Tafsir an-Nasafiyy : Sūrātu Āli ʿImrān versets 1-17
Commentaire de Sūrātu Āli ʿImrān
Verset 1 : alif lām mīm
Verset 2 : le nom propre Allāh est un mubtadaʾ (le nom par lequel commence la phrase) et (lā ʾilāha ʾilla l-Lāhu) ẖabaruhu (ce qui donne une information sur le mubtadaʾ)
Allāh il n’est de dieu que Lui : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre dieu qui existe hormis Allāh subḥānahū wa taʿālā.
Al-ḥayyu l-qayyūm : Celui Qui a pour attribut la vie, Celui Qui ne s’anéantit pas. La vie de Dieu est éternelle, exempte de début et exempte de fin, qui n’est pas comme la vie de Ses créatures.
Verset 3 : c’est Dieu Qui a fait descendre sur toi -ô Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam- le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – véritablement – c’est une certitude–
Qui comporte la confirmation de ce qui l’a précédé : c’est-à-dire la confirmation de ce qui figure dans les livres antérieurs, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de contradiction entre ce qui a été révélé à notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et à ceux qui l’ont précédé.
Et c’est Dieu Qui a fait descendre la torah et l’évangile : le Qur’ān a été révélé en plusieurs fois, selon les occasions et différentes causes, tandis que la torah et l’évangile ont été révélés en une seule fois.
Verset 4 : auparavant -cela fait référence à ce qui a été révélé avant le Qur’ān c’est-à-dire à la torah et à l’évangile qui ont été révélés avant le Qur’ān-
En tant que guidée pour les gens : les gens ce sont les peuples de Moise et de Jésus. Ou bien c’est une bonne guidée pour tout le monde.
Et Il a fait descendre al-furqān : al-furqāna deux sens : le sens de séparer, de distinguer. Tous les livres révélés appartiennent à cette catégorie, en effet ils permettent de faire la différence entre le vrai et le faux. Et aussi il est utilisé dans le fait qu’il désigne le Qur’ān, pour magnifier et montrer l’importance du Qur’ān.
Certes ceux qui n’ont pas cru aux signes que Dieu a envoyés : que ce soient les livres révélés ou autres
Ils auront un châtiment douloureux et Allāh est Celui Qui est glorifié Qui punit par la juste punition. Dieu châtie d’un châtiment terrible, personne ne peut donner un châtiment comme le Sien.
Verset 5 : Dieu rien ne Lui échappe ni sur terre ni dans le ciel. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu dans ce monde. Il a été fait référence au monde par la citation du ciel et de la terre. C’est-à-dire que Dieu sait absolument tout : la mécréance de celui qui est mécréant, la foi de celui qui est croyant, et c’est Dieu Qui les rétribue pour cela.
Verset 6 : Il est Celui Qui vous donne forme dans les utérus comme Il le veut, il n’est de dieu que Lui, Il est Celui Qui a la gloire et Il crée toute chose avec une sagesse :
C’est-à-dire que Dieu vous donne des formes variées, différentes. Il n’est de dieu que Dieu, Celui Qui a la gloire dans Sa souveraineté. Il est Celui Qui gère les choses avec sagesse.
Il a été rapporté que lorsque les gens de Banī Naǧrān, ce sont des Arabes à l’époque du Prophète, mais ils ont suivi les Romains qui les aidaient et les entretenaient du fait que ce peuple avait suivi leur religion. Ces gens de Naǧrān ont été dupés et menés à leur perte parce qu’ils ont vu que les Romains les aidaient. Puis la croyance des chrétiens s’est imprégnée en eux. Certains qui font la biographie du Prophète, racontent un mensonge : ils prétendent que ces gens -là de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et qu’ils auraient fait leur mécréance dans la mosquée du Prophète en se dirigeant vers l’est. Certains compagnons voulaient les en empêcher et le Prophète leur aurait dit de les laisser : cela est faux. Le Prophète ne laisse pas les gens faire de la mécréance.
60 cavaliers de Banī Naǧrān sont arrivés à Médine et leur chef s’appelait Al-ʿĀqib (il se faisait appeler ʿAbdul-Masīḥ) et leur ancien s’appelait Al-ʾAyham et leur prêtre s’appelait abū Ḥāriṯah fils de ʿAlqamah fils de Wāʾil. Ils ont débattu avec le Prophète. Ils ont dit : « si Jésus n’était pas le fils de Dieu, qui serait alors son père ? » Le Prophète leur a répondu : « vous ne savez pas que lorsqu’il y a un enfant, il ressemble forcément à son père ? » Ils lui ont dit : « oui c’est vrai ». Il a dit : « ne savez-vous donc pas que Dieu est vivant et ne meurt pas alors que Jésus, il meurt ? Et que notre Dieu est Celui Qui accorde aux esclaves la protection et la subsistance, tandis que Jésus n’a pas cette capacité. Et que Dieu, rien n’échappe à Sa science, que ce soit sur terre ou dans le ciel, tandis que Jésus ne sait que ce qui lui a été enseigné. C’est Dieu Qui a donné à Jésus la forme qu’il a dans l’utérus de sa mère puis sa mère l’a porté et elle a accouché et elle l’a allaité. Et Jésus mangeait et il émettait de son corps des choses alors que Dieu est exempt de tout cela ». Ils n’ont rien trouvé à dire. Et c’est à leur sujet Banī Naǧrān qu’ont été révélés les premiers versets de sūratu āli ʿimrān jusqu’au verset 80 environ.
Verset 7 : Il est Celui Qui a fait descendre sur toi par révélation le Livre – c’est-à-dire le Qur’ān – dans lequel il y a des versets univoques – leurs termes sont préservés d’avoir plusieurs possibilités, ce sont des versets qui, du point de vue de la langue ne peuvent avoir qu’une seule possibilité et qui sont préservés de toute confusion possible –
Ces versets univoques sont la référence du Livre : c’est-à-dire que c’est en se référant à ces verset-là qu’on comprend les autres versets qui ne sont pas univoques.
