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Le décès du Prophète : La barakah des mains du Prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2012

La dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit que lorsque le messager de Allah se plaignait d’une maladie, il récitait les mou^awwidhat (Qoul a^oudhou bi rabbi l-falaq – Qoul a^oudhou bi rabbi n-nas) et soufflait d’une manière particulière. En arabe, on appelle ce souffle particulier an-nafth : il s’agit de souffler doucement sans émettre de salive. Ainsi, il récitait les mou^awwidhat, faisait an-nafth dans ses mains, s’essuyait le corps, et les passait sur la partie qui lui faisait mal. Elle dit que lorsque le prophète se plaignit de la maladie de sa mort, ce fut elle qui récita les mou^awwidhat, et souffla sur le prophète. Par contre, elle passa sa main à lui sur son corps Salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Ainsi, faisait-elle la même chose que le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Dans la version rapportée par Malik elle agissait de telle manière en espérant la barakah de la main du prophète.
Dans une autre version de Mouslim, encore, elle disait qu’elle prenait la main du prophète pour la passer le long de son corps salla L-lahou ^alayhi wa sallam car elle comprenait plus de barakah que sa main à elle.

Information utile au sujet du Tabarrouk par le Prophète éminent Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Le messager de Allah est tout entier bénédiction (barakah). En effet, tout comme le disent les illustres savants, on peut rechercher les bénédictions avec toutes les parties de son corps. D’ailleurs, ses bénédictions sur sa communauté  furent très nombreuses durant sa vie et elles le sont encore après sa mort.
Ainsi, fut-il confirmé que les compagnons du prophète recherchaient la barakah et pratiquaient le tabarrouk, par le prophète durant sa vie et après sa mort. Aussi, le prophète élu avait-il distribué ses cheveux et ses ongles parmi ses compagnons en premier lieu pour la pratique du tabarrouk, après sa mort. Il fit également cela afin que cette bénédiction reste parmi eux durant leur vie et pour garder un souvenir à travers les époques. Ceux à qui Allah a accordé le bienfait d’imiter les compagnons en cela, pratiquèrent également le tabarrouk. Ils recherchèrent ainsi les bénédictions par les traces physiques du prophète.
Cette pratique fut transmise de génération à génération,  les khalaf  la prenant des salaf  jusqu’à nos jours où les gens pratiquent le tabarrouk.
Il n’y a que celui dont  Allah a aveuglé le cœur qui renierait cette bonne pratique et croirait qu’il s’agit d’un mal. Celui-là refusera la barakah de son corps et ses membres salla –L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa vie et après sa mort.
Et quels beaux vers furent ceux composés au sujet du cheveu du Prophète élu salla L-lahou ^alayhi wa sallam :

C’est du cheveu de l’élu qu’émane cette bonne odeur
Et de son arôme se sont embaumées les senteurs
Alors, fais ta demande au Seigneur par son secret
Sans doute, seras-tu, par ce cheveu, exhaussé

Le Cheveu du Prophète élu Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

O cheveu de Ahmad parfume-nous
Par les brises de tes senteurs

Le dernier jour de la vie du prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Le compagnon honorable ‘Anas fils de Malik qui était aussi le serviteur du messager de Allah dit : « Le lundi durant lequel le Prophète allait mourir, les musulmans ont accomplit la prière du soubh dirigés par Abou bakr As-Siddiq. Tandis qu’ils remplissaient ce devoir, le prophète a écarté le rideau séparant la maison de ^A’ichah de la mosquée afin de voir ce qui s’y passait. Il a ainsi vu les musulmans dans leur prière dirigés par notre maître Abou bakr et a souri [en signe de satisfaction]. Quand il l’avait vu, Abou bakr s’est apprêté à reculer pour se mettre en rang avec les autres personnes. En effet, il pensait que le messager de Allah voulait sortir pour accomplir la prière. Et les musulmans qui faisaient la prière derrière Abou bakr ont également montré des signes de joie [pensant que le prophète allait sortir pour les diriger]. Alors, le messager leur a fait signe de la main de poursuivre leur prière, il  est retourné dans la maison de ^A’ichah et a remis le voile de sorte que les gens de l’extérieur ne le voyaient plus. Il est décédé ce jour là».  Rapporté par Al-Boukhariyy.

Dans une autre version ‘Anas Ibnou Malik dit « C’était le lundi au cours duquel le messager de Allah Salla L-lahou ^alayhi wa sallam décéda : pendant que les compagnons sortaient accomplir la prière de as-soubh, le Messager de Allah leva le rideau, ouvrit la porte de la maison de ^A’ichah et se tint à son niveau. Les musulmans manifestèrent alors leur grande joie. Mais le messager leur fit signe de poursuivre leur prière et sourit». ‘Anas poursuivit en disant : « je n’avais pas vu le messager de Allah dans un meilleur aspect que ce moment là ». En effet, cela se produisit durant la maladie du prophète précédant sa mort. Et quand il vit ses compagnons accomplir la prière malgré son absence il manifesta sa joie. ‘Anas dit : « le prophète retourna chez lui tandis que les gens pensaient qu‘il fut guéri de sa maladie. C’est ainsi que Abou Bakr rentra parmi les siens au S-soubh. [il s’agit de l’une des habitations de banou l-harith se trouvant au nord-nord-est de la mosquée du Prophète honorée.]  »
Quant aux conditions de son décès, la dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète dit : « Parmi les grâces que Allah m’a accordé : le fait que le messager de Allah soit mort chez moi, durant mon tour , la tête sur mon épaule ». La dame ^A’ichah que Allah l’agrée poursuivit : « ^Abdou r-Rahman  est entré chez moi avec un siwak  à la main alors que le messager de Allah était appuyé contre moi. Je l’ai vu regardant le siwak [le prophète regardait le siwak] et j’ai su qu’il l’aimait »
^A’ichah dit au prophète : « tu veux que je te le ramène ? », il acquiesça  de la tête.  Elle dit : « je le lui ai mis dans la main. Mais comme il était un peu dur, je lui ai demandé : Est ce que tu veux que je le rende plus souple ? Il a à nouveau fait signe de la tête pour acquiescer». ^A’ichah poursuivit : « je l’ai assoupli un peu, alors le prophète l’a utilisé. Il avait également à côté de lui un récipient d’eau dans lequel il mettait ses mains et s’essuyait le visage en disant :
((لاإله إلاّ الله إن للموتِ سَكَرَاتٍ))
« la ilaha il-la l-Lah, inna li l-mawti sakarat », ce qui signifie : « il n’est de Dieu que Allah, certes la mort est douloureuse » aussi :
((اللهم أعني على سكرات الموت))
« Allahoumma ‘a^inniy ^ala sakarati l-mawt » ce qui signifie : « O Allah aide moi à supporter les douleurs de la mort » et il tendait sa main en disant :
((في الرَّفيقِ الأعلى))
« fi r-rafiqi l-‘a^la » [c’est à dire Jibril et Mika’il] jusqu’à ce qu’il meurt et que son âme honorée soit retirée ».
La dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « j’ai entendu le prophète dire avant qu’il ne meurt, le dos appuyé contre moi:
((اللّهم اغفر لي و ارحمني و ألحقني بالرَّفيقِ))
« Allahoumma ghfir li wa r-rhamni wa alhiqni bi r-rafiq » Ce qui signifie : « … » »
Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.

Note : Quand nous disons « ighfir li » cela signifie que nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés. Par contre, pour le Prophète cela peut signifier d’augmenter en degré et de faire miséricorde.

Toujours, d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée : « j’entendais qu’il n’y avait pas un Prophète qui mourrait sans qu’avant, il ne lui soit donné à choisir entre le bas-monde et l’Au-delà. J’ai aussi entendu le Prophète dire durant la maladie précédant sa mort alors qu’il était pris d’un enrouement :
((مَعَ الَّذِين أَنْعَمَ الله عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّنَ وَ الصِّدِّقِينَ وَ الشُّهَدَاءِ وَ الصَّالٍحِينَ وَ حَسُنَ أُولئكَ رَفيقًا))
« ma^a L-ladhina an^ama L-lahou ^alayhim mina n-nabiy-yina wa s-sid-diqina wa ch-chouhada’i wa s-salihin wa hassouna ‘oula’ika rafiqa » [Sourate an-nissa’ / Verset 69].
J’ai alors pensé qu’il lui avait été donné à choisir [entre le bas-monde et l’au-delà] ». Rapporté par Al-Boukhariy et Mouslim.

Dans une autre version jugée sahih par Ibnou Hibban le Prophète dit :
((أسأل الله الرّفيق الأعلى الأسعد مع جبريل و ميكائيل و إسرافيل))
« as-‘alou L-laha r-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad ma^a Jibril wa Mika’il wa israfil ».
ce qui signifie : « je demande à Allah ar-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad auprès de de Jibril, Mika’il et ‘Israfil ».

Information utile : D’une part, l’expression ar-rafiqa l-‘a^la veut dire Jibril et Mika’il, ce sont deux anges et non pas Allah car on ne L’appelle pas par « ar-rafiqou l-‘a^la ». Et c’est le messager de Allah lui-même qui expliqua cette expression « ar-rafiqou l-‘a^la » par Jibril et Mika’il.
D’autre part, certains ignorants pensent à tort que « ar-rafiqou l-‘a^la » veut dire Allah, ce qui est faux. Et si ces gens comprennent de cette expression la compagnie c’est de la mécréance  car on ne qualifie pas Allah par les caractéristiques des créatures et la compagnie ou l’amitié est une caractéristique des créatures. Par contre, s’ils en comprennent que Allah est Miséricordieux, il n’y a pas de mécréance.
Par ailleurs, on ne dit pas que Jibril ne descend plus sur terre après la mort du prophète. En effet, certains prétendent – toujours à tort –  que Jibril aurait dit au Prophète avant son décès que c’était la dernière fois qu’il irait sur terre. Jibril peut aller chez certains saints, non pas pour la révélation mais pour leur apporter du renfort, des bénédictions et pour les encourager aux actes d’adoration. Si Jibril vient à quelqu’un pour la révélation c’est uniquement aux prophètes et non pas aux saints.

Lorsque le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam mourut et que sa fille Fatimah az-zahrah, la mère de Al-Haçan et Al-Houçayn  le sut, le cœur lourd et triste, elle dit que Allah l’agrée : « O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au  paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril… ».
Notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib dit : « lorsque le messager de Allah a été enterré, sa fille Fatimah s’est tenue devant sa tombe, elle a pris une poignée de la terre dans laquelle a été enterré le prophète, l’a mise sur ses yeux en pleurant et a composé ce poème  [qui signifie] :
« A celui qui un jour s’est embaumé
de la terre où ‘Ahmad est enterré,
Il n’aura rien perdu si de sa vie
il n’a senti les meilleurs des parfums.
Sa mort est pour moi cette catastrophe
Qui transformerait les jours en nuits»
Rapporté par Ibnou ^Açakir dans At-Touhfah.

Information utile : la meilleure femme de toute l’humanité est Maryam fille de ^Imran, la mère de notre maître ^Iça Al-Macih, le prophète. Après elle, vient Fatimah, la fille de notre maître Mouhammad, ensuite, Khadijah, la fille de Khouwaylid, l’épouse du prophète ensuite ‘Asiyah fille de Mouzahim, la femme de pharaon  enfin, la dame honorée ^A’ichah, la fille de Abou bakr As-Siddiq, l’épouse du prophète, que Allah les agrée toutes.

Abou Sa^id – d’après ce que rapporta Al-Bazzar- dit : « nous avions à peine terminé l’enterrement du prophète que nous avions trouvé que nos cœurs commençaient à changer » c’est à dire leurs sentiments d’amour, de pureté, de douceur, acquis auparavant grâce aux enseignements et à l’éducation du messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam.

La durée de sa maladie salla L-lahou ^alayhi wa sallam, la période de sa mort et son âge à son décès

Les savants divergèrent quant à la durée de la maladie du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. La plupart  dirent qu‘elle s’étendit treize jours.
Sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam eut lieu durant le temps du douha ,  le lundi 12 de rabi^ou l-‘awwal.
En effet, la dame honorable ^A’ichah, l’une des épouses les plus aimées du prophète, et la femme la plus savante de cette communauté  dit : « le prophète est mort alors qu’il avait 63 ans », rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux confirma cela d’après ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy.

Les condoléances de Al-khadir ^alayhi s-salam suite à la mort du Messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam

La famille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam étaient catastrophés suite à sa mort ; ils furent profondément touchés et eurent le cœur alourdi par la tristesse de sa perte.
Il a été rapporté que les membres de la famille du Prophète entendirent, à sa mort, une personne dire : « Assalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh O Ahlou lbayt , Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent lors des catastrophes ou à la perte d’un bien ou d’une personne alors, patientez et tirez les leçons de cette épreuve. Certes, Allah récompense les patients et nous nous fions à Lui. »
Et ils virent que l’orateur était Al-khadir ^alayhi ssalam.

Dans une autre version : Ils entendirent une voix sans distinguer la personne dire : « Assalamou^alaykoum O Ahlou lbayt wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh :
((كُلُّ نَفْسٍ ذائِقَةُ المَوت وَ إنَّمَا تُوَفَّونَ أُجُورَكُم يَوْمَ القِيَامَةِ))
« koullou nafsin dha’iqatou l-mawti wa innama touwaf-fawna ‘oujourakoum yawma l-qiyamati » [Sourate ‘Ali^imran / Verset 185]
Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent suite à une catastrophe ou à la perte de quelqu’un ou d’un bien, alors fiez-vous à Lui. L’éprouvé réellement est celui qui est privé de récompenses wa ssalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lah ».

Ce qu’a laissé le prophète le jour de son décès

D’après ^Amr Ibnou l-Harith: « le messager de Allah n’a pas laissé d’héritage. Il n’a laissé ni dinar  ni dirham  , ni esclave homme serait-il ou femme. Il a laissé uniquement la mule blanche qu’il montait, son arme et une terre qu’il avait dédiée en aumône aux voyageurs » Rapporté par Al-Boukhariyy.

La Dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « Le messager de Allah est décédé alors que son bouclier était hypothéqué chez un juif contre trente sa^  d’orge »

Les recommandations du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie

Tout d’abord, il est à savoir que toutes les paroles du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam sont riches en leçons, en exhortations et en utilités. Toutefois, durant la maladie précédent sa mort, il appuya sur certains conseils et recommandations particuliers. Il donna ces conseils alors qu’il était proche de l’Au-delà et encore plus éloigné du bas-monde allant à sa perte.  Nous en citons, ainsi, certains à titre d’exhortation :

•    La recommandation en faveur des partisans (les ‘Ansar) :
D’après Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père : « le messager de Allah était sorti lors de la maladie précédant sa mort et il portait un drap par-dessus ses habits [une sorte de  cape posée sur ses épaules] et il avait une bande autour de la tête de couleur foncée virant vers le noir. Il s’assit sur le mimbar – et ce fut sa dernière assemblée qu’il a tint dessus- il loua Allah ta^ala et il Le remercia puis, dit :
((أمَّا بَعْدُ، أَيُّهَا النَّاسُ فَّإنَّ النّاسَ يَكثُرُون و تَقِلُّ الأنصَارُ حتَّى يَكُونُوا كَالمِلْحِ فِي الطَّعَامِ فمَنْ وَلِيَ مِنْكُمْ أَمْرًا يَضُرُّ فِيهِ أَحَدًا أَوْ يَنفَعُهُ فَليَقبَل مِنْ مُحْسِنِهِم وَ يَتَجَاوَزْ عَنْ مُسِيئِهِمْ))
“‘am-ma ba^dou, ‘ay-youha n-nas fa’inna n-nasa yakthouroun wa taqil-lou l-‘ansar hat-ta yakounou kal-milhi fi t-ta^am, faman waliya minkoum ‘amran yadourrou fihi ‘ahadan ‘aw yanfa^ouhou falyaqbal min mouhsinihim wa yatajawaz ^an mousi’ihim”
Rapporté par Al-Boukhariy.
ce qui signifie : « O vous les gens, les gens deviendront très nombreux et le nombre des ‘Ansar diminuera.  Ainsi seront-ils comme le sel dans la nourriture. Alors, que celui d’entre vous qui assume une responsabilité soit indulgent envers eux » c’est à dire qu’il accepte ce qu’ils font comme bien et qu’il excuse ce qu’ils font comme mal.
Cette recommandation de la part du messager éminent indique le grand mérite des ‘Ansar, c’est-à-dire les habitants originaux de Médine l’illuminée. En effet, ils furent ceux qui soutinrent le prophète et son appel à l’Islam. Ce furent également eux qui abritèrent les émigrants (al-mouhajjiroun) et aidèrent et appuyèrent l’appel du prophète.
Cette recommandation indique le comportement d’excellence du prophète ; il répondit ainsi à la bienfaisance par la bienfaisance en recommandant le bon agissement envers eux.
De cette façon, le prophète nous apprit la reconnaissance, c’est-à-dire, le fait de rétribuer en bien celui qui agit en bien envers nous – même si ce bien semble négligeable – et de répondre à la bienfaisance par la bienfaisance.  Que Allah rétribue notre prophète Mouhammad pour sa communauté du meilleur, pour tout ce qu’il a donné comme conseils et recommandations, comme science et bonne guidée. C’est donc à nous d’être reconnaissant envers notre prophète.

Parmi les recommandations du messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il y a ce qui fut rapporté de Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père: « Durant la maladie précédant sa mort, le messager de Allah a écarté le rideau alors que les gens étaient en rangs derrière Abou bakr. Et il a dit:
((أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّهُ لَمْ يَبْقَ مِنْ مُبْشِّرَاتِ النُّبُوَّةِ إِلَّا الرُّؤْيَا الصَّالِحَةُ يَرَاهَا المُسْلِمُ أَوْ تُرَى لَهُ، أَلَا وَ إِنِّي نُهِيتُ أَنْ أَقْرَأَ القُرْءَانَ رَاكِعًا أَوْ سَاجِدًا فَأمَّا الرُّكُوعُ فَعَظِّمُوا فِيهِ الرَّبَّ عَزَّ وَ جَلَّ وَ أَمَّا السُّجُودُ فَاجْتَهِدُوا فِي الدُّعَاءِ فَقَمِنٌ أَنْ يُسْتَجَابَ لَكُمْ))
« ay-youha n-nasou, in-nahou lam yabqa min moubach-chirati n-noubouw-wati il-la r-rou’ya s-salihatou, yaraha l-mouslimou ‘aw toura lahou, ala wa in-ni nouhitou an ‘aqra’a l-Qour’ana raki^an ‘aw sajidan, fa’am-ma r-roukou^ou fa^adh-dhimou fihi r-rab-ba ^az-za wa jal-la wa ‘am-ma s-soujoudou fajtahidou fi d-dou^a’i faqaminoun ‘an youstajaba lakoum »
ce qui signifie :
« Ô vous les gens, s’il n’y a plus de révélation, il reste les annonces de bonnes nouvelles qui proviennent du musulman ou d’un autre à son sujet [c’est à dire le beau rêve que fait le musulman ou que l’on fait à son sujet]. Et je ne récite pas le Qour’an quand je suis en inclination ni en prosternation. Lorsque vous êtes en inclination glorifiez le Seigneur ^azza wajal et lorsque vous êtes en prosternation faites beaucoup d’invocations, elles seront sans doutes exaucées ». Rapporté par Mouslim.

•    La recommandation concernant la prière et les droits des esclaves :

^Aliyy Ibnou Abi Talib que Allah l’agrée dit : « la dernière parole du prophète fut
((الصَّلاَةُ و مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ))
« As-salatou wa ma malakate ‘aymanoukoum »
ce qui signifie : « je vous recommande la prière et les esclaves que vous possédez » Rapporté par Ibnou Majah
Il fut également rapporté de Oum-mou salamah, la mère des croyants, l’épouse du Prophète qu’ « il répétait cela jusqu’à ce que son âme lui soit retirée », rapporté par Ibnou Majah.
Et d’après Anas ibnou Malik le serviteur du Messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam : « la plupart des conseils du Prophète juste avant sa mort étaient la prière et les esclaves » Rapporté par Ibnou Majah.

La signification de la recommandation du messager de Allah au sujet de laquelle il insista fortement est l’incitation à ne pas négliger la prière, persévérer à l’accomplir comme Allah nous l’a ordonné, et ne surtout pas y manquer. Quant aux droits des esclaves, le Prophète a également incité à les respecter du fait des lois particulières qui existent dans la religion à leur sujet.

Information utile concernant les cinq prières :
D’après ce qui est parvenu du prophète éminent au sujet du mérite de la prière, il y a le hadith :
((خمس صلوات كتبهن الله على العباد من أتى بهن بتمامهن كان له عهد عند الله أن يدخله الجنة و من لم يأت بهنَّ فليس له عند الله عهد أن يدخله الجنة إن شاء عذبه و إن شاء أدخله الجنة))
« khamsou salawatin katabahounna L-lahou ^ala l-^ibadi, man ‘ata bihinna bitamamihinna kana lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah wa man lam ya’ti bihinna falayça lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah, ‘in cha’a ^adh-dhabahou wa ‘in cha’a ‘adkhalahou l-jannah”
qui signifie : « il y a 5 prières que Allah a ordonné aux esclaves d’accomplir. Celui qui les accomplit parfaitement a une promesse que Allah le fera entrer au paradis. Et celui qui ne les accomplit pas n’a pas de promesse que Allah le fera entrer au paradis. Si Allah veut, il le châtie et si Allah veut il le fait entrer au paradis » Rapporté par l’imam ‘Ahmad.
Il est rapporté au sujet de la menace concernant celui qui abandonne la prière qu’il n’aura ni de lumière, ni de sauvegarde au Jour du Jugement et qu’il sera avec Pharaon, Haman, Qaroun et ‘Oubay Ibnou Khalaf. Malgré cela celui qui délaisse la prière par paresse ne sort pas de l’Islam : il est un musulman désobéissant qui mérite le châtiment au Jour du Jugement en raison du hadith précédemment cité.
Et parmi ce qui parvint du Prophète au sujet de sa recommandation en faveur des esclaves [musulmans] sa parole salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إخوانكم خَوَلُكم –أي حشَمُكم- مَللكم الله إياهم فمن كان أخوه تحت يده فليطعمه مما يأكل و ليلبسه مما يلبس و لا يكلفه ما يغلبه فإن كلفتموهم فأعينوهم))
« ikhwanoukoum khawaloukoum mallakoukoumou L-lahou iyakoum, fama kana akhouhou tahta yadihi fal-yout^imhou mimma ya’koul wal-youlbaishou mimma yalbas wa la youkallifhou ma yaghlibouhou fa’inna kallaftouhoum fa’a^inouhoum »

Le décès du prophète éminent et la grande tristesse des compagnons suite à sa perte

Le décès du messager éminent fut une épreuve terrible, lui, le meilleur de ceux qui sont nés et le meilleur guide qu’a connu ce monde. Cette grande catastrophe qui s’abattît sur les compagnons honorés les marqua profondément, eux qui perdirent leur prophète et leur bien aimé Mouhammad. Ainsi y-eut-il des traumatisés, des paralysés suite à l’entente de la nouvelle, ou d’autres qui perdirent l’usage de leur langue qui fut bloquée. Il y eut également ceux qui nièrent sa mort tant l’annonce les choqua. En effet, ils pensaient que le prophète resterait en vie longtemps après eux, même s’ils savaient qu’il allait bien mourir un jour. Toutefois, le chagrin des compagnons et la catastrophe de la perte de leur prophète et leur bien-aimé Mouhammad ne les a ni détourné de la patience, ni amené à commettre des actes interdits comme les lamentations. Aucun d’entre eux n’a désobéi à Allah malgré cette grande épreuve, qui est celle de tous les musulmans.

La position des deux compagnons honorables Abou Bakr et ^Oumar suite à la mort du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Quand le prophète fut décédé, lui qui est le meilleur commandant que l’histoire n’ait jamais connu, ^Oumar Al-Farouq fut tellement choqué qu’il dit « le messager de Allah n’est pas mort ». Et il dit : « il y a des gens qui prétendent que le messager de Allah serait mort mais en réalité il n’est pas mort ».
Quant à As-Siddiq Abou bakr que Allah l’agrée, il se dirigea rapidement sur sa monture vers la mosquée sans parler à personne, au moment où la nouvelle lui parvint, celle du décès de son compagnon et bien-aimé le prophète éminent. Il entra dans la maison de sa fille la dame glorieuse ^A’ichah que Allah l’agrée, et trouva le messager éminent le prophète de cette communauté, le meilleur homme et humain que ce monde ait connu que Allah l’élève d’avantage en degrés. Il le vit recouvert d’un très beau drap du Yémen. Abou Bakr découvrit le visage du prophète honoré, ce visage éclatant de beauté et, tant il se languissait de lui, tant son amour  était immense qu’il se mit à l’embrasser entre ses yeux honorés salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Il pleura à chaudes larmes en disant ces paroles témoignant de son amour envers le prophète.

Et d’après ^A’ichah que Allah l’agrée que Abou Bakr entra chez le Prophète après sa mort,   posa ses lèvres entre ses yeux salla L-lahou ^alayhi wa sallam et sa main sur ses tempes puis dit : « O toi mon prophète, mon compagnon, mon bien-aimé ! » rapporté par l’imam Ahmad.

Abou Bakr que Allah l’agrée fut, durant cette période difficile, tellement courageux, fort et patient qu’il alla porter renfort aux compagnons traumatisés par cette annonce. ^Oumar,  très fortement perturbé, jurait que le messager de Allah n’était pas mort. Et lorsque  Abou bakr  arriva, il lui dit : « Eh toi qui jure, ne sois pas aussi pressé de le faire ». Il  lui demanda ensuite de s’asseoir, mais ^Oumar sous le choc, refusa et continua à parler. C’est alors que Abou bakr que Allah l’agrée s’adressa aux personnes présentes, calmant de cette manière ^Oumar qui finit par s’assoir. Ainsi, les compagnons se dirigèrent vers Abou bakr pour écouter son discours. Il loua Allah ta^ala et il dit sa parole très connue : « O vous les gens, s’il y a quelqu’un qui adore Mouhammad, Mouhammad est mort et celui qui adore Allah, Allah a pour attribut la vie, Il ne meurt pas ». Il récita, ensuite, la parole de Allah ta ^ala :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِبْن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُم وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّاكِرِينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la raçouloun  qad khalat min qablihi r-rouçoul afa’in mata aw qoutila nqalabtoum ^ala a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadourra l-Laha chay’a wa sayajzi l-Lahou ch-chakirin » [sourat ‘ali ^imran / 144], ce qui signifie : « Mouhammad est un messager et avant lui il y avait d’autres messagers. Est-ce que s’il meurt ou est tué vous apostasierez ?! Et celui qui apostasie ne nuira aucunement Allah et Allah rétribuera ceux qui remercient ». Lorsque Abou Bakr récita cette ‘ayah honorée aux compagnons honorables, on aurait cru qu’ils n’en avaient jamais pris connaissance. C’est ainsi qu’ils la reprirent tous, la répétèrent et la récitèrent jusqu’à ce que ^Oumar Al-Farouq que Allah l’agrée dit : « par Allah dès que j’ai entendu ce verset de la bouche de Abou Bakr, j’ai repris mes esprits et mes jambes ne pouvaient plus me porter. Je suis tombé à terre lorsque je l’ai entendue. Et j’ai enfin réalisé que le prophète était mort ».

Quant à la dame honorable Fatimah az-zahra’ la fille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, elle dit que Allah l’agrée au moment où elle apprit la mort de son père :
« O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril ! ».

La cause de la maladie du Prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur janvier 2, 2012

Certains historiens rapportent que la cause de la maladie du Prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam fut le complot d’une femme juive le jour de khaybar. Ce jour là, elle lui introduisit du poison dans le plat auquel elle l’invita salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
En effet, le Prophète acceptait les cadeaux et en mangeait mais ne prenait ni les dons ni la zakat. Alors, cette femme lui offrit, le jour de khaybar, un mouton grillé, empoisonné d’une substance qui tuait au bout d’une heure. Les compagnons qui étaient avec lui en mangèrent et quand il en goûta salla Llahou ^alayhi wa sallam il leur dit :
(ارفَعُوا أَيْدِيكُمْ فَإِنَّهَا أَخْبَرَتْنِي أَنَّهَا مَسْمُومَة)))
« irfa^ou ‘aydikoum fa’in-naha akhbaratni an-naha masmoumah » ce qui signifie : « levez vos mains [du plat], il m’a informé qu’il était empoisonné ». Un compagnon en mourut sur l’heure ; il s’agissait de bichrou bnou lbara’, il mourut ainsi, martyre que Allah l’agrée.
Le compagnon honoré Abou hourayrah que Allah l’agrée informa que le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam dit durant les douleurs de sa mort :
(مَا زالت أُكلت خيبر تُعادُّني فالآن أوان قطعت ابْهَري)))
« ma zalat ouklatou khaybar tou3aad-douni fal-‘ana ‘awaanou qouTi^at ab-hari » ce qui signifie : « les effets du plat du jour de khaybar m’atteignent toujours. Et le moment est venu de ma mort ».
En effet, le Prophète éminent salla Llahou ^alayhi wa sallam mourut à cause de cela. Ainsi, après avoir mangé de ce mouton empoisonné, il souffrit salla L-lahou ^alayhi wa sallam de maladie et de fièvre et cela comporte beaucoup d’élévations en degrés et en statut.

L’apparition de la maladie du Prophète éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam

Lorsque le messager éminent revint du pèlerinage de l’adieu, hajjatou l-wada^, il resta quelques mois à Médine (dhou l-hijjah, mouharram et safar).  Vers la fin du mois de safar ou au début du mois de rabi^ou l-‘awwal, la maladie suite à laquelle le prophète mourut apparut. C’était à son retour du cimetière de al-baqi^ à Médine juste en face de la mosquée du prophète ; le Messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam venait d’assister à l’enterrement de l’un de ses compagnons. Il commença à se plaindre d’une douleur à la tête alors qu’il était  dans la maison de son épouse ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, que Allah l’agrée: « Le messager de Allah revenait du cimetière de al-baqi^, je me suis plainte à lui  d’une douleur à la tête en lui disant (وارأساه) (wa ra’sah)  « O ma tête » Alors le prophète  dit:
(بل أنا يا عائشة وارأساه)))
« bal ana ya ^a’ichah wa ra’sah », ce qui signifie  « c’est plutôt moi ^A’ichah… O ma tête !». ^A’ichah que Allah l’agrée  dit : « et c’était cela le début de la maladie suite à laquelle il est mort ».
Quand la maladie et la douleur furent plus intenses, le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam se trouvait chez son épouse Maymounah. Il réunit, alors, toutes ses femmes et leur demanda leurs accords pour rester dans la maison de ^A’ichah durant sa maladie ce qu’elles lui accordèrent. C’est ainsi que le prophète sortit, tenu par son oncle Al-^Abbas d’un côté (le fils de ^Abdou l-Mouttalib) et de l’autre, par son cousin notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib qui était également son gendre. Arrivé à la maison de ^A’ichah, le prophète demanda à ce qu’on l’asperge d’eau tellement la douleur était forte. La dame ^A’ichah dit : « nous l’avons, alors, fait asseoir dans une bassine appartenant à Hafsah [l’épouse du prophète] et qui ressemblait à un grand récipient dans lequel on lave les vêtements. Puis nous  avons versé sur lui des outres d’eau [c’est à dire de l’eau contenue dans des sortes de peaux d’animaux] pour lui alléger les douleurs jusqu’à ce qu’il nous fasse signe de la main pour dire que cela suffisait [son signe montrait que ce qu’elles avaient fait suffisait pour qu’il se lève et qu’il les remerciait]. Puis le prophète alla vers sa mosquée, dirigea les gens dans la prière et donna un cours. »
Ce jour là, il était sortit à la rencontre des compagnons avec un turban sur la tête. Il s’assit salla L-lahou ^alayhi wa sallam sur le minbar et les premières paroles qu’il dit furent des invocations pour les compagnons qui avaient participé à la bataille de ‘Ouhoud. Il  demanda, d’abord, le pardon en leur faveur. Ensuite, il s’adressa à ses compagnons présents et leur dit de manière ferme, en se fiant totalement à Allah :
(إنّ عَبدًا مِنْ عِبَاد اللهِ خَيَّرَهُ اللهُ بَيْنَ الدُّنْيَا وَ بَيْنَ مَا عِنْدَهُ فَاخْتَارَ مَا عِنْدَ اللهِ)))
« inna ^abdan min ^ibadi l-Lahi khayyarahou l-Lahou bayna d-dounya wa bayna ma ^indahou fakhtara ma ^inda l-Lah » ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui Allah a donné à choisir entre le bas monde et ce que Allah réserve dans l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Alors notre maître Abou bakr As-Siddiq comprit le sens des paroles du prophète et sut que le prophète se visait lui-même – c’est-à-dire, sa propre personne – quand il dit ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah ». Abou Bakr lui répondit alors : « Nous te sommes même dévoués, nous ferons le sacrifice de nos propres personnes et de nos enfants pour toi, O messager de Allah ! ». Cela signifie « qu’en cas de danger, nous et nos enfants ferions face à celui-ci afin de te protéger».
Le prophète lui dit :
(على رِسْلٍك يا أبَا بَكْرٍ)))
« ^ala rislika ya aba bakr » ce qui signifie : « Ne t’en fais pas O Abou Bakr ». Et lorsque le messager le vit pleurer de tristesse à cause de l’approche de sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il lui dit :
((يَا أَبَا بَكْرٍ لَا تَبْكِ إِنَّ أَمَنَّ الناس عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ وَ مَالِهِ أَبُو بَكْرٍ وَ لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا خَلِيلًا مِنْ أُمَّتِي لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ وَ مَوَدَّتُهُ))
« ya Aba bakr la tabki, ‘inna ‘amanna n-nasi ^alayya fi souhbatihi wa malihi abou bakr wa law kountou mouttakhidhan khalilan min ‘oummati la t-takhadhtou aba bakr wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam wa mawaddatouhou » ce qui signifie : « O Aba bakr, ne pleure pas. Celui d’entre les gens qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr. Et si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de ma communauté j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam et l’amour de l’islam » c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de notre religion.

Puis le prophète dit :
((لاَ يَبْقَيَنَّ فِي المَسْجِدِ بَابٌ إِلاَّ سُدَّ إِلاَّ بَابُ أَبِي بَكْرٍ))
« la yabqayanna fi l-masjidi baboun illa soudda illa babou Abi bakrin »  ce qui signifie : « Ne laissez aucune porte des maisons des gens ouverte sur la mosquée, bloquez-les toutes sauf celle de Abou Bakr »,
En effet, les portes des maisons de certains compagnons donnaient  directement accès à la mosquée du prophète et ce en plus des portes par lesquelles les gens rentraient. Et quand le prophète dit ce qui signifie : « toutes les portes seront bloquées sauf celle de Abou Bakr », il montra le grand mérite et le haut statut de Abou Bakr As-sidiq que Allah l’agrée.
La dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète, avait rapporté le récit de sa terrible maladie ; elle expliqua dans quel état il sortit vers ses compagnons pour les diriger dans la prière lorsque les douleurs devenaient moins pénibles. Elle  dit : « les douleurs et la maladie se sont amplifiées, le prophète a alors demandé :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont  fait la prière ? » Les compagnons répondirent : « non pas encore, ils t’attendent O messager de Allah ». Le prophète a dit :
((ضَعُوا لِي مَاءً فِي المِخْضَبِ))
« da^ou liy ma’an fi l-mikhdab » ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Ils firent cela ; alors il s’est lavé, puis a voulu se relever mais s’est évanoui. Il s’est réveillé à nouveau et dit
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Ils ont répondu : « non, ils t’attendent O messager de Allah ». Il a dit ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Il s’est lavé et de nouveau lorsqu’il a voulu se relever, il s’est évanoui. Puis, une fois réveillé, il a dit :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Les compagnons ont répondu : « ils t’attendent O messager de Allah ».
^A’ichah que Allah l’agrée dit : « les gens étaient dans la mosquée, ils attendaient le messager de Allah pour la prière de al-^icha’ ». Le messager de Allah envoya alors quelqu’un pour demander à Abou bakr  de diriger les gens dans la prière.
Quand cette personne mandatée par le prophète lui dit : « le messager de Allah t’ordonne de diriger les gens dans la prière ». Abou bakr, qui était un homme très sensible, dit : « ^Oumar, dirige les gens dans la prière ». Mais ^Oumar, que Allah l’agrée, répondit : « Tu mérites le plus de le faire». Abou bakr les dirigea alors ce jour-là ainsi que les suivants.
Quelque temps plus tard, le messager de Allah se trouva en meilleure santé. Il sortit de la maison de ^A’ichah, entouré de deux hommes, dont l’un était Al-^Abbas pour faire la prière de adh-dhouhr. Tandis que Abou bakr s’apprêtait à diriger les gens dans la prière, il vit le prophète venir. Abou Bakr voulut alors reculer pour lui laisser la place mais le prophète lui fit signe de la main pour qu’il fasse la prière et dit aux deux hommes qui l’accompagnaient :
((أجلساني إلى جنبه))
« ajlisani ila janbihi » ce qui signifie « faites moi asseoir à coté de lui ». Alors, ils firent asseoir le prophète à coté de Abou bakr que Allah l’agrée, qui accomplit la prière debout tandis que le messager de Allah la fit assis tant les douleurs éprouvées étaient intenses. C’est Abou bakr qui fut l’imam au début puis, le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.

