Croyance : Les fondements de la foi
LES SIX FONDEMENTS DE LA FOI
Il a été confirmé dans le hadith sahih rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim que Jibril est venu au prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam sous l’apparence d’un homme mais aucun des compagnons ne le connaissait. Il s’est assis auprès du prophète au point de coller ses genoux aux genoux du prophète et a posé ses mains sur ses cuisses et il lui a dit ce qui signifie en Français « Ô Mouhammad, dis moi qu’est-ce que al-‘iman » – la foi -. Il lui a répondu (al-‘imanou ‘an tou’mina bi l-Lahi wa mala’ikatihi wa koutoubihi wa rouçoulihi wa bi l-yawmi l-‘akhiri wa bi l-qadari khayrihi wa charrihi) ce qui signifie « La foi c’est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au Jour Dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal ». C’est alors que Jibril lui a dit « sadaqta » ce qui signifie « tu as dis vrai » jusqu’à la fin du hadith. Le sens de sa parole qui signifie donc « que tu crois en Allah » al-‘iman dans la langue signifie at-tasdiq, c’est-à-dire de croire en la véracité. Dans la loi at-tasdiq bima^na ch-chahadatayn, c’est-à-dire de croire au sens des deux témoignages. La foi en Allah a lieu en ayant la croyance qu’Il existe sans avoir de ressemblance avec aucune de Ses créatures, la preuve pour cela à partir du Qour’an honoré c’est la Parole de Allah « Layça kamithlihi chay’ wa Houwa s-sami^ou l-Basir » ce qui signifie « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit ». Allah ta^ala est le Créateur de toutes choses, des corps palpables, c’est ce qui peut être palpé, tenu à la main comme la pierre, les arbres, l’homme et les corps impalpables, c’est ce qui ne peut être tenu à la main comme le vent, l’âme, la lumière et l’obscurité, les jinns et les anges. Allah n’a ainsi aucune ressemblance avec aucune de Ses créatures. Il n’est donc pas permis d’avoir la croyance qu’Il serait un corps palpable ni un corps impalpable. Allah ta^ala dit « wa koullou chay’in ^indahou bimaqdar » ce qui signifie « Toute chose, Allah l’a créée selon une quantité particulière ». Si le grain de moutarde a un corps qui est petit, le grain de blé un peu plus grand, puis vient le grain de raisin encore plus grand jusqu’au Trône qui est le plus grand corps que Allah a créé par ses dimensions. Et un corps ne créé pas un autre corps. Il est confirmé ainsi que Allah n’est pas un corps. Par ailleurs, il n’est pas possible que Allah ait une des caractéristiques des corps comme le mouvement, l’immobilisation, le fait d’être dans une direction et dans un endroit. Il n’est donc pas possible que l’on dise que Allah existe dans le ciel ou qu’Il est assis sur le Trône ou qu’Il est installé au-dessus du Trône ou en face du Trône car tout ceci fait partie des caractéristiques des corps. L’imam Abou Ja^far At–Tahawiyy le salafite, celui qui a vécu dans le troisième siècle de l’Hégire a dit dans son Traité de Croyance qu’il a présenté comme étant la croyance de Ahli s-sounnah wa-l-jama^ah « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie « Celui qui attribue à Allah un des sens des humains il devient mécréant ». Il s’est écoulé plus de mille ans depuis la mort de At–Tahawiyy, que Allah lui fasse miséricorde. « Les sens des humains » c’est-à-dire leurs caractéristiques, c’est-à-dire comme les organes, les membres, la forme, la couleur, le changement d’un état à un autre, le changement d’humeur, le déplacement d’un endroit à un autre. Allah ta^ala est le Créateur des endroits et des directions. Il n’est donc pas possible à Son sujet qu’Il y réside, il n’est pas possible à Son sujet qu’Il y habite. Allah existe de toute éternité avant la création des endroits et des directions sans endroit ni direction et Il existe après la création des endroits et des directions sans endroit ni direction car Allah change Ses créatures alors que Lui soubhanahou wa ta^ala ne change pas et Allah sait plus que tout autre.
LA CROYANCE AUX ANGES
La signification de la parole du prophète , salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam,dans le hadith de Jibril qui signifie « La croyance c’est que tu crois en Allah et en Ses anges » jusqu’à la fin du hadith, les anges sont des esclaves de Allah, ils sont honorés, Allah les a créés de lumières, ils ont des ailes, ils ne tombent pas dans les péchés et ils sont responsables, ils ont un libre choix qui est sous la volonté de Allah mais ils ne choisissent que l’obéissance. Allah ta^ala dit « La ya^souna-l-Laha ma amarahoum wa yaf^alouna ma you’marouna » ce qui signifie « Ils ne désobéissent pas aux ordres que Allah leur donne et ils font ce qui leur est ordonné ». Seul Allah sait leur nombre. Allah ta^ala dit « Wa ma ya^lamou jounouda Rabbika illa hou » et ils ont des fonctions. Certains portent le Trône, d’autres inscrivent les bonnes actions, d’autres inscrivent les mauvaises, d’autres protègent les esclaves du fait que les jinns leur fassent du mal, on les appelle les anges gardiens – al-hafadhah – et le meilleur d’entre eux est Jibril ^alayhi s-salam qui est leur président, c’est un messager aux anges et les anges ne sont pas de sexe masculin ni de sexe féminin, ils ne mangent pas, ils ne boivent pas, ils ne dorment pas, ils ne se fatiguent pas d’obéir à Allah, ils ne se reproduisent pas. Allah les a créés et dans le mérite après Jibril vient Mika’il qui est l’ange en charge de la pluie et des plantes et des récoltes, après lui vient Israfil qui est l’ange en charge de souffler dans le cor au Jour du Jugement, puis vient ^Azra’il qui est l’ange de la mort. Il est parvenu dans un hadith rapporté par At–Tabaraniyy dans Tiwalat que le nom de l’ange de la mort est ^Azra’il tout comme c’est parvenu dans le hadith du cor as–sour rapporté par Al-Bayhaqiyy contrairement aux ignorants qui renient cela. Et Ibnou Farhoun a mentionné, donc Ibnou Farhoun qui est un savant malékite a mentionné dans tabsirat al-houkkam que celui qui insulte l’ange de la mort ^Azra’il, il devient mécréant. Ceci fait l’objet d’accord chez les savants. Après ^Azra’il dans l’ordre de mérite viennent les anges qui portent le Trône. Chaque ange est un saint, un waliyy de Allah. Il peut prendre des aspects d’homme avec un bel aspect parfois mais sans qu’il n’ait l’organe génital et ils ne prennent pas l’aspect de femme absolument pas du tout ni des aspects laids comme les singes, les chiens ou les porcs. Certains anges descendent à l’aube et ils assistent à la récitation du Qour’an lors de la prière de l’aube. Allah ta^ala dit « wa Qour’ana-l- fajri inna Qour’ana-l-fajri kana machhouda » c’est-à-dire que les anges témoignent et sont présents nuit et jour et notamment lors de la récitation du Qour’an à l’aube. Les anges, ce sont eux qui sont visés par la Parole « Yanzilou Rabbouna koulla laylatin ila s-sama’i d-dounya fayaqoulou hal min moustaghfirin faghfira lah » le hadith qui signifie « Un ange de notre Seigneur descend sur ordre de Allah et il dit en transmettant que Allah leur apprend qu’Il est leur Seigneur et Qui leur dit « est-ce qu’il y a quelqu’un qui cherche à être pardonné et Allah lui pardonne » jusqu’à la fin du hadith. Il a été confirmé dans ce qu’a rapporté le hafidh An-Naça’iyy dans le livre « amalou-l-yawm wa l-layla » d’après Abou Hourayrah qu’il a dit « Le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « inna-l-Laha youmhil hatta ‘idha mada chatrou l-layli-l-awwal amara mounadia fayounadi inna Rabbakoum yaqoul « hal min moustaghfirin faghfira lah, hal min sa’ilin fa’ou^tiyah, hal min da^in fa’astajiba lah hatta yanfajira l-fajr », ce qui signifie « Allah fait que s’écoule la première moitié de la nuit puis Il ordonne à un ange qui va appeler en disant « votre Seigneur vous dit « est-ce qu’il y a quelqu’un qui demande à être pardonné et Allah lui pardonne, est-ce qu’il y a quelqu’un qui demande quelque chose, Allah lui donne, est-ce qu’il y a quelqu’un qui invoque et Allah l’exauce jusqu’à l’aube ». Et la meilleure manière d’expliquer un hadith qui est rapporté par un autre hadith, Al-hafidh Al-^iraqiyy a ainsi dit dans son Atfiyah « wa khayrou ma fasartahou bi-l-waridi » c’est-à-dire la meilleure manière d’expliquer une version d’un hadith, c’est par un autre hadith. C’est également la même chose pour tout texte du même ordre ; il s’agit des anges comme dans la Parole de Allah « a’amintoum man fi s-sama’i an yakhsifa bikoumou l-ard » qui signifie « Êtes-vous donc en sécurité, ne craignez-vous pas que ceux qui sont au ciel ne fassent que vous soyez ensevelis sous terre ». Il s’agit ici des anges. Egalement la parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam « Ar-rahimouna yarhamouhoum r-Rahman ‘irhamou man fi-l-‘ard yarhamoukoum ahli s-sama’ » qui signifie « Les miséricordieux, c’est Ar-Rahman Allah Qui leur fait miséricorde. Soyez miséricordieux avec ceux qui sont sur terre alors ceux qui sont aux cieux vous feront miséricorde ». Ceux qui sont visés ici ce sont les anges preuve en est le hadith rapporté par le hafidh Ibnou Hajar dans ses « ‘amali » et hadith qu’il a jugé haçan. Le prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « Ar-rahimouna yarhamouhoum Rahim ‘irhamou ahlou l-‘ardi yarhamoukoum ‘ahlou s-sama’ » ce qui signifie « Les miséricordieux c’est Ar-Rahim Allah Qui leur fait miséricorde. Soyez miséricordieux envers les gens sur terre alors les habitants du ciel vous feront miséricorde ». Il est clair ici qu’il s’agit des anges car Allah n’est pas appelé « ‘ahlou s-sama’ » « gens du ciel ». Le sens de la miséricorde des anges en faveur des croyants parmi les gens de la terre, c’est qu’ils demandent le pardon en leur faveur et Allah sait plus que tout autre.
LA CROYANCE AUX LIVRES CELESTES
Le sens de la parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam dans le long hadith de Jibril qui signifie « La foi, c’est que tu crois en Allah, en Ses anges et en Ses Livres » jusqu’à la fin du hadith, les livres célestes, c’est Jibril ^alayhi-s-salam qui les a fait descendre sur les prophètes de Allah. Les plus connus d’entre ces livres, ce sont quatre livres : at-Tawrat – la Thorah, al-‘Injil – l’Evangile, az–Zabour– les Psaumes et al-Qour’an – le Qour’an – le Coran, qui est le meilleur d’entre ces livres. Ces livres, c’est Jibril qui les a pris à partir de la Table Préservée. Allah ta^ala a créé un son qui correspond à la récitation de ces livres sans que Jibril a entendu. At-Tawrat a été révélée et descendue sur Mouça, al-‘Injil a été descendu sur ^Iça et az-Zabour a été descendu sur Dawoud. Il comporte des sagesses et des exhortations. Le Qour’an, lui, a été descendu à Mouhammad, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam. La parole qui existe dans ces livres n’est pas la parole-même propre à l’Être de Allah mais il s’agit d’expressions de cette parole. L’expression est une chose et ce qui est exprimé est autre chose. L’expression qui est faite de lettres et de sons est une langue écrite dans la Table Préservée et c’est une expression que Jibril a récitée au prophète sans aucun doute, elle est créée, elle est entrée en existence. Quant à ce qu’elle exprime qui est la Parole de Allah l’Unique, Celui Qui est de toute éternité, Qui est Exempt de début et de fin et qui est une parole qui n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. Abou ^Aliyy As-Saqouniyy, mort en 707 de l’hégire a dit que la Parole de Allah est unique. Le hafidh Al-Bayhaqiyy dans deux de ses livres a dit cela également. Tous les savants de Ahli s-sounnah ont dit cela. Le sens de l’unicité de la Parole de Allah, c’est que la Parole de Allah qui est Son Attribut n’est pas une parole multiple mais c’est une parole unique. Cette parole unique est une promesse, une menace, un ordre, une interdiction, une information, une interrogation, une annonce de bonne nouvelle. Il est parvenu dans le Qour’an honoré « Qoul law kana l-bahrou midada likalimati Rabbi » cela ne veut pas dire que la Parole de Allah est multiple parce qu’il y a « kalimat » mais ici le mot « kalimat » est au pluriel, c’est dans le sens de l’honneur et de la glorification de la Parole de Allah. Le sens de la ‘ayah « Law kana l-bahrou midadan » c’est-à-dire si la mer, si les océans avaient été de l’encre avec lequel on écrit ce qui exprime la Parole de Allah, ces océans, cette mer finiraient et ce qui exprime la Parole de Allah ne finit pas, c’est cela le sens de « Qoul law kana l-bahrou midada likalimati Rabbi lanafida l-bahrou qabla an tanfada kalimatou Rabbi wa law ji’na bimithlihi madada » c’est-à-dire même si nous avions ramenés autant de mers et d’océans qu’il y a, ils finiraient tous et cela ne suffit pas pour écrire ce qui exprime la Parole de Allah. Il en est de même dans la parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam « ‘a^oudhou bikalimati-l-Lahi tammah ». « Al-kalam », la parole a été mentionnée ici au pluriel « kalimat » pour glorifier la Parole de Allah et le sens de « at-tammah » c’est-à-dire la Parole de Allah qui ne comporte pas de défaut c’est-à-dire que la Parole de Allah ne comporte pas de défaillance. Quant à la Parole de Allah ta^ala« La touharrik bihi liçanaka lita^jala bih » cela signifie « Ô Mouhammad ne récite pas le Qour’an pendant que Jibril te le récite de crainte que tu ne l’oublies » mais Sa Parole « ‘Inna ^alayna jam^ahou wa Qour’anah » cela veut dire « Nous te garantissons que tu ne l’oublieras pas » c’est-à-dire que tu vas mémoriser le Qour’an et que tu ne vas pas l’oublier. Quant à Sa Parole « Fa’idha qara’nahou fa’tabi^ou qour’anah » c’est-à-dire « Nous te l’avons rassemblé dans ta poitrine, dans ton cœur alors suis et œuvre conformément à ce qui t’a été révélé. Il est dit dans la langue Arabe « Qara’ l-ma’ou fi-l-hawd » c’est-à-dire « rassembler l’eau dans un bassin ». Il n’est pas permis de croire que Allah prononce les mots du Qour’an tout comme nous