Et il y a d’autres versets qui sont plurivoques : c’est-à-dire non explicites, ils peuvent admettre du point de vue de la langue plusieurs possibilités. Un exemple de ces versets qui sont plurivoques est le verset 5 de sūrat Ṭāhā : ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā. L’istiwāʾ dans la langue arabe peut avoir le sens de l’établissement, de la position assise, et aussi le sens de la toute-puissance, ou de la domination. Et le premier sens n’est pas possible au sujet de Dieu, car c’est impossible que Dieu soit assis ou établi. Preuve en est un verset univoque qui est le verset 11 de sūratu š-šūrā qui signifie : « absolument rien n’est tel que Lui ». Parce que celui qui est assis, il a des semblables. Celui qui est établi a des semblables. Or Dieu nous a appris dans le Qur’ān qu’Il n’a pas de semblables. Donc ici ce n’est pas correct d’expliquer (istawā) par s’établir sur le Trône. Non seulement ce n’est pas correct mais celui qui dit que Dieu est assis ou installé dans un endroit, il n’est pas musulman. C’est la croyance des juifs et des chrétiens.
Une autre explication de ce qui est muḥkam dans ce verset : c’est ce que Dieu a ordonné dans tous les livres qu’Il a révélés. Comme dans sūratu l-anʿām à partir du verset 159 qui signifie : « dis, venez, je vous récite ce que votre Seigneur vous a interdit » ou encore dans sūratu l-ʾisrāʾ à partir du verset 23 « Dieu a ordonné que vous n’adoriez que Lui ».
Et ce qui n’est pas explicite, al- mutašābih c’est le reste, c’est-à-dire ce qui est parvenu dans certains livres et qui n’est pas parvenu dans d’autres livres.
Une troisième définition de ce qui est muḥkam : c’est ce qui n’admet qu’une seule possibilité. Et le mutašābih ce qui n’est pas explicite c’est ce qui admet plusieurs possibilités.
Une quatrième explication : ce qui est muḥkam c’est ce dont l’interprétation peut être connue. Et le mutašābih est ce dont l’explication ne peut pas être connue : comme la date du jour du jugement.
Une cinquième explication : ce qui est muḥkam est an-nāsiẖ c’est-à-dire ce qui abroge et qu’on applique. Il y a des lois qui ont été abrogées. Et l’abrogation c’est la fin de l’application d’une loi et le début de l’application d’une autre (comme l’autorisation de se marier entre frères et sœurs du temps d’Ādam alors que c’est devenu interdit dans les lois des prophètes suivants. Également la direction pour la prière du temps de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam qui a été changée de Jérusalem en direction de La Mecque et aussi l’interdiction de visiter les cimetières qui a été rendue autorisée ensuite). Et le mutašābih est ce qui a été abrogé et qui n’est plus appliqué.
Pourquoi est-ce que tout le Qur’ān n’est-il pas univoque ? La réponse est que, dans ce qui n’est pas explicite, il y a une épreuve pour les gens. Dieu éprouve les gens par ce qui n’est pas explicite. L’épreuve est dans le fait que ceux pour qui Dieu veut le bien, ils expliquent ces versets correctement. Et ceux pour qui Dieu veut l’égarement, ils vont expliquer ces versets de travers et ils vont tomber dans la mécréance. C’est un moyen pour que soit distingué celui qui reste ferme sur la vérité, qui est imperturbable et celui qui est hésitant, qui est dans le doute. Et dans le fait qu’il y a des versets plurivoques, cela va amener les savants à fournir un effort intellectuel pour déduire les sens des versets plurivoques à partir de ce qui est univoque. Il y a énormément de connaissances qui seront obtenues et des hauts degrés qui seront atteints grâce à cela.
Quant à ceux qui ont un égarement dans leurs cœurs : ils s’écartent de la vérité. C’est-à-dire ceux qui ont les mauvaises innovations dans la croyance
Ils suivent ce qui est plurivoque : ils suivent ce qui n’est pas explicite, qui admet ce que ce mauvais penchant a comme égarement et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque et qui admet aussi le sens qui est conforme à la parole des gens de la vérité. Le plurivoque admet les deux mais eux, ils cherchent ce qui les arrange et qui rejoint leur mauvais penchant, et qui n’est pas conforme à ce qui est univoque.
Dans l’objectif de semer la zizanie : dans l’objectif de faire dévier les gens de la religion correcte, dans l’objectif d’égarer les gens.
Et dans l’objectif d’en faire l’interprétation : c’est-à-dire l’interprétation qui les arrange.
Et n’en sait l’interprétation véritable que Dieu : c’est-à-dire que la véritable explication de ce qui n’est pas explicite, seul Dieu la sait.
Et ceux qui sont versés dans la science : il y a deux manières de réciter ce verset : il y a une manière de réciter sans s’arrêter après le nom de Dieu et une manière de réciter en marquant un arrêt. La majorité des récitateurs s’arrête après le nom de Dieu. Ce qui est visé par-là est ce qui est plurivoque et que seul, Dieu sait : comme la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science : c’est-à-dire ceux qui sont attachés à la science et ce sont les véritables savants.
La deuxième manière de réciter consiste à enchaîner en disant : et n’en sait l’explication que Dieu et ceux qui sont versés dans la science : il est visé ici ce que Dieu a fait savoir à certaines créatures, car même ceux qui sont versés dans la science ne savent pas la date exacte du jour du jugement.
Ceux qui sont versés dans la science disent : nous y croyons fermement : Dieu fait l’éloge de ceux qui sont versés dans la science parce qu’ils se soumettent sans aucune objection. Parce qu’ils croient en ce qui est plurivoque sans émettre d’objection contre Dieu, parce qu’ils ont pour croyance que cela est véritable sans attribuer de comment à Dieu. Et l’intérêt de la révélation de ce qui est plurivoque est de croire en cela – comme le fait de croire fermement au jour du jugement même si nous ne connaissons pas sa date exacte –
Une des sagesses du fait qu’il y a des sujets qui ne nous sont pas connus est que ce sont des sujets auxquels nos raisons ne peuvent pas parvenir. Il y a des connaissances que nous ne pouvons pas atteindre.
