Invocations : Evocations et invocations qui sont dites à des occasions diverses (première partie)
Evocations et invocations qui sont dites à des occasions diverses, qui nous sont parvenues du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et qu’il a incité sa communauté de dire
Ce que l’on dit au lit quand on veut dormir
Celui qui veut dormir il convient qu’il respecte certaines choses qu’il fasse le woudou’ comme s’il allait faire la prière et qu’il s’endort en ayant la purification, qu’il récite ‘ayat al-koursiyy et les deux dernières ‘ayah de sourat al-baqarah et qoul ya ‘ayyouha l-kafiroun et qu’il dort après avoir terminé sourat al-kafiroun s’il peut car c’est une protection contre toute forme d’association à Allah tout comme cela est parvenu du prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Il réunit ses deux mains il souffle dedans et il récite : qoul houwa l-Lahou ‘ahad, qoul ‘a^oudhou birabbi l-falaq et qoul ‘a^oudhou birabbi n-nas puis il passe la main sur ce qu’il peut atteindre de son corps. Il commence avec ses deux mains au niveau de la tête puis au niveau du visage et la partie de devant de son corps et cela trois fois.
Information utile : Soufler c’est à dire soufler sans qu’il y ait de salive. Il évoque Allah ta^ala dans son lit en disant : Soubhana l-Lah trente trois fois Al-hamdou li l-Lah trente trois fois Allahou ‘akbar trente quatre fois. Il pose sa main sous sa joue droite puis il dit : « Allahoumma bismika ‘amoutou wa ‘ahya ». Et il dit dans son lit : « Al-hamdou li l-Lahi l-ladhi ‘at^amana wa saqana wa kafana wa ‘awana fakam mimman la kafiya lahou wa la mou’wi ». Ce qui signfie : « La louange est à Allah Qui nous a donné à manger à boire, Qui nous a donné notre suffisance et Qui nous a abrités ; combien de ceux qui n’ont pas qui leur donne leur subsistance ni leur abri et il s’endort en évoquant Allah ».
Information utile : Parmi ce qui est parvenu sur le caractère bénifique de l’évocation de Allah ^azza wa jall lorsque l’on veut dormir : Il est parvenu dans le hadith sahih que celui qui va à son lit et qui occupe sa place viendra à lui un ange et un chaytan ; le chaytan lui dit : « Termine ton éveil par un mal » et l’ange lui dit : « Termine ton éveil par un bien ». S’il termine son éveil par un bien, l’ange le protège et le surveille toute la nuit ; il le protège contre le mal des jinn et autres. Le bien c’est comme de dire : « ‘astaghfirou l-Lah » ou bien : « La ‘ilaha ‘illa l-Lah » ou bien : « Soubhana l-Lah » ou ce qui est du même ordre.
L’invocation du message salla l-Lahou ^alayhi wa sallam quand il s’apprêtait à dormir : « Allahoumma rabba s-samawati wa rabba l-‘ard ; rabbana wa rabba koulli chay’in wa rabba l-^archi l-^adhim ; rabbana wa rabba koulli chay’ ; faliqa l-habbi wa n-nawa ; mounzila t-tawrati wa l-‘injili wa l-qour’an ; ‘a^oudhou bika min charri koulli dhi charrin ‘anta ‘akhidhoun bi nasiyatih ; ‘anta l-‘awwalou falaysa qablaka chay’ ; wa ‘anta l-‘akhirou falaysa ba^daka chay’ ; wa ‘anta dh–dhahirou falaysa fawqaka chay’ ; wa ‘anta l-batinou falaysa dounaka chay’ ; ‘iqdi ^anna d-dayna wa aghnina mina l-faqr ». Ce qui signifie : « Ô Allah le Seigneur des cieux et le Seigneur de la terre et le Seigneur du trône éminent notre Seigneur et le Seigneur de toute chose, Celui Qui fait pousser les graines et les noyaux Celui Qui a fait descendre At-tawrat, Al-‘injil et Al-qour’an ; on cherche la préservation contre le mal de tous ceux qui ont un mal et qui sont sous Ton pouvoir ; Tu es Al-‘awwal rien n’est avant Toi ; rien n’existe avant Toi et Tu es Al-‘akhir rien n’est après Toi. Tu es Adh–dhahir rien n’est au-dessus de Toi. Tu es Al-Batin rien n’est en dessous de Toi. Fais que nos dettes soient remboursées et accorde-nous une richesse de notre pauvreté ».
Information utile : Allah ta^ala existe sans endroit les savants ont dit : « Si Allah tabaraka wa ta^ala rien n’est avant Lui rien n’est après Lui rien n’est en dessous de Lui rien n’est au-dessus de Lui Il n’est pas dans un endroit c’est-à-dire que Allah existe sans endroit et sans direction ». L’Imam Zaynou l-^Abidin ^Aliyy Ibnou l-Houçayn que Allah l’agrée a dit : « Soubhanaka ‘anta l-Lahou la ‘ilaha ‘illa ‘ant ; la yahwika makan ; la touhass wa la toumass wa la toujass ». Ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection. Tu es Allah ; il n y a de dieu que Toi. Tu n’es pas contenu dans un endroit. Tu n’es pas perçu par les sens. Tu n’es pas touché. Tu n’es pas palpé ».
Ce que l’on dit pour un bon rêve
Celui qui souhaite avoir un bon rêve par la volonté de Allah ta^ala il s’endort en ayant le woudou‘ car avoir le woudou‘ qand on s’apprête à dormir est quelque chose de sounnah de recommandé puis il récite qoul ya ‘ayyouha l-kafiroun puis qoul ‘a^oudhou birabbi l-falaq et qoul ‘a^oudhou birabbi n-nas et qoul houwa l-Lahou ‘ahad. Puis il évoque Allah ta^ala jusqu’à s’endormir. S’il fait cela un des anges de Allah ta^ala reste à côté de lui pour le surveiller tout la nuit et son âme tout en restant attachée et en contact avec son corps elle se prolonge comme un fil pour passer la nuit sous le trône.
Ce que l’on dit lors de l’insomnie
Que ce que l’on dit pendant l’insomnie pendant la nuit : « Allahoumma gharati n-noujoum wa hada’ati l-^ouyoun wa ‘anta hayyoun qayyoum la ta’khoudhouka sinatoun wa la nawm ya hayyou ya qayyoum ‘ahdi’ layli wa ‘anim ^ayni ». Ce qui signifie : « Ô Allah les étoiles sont apparues les yeux se sont refermés et Tu es vivant Tu ne dors pas Tu es exempt de fin. Tu n’es pas atteint par la somnolence ni par le sommeil. Ô Toi Qui es vivant Toi Qui es exempt de fin fais que ma nuit soit calme et fais que mes yeux s’endorment.
Ce que l’on dit lorsqu’on se réveille lorsqu’on fait un cauchemar pendant la nuit ou dans le rêve
« ‘A^oudhou bikalimati l-Lahi t-tammati min ghadabihi wa ^iqabih wa min charri ^ibadih wa min hamazati ch-chayatini wa ‘an yahdouroun ». C’est-à-dire : « Je recherche la préservation par la parole de Allah contre Sa menace de châtiment, contre le mal de Ses esclaves et contre les attaques des démons et contre le fait qu’ils viennent à moi ».
Information utile : Cette évocation est à dire aussi pour celui qui se plaint d’insomnie et n’arrive pas à dormir pendant la nuit.
Ce que l’on dit lorsque l’on voit quelque chose qu’on n’aime pas dans le rêve
Il souffle de son côté gauche trois fois puis il dit : « ‘A^oudhou bi l-Lahi l-^adhimi min charri ch-chaytani wa min charri rou’yaya hadhih ». Ce qui signifie : « Je recherche la préservation par Allah l’éminent contre le mal du chaytan et contre le mal de ce rêve que je fais puis il tourne du côté opposé au côté qu’il occupait ».
Information utile : Celui qui fait cela par la volonté de Allah son rêve ne lui sera pas nuisible et qu’il n’en parle à personne ».
Ce que l’on dit quand on se réveille du someil
« Al-hamdou li l-Lahi l-ladhi ‘ahyana ba^dama ‘amatana wa ‘ilayhi n-nouchour ». La louange est à Allah Qui nous fait vivre après nous avoir fait mourir et à Lui le devenir ».
Ce que l’on dit lorsque l’on met pour la première fois un nouveau vêtement
« Allahoumma ‘inni ‘as’alouka min khayrih ; wa khayri ma houwa lah ; wa ‘a^oudhou bika min charrih ; wa charri ma houwa lah ». Ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande du bien de ce vêtement et du bien de ce pourquoi il est et je Te demande de me préserver de son mal et du mal pour lequel il peut être utilisé ».
Ce que l’on dit en sortant de chez soi
« Bismi l-Lah ; tawakkaltou ^ala l-Lah ; wa la hawla wa la qouwwata ‘illa bi l-Lah »
Je commence par le nom de Allah, je me fie à Allah. Il n’est de préservation et de force que par Allah.
« Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika ‘an adilla ‘aw ‘oudall ; ‘aw ‘azilla ‘aw ‘ouzall ; ‘aw adhlima ‘aw ‘oudhlam ; ‘aw ‘ajhala ‘aw youjhala ^alayy ». Ce qui signifie : « Ô Allah, je demande Ta préservation contre le fait d’égarer ou d’être égaré ou de glisser ou qu’on me fasse glisser ou que je fasse une injustice ou que je subisse une injustice ».
Ce que l’on dit lorsqu’on rentre chez soi
« Bismi l-Lah ; Allahoumma ‘inni ‘as’alouka khayra l-mawlaj wa khayra l-makhraj ; bismi l-Lahi walajna wa bismi l-Lahi kharajna wa ^ala l-Lahi rabbina tawakkalna ». Puis il passe le salam à sa famille. Ce qui signifie : « Je commence par le nom de Allah. Ô Allah, je Te demande la meilleure entrée et la meilleure sortie. Par le nom de Allah nous entrons et par le nom de Allah nous sortons et c’est à notre seigneur Allah que nous nous fions ».
Ce que l’on dit lorsqu’on entre dans les wc
« Bismi l-Lah ; Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika mina l-khoubthi wa l-khaba’ith ». Ce qui signifie : « Je commence par le nom de Allah. Ô Allah, je recherche la préservation par Toi contre le chaytan mâle et femelle ».
Information utile : La parole : « Bismi l-Lahi l-ladhi la ‘ilaha ‘illa houwa » ou bien « Bismi l-Lah » seule lorsqu’on ôte ses vêtements comporte une protection contre les yeux des jinn pour qu’ils ne voient pas les zones de pudeur des humains.
Ce que l’on dit lorsqu’on sort des Wc
« Ghoufranak, al-hamdou l li-Lahi l-ladhi ‘adhhaba ^anni l-’adha wa ^afani ». Ce qui signifie : « Ô Allah, je recherche Ton pardon, la louange est à Allah Qui a fait partir de moi ce qui aurait pu nuire à mon corps s’il restait dedans et qui m’a donné la bonne santé.
Information utile : La personne entre aux toilettes avec son pied gauche et en sort avec son pied droit.
Ce que l’on dit lorsqu’on termine le woudou’
« Achhadou ‘an la ‘ilaha ‘illa l-Lah ; wahdahou la charika lah ; wa ‘achhadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh ; Allahoumma j^alni mina t-tawwabin wa j^alni min l-moutatahhirin ». Ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah Lui seul ; Il n’a pas d’associé. Je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager. Ô Allah, fais que je sois au nombre de ceux qui font le repentir et fais que je sois au nombre de ceux qui se purifient.
Information utile : Celui qui dit cette invocation après avoir fait le woudou’ il lui sera ouvert dans l’au-delà les huit portes du paradis ; il y entrera de n’importe laquelle qu’il veut, comme l’a annoncé le prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Ce que l’on dit quand on se trouve dans une situation difficile et éprouvante
« Allahoumma la sahla ‘illa ma ja^altahou sahla wa ‘anta taj^alou l-hazna ‘idha chi’ta sahla ». Ce qui signifie : « Ô Allah, il n’est facile que ce que Tu as rendu facile et Toi Tu fais que la chose difficile si Tu veux devient facile».
Ce que l’on dit pour repousser l’injustice de l’injuste
« Allahou Allahou rabbi la ‘ouchrikou bihi chay’a ». à dire deux fois ce qui signifie : « Allah Allah est mon Seigneur je ne Lui attribue aucun associé ».
Ce que l’on dit pour celui qui a une subsistance difficile
Celui dont la vie devient difficile, il dit quand il sort de chez lui : « Bismi l-Lahi ^ala nafsi wa ^ala mali wa dini. Allahoumma raddini biqada’ika wa barik li fima qouddira li hatta la ‘ouhibba ta^jila ma ‘akhkharta wa la ta’khira ma ^ajjalt ». Ce qui signifie : « Je commence par le nom de Allah, j’évoque le nom de Allah sur ma personne mes biens et ma religion. Ô Allah, rends-moi satisfait de la destinée que Tu m’as prédestinée et accorde moi des bénédictions en ce que Tu m’as prédestiné afin que je ne souhaite pas la rapidité de ce que Tu as retardé ni le retard de ce qui va me parvenir rapidement.
Ce que l’on dit pour délivrer des tourments, la guérison des maladies et la victoire contre les ennemies
« Bismi l-Lah, rabbiya l-Lah, hasbiya l-Lah, tawakkaltou ^ala l-Lah, ‘i^tasamtou bi l-Lah, fawwadtou ‘amri ‘ila l-Lah, ma cha’a l-Lah, la qouwwata ‘illa bi l-Lah ». Ce qui signfie : « Par le nom de Allah je commence ; mon seigneur c’est Allah, je me fie à Allah, je me fie totalement à Allah, je recherche l’aide de Allah, je m’en remets complètement à Allah, ce que Allah veut est, il n’est de force que par Allah ».
Ce que l’on dit lorsqu’on entre dans la mosquée
« Allahoumma salli ^ala sayyidina Mouhammad ; salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ». Puis il dit : « Allahoumma ftah li ‘abwaba rahmatik ». Ce qui signifie : « Ô Allah, honore et élève d’avantage notre maître Mouhammad ; que Allah l’honore et l’élève d’avantage en degré et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ô Allah, ouvre moi les portes de Ta miséricorde ».
Information utile : Il est recommandé d’entrer dans la mosquée avec son pied droit après avoir dit : « Bismi l-Lah ».
Ce que l’on dit lorsqu’on sort de la mosquée
« Allahoumma salli ^ala sayyidina Mouhammad ; salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ». Puis il dit : « Allahoumma ‘inni ‘as’alouka min fadlik ». Ce qui signife : « Ô Allah, honore et élève davantage notre maître Mouhammad ; que Allah l’honore et l’élève d’avantage en degré et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Ô Allah, je Te demande de m’accorder de Tes bienfaits ».
Information utile : Il est recommandé de sortir de la mosquée avec son pied gauche.
Ce que l’on dit lorsqu’on entend l’appel à la prière
On répète la même chose que le mou’adhdhin mais lorsqu’il dit : « Hayya ^ala s–salat », « Hayya ^ala l-falah » on dit : « La hawla wa la qouwwata ‘illa bi l-Lah » puis il fait l’invocation en faveur du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam puis il invoque Allah ^azza wa jall en disant : « Allahoumma rabba hadhihi d-da^wati t-tammah wa s–salati l-qa’imah ‘ati mouhammadani l-wasilata wa l-fadilah ; wa b^athhou maqaman mahmoudani l-ladhi wa^adtah ». Ce qui signifie : « Ô Allah, Tu es le Seigneur de cet appel parfait et de cette prière, accorde à Mouhammad al-wacilah et le grand mérite et accorde lui al-maqam al-mahmoud que Tu lui as promis ».
Ce que l’on dit lorsqu’on oublie d’évoquer le nom de Allah ta^ala au début de son repas
Celui qui oublie d’évoquer Allah ^azza wa jall au début de son repas qu’il dise, quand il s’en rappel : « Bismi l-Lahi fi ‘awwalih wa ‘akhirih ». ou bien il dit : « Bismi l-Lahi ‘awwalah wa ‘akhirah ».
Ce que l’on dit lorsqu’on termine de manger et de boire
« Al-hamdou li l-Lahi l-ladhi ‘at^ama wa saqa wa sawwaghahou wa ja^ala lahou makhraja ». Ce qui signifie : « La louange est à Allah Qui nous a donné à manger et à boire et Qui a fait qu’il puisse passer à l’intérieur de notre corps et Qui a fait que cette nourriture ait une sortie ».
Ce que l’on dit lorsqu’on mange ou on boit près des gens
Quand il va manger chez les gens il invoque Allah ta^ala en leur faveur en disant : « Allahoumma barik lahoum fima razaqtahoum wa ghfir lahoum wa rhamhoum ». Ce qui signifie : « Ô Allah, accorde leur des bénédictions dans la subsistance que Tu leur as accordée. Pardonne-leur leurs péchés et fais leur miséricorde ». Et lorsqu’il rompt son jeûne chez des gens, il invoque Allah ta^ala en leur faveur en disant : « ‘aftara ^indakoumou s–sa’imoun wa ghachiyatkoumou r-rahmah wa ‘akala ta^amakoumou l-‘abrar wa tanazzalat ^alaykoumou l-mala’ikah ». Ce qui signfie « Que Allah fasse que les jeûneurs rompent leur jeûne chez vous que la miséricorde vous englobe que les pieux mangent de votre nourriture et que les anges descendent sur vous ».
Invocations : Ce que l’on dit à la fin des cinq prières
Ce que l’on dit à la fin des cinq prières
« ‘Astaghfirou l-Lah, ‘Astaghfirou l-Lah, ‘Astaghfirou l-Lah. Allahoumma ‘anta s-Salam wa minka s-salam tabarakta ya dha l-jalali wa l-‘ikram ». C’est-à-dire : « Je demande que Allah me pardonne. Je demande que Allah me pardonne. Je demande que Allah me pardonne. Ô Allah Tu es As-Salam et c’est de Toi qu’est la sauvegarde Tu es exempt d’imperfection ô Toi qui a Al-Jalal et Al-‘Ikram ».
On dit aussi : « Allahoumma ‘a^inni ^ala dhikrika wa choukrika wa housni ^ibadatik ». Ce qui signifie : « Ô Allah aide moi à t’évoquer à te remercier et à t’adorer correctement ».
On dit : « La ‘ilaha ‘illa l-Lah wahdahou la charika lah ; lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou wa houwa ^ala koulli chay’in qadir. Allahoumma la mani^a lima ‘a^tayt wa la mou^tiya lima mana^t ; wa la yanfa^ou dha l-jaddi minka l-jadd ». Ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Allah Lui seul n’a pas d’associé. À Lui la souveraineté ; à Lui les louanges et Il est sur toute chose tout puissant. Ô Allah nul n’empêche ce que Tu donnes et nul ne donne lorsque Tu prives et la richesse du riche n’est pas profitable au riche mais ce qui lui ai profitable c’est qu’il accomplisse l’obéissance ».
Et on dit : « La ‘ilaha ‘illa l-Lahou wahdahou la charika lah ; lahou l-moulkou wa lahou l-hamd ; wa houwa ^ala koulli chay’in qadir. La hawla wa la qouwwata ‘illa bil-Lah. La ‘ilaha ‘illa l-Lahou wa la na^boudou ‘illa ‘iyyah ; lahou n-ni^matou wa lahou l-fadlou wa lahou th-thana‘ou l-haçan ; la ‘ilaha ‘illa l-Lahou moukhlisina lahou d-dina wa law kariha l-kafiroun ». Ce qui signfie : « Il n’est de dieu que Allah Lui Seul n’as pas d’associé ; à Lui la souveraineté à Lui les louanges et Il est sur tout chose tout puissant ; il n’est de préservation et de force que par Allah ; il n’est de dieu que Allah ; Nous n’adorons que Lui ; à Lui les bienfaits ; à Lui les grâces ; à Lui les bonnes éloges ; il n’est de dieu que Allah ; nous somme sur l’Islam même si les mécréants le détestent.
« Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika mina l-joubni wa l-boukhl ; wa ‘a^outhou bika min ‘an ‘ouradda ‘ila ‘ardhali l-^oumour ; wa ‘a^oudhou bika min fitnati d-dounya wa ‘a^oudhou bika min ^adhabi l-qabr ». C’est-à-dire : « Ô Allah je Te demande de nous préserver contre le manque de courage et l’avarice et je Te demande de me préserver de la sénilité et je Te demande de me préserver des discordes de ce bas monde et je Te demande de me préserver du supplice de la tombe.
« Soubhana l-Lahi wa l-hamdou li l-Lahi wa l-Lahou ‘akbar ». Chacune trente trois fois puis tu dis : « La ‘ilaha ‘illa l-Lahou wahdahou la charika lah ; lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou wa houwa ^ala koulli chay’in qadir ». Une fois pour atteindre ainsi cent en tout. C’est à dire : « Il n’est de Dieu que Allah Il n’a pas d’associé à Lui la souveraineté à Lui la louange et Il est sur tout chose tout puissant ». Ou tu dis : « Soubhana l-Lahi wa l-hamdou li l-Lahi wa l-Lahou ‘akbar ». Chacune dix fois comme cela est parvenu du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Et tu dis ‘ayatou l-koursiyy : « Allah la ‘ilaha ‘illa houwa l-hayyou l-qayyoum la ta’khoudhouhou sinatoun wa la nawm lahou ma fi s-smawati wa ma fi l-‘ard man dha l-ladhi yachfa^ou ^indahou ‘illa bi ‘idhnih ya^lamou ma bayna ‘aydihim wa ma khalfahoum wa la youhitouna bichay’in min ^ilmihi ‘illa bima cha‘ wasi^a koursiyyouhou s-samawati wa l-‘ard wa la ya’oudouhou hifdhouhouma wa houwa l-^aliyyou l-^adhim » une fois. Sourat l-‘ikhlas, al- falaq et an-nas chacune une fois.
« Allahoumma ‘a^inni ^ala dhikrika wa choukrika wa housni ^ibadatik ». Ce qui signifie : « Ô Allah aide moi pour T’évoquer pour Te remercier et à T’adorer parfaitement ».
« Allahoumma j^al khayra ^oumouri ‘akhirah wa khayra ^amali khawatimah wa j^al khayra ‘ayyami yawma ‘alqak ». Ce qui signifie : « Ô Allah fait que le meilleur de ma vie soi sa fin et le meilleur de mes oeuvres c’est leurs fins et fait que le meilleur de mes jours c’est le jour ou je viens pour Ton jugement ».
« Allahoumma ghfir li dhanbi wa khatayaya koullaha Allahoumma ‘an^ichni wa jbourni wa hdini li salihi l-‘a^mali wa l-‘akhlaq ‘innahou la yahdi li salihiha wa la yasrifou sayyi’aha ‘illa ‘anta ». Ce qui signifie : « Ô Allah pardonne moi mes péchés et mes erreurs toutes. Ô Allah guide moi vers le meilleur des oeuvres et des comportements certe ne guide vers le meilleur et ne détourne du pire que toi ».
« Allahoumma ‘inni ‘a^oudhou bika mina l-koufri wa l-faqri wa ^adhabi l-qabr ». Ce qui signifie : « Ô Allah je te demande de me préserver contre la mécréance, contre la pauvreté et le suplice de la tombe ».
Celui qui fait la prière passe la main sur son front avec la main droite puis il dit : « ‘Achhadou ‘an la ‘ilaha ‘illa l-Lahou r-Rahmanou r-Rahim. Allahoumma ‘adhhib ^anni l-hamma wa l-hazan ». Ce qui signfie : « Je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah Ar-Rahman Ar-Rahim. Ô Allah éloigne de moi le tourment et le châtiment.
Après les deux prières de As–soubh et Al-maghrib il ajoute : « La ‘ilaha ‘illa l-Lah wahdahou la charika lah lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou youhyi wa youmit wa houwa ^ala koulli chay’in qadir ». Dix fois ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Allah Lui seul Il n’a pas d’associé à Lui la souveraineté à Lui les louanges c’est Lui qui donne vie c’est Lui qui fait mourir et Il est sur toute chose tout puissant ».
« Allahoumma ‘ajirni mina n-nar ». Sept fois ce qui signifie : « Ô Allah préserve moi du feu de l’enfer ».
