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Biographie : AL-FOUDAYL IBNOU ^IYAD

Posted in islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 9, 2010
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AL-FOUDAYL IBNOU ^IYAD

Sa biographie

Il est le modèle de ceux qui suivent le chemin pour l’ascèse. Il est l’Imam vertueux Al-Foudayl fils de Mas^oud fils de Bichr, le modèle, le chaykh de l’Islam, Abou ^Aliyy At-Taymiyy Al-Yarbou^iyy Al-Khouraçaniyy, celui qui a résidé auprès de la Maison Sacrée et honorée par Allah, la Ka^bah. Il était né à Samarqand –Samarkand– et il a grandi à ‘Abyourid. Il était un brigand qui barrait le chemin aux gens qui voyageaient entre Abyourid et Sarkhas jusqu’à ce qu’eut lieu l’événement de la petite fille. Il a alors fait le repentir à Allah puisqu’il a été fortement impressionné par ce rêve. Son âme a également été fortement influencée lorsqu’il a entendu la récitation d’un homme qui s’adonnait à l’adoration qui récitait la parole de Allah dans sourat Al-Hadid ayah 16 qui signifie : « N’est-il pas venu le moment pour ceux qui sont croyants que leurs cœurs fassent preuve de piété à l’égard de Allah lorsque Allah est évoqué et lorsque le Qour’an est récité ! ». C’est alors qu’il se mit à répéter par sa langue : « Oui, Seigneur il est venu le moment. Ô Allah je me suis repenti à Toi. Ô Allah je me suis repenti à Toi ».

Il est parti par la suite quérir la science et il puisait des océans de la science. Il était embelli pour cela par la sincérité et la piété à l’égard de Allah, tant qu’il a eu un très grand degré. Allah est exempt d’imperfection, Celui Qui guide qui Il veut.

 

Sa science et son ascèse

Il a voyagé, que Allah l’agrée, pour rechercher la science de la religion. Il a ainsi écrit le hadith à la ville de Al-Koufah. Il a appris de Al-‘A^mach, de Al-Layth, de Ja^far AsSadiq et d’autres qu’eux. Parmi ceux qui ont rapporté de Al-Foudayl Ibnou ^Iyad, il y a Ach-Chafi^iyy, Ibnou l-Moubarak, Bichr Al-Hafiyy, As-Siriyy As-Saqtiyy et ‘Açad Ibnou Mouça Al-‘Oumawiyy surnommé ’Açadou s-sounnah, –le lion de ‘Ahlou-Sounnah–, et d’autres encore.

Il a appris la jurisprudence. Il l’a mémorisée et il y a excellé. Il s’est adonné à l’adoration et à l’application dans l’obéissance jusqu’à atteindre un très haut degré. Les témoignages des savants sont venus pour prouver son haut degré. Ainsi, d’après Ibrahim fils de Mouhammad Ach-Chafi^iyy, il a dit : « J’ai entendu Soufyan Ibnou ^Ouyaynah dire Al-Foudayl est digne de confiance ».

D’après Ibnou Mahdiyy il a dit :  « Foudayl est un homme vertueux ».

An-Naça’iyy a dit : « Il est digne de confiance, il est honnête et c’est un homme vertueux ».

Mouhammad Ibnou Sa^d a dit :  « Il était né à Khouraçan dans le village de ‘Abyourid. Il est venu à Al-Koufah alors qu’il était âgé, il a entendu le hadith de Mansour et d’autres. Ensuite, il s’est adonné à l’adoration et il s’est déplacé pour s’installer à La Mecque. Il y a résidé jusqu’à sa mort au début de l’an 187 de l’hégire durant le califat de Haroun. Il était digne de confiance. Il était noble. Il était émérite. Il s’adonnait aux adorations. Il était ascète et avait rapporté beaucoup le hadith. »

Parmi ce qui a été rapporté au sujet de Al-Foudayl Ibnou ^Iyad, que Allah lui fasse miséricorde, c’est qu’il craignait beaucoup pour lui-même en ce qui concerne les sujets de l’au-delà et non pas les sujets du bas-monde. Il récitait le Qour’an. Lorsqu’il récitait le Qour’an, il transparaissait de sa récitation la tristesse et l’amour de Allah et la crainte du châtiment de Allah ^azza wa jall. Lorsqu’il récitait une ayah dans laquelle il y avait la mention du paradis, il demandait à Allah le paradis et lorsqu’il récitait une ayah dans laquelle il y avait une mention du châtiment, il demandait la préservation de Allah contre l’enfer. Avec tout cela, il accomplissait beaucoup de prières. On lui installait des nattes dans sa mosquée et il faisait la prière du début de la nuit pendant un certain temps, ensuite le sommeil le gagnait. Il se couvrait alors avec les nattes. Il s’endormait un peu puis il se réveillait à nouveau. Lorsque le sommeil le gagnait encore, il s’endormait puis il se réveillait et ainsi de suite jusqu’au matin. Au matin, il finissait l’adoration de nuit pour s’adonner à l’adoration de jour.

 

Al-Foudayl Ibnou ^Iyad, que Allah lui fasse miséricorde, était sûr dans le hadith qu’il rapportait. Il était véridique dans sa parole. Il accordait beaucoup de respect pour le hadith du Prophète r lorsqu’il le rapportait. Il arrive également que lorsqu’il rapporte le hadith du Prophète, son état change. Il se mettait alors à parler plus lentement par honneur et par respect pour les paroles du Messager de Allah r. Il était, que Allah l’agrée, de ceux qui étaient fortement touchés par le Qour’an qu’il récitait ou par l’exhortation qu’il entendait. Ses larmes coulaient à flots et il se arrive qu’il pleure parfois jusqu’à ce que ceux qui étaient présents avec lui aient de la compassion pour lui. Il était de ceux qui méditaient beaucoup. Il recherchait par sa science et ses œuvres l’agrément de Allah ^azza wa jall. Lorsqu’il partait dans un convoi funéraire, il ne cessait pas d’exhorter les gens, d’évoquer Allah et de pleurer comme s’il allait quitter à jamais ses amis et ses compagnons jusqu’à ce qu’il arrivât au cimetière. Il s’asseyait alors entre les tombes en étant fortement exhorté par la mort et les morts. Il pleurait alors beaucoup jusqu’à ce qu’il se relevât et revenait chez lui, que Allah l’agrée.

Allah est exempt d’imperfection ! Certes, un homme qui a ces caractères mérite véritablement d’être parmi les plus honorables des maîtres et les plus émérites, ce qui a fait que les plus émérites des gens mentionnent son mérite et le citent en bien. Ainsi, Ahmad fils de ‘Abou l-Hawwariyy a rapporté de Al-Haytham fils de Jamil, qu’il a dit : « J’ai entendu Charik dire : Chaque peuple avait une référence dans son époque, et Al-Foudayl Ibnou ^Iyad était la référence pour les gens de son époque ».

