Répliques : Hizbou t TaHriir
La Conquête Motivée par la Foi pour la Réplique aux Maux de Hizbou t-Tahrir
de son auteur
le serviteur de la science du hadith honoré
le très savant, le Mouhaddith
le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
connu sous le nom de Al-Habachiyy
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
La louange est à Allah, le Seigneur des Mondes, et que l’élévation en degré et l’honneur soient accordés au maître des messagers Mouhammad ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons purs et excellents.
Il est apparu un groupe d’individus, qui se font appeler hizbou t-tahrir, déforment la religion de Allah et propagent le faux, et qui entraînent des divergences qui n’ont pas de sens. Ce parti a été fondé par un homme qui s’appelle Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy qui prétendait être moujtahid et qui discutait au sujet de la religion avec ignorance. Ce faisant, il s’est retrouvé dans la falsification et le démenti du Livre de Allah et de la tradition de Son Messager r et dans la violation de l’Unanimité sur des questions ayant trait aux fondements de la religion tout comme à ses ramifications.
Par application du devoir que Allah a rendu obligatoire sur nous, à savoir ordonner le bien et interdire le mal, par mesure de conseil aux musulmans et pour les mettre en garde contre ce parti et ses dires, nous avons écrit ces feuillets abrégés et concis en citant leurs propos et en prouvant que leurs avis sont faux, avec pour preuve en cela le Livre et la Sounnah tout comme l’Unanimité de la communauté et les paroles des savants. Ainsi la mise en garde contre les gens de l’égarement est une chose obligatoire. Tout comme il est un devoir de mettre en garde contre celui qui trompe les musulmans sur la marchandise, il est aussi un devoir de mettre en garde contre ceux qui propagent le faux, falsifient la religion et calomnient au sujet de Allah et de Son Messager, à plus forte raison. Allah ta^ala dit :
]ولتكُن منكُم أمّة يدعون إلى الخير ويأمرون بالمعروف وينهون عن المنكر[
[sourat ‘Ali ^Imran / 104] ce qui signifie : « Et que vous soyez une communauté qui ordonne le bien et interdit le mal« . D’autre part, Abou ^Aliyy Ad-Daqqaq a dit : « Celui qui se tait et ne dit pas la vérité est un chaytan muet« .
Premier point
Leur leader, Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy dans son livre Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah [1] dit : (Ses actes, c’est-à-dire les actes de l’être humain, ne sont pas concernés par la destinée et la destinée ne les concerne pas car c’est être humain qui les a accomplis par sa volonté et son choix. Ainsi les actes qui sont accomplis délibérément ne sont pas concernés par la destinée) fin de citation. Il dit également dans le même livre Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah [2] ce qui suit : (Le fait que la récompense ou le châtiment soient en rapport avec la bonne guidée ou l’égarement prouve que la bonne guidée et l’égarement proviennent de l’acte de l’esclave et ne sont pas de la part de Allah) fin de citation. Il a mentionné la même chose dans son livre appelé Nidhamou l-‘Islam page 22.
La Réplique
Ses propos sont en contradiction avec le Qour’an, le hadith et ce qu’implique la raison saine. Ainsi en ce qui concerne le Qour’an, Allah ta^ala dit :
[وخلق كُلَّ شىء فقدّرهُ تقديراً] [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : « Et Il crée et prédestine toute chose« , et Il dit : {واللهُ خلقكُم وما تعملون} [sourat As–Saffat / 96] ce qui signifie : « Et Allah vous a créés ainsi que ce que vous faites« , et Il dit : [إنّا كُلَّ شىءٍ خلقناه بقدر] [sourat Al-Qamar / 49] ce qui signifie : « Nous avons créé toute chose selon une destinée« . Chay’ ici traduit par « chose » englobe tout ce qui entre en existence, qu’il s’agisse des corps, des mouvements, des esclaves, de leurs immobilités, ce qui en est accompli délibérément et ce qui est accompli involontairement. Et les actes accomplis délibérément sont beaucoup plus nombreux que ceux qui sont accomplis involontairement. Si tous les actes acquis délibérément de la part des esclaves étaient par la création de l’esclave, alors ce que l’esclave créerait comme actes serait beaucoup plus nombreux que ce que Allah crée comme actes des esclaves. Le chay’ traduit par chose ici signifie donc dans la langue ce qui existe et ces actes qui sont des actes de l’être humain qu’il accomplit délibérément, existent bien.
Il a donc été confirmé que la parole de An-Nabahaniyy est une réfutation des textes du Qour’an et du hadith. Allah ta^ala dit : [فمن يهدي من أضلّ اللهُ] [sourat Ar-Roum / 30] ce qui signifie : « Qui guidera celui que Allah égare ?« . Et Allah ta^ala dit à propos de Mouça :
]إن هي إلاَّ فتنتُك تُضِلُّ بها من تشاء وتهدي من تشاء[
[sourat Al-‘A^raf / 156] ce qui signifie : « Ce n’est que la dissension que Tu as créée par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux« . Et Allah ta^ala dit : [إنّك لا تهدي من أحببت ولكنَّ اللهَ يهدي من يشاء] [sourat Al-Qasas / 57] ce qui signifie : « Tu ne guides pas qui tu veux mais c’est Allah Qui guide qui Il veut« , c’est-à-dire ne crée la bonne guidée dans les corps des esclaves que Allah. Et Sa parole ta^ala au sujet de Mouça :
{تُضلُّ بها من تشاءُ وتَهدي من تشاءُ}
ce qui signifie : « Par laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux » est un texte explicite clair que Allah est Celui Qui crée la bonne guidée dans les cœurs de qui Il veut qu’Il soit guidé et Celui Qui crée l’égarement dans les cœurs de qui Il veut de ceux qu’Il veut égarer. Et il n’y a pas d’autre signification dans la langue à Sa parole ta^ala : [تُضلُّ بها من تشاءُ] sinon que Allah est Celui Qui crée l’égarement dans les cœurs de qui Il veut et qu’Il est Celui Qui crée la bonne guidée dans les cœurs de qui Il veut. Et le pronom – Tu – dans Sa parole : [تُضلُّ] et dans Sa parole : [تشاءُ] ne se réfère qu’à Allah, il n’y a pas d’éventualité que ce soit un pronom qui concerne l’esclave. Ce qu’a dit le parti du Hizbou t-Tahrir est une opposition claire au Livre de Allah.
Les propos de leur leader sont également opposés à Sa parole ta^ala : [ونُقلِّبُ أفئدتَهُم وأبصارَهُم] [sourat Al-‘An^am / 110]. Ainsi Allah nous apprend dans cette ‘ayah que l’acte de l’esclave, l’acte du cœur ainsi que ses actions qu’il accomplit par ses organes existent par la création de Allah ta^ala. Ont-ils une réponse à cette ‘ayah ?
Et Allah ta^ala dit : [وما هم بضارّين به من أحدٍ إلاَّ بإذن الله] [sourat Al-Baqarah / 102] ce qui signifie : « Et ils ne nuiront par cela à personne si ce n’est par la volonté de Allah« . Il n’est pas valable d’expliquer (al-‘idhn) ici par l’ordre, car Allah n’ordonne pas le mal, il s’agit donc ici de (al-machi‘ah) c’est-à-dire la volonté. La magie est donc bien un acte accompli délibérément.
Allah ta^ala dit :
]وإن تُصبهم حسنةٌ يقولوا هذه من عند الله وإن تُصبهم سيِّئةٌ يقولوا هذه من عندِك قل كلٌّ من عند الله[
[sourat An-Niça / 78] ce qui signifie : « Si c’est un bien qui les atteint, ils disent : Ceci est de la part de Allah, et si c’est un mal qui les atteint, il disent : Ceci provient de toi. Dis : Tout est de la part de Allah« . D’autre part, Allah dit :[وحيلَ بينَهُم وبين ما يشتهون] [sourat Saba’ / 54] ce qui signifie : « Et ils n’ont pu atteindre ce qu’ils désiraient« . Allah dit : {إن كان اللهُ يُريد أن يُغويكم} [sourat Houd / 34] ce qui signifie : « Allah veut créer en vous l’égarement« .
Et Il dit : {كذلك زيّنّا لكلّ أمّة عملهم} [sourat Al-‘An^am / 109] ce qui signifie : « Nous avons créé les actes de chaque communauté« .
Et Il dit : {ختم الله على قُلوبهم وعلى سمعهم وعلى أبصارهم غشاوة} [sourat Al-Baqarah / 7] ce qui signifie : « Allah a scellé leur cœur, leur ouïe et leur vue« .
Et Il dit :{بل طبع الله عليها بكفرهم} [sourat An-Niça‘/ 155] ce qui signifie : « Allah a scellé leur cœur par leur mécréance« .
Et Il dit : {وما كان لنفسٍ أن تُؤمن إلاّ بإذن الله} [sourat Younous / 100] ce qui signifie : « Et une âme ne peut être croyante que par la volonté de Allah« .
Et Il dit : {وما تشاءون إلاّ أن يشاء اللهُ ربُّ العالمين} [sourat At-Takwir / 29] ce qui signifie : « Et vous ne voulez que ce que Allah veut que vous vouliez, le Seigneur des Mondes« .
Et Il dit : {ولو شئنا لآتينا كلَّ نفسٍ هُداها} [sourat As-Sajdah / 13] ce qui signifie : « Et si Nous [le] voulions, Nous accorderions à chaque âme sa bonne guidée« .
Et Il dit : {حبَّبَ إليكم الإيمانَ وزَيَّنهُ في قُلوبكم} [sourat Al-Houjourat / 7] ce qui signifie : « Il a fait aimer à votre cœur la foi et Il l’a embellie dans vos cœurs« .
Et autre encore parmi ce qui a été rapporté dans le Livre de Allah ^azza wa jall dans le sens que Allah ^azza wa jall est Celui Qui accorde [la foi] par Sa grâce et Son don, à qui Il veut parmi Ses esclaves croyants et Il est Celui Qui la fait aimer au cœur de Son esclave et Qui l’embellit dans son cœur, c’est Lui Qui le guide vers la voie de droiture. C’est également dans le sens que Allah scelle les cœurs de certains de Ses esclaves et que personne ne peut faire autre chose que ce que Allah lui prédestine, que personne ne profite ou ne nuit à soi-même ou à autrui si ce n’est par la volonté de Allah, que les actes des esclaves, tous les actes arrivent par la volonté de Allah jalla thana‘ouh et seulement par Sa volonté, et qu’il n’arrive à un être humain de paroles, d’actes ou d’intentions que par la volonté de Allah ta^ala et par Son vouloir.
Concernant maintenant leur opposition au hadith, Mouslim a rapporté dans son Sahih tout comme Al-Bayhaqiyy et autres qu’eux deux que le Messager de Allah r a dit :
((كلُّ شىءٍ بقدرٍ حتّى العجزُ والكيسُ))
ce qui signifie : « Tout est selon une prédestination, même la stupidité et l’intelligence« . Et le Prophète r a dit :
((إنّ اللهَ صانعُ كلِّ صانعِ وصنعته))
[rapporté par Ibnou Hibban du hadith de Houdhayfah] ce qui signifie : « Allah est le Créateur de tout artisan et de tout ce qu’il fait » et il dit :
((القدريّةُ مجوسُ هذه الأمّة إن مرضوا فلا تَعودوهم ، وإن ماتوا فلا تشهدوهم))
[rapporté par Abou Dawoud dans ses Sounan tout comme Al-Bayhaqiyy dans le livre de Al-Qadar] ce qui signifie : « Les qadariyy sont les majous de cette communauté, s’ils tombent malades, ne leur rendez pas visite, et s’ils meurent n’assistez pas à leur convoi funéraire« . Et il dit r :
((ستّةٌ لعنتهم ولعنهم الله وكلّ نبيّ مجاب : الزّائد في كتاب الله ، والمكذّب بقدر الله …))
ce qui signifie : « Six catégories de personnes, je les maudis et Allah les maudit, ainsi que tous les prophètes, celui qui ajoute au Livre de Allah et celui qui renie la prédestination de Allah … »
Il a également contredit le hadith qu’a rapporté Ibnou Jarir At–Tabariyy dans son livre Tahdhibou l-‘Athar, hadith qu’il a jugé sahih, à savoir sa parole r :
((صنفان من أمَّتي لا نصيب لهما في الإسلام : القدريّة ، والمُرجئة))
ce qui signifie : « Deux catégories de personnes dans ma communauté n’ont aucune part dans l’Islam : Les qadariyy et les mourji’ah« . Ce hadith est clair, explicite pour déclarer mécréant ceux qui nient la prédestination, ceux qui disent que l’esclave est celui qui crée ses actes par sa volonté et sa propre préméditation exactement comme ce groupe, le Hizbou t-Tahrir. Ainsi, par ces propos, ils se sont mis à l’écart de l’Islam et ils en sont sortis tout comme la vipère quitte sa peau.
Il a également contredit le hadith de Mouslim d’après Abou l-‘Aswad Ad-Dou’aliyy qui a dit : « ^Imran Ibnou l-Housayn m’a dit : « As-tu vu ce que font les gens aujourd’hui et ce pour quoi ils uvrent, est-ce une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant ou est-ce que c’est une chose nouvelle qui n’a pas été prédestinée et qu’ils font après que leur est venu leur Prophète, après avoir reçu de lui la preuve et les textes de Loi ? Je lui ai alors dit : c’est plutôt une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant. Il a dit : n’est-ce pas une injustice ? » J’ai alors été terriblement effrayé et j’ai dit : « Chaque chose est Sa créature et Il la possède. Il ne Lui est pas demandé de comptes sur ce qu’Il fait et c’est à nous qu’il en sera demandé« . Il m’a alors dit : « Que Allah te fasse miséricorde, par ma question j’ai seulement voulu tester ta connaissance de la religion. Il y avait deux hommes de la tribu de Mouzaynah qui étaient allés voir le Messager de Allah r et qui lui ont dit : Ô Messager de Allah, as-tu vu ce que font les gens aujourd’hui et ce pour quoi ils
uvrent, est-ce une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant ou est-ce que c’est une chose nouvelle qui n’a pas été prédestinée et qu’ils font après que leur est venu leur Prophète, après avoir reçu de lui la preuve et les textes de Loi ? Il a répondu alors [ce qui signifie] : c’est plutôt une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant, conformément à Sa parole ta^ala :
{وَنَفْسٍ وَمَا سَوَّاهَا فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهاَ}
[sourat Ach-Chams / 8-9] ce qui signifie : « Par l’âme et ce dont Il l’a pourvue, Il Lui a inspiré son immoralité et sa piété » fin de citation.
Quant à ce qu’implique la raison saine, c’est que leurs propos précédemment cités entraînent que Allah serait impuissant, dominé, car l’esclave serait le créateur de ses désobéissances malgré la volonté de Allah, alors que Allah est le Tout-Puissant. Allah ta^ala dit : {واللهُ غالبٌ على أمره} [sourat Youçouf / 21] ce qui signifie : « Allah est Celui Qui domine Ses esclaves et c’est Sa volonté qui se réalise absolument« .
Selon leur prétention, il adviendrait dans ce qui appartient à Allah ta^ala des choses en dehors de Sa volonté et ceci n’est pas valable. En effet, il ne se produit pas dans ce qui appartient à Allah, un seul clignement de l’œil ni un détournement de regard si ce n’est par la destinée de Allah, Sa puissance et Sa volonté. Il n’y a pas de différence entre ce qui fait partie du bien ou du mal. Allah n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait alors que les esclaves, eux seront interrogés.
Il n’est donc pas valable selon la raison qu’une partie de ces actes existent par l’acte de Allah alors qu’une autre partie serait par l’acte d’autre que Lui, tout comme le prétendent les mou^tazilah qui ont contredit les gens de la vérité.
L’Imam Abou Hanifah dans son livre Al-Wasiyyah a dit : « L’esclave avec ses actes, avec ce qu’il fait, ce qu’il reconnaît et ses connaissances : tout est créé. Puisque celui qui agit est créé, ses actes à plus forte raison sont créés« . Et l’Imam Abou l-Haçan Al-Basriyy a dit : « Celui qui renie la prédestination, est devenu mécréant » fin de citation.
Il a été rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit : « Les propos des qadariyy sont de la mécréance« . D’autre part, d’après ^Oumar Ibnou ^Abdi l-^Aziz ainsi que l’Imam Malik Ibnou Anas et Al-‘Awza^iyy, ils ont dit : « On les oblige au repentir, soit ils se repentent, soit ils sont exécutés« .
Et ^Abdou r-Razzaq As–San^aniyy dans son Mousannaf a dit : Ma^mar d’après Az–Zouhriyy a dit : « Il m’a été rapporté qu’ils ont trouvé dans le maqam de ‘Ibrahim trois tablettes, sur chacune des tablettes, il y a des paroles écrites :
– Sur la première, il est écrit : « Je suis Allah Qui a créé Bakkah – c’est-à-dire La Mecque – … Je l’ai entourée de sept anges et J’ai donné des bénédictions à ceux qui y habitent dans la viande et dans le lait ».
