Cours du Chaykh sur le tawHiid (St-Etienne, 2005)
Par le nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Ceci est ce qu’a dicté le savant éminent, le muhaddith, le chaykh ^Abd Allah al-Harariyy
qu’Allah lui pardonne ainsi qu’à ses parents
dans la ville de Saint-Étienne, en France, le 7 juin 2005
Louange à Allah, Seigneur des mondes ; que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés au maître des messagers, notre maître Mouhammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons, les bons et les purs.
Ensuite : il nous a été rapporté, par une chaîne de transmission ininterrompue, dans le Jami^ d’at-Tirmidhiyy – qu’Allah lui fasse miséricorde – que le Messager d’Allah a dit ce qui signifie : « Les pieds d’un esclave ne quitteront pas au Jour du Jugement leur station, avant qu’il ne soit interrogé sur quatre choses : sur sa vie, en quoi il l’a passée ; sur son corps, en quoi il l’a usé ; sur ses biens, d’où il les a acquis et en quoi il les a dépensés ; et sur sa science, ce qu’il en a fait. » C’est un hadiith authentique (Sahiih).
Cela signifie que l’être humain sera interrogé avant de quitter le lieu de station du Jour de la Résurrection, avant qu’il ne soit ordonné de le conduire au Paradis ou en Enfer. Il sera interrogé sur sa vie, en quoi il l’a consumée ; sur son corps, en quoi il l’a usé ; et sur ses biens, d’où il les a acquis et en quoi il les a dépensés. S’il a acquis ses biens de manière licite et les a dépensés de manière licite, il est sauf ; sinon, il mérite le châtiment.
Et sur sa science, ce qu’il en a fait : il sera interrogé sur ce qu’il a appris, s’il a suivi ou non cette science qu’il a apprise. Celui qui a appris le Qour’an, l’a placé devant lui et l’a suivi – appliquant ses commandements et évitant ce que le Qour’an a interdit – est sauvé et sain. Quant à celui qui l’a appris puis l’a rejeté derrière son dos et s’est mis à faire ce qui contredit le Qour’an, celui-là est perdu, et le Qour’an sera son adversaire.
On sait par là que la voie du salut est la science, c’est-à-dire la science de la religion, car c’est par la science de la religion que l’on connaît ce qu’Allah agrée et ce qu’Allah réprouve. C’est par elle que l’on connaît les paroles qui n’entraînent pas de sanction dans l’au-delà, et la conduite qui n’entraîne pas de sanction dans l’au-delà ; et il en est de même pour tous les actes de l’être humain : par la science, la science de la religion, on connaît ce qui lui nuit et ce qui lui profite. Ainsi, celui qui a appris la science de la religion fait partie de ceux à qui Allah a voulu du bien, et celui qui ne l’apprend pas, Allah Qui est exempt d’imperfection ne lui a pas voulu de bien.
La meilleure des sciences est la science du tawhiid, la science par laquelle on connaît Allah : ce qu’il est admis d’attribuer à Allah et ce qu’il n’est pas admis de Lui attribuer. Cette science est la meilleure des sciences. Abouu Ḥaniifah – qu’Allah l’agrée – a nommé la science du tawhiid « al-Fiqh al-akbar » (la science majeure), ce qui signifie que la science par laquelle on connaît les règles de la purification, de la prière, du jeûne, du pèlerinage et de la zakah est une science mineure. Il faut donc accorder à la science du tawhiid plus d’attention qu’aux autres, car celui qui connaît Allah et Son Messager, y demeure ferme jusqu’au terme de sa vie et se préserve des actes de mécréance entrera nécessairement au Paradis : soit sans aucun châtiment, ni dans la tombe ni dans l’au-delà ; soit il entrera au Paradis après un châtiment, si Allah ne lui pardonne pas et qu’il est chargé de grands péchés, comme l’abandon des cinq prières ou d’une partie d’entre elles, ou le fait de manger de l’illicite. Quant à celui qui ne connaît pas Allah comme il se doit, rien ne lui profite, quels que soient ses efforts dans l’apparence des actes d’adoration : rien ne lui profite. Beaucoup de gens n’apprennent pas la science du tawhiid et s’occupent de la ṭariiqah et du dhikr ; ils s’épuisent, et ceux-là sont en faillite : dans l’au-delà, ils seront en faillite, ils ne trouveront pas ce qu’ils pensaient trouver. Ils croient avoir préparé pour leur au-delà une grande provision, alors qu’ils n’auront rien.
