Rappel : interdire le mal
Je commence par le nom de Allah Ar-Rahman Ar-Rahim
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, Lui Qui a légalisé l’ordre du bien et l’interdiction du mal dans la religion. Que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à notre maître Mouhammad ainsi qu’aux membres bons et purs de sa famille, eux qui ont ordonné le bien et interdit le mal, ainsi qu’à ceux qui les ont suivis jusqu’au jour du jugement.
Le Messager de Allah a dit : (man ‘arda l-Laha bisakhati n-naci radiya l-Lahou ^anhou wa ‘arda ^anhou n-nas ; wa man ‘askhata l-Laha birida n-naci sakhita l-Lahou ^alayhi wa ‘askhata ^alayhi n-nas) ce qui signifie : « Celui qui recherche l’agrément de Allah par le désagrément des gens, Allah l’agrée et Il fait que les gens pieux soient satisfaits de lui. Celui qui manque l’agrément de Allah en satisfaisant les gens, Allah ne l’agrée pas et les gens pieux ne seront pas satisfaits de lui » [rapporté par Ibnou Hibban qui l’a jugé sahih].
Le Messager de Allah a dit : (‘inna n-naça ‘idha ra’awou l-mounkara falam youghayyirouhou ‘awchaka ‘an ya^oummahoumou l-Lahou bi^iqab) ce qui signifie : « Lorsque les gens voient ce qui est blâmable et ne le changent pas, ils risquent d’être atteints par un châtiment de la part de Allah » [rapporté par l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal dans son Mousnad à partir du hadith de Abou Bakr, que Allah l’agrée].
La signification du hadith est que Allah leur fait parvenir un châtiment s’ils délaissent l’interdiction du mal. Il fait que s’abattent sur eux des catastrophes et des épreuves dans le bas monde avant même l’au-delà. Il n’y a pas de doute que les épreuves qui atteignent les musulmans dans ces époques sont les mauvaises conséquences de l’abandon de l’interdiction du mal.
Par ailleurs, le plus grand mal c’est la mécréance et il s’est répandu des choses blâmables qui sont de l’ordre de la mécréance entre certaines personnes de sorte à devenir chez certains ignorants comme des salutations qu’ils utilisent pour se saluer les uns les autres. Des paroles de mécréance se sont répandues entre les gens depuis des siècles mais elles sont devenues plus nombreuses dans cette époque.
Croyance : Tahawiyyah
Matnou l-^Aqidati t–Tahawiyyah
Le Traité de Croyance Tahawiyyah
P
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Le grand savant Houjjatou l-’Islam Abou Ja^far Al-Warraq At–Tahawiyy a dit en Egypte, que Allah lui fasse miséricorde :
Ceci est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah selon la voie des savants de la communauté Abou Hanifata n-Nou^man Ibnou Thabitini l-Koufiyy, Abou Youçouf Ya^qoub Ibnou Ibrahim Al-’Ansariyy et Abou ^Abdi l-Lahi Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy,que l’agrément de Allah soit sur eux tous, c’est l’énoncé de ce qu’ils ont eu pour croyance concernant les fondements de la religion et l’énoncé de la croyance dont ils sont redevables envers le Seigneur des mondes. Nous disons concernant la croyance en l’unicité de Allah, en ayant cela pour croyance par la réussite que Allah accorde : Allah est unique, Il n’a pas d’associé. Rien n’est tel que Lui. Rien ne Le rend incapable. Il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Il est éternel exempt de début. Il est éternel exempt de fin. Il ne s’anéantit pas et Il ne périt pas. N’a lieu que ce qu’Il veut. Les illusions ne L’atteignent pas. Les raisons ne Le conçoivent pas. Il n’a aucune ressemblance avec les créatures. Vivant, Il ne meurt pas, éternel Qui ne s’anéantit pas, Il ne dort pas. Créateur sans besoin. Pourvoyeur sans charge. Il fait mourir sans crainte. Il fait ressusciter sans difficulté. Il est de toute éternité exempt de début avec Ses attributs, avant l’existence de Ses créatures ; par l’existence de Ses créatures, Il ne s’est pas accru de quelque chose qui n’ait pas fait partie de Ses attributs avant que Ses créatures n’existent. Tout comme Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de début, de même Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de fin. Ce n’est pas après la création des créatures (al-khalq) qu’Il a acquis le nom de Créateur (Al-khaliq), ni en donnant le début à la création (al-bariyyah) qu’Il a obtenu le nom de Créateur (Al-Bari’). Il est attribué de la souveraineté sur les créatures de toute éternité sans qu’il y ait de créatures sujettes à Sa souveraineté de toute éternité. Il est attribué de l’attribut de création de toute éternité sans qu’il y ait de créatures de toute éternité. Tout comme Il est Celui Qui fait vivre les morts après les avoir fait vivre, Il mérite ce nom avant de les faire vivre. De même, Il mérite le nom de Créateur avant le fait qu’elles soient créées. Tout ceci du fait qu’Il est sur toute chose Tout-Puissant ; toute chose a besoin de Lui et toute chose Lui est facile. Il n’a besoin de rien ; rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. Il crée les créatures conformément à Sa science. Il leur prédestine des destinées et leur fixe des échéances. Rien ne Lui échappe avant qu’Il les crée, Il sait ce qu’elles font avant de les créer. Il leur ordonne l’obéissance envers Lui et leur interdit la désobéissance envers Lui. Toute chose a lieu par Sa prédestination et Son vouloir. Son vouloir se réalise absolument, les esclaves n’ont de vouloir que ce qu’Il veut pour eux. Ce qu’Il veut pour eux a lieu et ce qu’Il ne veut pas n’a pas lieu. Il guide qui Il veut, Il préserve et sauve par grâce. Il égare qui Il veut, Il crée la perdition et éprouve par justice. Tous agissent selon Son vouloir entre Sa grâce et Sa justice. Il est exempt des opposants et des semblables. Rien ne repousse Sa prédestination. Rien ne revient sur Son arrêt (al-houkm), et rien n’a le dessus sur Sa prédestination. Nous avons cru en tout cela et nous avons eu la ferme certitude que tout est de Sa part.
D’autre part, nous disons que Mouhammad r est Son esclave élu, Son prophète honoré et Son messager agréé, et qu’il est le dernier des prophètes, l’Imam des pieux, le Maître des messagers et le Bien-aimé du Seigneur des mondes. Toute prétention d’une prophétie après sa mission de prophète est une hérésie et un effet de la passion. Il est l’envoyé au commun des jinn et à toute l’humanité avec la vérité et la bonne guidée, la lumière et les clartés. Le Qour’an est la parole de Allah. C’est une parole qui a été révélée de Sa part et qui est sans comment. Il a descendu le Qour’an par révélation à Son messager. Les croyants ont réellement cru en la véracité du Qour’an. Ils ont eu la certitude qu’il est la parole de Allah ta^ala véritablement, qu’il n’est pas créé comme la parole des humains. Celui qui l’entend et prétend que c’est la parole des humains est devenu mécréant. Allah le blâme, le rabaisse et le menace de l’enfer puisqu’Il dit : [سَأُصْلِيهِ سَقَرَ](sa’ouslihi saqar) [sourat Al-Mouddath-thir / 26] ce qui signifie : « Je le ferai entrer en enfer« . Du moment que Allah menace de l’enfer celui qui dit : [إِنْ هَذَا إِلاَّ قَوْلُ البَشَرِ](in hadha ‘il-la qawlou l-bachar) [sourat Al-Mouddath-thir / 25] ce qui signifie : « ce n’est que la parole des humains« , nous avons su et nous avons eu la certitude que c’est la parole du Créateur des humains et qu’elle n’a pas de ressemblance avec la parole des humains. Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains est certes devenu mécréant. Celui qui observe bien cela en tirera les conséquences et se sera éloigné de ce qui est semblable à la parole des mécréants, il aura su que Allah avec Ses attributs n’est pas tel que les humains. La vision de Allah est une vérité accordée aux gens du paradis sans qu’ils connaissent Sa réalité, sans comment. Tout comme l’a formulé le Livre de notre Seigneur : [وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : « Et les visages ce jour-là seront resplendissants, ils verront leur Seigneur« . Son explication est conforme à ce que Allah ta^ala vise et sait. Tout ce qui nous est parvenu à ce sujet dans le hadith sûr du Messager est tel qu’il l’a dit, le sens étant conforme à ce qu’il a visé. Nous n’abordons pas ce sujet en faisant des interprétations selon nos avis personnels, ni en nous imaginant quelque chose selon nos passions. En effet, ne sera sauvé dans sa religion que celui qui s’est soumis et a accepté sans rébellion ni opposition ce qui est parvenu de Allah ^azza wa jall et de Son Messager et qui s’en sera remis concernant la connaissance de ce qui n’est pas explicite pour lui à qui en a la connaissance. La personne n’aura affermi son pas dans l’Islam qu’avec le contentement et la soumission. Celui qui cherche la connaissance de ce qu’il lui est impossible de connaître, celui dont la compréhension ne s’est pas satisfaite du contentement, ce qu’il recherche lui aura voilé la croyance pure en l’unicité, la connaissance claire et la foi correcte. Il oscillera entre la mécréance et la foi, la croyance en la vérité et le démenti, entre la reconnaissance et le reniement, il sera en proie aux mauvaises suggestions, perdu en état de doute sans être ni un croyant en la vérité ni quelqu’un qui réfute dans le démenti. La foi en la vision de Allah accordée aux habitants de la Résidence de la paix n’est pas valable pour celui qui la considère selon ses illusions ou qui l’interprète à sa manière. En effet, l’interprétation de la vision comme l’interprétation de toute signification attribuée à la divinité se fait en délaissant la mauvaise interprétation et en s’attachant au contentement. Voilà sur quoi se fonde la religion des musulmans. Celui qui ne se garde pas de la négation des attributs et de l’assimilation aura glissé et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures. En effet, notre Seigneur jalla wa ^ala a pour attribut les attributs de l’unicité. Il est qualifié des qualificatifs de l’unicité. Aucune des créatures n’a d’attributs semblables aux Siens. Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures. L’ascension (al-mi^raj) est une réalité. Et le Prophète r a effectivement été transporté de nuit. Il a été élevé au ciel par sa personne même, à l’état d’éveil jusqu’au ciel puis vers les endroits élevés que Allah a voulus. Allah l’a honoré par ce qu’Il a voulu et Il lui a révélé ce qu’Il lui a révélé, [مَا كَذَبَ الفُؤَادُ مَا رَأَى](ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a) ce qui signifie : « Le cœur n’a pas menti au sujet de ce qu’il a vu« , que Allah l’élève davantage en degré dans l’au-delà et ici-bas et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Le bassin par lequel Allah ta^ala l’a honoré en tant que secours pour sa communauté est une réalité. L’intercession qu’il a gardée en réserve pour sa communauté est une réalité, tout comme cela a été rapporté dans les nouvelles qui sont parvenues. Le pacte que Allah ta^ala a pris de ‘Adam et de sa descendance est une réalité. Allah ta^ala sait de toute éternité le nombre de ceux qui entreront au paradis et le nombre de ceux qui entreront en enfer dans leur totalité, ce nombre n’augmente pas et ne diminue pas. Il sait aussi de toute éternité les actes qu’ils feront ; à chacun d’eux il lui est facilité les choses pour lesquelles il a été créé. La rétribution sera en fonction des actes de l’esclave à la fin de sa vie. Le fondement de la destinée est un secret de Allah ta^ala envers Ses créatures, aucun ange de degré élevé ni aucun prophète envoyé n’en a eu connaissance. Le vain approfondissement et la réflexion sur ce sujet est un moyen de courir à sa perte, une voie d’accès vers la privation et une marche donnant sur l’injustice. Que l’on soit en garde de toutes ses forces contre cela, qu’il s’agisse de la réflexion, des pensées ou des mauvaises suggestions à ce sujet. Allah ta^ala a en effet caché la connaissance de la destinée à Ses créatures, Il leur a interdit d’y parvenir. Tout comme Il dit ta^ala dans Son Livre : [لاَ يُسْئَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْئَلُونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais eux le seront« . Celui donc qui demande : (Pourquoi fait-Il telle chose) aura rejeté le jugement du Livre et celui qui rejette le jugement du Livre fait partie des mécréants. Voici l’ensemble des choses dont a besoin celui dont le cœur est illuminé par la foi et qui fait partie des croyants par la grâce de Allah ta^ala. C’est le degré de ceux qui sont versés dans la science. En effet la science est de deux sortes : une science qui se trouve chez les créatures et une science qui ne se trouve pas chez les créatures. Ainsi renier la science qui se trouve chez les créatures est de la mécréance et prétendre détenir la science qui ne se trouve pas chez elles est de la mécréance. La foi n’est validée qu’en acceptant la science qui se trouve chez les créatures et en abandonnant la recherche de la science qui ne s’y trouve pas. Nous croyons en la Table Préservée, au Calame et en tout ce qui y a été inscrit. Si les créatures s’unissaient toutes contre quelque chose que Allah ta^ala y a fait inscrire qu’elle existera pour faire qu’elle n’existe pas, elles n’y pourraient rien. Et si elles s’unissaient toutes pour faire exister quelque chose que Allah ta^ala n’y a pas fait inscrire, elles n’y pourraient rien. Le Calame a séché après avoir écrit ce qui doit avoir lieu jusqu’au jour du jugement. Ce qui a manqué l’esclave ne devait pas l’atteindre et ce qui l’a atteint ne devait pas le manquer. L’esclave doit savoir que Allah sait de toute éternité tout ce qui concerne toutes Ses créatures. Il aura ainsi destiné cela d’une destinée parfaite et irrévocable, qu’aucune de Ses créatures de Ses cieux ou de Sa terre ne contredit, ne révise ou n’enlève, ne change ou ne modifie, ne diminue ou n’ajoute. Ceci est l’un des piliers (^aqd) de la foi, l’un des fondements de la connaissance et de la reconnaissance de l’Unicité de Allah ta^ala et de Sa divinité comme Il le dit ta^ala dans Son Livre : [وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا] (wa khalaqa koulla chay’in faqaddarahou taqdira) [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : « Il crée toute chose et lui prédestine une destinée » et Il dit ta^ala : [وَكَانَ أَمْرُ اللهِ قَدَرًا مَقْدُورًا](wa kana ‘amrou l-Lahi qadaran maqdoura) [sourat Al-’Ahzab / 38] ce qui signifie : « Ce dont Allah veut l’existence (‘amr) a lieu selon une destinée« . Malheur donc à celui qui se montrera rebelle envers Allah ta^ala au sujet de la destinée et qui aura eu le cœur malade pour y réfléchir, il aura cherché à atteindre par son illusion un secret caché pour scruter ce qui nous est caché, il deviendra un calomniateur pécheur suite à ce qu’il en dira. Le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy) sont une réalité. Il n’a pas besoin du Trône et de tout ce qui est en-dessous. Il cerne toute chose par Sa science et toute chose est concernée par Sa science et Sa puissance (wa fawqah). Il a fait que Ses créatures soient incapables d’englober toute chose par la science. Nous attestons que Allah a fait de Ibrahim un khalil, et que Allah a parlé à Mouça assurément, par acte de foi, en le reconnaissant et en s’y soumettant. Nous croyons fermement aux anges, aux prophètes et aux Livres descendus aux messagers. Nous témoignons qu’ils ont tous été sur la vérité claire. Nous appelons musulmans croyants, ceux qui s’orientent selon notre Qiblah tant qu’ils reconnaissent la véracité de ce avec quoi est venu le Prophète, tant qu’ils croient en la véracité de ce qu’il a dit et a annoncé et qu’ils n’en renient rien. Nous ne discutons pas au sujet de la réalité de Allah Lui-même. Nous ne débattons pas inutilement au sujet de la religion agréée par Allah. Nous ne débattons pas sans science au sujet du Qour’an. Nous témoignons qu’il est la parole du Seigneur des mondes, c’est l’Ange honnête qui est descendu avec et l’a enseigné au Maître des messagers Mouhammad. C’est bien la parole de Allah ta^ala, aucune des paroles des créatures ne lui est équivalente. Nous ne disons pas qu’il est créé. Nous ne contredisons pas la majorité des musulmans. Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un des gens de la Qiblah en raison d’un péché qu’il aurait commis tant qu’il ne se le rend pas permis. Nous ne disons pas qu’avec la foi aucun péché n’est nuisible pour celui qui le commet. Nous espérons pour les croyants qui agissent en bien qu’Il leur pardonne et qu’Il les fasse entrer au paradis par Sa miséricorde mais nous ne pouvons pas le leur garantir et nous n’attestons pas qu’ils auront le paradis. Nous demandons le pardon pour les croyants qui ont mal agi et nous craignons pour eux le châtiment mais nous ne les faisons pas désespérer de la miséricorde de Allah. Se croire protégé du châtiment de Allah et désespérer de la miséricorde de Allah, ces deux choses font sortir de la communauté de l’Islam. La voie de vérité est située entre ces deux pour les gens de la Qiblah. L’esclave ne sort de la foi qu’en reniant ce qui l’y a fait entrer. La foi consiste à reconnaître par la langue et à croire par le cœur. Tout ce qui a été confirmé comme étant transmis par le Messager de Allah, que ce soit la Loi ou les autres informations est entièrement vrai. La base de la foi constitue une seule et même chose et les gens de la foi sont, par rapport à la base de la foi, tous égaux. La différence de mérite entre eux tient à la crainte et à la piété, à la contradiction des passions et à l’attachement à ce qui est le plus précautionneux. Les croyants sont tous préservés par Allah du séjour éternel en enfer. Le plus honorable d’entre eux selon le jugement de Allah, c’est celui qui fait le plus preuve d’obéissance et qui œuvre le plus conformément au Qour’an. La foi, c’est la croyance en Allah,en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal, ce qui en est doux et ce qui en est amer de la part de Allah ta^ala. Nous croyons fermement en tout cela. Nous ne faisons pas de discrimination entre aucun de Ses messagers, nous reconnaissons la véracité de tous concernant ce qu’ils ont transmis. Les grands pécheurs de la communauté de Mouhammad rméritent l’enfer ; ils n’y restent pas éternellement s’ils sont tous morts sur la croyance en l’unicité, même s’ils n’étaient pas repentants, après être morts en ayant connu Allah et Son messager et en étant croyants. Ils sont sous Sa volonté et sujets à Son jugement : s’Il veut, Il leur pardonne et les excuse par Sa grâce, tout comme Il l’a cité ^azza wa jall dans Son Livre : [وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَـلِكَ لِمَن يَشَآءُ](wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha’)[sourat An-Niça’ / 48] ce qui signifie : « Et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut« . S’il veut, Il les châtie dans l’enfer par Sa justice, puis Il les en fait sortir par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs parmi les gens de l’obéissance envers Lui. Il les fait par la suite parvenir à Son paradis. En effet, Allah ta^ala préserve les gens qui L’ont connu et ne les rend pas dans les deux résidences comme ceux qui L’ont dénié, qui ont été frustrés de Sa bonne guidée et n’ont pas obtenu Sa protection. Ô Allah, Toi Qui protège l’Islam et les gens de l’Islam, fais que nous persévérions sur l’Islam jusqu’à ce que nous venions à la mort en étant musulmans. Nous considérons la prière valable derrière tout pieux ou tout grand pécheur des gens de la Qiblah ainsi que la prière funéraire pour ceux d’entre eux qui meurent. Nous ne déclarons aucun d’entre eux comme faisant partie des gens du paradis ni des gens de l’enfer. Nous ne déclarons aucun d’entre eux mécréant, associateur ou hypocrite tant qu’il n’y a rien de cela qui soit apparu de leur part. Nous remettons à Allah ta^ala la réalité de leur for intérieur. Nous ne considérons pas licite de brandir l’épée face à quiconque de la communauté de Mouhammad sauf si c’est un devoir de le faire. Nous ne considérons pas licite la rébellion contre nos imams et nos gouverneurs même s’ils font preuve d’injustice. Nous ne faisons pas d’invocations contre eux et nous ne délaissons pas l’obéissance envers eux. Nous considérons que l’obéissance envers eux fait partie de l’obéissance envers Allah ^azza wa jall et qu’elle est obligatoire tant qu’ils n’ordonnent pas de désobéissance. Nous faisons des invocations pour eux afin qu’ils obtiennent vertu et sauvegarde. Nous suivons As-Sounnah wa l-Jama^ah et nous évitons la singularité, la divergence et la séparation. Nous aimons les gens de la justice et de l’honnêteté et nous détestons les gens de l’iniquité et de la trahison. Nous disons : Allah sait plus que tout autre (Allahou ‘a^lam) au sujet de ce qu’il nous est confus de connaître. Nous considérons permis de passer la main mouillée sur les khouff pendant le voyage et en-dehors du voyage comme cela est parvenu dans le récit des faits et actes du Messager et de ses compagnons. Le pèlerinage et le jihad ont cours en compagnie des gouverneurs