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Tafsir sourate an Nisaa versets 1-16

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 31, 2026

Sūratu n-Nisāʾ

Elle est médinoise et comporte cent soixante-seize versets.

Verset 1 : Ô vous les gens : c’est-à-dire ô vous descendants d’Ādam

Craignez votre Seigneur Qui vous a créés à partir d’une seule personne : votre Seigneur Qui vous a fait dériver tous à partir d’une même origine qui est votre père à tous et il s’agit d’Ādam ʿalayhi s-salām.

Et Il a créé à partir d’Ādam son épouse : Dieu vous a fait apparaitre à partir d’une seule personne dont telle est la caractéristique :  Dieu l’a créée de terre, et de la personne d’Ādam, Dieu a créé son épouse Hawwāʾqui a été a été créée à partir d’une des côtes d’Ādam.

Et à partir d’eux deux, Dieu a fait qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes. Dieu a fait que se propagent à partir de ces deux-là les deux espèces du genre humain, qui sont des hommes et des femmes. Et Celui Qui est tout puissant à faire cela, Il est puissant sur toute chose. Et parmi les choses sur lesquelles Il est tout puissant, c’est de punir les mécréants et les pervers. La réflexion à ce sujet mène à craindre Celui qui est tout puissant à châtier et mène à craindre Son châtiment.

Et craignez Dieu Celui par Lequel vous vous suppliez les uns les autres : quand on dit à quelqu’un, pour l’attendrir, la parole « bi l-Lāh », on veut dire : « par l’amour révérenciel que tu as pour Dieu, fais cela »

Et les liens de parenté :  faites bien attention à ne pas rompre les liens de parenté, ceci pour montrer l’importance des liens de parenté.

Certes Dieu sait tout de vous : rien n’échappe à Dieu à votre sujet.

Verset 2 : et accordez aux orphelins leurs biens : c’est-à-dire quand ils atteignent la puberté, donnez-leur les biens que leur ont laissé leurs parents. Dès qu’ils atteignent la puberté, ils ne sont plus orphelins mais comme il n’y a pas si longtemps, ils l’étaient, ils sont encore nommés ainsi. Il y a ainsi une indication à ne pas retarder à leur donner leurs biens dès que ces orphelins atteignent la puberté, si on pense d’eux qu’ils vont gérer leurs biens de manière réfléchie c’est-à-dire si on pense qu’ils ont atteint une maturité qui leur permet de gérer leurs biens.

Ne remplacez pas ce qui est mauvais par ce qui est bon : autrement dit, ne substituez pas à ce qui vous est interdit (à savoir les biens des orphelins) par ce qui vous est licite (à savoir votre bien à vous).

Et ne prenez pas leurs biens pour les rajouter à vos propres biens à vous : ne rajoutez leurs biens à vos biens à vous lorsque vous engagez des dépenses de sorte que vous ne distinguiez plus entre vos biens et leurs biens, par insouciance et que vous en arriviez à consommer ce qui ne vous est pas licite. Et que vous ne fassiez pas de différence entre leurs biens et vos propres biens.

Car cela est extrêmement grave : c’est-à-dire consommer les biens des orphelins est extrêmement grave c’est-à-dire que c’est un grand péché.

Verset 3 : et si vous craignez de ne pas être équitables : c’est-à-dire de ne pas être justes à propos des orphelins (ici c’est un pluriel qui englobe les filles et les garçons) 

Alors épousez ce que bon vous semble : c’est-à-dire ce qui vous est licite, autorisé

Parmi les femmes : parce qu’il y a parmi les femmes celles que Dieu vous sont interdites et qui sont mentionnées dans le verset de sūratu at-taḥrīm. Il a été dit : si vous craignez d’être injustes envers les orphelins, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; c’est -à-dire que si vous craignez d’être injustes envers les orphelins dans la gestion de leurs biens, alors à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication ; alors épousez ce qui vous sont licites comme femmes et ne tournez pas autour des interdits. Il a été dit que c’était des gens qui n’avaient pas de scrupules à commettre la fornication mais ils craignaient d’assurer la tutelle des orphelins. Alors il leur a été dit cela : « si vous craignez d’être injustes à propos des orphelins, alors, à plus forte raison, craignez de tomber dans la fornication. Et pour ne pas tomber dans la fornication, épousez ce qui vous est licite comme femmes. Et ne rodez pas autour des interdits.

Epousez des femmes qui vous sont licites en un nombre bien limité, deux, trois ou quatre : c’est comme si on dit à quelqu’un : partagez -vous cette somme d’argent : deux /deux, ou trois/trois : c’est-à-dire comme ainsi et pas cinq/cinq par exemple. Celui d’entre vous qui veut épouser plus d’une, alors que ce soit dans cet ordre : chacun d’entre vous épouse deux, ou trois ou quatre, selon cet ordre-là et pas selon un autre ordre.

Si vous craignez de ne pas être équitable, alors que ce soit une seule : c’est-à-dire : attachez-vous à n’en épouser qu’une ou choisissez une (dans le cas où certains, à ce moment-là avaient plus que quatre femmes : il leur est dit : si tu crains de ne pas être équitable, tu gardes une femme et tu te sépares des autres)

Ou celles qui vous appartiennent : il a considéré comme équivalent, dans le cas où ils craignent de ne pas être équitables, soit une seule épouse libre ou plusieurs femmes esclaves (sans limiter le nombre des femmes esclaves)

Cela (il fait allusion entre choisir une seule épouse ou avoir des femmes esclaves) vaut mieux que de favoriser une ou d’être injuste.

Verset 4 : et accordez aux femmes leurs dots d’un don qui soit de bon cœur : la parole s’adresse ici aux maris. Il a été dit que cette phrase s’adresse au tuteur qui prenait la dot de la femme : c’est pour leur rappeler que la dot est destinée à la femme. 

Alors si elles acceptent de bon cœur de vous en donner (c’est-à-dire aux maris) une part (c’est-à-dire de la dot) c’est-à-dire qu’elles ont accepté de bon cœur de vous rendre une partie de la dot, mais sans qu’elles n’y soient contraintes à cause de votre mauvais comportement et votre mauvaise vie conjugale,

Alors consommez-le sans péché : et sans qu’il y ait de mal en cela. Cette expression « hanī’an marīʾan » est pour indiquer que c’est licite et qu’il n’y a pas de charge contre vous si vous le faites.

