :
((لا تقدّموا رمضان بيوم أو يومين صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته
فإن غمّ عليكم فأكملوا عدة شعبان ثلاثين يوماً ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « N’anticipez pas Ramadan d’un ou deux jours. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
5 – La deuxième moitié de Cha^ban. Il n’est donc pas permis de la jeûner sauf si son jeûne est relié avec un jeûne qui le précède, ou si on jeûne par rattrapage, par vœu (nadhr), par expiation (kaffarah) ou par wird – comme celui qui jeûne le lundi et le jeudi de chaque semaine toute l’année –.
Il est recommandé de jeûner six jours de Chawwal. Il est d’autre part recommandé de les accomplir en continu à la suite de la Fête, après la Fête. Si on les accomplit séparément, la sounnah est quand mme réalisée. D’après Abou ‘Ayyoub Al-‘Ansariyy, le Messager de Allah a dit :
(( من صام رمضان ثمّ أتبعه ستّاً من شوّال كان كصيام الدّهر ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui jeûne Ramadan et le fait suivre par [le jeûne de] six jours de Chawwal est comme celui qui jeûne toute une vie« .
Il est interdit d’interrompre le jeûne d’une obligation pour celui qui s’y engage que ce soit en l’accomplissant dans son temps, en rattrapage ou par vœu. Mais lorsque c’est un jeûne surérogatoire, il lui est permis de l’interrompre.
La Zakat de la fin du jeûne (Zakatou l-fitr)
C’est une zakat sur le corps et non sur le bien. Elle est un devoir pour chaque musulman s’il dispose de son montant en plus de sa propre charge et de la charge de ceux qu’il nourrit le jour de la Fête et la nuit qui le suit. Son montant est de un sa^ de l’aliment de base le plus courant du pays.
Le sa^ du Prophète est l’équivalent de quatre moudd pour des mains de taille moyenne.
Elle est donnée à un miséreux dans le besoin et qui a droit à la zakat. Il est du devoir de l’homme de donner la zakat de la fin du jeûne (fitrah) de son épouse musulmane et de ses enfants qui ne sont pas pubères et de tout proche qui est à sa charge, c’est-à-dire ceux dont la charge est un devoir pour lui, par exemple les pères et mères. Il n’est pas un devoir de payer la zakat de la fin du jeûne de quelqu’un qui est mécréant. D’autre part, il n’est pas valable de donner la zakat de la fin du jeûne de l’enfant pubère sauf avec son autorisation. Que l’on fasse donc attention à cela car beaucoup de gens ne prennent pas ce jugement en considération et donnent la zakat de l’enfant pubère sans son autorisation.
Lors de l’acquittement de la zakat de la fin du jeûne, il est indispensable de faire l’intention lors du retrait de la part à verser. Le retrait, c’est mettre de côté la part qui va être donnée en zakat, par exemple en disant dans son cœur : ceci est la zakat de mon corps. Ceci est conforme à la parole du Messager :
(( إنّما الأعمال بالنّيّات ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Certes, les [bons] actes ne valent que par l’intention« .
La zakat de la fin du jeûne devient un devoir avec le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan, sur celui qui a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. En conséquence, il est un devoir pour le tuteur de la payer sur le nouveau-né qui est né le dernier jour de Ramadan. C’est un devoir de la payer avant le coucher du soleil du jour de la Fête et il est interdit de la reculer plus tard que cela sans excuse. Il est permis de la donner à partir du début de Ramadan. Ce qui est préférable, c’est de la donner avant la prière de la Fête, pendant la matinée du jour de la Fête.
D/ EVENEMENTS IMPORTANTS
1- La grande bataille de Badr
La deuxième année après l’Hégire – l’Emigration – eurent lieu les batailles de Al-‘Abwa‘, de Bouwat, de Dhatou l-^Achir et la grande bataille de Badr qui se produisit le vendredi dix-sept du mois de Ramadan, et à ce propos, il a été rapporté ce qui suit :
Un groupe d’associateurs revenant de Ach-Cham retournait parmi le peuple de Qouraych. Parmi eux il y avait Abou Soufyan Ibnou Harb accompagné de trente hommes. Le Messager de Allah mobilisa donc les gens et conseilla l’attaque. Mais Abou Soufyan en eut vent, alors il envoya prévenir Qouraych à La Mecque que le Prophète voulait l’attaquer. Ainsi, les gens sortirent rapidement de La Mecque, ils étaient neuf cent cinquante hommes, avec cent chevaux et notre maître Mouhammad sortit de Médine avec trois cent treize hommes, dont soixante-dix-sept mouhajiroun – compagnons qui avaient participé à l’Hégire – et le reste étaient des ‘Ansar. Ils n’avaient avec eux que deux cavaliers et soixante-dix chameaux qu’ils montaient à tour de rôle.
Le Messager de Allah s’arrêta en un lieu nommé Madiqou s–Safra‘ – la gorge jaune –, et on l’informa que la caravane approchait de Badr et que les associateurs étaient sortis pour la défendre.
Puis le Messager de Allah reprit sa route s’arrêta à Badr, au point d’eau le plus proche de l’ennemi. Sa^d Ibnou Mou^adh proposa de fabriquer un palanquin pour le Messager de Allah ; on le lui fabriqua donc et le Messager de Allah s’y installa ainsi que Abou Bakr.
Puis arrivèrent les Qouraychites et lorsque le Messager de Allah les aperçut, il dit, ce qui signifie : « Ô Allah, voilà le peuple de Qouraych qui arrive avec son arrogance et sa fierté, démentissant Ton Prophète, ô Allah donne-moi la victoire que Tu m’as promise« .
Ils s’approchèrent et les associateurs firent sortir de leur rang pour le duel ^Outbah Ibnou Rabi^ah et Chaybah Ibnou Rabi^ah, ainsi que Al-Walid Ibnou ^Outbah. Alors le Prophète ordonna à ^Oubaydah Ibnou l-Harith Ibni l-Mouttalib d’affronter ^Outbah, à Hamzah l’oncle paternel du Prophète de combattre Chaybah et à ^Aliyy Ibnou Abi Talib de combattre Al-Walid Ibnou ^Outbah.
Alors Hamzah tua Chaybah et ^Aliyy tua Al-Walid, quant à ^Oubaydah et ^Outbah ils se blessèrent mutuellement, alors ^Aliyy et Hamzah se précipitèrent sur ^Outbah, le tuèrent et transportèrent ^Oubaydah qui eut la jambe sectionnée et mourut par la suite. Et le peuple s’avança pour combattre alors que le Messager de Allah était avec Abou Bakr sur le palanquin et disait, ce qui signifie : « Ô Allah, si ce groupe d’hommes est anéanti, Tu ne seras pas adoré sur terre, ô Allah exauce ce que Tu m’as promis« , et il ne cessa de répéter cela, jusqu’à ce que sa cape tombe, alors Abou Bakr la remit sur lui, et le Messager de Allah frissonna un instant puis se reprit et dit, ce qui signifie : « Bonne nouvelle ô Abou Bakr la victoire de Allah nous est accordée« .
Puis le Messager de Allah se leva sur le palanquin et encouragea les gens à combattre, il prit une poignée de cailloux, les jeta en direction de Qouraych et dit, ce qui signifie : « Les visages sont humiliés« , puis il dit à ses compagnons, ce qui signifie : « Redoublez d’adversité envers eux ! » et ce fut alors leur défaite.
La bataille débuta le vendredi matin succédant à dix-sept nuits de Ramadan et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud tua Abou Jahl Ibnou Hicham Ibni l-Moughirah. Chez les musulmans, il y eut quatorze martyrs, six Emigrants et huit Partisans. Le nombre des associateurs morts à Badr fut de soixante-dix et ils eurent autant de prisonniers.
2 – La conquête de Makkah
Lorsque Banou Bakr et Qouraych rompirent le pacte existant entre eux et le Prophète lors de la Houdaybiyah, ^Amr Ibnou Salam Al-Khouza^iyy sortit et se rendit auprès du Messager de Allah pour le supplier de maintenir l’ancienne alliance qu’il y avait entre ^Abdou l-Mouttalib et Khouza^ah. Puis Abou Soufyan sortit pour se rendre auprès du Prophète et il vint auprès de sa fille ‘Oummou Habibah qui était l’épouse du Prophète. Lorsqu’il voulut s’asseoir sur la couche du Messager de Allah, elle la plia. Il lui dit alors : « Est-ce que tu le préfères à moi, ou tu me préfères à lui ? ». Elle lui dit : « C’est le lit du Messager de Allah, et toi tu es un associateur, je n’aimerais pas que tu t’assois dessus ». C’est alors qu’il lui avait dit : « Il y a un certain mal qui t’as atteinte lorsque tu m’as quitté ». Puis il est sorti et vint trouver le Prophète. Il lui parla mais le Prophète ne lui répondit pas.
Il repartit et s’en alla trouver Abou Bakr, ^Oumar et ^Aliyy qui lui dirent : « Par Allah le Messager de Allah s’est résolu à faire quelque chose et nous, nous ne pouvons lui en parler ».
Ensuite le Messager a fait ses préparatifs et a ordonné aux gens de se préparer pour La Mecque. Il sortit après dix nuits passées de Ramadan et fit la conquête de La Mecque dix nuits avant la fin de ce mois.
Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib l’avait rencontré à As-Souqya et d’autres ont dit à Dhou l-Houlayfah alors qu’il effectuait son émigration. Le Messager de Allah lui ordonna d’envoyer ses bagages à Médine et de revenir avec lui. Il lui dit ce qui signifie : « Tu es le dernier des émigrants et je suis le dernier des prophètes« .
Le Messager de Allah parvint à Marrou dh–Dhahran avec dix mille cavaliers. Lorsqu’il y fit une halte, Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib a dit : « Malheur à Qouraych, par Allah si le Messager de Allah les surprend chez eux et qu’il entre malgré eux, ce sera certes là la fin de Qouraych jusqu’à la fin des temps ».
Il monta sur la mule du Prophète et lorsque le Messager de Allah pénétra à La Mecque, il dit ce qui signifie : « Celui qui entre chez lui aura la garantie de sécurité, celui qui rentre dans Al-Ka^bah aura la garantie de sécurité, et celui qui rentre dans la maison de Abou Soufyan aura la garantie de sécurité« .
Le Messager de Allah conquit La Mecque sans combat et les musulmans revinrent parmi les leurs et leurs résidences avec la garantie de paix, auprès de Baytou l-Lah (Al-Ka^bah).
3 – La nuit de al-qadr
Allah ta^ala dit :
()
[sourat Al-Qadr] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr * et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr * la nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois * les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec [la destinée pour] toute chose * elle est une paix, elle dure jusqu’à la levée de l’aube« .
