Le décès du Prophète : La barakah des mains du Prophète
La dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit que lorsque le messager de Allah se plaignait d’une maladie, il récitait les mou^awwidhat (Qoul a^oudhou bi rabbi l-falaq – Qoul a^oudhou bi rabbi n-nas) et soufflait d’une manière particulière. En arabe, on appelle ce souffle particulier an-nafth : il s’agit de souffler doucement sans émettre de salive. Ainsi, il récitait les mou^awwidhat, faisait an-nafth dans ses mains, s’essuyait le corps, et les passait sur la partie qui lui faisait mal. Elle dit que lorsque le prophète se plaignit de la maladie de sa mort, ce fut elle qui récita les mou^awwidhat, et souffla sur le prophète. Par contre, elle passa sa main à lui sur son corps Salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Ainsi, faisait-elle la même chose que le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Dans la version rapportée par Malik elle agissait de telle manière en espérant la barakah de la main du prophète.
Dans une autre version de Mouslim, encore, elle disait qu’elle prenait la main du prophète pour la passer le long de son corps salla L-lahou ^alayhi wa sallam car elle comprenait plus de barakah que sa main à elle.
Information utile au sujet du Tabarrouk par le Prophète éminent Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Le messager de Allah est tout entier bénédiction (barakah). En effet, tout comme le disent les illustres savants, on peut rechercher les bénédictions avec toutes les parties de son corps. D’ailleurs, ses bénédictions sur sa communauté furent très nombreuses durant sa vie et elles le sont encore après sa mort.
Ainsi, fut-il confirmé que les compagnons du prophète recherchaient la barakah et pratiquaient le tabarrouk, par le prophète durant sa vie et après sa mort. Aussi, le prophète élu avait-il distribué ses cheveux et ses ongles parmi ses compagnons en premier lieu pour la pratique du tabarrouk, après sa mort. Il fit également cela afin que cette bénédiction reste parmi eux durant leur vie et pour garder un souvenir à travers les époques. Ceux à qui Allah a accordé le bienfait d’imiter les compagnons en cela, pratiquèrent également le tabarrouk. Ils recherchèrent ainsi les bénédictions par les traces physiques du prophète.
Cette pratique fut transmise de génération à génération, les khalaf la prenant des salaf jusqu’à nos jours où les gens pratiquent le tabarrouk.
Il n’y a que celui dont Allah a aveuglé le cœur qui renierait cette bonne pratique et croirait qu’il s’agit d’un mal. Celui-là refusera la barakah de son corps et ses membres salla –L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa vie et après sa mort.
Et quels beaux vers furent ceux composés au sujet du cheveu du Prophète élu salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
C’est du cheveu de l’élu qu’émane cette bonne odeur
Et de son arôme se sont embaumées les senteurs
Alors, fais ta demande au Seigneur par son secret
Sans doute, seras-tu, par ce cheveu, exhaussé
Le Cheveu du Prophète élu Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
O cheveu de Ahmad parfume-nous
Par les brises de tes senteurs
Le dernier jour de la vie du prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Le compagnon honorable ‘Anas fils de Malik qui était aussi le serviteur du messager de Allah dit : « Le lundi durant lequel le Prophète allait mourir, les musulmans ont accomplit la prière du soubh dirigés par Abou bakr As-Siddiq. Tandis qu’ils remplissaient ce devoir, le prophète a écarté le rideau séparant la maison de ^A’ichah de la mosquée afin de voir ce qui s’y passait. Il a ainsi vu les musulmans dans leur prière dirigés par notre maître Abou bakr et a souri [en signe de satisfaction]. Quand il l’avait vu, Abou bakr s’est apprêté à reculer pour se mettre en rang avec les autres personnes. En effet, il pensait que le messager de Allah voulait sortir pour accomplir la prière. Et les musulmans qui faisaient la prière derrière Abou bakr ont également montré des signes de joie [pensant que le prophète allait sortir pour les diriger]. Alors, le messager leur a fait signe de la main de poursuivre leur prière, il est retourné dans la maison de ^A’ichah et a remis le voile de sorte que les gens de l’extérieur ne le voyaient plus. Il est décédé ce jour là». Rapporté par Al-Boukhariyy.
Dans une autre version ‘Anas Ibnou Malik dit « C’était le lundi au cours duquel le messager de Allah Salla L-lahou ^alayhi wa sallam décéda : pendant que les compagnons sortaient accomplir la prière de as-soubh, le Messager de Allah leva le rideau, ouvrit la porte de la maison de ^A’ichah et se tint à son niveau. Les musulmans manifestèrent alors leur grande joie. Mais le messager leur fit signe de poursuivre leur prière et sourit». ‘Anas poursuivit en disant : « je n’avais pas vu le messager de Allah dans un meilleur aspect que ce moment là ». En effet, cela se produisit durant la maladie du prophète précédant sa mort. Et quand il vit ses compagnons accomplir la prière malgré son absence il manifesta sa joie. ‘Anas dit : « le prophète retourna chez lui tandis que les gens pensaient qu‘il fut guéri de sa maladie. C’est ainsi que Abou Bakr rentra parmi les siens au S-soubh. [il s’agit de l’une des habitations de banou l-harith se trouvant au nord-nord-est de la mosquée du Prophète honorée.] »
Quant aux conditions de son décès, la dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète dit : « Parmi les grâces que Allah m’a accordé : le fait que le messager de Allah soit mort chez moi, durant mon tour , la tête sur mon épaule ». La dame ^A’ichah que Allah l’agrée poursuivit : « ^Abdou r-Rahman est entré chez moi avec un siwak à la main alors que le messager de Allah était appuyé contre moi. Je l’ai vu regardant le siwak [le prophète regardait le siwak] et j’ai su qu’il l’aimait »
^A’ichah dit au prophète : « tu veux que je te le ramène ? », il acquiesça de la tête. Elle dit : « je le lui ai mis dans la main. Mais comme il était un peu dur, je lui ai demandé : Est ce que tu veux que je le rende plus souple ? Il a à nouveau fait signe de la tête pour acquiescer». ^A’ichah poursuivit : « je l’ai assoupli un peu, alors le prophète l’a utilisé. Il avait également à côté de lui un récipient d’eau dans lequel il mettait ses mains et s’essuyait le visage en disant :
((لاإله إلاّ الله إن للموتِ سَكَرَاتٍ))
« la ilaha il-la l-Lah, inna li l-mawti sakarat », ce qui signifie : « il n’est de Dieu que Allah, certes la mort est douloureuse » aussi :
((اللهم أعني على سكرات الموت))
« Allahoumma ‘a^inniy ^ala sakarati l-mawt » ce qui signifie : « O Allah aide moi à supporter les douleurs de la mort » et il tendait sa main en disant :
((في الرَّفيقِ الأعلى))
« fi r-rafiqi l-‘a^la » [c’est à dire Jibril et Mika’il] jusqu’à ce qu’il meurt et que son âme honorée soit retirée ».
La dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « j’ai entendu le prophète dire avant qu’il ne meurt, le dos appuyé contre moi:
((اللّهم اغفر لي و ارحمني و ألحقني بالرَّفيقِ))
« Allahoumma ghfir li wa r-rhamni wa alhiqni bi r-rafiq » Ce qui signifie : « … » »
Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Note : Quand nous disons « ighfir li » cela signifie que nous demandons à Allah de nous pardonner nos péchés. Par contre, pour le Prophète cela peut signifier d’augmenter en degré et de faire miséricorde.
Toujours, d’après la dame ^A’ichah que Allah l’agrée : « j’entendais qu’il n’y avait pas un Prophète qui mourrait sans qu’avant, il ne lui soit donné à choisir entre le bas-monde et l’Au-delà. J’ai aussi entendu le Prophète dire durant la maladie précédant sa mort alors qu’il était pris d’un enrouement :
((مَعَ الَّذِين أَنْعَمَ الله عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّنَ وَ الصِّدِّقِينَ وَ الشُّهَدَاءِ وَ الصَّالٍحِينَ وَ حَسُنَ أُولئكَ رَفيقًا))
« ma^a L-ladhina an^ama L-lahou ^alayhim mina n-nabiy-yina wa s-sid-diqina wa ch-chouhada’i wa s-salihin wa hassouna ‘oula’ika rafiqa » [Sourate an-nissa’ / Verset 69].
J’ai alors pensé qu’il lui avait été donné à choisir [entre le bas-monde et l’au-delà] ». Rapporté par Al-Boukhariy et Mouslim.
Dans une autre version jugée sahih par Ibnou Hibban le Prophète dit :
((أسأل الله الرّفيق الأعلى الأسعد مع جبريل و ميكائيل و إسرافيل))
« as-‘alou L-laha r-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad ma^a Jibril wa Mika’il wa israfil ».
ce qui signifie : « je demande à Allah ar-rafiqa l-‘a^la l-‘as^ad auprès de de Jibril, Mika’il et ‘Israfil ».
Information utile : D’une part, l’expression ar-rafiqa l-‘a^la veut dire Jibril et Mika’il, ce sont deux anges et non pas Allah car on ne L’appelle pas par « ar-rafiqou l-‘a^la ». Et c’est le messager de Allah lui-même qui expliqua cette expression « ar-rafiqou l-‘a^la » par Jibril et Mika’il.
D’autre part, certains ignorants pensent à tort que « ar-rafiqou l-‘a^la » veut dire Allah, ce qui est faux. Et si ces gens comprennent de cette expression la compagnie c’est de la mécréance car on ne qualifie pas Allah par les caractéristiques des créatures et la compagnie ou l’amitié est une caractéristique des créatures. Par contre, s’ils en comprennent que Allah est Miséricordieux, il n’y a pas de mécréance.
Par ailleurs, on ne dit pas que Jibril ne descend plus sur terre après la mort du prophète. En effet, certains prétendent – toujours à tort – que Jibril aurait dit au Prophète avant son décès que c’était la dernière fois qu’il irait sur terre. Jibril peut aller chez certains saints, non pas pour la révélation mais pour leur apporter du renfort, des bénédictions et pour les encourager aux actes d’adoration. Si Jibril vient à quelqu’un pour la révélation c’est uniquement aux prophètes et non pas aux saints.
Lorsque le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam mourut et que sa fille Fatimah az-zahrah, la mère de Al-Haçan et Al-Houçayn le sut, le cœur lourd et triste, elle dit que Allah l’agrée : « O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril… ».
Notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib dit : « lorsque le messager de Allah a été enterré, sa fille Fatimah s’est tenue devant sa tombe, elle a pris une poignée de la terre dans laquelle a été enterré le prophète, l’a mise sur ses yeux en pleurant et a composé ce poème [qui signifie] :
« A celui qui un jour s’est embaumé
de la terre où ‘Ahmad est enterré,
Il n’aura rien perdu si de sa vie
il n’a senti les meilleurs des parfums.
Sa mort est pour moi cette catastrophe
Qui transformerait les jours en nuits»
Rapporté par Ibnou ^Açakir dans At-Touhfah.
Information utile : la meilleure femme de toute l’humanité est Maryam fille de ^Imran, la mère de notre maître ^Iça Al-Macih, le prophète. Après elle, vient Fatimah, la fille de notre maître Mouhammad, ensuite, Khadijah, la fille de Khouwaylid, l’épouse du prophète ensuite ‘Asiyah fille de Mouzahim, la femme de pharaon enfin, la dame honorée ^A’ichah, la fille de Abou bakr As-Siddiq, l’épouse du prophète, que Allah les agrée toutes.
Abou Sa^id – d’après ce que rapporta Al-Bazzar- dit : « nous avions à peine terminé l’enterrement du prophète que nous avions trouvé que nos cœurs commençaient à changer » c’est à dire leurs sentiments d’amour, de pureté, de douceur, acquis auparavant grâce aux enseignements et à l’éducation du messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
La durée de sa maladie salla L-lahou ^alayhi wa sallam, la période de sa mort et son âge à son décès
Les savants divergèrent quant à la durée de la maladie du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam. La plupart dirent qu‘elle s’étendit treize jours.
Sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam eut lieu durant le temps du douha , le lundi 12 de rabi^ou l-‘awwal.
En effet, la dame honorable ^A’ichah, l’une des épouses les plus aimées du prophète, et la femme la plus savante de cette communauté dit : « le prophète est mort alors qu’il avait 63 ans », rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim. ^Abdou l-Lah Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux confirma cela d’après ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy.
Les condoléances de Al-khadir ^alayhi s-salam suite à la mort du Messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam
La famille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam étaient catastrophés suite à sa mort ; ils furent profondément touchés et eurent le cœur alourdi par la tristesse de sa perte.
Il a été rapporté que les membres de la famille du Prophète entendirent, à sa mort, une personne dire : « Assalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh O Ahlou lbayt , Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent lors des catastrophes ou à la perte d’un bien ou d’une personne alors, patientez et tirez les leçons de cette épreuve. Certes, Allah récompense les patients et nous nous fions à Lui. »
Et ils virent que l’orateur était Al-khadir ^alayhi ssalam.
Dans une autre version : Ils entendirent une voix sans distinguer la personne dire : « Assalamou^alaykoum O Ahlou lbayt wa Rahmatou L-lahi wa barakatouh :
((كُلُّ نَفْسٍ ذائِقَةُ المَوت وَ إنَّمَا تُوَفَّونَ أُجُورَكُم يَوْمَ القِيَامَةِ))
« koullou nafsin dha’iqatou l-mawti wa innama touwaf-fawna ‘oujourakoum yawma l-qiyamati » [Sourate ‘Ali^imran / Verset 185]
Certes Allah rétribue en bien ceux qui patientent suite à une catastrophe ou à la perte de quelqu’un ou d’un bien, alors fiez-vous à Lui. L’éprouvé réellement est celui qui est privé de récompenses wa ssalamou ^alaykoum wa Rahmatou L-lah ».
Ce qu’a laissé le prophète le jour de son décès
D’après ^Amr Ibnou l-Harith: « le messager de Allah n’a pas laissé d’héritage. Il n’a laissé ni dinar ni dirham , ni esclave homme serait-il ou femme. Il a laissé uniquement la mule blanche qu’il montait, son arme et une terre qu’il avait dédiée en aumône aux voyageurs » Rapporté par Al-Boukhariyy.
La Dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « Le messager de Allah est décédé alors que son bouclier était hypothéqué chez un juif contre trente sa^ d’orge »
Les recommandations du prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie
Tout d’abord, il est à savoir que toutes les paroles du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam sont riches en leçons, en exhortations et en utilités. Toutefois, durant la maladie précédent sa mort, il appuya sur certains conseils et recommandations particuliers. Il donna ces conseils alors qu’il était proche de l’Au-delà et encore plus éloigné du bas-monde allant à sa perte. Nous en citons, ainsi, certains à titre d’exhortation :
• La recommandation en faveur des partisans (les ‘Ansar) :
D’après Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père : « le messager de Allah était sorti lors de la maladie précédant sa mort et il portait un drap par-dessus ses habits [une sorte de cape posée sur ses épaules] et il avait une bande autour de la tête de couleur foncée virant vers le noir. Il s’assit sur le mimbar – et ce fut sa dernière assemblée qu’il a tint dessus- il loua Allah ta^ala et il Le remercia puis, dit :
((أمَّا بَعْدُ، أَيُّهَا النَّاسُ فَّإنَّ النّاسَ يَكثُرُون و تَقِلُّ الأنصَارُ حتَّى يَكُونُوا كَالمِلْحِ فِي الطَّعَامِ فمَنْ وَلِيَ مِنْكُمْ أَمْرًا يَضُرُّ فِيهِ أَحَدًا أَوْ يَنفَعُهُ فَليَقبَل مِنْ مُحْسِنِهِم وَ يَتَجَاوَزْ عَنْ مُسِيئِهِمْ))
“‘am-ma ba^dou, ‘ay-youha n-nas fa’inna n-nasa yakthouroun wa taqil-lou l-‘ansar hat-ta yakounou kal-milhi fi t-ta^am, faman waliya minkoum ‘amran yadourrou fihi ‘ahadan ‘aw yanfa^ouhou falyaqbal min mouhsinihim wa yatajawaz ^an mousi’ihim”
Rapporté par Al-Boukhariy.
ce qui signifie : « O vous les gens, les gens deviendront très nombreux et le nombre des ‘Ansar diminuera. Ainsi seront-ils comme le sel dans la nourriture. Alors, que celui d’entre vous qui assume une responsabilité soit indulgent envers eux » c’est à dire qu’il accepte ce qu’ils font comme bien et qu’il excuse ce qu’ils font comme mal.
Cette recommandation de la part du messager éminent indique le grand mérite des ‘Ansar, c’est-à-dire les habitants originaux de Médine l’illuminée. En effet, ils furent ceux qui soutinrent le prophète et son appel à l’Islam. Ce furent également eux qui abritèrent les émigrants (al-mouhajjiroun) et aidèrent et appuyèrent l’appel du prophète.
Cette recommandation indique le comportement d’excellence du prophète ; il répondit ainsi à la bienfaisance par la bienfaisance en recommandant le bon agissement envers eux.
De cette façon, le prophète nous apprit la reconnaissance, c’est-à-dire, le fait de rétribuer en bien celui qui agit en bien envers nous – même si ce bien semble négligeable – et de répondre à la bienfaisance par la bienfaisance. Que Allah rétribue notre prophète Mouhammad pour sa communauté du meilleur, pour tout ce qu’il a donné comme conseils et recommandations, comme science et bonne guidée. C’est donc à nous d’être reconnaissant envers notre prophète.
