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Croyance : Les treize attributs de Allaah

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Les treize attributs de Allah

Il a été de l’habitude des savants, compositeurs d’ouvrages sur la science de la croyance, parmi les plus récents d’entre eux, de dire : « Le devoir personnel, rendu obligatoire pour chaque personne responsable, c’est-à-dire pubère et saine d’esprit, c’est de connaître parmi les attributs de Allah, treize attributs : l’existence, l’exemption de début, la non-ressemblance avec ce qui entre en existence, l’unicité, le non-besoin, l’exemption de fin, la puissance, la volonté, la vie, la science, la parole, l’ouïe et la vue. D’autre part, il lui est un devoir de savoir que ce qui contredit ces attributs est impossible s’agissant de Allah ».

Étant donné que ces attributs ont été mentionnés de nombreuses fois dans les textes de la Loi de l’Islam, les savants ont dit qu’il est un devoir de les connaître, par devoir personnel. Certains autres savants ont déclaré qu’il est un devoir de connaître vingt attributs. Ils ont ainsi exigé la connaissance supplémentaire de sept attributs de fait. Ils ont dit : « Et le fait qu’Il est ta^ala puissant, qu’Il veut, qu’Il est vivant, qu’Il sait, qu’Il parle, qu’Il entend et qu’Il voit ».

La première voie est jugée plus argumentée car on a su de la confirmation de la puissance au sujet de Allah le fait qu’Il est puissant, et de même pour le reste.

L’Existence (al-woujoud)

Sache, que Allah te fasse miséricorde, que Allah ta^ala existe éternellement sans début et éternellement sans fin. Son existence ta^ala n’a pas lieu par l’acte de faire exister de quelqu’un qui fait exister.

Il se trouve que certaines personnes ont désapprouvé l’expression (Allahou mawjoud) qui veut dire que Allah est existant, parce que (mawjoud) suit la forme grammaticale (maf^oul). La réponse, c’est que la forme (mawjoud) peut être employée pour qui ne subit pas l’action d’autrui, tout comme on dit : (Allahou ma^boud) c’est-à-dire : « Allah est adoré ». Or ceux-là ont cru qu’ils avaient un mot à dire dans la science de la langue arabe, mais ils ne sont pas comme ils ont pensé l’être.

Le grand linguiste, le commentateur du Qamous, AzZabidiyy, dans son livre Charhou l-‘Ihya a dit ce qui suit : « Al-Bari’ –Celui Qui crée– ta^ala est existant (mawjoud), il est donc valable selon la raison qu’Il soit vu ». Et Al-Fayyoumiyy, le linguiste, l’auteur de Al-Misbah a dit : « L’existant (al-mawjoud), c’est l’opposé de l’inexistant (al-ma^doum) ».

L’exemption de début (al-qidam)

L’exemption de début (al-qidam) est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah, dans le sens de l’existence de toute éternité et non dans le sens de l’antériorité de l’époque et du temps. Car les termes الْقَدِيم (Al-Qadim) et الأَزَلِيّ (Al-‘Azaliyy), lorsqu’ils sont employés au sujet de Allah, c’est dans le sens qu’il n’y a pas de début à Son existence. On dit donc Allah est أَزَلِيّ (‘azaliyy) –exempt de début–, Allah est قَدِيم (qadim) –exempt de début–. Lorsqu’ils sont employés au sujet de ce qui est créé, c’est dans le sens de l’antériorité de l’époque et du temps.

Allah ta^ala dit à propos de la lune :

[حَتَّى عَادَ كَالْعُرْجُونِ الْقَدِيم] [1]

(hatta ^ada ka l-^ourjouni l-qadim) ce qui signifie : « Jusqu’à ce qu’elle devienne comme un rachis de palme ancienne » ; et l’auteur de Al-Qamous a dit : « Les deux pyramides sont deux constructions anciennes (‘azaliyyan) en Egypte ».

Quant à la preuve rationnelle de Son existence de toute éternité, ta^ala, c’est que s’Il n’était pas exempt de début, cela impliquerait le fait qu’Il soit entré en existence. Il serait alors tributaire de qui l’au­rait fait entrer en existence. Ceci entraînerait le cycle ou l’enchaîne­ment sans début et tous deux sont impossibles selon la raison. Il est donc confirmé que le fait que Allah entre en existence est impossible et Son exemption de début est ainsi confirmée.

L’exemption de fin (al-baqa)

L’exemption de fin est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah, dans le sens qu’Il ne peut pas Lui advenir d’anéantissement. En effet, du fait que l’obligation de Son exemption de début est confirmée selon la raison, l’exemption de fin est donc obligatoire le concernant. En effet, s’il Lui était possible l’anéantis­sement, l’exemp­tion de début serait exclue à Son sujet. Il est donc, tabaraka wa ta^ala, Celui Qui est exempt de fin de par Sa réalité, rien hormis Lui n’est exempt de fin de par sa réalité. Quant au paradis et à l’enfer, leur exemption de fin n’est donc pas propre à leur réalité mais parce que Allah leur a voulu à tous deux l’éternité sans fin. L’anéantissement est donc possible selon la raison pour le paradis, du simple point de vue de sa réalité ; et de même, l’anéantissement est possible selon la raison pour l’enfer, du simple point de vue de sa réalité. [2]

L’ouïe (as-sam^)

C’est un attribut exempt de début, immuablement propre à Allah.

Il entend les sons par une ouïe exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas telle que notre ouïe, qui n’est pas par le biais d’une oreille ni d’un tympan. Aucune chose audible n’échappe à Son ouïe ta^ala, même si elle nous est dissimulée –à nous– et lointaine –de nous–, tout comme Il sait sans cœur. Quant à la preuve de l’obligation de l’ouïe s’agissant de Lui, selon la raison, c’est que s’Il n’avait pas pour attribut l’ouïe, Il aurait pour attribut la surdité or ceci est une imperfection s’agissant de Allah et l’imperfection Lui est impossible. Par conséquent, si quelqu’un dit qu’Il entend à l’aide d’une oreille, il aura fait preuve d’irréligion et aura mécru.

La vue (ar-rou’yah)

La vue est obligatoire, selon la raison, s’agissant de Allah ta^ala, c’est-à-dire la vision.

Il voit donc, d’une vision exempte de début et exempte de fin, toutes les choses visibles et Il Se voit Lui-même, sans rétine ni organe sensoriel, car les organes sensoriels font partie des attributs des créatures. La preuve que la vue est confirmée s’agissant de Lui, selon la raison, c’est que s’Il ne voyait pas, Il serait aveugle ; or la cécité est une imperfection s’agissant de Allah et l’imperfection Lui est impossible.

Quant à la preuve de l’ouïe et de la vue déduite à partir des textes, elle tient dans les ayah et les hadith, par exemple Sa parole ta^ala :

[وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِير] [3]

(wa houwa s-Sami^ou l-Basir) qui signifie : « Et Il est Celui Qui entend et Qui voit » et sa parole r dans l’énumération des noms parfaits de Allah :

(( السّميع البصير ))

(As-Sami^ou l-Basir) qui signifie : « Celui Qui entend, Celui Qui voit ». Ceci figure dans un hadith rapporté par At-Tirmidhiyy qui l’a jugé haçan.

 La parole (al-kalam)

La parole est un attribut exempt de début et exempt de fin par lequel Il parle, ordonne, interdit, promet et menace. Sa parole n’est pas comme la parole d’autres que Lui. Elle est exempte de début car Allah Lui-même est exempt de début et elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. Sa parole n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue.

Nous croyons fermement que Mouça a entendu la parole de Allah exempte de début, sans lettre, ni son, tout comme les croyants verront Allah dans l’au-delà, sans qu’Il soit une substance ou une caractéristique de substance ; en effet, la raison ne juge pas impossible l’audition de ce qui n’est ni lettre ni son.

Sa parole ta^ala, qui Lui est propre, n’est pas une parole composée de lettres se succédant les unes aux autres comme notre parole. Et si l’un d’entre nous récite la parole de Allah, sa récitation est faite de lettres et de sons, elle n’est pas exempte de début.

D’autre part, le nom « Qour’a» et les autres noms qui désignent les Livres révélés, ont deux emplois :

Ils sont employés d’une part pour désigner les termes descendus par révélation sur Mouhammad –et autres que lui– et d’autre part, pour désigner la parole propre à l’être de Allah, exempte de début, qui n’est ni lettre ni son, ni langue arabe ni aucune autre langue. Si l’on vise par ces noms la parole propre à l’être de Allah, elle est donc exempte de début, elle n’est ni de lettre ni de son. Et si l’on vise par ces noms, les termes révélés, alors certains sont en langue hébraïque et d’autres sont en langue syriaque. Ces langues ainsi que les autres langues n’existaient pas et Allah les a créées. Elles sont donc devenues existantes, alors que Allah ta^ala existe avant toute chose ; Il parle de toute éternité avant même leur existence et Il est ainsi sans changement après leur existence et Sa parole, qui est Son attribut, est exempte de début et de fin, c’est une parole unique. Et tous ces livres descendus sont des expressions qui indiquent cette parole propre à l’Être de Allah, exempte de début et de fin. En outre, Il n’est pas nécessaire du fait que l’expression ait un début que ce qu’elle indique ait aussi un début. Ne vois-tu pas que si nous écrivions sur un tableau ou un mur اللّه « Allah » et qu’on disait « ceci est Allah », cela signifierait-il que les formes de ces lettres tracées sont l’Être de Allah ? Personne de raisonnable ne se l’imaginerait. On en comprend seulement que ces lettres désignent Celui Qui a la divinité [4], Qui existe, Qui est adoré, Qui Crée toute chose. Mais malgré cela, on ne dit pas que le Qour’an est créé. Cependant, on explique dans les assemblées de science, que les termes révélés ne sont pas propres à l’Être de Allah mais qu’ils sont au contraire des créatures de Allah car ce sont des lettres qui se succèdent les unes aux autres et ce qui est ainsi a un début à son existence, c’est une créature, catégoriquement. Toutefois, ils ne sont l’œuvre ni d’un ange, ni d’un humain. Ce sont des expressions de la parole propre à Allah, qui n’est pas qualifiée d’être arabe, ni hébraïque ni syriaque. On emploie pour toutes ces significa­tions l’expression « la parole de Allah », c’est-à-dire que l’attribut de la parole propre à l’Être de Allah, on l’appelle « la parole de Allah » et les termes révélés qui en sont une expression, on les appelle aussi « la parole de Allah ».

Ce détail a, par ailleurs, été rapporté de Abou Hanifah, que Allah l’agrée, il fait partie des gens du Salaf puisqu’il a vécu une partie des cent premières années et qu’il est décédé en l’an cent cinquante de l’Hégire. Il a dit : « Et Allah parle sans organe ni lettres alors que nous, nous parlons avec des organes et des lettres ». Ainsi, il n’en est pas comme le disent les mouchab­bihah (que les gens du Salaf ne disaient pas que Allah parle d’une parole qui n’est pas de lettres et que ceci n’est qu’une innovation des Acharites). La parole attribuée à Abou Hanifah est un fait confirmé, elle est mentionnée dans l’une de ses cinq lettres, leur attribution jusqu’à lui a été confirmée en tant que sûre (sahih) par le Hafidh Mourtada AzZabidiyy dans son commen­taire sur le livre Ihya’ou ^Ouloumi d-Din.

D’autre part, les deux emplois –du terme Qour’an–relèvent tous deux du sens propre car le sens propre est soit du point de vue de la langue, soit du point de vue de la Loi de l’Islam, soit du point de vue de l’usage. Or employer le terme « Qour’an » pour désigner les termes révélés est un sens propre du point de vue de la Loi, il convient donc que cela se sache.

Pour faire un rapprochement d’idées, le mot اللّه (Allah) est une expression indiquant l’Être éternel exempt de début et exempt de fin. Lorsque nous disons : « Nous adorons Allah », c’est donc cet Être Qui est visé. Et si on écrivait ce mot et que quelqu’un demandait : « Qu’est-ce que c’est ? », on répondrait : « Allah », dans le sens que ces lettres indiquent cet Être exempt de début et exempt de fin, et non dans le sens que ces lettres seraient elles-mêmes l’Être Que nous adorons.

La volonté (al-‘iradah)

Sache que la volonté dans le sens du vouloir est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah ta^ala et c’est un attribut éternel exempt de début et exempt de fin par lequel Allah caractérise ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par un attribut à l’exclusion d’un autre, et par une époque à l’exclusion d’une autre. La preuve de l’obligation de la volonté s’agissant de Allah, c’est que s’Il n’avait pas de volonté, rien de ce monde n’existerait. En effet, l’existence du monde fait partie du possible rationnel. Son existence n’est donc pas obligatoire, du point de vue de sa réalité, selon le jugement rationnel. Le monde existe, par conséquent nous avons su qu’il n’a existé que par la spécification de Qui l’a spécifié par son existence et a fait prépondérer son existence sur son inexistence. Il est donc confirmé que Allah est un Être Qui a une volonté, un vouloir. De plus, cette volonté dans le sens du vouloir, chez les gens de la vérité, concerne les actes des esclaves dans leur totalité, que ce soit les bons ou les mauvais actes. Donc, tout ce qui entre en existence, que ce soit les actes de bien ou de mal, que ce soit une mécréance, un péché, ou une obéissance, c’est bien par le vouloir de Allah que tout cela a lieu et se produit et ceci est une perfection s’agissant de Allah ta^ala. Le fait que la toute-puissance et que la volonté englobent toute chose est digne de l’éminence de Allah. En effet, s’il arrivait dans ce qui Lui appartient quelque chose qu’Il ne veut pas, ce serait une preuve d’incapacité et l’incapacité est impossible s’agissant de Allah. Le vouloir est nécessairement conforme à la science, c’est-à-dire que ce qu’Il sait de toute éternité que cela entrera en existence, Il en veut l’entrée en existence, et ce qu’Il sait de toute éternité que cela n’existera pas, Il ne veut pas que cela existe.

De plus, la volonté n’est pas nécessairement conforme à Son ordre. La preuve en est que Allah ta^ala a ordonné à ‘Ibrahim d’égorger son fils ‘Isma^il mais Il n’a pas voulu que ‘Ibrahim le réalise.

Si quelqu’un dit : « Comment ordonne-t-Il une chose alors qu’Il ne veut pas qu’elle ait lieu ? », la réponse est donc la suivante : il se peut qu’Il ordonne ce qu’Il ne veut pas, tout comme Il sait qu’une chose a lieu de la part de l’esclave alors qu’Il lui interdit de la faire.

La toute-puissance (al-qoudrah)

La toute-puissance sur toute chose (koulli chay’) est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah ta^ala, ce qui est visé par le terme (chay’) ici, c’est tout ce qui est possible selon la raison. Ce qui est impossible selon la raison est donc exclu d’être concerné par la puissance car une impossibilité rationnelle n’accepte pas l’existence ; par conséquent, il n’est pas valable qu’elle soit l’objet de l’exercice de la puissance. Ibnou Hazm a contredit sur ce point. Il a dit en effet (Certes Allah ^azza wa jall est tout puissant à avoir un fils, car s’Il ne l’était pas, Il serait impuissant). Or ce qu’il a dit n’est pas une nécessité rationnelle car avoir un fils est une impossibilité rationnelle s’agissant de Allah et ce qui est impossible selon la raison n’est pas concerné par la toute-puissance. D’autre part, le fait que la puissance ne s’exerce pas sur quelque chose est dû :

(1) soit à son insuffisance à la réaliser, et ceci est valable s’agissant des créatures,

(2) soit au fait que cette chose n’accepte pas l’entrée en existence c’est-à-dire d’avoir un début à son existence, parce qu’elle est impossible selon la raison,

(3) soit au fait que cette chose n’accepte pas le néant parce qu’elle est obligatoire selon la raison.

Concernant ce qui est impossible selon la raison, le fait que cela n’accepte pas l’entrée en existence est claire. Quant à ce qui est obligatoire selon la raison, cela n’accepte pas l’arrivée de l’existence car son existence est éternelle exempte de début. Il y a une diffé­rence entre l’existence et l’entrée en existence. L’existence englobe l’existence qui est de toute éternité et la présence –l’existence qui arrive, a un début–. Quant à l’entrée en existence c’est la présence –l’existence qui arrive–. Par conséquent, ce qui est obligatoire selon la raison, c’est Allah et Ses attributs. Ainsi, Allah est un Être obligatoire selon la raison, Son existence est éternelle exempte de début et Ses attributs sont éternels exempts de début. On ne dit pas de Allah, ni d’aucun de Ses attributs (qu’Il est entré en existence) car leur existence est éternelle exempte de début. Ainsi notre parole « l’obligatoire selon la raison n’accepte pas l’entrée en existence » est correcte mais la compréhension des débutants dans la science de la croyance a du mal à la saisir. Mais pour ceux qui ont une certaine pratique, ce qu’elle vise est clair.

L’incapacité revient au premier cas, celui qui est impossible au sujet de Sa toute-puissance ta^ala [5], et ne revient pas au deuxième cas [6]. Par conséquent, il n’est pas permis de dire ni (que Allah est tout-puissant à réaliser ces choses-là), ni (qu’Il en est incapable). Un des savants a dit : tout comme on ne dit pas à propos d’une pierre ni (qu’elle est savante) ni (qu’elle est ignorante).

De cette façon, on répond à la parole de certains irréligieux qui disent : (Est-ce que Allah est tout-puissant à créer un dieu pareil à Lui ?). Il y a dans cette parole le fait de rendre possible une impossibilité rationnelle. La preuve en est que Allah est éternel exempt de début, s’Il avait un pareil, il serait lui aussi éternel exempt de début et l’éternel exempt de début n’est pas créé car il existe de toute éternité, comment alors ce qui existe de toute éternité serait-il créé !?

La science (al-^ilm)

Sache que la science de Allah est éternelle exempte de début tout comme Son Être est exempt de début. Il est de toute éternité un Être Qui sait Son Être, Ses attributs et ce qu’Il fait exister comme créatures. Il n’est pas caractérisé par le fait d’avoir des connaissances –une science qui advient– car s’il Lui était possible d’être caractérisé par des choses qui adviennent, cela exclurait l’exemption de début à Son sujet parce que ce qui est sujet aux choses qui adviennent est forcément quelque chose qui advient –qui a un début à Son existence–.

Quant aux ayah du Qour’an qui donnent l’impression d’un renouvellement des connaissances concernant Allah ta^ala, par exemple Sa parole ta^ala :

[الآنَ خَفَّفَ اللهُ عَنْكُمْ وَعَلِمَ أَنَّ فِيكُمْ ضَعْفاً] [7]

(‘al-‘ana khaffafa l-Lahou ^ankoum wa ^alima ‘anna fikoum da^fa) qui signifie : « Et maintenant Allah vous allège votre charge car Il sait de toute éternité qu’il y a en vous une faiblesse », ce n’est pas ce sens là qui est visé. Et Sa parole :

[وَعَلِمَ]

(wa ^alima) qui signifie : « car Il sait » ne revient pas à Sa parole :

[الآنَ]

(‘al-‘ana) qui signifie : « maintenant ». La signification est donc qu’Il vous allège, ta^ala, votre charge maintenant parce qu’Il sait par Sa science qui prime sur toute chose de toute éternité qu’il y a parmi vous une faiblesse.

De même Sa parole ta^ala :

[وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتَّى نَعْلَمَ الْمُجَاهِدِينَ مِنْكُمْ وَالصَّابِرِينَ] [8]

(wa lanablouwannakoum hatta na^lama l-moujahidina minkoum wa ssabirin) Ceci signifie « Nous vous éprouvons de sorte à faire distinguer c’est-à-dire à manifester aux créatures qui fait le jihad et fait preuve de patience contrairement aux autres alors que Allah le sait de toute éternité », tout comme l’a rapporté Al-Boukhariyy d’après Abou ^Oubaydah Ma^mar Ibnou l-Mouthanna. Ceci est similaire à Sa parole ta^ala :

[لِيَمِيزَ اللَّهُ الْخَبِيثَ مِنَ الطَّيِّبِ] [9]

(liyamiza l-Lahou l-khabitha mina ttayyib) qui signifie : « Pour que Allah manifeste à Ses esclaves qui est mauvais parmi eux et qui est bon parmi eux ».

La vie (al-hayat)

La vie est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah ta^ala. Il est donc vivant, non pas comme les créatures vivantes car Sa vie est exempte de début et exempte de fin, elle n’est pas d’âme et de sang.

La preuve de l’obligation de Sa vie, c’est l’existence de ce monde. En effet, s’Il n’était pas vivant, rien de ce monde n’existerait. Or, l’existence de ce monde est confirmée par la perception sensorielle et par l’évidence, sans aucun doute.

L’unicité (al-wahdaniyyah)

La signification de l’unicité est qu’Il n’est pas un être composé de parties, Il n’y a donc pas un être tel que Lui, et rien d’autre que Lui n’a un attribut semblable au Sien ou un acte semblable au Sien. Et ce qui est visé par Son unicité n’est pas l’unité des nombres car l’unité des nombres a une moitié et des parties aussi. Ce qui est visé, c’est bien qu’Il n’a pas de similaire.

La preuve rationnelle de Son unicité est qu’il est indispensable que Celui Qui crée l’univers soit vivant, tout-puissant, ayant une science, une volonté et un choix. Comme il a été confirmé que Celui Qui crée l’univers a pour attribut ce que nous avons cité, nous disons : si le monde avait deux créateurs, il serait obligatoire selon la raison que chacun d’eux soit vivant, tout-puissant, ayant une science, une volonté et un choix. Or il est possible selon la raison à deux êtres ayant le choix qu’ils divergent dans leurs choix car chacun d’entre eux n’est pas obligé d’être en accord avec l’autre dans son choix, sinon ils seraient contraints et celui qui est contraint ne peut avoir la divinité. Par conséquent, si cela était valable, si l’un des deux voulait l’opposé de ce que veut l’autre pour une même chose, comme si l’un voulait la vie pour un homme et que l’autre voulait sa mort, il n’en irait pas autrement que leurs deux volontés se réalisent, ou que leurs deux volontés ne se réalisent pas ou que la volonté de l’un se réalise et non celle de l’autre. Il est impossible selon la raison que leurs deux volontés se réalisent du fait de leur contradiction mutuelle, c’est-à-dire que si l’un deux voulait qu’un homme vive et que l’autre voulait qu’il meure, il serait impossible que cet homme soit vivant et mort en même temps. Si leurs deux volontés ne se réalisent pas, ils sont tous les deux impuissants. Enfin, si la volonté de l’un d’eux se réalise et celle de l’autre ne se réalise pas, alors celui dont la volonté ne se réalise pas est impuissant et celui qui est impuissant ne peut avoir la divinité et ne peut être exempt de début. Cette preuve est connue chez les croyants en l’unicité de Dieu et elle est appelée la preuve de l’incompati­bilité mutuelle.

Allah ta^ala dit :

[لَوْ كَانَ فِيهِمَا آلِهَةٌ إِلاَّ اللهُ لَفَسَدَتَا] [10]

(law kana fihimaalihatoun ‘il-la l-Lahou lafaçadata) ce qui signifie : « S’il y avait [pour les cieux et les terres] des dieux hormis Allah, [les cieux et les terres] seraient certes en discordance ».

Le non-besoin (al-qiyamou bin-nafs)

Sache que la signification de Son non-besoin, c’est le fait qu’Il se passe de tout ce qui est autre que Lui. Il n’a donc pas besoin de qui Le caractérise par l’existence car le besoin d’autrui contredit Son exemption de début et l’obligation de Son exemption de début et de Son exemption de fin a été confirmée auparavant.

La différence avec ce qui entre en existence
(al-moukhalafatou lil-hawadith)

Il est obligatoire s’agissant de Allah ta^ala qu’Il soit différent de ce qui entre en existence dans le sens qu’Il n’a de ressemblance avec aucune de Ses créatures. Il n’est donc pas une substance (jawhar) occupant un endroit, ni quelque chose qui advient à un corps (^arad). La substance (al-jawhar), c’est ce qui a une localisation et une existence confirmée par sa propre réalité, comme les corps. La caractéristique d’une substance (al-^arad), c’est ce qui a une existence qui n’est pas confirmée par sa propre réalité mais par la réalité d’autre qu’elle –la substance qu’elle caractérise–, comme par exemple le mouvement, l’immobilité, le contact, la séparation, les couleurs, les goûts et les odeurs. Pour cette raison, l’Imam Abou Hanifah a dit : « Comment Celui Qui crée aurait-Il une ressemblance avec ce qu’Il crée ». Abou Soulayman Al-Khattabiyy a dit : « Ce qu’il est un devoir de connaître, en vertu d’un devoir qui nous incombe ainsi qu’à tout musulman, c’est que notre Seigneur n’est pas un être ayant une image ni une forme. En effet, l’image implique le comment et le comment est exclu s’agissant de Allah et de Ses attributs » [11].

Il arrive cependant que le terme (kayfiyyah) [12] soit employé dans le sens de la réalité, comme dans la parole d’un des savants :

La réalité (kayfiyyah) de l’homme, l’homme ne la cerne pas.

Que dire alors de la réalité (kayfiyyah) de Al-Jabba[13] qui est éternelle, exempte de début

Ce qu’il a visé ici, c’est la réalité (al-haqiqah). Ce vers de poésie a été cité par AzZarkachiyy, Ibnou l-Jawziyy et d’autres encore.

Abou Ja^far AtTahawiyy a dit : « Si quelqu’un qualifie Allah par l’une des significations des humains, certes il est devenu mécréant ». Or il fait partie des gens du troisième siècle, il est donc concerné par le hadith :

(( خَيْرُ الْقُرُونِ قَرْنِي ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ثُمَّ الَّذِينَ يَلُونَهُمْ ))

(khayrou l-qourouni qarni thoumma l-ladhina yalounahoum thoumma l-ladhina yalounahoum) qui signifie : « Les meilleurs des gens sont ceux de mon siècle [14], puis ceux qui viendront dans le suivant, puis ceux qui viendront dans le suivant ».

Les attributs de Allah sont tous
des attributs de perfection

Les attributs de Allah sont exempts de début et exempts de fin parce que Allah est un Être exempt de début, ainsi aucun attribut qui n’est pas Sien de toute éternité ne Lui advient. Quant aux attributs des créatures, ce sont des choses qui adviennent, qui acceptent l’évolution d’un état complet à un état plus complet, par conséquent, il n’arrive pas de renouvellement à la science de Allah ta^ala. Allah ta^ala crée toute chose selon Sa science éternelle, par Sa toute-puissance éternelle et Son vouloir éternel. Ainsi, le passé, le présent et le futur, Allah les sait complètement par Sa science qui est éternelle exempte de début.

Quant à Sa parole ta^ala :

[وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ حَتَّى نَعْلَمَ الْمُجَاهِدِينَ مِنْكُمْ وَالصَّابِرِينَ] [15]

(wa lanablouwannakoum hatta na^lama l-moujahidina minkoum wa ssabirin) qui signifie : « Nous vous éprouvons de sorte à faire distinguer c’est-à-dire à manifester aux créatures qui fait le jihad et fait preuve de patience contrairement aux autres alors que Allah le sait de toute éternité », elle ne veut pas dire qu’Il saura ceux qui font le jihad après ne pas en avoir eu connaissance par le moyen de l’examen et de l’évaluation. Ceci est impossible au sujet de Allah ta^ala. Le sens de cetteayah est bien : « afin de montrer aux esclaves de Allah quels sont ceux parmi vous qui font le jihad et ceux qui font preuve de patience par rapport aux autres ».

Et devient mécréant celui qui dit que Allah acquiert de nouvelles connaissances. Les attributs de Allah ta^ala sont tous des attributs de perfection. Allah ta^ala dit :

[وَلِلَّهِ الأَسْمَاءُ الْحُسْنَى] [16]

(wa li l-Lahi l-‘asma’ou l-housna) ce qui signifie : « À Allah les noms parfaits ».

Allah ta^aladit :

[وَلِلَّهِ الْمَثَلُ الأَعْلَى] [17]

(wa li l-Lahi l-mathalou l-‘a^la) ce qui signifie : « Allah a les attributs qui ne sont pas pareils aux attributs d’autres que Lui ».

Il est donc impossible s’agissant de Lui, ta^ala, toute imperfection.

Quant à Sa parole ta^ala :

[وَمَكَرُوا وَمَكَرَ اللهُ وَاللهُ خَيْرُ الْمَاكِرِينَ] [18]

(wa makarou wa makara l-Lahou wa l-Lahou khayrou l-makirin) elle signifie : « Ils rusent et Allah rétribue leur ruse d’un châtiment venant d’où ils ne s’y attendent pas » ; (al-makr) de la part des créatures est une perfidie et une tromperie pour faire parvenir la nuisance à autrui en utilisant une ruse. De la part de Allah, c’est la rétribution des perfides par le châtiment d’une manière à laquelle ils ne s’attendaient pas. En d’autres termes, Allah est plus puissant que tout perfide pour faire parvenir la nuisance aux perfides en rétribution de leur perfidie. Ainsi, (al-makr) dans le sens de la perfidie est impossible s’agissant de Allah.

Il en est de même pour Sa parole ta^ala :

[اللهُ يَسْتَهْزِئُ بِهِمْ] [19]

(Allahou yastahzi’ou bihim), elle signifie : « Allah les rétribue pour leur moquerie » [20].

Sache aussi que les savants ont dit : « Nous croyons en la confirmation de ce qui nous est parvenu dans le Qour’an et les hadith sahih, par exemple (al-wajh), (al-yad), (al-^ayn), (ar-rida), (al-ghadab) et autres, comme étant des attributs que Allah sait et non pas en considérant que ce sont des organes ou des humeurs comme nos mains, nos visages, nos yeux et notre colère ».

Les organes sont impossibles s’agissant de Allah en raison de Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ] [21]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » et à Sa parole :

[وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُوًا أَحَدٌ[22]

(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad) qui signifie : « Et Il n’a aucun équivalent ».

Ils ont dit : s’Il avait un (^ayn) dans le sens de l’organe et du corps –un œil–, Il aurait non pas un pareil mais de très nombreux pareils  et Il Lui serait possible tout ce qui est possible à ce qui reçoit l’existence, la mort, l’anéantissement, le changement, l’évolution. Cela revien­drait à s’affranchir de ce qu’implique la preuve rationnelle sur l’impossibilité du changement et du passage d’un état à un autre état s’agissant de Allah.

De plus, il n’est pas valable de délaisser la raison car la Loi de l’Islam n’amène que ce que la raison saine accepte. La raison est en effet témoin de la validité de la Loi de l’Islam. La raison juge que le corps ainsi que les états qui arrivent aux corps ont un début à leur existence sans aucun doute et qu’ils ont besoin de Qui les fait entrer en existence. Cela implique que celui qui a ces attributs-là a besoin d’un créateur et la divinité n’est pas valable pour celui qui a besoin d’autrui. En effet, les preuves rationnelles que ce monde a un début sont d’une part l’arrivée de caractéristiques qu’il n’avait pas et d’autre part le changement d’un état à un autre.


[1] [souratou Ya Sin / 39]

[2] mais le paradis et l’enfer ne s’anéantiront pas car Allah ta^ala a annoncé qu’ils resteront éternellement sans fin ; leur anéantissement est donc une impossibilité rationnelle selon la Loi car Allah ta^ala ne ment pas.

[3] [souratou ch-Choura / 11]

[4] Al-‘ilah –le dieu– c’est l’Être qui a (al-‘oulouhiyyah) –la divinité–, la divinité étant la toute-puissance à créer. Seul Allah a la divinité.

[5] le fait que la puissance ne s’exerce pas sur quelque chose en raison de son insuffisance à la réaliser.

[6] le fait que la puissance ne s’exerce pas sur l’impossibilité rationnelle et l’obligatoire rationnel.

[7] [souratou l-‘Anfal / 66] Le sens qui vient communément à l’esprit, et qui n’est pas à retenir, de cette ‘ayah serait (que Allah a su maintenant qu’il y a en eux une faiblesse). Cela voudrait dire que la science de Allah changerait avec le temps et ceci est impossible s’agissant de Lui.

[8] [souratou Mouhammad / 31] Le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir de cette ‘ayah serait (que Allah nous met à l’épreuve pour savoir qui d’entre nous patiente). Cela voudrait dire que la science de Allah changerait avec le temps et ceci est impossible s’agissant de Lui.

[9] [souratou l-‘Anfal / 37] Le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir de cette ‘ayah serait (que Allah n’aurait pas su qui est mauvais et qui est bon et qu’il aurait fait cela pour le savoir).

[10] [souratou l-‘Anbiya/ 22]

[11] Rapporté par Al-Bayhaqiyy dans son livre Al-‘Asma‘ou wa sSifat.

[12] Parmi les sens possibles de (al-kayfiyyah) il y a « le comment » et c’est dans ce sens qu’on l’a traduit dans la parole de Soulayman Al-Khattabiyy citée plus haut. Mais ici le terme (kayfiyyah) signifie la réalité.

[13] Al-Jabbar : Celui Qui comble les besoins de Ses créatures.

[14] Le sens visé par le terme (qarn), c’est le siècle –cent ans–, tout comme l’a dit le Hafidh Abou l-Qacim Ibnou ^Açakir dans son livre Tabyinou Kadhibi l-Mouftari qu’il a composé pour la défense de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée

[15] [souratou Mouhammad / 31]

[16] [souratou l-‘A^raf / 180]

[17] [souratou n-Nahl / 60]

[18] [souratouAli ^Imran / 54]

[19] [souratou l-Baqarah / 15]

[20] Le sens qui vient communément à l’esprit de la ‘ayah et qu’il ne faut pas retenir est (que Allah se moquerait d’eux), ce qui voudrait dire l’attribution d’une humeur à Allah et ceci est impossible car Il est exempt d’être sujet aux humeurs –en effet cela implique le changement et Allah ne change pas–.

[21] [souratou ch-Choura / 11]

[22] [souratou l-‘Ikhlas / 4]

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Croyance : Allaah existe sans endroit – Hadiith de la femme esclave

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

L’exemption de Allah de l’endroit et la validation
de Son existence sans endroit selon la raison

Allah ta^ala n’a pas besoin des mondes, c’est-à-dire qu’Il se passe de tout ce qui est autre que Lui éternellement sans début et sans fin. Il n’a donc pas besoin d’un endroit où se tenir, ni de quelque chose pour s’y incarner, ni d’une direction car Il n’est pas tel que la créature. Il n’est ni un corps palpable ni un corps impalpable et la localisation est un attribut des corps palpables et impalpables. Par conséquent, le corps palpable, aussi bien que le corps impalpable, est localisé dans une direction et un endroit. Allah ta^ala dit :

[وهو الذي خَلقَ الليلَ والنهارَ والشمسَ والقمرَ كلٌّ في فلكٍ يَسبَحون[1]

(wahouwa l-ladhi khalaqa l-layla wa n-nahara wa ch-chamsa wa l-qamara koulloun fi falakin yasbahoun) ce qui signifie : « C’est Lui Qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, tous se déplacent dans une orbite ». Allah a donc confirmé pour chacune de ces quatre créatures la loca­lisation dans son orbite, qui est la trajectoire de leurs mouvements.

Il suffit de preuve à l’exemption de Allah de l’endroit, de la localisation et de la direction, Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء] [2]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». En effet, s’Il était dans un endroit, Il aurait des semblables et des dimensions : hauteur, largeur et profondeur, et ce qui est ainsi est entré en existence et nécessite Qui l’a limité par cette hauteur, cette largeur et cette profondeur. Ceci est la preuve à partir du Qour’an.

Tandis que dans le hadith, c’est ce qu’ont rapporté Al-Boukhariyy, Ibnou l-Jaroud et Al-Bayhaqiyy avec une forte chaîne de transmission (sahih), que le Messager de Allah r a dit :

(( كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ ))

(kana l-Lahou wa lam yakoun chay’oun ghayrouh) ce qui signifie : « Allah est exempt de début alors que rien d’autre que Lui n’est exempt de début ». Ceci signifie que Allah existe de toute éternité et qu’il n’y a, de toute éternité, rien avec Lui : ni eau, ni air, ni terre, ni ciel, ni Piédestal, ni Trône, ni homme, ni jinn, ni ange, ni temps, ni endroit. Il est donc ta^ala existant avant l’endroit, sans endroit. Il est Celui Qui a créé l’endroit, Il n’en a donc pas besoin. C’est ce qui est tiré du hadith précédemment cité.

Al-Bayhaqiyy a dit dans son livre Al-‘Asma‘ou wa sSifat : « Certains de nos compagnons ont argumenté Son exemption de l’endroit, par la parole du Prophète r :

(( أَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىْءٌ وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىْءٌ ))

(‘anta dhdhahirou falayça fawqaka chay’ ; wa ‘anta l-batinou falayça dounaka chay’) qui signifie : « Tu es (AdhDhahir) Celui Dont toute chose prouve l’existence, rien n’est donc au-dessus de Toi ; et Tu es (Al-Batin) Celui Qui sait les choses cachées, rien n’est donc en dessous de Toi » et s’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui, Il n’est donc pas dans un endroit » Fin de citation.

Il y a aussi dans ce hadith une réplique à ceux qui déclarent la direction à Son sujet ta^ala. De plus, ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Allah est exempt de début et aucun endroit n’est exempt de début et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » rapporté par Abou Mansour Al-Baghdadiyy.

D’autre part, l’axe fondamental de la croyance ne repose pas sur l’illusion mais bien sur ce qu’implique la raison correcte et saine qui témoigne de la validité des bases de la croyance. En effet, celui qui est limité a besoin de Qui l’a limité par cette limite, et il n’est donc pas possible qu’il ait la divinité.

Tout comme a été confirmée l’existence de Allah ta^ala sans endroit ni direction, avant la création des endroits et des directions, de même est confirmée Son existence après la création des endroits, sans endroit ni direction. Ceci ne constitue pas un reniement de Son existence ta^ala comme le prétendent les mouchabbihah et les wahhabites, ceux qui, dans cette époque, appellent les gens à croire que Allah est un corps.

Le jugement de celui qui dit : (‘inna l-Laha ta^ala fi koulli makan) c’est à dire : (certes, Allah ta^ala est partout) ou (‘inna l-Laha ta^ala fi jami^i l-‘amakin) c’est à dire : (certes, Allah est dans tous les endroits), c’est de le juger mécréant s’il comprend de cette expression que Allah par Son Être se propage ou qu’Il occupe des endroits. Mais s’il comprend de cette expression qu’Il est tout puissant, ta^ala, sur toute chose et qu’Il sait tout, il ne devient pas mécréant. C’est d’ailleurs, ce que vise beaucoup de ceux qui tiennent ces deux propos. Il est un devoir de leur interdire ces expressions dans tous les cas car elles ne viennent pas des gens du Salaf mais plutôt des mou^tazilah et elles ont ensuite été utilisées par les ignorants des gens du commun.

D’autre part, nous levons les mains vers le ciel pendant nos invocations car c’est du ciel que descendent les miséricordes et les bénédictions et non pas parce que Allah existerait dans le ciel, tout comme nous nous orientons vers la Ka^bah honorée dans la prière car Allah ta^ala nous l’a ordonné et non pas parce qu’elle aurait le privilège et la particularité que Allah y habiterait.

Devient mécréant celui qui croit à la localisation au sujet de Allah ta^ala, ou qui croit (que Allah serait quelque chose comme l’air ou la lumière qui remplirait un endroit, une pièce ou une mosquée). On réplique à ceux qui croient (que Allah serait localisé dans la direction du haut et disent que ce serait donc pour cela qu’on lèverait les mains lors des invocations) par ce qui a été confirmé du Messager, qu’il a fait l’istisqa, c’est-à-dire la demande de la pluie, en orientant les paumes de ses mains vers le sol et leur dos vers le ciel. Il disait aussi r à celui qui fait la prière de ne pas lever la tête vers le ciel. Si Allah était localisé dans la direction du haut comme le pensent les mouchabbihah, il ne nous aurait pas dit de ne pas lever le regard dans la prière vers le ciel ! Il levait aussi r son doigt, l’index, lors de la prononciation de (‘il-la l-Lah) dans les tahiyyat en l’inclinant légè­rement. Ainsi, s’il en était comme le disent les mouchabbihah, il ne l’aurait pas incliné mais l’aurait plutôt levé vers le ciel. Et tout cela est confirmé en tant que hadith chez les savants du hadith. Que vont faire les mouchabbihah et les wahhabites maintenant ?! D’autre part, nous appelons les mosquées des maisons de Allah (baytou l-Lah) non pas parce que Allah y habiterait mais parce qu’elles sont des endroits réservés à l’évocation de Allah et à Son adoration. Et on dit au sujet du Trône qu’il est un corps que Allah a créé pour que les anges fassent des tours rituels tout autour, comme les croyants sur terre font les tours rituels autour de la Ka^bah.

De même, devient mécréant celui qui dit : (Allahou yaskounou qoulouba ‘awliya’ih) ce qui signifie : (Allah habite le cœur des saints) s’il comprend par cela l’incarnation.

Par ailleurs, le but de l’Ascension (al-mi^raj), ce n’est pas que le Messager parvienne à un endroit où Allah ta^ala serait localisé, celui qui croit à cela est devenu mécréant. L’objectif de l’Ascension est d’honorer le Messager r en lui donnant à connaître les choses surprenantes du monde céleste, de magnifier son degré et de lui accorder de voir l’Être glorifié avec son cœur, sans que l’Être soit dans un endroit ; en revanche l’endroit est pour le Messager.

Quant à Sa parole ta^ala :

[ثُمَّ دَنَا فَتَدَلَّى فَكَانَ قَابَ قَوْسَيْنِ أَوْ أَدْنَى] [3]

(thoumma dana fatadalla fakana qaba qawsayni ‘aw ‘adna) ce qui signifie : « Ensuite il s’est rapproché et il fut à deux coudées ou moins ». Celui dont il s’agit dans cette ayah, c’est Jibril ^alayhi s-salam, puisque le Messager r l’a vu à La Mecque à un endroit appelé ‘Ajyad, il avait six cents ailes. Son corps immense cachait l’horizon. Il l’a vu une autre fois à Sidratou l-Mountaha, tout comme Allah ta^ala dit :

[وَلَقَدْ رَآهُ نَزْلَةً أُخْرَى عِنْدَ سِدْرَةِ الْمُنْتَهَى] [4]

(wa laqad ra’ahou nazlatan ‘oukhra ^inda sidrati l-mountaha) ce qui signifie : « Et il l’a vu une autre fois, là où se trouve Sidratou l-Mountaha ».

Quant à ce qui figure dans le Sahih de Mouslim, qu’un homme est venu auprès du Messager de Allah r et l’a interrogé à propos d’une esclave à lui, il aurait dit –selon cette version– : « J’ai dit : Ô Messager de Allah, si je l’affranchissais? ». Il lui a alors répondu :

 )) اِئتِنِي بهَا ((

(itini biha) ce qui signifie : « Fais-la venir ».

Il la fit venir auprès de lui et le Messager lui dit alors :

)) أَيْنَ الله ((

(‘ayna l-Lah ?) Elle a répondu :

)) فِي السَّمَاءِ ((

(fi s-sama). Il lui a dit :

)) مَنْ أَنَا ((

(man ‘ana) ce qui signifie : « Qui suis-je ? » Elle a dit :

)) أنت رسول الله ((

(‘anta raçoulou l-Lah) ce qui signifie : « Tu es le Messager de Allah ». Il dit :

)) أَعْتِقْها فإنّها مؤمنة ((

(‘a^tiqha fa’innaha mou’minah) ce qui signifie : « Affranchis-la, elle est certes croyante ».

Ce hadith n’est pas sahih pour deux raisons : pour l’idtirab [5] car il a été rapporté avec ces termes et avec l’expression : (( مَن ربُّكِ )) (man rabbouki ?) ce qui signifie : « Qui est ton Seigneur ? » elle a dit « Allah » ; et avec les termes : (( أَيْنَ الله )) (‘ayna l-Lah) elle a alors pointé le doigt vers le ciel ; et avec les termes :

(( أتشهدين أن لا إله إلاّ الله))

(‘atach-hadina ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah ?) ce qui signifie : « Témoignes-tu qu’il n’est de dieu que Allah ? » elle a dit : « oui », il a dit :

(( أتشهدين أنّي رسول الله))

(‘atach-hadina ‘anni raçoulou l-Lah ?) ce qui signifie : « Témoignes-tu que je suis le messager de Allah ? » elle a dit « oui ».

La deuxième raison : la version dans laquelle il est dit : (‘ayna l-Lah) est contraire aux fondements de la croyance, car parmi les fondements de la Chari^ah il y a qu’un individu n’est pas jugé musulman sur sa parole (Allahou fi s-sama) car cette parole est commune aux juifs, aux chrétiens et à d’autres qu’eux. Le fondement connu dans la Chari^ah de Allah, c’est celui qui se trouve dans le hadith moutawatir :

(( حتّى يشهدوا أن لا إله إلاّ الله وأنّي رسول الله ))

(hatta yach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wa ‘anni raçoulou l-Lah) dont on comprend que l’entrée en Islam a lieu par la prononciation des deux témoignages.

Les termes de la version de Malik (( أتشهدين )) (‘atach-hadina) sont conformes aux fondements de la Loi.

Si quelqu’un dit (Comment la version de Mouslim ((‘ayna l-Lah) et elle a répondu (fi s-sama) jusqu’à la fin du hadith) serait-elle rejetée alors que Mouslim l’a rapportée dans son livre et tout ce que Mouslim a rapporté est sensé être sûr ?) La réponse est que les savants du hadith ont rejeté un certain nombre de hadith de Mouslim, les Mouhaddith les ont cités dans leurs livres, par exemple le hadith dans lequel (le Messager aurait dit à un homme (‘inna ‘abi wa ‘abaka fi n-nar) ce qui signifie : (Certes, mon père et ton père iront en enfer)) et le hadith dans lequel (il aurait dit qu’il sera donné à chaque musulman au Jour du jugement (fida’an lahou mina l-yahoudi wa n-nasara)) et de même le hadith de ‘Anas dans lequel (il aurait dit : (J’ai fait la prière derrière le Messager de Allah, ^Oumar et AbouBakr et ils ne récitaient pas (Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim)). Le premier a été jugé faible (da^if) par le Hafidh As-Souyoutiyy, le deuxième a été rejeté par Al-Boukhariyy et le troisième a été jugé faible (da^if) par Ach-Chafi^iyy et par un certain nombre de hafidh.

Le hadith de la femme esclave, selon le sens apparent, est infondé pour son opposition avec le hadith moutawatir précédemment cité. Or, le texte qui contredit le moutawatir est infondé s’il n’accepte pas d’interpré­tation. Les mouhaddith et les savants spécialistes des fondements de la croyance ont été en accord à ce sujet. Mais certains savants l’ont interprété selon le sens suivant : ils ont dit que (‘ayna l-Lah) signifie l’interrogation sur sa glorification de Allah et que sa réponse (fi s-sama) signifie qu’Il est plus puissant que tout autre et sait plus que tout autre. Quant à en retenir le sens apparent, c’est-à-dire que Allah habiterait le ciel, c’est faux et rejeté. Il a été établi dans la science de la terminologie du hadith que ce qui contredit le texte moutawatir est faux s’il n’accepte pas d’interprétation ; or ici le sens apparent est clairement faux car effectivement il signifierait qu’un mécréant qui dirait (Allahou fi s-sama) serait jugé croyant.