musulmans, les pieux d’entre eux et les pervers, jusqu’à l’avènement de l’Heure ; rien ne les annulera ni ne les abrogera. Nous croyons fermement aux Honorables scribes, Allah a fait d’eux des protecteurs pour nous. Et nous croyons fermement à l’ange de la mort chargé de retirer les âmes des mondes. Au supplice de la tombe pour celui qui le mérite. A l’interrogatoire du mort par Mounkar et Nakir dans la tombe au sujet de son Seigneur, de sa religion, de son Prophète, conformément à ce qu’ont fait parvenir les nouvelles rapportés du Messager de Allah et de ses compagnons, que l’agrément de Allah leur soit accordé. La tombe est un jardin des jardins du paradis ou un antre des antres de l’enfer. Nous croyons fermement à la résurrection, à la rétribution des œuvres le jour du jugement dernier ainsi qu’à l’exposition des actes, à la récitation du livre des actes, à la récompense, au châtiment, au pont et à la balance. le paradis et l’enfer sont tous deux créés, ils ne s’anéantiront jamais et ne seront pas anéantis. Allah ta^ala a créé le paradis et l’enfer avant la création des créatures. Il leur a créé à tous deux des habitants : ceux d’entre eux qu’Il veut seront au paradis par Sa grâce et ceux d’entre eux qu’Il veut seront en enfer par Sa justice. Chacun agira selon ce qui lui est destiné et ira vers ce pour quoi il a été créé. Le bien et le mal sont prédestinés aux esclaves. La capacité par laquelle l’acte se réalise indispensablement, considérée du point de vue de la réussite accordée par Allah et qu’il n’est pas possible d’attribuer à la créature, cette capacité-là est conjointe à l’acte. Quant à la capacité du point de vue de la santé, de la faculté d’agir, du fait d’être en mesure d’y arriver et du point de vue de l’intégrité des organes, cette capacité est préalable à l’acte et c’est à elle que se rapporte le réquisitoire. Il en est comme Il le dit ta^ala : [لا يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا إِلاّ وُسْعَهَا](la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha) [sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : « Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable« . Les actes des esclaves sont une création de Allah et une acquisition pour les esclaves. Allah ta^ala ne les charge que de ce qu’ils peuvent supporter. Ils n’auront à supporter que ce dont Il les a chargés. C’est cela la signification de : Il n’est de préservation et de force que par Allah (La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah). Nous disons : personne n’a de moyen d’éviter la désobéissance à Allah, personne ne peut faire aucun mouvement contre et personne ne peut s’en détourner si ce n’est par l’aide de Allah. Et personne n’a de force pour accomplir l’obéissance à Allah et y persévérer si ce n’est par la réussite accordée par Allah. Tout se passe selon la volonté de Allah ta^ala, conformément à Sa science, à Sa prédestination et à Sa destinée. Sa volonté domine toutes les volontés, Sa prédestination domine toutes les ruses. Il fait ce qu’Il veut et Il n’est absolument pas injuste. Il est exempt de tout mal et de toute injustice. Il est exempt de tout défaut et de toute opprobre. [لاَ يُسْأَلُ عَمّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya’ / 23] ce qui signifie : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais Ses esclaves eux le seront« . Il y a dans l’invocation des vivants et dans leurs aumônes un profit pour les morts. Allah ta^ala exauce les invocations et satisfait aux besoins. Il possède toute chose et rien ne Le possède. On ne se passe pas de Allah ta^ala même le temps d’un clin d’œil. Celui qui prétend se passer de Allah le temps d’un clin d’œil a fait de la mécréance et fait partie des gens de la perdition. Allah fait parvenir le châtiment (yaghdab) et agrée (yarda) mais pas comme l’une des créatures. Nous aimons les compagnons du Messager de Allah et nous n’exagérons pas dans l’amour envers l’un d’entre eux. Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux. Nous détestons celui qui les déteste et qui les mentionne autrement qu’en bien. Nous ne les mentionnons qu’en bien, les aimer fait partie de la religion, c’est un signe de foi et un acte de bienfaisance. Les haïr est de la mécréance, de l’hypocrisie et de l’injustice. Nous confirmons le califat après le Messager de Allah en premier lieu pour Abou Bakr As–Siddiq, que Allah l’agrée, en raison de son mérite et de sa priorité sur toute la communauté, ensuite pour ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Outhman, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Ce sont eux les califes bien guidés et les Imams de bonne guidée. Les dix que le Messager de Allah r a nommés et à qui il a annoncé le paradis, nous témoignons qu’ils auront le paradis conformément à ce que le Messager de Allah a témoigné qu’ils auraient, sa parole étant véridique. Il s’agit de Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy, Talhah, Az–Zoubayr, Sa^d, Sa^id, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et Abou ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah qui est l’Honnête de cette communauté, que Allah les agrée tous. Celui qui parle en bien au sujet des compagnons du Messager de Allah r, de ses épouses pures de toute souillure et de sa descendance purifiée de toute association, celui-ci sera innocenté de l’hypocrisie. Les savants du Salaf parmi les prédécesseurs et ceux qui les ont suivis parmi les successeurs sont les gens du bien et de la tradition et les gens de la science et de la réflexion. Ils ne sont mentionnés qu’en bien. Celui qui les mentionne en mal n’est pas sur la bonne voie. Nous ne préférons aucun des saints à aucun des prophètes ^alayhimou s-salam et nous disons qu’un seul prophète est meilleur que tous les saints. Nous croyons fermement à ce qui est venu au sujet de leurs prodiges et dont le récit a été rapporté d’une manière sûre par les gens dignes de confiance. Nous croyons fermement aux signes annonciateurs du jour du jugement, à savoir la sortie de l’imposteur (al-macih ad-dajjal) et la descente du ciel de ^Iça, le fils de Maryam, ^alayhi s-salam. Nous croyons fermement au lever du soleil à partir de son couchant et à la sortie de la bête de la terre de son endroit. Nous n’accordons foi ni au devin ni au voyant ni à quiconque prétendant quelque chose qui contredise le Livre, la Sounnah la Tradition Prophétique ou l’Unanimité de la communauté. Nous considérons que la Majorité est véridique et correcte et que la séparation est une déviation et une cause de châtiment. La religion que Allah agrée sur terre et au ciel est une seule et même religion, c’est la religion de l’Islam. Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلامُ](‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘Islam) [sourat ‘Ali ^Imran / 19] ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée c’est l’Islam » et Il dit ta^ala : [وَرَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلامَ دِينًا](wa raditou lakoumou l-‘Islama dina) [sourat Al-Ma’idah / 3] ce qui signifie : « J’agrée pour vous l’Islam en tant que religion« . Elle est entre l’outrance et la négligence, entre l’assimilation et le négationnisme. Entre la croyance en la contrainte (al-jabriyyah) et la croyance que l’homme crée ses actes (al-qadariyyah). Entre se croire protégé du châtiment et désespérer de la miséricorde. Voilà notre religion, notre croyance en apparence et en réalité. Nous nous innocentons en prenant Allah à témoin, de tous ceux qui contredisent ce que nous avons mentionné et présenté ici. Nous demandons à Allah ta^ala de faire que nous persévérions sur la foi, qu’Il nous accorde de mourir sur elle et qu’Il nous préserve des différentes passions, des avis dispersés, des voies médiocres telles que celles des assimilateurs mouchabbihah, des mou^tazilah, des jahmiyyah, des jabriyyah, des qadariyyah et d’autres parmi ceux qui ont contredit As-Sounnah wa l-Jama^ah et se sont alliés à l’égarement. Nous sommes innocents d’eux. Ils sont pour nous des égarés, des gens médiocres et c’est par Allah qu’est la préservation et la réussite.
Cours général : Les Prophètes
La religion de tous les prophètes est l’Islam
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le degré de notre maître Mouhammad Al-‘Amin –l’Honnête– et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an :
] يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءَامَنُوا قُوا أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَاراً وَقُودُهَا النَّاسُ وَالحِجَارَةُ [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou qou ‘anfouçakoum wa ‘ahlikoum naran waqoudouha n-naçou wa l-hijarah) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, préservez-vous ainsi que vos familles d’un feu dont le combustible sera d’hommes et de pierres » [sourat At-Tahrim].
Il a été rapporté pour l’exégèse de ce verset que la préservation du châtiment de l’enfer a lieu par l’apprentissage de la science de la religion.
Or la meilleure des sciences de la religion est la science du tawhid [1] car elle concerne la connaissance de Allah et celle de Son messager.
Allah a créé ‘Adam –Adam, ^alayhi s-salam [2]–, Il a créé Hawwa‘ –Ève, que Allah l’agrée– et Il fit de ‘Adam un prophète messager.
Hawwa‘ a mis au monde à chaque fois un garçon et une fille, elle eut ainsi quarante grossesses.
Dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam, il était licite au frère d’épouser une de ses sœurs en dehors de sa sœur jumelle afin que l’espèce humaine se propage sur terre.
Allah a révélé à notre maître ‘Adam le langage. ‘Adam eut connaissance du nom de toutes les choses. ‘Adam a enseigné à ses enfants les bases de la croyance. Il leur disait : Adorez Allah –c’est-à-dire soumettez-vous à l’extrème pour Lui– et ne Lui associez rien dans Son adoration. Celui qui associe quelque chose à Allah, aura l’enfer pour demeure finale. Il y restera éternellement. Ainsi tous ses enfants avaient pour religion l’Islam, la religion de tous les prophètes.
Notre maître Idris –Enoch ^alayhi s-salam– qui vint par la suite a poursuivi cet appel et ce n’est qu’après sa mort que la mécréance est apparue entre les humains. Certains sont devenus mécréants par l’adoration d’autre que Allah.
Notre maître Nouh –Noé ^alayhi s-salam– fut ainsi le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah –Dieu– l’Unique Qui n’a pas d’associé.
Puis les prophètes se succédèrent les uns à la suite des autres, appelant à la religion de l’Islam.