Parmi les recommandations du messager éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il y a ce qui fut rapporté de Ibnou ^Abbas que Allah l’agrée lui et son père: « Durant la maladie précédant sa mort, le messager de Allah a écarté le rideau alors que les gens étaient en rangs derrière Abou bakr. Et il a dit:
((أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّهُ لَمْ يَبْقَ مِنْ مُبْشِّرَاتِ النُّبُوَّةِ إِلَّا الرُّؤْيَا الصَّالِحَةُ يَرَاهَا المُسْلِمُ أَوْ تُرَى لَهُ، أَلَا وَ إِنِّي نُهِيتُ أَنْ أَقْرَأَ القُرْءَانَ رَاكِعًا أَوْ سَاجِدًا فَأمَّا الرُّكُوعُ فَعَظِّمُوا فِيهِ الرَّبَّ عَزَّ وَ جَلَّ وَ أَمَّا السُّجُودُ فَاجْتَهِدُوا فِي الدُّعَاءِ فَقَمِنٌ أَنْ يُسْتَجَابَ لَكُمْ))
« ay-youha n-nasou, in-nahou lam yabqa min moubach-chirati n-noubouw-wati il-la r-rou’ya s-salihatou, yaraha l-mouslimou ‘aw toura lahou, ala wa in-ni nouhitou an ‘aqra’a l-Qour’ana raki^an ‘aw sajidan, fa’am-ma r-roukou^ou fa^adh-dhimou fihi r-rab-ba ^az-za wa jal-la wa ‘am-ma s-soujoudou fajtahidou fi d-dou^a’i faqaminoun ‘an youstajaba lakoum »
ce qui signifie :
« Ô vous les gens, s’il n’y a plus de révélation, il reste les annonces de bonnes nouvelles qui proviennent du musulman ou d’un autre à son sujet [c’est à dire le beau rêve que fait le musulman ou que l’on fait à son sujet]. Et je ne récite pas le Qour’an quand je suis en inclination ni en prosternation. Lorsque vous êtes en inclination glorifiez le Seigneur ^azza wajal et lorsque vous êtes en prosternation faites beaucoup d’invocations, elles seront sans doutes exaucées ». Rapporté par Mouslim.
• La recommandation concernant la prière et les droits des esclaves :
^Aliyy Ibnou Abi Talib que Allah l’agrée dit : « la dernière parole du prophète fut
((الصَّلاَةُ و مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ))
« As-salatou wa ma malakate ‘aymanoukoum »
ce qui signifie : « je vous recommande la prière et les esclaves que vous possédez » Rapporté par Ibnou Majah
Il fut également rapporté de Oum-mou salamah, la mère des croyants, l’épouse du Prophète qu’ « il répétait cela jusqu’à ce que son âme lui soit retirée », rapporté par Ibnou Majah.
Et d’après Anas ibnou Malik le serviteur du Messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam : « la plupart des conseils du Prophète juste avant sa mort étaient la prière et les esclaves » Rapporté par Ibnou Majah.
La signification de la recommandation du messager de Allah au sujet de laquelle il insista fortement est l’incitation à ne pas négliger la prière, persévérer à l’accomplir comme Allah nous l’a ordonné, et ne surtout pas y manquer. Quant aux droits des esclaves, le Prophète a également incité à les respecter du fait des lois particulières qui existent dans la religion à leur sujet.
Information utile concernant les cinq prières :
D’après ce qui est parvenu du prophète éminent au sujet du mérite de la prière, il y a le hadith :
((خمس صلوات كتبهن الله على العباد من أتى بهن بتمامهن كان له عهد عند الله أن يدخله الجنة و من لم يأت بهنَّ فليس له عند الله عهد أن يدخله الجنة إن شاء عذبه و إن شاء أدخله الجنة))
« khamsou salawatin katabahounna L-lahou ^ala l-^ibadi, man ‘ata bihinna bitamamihinna kana lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah wa man lam ya’ti bihinna falayça lahou ^ahdoun ^inda L-lahi ‘an youdkhilahou l-jannah, ‘in cha’a ^adh-dhabahou wa ‘in cha’a ‘adkhalahou l-jannah”
qui signifie : « il y a 5 prières que Allah a ordonné aux esclaves d’accomplir. Celui qui les accomplit parfaitement a une promesse que Allah le fera entrer au paradis. Et celui qui ne les accomplit pas n’a pas de promesse que Allah le fera entrer au paradis. Si Allah veut, il le châtie et si Allah veut il le fait entrer au paradis » Rapporté par l’imam ‘Ahmad.
Il est rapporté au sujet de la menace concernant celui qui abandonne la prière qu’il n’aura ni de lumière, ni de sauvegarde au Jour du Jugement et qu’il sera avec Pharaon, Haman, Qaroun et ‘Oubay Ibnou Khalaf. Malgré cela celui qui délaisse la prière par paresse ne sort pas de l’Islam : il est un musulman désobéissant qui mérite le châtiment au Jour du Jugement en raison du hadith précédemment cité.
Et parmi ce qui parvint du Prophète au sujet de sa recommandation en faveur des esclaves [musulmans] sa parole salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إخوانكم خَوَلُكم –أي حشَمُكم- مَللكم الله إياهم فمن كان أخوه تحت يده فليطعمه مما يأكل و ليلبسه مما يلبس و لا يكلفه ما يغلبه فإن كلفتموهم فأعينوهم))
« ikhwanoukoum khawaloukoum mallakoukoumou L-lahou iyakoum, fama kana akhouhou tahta yadihi fal-yout^imhou mimma ya’koul wal-youlbaishou mimma yalbas wa la youkallifhou ma yaghlibouhou fa’inna kallaftouhoum fa’a^inouhoum »
Le décès du prophète éminent et la grande tristesse des compagnons suite à sa perte
Le décès du messager éminent fut une épreuve terrible, lui, le meilleur de ceux qui sont nés et le meilleur guide qu’a connu ce monde. Cette grande catastrophe qui s’abattît sur les compagnons honorés les marqua profondément, eux qui perdirent leur prophète et leur bien aimé Mouhammad. Ainsi y-eut-il des traumatisés, des paralysés suite à l’entente de la nouvelle, ou d’autres qui perdirent l’usage de leur langue qui fut bloquée. Il y eut également ceux qui nièrent sa mort tant l’annonce les choqua. En effet, ils pensaient que le prophète resterait en vie longtemps après eux, même s’ils savaient qu’il allait bien mourir un jour. Toutefois, le chagrin des compagnons et la catastrophe de la perte de leur prophète et leur bien-aimé Mouhammad ne les a ni détourné de la patience, ni amené à commettre des actes interdits comme les lamentations. Aucun d’entre eux n’a désobéi à Allah malgré cette grande épreuve, qui est celle de tous les musulmans.
La position des deux compagnons honorables Abou Bakr et ^Oumar suite à la mort du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Quand le prophète fut décédé, lui qui est le meilleur commandant que l’histoire n’ait jamais connu, ^Oumar Al-Farouq fut tellement choqué qu’il dit « le messager de Allah n’est pas mort ». Et il dit : « il y a des gens qui prétendent que le messager de Allah serait mort mais en réalité il n’est pas mort ».
Quant à As-Siddiq Abou bakr que Allah l’agrée, il se dirigea rapidement sur sa monture vers la mosquée sans parler à personne, au moment où la nouvelle lui parvint, celle du décès de son compagnon et bien-aimé le prophète éminent. Il entra dans la maison de sa fille la dame glorieuse ^A’ichah que Allah l’agrée, et trouva le messager éminent le prophète de cette communauté, le meilleur homme et humain que ce monde ait connu que Allah l’élève d’avantage en degrés. Il le vit recouvert d’un très beau drap du Yémen. Abou Bakr découvrit le visage du prophète honoré, ce visage éclatant de beauté et, tant il se languissait de lui, tant son amour était immense qu’il se mit à l’embrasser entre ses yeux honorés salla L-lahou ^alayhi wa sallam. Il pleura à chaudes larmes en disant ces paroles témoignant de son amour envers le prophète.
Et d’après ^A’ichah que Allah l’agrée que Abou Bakr entra chez le Prophète après sa mort, posa ses lèvres entre ses yeux salla L-lahou ^alayhi wa sallam et sa main sur ses tempes puis dit : « O toi mon prophète, mon compagnon, mon bien-aimé ! » rapporté par l’imam Ahmad.
Abou Bakr que Allah l’agrée fut, durant cette période difficile, tellement courageux, fort et patient qu’il alla porter renfort aux compagnons traumatisés par cette annonce. ^Oumar, très fortement perturbé, jurait que le messager de Allah n’était pas mort. Et lorsque Abou bakr arriva, il lui dit : « Eh toi qui jure, ne sois pas aussi pressé de le faire ». Il lui demanda ensuite de s’asseoir, mais ^Oumar sous le choc, refusa et continua à parler. C’est alors que Abou bakr que Allah l’agrée s’adressa aux personnes présentes, calmant de cette manière ^Oumar qui finit par s’assoir. Ainsi, les compagnons se dirigèrent vers Abou bakr pour écouter son discours. Il loua Allah ta^ala et il dit sa parole très connue : « O vous les gens, s’il y a quelqu’un qui adore Mouhammad, Mouhammad est mort et celui qui adore Allah, Allah a pour attribut la vie, Il ne meurt pas ». Il récita, ensuite, la parole de Allah ta ^ala :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِبْن مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُم وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّاكِرِينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la raçouloun qad khalat min qablihi r-rouçoul afa’in mata aw qoutila nqalabtoum ^ala a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadourra l-Laha chay’a wa sayajzi l-Lahou ch-chakirin » [sourat ‘ali ^imran / 144], ce qui signifie : « Mouhammad est un messager et avant lui il y avait d’autres messagers. Est-ce que s’il meurt ou est tué vous apostasierez ?! Et celui qui apostasie ne nuira aucunement Allah et Allah rétribuera ceux qui remercient ». Lorsque Abou Bakr récita cette ‘ayah honorée aux compagnons honorables, on aurait cru qu’ils n’en avaient jamais pris connaissance. C’est ainsi qu’ils la reprirent tous, la répétèrent et la récitèrent jusqu’à ce que ^Oumar Al-Farouq que Allah l’agrée dit : « par Allah dès que j’ai entendu ce verset de la bouche de Abou Bakr, j’ai repris mes esprits et mes jambes ne pouvaient plus me porter. Je suis tombé à terre lorsque je l’ai entendue. Et j’ai enfin réalisé que le prophète était mort ».
Quant à la dame honorable Fatimah az-zahra’ la fille du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, elle dit que Allah l’agrée au moment où elle apprit la mort de son père :
« O mon père qui a répondu à l’ordre de son Seigneur ! O mon père celui qui ira au paradis de al-firdaws ! O mon père je te pleure à Jibril ! ».
La cause de la maladie du Prophète
Certains historiens rapportent que la cause de la maladie du Prophète Salla L-lahou ^alayhi wa sallam fut le complot d’une femme juive le jour de khaybar. Ce jour là, elle lui introduisit du poison dans le plat auquel elle l’invita salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
En effet, le Prophète acceptait les cadeaux et en mangeait mais ne prenait ni les dons ni la zakat. Alors, cette femme lui offrit, le jour de khaybar, un mouton grillé, empoisonné d’une substance qui tuait au bout d’une heure. Les compagnons qui étaient avec lui en mangèrent et quand il en goûta salla Llahou ^alayhi wa sallam il leur dit :
(ارفَعُوا أَيْدِيكُمْ فَإِنَّهَا أَخْبَرَتْنِي أَنَّهَا مَسْمُومَة)))
« irfa^ou ‘aydikoum fa’in-naha akhbaratni an-naha masmoumah » ce qui signifie : « levez vos mains [du plat], il m’a informé qu’il était empoisonné ». Un compagnon en mourut sur l’heure ; il s’agissait de bichrou bnou lbara’, il mourut ainsi, martyre que Allah l’agrée.
Le compagnon honoré Abou hourayrah que Allah l’agrée informa que le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam dit durant les douleurs de sa mort :
(مَا زالت أُكلت خيبر تُعادُّني فالآن أوان قطعت ابْهَري)))
« ma zalat ouklatou khaybar tou3aad-douni fal-‘ana ‘awaanou qouTi^at ab-hari » ce qui signifie : « les effets du plat du jour de khaybar m’atteignent toujours. Et le moment est venu de ma mort ».
En effet, le Prophète éminent salla Llahou ^alayhi wa sallam mourut à cause de cela. Ainsi, après avoir mangé de ce mouton empoisonné, il souffrit salla L-lahou ^alayhi wa sallam de maladie et de fièvre et cela comporte beaucoup d’élévations en degrés et en statut.
L’apparition de la maladie du Prophète éminent salla L-lahou ^alayhi wa sallam
Lorsque le messager éminent revint du pèlerinage de l’adieu, hajjatou l-wada^, il resta quelques mois à Médine (dhou l-hijjah, mouharram et safar). Vers la fin du mois de safar ou au début du mois de rabi^ou l-‘awwal, la maladie suite à laquelle le prophète mourut apparut. C’était à son retour du cimetière de al-baqi^ à Médine juste en face de la mosquée du prophète ; le Messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam venait d’assister à l’enterrement de l’un de ses compagnons. Il commença à se plaindre d’une douleur à la tête alors qu’il était dans la maison de son épouse ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, que Allah l’agrée: « Le messager de Allah revenait du cimetière de al-baqi^, je me suis plainte à lui d’une douleur à la tête en lui disant (وارأساه) (wa ra’sah) « O ma tête » Alors le prophète dit:
(بل أنا يا عائشة وارأساه)))
« bal ana ya ^a’ichah wa ra’sah », ce qui signifie « c’est plutôt moi ^A’ichah… O ma tête !». ^A’ichah que Allah l’agrée dit : « et c’était cela le début de la maladie suite à laquelle il est mort ».
Quand la maladie et la douleur furent plus intenses, le Prophète salla Llahou ^alayhi wa sallam se trouvait chez son épouse Maymounah. Il réunit, alors, toutes ses femmes et leur demanda leurs accords pour rester dans la maison de ^A’ichah durant sa maladie ce qu’elles lui accordèrent. C’est ainsi que le prophète sortit, tenu par son oncle Al-^Abbas d’un côté (le fils de ^Abdou l-Mouttalib) et de l’autre, par son cousin notre maître ^Aliyy Ibnou Abi Talib qui était également son gendre. Arrivé à la maison de ^A’ichah, le prophète demanda à ce qu’on l’asperge d’eau tellement la douleur était forte. La dame ^A’ichah dit : « nous l’avons, alors, fait asseoir dans une bassine appartenant à Hafsah [l’épouse du prophète] et qui ressemblait à un grand récipient dans lequel on lave les vêtements. Puis nous avons versé sur lui des outres d’eau [c’est à dire de l’eau contenue dans des sortes de peaux d’animaux] pour lui alléger les douleurs jusqu’à ce qu’il nous fasse signe de la main pour dire que cela suffisait [son signe montrait que ce qu’elles avaient fait suffisait pour qu’il se lève et qu’il les remerciait]. Puis le prophète alla vers sa mosquée, dirigea les gens dans la prière et donna un cours. »
Ce jour là, il était sortit à la rencontre des compagnons avec un turban sur la tête. Il s’assit salla L-lahou ^alayhi wa sallam sur le minbar et les premières paroles qu’il dit furent des invocations pour les compagnons qui avaient participé à la bataille de ‘Ouhoud. Il demanda, d’abord, le pardon en leur faveur. Ensuite, il s’adressa à ses compagnons présents et leur dit de manière ferme, en se fiant totalement à Allah :
(إنّ عَبدًا مِنْ عِبَاد اللهِ خَيَّرَهُ اللهُ بَيْنَ الدُّنْيَا وَ بَيْنَ مَا عِنْدَهُ فَاخْتَارَ مَا عِنْدَ اللهِ)))
« inna ^abdan min ^ibadi l-Lahi khayyarahou l-Lahou bayna d-dounya wa bayna ma ^indahou fakhtara ma ^inda l-Lah » ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui Allah a donné à choisir entre le bas monde et ce que Allah réserve dans l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Alors notre maître Abou bakr As-Siddiq comprit le sens des paroles du prophète et sut que le prophète se visait lui-même – c’est-à-dire, sa propre personne – quand il dit ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah ». Abou Bakr lui répondit alors : « Nous te sommes même dévoués, nous ferons le sacrifice de nos propres personnes et de nos enfants pour toi, O messager de Allah ! ». Cela signifie « qu’en cas de danger, nous et nos enfants ferions face à celui-ci afin de te protéger».
Le prophète lui dit :
(على رِسْلٍك يا أبَا بَكْرٍ)))
« ^ala rislika ya aba bakr » ce qui signifie : « Ne t’en fais pas O Abou Bakr ». Et lorsque le messager le vit pleurer de tristesse à cause de l’approche de sa mort salla L-lahou ^alayhi wa sallam, il lui dit :
((يَا أَبَا بَكْرٍ لَا تَبْكِ إِنَّ أَمَنَّ الناس عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ وَ مَالِهِ أَبُو بَكْرٍ وَ لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا خَلِيلًا مِنْ أُمَّتِي لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ وَ مَوَدَّتُهُ))
« ya Aba bakr la tabki, ‘inna ‘amanna n-nasi ^alayya fi souhbatihi wa malihi abou bakr wa law kountou mouttakhidhan khalilan min ‘oummati la t-takhadhtou aba bakr wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam wa mawaddatouhou » ce qui signifie : « O Aba bakr, ne pleure pas. Celui d’entre les gens qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr. Et si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de ma communauté j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam et l’amour de l’islam » c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de notre religion.
Puis le prophète dit :
((لاَ يَبْقَيَنَّ فِي المَسْجِدِ بَابٌ إِلاَّ سُدَّ إِلاَّ بَابُ أَبِي بَكْرٍ))
« la yabqayanna fi l-masjidi baboun illa soudda illa babou Abi bakrin » ce qui signifie : « Ne laissez aucune porte des maisons des gens ouverte sur la mosquée, bloquez-les toutes sauf celle de Abou Bakr »,
En effet, les portes des maisons de certains compagnons donnaient directement accès à la mosquée du prophète et ce en plus des portes par lesquelles les gens rentraient. Et quand le prophète dit ce qui signifie : « toutes les portes seront bloquées sauf celle de Abou Bakr », il montra le grand mérite et le haut statut de Abou Bakr As-sidiq que Allah l’agrée.
La dame honorable ^A’ichah, l’épouse du prophète, avait rapporté le récit de sa terrible maladie ; elle expliqua dans quel état il sortit vers ses compagnons pour les diriger dans la prière lorsque les douleurs devenaient moins pénibles. Elle dit : « les douleurs et la maladie se sont amplifiées, le prophète a alors demandé :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? » Les compagnons répondirent : « non pas encore, ils t’attendent O messager de Allah ». Le prophète a dit :
((ضَعُوا لِي مَاءً فِي المِخْضَبِ))
« da^ou liy ma’an fi l-mikhdab » ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Ils firent cela ; alors il s’est lavé, puis a voulu se relever mais s’est évanoui. Il s’est réveillé à nouveau et dit
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Ils ont répondu : « non, ils t’attendent O messager de Allah ». Il a dit ce qui signifie : « préparez-moi de l’eau dans la bassine ». Il s’est lavé et de nouveau lorsqu’il a voulu se relever, il s’est évanoui. Puis, une fois réveillé, il a dit :
((أَصَلَّى النّاسُ ؟))
« ‘asalla n-nas ? » ce qui signifie : « est ce que les gens ont fait la prière ? ». Les compagnons ont répondu : « ils t’attendent O messager de Allah ».
