Le paradis
La croyance au Paradis et à sa félicité
La louange est à Allah. Que davantage d’honneur et d’élévation en degrés soient accordés au Prophète de Allah. Louanges à Allah, Celui Qui est Unique, Celui Qui n’a besoin de rien, Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah ta^ala et je L’implore de me guider sur le chemin de droiture. Je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah contre le mal de mon âme et de mes mauvais actes. Le bien-guidé est celui que Allah guide, et nul ne peut guider celui qu’Il égare.
Que l’honneur et l’élévation en degrés les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur d’un châtiment. Le Prophète, qui est comme une lumière éclatante et une lune éclairante, a appelé à la religion agréée par Allah. Allah a guidé par lui la communauté. Il a dévoilé par lui les obscurités. Le Prophète a transmis le message. Il s’est acquitté de ce qui lui a été confié. Il a conseillé la communauté. Que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il a rétribué chacun de Ses prophètes.
Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec l’enseignement de droiture et la religion de la vérité. Je témoigne que notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam est Son esclave et Son messager. Que Allah l’honore ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
Mes frères de foi, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyy, Al-^Adhim, Lui Qui dit dans la révélation :
﴿ وَعَدَ اللهُ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَمَسَاكِنَ طَيِّبَةً فِي جَنَّاتِ عَدْنٍ وَرِضْوَانٌ مِّنَ اللهِ أَكْبَرُ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ ﴾
(wa^ada l-Lahou l-mouminina wa l-mouminati jannatin tajri min tahtiha l-‘anharou khalidina fiha wa maçakina tayyibatan fi jannati ^adnin wa ridwanoun mina l-Lahi ‘akbar dhalika houwa l-fawzou l-^adhim)
ce qui signifie : « Allah a promis aux croyants et aux croyantes des jardins sous lesquels coulent des fleuves, ils y resteront éternellement, et de belles résidences dans des jardins d’Eden. Et l’agrément de Allah est une récompense plus éminente encore. C’est cela la grande réussite » [sourat At-Tawbah / 72].
Oui mes bien-aimés, c’est cela la grande réussite, que Allah nous honore par cela. Mes frères de foi, nous parlons aujourd’hui du Paradis et de ce que Allah y a réservé aux croyants.
Le Paradis est la résidence de la félicité éternelle. Croire au Paradis, autrement dit croire en son existence, cela fait partie de la croyance des musulmans. Il est un devoir de croire en son existence. Le Paradis existe actuellement, c’est ce qu’ont indiqué les nombreux textes de Loi. Il existe et n’aura pas de fin, car Allah l’a spécifié ainsi.
Au Paradis, les gens vivront éternellement, tout comme Allah ^azza wa jall nous l’apprend dans le Qour’an :
﴿ وَالَّذِينَ ءامَنُواْ وَعَمِلُواْ الصَّالِحَاتِ سَنُدْخِلُهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا لَّهُمْ فِيهَا أَزْوَاجٌ مُّطَهَّرَةٌ وَنُدْخِلُهُمْ ظِـلاًّ ظَلِيلاً ﴾
(wa l–ladhina ‘amanou wa^amilou s–salihati sanoudkhilouhoum jannatin tajri min tahtiha l-‘anharou khalidina fiha ‘abada lahoum fiha ‘azwajoun moutahharatoun wa noudkhilouhoum dhillan dhalila)
ce qui signifie : « Ceux qui ont été croyants et ont agi en bien, Nous les ferons entrer dans des jardins sous lesquels coulent des fleuves. Ils y resteront éternellement, ils y auront des épouses pures » [sourat An-Niça’ / 57].
La félicité du Paradis est éternelle, autrement dit, elle ne prend pas fin. Au Paradis, la félicité est de deux sortes : il y aune félicité spécifique que seuls les pieux auront et une félicité générale qu’auront tous les gens du Paradis. Parmi la félicité générale qu’obtiendront tous les gens du Paradis, il y a le fait qu’ils seront tous jeunes, ils ne vieilliront jamais, ils seront tous en bonne santé et ils ne tomberont jamais malade. Les gens seront tous heureux, ils ne seront jamais atteints de tourments, de chagrin et de tristesse, jamais !
Ainsi, ils resteront toujours vivants dans une félicité éternelle, ils ne mourront jamais, tout comme nous l’a annoncé notre Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam dans le hadith sahih :
» يُنَادِي مُنَادٍ إِنَّ لَكُمْ أَنْ تَصِحُّوا فَلاَ تَسْقَمُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَحْيَوْا فَلاَ تَمُوتُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَشِبُّوا فَلاَ تَهْرَمُوا أَبَداً وَإِنَّ لَكُمْ أَنْ تَنْعَمُوا فَلاَ تَبْأَسُوا أَبَداً «
ce qui signifie : « Un ange appellera et les gens du Paradis vont l’entendre, il dira : “Vous resterez en bonne santé, vous ne tomberez jamais malades. Vous resterez vivants éternellement, vous ne mourrez plus jamais. Vous resterez jeunes éternellement, vous ne vieillirez jamais. Vous aurez une félicité, vous ne serez atteints d’aucune tristesse, à jamais ” » [rapporté par Mouslim].
Et cela est conforme à la parole de Allah ^azza wa jall:
﴿ وَنُودُواْ أَن تِلْكُمُ الْجَنَّةُ أُورِثْتُمُوهَا بِمَا كُنتُمْ تَعْمَلُونَ ﴾
(wa noudou ‘an tilkoumou l-jannatou ‘ourithtoumouha bima kountoum ta^maloun)
ce qui signifie : « Ils entendront un appel qui signifie : “Voici le Paradis dont vous avez hérité en récompense de vos œuvres” » [sourat Al-‘A^raf / 43].
Mes frères de foi, écoutez bien ce qui nous est parvenu au sujet de sa description faite par le Prophète éminent, que Allah l’honore et l’élève davantage en degrés, dans un autre hadith, où il dit à son sujet :
« هِيَ وَرَبِّ الكَعْبَةِ نُورٌ يَتَلأْلأُ وَرَيْحَانَةٌ تَهْتَزُّ وَنَهْرٌ مُضْطَّرِدٌ وَقَصْرٌ مَشِيدٌ وَفَاكِهَةٌ نَضِيجَةٌ وَزَوْجَةٌ حَسْنَاءُ جَمِيلَةٌ فِي مُقَامٍ أَبَدِيٍّ وَحُبْرَةٍ وَنَضْرَةٍ »
ce qui signifie : « Par le Seigneur de la Ka^bah, le Paradis contient des lumières scintillantes, une belle odeur qui embaume, des fleuves qui coulent à même le sol sans lits, des palais érigés, des fruits mûrs, et une épouse belle dans une résidence éternelle, dans une grâce et une joie éternelles » [rapporté par Ibnou Majah dans ses Sounan].
Ainsi, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a juré par le Seigneur de la Ka^bah en disant que dans le Paradis, il y a des lumières qui scintillent. C’est pour cela qu’au Paradis, il n’y a pas besoin de soleil ou de lune. Tout ce qu’il y a au Paradis est clair, il n’y a pas d’obscurité. La durée de la nuit et du jour est connue par des signes que Allah crée au Paradis.
Au Paradis, il y a Touba. Mes frères de foi, Touba est un arbre à l’ombre duquel un voyageur pourrait marcher pendant cent ans sans le dépasser. Il a comme fruits les vêtements que les gens du Paradis porteront.
Au Paradis, il y a des fleuves qui coulent, et il n’y a pas de difficultés pour en puiser. Ce ne sont pas des fleuves qui se trouvent dans des lits profonds. Ce sont des fleuves qui coulent à même le sol du Paradis.
Au Paradis, il y a également des oiseaux qui ne sont pas comme les oiseaux du bas monde. À ce sujet, il nous est parvenu que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
« إِنَّكَ لَتَنْظُرُ إِلَى الطَّيْرِ فِي الجَنَّةِ فَتَشْتَهِيهِ فَيَخِرُّ بَيْنَ يَدَيْكَ مَشْوِيّاً »
ce qui signifie : « Au paradis, il t’arrive d’observer un oiseau. Si tu désires le manger, tu le retrouves grillé entre tes mains ». [rapporté par Al-Bazzar dans son Mousnad].
Après que le croyant ait mangé cet oiseau cuit, Allah lui donne à nouveau la vie et il s’envole comme il était.
Au Paradis, il y a des lits élevés, tout comme notre Seigneur le dit dans le Qour’an Honoré :
﴾فِيهَا سُرُرٌ مَّرْفُوعَةٌ﴿
(fiha sourouroun marfou^ah)
ce qui signifie : « Il comporte des lits élevés » [sourat Al-Ghachiyah/13].
Concernant la description de ces lits, il nous est parvenu qu’ils sont ornés de pierres précieuses, et que ses planches sont en or. Ils sont élevés tant que celui qui veut y prendre place n’est pas venu. Lorsque celui qui veut s’y installer arrive, ce lit s’abaisse et il s’assoit dessus, puis il reprend sa position élevée. Allah ta^ala a fait que ses lits fassent partie des moyens de déplacement au Paradis. Ainsi, si quelqu’un souhaite rencontrer une autre personne au Paradis, ce lit l’emmène en s’envolant, par la Toute- Puissance de Allah ta^ala, jusqu’à arriver face au lit de cette personne. Ils s’assoient l’un en face de l’autre et ils discutent. Ensuite, son lit l’amène d’où il est venu. Et c’est cela la signification de la parole de Allah ta^ala :
﴿ عَلَى سُرُرٍ مُّتَقَابِلِينَ ﴾
(^ala sourourin moutaqabilin)
ce qui signifie : « Sur des lits l’un en face de l’autre » [sourat Al-Hijr/47].
Mes frères de Foi, ce que nous avons cité est une partie de ce qui nous est parvenu au sujet de la félicité générale qu’obtiendront tous les gens du Paradis. Quant à la félicité particulière que Allah a réservée aux pieux, aucun ange de haut degré, aucun prophète envoyé n’en ont pris connaissance. En effet, Al-Boukhariyy a rapporté de Abou Hourayrah, que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
قَالَ اللهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى أَعْدَدْتُ لِعِبَادِي الصَّالِحِينَ مَا لَا عَيْنٌ رَأَتْ وَلاَ أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلاَ خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ فَاقْرَؤُوا إِنْ شِئْتُمْ
(qala l-Lahou tabaraka wa ta^ala: ‘a^dadtou li^ibadiya s–salihina ma la ^aynoun ra’at wa la ‘oudhounoun sami^at wa la khatara ^ala qalbi bachar)
ce qui signifie : « Allah a dit ce qui signifie : “J’ai réservé pour Mes esclaves vertueux ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’a pas même effleuré le cœur d’un humain“ ». Alors récitez, si vous voulez la parole de Allah :
﴿ فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَّا أُخْفِيَ لَهُم مِّن قُرَّةِ أَعْيُنٍ﴾
(fala ta^lamou nafsoun ma ‘oukhfiya lahoum min qourrati a^younin)
ce qui signifie : « Aucune âme ne sait ce qui leur a été réservée comme réjouissance » [sourat As-Sajdah/17].
Ô Allah, par le degré du Maître des Messagers, fais que nous soyons parmi les meilleurs de Tes esclaves vertueux, ceux-là même qui n’auront pas à avoir de crainte ni à être chagrinés. Ô Allah accorde- nous une grande ardeur pour soutenir cette religion afin que nous soyons au nombre des victorieux dans l’au-delà.
Mes frères de foi, œuvrez dans l’obéissance à Allah avec sérieux et diffusez l’appel à la religion agréée par Allah. Mettez vos ardeurs au service de cette religion et rappelez-vous la parole de Allah ta^ala :
﴿ إِنَّ اللهَ اشْتَرَى مِنَ الْمُؤْمِنِينَ أَنفُسَهُمْ وَأَمْوَالَهُم بِأَنَّ لَهُمُ الجَنَّةَ ﴾
(‘inna l-Laha chtara mina l-mou’minina ‘anfouçahoum wa ‘amwalahoum bi ‘anna lahoumou l-jannah)
ce qui signifie : « Allah a promis aux croyants, en contrepartie de leur âme et de leurs biens, qu’ils auront le Paradis » [sourat At-Tawbah/111].
Le mariage
Le mariage
Le mariage, selon la Loi de l’Islam (Chari^ah), est un contrat qui comporte une permission de rapport sexuel par une formule en langue arabe de don en mariage, ou par sa traduction en toute autre langue.
Son fondement, avant l’Unanimité des savants, ce sont des ‘ayah telles que Sa parole ta^ala :
﴿فَانْكِحُوا مَا طَابَ لَكُمْ مِنَ النِّسَاءِ مَثْنَى وَثُلاثَ وَرُباعَ(﴾
ce qui signifie : « Et épousez ce qui vous est licite parmi les femmes, deux, trois ou quatre« , et aussi des hadithtels que :
(( تَنَاكَحُوا فَإِنِّي مُكَاثِرٌ بِكُمُ الأُمَمَ يَوْمَ القِيَامَةِ ))
rapporté par Al-Bayhaqiyy et At-Tirmidhiyy ce qui signifie : « Mariez-vous, je serai fier de votre nombre parmi les autres communautés le jour du jugement« .
Le mariage est en outre recommandé pour celui qui en a besoin tout en étant capable d’assurer les dépenses, c’est-à-dire de disposer : de la dot, de l’habillement d’une saison et de la charge du jour du mariage, afin de se préserver de l’interdit. Quant à celui qui n’en a pas besoin, s’il ne peut pas assurer les dépenses, le mariage lui est déconseillé et s’il a besoin d’une personne pour le servir, il loue les services de quelqu’un.
Il est recommandé que l’épouse réunisse certains critères :
qu’elle soit pratiquante, chose dont nous informent les deux recueils de hadithsûrs (Sahih) :
(( تُنْكَحُ المرأَةُ لأَربعٍ لِمالِها وَلِجَمالِها وَلِحَسَبِها وَلِدِينِها فَاظفَرْ بِذَاتِ الدِّينِ تَرِبَتْ يَدَاكَ ))
rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim, Abou Dawoud, An-Naça‘iyy et Ibnou Majah ce qui signifie : « La femme est généralement choisie en mariage en fonction de quatre critères : son argent, sa beauté, son honneur et sa religion. Choisis celle qui a la religion, tu gagneras« .
qu’elle soit vierge : le mariage avec une femme vierge est préférable au mariage avec une femme qui n’a plus sa virginité.
qu’elle ait une bonne ascendance : le mariage avec une femme issue de l’adultère est déconseillé, sauf si on a l’intention de la rendre chaste ; dans ce cas-là, il devient recommandé et comporte des récompenses.
qu’elle soit de celles qui peut avoir beaucoup d’enfants, affectueuse, ne montrant pas un air maussade face à son époux et qu’elle ne soit pas une très proche parente comme la fille de l’oncle paternel et n’est pas concernée par cela la fille du fils de l’oncle paternel.
Il est permis à l’homme libre d’être l’époux de quatre femmes libres en même temps, conformément à Sa parole ta^ala:
)فَانْكِحُوا مَا طَابَ لَكُمْ مِنَ النِّسَاءِ مَثْنَى وَثُلاثَ وَرُباعَ(
ce qui signifie : « Et épousez ce qui vous est licite parmi les femmes, deux, trois ou quatre« .
Le regard que l’homme porte sur la femme est de différentes sortes, parmi lesquelles :
(1) Le regard qu’il porte sur une femme ‘ajnabiyyah [1] qui ne lui est pas licite, ce n’est permis en aucun cas s’il est dirigé vers autre que son visage et ses mains, ou bien s’il est porté vers son visage ou ses mains avec désir. Sans désir et sans crainte de tentation, il est permis de les regarder ; ceci étant l’avis de la majorité des savants. Quant à la zone de pudeur de la femme devant les ‘ajnabiyy 1, c’est tout son corps sauf son visage et ses mains. Le Juge (Al-Qadi) ^Iyad le malikiyy et Ibnou Hajar Al-Haytamiyy le chafi^iyy ont rapporté l’Unanimité à ce sujet, et Ibnou Hajar a dit : « Certes, le fait que les gouverneurs empêchent les femmes de sortir le visage découvert pour l’intérêt général, n’implique pas qu’il soit un devoir pour elles de se couvrir le visage et les mains devant les ‘ajnabiyy« . Fin de citation.
(2) Le regard qu’il porte sur son épouse. Il lui est permis de toucher et de regarder n’importe quelle partie de son corps.
(3) Le regard qu’il porte sur ses mahram, c’est permis sauf sur ce qui est compris entre le nombril et les genoux. Les mahram sont celles dont le mariage lui est interdit à jamais à cause de liens de sang, d’allaitement ou de mariage comme sa fille, sa sœur de lait et la mère de son épouse.
(4) Le regard qu’il porte sur une femme qu’il veut épouser. Il lui est permis de regarder son visage et ses mains des deux côtés, car on déduit du visage la beauté et des paumes des mains la douceur du corps.
(5) Le regard qu’il porte sur une femme lors de soins médicaux, c’est permis sur les endroits qu’il a besoin de voir. S’il lui suffit juste de palper sans porter le regard, il se limite à cela. Ce sera le cas lorsqu’il n’y a pas de médecin femme, sinon la femme ne va chez un médecin homme que pour une nécessité.
Le contrat de mariage
Le contrat de mariage nécessite un surcroît de précaution et de vérification par rapport aux autres contrats, en raison des conséquences du manquement à l’une de ses conditions :
Ses conditions :
Le contrat de mariage n’est valable qu’avec un tuteur, deux témoins et deux époux libres des empêchements du mariage et avec une formule affirmative, comme par exemple si le tuteur dit : « je te marie ma fille » ou « je te donne ma fille pour épouse » et une formule d’acceptation, comme par exemple si l’époux dit : « j’accepte son mariage » ou « j’accepte de l’épouser » ou « j’accepte ce mariage ».
Il est permis au musulman de se marier avec une musulmane, une juive ou une chrétienne. Et il n’est pas permis à la musulmane d’épouser un non musulman.
Le contrat est valable dans n’importe quelle langue. Mais, il est une condition que les deux témoins comprennent la langue avec laquelle le tuteur effectue le contrat.
Il est une condition pour le tuteur et les deux témoins :
1- qu’ils soient musulmans, sauf dans le cas du tuteur de la femme juive ou chrétienne ; quant à la femme juive ou chrétienne, si son père, qui est de sa religion, la donne en mariage à un musulman, le contrat fait conformément à la Loi de l’Islam est valable.
2- qu’ils soient responsables (moukallaf), c’est-à-dire pubères et sains d’esprit ; ainsi un jeune garçon ou un fou ne peuvent être tuteurs.
3- qu’ils soient justes (^adl), à savoir justes selon l’apparence ; ainsi le contrat a lieu avec un tuteur et deux témoins qui sont connus pour le fait qu’ils soient justes en jugeant sur leur apparence et non sur leur réalité propre. Le juste (^adl), c’est le musulman qui se garde des grands péchés, ne persiste pas à commettre les petits péchés, conserve la dignité de ses semblables, qui a une bonne croyance et qui se maîtrise lors de la colère.
* Il est une condition pour les deux témoins : de pouvoir entendre, voir, être conscients de ce qui a lieu, parler et qu’ils ne pratiquent pas de métier rabaissant. Ainsi, le témoignage n’est pas valable de l’aveugle, du sourd, du muet, de celui qui n’est pas conscient de ce qui a lieu ni de celui qui exerce un métier rabaissant.
* Le tuteur prioritaire est le père, puis le grand-père paternel, puis le frère de même père et mère, puis le frère de même père, puis le fils du frère de même père et mère (le neveu), puis le fils du frère de même père, puis l’oncle paternel de même grand-père et grand-mère, puis l’oncle paternel de même grand-père, puis le fils de l’oncle paternel de même grand-père et grand-mère (le cousin germain), puis le fils de l’oncle paternel de même grand-père. S’il ne se trouve aucun de ceux-là, le tuteur pour le mariage est l’ancien maître qui l’a affranchie si elle était esclave auparavant, et si celui-là ne se trouve pas, le tuteur pour le mariage est le gouverneur qui est le sultan ou le calife ou celui qui le remplace parmi les gouverneurs tel que le juge (al-qadi). Il est une condition de respecter cet ordre concernant les tuteurs, car si l’un de ceux-là prend le rôle de tuteur alors qu’il existe quelqu’un de plus proche que lui remplissant les conditions, le contrat n’est pas valable.
Il n’est pas permis à l’homme de déclarer explicitement une demande en mariage d’une femme qui est en période d’attente postmaritale (^iddah), que cette femme puisse être reprise dans le mariage précédent ou non, que la raison de l’attente postmaritale soit un divorce, un décès ou une dissolution de contrat (faskh), et il est également interdit à la femme de déclarer explicitement son acceptation ; comme par exemple s’il lui dit : « je veux me marier avec toi » et elle dit : « je suis d’accord ». Cela concerne un autre homme que le mari dont elle est en période d’attente postmaritale. En effet, il est permis à ce dernier de déclarer explicitement une demande de mariage avec elle, dans le cas par exemple où il a divorcé d’elle par une ou deux fois ou s’il a annulé le contrat par une séparation en contrepartie d’un bien (khoul^), et elle, il ne lui est pas interdit de répondre par l’acceptation.
Quant à l’insinuation (ta^rid) qui pourrait comporter une volonté de mariage, elle est permise envers la femme définitivement séparée (ba‘in) telle que la femme en période d’attente postmaritale de décès ou de divorce par trois fois ; c’est comme par exemple s’il lui dit : « beaucoup voudraient t’épouser » puis se marie avec elle après l’écoulement de sa période d’attente.
Il est interdit de demander la main d’une femme déjà demandée en mariage après que son tuteur ait déclaré explicitement l’assentiment, tant qu’on n’a pas pris à ce sujet l’autorisation de l’homme qui a demandé sa main le premier, ou tant que le tuteur de la femme n’a pas rejeté le premier. Quant à la femme mariée, la demander en mariage est illicite. Il n’est donc pas permis qu’un homme dise à une femme mariée : « je veux me marier avec toi ».
Il est permis au père, ou bien au grand-père s’il n’y a pas le père, de contraindre la femme vierge à se marier avec quelqu’un qui est digne d’elle et qui dispose de sa dot dans l’immédiat. Quant à la femme qui a perdu sa virginité suite à un rapport sexuel, il n’est pas permis de la contraindre au mariage. Bien plus, il est indispensable d’avoir son autorisation explicite après sa puberté.
Le discours du contrat de mariage
Il est recommandé de faire lors du contrat de mariage un discours. Le meilleur est celui qu’a rapporté Abou Dawoud et d’autres de ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée. Il a dit : « Le Messager de Allah r nous a enseigné le discours du mariage :
الحَمْدُ لِلَّهِ نَسْتَعِينُهُ وَنَسْتَغْفِرُهُ ، وَنَعُوذُ بِهِ مِنْ شُرُورِ أَنْفُسِنَا ، مَنْ يَهْدِ اللَّهُ فَلاَ مُضِلَّ لَهُ ، ومَنْ يُضْلِلْ فَلاَ هَادِيَ لَهُ ، وَأَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ . )يَا أَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الذِي خَلَقَكُمْ مِنْ نَفْسٍ وَاحِدَةٍ وَخَلَقَ مِنْهَا زَوْجَهَا وَبَثَّ مِنْهُمَا رِجَالاً كَثِيرًا وَنِسَاءً ، وَاتَّقُوا اللَّهَ الذِّي تَساءَلُونَ بِهِ وَالأَرْحَامَ إِنَّ اللَّهَ كَانَ عَلَيْكُمْ رَقِيباً( )يَا أَيُّهَا الذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ حَقَّ تُقَاتِهِ وَلاَ تَمُوتُنَّ إِلاَّ وَأَنْتُمْ مُسْلِمُون( )يَا أَيُّهَا الذِينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَقُولُوا قَوْلاً سَدِيداً يُصْلِحْ لَكُمْ أَعْمَالَكُمْ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَمَنْ يُطِعِ اللَّهَ وَرَسُولَهُ فَقَدْ فَازَ فَوْزاً عَظِيما(
ce qui signifie : « La louange est à Allah. A Lui nous demandons l’aide et à Lui nous demandons le pardon. Nous recherchons par Lui la protection contre les maux de nos âmes. Celui que Allah guide, alors nul ne l’égarera et celui qu’Il égare, nul ne le guidera. Et je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Allah.
Ô vous les gens, craignez votre Seigneur Qui vous a créés d’un seul être et en a créé son épouse et de ces deux êtres a propagé beaucoup d’hommes et de femmes ; et craignez Allah par le nom duQuel vous vous implorez les uns les autres en maintenant les relations avec les proches parents. Certes, Allah est pour vous Celui Qui n’omet rien. [sourat An-Niça‘ / 1]
Ô vous qui avez cru, craignez Allah de la véritable crainte et ne mourrez qu’en étant musulmans. [sourat Ali ^Imran / 102]
Ô vous qui avez cru, craignez Allah et dites des paroles justes. Il rendra vos œuvres correctes et vous pardonnera vos péchés ; et celui qui obéit à Allah et à Son messager obtient certes une réussite éminente« [sourat Al-‘Ahzab / 70-71].
Sache que ce discours est par ailleurs recommandé, même si rien n’en est dit, le mariage reste valable par accord des savants et nulle considération à prêter envers celui qui contredit à ce sujet et qui fait partie de ceux dont l’avis contraire ne dissous pas l’Unanimité.
Ce que l’on dit à l’époux après
le contrat de mariage
Il est recommandé de lui dire : باركَ اللَّهُ لكَ (baraka l-Lahou laka) ce qui signifie : « Que Allah t’accorde des bénédictions », ou bien :
باركَ اللَّهُ عليكَ وجَمعَ بينكما في خير
(baraka l-Lahou ^alayka wa jama^a baynakouma fi khayr)
ce qui signifie : « Que Allah t’accorde des bénédictions et qu’Il vous réunisse tous deux dans le bien ». Il est aussi recommandé de dire à chacun des deux époux :
باركَ اللَّهُ لكُلِّ واحدٍ منكُما في صاحِبهِ وجَمَعَ بينكما في خير
(baraka l-Lahou li koulli wahidin minkouma fi sahibihi
wa jama^a baynakouma fi khayr)
ce qui signifie : « que Allah accorde des bénédictions à chacun d’entre vous en son conjoint et qu’Il vous réunisse tous deux dans le bien ».
Abou Dawoud, At-Tirmidhiyy, Ibnou Majah et d’autres ont rapporté de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète r disait à celui qui se mariait :
(( بَارَكَ اللَّهُ لَكَ وَبَارَكَ عَلَيْكَ وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ ))
(baraka l-Lahou laka wa baraka ^alayka wa jama^a baynakouma fi khayr)
ce qui signifie : « Que Allah t’accorde des bénédictions et qu’Il vous réunisse tous deux dans le bien« . At-Tirmidhiyy a dit à son propos : hadithfiable (haçan) et sûr (sahih).
Ce que l’on dit à l’occasion du rapport
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous deux, que le Prophète r a dit :
(( لَوْ أَنَّ أَحَدَكُمْ إِذَا أَتَى أَهْلَهُ قَالَ : بِسْمِ اللَّه ، اللَّهُمَّ جَنِّبْنَا الشَّيْطَانَ ،
وَجَنِّب الشَّيْطَانَ مَا رَزَقْتَنَا ، فَقُضِيَ بَيْنَهُمَا وَلَدٌ لَمْ يَضُرَّهُ ))
ce qui signifie : « Si quelqu’un d’entre vous, lorsqu’il a un rapport avec sa femme, dit : bismi l-Lah, Allahoumma jannibna ch-chaytana wa jannibi ch-chaytana ma razaqtana – par le nom de Allah, ô Allah, éloigne de nous le chaytan et éloigne le chaytan de ce que Tu nous pourvoies – , alors dans le cas où il leur est donné un enfant, le chaytan ne lui nuira pas« . Dans une version de Al-Boukhariyy :
(( لَمْ يَضُرَّهُ شَيْطَانٌ أَبَداً ))
ce qui signifie : « Nul chaytan ne lui nuira jamais » (i.e. lors de sa naissance).
Ce que l’on dit à l’occasion de l’accouchement
Abou Dawoud et At-Tirmidhiyy ont rapporté de Abou Rafi^, que Allah l’agrée, l’affranchi du Messager de Allah r, qu’il a dit : « J’ai vu le Messager de Allah r réciter al-‘adhan – l’appel à la prière – dans l’oreille de Al-Houçayn le fils de ^Aliyy lorsque Fatimah l’a mis au monde« .
Il est recommandé de réciter l’appel à la prière (al-‘adhan) dans son oreille droite et l’annonce de la prière (al-‘iqamah) dans son oreille gauche.
Celles qu’il est interdit à l’homme d’épouser
(a) Concernant celles qu’il est interdit à l’homme d’épouser parmi les femmes de sa proche parenté, certains savants ont cité un critère pour cela qui est le suivant : les femmes de la proche parenté sont interdites sauf celles qui sont du côté des enfants de l’oncle ou de la tante paternels ou de ceux de l’oncle ou de la tante maternels. Ainsi, la fille de l’oncle maternel et la fille de la tante maternelle ne sont pas interdites, tout comme la fille de l’oncle paternel et la fille de la tante paternelle, même si elles sont proches familialement. Allah ta^ala dit :
)حُرِّمَتْ عَلَيْكُمْ أُمَّهَاتُكُمْ وَبَنَاتُكُمْ وَأَخَوَاتُكُمْ وَعَمَّاتُكُمْ
وَخَالاَتُكُمْ وَبَنَاتُ الأَخِ وَبَنَاتُ الأُخْتِ(
[sourat An-Niça‘ / 23] ce qui signifie : « Vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles, vos tantes maternelles, les filles du frère et celles de la sœur vous sont interdites« .
(b) Sont interdites à cause de l’allaitement celles qui par l’allaitement sont analogues à celles qui sont interdites à cause de la proche parenté. Le Messager de Allah r a dit :
(( يَحْرُمُ بِالرَّضَاعِ مَا يَحْرُمُ مِنَ النَّسَبِ ))
rapporté par les deux Chaykh – Al-Boukhariyy et Mouslim – ce qui signifie : « Sont interdites à cause de l’allaitement celles [qui ont un lien analogue à celles] qui sont interdites à cause de la proche parenté« .
(c) Sont interdites à la suite du mariage les épouses du père et celles de ses ascendants comme le grand-père, les épouses du fils et celles de ses descendants comme le fils du fils tant par la proche parenté que par l’allaitement, conformément à Sa parole ta^ala :
﴿وَحَلاَئِلُ أَبْنَائِكُمُ الَّذِينَ مِنْ أَصْلاَبِكُمْ﴾
[sourat An-Niça‘ / 23] ce qui signifie : « Et les épouses de vos fils qui sont de votre descendance« . Il n’est donc pas permis à l’homme de se marier avec l’épouse de son père, ni l’épouse de son grand-père, ni l’épouse de son fils, ni l’épouse de son petit-fils. Il est permis à ces femmes de découvrir devant lui ce qu’elles découvrent devant leurs mahram comme la tête ou les pieds et de se retrouver seules avec lui sans la présence d’une tierce personne.
Sont aussi interdites à la suite du mariage la mère de l’épouse et ses ascendantes. En effet, elles deviennent interdites dès que le contrat est fait, conformément à Sa parole ta^ala :
﴿وَأُمَّهَاتُ نِسَاِئكُمْ﴾
[sourat An-Niça‘ / 23] ce qui signifie : « Et les mères de vos femmes« . De même, deviennent interdites les filles de l’épouse après le contrat et sa consommation, conformément à Sa parole ta^ala :
﴿وَرَبَائِبُكُمُ اللاَّتِي فِي حُجُورِكُمْ مِنْ نِسَائِكُمُ اللاَّتِي دَخَلْتُمْ بِهِنَّ
فَإِنْ لَمْ تَكُونُوا دَخَلْتُمْ بِهِنَّ فَلاَ جُنَاحَ عَلَيْكُمْ﴾
[sourat An-Niça‘ / 23] ce qui signifie : « Et les filles de vos femmes avec qui le mariage a été consommé. Si le mariage n’a pas été consommé, ces filles ne vous sont pas interdites« .
Il est interdit de réunir ensemble dans le mariage l’épouse et sa sœur, qu’elles soient de mêmes parents, de même père ou de même mère tant par la proche parenté que par l’allaitement, conformément à Sa parole ta^ala :
﴿وَأَنْ تَجْمَعُوا بَيْنَ الأُخْتَيْنِ إِلاَّ مَا قَدْ سَلَفَ﴾
[sourat An-Niça‘ / 23] ce qui signifie : « Et que vous réunissiez ensemble [dans le mariage] deux sœurs« .
Il est également interdit de réunir ensemble dans le mariage une femme et sa tante maternelle, ou bien une femme et sa tante paternelle.
La dot (as–sadaq)
Ce qui fonde la dot (as–sadaq ou al-mahr), c’est la parole de Allah ta^ala :
﴿وَءَاتُوا النِّسَاءَ صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةً﴾
[sourat An-Niça‘ / 4] ce qui signifie : « Et accordez aux femmes leur dot en tant que don [de bonne grâce] », et Sa parole :
﴿وَءَاتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ﴾
[sourat An-Niça‘ / 25] ce qui signifie : « Et donnez-leur leurs dots« , ainsi que la parole du Prophète r :
(( التَمِسْ وَلَوْ خَاتَماً مِنْ حَدِيدٍ ))
rapporté par Al-Boukhariyy ce qui signifie : « Trouve [pour dot] ne serait-ce une bague de fer« .
Allah ta^ala a qualifié la dot de don car il n’y a pas en contrepartie une compensation que doive la femme. Et ce, parce qu’en contrepartie de la dot, le mari possède le droit de jouir d’elle. Il dit, ta^ala :
﴿فَمَا اسْتَمْتَعْتُمْ بِهِ مِنْهُنَّ فَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ﴾
[sourat An-Niça‘ / 24] ce qui signifie : « Et celles parmi lesquelles vous avez joui en consommant de mariage, donnez-leur leur dot« , c’est-à-dire parce que vous possédez le droit de jouir d’elles, donnez-leur leurs dots.
Mentionner la dot dans le contrat de mariage est une chose recommandée, même si la dot est de faible valeur. Si la dot n’a pas été mentionnée, le contrat reste valable. La dot est confirmée soit par la fixation d’une valeur, faible ou élevée, par les deux parties, soit par la fixation d’un montant par le juge. C’est le cas s’ils sont en désaccord sur le montant, le juge regarde alors la dot qui est digne de la femme selon l’usage courant. Ce qui est estimé par le juge devient donc redevable, qu’ils soient d’accord ou non, ou que l’un des deux soit d’accord et pas l’autre. S’ils ne se sont pas entendus sur quelque chose, si le juge n’a rien déterminé et si le mariage a été consommé, il lui devient redevable la dot de ses semblables. La dot de ses semblables signifie ce qui est demandé pour les femmes de sa proche parenté telles que ses sœurs de même père et mère, ses sœurs de même père, les filles de son frère en prenant en considération l’âge, l’intelligence, l’aisance, la virginité, la non-virginité, la beauté, la chasteté, la science et l’éloquence.
Il est une condition que la dot soit connue. Il n’est pas valable de lui donner en dot une chose inconnue, comme par exemple de dire : « Je te donne ma fille en mariage pour une dot qui sera une de tes maisons ». Il est par ailleurs recommandé que la dot ne soit pas inférieure à dix dirham d’argent métal pur et qu’elle ne soit pas supérieure à cinq cents dirham d’argent métal pur.
Si l’homme divorce de sa femme avant la consommation du mariage, il sera déchargé de la moitié de la dot si elle est encore une dette. S’il lui a déjà donné la dot entière, elle devra lui en rendre la moitié. La preuve en est la parole de Allah ta^ala :
﴿وَإِنْ طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ تَمَسُّوهُنَّ وَقَدْ فَرَضْتُمْ لَهُنَّ فَرِيضَةً فَنِصْفُ مَا فَرَضْتُمْ﴾
[sourat Al-Baqarah / 237] ce qui signifie : « Si vous divorcez d’elles avant d’avoir consommé le mariage alors que vous vous étiez engagés à leur donner une dot, donnez-leur la moitié de ce que vous vous étiez engagés à donner« .
Il est permis à la femme d’empêcher son mari de jouir d’elle tant qu’elle n’a pas reçu sa dot, c’est-à-dire dans le cas où cette dernière n’était pas fixée à une échéance déterminée. En revanche, si la dot était reportée à un délai elle peut la réclamer après la consommation sauf si elle a été fixée pour une date précise dans ce cas, elle ne la réclame qu’après l’arrivée à échéance.