Allah ta^ala dit : [إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلاَم ] (‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes, la religion que Allah agrée, c’est l’Islam » [sourat ‘Ali ^Imran].
Et Il dit ta^ala :
] وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الأَاخِرَةِ مِنَ الخَاسِرِينَ [
(wa man yabtaghi ghayra l-‘islami dinan falan youqbala minhou wa houwa fi l-‘akhirati mina l-khacirin) ce qui signifie : « Celui qui a autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il fera partie des perdants dans l’au-delà » [sourat ‘Ali ^Imran].
Notre maître Ibrahim –Abraham ^alayhi s-salam– est venu lui aussi par la suite pour appeler les gens à l’Islam.
Allah ta^ala dit :
] مَا كَانَ إِِبْرَاهِيمُ يَهُودِيّاً وَلاَ نَصْرَانِيّاً وَلَكِن كَانَ حَنِيفاً مُسْلِماً وَمَا كَانَ مِنَ المُشْرِكِينَ [
(ma kana ‘Ibrahimou yahoudiyyan wa la nasraniyyan wa lakin kana hanifan mousliman wa ma kana mina l-mouchrikin) ce qui signifie : « Ibrahim n’était ni juif ni chrétien mais il était hanif –éloigné de toute autre religion que l’Islam– musulman et ne faisait certes pas partie des associateurs (mouchrikin) » [sourat ‘Ali ^Imran].
Par conséquent, ce qui a été dit à son sujet qu’il aurait voué l’adoration aux astres n’est pas vrai.
Notre maître Mouça –Moïse ^alayhi s-salam– est également venu appeler les gens à l’Islam. Certains ont cru en lui alors que d’autres l’ont démenti. Ils ont dit : (^Ouzayr est le fils de Dieu) et certains autres ont dit : (certes Allah a créé les cieux et la terre en six jours, puis, fatigué, Il s’est allongé sur son dos) ; ces gens-là sont des non musulmans et des non croyants. Ils n’ont pas la croyance de Mouça qui leur a ordonné d’avoir la croyance en l’unicité de Dieu et de ne pas assimiler Dieu à Ses créatures.
Notre maître Mouça avait pour croyance que Allah existe sans ressemblance avec les créatures, qu’Il est le Créateur de toute chose et qu’Il n’a pas besoin des créatures. Il a créé la lumière, Il n’a pas de ressemblance avec la lumière, Il a créé l’homme, Il n’a pas de ressemblance avec lui, Il n’est donc pas concerné par la fatigue ou l’impuissance car Il est Al-Qawiyy, Celui Qui a la toute-Puissance, Qui n’est atteint ni par la fatigue ni par la somnolence.
Après la mort de notre maître Mouça ^alayhi s-salam, notre maître ^Iça Al-Macih –Jésus ^alayhi s-salam– est venu appeler à l’Islam, la religion à laquelle tous les prophètes avant lui ont appelé, et il a annoncé la bonne nouvelle de la venue d’un prophète après lui qui s’appellerait Ahmad. C’est bien Mouhammad qu’il a annoncé. Certains ont cru en Jésus alors que d’autres ont mécru.
Notre maître ^Iça ^alayhi s-salam avait la bonne croyance. Il avait pour croyance que Allah n’est ni père ni fils, qu’Il n’est pas un être composé ni un être formé de parties. Par la suite, des hommes ont voulu tuer notre maître ^Iça. Allah l’en a sauvé ; Il a donné à un homme parmi les disciples musulmans présents de ^Iça une ressemblance à ^Iça et Il éleva ^Iça au ciel. Lorsque les mécréants sont entrés dans la pièce où les disciples se trouvaient, ils se sont emparés de celui qui ressemblait à ^Iça et l’ont assassiné. Ainsi l’homme qui a été tué n’est pas notre maître ^Iça ^alayhi s-salam.
En outre Jésus n’a jamais ordonné à son peuple l’adoration de sa personne, mais plutôt d’adorer Allah uniquement.
Allah ta^ala dit :
] فَلَمَّا أَحَسَّ عِيسَى مِنْهُمُ الكُفْرَ قَالَ مَنْ أَنصَارِى إِلَى اللهِ قَالَ الحَوَارِيُّونَ نَحْنُ أَنصَارُ اللهِ ءَامَنَّا بِاللهِ واشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ [
(falamma ‘ahassa ^Iça minhoumou l-koufra qala man ‘ansari ‘ila l-Lahi qala l-hawariyyouna nahnou ‘ansarou l-Lahi ‘amanna bi l-Lahi wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Lorsque ^Iça a pressenti qu’ils allaient commettre la mécréance, il a dit : Qui sont ceux qui me soutiennent ? Les hawariyyoun –les apôtres– ont dit : Nous, nous croyons en Dieu. Sois témoin que nous sommes musulmans » [sourat ‘Ali ^Imran]. Les hawariyyoun –les douze disciples de Jésus– ont dit :
[وَاشْهَدْ بِأَنَّا مُسْلِمُونَ ] (wa ch-had bi’anna mouslimoun) ce qui signifie : « Sois témoin que nous sommes musulmans ». Les hawariyyoun sont les musulmans qui ont cru en lui et qui l’ont suivi. ^Iça ne les a pas appelés à adorer sa personne. Il les a appelés à adorer Dieu uniquement. Allah ta^ala dit :
] وَإِذْ قَالَ اللهُ يَـعِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ ءَأَنتَ قُلْتَ لِلنّاسِ اتَّخِذُونِي وَأُمِّي إِلَـهَيْنِ مِن دُونِ اللهِ قَالَ سُبْحَانَكَ مَا يَكُونُ لِي أَنْ أَقُولَ مَا لَيْسَ لِي بِحَقٍّ إِن كُنتُ قُلْتُهُ فَقَدْ عَلِمْتَهُ [
(wa ‘idh qala l-Lahou ya ^Iça bnou Maryama ‘a‘anta qoulta li n-naci t-takhidhouni wa ‘oummi ‘ilahayni min douni l-Lah qala soubhanaka ma yakounou li ‘an ‘aqoula ma layça li bihaqqin ‘in kountou qoultouhou faqad ^alimtahou) ce qui signifie : « Et lorsque Allah dit à ^Iça fils de Maryam : Est-ce toi qui a dit aux gens : prenez-moi ainsi que ma mère comme deux dieux ? Il répondra : Gloire à Toi Qui es exempt d’imperfection, il ne m’appartient pas de dire ce que je n’ai pas le droit de dire, et si je l’avais dit, Tu l’aurais su »
Puis dans le verset qui suit, Il dit :
] مَا قُلْتُ لَهُمْ إُلاَّ مَا أَمَرْتَنِي بِهِ أَنِ اعْبُدُوا اللهَ رَبِّي وَرَبَّكُمْ [
(ma qoultou lahoum ‘il-la ma ‘amartani bihi ‘ani ^boudou l-Laha Rabbi wa rabbakoum) ce qui signifie : « Je ne leur ai dit que ce que Tu m’as ordonné de leur dire : qu’ils adorent Allah mon Seigneur et votre Seigneur ».
Il apparaît clairement dans ces deux versets que notre maître ^Iça a appelé à l’adoration de Allah uniquement et à ne rien Lui associer.
Après que notre maître ^Iça fut élevé au ciel, Mouhammad r est venu pour renouveler l’appel à la religion de l’Islam, appuyé par des miracles qui sont autant de preuves de sa prophétie. Beaucoup sont entrés dans l’Islam et d’autres qui étaient déjà associateurs l’ont renié, ce qui n’a fait qu’aggraver leur mécréance.
Le principe fondamental de l’Islam, commun à tous les musulmans, c’est l’adoration de Allah uniquement.
À travers ce que nous venons d’exposer, il apparaît que la religion de tous les prophètes est l’Islam et que l’Islam est la seule religion céleste.
On ne dit pas « les religions célestes » car Allah n’a jamais ordonné de suivre une autre religion que l’Islam. La seule différence qu’il y a d’un messager à l’autre, c’est la Loi.
La Loi comprend les jugements qui concernent les pratiques. À titre d’exemple, dans la Loi de ‘Adam ^alayhi s-salam et dans les Lois qui ont été révélées après lui jusqu’à l’époque des fils de ’Isra’il, il n’y avait qu’une prière obligatoire quotidienne. Puis les fils de ’Isra’il ont reçu l’ordre de faire deux prières par jour et nuit et notre maître Mouhammad r a reçu l’ordre de faire les cinq prières quotidiennes.
Les bases de la croyance en Dieu et en Son messager, elles, sont immuables. Il n’y pas de sagesse à ce qu’elles changent contrairement aux Lois qui concernent les pratiques.
Le Messager de Allah r a dit s’agissant des prophètes : (( دينهم واحد )) (dinouhoum wahid) ce qui signifie : « Leur religion est la même » [rapporté par Al-Boukhariyy].
Cours général : Les saints
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
]ألا إن أولياء الله لا خوف عليهم ولا هم يحزنون الذين ءامنوا وكانوا يتقون لهم البشرى في الحياة الدنيا وفي الآخرة لا تبديل لكلمات الله ذلك الفوز العظيم [
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ‘alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun lahoumou l-bouchra fi l- hayati d-dounya wa fi l-‘akhirah la tabdila li kalimati l-Lahi dhalika l-fawzou l-^adhim) ce qui signifie : « Certes, les saints, les waliyy de Allah, n’ont pas à avoir de crainte ni à être chagrinés, ceux qui ont cru et qui faisaient preuve de piété. Ils auront l’annonce de bonne nouvelle dans le bas-monde et dans l’au-delà. Allah réalise ce qu’Il promet, la voilà la grande réussite ».
Le saint, mes frères de foi, est celui qui s’est attaché à l’obéissance et à l’adoration, qui a évité les péchés et les interdictions, qui s’est détourné du fait de se prolonger dans les plaisirs et les désirs. Ayant accompli les obligations, il s’est rapproché de l’agrément de Allah par les actes surérogatoires jusqu’à gagner l’agrément de Allah. Celui que Allah ta^ala agrée, Il lui accorde la sainteté, Il lui accorde la protection, Il l’honore et le préserve de la mécréance. Le Messager de Allah les a décrits par sa parole :
)) إن الله يحب الأتقياء الأخفياء الذين إذا غابوا لم يفتقدوا وإذا حضروا لم يعرفوا قلوبهم مصابيح الهدى يخرجون من كل غبراء مظلمة ((
(‘inna l-Laha youhibbou l-‘atqiya’a l-‘akhfiya’a l-ladhina’ idha ghabou lam youftaqadou wa ‘idha hadarou lam you^rafou qouloubouhoum masabihou l-houda yakhroujouna min koulli ghabra’a moudhlimah) ce qui signifie : « Certes, Allah agrée les pieux qui ne se font pas remarquer, ceux dont on ne remarque pas l’absence lorsqu’ils s’absentent, et qu’on ne remarque pas lorsqu’ils sont présents. Leur cœur sont comme des sources de lumières de bonne guidée ».