Verset 5 : n’accordez pas aux impudents c’est-à-dire ceux (ceux qui étaient orphelins puis qui ont atteint la puberté) qui gaspillent leurs biens, ceux qui dépensent leurs biens dans ce qu’il ne convient pas et qui n’ont pas la capacité de bien gérer leurs biens, de les faire fructifier et de les utiliser à bon escient : la parole s’adresse ici aux tuteurs

Vos biens : c’est-à-dire les biens des orphelins dont vous avez la charge en tant que tuteurs (en effet ce sont les tuteurs qui gèrent les biens de ces orphelins) alors que Dieu a fait que les biens (en général) soient un moyen de vie pour vous, pour vos familles et vos enfants. Donc ce verset ne veut pas dire que les biens de l’orphelin sont un moyen pour vous de vie pour vos familles.

Et faites-les fructifier : faites en sorte que ces biens soient une source de subsistance pour eux : faites avec ce bien du commerce pour dégager par-là du bénéfice et que leurs frais de charge soient couverts à partir des bénéfices et non pas à partir du bien en soi, pour que le bien ne soit pas consommé uniquement par les dépenses.

Et assurez leur subsistance et achetez-leur aussi des vêtements et dites-leur de belles paroles : c’est-à-dire c’est la promesse que, si vous êtes mûrs lorsque vous atteindrez votre puberté, nous vous rendrons vos biens.

Verset 6 : éprouvez les orphelins : c’est-à-dire : examinez leur comportement, testez leur état et leurs connaissances de la bonne gestion, avant la puberté. Le test « chez nous » signifie « chez les Hanafites » (car l’imam An-Nasafiyy est hanafite) : le test chez eux consiste à leur donner un certain montant pour le gérer, pour déterminer leur état, pour déterminer ce qu’ils vont faire avec ce qui leur a été confié. Il y a la preuve qu’il est permis d’autoriser à un enfant mature de faire du commerce.

Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge du mariage : c’est-à-dire la puberté, parce que c’est l’âge qui rend valide le mariage, l’âge auquel le rapport sexuel est possible. Il a été appelé l’âge du mariage car « an-nikāḥ » est un terme qui désigne le mariage et le rapport sexuel.

S’il s’avère pour vous qu’ils sont matures : dans leur comportement (la gestion d’activités) et dans les transactions,

Alors rendez-leur leurs biens : sans retard par rapport à l’âge de la puberté. C’est comme s’il disait : testez les orphelins jusqu’à leur puberté, ils sont en droit de recevoir leurs biens et donnez-leur leurs biens à condition que vous ayez remarqué leur maturité.

Et ne consommez pas leurs biens en gaspillant et en vous empressant qu’ils ne grandissent : ne consommez pas les biens de l’orphelin par gaspillage et par anticipation de leur croissance, en disant « nous les dépensons dans ce que nous désirons, avant que l’orphelin ne devienne pubère et ne récupère les biens qui sont entre nos mains ».

Dans ce verset, Dieu a donné deux règles :une dans le cas où le tuteur est tuteur d’un orphelin qui est riche et une dans le cas où le tuteur est le tuteur d’un orphelin qui est pauvre :  celui qui est riche évite de consommer le bien de l’orphelin, il se préserve autant que faire se peut de la consommation du bien de l’orphelin.  Quant au pauvre, il peut consommer ce qui lui permet de survivre tout en prenant ses précautions lorsqu’il consomme.

Quand vous leur rendrez leurs biens, alors prenez des témoins à ce sujet : prenez des témoins qui témoignent que les orphelins ont bien réceptionné leurs biens, pour éviter tout reniement ultérieur.

Et Dieu suffit pour faire rendre des comptes aux gens : et cela suffit. Au Jour du Jugement il y aura la justice.

Verset 7 : les hommes ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté et les femmes également ont une part de l’héritage laissé par les parents ainsi que la parenté : ce sont ces gens-là qui héritent les uns les autres, à partir du lien de parenté. Donc c’est le lien de parenté qui implique un héritage. Elles auront une part qui est inférieure ou bien supérieure, mais ce sont des parts qui sont déterminées dans la Loi de l’Islam. C’est-à-dire que chacun aura une part déterminée de l’héritage. Alors que les gens de l’époque de l’ignorance avant la venue du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ne donnaient pas d’héritage ni aux enfants ni aux femmes. Et ils disaient : n’hérite que celui qui sait utiliser une lance et obtenir un butin. Ils visaient les hommes capables de se battre. Alors que l’Islam est venu pour définir la part pour chacun.

Verset 8 : et si, sont présents au partage de l’héritage la parenté (qui ne font pas partie des héritiers) et qu’il y a des orphelins et des pauvres (qui ne sont pas de la parenté) donnez-leur une part (de ce qu’ont laissé les parents et la parenté) : ici c’est un ordre de recommandation (amru nadbin) et dites-leur de belles paroles : à ceux qui ne font pas partie de la parenté, dites -leur de belles paroles, c’est-à-dire une belle excuse et de belles promesses ; c’est-à-dire soyez généreux avec eux.

Verset 9 : ceux qui craignent, s’ils meurent, de laisser une descendance qui est démunie, ils ont peur pour eux. Qu’ils craignent Dieu: ceux qui sont visés ici, ce sont les tuteurs, autres que la parenté. Comme si un père recommande quelqu’un de confiance, au cas où lui-même meurt, en assumant les charges et en faisant fructifier leur héritage et en le préservant. Ces tuteurs (autres que la parenté) ont reçu l’ordre de craindre Dieu et de préserver ceux qui sont sous leur tutelle. Dans ce verset, Dieu leur ordonne de craindre pour ceux qui sont sous leur tutelle parmi les orphelins, de la même crainte et de la même compassion que s’ils avaient été leur propre descendance et qu’ils étaient démunis et faibles. Et qu’ils s’engagent à cela dans leurs cœurs et que s’ils s’imaginent que c’était leurs propres enfants, pour qu’ils n’osent pas agir d’une manière différente de la compassion et de la miséricorde. (Ils se disent dans leurs cœurs : si ces orphelins étaient mes propres enfants, comment aimerais-je que d’autres les gèrent ? Donc moi, je vais gérer ces orphelins comme j’aurais espéré que d’autres gèrent mes propres enfants)

Et qu’ils disent des paroles justes : la parole juste, ici, de la part du tuteur, c’est qu’il s’adresse à  ces orphelins tout comme il s’adresserait à ses propres enfants, avec la bienséance et le bon accueil.