La récitation dans ce verset qui ne marque pas l’arrêt après le nom de Dieu indique que ceux qui sont versés dans la science peuvent connaitre ce qui est plurivoque comme le sens de ar-Raḥmānu ʿala l-ʿarši s-stawā qui a pour sens la domination et non pas la position assise.
C’est-à-dire ceux qui sont savants, qui connaissent l’interprétation disent : nous croyons à ce qui est plurivoque. Ou bien nous croyons au Livre (au Qur’ān).
Tout est de la part de notre Seigneur : c’est-à-dire aussi bien les versets univoques les versets plurivoques. Nous ne faisons aucune différence entre ces versets. Dieu crée toute chose selon une sagesse et il n’y a pas de contradiction dans Sa parole. Il n’y a pas de contradiction entre les versets univoques et les versets plurivoques.
Et seuls ceux qui sont doués de raison seront exhortés par cela : c’est un éloge que Dieu fait pour ceux qui sont versés dans la science par le fait qu’ils ont la bonne compréhension et qu’ils sont capables de faire de bonnes déductions.
Verset 8 : ô notre Seigneur, n’égare pas nos cœurs c’est-à-dire fais que nos cœurs ne soient pas écartés de la vérité en créant dans nos cœurs ce mauvais penchant, fais que nos cœurs soient sur la vérité.
Après nous avoir bien guidés : c’est-à-direaprès nous avoir bien guidés pour œuvrer conformément à ce qui est muḥkam c’est-à-dire explicite ou univoque et pour que nous soyons soumis et que nous acceptions ce qui est mutašābih c’est-à-dire ce qui n’est pas explicite ou plurivoque.
Et accorde-nous de Ta part une miséricorde : c’est-à-dire une grâce c’est-à-dire de nous accorder la réussite pour accomplir les actes d’obéissance et pour persévérer sur la vérité fermement.
Certes Tu es Celui Qui accorde : Tu es certes Celui Qui accordes beaucoup de biens.
Et ce verset comporte une invocation que font ceux qui sont versés dans la science. Et également le verset suivant :
Verset 9 : ô notre Seigneur Tu rassembleras les gens pour un jour : et c’est le jour de la rétribution, le jour de l’exposition des actes qui est le jour du jugement.
Au sujet duquel il n’y a aucun doute : il n’y a pas de doute que ce jour va arriver.
Certes il n’y a pas de manquement à la promesse de Dieu : il n’y a pas de manquement à ce que Dieu a promis : Dieu a promis aux musulmans et aux non-musulmans, respectivement la récompense et le châtiment. Dieu ne manque pas à Sa promesse, Il a promis la récompense et Il a promis le châtiment. La divinité contredit le manquement à la promesse.
Verset 10 : certes ceux qui ont mécru c’est-à-dire ceux qui n’ont pas cru au Messager de Dieu.
Ne leur sera pas utile et ne repoussera pas d’eux le châtiment de Dieu, ni leurs biens ni leurs enfants : rien ne repoussera le châtiment de Dieu, même pas une partie.
Ceux-là seront le combustible de l’enfer.
Verset 11 : tout comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et ceux qui les ont précédés : c’est-à-dire comme la persistance de ces mécréants qui ne croient pas au Messager, qui démentent la vérité, c’est comme la persistance de ceux qui ont suivi pharaon et d’autres qu’eux. Ils ont eu le même comportement pour rejeter la vérité. A l’époque du Prophète ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, il y a des gens qui étaient actifs pour rejeter la vérité.
Ils ont démenti nos versets et Dieu les a châtiés pour leurs péchés : c’est-à-dire que Dieu les a châtiés à cause de leurs péchés.
Et le châtiment de Dieu est terrible.
Verset 12 : dis (cela s’adresse au Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām)
À ceux qui ont mécru (il s’agit des associateurs de La Mecque)
Vous allez être vaincus (à la bataille de Badr : or ce verset a été révélé avant la bataille de Badr et ceci est un signe de la prophétie de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam)
Et vous allez être amenés à ǧahannam (la géhenne) qui provient du mot ǧihinnām qui veut dire un puits profond
Et quelle mauvaise demeure
Verset 13 : vous avez : vous, associateurs de qurayš
Un signe à propos de deux groupes qui se sont rencontrés : ils’agit de deux armées qui se sont rencontrées le jour de la bataille de Badr.
Un groupe qui combat dans la voie que Dieu agrée : il s’agit des croyants qui combattent pour que les gens deviennent musulmans et meurent musulmans
Et un autre groupe qui est mécréant qui combat pour répandre la perversité, les péchés, l’idolâtrie. Le signe est que les mécréants voient le double. Les mécréants étaient mille combattants et ils en ont vu 2 000 ou alors ils voyaient le nombre des croyants qui est le double de ce qu’il était véritablement. Les croyants étaient 313. Ils en ont vu 626. Ceci pour que les mécréants craignent les musulmans.
Et ce qui est mentionné ici n’est pas en contradiction avec la parole de Dieu dans sūratu l-anfāl verset 44 dont le sens est : (ils vous montrent peu nombreux à leurs yeux). Car, avant que la bataille ne s’engage, Dieu a fait que les mécréants ont vu que les musulmans étaient peu nombreux pour qu’ils s’engagent dans le combat. Et une fois qu’ils se sont installés dans le combat, Dieu leur a fait voir comme si les croyants étaient plus nombreux qu’ils ne le sont. Donc le fait qu’ils apparaissent peu nombreux ou qu’ils apparaissent très nombreux, est arrivé dans deux situations différentes.