Cette sourat éminente montre que la nuit de Al-Qadr a une importance éminente. C’était au cours de cette nuit que Allah tabaraka wa ta^ala a fait descendre le Qour’an, c’est-à-dire qu’Il a ordonné à Jibril qui a pris le Qour’an de la Table Préservée et est descendu avec jusqu’à un endroit du ciel du bas-monde, appelé Baytou l-^Izzah en une seule fois. Ainsi, d’après Wathilah Ibnou l-‘Asqa^, le Prophète a dit ce qui signifie : « At-Tawrah fut descendue après que six nuits de Ramadan se sont écoulées, Al-‘Injil fut descendu après que treize nuits de Ramadan se sont écoulées et le Qour’an fut descendu après que vingt-quatre nuits de Ramadan se sont écoulées« .
Ainsi, à partir de la signification de la ‘ayah « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr« , et de ce hadith – tradition prophétique –, on a su que le Qour’an fut descendu la nuit du vingt-quatrième jour de Ramadan et cette nuit était la nuit de Al-Qadr. Ainsi, il n’est pas certain qu’elle soit la nuit du vingt-septième jour ou la nuit du vingt-neuvième jour, toutefois la plupart du temps, c’est le cas.
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Appliquez-vous à la rechercher dans les dix dernières nuits« , c’est-à-dire que la plupart du temps, elle a lieu dans les dix dernières nuits et cela ne veut pas dire qu’elle ne peut avoir lieu que parmi ces nuits-là. En effet, elle peut coïncider avec la première nuit, la deuxième ou autre. La sagesse dans le fait qu’elle ne soit pas connue avec certitude, c’est que les esclaves de Allah oeuvrent dans l’accomplissement des actes d’adoration durant toutes les nuits de Ramadan dans l’espoir de la voir.
Ensuite, à partir de Baytou l-^Izzah, Jibril a commencé à descendre avec la révélation vers le Prophète en parties séparées, selon les causes et les évènements. La première partie du Qour’an qui a été descendue l’a été le lendemain de cette nuit. Il a été descendu cinq ‘ayah de sourat Al-^Alaq. La révélation du Qour’an n’a pas eu lieu conformément à l’ordre qui existe maintenant. Seulement, après qu’il fût totalement descendu au Prophète, c’est-à-dire après environ vingt-trois ans de révélation, celui-ci a enseigné à ses compagnons que la récitation du Qour’an se fait selon cet ordre qui n’était donc pas le fruit d’un effort de réflexion de leur part.
Et Allah a glorifié la nuit de Al-Qadr. Il dit ainsi ce qui signifie : « Et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr« , c’est-à-dire que cette nuit a une importance éminente et Il montre qu’elle est meilleure que mille mois. Il dit ainsi ce qui signifie : « La nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois« , c’est-à-dire que les bonnes œuvres durant cette nuit ont une valeur selon le jugement de Allah ta^ala supérieure à celle des œuvres faites en mille mois.
Celui qui a eu l’occasion de voir un des signes de la nuit de Al-Qadr, à l’état d’éveil, la vision de cette nuit lui a été réalisée. Parmi ses signes, il y a la vision d’une lumière que Allah ta^ala crée et qui est différente de la lumière du soleil, de la lune ou de l’électricité ; il y a la vision des arbres en prosternation, la levée du soleil doux le lendemain matin. Il y a également entendre la voix des anges, de leur serrer la main ou de les voir sous leur véritable apparence, avec deux, trois, quatre ailes ou davantage. Ainsi, Jibril ^alayhi s-salam a six cents ailes.
La voir dans le sommeil, indique un bien pour celui qui la voit mais ce bien est inférieur au fait de la voir à l’état d’éveil.
Celui qui ne l’a pas vue, ni dans le sommeil et ni en éveil, mais qui s’est appliqué à faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) et des actes d’obéissance, et que cela a coïncidé avec cette nuit, obtiendra grâce à l’éminence de sa bénédiction, le mérite de la récompense de l’adoration durant cette nuit. Le Messager de Allah a dit [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui fait de nuit des actes d’adoration la nuit de Al-Qadr, par acte de foi et par recherche des récompenses de Allah, il lui sera pardonné ce qu’il a précédemment fait comme péchés« .
Faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) durant la nuit de Al-Qadr consiste à y accomplir des prières, que le nombre de rak^ah soit faible ou élevé ; toutefois, prolonger la prière par la récitation du Qour’an est meilleur que faire beaucoup de prosternations avec une récitation courte. Et celui à qui Allah permet de faire des invocations à l’instant où il la voit, ceci est un signe que son invocation est exaucée. Combien de personnes ont eu la joie de voir leurs demandes à Allah durant cette nuit exaucées.
Allah dit ce qui signifie : « les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec la destinée pour toute chose« . On rapporte que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Quand vient la nuit de Al-Qadr, Jibril descend avec un groupe d’anges pour saluer chaque esclave de Allah faisant la prière ou du dhikr pour Allah et pour invoquer Allah en sa faveur et ce, depuis le coucher du soleil et jusqu’à la levée de l’aube« . Les anges descendent ainsi avec tout ce que Allah prédestine aux gens pour cette année-là, que ce soit leurs subsistances ou leurs termes et ce, jusqu’à l’année suivante. Et il n’en est pas comme cela s’est répandu chez de nombreuses personnes que la nuit de la mi-Cha^ban serait la nuit durant laquelle sont partagées les subsistances et seront connus et précisés qui va mourir et qui va naître ainsi que d’autres détails de ce qui est des événements arrivant aux humains, durant cette période. C’est certes la nuit de Al-Qadr dont il s’agit comme l’a dit l’Exégète du Qour’an Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée, puisqu’il a dit à propos de Sa parole ta^ala [sourat Ad-Doukhan] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans une nuit bénie. Nous vous avertissons. Dans cette nuit, toute destinée existera par la sagesse de Allah » : « Il s’agit de la nuit de Al- Al-Qadr« . C’est durant cette nuit que le Qour’an a été descendu et c’est durant cette nuit que toute destinée sera connue par les anges, c’est-à-dire toute chose destinée, c’est-à-dire durant cette nuit, les choses qui vont arriver dans ce monde seront imparties, que ce soit mort, santé, maladie, richesse, pauvreté ou autre que cela parmi les diverses choses qui adviennent aux humains, depuis cette nuit jusqu’à la même nuit de l’année suivante.
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Elle est une paix qui dure jusqu’à la levée de l’aube« . Ainsi, la nuit de Al-Qadr est une paix et un bonheur pour les waliyy de Allah – les saints – et les gens de Son obéissance, les croyants. Le diable ne peut pas faire de mal ni de nuisance durant cette nuit. Cette paix dure jusqu’à la levée de l’aube. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit : « J’ai dit, Ô Messager de, si je vois la nuit de Al-Qadr, qu’est-ce que je dis ? Il a dit : (Allahoumma ‘innaka ^afouwwoun touhibbou l-^afwa fa ^fou ^anni) ce qui signifie : « Dis : Mon Dieu, Tu es Celui Qui pardonne, Tu aimes le pardon alors pardonne-moi« .
L’invocation que le Prophète disait le plus souvent, durant Ramadan comme en-dehors était la suivante : (Rabbana ‘atina fi d-dounya haçanah wa fi l-‘akhirati haçanah wa qina ^adhaba n-nar) ce qui signifie : « Notre Seigneur, accorde nous du bien dans le bas monde et du bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer« .
E/ CONCLUSION
Persévérez à lire dans le Qour’an et ne le délaissez pas. De nos jours, lorsqu’on récite le Qour’an dans le voisinage, les gens pensent qu’il y a quelqu’un qui est mort, comme si la récitation du Qour’an n’avait lieu que pour ceux qui sont dans les tombes, pour se préparer à les accompagner au cimetière et lorsqu’on est durant les préparatifs funéraires.
Persévérez à accomplir les obligations dans leur totalité. Et après les obligations, attachez-vous à accomplir les sounan, les rawatib, et assistez aux assemblées de science de la religion qui sont organisées dans les mosquées.
Ce seront autant de provisions pour toi avant que tu ne te déplaces pour aller dans ta tombe. Accomplir les obligations fait davantage rapprocher de l’agrément de Allah qu’accomplir les surérogatoires. Attachez vous donc à accorder la priorité à l’obligatoire aux dépens du surérogatoire pour agir conformément à la règle légale : celui qui est occupé par l’obligatoire aux dépens du surérogatoire, il est excusé, et celui qui est occupé par le surérogatoire aux dépens de l’obligatoire, il est prétentieux. Occupez votre temps par l’obéissance à Allah, vous ainsi que vos enfants et les gens de votre famille. L’état du musulman pendant le mois de Ramadan, c’est une pureté du cœur, une pureté des organes de toute souillure.
D’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, le Messager de Allah a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens au paradis. Il a répondu ce qui signifie : « Faire preuve de piété à l’égard de Allah et l’excellence de comportement« . Et il a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens en enfer. Il a dit ce qui signifie : « La langue et le sexe » [rapporté par Ibnou Majah et At-Tirmidhiyy].
Faites preuve de piété à l’égard de Allah, faites preuve d’excellence de comportement et préservez vos langues, vos oreilles, vos yeux, vos cœurs, vos ventres, vos mains, vos pieds, vos sexes et vos corps de l’interdit. Sachez que les organes ont des péchés ; apprenez-les pour les préserver des crimes. Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Certes, l’ouïe, la vue et le cœur, de tout cela il est responsable« .
Profitez des occasions avant que ne vous surprenne la mort et que vous ne quittiez le bas monde sans provision. Occupez vos temps par les plus précieux des actes avant le départ et avant la fin de l’âge et l’arrivée du terme. La voie pour la protection du feu de l’enfer est connue par chaque croyant intelligent et pieux; Soyez ô esclaves de Allah parmi ceux qui sont victorieux pour l’acquisition du bien et allez aux assemblées de science, les assemblées où l’on évoque Allah, les assemblées du licite et de l’illicite et de l’apprentissage de la croyance, du tawhid et de l’apprentissage des Lois de droiture.
F/ APPENDICE
Il a été rapporté de Ibnou ^Oumar qu’il a dit : Lorsqu’il voyait le croissant de lune, le Messager de Allah disait :
(( اللَّهُ أكبر اللّهمّ أهلّه علينا بالأمن والإيمان والسّلامة والإسلام والتّوفيق لما يحبّ ربّنا ويرضى ، ربّنا وربّك اللَّهُ ))
(Allahou ‘akbar, Allahoumma ‘ahil-lahou ^alayna bi l-‘amni wa l-‘imani wa s-salamati wa l-‘Islam, wa t-tawfiqi lima youhibbou Rabbouna wa yarda, Rabbouna wa Rabbouka l-Lah)
[rapporté par Ad-Darimiyy] ce qui signifie : « Allah mérite plus de vénération que tout autre, ô Allah, fais que le croissant de ce mois soit pour nous celui d’un mois de sécurité, de foi, de salut, d’Islam et de succès pour accomplir ce que notre Seigneur aime et agrée. Notre Seigneur et ton Seigneur, c’est Allah« .