Et il dit après la prière de As–soubh : « Allahoumma ‘inni ‘as’alouka ^ilman nafi^a wa ^amalan moutaqabbalan wa rizqan tayyiba ». Ce qui signfie : « Ô Allah je Te demande une science utile des actes qui sont acceptés et une subsistance bonne et bénie ».
« Allahoumma bika ‘ouhawil wa bika ‘ousawil wa bika ‘ouqatil ».
Information utile : Il est parvenu que celui qui dit après la prière de Al-Fajr et après la prière de Al-maghrib : « La ‘ilaha ‘illa l-Lah wahdahou la charika lah lahou l-moulkou wa lahou l-hamdou youhyi wa youmit wa houwa ^ala koulli chay’in qadir ». Dix fois et avant qu’il ne change de position qu’il avait lorsqu’il a terminé sa prière il lui sera écrit dix bonne actions particulière et il lui sera effacé dix mauvaises actions parmi les grands péchés et il sera protégé contre les mauvaises choses il sera parmi ceux qui seront en sécurité qui seront sereins et celui qui les récitent sera préservé du chaytan et contre la nuisance de la sorcellerie.
Information utile : Il est parvenu que celui qui accomplit la prière de As–soubh en assemblée puis qui est resté à évoquer Allah ta^ala jusqu’au lever du soleil puis il a fait deux rak^ah surérogatoires il aura une récompense comme un pèlerinage et une ^oumrah c’est-à-dire surérogatoires.
Conduite des pieux : Talhatou t-Talahat
Le récit du Gouverneur de Sijistane qui s’appelle Talhatou t–Talahat
Les gens des trois premiers siècles se consolaient les uns les autres grâce à ce que Allah ta^ala leur a accordé comme subsistance. Celui qui a connaissance de l’histoire, il saura qu’un homme a vécu dans le deuxième siècle de l’Hégire et était gouverneur de Sjistane, une des villes des pays non arabe qui s’appelle Sijistane. Cet homme était surnommé Talhatou t– talhat. Ce gouverneur était généreux, il était brave. On rapporte qu’il a fait marier cent femmes arabes de cette région avec cent hommes arabes en prenant en charge les mariages. Où trouve-t-on pareil à cet homme qui fait pareille chose ?!
Conduite des pieux : Abdou r-rahman Ibnou Abi Nou3oum
Le récit du Saint ^Abdou r-rahman Ibnou Abi Nou3oum, que Allah l’agrée
^Abdou r-rahman Ibnou Abi Nou^oum avait été emprisonné par AlHajjaj ibnou Youçouf. Il l’a mis en prison pour qu’il meure de faim. Il a voulu l’affamer et il a entouré la prison de gardiens pour que personne ne lui amène de la nourriture ou des boissons. Quinze jours plus tard, on ouvrit la prison dans laquelle il était. Ils l’ont trouvé debout en train de faire la prière. Allah tabaraka wa ta^ala lui a donné un plaisir sans manger et sans boire. Quinze jours durant, il s’adonnait aux actes d’adorations à Allah tabaraka wa ta^ala. Quand on apprit la nouvelle à AlHajjaj qu’il avait été trouvé debout en train de faire la prière alors que lui pensait qu’il était mort et qu’il était devenu un cadavre qui a pourri et qui a gonflé comme la plupart des gens. La plupart des gens, trois jours après leur mort, leur corps gonfle et il en sort du pus. Et l’odeur du mort habituellement est extrêmement puante. Quand ils l’ont vu contraire à cela AlHajjaj a pris peur et il l’a laissé, il ne l’a pas puni après cela. Il l’a laissé libre. Ce saint s’appelle ^Abdou r-Rahman ibnou Abi Nou^oum que Allah l’agrée et lui donne satisfaction.
Biographie : Dinar Al-3iyyar
Le fait de casser son âme, de délaisser les interdits et l’histoire de Dinar Al-^iyyar
On rapporte qu’un homme était connu sous le nom de Dinar al-^Iyyar. Et il avait une mère vertueuse qui l’exhortait. Mais lui, n’obéissait pas. Un jour, il était passé auprès d’un cimetière et en a pris un os qui s’est alors transformé en poussière. Il s’est mis à méditer. Il s’est adressé à lui-même en disant : « Malheur à toi Dinar, je t’imagine avec tes os qui sont devenus comme cela, de la poussière, ton corps également ». Il a regretté toutes ses défaillances et a eu la ferme volonté de se repentir. Il a levé la tête vers le ciel qui est la direction des invocations et non pas un lieu d’habitation pour Dieu et a dit : « Ô mon Dieu et mon Maître, je me remets à toi, accepte moi et fais moi miséricorde ». Puis il s’est dirigé vers sa mère, le teint blême, le cœur cassé en disant : « Mère, que fait-on de l’esclave qui a fugué lorsque son maître le rattrape ? » Elle lui a dit : « Il lui donne des habits rêches, et une nourriture qui n’est pas luxueuse. Et il lui met des chaînes aux pieds et aux mains. ». Il lui a dit : « Mère, je voudrais une Joubbah en laine et fais de moi tout comme l’on fait avec l’esclave qui a fugué. ». Elle a fait ce qu’il voulait. Lorsque tombait la nuit, il se mettait à pleurer, et il se disait en lui-même : « Malheur à toi Dinar, peux-tu supporter le feu de l’enfer ? Comment t’exposes- tu au châtiment du Tout Puissant ? ». Et il restait ainsi jusqu’au matin. Sa mère lui dit : « Mon fils, ménage-toi un peu ». Il lui a dit : « Laisse- moi me fatiguer un peu, pourrai-je me reposer longtemps par la suite. Mère, demain, je serai dans une station qui est très longue. Le jour de l’exposition des actes à mon Seigneur et je ne sais pas si l’on m’ordonnera d’aller dans un endroit à l’ombre du soleil ou à rester sous la chaleur du soleil ». Elle lui a dit : « Mon fils, accorde du repos à ton âme ». Il lui a répondu : « Je ne recherche pas le repos. C’est comme si demain mère, les créatures vont être emmenées au paradis et moi entraîné avec les gens de l’enfer ». Elle l’a laissé tel qu’il était. Il s’est mis à pleurer et il s’est consacré à l’adoration, à la récitation du Qour’an. Une nuit il a récité la parole de Allah [ 92 – 93 [سورة الحجر] Ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient »
Il a médité au sujet de cette Ayah éminente et il s’est mis à pleurer jusqu’à s’évanouir. Sa mère est venue à lui, elle l’a appelé mais il ne lui a pas répondu. Elle lui a dit : « Ô mon bien-aimé, la prunelle de mes yeux, où donc allons-nous donc nous rencontrer ? ». Alors il répondit d’une voix faible : « Mère, si tu ne me retrouves pas au jour du jugement, alors interroge Malik, l’ange gardien de l’enfer ». Puis il soupira fortement et il rendit l’âme, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde. Sa mère le lava, le prépara, et elle sortit en criant aux gens : « Venez faire la prière funéraire pour celui qui est mort par crainte de l’enfer ». Les gens accoururent de toute part. On ne vit pas un jour avec de plus nombreuses personnes, ni des larmes couler aussi longuement que ce jour là. Après l’avoir enterré, l’un de ses compagnons le vit dans le rêve cette nuit là en marchant dans le paradis en récitant la parole de Allah [ 92 – 93 [سورة الحجر] Ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient »
Et il disait : « Par la gloire de mon Seigneur, Il m’a interrogé, Il m’a fait miséricorde, Il m’a pardonné alors apprenez-cela à ma mère ».
Histoire : Le voyage noturne et l’ascension
Le rayon éclatant au sujet du miracle
du voyage nocturne et de l’ascension.
La louange est à Allah le Créateur de la terre et du ciel et j’invoque Allah pour qu’Il élève davantage en degré le meilleur de ceux qui ont marché sur cette terre et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle, celui-là même qui a eu le miracle du voyage nocturne, à qui fut accordé l’ascension et qui s’est élevé dans les cieux, ciel après ciel.
Certes le voyage nocturne et l’ascension font partie des miracles du Messager de Allah de ses miracles nombreux. Il est connu que Allah accorde aux prophètes des miracles éclatants, pour les appuyer et pour les confirmer dans ce avec quoi ils sont venus de la part de Allah ta^ala.
Mais malgré l’apparition de ces miracles et de ces signes manifestes comme le soleil au milieu de la journée, les méfiants les ont reniés et ont mécru en cela.
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Et lorsqu’ils voient un miracle, ils se détournent et ils disent, ce n’est que de la magie ».
Définition du miracle :
Les gens de la science ont dit : La voie pour connaître le prophète, c’est le miracle. Le miracle est une chose extraordinaire qui apparaît aux mains du prophète, sauve de toute opposition par ce qui est semblable ; ainsi quelque chose qui fait partie des choses surprenantes mais qui n’est pas extraordinaire n’est pas un miracle. De même, ce qui est extraordinaire mais qui n’est pas accompagné de la prétention à la prophétie, comme ces choses extraordinaires qui apparaissent aux mains des saints, cela non plus n’est pas un miracle mais cela s’appelle un prodige.
La chose à laquelle il est possible d’opposer quelque chose de semblable comme la magie ne compte pas parmi les miracles. En effet la magie, il peut lui être opposée une magie semblable.
Et le miracle est de deux catégories :
Il y a une catégorie qui a lieu après que des gens, l’aient demandé et une catégorie qui se produit sans demande de la part des gens.
Parmi les miracles qui sont arrivés à ceux qui ont précédé notre maître Mouhammad, il y a par exemple le feu immense qui n’a pas eu d’effet sur notre maître Ibrahim, puisque ce feu ne l’a pas brûlé, ni lui ni ses vêtements.
Il y a également la transformation du bâton de Mouça en un véritable serpent, puis son retour à son état initial après qu’il a dévoré les bâtons des magiciens que Pharaon avaient amenés pour s’opposer à Mouça. Ils avaient cru en Allah et avaient mécru en Pharaon. Ils avaient ainsi reconnu en Mouça qu’il était véridique en ce avec quoi il était venu.
Certes ce qui se produit sur les mains d’un prophète en tant que miracle est une preuve de sa véracité en tout ce qu’il rapporte en fait d’obligation d’adorer le Créateur, Lui seul, sans rien Lui associer, en fait d’obligation de la suivre dans les actes qu’Il leur ordonne.
Parmi les miracles qui se sont produits pour notre maître Mouhammad, il y a le gémissement du tronc de palmier sec. Le Prophète s’appuyait lorsqu’il donnait son discours contre le tronc d’un palmier, dans sa mosquée, avant qu’on lui fabrique un minbar. Lorsqu’on lui fabriqua le minbar et qu’il monta dessus, alors qu’il commençait son discours, debout sur le minbar, le tronc se mit à gémir au point que ceux qui étaient dans la mosquée entendirent son gémissement. C’est alors que le Messager de Allah descendit, le prit entre ses mains, et il s’était tu.
Parmi ses miracles il y a les animaux qui lui ont parlé, l’eau qui a jailli d’entre ses doigts, et tout ce par l’observation d’un grand nombre de témoins à plusieurs reprises.
Le miracle du voyage nocturne (Al-‘Isra’) et de l’ascension (Al-Mi^raj)
Certes le miracle du voyage nocturne et de l’ascension comptent parmi les plus éminents des miracles qui ont été accordés à notre Prophète.
Qu’elle est donc la réalité de ce miracle ?
Al-‘Isra’ selon la langue est un nom qui est extrait de ‘Asra à savoir le fait de voyager de nuit et les spécialistes de la langue s’accordent sur le fait que Sara et Asra ont le même sens. Mais d’autres, disent Asra c’est-à-dire qu’il a voyagé au début de la nuit et Sara c’est-à-dire qu’il a voyagé à la fin de la nuit.
Quant au Mi^raj Ibnou l-‘Athir a dit : Al-Mi^raj est comparable à un escalier, une échelle, c’est comme un instrument pour s’élever.
Al-Mi^raj est donc un nom extrait du verbe ^araja.
La carte du trajet du voyage nocturne
Le Messager de Allah voyagea donc de nuit, à partir de La Mecque, en passant par Médine l’Illuminée puis Tour Sayna’ ensuite Baytou l-Lahm pour finir à Al-Qouds en Palestine.
La Mecque et Médine se trouvent au milieu ouest de la péninsule arabique, près de la mer rouge. Quant au Tour Sayna’, il se trouve dans le Sahara de Sayna’ dans le Sud. Et Bethléem se trouve en Palestine du Sud, au sud de Baytou l-Maqdis.
Le récit du voyage nocturne
Le miracle du voyage nocturne est confirmé par le texte du Qour’an, et du hadith. Il est donc un devoir de croire que Allah a fait voyager de nuit le Prophète à partir de La Mecque honorée jusqu’à la mosquée Al-‘Aqsa’. Et les gens de la vérité ont été unanimes que le voyage nocturne s’était effectué par l’âme et le corps et pendant l’éveil. Les savants ont dit : « Celui qui renie le voyage nocturne, il aura démenti le Qour’an et celui qui a démenti le Qour’an, est mécréant ».
Ainsi le Prophète était endormi dans la maison de la fille de son oncle paternel ‘Oummou Hani’ qui s’appelait Fakhitah Bintou Abi Talib. Jibril vint et le prit jusqu’à la mosquée où il lui a ouvert la poitrine. Dans la version de Al-Boukhariyy d’après Malik Ibnou Sa^sa^ il a dit ce qui signifie : « Ensuite on ramena un récipient en or rempli de foi mon coeur fut ainsi lavé puis rempli et replacé ».
An-Nawawiyy a dit : cela signifie que le récipient contenait quelque chose par laquelle se réalisa une augmentation de la foi complète et de la complète sagesse. Quant au remplissage, il est possible qu’il ait eu lieu véritablement.
Al-Bayhaqiyy a rapporté d’après Chattat Ibnou ‘Aws, il a dit : « Nous avons dit, Ô Messager de Allah comment est-ce qu’on t’a fait voyager de nuit ? ».
Il a dit ce qui signifie : « J’ai fait la prière de la nuit avec mes compagnons, la prière de Al-^Aftama qui était obligatoire avant la révélation des cinq prières et Jibril m’a amené un animal blanc, de taille intermédiaire entre celle de l’âne et du mulet, il m’a dit : « Monte ». La bête s’est montrée rétive, alors il lui a pris l’oreille, il lui a murmuré quelque chose, puis il m’a installé sur elle. Elle nous a donc porté, posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Nous sommes ainsi arrivés dans une terre de palmiers, il m’a fait descendre à terre et il m’a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié. Puis nous sommes remontés il m’a alors dit : « Sais-tu où tu as prié ? » Je lui ai dit : « Allah, sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Yathrib tu as prié à Taybah Médine.
Elle nous a alors portés, posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Puis nous sommes arrivés dans une terre, il m’a dit : « Descends ». Je suis alors descendu, puis il a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié. Puis nous sommes remontés il a dit : « Sais-tu où tu as prié ? ». Je lui ai dit : « Allah sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Tourou Sayna’ là où Mouça a entendu la parole de Allah ^azza wa jall ». Puis elle nous a portés posant son sabot à l’extrémité de ce que sa vue atteignait. Puis nous sommes arrivés dans une terre où nous apercevions des palais. Il m’a dit : « Descends ». Je suis alors descendu, puis il a dit : « Accomplis une prière ». J’ai alors prié puis nous sommes remontés. Il a alors dit : « Sais-tu où tu as prié ? ». Je lui ai dit : « Allah sait plus que tout autre ». Il a dit : « Tu as prié à Baytou l-Lahm, là où est né ^Iça Al-Maçih Ibnou Maryam ». Entre notre maître ^Iça et notre maître Mouhammad, il y a eu environ six cents années. Puis nous nous sommes remis en route jusqu’à entrer dans la ville par sa porte qui est du côté du Yémen, c’est-à-dire qu’il s’agit ici de Al-Qouds. Il est alors allé jusqu’au rocher de la mosquée et il y a attaché sa bête. Puis nous sommes entrés dans la mosquée par une porte où l’on voit le soleil et la lune s’incliner. J’ai alors accompli des prières dans le lieu que Allah a voulu.
Allah ^azza wa jall a rassemblé pour notre maître Mouhammad tous les prophètes à Baytou l-Maqdis Jérusalem, depuis ‘Adam (‘Adam est le premier des prophètes messagers et il est le premier des humains et leur père) Allah ta^ala l’a créé de terre, puis en a fait un homme et Allah lui a fait se prosterner les anges par honneur et non par adoration, en raison de son haut degré qu’il a obtenu par la prophétie et le message et tous ceux qui sont venus après lui. Il a fait la prière avec eux en tant qu’Imam et cela comporte une preuve de son degré élevé, de son immense honneur et de son mérite.
Le Messager de Allah a dit [rapporté par An-Naça’iyy] ce qui signifie : « Puis je suis rentré à Baytou l-Maqdis Jérusalem, les prophètes ayant été rassemblés pour moi. Jibril m’a fait avancer et j’ai fait la prière avec eux en tant qu’Imam, puis on m’a fait monter dans le ciel ».
Parmi les choses surprenantes que le Messager de Allah a vu, lors du voyage nocturne
1/ Ceux qui faisaient le jihad dans la voie que Allah agrée. Il était passé auprès d’un peuple qui semait et récoltait, chaque fois qu’ils récoltaient, le champ redevenait tel qu’il était. Jibril a dit : « Ce sont là les Moujahid’.
2/ Il a vu ceux qui abandonnent la prière. Il a vu un groupe de gens dont les têtes sont écrasées puis redeviennent comme elles étaient. Elles étaient écrasées par un rocher puis redevenaient comme elles étaient. Jibril a dit : « Ce sont ceux dont les têtes s’alourdissent par paresse pour l’accomplissement de la prière ».
3/ Il a vu ceux qui consomment les biens des orphelins. Il a vu un groupe de gens dont les dents sont telles celles des chameaux. Ils mangent des pierres qui leur sortent de derrière. Jibril a dit : « Ce sont, là, ceux qui consommaient les biens des orphelins ».
4/ Il a vu ceux qui consomment le gain usuraire. Il est passé auprès d’un peuple dont les ventres sont tels des maisons. Toutes les fois que l’un d’eux essaie de se lever, il tombe. Jibril a dit : « Ce sont ceux qui consommaient le gain usuraire ».
Le récit de l’ascension
L’ascension (Al-mi^raj) est confirmée par le texte des hadith sûrs. Quant au Qour’an, il ne fait pas référence à l’ascension par un texte clair, mais il y est mentionné ce qui est un texte pratiquement clair.
Allah ta^ala dit [sourat An-Najm/ 13-14-15] ce qui signifie : « Et certes, il l’a vu une autre fois à Sidratou l-Mountaha, là où se trouve le paradis du refuge ».
L’histoire de l’ascension débute lorsque il lui fut installé pour le Prophète Al-Mi^raj qui est une échelle par laquelle le Prophète a été élevé dans le ciel. Dans Fathou l-Bari Tome 7 page 208 Ibnou Hajar a dit : « Ainsi dans la version de Ka^b il lui fut installé une échelle d’argent et une échelle d’or, ils s’élevèrent donc lui et Jibril. Et dans la version de Abou Sa^id dans « Charafou l-Moustafa » on lui amena une échelle du paradis, du Firdaws incrustée de perles, à sa droite les anges et à sa gauche les anges.
Il convient d’attirer l’attention sur un point extrêmement important, c’est que l’ascension est un honneur pour le Prophète, afin que Allah lui fasse découvrir certains sites et certaines créatures du monde céleste, du monde supérieur.
La finalité de l’ascension n’est donc pas que le Prophète parvienne à un endroit où finirait l’existence de Allah ta^ala, ceci est une croyance de mécréance qui contredit le sens de la ‘ilaha il-la l-Lah.
Que l’on sache aussi que Allah ta^ala est le Créateur des cieux, des sept cieux et le Créateur de tous les endroits, qu’Il existe sans qu’il y ait de commencement à son existence. Il existe avant la création des endroits sans ces endroits. Compte ainsi par mi les graves égarements et le mal, que la personne croie que Allah ta^ala existe dans un endroit ou dans tous les endroits ou qu’elle croie que Allah habite le ciel, qu’Il serait assis sur le Trône ou qu’Il serait proche de nous ou loin de nous par la distance. Allah est exempt de cela. L’imam ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Allah est de toute éternité et il n’y a pas d’endroit de toute éternité, Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » rapporté par Abou Mansour Al-Baghdadiyy. L’Imam Abou Ja^far At-Tahawiyy dans le livre Ar-^Aqidah t-Tajawiyyah a dit : « Il n’est pas délimité par les six directions contrairement à toutes les créatures ».
Parmi les choses surprenantes que le Messager de Allah a vu lors de l’ascension
1/ Il a vu Al-Baytou l-Ma^mour.
Il a vu dans le septième ciel Al-Baytou l-Ma^mour : c’est une maison honorée qui est pour les habitants du ciel, ce qu’est la Ka^bah pour ceux de la terre. Chaque jour y entrent soixante dix mille anges qui y font la prière puis en ressortent pour ne plus jamais y revenir.
2/ Le paradis.
Il a vu le paradis qui est la résidence de la félicité ininterrompue, éternelle pour les croyants. Il se trouve au-dessus des sept cieux. Il s’y trouve comme félicité ce qu’aucun oeil n’a jamais vu, ce qu’aucune oreille n’a jamais entendu et ce qui n’a jamais effleuré l’imagination d’aucun être humain. Parmi les choses que Allah a préparées comme félicité pour les musulmans pieux en particulier, et pour d’autres qu’eux parmi ceux qui entrent au paradis, comme félicité dans laquelle ils seront associés aux musulmans pieux.
Le Messager de Allah a dit au sujet des gens du paradis après leur entrée ce qui signifie : « Un ange appelle et dit « Vous serez en bonne santé, vous ne serez plus jamais malade, vous serez envie, vous ne mourrez plus jamais, vous serez jeunes, vous ne deviendrez plus jamais vieux, vous aurez une félicité et vous ne serez plus jamais attristés ».
3/ Sa vision de Allah ^azza wa jall par le coeur et non avec ses yeux : parmi les choses dont Allah a honoré Son prophète durant l’ascension, Il a ôté de son coeur le voile abstrait. C’est alors qu’il a vu Allah par le coeur, c’est-à-dire que Allah lui a donné dans le coeur la capacité de voir mais pas avec ses yeux car Allah n’est pas vu avec l’oeil qui va être anéanti dans ce bas-monde.
Le Messager de Allah a dit [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Et sache que vous ne verrez pas votre Seigneur avant de mourir ». Et Allah sera vu avec l’oeil qui est éternel, dans l’au-delà. Les croyants le verront, Il n’a aucune ressemblance avec les créatures, ils le verront sans endroit, ni direction, ni en face, ni avec une certaine distance, ni par le contact d’un rayon lumineux qui serait entre celui qui voit et Lui ^azza wa jall.
La preuve que le Messager de Allah a vu son Seigneur par son coeur deux fois lors de l’ascension réside dans ce qui est sûr d’après Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée, au sujet de Sa parole ta^ala ce qui signifie : « Le coeur n’a pas menti en ce qu’il a vu et certes, il L’a vu une autre fois ».
Il a dit : « Il a vu son Seigneur par le coeur à deux reprises ».
Remarque importante
Il convient d’attirer l’attention sur une chose : Certaines personnes prétendent mensongèrement que le Messager aurait entendu dans le ciel la voix de Abou Bakr, ceci est un mensonge et ce n’est pas vrai. De même, il convient de mettre en garde contre deux livres appelés Mi^raj Ibnou ^Abbas et Mawlidou l-^Arous : Ce sont deux livres attribués mensongèrement à Ibnou ^Abbas et à Ibnou l-Jawziyy qui sont ponctués d’égarements et d’histoires sans fondement.
