Biographies : 3Aliyy Ibnou Abii Taalib
^Aliyy le fils de ‘Abou Talib
Le quatrième Calife bien guidé
Sa biographie
Il est notre maître le père de Al-Haçan, Abou l-Haçan, ^Aliyy fils de Abou Talib, fils de ^Abdou
l-Mouttalib fils de Hachim, fils de ^Abdou Manaf. Il est le fils de l’oncle paternel du Messager de Allah et le gendre du Prophète. Il est le père de Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux maîtres des jeunes gens du Paradis. Il était le premier des enfants à être entré en Islam. C’était un des illustres de cette religion. Il était l’un des conquérants et des courageux des plus reconnus. Il était un modèle pour les ascètes et faisait partie des plus réputés des orateurs, des éloquents et des savants qui œuvrent conformément à leur science. Sa mère est Fatimah fille de ‘Açad, fils de Hachim. Il est né dix ans avant l’avènement de la mission de notre maître Mouhammad. Il avait grandi dans la maison du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Et il était surnommé Haydarah. Il était dit que c’était sa mère qui lui avait donné ce surnom.
Pour ce qui est de son appellation Abou Tourab, c’est le Messager de Allah qui le lui avait donné. Cette appellation a une histoire. Un jour, le Messager était entré chez Fatimah, sa fille qui était l’épouse de ^Aliyy, et l’avait interrogée au sujet de ^Aliyy. Il lui avait dit :
« أين ابن عمِك »
(‘Ayna bnou ^ammik)
ce qui signifie: « Où est le fils de ton oncle paternel ? ». Elle répondit : « Il est là-bas, allongé dans la mosquée ». C’est alors que le Messager de Allah partit le voir. Il le trouva allongé mais sa cape avait glissé de son dos. Le Prophète se mit à enlever le sable (tourab) qui était collé à son dos en lui disant :
« اجلس أبا تراب »
(‘Ijlis ‘aba tourab)
ce qui signifie : « Assieds-toi Abou Tourab ». Par Allah, il n’y avait pas autre que le Messager de Allah qui lui avait donné cette appellation et il n’y avait pas un surnom que ^Aliyy aimait plus que ce surnom.
Il y a pour cette appellation une autre histoire car le Prophète lui avait donné ce surnom Abou Tourab à une autre occasion. En effet, une grande épreuve s’était abattue sur Qouraych. Abou Talib qui était le père de ^Aliyy avait beaucoup d’enfants et peu d’argent. C’est alors que le Messager avait pris ^Aliyy chez lui avant même qu’il ne commence à recevoir la révélation. Al-^Abbas le frère de Abou Talib et l’oncle du Prophète avaient pris en charge Ja^far pour alléger la charge à Abou Talib.
Sa description
Il était, que Allah l’agrée, un homme de taille moyenne, à la peau couleur du blé. Il avait une barbe large de couleur blanche qu’il ne teignait pas. Il l’avait teinte une fois avec du henné puis avait abandonné. Il était chauve, avait un ventre assez gros, de larges épaules et de grands et fins biceps. Il avait un beau visage, des mollets musclés et fins à leurs extrémités. Il avait de grands yeux de couleur très noire contrastant avec le blanc et sur lesquels avait été vu une fois, du kouhl. Il avait des paumes grasses, beaucoup de poils et on voyait ses dents quand il riait. Il était parmi les plus courageux des compagnons. Il était de ceux qui avaient le plus de connaissance pour émettre des jugements et de ceux qui étaient les plus ascètes dans le bas monde. Il ne s’était jamais prosterné pour une idole. Lorsqu’il marchait, il était ferme et décidé. Il n’avait jamais mené un combat avec quelqu’un sans qu’il n’ait eu le dessus. Il était courageux et toujours victorieux de ceux qu’il rencontrait.
Il a été rapporté que Mou^awiyyah avait dit à Dirar As–Souda‘iyy : « Décris-moi ^Aliyy ». Il lui avait répondu : « Evite-moi cela ». Mais il lui avait dit : « Non, je veux que tu me le décrives ». Il dit : « S’il est nécessaire que je le décrive, par Allah, il était très fort, il parlait peu mais bien, il était juste lorsqu’il émettait des jugements, la science jaillissait de ses côtés et la sagesse sortait de sa bouche. Il évitait le bas monde et sa beauté et il trouvait le plaisir dans la nuit et sa solitude. Il était beau et très éloquent, il méditait beaucoup. Il était parmi nous comme l’un d’entre nous. Il nous répondait lorsque nous l’interrogions et il était tellement proche de nous que nous ne lui parlions presque pas avec égard. Il avait beaucoup de respect pour les gens de la science. Il rapprochait de lui les miséreux. Le plus fort n’avait pas espoir que ^Aliyy dise quelque chose de faux pour l’aider et le plus faible ne perdait pas espoir que ^Aliyy lui donne justice. Je témoigne qu’une fois, alors que la nuit était tombée et que les étoiles étaient nombreuses dans le ciel. Je l’avais vu ayant pris sa barbe dans sa main en train de gémir comme le malade. Il pleurait comme celui qui était chagriné et disait : « Ô toi bas monde, va entraîner quelqu’un d’autre que moi ! Est-ce que tu veux me provoquer ou quoi ?! Je t’ai divorcée par trois fois (NDLR : le bas monde est un mot féminin en arabe) et il n’y a pas de reprise. L’âge dans le bas monde est court et malheur, malheur à celui qui n’a pas beaucoup de provisions pour le long voyage et la solitude du chemin ». ». C’est alors que Mou^awiyyah se mit à pleurer : « Que Allah fasse miséricorde à Abou l-Haçan, il était par Allah comme tu l’as décrit. Quel est ton chagrin pour lui, Ô Dirar (maintenant qu’il est mort) ». Il lui répondit : « J’ai le chagrin de la femme à qui l’on a égorgé son fils sur ses genoux ».
Ses habits
Khalid Ibnou ‘Oummayyah a dit : « J’ai vu ^Aliyy qui avait son pagne qui se rapprochait de ses genoux ». Et ^Abdou l-Lah Ibnou Abi l-Houdhayl a dit : « J’ai vu ^Aliyy avec un qamis, s’il tirait le bras de la chemise il arrivait jusqu’à l’ongle et s’il le relevait il arrivait à mi-bras. Il mettait un pagne (‘izar) qui était élevé (c’est-à-dire il ne descendait pas bas) et on lui a fait la remarque. Il a dit : « Ceci aide à augmenter le khouchou^ dans le cœur, pour que ce soit un modèle pour le croyant (C’est-à-dire que ça aide pour la modestie plutôt que d’avoir quelque chose de long qui descend plus bas) ». Il a été vu une autre fois avec un pagne à mi-mollets et une cape qui était proche du pagne. Il avait un bâton avec lequel il marchait dans les marchés. Il ordonnait aux gens de faire preuve de piété à l’égard de Allah et de vendre correctement. Il leur disait : « Soyez larges lorsque vous mesurez ou pesez pour les gens ». Il mettait un bandeau de couleur noire sur sa tête et portait le turban noir. Avant lui, notre bien-aimé Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, le jour de la conquête de la Mecque, avait mis un turban de couleur noire et avait laissé pendre une partie de son extrémité.
Notre maître ^Aliyy mettait à sa main gauche une bague sur laquelle était inscrit : « محمد رسول الله » ce qui signifie : « Mouhammad le Messager de Allah » et : « لله الملك » ce qui signifie : « à Allah appartient la souveraineté ».
Son ascèse
^Ammar Ibnou Yacir, que Allah l’agrée, a rapporté : Le Messager de Allah a dit à ^Aliyy :
إن الله قد زيّنك بزينة لم يزين العباد بزينة أحبَّ منها، هي زينة الأبرار عند الله ، الزهد في الدنيا. فجعلك لا ترزأ »
« من الدنيا « أي لا يصيب من الدنيا « و لا ترزأ الدنيا منك شيئًا ، ووصب لك المساكين « أي أ دام لك المساكين
.« فجعلك ترضى بهم أتباعًا ويرضون بك إمامًا
(‘inna l-Laha qad zayyanaka bizinatin lam youzayyini l-^ibada bizinatin ‘ahabba minha, hiya zinatou l-‘abrar ^inda l-Lah, az–zouhdou fi d-dounya. faja^alaka la tarza’ou mina d-dounya ‘ay la yousibou mina d-dounya wa la tarza’ou d-dounya minka chay’a, wa wasaba laka l-maçakin « ay ‘adama laka l- maçakin » faja^alaka tarda bihim ‘atba^an wa yardawna bika ‘imaman)
ce qui signifie: « Allah t’a embelli par une parure. Il n’a pas accordé meilleure qu’elle aux autres esclaves. C‘est la parure des ‘abrar selon le jugement de Allah (des bienfaisants et des pieux). Il s’agit de az–zouhd dans le monde (c’est-à-dire de ne pas être attaché au bas monde), l’ascèse et Il a fait que tu n’obtiennes pas du bas monde et que le bas monde ne prenne rien de toi. Il a fait que les pauvres t’aiment et te suivent, que tu soit satisfait d’eux lorsqu’ils te suivent, et qu’eux soient satisfaits de toi en tant qu’imam ».
Un jour Ibnou t-Tayyah est venu à lui et lui a dit : « Emir des croyants, le Trésor des Musulmans s’est rempli d’or et d’argent ». Alors ^Aliyy a dit : « Allahou ‘akbar » et il s’est relevé en s’appuyant sur Ibnou t-Tayyah jusqu’à arriver au Trésor des Musulmans Baytou l-mal en disant : « Ô, toi la jaune et toi la blanche, allez entraîner quelqu’un d’autre que moi » (NDLR : La jaune et la blanche c’est l’or et l’argent) et il a distribué tout ce qu’il y avait jusqu’à ce qu’il ne reste ni dinar ni dirham (dinar ce sont les pièces d’or et dirham ce sont les pièces d’argent). Puis il a ordonné qu’on nettoie le Trésor des musulmans (C’est une construction) et il accomplit dedans deux rak^ah.
Il a été rapporté qu’une fois, il était rentré dans le Trésor des Musulmans (Baytou l-mal) et y avait vu quelques richesses. Il avait alors dit : « Je ne veux pas voir ça ici, alors que des gens ont besoin ». Il ordonna que ces richesses soient partagées et elles le furent. Il ordonna qu’on balaie le Trésor des Musulmans et il s’y endormit.
Un jour, ^Aliyy, que Allah l’agrée, est monté sur le minbar et a dit : « Qui veut acheter de moi mon épée que voici ? Si j’avais eu le prix d’un pagne je ne l’aurai pas vendu ». C’est alors qu’un homme s’est levé et lui a dit : « Moi je te prêtes l’argent d’un pagne ».
Une autre fois, il a acheté des dattes pour un dirham et les a emmenées dans un drap. On lui a dit : « Emir des croyants, ne veux-tu pas que nous le portions pour toi ? ». Alors il a répondu : « C’est le chef de la famille qui est prioritaire pour le porter ». Des gens l’ont blâmé une fois pour ses vêtements et il a dit : « Qu’avez-vous avec mes vêtements ? C’est mieux ainsi afin de ne pas tomber dans l’orgueil et que les musulmans prennent exemple sur cela ».
Ses prodiges
D’après Al-‘Asbagh, il a dit : « Nous étions avec ^Aliyy près d’un endroit où Al-Houçayn allait être enterré plus tard ». (NDLR : c’est-à-dire que ce fait est relaté bien avant l’assassinat de Al-Houçayn) et ^Aliyy dit : « Voici l’endroit où ils vont se tenir, voici l’endroit où ils mettront leurs bagages et voici l’endroit où leur sang va couler. Ce sont des jeunes hommes de la famille de Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam » (c’est-à-dire que Allah a dévoilé à notre maître ^Aliyy ce qui allait arriver).
D’après ^Aliyy Ibnou Zadhan : « Une fois, ^Aliyy a dit des paroles et un homme l’a démenti en disant : « Ce n’est pas vrai ce que tu dis ». C’est alors que ^Aliyy lui a dit : « Je fais une invocation contre toi si je suis véridique » et l’homme lui a répondu : « Oui ». Alors il a fait une invocation contre lui. L’assemblée ne s’est pas terminée que cet homme a perdu sa vue, devenant aveugle.
Abou Dharr, que Allah l’agrée, a rapporté : « Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam m’a envoyé appeler ^Aliyy. Je suis parti dans sa maison, je l’ai appelé mais il ne m’a pas répondu. Je suis revenu et j’en ai parlé au Messager de Allah qui m’a alors dit :
« عد إليه ادعه »
(^oud ‘ilayhi d^ouh)
ce qui signifie : « Retourne-s-y et appelle-le ». Je suis reparti pour l’appeler et j’ai entendu le bruit d’un moulin (Ce qu’on utilise comme une pierre qui tourne pour moudre le grain). C’est alors que j’ai regardé et j’ai vu le moulin moudre tout seul sans que personne ne le fasse tourner. Je l’ai appelé. Il sortit heureux et je lui ai dit que le Messager de Allah l’appelait. Il est alors venu. Je restais ensuite pour voir le Messager de Allah qui me dit :
« يا أبا ذر ما شأنك »
(ya ‘aba dharr ma cha’nouk)
ce qui signifie : « Qu’est-ce que tu as ? ». Je lui dis : « Ô Messager de Allah, j’ai vu quelque chose de très étonnant. J’ai vu le moulin moudre dans la maison de ^Aliyy et personne ne le faisait tourner ». (NDLR : C’est un des prodiges de notre maître ^Aliyy).
Une fois, deux hommes qui s’étaient disputés étaient venus voir ^Aliyy pour qu’il arbitre entre eux. Alors qu’il s’était assis au bas d’un mur, un homme qui passait lui dit : « Ô Emir des croyants, ces jours-ci, les murs tombent dans Médine, fais attention ». Alors ^Aliyy lui répondit : « Poursuis ton chemin. Allah me suffit ». Il a prononcé la sentence entre les deux hommes, s’est levé et le mur est tombé juste après !
Il a été rapporté du Prophète, qu’il a dit :
« أقضى أمتي علي »
(‘aqda ‘oummati ^Aliyy)
ce qui signifie « Celui qui est le plus fiable dans ses jugements entre les gens dans ma communauté, c’est ^Aliyy ». Et d’après ^Oumar Ibnou l-Khattab, il a dit : « Celui qui est le plus fort d’entre nous pour juger entre les gens c’est ^Aliyy Ibnou Abi Talib ». Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, a dit : « Nous discutions entre nous et nous disions que celui qui était le plus fort des gens de Médine pour juger entre les gens était ^Aliyy Ibnou Abi Talib ».
Une preuve de sa force et de son extrême intelligence pour juger est ce qui suit : Lorsque le Messager de Allah l’avait envoyé au Yémen, il apprit que quatre hommes étaient tombés dans un piège dans lequel avait été attrapé un lion. Le premier tombé entraîna dans sa chute un second qui en entraîna un troisième qui lui même fit tomber un quatrième. Le lion les blessa et ils moururent de leurs blessures. C’est alors que leurs héritiers se disputèrent jusqu’à faillir s’entre-tuer. ^Aliyy leur dit alors : « Moi, je prononce la sentence pour vous départager. Si vous êtes d’accord, ce sera votre sentence. Sinon je vous empêche de vous voir les uns les autres jusqu’à ce que vous rencontriez le Messager de Allah pour qu’il juge entre vous. Vous prenez des tribus qui ont creusé le piège : un quart du prix du sang, un tiers du prix du sang, la moitié du prix du sang et tout le prix du sang. (NDLR : Le prix du sang est de cent chameaux) Le premier tombé aura le quart du prix du sang car il a entraîné avec lui les trois autres, le deuxième aura le tiers car il en a entraîné deux autres, le troisième aura la moitié car il en a entraîné un et le dernier aura un prix du sang complet ». Les gens ont refusé d’accepter cette sentence. Ils sont alors allés voir le Messager de Allah et l’ont rencontré près du maqam de ‘Ibrahim. Ils lui ont raconté leur histoire et le Prophète a dit ce qui signifie : « Moi je vous donne un jugement ». C’est alors qu’un homme lui a dit : « Il y a ^Aliyy qui nous a déjà donné une sentence ». Lorsqu’ils lui ont dit ce que ^Aliyy avait dit, le Messager confirma cette sentence. Ceci témoigne de sa grande intelligence.
Il a été également rapporté de notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, qu’il avait émis un jugement entre deux personnes qui étaient en train de manger ensemble. L’un avait cinq morceaux de pain avec lui et l’autre en avait trois. Un troisième venu leur avait demandé la permission de manger avec eux, et de partager leur repas. Ils l’y autorisèrent. Ils mangèrent tous de façon équivalente. Le troisième arrivé leur donna huit dirham et leur dit : « ça, c’est en contre-partie de ce que j’ai mangé de votre nourriture ». Les deux hommes se disputèrent pour partager ces huit dirham. Celui qui avait cinq morceaux de pains dit : « Moi, je prends cinq dirham et toi je t’en donne trois ». Mais celui qui avait ramené trois morceaux de pain répondit : « Non, on les partage à parts égales : quatre – quatre ». Ne se mettant pas d’accord, il partirent voir ^Aliyy, que Allah l’agrée. C’est alors que ^Aliyy dit à celui qui avait trois morceaux de pain : « Accepte la proposition de ton ami ». (C’est-à-dire prend trois dirham et laisse ton ami prendre cinq) Mais celui qui avait trois morceaux de pain refusa et dit : « Moi, je ne veux que la vérité même si elle est amère ». Alors ^Aliyy lui dit : « Pour la vérité qui t’est amère, tu n’as droit qu’à un seul dirham et lui, il en prend sept. » Il lui dit : « Et comment cela Emir des croyants ? » Il lui répondit : « Parce que huit dirham, c’est vingt-quatre tiers et les cinq morceaux de pains représentent quinze tiers. Et les trois morceaux de pain représentent neuf tiers. Vous avez mangé à parts égales. Toi tu as mangé huit tiers, et de tes neuf tiers d’origine, il te reste un tiers. Quant à ton ami, il a mangé huit tiers et il lui reste de ce qu’il a ramené sept tiers. Le troisième a pris huit tiers c’est-à-dire un tiers de chez toi et sept tiers de ton ami. Tu auras donc une part sur huit de ce qu’il a donné des huit dirham et lui aura sept parts sur huit des huit dirham. Tu auras donc un dirham et ton ami aura huit dirham. Alors l’homme dit : « Maintenant, j’accepte. »
Biographies : Outhman Ibnou 3Affaan
^Outhman Ibnou ^Affan
Le troisième Calife bien guidé
Sa biographie
Il est Abou ^Abdi l-Lah, fils de ‘Abi l-^As, fils de ‘Oumayyah, fils de ^Abdou Chams, fils de ^Abdou Manaf, fils de Qousayy le Qourachite et sa mère est ‘Arwa, fille de Kourayz, fils de Rabi^ah, fils de Habib, fils de ^Abdou Chams, fils de ^Abdou Manaf.
Il est né dans la ville de At–Ta‘if six ans après l’année de l’éléphant et il est entré en Islam sur les mains de Abou Bakr As–Siddiq, que Allah les agrée tous les deux. Il avait alors trente-neuf ans et cela s’était produit avant que le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam ne s’installe dans Darou l-‘Arqam.
Ainsi notre maître ^Outhman, que Allah l’agrée, fait partie des premiers à être entré en Islam, ceux-là que Allah a évoqué par Sa parole dans le Qour’an :
﴾ والسابقون الأولون من المهاجرين والأنصار والذين اتبعوهم بإحسان رضي الله عنهم ورضوا عنه ﴿
سورة التوبة / آية – 100
(wa s-sabiqouna l-‘awwalouna mina l-mouhajirina wa l-‘ansar wa l-ladhina t-taba^ouhoum bi ‘ihsan radiya
l-Lahou ^anhoum wa radou ^anh)
[sourat At-Tawbah/100].
Ce qui signifie: « Et les premiers prédécesseurs parmi les Emigrants et les Partisans et ceux qui les ont suivis avec rectitude, Allah les agrée et ils ont accepté l’Islam pour religion ».
Il fait partie des dix à qui le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront au paradis dans un seul hadith en une seule fois. Un hadith rapporté par l’Imam ‘Ahmad dans son Mousnad :
أبو بكر في الجنة وعمر في الجنة وعلي في الجنة وعثمان في الجنة وطلحة في الجنة والزبير في الجنة و »
عبد الرحمن بن عوف في الجنة و سعد بن أبي وقاص في الجنة وسعيد بن زيد في الجنة
« وأبو عبيدة بن الجراح في الجنة
(Abou Bakr fi l-jannah wa ^Oumar fi l-jannah wa ^Aliyy fi l-jannah wa ^Outhman fi l-jannah wa Talhah fi l-jannah wa z–Zoubayr fi l-jannah wa ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf fi l-jannah wa Sa^d bnou Abi Waqqas fi l-jannah wa Sa^id bnou Zayd fi l-jannah wa Abou ^Oubaydah bnou l-Jarrah fi l-jannah)
Ce qui signifie: « Abou Bakr sera au paradis, ^Oumar sera au paradis, ^Aliyy sera au paradis, ^Outhman sera au paradis, Talhah sera au paradis, Az–Zoubayr sera au paradis, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf sera au paradis, Sa^d Ibnou Abi Waqqas sera au paradis, Sa^id Ibnou Zayd sera au paradis et Abou ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah sera au paradis ».
^Outhman, que Allah l’agrée, était le premier à avoir accompli l’Emigration en compagnie de sa femme et de sa famille. Il a accomplit les deux Emigrations, la première pour Al-Habachah (l’Abyssinie) et la deuxième Emigration pour Médine l’Illuminée. Il était le premier à avoir mis de l’encens dans la mosquée et le premier à avoir ajouté un deuxième appel à la prière le vendredi. Il était le premier à avoir donné un salaire à ceux qui appellent à la prière, il était le premier à avoir délégué aux gens de donner leur zakat, il était le premier à être investi du califat durant la vie de sa mère et il était le premier à avoir instauré un responsable de la police.
Il a été auprès du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lors de toutes les grandes conquêtes mis à part la conquête de Badr, car son épouse Rouqayyah était malade ce jour-là. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lui a ordonné de rester à ses côtés pour la veiller mais le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, l’a quand même compté au nombre des combattants de Badr et lui a donné sa part du butin.
La mention de ses épouses et de ses enfants
Avant la descente de la révélation sur le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, ^Outhman, que Allah l’agrée, a épousé la fille du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, Rouqayyah. Elle a accompli l’Emigration avec lui jusqu’à l’Abyssinie (Al-Habachah) et elle est morte en étant son épouse durant les nuits de Badr. C’est Rouqayyah qui lui a donné pour fils ^Abdou l-Lah et c’est pour cela qu’il a été surnommé Abou ^Abdi l-Lah, le père de ^Abdou l-Lah, alors qu’auparavant il était surnommé Abou ^Amr, le père de ^Amr. Puis le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, lui a donné en mariage son autre fille ‘Oummou Kalthoum et elle est restée son épouse jusqu’à sa mort en l’en 9 de l’Hégire et c’est ainsi que ^Outhman a été surnommé «Dhou n-Nourayn » : celui qui a les deux lumières, car il a épousé deux des filles du Messager de Allah.
Il a épousé, que Allah l’agrée, Fakhitah, la fille de Ghazwan qui lui a donné le petit ^Abdou l-Lah, puisqu’il a eu un autre ^Abdou l-Lah de sa première femme. Il a épousé par la suite ‘Oummou ^Amrou, la fille de Joundoub Ad-Dawsiyyah qui lui a donné pour fils ^Amr, Khalid, ‘Aban, ^Oumar et Maryam. Il a épousé également Fatimah la fille de Al-Walid fils de Al-Moughirah qui lui a donné Al-Walid, Sa^id et ‘Oummou Sa^id. Il a épousé ‘Oummou l-Banin la fille de ^Ouyaynah Al-Ghazariyyah qui lui a donné ^Abdou l-Malik. Il a épousé Ramlah la fille de Chaybah qui lui a donné pour filles ^A‘ichah, ‘Oummou ‘Aban et ‘Oummou ^Amr. Il a épousé également Na‘ilah la fille de Al-Farafisah Al-Kalbiyyah qui lui a donné pour fille Maryam et il a été dit qu’elle lui a donné ^Anbasah et une autre sœur à elle qui s’appelle ‘Oummou l-Banin.
La mention de sa description physique
Il était, que Allah l’agrée, de taille moyenne, il n’était ni grand ni petit, il avait un beau visage de couleur blanche teintée de rouge et une peau fine. Ses articulations étaient grandes, il avait les épaules larges et il avait beaucoup de cheveux sur la tête et une grande barbe.
Parmi ce qui a été rapporté au sujet de son mérite
Beaucoup de spécialistes des biographies et des conduites des prédécesseurs ont composé des chapitres qui contiennent des faits remarquables de la vie de ^Outhman, que Allah l’agrée, tant que At-Tirmidhiyy, que Allah l’agrée, a composé un livre propre à cela qu’il a appelé « Manaqibou ^Outhman ».
Il y a parmi cela ce qu’a rapporté Mouslim dans les mérites de ^Outhman que ‘Ahmad dans son Mousnad d’après ^A‘ichah, que Allah l’agrée, qu’elle a dit : Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam était assis avec sa cuisse qui était dévoilée. C’est alors que Abou Bakr a demandé la permission d’entrer, il lui a permis et il a gardé sa position. Ensuite ce fut ^Oumar et le Prophète a gardé encore sa position. Lorsque ^Outhman a demandé la permission d’entrer il a rabaissé son pagne pour couvrir sa cuisse. Lorsque les gens furent partis, ^A‘ichah a dit : « Ô Messager de Allah, Abou Bakr a demandé la permission ainsi que ^Oumar, tu leur as permis d’entrer et tu as gardé ta même position. Lorsque ^Outhman a demandé la permission d’entrer, tu as rabaissé ton vêtement. Il a dit :
« يا عائشة ألا أستحيي من رجل، و اللهِ إن الملائكة لتستحيي منه »
(Ya ^A‘ichah ‘ala ‘astahyi min rajoulin wa l-Lahi ‘inna l-mala‘ikata latastahyi minh)
ce qui signifie: « Ô ^A‘ichah comment n’éprouverai-je pas de la pudeur d’un homme devant qui les anges éprouvent de la pudeur ».