Quant aux mouchabbihah, ils ont retenu le sens qui vient communément à l’esprit, ils se sont ainsi égarés et leur parole : (Nous interprétons la parole (fi s-sama) par le fait que Allah est au-dessus du Trône) ne les sauve pas de l’égarement. Par conséquent, ils auront ainsi confirmé à Son sujet un semblable qui serait l’écrit dans lequel Allah a fait écrire :

[إنّ رَحْمَتِي سَبَقَتْ غَضَبِي]

(‘inna rahmati sabaqat ghadabi) ce qui signifie : « Certes, les manifesta­tions de Ma volonté de faire miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier », cet écrit se trouvant au-dessus du Trône. Ils auront ainsi confirmé la similarité entre Allah et ce livre car leur croyance impliquerait que Allah et cet écrit seraient tous deux établis au-dessus du Trône. Ils auront ainsi démenti la parole de Allah ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Selon cette croyance qui est la leur, Allah ferait nécessairement face au Trône, de la taille du Trône ou plus large que lui ou plus petit. Or, tout ce qui est quantifié a forcément un début à son existence et besoin de Qui l’a fait selon cette taille. Or il n’y a aucune correspon­dance entre le Trône et Allah tout comme il n’y a aucune correspondance entre Allah et l’une de Ses créatures. De plus, Allah n’augmente pas en honneur grâce à l’une de Ses créatures et Il ne tire aucun profit de l’une d’entre elles. Plus encore, la parole des mouchabbihah (que Allah est assis sur le Trône) est une insulte à l’encontre de Allah car le fait de s’asseoir fait partie des caractéristiques des humains, des animaux, des jinn et des insectes. Toute signification parmi les significations des humains, si Allah en était qualifié, serait une insulte à l’égard de Allah. Le Hafidh, Faqih et linguiste Mourtada AzZabidiyy a dit : « Celui qui considère que Allah est quantifié par une quantité a mécru » car il aura considéré que Allah a une quantité et un volume, alors que le volume et la quantité impliquent obligatoirement le début à l’existence. Or comment a-t-on su que l’existence du soleil a un début et que le soleil est créé grâce au jugement rationnel, si ce n’est par le fait que le soleil a un volume ?! Si Allah avait un volume, Il serait semblable au soleil dans le fait d’avoir un volume et s’Il était ainsi Il ne mériterait pas d’être adoré. Par conséquent, si un adorateur du soleil demandait aux mouchabbihah une preuve rationnelle que la divinité est pour Allah et qu’elle n’est pas valable pour le soleil, ils n’en auraient pas. Au plus, ils pourraient dire : Allah ta^ala dit :

[الله خالق كلّ شيء]

(Allahou khaliqou koulli chay’) ce qui signifie : « Allah est Celui Qui crée toute chose ». S’ils disaient cela à l’adorateur du soleil, il leur répondrait : (moi, je ne crois pas en votre livre, donnez-moi une preuve rationnelle que le soleil ne mérite pas la divinité). Là, ils se tairaient.

Ainsi, il n’existe rien de vivant au-dessus du Trône, mais il y a un livre au-dessus du Trône dans lequel il est écrit :

[إنّ رَحْمَتِي سَبَقَتْ غَضَبِي]

(‘inna rahmati sabaqat ghadabi) c’est-à-dire que les manifestations de la volonté de faire miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de la volonté de châtier. Les anges sont une des manifestations de la volonté de faire miséricorde, ils sont plus nombreux que les gouttes de pluie et les feuilles des arbres. Le paradis est aussi une manifestation de la volonté de faire miséricorde et il est plus grand que l’enfer des milliers de fois.

Le fait que ce livre se trouve au-dessus du Trône est confirmé. Le hadith qui le prouve a été rapporté par Al-Boukhariyy et An-Naça’iyy dans As-Sounanou l-Koubra et d’autres qu’eux. La version de Ibnou Hibban est :

)) لمّا خلق الله الخلق كتب في كتاب يكتبه على نفسه وهو موضوع فوق العرش إنّ رحمتي تغلب غضبي (( 

(lamma khalaqa l-Lahou l-khalqa kataba fi kitabin yaktoubouhou ^ala nafsihi wahouwa mawdou^oun fawqa l-^archi : ‘inna rahmati taghlibou ghadabi) ce qui signifie : « Lorsque Allah a créé le monde, Il a fait écrire un écrit dans lequel il y a Sa promesse et qui se trouve au-dessus du Trône : certes les manifestations de Ma volonté de faire miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Ma volonté de châtier ».

Si quelqu’un essaye d’interpréter (fawqa) par (douna), il lui est dit : l’interprétation des textes (ta’wil) n’est permise qu’avec une preuve textuelle confirmée ou une preuve rationnelle catégorique. Or ils n’ont aucune des deux. De plus, il n’y a aucune preuve de l’obligation de faire le ta’wil dans ce hadith. Comment serait-ce le cas alors qu’un des savants a dit que la Table préservée est au-dessus du Trône ? Effectivement il n’a pas été mentionné de texte disant explicitement qu’elle est au-dessus du Trône ni qu’elle est en-dessous. Les deux cas restent possibles : que la Table préservée soit au-dessus du Trône et qu’elle soit en-dessous du Trône. Par conséquent, selon sa parole que Allah serait au-dessus du Trône, le mouchabbih aura considéré que la Table préservée est au niveau de Allah, c’est-à-dire que Allah fait face à une partie du Trône et que la Table fait face à une autre partie du Trône. De plus, ceci revient à L’assimiler à Ses créatures car le fait de faire face compte parmi les attributs des créatures.

La version de An-Naça’iyy dans As-Sounanou l-Koubra est la suivante :

)) إنّ اللهَ كتبَ كتابًا فبلَ أنْ يَخلُقَ السمواتِ والأرضَ بألفَيْ سنةٍ فهوَ عِندَه على العرشِ وإنّهُ أَنزلَ مِن ذلك الكِتابِ ءايتَيْنِ خَتَمَ بهِما سورةَ البقرة ((

(‘inna l-Laha kataba kitaban qabla ‘an yakhlouqa s-samawati wa l-‘arda bi’alfay sanah fahouwa ^indahou ^ala l-^archi wa ‘innahou ‘anzala min dhalika l-kitabi ‘ayatayni khatama bihima sourata l-baqarah) ce qui signifie : « Certes, Allah a fait écrire un écrit mille ans avant la création des cieux et de la terre. Cet écrit est dans un endroit honoré au-dessus du Trône. Il a fait descendre de cet écrit deux ‘ayah par lesquelles Il a fait s’achever Souratou l-Baqarah ».

Dans la version de Mouslim : (fahouwa mawdou^oun ^indah). Ceci est donc clair dans le fait que cet écrit est au-dessus (fawqa) du Trône d’une fawqiyyah au sens premier du terme, n’acceptant ici aucun ta’wil –interprétation–.

De plus, le terme (^inda) est pour l’honneur et non pas pour confirmer la localisation de Allah au-dessus du Trône car (^inda) s’utilise pour autre que l’endroit. Allah ta^ala dit :

[وأمطرنا عليها حجارةً من سجّيل منضود مسوّمةً عند ربّّك] [6]

(wa ‘amtarna ^alayha hijaratan min sijjilin mandoud ; mouçawwamatan ^inda rabbik). (^inda) indique ici que cela est conforme à ce que Allah sait et non pas que ces pierres seraient proches de Allah ta^ala dans un endroit. Par conséquent, si quelqu’un argumente par simple fait qu’il y ait le terme (^inda) pour confirmer l’endroit et la proximité par la distance entre Allah et Ses créatures, il fait partie des plus ignorants des ignorants. Quelqu’un doté de raison dirait-il que ces pierres que Allah a fait descendre sur ces mécréants seraient descendues du Trône vers eux et qu’elles auraient auparavant été entassées dans un endroit à côté de Allah au-dessus du Trône, selon leur prétention ?!

D’autre part, Al-Boukhariyy a rapporté que le Prophète r a dit :

)) إِذَا كَانَ أَحَدُكُمْ فِي صَلاَتِهِ فَإِنَّهُ يُنَاجِي رَبَّهُ فَلاَ يَبْصُقَنَّ فِي قِبْلَتِهِ وَلاَ عَنْ يَمِينِهِ فَإِنَّ رَبَّهُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ قِبْلَتِهِ ((

(‘idha kana ‘ahadoukoum fi salatihi fa’innahou younaji rabbah ; fala yabsouqanna fi qiblatihi wa la ^an yaminihi fa’inna rabbahou baynahou wa bayna qiblatih) ce qui signifie : « Si l’un de vous est dans sa prière, certes il implore son Seigneur. Qu’il ne crache donc pas dans la direction de sa qiblah, ni à sa droite. Certes [la miséricorde de] son Seigneur se trouve entre lui et sa qiblah. [7] »

Ce hadith a une chaîne de transmission plus forte que celle du hadith de la femme esclave.

De même, Al-Boukhariyy a rapporté aussi d’après Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy que le Messager de Allah r a dit :

)) اِرْبَعُوا عَلَى أَنْفُسِكُمْ فَإِنَّكُمْ لاَ تَدْعُونَ أَصَمَّ وَلاَ غَائِباً إِنَّمَا تَدْعُونَ سَمِيعِاً قَرِيباً إِنَّهُ أَقْرَبُ إِلَى أَحَدِكُمْ مِنْ عُنُقِ رَاحِلَتِهِ ((

(‘irba^ou ^ala ‘anfoucikoum fa’innakoum la tad^ouna ‘asamma wa la gha’iba ; ‘innakoum tad^ouna sami^an qariba ; wa l-ladhi tad^ounahou ‘aqrabou ‘ila ‘ahadikoum min ^ounouqi rahilati ahadikoum) ce qui signifie : « Épargnez vos forces, vous n’invoquez ni un sourd ni quelqu’un à la science duquel des choses échappent. Certes, vous invoquez Qui entend et Qui sait toute chose de vous [8]».

On répond alors à celui qui contredit : si tu considères le hadith de la femme esclave selon le sens qui vient communément à l’esprit et ces deux hadith selon leur sens qui vient communément à l’esprit, ta prétention que Allah est dans le ciel est annulée. Si en revanche, tu interprétais ces deux hadith et n’interprétais pas le hadith de la femme esclave, ce serait alors un propos arbitraire (c’est-à-dire une parole sans preuve). Tu serais alors concerné par la parole de Alla:

[أَفَتُؤْمِنُونَ بِبَعْضِ الْكِتَابِ وَتَكْفُرُونَ بِبَعْض] [9]

(‘afatou’minouna biba^di l-kitabi wa takfourouna biba^d) ce qui signifie : « Croyez-vous donc en une partie du Livre en en rejetant une autre ? » Et de même, que dis-tu à propos de Sa parole ta^ala :

[فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ اللهِ] [10]

(fa’aynama touwallou fathamma wajhou l-Lah) » [11]. Si donc tu l’interprètes autrement que par le sens qui vient communément à l’esprit, alors pourquoi n’interprètes-tu pas le hadith de la femme esclave autrement que par le sens qui vient communément à l’esprit ? Et il a été rapporté à propos de l’exégèse de cette ayah, de Moujahid l’élève de Ibnou ^Abbas : « La qiblah agréée par Allah ». Il a donc expliqué (al-wajh) par « la qiblah », à savoir la qiblah pour la prière surérogatoire, pendant le voyage, sur une monture.

Quant au hadith rapporté par At-Tirmidhiyy :

)) الرَّاحِمُونَ يَرْحَمُهُمُ الرَّحْمَنُ ارْحَمُوا مَنْ فِي الأَرْضِ يَرْحَمْكُمْ مَنْ فِي السَّمَاءِ ((

(ar-rahimouna yarhamouhoumou r-Rahman ; ‘irhamou man fi l-‘ardi yarham­koum man fi s-sama) qui signifie : « Les miséricordieux, Ar-Rahman leur fait miséricorde ; soyez miséricordieux envers ceux qui sont sur terre, [ceux] qui sont dans le ciel feront preuve de miséricorde envers vous ». Dans une autre version rapportée :

)) يَرْحَمْكُمْ أَهْلُ السَّمَاء ((

(yarhamkoum ‘ahlou s-sama) ce qui signifie : « Les habitants du ciel feront preuve de miséricorde envers vous ». Cette version explique donc la première version car « La meilleure manière d’expliquer un hadith transmis, c’est de le faire par une autre version de ce hadith » comme l’a dit le Hafidh Al-^Iraqiyy dans son ouvrage ‘Alfiyyatou l-Hadith : (wakhayrou ma fassartahou bil-waridi). Ce qui est visé par l’expression (ahlou s-sama) « les habitants du ciel », ce sont les anges. On ne dit pas s’agissant de Allah : (‘Ahlou s-sama) –l’habitant du ciel–. Ceci a été cité par le Hafidh Al-^Iraqiyy dans son livre Al-‘Amaliyy à la suite de ce hadith et son expression est la suivante : « La parle du prophète (( أَهْلُ السَّمَاء )) (‘ahlou s-sama ) qui signifie : « les gens du ciel » est une preuve que ce qui est visé par la parole de Allah:

[ءَأَمِْنتُم مَنْ في السَّمَاء] [12]

(’a’amintoum man fi s-sama ) qui signifie : « Vous croyez-vous protégés de ceux qui sont dans le ciel », ce sont les anges, car on ne dit pas à propos de Allah (‘ahlou s-sama) » Fin de citation.

De plus, مَنْ (man) –qui– vaut pour le singulier et pour le pluriel. Il n’y a donc aucune preuve pour eux dans la ayah. Et on dit la même chose au sujet de la ayah qui la suit :

[ أَم أَمِْنتُم مَنْ في السَّمَاءِ أَن يُرْسِلَ عَلَيْكُمْ حاصِبًا] [13]

(‘am ‘amintoum man fi s-sama’i ‘an yoursila ^alaykoum hasiba), ici donc également, مَنْ (man) désigne les gens du ciel. En effet, Allah fait subir aux mécréants un châtiment par les anges s’Il veut leur faire subir Son châtiment dans le bas-monde, tout comme ce seront eux, au Jour du jugement, qui sont chargés de faire subir le châtiment aux mécréants car ce sont eux qui ont la charge de l’enfer et ils traîneront une partie de l’enfer jusqu’à l’une des stations du Jour du jugement pour que les mécréants soient terrifiés lorsqu’ils verront cela. Les termes de la version qu’a rapportée le Hafidh ‘Al-^Iraqiyy dans ses ‘Amaliyy sont :

)) الرَّاحِمُونَ يَرْحَمُهُمُ الرَّحْمَنُ ارْحَمُوا أَهلَ الأَرْضِ يَرْحَمْكُمْ أَهْلُ السَّمَاءِ ((

(ar-rahimouna yarhamouhoumou r-Rahman ; ‘irhamou ‘ahla l-‘ardi yarham­koum ‘ahlou s-sama).

De plus, si Allah habitait le ciel comme le prétendent certains, Il empiéterait sur l’espace des anges et ceci est impossible. En effet, il a été rapporté dans le hadith :

)) ما في السماءِ موضِعُ أربَعِ أصابِعَ إلاّ وفيه ملكٌ قائم أو راكع أو ساجد((

(ma fi s-samawati mawdi^ou ‘arba^i ‘asabi^a ‘il-la wa fihi malakoun qa’imoun ‘aw raki^oun ‘aw sajid) ce qui signifie : « Il n’y a pas dans les cieux un espace de quatre doigts qui ne soit occupé par un ange debout ou en inclination ou  en prosternation ».

De même, le hadith qu’a rapporté Al-Boukhariyy et Mouslim de Abou Sa^id Al-Khoudriyy que le Messager r a dit :

)) أَلاَ تَأْمَنُونِىِ وَأَنَا أَمِينُ مَنْ فِي السَّمَاءِ يَأْتِينِي خَبَرُ مَنْ فِي السَّمَاءِ صَبَاحاً وَمَسَاءً ((

(‘ala ta’manouni wa ‘ana ‘aminou man fi s-sama’ ya’tini khabarou man fi s-sama’i sabahan wa maçaa) ce qui signifie : « Ayez foi en ce que je dis. Ceux qui sont au ciel croient en mon honnêteté et en ma véracité dans la transmission de la révélation. Les nouvelles de ceux qui sont au ciel me parviennent matin et soir ». Ceux qui sont visés ici, ce sont également les anges. Et si celui qui est visé par (man fi s-sama) était Allah, la signification serait (^ali l-qadri jidda) c’est-à-dire Celui Qui est plus puissant que tout autre et sait plus que tout autre.

Quant au hadith de Zaynab Bintou Jahch, la femme du Prophète r dans lequel elle disait :

(( زَوَّجَكُنَّ أَهَالِيكُنَّ وَزَوَّجَنِيَ اللهُ مِنْ فَوْقِ سَبْعِ سَمَوَاتٍ ))

(zawwajakounna ‘ahalikounna wa zawwajaniya l-Lahou min fawqi sab^i samawat), il signifie : « [Ô femmes] ce sont vos familles qui vous ont mariées alors que moi, c’est Allah qui m’a mariée, mon mariage était inscrit au-dessus des sept cieux », c’est à dire que le mariage du Prophète avec elle est inscrit dans la Table Préservée. Cette inscription est spécifique à Zaynab, elle n’est pas générale. L’inscription générale concerne tout un chacun de sorte que tout mariage qui doit avoir lieu jusqu’à la fin du monde est effectivement inscrit. La Table quant à elle est effectivement au-dessus des sept cieux.

Quant au hadith dans lequel il y a :

)) وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ مَا مِنْ رَجُلٍ يَدْعُو امْرَأَتَهُ إِلَى فِرَاشِهِ فَتَأْبَى عَلَيْهِ إِلاَّ كَانَ الَّذِي في السَّمَاءِ سَاخِطاً عَلَيْهَا… ((

(wa l-Ladhi nafsi biyadihi ma min rajoulin yad^ou m-ra’atahou ‘ila firachihi fata’ba ‘il-la kana l-ladhi fi s-sama’i sakhitan ^alayha… ), il signifie : « Par Celui Qui détient mon âme par Sa toute-puissance, il n’est pas un homme qui appelle sa femme à son lit et que celle-ci le lui refuse, sans que ceux qui sont au ciel ne soient en colère contre elle… ». Ce hadith aussi concerne les anges. La preuve en est la deuxième version du degré du sahih, plus connue que cette première et qui est :

(( لَعَنَتْهَا الْمَلاَئِكَةُ حَتَّى تُصْبِحَ ))

[rapportée par Ibnou Hibban et d’autres] (la^anat-ha l-mala’ikatou hatta tousbih) ce qui signifie : « Les anges la maudissent jusqu’à ce qu’elle parvienne au matin ».

Quant au hadith de Abou d-Darda que le Prophète r aurai dit :

(( رَبَّنَا الَّذِي ِفي السَّمَاءِ تَقَدَّسَ اسْمُك ))

(rabbana l-ladhi fi s-sama’i taqaddaça s-mouk), il n’est pas fort (sahih) mais il est faible (da^if) comme l’a jugé Ibnou l-Jawziyy. Et s’il avait été jugé fort (sahih), son cas aurait été comme celui du hadith de la femme esclave.

Quant au hadith de Joubayr Ibnou Mout^im, du Prophète r :

(( إِنَّ اللهَ عَلَى عَرْشِهِ فَوْقَ سَمَوَاتِهِ، وَسَمَوَاتُهُ فَوْقَ أَرَاضِيهِ مِثْلُ الْقُبَّةِ )) [14]

(‘inna l-Laha ^ala ^archihi fawqa samawatihi wa samawatouhou fawqa ‘aradihi mithlou l-qoubbah), Al-Boukhariyy ne l’a pas introduit dans son Sahih. Il n’y a donc pas de preuve à partir de ce hadith. Il y a d’autre part, dans sa chaîne de transmission, quelqu’un qui est faible; par conséquent, on ne peut fonder aucun argument grâce à lui, Ibnou l-Jawziyy l’a mentionné ainsi que d’autres.

De même, pour ce qu’il a rapporté –c’est-à-dire Al-Boukhariyy– dans son livre Khalqou ‘Af^ali l-^Ibad d’après Ibnou ^Abbas qu’il aurait dit :

(( لَمَّا كَلَّمَ اللهُ مُوسَى كَانَ نِدَاؤُهُ فِي السَّمَاءِ وَكاَنَ اللهُ فِي السَّمَاءِ )) [15]

(lamma kallama l-Lahou Mouça kana nida’ouhou fi s-sama’i wa kana l-Lahou fi s-sama), ce hadithn’est pas confirmé. Par conséquent, il ne peut pas être pris pour preuve [16].

Quant à la parole attribuée à Malik (Allahou fi s-sama’i wa ^ilmouhou fi koulli makan la yakhlou minhou chay’), elle n’est pas confirmée non plus de Malik, n’ayant pas de chaîne de transmission jusqu’à lui et Abou Dawoud ne la lui a pas attribuée avec une chaîne de transmission forte. Il n’a fait que la citer dans son livre Al-Maracil et la simple citation ne constitue pas une authentification.


[1] [souratou l-Anbiya/ 33]

[2] [souratou ch-Choura / 11]

[3] [souratou n-Najm / 9]

[4] [souratou n-Najm / 14]

[5] L’idtirab est le caractère d’un hadith qui se rapporte à un seul et même évènement mais qui est rapporté par plusieurs versions contradictoires, aucune d’entre elles n’étant prépondérante, sans qu’on puisse trouver d’interpré­tation ni de compatibilité de sens entre les versions. Il est nécessairement faible comme l’a dit le Hafidh Al-^Iraqiyy.

[6] [souratou Houd / 82-83]

[7] Le sens qui n’est pas à retenir et qui vient communément à l’esprit de ce hadith est que Allah se trouverait entre celui qui fait sa prière et la qiblah ; ceci est impossible car Allah existe sans endroit.

[8] Le sens qui n’est pas à retenir et qui vient communément à l’esprit de ce hadith est que Allah serait plus proche de ces compagnons du Prophète par la distance que le cou de leurs montures ; ceci est impossible car Allah existe sans endroit.

[9] [souratou l-Baqarah / 85]

[10] [souratou l-Baqarah / 115]

[11] Le sens qui n’est pas à retenir et qui vient communément à l’esprit de cette expression est que Allah aurait une face et ceci est impossible car Il est exempt des organes. Voir plus loin l’exégèse de cette ‘ayah dans le paragraphe concernant les ayah explicites et les ‘ayah non explicites.

[12] [souratou l- Moulk / 16]

[13] [souratou l-Moulk / 17]

[14] Le sens apparent et qu’il ne faut pas retenir serait (que Allah serait sur Son trône au-dessus de Ses cieux et que Ses cieux sont au-dessus de Ses terres tels une coupole)

[15] Le sens apparent et qu’il ne faut pas retenir serait (que lorsque Allah a parlé à Mouça, Son appel aurait été dans le ciel et Allah aurait été dans le ciel)

[16] Al-Boukhariyy ne s’est pas astreint à ne citer que des hadith sahih –sûrs– dans ce livre-là. Par conséquent, le simple fait qu’un hadith y figure ne suffit pas pour pouvoir le juger « sûr ».

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Croyance : Ce qui est parvenu au sujet du début de ce monde

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Ce qui est parvenu au sujet du commencement du monde

Lorsqu’il fut questionné au sujet du commencement de ce monde, le Prophète r a dit :

)) كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ وَكَتَبَ ِفي الذِّكْرِكُلَّ شَىْء ثُمَّ خَلَقَ السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ ((

[rapporté par Al-Boukhariyy] (kana l-Lahou wa lam yakoun chay’oun ghayrou­hou wa kana ^archouhou ^ala l-ma’ ; wa kataba fi dh-dhikri koulla chay’ ; thoumma khalaqa s-samawati wa l-‘ard) ce qui signifie : « Allah est exempt de début alors que rien hormis Lui n’est exempt de début, et le Trône (al-^arch) est entré en existence sur l’eau, et Il a fait écrire toute chose sur la Table Préservée (al-lawhou l-mahfoudh), puis Il a créé les cieux et la terre ». Le Messager a répondu à cette question en disant qu’il n’y a pas de début à l’existence de Allah et que rien n’est exempt de début sinon Lui. En d’autres termes, il n’y a donc que Allah ta^ala qui soit de toute éternité, et Allah ta^ala est le Créateur de toute chose, c’est-à-dire Celui Qui fait surgir toute chose qui existe du néant à l’existence.

La signification de « Allah ta^ala est le Créateur de toute chose » est qu’Il fait surgir l’ensemble des choses qui existent du néant à l’existence.

D’autre part, Allah ta^ala est vivant, Il ne meurt pas. En effet, il n’y a pas de fin à Son existence. Il ne Lui advient donc pas d’anéan­tissement, car si l’anéantissement Lui était possible, il Lui serait impossible l’exemption de début.

Le jugement de celui qui dit : (Allah a créé les créatures, alors qui a créé Allah ?), c’est de le déclarer mécréant de façon catégorique car il a attribué à Allah ta^ala le néant avant l’existence, et ceci, il n’est possible de le dire qu’à propos de ce qui a un début à son existence, c’est-à-dire à propos des créatures. Allah ta^ala est Celui Dont l’existence est obliga­toire selon la raison –c’est-à-dire que la raison ne conçoit pas Son inexistence–. Son existence n’est donc pas comme notre existence à nous, ayant un début, car notre existence a lieu par Son acte de faire entrer en existence ta^ala. En dehors de Allah, toute chose possède une existence possible selon la raison – c’est-à-dire qu’il est possible selon la raison qu’elle existe après un néant et qu’elle s’anéantisse après son existence –, ceci du point de vue de sa réalité de créature selon le jugement de la raison.

Sache aussi que ce qui existe est de trois types :

Le premier : éternel exempt de début et éternel exempt de fin : il s’agit de Allah ta^ala seulement, c’est-à-dire que Son existence n’a aucun début ni aucune fin.

Le jugement de celui qui dit qu’il y aurait quelque chose hormis Allah qui serait sans début, c’est de le déclarer mécréant de façon catégorique. C’est pour cela que les philosophes ont mécru par leur croyance que le monde n’a pas de début, car il n’est valable d’attribuer l’existence de toute éternité qu’à Allah ta^ala exclusi­vement.

Le deuxième : ce qui est éternel sans fin mais pas éternel sans début : –c’est-à-dire ce qui a un commencement et n’a pas de fin– et il s’agit de l’enfer et du paradis. Ils sont tous deux créés –c’est-à-dire qu’ils ont tous deux un commencement– mais ils n’ont pas de fin –c’est-à-dire qu’ils sont éternels sans fin–. Il ne leur arrivera pas de destruction ou d’anéantissement car Allah leur a voulu à tous deux l’éternité sans fin. Toutefois, du point de vue de leur réalité, l’anéantissement leur est possible selon la raison.

Le troisième : ce qui n’est ni éternel sans début ni éternel sans fin : –c’est-à-dire ce qui a un commencement et une fin–. Il s’agit de tout ce qu’il y a dans ce bas-monde, les sept cieux et la terre. Il est inéluctable qu’ils aient une fin et que meure ce qui s’y trouve : hommes, jinn et anges.

De même, sache qu’il a été de l’habitude des savants de dire que le jugement rationnel se classe en trois catégories : l’obligation, l’impossibi­lité et la possibilité.

Ils ont dit :

L’obligatoire : c’est ce dont on ne conçoit pas l’inexistence selon la raison, et il s’agit de Allah et de Ses attributs.

L’impossible : c’est ce dont on ne conçoit pas l’existence selon la raison.

Le possible : ce dont on conçoit selon la raison l’existence et l’inexis­tence.

C’est pour cette raison qu’ils qualifient Allah par le nom Al-Wajibou l-woujoud, Celui Dont l’existence est obligatoire selon la raison.

L’exemption de début de Allah n’est pas temporelle

Allah ta^ala existe sans avoir de début à Son existence, avant le temps et avant l’endroit, avant les obscurités et avant la lumière. Il n’est pas ta^ala de l’ordre du monde palpable, comme la terre, la pierre, les astres, les plantes et l’homme, et Il n’est pas de l’ordre du monde impalpable, comme la lumière, l’âme, l’air, les jinn, les anges, en raison de Sa différence avec ce qui entre en existence c’est-à-dire Sa différence avec toutes les créatures.

Si donc quelqu’un dit : « N’est-ce pas que l’un de Ses noms estاللّطيف (Al-Latif) ? », la réponse est la suivante : la signification de اللّطيف (Al-Latif) qui est un nom de Allah, est : « Celui Qui est miséricordieux pour Ses esclaves », ou « Celui Que les imaginations ne peuvent pas atteindre, elles ne peuvent donc pas connaître Sa réalité ».

Il n’a pas d’égal ta^ala, c’est-à-dire qu’Il n’a pas de semblable et Il n’a pas de ressemblant s’agissant de Son Être, de Ses attributs, et de Son acte. En effet, s’Il était semblable à Ses créatures en quoi que ce soit, comme s’il était sujet au volume, au mouvement, à l’immobilité et à ce qui est de cet ordre, Il n’en serait pas le Créateur. Allah ta^ala est donc exempt d’avoir pour attributs des attributs qui entrent en existence, et de même, les attributs de Allah ta^ala sont tous exempts de début.

Aussi, pour marquer l’importance de ce sujet, l’Imam Abou Hanifah a dit : « Quiconque déclare l’entrée en existence des attributs de Allah, ou doute, ou ne se prononce pas [1] est mécréant ». Il l’a cité dans son livre Al-Wasiyyah.

AtTahawiyy a dit : « Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains a certes fait de la mécréance ».


[1] L’expression « ne se prononce pas » (yatawaqqaf) signifie qu’il dit (moi je ne dis pas qu’ils sont exempts de début et je ne dis pas qu’ils ne sont pas exempts de début).

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Croyance : retour à la classification de la mécréance

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Retour à la classification de la mécréance
pour plus de compréhension

Sache de plus que la mécréance est de trois catégories :

– l’assimilation (tachbih)

– l’incrédulité (takdhib)

– l’athéisme (ta^til)

La première : l’assimilation (tachbih) : c’est-à-dire le fait d’assimiler Allah à Ses créatures, comme celui qui Lui attribue le fait d’avoir un début à Son existence ou de S’anéantir, ou bien le corps, la couleur, la forme ou la quantité, c’est-à-dire la mesure du volume. Quant à ce qui a été cité dans le hadith :

(( إِنَّ اللهَ جَمِيلٌ ))

(‘inna l-Laha jamil) ce qui signifie : « Certes, Allah est Jamil », cela ne signifie pas la beauté de l’aspect mais qu’Il est Celui Dont les attributs sont parfaits, ou Celui Qui accorde beaucoup de bienfaits.

La deuxième : par incrédulité (takdhib) : c’est-à-dire le refus de croire ce qui est parvenu dans le Qour’an Honoré, ou ce qui a été rapporté d’une manière confirmée du Messager r et qui fait partie de ce qui est connu d’évidence dans la religion. C’est par exemple croire que le paradis et l’enfer auront une fin, ou croire que le paradis est un lieu de félicité non perceptible par nos sens, ou que l’enfer est un lieu de souffrances uniquement morales, ou nier la résurrection des corps et des âmes ensemble ou nier l’obligation de la prière, du jeûne ou de la zakat, ou croire à l’interdiction du divorce ou rendre licite la consommation de boissons alcoolisées et d’autres choses parmi ce qui est confirmé catégoriquement et qui est connu d’évidence chez les musulmans.

Ceci est différent du cas de celui qui croit que la prière est un devoir pour lui par exemple mais qui ne l’accomplit pas : celui-là est désobéissant et non pas mécréant comme le serait celui qui croit qu’elle n’est pas un devoir pour lui.

La troisième : par athéisme (ta^til) : c’est la négation de l’existence de Allah et c’est la pire des mécréances.

Le jugement de celui qui assimile Allah ta^ala à Ses créatures, c’est qu’il est mécréant catégoriquement.

La voie pour écarter l’assimilation :

* c’est de suivre cette règle catégorique : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent ». Cette règle fait l’objet de l’Unanimité chez les gens de la vérité. Elle est tirée de Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ] [1]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui »,

* et c’est de remarquer le poème qui a été rapporté du Siddiq, notre maître Abou Bakr :

L’incapacité à connaître la réalité de Allah est en soi une connaissance

Et chercher à atteindre Sa réalité est une mécréance et une association [2]

* et de remarquer aussi la parole de certains savants : « Ne connaît Allah par Sa réalité que Allah ta^ala ».

Quant à notre connaissance à nous de Allah ta^ala, elle n’est pas exaustive mais elle a lieu :

  • par la connaissance de ce qui est obligatoire selon la raison s’agissant de Allah, comme par exemple l’obligation selon la raison qu’Il a pour attribut l’exemption de début,
  • et par le fait de L’exempter de ce qui est impossible s’agissant de Lui ta^ala, comme l’impossibilité rationnelle qu’Il ait un associé,
  • et par la connaissance de ce qui est possible s’agissant de Allah, comme le fait de créer une chose ou de ne pas la créer.

L’Imam Ar-Rifa^iyy [3] a dit : « La limite de la connaissance à propos de Allah, c’est la certitude de Son existence ta^ala, sans comment et sans endroit ».

Information précieuse

Al-Ghazaliyy a dit dans son livre Al-‘Ihya : « Il est certes –c’est-à-dire Allahexempt de début. Il n’y a pas de début à Son existence et il n’y a pas de fin à Son existence ; et Il n’est pas une substance élémen­taire qui serait localisée mais Il est exempt de la correspondance avec ce qui entre en existence ; et Il n’est certes pas un corps composé de substances élémentaires. S’il était permis de croire que le Créateur du monde est un corps, il serait permis de croire à la divinité du soleil, de la lune ou d’une autre chose faisant partie des sortes de corps. Ainsi, Il n’a de ressemblance avec aucune chose et aucune chose n’a de ressemblance avec Lui mais Il est الحيّ (Al-Hayy) Celui Qui a pour attribut la vie exempte de début et exempte de fin, القيّوم (Al-Qayyoum) Celui Qui ne s’anéantit pas. Comment ce qui est créé aurait-il une ressemblance avec Celui Qui l’a créé ?! ce qui est quantifié avec Celui Qui l’a quantifié ?! et ce qui a une image avec Celui Qui lui a donné son image ?! »

Ces paroles ne font pas partie de la pratique du kalam que les savants ont blâmée ; en revanche, les gens du Salaf ont blâmé la pratique du kalam des innovateurs dans la croyance, comme les mouchabbihah –ceux qui assimilent Allah à Ses créatures–, les mou^tazilah, les khawarij et l’ensemble des groupes qui se sont singularisés par rapport à ce sur quoi étaient le Messager et les compagnons, ceux qui se sont divisés en soixante-douze groupes comme l’a annoncé le Messager dans son hadith sahih et confirmé que Ibnou Hibban a rapporté avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à Mou^awiyah. Il a dit : le Messager de Allah r a dit :

)) افتَرَقَتِ اليهودُ إحدى وسبعينَ فرقةً وافترقَتِ النصارى على اثنتَينِ وسبعينَ فرقةً وستفتَرِقُ أُمَّتي إلى ثلاثٍ وسبعينَ فرقةً كلُّهم في النارِ إلاّ واحدٌ وهي الجماعةُ ((

(‘iftaraqati l-yahoudou ‘ihda wa sab^ina firqah wa ftaraqati n-nasara ^ala thnatayni wa sab^ina firqah wa sataftariqou ‘oummati ‘ila thalathin wa sab^ina firqah koullouhoum fi n-nari ‘il-la wahidah wahiya l-jama^ah) ce qui signifie : « Les yahoud se sont divisés en soixante-et-onze groupes, les nasara se sont divisés en soixante-douze groupes et ma communauté se divisera en soixante-treize groupes, tous iront en enfer sauf un, et c’est la Jama^ah –c’est-à-dire la grande majorité (as-sawadou l-‘a^dham)–».

Quant à la science du kalam (^ilmou l-kalam) que pratiquent les gens de Ahlou s-Sounnah, qu’ils soient Acharites ou Matouridites, elle était déjà pratiquée avant Al-‘Ach^ariyy et Al-Matouridiyy. En effet, Abou Hanifah a écrit cinq lettres à ce sujet et l’Imam Ach-Chafi^iyy maîtrisait la science du kalam au point qu’il a dit : « Nous avons maîtrisé celle-là avant cette autre » c’est-à-dire : nous avons maîtrisé la science du kalam  avant la science des lois ( le fiqh).

La préservation du feu

Allah ta^ala dit :

]يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلاَئِكَةٌ غِلاَظٌ شِدَادٌ لاَ يَعْصُونَ اللهَ مَا أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ[4] [

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqou­douha n-naçou wa l-hijarah ; ^alayha mala’ikatoun ghiladhoun chidadoun la ya^souna l-Laha ma ‘amarahoum wa yaf^alouna ma you’maroun) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres, qui est à la charge d’anges forts et rudes avec les mécréants, qui ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne et qui font ce qu’Il leur ordonne ».

Il est parvenu dans l’exégèse de cette ayah que Allah ordonne aux croyants de se préserver ainsi que leurs familles du feu dont le combustible sera constitué d’hommes et de pierres et ce, par l’apprentissage des sujets de la religion et l’enseignement de ces choses aux membres de leur famille [5], c’est-à-dire par la connaissance de ce que Allah ordonne de faire ou de s’en garder, c’est-à-dire les devoirs et les interdits, ceci pour qu’ils ne tombent pas dans l’assimilation de Allah à Ses créatures, dans l’idolâtrie, la mécréance et l’égarement.

En effet, si quelqu’un assimile Allah ta^ala à quoi que ce soit, son adoration n’est pas valable parce qu’il adore quelque chose qu’il a imaginée et s’est représentée dans son imagination et ses illusions. L’Imam Abou Hamid Al-Ghazaliyy a dit : « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qu’on adore ».


[1] [souratou ch-Choura / 11]

[2] Rapportée par le faqih et mouhaddith chafi^iyy Badrou d-Din Az-Zarkachiyy.

[3] C’est ‘Ahmad ‘Ibnou Abi l-Haçan ^Aliyy. Il faisait partie de ceux qui ont réuni la science, la pratique et l’ascèse. C’était un faqih, un mouhaddith et un exégète. Il a composé plusieurs ouvrages, parmi lesquels le livre du commentaire du Tanbih dans le fiqh chafi^iyy. Il a aussi composé un livre de quarante hadith avec leurs chaînes de transmission. Il décéda en l’an 578 de l’Hégire. L’Imam Abou l-Qacim Ar-Rifa^iyy a fait sa biographie dans un livre qu’il a intitulé Sawadou l-^Aynayni fi Manaqibi Abi l-^Alamayn.

[4] [souratou t-Tahrim / 6]

[5] Ceci est rapporté de notre maître ^Aliyy fils de Abou Talib avec une forte chaîne de transmission.

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Croyance : Exceptions à la mécréance

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Les exceptions à la mécréance par la parole

Font exception à la mécréance par la parole les choses suivantes :

Le cas du lapsus : c’est-à-dire lorsqu’on dit une de ces paroles sans le vouloir : la parole est passée sur la langue alors qu’on n’avait absolument pas voulu la dire.

Le cas de celui qui n’avait pas sa raison : c’est-à-dire l’absence de lucidité d’esprit.

Le cas de la menace : si quelqu’un prononce la mécréance par la langue, contre son gré sous la menace d’être exécuté ou de subir ce qui revient au même, son cœur étant apaisé par la foi, il ne sort pas de l’Islam. Allah ta^ala dit :

]مَنْ كفر بالله من بعد إيمانه إلا من أُكرِهَ وقلبه مطمئنّ بالإيمان وَلَكِنْ مَنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْراً فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِنَ اللهِ[ [1]

(man kafara bil-Lahi min ba^di ‘imanihi ‘il-la man ‘oukriha wa qalbouhou moutma’innoun bil-‘imani wa lakin man charaha bil-koufri sadran fa^alayhim ghadaboun mina l-Lah) ce qui signifie : « Si quelqu’un fait de la mécréance après avoir été musulman, il subira le châtiment de Allah, sauf celui qui est sous la menace [d’être exécuté immédiatement ou de ce qui revient au même] et dont le cœur est apaisé par la foi, mais si quelqu’un ouvre son cœur à la mécréance [il subira le châtiment de Allah] ».

Le cas de celui qui rapporte la mécréance d’autrui : celui qui rapporte la mécréance d’autrui ne devient pas mécréant s’il le fait sans s’en satisfaire et sans l’apprécier. La preuve concernant l’exception du cas du discours rapporté figure dans le Qour’an.

Ensuite, l’expression du discours rapporté qui prévient celui qui rapporte une parole de mécréance de tomber dans la mécréance est placée soit au début de la parole qu’il rapporte de celui qui a mécru, soit juste après avoir cité la parole alors qu’il avait eut l’intention de citer la formule de discours rapporté avant de dire la parole de mécréance.

Le cas de celui qui a fait une interprétation par son propre effort (‘ijtihad) concernant sa compréhension de la Loi de l’Islam : celui qui fait une interprétation ne devient pas mécréant sauf si son interprétation concerne les choses dont la preuve est catégorique­ment établie et qu’il s’est trompé, dans ce cas il n’est pas excusé. C’est le cas par exemple de l’interprétation de ceux qui ont dit que ce monde est exempt de début, comme l’a dit Ibnou Taymiyah. Quant à l’exemple du cas où celui qui fait une mauvaise interprétation ne sort pas de l’Islam, c’est le cas de ceux qui se sont abstenus de payer la zakat à l’époque de Abou Bakr. Ceux-là pensaient que la zakat était un devoir du vivant du Messager car ses invocations étaient pour eux une miséricorde et un apaisement et que cela avait été interrompu avec sa mort. Les compagnons ne les ont pas jugés mécréants pour cela, car ces gens-là avaient compris de Sa parole ta^ala :

]خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِمْ بِهَا وَصَلِّ عَلَيهِم إِنَّ صَلَوٰتَكَ سَكَنٌ لَهُمْ[  [2]

(khoudh min ‘amwalihim sadaqatan toutahhirouhoum wa touzakkihim biha wa salli ^alayhim ‘inna salataka sakanoun lahoum) ce qui signifie : « Prends de leurs biens une aumône qui les purifie et les augmente en bénédic­tions ; et fais des invocations en leur faveur, certes tes invocations sont un apaisement pour eux », ils en avaient compris que ce qui est visé par Sa parole [خُذْ] était : « prends  ô Mouhammad, la zakat afin qu’elle soit, s’ils te la versent, une miséricorde et un apaisement pour eux » et que cela ne se produirait plus après son décès, par conséquent il n’était plus un devoir pour eux de la verser puisqu’il était mort et que c’est lui qui avait reçu l’ordre de la prendre d’eux. Ils n’avaient pas compris que le jugement était général, pendant sa vie et après sa mort. Abou Bakr ne les a combattus, tout comme il a combattu les apostats qui avaient suivi Mouçaylimah le menteur dans sa prétention à la prophétie, que parce qu’il ne pouvait pas prendre d’eux la zakat par la contrainte sans combattre. Ils possédaient en effet une certaine puissance. Il fut alors dans la nécessité d’engager le combat. Il en est de même pour ceux qui ont interprété Sa parole ta^ala :

[فَهَلْ أَنْتُمْ مُنْتَهُونَ] [3]

(fahal ‘antoum mountahoun) qui signifie : « Allez-vous en finir ?! » par le fait de donner le choix et que ce n’était pas une interdiction des boissons alcoolisées. En effet, ^Oumar ne les a pas jugés mécréants, mais il a dit : « Donnez-leur quatre-vingts coups de fouet chacun, puis s’ils récidivent [4], exécutez-les » Fin de citation [rapporté par Ibnou Abi Chaybah].

Les compagnons n’ont déclaré mécréants que les autres, ceux qui ont apostasié parce qu’ils ont cru en Mouçaylimah le menteur, celui qui a prétendu être messager. Ainsi, leur combat contre ceux qui se sont abstenus de payer la zakat dans les circonstances mentionnées, a été mené pour prendre le droit qui leur incombait par obligation sur leurs biens. Et ceci est comparable au combat contre les rebelles ; en effet, ils ne sont pas combattus pour leur mécréance mais ils sont combattus pour les faire revenir à l’obéissance au Calife, comme ceux que notre maître ^Aliyy a combattus dans les trois batailles : la bataille de Al-Jamal, celle de Siffin contre Mou^awiyah et celle de An-Nahrawan contre les khawarij, en précisant toutefois qu’il y avait une catégorie des khawarij qui étaient effectivement des mécréants ; ceux-là avaient donc un jugement particulier.

Le Hafidh Abou Zour^ah Al-^Iraqiyy a dit dans les questions qu’il a traitées : « Notre Chaykh Al-Boulqiniyy a dit : Il convient de dire « sans interprétation » pour excepter les rebelles et les khawarij qui se sont rendus licite le sang des gens de la vérité ainsi que leurs biens et qui croient que leur sang à eux est interdit aux gens de la vérité, et ceux qui ont nié l’obligation de la zakat sur eux après le Messager de Allah r en ayant fait une mauvaise interprétation, les compagnons, que Allah les agrée, ne les ont pas jugés mécréants » Fin de citation. Ceci est une preuve de ce qui est rapporté dans l’école à propos de la question de l’interprétation (ta’wil) par l’effort de compréhension (ijtihad).

Aussi, parmi les preuves rapportées qui témoignent au sujet de la question de l’effort de compréhension par l’interprétation et par celle du discours rapporté, il y a la parole de Chamsou d-Din Ar-Ramliyy dans son commentaire de Minhajou tTalibin, au début du chapitre de l’apostasie, commentant la parole de An-Nawawiyy : « L’apostasie est la rupture de l’Islam par une intention ou une parole de mécréance », il a dit : « Il n’y a donc pas de conséquence en cas de lapsus ou de menace, et en cas d’ijtihad et de discours rapporté d’une parole de mécréance ».

Quant à la parole de l’auteur du texte qui se trouve en marge du commentaire Nourou d-Din ^Aliyy Ach-Chabramalliciyy, décédé en l’an mille quatre-vingt sept, lors la parole de Ar-Ramliyy : « et en cas d’ijtihad », parole que nous rapportons : « C’est-à-dire : pas de façon absolue, comme cela est clairement illustré par ce qui va venir, à savoir que ceux qui disent que le monde est sans commencement ou des choses similaires sont mécréants bien qu’ils l’aient affirmé à partir d’un ‘ijtihad et par déduction ». L’autre auteur qui a commenté en marge l’ouvrage de Ar-Ramliyy, à savoir Ahmad Ibnou ^Abdi r-Razzaq connu sous le nom de Al-Maghribiyy Ar-Rachidiyy, décédé en l’an mille quatre-vingt seize a dit : « Sa parole : « en cas d’ijtihad » c’est-à-dire concer­nant ce dont la preuve catégorique du contraire n’a pas été établie. La preuve en est la mécréance de ceux qui ont dit que le monde est sans commencement par exemple, bien que cela vienne d’un ‘ijtihad de leur part » Fin de citation.

Partant de là, on sait que ce n’est pas toute interprétation qui sauve son auteur de la mécréance. Par conséquent, que celui qui recherche la science de la religion, garde en mémoire la parole de Ar-Rachidiyy précédemment citée : « concernant ce dont une preuve catégorique du contraire n’a pas été établie » –c’est-à-dire qu’il garde cette parole présente dans son cœur car elle est importante– parce que l’interprétation en présence de la preuve catégorique du contraire ne sauve pas son auteur de la mécréance.

Notre parole au sujet des khawarij, que certains sont exceptés parmi ceux qui n’ont pas été déclarés mécréants, est due à la confirmation de ce qui entraîne le jugement de mécréance à l’égard de certains autres parmi eux, comme cela est appuyé par la parole de certains compagnons ayant rapporté les hadithconcer­nant les khawarij.

Quant à ce qui est attribué à notre maître ^Aliyy, qu’il aurait dit : (Nos frères se sont rebellés contre nous), il n’y a pas en cela de preuve pour les juger dans leur totalité musulmans. En effet, d’une part, cette parole n’a pas été confirmée par chaîne de transmission jusqu’à ^Aliyy. D’autre part, le Hafidh Moujtahid Ibnou Jarir AtTabariyy les a jugés catégoriquement mécréants, ainsi que d’autres que lui. Cette divergence dans les avis est imputable aux différents cas des khawarij, certains d’entre eux sont parvenus jusqu’à la mécréance tandis que d’autres n’y sont pas parvenus.

Ce sujet, certains l’ont désigné par le terme (ijtihad) alors que d’autres l’ont désigné par le terme (ta’wil). Parmi ceux qui l’ont appelé (ta’wil), il y a le Hafidh, Faqih chafi^iyy, Sirajou d-Din Al-Boulqiniyy à propos duquel l’auteur du Qamous a dit : « Le savant du monde ». Et certains auteurs du commentaire de Minhajou tTalibin l’ont appelée (ijtihad). Il est toutefois indispensable que les deux expressions soient utilisées en ayant bien à l’esprit une restriction remarquable.