Il les a décrits par le fait qu’ils sont dissimulés, ‘akhfiya’, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas connus par leur haut degré selon le jugement de Allah. En effet, ce sont des gens qui dissimulent leurs bonnes œuvres dignes d’éloges, celles qu’ils accomplissent par recherche de l’agrément de Allah. Il les a décrits par le fait qu’on ne les remarque pas lorsqu’ils sont présents, soit pour leurs habits qui ne sont pas soignés, c’est-à-dire que du point de vue de leur tenue vestimentaire, leurs vêtements ne sont pas plaisants, soit à cause de leur pauvreté comme ‘Ouways Ibnou ^Amr Al-Qaraniyy en faveur duquel le Messager de Allah a témoigné par révélation qu’il était le meilleur des successeurs des compagnons. ‘Ouways était, en effet, extrêmement pauvre. Il n’avait pas assisté, que Allah l’agrée, aux assemblées du Messager de Allah. Il résidait au Yémen et tant il était pauvre, il n’avait pas pu arriver à Médine pour rencontrer le Messager de Allah. Le Prophète a témoigné en sa faveur. Il a dit :
)) إن خير التابعين رجل يقال له أويس بن عامر من مراد ثم من قرن « إلى أن قال « فإذا لقيتموه فمروه فليستغفر لكم ((
(‘inna khayra t-tabi^ina rajouloun youqalou lahou ‘Ouways bnou ^Amir min Mourad thoumma min Qaran … fa’idha laqitoumouhou famourouhou fa l-yastaghfir lakoum) ce qui signifie : « Le meilleur des successeurs est un homme qui est appelé ^Ouways fils de ^Amr du clan de Mourad de la tribu de Qaran » jusqu’à ce qu’il ait dit ce qui signifie : « Si vous le rencontrez, dites-lui de demander la pardon en votre faveur ». Par cela, il a enseigné à sa communauté r en insistant sur la modestie.
Il y a une partie des saints, des waliyy de Allah, à qui Allah a donné une réputation. Ils ont été célèbre pour leur sainteté dans la population, tant celui qui est proche que celui qui est éloigné a reconnu leur degré. Ainsi les gens ont pu énormément profiter d’eux, comme de notre maître Al-Jounayd fils de Mouhammad Al-Baghdadiyy le Chaykh des soufis, puis du Chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jilaniyy le Hanbaliyy, puis du Chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah les agrée.
Le Qour’an a confirmé les prodiges des saints, les karamah, par la parole de Allah soubhanahou dans la description de Maryam ^alayha s-salam :
] كلما دخل عليها زكريا المحراب وجد عندها رزقا قال يا مريم أنّى لك هذا قالت هو من عند الله إن الله يرزق من يشاء بغير حساب [
(koullama dakhala ^alayha Zakariyya l-mihraba wajada ^indaha rizqa ; qala ya Maryamou ‘anna laki hadha ; qalat houwa min ^indi l-Lah inna l-Laha yarzouqou man yacha’ou bighayri hiçab) ce qui signifie : « Toutes les fois que Zakariyya venait la voir dans l’alcôve, il trouvait qu’elle avait auprès d’elle une subsistance. Il lui disait : ô Maryam, d’où cela te vient-il ? Elle disait : C’est Allah Qui me l’a accordé. Certes, Allah accorde à qui Il veut à profusion ».
Il y a également ce que le Qour’an a annoncé dans le récit du compagnon de Soulayman ^alayhi s-salam pour rapporter le trône de Bilqis puisque cela a été mentionné dans la parole de Allah ta^ala :
] قال الذي عنده علم من الكتاب أنا ءاتيك به قبل أن يرتد إليك طرفك [
(qala l-ladhi ^indahou ^ilmoun mina l-kitabi ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka) ce qui signifie : « Celui qui avait eu une science du Livre a dit : Moi je te le ramène avant que tu ne clignes de l’œil. »
Pour ce qui est des preuves à partir de la sounnah, elles sont nombreuses. Ainsi il a été rapporté d’après ‘Anas que ‘Ouçayd Ibnou Houdayr et un homme des partisans avaient discuté auprès du Messager de Allah au point que l’assemblée avait duré jusqu’à une heure tardive. C’était une nuit extrêmement sombre et ils étaient sortis, chacun d’entre eux ayant à la main son bâton. Le bâton de l’un des deux s’était illuminé au point qu’ils avaient marché à la lumière de ce bâton. Puis lorsqu’ils étaient arrivés à la croisée de leurs chemins, le bâton du deuxième s’était illuminé à son tour et chacun d’entre eux avait pu marcher à la lumière de son bâton jusqu’à parvenir chez lui. Ceci a été rapporté par Ahmad, Al-Boukhariyy, Al-Hakim et d’autres.
Il a été rapporté que Al-Jounayd était un jour assis à parler aux gens. C’est alors qu’un jeune homme qui n’était pas musulman mais qui s’était déguisé s’était présenté debout face à lui et lui avait adressé la parole en ces termes : « Ô toi le Chaykh, que signifie la parole du Messager de Allah
)) اتقوا فراسة المؤمن فإن المؤمن ينظر بنور الله تعالى ((
(‘ittaqou firaçata l-mou’mini fa’inna l-mou’mina yandhourou binouri l-Lahi ta^ala) ce qui signifie : « Prenez garde à la vision du croyant parfait car certes le croyant voit par une lumière que Allah lui donne ». Al-Jounayd a réfléchi un moment puis il a levé la tête et lui a dit : « Entre en Islam, le moment est venu pour toi d’entrer en Islam ». C’est alors que le jeune est entré en Islam en disant : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ».
Concernant leur mérite, lors de la mort, les anges de la miséricorde viennent à eux alors qu’ils peuvent les voir. Les anges s’assoient à côté d’eux à une certaine distance. Ensuite vient l’ange ^Azra’il qui leur annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément. Il leur dit : « Je t’annonce la bonne nouvelle de la miséricorde de Allah et de Son agrément ».
Au jour du jugement, ils n’auront aucune crainte, aucune terreur alors que les gens seront extrêmement effrayés. Ils ne subiront aucune nuisance de la chaleur du soleil. Le soleil au jour du jugement sera extrêmement intense, plus intense qu’aujourd’hui. Ils ne seront atteints ni de la soif ni de la faim ni de la chaleur du soleil. Ils ne seront atteints d’aucun chagrin mais seront pleins de joie et de félicité.
Lorsque le saint sortira de la tombe, il sortira vêtu ; il ne sortira pas en ayant sa zone de pudeur dévoilée comme la plupart des gens. Il ne sera pas rassemblé marchant à pied. Non, il sera rassemblé en étant sur une monture. Qu’auront-ils comme monture ces vertueux ? Ils auront des chamelles dont les créatures n’auront pas vu de semblables, dotées de selles d’or.
Puis ils rentreront au paradis. Une fois entrés au paradis, ils trouveront ce que Allah leur a promis comme félicité, une félicité qu’Il n’a donné à connaître à aucun ange et qu’aucune des créatures de Allah n’a jamais vue. Les anges, eux, accueilleront les gens du paradis au jour du jugement. Ils leur passeront le salam, ils leur diront : Que le salam soit sur vous, vous êtes les bienvenus, ils les accueilleront avec respect et glorification.
Mes frères, a dit vrai celui qui a dit : Allah a des gens qui, lorsqu’ils arrivent dans une assemblée, la joie et la générosité s’installent dans cette assemblée et qui, lorsqu’ils marchent, la terre qu’ils occupent s’en réjouit et se revivifie comme s’ils étaient pour la terre une pluie.
Bonheur donc à celui qui a connu dans notre époque un savant, un saint, un vertueux et qui a puisé de lui les bienfaits et les bénédictions, qui a connu leur haut degré, qui a été respectueux avec eux et qui les a pris pour modèle. Car les waliyy de Allah ont atteint ce qu’ils ont atteint par la véracité de leur amour pour Allah et pour le Messager de Allah, notre maître Mouhammad r.
Ô Allah fais que nous soyons parmi Tes saints, parmi les gens de Ton obéissance et attendris les cœurs de Tes saints sur nous. Certes, Tu es sur toute chose tout puissant.
Voici mes propos et je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.
Cours général : Délaisser ses passions
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Ô toi qui a atteint les rangs élevés par la piété
Ne délaisse pas son honneur pour l’abaissement des péchés
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
] يا أيها الذين ءامنوا اتقوا الله ولتنظر نفس ما قدّمت لغد واتقوا الله إن الله خبير بما تعملون [
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad ; wa t-taqou l-Laha ‘inna l-Laha khabiroun bima ta^maloun) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, faites preuve de piété à l’égard de Allah et que chaque personne considère ce qu’elle prépare pour le jour du jugement. Faites preuve de piété à l’égard de Allah, certes Allah sait ce que vous faites » [sourat Al-Hachr / 18].
Notre Prophète Mouhammad a dit une parole qui comporte beaucoup de profit :
] ليسَ الشديد من غلبَ الناسَ ولكنَّ الشديد من غلبَ نفسَهُ [
(layça ch-chadidou man ghalaba n-naça, wa lakinna ch-chadida man ghalaba nafçah) ce qui signifie : « Le fort n’est pas celui qui a vaincu les gens. Le fort est plutôt celui qui a vaincu ses passions ».
L’homme voit son degré s’élever selon le jugement de Allah en fonction de sa patience. La patience est de trois catégories. La patiente pour ne pas commettre l’interdit est la plus éprouvante. C’est la patience la plus forte. La deuxième est la persévérance pour accomplir les actes d’obéissances. La troisième est l’endurance face aux difficultés et aux catastrophes. Priver son âme pour ne pas commettre les interdits quels qu’ils soient, c’est la plus éprouvante des patiences.
Si tu fais une halte pour comprendre le sens de la patience, il s’agit de contrôler et de contraindre son âme pour supporter quelque chose qu’elle répugne ou à s’éloigner d’une chose qu’elle désire.