Le banquet du mariage
Le banquet du mariage est recommandé. La sounnah du banquet a lieu en servant de la viande pour ceux qui sont aisés ou pas. Elle est réalisée également par autre chose que la viande. Le temps où l’on peut organiser ce banquet est étendu. Son temps commence avec le contrat, mais il est préférable de l’organiser après la consommation du mariage. C’est une obligation pour celui qui a été invité que de s’y rendre sauf pour une excuse telle que la présence de choses interdites qui ne seront pas supprimées par sa présence comme la consommation de boissons alcoolisées ou le jeu d’instruments de musique interdits. Cependant, si cette chose blâmable ne sera supprimée que par la présence de cet invité, il lui est obligatoire d’y aller, à la fois pour répondre à l’invitation et pour faire cesser l’interdit.
Si l’invité fait un jeûne surérogatoire et si celui qui l’invite supporte difficilement qu’il poursuive son jeûne, il est préférable pour lui de le rompre.
Le khoul^
– la séparation avec contrepartie –
Le khoul^ est une séparation en échange d’une contrepartie recherchée habituellement par les gensqui revenant à l’époux. Il est confirmé par l’Unanimité, par Sa parole ta^ala :
﴿فَإِنْ طِبْنَ لَكُمْ عَنْ شَىْءٍ مِنْهُ نَفْساً﴾
[sourat An-Niça‘ / 4] ce qui signifie : « Si elles vous en donnent (c’est-à-dire de leur dot) quelque chose de bon gré« , et par la parole du Prophète concernant la femme de Thabit Ibnou Qays :
« اقبل الحديقةَ وطلّقها تطليقة »
Ce qui signifie : « Acceptes le jardin et divorces-la » (i.e. acceptes qu’elle te rende le jardin que tu lui avais auparavant donné pour dot, afin qu’il soit désormais la contrepartie du khoul^) rapporté par Al-Boukhariyy et An-Naça’iyy.
Il y a eu divergence sur le khoul^ s’il est un divorce ou une dissolution de contrat (faskh). Il y a eu divergence sur le khoul^ s’il est un divorce ou une dissolution de contrat (faskh). L’avis connu dans la nouvelle école de Ach-Chafi^iyy est qu’il s’agit d’un divorce, alors qu’il est mentionné dans le livre ‘Ahkamou l-Qour’an de Ach-Chafi^iyy, qui est de ses derniers ouvrages, qu’il s’agit d’une dissolution et c’est-là son ancienne école. Il est par ailleurs déconseillé sauf si l’on craint un conflit, ou si l’on craint que l’un des deux ne s’acquitte pas convenablement du droit que l’autre exerce sur lui, ou si la femme éprouve de l’aversion envers son mari, ou si c’est lui qui la réprouve parce qu’elle a commis l’adultère ou ce qui est semblable tel que délaisser la prière, ou bien si c’est pour éviter qu’un divorce triple ou double ne soit effectif comme dans le cas où il aurait juré le divorce triple ou double en le conditionnant par un acte qui doit inévitablement avoir lieu.
Le khoul^ est valable avec celle qui peut être reprise en mariage (raj^iyyah) et non avec celle qui ne peut pas l’être (ba‘in).
Il est une condition pour le khoul^ qu’il y ait :
1- une formule, comme par exemple s’il lui dit : « j’accomplis le khoul^ avec toi pour tant » et qu’elle accepte ;
2- un époux : il est valable que l’époux effectue le khoul^ avec sa femme lui-même ou par l’intermédiaire d’un délégué ;
3- quelqu’un qui assure la contrepartie, que ce soit l’épouse ou quelqu’un d’autre qu’elle comme par exemple si un homme dit à l’époux : « fais le khoul^ avec ta femme pour tant dont je me charge » et qu’il accepte.
Par le khoul^, la femme devient maîtresse d’elle-même et l’homme ne peut la reprendre dans le mariage que par un nouveau contrat avec un tuteur et deux témoins.
Le divorce
Sache que la connaissance des lois du divorce est très importante. Il arrive que de nombreuses personnes divorcent sans le savoir et se retrouvent dans l’adultère.
Le divorce est de deux sortes :
1- Le divorce explicite et il ne nécessite pas d’intention, comme si quelqu’un dit à sa femme par exemple : « je te divorce » ou s’il dit : « ma femme est divorcée ».
2- Le divorce implicite et il n’est compté pour divorce qu’avec l’intention de divorcer, comme s’il lui dit par exemple : « sors » ou « je n’ai pas besoin de toi ».
L’homme libre a le droit de divorcer de sa femme jusqu’à trois fois. Le divorce par trois fois est compté divorce triple qu’il soit prononcé en une expression ou à différentes reprises, comme par exemple s’il dit : « ma femme est divorcée par trois fois » en l’absence de celle-ci, ou s’il lui dit : « tu es divorcée par trois fois », ou bien s’il divorce d’elle trois fois en trois occasions différentes. Elle ne lui est alors licite après cela qu’après la réunion de cinq conditions :
* que sa période d’attente postmaritale (^iddah) relative au premier époux se soit écoulée ;
* qu’elle épouse un autre ;
* que le deuxième consomme son mariage avec elle ;
* que le deuxième la divorce ;
* que sa période d’attente postmaritale relative au second époux se soit écoulée.
Tout avis de jurisprudence (fatwa) en contradiction avec cela n’est qu’un avis sans science dont il n’est pas permis de tenir compte.
Et pour celui qui dit à sa femme : « tu es divorcée, tu es divorcée, tu es divorcée » sans avoir eu l’intention d’insister sur le premier divorce, cela est compté divorce triple ; alors que s’il avait l’intention d’insister sur le premier divorce, il n’est pas compté divorce triple mais il est bien compté divorce simple.
Il n’y a pas de différence entre un divorce réalisé non conditionné – par exemple s’il dit : « tu es divorcée » – et un divorce conditionné par la survenue de quelque chose. Ainsi, s’il dit : « tu es divorcée si tu entres dans la maison d’Untel » et si elle y entre ou fait cette chose, le divorce est effectif. Et s’il avait dit : « si tu entres dans la maison d’Untel, tu es divorcée par trois fois » et qu’elle y entre, il est compté triple. Elle lui est alors interdite et elle ne lui sera pas licite tant qu’elle n’aura pas épousé un autre époux que lui, comme cité précédemment.
Le divorce est soit sounniyy – conforme à la sounnah – , soit bid^iyy – contraire à la sounnah – , soit ni l’un ni l’autre, c’est-à-dire qu’il n’est ni sounniyy ni bid^iyy.
Le divorce sounniyy, c’est lorsque quelqu’un divorce de sa femme dans une période intermenstruelle pendant laquelle il n’a pas eu de rapport sexuel avec elle.
Le divorce bid^iyy, c’est lorsque quelqu’un divorce de sa femme dans une période de menstrues ou de lochies ou dans une période intermenstruelle pendant laquelle il a eu un rapport sexuel avec elle ; ce divorce est illicite.
Quant au divorce de la femme enceinte ou ménopausée ou bien de la petite non pubère ou de celle avec laquelle le mariage n’a pas été consommé, il n’est ni sounniyy ni bid^iyy.
La reprise en mariage (ar-raj^ah)
La reprise en mariage est faire revenir la femme au mariage suite à un divorce qui n’est pas sans reprise et ce pendant la période d’attente postmaritale.
Le divorce après lequel il peut y avoir reprise dans le mariage est possible deux fois, conformément à Sa parole ta^ala :
﴿الطَّلاَقُ مَرَّتَانِ فَإِمْسَاكٌ بِمَعْرُوفٍ أَوْ تَسْرِيحٌ بِإِحْسَانٍ﴾
[sourat Al-Baqarah / 229] ce qui signifie : « Le divorce après lequel il peut y avoir reprise est possible deux fois, après quoi soit il la garde avec bienfaisance ou la sépare en de bons termes« . Celui donc qui a divorcé de sa femme par une ou deux fois, peut la reprendre tant que la période d’attente postmaritale ne s’est pas écoulée, en lui disant par exemple : « je te reprends à mon mariage », ou dire si elle n’est pas présente : « je reprends ma femme àmon mariage ». Mais, si sa période d’attente s’est écoulée, elle ne lui redeviendra licite que par un nouveau contrat de mariage avec un tuteur et deux témoins.
Il n’est en outre pas une condition pour la reprise dans le mariage qu’il y ait des témoins, toutefois leur présence est préférable.
La période d’attente postmaritale
(al-^iddah)
La période d’attente postmaritale est une période pendant laquelle la femme attend soit afin de s’assurer qu’elle ne porte pas d’enfant, par simple obéissance à Allah ou pour s’affliger à la suite de la perte d’un époux.
Il y a deux sortes de femmes en attente :
* La veuve ;
* Celle qui n’est pas veuve, telle que la divorcée ou celle qui a été séparée par un khoul^ – une séparation avec contrepartie – .
Si la veuve était enceinte sa période d’attente prend fin avec l’accouchement. Si elle n’était pas enceinte, sa période d’attente est de quatre mois et dix jours.
Pour autre que la veuve, si elle était enceinte, sa période d’attente prend fin avec l’accouchement. Si elle n’était pas enceinte mais de celles qui ont les menstrues, sa période d’attente est de trois périodes intermenstruelles. Quant à celle qui a été divorcée durant une période intermenstruelle, cette période est considérée comme étant parmi les trois qui constituent la période d’attente. Celle qui est divorcée avant la consommation du mariage n’a pas de période d’attente. Quant à la ménopausée, sa période d’attente est de trois mois lunaires.
Il est un devoir sur l’ex-mari en faveur de la femme qui est en période d’attente et qui peut être reprise dans le mariage (raj^iyyah), telle que celle divorcée par une ou deux fois, de lui assurer le logement et la charge obligatoire. Et il lui est un devoir envers celle qui est séparée et qui ne peut pas être reprise (ba‘in), telle que celle divorcée par trois fois, de lui assurer le logement mais non la charge sauf si elle est enceinte.
Il incombe à la veuve de s’endeuiller , cela consiste à s’abstenir de s’embellir et de se parfumer, et à rester au domicile sauf en cas de besoin. Il ne lui est de plus pas interdit de rencontrer des hommes, contrairement à ce qui s’est répandu chez beaucoup de gens du commun et cela, même s’ils ne font pas partie de ses mahram. Il lui est néanmoins interdit de découvrir une partie de sa zone de pudeur – c’est-à-dire autre chose que son visage et ses mains – devant eux ou qu’elle se retrouve seule à seule avec l’un d’eux (khalwah). S’il n’y a ni khalwah ni découvrement de sa zone de pudeur, il lui est permis de les rencontrer et de s’entretenir avec eux en ce qui ne comporte pas de désobéissance.
L’allaitement
Si une personne de sexe féminin ayant atteint –ou dépassé- neuf ans lunaires a allaité un enfant de son propre lait, le nourrisson devient son enfant de lait à deux conditions :
Premièrement : qu’il ait, lors de l’allaitement, moins de deux ans lunaires. Par conséquent, s’il a atteint deux ans lunaires et a tété après cette période, cet allaitement ne rend pas à tout jamais interdit pour cette femme de se marier avec ce nourrisson.
Deuxièmement : qu’elle l’allaite en cinq tétées séparées, connues comme telles selon l’usage. Ainsi, si le nourrisson s’est arrêté de téter entre chacune des cinq tétées en refusant le sein, il y a multiplicité des tétées. Il en est de même lorsque la nourrice l’a interrompu pour s’occuper d’une tâche qui s’est prolongée et qu’il a repris la tétée par la suite. En revanche, s’il s’arrête de téter pour jouer ou pour autre chose du même genre telle qu’un léger sommeil, une respiration, ou pour avaler ce qu’il a rassemblé dans sa bouche et reprend immédiatement après, il n’y a pas multiplicité et tout ceci est compté comme une seule tétée. S’il y a un doute à propos d’un nourrisson quant à savoir s’il a tété cinq fois ou moins, ou s’il a tété au cours de ses deux premières années lunaires ou après, alors il n’y a pas d’interdiction concernant le mariage.
Si l’allaitement a eu lieu dans les conditions précitées, la nourrice devient une mère pour le nourrisson, son époux devient un père pour lui et le frère de son époux devient un oncle paternel pour lui.
Il est interdit à celui qui a été allaité de se marier avec sa mère de lait, et il lui est interdit de se marier avec les ascendantes de cette dernière telles que sa mère et sa grand-mère, ainsi qu’avec ses descendantes telles que sa fille et la fille de son fils. Par ailleurs, il est interdit à celle qui a allaité de se marier avec son enfant de lait et avec ses descendants tels que son fils et le fils de son fils. Il n’est toutefois pas interdit à celle qui a allaité de se marier avec celui qui est du même degré que son fils par allaitement, tels que son frère, ni avec ses ascendants tels que son père et son grand-père.
La charge obligatoire en faveur de l’épouse
Il est un devoir pour l’époux d’assurer la charge obligatoire envers son épouse qui lui permet de jouir d’elle et ce, même si elle fut mécréante ou malade. Elle consiste en les choses suivantes :
* Deux moudd [2] par jour de la nourriture de base la plus courante dans le pays pour qui est dans l’aisance.
* Un moudd par jour pour qui est dans le besoin.
* Un moudd et demi par jour pour qui est dans une situation intermédiaire.
Et il incombe à l’époux de le moudre, de le pétrir et de le faire cuire.
* Il lui incombe également ce que l’on mange avec le pain (‘oudm), de ce qui est le plus répandu dans le pays, et cela change selon les saisons. Le juge (al-qadi) évalue le ‘oudm par son propre effort de déduction, et cela varie entre quelqu’un qui est dans l’aisance et autre que lui.
* Et il est un devoir de lui fournir un vêtement qui lui suffit et des outils de toilette.
* Il incombe aussi à l’époux, chez les malikiyy, de fournir la rémunération de la sage femme.
Le mari est déchargé de la charge obligatoire avec an-nouchouz comme par exemple le refus de la femme de laisser son mari jouir d’elle sans excuse valable.
La mout^ah : Il est un devoir pour le mari envers la femme divorcée de lui donner une mout^ah. La mout^ah est un bien qui est donné à la femme divorcée sans raison à mettre sur son compte.
La mout^ah n’a pas de montant précis, mais il est recommandé qu’elle soit d’une valeur de trente dirham et qu’elle n’atteigne pas la moitié de la valeur de la dot de ses semblables. Un montant qui a fait l’objet d’un accord entre les deux époux suffit, même s’il est faible. Cependant, s’ils sont en différend, le juge fixe le montant selon son propre effort de déduction en tenant compte de leur situation respective.
La garde des enfants (al-hadanah)
La garde des enfants concerne la prise en charge de l’enfant et son éducation. Elle a des conditions parmi lesquelles :
1- la liberté ;
2- la raison ;
3- l’Islam : il est une condition que la mère soit musulmane si l’enfant est musulman, et il en est de même pour le père ;
4- l’honnêteté : ainsi celui qui commet des grands péchés (faciq) n’a pas le droit de garde.
La personne prioritaire pour la garde des enfants est la mère dans le cas où elle a un enfant qui est en âge d’allaitement et ce, si elle ne s’est pas remariée. Puis après la mère viennent ses ascendantes de proche en proche. Puis après les mères vient le père, puis ses mères à lui, puis le père du père, puis les mères de ce dernier de proche en proche. Puis viennent les frères et les sœurs puis les tantes maternelles de même grand-père et grand-mère, puis les tantes maternelles de même grand-père, puis les tantes maternelles de même grand-mère, puis les fils du
frère de mêmes parents, puis les frères de même père, puis les filles du frère de même mère, puis les descendants du grand-père paternel c’est-à-dire l’oncle et la tante paternels, puis l’oncle paternel de même grand-père et la tante paternelle de même grand-père, puis la tante paternelle de même grand-mère, puis la fille de la tante maternelle, puis la fille de la tante paternelle, puis les descendants de l’oncle paternel d’une autre grand-mère.
Quand l’enfant atteint l’âge de distinction et qu’il choisit son père, celui-là le prend, sinon il reste chez sa mère. Si le père le prend, la mère a le droit de le visiter et il n’est pas permis au père de l’en empêcher, sauf si elle commet des grands péchés (faciqah) de risque qu’elle n’apprenne à l’enfant la perversion.
Conclusion
Le Messager de Allah r a dit :
(( أعْظَمُ النَّاسِ حَقّاً على المرأةِ زَوْجُهَا وَأَعْظَمُ النَّاسِ حَقّاً على الرَّجُلِ أُمُّهُ ))
rapporté par Al-Hakim et d’autres ce qui signifie : « La personne qui a le plus de droit sur la femme, c’est son époux. Et la personne qui a le plus de droit sur l’homme, c’est sa mère« .
Dans ce hadith est mis en évidence l’éminence du droit de l’époux sur l’épouse. Pour cela, Allah a interdit à cette dernière de sortir de la maison de son époux sans son autorisation sans nécessité, et Il lui a interdit de faire entrer chez lui une personne dont il n’accepte pas l’entrée, qu’elle fasse partie de ses proches à elle ou non. Allah lui a aussi interdit de le priver de son droit de jouissance conjugale et de ce qui entraîne cela, par exemple qu’elle s’embellisse, sauf dans le cas où elle a une excuse légale. L’excuseest par exemple si elle était malade et qu’elle ne supportait pas ce qu’il demande d’elle, ou si elle a ses menstrues ou ses lochies et qu’il lui demande d’avoir un rapport ou de jouir de la zone comprise entre son nombril et ses genoux par contact direct, ou encore si elle est dans la situation de manquer la prière si elle répond à ce qu’il lui demande.
Il n’est en outre pas un devoir à l’épouse d’obéir à son époux en ce qui comporte une désobéissance à Allah ta^ala. S’il lui demande de lui apporter une boisson alcoolisée pour la boire elle ne lui obéit pas, car nulle obéissance à une créature pour désobéir au Créateur.
Avertissement : il n’est pas vrai ce qui s’est répandu chez de nombreuses personnes, que la femme est divorcée de son époux si celui-ci pratique avec elle la sodomie. Toutefois, cette chose est illicite et il n’est pas permis de la pratiquer.
L’épouse a également des droits sur son époux, parmi lesquels : qu’il lui assure la charge obligatoire, le logement et le vêtement, qu’il ne la frappe pas sans droit et qu’il ne soit pas injuste envers elle. Allah soubhanahou wa ta^ala dit :
﴿وَعَاشِرُوهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ﴾
[sourat An-Niça‘ / 19] ce qui signifie : « Et vivez en commun avec elles en faisant preuve de bienfaisance« .
Cependant, si la femme fait preuve de nouchouz en privant son mari de son droit de jouissance d’elle ou en sortant de sa maison sans son autorisation et sans excuse légale, sa charge obligatoire n’incombe plus au mari. Il convient dans ce cas que son époux l’exhorte, qu’il lui rappelle quel est son devoir envers lui et qu’il lui ordonne la piété envers Allah.
Il est par ailleursdu devoir de l’époux de lui enseigner ce qui est obligatoire pour elle parmi les choses de la religion, ou de lui assurer quelqu’un qui lui apprend, ou bien de lui permettre de sortir pour se rendre aux assemblées de la science de la religion, au cas où elle ne connaissait pas ces sujets-là, de lui ordonner le bien comme l’accomplissement des cinq prières et la persévérance à les accomplir, le jeûne de Ramadan, le couvrement de sa zone de pudeur devant les ‘ajnabiyy et ce qui est du même genre.
Quant à ce que l’époux fait pour son épouse ou ce que l’épouse fait pour son époux en plus de ce qui leur est un devoir et qui fait partie des choses du bien, ceci entre dans le cadre de la bienfaisance et comporte des récompenses pour qui le fait avec une bonne intention.
que la meilleure des provisions de ce bas-monde est la femme vertueuse
Mouslim a rapporté dans son Sahih – recueil de hadith sûrs – d’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr que le Messager de Allah r a dit :
(( الدُّنيَا مَتَاعٌ ، وَخَيْرُ مَتَاعِ الدُّنيَا المرأَةُ الصَّالِحَةُ ))
ce qui signifie : « Ce bas-monde est provisions et la meilleure des provisions de ce bas-monde, c’est la femme vertueuse« .
de la recommandation en faveur des femmes
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté d’après Abou Hourayrah que le Prophète r a dit :
(( مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَاليَومِ الآخِرِ فَإِذَا شَهِدَ أَمْراً فَلْيَتَكَلَّمْ بِخَيْرٍ أَوْ لِيَسْكُتْ ، وَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ ، فَإِنَّ المرأَةَ خُلِقَتْ مِنْ ضِلْعٍ ، وَإِنَّ أَعْوَجَ شَىْءٍ فِي الضِّلْعِ أَعْلاَهُ ، إِنْ ذَهَبْتَ تُقِيمُهُ كَسَرْتَهُ ، وَإِنْ تَرَكْتَهُ لَمْ يَزَلْ أَعْوَجَ ، اسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ خَيْراً ))
ce qui signifie : « Celui qui croit en Allah et en le jour dernier, s’il est témoin d’une chose, qu’il dise du bien ou qu’il se taise. Et recommandez-vous lles uns aux autres le bien envers les femmes. Certes, la femme a été créée d’une côte et la partie la plus tordue de la côte est sa partie supérieure, si tu t’en vas la redresser, tu la casses et si tu la laisses telle quelle, elle restera tordue. Recommandez-vous les uns aux autres le bien envers les femmes« .
de l’interdiction A la femme
de refuser le lit de son mari
Mouslim a rapporté dans son Sahih d’après Abou Hourayrah que le Prophète r a dit :
(( إِذَا بَاتَتِ المرأَةُ هَاجِرَةً فِرَاشَ زَوْجِهَا ، لَعَنَتْهَا الملائِكَةُ حَتَّى تُصْبِحَ ))
ce qui signifie : « Si la femme passe la nuit en s’étant refusée à son mari, les anges la maudissent jusqu’à ce qu’elle soit au matin« .
du jeÛne surErogatoire de la femme avec la permission de son mari
Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih d’après Abou Hourayrah que le Prophète r a dit :
(( لاَ تَصُومُ المرأةُ وَبَعْلُهَا شَاهِدٌ إِلاَّ يِإِذْنِهِ ))
ce qui signifie : « La femme ne fait de jeûne surérogatoire, son mari étant présent, qu’avec la permission de ce dernier« .
que la femme n’autorise QUELQU’UN à entrer dans la maison de son mari qu’avec la permission de ce dernier
Al-Boukhariyy a rapporté d’après Abou Hourayrah que le Messager de Allah r a dit :
(( لاَ يَحِلُّ لِلمَرأةِ أَنْ تَصُومَ وَزَوْجُهَا شَاهِدٌ إِلاَّ بِإِذْنِهِ ، وَلاَ تَأْذَن فِي بَيْتِهِ إلاَّ بِإِذْنِهِ ))
ce qui signifie : « Il n’est permis à la femme qu’elle fasse un jeûne surérogatoire, son mari étant présent, qu’avec sa permission, ni qu’elle autorise quelqu’un à entrer dans sa maison qu’avec sa permission« .
que la femme est responsable
dans la maison de son mari
Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih d’après Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous deux, que le Prophète r a dit :
(( كُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ ، وَالأَمِيرُ رَاعٍ ، وَالرَّجُلُ رَاعٍ عَلَى أَهْلِ بَيْتِهِ ، وَالمرأةُ رَاعِيَةٌ عَلَى بَيْتِ زَوْجِهَا وَوَلَدِهِ ، فَكُلُّكُمْ رَاعٍ وَكُلُّكُمْ مَسْئُولٌ عَنْ رَعِيَّتِهِ ))
ce qui signifie : « Vous êtes tous chargés de responsabilité et chacun de vous est responsable de ceux qui sont à sa charge. Ainsi, l’émir est chargé de responsabilité, l’homme est chargé de la responsabilité des gens de sa famille, la femme est chargée de la responsabilité de la maison de son époux et de ses enfants. Alors, vous êtes tous chargés de responsabilité et chacun de vous est responsable de ceux qui sont à sa charge« .
que ton epouse a un droit sur toi
Al-Boukhariyy a rapporté dans son Sahih d’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr qu’il a dit : le Messager de Allah r a dit :
(( يَا عَبْدَ اللَّهِ أَلَمْ أُخْبَرْ أَنَّكَ تَصُومُ النَّهَارَ وَتَقُومُ اللَّيْلَ ؟ ))
ce qui signifie : « Ô ^Abdou l-Lah, ne m’a-t-on pas dit que tu jeûnes le jour et que tu veilles la nuit à faire des actes d’adoration ? » J’ai dit : Si, ô Messager de Allah. Il a dit :
(( فَلاَ تَفْعَلْ ، صُمْ وَأَفْطِرْ ، وَقُمْ وَنَمْ ، فَإِنَّ لِجَسَدِكَ عَلَيْكَ حَقّاً ، وَإِنَّ لِعَيْنَيْكَ عَلَيْكَ حَقّاً ، وَإِنَّ لِزَوْجِكَ عَلَيْكَ حَقّاً ))
ce qui signifie : « Ne fais donc plus cela, jeûne certains jours et ne jeûne pas d’autres, veilles une partie de la nuit et dors une partie. Certes, ton corps a un droit sur toi, tes yeux ont un droit sur toi et ton épouse a un droit sur toi« .
de l’obeissance de la femme a son mari
Ibnou Hibban a rapporté d’après Abou Hourayrah qu’il a dit : le Messager de Allah r a dit :
(( إذَا صَلَّتِ المرأةُ خَمْسَهَا ، وَصَامت شَهْرَهَا ، وَحَصنت فَرْجَهَا ، وَأَطَاعَتْ بَعْلَهَا دَخَلَت مِنْ أَيِّ أَبْوَابِ الجَنَّة شَاءَت ))
ce qui signifie : « Si la femme accomplit les cinq prières [qui lui sont obligatoires], jeûne son mois, vit chastement et obéit à son mari, elle entrera par n’importe laquelle des portes du paradis qu’elle voudra« .
de la description des meilleurs des gens
Ibnou Hibban a rapporté d’après Abou Hourayrah qu’il a dit : le Messager de Allah r a dit :
(( أَكْمَلُ الْمُؤْمِنِينَ إيماناً أَحْسَنُهُمْ خُلُقاً ، وَخِيَارُكُمْ خِيَارُكُمْ لِنِسَائِهِمْ ))
ce qui signifie : « Les croyants qui ont la foi la plus complète sont ceux qui ont le meilleur comportement, et les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs d’entre vous envers leurs femmes« .
Et Allah ta^ala sait plus que tout autre
Récit : L’invocation du Prophète, ^alayhi s-salam, contre ^Outbah ibnou Abi Jahl
Lorsque les annonces de l’appel du Prophète Mouhammad apparurent, il y avait au sein de Qouraych un groupe d’associateurs qui avaient nui au messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ainsi qu’à ses compagnons honorables, d’une forte nuisance.
Combien de musulmans avaient été jetés sur le sable brûlant du désert et sur le corps desquels étaient placées des pierres, d’autres avaient été ligotés sur le tronc d’un arbre sous le soleil brûlant et en étant assoiffés.
Parmi les associateurs il y avait Abou lahab, ^Ouqbah Ibnou Mou^it, Al Walid Ibnou Moughirah, Abou Jahl et son fils ^Outbah qui insultait le messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
La haine l’avait amené jusqu‘à attaquer le Prophète, ^alayhi s-salam, lui déchirer son qamis et lui nuire.
C’est alors que le Prophète, ^alayhi s–salat wa s-salam avait fait une invocation contre lui en disant :
(Allahoumma sallit ^alayhi sabou^an min siba^ik )
Ce qui signifie : « Ô Allah, fais qu’un des fauves qui T’appartient s’attaque à lui. »
Un jour, ^Outbah Ibnou Abi Jahl sortit de La Mecque honorée avec ses compagnons, pour faire du commerce dans le pays de Ach-Cham. La caravane s’engagea dans une longue route jusqu’à arriver dans une région qui s’appelle Az–Zarqa, en Jordanie. Ils firent halte, reposèrent leurs chamelles et chameaux et descendirent leurs bagages. Tandis qu’ils étaient dans cette région, ils entendirent le rugissement d’un lion, ^Outbah Ibnou Abi Jahl trembla plus que les autres car il s’était rappelé de l’invocation de notre maître Mouhammad, salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lorsqu’il lui avait déchiré sa chemise. Il annonça à ses compagnons cela alors qu’ils étaient en train de préparer le dîner.
Tous s’étaient assis pour commencer à manger et ils commençaient à manger les différents plats, mis à part ^Outbah Ibnou Abi Jahl qui n’avait pas tendu sa main et qui n’avait pas mangé avec eux tellement il avait peur. En effet, il se retournait à droite et à gauche en s’attendant à ce que le lion l’attaque. Quand ils eurent terminé leur repas et que fut venue l’heure de dormir, ils placèrent leur marchandises sous forme d’un cercle autour d’eux et ils mirent ^Outbah Ibnou Abi Jahl à leur centre pour le protéger. Ils préparèrent leurs épées et leurs armes pour les utiliser en cas de besoin et ils chargèrent un gardien de les surveiller.
La nuit tomba calmement, le lion vint doucement alors que le gardien comme tous les autres avait sombré dans un sommeil profond.
Le lion s’approcha d’eux, les renifla l’un après l’autre jusqu’à arriver à ^Outbah, le frappa fortement à la tête et le blessa. Ses compagnons se réveillèrent et l’entendirent dire : « N’est ce pas que je vous ai dit que Mouhammad est le plus véridique des gens. » Et il mourut de ses blessures en raison de ses actes atroces.
Histoire : 3Aliyy et Mou3aawiyah
La louange est à Allah le Seigneur des mondes et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Son Messager honnête.
La preuve que se rebeller contre le Gouverneur, chargé des affaires des musulmans, fait partie des grands péchés
Ibnou Hibban a rapporté dans son Sahih du hadith de Abou Hourayrah que le Messager de Allah a dit :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaja mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur ».
Dans ce hadith il y a une grande menace pour celui qui dispute le Calife et se rebelle contre lui, qu’il se mette à le combattre ou pas. Celui qui dit que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui dans son combat contre ^Aliyy n’avaient pas commis de péché et ne se sont chargés d’aucun blâme, il aura contredit ce hadith là du Messager de Allah. Le Messager de Allah a dit :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer ».
Ainsi, ^Ammar, que Allah l’agrée, appelait les gens à l’obéissance à l’Emir des croyants ^Aliyy. Tandis que l’appel de ses opposants, qui l’ont tué et qui est le groupe de Mou^awiyah, est un appel à l’enfer. En effet, ils appelaient les gens à combattre l’Emir des croyants. Ainsi, ceux que le Messager de Allah a décrits comme étant des gens appelants à l’enfer font partie des grands pécheurs. Comment avec cela, serait-il valable de dire que Mou^awiyah et ceux qui étaient avec lui, alors qu’il n’y a parmi eux que très peu de compagnons, comment dire qu’ils ne sont pas désobéissants ! Pire encore, comment serait-il valable de dire qu’ils seront récompensés ! Le hadith a été rapporté par Al-Boukhariyy et Ibnou Hibban. Al-Boukhariyy l’a même rapporté à une autre occasion, en abrégé.
Si donc ceux qui ont combattu ^Aliyy, que Allah l’agrée, lors de la bataille de al-jamal qui n’a duré qu’une partie de la journée, étaient désobéissants par leur combat, y compris Zoubayr, Talhah et ^A’ichah, que Allah les agrée, preuve en est le premier hadith et aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak dans lequel le Messager de Allah a dit à Az–Zoubayr :
إنك لتقاتلن علياً وأنت ظالم له
(‘innaka latouqatilanna ^aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)
ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy en étant injuste avec lui », que dire alors du groupe de Mou^awiyah qui a combattu l’Emir des croyants pendant trois mois. Ils ont tué à cette occasion un grand nombre des meilleurs compagnons, de ceux qui avaient participé à la bataille de Badr, celle de ‘Ouhoud et même ceux qui étaient présents lors du pacte d’allégeance de Ar-Ridwan (bay^atou r-Ridwan) !
Dans le commentaire de Al-Boukhariyy, tome 6, page 173, figure ce qui suit : « Sa parole (wa ‘inni la’ourani) est dans le sens de la conjecture. Il pense qu’il va être tué injustement. Cette parole s’est réalisée car il a été tué traîtreusement après que ^Aliyy lui a rappelé. Il avait quitté le lieu du combat. Il s’était endormi dans Wadi l-Qoura. Ce fut un homme de Bani Tamim qui s’appelle ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné. Ibnou Abi Khaythamah a rapporté dans son Tarikh par l’intermédiaire de ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Layla qu’il a dit : J’étais avec ^Aliyy lorsque les deux groupes s’étaient rencontrés. Il a demandé : Où est Az–Zoubayr ? aaa Az–Zoubayr était alors venu. Nous avions alors vu la main de ^Aliyy que Az–Zoubayr avait serrée indiquant son allégeance, avant même que le combat n’ait lieu.
Al-Hakim a rapporté avec plusieurs chaînes de transmission que ^Aliyy avait rappelé à Az–Zoubayr que le Prophète lui avait dit :
لتقاتلن عليا وأنت ظالم له
(latouqatilanna ^Aliyyan wa ‘anta dhalimoun lahou)
ce qui signifie : « Certes tu combattras ^Aliyy et tu seras injuste envers lui dans ce combat ». C’était pour cela qu’il s’était détourné du combat et était retourné.
Ya^qoub Ibnou Soufyan ainsi que Khalifah dans leurs Tarikh ont rapporté par l’intermédiaire de ^Oumar Ibnou Jawan qu’il a dit : Az–Zoubayr était reparti quittant le lieu de la bataille et c’était ^Amr Ibnou Jourmouz qui l’avait assassiné à Wadi s-Siba^.
On ne dit pas que Mou^awiyah avait fait un ijtihad en cela et qu’il serait alors excusé, comme l’ont dit certains. Ceci n’est pas correct. Mou^awiyah combattait ^Aliyy pour parvenir à la souveraineté et à la présidence. Mousaddad Ibnou Mousarhad, le Chaykh de Al-Boukhariyy a rapporté que ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit :
إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون المُلك ولو أنني أعلم أنه يردهم عن ذلك أن أحلف عند المقام باللَّه إني ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم إنما يريدون الملك
(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘annani ‘a^lamou ‘annahou yarouddouhoum ^an dhalika ‘an ‘ahlifa ^inda l-maqami bi l-Lahi ‘inni ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum ‘innama youridouna l-moulk)
ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais qu’ils abandonneraient cela si je jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ». Cela a également été rapporté par Sa^id Ibnou Mansour dans ses Sounan, tout comme dans le livre Al-Matalibou l-^Aliyah du Hafidh Ibnou Hajar en page 293, avec les termes :
إن بني أمية يقاتلونني يزعمون أني قتلت عثمان وكذبوا إنما يريدون الملك ولو أعلم أن يذهب ما في قلوبهم أني أحلف لهم عند المقام والله ما قتلت عثمان ولا أمرت بقتله لفعلت ولكنهم يريدون الملك. وإني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله عزوجل: {ونزعنا ما في قلوبهم من غل}
(‘inna bani ‘Oumayyah youqatilounani yaz^oumouna ‘anni qataltou ^Outhmana wa kadhabou ‘innama youridouna l-moulka. Wa law ‘a^lamou ‘an youdh-hiba ma fi qouloubihim ‘anni ‘ahlifou lahoum ^inda l-maqami wa l-Lahi ma qataltou ^Outhmana wa la ‘amartou biqatlihi lafa^altou wa lakinnahoum youridouna l-moulka. Wa ‘inni la’arjou ‘an ‘akouna ‘ana wa ^Outhmana mimman qala l-Lahou ^azza wa jall : wa naza^na ma fi qouloubihim min ghill)
ce qui signifie : « Certes, Banou ‘Oumayyah –les omeyyades– me combattent prétendant que j’aurai assassiné ^Outhman mais ils mentent. Ils ne veulent que le pouvoir. Par Allah, si je savais que ce qu’il y a dans leurs cœurs disparaîtra si je leur jurais auprès du Maqam par Allah que je n’ai pas tué ^Outhman et que je n’ai pas ordonné de le tuer, je l’aurai fait. Mais en réalité, ils veulent le pouvoir ; et j’espère être ^Outhman et moi de ceux au sujet de qui Allah dit ce qui signifie : Et Nous leur avons ôté l’animosité qu’il y a dans leurs cœurs ». ^Ammar Ibnou Yacir a dit aussi semblable à cela. Les propos de ^Aliyy et de ^Ammar sont prioritaires sur la parole de celui qui a dit que Mou^awiyah était moujtahid dans son combat et qu’il serait alors excusé, tout comme un gouverneur qui fait un ijtihad puis qui se trompe, il aura une seule récompense et que s’il ne se trompe pas, il aura deux récompenses. En effet, la question de la rébellion contre le Calife n’est pas sujette à ijtihad en raison du texte clair et explicite du Qour’an et qui est Sa parole ta^ala :
يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه وأطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».