Verset 10 : c’est un verset de menace et d’avertissement : ceux qui consomment les biens des orphelins injustement. C’est-à-dire en agissant avec injustice, d’une manière qui n’est pas conforme à la Loi de l’Islam ; ils sont en train de remplir leur ventre d’un feu, c’est comme s’ils sont en train d’avaler du feu. Ils ne font que consommer ce qui va entrainer vers l’enfer. Il a été rapporté que celui qui consomme les biens de l’orphelin injustement, il sortira de sa tombe au Jour du Jugement (il sera ressuscité) avec de la fumée qui sort de sa tombe, de la fumée qui sort de sa bouche et de la fumée qui sort de son nez et de ses oreilles. Les gens sauront ainsi que c’était quelqu’un qui consommait injustement les biens de l’orphelin., dans le bas-monde.

Et ils vont griller en enfer : ils entreront en enfer qui est attisé et dont les flammes sont terribles.

Verset 11 : Dieu vous engage et vous ordonne à propos de vos enfants : c’est-à-dire à propos de leur héritage : le garçon a la part équivalente à deux filles : c’est-à-dire pour chaque garçon de vos enfants. Il a été dit que cette règle est venue abroger ce qui était fait avant dans la période de l’ignorance, où l’héritage allait totalement aux garçons et pas aux filles. Il a été dit qu’il suffit aux garçons qu’ils aient le double de la part des filles. Cette règle est dans le cas où il y a une telle configuration : c’est-à-dire s’il y a parmi les enfants, un garçon et deux filles : dans ce cas-là, le garçon aura deux parts et les deux filles auront deux parts.

S’il n’y a que des filles, plus que deux, dans ce cas elles vont se partager les deux tiers de l’héritage du défunt : parce que, même si l’héritage n’a pas été mentionné explicitement, on comprend qu’il s’agit des deux tiers de l’héritage. Comme le verset parle d’héritage, on a su que celui qui a laissé, c’est le défunt.

Si c’est une fille unique, elle aura la moitié de l’héritage : et le reste sera pour les autres membres du clan. Ceci indique que s’il n’y avait qu’un fils unique, il aura tout l’héritage. Mais cela n’a pas été mentionné de manière explicite. La plupart des compagnons, que Dieu les agrée, ils ont dit que, dans le cas où il y a deux filles, elles ont le même jugement qu’un ensemble de filles, du fait de la règle générale qui indique que le garçon a le double de la part de la fille. Exemple : si quelqu’un meurt et laisse un garçon et une fille : la fille a la moitié de la part du garçon : donc la fille aura un tiers et le garçon aura les deux tiers. Si une fille unique a le tiers, alors les deux tiers sont pour les deux filles. Cela non plus n’est pas mentionné. Ceci, parce qu’à la fin du verset, Dieu dit que si elles étaient deux sœurs, elles auront les deux tiers de ce qu’il a laissé : c’est dans le cas où un homme meurt sans laisser d’enfants et il laisse deux sœurs : elles auront les deux tiers. An -Nasafiyy dit que, comme les deux filles sont plus proches du défunt que les deux sœurs : donc si les deux sœurs ont les deux tiers, alors, à plus forte raison, les deux filles auront deux tiers. On parle des deux sœurs car ce cas n’a pas été mentionné de manière explicite dans le verset. C’est pour cela qu’ils ont considéré que les deux filles auront la même part que les deux sœurs, et ils n’ont pas diminué la part des deux filles.

Et pour ses parents : ce qui est visé est le père et la mère (qui vont hériter si leur enfant décédé n’a pas de descendance) d’un garçon ou d’une fille (même si c’est le pronom possessif masculin qui est employé car le plus courant est qu’il s’agit des parents d’un homme) chacun des deux aura le sixième de ce qu’il aura laissé en héritage, s’il a des enfants. Ceci s’applique pour le garçon et pour la fille. Les parents auront le tiers – chacun aura un sixième avant le partage –

Dans le cas où il meurt sans laisser de descendance, alors sa mère aura le tiers : dans le cas où il n’est pas marié et n’a pas d’enfants, sa mère aura le tiers de l’héritage. S’il (ou elle) était marié(e), son épouse (ou son époux) aura une part de l’héritage et sa mère aura le tiers de ce qui reste. Ceci car le père a une part plus grande dans l’héritage que la mère : il a le double. Donc si la mère recevait le tiers de l’héritage, alors il aurait moins que sa part à elle.  Exemple : une femme était mariée, elle est morte et elle a laissé un mari et ses deux parents. Dans ce cas, le mari a la moitié de l’héritage. Sa mère a le tiers du restant c’est-à-dire le tiers de la moitié ce qui correspond au sixième de l’héritage. Et le père aura le double, ce qui correspond au tiers de l’héritage.

S’il avait des frères, alors sa mère aura le sixième : si le défunt avait deux ou plus frères et sœurs (et il n’a pas laissé d’enfants). Et s’il n’avait qu’un seul frère, la mère aura le tiers : c’est comme s’il n’avait pas de frère ou sœur). Il va citer trois catégories de proches parents : al-ʾaʿyāne et al-ʿalāte et al-aẖyāf.

Al-ʾaʿyāne sont les frères et sœurs de même père et mère. Al-ʿalāte sont les enfants d’un homme qu’il a eus de femmes différentes. Al-aẖyāf sont les enfants d’une femme qu’elle a eus de maris différents. Ces trois catégories de personnes, leur conséquence sur la part de la mère est la même.

Après avoir réalisé les dernières volontés du défunt : le défunt peut donner jusqu’au tiers de son héritage pour autre que les héritiers, à condition que ce ne soit pas dans l’intention de priver les héritiers et après avoir remboursé les dettes et avoir réalisé les dernières volontés. Le remboursement de la dette est prioritaire sur les dernières volontés dans la Loi de l’Islam. Alors que dans le verset, ce qui a été mentionné en premier, ce sont les dernières volontés mais dans la Loi de l’Islam, c’est le remboursement de la dette qui est prioritaire. Cela veut dire que tous ces partages auront lieu après avoir réalisé les dernières volontés et avoir remboursé la dette.