Contrains donc ton âme, toi mon frère musulman. Empêche-la de tomber dans ce qui est interdit. Dis-lui donc :
Ô mon âme, repens-toi donc car l’heure de la mort est arrivée
Contredis tes passions, les passions entraînent à la dissension
Chaque jour, nous avons un mort que l’on accompagne à sa tombe
Et par sa mort, nous oublions ce qu’ont laissé nos morts
Ô mon âme, qu’ai-je à voir avec des biens que je cache,
[ils restent] après moi et je quitte ma vie sans habits.
Esclaves de Allah, délaisser un seul péché vaut mieux selon le jugement de Allah qu’accomplir mille bonnes actions.
Retourne donc sur tes pas et abandonne la voie de l’insouciance. Entre par la porte de l’éveil. Rappelle-toi la parole de Allah ta^ala :
] فمن يعمل مثقال ذرة خيرا يره ومن يعمل مثقال ذرة شرا يره [
(faman ya^mal mithqala dharratin khayran yarah wa man ya^mal mithqala dharratin charran yarah) qui signifie : « Celui donc qui fait le poids d’un grain de poussière de bien en sera rétribué et celui qui fait le poids d’un grain de poussière de mal en sera rétribué » [sourat Az–Zalzalah / 7-8].
Dans ces deux ayah, il y a l’incitation à faire peu et beaucoup de bien et la mise en garde de faire peu ou beaucoup de mal.
Rappelle-toi que l’interdit ou l’illicite (al-haram), c’est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui l’accomplit et a promis la récompense à celui qui le délaisse.
Rappelle-toi que le Prophète la nuit de l’Ascension a vu des gens qui se disputaient de la viande pourrie et avariée et délaissaient la belle viande bien découpée. Jibril a dit : « Ce sont des gens de ta communauté qui délaissent ce qui est licite et n’en goûtent pas pour consommer de l’interdit et ce qui est mauvais. Ce sont les fornicateurs ».
Il a vu également des gens qui buvaient le pus qui sortait des corps des fornicateurs. Jibril lui a dit : « Ce sont les buveurs de khamr – vin et alcools – interdit dans le bas monde ».
Rappelle-toi que tu auras des comptes à rendre au jour du jugement. Tu rendras des comptes sur ton argent, d’où tu l’as acquis et en quoi tu l’as dépensé. Si tu as acquis le bien à partir de ce qui est licite, garde-toi de le dépenser dans ce que Allah a interdit.
Rappelle-toi la parole de Allah :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92‑93].
Il est dit qu’un homme était connu sous le nom de Dinar Al-^Ayyar. Il avait une mère vertueuse qui l’exhortait souvent mais il ne s’exécutait pas. Un jour, il était passé par un cimetière. Il en a pris un os qui s’est alors transformé en poussière au contact de ses doigts. Il a réfléchi et s’est alors dit : Malheur à toi Dinar, c’est comme si je voyais bientôt tes os devenir ainsi poussière et ton corps se transformer en terre. Il a regretté son laisser-aller et a eu la ferme volonté de se repentir. Il a alors relevé la tête vers le ciel [qui est la qiblah, la direction des invocations et non un lieu de résidence pour Dieu : Allah n’y habite pas et Il n’a pas besoin du ciel ni d’autre chose. Allah existe sans endroit]. Il a relevé la tête et a dit : Seigneur, mon Maître, je m’en remets à Toi pour tout ce qui me concerne, accepte-moi et fais-moi miséricorde. Il s’est ensuite dirigé vers sa mère en ayant changé de couleur, le cœur brisé et a dit : Mère, que fait-on de l’esclave qui s’était enfui lorsque son maître le retrouve ? Elle a dit : On lui donne des habits rugueux à porter, une nourriture grossière et on lui attache les mains et les pieds. Il lui a dit : Je voudrai une joubbah –sorte de cape fermée sauf de la tête et des bras– en laine et fais de moi ce qui est fait de l’esclave qui s’était enfui. Lorsque la nuit tombait, il se mettait à pleurer à chaudes larmes en se disant : Malheur à toi ô Dinar, peux-tu supporter le feu ? Comment t’es-tu exposé au châtiment du Tout-puissant ? Il demeurait ainsi jusqu’au matin. Sa mère lui dit alors : Aie de la pitié pour toi-même, mon fils. Il lui répondait : Laisse-moi donc me fatiguer un peu, puissé-je me reposer longtemps, mère. J’ai demain une longue station pour le jugement du Seigneur glorieux et je ne sais pas s’il sera ordonné que je sois dans une ombre dense (au paradis) ou bien dans la pire station (en enfer). Elle lui disait : Mon fils, prends donc une pause. Il disait : Je ne recherche pas la pause. C’est comme si tu voyais, mère, les créatures demain être conduites au paradis et moi être conduit en enfer avec ses habitants.
Elle le laissait alors dans son état. Il se mettait à pleurer, à s’adonner aux actes d’adoration et à la récitation du Qour’an. Un soir, il a récité :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93]. Il médita au sujet de cette ayah éminente :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et se mit alors à pleurer jusqu’à l’évanouissement. Sa mère l’avait alors appelé mais il ne lui répondit pas. Elle lui dit alors : Mon chéri, toi la prunelle de mes yeux, où sera notre rencontre ?
Il lui dit d’une faible voix : Mère, si tu ne me trouves pas dans les stations du jour du jugement, demande après moi auprès de Malik l’ange en charge de l’enfer. Puis il poussa un soupir après lequel il mourut, que Allah lui fasse miséricorde.
Sa mère lui fit alors le lavage funéraire, elle le prépara et sortit appeler les gens en leur disant : Ô vous les gens, venez tous pour faire la prière funéraire pour celui qui a été tué par le feu. Les gens étaient venus de toute part. On ne vit pas autant de gens ni de larmes plus abondantes que ce jour-là. Après l’avoir enterré, un de ses amis l’a vu dans le rêve la même nuit marcher au paradis portant sur lui une belle cape verte et il récitait :
] فوربّك لنسألنّهم أجمعين عما كانوا يعملون [
(fawaRabbika lanas’alannahoum ‘ajma^ina ^amma kanou ya^maloun) ce qui signifie : « Par ton Seigneur, Nous les interrogerons tous au sujet de ce qu’ils faisaient » [sourat Al-Hijr / 92-93] et il disait : Par Sa gloire et Son honneur, Il m’a interrogé, Il m’a fait miséricorde, Il m’a pardonné et a effacé mes péchés. Informez-en ma mère.
Ô Allah pardonne-nous, fais que le Qour’an soit le printemps de nos cœurs, la lumière de nos regards et de nos organes, ô Toi le Seigneur des mondes.
Cours général : la description du Prophète
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que Allah honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré au sujet du Prophète :
[ وإنَّكَ لعلى خُلُقٍ عظيم]
ce qui signifie : « Tu as certes un comportement éminent » [sourat Al–Qalam / 4]. Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de ^A‘ichah, dans la description du Messager de Allah r :
((كانَ خُلُقُهُ القرءانَ))
c’est-à-dire : celui qui veut connaître le caractère du Prophète, qu’il récite le Qour’an et qu’il le comprenne. Tout caractère de bien, que Allah a ordonné dans le Qour’an, fait partie des caractères du Messager de Allah r.
D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, lorsqu’elle a été interrogée au sujet du comportement du Messager de Allah r, elle a dit : « Il n’était pas vulgaire et n’était ni de ceux qui recherchent la vulgarité, ni de ceux qui crient dans les marchés. Il n’était pas non plus de ceux qui répondent au mauvais comportement par un mauvais comportement. Bien au contraire, il pardonnait et excusait ».
Notre Prophète r était celui qui avait le plus beau des caractères et le plus beau des aspects. Al-Bara‘ Ibnou ^Azib a dit dans la description du Messager de Allah r : « Le Messager de Allah r avait le plus beau visage et le meilleur caractère ». Pour ce qui est de la description du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam qui a été rapporté dans le livre de hadith : « Il était de taille moyenne, il n’était pas petit, il était plutôt grand, il avait les épaules larges, il était d’une couleur blanche teintée de rougeurs. Son visage était lumineux ». Al-Bayhaqiyy et At–Tabaraniyy ont rapporté de Abou ^Oubaydah fils de Mouhammad fils de ^Ammar fils de Yaçir qu’il a dit : « J’ai dit à Ar-Roubayyi^ fille de Mou^wwidh : Décris-moi le Messager de Allah r, elle a répondu : Si tu le voyais, tu dirais le soleil levé ». At-Tirmidhiyy a rapporté ainsi que Ahmad d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Je n’ai rien vu qui soit plus beau que le Prophète r, c’est comme si le soleil parcourait son visage ». Le Prophète r avait des sourcils fins, pas épais du tout ; il avait de grands yeux et des cils fournis. Ses paume des mains et la plante de ses pieds n’étaient pas maigres, ses avant-bras étaient longs et son ventre, plat, ne dépassait pas le niveau de sa poitrine. Sa voix était forte on n’y remarquait pas de faiblesse. Dans le blanc de ses yeux, il y avait de fins traits rouges. Abou Hourayrah de qui nous tenons la description précitée a ajouté : « Je ne lui ai jamais vu de semblable ni avant ni après lui ». Son nez était fin et haut, son front était large et plat. Les cheveux du Prophète r étaient bien noirs, il avait à peine vingt cheveux blancs et tout le reste de ses cheveux avait gardé leur couleur noire d’origine. Le Prophète r avait pour particularité d’avoir une bonne odeur, qu’il se soit parfumé ou pas. Un des compagnons du nom de ^Ouqbah Ibnou Ghazwan avait eu un jour une maladie, de la taille d’une pièce d’un dirham, il se frottait beaucoup à cet endroit et cela l’angoissait et le dérangeait sérieusement. Le Prophète r lui avait dit d’enlever le vêtement qui recouvrait cette partie de son corps et avait posé dessus sa main honorée r. C’est alors que cette partie de son corps était restée parfumée jusqu’à la fin de sa vie. Il avait quatre épouses, chacune essayait de se parfumer plus que l’autre, mais c’était lui qui sentait le meilleur parfum sans même se parfumer parce que le Messager de Allah avait passé sa main sur son corps pour enlever la douleur qui l’avait affecté. Le Messager de Allah r a guéri ce compagnon et le parfum est resté jusqu’à la fin de sa vie sans qu’il ne se parfume, il conserva une odeur meilleure que le musc, l’ambre ou tout autre parfum.