Partant de là, il est à savoir que ce n’est pas toute interprétation qui sauve son auteur de la mécréance, et que personne ne pense que cela est absolu, car la généralisation dans ce domaine est une perversion et une sortie de la religion.

Ne vois-tu pas en effet que nombre de ceux qui se réclament de l’Islam en versant dans la philosophie sont sortis de la religion en croyant que le monde est sans commencement, à partir d’un ijtihad de leur part ; malgré cela, les musulmans ont été unanimes à les juger mécréants, comme cela a été cité par le Mouhaddith et Faqih Badrou d-Din AzZarkachiyy dans son commentaire de Jam^ou l-Jawami^. Il a dit à leur sujet, –après avoir cité les deux groupes, l’un disant que le monde est sans commencement par sa matière et sa composition et l’autre disant que le monde est sans commencement par sa matière, c’est-à-dire par son genre, seulement  : « Les musulmans s’accordent à les juger égarés et mécréants ». Il en est de même pour les mourji’ah qui disent qu’aucun péché n’est nuisible en ayant la foi tout comme aucune bonne action n’est profitable en étant mécréant. Ils ont dit cela à partir de leur ijtihad et par leur interprétation de certains textes. Ils n’ont pas été excusés. De même, d’autres groupes se sont égarés, bien qu’ils se réclament de l’Islam. Leur égarement a eu lieu par un ijtihad par interprétation. Nous demandons à Allah qu’Il nous maintienne sur la vérité.

Règle : La parole qui a deux significations, l’une rentrant dans une catégorie de mécréance et l’autre n’est pas une mécréance, et dont le sens qui vient communément à l’esprit est celui qui est une mécréance (sachant que ce n’est pas le seul sens de cette parole), celui qui la prononce n’est pas jugé mécréant tant qu’on ne sait pas lequel des deux sens il a visé. S’il dit : (j’ai visé le sens qui est de la mécréance), il est jugé mécréant et on lui applique les jugements relatifs à l’apostasie. Sinon, il n’est pas jugé mécréant. De même, si la parole a plusieurs significations qui relèvent toutes de la mécréance mais possède une seule signification ne présentant pas de mécréance, son auteur n’est pas jugé mécréant sauf si on sait de lui qu’il a visé le sens relevant de la mécréance. C’est en effet ce qu’ont cité plusieurs savants hanafiyy dans leurs livres. Quant à ce que disent certains individus (que s’il y avait au sujet du mot quatre-vingt dix-neuf avis en faveur du jugement de mécréance et un seul avis contre le jugement de mécréance, on choisirait de juger non mécréant), ceci n’a pas de sens. De plus, il n’est pas valable d’attribuer cela à Malik ou à Abou Hanifah, à l’instar de Sayyid Sabiq qui l’a attribué à Malik. Ceci s’est répandu chez certains contempo­rains, qu’ils craignent donc Allah.

Les savants ont dit : Ce qui est explicite dans la mécréance (sarih) c’est-à-dire ce qui n’a qu’un seul sens qui implique le jugement de mécréance,  celui qui le prononcé est jugé mécréant, par exemple si quelqu’un dit (je suis Allah). Si cette parole provient d’un saint (waliyy) dans l’état où il n’a pas sa raison, même s’il n’était pas responsable à ce moment-là, on le réprimande. Ceci a été cité par ^Izzou d-Din Ibnou ^Abdi s-Salam et ce, parce que la mesure discipli­naire a un effet sur celui qui n’a pas sa raison tout comme elle a un effet sur celui qui est éveillé et conscient, tout comme elle a un effet sur les animaux. En effet, si les animaux sont frappés quand ils sont récalcitrants, ils cessent d’être récalcitrants même s’ils n’ont pas de raison. De même, le saint qui prononce une parole de mécréance lorsqu’il n’a pas sa raison, quand il est frappé ou qu’on élève la voix sur lui, il cesse du fait de l’instinct de conservation. Encore qu’il n’advient au saint aucune mécréance lorsqu’il a sa raison, sauf s’il fait un lapsus ou s’il n’a pas sa raison car le saint est protégé de la mécréance, à l’inverse du péché grand ou petit qui est possible de la part d’un saint ; toutefois il ne persiste pas là-dessus et il se repent peu de temps après. Il se peut même qu’un grand péché se produise de la part d’un saint peu de temps avant sa mort mais il ne meurt qu’en s’étant repenti. Ainsi, Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah et AzZoubayr Ibnou l-^Awam, que Allah les agrée tous deux, se sont repentis. Ils sont en effet sortis contre l’Émir des croyants ^Aliyy, que Allah l’agrée, en s’engageant dans les rangs de ceux qui l’ont combattu à Al-Basrah. Notre maître ^Aliyy a alors rappelé à chacun d’eux un hadith. À AzZoubayr il a dit : N’est-ce pas que le Messager de Allah t’a dit :

(( إِنّك لتقاتلنّ عليّا وأنت ظالم له ))

(‘Innaka latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lah) ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste envers lui ». Il a alors dit : « j’avais oublié ». Il est donc reparti en abandonnant son combat, et c’est alors qu’un homme de l’armée de ^Aliyy l’a rejoint sur son chemin et l’a tué. Ainsi, il s’était repenti par le rappel de ^Aliyy et il n’est donc mort qu’après s’être repenti. Quant à Talhah, ^Aliyy lui avait dit : « N’est-ce pas que le Messager de Allah t’a dit :

(( مَن كُنْتُ مولاه فَعَلِيٌّ مولاه ))

(man kountou mawlahou fa^Aliyyoun mawlah) ce qui signifie : « Ceux que je soutiens, ^Aliyy les soutient ». Il est alors reparti mais Marwan Ibnou l-Hakam l’a atteint d’une flèche et il en est mort. Talhah aussi s’était repenti et avait regretté lorsque ^Aliyy lui avait rappelé ce hadith. Ainsi, chacun des deux n’est mort qu’après s’être repenti. Les deux hadith sont sahih et le deuxième est même moutawatir [5]. De plus, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a cité qu’il est pardonné à Talhah et AzZoubayr, du fait de la bonne nouvelle que leur avait annoncée le Messager de Allah avec huit autres dans une même assemblée. Ceci est donc, de la part de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, une confirmation qu’ils avaient tous deux fait un péché. Il avait dit la même chose au sujet de ^A’ichah du fait de la bonne nouvelle qui lui avait été annoncée aussi. Elle avait d’ailleurs regretté d’un immense regret de s’être engagée dans les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy, au point que lorsqu’elle se rappelait de son voyage vers Al-Basrah et d’avoir rejoint les rangs de ceux qui combattaient ^Aliyy, elle pleurait jusqu’à en tremper son khimar –voile– de larmes. Ceci est aussi moutawatir. Il a dit aussi au sujet de ceux avaient combattu ^Aliyy dans la bataille de Al-Jamal autres que Talhah et AzZoubayr, et de ceux qui avaient combattu avec Mou^awiyah contre ^Aliyy dans la bataille de Siffin : « Le pardon de leur acte est possible », tout comme cela a été rapporté par l’Imam Abou Bakr Ibnou Fourak de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dans son livre Moujarradou Maqalati l-‘Ach^ariyy. Ibnou Fourak est l’élève de l’élève de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy à savoir Abou l-Haçan Al-Bahiliyy que Allah les agrée. Quant à ce que pensent certains ignorants, que le saint ne tombe pas dans le péché, ceci est une terrible ignorance. Ces trois-là : Talhah, AzZoubayr et ^A’ichah font partie des grands saints.

L’Imam des deux Haram –les deux enceintes sacrées de La Mecque et de Médine– Al-Jouwayniyy a dit : « Les savants des fondements de la religion sont unanimes à dire que celui qui prononce une parole d’apostasie –c’est-à-dire de mécréance– et prétend qu’il a fait une tawriyah [6], celui-là est jugé mécréant selon l’apparence et selon le jugement de Alla», et il était en accord avec eux sur ce point. Ceci signifie que l’interprétation trop éloignée de sa parole ne lui sera pas utile, comme celui qui dit : (yal^an raçoula l-Lah) ce qui signifie : (que soit maudit l’envoyé de Allah) en ajoutant : (je visais par envoyé de Allah la foudre).

De plus, beaucoup de savants, tels le Faqih hanafiyy Badrou r-Rachid qui a vécu à l’approche du huitième siècle de l’hégire, ont énuméré de nombreux exemples. Il convient d’en prendre connaissance car celui qui ne connaît pas le mal risque d’autant plus d’y tomber. Alors, que l’on prenne garde. Il a été confirmé à propos d’un des compagnons qu’il a pris sa langue et qu’il s’est ensuite adressé à elle en disant : « Ô langue, dis du bien tu gagneras et garde-toi de dire du mal, tu seras sauvée, avant de le regretter. Certes, j’ai entendu le Messager de Allah r dire :

(( أَكْثَرُ خَطَايَا ابْنِ آدَمَ مِنْ لِسَانِهِ ))

[rapporté par AtTabaraniyy avec une chaîne de transmission sûre du hadith de ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud] (‘aktharou khataya bni ‘Adama min liçanih) ce qui signifie : « La plupart des péchés du fils de Adam provient de sa langue ». Parmi ces péchés, il y a la mécréance et les grands péchés.

Dans un autre hadith du Messager r il y a :

)) إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا في النَّارِ أَبْعَدَ ِممَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ (( 

[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim du hadithde Abou Hourayrah] (‘inna l-^abda layatakallamou bi l-kalimati ma yatabayyanou fiha yahwi biha fi n-nari ‘ab^ada mimma bayna l-machriqi wa l-maghrib) ce qui signifie : « Certes, il arrive que quelqu’un prononce une parole dont il n’a pas distingué la portée, mais à cause de laquelle il chutera en enfer plus loin encore que ce qui sépare le levant du couchant ».

Remarque importante

Le jugement de celui qui commet une de ces sortes de mécréance est que ses bonnes actions ainsi que ses récompenses sont toutes annulées. Il ne lui sera pas compté l’équivalent d’une poussière d’une récompense qu’il aurait fait auparavant, comme une aumône, un hajj, un jeûne, une prière ou autre. Ce qui lui sera compté, ce sont les nouvelles bonnes actions qu’il aura accomplies après avoir renouvelé sa foi. Allah ta^ala dit :

[وَمَنْ يَكْفُرْ بِالإِيمَانِ فَقَدْ حَبِطَ عَمَلُهُ] [7]

(wa man yakfour bi l-‘imani faqad habita ^amalouh) ce qui signifie : « Celui qui apostasie, ses bonnes œuvres sont annulées ».

S’il dit (‘astaghfirou l-Lah) –je demande à Allah qu’Il me pardonne– avant d’avoir renouvelé sa foi en disant « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Allah », donc en étant toujours sur son état de mécréant, dire (‘astaghfirou l-Lah) ne lui ajoute que péché et mécréance. Il contredit ainsi la parole de Allah ta^ala :

[إِنَّ الذِينَ كَفَرُوا وصَدُّوا عَن سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ ماتُوا وهُمْ كفّارٌ فلَنْ يغفِرَ اللهُ لَهُم] [8]

(‘inna l-ladhina kafarou wa saddou ^an sabili l-Lahi thoumma matou wa houm kouffaroun falan yaghfira l-Lahou lahoum) qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en Islam, puis sont morts en étant mécréants, ceux-là Allah ne leur pardonne pas » et Sa parole ta^ala :

]إنَّ الذِينَ كَفَرُوا وظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللهُ لِيَغْفِرَ لَهُم ولا لِيَهْدِيَهُم طَرِيقًا إِلاّ طَرِيقَ جَهَنَّمَ خالِدِينَ فيها أَبَدًا[9] [

(‘inna l-ladhina kafarou wa dhalamou lam yakouni l-Lahou liyaghfira lahoum wa la liyahdiyahoum tariqan ‘il-la tariqa jahannama khalidina fiha ‘abada) qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et fait preuve d’injustice, Allah ne leur pardonne pas et ne les mènera qu’à l’enfer dans lequel ils resteront éternellement, à jamais ».

Ibnou Hibban a rapporté de ^Imran Ibnou l-Housayn : un homme est venu auprès du Messager de Allah et lui a dit : « Ô Mouhammad, ^Abdou l-Mouttalib est meilleur que toi pour son peuple. Il leur donnait à manger du foie et de la graisse de bosse de chameaux alors que toi tu les envoies se faire tuer ». Le Prophète lui a alors dit ce que Allah a voulu qu’il dise –c’est à dire qu’il lui a répliqué– et lorsque cet homme a voulu s’en aller, il a dit : « Qu’est-ce que je dis ? ». Il lui a répondu :

(( قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي ))

(Qouli l-Lahoumma qini charra nafsi wa ^zim li ^ala ‘archadi ‘amri) ce qui signifie : « Dis : Ô Allah, préserve-moi du mal de mon âme et guide-moi vers ce qui est le mieux pour moi ». L’homme s’en est allé, il n’était pas encore musulman à ce moment-là. Par la suite, il a dit au Messager de Allah : « J’étais venu auprès de toi et je t’avais demandé de m’enseigner et tu m’avais dis : « Qoul –dis– Allahoumma qini charra nafsi wa^zim li ^ala ‘archadi ‘amri », alors que vais-je dire maintenant que je suis entré en Islam ? » Il lui a dit :

)) قُلِ اللَّهُمَّ قِنِي شَرَّ نَفْسِي وَاعْزِمْ لِي عَلَى أَرْشَدِ أَمْرِي اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي مَا أَسْرَرْتُ وَمَا أَعْلَنْتُ وَمَا أَخْطَأْتُ وَمَا عَمَدْتُ وَمَا جَهلْتُ ((

(Qouli l-Lahoumma qini charra nafsi wa^zim li ^ala ‘archadi ‘amri ; Allahoum­ma ghfir li ma ‘asrartou wa ma ‘a^lantou wa ma ^amadtou wa ma ‘akhta’tou wa ma jahilt) ce qui signifie : « Dis : Ô Allah, préserve-moi du mal de mon âme et guide-moi vers ce qui est le mieux pour moi ; ô Allah, pardonne-moi ce que j’ai fait en secret et ce que j’ai fait au grand jour, ce que j’ai fait par erreur ce et que j’ai fait exprès et ce dont je n’ai pas eu connaissance ».

D’autre part, il y a parmi les jugements concernant l’apostat, la l’annulation du contrat de mariage légal qui existait entre sa femme et lui. La relation entre eux après sa sortie de l’Islam est une relation qui n’est pas légale [10]. Le rapport qu’il aura avec elle sera de la fornication. Il n’y a pas de différence que ce soit le mari qui soit sorti de l’Islam ou que ce soit l’épouse qui soit sortie de l’Islam.


[1] [souratou n-Nahl / 106]

[2] [souratou l-Hajj / 40]

[3] [souratou l-Ma‘idah / 91]

[4] à renier l’interdiction.

[5] Le hadith moutawatir est une nouvelle transmise par un grand groupe de gens à un grand groupe de gens et ainsi de suite depuis les compagnons du Prophète, de sorte qu’à chaque génération, le nombre de gens dans le groupe soit suffisant pour que l’on ne puisse pas concevoir qu’ils se sont mis d’accord pour mentir ou bien qu’ils ont coincidé indépendamment les uns des autres sur la même erreur, l’origine de cette nouvelle étant l’observation visuelle ou auditive directe et non pas une déduction rationnelle.

[6] C’est–à-dire qu’il a visé un sens très éloigné du sens de sa parole qui vient communément à l’esprit.

[7] [souratou l-Ma‘idah / 5]

[8] [sourat Mouhammad / 34]

[9] [souratou n-Niça/ 168-169]

[10] Sauf en cas de retour à l’Islam avant la fin de la fin de la période d’attente post-maritale, dans ce cas il n’y a pas besoin de renouveler le contrat de mariage ; sinon il faut faire un nouveau contrat si le retour à l’Islam intervient après la fin de la période d’attente post-maritale.

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Croyance : Exemples de paroles de mécréance

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Exposé des sortes de mécréance

Sache, mon frère en Islam, qu’il existe des croyances, des actes et des paroles qui annulent les deux témoignages et font tomber dans la mécréance. En effet, la mécréance est de trois sortes : par les croyances, les actes et les paroles, tout ceci par accord des savants des quatre écoles (madh-hab) tels que An-Nawawiyy et Ibnou l-Mouqri parmi les chaféites, Ibnou ^Abidin parmi les hanéfites, Al-Bouhoutiyy parmi les hanbalites, le Chaykh Mouhammad ^Il-laych parmi les malékites et d’autres qu’eux. Que celui qui veut, vérifie. C’est le cas pour d’autres savants que ceux des quatre écoles, parmi les Moujtahid du passé, comme Al-‘Awza^iyy. Il était Moujtahid et avait une école (madh-hab) qui fut suivie dans le passé mais par la suite ses disciples ont fini par disparaître.

La mécréance par les croyances : elle a lieu dans le cœur. C’est par exemple renier un des attributs de Allah ta^ala qui est obligatoire­ment Sien par unanimité, comme Son existence, le fait qu’Il soit tout puissant ou qu’Il entende et qu’Il voit ou croire qu’Il est (nour) dans le sens de « luminosité » ou qu’Il est une âme.

Le Chaykh ^Abdou l-Ghaniyy An-Naboulsiyy a dit : « Si quelqu’un croit que Allah est un corps qui remplit les cieux et la terre ou qu’Il est un corps assis au-dessus du Trône, c‘est un mécréant même s’il prétend qu’il est musulman ».

La mécréance par les actes : c’est par exemple jeter le Livre du Qour’an (Al-Moushaf) dans un endroit répugnant. Ibnou ^Abidin a dit : « Même s’il ne voulait pas se montrer irrespectueux car son geste est une preuve d’irrespect ». Il en est de même pour celui qui jette dans les ordures des pages de science de la religion, ou toute feuille sur laquelle il y a un des noms de Allah ta^ala, alors qu’il sait que ce nom s’y trouve. Si quelqu’un porte sur lui un signe de mécréance sans nécessité avec l’intention de rechercher des bénédictions ou s’il le glorifie ou le rend licite, il devient apostat.

La mécréance par la parole [1] : par exemple si quelqu’un blasphème contre Allah ta^ala en disant –que Allah nous préserve de la mécré­ance– : (‘oukht rabbik) ce qui signifie : (sœur de ton Seigneur) ou (‘ibn Allah) ce qui signifie : (fils de Dieu), la mécréance a eu lieu dans ces cas-là, même s’il n’a pas cru que Allah a une sœur ou un fils.

Si un musulman appelle un autre musulman en lui disant : (eh mécréant) sans ta’wil [2], celui qui a dit cela est devenu mécréant car il a nommé l’Islam mécréance. Apostasie aussi celui qui dit à un musulman : (mécréant) ou toute expression similaire, avec l’intention de dire qu’il n’est pas musulman, sauf s’il visait par là qu’il ressemble aux mécréants ; dans ce cas, il ne devient pas mécréant.

Si un homme dit à son épouse : (je t’aime plus que Allah) il devient mécréant ; ou (je t’adore) s’il comprenait de cette dernière expression l’adoration qui est réservée à Allah ta^ala.

Si une personne dit à une d’autre : (Allahou yadhlimouka kama dhalamtani), elle devient mécréante car elle attribue l’injustice à Allah ta^ala, à moins qu’elle ait compris que la signification de (yadhlimouka kama dhalamtani) était (qu’Il te châtie), alors nous ne la jugeons pas mécréante mais nous lui interdisons de le dire.

Si quelqu’un dit à quelqu’un d’autre –et c’est par Allah que l’on recherche la protection– : (yal^an rabbak) ce qui signifie : (que soit maudit ton Seigneur), il devient mécréant.

De même, devient mécréant celui qui dit à un musulman : (yal^an dinak). Certains savants ont dit : « S’il a visé son comportement, il ne devient pas mécréant ». Certains hanafiyy ont dit qu’il devient mécréant s’il l’a dit en visant ni l’un ni l’autre, ni son comportement ni la religion musulmane.

De même, devient mécréant celui qui dit à quelqu’un d’autre : (foulan zaha l-Lah) ce qui signifie : (Untel a bousculé mon Seigneur) car en cela il y a une attribution du mouvement et de l’endroit à Allah.

De même, devient mécréant celui qui dit : (qadda l-Lah) en visant que la chose dont il parle est équivalente à Allah.

De même, devient mécréant celui qui attribue à Allah un organe, comme la parole de certains impudents : (ya zoubba l-Lah) ce qui signifie : (toi pénis de Allah[3]. Cette expression est explicite dans la mécréance : elle n’admet aucune interprétation.

De même, devient mécréant celui qui dit : (‘ana rabbou man ^amila kadha) ce qui signifie : (je suis le dieu de ceux qui font cela).

De même, devient mécréant celui qui dit –que Allah nous en préserve– : (khawat rabbi) ce qui signifie : (il a rendu fou mon Seigneur).

Devient aussi mécréant celui qui dit à un mécréant : (Allahou youkrimouka) en visant que Allah l’agrée, car Allah ta^ala n’agrée pas les mécréants, tout comme Allah ta^ala dit :

[فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللهَ لاَ يُحِبُّ الْكَافِرِينَ] [4]

(fa’in tawallaw fa’inna l-Laha la youhibbou l-kafirin) ce qui signifie : « S’ils se détournent de la croyance, certes Allah n’agrée pas les mécréants ».

De même, devient mécréant celui qui dit à un mécréant : (Allahou yaghfir laka) ce qui signifie : (que Allah te pardonne) en visant que Allah ta^ala lui pardonne bien qu’il reste sur sa mécréance jusqu’à la mort [5].

De même, devient mécréant celui qui dit à propos de celui qui est mort mécréant : (Allahou yarhamouhou) ce qui signifie : (Que Allah lui fasse miséricorde) en visant qu’Il lui accorde la paix dans sa tombe, et non en visant le fait qu’Il lui diminue le supplice de la tombe, sans demander qu’il ressente un repos. S’il dit cette parole en visant cela, il se peut qu’il ne soit pas sorti de l’Islam.

Devient mécréant celui qui utilise le mot création (khalq) en l’attribuant aux gens dans un contexte où il a le sens de faire exister à partir du néant. Par exemple, si une quelqu’un dit : (‘oukhlouq li kadha kama khalaqaka l-Lah) ce qui signifie : (crée moi cela comme Allah t’a créé).

De même, devient mécréant celui qui insulte ^Azrail ^alayhi s-salam, comme l’a dit Ibnou Farhoun dans son livre Tabsiratou l-Houkkam, ou quiconque parmi les anges ^alayhimou s-salam.

De même, celui qui dit : (‘Ana ^ayifou l-Lah) ce qui signifie : (je déteste Allah).

Aussi, devient mécréant celui qui dit : (Allahou la yatahammalou foulan) ce qui signifie : (Allah ne supporte pas Untel) s’il comprend par là l’incapacité ou que Allah est contrarié de ce qu’il fait. Cependant, s’il comprend par cette parole que Allah ne l’agrée pas, il ne devient pas mécréant.

Devient mécréant celui qui dit : (yal^an sama‘a rabbik) ce qui signifie : (que soit maudit le ciel de ton Seigneur) car ainsi, il se moque de Allah ta^ala.

De même, celui qui nomme les temples religieux des mécréants (maisons de Dieu) sort de l’Islam. Quant à Sa parole ta^ala :

[وَلَوْلاَ دَفْعُ اللهِ النَّاسَ بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لَهُدِّمَتْ صَوَامِعُ وَبِيَعٌ وَصَلَوَاتٌ وَمَسَاجِد[6]

(walawla daf^ou l-Lahi n-naça ba^dahoum biba^din lahouddimat sawami^oun wa biya^oun wa salawatoun wa maçajid) qui signifie : « Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, des sawami^ seraient démolies, ainsi que des biya^, des salawat et des maçajid », ce qui est visé ici, ce sont les lieux d’adoration des gens de la communauté de Mouça et des gens de la communauté de ^Iça lorsqu’ils suivaient l’Islam car ces lieux ont le statut des mosquées de la communauté de Mouhammad. En effet, ils ont tous été bâtis pour la croyance en l’unicité de Allah, pour Sa glorification et non pour l’adoration d’autre que Allah. Allah a appelé la mosquée Al-‘Aqsa « masjid » alors qu’elle n’a pas été bâtie par la communauté de Mouhammad. Que tout un chacun craigne Allah et qu’il se garde d’appeler (maisons de Allah) ce qui a été construit pour pratiquer le chirk [7] et celui qui ne craint pas Allah subira les conséquences de ce qu’il dit.

De même, sort de l’Islam celui qui dit une parole mensongère en sachant que c’est un mensonge et dit : (Allah est témoin de ce que je dis) en visant que (Allah sait qu’il en est tel que je l’ai dit), ceci parce qu’il a attribué l’ignorance à Allah ta^ala car Allah sait qu’il est menteur et non pas véridique.

De même, il n’est pas permis de dire : (koullou wahid ^ala dinih Allahou you^inouh[8] avec l’intention de faire une invocation en faveur des deux groupes.

Devient mécréant celui qui dit, en généralisant : (le chien est meilleur que le fils de Adam).

De même, devient mécréant celui qui dit : (al-^arab jarab) ce qui signifie : (les arabes sont comme de la gale) ; mais s’il a spécifié son propos par une expression ou un contexte, comme s’il dit : (aujourd’hui les arabes sont corrompus), puis qu’il ajoute : (les arabes sont comme de la gale), il ne devient pas mécréant.

Devient mécréant celui qui nomme satan par بسم الله الرحمن الرحيم (Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim) mais pas s’il a récité la Basmalah avec l’intention de rechercher par Allah la protection contre son mal.

Il y a certains poètes et écrivains qui écrivent des paroles de mécréance, comme l’un d’eux qui a écrit : (haraba l-Lah) ce qui signifie : (Allah s’est enfui). Ceci constitue de l’irrespect à l’égard de Allah et fait tomber dans la mécréance. Al-Qadi ^Iyad a dit dans son livre Ach-Chifa : « Pas de divergence que celui qui insulte Allah ta^ala parmi les musulmans est devenu mécréant » Fin de citation.

Aussi, devient mécréant celui qui approuve ces dires et expressions, et combien elles se sont multipliées dans de nombreux écrits.

De même, le manque de respect à l’égard du Messager r, en se moquant de l’une de ses attitudes ou de l’un de ses actes est de la mécréance [9].

Se moquer de ce qui fait partie du Qour’an honoré, des prophètes ^alayhimou s-salam, des emblèmes de l’Islam, ou de l’une des lois de Allah ta^ala constitue une mécréance de façon absolue.

De même, l’approbation de la mécréance d’autrui est de la mécréance. En effet, se satisfaire de la mécréance est une mécréance.

Ne devient pas mécréant celui qui rapporte [10] de quelqu’un d’autre une mécréance que l’autre a commise, sans l’approuver, en disant : « Untel a dit telle chose ». Et s’il retarde l’expression marquant le discours rapporté à la fin de la phrase énoncée, il est une condition d’avoir eu l’intention de citer la formule du discours rapporté en la retardant dès le début.


[1] Ce qui va être cité pour présenter la mécréance par la parole, que ce soit l’énumération de paroles en dialecte ou d’autres paroles de mécréance, est dû à un grand besoin : ce sont des paroles de plus en plus utilisées chez les impudents (safih). Il est donc un devoir pour nous de les mettre en garde contre ces paroles en les citant.

[2] C’est-à-dire sans qu’il y ait une cause sur laquelle il se soit basé en ayant pensé qu’elle fait sortir de l’Islam alors qu’en réalité elle ne fait pas sortir de l’Islam et en ayant à ce sujet une sorte de confusion.

[3] Cette parole est dite par certains villageois syriens et libanais. L’un d’eux a même dit lorsqu’on lui a interdit de le dire : « Mais enfin n’a-t-Il pas cet organe ?! »

[4] [souratou ‘Ali ^Imran / 32]

[5] Mais s’il vise que Allah lui pardonne par l’entrée en Islam alors dans ce cas il ne sort pas de l’Islam.

[6] [souratou l-Hajj / 40]

[7] Le chirk : c’est l’adoration d’autre que Allah

[8] Il devient mécréant s’il a eu l’intention de faire l’invocation que Allah aide les mécréants à faire la mécréance. Mais s’il a simplement voulu soumettre une information à ce sujet, il ne devient pas mécréant. En effet, c’est Allah Qui guide qui Il veut et Qui égare qui Il veut. Personne ne Lui demande pourquoi Il fait ceci ou cela, car Il n’est sujet à l’ordre de personne et Il n’a personne pour Lui interdire quoi que ce soit.

[9] Comme par exemple celui qui se moque du port du turban (^amamah) et du port de la tunique longue (qamis) c’est-à-dire ce qui est connu actuellement sous le nom de jallabiyyah, ou qui se moque de l’utilisation du frottoir à dents (siwak) tout en sachant que le Prophète r le pratiquait et qu’il en disait du bien, ou qui se moque des veilles de nuit en prières ou du jeûne surérogatoire ou d’autre chose parmi celles que le Prophète r a pratiquées et dont il a fait l’éloge, comme de se laisser pousser la barbe.

[10] Par écrit ou oralement.

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Croyance : le plus grand droit de Dieu sur nous

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 26, 2011

Louanges à Allah. Que Dieu élève en degré le Messager de Allah et apaise ses craintes quant au sort de sa communauté.

Allah ta^ala dit :

[يَا أَيُّها الّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَا قَدَّمَتْ لِغَد] [1]

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad) ce qui signifie : « Ô vous qui croyez, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chacun considère ce qu’il prépare comme actes de bien pour demain ».

Notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée et honore son visage, a dit : « Aujourd’hui les actes et demain les comptes » [rapporté par Al-Boukhariyy dans le chapitre Ar-Riqaq].

Le plus grand des droits de Allah
sur Ses esclaves

Sache que le plus éminent des droits de Allah sur Ses esclaves, c’est la croyance en Son unicité [2] ta^ala et de ne rien adorer d’autre que Lui. En effet, associer quoi que ce soit à Allah est le plus grand péché que l’esclave puisse commettre. C’est le péché que Allah ne pardonne pas alors qu’Il absout qui Il veut de moindres que celui-là. Allah ta^ala dit :

[إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ[3]

(inna l-Laha la yaghfirou ‘an youchraka bihi wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha) ce qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui attribue un associé et Il pardonne des péchés moins graves que ça à qui Il veut ».

Il en est de même pour toutes les sortes de mécréance, Allah ne les pardonne pas. La preuve en est Sa parole ta^ala :

[إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللهُ لَهُمْ] [4]

(‘inna l-ladhina kafarou wa saddou ^an sabili l-Lahi thoumma matou wa houm kouffaroun falan yaghfira l-Lahou lahoum) qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et qui ont empêché les gens d’entrer en Islam, puis sont morts en étant mécréants, Dieu ne leur pardonnera pas ».

Le Messager de Allah r a dit :

)) مَنْ شَهِدَ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ ((

[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] (man chahida ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika lah ; wa ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh ; wa ‘anna ^Iça ^abdou l-Lahi wa raçoulouh ; wa kalimatouhou ‘alqaha ‘ila Maryama wa rouhoun minh ; wa l-jannata haqqoun wa n-nara haqq ; ‘adkhalahou l-Lahou l-jannata ^ala ma kana mina l-^amal) ce qui signifie : « Celui qui témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, unique sans associé, que Mouhammad est Son esclave et Son messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son messager[5], qu’il est Sa bonne nouvelle annoncée à Maryam et que son âme est une âme créée et honorée par Allah[6], que le paradis est réel et que l’enfer est réel, celui-là, Allah le fera entrer au paradis quels que soient les actes qu’il aura accomplis ».

Dans un autre hadith :

(( فَإِنَّ اللهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللهِ ))

[rapporté par Al-Boukhariyy] (fa’inna l-Laha harrama ^ala n-nari man qala la ‘ilaha ‘il-la l-Lah ; yabtaghi bidhalika wajha l-Lah) ce qui signifie : « Certes, Allah interdit à l’enfer celui qui dit il n’est de dieu que Allah, en recherchant par cela l’agrément de Allah ».

Il est un devoir la fois de croire au message de Mouhammad r et de témoigner qu’il n’est de dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauvé de l’éternité en enfer.

La signification des deux témoignages

La signification du témoignage qu’il n’est de dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue et je crois et j’accepte par mon cœur que Celui Qui mérite d’être adoré, c’est Allah ta^ala exclusivement.

La signification du témoignage que Mouhammad r est le Messager de Allah est : je reconnais par la langue et je me soumets par le cœur que notre maître Mouhammad est le messager de Allah envoyé à tous les mondes, humains et jinns, qu’il est véridique en tout ce qu’il a transmis de la part de Allah ta^ala afin qu’ils aient foi en sa Loi (chari^ah) et le suivent.

Ce qui est visé par les deux témoignages c’est de nier la divinité à tout autre que Allah, de la confirmer pour Allah et ce, en reconnaissant et en croyant au message de notre maître Mouhammad r.

Allah ta^ala dit :

[وَمَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيراً] [7]

(wa man lam you’min bil-Lahi wa raçoulihi fa’inna ‘a^tadna li l-kafirina sa^ira) ce qui signifie : « Ceux qui ne croient pas en Allah et en Son Messager, alors Nous avons préparé pour les mécréants l’enfer ».

Cette ayah juge explicitement mécréant quiconque ne croit pas en Mouhammad r. Celui qui conteste à ce sujet contredit le Qour’an et celui qui contredit le Qour’an devient mécréant.

Les juristes de l’Islam ont unanimement jugé mécréant celui qui a une autre religion que l’Islam ainsi que celui qui ne le juge pas mécréant, celui qui en doute ou bien celui qui ne se prononce pas comme en disant : (moi, je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant).

Sache aussi avec certitude que la foi et l’Islam ne sont pas valables et que les bonnes œuvres ne sont pas acceptées, sans les deux témoignages avec l’expression : (‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah, wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Allah », ou toute expression qui a la même signification, même dans une autre langue que la langue arabe. Il suffit pour la validité de l’Islam de prononcer les deux témoignages une fois dans la vie et il reste un devoir de les prononcer dans chaque prière pour que la prière soit valide, ceci concernant quelqu’un qui n’est pas en Islam puis veut embrasser l’Islam.

Quant à celui qui a grandi dans  l’Islam en croyant aux deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer : il est musulman même s’il ne les articule pas.

Le Prophète r a dit :

(( قَالَ اللهُ تَعَالَى : وَمَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِشَيْءٍ أَحَبَّ إِلَيَّ ِممَّا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ ))

[hadith qoudsiyy rapporté par Al-Boukhariyy] (qala l-Lahou ta^ala : wa ma taqarraba ‘ilayya ^abdi bichay’in ‘ahabba ‘ilayya mimma f-taradtou ^alayh) ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Rien ne rapproche davantage Mon esclave de Moi que l’accomplissmeent de ce que Je lui ai rendu obligatoire ». Or la meilleure et la première des obligations est la foi en Allah et en Son Messager.

D’autre part, la croyance seule qu’il n’est de dieu que Allah ne suffit pas si on ne lui joint pas la croyance que Mouhammad est Son Messager.

Allah ta^ala dit :

[قُلْ أَطِيعُوا اللهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللهَ لاَ يُحِبُّ الْكَافِرِينَ[8]

(qoul ‘ati^ou l-Laha wa r-raçoula fa’in tawallaw fa’inna l-Laha la youhibbou l-kafirin) ce qui signifie : « Dis : Obéissez à Allah et au Messager. S’ils se détournent, alors certes Allah n’aime pas les mécréants », c’est-à-dire que Allah n’aime pas ceux qui se détournent de la croyance en Allah et au Messager, en raison de leur mécréance et ce qui est visé par l’obéissance à Allah et à Son messager dans cette ayah c’est de croire en eux.

Ceci est donc une preuve que celui qui n’a pas cru en Allah et en Son Messager Mouhammad r est mécréant et que Allah ta^ala ne l’aime pas en raison de sa mécréance.

Par conséquent, si quelqu’un dit que Allah aime les croyants et les mécréants parce qu’Il les a tous créés, il aura démenti le Qour’an ; on lui répond : « Allah les a tous créés mais ne les aime pas tous ».

L’obligation pour toute personne responsable (moukallaf)

Sache que prononcer les deux témoignages après la puberté est une obligation pour toute personne responsable[9], une fois dans sa vie, avec l’intention d’accomplir l’obligation chez les malékites, car pour eux, la récitation du tachahhoud n’est pas un devoir pendant la prière ; ils la considèrent comme recommandée. Chez d’autres savants, tels que les chaféites et les hanbalites, la récitation du tachahhoud est un devoir dans chaque prière pour la validité de la prière.

Il n’est pas de religion vraie autre que l’Islam

La juste religion selon le jugement de Allah, c’est l’Islam.

Allah ta^ala dit :

[وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ] [10]

(wa man yabtaghi ghayra l-‘Islami dinan falan youqbala minh) ce qui signifie : « Si quelqu’un recherche une autre religion que l’Islam, elle ne sera pas accepté de lui ».

Allah ta^ala dit aussi :

[إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللهِ الإِسْلاَم] [11]

(‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes la religion agréée selon le jugement de Allah est l’Islam ».

Ainsi, tous les prophètes sont musulmans. Celui qui a suivi Mouça r est un musulman mouçawiyy, et celui qui a suivi ^Iça r est un musulman ^içawiyy. Il est valable de dire à propos de celui qui suit Mouhammad r qu’il est un musulman mouham­madiyy.

L’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.

On n’appelle pas Allah « mouslim » –musulman– comme le disent certains ignorants.

Jadis, l’humanité entière avait une seule religion, l’Islam.

Attribuer des associés à Allah (ach-chirk) et mécroire Allah ta^ala ne survinrent qu’après le prophète Idris r.

Nouh [12] fut alors le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah Al-Wahid Celui Qui est unique et Qui n’a pas d’associé. Allah a mis en garde contre l’association tous les messagers qui sont venus après lui [13].

Notre maître Mouhammad r renouvela donc l’appel à l’Islam après que cette religion disparut d’entre les hommes, sur terre. Il fut appuyé en cela par des miracles qui prouvaient son statut prophétique. Certains sont donc entrés en Islam et les égarés le rejetèrent en tant que prophète. Parmi eux, certains étaient auparavant des associateurs, tel un groupe de mécréants des fils de ‘Israil qui a adoré ^Ouzayr. Ils ont ainsi accumulé mécréance sur mécréance. D’autres parmi les gens du Livre, juifs et chrétiens, ont cru en lui. C’est le cas de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam qui était le savant des juifs à Médine et Ashamah An-Najachiyy, le roi d’Abyssinie qui était chrétien puis suivit le Messager r complètement ; il mourut du vivant du Messager de Allah et le Messager a fait la prière funéraire en sa faveur in absentia (salatou l-gha’ib) le jour même de sa mort. Allah lui a révélé sa mort. Par la suite, on pouvait voir la nuit une lumière au-dessus de sa tombe. Ceci est une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un des saints de Dieu, que Allah l’agrée.

Le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Dieu uniquement.

Le jugement de celui qui se réclame de l’Islam par la parole mais en contredit le sens

Il y a de nombreux groupes qui ont contredit le sens de l’Islam, même s’ils se réclament de l’Islam en prononçant les deux témoignages (‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) soit en français : je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le messager de Dieu, parce qu’ils ont contredit les deux témoignages en ayant pour croyance ce qui s’y oppose. Ils sont sortis du monothéisme en adorant d’autres que Allah. Ceux-là sont donc mécréants. Ce ne sont pas des musulmans. C’est le cas de ceux qui crurent à la divinité de ^Aliyy ‘Ibnou ‘Abi Talib, de Al-Khadir, de Al-Hakim bi’amri l-Lah ou d’autres encore, ou bien les paroles et gestes ayant le même jugement.

Le jugement de celui qui renie les deux témoignages, c’est de le déclarer mécréant, catégoriquement. Sa demeure sera le feu de l’enfer dans lequel il restera éternellement. Le châtiment dans l’au-delà ne s’interrompra pas pour lui, tout ceci pour l’éternité. Il ne sortia pas du feu.

En revanche, celui qui s’acquitte du plus éminent des droits que Allah a sur lui, en n’adorant que Lui ta^ala, c’est-à-dire en cessant de Lui associer quoi que ce soit, et en reconnaissant la véracité de Son Messager r, celui-là ne restera pas dans pour toujours dans le feu de la géhenne, même s’il y entre pour ses péchés. Sa destinée finale sera en fin de compte, dans tous les cas, de sortir de l’enfer et d’entrer au paradis, après avoir subi le châtiment qu’il a mérité si Allah ne lui pardonne pas. Le Messager de Allah r a dit :

(( يَخْرُجُ مِنَ النَّارِ مَنْ قَالَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَفِي قَلْبِهِ وَزْنُ ذَرَّةٍ مِنْ إِيمَانٍ ))

[rapporté par Al-Boukhariyy] (yakhroujou mina n-nari man qala la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa fi qalbihi waznou dharratin min ‘iman) ce qui signifie : « Sortira du feu quiconque a dit : il n’est de dieu que Allah en ayant dans son cœur ne serait-ce qu’un poids infime de foi ».

Quant à celui qui s’en tient à la croyance en Son unicité ta^ala, qui se garde de Lui désobéir et accomplit ce qu’Il ordonne, celui-là entrera au paradis sans châtiment, là où se trouve la félicité éternelle à jamais. La preuve en est le hadith qoudsiyy qu’a rapporté Abou Hourayrah. Il a dit : le Messager de Allah r dit :

)) قَالَ اللهُ عَزَّ وَجَلَّ : أَعْدَدْتُ لِعِبَادِيَ الصَّالِحِينَ مَا لاَ عَيْنٌ رَأَتْ وَلاَ أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلاَ خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَر ((

(qala l-Lahou ^azza wa jall : ‘a^dadtou li^ibadiya ssalihina ma la ^aynoun ra’at wa la ‘oudhounoun sami^at wa la khatara ^ala qalbi bachar) ce qui signifie : « Allah ^azza wa jall dit : J’ai préparé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil ne vit jamais, aucune oreille n’entendit et que nul cœur de mortel ne conçut ». Abou Hourayrah a dit aussi : « Récitez si vous le voulez, Sa parole ta^ala :

[14] [فَلاَ تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ جَزَاءً بِمَا كَانُوا يَعْمَلُونَ]

(fala ta^lamou nafsoun ma ‘oukhfiya lahoum min qourrati ‘a^younin jaza’an bima kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Aucune âme ne sait ce qui lui a été caché comme source de joie, en récompense de ce qu’elle faisait » [rapporté par Al-Boukhariyy dans le Sahih].


[1] [souratou l-Hachr / 18]

[2] c’est-à-dire qu’Il n’a pas d’associé.

[3] [sourat An-Niça / 48]

[4] [sourat Mouhammad / 34]

[5] Et dans une autre version, il y a un ajout de (wa bnou amatih) qui signifie : « et le fils de Son esclave ».

[6] La signification de (wa rouhoun minh) est que le Messie est une âme qui est créée et amenée à l’existence par Allah. Cela n’a pas le sens de la parcellisation. Allah ta^ala dit : (wa sakh-khara lakoum ma fi s-samawati wa ma fi l-‘ardi jami^an minh) [Al-Jathiyah / 13] ce qui signifie : « Et Il vous a asservi ce qui est dans les cieux et sur la terre, tout cela étant de Lui ». Cela veut dire que tout ce qu’il y a dans les cieux et sur terre provient de Allah par création et en le faisant entrer en existence. Cela ne veut pas dire que ce sont des parties de Allah ta^ala.

[7] [sourat Al-Fat-h / 13]

[8] [sourat Ali ^Imran / 32]

[9] Celui qui est responsable est celui qui est pubère, sain d’esprit et à qui est parvenu l’appel du Messager.

[10] [souratou Ali ^Imran / 85]

[11] [souratouAli ^Imran / 19]

[12] Entre Nouh r et Idris r mille ans se sont écoulés. Cette époque est appelée la première jahiliyyah que Allah a évoquée par Sa parole : [ولا تبرّجن تبرّج الجاهليّة الأولى] (wa la tabarrajna tabarrouja l-jahiliyyati l-‘oula) [sourat Al-‘Ahzab / 33] ce qui signifie : « Ne vous exhibez pas [ô femmes] comme les femmes de la première jahiliyyah le firent ».

[13] Ce qui est visé par la mise en garde des messagers c’est la mise en garde de leurs communautés car les prophètes sont préservés de l’adoration d’autre que Allah (ach-chirk).

[14] [Sourat As-Sajdah / 17]

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Croyance : Les aayah explicites et les aayah non explicites

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur juin 21, 2011

Pour comprendre ce sujet comme il convient, il est un devoir de savoir qu’il y a dans le Qour’an des ayah explicites (mouhkamah) et des ayah non explicites (moutachabihah). Allah ta^ala dit :

]هُوَ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاءَ الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاءَ تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلَّا اللَّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آَمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِنْ عِنْدِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ[ [1]

(houwa l-ladhi ‘anzala ^alayka l-kitaba minhou ‘ayatoun mouhkamatoun hounna ‘oummou l-kitabi wa ‘oukharou moutachabihatoun fa’amma l-ladhina fi qouloubihim zayghoun fayattabi^ouna ma tachabaha minhou b-tigha’a l-fitnati wa b-tigha’a ta’wilihi wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lahou wa r-raçikhouna fi l-^ilmi yaqoulouna ‘amanna bihi koulloun min ^indi rabbina wa ma yadh-dhakkarou ‘il-la ‘oulou l-‘albab) [2].

Lesayah explicites (mouhkamah) : ce sont celles qui n’admettent qu’un seul sens du point de vue de la langue, ou encore celles dont le sens qui est visé est clairement connu. C’est le cas de Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء] [3]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui », de Sa parole :

[وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَد] [4]

(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad) qui signifie : « Et Il n’a aucun équivalent » et de Sa parole ta^ala :

[هَلْ تَعْلَمُ لَهُ سَمِيّاً] [5]

(hal ta^lamou lahou samiyya) qui signifie : « Lui connais-tu un seul semblable », c’est-à-dire qu’Il n’a assurément pas de semblable.

Lesayah non explicites (moutachabihah) : ce qui n’est pas explicite (al-moutachabih), c’est ce dont le sens n’est pas clairement connu, ou bien ce qui admet selon la langue plusieurs sens et nécessite donc une réflexion pour lui donner le sens qui est en concordance avec les ayah explicites (mouhkamah). C’est le cas de Sa parole ta^ala :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [6]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa[7]. Et de Sa parole ta^ala :

[إِلَيْهِ يَصْعَدُ الْكَلِمُ الطَّيِّبُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُه] [8]

(‘ilayhi yas^adou l-kalimou ttayyibou wa l-^amalou ssalihou yarfa^ouh) qui signifie que les bonnes paroles telles que « La ‘ilaha ‘il-la l-La» montent jusqu’au lieu honoré par Allah, qui est le ciel, et les bonnes œuvres, elles les élèvent, c’est-à-dire que les bonnes paroles élèvent les bonnes œuvres. Ceci est en accord et en conformité avec la ayah explicite :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء] [9]

(layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

Ainsi, il est un devoir de renvoyer l’exégèse desayah non explicites auxayah explicites. Ceci concerne les choses non explicites qu’il est possible pour les savants de connaître. En revanche, ce qui est non explicite et qui est visé par Sa parole :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ] [10]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et n’en sait le terme fixé que Allah », selon la récitation rapportée du Qour’an s’arrêtant sur le terme الله (Allah), il s’agit de ce qui est de l’ordre de l’avènement du Jour dernier, de l’apparition du faux Messie (ad-dajjal), par conséquent ce n’est pas du même ordre que ce qui est visé par la ayah de l’istiwa.

Il a été rapporté du Prophète r :

(( إِعْمَلُوا بمُحْكَمِهِ وَآمِنُوا بِمُتَشَابِهِه ))

(‘i^malou bimouhkamihi wa ‘aminou bimoutachabihih) ce qui signifie : « Agissez en conformité avec ce qui est explicite de ses [ayah] et croyez en ce qui n’est pas explicite », en sachant que ce hadithest d’une légère faiblesse dans la chaîne de transmission.