Vos pères et vos enfants, vous ne savez pas lequel d’entre eux vous est le plus bénéfique : c’est-à-dire que vous ne savez pas lequel des deux va vous profiter le plus, en terme d’héritage. Dieu a précisé les parts d’héritage, conformément à ce qui est pour Lui une sagesse. Et si cela dépendait de vous, alors vous ne sauriez lequel d’entre eux est le plus bénéfique et vous auriez placé vos biens d’une manière qui n’est pas sage. Donc les parts de chacun des héritiers se distinguent en fonction des bénéfices de chacun. Et vous ne connaissez pas cette différence, c’est pour cela que Dieu a fixé les parts de chacun et Il n’a pas laissé ce choix à votre propre décision parce que vous êtes incapables de connaitre les parts qu’il convient de donner à chacun.

Cela est une obligation qui a été fixée par Dieu. Certes Dieu sait les choses avant de les créer et il est Ḥakīm c’est-à-dire qu’Il a la sagesse en tout ce qu’Il a défini comme part de l’héritage de chacun et pour autre que l’héritage.

Verset 12 : qu’est-ce que l’homme va hériter si c’est son épouse qui meurt : vous avez la moitié de ce que vos épouses laissent dans le cas où elle n’a pas d’enfant mais dans le cas où elle avait des enfants de vous ou d’autres que vous, vous auriez dans ce cas le quart de ce qu’elle laisse mais après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes. Les dernières volontés (al-waṣiyyah) ne peuvent pas dépasser le tiers de l’héritage et il ne faut pas que ce soit dans l’intention de priver les héritiers.

Et à leur tour, votre épouse héritera du quart de ce que vous laissez si vous n’avez pas d’enfants. Mais si vous avez des enfants, elles auront le huitième de ce que vous aurez laissé (ce qui correspond à 12.5%)

Après avoir exécuté les dernières volontés ou remboursé les dettes.

Si c’est une femme ou plusieurs femmes, elles s’associent dans le partage du quart ou du huitième. C’est toujours la règle que l’homme a le double de part de la femme.

Si c’est un homme qui est décédé duquel il est hérité, (kalālatan) c’est-à-dire un homme dont on hérite mais il n’a pas d’enfant ni de parents ou bien si c’est une femme dont les parents sont morts et elle n’a pas d’enfant. S’il a un frère ou une sœur de même mère et sur ce point-là, il ya unanimité des compagnons et des savants, dans ce cas-là, chacun aura le sixième : dans ce cas-là, il n’y a pas de différence entre le garçon et la fille.

Dans le cas où ils sont plus qu’un (frère ou sœur) c’est-à-dire s’ils sont deux ou plus, frères ou sœurs de même mère, garçon ou fille, ils seront associés au tiers : si c’est un frère il aura un sixième, si c’est une sœur, elle aura un sixième mais s’ils sont plus qu’un, alors ils vont se partager le tiers, parce qu’ils ont cette parenté avec leur frère défunt par le biais de leur mère et par ailleurs, la mère n’hériterait pas plus que le tiers.  Le terme qui signifie qu’ils vont être associés (pour le tiers), généralement, cela indique que c’est à parts égales. Et il n’y a pas de part additionnelle pour le frère par rapport à sa sœur. Ils vont se partager le tiers de l’héritage à parts égales.

Après avoir exécuté les dernières volontés et le remboursement des dettes : cette phrase a été répétée dans le verset à plusieurs reprises parce que ceux qui vont laisser leurs dernières volontés sont différents (En effet le défunt est soit le père, soit la mère, soit un homme qui n’a pas d’ascendants ni de descendants).

Ce leg dans l’intention qu’il ne soit pas pour porter préjudice à ses héritiers :   ce qui pourrait être un préjudice serait de léguer plus que le tiers de son héritage ou de léguer à un seul héritier (car cela va diminuer la part des autres héritiers). Rappel : le leg est ce que le défunt a recommandé de donner après sa mort. Cela consiste à donner une part de l’héritage à quelqu’un qui ne fait pas partie des héritiers, dans la limite du tiers des biens laissés.

Ceci est une recommandation de la part de Dieu : Dieu vous recommande d’agir ainsi.

Et Dieu sait qui est juste et qui est injuste dans ses dernières volontés : Dieu ne punit pas l’injuste immédiatement, Dieu donne du répit mais Il ne te néglige pas.

Verset 13 : ceci : fait référence aux Lois qui ont été mentionnées des legs et des héritages sont des frontières que Dieu a fixées : elles sont appelées ainsi car ces Lois sont comme des limites fixées par Dieu, des limites qu’il est interdit de franchir. Mais si quelqu’un les franchit, cela ne veut pas dire que Dieu les néglige, mais Il donne du répit.

Et celui qui obéit à Dieu et à Son Messager, Il le fait entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières, ils y resteront éternellement et c’est cela la grande réussite.

Verset 14 :  et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager et qui franchit ces limites, Il le fera entrer dans un feu où il restera éternellement et il aura un châtiment humiliant : Al-Kalbiyy a dit : celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, en reniant la division des héritages et en dépassant les limites fixées par Dieu, en se rendant licite ce qu’il fait, il sort de l’Islam.

Les versets suivants s’adressent aux juges légaux, les juges de l’Islam.

Verset 15 : et celles de vos épouses qui commettent l’adultère alors prenez des témoins contre elles, quatre d’entre vous : c’est-à-dire quatre croyants

S’ils témoignent, alors emprisonnez-les à la maison jusqu’à leur mort : c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elles meurent et que leur âme soit retirée

Ou que Dieu leur accorde une autre issue : en raison de la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui est parvenue dans ce verset : le Prophète légifère dans le sens qu’il fixe les Lois, il est une source de législation pour nous. Dieu le confirme dans le Qur’ān dans Sa parole qui signifie : « ce que le Prophète vous dit de faire, faites-le et ce qu’il vous interdit de faire, ne le faites pas ».

Verset 16 : les deux d’entre vous – le fornicateur et la fornicatrice – qui commettent la fornication, alors faites-leur des reproches en les blâmant, en les réprimandant, en leur disant : « vous n’avez pas honte de commettre l’adultère, vous ne craignez donc pas Dieu ! ».