Que l’on sache qu’il est possible de voir le Prophète r dans le rêve sous son véritable aspect, l’aspect dans lequel nous l’avons décrit. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Qatadah qu’il a dit : « Le Messager de Allah r a dit :
)) مَنْ رءاني في المنامِ فقد رأى الحقَّ لأنَّ الشيطانَ لا يتزَيَّا بي ))
ce qui signifie : « Celui qui me voit dans le rêve m’aura vu véritablement, car le chaytan ne prend pas mon apparence ». C’est-à-dire : celui qui le voit sous sa véritable apparence dans le rêve aura vu le dernier des prophètes et ce, car Allah ta^ala ne donne pas au chaytan la capacité de prendre l’image du Prophète r.
Que l’on sache également que si quelqu’un voit le Prophète r dans le rêve, ce sera pour lui une annonce de la bonne nouvelle qu’il mourra sur la foi. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté du hadith de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète r a dit :
(( مَن رءاني في المنامِ فَسَيَراني في اليقظةِ ))
ce qui signifie : « Celui qui m’a vu dans le rêve, me verra à l’état d’éveil ». L’explication en est que la vision dans le rêve du Messager de Allah comporte une grande annonce de la bonne nouvelle à savoir que nécessairement celui qui l’a vu dans le rêve le verra à l’état d’éveil même si celui qui le voit n’était pas musulman au moment du rêve ; nécessairement il entrera en Islam et verra le Messager de Allah à l’état d’éveil avant de quitter ce bas-monde. Il a été rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue ce qui est arrivé à un homme des prédécesseurs, c’est-à-dire ayant vécu dans une époque relativement proche de celle du Messager de Allah r, environ cent cinquante ans après l’Hégire, du nom de Al-Haçan Ibnou Hay. Cet homme faisait partie des savants qui œuvraient pour la religion parmi les gens spécialiste du hadith et il était pieux. Il avait un frère qui lui était semblable. Lorsque Al-Haçan Ibnou Hay fut sur son lit de mort, son frère l’a entendu réciter la parole de Allah ta^ala :
]وَ مَن يُطِع الله والرسولَ فأولئك مع الذينَ أنعمَ اللهُ عليهم من النبيين والصِدِّيقين والشهداءِ والصالحين وحَسُنَ أولئكَ رفيقا[
ce qui signifie : « Ceux qui obéissent à Allah et au Messager seront avec ceux que Allah a comblés de grâces, parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux, et quelles belles compagnies que celles-là » [sourat An-Niça‘ / 69]. Son frère qui se tenait à ses côtés lui a dit : « Ô mon frère, est ce que tu récites ou qu’est-ce que tu fais ? ». Il lui a dit : « Non, je suis en train de voir le Messager de Allah r qui me sourit et qui m’annonce la bonne nouvelle du Paradis, je vois les anges et je vois les houris ». Voilà donc la promesse qui a été rapportée dans le hadith : celui qui a vu le Prophète dans le rêve, le verra à l’état d’éveil et cela veut dire qu’il le verra dans le bas-monde avant de mourir.
Nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous accorde la vision du Prophète dans le rêve, cette nuit.
Cours général : Le bon comportement
Allah tabaraka wa ta^ala dit dans le Qour’an honoré :
} قل هل يستوي الذين يعلمون والذين لا يعلمون {
ce qui signifie : « Dis : Sont-ils équivalents ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? ». Les saints, les gens de la vérité, de la fidélité, de la pureté, ceux qui connaissent Allah ta^ala, les savants qui œuvrent, qui craignent Allah, qui font preuve de piété, qui se prosternent et s’inclinent, qui se sont embellis par le bon comportement, qui ont accouru pour accomplir le bien : ils se sont embellis par les bons caractères pour prodiguer le bien. Combien nous-mêmes, que nous soyons des individus ou des familles, que nous soyons des dirigeants ou des administrés, combien il convient que nous nous embellissions par le bon comportement et que nous accourions pour prodiguer le bien.
Il a été rapporté dans le hadith du Prophète r qu’il a répondu à son compagnon Abou Dharr, que Allah l’agrée, par ses recommandations honorables qui élèvent le degré de celui qui œuvre avec et s’y attache. En effet, Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih d’après Abou Dharr, que Allah l’agrée, qu’il a dit : « Mon Bien-aimé m’a recommandé des comportements de bien. Il m’a recommandé de regarder celui qui a moins que moi et de ne pas regarder celui qui a plus que moi. Il m’a recommandé d’aimer les pauvres, de me rapprocher d’eux, et il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère. Il m’a recommandé de maintenir les liens avec les gens de ma famille proche même s’ils ont pris des distances. Il m’a recommandé de beaucoup dire : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ».
Le bon comportement, agir en bien, fait partie des comportements du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam. ^A’ichah, que Allah l’agrée, a dit dans la description du Prophète r : « Il n’était pas vulgaire, il n’était pas indécent, il n’était pas de ceux qui levaient la voix dans les marchés et il ne répondait pas au mauvais acte par un mauvais acte mais il pardonnait ». Parmi les caractères du Prophète arabe honoré r, il y a ce qu’il a dit r pour nous éduquer et nous enseigner :
)) من كظم غيظا وهو يستطيع أن ينفّذه دعاه الله يوم القيامة على رؤوس الخلائق حتى يخيّره في الحور ما شاء ((
ce qui signifie : « Celui qui a étouffé une colère alors qu’il était capable de la laisser éclater, Allah ta^ala, au jour du jugement, lui donne à choisir parmi les femmes du paradis celles qu’il veut ».
Mes frères, ce sont-là des caractères du Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam et ses recommandations. Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam, celui qui a le beau visage et le bon comportement nous a recommandé de prodiguer le bien, d’avoir le bon comportement. Quel est donc le bon comportement avec lequel nous devons nous embellir, individus et familles, savants, gouverneurs et gouvernés, enseignants et disciples ? Qu’est-ce qu’a dit ^Abdou l-Lah Ibnou Moubarak dans la description du bon comportement ? Il a dit : « C’est d’avoir les traits du visage souriants, de prodiguer du bien et de ne point nuire » Les leçons de morale dans la religion sont par ailleurs nombreuses mais ce qui est à prendre en compte, c’est d’en tirer des leçons pour soi-même et d’en être exhorté, et ce que nous avons cité, tout ce que nous avons mentionné est peu de choses, c’est comme le petit peu d’eau qui adhère à un fil que tu ressorts de l’eau après l’y avoir plongé. Les leçons de morale dans le Qour’an honoré et le hadith prophétique honoré, les propos des compagnons honorables et de ceux qui les ont suivis correctement sont autant d’exhortations, autant de leçons de morale louables. Pourquoi alors ces disputes, pourquoi ces séparations, pourquoi faire très mal à ses propres parents, pourquoi l’épouse ne satisfait-elle pas au droit de son mari et inversement, pourquoi beaucoup sont injustes envers eux-mêmes et envers les autres alors que les leçons de morale sont nombreuses, h hhh les exhortations sont nombreuses, les ayah du Qour’an, étant à ce sujet, claires, et les hadith sûrs confirmés et clairs. Ce qui est à prendre en compte, c’est d’agir conformément à ce qu’on a appris, ce que tu dois prendre en compte, c’est d’appliquer à toi-même ce que tu entends de la science de la religion et les règles de comportement selon la Loi de l’Islam. Oui le Prophète r a recommandé à Abou Dharr de regarder celui qui a moins que lui dans le bas-monde pour remercier les bienfaits de Son Seigneur et pour ne pas rejeter ou négliger les bienfaits que Allah t’a accordés. Ainsi concernant les choses du bas-monde, regardes celui qui a moins d’argent que toi, et celui qui n’a pas d’enfants et celui qui a plus d’épreuves que toi, et celui qui a des maladies plus graves que les tiennes, pour qu’en te considérant toi-même tu dises : Al-hamdou li l-Lah ^ala koulli hal, la louange est à Allah en toute situation.
Il a dit : « et que je ne regarde pas celui qui a plus que moi ». En effet, ceux qui regardent les gens que Allah a comblés de bienfaits, s’ils n’ont pas d’argent, s’ils n’ont pas d’enfants et n’ont pas une bonne santé, beaucoup vont œuvrer dans l’interdit pour obtenir plus de biens, pour que leur compte en banque augmente par exemple, ils ainsi frappent aux portes de l’interdit et ne se suffisent plus du licite. Voici le cas de certaines personnes qui sont source de dissension par leur insistance à vouloir plus, ils ne cessent de demander, de demander toujours plus, au point que l’homme en charge de la famille se noie dans l’argent interdit, jusqu’à ce qu’il se noie sous le poids des dettes après avoir essayé les paris d’argent en revenant perdant et déçu. Certains ne regrettent pas suite à ce qui leur arrive mais se laissent aller d’une affaire à une autre, allant de la fornication à la boisson de l’alcool, des paris d’argent jusqu’à faire des emprunts avec gain usuraire.
Est-ce que dans ce cas, les personnes qui lui demandent toujours plus protègeront celui qui a leur charge et qui a commis les péchés qui font mériter le supplice de la tombe ? Le sauveront-t-ils du supplice de la tombe si jamais il s’est sali avec de l’argent interdit, en étant injuste avec les gens pour satisfaire à leur demande en faisant ce que Allah ta^ala a interdit ?
Abou Dharr a dit : « Le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam m’a recommandé d’aimer les pauvres et de me rapprocher d’eux ». Tiens la compagnie des gens de vertu afin que tes amis et les amis de tes enfants soient des gens de science et de vertu. Que les étudiants en science de la religion, les gens respectueux et polis qui ont le bon comportement, soient des amis pour toi et tes enfants. Ne tiens pas la compagnie des gens peu recommandables et n’autorises pas tes enfants à les fréquenter. Il en est de même pour ton épouse car la mauvaise compagne entraîne avec elle celle à qui elle tient compagnie. Beaucoup de pères sont dans une insouciance à cet égard, ils délaissent leurs enfants et sont surpris par la suite que leur fils est devenu le membre d’une bande qui fume du canabis ou consomme de la cocaïne, qui vend ou fait le trafic d’héroïne ou qui est surpris que sa fille est devenue l’habituée d’endroits suspects, que Allah nous préserve. Tout cela sous le prétexte de la civilisation.
