Cours général : Les Prophètes
La religion de tous les prophètes est l’Islam
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad Al-‘Amin –l’Honnête– et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an :
] يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا قُوا أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقُودُهَا النَّاسُ وَالحِجَارَةُ [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqoudouha n-naçou wa l-hijarah) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres » [sourat At-Tahrim].
Il a été rapporté pour l’exégèse de ce verset que la préservation du châtiment de l’enfer a lieu par l’apprentissage de la science de la religion.
Or la meilleure des sciences de la religion est la science du tawhid [1] car elle concerne la connaissance de Allah et celle de Son messager.
Allah a créé ‘Adam –Adam, ^alayhi s-salam [2]–, Il a créé Hawwa‘ –Ève, que Allah l’agrée– et Il fit de ‘Adam un prophète messager.
Hawwa‘ a mis au monde à chaque fois un garçon et une fille, elle eut ainsi quarante grossesses.
Dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam, il était licite au frère d’épouser une de ses sœurs en dehors de sa sœur jumelle afin que l’espèce humaine se propage sur terre.
Allah a révélé à notre maître ‘Adam le langage. ‘Adam eut connaissance du nom de toutes les choses. ‘Adam a enseigné à ses enfants les bases de la croyance. Il leur disait : Adorez Allah –c’est-à-dire soumettez-vous à l’extrème pour Lui– et ne Lui associez rien dans Son adoration. Celui qui associe quelque chose à Allah, aura l’enfer pour demeure finale. Il y restera éternellement. Ainsi tous ses enfants avaient pour religion l’Islam, la religion de tous les prophètes.
Notre maître Idris –Enoch ^alayhi s-salam– qui vint par la suite a poursuivi cet appel et ce n’est qu’après sa mort que la mécréance est apparue entre les humains. Certains sont devenus mécréants par l’adoration d’autre que Allah.
Notre maître Nouh –Noé ^alayhi s-salam– fut ainsi le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah –Dieu– l’Unique Qui n’a pas d’associé.
Puis les prophètes se succédèrent les uns à la suite des autres, appelant à la religion de l’Islam.
Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلاَم ] (‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée, c’est l’Islam » [sourat ‘Ali ^Imran].
Et Il dit ta^ala :
] وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الأَاخِرَةِ مِنَ الخَاسِرِينَ [
(wa man yabtaghi ghayra l-‘islami dinan falan youqbala minhou wa houwa fi l-‘akhirati mina l-khacirin) ce qui signifie : « Celui qui a autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il fera partie des perdants dans l’au-delà » [sourat ‘Ali ^Imran].
Notre maître Ibrahim –Abraham ^alayhi s-salam– est venu lui aussi par la suite pour appeler les gens à l’Islam.
Allah ta^ala dit :
] مَا كَانَ إِِبْرَاهِيمُ يَهُودِيّاً وَلاَ نَصْرَانِيّاً وَلَكِن كَانَ حَنِيفاً مُسْلِماً وَمَا كَانَ مِنَ المُشْرِكِينَ [
(ma kana ‘Ibrahimou yahoudiyyan wa la nasraniyyan wa lakin kana hanifan mousliman wa ma kana mina l-mouchrikin) ce qui signifie : « Ibrahim n’était ni juif ni chrétien mais il était hanif –éloigné de toute autre religion que l’Islam– musulman et ne faisait certes pas partie des associateurs (mouchrikin) » [sourat ‘Ali ^Imran].
Par conséquent, ce qui a été dit à son sujet qu’il aurait voué l’adoration aux astres n’est pas vrai.
Notre maître Mouça –Moïse ^alayhi s-salam– est également venu appeler les gens à l’Islam. Certains ont cru en lui alors que d’autres l’ont démenti. Ils ont dit : (^Ouzayr est le fils de Dieu) et certains autres ont dit : (certes Allah a créé les cieux et la terre en six jours, puis, fatigué, Il s’est allongé sur son dos) ; ces gens-là sont des non musulmans et des non croyants. Ils n’ont pas la croyance de Mouça qui leur a ordonné d’avoir la croyance en l’unicité de Dieu et de ne pas assimiler Dieu à Ses créatures.
Notre maître Mouça avait pour croyance que Allah existe sans ressemblance avec les créatures, qu’Il est le Créateur de toute chose et qu’Il n’a pas besoin des créatures. Il a créé la lumière, Il n’a pas de ressemblance avec la lumière, Il a créé l’homme, Il n’a pas de ressemblance avec lui, Il n’est donc pas concerné par la fatigue ou l’impuissance car Il est Al-Qawiyy, Celui Qui a la toute-Puissance, Qui n’est atteint ni par la fatigue ni par la somnolence.
Après la mort de notre maître Mouça ^alayhi s-salam, notre maître ^Iça Al-Macih –Jésus ^alayhi s-salam– est venu appeler à l’Islam, la religion à laquelle tous les prophètes avant lui ont appelé, et il a annoncé la bonne nouvelle de la venue d’un prophète après lui qui s’appellerait Ahmad. C’est bien Mouhammad qu’il a annoncé. Certains ont cru en Jésus alors que d’autres ont mécru.
Notre maître ^Iça ^alayhi s-salam avait la bonne croyance. Il avait pour croyance que Allah n’est ni père ni fils, qu’Il n’est pas un être composé ni un être formé de parties. Par la suite, des hommes ont voulu tuer notre maître ^Iça. Allah l’en a sauvé ; Il a donné à un homme parmi les disciples musulmans présents de ^Iça une ressemblance à ^Iça et Il éleva ^Iça au ciel. Lorsque les mécréants sont entrés dans la pièce où les disciples se trouvaient, ils se sont emparés de celui qui ressemblait à ^Iça et l’ont assassiné. Ainsi l’homme qui a été tué n’est pas notre maître ^Iça ^alayhi s-salam.
En outre Jésus n’a jamais ordonné à son peuple l’adoration de sa personne, mais plutôt d’adorer Allah uniquement.
Allah ta^ala dit :
] فَلَمَّا أَحَسَّ عِيسَى مِنْهُمُ الكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنصَارِى إِلَى اللهِ قَالَ الحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنصَارُ اللهِ ءَامَنَّا بِاللهِ واشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ [
(falamma ‘ahassa ^Iça minhoumou l-koufra qala man ‘ansari ‘ila l-Lahi qala l-hawariyyouna nahnou ‘ansarou l-Lahi ‘amanna bi l-Lahi wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Lorsque ^Iça a pressenti qu’ils allaient commettre la mécréance, il a dit : Qui sont ceux qui me soutiennent ? Les hawariyyoun –les apôtres– ont dit : Nous, nous croyons en Dieu. Sois témoin que nous sommes musulmans » [sourat ‘Ali ^Imran]. Les hawariyyoun –les douze disciples de Jésus– ont dit :
[وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ ] (wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Sois témoin que nous sommes musulmans ». Les hawariyyoun sont les musulmans qui ont cru en lui et qui l’ont suivi. ^Iça ne les a pas appelés à adorer sa personne. Il les a appelés à adorer Dieu uniquement. Allah ta^ala dit :
] وَإِذْ قَالَ اللهُ يَـعِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ ءَأَنتَ قُلْتَ لِلنّاسِ اتَّخِذُونِي وَأُمِّي إِلَـهَيْنِ مِن دُونِ اللهِ قَالَ سُبْحَانَكَ مَا يَكُونُ لِي أَنْ أَقُولَ مَا لَيْسَ لِي بِحَقٍّ إِن كُنتُ قُلْتُهُ فَقَدْ عَلِمْتَهُ [
(wa ‘idh qala l-Lahou ya ^Iça bnou Maryama ‘a‘anta qoulta li n-naci t-takhidhouni wa ‘oummi ‘ilahayni min douni l-Lah qala soubhanaka ma yakounou li ‘an ‘aqoula ma layça li bihaqqin ‘in kountou qoultouhou faqad ^alimtahou) ce qui signifie : « Et lorsque Allah dit à ^Iça fils de Maryam : Est-ce toi qui a dit aux gens : prenez-moi ainsi que ma mère comme deux dieux ? Il répondra : Gloire à Toi Qui es exempt d’imperfection, il ne m’appartient pas de dire ce que je n’ai pas le droit de dire, et si je l’avais dit, Tu l’aurais su »
Puis dans le verset qui suit, Il dit :
] مَا قُلْتُ لَهُمْ إُلاَّ مَا أَمَرْتَنِي بِهِ أَنِ اعْبُدُوا اللهَ رَبِّي وَرَبَّكُمْ [
(ma qoultou lahoum ‘il-la ma ‘amartani bihi ‘ani ^boudou l-Laha Rabbi wa rabbakoum) ce qui signifie : « Je ne leur ai dit que ce que Tu m’as ordonné de leur dire : qu’ils adorent Allah mon Seigneur et votre Seigneur ».
Il apparaît clairement dans ces deux versets que notre maître ^Iça a appelé à l’adoration de Allah uniquement et à ne rien Lui associer.