le prononçons, c’est pour cela on ne dit pas que Allah prononce natiq mais on dit « moutakallim » Il parle, ça veut dire qu’Il a pour attribut la parole, cette parole qui est un attribut qui n’est pas de lettre, qui n’est pas une voix, qui n’est pas une langue. Preuve en est, c’est-à-dire qu’il est confirmé que Allah a pour attribut la parole, la preuve à partir du Qour’an, c’est la Parole de Allah ta^ala « Wa kallama-l-Lahou Mouça taklima » et la preuve que cette ‘ayah nous a indiqué la confirmation d’une parole réelle à Allah tel qu’il est digne de Lui c’est que le verbe dans la langue Arabe quand il est appuyé par le substantif, al-masdar, cela indique le sens propre et le masdar, le susbtantif, c’est ce qui vient en troisième position lorsqu’on décline le verbe, on dit « kallama , youkallimou, taklima » « il a parlé, il parle, parole » et le sens de la ‘ ayah c’est que Allah a levé de l’ouïe de Mouça le voile abstrait qui empêche d’entendre Sa Parole, lorsque Mouça était au mont Sinaï, tour Saïna, il a ainsi entendu la Parole de Allah qui existe éternellement et cette parole qui n’est pas de lettre, ni de voix, ni de langue, cette parole qui n’est pas comme la parole des mondes sans que la Parole de Allah qui est Son attribut propre ne prenne place dans l’oreille de Mouça car ce qui prend place et qui s’incarne dans la créature est en soi créé ou ce qui est une preuve de l’entrée en existence de l’âme, c’est le fait que l’âme s’incarne dans la créature. Les gens de Ahli s-sounnah ont dit « Mouça ainsi que son ouïe sont entrés en existence et la Parole de Allah n’est pas entrée en existence ». L’imam Abou Hanifah An-Nou^man Ibnou Thabit dans son livre « al-fiqhou-l-‘akbar », Abou Hanifah qui est né en 80 de l’hégire a dit « Allah parle, pas comme nous parlons. Nous nous parlons avec des instruments et des langues et des lettres mais Allah parle sans instrument, sans lettre. Le sens d’instrument, c’est les points d’articulation des lettres comme la gorge et ceci est une preuve que la croyance de Ahlou-s-sounnah, que ce soit les gens du Salaf, les musulmans des trois premiers siècles de l’hégire ou les gens du Khalaf, les musulmans des siècles suivants est que la Parole de Allah, qui est Son attribut, n’est pas de lettre, n’est pas une voix ni une langue. Il est par ailleurs parvenu dans le Sahih de Al-Boukhariyy que le messager a dit « Ma minkoum min ahadin illa sayakallimouhou Rabbouhou yawma-l-qiyamah layça baynahou wa baynahou tarjouman wa la hajib » cela veut dire que dans l’au-delà, Allah est Celui qui interroge et fait rendre des comptes aux esclaves. Il hôte ainsi de l’ouïe de Ses créatures lors de la station de l’exposition des actes, Il leur hôte le voile abstrait, celui qui empêche d’entendre Sa Parole propre. Ainsi, tous les humains, tous les jinns vont entendre la Parole de Allah qui n’est pas des lettres, qui n’est pas une voix. Ils vont comprendre de cette parole l’interrogation sur leurs œuvres, sur leurs intentions, sur leurs paroles. Les croyants pieux seront heureux et les mécréants seront malheureux bien que la Parole de Allah soit unique, ceci est une preuve que cette parole propre n’est pas une lettre, ni une voix, ni une langue car si l’exposition des actes à Allah avait été par une interrogation avec des lettres et une langue, Allah serait le plus lent à faire rendre des comptes, que Allah nous préserve et nous garde de pareille croyance. Or, Allah dit « Thoumma rouddou ila-l-Lahi mawlahoum-l-haqq ‘ala lahou l-houkmou wa houwa asra^ou-l-hasibin » c’est-à-dire « Je suis Celui Qui fait rendre rapidement les comptes aux gens » c’est cela le sens de cette ‘ayah. Il y a aussi la Parole de Allah ta^ala « sari^ou-l-hisab » cela veut dire cela également. Il est par ailleurs parvenu dans le Sahih dans Al-Boukhariyy « ‘Ana l-bachara koullahoum binisbati liya’jouj wa ma’jouj kawahidi ‘ila ‘alf » ce qui signifie « Tous les humains par rapport à Ya’jouj et Ma’jouj représentent un pour mille ». Si l’exposition des actes de ceux-là – Ya’jouj et Ma’jouj– avait été avec des lettres et une voix, cela aurait duré un temps très long. Tout ceci confirme donc que la Parole de Allah qui est Son attribut propre n’est pas des lettres, n’est pas une voix, n’est pas une langue, n’a pas de début, n’a pas de fin et que le Qour’an honoré, la Tawrat, l’’Injil qui sont authentiques et tous les livres qui ont été descendus aux prophètes sont des expressions de cette parole mais malgré cela on appelle ce qu’ils comportent ces livres « la Parole de Allah » car ce ne sont pas une composition d’humain ni une composition d’ange et Allah sait plus que tout autre.
LA CROYANCE AUX MESSAGERS DE ALLAH
La parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, dans le long hadith de Jibril, qui signifie « La foi, c’est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers » jusqu’à la fin du hadith, cela veut dire qu’il est un devoir de croire aux messagers de Allah, ceux d’entre eux qui étaient prophètes – nabiyy – mais pas messager – raçoul – et ceux qui étaient messagers – raçoul – et prophètes –nabiyy. Que l’on sache que le prophète –an-nabiyy, c’est celui qui a reçu la révélation d’une loi, la loi d’un messager qui l’a précédé. Quant au messager – ar-raçoul – c’est celui qui a reçu la révélation d’une nouvelle loi. Chacun des deux à pour ordre de transmettre. Certains savants se sont trompés en disant que le prophète n’a pas l’ordre de transmettre. C’est une erreur abominable car si il n’avait pas reçu l’ordre de transmettre, quel est le sens de son message, de son envoi. Quant à la Parole de Allah ta^ala « La noufarriqou bayna ‘ahadin min rouçoulih » c’est-à-dire « Nous ne distinguons entre aucun de ces messagers par la foi » cela veut dire que nous croyons en la totalité d’entre eux. Mais du point de vue du mérite, certains messagers sont meilleurs que d’autres. Allah ta^ala dit « Tilka r-rouçouli faddalna ba^dahoum ^ala ba^d » ce qui signifie « Ces messagers, nous avons accordé à certains un degré supérieur aux autres. Le premier des prophètes et des messagers, c’est ‘Adam ^alayhi s-salam. La preuve en est qu’il était prophète, c’est la Parole de Allah ta^ala «’Inna l-Laha stafa ‘Adama wa Nouhan wa ‘ala Ibrahima wa ‘ali ^Imran ^ala-l-^alamin » ce qui signifie « Allah a élu ‘Adam, Nouh, la famille de ‘Ibrahim, la famille de ^Imran par rapport au reste des mondes ». Certains se sont trompés. Ils ont pensé que le premier des messagers dans l’absolu, c’est Nouh et ils ont cité pour cela un hadith que Nouh serait le premier des messagers de Allah aux gens de la terre. Or, le sens de ce hadith, c’est que Nouh ^alayhi s-salam était le premier que Allah a envoyé à des peuples différents car avant cela, les gens étaient une seule communauté, c’est-à-dire ils étaient tous sur l’Islam. Cela avait duré à l’époque de ‘Adam, à l’époque de Chith, puis à l’époque de ‘Idris. Ensuite, la mécréance s’était produite pour la première fois après ‘Idris. Nouh était donc le premier à être envoyé à des mécréants. Al-jahiliyatou-l-‘oula, la première période anté-islamique c’est celle qui séparait le décès de ‘Idris et l’envoi de Nouh. Elle a duré mille années. Le dernier des prophètes et le meilleur d’entre eux, c’est Mouhammad, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam. La preuve qu’il était le meilleur des prophètes c’est la Parole de Allah ta^ala « Kountoum khayroun ‘oummatin ‘oukhrijat li-n-nas » ce qui signifie « Votre communauté est la meilleure des communautés ». Si sa communauté est la meilleure des communautés, il est donc lui le meilleur des prophètes.
Que l’on sache que les prophètes sont meilleurs que les saints, les waliyy. Ils sont meilleurs que les anges – al-mala’ikah. Allah ta^ala après la mention d’un certain nombre de prophètes a dit « Wa koullan faddalna ^ala-l-^alamin » ce qui signifie « Nous leur avons accordé à tous un degré supérieur aux mondes ». Les mondes – al-^alamoun – englobe les jinns, les humains et les anges. Il est parvenu que tous les prophètes sont venus avec une seule et même religion qui est l’islam. Allah ta^ala dit « ‘Inna d-dina ^inda-l-Lahi l’islam » qui signifie « La religion agréée par Allah c’est l’Islam » et Allah ta^ala dit « Wa man yabtaghi ghayra l’islami dina falan youqbala minh wa houwa fi-l-‘akhirati mina l-khacirin » qui signifie « Celui qui choisi une autre religion que l’Islam, elle ne sera pas acceptée de lui et il sera dans l’au-delà au nombre des perdants » et Allah ta^ala dit « Houwa s-sammakoumou l-mousliminou mina-l-qabl » qui signifie « Celui qui vous a appelé musulmans depuis bien longtemps ». Et Allah ta^ala dit « Ma kana ‘Ibrahim yahoudiyan wa la nasraniyan wa lakin kana hanifan mousliman wa ma kana mina-l-mouchrikin » ce qui signifie « ‘Ibrahim n’était pas juif, il n’était pas chrétien mais il était bien sur l’Islam, sur la droiture, il n’était pas un associateur» et Allah ta^ala dit « Falamma ‘ahassa ^Iça minhoumou-l-koufra qala man ‘ansari illa-l-Lah qala-l-hawariyyoun nahnou ‘ansarou-l-Lah ‘amanna bi-l-Lahi wa chahd bi ‘anna mouslimoun » ce qui signifie « Lorsque ^Iça a vu que certains allaient commettre la mécréance, il a dit « qui sont ceux qui me soutiennent pour l’agrément de Allah ? » Les apôtres ont alors dit « nous te soutenons pour l’agrément de Allah, nous avons cru en Allah et témoigne que nous somme musulmans ». Al-Boukhariyy a rapporté que le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, a dit « Al-anbiya’ou ‘ikhwatou li^allat dinouhoum wahid wa ‘oummahatouhoum chatta » cela veut dire que les prophètes sont comme des frères de même père mais de mère différente. Leur religion est la même qui est l’islam. Tous les prophètes sont venus avec une seule croyance au sujet de Allah qui est la croyance qu’il n’est de Dieu que Allah ». Le prophète ^alayhi s–salat wa salam a dit « ‘Afdalou ma qoultou ‘ana wa n-nabiyyouna min qabli la ‘ilaha illa l-Lah wahdahou la charika lah » ce qui signifie « La meilleure parole que j’ai dite moi ainsi que les prophètes qui m’ont précédés est « il n’est de Dieu que Allah, Il n’a pas d’associé ». Et les frères dans la langue « al-‘ikhwah » sont soit des frères « ach-chiqqa’ » soit des frères « ‘akhiaf » soit des frères « li^allat ». Le sens de « frères li^allat » ce sont des frères qui ont même père mais qui ont des mères différentes. Cette comparaison que le messager a faite veut dire que tous les prophètes sont comme des frères qui ont un même père, en effet, puisque leur religion est la même qui est l’Islam. Mais ce qui les distingue les uns des autres, c’est la loi, c’est-à-dire les ramifications pratiques comme la zakat, comme la prière et ce qui est de cet ordre. Dans la loi de ‘Adam par exemple, il était permis au frère d’épouser sa sœur qui n’était pas sa sœur jumelle. La fornication à son époque et dans sa loi, c’est qu’un homme ait un rapport avec sa sœur qui était sa sœur jumelle. Puis, par la suite, il y a eu l’interdiction du mariage d’un frère avec sa sœur qui n’était pas sa sœur jumelle dans la loi de Chith et il était dans la loi de ‘Adam obligatoire d’accomplir une seule prière puis dans les lois des prophètes des fils de ‘Isra’il, il y a eu obligation d’accomplir deux prières. Puis dans la loi de notre maître Mouhammad qui est la meilleure des lois et la plus facile, il y a eu l’obligation d’accomplir cinq prières par jour et nuit. Ce changement dans la loi est fonction de ce que requiert la sagesse et Allah sait mieux que quiconque l’intérêt des gens plus qu’eux-mêmes. A partir de là, tu prends connaissance, toi qui est neutre et objectif, de la grave erreur dans la parole de certains qui disent « les trois religions célestes ». En effet, il n’y a pas de religion valable si ce n’est l’Islam qui est la seule religion céleste. Quant aux nasara qui ont été mentionnés dans le Qour’an à titre d’éloge dans cette ‘ayah « ‘Inna l-ladhina hadouwan n-nasara wa sabi’in man ‘amana bi-l-Lahi wa l-yawmi-l-‘akhir » jusqu’à la fin de la ‘ayah « an-nasara » ici, c’était les musulmans qui ont été les supporters et les partisans de ^Iça, qui l’ont suivi sur l’Islam. Quant à l’yahoud qui sont cités ici, ce sont ceux qui étaient musulmans, ceux qui hadou, c’est-à-dire qui ont fait le repentir, qui ont abandonné les erreurs qu’ils avaient faites après avoir contredit Mouça et Haroun, ils ont dit « houdna » c’est-à-dire « toubna wa raja^na » c’est-à-dire « nous nous repentons ». Et la raison de l’appellation de ceux qui ont mécru après ceux-là comme « yahoud » et « nasara », la raison de leur appellation « gens du Livre » «’ahlou-l-kitab », c’est parce qu’ils se réclament de at-Tawrat et de al-‘Injil mais c’est une simple réclamation sans croire en at-Tawrat et al-‘Injil authentiques. Il n’est donc pas permis de les appeler « croyants ». Preuve en est la Parole de Allah ta^ala « Qoul ya ‘ahla-l-kitabi lam takfourouna bi ‘ayati-l-Lah wa-l-Lahou chahidou ^ala ma ta^maloun » qui signifie « Ô vous gens du Livre pourquoi vous êtes mécréants en les ‘ayah de Allah et Allah sait ce que vous faîtes » et la Parole de Allah ta^ala « Wa law ‘amana ahlou-l-kitabi lakana khayran lahoum » qui signifie « Si les gens du Livre avaient été croyants cela aurait été mieux pour eux ». Et la Parole de Allah ta^ala « Wa law ‘an ‘ahla-l-kitabi ‘amanou wa t-taqou lakafarna ^anhoum sayyi’atihim » qui signifie « Si les gens du Livre avaient été croyants et avaient été pieux Nous leur aurions expié leurs mauvaises actions ». Quant à la Parole de Allah ta^ala « ‘Inna l-ladhina kafarou min ‘ahli l-kitabi wa l-mouchrikina fi nari jahannama khalidina fiha ‘oula’ikahoum charrou l-bariyyah ». Ici, il ne s’agit pas d’une partie d’entre eux mais il s’agit de la totalité d’entre eux. On dit que « min » ici ce n’est pas les taba^iyoud mais les bayan, c’est-à-dire que tous sont des mécréants. Et Allah sait plus que tout autre.