Cette ayah est ainsi explicite pour l’obligation de l’obéissance au calife et pour ne pas se rebeller contre lui. Ceci n’est donc pas de l’ordre de ce qui est sujet au ijtihad qui a lieu de la part des moujtahid comme Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah sur des questions qui n’ont pas fait l’objet de textes explicites. C’est le cas par exemple de l’avis de Abou Hanifah de considérer valable le contrat de mariage sans tuteur et l’avis de Ach-Chafi^iyy que le mariage n’est pas valable sans tuteur. Il n’y a pas eu de texte explicite clamant l’obligation du tuteur pour la validité du mariage. Il y a plutôt un hadith qui fait sujet à divergence :
لا نكاح إلا بولي
(la nikaha ‘il-la biwaliyy)
ce qui signifie : « Pas de mariage sans tuteur ». Ach-Chafi^iyy l’a considéré sahih –sûr– et l’a retenu. Abou Hanifah n’a pas considéré ce hadith sahih –sûr– et ne l’a donc pas retenu. Par ailleurs, Ach-Chafi^iyy considère que le mariage qui a lieu sans tuteur n’entraîne pas l’obligation d’appliquer la peine légale. Il n’est en effet pas catégorique à considérer invalide le mariage du hanafiyy sans tuteur. Il le considère fait à titre de conjecture et pour cela, il ne rend pas obligatoire la peine légale pour celui qui a imité le hanafiyy.
La tentative de certains pour rendre ce qu’a fait Mou^awiyah avec l’Emir des croyants semblable au ijtihad de Abou Hanifah ou de Ach-Chafi^iyy n’est que fausse illusion et erreur. Si cela avait été à ce titre –un ijtihad–, l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, n’aurait pas dit :
إن حرب معاوية لعلي خطأ وباطل ومنكر وبغي
(‘inna harba Mou^awiyata li^Aliyyin khata’oun wa batiloun wa mounkaroun wa baghy)
ce qui signifie : « Le combat de Mou^awiyah contre ^Aliyy est erreur, infondé, blâmable et injuste ». Selon la parole de celui-là, la divergence qui peut avoir lieu entre les Moujtahid parmi les quatre Imams Ach-Chafi^iyy et Abou Hanifah décrirait son ijtihad comme étant blâmable et infondé. Or aucun Imam digne de considération n’a dit cela auparavant ! C’est là une preuve que celui qui a prétendu cela n’a pas senti l’odeur de la science. Il n’a fait qu’imiter certains impudents qui disent n’importe quoi.
Mais ce qu’a dit certain des plus récents que Mou^awiyah avait fait un ijtihad dans sa guerre menée contre notre maître ^Aliyy et qu’il s’est trompé dans son interprétation, ce n’est là qu’une conjecture sans fondement. C’est plutôt la parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar qui sont dignes de considération. La parole de ^Aliyy et celle de ^Ammar ne sont pas contrées par l’auteur de Az–Zoubad et ses semblables (n’ont pas de poids devant les paroles de ^Aliyy et de ^Ammar celles de l’auteur de Az–Zoubad et de ses semblables). Par ailleurs, les propos de ces gens-là sont contradictoires : Ils disent d’une part que la rébellion contre le Chargé des affaires –le gouverneur– est interdite sauf s’il devient mécréant. Malgré cela, ils disent que Mou^awiyah a une seule récompense et que ^Aliyy en a deux. Comment réunissent-ils la récompense et la désobéissance ?! Comment l’auteur de Az–Zoubad a-t-il eu l’audace de dire ces deux vers de poésie dans son livre alors qu’ils se contredisent :
Il ne nous est pas permis s’il n’y a pas de mécréance claire
de nous rebeller contre le chargé de nous –gouverneur– (gouverneur)
avec sa parole :
Ce qui s’est produit entre les compagnons nous n’en parlons pas
Et la récompense du ijtihad nous confirmons
Il a réuni deux choses contradictoires. Il s’agit de son interdiction de la rébellion contre le chargé des affaires –le gouverneur– et c’est une vérité sur laquelle il y a unanimité, avec sa confirmation de la récompense pour ce faible nombre de compagnons qui étaient avec Mou^awiyah.
Pour ce qui est de ce que certains arguent comme étant la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Mou^awiyah aurait fait un ijtihad pour son combat contre ^Aliyy, la réponse est que si ces paroles sont confirmées comme étant de lui, ce qu’il vise c’est que Mou^awiyah aurait eu un avis qui l’a amené à combattre ^Aliyy. Ce qu’il a visé n’est pas qu’il a fait un ijtihad comme est le cas des Moujtahid, et la preuve est qu’il a dit au sujet de la guerre de Mou^awiyah contre ^Aliyy est blâmable, infondée et injuste. S’il avait considéré Mou^awiyah comme ayant fait un ijtihad digne de considération, dont l’auteur serait excusé, il n’aurait pas dit que sa guerre « était blâmable, infondée et injuste ». Ceci n’échappe pas à qui est objectif. Seul un entêté ne considère pas la vérité vérité mais contrairement à ce qu’il en est réellement.
Il devient clair que le cas de Mou^awiyahn’est pas concerné par le hadith de Al-Boukhariyy :
إذا اجتهد الحاكم فأصاب فله أجران، وإذا اجتهد فأخطأ فله أجر واحد
(‘idha jtahada l-hakimou fa’asaba falahou ‘ajrani wa ‘idha jtahada fa ‘akhta’a falahou ‘ajroun wahid)
ce qui signifie : « Si le gouverneur fait un ijtihad et a dit vrai, il aura deux récompenses et s’il fait un ijtihad et se trompe, il aura une seule récompense ». Avoir pour croyance ce qui contredit cela est une atroce ignorance ou un pur entêtement.
Ce qui prouve également cela, c’est-à-dire l’infondé de la parole de celui qui dit que les compagnons qui ont combattu ^Aliyy n’ont pas commis de péché en cela car ils auraient fait un ijtihad, c’est la parole de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy que Allah l’agrée :
إن طلحة والزبير ذنبهما بقتال علي مغفور لأجل البشارة التي وردت في العشرة المذكورين في الحديث قال وأما خطأ غيرهما أي إثمهم فمجوز غفرانه والعفو عنه
(‘inna Talhata wa z–Zoubayr dhanbouhouma biqitali ^Aliyyin maghfouroun li’ajli l-bicharati l-lati waradat fi l-^acharati l-madhkourina fi l-hadith ; wa ‘amma khata’ou ghayrihima ‘ay ‘ithmouhouma famoujawwazoun ghoufranouhou wa l-^afwou ^anh)
ce qui signifie : « Talhata et Az–Zoubayr leur péché pour avoir combattu ^Aliyy est pardonné en raison de l’annonce de bonne nouvelle rapportée au sujet des dix mentionnés dans le hadith. Quant au péché des autres, il est possible qu’il soit pardonné et qu’ils soient excusés ». C’est-à-dire qu’ils sont désobéissants, Allah pardonne à qui Il veut d’entre eux et Il châtie qui Il veut. Il a dit la même chose au sujet de ^A’ichah. Si telle est la parole des imams des ach^riyy, quelle attention prêter alors à quiconque contredit son texte-ci et qui prétend qu’ils auront une récompense parce qu’ils ont fait un ijtihad. Ceux-là ont contredit le texte de leur imam et ont contredit les hadith sûrs qui sont authentifiés du Messager de Allah. Ainsi dans le hadith :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayh ^Ammarin, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah. Yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
ce qui signifie : « Pauvre ^Ammar, c’est le groupe injuste qui va le tuer. Il les appelle au paradis et eux l’appellent à l’enfer », il y a l’indication que Mou^awiyah et les compagnons qui ont combattu avec lui appellent à l’enfer. Comment celui qui appelle à l’enfer aura-t-il une récompense pour son acte par lequel il appelle à l’enfer ! Comment auront-ils une récompense alors que le Messager dit :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaj mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraja^a)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » ! Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah :
من كره من أميره شيئا فليصبر عليه فإنه من يخرج من السلطان شبرا فمات على ذلك مات ميتة جاهلية
(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir ^alayhi fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani chibran famata ^ala dhalika mata mitatan jahiliyyatan)
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle d’un empan contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ». Ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Comment auront-ils une récompense après la parole du Messager de Allah au sujet de ^Aliyy :
اللهم وال من والاه وعاد من عاداه
(Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)
ce qui signifie : « Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et châtie celui qui le prend pour ennemi ».
Comment ceux qui ont manifesté leur animosité contre ^Aliyy, que Allah l’agrée, tels que Mou^awiyah auraient-ils une récompense. Non seulement il s’était rebellé contre ^Aliyy mais aussi il a ordonné aux gens de l’insulter. Mouslim a ainsi rapporté de Mous^ab Ibnou Sa^d Ibn ‘Abi Waqqas que Mou^awiyah avait ordonné à Sa^d en lui disant : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab –le surnom de ^Aliyy– ?! Mou^awiyah était en effet la cause pour que les omeyyades insultent ^Aliyy, que Allah l’agrée, du dessus des minbar pendant quatre-vingts ans.
من عادى عمارا عاداه الله
(man ^ada ^Ammaran ^adahou l-Lah)
ce qui signifie : « Celui qui prend ^Ammar pour ennemi, Allah le châtie ». C’est un hadith confirmé rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a rapporté l’unanimité que ceux qui ont combattu ^Aliyy sont des rebelles qui ont été injustes envers lui. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy fait partie des premiers ach^ariyy ; il est réputé parmi eux pour son imamat et sa science. Il a en effet reçu l’école ach^arite de Abou l-Haçan Al-Bahiliyy qui l’a lui-même reçue de l’Imam Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy par transmission orale. Nous citons ce qu’a dit le commentateur de Al-Jami^ As–Saghir le Mouhaddith le Hafidh ^Abdou r-Razzaq Al-Mounawiyy dans son Charh en page 365 : « Wayha ^Ammar, taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah –Pauvre ^Ammar c’est le groupe injuste et rebelle qui va le tuer– Al-Qadi a dit dans Charhou l-Masabih : il vise par là Mou^awiyah et ses partisans ». Fin de citation
Ceci est explicite pour confirmer la rebellion du groupe de Mou^awiyah qui ont assassiné ^Ammar lors de la bataille de Siffin et que ^Aliyy était dans son droit. Ceci fait partie des hadith apprenant des choses cachées du futur. ^Ammar appelait le groupe de Mou^awiyah qui l’a assassiné lors de la bataille de Siffin au paradis. Ceci avait eu lieu bien après que le Prophète ne l’ait dit. Il les appelait à ce qui serait une cause de l’entrée au paradis. Il s’agit de l’obéissance à l’Imam véritable. Alors que eux l’appelaient à ce qui est une cause pour l’entrée en enfer. Il s’agit de la désobéissance à l’Imam et l’appel à son combat. Ils ont dit : Cela s’est réalisé à l’occasion de la bataille de Siffin. Il les avait alors appelés à l’Imam véritable et ils l’ont appelé à l’enfer et l’ont tué. C’était là un miracle pour le Prophète élu (al-moustafa) et un des signes illustrant son statut de Prophète.
Lorsque certains ont dit il s’agit de ceux qui l’avaient torturé à La Mecque au début de l’Islam, les savants leur ont répliqué comme Al-Qourtoubiyy qui a dit : « Ce hadith fait partie des plus authentiques et des plus sûrs. Lorsque Mou^awiyah n’a pas pu le renier, il a dit : (c’est celui qui l’a amené au front pour combattre qui l’a assassiné). ^Aliyy lui a répondu que c’est alors le Messager de Allah qui aurait assassiné Hamzah lorsqu’il l’a amené au fornt ?! Ibnou Dihyah a dit : C’est là une réplique de ^Aliyy qui ne donne aucune suite, aucun argument pour la contrer ou lui émettre une objection ».
L’Imam ^Abdou l-Qahir Al-Jourjaniyy a dit dans on livre Al-‘Amamiyyah : « Les spécialistes de jurisprudence du Hijaz et de l’Irak des deux groupes : du hadith et de l’avis, parmi lesquels Malik, Ach-Chafi^iyy, Abou Hanifah, Al-‘Awza^iyy et la majorité des spécialistes de la science du tawhid et des musulmans, ont été unanimes à dire que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de Siffin, tout comme il était dans son droit dans son combat contre les gens de al-jamal et que ceux qui l’ont combattu sont des rebelles injustes envers lui mais ne deviennent pas mécréants pour leur rebellion ».
L’Imam Abou Mansour a dit dans le livre Al-Firaq pour indiquer la croyance de Ahlou s-Sounnah : « Ils ont été unanimes que ^Aliyy était dans son droit dans son combat des gens de al-jamal : Talhah, Az–Zoubayr et ^A’ichah à Al-Basrah, et des gens de Siffin : Mou^awiyah et son armée ». Fin de citation
Suite :
Dans Ar-Rawdou l-‘Anif, un homme a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « J’ai vu cette nuit dans le rêve comme si le soleil et la lune s’entre-tuaient et avec chacun il y avait des étoiles ». ^Oumar lui a dit : « avec lequel des deux tu étais ? » Il lui a dit : « J’étais avec la lune ». Il lui a dit : « Tu étais avec celle qui est effacée. Va-t-en et ne fais plus aucun travail pour moi ». Il l’a limogé. Il fut tué le jour de Siffin avec Mou^awiyah et il s’appelait Habis Ibnou Sa^d.
D’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy : « Nous transportions les briques pour construire la mosquée une par une et ^Ammar les portait deux par deux. Le Prophète l’a alors vu et s’est mis à lui enlever la poussière de terre en disant wayha … ». L’auteur a dit Al-Khasa’is : « Ce hadith –celui de ^Ammar– est moutawatir, plus de dix compagnons l’a rapporté ».
Parmi ce qui constitue une preuve claire que Mou^awiyah n’était pas Moujtahid dans son combat contre ^Aliyy d’un ijtihad conforme à la Loi, c’est qu’il disait aux gens : Nous n’avons pas de pacte d’allégeance à faire à ^Aliyy car il a manqué à la loi du Talion pour le sang de ^Outhman à l’encontre de ses assassins. Il disait à ^Aliyy : Nous ne te ferons pas de pacte d’allégeance tant que tu n’as pas exécuté les assassins de ^Outhman. Par la suite, lorsque notre maître Al-Haçan s’était destitué en sa faveur et qu’il était devenu lui le Calife, il n’a pas cherché à venger l’assassinat de ^Outhman. Il s’est occupé d’autre que cela. Son objectif était en effet la souveraineté et il avait atteint son objectif. Il manifeste par cela que son souci n’était pas d’appliquer le Talion en faveur de ^Outhman, que Allah l’agrée, mais il cherchait plutôt ceux qui s’étaient ralliés à ^Aliyy, que Allah l’agrée, leur nuisait et les tuait. Il était auparavant gouverneur d’Egypte, d’Irak du Cham et d’autres pays que ceux-là qui étaient sous la souveraineté des musulmans du temps de ^Outhman. ^Outhman avait par ailleurs des fils âgés qui n’ont pas requis de ^Aliyy qu’il leur applique le talion pour l’assassinat de leur père. Si les fils de ^Outhman avaient demandé l’application du Talion pour leur père et qu’ils lui avaient donné les noms des assassins, il le leur aurait permis. ^Aliyy fait partie des plus ascètes des créatures de Allah à l’égard du bas-monde. C’est lui qui le jour de sa mort, on n’avait trouvé sur lui que sept cents dirhams qu’il avait laissés pour s’acheter un serviteur, tout comme l’a rapporté Ibnou Hibban de la parole de Haçan fils de ^Aliyy dans son discours qu’il a donné le jour de la mort de son père. Mou^awiyah connaissait l’ascèse de ^Aliyy. Mais il a prétendu vouloir appliquer le Talion aux assassins de ^Outhman pour parvenir en réalité au pouvoir. La manière légale de l’application du Talion est que la famille de la victime accuse un assassin précis auprès d’un juge. Ils lui demandent de leur permettre de se venger de lui. Or tout cela ne s’était pas produit. Mou^awiyah n’est pas de la famille de ^Outhman. Sa famille sont ses fils pubères. Certains d’entre eux étaient des gens de science et de mérite.
Tous ceux qui disent que les combattants de ^Aliyy n’étaient pas dans le péché parce qu’ils auraient fait un ijtihad, n’ont pas de réponse au hadith :
من خرجَ من الطاعةِ وفارقَ الجماعةَ فقد خلعَ ربقة الإسلام من عنقه حتى يراجع
(man kharaj mina t–taa^ati wa faraqa l-jama^ata faqad khala^a ribqata l-‘Islami min ^ounouqihi hatta youraji^)
ce qui signifie : « Celui qui se rebelle contre l’autorité et quitte le groupe aura ôté la corde de l’Islam de son cou jusqu’à ce qu’il revienne à l’obéissance au gouverneur » car ce hadith est explicite pour indiquer que la rébellion contre le calife fait partie des grands péchés. Il est ainsi connu d’évidence de la religion qu’il n’est pas permis de se rebeller contre le Calife bien-guidé en raison des textes explicites rapportés à ce sujet et l’unanimité des savants de la communauté. Le Messager de Allah a décrit les combattants de ^Aliyy dans la bataille de Siffin comme étant des boughat –des rebelles–. La rébellion n’a pas d’autre sens que l’injustice et le dépassement de la limite.
Adh–Dhoulm est de deux sortes : que la personne fait preuve de dhoulm envers elle-même et qu’elle soit injuste envers d’autres qu’elle. Ce qu’ont fait ceux-là est une injustice envers autrui. L’injustice envers autrui ne peut être qu’un grand péché comme l’a dit le Messager de Allah :
الظلم ظلمات يوم القيامة
(adh–dhoulmou dhouloumatoun yawma l-qiyamah)
ce qui signifie : “L’injustice ce sera des ténèbres pour la personne au jour du jugement », puisqu’ils ont tué plus de vingt mille personnes.
Pour ce qui est du dhoulm de la personne envers elle-même, il se peut que ce soit un péché, tout comme il se peut que ce soit un manquement ne comportant pas de désobéissance. C’est de cette catégorie qu’est la parole de Younous ^alayhi s-salam dans le ventre du gros poisson : (soubhanaka ‘inni kountou mina dh–dhalimin). C’est ce sens-là que certains spécialistes de la jurisprudence ont donné à ce qui figure dans Abou Dawoud du hadith de ^Amr Ibnou Chou^ayb au sujet duquel il y a divergence chez les spécialistes du hadith. Il y a été cité que le woudou’ est par trois fois et que celui qui a ajouté ou diminué, il aura agi en mal et été injuste (‘aça’a wa dhalama). Certains savants de jurisprudence ont dit que (dhalama) concerne celui qui a diminué par rapport aux trois fois, qui a donc fait le woudou’ une fois ou deux fois chaque membre. Ce serait alors quelqu’un qui n’a pas été accompli dans son woudou’ et qui aura sa récompense diminuée par rapport à celui qui fait son woudou’ trois fois chaque membre. D’autres ont dit : sa parole (dhalama) concerne celui qui ne s’est même pas lavé une fois en ayant délaissé la partie de la main, du pied ou du visage qu’il est un devoir de laver.
Quant à ce que dit certains impudents que ^Aliyy n’a pas été investi de sa fonction de Calife par un pacte d’allégeance pour dire que celui qui le contredit soit considéré comme s’étant rebellé contre un Calife, ceci fait partie du plus infondé de l’infondé et des plus grandes ignorances. En effet, ce n’est pas chaque individu des musulmans qui a fait pacte d’allégeance à Abou Bakr. ^Oumar également, (il ne lui a pas été fait le pacte d’allégeance) mais c’était Abou Bakr qui l’a désigné pour lui succéder. ^Outhman, ce furent six qui lui avaient fait pacte d’allégeance parmi lesquels figurait ^Aliyy. Quant à ^Aliyy, ce furent les émigrants (mouhajiroun) et les partisans (al-‘ansar) qui lui firent pacte d’allégeance. Ce pacte est ainsi donc confirmé pour chaque individu des musulmans, aussi bien Mou^awiyah que les gens de Ach-Cham qui étaient avec lui et qui ont combattu ^Aliyy. Tout comme il n’est pas permis de se rebeller contre Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, il n’est également pas permis de se rebeller contre ^Aliyy. Comment quelqu’un pourrait-il s’imaginer le contraire alors qu’il a été confirmé au sujet du mérite de ^Aliyy plusieurs hadith qui n’ont pas été mentionnés au sujet d’autres que lui.
Le Messager de Allah r a dit à son sujet :
من كنت مولاه فعلي مولاه اللهم والِ من والاه وعاد من عاداه
(man kountou mawlahou fa^aliyyoun mawlahou ; Allahoumma wali man walahou wa ^adi man ^adah)
[rapporté par Ibnou Hibban et An-Naça’iyy au sujet des mérites de ^Aliyy] ce qui signifie : « Celui qui m’aime, qu’il suive ^Aliyy. Ô Allah donne la victoire à celui qui se rallie à lui et prive de victoire celui qui le prend pour ennemi ».
Il a dit aussi :
من ءاذى علياً فقد ءاذاني
(man ‘adha ^Aliyyan faqad ‘adhani)
[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak et il l’a jugé sahih et Adh-Dhahabiyy a été en accord avec lui] ce qui signifie : « Celui qui nuit à ^Aliyy, il m’aura nuit à moi ».
Mouslim et d’autres ont rapporté de ^Aliyy que Allah l’agrée qu’il a dit :
إنه لعهد النبي الأمِّيِّ إِلَيَّ لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق
(innahou la^ahdou n-nabiyyi l-‘oummiyyi ‘ilayya la youhibbouni ‘il-la mou’minoun wa la yabghadouni ‘il-la mounafiq)
ce qui signifie : « C’est la promesse que m’a faite le Prophète qui ne lit pas et n’écrit pas : ne m’aime qu’un croyant et ne me hait qu’un hypocrite ».
Le Prophète r a dit :
إن منكم من يقاتل على تأويله كما قاتلت على تنـزيله
(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)
ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui combattra pour défendre des sens du Qour’an tout comme j’aurai combattu pour défendre qu’il est révélé ». Abou Bakr a dit alors : est-ce que ce sera moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». ^Oumar dit alors : Est-ce moi Ô Messager de Allah ? Il a dit : (لا) (la) ce qui signifie : « Non ». Il a dit : (هو خاصف النعل) (houwa khasifou n-na^l) ce qui signifie : « Ce sera celui qui répare ses sandales ». ^Aliyy était à ce moment en train de réparer ses sandales. Ceci est sahih et rapporté par Ibnou Hibban.
Mouslim a rapporté que le Messager de Allah r a dit :
إني تارك فيكم ثقلين لا تضلوا ما تمسكتم بهما كتاب الله وعترتي أهل بيتي أذكركم الله في أهل بيتي
(inni tarikou fikoum thaqalayni la tadillou ma tamassaktoum bihima : kitaba l-Lahi wa ^outrati, Ahlou bayti. ‘Oudhakkiroukoumou l-Laha fi ahli bayti)
ce qui signifie : « J’ai laissé parmi vous deux choses telles que vous ne serez pas perdus si vous vous y attachez : le Livre de Allah et le pas de chez moi, les gens de ma famille. Je vous rappelle de craindre Allah au sujet des gens de ma famille ». Ainsi donc ceux qui l’ont combattu ont contredit ce hadith.
Quant au fait que Al-Houçayn, que Allah l’agrée, se soulève contre Yazid, c’était légitime et légal. En effet, aucun des émigrants ni des partisans n’avait fait pacte d’allégeance à Yazid. Les gens de Médine ne lui avaient pas fait pacte d’allégeance. Son investiture n’avait donc pas été confirmée. Plusieurs malikiyy ont dit cela comme ceux qui ont fait le commentaire de Khalil. Mou^awiyah avait œuvré auparavant pour qu’il lui succède. Il parlait à l’un et à l’autre. Il leur disait prenez mon fils Yazid en tant que successeur à moi après moi. C’est un conseil que je vous donne. Il n’avait pas retenu de se faire succéder par les fils des compagnons comme le fils de ^Oumar ou ^Abdou l-Lah Ibnou z–Zoubayr. Il a transformé le califat en tradition des rois de perse. Ces deux-là étaient des savants vertueux. Mais Yazid lui n’était pas des gens de science et de vertu. Il a été investi de la présidence conformément à la parole du Messager de Allah :
هلاك أمتي على أيدي أغيلمة من قريش
(halakou ‘oummati ^ala ‘aydi ‘oughaylimatin min qouraych)
[rapporté par Al-Boukhariyy et d’autres] ce qui signife : « Une cause de la perte au sein de ma communauté sera par des jeunes de Qouraych ».
Ont été confirmes les propos du Messager de Allah :
الخلافة بعدي ثلاثون سنة ثم يكون ملك عضودٌ
(al-khilafatou ba^di thalathouna sanatan thoumma yakounou milkoun ^adoud)
ce qui signifie : « Le califat après moi sera de trente ans, après quoi ce seront des souverains durs ». Les trente années ont été accomplies avec Al-Haçan fils de ^Aliyy. Il a en effet désigné pour succéder à son père et a assuré le califat durant six mois. Les trente années s’étaient ainsi écoulées et s’est destitué en faveur de Mou^awiyah afin de préserver le sang des musulmans. Al-Haçan avait été désigné par un pacte d’allégeance de la part des émigrants et des partisans à Médine. Lorsque Al-Haçan s’était déchargé en faveur de Mou^awiyah, Mou^awiyah était devenu Calife.
Détailler le sujet ici comme nous l’avons fait n’est pas une chose qui mène à insulter les compagnons. C’est plutôt prendre la voie des spécialistes du hadith. Les gens du hadith ont mentionné ces sujets dans leurs livres.
Pour ce qui est du hadith :
ويح عمار تقتله الفئة الباغية يدعوهم إلى الجنة ويدعونه إلى النار
(wayha ^Ammarin taqtoulouhou l-fi’atou l-baghiyah ; yad^ouhoum ‘ila l-jannati wa yad^ounahou ‘ila n-nar)
ce qui signifie : “Pauvre ^Ammar, c’est le groupe rebelle qui va le tuer. Il les appelle au paradis alors que eux l’appellent à l’enfer », c’est Al-Boukhariyy qui l’a rapporté.
Quant au hadith :
لا أشبع اللَّه بطنه
(la ‘achba^a l-Lahou batnah)
ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié », au sujet de Mou^awiyah, il a été mentionné par Mouslim.
Il en est de même pour tout autre que cela parmi les hadith et les nouvelles rapportées (‘athar), que nous avons mentionné dans cet écrit, tous ont été mentionnés par les Mouhaddith.
L’habitude des Mouhaddith était de réciter le hadith dans des assemblées auxquelles assistaient les plus âgés et les plus jeunes, même l’enfant de sept ans. Pour plus de précisions, ils chargeaient des gens qui transmettaient à haute voix la parole du Mouhaddith, tout comme les gens transmettent à haute voix la parole de l’imam qui dirige la prière. Il y avait en cela un intérêt pour la religion en plaçant les choses à leur juste contexte et afin de ne pas considérer équivalents celui qui a du mérite et celui qui en a moins. Si on délaissait ces présentations et ces détails des vérités, certains pourraient croire que ce qu’avait fait Mou^awiyah est légitime et qu’il serait alors permis de le suivre en cela. Or il y a en ceci un voile et une déformation de la Loi, puisque ceci diminue de la gravité de la rébellion contre le calife, gravité de laquelle le Qour’an ainsi que le hadith ont fortement insisté. Allah ta^ala dit :
يا أيها الذين ءامنوا اطيعوا اللَّه واطيعوا الرسول وأولي الأمر منكم
(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à celui qui est en charge de vous –votre gouverneur– ».
Le Messager a dit :
من كره من أميره شيئاً فليصبر فانه من يخرج من السلطان فيموت على ذلك إلا مات ميتة جاهلية
(man kariha min ‘amirihi chay’an fa l-yasbir fa’innahou man yakhroujou mina s-soultani fayamoutou ^ala dhalika ‘il-la mata mitatan jahiliyyatan)
ce qui signifie : « Celui qui ne supporte pas une chose de son Emir, qu’il patiente avec lui. Il n’y a pas un seul qui se rebelle contre le Sultan et qui est mort sur cela sans qu’il meure d’une mort jahiliyy ».
Indiquer ces sujets contribue à préserver ce que Allah a rendu important ainsi que Son Messager. Abandonner cela contribue à le perdre.
Quant à insulter les compagnons au sujet duquel il y a eu interdiction par la parole du Messager de Allah :
لا تسبوا أصحابي
(la tasoubbou ‘s–habi)
ce qui signifie : « N’insultez pas mes compagnons », il s’agit d’insulter la totalité des compagnons ou de blâmer l’un d’entre eux sans raison légale, du moment qu’il n’a rien commis qui lui fait mériter la mise en garde. C’est le cas des insultes proférées par les khawarij lorsqu’ils s’étaient rebellés contre ^Aliyy alors qu’auparavant ils combattaient à ses côtés. Ils l’ont insulté et ont insulté ceux qui s’étaient ralliés à lui. Ils ont été jusqu’à le déclarer mécréant ainsi que ceux qui l’avaient rallié. Mais blâmer des individus parmi les compagnons pour une raison valable selon la Loi, cela a été confirmé par le texte même du hadith. Ainsi, le Messager ^alayhi s-salam, a dit au sujet d’un serviteur à lui qui se dénommait Karkarah, et qui était chargé de la famille du Prophète pendant la conquête ; cet homme était mort durant la conquête ; Le Messager a dit : (هو في النار) (houwa fi n-nar) ce qui signifie : « Il est en enfer ». Ils ont trouvé alors qu’il avait volé un voile du butin. Rapporté par Al-Boukhariyy.
Mouslim a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qu’il a dit à ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As que le fils de ton oncle paternel Mou^awiyah nous ordonne de consommer les biens des uns des autres injustement et de nous entre-tuer. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr s’est tu un instant puis lui a dit :
أطعه في طاعة اللَّه واعصه في معصية اللَّه
(ati^hou fi ta^ati l-Lahi wa ^sihi fi ma^siyati l-Lah)
ce qui signifie : « Obéis-lui en ce qui constitue une obéissance à Allah et désobéis-lui en ce qui constitue une désobéissance à Allah ». ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr le compagnon n’a pas dit à ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Abdi Rabbi l-Ka^bah qui fait partie des successeurs dignes de confiance des compagnons : (tu as blâmé Mou^awiyah et le Messager a dit ce qui signifie : N’insultez pas mes compagnons).
Les savants du hadith n’ont pas cessé de mentionner ce hadith rapporté par Mouslim lorsque le Messager de Allah a envoyé ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas pour lui appeler Mou^awiyah. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas était parti l’appeler mais il l’a trouvé en train de manger. Il a dit : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Le Messager de Allah lui a dit : (ارجع فادعه) (irji^ fad^ouhou) ce qui signifie : «retourne et appelle-le ». Il est reparti puis est revenu en disant : Ô Messager de Allah, il est en train de manger. Il a alors dit : (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié ». Ceci est bien un blâme de la part du Messager et non pas une invocation en sa faveur. En effet, trop manger n’est pas la qualité des pieux. Le Messager de Allah a dit :
المؤمن يأكل في معى واحد والكافر يأكل في سبعة أمعاء
(al-mou’minou ya’koulou fi ma^an wahidin wa l-kafirou ya’koulou fi sab^ati ‘am^a’in)
ce qui signifie : “Le croyant accompli mange le un septième de ce que mange le mécréant ». Trop manger est un blâme et non pas une éloge. Le Messager de Allah a dit r :
ما ملأ ابن ءادم وعاء شرا من بطنه، بحسب أحدكم لقيمات يُقمن صلبه، فإن كان ولا بد فثلث للطعام وثلث للشراب وثلث للنفس
(ma mala’a bnou ‘Adama wi^a’an charran min batnihi ; bihasbi ‘ahadikoum louqaymatoun youqimna soulbahou ; fa’in kana wa la boudda fathoulouthoun li t–ta^ami wa thoulouthoun li ch-charabi wa thoulouthoun li t-tanaffouci)
ce qui signifie : « Le fils de Adam n’aura pas rempli un pire récipient que son ventre. Que chacun d’entre vous se suffise de quelques bouchées qui lui permettent de garder sa santé. S’il était nécessaire, qu’il se suffise d’un tiers pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour la respiration ». Rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit haçan sahih.
Ce qui fait partie des choses étranges, c’est que certains ont dit que la parole du Messager à Mou^awiyah (لا أشبع اللَّه بطنه) (la ‘achba^a l-Lahou batnah) ce qui signifie : « Que Allah fait que son ventre ne soit jamais rassasié » est une éloge pour lui ! La corruption de ces propos est apparente en raison de sa contradiction avec les deux autres hadith d’une contradiction claire. Le Messager fait l’éloge du fait de se limiter à quelques bouchées. Il approuve que le croyant se suffise de quelques bouchées, que ce qu’il mange soit de faible quantité.
Nous disons cela, et Allah sait les consciences et les fors intérieurs. Les actes valent selon leur intention et Allah sait nos intentions. A Lui le devenir et le retour pour le jugement.
Pas de différence entre l’arabe et le non-arabe si ce n’est par la piété
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’il nous augmente en connaissance. Et nous lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’Enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de son agrément.
Allah tabaraka wa ta^ala a accordé à son prophète Mouhammad, parmi les bons caractères et les bons comportements, les meilleurs et les plus hauts degrés. Et les gens auprès du prophète ne se distinguaient pas les uns les autres, c’est-à-dire qu’ils ne faisaient pas de différence entre les gens sauf selon la piété. C’est-à-dire que pour le prophète, les meilleurs étaient ceux qui était le plus pieu. Ainsi, notre chaykh que Allah lui fasse miséricorde, a rapporté avec une chaine de transmission du degré du sahih, dans le sahih de Mouslim, du hadith de ja^far assadiq, d’après son père Mouhammad al baqir, d’après Jabir Ibnou ^abdi l-Lah al ‘ansariyy, que Allah les agrée, concernant description de la manière avec laquelle le messager de Allah a accompli le pèlerinage, le hajj. Il a dit pour décrire la manière avec laquelle le prophète a accompli le pèlerinage, que le prophète était partit de ^arafat après le coucher du soleil, vous savez que le 9 de dhou l-Hijjah les pèlerins vont à ^arafat et le temps de la station à ^arafat est depuis le temps de adh-dhouhr du jour de ^arafat, c’est-à-dire le 9 du mois de dhoul Hijjah, jusqu’à l’aube du 10, le 10 étant le jour de al ^id, le jour de la fête du sacrifice. Donc il est parti de ^arafat après le coucher du soleil, et il était sur une monture et il avait mis derrière lui ‘Ouçamah, jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à Mouzdalifah, qui est une station, une etape, par laquelle les pèlerins passent avant de retourner à la Mecque pour faire les tous autour de la ka^bah. Il a passé la nuit à Mouzdalifah, il a fait la prière de as-soubh à mouzdalifah puis il est reparti à al mach^ar al Haram, et il s’est tenu la bas et il a invoqué Allah et il avait mis sur sa monture cette fois-ci Al Fadl ‘ibn Al ^abbas, qui est le fils de al-^abbas, Al ^abbas comme vous le savez c’est l’oncle du prophète. Al Fadl est donc le cousin du prophète, il est le fils de al ^abbas, al ^abbas étant le frère de ^abdou l-Lah, ^abdou l-Lah qui est le père du prophète. Al ^abbas avait plusieurs fils, parmi eu il y avait al Fadl. Parmi eux il y avait ^abdou l-Lah qui est connu, qui est tarjoumalou l-Qour’an, c’est-à-dire celui qui explique le Qour’an. Le prophète a donc pris son cousin al-Fadl jusqu’à arriver à Mina, Mina étant un autre endroit sur le trajet du retour de ^arafat jusqu’à la Mecque. Il est donc passe par Mouzdalifah, al mach^ar al-Haram et Mina.