S’ils font le repentir (suite à la fornication) et qu’ils améliorent leur état, alors cessez : c’est-à-dire « cessez les réprimandes et les reproches ».

Certes Dieu est Celui Qui accepte le repentir et Qui est Miséricordieux. Dieu accepte le repentir de celui qui fait le repentir et Il lui fait miséricorde. l’ordre de la révélation est contraire à l’ordre de la récitation ».

En résumé : si le fornicateur était marié et avait consommé le contrat de mariage, il a le statut de muḥṣan : s’il commet la fornication, il mérite une peine légale et ce n’est que celle-là, il n’y en a pas d’autre.

Et s’il n’était pas muḥṣan, il a une autre peine légale et pas une autre.

Et si l’un des deux était muḥṣan et que l’autre ne l’était pas, et qu’ils ont commis la fornication, il sera appliqué au premier la peine légale du muḥṣan et celui qui n’était pas muḥṣan, il lui sera appliqué la peine de celui qui n’était pas muḥṣan.

Iyās ibn Muʿāwiyah

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 26, 2026

Sa biographie : Il s’agit d’Abū Wāthila Iyās ibn Muʿāwiya ibn Qurrah ibn Iyās ibn Hilāl ibn Rabāb ibn ʿUbayd ibn Sawʾah ibn Sāriyah ibn Ḏibyān ibn Thaʿlabah ibn Sulaym ibn Aws ibn Muzaynah al-Muzaniyy ; il naquit à Baṣra en l’an cinquante-six de l’hégire.

Les signes de son génie et de sa perspicacité se manifestèrent dès son plus jeune âge ; Ibn Khillikān rapporte dans « Wafayāt al-Aʿyān » qu’il dit un jour à son père, alors qu’il était enfant — et son père préférait son frère à lui — : « Ô père, sache que la comparaison entre moi et mon frère auprès de toi est celle d’un pigeonneau : plus laid il est à l’éclosion, plus il gagne en beauté en grandissant, si bien qu’on lui construit des étages et lui aménage des enclos, et que les rois l’apprécient ; tandis que mon frère est comme un jeune ânon : plus séduisant à sa naissance, il perd en beauté en grandissant, jusqu’à ne plus servir qu’à porter le fumier et la terre. »

Il exerça la fonction de juge une année, sous le califat de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz : le calife écrivit à son délégué en Irak, ʿAdiyy ibn Arṭāt, de réunir Iyās ibn Muʿāwiyah et al-Qāsim ibn Rabīʿa al-Jurchiyy, afin de nommer l’un d’eux juge de Baṣrah. Il les réunit donc ; Iyās lui dit : « Ô gouverneur, interroge à mon sujet et à celui d’al-Qāsim les deux juristes de la ville, al-Ḥasan al-Baṣriyy et Muḥammad ibn Sīrīn » — sachant qu’al-Qāsim leur rendait visite alors qu’Iyās ne le faisait pas ; al-Qāsim sut donc que s’il les interrogeait, ils recommanderaient le recommanderaient lui.

Al-Qāsim dit alors au gouverneur : « N’interroge ni à mon sujet ni au sien ; par Allāh, en dehors de qui il n’y a nulle autre dieu, Iyās ibn Muʿāwiyah est plus versé en droit que moi et plus savant en matière de jugement ; si je mens, il ne te sied pas de me nommer alors que je mens, et si je dis vrai, il te faut accepter ma parole. » Iyās dit alors au gouverneur : « Tu as amené un homme que tu avais placé au bord de l’enfer, et il s’en est sauvé par un serment mensonger dont il demande pardon à Allāh, échappant ainsi à ce qu’il craignait. » ʿAdiyy dit : « De ce que je comprends de cela, c’est à toi que revient la charge » ; il le nomma ainsi juge de Baṣrah.

Parmi ses mérites : de nombreux ouvrages de biographies, de littérature et de récits rapportent des anecdotes témoignant de l’intelligence et de la perspicacité du juge Iyās ibn Muʿāwiyah ; al-Ḥarīriyy dit à son sujet, dans ses Maqāmāt, ces mots qu’il écrivit dans la septième séance : « Mon intuition est celle d’Ibn ʿAbbās, et ma perspicacité est celle d’Iyās. » On dit aussi en proverbe : « Il est plus que Iyās », c’est-à-dire plus intelligent que lui.

Parmi ce qui est rapporté de son intelligence et de sa perspicacité, ce que rapporte Ibn al-Jawziyy dans son livre al-ʾAdhkiyāʾ : un homme avait confié un dépôt d’argent à un autre ; lorsqu’il revint le réclamer, celui-ci le nia. Il vint trouver Iyās, qui lui demanda : « Sait-il que tu es venu me voir ? » Il répondit : « Non. » « L’as-tu confronté devant quelqu’un ? » demanda-t-il. « Non », répondit-il. Iyās dit : « Va, et reviens dans deux jours. » Il fit ensuite venir l’autre homme et lui dit : « J’ai une grande somme d’argent que je souhaite te confier ; prépare chez toi un endroit pour cet argent et des gens pour le transporter. »

Lorsque le propriétaire de l’argent revint, le juge lui dit : « Va le trouver et réclame ton argent ; s’il te le donne, tant mieux ; s’il te le nie encore, dis-lui : « J’en informerai le juge. » » L’homme se rendit chez lui, qui lui remit son argent.

Ibn al-Jawziyy rapporte une autre version : un homme avait confié un dépôt d’argent à un autre, puis le lui réclama ; l’homme le nia. Ils portèrent leur litige devant le juge Iyās, qui demanda au demandeur : « Qui était présent avec vous ? » Il répondit : « Je le lui ai remis à tel endroit », et en cet endroit se trouvait un arbre. Iyās dit alors au propriétaire de l’argent : « Va à cet endroit et observe l’arbre ; peut-être Allāh t’y montrera-t-Il ce qui établira ton droit. » L’homme se rendit vers l’arbre, tandis que le juge demandait à l’autre d’attendre le retour de son adversaire ; pendant qu’Iyās jugeait d’autres affaires, il demanda soudain à l’homme : « Penses-tu que ton compagnon soit déjà arrivé à l’arbre ? » Il répondit : « Non. » Le juge lui dit : « Tu es donc un traître » ; l’homme avoua alors avoir nié l’argent.