De même, celui qui a connu Allah comme il se doit et a cru en Son Messager Mouhamma, mais qui ne se gardait pas des actes de mécréance – les paroles qui comportent de la mécréance –, soit par plaisanterie, soit par ignorance des actes, des paroles et des croyances qui rendent mécréant, c’est-à-dire qui font sortir de la religion.
Tout cela – c’est-à-dire la connaissance de ce qu’Allah a rendu obligatoire et de ce qu’Allah a interdit en fait de paroles, d’actes et de croyances – ne s’atteint que par l’apprentissage. Quelle perte, donc, pour celui qui a passé sa vie dans le dhikr, la prière et le jeûne sans avoir une croyance correcte ! Et c’est le cas de beaucoup de gens.
Aujourd’hui, certaines personnes, par excès d’ignorance, disent : « Allah Qui est exempt d’imperfection a dit : ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ [sourate al-Baqarah, 282] », et s’adonnent à l’adoration sans apprendre la science. Elles croient que le sens de ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ est que, si l’être humain s’adonne à la prière, au jeûne, au pèlerinage, au dhikr et aux aumônes, Allah Qui est exempt d’imperfection lui accorde une science sans apprentissage. Cela est impossible, impossible.
Allah Qui est exempt d’imperfection n’accorde pas à une personne la science de Sa part (al-^ilm al-wahbiyy) avant qu’elle n’ait appris et mis en pratique ce qu’elle a appris. Quant à celui qui a appris ce qu’Allah a rendu licite et ce qu’Allah a interdit, avec la croyance correcte, et qui a accompli les obligations – tout ce qu’Allah lui a imposé, il l’a accompli – et a évité tout ce qu’Allah lui a interdit, à celui-là Allah accorde une science de Sa part, autre que la science qu’il a étudiée auprès des savants. Voilà le sens de : ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾.
Quelle déception pour ceux qui s’occupent de la ṭariiqah et du dhikr sans apprendre la science du tawhiid ni la science des règles ! Puis ils s’imaginent que, par ces awrad et ces adhkar, ils atteignent la sainteté (al-wilayah) et deviennent des saints (awliyaʾ) d’Allah. Cela est impossible. C’est à cause de leur mauvaise compréhension qu’ils ont péri. ﴿ Et craignez Allah, et Allah vous enseigne ﴾ signifie : mettez en pratique ce qu’Allah a rendu obligatoire en fait de science et d’œuvres ; si vous agissez ainsi et l’appliquez pleinement, alors Allah Qui est exempt d’imperfection vous accordera une science venant de Lui (^ilm ladounniyy), c’est-à-dire autre que la science qu’on étudie auprès des savants.
Ceux qui s’imaginent que, s’ils s’occupent du dhikr, de la prière et du jeûne et en font beaucoup, ils deviendront des saints d’Allah et qu’Allah leur accordera une science non acquise (ghayr kasbiyy), ceux-là ont recherché l’impossible, une chose qui n’arrivera pas.
Ensuite, le fondement le plus essentiel est la science du tawhiid. Sans la science du tawhiid, aucune bonne action ne profite. De même que la prière n’est valide qu’avec les ablutions, de même les bonnes actions ne sont acceptées par Allah qu’après le tawhiid – la science du tawhiid –, après la connaissance d’Allah : savoir qu’Il a tels et tels attributs et qu’Il est exempt de tels et tels attributs. Après cela, et après la foi en Son Messager Mouhammad, les œuvres profitent : la prière, le jeûne, le pèlerinage, la zakah, la bienfaisance envers les parents et le jihad dans la voie agréée par Allah. Après cela, ces œuvres profitent ; sans cela, elles ne profitent pas. Celui qui pense atteindre le but sans cela recherche l’impossible.
La connaissance d’Allah, c’est croire qu’Allah existe sans ressembler à quoi que ce soit du monde. Son Être (dhat), c’est-à-dire Sa réalité, ne ressemble pas aux êtres du monde. Allah, en Son Être, n’est ni un corps impalpable ni un corps palpable ; c’est-à-dire qu’Il n’est pas comme la lumière, le vent et l’âme, qui sont des choses que l’on ne saisit pas avec la main, et Il n’est pas non plus une chose que l’on saisit de la main, comme la pierre, l’arbre et l’être humain. Il n’est ni un petit volume ni un grand volume. Allah Qui est exempt d’imperfection a créé le monde selon des mesures différentes. Il a créé la plus petite chose, le plus petit volume : le grain de moutarde et ce qui est plus petit encore. Et Il a créé le Trône, qui est le plus grand volume ; Il a le pouvoir de créer plus grand que le Trône, mais Il n’a pas créé plus grand que lui. Toute chose qui a un volume est créée. Allah n’a pas de volume ; Il n’est qualifié ni de petitesse ni de grandeur de taille. Nous disons « Allahou akbar » au sens où Il est plus savant que tout savant et plus puissant que tout puissant ; c’est dans ce sens que nous disons « Allahou akbar ». Cela ne signifie pas qu’Allah Qui est exempt d’imperfection ait un volume plus grand que tout volume. De plus, le volume a besoin d’un endroit : certains volumes se trouvent dans l’espace, comme les étoiles ; et parmi les volumes, certains reposent sur la terre et d’autres sont en contact avec les cieux et le Trône.