^A’ichah que Allah l’agrée dit : « les gens étaient dans la mosquée, ils attendaient le messager de Allah pour la prière de al-^icha’ ». Le messager de Allah envoya alors quelqu’un pour demander à Abou bakr de diriger les gens dans la prière.
Quand cette personne mandatée par le prophète lui dit : « le messager de Allah t’ordonne de diriger les gens dans la prière ». Abou bakr, qui était un homme très sensible, dit : « ^Oumar, dirige les gens dans la prière ». Mais ^Oumar, que Allah l’agrée, répondit : « Tu mérites le plus de le faire». Abou bakr les dirigea alors ce jour-là ainsi que les suivants.
Quelque temps plus tard, le messager de Allah se trouva en meilleure santé. Il sortit de la maison de ^A’ichah, entouré de deux hommes, dont l’un était Al-^Abbas pour faire la prière de adh-dhouhr. Tandis que Abou bakr s’apprêtait à diriger les gens dans la prière, il vit le prophète venir. Abou Bakr voulut alors reculer pour lui laisser la place mais le prophète lui fit signe de la main pour qu’il fasse la prière et dit aux deux hommes qui l’accompagnaient :
((أجلساني إلى جنبه))
« ajlisani ila janbihi » ce qui signifie « faites moi asseoir à coté de lui ». Alors, ils firent asseoir le prophète à coté de Abou bakr que Allah l’agrée, qui accomplit la prière debout tandis que le messager de Allah la fit assis tant les douleurs éprouvées étaient intenses. C’est Abou bakr qui fut l’imam au début puis, le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
Ainsi s’avéra-t-il que le début de la maladie du prophète étaient des maux de tête accompagnés de fièvre. La douleur et la fièvre étaient tellement terribles, qu’il s’asseyait salla L-lahou ^alayhi wa sallam dans cette grande bassine dans laquelle on lave les vêtements et on versait sur lui jusqu’à sept outres d’eau. La fièvre était si élevée que la main de celui qui le touchait devenait également chaude. Il dit à ce sujet salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((إنّا (أي الأنبياء) كذلك يُشَدَّدُ علينا البلاء و يُضَاعف لنا الأجر))
« inna kadhalika youchad-dadou ^alayna lbala’ wa youda^afou lana l-‘ajr »
ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, l’épreuve est encore plus difficile [c’est à dire que Allah nous accorde des épreuves plus dures que ce qui vous arrive] et la récompense nous est multipliée ». Allah ta^ala éprouve les prophètes par des épreuves plus difficiles et Il leur multiplie la récompense.
Et il dit également :
((إنِّي أوعكُ كَمَا يوعكُ رجلان منكم))
« inni ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum »
Ce qui signifie : « j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous »
En effet, ces douleurs étaient si fortes qu’il s’évanouissait puis se réveillait et ceci lui arriva plus d’une fois.
Le mérite de Abou Bakr par rapport aux autres compagnons
Parmi ce qui est parvenu des dernières recommandations du prophète, il y a ce que rapporta la dame honorable ^A’ichah que Allah l’agrée. Elle dit, en effet : « Quand la maladie était devenue difficile pour le messager de Allah, il a dit :
((مُرُوا أَبَا بَكْرٍ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourou aba bakrin fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à abou bakr qu’il dirige les gens dans la prière ». ^A’ichah dit : « j’ai dit : O prophète de Allah, Abou bakr est un homme doux et sensible dont la voix n’a pas grande portée [quand il parlait sa voix n’était pas forte]. Et il pleure quand il récite le Qour’an ». Le prophète dit malgré cela :
((مُرُوهُ فَلْيُصَلِّ بالنَّاسِ))
« mourouhou fal yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites-lui de diriger les gens dans la prière ».
Cette recommandation de la part du prophète était explicite. En effet, Bien que ^A’ichah lui dit qu’Abou Bakr était sensible, qu’il pleurait lorsqu’il récitait le Qour’an, que sa voix n’avait pas grande portée, le prophète demanda que ce fut lui qui dirige les gens en son absence salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
On déduit de cette recommandation, premièrement, le mérite de Abou Bakr As-Siddiq. En effet, il est le meilleur des compagnons et le meilleur des saints de cette communauté selon l’unanimité des savants de l’islam. On en déduit également une indication du Prophète en faveur de la succession d’Abou Bakr pour la direction des musulmans.
Ainsi le messager éminent insista pour que ce fut Abou bakr As-Siddiq l’imam des compagnons dans la prière, le plus important des devoirs de l’islam après la croyance. En effet, il s’agit du meilleur des actes pratiques dans l’islam et de la meilleure des œuvres après la croyance en Allah et en son messager.
Information utile : L’imam Ach-Chafi^iyy dit que le prophète, n’avait dirigé les gens pendant la prière dans sa mosquée qu’une seule fois durant la maladie précédant sa mort ; il s’agissait de celle qu’il avait accomplie assis. Au début de cette prière, Abou bakr que Allah l’agrée était l’imam. Et lorsque le prophète vint, Abou bakr comme les autres le suivirent. C’est donc le prophète qui les dirigeat en étant assis. Abou bakr était alors devenu ma’moum, il répétait à voix élevée pour faire entendre aux gens.
D’après ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a, Ibni l-‘Aswad, Ibni l-Mouttalib Ibni ‘Asad, il dit : « Alors que la maladie précédent la mort du messager de Allah était devenue plus éprouvante, j’étais auprès de lui avec un groupe de musulmans. Bilal invita les gens à faire la prière et le prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam dit :
((مُرُوا مَنْ يُصَلِّى بِالنَّاسِ))
« mourou man yousalli bi n-nas » ce qui signifie : « dites à quelqu’un de diriger les gens dans la prière ». Ce compagnon dit : « je suis sorti de chez le prophète et j’ai trouvé ^Oumar avec des gens tandis qu’Abou bakr était absent. J’ai alors dit : ^Oumar lève toi et dirige les gens dans la prière ». Ainsi ^Oumar s’est levé et quand il a dit la parole Allahou ‘akbar pour l’entrée en rituel, le messager de Allah a entendu sa voix [^Oumar était un homme à la voix forte]. C’est alors que le messager de Allah a dit :
((فَأَيْنَ أَبُو بَكْرٍ ؟ يَأْبَى الله ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ، يَأْبَى اللهُ ذَلِكَ وَ المُسْلِمُونَ))
« fa’ayna Abou bakr ? ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun, ya’ba L-lahou dhalika wa lmouslimoun »
ce qui signifie : « mais où est donc Abou Bakr, Allah n’agrée pas et les musulmans n’acceptent pas que ce soit quelqu’un d’autre que Abou Bakr », [c’est-à-dire que mettre ^Oumar et non Abou Bakr pour diriger les gens n’était pas ce qu’il convenait de faire].
Le prophète envoya alors quelqu’un chercher Abou bakr qui arriva après que ^Oumar eut accompli cette prière là. ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a dit : « ^Oumar m’a dit : pourquoi m’as-tu fait ça ? ». [^Oumar a blâmé ce compagnon] « Pourquoi m’as-tu demandé de diriger les gens dans la prière ?! J’ai cru que c’était le prophète qui t’avais demandé de me le dire, sinon je n’aurai pas dirigé les gens dans la prière ! » En effet, il était parvenu à ^Oumar par la suite que le prophète avait voulu que ce fut Abou Bakr qui dirigea. Mais ^Abdou l-Lah Ibnou Zam^a répondit à ^Oumar : « par Allah le messager de Allah ne m’a pas dit de te le demander à toi mais comme Abou bakr était absent et que j’ai vu que tu étais là, j’ai pensé que tu méritais le plus de diriger les gens dans ce cas.»
Rapporté par l’Imam ‘Ahmad.
D’après Abou sa^id al-khoudri : « durant la maladie précédant sa mort, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam est venu à nous avec un turban sur la tête. Il s’est mis sur le mimbar et a dit :
((إِنَّ عَبدًا عرضت عليه الدنيا و زينتها فاختار الآخرة))
« inna ^abdan ^ouridat ^alayhi d-douniya wa zinataha fa-khtara l-‘akhirah », Ce qui signifie : « il y a un esclave de Allah à qui il a été donné à choisir entre le bas monde et l’au-delà et il a préféré ce que Allah réserve dans l’au-delà ». Abou sa^id dit : « personne n’a saisi le sens de cette parole sauf Abou Bakr qui a dit : « Mon père et ma mère, je les sacrifie. Notre argent, nous-mêmes et nos enfants, nous les sacrifions ! » Le Prophète est ensuite descendu du mimbar et il n’a plus été vu dessus jusqu’à l’heure. »
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad et Ibnou Majah dans son Sahih.
D’après Abou Mouwayhibah dans le Mousnad de l’imam ‘Ahmad : « le prophète était sorti une nuit vers le cimetière de al-baqi^. Il avait alors demandé le pardon en faveur des musulmans enterrés là-bas, puis, en s’adressant à ses compagnons, il a dit :
((لِيَهْنِكم ما أصبحتم فيه ممّا أصبح فيه النّاس، أقبلت الفتن كقطع الليل المظلم يَتْبَعُ بعضها بعضًا، يتبعُ ءاخرُها أوّلها، الآخرة شرٌّ من الأولى))
« liyahnikoum ma asbahtoum fihi mim-ma asbaha fihi n-nas, aqbalati lfitanou kaqat^i l-layli lmoudhlimi yatba^ou ba^daha ba^dan, yatba^ou ‘akhirouha ‘aw-walaha, al-‘akhiratou char-roun mina l-‘oula »
Ce qui signifie :
« Vous êtes dans un bien par rapport à ce que les gens qui viendront après vous subiront », c’est-à-dire, votre état est meilleur par rapport à ce qui viendra après vous. Et il ajouta ce qui signifie : « les sources de discorde vont venir les unes après les autres. Et comme des morceaux d’obscurité, de ténèbres, elles vont se succéder : la suivante pire que la précédente ».
Et il a dit :
((يا أبا مُوَيْهِبة إني قد أعطيتُ خزائن الدنيا و الخلد ثم الجنة، فخيرت بين ذلك و بين لقاء ربي، فاخترت لقاء ربي و الجنة))
« ya aba mouwayhibah, in-ni qad ‘ou^titou khaza’ina d-douniya wa lkhoulda thoum-ma l-jannah, fa khouy-yirtou bayna dhalika wa bayna liqa’i rab-bi, fkhtartou liqa’a rab-bi wa l-jan-nah»
ce qui signifie : « O Aba Mouwayhibah il m’a été donné de choisir entre les trésors du bas monde puis le paradis ou de mourir et j’ai choisi une mort proche », [c’est à dire qu’il a préféré de ne pas rester longtemps dans cette vie. Bien sûr, cela ne signifie pas que la prédestination de Allah change. Au contraire, la prédestination de Allah ne change pas.]
Il est, ensuite, parti. Et c’est suite à cela que les maux de tête lui sont arrivés, ainsi que les douleurs de sa mort ».
Rapporté par ‘Ahmad dans son Mousnad.
Information utile : Quand le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam exposa sur le Mimbar, sans être explicite, son choix de la mort proche plutôt que de rester dans ce bas-monde, beaucoup ne saisirent pas le sens voulu sauf son compagnon Abou Bakr ; lui qui fut visé dans le verset :
((ثَانِي اثْنَيْن إْذْ هُمَا فِي الغَار))
« Thaniya thnayn idh houma fi l-ghari ».
Ce qui signifie : «Il était accompagné de son compagnon, ils étaient tous deux dans la grotte »[Sourat At-tawbah / 40]. En effet, Abou bakr était celui qui connaissait le mieux ce que le Prophète visait par ses paroles. Et quand il eut compris ce que le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallam voulut par ce qu’il dit, il pleura et dit : « Nous nous sacrifions nous-mêmes, notre argent et nos enfants ! ». Alors, le Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam calma ses pleures et se mit à le louer et à dire du bien de lui sur le Mimbar afin que les gens connaissent son mérite et qu’il n’y ait pas de divergence quant à sa succession. Ainsi, dit-il :
((إِنَّ منْ أَمَنِّ النّاسِ عَلَيَّ فِي صُحْبَتِهِ و ماله أَبُو بَكْرٍ))
« in-na aman-na n-nassa ^alay-ya fi souhbatihi Abou bakrin »
Ce qui signifie : « Celui qui a donné à profusion et avec largesse aussi bien dans sa compagnie que dans ses biens, c’est Abou bakr»
Et dans une autre version :
((ما لأحد عندنا يد إلا و قد كافيناه ما خلا أبا بكر فإنّ له عندنا يدا يكافئه الله يوم القيامة بها، و ما نفعني مال أحد قطّ ما نفعني مال أبي بكر))
« ma li-‘ahadin ^indana yadoun il-la wa qad kafaynahou ma khala Aba bakri fa’in-na lahou ^indana yadan youkafi’ouhou L-lahou yawma lqiyamati biha, wa ma nafa^ani m alou ‘ahadin qat-tou ma nafa^ani malou abi bakrin. »
Ce qui signifie : « Il n’y a pas une personne qui nous a fait un bien sans qu’on le lui ait rendu, sauf Abou Bakr. Allah le rétribuera en bien au Jour du Jugement pour cela. Et il n’y a pas d’argent qui m’ait été aussi utile que l’argent d’Abou Bakr ».
Rapporté par At-tirmidhiy.
Le Prophète ensuite dit :
لَوْ كُنْتُ مُتَخِذًا من أهل الأرض خَلِيلًا لاتَّخَذْتُ أبَا بَكْرٍ خليلا وَ لَكِنْ أُخُوَّةُ الِإسْلاَمِ)))(
« law kountou mouttakhidhan min ahli l-‘ardi khalilan la t-takhadhtou aba bakrin khalian wa lakin ‘oukhouwwatou l-‘islam» ce qui signifie : « Si j’avais à prendre un khalil [c’est à dire un compagnon particulier, un successeur particulier], de toute la terre, j’aurai choisi Abou bakr, mais ce qui nous lie c’est la fraternité de l’islam» c’est à dire ces liens d’amour et de fraternité de la religion. Rapporté par At-tirmidhiy.
Et il dit salla L-lahou ^alayhi wa sallam :
((سُدّوا هذه الأبواب الشارعة في المسجد إلا باب أبي بكر))
« Soud-dou hadhihi l-‘abwaba ch-chari^ata fi lmasjidi il-la baba Abi Bakr »
Ce qui signifie : « fermez ces portes des maisons qui donnent sur la mosquée sauf celle d’Abou Bakr » Rapporté par At-tirmidhiy.
Et dans ce hadith, nous retrouvons une indication au fait que Abou Bakr était l’Imam le succédant salla L-lahou ^alayhi wa sallam. En effet, l’Imam a besoin d’habiter dans la mosquée et d’y avoir constamment accès contrairement à d’autres. Et ceci fait partie des intérêts des musulmans qui y effectuent la prière.
Aussi, Le prophète insista-t-il de manière explicite pour que ce fut Abou bakr qui dirigea les gens. En effet, lorsqu’on lui fut la remarque sur le fait que Abou bakr était sensible, pour lui faire changer d’avis, il n’apprécia pas et dit ce qui signifie : « ordonnez à Abou Bakr de diriger les gens dans la prière ».
Ainsi, en chargeant Abou bakr de diriger les gens dans la prière, et en ne laissant qu’à lui seul l’accès direct à la mosquée depuis sa maison, le Prophète montra un signe clair sur sa priorité pour assumer la fonction de calife après lui. C’est pour cela que lorsque les compagnons prêtèrent serment d’allégeance à Abou bakr, ils dirent : « le messager de Allah l’a accepté et désigné à notre tête pour ce qui est de notre religion [la prière] comment ne l’accepterions nous pas pour les affaires de notre bas monde ». En effet, la priorité de Abou bakr sur les autres semblait évidente.
Le prophète avait, également, décidé d’ordonner que l’on écrive à Abou bakr afin de le désigner en tant que successeur, mais il abandonna l’idée sachant que personne d’autre que lui n’allait se charger des affaires des musulmans. C’est pour cela qu’il dit lorsqu’il su que ^Oumar eut dirigé les gens durant une prière :
((يَأْبَى الله ذَلِك والمؤمنون إلا أبا بكر))
« ya’ba l-Lahou wa l-mou’minouna illa ‘aba bakr » ce qui signifie : « Allah n’agrée pas et les croyants n’acceptent pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que Abou bakr», pour diriger. Toutefois, cela ne constituait pas une désobéissance de la part de ^Oumar qui croyait que le prophète le lui avait demandé.
L’ampleur de sa douleur salla L-lahou ^alayhi wa sallam durant sa maladie
Les prophètes sont ceux qui subissent le plus d’épreuves et de difficultés dans ce bas-monde. Les sagesses en cela sont premièrement qu’ils sont élevés en degrés et en récompenses dans l’au-delà. Cela constitue également un exemple pour les croyants qui devraient suivre leur modèle quand les épreuves s’abattent sur eux aussi. Enfin, une autre sagesse est qu’il soit su que la survenue des épreuves n’est pas dans tous les cas un signe que Allah n’agrée pas la personne éprouvée. En effet, Allah agrée les prophètes sans aucun doute, pourtant Il leur a fait parvenir des épreuves. Au contraire, c’est un signe de bien car l’épreuve pour le croyant expie les péchés et l’élève en degrés.
Ainsi, le prophète dit :
((مَن يُرد اللهُ بِه خَيرًا يُصِبْ منه))
« man youridi l-Lahou bihi khayran yousib minh »,
ce qui signifie : « celui pour qui Allah veut le bien, Il lui fait subir des épreuves ».