Ibnou l-Jawziyy a rapporté de Abou Mouça Al-‘Ach^ariyy, que Allah l’agrée, qu’il était en compagnie du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, dans l’une des propriétés des gens de Médine. C’est alors qu’un homme est venu et a demandé la permission qu’on lui ouvre. Le Prophète a dit à Abou Mouça :
« افتح له وبشره بالجنة »
(‘Iftah lahou wa bach-chirhou biljannah)
ce qui signifie: « Ouvre-lui et annonce-lui la bonne nouvelle qu’il sera au paradis ». J’ai ouvert (NDLR : Il s’agit de Abou Mouça l-‘Ach^ariyy) et j’ai trouvé Abou Bakr et je lui ai annoncé la bonne nouvelle du paradis. Ensuite quelqu’un d’autre a demandé à ce qu’on lui ouvre, le Prophète lui a dit :
« افتح له و بشره بالجنة »
(‘Iftah lahou wa bach-chirhou biljannah)
ce qui signifie: « Ouvre et annonce lui-la bonne nouvelle qu’il sera au paradis ». Ce fut ^Oumar, je (NDLR : c’est Abou Mouça l-‘Ach^ariyy) lui ai ouvert et je lui ai annoncé la bonne nouvelle. Ensuite ce fut un autre homme qui a demandé à ce qu’on lui ouvre et le Prophète était allongé, c’est alors qu’il s’est assis et il a dit :
« افتح له و بشره بالجنة على بلوى تصيبه »
(‘Iftah lahou wa bach-chirhou biljannah ^ala balwa tousibouh)
ce qui signifie: « Ouvre-lui et annonce-lui la bonne nouvelle du paradis et qu’il aura une épreuve ». Ce fut ^Outhman, je (NDLR : c’est Abou Mouça l-‘Ach^ariyy) lui ai ouvert je lui ai annoncé la bonne nouvelle du paradis et je lui ai rapporté ce que le Prophète m’avait dit. C’est alors que ^Outhman a dit : C’est l’aide de Allah que je recherche. Il s’agit de l’épreuve suite à laquelle il a été assassiné lorsque des gens qui avaient semé la discorde avaient assiégé sa maison à Médine.
Al-Boukhariyy a rapporté dans le chapitre consacré au mérite des compagnons ainsi que Mouslim, At-Tirmidhiyy, Abou Dawoud, An-Naça‘iyy, Ibnou Majah et ‘Ahmad Ibnou Hanbal que la montagne de ‘Ouhoud a tremblé alors qu’il y avait dessus le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, en compagnie de Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman, que Allah les agrée tous. C’est alors que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
« اسكن أُحد، فما عليك إلا نبي وصدّيق وشهيدان »
(‘Ouskoun ‘ouhoud fama ^alayka ‘illa nabiyyoun wa siddiqoun wa chahidan)
ce qui signifie: « Apaise-toi ‘Ouhoud, il y a sur toi un prophète, un siddiq et deux martyrs ». (NDLR : Le siddiq est Abou Bakr et les deux martyrs sont ^Oumar et ^Outhman et ceci est sans aucun doute un des signes de la prophétie de notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, c’est-à-dire que Allah a fait savoir au Prophète que ^Oumar et ^Outhman allaient mourir tués).
Dans le livre At-Tarikh d’Ibnou ^Açakir d’après Abou Sa^id Al-Khoudriyy, que Allah l’agrée, il a dit : j’ai vu le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, depuis le début de la nuit jusqu’à ce que l’aube se soit levée il avait ses mains levées et il faisait des invocations pour ^Outhman en disant :
« اللهم عثمان رضيت عنه فارض عنه »
(Al-lahoumma ^Outhman raditou ^anhou farda ^anh)
ce qui signifie: « Ô Allah je suis satisfait de ^Outhman alors agrée-le ». Et le fait que le Prophète fasse des invocations pour lui durant toute une nuit est sans aucun doute un caractère et un mérite de notre maître ^Outhman.
Le Hafidh Abou Nou^aym Al-‘Asfahaniyy dans son livre « Hilyatou l-‘Awaliya‘ » d’après Abou Hourayrah, que Allah l’agrée, a dit : ^Outhman Ibnou ^Affan a gagné le paradis deux fois auprès du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, la première lorsqu’il a creusé le puit de Roumah et la deuxième lorsqu’il a préparé l’armée de la difficulté, Jaychou l-^Ousrah.
Bi’rou Roumah était un puits dont l’eau était vendue aux musulmans mais ^Outhman, que Allah l’agrée, a acheté le puits et l’a creusé davantage. Il en a fait un bien duquel tous les musulmans pouvaient prendre sans contrepartie et c’est un puits qui est jusqu’à aujourd’hui connu à Médine l’Illuminée. En ce qui concerne le détail de la préparation de l’armée de la difficulté, Jaychou l-^Ousrah, d’après ce qu’a rapporté At-Tirmidhiyy, ^Abdou r-Rahman Ibnou Khabbab As-Soulamiyy, a dit : Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a donné un discours et il a incité les gens à contribuer à préparer l’armée de la difficulté. C’est alors que ^Outhman a dit : Je me charge de cent chameaux avec tous leurs bagages et ce qu’il leur faut. Puis le Prophète a encore incité les gens à donner et ^Outhman a dit : Je me charge de cent autres chameaux avec toutes leurs charges. As-Soulamiyy a dit : J’ai vu le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam dire en bougeant sa main et en disant :
« ما على عثمان ما عمل بعد هذا »
(Ma ^ala ^Outhman ma ^amila ba^da hadha)
ce qui signifie : « Ce qu’a fait ^Outhman maintenant le décharge de ce qu’il pourrait faire par la suite ».
Et l’auteur a dit dans la version de Al-Hakim An-Nayçabouriyy, que Allah ta^ala lui fasse miséricorde, d’après ^Abdou r-Rahman Ibnou Soumrah que ^Outhman était venu au Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam avec mille dinars et lorsqu’il a préparé l’armée de la difficulté il les a mis près du Prophète et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, les prenait par sa main et disait :
« ما ضرّ عثمان ما عمل بعد اليوم »
(ma darra ^Outhman ma ^amila ba^da l-yawm)
ce qui signifie : « Rien de ce que ^Outhman pourrait faire par la suite ne risque de lui nuire après ce qu’il a fait aujourd’hui ». Et il a répété cela deux fois.
L’auteur de Hilyatou l-‘Awaliya‘ a rapporté de Ach-Cha^biyy d’après Masrouq d’après ^Abdou l–Lah Ibnou Mas^oud qu’il a dit : le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a vu ^Outhman Ibnou ^Affan le jour de la préparation de l’armée de la difficulté, il faisait des allers-retours. Le Prophète a dit :
«اللهم اغفر لعثمان ما أقبل وما أدبر، و ما أخفى و ما أعلن، و ما أسرّ و ما أجهر »
(Al-lahoumma ghfir li^Outhman ma ‘aqbala wa ‘adbara wa ma ‘akhfa wa ma ‘a^lan wa ma ‘asarra wa ma ‘ajhar)
ce qui signifie : « Ô Allah accorde le pardon à ^Outhman pour ce qu’il a fait et ce qu’il risque de faire, ce qu’il a fait au grand jour et ce qu’il a fait en cachette ».
Et tout comme At–Tabaraniyy a rapporté du fils de ^Oumar qu’il a dit : le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
« عثمان أحيا أمتي و أكرمها »
(^Outhman ‘ahya ‘oummati wa ‘akramaha)
ce qui signifie: « ^Outhman a redonné vie à ma communauté et l’a honorée ».
^Outhman a rassemblé le Qour’an honoré
Al-Boukhariyy a mentionné dans son Sahih le début de l’affaire du rassemblement du Qour’an dans un même livre. Il est dit que Abou Bakr As–Siddiq, que Allah l’agrée, a demandé à ce que Zayd Ibnou Thabit, qui fait partie de ceux qui ont retranscrit la révélation au Prophète, vienne à lui. Zayd est donc venu à lui et ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, était auprès de Abou Bakr à ce moment-là. As–Siddiq, que Allah l’agrée, a dit à Zayd : « ^Oumar est venu à moi et il m’a dit qu’il y a beaucoup de ceux qui mémorisent le Qour’an qui ont été tués aujourd’hui, le jour de Al-Yamamah et je crains que beaucoup parmi ceux qui connaissent le Qour’an par cœur meurent et je pense qu’il faudrait que tu ordonnes de rassembler le Qour’an. »
C’est alors que Zayd, qui était donc en présence de Abou Bakr auprès de ^Oumar, a dit à ^Oumar, que Allah l’agrée : « Comment veux-tu que nous fassions quelque chose que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam n’a pas faite ?! » Alors ^Oumar que Allah l’agrée lui a répondu : « Ceci, par Allah, est quelque chose de bien ».
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Zayd a dit : « ^Oumar à chaque fois me répétait la même chose jusqu’à ce que Allah éclaire mon cœur pour cela, et qu’il accepte cela. J’ai pensé la même chose que ce qu’a pensé ^Oumar à ce sujet. »
Zayd Ibnou Thabit, que Allah l’agrée, a cherché à rassembler le Qour’an et il le rassemblait des différents endroits où il était retranscrit : entre autres sur des petites pierres fines et aussi à partir des poitrines des gens. Ce qu’il a retranscrit s’est retrouvé sur plusieurs feuillets et ces feuillets ont été déposés et rassemblés chez Abou Bakr, que Allah l’agrée, jusqu’à sa mort. Puis ces feuillets sont restés chez ^Oumar jusqu’à sa mort et ensuite chez Hafsah, la fille de ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux.
Lorsque ^Outhman, que Allah l’agrée, a reçu le pacte d’allégeance de Calife, il a demandé le conseil auprès des compagnons et leur avis était qu’il rassemble tout le Qour’an dans un seul livre. C’est alors que ^Outhman, que Allah l’agrée, a réuni un certain nombre de compagnons. Abou Dawoud a dit : « Ils étaient douze hommes de Qouraych et des Partisans de Médine (Al-‘Ansar). Il y avait également parmi eux ceux qui avait retranscrit la révélation. Il a demandé aussi à ce qu’on ramène de chez Hafsah, la fille de ^Oumar, que Allah l’agrée, les feuillets que Zayd Ibnou Thabit avait rassemblés et il les a retranscrits dans un seul livre ».
Dans le livre « Fat-hou l-Bari » d’Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy, il a dit : « ^Outhman, que Allah l’agrée a dit : « Qui parmi les gens écrit le mieux? » Ils lui ont répondu : « Zayd Ibnou Thabit » Et il leur a demandé : « Qui est celui qui prononce le mieux ? » Ils lui ont dit : « Sa^id Ibnou l-^As ». Il a dit : « Alors, que ce soit Sa^id qui dicte et Zayd qui écrive ». »
Lorsqu’ils eurent fini de transcrire le Mous–haf en un seul livre, il a ordonné à ce qu’on en fasse plusieurs copies qu’il a envoyées aux différentes régions. Il y a eu divergence sur le nombre de copies : Certains ont dit que c’était quatre copies. D’autres ont dit cinq. Il a également été dit six et sept. Puis il a rassemblé toute autre que ces copies-là du Qour’an et il les a brûlées. Il a ordonné aux différentes régions d’utiliser ces copies du Mous–haf.
^Outhman, que Allah l’agrée, a rassemblé le Qour’an lorsqu’il y a eu beaucoup de divergences sur la manière de réciter, selon les différences des langages des arabes. Les gens avaient eu des divergences les uns avec les autres et certains avaient accusé d’autres d’erreurs ; comme il a craint que la chose ne s’amplifie, il a rassemblé tout le Qour’an selon le langage de Qouraych –c’est-à-dire la manière de réciter de Qouraych– mais cela ne veut pas dire qu’il a empêché que l’on récite le Qour’an avec les autres prononciations des arabes et ce, car il est rapporté dans le Sahih de Al-Boukhariyy que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
« إن هذا القرءان أنزل على سبعة أحرف فاقرءوا ما تيسر منه »
(‘inna hadha l-Qour’an ‘ounzila ^ala sab^ati ‘ahroufin faqra’ou ma tayassara minh)
Ce qui signifie : « Ce Qour’an a été révélé avec sept récitations alors récitez ce que vous pouvez du Qour’an ». Et ces manières de réciter sont aujourd’hui transmises : Il y a sept récitations qui ont une forte chaîne de transmission et sept autres qui ont une moins forte chaîne de transmission. Ici, il s’agit de l’écriture : il l’a écrit selon la récitation des gens de Qouraych.
L’éloge des gens à son sujet
L’Imam ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, a dit: « ^Outhman était de ceux qui ont accompli les bonnes œuvres, qui ont fait preuve de piété, qui ont été croyants et qui ont agit en bien et Allah aime ceux qui agissent en bien. » Cela a été rapporté par Al-‘Asfahaniyy dans Hilyatou l-‘Awliya‘.
L’Imam ‘Ahmad, que Allah l’agrée, a dit d’après Rouhaymah la grand-mère de Az–Zoubayr Ibnou ^Abdi l-Lah qu’elle a dit : « ^Outhman jeûnait toute la vie et il veillait toutes les nuits sauf une toute première partie de la nuit où il faisait un petit somme. »
Ibnou Sirin, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : « L’épouse de ^Outhman Ibnou ^Affan, que Allah l’agrée, a dit lorsqu’ils l’avaient assiégé et voulaient le tuer : « Que vous le tuiez ou que vous le laissiez, il veillait toute la nuit et il récitait tout le Qour’an en une seule rak^ah« . », rapporté par Ibnou l-Jawziyy.
Ibnou ^Açakir a rapporté de ^Abdou r-Rahman Ibnou Mahdiyy qu’il a dit : « ^Outhman a deux caractères que Abou Bakr et ^Oumar, que Allah les agrée, n’avaient pas : il patientait jusqu’à être tué injustement et il a rassemblé les gens pour avoir un seul Mous–haf, un seul livre du Qour’an ».
L’auteur a dit au sujet de la biographie de notre maître ^Outhman Ibnou ^Affan, que Allah l’agrée, le troisième Calife
En plus de ce que notre maître ^Outhman, que Allah l’agrée, a rassemblé comme bons caractères il y avait l’indulgence, la science, la générosité, la pudeur, la pureté, l’ascèse et il était parmi les gens celui qui était le plus modeste.
Ibnou S^ad a rapporté d’après ^Abdou l-Lah Ar-Roumiyy qu’il a dit: « ^Outhman apportait de nuit l’eau du woudou‘ lui-même. Il lui a été dit : Si tu l’avais ordonné à certains serviteurs, ils te l’auraient ramené et t’auraient épargné de le faire toi-même. Il a répondu : non, la nuit est pour eux, ils se reposent. »
Et l’Imam ‘Ahmad a rapporté d’après Al-Haçan que Allah l’agrée, qu’il a été interrogé au sujet de ceux qui faisaient la sieste dans la mosquée (c’est-à-dire ils dormaient ou ils s’allongeaient simplement dans la mosquée au milieu de la journée). Il a répondu : « Il m’est arrivé de voir ^Outhman Ibnou ^Affan faire la sieste dans la mosquée alors qu’il était ce jour-là Calife et les pierres avaient laissé des traces sur ses côtés et on disait : voici l’Emir des croyants, voici l’Emir des croyants. »
Et d’après Charhabil Ibnou Mouslim, il a dit : « ^Outhman, que Allah l’agrée, donnait aux gens à manger la nourriture qui lui était destinée en tant qu’Emir des croyants et il rentrait chez lui pour manger du vinaigre et de l’huile » (NDLR : Tout ceci est une preuve de sa grande modestie et de sa grande ascèse, que Allah l’agrée).
La mention de son califat
Trois nuits après l’enterrement de ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, notre maître ^Outhman Ibnou ^Affan, que Allah l’agrée, a reçu l’engagement et le pacte d’obéissance en tant que Calife, c’était une nuit d’un lundi du mois de Dhou l-Hijjah de l’an 23 de l’Hégire. Il a ainsi été Calife à partir du mois de Mouharram de la vingt-quatrième année de l’Hégire et il a vécu douze ans en tant que Calife. Il utilisait le même sceau (c’est-à-dire la même signature) que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam tout comme Abou Bakr et ^Oumar que Allah les agrée.
Durant son califat, que Allah l’agrée, les musulmans ont mené des conquêtes. Ils ont conquis beaucoup de pays et le pays de l’Islam s’est ainsi étendu. Parmi ces pays qui avaient été conquis, il y avait l’île de Chypre, Karman, Sijistan, Kaboul et d’autres pays d’Afrique.
Le récit de son martyr et ce qui lui était arrivé
Les conquêtes se sont multipliées pour la communauté islamique et la souveraineté s’est étendue à différents pays : les arabes se sont alors mélangés avec beaucoup d’autres nations et communautés de langues différentes. C’est à ce moment-là que les gens ont beaucoup porté atteinte au Calife et les rumeurs ont augmenté à Médine l’Illuminée. Les dirigeants de la discorde ont alors écrit à leurs différents groupes dans plusieurs pays pour leur dire de tous se rendre à Médine (NDLR : Pdans l’objectif de semer la corruption et trahir le Calife). C’est alors qu’ils ont assiégé sa maison pendant plusieurs jours et notre maître ^Outhman, que Allah l’agrée, disait: » Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam m’a promis quelque chose et je patiente. » Rapporté par At-Tirmidhiyy dans Manaqib ^Outhman.
D’après ^A‘ichah , que Allah l’agrée, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
« يا عثمان إنه لعل الله يُقَمّصُكَ قميصًا، فإن أرادك المنافقون على خلعه فلا تخلعه حتى تلقاني »
(ya ^Outhman innahou la^alla l-Laha youqammisouka qamisan fa’in ‘aradaka l-mounafiqoun ^ala khal^ihi fala takhla^h hatta talqani)
Ce qui signifie : « Ô ^Outhman il se peut que Allah te donne un habit –c’est-à-dire il vise par là le califat– Et si les hypocrites veulent que tu l’enlèves, ne l’enlève pas jusqu’à ce que tu viennes à ma rencontre ». Rapporté par Al-Hakim et At-Tirmidhiyy.
C’était ce que voulaient ces semeurs de trouble, ils souhaitaient que ^Outhman abandonne sa responsabilité de Calife et le Prophète lui a recommandé de ne pas le laisser. Ils avaient même diffusé que ^Outhman était de faible personnalité et qu’il n’arrivait pas à régler les affaires. Ces gens semaient ainsi la discorde, alors que ^Outhman avait un très haut degré. CIl était le troisième après Abou Bakr et ^Oumar dans cette communauté.
Lorsqu’il est parvenu à notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, que les semeurs de discorde avaient assiégé ^Outhman et qu’ils l’avaient même empêché d’obtenir de l’eau et voulaient l’assassiner, ^Aliyy a envoyé trois grands récipients remplis d’eau. Il a également dit à ses deux fils Al-Haçan et Al-Houçayn : « allez tous les deux avec vos épées pour rester devant la porte de ^Outhman et ne laissez personne parvenir jusqu’à lui ». Az–Zoubayr et Talhah ont à leur tour envoyé leurs fils. Plusieurs compagnons firent de même afin d’empêcher les gens d’entrer pour tuer ^Outhman, que Allah l’agrée. (NDLR : Ceci est encore une preuve que les grands compagnons comme notre maître ^Aliyy étaient du rang de ^Outhman et ce n’est pas comme certains qui prétendent que ^Aliyy n’était pas d’accord pour le califat de Abou Bakr, ^Oumar ou de ^Outhman. Au contraire il s’est rallié totalement aux Califes Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman et la preuve c’est qu’il avait envoyé ses deux fils pour défendre ^Outhman.)
Mais des hommes parmi ceux qui voulaient du mal à notre maître ^Outhman, ont escaladé par le côté la maison des ‘Ansar -des Partisans- jusqu’à ce qu’ils arrivent dans la maison de ^Outhman et ils sont entrés tandis qu’il récitait le Qour’an et qu’il faisait le jeûne. L’un d’entre eux lui a alors donné un coup d’épée mais Na‘ilah sa femme s’est interposée et les doigts de sa main ont été coupés.
Il n’y avait, hormis ^Outhman, que Allah l’agrée, personne d’autre avec elle à ce moment-là dans la maison. Il a ainsi été tué et il est mort martyr, que Allah ta^ala l’agrée, le vendredi, dix-huit nuits du mois de Dhou l-Hijjah de l’an 35 de l’Hégire : Il avait alors quatre-vingt-dix ans et il a été dit plus que cela. Il a également été dit moins que cela. Il a été enterré la nuit du samedi entre al-maghrib et al-^icha‘ dans le cimetière de Al-Baqi^ à Médine l’Illuminée. Az–Zoubayr a dirigé la prière funéraire en sa faveur.
Notre maître ^Outhman, que Allah l’agrée, a dit avant son assassinat : « J’ai vu hier le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam dans le rêve et il y avait avec lui Abou Bakr et ^Oumar. Ils m’ont dit : patiente, tu viendras à côté de nous à l’heure de manger la nuit prochaine. » C’était l’interprétation qu’il allait mourir la nuit suivante.
Ibnou l-‘Athir a rapporté dans son livre « Al-Kamil fi t-Tarikh » des vers de poésie de Hassan Ibnou Thabit Al-‘Ansariyy au sujet de ceux qui étaient venus d’Egypte à Médine et ils s’étaient réunis pour tuer notre maître ^Outhman. Il a dit des vers de poésie afin de les blâmer car ils avaient délaissé la conquête des ennemis pour venir conquérir les compagnons du Prophète et tuer ^Outhman Ibnou ^Affan alors qu’il habitait à Médine et qu’il était auprès du Prophète !
C’est là une faible partie de la grande biographie, de l’océan des mérites de notre maître ^Outhman Ibnou ^Affan, que Allah ta^ala l’agrée, et que Allah le rétribue pour l’Islam et pour les musulmans en bien. Nous demandons à Allah qu’Il nous profite par ses bénédictions et qu’Il nous rassemble avec son groupe et qu’Il nous fasse mourir sur sa croyance et son amour.
Certes Allah soubhanahou est tout-puissant et Il est miséricordieux pour Ses esclaves.
Biographies : Oumar Ibnou l Khattab
^Oumar Ibnou l-Khattab
Le deuxième Calife bien guidé
Sa biographie
Il est ‘Abou Hafs, ^Oumar fils de Al-Kattab, fils de Noufayl, fils de ^Abdou l-^Ouzza, fils de Riyah, fils de ^Abdou l-Lah, fils de Qourt, fils de Rizah, fils de ^Adiyy fils de Ka^b, fils de Lou’ay. Il est le Calife bien guidé, surnommé [par le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam] Al-Farouq, soit celui qui discerne entre le vrai et le faux, celui qui a été équitable lors de son Califat. Il est, parmi les Emigrants, l’une des premières personnes à être entrée en Islam. Il fait partie des dix [Compagnons] à qui le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront des gens du Paradis. Il était l’un des gendres du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam, l’un des grands savants parmi les Compagnons, de ceux qui ne craignaient pour l’amour de Allah le blâme de quiconque. A ce sujet, le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam disait pour évoquer le mérite de ^Oumar Al-Farouq :
« إن الله جعل الحق على لسان عمر و قلبه »
(‘Inna l-Laha ja^alaal-haqqa ^ala liçani ^Oumara wa qalbih)
ce qui signifie : « Allah a fait que la vérité sorte de la bouche de ^Oumar et qu’elle soit dans son cœur ».
Notre maître ^Oumar, que Allah l’agrée, était d’une blancheur éclatante avec de légères rougeurs. Il était grand de taille, chauve, ses cheveux étaient simplement des deux côtés de la tête, mais le dessus était dégarni. Wahb fils de Mounabbih, a dit que la description de ^Oumar avait été mentionnée dans At-Tawrah (la Torah) comme étant « dur comme fer, un prince fort ».
Il entra en Islam alors qu’il avait 26 ans. Ce fut après l’entrée en Islam de quarante hommes et dix femmes. Cependant, d’autres ont dit qu’il était entré en Islam après quarante cinq hommes et onze femmes.
Le récit de l’Islam de notre maître ^Oumar
Ibnou l-Jawziyy a cité dans le livre « Sifatou s–Saffwah », le récit de l’entrée en Islam de notre maître ^Oumar. D’après ‘Anas fils de Malik, que Allah l’agrée, ^Oumar, armé de son épée, sortit un jour et rencontra un homme de la tribu de Bani Zouhrah qui lui dit :
– « Où vas-tu donc ^Oumar ? ».
– « Je veux tuer Mouhammad », dit-il.
– « Ne crains-tu pas la vengeance de la tribu de Bani Hachim et celle de Bani Zouhrah en l’assassinant ? ».
– « Je vois que tu as changé ta religion », reprit-il.
– « Veux-tu que je t’apprenne ce qui est plus surprenant encore ?! Ta sœur et ton beau frère ont également délaissé ta religion (c’est-à-dire qu’ils sont entrés en Islam) ».