Quant à la religion agréée par Allah tabaraka wa ta^ala, beaucoup pensent qu’elle n’est destinée qu’aux pauvres et aux miséreux, à ceux dont les cheveux sont devenus gris et qui sont au bord de la tombe. Ceux-là croient que la religion n’est destinée qu’à ces gens-là seulement. Les jeunes, les riches, les hommes et les femmes qui sont dans la force de l’âge, peu d’entre eux s’attachent à la Loi, aux jugements de la religion agréée par Allah.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire la vérité même si elle est amère ». Remets en cause ton avis, remets en cause ton avis ! Ne sois pas de ceux qui ne retiennent que leurs propres avis ! Et que ton souci ne soit pas d’avoir un avis meilleur que celui de tes frères. Entraidez-vous pour le bien et la piété et ne t’attaches pas seulement à ton propre avis. Le Prophète r recevait la révélation et il demandait l’avis des autres.
Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de maintenir les liens avec mes proches même s’ils ont pris des distances ».
Combien de fois avons-nous recommandé en de nombreuses occasions, dans les discours des fêtes et autres, de maintenir les liens avec les proches. En effet, la dislocation de la société aujourd’hui et ce qu’elle endure comme dissensions et comme calamités a pour cause le fait de ne plus rester attachés par les liens de la religion, les liens fraternels que Allah ta^ala nous a incités de maintenir dans le Qour’an et que le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam nous a ordonnés. Certaines personnes ne connaissent même pas leur tante maternelle ou paternelle ni leur oncle maternel ou paternel. Celui-ci ne rend visite à son grand-père ou à sa grand-mère qu’après dix ans ou lorsqu’on lui envoie la feuille annonçant son décès. Il attend alors à l’extérieur de la mosquée pour demander: « Nous a-t-il laissé un quelconque héritage ? ».
Et Abou Dharr a dit : « Il m’a recommandé de dire beaucoup : la hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah ». En effet cette phrase délivre du chagrin par la volonté de Allah. Alors dis beaucoup : La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah : il n’y a de protection contre les désobéissances à Allah que par la préservation de Allah et il n’y a de force pour Lui obéir que par Son aide.
Fiqh : Le waswaas
Parmi les actes odieux, laids et repoussants, il y a le waswas – les mauvaises suggestions récurrentes – dont certaines personnes font preuve lors du takbir – la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel – ou lors de la récitation de la Fatihah. En effet, cela contrarie le khouchou^ – la crainte de Allah, présente dans le cœur –. Il arrive ainsi que l’homme ressorte de sa prière sans avoir senti le moindre khouchou^ pour Allah ta^ala. Il n’aura alors aucune récompense si ce n’est d’avoir fatigué son cœur puisque certains en ressentent les conséquences dans leur corps et leur esprit. Celui qui voit une telle personne sera dégoûté de son acte. C’est une chose qui peut même entraîner, si cela persiste et se prolonge, une perturbation dans l’esprit de la personne elle-même et peut même entraîner une faiblesse dans sa compréhension. Le cas qui présente le plus de gravité, c’est lorsque la personne est récemment entrée en Islam : certains musulmans ignorants voyant cela de la part de quelqu’un, trouvent la prière laide, surtout si celui qui est éprouvé par ce waswas montre l’apparence de quelqu’un qui pratique bien la religion. Celui qui le voit dit ainsi : si cette personne qui semble être quelqu’un qui pratique la religion, agit de cette façon, comment va-t-on devenir si on le suit lui et ses semblables ? Il cesse alors de faire la prière. Il se peut alors qu’il ait de mauvaises pensées au sujet du fondement même de la religion et qu’il en arrive jusqu’à l’apostasie par la croyance. Comme est donc mauvais un acte dont tout cela serait la conséquence. Ceci est une source de mauvaise compréhension des choses de la religion et c’est contraire au hadith : ((إن الدين يسر)) ce qui signifie : « Certes la religion est une facilité« .
Si encore il n’y avait de mal en cela que de priver du khouchou^ et de la joie provoquée par l’adoration de Allah : la prière est en effet un apaisement pour le cœur alors que celui qui est en proie au waswas en a fait le contraire puisqu’il ne ressent pas cet épanouissement du cœur, ce qui est à l’opposé de la prière d’une personne dont la prière est conforme à ce qui est méritoire. Le Messager a dit ((أرحنا بها يا بلال)) ce qui signifie : « Apaise-nous par elle Bilal« .
La signification en est que grâce à la prière, le cœur s’apaise et devient joyeux. Celui qui agit en ayant le waswas est privé de la bénédiction de la prière et de sa récompense jusqu’à ce qu’il la finisse. Celui qui persévère sur cela pendant des années et dont la vie se clôt sur cet état, il est tel celui qui n’a jamais accompli de prières.
Celui qui accomplit véritablement la prière c’est celui qui en état de prière a le cœur apaisé, calme, tranquille plus encore que lorsqu’il n’est pas dans l’accomplissement de la prière. Celui donc pour qui Allah veut un bien, aura le cœur joyeux lorsqu’il est en état d’accomplissement de la prière, joyeux par son imploration de son Seigneur et non pas angoissé ni inquiet.
Celui qui est éprouvé par ce waswas, en raison de son application à avoir présente l’intention qu’il est requis d’avoir pendant le takbir selon le madh-hab chafi^iyy, qu’il s’en détourne pour le madh-hab de Malik et qu’il se suffise de l’intention d’accomplir la prière obligatoire de adh–dhouhr ou de al-^asr par exemple avant le takbir, même quelques minutes avant. Elle est correcte ainsi selon Malik. Il en est de même pour celui qui est sujet à l’épreuve du waswas pour rectifier la prononciation des lettres, qu’il prenne l’avis du madh-hab de Malik en accomplissant la prière derrière quelqu’un qui récite correctement la Fatihah et qu’il se suffise de la récitation de son imam. S’il est seul, qu’il se suffise de bouger ses lèvres. Il lui est permis dans le madh-hab de Malik de réciter dans deux rak^ah et de ne pas réciter dans deux autres rak^ah. Chez eux [les malikiyy], il y a un avis qui dit que la récitation est suffisante dans le minimum c’est-à-dire dans une rak^ah de la prière de trois ou de quatre rak^ah. Ainsi, s’il est déjà requis pour l’aumône que la personne ait le cœur réjoui lorsqu’elle la donne, que dire de la prière qui est une imploration, par laquelle l’esclave implore son Seigneur ?
Si encore il n’y avait dans le waswas que l’éloignement des gens qui observent ces gestes exécrables. En effet certains de ceux qui sont en proie à ce waswas lèvent les bras lors du takbir d’une manière qui entraîne l’aversion, de même que lors de la prononciation de certaines lettres, au point que celui qui le voit s’imagine qu’il est fou ou perturbé dans son esprit. ‘Inna li l-Lahi wa ‘inna ‘ilayhi raji^oun. Nous appartenons à Allah et c’est à Lui que nous rendrons des comptes au rassemblement.
Si elle était récitée ainsi dans le discours et que celui qui est éprouvé l’entendait, il ressentirait un malaise et aurait honte. De plus, dans le madh-hab de Malik il y a une facilité pour celui qui est éprouvé. Ainsi selon Malik il n’est pas une condition qu’il s’entende lui-même prononcer les lettres mais il lui suffit de faire bouger les lèvres. Compte ainsi parmi le conseil conforme à la Loi de guider et de montrer à celui que l’on voit agir ainsi d’abandonner le waswas et de ne pas le laisser persévérer sur cela. Il est arrivé à quelqu’un en proie au waswas de partir au Nil pour lever le grand hadath car il était jounoub, de s’y plonger puis de se dire : [le ghousl] n’est pas valable. Il a passé sa journée et il s’est dit : maintenant qu’il fait nuit, je reviendrai demain pour lever le hadath. L’eau du Nil ne lui a pas suffi. fin de citation.
Conseil : donner les uns aux autres
Conseil du Sultan pour s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah
Je vous recommande à nos frères de s’aimer les uns les autres, maintenir les liens les uns avec les autres, se donner le conseil les uns aux autres, se rendre visite les uns aux autres et faire des dons les uns aux autres, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala.
Lorsque le musulman aime son frère et que son frère l’aime par recherche de l’agrément de Allah, non pas poru une raison de ce bas monde ni pour une proche parenté, il sera à l’ombre du Trône au jour du jugement, il ne sera pas atteint par la chaleur du soleil.
Faire des dons les uns aux autres veut dire que l’un donne quelque chose et que l’autre donne quelque chose. Cela renforce l’amour. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit : » تهادوا تحابوا « (tahadou tahabbou) cela veut dire que si vous donnez des cadeaux et que l’un donne quelque chose à son frère et que l’autre lui donne quelque chose alors l’amour augmente. Je vous recommande de vous consacrer avec empressement à la science en apprenant et en enseignant car la science de Ahlou s-Sounnahc’est la vie de l’lslam.
Attachez-vous aussi à éviter les mécréances qui se sont propagées dans de nombreux pays et plsu particulièrement dans ce siècle. Le Hafidh Mourtada Az–Zabidiyy a dit dans le commentaire de ‘Ihya’ou ^Ouloumi d-Din : Un certain nombre d’imams des quatre écoles ont composé des écrits pour la présentation des paroles de mécréance.
Attachez-vous à l’indulgence car l’indulgence est la parure de la science. Wa s-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh.
Wa baraka l-Lahou fikoum wa saddada khoutakoum.
Soufi : conseil
Mon conseil pour toi :
Ce qu’a dit un soufi véridique
Quelque soit la faille ou le défaut que tu trouveras en ton frère, un défaut qui est prouvé sans aucun doute, alors porte lui le conseil en cachette, sans que ce soit au grand jour. Ne te laisse pas tromper par le chaytan de sorte à en venir à faire sa médisance.
Lorsque tu l’exhortes, ne le fais pas en étant content d’avoir pris connaissance de son défaut, de sorte qu’il te considère avec égard et respect et que tu le considères avec dédain et rabaissement ! Fais plutôt en sorte que ton objectif soit de le délivrer du péché. Sois triste pour lui tout comme tu serais triste pour toi si tu découvrais en toi-même un défaut. Il convient que tu préfères qu’il délaisse son défaut sans que tu ne l’aies à l’exhorter plutôt qu’il ne le délaisse parce que tu l’as exhorté.
Wa baraka l-Lahou fikoum wa saddada khoutakoum.