Et il dit :
((ما يزال البلاء بالمؤمن و المؤمنة في نفسه وولده و ماله حتى يلقى الله تعالى و ما عليه خطيئة))
« ma yazalou lbala’ou bi-lmou’mini wa lmou’minati fi nafsihi wa waladihi wa malihi hat-ta yalqa L-laha ta^ala wa ma ^alayhi khati’ah »
ce qui signifie : « les épreuves se succèdent sur le croyant et la croyante, elles atteignent leur personne, leurs enfants et leurs biens. Elles se succèdent jusqu’à ce que ce croyant et cette croyante arrivent au Jour du Jugement sans aucun péché ». C’est-à-dire que ces épreuves vont expier les péchés qu’ils auraient faits. Rapporté par At-Tirmidhiyy.
Le prophète ^alayhi s-salatou wa s-salam dit aussi :
((إنَّ عِظم الجزاء مع عِظَم البلاء و إنَّ الله تعالى إذا أحبَّ قوما ابتلاهم، فمن رضي فله الرضا و من سَخِط فله السُّخْط))
« ‘inna ^idhama l-jaza’i ma^a ^idhami l-bala’ wa ‘inna l-Laha ta^ala idha ‘ahabba qawman ibtalahoum, fa man radiya falahou r-rida wa man sakhita falahou s-soukht »,
ce qui signifie « l’éminence de la récompense est relative à la gravité de l’épreuve -si l’épreuve est grande la récompense est grande, si l’épreuve est petite, la récompense est petite- et si Allah Ta^ala agrée des gens, Il les éprouve. Celui qui n’émet pas d’objection contre les épreuves qui lui arrivent gagnera l’agrément de Allah et celui qui se rebelle aura le châtiment » Rapporté par At-Tirmidhiyy.
C’est pour cela que les prophètes et les vertueux sont les plus éprouvés dans le bas monde. La succession des épreuves sur les prophètes et les vertueux comporte une élévation en degrés selon le jugement de Allah.
Le prophète éminent dit :
((أشدُّ الناس بلاءً الأنبياء ثم الصالحون ثم الأمثل فالأمثل))
« ‘achaddou n-nasi bala’an al-anbiya’ thoumma s-salihoun thoumma l-‘amthalou fa l-‘amthal », ce qui signifie : « les gens qui sont les plus éprouvés sont les prophètes, ensuite viennent les vertueux, ensuite ceux qui ont les meilleurs degrés, les uns après les autres » c’est à dire en fonction du degré.
Et notre prophète élu, notre maître Mouhammad qui est le plus honorable et le meilleur des prophètes et des messagers, l’Imam des pieux, le maître des premiers et des derniers, fut celui d’entre les prophètes qui eut le plus d’épreuves.
C’est pour cela que lorsque le compagnon honorable Abou Sa^id Al-Khoudriyy rendit visite au prophète éminent, qu’il posa sa main au-dessus du drap qui recouvrait le messager salla L-lahou ^alayhi wa sallamet, qu’il en ressentit sa température très élevée, il dit, que Allah l’agrée : « que ta fièvre est forte O messager de Allah » et le messager répondit :
((إِنَّا مَعْشَرَ الأنبياء يُضاعَف لنا البلاء كما يُضاعَف لنا الأجرُ))
« ‘inna ma^chara l-anbiya’ ’youda^afou lana l-bala’ou kama youda^afou lana l-‘ajrou », ce qui signifie : « Pour nous autres prophètes, les épreuves sont amplifiés tout comme la récompense est amplifiée ». C’est-à-dire qu’il nous arrive des épreuves plus difficiles que vous et nous avons des récompenses plus grandes que vous.
Le compagnon honorable ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud que Allah l’agrée dit : « je suis allé rendre visite au messager de Allah qui éprouvait une douleur terrible suite à sa forte fièvre. Je l’ai touché et j’ai dit « O messager de Allah tu éprouves de grandes douleurs » et le messager de Allah a répondu :
((أجلْ إِنِّي أُوعَكُ كَمَا يُوعَكُ رَجُلَانِ مِنْكُمْ))
« ‘ajal ‘inni ‘ou^akou kama you^akou rajoulani minkoum », ce qui signifie : « En effet, j’ai des douleurs aussi intenses que celles ressenties par deux personnes d’entre vous » c’est-à-dire qu’elle était double. Et ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud lui dit, alors : « et tu as donc une double récompense » et le messager de Allah lui répondit :
((أجلْ))
« ‘ajal » ce qui signifie : « oui ». Puis le messager de Allah ajouta :
((مَا مِنْ مُسْلِمٍ يُصِيبُهُ أَذًى، مَرَضٌ فَمَا سِوَاهُ إِلَّا حَطّ َاللهُ لَهُ سَيِّئَاتِهِ كَمَا تَحُطُّ الشَّجَرَةُ وَرَقَهَا))
« ma min mouslimin yousibouhou ‘adhan, maradoun fama siwahou ‘illa hatta l-Lahou lahou sayyi’atihi kama tahouttou ch-chajaratou waraqaha », ce qui signifie : « il n’y a pas un musulman à qui il arrive une seule épreuve – que ce soit une maladie ou moins que cela- sans que Allah ne l’allège de ses péchés tout comme l’arbre est allégé de ses feuilles qui tombent » Rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim.
Il a été également rapporté que durant la maladie précédent la mort du prophète, sa fille Fatimah Az-Zahrah avait remarqué les douleurs de son père, le Prophète élu, et qu’elle avait dit, chagrinée : « quelle est grande ma tristesse en te voyant ainsi O mon père ». Alors il lui avait répondu en se fiant totalement à Allah, son Créateur :
((لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبٌ بَعْدَ اليَوْمِ))
« laysa ^ala ‘abiki karboun ba^da l-yawm »
Ce qui signifie: « ton père n’aura plus aucun tourment après aujourd’hui » (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
La dame ^A’ichah disait : « je ne voyais pas quelqu’un avoir plus de douleurs que ce qui était arrivé au Prophète » Rapporté par Al-Boukhariyy.
Jurisprudence : la prière funéraire
La prière funéraire
Comment tu fais la prière funéraire
La prière funéraire ne comprend ni inclination (roukou^) ni prosternation (soujoud). Tu l’accomplis plutôt en étant toujours debout. Tu dois remplir les conditions de la prière, comme avoir le woudou’ et ce qui est de cet ordre et éviter ce qui l’annule.
1- Mets-toi face à la qiblah, avec ton buste.
2- Tu mets l’intention dans ton cœur d’accomplir la prière funéraire. Tu dis par exemple : je fais l’obligation de la prière funéraire pour ce mort. Il est une condition que l’intention soit faite conjointement à la takbirah c’est-à-dire simultanément. Selon autre que Ach-Chafi^iyy, si l’intention précède la takbirah de peu, elle est valable.
3- Tu effectues la première takbirah en disant : Allahou ‘akbar.
4- Tu récites la Fatihah à basse voix.
5- Tu effectues la deuxième takbirah, sans t’incliner.
6- Tu invoques en faveur du Prophète (as–salatou ^ala n-nabiyy) en disant : « Allahoumma salli ^ala Mouhammad » et si tu récites as–salatou l-‘ibrahimiyyah entièrement c’est mieux.
7- Tu effectues la troisième takbirah, sans t’incliner.
8- Tu fais des invocations en faveur du mort en disant : « Allahoumma ghfir lahou wa rhamh ».
L’invocation la plus complète est celle rapportée du Prophète et qui est : « Allahoumma ghfir lihayyina wa mayyitina wa chahidina wa gha’ibina wa saghirina wa kabirina wa dhakarina wa ‘ounthana, Allahoumma man ‘ahyaytahou minna fa’ahyihi ^ala l-‘islam wa man tawaffaytahou minna fatawaffahou ^ala l-‘iman » [Rapporté par At-Tirmidhiyy].
Si le mort est un enfant, on ajoute : « Allahoumma j^alhou faratan li’abawayhi wa salafan wa dhoukhran wa ^idhatan wa ^tibaran wa chafi^a wa thaqqil mawazinaha wa ‘afrighi s–sabra ^ala qouloubihima ».
9- Tu accomplis la quatrième takbirah, sans t’incliner.
10- Il n’est pas un devoir d’invoquer après la quatrième takbirah mais il est recommandé de dire : « Allahoumma la tahrimna a‘jrahou wa la taftinna ba^dah ».
11- Tu passes le salam pour terminer la prière, en disant : « As-salamou ^alaykoum » et la manière complète est que tu dises : « As-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lah ». Il est recommandé de se tourner vers la droite et vers la gauche lorsque tu passes le salam (voir figures n° 55 et n° 56).
Tu auras, de cette sorte, terminé d’accomplir la prière funéraire.
Figure n° 55 : Tu tournes la tête vers la droite lors de la première taslimah
Figure n° 56 : Tu tournes la tête vers la gauche lors de la deuxième taslimah
Avertissement : Allah ta^ala dit :
﴿إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء ﴾
Qui signifie : « Certes, Allah ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut » [sourat An-Niça’/48].
La prière n’est donc pas permise en faveur du mort mécréant car il aura manqué au plus éminent des devoirs à l’égard de Allah, à savoir croire en Son existence et qu’Il n’a pas d’associé.
Il n’est pas permis également de faire des invocations de miséricorde en sa faveur. Allah ta^ala dit :
﴿مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ ءامَنُواْ أَن يَسْتَغْفِرُواْ لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُواْ أُوْلِي قُرْبَى مِن بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ ﴾
Qui signifie : « Le Prophète, et ceux qui sont croyants n’ont pas à invoquer le pardon en faveur de ce qui adoré autre que Allah, même s’ils sont des proches parents, du moment qu’ils ont su qu’ils sont au nombre des gens de l’enfer » [sourat At-Tawbah/113].
Information utile : Il est recommandé pour l’imam de se mettre, dans la prière funéraire, au niveau de la tête de l’homme et au milieu du corps de celui de la femme.
Avertissement : Le musulman qui a perdu quelqu’un reçoit les condoléances. Lorsque son défunt est musulman, il lui sera dit : (‘A^dhama l-Lahou ‘ajraka wa ‘ahçana ^aza’aka wa ghafara limayyitik) qui signifie : « Que Allah fasse que ta récompense soit immense, qu’Il fasse que tu sois bien consolé et qu’Il pardonne à ton défunt ».
Si le mort est mécréant et celui à qui les condoléances sont présentées est musulman, il lui est dit : (‘^adhdhama l-Lahou ‘ajraka wa sabbarak) qui signifie : « Que Allah fasse que ta récompense soit immense et qu’Il t’accorde la patience ».
Jurisprudence : la prière en assemblée
La prière en assemblée
Tous les jours, les musulmans accomplissent, dans les mosquées, cinq prières en assemblée. La prière en assemblée est meilleure que la prière accomplie par une personne en étant seule, en raison de la parole du Messager de Allah :
)) صلاة الرجل في الجماعة تزيد على صلاته وحدهسبعا وعشرين (( رواه مسلم.
Qui signifie : « La prière de l’homme en assemblée dépasse de vingt sept fois la prière de l’homme en étant seul » [rapporté par Mouslim].
Afin que la prière du ma’moum [1] soit valable et récompensée, il devra observer certaines choses parmi lesquels :
1- Se tenir derrière l’imam.
2- Dire la takbirah –la parole Allahou ‘akbar– d’entrée en rituel de prière, une fois que l’imam l’a terminée.
3- Que le ma’moum mette l’intention d’accomplir la prière en assemblée. Par exemple, il dit dans son cœur : je fais la prière du dhouhr en assemblée, ou bien : je fais la prière obligatoire du dhouhr en assemblée. S’il suit donc l’imam, dans les actes, sans qu’il ait eu l’intention d’être dirigé par lui et qu’il l’a attendu longtemps, le prière de ce ma’moum n’est pas valable.
4- Que le ma’moum ne devance pas l’imam de deux piliers gestuels sans excuse.
5- Que le ma’moum ne prenne pas un retard par rapport à son imam de deux piliers gestuels sans excuse.
[1] le ma’moum est celui qui prie en suivant l’imam.
Jurisprudence : comment faire la prière
La prière
Comment tu accomplis la prière du dhouhr
Allah ta^ala dit : حَافِظُواْ عَلَى الصَّلَوَاتِ والصَّلاَةِ الْوُسْطَى َ﴾ ﴿
(hafidhou ^ala s–salawati wa s–salati l-wousta) ce qui signifie : « Persévérez sur l’accomplissement de vos prières et la prière médiane » [sourat Al-Baqarah : 238].
Il est un devoir d’accomplir chacune des cinq prières en son temps ; ni avant ni après.
La prière du dhouhr est de quatre rak^ah :
La première rak^ah
1/ Faire face à la qiblah : tiens-toi debout en faisant face à la Ka^bah honorée avec ton buste (voir figure 22).
2/ L’intention : Elle a lieu avec le cœur, simultanément avec la takbirah d’entrée en rituel. C’est comme par exemple en disant dans ton cœur : je fais la prière du dhouhr, ou bien je fais la prière obligatoire du dhouhr. Il est toutefois suffisant, selon l’avis de l’imam Malik et l’imam Abou Hanifah, de mettre l’intention peu avant le takbir. Cela fait partie des piliers.
3/ La takbirah d’entrée en rituel : Tu dis Allahou ‘akbar [1], et cela fait partie des piliers, en tes avant-bras de sorte que les paumes de tes mains soient face aux oreilles. Cette façon de lever les mains fait partie des actes recommandés de la prière (voir figure n° 23).
4/ La position debout pour la prière pour celui qui le peut (figure n° 23) et cela fait partie des piliers.
5/ Poser la main droite au-dessus de la main gauche en dessous de la poitrine et au-dessus du nombril et ce, après la takbirah d’entrée en rituel. Cette posture est recommandée. Il est recommandé pour l’homme et le garçon de laisser une distance d’un empan entre les deux pieds (voir figures n° 24 et 25).
Figure 22 : Fais face à la qiblah avec ton buste.
Figure 23 : Mets l’intention d’accomplir la prière en disant Allahou ‘akbar.
6- La récitation de sourat Al-Fatihah à basse voix: avec la basmalah ainsi que les lettres doublées et de faire sortir les lettres de leurs points de prononciation.
La Fatihah est :
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ
الْحَمْدُ للهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ {1} الرَّحْمنِ الرَّحِيم{2}ِ مَلِكِ يَوْمِ الدِّين{3} إِيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ {4} اهدِنَا الصِّرَاطَ المُستَقِيمَ{5} صِرَاطَ الَّذِينَ أَنعَمتَ عَلَيهِمْ{6} غَيرِ المَغضُوبِ عَلَيهِمْ وَلاَ الضَّالِّينَ {7}
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Al-hamdou li l-Lahi rabbi l-^alamin 1
Ar-Rahmani r-Rahim 2
Maliki yawmi d-Din 3
‘Iyyaka na^boudou wa ‘iyyaka nasta^in 4
‘Ihdina s–sirata l-moustaqim 5
Sirata l-ladhina ‘an^amta ^alayhim 6
ghayri l-maghdoubi ^alayhim wa la d–dallin 7
Figure n° 24 : Pose ta main droite au-dessus de ta main gauche au niveau du poignet, en dessous de ta poitrine et au-dessus de ton nombril.
Figure n° 25
Il est recommandé de dire après avoir terminé la récitation de la Fatihah :
( ءامــيـن) (‘Amin) qui signifie : « Ô Seigneur, exauce mes invocations ».
Il est recommandé aussi de réciter après la Fatihah une partie du Qour’an, dans la première et la deuxième rak^ah.
7- L’inclination : Tu te penches vers l’avant de sorte que les paumes de tes mains puissent arriver à tes genoux (voir figure n° 26).
Les paumes des mains : c’est le plat des mains excepté les doigts.
Il est recommandé de dire au début de l’inclination : (Allahou ‘akbar) et il est recommandé de dire dans l’inclination : (Soubhana Rabbiya l-^Adhim), trois fois.
Figure n° 26 : Fais l’inclination en tendant le dos et le cou comme une planche et en tiens droits les jambes.
8- La quiétude dans l’inclination : cela veut dire que tous tes membres s’immobilisent simultanément d’une durée équivalente à celle de la parole (soubhana l-Lah) (voir figure n° 27). Cela fait partie des piliers.
9- Le redressement : c’est-à-dire revenir à la position que tu avais avant que tu t’inclines (voir figure n° 28) et cela fait partie des piliers.
Il est recommandé que tu dises lorsque tu te redresses de l’inclination : sami^a l-Lahou liman hamidah qui signifie : « Allah accepte l’éloge de celui qui fait Son éloge ».
Il est recommandé de dire, lorsque tu t’es complètement redressé en position debout : (Rabbana laka l-hamd) ou bien (Rabbana wa laka l-hamd).
10- La quiétude dans la position debout
Figure n° 27 : la quiétude en étant dans l’inclination.
Figure n° 28 : Je me remets en position debout.
11- La prosternation par deux fois : cela consiste à poser une partie de ton front découvert, une partie de tes genoux et une partie du plat de tes doigts et de tes orteils par terre (voir figure n° 28-a). Cela fait partie des piliers.
Il est recommandé que tu dises lors de ta descente pour la prosternation : Allahou ‘akbar.
12- La quiétude dans la prosternation : il est recommandé que tu dises pendant la prosternation : (soubhana Rabbiya l-‘a^la) qui signifie : « Il est exempt d’imperfection mon Seigneur Qui est plus puissant et sait plus que tout autre », trois fois.
De plus, il est recommandé que tu poses tes mains au niveau qui fait face de tes épaules, que tu tiennes tes doigts groupés, tendus et orientés vers la qiblah. Il est recommandé que tu éloignes ton ventre de tes cuisses et tes coudes de tes genoux, lors de ta prosternation (voir figure n° 28-b). La femme, quant à elle, tient les parties de son corps les unes contre les autres (voir figure n° 29).
Figure n° 29-a : Prosterne-toi en posant une partie du plat des orteils en contact avec le sol.
Figure n° 29-b : Prosterne-toi en posant une partie de ton front, de tes genoux et du plat de tes doigts en contact avec le sol.
13- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire que tu te relèves de la prosternation pour la position assise et que tu t’assoies. Cela fait partie des piliers (voir figure n° 30).
Il est recommandé que tu dises lors de ton relèvement de la prosternation : Allahou ‘akbar et que tu dises pendant la position assise entre les deux prosternations : (Rabbi ghfir li wa rhamni wa jbourni wa rfa^ni wa rzouqni wa hdini wa ^afini) qui signifie : Seigneur, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, compense mes faiblesses, élève-moi, accorde-moi une subsistance, guide-moi et fais que je sois en bonne santé.
