Récit : L’invocation du Prophète, ^alayhi s-salam, contre ^Outbah ibnou Abi Jahl
Lorsque les annonces de l’appel du Prophète Mouhammad apparurent, il y avait au sein de Qouraych un groupe d’associateurs qui avaient nui au messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ainsi qu’à ses compagnons honorables, d’une forte nuisance.
Combien de musulmans avaient été jetés sur le sable brûlant du désert et sur le corps desquels étaient placées des pierres, d’autres avaient été ligotés sur le tronc d’un arbre sous le soleil brûlant et en étant assoiffés.
Parmi les associateurs il y avait Abou lahab, ^Ouqbah Ibnou Mou^it, Al Walid Ibnou Moughirah, Abou Jahl et son fils ^Outbah qui insultait le messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
La haine l’avait amené jusqu‘à attaquer le Prophète, ^alayhi s-salam, lui déchirer son qamis et lui nuire.
C’est alors que le Prophète, ^alayhi s–salat wa s-salam avait fait une invocation contre lui en disant :
(Allahoumma sallit ^alayhi sabou^an min siba^ik )
Ce qui signifie : « Ô Allah, fais qu’un des fauves qui T’appartient s’attaque à lui. »
Un jour, ^Outbah Ibnou Abi Jahl sortit de La Mecque honorée avec ses compagnons, pour faire du commerce dans le pays de Ach-Cham. La caravane s’engagea dans une longue route jusqu’à arriver dans une région qui s’appelle Az–Zarqa, en Jordanie. Ils firent halte, reposèrent leurs chamelles et chameaux et descendirent leurs bagages. Tandis qu’ils étaient dans cette région, ils entendirent le rugissement d’un lion, ^Outbah Ibnou Abi Jahl trembla plus que les autres car il s’était rappelé de l’invocation de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’il lui avait déchiré sa chemise. Il annonça à ses compagnons cela alors qu’ils étaient en train de préparer le dîner.
Tous s’étaient assis pour commencer à manger et ils commençaient à manger les différents plats, mis à part ^Outbah Ibnou Abi Jahl qui n’avait pas tendu sa main et qui n’avait pas mangé avec eux tellement il avait peur. En effet, il se retournait à droite et à gauche en s’attendant à ce que le lion l’attaque. Quand ils eurent terminé leur repas et que fut venue l’heure de dormir, ils placèrent leur marchandises sous forme d’un cercle autour d’eux et ils mirent ^Outbah Ibnou Abi Jahl à leur centre pour le protéger. Ils préparèrent leurs épées et leurs armes pour les utiliser en cas de besoin et ils chargèrent un gardien de les surveiller.
La nuit tomba calmement, le lion vint doucement alors que le gardien comme tous les autres avait sombré dans un sommeil profond.
Le lion s’approcha d’eux, les renifla l’un après l’autre jusqu’à arriver à ^Outbah, le frappa fortement à la tête et le blessa. Ses compagnons se réveillèrent et l’entendirent dire : « N’est ce pas que je vous ai dit que Mouhammad est le plus véridique des gens. » Et il mourut de ses blessures en raison de ses actes atroces.
RamaDaan 1432 : Les actes surérogatoires de nuit
La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissances et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.
Allah ta^ala dit : (‘Inna l-mouttaqina fi jannatin wa ^ouyoun ; ‘akhidhina ma ‘atahoum rabbouhoum ‘innahoum kanou qabla dhalika mouhsinin ; kanou qalilan mina l-layli ma yahja^oun ; wa bi l-‘as-hari houm yastaghfiroun » [sourat Adh-Dhariyat/15-18].
Le Prophète éminent a dit ce qui signifie : « Attachez-vous au fait d’accomplir des prières surérogatoires et des actes d’adorations surérogatoires durant la nuit car c’est cela le chemin des vertueux, c’est un moyen d’expier vos mauvaises actions, c’est un moyen pour éviter de commettre les péchés et un moyen de chasser la maladie du corps » [rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit que c’est un hadith gharib].
Celui qui veut améliorer son état, qui veut suivre le chemin des vertueux, qui veut prendre la voie des soufis, qu’il s’attache aux veillées surérogatoires pendant la nuit pour accomplir différents actes d’adoration et notamment, la prière pendant la nuit. C’est la tradition des prophètes et la voie et le chemin des saints et des esclaves vertueux. La prière surérogatoire pendant la nuit est une tradition de notre Prophète élu. D’après ^A’ichah que Allah l’agrée : « Le Prophète veillait en prières surérogatoires la nuit tant que ses pieds en étaient endoloris » mais sans que cela arrive à nuire au corps. ^A’ichah a demandé au Prophète : « Pourquoi fais-tu cela ô Messager de Allah ?! N’est-ce pas que Allah t’a pardonné tes éventuels péchés que tu as pu commettre ou que tu aurais pu commettre ?! ». Le Prophète a répondu ce qui signifie : « Ne serais-je alors pas un esclave qui remercie son Seigneur ! » C’est-à-dire bien qu’il en est tel que tu m’as dit, je remercie mon Seigneur et j’accomplis des actes surérogatoires.
Le Prophète éminent a dit un jour au compagnon glorieux ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar ce qui signifie : « C’est un homme bon ^Abdou l-Lah s’il faisait la prière surérogatoire pendant la nuit ». Le fils de ^Oumar qui s’appelle Salim a dit : « ^Abdou l-Lah, après ce que lui a dit le Prophète, ne dormait que très peu la nuit ».
La mère de Soulayman, fils de Dawoud, qui faisait partie des femmes vertueuses qui accomplissaient les devoirs, qui évitaient les interdits, qui multipliaient les prières surérogatoires la nuit pour obéir à Allah, a dit : « Ô mon fils ! Ne dors pas beaucoup la nuit parce que le trop de sommeil la nuit fait que l’esclave sera pauvre au jour du Jugement ». Il ne s’agit pas d’une pauvreté en argent ou en biens mais en récompenses. Que celui qui veut suivre le chemin des vertueux qui permet d’avoir son cœur illuminé par la lumière de la foi, qu’il sache que l’accomplissement des prières surérogatoires pendant la nuit et que les différents actes d’adoration la nuit constituent un acte d’adoration éminent parce que c’est une source de plaisir intense pour ceux qui aiment Allah, c’est un plaisir pour les âmes des pieux et c’est un jardin pour les adorateurs. C’est aussi un commerce gagnant pour ceux qui réussissent et c’est le fruit des âmes pour ceux qui sont remplis de crainte de Allah parce qu’il y a en cela un combat contre les passions de l’âme, une contradiction de ce à quoi aspire l’âme de la personne. Cet adorateur pieux qui a passé la nuit dans le tahajjoud et surtout plus particulièrement durant les nuits qui sont froides, il adore son Seigneur, il Le supplie, il L’évoque beaucoup, il a délaissé le plaisir du sommeil pendant la nuit, il a laissé son épouse, le drap avec lequel il se couvre, son lit dans lequel il se repose pour rechercher ce que Allah lui a promis comme récompenses. Allah lui remplacera par mieux que ce qu’il a laissé dans le Paradis. Allah dit ce qui signifie : « Certes les pieux seront dans des jardins au Paradis ; ils profiteront de ce que leur Seigneur leur a accordé … ils dormaient peu la nuit et ils demandaient le pardon à Allah » [Adh-Dhariyat].
Allah dit dans sourat As-Sajdah/15-17 ce qui signifie : « Ceux qui croient en nos ‘ayah sont ceux qui lorsque le rappel leur est fait, ils se prosternent immédiatement et ils invoquent la louange de leur Seigneur ». Leurs corps ne se reposent pas longtemps sur leur couche. Ils invoquent leur Seigneur par crainte. Ils dépensent dans les voies du bien et ils ne savent pas le bien qui leur sera réservé et qui leur réjouira le cœur en rétribution de ce qu’ils avaient fait.
Le Prophète a dit (‘Ayyouha n-nas ‘afchou s-salam wa ‘at^imou t–ta^am wa sallou bi l-layli wa n-naçou niyam ; tadkhoulou l-jannata bi salam) [rapporté par At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Ô vous les gens ! Diffusez le salam autour de vous, partagez la nourriture, accomplissez les prières surérogatoires pendant la nuit alors que les gens sont endormis, vous entrerez au Paradis en paix ».
C’est pour cela que celui qui veut suivre le chemin des vertueux, qu’il accomplisse un maximum de prières de nuit et qu’il accomplisse durant la nuit différentes sortes d’obéissance comme la prière, la récitation du Qour’an, le dhikr, l’istighfar –la demande du pardon à Allah–, les invocations et surtout au dernier tiers de la nuit –la nuit c’est ce qui est entre le coucher du soleil et l’aube–. Divisée en trois, il y a au dernier tiers de la nuit un temps qui précède l’aube et qui s’appelle as-sahar. C’est un temps béni parce que c’est un temps où l’âme est pure, les cœurs s’adoucissent et l’invocation est exaucée. Les saints vertueux délaissent rarement l’accomplissement des actes d’adoration pendant la nuit en raison du plaisir, de la sérénité, du bonheur qu’ils trouvent dans l’obéissance à leur Créateur en faisant du dhikr et en récitant le Qour’an. Leur modèle en cela, c’est le Prophète. Faire le qiyam, c’est-à-dire veiller les nuits en prières, en invocations, en istighfar, est un plaisir pour les pieux et les esclaves vertueux de Allah. C’est pour cela qu’un saint qui s’appelle Abou Soulayman Ad-Daraniyy a dit que « les gens de l’obéissance, leur nuit leur procure plus de plaisir que les gens qui s’occupent des loisirs, lorsqu’ils s’occupent de leurs loisirs et s’il n’y avait pas eu la nuit, il n’aurait pas aimé resté davantage dans ce bas-monde ».
Parmi les caractères des Salaf vertueux, c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles, il y a l’assiduité dans le qiyam que ce soit pendant l’été ou pendant l’hiver. Ils considèrent que c’est quelque chose d’extrêmement important comme si c’était une obligation. Ils disent : « Toute personne qui veut cheminer dans la voie du soufisme qui s’endort la nuit sans qu’il ne soit gagner par le sommeil, il n’arrivera rien de sa part », c’est-à-dire que s’il va dormir sans que ce soit la somnolence qui l’ait gagné, il n’arrivera rien de lui sur le chemin des soufis ». S’ils dorment, c’est parce qu’ils ont été gagné par le sommeil. Aujourd’hui, beaucoup de personnes qui se réclament de la voie soufi ne se comportent pas de cette manière. Les Salaf vertueux reconnaissaient par le visage celui qui s’était endormi et celui qui avait passé la nuit en actes d’adoration surérogatoires.
^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar était un esclave vertueux. Il accomplissait des actes d’adoration pendant la nuit et il demandait à son élève Nafi^ : « Nous sommes arrivés au temps du sahar ? » et son élève lui répondait : « non ». Il se relevait pour faire plus de prières puis il lui demandait : « Nous sommes entrés dans le temps du sahar ? ». Lorsqu’il lui disait : « oui », alors il se mettait à faire al-istighfar –la demande du pardon–.
^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud se levait pour faire le tahajjoud et on entendait provenir de lui comme le bruit des abeilles jusqu’au matin, c’est-à-dire qu’il faisait du dhikr et il récitait le Qour’an.
Le tabi^iyy –successeur des compagnons– mettait la couche sur laquelle il comptait passer la nuit et il ne s’endormait pas et se mettait à gémir jusqu’au matin et disait : « La crainte de l’enfer chasse le sommeil des yeux des adorateurs ».
Ibnou Abi Dawoud, lorsqu’on lui étendait sa couche, il mettait la main et lui disait : « comme c’est doux ! Mais les couches du Paradis sont encore plus douces ». Puis il se levait et accomplissait la prière jusqu’à l’aube.
Soufyan Ath-Thawriyy et Ibrahim Ibnou l-‘Ad-ham étaient de ceux qui passaient la nuit en train d’accomplir des actes d’adoration jusqu’à leur mort. Pourquoi les gens de notre époque n’ont–ils pas peur de ce dont les autres avaient peur !
Rabi^ah Al-^Adawiyyah faisait le woudou’ chaque nuit. Elle se parfumait et disait à son époux : « As-tu besoin de moi ? ». S’il lui disait non, elle se levait et disait : « Mon Dieu, les yeux se sont refermés, les rois du bas monde ont refermé leur porte mais la porte du pardon n’est pas fermée. Accorde-moi Ton pardon ». Elle disait : « Par Ta gloire, voici ma position jusqu’au matin tant que je suis vivante ».
Il a été rapporté que Malik Ibnou Dinar, lorsqu’il était debout depuis le temps de al-^icha’, il tenait sa barbe dans sa main et pleurait en disant : « Ô Seigneur, fais miséricorde à Malik » jusqu’à la levée de l’aube.
Il a été rapporté qu’un vertueux n’a pas dormi une seule partie de la nuit durant un mois. Il disait aux gens de sa maison : « Ô gens ! Cette résidence n’est pas une résidence du sommeil, bientôt les vers vont dévorer votre corps ».
Dans l’accomplissement d’actes d’obéissances à fréquence régulière que ce soit des dou^a’, la demande du pardon ou la récitation du Qour’an, à nous de faire en sorte que nous accomplissions beaucoup d’actes surérogatoires pendant la nuit et surtout pendant le temps du sahar. Que la personne invoque son Seigneur avec beaucoup d’humilité. Allah a dit au sujet de Ses esclaves vertueux dans sourat Adh-Dhariyyat/17-18 ce qui signifie : « Ils dorment peu la nuit et durant le sahar, ils demandent le pardon ».
Un saint a conseillé un de ses élèves qui se plaignait de la dureté de son cœur. Il lui a dit : « Habitue-toi à faire des prières même deux rak^ah durant le temps du sahar parce que ce temps-là est un temps où l’invocation est exaucée et où le cœur s’adoucit ».
Celui qui a des prières obligatoires à rattraper, qu’il accomplisse la prière en rattrapage et qu’il fasse des invocations. Ibn Al-Khawass qui était un grand saint a dit : « Le remède du cœur, ce sont cinq choses :
– la récitation du Qour’an avec méditation,
– avoir un ventre creux (c’est-à-dire ne pas trop manger),
– faire le qiyam la nuit (veiller en actes d’adoration pendant la nuit),
– invoquer Allah avec humilité pendant le sahar,
– tenir compagnie aux vertueux ».
Que celui qui recherche le chemin des vertueux, qui veut être au nombre des gagnants dans l’au-delà, qu’il persévère durant les actes surérogatoires pendant la nuit. Que la personne veille pendant le temps du sahar à être au nombre de ceux qui accomplissent les actes d’obéissance à Allah. Aujourd’hui, beaucoup perdent leur temps à regarder la télévision, celui qui est intelligent est celui qui écoute les belles choses et les met en pratique.
Certains savants ont dit : « L’indulgence est une parure pour la science parce que l’indulgence est chose requise de la part de l’enseignant et de la part de l’étudiant. Il est important aussi de ne pas s’engager dans un sujet que l’on ne connaît pas ».
Et Allah sait plus que tout autre.
RamaDaan 1432 : La croyance véritable et les prodiges des saints
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Mouhammad l’esclave de Allah r.
Je loue Allah l’Unique, Celui qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et Je recherche Sa bonne guidée, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide c’est lui le bien guidé et celui qu’Il égare, tu ne lui trouveras pas de partisan ni de guide.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, lumière éclatante, lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté, Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message, il s’est acquitté de ce qui lui a été confié, il a conseillé la communauté, que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il ait rétribué un de Ses prophètes, r. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec la bonne guidée et la religion de la vérité afin qu’Il lui donne la victoire sur toutes les religions même si cela déplaît aux mécréants. Et je témoigne que notre maître Mouhammad r est Son esclave et Son messager, que Allah l’honore lui ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
La croyance de vérité
Allah ta^ala dit : {يَا أَيُّها الّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَا قَدَّمَتْ لِغَد} [1] (ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et que chacun considère ce qu’il a préparé pour le jour du jugement« .
Notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Aujourd’hui les actes et demain les comptes » [rapporté par Al-Boukhariyy dans le chapitre Ar-Riqaq].
Le droit le plus éminent que Allah a sur Ses esclaves c’est la croyance en Son unicité, ta^ala, et de ne rien Lui associer. En effet, l’association à Allah est le plus grand péché que puisse commettre l’esclave. C’est le péché que Allah ne pardonne pas et Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut. Allah ta^ala dit : {إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ} [2] (‘inna l-Laha la yaghfirou ‘an youchraka bihi wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha’) ce qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quelque chose et Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut« .
De même, toutes les sortes de mécréance, Allah ne les pardonne pas. La preuve en est Sa parole ta^ala : {إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللهُ لَهُمْ} [3] (‘inna l-ladhina kafarou wa saddou ^an sabili l-Lahi thoumma matou wa houm kouffaroun falan yaghfira l-Lahou lahoum) ce qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en Islam, puis sont morts mécréants, ceux-là Allah ne leur pardonne pas« .
Le Messager de Allah r a dit :
((مَنْ شَهِدَ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ))
(man chahida ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika lah ; wa ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh ; wa ‘anna ^Iça ^abdou l-Lahi wa raçoulouh ; wa kalimatouhou ‘alqaha ‘ila Maryama wa rouhoun minh ; wa l-jannata haqqoun wa n-nara haqq ; ‘adkhalahou l-Lahou l-jannata ^ala ma kana mina l-^amal)
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, unique sans associé et que Mouhammad est Son esclave et Son messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son messager, qu’il est la bonne nouvelle annoncée à Maryam et que son âme est une âme honorée par Allah, que le paradis est une vérité et que l’enfer est une vérité, celui-là, Allah le fera entrer au paradis selon les actes qu’il aura accomplis« .
Dans un autre hadith : ((فَإِنَّ اللهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللهِ)) (fa’inna l-Laha harrama ^ala n-nari man qala la ‘ilaha ‘il-la l-Lah yabtaghi bidhalika wajha l-Lah) [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Certes, Allah ne châtiera pas éternellement celui qui a témoigné qu’il n’est de dieu que Allah, en recherchant par cette parole l’agrément de Allah« .
Il est un devoir de joindre la croyance en le message de Mouhammad r à la croyance qu’il n’est de dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauvé du séjour éternel en enfer.
La signification du témoignage qu’il n’est de dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue et je crois par mon cœur que le seul Qui mérite vraiment l’adoration, c’est Allah ta^ala.
La signification du témoignage que Mouhammad r est le Messager de Allah est : je reconnais par ma langue et je crois par mon cœur que notre maître Mouhammad est le messager de Allah à tous les mondes, aussi bien les hommes que les jinn, qu’il est véridique en tout ce qu’il a transmis de la part de Allah ta^ala pour qu’ils croient en sa Loi (chari^ah) et le suivent.
Ce qui est visé par les deux témoignages est de nier le fait d’être dieu à tout autre que Allah, de le confirmer à Allah, et ce, en reconnaissant et en croyant au message de notre maître Mouhammad r.
La foi et l’Islam ne sont pas valables et les bonnes œuvres ne sont pas acceptées sans les deux témoignages avec l’expression : (‘Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah, wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah« , ou ce qui a la même signification, même en une autre langue que la langue arabe.
Il suffit pour la validité de l’Islam de les prononcer une fois dans la vie. Il reste un devoir de les prononcer dans chaque prière pour la validité de la prière. Ceci concerne celui qui n’était pas musulman et qui a eu l’intention d’entrer en Islam.
Quant à celui qui a grandi sur la religion de l’Islam et qui croyait fermement à la signification des deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer : il est musulman même s’il ne les prononce pas.
La juste religion selon le jugement de Allah, c’est l’Islam. Allah ta^ala dit :
{وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ} [4] (wa man yabtaghi ghayra l-‘islami dinan falan youqbala minh) ce qui signifie : « Et quiconque choisit autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui » ; et Allah ta^ala dit aussi : {إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللهِ الإِسْلاَم} [5] (‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes la religion [agréée] selon le jugement de Allah est l’Islam« .
Ainsi, tous les prophètes sont musulmans. Celui qui a suivi Mouça r est un musulman mouçawiyy, et celui qui a suivi ^Iça r est un musulman ^içawiyy. Il est valable de dire à propos de celui qui a suivi Mouhammad r qu’il est un musulman mouhammadiyy.
L’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.
On n’appelle pas Allah (mouslim) –musulman– comme le disent certains ignorants.
Autrefois, l’humanité entière avait une seule religion, c’était l’Islam mais l’association et la mécréance envers Allah ta^ala sont apparues après le prophète Idris r.
Nouh [6] fut alors le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah, l’Unique, Qui n’a pas d’associé. Allah a averti de l’association tous les messagers qui sont venus après lui.
Notre maître Mouhammad r a donc renouvelé l’appel à l’Islam après que cette religion a disparu parmi les gens, sur terre. Il a été appuyé pour cela par des miracles, qui prouvaient sa prophétie. Certains sont donc entrés en Islam. Les gens de l’égarement ont renié sa prophétie. Parmi eux, certains faisaient auparavant partie des associateurs, tel un groupe de juifs qui ont adoré ^Ouzayr. Ils ont ainsi cumulé mécréance sur mécréance. D’autres parmi les gens du Livre, juifs et chrétiens, ont cru en lui. C’est le cas de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam qui était le savant des juifs à Médine (Al-Madinah) et ‘As–hamah An-Najachiyy, le roi de l’Ethiopie qui était chrétien et qui a ensuite suivi le Messager r d’une manière complète ; il est mort durant la vie du messager de Allah et le Messager a fait la prière funéraire en sa faveur, salatou l-gha’ib –la prière funéraire sans que le corps du défunt soit présent– le jour même de sa mort. Allah lui avait révélé qu’il était mort. Après cela, on voyait la nuit au-dessus de sa tombe une lumière. Ceci est une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un saint, que Allah l’agrée.
Le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Allah Lui seul.
La croyance en Dieu
Les Gens de la vérité ont dit : Parmi les règles de croyance, il y a des règles globales et des règles partielles. Entre autres, que la substance ne crée pas une substance. Si Allah avait été une substance palpable, il ne serait pas valable selon la raison qu’Il créerait une substance palpable. S’il avait été une substance impalpable, il ne serait pas valable selon la raison qu’Il créerait une substance impalpable. En outre, il a été confirmé par la raison que Allah n’est ni une substance palpable, ni une substance impalpable.
Aussi, parmi cela, il y a une règle partielle : ce qui a un début à son existence, il n’est pas valable par la raison qu’il crée ce qui a un début à son existence comme lui. Il n’est pas valable selon la raison également qu’il se crée lui-même. Il est dit à l’idolâtre adorateur du soleil : le soleil est une substance palpable, il n’est pas valable selon la raison qu’il se soit créé lui-même car cela entraînerait l’impossible selon la raison, à savoir qu’il existe antérieurement à lui-même et postérieurement à lui-même ; et ceci est évidemment impossible. Il lui est également dit : il est ainsi confirmé que le soleil a besoin de Qui lui a donné l’existence et Celui Qui lui a donné l’existence n’est pas une substance. C’est plutôt un Être Qui existe, Qui n’est pas une substance, c’est-à-dire qu’Il n’est pas ce qui a un volume. Le cops (jirm) et ce qui a un volume (hajm) ont même signification.
Quant à l’athée qui dit que c’est la nature qui a créé le monde, il lui est dit : la nature n’est pas un être qui a une perception et une science. Comment serait-il possible qu’elle crée quoi que ce soit du monde ! En effet, Celui Qui crée, nécessairement sait ce qu’Il crée ; et la nature, pour nous tout comme pour vous, n’a ni de science ni de perception.
Il est ainsi obligatoire selon la raison que le monde soit une créature, ayant un début à son existence, que Celui Qui l’a fait surgir du néant à l’existence est un Être Qui existe, Qui est vivant, Qui sait tout et Qui est tout-puissant. Il s’agit de Allah, l’Être Dont l’existence est obligatoire selon la raison.
La signification de « Dont l’existence est obligatoire selon la raison » est que Son inexistence n’est pas valable selon la raison. Il n’est pas valable selon la raison que le néant ait précédé Son existence ni que le néant suive Son existence.
De plus, le monde se limite à deux choses : le corps (al-hajm), et qui s’appelle jawhar et le jawhar dans la langue est la chose elle-même, et la deuxième sorte c’est la caractéristique (^arad) et c’est ce qui advient au corps comme les couleurs, les mouvements, les immobilités, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le contact, la localisation dans une direction et un endroit. On le définit en disant qu’il est : ce qui est lié au corps et n’existe pas en soi indépendamment de la substance.
Parmi les caractéristiques (^arad), il y a la longueur ou la petitesse, la grande taille ou la petite taille de la substance. La science entrée en existence qui est la science de la créature est aussi une caractéristique, et de même la perception. Il en est de même pour les changements d’humeur comme la joie, le chagrin, le plaisir, la douleur, les changements d’un état à un autre. Le Dieu tabaraka wa ta^ala est exempt de toutes les caractéristiques qui adviennent aux substances. Sa science n’est pas une caractéristique advenant à une substance, Sa puissance également, Sa parole également n’est pas une caractéristique advenant à une substance. Sa parole n’est pas un son tout court ni un son fait de lettres. Tous Ses attributs sont exempts de début, exempts de fin, comme Sa vie ta^ala. Tout comme Sa vie n’est pas entrecoupée d’interruption, de renouvellement, d’augmentation et de diminution, il en est de même pour tous Ses attributs comme la puissance, la volonté, l’ouïe, la vue, la science et la parole.
Ahlou s-Sounnah sont unanimes sur le fait que la puissance de Allah est une puissance unique, qui concerne tout ce qui est possible selon la raison et qui est donc sujet à Sa puissance, que Sa volonté est une volonté unique, qui concerne tout ce qui est possible selon la raison et qui est donc sujet à Sa volonté, que Son ouïe est un attribut unique exempt de début et de fin, par lequel Il entend tous les sons. Ce n’est pas une ouïe qui entre en existence lors de l’entrée en existence d’un son. Sa vue est un attribut unique par lequel Il voit tout ce qui est vu, d’une vue exempte de début exempte de fin. Sa vue n’est pas une vue qui entre en existence lors de l’entrée en existence de ce qui est vu. Il en est de même pour Sa science qui est un attribut unique par lequel Il sait toute chose qui existe et qui existera.
Sa parole est un attribut unique. Sa parole est unique, exempte de début, exempte de fin. Elle est ordre, interdiction, annonce, interrogation – n’est-ce pas que Allah interroge les humains au jour du jugement ! –, promesse et menace. Si quelqu’un dit : comment est-il dit que la parole de Allah (kalam) est unique alors que dans le Qour’an, il y a :
{ ولو أنما في الأرض من شجرةٍ أقلامٌ والبحر يَمُدُّهُ من بعده سبعةُ أبحرٍ ما نفدت كلماتُ الِله }
(wa law ‘annama fi l-‘ardi min chajaratin ‘aqlamoun wa l-bahrou yamouddouhou min ba^dihi sab^atou ‘abhourin ma nafadat kalimatou l-Lah)
Dans laquelle il est dit (kalimat) qui est un mot au pluriel ? Comment est-il dit parole unique (kalam) alors que dans le Qour’an il est dit (kalimatou l-Lah) au pluriel ? La réponse est que la mention d’un terme au pluriel est pour la glorification, pour glorifier cette parole qui est une parole unique. Tout comme Allah tabaraka wa ta^ala est un seul Être et il est indiqué dans le Qour’an par le terme (nahnou) – Nous –, comme dans cette ayah :
{إنّا نحن نحيي ونميت}
(inna nahnou nouhyi wa noumit)
qui signifie : « Certes, c’est Nous Qui donnons la vie et la mort ». « Nous » alors qu’Il est unique. Il en est de même pour le terme nous (nahnou) pour la créature, il peut être utilisé au sujet des créatures dans le sens du pluriel et il se peut que ce soit pour glorifier celui qui parle. Il se peut que l’un d’entre nous dise « nous » pour exprimer un pluriel : au sujet de soi-même avec un groupe de personnes et il se peut pour se glorifier soi-même par « nous ». Ce qui est parvenu dans le Qour’an (inna nahnou nouhyi wa noumit) est pour la marque d’honneur et de glorification et non pas pour indiquer un pluriel. Allah S’est glorifié Lui-même. Il en est de même pour l’expression (kalimatou l-Lah) c’est pour la marque d’honneur et de glorification de cette parole qui est unique. La parole de Allah est unique. Il est parvenu dans le Qour’an sa mention par un terme qui exprime le pluriel car kalimat est le pluriel de kalimah et par kalimah : kalimah et kalimat.
Pour ce qui est parvenu dans le Qour’an par Sa parole :
{إنما أمره إذا أراد شيئًا أن يقول له كن فيكون}
(innama ‘amrouhou ‘idha arada chay’an ‘an yaqoula lahou koun fayakoun)
cela ne signifie pas que Allah dit du nombre de ce qu’Il crée : koun, koun, koun –soit, soit, soit–. Mais le sens est que ce dont Allah veut l’existence, il a lieu sans que difficulté ou fatigue ne L’atteignent, sans qu’il y ait retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. C’est cela le sens. Ce n’est pas qu’Il dise du nombre des créatures, chacune, koun – soit –.
Dans un seul instant, Il crée ce qu’aucune créature ne peut dénombrer, ni ange, ni humain. C’est une stupidité que de croire que Allah prononce le (kaf) et le (noun) pour chaque chose qu’Il crée. Ceux-là sont stupides ! Ils n’ont pas de raison qui les fasse parvenir à la réflexion correcte, les wahhabites et ceux qui sont dans un état semblable au leur. Selon eux, Allah parlerait avec le (kaf) et le (noun) du nombre de ce qu’Il crée.
Allah existe avant la création des langues. Avant l’existence du monde Il parle et après avoir créé le monde Il parle d’une seule parole. Nous n’en comprenons pas la réalité dans le bas monde mais dans l’au-delà, lorsqu’Il nous fait entendre, nous comprendrons. Nous entendrons une parole qui n’est pas de lettres ni de sons et qui n’est pas composée d’une lettre qui précède et d’une lettre qui suit. Ahlou s-Sounnah –les sunnites– ont dit que Sa parole est unique, que Sa puissance est unique, que Sa science est unique, que Sa volonté est unique, que Son ouïe est unique, que Sa vue est unique et que Sa science est unique car si elle avait été multiple, qu’elle se produit petit à petit, cela entraînerait l’entrée en existence de l’Être de Allah, or l’entrée en existence est impossible au sujet de Allah ; et ce qui entraîne le début à l’existence est impossible au sujet de Allah.
Le livre Jawahirou l-Fousoul, ce livre comprend ce que nous avons décrété dans cette conférence, à savoir que la parole de Allah n’est pas lettres et sons, que Allah tabaraka wa ta^ala existe sans endroit et qu’il ne s’écoule pas de temps sur Lui car Il est de toute éternité, alors que l’endroit et le temps ont un début à leur existence et que Allah n’en est pas caractérisé. Il existe plutôt de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité, et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité. Ce livre, Salahou d-Din Al-‘Ayyoubiyy de son temps en a décidé l’enseignement dans les écoles, pour les jeunes et les plus âgés, et c’est ce qu’enseignent Ahlou s-Sounnah dans les orients et les occidents. Mais les wahhabites sont apparus il y a deux cent cinquante ans. Ils enseignent aux gens que Allah est un corps qui est assis au-dessus du Trône, qu’Il a des membres et qu’Il parle avec des lettres et un son. Ils ont même dit qu’Il a un pied ! Ils lui ont attribué le pied ! Tant que certains ont dit : (au jour du jugement, lorsqu’il sera dit à l’enfer es-tu rempli ? et qu’il répond : pas encore, le Dieu met dedans sa jambe et l’enfer ne la brûle pas) ! Ils L’ont considéré avec l’aspect d’un être humain, ils L’ont considéré un corps limité de la taille du Trône. Ils Lui ont attribué des membres et Lui ont attribué une descente et une remontée. Il ne leur reste plus qu’à dire qu’Il est comme nous ! Que Allah les maudisse. Eux, cette voie maligne, ils la diffusent avec l’argent. Allah leur a donné l’argent : le pétrole. Il leur a fait jaillir ce qui est une source de péchés pour eux. Il sera pour eux une source de remontrances et de courroux pour eux dans l’au-delà.
Certains de leurs chaykh, dans leur exagération de l’assimilation, a dit en descendant des marches, il a dit : Allah descend comme moi. Il a ainsi expliqué le hadith (ينزل ربنا كل ليلة إلى السماء الدنيا) (yanzilou Rabbouna koulla laylatin ‘ila s-sama’i d-dounya). Il l’explique ainsi par son acte. Il assimile Allah à lui. Ce nouzoul selon Ahlou s-Sounnah est la descente des anges sur ordre de Allah. Les anges descendent chaque nuit, après la moitié de la nuit jusqu’au ciel du bas-monde. Ils transmettent de la part de Allah. Ensuite, au temps de l’aube, ils retournent à leurs places, au-dessus du ciel du bas-monde. C’est cela l’explication du hadith.
Ce n’est pas tout le monde qui est bien guidé par le Qour’an. Allah ne l’a pas révélé afin que tout le monde en soit bien guidé. Celui que Allah veut qu’il soit bien guidé par le Qour’an, il sera bien guidé par le Qour’an, et s‘égarera par le Qour’an celui que Allah veut qu’il soit égaré par le Qour’an. Ahlou s-Sounnah, Allah les a bien guidés par le Qour’an. Il leur a fait profiter du Qour’an car ils l’expliquent de la manière adéquate. Le Qour’an est ainsi pour eux une bonne guidée. Quant à ceux qui assimilent Allah à Ses créatures, qui expliquent certaines ayah et hadith conformément aux caractéristiques des créatures, ceux-là Allah les a égarés par le Qour’an. C’est pour cela qu’Il dit :
{ ذلك الكتاب لا ريب فيه هدى للمتقين}
(dhalika l-kitabou la rayba fihi houdan li l-mouttaqin)
ce qui signifie : « Ce Livre qui ne comporte pas de doute, est une guidée pour les pieux ». Les wahhabites mémorisent le Qour’an mais en réalité, ils le contredisent.
Que signifie une preuve partielle ? Réponse : le monde change et tout ce qui change a une existence ayant un début et le monde a un début à son existence. Ceci est une preuve globale. Quant à ce qui est compris à partir de cette règle, ce sont des preuves partielle. Tout comme lorsque tu dis que la substance (jawhar) a une existence ayant un début. Ceci est une partie de ce qui est compris de l’autre règle.