– Sur la deuxième tablette, il est écrit : « Je suis Allah, Celui Qui a créé Bakkah, J’ai créé les matrices …, celui qui maintient les relations avec les proches aura la grande récompense, et celui qui ne les maintient pas est menacé du châtiment ».
– Et sur la troisième tablette, il est écrit : « Je suis Allah, Celui Qui a créé Bakkah, J’ai créé le bien et le mal, bonheur à celui sur les mains duquel le bien s’est réalisé et malheur à celui par qui le mal s’est réalisé ».
Et d’après Ma^mar, d’après Ibnou Tawous, d’après son père, un homme a dit à Ibnou ^Abbas : « Il y a des gens qui disent que le mal n’est pas prédestiné« . Ibnou ^Abbas a dit : « Entre nous et entre les gens de al-qadar, il y a cette ‘ayah : {سيقول الذين أشركوا لو شاء الله ما أشركنا} [sourat Al-‘An^am / 149-150] ce qui signifie : « Ceux qui ont été associateurs vont dire : si Allah l’avait voulu nous ne serions pas devenus associateurs« , jusqu’à Sa parole : {فلو شاء لهداكم أجمعين} ce qui signifie : « Si Allah [le] voulait, Il vous aurait guidés tous« .
Deuxième point
Parmi leurs égarements, il y a ce que dit leur chef, leur leader, dans le même livre précédemment cité Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah [3]. Il dit ce qui suit : (Cette préservation pour les prophètes et les messagers, elle n’a lieu qu’après qu’ils sont devenus prophètes ou messagers par la révélation, du fait qu’avant l’avènement de leur mission de prophète ou de messager, il est possible pour eux ce qui est possible pour le reste des humains car la préservation est pour la prophétie et le message) fin de citation.
La réplique
Les gens de la vérité ont été en accord qu’il est obligatoire pour les prophètes, la véracité, l’honnêteté, et l’extrême intelligence. L’on apprend à partir de là que Allah ta^ala ne choisit pour ce rang que celui qui est sauf de la bassesse, de la trahison, de la vilénie, du mensonge et de la stupidité. Celui donc qui a des antécédents de cet ordre, il n’est pas valable pour la prophétie même s’il s’en défait par la suite.
Il est un devoir aussi de croire que les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse et d’indécence. Il leur est possible ce qui est autre que cela en fait de petits péchés qui ne comportent pas d’indécence. C’est cela l’avis de la plupart des savants tout comme plus d’un l’a rapporté et c’est sur cette croyance qu’était l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.
La prophétie, selon l’avis de Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy, serait valable pour qui aurait été voleur, pour qui aurait déterré les morts et aurait pratiqué la sodomie ou autre que cela parmi les indécences qui proviennent des humains.
Troisième point
Parmi leurs égarements, il y a sa parole que l’assemblée de ach-choura le conseil a le droit de démettre le Calife avec ou sans raison et il a édité cela dans un de leurs écrits qui a été distribué à Damas il y a plus de vingt ans. C’est ce qu’a écrit un de ceux qui ont suivi Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy.
Ils prétendent également dans le livre appelé Doustourou Hizbou t-Tahrir [4] et dans Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah [5] que les choses qui permettent de changer l’état du Calife, qui causent sa déchéance et qui entraînent le devoir de le destituer immédiatement, c’est, ont-ils dit, le grand péché apparent, la perversité apparente.
An-Nabahaniyy dans son Livre appelé Nidhamou l-‘Islam [6] écrit ce qui suit : (Et s’il contredit la Loi de l’Islam ou s’il est incapable de mener à bien les affaires du gouvernement, il est un devoir de la démettre immédiatement) fin de citation.
La réplique
Ces propos sont contraires aux hadith qui confirment ce qui concerne le Calife, il contredit ainsi sa parole :
((من كره من أميره شيئاً فليصبر عليه فإنه ليس أحد من الناس خرج من السلطان شبراً فمات عليه إلا مات ميتةً جاهليّة))
[rapportée par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas quelque chose de son Emir, de son Gouverneur, qu’il fasse preuve de patience parce qu’il n’est personne qui sorte de l’obéissance – c’est-à-dire qui se rebelle contre son Sultan – ne fut-ce d’un empan et qui meure ainsi sans qu’il meure d’une mort de jahiliyyah« . C’est-à-dire sans qu’il commette ainsi un grand péché. Il contredit également le hadith sûr et connu qui ordonne de ne pas se rebeller contre le calife sauf en raison de la mécréance et qui comporte :
((وأن لا ننازع الأمر أهله إلا أن تروا طفراً بواحا))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « Et de ne pas disputer le gouvernement à ceux qui gouvernent sauf si vous voyez une mécréance flagrante« .
An-Nawawiyy dans le commentaire de ce hadith a dit ce qui suit : « La signification de ce hadith est la suivante : Ne vous disputez pas leur gouvernement à ceux qui sont chargés des affaires, et ne vous opposez pas à eux sauf si vous voyez de leur part une chose réprouvable claire que vous savez faire partie des fondements même de l’Islam, si vous voyez cela, alors réprouvez-le et dites la vérité où que vous soyez ; mais se rebeller contre eux et les combattre est interdit par l’Unanimité des musulmans même s’il sont des grands pécheurs injustes, et les hadith ont été clairs dans le sens de ce que j’ai cité. D’autre part les gens de Ahlou s-Sounnah ont été unanimes que le Sultan n’est pas démis à cause du grand péché. » fin de citation.
Ces tahririyyah ont fait du Calife un jeu de balle entre les mains d’une assemblée de joueurs. Le Calife n’est pas démis par la désobéissance mais on ne lui obéit pas sur cette désobéissance. En effet dans le Sahih de Mouslim, de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah lui a dit : « Le fils de ton oncle paternel, Mou^awiyah nous ordonne de consommer nos biens entre nous injustement et de nous combattre les uns les autres. Or Allah ta^ala dit :
{لا تأكلوا أموالكم بينكم بالباطل إلاَّ أن تكون تجارةً عن تراضٍ منكم}
[sourat An-Niça‘ / 29] ce qui signifie : « Ne consommez pas les biens les uns des autres injustement sauf si c’est par commerce et avec accord mutuel« . Et Il dit :
{ولا تقتلوا أنفسكم}
[sourat An-Niça’ / 29] ce qui signifie : « Ne vous entre-tuez pas les uns les autres« . C’est alors que ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu puis il a dit : « Obéis lui en ce qui est une obéissance à Allah et désobéis lui dans ce qui est une désobéissance à Allah« .
Ainsi le Calife s’il ordonne le bien et le mal, quoi qu’il commette comme grand péché, on ne brandit pas contre lui une arme, car la dissension provoquée par sa déposition est plus grave encore que de lui désobéir.
Quatrième point
Parmi leurs erreurs et leurs faux, il y a leur parole que celui qui meurt sans s’être engagé par un pacte vis-à-vis d’un Calife meurt d’une mort de jahiliyyah [7]. Ainsi, mentionnent-ils dans leur livre appelé Al-Khilafah [8] ce qui suit : (Le Prophète a rendu obligatoire pour chaque musulman de s’engager par un pacte et il a décrit celui qui meurt sans s’être engagé par un pacte envers un Calife comme étant mort d’un mort de jahiliyyah) fin de citation.
Ils mentionnent également dans le même livre [9] ce qui suit : (Ainsi les musulmans, dans leur ensemble, tous commettent un grand péché s’ils restent et abandonnent l’élection d’un Calife pour les musulmans. S’ils ont été d’accord sur cet abandon alors le péché est sur chaque individu d’entre eux dans tous les pays de la Terre) fin de citation. Ils mentionnent également dans un autre passage de Al-Khilafah [10] et Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah [11] : (La période qui constitue le sursis pour les musulmans pour placer un Calife est de deux nuits, il n’est pas licite qu’ils passent deux nuits sans s’être engagés par un pacte). Et ils disent [12] : (Si les musulmans n’ont pas de calife trois jours, tous commettent un péché jusqu’à ce qu’ils placent un calife) fin de citation.
Ils disent dans un autre livre [13] ce qui suit : (Les musulmans au Liban tout comme dans les autres pays des musulmans commettent un péché selon le jugement de Allah s’ils n’œuvrent pas pour ramener l’Islam à la vie et placer un Calife unique qui règle leurs affaires) fin de citation.
La Réplique
Ces expressions constituent une part de leurs déformations des textes par rapport à leurs sens réels. Ainsi ce hadith a été rapporté par Mouslim d’après Ibnou ^Oumar dans ces termes :
((من خلع يداً عن طاعة لقي اللهَ يوم القيامة لا حجّة له ، ومن مات وليس في عُنُقِه بيعة مات ميتةً جاهليّة))
ce qui signifie : « Celui qui ôte sa main et se rebelle en refusant d’obéir à l’Imam, il viendra au jour du jugement sans avoir de preuves pour se défendre et celui qui meurt sans s’être engagé par un pacte meurt d’une mort de jahiliyyah« . Ainsi ils ne citent de ce hadith que la deuxième phrase et ils répètent :
((من مات وليس في عُنُقِه بيعة مات ميتةً جاهليّة))
ce qui signifie : « Celui qui meurt sans s’être engagé par un pacte, il meurt d’une mort de jahiliyyah« , tout en laissant croire que cela concerne tous ceux qui n’ont pas parlé avec eux au sujet du Calife tout comme eux ils en parlent.
La signification de ce hadith n’est pas telle qu’ils le prétendent, mais c’est la suivante : Celui qui se rebelle contre un Calife et qui reste sur cet état jusqu’à la mort, alors sa mort est une mort de jahiliyyah tout comme cela est indiqué à partir du hadith de Mouslim, d’après Ibnou ^Abbas, d’après le Prophète :
((من كره من أميره شيئاً فليصبر عليه فإنه ليس أحد من الناس خرج من السلطان شبراً فمات عليه إلا مات ميتةً جاهليّة))
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas quelque chose de son Emir, de son Gouverneur, qu’il fasse preuve de patience parce qu’il n’est personne qui sorte de l’obéissance – c’est-à-dire qui se rebelle contre son Sultan – ne fut-ce d’un empan et qui meure ainsi sans qu’il meure d’une mort de jahiliyyah« .
Ainsi, la parole du Prophète : ((فمات عليه)) ce qui signifie : « Et qui meure ainsi » est explicite que celui qui meurt d’une mort jahiliyyah c’est celui à qui la mort parvient alors qu’il est en état de rébellion contre le Sultan et cela est indiqué également à partir du hadith de Abou Hourayrah que le Prophète a dit :
((من خرج من الطاعة وفارق الجماعة فمات مات ميتة جاهليّة))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’obéissance d’un Calife, quitte la majorité et meurt, il est mort d’une mort de jahiliyyah« .
Ceci est également indiqué à partir du hadith de Al-Boukhariyy et Mouslim d’après Houdhayfah Ibnou l-Yaman dans lequel le Messager de Allah après avoir décrit ceux qui prêchent sur les portes de l’enfer, il a dit : ((فالزموا جماعة المسلمين وإمامهم)) ce qui signifie : « Attachez-vous à l’ensemble des musulmans et à leur Imam« . Houdhayfah a dit : « Et s’ils n’ont pas de groupe ni d’Imam ?« . Le Prophète a répondu : ((فاعتزل تلك الفرق كلّها)) ce qui signifie : « Alors isole-toi et abandonne tous ces groupes« . Le Messager de Allah ne lui a pas répondu : Alors vous mourrez d’une mort jahiliyyah.
De plus, ce à quoi appelle Hizbou t-Tahrir est quelque chose qui présente une difficulté éprouvante. Ainsi les musulmans aujourd’hui sont dans l’incapacité de mettre en place un Calife et Allah ta^ala dit :
{لا يُكلِّفُ الله نفساً إلاّ وُسعها}
[sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge une âme que de ce dont elle est capable« . Ils ont donc laissé de côté le hadith de Al-Boukhariyy et Mouslim et se sont attachés au hadith de Mouslim d’une manière infondée.
Ainsi le caractère erroné de leurs propos et leurs duperies sont devenus clairs. Leur objectif est bien la perturbation des musulmans pour qu’ilsles suivent et pour qu’ils s’engagent par un pacte vis-à-vis de leur leader Taqiyyou d-Din An–Nabahaniyy qui a prétendu être Calife. Son groupe s’est même engagé par un pacte vis-à-vis de lui conformément à cette prétention. Il a ainsi partagé les pays selon sa prétention entre ses trois fils : le premier il l’a appelé l’émir de l’Irak, le second il l’a appelé l’Emir du Cham, et le troisième il l’a appelé l’Emir d’Egypte. Et il a appelé son épouse la mère des croyants selon sa prétention . Maintenant, après sa mort ils ont placé un autre prétendu Calife, qui se trouve actuellement au Danemark, et qui a fait appliquer la peine légale sur l’un des leurs qui avait commis la fornication.
Cinquième point
Parmi leurs tromperies et leurs fausses paroles, dans certains de leurs tracts qu’ils ont propagés à Tripoli il y a un peu plus de quinze ans environ, ils ont dit qu’il n’est pas interdit de marcher avec l’intention de faire la fornication avec une femme ou d’avoir un rapport avec un garçon mais que le péché, c’est bien la pratique de l’acte.
La Réplique
Dans ces propos, il y a une contradiction avec l’Unanimité et avec le hadith :
((كُتب على ابن ءادم نصيبه من الزنى مدرك ذلك لا محالة ، فالعينان زناهما النظر ، والأذنان زناهما الاستماع ، واللسان زناه الكلام ، واليد زناها البطش ، والرجل زناها الخطا …))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et autres qu’eux deux] ce qui signifie : « La part de fornication du fils de ‘Adam est prédestinée, il fera cela sans aucun doute, ainsi, les deux yeux, leur péché c’est le regard, les deux oreilles, leur péché c’est d’écouter, la langue, son péché c’est de parler, la main, son péché c’est de prendre et les pieds, leur péché ce sont les pas« . An-Nawawiyy dans son commentaire sur Mouslim a mentionné que marcher pour faire la fornication est interdit et que toucher est interdit, pour preuve ce hadith précédemment cité.
Sixième point
Parmi leurs erreurs, il y a leurs paroles lorsqu’ils ont dit qu’il est permis que l’homme embrasse la femme ‘ajnabiyyah, de même que masser et marcher et autre que cela. Ainsi, ils ont mentionné cela dans un de leurs tracts sous forme de question-réponse [14] dont voici le texte qu’ils ont écrit : (Quel est le jugement du fait d’embrasser avec désir, et quelle est la preuve ? La réponse : On comprend de l’ensemble des réponses précédemment citées que le fait d’embrasser avec désir est permis et n’est pas interdit … C’est pour cela que nous déclarons aux gens qu’embrasser en tant que tel, n’est pas interdit parce que cela est permis puisque cela rentre dans le cadre général des preuves de ce qui est permis parmi les actes habituels de l’homme. Ainsi, le fait de marcher, de masser, de sucer, de bouger le nez, d’embrasser et d’embrasser les lèvres et autre parmi les actes qui rentrent sous le cadre général des preuves générales de ce qui est permis … Ainsi, la manière habituelle n’est pas interdite mais fait bien partie des choses permises. Cependant l’Etat empêche qu’on le pratique … De même le fait qu’un homme embrasse une femme dans la rue, que ce soit avec désir ou sans désir, l’Etat empêche que cela ait lieu dans la vie courante …
Il se peut que l’Etat dans la vie courante empêche des choses permises. Ainsi certains hommes touchent les vêtements des femmes avec désir, il y en a parmi eux qui regardent leurs souliers avec désir et qui entendent leur voix à la radio avec désir, le désir sexuel pouvant être entraîné chez lui à partir du fait d’entendre sa voix directement ou à partir d’une chanson ou à partir de la lecture des annonces de publicité ou lorsqu’une lettre parvient de chez elle ou si elle lui transmet quelque chose par quelqu’un d’autre … Ce sont des actes avec désir qui se rattachent à la femme et qui sont permis parce que ces actes rentrent sous le cadre de ce qui est indiqué comme étant permis) fin de citation.
Ils mentionnent également dans un autre tract [15] ce qui suit : (Celui qui embrasse quelqu’un arrivant de voyage, un homme ou une femme ou qui serre la main à un homme ou à une femme mais qui n’a pas fait cet acte pour parvenir à la fornication ou à la sodomie, alors ce baiser n’est pas interdit et c’est pour cela qu’ils sont tous deux licites) fin de citation.
Ils ont dit également qu’il est permis que l’homme serre la main à la femme ‘ajnabiyyah prétendant par là que le Messager aurait serré la main, pour preuve le hadith de ‘Oummou ^Atiyyah lors de l’engagement par un pacte (al-moubaya^ah) rapporté dans Al-Boukhariyy o elle a dit : « Alors une femme a repris sa main » alors que d’autres qu’elle n’ont pas repris leur main. Ils ont dit [16] : (L’engagement par un pacte a lieu en serrant la main ou par l’écriture et il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes. Elles peuvent donc serrer la main du Calife lorsqu’elles s’engagent par un pacte pour lui tout comme les hommes lui serrent la main) fin de citation.