Après que notre maître ^Iça fut élevé au ciel, Mouhammad r est venu pour renouveler l’appel à la religion de l’Islam, appuyé par des miracles qui sont autant de preuves de sa prophétie. Beaucoup sont entrés dans l’Islam et d’autres qui étaient déjà associateurs l’ont renié, ce qui n’a fait qu’aggraver leur mécréance.
Le principe fondamental de l’Islam, commun à tous les musulmans, c’est l’adoration de Allah uniquement.
À travers ce que nous venons d’exposer, il apparaît que la religion de tous les prophètes est l’Islam et que l’Islam est la seule religion céleste.
On ne dit pas « les religions célestes » car Allah n’a jamais ordonné de suivre une autre religion que l’Islam. La seule différence qu’il y a d’un messager à l’autre, c’est la Loi.
La Loi comprend les jugements qui concernent les pratiques. À titre d’exemple, dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam et dans les Lois qui ont été révélées après lui jusqu’à l’époque des fils de ’Isra’il, il n’y avait qu’une prière obligatoire quotidienne. Puis les fils de ’Isra’il ont reçu l’ordre de faire deux prières par jour et nuit et notre maître Mouhammad r a reçu l’ordre de faire les cinq prières quotidiennes.
Les bases de la croyance en Dieu et en Son messager, elles, sont immuables. Il n’y pas de sagesse à ce qu’elles changent contrairement aux Lois qui concernent les pratiques.
Le Messager de Allah r a dit s’agissant des prophètes : (( دينهم واحد )) (dinouhoum wahid) ce qui signifie : « Leur religion est la même » [rapporté par Al-Boukhariyy].
Cours général : Les saints
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
]ألا إن أولياء الله لا خوف عليهم ولا هم يحزنون الذين ءامنوا وكانوا يتقون لهم البشرى في الحياة الدنيا وفي الآخرة لا تبديل لكلمات الله ذلك الفوز العظيم [
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ‘alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun lahoumou l-bouchra fi l- hayati d-dounya wa fi l-‘akhirah la tabdila li kalimati l-Lahi dhalika l-fawzou l-^adhim) ce qui signifie : « Certes, les saints, les waliyy de Allah, n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, ceux qui ont cru et qui faisaient preuve de piété. Ils auront l’annonce de bonne nouvelle dans le bas-monde et dans l’au-delà. Allah réalise ce qu’Il promet, la voilà la grande réussite ».
Le saint, mes frères de foi, est celui qui s’est attaché à l’obéissance et à l’adoration, qui a évité les péchés et les interdictions, qui s’est détourné du fait de se prolonger dans les plaisirs et les désirs. Ayant accompli les obligations, il s’est rapproché de l’agrément de Allah par les actes surérogatoires jusqu’à gagner l’agrément de Allah. Celui que Allah ta^ala agrée, Il lui accorde la sainteté, Il lui accorde la protection, Il l’honore et le préserve de la mécréance. Le Messager de Allah les a décrits par sa parole :
)) إن الله يحب الأتقياء الأخفياء الذين إذا غابوا لم يفتقدوا وإذا حضروا لم يعرفوا قلوبهم مصابيح الهدى يخرجون من كل غبراء مظلمة ((
(‘inna l-Laha youhibbou l-‘atqiya’a l-‘akhfiya’a l-ladhina’ idha ghabou lam youftaqadou wa ‘idha hadarou lam you^rafou qouloubouhoum masabihou l-houda yakhroujouna min koulli ghabra’a moudhlimah) ce qui signifie : « Certes, Allah agrée les pieux qui ne se font pas remarquer, ceux dont on ne remarque pas l’absence lorsqu’ils s’absentent, et qu’on ne remarque pas lorsqu’ils sont présents. Leur cœur sont comme des sources de lumières de bonne guidée ».
Il les a décrits par le fait qu’ils sont dissimulés, ‘akhfiya’, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas connus par leur haut degré selon le jugement de Allah. En effet, ce sont des gens qui dissimulent leurs bonnes œuvres dignes d’éloges, celles qu’ils accomplissent par recherche de l’agrément de Allah. Il les a décrits par le fait qu’on ne les remarque pas lorsqu’ils sont présents, soit pour leurs habits qui ne sont pas soignés, c’est-à-dire que du point de vue de leur tenue vestimentaire, leurs vêtements ne sont pas plaisants, soit à cause de leur pauvreté comme ‘Ouways Ibnou ^Amr Al-Qaraniyy en faveur duquel le Messager de Allah a témoigné par révélation qu’il était le meilleur des successeurs des compagnons. ‘Ouways était, en effet, extrêmement pauvre. Il n’avait pas assisté, que Allah l’agrée, aux assemblées du Messager de Allah. Il résidait au Yémen et tant il était pauvre, il n’avait pas pu arriver à Médine pour rencontrer le Messager de Allah. Le Prophète a témoigné en sa faveur. Il a dit :
)) إن خير التابعين رجل يقال له أويس بن عامر من مراد ثم من قرن « إلى أن قال « فإذا لقيتموه فمروه فليستغفر لكم ((
(‘inna khayra t-tabi^ina rajouloun youqalou lahou ‘Ouways bnou ^Amir min Mourad thoumma min Qaran … fa’idha laqitoumouhou famourouhou fa l-yastaghfir lakoum) ce qui signifie : « Le meilleur des successeurs est un homme qui est appelé ^Ouways fils de ^Amr du clan de Mourad de la tribu de Qaran » jusqu’à ce qu’il ait dit ce qui signifie : « Si vous le rencontrez, dites-lui de demander la pardon en votre faveur ». Par cela, il a enseigné à sa communauté r en insistant sur la modestie.
Il y a une partie des saints, des waliyy de Allah, à qui Allah a donné une réputation. Ils ont été célèbre pour leur sainteté dans la population, tant celui qui est proche que celui qui est éloigné a reconnu leur degré. Ainsi les gens ont pu énormément profiter d’eux, comme de notre maître Al-Jounayd fils de Mouhammad Al-Baghdadiyy le Chaykh des soufis, puis du Chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jilaniyy le Hanbaliyy, puis du Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah les agrée.
Le Qour’an a confirmé les prodiges des saints, les karamah, par la parole de Allah soubhanahou dans la description de Maryam ^alayha s-salam :
] كلما دخل عليها زكريا المحراب وجد عندها رزقا قال يا مريم أنّى لك هذا قالت هو من عند الله إن الله يرزق من يشاء بغير حساب [
(koullama dakhala ^alayha Zakariyya l-mihraba wajada ^indaha rizqa ; qala ya Maryamou ‘anna laki hadha ; qalat houwa min ^indi l-Lah inna l-Laha yarzouqou man yacha’ou bighayri hiçab) ce qui signifie : « Toutes les fois que Zakariyya venait la voir dans l’alcôve, il trouvait qu’elle avait auprès d’elle une subsistance. Il lui disait : ô Maryam, d’où cela te vient-il ? Elle disait : C’est Allah Qui me l’a accordé. Certes, Allah accorde à qui Il veut à profusion ».
Il y a également ce que le Qour’an a annoncé dans le récit du compagnon de Soulayman ^alayhi s-salam pour rapporter le trône de Bilqis puisque cela a été mentionné dans la parole de Allah ta^ala :
] قال الذي عنده علم من الكتاب أنا ءاتيك به قبل أن يرتد إليك طرفك [
(qala l-ladhi ^indahou ^ilmoun mina l-kitabi ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka) ce qui signifie : « Celui qui avait eu une science du Livre a dit : Moi je te le ramène avant que tu ne clignes de l’œil. »
Pour ce qui est des preuves à partir de la sounnah, elles sont nombreuses. Ainsi il a été rapporté d’après ‘Anas que ‘Ouçayd Ibnou Houdayr et un homme des partisans avaient discuté auprès du Messager de Allah au point que l’assemblée avait duré jusqu’à une heure tardive. C’était une nuit extrêmement sombre et ils étaient sortis, chacun d’entre eux ayant à la main son bâton. Le bâton de l’un des deux s’était illuminé au point qu’ils avaient marché à la lumière de ce bâton. Puis lorsqu’ils étaient arrivés à la croisée de leurs chemins, le bâton du deuxième s’était illuminé à son tour et chacun d’entre eux avait pu marcher à la lumière de son bâton jusqu’à parvenir chez lui. Ceci a été rapporté par Ahmad, Al-Boukhariyy, Al-Hakim et d’autres.
Il a été rapporté que Al-Jounayd était un jour assis à parler aux gens. C’est alors qu’un jeune homme qui n’était pas musulman mais qui s’était déguisé s’était présenté debout face à lui et lui avait adressé la parole en ces termes : « Ô toi le Chaykh, que signifie la parole du Messager de Allah
)) اتقوا فراسة المؤمن فإن المؤمن ينظر بنور الله تعالى ((
(‘ittaqou firaçata l-mou’mini fa’inna l-mou’mina yandhourou binouri l-Lahi ta^ala) ce qui signifie : « Prenez garde à la vision du croyant parfait car certes le croyant voit par une lumière que Allah lui donne ». Al-Jounayd a réfléchi un moment puis il a levé la tête et lui a dit : « Entre en Islam, le moment est venu pour toi d’entrer en Islam ». C’est alors que le jeune est entré en Islam en disant : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ».