Et le fait qu’il les montre peu nombreux pendant un certain temps et très nombreux pendant un certain temps, dans deux situations différentes, est encore plus éloquent dans la manifestation de la puissance et de ce signe dont il est question au début de ce verset.
Ils les voyaient de leurs yeux : c’est-à-dire qu’ils les voyaient de manière certaine, sans aucune confusion.
Et Dieu renforce et soutient par la victoire qui Il veut : tout comme Il a soutenules musulmans lors de la bataille de Badr. Il les a soutenus en les montrant plus nombreux aux yeux de leur ennemi.
Il y a certes en cela : dans le fait de montrer nombreux ce qui est réduit
Une exhortation : une moralité
Pour ceux qui sont dotés de raison.
Verset 14 : a été enjolivé pour les gens : c’est Dieu Qui a rendu joli pour les gens ce qui va être cité par la suite et qui est une épreuve de Sa part.
L’amour des désirs : les gens aiment les désirs. Le désir est une tendance de l’âme pour la chose, l’âme aspire à cette chose. Dieu a fait que les choses qui vont être citées juste après sont des désirs excessifs, parce que ce sont des choses qui sont désirées excessivement par les gens. Ces choses sont considérées comme belles par les gens.
Autre explication : c’est pour rabaisser ces choses-là qui vont être citées. Le désir chez les gens qui sont sages est quelque chose de vil et celui qui poursuit ses désirs et qui leur donne suite, il est blâmable et cela témoigne de son côté animal parce que c’est l’animal qui poursuit ses désirs sans aucune retenue.
Les femmes et les enfants (qui englobe les garçons et les filles mais ce qui est visé ici ce sont les garçons parce que ce sont eux qui sont naturellement désirés par les gens, parce que ce sont eux qui vont défendre)
Et les grandes fortunes qui sont entassées ou enfouies : comme les trésors que les gens cachent pour qu’ils soient protégés, d’or et d’argent. L’or en arabe est appelé ḏahab et le verbe (ḏahaba) signifie (aller) parce que l’or s’en va rapidement quand on le dépense. Al-fiḍḍah est le nom de l’argent métal et le verbe (faḍḍa) signifie (percer, ouvrir, séparer) parce que l’argent métal se sépare de toi quand tu le dépenses.
Et les chevaux : le cheval quand il marche, il marche comme celui qui est imbu de lui-même. (ẖayl) est le même mot qui est utilisé pour désigner quelqu’un qui marche avec vanité.
Qui sont dressés : ce ne sont pas des chevaux sauvages.
Et le bétail et les récoltes, tout cela est des plaisirs du bas-monde : ce sont des choses dont on profite dans le bas-monde.
Mais ce que Dieu réserve pour les croyants au paradis vaut mieux que tout cela.
Dieu a incité les gens à se détacher du bas-monde par Sa parole :
Verset 15 : dis voulez-vous que je vous informe de ce qui est mieux que ce qui a été précédemment énoncé
Pour ceux qui font preuve de piété ils auront des jardins au paradis de la part de leur Seigneur : c’est une annonce pour indiquer ce qui est mieux que ce qui a été mentionné précédemment.
Des jardins sous lesquels coulent des fleuves : ils y resteront éternellement, ils auront des épouses pures et un agrément de la part de Dieu
Et Dieu sait tout des esclaves. Dieu sait les actesde Ses esclaves et Il les rétribue pour leurs œuvres. Ou bien : Dieu voit ceux qui font preuve de piété et Il voit leur état et c’est pour cela qu’Il leur a réservé des jardins.
Verset 16 : ceux qui disent : ce sont soit les pieux, soit les esclaves
Ô notre Seigneur, nous avons été croyants : nous avons cru, nous avons répondu favorablement à l’appel
Alors pardonne-nous nos péchés : par réalisation de Ta promesse
Et préserve -nous du châtiment de l’enfer : par Ta grâce.
Verset 17 : ceux qui patientent pour accomplir les actes d’obéissance, ceux qui patientent face aux épreuves,
Et ceux qui sont véridiques dans leurs paroles (en disant la vérité), dans leurs actes (en accomplissant leurs actes correctement) et dans leur intention (leur intention est ferme pour rechercher l’agrément de Dieu)
Et ceux qui font des invocations ou ceux qui sont obéissants
Et ceux qui dépensent : ceux qui font des aumônes
Et ceux qui font la prière ou qui demandent le pardon pendant (al-asḥār) qui est le pluriel de (saḥar) qui est la dernière partie de la nuit : c’est un temps dans lequel on espère que l’invocation sera exaucée. Et c’est un temps où, généralement, on se retrouve seul. Luqmān le Sage (certains ont dit qu’il était prophète, d’autres ont dit qu’il était un homme sage) donnait des leçons de sagesse à son fils, il lui a dit : « mon fils, fais en sorte que le coq ne soit pas plus intelligent que toi, il appelle les gens au saḥar alors que toi, tu dors ». Le sens est : « lève -toi à la fin de la nuit pour faire des adorations ».
Tafsir an-Nasafiyy : sourate al Anbiyaa – versets de 1 à 86
Commentaire de sūratu l-ʾanbiyāʾ
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cale veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Verset 64 : ils se sont remis en cause : ils se sont posés la question quand Ibrāhīm leur a prouvé que ce qu’ils faisaient, était faux.
Et ils ont dit vous êtes injustes. Ils se sont dit entre eux : vous, vous êtes les injustes car, en réalité vous êtes en train d’adorer ce qui n’a pas la capacité de parler. Ce n’est pas celui qui a détruit vos idoles qui est injuste. Celui qui n’arrive pas à se défendre d’une hache, comment va-t-il défendre ceux qu’il adore, de la nuisance ?