Dans As-Siyar Mardawayh a dit : « ^Abdou l-Lah Ibnou l-Moubarak m’a dit : Al Foudayl Ibnou ^Iyad a été véridique dans son engagement à l’égard de Allah et Allah lui a accordé la sagesse lorsqu’il parlait ». Il a également été rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou l-Moubarak qu’il a dit au sujet de Al-Foudayl : « Il fait parti des abdal‘abdal est le pluriel de badal et badal est un rang élevé dans la sainteté. Tous les saints n’ont pas le même rang et le badal est un rang élevé– ». Ainsi, celui qui fait partie des abdal est forcément comme nous l’avons mentionné quelqu’un qui a la science, qui a l’ascèse, qui s’adonne à l’adoration, qui a la vertu et la rectitude.

Ainsi, d’après Abou Bakr ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Affan, il a dit : J’ai entendu Ibnou l-Moubarak dire :  Il n’est pas resté dans Al-Hijaz un seul badal si ce n’est Al-Foudayl Ibnou ^Iyad et son fils ^Aliyy et ceci suffit comme mérite et honneur qu’il fasse partie des badal, ceux au sujet de qui le Messager r a dit : ce qui signifie : « La terre ne se videra pas de quarante hommes comme ‘Ibrahim Al-Khalil. C’est grâce à ces quarante-là que les gens recevront la pluie et c’est grâce à ces gens-là qu’ils recevront la victoire. Il n’y a pas un seul d’entre eux qui meure sans que Allah ne le remplace par un autre ». Ce hadith a été rapporté par AtTabaraniyy dans son Jami^ par l’intermédiaire de ‘Anas Ibnou Malik, que Allah l’agrée.

 

Ce qui s’est passé entre Al-Foudayl et Ar-Rachid

Haroun Ar-Rachid, que Allah lui fasse miséricorde, honorait les gens de science et les gens de mérite. Il entretenait des liens avec eux c’est-à-dire qu’il leur rendait visite. Ils venaient aussi les voir et il recherchait de leur science, de leur secret et de leur bénédiction. Ainsi beaucoup d’Imams de son époque comme l’Imam Malik et Al-Foudayl ont eu des contacts avec lui et il a fait leur éloge.

D’après ce qu’a rapporté Adh-Dhahabiyy dans (    ) d’après (    ) Ibnou (     )  il a dit : J’ai entendu Ar-Rachid dire : Je n’ai pas vu parmi les savants qui inspirait plus le respect que l’Imam Malik ni qui avait plus crainte de Allah que Al-Foudayl.

 

Dans une autre occasion, il a été rapporté que Al-Foudayl a exhorté Ar-Rachid. Il a parlé avec tellement d’éloquence que Ar-Rachid s’est mis à pleurer. Son serviteur est alors venu et a pu voir Ar-Rachid pleurer en sanglots. Al-Foudayl a dit : « Ils m’ont alors accompagné et ils m’ont dit : Pars tu es en paix ».

Dans un autre récit, il a été rapporté que Ar-Rachid était parti le voir dans sa maison accompagné de son serviteur Al-Fadl. Al-Fadl qui accompagnait l’Emir des Croyants Haroun Ar-Rachid a dit : Nous étions arrivés chez lui. Il était alors debout en train d’accomplir la prière et réciter une ayah du Qour’an qu’il répétait. Haroun Ar-Rachid a dit à son accompagnateur Al-Fadl : Frappe à la porte. J’ai alors frappé à la porte. Il nous a dit, après avoir terminé sa prière : Qui est là ? J’ai dit : Réponds à l’Emir des Croyants. Alors Al-Foudayl a dit de l’intérieur : Qu’est ce que j’ai moi avec l’Emir des Croyants ! Al-Fadl lui a répondu : Soubhana l-Lah ! N’est-ce pas que tu lui dois l’obéissance ?! Il a dit : C’est alors qu’il est descendu. Il a ouvert la porte puis il est remonté dans sa chambre. Il a éteint la lumière et il s’est réfugié dans un des coins de la chambre. Nous étions entrés et nous nous sommes mis à le chercher avec nos mains. C’est alors que la main de Haroun a précédé la mienne pour lui serrer la sienne. Al-Foudayl a dit : Combien cette main est douce si demain elle est sauvée du châtiment de Allah ! Al-Fadl a dit : Je me suis dit en moi-même qu’il va certainement lui dire des paroles dures cette nuit pour l’exhorter ! Al-Fadl l’accompagnateur de Haroun Ar-Rachid lui a dit : Passe maintenant à ce pour quoi nous sommes venus chez toi que Allah te fasse miséricorde. C’est alors que Al-Foudayl s’est mis à parler et a dit des paroles qui ont eu un très grand effet et qui ont exhorté Ar-Rachid. Il lui a dit entre autres : Si tu veux être sauvé alors abstiens-toi du bas monde. Fais comme un jeûne pour les bien du bas monde et que la rupture de ton jeûne soit par la mort. Ne sois pas de ceux qui se laissent aller au plaisir du bas-monde. Abstiens-toi de tout cela, tout comme le jeûneur s’abstient de manger et de boire et que la rupture de ton jeûne soit par la mort, tout comme celui qui jeûne rompt le jeûne au coucher du soleil. Il lui a dit également : Si tu veux être sauvé du châtiment de Allah, aime pour les musulmans ce que tu aimes pour toi-même et déteste pour le musulman ce que tu détestes pour toi-même. Je te dis cela, et je crains pour toi d’une grande crainte le jour où les pieds glissent lorsqu’ils auront à traverser le pont entre la terre du rassemblement et le voisinage du paradis ! Est-ce que tu as avec toi, que Allah te fasse miséricorde, qui te donne des conseils comme ceux-là ?! Al-Fadl a dit : C’est alors que Ar-Rachid s’est  mis à pleurer à chaudes larmes jusqu’à qu’il se soit évanoui. Lorsqu’il s’est réveillé, il lui a dit :  Dis-moi encore d’autres belles paroles, que Allah te fasse miséricorde ! Al-Foudayl lui a dit : Ô toi qui a un beau visage, c’est toi que Allah va interroger au sujet de l’état des musulmans au jour du jugement. Si tu as la capacité de protéger ce visage du feu de l’enfer alors fais tout ce qui est en ton possible. Et gare à toi de te lever au matin ou d’arriver au soir en ayant dans ton cœur une duperie à l’égard de l’un de ceux que tu gouvernes. C’est alors que Ar-Rachid s’est mis à sangloter. Puis il lui a donné mille dinars et il lui a dit : Prends cet argent. Tu pourras le dépenser sur ta famille et te renforcer pour adorer ton Seigneur. C’est alors que Al-Foudayl lui a dit : Que Allah te protège et t’accorde la réussite. Il lui a rendu l’argent. Il ne l’a pas pris puis il s’est tu. Al-Fadl a dit : Nous sommes alors sortis. Ar-Rachid a dit : Abou l-^Abbas, si jamais tu m’indiques quelqu’un, alors indique moi quelqu’un comme lui, c’est le maître des musulmans aujourd’hui. Entre-temps, une des épouses de Al-Foudayl était entrée chez lui et lui a dit : Tu vois bien la difficulté dans laquelle nous sommes, pourquoi n’as-tu pas accepté cet argent ? Lorsque Ar-Rachid a entendu ces paroles, il a dit : Revenons chez lui. Peut-être il va accepter l’argent. Lorsque Al-Foudayl a su la raison pour laquelle ils étaient revenus, il est remonté sur le toit et il s’est assis devant la porte de la chambre. Haroun est venu et s’est assis à ses côtés et s’est mis à lui parler pour le convaincre de prendre l’argent. Mais Al-Foudayl ne lui répondait pas. Tandis que nous étions ainsi une femme esclave noire était sortie et elle dit sèchement à Haroun Ar-Rachid l’Emir des Croyants –sans chercher à savoir qui il était– : Toi tu as beaucoup parlé au Chaykh ce soir. Tu peux t’en aller ! Et nous sommes repartis.