Ainsi  s’avéra-t-il que le début de la maladie du prophète étaient des maux de tête accompagnés de fièvre. La douleur et la fièvre étaient tellement terribles, qu’il s’asseyait salla L-lahou ^alayhi wa sallam dans cette grande bassine dans laquelle on lave les vêtements et on versait sur lui jusqu’à sept outres d’eau. La fièvre était si élevée que la main de celui qui le touchait devenait également chaude. Il dit à ce sujet salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إنّا (أي الأنبياء) كذلك يُشَدَّدُ علينا البلاء و يُضَاعف لنا الأجر))
« inna kadhalika youchad-dadou ^alayna lbala’ wa youda^afou lana l-‘ajr »
ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, l’épreuve est encore plus difficile [c’est à dire que Allah nous accorde des épreuves plus dures que ce qui vous arrive] et la récompense nous est multipliée ». Allah ta^ala éprouve les prophètes par des épreuves plus difficiles et Il leur multiplie la récompense.
Et il dit également :
((إنِّي أوعكُ كَمَا يوعكُ رجلان منكم))
« inni ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum »
Ce qui signifie : « j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous »
En effet, ces douleurs étaient si fortes qu’il s’évanouissait puis se réveillait et ceci lui arriva plus d’une fois.

Le mérite de Abou Bakr par rapport aux autres compagnons

Parmi ce qui est parvenu des dernières recommandations du prophète, il y a ce que rapporta la dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, en effet : « Quand la maladie était devenue difficile pour le messager de Allah, il a dit :
((مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourou aba bakrin fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à abou bakr qu’il dirige les gens dans la prière ». ^A’ichah dit : « j’ai dit : O prophète de Allah, Abou bakr est un homme doux et sensible dont la voix n’a pas grande portée [quand il parlait sa voix n’était pas forte]. Et il pleure quand il récite le Qour’an ». Le prophète dit malgré cela :
((مُرُوهُ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourouhou fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites-lui de diriger les gens dans la prière ».
Cette recommandation de la part du prophète était explicite. En effet, Bien que ^A’ichah lui dit qu’Abou Bakr était sensible, qu’il pleurait lorsqu’il récitait le Qour’an, que sa voix n’avait pas grande portée, le prophète demanda que ce fut lui qui dirige les gens en son absence salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
On déduit de cette recommandation, premièrement, le mérite de Abou Bakr As-Siddiq. En effet, il est le meilleur des compagnons et le meilleur des saints de cette communauté selon l’unanimité des savants de l’islam. On en déduit également une indication du Prophète  en faveur de la succession d’Abou Bakr pour la direction des musulmans.
Ainsi le messager éminent  insista pour que ce fut Abou bakr As-Siddiq l’imam des compagnons dans la prière, le plus important des devoirs de l’islam après la croyance. En effet, il s’agit du  meilleur des actes pratiques dans l’islam et de la meilleure des œuvres après la croyance en Allah et en son messager.

Information utile : L’imam Ach-Chafi^iyy dit que le prophète, n’avait dirigé les gens pendant la prière dans sa mosquée qu’une seule fois durant la maladie précédant sa mort ; il s’agissait de celle qu’il avait accomplie assis. Au début de cette prière, Abou bakr que Allah l’agrée était l’imam. Et lorsque le prophète vint, Abou bakr comme les autres le suivirent. C’est donc le prophète qui les dirigeat en étant assis. Abou bakr était alors devenu ma’moum, il répétait à voix élevée pour faire entendre aux gens.

D’après ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a, Ibni l-‘Aswad, Ibni l-Mouttalib Ibni ‘Asad, il dit : « Alors que la maladie précédent la mort du messager de Allah était devenue plus éprouvante, j’étais auprès de lui avec un groupe de musulmans. Bilal invita les gens à faire la prière et le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam dit :
((مُرُوا مَنْ يُصَلِّى بِالنَّاسِ))
« mourou man yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à quelqu’un de diriger les gens dans la prière ». Ce compagnon dit : « je suis sorti de chez le prophète et j’ai trouvé ^Oumar avec des gens tandis qu’Abou bakr était absent. J’ai alors dit : ^Oumar lève toi et dirige les gens dans la prière ». Ainsi ^Oumar s’est levé et quand il a dit la parole Allahou ‘akbar pour l’entrée en rituel, le messager de Allah a entendu sa voix [^Oumar était un homme à la voix forte]. C’est alors que le messager de Allah a dit :
((فَأَيْنَ أَبُو بَكْرٍ ؟ يَأْبَى الله ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ، يَأْبَى اللهُ ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ))
« fa’ayna Abou bakr ? ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun, ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun »
ce qui signifie : « mais où est donc Abou Bakr, Allah n’agrée pas et les musulmans n’acceptent pas que ce soit quelqu’un d’autre que Abou Bakr », [c’est-à-dire que mettre ^Oumar et non Abou Bakr pour diriger les gens n’était pas ce qu’il convenait de faire].
Le prophète envoya alors quelqu’un chercher Abou bakr qui arriva après que ^Oumar eut accompli cette prière là. ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a dit : « ^Oumar m’a dit : pourquoi m’as-tu fait ça ? ». [^Oumar a blâmé ce compagnon]  « Pourquoi m’as-tu demandé de diriger les gens dans la prière ?! J’ai cru que c’était le prophète qui t’avais demandé de me le dire, sinon je n’aurai pas dirigé les gens dans la prière ! » En effet, il était parvenu à ^Oumar par la suite que le prophète avait voulu que ce fut Abou Bakr qui dirigea. Mais ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a répondit à ^Oumar : « par Allah le messager de Allah ne m’a pas dit de te le demander à toi mais comme Abou bakr était absent et que j’ai vu que tu étais là, j’ai pensé que tu méritais le plus de diriger les gens dans ce cas.»
Rapporté par l’Imam ‘Ahmad.

D’après Abou sa^id al-khoudri : « durant la maladie précédant sa mort, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam est venu à nous avec un turban sur la tête. Il s’est mis sur le mimbar et a dit :
((إِنَّ عَبدًا عرضت عليه الدنيا و زينتها فاختار الآخرة))
« inna ^abdan ^ouridat ^alayhi d-douniya wa zinataha fa-khtara l-‘akhirah », Ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui il a été donné à choisir entre le bas monde et l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Abou sa^id dit : « personne n’a saisi le sens de cette parole sauf Abou Bakr qui a dit : « Mon père et ma mère, je les sacrifie. Notre argent, nous-mêmes et nos enfants, nous les sacrifions ! » Le Prophète est ensuite descendu du mimbar et il n’a plus été vu dessus jusqu’à l’heure. »
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad et Ibnou Majah dans son Sahih.

D’après Abou Mouwayhibah dans le Mousnad de l’imam ‘Ahmad : « le prophète était sorti une nuit vers le cimetière de al-baqi^. Il avait alors demandé le pardon en faveur des musulmans enterrés là-bas, puis, en s’adressant à ses compagnons, il a dit :
((لِيَهْنِكم ما أصبحتم فيه ممّا أصبح فيه النّاس، أقبلت الفتن كقطع الليل المظلم يَتْبَعُ بعضها بعضًا، يتبعُ ءاخرُها أوّلها، الآخرة شرٌّ من الأولى))
« liyahnikoum ma asbahtoum fihi mim-ma asbaha fihi n-nas, aqbalati lfitanou kaqat^i l-layli lmoudhlimi yatba^ou ba^daha ba^dan, yatba^ou ‘akhirouha ‘aw-walaha, al-‘akhiratou char-roun mina l-‘oula »
Ce qui signifie :
« Vous êtes dans un bien par rapport à ce que les gens qui viendront après vous subiront », c’est-à-dire, votre état est meilleur par rapport à ce qui viendra après vous. Et il ajouta ce qui signifie : « les sources de discorde vont venir les unes après les autres. Et comme des morceaux d’obscurité, de ténèbres, elles vont se succéder : la suivante pire que la précédente ».
Et il a dit :
((يا أبا مُوَيْهِبة إني قد أعطيتُ خزائن الدنيا و الخلد ثم الجنة، فخيرت بين ذلك و بين لقاء ربي، فاخترت لقاء ربي و الجنة))
« ya aba mouwayhibah, in-ni qad ‘ou^titou khaza’ina d-douniya wa lkhoulda thoum-ma l-jannah, fa khouy-yirtou bayna dhalika wa bayna liqa’i rab-bi, fkhtartou liqa’a rab-bi wa l-jan-nah»
ce qui signifie : « O Aba Mouwayhibah il m’a été donné de choisir entre les trésors du bas monde puis le paradis ou de mourir et j’ai choisi une mort proche », [c’est à dire qu’il a préféré de ne pas rester longtemps dans cette vie. Bien sûr, cela ne signifie pas que la prédestination de Allah change. Au contraire, la prédestination de Allah ne change pas.]
Il est, ensuite, parti. Et c’est suite à cela que les maux de tête lui sont arrivés, ainsi que les douleurs de sa mort ».
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad.

Information utile : Quand le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam exposa sur le Mimbar, sans être explicite, son choix de la mort proche plutôt que de rester dans ce bas-monde, beaucoup ne saisirent pas le sens voulu sauf son compagnon Abou Bakr ; lui qui fut visé dans le verset :
((ثَانِي اثْنَيْن إْذْ هُمَا فِي الغَار))
« Thaniya thnayn idh houma fi l-ghari ».
Ce qui signifie : «Il était accompagné de son compagnon, ils étaient tous deux dans la grotte »[Sourat At-tawbah / 40]. En effet, Abou bakr était celui qui connaissait le mieux ce que le Prophète visait par ses paroles. Et quand il eut compris ce que le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam voulut par ce qu’il dit, il pleura et dit : « Nous nous sacrifions nous-mêmes, notre argent et nos enfants ! ». Alors, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam  calma ses pleures et se mit à le louer et à dire du bien de lui sur le Mimbar afin que les gens connaissent son mérite et qu’il n’y ait pas de divergence quant à sa succession. Ainsi, dit-il :
((إِنَّ منْ أَمَنِّ النّاسِ عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ و ماله أَبُو بَكْرٍ))
« in-na aman-na n-nassa ^alay-ya fi souhbatihi Abou bakrin »
Ce qui signifie : « Celui qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr»
Et dans une autre version :
((ما لأحد عندنا يد إلا و قد كافيناه ما خلا أبا بكر فإنّ له عندنا يدا يكافئه الله يوم القيامة بها، و ما نفعني مال أحد قطّ ما نفعني مال أبي بكر))
« ma li-‘ahadin ^indana yadoun il-la wa qad kafaynahou ma khala Aba bakri fa’in-na lahou ^indana yadan youkafi’ouhou L-lahou yawma lqiyamati biha, wa ma nafa^ani m    alou ‘ahadin qat-tou ma nafa^ani malou abi bakrin. »
Ce qui signifie : « Il n’y a pas une personne qui nous a fait un bien sans qu’on le lui ait rendu, sauf Abou Bakr. Allah le rétribuera en bien au Jour du Jugement pour cela. Et il n’y a pas d’argent qui m’ait été aussi utile que l’argent d’Abou Bakr ».
Rapporté par At-tirmidhiy.

Le Prophète ensuite dit :
لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا من أهل الأرض خَلِيلًا لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ خليلا وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ)))(
« law kountou mouttakhidhan min ahli l-‘ardi khalilan la t-takhadhtou aba bakrin khalian wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam» ce qui signifie : « Si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de toute la terre,  j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam» c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de la religion. Rapporté par At-tirmidhiy.

Et il dit salla L-lahou ^alayhi wa sallam :

((سُدّوا هذه الأبواب الشارعة في المسجد إلا باب أبي بكر))
« Soud-dou hadhihi l-‘abwaba ch-chari^ata fi lmasjidi il-la baba Abi Bakr »
Ce qui signifie : « fermez ces portes des maisons qui donnent sur la mosquée sauf celle d’Abou Bakr » Rapporté par At-tirmidhiy.

Et dans ce hadith, nous retrouvons une indication au fait que Abou Bakr était l’Imam le succédant salla L-lahou ^alayhi wa sallam. En effet, l’Imam a besoin d’habiter dans la mosquée et d’y avoir constamment accès contrairement à d’autres. Et ceci fait partie des intérêts des musulmans qui y effectuent la prière.
Aussi, Le prophète insista-t-il  de manière explicite pour que ce fut Abou bakr qui dirigea les gens. En effet, lorsqu’on lui fut la remarque sur le fait que Abou bakr était sensible, pour lui faire changer d’avis, il n’apprécia pas et dit ce qui signifie : « ordonnez à Abou Bakr de diriger les gens dans la prière ».
Ainsi, en chargeant Abou bakr de diriger les gens dans la prière, et en ne laissant qu’à lui seul l’accès direct à la mosquée depuis  sa maison, le Prophète montra un signe clair sur sa priorité pour assumer la fonction de calife après lui. C’est pour cela que lorsque les compagnons prêtèrent serment d’allégeance à Abou bakr, ils dirent : « le messager de Allah l’a accepté et désigné à notre tête pour ce qui est de notre religion [la prière] comment ne l’accepterions nous pas pour les affaires de notre bas monde ». En effet, la priorité de Abou bakr sur les autres semblait évidente.
Le prophète avait, également, décidé d’ordonner que l’on écrive à Abou bakr afin de le désigner en tant que successeur, mais il abandonna l’idée sachant que personne d’autre que lui n’allait se charger des affaires des musulmans. C’est pour cela qu’il dit lorsqu’il su que ^Oumar eut dirigé les gens durant une prière :
((يَأْبَى الله ذَلِك والمؤمنون إلا أبا بكر))
« ya’ba l-Lahou wa l-mou’minouna illa ‘aba bakr » ce qui signifie : « Allah n’agrée pas et les croyants n’acceptent pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que Abou bakr», pour diriger. Toutefois, cela ne constituait pas une désobéissance de la part de ^Oumar qui croyait que le prophète le lui avait demandé.

L’ampleur de sa douleur salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie

Les prophètes sont ceux qui subissent le plus d’épreuves et de difficultés dans ce bas-monde.  Les sagesses en cela sont premièrement qu’ils sont élevés en degrés et en récompenses dans l’au-delà. Cela constitue également un exemple pour les croyants qui devraient suivre leur modèle quand les épreuves s’abattent sur eux aussi. Enfin, une autre sagesse est qu’il soit su que la survenue des épreuves n’est pas dans tous les cas un signe que Allah n’agrée pas la personne éprouvée. En effet, Allah agrée les prophètes sans aucun doute, pourtant Il leur a fait parvenir des épreuves. Au contraire, c’est un signe de bien car l’épreuve pour le croyant expie les péchés et l’élève en degrés.
Ainsi, le prophète dit :
((مَن يُرد اللهُ بِه خَيرًا يُصِبْ منه))
« man youridi l-Lahou bihi khayran yousib minh »,
ce qui signifie : « celui pour qui Allah veut le bien, Il lui fait subir des épreuves ».
Et il dit :
((ما يزال البلاء بالمؤمن و المؤمنة في نفسه وولده و ماله حتى يلقى الله تعالى و ما عليه خطيئة))
« ma yazalou lbala’ou bi-lmou’mini wa lmou’minati fi nafsihi wa waladihi wa malihi hat-ta yalqa L-laha ta^ala wa ma ^alayhi khati’ah »
ce qui signifie : « les épreuves se succèdent sur le croyant et la croyante, elles atteignent leur personne, leurs enfants et leurs biens. Elles se succèdent jusqu’à ce que ce croyant et cette croyante arrivent au Jour du Jugement sans aucun péché ». C’est-à-dire que ces épreuves vont expier les péchés qu’ils auraient faits. Rapporté par At-Tirmidhiyy.

Le prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam dit aussi :
((إنَّ عِظم الجزاء مع عِظَم البلاء و إنَّ الله تعالى إذا أحبَّ قوما ابتلاهم، فمن رضي فله الرضا و من سَخِط فله السُّخْط))
« ‘inna ^idhama l-jaza’i ma^a ^idhami l-bala’ wa ‘inna l-Laha ta^ala idha ‘ahabba qawman ibtalahoum, fa man radiya falahou r-rida wa man sakhita falahou s-soukht »,
ce qui signifie « l’éminence de la récompense est relative à la gravité de l’épreuve -si l’épreuve est grande la récompense est grande, si l’épreuve est petite, la récompense est petite- et si Allah Ta^ala agrée des gens, Il les éprouve. Celui qui n’émet pas d’objection contre les épreuves qui lui arrivent gagnera l’agrément de Allah et celui qui se rebelle aura le châtiment » Rapporté par At-Tirmidhiyy.

C’est pour cela que les prophètes et les vertueux sont les  plus éprouvés dans le bas monde. La succession des épreuves sur les prophètes et les vertueux comporte une élévation en degrés selon le jugement de Allah.

Le prophète éminent dit :
((أشدُّ الناس بلاءً الأنبياء ثم الصالحون ثم الأمثل فالأمثل))
« ‘achaddou n-nasi bala’an al-anbiya’ thoumma s-salihoun thoumma l-‘amthalou fa l-‘amthal », ce qui signifie : « les gens qui sont les plus éprouvés sont les prophètes, ensuite viennent les vertueux, ensuite ceux qui ont les meilleurs degrés, les uns après les autres » c’est à dire en fonction du degré.
Et notre prophète élu, notre maître Mouhammad qui est le plus honorable et le meilleur des prophètes et des messagers, l’Imam des pieux, le maître des premiers et des derniers, fut celui d’entre les prophètes qui eut le plus d’épreuves.
C’est pour cela que lorsque le compagnon honorable Abou Sa^id Al-Khoudriyy  rendit visite au prophète éminent,  qu’il posa sa main au-dessus du drap qui recouvrait le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallamet, qu’il en ressentit sa température très élevée, il dit, que Allah l’agrée : « que ta fièvre est forte O messager de Allah » et le messager répondit :
((إِنَّا مَعْشَرَ الأنبياء يُضاعَف لنا البلاء كما يُضاعَف لنا الأجرُ))
« ‘inna ma^chara l-anbiya’ ’youda^afou lana l-bala’ou kama youda^afou lana l-‘ajrou », ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, les épreuves sont amplifiés tout comme la récompense est amplifiée ». C’est-à-dire qu’il nous arrive des épreuves plus difficiles que vous et nous avons des récompenses plus grandes que vous.
Le compagnon honorable ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud que Allah l’agrée dit : « je suis allé rendre visite au messager de Allah qui éprouvait une douleur terrible suite à sa forte fièvre. Je l’ai touché et j’ai dit « O messager de Allah tu éprouves de grandes douleurs » et le messager de Allah a répondu :
((أجلْ إِنِّي أُوعَكُ كَمَا يُوعَكُ رَجُلَانِ مِنْكُمْ))
« ‘ajal ‘inni ‘ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum », ce qui signifie : « En effet, j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous » c’est-à-dire qu’elle était double. Et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud lui dit, alors : « et tu as donc une double récompense » et le messager de Allah lui  répondit :
((أجلْ))
« ‘ajal » ce qui signifie : « oui ». Puis le messager de Allah ajouta :
((مَا مِنْ مُسْلِمٍ يُصِيبُهُ أَذًى، مَرَضٌ فَمَا سِوَاهُ إِلَّا حَطّ َاللهُ لَهُ سَيِّئَاتِهِ كَمَا تَحُطُّ الشَّجَرَةُ وَرَقَهَا))
« ma min mouslimin yousibouhou ‘adhan, maradoun fama siwahou ‘illa hatta l-Lahou lahou sayyi’atihi kama tahouttou ch-chajaratou waraqaha », ce qui signifie : « il n’y a pas un musulman à qui il arrive une seule épreuve – que ce soit une maladie ou moins que cela-  sans que Allah ne l’allège de ses péchés tout comme l’arbre est allégé de ses feuilles qui tombent » Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Il a été également rapporté que durant la maladie précédent la mort du prophète,  sa fille Fatimah Az-Zahrah avait remarqué les douleurs de son père, le Prophète élu, et qu’elle avait dit, chagrinée : « quelle est grande ma tristesse en te voyant ainsi O mon père ». Alors il lui avait répondu en se fiant totalement à Allah, son Créateur :
((لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبٌ بَعْدَ اليَوْمِ))
« laysa ^ala ‘abiki karboun ba^da l-yawm »
Ce qui signifie: « ton père n’aura plus aucun tourment après aujourd’hui » (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
La dame ^A’ichah disait : « je ne voyais pas quelqu’un avoir plus de douleurs que ce qui était arrivé au Prophète » Rapporté par Al-Boukhariyy.

Jurisprudence : les temps de la prière

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

La connaissance des temps des prières

 

Parmi les devoirs, il y a cinq prières par jour et nuit :

 

1/ La prière du dhouhr

 

2/ La prière du ^asr

 

3/ La prière du maghrib

 

4/ La prière du ^icha’

 

5/ La prière du soubh

 

Il est du devoir de chaque musulman pubère, sain d’esprit et la pureté en plus pour la femme, d’accomplir ces obligations dans leurs temps respectifs.

Il n’est pas permis de les anticiper par rapport à leurs temps, c’est-à-dire les accomplir avant l’entrée de leurs temps, ni de les reculer par rapport à leurs temps sans excuse, car Allah ta^ala dit :

﴾ فَوَيْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ الَّذِينَ هُمْ عَن صَلاتِهِمْ سَاهُونَ}﴿

(fa-wayloun li l-mousallina l-ladhina houm ^an salatihim sahoun):

Ce qui signifie : « Intense châtiment pour ceux qui accomplissent la prière en la retardant par rapport à son temps » [sourat Al–Ma^oun / 4-5].

Ce qui est visé ici [dans la ‘ayah] par le sahw dans la prière c’est le fait de retarder la prière par rapport à son temps jusqu’à l’entrée du temps de la prière suivante, sans excuse. Ainsi, Allah menace du wayl ceux qui sortent une prière de son temps, le wayl étant le terrible châtiment.

 

f          Le ^icha’

a          Le soubh

b

c          Le dhouhr

d         Le ^asr

e          Le maghrib

f          Le ^icha’

 

le Sud

 

Le soleil s’écarte du milieu du ciel en direction du couchant

Le soleil est au milieu du ciel

 

L’Est

L’Ouest

Le Nord

 

a-      Une lueur blanchâtre fine apparaît à l’horizon Est

b-      Apparition du disque solaire à l’horizon Est

L’ombre est du coté du couchant

L’ombre diminue et tourne vers l’Est

c-

L’ombre est la plus courte de la journée

L’ombre au moment où le soleil est à son point culminant

 

d-   L’ombre d’un objet quelconque + l’ombre [de ce même objet] au zénith

e-   Disparition complète du disque solaire à l’horizon Ouest

f-         Lorsque la lueur rouge disparaît à l’horizon Ouest

Jurisprudence: comment faire le tayammoum

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Tayammoum

 

Comment tu fais le tayammoum

 

Allah ta^ala dit :

﴿ فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ ﴾

(falam tajidou ma’an fatayammamou sa^idan tayyiban famsahou biwoujou-hikoum wa ‘aydikoum minh) ce qui signifie : « Et lorsque vous ne trouvez pas d’eau [c’est-à-dire après en avoir cherché], faites le tayammoum à l’aide d’un bon sa^id en le passant sur sur vos visages et vos mains [jusqu’aux coudes, coudes compris] » [sourat Al-Ma’idah / 6].

Le Messager de Allah  a dit :

جُعلت لنا الأرضُ كلُّها مسجدا وجعلت لنا تربتها طهورا

(jou^ilat lana l-‘ardou koullaha masjidan wa jou^ilat tourbatouha lana tahoura)

Ce qui signifie : « La terre toute entière nous est mise à disposition comme lieu de prière et sa terre comme purificatrice » [rapporté par Mouslim].

Le tayammoum est pour celui qui est dans l’incapacité de faire le woudou’. Il est fait avec de la terre purificatrice et poussiéreuse. Il est permis de faire le tayammoum avec de la pierre non cuite, c’est-à-dire qui n’a pas subi le feu, comme par exemple les galets : il est valable de faire le tayammoum avec selon l’avis des malikites, des hanafites et des hanbalites.

Il est indispensable que l’intention soit simultanée avec le déplacement de la terre du sol au visage et qu’elle reste présente jusqu’au passage sur la première partie du visage. Si l’intention s’interrompt entre le déplacement de la terre et le passage sur le visage, il est annulé mais certains savants ont dit qu’il reste valable même si elle s’interrompt.

 

1/ Frapper une première fois le sol avec le plat des mains (voir figure n° 13).

Figure n° 13 : Frappe le sa^id par le plat de tes mains.

 

2/ L’intention : Tu fais l’intention par ton cœur en disant par exemple : Je fais l’intention du tayammoum pour me rendre autorisée la prière obligatoire (voir figure n° 14).

 

3/ Passer les deux mains sur le visage (voir figure n° 15).

 

Figure n° 14 : Tu frappes une première fois la surface de la terre et tu fais l’intention de te rendre autorisée la prière obligatoire.

 

Figure n° 15 : Passe tes mains sur ton visage.

 

4/ Frappe une deuxième fois la terre avec les deux mains (voir figure n° 16).

5/ Le passage sur la main droite et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main gauche : tu peux effectuer le passage sur la main droite de la manière suivante :

a- Pose le plat des doigts de ta main gauche sur le dos des doigts de ta main droite (voir figure n° 17).

b- Fais passer le plat des doigts de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

Figure 16 : Frappe une deuxième fois la surface de la terre.

 

Figure 17 : Passe la paume de ta main gauche sur le dos de ta main droite.

 

c- Lorsque tu arrives au niveau du poignet, fais que le bout de tes doigts soient sur le coté de l’avant bras.

d- Fais glisser ta main gauche jusqu’au coude. Le passage de la main concerne également le coude (voir figure n° 18).

e- Fais pivoter le plat de ta main gauche, de sorte qu’il soit maintenant en contact avec le plat de l’avant-bras (voir figure n° 19).

f- Fais glisser ta main gauche sur le plat de ton avant-bras droit (voir figure n° 20).

 

Figure n° 18

 

Figure n° 19

 

g- Lorsque tu arrives au niveau du poignet de ta main droite, fais passer le plat du pouce de ta main gauche sur le dos du pouce de ta main droite (voir figure n° 21).

 

6) Le passage sur la main gauche et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main droite : tu fais tout comme tu as fait précédemment avec l’autre main. Ainsi tu auras terminé le tayammoum.

 

Remarque : Cette manière de procéder est la plus complète. Mais s’il a effectué le passage sur les deux mains jusqu’aux avant-bras autrement, cela reste valable.

Avertissement : la bague doit être enlevée du doigt lors de la deuxième frappe afin que soit valable le passage sur la main portant la bague.

Information utile : le tayammoum n’est valable qu’après le commencement du temps de la prière et le musulman n’accomplit avec le tayammoum qu’une seule prière obligatoire. S’il veut donc accomplir une deuxième prière obligatoire, il doit refaire le tayammoum.

 

Jurisprudence : comment faire le woudou’

Posted in islam,jurisprudence par chaykhaboulaliyah sur décembre 23, 2011

Le Woudou’

 

 

Le woudou’,
ses obligations, ses actes recommandés
et ses actes méritoires

 

 

 

Allah ta^ala dit :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ ﴾

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘idha qoumtoum ‘ila s–salati faghsilou woujouhakoum wa ‘aydiyakoum ‘ila l-marafiqi wa-msahou birou’ouçikoum wa ‘arjoulakoum ‘ila l-ka^bayn) dont on comprend : « Ô vous qui avez cru, lorsque vous voulez faire la prière, lavez vous le visage, vos mains jusqu’aux coudes, passez [les mains] mouillées sur vos têtes, et [lavez] vos pieds jusqu’aux chevilles » [Al-Ma’idah / 6].

 

Le woudou’ a des obligations et des actes recommandés :

 

Les obligations : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ n’est pas valable.

 

Les actes recommandés : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ reste valable, mais si le musulman les délaisse sans excuse, il en rate la récompense.

 

Le woudou’ se fait avec de l’eau pure et purificatrice, telle que l’eau de pluie, l’eau du puits, l’eau de mer, l’eau du fleuve ou ce qui est de cet ordre.

 

 

Figure N° 1 : Dis : Bismi l-Lah lors du lavage des mains

 

 

Comment faire le woudou’ :

 

1-      La tasmiyah lors du lavage des mains : ceci fait partie des actes méritoires du woudou’. La signification de la tasmiyah ici c’est que tu dises : Bismi l-Lah (voir la figure n° 1).

 

 

2-      Laver en premier les mains jusqu’aux poignets[1] : Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure précédente).

3-      Se rincer la bouche : c’est-à-dire faire circuler de l’eau à l’intérieur de la bouche en la faisant déplacer dedans pour ensuite la cracher. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 2).

4-      L’istinchaq consiste à introduire de l’eau dans le nez et à l’aspirer. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 3).

 

 

 

Figure n° 2 : À l’aide de ta main droite, introduis l’eau dans ta bouche et fais-la circuler dedans

 

 

 

Figure n° 3 : Introduis l’eau dans ton nez en l’aspirant

 

 

Parmi les actes recommandés, il y a l’istinthar c’est-à-dire expulser ce qu’il y a dans ton nez comme eau et choses gênantes en expirant.

 

5-      L’intention : c’est-à-dire que tu aies l’intention par ton cœur, de faire le woudou, au moment où tu laves le visage, c’est-à-dire lorsque l’eau touche la première partie de ton visage et c’est comme de dire : J’ai l’intention de faire le woudou’. Cette intention est une des obligations du woudou’. L’intention signifie viser, par le cœur, l’accomplissement de l’acte, simultanément avec le début de l’acte. L’intention est toutefois suffisante si elle précède de peu le lavage du visage, selon l’avis de l’Imam Malik, que Allah l’agrée. (voir figure n° 4).

 

6-      Le lavage du visage en entier : c’est-à-dire que tu laves la totalité de ton visage en longueur et en largeur, tout en frottant. Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 5).

 

Il est recommandé de laver le visage trois fois mais il est permis de le laver une seule fois.

 

Figure n° 4 : L’intention au moment du lavage du visage

Figure n° 5 : Lave ton visage dans sa totalité.

 

 

 

Les limites du visage en hauteur vont de là où les cheveux poussent chez la majorité des gens, jusqu’à l’extrémité du menton (voir figure n° 6). Les limites du visage en largeur vont d’une oreille jusqu’à l’autre oreille, les deux oreilles ne faisant pas partie du visage et il n’est donc pas un devoir de les laver. Il est seulement un devoir de laver la partie qui se trouve entre les deux oreilles (voir figure n° 7).

 

7-      Laver les mains avec les coudes : C’est l’une des obligations du woudou’. Le coude est la jointure entre les deux os de l’avant-bras et celui du bras (voir figure n° 8). Il est recommandé de commencer par la droite et de laver trois fois puis de terminer par la gauche et de la laver trois fois. Il est valable de laver une seule fois.

 

Figure n° 6 : Les limites du visage en longueur vont de là où les cheveux poussent habituellement jusqu’au menton.

 

Figure n° 7 : Les limites du visage en largeur vont d’une oreille à l’autre.

 

 

 

8-      Passer les mains mouillées sur une partie de la tête et cela fait partie des obligations du woudou’. Il est une condition que ce passage soit dans les limites du crâne, c’est-à-dire de là où poussent habituellement les cheveux jusqu’à l’occiput –la pointe située à l’extrémité arrière de la boîte crânienne– (figure n° 9).

9-      Passer les mains mouillées sur les oreilles et ce passage fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure n° 10).

10-   Laver les pieds chevilles comprises : Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 11). Il est recommandé de laver trois fois mais il est permis de laver une seule fois. De même, il est recommandé de commencer par le pied droit.

 

Figure n° 8 : Lave tes mains et tes avant-bras coudes compris.

Figure n° 9 : Passe les mains mouillées sur une partie de la tête.

 

 

Les chevilles sont les deux os qui dépassent au niveau de l’articulation du pied et de la jambe (figure n° 12).

 

Figure n° 10 : Passes les mains mouillées sur la partie visible et celle cachée des oreilles.

Figure n° 11 : Lave tes pieds chevilles comprises, le droit puis le gauche, tout en frottant.

Figure n° 12 : Voici les chevilles.

 

 

 

11-  L’ordre : c’est-à-dire accomplir les obligations du woudou’ dans l’ordre. Ainsi :

 

1/ tu laves le visage avec l’intention

2/ ensuite tu laves les mains et les avant-bras, coudes compris

3/ ensuite tu passes les mains mouillées sur une partie de la tête

4/ puis tu laves les pieds chevilles comprises

 

 


Informations éminemment précieuses

 

Il est recommandé de dire après avoir terminé le woudou’ :

(( أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا  شريك له، وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، اللهم اجعلني من التوابين واجعلني من المتطهرين ))

 

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, ‘Allahoumma j^alni mina t-tawwabbin wa j^alni mina l-moutatahhirin) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ; ô Allah fais que je sois au nombre de ceux qui se repentent et fais que je sois au nombre de ceux qui se purifient ».

Il est cité dans le hadith que celui qui a terminé son woudou’ et qui dit en levant les yeux  vers le ciel –c’est-à-dire par manifestation de la glorification de Allah– :

(( أشهد أن لا إلاه إلا الله وحده لا  شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، فتحت له أبواب الجنة الثمانية وقيل له أدخل من أيها شئت ))

(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, foutihat lahou abwabou ljannah aththamaniyah wa qila lahou oudkhoul min ayyouha chi’ta) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager », il lui sera ouvert les huit portes du paradis et il lui sera dit : « Entre par celle que tu veux ».

 

Il est cité dans le hadith sahih :

(( من توضأ كما أمروصلى كما أمر غفر له ما تقدم من ذنبه ))

man tawadda’a kama ‘oumira wa salla kama ‘oumira ghoufira lahou ma taqaddama min dhanbih) c’est-à-dire celui qui fait un woudou’ de la manière complète et qui accomplit une prière de la manière complète, conforme à la Loi, même s’il s’agissait d’une prière de deux rak^ah, ses [petits] péchés antérieurs lui seront pardonnés, même s’ils étaient nombreux.

 

Il est cité dans Sahihou Mouslim que le Messager de Allah  faisait le woudou’ avec un moudd et le ghousl avec un sa^.

Le moudd équivaut au plein des deux mains (de taille moyenne) jointes.

Le sa^ équivaut à quatre moudd.

Cela indique la forte recommandation d’utiliser peu d’eau pour faire le woudou’ et le ghousl. Il est également cité dans Sahihou Mouslim que le Prophète  avait utilisé un makkouk pour le woudou’ et cinq makkouk pour le ghousl. Le makkouk équivaut à six moudd.

 

 

 

 

Ce qui annule le woudou’


 

Ce qui annule le woudou’

 

Si un musulman avait le woudou’ et lui arrive quelque chose qui l’annule, il lui est interdit de faire la prière avant de l’avoir renouvelé.

 

Parmi ce qui annule le woudou’ il y a :

1/ La sortie, par les deux orifices inférieurs, de quelque chose comme l’urine, les selles ou les gaz.

2/ Le toucher du sexe avec le plat des mains sans qu’il y ait quelque chose qui empêche le contact direct.  « Sans contact direct » signifie que le toucher a lieu, par exemple, par l’intermédiaire d’un vêtement ou en portant des gants lorsqu’on touche avec la main.