LA CROYANCE AU JOUR DERNIER
Le prophète ^alayhi s–salatou wa salam a dit dans le long hadith de Jibril ce qui signifie « La foi, c’est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour Dernier » jusqu’à la fin du hadith. Le Jour Dernier c’est le Jour du Jugement. Il commence à partir du moment où Israfil souffle dans le cor. Tous ceux qui étaient vivants parmi les humains et les jinns et les anges vont mourir sauf ceux qui sont exceptés parmi les anges comme ceux qui portent le Trône, comme l’ange chargé du Paradis, l’ange chargé de l’enfer. Le Jour du Jugement dure cinquante mille ans. Il s’agit de cinquante stations différentes pour l’exposition des actes. Chaque station dure mille années. Allah ta^ala dit « Fi yawmin kana miqdarouh khamsina ‘alfa sanah » qui signifie « Un jour dont la durée est de cinquante mille ans ». Il est parvenu dans le hadith sahih que toutes ces années vont passer pour un croyant pieu comme moins que le temps d’une prière prescrite et dans une autre version comme lorsque le soleil s’apprête à se coucher. L’exposition des actes des gens a lieu sur la terre changée. Allah ta^ala dit « Yawma toubaddoula l-‘ardou ghayra l-‘ard » ce qui signifie « Le jour où la terre sera changée ». Al-qiyamah, le Jour du Jugement a des petits signes annonciateurs et des grands signes annonciateurs. Parmi les petits signes annonciateurs, c’est de construire en hauteur de la part de ceux qui, auparavant, marchaient nu pied, qui étaient mal habillés, qui étaient pauvres, qui faisaient paître le bétail et ceci s’est produit. Il y a aussi le rapprochement des marchés, ils deviennent tellement nombreux qu’ils deviennent proches les uns des autres et cela aussi s’est produit. Il y a aussi le grand nombre de tremblements de terre et le grand nombre d’assassinats sans raison et le grand nombre de gens qui boivent l’alcool et beaucoup de fornication, beaucoup de gens qui entendent la musique interdite et tout cela s’est produit. Il y a aussi les femmes qui vont paraître avec des vêtements qui montrent leur zone de pudeur en grand nombre avec leur tentation des hommes pour la fornication, ceci aussi s’est produit. Et le dernier des petits signes annonciateurs, c’est l’apparition de Al-Mahdi. At-Tirmidhiyy, Abou Dawoud ont rapporté que le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit « La taqoumou s-sa^a hatta yamlika n-nasa rajouloun min ahli baytiyi youwatihou smouhou smi wa smou abihi sma abi yamlan l-‘ardou qistan wa ^adlan kama mouli’at dhoulman wa jawra » c’est-à-dire que parmi les signes annonciateurs du Jour du Jugement, c’est que la terre sera emplie d’injustice et de tyrannie et cela aussi s’est produit. Ensuite va paraître un homme qui est de la famille du messager, qui s’appellera Mouhammad fils de ^Abdou-l-Lah, il est de Médine lui ainsi que son père, il va apparaître à Médine l’Illuminée et en sortir pour se diriger à la Mecque là où 313 saints vont lui faire pacte d’allégeance. Ensuite, il va s’installer dans le pays de Ach-Cham et il y vivra et il gouvernera la terre avec équité. Il est parvenu dans les paroles qui nous ont été rapportées qu’il aura au-dessus de lui un ange qui annoncera aux gens « Ô vous les gens, voici Al-Mahdi, suivez-le » et lorsque ^Iça va descendre du ciel, Al-Mahdi va le diriger dans la prière. Tout cela indique que ^Iça Al-Macih va appliquer la loi de Mouhammad, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam. Après les petits signes annonciateurs, il y aura de grands signes annonciateurs parmi lesquels il y a trois fissures dans la terre, une à l’est, une à l’ouest et une dans la Péninsule arabique. Il y a aussi les peuples de Ya’jouj et Ma’jouj qui vont apparaître. Ce sont des mécréants, des êtres humains descendants de ‘Adam mais qui sont cachés dans une direction de la terre. Dhou l-Qarnayn qui est un esclave vertueux a construit une barrière, un barrage entre eux et les autres humains. Il est parvenu dans le hadith sahih que chaque jour, ils essayent de transpercer ce barrage et il reste une partie qu’ils ne transpercent pas, une partie qui peut être transpercée en une seule journée mais ils diront « demain, nous allons le poursuivre » et le lendemain quand ils vont revenir, ils vont retrouver que le barrage est redevenu tel quel jusqu’au jour dans lequel Allah a voulu qu’ils sortent. Ils vont dire la veille « demain nous allons poursuivre si Dieu le veut ». Quand ils vont venir le lendemain, ils vont ouvrir le barrage et ils vont sortir et ils vont manger tout ce qu’il y a sur terre comme nourriture même ils vont boire toute l’eau qu’il y a dans la lagune de Tibériade qui se trouve en Palestine et le dernier d’entre eux quand il va passer, il va dire « ici, il y avait de l’eau ». Il y a aussi l’apparition de al-macih ad-dajjal. Al-macih ad-dajjal c’est le faux messie qui est emprisonné sur une île en mer, les anges l’ont ligoté avec des chaînes, c’est un mécréant qui va dire aux gens « je suis votre dieu » et il est borgne. Il ordonne aux gens de le suivre sur cette mauvaise croyance. Beaucoup vont le suivre car sa discorde et sa dissension est grande. Il dira à la terre « fais pousser tes plantes » et il va pousser ses plantes. Il dira au ciel « fais tomber ta pluie » et la pluie va tomber et ceci est une épreuve de la part de Allah à Ses esclaves. Le prophète, ^alayhi s–salat wa salam a dit « Il a avec lui une eau et un feu. Son eau est en réalité du feu et son feu est en réalité de l’eau ». Il y aussi parmi les grands signes la descente de ^Iça al-Macih. Allah ta^ala dit « Wa ‘innahou la^alamoun li s-sa^ah » ce qui signifie « Et il est certes un signe qui annonce le Jour du Jugement ». Ibnou ^Abbas a dit « Il s’agit de la descente de Al-Macih ^Iça. Il est parvenu dans le hadith sahih qu’il descendra auprès de la tour blanche qui se trouve à l’est de Damas, sur les ailes de deux anges. Et il y a maintenant une tour blanche à l’est de Damas dans le nouvel aéroport. Et il est parvenu que Al-Macih va tuer ad-dajjal à la porte de la ville de Loudd qui se trouve en Palestine et il va faire une invocation contre Ya’jouj et Ma’jouj et Allah les exterminera en faisant en sorte que des vers vont pénétrer dans leur cou et qu’ils vont les tuer. Il est rapporté de Ka^b Al-‘Ahbar que ^Iça va être enterré auprès de notre maître Mouhammad, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam dans la maison bénie de ^A’ichah. Il y a parmi les grands signes, la descente d’une fumée du ciel qui va recouvrir les gens qui vont être comme enrhumés. Il y a aussi la sortie d’un animal de la terre, c’est une bête immense qui sortira de la montagne As–Saffa, qui a une trompe, qui va marquer le croyant par un signe et le mécréant par un signe. Il y a aussi le lever du soleil à partir de son couchant et son coucher au levant pendant trois jours de suite. Il y a aussi un feu immense qui va sortir de ^Adan au Yémen qui va pousser les gens vers la terre de Ach-Cham et la terre de Ach-Cham est une grande surface depuis al-^Arich jusqu’à Balis en Irak et tout cela englobe la Jordanie, la Palestine, le Liban et la Syrie.
Remarque importante : il est un devoir de croire que Allah ta^ala n’est pas un corps. Il n’y a pas entre lui et une de Ses créatures de rapport de distance car le rapport de distance a lieu entre deux corps qui se trouvent dans une direction et un endroit. Lorsque nous entendons la parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam « Man ‘ahaba liqa’ Allah ‘ahaba-l-Lahou liqa’ahou wa man kariha liqa’ Allah kariha l-Lahou liqa’ ». Il n’est pas permis de croire que « liqa’ou l-Lah » a lieu de face mais le sens de « liqa’ou l-Lah » c’est la mort, c’est-à-dire que celui qui veut mourir, le croyant qui est pieu lors de la mort viendra à lui ^Azra’il et lui dira « je t’annonce la bonne nouvelle que Allah te fait miséricorde et qu’Il t’agrée » et il aimera mourir. Ce pieu, Allah l’aime et le sens quand on dit que Allah l’aime, c’est-à-dire Allah l’honore. Mais le mécréant, ^Azra’il viendra à lui, l’ange de la mort, quand il est en train d’agoniser, il lui dira « je t’annonce la mauvaise nouvelle que Allah te châtie » et il va détester encore plus la mort, ce mécréant, Allah ne l’aime pas c’est-à-dire Il ne l’honore pas. Il n’est pas permis de dire que Allah aime toute créature car Il les a créées toutes. Allah ta^ala dit « Fa’inna l-Laha la youhibbou l-kafirin » ce qui signifie « Allah n’agrée pas les mécréants ». Et Allah sait plus que tout autre.
LA CROYANCE EN LA DESTINEE QU’ELLE SOIT DU BIEN OU DU MAL
La signification de la parole du prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, dans le long hadith de Jibril « La foi est que tu crois en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au Jour Dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal ». La croyance en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal ici, al-qadar, il s’agit de l’attribut de Allah, c’est-à-dire qu’il est un devoir de croire que tout ce qui entre en existence entre en existence par la Prédestination éternelle de Allah. La prédestination de Allah qui est Son Attribut éternel, exempt de début, exempt de fin englobe tout ce qui entre en existence, que ce soit les corps ou les œuvres, qu’elles soient du bien ou du mal. La Prédestination de Allah qui est Son Attribut n’est pas qualifié de mauvais. Le sens de « khayrihi wa charrihi » « qu’il soit du bien ou du mal » c’est ce qui est prédestiné, c’est-à-dire la créature, il y a parmi Ses créatures ce qui est une bonne chose, il y a ce qui est une mauvaise. Ce qui est prédestiné est entré en existence grâce à la Prédestination de Allah qui est de toute éternité. Le messager, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam, aura utilisé le terme « al-qadar » dans le sens de l’Attribut de Allah puis il a utilisé le pronom « fi khayrihi » sur le sens de ce qui est destiné, à savoir, la créature. Allah ta^ala dit « Inna koulla chay’in khalaqnahou bi qadar » c’est-à-dire « Chaque chose Nous l’avons créée selon une destinée ». Et Mouslim a rapporté dans son sahih que le messager a dit « Koullou chay’in bi qadar hatta l-^ajzou wa l-kays » c’est-à-dire « Toute chose est selon une prédestination même la stupidité et l’intelligence ». Il n’est pas permis de dire que Allah a prédestiné le bien et qu’Il n’a pas prédestiné le mal car ceci est contraire au Qour’an, au hadith et à la raison. La prédestination du mal de la part de Allah, la volonté du mal de la part de Allah et la création du mal de la part de Allah n’est pas mauvais de la part de Allah. C’est le fait que l’esclave fasse le mal qui est mauvais. En effet, l’esclave a pour ordre de ne faire que le bien. Il lui est interdit de faire le mal. Mais Allah ta^ala est Celui Qui ordonne, Qui n’a personne qui Lui donne des ordres, Il est Celui qui interdit et Qui n’a personne qui Lui fixe des interdits. La différence entre le bien et le mal, c’est que Allah aime le bien, ordonne le bien, alors que le mal, Allah ne l’aime pas et l’interdit. Sinon, tout est créé par Allah, la Prédestination de Allah et la Science de Allah et par la Volonté de Allah. Si quelqu’un demande « l’homme est moukhayyir aw mousayyir ? ». La réponse est de dire que l’homme a une liberté de choisir qui est soumise à la Volonté de Allah. L’homme a un choix mais il ne sort pas de la Volonté de Allah. Allah ta^ala dit « Wa ma tacha’ouna illa ‘an yacha’ Allahou Rabbou l-^alamin » ce qui signifie « Et vous ne voulez que ce que Allah le Seigneur des mondes veut ». On ne dit pas que l’homme a un choix qui est indépendant de la Volonté de Allah. On ne dit pas que l’homme est contraint à faire ce qui provient de lui de son propre choix car la contrainte, al-jabr contredit la responsabilisation at-taklif. Allah ta^ala dit « La youkallifou l-Lahou nafsan illa wous^aha » qui signifie « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable, de ce qu’elle peut faire » et Allah ta^ala dit « Laha ma kaçabat wa ^alayha ma ktaçabat » c’est-à-dire que l’âme a en sa faveur le bien qu’elle accompli, contre elle le mal qu’elle a accompli et acquis. L’homme, ne provient de lui que ce que Allah lui a prédestiné tout comme le prophète ^alayhi s–salat wa salam a dit « Wa qoul ‘i^malou fakoulloun mouyassaroun lima khouliqa lah » ce qui signifie « Dis, oeuvrez chacun il lui sera facilité ce pour quoi il a été créé ». La part de l’esclave et de son acte est qu’il oriente son intention vers cet acte et Allah lui créé cet acte dans ce moment-là si Dieu le veut. Les esclaves ont l’acquisition des œuvres. Ils n’ont pas de part dans la création des œuvres. Allah ta^ala dit « Hal min khaliqin ghayrou l-Lah ? » cela veut dire qu’il n’y a pas d’autre créateur que Allah. Et Ibnou Hibban a rapporté que le prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit « Inna l-Laha sani^ou koulli sani^in wa san^atih » c’est-à-dire que Allah est le Créateur de l’esclave et le Créateur de l’acte de l’esclave. Parmi les plus grandes preuves de ‘Ahli s-sounnah que Allah est le Créateur de l’acte de l’esclave et que l’esclave n’a pas de part dans la création, c’est la Parole de Allah « Falam taqtoulouhoum walakina l-Laha qatalahoum wa ma ramayta ‘idh ramayt walakina l-Laha rama » cela veut dire « Ce n’est pas toi ô Mouhammad qui a créé l’acte de lancer mais lorsque tu as lancé, lorsque tu as acquis cet acte de lancer mais c’est Allah Qui a créé l’acte de lancer ». L’imam Ach-Chafi^iyy a été interrogé au sujet de la destinée al-qadar. Il a répondu « Ma chi’ta kana wa in lam ‘acha’ – wa ma chi’tou in lam tacha’ lam yakoun – khalaqta l-^ibada ^ala ma ^alimt – fafi l-^ilmi yajri l-fata wa l-mousin – ^ala dha manant wa hadha khadhalt – wa hadha a^anta – wa dha lam tou^in – faminhoum chaqiyyoun – wa minhoum sa^id – wa hadha qabihoun – wa hadha haçan » cela veut dire « Ce que tu veux ô Allah a lieu même si moi je ne le veux pas – et ce que je veux si Toi Tu ne le veux pas n’aura pas lieu – Tu as créé les esclaves conformément à ce que Tu sais – conformément à ce que Tu sais a lieu tout ce qui concerne le plus jeune tout comme le plus âgé – à celui-là Tu as fait grâce à cet autre Tu n’as pas fait grâce – celui-là tu l’as aidé celui-là Tu ne l’as pas aidé – parmi eux il y a les bienheureux d’autres des malheureux – celui-là est laid et cet autre est beau ». Ach-Chafi^iyy a donc expliqué al-qadar, la destinée, par la volonté. Et il a indiqué que ce que Allah veut aura lieu nécessairement et que ce que l’esclave veut n’aura lieu que si Allah le veut et que toute chose est créée par Allah conformément à sa Science et à Sa Volonté. Certains se sont égarés. Ils se prétendent de l’Islam. Ils ont considéré que la Volonté de Allah est soumise à la volonté de l’esclave et ceci est contraire à la Parole de Allah ta^ala « Wa ma tacha’ouna illa ‘an yacha’ Allahou Rabbou l-^Alamin » qui signifie « Et vous ne voulez que si Allah le Seigneur des mondes le veut ». Les mou^tazilah, que Dieu les enlaidisse, ont dit que Allah a créé les corps des esclaves et leur a donné la capacité de créer leurs œuvres puis il est devenu impuissant de les leur créer. Ceci est une des plus abominables mécréances. Un certain savant a dit « Les mou^tazilah ont considéré Allah comme celui qui a été cité dans le proverbe « je l’ai fait entrer chez moi et il m’en a fait sortir » c’est-à-dire ils ont considéré que Allah serait devenu vaincu dans ce monde qui Lui appartient. Or Allah dit « Wa l-Lahou ghaliboun ^ala ‘amri » c’est-à-dire que la Volonté de Allah se réalise. Al-qadiyy ^Abdou Jabbar, le mou^tazilite a rencontré l’imam Abou ‘Ishaq Al-Isfrayiny et le mou^taziliyy a commencé à parler en disant « Il est exempt d’imperfection Celui Qui est exempt de toute indécence ». Il vise par cela que Allah n’a pas voulu que le mal existe et qu’Il ne l’a pas créé ». C’est alors que Abou ‘Ishaq lui a répondu « Il est exempt d’imperfection Celui Qui est tel qu’il ne se produit dans ce qui Lui appartient que ce qu’Il veut ». C’est alors que le mou^taziliyy lui a répondu « est-ce que notre Seigneur aime qu’on Lui désobéisse ? ». Alors, Abou ‘Ishaq lui a répondu « Est-ce que notre Seigneur est désobéi malgré Lui ? ». Le mou^taziliyy a répondu « Vois-tu, si Il m’empêche d’être bien guidé et qu’Il a jugé que je sois mal guidé, égaré, est-ce qu’Il aura agi en bien envers moi ou en mal ? ». Alors, Abou ‘Ishaq lui a répondu « Si Il te prive de ce qui est ton droit, Il aura agi en mal mais si Il te prive de ce qui Lui appartient, alors Il accorde Sa miséricorde à qui Il veut ». C’est alors que le mou^taziliyy s’est tut et il n’a plus parlé car l’imam Abou ‘Ishaq lui a donné la preuve qui le fait taire.