 

Quelques-unes des perles de sa sagesse

Il est naturel pour un Imam comme Al-Foudayl que ses propos expriment sa grande crainte de Allah, sa sincérité et sa grande compassion à l’égard des musulmans et son conseil pour eux par des expression éminentes, éloquentes qui sont très claires et bien exprimées comme des perles et des diamants.

Ainsi, parmi ce qui a un effet, parmi ces paroles, celles rapportées par Al-Houçayn fils de Ziyad, il a dit : J’ai beaucoup entendu Al-Foudayl dire : Protège ta langue, occupe-toi de ton état. Sois au courant des affaires de ton époque. Ne cherche pas à trop te montrer. Ne cherche pas la réputation dans le bas-monde.

Il est rapporté de Haroun Ar-Rachid qu’il a dit : Je suis entré le voir une fois et il m’a dit : Vide ton cœur pour le remplir de tristesse et de crainte jusqu’à ce qu’ils y habitent. Ainsi, ils pourront te détacher des désobéissances et t’éloigner du feu de l’enfer.

 

D’après ‘Ibrahim Ibnou l-‘Ach^ath d’après Al-Foudayl qu’il a dit : Il y a deux caractères qui rendent le cœur dur : le fait de trop parler et le fait de trop manger.

Il a dit aussi : Parmi le comportement des prophètes, il y a l’indulgence, la patience et le fait de veiller la nuit pour accomplir des actes d’adoration.

‘Ibrahim Ibnou l-‘Ach^ath a dit : J’ai vu Soufyan Ibnou ^ouyaynah qui fait partie des grands savants embrasser la main de Al-Foudayl à deux reprises.

Adh-Dhahabiyy a dit dans (    ) : Al-Foudayl, que Allah lui fasse miséricorde, a beaucoup d’exhortations. Il est ferme dans la piété. Il vivait grâce à ce que lui donnait Ibnou l-Moubarak et ceux qui sont comme lui parmi les gens du bien. Il s’abstenait de prendre les cadeaux des rois.

 

Son décès que Allah l’agrée

Certains ont dit : Nous étions assis auprès de Al-Foudayl. Nous lui avions dit : Quel âge as-tu ? Il a dit (en poésie) :

J’ai atteint les quatre-vingts

et qu’est ce que j’ai à attendre ou à espérer

les années m’ont fatigué et ont usé mon corps

mes os se sont affaiblis tout comme ma vue.

 

Après une vie pleine de sérieux, de piété, de prospérité dans le bien et les bénédictions, la mort est venue à lui alors qu’il avait dépassé les quatre-vingts ans. Il était mort le mois de Mouharram, au début de l’an 187 de l’Hégire honorée. Son décès était à La Mecque honorée. Ce jour-là, il était le Chaykh des gens du Hijaz –le Hijaz est la région qui englobe La Mecque, Médine et AtTa’if– que Allah lui fasse miséricorde.

 

Ô Allah, fais miséricorde à Al-Foudayl Ibnou ^Iyad et fais-nous profiter de ses bénédictions et les bénédictions des vertueux et la louange est à Allah le Seigneur des mondes.

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Biographie : ^Ataa’ Ibnou ‘Abii RabaaH

Posted in islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 9, 2010
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^Ata’Ibnou ‘Abi Rabah

Le savant ascète

 

Ses qualités

En l’an 97 de l’Hégire, les pèlerins sont arrivés, certains à pieds, d’autres sur des montures, certains étaient vieux, d’autres plus jeunes, hommes et femmes. Parmi eux, il y avait le noir, le blanc, l’arabe, le non-arabe, le maître et l’esclave. Ils sont tous venus à la mosquée Al-Haram humbles à l’égard de Allah, répondant à Son ordre, espérant Sa miséricorde. Et parmi les pèlerins, Soulayman, le fils de ^Abdou l-Malik, le septième des Califes des Omeyyades, celui qui a fait en sorte que ce ne soient plus ses fils qui soient califes après lui, mais le Calife ascète et pieux ^Oumar Ibnou ^Abdil-^Aziz, que Allah l’agrée. Soulayman faisait des tours autour de la Ka^bah, de la maison ancienne, il avait la tête dévoilée, il était pieds nus, il n’avait qu’une cape sur ses épaules et un pagne autour de la taille. Il était ainsi comme tous ceux qu’il gouvernait et derrière lui, il y avait ses deux fils qui étaient deux jeunes garçons comme la lune et comme un bouquet de roses dans leur beauté. Et dès qu’il a fini ses tours autour de la Ka^bah, il est parti auprès d’un homme, de ceux qui étaient à son service et lui a dit : « Où est votre ami ? ». Il lui a répondu : « Il est là-bas en train de faire la prière » et il lui a indiqué la direction de l’ouest de la mosquée Al-Haram. Il s’y est dirigé et ses deux fils avec lui, là où avait pris place ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah, le successeur des compagnons, le tabi^iyy honorable, que Allah l’agrée. Mais les aides du Calife et ceux qui étaient à son service voulaient lui dégager le chemin et repousser de lui la foule. MCependant, il les a empêchés de procéder de la sorte. Il leur a dit : « Ceci est une assemblée dans laquelle les rois et les sujets sont équivalents et personne ne dépasse quelqu’un d’autre si ce n’est par l’acceptation (Al-qaboul) et la piété. Et combien de ceux qui peuvent avoir leurs cheveux qui ne sont pas peignés et qui ont de la poussière sur eux et qui invoquent Allah et que Allah exauce, chose qu’Il n’accorde pas à des rois ».