Le Mouhaddith, le Hafidh, le linguiste et spécialiste du fiqh hanafiyy Mourtada AzZabidiyy, a dit dans son commentaire intitulé ‘It-hafou s-Sadati l-Mouttaqin, en rapportant du livre At-Tadhkiratou ch-Charqiyyah de Al-Qouchayriyy, textuellement ce qui signifie :

« Quant à la parole de Allah ^azza wa jall :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ] [11]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et n’en sait le terme fixé que Allah », ce qui est visé par cela, c’est l’heure de l’avènement du Jour dernier. Les idolâtres avaient en effet interrogé le Prophète r à propos de l’avènement du Jour dernier, dans quelle époque il viendrait et quand il aurait lieu. Cetteayah non explicite fait donc référence à la science de ce qui nous est caché (ghayb). Nul ne sait l’issue des choses sinon Allah ^azza wa jall.

Pour cela, Il dit :

[هَلْ يَنْظُرُونَ إِلاَّ تَأْوِيلَهُ يَوْمَ يَأْتِي تَأْوِيلُه] [12]

(hal yandhourouna ‘il-la ta’wilahou yawma ya’ti ta’wilouh) c’est-à-dire « n’attendent-ils que l’avènement de l’heure du jour dernier ? » De plus, comment serait-il possible à quelqu’un de dire à propos du Livre de Allah ta^ala, qu’il s’y trouve des choses qu’aucune créature n’aurait les moyens d’en connaître la signification et dont nul ne sait l’interprétation sinon Allah ? Ceci n’est-il pas une des façons les plus graves de porter atteinte aux sujets liés aux prophéties ? Et comment serait-il possible de dire que le Prophète r n’a pas connu l’interpré­tation de ce qu’il a transmis au sujet des attributs de Allah ta^ala et qu’il a appelé les créatures à connaître ce qui ne peut être connu ? Allah ne dit-Il pas :

[بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين]

(biliçanin ^arabiyyin moubin) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire » ? Ainsi, selon leur prétention, il leur serait obligatoire de dire qu’Il ment lorsqu’Il dit :

[بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين]

(biliçanin ^arabiyyin moubin) ce qui signifie : « Dans une langue arabe claire », puisque cela ne peut pas être connu selon eux ! Sinon, où serait donc cette clarté ? Le Qour’an est dans la langue des Arabes, comment prétendre que les Arabes ne le comprennent pas puisqu’il est en arabe ? Que dire donc d’une parole dont la signification revient à attribuer le mensonge au Seigneur, gloire à Lui Qui est exempt de toute imperfection ? De plus, le Prophète r appelait les gens à adorer Allah ta^ala. Si dans ce qu’il transmettait à la communauté, il y avait eu une parole dont Allah seul sait l’interprétation, les gens auraient pu lui dire : « Explique-nous d’abord Qui tu nous appelles à adorer et ce que tu dis », car la croyance en ce dont la base ne peut être connue n’est pas réalisable –c’est-à-dire n’est pas possible–. D’autre part, attribuer au Prophète r qu’il aurait appelé à adorer un Seigneur ayant pour attributs des attributs que l’on ne peut comprendre est une chose grave, qu’aucun musulman ne peut concevoir. En effet, ignorer les attributs entraîne le fait d’ignorer Celui Qui a ces attributs. Le but de ce propos, c’est que celui qui a un peu de raison sache et discerne bien que la parole de celui qui dit : (Son ‘istiwaest un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens, Son yad est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens et Son qadam est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens), cette parole est une tromperie, comportant implicitement une qualification par un comment s’agissant de Allah, la considération qu’Il aurait des ressemblants et aussi un appel à l’ignorance. La vérité apparaît ainsi clairement à celui qui est doté de raison. De plus, celui-là même qui nie l’interprétation, est-ce qu’il nie l’interprétation dans tous les cas et à propos de touteayah ou est-ce qu’il se contente de nier l’interprétation seulement à propos des attributs de Allah ta^ala ?

S’il s’abstient de l’interprétation de façon absolue, il aura aboli la Loi et les sciences de lIslam car il n’y a pas de ayah ni de nouvelle rapportée sans qu’il y ait besoin d’interpréter et de connaître les différents sens des termes et des phrases selon la langue, hormis pour ce qui est explicite, de l’ordre de Sa parole ta^ala :

[وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيم] [13]

(wahouwa bikoulli chay’in ^alim) qui signifie : « Il est Celui Qui sait absolument tout » parmi les textes rapportés ayant trait aux attributs de Allah, et de l’ordre de Sa parole ta^ala :

[حُرِّمَتْ عليكمُ المَيْتَةُ والدَّمُ ولَحْمُ الخِنْزِيرِ]

(hourrimat ^alaykoumou l-maytatou wa d-damou wa lahmou l-khinzir) [14] qui signifie : « Il vous a été interdit de consommer la maytah [15], le sang et la chair de porc » parmi les textes rapportés ayant trait aux lois. En effet, il y a des choses qu’il est indispensable d’interpréter, il n’y a pas de divergence à ce sujet chez les gens raisonnables, mis à part chez les irréligieux dont l’objectif est d’abolir les Lois de l’Islam. Sa croyance en cela entraîne l’invalidité de ce qu’il prétend être de la dévotion à la Loi de l’Islam.

S’il dit qu’il est permis de faire des interprétations d’une façon générale sauf pour ce qui a trait à Allah et à Ses attributs et qu’il n’y a pas d’interprétation possible Le concernant, cela revient donc à dire que ce qui concerne autre chose que Allah ta^ala, il serait un devoir de le connaître et que ce qui concerne le Créateur et Ses attributs, il serait un devoir de s’en éloigner ; et cela aucun musulman ne peut l’admettre. Le fond de la question est que ceux-là mêmes qui s’interdisent l’interprétation (ta’wil), ils croient en la réalité même de l’assimilation (tachbih). Seulement, ils fraudent et disent (qu’Il a un (yad) pas comme les (yad), un (qadam) pas comme les (qadam) et un (istiwa) par Son Être pas comme nous percevons les choses avec nos raisons). Alors, que celui qui fait partie des gens véridiques et dotés de compréhension dise : ce sont là des paroles qu’il est indispensable de tirer au clair. Votre parole : (Nous considérons le sujet selon le sens qui vient communément à l’esprit et nos raisons ne peuvent en saisir la signification), cette parole se contredit elle-même. Effectivement, si tu interprètes selon le sens qui vient communément à l’esprit, à ce moment-là le sens qui vient communément à l’esprit de (saq) dans Sa parole ta^ala :

[يَوْمَ يُكْشَفُ عَنْ سَاقٍ[16]

(yawma youkchafou ^an saq) [17], c’est le sens du membre inférieur qui est constitué de la peau, de la chair, des os, des ligaments et de la moelle. Si tu retiens ce sens qui vient communément à l’esprit et que tu t’attaches à admettre ces organes, c’est donc de la mécréance. En revanche, s’il ne t’est pas possible de retenir ce sens –c’est-à-dire si tu n’as pas cela pour croyance– alors où est ton principe de retenir le sens qui vient communément à l’esprit ? N’auras-tu pas abandonné le sens apparent et n’auras-tu pas reconnu que le Seigneur est exempt de ce que laisse penser le sens apparent ? Alors comment t’en tiendras-tu à retenir le sens apparent ? Si maintenant notre adversaire dit (ce sont des sens qui viennent communément à l’esprit qui n’ont pas de signification au fond), alors ça serait juger que ces ayah sont caduques, qu’il n’y avait pas d’utilité à nous les transmettre et qu’elles sont en pure perte ; et cela c’est quelque chose d’impossible. Dans la langue des Arabes, il y a de larges possibilités d’utilisation des sens figurés et beaucoup de richesse dans le langage. De plus, les arabes connaissaient les racines des mots et comprenaient les diverses significations. En définitive, celui qui s’écarte avec aversion du (ta’wil) en s’attachant au sens apparent, c’est en raison de son peu de compréhension de la langue. Quant à celui qui a de vastes connaissances dans la langue arabe d’origine [18], il lui est facile de saisir la réalité des choses.

Il a été dit :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lahou wa r-raçikhouna fi l-^ilm) ce qui signifie : « Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science », c’est comme s’Il avait dit : « et ceux qui sont versés dans la science aussi le connaissent et disent nous avons cru en cela ». En effet, la croyance en quelque chose n’est concevable qu’après avoir en avoir eu connaissance. Quant à la chose qu’on ne peut pas connaître –ne serait-ce que d’un point de vue–, la croyance en elle ne peut pas en résulter. Pour cette raison, Ibnou ^Abbas a dit : « Je fais partie de ceux qui sont versés dans la science ». Fin de citation de la parole du Hafidh AzZabidiyy de ce qu’il a rapporté de Abou n-Nasri l-Qouchayriyy, que Allah lui fasse miséricorde.

 

Il y a ici deux voies qui toutes deux sont correctes :

La première : la voie des gens du Salaf : –ce sont les gens des trois premiers siècles de l’Hégire–, c’est-à-dire la voie de la plupart d’entre eux. Ils faisaient une interprétation dite globale de ces ayah non-explicites en ayant foi en ces ayah et en croyant qu’elles n’ont pas le sens des attributs des corps concernant Allah mais qu’elles ont au contraire un sens digne de la glorification due à Allah, sans toutefois préciser d’interprétation. Ils ont renvoyé ces ayah aux ayah explicites telles que Sa parole ta^ala :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْء] [19]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

Cette voie est conforme à ce qu’a dit l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée : « Je crois fermement en ce qui nous a été rapporté de Allah conformément au sens que Allah a visé et en ce qui nous a été rapporté du Messager de Allah r conformément à ce que le Messager de Allah a visé ». Il voulait dire, que Allah l’agrée, non pas selon les significations sensitives et physiques auxquels mènent les illusions et les suppositions, et qui ne sont pas possibles au sujet de Allah ta^ala.

De plus, déclarer que les gens du Salaf n’ont jamais fait d’interprétation détaillée, comme d’aucuns le prétendent, est réfuté par ce qui figure dans le Sahih de Al-Boukhariyy, au chapitre Exégèse du Qour’an ; son expression telle qu’elle s’y trouve est la suivante :

) [20]سُورَةُ الْقَصَص( ]كُلُّ شَىْءٍ هَالِكٌ إِلاَّ وَجْهَهُ[ إِلاَّ مُلْكَهُ ويُقالُ ما يُتَقَرَّبُ بِهِ إِلَيهِ ا.ه.

(souratou l-Qasas : koullou chay’in halikoun ‘il-la wajhah : ‘il-la moulkah wa youqalou ma youtaqarrabou bihi ‘ilayh. ‘intaha) ce qui signifie : « souratou l-Qasas : Toute chose sera anéantie sauf Son wajh : Sauf Sa souveraineté, et on peut dire : sauf les actes par lesquels on a recherché Son agrément » Fin de citation. En effet, la souveraineté de Allah est un de Ses attributs éternels exempts de début, elle n’est pas telle que la souveraineté qu’Il accorde aux créatures.

On trouve aussi dans ce chapitre d’autres passages, par exemple l’interprétation du terme (addahik) [21] qui est rapporté dans le hadith au sujet de Allah, il y est interprété par (ar-rahmah) –la volonté de faire miséricorde–.

De même, il a été confirmé que l’Imam ‘Ahmad, qui fait partie des gens du Salaf, a lui aussi fait des interprétations détaillées. Il a été confirmé qu’il a dit : « Sa toute-puissance » à propos de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ] [22]

(wa ja’a rabbouk) qui signifie : « Et viendront [des manifestations de la toute-puissance de] ton Seigneur ». Le Hafidh Al-Bayhaqiyy a confirmé la chaîne de transmission de cette parole. Le Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy a dit à propos de Al-Bayhaqiyy : « Personne n’est venu après Al-Bayhaqiyy et Ad-Daraqoutniyy qui les égale ou qui se rapproche de leur niveau ». La parole de Al-Bayhaqiyy citée ci-dessus figure dans le livre Manaqibou l-‘Imami ‘Ahmad ; et la parole du Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy à propos de Al-Bayhaqiyy et de Ad-Daraqoutniyy, elle, figure dans le livre Al-Wachyou l-Mou^lam. Quant au Hafidh Salahou d-Din Al-^Ala‘iyy, c’est celui à propos duquel le Hafidh Ibnou Hajar a dit : « C’est le Chaykh de nos Chaykh » –et il vivait au septième siècle de l’Hégire–.

Il y a aussi un grand nombre de savants qui ont cité dans leurs livres que ‘Ahmad a pratiqué l’interprétation détaillée, comme le Hafidh ^Abdou r-Rahman Ibnou l-Jawziyy [23] le hanbaliyy qui est un des piliers de l’école hanbalite grâce à sa connaissance approfondie des textes de l’école ainsi que de la biographie de l’Imam ‘Ahmad.

Ainsi, Abou Nasr Al-Qouchayriyy, que Allah lui fasse miséricorde, a bien démontré la situation ignominieuse dans laquelle se retrouvent ceux qui renient l’interprétation. Abou Nasr Al-Qouchayriyy est celui que le Hafidh ^Abdou r-Razzaq AtTabsiyy a décrit comme étant l’Imam des Imams, comme l’a rapporté le Hafidh Ibnou ^Açakir dans son livre Tabyinou Kadhibi l-Mouftari.

La seconde : la voie des gens du Khalaf : Ils font leurs interprétations détaillées en précisant des significations pour ces ayah conformé­ment à ce que requiert la langue arabe. Ils ne leur ont pas donné le sens qui vient communément à l’esprit, eux non plus, tout comme les gens du Salaf. Il n’y a pas de mal à suivre leur voie et notamment lorsque l’on craint que la croyance des gens soit ébranlée, et pour les protéger de l’assimilation (tachbih). C’est le cas de Sa parole ta^ala pour le blâme de ‘Iblis :

[مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ] [24]

(ma mana^aka ‘an tasjouda lima khalaqtou biyadayy) ce qui signifie : « Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner pour ce que J’ai créé biyadayy » [25].

Il est permis de dire que ce qui est visé par le terme (biyadayy) c’est (al-^inayah) –le fait de créer en accordant un honneur– ou bien (al-hifdh) –la protection– [26].

L’exégèse de Sa parole ta^ala : [مِنْ رُوحِنَا] (min rouhina)
et de Sa parole ta^ala : [مِنْ رُوحِي] (min rouhi)

Que l’on sache que Allah ta^ala a créé l’âme et le corps ; Il n’est donc ni une âme, ni un corps. D’autre part, Allah ta^ala a adjoint –d’un point de vue grammatical– l’âme de ^Iça r à Lui-même dans le sens de la possession et de l’honneur qu’Il lui accorde et non dans le sens qu’elle serait une partie de Lui, et cela, dans Sa parole ta^ala :

[مِنْ رُوحِنَا] [27]

(min rouhina) qui signifie : « De l’âme que Nous avons créée et honorée ». Il en est de même, s’agissant de Adam, pour Sa parole ta^ala :

[مِنْ رُوحِي]

(min rouhi) [28] qui signifie : « De l’âme que J’ai créée et honorée ». Ainsi, la signification de Sa parole ta^ala :

[فَنَفَخْنَا فِيهِ مِنْ رُوحِنَا] [29]

(fanafakhna fihi min rouhina) est la suivante : « Nous avons ordonné à Jibril ^alayhi s-salam d’insuffler en Maryam l’âme qui Nous appartient et à laquelle Nous accordons de l’honneur ».

En effet, les âmes sont de deux sortes : les âmes honorées et les âmes malignes.

Les âmes des prophètes sont de la première sorte. Ainsi, l’adjonction grammaticale (‘idafah) de l’âme de ^Iça et de l’âme de Adam à Lui-même est une adjonction de possession et d’honneur.

Devient mécréant celui qui croit que Allah ta^ala est une âme. En effet, l’âme est créée et Allah est absolument exempt de cela.

De même dans Sa parole ta^ala se rapportant à la Ka^bah :

[بَيْتِيَ]

(baytiya) [30] qui signifie : « La maison que J’ai honorée », il s’agit d’une adjonction signifiant l’honneur et non de l’adjonction d’un attribut ou d’une correlation spatiale, en raison de l’impossibilité rationnelle du contact ou de la contiguïté entre Allah et la Ka^bah. De même, Sa parole ta^ala :

[رَبُّ العَرش]

(Rabbou l-^arch) qui signifie : « Le Seigneur du Trône » n’est venue que pour signifier que Allah est le Créateur du Trône qui est la plus grande créature, et non pas parce que le Trône serait un lieu pour Allah en s’asseyant dessus ou en lui faisant face sans s’asseoir dessus. La signification n’est pas que Allah serait assis sur Son Trône en contact avec lui, et n’est pas non plus que Allah ferait face au Trône en présence d’un espace entre Allah et le Trône, qu’on estime que cet espace est large ou étroit, tout cela est impossible au sujet de Allah. La distinction accordée au Trône est seulement qu’il est la Ka^bah des anges qui l’entourent, tout comme la Ka^bah est honorée par le fait que les croyants font les tours rituels autour d’elle. Parmi les spécificités du Trône, il y a que Allah n’y a jamais été désobéi car tous ceux qui sont autour sont des esclaves honorés, qui ne désobéissent à Allah pas même le temps d’un clin d’œil. Ainsi, si quelqu’un a cru que Allah a créé le Trône pour s’asseoir dessus, il a assimilé Allah aux rois qui se font faire de grands trônes afin de s’asseoir dessus, et celui qui a cru cela n’a pas connu Allah.

Devient mécréant quiconque croit au contact avec Dieu en raison de son impossibilité concernant Allah ta^ala.

L’exégèse de la ayah : [الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى]
(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa)

Il est un devoir de faire l’exégèse de cette ayah dans un autre sens que celui de l’établissement, de la position assise ou de ce qui est de cet ordre, devient mécréant qui croit en de telles choses. Il est donc un devoir de s’abstenir de retenir le sens apparent –qui vient communément à l’esprit– et l’on retient au contraire une sémantique compatible avec la raison. Par conséquent, on retient pour le terme (istawa) le sens de (al-qahr) –la domination–. En effet dans la langue des arabes, on dit qu’Untel a dominé les royaumes :

(إِسْتَوَى فُلاَنٌ عَلَى الْمَمَالِكِ)

(istawa foulanoun ^ala l-mamalik) lorsqu’il a pris les rênes du pouvoir et a fait peser son joug sur les gens, comme le dit le poète :

(قَدِ اسْتَوَى بِشْرٌ عَلَى الْعِرَاقِ مِنْ غَيْرِ سَيْفٍ وَدَمٍ مُهْرَاقٍ)

Qadi stawa Bichroun ^ala l-^Iraqi min ghayri sayfin wa damin mouhraqi

ce qui signifie :

« Bichr a dominé l’Irak assurément

sans tirer d’épée ni faire couler de sang ».[31]

L’intérêt de spécifier le Trône en le citant dans la ayah, c’est parce qu’il est la plus grande des créatures de Allah ta^ala ; ainsi, on apprend que cela concerne ce qui est plus petit que le Trône à plus forte raison. L’Imam ^Aliyy a dit : (‘inna l-Laha khalaqa l-^archa ‘idh-haran liqoudratihi wa lam yattakhidh-hou makanan lidhatih) ce qui signifie : « Allah ta^ala a créé le Trône par manifestation de Sa toute-puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même ». Ceci a été rapporté par l’Imam, le mouhaddith, faqih et linguiste, Abou Mansour At-Tamimiyy dans son livre At-Tabsirah.

Il est possible par ailleurs de dire qu’Il a un (istiwa) que Lui sait tout en L’exemptant de l’istiwa des créatures tel que la position assise et l’établissement.

Sachez aussi qu’il est un devoir de mettre en garde contre ces gens qui considèrent possible  le fait de s’asseoir et de s’éta­blir sur le Trône concernant Allah, eux qui expliquent Sa parole ta^ala :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [32]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa) par la position assise ou par le face à face par au-dessus, eux qui prétendent (qu’on ne peut concevoir l’existence d’un être que dans un endroit), leur argumentation est invalide. Eux qui prétendent aussi que la parole des gens du Salaf : « istawa sans comment » serait en accord avec leur croyance, ils n’ont pas su que le comment que les gens du Salaf ont nié, c’est justement la position assise, l’établissement, la localisation dans un endroit, le face à face avec un corps ainsi que toutes les aspects physiques ou moraux tels que mouvement, immobilité et humeur [33].

Al-Qouchayriyy a dit :

« Et ce qui réfute leur équivoque, c’est de leur dire : existe-t-Il avant de créer le monde ou l’endroit ou non ? De par l’évidence rationnelle, ils devraient dire : « oui ». Par conséquent, si leur parole (qu’on ne conçoit un être que s’il est dans un endroit) était valable, ceci les mènerait à l’une de deux choses : soit à dire (que l’endroit, le Trône et le monde sont exempts de début) –c’est-à-dire qu’il n’y a pas de début à leur existence–, soit à dire : (le Seigneur est entré en existence), voilà à quoi aboutissent les ignorants hachawiyy [34] ; Celui Qui est exempt de début n’est pas créé et ce qui est créé n’est pas éternel » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy a dit aussi dans At-Tadhkiratou ch-Charqiyyah :

« D’autre part, s’ils disent (que n’est-ce pas que Allah dit :

[الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] [35]

(Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa), qu’il faut donc le prendre selon son sens apparent) alors nous disons : Allah dit aussi :

[وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَمَا كُنْتُمْ] [36]

(wahouwa ma^akoum ‘aynama kountoum) et Il dit :

[أَلاَ إِنَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ مُحِيط] [37]

(‘ala ‘innahou bikoulli chay’in mouhit), il conviendrait donc aussi selon vous de prendre le sens apparent de cesayah, de sorte qu’Il serait d’après vous au-dessus du Trône, près de nous, avec nous, englobant le monde, l’entourant de tout les côtés par Lui-même, tout cela en même temps !! ».

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Et il est impossible qu’un être unique –qui ne se divise pas– soit par son être en même temps à tout endroit –partout– ».

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Ils disent eux-mêmes (que Sa parole :

[وَهُوَ مَعَكُمْ]

(wahouwa ma^akoum) signifie « par Sa science » et que

[بِكُلِّ شَيْءٍ مُحِيط]

(bikoulli chay’in mouhit) c’est l’englobement de la science), nous nous disons : et Sa parole :

[عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى]

(^ala l-^archi stawa) signifie : (qahara) –Il domine, (hafidha)Il préserveet (‘abqa)Il maintient en existence » Fin de citation.

Cela signifie qu’ils interprètent ces ayah sans retenir leurs sens apparents. Alors, comment se fait-il qu’ils reprochent aux autres d’interpréter la ayah de l’istiwa par la domination (al-qahr) ?! Qu’est-ce que c’est que ce parti pris arbitraire ?!

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Si ce que nous disons laissait penser qu’Il aurait été vaincu –avant d’avoir dominé d’après eux– alors Sa parole :

[وَهُوَ الْقَاهِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ] [38]

(wahouwa l-Qahirou fawqa ^ibadih[39] elle aussi suggérerait cela au point que quelqu’un irait dire (qu’Il aurait été dominé avant la création des esclaves), loin s’en faut, puisque les esclaves n’avaient pas d’existence avant qu’Il ne les crées ! Plus encore, s’il en était comme les ignorants se l‘imaginent (qu’il s’agirait d’un istiwaqui adviendrait à Son Être), cela suggérerait le changement et un ploiement précé­dant l’instant de l’istiwa‘ ! D’autre part Celui Qui crée (Al-Bari’) ta^ala existe de toute éternité, avant le Trône et celui qui est équitable et objectif aura su que la parole de celui qui dit (al-^archou bir-Rabbi s-tawa) est meilleure que la parole de celui qui dit (ar-Rabbou bil-^archi stawa). Ainsi, le Seigneur a pour attributs la gloire (al-^oulouww), la supériorité du mérite (fawqiyyatou r-routbah) et l’éminence (al-^adhamah) et Il est exempt d’être dans un endroit et d’être en face d’un corps » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Il est apparu un groupe de gens, s’ils n’entraînaient pas la population dans l’égarement avec ce qui se rapproche de leur façon de réfléchir et ce qui se conçoit facilement dans leur imagination, j’aurais évité d’entacher ce livre en les citant. Ils disent : (Nous nous prenons le sens apparent et nous retenons le sens apparent pour lesayah dont les sens apparents suggèrent l’assimilation et pour les nouvelles rapportées qui suggèrent limite et membre, et il n’est pas permis de faire appel à l’interprétation pour quoi que ce soit de tout cela). Et ils s’attachent, selon leur prétention, à la parole de Allah ta^ala :

[وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ[40]

(wa ma ya^lamou ta’wilahou ‘il-la l-Lah) qui signifie : « Et ne sait son terme fixé que Allah ». Ces gens-là, par Celui Qui détient nos âmes par Sa toute-puissance, sont plus nuisibles à l’Islam que les mécréants déclarés. En effet, les égarements des mécréants déclarés sont clairs et les musulmans s’en écartent spontanément, alors que ceux-là ont attaqué la religion et les gens du commun d’une manière par à laquelle les plus faibles se laissent duper. Ils ont suggéré ces innovations à leurs adeptes et ont fait pénétré dans leurs cœurs la croyance que Celui Qui est adoré soubhanah a pour attribut les membres, les organes, la montée, la descente, l’appui, la position couchée, la position assise ainsi que le déplacement dans les directions » Fin de citation.

Al-Qouchayriyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui donc qui penche pour leurs sens apparents se mettra avec sa propre imagination à s’imaginer des choses perceptibles aux sens et aura cru dès lors des choses scandaleuses et le courant l’emportera sans même qu’il s’en rende compte » Fin de citation.

Il est donc clairement apparu que la parole de celui qui dit (que l’interprétation n’est pas permise) est une grossièreté et une ignorance. Ceci est prouvé par sa parole r en faveur de Ibnou ^Abbas :

(( اللَّهُمَّ عَلِّمْهُ الحِكْمَةَ وَتَأْوِيلَ الْكِتَابِ ))

(Allahoumma ^allimhou l-hikmata wa ta’wila l-kitab) qui signifie : « Ô Allah, apprends-lui la sagesse et l’interprétation du Livre ». Cette parole est rapportée par Al-Boukhariyy, Ibnou Majah et d’autres encore en des termes différents.

Le Hafidh Ibnou l-Jawziyy dans son livre Al-Majalis a dit : « Il n’y a pas de doute que Allah a exaucé cette invocation du Messager ». Puis, il a fortement blâmé et dénoncé ceux qui interdisent l’interprétation et a beaucoup détaillé à ce sujet. Que celui qui veut s’en assurer davantage le lise.

La signification de Sa parole ta^ala :

[يَخَافُونَ رَبَّهُمْ مِنْ فَوْقِهِمْ] [41]

(yakhafouna rabbahoum min fawqihim) c’est la supériorité par la domination (fawqiyyatou l-qahr) et non la supériorité (al-fawqiyyah) spaciale et directionnelle –c’est-à-dire être au-dessus physiquement. Quant à la signification de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ صَفّاً صَفّاً] [42]

(wa ja‘a rabbouka wa l-malakou saffan saffa) il ne s’agit pas dans cette ayah d’une venue (maji) par le mouvement, le déplace­ment, le départ d’un lieu, la libération d’un endroit pour en occuper un autre concernant Allah, celui qui croit cela devient mécréant.

En effet, Allah ta^ala crée le mouvement et l’immobilité et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Ainsi, on ne qualifie Allah ta^ala ni par le mouvement ni par l’immobilité. Bien plus, le sens qui est visé par Sa parole :

[وَجَاءَ رَبُّكَ]

(wa ja‘a rabbouk) c’est (ja‘a ‘amrou rabbik) c’est-à-dire : « est venue la manifestation de la toute-puissance de ton Seigneur ». Il a été confirmé à propos de Sa parole ta^ala :

[وَجَاءَ رَبُّكَ]

(wa ja‘a rabbouka) que l’Imam ‘Ahmad a dit (ja‘at qoudratouh) [43] ce qui signifie : « Sont venues [des manifestations] de la toute-puissance » c’est-à-dire les faits importants que Allah a créés pour le Jour du Jugement. Rapporté par Al-Bayhaqiyy dans Manaqibou ‘Ahmad qui a déjà été mentionné plus haut.

L’explication de la ma^iyyah de Allah [44]
citée dans le Qour’an

La signification de Sa parole ta^ala :

[وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَمَا كُنْتُمْ] [45]

(wahouwa ma^akoum ‘aynama kountoum) c’est le fait qu’Il sache tout par Sa science. Al-ma^iyyah vient également dans le sens du soutien et du don de la victoire, comme dans Sa parole ta^ala :

[إِنَّ اللهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا] [46]

(‘inna l-Laha ma^a l-ladhina t-taqaw) [47].

Ce qui est visé ici n’est ni l’incarnation ni le contact. Celui qui croit cela devient mécréant car Il est, soubhanahou wa ta^ala, exempt du contact et de la séparation par une distance.

Par conséquent, on ne dit ni qu’Il est en contact avec ce monde, ni qu’Il en est séparé par la distance, car ces deux choses sont des caractéristiques des substances [48] ; et une substance, c’est ce qui accepte ces deux caractéristiques. Allah jalla wa ^ala n’est pas un être dont l’existence a un début, Allah a réfuté cela de Lui-même par Sa parole :

[لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىءٌ]

(layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ».

De même, on ne dit pas de Allah qu’Il est grand par la taille [49], ni petit, ni long, ni court, car Il n’a aucune ressemblance avec ce qui entre en existence et il est un devoir de chasser toute idée passant par l’esprit qui amènerait à quantifier Allah ta^ala ou à Le limiter.

Les mécréants des fils de ‘Israil ont attribué à Allah ta^ala la fatigue. Ils ont dit (qu’après avoir créé les cieux et la terre, Il se serait reposé en se couchant sur son dos) ; leur parole est de la mécréance.

Allah ta^ala est exempt de cela, tout comme Il est exempt des émotions tels que la sensibilité à la fatigue, aux douleurs et aux plaisirs. Celui à qui ces états adviennent est obligatoirement un être qui reçoit l’existence, une créature à qui advient le changement, et ceci est impossible concernant Allah ta^ala.

Allah ta^ala dit :

[وَلَقَدْ خَلَقْنَا السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا في سِتَّةِ أَيَّام وَمَا مَسَّنَا مِنْ لُغُوبٍ] [50]

(wa laqad khalaqna s-samawati wa l-‘arda wa ma baynahouma fi sittati ‘ayyamin wa ma massana min loughoub) ce qui signifie : « Et Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux dans six jours et Nous n’avons pas été atteint de fatigue ».

Ne se fatigue que celui qui utilise des organes et Allah soubha­nahou wa ta^ala est exempt des organes.

Allah ta^ala dit :

[إِنَّ اللهَ هُوَ السَّمِيعُ الْبَصِير] [51]

(‘inna l-Laha houwa s-Sami^ou l-Basir) ce qui signifie : « Certes, Allah est Celui Qui entend et Qui voit ».

Ainsi, Allah ta^ala entend tout et voit tout sans comment. L’ouïe et la vue sont deux attributs éternels, sans organe, c’est-à-dire sans oreille ni œil, sans condition de proximité, d’éloignement ou de direction, et sans propagation de rayon lumineux ou de vibration d’air.

Si quelqu’un dit (que Allah a une oreille), il devient mécréant, même s’il dit (qu’Il a une oreille pas comme nos oreilles). Ce n’est pas le cas de celui qui dit qu’Il a un (^ayn) pas comme nos yeux [52] et un (yad) pas comme nos mains [53], si toutefois il le dit dans le sens de l’attribut. En effet, ceci est permis en raison de l’emploi des mots عَين (^ayn) etيَد (yad) dans le Qour’an –concernant Allah ta^ala. En revanche, le mot أُذُن (‘oudhoun) [54] n’y figure pas concernant Allah.

L’exégèse de Sa parole ta^ala [فَثَمَّ وَجْهُ الله]
(fathamma wajhou l-Lah)

 

Allah ta^ala dit :

[وَلِلَّهِ الْمَشْرِقُ وَالْمَغْرِبُ فَأَيْنَمَا تُوَلُّوا فَثَمَّ وَجْهُ الله] [55]

(wa lil-Lahi l-machriqou wa l-maghribou fa’aynama touwallou fathamma wajhou l-Lah). La signification est la suivante : où que vous vous orientiez dans la prière surérogatoire, pendant le voyage, là est la qiblah que Allah agrée, c’est-à-dire : cette direction selon laquelle vous vous orientez est une direction valable pour la prière. Ainsi, le (wajh) ici n’indique pas la partie du corps –le visage, la face–.

Le jugement de celui qui croit que Allah a un organe, c’est de le déclarer mécréant, parce que s’Il avait un organe, Il serait semblable à nous et il Lui serait possible tout ce qui nous est possible à nous, par exemple l’anéantissement.

Il se peut que par le mot (wajh), on veuille dire l’objectif visé pour avoir l’agrément de Allah ta^ala, comme si on dit : « J’ai fait telle et telle chose li wajhi l-Lah », cela signifie : « J’ai fait telle et telle chose par recherche de l’agrément de Allah », c’est-à-dire en me conformant à l’ordre de Allah ta^ala.

Il est interdit de dire, comme cela s’est répandu parmi les ignorants : (‘iftahi n-nafidhah linara wajha l-Lah) [56] car Allah ta^ala dit à Mouça :

[لَنْ تَرَانِي] [57]

(lan tarani) ce qui signifie : « Tu ne Me verras pas », même si celui qui le dit ne vise pas la vision de Allah, cette parole est interdite.

L’exégèse de : [اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض]
(Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard)

 

Sa parole ta^ala :

[اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض] [58]

(Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard) signifie que Allah ta^ala est Celui Qui guide les gens des cieux et de la terre vers la lumière de la foi [59], rapporté par Al-Bayhaqiyy de ^Abdou l-Lah fils de Al-^Abbas, que Allah les agrée tous deux. Allah ta^ala n’est pas (nour) dans le sens de « lumière ». En effet, c’est Lui Qui a créé la lumière. Allah ta^ala dit :

[وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّور]

(wa ja^ala dhdhouloumati wa n-nour) [60] c’est-à-dire : « Il a créé les obscurités et la lumière ». Alors, comment se pourrait-Il qu’Il soit une lumière comme Ses créatures ! Allah est exempt de cela.

Le jugement de celui qui croit que Allah ta^ala est (nour) dans le sens de lumière, c’est de le déclarer mécréant de façon absolue. De plus, cette ayah :

[الحمدُ للهِ اللّذي خلقَ السَّمواتِ والأرضَ وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّور]

(al-hamdou li l-Lahi l-ladhi khalaqa s-samawati wa l-‘arda wa ja^ala dhdhouloumati wa n-nour) qui signifie : « La louange est à Allah, Celui Qui a créé les cieux et la terre et Qui a créé les obscurités et la lumière » est la preuve la plus explicite que Allah n’est ni un corps palpable comme les cieux et la terre, ni un corps impalpable comme les obscurités et la lumière. Par conséquent, si quelqu’un croit que Allah est un corps palpable ou impalpable, il a assimilé Allah à Sa créature et la ayah en témoigne. La plupart des mouchabbihah –ceux qui assimilent Allah à Ses créatures– croient que Allah est un corps impalpable puisqu’ils disent qu’Il est une lumière qui irradie. Cette ayah, à elle seule, suffit pour répliquer aux deux groupes.

Il y a de nombreuses croyances de mécréance, comme croire que Allah ta^ala a une couleur ou une forme. Alors, que l’homme y prenne garde de toutes ses forces et dans toutes les situations.


[1] [souratou Ali ^Imran / 7]

[2] cette ‘ayah signifie, selon la récitation sans pause après le terme إِلَّا اللَّهُ (‘il-la l-Lahou) : « C’est Lui Qui a fait descendre sur toi le Livre au sein duquel il y a des ayah explicites qui sont la base de l’interprétation du Livre et d’autres [ayah] non explicites. Quant à ceux dont les cœurs recèlent une déviance, ils se basent sur les ayah qui ne sont pas explicites à cause de leur passion à faire tomber les gens dans l’égarement et pour interpréter le Qour’an conformément à leur déviance, mais seul Allah et ceux qui sont versés dans la science en savent l’interprétation, ces derniers disent : nous avons foi en ce qui figure dans le Qour’an, tout le Qour’an est de la part de notre Seigneur, mais ne s’en rappelle que ceux qui utilisent correctement leur raison »

[3] [souratou ch-Choura / 11]

[4] [souratou l-‘Ikhlas / 4]

[5] [souratou Maryam / 65]

[6] [souratou Taha / 5]

[7] L’exégèse sera donnée plus loin

[8] [souratou Fatir / 10] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette ‘ayah et qu’il ne faut pas retenir, c’est (que les bonnes paroles monteraient jusqu’à un endroit où se trouverait Allah) ; ceci n’est pas valable car Allah existe sans endroit.

[9] [souratou ch-Choura / 11]

[10] [souratouAli ^Imran / 7]

[11] [Souratou Ali ^Imran / 7]

[12] [souratou l-‘A^raf / 53]

[13] [souratou l-‘An^am / 101]

[14] [souratou l-Ma’idah / 3]

[15] C’est le cadavre de l’animal licite à la consommation qui est mort sans avoir été égorgé de la manière légale conforme à la Loi de l’Islam.

[16] [souratou l-Qalam / 42]

[17] Elle signifie qu’au Jour du Jugement d’extrêmes difficultés y seront dévoilées.

[18] l a langue arabe dans laquelle est descendue le Qour’an

[19] [souratou ch-Choura / 11]

[20] [souratou l-Qasas / 88] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette ‘ayah et qui n’est pas à retenir est (que Allah aurait un visage et que tout aurait une fin sauf Son visage). Ceci est impossible car Allah est exempt des organes. Le véritable sens est tel que l’a dit Al-Boukhariyy dans son Sahih.

[21] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (addahik) signifie : le rire ou le sourire. Ceci est impossible concernant Allah car Il est exempt de l’humeur et du changement.

[22] [souratou l-Fajr / 22]

[23] Le Hafidh Ibnou l-Jawziyy est décédé à la fin du sixième siècle de l’Hégire, il suivait l’école de l’Imam ‘Ahmad. Il était, parmi tous les savants de l’école hanbalite, réputé, de haut degré selon eux.

[24] [souratou Sad / 75]

[25] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (biyadayy) signifie : (avec mes deux mains) et ceci est impossible car Allah ne se divise pas en parties.

[26] C’est à dire qu’Il a créé ‘Adam en lui accordant un haut degré, un bien éminent et en le protégeant.

[27] [souratou t-Tahrim / 12] Selon le sens qui vient communément à l’esprit et qui n’est pas à retenir concernant Allah, (min rouhina) signifie : (à partir de notre âme) et ceci est impossible car Allah ne se divise pas en parties.

[28] [souratou Sad / 72]

[29] [souratou l-Hijr / 29]

[30] [souratou l-Baqarah / 125 et souratou l-Hajj / 26]

[31] Si le terme (istawa) n’avait que le sens de s’asseoir ou de s’installer et n’avait pas le sens de dominer, le sens de ce vers très célèbre qui fait l’éloge de Bichr serait nul et non avenu.

[32] [souratou Taha / 5]

[33] humeur et changement d’humeur également

[34] hachawiyy c’est-à-dire mouchabbih moujassim : qui croit que Allah est un corps sans l’avouer explicitement.

[35] [souratou Taha / 5]

[36] [souratou l-Hadid / 4]

[37] [souratou Foussilat / 54]

[38] [souratou l-‘An^am / 61]

[39] Ce qui signifie : « Et Il est Celui Qui domine Ses esclaves par Sa toute-puissance »

[40] [souratou ‘Ali ^Imran / 7] selon la lecture dans laquelle on s’arrête après le nom « Alla».

[41] [souratou n-Nahl / 50] Elle signifie : « Ils craignent leur Seigneur Lui Qui a sur eux la domination absolue »

[42] [souratou l-Fajr / 22]

[43] Ainsi, par la toute-puissance de Allah, ces manifestations apparaîtront lorsque les anges seront présents en rangs pour l’éminence de ce jour-là de sorte à cerner les humains et les jinn et personne ne pourra quitter cet endroit sauf avec la permission de Allah. Celui qui aura donc la permission pourra le quitter. Ce jour-là apparaîtront de grands événements. L’enfer qui est à une très grande distance en deça de la septième terre, ce jour-là, soixante dix milles anges en traîneront une partie afin que les mécréants le voient et en soient terrifiés ; chacun de ces anges aura à la main une chaîne attachée à l’enfer et chacun d’entre eux aura une force qui surpasse celle des humains. Ils traîneront l’enfer pour que les gens le voient à partir du lieu qu’ils occuperont lors de cette étape du Jour du Jugement, ils le regarderont. Ensuite, les anges le ramèneront à sa place. Ceci n’est qu’un événement parmi beaucoup d’autres événements terribles du Jour dernier.

[44] La (ma^iyyah) de Allah, c’est l’expression…الله مع (Allah ma^a…) et le terme مع (ma^a) signifie « avec ».

[45] [souratou l-Hadid / 4]

[46] [souratou n-Nahl / 128]

[47] Cette ayah signifie : « Certes, Allah accorde la victoire à ceux qui sont pieux et les protège ». En revanche, le sens qui vient communément à l’esprit de cette ayah et qui n’est pas à retenir, c’est (que Allah serait, par Son Être même, avec ceux qui le craignent, dans chaque endroit, partout où ils sont) ; ceci est impossible car Allah existe sans endroit, on ne dit pas qu’Il est dans un endroit ni qu’Il est partout.

[48] Une substance, c’est tout ce qui a un volume, qu’il soit grand ou petit.

[49] Lorsqu’on dit Allahou ‘akbar, cela signifie qu’Il est plus puissant que tous ceux qui ont une puissance, qu’Il sait plus que tous ceux qui ont des connaissances et qu’Il est plus éminent que tous ceux qui sont éminents. Et cela ne signifie pas (qu’Il serait plus grand que tout autre par la taille et l’étendue). C’est ce que visaient les prédécesseurs (Salaf) en disant à propos des ayah non explicites (moutachabihah) : « Acceptez-les telles qu’elles sont parvenues, sans attribuer de comment« . Cela ne signifie pas qu’Il aurait un comment qui nous serait inconnu. Celui qui dirait, en se basant sur ces paroles, (que l’istiwa de Allah sur le Trône (^arch) est une position assise dont on ne connaît pas le comment), celui-là ne serait pas en accord avec les gens du Salaf, ni avec aucun autre musulman.

[50] [souratou Qaf / 38]

[51] [souratou l-Mou’min / 20]

[52] Pour l’homme, c’est l’œil. Mais s’agissant de Allah, le mot (^ayn) signifie un attribut sans comment, qui n’est pas un organe. Devient mécréant celui qui dit (que Allah a des yeux pas comme nos yeux).

[53] Pour l’homme, c’est la main. Mais s’agissant de Allah, le mot (yad) signifie un attribut sans comment, qui n’est pas un organe. Devient mécréant celui qui dit (que Allah a des mains pas comme nos mains).

[54] C’est l’oreille.

[55] [souratou l-Baqarah / 115] ce qui signifie : « À Allah appartiennent le levant et le couchant. Où que vous vous dirigiez pendant le voyage pour vos prières surérogatoires, il y a la qiblah de Allah ».

[56] Le sens qui vient communément à l’esprit de cette parole et qui n’est pas à retenir, c’est (ouvre la fenêtre pour qu’on puisse voir le visage de Allah)

[57] [souratou l-‘A^raf / 143]

[58] [souratou n-Nour / 35]

[59] Allah nous fait comprendre par Sa parole ta^ala [اللهُ نُورُ السَّمَوَاتِ وَالأَرْض] (Allahou nourou s-samawati wa l-‘ard) que c’est Lui Qui donne la foi aux habitants du ciel qui sont les anges et à qui Il veut parmi les habitants de la terre qui sont les humains et les jinn.

[60] [souratou l-‘An^am / 1]

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40 AnNawawiyy : Premier et deuxième Hadiith

Posted in Hadith par chaykhaboulaliyah sur Mai 16, 2011

La louange est à Allah, le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le rang de notre Maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler ce que nous avons oublié et qu’Il  augmente notre connaissance. Nous lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’Enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères dans la recherche de Son agrément.

Nous allons citer quelques Hadith du Prophète salla l Lahou wa ^alayhi wa s sallam, hadiths qui ont été rassemblés par le Hafidh An Nawawiyy dans son recueil intitulé les 40 Hadiths.

  • Le Premier Hadith :

C’est le Hadith rapporté par les deux imams,  Al-Boukhaariyy et par Mouslim, que Allah les agrée tous les deux, dans leur Sahih respectif qui sont les livres les plus authentiques qui ont été rassemblés, donc al Boukhariyy et Mouslim.

Ce Hadith est un Hadith Sahih qui commence par « innama l ^amalou bi n niyyaat », In cha Allah nous allonsentamer l’explication de ce Hadith.

C’est un Hadith Sahih. Il y a accord des savants sur son caractère authentique et sur les séquences bénéfiques de ce Hadith. Ce Hadith a été rapporté par l’imam Abou ^Abdi l Lah al Boukhariyy en plus d’un passage de son livre ? Il a été également rapporté par Abou l Houcayn Mouslim, fils de al Hajaj à la fin du livre consacré au Jihad ; Il s’agit de l’un des hadith fondamentaux en Islam. L’imam Ahmad et l’imam Ach Chafi^iyy qu’Allah leur fasse miséricorde ont dit qu’est contenu dans le hadith « l-^amalou bi n niyat » le tiers de la science, en effet le secret de l’œuvre qu’accompli le musulman réside dans l’intention.,L l’intention c’est la motivation présente dans le le cœur d’accomplir l’acte.Que celui qui veut  accomplir un acte de bien, un acte vertueux,  oriente son intention en vue d’accomplir cet acte par recherche de l’agrément de Allah. Qu’il dise dans son cœur, plorsqu’ il va accomplir la prière donner une aumône, ou assister à une assemblée de science de religion, ceci est un acte que Dieu agrée et c’est pour cette raison que je l’accompli. . De même, si un homme subvient à la charge de son épouse et de ses enfants ou fait preuve de bienfaisance envers ses proches parents ou encore vient au secours d’une personne en difficulté, ou lorsque quelqu’un récite du Qour’an, ou tout autre acte de cet ordre qui sont des actes d’adoration, la personne formule enson cœur et se dit c’est un acte que Dieu agrée, moi je l’accomplis par ce que Dieu l’agrée, c’est ça l’intention. La récompense, la personne obtient si elle accomplit, si elle fait l’intention d’accomplir l’acte par recherche de l’agrément de Allah. La personne n’obtient la récompense que si elle fait l’intention d’accomplir l’acte par recherche de l’agrément de Allah ou parce que Allah agrée cet acte, ou parce que Allah a ordonné d’accomplir cet acte mais le simple fait de dire je vais accomplir cet acte ne suffit pas pour obtenir la récompense de cet acte. Pour avoir la récompense, la personne va formulerdans son cœur qu’elle accomplit cetacte parce que Dieu l’a ordonné, parce que Dieu l’agrée ou par recherche de l’agrément de Dieu. « innama l-^amalou bi n niyat » cette parole souligne que l’intention est très importante dans les actes. En effet, sans l’intention valable, la personne n’obtient pas de récompenses. Si elle fait l’acte machinalement, sielle ne le fait pas par recherche de l’agrément de Dieu, ou le fait parce que les gens le font alors elle n’a pas de récompense.

Nous allons bientôt accueillir un mois honoré, un mois béni, que chacun d’entre nous mette dans son cœur l’intention de jeuner par recherche de l’agrément de Dieu. Ne soyons pas de ceux qui jeunentuniquement parce que toute la famille ne mange pas et qu’il faut faire de même pour ne pas avoir de problème.L’imam Ahmad et l’imam Ach Chafi^iyy ont dit au sujet de ce hadith, le tiers de la science est compris dans la parole « innama l-^amalou bi n niyat » cela a été rapporté par al Bayhaqiyy et d’autres

Pour quelle raison ont_ils insistés ? Pourquoi le Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam a insisté sur l’intention « an niyah » ? La réponse est simple : l’acquisition de l’esclave a lieu par le cœur, par la langue et par les organes. L’esclave acquiert les actes par sa langue, par son cœur et par s organes,. l’intention est dans le cœur, on fait le tiers de cette acquisition par le cœur. Le tiers de cette acquisition a lieu par le cœur.