Dans un autre tract [17] sous le titre « Le jugement de l’Islam concernant le fait que l’homme serre la main à la femme ‘ajnabiyyah« , ils ont dit après de longs propos ce qui suit : (Si nous considérons les hadith à partir desquels certains savants de jurisprudence ont compris l’interdiction du fait de serrer la main, nous trouvons qu’ils ne comportent ni interdiction ni même empêchements) fin de citation.
Et ils ont conclu leur tract en disant : (Et ce qui est valable pour le fait de serrer la main est aussi valable pour le baiser) fin de citation.
La Réplique
Ibnou Hibban a rapporté d’après ‘Oumaymah Bintou Rouqayqah et ‘Is-haq Ibnou Rahawayh avec une bonne chaîne de transmission d’après Asma‘ Bintou Yazid, rapporté jusqu’au Prophète, que le Prophète a dit :
((إنّي لا أصافح النّساء)) ce qui signifie : « Je ne serre pas la main aux femmes« . Le Hafidh Ibnou Hajar après avoir cité ce hadith a dit : « Dans ce hadith, nous comprenons que le fait d’entendre les paroles de la femme ‘ajnabiyyah est permis et que sa voix n’est donc pas une intimité (^awrah), et nous comprenons également l’interdiction de toucher la peau de la personne ‘ajnabiyyah sans nécessité » fin de citation.
Quant au hadith de ‘Oummou ^Atiyyah que Al-Boukhariyy a rapporté, ce n’est pas un texte autorisant le fait de toucher peau contre peau. La signification en est seulement que les femmes faisaient un signe de leurs mains lorsqu’elles s’engageaient par un pacte, sans toucher. Il est donc nécessaire d’interpréter ce hadith par un autre sens que le sens qui vient communément à l’esprit pour être en accord avec les deux hadith qui sont sûrs, et parce qu’il est nécessaire de faire concorder les deux hadith puisque chacun des deux est sûr.
De plus, il a été rapporté dans le sahih de Al-Boukhariyy dans le même chapitre où a été rapporté le hadith de ‘Oummou ^Atiyyah un hadith de ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qu’elle a dit : « Le Prophète recevait l’engagement des femmes par le pacte oralement avec cette ‘ayah : {لا يُشرِكن بالله شيئاً} [sourat Al-Moumtahinah / 12] ce qui signifie : « Elles n’associent rien à Allah« ». Elle a dit : « La main du Messager de Allah n’a pas touché la main d’une femme sinon une femme qui lui appartient« . Si donc le sens de l’engagement par un pacte était le fait de serrer la main comme ils le prétendent, il y aurait dans les propos de ^A‘ichah une contradiction.
Ibnou Mandhour dans Liçanou l-^Arab a dit : « baya^a signifie ^ahada » c’est-à-dire : « Il s’est engagé par un pacte » et dans le hadith : ((ألا تُبايعوني عى الإسلام)) ce qui signifie : « Ne vous engagerez-vous pas par un pacte vis-à-vis de moi pour l’Islam« . Ce hadith donc explique que al-moubaya^ah est l’expression du fait de s’engager par un pacte. Ce n’est donc pas une condition pour al-moubaya^ah selon la langue ni selon la Loi que de toucher peau contre peau. Ainsi al-moubaya^ah, est un terme qui s’applique aussi bien pour al-moubaya^ah sans toucher. Mais pour insister, les compagnons lors de Bay^atou r-Ridwan se sont engagés par un pacte vis-à-vis du Prophète en serrant la main, mais al-moubaya^ah peut avoir lieu par l’écriture.
Ce qui réfute également leurs mensonges lorsqu’ils prétendent qu’autres que ‘Oummou ^Atiyyah a tendu la main au Messager et qu’elle lui aurait serré la main lors de al-moubaya^ah, c’est le hadith de Al-Boukhariyy également des propos de ^A‘ichah qu’elle a dit : « Non, par Allah sa main n’a jamais touché la main d’une femme lors d’une moubaya^ah, il ne recevait leur engagement que par sa parole qui signifie : « J’ai accepté ton engagement sur cela« ». On leur dit également : Où donc dans le hadith de ‘Oummou ^Atiyyah y-a-t-il un texte montrant que quelqu’un d’autre qu’elle aurait serré la main du Prophète ? Ceci n’est qu’une illusion de leur part et une calomnie.
Ce qui indique également l’interdiction du fait de serrer la main et de toucher une personne ‘ajnabiyyah sans ce qui empêche le contact peau contre peau, c’est le hadith :
((لأن يُطعن أحدُكم بحديدةٍ في رأسه خيرٌ له من أن يَمسَّ امرأةً لا تحلُّ له))
[rapporté par At–Tabaraniyy dans Al-Mou^jamou l-Kabir et le Hafidh Ibnou Hajar l’a jugé bon, haçan ainsi que Nourou d-Din Al-Haythamiyy, Al-Houndhouriyy et d’autres] ce qui signifie : « Si l’un de vous reçoit un coup de barre de fer sur la tête, cela vaut mieux pour lui que de toucher une femme qui ne lui est pas licite« . De plus, al-mass le fait de toucher dans le hadith c’est-à-dire palper par la main et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas le rapport sexuel, comme le prétendent les tahririyyah. Celui qui a rapporté le hadith, Ma^qal Ibnou Yaar a compris de ce hadith autre chose que ce que prétendent les tahririyyah tout comme cela a été rapporté de lui d’après Ibnou Abi Chaybah dans son Mousannaf.
Il est devenu clair que les tahririyyah ont calomnié le Messager de Allah et ont démenti ^A‘ichah, que Allah l’agrée. Ils ont déformé la langue arabe et ils ont rendu licite ce que le Messager de Allah a interdit.
Ce qui prouve encore davantage leur ignorance, c’est qu’ils ont prétendu que le hadith de At–Tabaraniyy concernant l’interdiction du fait de serrer la main à une personne ‘ajnabiyyah est de l’ordre de la nouvelle rapportée par une seule personne et qu’on ne l’utilise pas dans les jugements. Nous leur répliquons par ce qu’a cité Al-Khatib Al-Baghdadiyy dans son livre Al-Faqih wa l-Moutafaqqih à savoir lorsqu’il a dit : « Il est permis d’œuvrer conformément au hadith rapporté par une seule personne » fin de citation. D’autre part, les spécialistes des fondements ont décrété que c’est un argument concernant toutes les choses de la religion. Aucun Imam n’a contredit cela en requérant le tawatour si ce n’est Al-‘Amidiyy qui n’a pas eu d’argument en faveur de ses paroles. Il est devenu clair que Hizbou t-Tahrir réfute la vérité.
De plus, ce qu’on rapporte que le Prophète aurait été guidé par une femme esclave noire dans certains quartiers de Médine et lorsqu’ils disent que ce hadith est une preuve qu’il est permis de serrer la main à une femme sans ce qui empêche le contact peau contre peau, on leur dit :
Ce hadith ne comporte pas le texte qu’elle le tenait par la main, c’est-à-dire en lui serrant la main sans ce qui empêche le contact peau contre peau, et il n’y a pas de preuve également qu’elle était désirable. De toute façon, il n’est pas permis d’annuler le hadith clair qui est dans Mouslim : ((واليد زناها البطش)) ce qui signifie : « Et le péché de la main, c’est de toucher » en raison de cet autre hadith qui rentre dans le cadre de ce qui porte à conjecture. Ceci est opposé à la règle des spécialistes des fondements et des mouhaddith, selon laquelle lorsque deux hadith sûrs de par leur chaîne de transmission s’opposent selon l’apparence, il est un devoir d’établir la concordance entre les deux autant que possible. Mais si cela n’est pas possible, lorsque le dernier d’entre eux est connu alors c’est celui qui abroge et celui qui a précédé est abrogé. Ou alors on penche vers ce qui prévaut des deux. Si donc nous nous tournons pour rechercher ce qui prévaut des deux, ce hadith, c’est-à-dire le hadith de Mouslim est celui selon lequel on œuvre parce que c’est celui sur lequel il y a eu Unanimité de la communauté. En effet, les quatre écoles interdisent le fait de toucher sans ce qui empêche le contact direct, que ce soit avec ou sans désir. Et le hadith qui est le plus en accord avec la pratique selon les mouhaddith et les spécialistes des fondements, c’est celui qui prévaut sur celui qui est en opposition avec lui. Alors que dire de celui qui est en accord avec la pratique de la totalité ?
Et regarde bien Ô toi lecteur, la corruption de leurs propos selon lesquels il ne serait pas interdit de marcher pour faire la fornication et qu’il ne serait pas interdit que l’homme embrasse la femme ‘ajnabiyyah et inversement, et de même de toucher, de sucer, de toucher les vêtements de la femme avec désir. Ils ont compté tout cela parmi les choses permises. N’est-ce pas dans ces propos une opposition au hadith de At–Tabaraniyy précédemment cité, et une opposition au hadith de Mouslim :
((كُتب على ابن ءادم نصيبه من الزنى مدرك ذلك لا محالة ، فالعينان زناهما النظر ، والأذنان زناهما الاستماع ، واللسان زناه الكلام ، واليد زناها البطش ، والرجل زناها الخطا ، والقلبُ يهوى ويتمنّى ويُصدِّقُ ذلك الفرجُ ويكذبه))
ce qui signifie : « La part de fornication du fils de ‘Adam est prédestinée, il fera cela sans aucun doute, ainsi le péché des yeux, c’est le regard, le péché des oreilles, c’est d’écouter, le péché de la langue, c’est de parler, le péché de la main, c’est de toucher, le péché du pied, c’est de marcher, le cœur désire et souhaite et le sexe confirme cela ou bien l’infirme« . Et dans la version de Abou Dawoud :
((واليدان تزنيان فزناهما البطش ، والرجلان تزنيان فزناهما المشي ، والفم يزني فزناه القُبل))
ce qui signifie : « Les péchés des mains c’est de prendre, les péchés des pieds, c’est de marcher et les péchés de la bouche, c’est d’embrasser« .
Enfin ce qu’ils ont fait suffit comme mécréance, parce que contredire et réfuter les textes est de la mécréance tout comme l’a dit An-Naçafiyy et d’autres que lui. Comment serait-il valable qu’ils prétendent appeler à l’Islam tout en s’y opposant ? Alors que le musulman, c’est celui qui s’est soumis à Allah et à Son Messager et qui n’a réfuté aucun texte du Qour’an ni aucun texte du hadith.
Nous leurs disons, éloignez-vous de l’appel à l’Islam, parce que vous n’êtes pas de ceux qui en sont dignes, vous avez en effet réfuté les textes.
Septième point
Semblable à ces nombreuses calomnies figurant dans les livres de Hizbou t-Tahrir, ils prétendent que (l’homme, dès qu’il devient capable de déduire devient moujtahid. C’est pour cela que la déduction ou l’ijtihad est possible pour la totalité des gens et c’est une chose facile pour l’ensemble et plus particulièrement après que sont parvenus entre les mains des gens des livres de langue arabe et de Loi Islamique). Et c’est là le texte de leurs propos [18].
La Réplique
Dans ces propos, il y a une porte ouverte aux avis de jurisprudence sans science. N’ont-ils pas su que le moujtahid est celui qui a su ce qui se rattache aux jugements à partir du Livre et de la Sounnah ? Qui a connu ce qui est particulier et ce qui est général, ce qui est absolu et ce qui est conditionné, ce qui est global et ce qui est détaillé, ce qui abroge et ce qui est abrogé et qui a connu à partir de la Sounnah ce qui est moutawatir et ce qui est rapporté par une personne, ce qui est attribué au Prophète sans que ce soit rapporté par un compagnon et ce qui est attribué au Prophète et qui est rapporté par un compagnon, le degré de confiance de ceux qui rapportent et leur réfutation. N’ont-ils pas su que le moujtahid est celui qui a connu aussi les paroles des compagnons et ceux qui sont venus après eux en tant que moujtahid, que cela soit sujet à Unanimité ou autre et qui a connu l’analogie (al-qiyas), ce qui en est clair et ce qui n’en est pas explicite, ce qui est bon et ce qui n’est pas bon, qui a connu la langue des arabes par laquelle a été descendu le Qour’an, qui a connu les fondements même de la croyance ? Et qu’il est une condition qu’il soit juste (^adl), digne de confiance, qu’il ait une forte capacité intellectuelle et qu’il ait mémorisé les ‘ayah concernant les jugements et les hadith concernant les jugements.
De plus, celui qui est moujtahid, ce sont les gens de la science qui témoignent pour lui de son statut et aucun des savants digne de considération n’a témoigné dans ce sens en faveur de Taqiyyou d-Din An-Nabahaniyy ni ne lui a témoigné d’un degré approchant à cela. Et comment pareil individu ferait-il partie des moujtahid ?
Il suffit pour répliquer à leurs propos ce hadith sur lequel il y a accord, c’est-à-dire qu’il y a accord sur son caractère de sûr (sahih) mais qui plus est compte parmi les moutawatir :
((نَضَّر اللهُ امرأً سمع مقالتي فوعاها فأدَّاها كما سمعها ، فرُبَّ حامل فقهٍ ليس بفقيه ، ورُبَّ حامل فقهٍ إلى من هو أفقه منه))
ce qui signifie : « Que Allah embellisse la personne qui a entendu mes propos, qui les a compris et les a appliqués tout comme elle les a entendus. Combien sont ceux qui portent la science et ne sont pas spécialistes de la science, et combien de personnes transmettent la science à qui en aura plus de compréhension qu’eux« . Ainsi sa parole ((فرُبَّ حامل فقهٍ ليس بفقيه)) ce qui signifie : « Combien sont ceux qui portent la science et ne sont pas spécialistes de la science« , signifie qu’il y a parmi vous qui n’a pas comme part dans le hadith qu’il a entendu de moi de le comprendre ou de comprendre ce qu’il comporte comme jugements. Mais sa part, c’est de le transmettre à quelqu’un d’autre et cet autre, il se peut qu’il soit plus apte à la déduction et al-‘ijtihad. Ainsi le Messager a classé ses compagnons en deux : Il a informé qu’il y a une catégorie qui n’ont pas de part dans la déduction et al-‘ijtihad. Il a informé qu’il s’agit de la majorité d’entre eux. Il a d’autre part informé qu’il y a une catégorie d’entre eux qui sont de simples rapporteurs qui font entendre aux autres ce qu’ils ont entendu de lui .
Huitième point
Parmi l’ensemble de leurs erreurs, c’est qu’ils mentionnent dans certains de leurs livres [19] des paroles dont le texte est le suivant : (La résidence dans laquelle nous vivons aujourd’hui, c’est une résidence de mécréance parce que ce sont des lois de mécréance qui sont appliquées. Elles sont semblables à La Mecque lors de l’avènement de la mission du Messager) fin de citation. Ils disent dans un autre passage du même livre [20] : (Il n’y a pas parmi les pays des musulmans aujourd’hui un seul pays ni un seul Etat où les Lois de l’Islam sont appliquées dans le jugement et les choses de la vie. C’est pour cela qu’ils sont tous considérés comme une résidence de mécréance, même si leurs habitants sont musulmans) fin de citation.
Celui qui considère objectivement le comportement de ce groupe, aura su qu’ils appellent les musulmans à l’anarchie et à la désobéissance.
Ce à quoi a abouti ce groupe du Tahrir, c’est l’appel au désordre concernant les choses de la religion. Comment le désordre serait-il valable dans les choses de la religion, alors que le désordre n’est pas même valable dans les choses de la vie.
Al’Afwahou l-‘Awdiyy a dit : « Les gens ne s’arrangent pas lorsqu’ils sont désorganisés sans personne pour les guider, et personne ne les guide si ce n’est que leurs ignorants qui sont nombreux« .
[1] premier tome, première partie pages 71 et 72.
[2] tome premier, première partie page 74.
[3] premier tome, première partie page 120.
[4] page 66.
[5] deuxième tome, troisième partie pages 107-108.
[6] page 79.
[7] Ach-Chakhsiyyahtou l-‘Islamiyyah, tome 2, troisième partie, pages 13 et 29.
[8] Al-Khilafah page 4.
[9] Al-Khilafah page 9.
[10] Al-Khilafah page 3.
[11] Tome II, troisième partie page 15.
[12] livre Ad-Dawlatou l-‘Islamiyyah page 179.
[13] le livre Moudhakkaratou Hizbi t-Tahrir ‘ila l-Mouslimin fi Loubnan page 4.
[14] nachrat jawab wa sou’al du 24 Rabiou l-‘Awwal de 1390 de l’Hégire.
[15] Manchour Jawab Sou’al de 8 Mouharram de 1390.
[16] Kitabou l-Khilafah pages 22-23 et le livre appelé Ach-Chakhsiyyatou l-‘Islamiyyah Tome 2, troisième partie pages 22-23 et troisième Tome, pages 107-108.
[17] paru le 21 Joumada l-‘Oula 1400 de l’Hégire qui correspond au 07 Avril 1980.
[18] Kitabou Tafkir, page 149.
[19] Kitabou Hizbi t-Tahrir, page 17.