3/ La perte de raison par la folie ou autre.

4/ Le sommeil profond si on dort dans une autre position qu’en étant bien calé sur son postérieur en dormant par exemple sur le ventre, le dos ou le côté.

5/ Qu’un homme touche la peau d’une ‘ajnabiyyah par contact direct. Ce qui est visé par ‘ajnabiyyah c’est toute autre  femme en dehors de ses mahram.


[1] Le poignet : la jointure de la main et de l’avant-bras.

L’Islam

Posted in cours général,Croyance,islam par chaykhaboulaliyah sur décembre 15, 2011

Il a été dit:

Introduction

Comme message et principe communs à toutes les communautés de tous les prophètes de Dieu, depuis Adam jusqu’à Mouhammad r, qu’il s’agisse de Abraham, Moïse, Jésus ou de tous les autres prophètes, l’Islam veut dire :

 

« N’ADORER QUE DIEU SEUL SANS RIEN LUI ASSOCIER, ET CROIRE AU PROPHÈTE DU TEMPS. »

1. L’ISLAM

Définition

Dans la langue arabe, le mot Islam signifie soumission. C’est pourquoi on entend souvent dire que les musulmans sont soumis, au point qu’ils seraient plongés dans une léthargie, ou qu’ils se trouveraient dans un immobilisme tel qu’ils ne sauraient laisser le passage à une voiture qui leur foncerait dessus. Or ce n’est pas le cas. Au contraire, nous agissons sur les causes tout en sachant que c’est Dieu qui crée toute chose. Ainsi quand nous sommes malades, nous prenons des médicaments et nous guérissons si Dieu nous a prescrit de toute éternité la guérison. Autrement dit, le médicament n’est qu’une des causes à notre disposition par lesquelles Dieu crée la guérison selon Sa volonté qui ne change pas. Comme on dit, le médecin soigne mais c’est Dieu Qui guérit.

 

Dans le contexte de la Religion, cette soumission est particulière dans la mesure où elle consiste, au minimum, à témoigner qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu, et que le prophète du temps est Son prophète. Et le prophète du dernier temps n’est autre que Mouhammad r, par qui Dieu a clos la prophétie.

 

Ainsi, une des formulations de ce témoignage est :

« Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu (‘ach-hadou ‘al-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) et je témoigne que Mouhammadest Son prophète-messager (wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadar-Raçoulou l-Lah). »

 

Explication

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu – je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu– signifie globalement : Je sais, je crois [1] fermement et je reconnais –verbalement– que rien ni personne n’a la divinité sinon Dieu, l’Unique Créateur des cieux, de la Terre et de tout l’Univers. Ce qui exclut l’adoration pour qui que ce soit d’autre, fût-ce un prophète, un ange ou toute autre créature. En revanche, nous respectons et honorons ceux que Dieu a honorés, tels que les prophètes (Mouhammad, Jésus, Moïse, Abraham, Noé, etc.), les anges (Gabriel, Michaël, etc.) ou les saints et les saintes comme Marie mère de Jésus.

 

Je témoigne que Mouhammad est Son prophète-messager, signifie globalement : Je sais, je crois fermement et je reconnais –verbalement– que Mouhammad est le prophète-messager de Dieu, qu’il est véridique en tout ce qu’il a annoncé et énoncé de la part de Dieu, et qu’il est envoyé à tous, aussi bien aux humains qu’aux jinn [2], afin qu’ils croient en sa Loi et le suivent.

 

Remarque

Comme on peut le constater, dans ce double énoncé se trouvent réunies trois affirmations :

•   la négation de la divinité pour toute créature,

• la confirmation de la divinité pour Dieu seul,

•   la reconnaissance, sans réserve aucune, que Mouhammad r est le prophète de Dieu dont on doit suivre la Loi.

 

Ce double témoignage de la foi musulmane, avec ce qu’il renferme comme signification, doit être le reflet d’une conviction intime. De ce fait, il traduit l’adhésion de la raison et du cœur à la certitude de l’existence de Dieu, de Son unicité, et du statut de prophète de Mouhammad. Ainsi, l’adoration doit être comprise comme l’obéissance avec l’extrême humilité. Il s’agit donc de s’humilier volontairement, de façon absolue, pour Dieu et pour Dieu seul.

 

Aussi voit-on les musulmans se prosterner dans leurs prières rituelles. Par ce geste, ils font véritablement preuve d’humilité en posant sur le sol leur front qui est la partie la plus noble du corps. En se rappelant que la prière est une lourde charge, sauf pour les humbles qui, par obéissance à Dieu, se recueillent en toute humilité. Et Dieu honore celui qui s’humilie pour Lui, tandis que les orgueilleux, qui refusent de L’adorer, entreront tête baissée en Enfer. C’est dans le même sens que la repentance de ses fautes ne se fait qu’à Dieu seul, et non à un mortel comme nous, parfois capable de la pire des abominations.

 

Règle

Ensemble, ces deux témoignages constituent le moins que l’on puisse faire pour se préserver du châtiment éternel de l’Enfer. C’est dire que la croyance en Dieu ne va pas sans la croyance en Son prophète Mouhammad r.

2. LA CROYANCE [Al-‘Iman]

Définition

D’une manière générale, le mot ‘Iman désigne la foi, la croyance. Alors, on pourra dire par exemple : –Je crois qu’Untel est honnête. Cependant, du point de vue de la Religion, cette croyance est particulière en ce sens qu’il s’agit au minimum de croire, sans aucun doute, en la signification des deux témoignages. En effet, prétendre verbalement l’Islam tout en le contredisant dans son cœur n’est pas valable.

 

De ce fait, l’Islam et la croyance sont indissociables comme le dos et le ventre, ou les deux faces d’une pièce de monnaie. Ils vont de pair, de telle sorte que tout musulman (mouslim) est un croyant (mou’min) et tout croyant est un musulman.

 

C’est dire qu’il est absolument interdit d’appeler croyant quelqu’un dont on a su qu’il n’est pas musulman, même s’il prétend le contraire. Il en est de même pour celui qui nie la prophétie de Mouhammad r, même s’il affirme croire en Dieu. En effet, la croyance en Dieu implique la croyance en Son prophète. Pour preuve ce verset où Dieu dit :

 

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

qui signifie :

« Et celui qui ne croit pas en Dieu et en Son Messager, Nous [3] (Dieu) avons préparé pour les mécréants le feu ardent de l’Enfer. »

(Qour’an 48/13)

 

De ce verset, on tire deux enseignements :

 

1. Celui qui ne croit pas en Dieu et en Son prophète-messager Mouhammad, qu’il fasse partie des gens du Livre [4] qu’il soit bouddhiste, athée ou autre, est mécréant, et sa demeure sera l’Enfer s’il meurt ainsi. De même celui qui doute de leur mécréance est à son tour mécréant, parce qu’il a ainsi contredit le Qour’an.

 

2. Un croyant qui n’accomplit pas la prière, le jeûne de Ramadan, ou qui commet d’autres grands péchés ne sort pas de l’Islam, bien qu’il mérite un grand châtiment dans l’Enfer. En effet, c’est sur la croyance que l’accent est mis comme nous le montre le Hadith suivant dans lequel Abou Dharr, grand compagnon du Prophète r, dit :

أَتَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى الله عَلَيْه ِ وَسَلَّمَ وَهو نَائِمٌ عَلَيْهِ ثَوْبٌ أَبْيَضُ ثُمَّ أَتَيْتُهُ فَإِذَا هُونَائِمٌ ثُمَّ أَتَيْتُهُ وَقَدِ اسْتَيْقَظَ فَجَلَسْتُ إِلَيْهِ فَقَالَ مَا مِنْ عَبْدٍ قَالَ لا إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ ثُمَّ مَاتَ عَلَى ذَلِكَ إِلاَّ دَخَلَ الْجَنَّةَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قُلْتُ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ قَالَ وَإِنْ زَنَى وَإِنْ سَرَقَ ثَلاَثًا ثُمَّ قَالَ فِي الرَّابِعَةِ عَلَى رَغْمِ أَنْفِ أَبِي ذَرٍّ قَالَ فَخَرَجَ أَبُوذَرٍّ وَهُو يَقُولُ وَإِنْ رَغِمَ أَنْفُ أَبِي ذَرٍّ.

 

ce qui signifie :

« Je me suis rendu chez le Prophète r, il était habillé de blanc et dormait. Je suis revenu et il dormait toujours ; ensuite je suis retourné auprès de lui et je l’ai trouvé éveillé. Je me suis assis à ses côtés, et il a dit : “Quiconque témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et meurt sur cela (c’est-à-dire en étant musulman) entrera au Paradis”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Et même s’il a commis la fornication et a volé”. J’ai demandé : “Même s’il a commis la fornication et s’il a volé ?” Il a répondu : “Même s’il a commis la fornication et a volé”. À la quatrième fois, il a ajouté : “ (Il y entrera) quel que soit l’étonnement de Abou Dharr [5]”… »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui précède va dans le même sens que cet autre Hadith, dans lequel le Prophète dit :

من كان آخر كلامه لا إله إلا الله دخل الجنة.

qui signifie :

« Celui dont la dernière parole sera : “Il n’est de dieu que Dieu” (la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) entrera au Paradis (c’est-à-dire même s’il subit au préalable un châtiment ). »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

C’est donc sur la croyance que l’accent est mis. D’où la règle suivante pour celui ou celle qui veut embrasser l’Islam :

 

 

Règle

Sans conviction intime, la prononciation [6] des deux témoignages ne suffit pas, en vérité, pour entrer dans l’Islam. De la même façon, la croyance n’est pas agréée par Dieu sans la prononciation des deux témoignages.

 


Remarque

Pour le non musulman qui veut se convertir à l’Islam, la formulation des deux témoignages –s’il en a les moyens [7]– est une condition nécessaire pour la concrétisation à la fois de son Islam et de sa croyance (‘Iman).

 

Quant à celui qui est né et a vécu dans un milieu musulman en croyant à la signification des deux témoignages, on le considère comme musulman aussi longtemps qu’il n’aura pas contredit cette croyance par le cœur, les paroles ou les actes. Néanmoins, dès sa puberté il devra, à titre d’obligation rituelle, prononcer les deux témoignages une fois dans sa vie, et cela d’après l’École (madh-hab) Malikite selon laquelle cette prononciation n’est pas obligatoire dans les prières. Par contre, dans les Écoles Chafi^ite, Hanbalite et Hanafite, il est obligatoire de prononcer les deux témoignages dans la prière pour que celle-ci soit valable.

3. MÉRITES DU TEMOIGNAGE

Les Hadith suivants prouvent, si besoin en était, la grande valeur que Dieu accorde au témoignage. Ainsi, le prophète Mouhammad r nous a appris ceci :

قال موسى يا رب علمني شيئاً أذكرك به وأدعوك به قال قل يا موسى لا إله إلا الله قال يا رب كل عبادك يقول هذا قال قل لا إله إلا الله قال إنما أريد شيئاً تخصنى به قال يا موسى لو أن السموات السبع والأراضين السبع في كفة ولا إله إلاّ الله في كفة مالت بهن لا إله إلاّ الله.

ce qui signifie :

« Moïse dit : – Ô Seigneur ! Apprends-moi une chose par laquelle je T’invoquerai et T’implorerai.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Dis : “il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – Ô Seigneur ! Tous Tes esclaves le disent.

Il (Dieu) dit : – Dis : “ il n’est de dieu que Dieu”.

Il (Moïse) dit : – J’aimerais quelque chose par laquelle je me distinguerai des autres.

Il (Dieu) dit : – Ô Moïse ! Si les sept cieux et les sept terres se trouvaient dans un des plateaux (de la Balance) et (la parole) “il n’est de dieu que Dieu” dans l’autre, c’est celle-ci qui l’emporterait. »

 (Hadith rapporté par le Hafidh Nourou d-Din Al-Haythamiyy [8])

 

L’Imam Malik, que Dieu l’agrée, rapporte cette parole du Prophète qui montre également la valeur du premier témoignage :

(…) أَفْضَلُ مَا قُلْتُ أَنَا وَالنَّبِيُّونَ مِنْ قَبْلِي لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ (…)

ce qui signifie :

«  (…) La meilleure parole que j’ai dite, ainsi que les prophètes qui m’ont précédé, est : – il n’est de dieu que Dieu, l’Unique, Qui n’a pas d’associé (la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika Lah) (…) »

 (Hadith rapporté par Malik dans son livre Al-Mouwatta’)

 

Le grand spécialiste de la Science du Hadith, l’Imam Mouslim, que Dieu l’agrée, évoquant à son tour le mérite du témoignage, rapporte cette autre citation du Prophète :

الإسْلاَم يَهْدِمُ مَا قَبْلَه (…).

ce qui signifie :

« L’Islam efface tout ce qui le précède (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ce qui veut dire que par son entrée dans l’Islam, le nouveau converti est assuré de l’effacement de tous les péchés qu’il avait commis auparavant.

 

 

4. LA PREMIERE OBLIGATION

De cette obligation d’ordre individuel, qui est à la charge de chaque personne responsable [9], Dieu dit :

] يا أيها الذين آمنوا آمنوا بالله ورسوله والكتاب الذي نزّل على رسوله والكتاب الذي أنزل من قبل ومن يكفر بالله وملائكته وكتبه ورسله واليوم الآخر فقد ضل ضلالا بعيدا [

 

ce qui signifie :

« Ô vous qui avez cru ! Restez attachés à la croyance en Dieu et en Son Messager, au Livre qu’Il lui a révélé –c’est-à-dire le Qour’an– et à ceux qu’Il a fait descendre auparavant. Celui qui commet de la mécréance envers Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses Messagers et concernant le Jour Dernier se trouve dans un terrible égarement. »

 (Qour’an 4/136)

 

C’est dans ce sens que l’éminent savant du Salaf [10], l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy a dit :

أول ما يجب على العبد العلم بالله ورسوله ودينه.

ce qui signifie :

« La première obligation qui incombe à tout esclave de Dieu est de connaître Dieu, Son prophète et la Religion qu’Il agrée. »

 

La croyance est un tout, c’est-à-dire qu’elle est globale et indissociable. En effet, à la demande [11] de l’ange Gabriel : « Informe-moi sur la foi », le Prophète r a répondu :

(…) أَنْ تُؤْمِنَ بِاللَّهِ وَمَلائِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّه ِ(…)

ce qui signifie:

«  (…) La foi est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour du Jugement et à la Prédestination du bien et du mal (…) »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

Ceci implique la croyance en tout ce que le prophète Mouhammad r a annoncé et énoncé de la part de Dieu, qu’il s’agisse de la question posée dans la tombe, des supplices et des délices de celle-ci, de la résurrection des morts, du Jour du Jugement, du Paradis et de ses délectations, de l’Enfer et de ses terribles châtiments, etc.


CHAPITRE 1

croyance en dieu

La religion musulmane ne repose pas sur des bases incohérentes et incomplètes. Au contraire, la raison saine est parmi les plus solides de ses soutiens, tandis que le Qour’an, la Tradition du Prophète r, l’unanimité des savants musulmans (‘ijma^) et le qiyas [12] en sont la référence.

 

Aussi, l’Imam Al-Ghazaliyy [13] dit-il :

لا تصحّ العبادة إلاّ بعد معرفة المعبود.

ce qui signifie :

« L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui qui mérite d’être adoré (c’est-à-dire Dieu). »

 

Autrement dit, celui qui croit que Dieu est une lumière –le contraire de l’obscurité–, qu’Il est assis sur le Trône [14], ou qu’Il est partout par Sa Réalité comme l’air, etc., celui-là n’adore pas Dieu, mais quelque chose issue de son imagination. C’est dire que Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car l’imagination est une création, et ce qui est créé n’a aucune ressemblance avec le Créateur.

Il faut donc avoir une croyance en Dieu correcte, celle qui sauve du châtiment éternel de l’Enfer. Ainsi, Dieu dit à Son prophète :

 ] فاعلم أنه لا إله إلاّ الله واستغفر لذنبك وللمؤمنين والمؤمنات (…) [

ce qui signifie :

« Sache (Mouhammad) qu’il n’est de dieu que Dieu, et demande le pardon pour ton péché [15] et pour les Croyants et les Croyantes (…). »

 (Qour’an 47/19)

 

Ce verset du Qour’an fait ressortir deux sortes de sciences :

– La science qui traite de l’unicité de Dieu, par la parole qui signifie : « Sache qu’il n’est de dieu que Dieu (…). »

– La science qui traite des règles d’application, car la parole qui signifie « (…)demande le pardon pour ton péché(…) » fait référence à l’application, à la pratique.

 

Par ce verset, Dieu ordonne à Son prophète r d’accorder la priorité à l’étude de la science qui traite de la croyance sur celle des règles d’application. De ce fait, le Prophète r dit :

(…) إِنِّي لأ علمهم بالله وأشد هم لَهُ خشية (…)

ce qui signifie :

«  (…)Je suis celui qui a  meilleure connaissance de Dieu et qui Le craint le plus.(…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Les compagnons du Prophète r, à son exemple, ont accordé plus d’importance à la science de la croyance qu’aux autres sciences de la Religion. Ainsi, le Spécialiste de la transmission du Hadith Ibnou Majah a rapporté dans son livre « Sounan Ibni Majah » que le compagnon Joundoub, fils de ^Abdou l-Lah, que Dieu l’agrée, a dit :

كُنَّا مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَنَحْنُ فِتْيَانٌ حَزَاوِرَةٌ فَتَعَلَّمْنَا الإِيمَانَ قَبْلَ أَنْ نَتَعَلَّمَ الْقُرْآنَ ثُمَّ تَعَلَّمْنَا الْقُرْآنَ فَازْدَدْنَا بِهِ إِيمَانًا.

ce qui signifie :

« Nous étions avec le Prophète r, alors que nous étions proches de la puberté, et nous avons appris la croyance avant d’apprendre le Qour’an. Puis nous avons appris le Qour’an, ce qui nous a renforcés dans la croyance. »

 

C’est pour cela que l’Imam Al-Ghazaliyy a dit que l’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré. Et l’Imam Ar-Rifa^iyy [16] de préciser :

غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان.

ce qui signifie :

« La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Dieu est la certitude de Son existence sans référence à l’espace ni au comment. »

 

Il s’agit donc d’une connaissance qui permet, sans faire appel à la localisation, de distinguer le Créateur de toute chose, Qui n’a ni début ni fin et Qui n’a besoin de rien, des créatures qui sont dans une totale dépendance. C’est en cela que la fameuse citation du premier Calife Abou Bakr, que Dieu l’agrée, est très instructive :

العَجزُ عَن دَرَكِ الإدراكِ إِدرَاكُ

                                                  والبحثُ عن ذاتِهِ كفرٌ وإشراكُ

ce qui signifie :

« S’avouer incapable de cerner la Réalité de Dieu, c’est la vraie compréhension. Et chercher à connaître cette Réalité, c’est de la mécréance et de l’association. »

(Rapporté par Badrou d-Din Az–Zarkachiyy Ach-Chafi^iyy)

 

En effet, en cherchant à connaître la réalité de Dieu, quelqu’un établirait des comparaisons et des parallèles, ce qui est déraisonnable et illogique, car Dieu est absolument différent de Ses créatures. En d’autres termes, Dieu seul sait Sa Réalité et celle de Ses attributs. Dès lors, connaître Dieu pour les créatures que nous sommes, passe par la confirmation de Ses attributs et par la négation de ce qui n’est pas digne de Lui.

 

Il faut donc croire, sans doute aucun, que Dieu a des attributs.

Pour faire un rapprochement d’idées, prenons un exemple. Si l’on dit à quelqu’un de fabriquer une montre, il ne pourra le faire que s’il possède les connaissances nécessaires. À supposer qu’il maîtrise cette science, mais n’en a pas la capacité physique –s’il est paralysé, par exemple– il n’y parviendra pas. Et s’il possède la connaissance et la capacité mais pas la volonté, il n’y arrivera pas non plus. Ainsi pour exister, ce monde a besoin, à plus forte raison, d’un Créateur Qui a les attributs de la science, de la puissance et de la volonté.

 

Dieu a fait exister ce monde après le néant et n’a aucune ressemblance avec lui ; Il n’a pas besoin d’un endroit, Il ne s’incarne pas et ne se fatigue pas, Il n’a pas de ressemblance avec les hommes ni avec les anges. Il n’est pas une matière, Il n’est donc pas concerné par la forme ni par les limites. Il est différent de toute Ses créatures. Son existence n’a pas de commencement.

 

Dieu a donc des attributs. C’est pourquoi les savants musulmans ont dit qu’il est obligatoire d’en connaître treize, qui sont fréquemment cités dans le Qour’an, soit directement, soit par leur signification. À savoir :

 

  1. L’existence (Al-Woujoud)
  2. L’exemption de début (Al-Qidam)
  3. L’exemption de fin (Al-Baqa‘)
  4. L’unicité (Al-Wahdaniyyah)
  5. La non ressemblance avec les créatures (Al-Moukhalafatou li l-Hawadith)
  6. La science (Al-^Ilm)
  7. La puissance (Al-Qoudrah)
  8. La volonté (Al-Machi‘ah)
  9. La vue (Al-Basar)
  10. L’ouïe (As-Sam^)
  11. La parole (Al-Kalam)
  12. La vie (Al-Hayat)
  13. Le non-besoin (Al-Qiyamou Bin-Nafs)

1. L’EXISTENCE

Il est connu des gens de la droiture que Dieu a des attributs éternels qui sont dignes de Lui ; l’existence en est un.

 

Dieu Qui est exempt d’imperfection dit :

] (…) أفي الله شك (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Douterait-on de l’existence de Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 14/10)

 

Il faut donc croire que l’existence de Dieu est indubitable, et n’a pas de commencement, c’est-à-dire qu’elle n’est pas précédée par le néant, et qu’elle n’a pas de fin, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas affectée par l’anéantissement.

Le Prophète r a dit :

(…) كَانَ اللَّهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ

ce qui signifie :

«  (…) Dieu existe de toute éternité, et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Le Trône fut sur l’eau –c’est-à-dire que Dieu a créé le Trône à partir de l’eau qui fut donc la première créature– (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

À travers ce Hadith, le Prophète r confirme l’existence de Dieu avant toute création. De ce fait, quiconque nie l’existence de Dieu est un athée ; comme cet instituteur qui a dit un jour que Dieu n’existait pas, et partant que ce monde n’a pas été créé. Profitant de son absence, un de ses élèves a dessiné un âne au tableau avec le nom de l’instituteur inscrit dessus. À son retour, il fut accueilli par des éclats de rire. Fou de rage, il chercha à connaître l’auteur de ce dessin. Sur ce, un élève se leva et dit que le dessin s’était fait lui-même –c’est-à-dire d’après vous–.

 

Ainsi, cet élève venait de confirmer, à sa façon, ce que tout le monde sait, à savoir que tout acte relève forcément d’un auteur. Par conséquent, il serait impossible d’imaginer l’existence d’un écrit sans personne qui écrive, ou d’un bâtiment sans personne qui bâtisse. En effet, la raison ne peut que rejeter l’idée qu’une encyclopédie puisse résulter d’une déflagration survenue dans une imprimerie, ou qu’un immeuble, avec toutes ses structures, surgisse subitement de Terre à la suite d’une secousse tellurique. De même, on ne saurait imaginer un bateau lourdement chargé, cheminant droit sur une mer agitée, avec des vents portants et tourbillonnants, sans l’aide d’un bon et vaillant capitaine. Que dire alors de cet Univers qui évolue dans une organisation parfaitement cohérente !

 

Un savant, à qui les gens avaient demandé la preuve de l’existence de Dieu, a dit : – Ne constatez-vous pas que toutes les feuilles du mûrier se ressemblent par l’odeur, la couleur et le goût ?

– Bien sûr, répondirent-ils.

– Alors, ajouta-t-il, la brebis mange ses feuilles et donne du lait ; le ver s’en nourrit également et fournit de la soie ; quant à certains cervidés –-notamment le chevrotain porte musc–, en les consommant, ils produisent du musc.

 

Ainsi à partir d’une même plante, il se dégage des choses qui diffèrent dans leur aspect et leur consistance. En effet, le lait est différent de la soie, qui à son tour se distingue du musc. Dès lors, il est évident que c’est un Créateur qui a non seulement créé cette plante mais qui l’a transformée –à travers ces animaux– en des choses différentes de goût, d’odeur, de couleur et même d’utilité. Et ce Créateur n’est autre que Dieu Qui est exempt d’imperfection. Gloire à Lui, le Tout-puissant !

 

Cela nous amène à constater l’absurdité de la théorie du « Big-bang » selon laquelle la nature, qui n’a ni volonté ni science, aurait tout créé. C’est prétendre qu’une chose puisse être à la fois antérieure et postérieure à elle-même. Ainsi, l’existence de l’Univers dans toute sa complexité, sa beauté et son ordonnance, témoigne de l’existence de Dieu.

 

Le musulman croit donc en l’existence de Dieu, une existence qui n’a ni commencement ni fin et qui est différente de celle de Ses créatures. Car l’Unique Créateur de toute chose existe sans rapport avec le temps et l’espace, c’est-à-dire que Son existence ne dépend d’aucune circonstance de lieu, de temps ou de manière.

 

Par conséquent

Dieu est l’Éternel. Nul temps ne Le limite et nul lieu ne Le circonscrit.

Dieu n’est pas un corps, car Il serait limité.

Dieu n’est pas une substance, car Il serait localisable.

Dieu n’est pas accidentel, car Il aurait besoin d’un créateur.

Dieu n’est pas composé, car Il serait divisible.

Dieu n’a pas d’organes, car Il serait imaginable et représentable.

Dieu n’est ni ténèbres, ni lumière.

 

En effet, Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء وهو السميع البصير [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –ou bien Rien n’a de ressemblance avec Lui d’aucun point de vue– , et Il est Celui Qui entend et Qui voit. »

 (Qour’an 42/11)

2. L’exemption de debut

Dieu dit :

] هو الأول (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Dont l’existence n’a pas de commencement (…). »

 (Qour’an 57/3)

 

Une traduction littérale –exclue– donnerait que Dieu serait le premier. Or la primauté de l’existence de Dieu est absolue et atemporelle, alors que la primauté des créatures est relative au temps. Ainsi on dira d’Adam qu’il est le premier des êtres humains, tandis que Dieu est premier dans le sens que Son Existence n’a pas de commencement.

 

Il faut donc croire que Dieu, comme tous Ses attributs, n’a pas de commencement. Par conséquent, Son existence n’est pas relative au temps. Elle ne Lui a pas été attribuée et n’est pas précédée par quelque chose. Car tout ce qui a un commencement a besoin de quelqu’un qui lui a donné l’existence. Or le besoin contredit la divinité, parce qu’il indique une dépendance, c’est-à-dire une imperfection. Donc si Dieu avait besoin de Ses créatures, Il ne pourrait pas les créer. Mais Dieu, le Glorieux, n’a pas besoin de Ses créatures, ni avant, ni après la création de celles-ci.

 

C’est pourquoi nous disons que l’exemption de début de Dieu n’a aucun rapport avec le temps [17], car encore une fois, le Créateur de toute chose existe avant le temps. De ce fait l’Imam Abou Hanifah, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

وصفاته في الأزل غير محدثة ولا مخلوقة ، فمن قال : إنها مخلوقة أو محدثة ، أو وقف فيها ، أو شك فيهما فهو كافر بالله تعالى.

ce qui signifie :

« Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement et ne sont pas créés. Celui qui dit qu’Ils sont créés ou qu’ils ont un commencement, de même que celui qui ne se détermine pas sur la question ou qui en doute a commis de la mécréance envers Dieu Qui est exempt d’imperfection. »

 

Dieu est donc le seul qui a l’attribut de l’exemption de début.

 

Ainsi, pour prouver aux philosophes qu’il est impossible que le monde soit une succession de choses sans commencement, les savants dans la Science de la croyance (At-Tawhid) ont donné l’exemple suivant : – Si quelqu’un dit : “Tel jour, je ne donnerai un franc à Untel que si je lui en ai déjà donné un, que je ne lui aurai donné que si je lui en avais déjà remis un autre… et ainsi de suite”. Il est clair, dans cet exemple, que la pièce promise ne sera jamais donnée car le don est lié à quelque chose d’inexistant, à savoir un commencement de ce don. Or ce qui est suggéré ici, c’est qu’il ne débute jamais.

C’est dire que si ce monde était une succession de choses sans début, il n’existerait pas à présent ; mais puisqu’il existe, cela prouve qu’il a un début.

 

Règle

Tout, excepté Dieu et Ses attributs, a un commencement.

3. L‘exemption de fin

Dieu dit :

] كل من عليها فان  ويبقى وجه ربك ذوالجلال والإكرام [

ce qui signifie :

« Tout ce qui est sur Terre est voué à une fin mais Dieu –Qui est sans endroit– existe éternellement. »

 (Qour’an 55/26-27)

 

Dieu, tout comme Ses attributs, n’a pas de fin. En effet, la raison impose que Dieu, Dont l’existence n’a pas de commencement, soit exempt de fin. Il est le Vivant Qui ne meurt pas, et Sa vie n’est ni acquise ni précédée, ni par quelque chose ni par le néant.

 

Remarque

La non- fin du Paradis et de l’Enfer est confirmée par les Textes (le Qour’an et les Hadith). Ainsi bien qu’ayant un commencement, ce n’est que par la volonté de Dieu qu’ils subsistent éternellement ; sans quoi, étant des créatures, il est possible rationnellement qu’ils s’anéantissent. Mais Dieu a voulu pour eux la pérennité.

 

Règle

Seul Dieu est Éternel en Soi.

4. L’unicité

Dieu a dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

 

L’Imam Abou Hanifah, que Dieu l’agrée, dans son livre « Al-Fiqhou l-‘Akbar« , a dit :

والله تعالى واحد لا من طريق العدد ولكن من طريق أنه لا شريك له.

ce qui signifie :

« Dieu est Unique, non pas du point de vue du nombre, mais dans le sens qu’Il n’a pas d’associé. »

Car mathématiquement parlant, le nombre 1 est divisible par 2 ce qui donne 2 demis, par 3 ce qui donne 3 tiers, etc.

Sachez donc que le devoir le plus fondamental de chaque moukallaf (voir définition en page 25) est de croire en l’unicité de Dieu sans rien Lui associer, c’est-à-dire reconnaître que Dieu est :

 

– Unique du point de vue de Sa Réalité

•   Il n’a point d’associé

• Il ne se divise pas

• Il n’est pas composé

• Rien n’est tel que Lui

– Unique du point de vue de Ses attributs

Les attributs de Dieu n’ont pas de commencement, c’est-à-dire qu’Ils ne sont pas créés. Car si Dieu avait un attribut créé, cela voudrait dire qu’Il change : celui qui change a besoin de quelqu’un qui le fait changer. Et celui qui a besoin de quelqu’un d’autre est une créature et non le Créateur Qui existe avant toute créature, sans les créatures. Or le fait de dire que Dieu aurait acquis un attribut signifierait que cet attribut lui aurait manqué, ce qui indiquerait une imperfection. Celui qui n’est pas parfait ne peut être Dieu dont les attributs :

 

•   sont uniques

•    sont parfaits

•             ne changent pas

•    ne sont pas accidentels, c’est-à-dire créés

•    ne sont pas occasionnels

•             ne sont pas contingents

•             ne sont pas précédés par le néant

 

Rien ni personne ne peut avoir un ou plusieurs attributs de Dieu.

 

– Unique du point de vue de Son acte

Lorsqu’on dit, par exemple, que Dieu est l’Unique Créateur, cela signifie qu’Il est Le seul à pouvoir faire exister toute chose après le néant. Dieu a la puissance de créer ce qu’Il veut sans que nul ne puisse s’opposer à l’accomplissement de Sa volonté.

Le fait de créer la créature n’a pas ajouté à Dieu un attribut qu’Il n’aurait pas eu ; c’est dire que Dieu avait l’attribut d’être Créateur avant la création du monde. De même qu’Il avait l’attribut de donner la vie et celui de donner la mort avant qu’il n’y ait de vivants et de morts ; ce n’est pas après avoir fait vivre ou mourir quelqu’un que Dieu a acquis ces attributs-là.

 

Ainsi, Abou Hanifah a dit :

والفعل صفة في الأزل والمفعول مخلوق.

ce qui signifie :

« L’acte de Dieu est un attribut qu’Il a de toute éternité, mais ce sont les manifestations de Son acte qui sont créées. »

 

Tout ce que les gens possèdent –enfants, biens matériels ou autres moyens de subsistance– provient de Dieu. En effet, Dieu dit :

] وما بكم من نعمة فمن الله (…) [

ce qui signifie :

« Tout ce que vous avez comme bienfait provient de Dieu (…) »

 (Qour’an 16/53)

Ou encore :

] إن الله هو الرزاق (…) [

ce qui signifie :

« Dieu est Le seul Dispensateur de tous les biens (…) »

 (Qour’an 51/58)

5. LA NON RESSEMBLANCE AVEC LES CREATURES

Dieu dit :

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…) »

 (Qour’an 42/11)

 

L’Univers est de Dieu par création et non par engendrement ou par émanation. Donc Dieu n’est pas au monde ce que la terre est à l’arbre, ou ce que l’arbre est au bois, ou le bois à la table. Parce que la table vient du bois, le bois de l’arbre, l’arbre de la terre par un cycle de transformations successives voulu et créé par Dieu. Par conséquent, l’Univers qui forme l’ensemble des choses créées est tout autre que Dieu, rien n’a de ressemblance avec le Créateur :

 

– Ni du point de vue de Sa Réalité (Dhat)

Il n’est ni une lumière –le contraire de l’obscurité– ; ni un esprit ; ni un corps impalpable, ni un corps palpable, ni une matière, ni une particule, ni un homme, ni une étoile, ni aucune autre chose de la création.

 

Dieu est différent de tout ce que l’on peut imaginer, car notre imagination est l’une de Ses créations.

 

– Ni du point de vue de Son acte (Fi^l)

L’acte de Dieu n’a pas de commencement, tandis que tout autre acte est une création. Et Il fait exister toute chose après le néant en lui donnant l’existence sans que cela soit par le toucher, le mouvement, la proximité ou l’éloignement.

 

– Ni du point de vue de Ses attributs (Sifat)

En effet, Dieu S’est fait connaître par Ses attributs pour que Ses créatures affirment Son existence et proclament Son unicité, excluant ainsi de chercher à Le connaître par analogie. Car les attributs de Dieu sont sans aucune comparaison ni ressemblance. Il est exempt du fait d’avoir des dimensions, des limites, des repères, des membres ou des organes petits ou grands. On ne peut donc pas se représenter ni imaginer Dieu. Il est impossible de Lui attribuer :

 

•   le fait de s’asseoir

• l’immobilité ou le mouvement –tous deux liés à l’espace et au temps qui sont des créations–

• les sentiments –émotion, envie, etc.–

• le changement

• le sommeil

• la fatigue –comme l’ont prétendu certains égarés–. À ce propos, Dieu dit :

] ولقد خلقنا السمـوات والأرض وما بينهما في ستة أيام وما مسنا من لغوب [

ce qui signifie :

« Certes, Nous (Dieu) avons créé les cieux et la Terre et ce qui est entre eux dans six jours, sans que nulle fatigue Nous ait touché. »

 (Qour’an 50/38)

 

Remarque

Dieu a créé l’Univers sans nul besoin, ni rien qui L’y oblige. Il a donné existence aux mondes sans modèle préexistant. Il n’est pas en contact, par le toucher, avec les choses. Tout est facile pour Dieu, parce qu’Il est le Tout-puissant. Dès lors, l’une des sagesses de la création des cieux et de la terre dans six jours est de nous enseigner la patience. Autrement Dieu, Le Tout-puissant aurait pu tout faire exister en un seul instant, s’Il l’avait voulu. Car notre création et notre résurrection à tous sont pour Lui comme celles d’un seul être.

6. LA SCIENCE

Dieu dit :

] قالوا سبحانك لا علم لنا إلا ما علمتنا إنك أنت العليم الحكيم [

ce qui signifie :

« (Les anges) dirent : “Soubhanak » –c’est-à-dire Dieu, Toi Qui es exempt de toute imperfection– ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous fais savoir. »

 (Qour’an 2/32)

Dieu est le Celui Qui sait tout et, par Sa science qui est éternelle –c’est-à-dire sans commencement ni fin–, Il sait toutes choses dans les moindres détails avant de les créer ; et outre cela, Il sait Sa propre réalité et celle de Ses attributs.