Ensuite Soulayman s’est dirigé vers ^Ata, que Allah l’agréé, et il l’a retrouvé encore en train de faire sa prière. Il était concentré dans son inclination et sa prosternation et les gens étaient assis derrière lui, à sa droite et à sa gauche. Il a pris place là où il a trouvé une place et il a fait asseoir avec lui ses deux fils. Lorsque l’imam a terminé sa prière et qu’il a tourné sa tête dans la direction dans laquelle était le Calife, Soulayman Ibnou ^Abdi l-Malik lui a passé le salam et l’imam lui répondu par le même salut. Et le Calife s’est adressé à lui pour l’interroger au sujet des rites du pèlerinage, l’un après l’autre et l’imam lui répondait avec détails et à chaque fois il citait sa parole en mentionnant la chaîne de transmission qui remonte jusqu’au Messager de Allah. Lorsque le Calife a terminé ses questions, il lui a dit : « Que Allah te rétribue en bien ». Les trois se sont alors relevés pour aller à l’endroit où l’on fait le sa^y et ils ont entendu quelqu’un appeler : « Personne ne donne d’avis de jurisprudence ici si ce n’est ^Ata’ Ibnou Abi Rabah. Si vous ne le trouvez pas alors ce sera ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Najih.» Les deux fils demandèrent alors à leur père : « Comment le fonctionnaire du Calife ordonne-t-il aux gens de ne pas demander d’avis de jurisprudence à autre que ^Ata’ Ibnou Abi Rabah et à son compagnon et nous nous sommes allés demander à cet homme qui est vieux, qui est noir de peau, qui a des cheveux blancs et qui ne s’est pas adressé au Calife comme les gens s’adressent à lui ? » C’est alors que Soulayman a dit à son fils : « Celui que tu as vu mon fils et tu as vu notre humilité devant lui c’est lui ^Ata’ Ibnou Abi Rabah, c’est lui qui donne les avis de jurisprudence dans la mosquée Al-Haram, c’est lui l’héritier de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas dans ce haut rang. »

Puis il a dit : « Mes fils apprenez la science. C’est grâce à la science que celui qui est bas devient honorable et que l’inconnu devient célèbre et que ceux qui sont esclaves sont élevés dans les degrés et dépassent le degré des rois. »

Soulayman n’avait pas exagéré lorsqu’il a dit ce qu’il a dit au sujet de la science. En effet, ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah, dans sa jeunesse, était un esclave, il appartenait à une femme, une habitante de La Mecque. Mais Allah ^azza wa jall a honoré ce jeune noir de peau et Il a fait que depuis son plus jeune âge, il était dans la voie de la science. Il avait partagé son temps en trois parties : une partie qu’il avait consacrée pour le service de celle à qui il appartenait. Il la servait du meilleur service et il s’acquittait du droit qu’elle avait sur lui de la meilleure manière. Il avait consacré une autre partie à son Seigneur. Il se consacrait à Son adoration de la plus pure des adorations et la plus sincère pour Allah ta^ala. Et il avait consacré une troisième partie pour l’apprentissage de la science puisqu’il avait recherché ceux qui étaient encore vivants des compagnons du Messager de Allah. Il s’abreuvait à leurs sources riches et pures. Il a ainsi pris la science auprès de Abou Hourayrah et de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar, de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, de ^Abdou l-Lah Ibnou z-Zoubayr et d’autres compagnons honorables, que Allah les agrée, jusqu’à ce que sa poitrine s’était emplie de science et de jurisprudence et de hadith qu’il rapporte du Messager de Allah. Lorsque la femme mecquoise avait vu que son esclave s’était consacré à la science pour gagner l’agrément de Allah, elle l’avait libéré du droit qu’elle avait sur lui. Elle l’avait affranchi par recherche de l’agrément de Allah ^azza wa jall, puisse Allah profiter à l’Islam et aux musulmans par lui. Et depuis ce jour là, ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah s’était consacré à la science et il avait pris la mosquée Al-Haram comme lieu de résidence pour lui. C’était devenu pour lui le lieu où il trouvait refuge et l’école dans laquelle il apprenait et son lieu de prière dans lequel il recherchait à se rapprocher de l’agrément de Allah par la piété et l’obéissance.

 

Son ascèse et sa miséricorde envers les musulmans

 