Il a été rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Moulaykah qu’il a dit : J’ai entendu ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As dire : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
(( إنّ للصّائم عند فطره دعوة : اللّهمّ إنّي أسألك برحمتك الّتي وسعت كلّ شىء أن تغفر لي ذنوبي ))
(‘Inna li s–sa‘imi ^inda fitrihi da^wah : Allahoumma ‘inni ‘as’alouka bi rahmatika l-lati waci^at koulla chay’in ‘an taghfira li dhounoubi)
[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak] ce qui signifie : « Lors de la rupture de son jeûne, le jeûneur a une invocation : Ô Allah, je Te demande par Ta miséricorde qui s’étend sur toute chose de me pardonner mes péchés« .
D’après ‘Anas, que Allah l’agrée, le Prophète se rendit chez Sa^d Ibnou ^Oubadah, que Allah l’agrée, qui lui présenta du pain et de l’huile. Le Prophète en mangea puis il dit :
((أفطر عندكم الصّائمون وأكل طعامكم الأبرارُ وصلّت عليكم الملائكة))
(‘aftara ^indakoumou s–sa‘imoun, wa ‘akala ta^amakoumou l-‘abrar, wa sallat ^alaykoumou l-mala‘ikah)
[rapporté par Abou Dawoud avec une chaîne de transmission sûre] ce qui signifie : « Que les jeûneurs rompent leur jeûne chez vous, que les pieux partagent votre repas et que les anges fassent des invocations en votre faveur« .
D’après Mou^adh Ibnou Zouhrah, il lui a été rapporté que le Prophète r, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
((اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت))
(Allahoumma laka soumtou, wa ^ala rizqika ‘aftart)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est par recherche de Ton agrément que j’ai jeûné et c’est avec ce que Tu m’as donné en subsistance que je rompts le jeûne« .
D’après Ibnou ^Oumar, il a dit : Le Messager de Allah, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
(( ذهب الظّمأ وابتلّت العروق وثبت الأجر إن شاء الله ))
(dhahaba dh–dhama’ou wa btallati l-^ourouqou, wa thabata l-‘ajrou ‘in cha‘ Allah)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « La soif s’est dissipée, les vaisseaux se sont irrigués et la récompense est confirmée si Allah le veut« .
[1] Le juste (^adl) est un musulman qui ne persiste pas à commettre les petits péchés, qui évite les grands péchés, qui conserve la dignité de ses semblables, dont la croyance est saine et qui se maîtrise lors de la colère.
La vie conjugale, des conseils pour la mener à bien
La vie conjugale
La femme raisonnable est celle qui recherche l’agrément de Son Créateur et qui recherche le bonheur conjugal dans le foyer de son mari. Elle respecte son mari et elle ne lui nuit pas.
Elle s’acquitte des droits qu’il a sur elle et respecte son mérite car il est son protecteur, il est celui qui veille à son honneur et à sa dignité.
En effet, son mari est son tuteur après son père, il est celui avec qui elle vit en général, la majeure partie de sa vie.
Il est enfin, le pilier de son foyer et est celui qui subvient à la charge obligatoire sur elle, qui subvient à la charge de ses enfants.
Il a sur elle, un tutorat et une autorité, à savoir l’autorité de la diriger, l’autorité de la guider.
Allah ta^ala dit dans Sourat an-Niça, ‘ayah 104, ce qui signifie : « Les hommes sont tuteurs sur ces femmes » Jusqu’à la fin de la ‘ayah.
Il y a de nombreuses grâces dont on ne connaît la juste valeur que lorsqu’on les perd.
L’époux vertueux, qui craint Allah, est celui qui respecte les droits de son épouse, un tel époux fait partie de ces grâces qui convient à l’épouse de préserver.
Elle respecte ainsi, les droits de son mari et veille à rester à ces côtés dans l’aisance et dans la difficulté, avant que vienne un jour où elle ne le retrouvera pas auprès d’elle, se sera alors la grande perte, dans le cas où elle ne lui obéit pas dans ce qu’il est un devoir de lui obéir.
Une mère, pleine de sagesse, a donné le conseil à sa fille la nuit de son mariage. Elle lui a dit :
« Ma fille, voilà que tu sors du nid et du cocon dans lequel tu as grandis pour rejoindre un foyer nouveau pour toi et un compagnon auquel tu n’étais pas habitué.
Sois humble et douce avec lui, il sera un protecteur pour toi.
Sois pour lui comme une base, il sera pour toi comme un toit.
Protège son odorat, son ouïe et sa vue.
Qu’il prenne en toi que de bonnes odeurs, qu’il entende de toi que de belles paroles, qu’il ne voit de toi qu’un bel aspect ».
Et voilà, ci-après quelques conseils utiles, des règles de base pour une bonne vie en commun avec les époux grâce auxquels vous pouvez gagner l’amour de vos maris, une grande place et une haute estime dans leurs cœurs.
Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Si la femme accomplit ses cinq prières obligatoires, qu’elle jeûne son mois, qu’elle préserve sa chasteté et qu’elle obéit à son mari, il lui sera dit : « Entre au Paradis par n’importe quelle porte que tu veux ».
L’épouse intelligente et raisonnable est celle qui recherche l’amour de son mari, qui s’acquitte des droits qu’il a sur elle, c’est celle qui lui obéit en ce qui ne comporte pas de désobéissance à Allah.
Elle priorise le droit de son mari sur son propre droit et sur le droit du reste de ses proches parents, car le droit de son mari sur elle est éminent selon le jugement de Allah ^Azza wa Jall.
Si jamais la famille te demande quelque chose et que ton mari te demande autre chose dans laquelle il n’y pas de désobéissance à Allah, alors obéis à ton mari et n’obéis pas à ta famille car ainsi tu obtiendras son amour, son estime et sa satisfaction, c’est cela la signification de la parole du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam qui signifie : « La personne qui a le plus grand droit sur sa femme, c’est son mari ».
Que la femme ne pense pas que si elle obéirait à son mari en ce qui ne comporterait pas de désobéissance en Allah est un signe de faible personnalité ou qu’elle n’aurait pas d’amour propre, au contraire cette obéissance est quelque chose de méritoire dans la Loi.
Il s’agit d’une obéissance d’amour et de tendresse.
Le Messager éminent ^alayhi s-salam l’a fortement recommandé par sa parole qui signifie : « La personne qui a le plus grand droit sur la femme, c’est son mari ».
Parmi ce qui ramène l’amour de ton mari de sorte que tu deviennes chère pour lui, c’est de le respecter dans tes paroles, dans tes gestes, de l’honorer, de lui reconnaître son mérite, de ne pas renier son bienfait, de baisser la voix en sa présence, de ne pas prolonger les discussions avec lui quand il n’y a pas d’intérêt et surtout quand il est en colère ou triste.
Il y a beaucoup de femmes qui ne respectent pas leurs maris dans leurs paroles, dans leurs gestes, elles lèvent la voix avec leurs maris et débattent inutilement, cela entraîne une aversion de leurs maris envers elles.
Et en conséquence de quoi la vie conjugale n’est pas heureuse. La relation entre eux se détériore, puis vient la rupture, la séparation, le divorce et la perte.
Le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a fortement mis en garde les femmes qui ne respectent pas leurs maris, qui leurs nuisent quand elles parlent ou agissent, qui également renient les bienfaits du mari, c’est-à-dire le fait qu’il ait agi en bien avec elle.
Il est parvenu dans le hadith sahih que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam avait, un jour exhorté les femmes, il leur a dit en leur prodiguant le conseil ce qui signifie :
« Donnez des aumônes, car j’ai vu que vous étiez la majeure partie des gens de l’enfer ». Une femme lui a dit : « Pourquoi Ô Messager de Allah ? » Il a répondu ce qui signifie : « Parce que vous maudissez beaucoup, et vous reniez beaucoup le bienfait de l’époux ».
Cela veut dire que parmi les plus grandes causes de l’entrée des femmes en enfer, c’est qu’elles maudissent beaucoup sans droits, et qu’elles oublient vite et elles renient les bienfaits de leurs maris envers elles alors que Allah ta^ala dit ce qui signifie : « N’oubliez pas et soyez reconnaissants pour les bienfaits que vous vous faites les uns aux autres » (Sourat al-Baqarah/237).
Un grand savant a un jour donné le conseil à l’une de ses disciple qui était marié pour lui indiquer la manière de respecter son mari, de se comporter avec lui, pour gagner son amour et sa satisfaction.
Il lui a ainsi dit : « Sois douce et souple avec ton mari, baisse la voix en sa présence comme si tu avais été en présence d’un roi » Puis il a ajouté : « Le droit du mari selon le jugement de Allah est très grand, contredis ton âme en étant modeste avec ton mari ».
Ma sœur musulmane, le droit de ton mari sur toi est très grand, parmi les choses qui l’indique il y a la parole du Prophète ^alayhi s-salam qui signifie : « Si j’avais à ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un d’autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari » c’est-à-dire d’une prosternation de salutation et de respect et non pas une prosternation d’adoration car l’adoration n’est accomplit que pour Allah. Mais même cette prosternation de respect a été interdite par le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam.
Cependant, si cette prosternation avait été permise, celui qui aurait du l’accomplir en priorité c’est la femme pour son mari en raison du droit éminent que celui-ci a sur elle.
La relation conjugale entre les époux dans la Loi de l’Islam est fondée sur l’amour et la miséricorde entre les deux époux afin que chacun trouve un soutien de la part de l’autre. La vie conjugale se trouve ainsi stabilisé et donnera ses fruits dans les différentes étapes de la vie.
La femme lucide et mûre est celle qui veille à bien se comporter avec son mari, qui entoure la vie conjugale avec son mari par un enclos d’amitié, de miséricorde, de respect et de bonne vie communautaire que ce soit en sa présence ou à sa sortie de chez lui, ou encore à son retour du travail.
Veiller sur une bonne vie conjugale de la part du mari et de la femme, veiller à sa chasteté raffermit les liens entre ces époux.
Cette relation bonne et bénie donnera ses fruits même après la disparition de la jeunesse et de la force de l’âge.
Lorsque le désir sexuel s’estompera, que la beauté de la femme se fanera, que les cheveux des deux époux deviennent gris, mais les traces de la bonne vie conjugale continueront quand même a donné ses fruits.
C’est ce que nous retrouvons de manière claire chez les époux qui ont atteint la vieillesse, qui ont perdu la jeunesse qui agissait chacun envers l’autre avec bienfaisance.
Tu vois ainsi que chacun des deux est attaché à l’autre, ils sont liés par des liens forts, ils sont attaché l’un à l’autre d’un attachement qui a pour fruit la tendresse, la miséricorde et l’amour à chaque moment.
Tout ceci grâce à la robustesse de leur belle relation.