Il s’avère ainsi, ô toi qui cherche la vérité que tout ce qui entre en existence est par la Volonté de Allah conformément à Sa Science, Sa Prédestination et Sa Création que ce soit les corps ou les actes, le bien tout comme le mal, la mécréance et la foi. Seulement, Allah aime le bien et ordonne le bien mais Il n’aime pas le mal et Il interdit le mal. Ibnou Hibban a rapporté que le prophète, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit « ‘Inna l-Laha law ^adhdhaba ahli ‘ardihi wa samawatihi la^adhdhabahoum wa Houwa ghayrou dhalimin lahoum wa law rahimahoum kanat rahmatouhou khayran lahoum min ‘a^malihim wa law ‘anfaqta mithla ‘ouhoudin dhahaban fi sabili l-Lahi ma qabilahou l-Lahou mink hatta tou’mina bi l-qadar wa ta^allama ‘an ma asabak lam yakoun liyoukhti’ak wa ma ‘akhta’ak lam yakoun liyousibak wa law mit ^ala ghayri hadha dakhalta n-nar » ce qui signifie « Allah si Il châtiait les gens de la terre et des cieux, Il les aurait châtiés sans être injuste envers eux et si Il leur faisait miséricorde, Sa miséricorde serait un bien pour eux, ce serait mieux que les actes qu’ils ont accomplis. Et si tu dépensais comme la montagne de ‘Ouhod en or dans la voie que Allah agréée, Allah n’accepte cela de toi que si tu crois en la prédestination et que tu saches que ce qui t’a atteint ne pouvait pas te manquer et que ce qui t’a manqué ne pouvait pas t’atteindre et que si tu mourrais sur autre que cette croyance tu irais en enfer »
Et Allah sait plus que tout autre.
Invocations : Al-Istikhaarah
« ‘Allahoumma inni ‘astakhirouka bi ^ilmika wa ‘astaqdirouka bi qoudratika wa as’alouka min fadlika l-^adhim ;
fa ‘innaka taqdirou wa la ‘aqdirou wa ta^lamou wa la ‘a^lamou wa ‘anta ^allamou l-ghouyoub ;
‘Allahoumma in kounta ta^lamou anna hadha l-‘amra (il cite la chose) khayroun li fi dini wa ma^achi wa ^aqibati ‘amri (ou il dit fi ^ajili ‘amri wa ‘ajilih) faqdourhou li wa yassirhou li thoumma barik li fih ;
wa in kounta ta^lamou ‘anna hadha l-‘amra charroun li fi dini wa ^aqibati ‘amri (ou alors il dit fi ^ajili amri wa ‘ajilih) fasrifhou ^anni wasrifni ^anh, waqdour liya l-khayra haythou kan, thoumma raddini bih ».
Information utile : cette ‘istikharah est recommandée dans tous les cas. Elle est réalisée après deux rak^ah surérogatoires et on dit après ces deux rak^ah l’invocation précédemment citée, celle que le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a enseignée aux compagnons.
Si le croyant a demandé, a fait l’istikharah, il s’engage après cela pour ce pour quoi son cœur est tranquille et qui ne comporte pas de péché. Ce n’est pas une condition qu’il voit quelque chose dans le rêve.
Exhortations : Conseils utiles et questions
Notre chaykh, que Allah lui fasse miséricorde, a été interrogé « est-ce que chaque jour de Ramadan il y a un moment durant lequel les invocations sont exaucées ? » Il a répondu, que Allah lui fasse miséricorde « Chaque nuit il y a un moment ». Un moment, ça ne veut pas dire soixante minutes mais c’est un laps de temps. Cependant, seuls ceux à qui Allah le veut font des invocations dans ce moment-là. Les coqs, lorsqu’ils poussent le cri la nuit cela veut dire qu’ils ont vu les anges, l’invocation à ce moment-là est utile ceci dans le cas où le coq a crié de lui-même et non pas qu’il a été provoqué. Si quelqu’un était proche du coq à cet instant-là et que le coq a poussé un cri cela veut dire que les anges sont passés par là ou qu’ils étaient présents dans ce moment-là pour leur fonction. Le coq à ce moment-là voit l’ange sous sa véritable apparence.
La ‘ilaha illa l-Lahou l-Halimou-l-Karim Soubhana l-Lahi Rabbi l-^archi-l-^adhim ; al-hamdouli-l-Lahi Rabbi-l-^alamin.
Cette formule diffère de la formule citée dans le livre « ad-dalil » mais légèrement. C’est l’invocation du tourment et l’autre aussi c’est l’invocation du tourment. Cette invocation est parvenue de Al-Haçan fils de Al-Haçan fils de ^Aliyy Ibnou Abi Talib. Al-Hajjaj Ibnou Youçouf a demandé à ce qu’on le lui amène. Les gens lui ont dit « aujourd’hui tu vas être tué ». Quand il s’est retrouvé debout devant Al-Hajjaj, Al-Hajjaj a changé. Il voulait au départ le tuer mais il a changé d’avis. Il s’est mis à l’aimer, il a été attiré par lui, il a eu son amour dans son cœur, il l’a honoré et il lui a même réalisé une affaire puis il lui a dit : « avant que tu ne viennes tu étais la personne que je détestais le plus et maintenant tu es la personne que j’aime le plus » et Al-Haçan avait dit cette invocation lorsque Al-Hajjaj avait demandé à ce qu’on le lui amène puis il est parti le voir. Celui qui veut rencontrer un gouverneur dont il craint la tyrannie ou la nuisance, qu’il dise cette invocation avant d’entrer le voir et incha’ Allah il sera sauvé.
Question : on dit que Untel est mouqaddas si cette personne est un croyant accompli mais Al-Qouddous, on ne le dit que pour Allah comme on dit Ar-Rahman.
Question : est-ce qu’il est permis de poser le Moushaf sous l’oreiller et de dormir au-dessus de l’oreiller qui est sur le Moushaf ? Réponse : si il a posé sa tête au-niveau du Moushaf, c’est-à-dire au-dessus exactement, cela n’est pas permis mais s’il a posé la tête dans une autre direction que celle en-dessous de laquelle se trouve le Mous–haf, c’est permis et il peut dormir sur cet oreiller car il ne sait pas avec certitude si durant la nuit il va changer de position et sa tête deviendra sur la partie de l’oreiller qui est au-dessus du Mous–haf.
Question : quel est le sens de « wa aatouhounna oujouurahounn » ? Réponse : « al-oujour » ici ce sont les dotes que les hommes donnent aux femmes.
Question : celui qui dit que al-mout^ah c’est la fornication elle-même c’est dans quel livre ? Réponse : c’est Al-Bayhaqiyy qui a rapporté cela de Ja^far As–Sadiq.
Question : qui a rapporté le hadith de l’interdiction de al-mout^ah et dans quel livre – al-mout^ah c’est le mariage temporaire – ? Réponse : Mouslim, Al-Bayhaqiyy et d’autres.
Question : le messager a dit ce qui signifie « je vivais entre deux des pires voisins ». Ces deux-là sont Abou Jahl et Abou Lahab, ils jetaient devant la porte du messager ce qui sortait des gens. Et le prophète ^alayhi s–salat wa salam a dit ce qui signifie « J’habitais entre deux pires voisins Abou Lahab et Ibnou Abi Mou^ayt rapporté par Ibnou Sa^d d’après ^A’ichah. Ils ramenaient les déchets qu’ils mettaient devant ma porte, ils ramenaient les poux qu’ils jetaient devant ma porte et ils ramenaient même ce qui sortait de leur ventre et ils le mettaient devant ma porte.
Question : la Parole de Allah ta^ala qui ordonne dans cette ‘ayah le tahajjoud, elle comporte l’ordre de veiller des nuits pour accomplir des actes d’adoration surérogatoires. La question : est-ce que cette ‘ayah est spécifique au Messager ou concerne-t-elle tous les croyants ?
Réponse : cette ‘ayah est une parole adressée au messager. Ceci est spécifique au messager du point de vue de la parole et du point de vue du sens. Mais le tahajjoud, c’est-à-dire les prières surérogatoires pendant la nuit, c’est requis de sa communauté à titre d’exemple sur le prophète et non pas au titre d’obligation. Tandis que le prophète, certains savants ont dit que c’est un devoir pour lui après la révélation des cinq prières de faire des prières surérogatoires la nuit, de faire d’autres prières pendant la nuit et certains ont dit « cela a été abrogé à son sujet tout comme cela a été abrogé au sujet de sa communauté ».
Information utile : le temps libre, si tu ne l’occupes pas par ce qui est important, tu vas l’occuper par ce qui n’est pas important.
Question : quelqu’un qui est entré avec l’imam dans la prière dans un temps qui ne suffit pas à réciter la Fatihah et l’imam s’est incliné puis s’est relevé du roukou^ et le ma’moum est encore debout en train de réciter la Fatihah et avant que l’imam n’amorce son mouvement pour la prosternation, le ma’moum s’est incliné, dans ce cas-là la rak^ah pour le ma’moum a été manquée.
Question : la terre elle-même ne sera pas anéantie mais ce sont ses caractéristiques qui vont changer, c’est cela le sens de l’anéantissement. Les cieux, leurs caractéristiques vont changer.
Question : si quelqu’un a interrompu la prière surérogatoire pour répondre à ses parents, ce n’est pas déconseillé.
Exhortations : Ceux qui craignent Allaah
Notre chaykh, que Allah lui fasse miséricorde, dit Allah ta^ala dit ce qui signifie « Ceux qui craignent le plus Allah parmi Ses esclaves, ce sont les savants » afin de nous faire comprendre que l’ignorance entraîne l’ignorant à agir d’une manière singulière et à s’écarter de la vérité. Les savants, ils savent ce que Allah a rendu licite, ce que Allah a interdit et ils appliquent la loi de Allah. Ils font les devoirs, ils évitent les péchés, ceux-là, ils ont connu ce que Allah leur a ordonné d’accomplir, ce que Allah a ordonné à Ses esclaves d’accomplir, ce qu’Il leur a rendu obligatoire, ils s’en sont acquittés et ils ont su ce que Allah a interdit à Ses esclaves et ils l’ont évité. Ce sont ceux-là qui craignent le plus Allah plus qu’autres qu’eux. Quant à l’ignorant, il se peut qu’il fasse quelque chose en pensant que c’est un acte d’adoration agréé alors qu’il n’est pas valable ou il se peut qu’il néglige quelque chose alors qu’elle est une obligation. Pour cela, Allah ta^ala dit « innamaa yakhcha lLaaha min 3ibaadihi l 3oulamaa’ », c’est-à-dire que les savants sont ceux qui craignent Allah, c’est-à-dire qui Le craignent le plus, plus qu’autres qu’eux. Pour ce, le messager de Allah, salla-l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ce qui signifie « un seul faqih est plus fort contre le chaytan que mille adorateurs » car le faqih, c’est-à-dire le savant, il se protège contre les accès du chaytan pour corrompre les esclaves. Quant à l’ignorant, il va suivre les pièges du chaytan, il va faire un acte d’adoration alors que le chaytan a introduit dans son adoration ce qui la corrompt sans qu’il ne le sache. Quant au savant, si le chaytan l’inspire à faire quelque chose de manière qui n’est pas valable dans l’adoration, il sait que cette adoration si il la fait de cette manière-là elle ne sera pas valable et il évite cela. Il y a un homme de la région de Mardin, qui était âgé, il vivait à Beyrouth, peut être qu’il est encore vivant, il jeûnait toute l’année et il veillait toutes les nuits. Il disait de lui-même que dans sa prosternation il disait soubhana-l-jalis, il croyait que Allah était assis. Cet homme qu’est-ce qu’il va avoir dans l’au-delà s’il mourrait sur cet état avant de connaître que c’est de la mécréance, avant de renouveler son Islam par les deux témoignages tout en exemptant Allah de la position assise et d’autres caractéristiques des humains ! Il n’aura pas d’autre demeure que l’enfer. Certains comprennent d’une ‘ayah un sens qui est faux et la ‘ayah n’a pas le sens qu’ils croient. Le sens ici est que les savants sont ceux qui craignent Allah plus qu’autres qu’eux. Celui qui attribue à Allah la peur des savants il devient mécréant sauf s’il comprenait par la peur, en Arabe « al-khawf », l’honneur, il ne devient pas mécréant. Celui qui explique cette ‘ayah que Allah honore parmi Ses esclaves les savants seulement, celui qui explique par le respect et par l’honneur il ne devient pas mécréant car beaucoup de savants ont dit cela, la glorification, c’est le respect, c’est l’honneur. Mais expliquer la ‘ayah que Allah glorifie les savants, c’est une version qui est singulière, c’est une explication singulière. Celui qui explique la ‘ayah que Allah craint Ses savants, il devient mécréant mais celui qui explique cette ‘ayah par le sens du respect et l’honneur, il ne devient pas mécréant.