Verset 65 : puis ils sont revenus sur ce qu’ils avaient dit. Dieu a fait que, dans un premier temps, la vérité sorte de leur bouche, ils ont reconnu que ce qu’Ibrāhīm avait dit était vrai. Malgré cela, ils sont quand même revenus à leur mécréance. « Nukisū » signifie « renverser, inverser ». Il y a eu deux temps : le premier temps c’était quand ils ont reconnu la vérité et qu’ils ont reconnu qu’ils étaient injustes. Le deuxième temps était quand ils ont inversé cet état et ils se sont mis à discuter, à débattre, comme c’est le cas des mécréants. Et ils ont fait preuve d’orgueil.
Tu sais bien qu’ils ne parlent pas : c’est comme s’ils disaient : comment tu nous demandes de leur poser la question alors qu’ils ne parlent pas.
Verset 66 : il (Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam) leur a répondu comment vous adorez autre que Dieu, ce qui ne peut vous être utile ni vous nuire. C’est-à-dire que si vous adorez ces idoles, elles ne vont pas vous être bénéfiques et elles ne vont pas vous faire du tort.
Verset 67 : ouf à vous et à ce que vous adorez d’autre que Dieu : « ouf » est une onomatopée qui indique que celui qui la prononce est exaspéré. Ibrāhīm est exaspéré de les voir persister dans l’adoration des idoles alors qu’ils n’ont plus aucun argument pour justifier cela, après que la vérité a éclaté au grand jour. Ici il y a différentes récitations « uffin » et « uffun » et « uffā ». Il est exaspéré d’eux et de leurs idoles.
N’êtes-vous donc pas censés ? Vous n’utilisez pas correctement votre raison. Cela veut dire que celui a cette caractéristique, qui ne vous parle pas, qui ne vous défend pas, qui ne vous apporte ni utilité ni nuisance, qui n’a pas la capacité de se défendre contre quelqu’un qui les casse, ce n’est pas valide que ce soit un dieu.
Verset 68 : ils ont dit brûlez-le : c’est l’arme de l‘incapable. Comme ils étaient incapables de donner des arguments, au lieu de reconnaitre qu’ils étaient dans le faux, ils ont dit : mettez-le dans un brasier, dans un feu, parce que c’est la plus atroce des punitions.
Et soutenez vos divinités : en vous vengeant de lui
Si vous voulez les soutenir d’un soutien clair : ils ont choisi pour Ibrāhīm la plus difficile des punitions qui était de le brûler dans le feu. Faites-le, sinon vous n’aurez pas soutenu vos divinités. Celui qui a suggéré le fait de le brûler c’était le roi Nabuchodonosor ou bien un des Kurdes de Perse. Et quand ils ont décidé de le brûler, ils ont emprisonné notre maître Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam et ils ont construit une prison et ils sont restés un mois à ramasser du bois puis ils ont allumé un grand brasier ; tellement le feu était intense que les oiseaux dans les airs ont failli être brûlés. Puis ils l’ont placé sur une catapulte, attaché et ligoté. Puis ils l’ont projeté dans le feu et lui il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » ce qui a pour sens : « Dieu me suffit, qui de mieux que Lui à qui me fier ? » Ibrāhīm, alors qu’il était dans les airs, projeté vers ce brasier, Ǧibrīl est venu le voir et lui a dit : « as-tu besoin de quelque chose ? » Ibrāhīm lui a répondu qu’il n’avait besoin de rien. Ǧibrīl lui a dit : « demande alors à ton Seigneur ». Ibrāhīm lui a dit : « le fait qu’Il sache mon état suffit pour que je Lui demande ». Et le feu n’a brûlé que les liens avec lesquels il était attaché.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les liens avec lesquels il était ligoté avaient été mis par les mécréants. Les vêtements qu’il portait étaient restés intacts.
Ibnu ʿAbbās a dit qu’Ibrāhīm a été sauvé de la brûlure parce qu’il disait « ḥasbiya l-Lāhu wa niʿamal wakīl » mais le šayẖ a dit que cela n’est pas authentifié. Ce qui est authentifié est que le Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām a dit ce qui a pour sens : lorsqu’ Ibrāhīm a été jeté dans le feu, il a dit : « ḥasbiya l-Lāh » mais le prophète n’a pas dit que si Ibrāhīm n’avait pas dit cela, il aurait été brûlé. La vérité est que, même s’il n’avait pas dit « ḥasbiya l-Lāh », il n’aurait pas brûlé. Parce que Dieu a voulu qu’il ne brûle pas, Dieu a voulu que ce soit un miracle pour notre maître Ibrāhīm.
Verset 69 : Nous avons dit ô feu sois fraicheur et paix C’est-à-dire ô feu sois une cause de fraicheur et de paix. C’est pour indiquer l’ordre donné au feu pour sa substance devienne fraicheur et paix. Alors qu’habituellement, le feu a une nature qui est brûlante.
Pour Ibrāhīm : pour qu’Ibrāhīm soit épargné de toi. S’Il n’avait pas dit « et paix » après la fraicheur, le feu serait devenu froid et Ibrāhīm aurait péri de la froideur du feu. Le sens est que Dieu a retiré de ce feu sa nature qui est la chaleur et la brûlure. Et Il a maintenu d’autres caractéristiques que ce feu avait et parmi elles, il y a l’éclairage et le rayonnement. Et Dieu est sur toute chose tout puissant.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : il a été confirmé et réputé que Aḥmad ibnu Ḥanbal avait envoyé à son élève Abū Bakr Al-Marwārūdī ou al-Marwazī) (alors qu’il était tombé malade et il avait eu de la fièvre) ce verset 69 écrit sur un support pour que ce soit une cause pour guérir de la fièvre. Ceci figure dans le livre « al adābu š-šariyyah » de Šamsu d-dīne ibnu Mufliḥ le ḥanbalite : il rapporte de ce savant al-Marwazī qu’il a dit : une femme s’est plainte à abū ʿAbdillāh (c’est un surnom de l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal) qu’elle se sentait seule dans sa maison, elle avait peur de sa solitude.