Et ce bon comportement dans la vie conjugale de la part de la femme envers son mari peut se manifester dans différentes situations qui renforcent la place de la femme et l’amour qu’elle inspire à son mari.
Et voici pour toi, femme mariée, quelques valeureux conseils pour ta vie de tous les jours avec ton mari.
Lorsqu’il sort de chez lui pour aller travailler ; au matin, réveilles toi avant lui pour t’occuper de son bien être, pour lui préparer son déjeuner et ses vêtements.
Lorsqu’il s’apprête à sortir de la maison, prépares toi à bien le saluer, confie le à Allah (stawdi^) pour qu’il revienne à toi chez lui sain et sauf, protégé et nourris de la subsistance par la volonté de Allah.
C’est en sorte que lorsque tu l’accompagnes sur le palier dans les derniers instants, que ton regard soit plein de tendresse, de miséricorde et d’amour jusqu’à ce qu’il disparaisse de ton champs de vision afin qu’il ressente que tu t’occupes de lui et que tu es attachée a lui.
En effet, l’impact de ce regard de ta part sera cher à son cœur, ce sera une cause de l’amour et de la satisfaction qu’il aura et de son fort attachement envers toi.
A son retour à la maison, prépares toi au retour de ton mari chez lui, fatigué de son dure labeur pour rechercher la subsistance. Prépares toi à bien l’accueillir, accueille le chaleureusement avec le sourire même s’il ne t’a pas ramené ce que tu lui avais demandé.
Que ton accueil ait lieu en étant vêtu de beaux vêtements propre avec le sourire aux lèvres, salue le et fais lui un bon accueil, remercie Dieu qu’il soit revenu sain et sauf.
En effet, un tel accueil a sans aucun doute une conséquence sur son âme et son cœur.
Lorsqu’il s’installe dans la maison, qu’il prend place pour se reposer, assieds toi devant lui avec respect, prépares lui ce qu’il faut comme vêtement de la maison.
Gardes toi de l’accueillir avec un air maussade et triste quelque soit la fatigue, suite aux travaux ménagers ou les soucis et les problèmes des enfants.
Veilles à l’accueillir avec les nouvelles qui lui réjouiront le cœur, patientes avec ton mari face aux épreuves et aux difficultés, et si ton mari est éprouvé alors soulage le autant que tu peux.
Remonte lui son moral. Sois lui d’une aide utile.
Voici pour toi le récit d’une honorable femme compagnon, Ar-Roumaysa surnommé ‘Oummou Soulaym avec son mari Abou Talhah, que Allah l’agrée, elle était une femme patiente face à la grande épreuve qu’elle a eu avec son mari. Pour que ce récit soit pour toi un bon exemple à suivre lors des difficultés et des épreuves.
Oummou Soulaym, que Allah lui fasse miséricorde a dit : « Mon fils est mort alors que Abou Talhah n’était pas à la maison, je l’ai enveloppé dans un linceul et je l’ai mis dans un coin de la maison. Au retour de Abou Talhah, je lui ai préparé son repas ; en mangeant il m’a dit « Comment vas le petit ? » Je lui ai dit « Dans un meilleur état par la grâce de Dieu, depuis sa maladie, il n’a pas été plus calme que cette nuit ». Puis je me suis faite belle pour lui, mieux que toutes les fois précédentes au point qu’il est obtenue ce que le mari a de la femme, ensuite je lui ai dit : « Abou Talhah, vois-tu si une famille emprunte quelque chose qu’ils utilisent mais lorsqu’on leur la réclame, ils ont trouvé difficile de la rendre » son mari, Abou Talhah, lui a dit : « Ils ne devraient pas agir ainsi », c’est alors qu’elle lui a dit : « Patientes et recherches la récompense pour ta patience pour le décès de ton fils » et je lui ai annoncé son décès.
- S’occuper de la nourriture de son mari :
Ne négliges pas ce qui concerne la nourriture de ton mari, et de son retour éprouvé du travail, car s’occuper de la nourriture du mari et assouvir sa faim par les plats qu’il aime t’attireront l’amour de ton mari et feront entré la joie dans son cœur.
Fais en sorte que ton mari ne s’endorme pas affamé, ni en colère contre toi en raison de ton mauvais comportement.
En effet, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a recherché la préservation contre la faim qui entraîne la corruption par sa parole : « ‘Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika mina l-jou^ fa’innahou bi’sa daji^ » Il s’agit de la faim qui est nuisible, quant à la faim qui n’entraîne pas la corruption, elle est l’habitude des Prophètes et des saints.
Je te recommande de prendre place avec ton mari à table lors du repas en ayant un bel aspect avec le sourire sur ton visage.
Partages avec lui la nourriture qu’il aime et qu’il désire, adresses lui la parole avec respect, sois modeste avec lui comme si tu étais en présence d’un roi. Et n’oublies pas dans toutes ces belles situations avec le bon comportement envers ton mari, d’avoir une intention sincère pour gagner l’agrément de Allah, espérant ainsi, la grande rétribution de la part de Allah.
- S’occuper du repos de l’époux et de son sommeil :
Parmi ce qui consiste une bonne relation conjugale, c’est de s’occuper du repos de son mari et de son sommeil. Veilles au repos de ton mari et à son sommeil surtout s’il revient fatigué de son travail car il a fournit beaucoup d’efforts.
Veilles à conserver le calme et la sérénité dans la maison pendant son sommeil et son repos.
Ne le déranges pas quand il est endormi.
Ne le réveilles pas avec des cris des voix élevés avec tes enfants ou un de tes proches parents ou de tes voisins.
- Gagner la satisfaction de ton mari et délaisser la jalousie blâmable :
Le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Toute femme qui est morte alors que son mari est satisfait d’elle entrera au Paradis ».
Veilles à ce que ton mari soit satisfait de toi, recherche son agrément par la bonne vie conjugale et la bienfaisance.
Le compagnon honorable Abou Darda a recommandé à sa femme « Acceptes le pardon de ma part, tu prolongeras l’amour que j’aurais pour toi et ne parles pas quand je suis en colère ».
Ma sœur, tâche de faire preuve d’indulgence, ne multiplie pas le blâme et la critique des paroles de ton mari et de ses actes surtout en présence des gens car cela lui brise le cœur, il te fera perdre son amitié et son amour.
Si jamais, il y a une dispute, un différent ou des problèmes dans ta vie avec ton mari, alors empresses toi d’évacuer ce différent, contredis tes passions, n’attends pas que l’initiative vienne de lui pour te satisfaire.
Parles lui plutôt en premier, recherche la satisfaction et son amitié avec la belle parole et la bienfaisance, l’harmonie et l’amour se réinstalleront entre vous.
Je te recommande également de délaisser la jalousie déplacée, car elle ne te ramènera que chagrin et tourment.
Elle sera une cause pour éprouver ta vie et la vie de ton mari.
Un homme a donné le conseil à sa fille en lui disant « Méfie toi de la jalousie, elle est certes la clé du divorce ».
Chaykh ^Abdou l-Lah a dit : « A cause de la jalousie, certaines femmes voient une plaine comme si elle était une montagne ».
- La femme s’occupe de la parure, de ses vêtements et de sa propreté :
Parmi les choses qui renforcent la relation conjugale, c’est que la femme fait attention à son embellissement, à ses vêtements et sa propreté en présence de son mari.
Beaucoup d’épouses négligent cela, ce qui entraîne un désagrément et une séparation entre les mariés.
Il est ainsi parvenue dans le hadith honoré d’après Abou Hourayrah que l’on a interrogé le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam : « Quelle est la meilleure des femmes ? » et le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a répondu ce qui signifie: «Celle qui réjouis le regard de son mari lorsqu’il l’a voit, qu’il lui obéit lorsqu’il lui donne un ordre, qui ne le contredis pas, ni par sa personne, ni par ses biens en faisant des choses qu’il désapprouve »(La femme est libre de disposer de ses biens comme elle l’entend, ceux-ci lui appartiennent).
Et réjouis le regard de ton mari par un bel aspect, des beaux vêtements, la propreté de ta maison, portes pour lui les plus beaux vêtements qu’il désire de ta part, parfumes toi pour lui avec ce qui lui réjouis le cœur et qui le rapproche de toi, que tout cela soit avec une intention sincère par recherche de l’agrément de Allah afin que tu obtiennes la grande rétribution de la part de Dieu.
Saches que ce n’est pas un devoir pour la femme de se faire belle pour son mari s’il ne lui demande pas.
Cependant, si elle se fait belle pour lui dans l’objectif d’une bonne vie conjugale par recherche de l’agrément de Allah et des récompenses de la part de Allah, ceci comporte une récompense éminente selon le jugement de Allah.
- Soutenir l’époux financièrement lors des difficultés et se tenir à ses côtés lors des épreuves :
Parmi les choses qui renforcent la place de la femme dans le cœur de son mari, qui augmente son attachement à elle, c’est qu’elle se tienne à ses côtés lors de l’épreuve et de la difficulté financière qu’il pourrait confronter, et qu’elle le soulage lors des tourments.
Si jamais une tempête de tourment ou d’épreuves ou un vent de difficultés financières s’abattent sur lui, alors voles à son secours, soulages le et soutiens le, ainsi que son moral, aide le avec tes propres biens si tu en avais la capacité, sans orgueil, sans lui rappeler les bienfaits mais uniquement par recherche de la récompense de la part de Allah.
Souviens toi la parole du Prophète éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam qui signifie : « Celui qui soulage un croyant d’un tourment du bas monde, Allah le soulagera d’un tourment au jour du jugement, et celui qui facilite à quelqu’un dans la difficulté, Allah lui facilitera dans le bas monde et dans l’au-delà » Fin de la signification du hadith.
Que dire alors si celui que tu soulages du tourment n’est autre que ton mari.
Sois pour ton mari dans la difficulté de l’épreuve et de la colère comme de l’eau douce qui assouvit sa soif, comme le baume qui guérit de la blessure et de ses douleurs, soit sûre que si tu fais cela avec ton mari, tu gagneras son amour, son amitié et sa satisfaction et tu auras dans l’au-delà la grande récompense pour ta bonne vie conjugale avec une intention sincère par recherche de l’agreement de Allah.
Nous terminons ce sujet avec 10 conseils d’une mère attendrie pour sa fille à l’occasion de son mariage lorsqu’elle lui a dit : « Ma fille, apprends bien de moi ces 10 conseils qui seront pour toi une valeureuse provision :
Le Premier et le deuxième, c’est de vivre en commun avec lui en te satisfaisant du peu en écoutant et en obéissant.
Le troisième et le quatrième, c’est de veiller à ce qui parvient à son nez et à ses yeux, que ses yeux ne voit pas de toi quelque chose de laid et qu’il ne sente de toi que la belle odeur.
Quant au cinquième et au sixième c’est le calme pendant son sommeil et de veiller à sa nourriture, car l’amertume de la faim est brûlante et le dérangement du sommeil est une cause de colère.