Regardez cette grande sagesse, combien la sagesse du prophète est éminente puisqu’il a pris derrière lui sur la monture ‘ouçama fils de zayd. Donc au début quand il est parti de ^arafat à mouzdalifah il a pris Ouçama fils de zayd, puis quand il a quitté mouzdalifah et qu’il est retourné jusqu’à mina il a pris derrière lui son cousin al Fadl ibnou ^abbas. Il n’a donc pas pris en considération l’aspect, ni l’ascendance, celui-là est le fils, celui-là est mon cousin alors que celui-là n’est pas mon cousin, ce n’est pas cela qu’il a pris en considération. Mais il a pris en considération le mérite par la piété en effet ‘ouçama fils de zayd était le fils de zayd qui était un esclave qui a été affranchi, qui a été offert par khadijah (l’épouse du prophète) au prophète, le prophète lui a rendu sa liberté et il l’a fait marié a ‘oummou ‘ayman al habachiyyah, qui était une femme qui avait pris en charge le prophète quand il était enfant. Et ‘ouçamah le fils de ce zayd et cette ‘oummou ‘ayman, par la couleur de sa peau il était noir. Tandis que le cousin du prophète, al fadl ibnou al ^abbas, il était parmi les plus beaux des gens par l’aspect il était blanc et avait de beaux cheveux, le prophète n’a pas dit celui-là est mon cousin, c’est le fils de mon oncle paternel, il s’appelle Al-Fadl, je vais le prendre d’abord alors que de par son ascendance c’était son cousin et de par l’aspect il était parmi les plus beaux des hommes, mais il a pris en compte le fait que ‘ouçama est plus ancien dans l’islam que al Fadl, il a pris d’abord ‘ouçamah que Allah l’agrée, il l’a fait monter derrière lui sur sa monture de ^arafat jusqu’à mouzdalifah, et c’était la nuit. Puis, le lendemain après avoir fait la prière de l’aube du jour de al ^id, il a pris avec lui al Fadl et c’est cela la justice qui est acceptée. Allah a accordé la réussite au prophète dans tous ses agissements son cœur était pur son intention était sincère, on for intérieur était bon il ne prenait pas en considération qui avait plus d’argent ou qui était le fils de qui mais il prenait en considération le mérite dans la religion. Et il en était ainsi pour tous ses agissements, que Allah l’honore et l’élève davantage en degré, Allah ta^ala lui a accordé une grâce particulière, bien que le prophète avait grandi orphelin, le prophète n’avait pas côtoyé les gens qui avaient de la sagesse, quelqu’un pourrait dire qu’il a appris cela d’eux, non, il avait grandi orphelin c’est Allah qui lui a accordé toute cette sagesse. Et Allah a embelli notre prophète et lui a accordé les meilleurs comportements, ainsi le prophète est comme il est décrit dans le Qour’an honoré, sourat al Qalam ‘ayah 4, Allah dit, ce qui signifie : « et tu as certes un comportement éminent. ». Et il été ainsi décrit dans les livres anciens. Il y avait un des savants des juifs qui était à l’époque à Medine, qui s’appelait zayd fils de sa^nah, il avait lu dans certains livres anciens que Allah a révélé à un de ses prophètes, il avait lu comment était décrit le dernier des prophètes, et il y avait lu que le dernier des prophètes était plus indulgent que les autres et que chaque fois que les gens étaient injustes envers lui, il augmentait en indulgence, plus les gens augmentaient en injustice, plus il augmentait en indulgence. Ce savant juif voulait donc, après que le prophète a émigré de la Mecque à Médine, savoir si cette description s’appliquait au prophète mouhammad, si il était bien le prophète des derniers temps. Donc ce savant des juifs voulait voir si son indulgence était plus forte qu’un autre caractère et est-ce que l’injustice que les gens pouvaient lui faire l’augmentait bien en indulgence, c’est-à-dire que, quel que soit la nuisance des gens cela ne l’amène pas à agir de manière qui n’est pas correct, quel que soit l’agissement des gens il n’avait pas un comportement qui n’était pas conforme à la sagesse. Il a voulu donc tester le messager de Allah. Il a fait une transaction avec lui, une dette qui devait être remboursée à un terme bien déterminée. L’objectif de cette transaction était que le prophète lui rembourse une dette à une date bien déterminée. Et trois jours avant l’arrivée de l’échéance ce juif est venu pour réclamer le remboursement. Et il a dit une parole au messager de Allah, une parole très incorrecte. Et notre maitre ^oumar ibnou l-khattab, que Allah l’agrée, quand il a entendu cet homme insulter le prophète il a voulu venger le prophète, car cette homme avait manqué de respect envers le messager de Allah. Il a même faillit le tuer. Le messager de Allah l’en a empêché, et il a su ainsi que cette description s’appliquait bien à notre maître Mouhammad et qu’il était bel et bien ce prophète dont les autres prophètes avaient annoncé sa venue. Et il a dit les témoignages de vérité, il a dit « Je témoigne qu’il n’est de Dieu que Allah, et je témoigne que tu es le messager de Allah ».Ceci est un des nombreux exemples des signes de sa prophétie, que Allah l’honore et élève en degré lui et sa famille. Par ailleurs la sagesse et le bon comportement était la caractéristique de tous les prophètes. Allah n’envoie pas pour guider ses esclaves un homme dont l’honneur a été remis en cause car il serait indécent ou aurait trahi ou aurait été vulgaire ou menteur, il n’y a pas de prophète qui serait de cet ordre. Il n’envoie que quelqu’un qui a grandi sur la véracité, qui ait était véridique depuis sa naissance, qui ait était chaste, dont l’honneur est sauf, dont le comportement est bon, qui agit correctement avec les gens. Et notre maître Mouhammad était parmi les prophètes celui qui avait la plus grande part de tout ça, personne après lui n’aura plus que lui et personne avant lui n’a eut plus que lui. Notre chaykh, que Allah lui fasse miséricorde, a rapporté dans les deux sahih, sahih de al boukhariyy et de Mouslim, d’après le hadith de ‘anas ibnou malik, que le messager était parmi les gens celui qui avait le meilleur comportement. Une fois ayant connu cette règle que les prophètes ont un excellent comportement, si nous entendons quelque chose qui est rapporté au sujet d’un prophète qui contredit ce sens, qu’ils auraient d’excellent comportement, alors nous savons que ce qui est rapporté est faux, c’est une calomnie, c’est quelque chose qui n’a pas de fondement.
Il a été rapporté dans le mousnad de l’Imam ahmad que Allah l’agrée, d’après le compagnon ‘Anas ibnou malik que Allah l’agrée, que le messager de Allah a dit, ce qui signifie : « Allah n’a pas envoyé un prophète sans qu’il est un beau visage et une belle voix, et certes votre prophète est celui d’entre eux qui a le plus beau visage et la plus belle voix ». Et notre chaykh a dit : « Et il nous a été rapporté dans le sahih de mouslim d’après le compagnon joubayr ibnou mout^im que Allah l’agrée, il a dit : « j’ai entendu le messager de Allah réciter du Qour’an sourat wa t–tour, mon cœur a failli s’envoler », tellement que la récitation du prophète était belle, tellement que la voix du prophète était belle. Malgré tout cela, c’est à dire malgré cet excellent comportement de notre prophète et l’excellent comportement des autres prophètes, ils n’incitaient pas à avoir l’excellent comportement comme ils ordonnaient et ils incitaient à accomplir les obligations. C’est-à-dire qu’ils insistaient beaucoup plus sur le fait d’accomplir les obligations que sur l’excellent comportement. En effet, le prophète insistait beaucoup plus sur les obligations parce qu’elles sont plus importantes. Au jour du jugement l’esclave sera interrogé sur les obligations avant d’être interrogé sur son bon comportement et sur son bon agissement avec les gens. Il sera interrogé au jour du jugement sur les obligations, est-ce qu’il a fait les devoirs, est-ce qu’il a évité les péchés, est-ce qu’il s’est acquitté de ce que Allah lui a ordonné de faire parmi les actes d’adorations. Est-ce qu’il a appris parmi la science de la religion la part que toute personne pubère et responsable, saine d’esprit, doit apprendre, dont elle ne peut se passer. L’esclave doit corriger son comportement avec Dieu avant de corriger son comportement avec l’excellence de comportement. C’est quoi le comportement avec Dieu, c’est d’accomplir les devoir et d’éviter les péchés, celui qui n’accomplit pas les devoirs et qui n’évitent pas les péchés, même si il est gentil avec les gens, même si les gens trouvent qu’il a un bon caractère, ça ne lui sera pas utile au jour du jugement. Il doit d’abord faire les devoirs et éviter les péchés, cela est prioritaire. Certains ignorants disent : « moi je ne fais de mal à personne, je suis gentil avec tout le monde ». Oui, mais ce n’est pas cela le plus important, le plus important c’est que tu fasses ce que Dieu t’a ordonné de faire et que tu évites ce que Dieu a interdit de faire, après tu es gentil ou tu n’es pas gentil, mais d’abord fait les devoirs et évite les péchés. La première des obligations est de croire en Allah ta^ala, l’obligation qui est prioritaire sur tous les autres devoirs c’est de croire en Allah ta^ala, c’est-à-dire de croire en son Unicité, et d’éviter toutes les sortes de mécréance, toutes les sortes d’association à Dieu, et de croire en son messager. Les esprits des gens qui avaient acceptés l’appel du prophète à son époque, les compagnons, leurs esprits étaient ouverts et leurs esprits comprenaient ce que le messager de Allah leur enseignait comme exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures, il leur disait que Dieu n’a pas de ressemblance avec les créatures et ils comprenaient cela directement. Ils comprenaient de la ‘ayah, plusieurs sens et de manière correcte. Ils comprenaient ce que beaucoup de gens aujourd’hui ne comprennent pas. Aujourd’hui et également dans certaines époques qui ont précédé notre époque. Allah a révélé au sujet de son exemption une ‘ayah qui a réuni beaucoup de sens, c’est la ‘ayah 11 de sourat ach-choura, qui signifie « Rien n’est tel que Lui ». Cette phrase réunit de nombreux sens d’exemption totale de Dieu de ressemblance avec ses créatures, Allah n’a pas de ressemblance avec ses créatures. Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah n’est pas ainsi. Donc cette ‘ayah nous fait comprendre que Allah n’a absolument aucune ressemblance avec quoi que ce soit, et aucune de ses créatures ne Lui ressemble, ni par son être, ni par ses attributs, ni par ses actes. Aucune créature ne ressemble à l’Etre de Allah, il n’y a pas de caractéristiques des créatures qui ont une ressemblance avec les attributs de Allah, et il n’y a pas d’acte des créatures qui ait une ressemblance avec l’acte de Allah. Allah tabaraka wa ta^ala est Unique par son Etre, Il est exempt de début, exempt de fin, Il n’a pas de début et Il n’a pas de fin à son existence, il existe sans début il n’y a pas d’autre que Lui Qui soient exempt de début. Le temps et l’endroit ont un début, ils sont entrés en existence, ils n’existaient pas de toute éternité puis ils ont existé. L’endroit, c’est plus clair de comprendre qu’il n’existait pas de toute éternité puis il a eu un début. Pour ce qui est du temps, lorsqu’on dit que le temps est une créature, que le temps a un début, comment rapprocher cela à la compréhension, c’est de dire que le temps n’avait pas d’existence avant la première chose qui est entrée en existence. Avant la première des créatures il n’y avait pas de temps, parce que la définition du temps c’est le rapport d’une créature à une autre créature, le rapport d’un évènement à un autre évènement, le rapport d’un accident à un autre accident. C’est cela le temps, c’est un rapport de choses qui sont entrées en existence. Avant tout ce qui est entrée en existence seul Dieu existe et donc il n’y a pas de temps de toute éternité. Le temps a existé par la première des choses qui est entrée en existence. La première des créatures selon ce qui est parvenu dans les hadith sahih du messager de Allah c’est l’eau, ensuite c’est le trône (al ^arch) qui est le toit du Paradis, ensuite c’est le Kalam élevé, c’est un instrument d’écriture, ensuite la Table Préservée, c’est une table sur laquelle Allah a fait que ce kalam trace tout ce qui va avoir lieu jusqu’au jour du jugement. La première des créatures que Allah a créé c’est l’eau, Allah a créé l’eau sans qu’elle ne soit à partir d’une autre créature. Allah l’a créé de rien, sans qu’elle ne soit à partir d’autre chose. Allah est tout Puissant à créer la première des créatures sans que ce soit à partir d’autre chose, Il est sur toute chose tout Puissant. Allah a créé l’être humain à partir de la terre sur laquelle nous vivons, du sol de cette Terre. Allah a créé l’homme à partir de différentes couleurs de sol. Allah a ordonné à un de ses anges de prendre une poignée de terre des différents sols de cette Terre. Puis cette poignée de terre a été élevé au Paradis et a été pétris avec l’eau du Paradis. C’est devenu de la terre glaise, de la terre mélangée avec de l’eau, puis c’est devenu sec comme de la porcelaine. Ensuite, Allah fait que l’âme entre dans ce corps qui était comme de la porcelaine et c’est devenu ainsi un être vivant, qui bouge, qui a une volonté. Et l’âme, Allah l’a créée avant le corps, les âmes sont créées, les âmes ont un début, tout autre que Allah a un début, seul Allah n’a pas de début. Et parmi les grâces que Allah a accordées à ce premier humain, qui est ‘Adam, que Allah l’honore et l’élève davantage en degrés, ‘Adam était non seulement notre père à tous, il est notre ancêtre à tous, donc il a un mérite de ce point de vue, mais en plus il était le premier des prophètes, c’est-à-dire qu’il a un autre mérite puisqu’il a enseigné à ses enfants la manière de fabriquer les choses, la manière de semer le blé, la manière de fabriquer du pain, de fabriquer des pièces d’or, tout cela, c’est ‘Adam qui l’a enseigné. Allah a accordé à ‘Adam le nom des différentes choses sans qu’il n’étudiât auprès qu’aucun ange, mais Allah lui a accordé cette connaissance. Depuis le début de son existence ‘Adam parlait, ce n’est pas comme un enfant qui était petit, qui ne savait pas parler puis qui a grandi et il a parlé, non, depuis le début ‘Adam était avec son apparence d’adulte. Et parmi les grâces que Allah a accordé à notre maitre ‘Adam c’est qu’il a parlé dès que l’âme est rentrée dans le corps humain. Il a parlé avec les anges, les anges avaient été créé auparavant, une période avant que Allah sait. En résumé, l’eau à partir de laquelle a été créé ce monde, quel que soit les parties de ce monde elles ont toutes été créées à partir de cette première eau qui existe actuellement sous le Trône. Et avant cette première eau il n’y avait pas de temps et il n’y avait pas d’endroit. Parce que l’endroit a été créé à partir de cette première eau. Le premier corps solide que Allah a créé c’est le Trône il n’y avait pas avant le Trône un autre corps solide. Et il est un devoir de croire que le créateur de ce monde n’a pas de ressemblance avec ce monde d’aucune manière que ce soit, Allah existe et Il n’a pas de ressemblance avec tout ce qui existe. Lorsque nous disons que Allah existe et n’a pas de ressemblance avec tout ce qui existe, on comprend que Dieu n’a pas de début à son existence. Il existe, Il n’a pas de créateur qui l’ait fait exister. Pourquoi, parce que son existence n’a pas été précédé de néant. Comment aurait-il alors besoin d’un créateur ?! Qui a besoin d’un créateur ? Celui dont l’existence a été précédée d’un néant c’est lui qui a besoin d’un créateur. Celui qui a un début à son existence il a besoin d’un créateur, mais Allah son existence n’a pas été précédée d’un néant. Par ailleurs Allah a pour attribut la puissance la science et la volonté, parce que Celui qui créé il n’est pas valable selon la raison qu’il créé s’il n’a pas ces attributs-là, et ces trois attributs, il n’est valable de les avoir selon la raison que par celui qui a pour attribut la vie. Celui qui n’est pas vivant il n’est pas attribué par la science, la volonté et la puissance. Allah ta^ala a pour attribut la Vie, mais sa Vie n’est pas comme la vie d’autre que Lui. Notre vie à nous elle est à l’aide d’âme, de chair, d’os et de sang. Mais la vie de Allah, Celui Qui a créé ce monde, elle n’a pas de ressemblance avec la Vie d’autre que Lui, elle n’est pas avec de la chair, de l’os et du sang. C’est un attribut éternel, exempt de début exempt de fin, qui n’évolue pas, qui ne change pas. Allah c’est Lui Qui a créé la lumière et l’obscurité. La lumière n’est pas de toute éternité. L’obscurité n’est pas de toute éternité. La lumière et l’obscurité ce sont des corps, ce ne sont pas des corps palpables, mais ce sont des corps impalpables. Pourquoi nous disons que la lumière et l’obscurité sont des corps ? Parce qu’ils occupent un espace. Si quelqu’un se trouve dans une nuit obscure et qu’il allume une bougie, il voit bien que cette lumière elle atteint une limite qu’elle ne dépasse pas. Au-delà, c’est l’obscurité, s’il revient c’est la lumière. Comme aujourd’hui maintenant, il fait jour dans certains pays du monde, dans d’autre pays il fait nuit, c’est à dire que la lumière occupe un espace. C’est un espace qui n’est pas palpable, mais c’est un espace, c’est un corps. Les corps ont une quantité, celui qui a une quantité il a besoin de Qui lui a donné la quantité, et celui qui a besoin de qui lui a donné la quantité, à plus forte raison il a besoin de qui lui a donné l’existence, c’est une créature. La lumière et l’obscurité ne sont pas de toute éternité, ils sont créés. Les deux sont entrés en existence après n’avoir pas existé. Et ceci même si l’imagination est un peu confuse à ce sujet, la raison saine, celui qui utilise correctement sa raison il n’a pas de problème à ce sujet, il l’accepte, il le confirme. C’est un devoir pour nous d’avoir pour croyance que de toute éternité il n’y avait ni lumière ni obscurité, mais que tout deux (la lumière et l’obscurité) sont entrés en existence. Preuve en est, le fait qu’ils se succèdent, qu’il y a une lumière, puis une obscurité, c’est une preuve que chacun d’entre eux a une fin, et un début. La fin de la lumière indique le début de l’obscurité et ainsi de suite. En fin de compte, tout ce qui change, tout ce qui a une fin, a un début à son existence. Comme ce monde, comment est-ce que nous avons déduit qu’il a un début à son existence, c’est par son changement. Tout ce qui change d’un état à un autre a besoin de qui le fait changer, et celui qui a besoin de Qui le fait changer, il a besoin de Qui lui donne l’existence, et celui Qui donne l’existence, Lui, ne change pas, Il n’a pas de début, Il n’a pas de fin à son existence, c’est Celui que nous appelons Dieu ou Allah. Donc le fait que chacun de la lumière et de l’obscurité prennent fin, c’est une preuve qu’ils ont un début. Allah tabaraka wa ta^ala nous a donné la preuve dans le Qour’an par sa Parole dans sourat al-‘an^am/’ayah 1, qui signifie : « Il a créé l’obscurité et la lumière »
Allah est le créateur de la lumière, tout comme Il est le créateur de l’obscurité. Il n’a pas de ressemblance avec la lumière, Il n’a pas de ressemblance avec l’obscurité. Et il est valable d’appeler Allah An-Nour, le mot nour en arabe veut dire au sujet de Allah, Celui qui guide qui Il veut parmi ses esclaves, cela ne veut pas dire lumière au sujet de Dieu. Le mot an-nour dans la langue arabe peut avoir plusieurs sens, parmi les sens il y a la lumière, mais au sujet de Dieu ça ne veut pas dire lumière, ça veut dire : Il est Celui qui guide qui Il veut parmi ses esclaves à l’Islam. C’est Lui qui a guide les anges (les anges ce sont les habitants des sept cieux), c’est Lui Qui les a guide vers la foi c’est-à-dire qu’Il a créé en eu la connaissance, Il a créé en eu la foi, ils sont bien guidés. Et Il a créé en qui Il veut parmi les humains et les jinn la foi également. Allah a fait qu’il y a des humains et qu’il y a des jinn qui sont croyants. C’est dans ce sens qu’on dit de Allah qu’Il est An-Nour et non pas dans le sens de la lumière. Quand on dit an-nour dans le sens de la lumière, elle est entrée en existence, elle est créée. N’est-ce pas que la lumière est recouverte par l’obscurité ? C’est-à-dire que la lumière s’en va puis c’est l’obscurité qui s’installe, puis c’est l’obscurité qui s’en va et c’est la lumière qui prend place et ainsi de suite ils se succèdent. Ceci est une preuve de leur entrée en existence, ceci est une preuve que la lumière n’est pas de toute éternité et que l’obscurité n’est pas de toute éternité. Seul Allah est de toute éternité. Allah tabaraka wa ta^ala nous a fait comprendre cela avec une seule parole dans le Qour’an, dans sourat al-Hadid ‘ayah 3, qui signifie : « Il est Celui Qui n’a pas de début à son existence et tout autre que Lui est entré en existence ». Cette ‘ayah veut dire que Allah seul n’a pas de début à son existence et tout autre que Lui a un début à son existence. Nous exemptons Allah de toute ressemblance avec ses créatures par application de la ‘ayah dans sourat ach-choura/’ayah11, qui signifie « Rien n’est tel que Lui », c’est-à-dire que nous excluons au sujet de Allah les caractéristiques des créatures, comme le fait d’être dans un endroit, comme le fait de s’assoir, comme le fait de s’adosser, comme le fait d’être suspendu dans l‘air. Allah est exempt de tout cela. L’homme doit ancrer dans son cœur cette croyance, la croyance que Allah ta^ala existe sans endroit, que Allah n’a pas la caractéristique de la position assise, ni d’être allongé, ni d’être adossé, ni d’être suspendu comme ses planètes. Les planètes sont suspendues dans l’espace par la Toute Puissance de Allah. Allah tabaraka wa ta^ala il n’est pas possible à son sujet qu’ils soient comme ces choses-là. Et il n’est pas possible au sujet de Allah qu’Il soit comme un homme assis dans un endroit. Le Trône (al ^arch) ce n’est pas un lieu d’établissement ou d’installation de Dieu, mais le trône (al ^arch) qui est comme un lit qui a quatre pilier, qui est un corps immense, Allah ta^ala l’a créé par manifestation de sa Toute Puissance pour que les anges ressentent l’éminence de la Toute Puissance de Dieu. En effet les anges qui sont tout autour du Trône, ils augmentent en glorification de Allah, car lorsqu’ils voient l’étendu du Trône qui est immense, gigantesque, leur science, leur connaissance de la parfaite Toute Puissance de Dieu augmente. L’endroit est donc la caractéristique de ce qui entre en existence, de ce qui n’existait pas puis qui a existé. La plus ancienne de ces choses qui existent et qui sont entré en existence, et qui occupent un endroit, c’est l’eau, et ce qu’il y a après l’eau c’est le Trône. L’eau tout comme le Trône sont entre en existence. Ici lorsqu’on dit « qui entre en existence » (al hadith) il ne s’agit pas simplement de quelque chose de récent, mais c’est tout ce qui entre en existence en général. Tout ce qui entre en existence après n’avoir pas existé on dit que c’est un hadith, c’est-à-dire quelque chose qui entre en existence. Si le Trône qui est la plus éminente des créatures, la plus étendue des créatures est entré en existence, que dire de cette Terre sur laquelle nous vivons, à plus forte raison ces Etoiles, ces planètes sont entrées en existence. En résumer, tout autre que Allah est entre en existence c’est à dire qu’il existe après n’avoir pas existé. Et la preuve de l’entrée en existence de ce monde c’est son changement. Lorsque nous voyons une chose qui change d’un état à un autre, nous déduisons que cette chose à un début. Nous même par exemple nous changeons, c’est une preuve de notre entrée en existence. Tout ce qui change est une preuve du besoin de Qui fait changer cette chose, et celui qui a un besoin il a obligatoirement Qui lui donne l’existence.
Quelques informations utiles :
Dans le hadith, rapporté par notre chaykh que Allah lui fasse miséricorde : Lorsque des gens se réunissent dans une assemblée, puis ils quittent cette assemblée sans évoquer Dieu, sans dire une parole évoquant Dieu comme la ‘ilaha ‘illa l-Lah par exemple, sans faire d’invocations en faveur du prophète par exemple en disant Allahoumma salli ^ala sayyidina mouhammad, cela sera une cause de regret pour eux dans l’au-delà, même s’ils vont au Paradis. Hadith rapporté par At-Tabaraniyy. C’est-à-dire que même si la personne est dans une assemblée de science de la religion, elle ne quitte pas cette assemble sans évoquer Allah et sans faire d’invocation en faveur du prophète. Dans l’au-delà la personne que ne fait pas cela elle va regretter, elle dira « si seulement je n’avais pas raté cela ». Même si la personne va au Paradis, mais elle ne va pas ressentir de chagrin ou de tristesse, parce qu’au Paradis il n’y a pas de chagrin, il n’y a pas de tristesse au Paradis. Mais elle regrettera car elle verra la grande récompense que ceux qui ont évoqué Allah et qui ont invoqué Allah en faveur du prophète vont gagner quand ils font cette évocation et cette invocation. Il se dira si seulement j’avais fait la même chose, j’aurais moi aussi eut une grande récompense.
Il est parvenu dans le jami^ de at-tirmidhiyy, avec une chaine de transmission sahih, du hadith de abou ‘oumama al-bahili que Allah l’agrée, qu’il y avait deux hommes, l’un qui s’adonnait aux actes d’adorations, et l’autre qui était un savant, alors le messager de Allah, a dit ce qui signifie : « Le mérite du savant sur l’adorateur, c’est-à-dire le mérite de celui qui est un savant, qui a de la science, sur celui qui se consacre uniquement aux actes d’adorations, est semblable à mon mérite sur le mérite de celui d’entre vous qui a le plus bas niveau (le plus bas degrés)»
Et certes Allah honore celui qui enseigne le bien aux gens, les anges et même les poissons dans l’eau font des invocations en faveur de celui qui enseigne le bien aux gens. En effet, parce que par la science, Allah fait que beaucoup de mal est réparé, par la science, Allah fait que beaucoup de gens soient sauvés de ce qui les mène à leur perte. Par la science de la religion la personne corrige sa croyance. Par la science de la religion, la personne, si elle était sur un cas de mécréance, elle revient à l’Islam, par la science de la religion la personne apprend comment adorer Dieu correctement. Elle apprend comment accomplir les devoirs correctement, elle apprend aussi quelles sont choses que Dieu a interdites, pour les éviter. Tout cela grâce à la science, c’est pour cela que la science c’est l’arme du croyant. Celui qui n’a pas la science il est exposé à de grands dangers. Il se peut même qu’il pense qu’il est dans un bon état alors qu’en réalité il est dans un très mauvais état. Que Dieu nous préserve de toute mauvaise chose.
RamaDaan 1432 : Les actes surérogatoires de nuit
La louange est à Allah le Seigneur des mondes. Que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouhammad et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissances et nous Lui demandons de nous préserver de l’état des gens de l’enfer. Nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément.
Allah ta^ala dit : (‘Inna l-mouttaqina fi jannatin wa ^ouyoun ; ‘akhidhina ma ‘atahoum rabbouhoum ‘innahoum kanou qabla dhalika mouhsinin ; kanou qalilan mina l-layli ma yahja^oun ; wa bi l-‘as-hari houm yastaghfiroun » [sourat Adh-Dhariyat/15-18].
Le Prophète éminent a dit ce qui signifie : « Attachez-vous au fait d’accomplir des prières surérogatoires et des actes d’adorations surérogatoires durant la nuit car c’est cela le chemin des vertueux, c’est un moyen d’expier vos mauvaises actions, c’est un moyen pour éviter de commettre les péchés et un moyen de chasser la maladie du corps » [rapporté par At-Tirmidhiyy qui a dit que c’est un hadith gharib].
Celui qui veut améliorer son état, qui veut suivre le chemin des vertueux, qui veut prendre la voie des soufis, qu’il s’attache aux veillées surérogatoires pendant la nuit pour accomplir différents actes d’adoration et notamment, la prière pendant la nuit. C’est la tradition des prophètes et la voie et le chemin des saints et des esclaves vertueux. La prière surérogatoire pendant la nuit est une tradition de notre Prophète élu. D’après ^A’ichah que Allah l’agrée : « Le Prophète veillait en prières surérogatoires la nuit tant que ses pieds en étaient endoloris » mais sans que cela arrive à nuire au corps. ^A’ichah a demandé au Prophète : « Pourquoi fais-tu cela ô Messager de Allah ?! N’est-ce pas que Allah t’a pardonné tes éventuels péchés que tu as pu commettre ou que tu aurais pu commettre ?! ». Le Prophète a répondu ce qui signifie : « Ne serais-je alors pas un esclave qui remercie son Seigneur ! » C’est-à-dire bien qu’il en est tel que tu m’as dit, je remercie mon Seigneur et j’accomplis des actes surérogatoires.
Le Prophète éminent a dit un jour au compagnon glorieux ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar ce qui signifie : « C’est un homme bon ^Abdou l-Lah s’il faisait la prière surérogatoire pendant la nuit ». Le fils de ^Oumar qui s’appelle Salim a dit : « ^Abdou l-Lah, après ce que lui a dit le Prophète, ne dormait que très peu la nuit ».
La mère de Soulayman, fils de Dawoud, qui faisait partie des femmes vertueuses qui accomplissaient les devoirs, qui évitaient les interdits, qui multipliaient les prières surérogatoires la nuit pour obéir à Allah, a dit : « Ô mon fils ! Ne dors pas beaucoup la nuit parce que le trop de sommeil la nuit fait que l’esclave sera pauvre au jour du Jugement ». Il ne s’agit pas d’une pauvreté en argent ou en biens mais en récompenses. Que celui qui veut suivre le chemin des vertueux qui permet d’avoir son cœur illuminé par la lumière de la foi, qu’il sache que l’accomplissement des prières surérogatoires pendant la nuit et que les différents actes d’adoration la nuit constituent un acte d’adoration éminent parce que c’est une source de plaisir intense pour ceux qui aiment Allah, c’est un plaisir pour les âmes des pieux et c’est un jardin pour les adorateurs. C’est aussi un commerce gagnant pour ceux qui réussissent et c’est le fruit des âmes pour ceux qui sont remplis de crainte de Allah parce qu’il y a en cela un combat contre les passions de l’âme, une contradiction de ce à quoi aspire l’âme de la personne. Cet adorateur pieux qui a passé la nuit dans le tahajjoud et surtout plus particulièrement durant les nuits qui sont froides, il adore son Seigneur, il Le supplie, il L’évoque beaucoup, il a délaissé le plaisir du sommeil pendant la nuit, il a laissé son épouse, le drap avec lequel il se couvre, son lit dans lequel il se repose pour rechercher ce que Allah lui a promis comme récompenses. Allah lui remplacera par mieux que ce qu’il a laissé dans le Paradis. Allah dit ce qui signifie : « Certes les pieux seront dans des jardins au Paradis ; ils profiteront de ce que leur Seigneur leur a accordé … ils dormaient peu la nuit et ils demandaient le pardon à Allah » [Adh-Dhariyat].
Allah dit dans sourat As-Sajdah/15-17 ce qui signifie : « Ceux qui croient en nos ‘ayah sont ceux qui lorsque le rappel leur est fait, ils se prosternent immédiatement et ils invoquent la louange de leur Seigneur ». Leurs corps ne se reposent pas longtemps sur leur couche. Ils invoquent leur Seigneur par crainte. Ils dépensent dans les voies du bien et ils ne savent pas le bien qui leur sera réservé et qui leur réjouira le cœur en rétribution de ce qu’ils avaient fait.
Le Prophète a dit (‘Ayyouha n-nas ‘afchou s-salam wa ‘at^imou t–ta^am wa sallou bi l-layli wa n-naçou niyam ; tadkhoulou l-jannata bi salam) [rapporté par At-Tirmidhiyy] ce qui signifie : « Ô vous les gens ! Diffusez le salam autour de vous, partagez la nourriture, accomplissez les prières surérogatoires pendant la nuit alors que les gens sont endormis, vous entrerez au Paradis en paix ».
C’est pour cela que celui qui veut suivre le chemin des vertueux, qu’il accomplisse un maximum de prières de nuit et qu’il accomplisse durant la nuit différentes sortes d’obéissance comme la prière, la récitation du Qour’an, le dhikr, l’istighfar –la demande du pardon à Allah–, les invocations et surtout au dernier tiers de la nuit –la nuit c’est ce qui est entre le coucher du soleil et l’aube–. Divisée en trois, il y a au dernier tiers de la nuit un temps qui précède l’aube et qui s’appelle as-sahar. C’est un temps béni parce que c’est un temps où l’âme est pure, les cœurs s’adoucissent et l’invocation est exaucée. Les saints vertueux délaissent rarement l’accomplissement des actes d’adoration pendant la nuit en raison du plaisir, de la sérénité, du bonheur qu’ils trouvent dans l’obéissance à leur Créateur en faisant du dhikr et en récitant le Qour’an. Leur modèle en cela, c’est le Prophète. Faire le qiyam, c’est-à-dire veiller les nuits en prières, en invocations, en istighfar, est un plaisir pour les pieux et les esclaves vertueux de Allah. C’est pour cela qu’un saint qui s’appelle Abou Soulayman Ad-Daraniyy a dit que « les gens de l’obéissance, leur nuit leur procure plus de plaisir que les gens qui s’occupent des loisirs, lorsqu’ils s’occupent de leurs loisirs et s’il n’y avait pas eu la nuit, il n’aurait pas aimé resté davantage dans ce bas-monde ».
Parmi les caractères des Salaf vertueux, c’est-à-dire les musulmans des trois premiers siècles, il y a l’assiduité dans le qiyam que ce soit pendant l’été ou pendant l’hiver. Ils considèrent que c’est quelque chose d’extrêmement important comme si c’était une obligation. Ils disent : « Toute personne qui veut cheminer dans la voie du soufisme qui s’endort la nuit sans qu’il ne soit gagner par le sommeil, il n’arrivera rien de sa part », c’est-à-dire que s’il va dormir sans que ce soit la somnolence qui l’ait gagné, il n’arrivera rien de lui sur le chemin des soufis ». S’ils dorment, c’est parce qu’ils ont été gagné par le sommeil. Aujourd’hui, beaucoup de personnes qui se réclament de la voie soufi ne se comportent pas de cette manière. Les Salaf vertueux reconnaissaient par le visage celui qui s’était endormi et celui qui avait passé la nuit en actes d’adoration surérogatoires.
^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar était un esclave vertueux. Il accomplissait des actes d’adoration pendant la nuit et il demandait à son élève Nafi^ : « Nous sommes arrivés au temps du sahar ? » et son élève lui répondait : « non ». Il se relevait pour faire plus de prières puis il lui demandait : « Nous sommes entrés dans le temps du sahar ? ». Lorsqu’il lui disait : « oui », alors il se mettait à faire al-istighfar –la demande du pardon–.
^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud se levait pour faire le tahajjoud et on entendait provenir de lui comme le bruit des abeilles jusqu’au matin, c’est-à-dire qu’il faisait du dhikr et il récitait le Qour’an.
Le tabi^iyy –successeur des compagnons– mettait la couche sur laquelle il comptait passer la nuit et il ne s’endormait pas et se mettait à gémir jusqu’au matin et disait : « La crainte de l’enfer chasse le sommeil des yeux des adorateurs ».
Ibnou Abi Dawoud, lorsqu’on lui étendait sa couche, il mettait la main et lui disait : « comme c’est doux ! Mais les couches du Paradis sont encore plus douces ». Puis il se levait et accomplissait la prière jusqu’à l’aube.
Soufyan Ath-Thawriyy et Ibrahim Ibnou l-‘Ad-ham étaient de ceux qui passaient la nuit en train d’accomplir des actes d’adoration jusqu’à leur mort. Pourquoi les gens de notre époque n’ont–ils pas peur de ce dont les autres avaient peur !
Rabi^ah Al-^Adawiyyah faisait le woudou’ chaque nuit. Elle se parfumait et disait à son époux : « As-tu besoin de moi ? ». S’il lui disait non, elle se levait et disait : « Mon Dieu, les yeux se sont refermés, les rois du bas monde ont refermé leur porte mais la porte du pardon n’est pas fermée. Accorde-moi Ton pardon ». Elle disait : « Par Ta gloire, voici ma position jusqu’au matin tant que je suis vivante ».
Il a été rapporté que Malik Ibnou Dinar, lorsqu’il était debout depuis le temps de al-^icha’, il tenait sa barbe dans sa main et pleurait en disant : « Ô Seigneur, fais miséricorde à Malik » jusqu’à la levée de l’aube.
Il a été rapporté qu’un vertueux n’a pas dormi une seule partie de la nuit durant un mois. Il disait aux gens de sa maison : « Ô gens ! Cette résidence n’est pas une résidence du sommeil, bientôt les vers vont dévorer votre corps ».
Dans l’accomplissement d’actes d’obéissances à fréquence régulière que ce soit des dou^a’, la demande du pardon ou la récitation du Qour’an, à nous de faire en sorte que nous accomplissions beaucoup d’actes surérogatoires pendant la nuit et surtout pendant le temps du sahar. Que la personne invoque son Seigneur avec beaucoup d’humilité. Allah a dit au sujet de Ses esclaves vertueux dans sourat Adh-Dhariyyat/17-18 ce qui signifie : « Ils dorment peu la nuit et durant le sahar, ils demandent le pardon ».
Un saint a conseillé un de ses élèves qui se plaignait de la dureté de son cœur. Il lui a dit : « Habitue-toi à faire des prières même deux rak^ah durant le temps du sahar parce que ce temps-là est un temps où l’invocation est exaucée et où le cœur s’adoucit ».
Celui qui a des prières obligatoires à rattraper, qu’il accomplisse la prière en rattrapage et qu’il fasse des invocations. Ibn Al-Khawass qui était un grand saint a dit : « Le remède du cœur, ce sont cinq choses :
– la récitation du Qour’an avec méditation,
– avoir un ventre creux (c’est-à-dire ne pas trop manger),
– faire le qiyam la nuit (veiller en actes d’adoration pendant la nuit),
– invoquer Allah avec humilité pendant le sahar,
– tenir compagnie aux vertueux ».