[20] Kitabou Hizbi t-Tahrir page 32.
Cours général : Le Paradis
Bismi L-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allaah, Ar-RaHmaan, Ar-RaHiim
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allaah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. A llah ta^ala dit dans le Qour’an Honoré : ليس كمثله شىء وهو السميع البصير (layça kamithlihi chay’oun wa houwa s-Sami^ou l-Basir) ce qui signifie : « Rien n’est que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit ». Nous allons parler aujourd’hui non pas du commentaire et de l’exégèse de cette ‘ayah honorée dont vous avez entendu le commentaire à maintes reprises, et ceci est une grâce éminente pour nous et pour vous car le fait que nous attachions une grande importance à la science du Tawhid ne revient qu’à prendre pour modèle en cela le Messager de Allah Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. J’ai voulu cependant vous la rappeler étant donné qu’elle est la ‘ayah la plus explicite du Qour’an honoré pour montrer l’exemption de Allah tabaraka wa ta^ala de toute ressem-blance avec Ses créatures. J’ai commencé par la citer afin de vous parler ensuite de la plus éminente des grâces qui sera accordée aux gens du paradis lorsqu’ils seront au paradis. Ils verront Allah ta^ala. Ils Le ver-ront et il n’y a pas quelque chose que les gens du paradis aimeront davantage que de voir Allah. Ils Le verront sans comment, sans en-droit et sans direction. Notre preuve pour cela est déduite de la parole de Allah ta^ala : وجوه يومئذ ناضرة إلى ربّها ناظرة (woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila rabbi-ha nadhirah) qui signifie : « Des visages ce jour-là seront resplendissants de bonheur, ils verront leur Seigneur » Et le hadith du Messager de Allah salla l-Lahou^alayhi wa sallam : )) إنّكم سترون ربّكم يوم القيامة كما ترون القمر ليلة البدر لا تضامون في رؤيته (( (‘innakoum satarawna rabbakoum yawma l-qiyamah kama tarawna l-qamara laylata l-badri la toudamouna fi rou’yatih) qui signifie : « Certes vous verrez votre Seigneur au jour du jugement tout comme vous voyez la lune une nuit de pleine lune : vous ne douterez pas au sujet de Sa vision ». Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a com-paré notre vision de Allah à la vision de la lune une nuit de pleine lune par le fait qu’elle ne comportera aucun doute, mais il n’a en aucun cas assimilé Allah ta^ala à la lune. Les prophètes et les saints Le verront tous les jours, deux fois ; quant au restant des croyants, ils Le verront une fois par semaine. En effet, la félicitée des gens du paradis diffère pour cha-cun selon son degré et son mérite selon le ju-gement de Allah. Et ce, relativement à ce qu’il aura accompli comme œuvres dans le bas monde. Néanmoins, chaque endroit au paradis, la plus petite parcelle du paradis, sera meilleure que le bas-monde et tout ce qu’il comporte. Il est un devoir de croire au paradis. Le paradis est la résidence de la paix, la résidence de la félicité éternelle et ininterrompue. Or la félicité au paradis est de deux sortes. Il y a une félicité qui n’est réservée qu’aux pieux et il y a une félicité dont tous les gens du paradis bénéficie-ront. Parmi les choses qui relèvent de cette félicité générale, c’est que les gens du paradis seront tous jeunes, ils ne vieilliront jamais. Ils seront tous en bonne santé, ils ne tomberont jamais malade, ils seront tous joyeux, ils ne seront jamais atteints ni de chagrin ni de tris-tesse, ni de tourment. Et ils resteront vivants dans une félicité éternelle, ils ne mourront ja-mais. Ecoutez avec moi ce qui a été rapporté pour le décrire, du Prophète éminent salla l-Lahou ^alayhi wa sallam qui a dit : )) هي وربّ الكعبة نور يتلألأ وريحانة تهتزّ ونهر مطرد وقصر مشيد وفاكهة نضيجة وزوجة حسناء جميلة في مقام أبديّ في حبرة ونضرة (( (hiya wa Rabbou l-ka^bati nouroun yatala’la wa rayhanatoun tahtazz wa nahroun mouttarid wa qasroun machid wa fakihatoun nadijah wa zawjatoun hasna’ou jamilah fi mouqamin aba-diyyin fi houbratin wa nadrah) Ainsi le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam jure par le Seigneur de la Ka^bah que le para-dis est lumières qui scintillent. C’est pour cela que le paradis n’a besoin ni de soleil ni de lune, il n’y a aucune obscurité là-bas tout comme il y en a dans le bas-monde. Pourtant la durée de la nuit et du jour y est reconnue par un signe que Allah crée. Si les yeux des gens du paradis avaient la puissance qu’ils ont aujourd’hui, les gens du paradis deviendraient aveugles tant la lumière du paradis est intense mais Allah leur donne une puissance plusieurs fois multipliée, des multiples de fois celle de leurs yeux au-jourd’hui. Leur puissance aujourd’hui repré-sente une faible part, c’est comme une goutte comparée à la mer. Allah donne à leurs yeux une force de sorte à ce qu’ils puissent voir à une distance de mille années comme ils peuvent voir la paume de leur main et ils verront sans aucune confusion. Au paradis, il y a Touba ; Touba, mes frères de foi, est un arbre. Le voyageur peut marcher à son ombre cent années durant sans le dépasser. Cet arbre donne des habits aux gens du paradis, il sort de cet arbre des habits pour les gens du paradis qu’ils revêtiront. Au paradis il y a des fleuves qui coulent et qui ne contraignent à aucune difficulté pour aller en puiser. Ils ne coulent pas dans des lits pro-fonds mais coulent à même le sol du paradis. Au paradis il y a également des oiseaux. Il a été rapporté du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam qu’il a dit : )) إنك لتنظر إلى الطير في الجنّة فتشتهيه فيخرّ بين يديك مشويًا (( (‘innaka latandhourou ’ila t-tayri fi l-jannah fatachtahihi fayakhirrou bayna yadayka machwiyya) ce qui signifie : « Il arrive que tu observes un oiseau du paradis, que tu le dési-res et tu le retrouves entre tes mains, cuit ». Au paradis il y a des lits surélevés tout comme notre Seigneur le dit dans le Qour’an honoré : فيها سرر مرفوعة (fiha sourouroun marfou^ah) ce qui signifie : « Il comporte des lits surélevés ». Il a été rapporté dans leur description qu’ils sont ornés de perles précieuses et que leurs montants sont en or. Ils restent élevés tant que celui qui veut y prendre place n’est pas venu. S’il s’en approche, ce lit s’abaisse pour lui, il s’assoit dessus et il se re-lève alors. Allah ta^ala a fait que ces lits sont des moyens de locomotion au paradis. Si la personne souhaite voir quelqu’un au paradis, ce lit l’emporte et vole avec elle dans le paradis par la toute-puissance de Allah jusqu’à arriver face au lit de cette autre personne. Ils s’assoient face à face et discutent puis son lit la ramène où elle était. Telle est la signification de la pa-role de Allah ta^ala : على سررٍ متقابلين (^ala sourourin moutaqabilin) qui signifie : « sur des lits face à face ». Ô Allah, par le degré de Mouhammad, rassem-ble nous avec celui qui nous a enseigné ces paroles au plus haut degré du paradis. En effet le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a cité la description du paradis à ses compagnons pour les inciter à œuvrer, en leur rappelant de faire preuve de sérieux et d’application dans l’obéis-sance à Allah ta^ala. Mes frères, œuvrez avec sérieux dans l’obéissance à Allah, partez avec l’appel à Allah et rappelez vous de la parole de Allah ta^ala : إنّ الله اشترى من المؤمنين أنفسهم وأموالهم بأنّ لهم الجنّة (‘inna l-Laha chtara mina l-mou’minina ‘an-fouçahoum wa ‘amwalahoum bi’anna lahou-mou l-jannah) ce qui signifie : « Certes Allah accorde aux croyants, en contrepartie de leur âme et de leur bien, le paradis ».
Croyance : Tahawiyyah
Matnou l-^Aqidati t–Tahawiyyah
Le Traité de Croyance Tahawiyyah
P
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Le grand savant Houjjatou l-’Islam Abou Ja^far Al-Warraq At–Tahawiyy a dit en Egypte, que Allah lui fasse miséricorde :
Ceci est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah selon la voie des savants de la communauté Abou Hanifata n-Nou^man Ibnou Thabitini l-Koufiyy, Abou Youçouf Ya^qoub Ibnou Ibrahim Al-’Ansariyy et Abou ^Abdi l-Lahi Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy,que l’agrément de Allah soit sur eux tous, c’est l’énoncé de ce qu’ils ont eu pour croyance concernant les fondements de la religion et l’énoncé de la croyance dont ils sont redevables envers le Seigneur des mondes. Nous disons concernant la croyance en l’unicité de Allah, en ayant cela pour croyance par la réussite que Allah accorde : Allah est unique, Il n’a pas d’associé. Rien n’est tel que Lui. Rien ne Le rend incapable. Il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Il est éternel exempt de début. Il est éternel exempt de fin. Il ne s’anéantit pas et Il ne périt pas. N’a lieu que ce qu’Il veut. Les illusions ne L’atteignent pas. Les raisons ne Le conçoivent pas. Il n’a aucune ressemblance avec les créatures. Vivant, Il ne meurt pas, éternel Qui ne s’anéantit pas, Il ne dort pas. Créateur sans besoin. Pourvoyeur sans charge. Il fait mourir sans crainte. Il fait ressusciter sans difficulté. Il est de toute éternité exempt de début avec Ses attributs, avant l’existence de Ses créatures ; par l’existence de Ses créatures, Il ne s’est pas accru de quelque chose qui n’ait pas fait partie de Ses attributs avant que Ses créatures n’existent. Tout comme Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de début, de même Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de fin. Ce n’est pas après la création des créatures (al-khalq) qu’Il a acquis le nom de Créateur (Al-khaliq), ni en donnant le début à la création (al-bariyyah) qu’Il a obtenu le nom de Créateur (Al-Bari’). Il est attribué de la souveraineté sur les créatures de toute éternité sans qu’il y ait de créatures sujettes à Sa souveraineté de toute éternité. Il est attribué de l’attribut de création de toute éternité sans qu’il y ait de créatures de toute éternité. Tout comme Il est Celui Qui fait vivre les morts après les avoir fait vivre, Il mérite ce nom avant de les faire vivre. De même, Il mérite le nom de Créateur avant le fait qu’elles soient créées. Tout ceci du fait qu’Il est sur toute chose Tout-Puissant ; toute chose a besoin de Lui et toute chose Lui est facile. Il n’a besoin de rien ; rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Il crée les créatures conformément à Sa science. Il leur prédestine des destinées et leur fixe des échéances. Rien ne Lui échappe avant qu’Il les crée, Il sait ce qu’elles font avant de les créer. Il leur ordonne l’obéissance envers Lui et leur interdit la désobéissance envers Lui. Toute chose a lieu par Sa prédestination et Son vouloir. Son vouloir se réalise absolument, les esclaves n’ont de vouloir que ce qu’Il veut pour eux. Ce qu’Il veut pour eux a lieu et ce qu’Il ne veut pas n’a pas lieu. Il guide qui Il veut, Il préserve et sauve par grâce. Il égare qui Il veut, Il crée la perdition et éprouve par justice. Tous agissent selon Son vouloir entre Sa grâce et Sa justice. Il est exempt des opposants et des semblables. Rien ne repousse Sa prédestination. Rien ne revient sur Son arrêt (al-houkm), et rien n’a le dessus sur Sa prédestination. Nous avons cru en tout cela et nous avons eu la ferme certitude que tout est de Sa part.
D’autre part, nous disons que Mouhammad r est Son esclave élu, Son prophète honoré et Son messager agréé, et qu’il est le dernier des prophètes, l’Imam des pieux, le Maître des messagers et le Bien-aimé du Seigneur des mondes. Toute prétention d’une prophétie après sa mission de prophète est une hérésie et un effet de la passion. Il est l’envoyé au commun des jinn et à toute l’humanité avec la vérité et la bonne guidée, la lumière et les clartés. Le Qour’an est la parole de Allah. C’est une parole qui a été révélée de Sa part et qui est sans comment. Il a descendu le Qour’an par révélation à Son messager. Les croyants ont réellement cru en la véracité du Qour’an. Ils ont eu la certitude qu’il est la parole de Allah ta^ala véritablement, qu’il n’est pas créé comme la parole des humains. Celui qui l’entend et prétend que c’est la parole des humains est devenu mécréant. Allah le blâme, le rabaisse et le menace de l’enfer puisqu’Il dit : [سَأُصْلِيهِ سَقَرَ](sa’ouslihi saqar) [sourat Al-Mouddath-thir / 26] ce qui signifie : « Je le ferai entrer en enfer« . Du moment que Allah menace de l’enfer celui qui dit : [إِنْ هَذَا إِلاَّ قَوْلُ البَشَرِ](in hadha ‘il-la qawlou l-bachar) [sourat Al-Mouddath-thir / 25] ce qui signifie : « ce n’est que la parole des humains« , nous avons su et nous avons eu la certitude que c’est la parole du Créateur des humains et qu’elle n’a pas de ressemblance avec la parole des humains. Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains est certes devenu mécréant. Celui qui observe bien cela en tirera les conséquences et se sera éloigné de ce qui est semblable à la parole des mécréants, il aura su que Allah avec Ses attributs n’est pas tel que les humains. La vision de Allah est une vérité accordée aux gens du paradis sans qu’ils connaissent Sa réalité, sans comment. Tout comme l’a formulé le Livre de notre Seigneur : [وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : « Et les visages ce jour-là seront resplendissants, ils verront leur Seigneur« . Son explication est conforme à ce que Allah ta^ala vise et sait. Tout ce qui nous est parvenu à ce sujet dans le hadith sûr du Messager est tel qu’il l’a dit, le sens étant conforme à ce qu’il a visé. Nous n’abordons pas ce sujet en faisant des interprétations selon nos avis personnels, ni en nous imaginant quelque chose selon nos passions. En effet, ne sera sauvé dans sa religion que celui qui s’est soumis et a accepté sans rébellion ni opposition ce qui est parvenu de Allah ^azza wa jall et de Son Messager et qui s’en sera remis concernant la connaissance de ce qui n’est pas explicite pour lui à qui en a la connaissance. La personne n’aura affermi son pas dans l’Islam qu’avec le contentement et la soumission. Celui qui cherche la connaissance de ce qu’il lui est impossible de connaître, celui dont la compréhension ne s’est pas satisfaite du contentement, ce qu’il recherche lui aura voilé la croyance pure en l’unicité, la connaissance claire et la foi correcte. Il oscillera entre la mécréance et la foi, la croyance en la vérité et le démenti, entre la reconnaissance et le reniement, il sera en proie aux mauvaises suggestions, perdu en état de doute sans être ni un croyant en la vérité ni quelqu’un qui réfute dans le démenti. La foi en la vision de Allah accordée aux habitants de la Résidence de la paix n’est pas valable pour celui qui la considère selon ses illusions ou qui l’interprète à sa manière. En effet, l’interprétation de la vision comme l’interprétation de toute signification attribuée à la divinité se fait en délaissant la mauvaise interprétation et en s’attachant au contentement. Voilà sur quoi se fonde la religion des musulmans. Celui qui ne se garde pas de la négation des attributs et de l’assimilation aura glissé et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures. En effet, notre Seigneur jalla wa ^ala a pour attribut les attributs de l’unicité. Il est qualifié des qualificatifs de l’unicité. Aucune des créatures n’a d’attributs semblables aux Siens. Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures. L’ascension (al-mi^raj) est une réalité. Et le Prophète r a effectivement été transporté de nuit. Il a été élevé au ciel par sa personne même, à l’état d’éveil jusqu’au ciel puis vers les endroits élevés que Allah a voulus. Allah l’a honoré par ce qu’Il a voulu et Il lui a révélé ce qu’Il lui a révélé, [مَا كَذَبَ الفُؤَادُ مَا رَأَى](ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a) ce qui signifie : « Le cœur n’a pas menti au sujet de ce qu’il a vu« , que Allah l’élève davantage en degré dans l’au-delà et ici-bas et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Le bassin par lequel Allah ta^ala l’a honoré en tant que secours pour sa communauté est une réalité. L’intercession qu’il a gardée en réserve pour sa communauté est une réalité, tout comme cela a été rapporté dans les nouvelles qui sont parvenues. Le pacte que Allah ta^ala a pris de ‘Adam et de sa descendance est une réalité. Allah ta^ala sait de toute éternité le nombre de ceux qui entreront au paradis et le nombre de ceux qui entreront en enfer dans leur totalité, ce nombre n’augmente pas et ne diminue pas. Il sait aussi de toute éternité les actes qu’ils feront ; à chacun d’eux il lui est facilité les choses pour lesquelles il a été créé. La rétribution sera en fonction des actes de l’esclave à la fin de sa vie. Le fondement de la destinée est un secret de Allah ta^ala envers Ses créatures, aucun ange de degré élevé ni aucun prophète envoyé n’en a eu connaissance. Le vain approfondissement et la réflexion sur ce sujet est un moyen de courir à sa perte, une voie d’accès vers la privation et une marche donnant sur l’injustice. Que l’on soit en garde de toutes ses forces contre cela, qu’il s’agisse de la réflexion, des pensées ou des mauvaises suggestions à ce sujet. Allah ta^ala a en effet caché la connaissance de la destinée à Ses créatures, Il leur a interdit d’y parvenir. Tout comme Il dit ta^ala dans Son Livre : [لاَ يُسْئَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْئَلُونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais eux le seront« . Celui donc qui demande : (Pourquoi fait-Il telle chose) aura rejeté le jugement du Livre et celui qui rejette le jugement du Livre fait partie des mécréants. Voici l’ensemble des choses dont a besoin celui dont le cœur est illuminé par la foi et qui fait partie des croyants par la grâce de Allah ta^ala. C’est le degré de ceux qui sont versés dans la science. En effet la science est de deux sortes : une science qui se trouve chez les créatures et une science qui ne se trouve pas chez les créatures. Ainsi renier la science qui se trouve chez les créatures est de la mécréance et prétendre détenir la science qui ne se trouve pas chez elles est de la mécréance. La foi n’est validée qu’en acceptant la science qui se trouve chez les créatures et en abandonnant la recherche de la science qui ne s’y trouve pas. Nous croyons en la Table Préservée, au Calame et en tout ce qui y a été inscrit. Si les créatures s’unissaient toutes contre quelque chose que Allah ta^ala y a fait inscrire qu’elle existera pour faire qu’elle n’existe pas, elles n’y pourraient rien. Et si elles s’unissaient toutes pour faire exister quelque chose que Allah ta^ala n’y a pas fait inscrire, elles n’y pourraient rien. Le Calame a séché après avoir écrit ce qui doit avoir lieu jusqu’au jour du jugement. Ce qui a manqué l’esclave ne devait pas l’atteindre et ce qui l’a atteint ne devait pas le manquer. L’esclave doit savoir que Allah sait de toute éternité tout ce qui concerne toutes Ses créatures. Il aura ainsi destiné cela d’une destinée parfaite et irrévocable, qu’aucune de Ses créatures de Ses cieux ou de Sa terre ne contredit, ne révise ou n’enlève, ne change ou ne modifie, ne diminue ou n’ajoute. Ceci est l’un des piliers (^aqd) de la foi, l’un des fondements de la connaissance et de la reconnaissance de l’Unicité de Allah ta^ala et de Sa divinité comme Il le dit ta^ala dans Son Livre : [وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا] (wa khalaqa koulla chay’in faqaddarahou taqdira) [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : « Il crée toute chose et lui prédestine une destinée » et Il dit ta^ala : [وَكَانَ أَمْرُ اللهِ قَدَرًا مَقْدُورًا](wa kana ‘amrou l-Lahi qadaran maqdoura) [sourat Al-’Ahzab / 38] ce qui signifie : « Ce dont Allah veut l’existence (‘amr) a lieu selon une destinée« . Malheur donc à celui qui se montrera rebelle envers Allah ta^ala au sujet de la destinée et qui aura eu le cœur malade pour y réfléchir, il aura cherché à atteindre par son illusion un secret caché pour scruter ce qui nous est caché, il deviendra un calomniateur pécheur suite à ce qu’il en dira. Le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy) sont une réalité. Il n’a pas besoin du Trône et de tout ce qui est en-dessous. Il cerne toute chose par Sa science et toute chose est concernée par Sa science et Sa puissance (wa fawqah). Il a fait que Ses créatures soient incapables d’englober toute chose par la science. Nous attestons que Allah a fait de Ibrahim un khalil, et que Allah a parlé à Mouça assurément, par acte de foi, en le reconnaissant et en s’y soumettant. Nous croyons fermement aux anges, aux prophètes et aux Livres descendus aux messagers. Nous témoignons qu’ils ont tous été sur la vérité claire. Nous appelons musulmans croyants, ceux qui s’orientent selon notre Qiblah tant qu’ils reconnaissent la véracité de ce avec quoi est venu le Prophète, tant qu’ils croient en la véracité de ce qu’il a dit et a annoncé et qu’ils n’en renient rien. Nous ne discutons pas au sujet de la réalité de Allah Lui-même. Nous ne débattons pas inutilement au sujet de la religion agréée par Allah. Nous ne débattons pas sans science au sujet du Qour’an. Nous témoignons qu’il est la parole du Seigneur des mondes, c’est l’Ange honnête qui est descendu avec et l’a enseigné au Maître des messagers Mouhammad. C’est bien la parole de Allah ta^ala, aucune des paroles des créatures ne lui est équivalente. Nous ne disons pas qu’il est créé. Nous ne contredisons pas la majorité des musulmans. Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un des gens de la Qiblah en raison d’un péché qu’il aurait commis tant qu’il ne se le rend pas permis. Nous ne disons pas qu’avec la foi aucun péché n’est nuisible pour celui qui le commet. Nous espérons pour les croyants qui agissent en bien qu’Il leur pardonne et qu’Il les fasse entrer au paradis par Sa miséricorde mais nous ne pouvons pas le leur garantir et nous n’attestons pas qu’ils auront le paradis. Nous demandons le pardon pour les croyants qui ont mal agi et nous craignons pour eux le châtiment mais nous ne les faisons pas désespérer de la miséricorde de Allah. Se croire protégé du châtiment de Allah et désespérer de la miséricorde de Allah, ces deux choses font sortir de la communauté de l’Islam. La voie de vérité est située entre ces deux pour les gens de la Qiblah. L’esclave ne sort de la foi qu’en reniant ce qui l’y a fait entrer. La foi consiste à reconnaître par la langue et à croire par le cœur. Tout ce qui a été confirmé comme étant transmis par le Messager de Allah, que ce soit la Loi ou les autres informations est entièrement vrai. La base de la foi constitue une seule et même chose et les gens de la foi sont, par rapport à la base de la foi, tous égaux. La différence de mérite entre eux tient à la crainte et à la piété, à la contradiction des passions et à l’attachement à ce qui est le plus précautionneux. Les croyants sont tous préservés par Allah du séjour éternel en enfer. Le plus honorable d’entre eux selon le jugement de Allah, c’est celui qui fait le plus preuve d’obéissance et qui œuvre le plus conformément au Qour’an. La foi, c’est la croyance en Allah,en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal, ce qui en est doux et ce qui en est amer de la part de Allah ta^ala. Nous croyons fermement en tout cela. Nous ne faisons pas de discrimination entre aucun de Ses messagers, nous reconnaissons la véracité de tous concernant ce qu’ils ont transmis. Les grands pécheurs de la communauté de Mouhammad rméritent l’enfer ; ils n’y restent pas éternellement s’ils sont tous morts sur la croyance en l’unicité, même s’ils n’étaient pas repentants, après être morts en ayant connu Allah et Son messager et en étant croyants. Ils sont sous Sa volonté et sujets à Son jugement : s’Il veut, Il leur pardonne et les excuse par Sa grâce, tout comme Il l’a cité ^azza wa jall dans Son Livre : [وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَـلِكَ لِمَن يَشَآءُ](wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha’)[sourat An-Niça’ / 48] ce qui signifie : « Et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut« . S’il veut, Il les châtie dans l’enfer par Sa justice, puis Il les en fait sortir par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs parmi les gens de l’obéissance envers Lui. Il les fait par la suite parvenir à Son paradis. En effet, Allah ta^ala préserve les gens qui L’ont connu et ne les rend pas dans les deux résidences comme ceux qui L’ont dénié, qui ont été frustrés de Sa bonne guidée et n’ont pas obtenu Sa protection. Ô Allah, Toi Qui protège l’Islam et les gens de l’Islam, fais que nous persévérions sur l’Islam jusqu’à ce que nous venions à la mort en étant musulmans. Nous considérons la prière valable derrière tout pieux ou tout grand pécheur des gens de la Qiblah ainsi que la prière funéraire pour ceux d’entre eux qui meurent. Nous ne déclarons aucun d’entre eux comme faisant partie des gens du paradis ni des gens de l’enfer. Nous ne déclarons aucun d’entre eux mécréant, associateur ou hypocrite tant qu’il n’y a rien de cela qui soit apparu de leur part. Nous remettons à Allah ta^ala la réalité de leur for intérieur. Nous ne considérons pas licite de brandir l’épée face à quiconque de la communauté de Mouhammad sauf si c’est un devoir de le faire. Nous ne considérons pas licite la rébellion contre nos imams et nos gouverneurs même s’ils font preuve d’injustice. Nous ne faisons pas d’invocations contre eux et nous ne délaissons pas l’obéissance envers eux. Nous considérons que l’obéissance envers eux fait partie de l’obéissance envers Allah ^azza wa jall et qu’elle est obligatoire tant qu’ils n’ordonnent pas de désobéissance. Nous faisons des invocations pour eux afin qu’ils obtiennent vertu et sauvegarde. Nous suivons As-Sounnah wa l-Jama^ah et nous évitons la singularité, la divergence et la séparation. Nous aimons les gens de la justice et de l’honnêteté et nous détestons les gens de l’iniquité et de la trahison. Nous disons : Allah sait plus que tout autre (Allahou ‘a^lam) au sujet de ce qu’il nous est confus de connaître. Nous considérons permis de passer la main mouillée sur les khouff pendant le voyage et en-dehors du voyage comme cela est parvenu dans le récit des faits et actes du Messager et de ses compagnons. Le pèlerinage et le jihad ont cours en compagnie des gouverneurs musulmans, les pieux d’entre eux et les pervers, jusqu’à l’avènement de l’Heure ; rien ne les annulera ni ne les abrogera. Nous croyons fermement aux Honorables scribes, Allah a fait d’eux des protecteurs pour nous. Et nous croyons fermement à l’ange de la mort chargé de retirer les âmes des mondes. Au supplice de la tombe pour celui qui le mérite. A l’interrogatoire du mort par Mounkar et Nakir dans la tombe au sujet de son Seigneur, de sa religion, de son Prophète, conformément à ce qu’ont fait parvenir les nouvelles rapportés du Messager de Allah et de ses compagnons, que l’agrément de Allah leur soit accordé. La tombe est un jardin des jardins du paradis ou un antre des antres de l’enfer. Nous croyons fermement à la résurrection, à la rétribution des œuvres le jour du jugement dernier ainsi qu’à l’exposition des actes, à la récitation du livre des actes, à la récompense, au châtiment, au pont et à la balance. le paradis et l’enfer sont tous deux créés, ils ne s’anéantiront jamais et ne seront pas anéantis. Allah ta^ala a créé le paradis et l’enfer avant la création des créatures. Il leur a créé à tous deux des habitants : ceux d’entre eux qu’Il veut seront au paradis par Sa grâce et ceux d’entre eux qu’Il veut seront en enfer par Sa justice. Chacun agira selon ce qui lui est destiné et ira vers ce pour quoi il a été créé. Le bien et le mal sont prédestinés aux esclaves. La capacité par laquelle l’acte se réalise indispensablement, considérée du point de vue de la réussite accordée par Allah et qu’il n’est pas possible d’attribuer à la créature, cette capacité-là est conjointe à l’acte. Quant à la capacité du point de vue de la santé, de la faculté d’agir, du fait d’être en mesure d’y arriver et du point de vue de l’intégrité des organes, cette capacité est préalable à l’acte et c’est à elle que se rapporte le réquisitoire. Il en est comme Il le dit ta^ala : [لا يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا إِلاّ وُسْعَهَا](la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha) [sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable« . Les actes des esclaves sont une création de Allah et une acquisition pour les esclaves. Allah ta^ala ne les charge que de ce qu’ils peuvent supporter. Ils n’auront à supporter que ce dont Il les a chargés. C’est cela la signification de : Il n’est de préservation et de force que par Allah (La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah). Nous disons : personne n’a de moyen d’éviter la désobéissance à Allah, personne ne peut faire aucun mouvement contre et personne ne peut s’en détourner si ce n’est par l’aide de Allah. Et personne n’a de force pour accomplir l’obéissance à Allah et y persévérer si ce n’est par la réussite accordée par Allah. Tout se passe selon la volonté de Allah ta^ala, conformément à Sa science, à Sa prédestination et à Sa destinée. Sa volonté domine toutes les volontés, Sa prédestination domine toutes les ruses. Il fait ce qu’Il veut et Il n’est absolument pas injuste. Il est exempt de tout mal et de toute injustice. Il est exempt de tout défaut et de toute opprobre. [لاَ يُسْأَلُ عَمّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais Ses esclaves eux le seront« . Il y a dans l’invocation des vivants et dans leurs aumônes un profit pour les morts. Allah ta^ala exauce les invocations et satisfait aux besoins. Il possède toute chose et rien ne Le possède. On ne se passe pas de Allah ta^ala même le temps d’un clin d’œil. Celui qui prétend se passer de Allah le temps d’un clin d’œil a fait de la mécréance et fait partie des gens de la perdition. Allah fait parvenir le châtiment (yaghdab) et agrée (yarda) mais pas comme l’une des créatures. Nous aimons les compagnons du Messager de Allah et nous n’exagérons pas dans l’amour envers l’un d’entre eux. Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux. Nous détestons celui qui les déteste et qui les mentionne autrement qu’en bien. Nous ne les mentionnons qu’en bien, les aimer fait partie de la religion, c’est un signe de foi et un acte de bienfaisance. Les haïr est de la mécréance, de l’hypocrisie et de l’injustice. Nous confirmons le califat après le Messager de Allah en premier lieu pour Abou Bakr As–Siddiq, que Allah l’agrée, en raison de son mérite et de sa priorité sur toute la communauté, ensuite pour ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Outhman, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Ce sont eux les califes bien guidés et les Imams de bonne guidée. Les dix que le Messager de Allah r a nommés et à qui il a annoncé le paradis, nous témoignons qu’ils auront le paradis conformément à ce que le Messager de Allah a témoigné qu’ils auraient, sa parole étant véridique. Il s’agit de Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy, Talhah, Az–Zoubayr, Sa^d, Sa^id, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et Abou ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah qui est l’Honnête de cette communauté, que Allah les agrée tous. Celui qui parle en bien au sujet des compagnons du Messager de Allah r, de ses épouses pures de toute souillure et de sa descendance purifiée de toute association, celui-ci sera innocenté de l’hypocrisie. Les savants du Salaf parmi les prédécesseurs et ceux qui les ont suivis parmi les successeurs sont les gens du bien et de la tradition et les gens de la science et de la réflexion. Ils ne sont mentionnés qu’en bien. Celui qui les mentionne en mal n’est pas sur la bonne voie. Nous ne préférons aucun des saints à aucun des prophètes ^alayhimou s-salam et nous disons qu’un seul prophète est meilleur que tous les saints. Nous croyons fermement à ce qui est venu au sujet de leurs prodiges et dont le récit a été rapporté d’une manière sûre par les gens dignes de confiance. Nous croyons fermement aux signes annonciateurs du jour du jugement, à savoir la sortie de l’imposteur (al-macih ad-dajjal) et la descente du ciel de ^Iça, le fils de Maryam, ^alayhi s-salam. Nous croyons fermement au lever du soleil à partir de son couchant et à la sortie de la bête de la terre de son endroit. Nous n’accordons foi ni au devin ni au voyant ni à quiconque prétendant quelque chose qui contredise le Livre, la Sounnah la Tradition Prophétique ou l’Unanimité de la communauté. Nous considérons que la Majorité est véridique et correcte et que la séparation est une déviation et une cause de châtiment. La religion que Allah agrée sur terre et au ciel est une seule et même religion, c’est la religion de l’Islam. Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلامُ](‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘Islam) [sourat ‘Ali ^Imran / 19] ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée c’est l’Islam » et Il dit ta^ala : [وَرَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلامَ دِينًا](wa raditou lakoumou l-‘Islama dina) [sourat Al-Ma’idah / 3] ce qui signifie : « J’agrée pour vous l’Islam en tant que religion« . Elle est entre l’outrance et la négligence, entre l’assimilation et le négationnisme. Entre la croyance en la contrainte (al-jabriyyah) et la croyance que l’homme crée ses actes (al-qadariyyah). Entre se croire protégé du châtiment et désespérer de la miséricorde. Voilà notre religion, notre croyance en apparence et en réalité. Nous nous innocentons en prenant Allah à témoin, de tous ceux qui contredisent ce que nous avons mentionné et présenté ici. Nous demandons à Allah ta^ala de faire que nous persévérions sur la foi, qu’Il nous accorde de mourir sur elle et qu’Il nous préserve des différentes passions, des avis dispersés, des voies médiocres telles que celles des assimilateurs mouchabbihah, des mou^tazilah, des jahmiyyah, des jabriyyah, des qadariyyah et d’autres parmi ceux qui ont contredit As-Sounnah wa l-Jama^ah et se sont alliés à l’égarement. Nous sommes innocents d’eux. Ils sont pour nous des égarés, des gens médiocres et c’est par Allah qu’est la préservation et la réussite.