Pour ce qui est du septième et du huitième c’est de veiller sur ses biens et de protéger ses serviteurs, ses proches parents et ses enfants.
Enfin le neuvième et le dixième, gardes toi de lui désobéir en quelque chose qui ne comporte pas une désobéissance à Allah, ou de dévoiler son secret car si tu désobéis à son ordre tu rempliras sa poitrine d’une exaspération et si tu dévoiles son secret, tu ne seras pas protégé de sa colère.
Je t’exhorte pour finir de ne pas manifester de joie lorsqu’il est triste, ni de tristesse s’il est heureux »
Se sont là des conseils chers pour les épouses grâce auxquels la femme bénéficiera de l’amitié et de l’amour de son mari, elle aura une place honorable dans son cœur, se sont des conseils qui seront un capital pour l’épouse dans sa vie maritale.
Et le capital de tout cela, c’est la crainte de Allah tabaraka wa ta^ala et la piété, il y a en cela une félicité dans le bas monde et dans l’au-delà.
Le Prophète éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Dans le bas monde, il y a des biens et le meilleur des biens c’est la femme vertueuse ».
La dernière de mes invocations est la louange est à Allah, le Seigneur des mondes.
Cours général : La religion de tous les prophètes est l’Islam
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître Mouhammad Al–‘Amin, l’Honnête.
Allah ta^ala, Lui Qui est exempt d’imperfection, dit :
] يا أيّها الّذين ءامنوا قوا أنفُسكم وأهليكم ناراً وقودها النّاس والحجارة [
[sourat At-Tahrim] ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible est fait d’hommes et de pierres ».
Il a été rapporté au sujet de l’exégèse de cette ‘ayah que la préservation de soi et de sa famille du châtiment de l’enfer a lieu par l’apprentissage des sciences de la religion. La plus importante de ces sciences, c’est la science de la croyance en l’unicité (at-tawhid) car elle se rapporte à la connaissance de Allah et de Son Messager.
Que l’on sache que Allah a créé ‘Adam, et Il a créé Hawwa‘ et a fait de ‘Adam un prophète-messager (nabiyy raçoul). Hawwa‘ a donné le jour à chaque accouchement à un garçon et à une fille et elle accoucha quarante fois. Dans la Loi de ‘Adam, il était permis au frère d’épouser sa sœur née d’un autre accouchement pour que la descendance des humains puisse se propager sur terre. Allah a accordé à ‘Adam des bienfaits : il savait parler et connaissait le nom des choses, de toutes les choses. ‘Adam a enseigné à ses enfants les fondements de la croyance. Il leur disait : Adorez Allah, ne Lui associez rien et celui qui attribue à Allah un associé, sa destinée sera d’entrer en enfer et d’y séjourner éternellement. Ainsi, ses enfants étaient sur la religion de l’Islam, la religion de tous les prophètes.
Ensuite, après qu’est venu le prophète ‘Idris et qu’il a poursuivi ce même appel à l’Islam, il est arrivé que certaines personnes, après sa mort commettent l’association en vouant leur adoration à autre que Allah. Nouh est alors venu et fut le premier prophète envoyé aux mécréants, appelant à l’adoration de Allah, l’Unique, Celui Qui n’a pas d’associé.
Par la suite les prophètes se sont succédés et chacun d’eux appelait à l’Islam. Allah ta^ala dit :
] إنّ الدّين عند الله الإسلام [
[sourat ‘Ali ^Imran] ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée est l’Islam » et Il dit ta^ala :
] ومن يبتغ غير الإسلام ديناً فلن يُقبل منه وهو في الأخرة من الخاسرين [
[sourat ‘Ali ^Imran / 85] ce qui signifie : « Quiconque choisit autre chose que l’Islam pour religion, elle ne sera pas accepté de lui, et il fera partie des perdants au jour dernier ».
Puis est venu Ibrahim pour appeler son peuple à l’Islam. Allah ta^ala dit :
] ما كان إبراهيم يهوديّاً ولا نصرانيّاً ولكن كان حنيفاً مُسلماً وما كان من المشركين [
[sourat ‘Ali ^Imran / 67] ce qui signifie : « Ibrahim n’était ni juif ni chrétien. Il était musulman éloigné de toute autre religion que l’Islam et ne faisait pas partie des associateurs ». La parole selon laquelle Ibrahim aurait adoré les astres n’est pas vraie. Il ne faisait au contraire que réfuter son peuple à ce sujet.
Ensuite est venu Mouça appelant également son peuple à l’Islam. Certaines personnes ont cru en lui et d’autres l’ont démenti comme ceux des fils de Isra‘il qui ont dit : ^Ouzayr est le fils de Allah et d’autres qui ont dit : Allah a créé les cieux et la Terre en six jours, puis Il s’est fatigué et s’est allongé sur son dos.
Ceux-là sont des mécréants et ne sont pas sur la croyance de Mouça qui leur a ordonné de croire en l’unicité de Allah et de L’exempter de toute imperfection. Mouça avait pour croyance que Allah existe, qu’Il est le Créateur de toute chose et n’a donc besoin de rien, Il a créé la lumière, Il n’a donc pas de ressemblance avec elle ; Il a créé l’être humain, Il n’a donc aucune ressemblance avec lui. Mouça avait pour croyance que Allah ne se fatigue pas et qu’il ne Lui arrive aucune incapacité du fait qu’Il est le Tout-Puissant, Celui Qui ne se fatigue pas et Qui ne change pas.
Après la mort de Mouça, ^Iça Al-Macih est venu et s’est mis à appeler à cette même chose à laquelle ont appelé tous les prophètes avant lui. Il a annoncé la bonne nouvelle d’un prophète qui viendra après lui s’appelant ‘Ahmad, à savoir Mouhammad r. Certains ont cru en Jésus et d’autres ont mécru.
Il était quant à lui attaché à la bonne croyance. ^Iça était sur la croyance que Allah n’est ni un père ni un fils, qu’Il n’est pas quelque chose de composé, une réunion de parties, Allah est exempt de cela. Puis, il y a eu des gens qui ont voulu tuer le Messie. Allah l’a protégé d’eux et a descendu l’apparence de ^Iça sur un homme parmi ses disciples musulmans. ^Iça a été élevé au ciel. Les mécréants sont alors entrés et se sont emparés de son sosie qu’ils ont tué et crucifié. Celui qui a été crucifié n’est pas ^Iça mais son ressemblant. D’autre part ^Iça n’a pas ordonné à son peuple de l’adorer, il leur a au contraire ordonné d’adorer Allah uniquement. Allah ta^ala dit :
] واشهد بأنّا مسلمون [
[sourat ‘Ali ^Imran / 52] ce qui signifie : « et témoigne que nous sommes musulmans. »
Les apôtres ont donc dit :
] واشهد بأنّا مسلمون [
ce qui signifie : « Et témoigne que nous sommes musulmans ». Ainsi, ^Iça ne les a pas appelés à l’adorer lui mais il les a appelés à l’adoration de Allah Lui seul. Allah ta^ala dit dans sourat Al-Ma‘idah :
] وإذ قال الله يعيسى ابن مريم ءأنت قلت للنّاس اتّخذوني وأمّي إلهين من دون الله قال سبحانك ما يكون لي أن أقول ما ليس لي بحقّ إن كنت قلته فقد علمته [
ce qui signifie : « Allah dit à ^Iça fils de Maryam : Est-ce toi qui a dit aux gens prenez-moi avec ma mère comme dieux autres que Allah, il répondit : Tu es exempt d’imperfection, je n’ai pas à dire ce que je n’ai pas à dire. Si je l’avais dit, Tu le saurais ». Puis dans la ‘ayah qui suit :
] ما قلت لهم إلاّ ما أمرتني أنِ اعبدوا الله ربّي وربّكم [
ce qui signifie : « Je ne leur ai dit que ce que Tu m’as ordonné : d’adorer Allah mon Seigneur et votre Seigneur ». A partir de là, il devient apparent que ^Iça a appelé à l’adoration de Allah Lui seul et non à l’association.
Après l’élévation de ^Iça au ciel, Mouhammad est venu pour renouveler l’appel à la religion de l’Islam après que cette religion a disparu d’entre les gens sur terre. Il était appuyé par des miracles prouvant sa prophétie. Ainsi certains sont rentrés en Islam et d’autres ont reniés sa prophétie : il s’agit des gens de l’égarement parmi lesquels certains étaient déjà associateurs auparavant. Ils ont ainsi ajouté de la mécréance à leur mécréance.
Le principe fondamental de l’Islam commun à tous les gens de l’Islam, c’est d’adorer Allah Lui seul. A travers ce que nous avons exposé, il s’avère que la religion de tous les prophètes, c’est la religion de l’Islam, et que la seule religion révélée est la religion de l’Islam.
Ainsi, on ne dit pas « les religions révélées » puisque Allah n’a ordonné de suivre qu’une seule religion qui est l’Islam.
Cependant, il est possible qu’un prophète se distingue d’un autre, et c’est par la Loi qu’il ordonne de suivre. La Loi de l’Islam (Chari^ah) représente l’ensemble des règles pratiques. Pour illustrer ce changement, dans la Loi de ‘Adam et de ceux qui l’ont suivi jusqu’à l’époque des fils de ‘Isra‘il, une seule prière était obligatoire quotidiennement. Par la suite, deux prières ont été rendues obligatoires pour les fils de ‘Isra‘il jusqu’à l’arrivée de Mouhammad r pour qui il a été rendu obligatoire cinq prières. Quant aux fondements de la croyance, que ce soit la foi en Allah, en Son Messager et en ce qui est du même ordre, l’intérêt des esclaves n’implique pas que ces fondements changent en fonction des époques, contrairement aux Lois.
Le Messager de Allah a dit à propos des prophètes, que Allah les honore et les élève en degré :
)) دينهم واحد ((
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Leur religion est une seule et même religion ».
Cours général : EXEGESE DE CERTAINES ‘AYAH DU QOUR’AN
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammadou l-‘Amin et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Le Qour’an honoré comporte des ‘ayah [1] explicites [2] et des ‘ayah non explicites [3]. Allah ta^ala dit :
] هُوَ الَّذِي أَنزَلَ عَلَيْكَ الكِتَابَ مِنْهُ ءَايَـاتٌ مُّحْـكَماَتٌ هُنَّ أُمُّ الكِتاَبِ وأُخَرُ مُتَشابِهَاتٌ [
(houwa l-ladhi ‘anzala ^alayka l-kitaba minhou ‘ayatoun mouhkamatoun hounna ‘oummou l-kitabi wa ‘oukharou moutachabihat) ce qui signifie : « Il est Celui Qui a fait descendre sur toi le Livre qui comporte des versets explicites qui sont la base du Livre et d’autres non explicites ». Les versets explicites sont les versets dont le sens visé est connu d’une manière claire, tels que sa parole ta^ala :
] لَيْسَ كَمِثْلِهِ شىءٌ [
(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sourat Ach-Choura /11]. Quant à ce qui est non explicite, c’est ce qui comporte plusieurs sens dans la langue et qui a besoin d’une interprétation convenable pour retenir le sens conforme à ce qui est explicite. Il n’est donc permis à quiconque de faire l’exégèse du Qour’an selon son propre avis. On demande plutôt aux gens de science afin de ne pas assimiler Dieu à Ses créatures.