Que celui qui recherche le chemin des vertueux, qui veut être au nombre des gagnants dans l’au-delà, qu’il persévère durant les actes surérogatoires pendant la nuit. Que la personne veille pendant le temps du sahar à être au nombre de ceux qui accomplissent les actes d’obéissance à Allah. Aujourd’hui, beaucoup perdent leur temps à regarder la télévision, celui qui est intelligent est celui qui écoute les belles choses et les met en pratique.
Certains savants ont dit : « L’indulgence est une parure pour la science parce que l’indulgence est chose requise de la part de l’enseignant et de la part de l’étudiant. Il est important aussi de ne pas s’engager dans un sujet que l’on ne connaît pas ».
Et Allah sait plus que tout autre.
RamaDaan 1432 : La croyance véritable et les prodiges des saints
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Mouhammad l’esclave de Allah r.
Je loue Allah l’Unique, Celui qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et Je recherche Sa bonne guidée, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide c’est lui le bien guidé et celui qu’Il égare, tu ne lui trouveras pas de partisan ni de guide.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, lumière éclatante, lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté, Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message, il s’est acquitté de ce qui lui a été confié, il a conseillé la communauté, que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il ait rétribué un de Ses prophètes, r. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec la bonne guidée et la religion de la vérité afin qu’Il lui donne la victoire sur toutes les religions même si cela déplaît aux mécréants. Et je témoigne que notre maître Mouhammad r est Son esclave et Son messager, que Allah l’honore lui ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
La croyance de vérité
Allah ta^ala dit : {يَا أَيُّها الّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللهَ وَلْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَا قَدَّمَتْ لِغَد} [1] (ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha wa l-tandhour nafsoun ma qaddamat lighad) ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, craignez Allah et que chacun considère ce qu’il a préparé pour le jour du jugement« .
Notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, a dit : « Aujourd’hui les actes et demain les comptes » [rapporté par Al-Boukhariyy dans le chapitre Ar-Riqaq].
Le droit le plus éminent que Allah a sur Ses esclaves c’est la croyance en Son unicité, ta^ala, et de ne rien Lui associer. En effet, l’association à Allah est le plus grand péché que puisse commettre l’esclave. C’est le péché que Allah ne pardonne pas et Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut. Allah ta^ala dit : {إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ} [2] (‘inna l-Laha la yaghfirou ‘an youchraka bihi wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha’) ce qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quelque chose et Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut« .
De même, toutes les sortes de mécréance, Allah ne les pardonne pas. La preuve en est Sa parole ta^ala : {إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللهُ لَهُمْ} [3] (‘inna l-ladhina kafarou wa saddou ^an sabili l-Lahi thoumma matou wa houm kouffaroun falan yaghfira l-Lahou lahoum) ce qui signifie : « Certes, ceux qui ont mécru et ont empêché les gens d’entrer en Islam, puis sont morts mécréants, ceux-là Allah ne leur pardonne pas« .
Le Messager de Allah r a dit :
((مَنْ شَهِدَ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَحْدَهُ لاَ شَرِيكَ لَهُ وَأَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ وَأَنَّ عِيسَى عَبْدُ اللهِ وَرَسُولُهُ وَكَلِمَتُهُ أَلْقَاهَا إِلَى مَرْيَمَ وَرُوحٌ مِنْهُ وَالْجَنَّةَ حَقٌّ وَالنَّارَ حَقٌّ أَدْخَلَهُ اللهُ الْجَنَّةَ عَلَى مَا كَانَ مِنَ الْعَمَلِ))
(man chahida ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lahou wahdahou la charika lah ; wa ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh ; wa ‘anna ^Iça ^abdou l-Lahi wa raçoulouh ; wa kalimatouhou ‘alqaha ‘ila Maryama wa rouhoun minh ; wa l-jannata haqqoun wa n-nara haqq ; ‘adkhalahou l-Lahou l-jannata ^ala ma kana mina l-^amal)
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, unique sans associé et que Mouhammad est Son esclave et Son messager, que ^Iça est l’esclave de Allah et Son messager, qu’il est la bonne nouvelle annoncée à Maryam et que son âme est une âme honorée par Allah, que le paradis est une vérité et que l’enfer est une vérité, celui-là, Allah le fera entrer au paradis selon les actes qu’il aura accomplis« .
Dans un autre hadith : ((فَإِنَّ اللهَ حَرَّمَ عَلَى النَّارِ مَنْ قَالَ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ يَبْتَغِي بِذَلِكَ وَجْهَ اللهِ)) (fa’inna l-Laha harrama ^ala n-nari man qala la ‘ilaha ‘il-la l-Lah yabtaghi bidhalika wajha l-Lah) [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Certes, Allah ne châtiera pas éternellement celui qui a témoigné qu’il n’est de dieu que Allah, en recherchant par cette parole l’agrément de Allah« .
Il est un devoir de joindre la croyance en le message de Mouhammad r à la croyance qu’il n’est de dieu que Allah, et ceci est le minimum pour être sauvé du séjour éternel en enfer.
La signification du témoignage qu’il n’est de dieu que Allah est globalement : je reconnais par ma langue et je crois par mon cœur que le seul Qui mérite vraiment l’adoration, c’est Allah ta^ala.
La signification du témoignage que Mouhammad r est le Messager de Allah est : je reconnais par ma langue et je crois par mon cœur que notre maître Mouhammad est le messager de Allah à tous les mondes, aussi bien les hommes que les jinn, qu’il est véridique en tout ce qu’il a transmis de la part de Allah ta^ala pour qu’ils croient en sa Loi (chari^ah) et le suivent.
Ce qui est visé par les deux témoignages est de nier le fait d’être dieu à tout autre que Allah, de le confirmer à Allah, et ce, en reconnaissant et en croyant au message de notre maître Mouhammad r.
La foi et l’Islam ne sont pas valables et les bonnes œuvres ne sont pas acceptées sans les deux témoignages avec l’expression : (‘Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah, wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah« , ou ce qui a la même signification, même en une autre langue que la langue arabe.
Il suffit pour la validité de l’Islam de les prononcer une fois dans la vie. Il reste un devoir de les prononcer dans chaque prière pour la validité de la prière. Ceci concerne celui qui n’était pas musulman et qui a eu l’intention d’entrer en Islam.
Quant à celui qui a grandi sur la religion de l’Islam et qui croyait fermement à la signification des deux témoignages, il n’est pas une condition pour lui de les prononcer : il est musulman même s’il ne les prononce pas.
La juste religion selon le jugement de Allah, c’est l’Islam. Allah ta^ala dit :
{وَمَنْ يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِيناً فَلَنْ يُقْبَلَ مِنْهُ} [4] (wa man yabtaghi ghayra l-‘islami dinan falan youqbala minh) ce qui signifie : « Et quiconque choisit autre que l’Islam pour religion, cela ne sera pas accepté de lui » ; et Allah ta^ala dit aussi : {إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللهِ الإِسْلاَم} [5] (‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘islam) ce qui signifie : « Certes la religion [agréée] selon le jugement de Allah est l’Islam« .
Ainsi, tous les prophètes sont musulmans. Celui qui a suivi Mouça r est un musulman mouçawiyy, et celui qui a suivi ^Iça r est un musulman ^içawiyy. Il est valable de dire à propos de celui qui a suivi Mouhammad r qu’il est un musulman mouhammadiyy.
L’Islam est la religion que Allah agrée pour Ses esclaves et qu’Il nous ordonne de suivre.
On n’appelle pas Allah (mouslim) –musulman– comme le disent certains ignorants.
Autrefois, l’humanité entière avait une seule religion, c’était l’Islam mais l’association et la mécréance envers Allah ta^ala sont apparues après le prophète Idris r.
Nouh [6] fut alors le premier prophète envoyé aux mécréants pour les appeler à l’adoration de Allah, l’Unique, Qui n’a pas d’associé. Allah a averti de l’association tous les messagers qui sont venus après lui.
Notre maître Mouhammad r a donc renouvelé l’appel à l’Islam après que cette religion a disparu parmi les gens, sur terre. Il a été appuyé pour cela par des miracles, qui prouvaient sa prophétie. Certains sont donc entrés en Islam. Les gens de l’égarement ont renié sa prophétie. Parmi eux, certains faisaient auparavant partie des associateurs, tel un groupe de juifs qui ont adoré ^Ouzayr. Ils ont ainsi cumulé mécréance sur mécréance. D’autres parmi les gens du Livre, juifs et chrétiens, ont cru en lui. C’est le cas de ^Abdou l-Lah Ibnou Salam qui était le savant des juifs à Médine (Al-Madinah) et ‘As–hamah An-Najachiyy, le roi de l’Ethiopie qui était chrétien et qui a ensuite suivi le Messager r d’une manière complète ; il est mort durant la vie du messager de Allah et le Messager a fait la prière funéraire en sa faveur, salatou l-gha’ib –la prière funéraire sans que le corps du défunt soit présent– le jour même de sa mort. Allah lui avait révélé qu’il était mort. Après cela, on voyait la nuit au-dessus de sa tombe une lumière. Ceci est une preuve qu’il était devenu un musulman complet, un saint, que Allah l’agrée.
Le principe islamique qui réunit tous les gens de l’Islam, c’est l’adoration de Allah Lui seul.
La croyance en Dieu
Les Gens de la vérité ont dit : Parmi les règles de croyance, il y a des règles globales et des règles partielles. Entre autres, que la substance ne crée pas une substance. Si Allah avait été une substance palpable, il ne serait pas valable selon la raison qu’Il créerait une substance palpable. S’il avait été une substance impalpable, il ne serait pas valable selon la raison qu’Il créerait une substance impalpable. En outre, il a été confirmé par la raison que Allah n’est ni une substance palpable, ni une substance impalpable.
Aussi, parmi cela, il y a une règle partielle : ce qui a un début à son existence, il n’est pas valable par la raison qu’il crée ce qui a un début à son existence comme lui. Il n’est pas valable selon la raison également qu’il se crée lui-même. Il est dit à l’idolâtre adorateur du soleil : le soleil est une substance palpable, il n’est pas valable selon la raison qu’il se soit créé lui-même car cela entraînerait l’impossible selon la raison, à savoir qu’il existe antérieurement à lui-même et postérieurement à lui-même ; et ceci est évidemment impossible. Il lui est également dit : il est ainsi confirmé que le soleil a besoin de Qui lui a donné l’existence et Celui Qui lui a donné l’existence n’est pas une substance. C’est plutôt un Être Qui existe, Qui n’est pas une substance, c’est-à-dire qu’Il n’est pas ce qui a un volume. Le cops (jirm) et ce qui a un volume (hajm) ont même signification.
Quant à l’athée qui dit que c’est la nature qui a créé le monde, il lui est dit : la nature n’est pas un être qui a une perception et une science. Comment serait-il possible qu’elle crée quoi que ce soit du monde ! En effet, Celui Qui crée, nécessairement sait ce qu’Il crée ; et la nature, pour nous tout comme pour vous, n’a ni de science ni de perception.
Il est ainsi obligatoire selon la raison que le monde soit une créature, ayant un début à son existence, que Celui Qui l’a fait surgir du néant à l’existence est un Être Qui existe, Qui est vivant, Qui sait tout et Qui est tout-puissant. Il s’agit de Allah, l’Être Dont l’existence est obligatoire selon la raison.
La signification de « Dont l’existence est obligatoire selon la raison » est que Son inexistence n’est pas valable selon la raison. Il n’est pas valable selon la raison que le néant ait précédé Son existence ni que le néant suive Son existence.
De plus, le monde se limite à deux choses : le corps (al-hajm), et qui s’appelle jawhar et le jawhar dans la langue est la chose elle-même, et la deuxième sorte c’est la caractéristique (^arad) et c’est ce qui advient au corps comme les couleurs, les mouvements, les immobilités, la chaleur, la froideur, l’humidité, la sécheresse, le contact, la localisation dans une direction et un endroit. On le définit en disant qu’il est : ce qui est lié au corps et n’existe pas en soi indépendamment de la substance.
Parmi les caractéristiques (^arad), il y a la longueur ou la petitesse, la grande taille ou la petite taille de la substance. La science entrée en existence qui est la science de la créature est aussi une caractéristique, et de même la perception. Il en est de même pour les changements d’humeur comme la joie, le chagrin, le plaisir, la douleur, les changements d’un état à un autre. Le Dieu tabaraka wa ta^ala est exempt de toutes les caractéristiques qui adviennent aux substances. Sa science n’est pas une caractéristique advenant à une substance, Sa puissance également, Sa parole également n’est pas une caractéristique advenant à une substance. Sa parole n’est pas un son tout court ni un son fait de lettres. Tous Ses attributs sont exempts de début, exempts de fin, comme Sa vie ta^ala. Tout comme Sa vie n’est pas entrecoupée d’interruption, de renouvellement, d’augmentation et de diminution, il en est de même pour tous Ses attributs comme la puissance, la volonté, l’ouïe, la vue, la science et la parole.
Ahlou s-Sounnah sont unanimes sur le fait que la puissance de Allah est une puissance unique, qui concerne tout ce qui est possible selon la raison et qui est donc sujet à Sa puissance, que Sa volonté est une volonté unique, qui concerne tout ce qui est possible selon la raison et qui est donc sujet à Sa volonté, que Son ouïe est un attribut unique exempt de début et de fin, par lequel Il entend tous les sons. Ce n’est pas une ouïe qui entre en existence lors de l’entrée en existence d’un son. Sa vue est un attribut unique par lequel Il voit tout ce qui est vu, d’une vue exempte de début exempte de fin. Sa vue n’est pas une vue qui entre en existence lors de l’entrée en existence de ce qui est vu. Il en est de même pour Sa science qui est un attribut unique par lequel Il sait toute chose qui existe et qui existera.
Sa parole est un attribut unique. Sa parole est unique, exempte de début, exempte de fin. Elle est ordre, interdiction, annonce, interrogation – n’est-ce pas que Allah interroge les humains au jour du jugement ! –, promesse et menace. Si quelqu’un dit : comment est-il dit que la parole de Allah (kalam) est unique alors que dans le Qour’an, il y a :
{ ولو أنما في الأرض من شجرةٍ أقلامٌ والبحر يَمُدُّهُ من بعده سبعةُ أبحرٍ ما نفدت كلماتُ الِله }
(wa law ‘annama fi l-‘ardi min chajaratin ‘aqlamoun wa l-bahrou yamouddouhou min ba^dihi sab^atou ‘abhourin ma nafadat kalimatou l-Lah)
Dans laquelle il est dit (kalimat) qui est un mot au pluriel ? Comment est-il dit parole unique (kalam) alors que dans le Qour’an il est dit (kalimatou l-Lah) au pluriel ? La réponse est que la mention d’un terme au pluriel est pour la glorification, pour glorifier cette parole qui est une parole unique. Tout comme Allah tabaraka wa ta^ala est un seul Être et il est indiqué dans le Qour’an par le terme (nahnou) – Nous –, comme dans cette ayah :
{إنّا نحن نحيي ونميت}
(inna nahnou nouhyi wa noumit)
qui signifie : « Certes, c’est Nous Qui donnons la vie et la mort ». « Nous » alors qu’Il est unique. Il en est de même pour le terme nous (nahnou) pour la créature, il peut être utilisé au sujet des créatures dans le sens du pluriel et il se peut que ce soit pour glorifier celui qui parle. Il se peut que l’un d’entre nous dise « nous » pour exprimer un pluriel : au sujet de soi-même avec un groupe de personnes et il se peut pour se glorifier soi-même par « nous ». Ce qui est parvenu dans le Qour’an (inna nahnou nouhyi wa noumit) est pour la marque d’honneur et de glorification et non pas pour indiquer un pluriel. Allah S’est glorifié Lui-même. Il en est de même pour l’expression (kalimatou l-Lah) c’est pour la marque d’honneur et de glorification de cette parole qui est unique. La parole de Allah est unique. Il est parvenu dans le Qour’an sa mention par un terme qui exprime le pluriel car kalimat est le pluriel de kalimah et par kalimah : kalimah et kalimat.
Pour ce qui est parvenu dans le Qour’an par Sa parole :
{إنما أمره إذا أراد شيئًا أن يقول له كن فيكون}
(innama ‘amrouhou ‘idha arada chay’an ‘an yaqoula lahou koun fayakoun)
cela ne signifie pas que Allah dit du nombre de ce qu’Il crée : koun, koun, koun –soit, soit, soit–. Mais le sens est que ce dont Allah veut l’existence, il a lieu sans que difficulté ou fatigue ne L’atteignent, sans qu’il y ait retard par rapport au temps dans lequel Il en a voulu l’existence. C’est cela le sens. Ce n’est pas qu’Il dise du nombre des créatures, chacune, koun – soit –.
Dans un seul instant, Il crée ce qu’aucune créature ne peut dénombrer, ni ange, ni humain. C’est une stupidité que de croire que Allah prononce le (kaf) et le (noun) pour chaque chose qu’Il crée. Ceux-là sont stupides ! Ils n’ont pas de raison qui les fasse parvenir à la réflexion correcte, les wahhabites et ceux qui sont dans un état semblable au leur. Selon eux, Allah parlerait avec le (kaf) et le (noun) du nombre de ce qu’Il crée.
Allah existe avant la création des langues. Avant l’existence du monde Il parle et après avoir créé le monde Il parle d’une seule parole. Nous n’en comprenons pas la réalité dans le bas monde mais dans l’au-delà, lorsqu’Il nous fait entendre, nous comprendrons. Nous entendrons une parole qui n’est pas de lettres ni de sons et qui n’est pas composée d’une lettre qui précède et d’une lettre qui suit. Ahlou s-Sounnah –les sunnites– ont dit que Sa parole est unique, que Sa puissance est unique, que Sa science est unique, que Sa volonté est unique, que Son ouïe est unique, que Sa vue est unique et que Sa science est unique car si elle avait été multiple, qu’elle se produit petit à petit, cela entraînerait l’entrée en existence de l’Être de Allah, or l’entrée en existence est impossible au sujet de Allah ; et ce qui entraîne le début à l’existence est impossible au sujet de Allah.
Le livre Jawahirou l-Fousoul, ce livre comprend ce que nous avons décrété dans cette conférence, à savoir que la parole de Allah n’est pas lettres et sons, que Allah tabaraka wa ta^ala existe sans endroit et qu’il ne s’écoule pas de temps sur Lui car Il est de toute éternité, alors que l’endroit et le temps ont un début à leur existence et que Allah n’en est pas caractérisé. Il existe plutôt de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité, et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité. Ce livre, Salahou d-Din Al-‘Ayyoubiyy de son temps en a décidé l’enseignement dans les écoles, pour les jeunes et les plus âgés, et c’est ce qu’enseignent Ahlou s-Sounnah dans les orients et les occidents. Mais les wahhabites sont apparus il y a deux cent cinquante ans. Ils enseignent aux gens que Allah est un corps qui est assis au-dessus du Trône, qu’Il a des membres et qu’Il parle avec des lettres et un son. Ils ont même dit qu’Il a un pied ! Ils lui ont attribué le pied ! Tant que certains ont dit : (au jour du jugement, lorsqu’il sera dit à l’enfer es-tu rempli ? et qu’il répond : pas encore, le Dieu met dedans sa jambe et l’enfer ne la brûle pas) ! Ils L’ont considéré avec l’aspect d’un être humain, ils L’ont considéré un corps limité de la taille du Trône. Ils Lui ont attribué des membres et Lui ont attribué une descente et une remontée. Il ne leur reste plus qu’à dire qu’Il est comme nous ! Que Allah les maudisse. Eux, cette voie maligne, ils la diffusent avec l’argent. Allah leur a donné l’argent : le pétrole. Il leur a fait jaillir ce qui est une source de péchés pour eux. Il sera pour eux une source de remontrances et de courroux pour eux dans l’au-delà.
Certains de leurs chaykh, dans leur exagération de l’assimilation, a dit en descendant des marches, il a dit : Allah descend comme moi. Il a ainsi expliqué le hadith (ينزل ربنا كل ليلة إلى السماء الدنيا) (yanzilou Rabbouna koulla laylatin ‘ila s-sama’i d-dounya). Il l’explique ainsi par son acte. Il assimile Allah à lui. Ce nouzoul selon Ahlou s-Sounnah est la descente des anges sur ordre de Allah. Les anges descendent chaque nuit, après la moitié de la nuit jusqu’au ciel du bas-monde. Ils transmettent de la part de Allah. Ensuite, au temps de l’aube, ils retournent à leurs places, au-dessus du ciel du bas-monde. C’est cela l’explication du hadith.
Ce n’est pas tout le monde qui est bien guidé par le Qour’an. Allah ne l’a pas révélé afin que tout le monde en soit bien guidé. Celui que Allah veut qu’il soit bien guidé par le Qour’an, il sera bien guidé par le Qour’an, et s‘égarera par le Qour’an celui que Allah veut qu’il soit égaré par le Qour’an. Ahlou s-Sounnah, Allah les a bien guidés par le Qour’an. Il leur a fait profiter du Qour’an car ils l’expliquent de la manière adéquate. Le Qour’an est ainsi pour eux une bonne guidée. Quant à ceux qui assimilent Allah à Ses créatures, qui expliquent certaines ayah et hadith conformément aux caractéristiques des créatures, ceux-là Allah les a égarés par le Qour’an. C’est pour cela qu’Il dit :
{ ذلك الكتاب لا ريب فيه هدى للمتقين}
(dhalika l-kitabou la rayba fihi houdan li l-mouttaqin)
ce qui signifie : « Ce Livre qui ne comporte pas de doute, est une guidée pour les pieux ». Les wahhabites mémorisent le Qour’an mais en réalité, ils le contredisent.
Que signifie une preuve partielle ? Réponse : le monde change et tout ce qui change a une existence ayant un début et le monde a un début à son existence. Ceci est une preuve globale. Quant à ce qui est compris à partir de cette règle, ce sont des preuves partielle. Tout comme lorsque tu dis que la substance (jawhar) a une existence ayant un début. Ceci est une partie de ce qui est compris de l’autre règle.
La parole des Gens de la vérité – disant que Allah est exempt de la limite – signifie : si Allah était une substance élémentaire, la substance élémentaire Lui serait semblable. S’Il était supérieur à cela jusqu’à atteindre le plus grand des corps, qui est le Trône ou davantage jusqu’à atteindre une quantité finie ou une quantité supposée infinie, il serait obligatoire selon la raison qu’Il soit constitué de parties c’est-à-dire composé. Or, ce qui est constitué de parties a besoin de qui le constitue ainsi et celui qui a besoin d’autrui est entré en existence, indispensablement. Ceci est la parole de ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée :
(( مَنْ زَعَمَ أَنَّ إِلَهَنَا مَحْدُودٌ فَقَدْ جَهِلَ الْخَالِقَ الْمَعْبُودَ ))
[rapporté par Abou Nou^aym] ce qui signifie : « Celui qui prétend que notre Dieu est limité, certes, il a ignoré le Créateur, Celui Qui mérite d’être adoré« , et c’est la parole de ^Aliyy Ibnou l-Houçayn Ibni ^Aliyy Ibni Abi Talib, que Allah les agrée, Zaynou l-^Abidin :
(( إِنَّ اللَّهَ لَيْسَ بِمَحْدُودٍ ))
[rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue par l’Imam Mourtada Az–Zabidiyy dans ‘It-hafou s-Sadati l-Mouttaqin] ce qui signifie : « Certes, Allah n’est pas limité« , et c’est la parole de ‘Ahmad Ibnou Salamah At–Tahawiyy :
(( تَعَالَى (أي اللَّهُ) عَنِ الْحُدُودِ ))
ce qui signifie : « Il (Allah) est exempt des limites« . C’est pour cela qu’il est impossible selon la raison s’agissant de Allah qu’Il soit en contact avec le monde, diffus à l’intérieur ou éloigné de lui par la distance. Ceci est la vérité en-dehors de laquelle rien d’autre n’est valable. En effet, les créatures sont soit en contact les unes avec les autres, soit séparées et il est impossible selon la raison d’attribuer à Allah les deux : le contact et la séparation. Cela impliquerait en effet la confirmation du pareil à Allah. Allah tabaraka wa ta^ala a nié pour Lui-même tout pareil dans l’absolu. Si les hachawiyyah, les moujassimah – les corporalistes –, qui confirment que Allah a une limite, s’ils disent : ce que vous dites est une négation de l’existence de Allah, on leur répond : vous avez basé votre croyance sur ce à quoi l’imagination aboutit et il n’y a pas de considération à donner à l’imagination. La considération, on ne la donne qu’à la preuve selon la Loi de l’Islam et selon la raison. Ce que nous déclarons ici, c’est ce que les textes transmis et ce que la raison impliquent. Si vous dites : nous ne croyons pas à quelque chose à laquelle notre imagination n’aboutit pas, vous reniez alors une créature à laquelle votre imagination n’aboutit pas et qui a été confirmée par le Qour’an, comme par exemple dans Sa parole ta^ala : [وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ] ce qui signifie : « Et Il a créé les ténèbres et la lumière« . Ainsi, la lumière et l’obscurité sont deux créatures entrées en existence, par le témoignage du Qour’an. Alors, votre imagination admet-elle une époque où il n’y avait ni lumière ni obscurité ? Pourtant, ceci a été confirmé par cette ‘ayah : [وَجَعَلَ الظُّلُمَاتِ وَالنُّورَ] ce qui signifie : « Et Il a créé les ténèbres et la lumière« , c’est-à-dire que Allah a créé les ténèbres et la lumière après qu’elles n’ont pas été. Il les a créées après qu’elles ont été inexistantes. Cette époque, ni notre illusion, ni la vôtre n’y aboutit, ni notre imagination ni la vôtre ne l’atteint. Qui peut imaginer une époque où il n’y avait ni lumière ni obscurité ? Malgré cela, il est un devoir de croire qu’il y a eu une époque – c’est-à-dire une créature – dans laquelle il n’y avait ni lumière ni obscurité, car c’est après la création de l’eau et du Trône que Allah a créé la lumière et l’obscurité. La première chose que Allah a créée, c’est l’eau, puis le Trône. Donc, la lumière et l’obscurité n’ont existé qu’après l’existence de l’eau et du Trône.
La croyance aux prophètes
Allah ta^ala a envoyé les prophètes par miséricorde pour Ses esclaves car il n’y a pas, selon la raison, ce qui permet de se passer d’eux. En effet, la raison ne parvient pas à elle seule à connaître les choses qui peuvent sauver dans l’au-delà. Ainsi, dans l’envoi des prophètes, il y a une utilité, indispensable pour leur besoin en cela, et cette grâce revient à Allah pour avoir accordé ceci à Ses esclaves. Ce sont donc des ambassadeurs de Sa part, ta^ala, pour les créatures.
Le prophète et le messager ont en commun la révélation. Allah leur révèle donc à tous deux une Loi de l’Islam, conformément à laquelle ils agissent, pour la transmettre aux gens.
Toutefois, le messager vient avec l’abrogation de certaines lois antérieures à lui ou avec une nouvelle Loi de l’Islam.
Le prophète qui n’est pas messager, il lui est révélé de suivre la Loi de l’Islam d’un messager antérieur à lui pour la transmettre.
Pour cela, les savants ont dit : « Tout messager est aussi prophète et tout prophète n’est pas forcément messager« .
De plus, ils se différencient par le fait que le statut de messager peut être attribué aux anges et aux êtres humains, alors que la simple prophétie, ne peut l’être que pour les humains.
Les prophètes ont obligatoirement pour attribut la véracité, il leur est impossible le mensonge. Il leur est obligatoire aussi l’extrême intelligence, il leur est impossible l’idiotie et la stupidité. Il leur est obligatoire l’honnêteté. Ainsi, les prophètes sont préservés de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse et c’est cela la préservation qui leur est obligatoire. De même, il leur est impossible la trahison. D’autre part, la chasteté leur est obligatoire ; la vulgarité, la bassesse et la lâcheté leur sont donc impossibles. Leur est impossible également, tout ce qui peut repousser d’accepter leur appel et de même, toute maladie repoussante.
Celui qui leur attribue donc le mensonge, la trahison, la vulgarité, la bassesse, la lâcheté ou ce qui est de cet ordre, est certes devenu mécréant.
Sache que le moyen de connaître le prophète, c’est le miracle (mou^jizah). C’est une chose contraire à l’ordinaire, qui vient en accord avec les dires de celui qui prétend être prophète et qui est sauf de l’opposition par une chose semblable.
Ce qui fait partie des choses étonnantes mais qui ne sort pas de l’ordinaire n’est donc pas un miracle.
De même, tout ce qui est contraire à l’ordinaire mais qui n’est pas accompagné de la prétention à la prophétie, comme les choses extraordinaires qui apparaissent par la main des saints (waliyy), qui suivent les prophètes, ceci n’est pas un miracle mais on appelle cela prodige (karamah).
De même, ce à quoi peut être opposé une chose semblable, comme la magie, n’est pas un miracle. En effet, la magie peut lui être opposée une magie qui lui est équivalente.
De plus, il y a deux sortes de miracles :
Il y a le miracle qui a lieu à la demande des gens, demande faite à celui qui prétend être prophète.
Il y a aussi le miracle qui a lieu sans demande.
De la première sorte, il y a par exemple le miracle de la chamelle de Salih qui est sortie du rocher. Son peuple lui avait demandé cela en lui disant : si tu es vraiment un prophète envoyé à nous pour que nous croyions en toi, alors fais sortir pour nous une chamelle et son petit de ce rocher. Il a fait sortir pour eux une chamelle avec son petit. Ils furent alors stupéfaits et ils crurent en lui.
Certes, s’il était menteur dans son affirmation que Allah l’a envoyé comme messager, il n’apporterait pas cette chose étonnante et extraordinaire, que personne parmi les gens ne peut y opposer une chose semblable à ce qu’il a fait. La preuve leur a ainsi été donnée.
Ils ne pouvaient faire autrement que se soumettre et reconnaître la véracité de cela car la raison oblige à croire celui qui vient avec une telle chose, qui ne peut lui être opposée une chose semblable de la part des opposants.
Celui qui ne se soumet pas et s’entête est considéré comme méprisant la valeur de l’argumentation rationnelle.
La croyance aux saints
Allah ta^ala dit :
(‘ala ‘inna ‘awliya’a l-Lahi la khawfoun ^alayhim wa la houm yahzanoun ; alladhina ‘amanou wa kanou yattaqoun) [Younous/ 62-63] ce qui signifie : « Certes les waliyy de Allah il n’y a pour eux aucune crainte et ils n’ont pas à être chagrinés ; ce sont ceux qui ont cru et ont fait preuve de piété ».
L’Imam Abou ^Abdi l-Lah Al-Boukhariyy a rapporté de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Prophète a dit :
(qala l-Lahou ta^ala : man ^ada li waliyyan faqad ‘adhantouhou bi l-harb ; wa ma taqarraba ‘ilayya ^abdi bichay’in ‘ahabba ‘ilayya mimma ftaradtou ^alayh) ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Celui qui prend un de Mes waliyy pour ennemi, il s’attendra à Mon châtiment. Mon esclave se rapproche davantage de Mon agrément par ce que Je lui ai ordonné d’accomplir ».
La signification de ce hadith qoudsiyy est que celui qui prend un saint pour ennemi, Allah lui apprend qu’il s’attendra au châtiment. Celui qui s’attend au châtiment de Allah sera perdu. De plus, ce que Allah agrée le plus de l’esclave, ce sont les obligations.
Les saints de Allah ont pour caractéristiques de se maintenir sur la droiture dans l’obéissance à Allah ta^ala, d’accomplir les devoirs tout en évitant les interdits et de multiplier les actes d’adoration surérogatoires. Tels sont les saints, ceux que Allah aime, Qu’Il honore dans le bas monde et dans l’au-delà.
Parmi les honneurs que Allah leur accorde dans le bas monde il y a les prodiges. Les prodiges sont des choses qui sortent de l’ordinaire, apparaissant aux mains des saints. La preuve qui confirme la réalité des prodiges c’est la parole de Allah :
(qala l-ladhi lahou ^ilmoun mina l-kitabi ‘ana ‘atika bihi qabla ‘an yartadda ‘ilayka tarfouka ; falamma ra’ahou moustaqirran ^indahou qala hadha min fadli Rabbi) [An-Naml / 40] ce qui signifie: « Celui qui a connaissance du Livre a dit : Moi, je te le ramène avant que ton regard n’atteigne ce que tu veux regarder ». (Il s’agit du trône de la reine Bilqis). Lorsqu’il l’a vu devant lui, il dit : Ceci est par la grâce de mon Seigneur ».
La preuve vient également la parole du Prophéte r, dans ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy et d’autres qu’il a dit :
(ittaqou firaçata l-mou’mini fa’innahou yandhourou binouri l-Lah) ce qui signifie : « Prenez garde à la firasah, –ce qui peut être dévoilé au croyant qui est un saint–, car certes Allah lui donne une lumiére dans son regard ».
Il y a aussi le prodige de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, qui a été confirmé avec une bonne chaîne de transmission alors qu’il faisait un discours à Médine : il interpella le chef de son armée Sariyah Ibnou Zanim qui bataillait à Nahawand en Perse. « Sariyah, la montagne, la montagne », lui avait-il dit. Sariyah avait entendu l’appel depuis des milliers de kilomètres et avait pu grâce à cela déjouer le piége tendu par les ennemis. Cette chose extraordinaire a été rapportée par Al-Bayhaqiyy, par le Hafidh Ad-Dimyatiyy qui l’a jugé sahih et As-Souyoutiyy a été en accord avec lui sur cela.
Parmi les preuves encore, At–Tabaraniyy a rapporté dans « Al-‘Awsat » d’aprés ‘Anas, que le Messager de Allah r a dit :
(lan takhlou l-‘ardou min ‘arba^ina rajoulan mithla khalili r-Rahman ; fabihim tousqawna wa bihim tantasiroun ; mam mata minhoum ‘ahadoun ‘il-la ‘abdala l-Lahou makanahou ‘akhar) ce qui signifie: « Il y aura toujours sur terre quarante hommes qui sont comme Ibrahim Khalilou Rahman. C’est grâce à ces quarante là que vous recevrez la pluie et c’est grâce à eux que vous aurez la victoire. Il n’y a pas un seul d’entre eux qui meurt sans que Allah le remplace par un autre ». Le hafidh Al-Haythamiyy a dit de ce hadith dans « Majma^ou z–Zawa’id » qu’il a une bonne chaîne de transmission.
Croire en l’existence des saints et en leurs prodiges fait partie de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah. Que l’on soit sur ses gardes de ceux qui renient les prodiges des saints, ceux là même qui attribuent à Allah le corps, qui renient le tawassoul, ceux qui ont assimilé Allah à Ses créatures et qui ont interdit le tawassoul par les prophétes et les saints vertueux.
Sachez que les saints ont été réputés par la science, par le fait d’être soufis, ascètes et pieux et de suivre la Sounnah. Il y a parmi les saints qui ont des voies soufies (tariqah) comme l’imam Ahmad Ar-Rifa^iyy ou Al-Jilaniyy et d’autres encore. Ces voies ont été fondées conformément au Qour’an et au hadith mise à part la voie Tijaniyy car selon ce qu’expliquent les livres de ces Tijaniyy deviés elle est clairement contradictoire au Livre et à la Sounnah et Allah sait plus que tout autre l’état du Chaykh duquel ils se réclament à savoir Abou l-^Abbas Ahmad At-Tijaniyy car il se peut que ces livres lui soient attribués calomnieusement et qu’il en soit innocent.
Il n’y a pas de considération à donner à ceux qui renient le tawassoul pour leur blâme des voies des soufis véridiques. Ce blâme est une preuve de leur ignorance car le soufi, pour celui qui le connaît, c’est celui qui oeuvre conformément au Livre et à la Sounnah, qui accomplit les devoirs, évite les interdits et qui délaisse le luxe et le confort dans la nourriture, l’habillement et ce qui est de cet ordre. Ces caractères sont en réalité ceux des Califes bien guidés. D’ailleurs Abou Nou^aym l’auteur de « Hilyatou l-‘Awliya’ » (le joyau des saints), ouvrage dans lequel il a voulu distinguer les soufis véridiques des autres, ceux qui se prétendent tels alors qu’ils en sont le contraire, a commencé par citer les quatre califes. A son époque, il y a eu beaucoup de mises en garde et de nuisances faites à certains soufis.
Sachez que ceux qui renient le tawassoul sont des pertubateurs à cause de leur mauvais jugement au sujet des soufis. Ils ont contredit l’Imam Ahmad duquel ils prétendent calomnieusement être des disciples car l’imam Ahmad disait à Abou Hamzah dont il prenait conseil : « Que dis-tu à ce sujet, ô soufi ? »
Les wahhabites ont également contredit leur chef Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy puisqu’il a dit dans « Charhou hadith An-Nouzoul » : « Al-Jounayd, le maître des soufis, est un imam de bonne guidée ».