L’auteur de Ḥilyat al-ʾAwliyāʾ rapporte qu’on dit un jour à Iyās : « Tu as trois défauts : la laideur, le fait de trop parler, et la hâte dans le jugement. » Il répondit : « Quant à la laideur, cela ne dépend pas de moi ; quant au fait de trop parler, est-ce que je parle avec justesse ou avec erreur ? » Ils dirent : « Avec justesse. » Il dit : « Alors abonder en justesse est mieux et préférable. Quant à votre reproche de hâte dans le jugement, combien fait ceci ? » — et il montra cinq doigts. Ils répondirent : « Cinq. »

Il dit : « Vous vous êtes hâtés ! N’auriez-vous pas dû dire un, deux, trois, quatre, cinq ? » Ils dirent : « Nous ne comptons pas ce que nous connaissons déjà. » Il dit : « Je ne retiens pas non plus ce qui m’est déjà apparu clairement dans un jugement. »

Parmi ses récits, il se trouvait un jour dans un lieu où survint une chose alarmante, en présence de trois femmes qu’il ne connaissait pas ; il dit : « Celle-ci doit être enceinte, celle-ci allaitante, et celle-ci vierge. » On vérifia, et il en fut bien ainsi. On lui demanda : « Comment le sais-tu ? » Il répondit : « Dans la peur, l’homme porte instinctivement la main sur ce qu’il a de plus précieux et craint pour cela ; j’ai vu l’enceinte porter la main sur son ventre, j’en ai déduit sa grossesse ; j’ai vu l’allaitante porter la main sur son sein, et la vierge porter la main sur ses parties intimes. »

Il regarda un jour une brique, à Wāsiṭ, et dit : « J’ai vu entre les deux briques un endroit humide, différent de tout le reste de cet espace ; j’ai su qu’il y avait dessous quelque chose qui respire. »

Il passa un jour près d’un endroit et dit : « J’entends l’aboiement d’un chien étranger. » On lui demanda comment il le savait ; il répondit : « Par la soumission de sa voix et l’intensité des aboiements des autres chiens contre lui » ; on vérifia, et l’on trouva effectivement un chien étranger attaché, alors que les autres chiens aboyaient contre lui.

Il se trouvait un jour dans le désert et entendit l’aboiement d’un chien ; il dit : « Ce chien aboie au bord d’un puits » ; on constata que la chose était bien telle qu’il l’avait dite ; on lui demanda comment il le savait ; il répondit : « Parce que j’ai entendu un son semblable à celui qui sort d’un puits. »

Dāwūd ibn Abī Hind rapporte, d’après lui, qu’il dit : « Je parle aux gens avec la moitié de mon intelligence ; mais lorsque deux parties viennent en litige devant moi, je rassemble toute mon intelligence. »

Ḥabīb ibn ach-Chahīd l’entendit dire : « Je n’ai jamais parlé à un homme de doctrine erronée avec toute mon intelligence, sauf aux qadarites ; je leur ai demandé : « Qu’est l’injustice selon vous ? » Ils répondirent : « Que quelqu’un prenne ce qui ne lui appartient pas. » Je leur dis : « Or tout appartient à Allāh ʿazza wa jall ! » »

Parmi ses paroles en défense de la religion, il entendit un jour un juif dire : « Comme les musulmans sont sots ! Ils prétendent que les gens du Paradis mangent sans jamais avoir de besoins naturels [c’est-à-dire qu’ils mangent sans uriner ni déféquer]. » Iyās lui dit : « Tout ce que tu manges se transforme-t-il en besoin naturel ? » Il répondit : « Non, car Allāh en fait une nourriture assimilée. » Il dit : « Alors pourquoi nies-tu qu’Allāh Qui est exempt d’imperfections fasse de tout ce que mangent les gens du Paradis une nourriture entièrement assimilée ? » Le mécréant fut confondu.

Il est également rapporté qu’il dit : « Nul ne m’a jamais surpassé, sauf un seul homme : j’étais dans la salle du tribunal à Baṣrah lorsqu’un homme entra, témoignant devant moi que tel jardin, dont il décrivit les limites, appartenait à Untel. Je lui demandai : « Combien d’arbres y compte-t-on ? » Il se tut, puis dit : « Depuis quand notre maître le juge siège-t-il dans cette assemblée ? » Je répondis : « Depuis tant. » Il demanda : « Et combien de poutres compte le plafond ? » Je lui dis : « Tu as raison », et j’acceptai son témoignage. »

Son décès : l’auteur de Wafayāt al-Aʿyān rapporte qu’Iyās ibn Muʿāwiyah dit, l’année de sa mort : « J’ai vu en songe mon père et moi montés sur deux chevaux, courant ensemble ; je ne l’ai pas devancé, ni lui ne m’a devancé ; mon père a vécu soixante-seize ans, et j’ai le même âge aujourd’hui. » Une nuit, il dit : « Savez-vous quelle nuit est celle-ci ? C’est la nuit où j’atteins l’âge exact de mon père » ; il se coucha et fut trouvé mort au matin ; cela survint en l’an cent vingt-deux de l’hégire, à l’âge de soixante-six ans.

Al-Hasan al-Basriyy

Posted in Uncategorized par chaykhaboulaliyah sur août 25, 2026
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Al-Ḥasan al-Baṣriyy

Sa biographie : Il s’agit du grand imam, du noble maître, le mujtahid, le ḥāfiẓ, l’un des maîtres parmi les Successeurs (Tabiʿīn), Abū Saʿīd al-Ḥasan ibn Abī al-Ḥasan Yasār ibn Muṭahhar ibn Ġāḍirah ibn Qurhud — on dit aussi Furhud, avec un fāʾ — al-ʿAwfiyy.