La parole des Gens de la vérité – disant que Allah est exempt de la limite – signifie : si Allah était une substance élémentaire, la substance élémentaire Lui serait semblable. S’Il était supérieur à cela jusqu’à atteindre le plus grand des corps, qui est le Trône ou davantage jusqu’à atteindre une quantité finie ou une quantité supposée infinie, il serait obligatoire selon la raison qu’Il soit constitué de parties c’est-à-dire composé. Or, ce qui est constitué de parties a besoin de qui le constitue ainsi et celui qui a besoin d’autrui est entré en existence, indispensablement. Ceci est la parole de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée :
(( مَنْ زَعَمَ أَنَّ إِلَهَنَا مَحْدُودٌ فَقَدْ جَهِلَ الْخَالِقَ الْمَعْبُودَ ))
[rapporté par Abou Nou^aym] ce qui signifie : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, certes, il a ignoré le Créateur, Celui Qui mérite d’être adoré« , et c’est la parole de ^Aliyy Ibnou l-Houçayn Ibni ^Aliyy Ibni Abi Talib, que Allah les agrée, Zaynou l-^Abidin :
(( إِنَّ اللَّهَ لَيْسَ بِمَحْدُودٍ ))
[rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue par l’Imam Mourtada Az–Zabidiyy dans ‘It-hafou s-Sadati l-Mouttaqin] ce qui signifie : « Certes, Allah n’est pas limité« , et c’est la parole de ‘Ahmad Ibnou Salamah At–Tahawiyy :
(( تَعَالَى (أي اللَّهُ) عَنِ الْحُدُودِ ))
ce qui signifie : « Il (Allah) est exempt des limites« . C’est pour cela qu’il est impossible selon la raison s’agissant de Allah qu’Il soit en contact avec le monde, diffus à l’intérieur ou éloigné de lui par la distance. Ceci est la vérité en-dehors de laquelle rien d’autre n’est valable. En effet, les créatures sont soit en contact les unes avec les autres, soit séparées et il est impossible selon la raison d’attribuer à Allah les deux : le contact et la séparation. Cela impliquerait en effet la confirmation du pareil à Allah. Allah tabaraka wa ta^ala a nié pour Lui-même tout pareil dans l’absolu. Si les hachawiyyah, les moujassimah – les corporalistes –, qui confirment que Allah a une limite, s’ils disent : ce que vous dites est une négation de l’existence de Allah, on leur répond : vous avez basé votre croyance sur ce à quoi l’imagination aboutit et il n’y a pas de considération à donner à l’imagination. La considération, on ne la donne qu’à la preuve selon la Loi de l’Islam et selon la raison. Ce que nous déclarons ici, c’est ce que les textes transmis et ce que la raison impliquent. Si vous dites : nous ne croyons pas à quelque chose à laquelle notre imagination n’aboutit pas, vous reniez alors une créature à laquelle votre imagination n’aboutit pas et qui a été confirmée par le Qour’an, comme par exemple dans Sa parole ta^ala : [وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ] ce qui signifie : « Et Il a créé les ténèbres et la lumière« . Ainsi, la lumière et l’obscurité sont deux créatures entrées en existence, par le témoignage du Qour’an. Alors, votre imagination admet-elle une époque où il n’y avait ni lumière ni obscurité ? Pourtant, ceci a été confirmé par cette ‘ayah : [وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ] ce qui signifie : « Et Il a créé les ténèbres et la lumière« , c’est-à-dire que Allah a créé les ténèbres et la lumière après qu’elles n’ont pas été. Il les a créées après qu’elles ont été inexistantes. Cette époque, ni notre illusion, ni la vôtre n’y aboutit, ni notre imagination ni la vôtre ne l’atteint. Qui peut imaginer une époque où il n’y avait ni lumière ni obscurité ? Malgré cela, il est un devoir de croire qu’il y a eu une époque – c’est-à-dire une créature – dans laquelle il n’y avait ni lumière ni obscurité, car c’est après la création de l’eau et du Trône que Allah a créé la lumière et l’obscurité. La première chose que Allah a créée, c’est l’eau, puis le Trône. Donc, la lumière et l’obscurité n’ont existé qu’après l’existence de l’eau et du Trône.
La croyance aux prophètes
Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison, ce qui permet de se passer d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Ainsi, dans l’envoi des prophètes, il y a une utilité, indispensable pour leur besoin en cela, et cette grâce revient à Allah pour avoir accordé ceci à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, pour les créatures.
Le prophète et le messager ont en commun la révélation. Allah leur révèle donc à tous deux une Loi de l’Islam, conformément à laquelle ils agissent, pour la transmettre aux gens.
Toutefois, le messager vient avec l’abrogation de certaines lois antérieures à lui ou avec une nouvelle Loi de l’Islam.
Le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi de l’Islam d’un messager antérieur à lui pour la transmettre.
Pour cela, les savants ont dit : « Tout messager est aussi prophète et tout prophète n’est pas forcément messager« .
De plus, ils se différencient par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que la simple prophétie, ne peut l’être que pour les humains.
Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, il leur est impossible le mensonge. Il leur est obligatoire aussi l’extrême intelligence, il leur est impossible l’idiotie et la stupidité. Il leur est obligatoire l’honnêteté. Ainsi, les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse et c’est cela la préservation qui leur est obligatoire. De même, il leur est impossible la trahison. D’autre part, la chasteté leur est obligatoire ; la vulgarité, la bassesse et la lâcheté leur sont donc impossibles. Leur est impossible également, tout ce qui peut repousser d’accepter leur appel et de même, toute maladie repoussante.
Celui qui leur attribue donc le mensonge, la trahison, la vulgarité, la bassesse, la lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant.
Sache que le moyen de connaître le prophète, c’est le miracle (mou^jizah). C’est une chose contraire à l’ordinaire, qui vient en accord avec les dires de celui qui prétend être prophète et qui est sauf de l’opposition par une chose semblable.
Ce qui fait partie des choses étonnantes mais qui ne sort pas de l’ordinaire n’est donc pas un miracle.
De même, tout ce qui est contraire à l’ordinaire mais qui n’est pas accompagné de la prétention à la prophétie, comme les choses extraordinaires qui apparaissent par la main des saints (waliyy), qui suivent les prophètes, ceci n’est pas un miracle mais on appelle cela prodige (karamah).
De même, ce à quoi peut être opposé une chose semblable, comme la magie, n’est pas un miracle. En effet, la magie peut lui être opposée une magie qui lui est équivalente.
De plus, il y a deux sortes de miracles :
Il y a le miracle qui a lieu à la demande des gens, demande faite à celui qui prétend être prophète.
Il y a aussi le miracle qui a lieu sans demande.
De la première sorte, il y a par exemple le miracle de la chamelle de Salih qui est sortie du rocher. Son peuple lui avait demandé cela en lui disant : si tu es vraiment un prophète envoyé à nous pour que nous croyions en toi, alors fais sortir pour nous une chamelle et son petit de ce rocher. Il a fait sortir pour eux une chamelle avec son petit. Ils furent alors stupéfaits et ils crurent en lui.
Certes, s’il était menteur dans son affirmation que Allah l’a envoyé comme messager, il n’apporterait pas cette chose étonnante et extraordinaire, que personne parmi les gens ne peut y opposer une chose semblable à ce qu’il a fait. La preuve leur a ainsi été donnée.
Ils ne pouvaient faire autrement que se soumettre et reconnaître la véracité de cela car la raison oblige à croire celui qui vient avec une telle chose, qui ne peut lui être opposée une chose semblable de la part des opposants.
Celui qui ne se soumet pas et s’entête est considéré comme méprisant la valeur de l’argumentation rationnelle.
La croyance aux saints
Allah ta^ala dit :
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ; alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun) [Younous/ 62-63] ce qui signifie : « Certes les waliyy de Allah il n’y a pour eux aucune crainte et ils n’ont pas à être chagrinés ; ce sont ceux qui ont cru et ont fait preuve de piété ».
L’Imam Abou ^Abdi l-Lah Al-Boukhariyy a rapporté de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète a dit :
(qala l-Lahou ta^ala : man ^ada li waliyyan faqad ‘adhantouhou bi l-harb ; wa ma taqarraba ‘ilayya ^abdi bichay’in ‘ahabba ‘ilayya mimma ftaradtou ^alayh) ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Celui qui prend un de Mes waliyy pour ennemi, il s’attendra à Mon châtiment. Mon esclave se rapproche davantage de Mon agrément par ce que Je lui ai ordonné d’accomplir ».
La signification de ce hadith qoudsiyy est que celui qui prend un saint pour ennemi, Allah lui apprend qu’il s’attendra au châtiment. Celui qui s’attend au châtiment de Allah sera perdu. De plus, ce que Allah agrée le plus de l’esclave, ce sont les obligations.
Les saints de Allah ont pour caractéristiques de se maintenir sur la droiture dans l’obéissance à Allah ta^ala, d’accomplir les devoirs tout en évitant les interdits et de multiplier les actes d’adoration surérogatoires. Tels sont les saints, ceux que Allah aime, Qu’Il honore dans le bas monde et dans l’au-delà.
Parmi les honneurs que Allah leur accorde dans le bas monde il y a les prodiges. Les prodiges sont des choses qui sortent de l’ordinaire, apparaissant aux mains des saints. La preuve qui confirme la réalité des prodiges c’est la parole de Allah :
(qala l-ladhi lahou ^ilmoun mina l-kitabi ‘ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka ; falamma ra’ahou moustaqirran ^indahou qala hadha min fadli Rabbi) [An-Naml / 40] ce qui signifie: « Celui qui a connaissance du Livre a dit : Moi, je te le ramène avant que ton regard n’atteigne ce que tu veux regarder ». (Il s’agit du trône de la reine Bilqis). Lorsqu’il l’a vu devant lui, il dit : Ceci est par la grâce de mon Seigneur ».
La preuve vient également la parole du Prophéte r, dans ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy et d’autres qu’il a dit :
(ittaqou firaçata l-mou’mini fa’innahou yandhourou binouri l-Lah) ce qui signifie : « Prenez garde à la firasah, –ce qui peut être dévoilé au croyant qui est un saint–, car certes Allah lui donne une lumiére dans son regard ».
Il y a aussi le prodige de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, qui a été confirmé avec une bonne chaîne de transmission alors qu’il faisait un discours à Médine : il interpella le chef de son armée Sariyah Ibnou Zanim qui bataillait à Nahawand en Perse. « Sariyah, la montagne, la montagne », lui avait-il dit. Sariyah avait entendu l’appel depuis des milliers de kilomètres et avait pu grâce à cela déjouer le piége tendu par les ennemis. Cette chose extraordinaire a été rapportée par Al-Bayhaqiyy, par le Hafidh Ad-Dimyatiyy qui l’a jugé sahih et As-Souyoutiyy a été en accord avec lui sur cela.
Parmi les preuves encore, At–Tabaraniyy a rapporté dans « Al-‘Awsat » d’aprés ‘Anas, que le Messager de Allah r a dit :
(lan takhlou l-‘ardou min ‘arba^ina rajoulan mithla khalili r-Rahman ; fabihim tousqawna wa bihim tantasiroun ; mam mata minhoum ‘ahadoun ‘il-la ‘abdala l-Lahou makanahou ‘akhar) ce qui signifie: « Il y aura toujours sur terre quarante hommes qui sont comme Ibrahim Khalilou Rahman. C’est grâce à ces quarante là que vous recevrez la pluie et c’est grâce à eux que vous aurez la victoire. Il n’y a pas un seul d’entre eux qui meurt sans que Allah le remplace par un autre ». Le hafidh Al-Haythamiyy a dit de ce hadith dans « Majma^ou z–Zawa’id » qu’il a une bonne chaîne de transmission.
Croire en l’existence des saints et en leurs prodiges fait partie de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah. Que l’on soit sur ses gardes de ceux qui renient les prodiges des saints, ceux là même qui attribuent à Allah le corps, qui renient le tawassoul, ceux qui ont assimilé Allah à Ses créatures et qui ont interdit le tawassoul par les prophétes et les saints vertueux.
Sachez que les saints ont été réputés par la science, par le fait d’être soufis, ascètes et pieux et de suivre la Sounnah. Il y a parmi les saints qui ont des voies soufies (tariqah) comme l’imam Ahmad Ar-Rifa^iyy ou Al-Jilaniyy et d’autres encore. Ces voies ont été fondées conformément au Qour’an et au hadith mise à part la voie Tijaniyy car selon ce qu’expliquent les livres de ces Tijaniyy deviés elle est clairement contradictoire au Livre et à la Sounnah et Allah sait plus que tout autre l’état du Chaykh duquel ils se réclament à savoir Abou l-^Abbas Ahmad At-Tijaniyy car il se peut que ces livres lui soient attribués calomnieusement et qu’il en soit innocent.
Il n’y a pas de considération à donner à ceux qui renient le tawassoul pour leur blâme des voies des soufis véridiques. Ce blâme est une preuve de leur ignorance car le soufi, pour celui qui le connaît, c’est celui qui oeuvre conformément au Livre et à la Sounnah, qui accomplit les devoirs, évite les interdits et qui délaisse le luxe et le confort dans la nourriture, l’habillement et ce qui est de cet ordre. Ces caractères sont en réalité ceux des Califes bien guidés. D’ailleurs Abou Nou^aym l’auteur de « Hilyatou l-‘Awliya’ » (le joyau des saints), ouvrage dans lequel il a voulu distinguer les soufis véridiques des autres, ceux qui se prétendent tels alors qu’ils en sont le contraire, a commencé par citer les quatre califes. A son époque, il y a eu beaucoup de mises en garde et de nuisances faites à certains soufis.
Sachez que ceux qui renient le tawassoul sont des pertubateurs à cause de leur mauvais jugement au sujet des soufis. Ils ont contredit l’Imam Ahmad duquel ils prétendent calomnieusement être des disciples car l’imam Ahmad disait à Abou Hamzah dont il prenait conseil : « Que dis-tu à ce sujet, ô soufi ? »
Les wahhabites ont également contredit leur chef Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy puisqu’il a dit dans « Charhou hadith An-Nouzoul » : « Al-Jounayd, le maître des soufis, est un imam de bonne guidée ».
Qu’ils sachent ce qu’est le véritable tasawwouf : suivre la loi de l’Islam, oeuvrer conformément au Livre et à la Sounnah et faire des efforts pour corriger son âme et contredire ses passions.
Al-Jounayd Al-Baghdadiyy, que Allah l’agrée a dit : « Le tasawwouf, c’est la pureté et la sincérité de son comportement à l’égard de Allah ta^ala ».
Notre maître Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée a dit :
« Le soufi est celui qui a appris la jurisprudence et qui oeuvre conformément à ce qu’il a appris ».
Et sachez que parmi les musulmans, l’existence des saints et l’arrivée des prodiges est une chose réputée depuis l’époque des compagnons jusqu’à nos jours.
Seul celui qui est privé de bien renie l’existence des saints et l’existence des prodiges.
L’Imam Zaynou l-^Abidin
Ainsi, les saints sont ceux qui suivent correctement le Prophète Mouhammad. Certains d’entre eux sont même des descendants du Prophète. C’est comme par exemple l’imam Zaynou l-^Abidin qui fait partie des maîtres des successeurs des compagnons.
Az–Zouhriyy a dit : « Je n’ai pas vu un seul hachimite qui soit meilleur que lui et je n’ai vu personne qui ait plus de science que lui. Lorsqu’il s’apprêtait à faire le woudou‘, que Allah l’agrée, son visage devenait jaune. Sa famille lui disait : Qu’est ce qui te prend lorsque tu veux faire le woudou’ ? Il a dit : Vous ne savez pas pour Qui je compte me lever. c’est-à-dire lorsqu’il s’apprête à faire la prière, il a la crainte de Allah pour Qui il fait la prière.
Il a été rapporté un jour qu’un incendie a éclaté dans la maison dans laquelle se trouvait ^Aliyy fils de Al-Houçayn, alors qu’il était en prosternation, les gens s’étaient mis à lui dire : « O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, ô toi le fils de la fille du Messager de Allah, au feu !! ! » Mais il n’a pas relevé la tête jusqu’à ce que le feu ait été éteint et il a été dit : « Qu’est ce qui t’a détourné de ce feu ? » « C’est l’autre feu qui m’en a détourné » a-t-il répondu. –Il fait allusion au feu de l’enfer–.
Un jour un homme était venu à lui alors qu’il était avec ses compagnons dans la mosquée, il n’a pas laissé une seule mauvaise parole sans qu’il le lui ait dite et Zaynou l-^Abidin se taisait. Par la suite, cet homme était reparti et lorsque la nuit était tombée, il est venu à la porte de cet homme et lui a dit : « Ô mon frère, si tu étais véridique en ce que tu m’as dit, que Allah me pardonne et si tu étais menteur, que Allah te pardonne. » Puis il est reparti. C’est alors que cet homme est sorti et l’a suivi par derrière et s’est mis à pleurer tant que Zaynou l-^Abidin a eu de la compassion pour lui. Cet homme lui a dit : « Ne me méprends pas. Je ne reviendrais plus à faire quelque chose que tu n’aimes pas. Zaynou l-^Abidin lui répondit alors : « Et toi je te pardonne pour tout ce que tu m’as dit. »
L’imam As-Sajjad Ibnou l-^Abidin, que Allah l’agréé, était généreux, il prodiguait le bien, il était bienfaiteur. Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans « Sifatou As–Safawah » d’aprés Mouhammad fils de Is-haq il a dit : « Il y avait des gens à Médine qui vivaient et ils ne savaient pas d’où leur parvenait leur subsistance; lorsque ^Aliyy fils de Al-Houçayn était mort ils ne retrouvaient plus ce qu’il leur était donné de nuit et il est rapporté que leur nombre était de cent familles de Médine.
Et lorsque venait à lui un mendiant pour lui demander quelque chose, il lui faisait bon accueil et lui disait : « Bienvenue à celui qui transporte mes provisions pour l’au-delà ! » Un des fils de ^Ammar Ibnou Yacir a rapporté : « Il y avait un jour chez ^Aliyy fils de Al-Houçayn des invités qui avaient demandé à l’un de ses serviteurs à ce qu’il leur ramène rapidement de la viande cuite dans le four. C’est alors que le serviteur était venu en courant et la broche –le fer sur lequel étaient mis les bouts de viande– était tombée de sa main sur l’un des enfants de ^Aliyy et l’a atteint à la tête. Il en est mort. C’est alors que ^Aliyy a dit à ce serviteur : « Tu es libre, parce que tu n’as pas fait exprès » Et il l’a amené avec lui dans le convoi funéraire de son fils.
Un jour il a rendu visite à Mouhammad fils de ‘Ouçamah fils de Zayd lors de sa maladie et Mouhammad s’était mis à pleurer. Zaynou l-^Abidin lui a dit : « Qu’est ce qui t’arrive ? » Il lui répondit : « Je suis endetté de quinze mille dinars ». C’est alors que Zaynou l-^Abidin lui a dit : « C’est moi qui me charge de les rembourser ».
Zaynou l-^Abidin était extrêmement bienfaisant envers sa mère tant qu’il évitait de manger dans le même récipient que sa mère de crainte que sa main ne prenne le morceau qu’avait vu en premier sa mère. Et il accomplissait, que Allah l’agrée, chaque jour et nuit mille rak^ah des prières surérogatoires tant qu’il a été surnommé l’imam As-Sajjad –c’est-à-dire celui qui se prosterne beaucoup–.
Zaynou l-^Abidin était sur la croyance du Prophète et de ses compagnons en terme de croyance en l’unicité de Allah et de Son exemption de l’endroit, de la localisation, de la limite et de la couleur. Le maître Mourtada Az–Zabidiyy le commentateur de Al-Qamous a rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue composée de gens qui sont tous de la famille du Prophéte que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn a dit dans son épître appelé As–Sahifah As- Sajjadiyyah : « Tu es exempt d’imperfection, ô Allah Tu n’es pas contenu dans un endroit ».
Zaynou l-^Abidin, que Allah l’agrée, personne ne l’aidait pour sa purification : il puisait l’eau pour sa purification avant de s’endormir. Lorsqu’il se levait pendant la nuit, il commençait par utiliser le siwak ; ensuite, il faisait son woudou’ et il commençait à faire la prière et il rattrapait les prières surérogatoires qu’il avait manquées la journée, il les rattrapait pendant la nuit. Il a dit un jour : « Mes fils, ceci n’est pas un devoir pour vous (c’est-à-dire d’accomplir les prières surrérogatoires) mais celui d’entre vous qui s’est habitué à une habitude de bien, c’est bien pour lui de persévérer sur cela ». Il ne délaissait la prière surérogatoire de nuit ni lorsqu’il était résident ni lorsqu’il était voyageur.
On rapporte de lui, qu’il a dit : « Je suis étonné de l’orgueilleux arrogant qui la veille était de l’eau mélangée du père et de la mère et demain il sera un cadavre puant. Et je suis étonné du profond étonnement de celui qui doute au sujet de Allah alors qu’il voit les créatures de Allah et je suis étonné du plus profond étonnement de celui qui renie la résurrection alors qu’il voit cette vie présente et je suis étonné de tout l’étonnement pour celui qui oeuvre pour cette résidence qui va à sa fin et alors qu’il sait qu’il y aura une résidence qui sera éternelle sans fin.»
Il été rapporté de Abou Ja^far Mouhammad fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin qu’il a dit : « Mon père m’a recommandé certaines choses, il m’a dit : Ne tiens pas la compagnie de cinq catégories de personnes ne leur parle pas et ne les accompagne pas sur le chemin. Je lui ai dit : Je me sacrifies pour toi, ô mon père qui sont donc ces cinq personnes ? Il m’ a dit : Ne tiens pas la compagnie du grand pécheur car il est capable de te vendre pour une bouchée ou moins que cela. Je lui ai dit : Père qu’est ce qui est moins qu’une bouchée ? Il m’a répondu : Il souhaite obtenir la bouchée et il ne l’obtient pas. Je lui dis : Père et qui est donc la deuxième de qui je ne tiens pas la compagnie ? Il m’a dit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui est avare car il est capable de prendre de toi et de te rendre encore plus dans le besoin que lorsque tu l’avais connu. Je lui dis : Père et qui est donc la troisième personne ? Il m’a répondu : Ne tiens pas la compagnie du menteur car il est comme le mirage : il éloigne de toi celui qui est proche et te rapproche celui qui est loin. Je demandai : Père et qui est donc le quatrième ? Il me répondit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui est stupide car il veut t’être utile et il va te .nuire. Je dis : Père et qui est donc le cinquième ? Il me dit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui rompt les liens avec ses proches parents car j’ai vu que dans le Livre de Allah il est maudit à trois reprises ».
Notre maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy
Parmi les saints, il y a notre maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy. L’imam Abou l-Qacim ^Abdou l-Karim Ar-Rafi^iyy, l’imam des Chafi^iyy connu pour sa science son ascèse et ses prodiges, a dit du bien de lui ; il a dit, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde, dans son livre Sawadou l-^aynayn fi manaqibi l-Ghawth ‘Abi l-^Alamayn pour l’éloge du chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy que Allah l’agrée ce qui suit : « Le chaykh l’imam Abou Chouja^ Ach-Chafi^iyy m’a rapporté en disant : le chaykh ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy que Allah l’agrée était un symbole tel une montagne de science un mouhaddith, spécialiste de jurisprudence, moufassir qui a des chaînes de transmission de haut degré des maîtrises il était spécialiste dans la récitation il mémorisait il avait les arguments il maîtrisait la religion il était facile avec les musulmans et rude avec les égarés ; il était doux souriant, avec un bon caractère, sa parole était douce ; les gens trouvaient du plaisir lorsqu’ils étaient avec lui on ne s’ennuyaient pas dans ses assemblées. On ne quittait son assemblée que pour un acte d’adoration ; il supportait la nuisance ; il tenait sa parole lorsqu’il l’engageait ; il patientait face aux difficultés ; il était modeste sans humiliation ; il maîtrisait sa colère sans animosité ; il était celui de son époque qui connaissait le plus le livre de Allah et la Sounnah de Son Messager r et celui qui avait le plus de connaissance de cela ; il était un océan de science : il avait hérité des caractères de son ancêtre le Messager de Allah r ».
Ar-Rafi^iyy a dit également : « Notre chaykh ^Oumar Al-Farouthiyy m’a dit le chaykh Badr Al-‘Ansariyy nous a rapporté du chaykh l’imam Mansour Al-Bata‘ihiyy Ar-Rabbaniyy qu’il a dit : « J’ai vu le Prophète r quarante jours avant la naissance du fils de ma sœur le chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy dans le rêve qui m’a dit ce qui signifie : « Ô Mansour, je t’annonce la bonne nouvelle que Allah accorde à ta sœur après quarante jours un fils qui s’appellera Ahmad Ar-Rifa^iyy. Tout comme je suis le meilleur des Prophètes également il sera le meilleur des saints [de son époque] ; et lorsqu’il va grandir emmène-le auprès du chaykh ^Aliyy Al-Qari‘ Al-Wasitiyy et confie-le-lui afin qu’il l’éduque car cet homme a un haut degré selon le jugement de Allah et ne le perd pas de vue » ; j’ai dis : « L’ordre est votre ordre Ô Messager de Allah que Allah vous honore et vous élève davantage en degré. Et il en était ainsi tout comme l’a mentionné le Messager de Allah r ».
Ar-Rafi^iyy a dit également : « Le spécialiste de jurisprudence le grand savant Abou Zakariyya’ Yahya le fils du chaykh As–Salih Youçouf Al-^Asqalaniyy Al-Hanbaliyy m’a dit : J’étais à ‘Oummou ^Oubaydah j’étais en train de visiter auprès de notre maître Ahmad Ar-Rifa^iyy et dans son couloir il y avait autour de lui des visiteurs plus de cent milles personnes ; il y avait des gouverneurs, des savants, des chaykh, des gens du commun ; et il les avait accueillis avec bienvenue en leur donnant à manger en les honorant et en leur faisant bon accueil chacun selon son état ; et il prenait place sur la chaise après le dhouhr –pour que les gens le voient– et il exhortait les gens et les gens étaient des cercles tout autour de lui ; il a pris place sur la chaise après le dhouhr du jeudi et dans son assemblée il y avait des exhortateurs de Wasit et un groupe nombreux de savants de l’Irak et des plus grands dignitaires des gens et des gens s’étaient mis à lui poser des questions de tafsir, d’autres lui avaient posé des questions du hadith, d’autres dans la jurisprudence, d’autres dans la divergence, d’autres sur les fondements, d’autres dans d’autres sciences : il a répondu à deux cents questions de différentes sciences et son état n’a pas changé lorsqu’il répondait et il n’avait pas manifesté de signes de difficulté ; c’est alors que je n’ai pas pu me contenir et je me suis levé et j’ai dit : « Mais cela ne vous suffit pas ? Par Allah si vous l’avez interrogé sur toute science qui a été consignée il vous aurait répondu par la volonté de Allah sans que cela ne lui fasse de peine » ; c’est alors qu’il a souri et il a dit : « Laisse-les, Ô ‘Abou Zakariyya’, qu’ils me posent des questions avant qu’ils ne me perdent car le bas monde va à sa perte et Allah est Celui Qui fait changer les états ». Les gens se sont mis à pleurer et on a entendu beaucoup de bruit dans l’assemblée et c’est alors que dans l’assemblée cinq hommes sont morts et parmi les Sabéens et les chrétiens et les juifs huit mille personnes ou plus sont entrées en l’Islam et quarante milles personnes se sont repenties ».
Ar-Rafi^iyy a dit : « Le chaykh ^adl –juste– ‘Abou Mouça Al-Haddadiyy m’a dit le chaykh Abou Mouhammad Jamalou d-Din Al-Khatib m’a rapporté qu’une fille de Al-Haddadiyyah qui s’appelle Fatimah avait une mère qui ne pouvait avoir d’enfants ; elle a fait le vœu que si Allah lui accorde un enfant elle le mettrait tant qu’il est vivant au service de ceux qui viendraient à Al-Haddadiyah parmi les disciples de notre maître le chaykh ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy ; Allah a prédestiné qu’après une courte période elle tombe enceinte ; lorsqu’elle a mis au monde et qu’elle a amené le nouveau-né, c’était une fille qui était bossue ; lorsqu’elle a grandi et qu’est venu le temps pour elle de marcher, il s’est avéré qu’elle était boîteuse ; puis elle a perdu ses cheveux suite à une maladie ; un jour alors que le maître Ahmad Al-Kabir que Allah l’agrée était venu à Al-Haddadiyah et que les gens de ce village l’ont accueilli, la boîteuse Fatimah était parmi les gens du côté des femmes alors que les filles de Al-Haddadiyah se moquaient d’elle ; lorsqu’elle était venue auprès de notre maître le chaykh ‘Ahmad elle a dit : Eh toi mon maître tu es mon chaykh et le chaykh de ma mère et tu es ma provision, je me plains à toi de mon état, puisse Allah par la bénédiction de ta sainteté et ta proche parenté du Messager de Allah r qu’Il me guérisse de ce que je suis car je suis fatiguée des moqueries des filles de Al-Haddadiyah. C’est alors que la compassion l’a pris et il s’est mis à pleurer par miséricorde pour son état puis il l’a appelée : rapproche-toi de moi. Elle s’est rapprochée de lui et il a passé sa main honorée[7] sur sa tête et son dos et ses pieds c’est alors que par la volonté de Allah ses cheveux ont poussé sa bosse a disparu et ses jambes se sont corrigées et elle devenu dans un meilleur état ».
Ar-Rafi^iyy dans son livre qu’il a composé pour l’éloge de l’imam Ar-Rifa^iyy et qu’il a appellé « Sawadou l-^aynayn fi manaqibi l-Ghawthi ‘Abi l-^Alamayn » a dit ce qui suit : « Notre chaykh l’imam le spécialiste des arguments le modèle ‘Abou l-Faraj ^Oumar Al-Farouthiyy Al-Wasitiyy nous a appris il a dit : notre maître et notre chaykh le maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy a accompli le pèlerinage en l’an cinq cent cinquante-cinq de l’Hégire et lorsqu’il était arrivé à Médine et qu’il a eu l’honneur de visiter son ancêtre ^alayhi s–salatou wa s-salam il s’est placé face à la résidence du Prophète r et nous nous étions mis debout derrière lui et il a dit : « As-salamou ^alayka ya Jaddi » c’est alors que le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam lui a dit : « Wa ^alayka s-salamou ya waladi » ; alors lorsqu’il a entendu cette belle voix il a été pris par le wajd –intense sentiment d’allégresse– et il s’est mis à dire de la poésie :
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Fi halati l-bou^di rouhi kountou ‘oursilouha |
Touqabbilou l-‘arda ^anni wahiya na‘ibati |
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Wa hadhihi dawlatou l-‘achbahi qad hadarat |
Famdoud yaminaka kay tahdha biha chafati |
qui signifie : « Dans la période de l’éloignement j’envoyais mon âme qui embrassait la terre à ma place et voici mon corps ici présent. Tends-moi ta main droite pour que puissent l’effleurer mes lèvres ».
Le Messager de Allah r a tendu sa main honorée à partir de sa tombe honorée et il a embrassé en présence d’environ quatre-vingt dix milles personnes ; des gens voyaient la main du Prophète r et entendaient sa voix ; Parmi ceux qui étaient présents il y avait le chaykh Hayat fils Qays Al-Harraniyy et le chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jiliyy et le chaykh ^Adi Ach-Chamiyy ils ont été témoins de cela eux et d’autres qu’eux que Allah les agrée tous » fin de citation.
Ar-Rafi^iyy précédemment cité il a été décrit par At-Taj As-Soubkiyy dans tabaqatou ch-chafi^iyyah par sa parole : l’imam Ar-Rafi^iyy était maître de plusieurs sciences de la loi de tafsir –d’exégèse– de hadith de fondements et il était supérieur aux gens de son époque dans la transmission et dans la recherche des arguments, en guidant les gens et dans l’obtention de la science. Pour la jurisprudence il est un pilier authentificateur, un maître des compositeurs, c’est comme si la jurisprudence avait été morte et qu’il l’avait revivifiée et qu’il l’avait diffusée et qu’il l’avait corrigée après que l’ignorance l’avait tuée et enterrée. Ar-Rafi^iyy a été également présenté dans une biographie par l’auteur de moukhtasar talkhisi l-‘Asdiyy dans tabaqatou ch-chafi^iyyah où il a fait un grand éloge de lui.
A partir de là As-Souyoutiyy a rapporté la chaîne de transmission de ce récit par différentes autres voies puis il a dit : « Parmi ce qui est su c’est que ce fait béni a atteint parmi les musulmans le degré du tawatour et ses chaînes de transmission sont nombreuses et ses différentes versions sont sûres et ceux qui l’ont rapporté ont été d’accord ; et renier cela est un des signes de l’hypocrisie que Allah nous en préserve. Puis il a cité une réplique à la question : est-ce que cela veut dire que Ar-Rifa^iyy est devenu un compagnon puisqu’il a vu la main du Messager r ainsi que les autres visiteurs ? Il a répondu : ce qui est le plus plausible c’est qu’ils ne sont pas devenus des compagnons. Et c’est ce qu’a dit As-Sakhawiyy et d’autres car l’argument c’est que ce soit durant la vie du Prophète ^alayhi s–Salatou wa s-Salam et que cette vie-là une vie de l’au-delà elle n’est pas la vie du bas monde elle n’est pas conservée par les lois du bas monde », tout comme la rencontre du Prophète r avec les autres prophètes dans Al-‘Aqsa la nuit de Al-‘Isra‘ ne veut pas dire qu’ils sont devenus des compagnons.
Et ce qui est connu c’est que As-Souyoutiyy a reçu al-‘ijazah la maîtrise pour donner des avis de jurisprudence et enseigner tant que le nombre de ses chaykh qui lui avait donné les maîtrises et auprès de qui il a récité et il a entendu ils étaient au nombre de cinquante et un ; il a composé de nombreux ouvrages presque cinq cents ouvrages qui ont été réputés dans les différents recoins de la Terre alors observe bien cela.
Conclusion
Tout cela, les saints ne l’ont eu que par leur honnêteté et leur rigueur pour suivre notre maître Mouhammad sur la croyance de vérité et sur les pratiques.
Celui donc qui espère augmenter en degré et être au nombre des victorieux au jour du jugement, qu’il soit de ceux qui sont exhortés à l’écoute des prodiges qui sont rapportés des saints. Qu’il fasse en sorte que ce soit une cause pour améliorer son état : s’il lui manque des chapitres dans la science obligatoire, qu’il s’empresse d’assister aux assemblées du bien poru les prendre, s’il en a oublié certains, qu’il s’empresse de les écouter à nouveau, s’il commet certains péchés, qu’il s’empresse pour se repentir, s’il manque à certains devoirs, qu’il s’empresse pour les rattraper.
Que chacun de nous se remémore la parole du prophète : (akthirou min dhikri hadhimi l-ladh-dhat) qui signifie : « Souvenez-vous beaucoup de la mort ». Le rappel de la mort en effet est un moyen pour ne pas tomber dans l’insouciance et pour améliorer son état. Ce qui aide à cela, c’est aussi de rester en compagnie des gens de bien et non en compagnie des grands pécheurs ni des ignorants pour leur tenir compagnie. Il a en effet été dit : (As–Sahibou sahib)ce qui signifie : « le compagnon tire vers lui son compagnon » et le Prophète a dit : (al-mar’ou ^ala dini khalilih fal-yandhour ‘ahadoukoum man youkhalil) ce qui signifie : « l’homme sera influencé par le comportement de son compagnon ; que chacun de vous fasse attention la compagnie de qui il recherche ».
[1] [sourat Al-Hachr / 18]
[2] [sourat An-Niça‘ / 48]
[3] [sourat Mouhammad / 34]
[4] [sourat ‘Ali ^Imran / 85]
[5] [sourat ‘Ali ^Imran / 19]
[6] Entre Nouh r et Idris r mille ans se sont écoulés. Et cette époque est appelée la jahiliyyah que Allah a évoquée par Sa parole : {ولا تبرّجن تبرّج الجاهليّة الأولى} (wa la tabarrajna tabarrouja l-jahiliyyati l-‘oula) [Al-‘Ahzab / 33] ce qui signifie : « Ne vous exhibez pas [Ô femmes] à l’exemple des femmes de la première jahiliyyah« .
[7] sans que ce soit par contact direct
Conférence RamaDaan 1432: Le mois des bienfaits
Ramadan béni le mois des bienfaits
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Mouhammad l’esclave de Allah.
Je loue Allah l’Unique, Celui qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et Je recherche Sa bonne guidée, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide c’est lui le bien guidé et celui qu’Il égare, tu ne lui trouveras pas de partisan ni de guide.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, lumière éclatante, lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté, Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message, il s’est acquitté de ce qui lui a été confié, il a conseillé la communauté, que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il ait rétribué un de Ses prophètes. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec la bonne guidée et la religion de la vérité afin qu’Il lui donne la victoire sur toutes les religions même si cela déplaît aux mécréants. Et je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave et Son messager, que Allah l’honore lui ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
A/ INTRODUCTION
Nous sommes au tout début d’un mois éminent béni, le mois de Ramadan honoré.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré : ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, le jeûne vous a été ordonné tout comme il a été ordonné à ceux qui vous ont précédés. Puissiez-vous faire preuve de piété ».