1/ Et il lui a écrit un ḥirz de sa main : « bismil-Lāh puis la fātiḥah puis les deux muʿawwiḏāt (sūratu n-nās et sūratu l-falaq) et āyatu l-kursī »
2/ il a écrit pour al-Marwazī (pour lutter contre la fièvre) : bismil-Lāhi r-raḥmāni r-raḥīm/ bismil-Lāhi wa bil-Lāh wa Muḥammadun rasūlu l-Lāh/yā nāru kūnī bardan wa salāman ʿalā Ibrāhīm/Allāhumma rabba Ǧibrīl wa Mīkāʾīl wa Isrāfīl išfi ṣaḥiba haḏa l-kitāb bi ḥawlika wa quwwatika wa ǧabarūtika ilāha l-ḥaqqi āmīne
Les deux dernières phrases signifient : O Allah Tu es le Seigneur de l’ange Gabriel et Mikail et Isrāfīl, donne la guérison à celui qui porte cet écrit par Ta préservation, par Ta puissance et Ta souveraineté, Tu es le Dieu véritable, Amine
Si quelqu’un a de la fièvre, on peut écrire cela avec l’écriture du muṣḥaf.
3 / Et il a dit une troisième chose : Ṣāliḥ a dit : « il m’arrivait de tomber malade. Mon père prenait un récipient dans lequel il y a de l’eau et il récitait dedans puis il me disait : bois-en, lave ton visage et tes mains avec.
4 / Et ʿAbdul-Lāh (le fils de l’imam Aḥmad) a rapporté qu’il voyait son père réciter les invocations de protection sur de l’eau puis il buvait de cette eau et il s’en déversait sur le corps.
5/ ʿAbdul-Lāh a dit qu’il a vu son père, plus d’une fois, à maintes reprises, boire de l’eau de Zamzam en recherchant la guérison et il s’en passait sur le visage et les mains.
6 / Yūsuf fils de Mūsā a dit qu’on rapportait un verre avec de l’eau à l’imam Aḥmad ibnu Ḥanbal, alors qu’on était dans la mosquée avec lui, puis il récitait dessus des invocations de protection.
7/ Certaines femmes qui ont du mal à accoucher : il écrivait dans un récipient blanc : bismil-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm / lā ilāha illal-Lāhu l-ḥalīmu l-karīm / subḥāna l-Lāahu rabbu l-ʿarši l-karīm/ al ḥamdu lil-Lāhi rabbi l-ʿāalamīne/puis le verset 35 de sūratu l-aḥqāf qui fait référence au jour du jugement quand ils verront ce dont ils avaient été menacés et ce qui les attend. Ils vont dire : on est resté dans la vie du bas-monde comme si c’était une heure. Ceci est un avertissement. / et le verset 46 de sūratu n-nāziʿāt qui fait référence également au jour du jugement : ils vont dire : la vie du bas-monde, c’est comme si nous étions restés juste une après-midi ou une matinée / Puis on donnait à boire à cette femme et on aspergeait sa poitrine avec le reste de cette eau. L’imam Aḥmad a rapporté cela de ʿAbdul-Lāh ibnu ʿAbbās.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit à propos du verset 69 : les ignorants comme les wahabites expliquent la parole de Dieu en disant que Dieu prononce cette phrase avec ces termes-là et c’est faux car Dieu n’est pas concerné par les attributs des créatures. Les Acharites expliquent ce verset en disant que Dieu a jugé de toute éternité que ce feu soit froid et paix ; c’est-à-dire que Dieu a ordonné cela. En effet on ne dit pas au sujet de Dieu qu’Il ne prononce ni qu’Il articule mais on dit qu’Il parle, d’une parole qui n’est pas de lettres ni de sons.
Quant aux Matouridites, ils disent que la signification est : Nous avons fait que ce feu soit fraicheur et paix sans que cela ne nous demande d’effort, sans que Nous soyons touchés par la fatigue.
Verset 70 : ils lui ont voulu du mal ; le peuple de Ibrāhīm lui voulait du mal, ils voulaient le brûler. Nous avons fait qu’ils soient, eux, les perdants. Dieu a fait que ce peuple de Nabuchodonosor soit anéanti. Dieu a fait qu’ils ont été attaqués par des moustiques qui ont dévoré leur chair et qui ont bu leur sang. Et un moustique s’est introduit dans le cerveau de Nabuchodonosor qui a été la cause de sa mort.
Verset 71 : et Nous l’avons sauvé lui ainsi que Lūṭ : Nous avons sauvé Ibrāhīm en Irak. Lūṭ est le neveu d’Ibrāhīm.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que Lūṭ est le fils de Hārān qui est le frère d’Ibrāhīm.
Dans la terre que Nous avons bénie pour les gens : cette terre qui est bénie est la région de Aš-Šām qui englobe l’actuelle Syrie, Liban, Palestine et une partie de la Turquie. La bénédiction consiste au fait que la plupart des prophètes sont originaires de cette région. Et leurs traces se sont diffusées partout sur terre. C’est une terre qui est fertile et généreuse. Le riche comme le pauvre peuvent y vivre. Il a été rapporté que notre maître Ibrāhīm est parti de l’Irak jusqu’en Palestine et que Lūṭ était dans une terre qui s’appelle al-muʾtafikah. Entre les deux, il y avait une distance d’un jour et d’une nuit de marche. Et le Prophète ʿalayhi s-salām a dit ce qui a pour sens : « il y aura des émigrations successives ; les meilleurs des gens sont ceux qui iront là où est allé Ibrāhīm ». Rapporté par ibnu ʿAsākir.
Verset 72 : et Nous lui avons accordé Isḥāq et Yaʿqūb en tant que dons : il y a eu plusieurs explications et parmi elles : il a été dit qu’Ibrāhīm a demandé à avoir un enfant et Dieu l’a exaucé en lui accordant Isḥāq puis Isḥāq a eu Yaʿqūb comme fils. Donc Ibrāhīm a eu un fils et un petit-fils.