Cours général : Les Prophètes
La religion de tous les prophètes est l’Islam
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad Al-‘Amin –l’Honnête– et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an :
] يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا قُوا أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقُودُهَا النَّاسُ وَالحِجَارَةُ [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqoudouha n-naçou wa l-hijarah) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres » [sourat At-Tahrim].
Il a été rapporté pour l’exégèse de ce verset que la préservation du châtiment de l’enfer a lieu par l’apprentissage de la science de la religion.
Or la meilleure des sciences de la religion est la science du tawhid [1] car elle concerne la connaissance de Allah et celle de Son messager.
Allah a créé ‘Adam –Adam, ^alayhi s-salam [2]–, Il a créé Hawwa‘ –Ève, que Allah l’agrée– et Il fit de ‘Adam un prophète messager.
Hawwa‘ a mis au monde à chaque fois un garçon et une fille, elle eut ainsi quarante grossesses.
Dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam, il était licite au frère d’épouser une de ses sœurs en dehors de sa sœur jumelle afin que l’espèce humaine se propage sur terre.
Allah a révélé à notre maître ‘Adam le langage. ‘Adam eut connaissance du nom de toutes les choses. ‘Adam a enseigné à ses enfants les bases de la croyance. Il leur disait : Adorez Allah –c’est-à-dire soumettez-vous à l’extrème pour Lui– et ne Lui associez rien dans Son adoration. Celui qui associe quelque chose à Allah, aura l’enfer pour demeure finale. Il y restera éternellement. Ainsi tous ses enfants avaient pour religion l’Islam, la religion de tous les prophètes.
Notre maître Idris –Enoch ^alayhi s-salam– qui vint par la suite a poursuivi cet appel et ce n’est qu’après sa mort que la mécréance est apparue entre les humains. Certains sont devenus mécréants par l’adoration d’autre que Allah.
Notre maître Nouh –Noé ^alayhi s-salam– fut ainsi le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah –Dieu– l’Unique Qui n’a pas d’associé.
Puis les prophètes se succédèrent les uns à la suite des autres, appelant à la religion de l’Islam.
Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلاَم ] (‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée, c’est l’Islam » [sourat ‘Ali ^Imran].
Et Il dit ta^ala :
] وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الأَاخِرَةِ مِنَ الخَاسِرِينَ [
(wa man yabtaghi ghayra l-‘islami dinan falan youqbala minhou wa houwa fi l-‘akhirati mina l-khacirin) ce qui signifie : « Celui qui a autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il fera partie des perdants dans l’au-delà » [sourat ‘Ali ^Imran].
Notre maître Ibrahim –Abraham ^alayhi s-salam– est venu lui aussi par la suite pour appeler les gens à l’Islam.
Allah ta^ala dit :
] مَا كَانَ إِِبْرَاهِيمُ يَهُودِيّاً وَلاَ نَصْرَانِيّاً وَلَكِن كَانَ حَنِيفاً مُسْلِماً وَمَا كَانَ مِنَ المُشْرِكِينَ [
(ma kana ‘Ibrahimou yahoudiyyan wa la nasraniyyan wa lakin kana hanifan mousliman wa ma kana mina l-mouchrikin) ce qui signifie : « Ibrahim n’était ni juif ni chrétien mais il était hanif –éloigné de toute autre religion que l’Islam– musulman et ne faisait certes pas partie des associateurs (mouchrikin) » [sourat ‘Ali ^Imran].
Par conséquent, ce qui a été dit à son sujet qu’il aurait voué l’adoration aux astres n’est pas vrai.
Notre maître Mouça –Moïse ^alayhi s-salam– est également venu appeler les gens à l’Islam. Certains ont cru en lui alors que d’autres l’ont démenti. Ils ont dit : (^Ouzayr est le fils de Dieu) et certains autres ont dit : (certes Allah a créé les cieux et la terre en six jours, puis, fatigué, Il s’est allongé sur son dos) ; ces gens-là sont des non musulmans et des non croyants. Ils n’ont pas la croyance de Mouça qui leur a ordonné d’avoir la croyance en l’unicité de Dieu et de ne pas assimiler Dieu à Ses créatures.
Notre maître Mouça avait pour croyance que Allah existe sans ressemblance avec les créatures, qu’Il est le Créateur de toute chose et qu’Il n’a pas besoin des créatures. Il a créé la lumière, Il n’a pas de ressemblance avec la lumière, Il a créé l’homme, Il n’a pas de ressemblance avec lui, Il n’est donc pas concerné par la fatigue ou l’impuissance car Il est Al-Qawiyy, Celui Qui a la toute-Puissance, Qui n’est atteint ni par la fatigue ni par la somnolence.
Après la mort de notre maître Mouça ^alayhi s-salam, notre maître ^Iça Al-Macih –Jésus ^alayhi s-salam– est venu appeler à l’Islam, la religion à laquelle tous les prophètes avant lui ont appelé, et il a annoncé la bonne nouvelle de la venue d’un prophète après lui qui s’appellerait Ahmad. C’est bien Mouhammad qu’il a annoncé. Certains ont cru en Jésus alors que d’autres ont mécru.
Notre maître ^Iça ^alayhi s-salam avait la bonne croyance. Il avait pour croyance que Allah n’est ni père ni fils, qu’Il n’est pas un être composé ni un être formé de parties. Par la suite, des hommes ont voulu tuer notre maître ^Iça. Allah l’en a sauvé ; Il a donné à un homme parmi les disciples musulmans présents de ^Iça une ressemblance à ^Iça et Il éleva ^Iça au ciel. Lorsque les mécréants sont entrés dans la pièce où les disciples se trouvaient, ils se sont emparés de celui qui ressemblait à ^Iça et l’ont assassiné. Ainsi l’homme qui a été tué n’est pas notre maître ^Iça ^alayhi s-salam.
En outre Jésus n’a jamais ordonné à son peuple l’adoration de sa personne, mais plutôt d’adorer Allah uniquement.
Allah ta^ala dit :
] فَلَمَّا أَحَسَّ عِيسَى مِنْهُمُ الكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنصَارِى إِلَى اللهِ قَالَ الحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنصَارُ اللهِ ءَامَنَّا بِاللهِ واشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ [
(falamma ‘ahassa ^Iça minhoumou l-koufra qala man ‘ansari ‘ila l-Lahi qala l-hawariyyouna nahnou ‘ansarou l-Lahi ‘amanna bi l-Lahi wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Lorsque ^Iça a pressenti qu’ils allaient commettre la mécréance, il a dit : Qui sont ceux qui me soutiennent ? Les hawariyyoun –les apôtres– ont dit : Nous, nous croyons en Dieu. Sois témoin que nous sommes musulmans » [sourat ‘Ali ^Imran]. Les hawariyyoun –les douze disciples de Jésus– ont dit :
[وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ ] (wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Sois témoin que nous sommes musulmans ». Les hawariyyoun sont les musulmans qui ont cru en lui et qui l’ont suivi. ^Iça ne les a pas appelés à adorer sa personne. Il les a appelés à adorer Dieu uniquement. Allah ta^ala dit :
] وَإِذْ قَالَ اللهُ يَـعِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ ءَأَنتَ قُلْتَ لِلنّاسِ اتَّخِذُونِي وَأُمِّي إِلَـهَيْنِ مِن دُونِ اللهِ قَالَ سُبْحَانَكَ مَا يَكُونُ لِي أَنْ أَقُولَ مَا لَيْسَ لِي بِحَقٍّ إِن كُنتُ قُلْتُهُ فَقَدْ عَلِمْتَهُ [
(wa ‘idh qala l-Lahou ya ^Iça bnou Maryama ‘a‘anta qoulta li n-naci t-takhidhouni wa ‘oummi ‘ilahayni min douni l-Lah qala soubhanaka ma yakounou li ‘an ‘aqoula ma layça li bihaqqin ‘in kountou qoultouhou faqad ^alimtahou) ce qui signifie : « Et lorsque Allah dit à ^Iça fils de Maryam : Est-ce toi qui a dit aux gens : prenez-moi ainsi que ma mère comme deux dieux ? Il répondra : Gloire à Toi Qui es exempt d’imperfection, il ne m’appartient pas de dire ce que je n’ai pas le droit de dire, et si je l’avais dit, Tu l’aurais su »
Puis dans le verset qui suit, Il dit :
] مَا قُلْتُ لَهُمْ إُلاَّ مَا أَمَرْتَنِي بِهِ أَنِ اعْبُدُوا اللهَ رَبِّي وَرَبَّكُمْ [
(ma qoultou lahoum ‘il-la ma ‘amartani bihi ‘ani ^boudou l-Laha Rabbi wa rabbakoum) ce qui signifie : « Je ne leur ai dit que ce que Tu m’as ordonné de leur dire : qu’ils adorent Allah mon Seigneur et votre Seigneur ».
Il apparaît clairement dans ces deux versets que notre maître ^Iça a appelé à l’adoration de Allah uniquement et à ne rien Lui associer.
Après que notre maître ^Iça fut élevé au ciel, Mouhammad r est venu pour renouveler l’appel à la religion de l’Islam, appuyé par des miracles qui sont autant de preuves de sa prophétie. Beaucoup sont entrés dans l’Islam et d’autres qui étaient déjà associateurs l’ont renié, ce qui n’a fait qu’aggraver leur mécréance.
Le principe fondamental de l’Islam, commun à tous les musulmans, c’est l’adoration de Allah uniquement.
À travers ce que nous venons d’exposer, il apparaît que la religion de tous les prophètes est l’Islam et que l’Islam est la seule religion céleste.
On ne dit pas « les religions célestes » car Allah n’a jamais ordonné de suivre une autre religion que l’Islam. La seule différence qu’il y a d’un messager à l’autre, c’est la Loi.
La Loi comprend les jugements qui concernent les pratiques. À titre d’exemple, dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam et dans les Lois qui ont été révélées après lui jusqu’à l’époque des fils de ’Isra’il, il n’y avait qu’une prière obligatoire quotidienne. Puis les fils de ’Isra’il ont reçu l’ordre de faire deux prières par jour et nuit et notre maître Mouhammad r a reçu l’ordre de faire les cinq prières quotidiennes.
Les bases de la croyance en Dieu et en Son messager, elles, sont immuables. Il n’y pas de sagesse à ce qu’elles changent contrairement aux Lois qui concernent les pratiques.
Le Messager de Allah r a dit s’agissant des prophètes : (( دينهم واحد )) (dinouhoum wahid) ce qui signifie : « Leur religion est la même » [rapporté par Al-Boukhariyy].
Cours général : Les saints
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
]ألا إن أولياء الله لا خوف عليهم ولا هم يحزنون الذين ءامنوا وكانوا يتقون لهم البشرى في الحياة الدنيا وفي الآخرة لا تبديل لكلمات الله ذلك الفوز العظيم [
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ‘alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun lahoumou l-bouchra fi l- hayati d-dounya wa fi l-‘akhirah la tabdila li kalimati l-Lahi dhalika l-fawzou l-^adhim) ce qui signifie : « Certes, les saints, les waliyy de Allah, n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, ceux qui ont cru et qui faisaient preuve de piété. Ils auront l’annonce de bonne nouvelle dans le bas-monde et dans l’au-delà. Allah réalise ce qu’Il promet, la voilà la grande réussite ».
Le saint, mes frères de foi, est celui qui s’est attaché à l’obéissance et à l’adoration, qui a évité les péchés et les interdictions, qui s’est détourné du fait de se prolonger dans les plaisirs et les désirs. Ayant accompli les obligations, il s’est rapproché de l’agrément de Allah par les actes surérogatoires jusqu’à gagner l’agrément de Allah. Celui que Allah ta^ala agrée, Il lui accorde la sainteté, Il lui accorde la protection, Il l’honore et le préserve de la mécréance. Le Messager de Allah les a décrits par sa parole :
)) إن الله يحب الأتقياء الأخفياء الذين إذا غابوا لم يفتقدوا وإذا حضروا لم يعرفوا قلوبهم مصابيح الهدى يخرجون من كل غبراء مظلمة ((
(‘inna l-Laha youhibbou l-‘atqiya’a l-‘akhfiya’a l-ladhina’ idha ghabou lam youftaqadou wa ‘idha hadarou lam you^rafou qouloubouhoum masabihou l-houda yakhroujouna min koulli ghabra’a moudhlimah) ce qui signifie : « Certes, Allah agrée les pieux qui ne se font pas remarquer, ceux dont on ne remarque pas l’absence lorsqu’ils s’absentent, et qu’on ne remarque pas lorsqu’ils sont présents. Leur cœur sont comme des sources de lumières de bonne guidée ».
Il les a décrits par le fait qu’ils sont dissimulés, ‘akhfiya’, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas connus par leur haut degré selon le jugement de Allah. En effet, ce sont des gens qui dissimulent leurs bonnes œuvres dignes d’éloges, celles qu’ils accomplissent par recherche de l’agrément de Allah. Il les a décrits par le fait qu’on ne les remarque pas lorsqu’ils sont présents, soit pour leurs habits qui ne sont pas soignés, c’est-à-dire que du point de vue de leur tenue vestimentaire, leurs vêtements ne sont pas plaisants, soit à cause de leur pauvreté comme ‘Ouways Ibnou ^Amr Al-Qaraniyy en faveur duquel le Messager de Allah a témoigné par révélation qu’il était le meilleur des successeurs des compagnons. ‘Ouways était, en effet, extrêmement pauvre. Il n’avait pas assisté, que Allah l’agrée, aux assemblées du Messager de Allah. Il résidait au Yémen et tant il était pauvre, il n’avait pas pu arriver à Médine pour rencontrer le Messager de Allah. Le Prophète a témoigné en sa faveur. Il a dit :
)) إن خير التابعين رجل يقال له أويس بن عامر من مراد ثم من قرن « إلى أن قال « فإذا لقيتموه فمروه فليستغفر لكم ((
(‘inna khayra t-tabi^ina rajouloun youqalou lahou ‘Ouways bnou ^Amir min Mourad thoumma min Qaran … fa’idha laqitoumouhou famourouhou fa l-yastaghfir lakoum) ce qui signifie : « Le meilleur des successeurs est un homme qui est appelé ^Ouways fils de ^Amr du clan de Mourad de la tribu de Qaran » jusqu’à ce qu’il ait dit ce qui signifie : « Si vous le rencontrez, dites-lui de demander la pardon en votre faveur ». Par cela, il a enseigné à sa communauté r en insistant sur la modestie.
Il y a une partie des saints, des waliyy de Allah, à qui Allah a donné une réputation. Ils ont été célèbre pour leur sainteté dans la population, tant celui qui est proche que celui qui est éloigné a reconnu leur degré. Ainsi les gens ont pu énormément profiter d’eux, comme de notre maître Al-Jounayd fils de Mouhammad Al-Baghdadiyy le Chaykh des soufis, puis du Chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jilaniyy le Hanbaliyy, puis du Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah les agrée.
Le Qour’an a confirmé les prodiges des saints, les karamah, par la parole de Allah soubhanahou dans la description de Maryam ^alayha s-salam :
] كلما دخل عليها زكريا المحراب وجد عندها رزقا قال يا مريم أنّى لك هذا قالت هو من عند الله إن الله يرزق من يشاء بغير حساب [
(koullama dakhala ^alayha Zakariyya l-mihraba wajada ^indaha rizqa ; qala ya Maryamou ‘anna laki hadha ; qalat houwa min ^indi l-Lah inna l-Laha yarzouqou man yacha’ou bighayri hiçab) ce qui signifie : « Toutes les fois que Zakariyya venait la voir dans l’alcôve, il trouvait qu’elle avait auprès d’elle une subsistance. Il lui disait : ô Maryam, d’où cela te vient-il ? Elle disait : C’est Allah Qui me l’a accordé. Certes, Allah accorde à qui Il veut à profusion ».
Il y a également ce que le Qour’an a annoncé dans le récit du compagnon de Soulayman ^alayhi s-salam pour rapporter le trône de Bilqis puisque cela a été mentionné dans la parole de Allah ta^ala :
] قال الذي عنده علم من الكتاب أنا ءاتيك به قبل أن يرتد إليك طرفك [
(qala l-ladhi ^indahou ^ilmoun mina l-kitabi ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka) ce qui signifie : « Celui qui avait eu une science du Livre a dit : Moi je te le ramène avant que tu ne clignes de l’œil. »
Pour ce qui est des preuves à partir de la sounnah, elles sont nombreuses. Ainsi il a été rapporté d’après ‘Anas que ‘Ouçayd Ibnou Houdayr et un homme des partisans avaient discuté auprès du Messager de Allah au point que l’assemblée avait duré jusqu’à une heure tardive. C’était une nuit extrêmement sombre et ils étaient sortis, chacun d’entre eux ayant à la main son bâton. Le bâton de l’un des deux s’était illuminé au point qu’ils avaient marché à la lumière de ce bâton. Puis lorsqu’ils étaient arrivés à la croisée de leurs chemins, le bâton du deuxième s’était illuminé à son tour et chacun d’entre eux avait pu marcher à la lumière de son bâton jusqu’à parvenir chez lui. Ceci a été rapporté par Ahmad, Al-Boukhariyy, Al-Hakim et d’autres.