Question : quel est le jugement de la femme qui ne met pas ce qui lui couvre la tête devant l’enfant qui a dix ans ? La réponse : si l’enfant n’a pas atteint la puberté, elle ne commet pas de péché, ce n’est pas un jeune proche de la puberté. Celui qui est proche de la puberté, c’est celui qui atteint un âge auquel la plupart des gens deviennent pubères. La plupart des gens deviennent pubères à quatorze ou treize ans. Celui qui est proche de la puberté, il n’est pas permis qu’elle se retrouve seule à seule avec lui mais celui qui n’a que dix ans, il est permis qu’elle se retrouve seule avec lui et qu’elle dévoile sa tête devant lui et qu’elle lui serre la main.
Question : l’homme a été créé de terre. Réponse : notre père ‘Adam a été créé de terre, pour cela nous disons que les humains sont créés de terre par rapport au premier d’entre eux.
Question : un apostat a demandé une fille en mariage et un autre lui a dit « félicitations » quel est son jugement ? Réponse : s’il comprend de la parole « félicitations », c’est-à-dire « j’espère que tu seras heureux par ces fiançailles », ce n’est pas de la mécréance mais s’il comprend par « félicitations » que c’est quelque chose qui est bénie selon le jugement de Allah, il devient mécréant. La parole « mabrouk » n’a pas d’origine dans la langue Arabe, on ne dit pas « mabrouk », on dit « moubarak ».
Question : un homme, une femme lui a fait du mal. Il a répondu « les filles de Eve sont rusées » alors qu’elle lui avait fait ce mal, quel est son jugement ? Réponse : lui ne comprend pas la généralisation, il ne comprend pas de là que chaque femme est rusée, il ne comprend pas ce sens, ce n’est pas de la mécréance.
Question : quel est le sens de « Ya Qawiyyou Ya Matin » ? Réponse, Ya Qawiyy, c’est-à-dire « Ô Toi Qui est sur toute chose Tout-Puissant et Ya Matin « Ô Toi Qui a la parfaite Toute-Puissance ».
Question : celui qui croit que le corps de Mouhammad a été créé de lumière, c’est un mécréant. Quant à celui qui croit que l’âme de Mouhammad est créée de lumière, il ne devient pas mécréant. Quant à celui qui dit que le corps de Mouhammad a été créé de lumière, il a démenti le Qour’an « Qoul innama ‘ana bacharoun mithloukoum » qui signifie « Dis je ne suis qu’un être humain comme vous ». Les humains ont été créés du maniyy de leur père et de leur mère, les deux maniyy se mélangent et à partir de ces deux eaux, ils sont créés sauf Hawwa’, ‘Adam et ^Iça, le fils de Maryam, eux, ils n’ont pas été créés du maniyy mais tous autres humains qu’eux ont été créés d’un maniyy.
Question : notre maître ‘Adam est le dernier genre des créatures. Réponse : le dernier genre des créatures mais les vaches ont été créées avant cela, les serpents, les arbres, l’eau, les planètes, tout cela a été créé avant ‘Adam. ‘Adam est le dernier genre des créatures, cela ne veut pas dire que Allah n’a pas créé d’autres créatures après ‘Adam.
Question : une femme doit un rattrapage de jeûne, elle voulait rattraper mais le jour où elle voulait rattraper par exemple c’était le jour de la station à ^Arafah, elle voulait rassembler l’intention du rattrapage et l’intention de la sounnah, est-ce que cela lui est possible ? Réponse : selon certains c’est possible mais l’avis qui prévaut c’est qu’elle ne rassemble pas l’intention du rattrapage et de la sounnah.
Question : Oummou Soulaym est-elle une des épouses du messager ou qui serait-elle ? Réponse : elle n’est pas une des épouses du messager, c’est la sœur de ^Aliyy Ibnou Abi Talib.
Question : lorsque cette terre sera changée, c’est-à-dire ses caractéristiques, Allah ta^ala fait que les humains soient déplacés de cette terre vers un lieu obscur puis sont ramenés à cette terre après qu’elle soit changée.
Croyance : conclusion du chemin de droiture
Conclusion
En résumé des recherches que nous venons d’exposer, si quelqu’un a eu connaissance de Allah et de Son Messager et a prononcé le témoignage, même une seule fois dans sa vie, en agréant cela pour croyance, c’est un musulman, un croyant.
Mais si quelqu’un a eu connaissance et a prononcé mais n’a pas cru, il n’est ni musulman ni croyant selon le jugement de Allah. Pourtant selon notre jugement à nous, il est musulman puisque son for intérieur nous est caché. S’il manifeste l’Islam alors qu’il déteste l’Islam ou s’il hésite en lui-même (est-ce que l’Islam est vrai ou non), celui-là est un hypocrite mécréant, concerné par Sa parole ta^ala :
[إِنَّ الْمُنَافِقِينَ فِي الدَّركِ الأَسْفَلِ مِنَ النَّارِ] [1]
(‘inna l-mounafiqina fi d-darki l-‘asfali mina n-nar) qui signifie : « Certes, les hypocrites seront au fin fond de l’enfer ». L’hypocrite ainsi que le mécréant déclaré demeureront en enfer éternellement.
Quant à la parole d’un individu (que la foi serait valable de la part du mécréant sans qu’il prononce les deux témoignages alors qu’il en est capable), c’est une parole invalide.
L’un des savants a dit :
« Celui qui a grandi avec ses deux parents musulmans et a été élevé dans l’Islam, la connaissance et la croyance ferme lui suffisent pour que son Islam et sa foi soient valables, même s’il ne prononce rien ».
D’autre part, celui pour qui la base de la foi et de l’Islam est valable, même s’il ne s’est pas acquitté des actes obligatoires tels que les cinq prières ou le jeûne de Ramadan et qu’il ne s’est pas gardé des interdits jusqu’à ce qu’il meure en étant dans cet état avant de s’être repenti, il s’est sauvé de l’éternité en enfer. Ensuite, Allah pardonne à une partie des gens tels que lui et les fait entrer au paradis sans châtiment alors qu’une autre partie, Il les châtie puis les fera sortir de l’enfer et les fera entrer au paradis ; et Allah sait plus que tout autre à qui Il pardonnera et à qui Il ne pardonnera pas.
Quant à celui qui est mort après s’être repenti, qui a donc accompli tout ce que Allah a rendu obligatoire sur lui et qui s’est gardé de tous les interdits, il se retrouve comme s’il n’avait jamais commis de péché. La preuve en est sa parole r :
(( التَّائِبُ مِنَ الذَّنْبِ كَمَنْ لاَ ذَنْبَ لَهُ ))
[hadithsahihrapporté par Ibnou Majah de Ibnou Mas^oud] (at-ta’ibou mina dh-dhanbi kaman la dhanba lah) qui signifie : « Celui qui se repent du péché est comme celui qui ne l’a pas fait ».
Dans le Sahih de Al-Boukhariyy, un homme a dit : « Ô Messager de Allah, j’entre en Islam ou je combats ? » Il lui dit :
(( أَسْلِمْ ثُمَّ قَاتِلْ ))
(‘aslim thoumma qatil) ce qui signifie : « Entre en Islam puis combats ». Il entra en Islam, combattit et fut tué. Le Messager de Allah r dit alors :
(( عَمِلَ قَلِيلاً وَأُجِرَ كَثِيراً ))
(^amila qalilan wa ‘oujira kathira) ce qui signifie : « Il a peu œuvré mais il a beaucoup été récompensé », ceci parce qu’il a obtenu le degré de martyr après que l’Islam a effacé tout péché antérieur. Le mérite en revient donc à l’Islam. En effet, s’il n’était pas entré en Islam, aucun acte qu’il aurait fait ne lui aurait été profitable. Cet homme avait rejoint ceux qui faisaient le Jihad, car avant cela sa tribu qui était musulmane était sortie sans que lui ne se convertisse à l’Islam. Ensuite, Allah lui a accordé l’inspiration d’interroger le Messager. Le Messager lui a alors indiqué d’entrer en Islam et ensuite de combattre.
Conclusion de la conclusion
Que celui qui est doté de raison médite sur Sa parole ta^ala :
[مَا يَلْفِظُ مِنْ قَوْلٍ إِلاَّ لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ] [2]
(ma yalfidhou min qawlin ‘il-la ladayhi raqiboun ^atid) qui signifie : « Pas une parole qu’il prononce sans que soient auprès de lui Raqib et ^Atid ».
Celui qui médite sur cette ‘ayah saura que tout ce qui est dit, en étant sérieux, en plaisantant ou en étant en colère est enregistré par les deux anges. Quelqu’un de raisonnable se réjouira-t-il de voire dans son livre, lorsqu’il lui sera exposé au Jour du jugement ces paroles infâmes ? Cela lui fera mal et l’affligera alors que le regret ne sera plus d’aucune utilité. Qu’il prenne grand soin de préserver sa langue de dire des paroles qui l’affligeraient si elles lui étaient exposées dans l’au-delà.
Le Messager de Allah r a dit :
(( خَصْلَتَانِ مَا إِنْ تَجَمَّلَ الْخَلاَئِقُ بِمِثْلِهِمَا حُسْنُ الْخُلُقِ وَطُولُ الصَّمْتِ ))
[rapporté par ^Abdou l-Lah Ibnou Mouhammad Abou Bakr Ibnou Abi d-Dounya Al-Qourachiyy dans Kitabou s–Samt] (khaslatani ma ‘in tajammala l-khala’iqou bimithlihima : housnou l-khoulouqi wa toulou s–samt) ce qui signifie : « Voila bien deux qualités pour les créatures tant qu’elles s’en embellissent : le comportement d’excellence [3] et le long silence ».
Croyance : ijtihaad et taqliid
La déduction des lois (‘ijtihad) et l’obédience (taqlid)
L’ijtihad, c’est l’extraction les lois auxquelles ne fait référence aucun texte explicite n’acceptant qu’une seule signification.
Le moujtahid est donc celui qui est qualifié pour l’exercer, en connaissant par cœur les ‘ayah et les hadith qui concernent les lois tout en connaissant leurs chaînes de transmission et le degré de fiabilité de ceux qui les ont transmis, ce qui abroge et ce qui est abrogé, ce qui est général et ce qui est particulier, ce qui est absolu et ce qui est conditionné, tout en possédant une maîtrise de la langue arabe de façon à connaître la signification des termes cités dans les textes, conformément à la langue dans laquelle a été révélé le Qour’an et en connaissant aussi ce qui fait l’objet de la concordance des avis des moujtahid et ce qui fait l’objet de divergence entre eux. Parce que s’il ne connaît pas ces choses-là, il n’est pas prémuni contre le fait de violer l’Unanimité c’est-à-dire l’Unanimité des moujtahid qui l’ont précédé.
Il y a de surcroît une condition qui est un pilier majeur pour la déduction des lois, c’est la perspicacité, c’est-à-dire la force de compréhension et l’aptitude à saisir les différentes significations.
Il est aussi une condition pour le moujtahid d’être digne de confiance [1], à savoir d’être sauf des grands péchés et de la persistance à commettre les petits péchés au point que leur nombre dépasserait celui des récompenses.
Quant au mouqallid, c’est quelqu’un qui n’a pas atteint ce degré.
La preuve que les musulmans se répartissent en ces deux classes réside dans sa parole r :
(( نَضَّرَ اللهُ امْرَأً سَمِعَ مَقَالَتِي فَوَعَاهَا فَأَدَّاهَا كَمَا سَمِعَهَا، فَرُبَّ مُبَلِّغٍ لاَ فِقْهَ عِنْدَهُ ))
[rapporté par At-Tirmidhiyy et Ibnou Hibban] (naddara l-Lahou mra’an sami^a maqalati fawa^aha fa ‘addaha kama sami^aha faroubba mouballighin la fiqha ^indah) ce qui signifie : « Que Allah fasse resplendir au jour du jugement le visage de celui qui a entendu ma parole, l’a mémorisée et l’a transmise telle qu’il l’a entendue. Combien de ceux qui la transmettent n’en ont pas de compréhension complète ».
Ce qui est à retenir dans le hadith, c’est sa parole : (faroubba mouballighin la fiqha ^indah) ce qui signifie : « Combien de ceux qui la transmettent n’en ont pas de compréhension complète ». Dans une autre version, on trouve :
(( وَرُبَّ مَبَلَّغ أَوْعَى مِنْ سَامِعٍ ))
(wa roubba mouballaghin ‘aw^a min sami^) ce qui signifie : « Combien de ceux à qui elle est transmise en ont plus de compréhension que le premier à l’avoir entendue ». Il nous fait donc comprendre que parmi ceux qui ont entendu le hadith de la bouche même du Messager, il y a celui dont la part est de transmettre aux autres ce qu’il a entendu, sa compréhension étant moins forte que celui à qui il le transmet, de sorte que ce dernier a la capacité, grâce à sa forte intelligence, d’en extraire des jugements et des lois, on appelle cela la déduction (istimbat). En revanche, celui qui a entendu n’a pas cette forte capacité , il n’en saisit que le sens immédiat. On a su dès lors que certains compagnons avaient une compréhension moins forte que ceux qui entendaient d’eux le hadith du Messager de Allah.
Dans une version de ce hadith, il y a :
(( فَرُبَّ حَامِلِ فِقْهٍ إْلَى مَنْ هُوَ أَفْقَهُ مِنْهُ ))
(faroubba hamili fiqhin ‘ila man houwa ‘afqahou minh) ce qui signifie : « Combien de gens transmettent une connaissance à qui en aura plus de compréhension qu’eux ». Ces deux versions se trouvent dans At-Tirmidhiyy et Ibnou Hibban.
Le moujtahid dont il est question est l’objet de sa parole r :
(( إِذَا اجْتَهَدَ الْحَاكِمُ فَأَصَابَ فَلَهُ أَجْرَانِ وَإِذَا اجْتَهَدَ فَأَخْطَأَ فَلَهُ أَجْرٌ ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] (‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa‘akhta’a falahou ‘ajroun) qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et dit juste, il a une double récompense. Tandis que s’il fait un ijtihad et se trompe, il a une simple récompense ». Le Messager de Allah n’a spécifié dans son hadithle gouverneur en le citant que parce que le gouverneur a besoin de la déduction des lois, plus que tout autre. Il y a eu parmi les gens du Salaf des moujtahid qui ont exerçé avec cela les fonctions de gouverneur, tels les six Califes Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy, Al-Haçan Ibnou ^Aliyy et ^Oumar Ibnou ^Abdi l-^Aziz ainsi que Chourayh Al-Qadi.
Les savants du hadith qui ont composé des livres de la terminologie du hadith(moustalah) ont dénombré moins que dix moufti –dans le sens de moujtahid– parmi les compagnons [2] ; il a été dit : « environ six », et l’un des savants a dit : « environ deux cents parmi eux ont atteint le degré de l’ijtihad », et cet avis est le plus sûr.