^Oumar se précipita alors chez eux et les trouva en train de réciter Sourat « Taha » ; il leur dit : « Vous avez apparemment abandonné votre religion ». Et son beau frère lui répliqua : « Vois-tu, Ô ^Oumar ! Et si la vérité se trouvait dans une autre religion que la tienne ? ». C’est alors que ^Oumar sauta sur lui pour le frapper violemment ; sa sœur accourut afin de protéger son mari, mais de sa main, ^Oumar la frappa également : son visage devint ensanglanté. Elle dit : « Vois-tu, Ô ^Oumar ! Et si la vérité se trouvait dans une autre religion que ta religion ?! Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ». ^Oumar a perdu ainsi tout espoir en ce qui concerne sa sœur et son beau frère ; il leur dit alors : « Donnez- moi donc cet écrit que vous avez entre les mains afin que je le lise » et il récita ainsi la Sourat « Taha » jusqu’à arriver à la parole de Allah :
﴾ إنني أنا الله لا إله إلا أنا فاعبدني وأقم الصلاة لذكري ﴿
سورة طه / آية – 14
(‘innani ‘ana l-Lahou la ‘ilaha illa ‘ana fa^boudni wa ‘aqimi s–salata lidhikri)
[sourat Taha /14]
ce qui signifie : « Certes Allah c’est Moi, il n’y a point de dieu sinon Moi. Adore-Moi et accomplis la prière pour M’évoquer ». C’est ainsi que son cœur s’ouvrit pour l’Islam. Il dit ensuite : « Dites-moi où se trouve Mouhammad » et il partit à Darou l-‘Arqam où, à la porte, se trouvaient Hamzah, Talhah ainsi que d’autres Compagnons du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Lorsque le Messager salla l-Lahou ^alayhi wa sallam apprit l’arrivée de ^Oumar, il sortit, et prit ^Oumar par ses habits et la gaine de son épée et le secoua de ses mains ; ^Oumar ne put se contenir et se retrouva à genoux. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam lui dit ce qui signifie : « N’est-il donc pas venu le temps pour toi, Ô ^Oumar, de délaisser ta fausse religion ! » et ce dernier reprit : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul Il n’a pas d’associé, et je témoigne que Mouhammad est Son esclave et Son Messager ». C’est alors que les gens se trouvant dans Darou l-‘Arqam dirent la parole Allahou ‘Akbar tellement fort que ceux qui se trouvaient dans la Mosquée Al-Haram l’entendirent. L’entrée en Islam de notre maitre ^Oumar eut lieu en l’an 6 après le début de la Révélation, et certains ont dit en l’an 5.
Les mérites de notre maître ^Oumar
L’équité de ^Oumar et sa gestion des affaires musulmanes étaient choses réputées chez lui, aussi bien avant qu’il ne reçoive le pacte d’obéissance lors de son califat comme après. Les récits au sujet de son équité sont encore plus nombreux pour être rassemblés dans un seul livre !
Parmi les récits sur sa préoccupation des Musulmans, il y a ce qui suit : Il y avait des commerçants qui firent une halte dans la salle de prière et ^Oumar, que Allah l’agrée, demanda à ^Abdou r-Rahman fils de ^Awf : « Que dis-tu de veiller sur eux cette nuit de crainte que des voleurs ne les attaquent ? ». Ils ont ainsi veillé tous les deux pour surveiller leur marchandise. C’est alors que ^Oumar entendit des pleurs d’enfant, il se dirigea vers la mère et lui dit : « Crains Allah, agis en bien envers ton enfant ! ». Il reprit sa place et entendit à nouveau les pleurs du petit nourrisson. Il retourna voir la mère et lui dit la même chose que la première fois. A la fin de la nuit, il entendit encore les pleurs de l’enfant et questionna la mère :
– « Pourquoi ton fils ne dort pas la nuit ? ».
– « Ô esclave de Allah, je voulais le sevrer mais il refuse », dit-elle.
– « Et pourquoi donc veux-tu le sevrer ? ».
– « Car ^Oumar n’accorde une aide, que pour les enfants qui sont sevrés, il ne donne pas pour ceux qui n’ont pas été sevrés ».
– « Et quel âge a-t-il donc ? », reprit ^Oumar.
– Tant de mois.
Alors ^Oumar lui a dit :
– « Non, ne t’empresse pas pour le sevrer ».
Il accomplit ensuite la prière de l’aube en ayant les larmes aux yeux ; il était gagné par les pleurs. Lorsqu’il prononça le salam, il dit : « Malheur à toi ^Oumar, combien d’enfants musulmans as-tu tué ? ». Puis il ordonna d’appeler parmi les gens et de propager : « Ne vous empressez pas de sevrer vos enfants, nous donnerons une aide pour chaque nouveau-né en Islam. » et il a écrit que cet ordre soit diffusé dans les différentes contrées. Ceci est une preuve de la miséricorde de notre maître ^Oumar envers la Communauté de notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.
Parmi les récits sur la miséricorde et la compassion de notre maître ^Oumar en faveur des musulmans : un des jours de Ar-Ramadah, l’année de la grande sécheresse à Médine, il fut égorgé une jeune chamelle afin que sa viande soit distribuée aux gens, et la meilleure partie fut réservée pour ^Oumar sans qu’il ne le sache. Lorsque, après l’avoir cuisinée, on la lui a ramenée, il dit :
– « D’où provient cela ? »
– « Ô émir des croyants ! Cela provient de la chamelle que nous avons égorgée aujourd’hui », lui répondit-on.
– « Quel mauvais gouverneur je fais si, de la chamelle, je mange la meilleure partie alors que je donne aux gens ce qui est moins bon ».
Puis, il a ordonné à ce qu’on lui ramène du pain et de l’huile afin d’en faire sa nourriture : il trempait les bouts de pain dans l’huile. Ensuite, il dit à Yarfa’ son serviteur : « Yarfa’ prends ce grand récipient (dans lequel se trouvait la bonne viande) et envoie-le à telle famille à Bathmagh, (qui est un endroit à Médine), je ne les ai pas visités depuis trois jours et je crois qu’ils sont dans le besoin ; donne-le leur afin qu’ils en mangent ».
Pour ce qui est de son ascétisme, le fait qu’il n’avait pas le cœur attaché au bas monde, que Allah l’agrée, il y a beaucoup de récits rapportés. Comme ce qu’a rapporté Ibnou l-Jawziyy dans « Sifatou s–Safwah » : un jour notre maître ^Oumar, que Allah l’agrée, donna un discours aux gens, alors qu’il était calife. Il portait un pagne et sur ce pagne il y avait douze rouq^ah, pièces de retouche (c’est ce qu’on fixe sur un trou à un vêtement) et ‘Anas a dit que sur le vêtement qu’il portait aux épaules, il y en avait trois.
Il s’adonnait beaucoup aux actes d’adoration et il craignait beaucoup Allah.
D’après ^Abdou l-Lah, le fils de ^Oumar, que Allah les agrée tous les deux, son père disait : « Je crains, si un bélier meurt sur les rives du l’Euphrate, que Allah ne demande des comptes à ^Oumar », c’est-à-dire que par sa grande rigueur, il craignait qu’il arrive une chose sur laquelle il en aurait à rendre des comptes. Son grand souci était de gérer au mieux les affaires des Musulmans.
Il dit également : « ^Oumar est décédé en jeûnant les jours les uns à la suite des autres » c’est-à-dire qu’à la fin de sa vie, il jeûnait tous les jours, que Allah l’agrée.
D’après Sa^id fils de Al-Mousayyib il a dit : « ^Oumar aimait la prière en pleine nuit ».
Parmi les mérites de notre maître ^Oumar : il était présent lors de la bataille de Badr et également lors de toutes les autres batailles avec le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. Il fait partie des Compagnons qui ont persévéré et ont été au côté du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam lors de la bataille de ‘Ouhoud.
Que Allah l’agrée, parmi ses mérites : il était le premier à avoir ordonné à utiliser la datation par les mois lunaires à partir de l’année de l’Émigration du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. C’est lui qui a donc instauré le calendrier de l’Hégire. Il était le premier à avoir rassemblé les gens pour accomplir la prière de At-Tarawih derrière un seul imam, alors qu’auparavant chacun l’accomplissait seul. Il était également le premier à avoir veillé aux affaires des Musulmans pendant la nuit, c’est-à-dire à faire des inspections de nuit pour veiller sur les Musulmans. Il veillait à ce que les gens douteux ne leur nuisent pas. Il fut aussi le premier à avoir utilisé un bâton pour corriger les gens et le premier à avoir composé des répertoires pour l’état des Musulmans, dans lesquels étaient inscrites les affaires des gens. Il fut donc le premier à avoir utilisé des registres et également le premier à être surnommé l’Emir des Croyants.
L’éloge du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam en faveur de notre maitre ^Oumar
Il y a de nombreux hadith qui ont été rapportés faisant l’éloge de notre maître Al-Farouq, que Allah l’agrée, et montrant ses mérites et ses caractères louables. Parmi ces hadith, il y a des hadith dans lesquels le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a indiqué sa sincérité dans son adoration pour Allah ta^ala, sa rigueur et sa force pour défendre la religion agréée par Allah, pour défendre la Communauté Islamique et pour faire régner la justice entre les Musulmans. Parmi cela, il y a ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy et Mouslim que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit ^Oumar, que Allah l’agrée :
« والذي نفسي بيده ما لقيك الشيطان سالكًا فجًا إلا سلك فجًا غير فَجّك »
( wa l-la-dhi nafsi biyadihi ma laqiyaka ch-chaytanou salikan fajjan ‘illa salaka fajjan ghayra fajjik ).
« Par Celui Qui détient mon âme par Sa toute-puissance, le chaytan ne te rencontre pas un jour sur un chemin sans qu’il prenne un autre que le tien ! ». Et At-Tirmidhiyy ainsi que Ibnou Majah et Al-Hakim ont rapporté que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :
«أشد أمتي في أمر الله عمر »
( ‘achaddou ‘oummati fi ‘amri l-Lah ^Oumar )
Ce qui signifie : « ^Oumar fait partie de ceux qui, dans ma Communauté, ont le plus de rigueur au sujet de la Religion ».
Parmi les paroles qui ont été rapportées de lui que Allah l’agrée
Il a été rapporté de notre maître Al-Farouq que Allah l’agrée de nombreuses exhortations et des sagesses éminentes. Parmi cela sa parole que Allah l’agrée : « Rendez-vous des comptes avant d’avoir à en rendre. Et pesez vos actes avant qu’ils ne vous soient pesés. Votre jugement dans l’au-delà sera plus facile si vous vous rendez des comptes dans cette vie-là. Et embellissez-vous pour le jour de la grande exposition.
﴾ يومئذ تعرضون لا تخفى منكم خافية ﴿
سورة الحاقة / آية – 18
(Yawma‘idhin tou^radouna la takhfa minkoum khafiyah).
[sourat Al-Haqqah / 18]
ce qui signifie : « Ce jour-là vous serez exposés, rien de vous ne sera caché ».
Et dans ces propos, il y a une forte incitation à ce que l’esclave se demande des comptes à lui-même, et qu’il réfrène les passions de son âme. Qu’il l’empêche de suivre ses passions afin d’être sauvé dans son bas monde et dans son au-delà.
Parmi les paroles de Al-Farouq, que Allah l’agrée, également sa parole rapportée par Ibnou l-Jawziyy dans Manaqibou ^Oumar d’après Al-‘Ahnaf Ibnou Qays, il a dit : « Ô Ahnaf celui qui rit beaucoup, il n’inspire plus beaucoup le respect, et celui qui se réjouit, on se moquera de lui, et celui qui répète une chose, il sera connu par cette chose, et celui qui parle beaucoup, il risque beaucoup de dire des mauvaises paroles, et celui qui dit beaucoup de mauvaises paroles, il aura peu de pudeur, et celui qui aura peu de pudeur, il aura peu de scrupule, et celui qui a peu de scrupule, son cœur meurt. Voici ^Oumar que Allah l’agrée qui conseille de manière très pertinente et oriente vers ce qu’il convient d’avoir comme comportement. C’est-à-dire le fait d’être sérieux, de ne pas trop rire sans raison, de ne pas plaisanter beaucoup pour que le respect inspiré par la personne ne soit pas diminué. De la sorte, les gens profitent davantage de lui, et ses propos auront de l’effet sur eux quand il les guide et les oriente. En effet, le fait de beaucoup parler sans nécessité, sans intérêt, sans profit, ne comporte pas de bien. C’est pour cela qu’il convient que la personne raisonnable se surveille dans ce qu’elle dit et ce qu’elle fait.
Dans Manaqibou ^Oumar toujours de Ibnou l-Jawziyy, il est mentionné que ^Oumar a dit : « Ne pense pas du mal d’une parole qui est sortie de la bouche d’un musulman alors que tu peux lui trouver une explication en bien ». Tant que nous savons du bien sur la personne, nous en pensons du bien. Et Allah sait ce qu’il y a dans le for intérieur de chacun et ce que cachent les cœurs. Quant à nous, nous avons reçu l’ordre de penser du bien car Allah ^azza wa jall dit :
﴾ يا أيها الذين ءامنوا اجتنبوا كثيرا من الظن إن بعض الظن إثم ﴿
سورة الحجرات / آية – 12
(Ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou ‘ijtanibou kathiran mina dh–dhanni ‘inna ba^da dh–dhanni ‘ithm).
[sourat Al-Houjourat / 12]
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, évitez beaucoup le fait de penser du mal car dans certains cas c’est un péché ».
Dans ces propos également, il a dit : « Trois choses grâce auxquelles tu gagnes l’amour de ton frère : tu lui passes le salam lorsque tu le rencontres, tu lui laisses la place dans l’assemblée et tu l’appelles par l’appellation qu’il aime le plus ».
Cela a été cité par Ibnou l-Jawziyy dans Manaqibou ^Oumar avec d’autres termes. On comprend de ce conseil l’incitation de réunir ces trois caractéristiques car cela renforce les liens et l’unité, pour que la société soit fondée sur des bases saines et fortes.
Parmi ses sagesses étonnantes, il y a ce qu’a rapporté Al-‘Ahnaf Ibnou Qays : « Apprenez avant d’assurer les responsabilités », c’est-à-dire apprenez le fiqh et la science avant de rechercher le pouvoir, avant de devenir des maîtres pour les gens.
Et que l’on sache qu’il a été rapporté de ^Oumar également des paroles utiles dans la médecine, parmi lesquelles sa parole : « Gardez-vous de trop manger, car cela entraîne la paresse et réfrène d’accomplir la prière et cela nuit au corps. Recherchez ce qui est utile dans votre nourriture car vous éloignera du fait d’être gourmand, et c’est meilleur pour le corps et cela aide pour accomplir les actes d’adoration. Et la personne n’ira à sa perte que lorsqu’elle préfèrera ses désirs au détriment de sa religion ».
Et il a dit : « Gardez-vous de trop manger de viande car la viande peut avoir une addiction comme l’addiction au vin ». Et ^Oumar que Allah l’agrée a préféré ne pas trop manger de viande car cela comporte un signe de superflu.
Son décès
Son décès, que Allah l’agrée, a eu lieu la matinée du 27 de Dhou l-Hijjah de l’an 23 de l’Hégire. Alors qu’il dirigeait les gens dans la prière de as–Soubh, l’un des esclaves de Al Moughirah qui était surnommé Abou Lou’lou’ah (qui était mazdéen) était venu, et il l’a poignardé plusieurs fois avec un couteau en forme de Y, puis il s’enfuit en poignardant chaque personne qu’il croisait de droite et de gauche. Et lorsqu’il a vu qu’il ne pouvait pas s’échapper, il s’est poignardé et en est mort.
Avant que son âme sorte Al-Farouq que Allah l’agrée a demandé à son fils ^Abdou l-Lah qu’il fasse le compte de ses dettes et qu’il les rembourse à ses créanciers. Puis il lui dit : « Va voir ^A’ichah, que Allah l’agrée, et dis-lui que ^Oumar Ibnou l-Khattab demande l’autorisation d’être enterré avec ses deux compagnons. »
^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar est parti et lui a demandé l’autorisation, elle lui a répondu : « Je voulais me préserver cette place pour moi mais aujourd’hui je vais le préférer au détriment de moi-même ».
Et il fut enterré auprès du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et d’Abou Bakr As–Siddiq que Allah l’agrée.
Les faits remarquables de l’émir des croyants ^Oumar Ibnou l-Khattab que Allah l’agrée, ont atteint un haut niveau, de sorte que les savants, les historiens et les biographes citent des chapitres et des chapitres pour énumérer ses faits remarquables. Il y a parmi eux ceux qui ont composé des livres spécifiques pour énumérer les faits remarquables de sa vie comme Ibnou l-Jawziyy qui a énuméré ses mérites et ses caractères dans un très grand livre. Il y a aussi As-Souyoutiyy qui a composé un livre à lui qu’il a appelé Al-Ghourar fi fada’ili ^Oumar et beaucoup d’autres encore.
Biographies : Abou Bakr As-Siddiiq
Abou Bakr As–Siddiq le premier des califes vertueux
Sa biographie
Il est Abou Bakr As–Siddiq il s’appelle ^Abdou l-Lah Ibnou Abi Qouhafah ^Outhman Ibnou ^amir Al-Qourachiyy, il a été dit que dans la jahiliyyah il s’appelait ^Abdou l-Ka^bah et que le Messager – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – l’a appelé ^Abdou l-Lah. Son ascendance rejoint celle du Messager de Allah en la personne de Mourrah fils de Ka^b. Sa mère s’appelle ‘Oummou l-Khayr Salma et certains ont dit Layla fille de Sakhr fils de ^Amir et elle est la cousine paternelle de Abou Qouhafah.
Il est né trois ans environ après l’année dite de l’éléphant, il était de teint blanc, il avait un corps très mince, ses favoris n’étaient pas fournis, avait très peu de chaire sur le visage et son front était large. Il est rapporté par ‘Anas que Abou Bakr se teignait avec du henné et du katm (sorte de plante utilisée comme le henné pour la teinture).
Il faisait partie des dignitaires de Qouraych et de leurs savants. Il était indulgent, il inspirait le respect. Il était téméraire, il était courageux, patient, généreux et miséricordieux. Il est le plus généreux des compagnons et fut le premier homme à entrer en Islam ; il avait alors trente-sept ans. Il a vécu vingt-six ans dans l’Islam. Il lui a été fait un pacte d’allégeance, il fut désigné calife le jour du décès du Prophète – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – en l’an onze de l’hégire et les compagnons ont tous été unanimes sur son califat.
Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans le livre Sifatou s–Safwah qu’il a été appelé ^atiq, surnom au sujet duquel il y eut trois avis. Le premier rapporté de ^A’ichah qui a été interrogé au sujet de ce surnom ^atiq de Abou Bakr. Elle a dit : Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – l’a regardé un jour et a dit :
« هذا عتيق الله من النار »
( Hadha ^atiqou l-Lahi mina n-nar ).
Ce qui signifie : « Il est l’affranchi de Allah du feu de l’enfer ». Le deuxième serait que c’est un nom que sa mère lui avait donné, c’est ce qu’avait dit Mouça Ibnou Talhah. Et le troisième avis c’est qu’il fut appelé ainsi en raison de la beauté de son visage. Et c’est l’avis de Al-Layth Ibnou Sa^d.
Et le Prophète – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – l’a surnommé Siddiq. Il a dit :
« يكون بعدي إثنا عشر خليفة أبو بكر الصديق لا يلبث إلا قليلا »
( Yakounou ba^di ‘ithna ^achara khalifah Abou Bakr As–Siddiq la yalbathou illa kalilan ).
Ce qui signifie : « Viendra après moi douze califes, Abou Bakr As–Siddiq ne restera que peu ». Et ^Aliyy Ibnou Abi Talib jurait par Allah que Allah a fait descendre le surnom de Abou Bakr à du ciel. Fin de citation.
Al-Hakim a rapporté dans Al-Moustadrak, notre dame ^A’ichah a dit : « Les idolâtres sont venus voir Abou Bakr et lui ont dit : « Ton compagnon prétend qu’il a effectué un voyage durant la nuit jusqu’à Baytou l-Maqdis ». Il leur a dit : « Il a véritablement dit cela ? ». Ils lui ont dit : « Oui ». Il a dit : « Alors il dit vrai. Moi je le crois en d’autres sujets que cela. Je le crois en ce qui lui est révélé matin et soir ». Et c’est à partir de là qu’il fut surnommé As–Siddiq. Rapporté par As-Souyoutiyy dans Tarikhou l-khoulafa‘.
L’histoire de son entrée en Islam
Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans son livre Sifatou s–Safwah que le premier qui est entré en Islam fut Abou Bakr » et Ibnou ^Abbas dit : « Le premier à avoir fait la prière était Abou Bakr que Allah lui fasse miséricorde ».
Il est parvenu au sujet de son Islam, que Allah l’agrée qu’il vit un jour dans le rêve, alors qu’il était au pays de Ach-Cham, que le soleil et la lune étaient tombés sur ses genoux. Qu’il les avait pris par sa main et qu’il les avait serrés contre sa poitrine, et qu’il les a recouverts de sa cape. Puis il se réveilla de son sommeil. Il partit voir un rahib pour qu’il lui explique la vision qu’il a eu dans le rêve, et le rahib lui a dit : « D’où viens-tu ? ». Il lui répondit : « De la Mecque ». Il lui dit : « Qu’est-ce que tu fais ? ». Il lui répondit : « Du commerce ». Alors le rahib lui dit : «apparaîtra dans ton époque un homme appelé Mouhammad Al-‘Amin, tu vas le suivre et il est de la tribu de Banou Hachim, il est le Prophète des derniers temps et toi tu rentreras dans sa religion et tu seras son ministre et son calife après lui. J’ai trouvé sa description dans At-Tawrat et dans Az–Zabour. Quand notre maître Abou Bakr que Allah l’agrée entendit la description du Prophète – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – son cœur s’attendrit et il se languit de le voir.
Peu de temps après Abou Bakr, que Allah l’agrée, rencontra le Messager – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – et entra en Islam. Il fut ainsi le premier à entrer en Islam parmi les hommes.
Ses faits remarquables et ses mérites
D’après Asma‘ Bintou Abi Bakr que Allah l’agrée, on appela Abou Bakr et on lui dit : « Accours ! Rejoins ton compagnon ». Il sortit alors de chez nous et entra à la mosquée en disant : « Malheur à vous, vous voulez tué un homme parce qu’il dit Mon Seigneur c’est Allah alors qu’il vous a amené les preuves de la part de votre Dieu !! ». Il a dit : « C’est alors qu’ils se sont détournés du Messager de Allah et qu’ils se sont tournés vers Abou Bakr ». Abou Bakr est alors revenu vers nous et il a dit : « Tabarakta ya dha l-jalali wa l-ikram ». Et ceci a été rapporté par Ibnou-l Jawziyy dans Sifatou s–Safwah.
Les gens de science et de l’histoire et des conduites ont dit que notre maître Abou Bakr que Allah l’agrée était présent auprès du Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – lors de la bataille de Badr et de toute les batailles. Il est resté ferme auprès du Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – lors de la bataille de ‘Ouhoud. Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – lui a confié sa bannière, sa grande bannière le jour de Tabouk. Et quand il est rentré en Islam il possédait quarante mille dirham. Grâce à cet argent, il affranchissait les esclaves musulmans et il renforçait les musulmans. Il n’avait jamais bu du vin , ni dans la jahiliyyah ni dans l’Islam. Et il était le premier à avoir rassemblé le Qour’an.
Mouhammad Ibnou Ishaq a dit que sur ses mains cinq parmi les dix, qui avaient reçus l’annonce de bonne nouvelle qu’ils seraient au paradis, sont entrés en Islam il s’agit de : ^Outhman Ibnou ^Affan, Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah, Az–Zoubayr Ibnou l-^awwam, Sa^d Ibnou Abi Waqqas, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf que Allah les agrées.
Abou Bakr que Allah l’agrée était un homme qui pleurait facilement. Il ne retenait pas ses larmes quand il récitait le Qour’an et il était le meilleur des compagnons et le plus intelligent d’entre eux.
Parmi ses mérites que Allah l’agrée, il y a ce dont a témoigné ^Oumar Ibnou l-Khattab qui a rapporté : « Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – nous avait ordonné un jour de donner des aumônes et cela avait coïncidé avec de l’argent que je possédais. Je me suis dit aujourd’hui je vais faire mieux que Abou Bakr si jamais je peux faire mieux que lui un jour. J’ai ramené la moitié de mes biens, le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – m’a dit : « Ma abqayta li ahlik ? ». Ce qui signifie : « Qu’as tu laissé pour ta famille ? ». Je lui ai répondu : « La même chose ». Abou Bakr a ramené tout ce qu’il possédait. Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – lui a dit : « Ma abqayta li ahlik ? ». Ce qui signifie : « Qu’as tu laissé pour ta famille ? ». Il a répondu : « Je me fie à Allah » (« Je leur ai laissé Allah et Son messager »). J’ai dit je ne pourrai plus jamais faire mieux que lui ». Rapporté par At-Tirmidhiyy.
D’après Abou Hourayrah que Allah l’agrée, Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – a dit :
« ما نفعني مال قط ما نفعني مال أبي بكر »
( Ma nafa^ani maloun qatoun ma nafa^ani malou Abi Bakr ).
Ce qui signifie : « Il n’y a pas un bien qui m’a autant profité que le bien de Abou Bakr ». C’est alors qu’ Abou Bakr s’est mis à pleurer et il a dit : « Mais moi et mon argent nous sommes tout à toi Ô Messager de Allah ».
Et ‘Anas a dit lorsque ce fut la nuit de la grotte lors de l’émigration, Abou Bakr a dit : « Ô Messager de Allah laisse-moi entrer avant toi, s’il y a une vipère ou quelque chose elle m’atteindra avant toi ». Le Prophète lui a dit ce qui signifie : « Entre ». Abou Bakr entra et tâtonna avec ses mains et chaque fois qu’il trouvait un trou il le bouchait à l’aide d’une partie de son vêtement. Lorsqu’il eut utilisé toute sa cape, il a dit : il est resté un trou. Il mit alors son talon dessus pour le boucher puis il a fait entrer le Messager de Allah. Au matin le Prophète – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam– a dit : « Fa’ayna thawbouka ya Aba Bakr ». Ce qui signifie : « Ou est donc ta cape Ô Abou Bakr ? ». et il lui apprit ce qu’il avait fait alors le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam– leva les mains en disant ce qui signifie: « Ô Allah fais que Abou Bakr ait un haut degré avec moi au jour du jugement ». et Allah lui a révélé qu’Il l’a exaucé.
Rapporté par Abou Nou^aym dans Al-Hilyah – Tome 1 page 33.
Et d’après Az–Zouhriyy, il a dit : « Le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – a dit à Hassan Ibnou Thabit qui était un poète qui faisait de l’éloge : « ‘Aqoulta fi Abi Bakr chay’an ? ». Ce qui signifie : « As tu dis des vers d’éloge au sujet de Abou Bakr ? ». Haçan lui a dit : « Oui ». Le Prophète lui a dit : « Qoul wa ‘ana ‘asma^ ». Ce qui signifie : « Dis et moi je t’écoute ». Et Hassan a dit les deux vers de poésie qui signifient : « Il était le second de deux personnes dans la grotte alors que l’ennemi essayait de les rattraper et l’intensité de l’amour qu’il avait pour le Messager de Allah était telle, que les gens ont su que c’est un amour qu’aucune autre personne ne pouvait lui prodiguer ».