Pour ce qui est de son comportement avec le bas monde, il s’en est détourné. Il n’y a pas prêté attention. Il l’a rejeté du plus grand rejet et il vécut toute sa vie habillé d’un qamis qui ne vaut pas plus de cinq dirham. Les Califes l’ont invité à tenir leur compagnie mais il n’a pas répondu à leur invitation par crainte pour sa religion à cause de leur bas monde. Seulement, il venait à eux lorsqu’il trouvait qu’il y avait un intérêt pour les musulmans ou un bien pour l’Islam. Ainsi, il y a à ce sujet ce qu’a rapporté ^Outhman le fils de ^Ata’ Al-Khouraçaniyy qui a dit : « Je suis parti avec mon père. Nous voulions voir Hicham Ibnou ^Abdi l-Malik qui était le Calife des musulmans de l’époque. Lorsque nous nous étions rapprochés de Damas, nous avons vu un vieil homme âgé noir qui était sur un âne. Il était vêtu d’un qamis qui était rêche, qui était de toile grossière et une joubbah usée et une qalançouwah qui collait à sa tête et ses étriers étaient en bois. Alors, je me suis mis à rire de lui et j’ai dit à mon père : « Qui est cet homme ? » Il m’a dit : « Tais-toi, c’est le maître des spécialistes de fiqh (jurisprudence) de tout le Hijaz. C’est ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah. ». Lorsqu’il s’est rapproché de nous, mon père est descendu de sa mule et lui est descendu de son âne. Ils se sont embrassés et ils se sont interrogés l’un l’autre au sujet de leur état. Puis, ils sont remontés sur leur monture et nous sommes repartis jusqu’à arriver à la porte du palais de Hicham Ibnou ^Abdi l-Malik. Alors ils ont pris place dans l’assemblée jusqu’à ce qu’on les autorise à entrer. Lorsque mon père est sorti, je lui ai demandé :  « Parle-moi, comment ça s’est passé à l’intérieur ? ». « Lorsque Hicham a su que ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah était à sa porte, il est venu et il lui a donné l’autorisation. Par Allah, je ne suis entré que grâce à ^Ata. Lorsque Hicham l’a vu, il lui a dit : « Bienvenue, bienvenue, rapproche-toi jusqu’ici. » et il l’a fait asseoir là où il s’était assis et il a accolé ses genoux à ses genoux. Et il y avait dans l’assemblée les plus dignitaires parmi les gens qui discutaient et ils se sont tous tus. Puis Hicham s’est tourné vers ^Ata et lui a dit : « De quoi as-tu besoin Ô Abou Mouhammad ? » (C’était son surnom). Il lui a dit : « Ô émir des croyants, les habitants des deux Haram (c’est-à-dire La Mecque et Médine) sont les voisins du Messager de Allah. Je veux que tu leur envoies leur subsistance et leur dons. » Hicham lui a répondu : « D’accord. Eh jeune homme, (il avait un secrétaire) écris qu’il soit donné des dons et des subsistances pour un an pour les gens de La Mecque et Médine. » Puis Hicham a dit à ^Ata: « Est-ce qu’il y a une autre affaire Ô Abou Mouhammad ? » Il lui a dit : « Ô émir des croyants, les habitants du Hijaz et les habitants de Najd sont l’origine des arabes et les guides de l’Islam, je veux que tu leur rendes le surplus des aumônes qu’ils donnent (c’est-à-dire les zakat).» Alors Hicham a dit : « D’accord jeune homme, écris qu’il leur soit rendu le surplus de leurs aumônes. Est-ce qu’il y a une autre affaire Ô Abou Mouhammad ? » Il lui a dit : « Oui Ô émir des croyants, les habitants sur les fronts qui résident là-bas sur la frontière du pays en face de l’ennemi, ils sont en face de votre ennemi et ils combattent ceux qui veulent du mal pour les musulmans. Je voudrais que tu leur donnes leur subsistance car si eux périssent les fronts seront perdus. » Il lui a dit : « D’accord. Jeune homme, écris qu’il leur soit porté leur subsistance. Est-ce qu’il y autre chose Ô Abou Mouhammad ? » Il lui a dit : « Oui, fais preuve de piété à l’égard de Allah pour toi Ô émir des croyants et sache que tu es né seul et lorsque tu vas mourir tu seras seul et lorsque tu seras rassemblé tu seras seul et lorsque tu rendras des comptes tu seras seul. Par Allah, tous ceux que tu vois à côté de toi maintenant ne seront pas un soutien pour toi ». C’est alors que Hicham a penché la tête vers la terre et s’est mis à pleurer et ^Ata s’est levé et je me suis levé avec lui. Lorsque nous étions près de la porte, il y a un homme qui l’a suivi avec une bourse mais je ne savais pas ce qu’il y avait dedans et il lui a dit : « L’émir des croyants t’a envoyé cela. » Mais ^Ata lui a dit : « Et comment ? » Et il a cité la Ayah 109 de sourat Ach-Chou^ara :

﴾  و مآ أسئلكم عليه من أجر إن أجرى إلا على ربّ العالمين ﴿

Qui signifie : « Je ne vous demande pas de rétribution, ma rétribution est de la part du Seigneur des mondes ».

Par Allah, il est entré voir le Calife et il est sorti de chez lui et il n’a pas bu une seule goutte d’eau. »

 

Son décès

 

Notre maître ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah a vécu longtemps tant qu’il a atteint les cent années. Il a rempli sa vie de science et d’œuvres de bienfaisance et de piété. Il l’a embellie par l’ascèse et il s’est détourné de ce que les gens avaient entre leurs mains. Il s’est empressé pour rechercher ce que Allah a promis. Lorsque la mort est venue à lui, elle l’a trouvé léger des poids du bas monde mais ayant beaucoup de provisions des œuvres de l’au-delà et en plus de tout cela il a fait soixante-dix pèlerinages durant lesquels il a été soixante-dix fois sur la terre de ^Arafat. Il demandait à Allah ta^ala Son agrément et le Paradis et il recherchait Sa préservation, Sa protection contre le châtiment et l’enfer.

Que Allah fasse miséricorde à ^Ata’ Ibnou ‘Abi Rabah et qu’Il fasse que soient nombreux ses semblables dans cette communauté par la science, l’ascèse, la sincérité, la crainte de Allah et le service pour cette communauté et que Allah honore et élève davantage notre maître Mouhammad ainsi que sa famille et ses compagnons bons et purs.

 

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Biographie : Al-Layth Ibnou Sa^d

Posted in islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 9, 2010
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Al-Layth Ibnou Sa^d

 

Sa Biographie

Il s’agit de l’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d fils de ^Abdou r-Rahman Al-Fahmiyy. Il est de Fahm,  un clan de la tribu de Qays ^Aylan ‘Abou l-Harith. Il était à son époque, l’Imam des gens d’Egypte. Il était né au mois de Cha^ban de l’an 94 et décéda en l’an 175 de l’Hégire. Il est originaire de Khouraçan et il est né dans la ville de Qalaqchandah. Son décès était au Caire. Il connaissait parfaitement les Lois et il était très généreux.

Il est rapporté de Ach-Chafi^iyy qu’il avait dit : « Al-Layth Ibnou Sa^d suit plus  ce qui a été rapporté du Prophète et des compagnons que l’Imam Malik Ibnou ‘Anas ». Et dans une autre version des Ach-Chafi^iyy : « Al-Layth Ibnou Sa^d a plus de connaissance que Malik. Seulement, ses compagnons n’ont pas rassemblé son école ». C’est pour cela que son école s’est dispersée et dissipée surtout lorsque les élèves de Malik ou de Ach-Chafi^iyy se sont multipliés.

Sa générosité

Parmi ce qui a été rapporté de sa générosité, c’est qu’une femme était venue un jour voir Al-Layth Ibnou Sa^d. Elle lui a dit : « J’ai un frère à moi à qui il a été prescrit du miel –c’est-à-dire que le médecin lui a prescrit du miel– ; donne-moi donc une sakrajah –une unité de volume– de miel ! ». Alors Al-Layth Ibnou Sa^d dit à son serviteur : « Remplis-lui son récipient de miel et donne lui encore plus ». C’est alors que le serviteur lui a dit : « mais elle n’avait demandé que son récipient ». Il lui a répondu : « Elle a demandé avec sa mesure à elle et nous lui avons donné avec notre mesure à nous. Et il nous faut faire cela car je suis quelqu’un qui vient de ‘Asbahan. »

Al-Layth Ibnou Sa^d avait chaque année des rentrées de cent mille dinars, mais jamais il n’a été sujet à la zakat car l’année lunaire ne s’écoulait pas sans qu’il les dépense et sans qu’il les donne en aumône.

Il possédait un village en Egypte qui s’appelle Al-Farma et on lui ramenait de l’usufruit de ce village. Il mettait cela dans des bourses et il s’asseyait sur le pas de sa maison et donnait à chacun une bourse tant qu’il ne gardait que très peu.