Par conséquent, si telle était la situation parmi les compagnons, sur quelle base serait-il valable que tout musulman pouvant réciter le Qour’an et lire quelques livres dise (que ceux-là étaient des hommes et nous, nous sommes des hommes, nous n’avons pas à les imiter), alors qu’il est confirmé que la plupart des gens du Salaf n’étaient pas moujtahid mais étaient bel et bien mouqallid et suivaient l’avis des moujtahid parmi eux ?! Dans Sahihou l-Boukhariyy, il est rapporté qu’un homme avait loué ses services à un autre puis avait commis l’adultère avec sa femme. Le père de l’employé demanda son jugement. On lui répondit : Ton fils doit cent brebis et une servante. Puis il demanda aux gens de science. Ils lui dirent : Ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an. Il se rendit finalement auprès du Messager r avec l’époux de la femme et lui dit : « Ô Messager de Allah, mon fils avait loué ses services à cet homme et a commis l’adultère avec sa femme. Des gens m’ont dit que mon fils doit être lapidé. J’ai alors compensé mon fils avec cent moutons et une servante. Ensuite j’ai demandé aux gens de science et ils m’ont dit : ton fils doit plutôt recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an ». Le Messager de Allah r dit alors :
(( الْمِائَةُ شَاةٍ وَالْوَلِيدَةُ رَدٌّ عَلَيْهِ وَإِنَّ عَلَى ابْنِكَ جَلْدُ مِائَةٍ وَتَغْرِيبُ عَامٍ ))
(la’aqdiyanna baynakouma bikitabi l-Lah : ‘amma l-walidatou wa l-ghanamou faraddoun ^alayhi wa ^ala bnik jaldou mi’atin wa taghribou ^am) ce qui signifie : « Je jugerai entre vous par le Livre de Allah. Concernant les cents brebis et la servante, elles ne sont pas acceptées dans ce cas ; et concernant ton fils, il doit recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an ».
Cet homme, bien qu’il fît partie des compagnons, a demandé à des gens qui étaient, eux aussi, des compagnons et ils n’ont pas répondu correctement. Puis il a demandé à des savants parmi les compagnons et le Messager lui a donné l’avis qui correspondait à ce qu’avaient dit les savants. Par conséquent, si le Messager nous a fait comprendre que certains de ceux qui entendaient de lui le hadithn’en avaient pas une compréhension complète, c’est-à-dire une capacité pour déduire les lois de ses hadith, leur part étant simplement de transmettre de lui ce qu’ils en avaient entendu, bien qu’ils comprissent la langue arabe classique, alors que dire de ces activistes qui ont l’audace de dire (que ceux-là étaient des hommes et nous nous sommes des hommes) ?! Or, par leur parole (ceux-là étaient des hommes), ils visent les moujtahid tels que les quatre Imams !…
Dans le même sens, il y a ce qu’a cité Abou Dawoud de l’histoire de l’homme blessé à la tête qui s’était retrouvé jounoub par une nuit froide. Il avait demandé l’avis à ceux qui étaient avec lui. Ils lui dirent : Fais le ghousl. Il fit donc le ghousl et en mourut. Le Messager de Allah r en fut informé et dit :
(( قَتَلُوهُ قَتَلَهُمُ اللهُ ))
(qatalouhou qatalahoumou l-Lah ‘ala sa’alou ‘idh lam ya^lamou fa’innama chifa’ou l-^iyyi s-sou’al) ce qui signifie : « Ils l’ont tué [ensuite il a invoqué contre eux] Pourquoi n’ont-ils pas demandé du moment qu’ils ne savaient pas ? Le seul remède contre l’ignorance, c’est de demander » c’est-à-dire de demander aux gens de science. Il a dit ensuite :
)) إِنّما كان يكفيه أن يتيمّم ويعضب على جُرحه خِرقةً ثمّ يمسحُ عليها ويغسلُ سائرَ جَسَدِه ((
[rapporté par Abou Dawoud et d’autres] (‘innama kana yakfihi ‘an yatayammama wa ya^siba ^ala jourhihi khirqatan thoumma yamsahou ^alayha wa yaghsilou sa’ira jaçadih) ce qui signifie : « Certes, il lui suffisait de faire simplement le tayammoum et de panser sa plaie avec un tissu, ensuite il passe la main mouillée dessus et il lave le reste de son corps ». Par conséquent, si la déduction des lois était valable de la part de n’importe quel musulman, le Messager de Allah ne les aurait pas blâmés, eux qui ont donné un avis de jurisprudence à cet homme alors qu’ils ne faisaient pas partie des gens qualifiés pour donner la fatwa.
D’autre part, la tâche du moujtahid qui lui est spécifique, c’est la déduction des lois par analogie (qiyas) c’est-à-dire déduire le jugement de ce qui ne fait pas l’objet d’un texte à partir de ce qui fait déjà l’objet d’un texte, en vertu d’une similarité entre les deux.
Par conséquent, prenez garde, prenez bien garde aux gens qui incitent leurs adeptes à pratiquer la déduction des lois bien qu’ils soient, eux et leurs émules, très loin de ce degré. Ceux-là veulent ruiner et invitent leurs adeptes à saboter les choses de la religion. Semblables à eux, les gens qui ont pris l’habitude dans leurs assemblées de distribuer à l’assistance l’interprétation d’une ‘ayah ou d’un hadithbien qu’ils n’en aient reçu au préalable aucune transmission digne de considération de la bouche des savants. Ces connaisseurs autoproclamés ont dévié de la voie des savants spécialistes des fondements parce que les savants des fondements ont dit : « La déduction des lois par analogie (al-qiyas) est la tâche du moujtahid » ; et ils ont contredit les savants du hadith également.
Croyance : la tabarrouk
La recherche des bénédictions (tabarrouk)
par les traces physiques du Prophète
Sachez que les compagnons, que Allah les agrée, recherchaient les bénédictions par les traces physiques du Prophète r, au cours de sa vie et après sa mort. Les musulmans n’ont jamais cessé de suivre cette voie jusqu’à nos jours. On a su la permission de cette pratique à partir des actes du Prophète r puisqu’il a partagé r ses cheveux lorsqu’il a fait raser sa tête lors du pèlerinage de l’adieu, de même qu’il a partagé ses coupures d’ongles.
Le partage de ses cheveux a été cité par Al-Boukhariyy et Mouslim d’après le hadithde ‘Anas. Dans la version de Mouslim, ‘Anas a dit : Lorsqu’il eut lancé les pierres r à Jamratou l-^Aqabah et égorgé son sacrifice, et qu’il parvint au rasage du crâne, il tendit au barbier la partie droite de sa tête ; celui-ci la rasa, puis le Prophète appela Abou Talhah Al-‘Ansariyy et lui donna les cheveux. Ensuite, il tendit à celui qui le rasait la partie gauche de sa tête et lui dit :
(( اِحْلِقْ ))
(‘ihliq) ce qui signifie : « Rase ». Il le rasa. Il donna alors les cheveux à Abou Talhah en lui disant :
(( اقْسِمْهُ بَيْنَ النَّاسِ ))
(‘iqsimhou bayna n-nas) ce qui signifie : « Partage-les entre les gens ». Dans une autre version rapportée également par Mouslim : « Il commença donc par la partie droite et fit distribuer aux gens ses cheveux un par un et deux par deux. Ensuite, il a dit :
(( بالأيسر ))
(bi l-‘aysar) ce qui signifie : « à gauche » et il fit la même chose puis il dit :
(( هَهُنَا أَبُو طَلْحَة ))
(hahouna ‘Abou Talhah) ce qui signifie : « Viens ici Abou Talhah » et il les remit à Abou Talhah.
Dans une autre version, rapportée également par Mouslim, il a dit r au barbier :
(( هَا ))
(ha) ce qui signifie : « Ici » et il a montré de sa main le côté droit. Il a distribué ses cheveux à ceux qui se trouvaient auprès de lui. Puis, il indiqua au barbier son côté gauche et ce dernier l’a rasé. Il a donné les cheveux à ‘Oummou Soulaym. Le hadith signifie qu’il a distribué lui-même une partie de ses cheveux aux gens alentours et qu’il en a donné à Abou Talhah pour les distribuer aux autres, tout comme il en a donné une partie à ‘Oummou Soulaym. Cela comporte bien le tabarrouk par les traces physiques du Messager. Par conséquent, il a distribué r une partie de ses cheveux aux gens pour qu’ils en recherchent les bénédictions, pour qu’ils demandent l’intercession à Allah par les traces de leur Prophète et pour rechercher par cela l’agrément de Allah. Il leur a distribués pour qu’ils soient une bénédiction restant parmi eux et un souvenir pour eux.
Par la suite, ont suivi les compagnons dans leur pratique du tabarrouk par ses traces physiques r ceux à qui Allah a accordé la félicité et les gens du Khalaf l’ont pris des gens du Salaf.
Quant au partage de ses coupures d’ongles, l’Imam Ahmad a rapporté dans son Mousnad que le Prophète r s’est coupé les ongles et a distribué les coupures aux gens. Il est connu que ce n’est pas pour que les gens les mangent mais pour qu’ils en recherchent les bénédictions.
Quant à sa tunique longue (joubbah) r, Mouslim a rapporté dans son Sahih du Mawla de ‘Asma‘ bintou Abi Bakr qu’il a dit : Elle nous a présenté une tunique longue (joubbah) à capuche, de modèle persan, dont l’encolure était ornée de brocart et les emmanchures ourlées ; elle a dit : « C’est la tunique longue du Messager de Allah r ; elle se trouvait chez ^A‘ichah ; lorsqu’elle est décédée, je l’ai récupérée. Le Prophète r la portait ; nous la lavons pour les malades et nous cherchons par elle la guérison ». Et dans une autre version : « Nous la lavons pour qui est malade parmi nous ».
Il est rapporté de Handhalah Ibnou Hadhyam qu’il a dit : Je suis allé avec mon grand-père Hadhyam chez le Messager de Allah r. Il a dit : « Ô Messager de Allah, j’ai des petit-fils qui ont des barbes et d’autres pas encore, celui-là est le plus jeune d’entre eux. Il m’a rapproché du Messager de Allah r qui a passé sa main sur ma tête et m’a dit :
(( بَارَكَ اللهُ فِيكَ ))
(baraka l-Lahou fika) ce qui signifie : « Que Allah t’augmente en bien ». Adh-Dhayyal a dit : « Je vois venir à Handhalah l’homme dont le visage est tuméfié ou la brebis dont le pis est enflé ; il dit : Bismi l-Lah en posant sa main sur l’endroit touché par la main du Messager de Allah r puis il passe la main et la tumeur disparaît ». Ceci est rapporté par At–Tabaraniyy dans Al-‘Awsat et Al-Kabir avec des termes similaires ainsi que l’Imam Ahmad dans un long hadith, les hommes de la chaîne de transmission de Ahmad sont dignes de confiance.
Il est rapporté de Thabit qu’il a dit : « Lorsque j’allais voir ‘Anas, on l’informait de mon attente, j’entrais, je prenais ses mains et je les embrassais en disant : Par mon père ! Ces deux mains qui ont touché le Messager de Allah r ! Et j’embrassais ses yeux en disant : Par mon père ! Ces deux yeux qui ont vu le Messager de Allah r ! » Ceci a été rapporté par Abou Ya^la, les hommes de sa chaîne de transmission sont des hommes du sahih mis à part ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Bakr Al-Maqdamiyy qui est digne de confiance (thiqah).
Il est rapporté de Dawoud Ibnou Abi Salih qu’il a dit : « Marwan –c’est-à-dire Marwan Ibnou l-Hakam– est arrivé un jour et a trouvé un homme posant son visage sur la tombe. Il lui a dit : « Sais-tu ce que tu es en train de faire ?! » Quand il est arrivé auprès de lui, il a vu qu’il s’agissait de Abou ‘Ayyoub qui lui a dit : « Oui, je suis venu pour le Messager de Allah r et je ne suis pas venu pour la pierre. J’ai entendu le Messager de Allah r dire :
(( لاَ تَبْكُوا عَلَى الدِّينِ إِذَا وَلِيَهُ أَهْلُهُ وَلَكِنْ ابْكُوا عَلَيْهِ إِذَا وَلِيَهُ غَيْرُ أَهْلِهِ ))
[rapporté par Ahmad et At–Tabaraniyy dans Al-Kabir et Al-‘Awsat] (la tabkou ^ala d-dini ‘idha waliyahou ‘ahlouhou wa lakin ibkou ^alayhi ‘idha waliyahou ghayrou ‘ahlih) ce qui signifie : « Ne vous tourmentez pas pour la religion si ceux qui s’en chargent ont la capacité de s’en charger. Mais tourmentez-vous pour elle si des gens qui n’en ont pas la capacité s’en chargent ».
Al-Bayhaqiyy a rapporté dans Dala’ilou n-Noubouwwah et Al-Hakim dans Al-Moustadrak ainsi que d’autres, avec une chaîne de transmission, que Khalid Ibnou l-Walid avait perdu sa toque le jour de la bataille du Yarmouk. Il a dit : « Mettez-vous à sa recherche ». Mais ils ne l’ont pas trouvée. Puis ils se sont remis à sa recherche et l’ont finalement retrouvée. Khalid a dit : « Le Messager de Allah r a fait une ^Oumrah et s’est rasé la tête. Les gens ont alors pris les cheveux des côtés et je les ai précédés pour la mèche du haut du front. Je l’ai placée dans cette toque. Je n’ai pas assisté à une bataille en l’ayant sur moi sans que la victoire ne me soit accordée ». Cette histoire a une forte chaîne de transmission tout comme l’a indiqué le Chaykh Habibou r-Rahman Al-‘A^dhamiyy dans ses remarques sur Al-Matalibou l-^Aliyah ; il a dit : Al-Bousayriyy a dit qu’il a été rapporté par Abou Ya^la avec une forte chaîne de transmission et Al-Haythamiyy a dit qu’il a été rapporté par At–Tabaraniyy et Abou Ya^la selon une version analogue et que les hommes de leurs chaînes de transmission sont tous du degré du sahih. Fin de citation
Il n’y a donc aucune considération à donner à la prétention de ceux qui renient le tawassoul et le tabarrouk par ses traces physiques honorées r.
Croyance : le tawassoul
La confirmation qu’il est permis d’invoquer Allah par
le degré des prophètes et des saints (tawassoul) et
que ce n’est pas adorer autre que Allah (chirk)
Sache qu’il n’y a aucune preuve véritable indiquant (qu’il ne serait pas permis de faire le tawassoul par les prophètes et les saints, aussi bien en leur absence qu’après leur mort, sous prétexte que cela serait une adoration d’autre que Allah). En effet, le simple appel d’un vivant ou d’un mort (nida’) n’est pas une adoration d’autre que Allah. De même, la simple glorification (ta^dhim) ou la simple recherche du renfort (istighathah) par autre que Allah n’est pas une adoration d’autre que Allah. De même, la simple visite de la tombe d’un saint pour en rechercher des bénédictions (tabarrouk) n’est pas une adoration d’autre que Allah. De même, la simple demande de ce qui n’arrive habituellement aux gens n’est pas une adoration d’autre que Allah. De même, le simple appel au secours (isti^anah) adressé à quelqu’un d’autre que Allah ta^ala n’est pas une adoration d’autre que Allah. C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk car la définition de l’adoration (al-^ibadah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique en rien à tout cela. En effet, selon eux, l’adoration est l’obéissance avec la soumission [1].