Concernant leur mérite, lors de la mort, les anges de la miséricorde viennent à eux alors qu’ils peuvent les voir. Les anges s’assoient à côté d’eux à une certaine distance. Ensuite vient l’ange ^Azra’il qui leur annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément. Il leur dit : « Je t’annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément ».
Au jour du jugement, ils n’auront aucune crainte, aucune terreur alors que les gens seront extrêmement effrayés. Ils ne subiront aucune nuisance de la chaleur du soleil. Le soleil au jour du jugement sera extrêmement intense, plus intense qu’aujourd’hui. Ils ne seront atteints ni de la soif ni de la faim ni de la chaleur du soleil. Ils ne seront atteints d’aucun chagrin mais seront pleins de joie et de félicité.
Lorsque le saint sortira de la tombe, il sortira vêtu ; il ne sortira pas en ayant sa zone de pudeur dévoilée comme la plupart des gens. Il ne sera pas rassemblé marchant à pied. Non, il sera rassemblé en étant sur une monture. Qu’auront-ils comme monture ces vertueux ? Ils auront des chamelles dont les créatures n’auront pas vu de semblables, dotées de selles d’or.
Puis ils rentreront au paradis. Une fois entrés au paradis, ils trouveront ce que Allah leur a promis comme félicité, une félicité qu’Il n’a donné à connaître à aucun ange et qu’aucune des créatures de Allah n’a jamais vue. Les anges, eux, accueilleront les gens du paradis au jour du jugement. Ils leur passeront le salam, ils leur diront : Que le salam soit sur vous, vous êtes les bienvenus, ils les accueilleront avec respect et glorification.
Mes frères, a dit vrai celui qui a dit : Allah a des gens qui, lorsqu’ils arrivent dans une assemblée, la joie et la générosité s’installent dans cette assemblée et qui, lorsqu’ils marchent, la terre qu’ils occupent s’en réjouit et se revivifie comme s’ils étaient pour la terre une pluie.
Bonheur donc à celui qui a connu dans notre époque un savant, un saint, un vertueux et qui a puisé de lui les bienfaits et les bénédictions, qui a connu leur haut degré, qui a été respectueux avec eux et qui les a pris pour modèle. Car les waliyy de Allah ont atteint ce qu’ils ont atteint par la véracité de leur amour pour Allah et pour le Messager de Allah, notre maître Mouhammad r.
Ô Allah fais que nous soyons parmi Tes saints, parmi les gens de Ton obéissance et attendris les cœurs de Tes saints sur nous. Certes, Tu es sur toute chose tout puissant.
Voici mes propos et je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.
Cours général : Délaisser ses passions
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Ô toi qui a atteint les rangs élevés par la piété
Ne délaisse pas son honneur pour l’abaissement des péchés
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
] يا أيها الذين ءامنوا اتقوا الله ولتنظر نفس ما قدّمت لغد واتقوا الله إن الله خبير بما تعملون [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad ; wa t-taqou l-Laha ‘inna l-Laha khabiroun bima ta^maloun) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chaque personne considère ce qu’elle prépare pour le jour du jugement. Faites preuve de piété à l’égard de Allah, certes Allah sait ce que vous faites » [sourat Al-Hachr / 18].
Notre Prophète Mouhammad a dit une parole qui comporte beaucoup de profit :
] ليسَ الشديد من غلبَ الناسَ ولكنَّ الشديد من غلبَ نفسَهُ [
(layça ch-chadidou man ghalaba n-naça, wa lakinna ch-chadida man ghalaba nafçah) ce qui signifie : « Le fort n’est pas celui qui a vaincu les gens. Le fort est plutôt celui qui a vaincu ses passions ».
L’homme voit son degré s’élever selon le jugement de Allah en fonction de sa patience. La patience est de trois catégories. La patiente pour ne pas commettre l’interdit est la plus éprouvante. C’est la patience la plus forte. La deuxième est la persévérance pour accomplir les actes d’obéissances. La troisième est l’endurance face aux difficultés et aux catastrophes. Priver son âme pour ne pas commettre les interdits quels qu’ils soient, c’est la plus éprouvante des patiences.
Si tu fais une halte pour comprendre le sens de la patience, il s’agit de contrôler et de contraindre son âme pour supporter quelque chose qu’elle répugne ou à s’éloigner d’une chose qu’elle désire.
Contrains donc ton âme, toi mon frère musulman. Empêche-la de tomber dans ce qui est interdit. Dis-lui donc :
Ô mon âme, repens-toi donc car l’heure de la mort est arrivée
Contredis tes passions, les passions entraînent à la dissension
Chaque jour, nous avons un mort que l’on accompagne à sa tombe
Et par sa mort, nous oublions ce qu’ont laissé nos morts
Ô mon âme, qu’ai-je à voir avec des biens que je cache,
[ils restent] après moi et je quitte ma vie sans habits.
Esclaves de Allah, délaisser un seul péché vaut mieux selon le jugement de Allah qu’accomplir mille bonnes actions.
Retourne donc sur tes pas et abandonne la voie de l’insouciance. Entre par la porte de l’éveil. Rappelle-toi la parole de Allah ta^ala :
] فمن يعمل مثقال ذرة خيرا يره ومن يعمل مثقال ذرة شرا يره [
(faman ya^mal mithqala dharratin khayran yarah wa man ya^mal mithqala dharratin charran yarah) qui signifie : « Celui donc qui fait le poids d’un grain de poussière de bien en sera rétribué et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal en sera rétribué » [sourat Az–Zalzalah / 7-8].
Dans ces deux ayah, il y a l’incitation à faire peu et beaucoup de bien et la mise en garde de faire peu ou beaucoup de mal.
Rappelle-toi que l’interdit ou l’illicite (al-haram), c’est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui l’accomplit et a promis la récompense à celui qui le délaisse.
Rappelle-toi que le Prophète la nuit de l’Ascension a vu des gens qui se disputaient de la viande pourrie et avariée et délaissaient la belle viande bien découpée. Jibril a dit : « Ce sont des gens de ta communauté qui délaissent ce qui est licite et n’en goûtent pas pour consommer de l’interdit et ce qui est mauvais. Ce sont les fornicateurs ».
Il a vu également des gens qui buvaient le pus qui sortait des corps des fornicateurs. Jibril lui a dit : « Ce sont les buveurs de khamr – vin et alcools – interdit dans le bas monde ».
Rappelle-toi que tu auras des comptes à rendre au jour du jugement. Tu rendras des comptes sur ton argent, d’où tu l’as acquis et en quoi tu l’as dépensé. Si tu as acquis le bien à partir de ce qui est licite, garde-toi de le dépenser dans ce que Allah a interdit.
Rappelle-toi la parole de Allah :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92‑93].
Il est dit qu’un homme était connu sous le nom de Dinar Al-^Ayyar. Il avait une mère vertueuse qui l’exhortait souvent mais il ne s’exécutait pas. Un jour, il était passé par un cimetière. Il en a pris un os qui s’est alors transformé en poussière au contact de ses doigts. Il a réfléchi et s’est alors dit : Malheur à toi Dinar, c’est comme si je voyais bientôt tes os devenir ainsi poussière et ton corps se transformer en terre. Il a regretté son laisser-aller et a eu la ferme volonté de se repentir. Il a alors relevé la tête vers le ciel [qui est la qiblah, la direction des invocations et non un lieu de résidence pour Dieu : Allah n’y habite pas et Il n’a pas besoin du ciel ni d’autre chose. Allah existe sans endroit]. Il a relevé la tête et a dit : Seigneur, mon Maître, je m’en remets à Toi pour tout ce qui me concerne, accepte-moi et fais-moi miséricorde. Il s’est ensuite dirigé vers sa mère en ayant changé de couleur, le cœur brisé et a dit : Mère, que fait-on de l’esclave qui s’était enfui lorsque son maître le retrouve ? Elle a dit : On lui donne des habits rugueux à porter, une nourriture grossière et on lui attache les mains et les pieds. Il lui a dit : Je voudrai une joubbah –sorte de cape fermée sauf de la tête et des bras– en laine et fais de moi ce qui est fait de l’esclave qui s’était enfui. Lorsque la nuit tombait, il se mettait à pleurer à chaudes larmes en se disant : Malheur à toi ô Dinar, peux-tu supporter le feu ? Comment t’es-tu exposé au châtiment du Tout-puissant ? Il demeurait ainsi jusqu’au matin. Sa mère lui dit alors : Aie de la pitié pour toi-même, mon fils. Il lui répondait : Laisse-moi donc me fatiguer un peu, puissé-je me reposer longtemps, mère. J’ai demain une longue station pour le jugement du Seigneur glorieux et je ne sais pas s’il sera ordonné que je sois dans une ombre dense (au paradis) ou bien dans la pire station (en enfer). Elle lui disait : Mon fils, prends donc une pause. Il disait : Je ne recherche pas la pause. C’est comme si tu voyais, mère, les créatures demain être conduites au paradis et moi être conduit en enfer avec ses habitants.