Le jeûne de Ramadan a été rendu obligatoire au mois de Cha^ban de la deuxième année de l’Hégire. Le jeûne de Ramadan a été décrété par le texte du hadith du Messager de Allah et nous avons su combien est grande sa récompense. Tout comme c’est par le texte du hadith du Messager de Allah que nous avons su comment le mois est confirmé et comment le mois est terminé. Le Prophète a dit ce qui signifie : « Commencez le jeûne à la vue du croissant et terminez le jeûne à la vue du croissant. Si l’observation vous a été rendue difficile à cause de nuages ou autres alors poursuivez le compte de Cha^ban à trente jours ».
Ainsi le jeûne de Ramadan n’est confirmé et ne devient obligatoire que par l’observation du croissant de lune (al-hilal). Si notre observation a été gênée et que nous n’avons pas vu le croissant, il devient un devoir de poursuivre le compte de Cha^ban à trente jours.
Quant à celui qui n’a pas vu le croissant de Ramadan la nuit du trentième jour de Cha^ban, alors il peut prendre en compte la parole d’un musulman digne de confiance, non-menteur, pour preuve ce qui a été rapporté par Abou Dawoud que Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, a dit ce qui signifie : « J’ai appris au Prophète que j’avais vu le croissant, ainsi il a jeûné et a ordonné aux gens de jeûner ».
A partir de là, on sait qu’il n’est pas valable de se baser sur le calendrier, sur les astrologues ou sur d’autres gens capables de compter. Il n’y a aucune considération à accorder à ces personnes, on ne se base pas sur leurs paroles concernant le jeûne, ceci par accord des quatre écoles.
Ainsi Abou Hanifah a déclaré dans le commentaire de Ibnou ^Abidin concernant le livre du jeûne ce qui signifie : « Il n’y a pas de considération à accorder à la parole de ceux qui calculent pour déterminer l’obligation du jeûne sur les gens. » Ainsi Malik a également déclaré dans le commentaire de Ad-Douçouqiyy sur Ach-Charhou l-Kabir du Moukhtasar de Khalil ce qui signifie : « Le jeûne n’est pas confirmé par l’astrologue (c’est-à-dire par sa parole) ni pour lui ni pour autre que lui ».
Et Ahmad Ibnou Hanbal a déclaré dans Kach-chafou l-Qina^ page 302 du deuxième tome, ce qui signifie : « Le jeûne du jour du trente Cha^ban sans preuve légale à savoir l’observation du croissant ou l’accomplissement de la fin de Cha^ban, ou dans le cas où les nuages ont empêché l’observation ou ce qui est du même ordre, comme par exemple s’il a jeûné à la suite de ses propres calculs ou en se basant sur les étoiles, son jeûne n’est pas valable du fait qu’il ne s’est pas basé sur les choses sur lesquelles on se base selon la Loi », c’est-à-dire qu’il ne s’est pas basé sur la Loi.
Ach-Chafi^iyy a déclaré ce qui signifie : « Qu’il n’y a pas de considération à accorder à l’astrologue (c’est-à-dire à sa parole) ce n’est pas par sa parole que le jeûne devient obligatoire et il n’est pas permis de jeûner suite à sa parole. »
Le point à relever sur ce qui a été dit c’est que le législateur qui est notre Maître Mouhammad non seulement n’a pas utilisé le calcul pour le jeûne mais il l’a complètement écarté par sa parole qui signifie : « Allah ne nous a pas chargés d’œuvrer selon les calculs, le mois est soit ainsi soit ainsi« . Ainsi les choses sur lesquelles on se base sont l’observation et l’accomplissement de la fin du mois de Cha^ban. La fin de Cha^ban elle-même revient à l’observation, ceci requiert donc de nous d’observer le croissant de Cha^ban et celui des autres mois.
B/ COMPORTEMENTS DURANT CE MOIS
Les mois sont au nombre de douze. Le commencement et la fin de chacun de ces mois est connu et déterminé par l’observation du croissant lunaire. Les musulmans du Salaf et du Khalaf sont sur cette voie et persévèrent toujours sur cette voie. Les savants de jurisprudence ont décrété par les textes qu’il n’est pas permis de se baser sur la parole de quelqu’un se fiant aux étoiles ou au calcul pour la confirmation du début du mois de Ramadan. Ainsi la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, on observe le croissant de lune de Ramadan. Si on le voit, le jeûne est confirmé pour le lendemain mais si l’observation n’a pas été possible, on poursuit le compte de Cha^ban à trente jours.
Il y a dans l’école de l’Imam Abou Hanifah une facilité pour les musulmans ; de sorte que si le croissant de Ramadan a été observé en Orient, il est permis aux gens de l’Occident, du Nord et du Sud de jeûner en se basant sur l’observation des gens de l’Orient.
De même si un musulman digne de confiance (^adl) a vu le croissant de Ramadan en Amérique du Nord, il nous est permis de jeûner selon l’école de l’Imam Abou Hanifah en se basant sur l’observation de ce musulman-là. Ainsi il est indispensable de chercher à observer le croissant de Ramadan. La nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban il convient de s’assurer su le croissant a été observé ou non avant de s’endormir car celui qui se réveille le matin de Ramadan et qui, trouvant les musulmans en train de faire le jeûne, n’avait pas fait l’intention pendant la nuit, son jeûne n’est pas compté pour lui. Il est indispensable donc de veiller à observer le croissant de Ramadan et on se base pour cela sur la parole de quelqu’un qui est digne de confiance.
Cependant, se baser sur quelqu’un qui se fonde sur le calcul pour la détermination du début du mois est en contradiction claire et explicite avec ce qu’a dit le Messager de Allah par sa parole qui signifie : « Jeûnez à la vue du croissant de lune et cessez de jeûner à la vue du croissant de lune ».
Il est indispensable d’abord de connaître la règle selon la Loi que celui qui a été occupé par l’obligation et qui n’a pas fait de surérogatoires est excusé. Et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas accompli de ce fait l’obligatoire, il est prétentieux.
Il est important que la personne fasse le repentir à Allah ta^ala durant le mois de Ramadan, le mois de Cha^ban, durant le mois de Chawwal et dans tous les jour de l’année durant sa vie. Il est important qu’il cesse de faire les choses blâmables les choses interdites et qu’il persévère à les éviter, d’avoir la ferme volonté qu’il ne va pas récidiver afin que soient réunies les conditions du repentir.
C’est en effet dans ce mois-là qu’a eu lieu la conquête de Badr, la grande conquête de Badr. C’est durant ce mois également qu’a eu lieu la conquête de La Mecque. Ramadan n’est donc pas un mois de paresse, ce n’est pas un mois pour reporter à plus tard et ne pas faire certains devoirs sous prétexte d’avoir faim et d’être fatigué. Car l’état des compagnons le jour de la conquête de La Mecque et la grande bataille de Badr témoigne du contraire. Leur état était clair et eux c’étaient des hommes, ils étaient des héros. Que pouvons-nous faire aujourd’hui alors que nous vivons une vie de roi par rapport à la vie des compagnons ? Ils étaient la cible des chefs des associateurs qui portaient des coups d’épées dans leurs poitrines jusqu’à ce que la religion de vérité arrive, louange à Allah, jusqu’aux pays de l’Orient et de l’Occident. Celui donc qui a été occupé par ce qui est obligatoire et n’a pas fait le surérogatoire, il est excusé.
Par conséquent, celui qui a su de lui-même qu’il a des prières obligatoires à rattraper, qu’il ne s’occupe pas à réciter des ‘ayah du Qour’an honoré jour et nuit ni à accomplir des prières surérogatoires et à veiller des nuits de Ramadan sans veiller à rattraper les obligations qu’il a manquées auparavant sans excuses, il les a manquées sans excuse. Donc celui qui a voulu s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment se fait l’obéissance avant de s’occuper à réciter le Mous–haf jour et nuit alors qu’il n’a même pas pris par transmission la manière de réciter le Qour’an auprès de gens de science et de la connaissance.
Pour être un musulman qui recherche l’agrément de Allah soubhanahou wa ta^ala il faut qu’ils soient au nombre de ceux qui apprennent la science, qu’il apprenne ce que Allah lui a ordonné d’apprendre. Ensuite qu’il applique et qu’il s’acquitte et s’attache aux obligations d’abord car pour se rapprocher de l’agrément de Allah ta^ala c’est par les obligations avant les surérogatoires. Tout comme Allah ta^ala dit dans le hadith Qoudsiyy qui signifie : « Mon esclave ne se rapproche pas tant de Mon agrément que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui ». Nombreux sont ceux qui commencent par apprendre la récitation en mémorisant le Qour’an honoré alors qu’il croient que Allah s’assoit au-dessus du Trône. En quoi cette mémorisation du Livre leur sera profitable alors que le Livre de Allah ta^ala les maudit. En effet celui qui croit que Allah a une image, celui-là n’a pas connu Allah ta^ala, le jeûne n’est pas valable de sa part, ni ses veillées de nuit, ni sa prière, ni la zakat ni le pèlerinage ni aucune obéissance. Pour que l’état du musulman soit convenable pendant le mois de Ramadan, s’il veut occuper ce temps par l’obéissance, il convient qu’il assiste aux assemblées de science de la religion. Il est nécessaire qu’il accomplisse les devoirs avant de s’occuper des surérogatoires s’il a des prières obligatoires à rattraper qu’il a manquées sans aucune excuse.
Par contre celui qui a accompli les devoirs, qu’il s’efforce de réciter le Qour’an honoré durant le mois d’obéissance, durant le mois dans lequel le Qour’an honoré a été révélé.
C/ QUELQUES LOIS DU JEÛNE
Ainsi, le jeûne du mois de Ramadan béni est une adoration éminente, que Allah a spécifiée de particularités. Parmi ces particularités, il y a ce qui a été rapporté dans le hadithqoudsiyy :
(( قال الله تعالى : كلّ حسنة بعشر أمثالها إلى سبعمائة ضعف إلاّ الصّيام فإنّه لي وأنا أجزي به ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Chaque bonne action en vaut dix et [peut être récompensée] jusqu’à sept cents fois hormis le jeûne, il est certes pour Moi et c’est Moi Qui en accorde la récompense correspondante« .
Le jeûne du mois de Ramadan a été rendu obligatoire la deuxième année de l’Hégire et le Messager de Allah a accompli le jeûne de neuf années après quoi il est décédé.
L’obligation du jeûne de Ramadan est connue d’évidence dans la religion. Par conséquent, celui qui renie son obligation devient mécréant sauf s’il est récemment entré en Islam ou s’il a grandi dans une région éloignée des savants. Quant à celui qui ne fait pas le jeûne pendant Ramadan sans excuse légale, tout en ayant pour croyance que le jeûne est obligatoire pour lui, il ne devient pas mécréant mais il est désobéissant et il lui incombe de rattraper les jours pendant lesquels il n’a pas jeûné.
Le jeûne (as–siyam) dans la langue arabe, c’est l’abstinence et du point de vue de la Loi de l’Islam, c’est s’abstenir des choses qui rompent le jeûne, que ce soit manger, boire ou autre que ces deux choses-là, depuis l’aube jusqu’au coucher, avec une intention faite la veille dans le cœur.
Avant même l’Unanimité, ce qui fonde l’obligation du jeûne de Ramadan, c’est la ‘ayah :
)كُتِبَ عَلَيكُمُ الصِّيَامُ(
ce qui signifie : « Le jeûne vous a été prescrit« , et sa parole :
(( بني الإسلام على خمس شهادة أن لا إله إلاّ الله وأنّ محمّداَ رسول الله وإقام الصّلاة وإيتاء الزّكاة وحجّ البيت وصوم رمضان ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « L’Islam est construit sur cinq [principaux devoirs] : le témoignage qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le messager de Allah, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat, le pèlerinage à la Maison [Sacrée] et le jeûne de Ramadan« .
Il est aussi un devoir de procéder à l’observation du croissant de lune de Ramadan lors de la nuit précédant le trentième jour de Cha^ban. Le jeûne de Ramadan devient obligatoire par l’une des deux choses suivantes :
1- en ayant complété Cha^ban à trente jours ;
2- en ayant vu le croissant de lune de Ramadan, la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, conformément à sa parole :
((صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته فإن غُمَّ عليكم
فأكمِلوا عِدّة شعبان ثلاثين يوماً))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim, les auteurs des Sounan et d’autres qu’eux] ce qui signifie : « Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
Ainsi, celui qui a vu le croissant de lune de Ramadan commence le jeûne et celui qui ne l’a pas vu mais a été informé par un musulman digne de confiance, juste (^adl [1]), libre, non menteur, il lui est aussi un devoir de commencer à jeûner. Ainsi, Abou Dawoud a rapporté de Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit : « J’ai informé le Prophète que j’avais vu le croissant, alors il a commencé le jeûne et a ordonné aux gens de jeûner« . Ibnou Hibban a donné à ce hadith le degré de sahih – sûr –.
Quelqu’un qui a été informé par un enfant, ou par un grand pécheur (faciq), par une femme ou un esclave disant qu’ils ont vu le croissant de lune de Ramadan, il lui est permis de jeûner s’il a confiance en eux. Sinon, il complète le compte de Cha^ban à trente jours. Lorsque le juge (qadi) a confirmé le jeûne, le jeûne est devenu obligatoire pour les habitants du pays où il a été confirmé, ainsi que dans les pays proches du pays où le croissant a été vu et qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher du soleil mais pas dans les pays qui n’ont pas les mmes horaires de lever et de coucher ; ceci selon Ach-Chafi^iyy. Tandis que selon Abou Hanifah, il est un devoir de jeûner pour les habitants de tout pays ayant appris la confirmation du jeûne dans n’importe quel autre pays, quel qu’en soit l’éloignement du pays où a été confirmée l’observation du croissant. Ainsi, selon lui, le jeûne devient obligatoire pour les habitants de l’extrme Occident s’ils ont appris que le jeûne a été confirmé en Orient et de même dans le cas contraire.
Les obligations du jeûne
Les obligations du jeûne sont au nombre de deux : l’intention et l’abstinence des choses qui le rompent.
1 – L’intention : elle a lieu dans le cœur. Il n’est donc pas une condition de la prononcer avec la langue. Il est un devoir de la faire pendant la nuit qui précède le jeûne, c’est-à-dire de la faire intervenir de nuit avant l’aube pour chaque jour de Ramadan, avec le cœur. On fait de même s’il s’agit d’un rattrapage. Ainsi, lorsque le soleil s’est couché et que le jeûneur fait l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan avant de faire ce qui rompt le jeûne, lorsqu’il ne refait pas cette intention après avoir mangé, elle lui est suffisante. Il est aussi un devoir de préciser de quel jeûne il s’agit, comme de préciser qu’il s’agit du jeûne d’un jour de Ramadan, d’un vœu (nadhr) ou d’une expiation même s’il n’en cite pas la cause. De plus, il est un devoir de faire l’intention pour chaque jour. En effet, il ne suffit pas de faire l’intention au début du mois pour tout le mois, selon Ach-Chafi^iyy. Les savants ont dit : « L’intention complète durant le mois de Ramadan est : j’ai l’intention de jeûner le jour qui vient du mois de Ramadan de cette année par acte de foi et par recherche de la récompense de Allah ta^ala« . Certains savants ont dit qu’il suffit de faire l’intention durant la nuit du premier jour de Ramadan pour tous les jours du mois ; on dit alors avec son cœur : « j’ai l’intention de jeûner trente jours du mois de Ramadan de cette année ».
Et il est un devoir pour la femme qui a les menstrues ou les lochies et dont l’écoulement sanguin a cessé la veille du jeûne, de faire l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan, même si elle n’a pas fait le ghousl – la grande ablution –. Le fait de manger, de dormir ou d’avoir des rapports après avoir fait l’intention et avant l’apparition de l’aube n’est pas préjudiciable. Celui qui s’est endormi de nuit sans avoir fait l’intention de jeûner puis ne s’est réveillé qu’après l’aube, il lui est un devoir de s’abstenir des choses qui rompent le jeûne et doit le rattrapage de ce jour de Ramadan. Quant au jeûne surérogatoire, il n’est pas requis concernant l’intention de la faire intervenir de nuit avant l’aube. Ainsi, s’il se réveille après l’aube, n’a rien mangé et rien bu puis fait l’intention de jeûner ce jour-là, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala par cet acte surérogatoire, tout ceci avant que le soleil ne s’écarte du milieu du ciel, son jeûne est valable.
2 – L’abstinence des choses qui rompent le jeûne : il est un devoir de s’abstenir :
a – de manger, de boire ainsi que d’introduire tout ce qui a un volume, même petit, dans la tête, le ventre ou ce qui est semblable, à partir d’un orifice ouvert tel que la bouche ou le nez, même s’il s’agit de petites particules comme la fumée de cigarettes, ou à partir des orifices inférieurs, antérieur ou postérieur, ceci depuis l’aube jusqu’au coucher.
Celui qui mange ou boit par oubli, même en quantité et même durant le jeûne surérogatoire, il n’a pas rompu son jeûne. Ainsi, dans le hadith sûr :
((من نسي وهو صائم فأكل أو شرب فليتمّ صومه فإنّما أطعمه الله وسقاه))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui a oublié en faisant le jeûne et qui a donc mangé ou bu, qu’il poursuive son jeûne, c’est Allah Qui l’a nourri et abreuvé« .
b – il est un devoir de s’abstenir de provoquer le vomissement délibérément, par exemple avec son doigt, même s’il n’en a rien avalé dans son ventre. Et celui qui a vomi sans l’avoir provoqué et n’en avale rien, il n’a pas rompu son jeûne, cependant il se purifie la bouche avant d’avaler sa salive. Le Messager de Allah r a dit :
(( من ذرعه القيء (أي غلبه) وهو صائم فليس عليه قضاء ومن استقاء فليقض ))
[rapporté par Al-Hakim et les quatre] ce qui signifie : « Celui qui a été gagné par le vomissement alors qu’il faisait le jeûne ne doit pas de rattrapage, mais celui qui l’a provoqué doit rattraper« .
c – il est un devoir de s’abstenir d’avoir un rapport et de faire sortir le maniyy – le sperme ou son équivalent féminin – par la masturbation ou le contact : cela annule le jeûne. Quant à l’émission du maniyy à la suite d’un regard, mme d’un regard interdit, ou bien à la suite d’une l’imagination, cette émission ne rompt pas le jeûne.
Etant donné que le temps du jeûne s’étend de l’aube jusqu’au coucher, il est un devoir de connaître les deux limites du jour pour chaque personne responsable de l’accomplissement du jeûne. En effet, ceux qui appellent à la prière de nos jours sont pour la plupart ignorants des temps des prières selon la Loi. Par conséquent, on ne se base pas sur les appels à la prière enregistrés qu’ils diffusent aux environs du temps de l’aube et du coucher.
L’aube est donc la lueur blanche transversale et horizontale qui apparaît à l’horizon est. A son début, il y a une légère rougeur mélangée à sa blancheur. Ensuite, après environ une demi-heure, cette rougeur devient plus prononcée. C’est donc cette lueur blanche qui est l’aube. Il est un devoir de faire l’intention avant l’apparition de cette lueur blanche.
Le coucher, c’est la disparition de la totalité du disque solaire.
Ainsi, celui qui a mangé après l’aube, croyant que l’aube ne s’est pas encore levée, son jeûne n’est pas valable, il doit le rattrapage et doit s’abstenir des choses qui rompent le jeûne le restant de la journée. S’il avait fait son ijtihad, c’est-à-dire s’il avait fait un effort de déduction et avait mangé puis, s’il s’avère que l’aube était déjà apparue, il ne commet pas de péché. C’est le cas par exemple de celui qui se base sur le cri du coq qu’on a expérimenté. De même, s’il a mangé juste avant la disparition de tout le disque solaire lors du coucher, en croyant que le soleil s’est déjà couché, puis qu’il s’est avéré qu’il n’en était pas ainsi, son jeûne n’est pas valable et il doit le rattrapage de ce jour. Quant à celui qui mange sans excuse juste avant le coucher, il commet un péché. Allah ta^ala dit : (ثمّ أتمّوا الصّيام إلى اللّيل) [sourat Al-Baqarah / 187] ce qui signifie : « Et poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit« , le coucher du soleil étant un signe du commencement de la nuit.
De même, il est un devoir pour le musulman de se maintenir en Islam à jamais, pendant Ramadan et en-dehors de Ramadan. Il est donc un devoir d’éviter de tomber dans la mécréance, par ses trois sortes :
1 – La mécréance par la parole : comme celui qui insulte Allah, le Qour’an ou l’Islam.
2 – La mécréance par la croyance : comme le fait de croire que Allah est un corps ou une lumière ou une âme.
3 – La mécréance par les actes : comme le fait de jeter le livre du Qour’an dans les ordures ou la prosternation pour une idole.
En effet, persévérer sur la foi de l’Islam et ne pas le rompre est une condition de validité du jeûne pour celui qui le fait. La mécréance est donc une cause d’invalidation du jeûne. Celui qui tombe dans une de ces sortes de mécréance, commettant ainsi l’apostasie alors qu’il était en train de jeûner, son jeûne est annulé et il doit revenir immédiatement à l’Islam en prononçant les deux témoignages. Il doit d’autre part s’abstenir le restant de la journée des choses qui rompent le jeûne, puis rattraper ce jour immédiatement après Ramadan, aprs le jour de la Fête (al-^id).
Les conditions d’obligation du jeûne
Le jeûne est un devoir pour chaque musulman pubère, sain d’esprit, capable de jeûner. Il n’est pas valable de la part du mécréant d’origine, ni de l’apostat et il n’est pas valable aussi d’une femme ayant les menstrues ou les lochies. Si elles jeûnent alors qu’il y a encore un écoulement du sang, elles commettent un péché et doivent le rattrapage.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour l’enfant. En revanche, il est du devoir de son tuteur de lui ordonner de jeûner s’il a atteint l’âge de sept ans lunaires et de le corriger s’il a plus de dix ans lunaires et qu’il ne l’accomplit pas alors qu’il en est capable ; mais l’enfant ne doit pas le rattrapage s’il manque le jeûne.
De même, le jeûne n’est pas un devoir pour le fou qui n’a donc pas à faire le rattrapage. Ce n’est pas non plus un devoir de l’accomplir pour le malade à qui le jeûne est nuisible, ni pour le voyageur d’un long voyage ; l’un et l’autre doivent cependant le rattrapage.
Si le malade ou le voyageur font le jeûne, il est valable pour eux-deux. Mais s’il leur est nuisible, il leur est interdit.
Le voyageur qui veut ne pas jeûner le premier jour de son voyage doit avoir quitté sa ville avant l’apparition de l’aube.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour le vieillard d’un âge avancé qui a peur d’aggraver son état ou qui craint d’en mourir.
Les choses qui annulent le jeûne
Les choses qui annulent le jeûne sont les suivantes :
Manger, même un grain de sésame ou moins que cela, délibérément et non sous la menace, en en connaissant l’interdiction, et boire, même une goutte d’eau ou une goutte de médicament.
Remarque : la poussière du chemin n’est pas préjudiciable, ni le tamisage de la farine et ce, en raison de la difficulté qu’il y a pour s’en préserver. Il n’est pas préjudiciable non plus de goûter la nourriture sans rien en avaler.
Celui qui a exagéré dans le rinçage de la bouche ou du nez si bien que de l’eau a pénétré dans son corps, celui-là a rompu le jeûne. S’il a fait sortir sa salive de sa bouche même si c’est jusqu’à l’extérieur de ses lèvres, puis l’y a réintroduite et l’a avalée, il a rompu le jeûne. Mais tant que la salive reste en contact avec sa langue, il ne rompt pas le jeûne s’il l’avale. S’il rassemble de la salive dans sa bouche et l’avale sans qu’elle soit changée, cela n’est pas préjudiciable. Quant au fait d’avaler les sécrétions du nez, de la gorge ou des poumons ou autres, il y a un détail :
Si ces sécrétions ont été avalées à partir de l’intérieur de la bouche, cela rompt le jeûne.
Si c’était à partir de ce qui est en-dessous du lieu de sortie du ha‘ (ح), cela ne rompt pas le jeûne.
Toutefois, avaler ces sécrétions ne rompt pas le jeûne selon l’école de l’imam Abou Hanifah, même si on les avale après qu’elles soient parvenues jusqu’à la langue.
Cependant, si le jeûneur avale sa salive altérée par la fumée de la cigarette qu’il aurait fumée avant l’aube ou par autre chose qu’il aurait consommée avant l’aube, il rompt son jeûne.
S’il a été gagné par le vomissement, puis une fois qu’il a cessé, s’il avale sa salive altérée avant de laver sa bouche, son jeûne est annulé car cette salive est souillée par le vomi qui est parvenu jusqu’à sa bouche.
Quant à la fumée qui parvient dans le corps du jeûneur, provenant d’un fumeur de cigarette installé à côté de lui dans la voiture par exemple, cette fumée n’annule pas le jeûne. Il en est de même pour la fumée de l’encens et pour la respiration du parfum, cela n’annule pas le jeûne. Ce n’est toutefois pas le cas de celui qui fume lui-même une cigarette car il s’en détache des petites particules qui parviennent jusqu’à l’intérieur du corps du jeûneur qui les avale.
Le lavement par les orifices inférieurs, antérieur et postérieur annule le jeûne. De même, la goutte dans le nez et dans l’oreille annulent le jeûne si le médicament parvient jusqu’à l’intérieur du corps. Selon un avis, la goutte dans l’oreille n’annule pas le jeûne.
Quant à la goutte dans l’œil, elle ne l’annule pas de même que l’injection à travers la peau et les vaisseaux.
Le jeûne n’est pas rompu pour celui qui s’est évanoui durant le jour de Ramadan et s’est réveillé sans que son évanouissement ait duré toute la journée. Tandis que si l’évanouissement a duré toute la journée, de l’aube jusqu’au coucher, son jeûne n’est pas valable. Toutefois, si le jeûneur est atteint de folie, ne serait ce qu’un instant, le jeûne est rompu.
De même, si les menstrues ou les lochies surviennent à la femme, même juste avant le coucher du soleil, son jeûne est rompu.
Quant au jeûneur qui dort, s’il lui sort du maniyy dans le rêve, son jeûne n’est pas rompu, contrairement à la sortie du maniyy par masturbation ou par contact, de façon délibérée et sans que cela ait lieu par oubli.
Celui qui a un rapport sexuel durant un jour de Ramadan délibérément, en se rappelant le jeûne et de son propre choix, même si à la suite de cela il ne sort pas de maniyy, son jeûne est annulé. Quant à celui qui fait le rapport par oubli, il n’annule pas son jeûne et ne doit pas de rattrapage.
D’autre part, celui qui s’est réveillé jounoub d’un rapport ou autre, il fait le jeûne de ce jour et fait le ghousl – la grande ablution – pour la prière. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit :
((كان رسول الله يدركه الفجر وهو جنب من أهله ثم يغتسل ويصوم))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Le Messager de Allah était atteint par l’aube alors qu’il était jounoub de sa femme puis il faisait le ghousl et il faisait le jeûne« .
Parmi les choses encore qui rompent le jeûne, il y a se retrouver dans la mécréance. La prononciation délibérée signifie qu’elle n’est pas prononcée par lapsus, qu’elle ait été dite en plaisantant ou en étant en colère, de plein gré c’est-à-dire pas sous la menace de mort ou ce qui est du même ordre, que ce soit en se rappelant le jeûne ou non. En effet, aucun acte d’adoration n’est valable de la part d’un mécréant.
Quant au fait d’embrasser l’épouse avec désir, il est interdit s’il craint l’émission de maniyy et il est dit que c’est déconseillé. Toutefois, il n’annule pas le jeûne lorsqu’il n’entraîne pas la sortie du maniyy. Mais, la parole qui signifie (cinq choses annulent le jeûne : le regard interdit, le mensonge, la médisance, rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde et le baiser), cette parole n’a aucun fondement et a été attribuée mensongèrement au Prophète. Certaines de ces choses annulent cependant la récompense du jeûne, comme le fait de rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde.
Ce qui est un devoir pour celui qui n’observe pas le jeûne délibérément durant Ramadan
Ne pas accomplir le jeûne délibérément durant Ramadan rend obligatoires les choses suivantes :
1- dans certains cas le rattrapage seul ;
2- dans d’autres le rattrapage assorti d’une compensation (fidyah) ;
3- dans d’autres la compensation seule à la place du rattrapage ;
4- dans d’autres, le rattrapage et le versement d’une expiation (kaffarah).
1 – Ceux qui annulent leur jeûne et qui doivent le rattrapage seul sont les suivants :
a- celui qui n’a pas jeûné à cause d’une maladie dont on espère la guérison ;
b- celui qui a effectué un long voyage durant lequel il n’a pas jeûné ;
c- la femme qui a eu les menstrues ou les lochies ;
d- celui qui a délaissé le jeûne délibérément durant Ramadan sans excuse ou qui était en train de jeûner puis a annulé son jeûne par autre chose que le rapport sexuel ;
e- la femme enceinte et celle qui allaite, si elles ont peur pour elles-mêmes ;
Tous ceux-là doivent seulement le rattrapage jour pour jour.
2 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent le rattrapage assorti d’une compensation, ce sont :
La femme enceinte et celle qui allaite si elles ont peur pour leur enfant et n’ont pas jeûné, elles doivent le rattrapage et la compensation pour chaque jour d’un moudd – le plein de deux mains jointes pour des mains de taille moyenne – de l’aliment de base le plus courant du pays. Dans l’école de jurisprudence hanafiyy, il s’agit là de donner à un pauvre ou à un miséreux une quantité suffisante pour ses repas du midi et du soir ou la valeur correspondant à cela.
Celui à qui il incombait un rattrapage de Ramadan et qui en a retardé le jeûne jusqu’au Ramadan suivant, il doit en plus du rattrapage donner une compensation, pour chaque jour, un moudd.
3 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent la compensation seule, ce sont :
a – le vieillard d’un âge avancé qui ne supporte pas le jeûne ou pour qui le jeûne présente une difficulté insupportable, celui-là ne jeûne pas et donne une compensation – un moudd – jour pour jour ;
b – le malade dont on n’espère pas la guérison : il n’a pas à jeûner ni à rattraper. Il ne doit que la compensation seule qui est la valeur correspondant à ce qui suffit pour manger le midi et le soir selon Abou Hanifah, et selon Ach-Chafi^iyy c’est un moudd de blé ou autre selon l’aliment de base le plus courant du pays.
4 – Quant à celui qui n’observe pas le jeûne et doit à la fois le rattrapage et l’expiation, c’est celui qui a rompu son jeûne par un rapport sexuel durant une journée de Ramadan délibérément, de son plein gré, en se rappelant le jeûne, même s’il n’est pas sorti du maniyy à la suite de cela. Il doit rattraper cette journée qu’il a annulée tout comme il doit l’expiation.
L’expiation consiste en ce qui suit, selon l’ordre suivant :
a- l’affranchissement d’un esclave croyant. Si la personne n’a pas la capacité de le faire, ce sera :
b- le jeûne de deux mois lunaires consécutifs, en-dehors du jour de rattrapage. Si donc la personne ne jeûne pas pendant un jour ou annule le jeûne de l’un d’eux, même à cause d’une maladie, elle reprend depuis le début. Si la personne est incapable de jeûner, ce sera :
c- nourrir soixante pauvres, en donnant à chaque personne un moudd de l’aliment de base prédominant du pays. Selon Abou Hanifah, il faut donner à chaque pauvre la valeur correspondant à un repas du midi et un repas du soir.
Si la personne est incapable de tout cela, l’expiation reste à sa charge et il ne lui incombe rien d’autre qui le remplace.
Ce qui est recommandé lors du jeûne
Il est recommandé de faire certaines choses lors du jeûne :
a – s’empresser à rompre le jeûne, une fois qu’on s’est assuré du coucher du soleil, en raison de sa parole : (( لا يزال النّاس بخير ما عجّلوا الفطر )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les gens vont bien tant qu’ils s’empressent de rompre le jeûne« .
Il est aussi recommandé de rompre le jeûne avec des dattes. Si on n’en trouve pas, que l’on rompe avec de l’eau et ceci, avant d’accomplir la prière de al-maghrib, conformément à sa parole :
(( إذا أفطر أحدكم فليفطر على تمر فإن لم يجد فليفطر على ماء فإنّه طهور ))
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Lorsque l’un de vous rompt le jeûne, qu’il le rompe avec des dattes, s’il n’en trouve pas, qu’il le rompe avec de l’eau, elle est certes purificatrice« .
Et on dit : (( اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت ))) (Allahoumma laka soumt, wa ^ala rizqika ‘aftart) [rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est pour Toi que j’ai jeûné et c’est avec Ta subsistance que je rompts le jeûne« .
Il est indispensable avant de rompre le jeûne, de s’être assuré du coucher du soleil et il ne suffit pas de se fier simplement à l’appel à la prière de la radio. Il arrive parfois qu’il ait lieu certaine précipitation à diffuser l’appel avant son temps, comme cela a déja eu lieu dans le passé dans certains pays.
b – Retarder le sahour – le dernier repas – jusqu’à la fin de la nuit, avant l’aube, même s’il se limite à une gorgée d’eau. D’après ‘Anas qui a dit : le Messager de Allah a dit : (( تسحّروا فإنّ في السّحور بركة )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Prenez le sahour, certes, il y a dans le sahour une bénédiction« .
c – De même, il est encore plus important pour le jeûneur de préserver sa langue du mensonge, de la médisance, des paroles vulgaires et autres encore parmi les choses interdites.
Sachez, mes frères qu’il est plus facile de faire preuve de patience pour persévérer dans l’obéissance à Allah soubhanahou wa ta^ala que d’avoir à endurer Son châtiment.
Alors, empêche ton ventre de consommer ce qui est interdit pendant la période où tu ne jeûnes pas c’est-à-dire la nuit, empêche ta vue du regard illicite et empêche-toi de dire les paroles laides, illicites comme le mensonge et la médisance, qui consiste à mentionner ton frère en Islam par ce qui lui déplaît, sans raison légale en citant des choses qui sont vraies à son sujet, et cela en son absence. Aussi, abstiens-toi de faire ce qui est indécent, cesse les querelles, la sécheresse dans tes comportements et les disputes.
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de la parole de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Messager de Allah a dit :
(( إنّما الصّوم جنّةٌ (أي وقايةٌ) فإذا كان أحدكم صائما فلا يرفث
ولا يجهل وإن امرؤ قاتله أو شاتمه فليقل : إنّي صائم إنّي صائم ))
ce qui signifie : « Certes, le jeûne est une protection. Si l’un de vous était en train de jeûner, qu’il n’ait pas de rapport sexuel et qu’il ne fasse pas preuve d’indécence et si quelqu’un le provoque ou l’insulte, qu’il dise : Certes, je suis en train de jeûner. Certes, je suis en train de jeûner« .
De la même façon, il est encore plus important pendant Ramadan de s’empêcher d’écouter tout ce qu’il est interdit d’écouter, et d’empêcher le reste des organes, comme la main et le pied de commettre les péchés et les interdits.
De même, il est recommandé de faire preuve de beaucoup de générosité, d’entretenir les liens de proche parenté, de réciter beaucoup le Qour’an et de faire retraite dans la mosquée (al-i^tikaf) et plus particulièrement pendant les dix derniers jours. Ainsi, Mouslim a rapporté d’après Ibnou ^Oumar, que le Prophète faisait retraite dans la mosquée pendant les dix derniers jours de Ramadan.
Il est aussi recommandé de donner de quoi rompre le jeûne aux jeûneurs. Le Messager de Allah a dit :
((من فطّر صائماً كان له مثل أجره غير أنّه لا ينقص من أجر الصّائم شىء))
[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit que le hadith est fiable et sûr] ce qui signifie : « Celui qui donne à rompre le jeûne à un jeûneur, aura une récompense semblable à la sienne sans que la récompense du jeûneur ne soit en rien diminuée« .
Il est enfin recommandé de dire, si on était insulté : je suis en train de jeûner, je suis en train de jeûner (‘inni sa‘im, ‘inni sa‘im).