Al boukhariyy a commencé, son « Sahih »par ce hadith. le Sahih de al Boukhariyy est un recueil de hadith, il a commencé par ce hadith, pour indiquer combien il est important d’avoir la bonne intention et pour indiquer qu’un acte par lequel on ne recherche pas l’agrément de Allah est un acte qui ne donne pas de fruit ni dans le bas monde ni dans l’au-delà. C’est un acte qui ne donne pas de fruit !Un des savants qui s’appelle ^abdou l rahman ibnou Mahdi a dit « si j’avais a composé un livre avec plusieurs chapitres j’aurais mis ce Hadith de notre maitre ^Oumar Ibnou l Khattab au début de chaque chapitre ».

Il a dit également « Que celui qui veut composer un livre  commence par l-‘a^maalou bi n niyyaat »

Les savants ont donc approuvé le fait de placer ce Hadith au début de leurs ouvrages et comme nous l’avons vu Al Boukhariyy a commenté son sahih par ce hadith. Ce hadith est très connu. « Innama l-^amalou bi n niyat » est un hadith mach^ouh et seul notre maitre ^Oumar ibnou l khattab que Allah l’agrée, le deuxième calife l’a rapporté du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam. C’est un successeur nommé ^alqamal ibnou abi walqas qui a rapporté ce hadith de ^Oumar.Seul Mouhammad ibnou Ibrahim at taymi l’a rapporté de ^alqamal ibnou abi walqas. Et seul Yahya ibnou sa^ir al ansariyy de Mouhammad ibnou Ibrahim et c’est après cette chaine là que le hadith s’est diffusé au sein de la communauté. Après cela plus de 200 personnes l’ont rapporté.

Alors dans ce hadith il y a un terme qui indique la restriction, c’est innama l-^amalou bi n niyat, « innama » signifie que « seul » ; il s’agit là d’une  restriction. seuls les actes commencés avec une intention visant la recherche de l’agrément d’Allah ont une récompense.Le terme  Inna ma  a pour but de

Restreindre. , Quand il dit  l-^amal, il dit l-^amal al chal^iya, c’est-à-dire les actes qui sont conformes à la loi de l’islam. Il ne s’agit pas ici dles actes qui ne sont pas conformes. Pour ces actes conformes à l’islam, comme le fait de jeuner par exemple, et bien pour que ce jeune soit une source de récompenses il faut d’une part que ce jeune soit conforme aux règles du jeune. Il faut donc pour cela apprendre comment jeuner, quelles sont les règles du jeûne et en plus il faut avoir l’intention de rechercher l’agrément de Dieu.

Donc les œuvres, les actes d’adoration comme al woudou’, al ghousl comme le tayyammoum, comme as salat la prière, comme az zakat, comme le jeune, comme le pèlerinage, comme al a^tikad, là on est bientôt incha Allah dans le mois de ramadan doivent être accomplis en vue de rechercher l’agrément d’Allah,

Onappelle a^tikad, une retraite dans la mosquée et le Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam faisait des retraites dans la mosquée notamment les dix derniers jours de ramadan.

Donc tous les actes d’adorations nécessitent l’intention, quand tu vas faire la prière tu as besoin d’une intention, quand tu fais le jeune tu as besoin d’une intention, quand tu vas faire ton ghousl tu as besoin de l’intention, quand tu fais ton woudou’ tu as besoin de l’intention, quand tu vas donner la zakat tu as besoin de l’intention, donc pour tous ces actes d’adoration, l’intention est nécessaire.

A la suite de ce hadith « wa inna ma li qouli .. » al khatabiyy veut dire que, ya^ni cette deuxième partie du hadith insiste sur la première partie. C’est-à-dire que les actes nécessitent absolument l’intention. Al’époque où l’émigration était obligatoire c’est à dire avant la conquête de la Mecque car après la conquête de la Mecque il n’y a plus eu d’émigration obligatoire celui qui accomplissait l’émigration par recherche de l’agrément de Allah, se voyaitrétribué en fonction de cette intention, puisque son intention était bien de rechercher l’agrément de Allah. Quant à celui dont l’émigration était dans le but de gagner de l’argent ou d’ épouser une femme alors son émigration sera rétribuée en fonction de la raison pour laquelle il a émigré.

La raison pour laquelle cette parole fut prononcée par le Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam est qu’on lui arapport qu’un homme nommé Oumouqi avait émigré de la Mecque à Médine pour épouser une femme, Cet homme n’avait pas accompli ce voyage par obéissance envers Allah.C’est la raison pour laquelle pour cela le Prophète a dit cette parole.

Donc cet homme n’aura pas la récompense de l’émigration obligatoire car il a émigré non pas pour accomplir l’obligation mais uniquement pour épouser une femme. Cet homme fut surnommé Mouhadirou oummi khay, car la femme qu’il voulait épouser s’appelait oummi khay, Voici le sens du 1er hadith des 40 de An Nawawiyy.

  • 2ème Hadith :

^Oumar que Allah l’agrée, a dit : « Un jour tandis que nous étions assis aux  côtés du Messager de Allah salla l Lahou ^alayhi wa s sallam, un homme aux cheveux très noirs, vêtu d’habits d’un blanc éclatant,, ne portant sur lui aucune trace de voyage et qu’aucun d’entre nous ne connaissait. Il s’est assis auprès du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam, a accolé ses genoux à ceux du Prophète. Il a posé ses mains sur les cuisses du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam et lui a dit : «  Ya Mouhammad a^ghbirni ^ala l islam », c’est-à-dire « Ô Mouhammad parle moi de l’islam !» C’’est alors que le Messager de Allah salla l Lahou ^alayhi wa s sallam a dit « al islamou at chahada la ilaha il la l lah wa ‘anna Mouhammadan raçoul l Lah wa zoukima salat ….. » l’homme lui a répondu : «  sadak », ce que tu dis est vrai ! ^Oumar rapporte : «  Nous étions étonné de le voir ainsi interroger le Prophète et de confirmer la réponse faite par ce dernier Puis l’homme  a dit : « a^ghbirni ^ala iman », parle moi de la foi ! Le Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam a dit ……… et l’étranger lui a encore dit  : « Sadak », ce que tu dis est vrai ! Puisil lui  demanda  : « a^ghbirni ^ala l ihsan », parle de moi de al ihsan ! Le Prophète lui a dit « …… », Il demanda alors : « a^ghbirni ^ala ..»,  parle moi du Jour du Jugement ! le Prophète a répondu …, Illui  dit : « Parle moi alors de ses signes annonciateurs ! « a^ghbirni …. », Qala « …… » puis il s’en alla.

^Oumar rapporte : «  Je suis resté un bon moment et le Prophète m’a dit : « Ya ^Oumar ! Sais tu qui est venu m’interroger ? » ^Oumar a répondu : « Allahou wa raçoulouh ^alam ! », « Allah sait plus que tout autre ainsi que  Son Messager  ! »Le Prophète lui a dit : « fa innahou jibril….. dinnakoum », ce qui signifie : « c’était Jibril, il est venu vous enseigner votre religion ! ».

Nous allons ensemble reprendre les différentes phrases de ce hadith. Quelle a été la réponse du Prophète quand Jibril l’a interrogé sur l’islam ? Quelle a été la réponse du Prophète quand Jibril l’a interrogé sur la foi ? Quelle a été la réponse du Prophète quand il fut interrogé sur al ihsan ?

Ce hadith est très important. Il englobe les actes apparents et ceux de notre fort intérieur. La plupart des sciences de la religion se rapportent à ce hadith. et découlent de celui-ci en raison de la globalité, de la généralité des sens qu’il  comporte, en l’occurrence la science de Ahlou s sounnah. Ce hadith est comme une mère pour la sounnah, tout comme la Fatihah est la mère du Qour’an, Oummou l Qour’an, en raison des différents sens contenus dans al Fatihah.

Il y a aussi parmi les informations utiles, périphériques de ce hadith, la preuve qu’il convient de mettre de beaux vêtements, de soigner son aspect et d’être propre lorsqu’on va visiter ou apprendre auprès des savants, des gens de mérite et des rois. En effet, Jibril était venu enseigner aux hommes par son état et par sa parole ^alayhi s salam.

On déduit de ce hadith que l’islam, al islam et la foi, al iman sont deux réalités différentes selon la loi et selon la langue. Ce sont deux notions différentes. On ne confond pas les deux. Cela est une règle de base lorsqu’il y a des noms différents mais par le sens figuré la loi de l’islam comprend les deux.

Si on comprend les deux c’est bien dans un sens figuré, on appelle cela majah en arabe.

^Oumar a dit parlant de cet étranger :  « nous étions étonnés ! Comment une personne pouvait elle interroger le Prophète et confirmer ensuite la réponse donnée par celui-ci ? Les compagnons se disaient en effet, si quelqu’un vient l’interroger c’est qu’apriori il sait pas alors comment peut-il confirmer la réponse qui lui est donnée par Le Messager ? Cela était surprenant pour eux d’autant qu’ils  n’avaient vu cet homme et navaient jamais entendu parlé de lui., De plus, alors que visiblement il avait posé une question au Prophète, il en connaissait manifestementla réponse. Cela  ne pouvait que les étonner. Quand le Prophète a répondu au sujet de la question de al iman, il lui a dit que tu croies en Allah, que tu croies en Ses anges, et que tu croies en Ses livres. Les anges ont des corps de lumière, c’est-à-direque leur aspect originel est fait de lumière mais Allah leur a donné la capacité de prendre l’aspect d’un homme sans organes génitaux, sans orifice urinaire ou anal, , Les anges sont à la base des corps impalpables. Leurs âmes sont d’ailleurs encore plus impalpables que leur corps. ils  sont doués deraison, ont une âme, et ont une volonté.Ils ne sont pas comme une feuille que le vent emporte tantôt à droite tantôt à gauche. Les anges ont bien une volonté, font des  choix mais ils ne désobéissent jamaisà Allah. Allah les a créés de sorte qu’ils ne choisissent que l’obéissance. Donc al iman la foi, c’est de croire dans son  cœur que Allah soubhana existe, qu’Il a les attributs de perfection digne de Lui, qu’Il est exempt d’imperfection et de tout défaut, qu’Il est unique, qu’Il n’a besoin de rien, qu’Il n’a pas d’associé, qu’Il est le Créateur de toute les créatures, qu’Il fait de ces créatures ce qu’Il veut et qu’ Il fait ce qu’Il veut de tout ce qui Lui appartient.

Donc croire en Allah, c’est croire en l’existence d’Allah et reconnaitre la réalité parfaite, qui est digne de Lui .C’est ça le sens de croire en Allah. Il est donc un devoir d’exempter Allah de toute ressemblance aux créatures. Les créatures sont de deux sortes. Il y a des corps qui sont palpables et il y a des corps qui sont impalpables. Il y a aussi les caractéristiques des créatures. Les créatures sont soit les corps soit les caractéristiques des corps.  Les corps eux, sont soit palpables soit impalpables. Les caractéristiques des corps comme la couleur, le mouvement, l’immobilité, ne sont pas des corps mais ensont seulement leurs caractéristiques.

Il y a d’une part,les corps palpables ce que l’on peut saisir de la main et les corps impalpables que l’on ne peut passaisir dela main comme la lumière comme le vent.

Le temps et l’endroit sont aussi des créations (En français,on parle de créature lorsqu’il s’agit d’une chose animée et de création pour les choses inanimées ex le soleil, la lune, l’air, le temps sont des créations), le temps et l’endroit  sont des caractéristiques des corps. Celui qui a pour croyance que Allah est un corps impalpable ou palpable,n’a pas connu Allah. Il n’est pas musulman. Il n’est pas croyant.

Celui qui croit que Dieu a des caractéristiques. Il n’a pas connu Allah et n’est pas musulman. Il n’est pas croyant.

Donc, nous avons vu que les caractéristiques sont les choses qui adviennent aux corps, comme la couleur, le mouvement ou l’immobilité. Celui qui croit que Dieu est un corps de couleur noire  n’est pas  musulman même s’il se fait appeler black muslim par exemple, celui là n’est pas musulman.

Les caractéristiques sont nombreuses. Il y a parmi elles, le mouvement, l’immobilité, la température, la froideur, l’humidité, la ssécheresse, l’odeur, le goût. Iil y a environ 40 caractéristiques. Toutes ces caractéristiques sont crées par Dieu et Allah le créateur, n’est pas concerné par ces caractéristiques .

Donc on ne dit pas que Dieuest en mouvementou qu’Il est immobile, parce que l’immobilité et le mouvement sont des caractéristiques des corps or Allah n’est pas un corps. Il n’est pas concerné par cela. On ne dit pas que Allah est en contact, ou séparé des créatures.

En effet, le contact et la séparation sont des caractéristiques des corps or Allah n’est pas un corps. On ne dit pas que Allah est loin ou proche de ces créatures parlant d’une distance, parce que les distances caractérisent  une relation entre deux corps. Allah n’est pas un corps et en plus Il n’est pas concerné, le terme utilisé en arabe est mounazah ce qui signifie en français exempt.

Allah n’est paspas une quantité,. Celui qui croit que Allah a une étendue sans fin ce n’est pas un musulman. Il en est a ainsi de ceux qui croient que Allah est à la dimension du ciel ou du Trône ou bien plus petit ou plus grand. Celui qui croit cela, n’est pas musulman.

Notre maitre ^Aliyy que Allah l’agrée a dit :

Ce qui signifie : « celui qui prétend que notre Dieu est limité, il aura ignoré le Créateur, celui que nous adorons » c’est-à-direque celui qui croit que Dieu a une limite, ne connait pas Son seigneur.

Les savants ont dit que Allah n’est pas concerné par les limites (dire qu’il n’a pas de limite peut signifier en Français qu’il est très grand voire infiniment grand, c’est donc une expression ambigüe ). Il n’est pas sujet à une quelconque quantification. On ne parle de quantité , petite ou grande à Son sujet. car celui qui a une limite, a besoin de qui lui a donné cette limite, il a besoin de celui qui a fait qu’il ait cette quantité. Or celui qui a besoin d’autrui n’est pas Dieu.

Et ceci est tiré d’une ayah dans le Qour’an dans laquelle Allah dit ce qui signifie : « rien n’est tel que Lui »

Maintenant concernant la foi en Ses anges. Avoir foi en Ses anges signifie  croireque les anges sont des créatures honorées qui font ce que Allah leur ordonne. Les anges ne désobéissent pas à Allah. Les anges comme nous l’avons vu ne sont pas des hommes, ni des femmes. Ils ne mangent pas, ne boivent pas, ne dorment pas, ne défèquent pas, ils n’urinent pas. Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne de faire. Chaque ange à deux ailes,quatre, six ou plus. Notre maitre Jibril ^alayhi s salam a 600 ailes Il existe un ange ayant une taille supérieure à celle de Jibril mais le rang de Jibril estle plus élevé des anges.

Un jourtandis que le Messager de Allah salla l Lahou ^alayhi wa s sallam se trouvait dans un quartier de la Mecque appelé al jihad, , Jibril a dit au Prophète : «  Demande à Allah qu’il t’accorde de me voir sous ma véritable apparence ! » Le Prophète ^alayhi salatou wa s salam a demandé à Allah de voir Jibril sous sa véritable apparence, alors celui-ci est apparu à l’est de l’horizonJibril était tellement grand qu’il cachait le ciel d’est en ouest, c’est alors que le Messager salla l Lahou ^alayhi wa s sallam s’était .. et Jibril ayant repris un aspect humain l’a alors pris et l’a serré contre lui . Le Messager salla l Lahou ^alayhi wa s sallam a dit ce qui signifie :

«  Je ne pensais pas que Allah avait accordé un tel aspect à une de Ses créatures »

C’est alors que Jibril ^alayhi s salam lui  dit : Allah m’a créé avec 600 ailes et j’en ai ouverte que deux. Allah a créé Israfil avec 600 ailes et une seule de ces ailes est comme toutes mes ailes réunies.

Allah est sur toute chose tout-puissant. Si toute l’ immensité des cieux et de la terre n’est qu’un anneau dans un désert comparée au  Koursiyy (le Piedestal) qui est un corps au dessus du septième cielet que al Koursiyy est à son tour par rapport au ^Arch comme un anneau dans un désert ,  on peut  dire que la Toute Puissance est bien au delà de notre imagination

Ya^ni l’immensité de la création de Allah est quelque chose qui n’est pas impossible selon la raison. La raison ne la juge pas impossible. N’est -il pas vrai que Allah peut créé ce qu’Il veut ? Oui et cela nous permet de nous rappeler notre exégèse, puisse cela nous rappeler notre dépendance totale envers notre Créateur.

Concernant les Messagers dans le hadith de al iman, le Prophète ^alayhi salatou wa s salam a indiqué à Jibril quand il l’a interrogé sur al iman la foi, qu’il faut croire aux Messagers de Allah, Il fautcroire qu’ils sont véridiques en tout ce qui ont transmis de la part de Dieu. Allah leur a donné des miracles comme autant de preuves de leur véracité. En fait, le miracle est ce qui nous permet de reconnaitre un Prophète. C’est un signe qui témoigne que cet homme qui se présente comme étant Prophète est véritablement un Prophète. Par conséquent il est nécessairement véridique. Arrêtons nous un instant sur la définition du miracle. Le miracle c’est quelque chose qui sort de l’ordinaire, qui vient en conformité avec la prétention de celui qui se présente comme étant Prophète, c’est quelque chose d’extraordinaire qui ne vient pas contredire ce qu’il dit. Elle le confirme, elle l’appuit. Cette chose extraordinaire confirme les dires de celui qui se prétend Prophète, cela est le deuxième critère. Le troisième critère est que le miracle ne peut se voir opposer quelque chose de semblable. Rien ne peut le contrecarrer. Les incrédules ne peuvent pas stopper ou amener quelque chose de semblable ou de plus fort.

Il n’est pas une condition que le miracle survienne suite à un défi qui aurait été lancé au Prophète.Par contre le miracle constitue toujours un défi en lui-même qu’aucun ne peut relever.. Parmi les choses qui sont étonnantes mais qu’ils ne sont pas extraordinaires et qui de ce fait, ne constituent pas des miracles, il y a le fait qu’un avion vole. Cela peut paraître surprenant, étonnant mais ce n’est pas un miracle parce qu’il y a des choses qui volent. De même, il y ades chosesextraordinaires mais qui n’accompagnent pas la prétention à la Prophétie comme par exemple, les choses prodigieuses qui arrivent aux saints. Les saints qui suivent véritablement les Prophètes, ne sont pas soutenus par miracles mais par des qaramah, des prodiges. On appelle qaramah (prodige), ce qui sort de l’ordinaire venant d’une personne qui suit un Prophète correctement,qui accomplit ses devoirs,évite les péchés et multiplie les actes surérogatoires,  ; On ne l’appelle pas miracle, parce que le saint ne prétend pas être Prophète. Nous avons vu dans la définition du miracle que c’est quelque chose qui vient aux mains de celui qui se prétend Prophète.Si un saint s’était présenté comme Prophète il n’aurait pas eu cette chose extraordinaire. A noter que tout prodige qui apparait des mains d’un saint représente en soi un miracle pour le Prophète qui est suivi par ce saint.

Egalement ne peut être un miracleune chose qui peut être contrée par quelque chose de semblable comme par exemple la sorcellerie, la magie. La magie peut être contrée par une magie semblable. Bien sûr on ne parle pas ici du caractère licite ou illicite de faire ce genre de chose. Il est sans aucun douteinterdit de faire de la magie, de la sorcellerie, mais si quelqu’un fait de la sorcellerie, cette sorcellerie peut être contrée par une autre. Si quelqu’un a été victime de sorcellerie qu’il cherche à se faire guérir par les moyens qui sont licites, par le Qour’an ou par les choses qui sont permises. Donc la sorcellerie, la magie n’est pas appelé miracle car la sorcellerie peut être contrée par une sorcellerie semblable alors que ne peut s’opposer au  miracle

Parmi les miracles qui sont connus il a y le miracle survenu à notre Mouça ^alayhi s salam quand les magiciens de Pharaon l’ont défié. Ils avaient faits des corps de leurs cordes. Les gens ont crus voir ces objets bougés. Ils ont crus voir , des serpents. Allah à révélé à notre maitre Mouça de lancer son bâton. Celui-ci s’est transformé en un véritable serpent et la preuve que c’était un véritable serpent c’est qu’il a dévoré les objets des magiciens. Les magiciens eux, ont bien vu que cette chose extraordinaire qu’avait faite Mouça n’était pas de la magieEtants maitres de leur pratique, ils sont su que puisque Mouça prétendait être Prophète, ce qu’ils avaient vude lui était un miracle confirmant son statut de Prophèteet ils sont donc entrés en islam.

Tous les Prophètes étant musulmans, les magiciens sont donc entrés en islam, leurs parents, leurs sœurs exécutées. Ils sont morts martyrs,

Parmi les miracles connus de notre Prophète Mouhammad salla l Lahou ^alayhi wa s sallam, il y a l’eau qui a jaillit d’entre ses doigts. Des centaines et des centaines de personnes l’ont vus, ont fait leur ablution avec cette eau. Ilsont transmis ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont senti,ce qu’ils ont bu à un grand nombre de personnesCe grand nombre de personnes a transmis ce récit à un grand nombre de personnes, et ainsi de suite jusqu’à que cette information nous parvienne. Pour nous cette information représente une certitude. C’est comme si nous avions nous même de l’eau jaillir d’entre les doigts du Prophète. C’est comme si nous avions nous-même bu de cette eauparce que c’est un grand nombre de personnes qui a transmis ce récit à un grand nombre de personnes et qu’il n’est pas possible pour qu’ils se soient tous entendus pour mentir. Le fait que notre maitre Mouhammad ait fait des miracles nous ait parvenue aussi par un grand nombre de personnes qui ont transmis d’un grand nombre. Le Prophète a eu entre mille et trois mille miracles selon certains.,S on miracle permanent présent encore de nos jours est le Qour’an, ce livre honoré révéléen arabe.

Le fait que notre Prophète Mouhammad ait existé est avéré,. Le fait qu’il a eu des miracles est avéré, alors que reste-t-il si ce n’est de croire et de reconnaitre qu’ effectivement le Prophète Mouhammad est un envoyé de Dieu. Cee qu’il a amené est vrai. Le Prophète est confirmé par ce qu’il dit par ses miracles, Celui qui est intelligent est celui qui le suit. Quant à l’orgueilleux, l’entêté, l’incrédule il est en train d’abandonner ce qui s’impose à la raison mais le fait de nier l’existence de la réalité n’impacte pas cette réalité.

Dans ce hadith, Jibril a aussimention du Jour Dernier, c’est-à-dire le Jour du Jugement. Ce jour commence par la résurrection, par la sortie des morts de leur tombe, puis se poursuit par le rassemblement des humains et des djinns et l’exposition de leur actes. S’ensuit la pesée des actes, ensuite le passage sur le Pont, puis le Paradis ou l’Enfer. Le Paradis ou l’Enfer sont des résidences respectives pour ceux qui ont agi en bien parmi les musulmans et pour ceux qui ont agis en mal. Tout cela nous est transmis du Prophète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam.

Il lui a parlé également de al qadar, la destinée, c’est-à-dire nous devons croire que tous ce qui entre en existence a lieu conformément à ce que Dieu a su de toute éternité. Parmi les attributs de Dieu , Il ya l’Omni-science. Allah sait toute chose, rien n’échappe à Sa connaissance. Si on utilise correctement sa raison il en résulte que si Dieu ne savait pas une chose alors  Il serait ignorant et celui qui est ignorant change.Or, celui qui change, a besoin de qui le fait changer. A plus forte raison , il a besoin de qui le fait exister, hors Dieu est de toute éternité donc Ses attributs sont aussi de toute éternité.  Sa science ne change pas. Sa science est de toute éternité, Il sait toute chose. Tout ce que chacun d’entre nous fera Dieu le sait de toute éternité. De plus tout ce que nous faisons, fait partie de la création d’Allah, que ce soit nos actes, nos intentions, nos pensées, ce ne sommes pas nous qui les créons. Il n’y a qu’un seul Créateur. Dieu n’a pas d’associeé dans Ses attributs. C’est Lui qui donne l’existence et qui anéantit. Tout ce qui existe Il le fait exister par Sa volonté, ce n’est pas matériel. Sil’un d’entre nous fait une chose alors c’est que Dieu a voulu qu’il l’a fasse. Dieu sait de toute éternité qu’il allait la faire. Tout ce que nous faisons, Dieu le sait et le veut,. C’est cela la prédestination. choses qui entrent en existence, entre en existence conformément à ce que Dieu sait et veut de toute éternité. Le fait que les choses soient dans l’état dans lesquels elles sont c’est cela la prédestination. Nous devons croire en la prédestination. La raison témoigne que cela est une vérité, ainsi dans un hadith, leProphète salla l Lahou ^alayhi wa s sallam a dit a ^Abdou l Lah ibnou ^abbas son cousin, ce qui signifie :

« Saches que si toute la communauté s’unissaient pour te profiter par une quelconque chose, ils ne te profiteraient que par celle que Allah t’a prédestinée, et si toute la communauté se réunissaient pour te nuire par une uelconque chose ils ne te nuiraientt que par une chose que Allah t’a prédestinée »

En d’autre termes, tout ce qui existe a lieu par la prédestination de Allah. Si Allah a prédestiné une chose, cette chose aura lieu. etC’est cela, la foi des musulmans qui font partie des gens du salaf ou du khalaf c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles de l’hégire et ceux qui les ont suivis parmi lesquels nous nous trouvons.

Donc celui qui croit en cela de manière catégorique sans aucun doute c’est un croyant véritablet.

Quant à Al ihsan, il s’agit d’ un haut degré de sainteté, le Prophète a expliqué à Jibril, qu’il s’agit d’ adorer Allah comme si tu Le voyais car si tu ne Le vois pas saches que Lui te voit.

Si chacun d’entre nous mettait cela dans son cœur, commettrait-il un péché ?

Que Dieu nous pardonne et renforce notre foi !

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Fondements de la croyance : Les preuves dans la religion de l’Islam

Posted in Croyance par chaykhaboulaliyah sur avril 17, 2011

Les preuves dans la religion de l’Islam

 

I- Al-Qour’an

بسم الله الرحمن الرحيم، الْحَمْدُ لِلَّهِ ربِّ الْعَالَمِين، وَصَلى اللهُ على مُحَمَّد وَعلى ءَالِهِ الطَّيِّبِينَ الطَّاهِرِين، أَسْأَلُ اللَّهَ أَن يَرْزُقَنَا جَمِيعًا حُسْنَ النِّيَّة،

La louange est à Allah, le Seigneur des mondes et que Allah élève davantage le rang de notre maître Mouhammad. Je demande à Allah qu’Il nous accorde à tous une intention sincère par recherche de l’agrément de Allah.

أَمَّا بَعْدُ فَإِنَّ عِلْمَ الدِّين مِن أَفْضَلِ الطَّاعَات وَأَوْلى مَا أُنْفِقَت فِيهِ نَفَائِسُ الأَوْقَات،

كَيْفَ لاَ وَقَد قَالَ اللَّهُ تبارك وتعالى: ﴿وَقُل رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا﴾ ، فَلَم يَأْمُرِ اللَّهُ تعالى فِي الْقُرْءَان نَبِيَّهُ بِطَلَبِ الزِّيَادَةِ مِن شَىْء إِلاَّ مِن عِلْمِ الدِّين، مَا جَاءَ فِي الْقُرْءَان أَمْرٌ لِلرَّسُول أَن يَطْلُبَ زِيَادَةَ مِن شَىْءٍ إِلاَّ مِن عِلْمِ الدِّين: ﴿وَقُل رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا﴾،

Certes, la science de la religion compte parmi les meilleures des obéissances et des adorations, et c’est la première des choses dans laquelle il convient de consacrer la majeure partie de son temps.

Comment n’en serait-il pas ainsi alors que Allah ta^ala a ordonné à Son Prophète dans une ayah ce qui signifie : «  Et dis : Ô mon Dieu accord-moi encore plus de science ». Ainsi, Allah ta^ala n’a pas ordonné dans le Qour’an à Son Prophète de demander encore plus d’une chose si ce n’est de la science.

﴿وَقُل رَبِّ زِدْنِي عِلْمًا﴾،

شَيْخُنَا حَفِظَهُ اللَّه عِنْدَمَا اجْتَمَعَ أَوَّلَ مَرَّة بِطُلاَّبِ الْمَعْهَدِ فِي بَيْرُوت افْتَتَحَ كَلاَمَهُ مَعَهُم بِقَوْلِهِ: رَوَى ابْنُ مَاجَه عَن أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْه أَنَّهُ كَانَ إِذَا جَاءَهُ طَلَبَةُ الْعِلْم قَال: أَهْلاً بِوَصِيَّةِ رَسُولِ اللَّهِ، يَعْنِي أَهْلاً بِمَن أَوْصَى بِهِم رَسُولُ اللَّه، فَأَهْلاً بِكُم،

Notre Chaykh, que Allah le préserve, lorsqu’il a rencontré pour la première fois les étudiants de l’Institut de Beyrouth, il a commencé son discours par un hadith qu’a rapporté Ibnou Majah de Abou Sa^id Al-Khoudriyy qui est : « Ahlan biwasiyyati raçouli l-Lah » ce qui signifie : « Bienvenue à ceux qu’a recommandés le Messager de Allah ». Alors : « Bienvenue à vous » !

نَبْدَأُ كَلاَمَنَا بِالْكَلاَم عَنِ الْحُجَّة فِي دِينِ اللَّهِ تبارك وتعالى،

 

Nous allons commencer nos propos avec le sujet suivant : Les preuves dans la religion agréée par Allah.

فِي دِينِ اللَّه الْحُجَّة أَرْبَعَة، أَرْبَعَةُ أُمُور حُجَّة، كُلٌّ مِنهَا يُعْتَبَرُ حُجَّةً فِي الدِّين، الْقُرْءَان وَالسُّنَّة وَالإِجْمَاع وَالْقِيَاس،

Dans l’Islam, il y a quatre sortes de preuves. Chacune d’elles est considérée comme une preuve dans la religion agréée par Allah : Le Qour’an, la Sounnah du Prophète Mouhammad, c’est-à-dire la tradition prophétique, le ‘ijma^ c’est-à-dire l’Unanimité des savants, et enfin le qiyas c’est-à-dire l’analogie.

أَمَّا الْقُرْءَان فَهُوَ الْكِتَابُ الْمُنَزَّل على سَيِّدِنَا مُحَمَّد، اللَّفْظ الْمُنَزَّل على سَيِّدِنَا مُحَمَّد الَّذِي تَعَبَّدَنَا اللَّهُ بِتِلاَوَتِهِ فِي الصَّلاَةِ، اللَّفْظُ الْمُنَزَّل على سَيِّدِنَا مُحَمَّد الَّذِي أُمِرْنَا بِتِلاَوَتِهِ فِي الصَّلاَة، تِلاَوَتُهُ فِي الصَّلاَةِ عِبَادَة مَأْمُورٌ بِهَا مِنَ اللَّه، هَذَا تَعْرِيفُ الْقُرْءَان بِالْمَعْنَى الَّذِي نُرِيدُهُ نَقَصِدُهُ،              

Pour ce qui est du  Qour’an, il s’agit du Livre céleste qui a été révélé à notre maître Mouhammad. Ce sont les termes qui ont été révélés à notre maître Mouhammad, et dont la récitation est un acte d’adoration. Le réciter dans la prière est un acte qui a été ordonné par Allah. Ceci est la définition du Qour’an avec l’explication que nous visons dans ce chapitre.

أَمَّا الْقُرْءان مِن حَيْثُ الْحَقِيقَةُ الْعَقْلِيَّة فَهُوَ الْكَلاَمُ الذَّاتِيُّ الْكَلاَم الْقَائِمُ بِذَاتِ اللَّهِ تبارك وتعالى . الْقُرْءَان فِي لُغَةِ الْعَرَبِ يَعْنِى الْقِرَاءَة يَعْنِي الْكَلام، فَالْقُرْءَان مِن حَيْثُ الْحَقِيقَةُ الْعَقْلِيَّة هُوَ الْكَلاَمُ الْقَائِمُ بِذَاتِ اللَّهِ، الْكَلاَمُ الَّذِي هُوَ صِفَةُ اللَّهِ تعالى الْقَائِمُ بِذَاتِهِ عزَّ وَجَلَّ، لَكِن نَحْنُ لاَ نَقْصِدُ هَذَا، لاَ نُرِيدُ الصِّفَة عِنْدَمَا نَقُول الْحُجَّةُ فِي دِينِ اللَّهِ أرْبَعَة، إِنَّمَا نَقْصِد الْكِتَاب الْمُنَزَّل على سَيِّدِنَا مُحَمَّد الَّذِي هُوَ عِبَارَة عَنِ الْكَلاَمِ الذَّاتِيّ، أَمَّا مِن حَيْثُ الْحَقِيقَة الْعَقْلِيَّة الْقُرْءَان هُوَ الْكَلاَمُ الْقَائِمُ بِذَاتِ اللّهِ، الصِّفَة الْقَائِمَةُ بِذَاتِ اللَّهِ عزَّ وَجَلَّ،  

La définition de la réalité rationnelle du Qour’an , c’est l’attribut de Allah qui est la parole propre à l’Être de Allah tabaraka wa ta^ala. Le Qour’an dans la langue arabe veut dire la parole.

Mais lorsque nous parlons du Qour’an en tant que preuve dans l’Islam, nous ne visons pas l’attribut. Lorsque nous disons qu’il y a quatre sortes de preuves dans l’Islam, nous visons le Livre révélé à notre maître Mouhammad et qui est l’expression de l’attribut de la parole propre à l’Être de Allah.

الْحَقِيقَةُ الْعَقْلِيَّة حَقِيقَةُ الشَّىْء على حَسَبِ حُكْمِ الْعَقْلِ هَذَا مَعْنَى الْحَقِيقَة العَقْلِيَّة،

La réalité rationnelle, c’est la réalité de la chose selon le jugement de la raison.

إِذًا قُلْنَا تَعْرِيفُ الْقُرْآن هُوَ الْكِتَابُ الْمُنَزَّل عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّد الَّذِي نُزِّلَت أَلْفَاظُهُ على سَيِّدِنَا مُحَمَّد عليه الصلاة والسلام وَالَّذِي أُمِرْنَا بِتَِلاَوَتِهِ فِي الصَّلاَةِ، هَذَا تَعْرِيفُ الْقُرْآن الَّذِي نُرِيدُهُ هُنَا،            

Lorsque nous disons que la définition du Qour’an, c’est le Livre révélé à notre maître Mouhammad, c’est le Livre que nous avons reçu l’ordre de lire et de réciter dans la prière.

هَذَا الْقُرْآن تَوَاتَرَت عَنِ النَّبِيِّ صلى اللّهُ عليه وسلم أَلْفَاظُهُ، فَوَصَلَنَا كَمَا نُزِّلَ عَلَيْهِ صَلى اللَّه عليه وسلم، لأَنَّ الْخَبَرَ الْمَنْقُولَ بِالتَّوَاتُر، الشَّىْء الَّذِي يُنْقَلُ بِالتَّوَاتُر لاَ بُدَّ مِن أَن يَكُونَ صِدْقًا لاَ يَكُونُ فِيهِ خَطَاء،    

Les expressions du Qour’an nous sont parvenues du Prophète Mouhammad par tawatour. Il nous est donc parvenu comme il a été révélé au Prophète. En effet, la nouvelle qui parvient par le biais du tawatour est nécessairement véridique. C’est nécessairement une nouvelle véridique qui ne comporte pas d’erreur.

الْقُرْآن نُزِّلَ عَلى قِرَاءَاتٍ عِدَّة، نُقِلَت إِلَيْنَا بِالتَّوَاتُر بِالسَّنَدِ الصَّحِيح، هَذِهِ الْقِرَاءَات الَّتِي هِيَ حُجَّة: عَشَرَة، وَيُوجَدُ أَرْبَعَةُ قِرَاءَات زَائِدَة عَلَى عَشَرَة، هَذِهِ الأَرْبَعَة مَا نُقِلَت بِالتَّوَاتُر، مَا تَوَاتَرَت وَلاَ اشْتَهرَت، إِنَّمَا نُقِلَت بِطَرِيقِ الآحَاد، فَلِذَلِكَ لاَ يَكُونُ لَهَا حُكْمُ مَا نُقِلَ بِالتَّوَاتُر، فَلاَ يُقْرَأُ بِهَا فِي الصَّلاَة مَثَلاً، وَإِن كَان يُحْتَجُّ بِهَا فِي بَعْضِ الأَحْكَام مِثْلِ الْحَدِيث الَّذِي نُقِلَ آحَادًا أَي بِطَرِيقِ الآحَاد، فَيهَا حُجَّة فِي الأَحْكَام لَكِن لاَ تُعَدُّ، لَيْسَ لَهَا حُكْمَ الْقِرَاءَاتِ الْمُتَوَاتِرَة، فَلاَ يَجُوزُ أَن يُقْرَأَ بِهَا فِي الصَّلاَةٍ مَثَلاًَ، يُقَال لَهَا شَاذَّة، هَذِهِ الْقِرَاءَاتِ الأَرْبَعَة يُقَالُ لَهَا شَاذَّة يَعْنِي مَا نُقِلَت كَمَا نُقِلَتِ الْبَقِيَّة نَقْلاً مَشْهُورًا، بِنَقْلِ الْجَمَاعَة، إِنَّمَا نُقِلَت آحَادًا، بِطَرِيقِ أَفْرَاد آحَاد، لَيْسَ بِطَرِيقِ الْجَمَاعَة وَشُهْرَة كَمَا نُقِلَت بَِقِيَّةُ الْقِرَاءَات.

Le Qour’an a été descendu avec différentes récitations. Elles nous sont parvenues par tawatour avec une chaîne de transmission sûre. Ces dix récitations constituent un argument dans la religion.

Il y en a quatre autres qui elles, ne nous sont pas parvenues par tawatour. Elles ne nous sont pas parvenues non plus de manière mach-hour. Elles nous sont parvenues par un autre mode de transmission appelé ahad. C’est pour cela que ces quatre récitations n’ont pas le même jugement que celles qui nous sont parvenus par tawatour. Ainsi, elles ne sont pas récitées dans la prière par exemple. Elles sont dites chadh-dhah ou singulière. Elles ne nous sont donc pas parvenues par large diffusion (chouhrah) et par un grand nombre de personnes mais plutôt par le biais de personnes isolées (ahad).

إِذًا هُنَاكَ عَشْرُ قِرَاءَات أُوحِيَت عَلَى النَّبِيِّ عليه الصلاة والسلام لِلْقُرْآن، كُلُّهَا اشْتَهَرَت نُقِلَت بِنَقْلِ جَمَاعَة إِلَيْنَا، أَمَّا الأَرْبَعَة الشَّاذَّة فَنُقِلَت مِن طَرِيقِ الآحَاد، يُوجَد أَرْبَعَة شَاذَّة لاَ نَحْكُمُ عَلَيْهَا بِأَنَّهَا قُرْءَان، لاَ نَقْرَؤُهَا فِي الصَّلاة لأَنَّهَا مَا نُقِلَت إِلَيْنَا بِالتَّوَاتُر لاَ نُقِلَت إِلَيْنَا بِالشُّهْرَة، لاَ نُقِلَت إلَيْنَا نَقْلَ جَمَاعَةٍ عَن جَمَاعَة إِنَّمَا مِن طَرِيقِ آحَاد،

Il y a donc dix récitations du Qour’an qui ont été révélées au Prophète. Toutes ont été réputées. Elles nous ont été transmises par un grand groupe de personnes.

Tandis que les quatre dernières récitations, elles ont été transmises par la voie d’individus (ahad). Il y a quatre récitations isolées que nous ne considérons pas comme du Qour’an et que nous ne récitons pas dans la prière car elles ne nous ont pas été transmises par tawatour ni même par chouhrah ou large diffusion. Elles ne nous ont pas été transmises par un groupe de personnes d’un autre groupe mais par le biais de personnes isolées.

لاَ نَحْكُم عَلَيْهَا بِحُكْمِ الْبَقِيَّة لاَ يَجُوزُ قِرَاءَتُهُا فِي الْقُرْآن، لاَ يُقَال عَنْهَا قُرْآن، لاَ لأَنَّهَا مَا وَصَلَتْنَا بِالتَّوَاتُر، أَيش تَعْرِيفُ الْقُرْآن؟ الْكِتَابُ الْمُنَزَّل على سَيِّدِنَا مُحَمَّد صلى اللَّه عليه والسلام الَّذِي نُقِلَ إِلَيْنَا بِالتَّوَاتُر، الَّذِي تُعُبِّدْنَا بِتِلاَوَتِهِ فِي الصَّلاة، هَذِهِ مَا نُقِلَت بِالتَّوَاتُر، لَكِن لَهَا حُكْمُ الْحَدِيثُ الصَّحِيح الْمَنْقُول آحَادًا نِسْبَةً لِلأَحْكَام،

Nous ne jugeons pas ces quatre récitations comme étant du Qour’an car elles ne nous sont pas parvenues par le biais du tawatour. Le Livre révélé à notre maître Mouhammad est ce qui nous a été transmis par tawatour. C’est ce dont la récitation dans la prière est un acte d’adoration. Quant aux quatre dernières, elles ne nous ont pas été transmises par tawatour. Cependant, elles ont le même jugement que le hadith sahih qui nous a été transmis par des individus (ahad) pour ce qui est des jugements et des lois.

إِذًا الْخَبَرُ الْمُتَوَاتِر هُوَ مَا نَقَلَهُ جَمْعٌ عَن جَمْع بِحَيْثُ يَكُونُ كُلُّ طَبَقَة مِنَ الطَّبَقَات عَدَدًا كَبِيرًا، لاَ يُقْبَلُ اجْتِمَاعُهُم عَلَى الْكَذِب وَيَكُونُ مُسْتَنَدُهُ إِلى الْحِسّ، الطَّبَقَة الأُولَى الَّّذِينَ شَاهَدُوهُ، شَاهَدُوهُ بِالْحِسّ بِالسَّمْع أَو بِالْبَصَرِ وَنَحْوُ ذَلِكَ،

Ainsi, la nouvelle moutawatir c’est ce qu’a transmis un groupe de personnes d’un autre groupe de sorte qu’à chaque génération leur nombre était très grand. Il n’est pas concevable qu’ils se soient unis pour un mensonge. Par ailleurs, cette nouvelle se base sur une perception sensorielle. La première couche qui en témoigne l’a perçue avec les sens : l’ouïe, la vue ou ce qui est du même ordre.

هَذَا الْخَبَرُ الْمُتَوَاتِر بِمُجَرَّد أَن يَبْلُغَ شَخْص بِطَرِيقِ التَّوَاتُر، الْخَبَر الَّذِي يَبْلُغُ الإِنْسَانً بِطَرِيقِ التَّوَاتُر يَقَعُ فِي قَلْبِهِ صِدْقُهُ بِمُجَرَّدِ الْتِفَاتِ نَفْسِهِ إِلَيْهِ، لِذَلِك يُقال لَهُ: هَذَا مِنَ الْعِلْمِ الضَّرُورِيِّ لَيْسَ شَىءً مُسْتَنِدًا إِلى مُقَدِّمَة ثمَّ مُقَدِّمَة ثمَّ نَتِيجَة إِلى الاِسْتِنْتَاج، إِنَّمَا أَيُّ خَبَر يَبْلُغُ أَيَّ إِنْسَان بِطَرِيقِ التَّوَاتُر أَو الْخَبَر الَّذِي  يُنْقَل بِطَرِيقِ التَّوَاتُر يَقَعَ فِي الْقَلْبِ صِدْقُهُ بِالْتِفَاتِ نَفْسِهِ إِلَيهِ، يَعْنِي مُجَرَّد أَن يَبْلُغَكَ الْخَبَر بِالتَّوَاتُر أَنتَ تَجِدُ فِي نَفْسِكَ أَنَّكَ صَدَّقْتَ إِلاَّ مِن مُعَانِد، اللَّه يَحْفَظُنَا مِن ذَلِك، لِذَلِك يُقَال لَهُ هَذَا مِن أَقْسَامِ الْعِلْمَ الضَّرُورِيّ، الْعِلْمِ الَّذِي  لاَ يَتَوَقَّف على اسْتِنْتَاج،

Par le simple fait qu’une nouvelle parvient par tawatour à une personne, sa véracité est reconnue par son cœur, dès qu’elle l’apprend. C’est pour cela qu’on la désigne par : « la connaissance acquise nécessairement ». Il ne s’agit pas de quelque chose qui se base sur une introduction puis une deuxième introduction pour parvenir à une conclusion et une déduction.

N’importe quelle nouvelle qui parvient à la personne par tawatour ou la nouvelle qui est transmise par tawatour une fois parvenue au cœur, la personne en reconnaît la véracité dès qu’elle l’apprend. Cela veut dire que dès que la nouvelle moutawatir te parvient, tu trouves de toi-même que tu en reconnais la véracité, exception faite pour l’entêté. Que Dieu nous préserve de pareil état. C’est pour cela qu’on dit que cela fait partie des connaissances acquises nécessairement. La connaissance n’est pas acquise uniquement par déduction.

مِثال ذَلِك الْيَابَان مَوْجُودًا أَم لاَ؟ هَذَا الْبَلَد مَوْجُود؟ لاَ يَشُكُّ وَاحِد مِنَّا فِي وُجُودِهِ، مَعَ أَنَّ أَحَدًا يُمْكِن مَا زَارَهُ هُنَا ، مَعَ ذَلِك لاَ يَشُكُّ لَحْظَةً، وَلاَ يَحْتَاج الْوَاحِد مِنَّا لِلتَّصْدِيق بِوُجُودِهِ إِلى اسْتِنْتَاج، إِنَّمَا  لأَنَّ الْخَبَر بَلَغَنَا بِالتَّوَاتُر وَقَعَ فِي قُلُوبِنَا تَصْدِيقُهُ بِلاَ شَكٍّ، هَكَذَا الْخَبَرُ الْمُتَوَاتِر،

Un exemple de cela : Le Japon existe-t-il ou pas ? Ce pays, il existe ou pas ? Aucun d’entre nous ne doute de son existence bien que peut-être qu’aucun d’entre nous ne l’a visité. L’un d’entre nous pour croire en son existence n’a pas besoin d’argumentation. Mais comme cette nouvelle nous est parvenue par tawatour, la véracité de cette information est dans nos cœurs, sans aucun doute. Ainsi est la nouvelle moutawatir.

الْقُرْآن نُقِلَ إلَيْنَا بِطَرِيقِ التَّوَاتُر، فَلاَ شَكَّ فِي صِدْقِهِ فَلاَ شَكَّ فِي صِحَتِّهِ،

Le Qour’an nous est transmis par tawatour. Il n’y a donc pas de doute au sujet de sa véracité. Il n’y a pas de doute sur son authenticité.