Alors le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – a souri au point que l’on voyait ses molaires. Puis il a dit : « Sadaqta ya Hassan houwa kama qoult ». Ce qui signifie : « Tu dis vrai ô Hassan il est véritablement comme tu l’a décris ». Rapporté par Ibnou l-Jawziyy dans Sifatou s–Safwah.
La piété de Abou Bakr, que Allah l’agrée
Ibnou l-Jawziyy a rapporté dans son livre « Sifatou s–Safwah », d’après Zayd bni ‘Arqam, que Abou Bakr As–Siddiq avait un esclave. Un soir, cet esclave lui ramena de la nourriture et en prit une bouchée quand l’esclave lui demanda : « Pourquoi ne m’interroge tu pas sur la provenance et l’origine de ce que je te ramène alors que c’est ce que tu fais chaque nuit habituellement ? ». Abou Bakr lui répondit : « C’est la faim qui m’a amené à agir ainsi, d’où provient cette nourriture ? ». Il lui dit : « Je suis passé auprès de gens de la jahiliyyah, je leur ai fais une rouqyah et ils m’avaient promis de me donner quelque chose en contrepartie. Et aujourd’hui je suis passé auprès d’eux, ils étaient en train de fêter un mariage et m’ont donné de leur nourriture. Abou Bakr dit : « Malheur à toi, tu risques de me mener à ma perte ». Il introduisit sa main dans sa bouche et provoqua le vomissement mais la bouchée qu’il avait avalée ne sortit pas. On lui dit : « Elle ne sortira que si tu bois de l’eau ». Il demanda alors qu’on lui apporte un verre d’eau et se mis à boire et à vomir jusqu’à faire sortir cette bouchée. On lui dit : « Que Allah te fasse miséricorde, tout cela à cause de cette bouchée ». Il dit : « Si elle ne sortait qu’avec mon âme, je l’aurais faite sortir car j’ai entendu le Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – dire :
« كل جسد نبت من سحت فالنّار أولى به »
( Koullou jasadin nabata min souhtin fan-narou awla bih ).
Ce qui signifie : « Tout corps qui prend chair à partir de ce qui est interdit, le feu en est prioritaire ». Et j’ai eu peur qu’une partie de mon corps ne pousse par la cause de cette bouchée». Et ceci est une preuve de sa grande piété, que Allah l’agrée.
Sa prise en charge du califat
Abou Bakr, que Allah l’agrée, reçut un pacte d’allégeance dans la maison de Bani Sa^idah le jour du décès du Messager de Allah. C’est-à-dire qu’il fut désigné comme calife. C’était le lundi douze nuits passées du mois de rabi^ou l-‘awwal de la onzième année après l’Emigration du Messager de Allah. En effet, lui, ^Oumar et certains compagnons partirent pour se concerter au sujet du califat. ^Oumar dit à Abou Bakr : « Tends-moi ta main ». Il lui tendit la main et ^Oumar la lui serra, indiquant par là un pacte d’allégeance. Par la suite ce fut les Mouhajiroun– ceux qui firent l’Emigration – puis les ‘Ansar – ceux qui accueillirent les Partisans, qui accueillirent les Emigrants à Médine- qui firent de même. En effet, ils lui firent aussi allégeance et désignèrent Abou Bakr en tant que calife. Le lendemain eut lieu le pacte d’allégeance général, c’est-à-dire devant tous les gens. Contrairement à ce que certains prétendent, certains égarés, Abou Bakr, n’a pas pris injustement le califat, il s’agissait d’un pacte fait par les plus grands compagnons comme ^Oumar et ceux qui sont comme lui parmi ceux qui ont émigré (également), les Partisans. Ce sont eux qui le désignèrent calife, c’est-à-dire des personnes à même de le faire, ayant un haut degré. C’est par la suite que les autres personnes le suivirent, ceux qui donnèrent l’exemple et firent, eux aussi, pacte d’allégeance au calife. Abou Bakr était connu comme étant le meilleur de cette communauté après le Prophète.
Hicham Ibnou ^Ourwah a rapporté de son père qu’il a dit : « Lorsque Abou Bakr a été désigné pour calife, il donna un discours, loua Allah par ce qui est digne de Lui et fit Son éloge par ce qui est digne de Lui puis il dit : « Ô, vous les gens j’ai été chargé de vous, de votre responsabilité mais je ne suis pas le meilleur d’entre vous mais Allah nous a fait descendre le Qour’an et le Prophète – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – nous a instauré les lois et nous avons ainsi eu la connaissance. Sachez que la plus intelligente des intelligences est la piété et que la plus stupide des stupidités est la perversité. De même, le plus fort d’entre vous pour moi est celui qui a été considéré par les autres comme faible jusqu’à ce que je lui rétablisse son droit, et le plus faible d’entre vous pour moi, est celui qui est considéré comme fort jusqu’à ce que je prenne de lui le droit qu’il a usurpé. Ô vous les gens je suis quelqu’un qui suit et je ne suis pas un [mauvais] innovateur. Si j’agis en bien aidez-moi et si je n’agis pas en bien alors corrigez-moi ». Fin de citation.
Comment il désigna ^Oumar Ibnou l-Khattab comme successeur, que Allah les agrée tous les deux
Ibnou Sa^d ainsi que Al-Hakim ont rapporté de Ibnou Mas^oud – le compagnon- qu’il a dit : « Les gens les plus inspirés au sujet des autres sont au nombre de trois : Abou Bakr lorsqu’il désigna pour successeur ^Oumar, l‘épouse de Mouça lorsqu’elle dit à son père : « Loue les services de Mouça » et Al-^Aziz, le dignitaire d’Egypte lorsqu’il fut inspiré au sujet de Youçouf et qu’il dit à son épouse : « Agis en bien envers lui ». C’est-à-dire que Abou Bakr était bien inspiré en désignant ^Oumar comme successeur.
Il a été rapporté de Abou Bakr que lorsqu’il sentit la mort proche, il appela ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et lui dit : « Parle-moi de ^Oumar Ibnou l-Khattab ». C’est alors que ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf lui dit : « Tu ne m’as jamais interrogé au sujet de quelque chose sans que tu aies plus de connaissance que moi à ce sujet». Alors Abou Bakr lui dit : « Même ». ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf dit: « Il est par Allah encore meilleur que ce que tu peux penser de lui ». Puis il appella ^Outhman Ibnou ^Affan et lui dit : « Parle-moi de ^Oumar ». C’est alors que ^Outhman lui dit : « Tu es celui qui le connaît plus que nous ». Il lui dit : « Malgré cela parle-moi de lui ». Alors ^Outhman lui dit: « Par Allah, ce que je sais de lui, c’est que son fort intérieur est meilleur que son apparence et qu’il n’y a pas semblable à lui parmi nous». Et il demanda également l’avis de Sa^id Ibnou Zayd et de ‘Ouçayd Ibnou l-Khoudayr et d’autres qu’eux parmi les Mouhajirin et les ‘Ansar ceux qui ont fait l’Emigration et les Partisans. Donc une concertation avec les compagnons ayant les plus hauts degrés eut lieu avant que Abou Bakr le désigne et ils furent unanimes à reconnaître le haut degré de ^Oumar que Allah l’agréé.
Ibnou ^Açakir a rapporté de Yasir Ibnou Hamzah qu’il a dit : « Lorsque Abou Bakr sentit la mort proche il s’adressa aux gens à partir d’une petite ouverture et leur dit : « Ô gens j’ai pris un engagement envers moi-même pour désigner quelqu’un, l’accepterez-vous ? » Alors les gens ont dit : « Nous l’accepterons, ô toi qui est le calife désigné par le Messager de Allah ». C’est alors que ^Aliyy s’est levé et dit : « Nous n’accepterons que si c’est ^Oumar ». Alors Abou Bakr lui a dit : « C’est ^Oumar ». Cela fut rapporté par As-Souyoutiyy dans son livre « Tarikh l-Khoulafa’». Certains disent qu’il y avait une rivalité entre ^Aliyy et ^Oumar mais ceci est faux, au contraire, c’était ^Aliyy qui avait suggéré à Abou Bakr que ce soit ^Oumar, que Allah l’agrée.
Son décès
Il tomba malade, que Allah l’agrée, et décéda en l’an 13 de l’hégire à l’âge de soixante-trois ans. Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours. Il fut enterré dans la maison de ^A’ichah sa tête au niveau des épaules du Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – , après qu’il ait recommandé cela. Médine a tremblé en pleurs et les gens étaient sous le choc suite à sa mort.
A sa mort, ^Aliyy Ibnou Abi Talib vint en pleurant, rapidement, jusqu’à arriver au niveau de la porte et il s’adressa à lui et lui dit : « Que Allah te fasse miséricorde Abou Bakr, tu étais par Allah le premier des gens à entrer en Islam, tu as cru en la véracité du Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – , alors que les gens l’avaient accusé de mensonge, tu as été généreux et tu l’as aidé avec ton argent lorsque gens ont fait preuve d’avarice, tu étais avec lui alors que les gens s’étaient désisté et Allah t’a appelé dans Son livre Siddiq par Sa parole :
« و الذي جاء بالصدق وصدّق به »
سورة الزمر / آية – 33
( Wa l-ladhi ja’a bis–sidqi wa saddaqa bihi )
Sourat Az–Zoumar/‘ayah 33.
Les spécialistes des biographies ont dit : « Abou Bakr décéda la nuit du mardi entre le temps de al-maghrib le temps de al-^icha’ huit nuits avant la fin de de Joumada al-‘akhirahde l’an 13 de l’hégire alors qu’il avait soixante-trois ans. Il avait recommandé que son épouse qui le lave et qu’il soit enterré aux côtés du Messager de Allah – salla l-Lahou ^alayhi wa sallam – . ^Oumar dirigea la prière funéraire en sa faveur entre la tombe et le minbar et ceux qui descendirent dans sa tombe furent son fils ^Abdou r-Rahman ainsi que ^Oumar, ^Outhman et Talhah Ibnou ^Oubaydi l-Lah.
As–Siddiq mourut et laissa comme descendance ^Abdou l-Lah, ‘Asma’ dhatou n-Nitaqayn, ^Abdou r-Rahman, ^A’ichah, Mouhammad et ‘Oummou Koulthoum.
Nous demandons à Allah ’Il nous rassemble avec le groupe des véridiques, qu’Il nous fasse persévérer à les suivre et qu’Il nous fasse mourir sur leur amour.
Conseil : ne pas trop manger
Voici ce qu’a dicté l’illustre savant,
Le Mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Harariyy
que Allah lui pardonne ainsi qu’à ses parents.
Suffisent au fils d’Adam, quelques bouchées pour maintenir son corps.
Il est connu que tous les Prophètes, ainsi que les saints veillaient à manger peu, sans pur autant entraîner de nuisance à leurs corps. En effet, le fait de manger peu au point de nuire au corps, est interdit.
Mais manger une petite quantité sans que cela ne nuise au corps, cela est digne d’éloge selon le jugement de Dieu. Ceci est la manière de vivre des Prophètes et des vertueux au sein de leur communauté.
Notre maître Mouhammad, que Dieu l’élève davantage en degré, était parmi ceux qui appliquaient le plus cette noble habitude. Il disait, que Dieu l’élève d’avantage en degré, ce qui signifie : « Le fils de ’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé, soient suffisantes au fils de ’Adam. S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
Sa parole, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : « Le fils d’Adam n’a pas rempli un récipient pire que son ventre. Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé … » veut dire un nombre de bouchées ne dépassant pas les dix. « Louqaymat -des bouchées-« c’est un pluriel, mais de faible nombre. Le pluriel de ce qui est peu, c’est ce qui est en-dessous de onze : la dizaine et ce qui est en-dessous.
Il a dit, que Dieu l’élève davantage en degré, ce qui signifie : «…Alors, que quelques bouchées pour maintenir son corps en bonne santé… » cela veut dire qu’elles entretiennent sa force et l’empêchent de faillir.
ce qui signifie « S’il ne peut vraiment pas se limiter à cela, alors qu’il consacre un tiers pour le repas, un tiers pour la boisson et un tiers pour l’air ».
C’est ainsi le Noble Prophète incitait à manger peu, et il était parmi ceux qui appliquaient le plus cette honorable manière.
Et il y a eu certains gens qui ont calomnié le Messager de Dieu. L’un d’entre eux a prétendu la sainteté et le soufisme, et il a prétendu qu’il est un petit prophète !
Ct-autre, Rajab Dib, a menti sur le Messager de Dieu, il a dit : (le prophète mangeait beaucoup de sucrerie, il mangeait beaucoup jusqu’à ce qu’il a eu des courbes dans son ventre et il a eu sur son cou il y a des plis).
Ce même Rajab Dib, calomnié sur le Messager de Dieu, qui est le plus parfait des prophètes, aussi bien physiquement que du point de vu comportement, en lui attribuant ce vilain mensonge vulgaire, comme quoi tellement il mangeait beaucoup, que cela lui aurait provoqué des plis.
En fait, c’est parce que cet homme est connu pour le fait de manger beaucoup, dont beaucoup des sucreries et de plats gras.
La confirmation que le Tawassoul est permis
بسم الله الرحمن الرحيم
Je commence par le nom de Allah
le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ
Louanges à Allah Seigneur des mondes,
que Allah honore et élève davantage en degré
notre maître Mouhammad et qu’Il préserve
sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle
La confirmation que le Tawassoul
–la supplication par le degré– par les prophètes et les saints est permis, et que ce n’est pas une forme d’association (chirk)
Sache qu’il n’y a pas de preuve véritable qui indique qu’il n’est pas permis de faire le tawassoul –la supplication par le degré– par les prophètes et les saints, aussi bien en leur absence qu’après leur mort, sous prétexte que cela serait une adoration d’autre que Allah. En effet, le simple fait d’appeler (nida’) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allah, ni le simple fait de glorifier (ta^dhim) ou de faire al-istighathah –la recherche du renfort– par autre que Allah. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk –la recherche des bénédictions– ne constitue pas une adoration d’autre que Allah. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allah. De même, la formule de al-isti^anah –demande d’aide– à autre que Allah ta^ala ne constitue pas une adoration d’autre que Allah. C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk –le fait d’attribuer des associés à Allah–, car la définition de l’adoration (al-^ibadah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. Pour eux, l’adoration (al-^ibadah) est l’obéissance avec la soumission (at-ta^ah ma^a l-khoudou^).
1 – Quelle est la signification de l’adoration (al-^ibadah) selon les spécialistes de la langue ?
L’adoration selon les spécialistes de la langue est l’obéissance avec la soumission (at–ta^ah ma^a l-khoudou^). Al-‘Azhariyy qui est l’un des grands spécialistes de la langue a dit dans le livre Tahdhibou l-Loughah en rapportant la parole de Az–Zajjaj qui est un des plus réputés d’entre eux : L’adoration (al-^ibadah) dans la langue arabe est l’obéissance avec la soumission (at–ta^ah ma^a l-khoudou^). Al-Farra’ a dit la même chose, tout comme cela a figuré dans Liçanou l-^Arab de Ibnou Mandhour. D’autres ont dit : La limite de la crainte et de la soumission (aqsa ghayati l-khouchou^i wa l-khoudou^). D’autres ont dit : c’est la limite de l’humilité (nihayatou t-tadhalloul), tout comme cela est compris de la parole de l’auteur de Charhou l-Qamous de Mourtada Az–Zabidiyy, le dernier des spécialistes de la langue. C’est cela qui est correct selon la langue (loughatan) et selon ce sur quoi se sont entendus et ce qu’ont convenu les gens (l’usage) –^ourf––.
2 – Quelle est la preuve que la simple humilité n’est pas une adoration d’autre que Allah ?
La simple humilité n’est pas une adoration d’autre que Allah, sinon tous ceux qui font preuve d’humilité devant les rois et les personnalités seraient mécréants ! Il a par ailleurs été confirmé que Mou^adh Ibnou Jabal, lorsqu’il était revenu de Ach-Cham –l’actuel Liban, Syrie, Palestine et Jordanie– s’était prosterné pour le Messager de Allah. Le Messager lui avait alors dit : (مَا هَذَا) (ma hadha ?) ce qui signifie : « Qu’est-ce que tu fais là ? » Il a répondu : « Ô Messager de Allah, j’ai vu les gens de Ach-Cham se prosterner pour leurs guides alors que toi tu mérites plus que l’on se prosterne pour toi ». Il lui a alors dit :
لا تَفْعَلْ، لَو كُنْتُ ءامرُ أَحدًا أَن يَسْجُدَ لأحَدٍ لأمَرتُ المَرأةَ أنْ تسْجُدَ لِزَوْجِها
(la taf^al. Law kountou ‘amourou ahadan ‘an yasjouda li’ahadin la’amartou l-mar’ata ‘an tasjouda lizawjiha)
[rapporté par Ibnou Hibban, Ibnou Majah et d’autres] ce qui signifie : « Ne fais plus cela. Si j’avais à ordonner à quelqu’un de se prosterner pour quelqu’un d’autre, j’aurai ordonné à la femme de se prosterner pour son époux ».
Le Messager de Allah r n’a pas déclaré Mou^adh mécréant. Il ne lui a pas dit : tu es devenu associateur (mouchrik) bien que sa prosternation pour le Prophète constituaît une grande forme d’humilité.
3 – Qu’est-ce que le tawassoul ?
Le tawassoul est demander à Allah l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait.
4 – Quelle est la signification de Sa parole ta^ala : )وابتغوا إليه الوسيلة( (wa btaghou ‘ilayhi l-wacilah) ?
Allah ta^ala dit :
)وابتغوا إليه الوسيلة(
(wa btaghou ‘ilayhi l-wacilah)
[sourat Al-Ma’idah] ce qui signifie : « Recherchez les causes pour avoir Son agrément ». C’est-à-dire tout ce qui vous rapproche de l’agrément de Allah, faites-le. C’est-à-dire ces causes. Prenez par les causes, Nous vous accorderons les effets. Nous vous réaliserons vos demandes grâce à ces causes. Cependant, Allah est tout-puissant à les réaliser même sans ces causes.
5 – Pourquoi disons-nous : (Allahoumma ‘inni ‘as’alouka bijahi Raçouli l-Lah) ou (bihourmati Raçouli l-Lah) (‘an taqdiya hajati wa toufarrija kourbati) « Ô Allah, je Te demande par le degré du Messager de Allah ou par le caractère sacré du Messager de Allah de me faciliter mon affaire et de me délivrer de mon tourment » ?
Allah soubhanahou wa ta^ala a fait que parmi les causes qui nous facilitent la réalisation de nos demandes, il y a le tawassoul par les prophètes et les saints, durant leur vie et après leur mort. Ainsi, nous demandons à Allah par leur degré, espérant par cela la réalisation de nos demandes. Nous disons alors : (Allahoumma ‘inni ‘as’alouka bijahi Raçouli l-Lah) ou (bihourmati Raçouli l-Lah) (‘an taqdiya hajati wa toufarrija kourbati) « Ô Allah, je Te demande par le degré du Messager de Allah ou par le caractère sacré du Messager de Allah de me faciliter mon affaire et de me délivrer de mon tourment » ou encore : (Allahoumma bijahi ^Abdi l-Qadir Al-Jilaniyy) « Ô Allah, je Te demande par le degré de ^Abdou l-Qadir Al-Jilaniyy » ou ce qui est de cet ordre. Cela est permis. Ce ne sont que les wahhabites qui ont interdit cela. Ils se sont ainsi singularisés de Ahlou s-Sounnah.
6 – Quelle est la signification de la parole de Allah ta^ala : (إيَّاك نعبُدُ) (‘iyyaka na^boudou) ?
L’Imam des spécialistes de la langue qui ont composé dans la langue des arabes, Al-Farra’ a dit : l’adoration (al-^ibadah) c’est l’obéissance avec la soumission (at–ta^ah ma^a l-khoudou^). C’est ainsi qu’ils ont expliqué la parole de Allah ta^ala : (إيَّاك نعبُدُ) (‘iyyaka na^boudou). Cela signifie : Nous T’obéissons de l’obéissance avec la soumission. La soumission signifie l’humilité (at-tadhalloul).
7 – Cite une preuve du caractère permis du tawassoul.
Parmi les preuves du caractère permis du tawassoul, il y a le hadith rapporté par At–Tabaraniyy et qu’il a jugé sûr (sahih). Il y a été rapporté que le Messager r a enseigné à l’homme aveugle de faire le tawassoul par lui r. L’homme est alors parti faire le tawassoul par le Prophète en son absence. Il est par la suite revenu à l’assemblée du Prophète en ayant recouvert la vue. Parmi les paroles que le Messager de Allah lui a apprises de dire, il y a :
اللهم إني أسألكَ وأتوجَّهُ إليك بنبيّكَ محمَّدٍ نبيّ الرّحمةِ يا محمَّدُ إنّي أتوجَّهُ بكَ إلى ربّي في حاجتي (ويسمّي حاجته) لِتُقضَى لي
(Allahoumma ‘inni ‘as’alouka wa ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyika Mouhammadin nabiyyi r-rahmah. Ya Mouhammad ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati –il la cite– litouqda li)
ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par Ton prophète Mouhammad le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur pour que mon affaire –il la cite– me soit réglée ».
8 – Quel est le hadith qui indique le caractère permis de faire le tawassoul par autre que celui qui est vivant et présent ?
Faire le tawassoul par les prophètes et les saints est permis en leur présence et en leur absence. Les appeler est permis en leur absence et en leur présence, tout comme l’indique les preuves selon la Loi.
Parmi les preuves du caractère permis du tawassoul, il y a le hadith rapporté par At–Tabaraniyy et qu’il a jugé sûr (sahih). Il y a été rapporté que le Messager r a enseigné à l’homme aveugle de faire le tawassoul par lui r. L’homme est alors parti faire le tawassoul par le Prophète en son absence. Il est par la suite revenu à l’assemblée du Prophète en ayant recouvert la vue. Parmi les paroles que le Messager de Allah lui a apprises de dire, il y a :
اللهم إني أسألكَ وأتوجَّهُ إليك بنبيّكَ محمَّدٍ نبيّ الرّحمةِ يا محمَّدُ إنّي أتوجَّهُ بكَ إلى ربّي في حاجتي (ويسمّي حاجته) لِتُقضَى لي
(Allahoumma ‘inni ‘as’alouka wa ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyika Mouhammadin nabiyyi r-rahmah. Ya Mouhammad ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati –il la cite– litouqda li)
ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par Ton prophète Mouhammad le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur pour que mon affaire –il la cite– me soit réglée ».
Par ce hadith, la prétention des wahhabites qu’il ne serait pas permis de faire le tawassoul sauf par celui qui est vivant et présent est donc caduque et infondée. En effet, cet homme aveugle n’était pas présent dans l’assemblée du Prophète lorsqu’il avait fait le tawassoul par le Messager de Allah. La preuve en est que celui qui a rapporté le hadith, à savoir ^Outhman Ibnou Hounayf avait dit dans ce qu’il a rapporté du hadith de l’homme aveugle :
فوالله ما تفرَّقنا ولا طَالَ بنا المجلسُ حتى دَخَلَ علينا الرجلُ وقد أَبصَر
(fawa l-Lahi ma tafarraqna wa la tala bina l-majliçou hatta dakhala ^alayna r-rajoulou wa qad absar)
ce qui signifie : « Par Allah, nous ne nous étions pas séparés et l’assemblée n’avait pas duré longtemps avant que l’homme ne revienne à nous en ayant recouvert la vue ».
Par sa parole (hatta dakhala ^alayna) – avant que l’homme ne revienne à nous –, nous avons su que cet homme n’était pas présent dans l’assemblée lorsqu’il avait fait le tawassoul par le Messager de Allah.
9 – Quelle est la preuve du caractère permis de faire le tawassoul par le Messager de Allah après sa mort ?
Pour ce qui est du caractère permis du tawassoul par le Messager de Allah après sa mort, il est déduit également du hadith de ^Outhman Ibnou Hounayf, rapporté par At–Tabaraniyy et qu’il a jugé sahih –sûr–. Dans ce hadith, il a enseigné à un homme qui voulait rencontrer notre maître ^Outhman Ibnou ^Affan lorsqu’il était Calife, afin qu’il lui règle une affaire. Il n’avait pas pu le rencontrer jusqu’à ce qu’il ait récité cette invocation. C’est alors que la rencontre a pu avoir lieu rapidement et notre maître ^Outhman Ibnou ^Affan lui a réglé son affaire.
10 – Quelle est la preuve du caractère permis de visiter les tombes des prophètes et des saints et l’infondé de la prétention de Ibnou Taymiyah que ce serait une visite associatrice ?
Ceux-là qui déclarent mécréant la personne du simple fait qu’elle a eu pour destination la tombe du Messager ou d’un saint, pour le tabarrouk –la recherche des bénédictions–, ceux-là ont ignoré la signification de l’adoration (^ibadah). Ils ont contredit la croyance qu’ont les musulmans. Les musulmans, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, ont depuis toujours visité la tombe du Prophète. Le sens de la visite n’est pas que le Messager leur créerait la bénédiction ! Mais le sens en est qu’ils espèrent que Allah leur crée la bénédiction (barakah) grâce à leur visite de sa tombe. La preuve pour cela est ce qu’a rapporté Al-Bayhaqiyy avec une chaîne de transmission sûre, d’après Malikou d-Dar –le Responsable du Trésor–, qui était le responsable du Trésor auprès de ^Oumar : les gens ont été atteints de famine. Pendant neuf mois, durant le califat de ^Oumar, la pluie ne tombait plus. Un compagnon était alors parti auprès de la tombe du Prophète r. Il a dit : (Ya Raçoula l-Lah, istasqi li’oummatika fa’innahoum qad halakou) ce qui signifie : « Ô Messager de Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils ont eu beaucoup de dégats ». L’homme a alors vu le Messager de Allah lui parler dans le rêve. Il lui a été dit : (‘aqri’ ^Oumara s-salama wa akhbirhou annahoum yousqawn) ce qui signifie : « Passe le salam à ^Oumar et dis-lui qu’ils recevront la pluie ». Il lui a également demandé de lui dire : (^alayka l-kayça l-kays) ce qui signifie : « Continue à faire des efforts pour servir la communauté ». L’homme est alors parti voir ^Oumar et lui a rapporté ce qu’il a fait et ce qu’il a vu. ^Oumar s’est alors mis à pleurer et a dit : (Ya Rabb, ma ‘alou ‘il-la ma ^ajazt) ce qui signifie : « Seigneur, je ferai tout ce qui est en ma capacité pour servir la communauté ».