 

Son ascèse et sa piété

Pour ce qui est de son ascèse, il a été rapporté beaucoup de choses. Yahya Ibnou Bakir avait dit : « J’ai vu les pauvres se bousculer à la porte de Al-Layth Ibnou Sa^d et il leur donnait en aumône jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun. Puis, il était parti et je l’accompagnais. On a fait ensemble le tour de soixante-dix maisons où il y a avait des veuves. Puis, il est reparti. Je l’ai accompagné. Il a envoyé son serviteur avec un dirham. Il a acheté du pain et de l’huile. Puis, je suis revenu chez lui et j’ai vu qu’il y avait quarante invités à qui il avait ramené de la viande et des sucreries. J’ai demandé à son serviteur : « Je te conjure par Allah, pour qui est-ce qu’il a pris le pain et l’huile ? » Il m’a répondu alors :  « Il donne à manger à ses invités la viande et les sucreries, mais je ne l’ai jamais vu manger que du pain et de l’huile ».

 

Pour ce qui est des évènements marquant sa vie

L’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d était de ceux qui veillaient à assurer plusieurs assemblées de science. Il assistait dans ces assemblées où qu’elles se trouvent. Il était arrivé qu’il avait fait le pèlerinage en l’an 113 de l’Hégire et à cette occasion-là, il avait pu entendre la science des grands savants comme Ibnou Chihab AzZouhriyy, comme Ibnou Moulaykah, comme ^Ata Ibnou ‘Abi Rabah, Nafi^, ^Aqil, ou encore ^Oumar Ibnou ‘Abi ‘Anas et d’autres en cette année-là. Il lui suffit comme honneur, comme fierté qu’il est le Chaykh des Chaykh de Al-Boukhariyy et Mouslim.

Al-Boukhariyy a rapporté le hadith de Younous Ibnou ^Abdi l-‘A^la d’après l’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d.

Son décès

L’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d, que Allah l’agrée, était mort en l’an 175 de l’Hégire c’est-à-dire quatre années avant le décès de l’Imam Malik et il a été dit autre que cela. Il a été enterré en Egypte dans le cimetière de « AsSadaf » et il a été dit que sa tombe était à Al-Moustabah. Puis, il a été construit au-dessus un signe qui indique qu’il était bien enterré là-bas –et qu’on appelle  Al-mach-had–.L’endroit où se trouve la tombe de l’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d est un endroit béni,  connu pourl’exaucement des invocations.

Il y a également dans ce même endroit –Al-mach-hdad– la tombe du spécialiste de jurisprudence l’Imam le mouhaddith Chou^ayb fils de Al-Layth Ibnou Sa^d, qui était parmi les savants émérites. Il était compté au nombre des mouhaddith –des spécialistes de la transmission de hadith du Prophète–.

Ibnou ‘Abi d-Dounya a dit : « Chou^ayb, le fils de Al-Layth, avait fait le pèlerinage une année et il avait donné beaucoup d’argent en aumône, c’est alors qu’un savant était passé auprès de lui et il a demandé : « Qui est-il ? ». On lui répondit : « C’est le –savant honorable fils du savant honorable ».

Lorsque justement le fils de Al-Layth Ibnou Sa^d qui s’appelait Chou^ayb n’avait plus l’argent qu’avait son père, après la mort de son père, il a voyagé pour partir à la région de Ach-Cham et il est entré à Damas. C’est alors qu’un homme est venu à lui et lui a dit : « Moi, je suis l’esclave de ton père et j’ai un commerce qui appartient à ton père qui vaut deux mille dinars. Je suis actuellement esclave. Prends l’argent de ton père et si tu veux, tu m’affranchis et si tu veux, tu me vends ». C’est alors que le fils de Al-Layth Ibnou Sa^d lui a dit : « Tu es libre et l’argent t’appartient. C’est un don de ma part pour toi ».

Al-Khattabiyy a dit : « Je ne sais pas qui avait plus de mérite : est-ce l’esclave qui avait reconnu avoir de l’argent ou est-ce le maître qui l’a affranchi et qui lui a donné l’argent ».

 

L’Imam Ach-Chafi^iyy lorsqu’il s’était tenu devant la tombe de l’Imam Al-Layth Ibnou Sa^d s’est adressé à lui en disant : « Tu as gagné quatre caractères qu’aucun savants n’a rassemblé : La science, œuvrer conformément à sa science, le fait d’être ascète et le fait d’être généreux ».

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Biographie : L’Imam Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam

Posted in islam par chaykhaboulaliyah sur novembre 9, 2010
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L’Imam Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam

 

Le Sultan des Savants

Sa biographie

At-Taj As-Soubkiyy a dit dans ses Tabaqat au sujet de la lignée du Chaykh ce qui  suit : « ^Abdou l-^Aziz fils de ^Abdou s-Salam fils de ‘Abou l-Qacim fils de Haçan fils de Mouhammad fils de Mouhadh-dhab As-Soulamiyy ». Il a mentionné au sujet de sa date de  naissance deux avis. Le premier est qu’il était né en l’an 577 de l’Hégire, et l’autre qu’il était né en l’an 578. Il a appris la jurisprudence auprès de l’historien de Ach-Cham, l’Imam le Chaykh Fakhrou d-Din Ibnou ^Asakir et il a appris les fondements du hadith auprès du Chaykh Sayfou d-Din Al-‘Amidiyy et d’autres encore. Il a entendu le hadith auprès d’un grand nombre de mouhaddith parmi lesquels le Hafidh ‘Abou Mouhammad Al-Qacim, le Chaykh des Chaykh ^Abdou l-Latif fils de ‘Isma^il fils de ‘Abou Sa^id Al-Baghdadiyy, auprès de ^Oumar fils de Mouhammad fils de Tabarzad, et auprès de Hanbal fils de ^Abdou l-Lah Ar-Rassafiyy et beaucoup d’autres encore. Il a enseigné à Damas dans la zawiyyah Al-Ghazaliyyah et ailleurs. Il a été chargé de donner des discours et d’être imam dans la mosquée Omeyyade, et il a ainsi contribué à enlever beaucoup de mauvaises innovations de l’époque.