Histoire : L’eau de ZamZam
L’Histoire de La Mecque et de la construction de la Mosquée Al-Haram
L’eau de Zam-Zam et ce pour quoi elle est bue
Il est indispensable alors que nous parlons de La Mecque honorée et de son histoire de faire une halte sur un vestige qui a une place éminente dans le cœur des musulmans, surtout que ce vestige a des caractéristiques que ne possède aucun autre que lui. Il s’agit de l’eau de Zam-Zam dans laquelle Allah ta^ala a mis une guérison et une bénédiction. Il n’y a pas de divergence entre les historiens que le premier à avoir fait apparaître l’eau de Zam-Zam sur terre c’est Jibril et que cela eut lieu lorsque le Prophète de Allah Isma^il avait eu soif étant encore enfant. Zam-Zam fut pour lui une boisson accordée par Allah ta^ala. Lorsque Allah ta^ala a fait paraître l’eau de Zam-Zam pour Isma^il, sa mère Hajar, c’était mis à l’endiguer de peur qu’elle ne tarisse. Si elle l’avait laissée, elle aurait été telle une source qui coule, comme l’a dit le Prophète. Mais l’eau de Zam-Zam est restée apparente. Les gens en ont tiré profit, à savoir les habitants de La Mecque, jusqu’à ce que Jaran prenne la charge de la Ka^bah et du Haram, le puits avait alors été recouvert. Des années passèrent, années après années, et des époques, époques après époques, jusqu’à ce qu’on perde toutes traces de cette eau. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Allah l’a fasse découvrir à ^Abdou l-Mouttalib Ibnou Hachim le grand-père du Prophète. Il eut une vision dans le rêve et il reçut l’ordre de la creuser à nouveau. Il lui fut donné des signes par lesquels il pouvait reconnaître l’emplacement de Zam-Zam et il creusa. Ceci eut lieu avant la naissance du Prophète alors que ^Abdou l-Mouttalib n’avait qu’un seul fils. D’autres savants ont dit que le creusement du puits avait eu lieu après la naissance du Prophète.
La profondeur du puits de Zam-Zam et la mention de ce qu’il comporte en tant que sources
Al-‘Azrouqiyy a mentionné que la profondeur de Zam-Zam depuis la surface jusqu’au fond est de soixante coudées et qu’au fond il y a trois sources proches de la Pierre Noire. La profondeur de sa source jusqu’à la montagne est de quarante coudées. Toutes sont construites et il n’en reste qu’une rocheuse qui est creusée. Quant à la description de l’endroit où il y a Zam-Zam c’est une sorte de pièce carrée concernant ses murs, il y a neuf bassins pour l’eau qui sont remplis à partir de l’eau de Zam-Zam et les gens y font leurs ablutions. C’est ce qui existait avant l’élargissement contemporaine. A côté de cette chambre il y avait un bassin rempli de Zam-Zam et elle possédait une porte du côté de As-Safa’ qui fut condamnée.
Par la suite à la place de ce bassin, on construisit une voie d’eau pour que les gens puissent en profiter et en boire. On construisit pour le pourtour de la chambre de Zam-Zam une vanne, sur laquelle fut inscrit le nom du sultan Soulayman de la descendance Ottomane. En l’an 948 de l’Hégire, la construction de la chambre de Zam-Zam fut rénovée. En l’an 1020 de l’Hégire, le Sultan installa à l’intérieur du puits une grille de fer. Puis la coupole de Zam-Zam fut rénovée en 1072 de l’Hégire et c’est en 1332 de l’Hégire qu’un autre grillage de fer fut placé. Le roi ^Abdou l-^Aziz de la famille de Séoud construisit deux voies d’eau à proximité de Zam-Zam et une toiture pour ceux qui viennent y boire. Puis il a renouvelé la construction de l’ancienne voie d’eau.
Les noms de Zam-Zam
Al-Faqih a dit : « Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Ibrahim a composé un écrit où il a mentionné d’après ses chaykh, les gens de La Mecque, et je l’ai transcrit à partir de son écrit à lui. Et il a dit : Ci-joint, les appellations de Zam-Zam qui sont : Amzatou-Jibril et Sakyou Isma^il, Ach-Charaq et Sayyidah, Barakah, Naffirah, Madnounah, ^Awnah, Bouchrah, Safihah, Barwah, ^Asmah, Falimah, Maymounah, Moubarakah, Kafihah, ^Afiyah, Mou^azziyah, Tahirah, Moufdah, Haramiyyah, Marfiyah, Mourwiyah, Mou’nisah, Ta^amouta^, Chifa’ou s-Saqam » fin de citation.
Ces noms ont été mentionnés par Yaqout Al-Hamwiyy
Parmi ces noms également les noms de Zam-Zam Amzatou-Jibril. C’est As-Souhayl qui l’a mentionné lorsqu’il a dit : on a mentionné que Jibril a frappé de son talon l’emplacement de Zam-Zam et que l’eau en a jailli. Frapper du talon ici c’est Amaza d’où le Amzatou-Jibril. Parmi les noms de Zam-Zam, il y a Sabas. Cela a été rapporté par Al-Faqih dans une nouvelle rapportée d’après ^Outhman Ibnou Sabah.
Il y a divergence au sujet de l’appellation sous le nom de Zam-Zam. On a dit que c’est en raison de son eau : Ibnou Hicham a dit : Zam-Zam chez les arabes c’est la pluie de la réunion. On dit aussi qu’elle a été appelée Zam-Zam parce qu’elle fut endiguée de terre (zamma) pour que l’eau ne coule pas à droite et à gauche. Si elle avait été laissée ainsi, elle aurait coulé à la surface dans toutes les directions. En rapportant de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, dans ce qu’a rapporté Al-Bayhaqiyy, elle a été appelée Zam-Zam parce que l’eau avait été préservée (Zam-Zam).
Les mentions des mérites de Zam-Zam et de ses spécificités
Al-Façiyy dans Chifa’ou l-Haram a dit : On nous a rapporté d’après At-Tabaraniyy avec une chaîne de transmission composée d’hommes dignes de confiance et dans le Sahih de Ibnou Hibban, le hadith de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, d’après le Prophète ce qui signifie : « La meilleure eau qui soit sur terre est l’eau de Zam-Zam ». Et on nous a rapporté le même sens que celui-là d’après ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, dans Tarikhou l-‘Azrouqiyy. Notre Chaykh le Hafidh Al-^Ala’iyy ? a cité que la sagesse qui réside dans le lavage de la poitrine du Prophète avec l’eau de Zam-Zam, c’est qu’Il en soit raffermi, afin de pouvoir voir les merveilles des cieux et de la terre, du paradis et de l’enfer. En effet, parmi les spécificités de l’eau de Zam-Zam il y a qu’elle raffermit le cœur et qu’elle atténue la peur, la terreur, la surprise » fin de citation. On nous a rapporté dans Tarikhou l-‘Azrouqiyy, d’après Ibnou ^Abbas : « Buvez de l’eau des pieux, des vertueux ». Et il a expliqué qu’il parlait de Zam-Zam. Le hadith de Ibnou ^Abbas d’après le Prophète qu’il a dit ce qui signifie : « Le penchant que nous avons pour l’eau de Zam-Zam est un signe distinctif pour distinguer entre nous et les hypocrites ». Et le Prophète lorsqu’il voulait honorer une personne par un cadeau, il lui donnait à boire de l’eau de Zam-Zam. D’après Ibnou ^Abbas il a dit : le Message de Allah a dit ce qui signifie : « L’eau de Zam-Zam est ce pour quoi elle est bue, si tu en bois en recherchant la guérison Allah te guérit et si tu la bois en cherchant à être repus, Allah t’auras repus et si tu la bois pour couper ta soif, Allah te la coupe ». Il s’agit ici de Amzatou-Jibril, c’est-à-dire de l’eau qui est sortie à la suite du coup du talon de Jibril et Saqyou l-Laah Isma^il, c’est-à-dire l’eau que Allah a accordée à Isma^il en boisson.
Et parmi ceux qui ont bu l’eau de Zam-Zam dans un but précis et qui l’ont obtenu, il y a l’Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée. Il l’avait bue pour avoir la science et il a atteint un haut degré, de même que pour être adroit dans le tir à l’arc et il atteignait 10/10 et 9/10. Parmi ce qu’a rapporté Al-Faqih d’après certaines gens de La Mecque, ce qu’il a vu à la Mosquée Al-Haram, de l’autre côté de la porte de As-Safa’ alors que les gens étaient réunis autour de lui. Il a dit : « Je m’étais rapproché, c’est alors qu’est venu un homme qui était malade. J’ai demandé ce qu’il avait, on m’a dit que c’était un homme qui avait bu quelque chose et que dans ce verre, il y avait une aiguille qui s’était retrouvée coïncée dans sa gorge. Il n’avait rien pu faire et il ne pouvait fermer sa bouche, l’homme était proche de la mort. Je suis parti, pour accomplir mes affaires et je l’ai retrouvé quelques jours après cela. Il n’avait absolument plus rien. Je lui ai dit : Comment as-tu fais ? Il a dit : J’ai bu de l’eau de Zam-Zam et je suis sorti comme j’étais sans que rien ne change, jusqu’à arriver à un pilier, j’y ai collé mon dos et j’ai dormi, je me suis réveillé de mon sommeil en ne sentant plus rien de ce qui m’était arrivé » fin de citation. Un savant a bu de l’eau de Zam-Zam pour différentes raisons, entre autres la guérison d’une maladie bien déterminée dont son ventre était atteint. Il en fut guéri sans autre médicament. Et il y avait aussi Ahmad Ibnou ^Abdou l-Lah Ach-Charifiyy celui qui travaillait à la Mosquée Al-Haram à La Mecque, il en avait bu pour guérir de la cécité qui lui était arrivée et il en fut guéri.
Mention des règles de comportement à respecter lorsqu’on en boit
Il est recommandé pour celui qui la boit de faire face à la Qiblah, de mentionner le nom de Allah ta^ala sue elle, de faire les louanges à Allah ta^ala et de faire l’invocation que faisait Ibnou ^Abbas lorsqu’il buvait l’eau de Zam-Zam. Ainsi dans Al-Moustadrak de Al-Hakim, Ibnou ^Abbas lorsqu’il buvait de l’eau de Zam-Zam disait : « Allahoumma, ‘inni ‘as’alouka ^ilman nafi^an, wa rizqan waçi^a wa chifa‘an min koulli da‘ » ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande une science utile, un bien élargi et une guérison de toute maladie » fin de citation.
La personne ne se limite pas à cette invocation mais invoque par ce que l’on veut des choses de l’au-delà dans son invocation en évitant d’invoquer ce qui comporte un tort.
Mention de la sagesse de la purification avec l’eau de Zam-Zam
Quant au jugement de la purification, ce qui est sûr par unanimité, d’après ce qu’a rapporté Al-Mawardiyy, An-Nawawiyy et l’école de Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, c’est qu’il est recommandé de faire al-woudou’ – la petite ablution – et al-ghousl – la grande ablution – avec l’eau de Zam-Zam. Al-Faqih a mentionné que les gens de La Mecque lavaient leurs morts avec l’eau de Zam-Zam. Lorsqu’ils finissaient de laver les morts, de les purifier et de les nettoyer par recherche de bénédictions, ils les relavaient avec l’eau de Zam-Zam par recherche des bénédictions. ‘Asna’ Bintou Abi Bakr As-Siddiq avait lavé son fils ^Abdou l-Lah Ibnou z-Zoubayr avec l’eau de Zam-Zam.
Mention de transfert de l’eau de Zam-Zam vers les pays
Quant au fait de la transporter, c’est une chose permise par accord des quatre écoles. Et c’est recommandé chez les Malikiyy et chez les Chafi^iyy. La différence avec les Chafi^iyy, c’est qu’entre l’eau de Zam-Zam et les pierres des deux Haram, il n’est pas permis de transporter les pierres du Haram mais il est permis de transporter l’eau de Zam-Zam, du fait que l’eau n’est pas une chose qui, étant prise ne se renouvelle pas. Cette différence a été indiquée par Ach-Chafi^iyy par ce qu’a rapporté de lui Al-Bayhaqiyy. Et ce qui est à l’origine du caractère permis de son transport, c’est ce qui est rapporté dans Jami^ou t-Tirmidhiyy d’après ^A’ichah qu’elle a transporté de l’eau de Zam-Zam dans des bouteilles. Elle a dit : « Le Messager a transporté l’eau dans des récipients puis en versait sur les malades et leur en faisait boire. »
Croyance : Traité et commentaire de Ibn 3Açaakir
LA BRILLANCE DES MINARETS
Une explication des termes du précis de croyance de Ibnou ^Açakir
Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
INTRODUCTION DU COMMENTATEUR
La louange est à Allah, le Créateur de la nuit et du jour, Celui Qui a élevé les sept cieux sans piliers, le Tout-Puissant, Celui Qui domine les créatures par la contrainte de la mort. Et que l’honneur, l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordés à notre maître Mouhammad l’élu, à sa famille pieuse et à ses compagnons excellents et purs.
Ainsi, la science de la croyance en l’unicité (tawhid) est la meilleure et la plus noble des sciences car elle concerne la plus honorable des connaissances, celle des bases de la religion. Allah ta^ala dit :
{فاعلم أنّه لا إله إلاّ الله}
[sourat Mouhammad/ ‘ayah 19] ce qui signifie : « Et sache qu’il n’est de dieu que Allah« . Et il a été rapporté de Al-Boukhariyy dans son Sahih de Abou Hourayrah que Allah l’agrée, que l’on a demandé au Messager de Allah : « Quelle est l’uvre la meilleure ? » Il a répondu :
((إيمان بالله ورسوله))
ce qui signifie : « La croyance en Allah et en Son Messager« .
Et certes les gens du Salaf [1] avaient un surcroît d’attention pour la science de la croyance en l’unicité (tawhid), de même que les gens du Khalaf [2] dépensaient un surcroît d’effort pour la faire comprendre aux gens, en leur présentant ses preuves par la raison et par les textes, au point que le très savant spécialiste du fiqh et de la science de al-kalam Mouhammad Ibnou Hibah Al-Makkiyy composa un ouvrage en vers dans la science du tawhid et le dédia au sultan combattant Salahou d-Din Al-‘Ayyoubiyy que Allah ta^ala lui fasse miséricorde. Celui-ci la reçu avec intérêt et alla jusqu’à ordonner de l’enseigner aux enfants dans les écoles. C’est donc pour toutes ces raisons que j’ai jugé utile de réaliser le commentaire du Précis du Chaykh spécialiste du fiqh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir le Chafi^iyy. Il s’agit d’un précis très concis. J’ai ainsi explicité ses termes et j’ai éclairci ses expressions à l’aide de mots brefs et simples, qu’il est facile aux enfants de comprendre et aux étudiants de mémoriser. Et je l’ai appelé :
La brillance des Minarets,
une explication des termes du précis de Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir .
مرشد الحائر في حلّ رسالة فخر الدّين ابن عساكر
Et je tiens à souligner que ce précis comprend la croyance des Gens de la Tradition Prophétique et de la Majorité (‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah), que c’est un résumé, comprenant la majorité des bases de la croyance et constituant une annulation des croyances de ceux qui prétendent faussement suivre les gens du Salaf (salafiyy) et qu’il est un éclaircissement de la croyance ‘Ach^ariyy qui est la croyance des compagnons et de quiconque les a bien suivis parmi les gens du Salaf et du Khalaf. Il s’agit d’un précis éminent qui a reçu l’éloge du traditionniste (hafidh) Salahou d-Din Khalil Ibnou Kaykaldiyy Al-^Ala‘iyy, que Allah lui fasse miséricorde, décédé en l’an 761 de l’Hégire qui l’a appelée « La Croyance Eclairée? qui guide » (Al-^Aqidatou l-Mourchidah). [Al-^Ala‘iyy] a dit : « Et l’auteur de cette Croyance Eclairée l’a écrite conformément au pacte de droiture, il a raison concernant ce dont est exempt Al-^Aliyyou l-^Adhim » fin de citation. Ceci a été rapporté par l’Imam Tajou d-Din As-Soubkiyy dans ses Tabaqat, il a approuvé l’auteur de l’avoir intitulé La Croyance Eclairée et il l’a énoncé dans sa totalité, disant en la terminant ce qu’il a écrit : « Ceci est l’ultime expression du précis de la croyance, il n’y a pas en lui ce que renierait un Sounniyy » fin de citation.
Et c’est sur cette croyance que s’est tenu notre chaykh et notre modèle le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy connu sous le nom de Al-Habachiyy dans la totalité de ses ouvrages traitant de la croyance. Que l’on soit donc en garde contre les perturbateurs payés et salariés par les assimilationnistes mouchabbih anthropomorphistes qui renient l’invocation de Allah par le degré d’une de Ses créatures honorées à savoir le tawassoul.
Pour finir, nous demandons au Seigneur, Celui Qui dispense beaucoup de bien, de nous accorder la réussite, l’effacement de nos péchés et le pardon, Il est certes sur toute chose tout puissant.
Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
Explication : Cela signifie : je commence par le nom de Allah ou : le commencement [de mon ouvrage] est par le nom de Allah (Bismil-lah). Ar-Rahman c’est-à-dire Celui Qui accorde beaucoup de miséricorde aux croyants et aux mécréants dans ce bas-monde et uniquement aux croyants dans l’au-delà ; Ar-Rahim c’est-à-dire Celui Qui accorde beaucoup de miséricorde aux croyants.
Le Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir que Allah lui fasse miséricorde, a dit :
Explication : L’auteur est Fakhrou d-Din Abou Mansour ^Abdou r-Rahmani bnou Mouhammadini bni l-Haçani bni Hibatil-lahi bni ^Abdil-lahi bni l-Houçayn Ad-Dimachqiyy connu sous le nom de Ibnou ^Açakir, le spécialiste du fiqh le chafi^iyy bien connu . Abou Chamah a dit : il n’y a pas parmi ses aïeux quelqu’un qui porte le nom de ^Açakir, ce n’est qu’une appellation par laquelle ils sont connus dans leur famille et qui pourrait provenir des mères de certains d’entre eux. Et il est celui dont l’oncle paternel est Abou l-Qaçim ^Aliyyou bnou l-Haçani bni Hibatil-lah Ibnou ^Açakir, le transmetteur de hadith (mouhaddith) de la région de Ach-Cham et son spécialiste en authentification du hadith (hafidh). Il est né en l’an cinq cent cinquante, comme il l’a consigné lui-même de sa main, dans une famille éminente et noble. Dès son enfance, il a donné, que Allah lui fasse miséricorde, une grande importance à la science. Il a étudié le fiqh chez Qoutbou d-Din Mas^oud An-Nayçabouriyy qui lui a marié sa fille. Il a reçu la science par transmission orale également de son oncle paternel Abou l-Qaçim et de Charafou d-Din ^Abdoul-lahi bnou Mouhammadini bni Abi ^Asroun et de ‘Oummou ^Abdil-lah ‘Asma‘ou bintou Mouhammadini bni l-Haçani bni Tahir et de sa sœur ‘Aminatou ‘Oummou Mouhammad et d’autres encore. Il a enseigné et transmis le hadith à La Mecque, Damas et Jérusalem (Al-Qouds) et en d’autres lieux. De nombreux savants renommés ont fait son éloge comme l’a rapporté Adh-Dhahabiyy dans As-Siyar et d’autres. De surcroît, Tajou d-Din As-Soubkiyy a dit dans Tabaqatou ch-Chafi^iyyah : « Il était celui que personne après lui n’a surpassé et qui a réuni la science et l’action. Ses contemporains furent d’accord à reconnaître son éminence dans l’intelligence et la religion« . Et Abou Chamah a dit dans Dhaylou r-Rawdatayn : « Afin de lui confier le poste de juge (qadi), Al-Mou^adhdham l’envoya chercher de nuit. Arrivé chez ce dernier, il l’accueillit et le fit asseoir à ses côtés. On présenta un repas mais il n’en prit rien. Il fit pression sur lui pour qu’il accepte la fonction de juge. Alors il dit : Je vais faire la prière de ‘istikharah. Quelqu’un présent avec lui m’a informé et a dit qu’il est rentré chez lui, il est entré dans sa petite demeure proche du mihrab des compagnons – c’est-à-dire dans la mosquée des Ouméyades. Il veilla donc toute la nuit dans la mosquée, faisant ainsi preuve de piété et pleurant jusqu’à l’aube. Au matin, ils vinrent le voir, il persista dans son refus et suggéra qu’on nomme Ibnou l-Harastaniyy à qui fut confiée cette tâche. Cependant, craignant d’être contraint, il avait apprêté sa famille pour le voyage. Son groupe d’étudiant sortit pour le canton de Halab. C’est alors que Al-^Adil -roi de Halab et parent de Al-Mou^adhdham- fut affecté par ce qui se passait, il s’attendrit et fit repartir les étudiants. Il lui dit : Désigne quelqu’un d’autre. Alors il lui désigna Ibnou l-Harastaniyy« . On cite ici l’un de ses poèmes :
Aie peur quand le soir d’espoir tu es rempli
Et espère si le matin de crainte tu es pris
Ô combien souvent de peines le temps amène
Pourtant, pour Allah, tant de choses amènes.
Et il est l’auteur de nombreux ouvrages dans le fiqh et le hadith. Il est décédé le dix du mois de Rajab de l’année 620 de l’Hégire et rares furent ceux qui n’assistèrent pas à ses funérailles. Il fut enterré dans le cimetière de As–Soufiyyah à Damas. Abou Chamah a dit : L’un de ceux qui étaient présent auprès de lui m’a informé et a dit : « Il a accompli la prière de adh–dhouhr et par la suite s’est enquis de la prière de al-^asr. Il a fait la petite ablution puis a dit les témoignages, il était alors assis et a dit : Raditou bil-lahi Rabba, wa bil-‘Islami dina, wa bi Mouhammadin~Nabiyya ce qui signifie : J’agrée Allah comme Seigneur, et l’Islam comme religion et Mouhammad comme Prophète. Que Allah me rende capable de déclarer la preuve de ma foi, qu’Il allège mon péril et accorde miséricorde dans mon isolement. Puis il a dit : Wa ^alaykoumou s-salam. Alors nous avons su que les anges étaient là et il est tombé sans vie » fin de citation. Et sa mort fut provoquée par la diarrhée, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Sache que Allah nous guide ainsi que toi-même qu’il est un devoir pour chaque personne responsable de savoir que Allah ^azza wa jall est unique dans Sa souveraineté.
Explication : La souveraineté, c’est la domination. Et cette première phrase signifie qu’il est un devoir pour toute personne responsable de croire catégoriquement, sans aucun doute, que Allah ta^ala n’a pas d’associé dans Sa domination, c’est-à-dire que ce monde n’appartient qu’à Lui, n’est régi par nul autre que Lui et n’a pas d’autre divinité que Lui. Et الواحد (Al-Wahid) l’Unique, lorsque ce nom est employé pour Allah signifie Celui Qui n’a aucun associé dans la divinité et Qui n’a aucun équivalent. Quant à la personne responsable, c’est le pubère, sain d’esprit, à qui est parvenu l’appel à l’Islam [dans une langue qu’il comprend].
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a créé l’univers dans sa totalité, le monde supérieur et le monde inférieur, le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy), les cieux et la Terre, ce qu’ils contiennent et ce qui se trouve entre eux.
Explication : Il entend par monde supérieur ce que contiennent les cieux et par monde inférieur ce que contient la terre. Cela signifie que toute chose dans ce monde, qu’elle soit dans les cieux ou dans la terre, au-dessus des cieux, entre les cieux et la terre ou sous la terre, tout ceci existe par la création de Allah ^azza wa jall, c’est Lui Qui l’a faite sortir du néant à l’existence. Cela inclut aussi bien les actes des esclaves [de Allah] que leurs intentions puisqu’ils font partie de ce monde. Allah ta^ala dit :
{وخلق كلّ شىء}
[sourat Al-Fourqan / ‘ayah 2] ce qui signifie : « Et Il crée toute chose« . Et ce qui est visé par ce qui est dans les cieux, ce sont par exemple les anges, ce qui est au-dessus c’est par exemple le paradis, ce qui est entre les cieux et la terre la lune et les étoiles, ce qui est sur la terre l’humanité et ce qu’il y a sous la terre l’enfer qui se trouve en effet sous la septième terre. Al-Hakim a dit : les versions à ce sujet sont sûres (sahih).
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Toutes les créatures sont dominées par Sa puissance, la plus petite particule ne bouge que par Sa volonté. Nul ne régit la création avec Lui et Il n’a pas d’associé dans la souveraineté.