Il a été rapporté au sujet de l’explication de ce hadith que l’homme en question était Bilal Ibnou l-Harith Al-Mouzaniyy, le compagnon.
Ainsi, ce compagnon avait eu pour destination la tombe du Messager pour le tabarrouk et ni ^Oumar ni autre que lui ne lui avait renié ce qu’il avait fait. La prétention de Ibnou Taymiyah que cette visite serait associatrice est donc infondée.
11 – Quelle est la signification de la parole du compagnon : (Ya Raçoula l-Lah, istasqi li’oummatika fa’innahoum qad halakou) qui signifie : «Ô Messager de Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils ont eu beaucoup de pertes » ?
La signification de sa parole (Ya Raçoula l-Lah, istasqi li’oummatika fa’innahoum qad halakou) est : Ô Messager de Allah, demande à Allah qu’Il accorde la pluie à ta communauté, car ils ont eu beaucoup de pertes et de dégats.
12 – Quelle est la signification de ce qui est parvenu dans le hadith : (‘aqri’ ^Oumara s-salama wa akhbirhou annahoum yousqawn) ?
Cela signifie : passe lui le salam de ma part et annonce-lui la nouvelle qu’ils vont recevoir la pluie. Par la suite, Allah ta^ala a fait que la pluie tombe tellement que cette année-là a été appelée ^Amou l-Fatq –l’année de l’abondance–, tant l’herbe a poussé abondamment et les troupeaux étaient devenus gras.
13 – Quelle est la signification de la parole du Messager (^alayka l-kayça l-kays) ?
Cela signifie : Continue à faire des efforts pour servir la communauté.
14 – Quelle est la signification de la parole de ^Oumar : (Ya Rabb, ma ‘alou ‘il-la ma ^ajazt) ?
Cela signifie : Je ne ferai pas défaillance sauf en cas d’incapacité. C’est-à-dire : je ferai tout mon possible pour le service de la communauté.
15 – Quelle réplique donner à certains wahhabites lorsqu’ils prétendent que Malikou d-Dar est quelqu’un d’inconnu ?
La parole (Malikou d-Dar est quelqu’un d’inconnu) est réfutée par le fait que ^Oumar ne prend pour la fonction de Responsable du Trésor que quelqu’un digne de confiance.
16 – Quelle réplique donner à certains wahhabites dans leur tentative d’affaiblir le hadith de Malikou d-Dar qui était le Responsable du Trésor auprès de ^Oumar ?
Leur tentative d’affaiblir ce hadith, après que le Hafidh Ibnou Hajar l’a confirmé comme sahih –sûr– n’est que diffamation et il convient de n’y accorder aucune considération.
On dit à celui qui a parlé ainsi : Tu n’as rien à dire après le classement en tant que sahih –sûr– fait par les Hafidh –mémorisateurs de hadith–. Tu n’as aucune part dans la science de la terminologie du hadith (istilah). De plus, classer comme sûr (tas–hih) ou comme faible (tad^if) est propre aux Hafidh. Tu sais bien que tu es loin de ce degré, de l’éloignement de la terre du ciel.
17 – Quelle réplique donner aux wahhabites que (al-istighathah –la recherche du renfort– par le Messager après sa mort est une forme d’association (chirk)) ?
Al-Bayhaqiyy a rapporté avec une chaîne de transmission sûre, d’après Malikou d-Dar –le Responsable du Trésor–, qui était le responsable du Trésor auprès de ^Oumar a dit : les gens ont été atteints de famine. Pendant neuf mois, durant le califat de ^Oumar, la pluie ne tombait plus. Un compagnon était alors parti auprès de la tombe du Prophète r. Il a dit : (Ya Raçoula l-Lah, istasqi li’oummatika fa’innahoum qad halakou) ce qui signifie : « Ô Messager de Allah, demande la pluie pour ta communauté, ils ont eu beaucoup de dégats ». L’homme a alors vu le Messager de Allah lui parler dans le rêve. Il lui a été dit : (‘aqri’ ^Oumara s-salama wa akhbirhou annahoum yousqawn) ce qui signifie : « Passe le salam à ^Oumar et dis-lui qu’ils recevront la pluie ». Il lui a également demandé de lui dire : (^alayka l-kayça l-kays) ce qui signifie : « Dis-lui aussi qu’il continue à faire des effort pour servir la communauté ». L’homme est parti alors voir ^Oumar et lui a rapporté ce qu’il a vu. ^Oumar s’est alors mis à pleurer et a dit : (Ya Rabb, ma ‘alou ‘il-la ma ^ajazt) ce qui signifie : Seigneur, je ferai tout ce qui est en ma capacité pour servir la communauté ».
Il a été rapporté au sujet de l’explication de ce hadith que l’homme en question est Bilal Ibnou l-Harith Al-Mouzaniyy, le compagnon.
Ce qui s’est produit là de la part de ce compagnon est une istighathah –demande de renfort– et un tawassoul –supplication par le degré–. Ce athar –fait rapporté– invalide la prétention des wahhabites que l’istighathah –recherche du renfort– par le Messager après sa mort serait une forme d’association.
18 – Qu’est-ce que le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy a dit au sujet du tawassoul, de l’istighathah, du tawajjouh et du tajawwouh ?
Le Hafidh –spécialiste de la mémorisation du hadith–, le Faqih –spécialiste de la jurisprudence–, le spécialiste de la langue Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy a dit que le tawassoul –supplication par le degré des êtres de vertu–, l’istighathah –la demande du renfort–, le tawajjouh –le fait de s’adresser par un être de vertu– et le tajawwouh –le fait de prendre le mérite d’un être de vertu pour cause– ont la même signification. Il a cité cela dans son livre Chifa’ou s-Saqam qu’il a composé pour répliquer à Ibnou Taymiyah qui a renié le caractère recommandé (sounnah) de voyager pour visiter la tombe du Messager et qui a interdit de raccourcir la prière durant ce voyage.
19 – Quelle est la preuve que c’est chose approuvée que de connaître les tombes des vertueux afin de les visiter et de les entretenir ?
Le Hafidh –spécialiste de la mémorisation du hadith– Waliyyou d-Din Al-^Iraqiyy a dit : Dans le hadith de Abou Hourayrah que Mouça a dit :
ربّ أَدْنِني مِنَ الأَرْضِ المُقَدَّسَةِ رَمْيَةً بِحَجرٍ
(rabbi adnini mina l-‘ardi l-mouqaddaçati ramyatan bihajar)
ce qui signifie : « Seigneur, rapproche-moi de la terre sacrée ne fut-ce de la distance d’un jet de pierre », et celui où le Prophète r a dit :
والله لَو أني عِندَهُ لأَريْتُكم قَبْرَهُ إلى جَنْبِ الطَّرِيقِ عِنْدَ الكَثِيْبِ الأحْمَرِ
(wa l-Lahi law ‘anni ^indahou la’araytoukoum qabrahou ‘ila janbi t–tariqi ^inda l-kathibi l-‘ahmar)
ce qui signifie : « Par Allah, si j’avais été auprès de lui, je vous aurai montré sa tombe : elle se trouve en bordure du chemin, près du monticule rougeâtre », il y a la preuve que c’est chose approuvée que de connaître les tombes des vertueux afin de les visiter et de les entretenir. Fin de citation
On comprend de la parole du Messager de Allah : (wa l-Lahi law ‘anni ^indahou la’araytoukoum qabrahou ‘ila janbi t–tariqi ^inda l-kathibi l-‘ahmar) au sujet de la tombe de Mouça ^alayhi s-salam et qui se trouve près de la ville de Ariha –Jéricho–, une allusion claire qu’il est requis de connaître les tombes des prophètes et des vertueux afin de rechercher d’eux les bénédictions (tabarrouk). C’est là l’habitude des illustres savants et c’est ce qu’ils ont indiqué par leurs textes.
20 – Qu’est-il recommandé de dire lors de la visite de la tombe du Messager de Allah r ?
L’Imam Abou l-Wafa Ibnou ^Aqil le hanbaliyy qui est l’un des piliers de l’école hanbaliyy a dit que parmi ce qu’il est recommandé de dire lors de la visite de la tombe du Messager de Allah r, il y a :
اللهم إنكَ قُلتَ في كتابِكَ لنبيّك صلى الله عليه وسلم:)ولو أنَّهم إذ ظلموا أنفسَهم جاءوك فاستغفروا اللهَ واستغفرَ لهم الرسولُ لوجدوا اللهَ توابًا رحيمًا( [سورة النساء]، وإنّي قد أتيتُ نبيَّكَ تائبًا مستغفرًا فأسألكَ أن تُوجِبَ لي المغفرةَ كما أوجَبتَهَا لمن أتاهُ في حياتِهِ، اللهم إني أتوجَّهُ إليكَ بنبيّكَ صلى الله عليه وسلم نبيّ الرّحمةِ، يا رسولَ الله إنّي أتوجَّهُ بكَ إلى ربّي ليغفرَ لي ذنوبي
(Allahoumma innaka qoulta fi kitabika linabiyyika salla l-Lahou ^alayhi wa sallam : wa law ‘annahoum ‘idh dhalamou ‘anfouçahoum ja’ouka fastaghfarou l-Laha wa staghfara lahoumou r-raçoulou lawajadou l-Laha tawwaban rahima. Wa ‘inni qad ‘ataytou nabiyyaka ta’iban moustaghfiran. Fa’as’alouka ‘an toujiba liya l-maghfirata kama ‘awjabtaha liman ‘atahou fi hayatihi. Allahoumma ‘inni ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyika salla l-Lahou ^alayhi wa sallama nabiyyi r-rahmah. Ya Raçoula l-Lah, ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi liyaghfira li dhounoubi)
ce qui signifie : « Ô Allah, Tu as certes dit dans Ton Livre à Ton Prophète r ce qui signifie : « Si, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils étaient venus à toi et avaient demandé à ce que Allah leur pardonne et que le Messager avait demandé à ce que Allah leur pardonne, ils auraient vu que Allah est Celui Qui accepte le repentir et Celui Qui est miséricordieux », et je suis venu à Ton Prophète en m’étant repenti et demandant le pardon. Je Te demande de me faire mériter le pardon, tout comme Tu l’as fait mériter à ceux qui sont venus à lui durant sa vie. Ô Allah, je m’adresse à Toi par Ton Prophète r, le prophète de la miséricorde. Ô Messager de Allah, je m’adresse par toi à mon Seigneur afin qu’Il me pardonne mes péchés ».
Après cela, comment certains osent-ils dire que la visite de la tombe du Prophète pour rechercher les bénédictions (tabarrouk) est une visite d’association !!! Combien ces gens-là sont loin de la vérité.
21 – Qu’est-ce que le Hafidh Sirajou d-Din Ibnou l-Moulaqqin a dit au sujet de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy ?
Un des Spécialistes de la mémorisation du hadith, –Hafidh–s’appelle le Hafidh Sirajou d-Din Ibnou l-Moulaqqin. Il est mort environ soixante ans après Ibnou Taymiyah. Il faisait partie des spécialistes de jurisprudence chafi^iyy. Il a parlé de lui-même dans son livre Tabaqatou l-‘Awliya’ . C’est un livre dans lequel il cite les biographies de saints du Salaf –les musulmans des trois premiers siècles de l’Hégire–et du Khalaf –les musulmans des siècles suivants–. Il y a dit : « Je suis parti auprès de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy plusieurs fois. L’affaire qui était difficile pour moi m’était réglée chaque fois que j’invoquais Allah auprès de sa tombe ». Il s’agit de Ma^rouf Al-Karkhiyy qui fait partie des saints distingués et réputés à Bagdad. Il est connu par les gens du commun tout comme par les savants. Ils ont pour destination sa tombe pour rechercher les bénédictions (tabarrouk).
22 – Qu’est-il parvenu de Al-Haçan Ibnou Ibrahim Al-Khallal au sujet du tawassoul et de la visite (de la tombe) ?
Le Hafidh Al-Khatib Al-Baghdadiyy a cité dans Tarikhou Baghdad d’après Al-Haçan Ibnou Ibrahim Al-Khallal qu’il a dit : « Je n’ai pas été confronté à une affaire et je ne suis pas parti à la tombe de Mouça Ibnou Ja^far pour faire le tawassoul par lui, sans que Allah ta^ala m’ait facilité ce que je désire ». Fin de citation
23 – Qu’est-ce qu’a dit Ibrahim Al-Harbiyy au sujet de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy ?
Le Hafidh Al-Khatib Al-Baghdadiyy a cité dans Tarikhou Baghdad d’après l’un des illustres savants du Salaf qui était contemporain à l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal et qui s’appelait Ibrahim Al-Harbiyy Abou ‘Is-haq. Il était Hafidh, spécialiste de jurisprudence (faqih) et Moujtahid. On l’assimilait à Ahmad Ibnou Hanbal. Ce dernier d’ailleurs envoyait son fils apprendre auprès de lui. Al-Baghdadiyy a rapporté de lui son hadith :
قبرُ معروفٍ التّرياقُ المجرَّبُ
(qabrou Ma^rouf : at-tiryaqou l-moujarrab)
ce qui signifie : « La tombe de Ma^rouf, c’est At-Tiryaq –un remède– qui a fait ses preuves ». At-Tiryaq est un médicament composé de plusieurs ingrédients, connu chez les anciens médecins pour ses nombreuses vertus. Al-Harbiyy a assimilé la tombe de Ma^rouf au Tiryaq pour ses nombreux bénéfices. C’est comme si Al-Harbiyy avait dit : Allez visiter la tombe de Ma^rouf par recherche des bénédictions par lui (tabarrouk) tant il est bénéfique.
24 – Qu’est-ce qu’a dit ^Oubaydou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman Ibnou Mouhammad Az–Zouhriyy au sujet de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy ?
Le Hafidh Al-Khatib Al-Baghdadiyy a cité dans Tarikhou Baghdad d’après ^Oubaydou l-Lah Ibnou ^Abdi r-Rahman Ibnou Mouhammad Az–Zouhriyy qu’il a dit : J’ai entendu mon père dire : « La tombe de Ma^rouf est expérimentée pour obtenir ce que l’on recherche. Il est dit que celui qui récite auprès de lui cent fois (Qoul houwa l-Lahou ‘ahad) [sourat Al-‘Ikhlas] puis qui demande à Allah ce qu’il veut, Allah lui accorde sa demande ».
25 – Qu’a dit Abou ^Abdi l-Lah Al-Mahamiliyy au sujet de la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy ?
Le Hafidh Al-Khatib Al-Baghdadiyy a cité dans Tarikhou Baghdad d’après Abou ^Abdi l-Lah Al-Mahamiliyy qu’il a dit : « Je connais la tombe de Ma^rouf Al-Karkhiyy depuis soixante-dix ans. Il n’y a pas eu un seul qui soit tourmenté qui l’a visitée sans que Allah l’ait soulagé ».
26 – Qu’est-il rapporté de Ach-Chafi^iyy qu’il disait au sujet de Abou Hanifah et de sa tombe ?
Il a été rapporté de Ach-Chafi^iyy qu’il disait : « Certes je fais le tabarrouk –la recherche des bénédictions– par Abou Hanifah et je me rends à sa tombe chaque jour –c’est-à-dire pour la visiter–. Lorsque je suis confronté à une affaire, j’accomplis deux rak^ah, je me rends auprès de sa tombe et je demande à Allah ta^ala ce dont j’ai besoin. Peu après, elle m’est réglée ».
27 – Qu’est-ce que le Hafidh Al-Jazariyy a dit au sujet des tombes des vertueux ?
Le Hafidh Al-Jazariyy qui est le Chaykh des spécialistes de la récitation et également un Hafidh du hadith a dit dans un livre à lui qu’il a appelé Al-Hisnou l-Hasin et aussi dans son Moukhtasar : « Parmi les endroits où sont exaucées les invocations, il y a les tombes des vertueux ». Fin de citation
Ce Hafidh est venu environ cent ans après Ibnou Taymiyah. Les savants ne lui ont pas renié ce qu’il a dit si ce n’est certaines personnes qui se sont singularisées en rejoignant ceux qui renient le tawassoul et qui font partie de ceux qui ont suivi Ibnou Taymiyah.
28 – Cite la parole de l’Imam Malik au Calife Al-Mansour lorsqu’il a accompli le pèlerinage et qu’il a visité la tombe du Prophète r.
Nous terminons cette partie par la parole de l’Imam Malik au Calife Al-Mansour qui avait demandé à Malik lors de son pèlerinage et lorsqu’il était parti visiter la tombe du Prophète r : « Ô Abou ^Abdi l-Lah, est-ce que je m’oriente vers la qiblah pour faire des invocations, ou je m’oriente vers le Messager de Allah r ? » Il lui a répondu : « Pourquoi détournerais-tu ton visage de lui, alors qu’il est ta wacilah –le moyen grâce auquel tu espères être exaucé– pour Allah ta^ala et la wacilah de ton père Adam ^alayhi s-salam ?! Oriente-toi plutôt vers lui et demande son intercession, Allah le fera intercéder». Le Qadi ^Iyad a mentionné cela dans son livre Ach-Chifa.
29 – Quelle est la preuve que le péché de la déclaration de mécréance lancée par les wahhabites à l’encontre des musulmans du simple fait qu’ils se rendent aux tombes des prophètes et des vertueux, tout en ayant pour croyance que les prophètes et les saints sont des causes seulement, que ce péché sera dans les livrets de Ibnou Taymiyah car il est le premier à avoir instauré et déclaré cela ?
Comment Ibnou Taymiyah a-t-il eu l’audace d’interdire cela et à déclarer associateur –polythéiste– celui qui fait cela ?! De plus, comment a-t-il eu l’audace de prétendre que ceci fait l’objet de l’accord des savants ?! S’il avait dit : c’est ce que je pense ou c’est ce que je crois, il n’aurait donné ainsi que son avis personnel. Mais il a fait croire aux gens que son propre avis fait l’objet d’un accord entre les savants, et ce pour duper les gens. Or, il sait bien qu’il n’en est pas ainsi ! Quelle graves conséquences que ce qui résulte des paroles de Ibnou Taymiyah comme le fait que les wahhabites déclarent mécréants les musulmans, du simple fait qu’ils partent visiter les tombes des prophètes et des vertueux, tout en ayant pour croyance que les prophètes et les saints sont de simples causes et qu’ils ne créent ni profit ni nuisance.
Ainsi, tout péché dans la déclaration de mécréance de ces musulmans sera dans le livre des actes de Ibnou Taymiyah car il était le premier à avoir instauré cela. Le Messager de Allah r a ainsi dit :
ومن سنَّ في الإسلامِ سنةً سيئةً فعليهِ وِزرُهَا ووزرُ من عَمِلَ بها من بعدِهِ لا ينقصُ من أوزَارِهم شىءٌ
(wa man sanna fi l-‘Islami sounnatan sayyi’atan, fa^alayhi wizrouha wawizrou man ^amila biha min ba^dihi la yanqousou min ‘awzarihim chay’)
[hadith mach-hour –réputé– rapporté par Mouslim et d’autres] ce qui signifie : « Celui qui instaure dans l’Islam une mauvaise innovation sera chargé de son péché et de celui de tous ceux qui la referont après lui, sans qu’il leur soit diminué quoi que ce soit de leurs péchés ».
30 – Cite ce qu’a cité le Chaykh Ahmad Dhakir des choses surprenantes de la déclaration des wahhabites de mécréance à l’encontre des musulmans.
Parmi les chose surprenantes de la déclaration des wahhabites de mécréance à l’encontre des musulmans, il y a ce qu’a cité le Chaykh Ahmad Dhakir qui a dit : « J’étais dans la région de Bani Ghamid au Hijaz assis sous un arbre, invoquant Allah, levant mes mains. C’est alors qu’un homme est venu vers moi et a dit à haute voix : Pourquoi tu adores cet arbre ?! » Ce reniement de la part de cet homme et sa déclaration de mécréance a pour origine la mauvaise pensée à l’égard des gens. Il l’a déclaré mécréant sans avoir entendu ce qu’il disait. Cela n’avait pas lieu dans les pays des musulmans avant l’apparition de Mouhamad Ibnou ^Abdi l-Wahhab dans la région de Najd du Hijaz. Ceux qui l’ont suivi ont augmenté en outrance et ils n’ont cessé d’augmenter en exagération et en outrance jusqu’à nos jours.
31 – Quelle est la preuve que al-isti^adhah –la recherche de la protection– par autre que Allah n’est pas de l’association ou chirk –polythéisme– ?
Ahmad a rapporté dans Al-Mousnad avec une chaîne de transmission haçan –bonne–, tout comme l’a dit le Hafidh Ibnou Hajar, que Al-Harith Ibnou Hassan Al-Bakriyy a dit au Messager de Allah r :
أَعُوذُ بالله ورَسُولِه أَن أَكُونَ كَوافِدِ عَادٍ
(‘a^oudhou bi l-Lahi wa Raçoulihi an ‘akouna kawafidi ^ad)
ce qui signifie : « Je recherche la préservation par Allah et Son Messager pour ne pas être comme l’émissaire de ^Ad ». Le hadith en entier est une preuve qui indique l’infondé de la parole des wahhabites : (la recherche de préservation (al-isti^adhah) par autre que Allah est du chirk –association–).
32 – Cite le récit de Al-Harith Ibn Hassan Al-Bakriyy lorsqu’il était venu auprès du Messager de Allah r et qu’il lui a dit : (‘a^oudhou bi l-Lahi wa Raçoulihi an ‘akouna kawafidi ^ad) ce qui signifie : « Je recherche la préservation par Allah et Son Messager pour ne pas être comme l’émissaire de ^Ad ».
Al-Harith Ibnou Hassan Al-Bakriyy a dit : « J’étais parti me plaindre de Al-^Ala’ Ibnou l-Hadramiyy au Messager de Allah r. J’étais passé par Ar-Rabdhah. J’y ai rencontré une vieille femme de la tribu de Bani Tamim qui n’avait aucune aide ni accompagnateur. Elle m’a alors dit : Ô toi esclave de Allah, j’ai une demande à faire au Messager de Allah r. Peux-tu m’emmener auprès de lui ? » Il a dit : « Je l’ai emmenée avec moi. Lorsque j’étais arrivé à Médine, j’ai trouvé la mosquée pleine de gens, une bannière noire flottait et Bilal armé de son épée devant le Messager de Allah r. J’ai demandé : qu’y a-t-il donc ? Ils m’ont répondu : Il veut envoyer ^Amr Ibnou l-^As combattre quelque part ». Il a dit : « Je m’étais assis ». Il a dit : « Il était rentré chez lui » ou bien « dans sa tente ». Il a dit : « J’ai demandé la permission d’entrer. Il m’a autorisé. J’étais entré. J’ai passé le salam. Il a dit :
هل كانَ بينكم وبينَ بني تميمٍ شىء
(hal kana baynakoum wa bayna bani tamim chay’)
ce qui signifie : « Y avait-il des problèmes entre vous et les Bani Tamim ? » J’ai répondu : Oui, et nous avions eu le dessus. Je suis par ailleurs passé par la région de Bani Tamim et j’ai rencontré une vieille femme qui n’avait aucun aide et qui m’a demandé de l’amener à toi. Elle est là derrière la porte en train d’attendre. Il lui a alors été donné l’autorisation et elle est entrée. Je lui ai dit : Ô Messager de Allah, si tu voulais laisser une frontière entre nous et la région de Bani Tamim, fais que ce soit la terre de Ad-Dahna’. C’est alors que la vieille femme s’est emportée et s’est exclamée : Ô Messager de Allah, à qui tu laisses alors tes proches de Moudar ? » Il a dit : « J’ai alors dit : Je suis tel celui qui a dit : une chèvre qui a transporté ce qui est la cause de sa mort ! J’ai amené cette femme avec moi sans savoir qu’elle serait un adversaire pour moi ! Je recherche la préservation par Allah et par Son Messager afin de ne pas être tel l’émissaire de ^Ad. Il a alors dit :
هيه وما وافدُ عادٍ
(Hih wa ma wafidou ^ad)
ce qui signifie : « Et quelle est donc l’histoire de l’émissaire de ^Ad ? ». Et il savait mieux que lui l’histoire, mais il cherchait à entendre cet homme la dire. J’ai dit : ^Ad ont eu à endurer une sécheresse. Ils ont alors envoyé un émissaire de leur tribu qui s’appelait Qil. Il était passé chez Mou^awiyah Ibnou Bakr Il a résidé chez lui pendant un mois durant lequel il lui donnait à boire du vin et deux femmes esclaves chantaient pour lui. Elles s’appelaient al-Jaradatan. Lorsque tout le mois s’était écoulé, il s’était dirigé vers la montagne de Tihamah, afin de demander à Allah la pluie pour son peuple. En effet, malgré leur association, ils glorifiaient La Mecque. Il a appelé : Ô Allah, Tu sais que je ne suis pas sorti pour rendre visite à un malade pour lui rechercher la guérison, ni un prisonnier que je rechercherais à libérer contre caution. Ô Allah, envoie la pluie à la tribu de ^Ad tout comme Tu la leur as toujours envoyée. C’est alors que sont passés auprès de lui des nuages noirs. Les nuages noirs sont habituellement porteurs de pluie. Il s’en était réjoui et s’est dit : maintenant, il va pleuvoir. Il a été appelé à partir du nuage –c’était un ange qui l’a appelé– en lui disant : Choisis un nuage. Il a montré un d’entre eux. Il a été appelé à partir de ce nuage-là : Prends ce nuages qui sera cendres grisâtres et qui ne laissera personne vivant de la tribu de ^Ad ». Il a dit : « Il m’a été rapporté qu’il ne leur a été envoyé que la part de vent qui passerait par ma bague que voici, tant qu’ils ont tous péri ». Abou Wa’il a dit : « Il a dit vrai ». C’est depuis, que lorsqu’un homme ou une femme envoyaient un émissaire pour une affaire, ils lui disaient : Ne sois pas comme l’émissaire de ^Ad ! Fin de citation
33 – Quelle est la preuve dans la parole de Al-Harith Ibnou Hassan Al-Bakriyy au Messager de Allah (‘a^oudhou bi l-Lahi wa Raçoulihi an ‘akouna kawafidi ^ad) qu’il est permis de rechercher la préservation par autre que Allah ?