Ainsi, il est un devoir d’interpréter ce qui est non explicite dans les textes d’une manière conforme aux textes qui sont explicites.
A cette occasion, nous allons citer certains versets non explicites en donnant leur interprétation, conforme aux versets explicites.
Allah ta^ala dit :
] إِلَيْهِ يَصْعَدُ الكَلِمُ الطَّيِّبُ وَالعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُهُ [
(‘ilayhi yas^adou l-kalimou t–tayyibou wa l-^amalou s–salihou yarfa^ouh) ce qui signifie : « Les bonnes paroles montent vers l’endroit honoré par Allah et les bonnes œuvres y sont élevées ». L’endroit honoré par Allah est le ciel, ce qui est conforme au verset :
] لَيْسَ كَمِثْلِهِ شىءٌ [
(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Ceci est une interprétation correcte qui ne comporte pas d’assimilation de Allah avec Ses créatures.
Il est permis de dire au sujet de Sa parole ta^ala :
] الرَّحْمَـنُ عَلَى العَرْشِ اسْتَوَى [
(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa) que Allah domine le Trône par Sa puissance et qu’Il le préserve. L’objectif dans cette ‘ayah est que nous sachions que Allah est tout puissant sur toutes les créatures. En effet, le Trône étant le plus grand de tous les corps, si Allah domine le Trône, Il domine à plus forte raison tout le reste.
Il est interdit d’interpréter un verset non explicite dans un sens qui ne convient pas d’être attribué à Allah ^azza wa jall.
Ainsi il n’est pas permis de dire que (istawa) signifie « s’est assis » car le fait de s’asseoir n’a lieu que pour celui qui a des membres et il est impossible que Allah ait des membres.
L’Imam ^Aliyy Ibnou ‘Abi Talib a dit : « Certes Allah a créé le Trône comme manifestation de Sa toute puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même ».
Il faut savoir que Allah a créé les âmes et les corps et qu’Il n’est ni une âme ni un corps.
Quant à Sa parole ta^ala :
] فَنَفْخْنَا فِيهِ مِن رُّوحِنا [
(fanafakhna fihi min rouhina) qui signifie : « Nous avons fait insuffler dans son corps l’âme que Nous avons créée et honorée » [sourat At-Tahrim], cette ‘ayah signifie que Allah a ordonné à l’ange Jibril d’insuffler dans le corps de Maryam l’âme de ^Iça qui est une âme honorée. Les âmes sont en effet de deux sortes : il y a des âmes honorées et de mauvaises âmes, des âmes malignes. Les âmes des prophètes font partie de la première sorte.
Quant au fait que Allah s’attribue les âmes de ‘Iça et de ‘Adam, exprimé par le pronom possessif (na) dans (min rouhina) –littéralement « de Notre âme »–, ceci exprime la marque d’honneur [4]. On dit la même chose à propos du verset :
] أَنْ طَهِّراَ بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالعَاكِفِينَ [
(‘an tahhira baytiya li t–ta‘ifina wa l-^akifin) ici aussi (baytiya) –littéralement » Ma maison « – renvoi au sens de l’honneur : la Ka^bah est un endroit honoré selon le jugement de Allah.
Quant à Sa parole ta^ala :
] يَخَافُونَ رَبَّهمْ مِن فَوْقِهِمْ [
(yakhafouna Rabbahoum min fawqihim) signifie : « Ils craignent Allah Lui Qui les domine par Sa toute-puissance» [sourat An-Nahl]. Ainsi (min fawqihim) signifie la domination par la toute puissance [5] et non pas d’être au-dessus, c’est-à-dire l’endroit ou la direction.
Concernant le sens de la parole de Allah qui concerne le blâme fait à Iblis :
] مَا مَنَعَكَ أَن تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ [
(ma mana^aka ‘an tasjouda lima khalaqtou biyadayya) qui signifie : « Qu’est ce qui t’a empêché de te prosterner pour celui que J’ai créé biyadayya » [sourat Sad], il est permis de dire que (al-yadayn) signifie ici : la grâce et la préservation.
Et Sa parole ta^ala : [وَجَاءَ رَبُّكَ ] (wa ja‘a Rabbouk) signifie : « Les manifestations de la puissance de ton Seigneur apparaîtront » [sourat Al-Fajr] car des évènements éminents seront manifestés au jour dernier.
On dit au sujet de la parole de Allah ta^ala :
] وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَ مَا كُنتُمْ [
(wa houwa ma^akoum ‘aynama kountoum) [sourat Al-Hadid] : « Certes Allah sait tout de vous où que vous soyez ».
Quant à Sa parole ta^ala :
] وقِيلَ اليَومَ نَنسَاكُمْ كَمَا نَسِيتُمْ لِقَاءَ يَوْمِكُمْ هَذَا [
(wa qila l-yawma nansakoum kama nacitoum liqa‘a yawmikoum hadha), elle exprime le reproche et signifie : « Vous êtes maintenant privés de Notre miséricorde comme vous avez négligé d’obéir à Allah dans ce bas monde en ayant foi en Lui » [sourat Al-Jathiyah].
De même, il n’est pas permis de déduire de la parole de Allah ta^ala :
] إنَّ الله لا يَسْتَحْيِى أن يَّضْرِبَ مَثَلاً مَّا بَعُوضَةً [
(‘inna l-Laha la yastahi ‘an yadriba mathalan ma ba^oudatan) [sourat Al-Baqarah /26] la permission de nommer Allah par al-moustahi (le timide) ! Le sens du verset est que Allah ne délaisse pas de faire éclater la vérité par pudeur comme le feraient les êtres humains, c’est-à-dire que Allah ne délaisse pas de faire éclater la vérité et ne la délaisse pas par timidité ou par honte comme le font les créatures, c’est une chose impossible s’agissant de Allah.
Quant à Sa parole ta^ala :
] وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتىَّ نَعْلَمَ المُجَاهِدِينَ مِنكُمْ وَالصَّابِرِينَ [
(wa lanablouwannakoum hatta na^lama l-moujahidina minkoum wa s–sabirin) [sourat Mouhammad / 31], elle ne signifie pas que Allah saura qui sont les moujahidin après l’avoir ignoré en les éprouvant et en les testant, ceci est impossible s’agissant de Allah ta^ala.
Le sens du verset est que Allah manifestera aux esclaves par les épreuves qui d’entre eux font preuve d’effort et de patience ou non. Celui qui dit que Allah acquiert une nouvelle connaissance devient mécréant.
Et la parole de Allah ta^ala :
] الله نُورُ السَّمَـوَاتِ وَالأرْضِ [
(Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard) [sourat An-Nour] signifie que Allah est Celui Qui guide les habitants des cieux et les habitants croyants de la terre vers la lumière de la foi. Allah n’est pas une lumière dans le sens qui est le contraire de l’obscurité car Il est Celui Qui crée la lumière.
Il a dit ta^ala dans sourat Al-‘An^am :
] وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ [
(wa ja^ala dh–dhouloumati wa n-nour) ce qui signifie : « Et Il créa les obscurités et la lumière », Dès lors, comment serait-il possible qu’Il soit une lumière comme Ses créatures ?! Allah est absolument exempté de cela. Il est donc interdit de croire que Allah aurait une couleur ou une forme. Quant à ce qui a été rapporté dans le hadith, que Allah est (jamil), cela ne signifie pas qu’Il serait beau mais qu’Il a des attributs de perfection dignes de Lui ou encore qu’Il accorde le bien.
Quant au (nouzoul) rapporté dans le hadith :
(( يَنـزِلُ رَبُّنَا كُلَّ لَيْلَةٍ إِلَى السَّمَاءِ الدُّنْيَا ))
(yanzilou Rabbouna koulla laylatin ‘ila s-sama‘i d-dounya) le mieux qui peut être dit à ce sujet est que c’est un ange qui descend sur ordre de Dieu pour transmettre de Sa part ces paroles :
(( من ذا الذي يدعوني فأستجيبَ له من ذا الذي يستغفرني فأغفرَ له من الذي يسألني فأُعطيَهُ ))
qui signifient : « Qui M’invoque, Je l’exauce, qui Me demande pardon, Je lui pardonne, qui Me demande, Je lui accorde »
L’ange reste le dernier tiers de la nuit dans le ciel de ce bas monde jusqu’à l’aube. Quant à celui qui dit : (yanzilou) sans comment, ceci est vrai, car lorsqu’il a dit sans comment, il a nié le mouvement et le déplacement du haut vers le bas.
Allah n’a pas besoin des créatures. Il n’a nul besoin d’autrui, de toute éternité alors que toutes les créatures ont besoin de Lui. Allah n’a pas besoin de l’endroit. Il n’est pas localisé dans un endroit ni dans une direction, car Il existe ta^ala de toute éternité avant l’endroit sans endroit, et c’est Lui Qui a créé l’endroit, Il n’a donc nul besoin de l’endroit.
L’objectif de l’Ascension (Al-Mi^raj) n’est pas de faire parvenir le Prophète à un endroit ou serait localisé Allah. L’objectif est d’honorer davantage le Prophète en lui montrant les choses extraordinaires qui sont
dans les mondes célestes, c’est de glorifier son degré et de lui accorder la vision de Allah par le cœur sans que Allah soit localisé dans l’espace et les directions.
Notre maître le Calife bien guidé l’Imam ^Aliyy Ibnou Abi Talib que Allah l’honore, a dit : « Allah existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’est de toute éternité et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité –c’est-à-dire sans endroit– ».
Ce dont on tient compte dans la croyance n’est pas basé sur les illusions mais sur la raison saine qui est témoin de la religion, car si Allah était dans un endroit, Il aurait des limites, des extrémités, des fins et celui qui est ainsi a forcément une existence précédée du néant c’est-à-dire qu’Il est créé et n’est donc pas Dieu.
Comme il a été validé que Allah existe sans endroit avant la création des endroits et des directions, il est validé qu’Il existe après les avoir créés sans endroit.
Et ceci ne constitue pas une négation de l’existence de Allah ta^ala.
L’Imam Dhou n-Noun Al-Misriyy a dit : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent ».