 

La science de Dieu ne change pas et elle n’est pas, comme la nôtre, précédée par l’ignorance. En effet, l’être humain est créé dans le ventre de sa mère d’où il sort complètement ignorant. Puis petit à petit il grandit, se transforme, apprend à marcher et à parler. Il va acquérir des connais­sances qui s’enrichiront par étapes. Cette mutation l’acheminera de l’enfance à la vieillesse en passant par l’adolescence. Ainsi, il aura évolué d’un état de faiblesse à celui de la pleine force, avant de revenir à l’état de faiblesse. Il est illogique et déraisonnable de croire que l’être humain est l’auteur de sa propre transformation, ou que celle-ci soit l’œuvre du père sur son fils. De même, il est inconcevable que la nature, qui est elle-même une création, soit à l’origine de tels changements. Ainsi donc apparaît la nécessité que toutes ces mutations soient dues à Celui Qui a les attributs de la vie, de la science, de la puissance, de la volonté, et Dont l’existence est éternelle : c’est Lui Qu’on appelle Dieu, ou Allah ; Il sait tout de toute éternité, le passé, le présent et le futur.

C’est dire que rien ne Lui est caché et qu’Il sait toute chose dans les moindres détails.

 

Règle

La Science de Dieu, qui n’a ni commencement ni fin, englobe toute chose.

7. LA PUISSANCE

Dieu dit :

] إن الله على كل شىء قدير [

 

ce qui signifie :

« Certes, Dieu a la puissance parfaite sur toute chose. »

 (Qour’an 2/20)

 

Dieu est le Tout-puissant et, par Sa puissance qui n’a ni commencement ni fin, Il crée et anéantit les choses, selon Sa science et Sa volonté.

Rien ni personne n’échappe à la puissance de Dieu, et nul ne peut secourir celui qu’Il veut châtier.

 

Remarque

Le jugement rationnel –selon la raison– est de trois sortes :

 

1) Le nécessaire, c’est ce dont la raison ne peut concevoir l’inexistence ou l’anéantissement : il s’agit de Dieu et de Ses attributs.

 

2) Le possible rationnel (ou le contingent), c’est ce dont la raison peut concevoir l’existence ou la non-existence, comme le monde et tout son contenu. Ainsi, la raison accepte notre existence ici-bas à un moment donné et notre inexistence ailleurs à un autre moment.

 

3) L’impossible rationnel se rapporte à ce dont la raison ne conçoit pas l’existence, comme un associé à Dieu, ou comme le fait que quelqu’un puisse être mort et vivant en même temps.

 

Cela posé, la puissance de Dieu est l’attribut par lequel Il fait exister ou anéantit. De ce fait, elle ne concerne que le possible rationnel.

 

S’agissant de l’impossible rationnel ou du nécessaire, il n’est pas permis de dire que Dieu est capable ou incapable de créer ce à quoi ces notions se rapportent. En effet, pour faire un rapprochement d’idées, ce n’est pas parce que l’on ne peut pas attribuer la science à un caillou qu’il est ignorant ; car l’ignorance tout comme la science ne concernent pas les corps inertes.

À ceux qui disent que Dieu Qui est exempt d’imperfection est capable d’avoir un enfant car le contraire indiquerait une impuissance de sa part, nous répondons que cette affirmation est un non sens parce que l’enfant pour Dieu relève de l’impossible rationnel, qui n’est pas concerné par la puissance de Dieu.

Il est aussi des athées qui demandent si Dieu est capable de créer Son pareil. Là encore, il s’agit d’une impossibilité rationnelle dont l’existence est rejetée par la raison. La preuve en est que Dieu n’a pas de commencement et que s’Il avait un pareil à Lui, cela voudrait dire que ce pareil n’aurait pas non plus de commencement. Or celui qui n’a pas de commencement n’est pas créé.

Ainsi, ce n’est pas parce qu’il est impossible que Dieu ait un enfant ou qu’Il se soit créé Lui-même qu’il y aurait là une preuve d’impuissance de Sa part, car encore une fois Sa puissance ne concerne pas l’impossible rationnel ni le nécessaire selon la raison.

 

Règle

Dieu a le pouvoir de créer tout ce qui peut exister du point de vue de la raison, de même que d’anéantir tout ce qui est anéantissable.

8. LA VOLONTE

Dieu dit :

] (…) والله غالب على أمره (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Rien ne peut empêcher l’accomplissement de la volonté de Dieu (…). »

 (Qour’an 12/21)

 

Dieu, par Sa volonté qui n’a ni commencement ni fin, attribue aux choses –à ce qui est contingent– leurs caractéristiques –genre, espèce, qualité, etc.–.

La volonté de Dieu ne concerne donc ni le nécessaire ni l’impossible rationnel, mais seulement le possible rationnel. Un tableau par exemple peut être noir, blanc, vert, etc. ; il y a plusieurs couleurs possibles pour ce tableau. Le fait d’avoir la couleur noire au lieu d’une autre couleur pourtant possible, résulte de l’attribution de Dieu. Il en est de même pour la forme du tableau. Ainsi, telle chose est blanche et non rouge, grande et non petite ; telle personne est riche et non pauvre, etc.

 

Rien ne peut avoir lieu sans la volonté de Dieu, car Il dit :

] وما تشاءون إلا أن يشاء الله رب العالمين [

ce qui signifie :

« Et vous –les créatures– ne voulez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »

(Qour’an 81/29)

 

En effet, notre volonté étant créée, elle n’existe que grâce à Dieu. Par conséquent l’homme a une volonté, mais elle est subordonnée à la volonté de Dieu, de sorte qu’il ne voudra que ce que Dieu a voulu qu’il veuille.

C’est ce que l’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy [18] exprime en disant :

 غلبت مشيئته المشيئات كلها (…)

ce qui signifie :

« La volonté de Dieu se réalise au détriment de toute (autre) volonté (…) »

 

Donc :

•   Tout est régi par la volonté de Dieu

•   Ce que Dieu veut sera, ce que Dieu ne veut pas ne sera pas –qu’il s’agisse du bien, du mal, des corps, du mouvement, du repos, etc.–

•   On ne s’épargne le mal –péché, maladie, etc.– que par la préservation de Dieu, et on ne fait le bien que grâce à Son aide

• Aucune créature, pas même les prophètes, ne peut quoi que ce soit sans la volonté de Dieu

 

Par conséquent

Rien ne mérite l’adoration si ce n’est Dieu seul.

9. LA VUE

Dieu dit :

] (…) والله بما تعملون بصير [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu voit parfaitement ce que vous faites. »

 (Qour’an 3/156)

 

Dieu voit toute chose visible, que nous puissions la voir ou pas. Mais Sa vue, qui n’a ni commencement ni fin, n’a pas de ressemblance avec la nôtre ; Il voit sans l’intermédiaire d’organes –œil, iris, cornée, pupille, etc.– et Sa vue n’est pas conditionnée par la lumière, la réfraction, la réflexion, l’obscurité, la distance, la direction, etc. L’être humain au contraire a besoin pour voir,de l’organe de la vue –un œil ou des yeux–, il a besoin de disposer de lumière, de regarder dans une direction et d’être situé à une distance donnée par rapport à la chose à voir. En effet, on ne peut voir quelque chose derrière soi qu’avec un rétroviseur ou un autre intermédiaire. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni partout, voit tout sans aucune notion de distance, car la distance marque la limite entre deux corps. Et Dieu n’est pas un corps.

 

10.L’OUÏE

Dieu dit :

] أم يحسبون أنا لا نسمع سرهم ونجواهم بلى (…) [

ce qui signifie  :

 « Pensent-ils que Nous (Dieu) n’entendons pas leurs secrets et leurs confidences ? Mais si ! (…). »

 (Qour’an 43/80)

 

Dieu entend tout ce qui peut être entendu, qu’il s’agisse de choses que nous pouvons entendre ou pas. Et Son ouïe, qui est sans commencement ni fin, n’a aucune ressemblance avec la nôtre. En effet, l’homme ne peut entendre qu’au moyen d’organes appropriés –oreilles, conduit auditif, tympan, etc.– qui succombent parfois à l’assaut de la maladie ou de l’âge. En outre, le son que nous percevons doit être émis à une certaine fréquence et intensité pour être audible sans nuisance, car d’après les observations, à cent quatre-vingts décibels, les tympans éclatent. Ainsi, une explosion peut induire des lésions auditives irréversibles. L’intensité du son n’est pas seule en cause, la durée d’exposition est aussi nuisible. Mais Dieu, Qui n’est ni dans un endroit ni dans tous les endroits, et Qui n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, entend tout.

 

Nous pouvons donc nous adresser à Lui sans passer par un intermédiaire. Ce qui n’exclut pas de Lui demander de nous accorder un bienfait par le rang du Prophète Mouhammad r ou par le degré d’un saint.

11.LA PAROLE

D’un verset du Qour’an, nous comprenons que Dieu dit :

] (…) وكلم الله موسى (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Dieu a parlé assurément à Moïse.(…) »

 (Qour’an 4/164)

 

C’est dire que Dieu a l’attribut de la parole mais, comme tous Ses autres attributs, elle n’a pas de ressemblance avec la nôtre et ne nécessite aucun organe phonatoire. En effet, Dieu n’a pas de bouche et Sa parole qui est de toute éternité, c’est-à-dire sans commencement ni fin, ne comporte ni lettres, ni mots ; ce n’est ni une langue –l’arabe, le grec, l’hébreux, le français, etc.– ni un langage sonore ou vocal.

 

Moïse u a donc entendu cette parole sans l’émission d’une voix, et il en a compris ce que Dieu a voulu qu’il comprenne. Par la suite, il a communiqué le message reçu en s’exprimant dans la langue de son peuple qui était l’hébreux. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من رسول إلا بلسان قومه ليبين لهم (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) n’avons pas envoyé de Messager qui ne parle la langue de son peuple –auquel il a été envoyé–, et cela afin qu’il leur explique le message dont il est chargé. Ainsi il leur sera facile de le comprendre(…). »

 (Qour’an 14/4)

 

Remarque

Ainsi, affirmer que le Qour’an, la Torah ou l’Évangile (et non les évangiles) sont la parole de Dieu veut dire deux choses :

 

1. Soit qu’il s’agit de la parole de Dieu qui est Son attribut ; dans ce cas cette parole n’est ni en arabe, ni en une autre langue, ne s’exprime pas par des lettres ni une voix, n’a pas de ressemblance avec la nôtre, n’a pas de commencement et n’est pas quantifiable.

 

2. Soit qu’il s’agit des expressions de cette parole que l’on peut trouver dans les Livres Saints. C’est à travers ces expressions qu’on comprend ce que Dieu dit par Sa parole éternelle, qui n’est pas composée de lettres et qui n’est ni une voix ni un langage. Pour faire un rapprochement d’idées, si nous écrivons au tableau les mots Allah, Dieu ou God, cela ne signifie pas que Dieu s’incarne sur le tableau, ou qu’il y aurait trois dieux. Au contraire, il s’agit de trois expressions indiquant que nous parlons du Créateur Qui n’est pas ces lettres écrites. C’est dans ce sens que nous disons que les versets qu’on trouve dans le Qour’an expriment la parole de Dieu. Ainsi, on comprend du verset suivant que Dieu dit :

] وإن أحد من المشركين استجارك فأجره حتى يسمع كلام الله ثم أبلغه مأمنه ذلك بأنهم قوم لا يعلمون [

ce qui signifie :

« Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, car ce sont des gens qui ne savent pas. Puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. »

 (Qour’an 9/6)

 

Il s’agit ici de lui faire entendre l’expression de la parole de Dieu, à savoir les versets du Qour’an, et non pas la parole divine de Dieu, qui est Son attribut. Quant au verset 164 de la sourate 4, qui signifie : « (…) Dieu a parlé assurément à Moïse », on en déduit que Dieu parle, mais que Sa parole est différente de la nôtre, et c’est bien celle-là que Moïse a entendue.

 

Règle

Par Son attribut qui est la parole –qui n’a ni commencement ni fin–, Dieu, entre autres choses, ordonne, permet, interdit, avertit, informe et annonce la bonne nouvelle.

12.LA VIE

Dieu dit :

] وتوكل على الحي (…) [

ce qui signifie :

« Et place ta confiance en Celui Qui a pour attribut la vie (…). »

 (Qour’an 25/58)

 

Dieu a pour attribut la vie, mais Sa vie –exempte de début et de fin– n’est pas conditionnée comme la nôtre, par un ensemble de choses composées et indispensables, tels que l’âme, la chair, les muscles, les os, le sang, la peau, etc.

 

Dieu a pour attribut la vie et Il n’a besoin de rien, tandis que nous, les mortels, dépendons entièrement de Lui.

 

Règle

Il a pour attribut la vie, une vie ni acquise ni précédée par quelque chose.

13.LE NON BESOIN

Dieu dit :

] يا أيها الناس أنتم الفقراء إلى الله والله هو الغني الحميد [

ce qui signifie :

« Ô vous les hommes ! vous avez besoin de Dieu, et Dieu n’a pas besoin de Ses créatures. »

 (Qour’an 35/15)

 

Toute chose a besoin de Dieu le Suprême, car il n’y a rien qui existe sans Sa création. Notre existence dépend de Lui, c’est Lui –Dieu– Qui nous a fait exister après le néant.

 

Ainsi, tout ce que nous faisons ne peut exister sans la création et la volonté de Dieu.

 

Dieu est l’Éternel (Al-Qadim) Qui n’a jamais cessé d’exister. Il n’a donc besoin de personne pour Lui donner l’existence, la science, ou tout autre de Ses attributs.

 

Il n’est pas un corps pour être porté par quelque chose ou pour dépendre d’un endroit. De ce fait ^Aliyy Ibnou Abi Talib, le cousin du Prophète r, a dit que Dieu a créé le Trône comme manifestation de Sa puissance et non pour le prendre comme endroit pour Lui-même. En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés.

 

Ainsi, pour nous donner une idée de l’immensité du Trône, le Prophète r a dit :

ما السموات السبع في جنب الكرسيّ إلا كحلقة في فلاة، وفضل العرش على الكرسيّ كفضل الفلاة على الحلقة.

ce qui signifie :

« Les sept cieux par rapport au Koursiyy [19] (le Piédestal) ne sont que comme un anneau dans le désert ; et le ^Arch (le Trône) par rapport au Koursiyy est comme le désert par rapport à l’anneau. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

L’Imam Abou Mansour At-Tamimiyy Al-Baghdadiyy rapporte cette parole de ^Aliyy, que Dieu l’agrée, :

كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان.

ce qui signifie :

« Dieu existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Et Il est maintenant –c’est-à-dire après la création de l’espace–, tel qu’Il est de toute éternité –c’est-à-dire sans endroit–. »

 

De même l’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son livre “Al-^Aqidatou t–Tahawiyyah”, dit :

لا تحويهِ الجهاتُ الستُّ كسائرِ المبتدعاتِ

ce qui signifie :

«  (Dieu) n’est pas, comme les créatures, cerné par les six directions –devant, derrière, haut, bas, gauche et droite–. »

 

Car si Dieu était dans un lieu, Il aurait des dimensions ; et celui qui a des dimensions est une créature et non le Créateur.

 

Quant à l’Ascension du Prophète r, il faut savoir qu’elle n’avait pas pour but de lui faire atteindre un emplacement où se serait trouvé Dieu le Suprême, car une telle croyance fait sortir de l’Islam. Il s’agissait en fait de le glorifier et de l’honorer en lui montrant les merveilles de l’Univers supérieur. En outre, Dieu a voulu que Mouhammad Le voit avec son cœur (et non dans son cœur).

 

Dans les versets où Dieu dit :

] ثم دنا فتدلى  فكان قاب قوسين أو أدنى [

ce qui signifie :

« Puis il s’approcha, toujours plus, jusqu’à n’être éloigné que d’une distance de deux coudées et moins encore  »,

 (Qour’an 53/8-9)

il est question dans ce verset de l’ange Gabriel que le Prophète r a vu pour la deuxième fois, sous sa forme réelle avec ses six cents ailes, sans perdre connaissance, parce que Dieu l’avait auparavant fortifié et renforcé. Alors qu’en le voyant pour la première fois à La Mecque (Makkah) dans un endroit appelé Ajyad, il s’était évanoui.

 

Et l’Imam Ja^far As–Sadiq, que Dieu l’agrée, de dire :

من زعم أن الله في شىءٍ أو على شىءٍ أو من شىءٍ فقد أشرك إذ لو كان في شىءٍ لكان محصورا ولو كان على شىءٍ لكان محمولا ولو كان من شىءٍ لكان محدثا.

ce qui signifie :

« Celui qui prétend que Dieu est dans une chose, sur une chose ou issu d’une chose n’est qu’un associateur. Car si Dieu était dans quelque chose, Il serait circonscrit ; s’Il était sur quelque chose, Il serait porté et s’Il était issu d’une chose, Il serait créé (…). »

 

Cette affirmation est en parfaite concordance avec cette invocation du Prophète r, :

(…) اللَّهُمَّ (…) وَأَنْتَ الظَّاهِرُ فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَىءٌ وَأَنْتَ الْبَاطِنُ فَلَيْسَ دُونَكَ شَىء (…)

ce qui signifie :

«  (…) Ô mon Dieu ! (…) Tu es Adh–Dhahir [20], il n’y a donc rien au-dessus de Toi. Et Tu es Al-Batin [21], il n’y a donc rien en dessous de Toi (…). »

 

Al-Bayhaqiyy, à propos de cette invocation, a dit :

وإذا لم يكن فوقه شىء ولا دونه شىء لم يكن في مكان.

ce qui signifie :

« Et puisqu’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien en dessous de Lui, Il existe donc sans endroit. »

 

Ainsi, tout en sachant ce qui se passe partout –en tous lieux–, Dieu régit tout par Sa volonté, sans s’incarner dans Sa création :

 

•   ni dans les cieux

•   ni sur la Terre

• ni dans un endroit

• ni dans tous les endroits

•   ni partout

 

 

Remarque

C’est parce que le Prophète r nous a appris que la direction des invocations est le ciel (qiblatou d-dou^a’) que nous levons les mains vers le ciel pour invoquer ; et c’est parce qu’il nous a enseigné que celle de la prière est la Ka^bah à La Mecque que nous nous orientons vers cette Maison sacrée pour prier. Ce qui explique que Dieu, l’unique Créateur de toute chose, existe sans endroit ni direction.

 

Règle importante

Il est nécessaire de croire que Dieu n’a besoin de rien puisqu’Il existe avant toutes Ses créatures et qu’après leur création, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité.


CHAPITRE 2

CROYANCE EN LES ANGES

Dieu dit :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce que Dieu lui a révélé du Qour’an ; de même que les Croyants : tous ont cru en Dieu et en Ses anges (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

D’après sa femme ^A‘ichah, l’Envoyé de Dieu, le prophète Mouhammad r, a dit :

خُلِقَتِ الْمَلائِكَةُ مِنْ نُورٍ وَخُلِقَ الْجَانُّ مِنْ مَارِجٍ مِنْ نَارٍ وَخُلِقَ آدَمُ مِمَّا وُصِفَ لَكُمْ

ce qui signifie :

« Les anges ont été créés de lumière, les jinns de la flamme d’un feu pur et ‘Adam de ce qui vous a été décrit. »

 (Hadith rapporté par Mouslim)

 

En effet, plusieurs versets du Qour’an font état de la création de notre père Adam et, par voie de conséquence, de tous les autres êtres humains.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن مثل عيسى عند الله كمثل آدم خلقه من تراب ثم قال له كن فيكون [

 

ce qui signifie :

« Jésus –qui a été créé sans père– est pour Dieu à l’exemple d’Adam qui fut créé de terre : Dieu l’a créé sans difficulté aucune »

 (Qour’an 3/59)

 

Il faut croire à l’existence des anges, que Dieu a créés de lumière. Ce sont des êtres impalpables –non palpables– qui sont doués de raison et dotés de la faculté de choisir ; mais ils ne choisissent que l’obéissance à Dieu et Son adoration continuelle. Ils sont tous des musulmans pieux, des saints que Dieu a préservés des péchés. Ainsi :

 

•   ils exécutent en toute obéissance les ordres de Dieu, sans jamais Lui désobéir

•   ils ne mangent et ne boivent pas

•    ils ne dorment pas

•   ils ne se fatiguent pas

• ils ne se marient pas

• ils ne se reproduisent pas

• ils ne sont ni mâles, ni femelles

• ils ont des degrés et des rangs différents

 

Le meilleur de tous est JIBRIL (Gabriel) qui, sur ordre de Dieu, a transmis la révélation aux prophètes. Il est également appelé le Saint-Esprit ou l’Esprit Saint, mais n’est pas associé à Dieu dans la divinité comme certains l’ont considéré à tort.

Les anges sont plus nombreux que les autres créatures, et chacun d’eux accomplit une ou plusieurs fonctions. Parmi eux, citons :

 

MIKA‘IL(Michaël) qui s’occupe de la pluie et de la végétation.

 

ISRAFIL, à son premier souffle dans le Cor, tous les êtres dotés d’une âme seront comme foudroyés : les uns –’est-à-dire les humains, les jinn, etc.–mourront ; tandis que les autres –les prophètes qui restent vivants dans leur tombe–s’évanouiront, à l’exception de ceux à qui Dieu veut épargner l’évanouissement. C’est au deuxième souffle que tout le monde sera ressuscité.

 

LES PORTEURS DU TRÔNE, nombre de quatre dans cette vie, seront huit dans l’au-delà. Ayant reçu la permission de les décrire, le Prophète r dit que la distance qui sépare le lobe de leur oreille de leur épaule équivaut à celle parcourue en sept cents ans par un oiseau rapide.

 

LES ANGES qui ont pour fonction, par la volonté de Dieu, de transmettre au prophète Mouhammad rAs–Salatou wa s-Salam–invocations des musulmans en sa faveur d’élévation en degré et d’apaisement quant au sort de sa communauté–.

 

^AZRA‘ILest l’ange de la mort. C’est lui qui retire les âmes.

 

HAROUTet MAROUTsont deux anges qui ont appris une sorte de magie aux gens, afin qu’ils puissent faire la différence avec le miracle, et éviter ainsi de tomber dans la mécréance (koufr, en arabe).

Ils n’ont jamais désobéi à Dieu et prenaient soin de mettre en garde contre toute forme d’égarement en disant : « Nous sommes une épreuve pour vous. »

 

ISMA^IL le chef des anges du deuxième ciel.

 

Maliksupervise l’Enfer.

 

MOUNKAR  NAKIRsont les anges qui posent la question dans la tombe.

 

RAQIB ^ATIDinscrivent le bien et le mal que nous faisons.

 

RatA‘Ilapaise le cœur de certains musulmans, en le débarrassant de toute angoisse, anxiété et autre mélancolie, etc.

 

RIDWANest le superviseur du Paradis.

 

Il existe dans le septième ciel, exactement à la verticale de la Ka^bah, une Maison honorée pour les gens du ciel, c’est-à-dire les anges. Cette « Demeure Peuplée » (Al-Baytou l-Ma^mour) est quotidiennement fréquentée par soixante-dix mille anges qui viennent y prier et repartent pour ne plus jamais y revenir. Il n’y a que Dieu qui sache le nombre des anges.

 

Les anges sont ailés sous leur véritable aspect. Cependant, ils apparaissent à certains êtres humains agréés par Dieu, comme les prophètes et les saints, généralement sous les traits d’un jeune et bel homme, sans organes génitaux. Ils ne prennent jamais l’aspect d’une femme, contrairement à ce que l’on voit peint sur certains tableaux. En tous les cas, ils n’ont pas de sexe. Tous subiront la mort pour être, par la suite, ressuscités et rassemblés.

 

Des messagers choisis parmi eux leur transmettent les ordres de Dieu. Parmi les choses que nous avons en commun avec eux et les jinn figure l’obligation de croire en Dieu, sans rien Lui associer. En revanche, l’aumône obligatoire et le jeûne sont ordonnés uniquement aux humains et aux jinn. En effet, le statut et la nature des anges étant particuliers, ils ont des règles qui leur sont spécifiques. De plus, les anges, comme les humains, peuvent être des messagers de Dieu, tandis que seuls les hommes peuvent être prophètes.

 

Remarque

De même que le père des humains est Adam, celui des jinn est Iblis [22] qui était avec les anges et adorait Dieu en leur compagnie. Il a été créé d’une flamme pure, comme Dieu le dit :

] وخلق الجان من مارج من نار [

ce qui signifie :

« Dieu a créé les jinn à partir d’une flamme pure. »

 (Qour’an 55/15)

À savoir donc que Satan (Iblis) n’est pas un ange déchu comme d’aucuns l’ont faussement prétendu, mais bien un jinn orgueilleux et maudit qui a protesté contre l’ordre de Dieu. En effet, Dieu dit :

 

] وإذ قلنا للملائكة اسجدوا لآدم فسجدوا إلا إبليس كان من الجن [

ce qui signifie :

« Dieu a ordonné aux anges de se prosterner pour Adam, ils se prosternèrent tous à l’exception de Iblis (Satan) qui appartenait aux jinn (…). »

 (Qour’an 18/50)

 

La prosternation ainsi demandée aux anges était une salutation révérencielle pour Adam, et non une adoration –une extrême humilité– qui ne doit être vouée qu’à Dieu seul.

 

Les musulmans parmi les jinn sont appelés jinn-croyants tandis que les mécréants parmi les jinn sont appelés diables ou démons (Chayatin, pluriel de Chaytan).

 

Mettons-nous en garde contre Satan, notre plus grand ennemi. En effet, Dieu dit :

 

] إن الشيطان لكم عدوفاتخذوه عدوا (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Satan est pour vous un ennemi déclaré, prenez-le donc comme ennemi (…). »

 (Qour’an 35/6)

Dans ce verset, Dieu nous ordonne de considérer Satan comme ennemi. Il faut donc le détester et ne jamais se laisser tromper par ses promesses, car il ne fait qu’appeler ses disciples à l’Enfer. Que Dieu nous en protège !

 


CHAPITRE 3

CROYANCE EN LES LIVRES

Dieu a révélé aux prophètes-messagers les Livres, qui sont Sa parole. En effet, Dieu dit :

] لقد أرسلنا رسلنا بالبينات وأنزلنا معهم الكتاب (…) [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons envoyé Nos Messagers avec des preuves évidentes, et fait descendre sur eux les Livres (…). »

 (Qour’an 57/25)

 

À savoir que Dieu est le Créateur de toutes les langues alors que Sa parole n’est pas une langue. Par conséquent, les écrits contenus dans les Livres révélés ne représentent pas en soi l’attribut de Dieu qui est la parole, mais plutôt son expression, par exemple en hébreux pour la Torah, en syriaque pour l’Évangile et en arabe pour le Qour’an.

 

En effet, Dieu n’a pas envoyé de Messagers sans qu’ils parlent la langue de leur peuple, afin qu’ils leur expliquent le message dont ils étaient chargés. Ainsi il a été facile à leur peuple de les comprendre.

 

Le grand compagnon Abou Dharr a demandé au Prophète r :

يا رسول الله، كم كتابا أنزل الله؟ قال : مائة كتاب وأربعة كتب (…)

ce qui signifie :

« Ô Messager de Dieu, combien de Livres Dieu a-t-Il révélé ? » Il répondit : « cent quatre Livres (…). »

 (Rapporté par  Ibnou Hibban)

Il y a donc eu cent quatre Livres révélés, dont les plus connus [23] sont :

 

•   Le Qour’an de Mouhammad r

• La Torah (At-Tawrat) authentique de Moïse u

• L’Évangile (Al-‘Injil) authentique de Jésus u

• Les Psaumes (Az–Zabour) de David u

 

Mais deux autres sont également cités dans le Qour’an :

•   Les Feuillets [24] d’Abraham u

•    Les Feuillets de Moïse, qu’il a reçus avant la Torah

 

De nos jours, aucun de ces Livres n’existe dans sa pureté originelle, à l’exception du Qour’an, qui subsiste et reste préservé par Dieu, du fait qu’il n’y aura plus de révélation prophétique après Mouhammad r. Il est donc intégralement conservé en arabe, sa langue de révélation, et restera inchangé jusqu’au Jour du Jugement. Car Dieu, Qui l’a fait descendre, a promis de le préserver.

 

Ceux qui se réclament de la Torah ou de l’Évangile n’en ont plus que de pâles copies corrompues, falsifiées et remplies de ce qui éloigne de la vraie croyance en Dieu. Le Qour’an reste donc, pour le monde entier et jusqu’à la fin du monde, le seul Livre de référence stable.

 

Qu’est-ce que le Qour’an ?

 

Le Qour’an, le plus beau des récits, est une Révélation du Clément, du Miséricordieux. En effet, on y apprend ceci :

] الله نزل أحسن الحديث كتابا متشابها مثاني تقشعر منه جلود الذين يخشون ربهم ثم تلين جلودهم وقلوبهم إلى ذكر الله (…) [

ce qui signifie :

« Dieu a fait descendre le meilleur des Récits : un Livre dont les passages se ressemblent [25], et où se réitèrent, entre autres, les Promesses et les Menaces. Lorsqu’est mentionnée la Menace de Dieu, la peau de ceux qui craignent leur Seigneur en frissonne, puis leur corps s’adoucit avec leur cœur à l’évocation de Sa Promesse (…). »

 (Qour’an 39/23)

 

Le Qour’an [26] est un Livre sensé, destiné à être médité, dont les versets sont exposés avec sagesse, et que Dieu a voulu en langue arabe. Il est un rappel pour les Croyants, et un moyen par lequel le prophète Mouhammad r annonce la bonne nouvelle aux gens de la droiture, relate l’histoire des communautés qui nous ont précédées, éclaircit les ordres et les interdits de Dieu, et avertit les mécréants d’un châtiment terrible. Cependant, nombreux sont ceux qui, pris par leurs passions, s’en détournent, car un voile couvre leurs yeux, alors que leurs oreilles et leurs cœurs sont scellés.

 

Ainsi, Dieu dit du Qour’an :

] هو الذي أنزل عليك الكتاب منه آيات محكمات هن أم الكتاب وأخر متشابهات فأما الذين في قلوبهم زيغ فيتبعون ما تشابه منه ابتغاء الفتنة وابتغاء تأويله (…) [

ce qui signifie :

«  (Dieu) est Celui Qui a fait descendre sur toi –Mouhammad– le Livre. On y trouve des versets clairs, explicites (Mouhkamat) qui en sont la Matrice et d’autres non explicites (Moutachabihat). Ceux dont les cœurs penchent vers l’erreur s’attachent aux versets non explicites en leur donnant une interprétation fausse, afin de propager l’égarement par goût du désordre et de la discorde (…). »

 (Qour’an 3/7)

Les Versets explicites et non explicites

Définition

1. Un verset clair ou explicite (Al-‘Ayatou l-Mouhkamah) est soit un verset dont le sens visé est clairement connu, soit un verset qui, linguistiquement, ne peut accepter qu’une seule interprétation possible. Tel est le cas des versets suivants, dans lesquels Dieu dit :

] قل هو الله أحد [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : Dieu est Unique. »

 (Qour’an 112/1)

ou encore

] (…) ليس كمثله شىء (…) [

ce qui signifie :

 

«  (…) Rien n’est tel que Lui –d’aucun point de vue– (…). »

(Qour’an 42/11)

 

2. Le verset à sens complexe, non évident, ou non explicite (Al-‘Ayatou l-Moutachabihah) est un verset dont le sens approprié ne transparaît pas à première vue, ou un verset qui, du point de vue linguistique, a plusieurs interprétations. Pour être valable et acceptée, son interprétation correcte nécessite une connaissance approfondie de la langue arabe, un effort soutenu dans le raisonnement rationnel, le tout en accord parfait et en concordance avec les versets clairs, appelés « matrice » du Livre, c’est-à-dire la référence. Il convient donc de savoir comment se comporter face à de tels versets pour ne pas contredire les versets clairs, ni sortir des règles de l’unicité de Dieu, car Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures.

 

Ainsi, les gens de la droiture, c’est-à-dire les Sunnites, ont deux méthodes d’approche par rapport aux versets non explicites :

 

a) Les savants des trois premiers siècles (As-Salafou s–Salih), dans la plupart des cas, donnaient une interprétation globale en disant :

 

•    Nous croyons à ces versets comme étant du Qour’an

• Ils ont une signification que Dieu sait et qui Lui convient

• Nous ne cherchons pas à en préciser le sens, mais nous les comprenons en les rapportant aux versets clairs

 

L’Imam Ach-Chafi^iyy, d’une phrase, a expliqué cette méthode en disant :

آمنت بما جاء عن الله على مراد الله وبما جاء عن رسول الله r على مراد رسول الله.

ce qui signifie :

Je crois à tout ce qui est venu de Dieu conformé­ment à ce que Dieu a visé ; je crois à tout ce qui est venu du Prophète conformément à ce que le Prophète a visé.

 

Cependant, certains savants du « Salaf » ont parfois précisé le sens des versets non explicites. Ainsi, Al-Bayhaqiyy rapporte que l’Imam Ahmad a interprété le verset dans lequel Dieu dit :

] وجاء ربك والملك صفا صفا [

qui signifie :

«  (wa ja‘a Rabbouka) alors que les anges viendront rang par rang. »

 (Qour’ an 89/22)

Il a dit, pour interpréter (wa ja‘a Rabbouka), qu’une des manifestations de la puissance de Dieu se manifestera alors que les anges viendront rang par rang. Ainsi, la traduction littérale qui donne en français : (Et ton Seigneur viendra ainsi que les anges rang par rang) est inacceptable.

 

En ce qui concerne le verset dans lequel Dieu dit :

] (…) كل شىء هالك إلا وجهه (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Chaque chose est anéantissable, mais Son “wajh” ne le sera pas (…). »

 (Qour’an 28/88)

 

Al-Boukhariyy, dans son livre « Sahih« , a dit que « wajh » ici veut dire le pouvoir et la souveraineté. Ainsi, il a interprété le verset en disant que « Chaque chose est anéantissable en soi, mais Sa souveraineté ne subira pas l’anéantissement ». Alors que « wajh« , dans son sens apparent, signifie visage ou face.

 

Par ailleurs, à propos du verset dans lequel Dieu dit:

] ولله المشرق والمغرب فاينما تولوا فثم وجه الله (…) [

ce qui signifie :

« L’Orient et l’Occident appartiennent à Dieu. Quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez, le “wajh” de Dieu est là (…). »

 (Qour’an 2/115)

 

Al-Bayhaqiyy, dans son livre “Al-‘Asma’ou wa s–Sifat”, rapporte que Moujahid, l’élève de Ibnou ^Abbas, le cousin du Prophète r, a dit que “wajh” ici veut dire la “Qiblah” de Dieu, c’est-à-dire la direction de la prière. Autrement dit, celui qui voyage sur une monture –cheval, mulet par exemple– peut, tout en poursuivant sa route et sans mettre pied à terre, faire la prière surérogatoire (mais pas l’obligatoire). Dans ce cas, sa qiblah sera n’importe quelle direction prise par sa monture. Ainsi, quelle que soit la direction vers laquelle il se tourne, là sera la direction de sa prière.

 

b) Quant aux savants du « Khalaf As–Salih » –c’est-à-dire les savants qui sont venus après ceux du Salaf–, ayant connu la prolifération d’idées philosophiques à leur époque, ils ont été amenés à commenter de manière détaillée les versets apparemment équivoques [27], afin de protéger la communauté musulmane contre les mauvaises interprétations. Ce faisant, ils ont précisé les significations possibles, qui conviennent à la langue arabe et qui soient conformes aux versets clairs.

Des Exemples De Versets Non Explicites

Dieu dit :

] (…) إليه يصعد الكلم الطيب (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Vers le ciel qui est honoré par Dieu montent les bonnes paroles où elles sont inscrites (…). »

 (Qour’an 35/10)

 

Ce verset signifie que les bons actes et les bonnes paroles seront inscrits dans un endroit du ciel honoré par Dieu.