Avertissement :
Celui qui meurt et à qui incombe des rattrapages de Ramadan, son tuteur – la personne la plus proche de lui – jeûne pour lui. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, il a été rapporté que le Messager de Allah a dit : ((من مات وعليه صيام صام عنه وليّه)) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui meurt et devait rattraper des jours, son tuteur [son plus proche parent] jeûne pour lui« .
Les jours pendant lesquels il est interdit de jeûner
1 – Le jour de la Fête de la fin du jeûne (^idou l-fitr) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
2 – Le jour de la Fête du sacrifice (^idou l-‘ad–ha) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
Mouslim a rapporté de ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qu’elle a dit : « Le Messager de Allah a interdit deux jeûnes : celui du jour de al-fitr – la Fête de la fin du jeûne – et celui du jour de al-‘ad–ha – la Fête du sacrifice – ».
3 – Les trois jours de at-tachriq, et ce sont les trois jours qui suivent le jour de la Fête du sacrifice. Le Messager de Allah a dit :
(( أيّام التّشريق أيّام أكل وشرب ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les jours de at-tachriq sont des jours où on mange et o on boit« .
4 – Le jour du doute, c’est le trentième jour de Cha^ban dans le cas où certaines personnes ont dit avoir vu le croissant de lune de Ramadan, par exemple des personnes comptant parmi les grands pécheurs (faciq), des femmes, des enfants ou autres de ceux dont la parole ne confirme pas le début du jeûne. Le Prophète a interdit de jeûner ce jour par sa parole :
((لا تقدّموا رمضان بيوم أو يومين صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته
فإن غمّ عليكم فأكملوا عدة شعبان ثلاثين يوماً ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « N’anticipez pas Ramadan d’un ou deux jours. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
5 – La deuxième moitié de Cha^ban. Il n’est donc pas permis de la jeûner sauf si son jeûne est relié avec un jeûne qui le précède, ou si on jeûne par rattrapage, par vœu (nadhr), par expiation (kaffarah) ou par wird – comme celui qui jeûne le lundi et le jeudi de chaque semaine toute l’année –.
Il est recommandé de jeûner six jours de Chawwal. Il est d’autre part recommandé de les accomplir en continu à la suite de la Fête, après la Fête. Si on les accomplit séparément, la sounnah est quand mme réalisée. D’après Abou ‘Ayyoub Al-‘Ansariyy, le Messager de Allah a dit :
(( من صام رمضان ثمّ أتبعه ستّاً من شوّال كان كصيام الدّهر ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui jeûne Ramadan et le fait suivre par [le jeûne de] six jours de Chawwal est comme celui qui jeûne toute une vie« .
Il est interdit d’interrompre le jeûne d’une obligation pour celui qui s’y engage que ce soit en l’accomplissant dans son temps, en rattrapage ou par vœu. Mais lorsque c’est un jeûne surérogatoire, il lui est permis de l’interrompre.
La Zakat de la fin du jeûne (Zakatou l-fitr)
C’est une zakat sur le corps et non sur le bien. Elle est un devoir pour chaque musulman s’il dispose de son montant en plus de sa propre charge et de la charge de ceux qu’il nourrit le jour de la Fête et la nuit qui le suit. Son montant est de un sa^ de l’aliment de base le plus courant du pays.
Le sa^ du Prophète est l’équivalent de quatre moudd pour des mains de taille moyenne.
Elle est donnée à un miséreux dans le besoin et qui a droit à la zakat. Il est du devoir de l’homme de donner la zakat de la fin du jeûne (fitrah) de son épouse musulmane et de ses enfants qui ne sont pas pubères et de tout proche qui est à sa charge, c’est-à-dire ceux dont la charge est un devoir pour lui, par exemple les pères et mères. Il n’est pas un devoir de payer la zakat de la fin du jeûne de quelqu’un qui est mécréant. D’autre part, il n’est pas valable de donner la zakat de la fin du jeûne de l’enfant pubère sauf avec son autorisation. Que l’on fasse donc attention à cela car beaucoup de gens ne prennent pas ce jugement en considération et donnent la zakat de l’enfant pubère sans son autorisation.
Lors de l’acquittement de la zakat de la fin du jeûne, il est indispensable de faire l’intention lors du retrait de la part à verser. Le retrait, c’est mettre de côté la part qui va être donnée en zakat, par exemple en disant dans son cœur : ceci est la zakat de mon corps. Ceci est conforme à la parole du Messager :
(( إنّما الأعمال بالنّيّات ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Certes, les [bons] actes ne valent que par l’intention« .
La zakat de la fin du jeûne devient un devoir avec le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan, sur celui qui a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. En conséquence, il est un devoir pour le tuteur de la payer sur le nouveau-né qui est né le dernier jour de Ramadan. C’est un devoir de la payer avant le coucher du soleil du jour de la Fête et il est interdit de la reculer plus tard que cela sans excuse. Il est permis de la donner à partir du début de Ramadan. Ce qui est préférable, c’est de la donner avant la prière de la Fête, pendant la matinée du jour de la Fête.
D/ EVENEMENTS IMPORTANTS
1- La grande bataille de Badr
La deuxième année après l’Hégire – l’Emigration – eurent lieu les batailles de Al-‘Abwa‘, de Bouwat, de Dhatou l-^Achir et la grande bataille de Badr qui se produisit le vendredi dix-sept du mois de Ramadan, et à ce propos, il a été rapporté ce qui suit :
Un groupe d’associateurs revenant de Ach-Cham retournait parmi le peuple de Qouraych. Parmi eux il y avait Abou Soufyan Ibnou Harb accompagné de trente hommes. Le Messager de Allah mobilisa donc les gens et conseilla l’attaque. Mais Abou Soufyan en eut vent, alors il envoya prévenir Qouraych à La Mecque que le Prophète voulait l’attaquer. Ainsi, les gens sortirent rapidement de La Mecque, ils étaient neuf cent cinquante hommes, avec cent chevaux et notre maître Mouhammad sortit de Médine avec trois cent treize hommes, dont soixante-dix-sept mouhajiroun – compagnons qui avaient participé à l’Hégire – et le reste étaient des ‘Ansar. Ils n’avaient avec eux que deux cavaliers et soixante-dix chameaux qu’ils montaient à tour de rôle.
Le Messager de Allah s’arrêta en un lieu nommé Madiqou s–Safra‘ – la gorge jaune –, et on l’informa que la caravane approchait de Badr et que les associateurs étaient sortis pour la défendre.
Puis le Messager de Allah reprit sa route s’arrêta à Badr, au point d’eau le plus proche de l’ennemi. Sa^d Ibnou Mou^adh proposa de fabriquer un palanquin pour le Messager de Allah ; on le lui fabriqua donc et le Messager de Allah s’y installa ainsi que Abou Bakr.
Puis arrivèrent les Qouraychites et lorsque le Messager de Allah les aperçut, il dit, ce qui signifie : « Ô Allah, voilà le peuple de Qouraych qui arrive avec son arrogance et sa fierté, démentissant Ton Prophète, ô Allah donne-moi la victoire que Tu m’as promise« .
Ils s’approchèrent et les associateurs firent sortir de leur rang pour le duel ^Outbah Ibnou Rabi^ah et Chaybah Ibnou Rabi^ah, ainsi que Al-Walid Ibnou ^Outbah. Alors le Prophète ordonna à ^Oubaydah Ibnou l-Harith Ibni l-Mouttalib d’affronter ^Outbah, à Hamzah l’oncle paternel du Prophète de combattre Chaybah et à ^Aliyy Ibnou Abi Talib de combattre Al-Walid Ibnou ^Outbah.
Alors Hamzah tua Chaybah et ^Aliyy tua Al-Walid, quant à ^Oubaydah et ^Outbah ils se blessèrent mutuellement, alors ^Aliyy et Hamzah se précipitèrent sur ^Outbah, le tuèrent et transportèrent ^Oubaydah qui eut la jambe sectionnée et mourut par la suite. Et le peuple s’avança pour combattre alors que le Messager de Allah était avec Abou Bakr sur le palanquin et disait, ce qui signifie : « Ô Allah, si ce groupe d’hommes est anéanti, Tu ne seras pas adoré sur terre, ô Allah exauce ce que Tu m’as promis« , et il ne cessa de répéter cela, jusqu’à ce que sa cape tombe, alors Abou Bakr la remit sur lui, et le Messager de Allah frissonna un instant puis se reprit et dit, ce qui signifie : « Bonne nouvelle ô Abou Bakr la victoire de Allah nous est accordée« .
Puis le Messager de Allah se leva sur le palanquin et encouragea les gens à combattre, il prit une poignée de cailloux, les jeta en direction de Qouraych et dit, ce qui signifie : « Les visages sont humiliés« , puis il dit à ses compagnons, ce qui signifie : « Redoublez d’adversité envers eux ! » et ce fut alors leur défaite.
La bataille débuta le vendredi matin succédant à dix-sept nuits de Ramadan et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud tua Abou Jahl Ibnou Hicham Ibni l-Moughirah. Chez les musulmans, il y eut quatorze martyrs, six Emigrants et huit Partisans. Le nombre des associateurs morts à Badr fut de soixante-dix et ils eurent autant de prisonniers.
2 – La conquête de Makkah
Lorsque Banou Bakr et Qouraych rompirent le pacte existant entre eux et le Prophète lors de la Houdaybiyah, ^Amr Ibnou Salam Al-Khouza^iyy sortit et se rendit auprès du Messager de Allah pour le supplier de maintenir l’ancienne alliance qu’il y avait entre ^Abdou l-Mouttalib et Khouza^ah. Puis Abou Soufyan sortit pour se rendre auprès du Prophète et il vint auprès de sa fille ‘Oummou Habibah qui était l’épouse du Prophète. Lorsqu’il voulut s’asseoir sur la couche du Messager de Allah, elle la plia. Il lui dit alors : « Est-ce que tu le préfères à moi, ou tu me préfères à lui ? ». Elle lui dit : « C’est le lit du Messager de Allah, et toi tu es un associateur, je n’aimerais pas que tu t’assois dessus ». C’est alors qu’il lui avait dit : « Il y a un certain mal qui t’as atteinte lorsque tu m’as quitté ». Puis il est sorti et vint trouver le Prophète. Il lui parla mais le Prophète ne lui répondit pas.
Il repartit et s’en alla trouver Abou Bakr, ^Oumar et ^Aliyy qui lui dirent : « Par Allah le Messager de Allah s’est résolu à faire quelque chose et nous, nous ne pouvons lui en parler ».
Ensuite le Messager a fait ses préparatifs et a ordonné aux gens de se préparer pour La Mecque. Il sortit après dix nuits passées de Ramadan et fit la conquête de La Mecque dix nuits avant la fin de ce mois.
Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib l’avait rencontré à As-Souqya et d’autres ont dit à Dhou l-Houlayfah alors qu’il effectuait son émigration. Le Messager de Allah lui ordonna d’envoyer ses bagages à Médine et de revenir avec lui. Il lui dit ce qui signifie : « Tu es le dernier des émigrants et je suis le dernier des prophètes« .
Le Messager de Allah parvint à Marrou dh–Dhahran avec dix mille cavaliers. Lorsqu’il y fit une halte, Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib a dit : « Malheur à Qouraych, par Allah si le Messager de Allah les surprend chez eux et qu’il entre malgré eux, ce sera certes là la fin de Qouraych jusqu’à la fin des temps ».
Il monta sur la mule du Prophète et lorsque le Messager de Allah pénétra à La Mecque, il dit ce qui signifie : « Celui qui entre chez lui aura la garantie de sécurité, celui qui rentre dans Al-Ka^bah aura la garantie de sécurité, et celui qui rentre dans la maison de Abou Soufyan aura la garantie de sécurité« .
Le Messager de Allah conquit La Mecque sans combat et les musulmans revinrent parmi les leurs et leurs résidences avec la garantie de paix, auprès de Baytou l-Lah (Al-Ka^bah).
3 – La nuit de al-qadr
Allah ta^ala dit :
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[sourat Al-Qadr] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr * et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr * la nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois * les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec [la destinée pour] toute chose * elle est une paix, elle dure jusqu’à la levée de l’aube« .
Cette sourat éminente montre que la nuit de Al-Qadr a une importance éminente. C’était au cours de cette nuit que Allah tabaraka wa ta^ala a fait descendre le Qour’an, c’est-à-dire qu’Il a ordonné à Jibril qui a pris le Qour’an de la Table Préservée et est descendu avec jusqu’à un endroit du ciel du bas-monde, appelé Baytou l-^Izzah en une seule fois. Ainsi, d’après Wathilah Ibnou l-‘Asqa^, le Prophète a dit ce qui signifie : « At-Tawrah fut descendue après que six nuits de Ramadan se sont écoulées, Al-‘Injil fut descendu après que treize nuits de Ramadan se sont écoulées et le Qour’an fut descendu après que vingt-quatre nuits de Ramadan se sont écoulées« .
Ainsi, à partir de la signification de la ‘ayah « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr« , et de ce hadith – tradition prophétique –, on a su que le Qour’an fut descendu la nuit du vingt-quatrième jour de Ramadan et cette nuit était la nuit de Al-Qadr. Ainsi, il n’est pas certain qu’elle soit la nuit du vingt-septième jour ou la nuit du vingt-neuvième jour, toutefois la plupart du temps, c’est le cas.
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Appliquez-vous à la rechercher dans les dix dernières nuits« , c’est-à-dire que la plupart du temps, elle a lieu dans les dix dernières nuits et cela ne veut pas dire qu’elle ne peut avoir lieu que parmi ces nuits-là. En effet, elle peut coïncider avec la première nuit, la deuxième ou autre. La sagesse dans le fait qu’elle ne soit pas connue avec certitude, c’est que les esclaves de Allah oeuvrent dans l’accomplissement des actes d’adoration durant toutes les nuits de Ramadan dans l’espoir de la voir.
Ensuite, à partir de Baytou l-^Izzah, Jibril a commencé à descendre avec la révélation vers le Prophète en parties séparées, selon les causes et les évènements. La première partie du Qour’an qui a été descendue l’a été le lendemain de cette nuit. Il a été descendu cinq ‘ayah de sourat Al-^Alaq. La révélation du Qour’an n’a pas eu lieu conformément à l’ordre qui existe maintenant. Seulement, après qu’il fût totalement descendu au Prophète, c’est-à-dire après environ vingt-trois ans de révélation, celui-ci a enseigné à ses compagnons que la récitation du Qour’an se fait selon cet ordre qui n’était donc pas le fruit d’un effort de réflexion de leur part.
Et Allah a glorifié la nuit de Al-Qadr. Il dit ainsi ce qui signifie : « Et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr« , c’est-à-dire que cette nuit a une importance éminente et Il montre qu’elle est meilleure que mille mois. Il dit ainsi ce qui signifie : « La nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois« , c’est-à-dire que les bonnes œuvres durant cette nuit ont une valeur selon le jugement de Allah ta^ala supérieure à celle des œuvres faites en mille mois.
Celui qui a eu l’occasion de voir un des signes de la nuit de Al-Qadr, à l’état d’éveil, la vision de cette nuit lui a été réalisée. Parmi ses signes, il y a la vision d’une lumière que Allah ta^ala crée et qui est différente de la lumière du soleil, de la lune ou de l’électricité ; il y a la vision des arbres en prosternation, la levée du soleil doux le lendemain matin. Il y a également entendre la voix des anges, de leur serrer la main ou de les voir sous leur véritable apparence, avec deux, trois, quatre ailes ou davantage. Ainsi, Jibril ^alayhi s-salam a six cents ailes.
La voir dans le sommeil, indique un bien pour celui qui la voit mais ce bien est inférieur au fait de la voir à l’état d’éveil.
Celui qui ne l’a pas vue, ni dans le sommeil et ni en éveil, mais qui s’est appliqué à faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) et des actes d’obéissance, et que cela a coïncidé avec cette nuit, obtiendra grâce à l’éminence de sa bénédiction, le mérite de la récompense de l’adoration durant cette nuit. Le Messager de Allah a dit [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui fait de nuit des actes d’adoration la nuit de Al-Qadr, par acte de foi et par recherche des récompenses de Allah, il lui sera pardonné ce qu’il a précédemment fait comme péchés« .
Faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) durant la nuit de Al-Qadr consiste à y accomplir des prières, que le nombre de rak^ah soit faible ou élevé ; toutefois, prolonger la prière par la récitation du Qour’an est meilleur que faire beaucoup de prosternations avec une récitation courte. Et celui à qui Allah permet de faire des invocations à l’instant où il la voit, ceci est un signe que son invocation est exaucée. Combien de personnes ont eu la joie de voir leurs demandes à Allah durant cette nuit exaucées.
Allah dit ce qui signifie : « les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec la destinée pour toute chose« . On rapporte que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Quand vient la nuit de Al-Qadr, Jibril descend avec un groupe d’anges pour saluer chaque esclave de Allah faisant la prière ou du dhikr pour Allah et pour invoquer Allah en sa faveur et ce, depuis le coucher du soleil et jusqu’à la levée de l’aube« . Les anges descendent ainsi avec tout ce que Allah prédestine aux gens pour cette année-là, que ce soit leurs subsistances ou leurs termes et ce, jusqu’à l’année suivante. Et il n’en est pas comme cela s’est répandu chez de nombreuses personnes que la nuit de la mi-Cha^ban serait la nuit durant laquelle sont partagées les subsistances et seront connus et précisés qui va mourir et qui va naître ainsi que d’autres détails de ce qui est des événements arrivant aux humains, durant cette période. C’est certes la nuit de Al-Qadr dont il s’agit comme l’a dit l’Exégète du Qour’an Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée, puisqu’il a dit à propos de Sa parole ta^ala [sourat Ad-Doukhan] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans une nuit bénie. Nous vous avertissons. Dans cette nuit, toute destinée existera par la sagesse de Allah » : « Il s’agit de la nuit de Al- Al-Qadr« . C’est durant cette nuit que le Qour’an a été descendu et c’est durant cette nuit que toute destinée sera connue par les anges, c’est-à-dire toute chose destinée, c’est-à-dire durant cette nuit, les choses qui vont arriver dans ce monde seront imparties, que ce soit mort, santé, maladie, richesse, pauvreté ou autre que cela parmi les diverses choses qui adviennent aux humains, depuis cette nuit jusqu’à la même nuit de l’année suivante.
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Elle est une paix qui dure jusqu’à la levée de l’aube« . Ainsi, la nuit de Al-Qadr est une paix et un bonheur pour les waliyy de Allah – les saints – et les gens de Son obéissance, les croyants. Le diable ne peut pas faire de mal ni de nuisance durant cette nuit. Cette paix dure jusqu’à la levée de l’aube. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit : « J’ai dit, Ô Messager de, si je vois la nuit de Al-Qadr, qu’est-ce que je dis ? Il a dit : (Allahoumma ‘innaka ^afouwwoun touhibbou l-^afwa fa ^fou ^anni) ce qui signifie : « Dis : Mon Dieu, Tu es Celui Qui pardonne, Tu aimes le pardon alors pardonne-moi« .
L’invocation que le Prophète disait le plus souvent, durant Ramadan comme en-dehors était la suivante : (Rabbana ‘atina fi d-dounya haçanah wa fi l-‘akhirati haçanah wa qina ^adhaba n-nar) ce qui signifie : « Notre Seigneur, accorde nous du bien dans le bas monde et du bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer« .
E/ CONCLUSION
Persévérez à lire dans le Qour’an et ne le délaissez pas. De nos jours, lorsqu’on récite le Qour’an dans le voisinage, les gens pensent qu’il y a quelqu’un qui est mort, comme si la récitation du Qour’an n’avait lieu que pour ceux qui sont dans les tombes, pour se préparer à les accompagner au cimetière et lorsqu’on est durant les préparatifs funéraires.
Persévérez à accomplir les obligations dans leur totalité. Et après les obligations, attachez-vous à accomplir les sounan, les rawatib, et assistez aux assemblées de science de la religion qui sont organisées dans les mosquées.
Ce seront autant de provisions pour toi avant que tu ne te déplaces pour aller dans ta tombe. Accomplir les obligations fait davantage rapprocher de l’agrément de Allah qu’accomplir les surérogatoires. Attachez vous donc à accorder la priorité à l’obligatoire aux dépens du surérogatoire pour agir conformément à la règle légale : celui qui est occupé par l’obligatoire aux dépens du surérogatoire, il est excusé, et celui qui est occupé par le surérogatoire aux dépens de l’obligatoire, il est prétentieux. Occupez votre temps par l’obéissance à Allah, vous ainsi que vos enfants et les gens de votre famille. L’état du musulman pendant le mois de Ramadan, c’est une pureté du cœur, une pureté des organes de toute souillure.
D’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, le Messager de Allah a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens au paradis. Il a répondu ce qui signifie : « Faire preuve de piété à l’égard de Allah et l’excellence de comportement« . Et il a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens en enfer. Il a dit ce qui signifie : « La langue et le sexe » [rapporté par Ibnou Majah et At-Tirmidhiyy].
Faites preuve de piété à l’égard de Allah, faites preuve d’excellence de comportement et préservez vos langues, vos oreilles, vos yeux, vos cœurs, vos ventres, vos mains, vos pieds, vos sexes et vos corps de l’interdit. Sachez que les organes ont des péchés ; apprenez-les pour les préserver des crimes. Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Certes, l’ouïe, la vue et le cœur, de tout cela il est responsable« .
Profitez des occasions avant que ne vous surprenne la mort et que vous ne quittiez le bas monde sans provision. Occupez vos temps par les plus précieux des actes avant le départ et avant la fin de l’âge et l’arrivée du terme. La voie pour la protection du feu de l’enfer est connue par chaque croyant intelligent et pieux; Soyez ô esclaves de Allah parmi ceux qui sont victorieux pour l’acquisition du bien et allez aux assemblées de science, les assemblées où l’on évoque Allah, les assemblées du licite et de l’illicite et de l’apprentissage de la croyance, du tawhid et de l’apprentissage des Lois de droiture.
F/ APPENDICE
Il a été rapporté de Ibnou ^Oumar qu’il a dit : Lorsqu’il voyait le croissant de lune, le Messager de Allah disait :
(( اللَّهُ أكبر اللّهمّ أهلّه علينا بالأمن والإيمان والسّلامة والإسلام والتّوفيق لما يحبّ ربّنا ويرضى ، ربّنا وربّك اللَّهُ ))
(Allahou ‘akbar, Allahoumma ‘ahil-lahou ^alayna bi l-‘amni wa l-‘imani wa s-salamati wa l-‘Islam, wa t-tawfiqi lima youhibbou Rabbouna wa yarda, Rabbouna wa Rabbouka l-Lah)
[rapporté par Ad-Darimiyy] ce qui signifie : « Allah mérite plus de vénération que tout autre, ô Allah, fais que le croissant de ce mois soit pour nous celui d’un mois de sécurité, de foi, de salut, d’Islam et de succès pour accomplir ce que notre Seigneur aime et agrée. Notre Seigneur et ton Seigneur, c’est Allah« .
Il a été rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Moulaykah qu’il a dit : J’ai entendu ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As dire : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
(( إنّ للصّائم عند فطره دعوة : اللّهمّ إنّي أسألك برحمتك الّتي وسعت كلّ شىء أن تغفر لي ذنوبي ))
(‘Inna li s–sa‘imi ^inda fitrihi da^wah : Allahoumma ‘inni ‘as’alouka bi rahmatika l-lati waci^at koulla chay’in ‘an taghfira li dhounoubi)
[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak] ce qui signifie : « Lors de la rupture de son jeûne, le jeûneur a une invocation : Ô Allah, je Te demande par Ta miséricorde qui s’étend sur toute chose de me pardonner mes péchés« .
D’après ‘Anas, que Allah l’agrée, le Prophète se rendit chez Sa^d Ibnou ^Oubadah, que Allah l’agrée, qui lui présenta du pain et de l’huile. Le Prophète en mangea puis il dit :
((أفطر عندكم الصّائمون وأكل طعامكم الأبرارُ وصلّت عليكم الملائكة))
(‘aftara ^indakoumou s–sa‘imoun, wa ‘akala ta^amakoumou l-‘abrar, wa sallat ^alaykoumou l-mala‘ikah)
[rapporté par Abou Dawoud avec une chaîne de transmission sûre] ce qui signifie : « Que les jeûneurs rompent leur jeûne chez vous, que les pieux partagent votre repas et que les anges fassent des invocations en votre faveur« .
D’après Mou^adh Ibnou Zouhrah, il lui a été rapporté que le Prophète r, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
((اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت))
(Allahoumma laka soumtou, wa ^ala rizqika ‘aftart)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est par recherche de Ton agrément que j’ai jeûné et c’est avec ce que Tu m’as donné en subsistance que je rompts le jeûne« .
D’après Ibnou ^Oumar, il a dit : Le Messager de Allah, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
(( ذهب الظّمأ وابتلّت العروق وثبت الأجر إن شاء الله ))
(dhahaba dh–dhama’ou wa btallati l-^ourouqou, wa thabata l-‘ajrou ‘in cha‘ Allah)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « La soif s’est dissipée, les vaisseaux se sont irrigués et la récompense est confirmée si Allah le veut« .
[1] Le juste (^adl) est un musulman qui ne persiste pas à commettre les petits péchés, qui évite les grands péchés, qui conserve la dignité de ses semblables, dont la croyance est saine et qui se maîtrise lors de la colère.
Qui sont les Salaf ?
Les Salaf vertueux sont les savants de l’Islam qui ont vécu au cours des trois premiers siècles de l’Hégire. Ce sont eux que le Messager de Allah a visés par sa parole : « Khayrou l-qourouni qarni thoumma l-Ladhina yalounahoum thoumma l-Ladhina yalounahoum » qui signifie : « Les meilleures gens sont les gens du siècle dans lequel j’ai vécu, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après ces derniers ».
De même, on comprend l’éloge de ces savants, qui ont vécu dans les trois premiers siècles méritoires, à partir de la parole de Allah ta^ala : « wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsanin radiya l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh » [sourat At-Tawbah / 100] qui signifie : « Les premiers Prédécesseurs parmi les Émigrants et les Partisans ainsi que ceux qui les ont suivis correctement sont agréés par Allah et ils sont satisfaits de Lui ».
Ceux qui suivront ce sur quoi étaient le Messager et ses Compagnons ainsi que leurs successeurs sont le groupe sauvé. Ce sont eux que le Messager a visés dans son hadith qui a été rapporté par ‘Abou Dawoud et par d’autres et qui signifie : « Les Yahoud se sont divisés en 71 groupes, les Nasara se sont divisés en 72 groupes, et ma Communauté se divisera en 73 groupes. Tous seront en Enfer sauf un seul, il s’agit de ceux qui seront sur ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons ».
Dans une autre version, il est mentionné : « wa hiya l-jama^ah » c’est-à-dire qu’il s’agit de la majorité. Dans la version de Ibnou Hibban, « wa hiya s-sawadou l-‘a^dham ». Or « as-sawadou l-‘a^dham » veut dire la grande majorité, et il s’agit de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. La signification de Ahlou s-Sounnah, c’est ceux qui suivent la Chari^ah (Loi) du Messager, c’est-à-dire la Croyance et les lois qu’il a amenées. Donc, le sens de Al-jama^ah, c’est la grande majorité. En sont exclus, ceux qui se sont singularisés ceux qui attribuent le corps à Allah et déclarent sans droit les Musulmans comme étant des mécréants. Ils déclarent mécréant le musulman qui rend visite à la tombe du Prophète ou la tombe d’un saint afin de rechercher de la bénédiction – la barakah – et qui y invoque Allah tout en ayant pour Croyance que Celui Qui crée le profit et Qui crée la nuisance, en réalité, c’est Allah. Ces égarés qui se prétendent salafites et qui attribuent le corps à Allah, assimilent Allah à Ses créatures. Ils se sont singularisés par rapport à la majorité des Musulmans ; ils sont insignifiants. En effet de nos jours, le nombre des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah a dépassé le milliard.
Aussi, il nous est parvenu du Prophète « ^alaykoumou bi s-sawadi l-‘a^dham ; man chadh-dha chadh-dha ‘ila n-nar» ce qui signifie : « Attachez-vous à la grande majorité, celui qui se singularise se retrouvera en Enfer ! ».
L’Imam du Salaf, Ahmad ibnou Salamah, Abou Ja^far At–Tahawiyy, qui est décédé en l’an 329 de l’Hégire a dit au début de son » Traité de Croyance » ceci : « Voici la présentation de la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah ». Au sujet de Allah, il a dit dans son » Traité de Croyance » qui a était réputé et diffusé parmi les Musulmans : « Ta^ala ya^ni l-Lah ^ani l-houdoudi wa l-ghayati wa l-‘arkani wa l-‘a^da’i wa l-‘adawat la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » ce qui signifie : « Il est exempt des limites, des fins, des coins, des membres et des petits organes. Il n’est pas contenu dans les six directions contrairement à la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah est exempt de la limite. Selon les savants, ce qui a une limite, a une localisation grande ou petite. Ainsi, le grain de poussière est limité, le Trône est limité. Tout ce qui est dans une direction ou dans un endroit est limité. Et ce qui est limité est créé. Allah n’est pas limité, car Il est le Créateur ; Il n’est pas une créature. Ainsi, Il existe sans endroit et sans direction, car Il n’est pas localisé du tout ; Il n’occupe pas d’endroit. La preuve en est que les corps que contient ce monde ont des quantités ; ils occupent des endroits.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an : « koullou chay’in ^indahou bi miqdar » [ sourat Ar-Ra^d / 8 ] ce qui signifie : « Toutes les choses qu’Il a créées ont une quantité ».
Au sujet de Allah, At–Tahawiyy a dit : «^ani l-houdoudi wa l-ghayati », ce qui signifie : « Il est exempt des limites et des fins ». Cela veut dire que Allah n’a pas de fin, car toute chose a une fin. Et toute chose qui a une fin est forcément limitée ; elle a une quantité spécifique et occupe un endroit dans l’espace.
Quant aux coins, il s’agit des côtés. Cela fait également partie des caractéristiques des corps. Allah est exempt de cela.
En ce qui concerne les membres, il s’agit des grands organes comme la tête, la main, le pied ou les petits organes comme la langue, les dents et la glotte.
La parole de At–Tahawiyy au sujet de Allah : « la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » signifie : « Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah existe sans direction et sans endroit.
Cela est la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah, elle est déduite du Qour’an, du Hadith et de l’Unanimité des savants.
Quant aux assimilationnistes, ceux qui attribuent le corps à Allah, ils ne se satisfont pas de cela.
Dans son » Tafsir », Al-Qourtoubiyy a dit que « tarbou fi tarfi r-Rahman » signifie le plateau de la balance sur laquelle seront pesées les œuvres. En l’occurrence, on a une omission du complément du nom. C’est comme s’il a dit : « fa tarbou fi kaffati Mizan Ar-Rahman », ce qui signifie : « Il augmente l’aumône dans le plateau de la balance de Allah ». Donc, en arabe le mot « de la balance » a été omis. Et en arabe, ce mot « kaffah » veut dire aussi bien main que plateau. Celui qui croit que Allah a une main, il n’est pas musulman.
À propos de l’interprétation – ta’wil – de ces genres de hadith et ce qui leur est semblable, il a été rapporté de Malik, de Ath-Thawriyy et de Ibnou l-Moubarak ceci : « Retenez ces hadith sans comment ». C’est ce qu’ont dit At-Tirmidhiyy et d’autres. Et c’est ce qu’ont dit les savants de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. Et le sens de « sans comment », c’est exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme la position assise, l’installation, les organes, les mouvements, l’immobilité, la descente, la montée. En effet, tout cela fait partie des caractéristiques des créatures. Le Créateur est exempt des caractéristiques des créatures.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son » Traité de Croyance « , a dit : « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie : « Celui qui attribue à Allah un des sens propres aux humains, il devient mécréant. ». Les sens qu’ont les humains sont leurs attributs, leurs caractéristiques, et elles sont nombreuses. Parmi elles, il y a la position assise et l’installation.
À propos des hadith qui font partie des hadith moutachabih -de ce qui n’est pas explicite- il nous est parvenu de Al-‘Awza^iyy et de Soufyan Ath-Thawriyy ceci : « Amirrouha kama ja’at bila kayf », c’est-à-dire : « Retenez ces hadith comme ils vous sont parvenus sans attribuer le comment !» Cela veut dire qu’il faut exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures.
Il n’y a pas lieu de considérer ce que disent certains singuliers comme Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy et son élève Ibnou l-Qayyim qui ont contredit la Croyance des Musulmans. Ibnou Taymiyah est un assimilationniste ; il attribue le corps à Allah. Au sujet de la parole de Allah : « layça kamithlihi chay’ », il a dit : « mounazzah », c’est-à-dire « exemption ». Ensuite, à propos de la parole de Allah : « wa Houwa s-sami^ou l-Basir », il a dit : « fa chabbah », c’est-à-dire : « Il a assimilé ». Et cela fait partie des plus atroces de ses égarements.
Quant aux ‘Ach^ariyy et les Matouridiyy, qui sont ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ils ne sont pas négationnistes comme le prétendent les Wahhabites qui attribuent à Allah le corps et qui assimilent Allah à Ses créatures.
Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est l’Imam ^Aliyy ibnou Isma^il ibnou ‘Ishaq ibnou Salim ibnou Isma^il ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Mouça ibnou Bilal ibnou Abi Bourdah, le fils du Compagnons du Messager de Allah Abou Mouça ^Abdou l-Lah ibnou Qays.
L’Imam, le Hafidh As-Soubkiyy dans ses « Tabaqatou ch-chafi^iyyati l-koubra » a dit au sujet de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy ce qui suit : « C’est notre Chaykh, c’est notre modèle qui nous guide sur la voie agréée par Allah ta^ala. Le Chaykh Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy Al-Basriyy, le chaykh de la voie de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, est l’imam des spécialistes de la science de Al-Kalam. C’est lui qui a accordé la réussite à la Croyance de l’Imam des Messagers. C’est lui qui défend la Religion et qui œuvre pour préserver la Croyance des Musulmans. Les traces de ses œuvres resteront jusqu’au jour du Jugement. C’est un imam ascète, pur et bienfaisant. Il a préservé la Loi de toute parole calomnieuse. Il s’est investi et il a donné la victoire à la Communauté de l’Islam qu’il a fortement soutenue.»
Abou Sahl As–Sa^loukiyy a dit : « Nous étions auprès du Chaykh Abou l-Haçan dans une assemblée à Al-Basrah et il débattait avec les Mou^tazilah. Allah a humilié ces derniers qui étaient nombreux. C’est alors que Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est venu et les a tous vaincus. Chaque fois que l’un d’entre eux était défait, il passait à l’autre jusqu’à ce que tous, jusqu’au dernier d’entre eux, soient vaincus. Nous étions revenus le lendemain dans l’assemblée, mais aucun d’entre eux n’est revenu. »
L’Imam Abou Bakr As–Sayrafiyy a dit : « Les Mou^tazilah avaient levé haut leurs têtes jusqu’à ce que Allah a manifesté Al-‘Ach^ariyy qui les a emprisonnés dans les trous, comme dans des entonnoirs ».