مرَّةً كُنْتُ فِي بَعْلَبَك فِي مَجْلِسٍ فَجَاءَ وَاحِدٌ مُلْحِدٌ شُيُوعِيٌّ تَكَلَّمَ فِي إِنْكَار نُبُوَّةِ سَيِّدِنَا مُحَمَّد صلى الله عليه وسلم أَمَام النَّاس، فَرَدَدْتُ عَلَيْهِ ذَكَرْتُ أَمْرَ التَّوَاتُر، قُلْتُ لَهُ الصِّين مَوْجُودَة؟ قَالَ: لاَ بُدَّ مَوْجُودَة، قُلْتُ: رَأَيْتَهَا؟ سَكَت، عَرَفَ أَنَّهُ انْكَسَرَ سَكَتَ مَا عَادَ تَكَلَّمَ كَلِمَة، فِي الْيَوْمِ التَّالِي رَجَعَ إِلى نَفْسِ الْمَجْلِس، قَالَ: الصِّين مَوْجُودَة لَيْسَ بِخَبَرِ التَّوَاتُر عَرَفْنَا، بَل كَيْفَ تَعْرِفُ إِذًَا؟ قَال: عَلى الْخَرِيطَة،

Une fois un enseignant était dans une assemblée à Ba^lbak, une ville au Liban, et un communiste athée a dit des paroles remettant en cause le statut de Prophète de notre maître Mouhammad devant les gens. L’enseignant lui a répliqué en citant le tawatour. Il lui a dit : « La Chine, est-ce qu’elle existe ? » Il a répondu : « Oui ! C’est sûr qu’elle existe ». L’enseignant lui a alors dit : « L’as-tu vue ? » Il s’est tu. Il a su qu’il a été vaincu. Il n’a plus rien dit. Le lendemain, il est revenu à la même assemblée. Il a dit : « La nouvelle que la Chine existe, elle ne nous est pas parvenue par tawatour ». L’enseignant lui a dit : « Et comment donc tu le sais ? » Il a répondu : « C’est sur la carte !!! »

قُلْنَا الْقُرْآن حُجَّة فِي دِينِ اللَّهِ تَبَارَك وتعالى لاَ شَكّ، اللَّهُ تعالى قَال: ﴿إِنَّ هَذَا الْقُرْآنَ يَهْدِي لِلَّتِي هِيَ أَقْوَم﴾، فَهُوَ لاَ شَكَّ حُجَّةٌ فِي دِينِ اللَّهِ تبارك وتعالى، ثمَّ هَذَا الْقُرْآنُ الَّذِي نُقِلَ إِلَيْنَا بِالتَّوَاتُر كَمَا ذَكَرْنَا، آيَاتُهُ عَلى أَنْوَاع، مِنْهَا مَا هُوَ مُحْكَم وَمِنْهَا مَا هُوَ مُتَشَابِه، وَمِنْهَا مَا هُوَ مُطْلَق وَمِنْهَا مَا هُوَ مُقَيَّد، وَمِنْهَا مَا هُوَ عَام وَمِنْهَا مَا هُوَ خَاص، فَيْنْبَغِي مَعْرِفَةُ هَذِهِ الأَنْوَاع وَمَا هُوَ الْفَرْقُ بَيْنَ الْمُحْكم وَالْمُتَشَابِه، وَبَيْنَ الْمُطْلَق وَالْمُقَيَّد، وَبَيْنَ الْعَامِّ وَالْخَاص،

Nous disons que le Qour’an est un argument dans la religion agréée par Allah tabaraka wa ta ^ala sans aucun doute. Allah dit : (Inna hadha l-Qour’ana yahdi il l-lati hiya ‘aqwam).  Sans aucun doute le Qour’an est un argument dans la religion agréée par Allah tabaraka wa ta ^ala. Il s’agit du Qour’an qui nous est parvenu par tawatour tout comme nous l’avons cité. Ses ayah sont de différentes sortes. Il y a des ayah qui sont mouhkam –explicites- et il y a des ayah qui sont non explicites –moutachabihah-. Il y a des ayah qui sont moutlaq -absolues- et  il y a ce qui est mouqayyad – restreint. Il y a ce qui est ^amm-général- et il y a ce qui est khass -spécifique. Il convient de connaître ces différentes sortes et comment reconnaître ce qui est explicite de ce qui est non-explicite, ce qui est absolu et ce qui est restreint, ce qui est général et ce qui est particulier.

الْمُحْكَم مِنَ الآيَات كَمَا تَعْرِفُون، هُوَ مَا لاَ يَحْتَمِلُ بِحَسَبِ وَضْعِ لُغَةِ الْعَرَب إِلاَّ مَعْنًى وَاحِدًا، لاَ يَحْتَمِل أَكْثَر مِن مَعْنَى مِن حَيْثُ اللُّغَة، مِن حَيْثُ وَضْعُ اللُّغَة، كَمَا هِيَ لُغَةُ الْعَرَب لاَ يَحْتَمِلُ إِلاَّ مَعْنًى وَاحِدًا، هَذَا يُقَالُ لَهُ مُحْكَم، أَمَّا الْمُتَشَابِه فَمُقَابِلُهُ وَهُوَ الَّذِي مِن حَيْثُ وَضْعُ اللُّغَة كَمَا هِيَ لُغَةُ الْعَرَب يَحْتَمِلُ أَكْثَرَ مِن مَعْنَى، فَيُحْتَاج إِلى الاِسْتِدْلاَل بِشَىْءٍ آخَر لِحَمْلِهِ عَلى الْمَعْنَى الْمُوَافِق، يُحْتَاج إِلى الاِسْتِدْلاَل بِدَلِيل آخَر لِحَمْلِهِ عَلَى الْمَعْنَى الْمُوَافِق، الْمُنَاسِب فِي هَذَا الدَّلِيل آخَر،

Ce qui est explicite parmi les ayah c’est, comme vous le connaissez, c’est ce qui n’admet du point de vue de la langue arabe qu’un seul sens. Il n’admet pas plus qu’un seul sens du point de vue de la langue, du point de vue de la langue même. Tout comme ce qui dans la langue n’admet qu’un seul sens est appelé mouhkam – explicite. Quand au moutachabih, c’est le sens opposé. C’est ce qui du point de vue de la langue arabe admet plus qu’une signification. Il nécessite donc une argumentation en se basant sur autre chose, pour lui donner un sens qui est convenable et conforme. Il a besoin d’argumentation, d’une autre preuve pour lui donner un sens qui est conforme, qui correspond à cette autre preuve.

الْعَقِيدَة كَمَا تَعْرِفُون لاَ تُبْنَى إِلاَّ عَلَى الْقَطْعِ وَالْيَقِين، الْعَقِيدَة لاَ تُبْنَى عَلى الشَّىْءِ الْمُحَتَمِل إِنَّمَا تُبْنَى على الدَّلِيلِ الْقَطْعِيّ الْيَقِينِيّ،

La croyance tout comme vous le savez n’est basée que sur tout ce qui est catégorique et certain. La croyance n’est pas fondée sur les hypothèses mais elle est fondée sur la preuve catégorique, certaine.

لِذَلِك الأَصْل فِي الاِسْتِدْلاَل فِي أُمُورِ الْعَقِيدَة هُوَ أَيش؟ الآيَات الْمُحْكَمَات، لَيْسَ الآيَاتِ الْمُتَشَابِهَات، لأَنَّ الْمُتَشَابِه مِن حَيْثُ هُوَ عَلى حَسَبِ وَضْعِ لُغَةِ الْعَرَب يَحْتَمِلُ أَكْثَرَ مِن مَعْنًى، فَإِذَا أَرَدْتَ الاِسْتِدْلاَل فِي أَمْرِ الْعَقِيدَة، يَنْبَغِي لِلشَّخْص أَن يَبْنِيَ عَقِيدَتَهُ عَلى أَصْلٍ ثَابِت، إِذًا لاَ تُبْنَى الْعَقِيدَة إِلا عَلَى شَىْء يُفِيدُ الْقَطْع وَالْيَقِين، عَلى دَلِيلٍ قَطْعِيٍّ يَقِينِيٍّ، إِذًا لاَ تُبْنَى الأَصْل فِي الأَمْرِ الْعَقِيدَة الاِسْتِنَاد إِلى أَيّ آيَات؟ إِلَى الآيَاتِ الْمُحْكَمَات، لأَنَّ نَقْلَهَا إِْلَيْنَا قَطْعِيّ يَقِينِيّ بِالتَّوَاتُر، مُفْهُوم، وَلأَنَّ مَعْنَاهَا أَيْضًا لاَ يَحْتَمِلُ إِلاَّ مَعْنًا وَاحِدًا،

C’est pour cela que la base de l’argumentation dans la croyance, quelle est-elle ? Ce sont les ayah explicites et non pas les ayah non explicites. Car ce qui n’est pas explicite, du point de vue de la langue arabe, admet plus d’une signification. Ainsi, si tu voulais te baser sur le moutachabih pour donner des preuves dans la croyance, tu aurais besoin d’argumenter, alors qu’il convient pour la personne de fonder sa croyance sur quelque chose de sûr. Donc la croyance n’est basée que sur la preuve qui est catégorique et certaine. 

Donc elle n’est pas fondée sur les ayah moutachabihah, la croyance n’est fondée que sur les ayah mouhkamah. D’une part parce que ces ayah nous sont parvenues d’une manière catégorique et certaine, par le tawatour et d’autre part parce que leur sens n’admet qu’une seule possibilité dans la langue arabe.

لِذَلِكَ أَمْرُ الْعَقِيدَة لاَ يُبْنَى إِلاَّ عَلى مَا كَانَ قَطْعِيًّا يَقِينِيًّا، لاَ يُبْنَى عَلى مَا كَانَ مُحْتَمِلاً، لِذَلِك عَقِيدَة أَهْلُ السُّنَّة مَبْنِيَّة عَلى مِثْلِ هَذَا الأَصْلِ ثَابِت بِخِلاَف عَقَائِدِ فِرَقِ الْبَاطِلَة لأَنَّهُم مَا بَنَوْهَا عَلى الدَّلِيلِ الْقَطْعِيّ الْيَقِينِيّ،

C’est pour cela que la croyance n’est fondée que sur ce qui est catégorique et certain. Elle n’est pas fondée sur ce qui est hypothétique. C’est pour cela que la croyance de Ahlou s-Sounnah est basée sur pareil fondement, sûr et ferme contrairement aux croyances des groupes égarés, qui elles ne sont pas basées sur la preuve catégorique et certaine.

لِذَلِك قَالَ اللَّهُ تعالى: هنِ أُمُّ الْكِتَاب، عَنِ الآَيَاتِ الْمُحْكَمَات أَي هِيَ أَصْلُ الْكِتَاب،

C’est pour cela que Allah ta^ala dit au sujet des ayah explicites : (hounna ‘oummou l-kitab) c’est-à-dire « la base même, la référence même du Livre ».

وَلِذَلِك الْحَنَفِيَّة، الإِمَام أَبُو حَنِيفَة لَم يَحْتَج فِي الأُصُولِ الْعَقِدَة إِلاَّ بِالأَحَادِيثِ الْمُتَوَاتِرَة وَالْمَشْهُورَة، وَمَا كَانَ دُونَ الْمَشْهُور مِنَ الأَحَادِيث، قَال: لاَ يُحْتَجُّ بِهِ فِي الأُصُولِ الْعَقِيدَة، لِمَا ذَا؟ لأَنَّهُ قَال: لاَ يُحْتَج فِي أَصْلِ الْعَقِيدَة إِلاَّ بِشَىْء أَيْش؟ ثَابِت قَطْعِيّ يَقِينِيّ، وَمَا رُوِيَ مِنَ الأَحَادِيث بِطََرِيقٍ دُونَ الْمَشْهُور لاَ يُعَدُّ قَطْعِيًّا يَقِينِيًّا، فَكَيْفَ يُحْتَجُّ بِهِ فِي الْعَقِيدَة؟ لِذَلِكَ الإِمَام أَبُو حَنِيفَة وَمَن تَبِعَهُ الْمَاتُرِدِيَّة قَالُوا: لاَ يُحْتَجُّ فِي أُصُولِ الْعَقِيدَة إِلاَّ بِالْحَدِيثِ الْمُتَوَاتِر أَوِ الْمَشْهُور، الْحَدِيثُ الَّذِي يُحْتَجُّ بِهِ فِي أُصُولِ الْعَقِيدَة هُوَ الْمُتَوَاتِر وَالْمَشْهُور، لِمَ ؟ لأَنَّهُ قَال: فِي أَصْلِ الْعَقِيدَة لاَ بُدَّ أَن يَكُونَ الدَّلِيلُ قَطْعِيًّا يَقِينِيًّا، ومَا كَانَ مِنَ الأَحَادِيث دُونَ هَذِهِ الرُّتْبَة لاَ يَكُونُ قَطْعِيًّا يَقِينِيًّا، فَلاَ يُحْتَجُّ بِهِ فِي الْعَقِيدَة،

L’Imam Abou Hanifah n’a pris pour argument dans les fondements de la croyance que les hadith moutawatir et les hadith mach-hour. Ce qui est en deça du mach-hour dans le hadith on ne l’utilise pas comme argument dans les fondements de la croyance. Pourquoi donc ?

Il a dit : « Parce que pour les fondements de la croyance on ne prend que ce qui est catégorique et certain ». Donc les hadith qui ont été rapportés avec une chaîne de transmission inférieure au mach-hour ne sont pas considérés comme catégorique et certain. Comment alors seraient-ils retenus comme argument dans la croyance ? C’est pour cela que l’Imam Abou Hanifah et les matouridiyy qui l’ont suivi ont dit : « On ne retient pas comme argument dans les fondements de la croyance autre que le hadith moutawatir ou le hadith mach-hour. »

Le hadith que l’on retient comme argument dans les fondements de la croyance sont le hadith moutawatir et le hadith mach-hour. Pourquoi ?

Il a dit : « Parce que dans les fondements de la croyance il est nécessaire que l’argument soit catégorique et certain. Et ce qui est en-deçà de ces deux sortes de hadith, n’est pas catégorique et certain, et n’est donc pas retenu comme argument dans les fondements de la croyance ».

 

وَلِذَلِك لأَجْلِ مَا ذَكَرْنَا الدَّلِيلُ الْعَقْلِيُّ لَهُ اعْتِبَار فِي دِينِ اللَّهِ تعالى لأَنَّ الدَّلِيلَ الْعَقْلِيَّ لاَ يَكُونُ إِلاَّ حَقًّا، يَكُونُ قَطْعِيًّا يَقِينِيًّا لِذَلِك لَهُ اعْتِبَار فِي دِينِ اللَّهِ تعالى، اللَّهُ تبَارَك وتعالى قَال فِي سُورَةِ الْمُلْك إِخْبَارًا عَنِ الْكُفَّار أَنَّهُم يَقُولُون: ﴿وَقَالُوا لَو كُنَّا نَسْمَعُ أَو نَعْقِلُ مَا كُنَّا فِي أَصْحَابِ السَّعِير لَوْ حَكَمْنَا بِعُقُولِنَا على مَا يَقْتَضِيهِ حُكْمُ الْعَقْل لَمَا كُنَّا فِي أَصْحَابِ السَّعِير، لِذَلِكَ أَمْرُ الْحُكْمِ الْعَقْلِيّ لَهُ اعْتِبَار فِي دِينِ اللَّهِ تبَارك وتعالى لأَنَّهُ مَبْنِيٌّ لأَنَّهُ قَطْعِيّ يَقِينِيّ وَلِذَلكَ قَالَ الْعُلَمَاء: ((دِينُ اللَّهِ لاَ يَأْتِي إِلاَّ بِمُجَوِّزَاتِ الْعُقُول)) لِذَلِكَ قَالُوا: ((الدِّين لاَ يَأْتِي إِلاَّ بِمَا يَقْبَلُهُ الْعَقْلُ السَّلِيم)) لأَنَّ دِينَنَا بِعَكْسِ بَاقِي الأَدْيَان، مَبْنِيٌّ عَلى أَسَاسٍ صُلْب مَتِين رَاسِخ، دَلِيل ثَابِت لاَ يَقْبَلُ النَّقْد، دِينُنَا مَبْنِي عَلى الدَّلِيلِ الْقَطْعِيِّ الْيَقِينِيِّ بِخِلاَف كُلّ بَاقِي الأَدْيَان وَالْعَقَائِد، اللَّهُ يُثَبِتُّنَا عَلَيْهِ إِلى الْمَمَات،

En raison de ce que nous avons dit, la preuve selon la raison a une considération dans la religion agréée par Allah ta^ala car l’argumentation par la raison est forcément correcte. Elle est forcément catégorique et certaine. C’est pour cela que la raison a une considération dans la religion agréée par Allah ta^ala. Allah tabaraka wa ta^ala dit au sujet des mécréants dans sourat Al-Moulk [verset 10], qu’ils disaient : (wa qalou law kounna nasma^ou ‘aw na^qilou ma kounna fi ‘ashabi s-sa^ir) c’est-à-dire : « Si nous avions utilisé correctement nos raisons, tel que l’implique la raison correcte, nous n’aurions pas été parmi les gens de l’enfer ».

C’est pour cela que le jugement rationnel a une considération dans la religion agréée par Allah tabaraka wa ta ^ala. Car c’est un jugement qui mène à ce qui est catégorique et certain. C’est pour cela que les savants ont dit que la religion agréée par Allah ta^ala ne comporte que des choses acceptées par la raison. Ils ont dit que la religion ne comporte que ce que la raison saine accepte. En effet notre religion est à l’opposé des autres religions. Elle est basée sur des fondements fermes, forts et bien fondés. Notre religion est basée sur des preuves fermes qui n’acceptent pas la critique. Notre religion est fondée sur l’argumentation catégorique et certaine contrairement à toutes les autres religions et les autres croyances. Que Allah nous fasse persévérer jusqu’à la mort.

لأَجْلِ ذَلِك لأَنَّ هَذَا أَسَاس فِي دِينِنَا، قَالَ عُلَمَاءُ الْحَدِيث: (( الْحَدِيثُ الَّذِي يُرْوَى وَهُوَ يُخَالِفُ حُكْمَ الْعَقْل يُحْكَمُ بِأَنَّهُ أَيْش؟ مَرْدُود)) مِن غَيْر حَاجَة لِلنَّظَرِ فِي إِسْنَادِهِ، يُعْرَفُ الْحَدِيثُ الْمَرْدُود، الْبَاطِل بِأُمُور، ذَكَرُوا مِنْهَا أَن يُخَالِف أَيْش؟ الْحُكْمَ الْعَقْلِيّ الصَّحِيح، فَيُعْرَف بِأَنَّهُ بَاطِل لأَنَّ الدِّين لاَ يَأْتِي إِلاَّ بِمَا يَقْبَلُهُ الْعَقْلُ السَّلِيم،

En raison de cela, comme ceci est un fondement dans la religion, les savants du hadith ont dit : le hadith rapporté, s’il contredit le jugement de la raison alors on juge qu’il est rejeté

 sans avoir besoin de regarder sa chaîne de transmission. On sait que le hadith est rejeté. Le hadith est rejeté pour différentes raisons. Parmi les raisons du rejet d’un hadith, il y a le jugement correct selon la raison. Grâce à cela on sait qu’il est batil –infondé [c’est-à-dire s’il contredit la raison] car la religion ne comporte que ce que la raison saine accepte.

إِذَا خَالَفَ الْحَدِيث حُكْمَ الْعَقْل حُكِمَ بِبُطْلاَنِهِ، هَكَذَا قَالُوا،

Si un hadith contredit le jugement sain de la raison il est jugé infondé –batil c’est comme cela qu’ils ont dit.

كَذَلِكَ قَالُوا إِذَا خَالَفَ الْحَدِيثَ الْمُتَوَاتِر بِحَيْثُ لاَ يُمْكِنُ الْجَمْعُ بَيْنَهُمَا، أَيْضًا يُحْكَمُ بِبُطْلاَنِهِ،

Ils ont dit également que si un hadith contredit un hadith moutawatir de sorte qu’il n’est pas possible de faire correspondre les deux, alors le hadith est également jugé infondé –batil.

لأَنَّ الْحَدِيثَ الْمُتَوَاتِر مَقْطُوع بِصِحَّتِهِ، فَلاَ بُدَّ أَن يَكُونَ مَا يُخَالِفُهُ أَيْش؟ بَاطِلاً، مَقْطُوعًا بِبُطْلاَنِهِ،    

Du fait que le hadith moutawatir, il est certain qu’il est correct –sahih, il est indispensable que ce qui le contredit soit infondé –batil, certainement infondé.

عُلَمَاءِ الْحَدِيث قَالُوا: ((الْحَدِيث لَوْ كَانَ مَرْوِيًّا عَن رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم إِذَا خَالَفَ حُكْمَ الْعَقْل فَهُوَ بَاطِل))، فَكَيْفَ إِذًا بِالتَّأْوِيلِ الْفَاسِد لِبَعْضِ الآيَات الَّذِي يَأْتِي بِهِ زَيْد أَوْ عَمْر مِن عِنْدِ أَنْفُسِهِم على خِلاَفِ حُكْمِ الْعَقْل؟، إِذَا كَانَ مَا يُرْوَى عَن رَسُولِ اللَّهِ صلى اللَّهُ عليه وسلم إِذَا خَالَفَ حُكْمَ الْعَقْل فَهُوَ مَقْطُوعٌ بِبُطْلاَنِهِ بِنَصِّ كَلاَمِ عُلَمَاءِ الْحَدِيث، فَكَيْفَ مَا يُرْوَى عَن مَن هُوَ دُونَ رَسُولِ اللَّهِ صلى اللَّهُ عليه وسلم؟ لاَ بُدَّ أَن يَكُونَ مَقْطُوعًا بِبُطْلاَنِهِ،

Les savants du hadith ont dit : « Si un hadith rapporté du Messager de Allahsalla l-Lahou ^alayhi wa sallam– contredit le jugement selon la raison, alors il est batil-infondé.

Que dire alors du mauvais ta’wil (interprétation) de certaines ayah que donnent Zayd ou ^Amr de leur tête, contrairement au jugement selon la raison ? Si ce qui est rapporté prétendument du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam est catégoriquement jugé infondé par le texte des savants du hadith, lorsqu’il contredit le jugement selon la raison,  alors que dire alors de ceux qui ont rapporté [des paroles] et qui ont un degré inférieur au Messager de Allah salla lLahou ^alayhi wa sallam ?! Indispensablement il est catégoriquement infondé.

إِذَا كَانَ الْحَدِيثِ الْمَرْوِيّ عَن رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم، إِذَا خَالَفَ دَلِيلَ الْعَقْلِيَّ كَالْحَدِيثِ الْمُتَوَاتِر، إِذَا خَالَفَ مَا هُوَ ثَابِت بِالْقَطْع كَالْحَدِيثِ الْمُتَوَاتِر يُحْكَمُ بِبُطْلاَنِهِ، فَكَيْفَ بِالتَّأْوِيلِ الْبَاطِل ِإذَا خَالَفَ آيَةً مِن كِتَابِ اللَّهِ مُحْكَمَة، مَا ذَا يُقَال فِيهِ؟ بَاطِل لاَ شَكَّ،

Si le hadith rapporté du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam contredit la preuve selon la raison, ou ce qui est catégorique comme le hadith moutawatir, alors il est jugé infondé –batil. Que dire alors du mauvais ta’wil s’il contredit une ayah du Livre de Allah, une ayah explicite, que dire alors de ce mauvais ta’wil ? Qu’il est infondé sans aucun doute.

الْوَهَّابِيَّة لأَنَّهُم لاَ يَفْهَمُون كُلَّ هَذَا لأَنَّهُم خَلَّطُوا الأُمُور لاَ يُفْهَمُونَ كُلَّ هَذَا، جَاءُوا بِالْعَجَائِب وَالْعِيَاذُ بِاللَّهِ، الْوَهَّابِيَّة وَأَسْلاَفُهُم، الْمُجَسِّمَة لأَنَّهُم الْمُجَسِّمَة إِجَمَالاً لأَنَهُم لاَ يَفْهَمُونَ هَذَا جَاءُوا بِالْعَجَائِب، وَاحِد مِن أَسْلاَفِهِم رَوَى فِي كِتَابٍ لَهُ حَدِيثًا يَرْوِيهِ عَن رَسُولِ اللَّهِ صلى اللَّه عليه وسلم، قَال فِيهِ: ((إِنَّ اللَّهَ لَمَّا أَرَادَ أَن يَخْلُقَ نَفْسَهُ أَجَرى الْخَيْل فَعَرِقَت فَخَلَقَ مِنْ عَرَقِهَا نَفْسَهُ، أَيْش هَذَا؟ أَيش تَقُول فِي وَاحِد مِثْل هَذَا؟ هَذَا عِنْدَ الْوَهَّابِيَّة مُعَظَّم، هَذَا الرَّجُل، عِنْدَهُم مُعَظَّم، لأَنَّهُم عِنْدَهُم الْعَقْلُ مُعَطَّل، فَمَن تَعَطَّلَ عَقْلُهُ تَرَى مِنْهُ الْعَجَائِب، هَكَذَا، اللَّهُ يَرْحَمُنَا، يُقَال لَهُ الأَهْوَازِيّ،

Les wahhabites ne comprennent pas tout cela parce qu’ils ont mélangé les choses. Ils ont ramené des choses étonnantes, que Allah nous en préserve. Ceci est le cas des wahhabites et de leurs prédécesseurs qui attribuent le corps à Dieu. Car les wahhabites, tout comme ceux qui les ont précédés dans leur mauvaise croyance, en règle générale, ils attribuent le corps à Dieu.

Et comme ils ne comprennent pas tout cela ils ont amené des choses étonnantes. L’un de leurs prédécesseurs a rapporté dans un de ses livres un hadith dans lequel il prétend que le Prophète a dit ce qui signifie : (Lorsque Allah a voulu Se créer, Il a fait courir les chevaux et lorsque les chevaux ont transpiré Il S’est créé à partir de leur transpiration) !!!! Qu’est-ce que cela ???!!! Que dire au sujet de quelqu’un comme celui-là ??!! Celui–là chez les wahhabites c’est quelqu’un qui est éminent. Pour eux il est éminent car leur raison est bloquée. Celui dont la raison est bloquée tu vois de lui des choses étonnantes. Que Allah nous fasse miséricorde. Cet homme est surnommé Al-‘Ahwaziyy.

وَمِثْلُهُ كُلّ مَن يُشَبِّهُ اللَّهُ بِالْخَلْق، أَيْش الْفَرْق يَعْنِي؟ كُلُّهُم خَالَفَ حُكْمُ الْعَقْل،

Semblable à lui, il y a tous ceux qui assimilent Allah à Sa créature. Quelle est leur point commun?! Tous ont contredit le jugement selon la raison.

لَكِن الْوَهَّابِيَّة لأَنَّهُم يَعْرِفُونَ أَنَّهُ لاَ حُجَّةَ عِنْدَهُم يُلْقُونَ إِلَى مَن يَتْبَعُهُم، أَوَّل مَا يُلْقُونَ ِإلَيْهِ لاَ تُفَكِّر بِالْعَقْل، اتْرُك حُكْمَ الْعَقْل، لَوْ قَالَ لَهُم قَائِل: كَيْفَ نَسْتَدِلُّ عَلى أَنَّ اللَّهَ وَاحِد،

عَلى أَنَّهُ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّه؟ مَا لَهُم طَرِيق إِلاَّ أَيْش؟ إِلاَّ حُكْمَِ الْعَقْل، أَلَيْسَ كَذَلِك؟ لَوْ أَرَادُوا أَن يُقِيمُوا الدَّلِيل، أَن يُقِيمَ أَحَدُهُم الدَّلِيل على أَنَّهُ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّه مَا لَهُ طَرِيق إِلاَّ أَيْش؟ إِلاَّ حُكْمَ الْعَقْل، لَوْ كَانَ حُكْمِ الْعَقْلِ،  إِذًا عَلى زَعْمِهِم لاَ يُوجَد دَلِيل عَلى صِحَّةِ الإِسْلاَم، أَيْ دَلِيل تُقِيمُهُ لِكَافِر، أَي دَلِيل عَلى حَقِّيَّةِ دِينِ اللَّهِ؟ بِأَيْش يَحْكُمُ عَلَيْهِ هَذَا الْكَافِر لِيَقْبَل؟ إِلاَّ بِالْعَقْل أَلَيْسَ كَذَلِك؟ لَوْ كَانَ حُكْمُ الْعَقْل لاَ اعْتِبَارَ لَهُ، إِذًا لَمَا كَانَ هُنَاكَ اسْتِطَاعَة على إِقَامَةِ الدَّلِيل على حَقِّيَّةِ دِينِ اللَّهِ، وَهَذَا لاَ شَكَّ بَاطِل، هُم مَجَانِين أَغْبِيَاء مَا عِنْدَهُم عُقُول، الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي لَم يَجْعَلْنَا مِنْهَا،

Mais comme ils savent (les wahhabites) qu’ils n’ont pas d’argument,  alors ils disent à ceux qui les suivent, au tout début : « N’utilise pas ta raison. Laisse de côté le jugement selon la raison. »

Si quelqu’un leur dit : « Mais comment argumentes-tu au sujet de l’unicité de Allah, qu’il n’est de dieu que Dieu ? » Ils n’ont pas d’autre voie que celle de dire : « C’est par la raison ». N’est-ce-pas ?

Si l’un d’entre eux voulait donner la preuve qu’il n’est de dieu que Allah, quelle issue a-t-il ? Une seule, c’est le jugement selon la raison.

Donc selon leur prétention, il n’y a pas de preuve sur la véracité de l’Islam. S’ils disent aux gens de ne pas utiliser la raison, quelle preuve vont-ils donner aux mécréants ?

Quelle preuve vont-ils donner de la véracité de la religion agréée par Allah ? Avec quoi ce mécréant va-t-il juger pour accepter ? Uniquement la raison n’est-ce pas ? Si le jugement selon la raison n’avait pas eu de considération alors il n’aurait pas eu de preuve à donner sur la véracité de la religion agréée par Allah, et ceci sans aucun doute est faux.

Ce sont des fous ces gens là, des gens stupides, ils n’ont pas de raison.

La louange est à Allah qui a fait que nous ne faisons pas partie d’eux.

إِمَّا أَنْ يَكُونَ  حُكْمُ الْعَقْل دَلِيلاً أَوْ لاَ، إِن قَالُوا: ((لَيْسَ دَلِيلاً)) إِذًا عَلى حَسَبِ زَعْمِهِم لاَ يُوجَد  دَلِيل عَلى حَقِّيَّةِ الإِسْلاَم، لاَ يُوجَد طَرِيقَة لإِثْبَات حَقِّيَّةِ الإِِسْلاَم، إِذَا قَالُوا: ((حُكْمُ الْعَقْلُ لَيْسَ دَلِيلاً)) إِذًَا كَأَنَّهُم يَقُولُون: لاَ يُوجَد طَرِيقَ لإِثْبَات حَقِيَّةِ الإِسْلاَم، وَإِن قَالُوا: ((دَلِيل))، نَقُولُ لَهُم: ((هَذَا الَّذِي نَقُولُُهُ، هَذَا الَّذِي تُخَالِفُونَنَا فِيهِ)) هَكَذَا،

Alors soit le jugement selon la raison est une preuve, soit il n’en est pas une.

S’ils disent que le jugement selon la raison n’est pas une preuve alors c’est comme s’ils disaient qu’il n’y avait pas de voie pour confirmer la véracité de l’Islam.

Et s’ils disent que le jugement selon la raison est une preuve, nous leur répondons : «  C’est ce que nous vous disons et c’est en cela que vous nous contredisez ».

نَحْنُ نَقُول الآيَاتُ الْمُحْكَمَة ثَابِتَةٌ قَطْعًا وَمَعْنَاهَا ثَابِتٌ قَطْعًا، إِذًا الآيَةُ الْمُتَشَابِهَة لاَ بُدَّ أَن يَكُونَ تَفْسِيرُهَا عَلى مَا يُوَافِق الآيَة الْمُحْكَمَة ُوإِلاَّ فَهَذَا ادِّعَاءُ أَيْش؟ تَنَاقُض فِي الْقُرْآن، وَالْقُرْآن مُنَزَّهٌ عَن ذَلِك، الآيَة الْمُحْكَمَة ثَابِتَة بِالْقَطْع وَمَعْنَاهَا ثَابِت بِالْقَطْع، إِذًا كُلّ مَعْنَى يُخَالِفُ هَذَا الْمَعْنَى أَيْش يَكُون؟ بَاطِلاً، إِذًا لاَ يَجُوز تَفْسِيرِ الآيَاتِ الْمُتَشَابِهَة بِأَيّ مَعْنَى يُخَالِفُ مَعْنَى الآيَةَ الْمُحْكَمَة لأَنَّهُ بَاطِل، مَا بَقِيَ إِلاَّ تفْسِيرُهَا بِأَيْش؟ بِمَا يُوَافِقُ مَعْنَى الآيَةِ الْمُحْكَمَة، وَهَذَا مَا فَعَلَهُ َأهْلُ السُّنَّة سَلَفُهُم وَخَلَفُهُم، نَصَرَهُمُ اللَّه،

Nous, nous disons que les ayah mouhkamah– explicites sont confirmées de manière catégorique. Donc les ayah moutachabihah-non explicites, il est indispensable que leur explication soit conforme aux ayah mouhkamah-explicites. Car sinon ce serait prétendre la contradiction dans le Qour’an. Or le Qour’an est exempt de cela. Les ayah mouhkamah, leur sens est confirmé de manière catégorique. Donc chaque sens qui contredit ce sens-là, que serait-il ? Infondé.

Ainsi il n’est pas permis d’expliquer les ayah non explicites n’importe comment, par n’importe quel sens qui contredit le sens des ayah explicites car ce serait infondé.

Que reste t-il ? Il reste à les expliquer d’une manière conforme aux ayah mouhkamah– explicites.

Et c’est ce qu’a fait Ahlou s-Sounnah, leur Salaf et leur Khalaf, que Allah leur accorde la réussite.

السُؤَالِ الأَوَّل: مَا هُوَ تَعْرِيفُ الْقُرْآن؟

 

1ère question : Quelle est la définition du Qour’an comme nous l’avons citée ?

هَوَ الْكِتَاب الْمُنَزَّل عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّد صلى الله عليه وسلم، الَّذِي تَعَبَّدَنَا اللَّهُ بِتِلاَوَتِهِ فِي الصَّلاَةِ،

C’est le Livre qui a été révélé à notre Prophète Mouhammad, et que Allah ta^ala nous a ordonné de réciter dans la prière.

مَا هُوَ تَعْرِيفُ التَّوَاتُر؟

 

Quelle est la définition du tawatour ?

هُوَ نَقْلُ جَمْعٍ كَثِير عَن جَمْعٍ كَثِير مِنَ أَوَّل طَبَقَة إِلى آخِر طَبَقَة، لاَ يُقْبَلُ اتِّفَاقُهُم على الْكَذِب، وَيَكُونُ مُسْتَنَدُ الطَّبَقَة الأُولَى إِلى الْحِسِّ،

        

La définition de la nouvelle véridique qui est de l’ordre du tawatour, c’est la nouvelle qui a été rapportée d’un grand groupe de gens qui le rapporte d’un autre grand groupe de gens et ainsi de suite de telle manière que la première couche du groupe de gens ait entendu ou ait vu, et donc [cette première couche]s’est basée sur la perception sensorielle pour apprendre cette nouvelle, et de sorte qu’il est impossible habituellement qu’ils se soient tous rassemblés pour fomenter un mensonge.

مِن هُنَا يُعْلَم أَنَّ التَّوَاتُر لاَ يَتَقَيَّد بِعَدَد مُعَيَّن، إِنَّمَا عَلى حَسَب الْحَادِثَ وَالْحَال، لَيْسَ هُنَاكَ عَدَد مُعَيَّن  إِن كَانَ الْعَدَد دُونَهُ لاَ يَكُونُ مُتَوَاتِرًا إِن بَلََغَهُ فَهُوَ مُتَوَاتِر، لاَ، عَلى حَسَبِ الْحَال، على حَسَبِ الْخَبَر وَالْحَال، أَحْيَانًا قَدْ يَتَوَاتَرُ خَبَر بِعَشَرَة وَأَحْيَانًا بِعِشْرِين، لاَ يُوجَد عَدَدُ مُعَيَّن لِلتَّوَاتُر، إِذَا نَزَلَ عَنْهُ الْعَدَد لاَ يَكُونُ مُتَوَاتِرًا وَإِن بَلَغَهُ يَكُونُ مُتَوَاتِرًا، لاَ، إِنَّمَا هَذَا على حَسَبِ الْحَال، إِذَا كَانَ بِحَيْثُ لاَ يَجْتَمِعُونَ على الْكَذِب، لاَ يُقْبَلُ اجْتِماعُهُم على الْكَذِب والْكُلّ فِي كُلّ طَبَقَة كَانُوا هَكَذَا على الْوَصْف الَّذِي وَصَفْنَاه كَانَ مُتَوَاتِرًا، مِن غَيْرِ تَقْيِيد بِعَدَد مُعَيَّن،

   

L’on comprend à partir de là que la nouvelle véridique qui nous est parvenue par tawatour n’est pas conditionnée par un nombre précis ou spécifique mais tout dépend de la situation et de l’évènement. Il arrive qu’il y ait tawatour à partir de dix personnes et parfois à partir de vingt. Mais il n’y a pas de nombre précis en-dessous duquel ce n’est pas un tawatour et s’il l’atteint il devient tawatour. C’est selon le cas. A partir du moment où ils ne se réunissent pas à mentir, qu’il n’est pas possible qu’ils se mettent d’accord pour mentir et qu’à chaque couche, les gens qui rapportent cette information sont de cette typologie alors la nouvelle est dite moutawatir. Il n’y a pas de nombre particulier.

أَمَّا مَثَلاً وَاحِد، اثْنَان، ثَلاَثَة هَذَا لَيْسَ بِالتَّوَاتُر، مَعْرُوف، مِثْلُ هَذَا لاَ يَبْلُغُ عَدَدِ التَّوَاتُر،

Mais s’il n’y a qu’une, deux ou trois personnes, cela ne compte pas au nombre des nouvelles par tawatour.

مَنْ يَذْكُر لَنَا َأمْرَيْن أَو ثَلاَثَة يُرَدُّ بِهَا الْحَدِيث؟

         

Qui nous cite deux ou trois points par lesquels on peut réfuter un hadith ?

إِذَا كانَ الْحَدِيث يُخَالِفُ الْحُكْمِ الْعَقْلِيّ،

إِذَا كَانَ الْحَدِيث يُخَالِفُ الْحَدِيثَ الْمُتَوَاتِر بِحَيْثُ لاَ يُمْكِنُ الجَمْعُ بَيْنَهُمَا أَي  لَيْسَ هُنَاكَ سَبِيل لِلْجَمْعِ بَيْنَهُما، لَيْسَ هَنَاكَ سَبِيل لِلتَّأْوِيلِ بِحَيْثُ يُجْمَعُ بَيْنَهُما بِالتَّأْوِيل، عِنْدَ ذَلِك يُحْكَمُ بِرَدِّ الْحَدِيث،

Si le hadith contredit la raison saine ou bien un autre hadith moutawatir de sorte qu’on ne peut pas les faire correspondre, ils ne seront pas en conformité du point de vue du sens c’est-à-dire qu’on n’aura aucun moyen de l’interpréter de manière concordante avec le hadith par tawatour.

إِذَا كَانَ الْحَدِيث يُخَالِفُ صَرِيحَ الْقُرْآن بِحَيْثُ لاَ يُمْكِنُ الجَمْعُ بَيْنَهُمَا،

 

Si le hadith contredit les ayah explicites du Qour’an de telle manière qu’on ne peut pas concilier entre les deux.

لِمَاذَا قَالَ الإِمَامُ أَبُو حَنِيفَة إِنَّهُ لاَ يُعْتَمَدُ فِي الْعَقِيدَة كَدَلِيلٍ إِلاَّ عَلى الْحَدِيثِ الْمُتَوَاتِر أَو مَشْهُور؟              

Pourquoi le grand Imam Abou Hanifah a dit on ne peut se baser quant aux sujets de la croyance que sur le moutawatir ou bien sur le hadith qui est mach-hour ?

لأَنَّ الْعَقِيدَة لاَ تُبْنَى إِلاَّ عَلَى الْقَطْعِي وَالْيَقِينِي،

 

Parce que la réponse est que la croyance ne se base que sur ce qui est sûr irrévocable et qui n’accepte pas plusieurs possibilités.

الْخَبَرُ الْمُتَوَاتِر هَكَذَا، لِمَاذَا قَالَ الْمَشْهُور؟  الْمَشْهُور دُونَ الْمُتَوَاتِر رُتْبَةً، لِمَا قَبِلَ الْمَشْهُور؟ 

 

La nouvelle moutawatir est ainsi. Pourquoi a-t-il ajouté le mach-hour ?

يَعْنِي الْمُتَوَاتِر قُلْنَا يَقَع فِي الْقَلْب صِدْقُهُ يُفِيدُ عِلْمَ الضَّرُورِيّ مِن غَيْرِ اسْتِنْتَاج، أَمَّا الْمَشْهُور لَيْسَ هَكَذَا، مَعَ ذَلِك قَبِلَهُ الإِمَامِ أَبُو حَنِيفَة فِي أُمُورِ الْعَقِيدَة، لِمَا؟

 

Nous avons dit que la véracité de la nouvelle moutawatir est évidente dans le cœur, sans déduction. Mais le mach-hour n’est pas ainsi. Malgré cela, l’Imam Abou Hanifah l’a accepté pour preuve au sujet de la croyance, pourquoi donc ?

أَبُو حَنِيفَة مَعَ أَنَّهُ أَرَادَ القْطْع وَالْيَقِين لِمَا قَبِلَهُ؟

 

Bien que Abou Hanifah n’ait retenu comme preuve dans la croyance que ce qui est irrévocable et certain, pourquoi a-t-il accepté le hadith mach-hour comme preuve s’agissant de la croyance ?

لأَنَّهُ يَكُونُ هُنَاك أَشْيَاء أُخْرَى عَضَّدت هَذَا الْحَدِيث فَرَفَعَتْهُ إِلى دَرَجَة إِفَادَةَ الْقَطْع وَالْيَقِين، الْمُتَوَاتِر بِمُجَرَّد تَوَاتُرِهِ يُفِيدُ ذَلِك، يُفِيدُ ذَلِك عِلْمًا ضَرُورِيًّا، يَعْنِي مِن غَيْرِ حَاجَة إِلى بُرْهَان يَقَع فِي الْقَلْب صِدْقُهُ الْخَبَرِ الْمُتَوَاتِر، أَمَّا الْخَبَرِ الْمَشْهُور فَبِالْقَرَائن بِالأَشْيَاءِ الَّتِي يَعْتَضِدُ بِهَا الَّتِي تَزِيدُهُ قُوَّةً يَرْتَفِع إِلى دَرَجَة إِفَادَةَ الْقَطْع وَالْيَقِين، لَيْسَ عِلْمًا ضَرُورِيًّا إِنَّمَا بِأَشْيَاء أُخْرَى يَعْتَضِدُ بِهَا إلى أَن يَرْتَفِعَ إِلى ذَلِكَ،

 

Parce qu’il y a d’autres choses qui renforcent ce hadith mach-hour et qui l’élève jusqu’au degré de la connaissance catégorique et certaine. Le moutawatir, par lui seul, c’est-à-dire par sa spécificité, le tawatour entraîne par lui seul cette connaissance certaine. Il entraîne quelque chose de connu nécessairement. C’est-à-dire sans besoin d’une autre preuve, il vient au cœur que cette information moutawatir est véridique. Alors que l’information mach-hour c’est par d’autres preuves qui la renforcent, qui lui donnent encore plus d’impact. C’est alors qu’il atteint le degré de ce qui entraîne une connaissance certaine et catégorique. Ce n’est pas une connaissance par nécessité mais c’est par d’autres choses qui le renforcent jusqu’à atteindre ce degré.

يُفِيدُ الْقَطْع لأَنَّ أَبَا حَنِيفَة قَال: ((الْمَشْهُور يُفِيدُ عِلْمًا نَظَرِيًّا قَطْعِيًّا))، لَيْسَ ضَرُورِيًّا، نَظَرِيًّا مَبْنِيًّا على الاِسْتِدْلاَلِ بِالاِسْتِدْلاَل اسْتِدْلاَلاً يُفِيدُ الْقَطْع،

 

Donc le mach-hour entraîne quelque chose de catégorique. Abou Hanifah a dit que le mach-hour entraîne une connaissance catégorique suite à la réflexion. Ce n’est pas une connaissance évidente mais suite à la réflexion c’est-à-dire que basée sur une argumentation. L’argumentation implique le fait que ce soit catégorique.

أُعْطِيكُم مِثَالاً، مَثَلاً خَبَر رَوَاهُ جَمَاعَة كَثِيرون لاَ يُقْبَلُ اجْتِمَاعُهُم على الْكَذِب، هَذَا أَيش تَقُول عَنْهُ؟ تَوَاتَر، وَخَبَر رَوَاهُ عَن وَاحِد مَثْلاً ثَلاَثَة كُلٌّ مِنْهُم إِمَام عَظِيمُ الشَّأْن فِي الْعِلْم وَالْحِفْظ وَالضَّبْط والْفَهْم وَالْوَرَع، كَأَن يَكُون رَوَاهُ عَن وَاحِد مَثَلاً لَو فَرَضْنَا مَالِكٌ أَبُو حَنِيفَة وَالشَّافِعِيّ، مَالِك قَال: فُلاَن أَخْبَرَنِي بِكَذَا، وَأَبُو حَنِيفَة قَال: فُلاَن أَخْبَرَنِي بِكَذَا نَفْسُهُ، وَالشَّافِعِيّ قَال: فُلاَن أَخْبَرَنِي بِكَذَا، هَل يَبْقَى فِي قَلْبِكَ شَكّ فِي هَذَا الْخَبَر؟ لاَ يَبْقَى، لَكِن هَذَا لِمَا؟ لأَنَّهُ اعْتَضَد لَيْسَ  لِمُجَرَّدِ الْعَدَد إِنَّمَا لأَنَّهُ اعْتَضَد  بِأَيْش؟ بِعُلُوِ شَأْنِهِم بِعُلُوِيّ مَرْتَبَتِهِم وَشِدَّةِ وَرَعِهِم وَشِدَّةِ ضَبْطِهِم، هَكَذَا، هَكَذَا لِلتَّقْرِيب، مِثْلُ هَذَا يَكُون مَعَ الْخَبَر أَشْيَاء أَحْيَانًا وَإِن كَان مِن حَيْثُ الْعَدَد لَيْسَ هُوَ فِي دَرَجَةِ الْمُتَوَاتِر لَكِن يَكُون مَعَهُ أُمُور تَرْفَعُهُ إِلى دَرَجَةِ الْقَطْع وَالْيَقِين،

 

Je vous donne un exemple. Un exemple d’une information rapportée par un grand nombre de personnes. Il n’est pas concevable qu’ils s’entendent sur un mensonge. Que dit-on dit de cette information ? Moutawatir.

Deuxième cas : une information rapportée par trois personnes qui la rapportent d’une même personne, et chacune de ces trois est un imam éminent, qui a un très haut degré dans la science,  dans la mémorisation, dans la maîtrise, dans la compréhension, dans l’ascèse. Par exemple d’une même personne trois l’ont rapportée comme Malik, Abou Hanifah et Ach-Chafi^iyy. Malik a dit : Untel m’a dit telle chose. Abou Hanifah a dit le même m’a appris la même chose et Ach-Chafi^iyy a dit Untel m’a rapporté la même chose, est-ce qu’il va rester dans ton cœur un doute sur cette information ? Il n’y a plus de doute. Pourquoi donc ? Parce qu’elle s’est renforcée. Ce n’est pas par le simple nombre de personnes qui rapportent. Mais par quoi est-elle renforcée ? Par le haut degré et l’extrême ascèse et l’extrême maîtrise de ceux qui l’ont rapportée. Ceci est pour rapprocher le sens à l’esprit. Il peut y avoir d’autres choses encore. Même si du point de vue du nombre l’information n’a pas le degré du moutawatir,  mais il y a avec ce mode de transmission d’autres choses qui la font s’élever jusqu’au degré de ce qui est catégorique et certain.