Figure n° 30 : La position assise entre les deux prosternations
Figure n° 30-a : Al-‘itirach
Figure n° 30-b : Al-‘iq^a’
Il est également permis dans cette position assise : al-‘iftirach (voir figure n° 30-a). Il est permis aussi de s’asseoir selon la manière dite al-’iq^a’ (voir figure n° 30-b). S’il s’assoit d’une autre manière, ce n’est pas interdit.
Al-‘iftirach : le fait que celui qui prie mette son pied gauche sur le sol et s’assoit dessus et mette son pied droit en position droite, en posant les extrémités de ses orteils sur le sol (voir figure n° 30).
Al-’iq^a’ : le fait que celui qui prie mette l’extrémité de ses orteils sur le sol et mette ses fesses sur ses talons et ses genoux sur le sol (voir figure n° 31).
Il est permis aussi de s’asseoir comme dans la figure n° 31.
14- La quiétude dans cette position assise.
15- La deuxième prosternation : Tu fais pareil que pour la première prosternation.
16- La quiétude dans cette prosternation.
Figure n° 31
17- Se relever pour la deuxième rak^ah : tu te relèves de la prosternation en t’appuyant sur tes mains (voir figure n° 32) ou sur tes talons (voir figure n° 33).
Il est recommandé que tu dises lorsque tu commences à te relever : Allahou ‘akbar. Ainsi tu auras achevé la première rak^ah.
La deuxième rak^ah
18- Dans cette rak^ah, tu fais comme tu as fait dans la première rak^ah de l’étape 4 à l’étape 16. C’est-à-dire tu récites la Fatihah et ce qui vient après, en étant debout. Ensuite, tu t’inclines et tu marques une quiétude. Puis tu te redresses, en marquant une quiétude. Ensuite, tu te prosternes une première fois et tu marques une quiétude. Puis tu t’assoies et tu marques une quiétude. Ensuite tu te prosternes une deuxième fois et tu marques encore une fois une quiétude.
Figure n° 32 : Tu te relèves en t’appuyant sur tes mains.
Figure n° 33 : Tu te relèves en t’appuyant sur tes talons.
19- Tu t’assoies pour le premier tachahhoud : Tu relèves la tête de la deuxième prosternation pour t’asseoir et tu t’assoies (voir figure n° 34). Tout cela est recommandé.
20- Tu récites le premier tachahhoud et ce après t’être assis suite à la deuxième prosternation. C’est :
التحيات لله الزاكيات لله الطيبات الصلوات لله، السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته، السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين، أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله.
At-tahiyyatou l-moubarakatou s–salawatou t–tayyibatou li l-Lah,
As-salamou ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh,
As-salamou ^alayna wa ^ala ^ibadi l-Lahi s–salihin,
‘Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah.
Qui signifie : « Les salutations bénies, les prières et les bonnes œuvres appartiennent à Allah ;
Sur toi le salam ô Prophète, ainsi que la miséricorde de Allah et Ses bénédictions
Sur nous le salam ainsi que sur les esclaves vertueux de Allah ;
Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le messager de Allah. Cela est recommandé.
Il est recommandé aussi de lever l’index au moment de dire (‘il-la l-Lah) qui signifie : « que Allah » dans la phrase (ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah) qui signifie : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah » en le courbant légèrement vers l’avant.
Figure n° 34 : Assieds-toi pour réciter le premier tachahhoud.
Figure n° 35 : lèves ton index lorsque tu dis « ‘il-la l-Lah » en le courbant légèrement.
21- Tu invoques Allah afin qu’Il élève le Prophète en degrés, tu dis alors : « Allahoumma salli ^ala Mouhammad », qui signifie « Allahoumma élève Mouhammad davantage en degrés, rajoute-lui en honneur, en éminence et en bénédiction ».
Avertissement important : il est enseigné à l’enfant lors sa prononciation de « salli » de ne pas prolonger le « li » de sorte à dire « salli » car en faisant ainsi, c’est comme s’il s’adresse à une personne de sexe féminin et la signification serait alors fausse et mauvaise. On lui enseigne d’appuyer sur le lam (c’est-à-dire la lettre l) avec la kasrah (c’est-à-dire la voyelle « i ») sans prolonger le « i ». On lui enseigne aussi la différence entre le sin (s) et le sad (s).
22- Tu te relèves de la position assise pour te mettre debout pour la troisième rak^ah : Ainsi, tu auras achevé la deuxième rak^ah et commencé la troisième.
23- La troisième rak^ah : Tu fais comme dans la deuxième rak^ah sauf que tu ne récites rien après la Fatihah. Cette récitation est à effectuer à voix basse dans cette rak^ah de toutes les prières. Quand tu termines la deuxième prosternation, tu relèves la tête et tu te mets debout pour accomplir la quatrième rak^ah.
La quatrième rak^ah
24- Fais dans cette rak^ah la même chose que ce que tu as fait dans la troisième rak^ah, depuis la récitation de la Fatihah jusqu’à la deuxième prosternation.
25- Relève-toi de la prosternation et assieds-toi pour le dernier tachahhoud et ce qui le suit. Pose tes mains sur tes cuisses, tout comme cela est indiqué sur la figure n° 36.
Il est recommandé lors de cette position assise ou d’autres de faire le tawarrouk (voir figure n° 37).
Il est toutefois permis que tu t’assoies en position de ‘iftirach, comme cela est indiqué sur la figure n° 30-a.
Figure n° 36 : Assieds-toi pour le dernier tachahhoud.
Figure n° 37 : Le tawarrouk.
26- Tu récites le deuxième tachahhoud :
التحيات لله الزاكيات لله الطيبات الصلوات لله، السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته، السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين، أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله.
« At-tahiyyatou l-moubarakatou s–salawatou t–tayyibatou li l-Lah,
As-salamou ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou wa rahmatou l-Lahi wa barakatouh,
As-salamou ^alayna wa ^ala ^ibadi l-Lahi s–salihin,
‘Ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah »
Il est recommandé de lever l’index en le courbant légèrement vers l’avant lorsque tu dis (‘il-la l-Lah) dans la phrase (‘ach-hadou ‘an-la ‘ilaha ‘il-la l-Lah). On garde l’index ainsi jusqu’au salam, c’est-à-dire jusqu’à ce que tu termines la prière en disant as-salamou ^alaykoum.
Abou Dawoud a rapporté du Messager de Allah que lorsqu’il levait son index pour le tachahhoud, il le courbait légèrement et ce pour faire comprendre que Allah existe sans endroit, et dans cet acte de lever l’index, il y a une indication de glorification de Allah.
Figure n° 38
27- Tu invoques en faveur du Prophète (as–salatou ^ala n-nabiyy): La manière complète de cette invocation en faveur du Prophète, c’est que tu dises :
اللهم صل على محمد وعلى آل محمد، كما صليت على إبراهيم وعلى آل إبراهيم إنك حميد مجيد، وبارك على محمد وعلى آل محمد، كما باركت على إبراهيم وعلى آل إبراهيم إنك حميد مجيد.
« Allahoumma salli ^ala Mouhammad wa ^ala ‘ali Mouhammad kama sallayta ^ala ‘Ibrahim wa ^ala ‘ali ‘Ibrahim ‘innaka Hamidoun Majid ;
Allahoumma barik ^ala Mouhammad wa ^ala ‘ali Mouhammad kama barakta ^ala ‘Ibrahim wa ^ala ‘ali ‘Ibrahim ‘innaka Hamidoun Majid« .
Si tu limites à dire « Allahoumma salli ^ala Mouhammad », la prière est valable et cela fait partie des piliers.
Par la suite, tu fais les invocations que tu veux pour le bien, en disant par exemple :
ربنا ءاتنا في الدنيا حسنة وفي الآخرة حسنة وقنا عذاب النار. ربنا لا تزغ قلوبنا بعد إذ هديتنا، وهب لنا من لدنك رحمة إنك أنت الوهاب.
(Rabbana ‘atina fi d-dounya haçanah, wa fi l-‘akhirati haçanah, wa qina ^adhaba n-nar. Rabbana la touzigh qouloubana ba^da ‘idh hadaytana, wa hab lana min ladounka rahmah, ‘innaka ‘anta l-Wahhab) qui signifie : « Seigneur, accorde-nous un bien dans le bas monde et un bien dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer. Seigneur ne fais pas que nos cœurs soient égarés après nous avoir bien guidés et accorde-nous une miséricorde de Ta part. Certes, c’est Toi Al-Wahhab, Celui Qui récompense ceux qui sont obéissants, avec générosité comme grâce de sa part ».
28- Le salam : pour terminer ta prière, tu dis : ‘as-salamou ^alaykoum.
La manière complète, c’est que tu dises : ‘as-salamou ^alaykoum wa rahmatou l-Lah. Il est indispensable de prononcer l’article défini dans le mot as-salam. Il n’est donc pas suffisant de dire salamou ^alaykoum. Cela fait partie des piliers.
Il est recommandé de commencer à dire le salam en ayant le visage face à la qiblah (voir figure n° 38).
Il est recommandé aussi lors de la première taslimah de se tourner vers la droite et de se tourner ensuite vers la gauche lors de la deuxième taslimah (voir figure n° 39 et 40).
29- L’ordre entre les piliers de la prière : c’est-à-dire que tu fasses les piliers de la prière dans l’ordre dans lequel ils ont été cités. Cela fait partie des piliers.
Ainsi, tu auras terminé d’accomplir la prière du dhouhr.
Figure n° 39 : Pour la première taslimah, tu te tournes vers le côté droit.
Figure n° 40 : Pour la deuxième taslimah, tu te tournes vers le côté gauche.
Comment tu fais la prière du ^asr
La prière du ^asr est de quatre rak^ah.
Tu fais la prière du ^asr exactement comme tu fais la prière du dhouhr, sauf que lors de la takbirah de l’entrée en rituel, tu mets l’intention avec ton cœur en disant : je fais la prière obligatoire du ^asr.
Comment tu fais la prière du maghrib
La prière du maghrib est de trois rak^ah.
Tu fais les trois premières rak^ah tout comme tu fais les trois premières rak^ah du dhouhr. À la troisième rak^ah, lorsque tu relèves ta tête de la deuxième prosternation, tu t’assoies pour réciter le deuxième tachahhoud, l’invocation en faveur du Prophète r et le salam comme on l’a vu précédemment.
Mais dans la première et la deuxième rak^ah, il est recommandé de réciter, à voix haute, une partie du Qour’an après la Fatihah [2]. Dans la troisième rak^ah, tu récites la Fatihah à voix basse.
Celui qui fait la prière met l’intention par son cœur lors de la takbirah de l’entrée en rituel, en disant : je fais la prière obligatoire du maghrib.
Comment tu fais la prière du ^icha’
La prière du ^icha‘ est de quatre rak^ah.
Tu accomplies la prière du ^icha’ comme la prière du dhouhr mais tu mets l’intention par ton cœur lors de la takbirah d’entrée en rituel, en disant : je fais la prière obligatoire de ^icha’.
Cependant, dans la première et la deuxième rak^ah tu récites la Fatihah et la part du Qour’an qui la suit à voix haute [3].
Comment tu fais la prière du soubh
La prière de soubh est de deux rak^ah.
Tu fais la prière de soubh exactement comme tu as fait les deux premières rak^ah de la prière du ^icha’. Cependant, pour l’intention, tu dis par ton cœur lors de la takbirah de l’entrée en rituel : je fais la prière obligatoire de soubh. Après avoir relevé ta tête de la deuxième prosternation, tu t’assoies pour réciter le tachahhoud, l’invocation en faveur du Prophète r et le salam, comme on l’a vu précédemment.
Dans la prière de soubh, tu récites la Fatihah et la sourah qui la suit, à voix haute [4] tout comme dans la prière du maghrib et du ^icha’.
Il est recommandé de réciter, après s’être redressé de l’inclination de la deuxième rak^ah, l’invocation du qounout dans la prière du soubh.
L’invocation du qounout est :
« Allahoumma hdini fiman hadayt wa ^afini fiman ^afayt wa tawallani fiman tawallayt wa barik li fima ‘a^tayt wa qini charra ma qadayt ‘innaka taqdi wa la youqda ^alayk ‘innahou la yadhillou man walayt wa la ya^izzou man ^adayt tabarakta rabbana wa ta^alayt ».
Il est également recommandé dans le qounout de lever les mains, d’orienter les paumes en direction du ciel car le ciel est la qiblah pour les invocations. Celui qui prie en étant dirigé –le ma’moum– dit ‘amin pour les invocations, c’est-à-dire lorsque la phrase que dit l’imam est une invocation. Il prend part avec l’imam pour les paroles de remerciement, c’est-à-dire qu’il dit comme lui.
La prière de celui qui ne peut pas se prosterner à même le sol.
Celui qui peut se tenir debout et s’incliner mais qui ne peut pas se prosterner à même le sol fait sa prière de la façon suivante :
1- Il fait face à la qiblah en étant debout.
2- Il dit la parole (Allahou ‘akbar) d’entrée en rituel avec l’intention d’accomplir la prière.
3- Il récite la Fatihah en étant debout. Il est recommandé de réciter une partie du Qour’an après la Fatihah.
4- Il s’incline de sorte que les paumes des mains puissent arriver à ses genoux, tout en marquant une quiétude (voir figure n° 41-a).
5- Il se redresse et marque la quiétude.
6- Il incline son dos à partir de sa position debout et descend davantage que pour l’inclination (voir figure n° 41-b)
7- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant sa prosternation, tout en marquant une quiétude (voir figure n° 42).
Selon certains, il a le choix entre faire comme cela ou bien de s’asseoir pour la prosternation et se penche de sorte à ce que sa tête arrive devant ses genoux tout comme c’est indiqué sur la figure n° 43.
Figure n° 42 : tu t’assois entre les deux prosternations avec la quiétude
Figure n° 43 : il se penche pour la prosternation avec la quiétude
8- La deuxième prosternation : Il se penche pour la prosternation en marquant la quiétude (voir figure n° 44). Il est une condition qu’il se penche davantage que pour l’inclination.
9- Il se relève debout pour la rak^ah suivante.
10- Il fait dans la deuxième rak^ah ce qu’il a fait dans la première rak^ah (voir figure n° 45). Cependant, lorsqu’il relève la tête de la deuxième prosternation, il s’assoit pour réciter les tahiyyat –les salutations– et l’invocation en faveur du Prophète r (as–salatou ^ala n-nabiyy).
Figure n° 44 : Il se penche pour la deuxième prosternation avec la quiétude.
Figure n° 45 : Il s’assoit pour réciter le dernier tachahhoud.
11- Ensuite, il passe le salam en disant : (As-salamou ^alaykoum). Ceci dans le cas où il faisait les deux rak^ah du soubh par exemple. Il se tourne vers la droite pour accomplir la première taslimah et se retourne vers la gauche pour la deuxième (voir figure n° 46).
Pour la prière du dhouhr, du ^asr, du maghrib et du ^icha’, celui qui fait la prière fait la même chose que ce qu’il a fait dans la première rak^ah. Cependant, pour le maghrib, il y a trois rak^ah comme on l’a vu précédemment. Pour le dhouhr, le ^asr et le ^icha’, il y en a quatre.
La prière de celui qui ne peut effectuer l’inclination après avoir été en position debout ni se prosterner à même le sol.
Celui qui peut se tenir debout mais qui ne peut pas s’incliner après avoir été debout, ni se prosterner à même le sol fait sa prière de la manière suivante :
1- Il fait face à la qiblah, en étant debout
2- Il dit la parole Allahou ‘akbar de l’entrée en rituel, avec l’intention de faire la prière
3- Il récite la Fatihah en étant debout (voir figure n° 47)
4- Il penche son dos vers l’avant, en étant debout, pour l’inclination (voir figure n° 48).
Figure n° 47
Figure n° 48 : Accomplis l’inclination avec la quiétude.
5- Il se redresse, c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant son inclination, avec la quiétude (voir figure n° 49).
6- La première prosternation : il se penche pour sa prosternation plus que pour son inclination, tout en marquant la quiétude (voir figure n° 50).
Selon certains savants, s’il veut, il s’assoit et penche vers l’avant pour l’inclination puis se redresse debout, ensuite il s’assoit et penche pour la prosternation davantage que pour l’inclination.
Figure n° 49 : Redresse-toi en marquant la quiétude.
Figure n° 50 : Prosterne-toi une première fois en marquant la quiétude.
7- La position assise entre les deux prosternations : c’est-à-dire qu’il revient à la position qu’il avait avant la première prosternation. Là encore il marque la quiétude (voir figure n° 51).
8- La deuxième prosternation avec la quiétude, tout comme il l’a fait dans la première prosternation.
9- Il se tient debout pour la rak^ah suivante (voir figure n° 52).
10- Il fait dans la rak^ah suivante la même chose que ce qu’il a fait dans la première rak^ah. Cependant, lorsqu’il relève la tête de la deuxième prosternation, il s’assoit pour réciter le tachahhoud, il récite l’invocation en faveur du Prophète puis il fait le salam s’il faisait la prière du soubh par exemple. S’il faisait la prière du maghrib, du ^icha’, du dhouhr ou du ^asr, il se relève, après avoir terminé la récitation du tachahhoud, pour la suite de la prière.
Figure n° 51 : assieds-toi entre les deux prosternations, en marquant une quiétude.
Figure n° 52
La prière de celui qui ne peut pas se mettre debout dans la prière
Celui qui ne peut pas faire la prière en étant debout, l’accomplit en étant assis. Il fait ce qui suit :
1- Il s’assoit en faisant face à la qiblah ;
2- Il dit la parole (Allahou ‘akbar) d’entrée en rituel, avec l’intention d’accomplir la prière (voir figure n° 53).
3- Il récite la Fatihah en étant assis (voir figure n° 54).
Ensuite, il fait comme ce que nous avons cité dans le chapitre « La prière de celui qui ne peut s’incliner après avoir été en position debout ni se prosterner à même le sol », de l’étape (4) jusqu’à l’étape (10).
[1] Lorsque nous disons Allahou ‘akbar, cela signifie Allah plus puissant et sait plus que tout autre. Cela ne veut pas dire qu’Il est grand par le volume ou la taille car Allah n’a pas pour attribut la taille ou la quantité. Allah ta^ala dit : لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ﴾ ﴿ (Layça kamithlihi chay’) ce qui signifie : « Rien n’est tel que Lui » [sourat Ach-Choura / 11].