Par ailleurs, Allah n’est caractérisé par aucune des caractéristiques du corps. Le corps a des caractéristiques : la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse et ce qui leur ressemble. Et Allah n’est pas caractérisé par cela.
C’est Lui qui a fait exister ces choses après qu’elles n’existaient pas. Comment donc leur ressemblerait-Il d’une quelconque façon !!!
Le volume ne crée pas le volume. Si Allah Qui est exempt d’imperfection était un volume, Il n’aurait pas créé le volume. S’Il était une chose impalpable comme l’âme, le vent ou la lumière, Il n’aurait pas pu créer ces choses. S’Il était une chose palpable comme l’être humain, la pierre, l’or et l’argent, Il n’aurait pas pu créer cela.
De même, le corps a besoin d’un endroit ; il lui faut nécessairement un endroit : soit un espace, soit un appui sur un corps comme la terre – ainsi les humains et les bêtes : nous prenons appui sur la terre, sur ce volume qu’est la terre. Et toutes ces choses – les cieux, le Trône, la terre et l’espace – n’existaient pas avant qu’Allah ne les crée ; elles étaient inexistantes, puis Allah les a fait exister. Tout existant a un commencement à son existence, sauf Allah. Il est l’Existant dont l’existence n’a pas de commencement. On dit de toute chose : « Quand est-elle venue à l’existence ? », mais on ne dit pas d’Allah : « Quand est-Il venu à l’existence ? », car le temps ne s’applique pas à Allah. Avant le temps, Il existait ; avant l’endroit ; avant l’endroit et le temps. L’endroit a un commencement, et le temps a un commencement. Si quelqu’un dit : « Comment peut-Il exister sans endroit ? Tout existant doit nécessairement avoir un endroit », on lui répond : rationnellement, rien n’empêche qu’Allah existe sans endroit ; le Qour’an en témoigne, ainsi que le hadiith : le hadiith du Messager en témoigne.
Pour le Qour’an, c’est Sa parole : ﴿ C’est Lui Al-‘Awwal ﴾ [sourate al-Ḥadiid, 3] ; et pour le hadiith, c’est la parole du Prophète : « Allah est de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité », c’est-à-dire qu’Allah existe de toute éternité et que rien d’autre que Lui n’existait : ni l’endroit, ni le temps, ni les six directions. On dit à ces wahhabites qui disent : « Comment Allah existerait-Il sans endroit ? » : vous avez comparé le Créateur à la créature. La créature a nécessairement besoin d’un endroit ; vous avez rendu Allah semblable à Sa création, votre analogie est donc fausse. Et s’ils disent : « Comment concevoir un existant sans endroit ? », on leur répond : la possibilité de se représenter une chose par l’intellect n’est pas une condition de son existence. La preuve en est que la lumière et les ténèbres n’existaient pas avant qu’Allah ne les crée, alors que l’eau, le Trône, le Calame suprême et la Table préservée existaient à un moment où il n’y avait ni lumière ni ténèbres. Qui donc peut se représenter en son esprit un temps où il n’y avait ni lumière ni ténèbres ? Personne ne peut se le représenter, et pourtant il est obligatoire d’y croire, car le Qour’an a fait savoir qu’il n’y avait ni lumière ni ténèbres avant qu’Allah ne les crée. Récitez ce verset : ﴿ Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre et a établi les ténèbres et la lumière ﴾ [sourate al-An^am, 1]. Le sens du verset est qu’il n’y avait ni cieux ni terre, c’est-à-dire ni monde supérieur ni monde inférieur, ni lumière ni ténèbres, avant qu’Allah ne les crée. Le reconnaissez-vous, oui ou non ? Si vous le reconnaissez, vous avez admis la validité de l’existence sans endroit ; et si vous le niez, c’est de la mécréance, car c’est un démenti du Qour’an. Le Créateur ne se compare pas à la création. Vous, ô wahhabites, avez comparé le Créateur à la créature et avez dit : « Comment peut-Il exister sans endroit ? » En cela, vous avez suivi Ibn Taymiyah ; vous n’avez aucune preuve. Votre seule preuve est Ibn Taymiyah, qui a contredit le Qour’an et le hadiith et s’est écarté de la communauté. Il a dit : (« Le Trône était avec Allah ; le Trône, en son espèce – c’est-à-dire en son genre –, n’a pas de commencement à son existence : il a été avec Allah »). Or celui qui dit cela est mécréant par consensus, selon l’accord des savants de l’islam : quiconque affirme qu’une chose autre qu’Allah n’a pas de commencement est mécréant.