Le point d’argument dans ce hadith est que le Messager n’a pas dit à Al-Harith : tu es devenu associateur lorsque tu as dit : (wa Raçoulihi) qui signifie (et par Son Messager), car tu as recherché la préservation par moi ! En effet, Al-Harith avait réuni la recherche de la préservation (al-isti^adhah) par le Messager avec la recherche de préservation par Allah. Celui par leQuel l’on recherche la préservation en réalité c’est Allah. Néanmoins, on recherche la préservation par le Messager dans le sens qu’il est une cause. Il s’est avéré pour Al-Harith que l’affaire de cette vieille femme était identique à la sienne. Lui, était venu demander au Messager une terre particulière. Elle avait de son côté la même demande au Messager. Lorsqu’il l’avait faite parvenir auprès du Messager, elle avait cité ce qu’elle avait dans son cœur. Le compagnon avait alors dit : (‘a^oudhou bi l-Lahi wa Raçoulihi an ‘akouna kawafidi ^ad) ce qui signifie : « Je recherche la préservation par Allah et Son Messager pour ne pas être comme l’émissaire de ^Ad ». C’est-à-dire je recherche la préservation par Allah d’être déçu dans l’espoir que j’avais. Cela veut dire que cette femme voulait me précéder pour obtenir ce qui représentait ce que je recherchais moi-même.
34 – Quelle réplique donner à celui qui dit : (Nous ne renions pas la recherche de la préservation (al-isti^anah) par le Messager durant sa vie et en sa présence, mais nous renions la recherche de préservation par lui, après sa mort) ?
La recherche de préservation a le même sens, qu’elle soit demandée à celui qui est vivant et présent ou absent. Comment se pourrait-il que la demander à celui qui est présent soit permis et que la demander à celui qui est absent soit du chirk –du polythéisme ou association– ?! Ceci est insensé. Le croyant, lorsqu’il recherche la préservation par un vivant ou un mort, il considère celui par lequel il recherche la préservation comme une cause. C’est-à-dire qu’il profitera à celui qui recherche par lui la préservation, si Allah le veut. En d’autres termes, si Allah a prédestiné qu’il lui profitera, il lui profitera. Dans ce sens-là, il n’y a pas de différence entre le fait que celui par lequel l’on recherche la préservation soit vivant et présent ou bien mort et absent. Ni celui qui est vivant et présent par lequel l’on recherche la préservation ne crée la préservation, ni même le mort. Allah ta^ala dit :
هل من خالقٍ غير الله
(hal min khaliqin ghayrou l-Lah)
ce qui signifie : « Il n’y a pas d’autre créateur que Allah ». Où est le sens de l’adoration en cela ?! N’est-ce pas que le sens de l’adoration selon la langue et la Loi, c’est la limite de l’humilité. Ô vous qui déclarez mécréante la communauté de bonne guidée sans raison, comprenez d’abord le sens de l’adoration (al-^ibadah) avant de parler.
35 – Cite une preuve à partir du hadith du caractère permis de rechercher la préservation par autre que Allah.
Il a été rapporté de Ibnou ^Abbas que le Messager de Allah r a dit :
إنَّ لله مَلائِكةً في الأرْضِ سِوَى الحَفَظَةِ يَكتُبونَ مَا يَسْقُطُ مِنْ وَرَقِ الشَّجَرِ فَإذَا أصَابَ أحدَكُم عَرْجَةٌ بأرْضٍ فَلاةٍ فلْيُنَادِ أعِيْنُوا عِبادَ الله
(‘inna li l-Lahi mala’ikatoun fi l-‘ardi siwa l-hafadhati yaktoubouna ma yasqoutou min waraqi ch-chajar. Fa’idha ‘asaba ahadakoum ^arjatoun fi ‘ardin falat, fa l-younadi : ‘a^inou ^ibada l-Lah)
[rapporté par At–Tabaraniyy] ce qui signifie : « Certes, Allah a des anges qui se déplacent sur terre, autres que les anges protecteurs, qui notent ce qui tombe comme feuilles des arbres. Si jamais il arrive à l’un d’entre vous une mésaventure dans une région inhabitée, qu’il dise : Aidez, esclaves de Allah ».
Le Hafidh Al-Haythamiyy a dit : les hommes qui composent sa chaîne de transmission sont du degré du thiqah –digne de confiance–.
Ce hadith comporte la preuve claire du caractère permis de la recherche du renfort (al-istighathah) par autre que Allah. Le Prophète nous y a enseigné, lorsque l’un d’entre nous a un problème dans une terre déserte, de dire : (Ya ^Ibada l-Lahi ‘a^inou) ce qui signifie : « Ô esclaves de Allah, aidez-moi ». Ceci lui sera utile. Ce hadith a été jugé haçan –bon– par le Hafidh Ibnou Hajar. Le texte de ce hadith tel que l’a mentionné le Hafidh Ibnou Hajar dans Al-‘Amaliyy d’après Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, est que le Prophète r a dit :
إنَّ لله ملائكةً سِوَى الحفظَةِ سَيَّاحينَ في الفَلاةِ يكتبونَ ما يسقُطُ من وَرَقِ الشَّجَرِ فإذا أصابَ أحدكُم عرجةٌ في فلاةٍ فَليُنَادِ يا عبادَ الله أعينوا
(‘inna li l-Lahi mala’ikatoun siwa l-hafadhati sayyahina fi l-falat yaktoubouna ma yasqoutou min waraqi ch-chajar. Fa’idha ‘asaba ahadakoum ^arjatoun fi falatin, fa l-younadi : Ya ^ibada l-Lahi, ‘a^inou)
ce qui signifie : « Certes, Allah a des anges, autres que les anges protecteurs qui circulent dans les régions inhabitées et qui inscrivent les feuilles qui tombent des arbres. Si jamais il arrive à l’un d’entre vous une mésaventure dans une région inhabitée, qu’il dise : Ô esclaves de Allah, aidez-moi ».
Allah ta^ala fait entendre l’appel de cette personne à ces anges chargés d’écrire ce qui tombe parmi les feuilles des arbres dans les régions inhabitées et ce, même si elle se trouve à une longue distance d’eux. Le roi qui est présent et vivant, si on demande son renfort, en lui disant : Ô toi mon roi, Untel a été injuste envers moi, sauve-moi, ou bien Ô notre roi, une famine nous a atteint, sauve-nous, ce roi-là ne sauve et ne vient en renfort que par la volonté de Allah. De même, ces anges ne viennent en renfort que par la volonté de Allah. De même, les saints et les prophètes, si quelqu’un recherche leur renfort après leur mort, ils viendront en renfort par la volonté de Allah. Donc, ils sont des causes. Les deux cas sont permis.
36 – Ibnou Taymiyah a dit : (la parole aghithni Ya Raçoula l-Lah –viens en renfort pour moi Ô Messager de Allah– est du chirk –acte de polythéisme ou d’association– si c’est en son absence ou après sa mort). Quelle réplique donner à Ibnou Taymiyah et aux wahhabites qui disent : (Pourquoi tu recherches le renfort par autre que Allah, Allah n’a pas besoin d’intermédiaire ?) ?
Ibnou Taymiyah dit : (la parole aghithni Ya Raçoula l-Lah –viens en renfort pour moi Ô Messager de Allah– est du chirk –acte de polythéisme ou d’association– si c’est en son absence ou après sa mort). Selon lui, il n’est permis de faire le tawassoul que par celui qui est vivant et présent. Ibnou Taymiyah et les wahhabites disent : (Pourquoi tu recherches le renfort par autre que Allah, Allah n’a pas besoin d’intermédiaire ?) Il leur est dit pour leur répliquer : Allah ta^ala n’a également pas besoin du roi pour qu’il vienne en renfort à toi. Les anges également, Allah n’en a pas besoin pour qu’ils viennent en renfort à toi. Combien Ibnou Taymiyah et ceux qui l’ont suivi sont loin de la vérité lorsqu’ils ont posé des conditions pour la validité de la recherche du renfort (al-istighathah) et la recherche de l’aide (al-isti^anah) par autre que Allah, des conditions qui ne figurent ni dans le Livre de Allah ni dans la Tradition du Messager de Allah. Or toute condition qui ne figure pas dans le Livre de Allah est infondée, même s’il s’agit de cent conditions.
Par ailleurs, ce qui encore plus étonnant, c’est qu’il a été confirmé de Ibnou Taymiyah deux choses contradictoires : d’une part sa parole qui est connue de lui d’interdiction de la demande du renfort par autre que le vivant et présent. D’autre part, il a déclaré explicitement dans son livre Al-Kalimou t–Tayyib qu’il approuvait de dire lorsque l’on est atteint d’une quasi-paralysie à la jambe : (Ya Mouhammad) qui signifie : « Ô Mouhammad ». Son livre Al-Kalimou t–Tayyib est confirmé comme étant de sa composition. Ce qu’il y a confirmé dans ce livre-là c’est ce qui est en accord avec les actes des musulmans, le Salaf et le Khalaf. Quant aux assimilateurs de cette époque, les wahhabites qui suivent Ibnou Taymiyah, ils sont unanimes à dire que la parole (Ya Mouhammad) qui signifie : « Ô Mouhammad » est du chirk –polythéisme et association– et de la mécréance !
37 – Quelle est la preuve que le mort est utile après sa mort ?
Le Messager de Allah r a dit :
حَياتِي خَيْرٌ لَكُم ومَمَاتي خَيرٌ لَكُم تُحْدِثُونَ ويُحْدَثُ لَكُم، وَوفَاتي خَيرٌ لَكُم تُعْرَضُ عَليَّ أعْمالُكُم فَما رَأيتُ مِنْ خَيْرٍ حَمِدْتُ الله علَيهِ وما رأيتُ مِنْ شَرّ استَغْفَرْتُ لَكُم
(hayati khayroun lakoum wa mamati khayroun lakoum touhdithouna wa youhdathou lakoum. Wa wafati khayroun lakoum tou^radou ^alayya ‘a^maloukoum fama ra’aytou min khayrin hamidtou l-Laha ^alayh ; wa ma ra’aytou min charrin istaghfartou lakoum)
[rapporté par Al-Bazzar et ses hommes sont du degré du sahih] ce qui signifie : « Ma vie est un bien pour vous et ma mort est un bien pour vous : vous agissez et vous recevez alors le jugement par ce qui m’est révélé. Ma mort est un bien pour vous : vos actes me seront exposés. Ce que j’en trouve comme bien, j’en remercie Allah et pour ce que j’en trouve mauvais, je demande le pardon en votre faveur ».
Ce hadith indique que le Prophète est utile après sa mort, contrairement aux wahhabites qui disent que nul n’est utile après sa mort. En effet, lorsqu’il a dit r : (wa mamati khayroun lakoum) qui signifie : « ma mort est un bien pour vous », il nous a fait comprendre qu’il nous est utile après sa mort également par la volonté de Allah ^azza wa jall. Ce fut également le cas de Mouça ^alayhi s-salam qui nous a été utile la nuit de l’ascension (al-mi^raj). Lorsqu’il avait interrogé le Prophète r : « Qu’est-ce que Allah a ordonné à ta communauté ? » Il lui a répondu : (خمسينَ صلاةً) (khamsina salatan) qui signifie : « cinquante prières ». Il lui a dit : « Retourne et demande l’allègement. J’ai certes expérimenté les fils de Isra’il ! Il leur a été ordonné deux prières et ils ne les ont pas accomplies ». Il est retourné et a demandé l’allègement, une fois après l’autre. A chaque fois, Mouça ^alayhi s-salam lui disait : « Retourne et demande l’allègement », jusqu’à ce qu’elles deviennent cinq prières avec la récompense de cinquante. Est-ce que quelqu’un de raisonnable va douter de l’utilité de Mouça ^alayhi s-salam pour cette communauté, par ce grand profit. Mouça était décédé plus de mille années avant la nuit de l’ascension. Ceci est un acte qui a eu lieu après sa mort, et par lequel il a profité à la communauté de Mouhammad r.
Pour ce qui est de sa parole r : (touhdithouna wa youhdathou lakoum), elle signifie : vous agissez et par la suite, le jugement vous est donné par la révélation au Messager de Allah.
Puis le Prophète r insiste sur son profit à sa communauté, après sa mort par sa parole : (Wa wafati khayroun lakoum tou^radou ^alayya ‘a^maloukoum fama ra’aytou min khayrin hamidtou l-Laha ^alayh ; wa ma ra’aytou min charrin istaghfartou lakoum) qui signifie : « Ma mort est un bien pour vous : vos actes me seront exposés. Ce que j’en trouve comme bien, j’en remercie Allah et pour ce que j’en trouve mauvais, je demande le pardon en votre faveur ».
38 – Quelle est la preuve de l’infondé de la parole de Ibnou Taymiyah : (Il n’est permis de faire le tawassoul que par celui qui est vivant et présent) ?
At–Tabaraniyy a rapporté dans ses deux Mou^jam : Al-Kabir et As–Saghir d’après ^Outhman Ibnou Hounayf, qu’un homme essayait de voir ^Outhman Ibnou ^Affan sans succès. ^Outhman ne s’occupait pas de lui et ne lui réglait pas son affaire. Il a alors rencontré ^Outhman Ibnou Hounayf à qui il s’est plaint. Il lui a alors dit : Va à l’endroit où l’on fait le woudou’, fais ton woudou’, puis accomplis deux rak^ah et dis :
اللّهُمَّ إنّي أسْألُكَ وأتَوَجَّهُ إلَيكَ بنَبِيّنا محمّدٍ نَبيّ الرَّحْمةِ، يَا مُحَمَّدُ إنِيّ أتَوجَّهُ بكَ إلى رَبي في حَاجَتِي لتُقْضَى لي، ثمَّ رُحْ حتَّى أرُوْحَ مَعَكَ
(Allahoumma ‘inni ‘as’alouka wa ‘atawajjahou ‘ilayka binabiyyina Mouhammadin nabiyyi r-rahmah. Ya Mouhammad ‘inni ‘atawajjahou bika ‘ila Rabbi fi hajati –il la cite– litouqda li, thoumma rouh hatta ‘arouha ma^ak)
ce qui signifie : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par notre prophète Mouhammad le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur pour que mon affaire –il la cite– me soit réglée. Puis vas-y, je viendrai avec toi ». L’homme a fait ce qu’il lui a dit de faire. Il s’est alors dirigé vers la porte de ^Outhman. Le portier l’a pris par la main, il l’a fait entrer et asseoir sur le tapis de ^Outhman Ibnou ^Affan. Il lui a dit : Quelle est ton affaire ? Il lui a cité son affaire. Il la lui a réglée et a dit : Je ne m’en suis rappelé que maintenant. Il est alors sorti de chez lui et a de nouveau rencontré ^Outhman Ibnou Hounayf. Il lui a alors dit : Que Allah te rétribue en bien ! Il ne m’a réglé mon affaire qu’après que tu lui ais parlé à mon sujet. C’est alors que ^Outhman Ibnou Hounayf a dit : Par Allah je ne lui ai pas parlé de toi. Mais j’ai été témoin du Messager de Allah r lorsqu’un homme aveugle était venu à lui se plaindre de la perte de sa vue. Il lui a alors dit :
إن شِئْتَ صَبَرْتَ وإنْ شِئْتَ دَعَوْتُ لكَ
(in chi’ta sabarta wa ‘in chi’ta da^awtou lak)
ce qui signifie : « Si tu veux tu patientes et si tu veux je fais des invocations pour toi ». Il lui a répondu : Ô Messager de Allah, la perte de la vue m’est éprouvante et je n’ai personne pour me guider. Il lui a alors dit :
ائتِ المِيْضَأةَ فتَوضَّأ وصَلّ ركعتينِ ثمّ قلْ هؤلاءِ الكَلماتِ
(iti l-mida’ah fatawadda’ wa salli rak^atayn thoumma qoul ha’oula’i l-kalimat)
ce qui signifie : « Va à l’endroit où l’on fait le woudou’ puis accomplis deux rak^ah et dis ces paroles ». ^Outhman Ibnou Hounayf a dit :
ففَعلَ الرجُلُ ما قَال، فوَالله مَا تَفَرَّقْنا ولا طالَ بِنا المجْلِسُ حَتّى دخَلَ علَيْنا الرّجُلُ وقَد أبْصَرَ كأنَّهُ لَم يكنْ بهِ ضُرٌّ قَطُّ
(fafa^ala r-rajoulou ma qal. Fawa l-Lahi ma tafarraqna wa la tala bina l-majliçou hatta dakhala ^alayna r-rajoulou wa qad absara ka’annahou lam yakoun bihi dourroun qatt)
ce qui signifie : « L’homme a fait ce qu’il lui a dit de faire. Par Allah, nous ne nous étions pas séparés et l’assemblée n’avait pas duré longtemps avant que l’homme ne revienne à nous en ayant recouvert la vue, comme s’il n’avait jamais eu de mal ».
At–Tabaraniyy a dit dans son Mou^jam : « Le hadith est sahih ». Or At–Tabaraniyy n’a pas pour habitude de déclarer sahih un hadith bien que son livre Al-Mou^jam Al-Kabir soit très volumineux. Il n’a pas dit d’un seul hadith qu’il a rapporté et même s’il était sahih : « le hadith est sahih » si ce n’est ce hadith-là ! Il l’a également rapporté dans son petit Mou^jam (Al-Mou^jam As-Saghir).
Il comporte la preuve que cet homme aveugle a fait le tawassoul par le Prophète mais pas en sa présence. La preuve en est la parole de ^Outhman Ibnou Hounayf : (hatta dakhala ^alayna r-rajoulou) qui signifie : « avant que l’homme ne revienne à nous ». Il comporte également la preuve que le tawassoul par le Prophète est permis durant sa vie et après sa mort. La parole de Ibnou Taymiyah : (le tawassoul n’est permis que par celui qui est vivant et présent) est donc infondée. Toute condition qui ne figure pas dans le Livre de Allah est infondée, même s’il s’agit de mille conditions.
Ce hadith comporte la preuve claire du caractère permis du tawassoul par le Prophète durant sa vie, après sa mort, en sa présence ou pas.
39 – Quelle est la preuve que la parole de Ibnou Taymiyah : (le tawassoul évoqué dans le hadith de l’homme aveugle n’est pas un tawassoul par le Prophète-même mais plutôt un tawassoul par ses invocations) est bien contraire aux fondements de la croyance ?
La parole de Ibnou Taymiyah : (le tawassoul évoqué dans le hadith de l’homme aveugle n’est pas un tawassoul par le Prophète-même mais plutôt un tawassoul par ses invocations) est une prétention infondée. En effet, le tawassoul est une des sortes de tabarrouk –recherche des bénédictions–. Le Messager, son être est béni, ses traces, c’est-à-dire ses cheveux, ses ongles, l’eau qu’il a utilisée pour son woudou’, ses expectorations et sa salive, sont tous bénis. Il y avait parmi les compagnons qui recherchaient les bénédictions par cela, tout comme cela est parvenu dans le Sahih. Cette parole de Ibnou Taymiyah est comme si les compagnons ne connaissaient pas la réalité et qu’ils étaient ignorants. Or ce qu’il a dit est contraire aux fondements de la croyance. Les savants spécialistes des fondements de la croyance ne procédaient au ta’wil –l’interprétation par un autre sens que le sens apparent– que s’il y avait une preuve catégorique selon la raison ou selon un texte authentique. Mais la parole de Ibnou Taymiyah signifie qu’il faut considérer comme s’il y avait supposition (taqdir) d’un mot omis. Selon leur prétention, l’invocation serait : « Ô Allah, je Te demande et je m’adresse à Toi par l’invocation de notre prophète » et aussi l’invocation : « Ô Mouhammad, je m’adresse par toi à mon Seigneur » est supposée (taqdir) : « Ô Mouhammad, je m’adresse par ton invocation à mon Seigneur ».
Or à l’origine, il n’y a pas de supposition (taqdir) de mot omis dans les textes. On n’envisage la supposition (taqdir) d’un mot omis que s’il y a une preuve. Ceci est chose connue chez les savants des fondements. Ibnou Taymiyah aimait la singularité et la violation de l’Unanimité, tant il était imbu de lui-même.
40 – Pourquoi Abou Hayyan Al-‘Andalouciyy s’est-il détourné de Ibnou Taymiyah après qu’il l’a aimé et qu’il a fait son éloge ?
Ibnou Taymiyah, son amiration de sa propre personne était tellement excessive que lorsque fut évoquée, en sa présence, une question de grammaire arabe et qu’il lui a été dit : c’est ainsi qu’a dit Sibawayh, il a alors répondu: Sibawayh est menteur. Que représente Ibnou Taymiyah dans la grammaire arabe (nahw) pour démentir ainsi l’Imam du Nahw du fait qu’il a contredit son avis ! Mais ceci est moins grave que sa prétention que ^Aliyy Ibnou Abi Talib se soit trompé dans dix-sept questions !
C’est pour cela que Abou Hayyan Al-‘Andalouciyy s’est détourné de lui après l’avoir aimé et fait son éloge par un poème, lorsqu’il a su qu’il accusait Sibawayh de mensonge. Lorsqu’il a vu son livre qu’il a nommé Kitabou l-^Arch et dans lequel il a cité que Allah était assis sur le Koursiyy –Piédestal– et qu’Il aurait laissé une place libre pour y faire asseoir le Messager, il l’a davantage détesté et s’était mis à le maudire jusqu’à sa mort. C’est le Hafidh Mouhammad Mourtada Az–Zabidiyy qui l’a mentionné. Abou Hayyan est un imam dans les récitations du Qour’an, dans la grammaire arabe (nahw) et dans le Tafsir –Exégèse–.
41 – Pourquoi est-ce que Adh-Dhahabiyy a décri Ibnou Taymiyah dans son livre Bayanou Zoughli l-^Ilmi wa t–Talab que « ce qui l’a perdu, c’est l’excès de recherche du leadership et le mépris des personnages honorables » ?
Adh-Dhahabiyy a décrit Ibnou Taymiyah dans son livre Bayanou Zoughli l-^Ilmi wa t–Talab que « ce qui l’a perdu, c’est l’excès de recherche du leadership et le mépris des personnages honorables ». Ce que Adh-Dhahabiyy a dit est vrai. Ibnou Taymiyah a effectivement rabaissé notre maître ^Aliyy lorsqu’il a dit que les guerres qu’il a menées n’ont pas été utiles pour les musulmans mais qu’elles leur ont été préjudiciables pour leur religion et leur bas-monde. Il l’a également rabaissé lorsqu’il a dit que le combat à ses côtés n’était ni obligatoire ni recommandé. Or Ibnou Taymiyah sait pertinemment que Allah ta^ala dit :
)يَا أَيُّهَا الَّذِينَ ءامَنُواْ أَطِيعُواْ اللهَ وَأَطِيعُواْ الرَّسُولَ وَأُوْلِي الأَمْرِ مِنكُمْ(
(Ya ‘ayyouha l-ladhina amanou ‘ati^ou l-Laha wa ‘ati^ou r-raçoula wa ‘ouli l-‘amri minkoum)
ce qui signifie : « Ô vous qui avez cru, obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux qui sont responsables de vous ». ^Aliyy est concerné par cette ayah. Plus encore, il est le premier à avoir obéi à l’ordre compris dans cette ayah. Il a ainsi combattu ceux qui s’étaient rebellés contre lui. Ahlou s-Sounnah ont été unanimes à dire que ^Aliyy était en droit de combattre lors des trois batailles : La bataille de al-jamal, la bataille de Siffin et la bataille de An-Nahrawan. Ce qui confirme cela, c’est le hadith du Messager de Allah :
إن منكمْ من يقاتِلُ على تأويلِهِ كما قاتلتُ على تَنْزِيله
(inna minkoum man youqatilou ^ala ta’wilihi kama qataltou ^ala tanzilihi)
ce qui signifie : « Il y aura parmi vous qui va combattre pour son explication tout comme j’ai combattu pour sa révélation ». On lui dit alors : « Et qui donc ?» Il a répondu :
خَاصِفُ النعل
(khasifou n-na^l)
ce qui signifie : “Celui qui répare ses sandales ». Et ^Aliyy était à ce moment-là en train de réparer ses sandales.
Il y a dans ce hadith la preuve que le combat de ^Aliyy était bien-fondé. Ce hadith est sahih –sûr– thabit –authentique–. Il a été rapporté par Ibnou Hibban et d’autres.
L’épître de Adh-Dhahabiyy Baynaou Zoughli l-^Ilmi wa t–Talab est authentique comme étant son oeuvre. Le Hafidh As-Sakhawiyy l’a attribuée à Adh-Dhahabiyy dans son livre Al-‘I^lanou bi t-Tawbikhi Liman Dhamma t-Tarikh. Il y a rapporté une part de ce qui a été précédemment cité au sujet des caractéristiques de Ibnou Taymiyah que son exagération dans la recherche du leadership des savants et le mépris des personnages illustres l’ont perdu. Il n’y a donc aucune considération à porter à qui en renie l’authenticité ou le fait que ce soit bien la composition de Adh-Dhahabiyy, sans aucune preuve mais simplement pour satisfaire les wahhabites, ceux qui ont suivi Ibnou Taymiyah et ce, pour de l’argent.
42 – Quelle est la preuve que l’épître de Adh-Dhahabiyy : Bayanou Zoughli l-^Ilmi wa t–Talab est authentiquement de lui ?