Elle le laissait alors dans son état. Il se mettait à pleurer, à s’adonner aux actes d’adoration et à la récitation du Qour’an. Un soir, il a récité :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93]. Il médita au sujet de cette ayah éminente :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et se mit alors à pleurer jusqu’à l’évanouissement. Sa mère l’avait alors appelé mais il ne lui répondit pas. Elle lui dit alors : Mon chéri, toi la prunelle de mes yeux, où sera notre rencontre ?
Il lui dit d’une faible voix : Mère, si tu ne me trouves pas dans les stations du jour du jugement, demande après moi auprès de Malik l’ange en charge de l’enfer. Puis il poussa un soupir après lequel il mourut, que Allah lui fasse miséricorde.
Sa mère lui fit alors le lavage funéraire, elle le prépara et sortit appeler les gens en leur disant : Ô vous les gens, venez tous pour faire la prière funéraire pour celui qui a été tué par le feu. Les gens étaient venus de toute part. On ne vit pas autant de gens ni de larmes plus abondantes que ce jour-là. Après l’avoir enterré, un de ses amis l’a vu dans le rêve la même nuit marcher au paradis portant sur lui une belle cape verte et il récitait :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et il disait : Par Sa gloire et Son honneur, Il m’a interrogé, Il m’a fait miséricorde, Il m’a pardonné et a effacé mes péchés. Informez-en ma mère.
Ô Allah pardonne-nous, fais que le Qour’an soit le printemps de nos cœurs, la lumière de nos regards et de nos organes, ô Toi le Seigneur des mondes.
Cours général : la description du Prophète
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré au sujet du Prophète :
[ وإنَّكَ لعلى خُلُقٍ عظيم]
ce qui signifie : « Tu as certes un comportement éminent » [sourat Al–Qalam / 4]. Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de ^A‘ichah, dans la description du Messager de Allah r :
((كانَ خُلُقُهُ القرءانَ))
c’est-à-dire : celui qui veut connaître le caractère du Prophète, qu’il récite le Qour’an et qu’il le comprenne. Tout caractère de bien, que Allah a ordonné dans le Qour’an, fait partie des caractères du Messager de Allah r.
D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, lorsqu’elle a été interrogée au sujet du comportement du Messager de Allah r, elle a dit : « Il n’était pas vulgaire et n’était ni de ceux qui recherchent la vulgarité, ni de ceux qui crient dans les marchés. Il n’était pas non plus de ceux qui répondent au mauvais comportement par un mauvais comportement. Bien au contraire, il pardonnait et excusait ».
Notre Prophète r était celui qui avait le plus beau des caractères et le plus beau des aspects. Al-Bara‘ Ibnou ^Azib a dit dans la description du Messager de Allah r : « Le Messager de Allah r avait le plus beau visage et le meilleur caractère ». Pour ce qui est de la description du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam qui a été rapporté dans le livre de hadith : « Il était de taille moyenne, il n’était pas petit, il était plutôt grand, il avait les épaules larges, il était d’une couleur blanche teintée de rougeurs. Son visage était lumineux ». Al-Bayhaqiyy et At–Tabaraniyy ont rapporté de Abou ^Oubaydah fils de Mouhammad fils de ^Ammar fils de Yaçir qu’il a dit : « J’ai dit à Ar-Roubayyi^ fille de Mou^wwidh : Décris-moi le Messager de Allah r, elle a répondu : Si tu le voyais, tu dirais le soleil levé ». At-Tirmidhiyy a rapporté ainsi que Ahmad d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Je n’ai rien vu qui soit plus beau que le Prophète r, c’est comme si le soleil parcourait son visage ». Le Prophète r avait des sourcils fins, pas épais du tout ; il avait de grands yeux et des cils fournis. Ses paume des mains et la plante de ses pieds n’étaient pas maigres, ses avant-bras étaient longs et son ventre, plat, ne dépassait pas le niveau de sa poitrine. Sa voix était forte on n’y remarquait pas de faiblesse. Dans le blanc de ses yeux, il y avait de fins traits rouges. Abou Hourayrah de qui nous tenons la description précitée a ajouté : « Je ne lui ai jamais vu de semblable ni avant ni après lui ». Son nez était fin et haut, son front était large et plat. Les cheveux du Prophète r étaient bien noirs, il avait à peine vingt cheveux blancs et tout le reste de ses cheveux avait gardé leur couleur noire d’origine. Le Prophète r avait pour particularité d’avoir une bonne odeur, qu’il se soit parfumé ou pas. Un des compagnons du nom de ^Ouqbah Ibnou Ghazwan avait eu un jour une maladie, de la taille d’une pièce d’un dirham, il se frottait beaucoup à cet endroit et cela l’angoissait et le dérangeait sérieusement. Le Prophète r lui avait dit d’enlever le vêtement qui recouvrait cette partie de son corps et avait posé dessus sa main honorée r. C’est alors que cette partie de son corps était restée parfumée jusqu’à la fin de sa vie. Il avait quatre épouses, chacune essayait de se parfumer plus que l’autre, mais c’était lui qui sentait le meilleur parfum sans même se parfumer parce que le Messager de Allah avait passé sa main sur son corps pour enlever la douleur qui l’avait affecté. Le Messager de Allah r a guéri ce compagnon et le parfum est resté jusqu’à la fin de sa vie sans qu’il ne se parfume, il conserva une odeur meilleure que le musc, l’ambre ou tout autre parfum.
Que l’on sache qu’il est possible de voir le Prophète r dans le rêve sous son véritable aspect, l’aspect dans lequel nous l’avons décrit. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Qatadah qu’il a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
)) مَنْ رءاني في المنامِ فقد رأى الحقَّ لأنَّ الشيطانَ لا يتزَيَّا بي ))
ce qui signifie : « Celui qui me voit dans le rêve m’aura vu véritablement, car le chaytan ne prend pas mon apparence ». C’est-à-dire : celui qui le voit sous sa véritable apparence dans le rêve aura vu le dernier des prophètes et ce, car Allah ta^ala ne donne pas au chaytan la capacité de prendre l’image du Prophète r.
Que l’on sache également que si quelqu’un voit le Prophète r dans le rêve, ce sera pour lui une annonce de la bonne nouvelle qu’il mourra sur la foi. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète r a dit :
(( مَن رءاني في المنامِ فَسَيَراني في اليقظةِ ))
ce qui signifie : « Celui qui m’a vu dans le rêve, me verra à l’état d’éveil ». L’explication en est que la vision dans le rêve du Messager de Allah comporte une grande annonce de la bonne nouvelle à savoir que nécessairement celui qui l’a vu dans le rêve le verra à l’état d’éveil même si celui qui le voit n’était pas musulman au moment du rêve ; nécessairement il entrera en Islam et verra le Messager de Allah à l’état d’éveil avant de quitter ce bas-monde. Il a été rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue ce qui est arrivé à un homme des prédécesseurs, c’est-à-dire ayant vécu dans une époque relativement proche de celle du Messager de Allah r, environ cent cinquante ans après l’Hégire, du nom de Al-Haçan Ibnou Hay. Cet homme faisait partie des savants qui œuvraient pour la religion parmi les gens spécialiste du hadith et il était pieux. Il avait un frère qui lui était semblable. Lorsque Al-Haçan Ibnou Hay fut sur son lit de mort, son frère l’a entendu réciter la parole de Allah ta^ala :
]وَ مَن يُطِع الله والرسولَ فأولئك مع الذينَ أنعمَ اللهُ عليهم من النبيين والصِدِّيقين والشهداءِ والصالحين وحَسُنَ أولئكَ رفيقا[
ce qui signifie : « Ceux qui obéissent à Allah et au Messager seront avec ceux que Allah a comblés de grâces, parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux, et quelles belles compagnies que celles-là » [sourat An-Niça‘ / 69]. Son frère qui se tenait à ses côtés lui a dit : « Ô mon frère, est ce que tu récites ou qu’est-ce que tu fais ? ». Il lui a dit : « Non, je suis en train de voir le Messager de Allah r qui me sourit et qui m’annonce la bonne nouvelle du Paradis, je vois les anges et je vois les houris ». Voilà donc la promesse qui a été rapportée dans le hadith : celui qui a vu le Prophète dans le rêve, le verra à l’état d’éveil et cela veut dire qu’il le verra dans le bas-monde avant de mourir.
Nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous accorde la vision du Prophète dans le rêve, cette nuit.
Cours général : Le bon comportement
Allah tabaraka wa ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
} قل هل يستوي الذين يعلمون والذين لا يعلمون {
ce qui signifie : « Dis : Sont-ils équivalents ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? ». Les saints, les gens de la vérité, de la fidélité, de la pureté, ceux qui connaissent Allah ta^ala, les savants qui œuvrent, qui craignent Allah, qui font preuve de piété, qui se prosternent et s’inclinent, qui se sont embellis par le bon comportement, qui ont accouru pour accomplir le bien : ils se sont embellis par les bons caractères pour prodiguer le bien. Combien nous-mêmes, que nous soyons des individus ou des familles, que nous soyons des dirigeants ou des administrés, combien il convient que nous nous embellissions par le bon comportement et que nous accourions pour prodiguer le bien.