Ibn Taymiyah est mort en l’an 728 de l’Hégire prophétique, c’est-à-dire environ ce nombre d’années après la mort du Messager ; mais c’est à partir de son émigration (hijrah) que se compte la date de la mort d’Ibn Taymiyah, ce nombre d’années. Puis, 400 ans après, vint Mouhammad ibn ^Abd al-Wahhab, qui fonda la religion wahhabite – une religion nouvelle, la religion des wahhabites. Il a pris des livres d’Ibn Taymiyah des éléments d’égarement et y a ajouté, de lui-même, un surcroît d’égarement.
Parmi les bizarreries d’Ibn Taymiyah, il y a sa parole selon laquelle Allah descend chaque nuit du Trône vers ce ciel que nous voyons depuis la terre, sans que le Trône soit vide de Lui : Il descend au ciel de ce bas monde sans quitter le Trône. C’est une chose que la raison n’accepte pas : ce qui descend d’une chose la quitte ; voilà ce que la raison accepte. Mais qu’une chose descende d’un endroit vers un autre endroit, y demeure le tiers de la nuit, puis y retourne, tout en prétendant que le Trône n’a pas été vide de lui : c’est une chose que la raison n’accepte pas. Voilà Ibn Taymiyah, qu’ils appellent « Chaykh al-Islam », alors qu’il est le chaykh de la mécréance. De même, la parole d’Ibn Taymiyah (« Allah est avec nous réellement et sur le Trône réellement ») n’est pas acceptée par la raison. Ce qui est rapporté dans le hadiith : « Notre Seigneur yanzilou chaque nuit au ciel de ce bas monde lorsqu’il reste le dernier tiers de la nuit » signifie que les anges descendent par l’ordre d’Allah et transmettent de la part d’Allah : « Allah vous dit : Qui M’invoque afin que Je l’exauce ? Qui Me demande afin que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon afin que Je lui pardonne ? » Puis ils retournent à leurs demeures, qui sont en haut. Voilà le sens du hadiith. Le sens du hadiith n’est pas qu’Allah, en Son Être, se meuve et se déplace d’un endroit à un autre. Allah, il Lui est impossible d’être caractérisé par les attributs des créatures. Sa puissance n’est pas comme la puissance des créatures ; elle n’augmente ni ne diminue. Sa science englobe toute chose ; elle n’augmente ni ne diminue. De même Sa volonté : c’est une volonté unique. Il a voulu faire exister ce monde – ce qui en a été créé et ce qui en sera créé sans fin –, tout cela, Il l’a voulu par une volonté unique, car tout ce qui se renouvelle, augmente et diminue est créé. Comment donc la science d’Allah augmenterait-elle et diminuerait-elle ? Comment la science d’Allah augmenterait-elle d’un moment à l’autre ? Tout ce qui survient d’un moment à l’autre est créé ; la science d’Allah n’est pas ainsi, ni Sa puissance, ni Son ouïe, ni Sa vue, ni Sa parole. Allah Qui est exempt d’imperfection a une parole qui n’est ni lettre ni son ; ce n’est pas une langue parmi les langues. Elle n’est pas comme notre parole, dont une chose se produit, puis une autre, puis une autre, dont une partie en précède une autre et une partie vient après une autre, comme la parole des humains. Nous, lorsque nous récitons le Qour’an, nous commençons par le baʾ de ﴿ Bismi-llahi r-Rahmani r-Rahiim ﴾ jusqu’à ﴿ mina l-jinnati wa n-nas ﴾ : nous prononçons d’abord le baʾ, puis le siin ; puis le siin se termine, puis vient le miim, et ainsi de suite : des lettres qui se suivent les unes les autres. C’est ainsi que nous récitons le Qour’an ; mais ce n’est pas ainsi qu’Allah a dit ce Qour’an. On ne dit pas d’Allah qu’Il est « naTiq » (celui qui prononce) ; on dit d’Allah qu’Il est « mutakallim » (doué de parole). Le naTiq est celui qui parle au moyen de lettres. Quant à « mutakallim », on le dit de celui qui parle sans lettre ni son, et on le dit aussi de celui qui parle avec lettre et son. De l’humain, on dit qu’il est « mutakallim », ce qui signifie que sa parole est son et lettres ; et d’Allah, on dit qu’Il est « mutakallim » alors que Sa parole n’est pas faite de lettres ni de son. Le son est créé : comment pourrait-il être un attribut d’Allah !!