L’épître de Adh-Dhahabiyy Baynaou Zoughli l-^Ilmi wa t–Talab est authentique comme étant son oeuvre. Le Hafidh As-Sakhawiyy l’a attribuée à Adh-Dhahabiyy dans son livre Al-‘I^lanou bi t-Tawbikhi Liman Dhamma t-Tarikh. Il y a rapporté une part de ce qui a été précédemment cité au sujet des caractéristiques de Ibnou Taymiyah que son exagération dans la recherche du leadership des savants et le mépris des personnages illustres l’ont perdu. Il n’y a donc aucune considération à porter à qui en renie l’authenticité ou le fait que ce soit bien la composition de Adh-Dhahabiyy, sans aucune preuve mais simplement pour satisfaire les wahhabites, ceux qui ont suivi Ibnou Taymiyah et ce, pour de l’argent.
43 – Quelle réplique donner à l’attachement des wahhabites à la prétention de Ibnou Taymiyah à la version de At-Tirmidhiyy du hadith qui comporte : (Allahoumma chaffi^hou fiyya wa chaffi^ni fi nafsi) qu’il ne serait pas valable de faire le tabarrouk –la recherche des bénédictions– par l’être du Prophète ?
Les wahhabites s’attachent à la version du hadith de At-Tirmidhiyy qui comporte :
اللهمَّ شَفعْهُ فيَّ وشَفعني في نفسِي
(Allahoumma chaffi^hou fiyya wa chaffi^ni fi nafsi)
ce qui signifie : « Ô Allah, fais-le intercéder en ma faveur et fais-moi intercéder pour moi-même ». Mais elle n’indique pas comme l’a prétendu Ibnou Taymiyah, qu’il ne serait pas valable de faire le tawassoul par l’être même du Prophète. Le tabarrouk par le Prophète est permis selon l’Unanimité. Seul Ibnou Taymiyah l’a contredit ! C’est au sujet du Messager que le poète a dit, dans ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy :
Blanc de peau, l’on recherche la pluie par lui
Un secours pour les orphelins et un protecteur pour les veuves
44 – Quelle est la preuve que ne pas faire le tawassoul par le Prophète après sa mort n’indique pas qu’il est interdit de faire le tawassoul par autre que celui qui est vivant et présent ?
Le tawassoul de ^Oumar par Al-^Abbas, après la mort du Prophète r, n’était pas en raison de la mort du Messager. C’était plutôt en raison de sa proche parenté avec le Prophète r. La preuve en est la parole de Al-^Abbas, lorsque ^Oumar l’a fait avancer devant eux :
اللّهُمَّ إنّ القَوْمَ تَوجَّهُوا بي إلَيْكَ لِمَكَانِي مِنْ نَبيّكَ
(Allahoumma ‘inna l-qawma tawajjahou bi ‘ilayka limakani min nabiyyika)
ce qui signifie : « Ô Allah, les gens s’adressent par moi à Toi, en raison de ma proche parenté avec Ton Prophète ». L’avis de Ibnou Taymiyah et ceux qui l’ont suivi parmi ceux qui renient le tawassoul apparaît ainsi clairement infondé.
Ceci a été rapporté par Az–Zoubayr Ibnou Bakkar, comme l’a rapporté le Hafidh Ibnou Hajar.
Ce qui le conforte aussi, c’est ce qu’a rapporté également Al-Hakim dans Al-Moustadrak que ^Oumar, que Allah l’agrée, a donné un discours aux gens et a dit :
أيُّها النَّاسُ إنَّ رسُولَ الله صلى الله عليه وسلم كانَ يَرَى للعَبّاسِ مَا يَرَى الولَدُ لِوَالدِه، يُعَظّمُهُ ويُفَخّمُهُ ويَبَرُّ قَسَمَهُ، فاقْتَدُوا أيُّها النّاسُ برسولِ الله صلى الله عليه وسلم في عَمّهِ العبَّاسِ واتّخِذُوه وسِيلةً إلى الله فِيما نَزَلَ بكُم
(‘ayyouha n-naçou ‘inna raçoula l-Lahi salla l-Lahou ^alayhi wa sallama kana yara li l-^Abbaci ma yara l-waladou liwalidihi. You^adh–dhimouhou wa youfakh-khimouhou wa yabarrou qaçamahou. Faqtadou ‘ayyouha n-naçou biraçouli l-Lahi salla l-Lahou ^alayhi wa sallama fi ^ammihi l-^Abbas wa t-takhidhouhou wacilatan ‘ila l-Lahi fima nazala bikoum)
ce qui signifie : « Ô vous les gens, certes le Messager de Allah r avait la même considération pour Al-^Abbas qu’un fils en avait pour son père. Il l’honorait, il le traitait avec égard, il respectait sa parole s’il le conjurait. Prenez exemple Ô vous les gens sur le Messager de Allah en son oncle Al-^Abbas et prenez-le pour cause pour vous adresser à Allah pour ce qui vous a atteint ».
Ceci explique la raison pour laquelle ^Oumar a fait le tawassoul par Al-^Abbas. On comprend de là que ^Oumar avait fait le tawassoul par Al-^Abbas pour sa proche parenté avec le Messager de Allah r. Le fait que ^Oumar n’ait pas fait le tawassoul par le Prophète à cette occasion-là ne comporte pas de preuve que le tawassoul par autre que le vivant et présent est interdit ! Le Prophète a en effet délaissé beaucoup de choses permises. Est-ce pour autant une preuve que ce sont des choses interdites ?! Les savants ont mentionné dans les livres de fondements de la croyance que délaisser une chose n’indique pas son interdiction. Notre maître ^Oumar a voulu ainsi montrer le caractère permis du tawassoul par autre que le Prophète r, parmi les gens de la vertu, dont on espère les bénédictions. C’est pour cela que le Hafidh Ibnou Hajar a dit dans Fat-hou l-Bari suite à ce récit : « On déduit à partir du récit de Al-^Abbas le caractère recommandé de chercher l’intercession des gens de bien, de vertu et de la famille du Prophète ». Fin de citation
45 – Quelle réplique donner à la prétention de certains perturbateurs que (le hadith cité comporte dans sa chaîne de transmission Abou Ja^far qui est quelqu’un d’inconnu) ?
Il n’y a aucune considération à donner à certains perturbateurs qui disent que le hadith cité comporte dans sa chaîne de transmission Abou Ja^far qui est quelqu’un d’inconnu. Il n’en est pas tel qu’ils le prétendent. Ce Abou Ja^far est Abou Ja^far Al-Khitmiyy qui est un homme digne de confiance (thiqah).
46 – Quelle est la réplique à la prétention du dénommé Nasirou d-Din Al-‘Albaniyy que At–Tabaraniyy en disant : « le hadith est sahih » voulait dire la première partie, c’est-à-dire ce qu’avait fait l’homme aveugle durant la vie du Messager de Allah seulement et qu’il ne visait pas ce qu’a fait l’homme durant le califat de ^Outhman Ibnou ^Affan après le décès du Messager ?
La prétention de certains, comme le dénommé Nasirou d-Din Al-‘Albaniyy, que At–Tabaraniyy en disant : « le hadith est sahih » voulait dire la première partie, c’est-à-dire ce qu’avait fait l’homme aveugle durant la vie du Messager de Allah seulement et qu’il ne visait pas ce qu’a fait l’homme durant le califat de ^Outhman Ibnou ^Affan après le décès du Messager, cette prétention est réfutée et rejetée. En effet, les savants spécialistes de la terminologie du hadith (al-moustalah) ont dit : le terme « hadith » est employé pour désigner la parole attribuée au Prophète (marfou^) et également celle qui est dite par le compagnons (mawqouf). En d’autres termes, la parole du Messager est appelée hadith et la parole du compagnon est appelée hadith. Le terme hadith ne se limite pas seulement à la parole du Prophète.
Les propos de cet homme pratiquant le simulacre ne sont pas conformes avec ce qui a été décrété et ce de quoi ont convenu les spécialistes de la science de la terminologie du hadith. Que celui qui le veut consulte le livre Tadribou r-Rawi, Al-‘Ifsah ou d’autres livres de terminologie de hadith. Al-‘Albaniyy n’a été amené à prétendre cela qu’en raison de son extrême fanatisme pour suivre ses passions et son insouciance pour contredire les savants, tout comme d’ailleurs est le cas de son prédécesseur Ibnou Taymiyah.
Plus d’un savant de hadith a mentionné cela. Il y a parmi eux le Hafidh Ibnou Hajar Al-^Asqalaniyy, tout comme l’a rapporté As-Souyoutiyy dans Tadribou r-Rawi ou encore Ibnou s–Salah dans sa Mouqaddimah fi ^Ouloumi l-Hadith.
47 – Le hadith : (‘idha sa’alta fas’ali l-Laha wa ‘idha sta^anta fasta^in bi l-Lah) ne comporte pas de preuve pour l’interdiction du tawassoul par les prophètes et les saints. Donne un commentaire de cela.
At-Tirmidhiyy a rapporté que Ibnou ^Abbas a rapporté du Prophète r qu’il a dit :
إذَا سَألْتَ فاسْألِ الله وإذَا اسْتَعَنْتَ فاسْتَعِن بالله
(‘idha sa’alta fas’ali l-Laha wa ‘idha sta^anta fasta^in bi l-Lah)
Ce hadith ne comporte pas de preuve qu’il est interdit de faire le tawassoul par les prophètes et les saints, car la signification du hadith est qu’en priorité, demande et recherche l’aide de Allah ta^ala. Il n’a pas pour signification ne demande pas à autre que Allah ou ne recherche pas l’aide d’autre que Allah. Est semblable à cela la parole du Prophète r :
لا تُصَاحِبْ إلا مُؤْمِنًا ولا يأكُلْ طَعامَكَ إلا تَقِيٌّ
(la tousahib ‘il-la mou’minan wa la ya’koul ta^amaka ‘il-la taqiyy)
Tout comme l’on ne comprend pas de ce hadith qu’il n’est pas permis de tenir la compagnie d’autre qu’un croyant ou de donner à manger à autre qu’à un pieux. On en comprend plutôt qu’en priorité pour la compagnie, c’est celle du croyant et en priorité pour donner sa nourriture, c’est à un pieux. Egalement, le hadith de Ibnou ^Abbas, on n’en comprend que la priorité. Il n’y a pas d’interdiction dans ce hadith.
48 – Quelle est la preuve dans le hadith de Ibnou ^Abbas, que même s’il a été cité avec le terme de an-nahy –le fait d’empêcher de faire une chose–, que ce n’est pas tout nahy qui implique l’interdiction (at-tahrim) ?
Celui qui fait le tawassoul en disant (Allahoumma ‘inni ‘as’alouka binabiyyika) ou bien (bi ‘Abi Bakrin) ou bien (bi’Ouwaysini l-Qaraniyy), ou qui est de cet ordre, il a demandé à Allah et à nul autre que Lui ! Où se situe leur prétention par rapport au hadith ?! Par ailleurs, le hadith ne comporte pas de terme d’interdiction : le Messager n’a pas dit à Ibnou ^Abbas (ne demande à nul autre que Allah et ne recherche l’aide de nul autre que Allah) ! Même s’il y a la négation (nahy), ce n’est pas toute négation qui est une interdiction (tahrim). C’est ainsi le cas du hadith de At-Tirmidhiyy et de Ibnou Hibban :
لا تُصَاحِبْ إلا مُؤْمِنًا ولا يأكُلْ طَعامَكَ إلا تَقِيٌّ
(la tousahib ‘il-la mou’minan wa la ya’koul ta^amaka ‘il-la taqiyy)
Ce hadith, malgré la négation qu’il comporte, n’est pas une preuve pour l’interdiction à l’homme de donner à manger à autre qu’à un pieux. Mais la signification est qu’en priorité, donne ta nourriture à un pieux. Comment les wahhabites ont-ils eu l’audace de prétendre argumenter leur interdiction du tawassoul par les prophètes et les saints grâce à ce hadith ?! Quelle audace ils ont pour interdire et déclarer mécréant sans aucune raison. Celui qui connaît leur réalité, il n’accordera aucune valeur à leurs propos.
49 – Quelle est la preuve que pose la main sur la grille de la devanture honorée n’est pas du chirk –polythéisme ou association– ?
Il a été confirmé que Abou Ayyoub Al-‘Ansariyy s’était rendu à la tombe du Messager. Il a posé son visage dessus pour rechercher les bénédictions (at-tabarrouk). Ceci, sans aucun doute, représente pour eux une des plus grandes mécréances et des associations. Loin de là, Abou Ayyoub n’a pas ainsi attribué des associés à Allah. Ceci ne vient à l’esprit d’aucun musulman. Aucun des compagnons n’a renié ce qu’il a fait là. Ni aucun savant du Salaf ou du Khalaf. Si le fait de poser le visage sur la tombe du Messager pour rechercher les bénédictions (at-tabarrouk) n’est pas considéré comme étant de l’association, comment le fait de poser la main sur la grille qui se trouve entre la tombe et le visiteur constituerait-il de l’association ! Certes nous appartenons à Allah et nous reviendrons à Son jugement. C’est à Lui que nous nous plaignons.
50 – Quelle est la preuve que le tawassoul –supplication par le degré– est également appelé istighathah –recherche du renfort– ?
Il n’y a pas de différence entre le tawassoul et l’istighathah. Le tawassoul est appelé istighathah tout comme cela est parvenu dans le hadith de Al-Boukhariyy dans lequel le Prophète r a dit :
إنَّ الشَّمسَ تَدْنُو يَومَ القِيامةِ حَتّى يَبْلُغَ العَرَقُ نِصْفَ الأُذُنِ فبَيْنَما هُمْ كذَلكَ اسْتَغاثُوا بآدَمَ ثمَّ مُوسَى ثمَّ بمُحمَّدٍ صلى الله عليه وسلم
(‘inna ch-chamsa tadnou yawma l-qiyamati hatta yablougha l-^araqou nisfa l-‘oudhouni. Fabaynama houm kadhalika staghathou bi ‘Adama thoumma Mouça thoumma biMouhammadin salla l-Lahou ^alayhi wa sallama)
C’est le hadith de la version de ^Abdou l-Lah Ibnou ^Oumar du hadith de l’intercession au jour du jugement. Dans la version de Anas, il a été rapporté avec le terme de la recherche de l’intercession (istichfa^). Les deux versions figurent dans le Sahih. Cela indique que al-istichfa^ et al-istighathah –la recherche du renfort– ont un même sens. Le Messager r a appelé cette demande à Adam pour qu’il intercède en leur faveur à leur Seigneur, une recherche de renfort (istighathah).
Dans ce hadith il y a donc une preuve que le tawassoul vient dans le sens de al-istighathah –demande de renfort–.
Dans d’autres versions de ce même hadith, il a été rapporté :
يا ءادمُ أنتَ أبو البشرِ اشفَع لنا إلى رَبّنا
(Ya Adamou ‘anta abou l-bachar, ichfa^ lana ‘ila Rabbina)
ce qui signifie : « Ô Adam, tu es le père des humains, intercède en notre faveur à notre Seigneur ». Il y a en cela une réplique à ceux qui ont prétendu que le tawassoul par autre que Allah serait une association (chirk).
Al-istichfa^ –la demande d’intercession–, at-tawajjouh –le fait de s’adresser par–, et at-tajawwouh –le fait de demander par le mérite– ont même signification. Le Hafidh Taqiyyou d-Din As-Soubkiyy a dit dans Chifa’ou s-Saqam : « Al-istichfa^, at-tawajjouh, et at-tajawwouh ont même signification ».
51 – Quelle est la preuve que le Messager de Allah r a appelé la pluie ghayth moughith –un renfort secoureur– ?
Le Messager a appelé la pluie ghayth –renfort–. Abou Dawoud et d’autres ont rapporté avec une chaîne de transmission sahih –sûre– que le Messager a dit :
اللهمَّ اسقِنَا غَيْثًا مُغِيثًا مَريعًا نافِعًا غيرَ ضارّ عاجِلاً غيرَ ءاجِلٍ
(Allahoumma sqina ghaythan moughithan mari^an nafi^an ghayra darrin ^ajilan ghayra ‘ajil)
ce qui signifie : « Ô Allah, envoie-nous un renfort secoureur, amenant la verdure, utile et non nuisible, rapidement et non après terme ».
Le Messager a appelé la pluie moughith –secoureur– car elle délivre de la difficulté par la volonté de Allah. Le Prophète également ainsi que le saint délivrent de la difficulté par la volonté de Allah.
52 – Quelle est la preuve du caractère permis de demander ce qu’il n’est pas habituel aux gens de demander ?
Parmi les preuves du caractère permis de demander ce qu’il n’est pas habituel aux gens de demander, il y a ce qu’a rapporté Mouslim : Le Messager de Allah a dit à Rabi^ah Ibnou Ka^b Al-‘Aslamiyy qui était serviteur du Messager de Allah r, pour le récompenser pour ce qu’il lui a fait :
سَلني
(salni)
ce qui signifie : « Demande moi ce que tu veux ! ». Il a alors demandé au Messager de Allah à être son compagnon au paradis. Il lui a ainsi dit :
أسألُكَ مرافقتكَ في الجنةِ
(‘as’alouka mourafaqataka fi l-jannah)
ce qui signifie : « Je te demande ta compagnie au paradis ». Le Messager de Allah ne lui a pas renié ce qu’il a dit. Il lui a plutôt dit par modestie :
أَو غير ذلكَ
(aw ghayra dhalika)
ce qui signifie : « Ou autre chose ? » Le compagnon lui a dit :
هُوَ ذاكَ
(houwa dhaka)
ce qui signifie : « C’est ce que je veux ». Le Prophète lui a alors dit:
فَأعِنّي على نَفسِكَ بكثرَةِ السُّجودِ
(fa’a^inni ^ala nafsika bikathrati s-soujoud)
ce qui signifie : « Aide-moi pour cela en faisant beaucoup de prosternations ».
Même notre maître Mouça ^alayhi s-salam, lorsqu’une vieille femme des fils de Isra’il lui avait demandé d’être avec lui au paradis, il ne lui a pas renié cela. Ibnou Hibban a rapporté cela dans son Sahih ainsi que d’autres. D’où est-ce que Ibnou Taymiyah et ceux qui l’ont suivi ont amené leur règle :(demander ce qu’il n’est pas habituel aux gens de demander est du Chirk) !
La croyance des musulmanes contrairement à celle des égarés
La louange est à Allah, le Seigneur des mondes, et que l’honneur et l’élévation en degrés, et que la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordés au maître des messagers, notre maître Mouhammad, ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons bons et purs.
Il nous a été rapporté avec une chaîne de transmission ininterrompue dans le Jami^ de At-Tirmidhiyy, que Allah lui fasse miséricorde, que le Messager de Allah a dit : (lan tazoula qadama ^abdin yawma l-qiyamati…) le hadith
Le sens de ce hadith, c’est que l’homme va être interrogé avant de quitter la place qu’il aura au jour du jugement, avant que l’ordre ne soit donné pour qu’il soit mis au paradis ou en enfer. Il sera interrogé au sujet de sa vie, en quoi est ce qu’il a passé le temps qui lui a été donné dans cette vie. Il sera interrogé aussi sur son corps, dans quelles choses a-t-il usé son corps. Il sera interrogé aussi sur son argent, d’où l’a t-il obtenu, et dans quoi l’a-t-il dépensé. S’il a pris l’argent d’une voie qui est licite et qu’il l’a dépensé dans une voie licite, il est sauvé. Sinon, il méritera le châtiment.
Il sera interrogé également au sujet de sa science. Qu’est ce qu’il en a fait ? Il sera interrogé au sujet de ce qu’il appris. Est-ce qu’il a suivi cette science qu’il a apprise ou il ne l’a pas suivie ? Celui qui apprend le Qour’an, et qui fait que le Qour’an soit son guide, qui suit le Qour’an, qui applique les ordres du Qour’an, qui évite ce que le Qour’an a interdit, celui-là il est sauvé et il sera épargné.
Quant à celui qui apprend le Qour’an mais qui le met derrière lui, c’est-à-dire qu’il œuvre d’une manière contraire au Qour’an, celui-là il est perdu et le Qour’an sera son adversaire au jour du jugement.
Grâce à la science, on connaît les paroles pour lesquelles la personne ne sera pas blâmée dans l’au-delà, elle connaît la marche et tous les agissements pour lesquels elle ne sera pas blâmée dans l’au-delà. Grâce à la science de la religion, l’homme connaît ce qui lui est nuisible et ce qui lui est profitable.
Celui qui apprend la science de la religion fait partie de ceux pour qui Allah a voulu le bien, ceux qui apprennent la science de la religion font partie de ceux pour Allah a voulu le bien, Allah leur a voulu bien puisqu’Il leur a fait apprendre la science de la religion et ceux qui n’apprennent pas la science de la religion, ceux là ne font pas partie de ceux pour qui Allah a voulu le bien. La meilleure des sciences, c’est la science du tawhid., la science de la croyance, c’est la science grâce à laquelle on connaît Allah, c’est-à-dire ce qui est possible au sujet de Allah, et ce qui n’est pas possible au sujet de Allah. Cette science est la meilleure des sciences ; Abou Hanifah, que Allah l’agrée, a appelé la science du tawhid Al Fiqhou l-‘akbar, c‘est à dire la science majeure. Par ailleurs, al-fiqh, la science par laquelle on connaît la purification, la prière, le jeûne, le pèlerinage, la zakat, toute cela est une science mineure al fiqhou l-‘asghar. Donc la science du tawhid, il l’a appelée Al Fiqhou l-‘akbar, et le reste il l’a appelé al fiqhou l-‘asghar.
C’est donc un devoir de s’appliquer et de s’occuper avec beaucoup d’attention de la science du tawhid, plus encore que les autres sciences parce que celui qui aura connu Allah et qui aura connu Son Messager et qui aura persévéré sur cela jusqu’à terminer sa vie sur cette connaissance et cette croyance et qui évite les mécréances, celui-là indispensablement, il entrera au paradis, soit sans châtiment, ni dans la tombe, ni dans l’au-delà. Soit après un châtiment, il entrera au paradis, si Allah ne lui pardonne pas et ce, s’il était chargé de grands pêchés comme par exemple s’il avait abandonné les cinq prières ou certaines prières, ou s’il avait consommé de l’interdit.
Quant à celui qui ne connaît pas Allah comme il le faut, aucune chose qu’il fait en tant qu’image d’adoration ne lui sera profitable. Beaucoup de personnes n’apprennent pas la science du tawhid et ils s’occupent de la tariqah, c’est-à-dire la voie soufiyy, de répéter des wirds, de faire du dhikr, des évocations, ils se fatiguent, ces gens là sont comme quelqu’un qui est ruiné. Ils n’auront pas trouvé ce qu’ils pensent trouver dans l’au-delà. Eux, ils pensent qu’ils ont œuvré pour l’au-delà et qu’ils ont préparé beaucoup de provisions mais ils n’auront rien du tout.
De même celui qui aura connu Allah comme il le faut, comme c’est un devoir, et qui a cru en Son Messager Mouhammad mais il n’a pas évité certaines mécréances, des paroles dans lesquelles il y a de la mécréance, soit par la plaisanterie soit à cause de son ignorance parce qu’il ne connaissait pas les paroles, les actes et les croyances qui font sortir de l’Islam, qui rendent mécréant, lui aussi il sera perdant dans l’au-delà.
Et tout cela, c’est-à-dire la connaissance de ce que Allah a rendu obligatoire, la connaissance de ce que Allah a interdit, parmi les paroles, les actes, et les croyances, comment y parvient-on ? Par l’apprentissage. Quelle grande perte pour celui qui a passé sa vie dans le dhikr, dans la prière, dans le jeûne sans avoir la bonne croyance et ça c’est le cas de nombreuses personnes.
Aujourd’hui, certaines personnes, tellement elles sont ignorantes, elles disent : Allah dit : « wa t-taqou l-Laha wa you^allimoukoumou l-Lah », c’est une ‘ayah du Qour’an, et ils s’occupent d’actes d’adoration sans avoir appris la science. Ils pensent que la signification de la parole de Allah : « wa t-taqou l-Laha wa you^allimoukoumou l-Lah », Ils croient que l’homme, s’il fait la prière, s’il fait le jeûne, s’il fait le pèlerinage, s’il fait le dhikr, les évocations, s’il donne des aumônes, alors Allah lui donne la science sans qu’il apprenne, ceci est impossible, impossible. »
Quelle grande déception pour ceux qui s’occupent de la tariqah, la voie soufiyy et du dhikr, des évocations sans avoir appris la science du tawhid, sans avoir appris la science des lois. Ils pensent d’eux-mêmes que ces wirds, ces pratiques répétitives, et ces dhikrs les font parvenir à la sainteté, qu’ils deviennent des saints, des waliyy de Allah, ceci est impossible. En raison de leur mauvaise compréhension, ils sont allés à leur perte.
«wa t-taqou l-Laha wa you^allimoukoumou l-Lah » signifie « oeuvrez conformément à ce que Allah vous a ordonné en tant que science et pratique, lorsque vous agirez ainsi, lorsque vous appliquerez parfaitement, à ce moment-là, Allah vous donne une science ladounniyy, c’est-à-dire une autre science que celle que la personne apprend auprès des savants. »
Ceux là, ils pensent que s’ils s’occupent de dhikr, de prière, de jeûne et qu’ils font beaucoup de cela, ils deviennent des saints, des waliyys de Allah, et que Allah leur donne une science autre que la science kasbiyy, ceux-là demandent l’impossible, quelque chose qui ne se produit
pas. Le wahbiyy et ladounniyy, c’est par opposition au kasbiyy ; kasbiyy, c’est ce que l’on acquiert en apprenant par transmission.
Par ailleurs, le point d’origine fondamental, c’est la science du tawhid. Sans la science du tawhid, aucune bonne œuvre ne sera profitable. Tout comme la prière n’est pas valable sans le woudou ‘, également les bonnes œuvres, Allah ne les agrée qu’après le tawhid, qu’après la connaissance de Allah, qu’Il a tel et tel attribut, qu’Il est exempt de tel et tel chose, de telle et telle caractéristique, après cela, après la foi, en Son Messager, c’est ensuite que les bonnes oeuvres seront profitables, la prière, jeûne, le pèlerinage, la zakat, la bienfaisance envers les parents, le fait d’œuvrer dans la voie que Allah agrée. C’est après cela que les actes seront profitables, mais sans cela, sans le tawhid, les bonnes actions ne seront pas profitables. Celui qui pense que sans le tawhid, il parviendra à ce qu’il recherche, c’est quelqu’un qui demande l’impossible.