 

Les Faits remarquables au sujet de l’Imam Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam

L’Imam At-Taj As-Soubkiyy a rapporté dans ses Tabaqat un récit extrêmement  particulier et rare. En effet, cela s’était produit de l’époque du sultan des savants le chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam. Certains des gouverneurs de l’état de l’époque étaient des esclaves. C’était en Égypte de l’époque des mamelouk –mamlouk c’est-à-dire esclaves–. Donc ils gouvernaient le pays mais ils étaient des esclaves. Ils n’étaient pas encore libres. C’est alors que le chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam a donné l’avis de jurisprudence qu’ils avaient le jugement des esclaves. Le chaykh a donné l’avis de jurisprudence qu’il était indispensable qu’ils soient vendus c’est-à-dire au plus offrant et que le prix qui allait être donné pour les acheter allait revenir au trésor des musulmans (baytoul mal), et après quoi ils seraient affranchis d’une manière conforme à la Loi de l’Islam, mais cela ne leurs a pas plu. Ils se sont plaints auprès du Sultan et le Sultan a blâmé le Chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam pour s’être investi dans cette histoire. Seulement, le fait que le Sultan le blâme pour cela n’a pas plu au chaykh. Il a alors pris toutes ses affaires pour destination le pays de Ach-Cham. Il était en Égypte et il voulait la quitter. Mais lorsque les gens de ce pays ont su sa ferme intention de partir, la plupart d’entre eux l’avaient rejoint et étaient partis derrière lui. Il n’était pas resté ni homme, ni femme, ni enfant, sans qu’ils soient sortis derrière le chaykh. La nouvelle était alors parvenue au Sultan. Il lui a été dit : « Si le Chaykh quitte l’Égypte ta souveraineté va finir ». C’est alors que le Sultan a pris sa monture et a rattrapé le chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam et il a cherché à le satisfaire.

Dans la suite de cette histoire, il est arrivé que ce qu’a dit le Chaykh a déplu au vice-sultan. Alors, il a dit : « Comment est-ce que l’on va nous vendre aux enchères, au public  alors que nous gouvernons la terre ? Par Allah, je vais lui donner un coup avec mon épée ». Lorsque cet homme est entré auprès du chaykh et que le regard du chaykh s’est posé sur lui, sa main s’est paralysée et l’épée est tombée, c’est alors que cet homme s’est mis à pleurer. Il a demandé au chaykh de lui pardonner et de faire des invocations pour lui, et il a accepté le jugement de jurisprudence du chaykh qu’ils soient vendus au plus offrant. Il a ainsi organisé la vente de  ces gouverneurs l’un après l’autre et il a demandé un prix très élevé jusqu’à l’obtenir puis il a utilisé cet argent dans les voies de bienfaisance. C’était là un des événement qui n’a pas été rapporté de quelqu’un d’autre et qui montre ainsi le respect et la place des savants auprès des gouverneurs et des sultans.

Il est réputé du Chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam ce qui s’est produit à son sujet dans Ach-Cham et en Égypte comme épreuves qui avaient pour cause les gens de l’égarement et des mauvaises innovations. Parmi les plus connues, il y a ce qui s’est produit entre lui et le roi  Al-‘Achraf Mouça fils du roi Al-^Adil en Égypte, à savoir qu’il y avait un groupe d’assimilateurs prétendus hanbalites qui avaient accompagné le sultan Al-‘Achraf depuis son plus jeune âge. Ils avaient eu une influence sur lui tant qu’il a eu pour croyance leur croyance à eux. Ils se sont mis à lui donner pour illusion que ce qu’ils amenaient étaient la croyance des compagnons et des successeurs et de l’Imam ‘Ahmad ‘Ibnou Hanbal et ont commencé alors à porter atteinte au Chaykh et à diffamer à son sujet auprès du sultan. Ils lui ont dit que le chaykh était ach^ariyy par la croyance et que le chaykh exempte Allah des lettres et de la voix. C’est alors que le sultan l’a jugé mauvais innovateur il l’a jugé égaré et l’a déclaré mécréant, que Allah nous en préserve. Il lui a envoyé un écrit pour lui demander d’indiquer sa croyance. C’est alors que le chaykh lui a envoyé un écrit dans lequel il a indiqué la croyance très connue, qui est la croyance de l’imam de ‘Ahlou s-Sounnah, celle de l’Imam ‘Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Parmi ce qui a été rapporté dans ce qu’il a envoyé, il a dit : « La louange est à Allah, à Lui la gloire, l’honneur, la puissance et la perfection. A Lui les bienfaits et les grâces qu’Il accorde. Il est l’Unique, Celui Qui ne se divise pas, Celui de Qui toutes les créatures ont besoin et Qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’engendre pas et Qui n’est pas engendré, et Qui n’a point d’équivalent. Il n’est pas un corps qui aurait une image. Il n’est pas une substance limitée ou ayant une quantité. Il n’a absolument aucune ressemblance avec les créatures et aucune de Ses créatures n’a de ressemblance avec Lui. Il n’est pas contenu dans les directions. Il n’est pas contenu dans la terre ni dans les cieux. Il existe avant que n’existe l’endroit. Il a créé le temps et Il est tel qu’Il est de toute  éternité, c’est-à-dire exempt du temps et de l’endroit ».

Il a dit également dans un autre écrit : « istiwa ^ala l-^arch comme Il nous l’a appris, et dans le sens qu’il a visé d’un istiwaqui est exempt du contact, de l’établissement et de la prise de position, du déplacement et Il parle d’une parole qui est de toute éternité qui n’est pas de lettres ni de voix. On ne conçoit pas au sujet de Sa parole qu’elle se transforme en écrits sur des tables et des feuilles tout comme l’ont prétendus ‘ahlou l-hachwi, les hypocrites mais l’écriture fait partie des actes des esclaves et il n’est pas concevable que leurs actes soient de toute éternité ».

Lorsque le Chaykh a terminé ce long écrit, les assimilateurs l’ont pris et l’ont porté jusqu’au sultan. Lorsque le sultan l’a vu, il a dit : « voici que grâce à l’épreuve, il est apparu que c’est un pervers ! Plus encore, c’est un mécréant ! ». Le Chaykh Ibnou  ^Abdi s-Salam a demandé au sultan d’organiser une assemblée pour les chafi^ites, les hanbalites, les malikites, et les hanafites, et autres parmi les savants des musulmans. Mais le sultan n’a pas voulu écouter sa parole. Il lui a posé trois conditions : qu’il ne donne plus d’avis de jurisprudence, qu’il ne se réunisse avec personne, et qu’il reste chez  lui sans plus en sortir. C’est alors que le Chaykh est resté ainsi jusqu’à ce que cette nouvelle soit parvenue au chaykh Jamalou d-Din Al-Ghoudayriyy, le chaykh des hanafites. Il prit ses compagnons avec lui jusqu’à entrer dans la maison du gouvernement. Lorsque le sultan l’a vu, il s’est levé vers lui et l’a fait descendre de son âne, et il lui a fait bon accueil. Le chaykh Jamalou d-Din lui a dit : « Qu’est-ce qu’il y a entre toi et Ibnou  ^Abdi s-Salam ? C’est un homme qui s’il était en Inde ou aussi loin qu’on puisse aller sur terre, il aurait convenu que le sultan agisse de sorte à l’amener dans son pays pour qu’il profite de ses bénédictions, lui ainsi que son pays et que ce soit une cause de gloire pour lui vis-à-vis des rois de la terre ». Le sultan lui répondit : « J’ai deux écrits de sa part qui indiquent sa croyance. Si seulement tu les voyais, tu seras l’arbitre entre lui et moi. » Il a amené les deux écrits. Le Chaykh Jamalou d-Din les a lus et lui a dit : « Mais c’est la croyance des musulmans, c’est la devise des vertueux, et la certitude des croyants, et tout ce qu’il comporte est correct ! Celui qui contredit ce qui est dans ces deux écrits et qui rejoint ce qu’a dit la partie adverse en tant que confirmation de lettres et de voix au sujet du  Créateur, Celui là est un âne. » C’était la cause pour que le sultan Al-‘Achraf abandonne son égarement. Il a envoyé chercher le Chaykh et il a cherché à ce qu’il lui pardonne. Il a même demandé à être son compagnon et s’est mis à œuvrer pour gagner son estime et à agir conformément à ses avis de jurisprudence. Il a demandé à lire auprès de lui certains de ses ouvrages comme le livre Al-Milhah fi l-I^tiqad, et d’autres encore. Tout comme il a déclaré explicitement dans une reprise : « Nous avons commis une erreur au sujet de Ibnou ^Abdi s-Salam, une grave erreur ».