Il a été rapporté dans le hadith du Prophète r qu’il a répondu à son compagnon Abou Dharr, que Allah l’agrée, par ses recommandations honorables qui élèvent le degré de celui qui œuvre avec et s’y attache. En effet, Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih d’après Abou Dharr, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Mon Bien-aimé m’a recommandé des comportements de bien. Il m’a recommandé de regarder celui qui a moins que moi et de ne pas regarder celui qui a plus que moi. Il m’a recommandé d’aimer les pauvres, de me rapprocher d’eux, et il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère. Il m’a recommandé de maintenir les liens avec les gens de ma famille proche même s’ils ont pris des distances. Il m’a recommandé de beaucoup dire : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ».
Le bon comportement, agir en bien, fait partie des comportements du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam. ^A’ichah, que Allah l’agrée, a dit dans la description du Prophète r : « Il n’était pas vulgaire, il n’était pas indécent, il n’était pas de ceux qui levaient la voix dans les marchés et il ne répondait pas au mauvais acte par un mauvais acte mais il pardonnait ». Parmi les caractères du Prophète arabe honoré r, il y a ce qu’il a dit r pour nous éduquer et nous enseigner :
)) من كظم غيظا وهو يستطيع أن ينفّذه دعاه الله يوم القيامة على رؤوس الخلائق حتى يخيّره في الحور ما شاء ((
ce qui signifie : « Celui qui a étouffé une colère alors qu’il était capable de la laisser éclater, Allah ta^ala, au jour du jugement, lui donne à choisir parmi les femmes du paradis celles qu’il veut ».
Mes frères, ce sont-là des caractères du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam et ses recommandations. Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam, celui qui a le beau visage et le bon comportement nous a recommandé de prodiguer le bien, d’avoir le bon comportement. Quel est donc le bon comportement avec lequel nous devons nous embellir, individus et familles, savants, gouverneurs et gouvernés, enseignants et disciples ? Qu’est-ce qu’a dit ^Abdou l-Lah Ibnou Moubarak dans la description du bon comportement ? Il a dit : « C’est d’avoir les traits du visage souriants, de prodiguer du bien et de ne point nuire » Les leçons de morale dans la religion sont par ailleurs nombreuses mais ce qui est à prendre en compte, c’est d’en tirer des leçons pour soi-même et d’en être exhorté, et ce que nous avons cité, tout ce que nous avons mentionné est peu de choses, c’est comme le petit peu d’eau qui adhère à un fil que tu ressorts de l’eau après l’y avoir plongé. Les leçons de morale dans le Qour’an honoré et le hadith prophétique honoré, les propos des compagnons honorables et de ceux qui les ont suivis correctement sont autant d’exhortations, autant de leçons de morale louables. Pourquoi alors ces disputes, pourquoi ces séparations, pourquoi faire très mal à ses propres parents, pourquoi l’épouse ne satisfait-elle pas au droit de son mari et inversement, pourquoi beaucoup sont injustes envers eux-mêmes et envers les autres alors que les leçons de morale sont nombreuses, h hhh les exhortations sont nombreuses, les ayah du Qour’an, étant à ce sujet, claires, et les hadith sûrs confirmés et clairs. Ce qui est à prendre en compte, c’est d’agir conformément à ce qu’on a appris, ce que tu dois prendre en compte, c’est d’appliquer à toi-même ce que tu entends de la science de la religion et les règles de comportement selon la Loi de l’Islam. Oui le Prophète r a recommandé à Abou Dharr de regarder celui qui a moins que lui dans le bas-monde pour remercier les bienfaits de Son Seigneur et pour ne pas rejeter ou négliger les bienfaits que Allah t’a accordés. Ainsi concernant les choses du bas-monde, regardes celui qui a moins d’argent que toi, et celui qui n’a pas d’enfants et celui qui a plus d’épreuves que toi, et celui qui a des maladies plus graves que les tiennes, pour qu’en te considérant toi-même tu dises : Al-hamdou li l-Lah ^ala koulli hal, la louange est à Allah en toute situation.
Il a dit : « et que je ne regarde pas celui qui a plus que moi ». En effet, ceux qui regardent les gens que Allah a comblés de bienfaits, s’ils n’ont pas d’argent, s’ils n’ont pas d’enfants et n’ont pas une bonne santé, beaucoup vont œuvrer dans l’interdit pour obtenir plus de biens, pour que leur compte en banque augmente par exemple, ils ainsi frappent aux portes de l’interdit et ne se suffisent plus du licite. Voici le cas de certaines personnes qui sont source de dissension par leur insistance à vouloir plus, ils ne cessent de demander, de demander toujours plus, au point que l’homme en charge de la famille se noie dans l’argent interdit, jusqu’à ce qu’il se noie sous le poids des dettes après avoir essayé les paris d’argent en revenant perdant et déçu. Certains ne regrettent pas suite à ce qui leur arrive mais se laissent aller d’une affaire à une autre, allant de la fornication à la boisson de l’alcool, des paris d’argent jusqu’à faire des emprunts avec gain usuraire.
Est-ce que dans ce cas, les personnes qui lui demandent toujours plus protègeront celui qui a leur charge et qui a commis les péchés qui font mériter le supplice de la tombe ? Le sauveront-t-ils du supplice de la tombe si jamais il s’est sali avec de l’argent interdit, en étant injuste avec les gens pour satisfaire à leur demande en faisant ce que Allah ta^ala a interdit ?
Abou Dharr a dit : « Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam m’a recommandé d’aimer les pauvres et de me rapprocher d’eux ». Tiens la compagnie des gens de vertu afin que tes amis et les amis de tes enfants soient des gens de science et de vertu. Que les étudiants en science de la religion, les gens respectueux et polis qui ont le bon comportement, soient des amis pour toi et tes enfants. Ne tiens pas la compagnie des gens peu recommandables et n’autorises pas tes enfants à les fréquenter. Il en est de même pour ton épouse car la mauvaise compagne entraîne avec elle celle à qui elle tient compagnie. Beaucoup de pères sont dans une insouciance à cet égard, ils délaissent leurs enfants et sont surpris par la suite que leur fils est devenu le membre d’une bande qui fume du canabis ou consomme de la cocaïne, qui vend ou fait le trafic d’héroïne ou qui est surpris que sa fille est devenue l’habituée d’endroits suspects, que Allah nous préserve. Tout cela sous le prétexte de la civilisation.
Quant à la religion agréée par Allah tabaraka wa ta^ala, beaucoup pensent qu’elle n’est destinée qu’aux pauvres et aux miséreux, à ceux dont les cheveux sont devenus gris et qui sont au bord de la tombe. Ceux-là croient que la religion n’est destinée qu’à ces gens-là seulement. Les jeunes, les riches, les hommes et les femmes qui sont dans la force de l’âge, peu d’entre eux s’attachent à la Loi, aux jugements de la religion agréée par Allah.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère ». Remets en cause ton avis, remets en cause ton avis ! Ne sois pas de ceux qui ne retiennent que leurs propres avis ! Et que ton souci ne soit pas d’avoir un avis meilleur que celui de tes frères. Entraidez-vous pour le bien et la piété et ne t’attaches pas seulement à ton propre avis. Le Prophète r recevait la révélation et il demandait l’avis des autres.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de maintenir les liens avec mes proches même s’ils ont pris des distances ».
Combien de fois avons-nous recommandé en de nombreuses occasions, dans les discours des fêtes et autres, de maintenir les liens avec les proches. En effet, la dislocation de la société aujourd’hui et ce qu’elle endure comme dissensions et comme calamités a pour cause le fait de ne plus rester attachés par les liens de la religion, les liens fraternels que Allah ta^ala nous a incités de maintenir dans le Qour’an et que le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam nous a ordonnés. Certaines personnes ne connaissent même pas leur tante maternelle ou paternelle ni leur oncle maternel ou paternel. Celui-ci ne rend visite à son grand-père ou à sa grand-mère qu’après dix ans ou lorsqu’on lui envoie la feuille annonçant son décès. Il attend alors à l’extérieur de la mosquée pour demander: « Nous a-t-il laissé un quelconque héritage ? ».
Et Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire beaucoup : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ». En effet cette phrase délivre du chagrin par la volonté de Allah. Alors dis beaucoup : La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah : il n’y a de protection contre les désobéissances à Allah que par la préservation de Allah et il n’y a de force pour Lui obéir que par Son aide.