Explication : Il vient par là que le Trône qui est le plus immense des corps par la taille est sous la domination de Allah ta^ala. Allah est Celui Qui l’a créé et placé en ce lieu très élevé. C’est Lui Qui le maintient à cet emplacement de sorte qu’il ne s’écroule pas sur les cieux et la terre qui sinon, seraient complètement détruits. Et ce qui est inférieur au Trône est à plus forte raison sous la domination de Allah. Allah ta^ala dit :
{وهو ربّ العرش العظيم}
[sourat At-Tawbah / ‘ayah 129] ce qui signifie : « Et Il est le Seigneur du Trône majestueux« . C’est Lui soubhanahou wa ta^ala Qui régit toute chose, c’est-à-dire Celui Qui modifie les choses conformément à Sa volonté et à Sa science éternelles. Ainsi, aucun mouvement ni aucune immobilité n’arrive dans ce monde sinon par Sa destinée ^azza wa jall. C’est Lui ta^ala Qui change les choses, Il change les cœurs comme Il le veut. S’Il le veut il détourne le cur de l’esclave et s’Il le veut, Il le maintient dans la droiture. Il a dit en effet ^azza wa jall :
{ونقلّب أفئدتهم وأبصارهم}
[sourat Al-‘An^am / ‘ayah 110] ce qui signifie : « Et Nous retournons leurs cœurs et leurs regards« . En outre, le Prophète a dit :
((اللهمّ مصرّف القلوب صرّف قلوبنا على طاعتك))
[rapporté par Mouslim et Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Ô Allah, Toi Qui retourne les curs, maintiens nos cur sur Ton obéissance« . Il n’y a donc pas de créateur régissant de façon globale toute les créatures sinon Allah. Quant à la gestion des détails telle que la gestion des anges de leurs tâches concernant la pluie, les nuages ou la végétation, conformément à ce que Allah a ordonné et voulu de toute éternité, il est permis de qualifier les créatures par de telles choses, conformément à ce que Allah a dit des anges :
{فالمدبّرات أمرا}
[sourat An-Nazi^at/ ‘ayah 5] ce qui signifie : « Par ceux qui régissent les choses« . Si donc le retournement des curs est sous la puissance de Allah, les actes extériorisés ? sont à plus forte raison des créatures de Allah. Et il n’en va pas comme le prétendent les Mou^tazilah que l’esclave créerait ses actes lui-même et que ce ne serait pas Allah Qui serait le créateur de toute chose. Que Allah les enlaidit davantage. Allah ta^ala dit :
{الله خالق كلّ شىء}
[sourat Az–Zoumar/ ‘ayah 62] ce qui signifie : « Allah est le créateur de toute chose« . Et le terme « toute chose » couvre les corps, les organes et les actes. L’esclave n’a pour lui rien d’autre que l’acquisition de l’acte et c’est Allah Qui le crée. L’acquisition de son acte signifie qu’il oriente sa volonté et sa force mais toutes deux sont des créatures, c’est Allah Qui crée cet acte par création c’est-à-dire qu’Il le fait advenir ? surgir du néant et le rend existant. Rien n’arrive sinon par le fait de faire exister propre à Allah et par Sa création. L’esclave que Allah a bien guidé par Sa miséricorde et Sa grâce observera la véritable nature de ses mouvements et de ses immobilités : Si je bouge ma main, j’en éprouve le mouvement et l’orientation de mon but pour ce faire, pourtant la raison et la Chari^ah imposent que moi-même, je n’en suis pas le créateur mais que ce mouvement qui m’est arrivé est bien une créature de Allah.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il est حيّ (Hayy) vivant, قيّوم (Qayyoum) Il ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence ni par le sommeil.
Explication : C’est que الحيّ (Al-Hayy) lorsque ce nom est employé pour Allah signifie qu’Il a une vie éternelle qui n’est pas d’esprit ? âme, de chair ou de sang. Quant à القيّوم (Al-Qayyoum), cela signifie qu’Il régit les créatures et non pas qu’Il est immanent à Ses esclaves, incarné en eux. Certains savants ont interprété Al-Qayyoum par l’Eternel, Celui Qui ne s’anéantit pas. La somnolence signifie l’assoupissement et le sommeil quant à lui est tel que l’esprit de la personne est absent, de sorte qu’elle n’entend pas la parole autour d’elle. Allah tabaraka wa ta^ala est donc exempt de tout cela comme Il le dit dans ‘ayatou l-koursiyy :
{الله لا إله إلاّ هو الحيّ القيّوم لا تأخذه سنة ولا نوم}
[sourat Al-Baqarah / ‘ayah 255] ce qui signifie : « Allah, il n’est de dieu que Lui, le Vivant, Celui Qui ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence, ni par le sommeil« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il connaît les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe dans la Terre et dans le ciel. Il connaît ce qui est dans la terre et ce qui est dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans un livre clair. Allah englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement.
Explication : Allah connaît les choses dans leur généralité et dans leurs détails. Il sait ce qui a existé et ce qui sera c’est-à-dire ce qui existera. Jusqu’au délice continuel du paradis qui ne s’interrompt pas, Allah le connaît de toute éternité, Il sait le caractère nécessaire de ce qui est obligatoire selon la raison, le caractère possible de ce qui est possible selon la raison et l’impossibilité de ce qui est impossible selon la raison. Et Il a soubhanahou wa ta^ala la science de Lui-même, de Ses attributs et de ce qu’Il a fait entrer en existence parmi Ses créatures, par une science unique sans début et sans fin qui ne change pas. Et certains mou^tazilah extrémistes -dont Abou l-Houçayn Al-Basriyy– ont dit : « Allah ne sait ce que fera l’esclave qu’après l’avoir créé », ceci est de la mécréance claire et c’est par Allah que nous en ? recherchons la protection. Allah ta^ala a fait descendre le Qour’an possédant des aspects équivoques comme une épreuve pour les esclaves. Les gens se sont séparés en deux classes, l’une explique les versets en question en les plaçant dans leur contexte et ils auront la réussite, l’autre les explique en dehors de leur contexte et ils vont périr seront anéantis ?. Nous donnons pour exemple Sa parole ta^ala :
{الآن خفّف الله عنكم وعلم أنّ فيكم ضعفا}
[sourat Al-‘Anfal / ‘ayah 66] ce qui signifie : « Maintenant Allah vous a soulagés, et Il a su votre faiblesse« . Celui donc qui fait dépendre la parole qui signifie « Il a su votre faiblesse » de Sa parole qui signifie « Maintenant« , c’est-à-dire par là que Allah ta^ala aurait su cela après n’en avoir pas eu connaissance, il s’est égaré d’un égarement profond. Et celui qui comprend la véritable signification du verset, c’est-à-dire que Allah vous a soulagés maintenant de ce qui était obligatoire pour vous, à savoir de combattre à concurrence d’un musulman contre dix mécréants, en rendant désormais obligatoire de combattre à concurrence d’un musulman contre deux, et ceci parce que Allah a su par Sa science sans début votre faiblesse, celui-là aura atteint la vérité et sera sur le droit chemin. Vient ensuite que certes toute chose qui entre en existence dans ce monde, dans les cieux et sur la terre, que ce soit sur les terres émergées, dans les eaux ou au-dessous du sol, tout est inscrit dans un Livre Clair, c’est-à-dire dans la Table Préservée (Al-Lawhou l-Mahfoudh), conformément à ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy du Messager de Allah que Allah ta^ala a ordonné au Calame Elevé (al-qalamou l-‘a^la). Ainsi Il dit :
((اكتب ما كان وما يكون إلى يوم القيامة))
ce qui signifie : « Inscris ce qui a été et ce qui sera jusqu’au jour dernier« . Et Allah englobe toute chose par Sa science signifie qu’Il sait soubhanahou ce qui a existé et ce qui existera par sa science sans commencement. Et Il dénombre toute chose parfaitement signifie qu’Il sait ^azza wa jall par Sa science sans commencement le nombre de toute chose, Il le sait avant qu’ait existé ce qui est créé, quoi que ce fut parmi le monde créé. Ceci est conforme à ce qu’Il dit ta^ala :
{وأحصى كلّ شىء عددا}
[sourat Al-Jinn / ‘ayah 28] ce qui signifie : « Et Il dénombre toute chose parfaitement« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il fait ce qu’Il veut.
Explication : Allah soubhanahou wa ta^ala fait ce qu’Il veut, ce dont Il a voulu l’existence, arrive par Sa volonté sans commencement, Il le fait par Son acte sans commencement. Sa volonté c’est-à-dire Son vouloir est sans commencement et les choses qui sont voulues entrent en existence. Son acte est sans commencement et ce qui est fait entre en existence.
La volonté de Allah ^azza wa jall ne change pas car le changement advient aux créatures et c’est le plus grand signe de l’entrée en existence. Il dit ta^ala :
{ما يبدّل القول لديّ}
[sourat Qaf / ‘ayah 29] ce qui signifie : « Ce que J’ai décrété ne change pas« . De plus, le Messager de Allah a dit :
((قال الله تعالى : يا ا محمّد إنّي إذا قضيت أمرا فإنّه لا يردّ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Ô Mouhammad, si J’ai destiné une chose, elle est irrévocable« . Le fait est que Allah fait changer les créatures conformément à Sa volonté qui ne change pas. Ce dont Il a voulu l’existence, il lui advient l’existence au moment dans lequel Il a voulu son existence. Et ce dont Il ne veut pas l’existence n’existera jamais, conformément à ce qui a été confirmé du Messager de Allah qui a dit :
((ما شاء الله كان وما لم يشأ لم يكن))
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ce que Allah veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas« . Qu’il s’agisse du bien comme du mal, de l’obéissance comme des désobéissances, de la mécréance comme de la foi, tout cela advient donc par la volonté de Allah ta^ala, par Sa science, Sa prédestination et Sa destinée. Cependant, le bien existe par l’amour de Allah, par Son agrément et Son ordre alors que le mal n’existe pas par l’amour de Allah ni par Son agrément ni par Son ordre.
Ainsi celui qui craint Allah, c’est parce que Allah lui a donné la réussite et celui qui est pervers et qui désobéit, c’est parce que Allah l’a égaré. Et c’est cela la signification de l’expression : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bil-lah. : Il n’y a de protection contre la désobéissance envers Allah que par la préservation de Allah, et il n’y a de force pour Lui obéir que par Son aide. Cela ne veut nullement dire que l’esclave est dénué de toute volonté, mais sa volonté est sous la volonté de Allah tabaraka wa ta^ala conformément à Sa parole dans le Livre Honoré :
{وما تشاءون إلاّ أن يشاء الله ربّ العالمين}
[sourat At-Takwir / ‘ayah 29] ce qui signifie : « Et vous ne voulez que si Allah le veut, le Seigneur des univers« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il peut réaliser absolument tout ce qu’Il veut.
Explication : Allah tabaraka wa ta^ala a une puissance totale par laquelle Il fait entrer les choses en existence, rien ne Le rend donc incapable et Il n’a pas besoin de l’aide d’autrui conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an :
{وهو على كلّ شىء قدير}
[sourat Al-Ma‘idah/ ‘ayah 120] ce qui signifie : « Et Il est sur toute chose tout puissant » Sa puissance n’est affectée d’aucun défaut, aucune faiblesse ni aucune incapacité. Sa puissance est bien totale conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an Al-Karim :
{إنّ الله هو الرّزّاق ذو القوّة المتين}
[sourat Adh-Dhariyat/ ‘ayah 58] ce qui signifie : « Certes Allah est Celui Qui est garant de la subsistance, Celui Qui a la puissance et Qui n’est pas atteint pas la fatigue« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a la souveraineté
Explication : c’est-à-dire qu’Il a la domination totale qui n’est controversée par aucun contestataire. Et Sa souveraineté ta^ala n’est pas la souveraineté de ce qui est créé et qu’Il donne à qui Il veut parmi Ses esclaves, parce que cette souveraineté-là s’anéantit.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’a nul besoin d’autrui.
Explication : Il est immanent par Lui-même c’est-à-dire qu’Il n’a pas besoin d’autrui. Il est الغنيّ (Al-Ghaniyy) conformément au nom qu’Il a donné pour Lui-même dans le Qour’an. Et la mention du nom الغنيّ (Al-Ghaniyy) figure dans le hadith citant les quatre-vingt dix neuf noms qui a été rapporté par Ibnou Hibban, At-Tirmidhiyy, Al-Bayhaqiyy et d’autres encore. Et il se peut que la mention du terme Al-Ghina‘ dans quelques textes relève d’une erreur de transcription de certains copistes.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a la toute-puissance
Explication : Il est soubhanahou wa ta^ala tout puissant conformément à ce qu’Il dit :
{والله عزيز ذو انتقام}
[sourat ‘Ali ^Imran / ‘ayah 4] ce qui signifie : « Et Allah est le Puissant Qui n’est pas vaincu, Celui Qui a [l’attribut de] faire parvenir le châtiment à qui Il veut parmi les injustes« . Al-Halimiyy a dit : Cela signifie qu’Il est Celui Que l’on ne peut atteindre et Qu’aucune chose ne peut forcer. Al-Bayhaqiyy a rapporté de Al-Khattabiyy : العزيز (Al-^Aziz) c’est Celui Qui n’est pas vaincu.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et la non-fin.
Explication : Allah ta^ala a pour attribut la non-fin Qui est l’invariabilité de l’existence, sans avènement d’anéantissement. Et Sa non-fin ta^ala est obligatoire selon la raison, il n’est pas possible selon la raison qu’il en soit autrement. Il n’est donc rien sans fin dans ce sens que Lui. Quant au paradis et à l’enfer, du point de vue de leur nature selon la raison il leur est possible à tous deux l’anéantissement. Pourtant ils sont sans fin, car leur non-fin leur a été attribuée à tous deux par Allah, alors que la non-fin de Allah est propre à Lui-même. De plus Sa non-fin implique la non-fin de Ses attributs, que ce soit la puissance, la science, l’ouïe, la vue, la volonté et tout autre que ceux-ci.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a le jugement
Explication : c’est-à-dire que soubhanahou wa ta^ala, Il juge par ce qu’Il veut.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et la création.
Explication : Al-qada‘ c’est la création, conformément à Sa parole ta^ala :
{فقضاهنّ سبع سموات}
[sourat Foussilat / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Et Nous les avons créés en sept cieux« . Cela signifie qu’Il crée ^azza wa jall ce qu’Il veut et le fait apparaître du néant à l’existence. Mais al-qada‘ vient aussi dans le sens de l’ordre conformément à ce qu’Il dit ta^ala :
{وقضى ربّك ألاّ تعبدوا إلاّ إيّاه وبالوالدين إحسانا}
[sourat Al-‘Isra‘ / ‘ayah 23] ce qui signifie : « Et Ton Seigneur a ordonné que vous n’adoriez que Lui et que vous fassiez preuve de bienfaisance envers vos parents« . Et l’on donne une interprétation semblable pour Sa parole :
{وما خلقت الجنّ والإنس إلاّ ليعبدون}
[sourat Adh-Dhariyat / ‘ayah 56] ce qui signifie : « Et Je n’ai créé les jinn et les hommes que pour leur donner l’ordre de M’adorer« . Cela ne signifie pas qu’Il a voulu que chacun d’entre eux L’adore car s’Il avait voulu que tous L’adorent et n’adorent rien d’autre, il n’y aurait pas de mécréants. Il dit ta^ala :
{ولو شاء ربّك لآمن من في الأرض كلّهم جميعا أفأنت تكره النّاس حتّى يكونوا مؤمنين}
[sourat Younous / ‘ayah 99] ce qui signifie : « Si Ton Seigneur l’avait voulu, les gens de la terre auraient cru tous ensemble, est-ce toi (Mouhammad) qui contrains les gens jusqu’à ce qu’ils soient croyants« . Cela signifie : l’état des cœurs n’est pas de ton ressort, ô Mouhammad, mais ils sont dans la toute-puissance de Allah. Et si Allah avait voulu guider tous les gens, ils feraient tous partie de la communauté des croyants. Mais Allah n’a pas voulu cela, c’est pourquoi certains d’entre eux sont des croyants et certains autres sont mécréants.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il a les noms parfaits.
Explication : Allah a les noms parfaits c’est-à-dire ce qui indique la perfection absolue. De tous les noms parfaits de Allah, il ne vient qu’une indication de la perfection. C’est-à-dire que rien en eux n’indique le défaut s’agissant de Lui ta^ala. Ainsi القادر (Al-Qadir) le Puissant indique la puissance, العلاّم (Al-^Allam) indique la science, الرحمـن الرحيم (Ar-Rahman Ar-Rahim) le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux indique la confirmation de Sa miséricorde ta^ala, العزيز (Al-^Aziz) le Puissant Qui n’est pas vaincu indique la confirmation de sa toute-puissance, السميع (As-Sami^) Celui Qui entend indique la confirmation de Son ouïe, الواحد (Al-Wahid) l’Unique indique la confirmation de Son unité, الخالق (Al-Khaliq) le Créateur indique la confirmation de Sa création, البصير (Al-Basir) Celui Qui voit indique la confirmation de Sa vue, et ainsi tous Ses noms indiquent la perfection. Le nom qui indique le défaut est donc impossible à son sujet et il n’est pas valable de le nommer « ‘Ah » comme se l’imaginent certains. Beaucoup de chadhiliyyah croient mais encore mentionnent dans leurs livres qu’un des noms de Allah serait ‘Ah. Or ‘Ah est une expression marquant la plainte et la souffrance selon l’avis des linguistes, et les textes des quatre écoles stipulent que le gémissement -soit au moins deux sons phonétiques- annule la prière. Et ‘Ah en fait partie. De plus, c’est le plus connu des termes de gémissement à props desquels il est parvenu qu’ils sont au nombre de vingt comme les savants linguistes l’ont mentionné. Et ceux qui disent que ‘Ah est un des noms de Allah se basent sur un hadith faux dont les termes sont, dans le sens : « Laissez-le gémir car le gémissement fait partie des noms de Allah« . Il ne figure dans aucun hadith sûr (sahih) ou même [un autre] faux, que ‘Ah serait un des noms de Allah. Ces gens sont bien étranges. Comment ont-ils pu choisir le terme ‘Ah parmi ces vingt expressions et laisser les autres, parmi lesquelles on trouve ‘Awouh et ‘Awwatah. Il découle de leur argumentation à partir de ce hadith que ces deux expressions seraient des noms de Allah tout comme les autres expressions de gémissement. De même, il n’est pas permis de nommer Allah « Al-Mouqim » comme le font certains qui disent « Soubhana l-Mouqim« . Et de même il n’est pas permis de nommer Allah ta^ala « âme » ou bien « cerveau » comme l’a fait Sayyid Qoutb en nommant Allah : « le cerveau organisateur ». En effet, l’âme et le cerveau sont tous deux créés. Comment cet homme a-t-il abandonné les noms parfaits pour donner à Allah des appellations sorties de sa tête. At-Tirmidhiyy et d’autres ont rapporté que le Messager de Allah a dit :
((إنّ لله تسعة وتسعين اسما مائة إلاّ واحدا من أحصاها دخل الجنّة))
ce qui signifie : « Certes Allah a quatre-vingt dix-neuf noms, cent moins un, celui qui les recense entrera au paradis » Dans d’autres versions on trouve : « celui qui les apprend par cœur » et c’est cela qui en montre le sens. Il a été rapporté de nombreuses versions au sujet de leur énumération dont celle de Al-Bayhaqiyy rapportant de Abou Hourayrah.