[2] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à basse voix dans toutes les rak^ah. De plus, le ma’moum, dans la prière à haute voix, ne récite qu’à basse voix.
[3] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à voix basse dans les deux rak^ah.
[4] Dans le cas où tu fais la prière seul ou en tant qu’imam. Quant au ma’moum, il récite à voix basse dans les deux rak^ah.
Jurisprudence : les temps de la prière
La connaissance des temps des prières
Parmi les devoirs, il y a cinq prières par jour et nuit :
1/ La prière du dhouhr
2/ La prière du ^asr
3/ La prière du maghrib
4/ La prière du ^icha’
5/ La prière du soubh
Il est du devoir de chaque musulman pubère, sain d’esprit et la pureté en plus pour la femme, d’accomplir ces obligations dans leurs temps respectifs.
Il n’est pas permis de les anticiper par rapport à leurs temps, c’est-à-dire les accomplir avant l’entrée de leurs temps, ni de les reculer par rapport à leurs temps sans excuse, car Allah ta^ala dit :
﴾ فَوَيْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ الَّذِينَ هُمْ عَن صَلاتِهِمْ سَاهُونَ}﴿
(fa-wayloun li l-mousallina l-ladhina houm ^an salatihim sahoun):
Ce qui signifie : « Intense châtiment pour ceux qui accomplissent la prière en la retardant par rapport à son temps » [sourat Al–Ma^oun / 4-5].
Ce qui est visé ici [dans la ‘ayah] par le sahw dans la prière c’est le fait de retarder la prière par rapport à son temps jusqu’à l’entrée du temps de la prière suivante, sans excuse. Ainsi, Allah menace du wayl ceux qui sortent une prière de son temps, le wayl étant le terrible châtiment.
f Le ^icha’
a Le soubh
b
c Le dhouhr
d Le ^asr
e Le maghrib
f Le ^icha’
le Sud
Le soleil s’écarte du milieu du ciel en direction du couchant
Le soleil est au milieu du ciel
L’Est
L’Ouest
Le Nord
a- Une lueur blanchâtre fine apparaît à l’horizon Est
b- Apparition du disque solaire à l’horizon Est
L’ombre est du coté du couchant
L’ombre diminue et tourne vers l’Est
c-
L’ombre est la plus courte de la journée
L’ombre au moment où le soleil est à son point culminant
d- L’ombre d’un objet quelconque + l’ombre [de ce même objet] au zénith
e- Disparition complète du disque solaire à l’horizon Ouest
f- Lorsque la lueur rouge disparaît à l’horizon Ouest
Jurisprudence : conditions de validité et causes d’annulation de la prière
Les conditions de validité de la prière
Les choses suivantes sont des conditions pour la validité de la prière :
1/ Le woudou’.
2/ La purification de toute najaçah sur le corps, les vêtements et l’endroit en contact avec le corps de celui qui fait la prière. Il est une condition de ne pas porter dans sa poche quelque chose qui contient une najaçah comme une bouteille par exemple dans laquelle il y a une najaçah.
3/ Faire face à la qiblah.
4/ Que le temps de la prière ait commencé.
5/ Que celui qui fait la prière soit musulman.
6/ Que celui qui fait la prière ait atteint l’âge de distinction, c’est-à-dire que l’enfant ait atteint un âge auquel il comprend la parole qu’on lui adresse et sait y répondre.
7/ Que le garçon et l’homme couvrent la zone comprise entre le nombril et le genou de tous les côtés sauf par en dessous. Que la fille et la femme couvrent tout leur corps sauf le visage et les mains.
Ce qui annule la prière
Ce qui annule la prière
Il y a des choses qui annulent la prière. Il est indispensable de les connaître afin de s’en garder. Parmi elles, il y a :
1/ La parole des gens : c’est-à-dire si celui qui fait la prière parle de ce qui est de la parole des gens, dans ce cas sa prière est annulée :
a) s’il parle délibérément.
b) et qu’il se rappelle qu’il est dans la prière, c’est-à-dire qu’il n’a pas oublié
c) et qu’il sache qu’il est interdit de parler dans la prière, de la parole des gens.
Parmi les parole des gens, il y a par exemple lorsque celui qui fait la prière dit : ‘ah, ‘ouf, ‘akh, ‘akh ou bien qoum délibérément et pas par oubli.
2/ S’il fait pendant sa prière trois mouvements successifs comme s’il fait par exemple une marche de trois pas ou trois mouvements successifs avec sa main. Cet avis est celui de certains savants et selon l’avis le plus fort, la prière est annulée s’il a été en mouvements une durée équivalente à celle d’une rak^ah.
3/ Faire un mouvement excessif, comme un grand saut vers l’avant.
4/ S’il ajoute un pilier gestuel, comme s’il fait deux inclinations délibérément, ou si on se prosterne trois fois dans une même rak^ah sans que cela soit par oubli.
5/ S’il a fait un simple mouvement si c’est pour jouer comme s’il tire la langue à quelqu’un pour jouer, ou s’il bouge sa paupière, comme s’il cligne de l’œil pour jouer.
6/ S’il mange ou boit même s’il s’agit d’une petite quantité et en se rappelant qu’il est dans la prière.
7/ S’il a eu un hadath durant la prière tel que la sortie de gaz ou d’urine.
8/ S’il met l’intention d’interrompre la prière ou fait dépendre son interruption de la survenue d’un événement. C’est se dire par exemple : si on frappe à la porte, j’interromprai la prière. Sa prière est annulée sur le champ.
Jurisprudence: comment faire le tayammoum
Le Tayammoum
Comment tu fais le tayammoum
Allah ta^ala dit :
﴿ فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ ﴾
(falam tajidou ma’an fatayammamou sa^idan tayyiban famsahou biwoujou-hikoum wa ‘aydikoum minh) ce qui signifie : « Et lorsque vous ne trouvez pas d’eau [c’est-à-dire après en avoir cherché], faites le tayammoum à l’aide d’un bon sa^id en le passant sur sur vos visages et vos mains [jusqu’aux coudes, coudes compris] » [sourat Al-Ma’idah / 6].
Le Messager de Allah a dit :
جُعلت لنا الأرضُ كلُّها مسجدا وجعلت لنا تربتها طهورا
(jou^ilat lana l-‘ardou koullaha masjidan wa jou^ilat tourbatouha lana tahoura)
Ce qui signifie : « La terre toute entière nous est mise à disposition comme lieu de prière et sa terre comme purificatrice » [rapporté par Mouslim].
Le tayammoum est pour celui qui est dans l’incapacité de faire le woudou’. Il est fait avec de la terre purificatrice et poussiéreuse. Il est permis de faire le tayammoum avec de la pierre non cuite, c’est-à-dire qui n’a pas subi le feu, comme par exemple les galets : il est valable de faire le tayammoum avec selon l’avis des malikites, des hanafites et des hanbalites.
Il est indispensable que l’intention soit simultanée avec le déplacement de la terre du sol au visage et qu’elle reste présente jusqu’au passage sur la première partie du visage. Si l’intention s’interrompt entre le déplacement de la terre et le passage sur le visage, il est annulé mais certains savants ont dit qu’il reste valable même si elle s’interrompt.
1/ Frapper une première fois le sol avec le plat des mains (voir figure n° 13).
Figure n° 13 : Frappe le sa^id par le plat de tes mains.
2/ L’intention : Tu fais l’intention par ton cœur en disant par exemple : Je fais l’intention du tayammoum pour me rendre autorisée la prière obligatoire (voir figure n° 14).
3/ Passer les deux mains sur le visage (voir figure n° 15).
Figure n° 14 : Tu frappes une première fois la surface de la terre et tu fais l’intention de te rendre autorisée la prière obligatoire.
Figure n° 15 : Passe tes mains sur ton visage.
4/ Frappe une deuxième fois la terre avec les deux mains (voir figure n° 16).
5/ Le passage sur la main droite et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main gauche : tu peux effectuer le passage sur la main droite de la manière suivante :
a- Pose le plat des doigts de ta main gauche sur le dos des doigts de ta main droite (voir figure n° 17).
b- Fais passer le plat des doigts de ta main gauche sur le dos de ta main droite.
Figure 16 : Frappe une deuxième fois la surface de la terre.
Figure 17 : Passe la paume de ta main gauche sur le dos de ta main droite.
c- Lorsque tu arrives au niveau du poignet, fais que le bout de tes doigts soient sur le coté de l’avant bras.
d- Fais glisser ta main gauche jusqu’au coude. Le passage de la main concerne également le coude (voir figure n° 18).
e- Fais pivoter le plat de ta main gauche, de sorte qu’il soit maintenant en contact avec le plat de l’avant-bras (voir figure n° 19).
f- Fais glisser ta main gauche sur le plat de ton avant-bras droit (voir figure n° 20).
Figure n° 18
Figure n° 19
g- Lorsque tu arrives au niveau du poignet de ta main droite, fais passer le plat du pouce de ta main gauche sur le dos du pouce de ta main droite (voir figure n° 21).
6) Le passage sur la main gauche et l’avant-bras jusqu’au coude à l’aide de la main droite : tu fais tout comme tu as fait précédemment avec l’autre main. Ainsi tu auras terminé le tayammoum.
Remarque : Cette manière de procéder est la plus complète. Mais s’il a effectué le passage sur les deux mains jusqu’aux avant-bras autrement, cela reste valable.
Avertissement : la bague doit être enlevée du doigt lors de la deuxième frappe afin que soit valable le passage sur la main portant la bague.
Information utile : le tayammoum n’est valable qu’après le commencement du temps de la prière et le musulman n’accomplit avec le tayammoum qu’une seule prière obligatoire. S’il veut donc accomplir une deuxième prière obligatoire, il doit refaire le tayammoum.
Jurisprudence : comment faire le woudou’
Le Woudou’
Le woudou’,
ses obligations, ses actes recommandés
et ses actes méritoires
Allah ta^ala dit :
﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ ﴾
(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘idha qoumtoum ‘ila s–salati faghsilou woujouhakoum wa ‘aydiyakoum ‘ila l-marafiqi wa-msahou birou’ouçikoum wa ‘arjoulakoum ‘ila l-ka^bayn) dont on comprend : « Ô vous qui avez cru, lorsque vous voulez faire la prière, lavez vous le visage, vos mains jusqu’aux coudes, passez [les mains] mouillées sur vos têtes, et [lavez] vos pieds jusqu’aux chevilles » [Al-Ma’idah / 6].
Le woudou’ a des obligations et des actes recommandés :
Les obligations : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ n’est pas valable.
Les actes recommandés : ce sont les actes sans lesquels le woudou’ reste valable, mais si le musulman les délaisse sans excuse, il en rate la récompense.
Le woudou’ se fait avec de l’eau pure et purificatrice, telle que l’eau de pluie, l’eau du puits, l’eau de mer, l’eau du fleuve ou ce qui est de cet ordre.
Figure N° 1 : Dis : Bismi l-Lah lors du lavage des mains
Comment faire le woudou’ :
1- La tasmiyah lors du lavage des mains : ceci fait partie des actes méritoires du woudou’. La signification de la tasmiyah ici c’est que tu dises : Bismi l-Lah (voir la figure n° 1).
2- Laver en premier les mains jusqu’aux poignets[1] : Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure précédente).
3- Se rincer la bouche : c’est-à-dire faire circuler de l’eau à l’intérieur de la bouche en la faisant déplacer dedans pour ensuite la cracher. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 2).
4- L’istinchaq consiste à introduire de l’eau dans le nez et à l’aspirer. Ceci fait partie des actes recommandés du woudou’. Il est recommandé de le faire trois fois mais il est valable de le faire une fois seulement (voir figure n° 3).
Figure n° 2 : À l’aide de ta main droite, introduis l’eau dans ta bouche et fais-la circuler dedans
Figure n° 3 : Introduis l’eau dans ton nez en l’aspirant
Parmi les actes recommandés, il y a l’istinthar c’est-à-dire expulser ce qu’il y a dans ton nez comme eau et choses gênantes en expirant.
5- L’intention : c’est-à-dire que tu aies l’intention par ton cœur, de faire le woudou, au moment où tu laves le visage, c’est-à-dire lorsque l’eau touche la première partie de ton visage et c’est comme de dire : J’ai l’intention de faire le woudou’. Cette intention est une des obligations du woudou’. L’intention signifie viser, par le cœur, l’accomplissement de l’acte, simultanément avec le début de l’acte. L’intention est toutefois suffisante si elle précède de peu le lavage du visage, selon l’avis de l’Imam Malik, que Allah l’agrée. (voir figure n° 4).
6- Le lavage du visage en entier : c’est-à-dire que tu laves la totalité de ton visage en longueur et en largeur, tout en frottant. Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 5).
Il est recommandé de laver le visage trois fois mais il est permis de le laver une seule fois.
Figure n° 4 : L’intention au moment du lavage du visage
Figure n° 5 : Lave ton visage dans sa totalité.
Les limites du visage en hauteur vont de là où les cheveux poussent chez la majorité des gens, jusqu’à l’extrémité du menton (voir figure n° 6). Les limites du visage en largeur vont d’une oreille jusqu’à l’autre oreille, les deux oreilles ne faisant pas partie du visage et il n’est donc pas un devoir de les laver. Il est seulement un devoir de laver la partie qui se trouve entre les deux oreilles (voir figure n° 7).
7- Laver les mains avec les coudes : C’est l’une des obligations du woudou’. Le coude est la jointure entre les deux os de l’avant-bras et celui du bras (voir figure n° 8). Il est recommandé de commencer par la droite et de laver trois fois puis de terminer par la gauche et de la laver trois fois. Il est valable de laver une seule fois.
Figure n° 6 : Les limites du visage en longueur vont de là où les cheveux poussent habituellement jusqu’au menton.
Figure n° 7 : Les limites du visage en largeur vont d’une oreille à l’autre.
8- Passer les mains mouillées sur une partie de la tête et cela fait partie des obligations du woudou’. Il est une condition que ce passage soit dans les limites du crâne, c’est-à-dire de là où poussent habituellement les cheveux jusqu’à l’occiput –la pointe située à l’extrémité arrière de la boîte crânienne– (figure n° 9).
9- Passer les mains mouillées sur les oreilles et ce passage fait partie des actes recommandés du woudou’ (voir figure n° 10).
10- Laver les pieds chevilles comprises : Ce lavage fait partie des obligations du woudou’ (voir figure n° 11). Il est recommandé de laver trois fois mais il est permis de laver une seule fois. De même, il est recommandé de commencer par le pied droit.
Figure n° 8 : Lave tes mains et tes avant-bras coudes compris.
Figure n° 9 : Passe les mains mouillées sur une partie de la tête.
Les chevilles sont les deux os qui dépassent au niveau de l’articulation du pied et de la jambe (figure n° 12).
Figure n° 10 : Passes les mains mouillées sur la partie visible et celle cachée des oreilles.
Figure n° 11 : Lave tes pieds chevilles comprises, le droit puis le gauche, tout en frottant.
Figure n° 12 : Voici les chevilles.
11- L’ordre : c’est-à-dire accomplir les obligations du woudou’ dans l’ordre. Ainsi :
1/ tu laves le visage avec l’intention
2/ ensuite tu laves les mains et les avant-bras, coudes compris
3/ ensuite tu passes les mains mouillées sur une partie de la tête
4/ puis tu laves les pieds chevilles comprises
Informations éminemment précieuses
Il est recommandé de dire après avoir terminé le woudou’ :
(( أشهد أن لا إله إلا الله وحده لا شريك له، وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، اللهم اجعلني من التوابين واجعلني من المتطهرين ))
(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, ‘Allahoumma j^alni mina t-tawwabbin wa j^alni mina l-moutatahhirin) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ; ô Allah fais que je sois au nombre de ceux qui se repentent et fais que je sois au nombre de ceux qui se purifient ».
Il est cité dans le hadith que celui qui a terminé son woudou’ et qui dit en levant les yeux vers le ciel –c’est-à-dire par manifestation de la glorification de Allah– :
(( أشهد أن لا إلاه إلا الله وحده لا شريك له وأشهد أن محمدا عبده ورسوله، فتحت له أبواب الجنة الثمانية وقيل له أدخل من أيها شئت ))
(‘ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wahdahou la charika lah wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan ^abdouhou wa raçoulouh, foutihat lahou abwabou ljannah aththamaniyah wa qila lahou oudkhoul min ayyouha chi’ta) ce qui signifie : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Celui Qui n’a pas d’associé et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son messager », il lui sera ouvert les huit portes du paradis et il lui sera dit : « Entre par celle que tu veux ».
Il est cité dans le hadith sahih :
(( من توضأ كما أمروصلى كما أمر غفر له ما تقدم من ذنبه ))
man tawadda’a kama ‘oumira wa salla kama ‘oumira ghoufira lahou ma taqaddama min dhanbih) c’est-à-dire celui qui fait un woudou’ de la manière complète et qui accomplit une prière de la manière complète, conforme à la Loi, même s’il s’agissait d’une prière de deux rak^ah, ses [petits] péchés antérieurs lui seront pardonnés, même s’ils étaient nombreux.
Il est cité dans Sahihou Mouslim que le Messager de Allah faisait le woudou’ avec un moudd et le ghousl avec un sa^.
Le moudd équivaut au plein des deux mains (de taille moyenne) jointes.
Le sa^ équivaut à quatre moudd.
Cela indique la forte recommandation d’utiliser peu d’eau pour faire le woudou’ et le ghousl. Il est également cité dans Sahihou Mouslim que le Prophète avait utilisé un makkouk pour le woudou’ et cinq makkouk pour le ghousl. Le makkouk équivaut à six moudd.
Ce qui annule le woudou’
Ce qui annule le woudou’
Si un musulman avait le woudou’ et lui arrive quelque chose qui l’annule, il lui est interdit de faire la prière avant de l’avoir renouvelé.
Parmi ce qui annule le woudou’ il y a :
1/ La sortie, par les deux orifices inférieurs, de quelque chose comme l’urine, les selles ou les gaz.
2/ Le toucher du sexe avec le plat des mains sans qu’il y ait quelque chose qui empêche le contact direct. « Sans contact direct » signifie que le toucher a lieu, par exemple, par l’intermédiaire d’un vêtement ou en portant des gants lorsqu’on touche avec la main.
3/ La perte de raison par la folie ou autre.