الإِمَام أَبُو حَنِيفَة قَال: ((إِذَا كَان الْخَبَر فِي الطَّبَقَة الأُولَى سَمِعَهُ مِنَ الرَّسُول عليه الصلاة والسلام ثَلاَثَة مِنَ الصَّحَابَة، نَقَلُهُ علَى الأَقَلّ، ثمَّ مِنَ التَّابِعِين ثَلاَثَة، ثمَّ مِن ثِقَاةِ أَتْبَاعُ التَّابِعِين ثَلاَثَة على الأَقَلّ، ثمَّ مِن أَتْبَاعِ الأَتْبَاع ثَلاَثَة عَلى الأَقَلّ، قَال: بَعْدَ هَذَا هَكَذَا فِي كُلِّ الطَّبَقَات أَوْ زَادَ على الأَقَلّ بَعْدَ ذلِك، قَال: هَذَا وَلَوْ كَان فِي بَعْضِ طَبَقَات الْعَدَد لَيْسَ إِلى عَدَدِ التَّواتُر لَكِن عُلُوُّ شَأْنِهِم مَعَهَا، قَالَ هَذَا يَرْفَعُ هَذَا الْخَبَر إِلى دَرَجَةِ الْقَطْعِ وَالْيَقِين،)) لِذلِك اعْتَمَدَهُ،

 

L’Imam Abou Hanifah a dit si l’information dans la première couche a été entendue du Messager par trois compagnons au moins puis par trois successeurs puis par trois au moins parmi ceux qui sont dignes de confiance des successeurs des successeurs puis par au moins trois des  successeurs des successeurs des successeurs, après cela si à chaque couche le nombre de ceux qui rapportent cette information a augmenté au-delà de trois, même si dans certaines couches il n’arrive pas jusqu’au degré du tawatour mais s’ils ont un haut degré, cela renforce le degré de fiabilité de l’information jusqu’au niveau de ce qui est catégorique et certain. C’est pour cela que Abou Hanifah a retenu le mach-hour comme preuve dans la croyance.

لِذَلِك إِذَا كَلَّمَكُم إِنْسَان مِنَ الْمُشَبِّهَة فََأَوْرَدَ حَدِيثًا مِنَ الأَحَادِيث الَّتِي هِيَ دُونَ دَرَجَةِ الْمَشْهُور مِن أَحَادِيثِ الآحَاد يُرِيدُ أَن يَسْتَدِلَّ بِهِ على عَقِيدَتِهِ الْفَاسِدَة يَكْفِي أَن تَقُول لَهُ: هَذَا لاَ يُفِيدُ الْقَطْع، هَذَا لاَ يُسْتَدَلُّ بِهِ  فِي الْعَقِيدَة، عِنْدَ الإِمَام أَبِي حَنِيفَة وَأَتْبَاعِهِ هَذَا لاَ يُسْتَدَلُّ بِهِ فِي الْعَقِيدَة انْتَهَى، مَا لَهُ كَلاَم، وَالأَحَادِيثَ الَّتِي يَسْتَدِلُّونَ بِهَا أَكْثَرُهَا مَا بَيْنَ مَوْضُوع أَو مُخْتَلَف أَو ضَعِيف أَو صَحِيح لَكِنَّهُ لاَ يَبْلُغُ دَرَجَةَ الشُّهْرة، أَكْثَرُهَا هَكَذَا،

 

C’est pour cela si quelqu’un parmi les assimilateurs vient vous voir et vous dit tel hadith qui est en-deçà du niveau du mach-hour mais qui reste du niveau du ahad – rapporté par des personnes, des individus – et il veut l’utiliser comme argument pour sa mauvaise croyance, il suffit de lui dire : Cela n’entraîne pas une connaissance catégorique. Cela n’est pas retenu pour preuve dans la croyance. Pour l’Imam Abou Hanifah et ses successeurs, pareil hadith n’est pas retenu comme argument dans la croyance. Il n’a plus rien à dire. Les hadith que les assimilateurs utilisent comme argument la plupart sont soit mawdou^ – monté de toute pièce- ou moukhtalaf -sujet à divergence- ou bien da^if –faible- ou sahih mais il n’atteint pas le degré de mach-hour. La plupart sont de cet ordre.

مَثَلاً إِذَا أَوْرَدَ حَدِيثَ الْجَارِيَة تَقُولُ لَهُ: هَذَا لَيْسَ فِي دَرَجَةِ الْمَشْهُور، مَا بَلَغ دَرَجَةَ الْمَشْهُور، فَلاَ يُحْتَجُّ بِهِ فِي الْعَقِيدَة انْتَهَى،

 

Ainsi si par exemple il vous donne le hadith de la femme esclave, tu lui dis : «  Ce hadith n’a pas atteint le degré du mach-hour, alors il n’y a pas de preuve dans ce hadith au sujet de la croyance.» Terminé.

لَيْسَ حُجَّة فِي الْعَقِيدَة،

 

Ce n’est pas un argument dans la croyance. Terminé.

فَلَيْسَ لَكَ كَلاَم، مَا عِنْدَكَ حُجَة،

 

Tu lui dis : « Tu n’as rien à dire, tu n’as pas de preuve ».

ثمَّ الْقُرْآن فِيهِ آيَاتٌ مُطْلَقَة وَآَيَاتٌ مُقَيَّدَة، مَثَلاً مِثَالُ الْمُطْلَق كَأَن أَقُول لَكَ: أَكْرِم بَنِي فُلاَن، أَكْرِم الْقَبِيلَة الفُلاَنِيَّة هَل قُلْتُ الْمُسْلِمِينَ مِنْهُم؟ لاَ، هَلْ قُلْتُ: إِذَا جَاءُوكَ أَكْرِمْهُم؟ لاَ، هَل قُلْتُ: إِذَا ذَهْبَتَ إِلَيْهِم أَكْرِمْهُم ؟ لاَ، هَل قُلْتُ: أَكْرِمْهُمُ الْيَوْم؟ لاَ، هَل قُلْتُ أكْرِمْهُم بَعْدَ غَد؟ لاَ، هَل قُلْتُ: أَكْرِمْهُم بِكَذَا؟ لاَ، هَل قُلْتُ: أَكْرِمْهُم بِمَا شِأْتَ إِلاَّ بِكَذَا؟ لاَ، مِثْلُ هَذِهِ الْعِبَارَة أَكْرِم بَنِي فُلاَن أَكْرِمِ الْقَبِيلَة الْفُلاَنِيَّة، هَذَا يُقَال لَهُ مُطْلَق، مِثَالُهُ فِي الْقُرْآنَ ﴿تَحْرِيرُ رَقَبَة﴾، مَا فِيهِ تَقْيِيد بِالسِّن وَلاَ بِالدِّين وَلاَ بِالْجِنْس، مَا فِيهِ تَقْيِيد بِأَن تَكُونَ رَقَبَة ذَكَر أَوْ أُنْثَى، صَغِير أَو كَبِير، مُؤْمِنَة أَو كَافِرَة، هَذَا يُقَالُ لَهُ مُطْلَق، مِثْلُ هَذَا يُقَالُ لَهُ مُطْلَق،

مُقَابِلُهُ الْمُقَيَّد كَأَن أَقُول لَكَ: أَكْرِم بَنِي فُلاَن الْعُلَمَاء، مَعْنَاهُ أَنَا قَيّدْتُ الإِكْرَام بِمَن؟ بِمَا كَانَ مِنْهُم أَيْش؟ عَالِمًا، أَو أَقُول لَكَ: أَكْرِمْهُم إِن جَاءُوا إِلَيْكَ، فَقَيَّدْتُ الإِكْرَام بِأَيْش؟ بِمَجِيئِهِم إِلَيْكَ، أَو أَقُول: أَكْرِم الْمُسْلِمُين مِنْهُم، مَعْنَاهُ قَيَّدْتُ الإِكْرَام بِمَنْ؟ بِالْمُسْلِمِينَ مِنْهُم، هَذَا يُقَالُ لَهُ أَيْش؟ مُقَيَّد، مِثَالُهُ فِي الْقُرْآن: ﴿تَحْرِيرُ رَقَبَةٍ مُؤْمِنَة﴾، هُنَا قُيِّدَتَ الرَّقَبَة بِأَيْش؟ بِكَوْنِهَا مُؤْمِنَة، هَذَا مِثَالُ الْمُطْلَق وَالْمُقَيَّد،

Par ailleurs, le Qour’an comporte des ayah moutlaqah – dont le jugement, le sens est absolu- et des ayah mouqayyadah – dont le jugement est restreint .

Un exemple de jugement qui est absolu, comme si je te dis : « Honore telle tribu ! »

Est-ce que je t’ai dit : « Honore les musulmans d’entre eux ! » ? Non !

Est-ce que je t’ai dit : « Lorsqu’ils viennent à toi alors honore-les ! » ? Non !

Est-ce que je t’ai dit : « Lorsque tu vas vers eux alors honore-les ! » ? Non !

Est-ce que je t’ai dit : « Honore-les aujourd’hui! » ? Non !

Est-ce que je t’ai dit : « Honore-les après-demain! » ? Non plus !

Est-ce que je t’ai dit : « Honore-les en leur présentant telle chose! » ? Non plus !

Est-ce que je t’ai dit « Honore-les par ce que tu veux ou uniquement par telle chose! » ? Non plus !

Pareille expression : «  Honore le clan de Untel, honore telle tribu », cela est appelé moutlaq c’est-à-dire absolu. Un exemple dans le Qour’an, c’est la parole de Allah : (Tahrirou raqabah) ce qui signifie : « Affranchir un esclave ». Il n’y a pas un âge particulier qui soit mentionné pour cet esclave, ni qu’il soit musulman, ni qu’il soit de sexe masculin ou féminin. Il n’y a pas de restriction que ce soit un homme, une femme, petit, grand, croyant, mécréant. Cela s’appelle moutlaq-absolu. Pareil à cela est appelé moutlaq-absolu et son opposé est mouqayyad -ce qui est restreint- comme si je te dis : « Honore les savants du clan de Untel ».

C’est-à-dire que j’ai restreint l’honneur par qui, par quelle caractéristique d’entre eux, le fait qu’ils soient des savants. Ou je te dis : «  Honore-les s’ils viennent à toi ». Dans ce deuxième cas, j’ai restreint l’honneur par le fait qu’ils viennent à toi. Ou par le fait que je te dise : « Honore les musulmans d’entre eux ». C’est-à-dire que j’ai restreint l’honneur par les musulmans d’entre les gens. Cela s’appelle mouqayyad –restreint-. Son exemple dans le Qour’an est : (Tahrirou raqabatin mou’minah).

Ici j’ai restreint le fait que cet esclave soit croyant. Ceci est un exemple du moutlaq et du mouqayyad– de l’absolu et du restreint-.

أَحْيَانًا تَكُونُ الآيَة فِي مَوْضِع مُطْلَقَة وَيَكُونُ لَهَا قَيْد ذُكِرَ فِي مَوْضِعٍ آَخَر، فَيُحْمَل إِطْلاَقُ هَذِهِ الآيَة على الْقَيْدِ المَذْكُور فِي مَوْضِعٍ آخَر، قُلْتُ أَحْيَانًا تُذْكَرُ الآيَة فِي الْقُرْآن مُطْلَقَة وَيَكُون لَهَا قَيْد مَذْكُور فِي مَوْضِعٍ آخَر، لَيْسَ فِي نَفْسِ الْمَوْضِع، فَهِيَ فِي الْحَقِيقَة لَهَا قَيْد، لَكِن فِي ذَلِكَ الْمَوْضِع مَا ذُكِرَ الْقَيْد، إِنَّمَا ذُكِرَ أَيْن؟ فِي مَوْضِعٍ آخَر، فَالَّذِي لاَ يَعْلَم وَيُسْرِع إِلى تَفْسِيرِ الْقُرْآن بِرَأْيِهِ لِظَنِّهِ أَنَّهُ يَعْرِفَ بَعْضَ الْعَرَبِيّة، أَو يُرِيدُ كَمَا يُرِيد بَعْض أَهْلِ الْبِدْع  أَن يَسْتَنْبِطَ هُوَ الأَحْكَام لاَ أَن يَتْبَعَ الْمُجْتَهِدِين فِي مَا اسْتَنْبَطُوه قَدْ يُطْلِقُ الْحُكُم بِنَاءً عَلى هَذِهِ الآيَة، فَهْمِهِ لِهَّذِهِ الآية وَيَكُونُ جَاهِلاً أَنَّ لَهَا قَيْدًا ذُكِرَ أَيْن؟ فِي مَوْضِعٍ آخَر، لِذَلِك ذَكَرَ الْعُلَمَاء أَنَّ مِن شُرُوطِ الْمُجْتَهِد أَن يَكُونَ عَالِمًا بِأَيْش؟ بِالْمُطْلَق وَالْمُقَيَّد، حَتَّى لاَ يُطْلِقَ فِي مَوْضِعِ التَّقْيِيد وَلاَ يُقَيِّدَ فِي مَوْضِعِ الإِطْلاَق،

 

Parfois dans certains cas la ayah a une portée absolue –moutlaq– et dans certains cas, il y a  une mention dans d’autres contextes, alors ce qui est cité comme étant absolu dans cette ayah est rattaché à une restriction qui est citée ailleurs.

Donc parfois la ayah est citée dans le Qour’an moutlaq -dans l’absolu-. Il se peut aussi qu’elle ait une restriction qui est citée dans un autre passage du Qour’an, et pas dans le même passage. En effet, dans le passage d’origine, la restriction n’a pas été mentionnée. La restriction a été mentionnée dans un autre passage. Celui qui ne sait pas et qui s’empresse d’expliquer le Qour’an suivant son avis, il pense qu’il connaît un peu d’arabe ou comme le font certains mauvais innovateurs, il veut extraire lui-même et déduire lui-même les jugements et pas suivre les savants moujtahid dans ce qu’ils ont déduit comme jugement. Il se peut qu’ils disent que le jugement soit absolu en se basant sur cette ayah, sa compréhension de cette ayah l’amène à cela alors qu’il ignore qu’elle a une restriction qui est citée dans un autre passage !

C’est pour cela que les savants ont dit que parmi les conditions du moujtahid c’est qu’il connaisse ce qu’est le moutlaq -l’absolu- et ce qu’est le mouqayyad -le restreint afin qu’il ne déduise pas un jugement absolu alors qu’il y a restriction et qu’il ne restreigne pas alors qu’il y a un jugement qui a une portée absolue.

كَذَلِكَ فِي الْقُرْآن يُوجَد آيَات عَامَّة وَآيَات َخَاصَّة، في الْقُرْآن يُوجَدُ عَامٌّ وَخاصٌّ، الْعَام مَعْنَاهُ الَّذِي يَعُمّ يَشْمَل، وَالْخَاص بِخِلاَفِهِ، مِثَالُ ذَلِك قَوْلُ اللَّهِ تَبارك وتعالى: ﴿والسَّارِقُ وَالسَّارِقَةُ فاَقْطَعُوا أَيْدِيَهُمَا﴾، مِن حَيْثُ الظَّاهِر هَذِهِ الآيَة عَامَّة، فِي كُلّ سَارِق وَسَارِقَة، أَلَيْسَ كَذَلِكَ؟ الَّذِي لاَ يَعْرِف مَا ذَا يَقُول: كُلّ مَن سَرَق لاَ بُدَّ مِن أَيْش؟ لاَ بُدَّ أَن يُقِيمَ عليهِ الْخَلِيفَة الْحَدّ، بِقطْعِ الْيَد، لَكِن الَّّذِي يَعْرِف، يَعْرِفُ أَنَّ هَذِهِ الآيَة مَخْصُوصَة، بِأَيش مَخْصُوصَة؟ مَخْصُوصَة بِأَن تَكُون السَّرِقَة بِمَا فَوْقَ رُبْعِ دِينَار أَوْ أَكْثَر لأَنَّ الْمَسْرُوق إِذَا كَان قِيمَتُهُ  دُونَ رُبْع دِينَار فَلاَ حَدَّ فِيهِ، لاَ قَطْعَ فِيهِ، الَّّذِي لاَ يَعْرِف أَيْش يقُول؟ الآيَة عَامَّة،من أَيْنَ جِئْتَ بِرُبْعِ دِينَار هَذَا، لاَ، بَلْ ذُكِرَ فِي مَوْضِعٍ آخَر، إِمَّا ذُكِرُ فِي الْكِتَاب أَو ذَكَرَهُ رَسُولُ اللَّه صلى الله عليه وسلم، مِثْلُ هَذَا يُقَالُ لَهُ عَامٌّ مَخْصُوص، لَفْظُهُ عَامّ لَكِن هُنَاكَ أَيْش؟ هُنَاكَ مَا يَخُصُّهُ، مِثْلُ قَوْلِ اللَّهِ تبارك وتعالى: ﴿يُوصِيكُمُ اللَّهُ فِي أَوْلاَدِكُم لِلذَّكَرِ مِثْلُ حَظِّ الأُنْثَيَيْن﴾، هَذِِهِ الآيَة عَامَّة، الْوَلَد إِذَا كَان ذَكَرًا وَإِذَا كَانَ أُنْثَى كِلاَهُما يَرِثُ لِلذَّكَرِ ضِعْفَا حَظِّ الأُنْثَى، أليس كذلك؟ الَّّذِي لاَ يَعْرِف يَقُول: إِنَّهُ فِي كُلِّ حَال الأَوْلاَد يَرِثُون، لَكِن أَيش لو كَان الْوَلَدُ كَافِرًا؟ أَيْش لَوْ كَان الْوَلَدُ  قَاتِلاً قَتَلَ أَبَاهُ؟ لاَ يَرِث، فَإِذًا هَذِهِ الآيَة مِنَ الْعَام الَّذِي أَيْش الْمَخْصُوص، اللَّفْظُ الْعَام خُصَّ بِشَيْءٍ آخَر يَكُونُ وَرَدَ فِي الشَّرْع، جَاءَ فِي شَرْعِ اللَّهِ تبارك وتعالى، الَّذِي لاَ يَفْهَمُ هَذَا، الَّذِي لاَ يَعْرِفُ هَذَا قَدْ يَسْتَعْجِل إِذَا وَجَدَ لَفْظًا عَامًّا، فَيُعَمِّم على الإِطْلاَق مِن غَيْرِ اسْتِثْنَى  فَيَضِلُّ وَيُضِل مِثْل أَيْش؟

 

Il y a également dans le Qour’an des ayah générales –^amm– et des ayah spécifiques –khass-.

Le général c’est ce qui englobe. Et le spécifique c’est son opposé. Un exemple : la parole de Allah tabaraka wa ta^ala dans le Qour’an : (wa s-sariqou wa s-sariqatou faqta^ou ‘aydiyahouma). Selon l’apparence cette ayah est générale (^amm) « pour chaque voleur et chaque voleuse ». Celui qui ne maîtrise pas la subtilité va dire : « Chaque voleur, le Calife lui applique la peine légale ». Mais celui qui maîtrise sait que cette ayah a une explication spécifique. Le jugement a été spécifié par le fait que la chose qui est volée doit valoir un quart de dinar ou plus [pour que la peine légale puisse être appliquée]. Car si ce qui est volé avait une valeur moindre qu’un quart de dinar, il n’y a pas de peine légale. Celui qui ne sait pas que va t-il dire ? Il va dire la ayah est générale –^amm. Le quart de dinar a été cité dans un autre passage. Soit il a été cité dans le Qour’an, soit c’est le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam qui l’a cité. Un exemple de cela est appelé ^ammoun makhsous. La phrase a une portée générale mais elle est spécifiée par une autre chose. Le terme est général mais il y a ce qui le spécifie. Comme dans la parole de Allah ta^ala : (Yousikoumou l-Lahou fi ‘awladikoum li dh-dhakari mithlou hadhdhi l-‘ounthayayn).

Cette ayah a une portée générale : l’enfant qu’il soit de sexe masculin ou de sexe féminin, va hériter. Et celui qui est de sexe masculin hérite le double de l’enfant qui est de sexe féminin. Celui qui ne sait pas, va dire que dans tous les cas l’enfant va hériter. Mais que dire alors si l’enfant est mécréant ? Que dire si l’enfant est assassin ? S’il a tué son père, il n’hérite pas. Cette ayah fait partie de ce qui est ^amm –général et qui est spécifié. C’est-à-dire que le terme est général mais le jugement a été spécifié par autre chose qui est parvenu dans la Loi de l’Islam qui est venue dans la Loi de Allah tabaraka wa ta^ala et celui qui ne comprend pas cela, celui qui ne connaît pas, cela il se peut qu’il s’empresse dès qu’il trouve un terme général et qu’il généralise dans l’absolu sans aucune distinction. Il va alors s’égarer et il va égarer d’autres que lui.

إِذَا قَالَ الْوَهَّابِيّ:كُلُّ بِدْعَة ضَلاَلَة وَكُلُّ ضَلاَلَة فِي النَّار، أَيْش تَقُولُون؟ هَذَا مِنَ العَامِّ الْمَخْصُوص، هَذَا مَعْنَاهُ،  لَوْ كَانَ لَفْظُهُ  عَامًّا إِلاَّ أَنَّهُ جَاءَ فِي الشَّرْع مَا يَخُصُّهُ، فَيَمْنَعُ مِن أَن يَشْمَل كُلَّ بِدْعَة  على الإِطْلاَق، لَوْ كَانَ لَفْظُهُ عَامًّا، لَفْظ كُل مِن أَلْفَاظِ الْعُمُوم، قُلْنَا الْعَامّ الَّّذِي يَشْمَل أَفْرَادَ الْجِنْس، فَإِذَا قُلْتُ: كُلُّ بِدْعَة،  هَذَا لَفْظُ الْعُمُوم، لَفْظ شُمُول لاَ يَخْتَصّ بِاثْنَيْن أَو ثَلاَثَة أَو أَرْبَعَة، هَذَا اللَّفْظ شُمُول، هَذَا اللَّفْظُ الْعَامّ مَخْصُوص بِأَحَادِيث أُخْرى بِأَشْيَاء أُخْرَى جَاءَت فِي شَرْعِ  اللَّهِ  تُبَيِّنُ أَنَّهُ لاَ يُرَادُ بِهِ الْكُلّ عَلى الإِطْلاَق، إِنَّمَا يُرَادُ بِهِ  قِسْم مِنَ الْبِدْعَة وَهُوَ أَيْش؟ بِدْعَةُ الضَّلاَلَة، هَذَا مِنَ الْعَامِّ الْمَخْصُوص، وَإِن كَان فِي الْحَدِيث، كَلاَمُناَ فِي الْقُرْآن لَكِن نَفْسُ الْحُكُُم،

 

Si le wahhabite vous dit : (koullou bid^atin dalalah) ou (koullou bid^atin fi n-nar) qu’est-ce que vous lui dites ? Vous lui dites ça c’est un terme général mais qui est spécifié.

Même si le terme est général, il est à savoir qu’il est parvenu dans la Loi ce qui en spécifie la portée et qui empêche que l’expression (koullou bid^atin) soit dans l’absolu. Même si le terme est général. Le terme (koull) fait partie des termes qui ont une portée générale. Le général c’est ce qui englobe tous les individus de l’espèce. Si tu dis (koullou bid^atin) c’est un terme qui est général. Le terme est général, il ne spécifie pas deux ou trois ou quatre.

Or ce terme général est spécifié par d’autres hadith, par d’autres choses qui nous sont parvenues dans la Loi de Allah ta^ala et qui indiquent qu’il n’en est pas visé l’absolue totalité mais il en est visé une partie [de al-bid^ah -l’innovation-]. Il s’agit ici de l’innovation d’égarement. Ce terme également fait partie du ^amm -général makhsous –spécifié-.

Cette explication est valable même si l’exemple concerne un hadith et que nous parlons au sujet du Qour’an. La règle est la même pour le hadith.

إِذَا قَالَ لَكَ شَخْص: الْحَدِيث فِيهِ كُلّ، مَعْنَاهَا يَعْنِي الإِطْلاَق، تَقُولُ لَهُ: كُلّ يَكُونُ مَعْنَاهَا الإِطْلاَق مِن غَيْرِ قَيْد عِنْدَمَا لاَ يُكُونُ هُنَاكَ تَقْيِيد، فَإِن كَانَ هُنَاكَ تَقْيِيد لاَ يُكُونُ مَعْنَاهَا الإِطْلاَق، لُغَةُ الْعَرَب هَكَذَا، إِذَا اسْتَعْمَلْتُ أَنَا عِبَارة إِطْلاَق مِن غَيْرِ قَرِينَة، مِن غَيْرِ شَيْء يُقَيِّدُهَا يَكُون مَعْنَاهَا أَيْش؟ الْكُلّ مِن غَيْرِ اسْتِثْنَاء، أَمَّا إِن كَانَ هُنَاكَ قَرِينَة حَال، قَرِينَة عَقْلِيَّة، أَوْ قَرِينَة قَوْلِيَّة، شَىْء يُقَال فِي الْمَجْلِس عِنْدَ ذَلِكَ لاَ يَكُونُ مَعْنَاهَا الْكُلّ على الإِطْلاَق، إِنَّمَا يَكُونُ مَعْنَاهَا على حَسَبِ الْقَرِينَة الْمَوْجُودَة، عِبَارات شرْع  عِبَارَاتُ النَّبِيّ عليه الصلاَة والسلام، عِبَاراتُ شَرْع مَا جَاءَ فِي شَرْع كُلُّهُ كَأَنَّهُ لِلتَّقْرِيب هَذَا كَأَنَّهُ فِي الْمَجْلِس وَاحِد، فَإِذَا جَاءَت عِبَارَةٌ  فِي الْمَوْضِع مُطْلَقَة أَوْ فِي الآخَر فِيهَا قَيْد يُحْمَلُ الْمُطْلَق على أَيْش؟ على الْمُقَيَّد يَعْنِي مِنَ الأَوَّل يَكُون عِنْدَمَا قَالَ الرَّسُولُ عَليه الصلاةُ وَالسلام تِلْكَ الْعِبَارَة أَرَادَهَا أَيْش؟ مُقَيَّدَةً، أَرَادَهَا عَلى حَسَبِ الْقَيْد الْوَارِد فِي شَرْعِ اللَّهِ تبارك وتعالى، لَيْسَ الْمَعْنَى أَنَّ الرَّسُول عليه الصلاة والسلام أَرَادَهَا مُطْلَقَةً مِن غَيْرِ قَيْد ثمَّ بَعْدَ ذَلِك ذَكَرَ قَيْدًا إِنَّمَا مِن َالأَوَّل مُرَادُهُ عِنْدَمَا ذَكَرَهَا مَعَ مُرَاعَاة الْقَيْد الَّذِي فِيهَا،

 

Si quelqu’un dit te dit : (Dans le hadith il y a le mot koull, ce terme est clair, il signifie dans l’absolue totalité), tu lui réponds : «  Koull peut avoir le sens de la globalité sans aucune restriction dans le cas où il n’y a pas de restriction. Mais s’il y a une restriction, le mot koull ne veut pas dire l’absolue totalité ». C’est la règle dans la langue arabe. Si j’utilise un terme qui a une portée absolue, sans rien dans le contexte qui le restreint, quel sera son sens ? Ce sera l’absolue totalité sans exception. Mais s’il y a une restriction dans le contexte ou une restriction par la raison ou une restriction par la parole, quelque chose qui est dit dans l’assemblée de sorte que le mot koull ne vient pas dans l’absolu, dans tous ces cas ce ne sera pas dans l’absolu mais selon la restriction qui est parvenue dans le contexte.

Les expressions dans la Loi, les expressions du Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam– , c’est ce qui est venu dans la Loi toute entière et pas uniquement dans certains passages et pas dans d’autres. Il y a une cohérence globale à prendre en considération. Pour donner un exemple, si dans une même assemblée, il y a une expression qui dans un sens a une portée absolue et dans un autre il y a une restriction, alors le sens qui a une portée absolue est expliqué par ce qui est restreint. Donc dès le départ, lorsque le Messager ^alayhi ssalatou wa s-salam a dit cette expression, il a visé  la restriction. Il a visé la restriction qui est parvenue dans la Loi de Allah tabaraka wa ta^ala. Cela ne veut pas dire que le Messager ^alayhi ssalatou wa s-salam a visé un sens global sans aucune restriction et que par la suite il a cité une restriction. Mais dés le départ, lorsqu’il l’avait citée, il avait visé une restriction.

اللَّهُ خَالِقُ كُلِّ شَىْء، يُعْلَم أَنَّ ذَاتَ اللَّه غَيْر المُرَاد هُنَا بِقَوْلِهِ شَىْء، مَخْصُوصَة بِحُكْمِ الْعَقْل،

(Allahou khaliqou koulli chay’) on comprend de là que l’Être-même de Allah n’est pas visé par le mot chay’. Ici, c’est une spécification par le jugement de la raison. Dans la parole : « Allah est le Créateur de toute chose », il est clair par la raison que « chose » ici n’englobe pas Allah.

 

وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيم ، مَعْنَاهُ اللَّهُ تعالى يَعْلَمُ كُلَّ شْىء بِلاَ اسْتِثْنَاء،

Alors que (wa houwa bikoulli chay’in ^Alim) cela veut dire que Allah ta^ala sait tout sans exception.

لَيْسَ شَرْطًا أَن يَكُونَ الْمُخَصِّصُ ,الْقَرِينَة المُخَصِّصَ النَّقْلِيَّة، يَعْنِي الْحَدِيث أَوِ الآيَة، لَيْسَ شَرْطًا أَن تَكُونَ الآيَة مُخَصِّصَة نَزَلَت فِي نَفْسِ الْمَجْلِس أَن يَكُونَ حَدِيث الْمُخَصِّص قَد قِيلَ فِي نَفْسِ الْمَجْلِس، لَيْسَ شَرْطًا،

Ce n’est pas une condition que ce qui spécifie et qui est transmis, c’est-à-dire le hadith ou la ayah, ait été descendue par révélation dans la même assemblée. Ce n’est pas une condition non plus que le hadith qui spécifie ait été dit dans la même assemblée. Ce n’est pas une condition.

بِهَذَا الشَّىْء يَفْتَرِقُ الرَّسُولُ عليه الصلاة والسلام عَنَّا، أَنَا لَيْسَ لِي أَن أُطْلِقِ الْكَلاَم أَن أُطْلِقِ الْعِبَارَة ثمَّ أَقُول أَنَا فِي قَلْبِي أَن أُقَيَّد بَعْدَ ذَلِك، إِذَا رَاجَعَنِي وَاحِد فَقَالَ لِي: إِطْلاَقُكَ لِلْعِبَارَة غَلَط لاَ بُدَّ مِن فِيَهَا قَيْد، أَقُول: أَنَا بَعْدَ هَذَا أُقَيَّد، لأَنَّ أَنَا أَقْوَالِي لَيْسَت حُجَّة، فِي لُغَةِ الْعَرَب إِذَا أَطْلَقْتُ مِنْ غَيْرِ قَرِينَة تَقْيِيد تُحْمَلُ أَقْوَالِي على الإِطْلاَق، هَكَذَا، أَمَّا الرَّسُولُ عليه الصلاة والسلام فَأَقْوَالُهُ وَأَفْعَالُهُ حُجَج، لاَ يَجُوزُ لَنَا أَن نَقُول: أَنَا آخُذُ بِهَذَا الْقَوْل مِن أَقْوَالِهِ وَأَرُدّ الْقَوْلِ الآخَر، وَلاَ أَن أَقُول: أَنَا آخُذُ بِالْقَوْلِ الآخَر وَأَرُدّ هَذَا، بَل يَلْزَمُنِي  أَن آخُذَ وَأُصَدِّق بِهَذَا وَبِهَذَا، فَلاَ بُدَّ فِي حَقِّهِ عليه الصلاة والسلام مِنَ الْجَمْعِ بَيْنَ أَقْوَالِهِ، إِذَا كَانَ أَحَدُهَا مُطْلَقًا وَالآخَر مُقَيَّدًا، إِذَا كَانَ أَحَدُهَا عَامًّا وَالآخَر خَاصًّا لاَ بُدّ مِن َالْجَمْعِ بَيْنَهَا، حَتَّى لاَ يُرَدّ هَذَا   وَلاَ يُرَدّ هَذَا، هَذَا الْحُكُم يَنْطَبِق على نَبِيِّ اللَّهِ عليه الصلاة والسلام، لَيْش؟ لأنَّ مَعْرُوف أَنَّهُ رَسُولُ اللَّه إِذًا لاَ بُدَّ مِنَ الإِيمَان مَعْنَى كَوْنِهِ رَسُولُ اللَّه أنَّهُ يَلْزَمُنَا أَن نَأْخُذَ بِأَيْش؟ بِكُلِّ أَقْوَالِهِ عليه الصلاة والسلام، فَلاَ بُدَّ أَن يُرَدَّ بَعْضُهَا إِلى بَعْض، أَمَّا نَحْنُ لَسْنَا كَذَلِك،  فَعلى حَسَب لُغَةِ الْعَرَب لاَ يُقْبَل مِنِّي  أَن أُطْلِق ثمَّ أَقُول أَنَا أَيْش مُرَادِي التَّقْيِيد، وَاضِح، أَنَا مُرَادِي التَّقْييِد، أَلَيْسَ أَحْيَانًا يُطْلِقِ الإِنْسَان عِبَارَة فَيَكُونُ إِطْلاَقُهُ فَاسِدًا، فَيَقُول: بَسْ أَنَا لاَ أُرِيدُ ذَلِك، فَيُقَال لَهُ: وَلَوْ كُنْتَ لاَ تُرِيد، تَعْرِفُ الْمَعْنَى، فَكَلاَمُكَ فِيهِ شُمُول، فَيُحْكَمُ عَلَيْك بِحَسَبِ الْمَعْنَى، لَيْسَ لَهُ أَن يَقُول: كَيْفَ فيِ الْحَدِيث أَوِ الْقُرْآن يُوجَد آيَات فِِيهَا عُمُوم وَخُصَّت بِآيَات أَوِ الْحَدِيث أُخْرَى، تَقُول لَهُ: لأَنَّ ذَاكَ رَسُولُ اللَّه عليه الصلاة والسلام، كَوْنُهُ رَسُولُ اللَّه مَعْنَاهُ أَنَّهُ يَلْزَمُنَا أَيش؟ الأَخْذُ بِمَجْمُوعِ أَقْوَالِهِ، هَذَا دَلَّ، فَهَذَا مُتَوَافِق مَعَ حُكْمِ الشّرْع وَمَعَ لُغَةِ الْعَرَب، أَمَّا َأنْتَ ادِّعَاؤُكَ التَّخْصِيص لاَ يَتَوَافَقُ مَعَ اللُّغَة، أَنْتَ تَعْرِفُ الْمَعْنَى فِي اللُّغَة، وَقُلْتَ هَذَا بِإِرَادَتِكَ، فَادِّعَاؤُكَ أَنَّكَ تُرِيدُ الْخُصُوص لاَ يَنْفَعُكَ فِي دَفْعِ الْحُكْمِ عَنْكَ إِنَّمَا يُحْكَمُ عَلَيْك على حَسَبِ الْعِبَارَة، نَحْنُ لَيْسَ حُكْمُنَا كَحُكْمِ رَسُولِ اللَّه صلى اللَّه عليه وسلم فِي هَذَا، وَاضِح، لأَجْلِ ذَلِك الأَشْيَاء جَاءت فِي شَرْعِ اللَّهِ تعالى مِن َ الْمُتَشَابِهَة نُؤْمِنُ بِهَا وَنُصَدِّقُ بِهَا، وَلَيْسَ مَعْنَى هَذَا أَنَّهُ يَجُوزُ لَنَا أَن نَتَكَلَّم بِأَشْيَاء  مَا وَرَدَت فِي الشَّرع تَكُونُ مِثَلَ ذَلِك، ثمَّ نَقُول: كَمَا وَرَدَ فِي الشَّرْع أَنَا أَقُول هَاكَ  على الإِطْلاَق، لاَ، لِذَلِك وَرَدَت أَشْيَاء مُطْلَقَة فِي الشَّرْع وَلَهَا التَّقْيِيد فِي مَوْضِعٍ آَخَر وَلَيْسَ مَعْنَى هَذَا أَنَّهُ يَجُوزُ لَنَا أَن نَقُولَ هَكَذَا، وَاضِح، لأَنَّ حُكْمَ رَسُولِ اللَّهِ صَلى اللَّه عليه وسلم لَيْسَ كَحُكْمِ أَحَدِنَا فِي هَذَا لأَنَّه هُوَ رَسُولُ اللَّه، مَعْنَى رَسُولُ اللَّه أَنّكَ عَلَيْكَ أَن تَأْخَذَ كَلَّ أَقْوَالِهِ، لأَنَّ كُلَّهَا حُجَّة، فَتَبْنِي بَعْضَهَا عَلى بَعْض، هَذَا مَعْنَاهُ، أَمَّا أَنَا وَأَنْتَ لاَ قَوْلِي وَلاَ قَوْلُكَ حُجَّة، لاَ أَنَا مَعْصُوم، وَلاَ أَنْتَ مَعْصُوم، لِذَلِكَ لاَ يُقْبَل مِن وَاحِدٍ مِنَّا أَن يَقُولَ كَلاَمًا عَامًّا يَعْرِِفُ مَعْنَى أَنَّهُ عَامٍّ مِن غَيْرِ قَرِِينَة التَّخْصِيص ثمَّ يَقُول مُرَادِي التَّخْصِيص، هَذَا لاَ يَنْطَبِق مَعَ لُغَةِ الْعَرَب، لاَ يَتَوَافَق مَعَ لُغَةِ الَْعَرَب، عِنْدَ الْعَرَب الْكَلِمَة الْعَامَّة تُحَْمَلُ عَلى ظَاهِرِهَا الَّذِي هُوَ الْعُمُوم إِلاَّ إِن كَانَ مَعَهَا قَرِينَة حَالِيَّة أَو عَقْلِيَّة أَوْ نَقْلِيَّة، إِلاَّ إِنْ كَانَ قَرِينَة تُخَصِّصُهَا، هَكذَا لُغَةُ الْعَرَب، هَكَذَا كَلاَمُ الْعَرَب،

Le Messager ^alayhi ssalatou wa s-salam se distingue de nous au moins par cela.

Nous n’avons pas à utiliser une parole globale puis de dire : « Mais moi dans mon cœur je voulais restreindre par la suite! »  Si quelqu’un me remet en place et me dit : « Mais ton expression est générale, C’est faux de parler ainsi. Il faut nécessairement une restriction  », je n’ai pas à lui dire : « Oui, mais moi je vais restreindre par la suite ». Parce que mes paroles à moi ne constituent pas un argument. Dans la langue arabe, si je vise des propos qui ne sont pas absolus, je n’ai pas a les dire sans restriction qui atténuerait la portée de mes propos [c’est-à-dire que si je veux spécifier je dois spécifier dans mes paroles aussi]. Alors que le messager ^alayhi ssalatou wa s-salam ses paroles, ses actes constituent des arguments.

Il ne nous est pas permis de dire « Moi je prends cette parole-ci et je ne prends pas cette autre parole du Prophète » ni de dire « Moi je prends cette deuxième parole et je rejette la première ». Il nous faut prendre et croire en la véracité des deux. Donc nécessairement au sujet du Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam il faut concilier ses paroles. Si une de ses paroles a un sens absolu, et que l’autre a un sens restreint, si l’une est générale et l’autre est spécifique, il est indispensable de concilier entre les deux afin de ne pas rejeter l’une ou l’autre. Ce jugement s’applique au Prophète de Allah ^alayhi ssalatou wa s-salam. Pourquoi ?

Parce que c’est connu que le Messager de Allah est un envoyé de Dieu et que nécessairement, il est indispensable de croire à toute ses paroles ^alayhi ssalatou wa s-salam.

Donc il est indispensable d’expliquer les paroles du Prophète les unes par les autres. Alors que nous nous ne sommes pas ainsi. Dans la langue arabe,  il n’est pas acceptable de ma part que j’utilise une expression dans l’absolu puis que je dise : « Moi ce que je visais c’est la restriction ».

N’est-ce pas que l’un d’entre nous utilise une expression dans l’absolu et cette utilisation est mauvaise. Et ils disent : « Mais moi je ne voulais pas cela ».

Il lui est dit : « Mais même si tu ne voulais pas cela, tu comprends le sens, ta parole comprend la globalité. Alors ton jugement sera selon la signification ».

Il n’aura pas à dire : « Comment dans le hadith et dans le Qour’an il y a des ayah qui ont un sens général et d’autres spécifiques, que l’on interprète par d’autres ayah ou d’autres hadith ? »

Tu dis : « Parce que cela c’est la parole du Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam ».  Le fait qu’il soit le Messager de Allah veut dire que nous devons prendre la totalité de ses paroles. Et ceci est conforme avec le jugement de la Loi et avec la langue arabe. Mais ta prétention de spécifier n’est pas conforme avec la langue. Tu comprends le sens dans la langue et tu as dit cela par ta volonté. Et prétendre que tu veux spécifier ne t’est pas utile pour que le jugement ne te soit pas appliqué. Mais tu seras jugé selon l’expression. Nous, notre jugement n’est pas comme le jugement du Messager de Allah ^alayhi ssalatou wa s-salam à ce sujet. C’est pour cela que les choses qui sont venues dans la Loi de Allah ta^ala qui font partie du moutachabih – du non explicite, nous y croyons fermement et nous croyons en leur véracité. Et cela ne veut pas dire qu’il nous est permis de dire des paroles qui ne sont pas parvenues dans la Loi, qui seraient comme le moutachabih, ni que nous disons : « Oui comme c’est venu dans la Loi, moi je dis la même chose dans l’absolu ». Non !

C’est pour cela qu’il y a certaines choses qui sont parvenues dans l’absolu dans la Loi et qui ont une restriction dans d’autres passages, et cela ne veut pas dire qu’il nous est permis à nous de dire cela car le jugement du Messager de Allah ^alayhi ssalatou wa s-salam n’est pas comme le jugement de l’un d’entre nous à ce sujet. Parce que lui il est envoyé de Dieu et la signification de Messager de Allah, c’est que tu dois prendre toutes ses paroles. Toutes ses paroles constituent un argument. Elles sont expliquées les unes par les autres et elles sont conciliées les unes avec les autres. C’est cela la signification. Quand à toi et moi, ni ta parole ni ma parole ne constituent un argument.

Ni moi je suis préservé, ni toi tu n’es préservé. C’est pour cela, il n’est pas accepté de l’un d’entre nous qu’il dise une parole qui a une portée générale dont on comprend le sens qu’il a une portée générale sans qu’il y ait rien qui le restreigne, puis qu’il dise : « Mais moi je visais la restriction, la spécification. » Cela n’est pas conforme avec la langue arabe. Pour les Arabes, pour la parole générale, elle est expliquée selon son sens apparent, qui est la généralité. Sauf s’il y a quelque chose dans le contexte, soit dans la situation, soit par la raison, soit par ce qui est transmis, sauf s’il y a quelque chose qui la spécifie. C’est ainsi qu’est la langue arabe et que sont les paroles des Arabes.

 

مَن يَذْكُر لِي مِثَالاً كُلُّكُم يَعْرِفُهُ  عَنِ الْمُطْلَق وَالْمُقَيَّد وَأَنَّهُ لاَ يُقْبَل تَقْيِيدُهُ؟ إِمَّا مِثَالا مَذْكُر فِي الْمُخْتَصر وَمِثَالا مَذْكُر فِي الصِّرَاط،

Qui nous donne des exemples que vous connaissez tous, au sujet de l’absolu et du restreint et dont la restriction n’est pas acceptée ? Soit dans le Moukhtasar, soit dans le Sirat.

فِي الْمُخَتَصَر الَّذِي يَقُول: لَعْنَةُ اللَّهِ على كُلِّ عَالِم، يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِأَيْش؟ بِالْكُفُر لأَنَّ كَلاَمَهُ يَقْتَضِي أَيْش؟ الْعُمُوم الشُّمُول، لَوْ قَالَ قَصْدِي كَذَا وَكَذَا إِلاَّ إِذَا كَانَ هُنَاك أَيْش؟ قَرِينَة تَدُلُّ عَلى التَّخْصِيص،

Dans le Moukhtasar, celui qui dit : (la^natou l-Lahi ^ala koulli ^alim) quel est son jugement ? Il est jugé mécréant car sa parole implique la globalité, la généralité. Même s’il dit : « Moi je visais telle et telle chose.»

Sauf s’il y a quelque chose dans le contexte qui implique la spécification.

مِثَال آَخَر فِي الصِّرَاط الَّذِي يَقُول: الْعَرَب جَرَب، يُحْكَمُ عَلَيْهِ بِأَيْش؟ بِالْكُفُر لأَنَّهُ أَطْلَق، كَلاَمُهُ فِيهِ أَيش؟ عُمُوم، إِلاَّ إِن كَانَ هُنَاكَ قَرِينَة تَدُلُّ على التَّخْصِيص، أَمَّا لاَ يُقْبَل إِن يَقُول: أَنَا الْقَصْدِ لَيْسَ كُلّ مُجَرَّد ذَلِكَ، لأَنَّهُ يَعْرِف مَعْنَى هَذِهِ الْكَلِمَة فِي اللُّغَة، بَعْدَ ذَلِك  إِذَا قَالَ لَكَ: أَنَا مَا قَصَدْتُ هَذَا الْمَعْنَى الَّذِي يَشْمَل الْكُلّ إِلى آخِرِهِ، لاَ يُقْبَلُ مِنْهُ، لأَنَّهُ يَعْرِف وَلَم يُكُن هُنَاكَ قَرِينَة تَدُلُّ عَلى التَّخْصِيص، وَلِذَلِك بِالْمِثَالِ الأَوَّل مَذْكُور فِي الْمُخْتَصَر، إِذَا قَال: كَيْفَ، أَلَيْسَ جَاءَ فِي الْحَدِيث كُلُّ بِدْعَةٍ ضَلاَلَة، ثمَّ لَم يُرَد بِهَا الإِطْلاَق، أُرِيدَ بِهَا التَّخْصِيص، وَأَنَا أَقُول على كُلّ عَالِم وَلاَ أُرِيدُ الإِطْلاَق، أُرِيدُ التَّخْصِيص، يُقَالُ لَهُ: أَنْتَ لَسْتَ كَرَسُولِ اللَّهِ صلى اللَّه عليه وسلَّم، بِحَسَبِ لُغَةِ الْعَرَب أَقْوَالُكَ  تُحْمَلُ على مَا تَقُولُهُ،  أَمَّا الرَّسُولُ عليه الصلاةُ وَالسلام كَوْنُهُ رَسُولُ اللَّه يَدُلُّ على أَنَّ أَقْوَالَهُ يُبْنَِي بَعْضُهَا على بَعْض  وَأَنْتَ لَسْتَ كَذَلِك، هَكَذَا يُرَدُّ عَلَيْهِ، إِذَا أَرَادَ أَن يُعَانِد،

Un autre  exemple dans le Sirat : Celui qui dit : (Al-^arab jarab). Quel est son jugement ?

Il est jugé mécréant car il aura dit cette parole dans l’absolu.

Qu’est ce qu’il y a dans sa parole : une généralisation. Sauf s’il y a dans le contexte quelque chose qui indique la spécification. Mais ce qui n’est pas accepté c’est qu’il dise : « Mais moi je ne visais pas tous. » Parce qu’il comprend le sens de cette parole dans la langue. Après cela s’il te dit : « Mais moi je n’ai pas visé ce sens-là qui est la généralité de tous. Cette parole n’est pas acceptée de lui parce qu’il comprend et il sait et qu’il n’y a rien dans le contexte qui indique la spécification. C’est pour cela avec le premier exemple cité dans le Moukhtasar si quelqu’un vient et dit : «  Mais comment ? N’est-ce pas qu’il est venu dans le hadith : (Koullou bid^atin dalalah) et il n’a pas visé le sens absolu, il a visé la spécification et moi aussi au sujet de tout savant je dis : (la^natou lLahi ^ala koulli ^alim) et je ne vise pas l’absolue totalité des savants, je vise la spécificité ». Il lui est dit : « Toi tu n’es pas comme le Messager de Allah salla lLahou ^alayhi wa sallam. Dans la langue arabe tes paroles sont expliquées selon ce que tu dis. Quant au Messager de Allah salla lLahou ^alayhi wa sallam, le fait qu’il soit Messager de Allah indique que ses paroles doivent être expliquées et conciliées les unes avec les autres.

Et toi tu n’es pas ainsi. »  C’est ainsi qu’on lui réplique.

 

إِذَا كَان هُنَاكَ قَرِينَة تَدُلُّ عَلى ذَلِك يُقْبَل وَإِلاَّ لاَ يَقْبَل،

S’il y a une preuve dans le contexte c’est accepté de sa part. S’il n’y a pas de preuve dans le contexte, ce n’est pas accepté.