Fiqh : Le waswaas
Parmi les actes odieux, laids et repoussants, il y a le waswas – les mauvaises suggestions récurrentes – dont certaines personnes font preuve lors du takbir – la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel – ou lors de la récitation de la Fatihah. En effet, cela contrarie le khouchou^ – la crainte de Allah, présente dans le cœur –. Il arrive ainsi que l’homme ressorte de sa prière sans avoir senti le moindre khouchou^ pour Allah ta^ala. Il n’aura alors aucune récompense si ce n’est d’avoir fatigué son cœur puisque certains en ressentent les conséquences dans leur corps et leur esprit. Celui qui voit une telle personne sera dégoûté de son acte. C’est une chose qui peut même entraîner, si cela persiste et se prolonge, une perturbation dans l’esprit de la personne elle-même et peut même entraîner une faiblesse dans sa compréhension. Le cas qui présente le plus de gravité, c’est lorsque la personne est récemment entrée en Islam : certains musulmans ignorants voyant cela de la part de quelqu’un, trouvent la prière laide, surtout si celui qui est éprouvé par ce waswas montre l’apparence de quelqu’un qui pratique bien la religion. Celui qui le voit dit ainsi : si cette personne qui semble être quelqu’un qui pratique la religion, agit de cette façon, comment va-t-on devenir si on le suit lui et ses semblables ? Il cesse alors de faire la prière. Il se peut alors qu’il ait de mauvaises pensées au sujet du fondement même de la religion et qu’il en arrive jusqu’à l’apostasie par la croyance. Comme est donc mauvais un acte dont tout cela serait la conséquence. Ceci est une source de mauvaise compréhension des choses de la religion et c’est contraire au hadith : ((إن الدين يسر)) ce qui signifie : « Certes la religion est une facilité« .
Si encore il n’y avait de mal en cela que de priver du khouchou^ et de la joie provoquée par l’adoration de Allah : la prière est en effet un apaisement pour le cœur alors que celui qui est en proie au waswas en a fait le contraire puisqu’il ne ressent pas cet épanouissement du cœur, ce qui est à l’opposé de la prière d’une personne dont la prière est conforme à ce qui est méritoire. Le Messager a dit ((أرحنا بها يا بلال)) ce qui signifie : « Apaise-nous par elle Bilal« .
La signification en est que grâce à la prière, le cœur s’apaise et devient joyeux. Celui qui agit en ayant le waswas est privé de la bénédiction de la prière et de sa récompense jusqu’à ce qu’il la finisse. Celui qui persévère sur cela pendant des années et dont la vie se clôt sur cet état, il est tel celui qui n’a jamais accompli de prières.
Celui qui accomplit véritablement la prière c’est celui qui en état de prière a le cœur apaisé, calme, tranquille plus encore que lorsqu’il n’est pas dans l’accomplissement de la prière. Celui donc pour qui Allah veut un bien, aura le cœur joyeux lorsqu’il est en état d’accomplissement de la prière, joyeux par son imploration de son Seigneur et non pas angoissé ni inquiet.
Celui qui est éprouvé par ce waswas, en raison de son application à avoir présente l’intention qu’il est requis d’avoir pendant le takbir selon le madh-hab chafi^iyy, qu’il s’en détourne pour le madh-hab de Malik et qu’il se suffise de l’intention d’accomplir la prière obligatoire de adh–dhouhr ou de al-^asr par exemple avant le takbir, même quelques minutes avant. Elle est correcte ainsi selon Malik. Il en est de même pour celui qui est sujet à l’épreuve du waswas pour rectifier la prononciation des lettres, qu’il prenne l’avis du madh-hab de Malik en accomplissant la prière derrière quelqu’un qui récite correctement la Fatihah et qu’il se suffise de la récitation de son imam. S’il est seul, qu’il se suffise de bouger ses lèvres. Il lui est permis dans le madh-hab de Malik de réciter dans deux rak^ah et de ne pas réciter dans deux autres rak^ah. Chez eux [les malikiyy], il y a un avis qui dit que la récitation est suffisante dans le minimum c’est-à-dire dans une rak^ah de la prière de trois ou de quatre rak^ah. Ainsi, s’il est déjà requis pour l’aumône que la personne ait le cœur réjoui lorsqu’elle la donne, que dire de la prière qui est une imploration, par laquelle l’esclave implore son Seigneur ?
Si encore il n’y avait dans le waswas que l’éloignement des gens qui observent ces gestes exécrables. En effet certains de ceux qui sont en proie à ce waswas lèvent les bras lors du takbir d’une manière qui entraîne l’aversion, de même que lors de la prononciation de certaines lettres, au point que celui qui le voit s’imagine qu’il est fou ou perturbé dans son esprit. ‘Inna li l-Lahi wa ‘inna ‘ilayhi raji^oun. Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous rendrons des comptes au rassemblement.
Si elle était récitée ainsi dans le discours et que celui qui est éprouvé l’entendait, il ressentirait un malaise et aurait honte. De plus, dans le madh-hab de Malik il y a une facilité pour celui qui est éprouvé. Ainsi selon Malik il n’est pas une condition qu’il s’entende lui-même prononcer les lettres mais il lui suffit de faire bouger les lèvres. Compte ainsi parmi le conseil conforme à la Loi de guider et de montrer à celui que l’on voit agir ainsi d’abandonner le waswas et de ne pas le laisser persévérer sur cela. Il est arrivé à quelqu’un en proie au waswas de partir au Nil pour lever le grand hadath car il était jounoub, de s’y plonger puis de se dire : [le ghousl] n’est pas valable. Il a passé sa journée et il s’est dit : maintenant qu’il fait nuit, je reviendrai demain pour lever le hadath. L’eau du Nil ne lui a pas suffi. fin de citation.
Conseil : donner les uns aux autres
Conseil du Sultan pour s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah
Je vous recommande à nos frères de s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala.
Lorsque le musulman aime son frère et que son frère l’aime par recherche de l’agrément de Allah, non pas poru une raison de ce bas monde ni pour une proche parenté, il sera à l’ombre du Trône au jour du jugement, il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil.
Faire des dons les uns aux autres veut dire que l’un donne quelque chose et que l’autre donne quelque chose. Cela renforce l’amour. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit : » تهادوا تحابوا « (tahadou tahabbou) cela veut dire que si vous donnez des cadeaux et que l’un donne quelque chose à son frère et que l’autre lui donne quelque chose alors l’amour augmente. Je vous recommande de vous consacrer avec empressement à la science en apprenant et en enseignant car la science de Ahlou s-Sounnahc’est la vie de l’lslam.
Attachez-vous aussi à éviter les mécréances qui se sont propagées dans de nombreux pays et plsu particulièrement dans ce siècle. Le Hafidh Mourtada Az–Zabidiyy a dit dans le commentaire de ‘Ihya’ou ^Ouloumi d-Din : Un certain nombre d’imams des quatre écoles ont composé des écrits pour la présentation des paroles de mécréance.
Attachez-vous à l’indulgence car l’indulgence est la parure de la science. Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh.
Wa baraka l-Lahou fikoum wa saddada khoutakoum.
Soufi : conseil
Mon conseil pour toi :
Ce qu’a dit un soufi véridique
Quelque soit la faille ou le défaut que tu trouveras en ton frère, un défaut qui est prouvé sans aucun doute, alors porte lui le conseil en cachette, sans que ce soit au grand jour. Ne te laisse pas tromper par le chaytan de sorte à en venir à faire sa médisance.
Lorsque tu l’exhortes, ne le fais pas en étant content d’avoir pris connaissance de son défaut, de sorte qu’il te considère avec égard et respect et que tu le considères avec dédain et rabaissement ! Fais plutôt en sorte que ton objectif soit de le délivrer du péché. Sois triste pour lui tout comme tu serais triste pour toi si tu découvrais en toi-même un défaut. Il convient que tu préfères qu’il délaisse son défaut sans que tu ne l’aies à l’exhorter plutôt qu’il ne le délaisse parce que tu l’as exhorté.
Wa baraka l-Lahou fikoum wa saddada khoutakoum.
Fiqh : Adoption
La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordés à Mouhammad le pur et l’honnête.
La preuve à partir du Qour’an sur l’interdiction de l’adoption, est la parole de Allah ta^ala dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 4 :
Qui signifie : « Attribuez-les à leurs véritables pères. Ceci est plus juste selon le jugement de Allah. Si vous ne connaissez pas leurs pères, ce sont vos frères en religion et des gens de votre clan ».
Et Allah ta^ala dit dans sourat Al-‘Ahzab, ‘ayah 39 :
Ce qui signifie : « Mouhammad n’est le père d’aucun homme d’entre vous. Il est le Messager de Allah et le dernier des prophètes. Allah sait toute chose ».
Az–Zourqaniyy a dit dans Al-Mawahibou l-Ladounniyyah : « As-Soubkiyy a dit : c’est une parole réprouvable. Le Prophète r n’a été épris par l’épouse de personne. Le récit de Zaynab est que Allah en a fait, comme cela est cité dans sourat Al-‘Ahzab, une cause pour arrêter les gens de dire : (Zayd est le fils de Mouhammad) et également pour indiquer l’infondé et l’interdiction de l’adoption ».
Quant au hadith de Zaynab Bintou Jahch, la femme du Prophète r dans lequel elle disait : ((زَوَّجَكُنَّ أَهَالِيكُنَّ وَزَوَّجَنِيَ اللهُ مِنْ فَوْقِ سَبْعِ سَمَوَاتٍ)) (zawwajakounna ‘ahalikounna wa zawwajaniya l-Lahou min fawqi sab^i samawat) ce qui signifie : « [Ô femmes] ce sont vos familles qui vous ont mariées alors que moi, c’est Allah qui m’a mariée, mon mariage était inscrit au-dessus des sept cieux« . Ceci signifie que le mariage du Prophète avec elle est inscrit dans la Table Préservée, cette table qui est au-dessus des sept cieux.