Et tous, Nous en avons fait des vertueux : « tous » ici, il s’agit de ceux qui ont été vertueux dans leur application de la religion et par le fait qu’ils étaient prophètes.
Verset 73 : Nous avons fait qu’ils soient des guides, des imams qui guident les gens par notre ordre, Nous leur avons révélé d’accomplir le bien, d’accomplir la prière, de s’acquitter de la zakāt et qu’ils Nous adorent. C’est-à-dire qu’ils adorent Dieu.
Nous avons fait que ce soit des imams, c’est-à-dire qu’ils étaient pris pour modèles dans la religion. Ils guident les gens par la révélation de la part de Dieu Et Nous leur avons révélé d’accomplir les bonnes œuvres. Et d’accomplir la prière et de s’acquitter de la zakāt. Et ils n’adoraient pas les idoles. Par conséquent vous autres Arabes, qui êtes des descendants d’Ibrāhīm, suivez-le en cela, dans son adoration de Dieu uniquement.
Verset 74 : et Lūṭ, Nous lui avons accordé la sagesse : il y a 3 explications de la sagesse :
1/ c’est ce qu’il convient de faire comme actes ou bien
2/ c’est l’arbitrage juste entre les gens qui ont des différends ou bien
3/ le statut de prophète
Et une science : ici il s’agit du fiqh (la connaissance des jugements)
Et Nous l’avons sauvé de la ville (des habitants de la ville) et il s’agit de la ville de Sodome
Qui pratiquaient des actes mauvais : comme la sodomie ou le fait de lapider les gens qui passaient à proximité de leur ville
C’étaient des gens mauvais qui étaient pervers : ils désobéissaient à Dieu.
Verset 75 : Nous l’avons inclus dans notre miséricorde : c’est-à-dire que Nous l’avons inclus dans les gens à qui Nous faisons miséricorde et il s’agit de Lūṭ
Ou bien autre explication : il fait partie des gens du paradis.
Il fait certes partie des vertueux : c’est-à-dire en rétribution pour leur vertu, tout comme Nous avons anéanti son peuple par châtiment pour leur corruption.
Verset 76 : ainsi que Nūḥ, c’est-à-dire évoque -le quand il a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple. Nūḥ a invoqué Dieu pour qu’Il anéantisse son peuple.
Auparavant : c’est-à-dire avant ceux qui ont été mentionnés et il s’agit d’Ibrāhīm, d’Isḥāq et de Yaʿqūb et Lūṭ
Nous l’avons exaucé : Dieu a exaucé l’invocation de Nūḥ
Nous l’avons sauvé ainsi que son ahl (il est visé ici ses trois fils qui étaient croyants (car le 4° était mécréant) ainsi que les croyants qui l’avaient suivi, environ 80 personnes)
De la grande tourmente : et il s’agit du déluge et du démenti des injustes de son peuple.
Verset 77 : et Nous l’avons soutenu contre le peuple qui a démenti Nos signes : c’était des gens mauvais, Nous les avons tous fait périr par la noyade. Les plus jeunes et les plus âgés, les hommes et les femmes.
Verset 78 : et Dāwūd et Sulaymān (mentionne-les), ils arbitraient à propos des récoltes ou des vignes, lorsqu’un troupeau est entré dans une plantation de nuit (qui n’était pas celle de son propriétaire, il était sans berger) et il a mangé et Nous avons été témoins de leur arbitrage. Cela a eu lieu et Dieu le sait.
Verset 79 : Nous l’avons fait savoir (c’est-à-dire l’arbitrage ou bien le jugement religieux) à Sulaymān. Ceci est une preuve que la vérité était du côté de Sulaymān, que Dieu l’honore et l’élève davantage en degrés. L’histoire est qu’il y avait un troupeau qui avait pénétré dans une vigne sans qu’il y ait un berger qui les ait conduits là-bas et c’était de nuit. Les gens (les propriétaires du champ de vignes et les propriétaires du bétail) sont venus demander l’arbitrage à Dāwūd d’abord car c’était le père de Sulaymān. Il a dit : « il faut donner le troupeau aux propriétaires du champ à titre de dédommagement, parce que la valeur des deux était équivalente ». La valeur du troupeau était l’équivalent de ce qui a diminué de la valeur du champ, c’est-à-dire la valeur de la récolte. C’est alors que Sulaymān qui n’avait que onze ans à ce moment-là, a dit : il y a une autre sentence qui est moins contraignante pour les deux parties. Alors son père Dāwūd a dit : dis ce que tu as à dire. Sulaymān a dit : « je considère plutôt que le troupeau soit confié au propriétaire du champ pour qu’ils en tirent bénéfice (du lait, de la laine, des descendants lors de la reproduction) et de confier le champ au propriétaire du troupeau pour qu’il entretienne le champ en le labourant pour qu’il redevienne comme il était avant qu’il ne soit détruit. Ensuite chacun rendra à l’autre ce qu’il lui a donné C’est-à-dire que le propriétaire du champ va reprendre son champ et le propriétaire du troupeau va reprendre son troupeau. » Alors Dāwūd a entériné la sentence de son fils Sulaymān. Et il a demandé l’application du jugement émis par Sulaymān.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : cela veut dire que la sentence qu’avait émise Dāwūd était correcte et également celle de Sulaymān. Mais le jugement de Sulaymān était meilleur.
Chacun des deux avait fait un iǧtihād (un effort de déduction) car il n’y avait pas eu dans leurs lois un texte qui indiquât le jugement pour un cas semblable. Mais dans la loi de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, selon l’imam Abū Ḥanīfah et ses compagnons, que Dieu les agrée, il n’y a pas de dédommagement si un troupeau pénètre dans un champ, de nuit tout comme de jour, sauf si c’est un berger ou quelqu’un les y a amenés. Mais selon l’imam Aš-Šāfiʿī, si cela a eu lieu la nuit, il y a dédommagement. Et al-Ǧaṣāṣ qui est un grand savant hanafite a détaillé : ils doivent dédommager parce que ce sont eux qui ont envoyé le troupeau. Puis le dédommagement a été abrogé par la parole du Prophète ʿalayhi ṣ-ṣalātu wa s-salām qui signifie : « ce que fait l’animal n’est pas dédommagé ». Rapporté par Al-Buǧārī. Car les animaux ne sont pas dotés de raison.