بِسمِ اللهِ الرَّحمَنِ الرَّحيم

فِي الْحِصَّةِ الْمَاضِيَة تَكَلَّمْنَا عَنِ الْمُطْلَق وَالْمُقَيَّد، وَالْعَامّ وَالْخَاص، وَقُلْنَا إِنَّ الْعَام إِنَّ مَن تَكَلَّمَ بلَفْظٍ عَام يُحْمَلُ لَفْظُهُ على الْعُمُوم، فِي لُغَةِ الْعَرَب يُحْمَلُ كَلاَمُهُ على الْعُمُوم إِلاَّ إِن كَانَ هُنَاك مَا يُخَصِّصُهُ، كَذَلِك فِي لُغَةِ الْعَرَب وَفِي مَا يَتَعَلَّق أَيْضًا بِأُمُورِ الشَّرْع هُنَاكَ مَا يُقَالُ لَهُ مَا يُسَمَّى الْحَقِيقَة وَمَا يُسَمَّى الْمَجَاز، أَيْضًا الْمُتَكَلِّم يُحْمَلُ كَلاَمُهُ على الْحَقِيقَة إِلاَّ إِذَا كَانَ هُنَاكَ قَرِينَة تَدُلُّ على أَنَّهُ يُرِيدُ الْمَجَاز، الْكَلاَم يُحْمَلُ عَلى الْحَقِيقَة إِلاَّ إِن كَانَ هُنَاكَ قَرِينَة تَدُلُّ عَلى الْمَجَاز،             

La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous accorde à tous dans nos actes la sincérité par recherche uniquement de l’agrément de Allah, amin. Nous avons parlé dans le cours précédent de al-moutlaq et al-mouqayyad (ce qui est sans restriction et avec restriction), al-^amm et al-khass (ce qui est général et ce qui est spécifié). Nous avons dit que celui qui a prononcé une parole qui est générale, sa parole porte le jugement de la généralité à l’exception de ce qu’il a prononcé de manière spécifique. Donc s’il a dit une parole qui spécifie, sa parole n’est pas jugée comme étant générale. Cette spécificité peut être par la parole ou par autre chose. Dans la langue arabe, il y a ce qui est appelé al-haqiqah (sens propre) et il y a ce qui est appelé al-majaz (sens figuré).

La parole de celui qui parle est expliquée au sens propre, sauf s’il y a quelque chose dans le contexte qui indique qu’il vise un sens figuré. Donc la parole est à priori expliquée par al-haqiqah –au sens propre sauf s’il y a quelque chose dans le contexte qui indique le sens figuré-al majaz.

عِنْدَمَا تُذْكَرُ كَلِمَة مُعَيَّنَة، هَذِهِ الْكَلِمَة عِنْدَ الْمُتَخَاطِبِين عِنْدَ الَّذِين تُذْكَر أَمَامَهُم، عِنْدَ الَّذِينَ يَسْتَعْمِلُونَهَا تُذْكَر أَمَامَهُم، هَذِهِ الْكَلِمَة يَكُونُ لَهَا مَعْنَى يَتَبَادَر إِلى الذِّهْن عِنْدَهُم، يَكُون هُوَ أَوَّل مَعْنَى يَخْطُرُ إِلى الذِّهْن عِنْدَهُم عِنْدَ سَمَاعِ هَذِهِ الْكَلِمَة، هَذَا الْمَعْنَى اسْتِعْمَالُ الْكَلِمَة بِقَصْدِ هَذَا الْمَعْنَى الَّّذِي هُوَ أَوَّلُ مَا يَتَبَادَر إِلى الذِّهْن عِنْدَ اسْتِعْمَالِهَا هَذَا يُقَالُ لَهُ حَقِيقَة، اسْتِعْمَالُهَا فِي مَعْنًا آخَر بِحَيْثُ يَكُونُ هَذَا الاِسْتِعْمَال مَقْبُولاً، استِعْمَالُهَا فِي مَعْنًا آخَر لِقَرِينَة غَيْرِ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر عِنْدَ الْمُتَخَاطِبِين يُقَالُ لَهُ مَجَاز، الأَوَّل تَعْرِيفُ الْحَقِيقَة وَالثَّانِي تَعْرِيفُ الْمَجَاز، مَثَلاُ تَقُول: أَسَد، أَوَّل مَا يَتَبَادَر إِلى الذِِّهْن عِنْدَ سَمَاعِ كَلِمَة الأَسَد هو الحيوان الْمُفْتَرِس الْمَعْرُوف، اسْتِعْمَالُ كَلِمَةِ أَسَد فِي هَذَا الْمَعْنَى حَقِيقَة، الَّذِي يَسْتِعْمِلُهَا مُرِيدًا هَذِهِ الْمَعْنَى حَقِيقَة، أَمَّا إِذَا قُلْتَ: زَيْدٌ أَسَد، فَهُنَا اسْتَعْمَلْتَ كَلِمَة أَسَد بِمَعْنَى الْقَوِيِّ الشُّجَاع، يُوجَد قَرِينَة تَدُلُّ عَلى أَنَّ هَذَا هُوَ مَا تَقْصِدُهُ، أَيْشِ الْقَرِينَة؟ زَيْد، وَمَعْرُوف أَنَّهُ إنْسَان لَيْسَ بَهِيمَة، فَإِذًا إِذَا قُلْتَ: زَيْدٌ أَسَد، وَأَرَدْتَ الْقَوِيَّ الشُّجَاع هُنَا اسْتَعْمَلْتَ  كَلِمَة أَسَد فِي غَيْرِ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر إِلى ذِهْن، هَذا يُقَال لَهُ مَجَاز، هَذَا هُوَ الْفَرْق بَيْنَ الْحَقِيقَة وَالْمَجَاز، الْكَلاَم عِنْدَ الْعَرَب يُحْمَلُ  على حَقِيقَتِهِ إِلاَّ إِذَا قَامَت قَرِينَة تَدُلُّ عَلى الْمَجَاز، إِن لَم يَكُن قَرِينَة تَدُلُّ عَلى الْمَجَاز فَيُرَادُ بِهِ أَيْش؟ يُحْمَلُ مَعْنَاهُ على الْحَقِيقَة،

Quand une parole est citée, cette parole chez les gens devant lesquels elle est citée, selon ceux qui l’utilisent, cette parole il se peut qu’elle ait un sens qui vienne à l’esprit. C’est le premier sens qui leur vient à l’esprit. Quand ils entendent cette parole, lorsqu’elle est utilisée, c’est ce sens-là qui dés le départ arrive à l’esprit. On dit que ce sens-là c’est le sens propre –al-haqiqah.

L’utiliser dans un autre sens qui soit acceptable, lorsqu’il y a quelque chose dans le contexte qui désigne un autre sens que le sens qui vient communément à l’esprit, cet autre sens est appelé : sens figuré –al-majaz.

Donc le premier c’est al-haqiqah – le sens propre et le deuxième c’est al-majaz – le sens figuré.

Par exemple tu dis : « un lion ». Dés que tu entends ce mot, le premier sens qui vient à l’esprit, c’est l’animal sauvage qui est connu. Le mot lion, dans ce sens-là, est un sens propre.

Celui qui l’utilise en visant ce sens c’est un sens propre.

Mais si toi tu dis : « Zayd asad ! » Ici tu as utilisé le mot « asad »- lion, dans le sens fort et courageux. Il y a un contexte qui indique cela, c’est ce que tu vises. Quelle est la restriction dans le contexte ? C’est le mot « Zayd » qui est un homme. Or il est connu que c’est un homme et donc pas un animal. Si tu dis « Zayd asad » et que tu vises que Zayd est un homme fort et courageux, tu auras utilisé le mot asad dans autre que le sens qui vient communément à l’esprit. Cela s’appelle al-majaz– sens figuré. C’est cela la différence entre al-haqiqah – le sens propre et al-majaz-le sens figuré.

La parole chez les Arabes est expliquée dans le sens propre sauf s’il y a quelque chose dans le contexte qui indique le sens figuré-al-majaz.

Mais s’il n’y rien qui indique al-majaz– le sens figuré, ce qui est visé alors, c’est le sens propre-al-haqiqah.

وَلاَ يُفَسَّرُ الْقُرْآن وَلاَ الْحَدِيث إِلاَّ عَلى وَفْقِ هَذِهِ الْقَاعِدَة، أَنَّ اللَّفْظَ يُحْمَلُ على الْحَقِيقَة إِلاَّ لِدَلِيل، إِلاَّ لِقَرِينَة،         

Le Qour’an et le hadith ne sont expliqués que conformément à cette règle : « Le terme est expliqué selon le sens propre sauf s’il y a un argument qui fait détourner de ce sens propre. »

لأَنَّ الْقُرْآن نَزَلَ على حَسَبِ لُغَةِ الْعَرَب، على حَسَبِ مَا يَتَكَلَّمُ بِهِ الْعَرَب، وَلأَنَّ الرَّسُولَ عليه الصلاة والسلام جَاءَ بِمَا جَاءَ بِهِ مِن أُمُورِ الشَّرْع أَيْضًا على حَسَبِ مَا تَتَخَاطَبُ بِهِ الْعَرَب، اللَّه أَخْبَرَنَا فِي الْقُرْآن بِذَلِك، بِأَنَّ الْقُرْآن نُزِّلَ عَلى حَسَبِ لُغَةِ الْعَرَب، مَا تَتَخَاطَبُ بِهِ الْعَرَب وَأَنَّ النَّبِيَّ عليه الصلاة والسلام جَاءَ بِالأَحْكَام على حَسَبِ مَا تَتَخَاطَبُ بِهِ الْعَرَب، أَي الْعَرَب فِي زَمَنِهِ صلى اللَّه عليه وسلم عَلى حَسَبِ لُغَتِهِم الأََصْلِيَّة، لَيْسَ عَلى حَسَب كَلاَمِهِمِ الْمُعْوَجّ الآَن، إِنَّمَا على حَسَبِ اللُّغَةِ الأَصْلِيَّة، فَبِمَا أَنَّ اللَّهَ أَخْبَرَ فِي الْقُرْآن بِذَلِك لَم يَجُز أَن يُفَسَّرَ كِتَابُ اللَّه وَلاَ أَن يُفَسَّرَ حَدِيثُ رَسُولِ اللَّه صلى اللَّه عليه وسلم بِمَا يُعَارِضُ ذَلِك، بِمَا يُخَالِفُ ذَلِك، لِذَلِكَ قَالَ الْعُلَمَاء، الْكَلاَم فِي لُغَةِ الْعَرَب مَا جَاءَ فِي الْقُرْآن وَالْحَدِيث مَا جَاءَ فِي الشَّرْع يُحْمَلُ عَلى الْحَقِيقَة إِلاَّ إِذَا قَامَ دَلِيلٌ لِيُحْمَلَ عَلى خِلاَفِ ذَلِك, وَإِلاَّ لَوْ لاَ هَذَا لَصَارَ الدِّينُ مَلْعَبَة، لَصَارَتِ الأَحْكَام مَلْعَبَة، كُلّ وَاحِد يَقُول: لاَ هَذَا يُرَاد بِهِ كَذَا على حَسَب مَا يَخْطُرُ بِبَالِِهِ مِن أَنْوَاعِ التَّأْوِيل، وَهَذَا لاَ يُقْبَل، الْكَلاَم لاَ يُحْمَلُ على غَيْرِ الْمَعْنَى الْحَقِيقِي لاَ يُحْمَلُ على الْمَجَاز، لاَ يُؤَوَّل إِلاَّ بِدَلِيل، مِن غَيْرِ دَلِيل مَا جَاءَ فِي الْقُرْآنِ وَالْحَدِيث لاَ يُؤَوَّل،            

Le Qour’an a été révélé dans la langue arabe et conformément à ce que disent les Arabes. Ce que le Messager ^alayhi ssalatou wa s-salam a amené concernant la Loi, c’est conformément à la langue qu’utilisent les Arabes pour se parler.

Allah nous a appris cela dans le Qour’an : le Qour’an a été révélé dans la langue arabe, dans la langue qu’utilisent les Arabes pour se parler. Et le Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam a amené des jugements conformément à ce qu’utilisent les Arabes pour se parler.

Il s’agit bien sûr des Arabes de l’époque du Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam conformément à la langue d’origine. Ce n’est pas avec la langue déformée qu’ils utilisent de nos jours, mais c’est selon la langue d’origine. Donc comme Allah nous a appris dans le Qour’an cela, il ne nous est pas permis d’expliquer le livre de Allah, ni d’expliquer le hadith du Messager de Allah ^alayhi ssalatou wa s-salam par ce qui contredit cette règle. C’est pour cela que les savants ont dit : « Les paroles dans la langue arabe, ce qui est venu dans le Qour’an et dans le hadith, ce qui est venu dans la Loi, est expliqué dans le sens propre sauf s’il y a un argument qui nous fait détourner de ce sens-là. »

Et s’il n’y avait pas eu cette règle, la religion deviendrait un  jeu.

Les gens vont jouer avec les lois. Chacun va dire : « Non ici c’est tel sens » selon ce qui lui vient à l’esprit de ses interprétations. Et cela n’est pas accepté. La parole n’est pas expliquée avec un autre sens que le sens propre et n’est pas interprétée avec le sens figuré. Elle n’est pas interprétée lorsqu’il n’y a pas d’argument. Sans argument tout ce qui est parvenu dans le Qour’an et dans le hadith n’est pas interprété par un autre sens que le sens apparent, que le sens propre.

مِن هُنَا يُعَْلَم مِن مَا تَقَدَّم يُعْلَم أَنَّ الْحَقِيقَة ثَلاَثَةَ أَقْسَام، الْحَقِيقَة الَّتِي نَتَكَلَّم عَنْهَا تَنْقَسِم إِلى ثَلاَثَةَ أَقْسَام،             

A partir d’ici, on sait que la réalité, le sens propre est de trois sortes. Il y a trois catégories pour le sens propre –al-haqiqah.

إِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ اللُّغَة يَعْنِي إِذَا كَانَ الْمُتَكَلِّم يَتَكَلَّم فِي مَعَانِي الْكَلِمَات الأَصْلِيَّة فِي لُغَةِ الْعَرَب، فَالْحَقِيقَة هُنَا هِيَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ أَصْلاً لِهَذِهِ الْكَلِمَة فِي اللُّغَة، الْمَعْنَى الأَصْلِي فِي اللُّغَة لِهَذِهِ الْكَلِمَة، يَكُونُ هَذِهِ هِيَ الْحَقِيقَة،       

Lorsque le contexte est un contexte de langue, linguistique, c’est-à-dire que celui qui parle, est en train de parler au sujet des sens de base, d’origine de la langue arabe, alors le sens propre ici, ce sont les sens qui sont d’origine dans la langue. Le sens d’origine dans la langue arabe pour chaque mot, c’est cela le sens propre.

مَثَلاً الصَّلاَةُ فِي لُغَةِ الْعَرَب فيِ الأَصْلِ مَعْنَاهَا الدُّعَاء، فَإِذَا كَانَ الشَّخْص يَتَكَلَّم فِي مَقَامِ اللُّغَة, اسْتِعْمَالُهُ كَلِمَةُ الصَّلاَة بِمَعْنَى الدُّعَاء يَكُونُ ايش؟ حَقِيقَةً. أَمَّا اسْتِعْمَالُهُ كَلِمَةُ الصَّلاَة بِمَعْنَى الصَّلاَةِ الشَّرْعِيَّة الَّتِي أَوَّلُهَا التَّكْبِير وَالَّتِي تُخْتَتَمُ غَالِبًا بِالتَّسْلِيم يَكُونُ مَجَازًا، إِذَا كَانَ كَلاَمُهُ عَلَى حَسَبِ إيش؟ فِي مَقَامِ اللُّغَةِ لأَنَّ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ فِي الأَصْلِ فِي اللُّغَةِ للِّصَّلاَةِ هُوَ إيش؟ الدُّعَاء، أَمَّا اسْتِعْمَالُ كَلِمَةُ الصَّلاَةِ للِّصَّلاَةِ الشَّرْعِيَّة الَّتِي جَاءَت فِي الشِّرْع الَّتِي فُرِضَت فِي الشَّرْع, فَهَذَا فِي مَقَامِ اللُّغَةِ مَجَاز، لَيْسَ هُوَ الْحَقِيقَة. هَذَا أَصْعَب مِنَ الْمِثَالَ الَّذِي قَبْل، الْمِثَالَ الَّذِي قَبْل أَسْهَل يَنْطَبِق هُنَا أَيْضًا. فِي مَقَامِ اللُّغَةِ الأَسَد هُوَ إيش؟ فيِ الأَصْلِ الْحَيْوَان الْمُفْتَرِس, إِذَا اسْتُعْمِلَ بِمَعْنَى الرَّجُلُ الْقَوِيُّ الشُّجَاع، كَانَ هَذَا إيش؟ مَجَازًا، لَكِن لِي مُرَاد مِن اسْتِعْمَال الْمِثَال الثَّانِي.          

Un exemple le mot « assalat » à l’origine dans la langue arabe signifie « ad-dou^a »-l’invocation. Donc si quelqu’un est en train de parler dans un contexte linguistique, il a utilisé le mot assalat dans le sens de l’invocation. Que dit-on ici ? On dit qu’il a utilisé un sens propre.

Mais s’il utilise le mot assalat dans le sens de la prière dans la Loi de l’Islam qui débute par un takbir et se termine généralement par un taslim, dans un contexte de langue, utilisé dans le sens de la prière dans la religion devient un sens figuré-majaz.

Parce que le sens qui est utilisé à l’origine de assalat c’est l’invocation. Et le fait qu’ils l’utilisent dans le sens de la prière qui est venue dans la Loi de l’Islam et qui y a été rendue obligatoire. Par rapport à la langue c’est un sens figuré-majaz, ce n’est pas le sens propre.

Cet exemple-là est un peu plus complexe que l’exemple précédent. L’exemple précédent est un peu plus aisé. Il s’applique également dans un contexte de langue. Al-‘asad c’est l’animal sauvage, le lion. S’il est utilisé dans le cadre de l’homme fort et courageux, c’est un sens figuré-majaz.

يَعْنيِ إِذَا كَانَ يَتَكَلَّم فِي مَقَام اللُّغَة فَقَال الصَّلاَة يُحْمَلُ كَلاَمُهَ عَلَى إيش؟ يُفَسَّر عَلَى الدُّعَاء, لاَ يُحْمَلُ عَلَى الصَّلاَةِ الشَّرْعِيَّة إِلاَّ  بإيش؟بِقَرِينَة، مِن غَيْرِ قَرِينَة لاَ يُحْمَلُ عَلَى  ذَلِكَ،  إِذَا كَانَ كَلاَمُهُ فِي مَقَامِ اللُّغَة.          

 

أَمَّا النَّوْعَ الثَّانِي مِنَ الْحَقِيقَة هُوَ الْحَقِيقَة الشَّرْعِيَّة، إِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الشَّرع, إِذَا كَانَ الْكَلاَم عَن أُمُورِ الشَّرْع هُنَا إِذَا ذُكِرَت كَلِمَة أَوَّل مَعْنَى يَخْطُرُ عَلىَ الْبَالِ الْمَعْنَى الَّذِي يُتَبَادِر لِلذِّهْن هُوَ أَي مَعْنَى؟ الْمَعْنَى الشَّرْعِيّ لِلْكَلِمَة، لأَنَّ الْكَلاَمَ فِي مَقَامِ إيش؟ فِي مَقَام الشَّرْع, فَإِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَام الشَّرْع إِذَا قِيلَ الصَّلاَةُ مَثَلاً هُنَا لاَ تُحْمَل كَلِمَةَ الصَّلاَة إِلاَّ عَلَى الصَّلاَة الشَّرْعِيّة وَلاَ تُفَسَّر بِالدُّعَاء إِلاَّ لِقَرِينَة, فَإِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الشَّرْع اسْتِعْمَالُ كَلِمَة َالصَّلاَة بِمَعْنَى الصَّلاَة الشَّرْعِيَّة هُوَ حَقِيقَة، أَمَّا اسْتِعْمَالُهَا بِمَعْنَى الدُّعَاء فَهُوَ الْمَجَاز، لأَنَّهُ فِي مَقَامِ الشَّرْع إِذَا كَانَ الْمَقَام مَقََامَ الشَّرْعِيَّات أَوَّل مَا يَتَبَادَر إِلَى ذِهْنِ الْمُتَخَاطِبِين هُوَ أَي مَعْنَى؟ الشَّرْعِي, وَلَوْ كَانَ الْمَعْنَى اللُّغَوِيّ غَيْر ذَلِكَ، الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر هُوَ إيش؟ الشَّرْعِيّ, أَلَيْسَ قُلْنَا الْحَقِيقَة هُوَ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر؟ فَيَكُونُ الْحَقِيقَة هُنَا إيش؟ الْمَعْنَى الشَّرْعِيّ, فَلاَ يُفَسَّر إِلاَّ بِإيش؟ بِالْمَعْنَى الشَّرْعِيّ بِاسْتِثْنَاء مَا إِذَا قَامَ دَلِيل فَيُحْمَلُ عَلَى غَيْرِ ذَلِكَ .

Quant à la deuxième catégorie de sens propre, c’est le contexte de loi – Ach-Chari^ah. Si les propos sont dans un contexte de Loi, si l’on est en train de parler au sujet de la Loi, quand un terme est cité, le premier sens qui vient à l’esprit, c’est le sens dans le Loi de l’Islam de ce mot-là, car les paroles sont dans un cadre de Loi. Les paroles sont dans un contexte de Loi. Si l’on est en train de parler dans le cadre de la Loi de l’Islam, si le mot assalat a été cité par exemple, le mot assalat n’est compris que dans un sens de prière dans la Loi de l’Islam. Elle n’est pas expliquée par ad-dou^a l’invocation, sauf s’il y a quelque chose dans le contexte qui indique ce sens figuré.

Donc si on est en train de parler dans un cadre de Loi, de Char^, l’usage du mot assalat est dans le sens de la prière qui a été rendue obligatoire, c’est un sens propre. Alors que l’utiliser dans le sens de ad-dou^a – l’invocation- c’est un sens figuré parce que le contexte est un contexte de Loi. Ainsi, si le contexte est un contexte de Loi,  la première chose qui vient à l’esprit de ceux qui entendent ce mot c’est le sens qui est dans la Loi, même si le sens dans la langue est différent. Le sens qui vient à l’esprit, c’est un sens dans la Loi. N’est-ce pas que nous avons dit que le sens propre c’est le sens qui vient communément à l’esprit, et le sens qui vient communément à l’esprit ici c’est le sens dans la Loi. Il n’est expliqué que dans le sens de la Loi. Sauf s’il y a une preuve qui implique de l’interpréter autrement.

النَّوْعُ الثَالِث مِن أَنْوَاعِ الْحَقِيقَة، الْحَقِيقَة الْعُرْفِيَّة, الْعُرْفِيَّة هَذِهِ نِسْبِة إِلىَ عُرْفِ النَّاس, الْحَقِيقَة الْعُرْفِيّة, أَحْيَانًا الْكَلاَم يَكُونُ لَيْسَ فِي مَقَامِ اللُّغَة وَلاَ فِي مَقَامِ الشَّرْع، إِنَّمَا يَكُونُ كَلاَمُهُ فِي مَقَامِ الْعُرْف، عُرْفِ النَّاس, فَإِذَا اسْتَعْمَلَ الْكَلِمَة عَلَى الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر فِي الْعُرْف، يَكُونُ هَذاَ الْمَعْنَى الْحَقِيقِيّ يَكُونُ هَذاَ حَقِيقَةً, فَإِنِ اسْتَعْمَلَ الْكَلِمَة عَلَى مَعْنىً آخَر لِدَلِيل، يَكُونُ مَجَازًا. فَإِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الْعُرْف تُحْمَلُ الْكَلِمَة عَلىَ مَعْنَاهَا الْعُرْفِيّ، فِي عُرْفِ النَّاس وَلاَ تُحْمَل عَلَى غَيْرِ هَذَا الْمَعْنَى إِلاَّ بِدَلِيل وَلَوْ مَعْنَاهُ الآخَر هُوَ    مَعْنَاهَا فِي أَصْلُ اللُّغَة                          مِثَال ذَلِكَ: الدَّابَة فِي أَصْلِ اللُّغَة إيش مَعْنَاهَا؟ كُلّ مَا يَدِبُّ عَلَى وَجْهِ الأَرْضِ أَلَيْسَ كَذَلِكَ؟ بِمَا يَشْمَلِ الإِنْسَان وَالدُّودَة إِلَى غَيْرِ ذَلِك, لَكِن جَرَى عُرْفُ النَّاس عَلَى اسْتِعْمَالِ الدَّابَّة بِمَعْنَى الْحِمَار وَالْبَغْل وَمَا شَابَه، بِحَيْثُ إِذَا قِيلَ دَابَّة: لاَ يَخْطُرُ إِلَى بَالِ أَحَدِهِم إِلاَّ إيش؟ إِلاّ الْحِمَار أَوِ الْبَغْل أَو نَحْوَ ذَلِك. وَمَا عَادُوا يَسْتَعْمِلُونَ فِي الْعُرْفِ الدَّابَّة بِمَعْنَى الإِنْسَان. فَإِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الْعُرْف هُنَا اسْتِعْمَالُ الدَّابَّة بِمَعْنَى الْحِمَار أَوِ الْبَغْل هُوَ الْحَقِيقَة, وَاسْتِعْمَالُهَا بِمَعْنَى كُلّ مَا يَدِبُّ عَلَى وَجْهِ الأَرْض يَكُونُ إيش؟ الْمَجَاز مَعَ الْقَرِينَة. إِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الْعُرْف لاَ تُفَسَّرُ الدَّابَّة إِلاَّ بِإيش؟ إِلاَّ بِمَعْنَى الْحِمَار أَوِ الْبَغْل إِلاَّ إِنْ كَانَ دَلِيل يَدُلُّ عَلى غَيْرِ ذَلِكَ.

La troisième catégorie de sens propre c’est le sens propre selon l’usage ou la coutume. C’est-à-dire selon l’usage des gens, selon la coutume des gens.

Le sens propre selon l’usage (al-haqiqah al-^ourfiyyah). Parfois le contexte des paroles n’est ni un contexte de  langue ni un contexte de Loi. Mais c’est un contexte selon l’usage des gens. Donc si une parole est utilisée selon un sens qui vient à l’esprit en premier selon l’usage, alors c’est ce sens-là qui est le sens propre. Et si le mot a été utilisé dans un autre sens, lorsqu’il y a un argument, alors ce sera un sens figuré. Donc si le contexte et le cadre sont un cadre d’usage, alors le mot sera expliqué selon un cadre d’usage. Ce que les gens comprennent de ce mot,  il ne lui est pas donné un autre sens que ce sens-là sauf s’il y a une preuve et même si son autre sens c’est le sens d’origine dans la langue. Un exemple, le mot (ad-dabbah), le mot à l’origine dans la langue arabe c’est tout ce qui se déplace sur terre, y compris l’être humain, le vers de terre et autre. Mais il s’est répandu dans l’usage que les gens font de ce mot, pour l’utiliser dans le sens de l’âne, le mulet et ce qui est du même ordre. De sorte que lorsque le mot dabbah est prononcé, il ne vient à l’esprit de l’un d’entre eux que le mot âne ou mulet ou ce qui est du même ordre. Ils n’utilisent pas dans leur usage le mot dabbah dans le sens de l’être humain. Donc si le cadre des paroles est un cadre de ce que les gens utilisent entre eux, c’est-à-dire  al-^ourf dans ce cadre-là, le mot dabbah, dans le sens de l’âne et du mulet, c’est le sens propre. Et l’utiliser dans un autre sens, par exemple dans le sens de tout ce qui se déplace sur terre, ce sera un sens figuré, lorsqu’il y a dans le contexte ce qui permet de se détourner du sens propre.

لِذَلِكَ إِذَا وَاحِ د حَلَفَ أَن لاَ يَرْكَبَ دَابَّة ثم رَكَبَ كَتِفَيْ إِنْسَان، هَذَا لاَ يَكُونُ حَانِثًا فِي يَمِينِهِ لأَنَّهُ لَمَّا حَلَفَ جَرَى كَلاَمُهُ عَلََى حَسَبِ الْعُرْف، لاَ يُحْمَلُ كَلاَمُهُ عَلَى غَيْرِ الْعُرْف إِلاَّ بِدَلِيل وَهُنَا لاَ دَلِيل, كَانَ كَلاَمُهُ عَلَى حَسَب عُرْفِ النَّاس. إِذَا حَلَف أَن لاَ يَرْكَبَ دَابَّة، ثم رَكِبَ كَتِفَيْ إِنْسَان، وَالإِنْسَان دَابَّة، لاَ يَكُونُ حَانِثً  لَيْسَ عَلَيْهِ كَفَّارَة, لأَنَّهُ لَمَّا حَلَف كَلاَمُهُ كَانَ فِي مَقَامِ إيش؟ الْعُرْف, وَفِي مَقَامِ الْعُرْف حَقِيقَة الدَّابَّة هِيَ الْبَهِيمَة مِنَ الْحِمَارِ وَنَحْوِهِ، وَلاَ دَلِيل لِيُحْمَلَ كَلاَمُهُ عَلَى غَيْرِ الْحَقِيقَة هُنَا، فَلاَ يَكُونُ حَانِثًا،

Donc un exemple, si quelqu’un a juré qu’il ne montera jamais sur les épaules d’une dabbah puis il est monté sur les épaules de quelqu’un, d’un être humain, celui-là on ne dit pas qu’il aura manqué à sa promesse. Parce que selon l’usage, le sens propre de ce mot c’est le sens courant, c’est l’animal. Donc s’il monte sur les épaules d’un être humain, ce n’est pas contraire à ce qu’il a promis. Et il n’y a pas de preuve pour se détourner de ce sens courant.

Donc il n’aura pas à faire d’expiation, parce que quand il a parlé, c’était un cadre d’usage et le mot ad-dabbah à l’origine c’est l’animal. Et il n’y a pas de preuves pour détourner le sens  de ce sens propre.

هَذَا الْكَلاَم الَّذِي نَذْكُرُهُ يَنْفَع فِي فَهْمِ مَسَائِل فِقْهِيّة وَمُهِم مَعْرِفَتُهُ لأَنَّهُ أَيْضًا يَنْفَعُ فِي الرَّدّ عَلَى الْمُجَسِّمَة يَنْفَعُ فِي الرَّدّ عَلى الْوَهَّابِيَّة, الآنَ لاَ نَتَعَرَّض لِلتَّفْصِيل لاَ نَذْكُرُ كَيْف, إيش, لَكِن تَذَكَّرُوهُ خَلُّوهُ فِي بَالِكُم. يَوْمًا قَد يُكَلِّمُكُم وَهَّابِيّ يُرِيدُ أَن يَنْسِبَ الْحَرْفَ وَالصَّوْت إِلى اللهِ تبارك وتعالى، تَذَكَّرُوا أَقْسَامَ الْحَقِيقَة الثَّلاَثَة هَذِهِ, يَنْفَعُكُم هَذَا فِي الرَّدِّ عَلَيْه. قَد يَقُول لَكَ الْوَهَّابِيّ:أَنْتُم_يُرِيدُ أَهْلَ السُّنَّة_ عِنْدَكُم إِطْلاَقُ الْقُرْآن عَلَى اللَّفْظِ الْمُنَزَّل مَجَاز, أَنْتُم لاَ تُسَمُّونَهُ قُرْآناً إِلاَّ مَجَازًا, وَيُرِيد مِن ذَلِك أَن يَصِل إِلَى إيش؟ إِلَى ضَلاَلَة يُثْبِتُهَا, تَقُول لَهُ:لاَ، بَل إِطْلاَقُ الْقُرْآن عَلى هَذَا اللَّفْظِ الْمُنَزَّل حَقِيقَة، حَقِيقَة شَرْعِيَّة. تُسْكِتُهُ بِكَلِمَتَيْن انتهى. كُل الَّذِي يُرِيد أَن يَبْنِيهِ عَلَى هَذَا يَنْهَدِم عَلَيْه. تَقُول لَهُ: لاَ، بَل هُوَ حَقِيقَةٌ شَرْعِيَّة, مَا يُرِيد أَن يُثْبِتُهُ يَنْهَدِمُ عَلَيْهِ. إِذَا قَالَ الْوَهَّابِيّ يَوْمًا حَتَّى يُثْبِتَ الْحَرْفُ وَالصَّوْت وَالْعِيَاذُ باِللهِ لِلَّهِ تعالى, إِذَا قَالَ لَكَ: أَنْتُم_يَرِيدُ أَهْلَ السُّنَّة_بِكَلاَمِكُم هَذَا يَعْنِي لاَ تُسَمُّونَ هَذَا الْكِتَاب قُرْآنًا إِلاَّ مِن بَابِ الْمَجَاز, وَهُوَ يُرِيد مِن ذَلِكَ شَيْء آخَر الآنَ لاَ نَدْخُل فِيهِ يُرِد أَن يُثْبِتَ ضَلاَلَة مِن ذَلِك تَقُول لَهُ أَنْتَ: لاَ، بَل إِطْلاَقُ الْقُرْآن عَلَى هَذَا الْكِتَاب حَقِيقَة، نَحْنُ نَقُول حَقِيقَةٌ شَرْعِيَّة انْتَهَى, تَسُدُّ عَلَيْهِ الْبَاب، مَرَّةً وَاحِدَة بِكَلِمَتَيْن حَقِيقَة شَرْعِيَّة.

Ces paroles que nous avons citées sont utiles pour comprendre les questions de la religion et c’est important de les connaître parce que ceci est utile pour répliquer à ceux qui attribuent le corps à Allah. C’est utile pour répliquer aux wahhabites. Nous n’allons pas rentrer dans le détail ici. Nous n’allons pas dire comment. Mais rappelez-vous de cela. Un jour il se peut qu’un wahhabite, veuille attribuer les lettres ou la voix à Allah tabaraka wa ta^ala.

Rappelez-vous que le sens propre est de trois catégories.

Ceci est utile pour lui répliquer. Il se peut que le wahhabite vous dise : « Mais vous Ahlou s-Sounnah, vous prétendez que vous n’appelez Qour’an les termes révélés que par sens figuré. Vous ne l’appelez Qour’an que par sens figuré. » Et lui où veut-il en venir ? Il dit cela pour parvenir à son égarement. Il veut confirmer que Allah parle avec des lettres et une voix ! Tu lui dis : « Non. Désigner par le mot Qour’an les termes révélés, c’est un sens propre selon la Loi de l’Islam.

Tu le fais taire par ces deux phrases. Tout ce que lui veut construire, avec cette réplique tu le détruis.

إِذَا كَلَّمَكُم وَاحِد مِنْهُم فَقَالَ لَكُم: أَنْتُم تَقُولُون مَجَاز قُولُوا لَهُ: لاَ، بَل نَقُولُ إِطْلاَقُهُ عَلَى هَذَا الْكِتَاب حَقِيقَة، حَتَّى لاَ تَذْكُرُوا كَلِمَة شَرْعِيَّة، لأَنَّهُ هُوَ لاَ يَفْهَم، هُوَ حَفِظَ أَشْيَاء، حَفِظَهَا مِثْلِ الْبَبَّغَاء  وَاحِد اثْنَيْن ثَلاَثَة هَكَذَا حَفِظَ مِثْلِ الْبَبَّغَاء, فَهُوَ عَلَّمُوهُ أَنَّ هَؤُلاَءِ يَقُولُون مَجَاز، تَقُول لَهُم أَنْتُم حَقِيقَة أَم مَجَاز ثم تُكْمِل, فَأَنْتَ هُنَا تَقُول لَهُ: لاَ، نَحْنُ نَقُولُ حَقِيقَة، فَقَط هَكَذَا، يَضِيع لأَنَّهُ لاَ يَفْهَمُ إيش يَفْهَم عَقِيدَتَهُم مُتَنَاقِضَة، يَضِيع فَقَط قُل لَهُ حَقِيقَة, إِذَا تَكَلَّم بَعْدَ هَذَا ثم رَأَيْتَ حَاجَة أَن تَزِيد كَلِمَة شَرْعِيَّة، بَعْدَ هَذَا إِن رَأَيْتَ حاَجَة زِيد، تَقُول حَقِيقَة شَرْعِيَّة، وَأَنْتَ تَفْهَم مَا مَعْنَى الْحَقِيقَة الشَّرْعِيَّة، لَوْ احْتَجْتَ إِلَى زِيَادَة فِي الْكَلاَمِ لأَجْلِ بَعْضَ الْحَاضِرِينَ مِمَّن يَفْهَم يُرْجَى مِنْهُ، قُل شَرْعِيَّة وَإِلاَّ يَكْفِيكَ أَن تَقُول  حَقِيقَة فَقَط، هَكَذَا لاَ تَقُل حَتىَّ كَلِمَة شَرْعِيَّة، قُل لَهُ: لاَ نَحْنُ نَقُولُ هَذَا حَقِيقَة، يَضِيع إِنِ احْتَجْتَ تَقُولُ حَقِيقَة شَرْعِيَّة.

 

Si l’un d’entre eux vous dit : « Vous, vous dites que c’est un sens figuré. »

Vous lui dites : « Non. Nous disons qu’employer ce terme pour désigner le Livre est un sens propre. » Afin que vous ne lui disiez pas « un sens propre selon la Loi », parce que lui, il ne va pas comprendre. Lui, il a appris certaines choses comme un perroquet. Eux, ils lui ont dit de dire : « c’est un sens figuré. » Nous lui répondons : « C’est un sens propre ou un sens figuré ? » Puis vous lui dites : « Nous nous disons que c’est un sens propre ». Alors il est perdu, parce qu’il ne comprend pas. Qu’est ce qu’il va comprendre dans leur croyance qui est contradictoire ? Il se perd seulement. Tu lui dis : « Sens propre ».

S’il dit quelque chose après cela et que tu as besoin d’ajouter le mot : «  sens propre selon la Loi », alors, tu ajoutes cela. Tu lui dis : « Sens propre selon la Loi ». Et toi tu comprends ce que cela veut dire selon la Loi. Si tu veux ajouter pour quelqu’un de l’assistance, de ceux qui sont présents dans l’assemblée, pour qu’ils comprennent, on ajoute cela. Sinon cela te suffit de dire : « C’est un sens propre ».

Afin de ne pas rajouter le mot « selon la Loi ». Tu dis : Non. « Nous nous disons que c’est un sens propre. » Alors il est perdu.

إِذًا اللُّغَة، لُغَةُ الْعَرَب, كَثِير غَيْرُهَا مِنَ اللُّغَات أُوحِيَت إِلَى نَبِيِّ اللهِ آدَم، فَهَذِهِ اللُّغَة مَا وُجِدَت بَيْنَ النَّاس بِاصْطِلاَحٍ فِي مَا بَيْنَهُم، إِنَّمَا بِالْوَحِي، هَذِهِ اللُّغَة فِيهَا كَلِمَات وَكُلّ كَلِمَة بِإِزَائِهَا مَعْنَى، كُلّ كَلِمَة فِي الأَصْلِ تَدُلُّ عَلَى إيش؟ عَلَى مَعْنَى، وَهَذِهِ الدِّلاَلَة بِالْوَحِي, هَذَا الْمَعْنَى الَّذِي مِن حَيْثُ وَضْعِ اللُّغَة بِإِزَاءِ الْكَلِمَة، هَذَا هُوَ الْمَعْنَى الأَصْلِيّ, إِذَا تَكَلَّمْنَا عَنِ الْمَعْنَى الأَصْلِيّ بِحَسَبِ اللُّغَة هَذَا هُوَ, الْمَعْنَى الْمَوْضُوع بِإِزَاءِ الْكَلِمَة، الْمَعْنَى الَّذِي تَدُلُّ عَلَيْهِ الْكَلِمَة, مِثْلُ أَسَدٌ مَعْنَاهَا إيش؟ ذَاكَ الْحَيْوَانَ الْمُفْتْرِس، هَذَا هُوَ الْمَعْنَى الأَصْلِيّ، فِي مَا بَعْدَ عَلَى حَسَبِ قَوَاعِد هَذِهِ اللُّغَة يَصِحّ اسْتِعْمَال كَلِمَة أَسَد لِزَيْد أَوْ عَمْر عَلَى مَعْنَى التَّشْبِيهِ، مَعْنَاهُ يُشْبِهُ الأَسَد مِن حَيْثُ إيش؟ مِن حَيْثُ الشَّجَاعَة وَالْقُوَّة، فَاسْتِعْمَال أَسَد هُنَا يَكُونُ إيش؟ مَجَازًا لأَنَّهُ لَيْسَ عَلَى وَفْقِ الْمَعْنَى الأَصْلِيّ، الْمَعْنَى الَّذِي وُضِعَ فِي الأَصْل لِهَذِهِ الْكَلِمَة فِي اللُّغَة، ثم نَزَلَ الْوَحْيُ عَلَى النَّبِيّ عليه الصلاة والسلام، بِالْوَحِي بِالشَّرْعِ صَارَ هُنَاكَ كَلِمَاتِ لَهَا مَعَانٍ أُخْرَى، اسْتُعْمِلَت بِمَعَانٍ أُخْرَى غَيْرِ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ فِي أَصْلِ اللُّغَة، مِثْلُ الصَّلاَة وَالزَّكَاة وَنَحْوُ ذَلِك, هَذِهِ الْكَلِمَاتِ إِذَا كَانَ الْكَلاَم فِي مَقَامِ الشَّرْعِ فَلاَ تُفَسَّر إِلاَّ عَلَى إيش؟ عَلَى حَسَبِ الْمَعْنَى الشَّرْعِيّ إِلاَّ إِذَا كَانَ دَلِيل يَدُلُّ عَلَى غَيْرِ ذَلِكَ, ثم النَّاس تَعَارَفُوا عَلَى اسْتِعْمَال أَلْفَاظ فِي مَعَانٍِ مُعَيَّنَة  عَلَى غَيْرِ الْمَعْنَى الأَصْلِيّ فِي اللُّغَة، بِعُرْفِهِم تَعَارَفُوا عَلَى ذَلِك, مَثَلاً إِذَا كُنْتَ تَتَكَلَّم فِي مَقَامِ النَّحْوِ الْعَرَبِيّ فَقُلْت: انْغَلَقَ الْبَاب, الْبَاب فَاعِلٌ مَرْفُوع، فَاعِل هُنَا صَارَ لهَاَ مَعْنَى آخَر ألَيْسَ كَذَلِكَ؟ غَيْرِ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ فِي أَصْلِ اللُّغَة وَلَيْسَ هُوَ الْمَعْنَى الَّذِي هُوَ فِي الشَّرْعِ، إِنَّمَا هُوَ عَلَى حَسَبِ مَا تَعَارَفَ عَلَيْهِ مِين؟ أَهْلِ النَّحْوُ، النُّحَاة، عُرْفِيّ هَذَا لِطَائِفَة مَخْصُوصَة مِن النَّاس فِي عُرْفِ طَائِفَة مَخْصُوصَة مِنَ النَّاس، مَرْفُوع لَهَا مَعْنًا آخَرَ لَيْسَ مَعْنَاهُ مَوْضُوع فَوْق مَثَلاً، عَلَى حَسَبِ مَا تَعَارَفَ عَلَيْهِ هَؤُلاَءِ النَّاس, إِذَا كَانَ كَلاَمُكَ عَلَى حَسَبِ الْعُرْف, إِذَا كَانَ كَلاَمُكَ فِي النَّحْوُ مَثَلاً فَذَكَرْتَ الْفَاعِلَ وَالْمَفْعُول وَالْمَرْفُوع وَالْمَنْصُوب، لاَ يُحْمَل هُنَا هَذِهِ الأَلْفَاظ، لاَ تُحْمَل إِلاَّ عَلىَ الْمَعْنَى الْعُرْفِيّ، هَذَا الْحَقِيقَة فِيهَا إِلاَّ إِن قَامَ دَلِيل يَدُلُّ عَلَى غَيْرِ ذَلِك, فَإِذًا الْحَقِيقَة مِنَ اللَّفْظ مِنَ الْكَلِمَة_عَم شَدِّد عَلىَ الْكَلِمَة مَا تَقُولُوا الْكَلاَم_ الْحَقِيقَة فِيهَا هُوَ الْمَعْنَى الْمُتَبَادِر إِلَى الذِّهْنِ، ثم هَذِهِ الْحَقِيقَة إيش؟ ثَلاَثَة لُغَوِيّة وَشَرْعِيّة وَعُرْفِيّة عَلَى حَسَبِ مَقَام إيش؟التَّخَاطِب عَلَى حَسَبِ الْكَلاَمِ بإيش؟ الْكَلاِمَ عَلَى أَي  أَسَاس، هَكَذَا عَلَى هَذَا يَكُونُ مَعْنَى الْحَقِيقَة وَالمْجَاَز, كُلِّ اللُّغَاتِ الأَصْلِيّة بِالْوَحِي لَيْسَ بِالتَّوَافُق بَيْنَ النَّاس، لَيْسَ بِالاِتِّفَاق بَيْنَ النَّاس، إِنَّمَا بِالْوَحِي.  

آدَم أَوَّل كَلِمَة قَالَهَا الْحَمْدُ لِلَّهِ,            

La langue arabe et beaucoup d’autres langues ont été révélées au Prophète Adam.

Cette langue n’a pas existé entre les gens par discussion entre eux, c’est par révélation.

Cette langue comporte des mots et chaque mot a un sens. Chaque parole à l’origine indique quelque chose. Et cela est par révélation. Donc ce sens que chaque mot a, c’est le sens d’origine. Quand nous disons qu’à l’origine dans la langue le mot a un sens, c’est cela la signification. Le sens qui est en face de ce mot. Le sens indiqué par ce mot. Un exemple asad signifie quoi ? L’animal carnivore et c’est le sens d’origine. Ensuite c’est selon les règles.

Dans cette langue, il est valable d’utiliser le mot asad pour désigner Zayd ou ^Amr dans le sens figuré, c’est-à-dire qu’il ressemble au lion du point de vue de sa force et son courage. L’usage du mot asad ici est un sens figuré car ce n’est pas conformément au sens d’origine.

Puis la révélation est arrivée au Prophète ^alayhi ssalatou wa s-salam par la révélation, par la Loi, il y a des mots qui ont eu d’autres sens et qui ont été utilisés dans d’autres sens que le sens qui est utilisé à l’origine dans la langue.

Salat, zakat et ce qui est du même ordre, ces mots, s’ils sont prononcés dans un cadre de religion ils ne sont expliqués que par leur sens dans la Loi, sauf s’il y a une preuve qui indique autre que cela. Par ailleurs, les gens se sont entendus pour utiliser certains termes pour des significations précises, différentes de la signification d’origine dans la langue. C’est par coutume, c’est un usage qu’ils en ont fait. Par exemple, si tu parles dans un contexte de grammaire arabe (an-nahw) par exemple selon ce que les gens, et tu dis : « et la porte s’est fermée » al-bab (la porte) c’est un sujet. Le sujet ici il a un autre sens que le sens d’origine dans la langue, et c’est un autre sens que le sens qui est dans la Loi. Mais c’est le sens que se sont donné pour convention les spécialistes de la grammaire, an-nouhat. C’est un sens d’usage pour cette communauté précise, pour ces gens-là.

Quand ils disent marfou^, cela ne veut pas dire qu’il est placé au dessus. Le sens qu’ils donnent est selon ce que ces gens se sont entendus à définir entre eux. Si toi tu parles selon l’usage, si ta parole est dans un contexte de grammaire par exemple et que tu as cité le fa^il et le maf^oul, le marfou^ et le mansoub: ce ne sont pas des sens d’origine dans la langue qui sont visés mais ils sont interprétés selon l’usage de cette communauté. C’est ce sens propre-là qu’ils retiennent sauf s’il y a une preuve qui indique autre que cela.

Donc le sens propre c’est le sens qui vient communément à l’esprit et ce sens propre est de trois sortes : selon la langue, selon la Loi ou selon l’usage, selon le contexte. Si le dialogue est selon la langue, selon la Loi ou selon l’usage et c’est ainsi que sont définis le sens propre et le sens figuré.

L’origine de toute les langues est par révélation, ce n’est pas une convention des gens entre eux. Mais par révélation. Le premier mot que notre maître Adam a dit c’est : « Al-hamdou li l-lah ».

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