Cours général : Les saints
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
]ألا إن أولياء الله لا خوف عليهم ولا هم يحزنون الذين ءامنوا وكانوا يتقون لهم البشرى في الحياة الدنيا وفي الآخرة لا تبديل لكلمات الله ذلك الفوز العظيم [
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ‘alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun lahoumou l-bouchra fi l- hayati d-dounya wa fi l-‘akhirah la tabdila li kalimati l-Lahi dhalika l-fawzou l-^adhim) ce qui signifie : « Certes, les saints, les waliyy de Allah, n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, ceux qui ont cru et qui faisaient preuve de piété. Ils auront l’annonce de bonne nouvelle dans le bas-monde et dans l’au-delà. Allah réalise ce qu’Il promet, la voilà la grande réussite ».
Le saint, mes frères de foi, est celui qui s’est attaché à l’obéissance et à l’adoration, qui a évité les péchés et les interdictions, qui s’est détourné du fait de se prolonger dans les plaisirs et les désirs. Ayant accompli les obligations, il s’est rapproché de l’agrément de Allah par les actes surérogatoires jusqu’à gagner l’agrément de Allah. Celui que Allah ta^ala agrée, Il lui accorde la sainteté, Il lui accorde la protection, Il l’honore et le préserve de la mécréance. Le Messager de Allah les a décrits par sa parole :
)) إن الله يحب الأتقياء الأخفياء الذين إذا غابوا لم يفتقدوا وإذا حضروا لم يعرفوا قلوبهم مصابيح الهدى يخرجون من كل غبراء مظلمة ((
(‘inna l-Laha youhibbou l-‘atqiya’a l-‘akhfiya’a l-ladhina’ idha ghabou lam youftaqadou wa ‘idha hadarou lam you^rafou qouloubouhoum masabihou l-houda yakhroujouna min koulli ghabra’a moudhlimah) ce qui signifie : « Certes, Allah agrée les pieux qui ne se font pas remarquer, ceux dont on ne remarque pas l’absence lorsqu’ils s’absentent, et qu’on ne remarque pas lorsqu’ils sont présents. Leur cœur sont comme des sources de lumières de bonne guidée ».
Il les a décrits par le fait qu’ils sont dissimulés, ‘akhfiya’, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas connus par leur haut degré selon le jugement de Allah. En effet, ce sont des gens qui dissimulent leurs bonnes œuvres dignes d’éloges, celles qu’ils accomplissent par recherche de l’agrément de Allah. Il les a décrits par le fait qu’on ne les remarque pas lorsqu’ils sont présents, soit pour leurs habits qui ne sont pas soignés, c’est-à-dire que du point de vue de leur tenue vestimentaire, leurs vêtements ne sont pas plaisants, soit à cause de leur pauvreté comme ‘Ouways Ibnou ^Amr Al-Qaraniyy en faveur duquel le Messager de Allah a témoigné par révélation qu’il était le meilleur des successeurs des compagnons. ‘Ouways était, en effet, extrêmement pauvre. Il n’avait pas assisté, que Allah l’agrée, aux assemblées du Messager de Allah. Il résidait au Yémen et tant il était pauvre, il n’avait pas pu arriver à Médine pour rencontrer le Messager de Allah. Le Prophète r a témoigné en sa faveur. Il a dit :
)) إن خير التابعين رجل يقال له أويس بن عامر من مراد ثم من قرن « إلى أن قال « فإذا لقيتموه فمروه فليستغفر لكم ((
(‘inna khayra t-tabi^ina rajouloun youqalou lahou ‘Ouways bnou ^Amir min Mourad thoumma min Qaran … fa’idha laqitoumouhou famourouhou fa l-yastaghfir lakoum) ce qui signifie : « Le meilleur des successeurs est un homme qui est appelé ^Ouways fils de ^Amr du clan de Mourad de la tribu de Qaran » jusqu’à ce qu’il ait dit ce qui signifie : « Si vous le rencontrez, dites-lui de demander la pardon en votre faveur ». Par cela, il a enseigné à sa communauté r en insistant sur la modestie.
Il y a une partie des saints, des waliyy de Allah, à qui Allah a donné une réputation. Ils ont été célèbre pour leur sainteté dans la population, tant celui qui est proche que celui qui est éloigné a reconnu leur degré. Ainsi les gens ont pu énormément profiter d’eux, comme de notre maître Al-Jounayd fils de Mouhammad Al-Baghdadiyy le Chaykh des soufis, puis du Chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jilaniyy le Hanbaliyy, puis du Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah les agrée.
Le Qour’an a confirmé les prodiges des saints, les karamah, par la parole de Allah soubhanahou dans la description de Maryam ^alayha s-salam :
] كلما دخل عليها زكريا المحراب وجد عندها رزقا قال يا مريم أنّى لك هذا قالت هو من عند الله إن الله يرزق من يشاء بغير حساب [
(koullama dakhala ^alayha Zakariyya l-mihraba wajada ^indaha rizqa ; qala ya Maryamou ‘anna laki hadha ; qalat houwa min ^indi l-Lah inna l-Laha yarzouqou man yacha’ou bighayri hiçab) ce qui signifie : « Toutes les fois que Zakariyya venait la voir dans l’alcôve, il trouvait qu’elle avait auprès d’elle une subsistance. Il lui disait : ô Maryam, d’où cela te vient-il ? Elle disait : C’est Allah Qui me l’a accordé. Certes, Allah accorde à qui Il veut à profusion ».
Il y a également ce que le Qour’an a annoncé dans le récit du compagnon de Soulayman ^alayhi s-salam pour rapporter le trône de Bilqis puisque cela a été mentionné dans la parole de Allah ta^ala :
] قال الذي عنده علم من الكتاب أنا ءاتيك به قبل أن يرتد إليك طرفك [
(qala l-ladhi ^indahou ^ilmoun mina l-kitabi ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka) ce qui signifie : « Celui qui avait eu une science du Livre a dit : Moi je te le ramène avant que tu ne clignes de l’œil. »
Pour ce qui est des preuves à partir de la sounnah, elles sont nombreuses. Ainsi il a été rapporté d’après ‘Anas que ‘Ouçayd Ibnou Houdayr et un homme des partisans avaient discuté auprès du Messager de Allah r au point que l’assemblée avait duré jusqu’à une heure tardive. C’était une nuit extrêmement sombre et ils étaient sortis, chacun d’entre eux ayant à la main son bâton. Le bâton de l’un des deux s’était illuminé au point qu’ils avaient marché à la lumière de ce bâton. Puis lorsqu’ils étaient arrivés à la croisée de leurs chemins, le bâton du deuxième s’était illuminé à son tour et chacun d’entre eux avait pu marcher à la lumière de son bâton jusqu’à parvenir chez lui. Ceci a été rapporté par Ahmad, Al-Boukhariyy, Al-Hakim et d’autres.
Il a été rapporté que Al-Jounayd était un jour assis à parler aux gens. C’est alors qu’un jeune homme qui n’était pas musulman mais qui s’était déguisé s’était présenté debout face à lui et lui avait adressé la parole en ces termes : « Ô toi le Chaykh, que signifie la parole du Messager de Allah
)) اتقوا فراسة المؤمن فإن المؤمن ينظر بنور الله تعالى ((
(‘ittaqou firaçata l-mou’mini fa’inna l-mou’mina yandhourou binouri l-Lahi ta^ala) ce qui signifie : « Prenez garde à la vision du croyant parfait car certes le croyant voit par une lumière que Allah lui donne ». Al-Jounayd a réfléchi un moment puis il a levé la tête et lui a dit : « Entre en Islam, le moment est venu pour toi d’entrer en Islam ». C’est alors que le jeune est entré en Islam en disant : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ».
Concernant leur mérite, lors de la mort, les anges de la miséricorde viennent à eux alors qu’ils peuvent les voir. Les anges s’assoient à côté d’eux à une certaine distance. Ensuite vient l’ange ^Azra’il qui leur annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément. Il leur dit : « Je t’annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément ».
Au jour du jugement, ils n’auront aucune crainte, aucune terreur alors que les gens seront extrêmement effrayés. Ils ne subiront aucune nuisance de la chaleur du soleil. Le soleil au jour du jugement sera extrêmement intense, plus intense qu’aujourd’hui. Ils ne seront atteints ni de la soif ni de la faim ni de la chaleur du soleil. Ils ne seront atteints d’aucun chagrin mais seront pleins de joie et de félicité.
Lorsque le saint sortira de la tombe, il sortira vêtu ; il ne sortira pas en ayant sa zone de pudeur dévoilée comme la plupart des gens. Il ne sera pas rassemblé marchant à pied. Non, il sera rassemblé en étant sur une monture. Qu’auront-ils comme monture ces vertueux ? Ils auront des chamelles dont les créatures n’auront pas vu de semblables, dotées de selles d’or.
Puis ils rentreront au paradis. Une fois entrés au paradis, ils trouveront ce que Allah leur a promis comme félicité, une félicité qu’Il n’a donné à connaître à aucun ange et qu’aucune des créatures de Allah n’a jamais vue. Les anges, eux, accueilleront les gens du paradis au jour du jugement. Ils leur passeront le salam, ils leur diront : Que le salam soit sur vous, vous êtes les bienvenus, ils les accueilleront avec respect et glorification.
Mes frères, a dit vrai celui qui a dit : Allah a des gens qui, lorsqu’ils arrivent dans une assemblée, la joie et la générosité s’installent dans cette assemblée et qui, lorsqu’ils marchent, la terre qu’ils occupent s’en réjouit et se revivifie comme s’ils étaient pour la terre une pluie.
Bonheur donc à celui qui a connu dans notre époque un savant, un saint, un vertueux et qui a puisé de lui les bienfaits et les bénédictions, qui a connu leur haut degré, qui a été respectueux avec eux et qui les a pris pour modèle. Car les waliyy de Allah ont atteint ce qu’ils ont atteint par la véracité de leur amour pour Allah et pour le Messager de Allah, notre maître Mouhammad.
Ô Allah fais que nous soyons parmi Tes saints, parmi les gens de Ton obéissance et attendris les cœurs de Tes saints sur nous. Certes, Tu es sur toute chose tout puissant.
Voici mes propos et je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.
Cours général : L’apostasie et ses trois sortes
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maître Mouhammad Al–‘Amin, l’Honnête.
Allah tabaraka wa ta^ala dit :
] ومن يرتدّ منكم عن دينه فيمت وهو كافر فأولئك حبطت أعمالهم في الدنيا والآخرة وأولئك أصحاب النار هم فيه خالدون [
[sourat Al-Baqarah / 217] ce qui signifie : « Celui d’entre vous qui sort de sa religion et meurt mécréant, ceux-là, leurs actes sont annulés dans le bas-monde et dans l’au-delà et ceux-là sont les gens de l’enfer où ils resteront éternellement ».
Sache mon frère croyant que le péché de la mécréance est le plus grand de tous les péchés selon le jugement de Allah ta^ala. C’est le péché que Allah ta^ala ne pardonne pas à celui qui meurt avec.
Allah tabaraka wa ta^ala dit :
] إنّ الّذين كفروا وصدّوا عن سبيل الله ثمّ ماتوا وهم كفّار فلن يغفر الله لهم [
[sourat Mouhammad / 34] ce qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et qui ont empêché de suivre la voie de droiture puis sont morts mécréants, ceux-là, Allah ne leur pardonne pas ».