Il a été rapporté que Al-Jounayd était un jour assis à parler aux gens. C’est alors qu’un jeune homme qui n’était pas musulman mais qui s’était déguisé s’était présenté debout face à lui et lui avait adressé la parole en ces termes : « Ô toi le Chaykh, que signifie la parole du Messager de Allah
)) اتقوا فراسة المؤمن فإن المؤمن ينظر بنور الله تعالى ((
(‘ittaqou firaçata l-mou’mini fa’inna l-mou’mina yandhourou binouri l-Lahi ta^ala) ce qui signifie : « Prenez garde à la vision du croyant parfait car certes le croyant voit par une lumière que Allah lui donne ». Al-Jounayd a réfléchi un moment puis il a levé la tête et lui a dit : « Entre en Islam, le moment est venu pour toi d’entrer en Islam ». C’est alors que le jeune est entré en Islam en disant : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ».
Concernant leur mérite, lors de la mort, les anges de la miséricorde viennent à eux alors qu’ils peuvent les voir. Les anges s’assoient à côté d’eux à une certaine distance. Ensuite vient l’ange ^Azra’il qui leur annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément. Il leur dit : « Je t’annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément ».
Au jour du jugement, ils n’auront aucune crainte, aucune terreur alors que les gens seront extrêmement effrayés. Ils ne subiront aucune nuisance de la chaleur du soleil. Le soleil au jour du jugement sera extrêmement intense, plus intense qu’aujourd’hui. Ils ne seront atteints ni de la soif ni de la faim ni de la chaleur du soleil. Ils ne seront atteints d’aucun chagrin mais seront pleins de joie et de félicité.
Lorsque le saint sortira de la tombe, il sortira vêtu ; il ne sortira pas en ayant sa zone de pudeur dévoilée comme la plupart des gens. Il ne sera pas rassemblé marchant à pied. Non, il sera rassemblé en étant sur une monture. Qu’auront-ils comme monture ces vertueux ? Ils auront des chamelles dont les créatures n’auront pas vu de semblables, dotées de selles d’or.
Puis ils rentreront au paradis. Une fois entrés au paradis, ils trouveront ce que Allah leur a promis comme félicité, une félicité qu’Il n’a donné à connaître à aucun ange et qu’aucune des créatures de Allah n’a jamais vue. Les anges, eux, accueilleront les gens du paradis au jour du jugement. Ils leur passeront le salam, ils leur diront : Que le salam soit sur vous, vous êtes les bienvenus, ils les accueilleront avec respect et glorification.
Mes frères, a dit vrai celui qui a dit : Allah a des gens qui, lorsqu’ils arrivent dans une assemblée, la joie et la générosité s’installent dans cette assemblée et qui, lorsqu’ils marchent, la terre qu’ils occupent s’en réjouit et se revivifie comme s’ils étaient pour la terre une pluie.
Bonheur donc à celui qui a connu dans notre époque un savant, un saint, un vertueux et qui a puisé de lui les bienfaits et les bénédictions, qui a connu leur haut degré, qui a été respectueux avec eux et qui les a pris pour modèle. Car les waliyy de Allah ont atteint ce qu’ils ont atteint par la véracité de leur amour pour Allah et pour le Messager de Allah, notre maître Mouhammad r.
Ô Allah fais que nous soyons parmi Tes saints, parmi les gens de Ton obéissance et attendris les cœurs de Tes saints sur nous. Certes, Tu es sur toute chose tout puissant.
Voici mes propos et je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.
Cours général : Délaisser ses passions
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Ô toi qui a atteint les rangs élevés par la piété
Ne délaisse pas son honneur pour l’abaissement des péchés
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
] يا أيها الذين ءامنوا اتقوا الله ولتنظر نفس ما قدّمت لغد واتقوا الله إن الله خبير بما تعملون [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad ; wa t-taqou l-Laha ‘inna l-Laha khabiroun bima ta^maloun) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chaque personne considère ce qu’elle prépare pour le jour du jugement. Faites preuve de piété à l’égard de Allah, certes Allah sait ce que vous faites » [sourat Al-Hachr / 18].
Notre Prophète Mouhammad a dit une parole qui comporte beaucoup de profit :
] ليسَ الشديد من غلبَ الناسَ ولكنَّ الشديد من غلبَ نفسَهُ [
(layça ch-chadidou man ghalaba n-naça, wa lakinna ch-chadida man ghalaba nafçah) ce qui signifie : « Le fort n’est pas celui qui a vaincu les gens. Le fort est plutôt celui qui a vaincu ses passions ».
L’homme voit son degré s’élever selon le jugement de Allah en fonction de sa patience. La patience est de trois catégories. La patiente pour ne pas commettre l’interdit est la plus éprouvante. C’est la patience la plus forte. La deuxième est la persévérance pour accomplir les actes d’obéissances. La troisième est l’endurance face aux difficultés et aux catastrophes. Priver son âme pour ne pas commettre les interdits quels qu’ils soient, c’est la plus éprouvante des patiences.
Si tu fais une halte pour comprendre le sens de la patience, il s’agit de contrôler et de contraindre son âme pour supporter quelque chose qu’elle répugne ou à s’éloigner d’une chose qu’elle désire.
Contrains donc ton âme, toi mon frère musulman. Empêche-la de tomber dans ce qui est interdit. Dis-lui donc :
Ô mon âme, repens-toi donc car l’heure de la mort est arrivée
Contredis tes passions, les passions entraînent à la dissension
Chaque jour, nous avons un mort que l’on accompagne à sa tombe
Et par sa mort, nous oublions ce qu’ont laissé nos morts
Ô mon âme, qu’ai-je à voir avec des biens que je cache,
[ils restent] après moi et je quitte ma vie sans habits.
Esclaves de Allah, délaisser un seul péché vaut mieux selon le jugement de Allah qu’accomplir mille bonnes actions.
Retourne donc sur tes pas et abandonne la voie de l’insouciance. Entre par la porte de l’éveil. Rappelle-toi la parole de Allah ta^ala :
] فمن يعمل مثقال ذرة خيرا يره ومن يعمل مثقال ذرة شرا يره [
(faman ya^mal mithqala dharratin khayran yarah wa man ya^mal mithqala dharratin charran yarah) qui signifie : « Celui donc qui fait le poids d’un grain de poussière de bien en sera rétribué et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal en sera rétribué » [sourat Az–Zalzalah / 7-8].
Dans ces deux ayah, il y a l’incitation à faire peu et beaucoup de bien et la mise en garde de faire peu ou beaucoup de mal.
Rappelle-toi que l’interdit ou l’illicite (al-haram), c’est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui l’accomplit et a promis la récompense à celui qui le délaisse.
Rappelle-toi que le Prophète la nuit de l’Ascension a vu des gens qui se disputaient de la viande pourrie et avariée et délaissaient la belle viande bien découpée. Jibril a dit : « Ce sont des gens de ta communauté qui délaissent ce qui est licite et n’en goûtent pas pour consommer de l’interdit et ce qui est mauvais. Ce sont les fornicateurs ».
Il a vu également des gens qui buvaient le pus qui sortait des corps des fornicateurs. Jibril lui a dit : « Ce sont les buveurs de khamr – vin et alcools – interdit dans le bas monde ».
Rappelle-toi que tu auras des comptes à rendre au jour du jugement. Tu rendras des comptes sur ton argent, d’où tu l’as acquis et en quoi tu l’as dépensé. Si tu as acquis le bien à partir de ce qui est licite, garde-toi de le dépenser dans ce que Allah a interdit.
Rappelle-toi la parole de Allah :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92‑93].
Il est dit qu’un homme était connu sous le nom de Dinar Al-^Ayyar. Il avait une mère vertueuse qui l’exhortait souvent mais il ne s’exécutait pas. Un jour, il était passé par un cimetière. Il en a pris un os qui s’est alors transformé en poussière au contact de ses doigts. Il a réfléchi et s’est alors dit : Malheur à toi Dinar, c’est comme si je voyais bientôt tes os devenir ainsi poussière et ton corps se transformer en terre. Il a regretté son laisser-aller et a eu la ferme volonté de se repentir. Il a alors relevé la tête vers le ciel [qui est la qiblah, la direction des invocations et non un lieu de résidence pour Dieu : Allah n’y habite pas et Il n’a pas besoin du ciel ni d’autre chose. Allah existe sans endroit]. Il a relevé la tête et a dit : Seigneur, mon Maître, je m’en remets à Toi pour tout ce qui me concerne, accepte-moi et fais-moi miséricorde. Il s’est ensuite dirigé vers sa mère en ayant changé de couleur, le cœur brisé et a dit : Mère, que fait-on de l’esclave qui s’était enfui lorsque son maître le retrouve ? Elle a dit : On lui donne des habits rugueux à porter, une nourriture grossière et on lui attache les mains et les pieds. Il lui a dit : Je voudrai une joubbah –sorte de cape fermée sauf de la tête et des bras– en laine et fais de moi ce qui est fait de l’esclave qui s’était enfui. Lorsque la nuit tombait, il se mettait à pleurer à chaudes larmes en se disant : Malheur à toi ô Dinar, peux-tu supporter le feu ? Comment t’es-tu exposé au châtiment du Tout-puissant ? Il demeurait ainsi jusqu’au matin. Sa mère lui dit alors : Aie de la pitié pour toi-même, mon fils. Il lui répondait : Laisse-moi donc me fatiguer un peu, puissé-je me reposer longtemps, mère. J’ai demain une longue station pour le jugement du Seigneur glorieux et je ne sais pas s’il sera ordonné que je sois dans une ombre dense (au paradis) ou bien dans la pire station (en enfer). Elle lui disait : Mon fils, prends donc une pause. Il disait : Je ne recherche pas la pause. C’est comme si tu voyais, mère, les créatures demain être conduites au paradis et moi être conduit en enfer avec ses habitants.
Elle le laissait alors dans son état. Il se mettait à pleurer, à s’adonner aux actes d’adoration et à la récitation du Qour’an. Un soir, il a récité :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93]. Il médita au sujet de cette ayah éminente :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et se mit alors à pleurer jusqu’à l’évanouissement. Sa mère l’avait alors appelé mais il ne lui répondit pas. Elle lui dit alors : Mon chéri, toi la prunelle de mes yeux, où sera notre rencontre ?
Il lui dit d’une faible voix : Mère, si tu ne me trouves pas dans les stations du jour du jugement, demande après moi auprès de Malik l’ange en charge de l’enfer. Puis il poussa un soupir après lequel il mourut, que Allah lui fasse miséricorde.
Sa mère lui fit alors le lavage funéraire, elle le prépara et sortit appeler les gens en leur disant : Ô vous les gens, venez tous pour faire la prière funéraire pour celui qui a été tué par le feu. Les gens étaient venus de toute part. On ne vit pas autant de gens ni de larmes plus abondantes que ce jour-là. Après l’avoir enterré, un de ses amis l’a vu dans le rêve la même nuit marcher au paradis portant sur lui une belle cape verte et il récitait :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et il disait : Par Sa gloire et Son honneur, Il m’a interrogé, Il m’a fait miséricorde, Il m’a pardonné et a effacé mes péchés. Informez-en ma mère.
Ô Allah pardonne-nous, fais que le Qour’an soit le printemps de nos cœurs, la lumière de nos regards et de nos organes, ô Toi le Seigneur des mondes.
Cours général : la description du Prophète
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré au sujet du Prophète :
[ وإنَّكَ لعلى خُلُقٍ عظيم]
ce qui signifie : « Tu as certes un comportement éminent » [sourat Al–Qalam / 4]. Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de ^A‘ichah, dans la description du Messager de Allah r :
((كانَ خُلُقُهُ القرءانَ))
c’est-à-dire : celui qui veut connaître le caractère du Prophète, qu’il récite le Qour’an et qu’il le comprenne. Tout caractère de bien, que Allah a ordonné dans le Qour’an, fait partie des caractères du Messager de Allah r.
D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, lorsqu’elle a été interrogée au sujet du comportement du Messager de Allah r, elle a dit : « Il n’était pas vulgaire et n’était ni de ceux qui recherchent la vulgarité, ni de ceux qui crient dans les marchés. Il n’était pas non plus de ceux qui répondent au mauvais comportement par un mauvais comportement. Bien au contraire, il pardonnait et excusait ».
Notre Prophète r était celui qui avait le plus beau des caractères et le plus beau des aspects. Al-Bara‘ Ibnou ^Azib a dit dans la description du Messager de Allah r : « Le Messager de Allah r avait le plus beau visage et le meilleur caractère ». Pour ce qui est de la description du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam qui a été rapporté dans le livre de hadith : « Il était de taille moyenne, il n’était pas petit, il était plutôt grand, il avait les épaules larges, il était d’une couleur blanche teintée de rougeurs. Son visage était lumineux ». Al-Bayhaqiyy et At–Tabaraniyy ont rapporté de Abou ^Oubaydah fils de Mouhammad fils de ^Ammar fils de Yaçir qu’il a dit : « J’ai dit à Ar-Roubayyi^ fille de Mou^wwidh : Décris-moi le Messager de Allah r, elle a répondu : Si tu le voyais, tu dirais le soleil levé ». At-Tirmidhiyy a rapporté ainsi que Ahmad d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Je n’ai rien vu qui soit plus beau que le Prophète r, c’est comme si le soleil parcourait son visage ». Le Prophète r avait des sourcils fins, pas épais du tout ; il avait de grands yeux et des cils fournis. Ses paume des mains et la plante de ses pieds n’étaient pas maigres, ses avant-bras étaient longs et son ventre, plat, ne dépassait pas le niveau de sa poitrine. Sa voix était forte on n’y remarquait pas de faiblesse. Dans le blanc de ses yeux, il y avait de fins traits rouges. Abou Hourayrah de qui nous tenons la description précitée a ajouté : « Je ne lui ai jamais vu de semblable ni avant ni après lui ». Son nez était fin et haut, son front était large et plat. Les cheveux du Prophète r étaient bien noirs, il avait à peine vingt cheveux blancs et tout le reste de ses cheveux avait gardé leur couleur noire d’origine. Le Prophète r avait pour particularité d’avoir une bonne odeur, qu’il se soit parfumé ou pas. Un des compagnons du nom de ^Ouqbah Ibnou Ghazwan avait eu un jour une maladie, de la taille d’une pièce d’un dirham, il se frottait beaucoup à cet endroit et cela l’angoissait et le dérangeait sérieusement. Le Prophète r lui avait dit d’enlever le vêtement qui recouvrait cette partie de son corps et avait posé dessus sa main honorée r. C’est alors que cette partie de son corps était restée parfumée jusqu’à la fin de sa vie. Il avait quatre épouses, chacune essayait de se parfumer plus que l’autre, mais c’était lui qui sentait le meilleur parfum sans même se parfumer parce que le Messager de Allah avait passé sa main sur son corps pour enlever la douleur qui l’avait affecté. Le Messager de Allah r a guéri ce compagnon et le parfum est resté jusqu’à la fin de sa vie sans qu’il ne se parfume, il conserva une odeur meilleure que le musc, l’ambre ou tout autre parfum.
Que l’on sache qu’il est possible de voir le Prophète r dans le rêve sous son véritable aspect, l’aspect dans lequel nous l’avons décrit. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Qatadah qu’il a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
)) مَنْ رءاني في المنامِ فقد رأى الحقَّ لأنَّ الشيطانَ لا يتزَيَّا بي ))
ce qui signifie : « Celui qui me voit dans le rêve m’aura vu véritablement, car le chaytan ne prend pas mon apparence ». C’est-à-dire : celui qui le voit sous sa véritable apparence dans le rêve aura vu le dernier des prophètes et ce, car Allah ta^ala ne donne pas au chaytan la capacité de prendre l’image du Prophète r.
Que l’on sache également que si quelqu’un voit le Prophète r dans le rêve, ce sera pour lui une annonce de la bonne nouvelle qu’il mourra sur la foi. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète r a dit :
(( مَن رءاني في المنامِ فَسَيَراني في اليقظةِ ))
ce qui signifie : « Celui qui m’a vu dans le rêve, me verra à l’état d’éveil ». L’explication en est que la vision dans le rêve du Messager de Allah comporte une grande annonce de la bonne nouvelle à savoir que nécessairement celui qui l’a vu dans le rêve le verra à l’état d’éveil même si celui qui le voit n’était pas musulman au moment du rêve ; nécessairement il entrera en Islam et verra le Messager de Allah à l’état d’éveil avant de quitter ce bas-monde. Il a été rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue ce qui est arrivé à un homme des prédécesseurs, c’est-à-dire ayant vécu dans une époque relativement proche de celle du Messager de Allah r, environ cent cinquante ans après l’Hégire, du nom de Al-Haçan Ibnou Hay. Cet homme faisait partie des savants qui œuvraient pour la religion parmi les gens spécialiste du hadith et il était pieux. Il avait un frère qui lui était semblable. Lorsque Al-Haçan Ibnou Hay fut sur son lit de mort, son frère l’a entendu réciter la parole de Allah ta^ala :
]وَ مَن يُطِع الله والرسولَ فأولئك مع الذينَ أنعمَ اللهُ عليهم من النبيين والصِدِّيقين والشهداءِ والصالحين وحَسُنَ أولئكَ رفيقا[
ce qui signifie : « Ceux qui obéissent à Allah et au Messager seront avec ceux que Allah a comblés de grâces, parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux, et quelles belles compagnies que celles-là » [sourat An-Niça‘ / 69]. Son frère qui se tenait à ses côtés lui a dit : « Ô mon frère, est ce que tu récites ou qu’est-ce que tu fais ? ». Il lui a dit : « Non, je suis en train de voir le Messager de Allah r qui me sourit et qui m’annonce la bonne nouvelle du Paradis, je vois les anges et je vois les houris ». Voilà donc la promesse qui a été rapportée dans le hadith : celui qui a vu le Prophète dans le rêve, le verra à l’état d’éveil et cela veut dire qu’il le verra dans le bas-monde avant de mourir.
Nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous accorde la vision du Prophète dans le rêve, cette nuit.
Cours général : Le bon comportement
Allah tabaraka wa ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
} قل هل يستوي الذين يعلمون والذين لا يعلمون {
ce qui signifie : « Dis : Sont-ils équivalents ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? ». Les saints, les gens de la vérité, de la fidélité, de la pureté, ceux qui connaissent Allah ta^ala, les savants qui œuvrent, qui craignent Allah, qui font preuve de piété, qui se prosternent et s’inclinent, qui se sont embellis par le bon comportement, qui ont accouru pour accomplir le bien : ils se sont embellis par les bons caractères pour prodiguer le bien. Combien nous-mêmes, que nous soyons des individus ou des familles, que nous soyons des dirigeants ou des administrés, combien il convient que nous nous embellissions par le bon comportement et que nous accourions pour prodiguer le bien.
Il a été rapporté dans le hadith du Prophète r qu’il a répondu à son compagnon Abou Dharr, que Allah l’agrée, par ses recommandations honorables qui élèvent le degré de celui qui œuvre avec et s’y attache. En effet, Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih d’après Abou Dharr, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Mon Bien-aimé m’a recommandé des comportements de bien. Il m’a recommandé de regarder celui qui a moins que moi et de ne pas regarder celui qui a plus que moi. Il m’a recommandé d’aimer les pauvres, de me rapprocher d’eux, et il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère. Il m’a recommandé de maintenir les liens avec les gens de ma famille proche même s’ils ont pris des distances. Il m’a recommandé de beaucoup dire : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ».
Le bon comportement, agir en bien, fait partie des comportements du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam. ^A’ichah, que Allah l’agrée, a dit dans la description du Prophète r : « Il n’était pas vulgaire, il n’était pas indécent, il n’était pas de ceux qui levaient la voix dans les marchés et il ne répondait pas au mauvais acte par un mauvais acte mais il pardonnait ». Parmi les caractères du Prophète arabe honoré r, il y a ce qu’il a dit r pour nous éduquer et nous enseigner :
)) من كظم غيظا وهو يستطيع أن ينفّذه دعاه الله يوم القيامة على رؤوس الخلائق حتى يخيّره في الحور ما شاء ((
ce qui signifie : « Celui qui a étouffé une colère alors qu’il était capable de la laisser éclater, Allah ta^ala, au jour du jugement, lui donne à choisir parmi les femmes du paradis celles qu’il veut ».
Mes frères, ce sont-là des caractères du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam et ses recommandations. Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam, celui qui a le beau visage et le bon comportement nous a recommandé de prodiguer le bien, d’avoir le bon comportement. Quel est donc le bon comportement avec lequel nous devons nous embellir, individus et familles, savants, gouverneurs et gouvernés, enseignants et disciples ? Qu’est-ce qu’a dit ^Abdou l-Lah Ibnou Moubarak dans la description du bon comportement ? Il a dit : « C’est d’avoir les traits du visage souriants, de prodiguer du bien et de ne point nuire » Les leçons de morale dans la religion sont par ailleurs nombreuses mais ce qui est à prendre en compte, c’est d’en tirer des leçons pour soi-même et d’en être exhorté, et ce que nous avons cité, tout ce que nous avons mentionné est peu de choses, c’est comme le petit peu d’eau qui adhère à un fil que tu ressorts de l’eau après l’y avoir plongé. Les leçons de morale dans le Qour’an honoré et le hadith prophétique honoré, les propos des compagnons honorables et de ceux qui les ont suivis correctement sont autant d’exhortations, autant de leçons de morale louables. Pourquoi alors ces disputes, pourquoi ces séparations, pourquoi faire très mal à ses propres parents, pourquoi l’épouse ne satisfait-elle pas au droit de son mari et inversement, pourquoi beaucoup sont injustes envers eux-mêmes et envers les autres alors que les leçons de morale sont nombreuses, h hhh les exhortations sont nombreuses, les ayah du Qour’an, étant à ce sujet, claires, et les hadith sûrs confirmés et clairs. Ce qui est à prendre en compte, c’est d’agir conformément à ce qu’on a appris, ce que tu dois prendre en compte, c’est d’appliquer à toi-même ce que tu entends de la science de la religion et les règles de comportement selon la Loi de l’Islam. Oui le Prophète r a recommandé à Abou Dharr de regarder celui qui a moins que lui dans le bas-monde pour remercier les bienfaits de Son Seigneur et pour ne pas rejeter ou négliger les bienfaits que Allah t’a accordés. Ainsi concernant les choses du bas-monde, regardes celui qui a moins d’argent que toi, et celui qui n’a pas d’enfants et celui qui a plus d’épreuves que toi, et celui qui a des maladies plus graves que les tiennes, pour qu’en te considérant toi-même tu dises : Al-hamdou li l-Lah ^ala koulli hal, la louange est à Allah en toute situation.
Il a dit : « et que je ne regarde pas celui qui a plus que moi ». En effet, ceux qui regardent les gens que Allah a comblés de bienfaits, s’ils n’ont pas d’argent, s’ils n’ont pas d’enfants et n’ont pas une bonne santé, beaucoup vont œuvrer dans l’interdit pour obtenir plus de biens, pour que leur compte en banque augmente par exemple, ils ainsi frappent aux portes de l’interdit et ne se suffisent plus du licite. Voici le cas de certaines personnes qui sont source de dissension par leur insistance à vouloir plus, ils ne cessent de demander, de demander toujours plus, au point que l’homme en charge de la famille se noie dans l’argent interdit, jusqu’à ce qu’il se noie sous le poids des dettes après avoir essayé les paris d’argent en revenant perdant et déçu. Certains ne regrettent pas suite à ce qui leur arrive mais se laissent aller d’une affaire à une autre, allant de la fornication à la boisson de l’alcool, des paris d’argent jusqu’à faire des emprunts avec gain usuraire.
Est-ce que dans ce cas, les personnes qui lui demandent toujours plus protègeront celui qui a leur charge et qui a commis les péchés qui font mériter le supplice de la tombe ? Le sauveront-t-ils du supplice de la tombe si jamais il s’est sali avec de l’argent interdit, en étant injuste avec les gens pour satisfaire à leur demande en faisant ce que Allah ta^ala a interdit ?
Abou Dharr a dit : « Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam m’a recommandé d’aimer les pauvres et de me rapprocher d’eux ». Tiens la compagnie des gens de vertu afin que tes amis et les amis de tes enfants soient des gens de science et de vertu. Que les étudiants en science de la religion, les gens respectueux et polis qui ont le bon comportement, soient des amis pour toi et tes enfants. Ne tiens pas la compagnie des gens peu recommandables et n’autorises pas tes enfants à les fréquenter. Il en est de même pour ton épouse car la mauvaise compagne entraîne avec elle celle à qui elle tient compagnie. Beaucoup de pères sont dans une insouciance à cet égard, ils délaissent leurs enfants et sont surpris par la suite que leur fils est devenu le membre d’une bande qui fume du canabis ou consomme de la cocaïne, qui vend ou fait le trafic d’héroïne ou qui est surpris que sa fille est devenue l’habituée d’endroits suspects, que Allah nous préserve. Tout cela sous le prétexte de la civilisation.
Quant à la religion agréée par Allah tabaraka wa ta^ala, beaucoup pensent qu’elle n’est destinée qu’aux pauvres et aux miséreux, à ceux dont les cheveux sont devenus gris et qui sont au bord de la tombe. Ceux-là croient que la religion n’est destinée qu’à ces gens-là seulement. Les jeunes, les riches, les hommes et les femmes qui sont dans la force de l’âge, peu d’entre eux s’attachent à la Loi, aux jugements de la religion agréée par Allah.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère ». Remets en cause ton avis, remets en cause ton avis ! Ne sois pas de ceux qui ne retiennent que leurs propres avis ! Et que ton souci ne soit pas d’avoir un avis meilleur que celui de tes frères. Entraidez-vous pour le bien et la piété et ne t’attaches pas seulement à ton propre avis. Le Prophète r recevait la révélation et il demandait l’avis des autres.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de maintenir les liens avec mes proches même s’ils ont pris des distances ».
Combien de fois avons-nous recommandé en de nombreuses occasions, dans les discours des fêtes et autres, de maintenir les liens avec les proches. En effet, la dislocation de la société aujourd’hui et ce qu’elle endure comme dissensions et comme calamités a pour cause le fait de ne plus rester attachés par les liens de la religion, les liens fraternels que Allah ta^ala nous a incités de maintenir dans le Qour’an et que le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam nous a ordonnés. Certaines personnes ne connaissent même pas leur tante maternelle ou paternelle ni leur oncle maternel ou paternel. Celui-ci ne rend visite à son grand-père ou à sa grand-mère qu’après dix ans ou lorsqu’on lui envoie la feuille annonçant son décès. Il attend alors à l’extérieur de la mosquée pour demander: « Nous a-t-il laissé un quelconque héritage ? ».
Et Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire beaucoup : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ». En effet cette phrase délivre du chagrin par la volonté de Allah. Alors dis beaucoup : La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah : il n’y a de protection contre les désobéissances à Allah que par la préservation de Allah et il n’y a de force pour Lui obéir que par Son aide.
Fiqh : Le waswaas
Parmi les actes odieux, laids et repoussants, il y a le waswas – les mauvaises suggestions récurrentes – dont certaines personnes font preuve lors du takbir – la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel – ou lors de la récitation de la Fatihah. En effet, cela contrarie le khouchou^ – la crainte de Allah, présente dans le cœur –. Il arrive ainsi que l’homme ressorte de sa prière sans avoir senti le moindre khouchou^ pour Allah ta^ala. Il n’aura alors aucune récompense si ce n’est d’avoir fatigué son cœur puisque certains en ressentent les conséquences dans leur corps et leur esprit. Celui qui voit une telle personne sera dégoûté de son acte. C’est une chose qui peut même entraîner, si cela persiste et se prolonge, une perturbation dans l’esprit de la personne elle-même et peut même entraîner une faiblesse dans sa compréhension. Le cas qui présente le plus de gravité, c’est lorsque la personne est récemment entrée en Islam : certains musulmans ignorants voyant cela de la part de quelqu’un, trouvent la prière laide, surtout si celui qui est éprouvé par ce waswas montre l’apparence de quelqu’un qui pratique bien la religion. Celui qui le voit dit ainsi : si cette personne qui semble être quelqu’un qui pratique la religion, agit de cette façon, comment va-t-on devenir si on le suit lui et ses semblables ? Il cesse alors de faire la prière. Il se peut alors qu’il ait de mauvaises pensées au sujet du fondement même de la religion et qu’il en arrive jusqu’à l’apostasie par la croyance. Comme est donc mauvais un acte dont tout cela serait la conséquence. Ceci est une source de mauvaise compréhension des choses de la religion et c’est contraire au hadith : ((إن الدين يسر)) ce qui signifie : « Certes la religion est une facilité« .
Si encore il n’y avait de mal en cela que de priver du khouchou^ et de la joie provoquée par l’adoration de Allah : la prière est en effet un apaisement pour le cœur alors que celui qui est en proie au waswas en a fait le contraire puisqu’il ne ressent pas cet épanouissement du cœur, ce qui est à l’opposé de la prière d’une personne dont la prière est conforme à ce qui est méritoire. Le Messager a dit ((أرحنا بها يا بلال)) ce qui signifie : « Apaise-nous par elle Bilal« .
La signification en est que grâce à la prière, le cœur s’apaise et devient joyeux. Celui qui agit en ayant le waswas est privé de la bénédiction de la prière et de sa récompense jusqu’à ce qu’il la finisse. Celui qui persévère sur cela pendant des années et dont la vie se clôt sur cet état, il est tel celui qui n’a jamais accompli de prières.
Celui qui accomplit véritablement la prière c’est celui qui en état de prière a le cœur apaisé, calme, tranquille plus encore que lorsqu’il n’est pas dans l’accomplissement de la prière. Celui donc pour qui Allah veut un bien, aura le cœur joyeux lorsqu’il est en état d’accomplissement de la prière, joyeux par son imploration de son Seigneur et non pas angoissé ni inquiet.
Celui qui est éprouvé par ce waswas, en raison de son application à avoir présente l’intention qu’il est requis d’avoir pendant le takbir selon le madh-hab chafi^iyy, qu’il s’en détourne pour le madh-hab de Malik et qu’il se suffise de l’intention d’accomplir la prière obligatoire de adh–dhouhr ou de al-^asr par exemple avant le takbir, même quelques minutes avant. Elle est correcte ainsi selon Malik. Il en est de même pour celui qui est sujet à l’épreuve du waswas pour rectifier la prononciation des lettres, qu’il prenne l’avis du madh-hab de Malik en accomplissant la prière derrière quelqu’un qui récite correctement la Fatihah et qu’il se suffise de la récitation de son imam. S’il est seul, qu’il se suffise de bouger ses lèvres. Il lui est permis dans le madh-hab de Malik de réciter dans deux rak^ah et de ne pas réciter dans deux autres rak^ah. Chez eux [les malikiyy], il y a un avis qui dit que la récitation est suffisante dans le minimum c’est-à-dire dans une rak^ah de la prière de trois ou de quatre rak^ah. Ainsi, s’il est déjà requis pour l’aumône que la personne ait le cœur réjoui lorsqu’elle la donne, que dire de la prière qui est une imploration, par laquelle l’esclave implore son Seigneur ?
Si encore il n’y avait dans le waswas que l’éloignement des gens qui observent ces gestes exécrables. En effet certains de ceux qui sont en proie à ce waswas lèvent les bras lors du takbir d’une manière qui entraîne l’aversion, de même que lors de la prononciation de certaines lettres, au point que celui qui le voit s’imagine qu’il est fou ou perturbé dans son esprit. ‘Inna li l-Lahi wa ‘inna ‘ilayhi raji^oun. Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous rendrons des comptes au rassemblement.
Si elle était récitée ainsi dans le discours et que celui qui est éprouvé l’entendait, il ressentirait un malaise et aurait honte. De plus, dans le madh-hab de Malik il y a une facilité pour celui qui est éprouvé. Ainsi selon Malik il n’est pas une condition qu’il s’entende lui-même prononcer les lettres mais il lui suffit de faire bouger les lèvres. Compte ainsi parmi le conseil conforme à la Loi de guider et de montrer à celui que l’on voit agir ainsi d’abandonner le waswas et de ne pas le laisser persévérer sur cela. Il est arrivé à quelqu’un en proie au waswas de partir au Nil pour lever le grand hadath car il était jounoub, de s’y plonger puis de se dire : [le ghousl] n’est pas valable. Il a passé sa journée et il s’est dit : maintenant qu’il fait nuit, je reviendrai demain pour lever le hadath. L’eau du Nil ne lui a pas suffi. fin de citation.
Conseil : donner les uns aux autres
Conseil du Sultan pour s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah
Je vous recommande à nos frères de s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala.
Lorsque le musulman aime son frère et que son frère l’aime par recherche de l’agrément de Allah, non pas poru une raison de ce bas monde ni pour une proche parenté, il sera à l’ombre du Trône au jour du jugement, il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil.
Faire des dons les uns aux autres veut dire que l’un donne quelque chose et que l’autre donne quelque chose. Cela renforce l’amour. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit : » تهادوا تحابوا « (tahadou tahabbou) cela veut dire que si vous donnez des cadeaux et que l’un donne quelque chose à son frère et que l’autre lui donne quelque chose alors l’amour augmente. Je vous recommande de vous consacrer avec empressement à la science en apprenant et en enseignant car la science de Ahlou s-Sounnahc’est la vie de l’lslam.
Attachez-vous aussi à éviter les mécréances qui se sont propagées dans de nombreux pays et plsu particulièrement dans ce siècle. Le Hafidh Mourtada Az–Zabidiyy a dit dans le commentaire de ‘Ihya’ou ^Ouloumi d-Din : Un certain nombre d’imams des quatre écoles ont composé des écrits pour la présentation des paroles de mécréance.
Attachez-vous à l’indulgence car l’indulgence est la parure de la science. Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh.
Wa baraka l-Lahou fikoum wa saddada khoutakoum.