Qu’ils sachent ce qu’est le véritable tasawwouf : suivre la loi de l’Islam, oeuvrer conformément au Livre et à la Sounnah et faire des efforts pour corriger son âme et contredire ses passions.
Al-Jounayd Al-Baghdadiyy, que Allah l’agrée a dit : « Le tasawwouf, c’est la pureté et la sincérité de son comportement à l’égard de Allah ta^ala ».
Notre maître Ahmad Ar-Rifa^iyy, que Allah l’agrée a dit :
« Le soufi est celui qui a appris la jurisprudence et qui oeuvre conformément à ce qu’il a appris ».
Et sachez que parmi les musulmans, l’existence des saints et l’arrivée des prodiges est une chose réputée depuis l’époque des compagnons jusqu’à nos jours.
Seul celui qui est privé de bien renie l’existence des saints et l’existence des prodiges.
L’Imam Zaynou l-^Abidin
Ainsi, les saints sont ceux qui suivent correctement le Prophète Mouhammad. Certains d’entre eux sont même des descendants du Prophète. C’est comme par exemple l’imam Zaynou l-^Abidin qui fait partie des maîtres des successeurs des compagnons.
Az–Zouhriyy a dit : « Je n’ai pas vu un seul hachimite qui soit meilleur que lui et je n’ai vu personne qui ait plus de science que lui. Lorsqu’il s’apprêtait à faire le woudou‘, que Allah l’agrée, son visage devenait jaune. Sa famille lui disait : Qu’est ce qui te prend lorsque tu veux faire le woudou’ ? Il a dit : Vous ne savez pas pour Qui je compte me lever. c’est-à-dire lorsqu’il s’apprête à faire la prière, il a la crainte de Allah pour Qui il fait la prière.
Il a été rapporté un jour qu’un incendie a éclaté dans la maison dans laquelle se trouvait ^Aliyy fils de Al-Houçayn, alors qu’il était en prosternation, les gens s’étaient mis à lui dire : « O, toi le fils de la fille du Messager de Allah, ô toi le fils de la fille du Messager de Allah, au feu !! ! » Mais il n’a pas relevé la tête jusqu’à ce que le feu ait été éteint et il a été dit : « Qu’est ce qui t’a détourné de ce feu ? » « C’est l’autre feu qui m’en a détourné » a-t-il répondu. –Il fait allusion au feu de l’enfer–.
Un jour un homme était venu à lui alors qu’il était avec ses compagnons dans la mosquée, il n’a pas laissé une seule mauvaise parole sans qu’il le lui ait dite et Zaynou l-^Abidin se taisait. Par la suite, cet homme était reparti et lorsque la nuit était tombée, il est venu à la porte de cet homme et lui a dit : « Ô mon frère, si tu étais véridique en ce que tu m’as dit, que Allah me pardonne et si tu étais menteur, que Allah te pardonne. » Puis il est reparti. C’est alors que cet homme est sorti et l’a suivi par derrière et s’est mis à pleurer tant que Zaynou l-^Abidin a eu de la compassion pour lui. Cet homme lui a dit : « Ne me méprends pas. Je ne reviendrais plus à faire quelque chose que tu n’aimes pas. Zaynou l-^Abidin lui répondit alors : « Et toi je te pardonne pour tout ce que tu m’as dit. »
L’imam As-Sajjad Ibnou l-^Abidin, que Allah l’agréé, était généreux, il prodiguait le bien, il était bienfaiteur. Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans « Sifatou As–Safawah » d’aprés Mouhammad fils de Is-haq il a dit : « Il y avait des gens à Médine qui vivaient et ils ne savaient pas d’où leur parvenait leur subsistance; lorsque ^Aliyy fils de Al-Houçayn était mort ils ne retrouvaient plus ce qu’il leur était donné de nuit et il est rapporté que leur nombre était de cent familles de Médine.
Et lorsque venait à lui un mendiant pour lui demander quelque chose, il lui faisait bon accueil et lui disait : « Bienvenue à celui qui transporte mes provisions pour l’au-delà ! » Un des fils de ^Ammar Ibnou Yacir a rapporté : « Il y avait un jour chez ^Aliyy fils de Al-Houçayn des invités qui avaient demandé à l’un de ses serviteurs à ce qu’il leur ramène rapidement de la viande cuite dans le four. C’est alors que le serviteur était venu en courant et la broche –le fer sur lequel étaient mis les bouts de viande– était tombée de sa main sur l’un des enfants de ^Aliyy et l’a atteint à la tête. Il en est mort. C’est alors que ^Aliyy a dit à ce serviteur : « Tu es libre, parce que tu n’as pas fait exprès » Et il l’a amené avec lui dans le convoi funéraire de son fils.
Un jour il a rendu visite à Mouhammad fils de ‘Ouçamah fils de Zayd lors de sa maladie et Mouhammad s’était mis à pleurer. Zaynou l-^Abidin lui a dit : « Qu’est ce qui t’arrive ? » Il lui répondit : « Je suis endetté de quinze mille dinars ». C’est alors que Zaynou l-^Abidin lui a dit : « C’est moi qui me charge de les rembourser ».
Zaynou l-^Abidin était extrêmement bienfaisant envers sa mère tant qu’il évitait de manger dans le même récipient que sa mère de crainte que sa main ne prenne le morceau qu’avait vu en premier sa mère. Et il accomplissait, que Allah l’agrée, chaque jour et nuit mille rak^ah des prières surérogatoires tant qu’il a été surnommé l’imam As-Sajjad –c’est-à-dire celui qui se prosterne beaucoup–.
Zaynou l-^Abidin était sur la croyance du Prophète et de ses compagnons en terme de croyance en l’unicité de Allah et de Son exemption de l’endroit, de la localisation, de la limite et de la couleur. Le maître Mourtada Az–Zabidiyy le commentateur de Al-Qamous a rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue composée de gens qui sont tous de la famille du Prophéte que Zaynou l-^Abidin ^Aliyy fils de Al-Houçayn a dit dans son épître appelé As–Sahifah As- Sajjadiyyah : « Tu es exempt d’imperfection, ô Allah Tu n’es pas contenu dans un endroit ».
Zaynou l-^Abidin, que Allah l’agrée, personne ne l’aidait pour sa purification : il puisait l’eau pour sa purification avant de s’endormir. Lorsqu’il se levait pendant la nuit, il commençait par utiliser le siwak ; ensuite, il faisait son woudou’ et il commençait à faire la prière et il rattrapait les prières surérogatoires qu’il avait manquées la journée, il les rattrapait pendant la nuit. Il a dit un jour : « Mes fils, ceci n’est pas un devoir pour vous (c’est-à-dire d’accomplir les prières surrérogatoires) mais celui d’entre vous qui s’est habitué à une habitude de bien, c’est bien pour lui de persévérer sur cela ». Il ne délaissait la prière surérogatoire de nuit ni lorsqu’il était résident ni lorsqu’il était voyageur.
On rapporte de lui, qu’il a dit : « Je suis étonné de l’orgueilleux arrogant qui la veille était de l’eau mélangée du père et de la mère et demain il sera un cadavre puant. Et je suis étonné du profond étonnement de celui qui doute au sujet de Allah alors qu’il voit les créatures de Allah et je suis étonné du plus profond étonnement de celui qui renie la résurrection alors qu’il voit cette vie présente et je suis étonné de tout l’étonnement pour celui qui oeuvre pour cette résidence qui va à sa fin et alors qu’il sait qu’il y aura une résidence qui sera éternelle sans fin.»
Il été rapporté de Abou Ja^far Mouhammad fils de ^Aliyy Zaynou l-^Abidin qu’il a dit : « Mon père m’a recommandé certaines choses, il m’a dit : Ne tiens pas la compagnie de cinq catégories de personnes ne leur parle pas et ne les accompagne pas sur le chemin. Je lui ai dit : Je me sacrifies pour toi, ô mon père qui sont donc ces cinq personnes ? Il m’ a dit : Ne tiens pas la compagnie du grand pécheur car il est capable de te vendre pour une bouchée ou moins que cela. Je lui ai dit : Père qu’est ce qui est moins qu’une bouchée ? Il m’a répondu : Il souhaite obtenir la bouchée et il ne l’obtient pas. Je lui dis : Père et qui est donc la deuxième de qui je ne tiens pas la compagnie ? Il m’a dit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui est avare car il est capable de prendre de toi et de te rendre encore plus dans le besoin que lorsque tu l’avais connu. Je lui dis : Père et qui est donc la troisième personne ? Il m’a répondu : Ne tiens pas la compagnie du menteur car il est comme le mirage : il éloigne de toi celui qui est proche et te rapproche celui qui est loin. Je demandai : Père et qui est donc le quatrième ? Il me répondit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui est stupide car il veut t’être utile et il va te .nuire. Je dis : Père et qui est donc le cinquième ? Il me dit : Ne tiens pas la compagnie de celui qui rompt les liens avec ses proches parents car j’ai vu que dans le Livre de Allah il est maudit à trois reprises ».
Notre maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy
Parmi les saints, il y a notre maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy. L’imam Abou l-Qacim ^Abdou l-Karim Ar-Rafi^iyy, l’imam des Chafi^iyy connu pour sa science son ascèse et ses prodiges, a dit du bien de lui ; il a dit, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde, dans son livre Sawadou l-^aynayn fi manaqibi l-Ghawth ‘Abi l-^Alamayn pour l’éloge du chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy que Allah l’agrée ce qui suit : « Le chaykh l’imam Abou Chouja^ Ach-Chafi^iyy m’a rapporté en disant : le chaykh ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy que Allah l’agrée était un symbole tel une montagne de science un mouhaddith, spécialiste de jurisprudence, moufassir qui a des chaînes de transmission de haut degré des maîtrises il était spécialiste dans la récitation il mémorisait il avait les arguments il maîtrisait la religion il était facile avec les musulmans et rude avec les égarés ; il était doux souriant, avec un bon caractère, sa parole était douce ; les gens trouvaient du plaisir lorsqu’ils étaient avec lui on ne s’ennuyaient pas dans ses assemblées. On ne quittait son assemblée que pour un acte d’adoration ; il supportait la nuisance ; il tenait sa parole lorsqu’il l’engageait ; il patientait face aux difficultés ; il était modeste sans humiliation ; il maîtrisait sa colère sans animosité ; il était celui de son époque qui connaissait le plus le livre de Allah et la Sounnah de Son Messager r et celui qui avait le plus de connaissance de cela ; il était un océan de science : il avait hérité des caractères de son ancêtre le Messager de Allah r ».
Ar-Rafi^iyy a dit également : « Notre chaykh ^Oumar Al-Farouthiyy m’a dit le chaykh Badr Al-‘Ansariyy nous a rapporté du chaykh l’imam Mansour Al-Bata‘ihiyy Ar-Rabbaniyy qu’il a dit : « J’ai vu le Prophète r quarante jours avant la naissance du fils de ma sœur le chaykh Ahmad Ar-Rifa^iyy dans le rêve qui m’a dit ce qui signifie : « Ô Mansour, je t’annonce la bonne nouvelle que Allah accorde à ta sœur après quarante jours un fils qui s’appellera Ahmad Ar-Rifa^iyy. Tout comme je suis le meilleur des Prophètes également il sera le meilleur des saints [de son époque] ; et lorsqu’il va grandir emmène-le auprès du chaykh ^Aliyy Al-Qari‘ Al-Wasitiyy et confie-le-lui afin qu’il l’éduque car cet homme a un haut degré selon le jugement de Allah et ne le perd pas de vue » ; j’ai dis : « L’ordre est votre ordre Ô Messager de Allah que Allah vous honore et vous élève davantage en degré. Et il en était ainsi tout comme l’a mentionné le Messager de Allah r ».
Ar-Rafi^iyy a dit également : « Le spécialiste de jurisprudence le grand savant Abou Zakariyya’ Yahya le fils du chaykh As–Salih Youçouf Al-^Asqalaniyy Al-Hanbaliyy m’a dit : J’étais à ‘Oummou ^Oubaydah j’étais en train de visiter auprès de notre maître Ahmad Ar-Rifa^iyy et dans son couloir il y avait autour de lui des visiteurs plus de cent milles personnes ; il y avait des gouverneurs, des savants, des chaykh, des gens du commun ; et il les avait accueillis avec bienvenue en leur donnant à manger en les honorant et en leur faisant bon accueil chacun selon son état ; et il prenait place sur la chaise après le dhouhr –pour que les gens le voient– et il exhortait les gens et les gens étaient des cercles tout autour de lui ; il a pris place sur la chaise après le dhouhr du jeudi et dans son assemblée il y avait des exhortateurs de Wasit et un groupe nombreux de savants de l’Irak et des plus grands dignitaires des gens et des gens s’étaient mis à lui poser des questions de tafsir, d’autres lui avaient posé des questions du hadith, d’autres dans la jurisprudence, d’autres dans la divergence, d’autres sur les fondements, d’autres dans d’autres sciences : il a répondu à deux cents questions de différentes sciences et son état n’a pas changé lorsqu’il répondait et il n’avait pas manifesté de signes de difficulté ; c’est alors que je n’ai pas pu me contenir et je me suis levé et j’ai dit : « Mais cela ne vous suffit pas ? Par Allah si vous l’avez interrogé sur toute science qui a été consignée il vous aurait répondu par la volonté de Allah sans que cela ne lui fasse de peine » ; c’est alors qu’il a souri et il a dit : « Laisse-les, Ô ‘Abou Zakariyya’, qu’ils me posent des questions avant qu’ils ne me perdent car le bas monde va à sa perte et Allah est Celui Qui fait changer les états ». Les gens se sont mis à pleurer et on a entendu beaucoup de bruit dans l’assemblée et c’est alors que dans l’assemblée cinq hommes sont morts et parmi les Sabéens et les chrétiens et les juifs huit mille personnes ou plus sont entrées en l’Islam et quarante milles personnes se sont repenties ».
Ar-Rafi^iyy a dit : « Le chaykh ^adl –juste– ‘Abou Mouça Al-Haddadiyy m’a dit le chaykh Abou Mouhammad Jamalou d-Din Al-Khatib m’a rapporté qu’une fille de Al-Haddadiyyah qui s’appelle Fatimah avait une mère qui ne pouvait avoir d’enfants ; elle a fait le vœu que si Allah lui accorde un enfant elle le mettrait tant qu’il est vivant au service de ceux qui viendraient à Al-Haddadiyah parmi les disciples de notre maître le chaykh ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy ; Allah a prédestiné qu’après une courte période elle tombe enceinte ; lorsqu’elle a mis au monde et qu’elle a amené le nouveau-né, c’était une fille qui était bossue ; lorsqu’elle a grandi et qu’est venu le temps pour elle de marcher, il s’est avéré qu’elle était boîteuse ; puis elle a perdu ses cheveux suite à une maladie ; un jour alors que le maître Ahmad Al-Kabir que Allah l’agrée était venu à Al-Haddadiyah et que les gens de ce village l’ont accueilli, la boîteuse Fatimah était parmi les gens du côté des femmes alors que les filles de Al-Haddadiyah se moquaient d’elle ; lorsqu’elle était venue auprès de notre maître le chaykh ‘Ahmad elle a dit : Eh toi mon maître tu es mon chaykh et le chaykh de ma mère et tu es ma provision, je me plains à toi de mon état, puisse Allah par la bénédiction de ta sainteté et ta proche parenté du Messager de Allah r qu’Il me guérisse de ce que je suis car je suis fatiguée des moqueries des filles de Al-Haddadiyah. C’est alors que la compassion l’a pris et il s’est mis à pleurer par miséricorde pour son état puis il l’a appelée : rapproche-toi de moi. Elle s’est rapprochée de lui et il a passé sa main honorée[7] sur sa tête et son dos et ses pieds c’est alors que par la volonté de Allah ses cheveux ont poussé sa bosse a disparu et ses jambes se sont corrigées et elle devenu dans un meilleur état ».
Ar-Rafi^iyy dans son livre qu’il a composé pour l’éloge de l’imam Ar-Rifa^iyy et qu’il a appellé « Sawadou l-^aynayn fi manaqibi l-Ghawthi ‘Abi l-^Alamayn » a dit ce qui suit : « Notre chaykh l’imam le spécialiste des arguments le modèle ‘Abou l-Faraj ^Oumar Al-Farouthiyy Al-Wasitiyy nous a appris il a dit : notre maître et notre chaykh le maître ‘Ahmad Ar-Rifa^iyy a accompli le pèlerinage en l’an cinq cent cinquante-cinq de l’Hégire et lorsqu’il était arrivé à Médine et qu’il a eu l’honneur de visiter son ancêtre ^alayhi s–salatou wa s-salam il s’est placé face à la résidence du Prophète r et nous nous étions mis debout derrière lui et il a dit : « As-salamou ^alayka ya Jaddi » c’est alors que le Prophète ^alayhi s–salatou wa s-salam lui a dit : « Wa ^alayka s-salamou ya waladi » ; alors lorsqu’il a entendu cette belle voix il a été pris par le wajd –intense sentiment d’allégresse– et il s’est mis à dire de la poésie :
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Fi halati l-bou^di rouhi kountou ‘oursilouha |
Touqabbilou l-‘arda ^anni wahiya na‘ibati |
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Wa hadhihi dawlatou l-‘achbahi qad hadarat |
Famdoud yaminaka kay tahdha biha chafati |
qui signifie : « Dans la période de l’éloignement j’envoyais mon âme qui embrassait la terre à ma place et voici mon corps ici présent. Tends-moi ta main droite pour que puissent l’effleurer mes lèvres ».
Le Messager de Allah r a tendu sa main honorée à partir de sa tombe honorée et il a embrassé en présence d’environ quatre-vingt dix milles personnes ; des gens voyaient la main du Prophète r et entendaient sa voix ; Parmi ceux qui étaient présents il y avait le chaykh Hayat fils Qays Al-Harraniyy et le chaykh ^Abdou l-Qadir Al-Jiliyy et le chaykh ^Adi Ach-Chamiyy ils ont été témoins de cela eux et d’autres qu’eux que Allah les agrée tous » fin de citation.
Ar-Rafi^iyy précédemment cité il a été décrit par At-Taj As-Soubkiyy dans tabaqatou ch-chafi^iyyah par sa parole : l’imam Ar-Rafi^iyy était maître de plusieurs sciences de la loi de tafsir –d’exégèse– de hadith de fondements et il était supérieur aux gens de son époque dans la transmission et dans la recherche des arguments, en guidant les gens et dans l’obtention de la science. Pour la jurisprudence il est un pilier authentificateur, un maître des compositeurs, c’est comme si la jurisprudence avait été morte et qu’il l’avait revivifiée et qu’il l’avait diffusée et qu’il l’avait corrigée après que l’ignorance l’avait tuée et enterrée. Ar-Rafi^iyy a été également présenté dans une biographie par l’auteur de moukhtasar talkhisi l-‘Asdiyy dans tabaqatou ch-chafi^iyyah où il a fait un grand éloge de lui.
A partir de là As-Souyoutiyy a rapporté la chaîne de transmission de ce récit par différentes autres voies puis il a dit : « Parmi ce qui est su c’est que ce fait béni a atteint parmi les musulmans le degré du tawatour et ses chaînes de transmission sont nombreuses et ses différentes versions sont sûres et ceux qui l’ont rapporté ont été d’accord ; et renier cela est un des signes de l’hypocrisie que Allah nous en préserve. Puis il a cité une réplique à la question : est-ce que cela veut dire que Ar-Rifa^iyy est devenu un compagnon puisqu’il a vu la main du Messager r ainsi que les autres visiteurs ? Il a répondu : ce qui est le plus plausible c’est qu’ils ne sont pas devenus des compagnons. Et c’est ce qu’a dit As-Sakhawiyy et d’autres car l’argument c’est que ce soit durant la vie du Prophète ^alayhi s–Salatou wa s-Salam et que cette vie-là une vie de l’au-delà elle n’est pas la vie du bas monde elle n’est pas conservée par les lois du bas monde », tout comme la rencontre du Prophète r avec les autres prophètes dans Al-‘Aqsa la nuit de Al-‘Isra‘ ne veut pas dire qu’ils sont devenus des compagnons.
Et ce qui est connu c’est que As-Souyoutiyy a reçu al-‘ijazah la maîtrise pour donner des avis de jurisprudence et enseigner tant que le nombre de ses chaykh qui lui avait donné les maîtrises et auprès de qui il a récité et il a entendu ils étaient au nombre de cinquante et un ; il a composé de nombreux ouvrages presque cinq cents ouvrages qui ont été réputés dans les différents recoins de la Terre alors observe bien cela.
Conclusion
Tout cela, les saints ne l’ont eu que par leur honnêteté et leur rigueur pour suivre notre maître Mouhammad sur la croyance de vérité et sur les pratiques.
Celui donc qui espère augmenter en degré et être au nombre des victorieux au jour du jugement, qu’il soit de ceux qui sont exhortés à l’écoute des prodiges qui sont rapportés des saints. Qu’il fasse en sorte que ce soit une cause pour améliorer son état : s’il lui manque des chapitres dans la science obligatoire, qu’il s’empresse d’assister aux assemblées du bien poru les prendre, s’il en a oublié certains, qu’il s’empresse de les écouter à nouveau, s’il commet certains péchés, qu’il s’empresse pour se repentir, s’il manque à certains devoirs, qu’il s’empresse pour les rattraper.
Que chacun de nous se remémore la parole du prophète : (akthirou min dhikri hadhimi l-ladh-dhat) qui signifie : « Souvenez-vous beaucoup de la mort ». Le rappel de la mort en effet est un moyen pour ne pas tomber dans l’insouciance et pour améliorer son état. Ce qui aide à cela, c’est aussi de rester en compagnie des gens de bien et non en compagnie des grands pécheurs ni des ignorants pour leur tenir compagnie. Il a en effet été dit : (As–Sahibou sahib)ce qui signifie : « le compagnon tire vers lui son compagnon » et le Prophète a dit : (al-mar’ou ^ala dini khalilih fal-yandhour ‘ahadoukoum man youkhalil) ce qui signifie : « l’homme sera influencé par le comportement de son compagnon ; que chacun de vous fasse attention la compagnie de qui il recherche ».
[1] [sourat Al-Hachr / 18]
[2] [sourat An-Niça‘ / 48]
[3] [sourat Mouhammad / 34]
[4] [sourat ‘Ali ^Imran / 85]
[5] [sourat ‘Ali ^Imran / 19]
[6] Entre Nouh r et Idris r mille ans se sont écoulés. Et cette époque est appelée la jahiliyyah que Allah a évoquée par Sa parole : {ولا تبرّجن تبرّج الجاهليّة الأولى} (wa la tabarrajna tabarrouja l-jahiliyyati l-‘oula) [Al-‘Ahzab / 33] ce qui signifie : « Ne vous exhibez pas [Ô femmes] à l’exemple des femmes de la première jahiliyyah« .
[7] sans que ce soit par contact direct
Conférence RamaDaan 1432: Le mois des bienfaits
Ramadan béni le mois des bienfaits
La louange est à Allah et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à Mouhammad l’esclave de Allah.
Je loue Allah l’Unique, Celui qui n’a besoin de rien, Celui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et Je recherche Sa bonne guidée, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah du mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide c’est lui le bien guidé et celui qu’Il égare, tu ne lui trouveras pas de partisan ni de guide.
Que l’honneur et l’élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, lumière éclatante, lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté, Il a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message, il s’est acquitté de ce qui lui a été confié, il a conseillé la communauté, que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il ait rétribué un de Ses prophètes. Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec la bonne guidée et la religion de la vérité afin qu’Il lui donne la victoire sur toutes les religions même si cela déplaît aux mécréants. Et je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave et Son messager, que Allah l’honore lui ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.
A/ INTRODUCTION
Nous sommes au tout début d’un mois éminent béni, le mois de Ramadan honoré.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an honoré : ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, le jeûne vous a été ordonné tout comme il a été ordonné à ceux qui vous ont précédés. Puissiez-vous faire preuve de piété ».
Le jeûne de Ramadan a été rendu obligatoire au mois de Cha^ban de la deuxième année de l’Hégire. Le jeûne de Ramadan a été décrété par le texte du hadith du Messager de Allah et nous avons su combien est grande sa récompense. Tout comme c’est par le texte du hadith du Messager de Allah que nous avons su comment le mois est confirmé et comment le mois est terminé. Le Prophète a dit ce qui signifie : « Commencez le jeûne à la vue du croissant et terminez le jeûne à la vue du croissant. Si l’observation vous a été rendue difficile à cause de nuages ou autres alors poursuivez le compte de Cha^ban à trente jours ».
Ainsi le jeûne de Ramadan n’est confirmé et ne devient obligatoire que par l’observation du croissant de lune (al-hilal). Si notre observation a été gênée et que nous n’avons pas vu le croissant, il devient un devoir de poursuivre le compte de Cha^ban à trente jours.
Quant à celui qui n’a pas vu le croissant de Ramadan la nuit du trentième jour de Cha^ban, alors il peut prendre en compte la parole d’un musulman digne de confiance, non-menteur, pour preuve ce qui a été rapporté par Abou Dawoud que Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, a dit ce qui signifie : « J’ai appris au Prophète que j’avais vu le croissant, ainsi il a jeûné et a ordonné aux gens de jeûner ».
A partir de là, on sait qu’il n’est pas valable de se baser sur le calendrier, sur les astrologues ou sur d’autres gens capables de compter. Il n’y a aucune considération à accorder à ces personnes, on ne se base pas sur leurs paroles concernant le jeûne, ceci par accord des quatre écoles.
Ainsi Abou Hanifah a déclaré dans le commentaire de Ibnou ^Abidin concernant le livre du jeûne ce qui signifie : « Il n’y a pas de considération à accorder à la parole de ceux qui calculent pour déterminer l’obligation du jeûne sur les gens. » Ainsi Malik a également déclaré dans le commentaire de Ad-Douçouqiyy sur Ach-Charhou l-Kabir du Moukhtasar de Khalil ce qui signifie : « Le jeûne n’est pas confirmé par l’astrologue (c’est-à-dire par sa parole) ni pour lui ni pour autre que lui ».
Et Ahmad Ibnou Hanbal a déclaré dans Kach-chafou l-Qina^ page 302 du deuxième tome, ce qui signifie : « Le jeûne du jour du trente Cha^ban sans preuve légale à savoir l’observation du croissant ou l’accomplissement de la fin de Cha^ban, ou dans le cas où les nuages ont empêché l’observation ou ce qui est du même ordre, comme par exemple s’il a jeûné à la suite de ses propres calculs ou en se basant sur les étoiles, son jeûne n’est pas valable du fait qu’il ne s’est pas basé sur les choses sur lesquelles on se base selon la Loi », c’est-à-dire qu’il ne s’est pas basé sur la Loi.
Ach-Chafi^iyy a déclaré ce qui signifie : « Qu’il n’y a pas de considération à accorder à l’astrologue (c’est-à-dire à sa parole) ce n’est pas par sa parole que le jeûne devient obligatoire et il n’est pas permis de jeûner suite à sa parole. »
Le point à relever sur ce qui a été dit c’est que le législateur qui est notre Maître Mouhammad non seulement n’a pas utilisé le calcul pour le jeûne mais il l’a complètement écarté par sa parole qui signifie : « Allah ne nous a pas chargés d’œuvrer selon les calculs, le mois est soit ainsi soit ainsi« . Ainsi les choses sur lesquelles on se base sont l’observation et l’accomplissement de la fin du mois de Cha^ban. La fin de Cha^ban elle-même revient à l’observation, ceci requiert donc de nous d’observer le croissant de Cha^ban et celui des autres mois.
B/ COMPORTEMENTS DURANT CE MOIS
Les mois sont au nombre de douze. Le commencement et la fin de chacun de ces mois est connu et déterminé par l’observation du croissant lunaire. Les musulmans du Salaf et du Khalaf sont sur cette voie et persévèrent toujours sur cette voie. Les savants de jurisprudence ont décrété par les textes qu’il n’est pas permis de se baser sur la parole de quelqu’un se fiant aux étoiles ou au calcul pour la confirmation du début du mois de Ramadan. Ainsi la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, on observe le croissant de lune de Ramadan. Si on le voit, le jeûne est confirmé pour le lendemain mais si l’observation n’a pas été possible, on poursuit le compte de Cha^ban à trente jours.
Il y a dans l’école de l’Imam Abou Hanifah une facilité pour les musulmans ; de sorte que si le croissant de Ramadan a été observé en Orient, il est permis aux gens de l’Occident, du Nord et du Sud de jeûner en se basant sur l’observation des gens de l’Orient.
De même si un musulman digne de confiance (^adl) a vu le croissant de Ramadan en Amérique du Nord, il nous est permis de jeûner selon l’école de l’Imam Abou Hanifah en se basant sur l’observation de ce musulman-là. Ainsi il est indispensable de chercher à observer le croissant de Ramadan. La nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban il convient de s’assurer su le croissant a été observé ou non avant de s’endormir car celui qui se réveille le matin de Ramadan et qui, trouvant les musulmans en train de faire le jeûne, n’avait pas fait l’intention pendant la nuit, son jeûne n’est pas compté pour lui. Il est indispensable donc de veiller à observer le croissant de Ramadan et on se base pour cela sur la parole de quelqu’un qui est digne de confiance.
Cependant, se baser sur quelqu’un qui se fonde sur le calcul pour la détermination du début du mois est en contradiction claire et explicite avec ce qu’a dit le Messager de Allah par sa parole qui signifie : « Jeûnez à la vue du croissant de lune et cessez de jeûner à la vue du croissant de lune ».
Il est indispensable d’abord de connaître la règle selon la Loi que celui qui a été occupé par l’obligation et qui n’a pas fait de surérogatoires est excusé. Et celui qui a été détourné par le surérogatoire et n’a pas accompli de ce fait l’obligatoire, il est prétentieux.
Il est important que la personne fasse le repentir à Allah ta^ala durant le mois de Ramadan, le mois de Cha^ban, durant le mois de Chawwal et dans tous les jour de l’année durant sa vie. Il est important qu’il cesse de faire les choses blâmables les choses interdites et qu’il persévère à les éviter, d’avoir la ferme volonté qu’il ne va pas récidiver afin que soient réunies les conditions du repentir.
C’est en effet dans ce mois-là qu’a eu lieu la conquête de Badr, la grande conquête de Badr. C’est durant ce mois également qu’a eu lieu la conquête de La Mecque. Ramadan n’est donc pas un mois de paresse, ce n’est pas un mois pour reporter à plus tard et ne pas faire certains devoirs sous prétexte d’avoir faim et d’être fatigué. Car l’état des compagnons le jour de la conquête de La Mecque et la grande bataille de Badr témoigne du contraire. Leur état était clair et eux c’étaient des hommes, ils étaient des héros. Que pouvons-nous faire aujourd’hui alors que nous vivons une vie de roi par rapport à la vie des compagnons ? Ils étaient la cible des chefs des associateurs qui portaient des coups d’épées dans leurs poitrines jusqu’à ce que la religion de vérité arrive, louange à Allah, jusqu’aux pays de l’Orient et de l’Occident. Celui donc qui a été occupé par ce qui est obligatoire et n’a pas fait le surérogatoire, il est excusé.
Par conséquent, celui qui a su de lui-même qu’il a des prières obligatoires à rattraper, qu’il ne s’occupe pas à réciter des ‘ayah du Qour’an honoré jour et nuit ni à accomplir des prières surérogatoires et à veiller des nuits de Ramadan sans veiller à rattraper les obligations qu’il a manquées auparavant sans excuses, il les a manquées sans excuse. Donc celui qui a voulu s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment s’attacher à la religion, il est indispensable qu’il apprenne comment se fait l’obéissance avant de s’occuper à réciter le Mous–haf jour et nuit alors qu’il n’a même pas pris par transmission la manière de réciter le Qour’an auprès de gens de science et de la connaissance.
Pour être un musulman qui recherche l’agrément de Allah soubhanahou wa ta^ala il faut qu’ils soient au nombre de ceux qui apprennent la science, qu’il apprenne ce que Allah lui a ordonné d’apprendre. Ensuite qu’il applique et qu’il s’acquitte et s’attache aux obligations d’abord car pour se rapprocher de l’agrément de Allah ta^ala c’est par les obligations avant les surérogatoires. Tout comme Allah ta^ala dit dans le hadith Qoudsiyy qui signifie : « Mon esclave ne se rapproche pas tant de Mon agrément que par ce que J’ai rendu obligatoire sur lui ». Nombreux sont ceux qui commencent par apprendre la récitation en mémorisant le Qour’an honoré alors qu’il croient que Allah s’assoit au-dessus du Trône. En quoi cette mémorisation du Livre leur sera profitable alors que le Livre de Allah ta^ala les maudit. En effet celui qui croit que Allah a une image, celui-là n’a pas connu Allah ta^ala, le jeûne n’est pas valable de sa part, ni ses veillées de nuit, ni sa prière, ni la zakat ni le pèlerinage ni aucune obéissance. Pour que l’état du musulman soit convenable pendant le mois de Ramadan, s’il veut occuper ce temps par l’obéissance, il convient qu’il assiste aux assemblées de science de la religion. Il est nécessaire qu’il accomplisse les devoirs avant de s’occuper des surérogatoires s’il a des prières obligatoires à rattraper qu’il a manquées sans aucune excuse.
Par contre celui qui a accompli les devoirs, qu’il s’efforce de réciter le Qour’an honoré durant le mois d’obéissance, durant le mois dans lequel le Qour’an honoré a été révélé.
C/ QUELQUES LOIS DU JEÛNE
Ainsi, le jeûne du mois de Ramadan béni est une adoration éminente, que Allah a spécifiée de particularités. Parmi ces particularités, il y a ce qui a été rapporté dans le hadithqoudsiyy :
(( قال الله تعالى : كلّ حسنة بعشر أمثالها إلى سبعمائة ضعف إلاّ الصّيام فإنّه لي وأنا أجزي به ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Allah ta^ala dit : Chaque bonne action en vaut dix et [peut être récompensée] jusqu’à sept cents fois hormis le jeûne, il est certes pour Moi et c’est Moi Qui en accorde la récompense correspondante« .
Le jeûne du mois de Ramadan a été rendu obligatoire la deuxième année de l’Hégire et le Messager de Allah a accompli le jeûne de neuf années après quoi il est décédé.
L’obligation du jeûne de Ramadan est connue d’évidence dans la religion. Par conséquent, celui qui renie son obligation devient mécréant sauf s’il est récemment entré en Islam ou s’il a grandi dans une région éloignée des savants. Quant à celui qui ne fait pas le jeûne pendant Ramadan sans excuse légale, tout en ayant pour croyance que le jeûne est obligatoire pour lui, il ne devient pas mécréant mais il est désobéissant et il lui incombe de rattraper les jours pendant lesquels il n’a pas jeûné.
Le jeûne (as–siyam) dans la langue arabe, c’est l’abstinence et du point de vue de la Loi de l’Islam, c’est s’abstenir des choses qui rompent le jeûne, que ce soit manger, boire ou autre que ces deux choses-là, depuis l’aube jusqu’au coucher, avec une intention faite la veille dans le cœur.
Avant même l’Unanimité, ce qui fonde l’obligation du jeûne de Ramadan, c’est la ‘ayah :
)كُتِبَ عَلَيكُمُ الصِّيَامُ(
ce qui signifie : « Le jeûne vous a été prescrit« , et sa parole :
(( بني الإسلام على خمس شهادة أن لا إله إلاّ الله وأنّ محمّداَ رسول الله وإقام الصّلاة وإيتاء الزّكاة وحجّ البيت وصوم رمضان ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « L’Islam est construit sur cinq [principaux devoirs] : le témoignage qu’il n’est de dieu que Allah et que Mouhammad est le messager de Allah, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat, le pèlerinage à la Maison [Sacrée] et le jeûne de Ramadan« .
Il est aussi un devoir de procéder à l’observation du croissant de lune de Ramadan lors de la nuit précédant le trentième jour de Cha^ban. Le jeûne de Ramadan devient obligatoire par l’une des deux choses suivantes :
1- en ayant complété Cha^ban à trente jours ;
2- en ayant vu le croissant de lune de Ramadan, la nuit qui précède le trentième jour de Cha^ban, conformément à sa parole :
((صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته فإن غُمَّ عليكم
فأكمِلوا عِدّة شعبان ثلاثين يوماً))
[rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim, les auteurs des Sounan et d’autres qu’eux] ce qui signifie : « Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
Ainsi, celui qui a vu le croissant de lune de Ramadan commence le jeûne et celui qui ne l’a pas vu mais a été informé par un musulman digne de confiance, juste (^adl [1]), libre, non menteur, il lui est aussi un devoir de commencer à jeûner. Ainsi, Abou Dawoud a rapporté de Ibnou ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit : « J’ai informé le Prophète que j’avais vu le croissant, alors il a commencé le jeûne et a ordonné aux gens de jeûner« . Ibnou Hibban a donné à ce hadith le degré de sahih – sûr –.