Al- Oustadh Ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Khafif a dit : « Lorsque j’étais jeune, je me suis rendu à Al-Basrah pour voir Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dont j’avais tellement entendu. J’ai vu un chaykh avec un très bel aspect et je lui ai demandé de m’indiquer la maison de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Il m’a dit : Mais qu’est-ce que tu veux de lui ? Je lui ai dit que j’aimerais le rencontrer. Alors, il m’a dit : Viens tôt demain à cet endroit ! Je suis revenu le lendemain tôt ; et quand je l’ai vu, je l’ai suivi. Il s’est rendu auprès de certains dignitaires de la ville. Et lorsque ces derniers l’ont vu, ils l’ont honoré. Il y avait un ensemble de savants et une assemblée de science de Croyance. Ils l’ont fait asseoir au milieu d’entre eux et quelqu’un d’entre eux a posé une question. Le chaykh s’est alors mis à lui répliquer et à débattre avec lui jusqu’à le faire taire. J’ai vu des choses étonnantes au sujet de sa science et de son éloquence. J’ai alors dit à quelqu’un qui était près de moi : « Qui est donc ce chaykh ? » Il m’a répondu que c’est Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Quand ils se sont levés, je l’ai suivi à nouveau. Il m’a dit : Ô jeune homme, comment as-tu vu Al-‘Ach^ariyy ? Je suis alors resté à son service et je lui ai dit : « Ô mon maître pourquoi tu n’as pas commencé par poser la question ? » Il a répondu : Je ne parle à aucun de ces gens dès le départ. S’ils commencent à citer des choses qui ne sont pas permises au sujet de la religion agréée par Allah, nous leur répliquons parce que Allah soubhanahou wa ta^ala nous a ordonné de répliquer à ceux qui contredisent la vérité. J’ai rapporté cette histoire de Ibnou Khafif par une autre chaîne de transmission. Les différenet sversions s’accordent sur l’éminence du chaykh et de sa place dans la Science. En effet, il n’abordait la science de Al-Kalam que lorsque c’était un devoir de le faire ; pour soutenir la Religion et pour répliquer aux négationnistes. Nos savants ont dit que le chaykh était quelqu’un qui avait une firaçah ; Allah lui dévoilait certaines choses. Ensuite, ils ont dit : “ Le chaykh était maître dans le Tasawwouf, dans la maîtrise du cœur tout comme il était un maître dans la science de Al-kalam et dans d’autres sciences.»
Le Oustadh Abou ‘Is-haq Al-‘Isfarayiniyy a dit : « J’étais à côté du Chaykh Abou l-Haçan Al-Bahiliyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. Et j’ai entendu Al-Bahiliyy dire j’étais à côté de Al-‘Ach^ariyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. »
En guise d’honneur pour Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, il suffit ce qu’à rapporté Al-Hakim quant à la parole de Allah ta^ala qui signifie : « Allah fera venir des gens qu’Il agrée, et ce sera des gens qui L’ aimeront ». Le Prophète a dit : « Houm qawmou hadha » ce qui signifie : « Il s’agit des gens du peuple de celui-là » et il a désigné Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy qui est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.
La vie conjugale, des conseils pour la mener à bien
La vie conjugale
La femme raisonnable est celle qui recherche l’agrément de Son Créateur et qui recherche le bonheur conjugal dans le foyer de son mari. Elle respecte son mari et elle ne lui nuit pas.
Elle s’acquitte des droits qu’il a sur elle et respecte son mérite car il est son protecteur, il est celui qui veille à son honneur et à sa dignité.
En effet, son mari est son tuteur après son père, il est celui avec qui elle vit en général, la majeure partie de sa vie.
Il est enfin, le pilier de son foyer et est celui qui subvient à la charge obligatoire sur elle, qui subvient à la charge de ses enfants.
Il a sur elle, un tutorat et une autorité, à savoir l’autorité de la diriger, l’autorité de la guider.
Allah ta^ala dit dans Sourat an-Niça, ‘ayah 104, ce qui signifie : « Les hommes sont tuteurs sur ces femmes » Jusqu’à la fin de la ‘ayah.
Il y a de nombreuses grâces dont on ne connaît la juste valeur que lorsqu’on les perd.
L’époux vertueux, qui craint Allah, est celui qui respecte les droits de son épouse, un tel époux fait partie de ces grâces qui convient à l’épouse de préserver.
Elle respecte ainsi, les droits de son mari et veille à rester à ces côtés dans l’aisance et dans la difficulté, avant que vienne un jour où elle ne le retrouvera pas auprès d’elle, se sera alors la grande perte, dans le cas où elle ne lui obéit pas dans ce qu’il est un devoir de lui obéir.
Une mère, pleine de sagesse, a donné le conseil à sa fille la nuit de son mariage. Elle lui a dit :
« Ma fille, voilà que tu sors du nid et du cocon dans lequel tu as grandis pour rejoindre un foyer nouveau pour toi et un compagnon auquel tu n’étais pas habitué.
Sois humble et douce avec lui, il sera un protecteur pour toi.
Sois pour lui comme une base, il sera pour toi comme un toit.
Protège son odorat, son ouïe et sa vue.
Qu’il prenne en toi que de bonnes odeurs, qu’il entende de toi que de belles paroles, qu’il ne voit de toi qu’un bel aspect ».
Et voilà, ci-après quelques conseils utiles, des règles de base pour une bonne vie en commun avec les époux grâce auxquels vous pouvez gagner l’amour de vos maris, une grande place et une haute estime dans leurs cœurs.
Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Si la femme accomplit ses cinq prières obligatoires, qu’elle jeûne son mois, qu’elle préserve sa chasteté et qu’elle obéit à son mari, il lui sera dit : « Entre au Paradis par n’importe quelle porte que tu veux ».
L’épouse intelligente et raisonnable est celle qui recherche l’amour de son mari, qui s’acquitte des droits qu’il a sur elle, c’est celle qui lui obéit en ce qui ne comporte pas de désobéissance à Allah.
Elle priorise le droit de son mari sur son propre droit et sur le droit du reste de ses proches parents, car le droit de son mari sur elle est éminent selon le jugement de Allah ^Azza wa Jall.
Si jamais la famille te demande quelque chose et que ton mari te demande autre chose dans laquelle il n’y pas de désobéissance à Allah, alors obéis à ton mari et n’obéis pas à ta famille car ainsi tu obtiendras son amour, son estime et sa satisfaction, c’est cela la signification de la parole du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam qui signifie : « La personne qui a le plus grand droit sur sa femme, c’est son mari ».
Que la femme ne pense pas que si elle obéirait à son mari en ce qui ne comporterait pas de désobéissance en Allah est un signe de faible personnalité ou qu’elle n’aurait pas d’amour propre, au contraire cette obéissance est quelque chose de méritoire dans la Loi.
Il s’agit d’une obéissance d’amour et de tendresse.
Le Messager éminent ^alayhi s-salam l’a fortement recommandé par sa parole qui signifie : « La personne qui a le plus grand droit sur la femme, c’est son mari ».
Parmi ce qui ramène l’amour de ton mari de sorte que tu deviennes chère pour lui, c’est de le respecter dans tes paroles, dans tes gestes, de l’honorer, de lui reconnaître son mérite, de ne pas renier son bienfait, de baisser la voix en sa présence, de ne pas prolonger les discussions avec lui quand il n’y a pas d’intérêt et surtout quand il est en colère ou triste.
Il y a beaucoup de femmes qui ne respectent pas leurs maris dans leurs paroles, dans leurs gestes, elles lèvent la voix avec leurs maris et débattent inutilement, cela entraîne une aversion de leurs maris envers elles.
Et en conséquence de quoi la vie conjugale n’est pas heureuse. La relation entre eux se détériore, puis vient la rupture, la séparation, le divorce et la perte.
Le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a fortement mis en garde les femmes qui ne respectent pas leurs maris, qui leurs nuisent quand elles parlent ou agissent, qui également renient les bienfaits du mari, c’est-à-dire le fait qu’il ait agi en bien avec elle.
Il est parvenu dans le hadith sahih que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam avait, un jour exhorté les femmes, il leur a dit en leur prodiguant le conseil ce qui signifie :
« Donnez des aumônes, car j’ai vu que vous étiez la majeure partie des gens de l’enfer ». Une femme lui a dit : « Pourquoi Ô Messager de Allah ? » Il a répondu ce qui signifie : « Parce que vous maudissez beaucoup, et vous reniez beaucoup le bienfait de l’époux ».
Cela veut dire que parmi les plus grandes causes de l’entrée des femmes en enfer, c’est qu’elles maudissent beaucoup sans droits, et qu’elles oublient vite et elles renient les bienfaits de leurs maris envers elles alors que Allah ta^ala dit ce qui signifie : « N’oubliez pas et soyez reconnaissants pour les bienfaits que vous vous faites les uns aux autres » (Sourat al-Baqarah/237).
Un grand savant a un jour donné le conseil à l’une de ses disciple qui était marié pour lui indiquer la manière de respecter son mari, de se comporter avec lui, pour gagner son amour et sa satisfaction.
Il lui a ainsi dit : « Sois douce et souple avec ton mari, baisse la voix en sa présence comme si tu avais été en présence d’un roi » Puis il a ajouté : « Le droit du mari selon le jugement de Allah est très grand, contredis ton âme en étant modeste avec ton mari ».
Ma sœur musulmane, le droit de ton mari sur toi est très grand, parmi les choses qui l’indique il y a la parole du Prophète ^alayhi s-salam qui signifie : « Si j’avais à ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un d’autre, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner pour son mari » c’est-à-dire d’une prosternation de salutation et de respect et non pas une prosternation d’adoration car l’adoration n’est accomplit que pour Allah. Mais même cette prosternation de respect a été interdite par le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam.
Cependant, si cette prosternation avait été permise, celui qui aurait du l’accomplir en priorité c’est la femme pour son mari en raison du droit éminent que celui-ci a sur elle.
La relation conjugale entre les époux dans la Loi de l’Islam est fondée sur l’amour et la miséricorde entre les deux époux afin que chacun trouve un soutien de la part de l’autre. La vie conjugale se trouve ainsi stabilisé et donnera ses fruits dans les différentes étapes de la vie.
La femme lucide et mûre est celle qui veille à bien se comporter avec son mari, qui entoure la vie conjugale avec son mari par un enclos d’amitié, de miséricorde, de respect et de bonne vie communautaire que ce soit en sa présence ou à sa sortie de chez lui, ou encore à son retour du travail.
Veiller sur une bonne vie conjugale de la part du mari et de la femme, veiller à sa chasteté raffermit les liens entre ces époux.
Cette relation bonne et bénie donnera ses fruits même après la disparition de la jeunesse et de la force de l’âge.
Lorsque le désir sexuel s’estompera, que la beauté de la femme se fanera, que les cheveux des deux époux deviennent gris, mais les traces de la bonne vie conjugale continueront quand même a donné ses fruits.
C’est ce que nous retrouvons de manière claire chez les époux qui ont atteint la vieillesse, qui ont perdu la jeunesse qui agissait chacun envers l’autre avec bienfaisance.
Tu vois ainsi que chacun des deux est attaché à l’autre, ils sont liés par des liens forts, ils sont attaché l’un à l’autre d’un attachement qui a pour fruit la tendresse, la miséricorde et l’amour à chaque moment.
Tout ceci grâce à la robustesse de leur belle relation.
Et ce bon comportement dans la vie conjugale de la part de la femme envers son mari peut se manifester dans différentes situations qui renforcent la place de la femme et l’amour qu’elle inspire à son mari.
Et voici pour toi, femme mariée, quelques valeureux conseils pour ta vie de tous les jours avec ton mari.
Lorsqu’il sort de chez lui pour aller travailler ; au matin, réveilles toi avant lui pour t’occuper de son bien être, pour lui préparer son déjeuner et ses vêtements.
Lorsqu’il s’apprête à sortir de la maison, prépares toi à bien le saluer, confie le à Allah (stawdi^) pour qu’il revienne à toi chez lui sain et sauf, protégé et nourris de la subsistance par la volonté de Allah.
C’est en sorte que lorsque tu l’accompagnes sur le palier dans les derniers instants, que ton regard soit plein de tendresse, de miséricorde et d’amour jusqu’à ce qu’il disparaisse de ton champs de vision afin qu’il ressente que tu t’occupes de lui et que tu es attachée a lui.
En effet, l’impact de ce regard de ta part sera cher à son cœur, ce sera une cause de l’amour et de la satisfaction qu’il aura et de son fort attachement envers toi.
A son retour à la maison, prépares toi au retour de ton mari chez lui, fatigué de son dure labeur pour rechercher la subsistance. Prépares toi à bien l’accueillir, accueille le chaleureusement avec le sourire même s’il ne t’a pas ramené ce que tu lui avais demandé.
Que ton accueil ait lieu en étant vêtu de beaux vêtements propre avec le sourire aux lèvres, salue le et fais lui un bon accueil, remercie Dieu qu’il soit revenu sain et sauf.
En effet, un tel accueil a sans aucun doute une conséquence sur son âme et son cœur.
Lorsqu’il s’installe dans la maison, qu’il prend place pour se reposer, assieds toi devant lui avec respect, prépares lui ce qu’il faut comme vêtement de la maison.
Gardes toi de l’accueillir avec un air maussade et triste quelque soit la fatigue, suite aux travaux ménagers ou les soucis et les problèmes des enfants.
Veilles à l’accueillir avec les nouvelles qui lui réjouiront le cœur, patientes avec ton mari face aux épreuves et aux difficultés, et si ton mari est éprouvé alors soulage le autant que tu peux.
Remonte lui son moral. Sois lui d’une aide utile.
Voici pour toi le récit d’une honorable femme compagnon, Ar-Roumaysa surnommé ‘Oummou Soulaym avec son mari Abou Talhah, que Allah l’agrée, elle était une femme patiente face à la grande épreuve qu’elle a eu avec son mari. Pour que ce récit soit pour toi un bon exemple à suivre lors des difficultés et des épreuves.
Oummou Soulaym, que Allah lui fasse miséricorde a dit : « Mon fils est mort alors que Abou Talhah n’était pas à la maison, je l’ai enveloppé dans un linceul et je l’ai mis dans un coin de la maison. Au retour de Abou Talhah, je lui ai préparé son repas ; en mangeant il m’a dit « Comment vas le petit ? » Je lui ai dit « Dans un meilleur état par la grâce de Dieu, depuis sa maladie, il n’a pas été plus calme que cette nuit ». Puis je me suis faite belle pour lui, mieux que toutes les fois précédentes au point qu’il est obtenue ce que le mari a de la femme, ensuite je lui ai dit : « Abou Talhah, vois-tu si une famille emprunte quelque chose qu’ils utilisent mais lorsqu’on leur la réclame, ils ont trouvé difficile de la rendre » son mari, Abou Talhah, lui a dit : « Ils ne devraient pas agir ainsi », c’est alors qu’elle lui a dit : « Patientes et recherches la récompense pour ta patience pour le décès de ton fils » et je lui ai annoncé son décès.
- S’occuper de la nourriture de son mari :
Ne négliges pas ce qui concerne la nourriture de ton mari, et de son retour éprouvé du travail, car s’occuper de la nourriture du mari et assouvir sa faim par les plats qu’il aime t’attireront l’amour de ton mari et feront entré la joie dans son cœur.
Fais en sorte que ton mari ne s’endorme pas affamé, ni en colère contre toi en raison de ton mauvais comportement.
En effet, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a recherché la préservation contre la faim qui entraîne la corruption par sa parole : « ‘Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika mina l-jou^ fa’innahou bi’sa daji^ » Il s’agit de la faim qui est nuisible, quant à la faim qui n’entraîne pas la corruption, elle est l’habitude des Prophètes et des saints.
Je te recommande de prendre place avec ton mari à table lors du repas en ayant un bel aspect avec le sourire sur ton visage.
Partages avec lui la nourriture qu’il aime et qu’il désire, adresses lui la parole avec respect, sois modeste avec lui comme si tu étais en présence d’un roi. Et n’oublies pas dans toutes ces belles situations avec le bon comportement envers ton mari, d’avoir une intention sincère pour gagner l’agrément de Allah, espérant ainsi, la grande rétribution de la part de Allah.
- S’occuper du repos de l’époux et de son sommeil :
Parmi ce qui consiste une bonne relation conjugale, c’est de s’occuper du repos de son mari et de son sommeil. Veilles au repos de ton mari et à son sommeil surtout s’il revient fatigué de son travail car il a fournit beaucoup d’efforts.
Veilles à conserver le calme et la sérénité dans la maison pendant son sommeil et son repos.
Ne le déranges pas quand il est endormi.
Ne le réveilles pas avec des cris des voix élevés avec tes enfants ou un de tes proches parents ou de tes voisins.
- Gagner la satisfaction de ton mari et délaisser la jalousie blâmable :
Le Messager éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Toute femme qui est morte alors que son mari est satisfait d’elle entrera au Paradis ».
Veilles à ce que ton mari soit satisfait de toi, recherche son agrément par la bonne vie conjugale et la bienfaisance.
Le compagnon honorable Abou Darda a recommandé à sa femme « Acceptes le pardon de ma part, tu prolongeras l’amour que j’aurais pour toi et ne parles pas quand je suis en colère ».
Ma sœur, tâche de faire preuve d’indulgence, ne multiplie pas le blâme et la critique des paroles de ton mari et de ses actes surtout en présence des gens car cela lui brise le cœur, il te fera perdre son amitié et son amour.
Si jamais, il y a une dispute, un différent ou des problèmes dans ta vie avec ton mari, alors empresses toi d’évacuer ce différent, contredis tes passions, n’attends pas que l’initiative vienne de lui pour te satisfaire.
Parles lui plutôt en premier, recherche la satisfaction et son amitié avec la belle parole et la bienfaisance, l’harmonie et l’amour se réinstalleront entre vous.
Je te recommande également de délaisser la jalousie déplacée, car elle ne te ramènera que chagrin et tourment.
Elle sera une cause pour éprouver ta vie et la vie de ton mari.
Un homme a donné le conseil à sa fille en lui disant « Méfie toi de la jalousie, elle est certes la clé du divorce ».
Chaykh ^Abdou l-Lah a dit : « A cause de la jalousie, certaines femmes voient une plaine comme si elle était une montagne ».
- La femme s’occupe de la parure, de ses vêtements et de sa propreté :
Parmi les choses qui renforcent la relation conjugale, c’est que la femme fait attention à son embellissement, à ses vêtements et sa propreté en présence de son mari.
Beaucoup d’épouses négligent cela, ce qui entraîne un désagrément et une séparation entre les mariés.
Il est ainsi parvenue dans le hadith honoré d’après Abou Hourayrah que l’on a interrogé le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam : « Quelle est la meilleure des femmes ? » et le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a répondu ce qui signifie: «Celle qui réjouis le regard de son mari lorsqu’il l’a voit, qu’il lui obéit lorsqu’il lui donne un ordre, qui ne le contredis pas, ni par sa personne, ni par ses biens en faisant des choses qu’il désapprouve »(La femme est libre de disposer de ses biens comme elle l’entend, ceux-ci lui appartiennent).
Et réjouis le regard de ton mari par un bel aspect, des beaux vêtements, la propreté de ta maison, portes pour lui les plus beaux vêtements qu’il désire de ta part, parfumes toi pour lui avec ce qui lui réjouis le cœur et qui le rapproche de toi, que tout cela soit avec une intention sincère par recherche de l’agrément de Allah afin que tu obtiennes la grande rétribution de la part de Dieu.
Saches que ce n’est pas un devoir pour la femme de se faire belle pour son mari s’il ne lui demande pas.
Cependant, si elle se fait belle pour lui dans l’objectif d’une bonne vie conjugale par recherche de l’agrément de Allah et des récompenses de la part de Allah, ceci comporte une récompense éminente selon le jugement de Allah.
- Soutenir l’époux financièrement lors des difficultés et se tenir à ses côtés lors des épreuves :
Parmi les choses qui renforcent la place de la femme dans le cœur de son mari, qui augmente son attachement à elle, c’est qu’elle se tienne à ses côtés lors de l’épreuve et de la difficulté financière qu’il pourrait confronter, et qu’elle le soulage lors des tourments.
Si jamais une tempête de tourment ou d’épreuves ou un vent de difficultés financières s’abattent sur lui, alors voles à son secours, soulages le et soutiens le, ainsi que son moral, aide le avec tes propres biens si tu en avais la capacité, sans orgueil, sans lui rappeler les bienfaits mais uniquement par recherche de la récompense de la part de Allah.
Souviens toi la parole du Prophète éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam qui signifie : « Celui qui soulage un croyant d’un tourment du bas monde, Allah le soulagera d’un tourment au jour du jugement, et celui qui facilite à quelqu’un dans la difficulté, Allah lui facilitera dans le bas monde et dans l’au-delà » Fin de la signification du hadith.
Que dire alors si celui que tu soulages du tourment n’est autre que ton mari.
Sois pour ton mari dans la difficulté de l’épreuve et de la colère comme de l’eau douce qui assouvit sa soif, comme le baume qui guérit de la blessure et de ses douleurs, soit sûre que si tu fais cela avec ton mari, tu gagneras son amour, son amitié et sa satisfaction et tu auras dans l’au-delà la grande récompense pour ta bonne vie conjugale avec une intention sincère par recherche de l’agreement de Allah.
Nous terminons ce sujet avec 10 conseils d’une mère attendrie pour sa fille à l’occasion de son mariage lorsqu’elle lui a dit : « Ma fille, apprends bien de moi ces 10 conseils qui seront pour toi une valeureuse provision :
Le Premier et le deuxième, c’est de vivre en commun avec lui en te satisfaisant du peu en écoutant et en obéissant.
Le troisième et le quatrième, c’est de veiller à ce qui parvient à son nez et à ses yeux, que ses yeux ne voit pas de toi quelque chose de laid et qu’il ne sente de toi que la belle odeur.
Quant au cinquième et au sixième c’est le calme pendant son sommeil et de veiller à sa nourriture, car l’amertume de la faim est brûlante et le dérangement du sommeil est une cause de colère.
Pour ce qui est du septième et du huitième c’est de veiller sur ses biens et de protéger ses serviteurs, ses proches parents et ses enfants.
Enfin le neuvième et le dixième, gardes toi de lui désobéir en quelque chose qui ne comporte pas une désobéissance à Allah, ou de dévoiler son secret car si tu désobéis à son ordre tu rempliras sa poitrine d’une exaspération et si tu dévoiles son secret, tu ne seras pas protégé de sa colère.
Je t’exhorte pour finir de ne pas manifester de joie lorsqu’il est triste, ni de tristesse s’il est heureux »
Se sont là des conseils chers pour les épouses grâce auxquels la femme bénéficiera de l’amitié et de l’amour de son mari, elle aura une place honorable dans son cœur, se sont des conseils qui seront un capital pour l’épouse dans sa vie maritale.
Et le capital de tout cela, c’est la crainte de Allah tabaraka wa ta^ala et la piété, il y a en cela une félicité dans le bas monde et dans l’au-delà.
Le Prophète éminent salla l-Lahou ^alayhi wa s-salam a dit ce qui signifie : « Dans le bas monde, il y a des biens et le meilleur des biens c’est la femme vertueuse ».
La dernière de mes invocations est la louange est à Allah, le Seigneur des mondes.
Histoire : Le voyage noturne et l’ascension
Le rayon éclatant au sujet du miracle
du voyage nocturne et de l’ascension.
La louange est à Allah le Créateur de la terre et du ciel et j’invoque Allah pour qu’Il élève davantage en degré le meilleur de ceux qui ont marché sur cette terre et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle, celui-là même qui a eu le miracle du voyage nocturne, à qui fut accordé l’ascension et qui s’est élevé dans les cieux, ciel après ciel.
Certes le voyage nocturne et l’ascension font partie des miracles du Messager de Allah de ses miracles nombreux. Il est connu que Allah accorde aux prophètes des miracles éclatants, pour les appuyer et pour les confirmer dans ce avec quoi ils sont venus de la part de Allah ta^ala.
Mais malgré l’apparition de ces miracles et de ces signes manifestes comme le soleil au milieu de la journée, les méfiants les ont reniés et ont mécru en cela.
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Et lorsqu’ils voient un miracle, ils se détournent et ils disent, ce n’est que de la magie ».
Définition du miracle :
Les gens de la science ont dit : La voie pour connaître le prophète, c’est le miracle. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît aux mains du prophète, sauve de toute opposition par ce qui est semblable ; ainsi quelque chose qui fait partie des choses surprenantes mais qui n’est pas extraordinaire n’est pas un miracle. De même, ce qui est extraordinaire mais qui n’est pas accompagné de la prétention à la prophétie, comme ces choses extraordinaires qui apparaissent aux mains des saints, cela non plus n’est pas un miracle mais cela s’appelle un prodige.
La chose à laquelle il est possible d’opposer quelque chose de semblable comme la magie ne compte pas parmi les miracles. En effet la magie, il peut lui être opposée une magie semblable.
Et le miracle est de deux catégories :
Il y a une catégorie qui a lieu après que des gens, l’aient demandé et une catégorie qui se produit sans demande de la part des gens.
Parmi les miracles qui sont arrivés à ceux qui ont précédé notre maître Mouhammad, il y a par exemple le feu immense qui n’a pas eu d’effet sur notre maître Ibrahim, puisque ce feu ne l’a pas brûlé, ni lui ni ses vêtements.
Il y a également la transformation du bâton de Mouça en un véritable serpent, puis son retour à son état initial après qu’il a dévoré les bâtons des magiciens que Pharaon avaient amenés pour s’opposer à Mouça. Ils avaient cru en Allah et avaient mécru en Pharaon. Ils avaient ainsi reconnu en Mouça qu’il était véridique en ce avec quoi il était venu.
Certes ce qui se produit sur les mains d’un prophète en tant que miracle est une preuve de sa véracité en tout ce qu’il rapporte en fait d’obligation d’adorer le Créateur, Lui seul, sans rien Lui associer, en fait d’obligation de la suivre dans les actes qu’Il leur ordonne.
Parmi les miracles qui se sont produits pour notre maître Mouhammad, il y a le gémissement du tronc de palmier sec. Le Prophète s’appuyait lorsqu’il donnait son discours contre le tronc d’un palmier, dans sa mosquée, avant qu’on lui fabrique un minbar. Lorsqu’on lui fabriqua le minbar et qu’il monta dessus, alors qu’il commençait son discours, debout sur le minbar, le tronc se mit à gémir au point que ceux qui étaient dans la mosquée entendirent son gémissement. C’est alors que le Messager de Allah descendit, le prit entre ses mains, et il s’était tu.
Parmi ses miracles il y a les animaux qui lui ont parlé, l’eau qui a jailli d’entre ses doigts, et tout ce par l’observation d’un grand nombre de témoins à plusieurs reprises.
Le miracle du voyage nocturne (Al-‘Isra’) et de l’ascension (Al-Mi^raj)
Certes le miracle du voyage nocturne et de l’ascension comptent parmi les plus éminents des miracles qui ont été accordés à notre Prophète.
Qu’elle est donc la réalité de ce miracle ?
Al-‘Isra’ selon la langue est un nom qui est extrait de ‘Asra à savoir le fait de voyager de nuit et les spécialistes de la langue s’accordent sur le fait que Sara et Asra ont le même sens. Mais d’autres, disent Asra c’est-à-dire qu’il a voyagé au début de la nuit et Sara c’est-à-dire qu’il a voyagé à la fin de la nuit.
Quant au Mi^raj Ibnou l-‘Athir a dit : Al-Mi^raj est comparable à un escalier, une échelle, c’est comme un instrument pour s’élever.
Al-Mi^raj est donc un nom extrait du verbe ^araja.
La carte du trajet du voyage nocturne
Le Messager de Allah voyagea donc de nuit, à partir de La Mecque, en passant par Médine l’Illuminée puis Tour Sayna’ ensuite Baytou l-Lahm pour finir à Al-Qouds en Palestine.
La Mecque et Médine se trouvent au milieu ouest de la péninsule arabique, près de la mer rouge. Quant au Tour Sayna’, il se trouve dans le Sahara de Sayna’ dans le Sud. Et Bethléem se trouve en Palestine du Sud, au sud de Baytou l-Maqdis.
Le récit du voyage nocturne
Le miracle du voyage nocturne est confirmé par le texte du Qour’an, et du hadith. Il est donc un devoir de croire que Allah a fait voyager de nuit le Prophète à partir de La Mecque honorée jusqu’à la mosquée Al-‘Aqsa’. Et les gens de la vérité ont été unanimes que le voyage nocturne s’était effectué par l’âme et le corps et pendant l’éveil. Les savants ont dit : « Celui qui renie le voyage nocturne, il aura démenti le Qour’an et celui qui a démenti le Qour’an, est mécréant ».
Ainsi le Prophète était endormi dans la maison de la fille de son oncle paternel ‘Oummou Hani’ qui s’appelait Fakhitah Bintou Abi Talib. Jibril vint et le prit jusqu’à la mosquée où il lui a ouvert la poitrine. Dans la version de Al-Boukhariyy d’après Malik Ibnou Sa^sa^ il a dit ce qui signifie : « Ensuite on ramena un récipient en or rempli de foi mon coeur fut ainsi lavé puis rempli et replacé ».
An-Nawawiyy a dit : cela signifie que le récipient contenait quelque chose par laquelle se réalisa une augmentation de la foi complète et de la complète sagesse. Quant au remplissage, il est possible qu’il ait eu lieu véritablement.
Al-Bayhaqiyy a rapporté d’après Chattat Ibnou ‘Aws, il a dit : « Nous avons dit, Ô Messager de Allah comment est-ce qu’on t’a fait voyager de nuit ? ».
Il a dit ce qui signifie : « J’ai fait la prière de la nuit avec mes compagnons, la prière de Al-^Aftama qui était obligatoire avant la révélation des cinq prières et Jibril m’a amené un animal blanc, de taille intermédiaire entre celle de l’âne et du mulet, il m’a dit : « Monte ». La bête s’est montrée rétive, alors il lui a pris l’oreille, il lui a murmuré quelque chose, puis il m’a installé sur elle. Elle nous a donc porté, posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Nous sommes ainsi arrivés dans une terre de palmiers, il m’a fait descendre à terre et il m’a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié. Puis nous sommes remontés il m’a alors dit : « Sais-tu où tu as prié ? » Je lui ai dit : « Allah, sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Yathrib tu as prié à Taybah Médine.
Elle nous a alors portés, posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Puis nous sommes arrivés dans une terre, il m’a dit : « Descends ». Je suis alors descendu, puis il a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié. Puis nous sommes remontés il a dit : « Sais-tu où tu as prié ? ». Je lui ai dit : « Allah sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Tourou Sayna’ là où Mouça a entendu la parole de Allah ^azza wa jall ». Puis elle nous a portés posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Puis nous sommes arrivés dans une terre où nous apercevions des palais. Il m’a dit : « Descends ». Je suis alors descendu, puis il a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié puis nous sommes remontés. Il a alors dit : « Sais-tu où tu as prié ? ». Je lui ai dit : « Allah sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Baytou l-Lahm, là où est né ^Iça Al-Maçih Ibnou Maryam ». Entre notre maître ^Iça et notre maître Mouhammad, il y a eu environ six cents années. Puis nous nous sommes remis en route jusqu’à entrer dans la ville par sa porte qui est du côté du Yémen, c’est-à-dire qu’il s’agit ici de Al-Qouds. Il est alors allé jusqu’au rocher de la mosquée et il y a attaché sa bête. Puis nous sommes entrés dans la mosquée par une porte où l’on voit le soleil et la lune s’incliner. J’ai alors accompli des prières dans le lieu que Allah a voulu.
Allah ^azza wa jall a rassemblé pour notre maître Mouhammad tous les prophètes à Baytou l-Maqdis Jérusalem, depuis ‘Adam (‘Adam est le premier des prophètes messagers et il est le premier des humains et leur père) Allah ta^ala l’a créé de terre, puis en a fait un homme et Allah lui a fait se prosterner les anges par honneur et non par adoration, en raison de son haut degré qu’il a obtenu par la prophétie et le message et tous ceux qui sont venus après lui. Il a fait la prière avec eux en tant qu’Imam et cela comporte une preuve de son degré élevé, de son immense honneur et de son mérite.
Le Messager de Allah a dit [rapporté par An-Naça’iyy] ce qui signifie : « Puis je suis rentré à Baytou l-Maqdis Jérusalem, les prophètes ayant été rassemblés pour moi. Jibril m’a fait avancer et j’ai fait la prière avec eux en tant qu’Imam, puis on m’a fait monter dans le ciel ».
Parmi les choses surprenantes que le Messager de Allah a vu, lors du voyage nocturne
1/ Ceux qui faisaient le jihad dans la voie que Allah agrée. Il était passé auprès d’un peuple qui semait et récoltait, chaque fois qu’ils récoltaient, le champ redevenait tel qu’il était. Jibril a dit : « Ce sont là les Moujahid’.
2/ Il a vu ceux qui abandonnent la prière. Il a vu un groupe de gens dont les têtes sont écrasées puis redeviennent comme elles étaient. Elles étaient écrasées par un rocher puis redevenaient comme elles étaient. Jibril a dit : « Ce sont ceux dont les têtes s’alourdissent par paresse pour l’accomplissement de la prière ».
3/ Il a vu ceux qui consomment les biens des orphelins. Il a vu un groupe de gens dont les dents sont telles celles des chameaux. Ils mangent des pierres qui leur sortent de derrière. Jibril a dit : « Ce sont, là, ceux qui consommaient les biens des orphelins ».
4/ Il a vu ceux qui consomment le gain usuraire. Il est passé auprès d’un peuple dont les ventres sont tels des maisons. Toutes les fois que l’un d’eux essaie de se lever, il tombe. Jibril a dit : « Ce sont ceux qui consommaient le gain usuraire ».
Le récit de l’ascension
L’ascension (Al-mi^raj) est confirmée par le texte des hadith sûrs. Quant au Qour’an, il ne fait pas référence à l’ascension par un texte clair, mais il y est mentionné ce qui est un texte pratiquement clair.
Allah ta^ala dit [sourat An-Najm/ 13-14-15] ce qui signifie : « Et certes, il l’a vu une autre fois à Sidratou l-Mountaha, là où se trouve le paradis du refuge ».
L’histoire de l’ascension débute lorsque il lui fut installé pour le Prophète Al-Mi^raj qui est une échelle par laquelle le Prophète a été élevé dans le ciel. Dans Fathou l-Bari Tome 7 page 208 Ibnou Hajar a dit : « Ainsi dans la version de Ka^b il lui fut installé une échelle d’argent et une échelle d’or, ils s’élevèrent donc lui et Jibril. Et dans la version de Abou Sa^id dans « Charafou l-Moustafa » on lui amena une échelle du paradis, du Firdaws incrustée de perles, à sa droite les anges et à sa gauche les anges.
Il convient d’attirer l’attention sur un point extrêmement important, c’est que l’ascension est un honneur pour le Prophète, afin que Allah lui fasse découvrir certains sites et certaines créatures du monde céleste, du monde supérieur.
La finalité de l’ascension n’est donc pas que le Prophète parvienne à un endroit où finirait l’existence de Allah ta^ala, ceci est une croyance de mécréance qui contredit le sens de la ‘ilaha il-la l-Lah.
Que l’on sache aussi que Allah ta^ala est le Créateur des cieux, des sept cieux et le Créateur de tous les endroits, qu’Il existe sans qu’il y ait de commencement à son existence. Il existe avant la création des endroits sans ces endroits. Compte ainsi par mi les graves égarements et le mal, que la personne croie que Allah ta^ala existe dans un endroit ou dans tous les endroits ou qu’elle croie que Allah habite le ciel, qu’Il serait assis sur le Trône ou qu’Il serait proche de nous ou loin de nous par la distance. Allah est exempt de cela. L’imam ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Allah est de toute éternité et il n’y a pas d’endroit de toute éternité, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » rapporté par Abou Mansour Al-Baghdadiyy. L’Imam Abou Ja^far At-Tahawiyy dans le livre Ar-^Aqidah t-Tajawiyyah a dit : « Il n’est pas délimité par les six directions contrairement à toutes les créatures ».
Parmi les choses surprenantes que le Messager de Allah a vu lors de l’ascension
1/ Il a vu Al-Baytou l-Ma^mour.
Il a vu dans le septième ciel Al-Baytou l-Ma^mour : c’est une maison honorée qui est pour les habitants du ciel, ce qu’est la Ka^bah pour ceux de la terre. Chaque jour y entrent soixante dix mille anges qui y font la prière puis en ressortent pour ne plus jamais y revenir.
2/ Le paradis.