((هو الله الّذي لا إله إلاّ هو الرّحمن الرّحيم الملك القدّوس السّلام المؤمن المهيمن
العزيز الجبّار المتكبّر الخالق البارئ المصوّر الغفّار القهّار لبوهّاب الرّزّاق الفتّاح
العليم القابض الباسط الخافض الرّافع المعزّ المذلّ السّميع البصير الحكم العدل
اللّطيف الخبير الحليم العظيم الغفور الشّكور العليّ الكبير الحفيظ المقيت
الحسيب الجليل الكريم الرّقيب المجيب الواسع الحكيم الودود المجيد الباعث الشّهيد
الحقّ الوكيل القويّ المتين الوليّ الحميد المحصي المبدئ المعيد المحي المميت الحيّ القيّوم
الواجد الماجد الواحد الصّمد القادر المقتدر المقدّم المؤخّر الأوّل الآخر الظّاهر الباطن
الوالي المتعالي البرّ التّوّاب المنتقم العفوّ الرّءوف مالك الملك ذو الجلال والإكرام
المقسط الجامع الغنيّ المغني المانع الضّارّ النّافع النّور الهادي البديع الباقي الوارث
الرّشيد الصّبور))
Houwallahou l-Ladhi la ‘ilaha ‘il-la houwa r-Rahmanou r-Rahimou l-Malikou l-Qouddousou s-Salamou l-Mou’minou l-Mouhayminou l-^Azizou l-Jabbarou l-Moutakabbir, Al-Khaliqou l-Bari’ou l-Mousawwirou l-Ghaffarou l-Qahharou l-Wahhabou r-Razzaqou l-Fattahou l-^Alim, Al-Qabidou l-Baçitou l-Khafidou r-Rafi^ou l-Mou^izzou l-Moudhil-lou s-Sami^ou l-Basirou l-Hakamou l-^Adlou l-Latifou l-Khabirou l-Halimou l-^Adhimou l-Ghafourou ch-Chakourou l-^Aliyyou l-Kabirou l-Hafidhou l-Mouqitou l-Haçibou l-Jalilou l-Karimou r-Raqibou l-Moujibou l-Waçi^ou l-Hakimou l-Wadoudou l-Majidou l-Ba^ithou ch-Chahidou l-Haqqou l-Wakilou l-Qawiyyou l-Matinou l-Waliyyou l-Hamidou l-Mouhsi l-Moubdi‘ou l-Mou^idou l-Mouhyi l-Moumit, Al-Hayyou l-Qayyoum, Al-Wajidou l-Majidou l-Wahidou s–Samadou l-Qadirou l-Mouqtadirou l-Mouqaddimou l-‘Awwalou l-‘Akhir, Adh–Dhahirou l-Batinou l-Wali l-Mouta^ali l-Barrou t-Tawwabou l-Moun~taqimou l-^Afouwwou r-Ra’oufou Malikou l-Moulki Dhou l-Jalali wa l-‘Ikram, Al-Mouqsitou l-Jami^ou l-Ghaniyyou l-Mani^ou d–Darrou n-Nafi^ou n-Nourou l-Hadi l-Badi^ou l-Baqi Al-Warithou r-Rachidou s–Sabour.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Rien ne s’oppose à ce qu’Il prédestine
Explication : On comprend cela à partir d’un hadith rapporté de Thawban qui a dit : le Messager de Allah a dit :
((إنّي إذا قضيت قضاء فإنّه لا يردّ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Allah ta^ala a dit : « Certes, si J’ai Moi décrété une chose, elle est irrévocable« . De ce hadith Qoudsiyy on tire que personne ne s’oppose à l’accomplissement de la volonté de Allah. A partir de cela aussi, on sait que la parole de certains est corrompue lorsqu’ils disent : Allah voulait créer Untel en homme puis Il l’a créé en femme. Quant à la croyance que Allah changerait Sa volonté si quelqu’un l’invoque ou donne en aumône un bien licite, elle n’est pas valable et ne convient pas à la dignité de Allah soubhanahou wa ta^ala.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et rien ne prive de ce qu’Il donne
Explication : Sa signification provient du hadith de Al-Boukhariyy et de Mouslim qui mentionne que le Messager de Allah disait à la suite de sa prière :
((لا إله إلاّ الله وحده لا شريك له’ له الملك وله الحمد وهو على كلّ شىء قدير’
اللهمّ لا مانع لما أعطيت ولا معطي لما منعت ولا ينفع ذا الجَدّ منك الجَدّ))
ce qui signifie : « Il n’est de dieu que Allah, Unique, Il n’a pas d’associé, Il a la souveraineté et la louange et Il est sur toute chose tout puissant, ô Allah, rien ne prive de ce que Tu as donné et nul ne donne ce dont Tu as privé, ???« . Si donc Allah ta^ala veut que parvienne à un esclave une richesse parmi les grâces, Il lui donne le moyen de l’avoir et nul ne peut l’en priver, conformément à ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy et d’autres d’un hadith de ^Abdoullah Ibnou ^Abbas que le Messager de Allah a dit :
((ولو أنّ الخلق اجتمعوا على أن ينفعوك بشىء لم يقضه الله لك لم يقدروا عليه
وإن أرادوا أن يضرّوك بشىء لك يقضه الله عليك لم يقدروا عليه’
رفعت الأقلام وجفّت الصّحف))
ce qui signifie : « Si toutes les créatures s’unissaient pour te faire profiter d’une chose que Allah n’a pas décrétée pour toi elles n’y pourraient rien, et si elles voulaient te nuire par quelque chose que Allah ne t’a pas décrétée, elles ne le pourraient pas, les calames sont levés et les feuillets ont séché« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient
Explication : Ce que Allah ta^ala a voulu de toute éternité et qu’Il a voulu que cela arrive par Sa volonté sans commencement, il est indispensable que cela soit et Il le crée par Son attribut de création éternel sans qu’Il soit ^azza wa jall contraint à quoi que ce soit, il en va au contraire conformément à ce qu’Il dit dans le Qour’an :
{وربّك يخلق ما يشاء ويختار}
[sourat Al-Qasas/ ‘ayah 68] ce qui signifie : « Et ton Seigneur crée ce qu’Il veut et Il choisit« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et Il légifère pour Sa création par ce qu’Il veut
Explication : Il rend soubhanahou wa ta^ala interdit ce qu’Il veut et obligatoire ce qu’Il veut.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
De Ses créatures, Il n’attend aucun bien ni ne craint aucun mal
Explication : Allah soubhanahou wa ta^ala n’attend de la part de Ses esclaves aucune récompense ni aucun profit, Il dit ta^ala :
{ما أريد منهم من رزق وما أريد أن يطعمون}
[sourat Adh-Dhariyat/ ‘ayah 57] ce qui signifie : « Je ne veux de leur part aucune subsistance et Je ne veux pas qu’ils Me nourrissent« . Allah ne les a donc pas chargés de l’adoration parce qu’Il en tirerait profit et Il ne leur a pas interdit quoi que ce soit parce qu’il craindrait une nuisance ou une punition de la part d’un seul d’entre eux. Comment se pourrait-il qu’Il attende une récompense de Ses esclaves ou qu’Il craigne une punition alors que c’est Lui leur Créateur et le Créateur de leurs actes.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’a pas d’obligation et n’est assujetti à aucune loi
Explication : Allah ta^ala, il ne Lui incombe aucun devoir qu’Il soit obligé de faire et nul n’a de droit sur Lui puisque personne ne Lui interdit ni ne Lui ordonne quoi que ce soit.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Tout bienfait de Sa part est par Sa grâce
Explication : Le bienfait c’est la grâce, c’est-à-dire que ce n’est pas une obligation qui incomberait à Allah de donner à Ses esclaves des bienfaits, mais c’est bien Lui Qui montre grâce et générosité par cela. Et s’Il ne leur donnait pas ces bienfaits, Il ne serait pas injuste envers eux, conformément à ce qu’Il dit soubhanahou :
{ولولا فضل الله عليكم ورحمته ما زكى منكم من أحد أبدا}
[sourat An-Nour / ‘ayah 21] ce qui signifie : « …et n’eussent été la grâce et la miséricorde de Allah, aucun d’entre vous n’aurait jamais été intègre« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et tout châtiment de Sa part n’est que justice
Explication : Le châtiment, c’est la punition. Ainsi, celui que Allah récompense, c’est par Sa grâce, et celui que Allah punit, c’est par Sa justice. Allah n’est injuste envers personne et nul ne Le conteste. On ne dit pas dans le sens de la contestation : Pourquoi fait-Il que les enfants et les animaux ont mal et pourquoi leur impose-t-Il des souffrances et des maladies alors qu’ils n’ont pas de péchés ? Celui qui dit cela a contesté Allah sauf s’il a cherché à connaître la sagesse qu’il y a dans les souffrances des enfants et des animaux et qu »il dit : pourquoi fait-Il qu’ils ont mal ? alors, il n’est pas tombé dans la mécréance. Les choses sont telles que l’auteur a conclu en citant Sa parole ta^ala :
{لا يسأل عمّا يفعل وهم يسألون}
[sourat Al-‘An~biya‘ / ‘ayah 23] ce qui signifie : « On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait mais [Ses esclaves] eux le seront« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait
Explication : On ne Le conteste pas dans ce qu’Il fait et On ne Le questionne pas. En revanche, les esclaves eux seront questionnés car Il est en vérité Celui Qui possède toute chose et nul ne Lui est associé dans Sa souveraineté. Il possède les esclaves et ce qu’Il a mis en leur possession et c’est Lui qui fait ce qu’Il veut dans Sa propriété. De ce fait, l’injustice est inconcevable de Sa part. En effet, Il est Celui qui régit la création comme Il le veut, Il ne place pas les choses inopportunément. D’autre part, l’injustice n’est concevable que de la part de quelqu’un ayant qui lui ordonne ou qui lui interdit, comme les esclaves [de Allah]. L’injustice, c’est en effet l’infraction à un ordre et à un interdit de celui qui possède le pouvoir d’ordonner et d’interdire. C’est pour cela que l’esclave sera questionné : Pourquoi as-tu fais ceci ? Pourquoi n’as-tu pas fais cela ? conformément à ce qui est parvenu du hadith rapporté par At-Tirmidhiyy :
(( لا تزول قدما عبد يوم القيامة حتّى يسأل هن أربع : عن عمره فيم أفناه’
وعن جسده فيم أبلاه’ وعن ماله من أين اكتسبه وفيم أنفقه’ وعن علمه ماذا عمل به))
ce qui signifie : « Les deux pieds de l’esclave ne quitteront pas le lieu de son jugement le jour dernier avant qu’il ne soit interrogé sur quatre choses : son âge dans quoi l’a-t-il passé, son corps dans quoi l’a-t-il usé, son bien d’où l’a-t-il acquis et dans quoi l’a-t-il dépensé et sa science, q’en a-t-il fait« . Quant à Allah ta^ala, Il n’a personne qui Lui ordonne ou Lui interdit quoi que ce soit. C’est pour cela qu’on ne Le questionne pas et qu’on ne Lui attribue aucune injustice ou manquement, conformément à ce qu’Il dit, ^azz de ceux qui disent:
{لا يسأل عمّا يفعل وهم يسألون}
ce qui signifie : « On ne Le questionne pas sur ce qu’Il fait mais [les esclaves] eux le seront« .
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il existait avant la création
Explication : L’existence de Allah tabaraka wa ta^ala est sans commencement, Il existait donc ^azza wa jall avant les créatures, Lui seul étant de toute éternité conformément à ce qui est rapporté du hadith de ^Imran Ibnou l-Housayn :
((كان الله ولم يكن شيء غيره))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Al-Bayhaqiyy et d’autres] ce qui signifie : « Allah existait et il n’y avait rien autre que Lui« . Nul n’est sans début sinon Lui conformément à ce que dit Allah ta^ala :
{هو الأوّل}
[sourat Al-Hadid / ‘ayah 2] ce qui signifie : « Il est le Premier [l’éternel sans début] ». Et certes les savants de la langue ont dit : Parmi les choses qui traduisent l’exclusivité, il y a la détermination de l’antécédent (moubtada‘) et de l’attribut (khabar) et dans cette ‘ayah, l’antécédent est un pronom personnel, c’est-à-dire « houwa » et l’attribut est « Al-‘Awwal« , tous deux sont déterminés, ce qui implique donc qu’il n’y a aucun premier -dans le sens d’avoir une existence sans début- autre que Allah jalla wa ^ala.
Et celui qui croit que quelque chose de l’univers, par son genre ou par ses composants, possède une existence sans début aura démenti cette ‘ayah, quitté l’Islam et suivi les philosophes et les naturalistes selon l’unanimité des savants des musulmans. Or ce qui est rapporté dans cinq des livres de Ahmad Ibnou Taymiyah, c’est que le genre de l’univers est sans commencement, que son existence n’a pas de début et qu’il est éternel avec Allah. Ceci est de la mécréance claire.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
sans avant ni après
Explication : Et ceci est une négation du fait que Allah tabaraka wa ta^ala soit précédé du néant et une négation également du fait qu’Il soit atteint par l’anéantissement. En effet, tout ce qui contredit l’immanence de Son non-début et de Sa non-fin ta^ala est donc invalide. La divinité en effet n’est pas valable pour qui n’a pas ces deux attributs. Celui Qui a la divinité a parmi Ses spécificités d’être Celui Dont l’existence est nécessaire [selon la raison] ; il n’est donc pas possible à Son sujet, selon la raison, qu’Il soit précédé ou suivi du néant.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans devant ni arrière
Explication : Ceci est un fondement faisant partie des bases mêmes de la croyance, à savoir que Allah ^azza wa jall est exempt d’être dans une quelconque des directions ou dans l’ensemble des directions. Il n’en va pas comme le croient certains ignorants, que Allah serait dans la direction du haut, et certains autres croient qu’Il est dans la direction de devant et localisé entre l’esclave et la Ka^bah ou d’autres qui croient qu’Il est comme l’air, dissout et dispersé dans tous les endroits. D’autres encore comme le dénommé Nasirou d-Din Al-‘Albaniyy croient qu’Il englobe le monde de toute part comme la main englobe ce qu’elle renferme. Tout cela est invalide et nie la science correcte de l’unicité de Allah (at-tawhid). L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy qui fait partie des gens des trois premiers siècles a dit dans son précis de croyance appelé « La croyance des Gens de la Tradition prophétique et de la Majorité (^Aqidatou ‘Ahli s-Sounnati wa l-Jama^ah) : « Il est exempt (ta^ala) des limites et des extrémités -c’est-à-dire des fins- des côtés, des organes et des instruments et Il n’est pas contenu par les six directions comme l’ensemble des créatures » fin de citation. Et sa parole que voici relève du pur tawhid et fait partie des joyaux de la croyance. En effet, celui qui possède un des attributs qu’il a cités ou qui se trouve dans l’une des directions a nécessairement des limites, une quantité et une image, ce sont les attributs des corps et Allah ta^ala n’est pas un corps. Ceci est conforme à ce qu’Il a dit soubhanah :
{ليس كمثله شىء}
[sourat Ach-Chourah / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« . Et le fait de spécifier Allah par la direction du haut n’est pas une perfection s’agissant de Lui soubhanah comme se le figurent certains ignorants, puisque ce qui importe, c’est le rang élevé et non l’élévation dans l’espace et l’endroit. Ainsi ces anges qui entourent le Trône sont en un lieu bien plus haut que les prophètes de Allah ta^ala, mais les prophètes sont plus honorables et plus élevés pour leur Créateur ^azza wa jall.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Il n’est ni un tout, ni une partie
Explication : C’est-à-dire que Allah tabaraka wa ta^ala n’est pas un corps composé de parties, c’est pour cela qu’on ne Lui attribue ni le fait d’être un tout ni d’être composé d’éléments ou de parties.
L’Imam Al-Halimiyy a dit dans son explication du nom de Allah « Al-Mouta^ali » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres et le fait de prendre un lit pour s’asseoir dessus, de se préserver de l’atteinte des regards avec un paravent, le déplacement d’un endroit à un autre et ce qui est semblable. En effet, la confirmation de certaines de ces choses impose l’extrémité, certaines imposent le besoin et d’autres imposent le changement et le passage d’un état à un autre. Et rien de tout ceci ne convient à la dignité de القديم (Al-Qadim) l’Eternel Qui n’a pas de fin et n’est possible à Son sujet » fin de citation. Al-Bayhaqiyy a rapporté cela de lui dans son livre Al-‘Asma‘ou wa s–Sifat.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
On ne dit pas quand a-t-Il existé ?, ni où était-Il ?, ni comment ?
Explication : C’est-à-dire qu’il n’est pas permis de dire : Quand Allah a-t-Il existé car il y a en cela l’attribution du début, de l’existence après avoir été précédé du néant et de l’écoulement du temps sur Lui. Et il n’est pas permis non plus de dire : Où était Allah, ni de dire : comment était-Il parce qu’il y a en cela l’attribution de la modalité –c’est-à-dire le fait de Lui attribuer les attributs des choses créées. Ensuite, après avoir cité, que Allah lui fasse miséricorde, la négation de ces paroles, il consacre la croyance correcte :
Il existait et il n’y avait pas d’endroit. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et il n’est pas spécifié par l’endroit
Explication : Et ce que l’auteur a visé par sa parole : il n’est pas spécifié par l’endroit n’est pas qu’Il serait contenu dans toutes les directions car ceci est invalide comme on l’a montré précédemment. Et les directions sont autres que Lui ta^ala et Il était déjà alors qu’il n’y avait rien d’autre que Lui. Cela signifie que Allah ta^ala existe sans endroit et ceci est la croyance des Gens de la Tradition Prophétique (‘Ahlou s-Sounnah), qui plus est, la croyance de l’ensemble des musulmans, des gens du Salaf comme des gens du Khalaf.
Le Messager de Allah a dit :
((كان الله ولم يكن شىء غيره))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Al-Bayhaqiyy et Ibnou l-Jaroud] ce qui signifie : « Allah existait et il n’y avait rien autre que Lui« . C’est-à-dire qu’Il existe de toute éternité alors même qu’il n’y avait pas d’endroit ni rien parmi les créatures et après qu’Il a créé l’endroit, Il n’a pas changé soubhanah wa ta^ala par rapport à ce qu’Il était. De ce hadith et de textes semblables, les gens de la Sounnah ont tiré leur parole que voici : Allah existe sans endroit (Allah mawjoud bila makan).
Et Al-Bayhaqiyy a rapporté un hadith du Messager de Allah :
((أنت الظّاهر فليس فوقك شىء وأنت الباطن فليس دونك شىء))
ce qui signifie : « C’est Toi Celui Qui est supérieur à toute chose et rien n’est au-dessus de Toi, et c’est Toi Celui Que les imaginations ne saisissent pas et rien n’est au-dessous de Toi« . Puis il a dit : Certains de nos compagnons ont tiré de ce hadith que Allah ta^ala est exempt de l’endroit car certes, s’il n’y a rien au-dessus de Lui et rien au-dessous, il est nécessaire qu’Il ne soit pas dans un endroit » fin de citation.
Et Ar-Ramliyy ainsi que d’autres ont rapporté la parole de ^Aliyy que Allah honore son visage :
« كان الله ولا مكان وهو الآن على ما عليه كان »
ce qui signifie : « Allah était alors qu’il n’y avait pas d’endroit, et Il est maintenant Tel qu’Il est de toute éternité » fin de citation.
D’autre part, Az–Zabidiyy a rapporté dans son commentaire de Al-‘Ihya‘ par chaîne de transmission ininterrompue que ^Aliyy Zaynou l-^Abidin disait :
« سبحانك لا يحويك مكان »
ce qui signifie : « Tu es exempt d’imperfection, aucun endroit ne Te contient » fin de citation. Et Zaynou l-^Abidin était à son époque le meilleur de la famille du Prophète. Cette expression a certes été consacrée par d’innombrables savants de l’Islam tels que Abou Hanifah, Ibnou Jarir At–Tabariyy, Al-Matouridiyy, Al-‘Ach^ariyy et d’autres qu’eux, mais plus que cela, At-Tamimiyy a rapporté l’unanimité de ‘Ahlou s-Sounnah sur le fait que Allah existe sans endroit et il l’a mentionné dans Al-Farqou bayna l-Firaq. Il n’y a donc après cela aucune considération à donner aux assimilationnistes (mouchabbihah) qui contredisent l’auteur ou d’autres que lui parmi les sommités des gens de science dans leur transmission de cette parole de vérité. Ainsi celui qui diverge de cela et attribue à Allah ta^ala l’endroit, il L’a certes assimilé aux créatures et L’a rendu équivalent à elles. Il a contredit les textes clairs du Qour’an, les textes sûrs du hadith et la raison.
Il est donc soubhanah le Créateur du temps et Celui qui a établi le temps et l’a fait s’écouler, Il est Celui Qui a fait exister les êtres c’est-à-dire qu’Il est le Créateur des créatures, Celui Qui les a fait surgir du néant à l’existence. Il n’en a donc pas besoin et Il n’a pas pour attributs leurs attributs comme l’a dit l’Imam Abou Hanifah, que Allah lui fasse miséricorde : « Il est impossible que le Créateur ressemble à ce qu’Il a créé« . C’est pour cela qu’il n’est pas permis de Lui attribuer la spécification par un endroit ou par tout endroit, ni par un temps ou par tout moment, Il est exempt de ce qui est relatif aux choses qui entrent en existence et des signes distinctifs des créatures.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Et aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre
Explication : Allah ta^ala fait surgir les choses du néant à l’existence par Sa volonté et Sa puissance toutes deux sans commencement et par Son acte de création sans commencement sans avoir besoin d’organe ni de l’aide d’instrument. Bien plus, c’est par le simple fait que Sa volonté et Sa puissance concernent les choses prédestinées qu’elles existent dans le temps et l’endroit où Il a voulu que leur existence ait lieu. Et nul ne peut reporter ou empêcher cela conformément à ce qu’Il dit ta^ala :
{إنّما أمره إذا أراد شيئاً أن يقول له كن فيكون}
[sourat Ya Sin / ‘ayah 82] ce qui signifie : « Il est simplement Tel que, s’Il veut qu’une chose soit, Il lui dit sois et elle est« . Or celui Qui a ces attributs, aucune chose ne L’accapare pas au détriment d’une autre et aucune affaire ne l’empêche d’en réaliser une autre. Tout ceci n’arrive qu’à celui qui travaille avec des organes et s’aide d’instruments, si donc il est occupé à les employer à quelque chose, il lui sera difficile d’y avoir recours pour une deuxième chose. Et Allah ^azza wa jall est exempt de tout cela.
Il a dit, que Allah lui fasse miséricorde :
Aucune imagination ne peut L’atteindre et aucune raison ne peut Le circonscrire. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne L’atteignent pas
Explication : Ceci se résume dans la parole de l’Imam Dhou n-Noun Al-Misriyy ‘Ibrahim Ibnou Tawbah, que Allah lui fasse miséricorde, puisqu’il a dit :
« مهما تصوّرت ببالك فالله بخلاف ذلك »
[rapporté par Al-Khatib dans son Histoire de Bagdad] ce qui signifie : « Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent » fin de citation. Et ceci vient du fait que tout ce que tu imagines en ton esprit est créé et le Créateur ne ressemble pas à Sa créature. De même notre Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui qui aspire à connaître son Créateur et se tranquillise d’un être auquel son imagination peut s’arrêter, alors c’est un assimilationniste (mouchabbih), s’il se tranquillise avec le pur néant, c’est un négationniste (mou^attil), et s’il se tranquillise d’un Être pour leQuel il reconnaît son incapacité à L’atteindre, c’est un unitarien (mouwahhid) » fin de citation. C’est pour cela que les gens du Salaf ont interdit de réfléchir sur Allah ta^ala Lui-même pour tenter d’arriver à Sa réalité car il n’y a que Allah Qui la sache. Quant à notre connaissance de Allah, elle ne vient que par la connaissance de ce qu’il est obligatoire selon la raison de Lui attribuer ta^ala, de ce qui est impossible s’agissant de Lui et de ce qui est possible s’agissant de Lui. Ibnou ^Abbas a dit :
(( تفكّروا في خلق الله ولا تفكّروا في ذات الله))
[rapporté par Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Méditez sur la création de Allah mais ne méditez pas sur Allah Lui-même« .
Et toute personne qui réléchit sur Allah Lui-même ta^ala puis se figure par sa fantaisie une image ou s’en illusionne par son imagination et croit que ce qu’il s’est figuré ou ce dont il s’est illusionné, c’est Allah, celui-là n’est pas musulman unitarien puisqu’il n’y a de différence entre lui et l’adorateur d’idole. Ainsi l’adorateur d’idole adore une image qu’il a façonnée tandis que celui-là adore une image qu’il s’est figurée. Quant au croyant véridique, il adore Celui Qui n’a ni ressemblant ni équivalent, comme l’a dit l’Imam ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah lui fasse miséricorde :
« غاية المعرفة بالله الإيقان بوجوده تعالى بلا كيف ولا مكان »
ce qui signifie : « La limite de la connaissance que l’on peut avoir de Allah, c’est d’avoir la certitude que Son existence ta^ala est sans comment et sans endroit« . Et tout ceci est tiré de Sa parole tabaraka wa ta^ala dans la ‘ayah claire et de sourat Ach-Chourah :
{ليس كمثله شىء}
[sourat Ach-Choura / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui« . C’est pour cela qu’il a conclu sa croyance, que Allah lui fasse miséricorde, en rapportant cette ‘ayah :
{ليس كمثله شىء وهو السميع البصير}
[sourat Ach-Choura / ‘ayah 11] ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit« .
Explication : L’affirmation que Allah est exempt d’imperfection précède dans cette ‘ayah Sa parole « wa houwa s-Sami^ou l-Basir » afin que l’on sache que Son ouïe n’est pas comme l’ouïe d’autre que Lui c’est-à-dire qu’elle est sans oreille et sans intermédiaire et que Sa vue n’est pas comme la vue d’autre que Lui c’est-à-dire qu’elle est sans appareil occulaire car, soubhanah, rien n’est tel que Lui.
Et il convient ici de conclure cette brève explication des expressions de ce manuel en rapportant ce qu’a transmis Abou Nou^aym dans son livre Al-Hilyah dans un passage de la biographie de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, il a dit : Abou Bakr ‘Ahmad Ibnou Mouhammadini bni l-Harith m’a rapporté, de Al-Fadl Ibnou l-Habbab Al-Jamhiyy, de Mas^oud, de ^Abdou l-Warithi bni Sa^id, de Mouhammad Ibnou ‘Is-haq, de An-Nou^man Ibnou Sa^d qu’il a dit : « J’étais à Al-Koufah dans la résidence de l’émirat, la maison de ^Aliyy Ibnou Abi Talib lorsqu’entra vers nous Nawf Ibnou ^Abdil-lah qui a dit : Ô Emir des croyants, devant la porte il y a quarante hommes juifs. ^Aliyy dit alors : Laissez les entrer, je m’en charge. Lorsqu’ils furent donc en sa présence, ils lui ont dit : Ô ^Aliyy, décris-nous ton Seigneur, celui qui est dans le ciel, comment est-il ? Et comment était-il ? Quand a-t-il existé ? Et sur quoi est-il ? -Les juifs sont des assimilationnistes (mouchabbihah) qui croient que Allah existe en étant dans le ciel et qu’Il est assis sur le Trône, Il est exempt de ce qu’ils Lui attribuent -. ^Aliyy s’installa en s’asseyant et dit : Vous autres juifs, écoutez-moi et ne vous en faites pas si par la suite vous ne questionnez personne d’autre que moi, certes mon Seigneur ^azza wa jall est Celui Qui n’a pas de début et n’est pas issu de quoi que ce soit, Il n’est pas mêlé à quoi que ce soit, ni résolu par l’imagination, ni un fantôme que l’on peut rechercher, ni invisible qui serait contenu et dissimulé, Il n’est pas après ne pas avoir été. » Et il a dit : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, il est certes ignorant du Créateur, Celui Qui mérite d’être adoré » fin de citation.