Quelqu’un qui a été informé par un enfant, ou par un grand pécheur (faciq), par une femme ou un esclave disant qu’ils ont vu le croissant de lune de Ramadan, il lui est permis de jeûner s’il a confiance en eux. Sinon, il complète le compte de Cha^ban à trente jours. Lorsque le juge (qadi) a confirmé le jeûne, le jeûne est devenu obligatoire pour les habitants du pays où il a été confirmé, ainsi que dans les pays proches du pays où le croissant a été vu et qui ont les mêmes horaires de lever et de coucher du soleil mais pas dans les pays qui n’ont pas les mmes horaires de lever et de coucher ; ceci selon Ach-Chafi^iyy. Tandis que selon Abou Hanifah, il est un devoir de jeûner pour les habitants de tout pays ayant appris la confirmation du jeûne dans n’importe quel autre pays, quel qu’en soit l’éloignement du pays où a été confirmée l’observation du croissant. Ainsi, selon lui, le jeûne devient obligatoire pour les habitants de l’extrme Occident s’ils ont appris que le jeûne a été confirmé en Orient et de même dans le cas contraire.
Les obligations du jeûne
Les obligations du jeûne sont au nombre de deux : l’intention et l’abstinence des choses qui le rompent.
1 – L’intention : elle a lieu dans le cœur. Il n’est donc pas une condition de la prononcer avec la langue. Il est un devoir de la faire pendant la nuit qui précède le jeûne, c’est-à-dire de la faire intervenir de nuit avant l’aube pour chaque jour de Ramadan, avec le cœur. On fait de même s’il s’agit d’un rattrapage. Ainsi, lorsque le soleil s’est couché et que le jeûneur fait l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan avant de faire ce qui rompt le jeûne, lorsqu’il ne refait pas cette intention après avoir mangé, elle lui est suffisante. Il est aussi un devoir de préciser de quel jeûne il s’agit, comme de préciser qu’il s’agit du jeûne d’un jour de Ramadan, d’un vœu (nadhr) ou d’une expiation même s’il n’en cite pas la cause. De plus, il est un devoir de faire l’intention pour chaque jour. En effet, il ne suffit pas de faire l’intention au début du mois pour tout le mois, selon Ach-Chafi^iyy. Les savants ont dit : « L’intention complète durant le mois de Ramadan est : j’ai l’intention de jeûner le jour qui vient du mois de Ramadan de cette année par acte de foi et par recherche de la récompense de Allah ta^ala« . Certains savants ont dit qu’il suffit de faire l’intention durant la nuit du premier jour de Ramadan pour tous les jours du mois ; on dit alors avec son cœur : « j’ai l’intention de jeûner trente jours du mois de Ramadan de cette année ».
Et il est un devoir pour la femme qui a les menstrues ou les lochies et dont l’écoulement sanguin a cessé la veille du jeûne, de faire l’intention de jeûner le jour suivant de Ramadan, même si elle n’a pas fait le ghousl – la grande ablution –. Le fait de manger, de dormir ou d’avoir des rapports après avoir fait l’intention et avant l’apparition de l’aube n’est pas préjudiciable. Celui qui s’est endormi de nuit sans avoir fait l’intention de jeûner puis ne s’est réveillé qu’après l’aube, il lui est un devoir de s’abstenir des choses qui rompent le jeûne et doit le rattrapage de ce jour de Ramadan. Quant au jeûne surérogatoire, il n’est pas requis concernant l’intention de la faire intervenir de nuit avant l’aube. Ainsi, s’il se réveille après l’aube, n’a rien mangé et rien bu puis fait l’intention de jeûner ce jour-là, par recherche de l’agrément de Allah ta^ala par cet acte surérogatoire, tout ceci avant que le soleil ne s’écarte du milieu du ciel, son jeûne est valable.
2 – L’abstinence des choses qui rompent le jeûne : il est un devoir de s’abstenir :
a – de manger, de boire ainsi que d’introduire tout ce qui a un volume, même petit, dans la tête, le ventre ou ce qui est semblable, à partir d’un orifice ouvert tel que la bouche ou le nez, même s’il s’agit de petites particules comme la fumée de cigarettes, ou à partir des orifices inférieurs, antérieur ou postérieur, ceci depuis l’aube jusqu’au coucher.
Celui qui mange ou boit par oubli, même en quantité et même durant le jeûne surérogatoire, il n’a pas rompu son jeûne. Ainsi, dans le hadith sûr :
((من نسي وهو صائم فأكل أو شرب فليتمّ صومه فإنّما أطعمه الله وسقاه))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui a oublié en faisant le jeûne et qui a donc mangé ou bu, qu’il poursuive son jeûne, c’est Allah Qui l’a nourri et abreuvé« .
b – il est un devoir de s’abstenir de provoquer le vomissement délibérément, par exemple avec son doigt, même s’il n’en a rien avalé dans son ventre. Et celui qui a vomi sans l’avoir provoqué et n’en avale rien, il n’a pas rompu son jeûne, cependant il se purifie la bouche avant d’avaler sa salive. Le Messager de Allah r a dit :
(( من ذرعه القيء (أي غلبه) وهو صائم فليس عليه قضاء ومن استقاء فليقض ))
[rapporté par Al-Hakim et les quatre] ce qui signifie : « Celui qui a été gagné par le vomissement alors qu’il faisait le jeûne ne doit pas de rattrapage, mais celui qui l’a provoqué doit rattraper« .
c – il est un devoir de s’abstenir d’avoir un rapport et de faire sortir le maniyy – le sperme ou son équivalent féminin – par la masturbation ou le contact : cela annule le jeûne. Quant à l’émission du maniyy à la suite d’un regard, mme d’un regard interdit, ou bien à la suite d’une l’imagination, cette émission ne rompt pas le jeûne.
Etant donné que le temps du jeûne s’étend de l’aube jusqu’au coucher, il est un devoir de connaître les deux limites du jour pour chaque personne responsable de l’accomplissement du jeûne. En effet, ceux qui appellent à la prière de nos jours sont pour la plupart ignorants des temps des prières selon la Loi. Par conséquent, on ne se base pas sur les appels à la prière enregistrés qu’ils diffusent aux environs du temps de l’aube et du coucher.
L’aube est donc la lueur blanche transversale et horizontale qui apparaît à l’horizon est. A son début, il y a une légère rougeur mélangée à sa blancheur. Ensuite, après environ une demi-heure, cette rougeur devient plus prononcée. C’est donc cette lueur blanche qui est l’aube. Il est un devoir de faire l’intention avant l’apparition de cette lueur blanche.
Le coucher, c’est la disparition de la totalité du disque solaire.
Ainsi, celui qui a mangé après l’aube, croyant que l’aube ne s’est pas encore levée, son jeûne n’est pas valable, il doit le rattrapage et doit s’abstenir des choses qui rompent le jeûne le restant de la journée. S’il avait fait son ijtihad, c’est-à-dire s’il avait fait un effort de déduction et avait mangé puis, s’il s’avère que l’aube était déjà apparue, il ne commet pas de péché. C’est le cas par exemple de celui qui se base sur le cri du coq qu’on a expérimenté. De même, s’il a mangé juste avant la disparition de tout le disque solaire lors du coucher, en croyant que le soleil s’est déjà couché, puis qu’il s’est avéré qu’il n’en était pas ainsi, son jeûne n’est pas valable et il doit le rattrapage de ce jour. Quant à celui qui mange sans excuse juste avant le coucher, il commet un péché. Allah ta^ala dit : (ثمّ أتمّوا الصّيام إلى اللّيل) [sourat Al-Baqarah / 187] ce qui signifie : « Et poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit« , le coucher du soleil étant un signe du commencement de la nuit.
De même, il est un devoir pour le musulman de se maintenir en Islam à jamais, pendant Ramadan et en-dehors de Ramadan. Il est donc un devoir d’éviter de tomber dans la mécréance, par ses trois sortes :
1 – La mécréance par la parole : comme celui qui insulte Allah, le Qour’an ou l’Islam.
2 – La mécréance par la croyance : comme le fait de croire que Allah est un corps ou une lumière ou une âme.
3 – La mécréance par les actes : comme le fait de jeter le livre du Qour’an dans les ordures ou la prosternation pour une idole.
En effet, persévérer sur la foi de l’Islam et ne pas le rompre est une condition de validité du jeûne pour celui qui le fait. La mécréance est donc une cause d’invalidation du jeûne. Celui qui tombe dans une de ces sortes de mécréance, commettant ainsi l’apostasie alors qu’il était en train de jeûner, son jeûne est annulé et il doit revenir immédiatement à l’Islam en prononçant les deux témoignages. Il doit d’autre part s’abstenir le restant de la journée des choses qui rompent le jeûne, puis rattraper ce jour immédiatement après Ramadan, aprs le jour de la Fête (al-^id).
Les conditions d’obligation du jeûne
Le jeûne est un devoir pour chaque musulman pubère, sain d’esprit, capable de jeûner. Il n’est pas valable de la part du mécréant d’origine, ni de l’apostat et il n’est pas valable aussi d’une femme ayant les menstrues ou les lochies. Si elles jeûnent alors qu’il y a encore un écoulement du sang, elles commettent un péché et doivent le rattrapage.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour l’enfant. En revanche, il est du devoir de son tuteur de lui ordonner de jeûner s’il a atteint l’âge de sept ans lunaires et de le corriger s’il a plus de dix ans lunaires et qu’il ne l’accomplit pas alors qu’il en est capable ; mais l’enfant ne doit pas le rattrapage s’il manque le jeûne.
De même, le jeûne n’est pas un devoir pour le fou qui n’a donc pas à faire le rattrapage. Ce n’est pas non plus un devoir de l’accomplir pour le malade à qui le jeûne est nuisible, ni pour le voyageur d’un long voyage ; l’un et l’autre doivent cependant le rattrapage.
Si le malade ou le voyageur font le jeûne, il est valable pour eux-deux. Mais s’il leur est nuisible, il leur est interdit.
Le voyageur qui veut ne pas jeûner le premier jour de son voyage doit avoir quitté sa ville avant l’apparition de l’aube.
D’autre part, le jeûne n’est pas un devoir pour le vieillard d’un âge avancé qui a peur d’aggraver son état ou qui craint d’en mourir.
Les choses qui annulent le jeûne
Les choses qui annulent le jeûne sont les suivantes :
Manger, même un grain de sésame ou moins que cela, délibérément et non sous la menace, en en connaissant l’interdiction, et boire, même une goutte d’eau ou une goutte de médicament.
Remarque : la poussière du chemin n’est pas préjudiciable, ni le tamisage de la farine et ce, en raison de la difficulté qu’il y a pour s’en préserver. Il n’est pas préjudiciable non plus de goûter la nourriture sans rien en avaler.
Celui qui a exagéré dans le rinçage de la bouche ou du nez si bien que de l’eau a pénétré dans son corps, celui-là a rompu le jeûne. S’il a fait sortir sa salive de sa bouche même si c’est jusqu’à l’extérieur de ses lèvres, puis l’y a réintroduite et l’a avalée, il a rompu le jeûne. Mais tant que la salive reste en contact avec sa langue, il ne rompt pas le jeûne s’il l’avale. S’il rassemble de la salive dans sa bouche et l’avale sans qu’elle soit changée, cela n’est pas préjudiciable. Quant au fait d’avaler les sécrétions du nez, de la gorge ou des poumons ou autres, il y a un détail :
Si ces sécrétions ont été avalées à partir de l’intérieur de la bouche, cela rompt le jeûne.
Si c’était à partir de ce qui est en-dessous du lieu de sortie du ha‘ (ح), cela ne rompt pas le jeûne.
Toutefois, avaler ces sécrétions ne rompt pas le jeûne selon l’école de l’imam Abou Hanifah, même si on les avale après qu’elles soient parvenues jusqu’à la langue.
Cependant, si le jeûneur avale sa salive altérée par la fumée de la cigarette qu’il aurait fumée avant l’aube ou par autre chose qu’il aurait consommée avant l’aube, il rompt son jeûne.
S’il a été gagné par le vomissement, puis une fois qu’il a cessé, s’il avale sa salive altérée avant de laver sa bouche, son jeûne est annulé car cette salive est souillée par le vomi qui est parvenu jusqu’à sa bouche.
Quant à la fumée qui parvient dans le corps du jeûneur, provenant d’un fumeur de cigarette installé à côté de lui dans la voiture par exemple, cette fumée n’annule pas le jeûne. Il en est de même pour la fumée de l’encens et pour la respiration du parfum, cela n’annule pas le jeûne. Ce n’est toutefois pas le cas de celui qui fume lui-même une cigarette car il s’en détache des petites particules qui parviennent jusqu’à l’intérieur du corps du jeûneur qui les avale.
Le lavement par les orifices inférieurs, antérieur et postérieur annule le jeûne. De même, la goutte dans le nez et dans l’oreille annulent le jeûne si le médicament parvient jusqu’à l’intérieur du corps. Selon un avis, la goutte dans l’oreille n’annule pas le jeûne.
Quant à la goutte dans l’œil, elle ne l’annule pas de même que l’injection à travers la peau et les vaisseaux.
Le jeûne n’est pas rompu pour celui qui s’est évanoui durant le jour de Ramadan et s’est réveillé sans que son évanouissement ait duré toute la journée. Tandis que si l’évanouissement a duré toute la journée, de l’aube jusqu’au coucher, son jeûne n’est pas valable. Toutefois, si le jeûneur est atteint de folie, ne serait ce qu’un instant, le jeûne est rompu.
De même, si les menstrues ou les lochies surviennent à la femme, même juste avant le coucher du soleil, son jeûne est rompu.
Quant au jeûneur qui dort, s’il lui sort du maniyy dans le rêve, son jeûne n’est pas rompu, contrairement à la sortie du maniyy par masturbation ou par contact, de façon délibérée et sans que cela ait lieu par oubli.
Celui qui a un rapport sexuel durant un jour de Ramadan délibérément, en se rappelant le jeûne et de son propre choix, même si à la suite de cela il ne sort pas de maniyy, son jeûne est annulé. Quant à celui qui fait le rapport par oubli, il n’annule pas son jeûne et ne doit pas de rattrapage.
D’autre part, celui qui s’est réveillé jounoub d’un rapport ou autre, il fait le jeûne de ce jour et fait le ghousl – la grande ablution – pour la prière. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit :
((كان رسول الله يدركه الفجر وهو جنب من أهله ثم يغتسل ويصوم))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Le Messager de Allah était atteint par l’aube alors qu’il était jounoub de sa femme puis il faisait le ghousl et il faisait le jeûne« .
Parmi les choses encore qui rompent le jeûne, il y a se retrouver dans la mécréance. La prononciation délibérée signifie qu’elle n’est pas prononcée par lapsus, qu’elle ait été dite en plaisantant ou en étant en colère, de plein gré c’est-à-dire pas sous la menace de mort ou ce qui est du même ordre, que ce soit en se rappelant le jeûne ou non. En effet, aucun acte d’adoration n’est valable de la part d’un mécréant.
Quant au fait d’embrasser l’épouse avec désir, il est interdit s’il craint l’émission de maniyy et il est dit que c’est déconseillé. Toutefois, il n’annule pas le jeûne lorsqu’il n’entraîne pas la sortie du maniyy. Mais, la parole qui signifie (cinq choses annulent le jeûne : le regard interdit, le mensonge, la médisance, rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde et le baiser), cette parole n’a aucun fondement et a été attribuée mensongèrement au Prophète. Certaines de ces choses annulent cependant la récompense du jeûne, comme le fait de rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde.
Ce qui est un devoir pour celui qui n’observe pas le jeûne délibérément durant Ramadan
Ne pas accomplir le jeûne délibérément durant Ramadan rend obligatoires les choses suivantes :
1- dans certains cas le rattrapage seul ;
2- dans d’autres le rattrapage assorti d’une compensation (fidyah) ;
3- dans d’autres la compensation seule à la place du rattrapage ;
4- dans d’autres, le rattrapage et le versement d’une expiation (kaffarah).
1 – Ceux qui annulent leur jeûne et qui doivent le rattrapage seul sont les suivants :
a- celui qui n’a pas jeûné à cause d’une maladie dont on espère la guérison ;
b- celui qui a effectué un long voyage durant lequel il n’a pas jeûné ;
c- la femme qui a eu les menstrues ou les lochies ;
d- celui qui a délaissé le jeûne délibérément durant Ramadan sans excuse ou qui était en train de jeûner puis a annulé son jeûne par autre chose que le rapport sexuel ;
e- la femme enceinte et celle qui allaite, si elles ont peur pour elles-mêmes ;
Tous ceux-là doivent seulement le rattrapage jour pour jour.
2 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent le rattrapage assorti d’une compensation, ce sont :
La femme enceinte et celle qui allaite si elles ont peur pour leur enfant et n’ont pas jeûné, elles doivent le rattrapage et la compensation pour chaque jour d’un moudd – le plein de deux mains jointes pour des mains de taille moyenne – de l’aliment de base le plus courant du pays. Dans l’école de jurisprudence hanafiyy, il s’agit là de donner à un pauvre ou à un miséreux une quantité suffisante pour ses repas du midi et du soir ou la valeur correspondant à cela.
Celui à qui il incombait un rattrapage de Ramadan et qui en a retardé le jeûne jusqu’au Ramadan suivant, il doit en plus du rattrapage donner une compensation, pour chaque jour, un moudd.
3 – Quant à ceux qui n’observent pas le jeûne et doivent la compensation seule, ce sont :
a – le vieillard d’un âge avancé qui ne supporte pas le jeûne ou pour qui le jeûne présente une difficulté insupportable, celui-là ne jeûne pas et donne une compensation – un moudd – jour pour jour ;
b – le malade dont on n’espère pas la guérison : il n’a pas à jeûner ni à rattraper. Il ne doit que la compensation seule qui est la valeur correspondant à ce qui suffit pour manger le midi et le soir selon Abou Hanifah, et selon Ach-Chafi^iyy c’est un moudd de blé ou autre selon l’aliment de base le plus courant du pays.
4 – Quant à celui qui n’observe pas le jeûne et doit à la fois le rattrapage et l’expiation, c’est celui qui a rompu son jeûne par un rapport sexuel durant une journée de Ramadan délibérément, de son plein gré, en se rappelant le jeûne, même s’il n’est pas sorti du maniyy à la suite de cela. Il doit rattraper cette journée qu’il a annulée tout comme il doit l’expiation.
L’expiation consiste en ce qui suit, selon l’ordre suivant :
a- l’affranchissement d’un esclave croyant. Si la personne n’a pas la capacité de le faire, ce sera :
b- le jeûne de deux mois lunaires consécutifs, en-dehors du jour de rattrapage. Si donc la personne ne jeûne pas pendant un jour ou annule le jeûne de l’un d’eux, même à cause d’une maladie, elle reprend depuis le début. Si la personne est incapable de jeûner, ce sera :
c- nourrir soixante pauvres, en donnant à chaque personne un moudd de l’aliment de base prédominant du pays. Selon Abou Hanifah, il faut donner à chaque pauvre la valeur correspondant à un repas du midi et un repas du soir.
Si la personne est incapable de tout cela, l’expiation reste à sa charge et il ne lui incombe rien d’autre qui le remplace.
Ce qui est recommandé lors du jeûne
Il est recommandé de faire certaines choses lors du jeûne :
a – s’empresser à rompre le jeûne, une fois qu’on s’est assuré du coucher du soleil, en raison de sa parole : (( لا يزال النّاس بخير ما عجّلوا الفطر )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les gens vont bien tant qu’ils s’empressent de rompre le jeûne« .
Il est aussi recommandé de rompre le jeûne avec des dattes. Si on n’en trouve pas, que l’on rompe avec de l’eau et ceci, avant d’accomplir la prière de al-maghrib, conformément à sa parole :
(( إذا أفطر أحدكم فليفطر على تمر فإن لم يجد فليفطر على ماء فإنّه طهور ))
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Lorsque l’un de vous rompt le jeûne, qu’il le rompe avec des dattes, s’il n’en trouve pas, qu’il le rompe avec de l’eau, elle est certes purificatrice« .
Et on dit : (( اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت ))) (Allahoumma laka soumt, wa ^ala rizqika ‘aftart) [rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est pour Toi que j’ai jeûné et c’est avec Ta subsistance que je rompts le jeûne« .
Il est indispensable avant de rompre le jeûne, de s’être assuré du coucher du soleil et il ne suffit pas de se fier simplement à l’appel à la prière de la radio. Il arrive parfois qu’il ait lieu certaine précipitation à diffuser l’appel avant son temps, comme cela a déja eu lieu dans le passé dans certains pays.
b – Retarder le sahour – le dernier repas – jusqu’à la fin de la nuit, avant l’aube, même s’il se limite à une gorgée d’eau. D’après ‘Anas qui a dit : le Messager de Allah a dit : (( تسحّروا فإنّ في السّحور بركة )) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Prenez le sahour, certes, il y a dans le sahour une bénédiction« .
c – De même, il est encore plus important pour le jeûneur de préserver sa langue du mensonge, de la médisance, des paroles vulgaires et autres encore parmi les choses interdites.
Sachez, mes frères qu’il est plus facile de faire preuve de patience pour persévérer dans l’obéissance à Allah soubhanahou wa ta^ala que d’avoir à endurer Son châtiment.
Alors, empêche ton ventre de consommer ce qui est interdit pendant la période où tu ne jeûnes pas c’est-à-dire la nuit, empêche ta vue du regard illicite et empêche-toi de dire les paroles laides, illicites comme le mensonge et la médisance, qui consiste à mentionner ton frère en Islam par ce qui lui déplaît, sans raison légale en citant des choses qui sont vraies à son sujet, et cela en son absence. Aussi, abstiens-toi de faire ce qui est indécent, cesse les querelles, la sécheresse dans tes comportements et les disputes.
Al-Boukhariyy et Mouslim ont rapporté de la parole de Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, que le Messager de Allah a dit :
(( إنّما الصّوم جنّةٌ (أي وقايةٌ) فإذا كان أحدكم صائما فلا يرفث
ولا يجهل وإن امرؤ قاتله أو شاتمه فليقل : إنّي صائم إنّي صائم ))
ce qui signifie : « Certes, le jeûne est une protection. Si l’un de vous était en train de jeûner, qu’il n’ait pas de rapport sexuel et qu’il ne fasse pas preuve d’indécence et si quelqu’un le provoque ou l’insulte, qu’il dise : Certes, je suis en train de jeûner. Certes, je suis en train de jeûner« .
De la même façon, il est encore plus important pendant Ramadan de s’empêcher d’écouter tout ce qu’il est interdit d’écouter, et d’empêcher le reste des organes, comme la main et le pied de commettre les péchés et les interdits.
De même, il est recommandé de faire preuve de beaucoup de générosité, d’entretenir les liens de proche parenté, de réciter beaucoup le Qour’an et de faire retraite dans la mosquée (al-i^tikaf) et plus particulièrement pendant les dix derniers jours. Ainsi, Mouslim a rapporté d’après Ibnou ^Oumar, que le Prophète faisait retraite dans la mosquée pendant les dix derniers jours de Ramadan.
Il est aussi recommandé de donner de quoi rompre le jeûne aux jeûneurs. Le Messager de Allah a dit :
((من فطّر صائماً كان له مثل أجره غير أنّه لا ينقص من أجر الصّائم شىء))
[rapporté par At-Tirmidhiyy et il a dit que le hadith est fiable et sûr] ce qui signifie : « Celui qui donne à rompre le jeûne à un jeûneur, aura une récompense semblable à la sienne sans que la récompense du jeûneur ne soit en rien diminuée« .
Il est enfin recommandé de dire, si on était insulté : je suis en train de jeûner, je suis en train de jeûner (‘inni sa‘im, ‘inni sa‘im).
Avertissement :
Celui qui meurt et à qui incombe des rattrapages de Ramadan, son tuteur – la personne la plus proche de lui – jeûne pour lui. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, il a été rapporté que le Messager de Allah a dit : ((من مات وعليه صيام صام عنه وليّه)) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui meurt et devait rattraper des jours, son tuteur [son plus proche parent] jeûne pour lui« .
Les jours pendant lesquels il est interdit de jeûner
1 – Le jour de la Fête de la fin du jeûne (^idou l-fitr) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
2 – Le jour de la Fête du sacrifice (^idou l-‘ad–ha) qui est le jour où l’on accomplit la prière de la Fête.
Mouslim a rapporté de ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qu’elle a dit : « Le Messager de Allah a interdit deux jeûnes : celui du jour de al-fitr – la Fête de la fin du jeûne – et celui du jour de al-‘ad–ha – la Fête du sacrifice – ».
3 – Les trois jours de at-tachriq, et ce sont les trois jours qui suivent le jour de la Fête du sacrifice. Le Messager de Allah a dit :
(( أيّام التّشريق أيّام أكل وشرب ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Les jours de at-tachriq sont des jours où on mange et o on boit« .
4 – Le jour du doute, c’est le trentième jour de Cha^ban dans le cas où certaines personnes ont dit avoir vu le croissant de lune de Ramadan, par exemple des personnes comptant parmi les grands pécheurs (faciq), des femmes, des enfants ou autres de ceux dont la parole ne confirme pas le début du jeûne. Le Prophète a interdit de jeûner ce jour par sa parole :
((لا تقدّموا رمضان بيوم أو يومين صوموا لرؤيته وأفطروا لرؤيته
فإن غمّ عليكم فأكملوا عدة شعبان ثلاثين يوماً ))
[rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim] ce qui signifie : « N’anticipez pas Ramadan d’un ou deux jours. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si l’observation est gênée [par des nuages par exemple], complétez le compte de Cha^ban à trente jours« .
5 – La deuxième moitié de Cha^ban. Il n’est donc pas permis de la jeûner sauf si son jeûne est relié avec un jeûne qui le précède, ou si on jeûne par rattrapage, par vœu (nadhr), par expiation (kaffarah) ou par wird – comme celui qui jeûne le lundi et le jeudi de chaque semaine toute l’année –.
Il est recommandé de jeûner six jours de Chawwal. Il est d’autre part recommandé de les accomplir en continu à la suite de la Fête, après la Fête. Si on les accomplit séparément, la sounnah est quand mme réalisée. D’après Abou ‘Ayyoub Al-‘Ansariyy, le Messager de Allah a dit :
(( من صام رمضان ثمّ أتبعه ستّاً من شوّال كان كصيام الدّهر ))
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Celui qui jeûne Ramadan et le fait suivre par [le jeûne de] six jours de Chawwal est comme celui qui jeûne toute une vie« .
Il est interdit d’interrompre le jeûne d’une obligation pour celui qui s’y engage que ce soit en l’accomplissant dans son temps, en rattrapage ou par vœu. Mais lorsque c’est un jeûne surérogatoire, il lui est permis de l’interrompre.
La Zakat de la fin du jeûne (Zakatou l-fitr)
C’est une zakat sur le corps et non sur le bien. Elle est un devoir pour chaque musulman s’il dispose de son montant en plus de sa propre charge et de la charge de ceux qu’il nourrit le jour de la Fête et la nuit qui le suit. Son montant est de un sa^ de l’aliment de base le plus courant du pays.
Le sa^ du Prophète est l’équivalent de quatre moudd pour des mains de taille moyenne.
Elle est donnée à un miséreux dans le besoin et qui a droit à la zakat. Il est du devoir de l’homme de donner la zakat de la fin du jeûne (fitrah) de son épouse musulmane et de ses enfants qui ne sont pas pubères et de tout proche qui est à sa charge, c’est-à-dire ceux dont la charge est un devoir pour lui, par exemple les pères et mères. Il n’est pas un devoir de payer la zakat de la fin du jeûne de quelqu’un qui est mécréant. D’autre part, il n’est pas valable de donner la zakat de la fin du jeûne de l’enfant pubère sauf avec son autorisation. Que l’on fasse donc attention à cela car beaucoup de gens ne prennent pas ce jugement en considération et donnent la zakat de l’enfant pubère sans son autorisation.
Lors de l’acquittement de la zakat de la fin du jeûne, il est indispensable de faire l’intention lors du retrait de la part à verser. Le retrait, c’est mettre de côté la part qui va être donnée en zakat, par exemple en disant dans son cœur : ceci est la zakat de mon corps. Ceci est conforme à la parole du Messager :
(( إنّما الأعمال بالنّيّات ))
[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Certes, les [bons] actes ne valent que par l’intention« .
La zakat de la fin du jeûne devient un devoir avec le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan, sur celui qui a vécu une partie de Ramadan et une partie de Chawwal. En conséquence, il est un devoir pour le tuteur de la payer sur le nouveau-né qui est né le dernier jour de Ramadan. C’est un devoir de la payer avant le coucher du soleil du jour de la Fête et il est interdit de la reculer plus tard que cela sans excuse. Il est permis de la donner à partir du début de Ramadan. Ce qui est préférable, c’est de la donner avant la prière de la Fête, pendant la matinée du jour de la Fête.
D/ EVENEMENTS IMPORTANTS
1- La grande bataille de Badr
La deuxième année après l’Hégire – l’Emigration – eurent lieu les batailles de Al-‘Abwa‘, de Bouwat, de Dhatou l-^Achir et la grande bataille de Badr qui se produisit le vendredi dix-sept du mois de Ramadan, et à ce propos, il a été rapporté ce qui suit :
Un groupe d’associateurs revenant de Ach-Cham retournait parmi le peuple de Qouraych. Parmi eux il y avait Abou Soufyan Ibnou Harb accompagné de trente hommes. Le Messager de Allah mobilisa donc les gens et conseilla l’attaque. Mais Abou Soufyan en eut vent, alors il envoya prévenir Qouraych à La Mecque que le Prophète voulait l’attaquer. Ainsi, les gens sortirent rapidement de La Mecque, ils étaient neuf cent cinquante hommes, avec cent chevaux et notre maître Mouhammad sortit de Médine avec trois cent treize hommes, dont soixante-dix-sept mouhajiroun – compagnons qui avaient participé à l’Hégire – et le reste étaient des ‘Ansar. Ils n’avaient avec eux que deux cavaliers et soixante-dix chameaux qu’ils montaient à tour de rôle.
Le Messager de Allah s’arrêta en un lieu nommé Madiqou s–Safra‘ – la gorge jaune –, et on l’informa que la caravane approchait de Badr et que les associateurs étaient sortis pour la défendre.
Puis le Messager de Allah reprit sa route s’arrêta à Badr, au point d’eau le plus proche de l’ennemi. Sa^d Ibnou Mou^adh proposa de fabriquer un palanquin pour le Messager de Allah ; on le lui fabriqua donc et le Messager de Allah s’y installa ainsi que Abou Bakr.
Puis arrivèrent les Qouraychites et lorsque le Messager de Allah les aperçut, il dit, ce qui signifie : « Ô Allah, voilà le peuple de Qouraych qui arrive avec son arrogance et sa fierté, démentissant Ton Prophète, ô Allah donne-moi la victoire que Tu m’as promise« .
Ils s’approchèrent et les associateurs firent sortir de leur rang pour le duel ^Outbah Ibnou Rabi^ah et Chaybah Ibnou Rabi^ah, ainsi que Al-Walid Ibnou ^Outbah. Alors le Prophète ordonna à ^Oubaydah Ibnou l-Harith Ibni l-Mouttalib d’affronter ^Outbah, à Hamzah l’oncle paternel du Prophète de combattre Chaybah et à ^Aliyy Ibnou Abi Talib de combattre Al-Walid Ibnou ^Outbah.
Alors Hamzah tua Chaybah et ^Aliyy tua Al-Walid, quant à ^Oubaydah et ^Outbah ils se blessèrent mutuellement, alors ^Aliyy et Hamzah se précipitèrent sur ^Outbah, le tuèrent et transportèrent ^Oubaydah qui eut la jambe sectionnée et mourut par la suite. Et le peuple s’avança pour combattre alors que le Messager de Allah était avec Abou Bakr sur le palanquin et disait, ce qui signifie : « Ô Allah, si ce groupe d’hommes est anéanti, Tu ne seras pas adoré sur terre, ô Allah exauce ce que Tu m’as promis« , et il ne cessa de répéter cela, jusqu’à ce que sa cape tombe, alors Abou Bakr la remit sur lui, et le Messager de Allah frissonna un instant puis se reprit et dit, ce qui signifie : « Bonne nouvelle ô Abou Bakr la victoire de Allah nous est accordée« .
Puis le Messager de Allah se leva sur le palanquin et encouragea les gens à combattre, il prit une poignée de cailloux, les jeta en direction de Qouraych et dit, ce qui signifie : « Les visages sont humiliés« , puis il dit à ses compagnons, ce qui signifie : « Redoublez d’adversité envers eux ! » et ce fut alors leur défaite.
La bataille débuta le vendredi matin succédant à dix-sept nuits de Ramadan et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud tua Abou Jahl Ibnou Hicham Ibni l-Moughirah. Chez les musulmans, il y eut quatorze martyrs, six Emigrants et huit Partisans. Le nombre des associateurs morts à Badr fut de soixante-dix et ils eurent autant de prisonniers.
2 – La conquête de Makkah
Lorsque Banou Bakr et Qouraych rompirent le pacte existant entre eux et le Prophète lors de la Houdaybiyah, ^Amr Ibnou Salam Al-Khouza^iyy sortit et se rendit auprès du Messager de Allah pour le supplier de maintenir l’ancienne alliance qu’il y avait entre ^Abdou l-Mouttalib et Khouza^ah. Puis Abou Soufyan sortit pour se rendre auprès du Prophète et il vint auprès de sa fille ‘Oummou Habibah qui était l’épouse du Prophète. Lorsqu’il voulut s’asseoir sur la couche du Messager de Allah, elle la plia. Il lui dit alors : « Est-ce que tu le préfères à moi, ou tu me préfères à lui ? ». Elle lui dit : « C’est le lit du Messager de Allah, et toi tu es un associateur, je n’aimerais pas que tu t’assois dessus ». C’est alors qu’il lui avait dit : « Il y a un certain mal qui t’as atteinte lorsque tu m’as quitté ». Puis il est sorti et vint trouver le Prophète. Il lui parla mais le Prophète ne lui répondit pas.
Il repartit et s’en alla trouver Abou Bakr, ^Oumar et ^Aliyy qui lui dirent : « Par Allah le Messager de Allah s’est résolu à faire quelque chose et nous, nous ne pouvons lui en parler ».
Ensuite le Messager a fait ses préparatifs et a ordonné aux gens de se préparer pour La Mecque. Il sortit après dix nuits passées de Ramadan et fit la conquête de La Mecque dix nuits avant la fin de ce mois.
Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib l’avait rencontré à As-Souqya et d’autres ont dit à Dhou l-Houlayfah alors qu’il effectuait son émigration. Le Messager de Allah lui ordonna d’envoyer ses bagages à Médine et de revenir avec lui. Il lui dit ce qui signifie : « Tu es le dernier des émigrants et je suis le dernier des prophètes« .
Le Messager de Allah parvint à Marrou dh–Dhahran avec dix mille cavaliers. Lorsqu’il y fit une halte, Al-^Abbas Ibnou ^Abdi l-Mouttalib a dit : « Malheur à Qouraych, par Allah si le Messager de Allah les surprend chez eux et qu’il entre malgré eux, ce sera certes là la fin de Qouraych jusqu’à la fin des temps ».
Il monta sur la mule du Prophète et lorsque le Messager de Allah pénétra à La Mecque, il dit ce qui signifie : « Celui qui entre chez lui aura la garantie de sécurité, celui qui rentre dans Al-Ka^bah aura la garantie de sécurité, et celui qui rentre dans la maison de Abou Soufyan aura la garantie de sécurité« .
Le Messager de Allah conquit La Mecque sans combat et les musulmans revinrent parmi les leurs et leurs résidences avec la garantie de paix, auprès de Baytou l-Lah (Al-Ka^bah).
3 – La nuit de al-qadr
Allah ta^ala dit :
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[sourat Al-Qadr] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr * et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr * la nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois * les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec [la destinée pour] toute chose * elle est une paix, elle dure jusqu’à la levée de l’aube« .
Cette sourat éminente montre que la nuit de Al-Qadr a une importance éminente. C’était au cours de cette nuit que Allah tabaraka wa ta^ala a fait descendre le Qour’an, c’est-à-dire qu’Il a ordonné à Jibril qui a pris le Qour’an de la Table Préservée et est descendu avec jusqu’à un endroit du ciel du bas-monde, appelé Baytou l-^Izzah en une seule fois. Ainsi, d’après Wathilah Ibnou l-‘Asqa^, le Prophète a dit ce qui signifie : « At-Tawrah fut descendue après que six nuits de Ramadan se sont écoulées, Al-‘Injil fut descendu après que treize nuits de Ramadan se sont écoulées et le Qour’an fut descendu après que vingt-quatre nuits de Ramadan se sont écoulées« .