4/ Le sommeil profond si on dort dans une autre position qu’en étant bien calé sur son postérieur en dormant par exemple sur le ventre, le dos ou le côté.
5/ Qu’un homme touche la peau d’une ‘ajnabiyyah par contact direct. Ce qui est visé par ‘ajnabiyyah c’est toute autre femme en dehors de ses mahram.
[1] Le poignet : la jointure de la main et de l’avant-bras.
L’épreuve de la mort du Prophète (1)
Tirer des leçons de l’épreuve de la mort
(La mort suffit comme exhortation)
Allah ta^ala dit :
((كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ))
(koullou nafsin dha’iqatou l-mawt) [sourat ‘Ali ^Imran/185 ].
Le messager de Allah a dit : ((أكثِروا ذِكْرَ هادمَ اللذَّات)) (‘akthirou dhikra hadhima l-ladhdhat) ce qui signifie : « Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est-à-dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
Sache que la mort est une réalité. En effet, Allah l’a prédestinée pour tout être vivant parmi Ses esclaves. Et aucun d’entre eux n’est excepté, aucun être vivant n’est épargné. Même les prophètes, et les messagers ont goûté à la mort, eux qui sont les meilleures des créatures de Allah., Cependant, il demeure ceux pour qui Allah a voulu qu’ils soient toujours vivants, c’est à dire ^Iça et notre maître Al-Khadir selon l’avis stipulant qu’il s’agit d’ un prophète. Ainsi, les meilleurs des esclaves de Allah meurent aussi. Allah dit dans Son livre honoré :
((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّن قَبْلِكَ الْخُلْدَ أَفَإيْن مِّتَّ فَهُمُ الْخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذَائِقَةُ الْمَوْتِ وَ نَبْلُوكُم بِالشَّرِّ وَ الْخَيْرِ فِتْنَةً وَ إِلَيْنَا تُرْجَعُونَ
(wa ma ja^alna libacharin min qablika l-khould, afa’in mit-ta fahoum khalidoun. Koul-lou nafsin dha’iqatou lmawt wa nabloukoum bi ch-char-ri wa l-khayri fitnatan wa ilayna tourja^oun) [sourat Al-‘Anbiya’/34]
Allah tabaraka wa ta^ala a créé le corps de ‘Adam à partir des différentes catégories de sols de cette terre sur laquelle nous vivons. Puis, l’ange chargé de souffler l’âme honorée de notre maître ‘Adam a exécuté l’Ordre de Allah en introduisant l’âme de Adam par sa bouche dans son corps. C’est ainsi que notre maître Adam a vécu. Aussi, Allah a-t-Il fait que les différentes âmes insufflées dans les corps sont comme un objet qui a été prêté et qui devra être rendu.
Allah a prédestiné aux descendants de ‘Adam que nécessairement leurs âmes seront reprises par la mort qui a lieu quand l’âme quitte le corps.. Puis les corps redeviendront poussière et retourneront à la terre à partir de laquelle notre maître ‘Adam, le premier des humains, a été créé Ensuite, au jour du jugement les êtres humains seront ressuscités. Ils sortiront alors de leurs tombes, après que Allah leur aura créé à nouveau le corps qui avait été assimilé par la terre s’il s’agit de corps que la terre assimile. En effet, Allah a interdit à la terre d’assimiler les corps des prophètes.des martyrs du combat et de certains saints.
Allah dit : ((مِنْهَا خَلَقْنَاكُمْ وَ فِيهَا نُعِيدُكُمْ وَ مِنْهَا نُخْرِجُكُمْ تَارَةً أُخْرَى))
(minha khalaqnakoum wa fiha nou^idoukoum wa minha noukhrijoukoum taratan ‘oukhra) [sourat Taha/55] ce qui signifie : « C’est à partir de la terre que nous vous avons créé et c’est à la terre que vous retournerez et c’est à partir de la terre que vous sortirez une deuxième fois ».
Le pronom« nous » ici, n’est pas un « nous » indiquant le pluriel. En effet, c’est Allah qui est le Créateur mais il s’agit d’un « nous » de glorification.
Allah a fait que le mort retourne à la terre après avoir été créé une première fois. La deuxième fois, il reviendra à la vie pour le jour du jugement.
Allah dit :
((قَالَ فِيهَا تَحْيَوْنَ وَ فِيهَا تَمُوتُونَ وَ مِنْهَا تُخْرَجُونَ))
« Qala fiha tahyawna wa fiha tamoutouna wa minha toukhrajoun » [al a^raf/25] ce qui signifie « c’est sur terre que vous vivrez et c’est sur la terre que vous allez mourir et c’est à partir de la terre que vous sortirez pour le jugement ».
Et Il dit :
((وَ اللهُ أَنْبَتَكُمْ مّنَ الأَرْضٍ نَبَاتًا، ثمَّ يُعِيدُكُمْ فِيهَا وَ يُخْرِجُكُمْ إِخْرَاجًا))
“wa L-lahou anbatakoum mina l’-ardi nabatan, thoum-ma you^idoukoum fiha wa youkhrijoukoum ikhrajan”
Note utile : Il a été rapporté dans les deux sahih de Al-Boukhariy et Mouslim d’après ‘Ousama Ibnou Zaid que Allah l’agrée ainsi que son père, qu’une des filles du prophète avait envoyé quelqu’un prévenir son père que l’un de ses enfants était mourant (c’est-à-dire un enfant d’une des filles du prophète). Le messager de Allah a dit à la personne envoyée:
ارجع إليها فأخبرها أنَّ لله تعالى ما أخذ و له ما أعطى و كل شيء عنده بأجل مسمّى
فمُرها فلتصبرْ و لتحتسب
ce qui signifie :
« Retourne chez elle (c’est à dire auprès de la fille du prophète) et dis lui que Allah, à Lui appartient ce qu’Il prend et à Lui appartient ce qu’Il donne et que toute chose a une prédestination et une durée ».
On comprend de cela que l’âme de cet enfant appartient à Allah. Ce que Allah prend Lui appartient et ce qu’Il donne Lui appartient. La vie de cet enfant avait une durée que Allah a prédestinée.
Aussi le prophète a-t-il demandé à cette personne de dire à sa fille de patienter et d’espérer les récompenses de la part de Allah Car le musulman qui patiente par recherche de l’agrément de Allah sera récompensé.’incha’a L-lah.
L’Imam An-Nawawiyy a dit : « Ce hadith comporte énormément de règles très importantes de l’Islam. Ces règles concernent les fondements et les ramifications de la religion, tels le comportement, la patience face à toutes sortes d’épreuves [de ce bas-monde], d’inquiétudes, de préoccupations et autres que ceux-là».
La parole qui a pour sens: « à Allah appartient ce qu’Il a pris », signifie que tout ce monde appartient à Allah. Ce qu’Il prend ne l’est pas injustement car Il prend ce qui Lui appartient. Et « à Lui appartient ce qu’Il nous a donné », signifie que ce que Allah nous a accordé reste Sa propriété. et Il fait ce qu’Il Veut de ce qui Lui appartient. Il fait de nos âmes ce qu’Il veut, Il fait de nos corps ce qu’Il veut, Il fait de nos parents ce qu’Il veut, Il fait de nos enfants ce qu’Il veut. Tout appartient à Allah, tout ce monde appartient à Allah.
La signification de la suite de la parole du prophète est :
« Ne soyez pas tourmenté, celui qui meurt sera mort car l’échéance que lui a accordé Allah est arrivée ».
N’est-ce pas que toute chose est selon une prédestination ? N’est-ce pas que Allah a su et voulu tout ce qui a lieu ? Donc si quelqu’un meurt, c’est parce que son échéance est arrivée. Il est impossible qu’une personne meurt avant ou après son échéance. La personne mourra à l’échéance que Allah lui aura accordée. Si vous savez cela alors faites preuve de patience. Patientez et recherchez l’agrément de Allah face aux épreuves qui vous arrivent. C’est cela la signification du hadith du prophète.
Dans le mousnad de Al-Bazzar d’après ‘Anas, le prophète a dit aux gens qui s’étaient endormis (certains de ses compagnons ont été pris par le sommeil et ne se sont réveillés qu’après la fin du temps de la prière):
أيها الناس إنّ هذه الأرواح عاريّة في أجساد العباد فيقبضها إذا شاء و يرسلها إذا شاء
Ce qui signifie :
« Ô vous les gens, ces âmes sont comme quelque chose qui a été prêté dans le corps des esclaves. Allah les retire quand Il veut et Il les ressuscite quand Il veut. La mort et la résurrection sont par la prédestination de Allah ».
Une personne a dit :
Ô toi, la nafs, prépare-toi à la mort et cherche à être sauvée
Car celui qui réfléchit est celui qui est paré
J’ai, en effet, réalisé que le vivant ne l’est pas éternellement
Et que la mort l’atteindra inéluctablement
Tu es seulement comme un emprunteur, tu ne garderas rien
Car le bien emprunté doit être rendu
Sachez mes frères que la mort est comme un verre à partir duquel tout le monde va boire. Et la tombe est une résidence que tout le monde va habiter. Alors, l’intelligent, le raisonnable est celui qui se prépare pour ce qui vient après la mort par la piété et les bons actes (c’est-à-dire, en agissant en bien).
Le messager a incité à ce que nous nous rappelions souvent de la mort, que nous ayons souvent à l’esprit la mort. Pourquoi ? Parce qu’il y a de nombreuses leçons et sagesses à tirer de cela. Et Il a dit ^alayhi s-salatou wa s-salam :
((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))
Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
Se rappeler souvent de la mort incite la personne à s’y préparer avant qu’elle n’arrive. Y penser régulièrement fait diminuer le trop d’espoir (comme certains qui disent « maintenant je vais m’amuser, je vais avoir du bon temps et quand j’aurai 60 ans je ferai le pèlerinage». La personne qui dit cela a beaucoup d’espoir : celui de vivre jusqu’à 60 ans. Ainsi se rappeler souvent de la mort diminue le trop d’espoir. Et la personne se dira que demain, peut être ne sera-t-elle plus en vie et qu’elle devra donc se préparer. Se rappeler souvent de la mort fait que la personne se suffit du peu de subsistance et qu’elle n’a pas le cœur attaché au bas monde mais à la préparation pour l’au-delà. Penser à la mort allège les difficultés des épreuves dans le bas-monde. Cela éloigne également de l’injustice, de l’orgueil qui pourrait émaner de soi-même.
Le compagnon Abou D-darda’ que Allah l’agrée a dit : « la mort suffit comme exhortation, le temps suffit pour séparer. Aujourd’hui nous habitons des maisons et demain nos logements seront dans des tombes » Ainsi, notre maître ^Oumar avait fait inscrire sur sa bague « la mort te suffit comme exhortation Ô ^Oumar » c’est à dire que la mort nous suffit pour nous exhorter, pour nous inciter à accomplir le bien et éviter d’accomplir le mal.
Et quelle belles paroles que sont ces quelques vers de poésie :
Rappelle-toi de la mort et persiste à t’en rappeler
Certes dans la mort il y a des leçons pour le conscient
Et celle-ci suffit comme exhortation
Pour ceux sur qui elle est prédestinée
Beaucoup d’humains sont vraiment insouciants et se détournent de la préparation pour la mort malgré qu’elle soit inévitable. La cause de cela est l’amour du bas-monde, l’attachement à celui-ci et le trop d’espoir. Ainsi, quelqu’un a dit :
Ô toi qui es préoccupé par le bas-monde
Et s’est enorgueilli par le trop d’espoir
La mort vient de manière soudaine
Et la tombe est le réceptacle des œuvres
Il a également été dit :
Donnez naissance à ceux qui vont mourir
(Nécessairement chacun d’entre nous va mourir. Chaque fois qu’une femme accouche, cet enfant à qui elle a donné naissance va certainement mourir)
Et construisez ce qui va devenir ruine.
(Quelque soit les matériaux, la robustesse, ce qui sera construit va nécessairement un jour devenir des ruines).
Car vous tous finirez sous terre
Comment désirer encore de rester [éternellement] en vie alors que Allah tabaraka wa ta^ala a prédestiné la mort même pour Ses prophètes et Ses messagers (les meilleures des créatures)?! Ou encore, comment se sentir sauf de la mort alors que même les purs et les meilleurs n’ont pas été épargnés ?!
Il est impossible de rester dans ce-bas monde éternellement, alors attention à ne pas s’y attacher !
Dans cette vie, il n’y a pas d’éternité
Dans cette vie il n’y a pas de stabilité
Toutes les créatures meurent
Est Exempt, Celui qui ne meurt pas
Mes frères, la mort nous guète, la tombe nous enlace, le linceul nous entoure et nous retournerons au Jugement de Allah.
Allah ta^ala dit :
((وَ اتَّقُوا يَوْمًا تُرْجَعُونَ فِيهِ إِلَى اللهِ ثُمَّ تُوَفَّى كُلُّ نَفْسٍ مَّا كَسَبَتْ وَ هُمْ لاَ يُظْلَمُونَ))
« wa t-taqou yawman yourj^ouna fihi ila L-lahi thoum-ma touwaf-fa koul-lou nafsin ma kasabat wa houm la youdhlamoun »
Ce qui signifie :
« … »[BB6]
Parmi les belles paroles à ce sujet: « je suis étonné de celui qui sait avec certitude qu’il y a une mort comment il se réjouit, et je suis étonné de celui qui a su avec certitude qu’il y a un enfer comment il rit. Je suis étonné de celui qui croit en la prédestination de tout comment il se fatigue [pour les choses du bas-monde] et je suis étonné de celui qui a vu ce bas-monde et ses changements soudains comment il est rassuré ».
Rappelez-vous mes frères de la mort qui peut toucher les fils de Adam à tout moment et tout endroit et sachez qu’elle met fin aux plaisirs de ce bas-monde allant à sa perdition. Ce bas monde est une résidence de passage et non pas une résidence de séjour éternel. La mort attend et, à chaque instant elle peut arriver, elle peut venir. Alors, L’intelligent est celui qui profite de cette vie évanescente pour œuvrer pour l’au-delà éternel.
Allah tabaraka wa ta^ala dit :
((وَ تَزَوَّدُوا فَإِنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى و اتَّقُونِ ياَ أُولِى الأَلْبَابٍ))
« wa tazaw-wadou fa’in-na khayra z-zadi t-taqwa wa t-taqouni ya ‘ouli l-‘albab » [sourate al baqarah / verset 197]
Et quelle belle parole est celle-ci :
Il y a de parmi les esclaves de Allah ceux qui sont intelligents
Ils ont divorcé le bas-monde et ont eu peur des tentations
Ils l’ont observé et quand ils ont su
Qu’il n’est guerre la demeure d’un être vivant
Ils l’ont faite océan agité
Et y ont pris les bonnes œuvres comme navires
Il a été rapporté que l’imam Ach-Chafi^iyy est allé présenter ses condoléances à un homme ayant perdu son fils et qui a été touché par sa perte Il lui a, alors, dit :
« je te présente mes condoléances, non pas que j’espère de la vie quelque chose,
mais parce que c’est une bonne tradition dans notre religion.
En effet, celui qui présente ses condoléances, ne va pas demeurer éternellement
tout comme celui à qui on présente les condoléances, même s’ils vivent longtemps». C’est à dire qu’on présente ses condoléances mais que personne ne demeure éternellement dans cette vie.
Prépare-toi à la mort par la piété et les actes de bienfaisance… En effet, la mort survient rapidement et il n’y a aucune alternative à cela.
Et si tu es déjà allé au cimetière pour y enterrer un de tes proches ou ami puis tu en es revenu, dis-toi qu’un jour, on t’y portera et tu ne retournas pas à ton bas-monde.
Et si tu as déjà creusé une tombe pour ton frère, dis-toi qu’un jour, on creusera ton propre trou, tu y seras enterré et tu ne retourneras pas aux tiens.
Et si tu as déjà porté le cercueil de ton frère, dis-toi qu’un jour, c’est toi qui sera porté…
Et si tu es déjà allé présenter tes condoléances à un proche, dis-toi qu’un jour ta famille sera condoléancée pour ta propre mort…
L’un des savants a dit après avoir cité le hadith du Prophète sal-la L-lahou alayhi wa sal-lam :
((أكثروا ذكرَ هاذم اللذات))
Ce qui signifie : «Rappelez-vous souvent de ce qui détruit les plaisirs » (c’est à dire la mort), rapporté par At-Tirmidhiyy.
« Le musulman devrait se rappeler de la mort chaque jour de l’année et qu’elle viendra inéluctablement. Alors, il se rendrait des comptes et il observerait ce qu’il aura préparé comme actes de bienfaisance. Car l’Au-delà est la demeure finale et il n’y sera utile que la foi et les actes de bienfaisance ».
Allah Ta^ala dit :
((يَا أَيُّهَأ الذَّينَ ءَامَنُوا اتَّقُوا الله وَ لْتَنْظُرْ نَفْسٌ مَّا قَدَّمَتْ لِغَدٍ إِنَّ اللهَ خَبٍيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ))
« ya ‘ay-youha L-ladhina ‘amanou t-taqou L-laha wal-tandhour nafsoun ma qad-damat li ghad, wa t-taqou L-laha in-na L-laha khabiroun bima ta^maloun » [Sourate al-hachr / verset 17]
Cela signifie que la personne doit observer, c’est-à-dire, méditer sur ce qu’elle a préparé pour son Au-delà comme actes qui rapprochent de l’Agrément de Allah ^az-za wa jal et ceci dans chaque jour et nuit de sa vie. Car nos respirations sont comptées et nos jours sont limités ; ce qui est passé de nos années ne reviendra plus alors que multiplier les actes de bienfaisance représente la provision du musulman.
Allah Ta^ala dit :
((المَالُ و البَنُونُ زِينَةُ الحَيَاةِ الدُّنْيَا وَ البَاقِيَاتُ الصَّالِحَاتُ خَيْرٌ عِنْدَ رَبِّكَ ثَوَابًا وَ خَيْرٌ أَمَلاً))
« Al-malou wa l-banounou zinatou l-hayati D-douniya wa l-baqiyatou s-salihatou khayroun ^inda rab-bika wa khayroun ‘amalan »
[sourate al-kahf / Verset 42]
Quelqu’un a dit :
« Je passe devant les tombeaux, à chaque fois
Je me demande dans quel sol sera ma tombe
Je me réjouis de mes richesses quand elles augmentent
Et ne pleure pas sur mes années lorsqu’elles diminuent »
Le bas-monde est la demeure du travail et l’Au-delà est la demeure des comptes. L’imam ^Aliya dit à ce titre : « ce bas-monde s’est comme mis en marche pour s’en aller et l’au-delà s’est comme mis en marche pour venir. Alors, soyez parmi les gens de l’au-delà et ne soyez pas parmi les gens du bas-monde. Aujourd’hui les actes et pas les comptes et demain les comptes et plus d’actes ».