 

Ou encore :

] الرحمن على العرش استوى [

ce qui signifie :

« Le Miséricordieux domine le Trône. »

 (Qour’an 20/5)

 

Le mot « Istawa » a plus de dix sens dans la langue arabe, dont le sens de redresser (ce qui est courbe), être cuit à point (pour la nourriture), s’asseoir ou s’établir, dominer, préserver. Cela étant, les savants du Khalaf, partant du principe que Dieu n’a pas de ressemblance avec Ses créatures, n’ont pris en considération pour donner une interprétation explicite que les sens qui conviennent à Dieu. Ainsi, on pourra dire : « Le Miséricordieux domine le Trône ».

 

En effet, le Trône est, du point de vue volume et masse, la plus grande création de Dieu ; il constitue le toit du Paradis qui se trouve au-delà du septième ciel, et c’est Dieu Qui le maintient dans cette position élevée. Par conséquent, si le Trône est dominé par Dieu, toute autre chose est à plus forte raison, également dominée par Dieu.

 

Remarque

Toute interprétation du Qour’an qui est en contradiction avec les versets dits de référence –c’est-à-dire clairs– est inacceptable et doit être rejetée.

 

Quoi qu’il en soit, même les versets apparemment équivoques trouvent leur repère dans le Qour’an. Nous devons donc faire preuve de la plus grande prudence à l’égard des soi-disant traductions du Qour’an. En effet la langue arabe, au vocabulaire si riche, présente parfois des multitudes de sens pour un seul et même mot, ainsi que quantité d’idiomes et de tournures qui n’ont pas d’équivalent dans les autres langues. C’est pourquoi la meilleure des explications du Qour’an est contenue dans les Textes eux-mêmes –c’est-à-dire le Qour’an lui-même et les Hadith–.

 

N’oublions pas que le Qour’an est un ultime avertissement, en même temps qu’une heureuse annonce des biens éternels qui sont promis aux Croyants.

 

CHAPITRE 4

CROYANCE EN LES PROPHETES [28]

Louange à Dieu, le Miséricordieux, Qui a envoyé les prophètes pour montrer aux gens le chemin qui mène au bonheur éternel, et Qui les a appuyés et confirmés par des miracles convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents.

 

Dieu dit :

] كان الناس أمة واحدة فبعث الله النبيين مبشرين ومنذرين (…) [

ce qui signifie :

« Les gens formaient à l’origine une seule communauté croyante [29]. Puis après leurs divergences, Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs ; (…). »

 (Qour’an 2/213)

C’est par Clémence et Grâce, et non par obligation, que Dieu nous a envoyé les prophètes, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l’au-delà. Dieu les a choisis et en a fait l’élite de Ses créatures à tous points de vue. Leur envoi est donc une nécessité pour l’intérêt des gens.

 

Croire en tous les prophètes, sans jamais nier la prophétie d’aucun d’entre eux, signifie que les Croyants ne font aucune discrimination entre les prophètes de Dieu. Ce qui n’est pas en contradiction avec le fait que Dieu Qui est exempt d’imperfection, en a élevé certains au-dessus d’autres.

 

Le cycle de la prophétie, inauguré par Adam u, s’est achevé avec le prophète Mouhammad r. En effet, dans son livre « Al-Mousnad« , l’Imam Ahmad rapporte ce Hadith de Abou Dharr, que Dieu l’agrée, dans lequel Abou Dharr dit :

قلت يا رسول الله فأي الأنبياء كان أول قال آدم قلت أو نبيا كان يا رسول الله قال نبي مكلم.

ce qui signifie :

« J’ai demandé au Prophète r : – Qui a inauguré la prophétie ? Il a répondu : – Adam. J’ai dit : – Ô prophète de Dieu, était-il un Messager ? Il a dit : -Oui, c’est un prophète qui a reçu la Révélation. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Le nombre des prophètes est considérable, compte tenu de ce que Dieu dit :

] (…) وإن من أمة إلا خلا فيها نذير [

ce qui signifie :

«  (…) Il n’est pas de communauté qui n’ait déjà reçu un prophète avertisseur. »

 (Qour’an 35/24)

Ou encore :

] ورسلا قد قصصناهم عليك من قبل ورسلا لم نقصصهم عليك (…) [

ce qui signifie :

« Et il y a des Messagers dont Nous (Dieu) t’avons parlé précédemment, et d’autres dont Nous ne t’avons point parlé (…). »

 (Qour’an 4/164)

 

D’après une Tradition rapportée par Ibnou Hibban, Dieu a envoyé cent vingt-quatre mille prophètes [30] (nabiyy) dont trois cent treize prophètes-messagers (raçoul).

Cependant, seuls vingt-cinq d’entre eux sont, à l’unanimité des savants, nommément cités dans le Qour’an. À savoir :

 

‘Adam (Adam), Idris (Enoch), Nouh (Noé), Houd, Salih, Ibrahim (Abraham), Isma^il (Ismaël), Is-haq (Isaac), Ya^qoub (Jacob), Lout (Loth), Youçouf (Joseph), ‘Ayyoub (Job), Chou^ayb (Jethro), Mouça (Moïse), Haroun (Aaron), Dhou l-kifl, Dawoud (David), Soulayman (Salomon), Ilyas (Élie), ‘Alyaça^ (Élisée), Younous (Jonas), Zakariyya (Zacharie), Yahya (Jean), ^Iça (Jésus), Mouhammad.

 

Que Dieu les honore tous [31] et élève davantage leur degré, et qu’Il préserve leurs communautés de ce qu’ils craignent pour elles !

1. Fonction Des prophètes

La fonction principale des prophètes est d’appeler les gens à suivre l’Islam, en dehors duquel il n’y a point de salut. Car Dieu dit :

] إن الدين عند الله الإسلام (…) [

ce qui signifie :

« Certes, la Religion que Dieu agrée est l’Islam (…). »

 (Qour’an 3/19)

 

C’est dire que la seule et unique voie pour réussir dans cette vie et dans l’autre est celle de l’Islam ; cela d’autant plus que Dieu dit :

 

] ومن يبتغ غير الإسلام دينا فلن يقبل منه وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Celui qui veut une autre religion que l’Islam, elle ne sera jamais acceptée de lui, et il sera dans l’autre monde parmi les perdants. »

 (Qour’an 3/85)

 

L’Islam est donc la religion que Dieu agrée pour Ses esclaves. Et les prophètes, les meilleures des créatures, sont tous des musulmans. Il est impossible qu’ils se contredisent entre eux. Ils ont la même croyance, mais avec des règles d’application parfois différentes en fonction de l’époque.

 

Ainsi, au temps du prophète Adam u, le frère pouvait, sous certaines conditions, épouser sa sœur. En effet, Dieu a voulu qu’Ève (Hawwa‘) ait plusieurs grossesses –vingt et une exactement– dont vingt ont donné des faux jumeaux –garçon et fille– et la dernière un garçon, qui fut le prophète Chith (Seth). Le mariage entre frère et sœur de la même grossesse était interdit et aucun des fils d’Adam n’a commis ce péché. En revanche, un frère pouvait épouser sa sœur des grossesses précédentes ou suivantes. Ceci comportait une sagesse pour les besoins de la reproduction de l’époque. Par la suite, cette loi a été abrogée parce qu’elle n’était plus nécessaire. Toujours à cette époque et jusqu’à l’époque des fils d’Israël, il n’y avait qu’une seule prière obligatoire par jour. Puis il en fut prescrite deux jusqu’à l’envoi du prophète Mouhammad r qui devait, avec sa communauté, s’acquitter dans les premiers temps de la prière de la nuit sans celle du jour. Par la suite, après environ dix ans, les cinq prières furent prescrites et cela pendant la nuit de l’Ascension (Al-Mi^raj).

 

Au temps de Jacob, connu aussi sous le nom d’Israël, on pouvait avoir deux sœurs comme épouses en même temps.

 

Dans la Loi de Moïse, on devait, si une impureté se déposait sur son habit, couper la partie souillée du tissu ; laver l’endroit n’était donc pas suffisant.

 

Parmi les spécificités de la Loi de Mouhammad, il y a que la prière peut être acquittée où que ce soit, tandis qu’il était spécifié dans les autres Lois qu’elle ne pouvait être accomplie que dans les lieux réservés à cet effet. Remarquons qu’une partie des interdits de la Loi de Mouhammad étaient également illicites dans toutes les autres Lois. Parmi ceux-ci mentionnons la fornication, la consommation de la viande de maytah –le cadavre d’une bête illicite à la consommation ou qui n’a pas été abattue conformément aux règles de la loi islamique–, le sang et la viande de porc.

2. La Préservation Des prophètes

D’habitude, lorsque les savants parlent des prophètes, ils citent quelques attributs qui leur sont obligatoires comme la véracité. Ainsi, le mensonge leur est impossible, car si l’un d’eux mentait, sa crédibilité serait mise en doute ; ce serait une imperfection qui contredirait le rang de la prophétie.

 

Il faut également savoir que les prophètes sont préservés contre la mécréance avant et après avoir reçu la prophétie.

 

Quant à Ibrahim, Dieu nous apprend qu’en voyant l’astre, il a dit :

] (…) هذا ربي (…) [

ce qui signifie :

«  (…) Est-ce là mon Dieu ? ! (…) »

 (Qour’an 6/78)

 

Il s’agit d’une forme d’interrogation fictive qui veut dire “Est-ce cela mon Dieu comme vous le prétendez ?” et non qu’il aurait cru que cet astre est son Dieu et qu’il mérite d’être adoré.

 

De ce fait lorsque l’astre disparut, il a dit ce qui signifie :  « Je n’adore pas ceux qui changent ». De cette manière, et par un raisonnement rationnel, Abraham u a voulu prouver à son peuple l’existence de Dieu et, par conséquent, qu’un corps qui change ne mérite pas d’être adoré. Mais en voyant que son peuple persistait dans sa croyance, et qu’il ne comprenait pas ses intentions, il a répété la même chose à la vue de la lune. Puis, devant leur incompréhension et leur obstination aveugle, il s’est déclaré innocent de leur fausse croyance.

 

Enfin, lorsque le soleil apparut, il essaya de nouveau de les convaincre en répétant la même chose ; mais en vain. En désespoir de cause, il se déclara complètement innocent de leur croyance, étant entendu qu’il connaissait par avance que la Divinité revient à Dieu seul, car Dieu dit :

] ولقد آتينا إبراهيم رشده من قبل (…) [

ce qui signifie :

« En effet, Nous (Dieu) avions auparavant accordé à Abraham la sainte voie de la droiture (…). »

 (Qour’an 21/51)

 

Il est impossible que les prophètes commettent des grands péchés, ou même des petits qui reflètent une bassesse de caractère, tel le fait de voler une morceau de pain ou un grain de raisin. Par contre, il peut arriver à l’un d’entre eux de commettre d’autres petits péchés qui ne reflètent pas cette bassesse. Ainsi, Dieu nous dit :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

En effet, Dieu lui avait interdit, comme à Ève sa femme, de manger le fruit d’un arbre dans le Paradis, mais Satan les incita à le faire. Ils furent donc dans l’erreur, mais s’en repentirent immédiatement.

 

Ainsi, lorsque les prophètes commettent un petit péché qui ne comporte pas une bassesse de caractère, ils se repentent aussitôt avant d’être imités par quelqu’un d’autre.

 

Il faut aussi croire qu’il est impossible que les prophètes cachent quelque chose que Dieu leur a ordonné d’annoncer, car cela contredit le statut de prophète. De même qu’il leur est impossible d’avoir une maladie qui repousserait les gens normaux, car sinon, cela constituerait un handicap pour l’appel à la Religion. Il est par conséquent mensonger de dire que les vers seraient sortis du corps du prophète Job (‘Ayyoub) et qu’il les aurait remis en place en disant : (Mangez ce que Dieu vous a donné).

 

Par contre, ils ne sont pas à l’abri de maladies non dégradantes ; ils peuvent aussi s’évanouir à la suite d’une grande douleur.

 

Mises en garde importantes

On trouve dans un livre intitulé « Invocation de Moïse » des propos qui lui sont mensongèrement attribués, selon lesquels il aurait dit : (Ô mon Dieu ! Depuis quand as-tu la Divinité ?) Il est impossible qu’un prophète dise une telle parole de mécréance.

 

On trouve aussi écrit dans la Bible que le prophète Jacob (Ya^qoub) aurait combattu Dieu ; ou que le prophète Loth, après avoir bu du vin, aurait eu des relations incestueuses avec ses filles. Il est impossible que ceci soit attribué à un prophète ou contenu dans un Livre Révélé.

 

Quant au verset dans lequel Dieu dit, à propos de Joseph :

] ولقد همت به وهمّ بها لولا أن رأى برهان ربه (…) [

ce qui signifie :

« Elle l’a voulu –elle l’a désiré– et lui aurait voulu –la repousser– n’eut été les preuves de son Seigneur (…). »

 (Qour’an 12/24)

 

cela veut dire que Zoulaykhah, la femme du grand intendant d’Égypte, voulait faire l’adultère avec le prophète Joseph qui, lui, avait l’intention de la repousser. Mais Dieu lui révéla que cela constituerait une preuve aux mains de cette femme auprès de sa communauté, pour faire croire que c’est Joseph qui avait voulu la prendre de force.

 

Dans tous les cas, ce verset ne veut pas dire que le prophète Joseph u a voulu forniquer avec elle. Du reste, Dieu nous relate le témoignage de cette femme qui dit :

] (…) ولقد راودته عن نفسه فاستعصم (…) [

ce qui signifie :

«  (…) J’ai essayé de le séduire mais il s’en défendit (…). »

 (Qour’an 12/32)

 

Les prophètes sont donc préservés de tels comportements. Par conséquent, ce qui a été rapporté sur Abraham (Ibrahim) u selon quoi il aurait menti dans sa réponse à son peuple n’est pas exact ; c’est même un blasphème. En effet, le prophète Abraham u avait brisé les idoles que son peuple adorait, à l’exception de la plus grande qu’il avait laissée intacte ; et quand ils lui ont demandé : “Est-ce toi qui as fait ça ?” sa réponse fut : « C’est la grande qui a fait cela… Interrogez-les (donc) si elles peuvent parler » (Qour’an 21/63). Cette formulation est une figure de style usité dans certaines langues, notamment dans celle d’Abraham. En fait, le sens est que le prophète Abraham, excédé par tous les honneurs, les marques de respects et de glorifications que son peuple vouait à la grande idole, a voulu la rabaisser en cassant toutes les petites pour démontrer qu’elle était totalement impuissante devant son geste. Donc le fait d’imputer cet acte à la grande idole renvoie à un sens métonymique qui ne recèle aucun mensonge.

 

Par conséquent, Dieu préserve Ses prophètes dans les quatre domaines suivants :

 

•   la Croyance

•    l’Appel –le Message–

• la Loi (Chari^ah)

• le Comportement –la Conduite–

 

2.1   La Croyance

À savoir que tous les prophètes, d’Adam à Mouhammad, avaient la même croyance en Dieu, l’Unique. En effet, Dieu dit :

] وما أرسلنا من قبلك من رسول إلا نوحي إليه أنه لا إله إلا أنا فاعبدون [

ce qui signifie :

« Et Nous (Dieu) n’avons envoyé aucun Messager avant toi sans lui révéler : – Il n’est de dieu que Moi, alors adorez-Moi. »

 (Qour’an 21/25)

Ou encore :

] آمن الرسول بما أنزل إليه من ربه والمؤمنون كل آمن بالله وملائكته وكتبه ورسله لا نفرق بين أحد من رسله (…) [

ce qui signifie :

« Le Messager a cru en ce qui lui a été révélé par son Seigneur ; de même que les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses messagers. Ils dirent : « Nous croyons en tous les messagers de Dieu sans discrimination (…). »

 (Qour’an 2/285)

 

Sachez que Dieu préserve Ses prophètes contre la mécréance (koufr) et tout autre égarement. C’est dire que de tels penchants leur sont impossibles. Ainsi, leur croyance reste pure et intacte leur vie durant. Et toute affirmation contraire n’est qu’une ignorance blasphématoire et donc coupable.

 

2.2 L’Appel

La communauté de Mouhammad reconnaît unanimement l’immunité des prophètes contre le mensonge et autre falsification volontaire ou par négligence, dans le Message qu’ils ont la charge de transmettre. En effet, si les prophètes étaient, même sur un point de détail, des menteurs ou des falsificateurs, ils perdraient toute crédibilité. De ce fait, ils ne pourraient plus être des exemples pour l’humanité.

 

2.3 La Loi (Chari^ah)

Là encore, notre communauté [32] affirme unanimement l’impossibilité pour les prophètes de fausser la Loi, sciemment ou inconsciemment, même par un lapsus de langue [33].

Il est évident que les prophètes, dont le rôle principal est d’ordonner l’obéissance à Dieu, ne peuvent après cela transgresser ce même ordre, sous peine d’être de ceux dont il est dit :

] أتأمرون الناس بالبر وتنسون أنفسكم وأنتم تتلون الكتاب أفلا تعقلون [

ce qui signifie :

« Vous ordonnez aux gens obéissance et bienfaisance tout en vous oubliant vous-mêmes, alors que vous lisez le Livre. N’êtes-vous donc point sensés ! »

 (Qour’an 2/44)

 

Du reste, aucun prophète n’encourt la malédiction ou le châtiment.

 

2.4 Le Comportement, la Conduite, les Actes

Tous les prophètes ont fait valoir un bon comportement, une conduite impeccable et des actes irréprochables. Ainsi, s’agissant du prophète Mouhammad r, Dieu dit :

] وإنك لعلى خلق عظيم [

ce qui signifie :

« Tu es certainement d’une moralité sublime ! »

 ( Qour’an 68/4)

 

De même ^A‘ichah, que Dieu l’agrée, dans un Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, a parlé du Prophète r en disant que “Son comportement était le Qour’an”, dans le sens qu’on doit se référer au Qour’an, avec une bonne compréhension, pour bien connaître le comportement du Prophète r. Car chaque qualité décrite dans le Qour’an, et que Dieu nous a ordonné d’avoir, faisait partie de son comportement.

 

C’est dire que tous les prophètes doivent nécessairement avoir les caractéristiques suivantes :

 

•   la véracité

•   la loyauté

• l’intelligence

• l’honnêteté

• la probité –ils ne font pas des choses immorales–

 

En outre, ils sont préservés contre les mauvais comportements, tels que :

 

•   le mensonge

•   la trahison

• la stupidité, l’idiotie, l’étourderie

• la vilenie, la malhonnêteté

• l’arrogance, la grossièreté, l’obscénité, l’insolence

 

Il est évident qu’un homme que Dieu a établi comme guide pour Ses esclaves, à qui Il a conféré un rang élevé en lui confiant la révélation, ne se laisse pas dominer par les passions.

 

Les prophètes, comme cela a déjà été mentionné, sont saufs des grands péchés, et s’il arrive que l’un d’eux commette un petit péché ne reflétant aucune bassesse de caractère, il s’en repent immédiatement, et Dieu lui accorde Son pardon. Il est donc faux de prétendre que Jésus serait venu pour sauver l’humanité des conséquences du prétendu péché capital d’Adam.

 

À ce propos, Dieu dit :

] وقلنا يا آدم اسكن أنت وزوجك الجنة وكلا منها رغدا حيث شئتما ولا تقربا هذه الشجرة فتكونا من الظالمين [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) avons dit : Ô Adam ! habite le Paradis toi et ton épouse. Mangez de ses fruits à volonté, où vous voudrez, mais n’approchez point de cet arbre-ci, sans quoi vous désobéirez. »

 (Qour’an 2/35)

Cependant, Dieu nous apprend :

] (…) وعصى آدم ربه فغوى [

ce qui signifie :

«  (…) Adam désobéit à son Seigneur et fut dans l’erreur. »

 (Qour’an 20/121)

 

Le prophète Adam u regretta immédiatement et Dieu lui inspira les paroles adéquates en vue de sa repentance. Et nous apprenons du Qour’an qu’il dit alors :

] قالا ربنا ظلمنا أنفسنا وإن لم تغفر لنا وترحمنا لنكونن من الخاسرين [

ce qui signifie :

« Seigneur ! nous (Adam et Ève) avons été injustes envers nous-mêmes. Et si Tu ne nous accordes pas Ton pardon et Ta miséricorde, nous serons parmi les perdants. »

 (Qour’an 7/23)

 

Ainsi, Dieu a agréé son repentir et l’a fait rentrer dans Sa grâce, car Il est le Miséricordieux et Celui Qui accepte le repentir sincère de Ses esclaves. Cependant, les sensés sont les seuls à reconnaître le verdict de Dieu en Son pardon à Adam.

 

Il importe de savoir que le diable n’a pas d’emprise sur les esclaves sincères de Dieu [34], dont les prophètes. En effet, Dieu dit à Satan :

] إن عبادي ليس لك عليهم سلطان (…) [

ce qui signifie :

« Tu n’as pas d’emprise sur Mes esclaves pieux (…). »

 (Qour’an 15/42)

 

ou encore :

] إنه ليس له سلطان على الذين آمنوا وعلى ربهم يتوكلون [

ce qui signifie :

« Il (le démon) n’a pas d’emprise sur ceux qui croient et s’en remettent à leur Seigneur. »

 (Qour’an 16/99)

 

Il faut donc se garder d’attribuer à un prophète ce qui, à la base, n’est pas convenable ni acceptable pour un simple croyant appelant à la vérité. Et gardons en mémoire cette parole du prophète Mouhammad r :

إذا سلّمتم عَلَيَّ فسلِّموا على أنبياء الله (…)

ce qui signifie :

« Si vous faites l’invocation en ma faveur, alors faites-la en faveur des autres prophètes de Dieu(…). »

 (Hadith rapporté par As-Sakhawiyy)

 

En conséquence, les prophètes méritent tous honneur et respect. Celui qui se moque donc de l’un d’entre eux tombe dans la mécréance.

 

Chaque prophète doit être suivi par les gens qui ont entendu son appel. Ainsi, maintenant et jusqu’à la fin du bas monde, tout le monde doit suivre Mouhammad r, le Sceau des prophètes. Par ailleurs, il faut savoir et croire que Jésus fils de Marie n’est en rien responsable de la fausse croyance en la trinité que certains professent, car Dieu dit:

] ما كان لبشر أن يؤتيه الله الكتاب والحكم والنبوة ثم يقول للناس كونوا عبادا لي (…) [

ce qui signifie :

« Il n’appartient pas à un mortel auquel Dieu a donné le Livre, la Science et la prophétie, de dire ensuite aux gens : – soyez mes adorateurs (…). »

 (Qour’an 3/79)

3. Comment Reconnaître un Prophète

N’est pas prophète qui veut ! Sachez donc que la prophétie n’est ni le résultat d’un effort personnel, ni une prétention basée sur le simple fait d’imiter, extérieurement ou d’une autre façon, les prophètes. Au contraire, il s’agit d’un choix par lequel Dieu, Qui crée ce qu’Il veut, honore Ses Élus. De ce fait, il n’y a aucun d’entre eux qui souffre de carences intellectuelles ou physiques.

 

Ainsi, le prophète Mouhammad r dit :

ما بعث الله نبيا إلا حسن الوجه حسن الصوت وإن نبيكم أحسنهم وجها وأحسنهم صوتا.

ce qui signifie :

« Dieu n’a envoyé aucun prophète sans le doter d’un beau visage et d’une belle voix ; et le vôtre a le plus beau visage et la voix la plus belle de tous. »

 (Hadith rapporté par At-Tirmidhiyy)

 

Par conséquent Adam u [35], qui est l’ancêtre des humains et le premier des prophètes, n’était pas un sauvage au dos voûté, vivant nu dans la forêt. Au contraire, comme tous les prophètes, il était beau et ne présentait aucun handicap physique.

 

Personne parmi les prophètes n’était boiteux, bègue ou aveugle. Certes, le prophète Jacob u a momentanément perdu la vue à cause des larmes versées pour la disparition de son fils Joseph. Mais Dieu a fait qu’il recouvre la vue en respirant l’odeur de Joseph à travers la chemise que celui-ci, depuis l’Égypte, lui avait envoyée à Madyan. Il faut donc savoir que Jacob n’a jamais été aveugle avant cette épreuve due à la disparition de Joseph.

 

Moïse avait eu la langue comme nouée par une braise qu’il avait mise dans sa bouche lorsqu’il était enfant, devant le pharaon, sans que cela n’affecte en rien son langage qui est resté net et compréhensible. Il avait un léger accent et devait faire davantage d’effort. Tandis que Aaron, qui était le frère aîné de Moïse d’une année était éloquent. Ainsi, Moïse avait au contraire une bonne élocution et ne zézayait pas. À ce propos Dieu dit que Moïse, après avoir reçu la révélation, L’invoqua en ces termes :

] واحلل عقدة من لساني [

ce qui signifie :

« Et dénoue un nœud en ma langue. »

 (Qour’an 20/27)

 

Et sur Jésus fils de Marie u, Dieu dit :

] ويعلمه الكتاب والحكمة والتوراة والإنجيل  ورسولا إلى بني إسرائيل أني قد جئتكم بآية من ربكم أني أخلق لكم من الطين كهيئة الطير فأنفخ فيه فيكون طيرا بإذن الله وأبرئ الأكمه والأبرص وأحى الموتى بإذن الله وأنبئكم بما تأكلون وما تدخرون في بيوتكم إن في ذلك لآية لكم إن كنتم مؤمنين  ومصدقا لما بين يدي من التوراة ولأحل لكم بعض الذي حرم عليكم وجئتكم بآية من ربكم فاتقوا الله وأطيعون  إن الله ربي وربكم فاعبدوه هذا صراط مستقيم [

ce qui signifie :

« Dieu lui a appris le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile. Il l’enverra en prophète aux fils d’Israël : “Je viens de la part de votre Seigneur porteur d’un signe de ma véracité. Je façonnerai sous vos yeux de l’argile en forme de volatile : je soufflerai dessus et l’argile se fera volatile, par la volonté de Dieu. Je guérirai l’aveugle-né, le malade atteint de vitiligo [36] et ferai ressusciter les morts par la volonté de Dieu. Je vous dirai ce que vous mangez et ce que vous tenez en réserve dans vos demeures. Ce sont là autant de signes pour vous, si vous croyez. Je viens aussi confirmer la Torah qui m’a précédé et rendre licite une partie de ce qui vous a été interdit. Je viens à vous porteur d’un signe de votre Seigneur. Craignez-Le et obéissez-moi. Certes, Dieu est mon Seigneur et Le vôtre. Adorez-Le ! C’est là le droit chemin”. »

 (Qour’an 3/48 à 51)

 

De ces versets, on comprend que c’est par des miracles [37] convaincants, des preuves irréfutables et des signes évidents que Dieu appuie et confirme le statut de prophète.

 

Définition du miracle

Le miracle est un fait qui présente quatre caractéristiques :

 

1. Le miracle est hors du commun. Ainsi, se poser sur la lune, quoique extraordinaire puisque c’est le résultat d’une connaissance et d’une avancée technologique jamais atteintes, n’est pas un fait hors du commun parce que c’est à la portée des êtres humains et c’est une chose ordinaire.

 

2. Le miracle constitue toujours un défi contre les mécréants. En effet, ils ne pourront jamais égaler ou contrecarrer le miracle.

 

3. Le miracle vient confirmer, appuyer et soutenir la véracité de celui qui se proclame prophète.

 

4. Le miracle est impossible à imiter, à contrecarrer, à stopper ou à annihiler.

 

Le miracle est de deux sortes :

 

–    Celui qui survient au prophète sans que les gens lui en fassent la demande

 

–    Celui qui intervient sur demande

 

Dans tous les cas, le miracle est un fait qui se manifeste par la puissance de Dieu, pour confirmer celui qui se proclame, à juste titre, prophète.

 

Quelques exemples de miracle

Moïse jeta son bâton qui devint un véritable serpent ; puis celui-ci avala les cordes dont s’étaient servi les magiciens pour subjuguer l’assistance. Après quoi le serpent se transforma à nouveau en bâton. Il fit aussi se fendre la mer pour laisser passer son peuple. Tout cela par la volonté et la puissance de Dieu.

 

Jésus, par l’imposition de sa main et en disant “Je commence par le nom de Dieu” (Bismi l-Lah), guérissait les malades atteints de vitiligo. Il ressuscita plusieurs morts, dont Lazare son compagnon. Tout cela par la création et la volonté de Dieu.

 

Après que Abraham eut cassé les idoles, les mécréants voulurent se venger. Il fut projeté dans un immense brasier qui devint grâce à Dieu frais et bienfaisant pour lui. Seuls ses liens furent brûlés, au contraire de lui-même et de ses habits. Ce feu était si intense, que les oiseaux ne pouvaient le survoler ni les mécréants s’en approcher.

 

Salih répondit au défi de son peuple en faisant sortir d’un rocher dur et compact une chamelle et son petit.

 

Mouhammad fit jaillir de l’eau –comme des sources– des doigts de sa noble main qu’il avait plongée dans un récipient ; ce qui suffit aux besoins de mille cinq cents de ses compagnons, alors qu’ils se trouvaient dans le désert à court d’eau. Il remit en place l’œil arraché de son compagnon Qatadah, fils de Nou^man, qui affirma par la suite ne plus distinguer lequel avait été atteint.

 

Il y a bien sûr le Qour’an qui demeure, pour tous les temps, le plus grand des miracles. C’est un miracle continuel que nous avons encore entre nos mains, et que chacun peut constater aujourd’hui. Il nous est parvenu intact, et constitue un grand défi pour les mécréants qui ne pourront jamais écrire quoi que ce soit de semblable à la plus courte de ses sourates (chapitres). En effet, Dieu dit :

] قل لئن اجتمعت الإنس والجن على أن يأتوا بمثل هذا القرآن لا يأتون بمثله ولو كان بعضهم لبعض ظهيرا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : – Si les hommes et les jinn s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Qour’an, ils n’y parviendraient pas, même s’ils s’aidaient mutuellement. »

 (Qour’an 17/88)

 

Depuis plus de mille quatre cents ans –en années lunaires–, le Qour’an n’a subi aucune altération et n’en subira point, car Dieu dit :

] إنا نحن نزلنا الذكر وإنا له لحافظون [

ce qui signifie :

« En vérité, c’est Nous (Dieu) Qui avons fait descendre le Qour’an, et c’est Nous Qui le préservons. »

 (Qour’an 15/9)

Par ses caractéristiques, le miracle diffère donc de tous les autres faits, aussi impressionnants soient-ils, tels que les séductions trompeuses du faux Messie, la magie, etc.

 

Autres faits différents du miracle

1. La magie

Il faut savoir qu’il existe une sorte de magie qui fait appel aux jinn. En règle générale, il s’agit d’une manipulation produisant, par certaines pratiques secrètes et prohibées, des effets étonnants. Mais, à la différence du miracle, la magie [38] s’apprend, et peut être neutralisée soit par une autre magie, soit par des invocations ou d’autres faits agréés par Dieu. Ainsi, les magiciens que le pharaon avait fait venir de tout son royaume pour une confrontation avec Moïse furent les premiers à se confondre en prosternation en disant, comme Dieu nous l’apprend :

] قالوا آمنا برب العالمين  رب موسى وهارون [

ce qui signifie :

« Nous croyons au Seigneur des mondes, Le Seigneur de Moïse et d’Aaron. »

 (Qour’an 7/121-122)

 

En effet, avant toute l’assistance, et mieux que quiconque, ils avaient compris que la transformation du bâton de Moïse en serpent –puis de serpent en bâton– n’était pas le produit d’une hallucination, d’une illusion d’optique ou de la magie, mais un fait véritablement hors du commun contre lequel ils étaient restés impuissants et sans parade aucune.

 

2. Les faits hors du commun du faux Messie

Les faits par lesquels le faux Messie (Ad-Dajjal) essaiera de subjuguer les gens sont hors du commun, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme des miracles. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît sur les mains de celui qui se dit prophète : alors que le faux messie prétendra la divinité. Ce corrupteur sera une épreuve que Dieu a réservée aux gens et par laquelle le croyant se distinguera du mécréant. En effet, le croyant trouvera à l’appui suffisamment de preuves et de signes évidents de la fausse prétention de ce mystificateur, ne serait-ce que la raison qui rejette catégoriquement qu’un borgne puisse être le Créateur de toute chose. Car Dieu n’a aucune ressemblance avec Ses créatures, lesquelles sont soumises au change­ment. Il est donc impossible que Dieu, Dont la vie n’est ni acquise ni précédée par quelque chose, soit un homme ou le devienne.

 

Celui qui a la bonne croyance ne se laissera pas abuser par ce diable à visage humain, qui réussira pourtant à séduire et à convaincre beaucoup de gens.

 

3. Les Prodiges (Karamah) des Saints

Le saint (waliyy) est un pieux qui, par crainte et amour de Dieu, se conforme strictement aux préceptes de la Loi (Chari^ah). Il s’acquitte des obligations de la religion et s’abstient de faire les péchés. Il accomplit beaucoup d’actes surérogatoires, tels que jeûnes, prières, aumônes, etc. Il persévère ainsi dans cette voie de droiture jusqu’à la certitude, c’est-à-dire jusqu’à la mort. Il recevra la bonne nouvelle dans cette vie, tout comme dans l’au-delà.

 

Ainsi, Dieu nous dit que les saints verront affluer les anges du ciel qui leur diront :

] ألا تخافوا ولا تحزنوا وأبشروا بالجنة التي كنتم توعدون  نحن أولياؤكم في الحياة الدنيا وفي الآخرة ولكم فيها ما تشتهي أنفسكم ولكم فيها ما تدعون [

ce qui signifie :

«  (…) N’ayez pas peur, ne soyez pas affligés, et recevez plutôt une heureuse assurance, celle du Paradis que Dieu vous a promis. Nous sommes pour vous des soutiens dans cette vie présente tout comme dans l’autre où tous vos désirs seront comblés et vos vœux satisfaits ; là où vous aurez ce que vous voudrez. »

 (Qour’an 41/30 à 31)

Dieu honore le saint par des prodiges (karamah) qui sont autant de miracles pour le prophète qu’il suit correctement. D’une manière générale, il est possible que tout ce qui est miracle pour un prophète se réalise sous forme de prodige, de faits hors du commun, pour le saint.

 

Tel fut le cas de Marie mère de Jésus, à qui Dieu accorda Sa Grâce et dont Il confia la garde, comme signe de cette acceptation, au prophète Zacharie, afin de lui assurer une bonne éducation. Celui-ci, à chaque fois qu’il entrait dans la pièce où Marie s’isolait pour adorer Dieu, trouvait auprès d’elle des fruits d’été en hiver et des fruits d’hiver en été, ce qui lui fit dire : « – Ô Marie ! comment t’es-tu procuré cela ? Et elle de répondre : – C’est de la part de Dieu. Oui, Dieu fait attribution de Ses dons à qui Il veut sans réserve. »

 

D’autre part, sachez que Dieu préserve les saints contre la mécréance. S’il arrive à un saint de tomber dans un grand péché, il s’en repent sans y persister. Le saint chemine droit sur la voie du prophète en observant toutes les prescriptions de Dieu.

 

Il ne profitera donc jamais des prodiges qui se réalisent grâce à lui pour prétendre faussement la prophétie.

 

Le miracle, par ses caractéristiques qui le différencient de la magie et des autres phénomènes extraordinaires, demeure la preuve irréfutable de la véracité du prophète pour lequel il se réalise. En effet, il faut savoir que :

 

•    le miracle appuie et soutient le prophète dans sa prétention. C’est en quelque sorte sa légitimation

• il est différent de la magie et de la sorcellerie, qui peuvent être neutralisées.

• il est un don de Dieu Qui est véridique ; Sa science est parfaite et englobe toute chose.

 

Par conséquent c’est Dieu Qui, par le miracle, soutient le prophète dans sa prétention : ce qui constitue un témoignage de Dieu à l’égard du prophète. C’est donc la preuve que le prophète est véridique dans tout ce qu’il annonce et énonce de la part de Dieu.