C’est une écriture spéciale pour Zaynab. Ce hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Al-Bayhaqiyy. Il comporte la preuve que le Prophète a épousé Zaynab par révélation et sans tuteur ni deux témoins.
Le récit : Au début, le Prophète a adopté Zayd, avant la descente de la ‘ayah de l’interdiction. On l’appelait Zayd fils de Mouhammad. Son épouse était Zaynab Bintou Jahch. Zayd l’a divorcée. Puis la ‘ayah de l’interdiction est descendue. On l’appela par la suite : Zayd fils de son père. Après cela, le Prophète r l’a épousée. Elle est la fille de sa tante paternelle.
Et Allah sait plus que tout autre.
Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lah
Fiqh : La Preuve du Caractère Permis d’Organiser des Fêtes où l’on Chante les Eloges du Prophète
La Preuve du Caractère Permis d’Organiser des Fêtes où l’on Chante les Eloges du Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et de Jouer du Douff ainsi que d’Evoquer Allah dans la Rue et autres Informations Utiles
La louange est à Allah Qui a éclairé l’existence par la meilleure des créatures, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle, soient accordées à notre maître Mouhammad chaque fois que le mentionnent ceux qui l’évoquent et chaque fois qu’oublient de le mentionner ceux qui oublient.
A travers les époques apparaissent des gens qui prétendent la science et parlent au sujet de la religion ordonnée par Allah sans aucun droit, ils donnent des avis de jurisprudence sans science. Mais Allah ta^ala est Karim -Celui Qui dispense beaucoup de bien-. Il fait que cette religion de rectitude ait des héros qui la défendent et élèvent haut ses bannières de sorte que les jambes de ceux qui prétendent la science en tremblent, leurs paroles tombent comme des poussières dans le vent, et de sorte que les cœurs des croyants soient heureux par la parole des gens de la Vérité et leurs cœurs réjouis.
Organiser des assemblées de dhikr -d’évocation- sur les places et les voies publiques est une revivification d’une tradition que les gens ont failli oublier. Ainsi, beaucoup de personnes ont oublié d’invoquer Allah, de Lui obéir, c’est alors que ces bonnes fêtes sont venues pour réveiller les gens de leurs oublis, pour leur faire un rappel et les exhorter. Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Evoquez Allah debout et assis ». Et Allah dit ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, évoquez Allah de nombreuses fois et faites Son tasbih matin et soir ». Ainsi évoquer Allah ta^ala par une évocation correcte est une chose à laquelle la Loi incite. Les savants spécialistes de jurisprudence n’ont mentionné qu’une exeption, c’est que l’évocation de Allah par la langue dans les toilettes est une chose déconseillée. Mais dans la rue, aucun des savants moujtahid n’a dit que ce serait déconseillé. Ce qui a été rapporté au contraire dans le Qour’an, c’est d’évoquer Allah de nombreuses fois et il y a également de nombreux hadith relatifs à ces évocations dans différents lieux, comme dans le marché par exemple. L’ensemble de ces hadith indique que l’évocation de Allah dans la rue n’est pas une chose déconseillée mais que c’est bien une chose méritoire. Quant à aller faire une analogie entre la rue et les toilettes et ce qui est du même ordre au point que certains ont dit que les rues qui sont des lieux publics ne constituent pas un lieu respectable digne de l’évocation de Allah, cette analogie est infondée parce que c’est une analogie faite alors qu’il y a une grande différence. Et il est connu chez les débutants dans la science des fondements, que l’analogie (al-qiyas), c’est la fonction des moujtahid et que l’analogie a une condition, à savoir que la chose pour laquelle on fait l’analogie doit avoir un point commun avec la chose par laquelle est faite l’analogie. Puisque les conditions ne sont pas réunies ici, les paroles de ces gens-là sont donc telles du délire et les preuves les contredisent. Quant à la parole de certaines personnes prétendant la science de nos jours, qu’il y a des sons forts propagés par des hauts parleurs de sorte que cela représenterait une nuisance pour le malade et une gêne pour celui qui dort, on leur répond : comme il est surprenant l’état des gens de cette époque. Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Certes, c’est par l’évocation de Allah que les cœurs se tranquillisent ». Ainsi évoquer Allah et faire l’éloge de Son Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, est un repos pour le cœur des croyants. C’est un rappel pour celui qui oublie, qu’il soit malade ou en bonne santé. De plus, pourquoi celui qui prétend la science n’a-t-il pas utilisé sa langue et son stylo pour blâmer les fêtes de disco et de boîtes de nuit qui comportent des choses blâmables sans aucune divergence, et qui représentent une gêne pour celui qui est obéissant tout comme celui qui est désobéissant, le malade aussi bien que celui qui est en bonne santé. De même, ceux qui prétendent la science, si les sons de la musique leur plaisent et s’il leur déplaît de frapper sur le douff qui est permis, cela ne va pas changer les vérités de sorte que l’on aille blâmer l’usage du douff et se taire sur les choses interdites. Alors nous nous fions à Allah et c’est à Lui que nous nous fions hasbouna l-Lah wa ni^ma l-Wakil.
Nous avons encore en mémoire des scènes où celui qui prétend la science participe à des assemblées qui comportent des choses blâmables, sans aucune divergence entre les savants, comme les flûtes interdites et les danses des femmes pubères découvertes, alors que lui et ses pairs rient au point qu’on voit leurs dents et qu’ils battent des mains par dessus le marché. N’est-ce pas que cela peut suggérer aux gens du commun que ceci est une bonne chose à faire ? Pourquoi se satisfait-il, lui qui prétend avoir peur pour la religion des musulmans et pour le repos de leurs malades, pourquoi se satisfait-il de la musique bruyante et des chants qui sont accompagnés par ce qui contredit la Loi de l’Islam ? Nous nous rappelons ici le hadith du Messager de Allah, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés ce qui signifie : « Certes, Allah ne retire pas la science en la faisant sortir des poitrines des savants mais Allah ta^ala fait mourir les savants au point que les gens prennent des chefs ignorants et leur demandent des avis de jurisprudence, ceux-là leur donnent alors des avis de jurisprudence, s’égarant eux-mêmes et égarant les autres ». Nous demandons à Allah qu’Il nous préserve.
Ensuite, cet homme qui prétend la science, dit que l’usage du douff pour l’évocation de Allah, personne du Salaf -les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire – dans la communauté ni même du Khalaf -les musulmans qui sont venus plus tard- ne l’a fait et que si cela était un bien, ils nous auraient précédés en le faisant.
On lui répond : Si tu ne sais pas la vérité, alors ne discute pas de ce que tu ne connais pas, parce qu’ainsi tu donne la preuve de ta profonde ignorance et ainsi tu fais découvrir à ceux qui sont dotés de raison que tu es loin du degré des savants et encore plus de celui de moujtahid. Et peut-être ne connais-tu pas le sens de Salaf pour dire ce que tu dis ni même celui de Khalaf. Ainsi, Abou Dawoud dans ses Sounan a rapporté qu’une femme est venue au Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et lui a dit : « Ô Messager de Allah, j’ai fait le vœu (an-nadhr) de jouer du douff auprès de toi ». Il lui dit ce qui signifie : « Accomplis ce que tu as fait comme vœu ».
Quant à la prétention de certains que le douff ne serait permis qu’à l’occasion des mariages, cela est réfuté par des preuves, parmi lesquelles ce qu’a rapporté Ibnou Majah, que le Messager, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, passait dans un quartier de Médine et qu’il avait entendu des jeunes femmes jouer du douff et chanter. Elles disaient ce qui signifie : « Nous sommes des jeunes filles de Bani n-Najjar. Quel bon voisin que Mouhammad ! ». Il leur a dit ce qui signifie : « Allah sait que je vous aime » et c’est une preuve qu’il est permis de jouer du douff, même lorsqu’il est accompagné de l’éloge du Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. Sinon, comment le Messager aurait-il accepté qu’elles le fassent et comment aurait-il fait leur éloge ? Alors n’essaie pas de cacher le soleil avec ta main.
Ensuite, regardez ce qu’ont décrété les savants : dans Moughni l-Mouhtaj tome 4 p 429, il y a ce qui suit : « Il est permis de jouer du douff pour un mariage, pour une fête de circoncision et autre également, dans ce qui est le plus sûr et même si le douff comporte des pièces de cuivre ».