Al-‘Azhariyy, l’un des plus grands linguistes, a dit dans le livre Tahdhibou l-Loughah, en rapportant de Az–Zajjaj, qui est l’un des plus connus d’entre eux : « L’adoration, dans la langue arabe, c’est l’obéissance avec l’extrême soumission ». Al-Farra‘ a dit la même chose tout comme cela figure dans le livre Liçanou l-^Arab de Ibnou Mandhour. L’un des linguistes a dit : « C’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission ». Un autre a dit : « C’est l’extrême soumission » [2] comme on le comprend de la parole du commentateur du Qamous, Mourtada Az–Zabidiyy, le couronnement de l’effort des linguistes, et ceci est bien ce qui est compatible avec la langue et l’usage. D’autre part, la simple soumission (tadhalloul) n’est pas une adoration d’autre que Allah car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité envers les rois et les notables deviendraient mécréants. En effet, il a été confirmé que Mou^adh Ibnou Jabal de retour du Cham s’était prosterné pour le Messager de Allah. Le Messager lui avait dit :
(( مَا هَذَا ؟ ))
(ma hadha) ce qui signifie : « Qu’est-ce que cela ? ». Il avait répondu : « Ô Messager de Allah, j’ai vu les gens du Cham se prosterner pour leurs patriarches et leurs évêques, et toi, tu le mérites plus qu’eux ». Il avait alors dit :
(( لاَ تَفْعَلْ لَوْ كُنْتُ آمُرُ أَحَداً أَنْ يَسْجُدَ لأَحَدٍ لأَمَرْتُ الْمَرْأَةَ أَنْ تَسْجُدَ لِزَوْجِهَا ))
[rapporté par Ibnou Hibban et Ibnou Majah et d’autres qu’eux] (la taf^al law kountou ‘amourou ‘ahadan ‘an yasjouda li’ahadin la’amartou l-mar’ata ‘an tasjouda lizawjiha) ce qui signifie : « Ne le fais pas. Si j’avais eu à ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un d’autre, j’aurais ordonné à l’épouse de se prosterner pour son époux ». Le Messager de Allah r ne lui a pas dit : « Tu as fait de la mécréance » (kafarta) non plus qu’il ne lui a dit : « Tu as adoré autre que Allah » (‘achrakta) bien que sa prosternation pour le Prophète (soujoud) soit une façon majeure de manifester son humilité.
Par conséquent, ceux qui jugent quelqu’un mécréant s’il part visiter la tombe du Messager ou de quelqu’un d’autre parmi les saints pour rechercher les bénédictions, ils ignorent la signification de l’adoration et ont contredit la pratique des musulmans car les musulmans, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, ont toujours visité la tombe du Prophète pour en rechercher les bénédictions. Et la visite pour rechercher les bénédictions ne veut pas dire que le Messager leur crée la bénédiction mais veut dire qu’ils souhaitent grâce à la visite de sa tombe r que Allah leur crée les bénédictions.
La preuve en est ce qu’a rapporté Al-Bayhaqiyy avec une forte chaîne de transmission d’après Malikou d-Dar qui était le trésorier de ^Oumar. Il a dit : Une famine a eu lieu au temps de ^Oumar. Un homme s’est alors rendu à la tombe du Prophète r et a dit : « Ô Messager de Allah, demande à Allah la pluie pour ta communauté, ils ont subi beaucoup de pertes ». On vint alors à cet homme dans le rêve [3] et on lui a dit : (‘aqri’ ^Oumara s-salama wa ‘akhbirhou ‘annahoum yousqawn wa qoul lahou ^alayka l-kayça l-kays) ce qui signifie : « Passe le salam à ^Oumar de ma part et informe-le que vous aurez la pluie, et dis-lui de persévérer à faire preuve d’effort pour servir la communauté ». L’homme est allé voir ^Oumar et l’en a informé. ^Oumar s’est alors mis à pleurer et a dit : « Ô Seigneur, je ferai tout ce qui est en ma capacité pour servir la communauté » Fin de citation. Il est parvenu dans l’explication de ce hadith que cet homme est Bilal Ibnou l-Harith Al-Mouzaniyy, le compagnon. Ce compagnon est parti visiter la tombe du Messager pour rechercher les bénédictions et ni ^Oumar ni personne d’autre ne l’a désavoué. Par conséquent, la prétention de Ibnou Taymiyah (que cette visite serait une visite de chirk) est nulle et non avenue.
Le Hafidh Waliyyou d-Din Al-^Iraqiyy a dit à propos du hadith deAbou Hourayrah dans lequel il est rapporté que Mouça a dit : « Seigneur, rapproche moi de la terre sainte ne serait-ce que d’un jet de pierre » et que le Prophète r a dit :
(( وَاللهِ لَوْ أَنِّي عِنْدَهُ لأَرَيْتُكُمْ قَبْرَهُ إِلَى جَنْبِ الطَّرِيقِ عِنْدَ الْكَثِيبِ الأَحْمَرِ ))
(wa l-Lahi law ‘anni ^indahou la’araytoukoum qabrahou ‘ila janbi t–tariqi ^inda l-kathibi l-‘ahmar) ce qui signifie : « Par Allah, si j’étais auprès de lui, je vous montrerais sa tombe, en bordure du chemin, près de la colline rouge » : « Il contient la recommandation d’avoir connaissance de l’emplacement des tombes des vertueux pour les visiter et les entretenir comme il se doit » Fin de citation.
Le Hafidh Ad–Diya‘ a dit : « Salim At-Tall m’a dit : « Je n’ai pas vu un endroit où soit plus rapidement exaucée l’invocation qu’auprès de cette tombe et le Chaykh ^Abdou l-Lah Ibnou Younis, connu sous le nom de Al-‘Armaniyy, a visité cette tombe et s’est endormi, il a vu alors dans son sommeil une coupole près de la tombe, en-dessous de laquelle se tenait un homme brun de peau. Il lui a passé le salam et lui a dit : « Tu es Mouça celui à qui Allah a parlé » ou « tu es Mouça le prophète de Allah ». Il a dit : (na^am) ce qui signifie : « Oui ». J’ai dit : « Dis-moi quelque chose ». Il m’a fait un signe avec quatre doigts et Salim a décrit leur longueur. Je me suis réveillé et je ne savais pas ce qu’il avait dit. J’en ai informé le Chaykh Dhayyal qui m’a dit : « Tu auras quatre fils ». Je lui ai dit : « J’ai épousé une femme que je n’ai pas approchée ». Il m’a dit : « Ce sera une autre que celle-là ». J’ai ainsi épousé une autre qui m’a donné quatre fils ». Fin de citation
Ahmad a rapporté dans son Mousnad avec une bonne chaîne de transmission, conformément à ce qu’a dit le Hafidh Ibnou Hajar que Al-Harith Ibnou Hassan Al-Bakriyy a dit au Messager de Allah r : « Je recherche la protection par Allah et par Son Messager pour ne pas subir le sort de l’émissaire de ^Ad » [4]. Le hadithjusqu’à sa fin est donc une preuve qui annule la parole des wahhabites (que la recherche de protection par autre que Allah serait du chirk).
D’après Ibnou ^Abbas, le Messager de Allah r a dit :
)) إِنَّ لِلَّهِ مَلاَئِكَةٌ فِي الأَرْضِ سِوَى الْحَفَظَةِ يَكْتُبُون مَا يَسْقُطُ مِنْ وَرَقِ الشَّجَرِ فَإِذَا أَصَابَ أَحَدَكُمْ عَرْجَةٌ بِأَرْضٍ فَلاَةٍ فَلْيُنَادِ أَعِينُوا عِبَادَ اللهِ ((
(‘inna li l-Lahi mala’ikatan fi l-‘ardi siwa l-hafadhati yaktoubouna ma yasqoutou min waraqi ch-chajari fa’idha ‘asaba ‘ahadakoum ^arjatoun bi ‘ardin falatin falyounadi ‘a^inou ^ibada l-Lah) ce qui signifie : « Certes, Allah a des anges sur terre, autres que les anges protecteurs, qui inscrivent ce qui tombe des feuilles des arbres. Si l’un de vous trouve une difficulté dans une terre déserte, qu’il appelle : aidez-moi, ô esclaves de Allah » [rapporté par At–Tabaraniyy et le Hafidh Al-Haythamiyy a dit : les hommes de sa chaîne de transmission sont des gens de confiance].
Le Messager de Allah r a dit :
)) حَيَاتِي خَيْرٌ لَكُمْ وَمَمَاتِي خَيْرٌ لَكُمْ تُحْدِثُونَ وَيُحْدَثُ لَكُمْ وَوَفَاتِي خَيْرٌ لَكُمْ تُعْرَضُ عَلَيَّ أَعْمَالُكُمْ فَمَا رَأَيْتُ مِنْ خَيْرٍ حَمِدْتُ اللهَ عَلَيْهِ وَمَا رَأَيْتُ مِنْ شَرٍّ اسْتَغْفَرْتُ لَكُمْ ((
[rapporté par Al-Bazzar et les hommes de sa chaîne de transmission sont des hommes du degré du sahih] (hayati khayroun lakoum wa mamati khayroun lakoum touhdithouna wa youhdathou lakoum wa wafati khayroun lakoum tou^radou ^alayya ‘a^maloukoum fama ra’aytou min khayrin hamidtou l-Laha ^alayhi wa ma ra’aytou min charrin istaghfartou lakoum) ce qui signifie : « Durant ma vie, je suis source de bien pour vous et après ma mort, je serai source de bien pour vous. Il se produit de vous des actes et le jugement m’en parvient ensuite par révélation. Après ma mort, je serai source de bien pour vous : vos œuvres me seront exposées. Pour ce que je trouverai de bien, je ferai les louanges à Allah pour cela et pour ce que je trouverai de mal, je demanderai à Allah qu’Il vous pardonne ».
At–Tabaraniyy a rapporté dans ses deux Mou^jam –As–Saghir et Al-Kabir– d’après ^Outhman Ibnou Hounayf qu’un homme avait un différend c’est-à-dire qu’il allait et venait chez ^Outhman Ibnou ^Affan mais ^Outhman ne le recevait pas et ne prêtait pas attention à son affaire. Rencontrant ^Outhman Ibnou Hounayf, il se plaint à lui de sa situation. Celui-ci lui dit : « Va à l’endroit où on fait le woudou’, fais le woudou’, accomplis deux rak^ah puis dis ces paroles : (‘Allahoumma ‘inni ‘as’alouka wa ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyina Mouhammad, nabiyyi r-rahmah ; Ya Mouhammad, ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati litouqda li) [5] . Puis va le voir, j’irai avec toi. L’homme partit faire ce qu’il lui avait dit. Puis, il se rendit à la porte de ^Outhman. Le portier vint, le prit par la main et le fit entrer auprès de ^Outhman Ibnou ^Affan qui le fit asseoir sur son tapis de prière et lui dit : « Quelle est ton affaire ? » Il lui rappela son affaire et ^Outhman la lui régla en lui disant : « Je ne me suis rappelé de ton affaire qu’à cette heure ». Puis il sortit de chez lui et rencontra ^Outhman Ibnou Hounayf. Il lui dit : « Que Allah te récompense en bien. Il ne m’a reçu et n’a prêté attention à mon affaire qu’après que tu lui as parlé de moi ». ^Outhman Ibnou Hounayf répondit : « Par Allah, je ne lui en ai rien dit ! Mais j’ai été témoin d’une chose qui s’est passée avec le Messager de Allah r. Il est venu à lui un aveugle qui s’est plaint à lui de sa cécité. Le Messager lui a dit :
(( إِنْ شِئْتَ صَبَرْتَ وَإِنْ شِئْتَ دَعَوْتُ لَكَ ))
(‘in chi’ta sabarta wa ‘in chi’ta da^awtou lak) ce qui signifie : « Si tu veux, tu patientes et si tu veux, j’invoque Allah pour toi ». Il lui a répondu : Ô Messager de Allah, la perte de la vue m’est très difficile car je n’ai personne pour me guider. Alors, le Messager lui a dit :
)) إِئتِ الْمِيضَأَةَ (أَيْ مَكَانُ الْوُضُوءِ) فَتَوَضَّأْ وَصَلِّ رَكْعَتَيْنِ ثُمَّ قُلْ هَؤُلاَءِ الْكَلِمَاتِ :
(‘i’ti l-mida’ata fatawadda’ wa salli rak^atayni thoumma qoul ha’oula’i l-kalimat) ce qui signifie : « Va à l’endroit où on fait le woudou’, fais le woudou’, accomplis deux rak^ah puis dis ces paroles :
الَّلهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ وَأَتَوَجَّهُ إِلَيْكَ بِنَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ نَبِيِّ الرَّحْمَةِ يَــا مُحَمَّد إِنِّي أَتَوَجَّهُ بِكَ إِلَى رَبِّي ِفي حَاجَتِي (وَتُسَمِّي حَاجَتَكَ) لِتُقْضَى لِي ((
(‘Allahoumma ‘inni ‘as’alouka wa ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyina Mouhammad, nabiyyi r-rahmah ; ya Mouhammad, ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati litouqda li) ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par notre Prophète Mouhammad, le Prophète de la miséricorde ; ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu’elle me soit réglée ». L’homme a fait ce que le Prophète r lui avait dit de faire. Par Allah, nous ne nous étions pas encore séparés, et notre assemblée n’avait pas duré longtemps, que l’homme est revenu en ayant recouvré la vue, comme s’il n’avait jamais été atteint de cécité ».
At–Tabaraniyy a dit dans son Mou^jam : « Le hadithest sahih », alors que d’habitude, At–Tabaraniyy ne mentionne jamais qu’un hadith est sahih, sachant que son livre Al-Mou^jamou l-Kabir est très volumineux. Il n’a jamais dit au sujet d’un hadith qu’il rapporte, même s’il est sahih (que le hadith est sahih) sinon à propos de ce hadith. Il l’a aussi mentionné dans Al-Mou^jamou s–Saghir et l’a jugé sahih.
Ce hadithcomporte la preuve que l’aveugle a fait le tawassoul par le Prophète en son absence, la preuve en est la parole de ^Outhman Ibnou Hounayf : « que l’homme est revenu ». D’autre part, il comporte la preuve que l’invocation avec le tawassoul par le Prophète est permise pendant sa vie et après sa mort. La parole de Ibnou Taymiyah (qu’il ne serait permis de faire le tawassoul que par quelqu’un qui est vivant et présent) est donc invalide. Toute condition qui n’est pas posée dans le Qour’an est nulle et non avenue, même s’il s’agit d’une centaine de conditions.