Il a vu le paradis qui est la résidence de la félicité ininterrompue, éternelle pour les croyants. Il se trouve au-dessus des sept cieux. Il s’y trouve comme félicité ce qu’aucun oeil n’a jamais vu, ce qu’aucune oreille n’a jamais entendu et ce qui n’a jamais effleuré l’imagination d’aucun être humain. Parmi les choses que Allah a préparées comme félicité pour les musulmans pieux en particulier, et pour d’autres qu’eux parmi ceux qui entrent au paradis, comme félicité dans laquelle ils seront associés aux musulmans pieux.
Le Messager de Allah a dit au sujet des gens du paradis après leur entrée ce qui signifie : « Un ange appelle et dit « Vous serez en bonne santé, vous ne serez plus jamais malade, vous serez envie, vous ne mourrez plus jamais, vous serez jeunes, vous ne deviendrez plus jamais vieux, vous aurez une félicité et vous ne serez plus jamais attristés ».
3/ Sa vision de Allah ^azza wa jall par le coeur et non avec ses yeux : parmi les choses dont Allah a honoré Son prophète durant l’ascension, Il a ôté de son coeur le voile abstrait. C’est alors qu’il a vu Allah par le coeur, c’est-à-dire que Allah lui a donné dans le coeur la capacité de voir mais pas avec ses yeux car Allah n’est pas vu avec l’oeil qui va être anéanti dans ce bas-monde.
Le Messager de Allah a dit [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Et sache que vous ne verrez pas votre Seigneur avant de mourir ». Et Allah sera vu avec l’oeil qui est éternel, dans l’au-delà. Les croyants le verront, Il n’a aucune ressemblance avec les créatures, ils le verront sans endroit, ni direction, ni en face, ni avec une certaine distance, ni par le contact d’un rayon lumineux qui serait entre celui qui voit et Lui ^azza wa jall.
La preuve que le Messager de Allah a vu son Seigneur par son coeur deux fois lors de l’ascension réside dans ce qui est sûr d’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée, au sujet de Sa parole ta^ala ce qui signifie : « Le coeur n’a pas menti en ce qu’il a vu et certes, il L’a vu une autre fois ».
Il a dit : « Il a vu son Seigneur par le coeur à deux reprises ».
Remarque importante
Il convient d’attirer l’attention sur une chose : Certaines personnes prétendent mensongèrement que le Messager aurait entendu dans le ciel la voix de Abou Bakr, ceci est un mensonge et ce n’est pas vrai. De même, il convient de mettre en garde contre deux livres appelés Mi^raj Ibnou ^Abbas et Mawlidou l-^Arous : Ce sont deux livres attribués mensongèrement à Ibnou ^Abbas et à Ibnou l-Jawziyy qui sont ponctués d’égarements et d’histoires sans fondement.
Histoire : L’eau de ZamZam
L’Histoire de La Mecque et de la construction de la Mosquée Al-Haram
L’eau de Zam-Zam et ce pour quoi elle est bue
Il est indispensable alors que nous parlons de La Mecque honorée et de son histoire de faire une halte sur un vestige qui a une place éminente dans le cœur des musulmans, surtout que ce vestige a des caractéristiques que ne possède aucun autre que lui. Il s’agit de l’eau de Zam-Zam dans laquelle Allah ta^ala a mis une guérison et une bénédiction. Il n’y a pas de divergence entre les historiens que le premier à avoir fait apparaître l’eau de Zam-Zam sur terre c’est Jibril et que cela eut lieu lorsque le Prophète de Allah Isma^il avait eu soif étant encore enfant. Zam-Zam fut pour lui une boisson accordée par Allah ta^ala. Lorsque Allah ta^ala a fait paraître l’eau de Zam-Zam pour Isma^il, sa mère Hajar, c’était mis à l’endiguer de peur qu’elle ne tarisse. Si elle l’avait laissée, elle aurait été telle une source qui coule, comme l’a dit le Prophète. Mais l’eau de Zam-Zam est restée apparente. Les gens en ont tiré profit, à savoir les habitants de La Mecque, jusqu’à ce que Jaran prenne la charge de la Ka^bah et du Haram, le puits avait alors été recouvert. Des années passèrent, années après années, et des époques, époques après époques, jusqu’à ce qu’on perde toutes traces de cette eau. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Allah l’a fasse découvrir à ^Abdou l-Mouttalib Ibnou Hachim le grand-père du Prophète. Il eut une vision dans le rêve et il reçut l’ordre de la creuser à nouveau. Il lui fut donné des signes par lesquels il pouvait reconnaître l’emplacement de Zam-Zam et il creusa. Ceci eut lieu avant la naissance du Prophète alors que ^Abdou l-Mouttalib n’avait qu’un seul fils. D’autres savants ont dit que le creusement du puits avait eu lieu après la naissance du Prophète.
La profondeur du puits de Zam-Zam et la mention de ce qu’il comporte en tant que sources
Al-‘Azrouqiyy a mentionné que la profondeur de Zam-Zam depuis la surface jusqu’au fond est de soixante coudées et qu’au fond il y a trois sources proches de la Pierre Noire. La profondeur de sa source jusqu’à la montagne est de quarante coudées. Toutes sont construites et il n’en reste qu’une rocheuse qui est creusée. Quant à la description de l’endroit où il y a Zam-Zam c’est une sorte de pièce carrée concernant ses murs, il y a neuf bassins pour l’eau qui sont remplis à partir de l’eau de Zam-Zam et les gens y font leurs ablutions. C’est ce qui existait avant l’élargissement contemporaine. A côté de cette chambre il y avait un bassin rempli de Zam-Zam et elle possédait une porte du côté de As-Safa’ qui fut condamnée.
Par la suite à la place de ce bassin, on construisit une voie d’eau pour que les gens puissent en profiter et en boire. On construisit pour le pourtour de la chambre de Zam-Zam une vanne, sur laquelle fut inscrit le nom du sultan Soulayman de la descendance Ottomane. En l’an 948 de l’Hégire, la construction de la chambre de Zam-Zam fut rénovée. En l’an 1020 de l’Hégire, le Sultan installa à l’intérieur du puits une grille de fer. Puis la coupole de Zam-Zam fut rénovée en 1072 de l’Hégire et c’est en 1332 de l’Hégire qu’un autre grillage de fer fut placé. Le roi ^Abdou l-^Aziz de la famille de Séoud construisit deux voies d’eau à proximité de Zam-Zam et une toiture pour ceux qui viennent y boire. Puis il a renouvelé la construction de l’ancienne voie d’eau.
Les noms de Zam-Zam
Al-Faqih a dit : « Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Ibrahim a composé un écrit où il a mentionné d’après ses chaykh, les gens de La Mecque, et je l’ai transcrit à partir de son écrit à lui. Et il a dit : Ci-joint, les appellations de Zam-Zam qui sont : Amzatou-Jibril et Sakyou Isma^il, Ach-Charaq et Sayyidah, Barakah, Naffirah, Madnounah, ^Awnah, Bouchrah, Safihah, Barwah, ^Asmah, Falimah, Maymounah, Moubarakah, Kafihah, ^Afiyah, Mou^azziyah, Tahirah, Moufdah, Haramiyyah, Marfiyah, Mourwiyah, Mou’nisah, Ta^amouta^, Chifa’ou s-Saqam » fin de citation.
Ces noms ont été mentionnés par Yaqout Al-Hamwiyy
Parmi ces noms également les noms de Zam-Zam Amzatou-Jibril. C’est As-Souhayl qui l’a mentionné lorsqu’il a dit : on a mentionné que Jibril a frappé de son talon l’emplacement de Zam-Zam et que l’eau en a jailli. Frapper du talon ici c’est Amaza d’où le Amzatou-Jibril. Parmi les noms de Zam-Zam, il y a Sabas. Cela a été rapporté par Al-Faqih dans une nouvelle rapportée d’après ^Outhman Ibnou Sabah.
Il y a divergence au sujet de l’appellation sous le nom de Zam-Zam. On a dit que c’est en raison de son eau : Ibnou Hicham a dit : Zam-Zam chez les arabes c’est la pluie de la réunion. On dit aussi qu’elle a été appelée Zam-Zam parce qu’elle fut endiguée de terre (zamma) pour que l’eau ne coule pas à droite et à gauche. Si elle avait été laissée ainsi, elle aurait coulé à la surface dans toutes les directions. En rapportant de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, dans ce qu’a rapporté Al-Bayhaqiyy, elle a été appelée Zam-Zam parce que l’eau avait été préservée (Zam-Zam).
Les mentions des mérites de Zam-Zam et de ses spécificités
Al-Façiyy dans Chifa’ou l-Haram a dit : On nous a rapporté d’après At-Tabaraniyy avec une chaîne de transmission composée d’hommes dignes de confiance et dans le Sahih de Ibnou Hibban, le hadith de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, d’après le Prophète ce qui signifie : « La meilleure eau qui soit sur terre est l’eau de Zam-Zam ». Et on nous a rapporté le même sens que celui-là d’après ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, dans Tarikhou l-‘Azrouqiyy. Notre Chaykh le Hafidh Al-^Ala’iyy ? a cité que la sagesse qui réside dans le lavage de la poitrine du Prophète avec l’eau de Zam-Zam, c’est qu’Il en soit raffermi, afin de pouvoir voir les merveilles des cieux et de la terre, du paradis et de l’enfer. En effet, parmi les spécificités de l’eau de Zam-Zam il y a qu’elle raffermit le cœur et qu’elle atténue la peur, la terreur, la surprise » fin de citation. On nous a rapporté dans Tarikhou l-‘Azrouqiyy, d’après Ibnou ^Abbas : « Buvez de l’eau des pieux, des vertueux ». Et il a expliqué qu’il parlait de Zam-Zam. Le hadith de Ibnou ^Abbas d’après le Prophète qu’il a dit ce qui signifie : « Le penchant que nous avons pour l’eau de Zam-Zam est un signe distinctif pour distinguer entre nous et les hypocrites ». Et le Prophète lorsqu’il voulait honorer une personne par un cadeau, il lui donnait à boire de l’eau de Zam-Zam. D’après Ibnou ^Abbas il a dit : le Message de Allah a dit ce qui signifie : « L’eau de Zam-Zam est ce pour quoi elle est bue, si tu en bois en recherchant la guérison Allah te guérit et si tu la bois en cherchant à être repus, Allah t’auras repus et si tu la bois pour couper ta soif, Allah te la coupe ». Il s’agit ici de Amzatou-Jibril, c’est-à-dire de l’eau qui est sortie à la suite du coup du talon de Jibril et Saqyou l-Laah Isma^il, c’est-à-dire l’eau que Allah a accordée à Isma^il en boisson.
Et parmi ceux qui ont bu l’eau de Zam-Zam dans un but précis et qui l’ont obtenu, il y a l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée. Il l’avait bue pour avoir la science et il a atteint un haut degré, de même que pour être adroit dans le tir à l’arc et il atteignait 10/10 et 9/10. Parmi ce qu’a rapporté Al-Faqih d’après certaines gens de La Mecque, ce qu’il a vu à la Mosquée Al-Haram, de l’autre côté de la porte de As-Safa’ alors que les gens étaient réunis autour de lui. Il a dit : « Je m’étais rapproché, c’est alors qu’est venu un homme qui était malade. J’ai demandé ce qu’il avait, on m’a dit que c’était un homme qui avait bu quelque chose et que dans ce verre, il y avait une aiguille qui s’était retrouvée coïncée dans sa gorge. Il n’avait rien pu faire et il ne pouvait fermer sa bouche, l’homme était proche de la mort. Je suis parti, pour accomplir mes affaires et je l’ai retrouvé quelques jours après cela. Il n’avait absolument plus rien. Je lui ai dit : Comment as-tu fais ? Il a dit : J’ai bu de l’eau de Zam-Zam et je suis sorti comme j’étais sans que rien ne change, jusqu’à arriver à un pilier, j’y ai collé mon dos et j’ai dormi, je me suis réveillé de mon sommeil en ne sentant plus rien de ce qui m’était arrivé » fin de citation. Un savant a bu de l’eau de Zam-Zam pour différentes raisons, entre autres la guérison d’une maladie bien déterminée dont son ventre était atteint. Il en fut guéri sans autre médicament. Et il y avait aussi Ahmad Ibnou ^Abdou l-Lah Ach-Charifiyy celui qui travaillait à la Mosquée Al-Haram à La Mecque, il en avait bu pour guérir de la cécité qui lui était arrivée et il en fut guéri.
Mention des règles de comportement à respecter lorsqu’on en boit
Il est recommandé pour celui qui la boit de faire face à la Qiblah, de mentionner le nom de Allah ta^ala sue elle, de faire les louanges à Allah ta^ala et de faire l’invocation que faisait Ibnou ^Abbas lorsqu’il buvait l’eau de Zam-Zam. Ainsi dans Al-Moustadrak de Al-Hakim, Ibnou ^Abbas lorsqu’il buvait de l’eau de Zam-Zam disait : « Allahoumma, ‘inni ‘as’alouka ^ilman nafi^an, wa rizqan waçi^a wa chifa‘an min koulli da‘ » ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande une science utile, un bien élargi et une guérison de toute maladie » fin de citation.
La personne ne se limite pas à cette invocation mais invoque par ce que l’on veut des choses de l’au-delà dans son invocation en évitant d’invoquer ce qui comporte un tort.
Mention de la sagesse de la purification avec l’eau de Zam-Zam
Quant au jugement de la purification, ce qui est sûr par unanimité, d’après ce qu’a rapporté Al-Mawardiyy, An-Nawawiyy et l’école de Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, c’est qu’il est recommandé de faire al-woudou’ – la petite ablution – et al-ghousl – la grande ablution – avec l’eau de Zam-Zam. Al-Faqih a mentionné que les gens de La Mecque lavaient leurs morts avec l’eau de Zam-Zam. Lorsqu’ils finissaient de laver les morts, de les purifier et de les nettoyer par recherche de bénédictions, ils les relavaient avec l’eau de Zam-Zam par recherche des bénédictions. ‘Asna’ Bintou Abi Bakr As-Siddiq avait lavé son fils ^Abdou l-Lah Ibnou z-Zoubayr avec l’eau de Zam-Zam.
Mention de transfert de l’eau de Zam-Zam vers les pays
Quant au fait de la transporter, c’est une chose permise par accord des quatre écoles. Et c’est recommandé chez les Malikiyy et chez les Chafi^iyy. La différence avec les Chafi^iyy, c’est qu’entre l’eau de Zam-Zam et les pierres des deux Haram, il n’est pas permis de transporter les pierres du Haram mais il est permis de transporter l’eau de Zam-Zam, du fait que l’eau n’est pas une chose qui, étant prise ne se renouvelle pas. Cette différence a été indiquée par Ach-Chafi^iyy par ce qu’a rapporté de lui Al-Bayhaqiyy. Et ce qui est à l’origine du caractère permis de son transport, c’est ce qui est rapporté dans Jami^ou t-Tirmidhiyy d’après ^A’ichah qu’elle a transporté de l’eau de Zam-Zam dans des bouteilles. Elle a dit : « Le Messager a transporté l’eau dans des récipients puis en versait sur les malades et leur en faisait boire. »
Croyance : Traité et commentaire de Ibn 3Açaakir
LA BRILLANCE DES MINARETS
Une explication des termes du précis de croyance de Ibnou ^Açakir
Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
INTRODUCTION DU COMMENTATEUR
La louange est à Allah, le Créateur de la nuit et du jour, Celui Qui a élevé les sept cieux sans piliers, le Tout-Puissant, Celui Qui domine les créatures par la contrainte de la mort. Et que l’honneur, l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordés à notre maître Mouhammad l’élu, à sa famille pieuse et à ses compagnons excellents et purs.
Ainsi, la science de la croyance en l’unicité (tawhid) est la meilleure et la plus noble des sciences car elle concerne la plus honorable des connaissances, celle des bases de la religion. Allah ta^ala dit :
{فاعلم أنّه لا إله إلاّ الله}
[sourat Mouhammad/ ‘ayah 19] ce qui signifie : « Et sache qu’il n’est de dieu que Allah« . Et il a été rapporté de Al-Boukhariyy dans son Sahih de Abou Hourayrah que Allah l’agrée, que l’on a demandé au Messager de Allah : « Quelle est l’uvre la meilleure ? » Il a répondu :
((إيمان بالله ورسوله))
ce qui signifie : « La croyance en Allah et en Son Messager« .
Et certes les gens du Salaf [1] avaient un surcroît d’attention pour la science de la croyance en l’unicité (tawhid), de même que les gens du Khalaf [2] dépensaient un surcroît d’effort pour la faire comprendre aux gens, en leur présentant ses preuves par la raison et par les textes, au point que le très savant spécialiste du fiqh et de la science de al-kalam Mouhammad Ibnou Hibah Al-Makkiyy composa un ouvrage en vers dans la science du tawhid et le dédia au sultan combattant Salahou d-Din Al-‘Ayyoubiyy que Allah ta^ala lui fasse miséricorde. Celui-ci la reçu avec intérêt et alla jusqu’à ordonner de l’enseigner aux enfants dans les écoles. C’est donc pour toutes ces raisons que j’ai jugé utile de réaliser le commentaire du Précis du Chaykh spécialiste du fiqh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir le Chafi^iyy. Il s’agit d’un précis très concis. J’ai ainsi explicité ses termes et j’ai éclairci ses expressions à l’aide de mots brefs et simples, qu’il est facile aux enfants de comprendre et aux étudiants de mémoriser. Et je l’ai appelé :
La brillance des Minarets,
une explication des termes du précis de Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir .
مرشد الحائر في حلّ رسالة فخر الدّين ابن عساكر
Et je tiens à souligner que ce précis comprend la croyance des Gens de la Tradition Prophétique et de la Majorité (‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah), que c’est un résumé, comprenant la majorité des bases de la croyance et constituant une annulation des croyances de ceux qui prétendent faussement suivre les gens du Salaf (salafiyy) et qu’il est un éclaircissement de la croyance ‘Ach^ariyy qui est la croyance des compagnons et de quiconque les a bien suivis parmi les gens du Salaf et du Khalaf. Il s’agit d’un précis éminent qui a reçu l’éloge du traditionniste (hafidh) Salahou d-Din Khalil Ibnou Kaykaldiyy Al-^Ala‘iyy, que Allah lui fasse miséricorde, décédé en l’an 761 de l’Hégire qui l’a appelée « La Croyance Eclairée? qui guide » (Al-^Aqidatou l-Mourchidah). [Al-^Ala‘iyy] a dit : « Et l’auteur de cette Croyance Eclairée l’a écrite conformément au pacte de droiture, il a raison concernant ce dont est exempt Al-^Aliyyou l-^Adhim » fin de citation. Ceci a été rapporté par l’Imam Tajou d-Din As-Soubkiyy dans ses Tabaqat, il a approuvé l’auteur de l’avoir intitulé La Croyance Eclairée et il l’a énoncé dans sa totalité, disant en la terminant ce qu’il a écrit : « Ceci est l’ultime expression du précis de la croyance, il n’y a pas en lui ce que renierait un Sounniyy » fin de citation.
Et c’est sur cette croyance que s’est tenu notre chaykh et notre modèle le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy connu sous le nom de Al-Habachiyy dans la totalité de ses ouvrages traitant de la croyance. Que l’on soit donc en garde contre les perturbateurs payés et salariés par les assimilationnistes mouchabbih anthropomorphistes qui renient l’invocation de Allah par le degré d’une de Ses créatures honorées à savoir le tawassoul.
Pour finir, nous demandons au Seigneur, Celui Qui dispense beaucoup de bien, de nous accorder la réussite, l’effacement de nos péchés et le pardon, Il est certes sur toute chose tout puissant.
Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
Explication : Cela signifie : je commence par le nom de Allah ou : le commencement [de mon ouvrage] est par le nom de Allah (Bismil-lah). Ar-Rahman c’est-à-dire Celui Qui accorde beaucoup de miséricorde aux croyants et aux mécréants dans ce bas-monde et uniquement aux croyants dans l’au-delà ; Ar-Rahim c’est-à-dire Celui Qui accorde beaucoup de miséricorde aux croyants.
Le Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir que Allah lui fasse miséricorde, a dit :
Explication : L’auteur est Fakhrou d-Din Abou Mansour ^Abdou r-Rahmani bnou Mouhammadini bni l-Haçani bni Hibatil-lahi bni ^Abdil-lahi bni l-Houçayn Ad-Dimachqiyy connu sous le nom de Ibnou ^Açakir, le spécialiste du fiqh le chafi^iyy bien connu . Abou Chamah a dit : il n’y a pas parmi ses aïeux quelqu’un qui porte le nom de ^Açakir, ce n’est qu’une appellation par laquelle ils sont connus dans leur famille et qui pourrait provenir des mères de certains d’entre eux. Et il est celui dont l’oncle paternel est Abou l-Qaçim ^Aliyyou bnou l-Haçani bni Hibatil-lah Ibnou ^Açakir, le transmetteur de hadith (mouhaddith) de la région de Ach-Cham et son spécialiste en authentification du hadith (hafidh). Il est né en l’an cinq cent cinquante, comme il l’a consigné lui-même de sa main, dans une famille éminente et noble. Dès son enfance, il a donné, que Allah lui fasse miséricorde, une grande importance à la science. Il a étudié le fiqh chez Qoutbou d-Din Mas^oud An-Nayçabouriyy qui lui a marié sa fille. Il a reçu la science par transmission orale également de son oncle paternel Abou l-Qaçim et de Charafou d-Din ^Abdoul-lahi bnou Mouhammadini bni Abi ^Asroun et de ‘Oummou ^Abdil-lah ‘Asma‘ou bintou Mouhammadini bni l-Haçani bni Tahir et de sa sœur ‘Aminatou ‘Oummou Mouhammad et d’autres encore. Il a enseigné et transmis le hadith à La Mecque, Damas et Jérusalem (Al-Qouds) et en d’autres lieux. De nombreux savants renommés ont fait son éloge comme l’a rapporté Adh-Dhahabiyy dans As-Siyar et d’autres. De surcroît, Tajou d-Din As-Soubkiyy a dit dans Tabaqatou ch-Chafi^iyyah : « Il était celui que personne après lui n’a surpassé et qui a réuni la science et l’action. Ses contemporains furent d’accord à reconnaître son éminence dans l’intelligence et la religion« . Et Abou Chamah a dit dans Dhaylou r-Rawdatayn : « Afin de lui confier le poste de juge (qadi), Al-Mou^adhdham l’envoya chercher de nuit. Arrivé chez ce dernier, il l’accueillit et le fit asseoir à ses côtés. On présenta un repas mais il n’en prit rien. Il fit pression sur lui pour qu’il accepte la fonction de juge. Alors il dit : Je vais faire la prière de ‘istikharah. Quelqu’un présent avec lui m’a informé et a dit qu’il est rentré chez lui, il est entré dans sa petite demeure proche du mihrab des compagnons – c’est-à-dire dans la mosquée des Ouméyades. Il veilla donc toute la nuit dans la mosquée, faisant ainsi preuve de piété et pleurant jusqu’à l’aube. Au matin, ils vinrent le voir, il persista dans son refus et suggéra qu’on nomme Ibnou l-Harastaniyy à qui fut confiée cette tâche. Cependant, craignant d’être contraint, il avait apprêté sa famille pour le voyage. Son groupe d’étudiant sortit pour le canton de Halab. C’est alors que Al-^Adil -roi de Halab et parent de Al-Mou^adhdham- fut affecté par ce qui se passait, il s’attendrit et fit repartir les étudiants. Il lui dit : Désigne quelqu’un d’autre. Alors il lui désigna Ibnou l-Harastaniyy« . On cite ici l’un de ses poèmes :
Aie peur quand le soir d’espoir tu es rempli
Et espère si le matin de crainte tu es pris
Ô combien souvent de peines le temps amène
Pourtant, pour Allah, tant de choses amènes.
Et il est l’auteur de nombreux ouvrages dans le fiqh et le hadith. Il est décédé le dix du mois de Rajab de l’année 620 de l’Hégire et rares furent ceux qui n’assistèrent pas à ses funérailles. Il fut enterré dans le cimetière de As–Soufiyyah à Damas. Abou Chamah a dit : L’un de ceux qui étaient présent auprès de lui m’a informé et a dit : « Il a accompli la prière de adh–dhouhr et par la suite s’est enquis de la prière de al-^asr. Il a fait la petite ablution puis a dit les témoignages, il était alors assis et a dit : Raditou bil-lahi Rabba, wa bil-‘Islami dina, wa bi Mouhammadin~Nabiyya ce qui signifie : J’agrée Allah comme Seigneur, et l’Islam comme religion et Mouhammad comme Prophète. Que Allah me rende capable de déclarer la preuve de ma foi, qu’Il allège mon péril et accorde miséricorde dans mon isolement. Puis il a dit : Wa ^alaykoumou s-salam. Alors nous avons su que les anges étaient là et il est tombé sans vie » fin de citation. Et sa mort fut provoquée par la diarrhée, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Sache que Allah nous guide ainsi que toi-même qu’il est un devoir pour chaque personne responsable de savoir que Allah ^azza wa jall est unique dans Sa souveraineté.
Explication : La souveraineté, c’est la domination. Et cette première phrase signifie qu’il est un devoir pour toute personne responsable de croire catégoriquement, sans aucun doute, que Allah ta^ala n’a pas d’associé dans Sa domination, c’est-à-dire que ce monde n’appartient qu’à Lui, n’est régi par nul autre que Lui et n’a pas d’autre divinité que Lui. Et الواحد (Al-Wahid) l’Unique, lorsque ce nom est employé pour Allah signifie Celui Qui n’a aucun associé dans la divinité et Qui n’a aucun équivalent. Quant à la personne responsable, c’est le pubère, sain d’esprit, à qui est parvenu l’appel à l’Islam [dans une langue qu’il comprend].
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a créé l’univers dans sa totalité, le monde supérieur et le monde inférieur, le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy), les cieux et la Terre, ce qu’ils contiennent et ce qui se trouve entre eux.
Explication : Il entend par monde supérieur ce que contiennent les cieux et par monde inférieur ce que contient la terre. Cela signifie que toute chose dans ce monde, qu’elle soit dans les cieux ou dans la terre, au-dessus des cieux, entre les cieux et la terre ou sous la terre, tout ceci existe par la création de Allah ^azza wa jall, c’est Lui Qui l’a faite sortir du néant à l’existence. Cela inclut aussi bien les actes des esclaves [de Allah] que leurs intentions puisqu’ils font partie de ce monde. Allah ta^ala dit :
{وخلق كلّ شىء}
[sourat Al-Fourqan / ‘ayah 2] ce qui signifie : « Et Il crée toute chose« . Et ce qui est visé par ce qui est dans les cieux, ce sont par exemple les anges, ce qui est au-dessus c’est par exemple le paradis, ce qui est entre les cieux et la terre la lune et les étoiles, ce qui est sur la terre l’humanité et ce qu’il y a sous la terre l’enfer qui se trouve en effet sous la septième terre. Al-Hakim a dit : les versions à ce sujet sont sûres (sahih).
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Toutes les créatures sont dominées par Sa puissance, la plus petite particule ne bouge que par Sa volonté. Nul ne régit la création avec Lui et Il n’a pas d’associé dans la souveraineté.
Explication : Il vient par là que le Trône qui est le plus immense des corps par la taille est sous la domination de Allah ta^ala. Allah est Celui Qui l’a créé et placé en ce lieu très élevé. C’est Lui Qui le maintient à cet emplacement de sorte qu’il ne s’écroule pas sur les cieux et la terre qui sinon, seraient complètement détruits. Et ce qui est inférieur au Trône est à plus forte raison sous la domination de Allah. Allah ta^ala dit :
{وهو ربّ العرش العظيم}
[sourat At-Tawbah / ‘ayah 129] ce qui signifie : « Et Il est le Seigneur du Trône majestueux« . C’est Lui soubhanahou wa ta^ala Qui régit toute chose, c’est-à-dire Celui Qui modifie les choses conformément à Sa volonté et à Sa science éternelles. Ainsi, aucun mouvement ni aucune immobilité n’arrive dans ce monde sinon par Sa destinée ^azza wa jall. C’est Lui ta^ala Qui change les choses, Il change les cœurs comme Il le veut. S’Il le veut il détourne le cur de l’esclave et s’Il le veut, Il le maintient dans la droiture. Il a dit en effet ^azza wa jall :
{ونقلّب أفئدتهم وأبصارهم}
[sourat Al-‘An^am / ‘ayah 110] ce qui signifie : « Et Nous retournons leurs cœurs et leurs regards« . En outre, le Prophète a dit :
((اللهمّ مصرّف القلوب صرّف قلوبنا على طاعتك))
[rapporté par Mouslim et Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Ô Allah, Toi Qui retourne les curs, maintiens nos cur sur Ton obéissance« . Il n’y a donc pas de créateur régissant de façon globale toute les créatures sinon Allah. Quant à la gestion des détails telle que la gestion des anges de leurs tâches concernant la pluie, les nuages ou la végétation, conformément à ce que Allah a ordonné et voulu de toute éternité, il est permis de qualifier les créatures par de telles choses, conformément à ce que Allah a dit des anges :
{فالمدبّرات أمرا}
[sourat An-Nazi^at/ ‘ayah 5] ce qui signifie : « Par ceux qui régissent les choses« . Si donc le retournement des curs est sous la puissance de Allah, les actes extériorisés ? sont à plus forte raison des créatures de Allah. Et il n’en va pas comme le prétendent les Mou^tazilah que l’esclave créerait ses actes lui-même et que ce ne serait pas Allah Qui serait le créateur de toute chose. Que Allah les enlaidit davantage. Allah ta^ala dit :
{الله خالق كلّ شىء}
[sourat Az–Zoumar/ ‘ayah 62] ce qui signifie : « Allah est le créateur de toute chose« . Et le terme « toute chose » couvre les corps, les organes et les actes. L’esclave n’a pour lui rien d’autre que l’acquisition de l’acte et c’est Allah Qui le crée. L’acquisition de son acte signifie qu’il oriente sa volonté et sa force mais toutes deux sont des créatures, c’est Allah Qui crée cet acte par création c’est-à-dire qu’Il le fait advenir ? surgir du néant et le rend existant. Rien n’arrive sinon par le fait de faire exister propre à Allah et par Sa création. L’esclave que Allah a bien guidé par Sa miséricorde et Sa grâce observera la véritable nature de ses mouvements et de ses immobilités : Si je bouge ma main, j’en éprouve le mouvement et l’orientation de mon but pour ce faire, pourtant la raison et la Chari^ah imposent que moi-même, je n’en suis pas le créateur mais que ce mouvement qui m’est arrivé est bien une créature de Allah.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il est حيّ (Hayy) vivant, قيّوم (Qayyoum) Il ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence ni par le sommeil.
Explication : C’est que الحيّ (Al-Hayy) lorsque ce nom est employé pour Allah signifie qu’Il a une vie éternelle qui n’est pas d’esprit ? âme, de chair ou de sang. Quant à القيّوم (Al-Qayyoum), cela signifie qu’Il régit les créatures et non pas qu’Il est immanent à Ses esclaves, incarné en eux. Certains savants ont interprété Al-Qayyoum par l’Eternel, Celui Qui ne s’anéantit pas. La somnolence signifie l’assoupissement et le sommeil quant à lui est tel que l’esprit de la personne est absent, de sorte qu’elle n’entend pas la parole autour d’elle. Allah tabaraka wa ta^ala est donc exempt de tout cela comme Il le dit dans ‘ayatou l-koursiyy :
{الله لا إله إلاّ هو الحيّ القيّوم لا تأخذه سنة ولا نوم}
[sourat Al-Baqarah / ‘ayah 255] ce qui signifie : « Allah, il n’est de dieu que Lui, le Vivant, Celui Qui ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence, ni par le sommeil« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il connaît les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe dans la Terre et dans le ciel. Il connaît ce qui est dans la terre et ce qui est dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans un livre clair. Allah englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement.
Explication : Allah connaît les choses dans leur généralité et dans leurs détails. Il sait ce qui a existé et ce qui sera c’est-à-dire ce qui existera. Jusqu’au délice continuel du paradis qui ne s’interrompt pas, Allah le connaît de toute éternité, Il sait le caractère nécessaire de ce qui est obligatoire selon la raison, le caractère possible de ce qui est possible selon la raison et l’impossibilité de ce qui est impossible selon la raison. Et Il a soubhanahou wa ta^ala la science de Lui-même, de Ses attributs et de ce qu’Il a fait entrer en existence parmi Ses créatures, par une science unique sans début et sans fin qui ne change pas. Et certains mou^tazilah extrémistes -dont Abou l-Houçayn Al-Basriyy– ont dit : « Allah ne sait ce que fera l’esclave qu’après l’avoir créé », ceci est de la mécréance claire et c’est par Allah que nous en ? recherchons la protection. Allah ta^ala a fait descendre le Qour’an possédant des aspects équivoques comme une épreuve pour les esclaves. Les gens se sont séparés en deux classes, l’une explique les versets en question en les plaçant dans leur contexte et ils auront la réussite, l’autre les explique en dehors de leur contexte et ils vont périr seront anéantis ?. Nous donnons pour exemple Sa parole ta^ala :
{الآن خفّف الله عنكم وعلم أنّ فيكم ضعفا}
[sourat Al-‘Anfal / ‘ayah 66] ce qui signifie : « Maintenant Allah vous a soulagés, et Il a su votre faiblesse« . Celui donc qui fait dépendre la parole qui signifie « Il a su votre faiblesse » de Sa parole qui signifie « Maintenant« , c’est-à-dire par là que Allah ta^ala aurait su cela après n’en avoir pas eu connaissance, il s’est égaré d’un égarement profond. Et celui qui comprend la véritable signification du verset, c’est-à-dire que Allah vous a soulagés maintenant de ce qui était obligatoire pour vous, à savoir de combattre à concurrence d’un musulman contre dix mécréants, en rendant désormais obligatoire de combattre à concurrence d’un musulman contre deux, et ceci parce que Allah a su par Sa science sans début votre faiblesse, celui-là aura atteint la vérité et sera sur le droit chemin. Vient ensuite que certes toute chose qui entre en existence dans ce monde, dans les cieux et sur la terre, que ce soit sur les terres émergées, dans les eaux ou au-dessous du sol, tout est inscrit dans un Livre Clair, c’est-à-dire dans la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh), conformément à ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy du Messager de Allah que Allah ta^ala a ordonné au Calame Elevé (al-qalamou l-‘a^la). Ainsi Il dit :
((اكتب ما كان وما يكون إلى يوم القيامة))
ce qui signifie : « Inscris ce qui a été et ce qui sera jusqu’au jour dernier« . Et Allah englobe toute chose par Sa science signifie qu’Il sait soubhanahou ce qui a existé et ce qui existera par sa science sans commencement. Et Il dénombre toute chose parfaitement signifie qu’Il sait ^azza wa jall par Sa science sans commencement le nombre de toute chose, Il le sait avant qu’ait existé ce qui est créé, quoi que ce fut parmi le monde créé. Ceci est conforme à ce qu’Il dit ta^ala :
{وأحصى كلّ شىء عددا}
[sourat Al-Jinn / ‘ayah 28] ce qui signifie : « Et Il dénombre toute chose parfaitement« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il fait ce qu’Il veut.
Explication : Allah soubhanahou wa ta^ala fait ce qu’Il veut, ce dont Il a voulu l’existence, arrive par Sa volonté sans commencement, Il le fait par Son acte sans commencement. Sa volonté c’est-à-dire Son vouloir est sans commencement et les choses qui sont voulues entrent en existence. Son acte est sans commencement et ce qui est fait entre en existence.