 


Remarque

Un homme, aussi saint soit-il, et même proche parent d’un prophète, reste toujours inférieur en grade aux Envoyés dont Dieu a dit :

] (…)وكلا فضلنا على العالمين [

ce qui signifie :

«  (…) Nous (Dieu) avons accordé à chacun d’eux –les prophètes– un rang plus élevé qu’au reste de la création. »

 (Qour’an 6/86)

 

 

Différence entre prophète-messager et prophète non Messager

Rappelons que tous les prophètes ont eu la même croyance, car on apprend du Qour’an que Dieu dit :

] إنا أوحينا إليك كما أوحينا إلى نوح والنبيين من بعده وأوحينا إلى إبراهيم وإسماعيل وإسحاق ويعقوب والأسباط وعيسى وأيوب ويونس وهارون وسليمان وآتينا داود زبورا [

ce qui signifie :

« Nous t’avons accordé –ô Mouhammad– la Révéla­tion comme Nous l’avons accordée à Noé et aux prophètes venus après lui. Nous avons révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, les Asbat [39], Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et Nous avons donné les Psaumes à David. »

 (Qour’an 4/163)

 

Les prophètes sont soit prophètes-messagers soit prophètes non messagers. Ils ont tous en commun d’avoir reçu la révélation. Cependant, le prophète-messager reçoit une nouvelle Loi, ou vient abroger certaines lois de la Loi du prophète-messager antérieur. Quant au prophète non messager, il reçoit l’ordre de suivre et de faire appliquer la Loi du prophète-messager qui l’a précédé.

 

Tout messager est prophète –excepté dans le cas des anges–, mais tout prophète n’est pas forcément messager. Par ailleurs, les prophètes sont uniquement des humains, de sexe masculin.

 

Il n’y a ni prophète-messager, ni prophète non messager parmi les jinn.

 

CHAPITRE 5

CROYANCE AU JOUR
DU JUGEMENT DERNIER

Dieu dit :

] والذين يؤمنون بما أنزل إليك وما أنزل من قبلك وبالآخرة هم يوقنون  أولئك على هدى من ربهم وأولئك هم المفلحون [

ce qui signifie :

« Ceux qui croient à ce qui t’a été révélé, à ce qui a été révélé avant toi et à la vie future, ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent. »

 (Qour’an 2/4-5)

 

Après l’apparition des grands signes précurseurs de la fin du monde, dont la venue du faux Messie, la descente du ciel de Jésus fils de Marie, le lever du soleil à l’Ouest, etc., l’ange Israfil fera retentir un son de Cor. Ce faisant, les habitants des cieux –les anges– et de la Terre –les humains, les jinn et les animaux– seront comme foudroyés, à l’exception de ceux que Dieu voudra épargner. Puis au deuxième son de Cor, ils seront tous ressuscités.

 

Ce Jour-là, cette Terre sera transformée en une nouvelle Terre plus vaste et totalement aplanie –ne comportant ni montagnes, ni vallées, ni collines– sur laquelle les anges conduiront les gens –humains et jinn– pour le rassemblement et la comparution. La balance (Al-Mizan) sera mise en place pour la pesée des actes (Al-Wazn) et la reddition des comptes (Al-Hiçab) ; les registres seront distribués, et Dieu jugera les gens sans intermédiaire.

 

Le pont (As-Sirat) reliant la nouvelle Terre aux abords du Paradis sera dressé au-dessus de l’Enfer.

 

Le Jour du Jugement s’achèvera par l’établissement des uns au Paradis et des autres en Enfer, chacun selon ce qu’il aura mérité. Et parmi les gens moukallaf –pubères, sains d’esprit et à qui sera parvenu l’appel à l’Islam dans toute langue qu’ils comprennent–, seuls les croyants, c’est-à-dire les musulmans, auront le Paradis pour demeure éternelle.

 

cas du musulman pieux

Le pieux est un croyant qui s’acquitte des obligations prescrites par Dieu et qui évite les péchés.

 

Ainsi, Dieu dit :

] إن المتقين في مقام أمين  في جنات وعيون  يلبسون من سندس وإستبرق متقابلين [

ce qui signifie :

« Les pieux seront dans une demeure sûre, parmi des jardins et des sources. Ils porteront des vêtements de soie et se tiendront les uns en face des autres. »

 (Qour’an 44/51 à 53)

 

Les pieux, après avoir subi un jugement bref, facile et très clément, traverseront sans difficultés le pont pour entrer au Paradis, au même titre que tous ceux dont les bienfaits, lors de la pesée, l’emporteront sur les mauvais actes.

 

 

 

cas du musulman désobéissant

Pour ce qui est des musulmans désobéissants, nous apprenons à leur sujet que Dieu dit :

] إن الله لا يغفر أن يشرك به ويغفر ما دون ذلك لمن يشاء (…) [

ce qui signifie :

« Certes, Dieu ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui, et pardonne tout autre péché moindre (que l’association) à qui Il veut (…). »

 (Qour’an 4/116)

 

C’est dire qu’une partie de ces désobéissants sera pardonnée et entrera au Paradis sans aucun châtiment préalable, tandis que l’autre n’entrera au Paradis, pour y demeurer éternellement, qu’après avoir subi un juste châtiment dans l’Enfer.

 

En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit :

يخرج من النار من قال لا إله إلاّ الله وفي قلبه وزن ذرّة من إيمان

ce qui signifie :

« Sortira de l’Enfer quiconque meurt avec le minimum de croyance –c’est-à-dire avec la bonne croyance en Dieu et en Son prophète–. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

cas du mécréant

Quant aux non-croyants, ils n’auront pas le moindre poids sur le plateau des bienfaits, car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la bonne croyance. En essayant vainement de traverser le pont (As–Sirat), ils seront précipités dans l’Enfer pour y demeurer éternellement. C’est dire que les bienfaits des mécréants (kouffar) ne leur seront d’aucun profit au Jour du Jugement. Car Dieu dit :

 والذين كفروا أعمالهم كسراب بقيعة يحسبه الظمآن ماء حتى إذا جاءه لم يجده شيئا (…) [

ce qui signifie :

« Les œuvres des incrédules sont semblables à un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau jusqu’à ce qu’il l’atteigne. Il n’y trouve rien (…). »

 (Qour’an 24/39)

 

Il y a encore cet autre verset où Dieu dit :

] قل هل ننبئكم بالأخسرين أعمالا الذين ضل سعيهم في الحياة الدنيا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا  أولئك الذين كفروا بآيات ربهم ولقائه فحبطت أعمالهم فلا نقيم لهم يوم القيامة وزنا [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) : -Voulez-vous que nous vous fassions connaître quels sont ceux dont les actes sont les plus inutiles, et ceux dont les efforts se perdent dans la vie de ce monde alors qu’ils pensent avoir bien agi ?-

Tels sont ceux qui ne croient pas aux preuves évidentes de l’unicité de leur Seigneur et au Jour Dernier. Leurs actions sont vaines et Nous (Dieu) n’attribuerons aucun poids à leurs œuvres au Jour de la Résurrection. »

 (Qour’an 18/103 à 105)

 

Par conséquent, le plus grand bien qu’on puisse souhaiter à un mécréant est qu’il devienne musulman.

 

CHAPITRE 6

CROYANCE en la PRéDESTINATION

Définition

La prédestination est un attribut de Dieu par lequel Il régit les choses selon Sa volonté et Sa science, pour les faire exister dans le moment qu’Il a voulu. En effet, Dieu dit :

] ما أصاب من مصيبة في الأرض ولا في أنفسكم إلا في كتاب من قبل أن نبرأها إن ذلك على الله يسير لكيلا تأسوا على ما فاتكم ولا تفرحوا بما آتاكم والله لا يحب كل مختال فخور 

ce qui signifie :

« Nul malheur n’atteint la Terre ni vos personnes qui ne soit enregistré dans la Table Préservée avant que Nous l’ayons créé, et cela est certes facile à Dieu. Nous vous en informons afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni que vous exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Dieu n’aime pas les présomptueux »

 (Qour’an 57/22-23)

 

Il est à noter que les attributs de Dieu ne changent pas, par conséquent les précautions que nous prenons ou les invocations [40] que nous faisons ne peuvent en rien changer ce que Dieu nous a prédestiné.

Ainsi, la croyance en la prédestination –du bien et du mal, de la douceur et de l’amertume, de la richesse et de la pauvreté, de la santé et de la maladie, etc.– est une condition pour être musulman. Cette croyance comporte deux affirmations :

 

1. Croire que Dieu, par Sa science et Sa volonté :

 

•   sait et veut de toute éternité [41] ce que les gens font et feront avant leur existence : bien ou mal, obéissance ou désobéissance, réussite ou échec, etc.

•   sait et veut de toute éternité qui sera parmi les gens du Paradis et qui sera parmi les gens de l’Enfer, et que c’est Lui (Dieu) Qui détermine la récompense –la réjouissance physique et spirituelle– ou la punition –le châtiment physique et spirituel– qu’ils méritent à cause de leurs actes volontairement accomplis.

 

2. Croire que les actes des gens sont non seulement prédestinés, mais qu’ils s’accomplissent conformément à la science et à la volonté de Dieu.

 

Dieu le Tout-puissant a fait que tout soit inscrit sur la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh) comme nous l’apprend le Qour’an :

] إنا نحن نحيي الموتى ونكتب ما قدموا وآثارهم وكل شىء أحصيناه في إمام مبين [

ce qui signifie :

« C’est Nous (Dieu) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu’ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Livre clair. »

 (Qour’an 36/12)

 

Pour mieux rapprocher les idées, prenons l’exemple de quelqu’un qui sort pour aller à son propre mariage. En cours de route, il est victime d’un accident et décède. Il est évident qu’il n’a pas fait ce qu’il voulait faire. Nous comprenons bien que ce qui nous atteint est inévitable, et ce à quoi nous échappons ne devait pas, sans doute aucun, nous atteindre. Dès lors, les précautions que l’on prend ne changent en rien le caractère déterminé des choses.

 

Ainsi, dans son livre intitulé « Al-Wasiyyah« , l’Imam Abou Hanifah résume tout cela en disant :

نقرُّ بأن العبد مع جميع أعماله وإقراره ومعرفته مخلوقا،

ce qui signifie :

« Nous confirmons que les esclaves de Dieu ainsi que leurs œuvres, leurs paroles et leur savoir sont des créatures de Dieu. »

 

D’où cette vérité :

Toutes les créatures –dont le bien et le mal, l’immensité et la petitesse, la douceur et l’amertume, la guidée et l’égarement, etc.– existent par la toute-puissance de Dieu, conformément à Sa science et à Sa volonté.

 

Comment comprendre la Prédestination ?

Nous savons que Dieu est le seul Dispensateur des biens et que tout vient de Lui. Cependant, nous agissons selon nos possibilités en cherchant à susciter les causes, tout en ignorant ce qui nous a été prédestiné. Chacun doit suivre le bon chemin en sachant que sa responsabilité sera engagée pour tout acte qu’il aura commis volontairement.

 

C’est dire que notre croyance en la prédestination ne signifie pas que l’homme doit perdre toute initiative, en restant les bras croisés, dans l’attente des événements. Nous devons agir en conformité avec les prescriptions de Dieu, car nous ne connaissons pas le futur. Ce n’est qu’après le déroulement des faits que nous pourrons savoir ce qui nous avait été prescrit. Cherchons donc à agir dans le bien, avec l’aide de Dieu.

 

CHAPITRE 7

SUPPLICES et DéLICES de la TOMBE

Avant de connaître certains supplices ou délices de la tombe, la personne décédée devra, au préalable, répondre à la question des anges Mounkar et Nakir.

 

Notons que les prophètes, les martyrs de la guerre sainte et les enfants non pubères sont exemptés de la question posée dans la tombe.

 

Qu’en est-il de la question dans la tombe ?

D’après une Tradition juste, ‘Anas Ibnou Malik rapporte que le Prophète r a dit :

الْعَبْدُ إِذَا وُضِعَ فِي قَبْرِهِ وَتُوُلِّيَ وَذَهَبَ أَصْحَابُهُ حَتَّى إِنَّهُ لَيَسْمَعُ قَرْعَ نِعَالِهِمْ أَتَاهُ مَلَكَانِ فَأَقْعَدَاهُ فَيَقُولَانِ لَهُ مَا كُنْتَ تَقُولُ فِي هَذَا الرَّجُلِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَقُولُ أَشْهَدُ أَنَّهُ عَبْدُ اللَّهِ وَرَسُولُهُ فَيُقَالُ انْظُرْ إِلَى مَقْعَدِكَ مِنَ النَّارِ أَبْدَلَكَ اللَّهُ بِهِ مَقْعَدًا مِنَ الْجَنَّةِ قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّه عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَيَرَاهُمَا جَمِيعًا وَأَمَّا الْكَافِرُ أو الْمُنَافِقُ فَيَقُولُ لاَ أَدْرِي كُنْتُ أَقُولُ مَا يَقُولُ النَّاسُ فَيُقَالُ لاَ دَرَيْتَ وَلاَ تَلَيْتَ ثُمَّ يُضْرَبُ بِمِطْرَقَةٍ مِنْ حَدِيدٍ ضَرْبَةً بَيْنَ أُذُنَيْهِ فَيَصِيحُ صَيْحَةً يَسْمَعُهَا مَنْ يَلِيهِ إِلاَّ الثَّقَلَيْنِ

ce qui signifie :

« Lorsque l’homme est à peine déposé dans sa tombe, lorsque les siens viennent de le quitter et qu’il entend résonner le bruit de leurs pas, viennent à lui deux anges qui le font asseoir et qui lui posent la question suivante : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad ? (…) »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Selon la réponse qu’il donne, sa tombe sera pour lui un jardin du Paradis jouissance– ou un antre de l’Enfer –en terme de châtiment–. En effet, dans la tombe, l’âme revient au corps conformément au Hadith dans lequel ^Abdou l-Lah, fils du Calife ^Oumar, dit que le Prophète r parla un jour de l’épreuve de la tombe –c’est-à-dire de la question des anges dans la tombe–. C’est alors que ^Oumar demanda :

أترد علينا عقولنا يا رسول الله قال نعم كهيئتكم اليوم قال فبفيه الحجر.

ce qui signifie :

« Est-ce que la raison nous reviendra ô Messager de Dieu ? –“Oui, tout comme êtes maintenant”, répondit-il. –“Alors il n’y a plus rien à ajouter” dit ^Oumar. »

(Hadith rapporté par l’Imam Ahmad)

 

Le cas des prophètes est encore plus révélateur, car non seulement la terre n’assimile pas leur corps [42], mais ils sont vivants dans leur tombe. En effet, d’après Anas Ibnou Malik, le Prophète r a dit:

(…) الأنبياء أحياء في قبورهم يصلون (…)’

ce qui signifie :

« (…) Les prophètes sont vivants dans leur tombe et ils prient [43](…) »

                        (Hadith rapporté par Al-Bayhaqiyy)

1. SUPPLICES DE LA TOMBE

À la question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? le mécréant, dont l’hypocrite [44], tout paniqué et terrorisé laissera échapper : – Je ne sais pas… je répétais ce que les gens disaient ! Sur ce, les anges lui objecteront : – Nous savions en fait ce que tu disais. Tu n’as donc rien su de la vérité et tu ne l’as pas suivie ! Avec un marteau de fer, ils lui assèneront un coup violent entre les oreilles –au-dessus de la nuque– qui lui fera pousser un hurlement qu’entendront tous ceux qui sont alentour, à l’exclusion des jinn et des humains. Une montagne s’effondrerait sous l’effet d’un tel coup, mais Dieu maintiendra le mécréant conscient pour qu’il endure cette terrible souffrance. La Terre recevra l’ordre de le comprimer jusqu’à ce que ses côtes s’entrecroisent –les grands pécheurs musulmans subiront une pression de la terre moindre– et il connaîtra l’angoisse de la solitude et de l’obscurité la plus totale ; des serpents, des scorpions et d’autres bêtes effrayantes l’assailliront de toute part. Lorsque son corps se sera désintégré, son âme descendra à « Sijjin« , un lieu de châtiments atroces pour elle dans la septième Terre. Il ne cessera de subir ainsi des châtiments jusqu’à ce qu’il soit, après la résurrection et le Jugement Dernier, précipité, corps et âme réunis, dans l’Enfer pour y demeurer éternellement.

 

À propos du châtiment de la tombe subi par les mécréants, nous apprenons que Dieu dit :

] النار يعرضون عليها غدوا وعشيا ويوم تقوم الساعة أدخلوا آل فرعون أشد العذاب [

ce qui signifie :

« Matin et soir, l’Enfer leur est présenté ; et le Jour Dernier, introduisez Pharaon et ses acolytes en Enfer pour qu’ils subissent les plus atroces des châtiments. »

 (Qour’an 40/46)

ou encore :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Quiconque se sera détourné de Mon Com­mandement mènera une vie pénible –dans la tombe– (…). »

 (Qour’an 20/124)

Tel est le sort réservé à celui qui meurt mécréant, qu’il s’agisse de celui qui n’a jamais été musulman ou de celui qui est sorti de l’Islam en devenant apostat (mourtadd). Les enfants non musulmans et non pubères ne connaissent ni délices, ni supplices dans la tombe.

2. DÉLICES DE LA TOMBE

À la même question : – Que disais-tu de cet homme (appelé) Mouhammad r ? Le Croyant pieux répond : – Je témoigne qu’il est l’esclave de Dieu et Son prophète. Et les deux anges de lui dire : –Certes, nous savions que tu disais cela.

 

Alors Dieu fait que sa tombe s’illumine d’une lumière comparable à celle de la pleine lune et s’élargisse de soixante-dix coudées [45] sur soixante-dix coudées. Afin d’accroître sa jouissance, les anges lui présenteront deux emplacements en disant : – Regarde la place que tu aurais occupée –autrement– en Enfer, mais que Dieu a remplacée par cette demeure au Paradis.

 

Pour nous donner une idée de cette jouissance spéciale, le Prophète r explique qu’on dira à ce croyant : Dors ! Alors, comme le nouveau marié, il dormira du sommeil dont il n’aimerait être réveillé que par sa bien-aimée.

 

Tous ces délices ne sont qu’un prélude par rapport à ce qui l’attend au Paradis où Dieu a réservé pour Ses esclaves pieux ce qu’aucun œil n’a vu, aucune oreille n’a entendu et aucun esprit n’a imaginé. En effet, Dieu dit :

] ومن أعرض عن ذكري فإن له معيشة ضنكا (…) [

ce qui signifie :

« Aucune âme ne sait quelle félicité lui est réservée en récompense de ses actions. »

 (Qour’an 32/17)

C’est dans ce sens qu’on comprend mieux la parole suivante du Prophète r :

الدنيا سجن المؤمن وسَنَتُهُ، فإذا فارق الدنيا فارق السِّجنَ والسَّنةَ.

qui signifie :

« La vie d’ici-bas est comme une prison et un lieu de fatigue pour le croyant pieux ; en quittant cette vie, il quitte la prison et le lieu de fatigue. »

 (Hadith rapporté par Ibnou Hibban)

 

Ceci bien entendu par rapport à ce qu’il connaîtra comme jouissance, aussi bien dans la tombe qu’après.

 

Celui qui veut jouir du délice de la tombe doit pour cela faire toutes les obligations –prières, jeûne, etc.– et s’éloigner des péchés, par crainte de Dieu.

 

Qu’en est-il des musulmans désobéissants ?

Définition

Le musulman désobéissant est celui qui, par exemple :

 

• buvait de l’alcool

• ne faisait pas la prière en son temps, ou ne l’accomplissait pas du tout

• s’adonnait à la fornication ou tout autre grand péché –autre que la mécréance–

 

Ces musulmans-là méritent le châtiment de la tombe [46] s’ils meurent sans se repentir. Mais ils seront en deux groupes :

 

1.  Ceux qui seront graciés et ne subiront pas, de ce fait, le supplice de la tombe

 

2.           Les autres, qui connaîtront ce châtiment, sans toutefois qu’il égale celui que subissent les mécréants. Ainsi, ils endureront la solitude et l’obscurité de la tombe, le resserrement de la tombe sur eux, mais ils ne recevront pas de coups derrière la nuque, par exemple. En outre, le châtiment que subira une partie d’entre eux en Enfer ne sera jamais éternel, car Dieu a interdit à l’Enfer de garder éternellement quiconque aura témoigné sincèrement de son adhésion à l’Islam.

 

Ainsi, après avoir subi le châtiment de l’Enfer, ils entreront définitivement au Paradis.

 

Une Tradition rapportée par Ibnou ^Abbas, que Dieu l’agrée, et d’autres spécialistes du Hadith (Mouhaddith) donne la preuve que le musulman désobéissant peut subir le châtiment de la tombe. En effet, alors qu’il passait auprès de deux tombes, le Prophète r a dit :

إِنَّهُمَا لَيُعَذَّبَانِ وَمَا يُعَذَّبَانِ فِي كَبِيرٍ أَمَّا أَحَدُهُمَا فَكَانَ لاَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْبَوْلِ وَأَمَّا الآخَرُ فَكَانَ يَمْشِي بِالنَّمِيمَةِ ثُمَّ أَخَذَ جَرِيدَةً رَطْبَةً فَشَقَّهَا نِصْفَيْنِ فَغَرَزَ فِي كُلِّ قَبْرٍ وَاحِدَةً قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ لِمَ فَعَلْتَ هَذَا قَالَ لَعَلَّهُ يُخَفِّفُ عَنْهُمَا مَا لَمْ يَيْبَسَا

ce qui signifie :

« Ces deux morts sont suppliciés dans leurs tombes pour des péchés qui ne paraissent pas graves aux yeux des gens. Pourtant si ! L’un d’eux ne se préservait pas de son urine [47] et l’autre rapportait les paroles des uns aux autres pour semer la discorde (namimah). Le Prophète prit une feuille de palmier et après l’avoir séparée en deux, en planta une moitié sur chaque tombe. Les compagnons dirent : Ô Messager de Dieu, pourquoi fais-tu cela ? Il répondit : Il se peut que cela atténue ce qu’ils endurent tant qu’elles n’auront pas séché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy)

 

Il faut donc se préserver de l’urine, car selon un Hadith rapporté par Abou Dawoud, la plupart des châtiments de la tombe sont dus à ce péché.

 

Remarque

Dans un Hadith rapporté par At–Tabaraniyy, le Prophète r nous a appris que la lecture quotidienne d’une sourate du Qour’an qui n’a que trente versets préserve du châtiment de la tombe. Il s’agit de la sourate « Al-Moulk« , c’est-à-dire le chapitre 67.

 

Que devient l’âme après la désintégration du corps ?

Lorsque le corps est décomposé par la terre, à l’exception d’un os infime –appelé ^Ajbou dh-Dhanab– de la taille d’un grain de moutarde à la base du coccyx, l’âme du pieux va au Paradis, et celle du musulman désobéissant reste maintenue entre ciel et Terre ou peut atteindre le premier ciel.

 

Quant à l’âme du mécréant, elle ira à Sijjin, un lieu de châtiment situé dans la septième Terre [48]..

 

 

S’agissant des martyrs, dont le corps ne se décompose pas, leur âme monte directement au Paradis sans intégrer la tombe, pour prendre place dans le gosier d’oiseaux verts. Cette âme au Paradis a une a des effetsinfluence sur le corps comme le soleil en a sur nous.

Les oiseaux verts mangent des fruits du Paradis, se posent sur les branches des arbres du Paradis, ils volent et ont des niches accrochées sous le Trône.

 

 

 

 

CHAPITRE 8

LA MÉCRÉANCE

1. QU’EST-CE QUE LA MÉCRÉANCE ?

Définition

La mécréance est toute croyance, tout acte ou toute parole qui marque du dédain, du mépris envers Dieu, Ses Livres, Ses prophètes, Ses anges, Ses Lois, Sa promesse ou Ses menaces, les pratiques et symboles de l’Islam, etc.

 

Pour ce qui est des croyants, Dieu dit :

] إنما المؤمنون الذين آمنوا بالله ورسوله ثم لم يرتابوا (…) [

ce qui signifie :

« Les croyants sont ceux qui croient en Dieu et en Son messager et qui ne doutent point (…). »

 (Qour’an 49/15)

 

Dieu a révélé dans tous Ses Livres –notamment la Torah, l’Évangile et le Qour’an– que celui qui meurt mécréant ira en Enfer pour y demeurer éternellement, sans fin ni répit. C’est ce qui ressort du Qour’an, dans lequel Dieu dit :

] إن الذين كفروا وصدوا عن سبيل الله ثم ماتوا وهم كفار فلن يغفر الله لهم [

ce qui signifie :

« Dieu ne pardonnera pas à ceux qui font de la mécréance et qui écartent les hommes de la voie agréée par Dieu, puis meurent en étant mécréants. »

 (Qour’an 47/34)

 

C’est donc le péché le plus grave qu’une personne puisse commettre. Aussi, depuis Noé, tous les prophètes mettent-ils leur communauté en garde contre la mécréance sous toutes ses formes, avec ou sans association.

 

1. La mécréance avec association consiste à adorer autre que Dieu ou quelque chose avec Dieu. C’est par exemple :

 

• croire qu’il y a plusieurs dieux

• attribuer à Dieu un fils, une compagne ou tout autre associé

• etc.

 

2. La mécréance sans association consiste, entre autres, à :

 

• blasphémer –exprimer des paroles moqueuses, rabaissantes ou injurieuses– contre Dieu, l’un de Ses prophètes, l’un de Ses anges

• croire qu’une autre religion que l’Islam est agréée par Dieu

• se moquer d’un des emblèmes de l’Islam, comme la Ka^bah

• déclarer illicite une chose licite –permise– selon le Qour’an et la Tradition du Prophète (Sounnah) et connue comme telle par les musulmans ; ou inversement déclarer licite, par exemple, la viande interdite à la consommation selon la Loi islamique, l’alcool, ou l’adultère

• croire en quelque chose qui contredit les fondements de l’Islam, comme par exemple la réincarnation

• ne pas croire en la prophétie de Mouhammad r ; ou croire qu’il n’est pas le sceau des prophètes, même si l’on croit en l’unicité de Dieu et qu’Il n’a pas de ressemblance avec Ses créatures

• nier le statut de prophète d’un des prophètes de Dieu réputé comme tel

• etc.

 

Remarque

Cette liste n’étant pas exhaustive, il est donc important de se référer, à toutes fins utiles, aux règles déjà définies. Sans jamais oublier de demander à ceux qui ont la connaissance, car la science de l’Islam, avec l’aide de Dieu, guide, dirige et sauve, alors que l’ignorance égare, trompe et ruine.

 

Il est à noter ici que commettre de la mécréance ou aider à en faire aboutit au même résultat, c’est-à-dire à la sortie de l’Islam, avec ses conséquences désastreuses. Par conséquent, si quelqu’un demande à tout musulman, ou même à un imam qui est en train de faire le prêche du vendredi : – Que dois-je faire pour entrer dans l’Islam ? il doit sans tarder lui dire de faire les deux témoignages. Par contre, s’il le retarde exprès en répondant “attends que je finisse”, cela équivaut à agréer la mécréance. Et celui qui agrée la mécréance d’un autre devient lui-même mécréant.

2. MANIFESTATION DE LA MÉCRÉANCE

Nous demandons à Dieu, le Suprême, de nous préserver de la mécréance, car c’est un véritable abîme.

 

À l’instar de beaucoup d’éminents savants, le Chaykh ^Abdou l-Baçit Al-Fakhouriyy, Moufti [49] de Beyrouth il y a un siècle, a mentionné dans son livre « Al-Kifayah li Dhawi l-^Inayah » que la mécréance se présente sous trois formes :

 

•        la mécréance par la croyance [50] –le cœur–

•        la mécréance par les gestes –les membres par exemple–

•        la mécréance par la parole –la langue–

 

2.1   La mécréance par la croyance

Le siège de ce type de mécréance est dans le cœur. Et Dieu dit :

] ومن لم يؤمن بالله ورسوله فإنا أعتدنا للكافرين سعيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui ne croient pas en Dieu et en Son Messager… alors, Nous (Dieu) leur avons préparé une fournaise ardente. »

 (Qour’an 48/13)

 

Comme exemple, il y a le fait de :

•         nier l’Existence de Dieu

•         croire que Dieu est un corps, un esprit, ou une lumière –le contraire de l’obscurité–

•         donner une ressemblance à Dieu avec Ses créatures, comme croire qu’Il est dans un endroit ou partout

•         nier le statut de prophète du prophète Mouhammad

•         croire que l’Enfer a une fin

•         croire que le châtiment du mécréant dans l’Enfer prendra fin

•         croire que le monde n’a pas de commencement

•         croire que quelque chose échappe à la volonté, à la prédestination, ou à la création de Dieu

•         etc.

 

2.2 La mécréance par les gestes

Dieu dit :

] ومن آياته الليل والنهار والشمس والقمر لا تسجدوا للشمس ولا للقمر واسجدوا لله الذي خلقهن إن كنتم إياه تعبدون [

ce qui signifie :

« Parmi les preuves de Sa puissance, il y a la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni pour le soleil, ni pour la lune, mais prosternez-vous pour Dieu Qui les a créés, si c’est Lui Que vous adorez. »

 (Qour’an 41/37)

C’est aussi le fait de :

 

•        se prosterner pour une idole, une statue, etc.

•        porter une marque ou un objet distinctif d’une autre religion en croyant qu’ils sont à vénérer, qu’ils portent bonheur ou qu’ils sont halal.

•        aider à faire la mécréance, par exemple en accompagnant sa femme non musulmane dans un endroit pour qu’elle y fasse de la mécréance

•        jeter consciemment et volontairement dans un endroit répugnant, comme dans les ordures, le Qour’an, ou tout écrit comportant un des noms de Dieu –tels que Ar-Rahman, Ar-Rahim, etc.–, le nom d’un prophète, d’un ange, ou qui traite de l’Islam en général. En effet, ce geste constitue en lui-même une offense qui fait sortir de l’Islam, même si l’on prétend n’avoir pas voulu manquer de respect

 

Remarque

On peut éviter de tomber dans la mécréance si avant de jeter un de ces écrits –même un journal– :

 

•        on sépare les lettres les unes des autres, afin que celles qui restent ne donnent plus le même mot. Par exemple s’il est écrit Dieu, on peut déchirer une des lettres (soit le D, le E, etc.).

•        on brûle et on réduit le résidu en cendres afin d’effacer toute trace d’écriture.

•        on attache le document à un objet lourd –par exemple un caillou– et on l’immerge au large dans la mer, c’est-à-dire loin des côtes, pour que l’action corrosive du sel le désintègre.

•        ou on a recourt à tout autre moyen qui ne marque pas du mépris

 

En aucun cas, on ne doit le jeter dans les ordures.

 

2.3 La mécréance par la parole

 

Dieu dit :

] ولئن سألتهم ليقولن إنما كنا نخوض ونلعب قل أبالله وآياته ورسوله كنتم تستهزئون لا تعتذروا قد كفرتم بعد إيمانكم [

ce qui signifie :

« Si tu les interroges, ils diront nous ne faisions que discuter et plaisanter. Dis :- Est-ce de Dieu, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne vous cherchez pas d’excuses : vous êtes devenus mécréants après avoir été croyants. »

 (Qour’an 9/65)

 

ou encore :

] يحلفون بالله ما قالوا ولقد قالوا كلمة الكفر وكفروا بعد إسلامهم (…) [

ce qui signifie :

« Ils jurent par Dieu qu’ils n’ont pas dit de la mécréance alors qu’ils sont sortis de l’Islam après avoir été musulmans (…). »

 (Qour’an 9/74)

 

 

Quelques exemples de mécréance par la parole :

 

•        insulter Dieu

•        se rebeller contre Dieu

•        nier le statut de prophète d’un prophète unanimement reconnu comme tel

•        proclamer que Dieu a un fils ou tout autre associé

•        proférer des injures contre un prophète de Dieu en disant, par exemple, qu’il a commis l’adultère ; qu’il a bu ou encouragé les gens à boire du vin ; qu’il s’est emparé de la femme d’un autre ; qu’il encourt la malédiction de Dieu, etc.

•        insulter un ange

•        se moquer d’une loi islamique connue et admise par l’unanimité des savants, ou la réfuter

•        déclarer licite quelque chose qui est unanimement connu comme étant illicite, ou vice versa

•        etc.

 

Cette troisième sorte de mécréance est de loin la plus répandue. En effet, Abou Wa‘il dit que Ibnou Mas^oud, le grand compagnon du Prophète r, est monté une fois sur la colline de Safa à La Mecque, et s’est adressé à sa langue en disant :

يا لسانُ قُل خيرًا تَغنَم، واسكت عن شرّ تسلم، من قبل أن تندم، إني سمعت رسول الله r يقول : -أكثر خطايا ابن آدم من لسانه-.

ce qui signifie :

« Ô langue ! dis du bien, tu y gagneras. Et abstiens-toi de dire du mal, tu seras sauvée, avant de le regretter. Car j’ai entendu le Messager de Dieu dire que la plupart des péchés du fils d’Adam provient de sa langue. »

 (Hadith rapporté par At–Tabaraniyy)

 

Celui donc qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise, car d’après Abou Hourayrah, le Prophète r a dit :

إِنَّ الْعَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ مَا يَتَبَيَّنُ فِيهَا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ ممَا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ

ce qui signifie :

« Certes, il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer d’une distance plus grande que celle qui sépare l’Orient de l’Occident. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Ce Hadith est la preuve qu’on peut tomber dans la mécréance sans :

 

1. Connaître les règles sur la mécréance

 

2. Croire à la signification de la parole prononcée –comme celui qui dit à un autre « fils de Dieu » ; il sort de l’Islam même s’il est convaincu que Dieu n’a pas de fils–

 

3. Agréer par le cœur cette mécréance. Ce n’est pas comme le prétend un certain Sayyid Sabiq dans son livre « Fiqhou s-Sounnah » où il affirme qu’on ne dit d’un musulman qu’il est sorti de l’Islam, et qu’on ne le déclare apostat (mourtadd ) que s’il a le cœur qui s’est ouvert à la mécréance, qu’il l’agrée et qu’il est passé à l’acte. Il s’est basé pour cela sur un verset qui se rapporte à celui qui commet de la mécréance sous la contrainte, et dans lequel Dieu dit :

] من كفر بالله من بعد إيمانه إلا من أكره وقلبه مطمئن بالإيمان ولكن من شرح بالكفر صدرا فعليهم غضب من الله ولهم عذاب عظيم [

ce qui signifie :

« Celui qui fait de la mécréance envers Dieu après avoir été croyant, y compris celui qui agrée délibérément la mécréance sous la menace de mort, encourt le châtiment de Dieu et subira un châtiment terrible. Sauf si le cœur de celui qui subit la menace de mort demeure ferme dans la foi. »

 (Qour’an 16/106)

Il a ainsi pris cette partie du verset « (…) celui qui agrée délibérément la mécréance (…) » pour soutenir ses propos déviants et a laissé insidieusement le reste qui, au contraire, montre bien que seul celui qui, sous la menace de mort, fait de la mécréance tout en la refusant dans son cœur ne sort pas de l’Islam. En effet, on comprend que Dieu dit : « (…) Sauf si le cœur de celui qui sous la menace de mort demeure ferme dans la foi. » Cela ne signifie nullement que celui qui, n’étant pas sous la menace de mort, peut s’attendre à la clémence de Dieu s’il prononce de la mécréance même sans l’agréer dans son cœur.

 

Sayyid Sabiq a encore employé la même manœuvre avec cette autre partie du Hadith où l’on comprend que le Prophète r dit : « Certes, les actes ne valent que d’après l’intention (…) » pour affirmer que si on n’a pas l’intention d’accomplir un mauvais acte –comme la mécréance–, mais qu’on le commet quand même, on n’encourt pas le châtiment de Dieu. Or la suite du Hadith montre que le prophète Mouhammad r a voulu dire par cela « les actes d’adoration et non tous les actes », ceux qui sont agréés par Dieu et non tous les actes, car il dit :

إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّات وَإِنَّمَا لكل امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ فَهِجْرَتُهُ إِلَى اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ لَدُنْيَا يُصِيبُهَا أو امْرَأَةٍ يَنكحها فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْه

ce qui signifie :

« Certes, les –bons– actes ne valent que d’après l’intention, et chacun sera rétribué selon ce qu’il a entendu faire –en accomplissant ce bon acte– : à celui qui a accompli son émigration pour obéir à Dieu et à Son Messager, son émigration lui sera comptée conformément à son intention ; et celui qui a accompli son émigration pour obtenir quelque chose de ce monde ici-bas ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée pour ce qu’il a recherché. »

 (Hadith rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim)

 

Le bon acte ici consistait à accomplir l’obligation d’émigrer de La Mecque à Médine pour obéir à Dieu et à Son prophète.

 

Demandez donc à Sayyid Sabiq ce qu’il dirait au sujet de quelqu’un qui a forniqué. Va-t-il lui citer ce Hadith pour voir quelle était son intention ? Ou bien encore, est-ce qu’on demande à celui qui est en train de boire de l’alcool quelle est son intention ? Que dire alors de la mécréance qui est beaucoup plus grave que ces deux cas !