Précis de croyance du Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir,
décédé en l’an 620 de l’Hégire
« Je commence par le nom de Allah, Ar-Rahman, Ar-Rahim
Le Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Açakir que Allah lui fasse miséricorde, a dit :
Sache que Allah nous guide ainsi que toi-même qu’il est un devoir pour chaque personne responsable de savoir que Allah ^azza wa jall est unique dans Sa souveraineté. Il a créé l’univers dans sa totalité, le monde supérieur et le monde inférieur, le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy), les cieux et la Terre, ce qu’ils contiennent et ce qui se trouve entre eux. Toutes les créatures sont dominées par Sa puissance, la plus petite particule ne bouge que par Sa volonté. Nul ne régit la création avec Lui et Il n’a pas d’associé dans la souveraineté. Il est حيّ (Hayy) vivant, قيّوم (Qayyoum) Il ne s’anéantit pas, Il n’est touché ni par la somnolence ni par le sommeil. Il connaît les choses cachées et les choses apparentes, rien ne Lui échappe dans la Terre et dans le ciel. Il connaît ce qui est dans la terre et ce qui est dans la mer. Aucune feuille ne tombe sans qu’Il ne le sache. Il n’est pas une graine dans les ténèbres de la terre, ni une plante verte ou desséchée sans que cela ne soit inscrit dans un livre clair. Allah englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement. Il fait ce qu’Il veut. Il peut réaliser absolument tout ce qu’Il veut. Il a la souveraineté, Il n’a nul besoin d’autrui. Il a la toute-puissance et la non-fin. Il a le jugement et la création. Il a les noms parfaits. Rien ne s’oppose à ce qu’Il prédestine et rien ne prive de ce qu’Il donne. Il fait ce qu’Il veut de ce qui Lui appartient, et Il légifère pour Sa création par ce qu’Il veut. De Ses créatures, Il n’attend aucun bien ni ne craint aucun mal. Il n’a pas d’obligation et n’est assujetti à aucune loi. Tout bienfait de Sa part est une grâce et tout châtiment de Sa part est une justice. On ne questionne pas Allah sur ce qu’Il fait mais [Ses esclaves] eux le seront. Il existait avant la création, sans avant ni après, sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans devant ni arrière. Il n’est ni un tout, ni une partie. On ne dit pas quand a-t-Il existé ?, ni où était-Il ?, ni comment ?. Il existait et il n’y avait pas d’endroit. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et il n’est pas spécifié par l’endroit et aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre. Aucune imagination ne peut L’atteindre et aucune raison ne peut Le circonscrire. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne L’atteignent pas, rien n’est tel que Lui est Il est Celui Qui entend et Qui voit » fin de citation.
fiqh : Zakat
L’Etincellement de la Niche de Lampe sur les Lois de la Zakat
Nourou l-Michkat fi ‘Ahkami z–Zakat
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
Je commence par le nom de Allah Ar-Rahman Ar-Rahim
Définition de la zakat
– l’aumône obligatoire –
Du point de vue de la langue arabe, le terme الزّكاة (az–zakat) signifie la croissance, la bénédiction et l’augmentation du bien. On dit qu’un plant زَكا (zaka) lorsqu’il croît, qu’une dépense à titre de charge زَكت (zakat) lorsqu’elle est bénie et qu’Untel est زاكٍ (zakin) c’est-à-dire qu’il fait beaucoup de bien. Et il est employé pour le fait de purifier, Allah ta^ala dit :
]قَد أفلحَ مَنْ زَكّاها[
ce qui signifie : « Certes, a réussi celui qui l’a purifiée« , c’est-à-dire qu’il a purifié son âme de ses souillures ; ainsi que pour l’éloge, Allah ta^ala dit :
]فَلا تُزَكّوا أَنْفُسَكُمْ[
ce qui signifie : »Ne faites pas l’éloge de vous-mêmes« .
Du point de vue de la Loi de l’Islam, c’est le nom de ce qu’on paie sur un bien ou sur un corps d’une façon spécifique, car la zakat est soit la zakat d’un bien, elle concerne alors le bétail, l’or, l’argent métal, les récoltes que les gens prennent comme nourriture de base lorsqu’ils ont le choix, les dattes, les raisins secs et les biens commerciaux, soit la zakat d’un corps, il s’agit alors de la zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr).
Ce qui fonde son caractère obligatoire, avant même l’Unanimité, ce sont des ‘ayah telles que Sa parole ta^ala :
]وءاتُوا الزَّكاةَ[
ce qui signifie : « Et donnez la zakat« , et des hadith tels que :
(( بُني الإسلامُ على خمسٍ ))
ce qui signifie : « L’Islam est construit sur cinq choses [principales] ». Celui donc qui renie qu’elle est un devoir est devenu mécréant sauf s’il est récemment entré en Islam ou s’il a vécu en un lieu éloigné des savants, et celui qui s’abstient de s’en acquitter tout en croyant qu’elle est un devoir, celui-là n’est pas déclaré mécréant, mais l’Imam la prend de lui par la contrainte.
Et s’abstenir de s’acquitter de la zakat fait partie des grands péchés. Le Messager de Allah r a dit :
(( لعنَ اللَّهُ ءاكِلَ الرّبا وموكِلَهُ ومانعَ الزّكاةِ ))
[rapporté par Ibnou Hibban] ce qui signifie : « Allah a maudit celui qui consomme ce qui provient du gain usuraire, celui qui le donne à consommer et celui qui s’abstient de donner la zakat« .
La zakat sur le bétail
Concernant le bétail, la zakat est un devoir sur trois catégories qui sont :
1- Les camélidés, mâles et femelles ;
2- Les bovins, mâles et femelles ;
3- Les chèvres et les moutons.
La zakat n’est pas un devoir sur d’autres animaux que ceux-ci. Elle n’est donc un devoir ni sur les chevaux ni sur les ânes de par eux-mêmes, et n’est pas un devoir non plus sur d’autres tels que la volaille, par l’Unanimité.
Pour que la zakat soit une obligation sur le bétail, il est une condition de réunir :
1- Le seuil (an-nisab) : c’est le nom d’une quantité déterminée de ce sur quoi la zakat est obligatoire, il n’y a donc pas de zakat sur ce qui est en-deçà.
2- L’écoulement d’une année (al-hawl) : c’est-à-dire d’une année lunaire ; la zakat n’est donc pas obligatoire avant l’achèvement de cette période, même d’un instant.
3- Le pâturage (as-sawm) : c’est que le propriétaire des bêtes – ou celui à qui le propriétaire l’autorise – les ait fait paître dans un herbage libre (moubah), c’est-à-dire un herbage qui n’a pas de propriétaire, commun à tout le monde. La zakat n’est donc pas un devoir sur les bêtes qui ont été affouragées durant toute l’année (al-hawl) ou durant la majeure partie de l’année ou bien pendant une durée sans laquelle elles ne vivraient pas ou vivraient mais avec des dommages évidents.
4- Que les bêtes ne soient pas affectées à un travail : ainsi la zakat n’est pas un devoir sur les camélidés travaillant pour tirer de de l’eau d’arrosage par exemple.
Le premier seuil des camélidés est de cinq têtes et l’on doit payer sur cela une chah, c’est-à-dire une brebis qui a accompli un an ou qui a perdu ses dents de devant, ou bien une chèvre qui a accompli deux ans. Puis on ne doit rien de plus que ceci tant que le nombre de camélidés n’a pas atteint dix. S’il atteint dix, il est un devoir de payer deux chah. Et il est un devoir sur quinze de payer trois chah, sur vingt, quatre chah et sur vingt-cinq, une bintou makhad c’est-à-dire une femelle qui a accompli un an, sur trente six, une bintou laboun c’est-à-dire une femelle qui a accompli deux ans, sur quarante six, une hiqqah c’est-à-dire une femelle qui a accompli trois ans, sur soixante et un, une jadha^ah c’est-à-dire une femelle qui a accompli quatre ans, sur soixante-seize, deux bintou laboun, sur quatre-vingt onze, deux hiqqah, sur cent vingt et un, trois bintou laboun et ceci vaut jusqu’à cent trente. Ensuite, la quantité qu’il est un devoir de verser sur les camélidés change selon ce que les savants ont détaillé : ainsi sur chaque quarantaine de têtes, on doit payer une bintou laboun, et sur chaque cinquantaine, une hiqqah ; la zakat sur cent quarante têtes est donc de deux hiqqah et une bintou laboun, et la zakat sur cent cinquante est de trois hiqqah, et ainsi de suite.
Le premier seuil pour les bovins est de trente têtes, et l’on doit payer sur cela un tabi^, c’est-à-dire un veau mâle ayant atteint un an. Il est un devoir sur chaque quarantaine de payer une moucinnah, c’est-à-dire une vache qui a atteint deux ans. Puis, on procède par analogie à cette règle : ainsi sur soixante bovins, il est un devoir de payer deux tabi^, sur soixante-dix, un tabi^ et une moucinnah, et sur quatre-vingt, deux moucinnah.
S’il arrive qu’il y ait, dans le cas des camélidés ou des bovins, deux possibilités pour un même seuil, il est un devoir de payer ce qui est le plus profitable des deux pour ceux qui y ont droit ; ainsi sur deux cents camélidés et cent vingt bovins, on doit payer ce qui est le plus profitable entre quatre hiqqah et cinq bintou laboun pour les camélidés, et ce qui est le plus profitable entre trois moucinnah et quatre tabi^ pour les bovins, s’il dispose des deux possibilités dans son bien et si elles remplissent les conditions de validité. Si l’on dispose de l’une des deux possibiliités dans son bien, on prélève celle-ci.
Le premier seuil des chèvres et des moutons est de quarante têtes, et l’on doit payer sur cela une chah, sur cent vingt et une têtes, deux chah, sur deux cent une, trois chah, sur quatre cents, quatre chah, puis sur chaque centaine, une chah ; ainsi sur cinq cents, cinq chah, et sur six cents, six chah, et ainsi de suite.
Avertissement : Concernant la zakat sur le bétail, ce qui est entre deux seuils est excusé, il n’est pas un devoir de payer quelque chose sur cela ; ainsi il est un devoir de payer sur cent têtes des chèvres et des moutons ce qu’il est un devoir de payer pour quarante d’entre elles, et il est un devoir de payer sur cinquante bovins ce qu’il est un devoir de payer sur quarante d’entre eux.
La zakat sur les monnaies
S’agissant des monnaies, la zakat est un devoir sur deux d’entre elles : l’or et l’argent métal. Il n’y a donc pas de zakat sur d’autres monnaies que ces deux-là chez l’Imam Ach-Chafi^iyy, et son argument pour cela consiste en Sa parole ta^ala :
]وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ والفِضَّةَ وَلاَ يُنْفِقُونَها فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشّرْهُمْ بِعَذَابٍ أَلِيمٍ[
ce qui signifie : « Et ceux qui thésaurisent de l’or et de l’argent [métal] et n’en dépensent pas dans la voie que Allah agrée, annonce leur un châtiment douloureux« .
Pour que la zakat soit une obligation sur ces deux monnaies, il y a des conditions, parmi lesquelles :
1- Le seuil (an-nisab) :
Le seuil pour l’or pur est de vingt mithqal ce qui représente environ 84,875 grammes d’or pur, soit environ 97 grammes d’or (21) carats, et environ 113,17 grammes d’or (18) carats. Le seuil pour l’argent métal pur est de deux cents dirham islamiques, soit environ 594,125 grammes. Il est un devoir de payer sur ces deux seuils le quart du dixième.
Et pour ce qui dépasse le seuil, on en prélève en proportion. Ainsi, la zakat de vingt mithqal d’or sera le quart de son dixième, c’est-à-dire la moitié d’un mithqal, la zakat de trente mithqal d’or sera le quart de son dixième, soit trois quarts de mithqal, la zakat de deux cents dirham d’argent pur sera le quart de son dixième, soit cinq dirham, et la zakat de trois cents dirham d’argent métal sera le quart de son dixième, soit sept dirham et demi.
2- L’écoulement d’une année lunaire (al-hawl) :
Il n’est pas un devoir de payer de zakat sur ce qui est en-deçà du seuil, ni ce sur quoi une année lunaire ne s’est pas écoulée.
Quant aux bijoux dont le port est indifférent [1] pour les femmes, il y a eu divergence si la zakat sur eux est obligatoire ou non, mais on prend plus de précaution en la payant. Pour ce qui est des bijoux interdits tels que l’or si l’homme le porte, on doit payer la zakat sur cet or s’il atteint le seuil.
La zakat sur les récoltes,
les raisins secs et les dattes
S’agissant des récoltes et des fruits – dattes ou raisins secs –, leur seuil est de cinq wasq, conformément à sa parole r :
(( ليس فيما دون خمسة أوسق صدقة ))
ce qui signifie : « Il n’y a pas de zakat sur ce qui est en deçà de cinq wasq« . Le wasq correspond à soixante sa^ selon le sa^ du Prophète e, et le sa^ correspond à quatre moudd [2]. Le seuil est donc de trois cents sa^ ou de mille deux cents moudd.
Avertissement : On ne rassemble pas les fruits dattes ou raisins secs ou les récoltes d’une année avec les fruits et les récoltes d’une autre année pour compléter le seuil. Par contre, on rassemble les fruits de la même année les uns avec les autres pour compléter le seuil et ce, même s’ils arrivent à maturité à des dates différentes à cause de différence de variétés et de lieu de plantation en termes de chaleur et de froid.
Si des palmiers et des vignes ont donné des fruits et ont été récoltés puis ont redonné des fruits durant cette même année qui est de douze mois lunaires, l’un des deux genres de fruits ne sera pas rassemblé à l’autre.
S’il s’agit de deux palmeraies dont l’une a donné des fruits puis la seconde en a donné avant que ceux de la première ne soient cueillis ou même après cela, les fruits de l’une sont rassemblés avec ceux de l’autre pour compléter le seuil si c’était durant la même année ; de plus, l’arrivée de la période de coupe est considérée comme la coupe.
De même, on rassemble les récoltes de la même année si leurs périodes de récolte interviennent la même année.
On ne complète pas une espèce par une autre, comme par exemple du blé par de l’orge. Toutefois, on complète une variété par une autre, comme par exemple al-barniyy par al-^ajwah qui sont deux variétés de dattes.
La zakat sur les fruits devient obligatoire avec l’apparition de leur utilité, c’est-à-dire lorsqu’ils ont atteint un état dans lequel ils sont généralement demandés pour être consommés. Par conséquent, si les fruits de la vigne et des palmiers sont encore acides et verts, il n’est pas un devoir de payer de zakat sur eux. Et l’apparition de l’utilité d’une partie des fruits est considérée comme l’apparition de l’utilité de l’ensemble.
La zakat sur les récoltes devient obligatoire avec le durcissement des grains, car à ce moment-là elles sont devenues un aliment, avant cela elles étaient en herbe.
Le prélèvement n’est valable qu’après le séchage et le tamisage, on ne prélève donc pas les grains mêlés aux épis.
Si l’arrosage a entraîné une charge, il est un devoir de payer sur les récoltes et les fruits dattes ou raisins secs la moitié du dixième, comme par exemple si l’on a irrigué au moyen d’une roue ou d’un relevage de l’eau d’une rivière à l’aide d’un animal, et le dixième si l’arrosage n’a pas entraîné de charge, comme par exemple s’il a eu lieu avec de l’eau de pluie ou de ruissellements.
La zakat sur
les biens commerciaux
Il est un devoir de payer la zakat sur les biens commerciaux qui sont acquis à l’origine en échange d’une contrepartie, si ces biens ont atteint le seuil à la fin de l’écoulement d’une année lunaire. Et la signification du commerce, c’est faire tourner les biens dans la vente et l’achat dans le but de faire des profits. Par la restriction que les biens doivent être acquis à l’origine contre une contrepartie, on exclut ce qui est acquis gratuitement, il n’y a donc pas de zakat sur cela, comme par exemple si une personne a reçu un héritage ou si quelqu’un lui a fait un don.
Il y a des conditions pour que la zakat soit une obligation sur ces biens, parmi lesquelles :
1- L’écoulement d’une année lunaire : les biens commerciaux sont évalués à la fin de l’écoulement d’une année (hawl) en fonction de la monnaie précieuse (naqd) c’est-à-dire l’or ou l’argent métal avec laquelle ils ont été achetés. Ainsi, si les biens ont été achetés avec de l’or, ils seront évalués en or et s’ils ont été achetés avec de l’argent métal, ils seront évalués en argent métal ; et s’ils ont été achetés avec une autre monnaie que ces deux-là, ils seront évalués avec la monnaie précieuse (naqd) la plus utilisée dans le pays. Si la monnaie précieuse la plus utilisée est l’or, ce sera avec de l’or et si c’est l’argent métal, ce sera avec de l’argent métal. Et si les biens commerciaux ont atteint le seuil, la zakat est devenue obligatoire sur eux, sinon elle ne l’est pas, et l’on doit payer sur ces biens le quart du dixième.
De plus, dans l’école de l’Imam Ach-Chafi^iyy, il est un devoir lors du versement de la zakat, de donner l’or même ou l’argent métal même, alors que selon Abou Hanifah, il suffit de donner l’équivalent de la valeur de la zakat dans n’importe quelle monnaie et il est valable selon lui également de donner autre chose que de la monnaie parmi les biens eux-mêmes, avec pour condition que les biens commerciaux selon lui soient évalués avec la monnaie précieuse la plus profitable aux pauvres. On prend en considération, lors de l’évaluation, la valeur des biens par rapport à leur prix de vente aux gens sur le marché. Et ce que la personne dépense de ce bien pour ses besoins durant l’année ou ce qu’elle donne en aumône n’entre pas en compte lors de l’évaluation de la zakat. De même, ce que la personne garde pour s’en servir en tant que nourriture, boisson, vêtement ou autre que cela, n’entre pas en compte non plus.
2- Que l’intention de pratiquer le commerce ne soit pas interrompue avant l’écoulement d’une année lunaire ; si la personne interrompt donc l’intention de pratiquer le commerce avant l’écoulement de l’année, elle n’aura pas à payer de zakat. Par contre, si elle interrompt l’intention de pratiquer le commerce après l’écoulement d’une année, elle devra payer la zakat pour l’année qui s’est écoulée, et en ce qui concerne le futur, ses biens auront perdu leur statut de biens soumis à la zakat.
Quant aux biens commerciaux qui constituent une dette, la zakat est obligatoire sur eux chez l’Imam Ach-Chafi^iyy. Mais chez l’Imam Abou Hanifah, on déduit la valeur de la dette de celle des biens commerciaux lors de l’évaluation de la zakat s’il n’est pas capable de la rembourser.
Il n’y a donc pas de zakat à payer sur d’autres biens que ceux qui ont été cités, comme par exemple la maison que son propriétaire exploite en location, même s’il possède plusieurs immeubles.
De même, celui qui a une voiture qu’il loue aux gens ou qu’il utilise pour son usage personnel, il n’est pas un devoir de payer la zakat sur elle. Il en est de même pour les machines que l’on trouve dans les usines et qui sont utilisées dans la filature, la couture ou autre que cela, il n’y a donc pas de zakat sur ces machines par elles-mêmes, car elles ne sont pas exploitées pour la vente et l’achat dans un but commercial.
La zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr)
Quant à la zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr), elle devient obligatoire à partir du moment où la personne a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. Elle est obligatoire pour tout musulman, s’il lui reste de quoi la payer en plus de ce qu’il faut pour payer sa nourriture de base, la nourriture de base de ceux qui sont à sa charge, ses dettes, son habillement et son logement qui sont dignes de lui, et ceci, pendant le jour de la Fête de la fin du jeûne (^idou l-fitr) et la nuit qui suit. Elle est d’un sa^, c’est-à-dire de quatre moudd de la nourriture de base la plus couramment consommée dans le pays.
L’homme doit payer zakatou l-fitr de sa femme, de ses enfants qui sont en deçà de la puberté, ainsi que de tout proche qui est à sa charge tel que ses parents. Il n’est pas un devoir de payer zakatou l-fitr d’un mécréant, et il n’est valable de la payer sur l’enfant pubère qu’avec son autorisation.
La zakat de la fin du jeûne (zakatou l-fitr) devient obligatoire à partir du coucher du soleil du dernier jour de Ramadan pour celui qui a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. Il est un devoir de s’en acquitter avant le coucher du soleil du jour de la Fête (al-^id) et il est interdit de la reculer au-delà sans excuse valable. Il est permis de s’empresser de la donner dès le début de Ramadan. Ce qui est recommandé (sounnah), c’est de la donner le jour de la Fête et avant la prière, et il est déconseillé de la donner après la prière de la Fête.
* * *
Avertissement : L’intention par le cœur est obligatoire pour tous les types de zakat au moment où l’on met de côté la part à verser, au titre de la zakat de son bien, et ce, en disant dans son cœur par exemple : « ceci est la zakat de mon bien ou de mon corps », ou « ceci est l’aumône obligatoire de mon bien ».
Ceux qui ont droit à la zakat
Il n’est permis et valable de payer la zakat qu’à ceux qui font partie des huit catégories que Allah a citées dans le Qour’an par Sa parole :
)إنَّما الصَّدَقَاتُ لِلفُقَرَاءِ وَالمَسَاكِينِ وَالعَامِلينَ عَلَيْها وَالمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وفِى الرّقَابِ وَالغَارِمِينَ وَفِى سَبِيلِ اللَّهِ وابنِ السَّبِيلِ(
[sourat At-Tawbah / 60] ce qui signifie : « Certes, les aumônes [obligatoires] ne sont [destinées] qu’aux miséreux, aux pauvres, à ceux qui travaillent au service de la zakat, aux nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir, aux esclaves [qui en ont besoin pour remplir leur contrat d’affranchissement], aux endettés [qui ne peuvent pas s’acquitter de leurs dettes], aux combattants [bénévoles] et au voyageur [qui n’a pas ce qui lui permet d’atteindre sa destination] ».
Le miséreux (al-faqir) : c’est celui qui ne trouve que moins que la moitié de sa suffisance, en matière de nourriture, d’habillement, de logement et de tout ce qui est indispensable eu égard à ce qui est digne de lui.
Le pauvre (al-miskin) : c’est celui qui dispose de la moitié de sa suffisance mais n’en dispose pas en totalité, tel celui qui a besoin de dix mais ne trouve que huit.
Ceux qui travaillent au service de la zakat (al-^amilouna ^alayha) : ce sont ceux que le Calife, c’est-à-dire le Sultan, a désignés pour prendre les zakat auprès des gens possédant des biens, et à qui il n’a pas consacré de rémunération provenant de la trésorerie (baytou l-mal).
Les nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir (al-mou’allafatou qouloubouhoum) : ce sont ceux dont la ferveur est encore faible parmi les musulmans, ce sont ceux qui sont entrés en Islam et n’ont pas encore lié une forte amitié avec les musulmans, il leur est alors donné une part de la zakat pour que leur ferveur en l’Islam se renforce ; ou bien ce sont des gens qui étaient nobles dans leur peuple et l’on espère par cette donation que leurs semblables deviennent musulmans.
Les esclaves qui en ont besoin pour remplir leur contrat d’affranchissement (fi r-riqab) : ce sont les esclaves avec qui leurs maîtres ont passé un contrat valable, selon lequel ils seront libres s’ils versent une certaine somme d’argent.
Les endettés (al-gharimoun) : ce sont les endettés qui ont contracté des dettes pour exercer une activité licite ou bien pour quelque chose d’illicite mais qui se sont par la suite repentis. Il est une condition, pour qu’il soit permis de leur donner une part de la zakat, qu’ils soient incapables d’honorer la dette et que la dette soit arrivée à échéance.
La signification de [وفي سبيل الله] (fi sabili l-Lah) : ce sont les combattants bénévoles pour faire le jihad et qui n’ont aucune part dans le poste du budget alloué aux soldats rémunérés à partir des biens du fay’ – de la trésorerie –. Il leur est alors donné ce dont ils ont besoin pour faire le jihad même s’ils sont riches, pour les aider à la conquête.
Le voyageur qui n’a pas ce qui lui permet d’atteindre sa destination (‘ibnou s-sabil) : c’est le voyageur, ou celui qui veut voyager, qui est dans le besoin et n’a pas ce qui lui suffit pour son voyage ; il lui est alors donné une part de la zakat à condition que son voyage ne soit pas illicite.
Il n’est pas permis de payer la zakat à d’autres gens que ceux-ci, comme par exemple la payer pour la construction des écoles et des hôpitaux ; et celui qui a fait cela, la zakat sur ses biens n’était pas valable.
Il est une condition que celui qui reçoit la zakat ne fasse pas partie de la famille (al-‘al) du Prophète r c’est-à-dire des descendants de Hachim, l’arrière grand-père du Prophète, ou de ceux de Al-Mouttalib, le frère de Hachim.
Et il est une condition également que celui qui reçoit la zakat ne soit pas riche grâce à des biens qu’il possède ou à une rémunération qu’il perçoit et qui lui est suffisante, et qu’il ne fasse pas partie de ceux qui sont à la charge de celui qui paie la zakat, comme par exemple le père, la mère et les enfants non pubères. Il est toutefois permis au père de payer la zakat à ses enfants pubères pauvres s’ils remplissent les conditions.
Information utile : Le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy (connu sous le nom de Al-Habachiyy) a dit : certains savants ont dit :
Il est recommandé à la personne de distribuer sa zakat elle-même, et il est permis de la donner à celui qui collecte la zakat. Toutefois cela a été recommandé pour que la personne soit certaine que la zakat parvient bien à ceux qui y ont droit. ‘Ahmad (c’est-à-dire ‘Ahmad Ibnou Hanbal) a dit : « Je préfère qu’il la distribue lui-même mais s’il la donne au sultan, cela est permis« . Al-Haçan, Mak-houl et Sa^id Ibnou Joubayr ont dit : « Le propriétaire du bien se charge lui-même de la donner à qui y a droit« . Et d’après Abou l-Haçan, il a dit : « Je suis venu auprès de Abou Wa‘il et de Abou Bourdah avec la zakat alors qu’ils étaient chargés de la trésorerie (baytou l-mal), ils l’ont acceptée. Puis je suis revenu une autre fois et j’ai retrouvé Abou Wa‘il seul qui m’a alors dit : Reprends-la et donne-la à ceux qui y ont droit ».