Son père, Abū al-Ḥasan Yasār, faisait partie des captifs de Maysān, une vaste et importante province riche en villages et en palmeraies, située entre Baṣrah et Wāsiṭ, en terre d’Irak ; il s’établit à Médine, alors qu’il était esclave ; il fut affranchi et demeura à Médine, où il se fixa et se maria, sous le califat d’al-Fārūq ʿUmar, qu’Allāh l’agrée ; al-Ḥasan y naquit ainsi deux ans avant la fin du califat de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. Le nom de sa mère était Khayrah ; on dit qu’elle était affranchie de la Mère des croyants Umm Salamah, épouse du Prophète ﷺ ; Umm Salamah envoyait parfois la mère d’al-Ḥasan pour une course, et lui, encore nourrisson, se mettait à pleurer ; Umm Salamah l’apaisait alors avec son propre sein ; elle le présentait parfois, tout enfant, aux Compagnons du Messager d’Allāh ﷺ, qui invoquaient pour lui. Elle le présenta une fois à notre maître ʿUmar, qui invoqua pour lui en disant : « Ô Allāh, donne-lui la compréhension de la religion et fais-le aimer des gens. » Al-Ḥasan grandit ainsi dans le Wādī al-Qurā[1] ; il faut signaler qu’à sa naissance, notre maître ʿUmar lui avait fait mâcher une datte ; il avait un an lorsque notre maître ʿUthmān mourut, et il assista avec lui à la prière du vendredi ; ainsi, l’année de la naissance d’al-Ḥasan serait l’an vingt et un de la bénie hégire.

Description de quelques-uns de ses traits : l’imam al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, était éminent, vénéré, noble, d’un rang élevé et d’une grande importance, d’une exceptionnelle prestance, de belle apparence, au point qu’on disait qu’il était le plus bel homme de Baṣrah de son temps, de constitution parfaite, imposant et rayonnant ; il était par ailleurs un combattant, un héros courageux, réputé et compté parmi les braves, un lion parmi les lions de la guerre sur les champs de bataille, d’une force considérable et d’une puissance immense, aguerri face aux hommes. Al-Aṣmaʿiyy rapporte, d’après son père : « Je n’ai jamais vu d’avant-bras plus large que celui d’al-Ḥasan al-Baṣriyy ; il faisait un empan de large. » Muḥammad ibn Saʿd rapporte : « Al-Ḥasan, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était un homme accompli, élevé, versé en droit religieux, digne de confiance, faisant autorité, sûr, dévot, ascète, d’une science abondante, éloquent, beau et séduisant ; on ne vit à Baṣrah, de son temps, personne au visage plus beau que le sien, et les gens le tenaient pour l’homme dont l’opinion ressemblait le plus à celle de ʿUmar, qu’Allāh l’agrée. »

Ses mérites : al-Ḥasan, qu’Allāh l’agrée, fut l’un des hommes dont le for intérieur ressemblait le plus au comportement extérieur ; s’il ordonnait quelque chose, il était le premier à l’appliquer, et s’il interdisait quelque chose, il était le plus éloigné de le commettre ; dévot, humble, obéissant, ascète, pieux, scrupuleux, d’une virilité étonnante et d’une vaste générosité d’âme, il possédait une part considérable de bonne moralité : sa forme était belle, son caractère était beau, sa science était belle, sa voie était belle — et il était al-Ḥasan [le Beau]. Malgré cela, on le voyait rarement rire, et lorsqu’il riait, ce n’était que par un sourire ; il était d’une tristesse durable et pleurait abondamment, comme s’il venait toujours d’être frappé d’un malheur ; il pleurait avec des sanglots et une voix telle qu’on aurait dit le feu entre ses deux yeux. Il est rapporté qu’il se trouvait une fois dans une assemblée et demanda de l’eau ; lorsqu’on la lui apporta, il s’évanouit un moment, puis reprit connaissance ; interrogé sur la cause de cela, il répondit, qu’Allāh l’agrée : « Je me suis souvenu de cette parole d’Allāh ʿazza wa jall : « Et s’ils implorent du secours, on les secourra avec une eau semblable à du métal fondu qui brûlera leurs visages ; quelle affreuse boisson et quelle détestable demeure ! » [sourate al-Kahf/verset 29]. » Quel homme dont la crainte atteignait un tel degré qu’il s’évanouissait de peur et de crainte au simple souvenir d’un verset du Livre d’Allāh ! Comment s’en étonner, lui qui était réputé pour la longueur de sa tristesse, l’abondance de ses larmes, la profusion de ses pleurs et de ses sanglots par crainte du châtiment d’Allāh ; on dit qu’il resta trente ans sans rire et quarante ans sans plaisanter. Oui, il était perspicace, comprenant que ce bas monde n’est pas le terme ultime de toute chose ; il le prit ainsi pour un océan profond et fit de ses bonnes œuvres un navire pour naviguer vers la demeure de sécurité et de salut ; il fut ainsi un excellent savant œuvrant, revenant sans cesse à la crainte de Allāh, se tenant debout la nuit pour prier et jeûnant le jour, multipliant les veillées nocturnes et les jeûnes. Lorsqu’un homme venait lui demander la science, il ne tardait pas à la voir se manifester dans son humilité, son ascèse, sa langue et son regard, qu’Allāh l’agrée. Il réunissait, outre ces nobles qualités, le combat dans la voie agréée par Allāh, dans lequel il avait une part considérable, au point qu’al-Muhallab, lorsqu’il voulait combattre les mécréants et se préparait au combat pour l’agrément d’Allāh, le faisait venir pour la guerre, en raison de son courage, de sa fermeté, de sa vigueur et de sa force dans l’affrontement des hommes, et de sa constance dans les situations où d’autres hésitaient ; il était en effet un héros aguerri, de forte constitution, aux muscles noués, doté d’un jugement pénétrant, d’une perspicacité vive et d’une excellente capacité de planification et d’action ; tout cela contribua à élever son rang et à magnifier son importance auprès de toutes les catégories de gens et des hommes sensés. Sache également qu’al-Ḥasan al-Baṣriyy, qu’Allāh lui fasse miséricorde, était réputé pour son soin de lui-même : il nettoyait son vêtement et son corps avec un grand souci du détail ; parmi les récits témoignant de son attention à la beauté de sa mise vestimentaire, ce que rapporte Adh-Dhahabiyy, d’après Salām ibn Miskīn, qu’il dit : « J’ai vu al-Ḥasan porter un vêtement scintillant comme de l’or. » Yūnus rapporte : « Al-Ḥasan portait en hiver un manteau rayé, un châle kurde et un turban noir, et en été un izār (pagne) de lin, une tunique et un manteau rayé. » Salām ibn Miskīn rapporte : « J’ai vu sur al-Ḥasan un châle comme si l’eau y coulait, et une tunique comme si elle était de soie. » Il teignait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, sa barbe en jaune chaque vendredi, changeant en jaune tout ce qui avait blanchi de ses cheveux.