La volonté de Allah ^azza wa jall ne change pas car le changement advient aux créatures et c’est le plus grand signe de l’entrée en existence. Il dit ta^ala :
{ما يبدّل القول لديّ}
[sourat Qaf / ‘ayah 29] ce qui signifie : « Ce que J’ai décrété ne change pas« . De plus, le Messager de Allah a dit :
((قال الله تعالى : يا ا محمّد إنّي إذا قضيت أمرا فإنّه لا يردّ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Ô Mouhammad, si J’ai destiné une chose, elle est irrévocable« . Le fait est que Allah fait changer les créatures conformément à Sa volonté qui ne change pas. Ce dont Il a voulu l’existence, il lui advient l’existence au moment dans lequel Il a voulu son existence. Et ce dont Il ne veut pas l’existence n’existera jamais, conformément à ce qui a été confirmé du Messager de Allah qui a dit :
((ما شاء الله كان وما لم يشأ لم يكن))
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ce que Allah veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas« . Qu’il s’agisse du bien comme du mal, de l’obéissance comme des désobéissances, de la mécréance comme de la foi, tout cela advient donc par la volonté de Allah ta^ala, par Sa science, Sa prédestination et Sa destinée. Cependant, le bien existe par l’amour de Allah, par Son agrément et Son ordre alors que le mal n’existe pas par l’amour de Allah ni par Son agrément ni par Son ordre.
Ainsi celui qui craint Allah, c’est parce que Allah lui a donné la réussite et celui qui est pervers et qui désobéit, c’est parce que Allah l’a égaré. Et c’est cela la signification de l’expression : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bil-lah. : Il n’y a de protection contre la désobéissance envers Allah que par la préservation de Allah, et il n’y a de force pour Lui obéir que par Son aide. Cela ne veut nullement dire que l’esclave est dénué de toute volonté, mais sa volonté est sous la volonté de Allah tabaraka wa ta^ala conformément à Sa parole dans le Livre Honoré :
{وما تشاءون إلاّ أن يشاء الله ربّ العالمين}
[sourat At-Takwir / ‘ayah 29] ce qui signifie : « Et vous ne voulez que si Allah le veut, le Seigneur des univers« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il peut réaliser absolument tout ce qu’Il veut.
Explication : Allah tabaraka wa ta^ala a une puissance totale par laquelle Il fait entrer les choses en existence, rien ne Le rend donc incapable et Il n’a pas besoin de l’aide d’autrui conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an :
{وهو على كلّ شىء قدير}
[sourat Al-Ma‘idah/ ‘ayah 120] ce qui signifie : « Et Il est sur toute chose tout puissant » Sa puissance n’est affectée d’aucun défaut, aucune faiblesse ni aucune incapacité. Sa puissance est bien totale conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an Al-Karim :
{إنّ الله هو الرّزّاق ذو القوّة المتين}
[sourat Adh-Dhariyat/ ‘ayah 58] ce qui signifie : « Certes Allah est Celui Qui est garant de la subsistance, Celui Qui a la puissance et Qui n’est pas atteint pas la fatigue« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a la souveraineté
Explication : c’est-à-dire qu’Il a la domination totale qui n’est controversée par aucun contestataire. Et Sa souveraineté ta^ala n’est pas la souveraineté de ce qui est créé et qu’Il donne à qui Il veut parmi Ses esclaves, parce que cette souveraineté-là s’anéantit.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’a nul besoin d’autrui.
Explication : Il est immanent par Lui-même c’est-à-dire qu’Il n’a pas besoin d’autrui. Il est الغنيّ (Al-Ghaniyy) conformément au nom qu’Il a donné pour Lui-même dans le Qour’an. Et la mention du nom الغنيّ (Al-Ghaniyy) figure dans le hadith citant les quatre-vingt dix neuf noms qui a été rapporté par Ibnou Hibban, At-Tirmidhiyy, Al-Bayhaqiyy et d’autres encore. Et il se peut que la mention du terme Al-Ghina‘ dans quelques textes relève d’une erreur de transcription de certains copistes.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a la toute-puissance
Explication : Il est soubhanahou wa ta^ala tout puissant conformément à ce qu’Il dit :
{والله عزيز ذو انتقام}
[sourat ‘Ali ^Imran / ‘ayah 4] ce qui signifie : « Et Allah est le Puissant Qui n’est pas vaincu, Celui Qui a [l’attribut de] faire parvenir le châtiment à qui Il veut parmi les injustes« . Al-Halimiyy a dit : Cela signifie qu’Il est Celui Que l’on ne peut atteindre et Qu’aucune chose ne peut forcer. Al-Bayhaqiyy a rapporté de Al-Khattabiyy : العزيز (Al-^Aziz) c’est Celui Qui n’est pas vaincu.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et la non-fin.
Explication : Allah ta^ala a pour attribut la non-fin Qui est l’invariabilité de l’existence, sans avènement d’anéantissement. Et Sa non-fin ta^ala est obligatoire selon la raison, il n’est pas possible selon la raison qu’il en soit autrement. Il n’est donc rien sans fin dans ce sens que Lui. Quant au paradis et à l’enfer, du point de vue de leur nature selon la raison il leur est possible à tous deux l’anéantissement. Pourtant ils sont sans fin, car leur non-fin leur a été attribuée à tous deux par Allah, alors que la non-fin de Allah est propre à Lui-même. De plus Sa non-fin implique la non-fin de Ses attributs, que ce soit la puissance, la science, l’ouïe, la vue, la volonté et tout autre que ceux-ci.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a le jugement
Explication : c’est-à-dire que soubhanahou wa ta^ala, Il juge par ce qu’Il veut.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et la création.
Explication : Al-qada‘ c’est la création, conformément à Sa parole ta^ala :
{فقضاهنّ سبع سموات}
[sourat Foussilat / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Et Nous les avons créés en sept cieux« . Cela signifie qu’Il crée ^azza wa jall ce qu’Il veut et le fait apparaître du néant à l’existence. Mais al-qada‘ vient aussi dans le sens de l’ordre conformément à ce qu’Il dit ta^ala :
{وقضى ربّك ألاّ تعبدوا إلاّ إيّاه وبالوالدين إحسانا}
[sourat Al-‘Isra‘ / ‘ayah 23] ce qui signifie : « Et Ton Seigneur a ordonné que vous n’adoriez que Lui et que vous fassiez preuve de bienfaisance envers vos parents« . Et l’on donne une interprétation semblable pour Sa parole :
{وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون}
[sourat Adh-Dhariyat / ‘ayah 56] ce qui signifie : « Et Je n’ai créé les jinn et les hommes que pour leur donner l’ordre de M’adorer« . Cela ne signifie pas qu’Il a voulu que chacun d’entre eux L’adore car s’Il avait voulu que tous L’adorent et n’adorent rien d’autre, il n’y aurait pas de mécréants. Il dit ta^ala :
{ولو شاء ربّك لآمن من في الأرض كلّهم جميعا أفأنت تكره النّاس حتّى يكونوا مؤمنين}
[sourat Younous / ‘ayah 99] ce qui signifie : « Si Ton Seigneur l’avait voulu, les gens de la terre auraient cru tous ensemble, est-ce toi (Mouhammad) qui contrains les gens jusqu’à ce qu’ils soient croyants« . Cela signifie : l’état des cœurs n’est pas de ton ressort, ô Mouhammad, mais ils sont dans la toute-puissance de Allah. Et si Allah avait voulu guider tous les gens, ils feraient tous partie de la communauté des croyants. Mais Allah n’a pas voulu cela, c’est pourquoi certains d’entre eux sont des croyants et certains autres sont mécréants.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a les noms parfaits.
Explication : Allah a les noms parfaits c’est-à-dire ce qui indique la perfection absolue. De tous les noms parfaits de Allah, il ne vient qu’une indication de la perfection. C’est-à-dire que rien en eux n’indique le défaut s’agissant de Lui ta^ala. Ainsi القادر (Al-Qadir) le Puissant indique la puissance, العلاّم (Al-^Allam) indique la science, الرحمـن الرحيم (Ar-Rahman Ar-Rahim) le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux indique la confirmation de Sa miséricorde ta^ala, العزيز (Al-^Aziz) le Puissant Qui n’est pas vaincu indique la confirmation de sa toute-puissance, السميع (As-Sami^) Celui Qui entend indique la confirmation de Son ouïe, الواحد (Al-Wahid) l’Unique indique la confirmation de Son unité, الخالق (Al-Khaliq) le Créateur indique la confirmation de Sa création, البصير (Al-Basir) Celui Qui voit indique la confirmation de Sa vue, et ainsi tous Ses noms indiquent la perfection. Le nom qui indique le défaut est donc impossible à son sujet et il n’est pas valable de le nommer « ‘Ah » comme se l’imaginent certains. Beaucoup de chadhiliyyah croient mais encore mentionnent dans leurs livres qu’un des noms de Allah serait ‘Ah. Or ‘Ah est une expression marquant la plainte et la souffrance selon l’avis des linguistes, et les textes des quatre écoles stipulent que le gémissement -soit au moins deux sons phonétiques- annule la prière. Et ‘Ah en fait partie. De plus, c’est le plus connu des termes de gémissement à props desquels il est parvenu qu’ils sont au nombre de vingt comme les savants linguistes l’ont mentionné. Et ceux qui disent que ‘Ah est un des noms de Allah se basent sur un hadith faux dont les termes sont, dans le sens : « Laissez-le gémir car le gémissement fait partie des noms de Allah« . Il ne figure dans aucun hadith sûr (sahih) ou même [un autre] faux, que ‘Ah serait un des noms de Allah. Ces gens sont bien étranges. Comment ont-ils pu choisir le terme ‘Ah parmi ces vingt expressions et laisser les autres, parmi lesquelles on trouve ‘Awouh et ‘Awwatah. Il découle de leur argumentation à partir de ce hadith que ces deux expressions seraient des noms de Allah tout comme les autres expressions de gémissement. De même, il n’est pas permis de nommer Allah « Al-Mouqim » comme le font certains qui disent « Soubhana l-Mouqim« . Et de même il n’est pas permis de nommer Allah ta^ala « âme » ou bien « cerveau » comme l’a fait Sayyid Qoutb en nommant Allah : « le cerveau organisateur ». En effet, l’âme et le cerveau sont tous deux créés. Comment cet homme a-t-il abandonné les noms parfaits pour donner à Allah des appellations sorties de sa tête. At-Tirmidhiyy et d’autres ont rapporté que le Messager de Allah a dit :
((إنّ لله تسعة وتسعين اسما مائة إلاّ واحدا من أحصاها دخل الجنّة))
ce qui signifie : « Certes Allah a quatre-vingt dix-neuf noms, cent moins un, celui qui les recense entrera au paradis » Dans d’autres versions on trouve : « celui qui les apprend par cœur » et c’est cela qui en montre le sens. Il a été rapporté de nombreuses versions au sujet de leur énumération dont celle de Al-Bayhaqiyy rapportant de Abou Hourayrah.
((هو الله الّذي لا إله إلاّ هو الرّحمن الرّحيم الملك القدّوس السّلام المؤمن المهيمن
العزيز الجبّار المتكبّر الخالق البارئ المصوّر الغفّار القهّار لبوهّاب الرّزّاق الفتّاح
العليم القابض الباسط الخافض الرّافع المعزّ المذلّ السّميع البصير الحكم العدل
اللّطيف الخبير الحليم العظيم الغفور الشّكور العليّ الكبير الحفيظ المقيت
الحسيب الجليل الكريم الرّقيب المجيب الواسع الحكيم الودود المجيد الباعث الشّهيد
الحقّ الوكيل القويّ المتين الوليّ الحميد المحصي المبدئ المعيد المحي المميت الحيّ القيّوم
الواجد الماجد الواحد الصّمد القادر المقتدر المقدّم المؤخّر الأوّل الآخر الظّاهر الباطن
الوالي المتعالي البرّ التّوّاب المنتقم العفوّ الرّءوف مالك الملك ذو الجلال والإكرام
المقسط الجامع الغنيّ المغني المانع الضّارّ النّافع النّور الهادي البديع الباقي الوارث
الرّشيد الصّبور))
Houwallahou l-Ladhi la ‘ilaha ‘il-la houwa r-Rahmanou r-Rahimou l-Malikou l-Qouddousou s-Salamou l-Mou’minou l-Mouhayminou l-^Azizou l-Jabbarou l-Moutakabbir, Al-Khaliqou l-Bari’ou l-Mousawwirou l-Ghaffarou l-Qahharou l-Wahhabou r-Razzaqou l-Fattahou l-^Alim, Al-Qabidou l-Baçitou l-Khafidou r-Rafi^ou l-Mou^izzou l-Moudhil-lou s-Sami^ou l-Basirou l-Hakamou l-^Adlou l-Latifou l-Khabirou l-Halimou l-^Adhimou l-Ghafourou ch-Chakourou l-^Aliyyou l-Kabirou l-Hafidhou l-Mouqitou l-Haçibou l-Jalilou l-Karimou r-Raqibou l-Moujibou l-Waçi^ou l-Hakimou l-Wadoudou l-Majidou l-Ba^ithou ch-Chahidou l-Haqqou l-Wakilou l-Qawiyyou l-Matinou l-Waliyyou l-Hamidou l-Mouhsi l-Moubdi‘ou l-Mou^idou l-Mouhyi l-Moumit, Al-Hayyou l-Qayyoum, Al-Wajidou l-Majidou l-Wahidou s–Samadou l-Qadirou l-Mouqtadirou l-Mouqaddimou l-‘Awwalou l-‘Akhir, Adh–Dhahirou l-Batinou l-Wali l-Mouta^ali l-Barrou t-Tawwabou l-Moun~taqimou l-^Afouwwou r-Ra’oufou Malikou l-Moulki Dhou l-Jalali wa l-‘Ikram, Al-Mouqsitou l-Jami^ou l-Ghaniyyou l-Mani^ou d–Darrou n-Nafi^ou n-Nourou l-Hadi l-Badi^ou l-Baqi Al-Warithou r-Rachidou s–Sabour.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Rien ne s’oppose à ce qu’Il prédestine
Explication : On comprend cela à partir d’un hadith rapporté de Thawban qui a dit : le Messager de Allah a dit :
((إنّي إذا قضيت قضاء فإنّه لا يردّ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Allah ta^ala a dit : « Certes, si J’ai Moi décrété une chose, elle est irrévocable« . De ce hadith Qoudsiyy on tire que personne ne s’oppose à l’accomplissement de la volonté de Allah. A partir de cela aussi, on sait que la parole de certains est corrompue lorsqu’ils disent : Allah voulait créer Untel en homme puis Il l’a créé en femme. Quant à la croyance que Allah changerait Sa volonté si quelqu’un l’invoque ou donne en aumône un bien licite, elle n’est pas valable et ne convient pas à la dignité de Allah soubhanahou wa ta^ala.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et rien ne prive de ce qu’Il donne
Explication : Sa signification provient du hadith de Al-Boukhariyy et de Mouslim qui mentionne que le Messager de Allah disait à la suite de sa prière :
((لا إله إلاّ الله وحده لا شريك له’ له الملك وله الحمد وهو على كلّ شىء قدير’
اللهمّ لا مانع لما أعطيت ولا معطي لما منعت ولا ينفع ذا الجَدّ منك الجَدّ))
ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Allah, Unique, Il n’a pas d’associé, Il a la souveraineté et la louange et Il est sur toute chose tout puissant, ô Allah, rien ne prive de ce que Tu as donné et nul ne donne ce dont Tu as privé, ???« . Si donc Allah ta^ala veut que parvienne à un esclave une richesse parmi les grâces, Il lui donne le moyen de l’avoir et nul ne peut l’en priver, conformément à ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy et d’autres d’un hadith de ^Abdoullah Ibnou ^Abbas que le Messager de Allah a dit :
((ولو أنّ الخلق اجتمعوا على أن ينفعوك بشىء لم يقضه الله لك لم يقدروا عليه
وإن أرادوا أن يضرّوك بشىء لك يقضه الله عليك لم يقدروا عليه’
رفعت الأقلام وجفّت الصّحف))
ce qui signifie : « Si toutes les créatures s’unissaient pour te faire profiter d’une chose que Allah n’a pas décrétée pour toi elles n’y pourraient rien, et si elles voulaient te nuire par quelque chose que Allah ne t’a pas décrétée, elles ne le pourraient pas, les calames sont levés et les feuillets ont séché« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient
Explication : Ce que Allah ta^ala a voulu de toute éternité et qu’Il a voulu que cela arrive par Sa volonté sans commencement, il est indispensable que cela soit et Il le crée par Son attribut de création éternel sans qu’Il soit ^azza wa jall contraint à quoi que ce soit, il en va au contraire conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an :
{وربّك يخلق ما يشاء ويختار}
[sourat Al-Qasas/ ‘ayah 68] ce qui signifie : « Et ton Seigneur crée ce qu’Il veut et Il choisit« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et Il légifère pour Sa création par ce qu’Il veut
Explication : Il rend soubhanahou wa ta^ala interdit ce qu’Il veut et obligatoire ce qu’Il veut.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
De Ses créatures, Il n’attend aucun bien ni ne craint aucun mal
Explication : Allah soubhanahou wa ta^ala n’attend de la part de Ses esclaves aucune récompense ni aucun profit, Il dit ta^ala :
{ما أريد منهم من رزق وما أريد أن يطعمون}
[sourat Adh-Dhariyat/ ‘ayah 57] ce qui signifie : « Je ne veux de leur part aucune subsistance et Je ne veux pas qu’ils Me nourrissent« . Allah ne les a donc pas chargés de l’adoration parce qu’Il en tirerait profit et Il ne leur a pas interdit quoi que ce soit parce qu’il craindrait une nuisance ou une punition de la part d’un seul d’entre eux. Comment se pourrait-il qu’Il attende une récompense de Ses esclaves ou qu’Il craigne une punition alors que c’est Lui leur Créateur et le Créateur de leurs actes.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’a pas d’obligation et n’est assujetti à aucune loi
Explication : Allah ta^ala, il ne Lui incombe aucun devoir qu’Il soit obligé de faire et nul n’a de droit sur Lui puisque personne ne Lui interdit ni ne Lui ordonne quoi que ce soit.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Tout bienfait de Sa part est par Sa grâce
Explication : Le bienfait c’est la grâce, c’est-à-dire que ce n’est pas une obligation qui incomberait à Allah de donner à Ses esclaves des bienfaits, mais c’est bien Lui Qui montre grâce et générosité par cela. Et s’Il ne leur donnait pas ces bienfaits, Il ne serait pas injuste envers eux, conformément à ce qu’Il dit soubhanahou :
{ولولا فضل الله عليكم ورحمته ما زكى منكم من أحد أبدا}
[sourat An-Nour / ‘ayah 21] ce qui signifie : « …et n’eussent été la grâce et la miséricorde de Allah, aucun d’entre vous n’aurait jamais été intègre« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et tout châtiment de Sa part n’est que justice
Explication : Le châtiment, c’est la punition. Ainsi, celui que Allah récompense, c’est par Sa grâce, et celui que Allah punit, c’est par Sa justice. Allah n’est injuste envers personne et nul ne Le conteste. On ne dit pas dans le sens de la contestation : Pourquoi fait-Il que les enfants et les animaux ont mal et pourquoi leur impose-t-Il des souffrances et des maladies alors qu’ils n’ont pas de péchés ? Celui qui dit cela a contesté Allah sauf s’il a cherché à connaître la sagesse qu’il y a dans les souffrances des enfants et des animaux et qu »il dit : pourquoi fait-Il qu’ils ont mal ? alors, il n’est pas tombé dans la mécréance. Les choses sont telles que l’auteur a conclu en citant Sa parole ta^ala :
{لا يسأل عمّا يفعل وهم يسألون}
[sourat Al-‘An~biya‘ / ‘ayah 23] ce qui signifie : « On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait mais [Ses esclaves] eux le seront« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait
Explication : On ne Le conteste pas dans ce qu’Il fait et On ne Le questionne pas. En revanche, les esclaves eux seront questionnés car Il est en vérité Celui Qui possède toute chose et nul ne Lui est associé dans Sa souveraineté. Il possède les esclaves et ce qu’Il a mis en leur possession et c’est Lui qui fait ce qu’Il veut dans Sa propriété. De ce fait, l’injustice est inconcevable de Sa part. En effet, Il est Celui qui régit la création comme Il le veut, Il ne place pas les choses inopportunément. D’autre part, l’injustice n’est concevable que de la part de quelqu’un ayant qui lui ordonne ou qui lui interdit, comme les esclaves [de Allah]. L’injustice, c’est en effet l’infraction à un ordre et à un interdit de celui qui possède le pouvoir d’ordonner et d’interdire. C’est pour cela que l’esclave sera questionné : Pourquoi as-tu fais ceci ? Pourquoi n’as-tu pas fais cela ? conformément à ce qui est parvenu du hadith rapporté par At-Tirmidhiyy :
(( لا تزول قدما عبد يوم القيامة حتّى يسأل هن أربع : عن عمره فيم أفناه’
وعن جسده فيم أبلاه’ وعن ماله من أين اكتسبه وفيم أنفقه’ وعن علمه ماذا عمل به))
ce qui signifie : « Les deux pieds de l’esclave ne quitteront pas le lieu de son jugement le jour dernier avant qu’il ne soit interrogé sur quatre choses : son âge dans quoi l’a-t-il passé, son corps dans quoi l’a-t-il usé, son bien d’où l’a-t-il acquis et dans quoi l’a-t-il dépensé et sa science, q’en a-t-il fait« . Quant à Allah ta^ala, Il n’a personne qui Lui ordonne ou Lui interdit quoi que ce soit. C’est pour cela qu’on ne Le questionne pas et qu’on ne Lui attribue aucune injustice ou manquement, conformément à ce qu’Il dit, ^azz de ceux qui disent:
{لا يسأل عمّا يفعل وهم يسألون}
ce qui signifie : « On ne Le questionne pas sur ce qu’Il fait mais [les esclaves] eux le seront« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il existait avant la création
Explication : L’existence de Allah tabaraka wa ta^ala est sans commencement, Il existait donc ^azza wa jall avant les créatures, Lui seul étant de toute éternité conformément à ce qui est rapporté du hadith de ^Imran Ibnou l-Housayn :
((كان الله ولم يكن شيء غيره))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Al-Bayhaqiyy et d’autres] ce qui signifie : « Allah existait et il n’y avait rien autre que Lui« . Nul n’est sans début sinon Lui conformément à ce que dit Allah ta^ala :
{هو الأوّل}
[sourat Al-Hadid / ‘ayah 2] ce qui signifie : « Il est le Premier [l’éternel sans début] ». Et certes les savants de la langue ont dit : Parmi les choses qui traduisent l’exclusivité, il y a la détermination de l’antécédent (moubtada‘) et de l’attribut (khabar) et dans cette ‘ayah, l’antécédent est un pronom personnel, c’est-à-dire « houwa » et l’attribut est « Al-‘Awwal« , tous deux sont déterminés, ce qui implique donc qu’il n’y a aucun premier -dans le sens d’avoir une existence sans début- autre que Allah jalla wa ^ala.
Et celui qui croit que quelque chose de l’univers, par son genre ou par ses composants, possède une existence sans début aura démenti cette ‘ayah, quitté l’Islam et suivi les philosophes et les naturalistes selon l’unanimité des savants des musulmans. Or ce qui est rapporté dans cinq des livres de Ahmad Ibnou Taymiyah, c’est que le genre de l’univers est sans commencement, que son existence n’a pas de début et qu’il est éternel avec Allah. Ceci est de la mécréance claire.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
sans avant ni après
Explication : Et ceci est une négation du fait que Allah tabaraka wa ta^ala soit précédé du néant et une négation également du fait qu’Il soit atteint par l’anéantissement. En effet, tout ce qui contredit l’immanence de Son non-début et de Sa non-fin ta^ala est donc invalide. La divinité en effet n’est pas valable pour qui n’a pas ces deux attributs. Celui Qui a la divinité a parmi Ses spécificités d’être Celui Dont l’existence est nécessaire [selon la raison] ; il n’est donc pas possible à Son sujet, selon la raison, qu’Il soit précédé ou suivi du néant.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans devant ni arrière
Explication : Ceci est un fondement faisant partie des bases mêmes de la croyance, à savoir que Allah ^azza wa jall est exempt d’être dans une quelconque des directions ou dans l’ensemble des directions. Il n’en va pas comme le croient certains ignorants, que Allah serait dans la direction du haut, et certains autres croient qu’Il est dans la direction de devant et localisé entre l’esclave et la Ka^bah ou d’autres qui croient qu’Il est comme l’air, dissout et dispersé dans tous les endroits. D’autres encore comme le dénommé Nasirou d-Din Al-‘Albaniyy croient qu’Il englobe le monde de toute part comme la main englobe ce qu’elle renferme. Tout cela est invalide et nie la science correcte de l’unicité de Allah (at-tawhid). L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy qui fait partie des gens des trois premiers siècles a dit dans son précis de croyance appelé « La croyance des Gens de la Tradition prophétique et de la Majorité (^Aqidatou ‘Ahli s-Sounnati wa l-Jama^ah) : « Il est exempt (ta^ala) des limites et des extrémités -c’est-à-dire des fins- des côtés, des organes et des instruments et Il n’est pas contenu par les six directions comme l’ensemble des créatures » fin de citation. Et sa parole que voici relève du pur tawhid et fait partie des joyaux de la croyance. En effet, celui qui possède un des attributs qu’il a cités ou qui se trouve dans l’une des directions a nécessairement des limites, une quantité et une image, ce sont les attributs des corps et Allah ta^ala n’est pas un corps. Ceci est conforme à ce qu’Il a dit soubhanah :
{ليس كمثله شىء}
[sourat Ach-Chourah / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« . Et le fait de spécifier Allah par la direction du haut n’est pas une perfection s’agissant de Lui soubhanah comme se le figurent certains ignorants, puisque ce qui importe, c’est le rang élevé et non l’élévation dans l’espace et l’endroit. Ainsi ces anges qui entourent le Trône sont en un lieu bien plus haut que les prophètes de Allah ta^ala, mais les prophètes sont plus honorables et plus élevés pour leur Créateur ^azza wa jall.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’est ni un tout, ni une partie
Explication : C’est-à-dire que Allah tabaraka wa ta^ala n’est pas un corps composé de parties, c’est pour cela qu’on ne Lui attribue ni le fait d’être un tout ni d’être composé d’éléments ou de parties.
L’Imam Al-Halimiyy a dit dans son explication du nom de Allah « Al-Mouta^ali » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres et le fait de prendre un lit pour s’asseoir dessus, de se préserver de l’atteinte des regards avec un paravent, le déplacement d’un endroit à un autre et ce qui est semblable. En effet, la confirmation de certaines de ces choses impose l’extrémité, certaines imposent le besoin et d’autres imposent le changement et le passage d’un état à un autre. Et rien de tout ceci ne convient à la dignité de القديم (Al-Qadim) l’Eternel Qui n’a pas de fin et n’est possible à Son sujet » fin de citation. Al-Bayhaqiyy a rapporté cela de lui dans son livre Al-‘Asma‘ou wa s–Sifat.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
On ne dit pas quand a-t-Il existé ?, ni où était-Il ?, ni comment ?
Explication : C’est-à-dire qu’il n’est pas permis de dire : Quand Allah a-t-Il existé car il y a en cela l’attribution du début, de l’existence après avoir été précédé du néant et de l’écoulement du temps sur Lui. Et il n’est pas permis non plus de dire : Où était Allah, ni de dire : comment était-Il parce qu’il y a en cela l’attribution de la modalité –c’est-à-dire le fait de Lui attribuer les attributs des choses créées. Ensuite, après avoir cité, que Allah lui fasse miséricorde, la négation de ces paroles, il consacre la croyance correcte :
Il existait et il n’y avait pas d’endroit. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et il n’est pas spécifié par l’endroit
Explication : Et ce que l’auteur a visé par sa parole : il n’est pas spécifié par l’endroit n’est pas qu’Il serait contenu dans toutes les directions car ceci est invalide comme on l’a montré précédemment. Et les directions sont autres que Lui ta^ala et Il était déjà alors qu’il n’y avait rien d’autre que Lui. Cela signifie que Allah ta^ala existe sans endroit et ceci est la croyance des Gens de la Tradition Prophétique (‘Ahlou s-Sounnah), qui plus est, la croyance de l’ensemble des musulmans, des gens du Salaf comme des gens du Khalaf.
Le Messager de Allah a dit :
((كان الله ولم يكن شىء غيره))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Al-Bayhaqiyy et Ibnou l-Jaroud] ce qui signifie : « Allah existait et il n’y avait rien autre que Lui« . C’est-à-dire qu’Il existe de toute éternité alors même qu’il n’y avait pas d’endroit ni rien parmi les créatures et après qu’Il a créé l’endroit, Il n’a pas changé soubhanah wa ta^ala par rapport à ce qu’Il était. De ce hadith et de textes semblables, les gens de la Sounnah ont tiré leur parole que voici : Allah existe sans endroit (Allah mawjoud bila makan).
Et Al-Bayhaqiyy a rapporté un hadith du Messager de Allah :
((أنت الظّاهر فليس فوقك شىء وأنت الباطن فليس دونك شىء))
ce qui signifie : « C’est Toi Celui Qui est supérieur à toute chose et rien n’est au-dessus de Toi, et c’est Toi Celui Que les imaginations ne saisissent pas et rien n’est au-dessous de Toi« . Puis il a dit : Certains de nos compagnons ont tiré de ce hadith que Allah ta^ala est exempt de l’endroit car certes, s’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien au-dessous, il est nécessaire qu’Il ne soit pas dans un endroit » fin de citation.
Et Ar-Ramliyy ainsi que d’autres ont rapporté la parole de ^Aliyy que Allah honore son visage :
« كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان »
ce qui signifie : « Allah était alors qu’il n’y avait pas d’endroit, et Il est maintenant Tel qu’Il est de toute éternité » fin de citation.
D’autre part, Az–Zabidiyy a rapporté dans son commentaire de Al-‘Ihya‘ par chaîne de transmission ininterrompue que ^Aliyy Zaynou l-^Abidin disait :
« سبحانك لا يحويك مكان »
ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection, aucun endroit ne Te contient » fin de citation. Et Zaynou l-^Abidin était à son époque le meilleur de la famille du Prophète. Cette expression a certes été consacrée par d’innombrables savants de l’Islam tels que Abou Hanifah, Ibnou Jarir At–Tabariyy, Al-Matouridiyy, Al-‘Ach^ariyy et d’autres qu’eux, mais plus que cela, At-Tamimiyy a rapporté l’unanimité de ‘Ahlou s-Sounnah sur le fait que Allah existe sans endroit et il l’a mentionné dans Al-Farqou bayna l-Firaq. Il n’y a donc après cela aucune considération à donner aux assimilationnistes (mouchabbihah) qui contredisent l’auteur ou d’autres que lui parmi les sommités des gens de science dans leur transmission de cette parole de vérité. Ainsi celui qui diverge de cela et attribue à Allah ta^ala l’endroit, il L’a certes assimilé aux créatures et L’a rendu équivalent à elles. Il a contredit les textes clairs du Qour’an, les textes sûrs du hadith et la raison.
Il est donc soubhanah le Créateur du temps et Celui qui a établi le temps et l’a fait s’écouler, Il est Celui Qui a fait exister les êtres c’est-à-dire qu’Il est le Créateur des créatures, Celui Qui les a fait surgir du néant à l’existence. Il n’en a donc pas besoin et Il n’a pas pour attributs leurs attributs comme l’a dit l’Imam Abou Hanifah, que Allah lui fasse miséricorde : « Il est impossible que le Créateur ressemble à ce qu’Il a créé« . C’est pour cela qu’il n’est pas permis de Lui attribuer la spécification par un endroit ou par tout endroit, ni par un temps ou par tout moment, Il est exempt de ce qui est relatif aux choses qui entrent en existence et des signes distinctifs des créatures.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre
Explication : Allah ta^ala fait surgir les choses du néant à l’existence par Sa volonté et Sa puissance toutes deux sans commencement et par Son acte de création sans commencement sans avoir besoin d’organe ni de l’aide d’instrument. Bien plus, c’est par le simple fait que Sa volonté et Sa puissance concernent les choses prédestinées qu’elles existent dans le temps et l’endroit où Il a voulu que leur existence ait lieu. Et nul ne peut reporter ou empêcher cela conformément à ce qu’Il dit ta^ala :
{إنّما أمره إذا أراد شيئاً أن يقول له كن فيكون}
[sourat Ya Sin / ‘ayah 82] ce qui signifie : « Il est simplement Tel que, s’Il veut qu’une chose soit, Il lui dit sois et elle est« . Or celui Qui a ces attributs, aucune chose ne L’accapare pas au détriment d’une autre et aucune affaire ne l’empêche d’en réaliser une autre. Tout ceci n’arrive qu’à celui qui travaille avec des organes et s’aide d’instruments, si donc il est occupé à les employer à quelque chose, il lui sera difficile d’y avoir recours pour une deuxième chose. Et Allah ^azza wa jall est exempt de tout cela.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Aucune imagination ne peut L’atteindre et aucune raison ne peut Le circonscrire. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne L’atteignent pas
Explication : Ceci se résume dans la parole de l’Imam Dhou n-Noun Al-Misriyy ‘Ibrahim Ibnou Tawbah, que Allah lui fasse miséricorde, puisqu’il a dit :
« مهما تصوّرت ببالك فالله بخلاف ذلك »
[rapporté par Al-Khatib dans son Histoire de Bagdad] ce qui signifie : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent » fin de citation. Et ceci vient du fait que tout ce que tu imagines en ton esprit est créé et le Créateur ne ressemble pas à Sa créature. De même notre Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui qui aspire à connaître son Créateur et se tranquillise d’un être auquel son imagination peut s’arrêter, alors c’est un assimilationniste (mouchabbih), s’il se tranquillise avec le pur néant, c’est un négationniste (mou^attil), et s’il se tranquillise d’un Être pour leQuel il reconnaît son incapacité à L’atteindre, c’est un unitarien (mouwahhid) » fin de citation. C’est pour cela que les gens du Salaf ont interdit de réfléchir sur Allah ta^ala Lui-même pour tenter d’arriver à Sa réalité car il n’y a que Allah Qui la sache. Quant à notre connaissance de Allah, elle ne vient que par la connaissance de ce qu’il est obligatoire selon la raison de Lui attribuer ta^ala, de ce qui est impossible s’agissant de Lui et de ce qui est possible s’agissant de Lui. Ibnou ^Abbas a dit :
(( تفكّروا في خلق الله ولا تفكّروا في ذات الله))
[rapporté par Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Méditez sur la création de Allah mais ne méditez pas sur Allah Lui-même« .
Et toute personne qui réléchit sur Allah Lui-même ta^ala puis se figure par sa fantaisie une image ou s’en illusionne par son imagination et croit que ce qu’il s’est figuré ou ce dont il s’est illusionné, c’est Allah, celui-là n’est pas musulman unitarien puisqu’il n’y a de différence entre lui et l’adorateur d’idole. Ainsi l’adorateur d’idole adore une image qu’il a façonnée tandis que celui-là adore une image qu’il s’est figurée. Quant au croyant véridique, il adore Celui Qui n’a ni ressemblant ni équivalent, comme l’a dit l’Imam ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah lui fasse miséricorde :
« غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان »
ce qui signifie : « La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Allah, c’est d’avoir la certitude que Son existence ta^ala est sans comment et sans endroit« . Et tout ceci est tiré de Sa parole tabaraka wa ta^ala dans la ‘ayah claire et de sourat Ach-Chourah :
{ليس كمثله شىء}
[sourat Ach-Choura / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« . C’est pour cela qu’il a conclu sa croyance, que Allah lui fasse miséricorde, en rapportant cette ‘ayah :
{ليس كمثله شىء وهو السميع البصير}
[sourat Ach-Choura / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit« .
Explication : L’affirmation que Allah est exempt d’imperfection précède dans cette ‘ayah Sa parole « wa houwa s-Sami^ou l-Basir » afin que l’on sache que Son ouïe n’est pas comme l’ouïe d’autre que Lui c’est-à-dire qu’elle est sans oreille et sans intermédiaire et que Sa vue n’est pas comme la vue d’autre que Lui c’est-à-dire qu’elle est sans appareil occulaire car, soubhanah, rien n’est tel que Lui.