Quant au fait qu’il est préférable de donner soi-même la zakat, cela s’explique du fait qu’ainsi, on fait parvenir leur droit à ceux qui y ont droit, tout en évitant de dépenser de l’argent pour ceux qui se chargeraient de la distribuer et en préservant le droit de ceux qui ont droit à la zakat contre le danger du préjudice à leur égard – qu’elle soit détournée par exemple –. Elle s’explique aussi par le fait qu’ainsi, on dissipe soi-même les soucis de celui qui y a droit en l’enrichissant avec, tout en la donnant à ceux qui sont prioritaires sur elle parmi les nécessiteux de sa proche parenté et de sa famille, et c’est une chose qui contribue à maintenir les liens avec ses proches. Fin de citation.
De plus, parmi les lois de la zakat sur lesquelles les savants de l’Islam sont unanimes, il y a le fait qu’elle n’est pas payée à un riche, c’est-à-dire à quelqu’un qui a sa suffisance, disposant de ses besoins de base, à savoir la charge de ceux qui sont à sa charge, l’habillement et le besoin de logement. Elle n’est pas non plus payée à celui qui a la capacité de travailler et de gagner sa vie. Le Messager de Allah r a dit :
(( إنّها (أي الزّكاة) لا تحلّ لغنيّ ولا لقويّ مكتسب ))
[rapporté par Abou Dawoud dans son livre As-Sounan et par d’autres] ce qui signifie : « Certes, elle (c’est-à-dire la zakat) n’est pas licite pour un riche ni pour celui qui est fort et capable de travailler« , et c’est un hadith qui a le degré de sûr (sahih). La Loi islamique (Ach-Char^) n’a pas fait que la zakat soit comme tous les autres dons car il est permis de donner l’aumône, autre que la zakat, au pauvre tout comme au riche.
La zakat n’est pas non plus donnée pour tout acte de bienfaisance tel que la construction des mosquées, des écoles ou des hôpitaux. Et le Messager de Allah a montré, par ce hadith cité précédemment, que n’est pas visé par la parole de Allah [وفي سبيل الله] (wa fi sabili l-Lah) tout projet de bienfaisance ; le Prophète r nous a fait comprendre ce jugement par ce hadith. Et le Messager de Allah comprend mieux que quiconque les sens du Qour’an. Il n’est donc pas permis d’agir conformément à la parole de certains qui prétendent la science et qui disent : « il est permis de la verser pour tout acte de bienfaisance » ; et il n’y a pas parmi ceux-là un seul savant moujtahid que l’on puisse suivre. Il apparaît donc clairement qu’il n’est pas permis de suivre ces gens-là.
Les voies de dépense de la zakat sont donc constituées des huit catégories citées dans la ‘ayah [إنّما الصّدقات للفقراء] qui signifie : « Certes, les aumônes [obligatoires] ne sont [destinées] qu’aux miséreux …« , et parmi eux, il y a celui qui travaille au service de la zakat, c’est celui que l’Imam, c’est-à-dire le calife, charge de collecter les zakat auprès des gens qui possèdent des biens. Les savants ont dit : « Celui qui travaille au service de la zakat aura droit à partir de la zakat à la rémunération correspondant à ce qu’il a fait : « Si l’Imam veut, il l’envoie sans condition de rémunération puis il lui donne une part de la zakat et s’il veut, il lui attribue une rémunération ». Et ils ont dit : « Si le propriétaire la donne lui-même avant le passage de celui qui travaille au service de la zakat, ou s’il la porte lui-même à l’Imam ou à son représentant, celui qui travaille au service de la zakat n’aura rien ». Pour cela, ils ont dit : « Si l’Imam se charge lui-même de la distribuer sans faire appel à ceux qui travaillent au service de la zakat, la part de ces derniers n’est plus prise en compte et l’Imam ne la prend pas à leur place ».
Parmi les lois de la zakat, il y a le fait qu’il est un devoir de la donner immédiatement dès que l’année lunaire s’est écoulée et il n’est permis de la reculer que si c’est pour attendre de la donner à celui qui est prioritaire parmi les pauvres qui vivent dans la ville, tels que le proche ou le voisin miséreux, comme l’ont dit des savants parmi les chafi^iyy, hanafiyy, malikiyy et autres.
Complément : Les savants ont dit pour confirmer qu’il est illicite de la donner à d’autres gens que ceux qui font partie des huit catégories que Allah a citées dans le Qour’an : « Certes, il est interdit au conquérant qui perçoit une solde de la prendre ». Ils ont dit : « Il est payé avec sa part de biens du fay’, et s’il n’y a plus de fay’ et que nous sommes obligés de faire appel à lui pour se protéger du mal des mécréants, les riches l’aideront avec leurs propres biens et non avec la zakat« . Le conquérant qui perçoit une solde, c’est le soldat inscrit dans le registre de ceux qui font le jihad. Si donc on ne donne pas de part de zakat à celui-ci dans cette situation où les musulmans ont besoin que ces soldats rémunérés poursuivent leur fonction alors même qu’ils sont totalement disponibles pour le jihad, que dire alors de ceux pour qui sont organisés, sur le compte de la zakat, des banquets et des banquets qui coûtent des milliers et des milliers, comme cela a eu lieu dans quelques années passées ; ceux-là ont inversé la parole du Messager de Allah :
(( تؤخذ من أغنيائهم وتردّ على فقرائهم ))
qui signifie : « Elle est prise des riches d’entre eux et rendue aux pauvres d’entre eux« . Et dans le hadith sûr (sahih), on apprend que deux hommes étaient venus auprès du Messager de Allah pour lui demander de leur donner une part de la zakat et ils étaient forts, il a alors levé le regard vers eux et les a examinés, puis a dit :
(( إنّه لا حقّ فيها لغنيّ ولا لقويّ مكتسب ))
ce qui signifie : « Certes, n’y a pas droit celui qui est riche ni celui qui est fort et capable de gagner sa vie« , puis il leur a donné après avoir pensé du bien d’eux en considérant qu’ils n’avaient pas trouvé de travail leur permettant de combler leurs besoins de base. Ainsi, après ce jugement du Messager de Allah, comment pourrait-il être permis de l’utiliser pour nourrir ces riches sous prétexte de les encourager à donner la zakat ?
Que l’on prenne garde aussi à ceux qui ont distribué un tract dans lequel ils ont cité que la zakat est obligatoire pour chaque musulman et qu’elle est obligatoire sur la volaille, violant ainsi une unanimité sur laquelle des siècles se sont écoulés ; alors que les savants de l’Islam, depuis l’époque des compagnons jusqu’à notre époque, ont été unanimes qu’il n’y a pas de zakat sur la volaille, mais la zakat chez la majorité des imams est obligatoire sur le bétail : sur les camélidés, les chèvres et les moutons, et les bovins.
Et il est un devoir de distribuer aux gens qui y ont droit les biens de la zakat eux-mêmes. Il n’est donc pas permis de placer les biens de la zakat là où est placé le gain usuraire. En fait, la zakat est une chose pure qu’on ne mélange pas avec ce qui est malsain.
Ces gens-là, ont-ils pris connaissance de ces hadith puis leurs passions les ont empêchés d’œuvrer conformément à eux ou n’en ont-ils pas pris connaissance ? ! Certes, nous appartenons à Allah et nous retournerons à Lui pour le jugement. Et dans le Commentaire (Hachiyah) de Ibnou ^Abidin tome 1, page 14 on trouve ce qui suit : « La zakat est à payer immédiatement, c’est-à-dire qu’il est obligatoire de la payer dans l’immédiat. C’est conformément à cela que l’avis de jurisprudence est donné Ainsi celui qui la recule sans excuse commet un péché et son témoignage n’est plus retenu« . Et dans Raddou l-Mouhtar : « Et il a été confirmé de nos trois imams l’obligation de la donner immédiatement« .
L’Imam Ach-Chiraziyy le chafi^iyy a dit dans Al-Mouhadh-dhab ce qui suit : « Celui pour qui la zakat est devenue obligatoire et qui a été capable de la payer, il ne lui est pas permis de la reculer parce que c’est un droit qu’il est un devoir de donner à un être humain« . Et le Chaykh ^Illaych le malikiyy a dit dans Minahou l-Jalil tome 2, page 95 ce qui suit : « Et il est un devoir de la distribuer, c’est-à-dire la zakat, immédiatement à ceux qui y ont droit« . Fin de citation.
Et Allah soubhanahou wa ta^ala sait plus que tout autre.
Croyance : Al I3timaadou Fi l I3tiqaad
Al-I^timadou fi l-I^tiqad
composé par
Abou l-Mahacin Mouhammad Al-Qawqjiyy
At-Taraboulsiyy Al-Hanafiyy
décédé en l’an 1305 de l’Hégire
Introduction
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, à Lui reviennent les grâces, les mérites et les bonnes éloges, que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad le Prophète à qui Son Seigneur a enseigné, qui a ainsi surpassé les créatures qui l’ont précédé et qui sont venues après lui, et que Allah préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Allah ta^ala a fait que grâce à lui de nombreux peuples sont sortis des ténèbres à la lumière, de l’obscurité de la mécréance vers la clarté de la foi. Ils sont devenus des gens appelant à la vérité, la propageant parmi les créatures. Ils ont appris ce que Allah a rendu obligatoire sur eux d’apprendre comme science et ils l’ont enseignée, réunissant ainsi la connaissance de la jurisprudence de la religion et l’ordre du bien et l’interdiction du mal. L’Islam est arrivé, grâce à eux, jusque là où se trouvaient le palais de Chosroës et le trône de César. Ils ont fait de la propagation de la croyance en l’Unicité de Allah leur plus grand souci. La première chose à laquelle ils appelaient les gens était la croyance en l’Unicité de Allah ta^ala, suivant en cela la parole du Prophète adressée à Mou^adh Ibnou Jabal :
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Tu auras affaire à des gens du livre. Que la première chose à laquelle tu les appelles soit la croyance en Son unicité ta^ala (at-tawhid). Une fois qu’ils auront reconnu cela, apprends-leur que Allah leur a rendu obligatoire cinq prières par jour et nuit … ».
Les compagnons enseignaient en effet au début les sujets relatifs à la croyance. Ils apprenaient après cela ce dont ils avaient besoin dans les domaines de la jurisprudence. Al-Bayhaqiyy a rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar que Allah l’agrée, lui et son père, qu’il a dit : « Nous apprenions la foi – les règles de la croyance – avant le Qour’an ». Ibnou Majah a rapporté de Joundoub que Allah l’agrée qu’il a dit : « Alors que nous étions jeunes, proches de la puberté avec le Messager de Allah, nous avons appris la foi - les règles de la croyance – et nous n’avions pas encore appris le Qour’an. Ensuite, nous avons appris le Qour’an et par lui notre foi a augmenté ». Le Hafidh Al-Bousayriyy l’a jugé sûr.
Les successeurs immédiats des compagnons (at-tabi^iyy) ont suivi cette voie, de même que leurs successeurs et les successeurs de leurs successeurs. Ils s’attachaient avec insistance à enseigner aux jeunes enfants ces sciences et à les leur transmettre afin qu’ils grandissent loin des mauvaises innovations, attachés à la Tradition prophétique, distinguant entre le vrai et le faux, entre ce qui induit en erreur et ce qui constitue une preuve. En effet, il en est tel que l’a dit Al-Ghazaliyy : « L’acte d’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré ».
Parmi ces savants qui ont consacré leur attention aux enfants des musulmans, un savant de Tripoli du Liban, honorable, a composé un livret comportant un résumé des sujets de la croyance pour que les enfants des croyants l’étudient et profitent de la science qu’il comporte. Il s’agit du Mouhaddith, du spécialiste de la jurisprudence (faqih) Abou l-Mahacin Al-Qawqjiyy. Ce livre a été imprimé dans le passé, du vivant de son auteur, sous la supervision de son fils Abou n-Nasr. Pour plus de profit, nous avons voulu l’éditer à nouveau après quelques améliorations et après l’ajout de quelques passages utiles et ceci en raison de l’intérêt que nous accordons au patrimoine islamique, surtout lorsqu’il s’agit de la croyance musulmane véridique.
Section des Recherches et des Etudes Islamiques
de l’Association des Projets de Bienfaisance Islamiques
Biographie de l’auteur
Son nom et sa lignée
Il s’agit de Abou l-Mahacin Chamsou d-Din Mouhammad Ibnou Khalil Ibni Ibrahim Ibni Mouhammad Ibni ^Aliyy Al-Machichiyy le Tripolitain, de la descendance du Prophète (charif), de lignée honorable, connu sous le nom de Al-Qawaqjiyy Al-Hanafiyy, le grand savant, le mouhaddith, le soufiyy, le spécialiste de la jurisprudence (faqih).
Sa naissance
Il est né la nuit du lundi douze du mois de Rabi^ou l-‘Awwal de l’an 1224 de l’Hégire honorée.
Son apprentissage de la science et ses Chaykh
Il a reçu, que Allah lui fasse miséricorde, les principes des sciences à Tripoli du Cham. Il partit par la suite en Egypte en 1239 H. Il a suivi les enseignements religieux à Al-‘Azhar, y résidant vingt sept ans, assistant aux cours et recevant les sciences. Parmi ses Chaykh, on cite : le Chaykh Mouhammad Al-Khaliliyy At-Tamimiyy Mufti des hanafiyy en terre d’Egypte, le Chaykh Mouhammad ^Abid Al-‘Ansariyy As-Sindiyy, le Chaykh Mouhammad Al-Bahiyy Al-Misriyy, le Chaykh Ahmad As-Sa^idiyy Al-Malikiyy, le Chaykh Mouhammad Salih As-Siba^iyy Al-^Adawiyy et de nombreux autres encore.
Après cette période, il retourna en sa ville Tripoli du Cham où il enseigna et bénéficia à de nombreuses personnes.
Ses ouvrages
Il a de nombreuses compositions, certaines étant imprimées et d’autres manuscrites. Parmi ses ouvrages, il y a :
1/ Ma^danou l-la’ali fi l-‘Açanidi l-^Awali, manuscrit dans lequel il a mentionné ses Chaykh et ses chaînes de transmission.
2/ Rabi^ou l-Jinan fi Tafsiri l-Qour’an.
3/ Raf^ou l-‘Astari l-Mousdalah fi l-‘Ahadithi l-Mousalsalah, manuscrit.
4/ Al-Maqasidou s-Saniyah fi ‘Adabi s-Soufiyyah.
5/ Rouhou l-Bayan fi Khawassi n-Nabatati wa l-Hayawan.
6/ Al-Lou’lou’ou l-Marsou^ fi l-Hadithi l-Mawdou^, imprimé.
7/ Tanwirou l-Qouloubi wa l-‘Absar fi l-hadith.
8/ Dawawin wa Khoutab Minbariyyah.
9/ Récit de voyage regroupant les faits les plus marquants de ses voyages en Egypte, au Hijaz et au Cham.
10/ Adh-Dhahabou l-‘Ibriz, Charhou l-Mou^jami l-Wajiz de Al-Marghaniyy, imprimé.
11/ Al-Jami^ou l-Fayyah li l-Koutoubi th-Thalathati s-Sihah : Al-Mouwatta’, Al-Boukhariyy wa Mouslim.
12/ Al-Bahjatou l-Qoudsiyyah fi l-‘Ançabi n-Nabawiyyah.
13/ Kawakibou t-Tarsif fima li l-Hanafiyyati mina t-Tasnif.
14/ Lata’ifou r-Raghibin fi ‘Ousouli l-Hadithi wa l-Kalami wa d-Din, manuscrit.
15/ Ghinyatou t-Talibin fima yajibou min ‘Ahkami d-Din ^ala l-Madhahibi l-‘Arba^ah, imprimé.
16/ Chawariqou l-‘Anwar, manuscrit.
17/ Safinatou n-Najat fi Ma^rifati l-Lahi wa ‘Ahkami s-Salat, opuscule dans la jurisprudence, imprimé.
18/ Al-I^timadou fi l-I^tiqad, imprimé dans le passé.
19/ Touhfatou l-Moulouk fi s-Siyari wa s-Soulouk.
20/ Jamalou r-Raqsi fi Qourra’i Hafs.
21/ Al-Jami^ou l-Fayyah li Jawami^i l-Koutoubi s-Sihah.
22/ Al-Badrou l-Mounir Moukhtasarou l-Jami^i s-Saghir.
23/ Ad-Dourrou s-Safiyy ^ala ^Aqidati n-Naçafiyy.
24/ Al-Barqatou d-Dahchiyyah fi Labsi l-Khirqati s-Soufiyyah.
25/ Charh ^ala l-Kafi fi ^Ilmayi l-^Aroudi wa l-Qawafi.
Il a d’autres compositions et maîtrises dont une qui est conservée à Darou l-Koutoubi l-Misriyyah numéro 253 Moustalah.
Ses élèves
Parmi ses élèves, qui ont pris et rapporté de lui, il y a son fils, le spécialiste du hadith spécialiste des chaînes de transmission (mousnid) Abou n-Nasr, Ahmad Ibnou Mouhammad Ad-Dalbachaniyy, Salih Ibnou ^Abdi l-Lah Al-^Abbaciyy, le Chaykh des savants de Doumyat Mouhammad Ibnou Mahmoud Khafajah Ad-Doumyatiyy, Habibou r-Rahman Al-Kadhimiyy Al-Hindiyy, le spécialiste des chaînes de transmission (mousnid) de Médine Abou l-Haçan Al-Watriyy Al-Madaniyy, l’Orateur de Al-‘Azhar Haçan As-Saqqa Al-Farghaliyy, ^Abdou l-Fattah Az-Zou^biyy At-Taraboulsiyy, le spécialiste des chaînes de transmission Ahmad Al-^Attar, le Chaykh ^Abdou r-Rahman Al-Hout le délégué des nobles descendants du Prophète (Charif) du gouvernorat de Beyrouth, le Chaykh Basyouni Al-Qaranchawi, le Chaykh Salim Al-Miswati Ad-Dimachqiyy et d’autres qui ont tiré profit de lui et ont par la suite profité à autrui.
Il était connu dans sa ville pour sa science, sa vertu et son soufisme. Les musulmans de sa ville l’estimaient (‘i^tiqad) et le respectaient. A la fin de sa vie, il restait souvent à la mosquée At-Tahham où il passait la nuit auprès de ses élèves. Jusqu’à nos jours il y a encore une rue connue par son nom, c’est-à-dire Zouqaq Al-Qawaqjiyy.
Son décès
Il voyagea en 1305 H vers l’Egypte. Il y séjourna jusqu’après la fête de Al-Fitr puis se mit en route pour le Hijaz. Il accomplit des tours autour de la Ka^bah honorée et fit les trajets entre As-Safa et Al-Marwah. Après s’être désengagé de son rituel, il fut atteint d’une fièvre. Il mourut face à la Maison Sacrée et ce, la nuit du mercredi aprCARSPECIAUX 232 \f « Times New Roman Euro »s l’écoulement de huit nuits de Dhou l-Hijjah de l’an 1305 H. Il fut enterré, que Allah lui fasse miséricorde, entre le site de la Dame Khadijah et celui de ‘Aminah.
Le Mouhaddith ^Abdou l-Hayy Al-Kattaniyy l’a décrit par sa parole : « Il est le spécialiste des chaînes de transmission du Cham du début de ce siècle. C’est selon ses chaînes de transmission que l’on se base essentiellement dans la majeure partie de l’Egypte, du Cham et du Hijaz » fin de citation.
Par le nom de Allah Ar-RaHmaan Ar-RaHiim
La louange est à Allah, par Lui on recherche l’aide, l’Unique non par le nombre, Celui Qui existe sans être l’effet d’autre chose. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah Celui Dont l’existence est obligatoire selon la raison et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah, lui qui fait les louanges à Allah, dont le caractère est digne d’éloge. Ô Allah, élève-le en degré, honore-le davantage, préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle et donne-lui davantage de bénédictions ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons tant qu’un cœur sera illuminé par la lumière de la science de l’exemption de Allah de toute imperfection (at-tanzih) et tant qu’il y aura des preuves pour renier les idées de at-ta^til c’est-à-dire de la négation de l’existence de Dieu et de Ses attributs et de celles de at-tachbih c’est-à-dire de l’assimilation de Allah à Ses créatures.
Ainsi :
Ceci est un traité de croyance du tawhid, la croyance en l’unicité de Allah, pure de toute confusion (hachw) et de toute complication, dont a besoin toute personne qui recherche à atteindre la droiture (mourid), que Allah en fasse profiter tous les esclaves. ‘Amin.
Sache que si quelqu’un te dit : Qui adores-tu ? Alors dis : J’adore Allah, le seul Dieu, Celui Qui n’est pas localisé sur terre ni dans le ciel. Il est avant l’endroit et le temps et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité. Il n’est pas possible de Lui donner une image dans le cœur car Il n’a pas de semblable parmi les créatures. Sur terre est Sa souveraineté, au paradis Sa miséricorde et en enfer Son châtiment.
S’il te demande : Qu’est-ce que Allah ? Dis : Si tu demandes à propos de Son nom, Allah est Ar-Rahman, le Très-Miséricordieux ; Ar-Rahim, le Miséricordieux ; Il a les noms parfaits. Si tu demandes à propos de Ses attributs, Sa vie Lui est propre, elle est éternelle, Sa science englobe toute chose, Sa puissance est parfaite, Sa sagesse est manifeste, Son ouïe et Sa vue concernent toute chose. Si tu demandes à propos de Son acte, c’est la création des créatures et le fait d’accorder à chaque chose sa valeur. Si tu demandes à propos de Son Être, Il n’est pas un corps ni une caractéristique qui advient au corps (^arad) et Il n’est pas composé. Tout ce qui passe par ton esprit, Allah en est différent. Son Être existe et Son existence est obligatoire selon la raison ; Il n’est pas engendré, Il n’engendre pas et Il n’a pas d’équivalent. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Celui qui dit : « J’adore l’Être Qui a les attributs propres à Lui-même », voilà le croyant sauvé.
S’il te demande : Quelle est ta preuve sur l’existence de Allah ? Dis : Voilà ce ciel avec ses astres et ses planètes, cette terre avec ses vallées et ses eaux, cette végétation avec la variété de ses arbres et de ses fruits, ces animaux avec la diversité de leurs formes et de leurs actes, tout cela indique l’existence de son Créateur, Son unicité, Son éternité et Sa toute-puissance.
S’il dit : Comment cela le prouve ? Dis : Tout cela fait partie du possible selon la raison qui admet l’anéantissement. Et tout ce qui est ainsi entre en existence, est créé. Puisque cela entre en existence, cela nécessite Qui le fait entrer en existence, Qui lui donne l’existence. Ou bien dis : Cela existe après n’avoir pas existé. Tout ce qui existe après n’avoir pas existé a indispensablement Qui l’a fait exister, Qui l’a fait surgir du néant à l’existence. Ces créatures ont indispensablement Qui leur a donné l’existence, Qui les a fait exister et c’est Allah Qui a la toute perfection qui est digne de Lui et Qui est exempt d’imperfection (soubhanahou wa ta^ala).