 

On le voit, son ignorance l’a conduit à ouvrir en grand les portes à la mécréance. Selon lui, quelqu’un pourrait commettre une telle abomination et se réfugier derrière cette argumentation fantaisiste et farfelue ; ce qui n’est pas une excuse, car on comprend que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Certes il arrive que l’esclave prononce une parole dans laquelle il ne voit pas de mal et à cause de laquelle il chutera dans l’Enfer (…) ». Cela signifie qu’il ne voit rien de nuisible dans ce qu’il a dit –à cause de son ignorance– alors qu’il est pourtant sorti de l’Islam.

 

Tout cela est la preuve qu’il y a un abîme entre Sayyid Sabiq et le rang des savants de l’Islam. Prenons donc soin de suivre les véritables savants qui nous mettent en garde contre la mécréance, car celle-ci, sous n’importe quelle forme, est une souillure dont il faut se purifier le plus résolument et le plus rapidement possible. En effet, Dieu ne pardonne pas à ceux qui meurent mécréants ; et personne ne connaît le jour et l’heure de sa mort. Il faut ainsi redouter la mécréance comme on redoute de tomber dans le feu de l’Enfer. Rappelons-nous que Dieu dit :

] ما يلفظ من قول إلا لديه رقيب عتيد [

ce qui signifie :

«  La personne ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui –les deux anges– Raqib et ^Atid »

 (Qour’an 50/18)

3. CONSÉQUENCES DE LA MÉCRÉANCE

Dès que la mécréance est commise, ses conséquences sont immédiates et catastrophiques pour son auteur, à moins qu’il ne s’agisse d’une exception comme celles qui suivent :

 

1. Celui qui est contraint de faire la mécréance sous la menace directe de mort ou de l’amputation du bras ou de la jambe, et dont le cœur n’agrée pas la mécréance comme cela s’est passé avec ^Ammar Ibnou Yaçir. En effet, il fut contraint par les mécréants de La Mecque de blasphémer. Ainsi, alors qu’on le torturait, il dut, sous la menace de mort, insulter le Prophète et faire les louanges de leurs idoles. Par la suite, bouleversé et meurtri, il s’en alla raconter ces faits au Prophète r qui lui demanda ce qui signifie : « Lorsque tu as dit cela, avais-tu le cœur satisfait de la mécréance ? » « Non ! répondit-il ». Alors le Prophète lui dit ce qui signifie : « S’ils refont cela, refais ce que tu as fait », c’est-à-dire si cela devait se reproduire, fais en sorte qu’ils ne te tuent pas.

 

Il doit s’agir d’une menace réelle, sérieuse, directement dirigée contre sa vie, ou indirectement –qu’on le menace de lui couper, par exemple, une jambe ou un bras– et exercée par quelqu’un qui est capable d’exécuter sa menace. Il est évident que le cœur de la victime doit rejeter ce que sa langue prononce.

 

En revanche, quiconque fait de la mécréance sous la contrainte en agréant cela, sort de l’Islam. Il en va de même pour celui qui, délibérément, sans être sous contrainte, blasphème contre Dieu ou un prophète par exemple, que ce soit dans un état de colère, en plaisantant ou en étant sérieux.

 

2. Les paroles involontaires –par exemple répéter involontairement une parole qui contient de la mécréance– et le lapsus de langue (lapsus linguae) : on pense une chose, mais la langue en dit une autre. Il peut y avoir aussi le lapsus d’écriture (lapsus calami), c’est-à-dire substituer involontairement au terme attendu un autre mot.

 

3. Rapporter une mécréance, sans toutefois l’apprécier ou l’agréer, en prenant soin de l’attribuer à son auteur. Ainsi, en rapportant cette mécréance, il devra obligatoirement dire : – Untel a dit ou une formule de ce genre.

 

4. Celui qui dort ou celui qui perd la raison, etc.

 

En dehors des cas d’exception, celui qui commet de la mécréance :

 

•        sort immédiatement de l’Islam et devient apostat (mourtadd).

•        rompt par son acte ses liens de mariage selon l’unanimité des savants dont Malik, Ach-Chafi^iyy, Ahmad et Abou Hanifah, de sorte que toutes relations sexuelles avec le conjoint intervenues dans cet état relèvent de la fornication. Signalons que chez l’Imam Malik, cette rupture des liens du mariage compte même pour un divorce

•        ne peut hériter de quelqu’un, comme on ne peut pas hériter de lui

•        perd la récompense de tous ses bienfaits –prière, Zakat, jeûne, Hajj, etc.–, car Dieu dit :

] (…) ومن يكفر بالإيمان فقد حبط عمله وهو في الآخرة من الخاسرين [

ce qui signifie :

 

«  (…) La récompense de celui qui commet de la mécréance est anéantie –ses bons actes ne lui procureront aucune récompense de la part de Dieu– et dans la vie future, il sera au nombre des perdants. »

 (Qour’an 5/5)

 

•        garde à sa charge tous les péchés qu’il avait déjà commis

•        entrera en Enfer et y demeurera éternellement s’il décède sans revenir à l’Islam

•         


CHAPITRE 9

COMMENT ENTRER dans L’ISLAM

1. CAS DE L’APOSTASIE

Par la riddah [51], le musulman sort de l’Islam et devient mécréant, même s’il prétend le contraire ; il est alors appelé mourtadd. Toute la récompense des bons actes qu’il a déjà accomplis est définitivement anéantie. En effet, celui qui fait sauter sa propre maison à la dynamite ne peut pas, après coup, se prévaloir de ses larmes et de ses différentes lamentations ou protestations pour la réclamer. Au contraire, il devra reprendre la construction, pierre par pierre. C’est ainsi qu’il lui faudra instantanément revenir à ce que Dieu a ordonné, c’est-à-dire l’Islam.

 

Comment faire ?

Il devra immédiatement :

 

•         quitter la mécréance en renonçant complètement à sa cause

•         faire les deux témoignages avec l’intention de rentrer dans l’Islam

 

Il doit au surplus –sans que cela ne soit une condition pour la validité du retour à l’Islam– :

 

•        ressentir du regret pour avoir commis la mécréance

•        avoir l’intention, c’est-à-dire prendre une résolution ferme de ne pas récidiver

 

À noter que c’est seulement à partir du moment où il redevient musulman que les bons actes désormais accomplis lui seront comptés. Car Dieu n’agrée le bien que s’il est la manifestation de la foi musulmane. En effet, Dieu dit :

] ومن يعمل من الصالحات من ذكر أو أنثى وهو مؤمن فأولئك يدخلون الجنة ولا يظلمون نقيرا [

ce qui signifie :

« Ceux qui, hommes ou femmes, accomplissent de bonnes œuvres tout en étant croyants entreront au Paradis ; et ils ne subiront aucune injustice. »

 (Qour’an 4/124)

 

Signalons que le fait de dire : « Pardonne-moi mon Dieu ! » après avoir commis la mécréance n’est pas valable pour rentrer dans l’Islam. Au contraire, c’est formellement interdit, puisque cela constitue un surcroît de mécréance. Car Dieu nous apprend dans le Qour’an qu’Il ne pardonne pas la mécréance. Dès lors, comment peut-on Lui demander pardon tant qu’on est mécréant ?

2. CAS DE LA CONVERSION

Tout moukallaf a l’obligation de se convertir immédiatement à l’Islam, car Dieu dit :

] وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون [

ce qui signifie :

 

« Et Je n’ai créé les jinn et les êtres humains que pour leur ordonner de M’adorer [52]. »

 (Qour’an 51/56)

 

C’est dire que nous devons adorer Dieu sans rien Lui associer. De ce fait, vivre hors de l’Islam et mourir dans cet état –c’est-à-dire dans la mécréance– constitue la pire des pertes que l’être humain puisse s’infliger dans ce monde et dans l’au-delà. Cette situation est d’autant plus grave que Dieu dit :

] مثل الذين كفروا بربهم أعمالهم كرماد اشتدت به الريح في يوم عاصف لا يقدرون مما كسبوا على شىء ذلك (…) [

ce qui signifie :

« Les –bonnes– actions de ceux qui ne croient pas en leur Seigneur sont semblables à de la cendre sur laquelle le vent s’acharne un jour de tempête. Ils ne recevront –au Jour du Jugement– aucune rétribu­tion pour les œuvres qu’ils ont accomplies (…). »

 (Qour’an 14/18)

 

ou encore :

] وقدمنا إلى ما عملوا من عمل فجعلناه هباء منثورا [

ce qui signifie :

« Nous (Dieu) considérerons/jugerons ??? –au Jour du Jugement– les –bonnes– œuvres que les mécréants ont accomplies et ne trouverons que /les rendrons telles ??? de la poussière disséminée. »

 (Qour’an 25/23)

 

Le moukallaf doit donc entrer dans l’Islam sans tarder, en prononçant les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu. En français, cela donne : – Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le messager de Dieu.

Celui qui n’arrive pas à bien prononcer le ح (ha‘) de Mouhammad dira Abou l-Gacim qui est l’un des surnoms du Prophète r. Ainsi, il pourra dire : – Il n’est de dieu que Dieu et Abou l-Gacim est le messager de Dieu.

 

Il n’a besoin pour cela ni de la présence de deux témoins, ni d’aller se doucher préalablement, ni de se rendre dans une mosquée. Il devra néanmoins faire en sorte que, dans des conditions normales d’audition, c’est-à-dire en l’absence de bruit excessif, il puisse entendre –à condition qu’il ne soit ni malentendant ni sourd– ce que prononce sa bouche. Il n’a donc pas besoin de crier de façon inconsidérée, s’il est dans un milieu particulièrement bruyant.

 

Ceux qui se convertissent à l’Islam pour la première fois s’adjugent un grand avantage : tous leurs péchés déjà commis leur sont pardonnés ; c’est comme s’ils venaient de naître.

 

En effet, Dieu dit :

] قل للذين كفروا إن ينتهوا يغفر لهم ما قد سلف (…) [

ce qui signifie :

« Dis (Mouhammad) aux mécréants que s’ils mettent fin –à leur mécréance–, il leur sera pardonné ce qui a précédé (…) »

 (Qour’an 8/38)

 

Pour ce faire, ils doivent nécessairement prononcer les deux témoignages –la chahadah– dans n’importe quelle langue et par toute expression donnant le sens voulu.

 

Celui qui se convertit à l’Islam a la garantie de ne pas rester éternellement dans l’Enfer –même s’il y entre à cause de ses péchés–. Mais pour y échapper totalement, il lui faut s’acquitter des obligations –prière, jeûne, etc.– et se garder des péchés.

 

En conclusion, nous disons que l’adoration de même que la désobéissance, ne profite ni ne nuit à Dieu. Quiconque prend le chemin de la droiture ne le fait que pour son propre avantage, et quiconque s’égare ne le fait qu’à son propre détriment. En tout état de cause, le Qour’an guide vers la voie droite, celle de la félicité éternelle, et annonce aux croyants qui font des bonnes œuvres la bonne nouvelle d’une grande récompense.

 

Faites donc le bon choix avant le jour
où vous n’aurez plus le choix !


[1]   La croyance a son siège dans le cœur.

[2]   Ce sont des corps fins –non denses ni compacts– créés à partir d’une flamme de feu pur ; ils sont aussi concernés par l’appel à l’Islam, et comme chez les êtres humains, on y trouve des mécréants, des musulmans pieux et d’autres pervers. Dieu leur a donné la faculté de prendre différentes apparences, mais ils restent invisibles aux êtres humains sous leur véritable aspect. Ils se marient, procréent, et éprouvent le besoin de manger, de boire. Ils sont soumis aux mêmes règles que nous (prière, jeûne, etc.) avec cependant quelques spécificités dues à leur nature.

[3]   Il s’agit d’un pluriel dit de majesté, qui s’applique à Dieu. Ce n’est donc pas dans le sens de plusieurs dieux.

[4]   Ahlou l-Kitab : il s’agit des Juifs et des Chrétiens. Et on comprend que le Prophète a dit ce qui signifie : « Il n’est de Juif ni de Chrétien qui entende parler de moi, et qui refuse de croire en moi et en ce que j’ai amené, sans qu’il ne fasse partie des gens de l’Enfer. » Hadith rapporté par Mouslim.

[5] L’insistance de Abou Dharr n’impliquait ni impertinence ni désaccord de sa part, mais visait la certitude au cas où il serait interrogé à ce sujet.

[6] Elle peut se faire dans n’importe quelle langue (arabe, chinois, malinké, etc.) et avec toute expression comportant la signification voulue.

[7]  Le muet, en raison de son handicap, ou celui qui meurt subitement au moment de prononcer les deux témoignages sont excusés.

[8]  Cette citation se trouve dans son livre “Mawaridou dh–Dham’an ‘ila zawa’id Ibni Hibban”

[9]   responsable (moukallaf) : pubère, sain d’esprit et à qui est parvenu l’appel à l’Islam, ne serait-ce qu’à travers les deux témoignages, dans toute langue qu’il comprend.

[10]   Salaf : les savants des trois premiers siècles. Ils font référence, parce que le Prophète r a dit ce qui signifie : « Les meilleurs des siècles sont mon siècle, le siècle suivant et le siècle d’après. » Hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et d’autres.

[11]  Gabriel lui avait posé cette question pour que les gens présents dans l’assemblée prennent connaissance de la réponse, et non par ignorance.

[12]  qiyas : effort de recherche soutenu, basé sur la déduction par analogie que seuls les savants aux rangs les plus élevés peuvent mener à bien. Ce n’est donc pas à la portée de n’importe qui.

[13]  Abou Hamid Al-Ghazaliyy est né à Khouraçan, région du nord-est de l’Iran, en 450 H/1058 et est décédé en 505 H/1111.

[14]   Le Trône est, du point de vue volume et masse, le plus grand des corps que Dieu a créés, non pour s’y établir, mais comme manifestation de Sa Puissance. Il constitue le toit du Paradis, qui se trouve au-delà du septième ciel.

[15]   relevant des petits péchés qui ne reflètent aucune bassesse de caractère que les prophètes peuvent éventuellement commettre. En revanche, les Prophètes sont préservés contre la mécréance, les grands péchés et même les petits péchés qui reflètent une bassesse de caractère.

[16]  L’Imam Ahmad Ar-Rifa^iyy est un grand saint, qui est né en Iraq en 512 H/1118 et est décédé en 578 H/1182. Il est le fondateur d’une tariqah, c’est-à-dire une méthode de cheminement sur une des voies tracées par le Prophète.

[17]   Le temps est la mesure de la durée des phénomènes ; autrement dit, c’est le rapport d’un événement à un autre événement. C’est donc une création de Dieu.

[18]  L’Imam Ahmad Ibnou Mouhammad, dit Abou Ja^far At–Tahawiyy, est l’auteur du célèbre livre de référence « Al-^Aqidatou t-Tahawiyyah« , un traité sur la croyance des gens de la droiture –les Sunnites–. Il est né à Taha (Égypte) en 239 H/853 et mourut au Caire en 321 H/933.

[19]  C’est une autre grande création de Dieu, qui est près du Trône.

[20]   Adh–Dhahir ici signifie que les preuves rationnelles témoignent de Son existence, de Sa puissance, de Sa science, de Sa volonté. En effet, toute chose donne la preuve rationnelle de l’existence de Dieu.

[21]   Al-Batin ici signifie Celui Qui sait le fond des choses, leur vérité ; ou encore, c’est Celui Qui n’est pas atteint par les imaginations, et cette dernière explication est la meilleure.

[22]  Il s’agit de Satan, et sa femme porte le surnom d’Oummou Mourrah.

[23]  Dans un Hadith rapporté par l’Imam Ahmad, le compagnon Wathilah Ibnou l-‘Asqa^ rapporte du Prophète r qu’il a dit ce qui signifie : « La Torah est descendue du ciel six nuits écoulées de Ramadan ; l’Evangile après treize nuits ; les Psaumes après dix-huit nuits et le Qour’an la vingt-quatrième nuit de Ramadan. »

[24]   Malgré cette appellation de feuillets, il s’agit bien de Livres.

[25]  Les passages du Qour’an se ressemblent du point de vue de l’éloquence, la justesse, la véracité, la cohérence, la cohésion, etc. et tous convergent vers le même but : l’appel à l’application de l’Islam.

[26]  Dieu l’a fait descendre dans son intégralité au premier ciel en un endroit appelé Baytou l-^Izzah durant la nuit de la Destinée. Puis, étape par étape, il a été révélé au Prophète pendant plus de vingt ans.

[27]   Il y a deux sortes de versets non explicites :

1) ceux dont on ne peut connaître l’interprétation, comme ceux qui traitent de l’instant précis de la fin de ce monde, ou de la descente du Messie sur Terre, etc. Ces choses-là nous sont cachées ; seul Dieu les sait.

2) ceux qu’on peut comprendre en les rapportant aux versets clairs.

[28]   Tous ont eu pour mission d’appeler les gens à l’application de la Religion agréée par Dieu, en leur expliquant Ses Lois. Dieu leur transmet Ses messages sous forme d’une révélation qui leur parvient de trois manières différentes :

– par l’intermédiaire d’un ange qui est généralement Gabriel ;

– par une inspiration authentique, soit dans le rêve, comme ce fut le cas pour le prophète Abraham qui reçut l’ordre d’immoler son fils Ismaël ; soit à l’état d’éveil ;

– sans intermédiaire, comme Moïse qui a entendu la parole divine qui lui était adressée, sans qu’il n’ait pu voir Dieu. Et cette parole n’est ni une voix ni une langue.

[29]   L’incrédulité parmi les hommes n’est apparue qu’après le prophète Enoch (Idris). Et Noé fut le premier prophète envoyé aux mécréants afin de les avertir et de les exhorter à adorer Dieu.

[30]   Les plus élevés en degré parmi les prophètes de Dieu sont : Mouhammad, Abraham, Moïse, Jésus fils de la Sainte Marie et Noé.

[31]  Les prophètes Mouhammad, Houd, Salih et Chou^ayb étaient des Arabes.

[32]   La communauté : elle est formée par tous ceux qui ont suivi et ceux qui suivent encore le Prophète r dans la croyance.

[33]   Lapsus : le fait de dire une parole que l’on ne voulait pas du tout dire.

[34] Les esclaves de Dieu : dans le sens que nous appartenons tous à Dieu, notre Seul Créateur.

[35]  Il était de stature droite et de grande taille, soixante coudées de haut sur sept coudées. Il était éloquent et communiquait avec ses enfants avec des paroles claires et non par des gestes.

[36]  Vitiligo : maladie provoquant la disparition, par plaques, de la pigmentation de la peau.

[37]   Le miracle est différent de la magie que l’on apprend. Ainsi, le miracle est impossible à imiter ou à contrecarrer. Tandis que la magie peut être contrecarrée par une magie semblable.

[38]   Voir explication sur les deux anges Harout et Marout (chapitre 2, page 57).

[39]  Ce sont les Prophètes parmi les descendants des frères du Prophète Joseph.

[40]   Si notre invocation est exaucée, c’est que Dieu l’a voulu de toute éternité ; et si elle n’est pas exaucée, c’est que Dieu ne l’a point voulu. Dans tous les cas, l’invocation est une adoration pour laquelle le croyant sera récompensé au Jour du Jugement.

[41]   Ce que Dieu a su et voulu ne veut pas dire qu’Il a su avant de vouloir. La science et la volonté de Dieu étant deux attributs sans commencement, on peut aussi bien dire : ce que Dieu a voulu et su. Il ne s’agit donc pas d’une succession de cause à effet indiquant un ordre de priorité. La conjonction de coordination « et » n’est pas utilisée pour admettre un ordre dans le temps, parce que Dieu n’a ni début ni de fin à Son existence. C’est pour nous informer que les choses se passent selon la science de Dieu et aussi selon Sa volonté.

[42]  La terre n’assimile pas non plus le corps des martyrs de la guerre sainte et de certains saints, comme cela a été constaté à maintes reprises en beaucoup d’endroits. Ainsi, le corps du grand mouhaddith Ibnou s–Salah fut retrouvé intact huit siècles après sa mise en terre.

[43]  Il ne s’agit pas d’une prière obligatoire, mais c’est un délice.

 

[44]  C’est celui qui prononce les deux témoignages alors que dans son for intérieur il déteste l’Islam ou doute de sa véracité.

[45]   Une coudée correspond à quarante cinq cm, environ. Pour certains, elle s’agrandit à perte de vue, et ce même s’il y avait vingt pieux les uns à côtés des autres. En effet, Dieu est le Tout-Puissant.

[46]  Le Prophète r a dit ce qui signifie : « Demandez la protection de Dieu contre le châtiment de la tombe. » Rapporté par Al-Boukhariyy.

[47]  Comment se préserve-t-on de l’urine ? On s’assure d’abord qu’on a bien fini d’uriner, et on se nettoie ensuite selon la méthode islamique, afin de ne tacher ni son corps ni ses habits.

[48] De même qu’il y a sept cieux, les Terres sont également au nombre de sept. Elles ont une épaisseur de cinq cents ans, et sont séparées les unes des autres par une distance de cinq cents ans.

[49]  Moufti : savant et dignitaire musulman chargé de donner des décrets dans le domaine de la religion conformément au Qour’an, à la Sounnah et à l’Unanimité des jurisconsultes antérieurs.

[50]  Les pensées furtives inspirées par satan, qui traversent l’esprit, mais sans que le cœur y adhère ne font pas tomber dans la mécréance.

[51]  riddah : terme proche de l’apostasie ; il s’agit de toute mécréance commise par un musulman.

La plus odieuse sorte de mécréance qui apparaît sous trois formes : croyance, gestes et parole.

[52]  Ceci ne signifie pas que Dieu a voulu que chacun des jinn et des hommes L’adore, car si c’était le cas il n’y aurait pas eu un seul mécréant. En effet, nous comprenons que Dieu dit ce qui signifie : « Si ton Seigneur (Dieu) l’avait voulu, tous les habitants de la Terre auraient cru. » (Qour’an 10/99).

Question diverses : rêves, zone de pudeur et Famille du prophète

Posted in cours général,Histoire,islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 29, 2011

La louange est à Allah le Seigneur des mondes, Seigneur accorde nous dans ce bas monde un bienfait et dans l’au-delà un bienfait et préserve nous du châtiment de l’enfer. Seigneur,  pardonne nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés en étant croyants. Ô Allah pardonne aux croyants et aux croyantes, aux musulmans et aux musulmanes, les vivants d’entre eux et les morts, fais nous miséricorde dans cette vie du bas monde et dans le barzakh et au Jour du Jugement.

Question : est-ce qu’il est licite à la femme mariée de dévoiler son visage ?

Réponse : le visage ne fait pas partie de la zone de pudeur selon l’unanimité mais si elle cache son visage, c’est mieux. L’imam Malik dit dans son livre réputé « al-Mouwatta’ » « Il est permis à l’homme de manger lui et son épouse avec un autre homme » c’est-à-dire si elle cache sa zone de pudeur, il lui est permis de manger en présence d’homme tout en ayant son visage dévoilé parce que l’homme, quand il mange, il dévoile son visage.

Question : le Messager a vu dans le rêve que ad-Dajjal tournait autour de la Ka^bah, or ad-Dajjal n’entrera pas à la Mecque, c’est ce qu’a dit le Messager.

L’interprétation de ce rêve n’est pas selon le sens apparent. Ce n’est pas tout ce que la personne voit dans le rêve même ce que le Messager a vu dans le rêve, ce n’est pas tout cela qui est expliqué selon le sens apparent. Il y a une partie de ce que le Messager a vu dans le rêve qui est interprété selon le sens apparent et il y a une partie qui a une interprétation qui n’est pas le sens apparent. Que dire alors de ce que voit un des membres de sa communauté. Si par exemple, il lui a serré la main ou qu’il a fait telle et telle chose avec lui, comment expliqué cela selon le sens apparent. Mais on dit plutôt « il est possible que ce soit selon le sens apparent et il est possible que ce ne soit pas selon le sens apparent et que ce soit à interpréter.

Une autre question : c’est un devoir pour nous d’aimer les quatre califes bien guidés, nous n’avons pas à critiquer l’un d’entre eux, eux ils s’aimaient entre eux, pourquoi nous nous faisons la différence.

Il n’est pas permis de distinguer entre eux en aimant certains et en détestant les autres. Il a été confirmé de l’acte de cela, ce qui indique une manière forte qu’ils s’aimaient tous et que chacun d’entre eux aimait l’autre. Il a été confirmait que Abou Bakr avait porté Al-Haçan le fils de ^Aliyy sur ses épaules et que ^Aliyy était avec lui et il disait « Par mon père, tu ressembles plus au Prophète, tu ne ressemble pas à ^Aliyy » et ^Aliyy souriait. Abou Bakr a fait la prière de l’^Asr puis il était sorti en marchant et avec lui, il avait ^Aliyy. C’est alors qu’il a vu Al-Haçan jouer avec les enfants. Il l’a porté sur ses épaules et il lui a dit cela » rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres. C’est une forte preuve de l’amour qu’il y avait entre eux et de la pureté de leur relation. Ce n’était pas une relation légère mais c’était un amour profond. Parmi les preuves à ce sujet c’est que ^Oumar avait demandé en mariage Oummou Kalthoum qui était la fille de Fatima et de ^Aliyy mais ^Aliyy lui a dit « Elle est encore jeune », ^Oumar lui a dit « Je voudrais quand même l’épouser » alors ^Aliyy lui a dit « Je vais l’envoyer vers toi, si elle te plaît, alors ce sera ta femme ». Il le lui a envoyée, il a dit à sa fille « Va voir l’Emir des croyants et tu lui dis « est-ce que al-houllah  t’a plu ». Alors, elle est partie, elle lui a dit « Ô Emir des croyants, mon père te dit « est-ce que al-houllah  t’a plu ? » alors ^Oumar lui a dit « Oui, j’ai accepté ». ^Aliyy comprenait le sens et ^Oumar aussi mais elle, Oummou Kalthoum, elle pensait que par « al-houllah » c’était un vêtement, or ce qui était visé, c’est autre que cela. ^Aliyy a donné en mariage sa fille Oummou Kalthoum a ^Oumar, elle lui a donné un garçon qui s’appelle Zayd qu’on appelait Dhoul Hilalayn en raison de son honneur, parce qu’il avait un honneur des deux côtés, il était le fils de ^Aliyy et le fils de ^Oumar Ibnou-l-Khattab puis elle est décédée à l’époque des omeyades, elle et son fils Zayd. Abou Hourayrah a fait la prière funéraire en leur faveur et un autre parmi les omeyades, parmi les gouverneurs.

Mouhammad Al-Bakir avait épousé une bakriyah, que l’on appelait Oummou Farwah et elle, elle avait donné naissance à Ja^far Ibnou Abi Bakr et il s’agit d’une autre que Asma’, la fille de Abou Bakr.

Question : est-ce qu’il est vrai que l’un des imam de ahlou bayt avait demandé quel était « houllatou s- sayf » « la parure de l’épée » et qu’il avait répondu « C’est Abou Bakr qui l’a embellie ».

Réponse : cela n’a pas été confirmé mais il est permis de le rapporter. Ja^far était fier. Il disait « Abou Bakr est mon ancêtre doublement ». Le père de Ja^far avait pris la science de son grand-père maternel qui était le petit fils de Abou Bakr. Il s’appelait Al-Qacim fils de Mouhammad et c’était un des plus grands savants de Médine à son époque. Ja^far avait pris aussi la science de Ach-Cha^biyy, de Az-Zouhriyy et d’autres savants de Ahli s-Sounnah. Lui, il a pris la science de Ahli s-Sounnah puis un groupe de savants de Ahli s-Sounnah ont pris la science de lui. Il a pris la science de Ahli s-Sounnah, il a donné la science à Ahli s-Sounnah.

Qui sont les Salafs vertueux ?

Posted in cours général,islam par chaykhaboulaliyah sur octobre 17, 2011

Les Salaf vertueux sont les savants de l’Islam qui ont vécu au cours des trois premiers siècles de l’Hégire. Ce sont eux que le Messager de Allah a visés par sa parole : « Khayrou l-qourouni qarni thoumma l-Ladhina yalounahoum thoumma l-Ladhina yalounahoum » qui signifie : « Les meilleures gens sont les gens du siècle dans lequel j’ai vécu, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après ces derniers ».

 

De même, on comprend l’éloge de ces savants, qui ont vécu dans les trois premiers siècles méritoires, à partir de la parole de Allah ta^ala : « wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsanin radiya l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh » [sourat At-Tawbah / 100]  qui signifie : « Les premiers Prédécesseurs parmi les Émigrants et les Partisans ainsi que ceux qui les ont suivis correctement sont agréés par  Allah et ils sont satisfaits de Lui ».

 

Ceux qui  suivront ce sur quoi étaient le Messager et ses Compagnons ainsi que leurs successeurs  sont le groupe sauvé. Ce sont eux que le Messager a visés dans son hadith qui a été rapporté par ‘Abou Dawoud et par d’autres et qui signifie : «  Les Yahoud se sont divisés en 71 groupes, les Nasara se sont divisés en 72 groupes, et ma Communauté se divisera en 73 groupes. Tous seront en Enfer sauf un seul, il s’agit de ceux qui seront sur ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons ».

 

Dans une autre version, il est mentionné : « wa hiya l-jama^ah » c’est-à-dire  qu’il s’agit de la majorité. Dans la version de Ibnou Hibban, « wa hiya s-sawadou l-‘a^dham ». Or « as-sawadou l-‘a^dham » veut dire la grande majorité, et il s’agit de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. La signification de Ahlou s-Sounnah, c’est ceux qui suivent la Chari^ah (Loi) du Messager, c’est-à-dire la Croyance et les lois qu’il a amenées. Donc, le sens de  Al-jama^ah, c’est la grande majorité. En sont exclus, ceux qui se sont singularisés ceux qui attribuent le corps à  Allah et déclarent sans droit les Musulmans comme étant des mécréants. Ils déclarent mécréant le musulman qui rend visite à la tombe du Prophète ou la tombe d’un saint afin de rechercher  de la  bénédiction – la barakah – et qui  y invoque Allah tout en ayant pour Croyance que Celui Qui crée le profit et Qui crée la nuisance, en réalité, c’est Allah. Ces égarés qui se prétendent salafites et qui attribuent le corps à Allah, assimilent Allah à Ses créatures. Ils se sont singularisés  par rapport à la majorité des Musulmans ; ils sont insignifiants. En effet de nos jours, le nombre des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah  a dépassé le milliard.

 

Aussi, il nous est parvenu du Prophète « ^alaykoumou bi s-sawadi l-‘a^dham ; man chadh-dha chadh-dha ‘ila n-nar» ce qui signifie : « Attachez-vous à la grande majorité, celui qui se singularise se retrouvera en Enfer ! ».

 

L’Imam du Salaf, Ahmad ibnou Salamah, Abou Ja^far At–Tahawiyy, qui est décédé en l’an 329 de l’Hégire a dit  au début  de son  » Traité de Croyance  »  ceci : « Voici la présentation de la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah ». Au sujet de Allah,  il a dit dans son  » Traité de Croyance  » qui a était réputé et diffusé parmi les Musulmans : « Ta^ala ya^ni l-Lah ^ani l-houdoudi wa l-ghayati wa l-‘arkani wa l-‘a^da’i wa l-‘adawat la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » ce qui signifie : « Il est exempt des limites, des fins, des coins, des membres et des petits organes. Il n’est pas contenu dans les six directions contrairement à la totalité des créatures ». Cela veut dire que  Allah est exempt de la limite. Selon les savants, ce qui a une limite, a une localisation grande ou petite. Ainsi, le grain de poussière est limité, le Trône est limité. Tout ce qui est dans une direction ou dans un endroit est limité. Et ce qui est limité est créé. Allah n’est pas limité, car Il est le Créateur ; Il n’est pas  une créature. Ainsi,  Il existe sans endroit et sans direction, car Il n’est pas localisé du tout ; Il n’occupe pas d’endroit. La preuve en est que les corps que contient ce monde ont des quantités ; ils occupent des endroits.

 

      Allah ta^ala dit dans le Qour’an : « koullou chay’in ^indahou bi miqdar » [ sourat Ar-Ra^d / 8 ]    ce qui signifie : « Toutes les choses qu’Il a créées ont une quantité ».

 

Au sujet de Allah, At–Tahawiyy a dit : «^ani l-houdoudi wa l-ghayati », ce qui signifie : « Il est exempt des limites et des fins ». Cela veut dire que Allah n’a pas de fin, car toute chose a une fin. Et toute chose qui a une fin est forcément limitée ; elle a une quantité spécifique et occupe un endroit dans l’espace.

 

Quant aux coins, il s’agit des côtés. Cela fait également partie des caractéristiques des corps. Allah est exempt de cela.

 

En ce qui concerne les membres, il s’agit des grands organes comme la tête, la main, le pied ou les petits organes comme la langue, les dents et la glotte.

 

La parole de At–Tahawiyy  au sujet de Allah : « la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » signifie : « Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah existe  sans direction  et sans endroit.

Cela est la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah, elle est déduite du Qour’an, du Hadith et de l’Unanimité des savants.

 

Quant aux assimilationnistes, ceux qui attribuent le corps à Allah, ils ne se satisfont pas de cela.

 

Dans son  » Tafsir », Al-Qourtoubiyy a dit que « tarbou fi tarfi r-Rahman » signifie le plateau de la balance sur laquelle seront pesées les œuvres. En l’occurrence, on a une omission du complément du nom. C’est comme s’il a dit : « fa tarbou fi kaffati Mizan Ar-Rahman », ce qui signifie  : « Il augmente l’aumône dans le plateau de la balance de Allah ». Donc, en arabe le mot « de la balance » a été omis. Et en arabe, ce mot « kaffah » veut dire aussi bien main que plateau. Celui qui croit que Allah a une main, il n’est pas musulman.

 

À propos de l’interprétation – ta’wil – de ces genres de  hadith et ce qui leur est semblable, il a été rapporté de Malik,  de Ath-Thawriyy et  de Ibnou l-Moubarak  ceci : « Retenez ces hadith sans comment ». C’est ce qu’ont dit At-Tirmidhiyy et d’autres. Et c’est ce qu’ont dit les savants de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah.  Et le sens de « sans comment », c’est exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme la position assise, l’installation, les organes, les mouvements, l’immobilité, la descente, la montée. En effet, tout cela fait partie des caractéristiques des créatures. Le Créateur est exempt des caractéristiques des créatures.

 

L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son  » Traité de Croyance « , a dit : « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie : « Celui qui attribue à Allah un des sens propres aux humains, il devient mécréant. ». Les sens qu’ont les humains sont leurs attributs, leurs caractéristiques, et elles sont nombreuses.  Parmi elles, il y a la position assise et l’installation.

 

À  propos des hadith qui font partie des hadith moutachabih -de ce qui n’est pas explicite- il nous est parvenu de Al-‘Awza^iyy et de Soufyan Ath-Thawriyy ceci : « Amirrouha kama ja’at bila kayf », c’est-à-dire : « Retenez ces hadith comme ils vous sont parvenus sans attribuer le comment !» Cela veut dire qu’il faut exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie  des caractéristiques des créatures.

 

Il n’y a pas  lieu de considérer ce que disent certains singuliers comme Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy et son élève Ibnou l-Qayyim qui ont contredit la Croyance des Musulmans. Ibnou Taymiyah est un assimilationniste ; il attribue le corps à Allah.   Au sujet de la parole de Allah : « layça kamithlihi chay’ », il a dit : « mounazzah », c’est-à-dire « exemption ». Ensuite, à propos de la parole de Allah : « wa Houwa s-sami^ou l-Basir »,  il a dit : «  fa chabbah », c’est-à-dire : « Il a assimilé ». Et cela fait partie des plus atroces de ses égarements.

 

Quant aux ‘Ach^ariyy et les Matouridiyy, qui sont ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ils  ne sont pas négationnistes comme le prétendent les Wahhabites qui attribuent à Allah le corps et qui assimilent Allah à Ses créatures.

Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est l’Imam ^Aliyy ibnou Isma^il ibnou ‘Ishaq ibnou Salim ibnou Isma^il ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Mouça ibnou Bilal ibnou Abi Bourdah, le fils du Compagnons du Messager de Allah Abou Mouça ^Abdou l-Lah ibnou Qays.