Et il convient ici de conclure cette brève explication des expressions de ce manuel en rapportant ce qu’a transmis Abou Nou^aym dans son livre Al-Hilyah dans un passage de la biographie de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, il a dit : Abou Bakr ‘Ahmad Ibnou Mouhammadini bni l-Harith m’a rapporté, de Al-Fadl Ibnou l-Habbab Al-Jamhiyy, de Mas^oud, de ^Abdou l-Warithi bni Sa^id, de Mouhammad Ibnou ‘Is-haq, de An-Nou^man Ibnou Sa^d qu’il a dit : « J’étais à Al-Koufah dans la résidence de l’émirat, la maison de ^Aliyy Ibnou Abi Talib lorsqu’entra vers nous Nawf Ibnou ^Abdil-lah qui a dit : Ô Emir des croyants, devant la porte il y a quarante hommes juifs. ^Aliyy dit alors : Laissez les entrer, je m’en charge. Lorsqu’ils furent donc en sa présence, ils lui ont dit : Ô ^Aliyy, décris-nous ton Seigneur, celui qui est dans le ciel, comment est-il ? Et comment était-il ? Quand a-t-il existé ? Et sur quoi est-il ? -Les juifs sont des assimilationnistes (mouchabbihah) qui croient que Allah existe en étant dans le ciel et qu’Il est assis sur le Trône, Il est exempt de ce qu’ils Lui attribuent -. ^Aliyy s’installa en s’asseyant et dit : Vous autres juifs, écoutez-moi et ne vous en faites pas si par la suite vous ne questionnez personne d’autre que moi, certes mon Seigneur ^azza wa jall est Celui Qui n’a pas de début et n’est pas issu de quoi que ce soit, Il n’est pas mêlé à quoi que ce soit, ni résolu par l’imagination, ni un fantôme que l’on peut rechercher, ni invisible qui serait contenu et dissimulé, Il n’est pas après ne pas avoir été. » Et il a dit : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, il est certes ignorant du Créateur, Celui Qui mérite d’être adoré » fin de citation.
Précis de croyance du Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir,
décédé en l’an 620 de l’Hégire
« Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
Le Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir que Allah lui fasse miséricorde, a dit :
Sache que Allah nous guide ainsi que toi-même qu’il est un devoir pour chaque personne responsable de savoir que Allah ^azza wa jall est unique dans Sa souveraineté. Il a créé l’univers dans sa totalité, le monde supérieur et le monde inférieur, le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy), les cieux et la Terre, ce qu’ils contiennent et ce qui se trouve entre eux. Toutes les créatures sont dominées par Sa puissance, la plus petite particule ne bouge que par Sa volonté. Nul ne régit la création avec Lui et Il n’a pas d’associé dans la souveraineté. Il est حيّ (Hayy) vivant, قيّوم (Qayyoum) Il ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence ni par le sommeil. Il connaît les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe dans la Terre et dans le ciel. Il connaît ce qui est dans la terre et ce qui est dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans un livre clair. Allah englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement. Il fait ce qu’Il veut. Il peut réaliser absolument tout ce qu’Il veut. Il a la souveraineté, Il n’a nul besoin d’autrui. Il a la toute-puissance et la non-fin. Il a le jugement et la création. Il a les noms parfaits. Rien ne s’oppose à ce qu’Il prédestine et rien ne prive de ce qu’Il donne. Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient, et Il légifère pour Sa création par ce qu’Il veut. De Ses créatures, Il n’attend aucun bien ni ne craint aucun mal. Il n’a pas d’obligation et n’est assujetti à aucune loi. Tout bienfait de Sa part est une grâce et tout châtiment de Sa part est une justice. On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait mais [Ses esclaves] eux le seront. Il existait avant la création, sans avant ni après, sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans devant ni arrière. Il n’est ni un tout, ni une partie. On ne dit pas quand a-t-Il existé ?, ni où était-Il ?, ni comment ?. Il existait et il n’y avait pas d’endroit. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et il n’est pas spécifié par l’endroit et aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre. Aucune imagination ne peut L’atteindre et aucune raison ne peut Le circonscrire. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne L’atteignent pas, rien n’est tel que Lui est Il est Celui Qui entend et Qui voit » fin de citation.
fiqh : Zakat
L’Etincellement de la Niche de Lampe sur les Lois de la Zakat
Nourou l-Michkat fi ‘Ahkami z–Zakat
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
Je commence par le nom de Allah Ar-Rahman Ar-Rahim
Définition de la zakat
– l’aumône obligatoire –
Du point de vue de la langue arabe, le terme الزّكاة (az–zakat) signifie la croissance, la bénédiction et l’augmentation du bien. On dit qu’un plant زَكا (zaka) lorsqu’il croît, qu’une dépense à titre de charge زَكت (zakat) lorsqu’elle est bénie et qu’Untel est زاكٍ (zakin) c’est-à-dire qu’il fait beaucoup de bien. Et il est employé pour le fait de purifier, Allah ta^ala dit :
]قَد أفلحَ مَنْ زَكّاها[
ce qui signifie : « Certes, a réussi celui qui l’a purifiée« , c’est-à-dire qu’il a purifié son âme de ses souillures ; ainsi que pour l’éloge, Allah ta^ala dit :
]فَلا تُزَكّوا أَنْفُسَكُمْ[
ce qui signifie : »Ne faites pas l’éloge de vous-mêmes« .
Du point de vue de la Loi de l’Islam, c’est le nom de ce qu’on paie sur un bien ou sur un corps d’une façon spécifique, car la zakat est soit la zakat d’un bien, elle concerne alors le bétail, l’or, l’argent métal, les récoltes que les gens prennent comme nourriture de base lorsqu’ils ont le choix, les dattes, les raisins secs et les biens commerciaux, soit la zakat d’un corps, il s’agit alors de la zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr).
Ce qui fonde son caractère obligatoire, avant même l’Unanimité, ce sont des ‘ayah telles que Sa parole ta^ala :
]وءاتُوا الزَّكاةَ[
ce qui signifie : « Et donnez la zakat« , et des hadith tels que :
(( بُني الإسلامُ على خمسٍ ))
ce qui signifie : « L’Islam est construit sur cinq choses [principales] ». Celui donc qui renie qu’elle est un devoir est devenu mécréant sauf s’il est récemment entré en Islam ou s’il a vécu en un lieu éloigné des savants, et celui qui s’abstient de s’en acquitter tout en croyant qu’elle est un devoir, celui-là n’est pas déclaré mécréant, mais l’Imam la prend de lui par la contrainte.
Et s’abstenir de s’acquitter de la zakat fait partie des grands péchés. Le Messager de Allah r a dit :
(( لعنَ اللَّهُ ءاكِلَ الرّبا وموكِلَهُ ومانعَ الزّكاةِ ))
[rapporté par Ibnou Hibban] ce qui signifie : « Allah a maudit celui qui consomme ce qui provient du gain usuraire, celui qui le donne à consommer et celui qui s’abstient de donner la zakat« .
La zakat sur le bétail
Concernant le bétail, la zakat est un devoir sur trois catégories qui sont :
1- Les camélidés, mâles et femelles ;
2- Les bovins, mâles et femelles ;
3- Les chèvres et les moutons.
La zakat n’est pas un devoir sur d’autres animaux que ceux-ci. Elle n’est donc un devoir ni sur les chevaux ni sur les ânes de par eux-mêmes, et n’est pas un devoir non plus sur d’autres tels que la volaille, par l’Unanimité.
Pour que la zakat soit une obligation sur le bétail, il est une condition de réunir :
1- Le seuil (an-nisab) : c’est le nom d’une quantité déterminée de ce sur quoi la zakat est obligatoire, il n’y a donc pas de zakat sur ce qui est en-deçà.
2- L’écoulement d’une année (al-hawl) : c’est-à-dire d’une année lunaire ; la zakat n’est donc pas obligatoire avant l’achèvement de cette période, même d’un instant.
3- Le pâturage (as-sawm) : c’est que le propriétaire des bêtes – ou celui à qui le propriétaire l’autorise – les ait fait paître dans un herbage libre (moubah), c’est-à-dire un herbage qui n’a pas de propriétaire, commun à tout le monde. La zakat n’est donc pas un devoir sur les bêtes qui ont été affouragées durant toute l’année (al-hawl) ou durant la majeure partie de l’année ou bien pendant une durée sans laquelle elles ne vivraient pas ou vivraient mais avec des dommages évidents.
4- Que les bêtes ne soient pas affectées à un travail : ainsi la zakat n’est pas un devoir sur les camélidés travaillant pour tirer de de l’eau d’arrosage par exemple.
Le premier seuil des camélidés est de cinq têtes et l’on doit payer sur cela une chah, c’est-à-dire une brebis qui a accompli un an ou qui a perdu ses dents de devant, ou bien une chèvre qui a accompli deux ans. Puis on ne doit rien de plus que ceci tant que le nombre de camélidés n’a pas atteint dix. S’il atteint dix, il est un devoir de payer deux chah. Et il est un devoir sur quinze de payer trois chah, sur vingt, quatre chah et sur vingt-cinq, une bintou makhad c’est-à-dire une femelle qui a accompli un an, sur trente six, une bintou laboun c’est-à-dire une femelle qui a accompli deux ans, sur quarante six, une hiqqah c’est-à-dire une femelle qui a accompli trois ans, sur soixante et un, une jadha^ah c’est-à-dire une femelle qui a accompli quatre ans, sur soixante-seize, deux bintou laboun, sur quatre-vingt onze, deux hiqqah, sur cent vingt et un, trois bintou laboun et ceci vaut jusqu’à cent trente. Ensuite, la quantité qu’il est un devoir de verser sur les camélidés change selon ce que les savants ont détaillé : ainsi sur chaque quarantaine de têtes, on doit payer une bintou laboun, et sur chaque cinquantaine, une hiqqah ; la zakat sur cent quarante têtes est donc de deux hiqqah et une bintou laboun, et la zakat sur cent cinquante est de trois hiqqah, et ainsi de suite.
Le premier seuil pour les bovins est de trente têtes, et l’on doit payer sur cela un tabi^, c’est-à-dire un veau mâle ayant atteint un an. Il est un devoir sur chaque quarantaine de payer une moucinnah, c’est-à-dire une vache qui a atteint deux ans. Puis, on procède par analogie à cette règle : ainsi sur soixante bovins, il est un devoir de payer deux tabi^, sur soixante-dix, un tabi^ et une moucinnah, et sur quatre-vingt, deux moucinnah.
S’il arrive qu’il y ait, dans le cas des camélidés ou des bovins, deux possibilités pour un même seuil, il est un devoir de payer ce qui est le plus profitable des deux pour ceux qui y ont droit ; ainsi sur deux cents camélidés et cent vingt bovins, on doit payer ce qui est le plus profitable entre quatre hiqqah et cinq bintou laboun pour les camélidés, et ce qui est le plus profitable entre trois moucinnah et quatre tabi^ pour les bovins, s’il dispose des deux possibilités dans son bien et si elles remplissent les conditions de validité. Si l’on dispose de l’une des deux possibiliités dans son bien, on prélève celle-ci.
Le premier seuil des chèvres et des moutons est de quarante têtes, et l’on doit payer sur cela une chah, sur cent vingt et une têtes, deux chah, sur deux cent une, trois chah, sur quatre cents, quatre chah, puis sur chaque centaine, une chah ; ainsi sur cinq cents, cinq chah, et sur six cents, six chah, et ainsi de suite.
Avertissement : Concernant la zakat sur le bétail, ce qui est entre deux seuils est excusé, il n’est pas un devoir de payer quelque chose sur cela ; ainsi il est un devoir de payer sur cent têtes des chèvres et des moutons ce qu’il est un devoir de payer pour quarante d’entre elles, et il est un devoir de payer sur cinquante bovins ce qu’il est un devoir de payer sur quarante d’entre eux.
La zakat sur les monnaies
S’agissant des monnaies, la zakat est un devoir sur deux d’entre elles : l’or et l’argent métal. Il n’y a donc pas de zakat sur d’autres monnaies que ces deux-là chez l’Imam Ach-Chafi^iyy, et son argument pour cela consiste en Sa parole ta^ala :
]وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ والفِضَّةَ وَلاَ يُنْفِقُونَها فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشّرْهُمْ بِعَذَابٍ أَلِيمٍ[
ce qui signifie : « Et ceux qui thésaurisent de l’or et de l’argent [métal] et n’en dépensent pas dans la voie que Allah agrée, annonce leur un châtiment douloureux« .
Pour que la zakat soit une obligation sur ces deux monnaies, il y a des conditions, parmi lesquelles :
1- Le seuil (an-nisab) :
Le seuil pour l’or pur est de vingt mithqal ce qui représente environ 84,875 grammes d’or pur, soit environ 97 grammes d’or (21) carats, et environ 113,17 grammes d’or (18) carats. Le seuil pour l’argent métal pur est de deux cents dirham islamiques, soit environ 594,125 grammes. Il est un devoir de payer sur ces deux seuils le quart du dixième.
Et pour ce qui dépasse le seuil, on en prélève en proportion. Ainsi, la zakat de vingt mithqal d’or sera le quart de son dixième, c’est-à-dire la moitié d’un mithqal, la zakat de trente mithqal d’or sera le quart de son dixième, soit trois quarts de mithqal, la zakat de deux cents dirham d’argent pur sera le quart de son dixième, soit cinq dirham, et la zakat de trois cents dirham d’argent métal sera le quart de son dixième, soit sept dirham et demi.
2- L’écoulement d’une année lunaire (al-hawl) :
Il n’est pas un devoir de payer de zakat sur ce qui est en-deçà du seuil, ni ce sur quoi une année lunaire ne s’est pas écoulée.
Quant aux bijoux dont le port est indifférent [1] pour les femmes, il y a eu divergence si la zakat sur eux est obligatoire ou non, mais on prend plus de précaution en la payant. Pour ce qui est des bijoux interdits tels que l’or si l’homme le porte, on doit payer la zakat sur cet or s’il atteint le seuil.
La zakat sur les récoltes,
les raisins secs et les dattes
S’agissant des récoltes et des fruits – dattes ou raisins secs –, leur seuil est de cinq wasq, conformément à sa parole r :
(( ليس فيما دون خمسة أوسق صدقة ))
ce qui signifie : « Il n’y a pas de zakat sur ce qui est en deçà de cinq wasq« . Le wasq correspond à soixante sa^ selon le sa^ du Prophète e, et le sa^ correspond à quatre moudd [2]. Le seuil est donc de trois cents sa^ ou de mille deux cents moudd.
Avertissement : On ne rassemble pas les fruits dattes ou raisins secs ou les récoltes d’une année avec les fruits et les récoltes d’une autre année pour compléter le seuil. Par contre, on rassemble les fruits de la même année les uns avec les autres pour compléter le seuil et ce, même s’ils arrivent à maturité à des dates différentes à cause de différence de variétés et de lieu de plantation en termes de chaleur et de froid.
Si des palmiers et des vignes ont donné des fruits et ont été récoltés puis ont redonné des fruits durant cette même année qui est de douze mois lunaires, l’un des deux genres de fruits ne sera pas rassemblé à l’autre.
S’il s’agit de deux palmeraies dont l’une a donné des fruits puis la seconde en a donné avant que ceux de la première ne soient cueillis ou même après cela, les fruits de l’une sont rassemblés avec ceux de l’autre pour compléter le seuil si c’était durant la même année ; de plus, l’arrivée de la période de coupe est considérée comme la coupe.
De même, on rassemble les récoltes de la même année si leurs périodes de récolte interviennent la même année.
On ne complète pas une espèce par une autre, comme par exemple du blé par de l’orge. Toutefois, on complète une variété par une autre, comme par exemple al-barniyy par al-^ajwah qui sont deux variétés de dattes.
La zakat sur les fruits devient obligatoire avec l’apparition de leur utilité, c’est-à-dire lorsqu’ils ont atteint un état dans lequel ils sont généralement demandés pour être consommés. Par conséquent, si les fruits de la vigne et des palmiers sont encore acides et verts, il n’est pas un devoir de payer de zakat sur eux. Et l’apparition de l’utilité d’une partie des fruits est considérée comme l’apparition de l’utilité de l’ensemble.
La zakat sur les récoltes devient obligatoire avec le durcissement des grains, car à ce moment-là elles sont devenues un aliment, avant cela elles étaient en herbe.
Le prélèvement n’est valable qu’après le séchage et le tamisage, on ne prélève donc pas les grains mêlés aux épis.
Si l’arrosage a entraîné une charge, il est un devoir de payer sur les récoltes et les fruits dattes ou raisins secs la moitié du dixième, comme par exemple si l’on a irrigué au moyen d’une roue ou d’un relevage de l’eau d’une rivière à l’aide d’un animal, et le dixième si l’arrosage n’a pas entraîné de charge, comme par exemple s’il a eu lieu avec de l’eau de pluie ou de ruissellements.
La zakat sur
les biens commerciaux
Il est un devoir de payer la zakat sur les biens commerciaux qui sont acquis à l’origine en échange d’une contrepartie, si ces biens ont atteint le seuil à la fin de l’écoulement d’une année lunaire. Et la signification du commerce, c’est faire tourner les biens dans la vente et l’achat dans le but de faire des profits. Par la restriction que les biens doivent être acquis à l’origine contre une contrepartie, on exclut ce qui est acquis gratuitement, il n’y a donc pas de zakat sur cela, comme par exemple si une personne a reçu un héritage ou si quelqu’un lui a fait un don.
Il y a des conditions pour que la zakat soit une obligation sur ces biens, parmi lesquelles :
1- L’écoulement d’une année lunaire : les biens commerciaux sont évalués à la fin de l’écoulement d’une année (hawl) en fonction de la monnaie précieuse (naqd) c’est-à-dire l’or ou l’argent métal avec laquelle ils ont été achetés. Ainsi, si les biens ont été achetés avec de l’or, ils seront évalués en or et s’ils ont été achetés avec de l’argent métal, ils seront évalués en argent métal ; et s’ils ont été achetés avec une autre monnaie que ces deux-là, ils seront évalués avec la monnaie précieuse (naqd) la plus utilisée dans le pays. Si la monnaie précieuse la plus utilisée est l’or, ce sera avec de l’or et si c’est l’argent métal, ce sera avec de l’argent métal. Et si les biens commerciaux ont atteint le seuil, la zakat est devenue obligatoire sur eux, sinon elle ne l’est pas, et l’on doit payer sur ces biens le quart du dixième.
De plus, dans l’école de l’Imam Ach-Chafi^iyy, il est un devoir lors du versement de la zakat, de donner l’or même ou l’argent métal même, alors que selon Abou Hanifah, il suffit de donner l’équivalent de la valeur de la zakat dans n’importe quelle monnaie et il est valable selon lui également de donner autre chose que de la monnaie parmi les biens eux-mêmes, avec pour condition que les biens commerciaux selon lui soient évalués avec la monnaie précieuse la plus profitable aux pauvres. On prend en considération, lors de l’évaluation, la valeur des biens par rapport à leur prix de vente aux gens sur le marché. Et ce que la personne dépense de ce bien pour ses besoins durant l’année ou ce qu’elle donne en aumône n’entre pas en compte lors de l’évaluation de la zakat. De même, ce que la personne garde pour s’en servir en tant que nourriture, boisson, vêtement ou autre que cela, n’entre pas en compte non plus.
2- Que l’intention de pratiquer le commerce ne soit pas interrompue avant l’écoulement d’une année lunaire ; si la personne interrompt donc l’intention de pratiquer le commerce avant l’écoulement de l’année, elle n’aura pas à payer de zakat. Par contre, si elle interrompt l’intention de pratiquer le commerce après l’écoulement d’une année, elle devra payer la zakat pour l’année qui s’est écoulée, et en ce qui concerne le futur, ses biens auront perdu leur statut de biens soumis à la zakat.
Quant aux biens commerciaux qui constituent une dette, la zakat est obligatoire sur eux chez l’Imam Ach-Chafi^iyy. Mais chez l’Imam Abou Hanifah, on déduit la valeur de la dette de celle des biens commerciaux lors de l’évaluation de la zakat s’il n’est pas capable de la rembourser.
Il n’y a donc pas de zakat à payer sur d’autres biens que ceux qui ont été cités, comme par exemple la maison que son propriétaire exploite en location, même s’il possède plusieurs immeubles.
De même, celui qui a une voiture qu’il loue aux gens ou qu’il utilise pour son usage personnel, il n’est pas un devoir de payer la zakat sur elle. Il en est de même pour les machines que l’on trouve dans les usines et qui sont utilisées dans la filature, la couture ou autre que cela, il n’y a donc pas de zakat sur ces machines par elles-mêmes, car elles ne sont pas exploitées pour la vente et l’achat dans un but commercial.
La zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr)
Quant à la zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr), elle devient obligatoire à partir du moment où la personne a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. Elle est obligatoire pour tout musulman, s’il lui reste de quoi la payer en plus de ce qu’il faut pour payer sa nourriture de base, la nourriture de base de ceux qui sont à sa charge, ses dettes, son habillement et son logement qui sont dignes de lui, et ceci, pendant le jour de la Fête de la fin du jeûne (^idou l-fitr) et la nuit qui suit. Elle est d’un sa^, c’est-à-dire de quatre moudd de la nourriture de base la plus couramment consommée dans le pays.
L’homme doit payer zakatou l-fitr de sa femme, de ses enfants qui sont en deçà de la puberté, ainsi que de tout proche qui est à sa charge tel que ses parents. Il n’est pas un devoir de payer zakatou l-fitr d’un mécréant, et il n’est valable de la payer sur l’enfant pubère qu’avec son autorisation.
La zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr) devient obligatoire à partir du coucher du soleil du dernier jour de Ramadan pour celui qui a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. Il est un devoir de s’en acquitter avant le coucher du soleil du jour de la Fête (al-^id) et il est interdit de la reculer au-delà sans excuse valable. Il est permis de s’empresser de la donner dès le début de Ramadan. Ce qui est recommandé (sounnah), c’est de la donner le jour de la Fête et avant la prière, et il est déconseillé de la donner après la prière de la Fête.
* * *
Avertissement : L’intention par le cœur est obligatoire pour tous les types de zakat au moment où l’on met de côté la part à verser, au titre de la zakat de son bien, et ce, en disant dans son cœur par exemple : « ceci est la zakat de mon bien ou de mon corps », ou « ceci est l’aumône obligatoire de mon bien ».
Ceux qui ont droit à la zakat
Il n’est permis et valable de payer la zakat qu’à ceux qui font partie des huit catégories que Allah a citées dans le Qour’an par Sa parole :
)إنَّما الصَّدَقَاتُ لِلفُقَرَاءِ وَالمَسَاكِينِ وَالعَامِلينَ عَلَيْها وَالمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وفِى الرّقَابِ وَالغَارِمِينَ وَفِى سَبِيلِ اللَّهِ وابنِ السَّبِيلِ(
[sourat At-Tawbah / 60] ce qui signifie : « Certes, les aumônes [obligatoires] ne sont [destinées] qu’aux miséreux, aux pauvres, à ceux qui travaillent au service de la zakat, aux nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir, aux esclaves [qui en ont besoin pour remplir leur contrat d’affranchissement], aux endettés [qui ne peuvent pas s’acquitter de leurs dettes], aux combattants [bénévoles] et au voyageur [qui n’a pas ce qui lui permet d’atteindre sa destination] ».
Le miséreux (al-faqir) : c’est celui qui ne trouve que moins que la moitié de sa suffisance, en matière de nourriture, d’habillement, de logement et de tout ce qui est indispensable eu égard à ce qui est digne de lui.
Le pauvre (al-miskin) : c’est celui qui dispose de la moitié de sa suffisance mais n’en dispose pas en totalité, tel celui qui a besoin de dix mais ne trouve que huit.
Ceux qui travaillent au service de la zakat (al-^amilouna ^alayha) : ce sont ceux que le Calife, c’est-à-dire le Sultan, a désignés pour prendre les zakat auprès des gens possédant des biens, et à qui il n’a pas consacré de rémunération provenant de la trésorerie (baytou l-mal).
Les nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir (al-mou’allafatou qouloubouhoum) : ce sont ceux dont la ferveur est encore faible parmi les musulmans, ce sont ceux qui sont entrés en Islam et n’ont pas encore lié une forte amitié avec les musulmans, il leur est alors donné une part de la zakat pour que leur ferveur en l’Islam se renforce ; ou bien ce sont des gens qui étaient nobles dans leur peuple et l’on espère par cette donation que leurs semblables deviennent musulmans.
Les esclaves qui en ont besoin pour remplir leur contrat d’affranchissement (fi r-riqab) : ce sont les esclaves avec qui leurs maîtres ont passé un contrat valable, selon lequel ils seront libres s’ils versent une certaine somme d’argent.
Les endettés (al-gharimoun) : ce sont les endettés qui ont contracté des dettes pour exercer une activité licite ou bien pour quelque chose d’illicite mais qui se sont par la suite repentis. Il est une condition, pour qu’il soit permis de leur donner une part de la zakat, qu’ils soient incapables d’honorer la dette et que la dette soit arrivée à échéance.
La signification de [وفي سبيل الله] (fi sabili l-Lah) : ce sont les combattants bénévoles pour faire le jihad et qui n’ont aucune part dans le poste du budget alloué aux soldats rémunérés à partir des biens du fay’ – de la trésorerie –. Il leur est alors donné ce dont ils ont besoin pour faire le jihad même s’ils sont riches, pour les aider à la conquête.
Le voyageur qui n’a pas ce qui lui permet d’atteindre sa destination (‘ibnou s-sabil) : c’est le voyageur, ou celui qui veut voyager, qui est dans le besoin et n’a pas ce qui lui suffit pour son voyage ; il lui est alors donné une part de la zakat à condition que son voyage ne soit pas illicite.
Il n’est pas permis de payer la zakat à d’autres gens que ceux-ci, comme par exemple la payer pour la construction des écoles et des hôpitaux ; et celui qui a fait cela, la zakat sur ses biens n’était pas valable.
Il est une condition que celui qui reçoit la zakat ne fasse pas partie de la famille (al-‘al) du Prophète r c’est-à-dire des descendants de Hachim, l’arrière grand-père du Prophète, ou de ceux de Al-Mouttalib, le frère de Hachim.
Et il est une condition également que celui qui reçoit la zakat ne soit pas riche grâce à des biens qu’il possède ou à une rémunération qu’il perçoit et qui lui est suffisante, et qu’il ne fasse pas partie de ceux qui sont à la charge de celui qui paie la zakat, comme par exemple le père, la mère et les enfants non pubères. Il est toutefois permis au père de payer la zakat à ses enfants pubères pauvres s’ils remplissent les conditions.
Information utile : Le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy (connu sous le nom de Al-Habachiyy) a dit : certains savants ont dit :
Il est recommandé à la personne de distribuer sa zakat elle-même, et il est permis de la donner à celui qui collecte la zakat. Toutefois cela a été recommandé pour que la personne soit certaine que la zakat parvient bien à ceux qui y ont droit. ‘Ahmad (c’est-à-dire ‘Ahmad Ibnou Hanbal) a dit : « Je préfère qu’il la distribue lui-même mais s’il la donne au sultan, cela est permis« . Al-Haçan, Mak-houl et Sa^id Ibnou Joubayr ont dit : « Le propriétaire du bien se charge lui-même de la donner à qui y a droit« . Et d’après Abou l-Haçan, il a dit : « Je suis venu auprès de Abou Wa‘il et de Abou Bourdah avec la zakat alors qu’ils étaient chargés de la trésorerie (baytou l-mal), ils l’ont acceptée. Puis je suis revenu une autre fois et j’ai retrouvé Abou Wa‘il seul qui m’a alors dit : Reprends-la et donne-la à ceux qui y ont droit ».
Quant au fait qu’il est préférable de donner soi-même la zakat, cela s’explique du fait qu’ainsi, on fait parvenir leur droit à ceux qui y ont droit, tout en évitant de dépenser de l’argent pour ceux qui se chargeraient de la distribuer et en préservant le droit de ceux qui ont droit à la zakat contre le danger du préjudice à leur égard – qu’elle soit détournée par exemple –. Elle s’explique aussi par le fait qu’ainsi, on dissipe soi-même les soucis de celui qui y a droit en l’enrichissant avec, tout en la donnant à ceux qui sont prioritaires sur elle parmi les nécessiteux de sa proche parenté et de sa famille, et c’est une chose qui contribue à maintenir les liens avec ses proches. Fin de citation.
De plus, parmi les lois de la zakat sur lesquelles les savants de l’Islam sont unanimes, il y a le fait qu’elle n’est pas payée à un riche, c’est-à-dire à quelqu’un qui a sa suffisance, disposant de ses besoins de base, à savoir la charge de ceux qui sont à sa charge, l’habillement et le besoin de logement. Elle n’est pas non plus payée à celui qui a la capacité de travailler et de gagner sa vie. Le Messager de Allah r a dit :
(( إنّها (أي الزّكاة) لا تحلّ لغنيّ ولا لقويّ مكتسب ))
[rapporté par Abou Dawoud dans son livre As-Sounan et par d’autres] ce qui signifie : « Certes, elle (c’est-à-dire la zakat) n’est pas licite pour un riche ni pour celui qui est fort et capable de travailler« , et c’est un hadith qui a le degré de sûr (sahih). La Loi islamique (Ach-Char^) n’a pas fait que la zakat soit comme tous les autres dons car il est permis de donner l’aumône, autre que la zakat, au pauvre tout comme au riche.
La zakat n’est pas non plus donnée pour tout acte de bienfaisance tel que la construction des mosquées, des écoles ou des hôpitaux. Et le Messager de Allah a montré, par ce hadith cité précédemment, que n’est pas visé par la parole de Allah [وفي سبيل الله] (wa fi sabili l-Lah) tout projet de bienfaisance ; le Prophète r nous a fait comprendre ce jugement par ce hadith. Et le Messager de Allah comprend mieux que quiconque les sens du Qour’an. Il n’est donc pas permis d’agir conformément à la parole de certains qui prétendent la science et qui disent : « il est permis de la verser pour tout acte de bienfaisance » ; et il n’y a pas parmi ceux-là un seul savant moujtahid que l’on puisse suivre. Il apparaît donc clairement qu’il n’est pas permis de suivre ces gens-là.
Les voies de dépense de la zakat sont donc constituées des huit catégories citées dans la ‘ayah [إنّما الصّدقات للفقراء] qui signifie : « Certes, les aumônes [obligatoires] ne sont [destinées] qu’aux miséreux …« , et parmi eux, il y a celui qui travaille au service de la zakat, c’est celui que l’Imam, c’est-à-dire le calife, charge de collecter les zakat auprès des gens qui possèdent des biens. Les savants ont dit : « Celui qui travaille au service de la zakat aura droit à partir de la zakat à la rémunération correspondant à ce qu’il a fait : « Si l’Imam veut, il l’envoie sans condition de rémunération puis il lui donne une part de la zakat et s’il veut, il lui attribue une rémunération ». Et ils ont dit : « Si le propriétaire la donne lui-même avant le passage de celui qui travaille au service de la zakat, ou s’il la porte lui-même à l’Imam ou à son représentant, celui qui travaille au service de la zakat n’aura rien ». Pour cela, ils ont dit : « Si l’Imam se charge lui-même de la distribuer sans faire appel à ceux qui travaillent au service de la zakat, la part de ces derniers n’est plus prise en compte et l’Imam ne la prend pas à leur place ».
Parmi les lois de la zakat, il y a le fait qu’il est un devoir de la donner immédiatement dès que l’année lunaire s’est écoulée et il n’est permis de la reculer que si c’est pour attendre de la donner à celui qui est prioritaire parmi les pauvres qui vivent dans la ville, tels que le proche ou le voisin miséreux, comme l’ont dit des savants parmi les chafi^iyy, hanafiyy, malikiyy et autres.
Complément : Les savants ont dit pour confirmer qu’il est illicite de la donner à d’autres gens que ceux qui font partie des huit catégories que Allah a citées dans le Qour’an : « Certes, il est interdit au conquérant qui perçoit une solde de la prendre ». Ils ont dit : « Il est payé avec sa part de biens du fay’, et s’il n’y a plus de fay’ et que nous sommes obligés de faire appel à lui pour se protéger du mal des mécréants, les riches l’aideront avec leurs propres biens et non avec la zakat« . Le conquérant qui perçoit une solde, c’est le soldat inscrit dans le registre de ceux qui font le jihad. Si donc on ne donne pas de part de zakat à celui-ci dans cette situation où les musulmans ont besoin que ces soldats rémunérés poursuivent leur fonction alors même qu’ils sont totalement disponibles pour le jihad, que dire alors de ceux pour qui sont organisés, sur le compte de la zakat, des banquets et des banquets qui coûtent des milliers et des milliers, comme cela a eu lieu dans quelques années passées ; ceux-là ont inversé la parole du Messager de Allah :
(( تؤخذ من أغنيائهم وتردّ على فقرائهم ))
qui signifie : « Elle est prise des riches d’entre eux et rendue aux pauvres d’entre eux« . Et dans le hadith sûr (sahih), on apprend que deux hommes étaient venus auprès du Messager de Allah pour lui demander de leur donner une part de la zakat et ils étaient forts, il a alors levé le regard vers eux et les a examinés, puis a dit :
(( إنّه لا حقّ فيها لغنيّ ولا لقويّ مكتسب ))
ce qui signifie : « Certes, n’y a pas droit celui qui est riche ni celui qui est fort et capable de gagner sa vie« , puis il leur a donné après avoir pensé du bien d’eux en considérant qu’ils n’avaient pas trouvé de travail leur permettant de combler leurs besoins de base. Ainsi, après ce jugement du Messager de Allah, comment pourrait-il être permis de l’utiliser pour nourrir ces riches sous prétexte de les encourager à donner la zakat ?
Que l’on prenne garde aussi à ceux qui ont distribué un tract dans lequel ils ont cité que la zakat est obligatoire pour chaque musulman et qu’elle est obligatoire sur la volaille, violant ainsi une unanimité sur laquelle des siècles se sont écoulés ; alors que les savants de l’Islam, depuis l’époque des compagnons jusqu’à notre époque, ont été unanimes qu’il n’y a pas de zakat sur la volaille, mais la zakat chez la majorité des imams est obligatoire sur le bétail : sur les camélidés, les chèvres et les moutons, et les bovins.
Et il est un devoir de distribuer aux gens qui y ont droit les biens de la zakat eux-mêmes. Il n’est donc pas permis de placer les biens de la zakat là où est placé le gain usuraire. En fait, la zakat est une chose pure qu’on ne mélange pas avec ce qui est malsain.
Ces gens-là, ont-ils pris connaissance de ces hadith puis leurs passions les ont empêchés d’œuvrer conformément à eux ou n’en ont-ils pas pris connaissance ? ! Certes, nous appartenons à Allah et nous retournerons à Lui pour le jugement. Et dans le Commentaire (Hachiyah) de Ibnou ^Abidin tome 1, page 14 on trouve ce qui suit : « La zakat est à payer immédiatement, c’est-à-dire qu’il est obligatoire de la payer dans l’immédiat. C’est conformément à cela que l’avis de jurisprudence est donné Ainsi celui qui la recule sans excuse commet un péché et son témoignage n’est plus retenu« . Et dans Raddou l-Mouhtar : « Et il a été confirmé de nos trois imams l’obligation de la donner immédiatement« .
L’Imam Ach-Chiraziyy le chafi^iyy a dit dans Al-Mouhadh-dhab ce qui suit : « Celui pour qui la zakat est devenue obligatoire et qui a été capable de la payer, il ne lui est pas permis de la reculer parce que c’est un droit qu’il est un devoir de donner à un être humain« . Et le Chaykh ^Illaych le malikiyy a dit dans Minahou l-Jalil tome 2, page 95 ce qui suit : « Et il est un devoir de la distribuer, c’est-à-dire la zakat, immédiatement à ceux qui y ont droit« . Fin de citation.
Et Allah soubhanahou wa ta^ala sait plus que tout autre.