Maintenant, nous ne comprenons pas cette parole ; mais dans l’au-delà, Allah Qui est exempt d’imperfection nous la fera comprendre : nous l’entendrons, alors qu’elle n’est ni lettre ni son. Le croyant l’entendra, et le mécréant l’entendra : le mécréant, lorsqu’il entendra cette parole, sera saisi d’angoisse ; quant au croyant pieux, il se réjouira.
Jibriil entend cette parole ; dans ce bas monde, il l’entend. Et Mouusa l’a entendue une fois. Notre maître Mouhammad, la nuit de l’Ascension (al-Mi^raj), a entendu cette parole qui n’est ni lettre ni son, et il a vu Allah ; mais Allah Qui est exempt d’imperfection n’est pas vu comme est vue la créature. La créature, tu la vois soit de cette façon, loin ou proche ; ou tu la vois ainsi, ou en bas ; ou tu la vois à ta droite, ou tu la vois à ta gauche, ou tu la vois derrière toi : tu te retournes et tu la vois.
Allah n’est pas vu ainsi, car Il n’est pas un volume. Par la puissance d’Allah, Allah crée en nous une vision, et nous voyons Son Être, qui n’est ni en face ni derrière, sans aucune des comments selon lesquelles la créature est vue. C’est ainsi qu’Il est vu.
Et Lui voit le monde : toute chose du monde, Il la voit, non pas en face ni par derrière, ni en occupant une direction – en haut, en bas, à droite ou derrière. C’est sans cela qu’Il voit le monde. Et nous, les croyants, au Paradis, lorsque nous Le verrons, nous ne Le verrons ni en face ni sous aucune forme, car Il n’est pas un volume. On ne dit pas qu’Allah est proche par la distance, ni qu’Il est loin par la distance.
Toute chose entre laquelle et toi il y a une distance, proche ou lointaine, est créée ; Allah n’est pas ainsi. On ne dit donc pas d’Allah qu’Il est présent (haDir), ni qu’Il est absent.
Certains ignorants, lorsqu’ils font le dhikr, disent (« Ya ḤaDir, ya ḤaDir, ya NaDhir » – « Ô Présent, ô Présent, ô Observateur ») : s’ils comprennent par là qu’Il est proche par la distance, ils deviennent mécréants. Quiconque croit qu’Allah est proche de lui par la distance, comme je suis proche de toi, devient mécréant. Sa proximité n’est pas par la distance. Tout cela se comprend à partir de ce verset, un verset du Qour’an : ﴿ Rien n’est semblable à Lui ﴾ [sourate ach-Chouura, 11].
Quant au Qour’an que nous récitons, on dit de lui qu’il est la parole d’Allah parce qu’il exprime la parole d’Allah, qui n’est ni lettre ni son. Et ce texte que nous récitons, Jibriil l’a pris de la Table préservée, où il était écrit. Personne ne l’a écrit : c’est le Calame qui a tracé sur la Table, par la puissance d’Allah, et l’a écrit – le Calame l’a écrit. Puis Jibriil l’a pris par l’ordre d’Allah et l’a récité à notre maître Mouhammad ; Jibriil l’a fait descendre de la Table préservée. De même l’Évangile originel – l’Évangile véritable –, la Torah véritable et les Psaumes véritables : tous, Jibriil les a fait descendre, par l’ordre d’Allah, sur ces prophètes. Ce n’est pas Allah qui l’a récité comme nous le récitons. On dit [du Qour’an] qu’il est la parole d’Allah, non pas au sens où Allah l’aurait récité avec des lettres et un son.
Faisons le tahliil (disons : « La ilaha illa-llah »).
Reprends-leur cette leçon encore et encore – si tu le veux, une fois par semaine ou deux fois par mois –, et qu’elle soit distribuée dans les centres.