Mention de l’abondance de sa science : quant à la science, al-Ḥasan y atteignit un degré immense, dont peu bénéficièrent parmi les gens ; il fut un imam en de nombreuses branches de la science — droit religieux, hadith, exégèse, sciences coraniques, langue, littérature, soufisme et rhétorique —, un maître de son époque, un Chaykh vénéré. Il rapporta le hadith du noble Compagnon ʿImrān ibn al-Muʿīn, ainsi qu’al-Muġīrah ibn Chuʿbah, Abū Bakr ath-Thaqafiyy, an-Nuʿmān ibn Bachīr, ʿAbdullāh ibn ʿAbbās, Anas et d’autres ; il vit ʿUthmān et entendit de lui quelques sermons du vendredi, ainsi que d’autres grands Compagnons ; nombre de Successeurs rapportèrent de lui, dont Thābit al-Bunāniyy, Mālik ibn Dīnār et bien d’autres. Certains l’accompagnèrent pour le droit religieux et devinrent juristes ; d’autres l’accompagnèrent pour le hadith et devinrent traditionnistes ; d’autres l’accompagnèrent pour le soufisme et l’ascèse et y atteignirent un degré éminent. Al-Ḥasan demeura ainsi un océan débordant de sciences diverses, de sagesses et de connaissances variées. Ḥajjāj al-Aswad rapporte qu’un homme fit un vœu, disant : « Puissé-je avoir l’ascèse d’al-Ḥasan, le scrupule d’Ibn Sīrīn, la dévotion de ʿĀmir ibn ʿAbd Qays, et la compréhension juridique de Saʿīd ibn al-Musayyab » — et il mentionna Muṭarrif ibn ach-Chikhkhīr pour une autre qualité ; on examina cela et l’on trouva tout cela pleinement réuni chez al-Ḥasan. Qatādah rapporte : « Al-Ḥasan était l’un des plus savants en matière de licite et d’illicite ; il tenait, qu’Allāh lui fasse miséricorde, des propos qui sortaient de lui comme des perles et des joyaux, et lorsqu’il parlait, ses paroles captivaient les cœurs et ses exhortations marquaient profondément les âmes des hommes. » Il possédait par ailleurs une vaste maîtrise de l’art oratoire, au point qu’on disait qu’il était le plus célèbre orateur de son époque en matière d’exhortation et de rappel ; on discernait, dans ses propos, le langage d’un homme sensé, avisé, perspicace, connaissant la portée des choses et embrassant une part abondante de compréhension et de mémoire. Ar-Rabīʿ ibn Anas rapporte : « J’ai fréquenté al-Ḥasan dix années durant, et il n’était pas un jour où je n’apprenais de lui ce que je n’avais jamais entendu auparavant. » Anas ibn Mālik, qu’Allāh l’agrée, rapporte : « Interrogez al-Ḥasan, car il a retenu ce que nous avons oublié. » Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Abū Hilāl : « J’étais auprès de Qatādah lorsque parvint la nouvelle de la mort d’al-Ḥasan ; je dis : « Il s’était certes plongé dans la science. » Qatādah dit : « Bien plus, elle a poussé en lui, il l’a assimilée et s’en est imprégné. » » ʿAṭāʾ, à qui l’on rapporta qu’al-Ḥasan disait réciter sur la dépouille lors des funérailles, répondit à celui qui l’interrogeait : « Ta science à ce sujet suffit ; c’est un immense imam, digne d’être suivi. » Yūnus ibn ʿUbayd, l’un des Chaykhs vertueux et des savants œuvrants dignes de confiance et pieux, rapporta une fois : « Je n’ai jamais vu quelqu’un dont la parole fût plus proche de l’acte qu’al-Ḥasan » ; il dit également ailleurs à son sujet : « Il était l’un des chefs des savants. » Tous ces témoignages attestent de l’ampleur de la science que cet homme atteignit, ce qui en fit un point de référence, l’un des piliers de la science et l’un des grands érudits de la communauté, qu’Allāh l’agrée et l’ait pour satisfait.

Son décès, qu’Allāh l’agrée : après une vie immense qu’il consacra à la science, à l’œuvre et au combat dans la voie agréée par Allāh, notre imam al-Ḥasan fut rejoint par la mort inéluctable ; cela survint en rajab de l’an cent dix, à l’âge d’environ quatre-vingt-huit ans ; on le porta alors dans des funérailles imposantes, majestueuses et grandioses ; on pria pour lui après la prière du vendredi à Baṣrah ; les gens l’accompagnèrent en foule et se pressèrent autour de lui, au point que la prière de l’après-midi ne put être célébrée ce jour-là dans cette grande mosquée. Sa mort affligea les notables, comme Ibn Sīrīn et d’autres ; Adh-Dhahabiyy rapporte, d’après Hichām ibn Ḥassān : « Nous étions auprès de Muḥammad [Ibn Sīrīn] un jeudi soir, lorsqu’un homme entra après la prière de l’après-midi et dit : « Al-Ḥasan est mort. » Muḥammad implora la miséricorde pour lui, changea de couleur et se tut, ne parlant plus jusqu’au coucher du soleil ; les gens se turent aussi devant lui, voyant sa profonde affliction. »

Qu’Allāh fasse miséricorde à l’imam al-Ḥasan al-Baṣriyy et élève son rang dans les jardins des délices ; Il est Celui qui entend l’invocation ; louange à Allāh, Seigneur des mondes.


[1] NdT : Wādī al-Qurā désignait historiquement une vallée d’oasis parsemée de villages, située sur les routes reliant le Hedjaz à la Syrie. Sa principale cité était Qurḥ (قُرْح), un important centre commercial et agricole. Les ruines de Qurḥ se trouvent aujourd’hui à environ 20 km au sud de la vieille ville d’Al-ʿUla, près du village de Mughayrah. Le nom Wādī al-Qurā a progressivement disparu au profit du nom Al-ʿUla, qui désigne aujourd’hui la région et la ville.