Ces gens qui renient le jeu du douff, renient cela aux gens de la vérité, à ceux qui font l’éloge du Messager, qui évoquent Allah dans la rue pour attirer davantage de gens, pour leur faire entendre des paroles qui sont de l’ordre de la croyance du Messager de Allah et de ses compagnons, et qui représente une chose que ceux qui prétendent la science ont oubliée aujourd’hui, eux qui veulent être au devant de la scène alors que l’envie a broyé le cœur. Au point que l’un d’entre eux qui prétend la science a dit qu’il enseigne aux gens du commun comment faire l’ijtihad dans l’école de Abou Hanifah ! Ceux-là ont délaissé le plus important. Ils ont laissé les gens alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ignorent beaucoup des choses indispensables, pour en arriver finalement à renier ce qui est permis et même ce qui est obligatoire dans certains cas, ou alors pour brandir leurs épées en direction de cibles que Allah sait, ou pour renier ce qui est sujet à divergence entre les moujtahid. En contrepartie, ils se taisent devant les assimilateurs (les mouchabbihah), qui assimilent Allah à Ses créatures, ceux qui sèment le mal sur terre, ceux qui jouent de la religion. Ils ont également négligé de répliquer à ceux qui renient l’invocation en faveur du Prophète à haute voix après l’appel à la prière. Pourquoi font-ils cela ? Ces gens-là sont entourés de beaucoup de points d’interrogation que les gens dotés de raison devraient connaître.
Au point qu’ils sont allés jusqu’à rendre haram l’usage du douff s’il accompagne l’éloge du Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, et l’évocation de Allah, ils ont considéré cela comme un mal dont les conséquences sont graves. Alors qu’en réalité, laisser de pareilles personnes semer le mal sur terre, c’est bien cela qui serait dangereux et qui aurait des conséquences qui ne sont pas louables. Il convient d’être en garde contre ceux-là qui ont frappé à la porte des gens du commun, soit avec un habit qui cache leur for intérieur soit avec des paroles sans preuve, pour soutenir le faux.
Enfin, ce prétendu homme de science a posé comme condition que l’évocation de Allah et l’éloge du Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, soient en langue arabe littéraire. Mais regardez ce qu’ont rapporté Ibnou Hibban dans son Sahih ainsi que l’Imam ‘Ahmad dans son Mousnad d’après ‘Anas Ibnou Malik : « Les gens d’Abyssinie dansaient, chantaient et disaient dans leur langue (Mouhammad ^abdoun salih) : « Mouhammad est un esclave vertueux. » Il a demandé ce qui signifie : « Que disent-ils ? » On lui répondit : « Ils disent Mouhammad est un esclave vertueux » et dans une autre version, ils disaient : (Abou l-Qacim tayyib) ce qui signifie : « Le père de Qacim -le Prophète Mouhammad- est bon ». Ô toi lecteur, n’est-ce pas que les gens d’Abyssinie avaient fait l’éloge du Prophète tout en dansant et ils ont fait son éloge dans leur langue qui n’est pas l’arabe littéraire. Maintenant, où aller après cela ?
Certains de ceux qui prétendent la science, prétendent que l’innovation dans la religion c’est toute chose pour laquelle il n’y a pas eu de preuve légale, alors que l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Les nouveautés parmi les choses sont de deux sortes : l’une, c’est ce qui est innové et qui contredit le Livre, la Sounnah, les textes des prédécesseurs parmi les compagnons ou l’Unanimité. Celle-là est l’innovation d’égarement. La deuxième, c’est ce qui est innové et qui fait partie des bonnes choses, qui ne comporte pas de contradiction ave aucun de ceux-là et cette nouveauté-ci n’est pas blâmable ».
L’innovation (al-bid^ah) se partage donc en deux catégories comme on le comprend du hadith de ^A’ichah, que Allah l’agrée, qui a dit : Le Messager de Allah, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, a dit [rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui innove dans notre religion ce qui n’en fait pas partie, cela est rejeté ».
La première catégorie, c’est la bonne innovation (al-bid^atou l-haçanah), qui s’appelle as-sounnatou l-haçanah,-la bonne tradition-, c’est la nouveauté qui est en accord avec le Qour’an et la Sounnah. La bonne innovation n’entre pas dans le cadre de la parole du Messager de Allah, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, ce qui signifie : « Et toute nouveauté est innovation et toute innovation est égarement ». Ce hadith compte en effet parmi les expressions qui ont une portée générale tout en étant en réalité spécifiées (al-^ammou l-makhsous). La spécification d’une expression à portée générale, par un sens particulier est tirée à partir d’une preuve légale ou d’une preuve rationnelle qui est acceptée par tous les savants. Car si l’on délaissait cela, beaucoup de lois légales seraient perdues et il y aurait une contradiction entre les textes.
Quant à la mauvaise innovation (al-bid^atou s-sayyi’ah) qui s’appelle aussi as-sounnatou s-sayyi’ah -la mauvaise tradition-, c’est la nouveauté qui contredit le Qour’an et la Sounnah.
La commémoration de la naissance du Prophète , que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, fait partie de la première catégorie. Le premier à avoir innové le mawlid c’est le roi Al-Moudhaffar, le roi de ‘Irbil, au septième siècle de l’Hégire. Et tous les gens de science, qu’ils soient mouhaddith -spécialiste de la transmission du hadith- ou faqih -spécialiste de la jurisprudence-, tous ont approuvé cela et ont trouvé que c’était une bonne chose au point que certains ont composé pour le mawlid un récit de la naissance du Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. Le roi Al-Moudhaffar avait préparé pour l’occasion beaucoup de nourriture et l’avait fait distribuer aux gens. Voilà maintenant que des gens parmi ceux qui prétendent la science aujourd’hui ont posé comme condition pour considérer qu’il est permis de réunir des gens pour un repas, que cela soit pour les deux fêtes ou pendant les jours de at-tachriq ! Or il n’y a aucune preuve pour interdire la réunion en d’autres occasions que celles-là, que ce soit pour le repas ou autre chose. Si tel était le cas, comment les musulmans – savants ou autres -, comment auraient-ils considéré ce qu’a fait Al-Moudhaffar comme étant une bonne chose ? Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Et ils donnent la nourriture au détriment d’eux-mêmes, à un pauvre, un orphelin et un prisonnier ». Allah ta^ala n’a pas posé comme condition dans ce don de nourriture que cela n’ait pas lieu lors d’une réunion de plusieurs personnes !
Certains également de ceux qui prétendent la science ont posé comme condition que la bonne tradition en question, c’est ce qu’a fait le Messager ou bien ses compagnons. Alors que le Messager, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, a dit ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition ». Le Prophète, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés, n’a pas dit : (à mon époque seulement ou à l’époque de mes compagnons après moi seulement). Pourquoi ceux-là qui prétendent la science veulent-ils limiter et restreindre la miséricorde de Allah qui est large ? Pourquoi ces gens-là, qui sont dans l’oubli, ne s’occupent-ils pas de réprouver ce qui est blâmable au lieu de renier ce qui est recommandé et légal ? D’autre part, ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, a dit : « Ce que les musulmans considèrent comme une bonne chose, alors c’est une bonne chose selon le jugement de Allah. Et ce que les musulmans considèrent comme une mauvaise choses, alors c’est une chose mauvaise selon le jugement de Allah ». Il n’a pas restreint cela, que Allah l’agrée, à une époques ou à une autre. Ainsi le jugement est conforme à ce que considèrent les musulmans et les choses ne sont pas fondées sur l’avis d’un groupe qui s’est singularisé de l’ensemble de la communauté. Abou Sa^id Al-Badriyy le compagnon a dit : « La communauté de Mouhammad ne sera pas unanime sur une hérésie ».
Qui plus est, l’écriture des points sur les lettres du Mous-haf n’a jamais eu lieu au temps du Messager. Ce n’est pas le Messager qui a ordonné de le faire ni même les compagnons. C’était un tabi^iyy, un homme de ceux qui sont venus après les compagnons qui s’appelle Yahya Ibnou Ya^mar, c’est lui qui a inscrit les points sur les lettres. Que vont dire ceux-là, qui sont des imposteurs dans la science, et qui n’en ont même pas senti l’odeur ?!!!
Ces mihrab concaves qui n’existaient pas au temps du Messager et que les musulmans jusqu’à nos jours construisent dans les mosquées, que vont-ils en dire ? Seul ce groupe égaré les a reniés. Mais c’est un groupe auquel on n’accorde aucune considération.
En conclusion, le conseil pour ceux-là, qui prétendent la science, c’est d’abandonner la voie déviée qu’ils ont prise et de se rappeler le jour du jugement, le jour où leurs actes leurs seront exposés. Quel sera leur état lorsque les livrets de leurs actes leurs seront exposés, alors qu’ils comporteront le reniement de ce qui n’est pas blâmable, la déviation, le changement et la modification ? Qu’ils se rattrapent et prennent la voie des gens de la vérité, et qu’ils s’occupent d’apprendre auprès des gens de la connaissance, ensuite qu’ils enseignent cela et qu’ils renient les choses dont le caractère blâmable ne fait l’objet d’aucune divergence comme le fait d’assimiler Allah à Ses créatures, comme le fait d’insulter Allah, ce que beaucoup de gens du commun ont pris pour habitude de faire, au lieu de dépenser tous leurs efforts pour combattre les gens de la vérité.
Et Allah ta^ala, c’est Lui Qui défend ceux qui ont cru. Et la dernière de nos invocations, c’est la louange à Allah le Seigneur des mondes.