Et il avait bien raison celui qui a dit :
« Les provisions peuvent te manquer mais tu ne trouverais sans doute pas
Une provision aussi importante que les actes de bienfaisances »
Cela signifie que les provisions peuvent être remplacées sauf les actes de bienfaisances qu’on ne peut échanger car utiles dans l’Au-delà.
Certes, la voix pour être sauvé au Jour du Jugement est de faire preuve de piété à l’égard de Allah ^az-za wa jal en accomplissant ce qu’Il a ordonné et en évitant ce qu’Il a interdit. Car celui qui aime le paradis et le veut réellement doit travailler pour l’avoir. Et celui qui a peur du feu de l’enfer et veut s’en éloigner doit aussi travailler pour l’éviter. Il faut donc faire preuve de piété.
Allah ta^ala dit :
((وَ تَزَوَّدُوا فَإٍنَّ خَيْرَ الزَّادِ التَّقْوَى))
« wa tazaw-wadou in-na khayra z-zadi t-taqwa » [Sourate al-baqarah / verset 197]
Et avait bien raison celui qui a dit :
« Ô toi qui enlace un bas-monde qui ne demeurera pas
Et qui passe ses jours et ses nuits orgueilleux et enorgueilli
Pourquoi ne laisserais-tu pas ce bas-monde
Pour enlacer des femmes vierges dans al-firdaws
Si tu veux habiter dans le paradis éternel
Il conviendrait que tu ne te sentes pas sauf du feu de l’enfer
Le Prophète a prévenu sa communauté de la grandeur de l’épreuve de sa mort
Notre prophète a prévenu durant sa vie sa communauté de la grande épreuve que sa mort constituera pour elle. D’après ^A’icha que Allah l’agrée, elle a dit : « Le messager de Allah a ouvert une porte, ou un sorte de voile de sorte que – de la maison de ^A’ichah- il puisse voir les gens. Ceux-là étaient dans sa mosquée en train de faire la prière dirigés par Abou Bakrque Allah l’agrée. Lorsqu’illes a vu ainsi, il a fait les louanges à Allah, c’est-à-dire qu’il a remercié Allah car ce qu’il avait vu lui avait plu. Il a, ensuite, dit :
((يَا أيُّهَا النَّاسُ، أَيُّمَا أحَدٍ مِنَ النَّاسِ أَوْ مِنَ المُؤْمِنِينَ أُصِيبَ بِمُصِيبَةٍ فَلْيَتَعَزَّ بِمُصٍيبَتِهِ بِي عَنِ المُصِيبَةِ التِي تُصِيبُهُ بِغَيْرِي فَإِنَّ أَحَدًا مِنْ أُمَّتِي لَنْ يُصَابَ بِمُصِيبَةٍ بَعْدِي أَشَدَّ عَلَيْهِ مِنْ مُصِيبَتِي))
“ya ‘ay-youha –nassou, ‘ay-youma ‘ahadin mina n-nassi ‘aw mina l-mou’minina ‘oussiba bi moussibatin falyata^az-za bi moussibatihi bi ^ani lmoussibati l-lati toussibouhou bi ghayri, fa’in-na ‘ahadan min oum-mati lan youssaba bi moussibatin ba^di ached-da ^alayhi ba^di min moussibati” [Rapporté par Ibnou Majah]
ce qui signifie : « Que chaque croyant lorsqu’il lui arrive une épreuve, qu’il patiente car il n’y aura pas une épreuve plus dure pour ma communauté que lorsque je mourrai».
C’est-à-dire que quelque soit l’épreuve qui peut arriver à la personne, il lui convient de se souvenir de celle qui est plus grande, à savoir, la mort du Prophète. Ainsi, de la même manière qu’elle a patienté pour celle-ci, elle patientera pour ce qui est moins éprouvant.
D’après ‘Anas Ibnou Malik, le serviteur duProphète salla L-lahou ^alayhi wa sallam, Oummou ‘Ayman la nourrice du messager de Allah a pleuré lors de la mort du messager de Allah Salla –lahou alayhi wa sallam. Quand elle a été interrogée « Qu’est ce qui te fait pleurer Oummou ‘Ayman ? » Elle a dit, que Allah l’agrée, « Je savais que le prophète allait mourir mais je pleure parce que nous n’allons plus recevoir la révélation que le prophète nous transmettait » c’est à dire la révélation qui comporte les lois de cette communauté (rapporté par l’imam ‘Ahmad).
D’après Abou Bourdah, d’après son père, il a dit « Nous avons accompli la prière de al-maghrib avec le messager de Allah salla L-lahou ^alayhi wa sallam, puis nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à la prière de al-^icha’ pour l’accomplir avec lui. Et tandis que nous étions assis, le prophète est sorti vers nous et nous a dit ce qui signifie « vous êtes encore ici ? ». Nous avons répondu : « O messager de Allah, nous avons fait la prière de al-maghrib avec toi et nous nous sommes dit que nous allions rester jusqu’à accomplir la prière de al ^icha’ avec toi ». Il a dit ce qui signifie « vous avez bien fait (c’est bien) ». Puis il a levé la tête vers le ciel, comme il le faisait si souvent, et a dit :
((النُّجُومُ أَمَنَةٌ للسماء فإذا ذهبت النجوم أتى السماء ما توعد))
ce qui signifie « Les étoiles sont comme une sécurité pour le ciel, lorsqu’elles vont tomber et qu’il ne restera plus aucune lumière au jour du jugement, le ciel va à son tour se fissurer ». Puis il a dit
((و أنا أَمَنَةٌ لأصحابى فإذا ذهبت أتى أصحابي ما يوعدون))
:ce qui signifie « Moi je suis comme une sécurité pour mes compagnons lorsque je m’en irai mes compagnons auront ce qui leur est prédestiné ». C’est à dire qu’après la mort du prophète il y aura des guerres et des discordes, il y aura des gens qui apostasieront et les cœurs deviendront des ennemis les uns pour les autres. Le prophète a annoncé cela et tout cela s’est, en effet, produit. A la suite de ce même hadith le prophète a dit :
((و أصحابي أَمَنَةٌ لأمتي فإذا ذهب أصحابي أتى أمّبي ما يوعدون))
ce qui signifie « Et mes compagnons sont comme une sécurité pour ma communauté, lorsqu’ils s’en iront, il arrivera à ma communauté ce qui lui est prédestinée » c’est à dire l’apparition des mauvaises innovations, contraires à la religion, des évènements et des discordes qui allaient se produire, la force du chaytan qui allait apparaître et d’autres ennemis qui allaient avoir le dessus sur la communauté. Tous ces signes de la prophétie de notre maître Mouhammad sont ses miracles et tout s’est produit comme il nous l’avait annoncé.
Le Prophète a su que son heure approchait
Il a été révélé au prophète éminent, durant sa vie alors qu’il était entouré de ses compagnons et de sa famille, que son terme était proche et ce dans plusieurs versets – ‘ayah – du Qour’an parmi lesquelles la parole de Allah :
((إِنَّكَ لَمَيِّتٌ وَ إٍنَّهُمْ لَمَيِّتُونَ))
« Innaka mayyitoun wa innahoum mayyitoun » [sourat az-zoumar/30]
qui signifie : « O Mouhammad tu vas mourir».
Et la parole de Allah :
((وَ مَا جَعَلْنَا لِبَشَرٍ مِّنْ قَبْلِكَ الخُلْدَ أَفَإِنْ مِّتَّ فَهُمُ الخَالِدُونَ، كُلُّ نَفْسٍ ذًائِقَةُ المَوْتِ))
« wa ma ja^alna li bacharin min qablika lkhoulda ‘afa’in mit-ta fahoum khalidoun, koul-lou nafssin dha’iqatou lmawti » [Sourate al-‘anbiya’ / Versets 34-35]
Ainsi que la parole de Allah :
((وَ مَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَّاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَ مَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللهَ شَيْئًا وَ سَيَجْزِي اللهُ الشَّكِرينَ))
« wa ma Mouhammadoun il-la rassouloun qad khalat min qablihi r-roussoulou ‘afa’in mata ‘aw qoutila nqalabtoum ^ala ‘a^qabikoum wa man yanqalib ^ala ^aqibayhi falan yadour-ra L-laha chay’an wa sayajzi Ll-lahou ch-chakirin » [Sourat ‘al^imran / Verset 144]
qui signifie « Et Mouhammad est un messager qui a été précédé par d’autres messagers et il va mourir ».
Et parmi lesquelles également :
((اليَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ وَ أَتْمَمْتُ عَلَيْكُمْ نِعْمَتْي وَ رَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلاَمَ دِينَا))
« Al-yawma akmaltou lakoum dinakoum wa atmamtou ^alaykoum ni^mati wa raditou lakoumou l-‘Islama dinan » [Sourat al-ma’idah / Verset 3]
Il y a aussi sourat An-nasr qui a été révélée au cœur de notre maître Mouhammad et par cette sourah le prophète a su que son terme était proche. D’après ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar que Allah l’agrée lui et son père, il a dit : « Cette sourah « idha ja’a nasrou l-Lahi wa l-fath » a été révélée au Messager de Allah durant les jours de at-tachriq (les trois jours qui viennent après le jour de ^idou l-adha, la fête du sacrifice, le 11, 12, 13 de dhou l-hijjah) et il a su par cette sourah que bientôt était sa mort ». Rapporté par al-bayhaqiyy dans ses Sounan.
La signification de cette sourah est « Toi O, Mouhammad lorsque Allah t’accordera la conquête des pays et que les gens entreront dans ta religion (c’est-à-dire qu’ils entreront en islam) par groupes (‘afwaj), ton terme s’approchera (c’est à dire que bientôt tu mourras). Prépare-toi alors pour la mort par les paroles al hamdou li l-Lah et astaghfirou l-Lah. Car tu auras accompli ta mission, tu auras transmis le message qui t’a été confié et ce que Allah te prépare après la mort vaut mieux pour toi que le bas monde. Prépare toi à passer de cette vie vers ce qui vient après la mort qui est la vie de al-barzakh. »
Il a été rapporté de Ibnou ^Abbas, que Allah l’agrée lui et son père qu’il a dit : « Lorsque cette sourah a été révélée au prophète, il a su qu’il allait bientôt mourir et le prophète s’est alors consacré encore plus aux actes d’adoration pour l’au-delà ».
Il a été rapporté que la dame honorable ^A’ichah a dit : « le messager de Allah disait beaucoup avant sa mort « soubhana l-Lahi wa bi hamdihi, astaghfirou l-Laha wa atoubou ilayh » ». ^A’ichah a alors dit au prophète : « Tu prononces des invocations que tu ne disais pas auparavant. Avant aujourd’hui tu ne disais pas beaucoup ces paroles ». Il lui a répondu ce qui signifie « Mon Seigneur m’a informé que j’allais voir un signe dans ma communauté et que –à sa vue-
j’invoquerai en faisant la louange et la demande de pardon et j’ai vu ce signe ». Le prophète a répondu à ^A’ichah que Allah lui avait ordonné de souvent évoquer en disant « al-hamdou li l-Lah et ‘astaghfirou l-Lah » lorsqu’il verrait un signe particulier et qu’il avait vu ce signe.
Note utile : Si le prophète élu qui est l’imam des pieux, le maître des bienfaiteurs, a reçu l’ordre de veiller à ce que ses derniers actes soient des actes de biens, que dire du cas de celui qui est dans le péché? Que dire de celui qui est dans la désobéissance ? Que dire de celui qui est salit par les péchés et qui a besoin de purification ?! Le prophète a reçu l’avertissement que la mort était proche par une révélation. Mais nous autres qui ne recevons pas cet avertissement par révélation, ce sont les cheveux grisonnants et la mort de ceux qui ont notre âge qui nous en avertissent.
Il suffit comme annonciateur de l’approche de la mort
Une jeunesse qui s’en est allée et des cheveux gris venus
Ainsi que la mort des proches. Alors est-ce qu’il y a
Une survie que le raisonable espèrerait
D’après Jabir que Allah l’agrée, le prophète lorsqu’il a ordonné aux gens qui l’accompagnaient lors du pèlerinage, de lancer des pierres dans les jamarat, il leur a indiqué la taille de ces pierres et il a dit ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas » rapporté par At-Tirmidhiy.
C’est le seul pèlerinage que le prophète ait accompli.. Il a été dit que lors du pèlerinage de al-wada^ah, il répétait à plusieurs reprises
((لعلي لا أراكم بعد عامي هذا))
ce qui signifie « Peut être que l’année prochaine je ne vous verrai pas et peut être je ne ferai plus jamais de pèlerinage après ce pèlerinage ci».
Lors de ce pèlerinage Allah a révélé à son prophète la parole
((اليَوْمَ أَكمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ))
« al-yawma akmaltou lakoum dinakoum » [al-Ma’idah/3] et également sourat an-nasr. Ces ‘ayah indiquent que sa mission de prophète dans le bas monde, était arrivée à son terme. Et c’est pour cela que ce pèlerinage a été appelé hajjatou l-wada^ – le pèlerinage de l’adieu. En effet, le Prophète avait fait ses adieux à l’occasion de ce pèlerinage.
Parmi les évènements bouleversant les cœurs des croyants et par lesquels les yeux pleurent et déversent leurs larmes par nostalgie du prophète salla L-lahou alayhi wa sallam, il y a ce qui est arrivé aux compagnons quand ils comprirent que la mort du prophète s’approchait. En effet, Mou^adh Ibnou Jabal que Allah l’agrée rapporte que lorsque le messager de Allah l’avait envoyé au Yémen, il était sorti avec lui pour l’accompagner comme on accompagne quelqu’un qui va faire un voyage. Le prophète, la meilleure de toute les créatures, avait accompagné son compagnon Mou^adh. Ce dernier était sur sa monture et le messager marchait à côté de lui. Quand il allait le quitter, le prophète a dit à Mou^adh:
((يَا معاذ إنّك عسى لا تلقاني بعدَ عامي هذا أو لعلّك أن تمُرَّ بمسجدي هذا أو قبري))
ce qui signifie :
« O Mou^adh, peut être que tu ne me verras plus après cette fois ci ou peut être tu passeras auprès de ma mosquée-ci ou de ma tombe ». C’est alors que Mou^adh s’est mis à pleurer à chaudes larmes. Puis le messager s’est retourné pour revenir à Médine puis il a dit :
((إنّ أولي النّاس بي المتّقون من كانوا و حيث كانوا))
ce qui signifie « Ceux qui seront les plus proche de moi seront les pieux quels qu’ils soient et où qu’ils soient » (rapporté par l’imam ‘Ahmad).
D’après la dame honorée ^A’ichah que Allah l’agrée, l’épouse du prophète a dit : « Les épouses du prophète s’étaient toutes réunies, aucune n’était absente. C’est alors que Fatimah Az-Zahrah la fille du prophète, était venue en ayant une démarche qui ressemblait à celle du messager de Allah, son père salla Llahou ^alayhi wa sallam. Le prophète lui a, alors,dit ((مَرْحَبًا بِابْنَتِي))« marhaban bi bnatiy » ce qui signifie « bienvenue à ma fille » et il l’a faite assoire près de lui (à sa droite ou à sa gauche). Puis il lui a dit des paroles à voie basse. C’est alors que Fatimah s’est mise à pleurer, ensuite il lui a dit des paroles à voie basse à nouveau et elle s’est mise à sourire. ^A’ichah lui a dit « Qu’est ce qui t’a fait pleurer ? » Elle a répondu : « je ne peux pas divulguer le secret du messager de Allah ». ^A’ichah lui a dit : « Je n’ai jamais vu comme aujourd’hui quelqu’un être heureux aussitôt qu’après avoir été malheureux».Elle était, en effet, passée d’une grande tristesse à une grande joie avec rapidité. Lorsque le prophète est mort ^A’ichah a de nouveau questionné Fatimah et celle-ci lui a répondu « Le prophète m’a dit que Jibril révisait avec lui le Qour’an une fois chaque année et cette année il l’avait révisé avec lui deux fois ».
Cette révision se passait de la manière suivante : L’un récitait et l’autre écoutait.
Le Prophète a dit :
((وَ لا أُرانِي إلاّ قد حضَرَ أجَلي، وَ إنّكِ أَوّلُ أَهلي لُحُوقُا بي و نِعم السّلفُ أنا لكِ))
ce qui signifie « Je pense qu’il ne l’a fait que parce que je vais bientôt mourir et tu seras la première des gens de ma famille à me rejoindre (c’est à dire à mourir après moi) et je suis un bon prédécesseur pour toi ».
Fatimah a dit « C’est pour cela que je me suis mise à pleurer ». Puis il m’a dit par la suite
((أَلاَ تَرضَيْنَ أن تكونِي سيدةَ نساء المؤمنين أو سيّدة نساء هذه الأمّة))
ce qui signifie « Ne voudrais-tu pas être la meilleure des femmes de cette communauté ». Il lui a alors annoncé la bonne nouvelle qu’elle est la meilleure des femmes de la communauté de notre maître Mouhammad.
Ici, il est à noter que la meilleure des femmes de toute l’humanité est notre dame Maryam tandis que Fatimah est la meilleure des femmes de la communauté du Prophète salla L-lahou ^alayhi wa sallam.
Ensuite, elle a dit « Et c’est pour cela que j’ai souri ». C’est ce que Fatimah a expliqué à ^A’ichah (rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim).
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D’après le compagnon honorable Abou Hourayarah, il a dit : « Jibril révisait avec le prophète tout le Qour’an une fois par an et l’année de sa mort il l’a révisé avec lui deux fois. Aussi le prophète faisait-il chaque année al-i^tikaf (retraite spirituelle) les dix dernières nuits de Ramadan et l’année de sa mort il l’a faite les 20 dernières nuits de Ramadan ».
Al-i^tikaf est le fait de rester dans la mosquée et de ne pas en sortir, sauf par nécessité et avec l’intention de rester dans la mosquée. C’est un acte d’adoration qui comporte des récompenses.