 

L’Imam, le Hafidh As-Soubkiyy dans ses « Tabaqatou ch-chafi^iyyati l-koubra » a dit au sujet de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy ce qui suit : « C’est notre Chaykh, c’est notre modèle qui nous guide sur la voie agréée par Allah ta^ala. Le Chaykh Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy Al-Basriyy, le chaykh de la voie de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, est l’imam des spécialistes de la science de Al-Kalam. C’est lui qui a accordé la réussite à la Croyance de l’Imam des Messagers. C’est lui qui défend la Religion et qui œuvre pour préserver la Croyance des Musulmans. Les traces de ses œuvres resteront jusqu’au jour du Jugement. C’est un imam ascète, pur et bienfaisant.  Il a préservé la Loi de toute parole calomnieuse. Il s’est investi et il a donné la victoire à la Communauté de l’Islam qu’il a fortement soutenue.»

 

Abou Sahl As–Sa^loukiyy a dit : « Nous étions auprès du Chaykh Abou l-Haçan dans une assemblée à Al-Basrah et il débattait avec les Mou^tazilah. Allah a humilié ces derniers qui étaient nombreux. C’est alors que Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est venu et les a tous vaincus. Chaque fois que l’un d’entre eux était défait, il passait à l’autre jusqu’à ce que tous, jusqu’au dernier d’entre eux, soient vaincus. Nous étions revenus le lendemain dans l’assemblée, mais aucun d’entre eux n’est revenu. »

 

 

L’Imam Abou Bakr As–Sayrafiyy a dit : « Les Mou^tazilah avaient levé haut leurs têtes jusqu’à ce que Allah a manifesté Al-‘Ach^ariyy qui les a emprisonnés dans les trous, comme dans des entonnoirs ».

 

Al- Oustadh Ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Khafif a dit : « Lorsque j’étais jeune, je me suis rendu à Al-Basrah pour voir Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dont j’avais tellement entendu. J’ai vu un chaykh avec un très bel aspect et je lui ai demandé de m’indiquer la maison de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Il m’a dit : Mais qu’est-ce que tu veux de lui ? Je lui ai dit que j’aimerais le rencontrer. Alors, il m’a dit : Viens tôt demain à cet endroit !  Je suis revenu le lendemain tôt ; et quand je l’ai vu, je l’ai  suivi. Il s’est rendu auprès de certains dignitaires de la ville. Et lorsque ces derniers l’ont vu, ils l’ont honoré. Il y avait un ensemble de savants et une assemblée de science de Croyance. Ils l’ont fait asseoir au milieu d’entre eux et quelqu’un d’entre eux a posé une question. Le chaykh s’est alors mis à lui répliquer et à débattre avec lui jusqu’à le faire taire. J’ai vu des choses étonnantes au sujet de sa science et de son éloquence. J’ai alors dit à quelqu’un qui était près de moi : «  Qui est donc ce chaykh ? » Il m’a répondu que c’est Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Quand ils se sont levés, je l’ai suivi à nouveau. Il m’a dit : Ô jeune homme, comment as-tu vu Al-‘Ach^ariyy ? Je suis alors resté à son service et je lui ai dit : « Ô mon maître pourquoi tu n’as pas commencé par poser la question ? » Il a répondu : Je ne parle à aucun de ces gens dès le départ. S’ils commencent à citer des choses qui ne sont pas permises au sujet de la religion agréée par Allah, nous leur répliquons parce que Allah soubhanahou wa ta^ala nous a ordonné de répliquer à ceux qui contredisent la vérité. J’ai rapporté cette histoire de Ibnou Khafif par une autre chaîne de transmission. Les différenet sversions s’accordent sur l’éminence du chaykh et de sa place dans la Science.  En effet,  il n’abordait  la science de Al-Kalam que lorsque c’était un devoir de le faire ; pour soutenir la Religion et pour répliquer aux négationnistes. Nos savants ont dit  que le chaykh était quelqu’un qui avait une firaçah ; Allah lui dévoilait certaines choses. Ensuite, ils ont dit : “ Le chaykh était maître dans le Tasawwouf, dans la maîtrise du cœur tout comme il était un maître dans la science de Al-kalam et dans d’autres sciences.»

 

    Le Oustadh Abou ‘Is-haq Al-‘Isfarayiniyy  a dit : « J’étais à côté du Chaykh Abou l-Haçan Al-Bahiliyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. Et j’ai entendu Al-Bahiliyy dire j’étais à côté de Al-‘Ach^ariyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. »

 

En guise d’honneur pour Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, il suffit ce qu’à rapporté Al-Hakim quant à la parole de Allah ta^ala qui signifie : « Allah fera venir des gens qu’Il agrée, et ce sera des gens qui L’ aimeront ». Le Prophète a dit : « Houm qawmou hadha » ce qui signifie : « Il s’agit des gens du peuple de celui-là » et il a désigné Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy qui est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.

Interdiction de toucher peau contre peau une ajnabiyyah non licite

Posted in islam,jurisprudence,société par chaykhaboulaliyah sur octobre 16, 2011

Interdiction de serrer la main a une femme ajnabya par contact direct

Ibnou Hibban a rappoté d’après Oumayma binti Raqiqa ou Rouqayqa et Ishaq ibn rahaweh d’après Asma bintou Yazid que le Prophète sallalahou âlayi wa salam a dit “ Certes, je ne serre pas la main aux femmes ”, et le hadith est jugé sûr par Ibnou Hibban. Quant à la chaîne de transmission de Ishaq ibn Rahaweh le hafidh a dit à son sujet qu’elle est bonne.  Quant à la parole de Oumou ^Atiya:  » nous nous sommes engagées par un pacte vis-à-vis du Prophète, il a récité alors la parole de ALLAH dans la sourate ‘al moumtahina’ aya 12 qui signifie: et quelles n’attribuent rien en tant qu’associé à ALLAH, et il nous a interdit de nous lamenter, c’est alors qu’une femme d’entre nous a repris sa main, et a dit: c’est une telle qui m’a rendue heureuse et je voudrais la rétribuer, elle est partie puis elle est revenue. On répond que ce n’est pas un texte concernant le fait qu’il y ait eu contact peau contre peau. Seulement, la signification c’est qu’elles dirigeaient leurs mains lorsqu’elles s’engageaient sans qu’il n ‘ y ait eu contact direct; il faut donc interpréter ce Hadith par un sens autre que celui qui vient communément à l’esprit ( faire un Ta’wil) pour qu’il y ait concordance entre les deux Hadiths sûrs, parce qu’il faut qu’il y ait concordance entre les deux hadiths lorsque chacun de deux est sûr, c’est à dire que chacun de deux est sûr ou si l’un de deux est sûr et l’autre Hassan, et il n’est pas permis d’annuler l’un de deux; Ici, il s’agit de OUMOU ATITAH qui rapporte de Hadith parce que les femmes s’étaient engagées, vis à vis du Prophète pour lui obéir et ne rien associé à ALLAH et OUMOU ATIYAH a dit qu’une de ces femmes a repris sa main, elle a dit : » Qu’une telle a fait de bien avec moi, je voudrais la rétribuer, elle est parti, puis elle est revenue. Donc lorsqu’elle dit qu’elle a repris sa main, ceci n’implique pas qu’elle avait serré peau contre peau la main du prophète, si elle avait repris sa main , c’est possible comme il a dit elle avait simplement dirigeait sa main vers le Prophète, mais il n y avait pas eu un contact direct, il faut concilier entre les deux hadiths; de l’autre hadith le Prophète nous a appris qu’il ne serre pas la main aux femmes, donc de ce Hadith, cela ne veut pas dire que cette femme avait serrer la main du Prophète puis qu’elle avait repris sa main, cela signifie qu’elle avait simplement dirigeait sa main vers le Prophète et qu’elle avait repris sa main. Il est valable de dire également dans ce cas-là que cette engagement des femmes vis à vis du Prophète avait lieu en présence de quelque chose qui empêchait le contact direct. ABOU DAIWOUD a ainsi rapporté dans le Marassil d’après ALCHAYBI que le Prophète lorsqu’il avait reçu l’engagement des femmes, on lui avait apporté une étoffe de Katar et il avait placé cette étoffe sur sa main, et il avait dit : »Je ne serre pas la main aux femmes. » ABDOUL RAZZAK a rapporté la même chose par l’intermédiaire de IBRAHIM ALNKHI, et SAYID IBNOU MANSOUR avait rapporté la même chose d’après KAYISS IBNOU ABOU HAZIM, cela aussi était une preuve que le Prophète ne serrait pas la main par contact direct, il a dit : » c’est possible de dire qu’il y avait eu quelque chose de direct il a dit que c’est possible de dire qu’il y avait eu quelque chose qui empêche le contact direct. IBNOU ISSHAQ a rapporté dans le MARAZI d’après la version de MOUSSA IBNOU BOUKHEIR d’après KAYSS IBNOU HAZIM d’après HIBAN IBNOU SALEH que le Prophète plongeait sa main dans un récipient puis la femme plongeait sa main dans ce récipient. Le HAFITH IBNOU HAJAR a dit :’ il est possible que le fait de serrer la main avait eu lieu une fois avec quelque chose qui enmpêche le contact direct et l’engagement avait eu lieu en plongeant la main dans l’eau dans un récipient puis après cela la femme plonge à son tour la main dans l’eau dans le même récipient ». TABARANI a rapporté que le Prophète a reçu leur engagement, leur pacte par l’intermédiaire de OMAR. Ceci également est interprété par le fait qu’il a dirigeait vers elle sa main de l’extérieure d’une maison, et les femmes dirigeaient leurs mains de l’intérieur, en faisant qu’elles s’engageaient par un pacte sans que les mains ne soient serrées , et ceci figure chez TABARANI. Le Hadith de ASMA BNTOU ZAYED a une autre chaîne de transmission. ALNNASI tout comme TABARI ont rapporté par l’intermédiaire de MOUHAMED IBNOU MOUKADIR que OUMAYMAH BNOU ROUKAYKAH lui avait appris qu’elle était parmi des femmes qui s’engageaient par un pacte, elles avaient dit : »O Messager de ALLAH tend ta main pour que nous la serrions, il a dit que je ne serre pas la main aux femmes mais je vais recevoir votre engagement, j’accepte votre engagement et il a pris leur engagement jusqu’à atteindre la parole de ALLAH Sourate Almoumtahinah Aya 12 et qu’elles ne te désobéissent pas en quelque chose de bien » et il a dit : »en ce qui est dans votre possible et ce dont vous êtes capable ». Elles ont alors dit « ALLAH et son messager ont plus de miséricorde pour nous que nous même » et selon IBNOU HIBAN le Prophète a dit :Ma parole pour cent femmes et comme ma parole que j’adresse à une seule femme dans la version de TABARI il est autre chose en plus elle avait dit le Messager de ALLAH n’a serré la main à aucune de nous. YIHYAI IBNOU SALAM dans son Tafsir d’après ACHABI a rapporté la même version que ABOU DAWOUD également c’est à dire qu’elle prenait sa main lorsqu’elles s’engageaient par un pacte par l’intermédiaire d’un vêtement sans contact direct. Après cette présentation, il devient claire que ceux qui suivent le Hzbou Attahrir ont fait une mauvaise interprétation de ce qu’a rapporté ALBOUKHARI dans son Sahih, lorsque OUMAYMA BNTOU ROUKAYAH avait dit par ALLAH la main de Prophète n’a jamais touché la main d’une femme lors d’un engagement. Hizbou Attahrir a prétendu que c’était une interprétation de sa part et qu’elle avait dit cela par rapport à ce qu’elle avait vu mais en réalité, le Prophète aurait serré pour ce qui est de la version de Sahih ABBOUKHARI que Hizbou Attahrir a interprété à sa manière figure ce qui suit : ISSHAK nous a appris d’après YAYKOUB IBNOU IBRAHIm IBNOU SAAD d’après le fils de son frère IBNOU CHIHAB d’après son oncle que OURWAH nous a rapporté de AICHAY que ALLLAH l’agrée l’épouse du Prophète, qu’elle lui avait dit que Le Messager de ALLAH examinait les croyantes qui émigraient à Medine, il les passait à l’épreuve par cette Ayah ‘O Prophète, si les croyantes viennent pour s’engager envers toi par un pacte…..’ OURWAH a dit AICHAH a dit celles d’entre elles qui avait accepté cette condition, le Messager de ALLAH lui disait j’ai reçu ton engagement oralement, AICHAH poursuit et dit, non par ALLAH sa main n’a jamais touché la main d’une femme lors d’un engagement, il n’acceptait leur engagement que par sa parole : j’ai accepté ton engagement sur cela parmi les réponses à la prétention de Hizbou Attahrir, ce qui a été rapporté dans le Hadith ce que le Prophète avait tendu la main mais cela n’entraîne pas le fait qu’il est tendu la main de l’extérieure de la maison, et que les femmes ont tendu leurs mains de l’intérieure de la maison et qu’il avait dit O ALLAH nous te prenons pour témoin, il a dit ceci n’implique pas le fait de serrer la main par contact direct. Comment ce parti prend-il comme argument ceci pour réfuter le Hadith de OUMAYMAH BNTOU ROUKAYKHAH et le Hadith de ASSAMA BNTOU YAZID où le Prophète a dit : »Certes je ne serre pas la main aux femmes » c’est-là le cas de ce qui discute pour prétendre trouver les arguments avec le Hadith pour défendre leur passion sans qu’ils y aient une connaissance approfondie du hadith. Il en est de même pour la femme qui a repris sa main, ce Hadith ne comprend pas une déclaration explicite que les autres femmes avaient serré la main par contact direct. Dans les termes de Hadith de OUMOU ATTIYAH dans le Sahih, la chaîne de transmission c’est ABOU MAAMAR nous a rapporté de ABDEL WARITH qui nous a rapporté de AYOUB d’après HAFFSAH BNTOU SIRINE d’après OUMOU ATTIYAH que ALLAH l’agrée qu’elle a dit: « nous nous étions engagées envers le Messager de ALLAH, il nous a récité la Parole de ALLAH qu’elle n’attribue rien en temps qu’associé à ALLAH et ils nous est interdite de nous lamenter, puis une femme a repris sa main; elle avait dit une femme a participé avec moi dans une lamentation et je voudrais la rétribuer, le Prophète ne lui a rien dit, elle est repartie puis elle est revenue et il avait accepté son engagement. Le HAFITH IBNOU HAJAR a dit dans la version de ANNSAI que le Prophète a dit va et participe avec elles, elle a dit je suis partie, et j’ai participé avec elle dans ses lamentations puis je suis revenue, je me suis engagée envers le Prophète ». Si l’on que le fait de se lamenter, il a été confirmé dans le Hadith que c’est une chose interdite et qui compte parmi les grandes péchés comment conciliez entre cela et entre le fait que la femme a dit au Prophète lorsqu’elle a repris sa main : »Une telle a participé avec moi en se la mentant et je voudrais la rétribuer, et que le Prophète ne lui a rien dit, on comprend de ce qui nous a été parvenu du Hadith, à partir des différentes termes et des différentes chaînes de transmission, que les lamentations étaient au départ permises puis elles sont devenues déconseillées, puis interdites et ainsi il n y a plus de problématique. C’est à dire qu’au départ c’était quelque chose de permis c’est pour cela que le Prophète n’a rien dit lorsque cette femme était partie pour aider une autre à se lamenter, puis elle est revenue. Ce Hadith ne comporte pas de preuve que le Prophète a serré la main par contact direct. Et parmi les preuves qu’il est interdit de serrer la main à une femme AJNAbiyah, il y a le Hadith : »Que l’un de vous reçoive un coup de barre de fer sur la tête, c’est mieux pour lui que de toucher une femme qui ne lui est pas licite ». Rapporté par TABARNI et IBNOU HASSAn l’a jugé Hassan. Dans ce Hadith, le mot toucher c’est ‘messe’. Al-messe, signifie palper avec la main. Il ne s’agit par du rapport comme l’on prétendu les Tahririyah, car celui qui a rapporté le Hadith, MA¨KAL IBNOU YASSAR a compris autre que ce que prétendent les Tahririyah. Les Tahririah prétendent que ce qui est interdit dans ce Hadith c’est le rapport et ce n’est pas le fait de toucher peau contre peau parce que les Tahririahs parmi leurs stupidités, c’est qu’ils se rendent licite le fait d’embrasser la femme de leur ami lorsqu’il parte en voyage par exemple. Ils se rendent licite de serrer la main des hommes aux femmes Ajnabiyah. Ca, c’est un parti qui a été fondé par TAKYOU EDDINE ALNABAHANI. Ils prétendent que celui qui ne s’est pas engagé pour un Kalif, meurt chargé d’un grand péché. Ils font peur aux musulmans. Ils ont pris un homme de leur parti et ont dit c’est lui le Kalif. Ils s’ont installé au Danemark. TAKIYOU ADDINE a partagé les pays entre ses deux fils. Il a appelé sa femme la mère des croyants. Ils ont des déviations sur la croyance, les idées de MOU^TAZILAH, ils renient la prédéstination . Donc, ce qui a indiqué qu’il s’agit du toucher dans ce Hadith a été expliqué par IBNOU ABI CHAYBAH dans ‘Almoussanaf’. D’autre part interprété Almesse (le toucher) par le rapport, est un sens figuré. Que l’on ne se détourne pas vers un sens figuré qu’avec une preuve selon la raison ou selon les textes, à condition que cette preuve selon la raison soit catégorique, et que la preuve selon les textes soit sûr du point de vue de fiabilité, Règle qui a été donné par ARRAZI dans son livre ‘Almahssoul’. Il a dit : »Si ces conditions ne sont pas vérifiées et, interpréter le texte et lui donner un sens autre que le sens qui vient à l’esprit pour prétendre un sens figuré serait absurde, les spécialistes des fondements parmi les CHAFIYITES et les ANAFI et d’autres ont précisé cela, par ailleurs, le messe (le toucher) lorsqu’il lui est donné le sens de rapport, ceci est un sens figuré et non pas le sens propre. Pour preuve, ce qu’a rapporté le dernier pour preuve, ce qu’a rapporté le dernier des linguistes ALMOURTADHAH AZZABIDI dans son commentaire ‘Alkamouss’. Il a dit : »lorsque le mot masse est interprété par Aljimah (le rapport) ceci a un sens figuré. Il a dit cela dans le chapitre ‘imim sin sin’. Le Cheykh a dit : »O vous parti de Tahrir, lorsque vous prétendez qu’il est permis qu’un homme sert la main à une femme Ajnabiyah par contact direct, vous prétendez que ceci est un effort de compréhension de votre part, et ceci est contraire au texte parce que les textes sont claires pour dire que c’est interdit. Il a donné une autre preuve du Hadith. Le Prophète a dit :  » les yeux commettent u  péché et les mains commettent des péchés. MOUSLIM a rapporté que le Prophète a dit : »Les yeux, leurs péchés c’est de regarder, et les mains, leurs péchés est le Albatch. Il explique que le mot Albatch veut dire prendre avec la main, car Albatch a deux sens dans la langue. D’une part, c’est prendre avec vigeur et violance, et d’autre part, c’est d’utiliser la main. ALFAYOUMI dans Almousbah a dit : » La main Batachate, c’est à dire qu’on l’a utilisé et ce qui est visé par Al Batch dans le Hadith c’est le fait de prendre avec la main, que soit en serrant la main ou en massant une partie de son corps en recherchant le plaisir ou pour jouir d’elle, ou autre que cela par contacte direct. Le Cheykh a dit :’ S’il n’y avait pas eu d’autre texte que cela, cela aurait suffi, vous n’avez donc aucune réponse à ce Hadith. Le Cheykh a dit si le Messager de ALLAH avait visé Albatch par le rapport, il n’aurait pas dit après cela le sexe confirme ce sentiment ou l’infirme. Il n y a aucune zone d’ombre, il ne reste plus aux Tahririyah que de faire preuve d’orgueil.

Récit : Les signes qui se suivent, pour notre maître 3Iiçaa

Posted in islam,Récit par chaykhaboulaliyah sur octobre 12, 2011

معجزات

 سيّدنا عيسى عليه السلام المتواليات

 

 

Lorsque notre maître ^Iça Al-Maçih ^alayhi salam, a eu trente ans, la trentaine, Allah ta^ala lui a révélé d’appeler les gens à l’adoration de Allah ^azza wa jall. Il est sorti, il a parcouru les pays en traversant les villages et c’est pour cela, tout comme on le sait, qu’il a été surnommé ^Iça Al-Maçih. Certains savants ont dit que tellement il parcourait la terre, yaçih, que le prophète ^Iça a été surnommé Al-Maçih, et d’autres savants ont dit que c’est parce qu’il passait la main, yamçahou, sur l’homme qui était aveugle qui recouvrait ainsi la vue. Il est sorti ainsi parcourant les pays et traversant les villages pour appeler à l’Islam. Il disait aux gens : « Adorez Allah Lui seul, ne Lui attribuez aucun associé, et croyez en moi que je suis un messager pour vous ». Au tout début il y a eu douze personnes qui ont cru en lui, ils sont appelés  « الحواريين » les apôtres.

Il est rapporté que parmi les premiers des miracles de notre maître ^Iça ^alayhi salam, que sa mère, notre dame Maryam ^alayha salam, l’avait envoyé plusieurs fois pour accomplir plusieurs travaux et les derniers à qui elle l’avait envoyé c’était des gens qui faisaient de la teinture pour les vêtements, c’étaient des gens qui blanchissaient les vêtements et les coloraient. Le patron de cette entreprise voulait une fois voyager, il a dit à notre maître ^Iça ^alayhi salam : «  j’ai plusieurs habits à colorer en différentes couleurs ». Il lui a dit : « je  t’ai enseigné maintenant la teinture alors colore chaque vêtement de la couleur que je vais te préciser et j’ai mis pour cela un fil  de la couleur demandée sur chaque vêtement ». Notre maître ^Iça ^alayhi salam a chauffé un gros récipient et il a mis dedans différents colorants et il a mis tous les vêtements ensemble dans ce même récipient et il a dit : « Ayez, par la volonté de Allah, la couleur que je voudrais ». Le patron est revenu après son voyage et il a trouvé que tous les vêtements étaient dans un même récipient. Lorsqu’il a vu que tous les vêtements étaient dans un même récipient il été surpris et il a dit à ^Iça : ils sont tous, selon lui il croyait qu’ils n’étaient plus de bonne couleur, qu’il y a eu des dégâts. Et notre maître ^Iça ^alayhi salam a alors sorti de ce récipient un vêtement de couleur rouge, un vêtement de couleur jaune, un autre de couleur verte et autre que cela conformément à ce qui était demandé pour chaque vêtement. Celui qui avait l’entreprise était étonné et il savait que cela était quelque chose d’étonnant et il a su que cela est par la volonté de Allah. À cause de cela il  a cru en notre maître ^Iça, qu’il est un prophète et il a appelé les gens à croire en lui et ils ont cru en lui et cet homme a fait partie de l’ensemble des hawariyin ceux qui étaient aux côtés de notre maître ^Iça qui le soutenaient dans son appel à la religion agréée par Allah ta^ala.

Les miracles se sont multipliés, ceux que Allah a fait paraître sur les mains de notre maître ^Iça. Il est passé une fois auprès d’un groupe de gens qui pêchaient, leur chef  s’appelait Cham^oun, notre maître ^Iça leur a dit : « que faites-vous ? » Ils lui ont dit : « nous pêchons le poisson ». Il leur a dit « ne voulez pas venir avec nous pour être à la pêche des gens ? » C’est-à-dire pour les diriger et les guider à l’Islam ils lui ont dit : « et qui es-tu ? »  Il leur a dit : «  je suis ^Iça le fils de Maryam l’esclave de Allah et Son messager ». Ils lui ont demandé une preuve qui leur indique sa véracité dans ce qu’il a dit et ceci est un exemple du miracle qui se produit suite à la demande des gens parce qu’il y a des miracles qui se produisent suite à une demande et il y a des miracles qui ont lieu sans que ce soit suite à une demande. Ils lui ont demandé une preuve sur la véracité de ce à quoi il prétend. Cham^oun avait cette nuit là jeté son filet dans l’eau mais il n’avait rien pêché, Cham^oun était donc le chef de ceux qui pêchaient le poisson il est arrivé qu’il a lancé son filet dans l’eau mais il n’a rien pris.  Notre maître ^Iça  ^alayhi salam, lui a ordonné de lancer à nouveau son filet et ^Iça  a invoqué Allah ta^ala en Le suppliant. Il s’est écoulé quelques instants, très peu de temps que dans ce filet se sont rassemblés un nombre de poissons tel que le filet a failli se déchirer. Allah a exaucé l’invocation de notre maître ^Iça  ^alayhi salam et ce miracle est apparu donc tant qu’ils avaient demandé l’aide de pêcheurs d’une autre embarcation et ils ont rempli les deux navires de poissons. A ce moment là ils ont cru en lui et sont partis avec lui, ils sont alors au nombre des apôtres, des hawariyin, de ceux qui étaient donc qui pêchaient le poisson,  c’est-à-dire avant qu’ils deviennent croyants en notre maître ^Iça , donc après avoir en cru en notre maître ^Iça ils se sont mis à pêcher les gens pour les guider et les diriger à la religion de l’Islam. Ils ont été surnommées al-hawariyin parce que leurs habits étaient blancs et il a été dit que c’était plutôt parce qu’ils étaient des partisans de notre maître ^Iça alayhi salam, c’était ses aides, ses supports  qui étaient sincères dans leur amour pour lui dans leur obéissance à lui et être à son service. Parmi les hawariyin, les apôtres il y a celui qui a reçu la ressemblance avec ^Iça ^alayhi salam, c’est celui à qui Allah  a accordé les traits de ^Iça et c’est lui qui a été accroché sur un poteau parce que, lorsque les mécréants des fils de ‘Isra’il étaient entrés dans la maison parce qu’ils voulaient tuer ^Iça, ^Iça a été élevé au ciel par une lucarne qui se trouvait dans la toiture de cette maison et les traits de ^Iça avaient été donnés au plus jeune de ses élèves.        Lorsqu’ils sont entrés dans la maison ils ont cru que c’était lui ^Iça  ^alayhi salam, ils l’ont pris et ils l’ont tué mais ^Iça  ^alayhi salam n’a pas été tué et n’est pas encore mort. Il n’a pas été accroché à un poteau mais il vit au deuxième ciel, là où notre maître Mouhammad   l’a rencontré lors de son ascension dans la nuit de Al-Mi^rajet ^Iça était avec le fils de sa tante maternelle Yahya.

Les mécréants des fils de ‘Isra’il n’ignoraient pas les nouvelles qui parvenaient  au sujet de ses miracles éclatants qui apparaissaient à notre maître ^Iça Al-Maçih, ils ont senti comme si le tapis était retiré sous leurs pieds et qu’il était une menace pour leur poste et combien de gens ils ont induits en erreur et ils ont égarés et qu’il ont écartés de la voie de vérité pour leur destin bas et vil. Et voici notre maître ^Iça qui est ferme avec les arguments et les preuves qui dévoilait leur secrets et qui diffusaient entre les gens leurs égarements. Ils se sont tous accordés entre eux à le combattre où qu’il aille et à l’accuser de mensonge quelque soit l’endroit où il se trouve ils lui ont dit un jour: « si tu es véridique dans ce que tu dis et dans ton appel alors fabrique nous de tes mains une chauve souris à partir de terre et fais en sorte qu’elle vole ». Notre maître ^Iça  ^alayhi salam s’est levé en se fiant totalement à Allah ta^ala il a pris de la terre glaise et il a donné la forme d’une chauve souris et il a soufflé dans cette chauve souris qui s’est mis à voler entre ciel et terre au milieu de l’étonnement de ceux qui regardaient, mais dès qu’elle a échappée à leurs regards cette chauve souris est tombée morte. Allah tabaraka wa ta^ala l’a honoré par cela comme cela est parvenu dans la parole de Allah qui signifie : (( Et tu fabriques avec la terre glaise comme un volatile)) et notre maître ^Iça  a donné à cette forme l’image d’un volatile. Puis il a soufflé dedans et il volé par la volonté de Allah et lorsque il disparaissait au regard des gens il tombait raide mort. Les mécréants de fils de ‘Isra’il étaient emplis de haine parce qu’ils avaient demandé à voir une chauve souris parce que c’est très étonnant, parce que c’est parmi les créatures les plus étonnantes et parmi les volatiles celui qui a une forme la plus complète parce que la femelle de la chauve souris a des mamelles, des dents et des oreilles et parmi les choses étonnantes de la chauve souris c’est qu’elle est de chair et de sang mais vole sans plume et  accouche (met bas ?) comme accouche les mammifères et ne pond pas des œufs tout comme le font le restant des volatiles et elle a des mamelles desquelles sort du lait et c’est un animal qui ne voit pas ni dans la lumière du jour ni dans l’obscurité de la nuit et c’est un animal qui arrive à voir pendant deux heures, une heure après le coucher du soleil et une heure après la levée de l’aube et c’est un animal qui rie tout comme l’être humain rie et sa femelle a les menstrues tout comme la femme a les menstrues. la forme à partir de terre glaise et le fait de souffler étaient fait par notre maître ^Iça mais la création est de la part de Allah ^azza wa jall c’est pour cela que les mécréants des fils de ‘Isra’il ont été profondément exaspérés lorsqu’ils ont vu cela de notre maître ^Iça, ils pensaient qu’il allait être incapable de faire ce qu’ils lui avaient demandé mais Allah tabaraka wa ta^ala l’a honoré par ce miracle et a montré l’impuissance et le mensonge des mécréants des fils de ‘Isra’il.

Parmi ses miracles ^alayhi salam il guérissait l’aveugle de naissance et celui qui était atteints de al-baras par la volonté de Allah. Al-baras c’est une maladie de peau qui est la forme d’une blancheur qui s’étale sur des surfaces du corps et qui fait que les gens sont répugnés et évite celui qui l’a et ces deux maladies ont été particulièrement mentionnées car ce sont deux maladies qui sont difficiles pour leur guérison et ce qui était courant de notre maître ^Iça c’était la médecine qui était beaucoup pratiquée de son époque et Allah leur a fait montré des miracles sur les mains de notre maître ^Iça de la même sorte de chose qu’il maîtrisaient de leur époque tout comme cela est arrivé à notre maître  Mouça ^alayhi salam ce qui était courant de son époque c’était la magie la sorcellerie et il les a défié par ce qui est supérieur à cela il leur a montré que la magie, la sorcellerie peuvent être contrées alors que le miracle ne peut pas être contré preuve en est ce que nous avons cité dans le cours précédent. Egalement notre maître Mouhammad     son peuple a été connu pour sa grande maîtrise de la langue et son éloquence et malgré cela ils avaient été incapables d’amener un texte qui soit de la taille de la plus courte sourat du Qour’an honoré, il les a défié par le fait d’amener comme la plus courte des ‘ayah du Qour’an. Ainsi notre maître ^Iça  ^alayhi salam a ramené à la vie les morts par la volonté de Allah tant qu’il a été dit qu’il a ramené à la vie quatre créatures par la volonté de Allah et Sa puissance. Et notre maître Hizqil, avant notre maître ^Iça avait ramené à la vie  huit et il était également un des prophètes des fils de ’Isra’il  tout comme on a dit dans le cours précédent, qu’après le prophète de Allah, ‘Isra’il tous les prophètes qui sont venus après lui sont de sa propre descendance mis à part notre prophète Mouhammad . Yaqoub c’est lui-même ‘Isra’il qui est fils de Ishaq. Tous les prophètes qui sont venus après lui sont de sa propre descendance mis à part notre prophète Mouhammad. Notre maître Yaqoub a eu parmi ses fils notre maître Youçouf, il a eu d’autre fils mais Youçouf était un des prophètes et certains ont dit que Binyamin, un autre fils de Yaqoub, était lui aussi un prophète comme son frère Youçouf. Donc Mouça et tous les Prophètes qui sont venus après  Yaqoub sont des descendants de Yaqoub qui   s’appelle aussi ‘Isra’il. Il y a eu également le prophète de Allah Hizqil. Hizqil également Allah l’a honoré par le fait de ramener des morts à la vie tout comme Il a accordé cela également à notre maître ^Iça ^alayhi salam et parmi ceux que notre maître ^Iça ^alayhi salam  a ramené à la vie par la volonté de Allah il y a un de ses amis qui s’appelle ^Azar, en effet lors de sa maladie sa soeur a envoyé quelqu’un informer ^Iça ^alayhi salam que ^Azar était en train de mourir. Il a pris le chemin en marchant pour aller vers lui et il y avait entre eux une distance de trois jours, à son arrivée lorsqu’il l’a rejoint il l’a trouvé déjà mort, il est parti à sa tombe et il a invoqué Allah ^azza wa jall et il lui a dit : « relèves toi  par la volonté de Allah » et ^Azar s’est relevé par la volonté de Allah et il a vécu et il a eu aussi des descendants après cela.

Et ce n’est pas comme certains prétendent que ceux qu’il ramenait à la vie vivaient quelques instants ou une heure puis ils mourraient à nouveau. Parmi ceux qui ont été ramenés à la vie par la volonté de Allah sur les mains de notre maître ^Iça Al-Maçih il y a le fils d’ une vieille femme qui était passé, transporté sur sa civière, devant notre maître ^Iça et notre ^Iça  ^alayhi salam a  invoqué Allah pour qu’ il se relève par la volonté de Allah. Il s’est relevé, il est descendu du dessus des épaules des gens, il a remis ses vêtements, il a transporté sa civière et il est revenu dans sa famille. Malgré tout cela les mécréants des fils de ‘Isra’il n’ont pas cru en notre maître ^Iça, ils ont poursuivis sur leur orgueil, leur refus, leur entêtement et ils n’ont pas cru en lui. Et il a ainsi fait de même avec un roi qui lui aussi était porté sur sa civière, son brancard et il s’est passé avec lui la même chose qu’il s’est passé avec le fils de la vieille femme. Mais les mécréants des fils de ‘Isra’il qui étaient jaloux et envieux lorsqu’ils ont vu cela ils lui ont dit par entêtement : « mais toi, tu ramènes à la vie ceux qui sont morts récemment alors peut-être ils ne sont pas véritablement morts mais ils sont évanouis ou c’était juste un coma ».  Ils lui ont dit alors : « ramènes à la vie pour nous  Sam, le fils de Nouh » et notre maître Nouh  ^alayhi salam  avait quatre fils, trois d’entre eux sont entrés en Islam et ont été sauvés avec lui sur l’arche qui sont Sam, Ham et Yafith. Quant à son quatrième fils Kan^an il a refusé d’être croyant et il n’est pas monté sur l’arche avec son père et ses frères et il est mort noyé.

Notre maitre ^Iça ^alayhi salam   leur a dit : « montrez moi sa tombe ». Notre maître ^Iça est sorti et les gens avec lui jusqu’à arriver à la tombe de Sam fils de Nouh. ^Iça a invoqué Allah ta^ala et Sam est sorti de sa tombe et il s’était écoulé depuis  sa mort plus de quatre mille années. Sam s’est retourné en indiquant aux gens notre maître ^Iça Al-Maçih et a dit : « croyez en lui, qu’il est véridique car il est prophète », puis il est revenu tel qu’il était auparavant. Certains ont cru en lui et d’autres l’ont accusé de mensonge et ils ont dit : « c’est de la sorcellerie et de la magie », que Allah nous préserve de leur égarement. Et il a été rapporté que notre maître ^Iça ^alayhi salam lorsqu’il ramenait les morts à la vie par la volonté de Allah, il frappait de son bâton le mort, c’est-à-dire il touchait de son bâton le mort ou la tombe ou le crâne et l’homme revenait à la vie et il lui parlait et restait en vie.

Parmi ses miracles   c’est qu’il disait aux  gens ce qu’ils avaient mangé et ce qu’ils avaient caché comme provisions chez eux et ce, car lorsqu’il leur avait ramené des morts à la vie, par la volonté de Allah, ils lui ont demandé un autre miracle ils lui ont dit : « dis nous qu’est-ce que nous avons mangé chez nous et qu’est ce que nous avons caché pour le lendemain ». Et il leur a dit : « toi untel tu as mangé telle et telle chose et toi tu as mangé telle et telle chose et tu as caché telle et telle chose ». Et malgré tout cela seuls pour qui Allah a voulu qu’ils soient des croyants ont été croyants. Comme nous avons cité ce ni n’est le prophète qui créé la bonne guidée ni le miracle qui créé la bonne guidée mais la guidée est par la création de Allah  tabaraka wa ta^ala.

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