 

Son voyage en Égypte

Le Chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam était resté à Damas, jusqu’à l’époque de As-Salih ‘Isma^il connu sous l’appellation ‘Abou l- Khabich qui a cherché l’aide des francs et leur a donné la ville de Sayda. C’est alors que le Chaykh Al-^Izz s’est mis en colère et n’a plus fait d’invocations en sa faveur au dessus des minbar. Celui qui l’a aidé en cela, c’était ‘Abou ^Amr Ibnou l-Hajib le malikiyy. Le roi s’est mis en colère contre eux deux et ils sont partis. Ils ont quitté la région du Cham pour partir en Égypte en l’an 639 de l’Hégire. Le roi Najmou d-Din ‘Ayyoub Al-Kamil les a accueillis. Il l’a honoré et il l’a chargé de la fonction d’orateur de la mosquée ^Amr Ibnou l-^As et de la fonction de juge (Qadi) dans le Caire et la partie en direction d’Al-Qiblah.

Parmi ce qui est rapporté du courage du Chaykh, il y a ce qui s’est produit entre lui et le roi Najmou d-Din, à savoir qu’il était sorti le jour de Al-^Id vers la citadelle du Caire et il a vu les armées tenues en rang et l’assemblée du royaume réunie auprès du roi et le roi était sorti à la rencontre de son peuple avec son apparat et ses embellissements à l’habitude des sultans d’Égypte. C’est alors que le Chaykh s’est adressé au roi et il l’a appelé : « Hé ! ‘Ayyoub ! ». Il l’a appelé par son prénom : « Quelle sera ta réponse au jour du jugement lorsque tu seras interrogé, et que Allah te fais savoir : N’est ce pas que Je t’ai donné la souveraineté d’Égypte et que par la suite tu y as autorisé la vente d’alcool ? » Alors le roi a répondu : « Est ce que cela  a lieu  véritablement ? » Le Chaykh lui a dit : « Oui : dans le bar untel, il y a de l’alcool qui est vendu et d’autres choses réprouvables, et toi tu es en train de profiter des bienfaits de ce royaume ». le sultan lui a dit : « ceci ce n’est pas moi qu l’ai fait. C’était de l’époque de mon père ». C’est alors que le Chaykh lui a dit : « et toi donc tu fais partie de ceux qui disent : nous avions trouvé nos parents sur un égarement, alors nous les avons suivis ! » Il lui a cité une ayah du Qour’an. C’est alors que le sultan a ordonné à ce moment que le bar soit fermé.

 

L’éloge des savants à son sujet

Parmi eux, il y a le Chaykh de l’Islam Ibnou Daqiq Al-^Id, celui qui a dit à son sujet : « Ibnou ^Abdi s-Salam était l’un des piliers des savants ». Parmi ceux qui ont fait son éloge également le Chaykh Jamalou d-Din Ibnou Al-Hajib qui a dit : « Ibnou ^Abdi s-Salam a plus de science que Al-Ghazaliyy ». Quant à At-Taj As-Soubkiyy, il a dit à son sujet dans ses Tabaqat : « le Chaykh de l’Islam et des musulmans, l’un des illustres Imams, le sultan des savants, l’Imam de son époque sans contestation, celui qui accomplit l’ordre du bien et l’interdiction du mal de son époque,  celui qui connaît les sujets de la Loi et les sujets qui sont le moins à la portée des gens, celui qui connaît les significations de la Loi. Il n’a pas rencontré quelqu’un qui lui soit semblable dans la science et ceux qui l’ont vu n’ont pas vu qui lui soit semblable dans la science, dans l’ascèse, dans le fait d’ordonner le bien et d’interdire le mal, dans le courage, la forte personnalité et la force du cœur ».

 

Son décès

Le Chaykh Al-^Izz Ibnou ^Abdi s-Salam était resté jusqu’à l’époque du roi Dhahir Rouknou d-Din Bibars. Ce roi l’honorait, le respectait et reconnaissait son mérite et il prenait ses avis et des avis de jurisprudences. C’est à son  époque que le Chaykh était mort et c’était le neuf du mois Joumada l-‘oula de l’an 660 de l’Hégire. Le roi s’est fortement chagriné pour sa mort et il a accompagné son convoi funéraire avec ses plus proches et les gouverneurs de son état. Il a même porté sa dépouille et a assisté à son enterrement. Il a été rapporté que le convoi funéraire du Chaykh lorsqu’il était passé en-dessous de la citadelle du Caire et que le roi Dhahir Bibars a vu le grand nombre de gens qui venaient accompagner ce convoi funéraire, a dit à un de ses proches : « Aujourd’hui, je suis sûr de garder le pouvoir dans le royaume car ce Chaykh s’il disait aux gens rebellez-vous contre moi, ma souveraineté serait fini ».

C’est ainsi que le Chaykh est mort. C’était l’un des piliers de la science, ceux qui ont vécu dans une époque où les ruse et les complots organisés par les gens de l’égarement se sont multipliés, ceux-là qui ont  rusé aux musulmans et ont essayés de les duper. Mais Allah ta^ala lui a donné la victoire sur les assimilateurs et Il a fait que leurs ruses se détournent contre eux. Allah a asservi pour cette religion des rois qui ont défendu cette croyance de vérité, celle à laquelle le Prophète Mouhammad, ses honorables compagnons et ceux qui les ont suivis avec bienfaisance jusqu’au jour du jugement ont appelé.

Que Allah le rétribue en bien pour la communauté de Mouhammad.

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