Quant à l’attachement de certains wahhabites à la prétention de Ibnou Taymiyah concernant le hadith de At-Tirmidhiyy dans lequel il est dit (Allahoumma chaffi^hou fiyya wa chaffi^ni fi nafci), ceci n’indique pas (qu’on ne ferait pas le tabarrouk par la personne même du Prophète). Au contraire, le tabarrouk par la personne du Prophète fait l’objet de l’unanimité. Il n’y a que Ibnou Taymiyah qui ait contredit à ce sujet. Pourtant, c’est à propos du Messager que ce vers de poésie [cité par Al-Boukhariyy] a été dit :
(wa ‘abyada youstasqa l-ghamamou biwajhih
thimala l-yatama ^ismatoun li l-‘aramil)
qui signifie :
« On recherche la pluie par son visage,
Un secours pour les orphelins, un protecteur pour les veuves ».
Quant au tawassoul que ^Oumar a fait par Al-^Abbas après la mort du Prophète r, il ne l’a pas fait en raison du décès du Messager mais bien pour tenir compte de l’honneur de sa parenté avec le Prophète r, la preuve en est la parole de Al-^Abbas lorsque ^Oumar l’a fait avancer : « Ô Allah, les gens se sont adressés à Toi par moi, pour ma parenté avec Ton prophète ». L’invalidité de l’avis de Ibnou Taymiyah et de ceux qui l’ont suivi lorsqu’ils réprouvent le tawassoul a donc été clairement démontrée. Cette nouvelle des compagnons a rapportée par Az–Zoubayr Ibnou Bakkar tout comme l’a dit le Hafidh Ibnou Hajar.
Pour nous conforter aussi dans notre compréhension, il y a ce qu’a rapporté Al-Hakim dans Al-Moustadrak que ^Oumar, que Allah l’agrée, a fait un discours devant les gens dans lequel il a dit : « Ô gens, certes le Messager de Allah r considérait Al-^Abbas comme un fils considère son père. Alors prenez exemple sur lui en son oncle Al-^Abbas et prenez-le pour cause (wacilah) dans vos demandes à Allah ». Ceci éclaire donc la raison du tawassoul de ^Oumar par Al-^Abbas.
Il n’y a aucune considération à donner après cela à la prétention de l’un de ces perturbateurs qui a dit (que le hadithcité comporterait dans sa chaîne de transmission Abou Ja^far qui serait un homme inconnu). Il n’en est pas comme ils le prétendent. Bien au contraire, Abou Ja^far est Abou Ja^far Al-Khitmiyy qui est un homme digne de confiance. Il en est de même pour la prétention de l’un d’eux, Nasirou d-Din Al-‘Albaniyy, (que ce que viserait At–Tabaraniyy par sa parole : « Le hadith est sahih » concernerait la partie d’origine qui rapporte ce qu’a fait l’homme aveugle pendant la vie du Messager de Allah exclusivement et non ce qu’a fait l’homme à l’époque de ^Outhman Ibnou ^Affan après la mort du Messager). En effet, les savants de la terminologie du hadith (moustalah) ont dit : « L’appellation hadithest donnée à ce qui est attribué au Prophète (hadith marfou^) et à ce qui s’arrête aux compagnons (hadith mawqouf) », c’est-à-dire que la parole du Messager est appelée hadith de même que la parole du compagnon est appelée hadithet le terme hadithn’est pas limité aux paroles du Prophète seulement, dans leur terminologie. La parole de cet imposteur n’est donc pas conforme à ce qui est décrété dans la science de la terminologie.Que celui qui le souhaite consulte le livre Kitabou Tadribi r-Rawi et Al-‘Ifsah et d’autres livres de la terminologie du hadith. Et n’a conduit Al-’Albaniyy à proférer cette allégation mensongère que son extrême fanatisme à suivre ses passions et sa totale indifférence à se retrouver en contradiction avec les savants, tout comme son prédécesseur Ibnou Taymiyah.
Quant au hadithde Ibnou ^Abbas, rapporté par At-Tirmidhiyy, dans lequel le Prophète r lui a dit :
(( إِذَا سَأَلْتَ فَاسْأَلِ اللهَ وَإِذَا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنَ بِاللهِ ))
(‘idha sa’alta fas’ali l-Laha wa ‘idha sta^anta fasta^in bi l-Lah) ce qui signifie : « Si tu demandes, demande à Allah et si tu recherches de l’aide, demande-la à Allah », il ne comporte pas non plus de preuve de l’interdiction du tawassoul par les prophètes et les saints. En effet, la signification du hadithest que Celui Qui est prioritaire à ce qu’on Lui demande et qu’on demande Son aide, c’est Allah ta^ala. Il ne signifie pas (ne demande pas à autre que Allah et ne demande pas d’aide à autre que Allah). Semblable à cela, la parole du Prophète r :
(( لاَ تُصَاحِبْ إِلاَّ مُؤْمِناً وَلاَ يَأْكُلْ طَعَامَكَ إِلاَّ تَقِيٌّ ))
(la tousahib ‘il-la mou’minan wa la ya’koul ta^amaka ‘il-la taqiyy) ce qui signifie : « N’aies pour compagnon qu’un croyant et que ne mange de ta nourriture qu’un pieux ». Par conséquent, de même qu’on ne comprend pas de ce hadith(qu’il ne serait pas permis de prendre pour compagnon quelqu’un d’autre qu’un croyant ou de partager son repas avec quelqu’un d’autre qu’un pieux) mais qu’on en comprend seulement qu’on tient compagnie en priorité à un croyant et qu‘on partage sa nourriture en priorité avec un pieux, de même on comprend seulement du hadith de Ibnou ^Abbas la priorité. Quant à l’interdiction qu’ils prétendent, elle ne figure pas dans ce hadith.
De plus, il n’y a pas de différence entre le tawassoul et l’istighathah. Ainsi, le tawassoul est aussi appelé istighathah, comme cela a été rapporté dans le hadithde Al-Boukhariyy dans lequel le Prophète r a dit :
)) إِنَّ الشَّمْسَ تَدْنُو يَوْمَ الْقِيَامَةِ حَتَّى يَبْلُغَ الْعَرَقُ نِصْفَ الأُذُنِ فَبَيْنَمَا هُمْ كَذَلِكَ اسْتَغَاثُوا بِآدَمَ ثُمَّ مُوسَى ثُمَّ بِمُحَمَّدٍ ((
(‘inna ch-chamsa tadnou yawma l-qiyamati hatta yablougha l-^araqou nisfa l-‘oudhouni fabaynama houm kadhalika s-taghathou bi ‘Adama thoumma Mouça thoumma Mouhammad) ce qui signifie : « Certes, le soleil se rapprochera tant au Jour du jugement que la sueur parviendra jusqu’à mi-oreille. Tandis qu’ils seront ainsi, ils demanderont le secours (istighathah) de ‘Adam puis de Mouça puis de Mouhammad r ». Ce hadith est cité selon la version rapportée de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar du hadith concernant l’intercession au Jour du jugement. Dans la version de ‘Anas, il a été rapporté avec le terme de la demande d’intercession (istichfa^) et chacune des deux versions est du degré du sahih. Ceci montre donc que l’istichfa^ et l’istighathah ont la même signification et que le Messager a appelé leur demande à ‘Adam pour qu’il intercède en leur faveur auprès de leur Seigneur « appel au secours » (istighathah).
D’autre part, le Messager a qualifié la pluie de « salvatrice » (moughith).
Ainsi, Abou Dawoud et d’autres que lui ont rapporté avec une forte chaîne de transmission que le Messager a dit :
(( اللَّهُمَّ اسْقِنَا غَيْثاً مُغِيثاً مَرِيعاً نَافِعاً غَيْرَ ضَارٍّ عَاجِلاً غَيْرَ آجِلٍ ))
(Allahoumma s-qina ghaythan moughithan mari^an nafi^an ghayra darrin ^ajilan ghayra ‘ajil) ce qui signifie : « Ô Allah, abreuve-nous d’une pluie qui soit pour nous salvatrice, qui étanche la soif et qui fasse pousser l’herbe, qui soit utile et non nuisible, qui soit proche et non tardive ».
Ainsi, c’est le Messager qui a qualifié la pluie de salvatrice car elle sauve de la difficulté, par la volonté de Allah. De même, le prophète et le saint sauvent de la difficulté par la volonté de Allah ta^ala.
[1] (at–ta^atou ma^a l-khoudou^) l’obéissance avec la soumission c’est-à-dire l’extrême soumission.
[2] (nihayatou t-tadhalloul) c’est-à-dire l’extrême soumission.
[3] C’est-à-dire qu’on lui a fait voir dans le rêve que le Messager de Allah r lui parlait.
[4] La translittération du terme en arabe est : (‘a^oudhou bil-Lahi wa raçoulihi min ‘an ‘akouna kawafidi ^ad).
[5] Ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par notre Prophète Mouhammad le Prophète de la miséricorde ; ô Mouhammad je m’adresse par toi à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu’elle me soit réglée ».
Croyance : l’innovation
L’innovation (al-bid^ah)
(Al-bid^ah) dans la langue arabe, c’est ce qui a été innové sans équivalent antérieur. Selon la Loi de l’Islam, c’est ce qui a été innové sans avoir été mentionné ni dans le Qour’an ni dans le hadith.
Elle se classe en deux catégories, comme on le comprend du hadithde ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
(( مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ ))
(man ‘ahdatha fi ‘amrina hadha ma layça minhou fahouwa radd) ce qui signifie : « Si quelqu’un innove dans notre religion quelque chose qui n’est pas conforme à notre religion, ce qu’il a innové est rejeté » [rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] [1].
La première sorte : la bonne innovation (sounnah haçanah), c’est la nouveauté qui est en accord avec le Qour’an et la Sounnah.
La deuxième sorte : la mauvaise innovation (sounnah sayyi’ah), c’est la nouveauté qui est en contradiction avec le Qour’an et la Sounnah.
Cette classification est comprise également du hadithde Jarir Ibnou ^Abdi l-Lah Al-Bajaliyy, que Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
)) مَنْ سَنَّ فِى الإِسْلامِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا وَأَجْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ غَيْرِ أَنْ ينْقُصَ مِنْ أُجُورِهِمْ شَىْءٌ، وَمَنْ سَنَّ فِى الإِسْلام سُنَّةً سَيِّئَةً كَانَ عَلَيْهِ وِزْرُهَا وَوِزْرُ مَنْ عَمِلَ بِهَا مِنْ بَعْدِهِ مِنْ غَيْرِ أَنْ ينْقصَ مِنْ أَوْزَارِهِمْ شَىْءٌ ((
[rapporté par Mouslim] (man sanna fi l-‘Islami sounnatan haçanatan falahou ‘ajrouha wa ‘ajrou man ^amila biha min ba^dihi min ghayri ‘an yanqousa min ‘oujourihim chay’oun wa man sanna fi l-‘Islami sounnatan sayyi’atan kana ^alayhi wizrouha wa wizrou man ^amila biha min ba^dihi min ghayri ‘an ‘yanqousa min ‘awzarihim chay’) ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah haçanah), il aura sa récompense et une récompense chaque fois que quelqu’un la pratiquera après lui sans qu’il soit diminué quoi que ce soit de leurs récompenses ; et celui qui instaure dans l’Islam une mauvaise tradition (sounnah sayyi’ah), il se chargera de son péché et d’un péché chaque fois que quelqu’un la pratiquera après lui sans qu’il ne soit diminué quoi que ce soit de leurs péchés ».
* Exemple de la première sorte d’innovation, la bonne innovation : la célébration de la naissance du Prophète r (al-mawlid). Le premier à l’avoir instaurée est le roi Al-Moudhaffar qui était roi de ‘Irbil au septième siècle de l’Hégire. Il y a aussi ponctuation des lettres du Qour’an, instaurée par le successeur glorieux des compagnons Yahya Ibnou Ya^mar qui faisait partie des gens de science et de piété. Les savants, mouhaddith ou autres, ont accepté la notation des points des lettres et l’ont approuvée. En effet, les écrits coraniques ne comportaient aucun point lorsque le Messager a dicté le Qour’an à ceux qui transcrivaient la révélation. De même, lorsque ^Outhman Ibnou ^Affan a écrit les cinq ou six exemplaires du Qour’an, ils ne comportaient aucun point. Depuis que les points des lettres ont été ajoutés, les musulmans sont sur cette innovation jusqu’à nos jours. Ira-t-on dire (que c’est une innovation d’égarement puisque le Messager ne l’a jamais fait) ? S’il en est ainsi, qu’ils renoncent eux-mêmes aux recueils du Qour’an (Mous–haf) qui comportent cette ponctuation ou bien qu’ils effacent la ponctuation des Mous–haf pour qu’ils en soient de nouveau dépourvus, comme ils l’étaient du temps de ^Outhman. Abou Bakr Ibnou Abi Dawoud, l’auteur des Sounan dans son livre Kitabou l-Masahif a dit : « Le premier à avoir mis des points sur les lettres des Mous–haf est Yahya Ibnou Ya^mar ». Fin de citation. Yahya Ibnou Ya^mar fait partie des savants des successeurs des compagnons, il a rapporté des hadithde ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar et d’autres encore.
* Exemple de la deuxième sorte, la mauvaise innovation : les innovations dans la croyance telles que la bid^ah des mou^tazilah, des khawarij et d’autres parmi ceux qui ont dévié de l’état des compagnons, que Allah les agrée, concernant la croyance.
Il y a aussi l’écriture de : (ص) (sad), ou (صلعم) (sal^am) après le nom du Prophète au lieu de : (صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ).
Les spécialistes de la science du hadith(mouhaddith) ont dit dans les livres de la terminologie du hadith(moustalah)que l’écriture de la lettre :
(ص)
(sad) seule est déconseillée [2] tout en sachant qu’ils ne l’ont pas jugée interdite, ils l’ont même pratiquée.
Par conséquent, ces pseudo-rigoristes, coupeurs de cheveux en quatre et sédicieux, sur quelle base osent-ils dire (que célébrer la naissance du Prophète serait une innovation interdite), (que l’invocation en faveur du Prophète (as–salatou ^ala n-nabiyy) à haute voix juste après l’appel à la prière serait une innovation interdite), en prétextant que ni le Messager ni les compagnons ne l’ont jamais pratiquée ?!
Parmi ces mauvaises innovations, il y a aussi la déformation du nom الله (Allah) en ﺁە (‘Ah) ou ce qui est du même genre, comme le font grand nombre de ceux qui se réclament mensongèrement des voies soufies (tariqah). L’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Les nouveautés concernant les pratiques sont de deux sortes : l’une d’elle est l’innovation qui contredit le Livre, la Sounnah, l’Unanimité ou la parole des compagnons. Telle est l’innovation d’égarement. La deuxième est l’innovation d’un bien qui ne contredit pas le Livre, la Sounnah ou l’Unanimité et ceci est une nouveauté qui n’est pas blâmable » [rapporté par Al-Bayhaqiyy avec une forte chaîne de transmission dans son livre Manaqibou ch-Chafi^iyy].
[1] Dans la version de Mouslim : ((من عمِل عملًا ليس عليه أمرُنا فهو رَدّ)) (man ^amila ^amalan laysa ^alayhi ‘amrouna fahouwa radd) ce qui signifie : « Si quelqu’un fait un acte qui n’est pas en accord avec notre religion, cet acte est rejeté ».
[2] L’écriture de (صلعم) après le nom du Prophète r est pire.