Sache aussi mon frère musulman qu’il y a des croyances, des actes et des paroles qui contredisent les deux témoignages, qui font sortir de la religion de l’Islam et qui font tomber dans la mécréance et l’égarement. Ceci est vérifié par l’Unanimité des quatre écoles et des savants dignes de considération.
Les savants ont classé dans leurs livres la mécréance en trois sorte : la mécréance par la parole, la mécréance par les actes et la mécréance par la croyance.
1 – la mécréance par la parole : elle a lieu par la langue, comme par exemple insulter Allah ta^ala, les prophètes, les anges ou la religion de l’Islam, ou insulter les rites de l’Islam comme la prière, le pèlerinage, la zakat – l’aumône obligatoire – ou autre que cela.
Il y a parmi les mécréances par la parole également, la moquerie à l’égard du Messager r, comme de se moquer de l’un de ses états ou de l’un de ses actes, et encore la moquerie d’une chose faisant partie du Qour’an Honoré, des prophètes ou d’une des Lois de Allah ta^ala.
Allah soubhanahou wa ta^ala dit :
] ما يلفظ من قول إلاّ لديه رقيب عتيد [
[sourat Qaf / 18] ce qui signifie : « Pas une parole qu’il prononce sans que soient auprès de lui les deux anges Raqib et ^Atid ».
D’autre part, le Messager a dit :
(( إنّ العبد ليتكلّم بالكلمة ما يتبيّن فيها يهوى بها في النار ابعد مما بين المشرق والمغرب ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « Certes, il arrive que l’esclave de Allah prononce une parole à laquelle il ne fait pas attention et à cause de laquelle il chutera dans l’enfer plus loin que la distance qui sépare le levant du couchant ».
2 – la mécréance par les actes : comme par exemple jeter le livre du Qour’an à la poubelle ou jeter des feuilles comportant de la science de la religion ou n’importe quelle feuille sur laquelle figure un nom de Allah en sachant que cela y figure.
3 – La mécréance par la croyance : elle a lieu dans le cœur. C’est le cas par exemple de celui qui renie un des attributs de Allah ta^ala qui Lui est obligatoire selon l’Unanimité, comme s’il renie l’existence de Allah ^azza wa jall, ou le fait qu’Il soit ta^ala entendant ou voyant. De même devient mécréant celui qui assimile Allah ta^ala à Ses créatures comme par exemple en croyant par son cœur que Allah tabaraka wa ta^ala est une âme, qu’Il est une lumière, qu’Il est comme l’homme, qu’Il est un corps assis sur le Trône ou qu’Il est dispersé et se propage dans tous les endroits comme l’air. Ceci est de la mécréance, de l’égarement, et comporte une accusation de mensonge de Sa parole ta^ala :
] لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ [
[sourat Ach-Choura / 11] qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».
^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulousiyy a dit : « Celui qui croit que Allah remplit les cieux et la terre ou qu’Il est un corps assis au-dessus du Trône, celui-là est mécréant même s’il prétend qu’il est musulman ».
Il est à savoir que le jugement de celui qui est tombé dans une de ces trois causes de mécréance, c’est que ses œuvres et ses bons actes qu’il a précédemment accomplis, que ce soit une aumône, un pèlerinage, un jeûne ou autre sont tous annulés, conformément à Sa parole ta^ala :
] ومن يكفر بالإيمان فقد حبط عمله [
[sourat Al-Ma‘idah / 5] qui signifie : « Celui qui devient mécréant après avoir eu la foi, ses œuvres sont annulées ».
De même, parmi les jugements de celui qui est tombé dans l’apostasie, il y a l’annulation du contrat de mariage légal entre lui et son épouse.
Toute relation entre eux après être tombé dans la mécréance est une relation illégale et son rapport avec elle sera de la fornication. Il n’y a pas de différence entre la mécréance de l’époux et celle de l’épouse.
Sache mon frère musulman que revenir à l’Islam pour celui qui est tombé dans une de ces trois sortes de mécréance se fait en cessant de commettre la mécréance dans laquelle il est tombé et en renouvelant sa foi par la prononciation des deux témoignages avec l’intention de rentrer dans la religion de l’Islam.
Les deux témoignages sont : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ».
Celui qui a commis une apostasie, et c’est par Allah que nous recherchons la protection, puis a dit (‘astaghfirou l-Lah) (j’invoque Allah pour qu’Il me pardonne) avant de renouveler sa foi en prononçant : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah », en étant donc sur son état de mécréance, cette parole (‘astaghfirou l-Lah) ne lui rajoute que péché et mécréance car il aura contredit la parole de Allah ta^ala :
] إنّ الله لا يغفر أن يشرك به [
[sourat An-Niça‘ / 48] qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit ».
Prends garde donc, prends bien garde mon frère musulman de tomber dans une de ces trois sortes de mécréance et garde ta langue lors de la colère, garde-toi de prononcer les paroles de mécréance et d’égarement, car tu serais alors parmi les apostats égarés.
Il a été confirmé que le compagnon honorable ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, a gravi un jour le mont de As–Safa puis, prenant sa langue, a dit : « Ô langue, dis du bien tu gagneras et abstiens-toi de dire du mal tu seras sauvée avant de le regretter. J’ai entendu le Messager de Allah dire :
)) أكثر خطايا ابن ءادم من لسانه ((
ce qui signifie : « La plupart des péchés du fils de ‘Adam provient de sa langue ».
Cours général : Gardez-vous de consulter les devins
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie :
(( لا تأتوا الكُهَّان )) « Ne consultez pas les devins » [rapporté par Mouslim]. Les devins sont ceux qui s’occupent d’annoncer ce qui va avoir lieu dans le futur en se basant sur les jinn, l’observation des étoiles ou d’autres choses et sur diverses causes : par exemple en consultant les lignes de la main, la graisse de vache ou le livre Qour^atou l-‘Anbiya‘. Ils le font aussi en prenant une partie des grains d’un chapelet et en les comptant, disant sur un grain : (‘aqbil wa la takhaf) – viens et n’aie pas peur – et sur le grain suivant : (Youçouf ‘a^rid ^an hadha) – Youçouf détourne-toi de cela –. S’il finit sur (‘aqbil wa la takhaf), il dit que cette chose réussira. S’il finit sur (Youçouf ‘a^rid ^an hadha), il dit qu’elle ne réussira pas. Il informe alors la personne selon son avis de faire la chose qu’elle voulait faire ou de l’abandonner : un mariage, un voyage ou autre chose. Ou encore, il prend le Mous–haf, l’ouvre et compte jusqu’à sept lignes. S’il tombe sur une ‘ayah d’annonce de bonne nouvelle, il dit à la personne : cette chose réussira, fais-la. S’il tombe sur une ‘ayah de menace, il lui dit : détourne-toi de ça. De même, il arrive qu’il regarde dans le livre de Abou Ma^char Al-Falakiyy pour apprendre à la personne des choses à venir, après avoir décompté son nom et le nom de sa mère avec le compte des joummal (correspondance entre les lettres et les nombres).
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie :
(( من أتى عرافاً فسأله عن شيء لم تُقبل صلاته أربعين ليلة ))
« Celui qui consulte un devin et l’interroge sur quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée durant quarante nuits ». Le devin est celui qui informe sur ce qui est volé, ce qui est absent ou perdu, par exemple que le voleur a telle description, ou sur autre chose qui a eu lieu dans le passé. Ceci compte parmi les grands péchés. Celui donc à qui on a volé quelque chose ou qui a perdu quelque chose n’ira pas consulter ces gens-là mais se fiera à Allah en faisant ses recherches par les voies apparentes. En effet, s’il arrive une épreuve à un musulman, un vol d’argent ou une perte, et qu’il fait preuve de patience face à cette épreuve, il aura une grande récompense de la part de Allah. Mais si en revanche il va consulter un devin pour qu’il l’informe à sa manière, il s’est chargé d’un grand péché et sera châtié dans l’au-delà.
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie :
(( من تكهن أو تُكُهِّن لهُ أو سحر أو سُحِرَ لهُ فليس منَّا ))
« Celui qui fait appel à un devin ou pour qui un devin est consulté ou qui fait de la magie ou pour le compte de qui l’on fait de la magie, celui-là n’est pas des nôtres » [rapporté par Al-Tabaraniyy]. Ce hadith signifie que le devin qui prétend prédire l’avenir tout comme celui qui le lui demande, sont en contradiction avec la Loi du Messager. Il en est de même pour celui qui exerce la magie pour les gens et celui qui demande au magicien de lui en faire. La magie compte parmi les plus graves des péchés, que ce soit pour séparer deux personnes qui s’aiment comme des époux, pour faire aimer deux personnes comme une femme et un homme ou encore pour qu’une personne soit atteinte d’une maladie ou de folie, et ce par jalousie.
Quant au fait d’écrire quelque chose du Qour’an ou des noms de Allah pour entraîner l’amour entre les deux époux, cela n’est pas de la magie. Certaines catégories de magie sont de la mécréance, elle n’a lieu qu’en faisant de la mécréance. D’autres catégories ont lieu sans mécréance. Il est interdit de prendre de l’argent pour faire des prédictions de voyance ou de charlatanisme ou pour faire de la magie ; cet argent n’est pas licite pour celui qui l’a pris. Mais prendre de l’argent pour la récitation du Qour’an ou des noms de Allah sur un malade ou pour écrire un hirz qui contient du Qour’an ou des noms de Allah, c’est permis. Quiconque prétend être Chaykh alors qu’il fait de la magie, son péché est plus grave.
Parmi les choses qui sauvent la personne, c’est de lire chaque jour après l’aube et après le coucher du soleil :
بِسمِ اللهِ الَّذِي لاَ يَضُرّ مَعَ اسمِهِ شَيْءٌ فِي الأَرضِ وَلاَ فِي السَّمَاءِ وَهُوِ السَّمِيعُ العَليم
(Bismi l-Lahi l-ladhi la yadourrou ma^a smihi chay’oun fi l-‘ardi wa la fi s-sama‘i wahouwa s-sami^ou l-^alim) trois fois avec une bonne prononciation des mots et des lettres, celui-là sera protégé ce jour-là et cette nuit-là. Celui qui récite :
حَسْبِيَ اللهُ لاَ إِلَهَ إِلاَّ هُوَ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ وَهُوَ رَبُّ العَرشِ العَظِيم
(hasbiya l-Lahou la ‘ilaha il-la houwa ^alayhi tawakkaltou wahouwa rabbou l-^archi l-^adhim) sept fois, ceci aussi est profitable pour celui qui le récite après l’aube et après le coucher. Celui qui persévère là-dessus avec la bonne prononciation des lettres sera sauf de la magie et de ce qui est de cet ordre, par la volonté de Allah.