S’il te dit : Quelle est ta preuve de leur entrée en existence ? Dis : c’est le fait que toutes ces choses sont attribuées des caractéristiques qui adviennent aux corps (^arad), qui évoluent du néant à l’existence et de l’existence au néant. Et tout ce qui change entre en existence. Si les choses entraient en existence de par elles-mêmes, cela requerrait de faire prévaloir ce qui a prévalu, - à savoir leur existence -, et ce sans aucune raison, ce qui est infondé. En effet Celui Qui est exempt de début, s’il Lui arrivait l’anéantissement, l’existence Lui serait possible selon la raison, et non obligatoire, tout comme l’anéantissement, de par l’hypothèse qu’Il serait caractérisable par eux deux. Or celui dont l’existence est possible selon la raison, son existence ne peut être qu’entrée en existence, ayant un début, en raison du besoin qu’il a de Qui fait prévaloir son existence sur son inexistence. Si la caractéristique qui advient au corps (al-^arad) existait de par elle-même et était définie de par elle-même, elle requerrait le changement de sa réalité. Car la réalité d’une caractéristique qui advient au corps, c’est qu’elle n’existe pas de par elle-même, elle n’est pas définie de par elle-même et ne se transfert pas de par elle-même. Or, le changement de la réalité est impossible et ce qui entraîne une impossibilité est en soi impossible. Ainsi son arrivée à l’existence de par elle-même, sa définition de par elle-même et son transfert de par elle-même sont impossibles. En effet, le corps est soi en mouvement, soit immobile et il n’est pas possible que lors de son mouvement, son immobilité coexiste en lui. De même, si le corps était immobile lors de son mouvement, les deux opposés seraient réunis mais leur réunion est impossible. Enfin, il n’est pas possible qu’il y ait un corps qui ne soit ni en mouvement ni immobile, ni décomposé ni rassemblé. Il n’est pas possible que les corps ne soient pas concernés par certaines des caractéristiques qui adviennent aux corps. Car s’il était possible qu’ils ne soient pas concernés par certaines d’entre elles, il serait possible qu’ils ne soient pas concernés par la totalité d’entre elles, ce qui est infondé.
S’il te dit : Où est Allah ? Dis : Il est avec tout un chacun par Sa science et non par Son Être, supérieur à tout un chacun par Sa toute-puissance, manifeste par toute chose (Dhahir) par les manifestations de Ses attributs, inaccessible de par la réalité de Son Être (Batin) c’est-à-dire qu’il n’est pas possible de Le concevoir dans l’imagination, exempt qu’Il est de la direction et du corps. Ainsi, on ne dit pas qu’Il a une droite, une gauche, un derrière ou un devant, ni qu’Il est au-dessus du Trône ni en dessous, ni à sa droite ni à sa gauche, ni à l’intérieur du monde ni en-dehors de lui. On ne dit pas : Lui seul sait son endroit.
Celui qui dit : Je ne sais par si Allah est au ciel ou sur terre est devenu mécréant car il aura considéré l’un des deux comme étant un endroit pour Lui.
S’il te demande : Quelle est ta preuve sur cela ? Dis lui : Car s’Il avait une direction ou s’Il était dans une direction, Il serait délimité. Or tout ce qui est délimité est entré en existence et l’entrée en existence est impossible s’agissant de Lui.
S’il te demande : Qu’est-ce qui est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala et qu’est-ce qui est impossible à Son sujet ? Dis : Toute perfection qui est digne de Lui est obligatoire s’agissant de Lui et toute imperfection est impossible à Son sujet.
Parmi ce qui est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala, après l’existence, il y a :
L’exemption de début : C’est-à-dire qu’il n’y a pas de début à Son existence et qu’il est impossible à Son sujet l’entrée en existence. La preuve pour cela : c’est que s’Il n’était pas de toute éternité, Il serait entré en existence et s’Il était entré en existence, Il nécessiterait qui L’a fait entrer en existence, car tout ce qui entre en existence a indispensablement qui le fait entrer en existence. Alors, celui qui l’a fait entrer en existence nécessiterait lui-même un autre qui le fait entrer en existence et ainsi de suite, infiniment. Or l’entrée en existence de ce qui est infini dans le passé est impossible selon la raison et ce qui est lié à une chose impossible est impossible.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala, l’exemption de fin : C’est-à-dire qu’il n’y a pas de fin à Son existence, il est impossible à Son sujet l’advenue de l’anéantissement. La preuve pour cela est la suivante : s’il ne Lui était pas obligatoire l’exemption de fin, il Lui serait possible d’être anéanti. Or l’anéantissement est impossible à Son sujet car s’Il était possible qu’Il soit anéanti, il ne serait pas exempt de début, Il ferait alors partie de tout ce qui est possible selon la raison. Or tout ce qui est possible selon la raison est sujet à l’entrée en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui Sa non-ressemblance avec ce qui entre en existence : il est impossible qu’Il soit semblable à Ses créatures de par l’être, les attributs et les actes. La preuve pour cela : c’est que s’Il était semblable à une seule chose entrée en existence, Il entrerait en existence comme elle et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala le non-besoin : c’est-à-dire que Son Être n’a pas besoin d’un endroit où se tenir ni de qui Le fait exister. Il est impossible à Son sujet ce qui s’oppose à cela. La preuve pour cela : C’est que s’Il avait besoin d’un endroit, cela impliquerait qu’Il soit une caractéristique qui arrive à autre que Lui, chose qui est propre à ce qui entre en existence. Or Allah est un être et non une caractéristique. Par ailleurs, s’Il avait besoin de qui Lui donne l’existence, Il serait entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui l’Unicité de par Son être, Ses attributs et Ses actes. Il est impossible à Son sujet d’être composé, ou d’avoir un équivalent de par Son être ou Ses attributs, ou d’avoir avec Lui un existant qui influe et crée un des actes en réalité. Ainsi le fait de manger rassasie par la création de Allah du rassasiement dans la personne. Le feu brûle par la création de Allah de la brûlure lors de son toucher. Le couteau coupe par la création de Allah de la coupure lors de son utilisation. Ainsi Allah est le Créateur des causes et de leurs effets, le Créateur de la nourriture et du rassasiement qui arrive après avoir mangé. Celui donc qui a cru que le fait de manger rassasie de par soi-même ou que le feu brûle de par lui-même ou que le couteau coupe de par lui-même sans création de la part de Allah, c’est un mécréant. D’autre part ceci n’est pas valable car cela entraînerait que cet effet n’aurait pas besoin de Allah ta^ala, ce qui est invalide.
Celui qui a cru que l’esclave crée ses actes grâce à une force que Allah crée en lui, celui-là est également mécréant car il aura fait que notre Seigneur soubhanahou wa ta^ala aurait besoin pour certains actes d’un intermédiaire. Le fait qu’Il ait un besoin est exclu car s’Il avait besoin de quoi que ce soit, Il aurait une incapacité. Or tout ce qui a une incapacité est entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Celui qui a cru que Allah est Celui Qui a la véritable manifestation de Son acte, qu’Il est le Seul Créateur pour toutes les choses qui entrent en existence, voilà le croyant qui est sauvé. La preuve de Son unicité ta^ala est la suivante : S’Il était composé, Il serait entré en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet. S’il y avait avec Lui un autre dieu, cela entraînerait que rien de ce monde n’existerait, ce qui est invalide. En effet, de deux choses l’une : soit Ils seraient tous deux d’accord, soit ils ne seraient pas d’accord. S’ils n’étaient pas d’accord, soit la volonté de l’un des deux se réalise soit elle ne se réalise pas. Et si la volonté de l’un des deux se réalise, l’autre aurait donc une incapacité. De plus, si l’un des deux a une incapacité, cela entraîne l’incapacité de l’autre puisqu’il est comme lui. D’autre part si leurs deux volontés ne se réalisent pas, leur impuissance est claire. Et s’ils se mettaient d’accord pour l’existence d’une chose, soit ils la feraient exister ensemble, ce qui entraînerait la réunion de deux êtres manifestant leur acte, de deux créateurs pour une même chose, ce qui est invalide. Soit le premier la ferait exister ensuite le second, ce qui entraînerait l’obtention de ce qui est déjà réalisé. Allah ta^ala dit :
[sourat Al-‘Anbiya’ / 22] ce qui signifie : « Si [les cieux et la terre] avaient un autre dieu que Allah, ils n’existeraient pas. Il est exempt de toute imperfection que [les mécréants] Lui attribuent, Allah, le Seigneur du Trône », c’est-à-dire que les cieux et la terre n’existeraient pas, que les dieux [selon leur prétention] soient d’accord ou ne le soient pas.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la puissance et il est impossible à Son sujet l’impuissance. La preuve en est que s’Il n’était pas tout puissant, Il aurait une incapacité. S’Il avait une incapacité, ce monde n’existerait pas et ceci est invalide.
Il est obligatoire s’agissant de Lui la volonté. Et il est impossible à Son sujet d’être contraint. La preuve en est que s’Il n’avait pas de volonté pour faire exister ces choses ou les anéantir, Il serait contraint. Or s’Il était contraint, Il aurait une incapacité et tout ce qui a une incapacité est entré en existence.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la science et c’est un seul attribut qui concerne les choses qui existent et qui n’existent pas dans l’absolu, sans ignorance préalable. Il est impossible à Son sujet l’ignorance et ce qui va dans ce sens. La preuve en est que s’Il ne savait pas toute chose, Il serait ignorant. Or l’ignorance est impossible à Son sujet car s’Il était attribué d’ignorance, ce monde n’existerait pas, ce qui est invalide.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la vie : C’est un attribut éternel propre à Son Être, qui ne se sépare pas de Lui et ne concerne pas autre chose que Lui. Seul Allah soubhanahou wa ta^ala sait Sa propre réalité. Il est impossible à Son sujet la mort. La preuve en est que s’Il n’avait pas la vie pour attribut, ce monde n’existerait pas, ce qui est invalide. Car Son attribution des attributs qui Lui sont obligatoires selon la raison [la science, la puissance, la volonté, …] est conditionnée par Son attribution de la vie car elle est une condition pour eux. Or l’existence de ce qui est conditionné par quelque chose est invalide sans cette chose.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala l’ouïe qui est exempte d’oreille et de tympan.
Et la vue exempte de rétine, de globes oculaires et de ce qui est de cet ordre. Il est impossible à Son sujet la surdité et la cécité et ce qui va dans ce sens. La preuve en est Sa parole ta^ala :[sourat Taha / 46] ce qui signifie : « Il a dit : N’ayez pas peur, Je suis avec vous, J’entends et Je vois » et Sa parole : [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : « Et il est Celui Qui entend et Qui voit ». S’Il n’avait pas ces deux attributs, Il aurait pour attributs leurs opposés, ce qui constituerait une imperfection et l’imperfection est impossible à Son sujet en raison de la nécessité de qui la lui comblerait. Or ceci requiert Son entrée en existence et l’entrée en existence est impossible à Son sujet.
Il est obligatoire s’agissant de Lui ta^ala la parole qui est un attribut éternel propre à Son Être ta^ala qui est l’expression de ce qu’Il sait, qui n’est pas de lettre ni de voix, qui n’est pas qualifiée par le fait de précéder ni de succéder, ni par les voyelles ni par la syntaxe. Il est impossible à Son sujet le fait d’être muet et ce qui va dans ce sens. La preuve en est Sa parole ta^ala :[sourat An-Niça’ / 64] ce qui signifie : « Et Allah a parlé à Mouça assurément ». De même, s’Il n’avait pas pour attribut la parole, Il aurait pour attribut l’opposé de cela, ce qui est un défaut et qui est impossible à Son sujet.
Si quelqu’un dit : Si la parole de Allah était sans lettres ni voix, comment Mouça l’a-t-il entendue ?
La réponse : C’est que de façon exceptionnelle, Allah a levé pour lui l’empêchement et il a entendu la parole divine, qui est sans comment, sans limitation, sans direction. S’il te dit : Le Qour’an est la parole de Allah, il est écrit dans les livres du Qour’an (mous-haf), récité par les langues, entendu par les oreilles, autant de choses qui sont des caractères de ce qui entre indispensablement en existence ? Dis : Oui, il est dans nos Mous-haf, avec ses formes d’écritures, les images des lettres qui en sont une expression, mémorisé dans nos cœurs par des termes qui y sont conçus, récité par nos langues avec ses lettres qui y sont prononcées, entendu par nos oreilles. Malgré cela, il n’y est pas incarné. Il s’agit bien d’une acception du terme Al-Qour’an, désignant Sa parole exempte de début, propre à Son Être, qui peut être écrit, récité à l’aide d’images et de formes définies concernant les lettres qui en sont une expression. Si le voile était levé pour nous et que nous entendions la parole divine, nous en comprendrions l’ordre comme : [sourat Al-Baqarah / 43] ce qui signifie : « Et accomplissez la prière », l’interdiction comme : [sourat Al-‘Isra’ / 32] ce qui signifie : « N’approchez pas la fornication » et ce qui est du même ordre.
Ainsi, le Qour’an, dans le sens de l’expression descendue par révélation, est constitué des mots qui sont une expression des significations de la parole de Allah et il n’est pas permis de dire qu’il est entré en existence, même si telle est la réalité. S’il l’on vise par « parole de Allah » l’expression descendue par révélation sur notre maître Mouhammad, il s’agit de sons, de lettres qui se succèdent, qui sont une expression de la parole éternelle et non la parole elle-même. Si l’on dit « le Qour’an est la parole de Allah, éternelle, exempte de début et de fin », il s’agit du terme par lequel on vise la parole même, propre à l’Être de Allah de toute éternité. Si l’on emploie le terme Al-Qour’an au sujet de l’expression révélée descendue sur notre maître Mouhammad, il s’agit du terme par lequel on vise ces expressions qui sont des lettres et des sons, que Jibril a enseignées à Mouhammad et que lui-même, Jibril a reçues de la Table Préservée sur ordre de Allah et non de sa composition. Cependant il est permis de dire au sujet du Qour’an dans le sens des termes révélés, dans un contexte d’enseignement, qu’il est entré en existence, créé. Mais dans un autre contexte que celui-ci on n’emploie pas cette expression du fait qu’elle suggère l’entrée en existence de la parole propre à l’Être de Allah. Dans le contexte d’enseignement, il est toutefois indispensable d’enseigner cela pour que l’on ne croit pas que les termes sont éternels exempts de début et de fin, ce qui constituerait un entêtement et un refus de ce qui est clair. D’autre part, il n’est pas permis de croire que Allah récite les termes du Qour’an tout comme nous les récitons. S’il était possible s’agissant de Lui la récitation, tout comme nous nous récitons, Il aurait une ressemblance avec nous.
S’il te dit : Par quoi a existé le monde ? Dis : par l’attribut de faire exister (at-takwin). La preuve en est que si le monde n’avait pas été fait exister, Allah ne ferait pas exister. Et s’Il ne faisait pas exister, le monde n’existerait pas, ce qui est infondé.
S’il te dit : Qu’est-ce que l’attribut de faire exister (at-takwin) ? Dis : C’est un attribut de toute éternité propre à Son Être ta^ala par lequel a lieu l’entrée en existence et l’anéantissement. S’il se rapporte au fait de créer, il est appelé création (khalq). S’il se rapporte au fait de donner une image, il est appelé façonnement (taswir). S’il se rapporte au fait de donner la subsistance, il est appelé ainsi (razq). S’il se rapporte au fait de donner la vie, il est appelé animation (‘ihya’). S’il se rapporte au fait de donner la mort, il est appelé ainsi (‘imatah) et ce qui est semblable à cela. On l’appelle : L’attribut des actes. ..
S’il te dit : Quelle est ta preuve sur l’éternité de at-takwin ? Dis : S’il était entré en existence, cela requerrait le fait que Son Être ta^ala n’en soit pas attribué de toute éternité, puis qu’Il en deviendrait attribué, ce qui impliquerait le changement par rapport à ce qu’Il aurait été et ceci est propre à ce qui entre en existence, cela requerrait l’impossibilité que ce monde soit fait entrer en existence (takawwoun), ce qui est infondé. Si ce monde était entré en existence sans être fait entrer en existence, cela impliquerait que ce qui est entré en existence se passe de Qui fait entrer en existence, ce qui est clairement infondé.
S’il dit : Est-il possible que Allah fasse exister mieux que ce monde ou l’anéantisse ? Alors dis : Oui, si Allah sait de toute éternité, veut de toute éternité et fait par Sa puissance que cela ait lieu. Mais Allah sait, veut et fait que cela n’ait pas lieu. On ne dit pas : Il ne le peut pas en raison du manque de respect que comporte cette parole. La puissance par ailleurs ne se rapporte pas à ce qui est obligatoire ni à ce qui est impossible. Ainsi, on ne dit pas que Allah peut avoir un fils, entre autre.
S’il te dit : Que Lui est-il possible soubhanahou wa ta^ala ? Dis : De faire tout ce qui est possible ou de ne pas le faire comme l’envoi des messagers, la révélation des livres, la félicité de Untel et le malheur de Untel, faire entrer Untel en Enfer et Untel au Paradis. Parmi cela, il y a également notre vision de Allah soubhanahou wa ta^ala dans l’au-delà. La preuve en est que s’il Lui était obligatoire de faire une chose ou bien s’il Lui était impossible de la faire, Il serait contraint, dominé. Et s’Il était contraint, Il aurait une incapacité et s’Il avait une incapacité, rien de ce monde n’existerait, ce qui est infondé.
S’il dit : Comment verrons-nous Allah alors qu’Il dit : [sourat Al-‘An^am / 103] ce qui signifie : « Les vues ne L’atteignent pas » et que la vision requiert qu’Il soit un corps localisé dans une direction ? Alors dis : Nous Le verrons ta^ala sans comment, sans semblable et sans qu’Il soit dans un endroit. L’endroit concerne ceux qui voient. Nous Le verrons par une capacité que Allah ta^ala nous crée. La vision ne requiert pas la perception sensorielle. Il a par ailleurs fait dépendre Sa vision d’une chose possible, à savoir que la montagne reste stable. Or ce qui dépend d’une chose possible est en soi une possibilité. Sa vision ta^ala est donc possible. Il a dit ta^ala : [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : « Des visages ce jour-là seront resplendissants. Ils verront leur Seigneur ».
S’il dit : Combien sont les messagers de Allah ? Dis : J’ai pour croyance que Allah a envoyé des messagers annonciateurs de bonne nouvelle, avertisseurs d’un châtiment. Le premier d’entre eux est ‘Adam et le dernier Mouhammad, que Allah les honore et les élève tous en degré.
S’il te dit : Qui est Mouhammad ? Dis : Notre prophète Mouhammad fils de ^Abdou l-Lah fils de ^Abdou l-Mouttalib, le Mecquois, le Médinois, le Qourachite, le Hachimite, l’Elu de Allah et Son messager à toute Sa création, par lequel Il a scellé l’envoi des prophètes. Il l’a envoyé par miséricorde pour les mondes. Il a fait que sa Loi abroge toutes les autres. Il lui a accordé un mérite par rapport à toutes les créatures. Après lui viennent par ordre de mérite Ibrahim Al-Khalil – Abraham -, ensuite Mouça – Moïse -, ensuite ^Iça – Jésus -, ensuite Nouh -Noé – puis le reste des messagers, et ensuite les prophètes.
S’il dit : Que leur est-il obligatoire, que leur est-il possible et que leur est-il impossible ? Dis : Il est obligatoire s’agissant d’eux la véracité et il leur est impossible le mensonge. La preuve pour cela : C’est que s’ils n’étaient pas véridiques, ils auraient menti concernant Son message ta^ala tout en étant confirmés par le miracle. En effet, le miracle est comme s’Il dit : Mon esclave dit vrai dans tout ce qu’il transmet de Ma part. Or confirmer la véracité du menteur est un mensonge. Et le mensonge est impossible à Son sujet.
Il leur est obligatoire l’honnêteté et la transmission du message et il leur est impossible la trahison et le fait de ne pas divulguer ce qu’ils ont eu l’ordre de transmettre.
Il est possible à leur sujet, ^alayhimou s-salatou wa s-salam ce qui est de l’ordre des aléas humains ne portant pas atteinte à leur rang élevé, comme la prise de nourriture, le mariage et les maladies. La preuve en est l’observation que ces choses leur sont arrivées. Car si ces choses ne leur étaient pas possibles, elles ne leur seraient pas arrivées et tout ce qui est ainsi leur est possible.
S’il te dit : Quelle est la sagesse dans leur envoi ? Dis : L’avertissement pour ceux qui sont distraits et une preuve contre les prétextes de ceux qui se cherchent des excuses, pour que les gens n’aient plus aucune justification après l’envoi des messagers.
S’il te dit : Combien de Livres leur ont été descendus ? Dis : Nous avons pour croyance que Allah a fait descendre des Livres à Ses prophètes parmi lesquels : La Torah (At-Tawrah) à Moïse (Mouça), L’Evangile véritable (Al-‘Injil) à Jésus (^Iça), Les Psaumes (Az-Zabour) à David (Dawoud) et le Qour’an, le meilleur d’entre eux qui prime sur tous les autres Livres célestes à Mouhammad la meilleure des créatures. Tous ces Livres appellent à l’adoration de Allah Lui seul. La religion de vérité selon le jugement de Allah, c’est l’Islam.
S’il te dit : Qu’est-ce que l’Islam ? Alors dis : L’Islam, c’est que tu témoignes qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le Messager de Allah, que tu accomplisses la prière, que tu t’acquittes de l’aumône obligatoire (az-zakat), que tu jeûnes le mois de Ramadan, que tu accomplisses le pèlerinage à la Maison Sacrée si tu trouves les moyens pour t’y rendre et revenir.
S’il te dit : Qu’est-ce que la foi ? Alors dis : La foi, c’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et que tu croies en la prédestination du bien et du mal. Sa réalité, c’est de croire en la véracité de ce qui est transmis. Son opposé, c’est le reniement et le démenti. Son fruit, ce sont les bons actes. Reconnaître le Message est une condition de validité pour l’accomplissement des actes. La foi n’est acceptée de personne sans l’Islam. Celui qui manque au fait de croire en la véracité de ce qui est transmis, c’est un mécréant (kafir) selon le jugement de Allah. Celui qui manque à un acte, c’est un grand pécheur (faciq). Il n’est pas permis de dire : Je suis croyant si Dieu le veut (‘in cha’a l-Lah). Mais de nombreux savants de ‘Ahlou s-Sounnah ont dit : C’est permis si ce n’est pas par doute.
S’il te dit : Al-‘iman est-il entré en existence ou est-il de toute éternité ? Alors dis : Ce terme est employé dans deux sens. Le premier : c’est que Allah sait la réalité de Son Être, de Ses attributs et de Ses actes. Dans ce sens-là, il (at-tasdiq) est de toute éternité.
Le deuxième : c’est notre reconnaissance la réalité de l’être de Celui Qui nous donne l’existence, de Ses attributs et de Ses actes. Dans ce sens, il est entré en existence par Allah Qui l’a fait entrer en existence en nous.
Al-‘Iman s’agissant de Allah, c’est le fait que Allah sache de toute éternité la véracité de ce avec quoi sont venus les prophètes. Et notre foi(‘iman) en ce avec quoi sont venus les prophètes, c’est la foi en les choses cachées [d’ordinaire aux sens et à la raison] (al-ghayb).
S’il te dit : Que signifie la foi en les anges ? Dis : c’est le fait de croire (at-tasdiq) en la réalité de leur existence. La préservation (al-^ismah) leur est obligatoire, comme pour les prophètes. Faire les péchés leur est impossible, tout comme les désirs humains. La mort leur est possible. Ils ne sont pas qualifiés par le fait d’être mâle ou femelle mais ce sont des esclaves honorés. Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne et ils font tout ce qu’ils ont l’ordre de faire.
S’il te dit : Que signifie la foi en la prédestination ? Dis : C’est que tu aies pour croyance que le bien ou le mal qui t’a atteint, c’est de la part de Allah par création et par prédestination. Ne se produit dans ce qui Lui appartient que ce qu’Il veut. L’esclave n’a que l’acquisition de ses actes. On attribue le mal à la personne par métonymie en raison de la part du libre choix. Les calames sont levés et les livrets ont séché, ils comportent ce qui va avoir lieu : [sourat As-Saffat / 96] ce qui signifie : « Et Allah vous a créés ainsi que ce que vous faites ».
S’il te dit : Que signifie croire au jour dernier ? Dis : C’est que tu croies en la vie de l’au-delà et ce qui va avoir lieu comme résurrection, exposition des actes et rétribution, en la balance qui a deux plateaux et une potence et en la pesée des actes, la réception du Livre des actes par la main droite ou par la main gauche par derrière le dos, le passage sur le pont, la venue au bassin de L’Elu (Al-Moustafa), en Son intercession qui sera générale et particulière, le châtiment des mécréants en Enfer, la félicité des croyants au Paradis, et la plus grande félicité qui sera la joie de regarder Son Être honoré.
Que Allah nous l’accorde ainsi que la compagnie du Prophète, que Allah l’honore davantage ainsi que sa famille et ses compagnons jusqu’au jour de la résurrection, chaque fois que le citent ceux qui le citent et qu’oublient de le citer ceux qui oublient.
Terminé ici par la grâce de Allah.