Ainsi, à partir de la signification de la ‘ayah « Nous l’avons révélé dans la nuit de Al-Qadr« , et de ce hadith – tradition prophétique –, on a su que le Qour’an fut descendu la nuit du vingt-quatrième jour de Ramadan et cette nuit était la nuit de Al-Qadr. Ainsi, il n’est pas certain qu’elle soit la nuit du vingt-septième jour ou la nuit du vingt-neuvième jour, toutefois la plupart du temps, c’est le cas.
Le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Appliquez-vous à la rechercher dans les dix dernières nuits« , c’est-à-dire que la plupart du temps, elle a lieu dans les dix dernières nuits et cela ne veut pas dire qu’elle ne peut avoir lieu que parmi ces nuits-là. En effet, elle peut coïncider avec la première nuit, la deuxième ou autre. La sagesse dans le fait qu’elle ne soit pas connue avec certitude, c’est que les esclaves de Allah oeuvrent dans l’accomplissement des actes d’adoration durant toutes les nuits de Ramadan dans l’espoir de la voir.
Ensuite, à partir de Baytou l-^Izzah, Jibril a commencé à descendre avec la révélation vers le Prophète en parties séparées, selon les causes et les évènements. La première partie du Qour’an qui a été descendue l’a été le lendemain de cette nuit. Il a été descendu cinq ‘ayah de sourat Al-^Alaq. La révélation du Qour’an n’a pas eu lieu conformément à l’ordre qui existe maintenant. Seulement, après qu’il fût totalement descendu au Prophète, c’est-à-dire après environ vingt-trois ans de révélation, celui-ci a enseigné à ses compagnons que la récitation du Qour’an se fait selon cet ordre qui n’était donc pas le fruit d’un effort de réflexion de leur part.
Et Allah a glorifié la nuit de Al-Qadr. Il dit ainsi ce qui signifie : « Et quelle nuit que la nuit de Al-Qadr« , c’est-à-dire que cette nuit a une importance éminente et Il montre qu’elle est meilleure que mille mois. Il dit ainsi ce qui signifie : « La nuit de Al-Qadr est meilleure que mille mois« , c’est-à-dire que les bonnes œuvres durant cette nuit ont une valeur selon le jugement de Allah ta^ala supérieure à celle des œuvres faites en mille mois.
Celui qui a eu l’occasion de voir un des signes de la nuit de Al-Qadr, à l’état d’éveil, la vision de cette nuit lui a été réalisée. Parmi ses signes, il y a la vision d’une lumière que Allah ta^ala crée et qui est différente de la lumière du soleil, de la lune ou de l’électricité ; il y a la vision des arbres en prosternation, la levée du soleil doux le lendemain matin. Il y a également entendre la voix des anges, de leur serrer la main ou de les voir sous leur véritable apparence, avec deux, trois, quatre ailes ou davantage. Ainsi, Jibril ^alayhi s-salam a six cents ailes.
La voir dans le sommeil, indique un bien pour celui qui la voit mais ce bien est inférieur au fait de la voir à l’état d’éveil.
Celui qui ne l’a pas vue, ni dans le sommeil et ni en éveil, mais qui s’est appliqué à faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) et des actes d’obéissance, et que cela a coïncidé avec cette nuit, obtiendra grâce à l’éminence de sa bénédiction, le mérite de la récompense de l’adoration durant cette nuit. Le Messager de Allah a dit [rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « Celui qui fait de nuit des actes d’adoration la nuit de Al-Qadr, par acte de foi et par recherche des récompenses de Allah, il lui sera pardonné ce qu’il a précédemment fait comme péchés« .
Faire des actes d’adoration de nuit (qiyam) durant la nuit de Al-Qadr consiste à y accomplir des prières, que le nombre de rak^ah soit faible ou élevé ; toutefois, prolonger la prière par la récitation du Qour’an est meilleur que faire beaucoup de prosternations avec une récitation courte. Et celui à qui Allah permet de faire des invocations à l’instant où il la voit, ceci est un signe que son invocation est exaucée. Combien de personnes ont eu la joie de voir leurs demandes à Allah durant cette nuit exaucées.
Allah dit ce qui signifie : « les anges y descendent, avec Jibril par la volonté de leur Seigneur, avec la destinée pour toute chose« . On rapporte que le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Quand vient la nuit de Al-Qadr, Jibril descend avec un groupe d’anges pour saluer chaque esclave de Allah faisant la prière ou du dhikr pour Allah et pour invoquer Allah en sa faveur et ce, depuis le coucher du soleil et jusqu’à la levée de l’aube« . Les anges descendent ainsi avec tout ce que Allah prédestine aux gens pour cette année-là, que ce soit leurs subsistances ou leurs termes et ce, jusqu’à l’année suivante. Et il n’en est pas comme cela s’est répandu chez de nombreuses personnes que la nuit de la mi-Cha^ban serait la nuit durant laquelle sont partagées les subsistances et seront connus et précisés qui va mourir et qui va naître ainsi que d’autres détails de ce qui est des événements arrivant aux humains, durant cette période. C’est certes la nuit de Al-Qadr dont il s’agit comme l’a dit l’Exégète du Qour’an Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée, puisqu’il a dit à propos de Sa parole ta^ala [sourat Ad-Doukhan] ce qui signifie : « Nous l’avons révélé dans une nuit bénie. Nous vous avertissons. Dans cette nuit, toute destinée existera par la sagesse de Allah » : « Il s’agit de la nuit de Al- Al-Qadr« . C’est durant cette nuit que le Qour’an a été descendu et c’est durant cette nuit que toute destinée sera connue par les anges, c’est-à-dire toute chose destinée, c’est-à-dire durant cette nuit, les choses qui vont arriver dans ce monde seront imparties, que ce soit mort, santé, maladie, richesse, pauvreté ou autre que cela parmi les diverses choses qui adviennent aux humains, depuis cette nuit jusqu’à la même nuit de l’année suivante.
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Elle est une paix qui dure jusqu’à la levée de l’aube« . Ainsi, la nuit de Al-Qadr est une paix et un bonheur pour les waliyy de Allah – les saints – et les gens de Son obéissance, les croyants. Le diable ne peut pas faire de mal ni de nuisance durant cette nuit. Cette paix dure jusqu’à la levée de l’aube. D’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, elle a dit : « J’ai dit, Ô Messager de, si je vois la nuit de Al-Qadr, qu’est-ce que je dis ? Il a dit : (Allahoumma ‘innaka ^afouwwoun touhibbou l-^afwa fa ^fou ^anni) ce qui signifie : « Dis : Mon Dieu, Tu es Celui Qui pardonne, Tu aimes le pardon alors pardonne-moi« .
L’invocation que le Prophète disait le plus souvent, durant Ramadan comme en-dehors était la suivante : (Rabbana ‘atina fi d-dounya haçanah wa fi l-‘akhirati haçanah wa qina ^adhaba n-nar) ce qui signifie : « Notre Seigneur, accorde nous du bien dans le bas monde et du bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer« .
E/ CONCLUSION
Persévérez à lire dans le Qour’an et ne le délaissez pas. De nos jours, lorsqu’on récite le Qour’an dans le voisinage, les gens pensent qu’il y a quelqu’un qui est mort, comme si la récitation du Qour’an n’avait lieu que pour ceux qui sont dans les tombes, pour se préparer à les accompagner au cimetière et lorsqu’on est durant les préparatifs funéraires.
Persévérez à accomplir les obligations dans leur totalité. Et après les obligations, attachez-vous à accomplir les sounan, les rawatib, et assistez aux assemblées de science de la religion qui sont organisées dans les mosquées.
Ce seront autant de provisions pour toi avant que tu ne te déplaces pour aller dans ta tombe. Accomplir les obligations fait davantage rapprocher de l’agrément de Allah qu’accomplir les surérogatoires. Attachez vous donc à accorder la priorité à l’obligatoire aux dépens du surérogatoire pour agir conformément à la règle légale : celui qui est occupé par l’obligatoire aux dépens du surérogatoire, il est excusé, et celui qui est occupé par le surérogatoire aux dépens de l’obligatoire, il est prétentieux. Occupez votre temps par l’obéissance à Allah, vous ainsi que vos enfants et les gens de votre famille. L’état du musulman pendant le mois de Ramadan, c’est une pureté du cœur, une pureté des organes de toute souillure.
D’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, le Messager de Allah a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens au paradis. Il a répondu ce qui signifie : « Faire preuve de piété à l’égard de Allah et l’excellence de comportement« . Et il a été interrogé au sujet de ce qui fait le plus entrer les gens en enfer. Il a dit ce qui signifie : « La langue et le sexe » [rapporté par Ibnou Majah et At-Tirmidhiyy].
Faites preuve de piété à l’égard de Allah, faites preuve d’excellence de comportement et préservez vos langues, vos oreilles, vos yeux, vos cœurs, vos ventres, vos mains, vos pieds, vos sexes et vos corps de l’interdit. Sachez que les organes ont des péchés ; apprenez-les pour les préserver des crimes. Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Certes, l’ouïe, la vue et le cœur, de tout cela il est responsable« .
Profitez des occasions avant que ne vous surprenne la mort et que vous ne quittiez le bas monde sans provision. Occupez vos temps par les plus précieux des actes avant le départ et avant la fin de l’âge et l’arrivée du terme. La voie pour la protection du feu de l’enfer est connue par chaque croyant intelligent et pieux; Soyez ô esclaves de Allah parmi ceux qui sont victorieux pour l’acquisition du bien et allez aux assemblées de science, les assemblées où l’on évoque Allah, les assemblées du licite et de l’illicite et de l’apprentissage de la croyance, du tawhid et de l’apprentissage des Lois de droiture.
F/ APPENDICE
Il a été rapporté de Ibnou ^Oumar qu’il a dit : Lorsqu’il voyait le croissant de lune, le Messager de Allah disait :
(( اللَّهُ أكبر اللّهمّ أهلّه علينا بالأمن والإيمان والسّلامة والإسلام والتّوفيق لما يحبّ ربّنا ويرضى ، ربّنا وربّك اللَّهُ ))
(Allahou ‘akbar, Allahoumma ‘ahil-lahou ^alayna bi l-‘amni wa l-‘imani wa s-salamati wa l-‘Islam, wa t-tawfiqi lima youhibbou Rabbouna wa yarda, Rabbouna wa Rabbouka l-Lah)
[rapporté par Ad-Darimiyy] ce qui signifie : « Allah mérite plus de vénération que tout autre, ô Allah, fais que le croissant de ce mois soit pour nous celui d’un mois de sécurité, de foi, de salut, d’Islam et de succès pour accomplir ce que notre Seigneur aime et agrée. Notre Seigneur et ton Seigneur, c’est Allah« .
Il a été rapporté de ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Moulaykah qu’il a dit : J’ai entendu ^Abdou l-Lah Ibnou ^Amr Ibni l-^As dire : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
(( إنّ للصّائم عند فطره دعوة : اللّهمّ إنّي أسألك برحمتك الّتي وسعت كلّ شىء أن تغفر لي ذنوبي ))
(‘Inna li s–sa‘imi ^inda fitrihi da^wah : Allahoumma ‘inni ‘as’alouka bi rahmatika l-lati waci^at koulla chay’in ‘an taghfira li dhounoubi)
[rapporté par Al-Hakim dans Al-Moustadrak] ce qui signifie : « Lors de la rupture de son jeûne, le jeûneur a une invocation : Ô Allah, je Te demande par Ta miséricorde qui s’étend sur toute chose de me pardonner mes péchés« .
D’après ‘Anas, que Allah l’agrée, le Prophète se rendit chez Sa^d Ibnou ^Oubadah, que Allah l’agrée, qui lui présenta du pain et de l’huile. Le Prophète en mangea puis il dit :
((أفطر عندكم الصّائمون وأكل طعامكم الأبرارُ وصلّت عليكم الملائكة))
(‘aftara ^indakoumou s–sa‘imoun, wa ‘akala ta^amakoumou l-‘abrar, wa sallat ^alaykoumou l-mala‘ikah)
[rapporté par Abou Dawoud avec une chaîne de transmission sûre] ce qui signifie : « Que les jeûneurs rompent leur jeûne chez vous, que les pieux partagent votre repas et que les anges fassent des invocations en votre faveur« .
D’après Mou^adh Ibnou Zouhrah, il lui a été rapporté que le Prophète r, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
((اللّهمّ لك صمت وعلى رزقك أفطرت))
(Allahoumma laka soumtou, wa ^ala rizqika ‘aftart)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « Ô Allah, c’est par recherche de Ton agrément que j’ai jeûné et c’est avec ce que Tu m’as donné en subsistance que je rompts le jeûne« .
D’après Ibnou ^Oumar, il a dit : Le Messager de Allah, lorsqu’il rompait le jeûne, disait :
(( ذهب الظّمأ وابتلّت العروق وثبت الأجر إن شاء الله ))
(dhahaba dh–dhama’ou wa btallati l-^ourouqou, wa thabata l-‘ajrou ‘in cha‘ Allah)
[rapporté par Abou Dawoud] ce qui signifie : « La soif s’est dissipée, les vaisseaux se sont irrigués et la récompense est confirmée si Allah le veut« .
[1] Le juste (^adl) est un musulman qui ne persiste pas à commettre les petits péchés, qui évite les grands péchés, qui conserve la dignité de ses semblables, dont la croyance est saine et qui se maîtrise lors de la colère.
Histoire de la Ka3bah
Sachez que Allah ta^ala dit [sourat ‘Alou ^Imran / 96] :
) إن أولَ بيتٍ وُضِعَ للناسِ للذي بِبَكَّةَ مباركًا وهدىً للعالمين (
(inna ‘awwala baytin woudi^a lin-naci lalladhi bibakkata moubarakan wa houda l-lil^alamin)
ce qui signifie : « La première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est bien celle de Bakkah (La Mecque) bénie et c’est une bonne direction pour les créatures. »
Musulmans, Allah tabaraka wa ta^ala a créé la Ka^bah honorée. Il a fait qu’elle soit au centre de la terre afin que les gens accomplissent un acte d’adoration en y tournant autour.
Le premier à l’avoir construite est notre maître ‘Adam ^alayhi s-salam. Il l’a construite après être descendu du Paradis. On dit que ‘Adam a accompli quarante Pèlerinages.
La Ka^bah a été détruite suite au déluge à l’époque de Nouh ^alayhi s-salam. Et après ce déluge, c’est notre maître Ibrahim ^alayhi s-salam qui l’a reconstruite sur ordre de Allah ta^ala avec son fils Isma^il.
Au fur et à mesure que Ibrahim ^alayhi s-salam construisait, Isma^il ^alayhi s-salam lui ramenait les pierres. Lorsque le mur s’était élevé, il lui a rapproché le Maqam sur lequel il s’est tenu jusqu’à finir la construction au niveau de la pierre noire, al-hajar al-‘aswad qui est une perle blanche qui a été descendue avec ‘Adam ^alayhi s-salam lorsqu’il a été descendu du Paradis. C’est Jibril ^alayhi s-salam qui la lui a ramenée et qui l’a remise à sa place afin qu’elle soit pour les gens un signe à partir duquel ils commencent leurs tours autour de la Ka^bah, at–tawaf. Ibrahim a construit par-dessus ; à ce moment-là, cette pierre scintillait d’une lumière éclairant l’Orient et l’Occident, du Cham au Yémen.
Seulement, cette pierre est devenue noire suite aux frottements des idolâtres après le retour de la mécréance chez les gens de La Mecque. Ceci avait eu lieu, un certain temps après Isma^il
^alayhi s-salam. Le Maqam de Ibrahim, c’est la pierre sur laquelle al-Khalil ^alayhi s-salam se tenait lorsqu’il construisait la Ka^bah honorée. Le mérite de ce Maqam est confirmé et réputé par le texte du Qour’an honoré et la Sounnah honorée qui est sûre. Pour ce qui est du Qour’an, c’est la parole de Allah ta^ala [sourat ‘Alou ^Imran / 97]
)فيه ءاياتٌ بيّنات مقام إبراهيم(
(fihi ‘ayatoun bayyinatoun maqamou Ibrahim)
qui signifie : « Il contient des signes clairs parmi lesquels le Maqam de Ibrahim ». Pour ce qui est de la Sounnah, c’est la parole du Prophète r :
))إن الحجر والمقام ياقوتتان من يواقيت الجنة طمس الله نورهما، ولولا أن طمس نورهما لأضاءا ما بين المشرق والمغرب((
(inna l-hajara wa l-maqama yaqoutatani min yawaqiti l-jannah, tamaça l-Lahou nourahouma, wa lawla ‘an tamaça nourahouma la’ada’a ma bayna l-machriqi wa l-maghrib)
qui signifie : « La pierre noire et le Maqam sont deux perles du Paradis. Allah a voilé leur lumière et s’Il n’avait pas voilé leur lumière, elles auraient éclairé ce qu’il y a entre l’Orient et l’Occident ».
Après que notre maître Ibrahim al-Khalil ^alayhi s-salam a fini de construire la Ka^bah, Allah ta^ala lui a ordonné d’appeler au Pèlerinage. Allah ta^ala dit [Al-Hajj / 27] :
)وأذّن في الناس بالحج(
(wa ‘adh-dhin fi n-naci bil-hajji)
ce qui signifie : « Appelle les gens au Pèlerinage ». Ibrahim a dit : « Ô Seigneur, comment pourrais-je leur faire entendre ? » Allah lui dit : « C’est Moi Qui le leur fait parvenir » c’est-à-dire c’est Lui qui le leur fait entendre. Alors Ibrahim a appelé du lieu même où il se trouvait : « Ô vous les gens, Allah vous a prescrit le Pèlerinage ». Ainsi, chaque âme qui devrait accomplir le Pèlerinage jusqu’au jour du Jugement a entendu la voix de Ibrahim ^alayhi s-salam.
Sachez mes bien-aimés, qu’avant la construction de la Ka^bah, Allah ta^ala a ordonné à Ibrahim ^alayhi s-salam d’installer son fils Isma^il et la mère de son fils, Hajar, près de la Maison sacrée, c’est-à-dire al-Bayt, à savoir l’emplacement de la Ka^bah avant qu’il ne la construise. Il n’y avait pas de population à La Mecque à ce moment-là et il n’y avait ni végétation ni eau. Notre maître Ibrahim
^alayhi s-salam était soumis à l’ordre de Allah ta^ala, il les a donc menés tous les deux là-bas. Puis, il a marché jusqu’à s’éloigner de al-Bayt. Lorsqu’il s’est éloigné, il s’est tourné en direction de la Ka^bah, il a invoqué Allah ta^ala tout comme Allah ^azza wa jall nous a appris dans le Qour’an au sujet de Son prophète Ibrahim [sourat Ibrahim / 37] :
)ربنا إني أسكنت من ذريتي بواد غير ذي زرع عند بيتك المحرَّم ربنا ليقيموا الصلاة فاجعل أفئدةً من الناس تهوي إليهم وارزقهم من الثمرات لعلهم يشكرون(
(rabbana ‘inni ‘askantou min dhourriyati biwadin ghayri dhi zar^in ^inda baytika l-mouharram, rabbana liyouqimou s–salata fa-j^al ‘af’idatan mina n-naci tahwi ‘ilayhim wa-rzouqhoum mina th-thamarati la^allahoum yachkouroun)
ce qui signifie : « Notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée qui ne comporte pas de plantes, près de la Maison sacrée qui T’appartient et que Tu as honorée. Seigneur, ceci pour qu’ils accomplissent la prière, alors attire le cœur de nombreux gens vers eux et accorde-leur abondamment de subsistances, puissent-ils Te remercier ».
Allah ta^ala a exaucé l’invocation de Son prophète ^alayhi s-salam. Il leur a fait jaillir de l’eau de Zamzam et ce lorsque Hajar était partie chercher de l’eau pour son fils, alors que toute l’eau qu’ils avaient en provision était épuisée. Elle avait eu soif et son fils également. Elle avait regardé en direction de la montagne, et n’avait vu personne qui appelle ni personne qui réponde. Elle grimpa alors sur as–Safa mais ne trouva personne puis, elle redescendit, le regard rivé sur son fils jusqu’à atteindre la vallée. Elle s’est éloignée et elle a disparu du regard. Elle a marché rapidement en courant légèrement jusqu’à monter de l’autre côté et à nouveau, elle a pu revoir son fils de loin. Ayant poursuivi ainsi jusqu’à grimper sur al-Marwah, elle n’a vu personne ; et elle a fait cela sept fois. Puis, elle est revenue auprès de son fils.
Notre maître Jibril ^alayhi s-salam était alors descendu et avait frappé le sol avec son aile, de l’eau avait jailli. Lorsque Allah a fait sortir l’eau de Zamzam pour Isma^il, sa mère Hajar s’est mise à contenir la source avec de la terre de crainte que l’eau ne s’épuise ; et elle l’a empêchée ainsi de couler pour ne pas perdre l’eau. Or, si elle l’avait laissée ainsi, ce serait une eau qui coulerait et qui serait beaucoup plus abondante qu’actuellement, comme nous l’a annoncé le Prophète r.
L’eau de Zamzam a un honneur, une particularité émérite qui ne se retrouvent dans aucune autre eau de la terre. Dans al-Moustadrak de al-Hakim à partir du hadith de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, il y a la parole attribuée au Prophète r :
))ماء زمزم لما شُرِب له((
(ma’ou zamzam lima chouriba lahou)
qui signifie : « L’eau de Zamzam est utile pour la cause pour laquelle on la boit ».
Musulmans, sachez que la Ka^bah a été reconstruite plusieurs fois à travers les âges. Mais, concernant sa reconstruction à l’époque du Messager de Allah r, elle avait eu lieu parce que la femme de Abdou l-Mouttalib avait encensé la Ka^bah avec du bakhour. Or, une étincelle de son encensoir s’était envolée dans le tissu de la Ka^bah, et la plupart du bois de la Ka^bah avait brûlé. De plus, une grande coulée d’eau provoquée par une forte pluie avait pénétré à l’intérieur et avait fortement endommagé ses murs ; elle avait donc été reconstruite.
Lorsque Qouraych s’était partagé la reconstruction des différents côtés de la Ka^bah, le Messager de Allah transportait avec eux la pierre. Puis, ils ont divergé au sujet de celui qui remettrait la pierre noire à sa place avec eux. Ils s’étaient accordés à dire que celui qui entrerait par la porte de as–Safa aurait à le faire. Et, le premier à y entrer, fut le Messager de Allah. Lorsqu’ils l’ont vu, ils ont dit : « Voici Mouhammad l’Honnête » et ils ont accepté d’emblée son arbitrage. Il leur a dit ^alayhi s-salam : « Venez avec moi pour prendre un morceau d’étoffe !». Ils lui ont ramené un morceau d’étoffe, il a pris la pierre noire, l’a placée de ses mains sur le bout d’étoffe puis il a dit : « Que chaque dignitaire d’un grand clan prenne un bout de cette étoffe ». Ainsi, ils l’ont transportée tous ensemble, ils l’ont portée et l’ont élevée jusqu’au voisinage de son emplacement. C’est alors que le Messager de Allah l’a prise dans sa main honorée et l’a remise à sa place.
Nous demandons à Allah ta^ala qu’Il nous fasse profiter des bénédictions du Prophète.
Qui sont les Salaf ?
Les Salaf vertueux sont les savants de l’Islam qui ont vécu au cours des trois premiers siècles de l’Hégire. Ce sont eux que le Messager de Allah a visés par sa parole : « Khayrou l-qourouni qarni thoumma l-Ladhina yalounahoum thoumma l-Ladhina yalounahoum » qui signifie : « Les meilleures gens sont les gens du siècle dans lequel j’ai vécu, ensuite ceux qui viendront après eux, ensuite ceux qui viendront après ces derniers ».
De même, on comprend l’éloge de ces savants, qui ont vécu dans les trois premiers siècles méritoires, à partir de la parole de Allah ta^ala : « wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsanin radiya l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh » [sourat At-Tawbah / 100] qui signifie : « Les premiers Prédécesseurs parmi les Émigrants et les Partisans ainsi que ceux qui les ont suivis correctement sont agréés par Allah et ils sont satisfaits de Lui ».
Ceux qui suivront ce sur quoi étaient le Messager et ses Compagnons ainsi que leurs successeurs sont le groupe sauvé. Ce sont eux que le Messager a visés dans son hadith qui a été rapporté par ‘Abou Dawoud et par d’autres et qui signifie : « Les Yahoud se sont divisés en 71 groupes, les Nasara se sont divisés en 72 groupes, et ma Communauté se divisera en 73 groupes. Tous seront en Enfer sauf un seul, il s’agit de ceux qui seront sur ce sur quoi je suis ainsi que mes Compagnons ».
Dans une autre version, il est mentionné : « wa hiya l-jama^ah » c’est-à-dire qu’il s’agit de la majorité. Dans la version de Ibnou Hibban, « wa hiya s-sawadou l-‘a^dham ». Or « as-sawadou l-‘a^dham » veut dire la grande majorité, et il s’agit de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. La signification de Ahlou s-Sounnah, c’est ceux qui suivent la Chari^ah (Loi) du Messager, c’est-à-dire la Croyance et les lois qu’il a amenées. Donc, le sens de Al-jama^ah, c’est la grande majorité. En sont exclus, ceux qui se sont singularisés ceux qui attribuent le corps à Allah et déclarent sans droit les Musulmans comme étant des mécréants. Ils déclarent mécréant le musulman qui rend visite à la tombe du Prophète ou la tombe d’un saint afin de rechercher de la bénédiction – la barakah – et qui y invoque Allah tout en ayant pour Croyance que Celui Qui crée le profit et Qui crée la nuisance, en réalité, c’est Allah. Ces égarés qui se prétendent salafites et qui attribuent le corps à Allah, assimilent Allah à Ses créatures. Ils se sont singularisés par rapport à la majorité des Musulmans ; ils sont insignifiants. En effet de nos jours, le nombre des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah a dépassé le milliard.
Aussi, il nous est parvenu du Prophète « ^alaykoumou bi s-sawadi l-‘a^dham ; man chadh-dha chadh-dha ‘ila n-nar» ce qui signifie : « Attachez-vous à la grande majorité, celui qui se singularise se retrouvera en Enfer ! ».
L’Imam du Salaf, Ahmad ibnou Salamah, Abou Ja^far At–Tahawiyy, qui est décédé en l’an 329 de l’Hégire a dit au début de son » Traité de Croyance » ceci : « Voici la présentation de la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah ». Au sujet de Allah, il a dit dans son » Traité de Croyance » qui a était réputé et diffusé parmi les Musulmans : « Ta^ala ya^ni l-Lah ^ani l-houdoudi wa l-ghayati wa l-‘arkani wa l-‘a^da’i wa l-‘adawat la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » ce qui signifie : « Il est exempt des limites, des fins, des coins, des membres et des petits organes. Il n’est pas contenu dans les six directions contrairement à la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah est exempt de la limite. Selon les savants, ce qui a une limite, a une localisation grande ou petite. Ainsi, le grain de poussière est limité, le Trône est limité. Tout ce qui est dans une direction ou dans un endroit est limité. Et ce qui est limité est créé. Allah n’est pas limité, car Il est le Créateur ; Il n’est pas une créature. Ainsi, Il existe sans endroit et sans direction, car Il n’est pas localisé du tout ; Il n’occupe pas d’endroit. La preuve en est que les corps que contient ce monde ont des quantités ; ils occupent des endroits.
Allah ta^ala dit dans le Qour’an : « koullou chay’in ^indahou bi miqdar » [ sourat Ar-Ra^d / 8 ] ce qui signifie : « Toutes les choses qu’Il a créées ont une quantité ».
Au sujet de Allah, At–Tahawiyy a dit : «^ani l-houdoudi wa l-ghayati », ce qui signifie : « Il est exempt des limites et des fins ». Cela veut dire que Allah n’a pas de fin, car toute chose a une fin. Et toute chose qui a une fin est forcément limitée ; elle a une quantité spécifique et occupe un endroit dans l’espace.
Quant aux coins, il s’agit des côtés. Cela fait également partie des caractéristiques des corps. Allah est exempt de cela.
En ce qui concerne les membres, il s’agit des grands organes comme la tête, la main, le pied ou les petits organes comme la langue, les dents et la glotte.
La parole de At–Tahawiyy au sujet de Allah : « la tahwihi l-jihatou s-sittou kaça‘iri l-moubtada^at » signifie : « Il n’est pas contenu par les six directions comme le sont la totalité des créatures ». Cela veut dire que Allah existe sans direction et sans endroit.
Cela est la Croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah, elle est déduite du Qour’an, du Hadith et de l’Unanimité des savants.
Quant aux assimilationnistes, ceux qui attribuent le corps à Allah, ils ne se satisfont pas de cela.
Dans son » Tafsir », Al-Qourtoubiyy a dit que « tarbou fi tarfi r-Rahman » signifie le plateau de la balance sur laquelle seront pesées les œuvres. En l’occurrence, on a une omission du complément du nom. C’est comme s’il a dit : « fa tarbou fi kaffati Mizan Ar-Rahman », ce qui signifie : « Il augmente l’aumône dans le plateau de la balance de Allah ». Donc, en arabe le mot « de la balance » a été omis. Et en arabe, ce mot « kaffah » veut dire aussi bien main que plateau. Celui qui croit que Allah a une main, il n’est pas musulman.
À propos de l’interprétation – ta’wil – de ces genres de hadith et ce qui leur est semblable, il a été rapporté de Malik, de Ath-Thawriyy et de Ibnou l-Moubarak ceci : « Retenez ces hadith sans comment ». C’est ce qu’ont dit At-Tirmidhiyy et d’autres. Et c’est ce qu’ont dit les savants de Ahlou s-Sounnah wa l-jama^ah. Et le sens de « sans comment », c’est exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures comme la position assise, l’installation, les organes, les mouvements, l’immobilité, la descente, la montée. En effet, tout cela fait partie des caractéristiques des créatures. Le Créateur est exempt des caractéristiques des créatures.
L’Imam Abou Ja^far At–Tahawiyy, dans son » Traité de Croyance « , a dit : « Wa man wasafa l-Laha bi ma^nan min ma^ani l-bachar faqad kafar » ce qui signifie : « Celui qui attribue à Allah un des sens propres aux humains, il devient mécréant. ». Les sens qu’ont les humains sont leurs attributs, leurs caractéristiques, et elles sont nombreuses. Parmi elles, il y a la position assise et l’installation.
À propos des hadith qui font partie des hadith moutachabih -de ce qui n’est pas explicite- il nous est parvenu de Al-‘Awza^iyy et de Soufyan Ath-Thawriyy ceci : « Amirrouha kama ja’at bila kayf », c’est-à-dire : « Retenez ces hadith comme ils vous sont parvenus sans attribuer le comment !» Cela veut dire qu’il faut exclure au sujet de Allah tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures.
Il n’y a pas lieu de considérer ce que disent certains singuliers comme Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy et son élève Ibnou l-Qayyim qui ont contredit la Croyance des Musulmans. Ibnou Taymiyah est un assimilationniste ; il attribue le corps à Allah. Au sujet de la parole de Allah : « layça kamithlihi chay’ », il a dit : « mounazzah », c’est-à-dire « exemption ». Ensuite, à propos de la parole de Allah : « wa Houwa s-sami^ou l-Basir », il a dit : « fa chabbah », c’est-à-dire : « Il a assimilé ». Et cela fait partie des plus atroces de ses égarements.
Quant aux ‘Ach^ariyy et les Matouridiyy, qui sont ‘Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ils ne sont pas négationnistes comme le prétendent les Wahhabites qui attribuent à Allah le corps et qui assimilent Allah à Ses créatures.
Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est l’Imam ^Aliyy ibnou Isma^il ibnou ‘Ishaq ibnou Salim ibnou Isma^il ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Mouça ibnou Bilal ibnou Abi Bourdah, le fils du Compagnons du Messager de Allah Abou Mouça ^Abdou l-Lah ibnou Qays.
L’Imam, le Hafidh As-Soubkiyy dans ses « Tabaqatou ch-chafi^iyyati l-koubra » a dit au sujet de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy ce qui suit : « C’est notre Chaykh, c’est notre modèle qui nous guide sur la voie agréée par Allah ta^ala. Le Chaykh Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy Al-Basriyy, le chaykh de la voie de Ahlou s-sounnah wa l-jama^ah, est l’imam des spécialistes de la science de Al-Kalam. C’est lui qui a accordé la réussite à la Croyance de l’Imam des Messagers. C’est lui qui défend la Religion et qui œuvre pour préserver la Croyance des Musulmans. Les traces de ses œuvres resteront jusqu’au jour du Jugement. C’est un imam ascète, pur et bienfaisant. Il a préservé la Loi de toute parole calomnieuse. Il s’est investi et il a donné la victoire à la Communauté de l’Islam qu’il a fortement soutenue.»
Abou Sahl As–Sa^loukiyy a dit : « Nous étions auprès du Chaykh Abou l-Haçan dans une assemblée à Al-Basrah et il débattait avec les Mou^tazilah. Allah a humilié ces derniers qui étaient nombreux. C’est alors que Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy est venu et les a tous vaincus. Chaque fois que l’un d’entre eux était défait, il passait à l’autre jusqu’à ce que tous, jusqu’au dernier d’entre eux, soient vaincus. Nous étions revenus le lendemain dans l’assemblée, mais aucun d’entre eux n’est revenu. »
L’Imam Abou Bakr As–Sayrafiyy a dit : « Les Mou^tazilah avaient levé haut leurs têtes jusqu’à ce que Allah a manifesté Al-‘Ach^ariyy qui les a emprisonnés dans les trous, comme dans des entonnoirs ».
Al- Oustadh Ibnou ^Abdi l-Lah ibnou Khafif a dit : « Lorsque j’étais jeune, je me suis rendu à Al-Basrah pour voir Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy dont j’avais tellement entendu. J’ai vu un chaykh avec un très bel aspect et je lui ai demandé de m’indiquer la maison de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Il m’a dit : Mais qu’est-ce que tu veux de lui ? Je lui ai dit que j’aimerais le rencontrer. Alors, il m’a dit : Viens tôt demain à cet endroit ! Je suis revenu le lendemain tôt ; et quand je l’ai vu, je l’ai suivi. Il s’est rendu auprès de certains dignitaires de la ville. Et lorsque ces derniers l’ont vu, ils l’ont honoré. Il y avait un ensemble de savants et une assemblée de science de Croyance. Ils l’ont fait asseoir au milieu d’entre eux et quelqu’un d’entre eux a posé une question. Le chaykh s’est alors mis à lui répliquer et à débattre avec lui jusqu’à le faire taire. J’ai vu des choses étonnantes au sujet de sa science et de son éloquence. J’ai alors dit à quelqu’un qui était près de moi : « Qui est donc ce chaykh ? » Il m’a répondu que c’est Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy. Quand ils se sont levés, je l’ai suivi à nouveau. Il m’a dit : Ô jeune homme, comment as-tu vu Al-‘Ach^ariyy ? Je suis alors resté à son service et je lui ai dit : « Ô mon maître pourquoi tu n’as pas commencé par poser la question ? » Il a répondu : Je ne parle à aucun de ces gens dès le départ. S’ils commencent à citer des choses qui ne sont pas permises au sujet de la religion agréée par Allah, nous leur répliquons parce que Allah soubhanahou wa ta^ala nous a ordonné de répliquer à ceux qui contredisent la vérité. J’ai rapporté cette histoire de Ibnou Khafif par une autre chaîne de transmission. Les différenet sversions s’accordent sur l’éminence du chaykh et de sa place dans la Science. En effet, il n’abordait la science de Al-Kalam que lorsque c’était un devoir de le faire ; pour soutenir la Religion et pour répliquer aux négationnistes. Nos savants ont dit que le chaykh était quelqu’un qui avait une firaçah ; Allah lui dévoilait certaines choses. Ensuite, ils ont dit : “ Le chaykh était maître dans le Tasawwouf, dans la maîtrise du cœur tout comme il était un maître dans la science de Al-kalam et dans d’autres sciences.»
Le Oustadh Abou ‘Is-haq Al-‘Isfarayiniyy a dit : « J’étais à côté du Chaykh Abou l-Haçan Al-Bahiliyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. Et j’ai entendu Al-Bahiliyy dire j’étais à côté de Al-‘Ach^ariyy comme une goutte d’eau à côté de la mer. »
En guise d’honneur pour Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy, il suffit ce qu’à rapporté Al-Hakim quant à la parole de Allah ta^ala qui signifie : « Allah fera venir des gens qu’Il agrée, et ce sera des gens qui L’ aimeront ». Le Prophète a dit : « Houm qawmou hadha » ce qui signifie : « Il s’agit des gens du peuple de celui-là » et il a désigné Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy qui est l’ancêtre de Abou l-Haçan Al-‘Ach^ariyy.