La connaissance de Allah, c’est avoir la croyance que Allah existe sans qu’Il ait de ressemblance avec quoi que ce soit de ce bas monde. L’Être de Allah n’est pas un corps palpable, ni un corps impalpable, c’est-à-dire que Allah n’est pas comme la lumière, le vent, l’âme, quelque chose qui ne peut pas être palpé avec la main et Il n’est pas quelque chose qui peut être palpé avec la main comme la pierre, l’arbre ou l’homme. Allah n’est pas un corps, ni petit, ni un corps qui est grand. Allah est le Créateur de ce monde, Il a crée ce monde avec des quantités différentes, Il a crée la plus petite chose, le plus petit des corps, le grain de moutarde et ce qui est plus petit encore, Il a crée le trône qui est le plus grand des créatures, et Il est tout-puissant à créer un corps qui est plus grand que le trône, al ^arch, mais Il ne l’a pas créé plus grand que le trône. Toute chose a un corps et est une créature, Allah n’est pas un corps, on n’attribue pas à Allah le fait d’être petit ni le fait d’être grand, lorsque nous disons Allahou ‘akbar, ça veut dire que Allah a plus de science que tout savant, qu’Il est plus puissant que tout puissant. C’est dans ce sens-là que nous disons Allahou ‘akbar, ce n’est pas dans le sens que Allah a un corps, qui est plus grand que tous les corps !
De plus, le corps a besoin d’un endroit, une partie des corps est dans l’espace, comme les étoiles, elles sont dans l’espace, et d’autres corps, une partie de lui est en contact avec la terre et une partie est en contact avec les cieux et le trône, certains corps sont en contact avec la terre, d’autres sont en contact avec les cieux et le trône. Par ailleurs, Allah n’a pas pour attribut toutes les caractéristiques des corps. Le corps a des caractéristiques : la couleur, la chaleur, la froideur, l’humidité, le fait d’être sec et ce qui est de cet ordre, et Allah n’a pas cela pour attribut. C’est Lui Qui a fait exister ces choses après qu’elles n’existaient pas. Comment pourrait-Il leur ressembler d’une manière que ce soit ? Le corps ne crée pas un corps. Allah ta^ala. S’Il était un corps, Il n’aurait pas créé les corps. S’Il était quelque chose d’impalpable, comme l’âme, comme le vent, comme la lumière, Il n’aurait pas été capable de créer ces choses là. S’Il était quelque chose de palpable, comme l’homme, comme la pierre, comme l’or, comme l’argent, il n’aurait pas été capable de créer cela. Egalement, le corps a
besoin d’un endroit, il est indispensable qu’il ait un endroit, soit un espace, soit il s’appuie sur un autre corps comme la terre, comme les êtres humains et les animaux. Nous, nous nous appuyons sur ce corps qui est la terre. Et toutes ces choses comme les cieux, le trône, la terre, tout cela n’existait pas avant que Allah ne les crée. Ces choses étaient inexistantes puis Allah les a créées. Donc tout ce qui existe a un début à son existence mise à part Allah.
Allah est Celui Qui existe et qui n’a pas de début à son existence. On dit quand pour toute chose qui a existé mais on ne dit pas au sujet de Allah: « quand a-t-il existé » parce que Allah n’est pas sujet au temps. Avant le temps, Allah existe, avant l’endroit et le temps. L’endroit a un début, le temps a un début. Si quelqu’un demande : « comment se peut-il qu’il y ait un être qui existe et qui soit sans endroit ? Il est indispensable que ce qui existe soit dans un endroit »
On lui répond : « Il n’y a rien qui empêche dans la raison que Allah existe sans endroit ! » Le Qour’an témoigne de cela, le hadith du Messager témoigne de cela. Pour ce qui est du Qour’an, c’est Sa parole : « Houwa l-‘Awwal ». Pour ce qui est du hadith, c’est la parole : «kana l-Lahou wa lam yakoun chay’oun ghayrouhou » c’est-à-dire, Allah est de toute éternité, il n’y a pas d’existence d’autre que Lui qui soit de toute éternité, ni l’endroit, ni le temps, ni les six directions. On dit à ces gens-là, ces wahabites pseudo-salafites qui disent : « comment se peut-il que Allah existe sans endroit ? ». On leur dit, vous, vous avez fait une analogie entre le Créateur et la créature, la créature a indispensablement un endroit, vous, vous avez rendu Allah semblable à Ses créatures ! Cette analogie que vous avez faite est mauvaise » S’ils disent : Comment peut-on concevoir un existant qui soit sans endroit ? » On leur répond : « ce n’est pas un condition pour l’existence qu’on puisse l’imaginer, ce n’est pas une condition pour que quelqu’un existe qu’on puisse l’imaginer » La preuve pour cela : la lumière et l’obscurité n’existaient pas avant que Allah ne les crée, alors que l’eau, le trône et le qalam élevé, et la table préservée, existaient au moment dans lequel il n’y avait ni lumière, ni obscurité. Qui peut imaginer un temps où il n’y avait ni lumière ni obscurité. Personne ne peut imaginer cela mais malgré cela, c’est un devoir de croire en cela car le Qour’an nous a appris cela, nous appris qu’il n’y avait ni lumière, ni obscurité, avant que Allah ne les crée. Récitez cette ‘Ayah : « Al-hamdou li l-Lah, Al-Ladhi khalaqa s-samawati wa l-ard, wa ja^ala dh–dhouloumati wa n-nour»[Sourat Al-‘An^am/ ‘ayah 1] La signification de cette ‘ayah, c’est qu’il n’y avait pas de cieux, ni de terre, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de monde céleste, ni de monde terrestre, ni lumière, ni obscurité avant que Allah ne les crée. Est-ce que vous reconnaissez cela ou pas ? Si vous reconnaissez, vous aurez reconnu, la validité de l’existence sans endroit. Mais si vous la reniez, ce sera de la mécréance car c’est un démenti du Qour’an.
On ne fait pas d’analogie entre le Créateur et la créature. Vous, wahhabites, vous avez fait une analogie entre le Créateur et la créature. Vous avez dit : (comment une existence peut être sans endroit). Vous avez suivi en cela Ibnou Taymiyah. Vous n’avez pas de preuve. Votre preuve c’est Ibnou Taymiyah qui a contredit le Qour’an et le hadith et qui s’est singularisé de toute la communauté. Il a dit : (le Trône est de toute éternité avec Allah ; le Trône, son genre, sa catégorie, n’a pas de début à son existence et il est de toute éternité avec Allah). Or, celui qui dit cela est mécréant par accord des savants de l’Islam. Celui qui confirme l’existence d’une chose d’autre que Allah qui n’a pas de début à son existence devient mécréant.
Ibnou Taymiyah est mort en 728 de l’Hégire du Prophète, c’est-à-dire près de sept cents années après la mort du Prophète. Mais à partir du moment où le Prophète a effectué son émigration, le décès de Ibnou Taymiyah a eu lieu ce nombre-ci d’années. Puis, après quatre cents années est venu Mouhammad Ibnou ^Abdi l-Wahhab qui a fondé la religion des wahhabites. C’est une nouvelle religion, la religion des wahhabites. Il a pris des livres de Ibnou Taymiyah un peu de mécréance puis a ajouté de lui-même d’autres égarements.
Parmi les choses surprenantes de Ibnou Taymiyah, c’est lorsqu’il dit que Allah descend chaque nuit du Trône jusqu’à ce ciel que nous voyons à partir de la terre, sans pour autant quitter le Trône ! Il descend jusqu’au ciel du bas monde et il ne se sépare pas du Trône.
C’est là quelque chose que la raison n’accepte pas. Celui qui descend d’une chose, il l’aura quittée. C’est ce qu’accepte la raison. Mais qu’une chose descende d’un endroit vers un autre, pour y rester le tiers de la nuit puis y revenir, dire qu’il ne l’a pas quitté et qu’il serait encore sur le Trône, c’est quelque chose que la raison n’accepte pas. Ibnou Taymiyah, ils l’appellent le Chaykh de l’Islam alors qu’il est le Chaykh de la mécréance.
Il y a aussi la parole de Ibnou Taymiyah de quelque chose que la raison n’accepte pas, à savoir que (Allah est avec nous véritablement et qu’Il est sur le Trône véritablement).
Ce qui est parvenu dans le hadith (‘inna Rabbana yanzilou koulla laylatin ‘ila s-sama’i d-dounya) à la fin du dernier tiers de la nuit, cela signifie que les anges descendent sur ordre de Allah. Ces anges transmettent de la part de Allah : que Allah vous dit : Qui m’invoque, Je l’exaucerai ; Qui me demande quelque chose, Je lui donnerai ; Qui me demande à être pardonné, Je lui pardonnerai. Ensuite, ils retournent d’où ils étaient venus, au-dessus. C’est cela la signification du hadith prophétique. Le sens du hadith n’est pas que Allah Lui-même bouge et se déplace d’un endroit à un autre.
Il est impossible que Allah tabaraka wa ta^ala ait pour attribut des attributs de la création. Sa puissance n’est pas comme la puissance des créatures. Elle n’augmente pas et ne diminue pas. Sa science englobe toute chose, elle n’augmente pas et ne diminue pas. Sa volonté aussi est unique. Il a voulu l’existence de ce monde, ce qui en est déjà existé et ce qui en existera, et ce sans fin. Tout cela, Il l’a voulu d’une seule volonté. En effet, tout ce qui se renouvelle, qui augmente et diminue est une créature. Comment dit-il que Allah augmente et diminue ?! Comment dit-il que la science de Allah augmente de temps en temps ?! Tout ce qui se produit de temps en temps est créé. La science de Allah n’est pas ainsi. La science de Allah n’est pas ainsi. Sa puissance, Son ouïe, Sa vue et Sa parole également. Allah ta^ala a une parole qui n’est pas lettre et sons. Ce n’est pas une langue donnée. Ce n’est pas comme notre parole, de laquelle existe une partie, puis une partie, puis une partie, don une partie existe avant une autre partie comme la parole des humains. Lorsque nous récitons le Qour’an, nous commençons avec la lette (ba’) la phrase (bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim) jusqu’à (mina l-jinnati wa n-nas). Nous disons le (ba’) en premier, ensuite le (sin). Lorsque le (sin) finit, vient le (mim). Et ainsi de suite, des lettres qui se suivent les unes les autres. C’est ainsi que nous récitons le Qour’an. Par ailleurs, ce Qour’an, ce n’est pas Allah Qui l’a récité ainsi. On ne dit pas que Allah prononce. On dit qu’Il parle. Celui qui prononce c’est celui qui parle avec des lettres. Quant à celui qui parle, on le dit pour Celui Qui parle sans lettres et sans sons. Il est dit qu’Il parle. On dit aussi de celui qui parle avec des lettres et des sons qu’il parle. On dit de l’humain qu’il parle. Cela veut dire que sa parole est de sons et de lettres. On dit de Allah aussi qu’Il parle bien que Sa parole ne soit pas de lettres et de sons. Le son est créé. Comment serait-il un attribut de Allah ?!
Maintenant, nous n’entendons pas cet attribut de la parole. Mais dans l’au-delà, Allah ta^ala nous fait comprendre : nous l’entendrons sans que ce soit des lettres et de sons. Le croyant entendra et le mécréant entendra. Le mécréant lorsqu’il entendra cette parole, il sera gêné. Quant au croyant pieux, il sera heureux.
Jibril entend cette parole. Dans le bas monde, il l’entend. Mouça a entendu une fois cette parole. Notre maître Mouhammad la nuit de l’ascension a entendu cette parole qui n’est pas lettres et sons. Il a aussi vu Allah. Mais Allah ta^ala n’est pas vu comme est vue la créature. La créature, tu peux la voir soit éloignée, soit proche. Tu la vois soit vers le bas, soit sur ta droite, sur ta gauche ou derrière toi, si tu te retournes pour la voir.
Mais on ne voit pas Allah ainsi car Il n’est pas un corps. Par la puissance de Allah, Allah crée en nous la vision et nous voyons Son Être Qui n’est pas de face ou de dos. Cette vision n’est pas par un comment comme est vue la créature.
Et Lui, Il voit le monde. Il voit tout de ce monde sans que ce soit de face, de dos ou en étant localisé dans la direction du haut, de la droite ou de l’arrière. Sans tout cela, Il voit le monde. Nous, lorsque nous serons au parais, les croyants lorsue nous Le verrons, nous ne Le verrons pas de face ou avec une forme car Il n’est pas un corps.
On ne dit pas que Allah est proche par la distance. On ne dit pas qu’Il est éloigné par la distance.
Toute chose, de laquelle tu es séparé d’une distance proche ou éloignée, est créée.
Allah n’est pas ainsi. On ne dit donc pas que Allah est présent. On ne dit pas non plus qu’Il est absent.
Certains ignorants organisent du dhikr –évocations– et disent (ô Toi Qui est présent Hadir) ou ils dosent (Toi Qui est présent et Qui regarde Hadir Nadhir). S’ils comprennent de cela qu’Il est proche par la distance, ils deviennent mécréants. Celui qui a pour croyance qu’Il est proche par la distance comme je suis proche de vous, il devient mécréant. Son qourb n’est pas par la distance.
On comprend tout cela de cette ‘ayah, la ‘ayah du Qour’an : (laysa kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». dans sourat Ach-Choura ayah 11
tafsir : sourat An-Nas
Sourat An-Nas Médinoise
D’autres ont dit Mecquoise
Elle est composée de six ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
{قُل} (qoul) Dis Ô Mouhammad ;
{أَعُوذُ} (‘a^oudhou) Je recherche la protection ;
{بِرَبِّ االنّاس} (bi rabbi n-nas) Par le Seigneur des gens, c’est-à-dire leur Créateur et Celui à Qui ils appartiennent. Si l’on dit : pourquoi est-ce que les gens ont été spécifiés ici par le fait qu’Il est leur Seigneur, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? La réponse est que parce qu’Il leur ordonne de rechercher la protection de leur mal, Il nous apprend qu’Il est leur Seigneur pour que l’on sache que c’est Lui Qui protège de leur mal. Comme il y a parmi les gens des rois, Allah dit : {مَلِكِ النَّاس} (maliki n-nas) Celui à Qui appartiennent les gens et comme il en est parmi eux qui adorent autre que Lui, Il dit : {إِلَهِ النَّاس} (‘ilahi n-nas) le Dieu des gens. Certains ont dit : ce sont là trois des attributs du Dieu ^azza wa jall : ar-rouboubiyyah le fait d’être Seigneur , al-milk le fait que tout Lui appartient et al-‘ilahiyyah le fait d’être Dieu . Ainsi, Il est le Seigneur de toute chose, toute chose Lui appartient et Il est le Dieu de toute chose. Ainsi, toutes les choses sont Sa création, et Lui appartiennent. Les choses qui ont une âme et des raisons comme les jinn, les anges et les hommes sont appelés esclaves. Mais les objets inanimés ne sont pas appelés esclaves. Il ordonne à celui qui recherche la protection de demander que Celui Qui possède ces attributs le protège du mal du chaytan qui suggère dans les poitrines.
{مِنْ شَرِّالوَسْوَاس} (min charri l-waswas) Du mal de celui qui suggère et qui est le chaytan.
{الخَنَّاس} (al-khannas) Celui qui suggère dans les fors intérieurs mais cesse de le faire lorsque Allah est évoqué. Az–Zajjaj a dit : ici, al-waswas, c’est celui qui fait des suggestions.
{الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النّاس} (al-ladhi youwaswiçou fi soudouri n-nas) celui qui suggère dans les poitrines des gens. Ibnou Qoutaybah a dit : par les poitrines ici, il est visé les curs. Ibnou ^Abbas a dit : le chaytan est à l’affût du cur du fils de ‘Adam. Si le cur devient oublieux et distrait, [chaytan] suggère et si [le coeur] évoque Allah, [chaytan] se tait.
Par l’évocation véritable, celle que ressent le coeur, avec la sincérité pour Allah ta^ala lorsque l’esclave la fait, le chaytan cesse de lui faire les suggestions. Ce n’est pas le simple fait de dire Allahou ‘akbar, la ‘ilaha ‘il-la l-Lah en ayant le cur distrait même s’il évoque par sa langue ; dans ce cas-là, le chaytan persévère à lui faire des suggestions.
{مِنَ الجِنةِ وَالنَّاس} (mina l-jinnati wa n-nas) al-jinnah ce sont les jinn. Dans l’exégèse de cette ‘ayah, il y a deux avis. L’un des deux est : qu’il suggère dans les poitrines des gens, les jinn d’entre eux et les humains. C’est là l’avis de Al-Farra‘. Selon cet avis, le waswas suggère aux jinn tout comme il suggère aux humains. Le Chaykh a dit : les diables se suggèrent les uns aux autres.
Le deuxième avis est que al-waswas qui suggère dans les poitrines des gens fait partie des jinn. Le sens serait : du mal du waswas qui est un jinn puis Il dit {وَالنَّاس} (wa n-nas) c’est-à-dire du mal du waswas et du mal des gens. C’est comme s’Il ordonne de se préserver des jinn et des hommes. C’est là la parole de Az–Zajjaj. Qatadah a dit : Certes, parmi les humains, il y a des chaytan et, parmi les jinn, il y a des chaytan, que Allah nous préserve d’eux.
Mouslim a rapporté dans son Sahih, d’après ^Abdoullah Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, qu’il a dit : le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Pas un de vous qui n’ait avec lui un qarin qui l’accompagne parmi les jinn« . On lui dit alors : Pas même toi Ô Messager de Allah ? Il a dit ce qui signifie : »Pas même moi sauf que Allah m’a aidé à prendre le dessus sur lui : il est entré en Islam et ne m’ordonne que le bien ». Le respect que le Messager de Allah inspire a eu raison de lui et il est alors entré en Islam.
Dans ce hadith, il y a une indication de la mise en garde contre la dissension du qarin et ses mauvaises suggestions et ses pièges. Il nous a ainsi appris qu’il est avec nous pour que nous prenions garde contre lui dans la mesure du possible.
Il a aussi été rapporté dans les deux Sahih, d’après Anas dans l’histoire de la visite de Safiyyah au Prophète alors qu’il était en ‘i^tikaf et sa sortie avec elle de nuit pour la raccompagner chez elle. Il a alors rencontré deux hommes parmi les ansar les partisans , habitants de Médine. Lorsqu’ils ont vu le Prophète, ils ont pressé le pas. Alors, le Messager de Allah a dit ce qui signifie : « Doucement, c’est Safiyyah la fille de Hayiy [mon épouse] ». Ils ont alors dit : soubhanallah, Ô Messager de Allah. Il a alors dit ce qui signifie : « Certes le chaytan peut entraîner le fils de ‘Adam facilement, comme circule le sang dans son corps et j’ai eu peur qu’il ne lance dans votre cur quelque chose » ou il a dit ce qui signifie : « un mal ».
Le Qadi ^Iyad, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Sache que la communauté est réunie, en accord sur la préservation du Prophète du mal du chaytan, qu’il s’agisse de son corps, de sa pensée et de sa langue ».
Tafsir : sourat Al-Falaq
Sourat Al-Falaq Mecquoise
D’autres ont dit Médinoise.
Elle est composée de cinq ‘ayah
Je commence par le nom de Allah le Très-Miséricordieux, le Miséricordieux
Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim
Les spécialistes de l’Exégèse du Tafsir ont dit à propos de la révélation des deux sourat Al-Mou^awwidhat de protection , qu’un jeune juif était au service du Messager de Allah. Les juifs l’avaient tant pressé qu’il avait pris au Messager de Allah des traces des cheveux de son peigne et quelques dents de son peigne. Il les a donnés aux juifs, qui ont alors fait de la magie [au Messager]. Celui qui se chargea de cela fut Loubayd Ibnou ‘A^sam le juif puis il l’enfouit au puits de Bani Zourayq, appelé puits de Dharwan. Le Messager de Allah tomba alors malade. Tandis qu’un jour, il était endormi, deux anges sont venus auprès de lui. L’un d’eux s’est assis à sa tête et l’autre à ses pieds. L’un d’eux a dit à l’autre : Qu’a donc l’homme ? Il lui a dit : On lui a fait de la magie. Il lui a dit : Qui lui a donc fait la magie ? Il lui a répondu : Loubayd Ibnou ‘A^sam. Il a dit : Avec quoi lui a-t-il fait la magie ? Il a dit : Avec des traces des cheveux de son peigne et quelques dents de son peigne. Il a dit : Où est-ce maintenant ? Il a dit : Dans le creu d’une écorce de palmier sous la roche au fond du puits de Dharwan [c’est la roche qui est placée au fonds du puits lorsqu’il est creusé. Lorsqu’on veut nettoyer le puits, celui qui le nettoie s’asseoit dessus]. Le Messager de Allah s’est alors réveillé et a dit ce qui signifie : Ô ^A‘ichah, ne t’es-tu pas aperçue que Allah m’apprends la cause de ma maladie ? Puis il a envoyé ^Aliyy, Az–Zoubayr et ^Ammar Ibnou Yacir. Ils ont alors asséché ce puits, puis ils ont soulevé la roche et ont extrait l’écorce. A l’intérieur, il y avait les traces des cheveux de son peigne et des dents de son peigne. Ils ont trouvé aussi un fil comportant onze
nuds piqués chacun d’une aiguille. Allah a révélé [à cette occasion] les deux Mou^awwidhah Al-Falaq et An-Nas . Chaque fois qu’il récitait une ‘ayah, un nud se dénouait. Le Messager de Allah s’est ainsi retrouvé mieux lorsque le dernier nud fut dénoué. Jibril ^alayhi s-salam s’est alors mis à dire : Bismi l-Lahi ‘arqika min koulli chay’in you’dhika wa min hacidin wa ^aynin wallahou yachfika – par le nom de Allah, je te protège de toute chose qui te fait du mal et du mal d’un envieux et du mauvais il ; et c’est Allah Qui te guérit– . Cette invocation pour la protection et la guérison rouqyah est connue sous le nom de rouqyatou Jibril.
Ils ont alors dit : Ô Messager de Allah, ne veux-tu pas que l’on prenne ce malin et qu’on le tue ? Il a répondu ce qui signifie : Quant à moi, Allah m’a guéri. Je ne souhaite pas provoquer de mal parmi les gens.
{قُل} (qoul) Dis Ô Mouhammad ;
{أَعُوذُ} (‘a^oudhou) Je demande la protection ;
{بِرَبِّ الْفَلَق} (bi-rabbi l-falaq) Par le Seigneur de l’aube. C’est ce qu’a dit Ibnou ^Abbas ;
{مِنْ شَرِّ مَا خَلَق} (min charri ma khalaq) De tout mal que Allah crée et ceci est général. Est compris ici tout ce qui peut entraîner un mal, que ce soit l’être vivant responsable, non responsable ou l’objet inanimé comme le poison, la brûlure par le feu, la noyade par l’eau et autre que cela ;
{وَمِنْ شَرِّ غَاسِقٍ} (wa min charri ghaciqin) Et du mal de la nuit, c’est la parole de Ibnou ^Abbas et Moujahid.
{إِذَا وَقَب} (‘idha waqab) Lorsqu’elle tombe et qu’elle s’installe. D’autres ont dit : c’est la lune lors de l’éclipse et qu’elle devient sombre. Ainsi, le sens de {وَقَب} (waqab), c’est l’éclipse.
Az–Zajjaj a dit : {الْغُاسِق} (al-ghaciq), c’est celui qui est froid. Ainsi, on a dit que la nuit est un ghaciq car elle est plus fraîche que le jour.
{وَمِنْ شَرِّ النَّفَّاثاتِ} (wa min charri n-naffathati) Ibnou Qoutaybah a dit : il s’agit des sorcières qui soufflent [sans émettre de salive] lorsqu’elles font la magie.
{فِي الْعُقَد} (fi l-^ouqad) Ce sont les nuds qu’elles font dans le fil. Elles soufflent dans ces nuds en disant quelque chose, sans émettre de salive.
Certains exégètes ont dit : ce qui est visé par an-naffathati, ici, ce sont les filles de Loubayd Ibnou ‘A^sam le juif, elles qui ont fait de la magie au Messager de Allah. Ibnou l-‘Anbariyy a dit : l’exégèse de nafatha, c’est souffler d’un souffle sans émettre de salive. Et le sens de tafala, c’est souffler avec de la salive.
{وَمِنْ شَرِّ حَاسِدٍ} (wa min charri hacidin) Du mal des envieux, c’est-à-dire les juifs qui ont envié le Messager de Allah ;
{إِذَا حَسَد} (‘idha haçad) Lorsqu’il manifeste son envie et qu’il agit en conséquent comme Loubayd qui a été cité et qui fait partie des juifs qui ont envié le Messager de Allah. Celui qui envie, son envie n’a de conséquence que s’il la manifeste en nuisant à celui qui est envié. Mais tant qu’il n’a pas manifesté l’envie, ce sentiment ne nuit qu’à celui qui le ressent car il est chagriné par le bienfait d’autrui. Certains ont dit que l’envie compte parmi les plus vils des caractères et c’est le premier des péchés par lesquels Allah a été désobéi au paradis l’envie que Iblis a éprouvée envers ‘Adam et aussi sur terre l’envie que Qabil a éprouvée envers Habil .
Allah cite les trois maux venant à la suite de l’expression {مَا خَلَق} (ma khalaq) [le mal] de ce qu’Il crée , pour [montrer] la gravité de leur mal.
Certains mou^tazilah – secte égarée – qui disent que Allah ne crée pas le mal, ont récité {مِنْ شَرّ} (min charrin) avec le tanwin suivi de l’expression {مَا خَلَق} (ma khalaq) en lui donnant le sens de la négation ; cette récitation est refusée, elle est basée sur une voie erronée à cause de nombreuses ‘ayah du Qour’an en contredisant ce qu’ils ont prétendu.