Muǧāhid qui est l’élève de Ibnu ʿAbbās a dit : ce que Sulaymān avait proposé était un accord à l’amiable. Et ce que Dāwūd avait proposé était une sentence et l’accord à l’amiable vaut mieux.
Et à chacun des deux : c’est-à-dire Dāwūd et Sulaymān, Nous avons accordé une sagesse : le statut de prophète
Et une science : c’est la connaissance du jugement.
Et Nous avons asservi à Dāwūd les montagnes qui évoquent Dieu avec Dāwūd, ainsi que les oiseaux. Les oiseaux ont été mentionnés après les montagnes parce que les montagnes sont des objets inanimés. Le fait que les montagnes évoquent Dieu est quelque chose d’encore plus étonnant et surprenant que les oiseaux. Il a été rapporté que Dāwūd passait auprès des montagnes en évoquant Dieu. Et elles répétaient avec lui les évocations. Et il a été dit que les montagnes se déplaçaient avec lui où qu’il aille.
Et Nous faisions cela
Verset 80 : et Nous lui avons enseigné comment fabriquer des labūs : ce sont des vêtements et ce qui est visé ici ce sont les armures et les boucliers. Dieu a enseigné à Dāwūd. Il y a 3 récitations ici : » lituḥṣinakum » « linuḥṣinakum » « liyuḥṣinakum » / « Pour que Nous vous préservions » « pour que cela vous préserve » « pour vous préserver »
Pour que ces armures vous protègent lorsque vous êtes en guerre contre votre ennemi
Allez-vous remercier pour les grâces que Dieu vous a accordées : le sens est un ordre.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les descendant d’Israël (le prophète Yaʿqūb), il est requis de leur part qu’ils remercient Dieu et ceci, en étant musulmans. Ces yahūd sont les descendants d’Israël, mais leurs mécréants ont mécru au lieu de remercier Dieu.
Verset 81 : Dieu a asservi à notre maître Sulaymān le vent et ici c’est une tempête et dans d’autres passages, ce vent a soufflé doucement : dans certains cas le vent soufflait fort et dans d’autres cas, il soufflait moins fort, en fonction de ce que Sulaymān lui demandait : c’est Sulaymān qui ordonnait au vent de souffler tantôt très fort et tantôt doucement, pour l’emmener, lui et son armée là où il voulait.
Ce vent soufflait sur l’ordre de Sulaymān vers la terre que Nous avons bénie : cette terre était bénie parce qu’elle comportait beaucoup de fleuves, de rivières, de fruits et il s’agit du pays de aš-šām qui est toute la région des confins du Sinaï jusqu’à la Turquie. C’était là-bas la résidence de notre maître Sulaymān.
Et Nous savons toute chose : tout ce qui arrive a lieu conformément à la science de Dieu. Tout ce qui a lieu, Dieu le sait avec détail. Il n’y a pas une seule chose qu’Il ignore.
Verset 82 : et parmi les démons ceux qui plongent dans les profondeurs et qui lui font d’autres tâches encore : Et ils agissent sous notre ordre. Parmi les démons : c’est-à-dire que certains démons ont été asservis à notre maître Sulaymān. Certains ont été asservis pour plonger dans les profondeurs des mers sur ordre de Sulaymān pour extraire des pierres précieuses et ce qu’il y a dans les mers.
Et qui lui font d’autres tâches encore : comme de construire des lieux pour l’adoration, construire des statues, des palais, des grands chaudrons, des grands récipients.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : le terme qu’a employé An-Nasafī est al-ǧifān qui est le pluriel de ǧifnah et il s’agit des récipients qu’on utilise pour manger (comme des assiettes) ils étaient taillés dans du bois. Les Arabes qui étaient connus pour leur générosité avaient des grands récipients pour honorer leurs invités. Ḥassān ibnu Ṯābit qui était un grand poète s’est mis à dire de la poésie qui critiquait les non musulmans et le prophète l’encourageait. « Nous avons des grands récipients et nous avons des épées qui coulent de sang quand nous venons au secours des autres. » C’est-à-dire que nous sommes généreux et nous sommes des gens qui venons au secours des autres. La poésie arabe est un référentiel pour la compréhension du vocabulaire. Les savants ont accordé beaucoup d’importance à la poésie, notamment celle qui était avant les Omeyyades parce que, par la suite, la langue arabe s’est détériorée. Et l’apprentissage de la langue arabe qui permet de comprendre les textes est un devoir d’ordre communautaire. Ḥassān ibnu Ṯābit décrivait sa famille comme étant des gens généreux et vaillants lors du combat. Et il était le poète du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et il prenait sa défense en utilisant la poésie. Il insultait les associateurs et il faisait l’éloge du Messager. Et cela leur faisait du mal comme s’il les lançait des épées. Et le Messager de Dieu lui a dit un jour : « cite-les en mal (c’est-à-dire les associateurs) et Ǧibrīl va te soutenir ». C’est une preuve de la confirmation du renfort de la part des prophètes et de la part des saints. Ce n’est pas Ǧibrīl qui était en train de souffler à ce compagnon les paroles qu’il disait à l’encontre des associateurs. Cela veut dire que Ǧibrīl sera à ses côtés et qu’il lui donnera du renfort. Et c’est ce renfort -là qui est connu chez les soufis.
Et un autre poète qui était de l’époque abbasside (qui est venue après l’époque omeyyade) qui s’appelle Baššār fils de Buʿd – il était aveugle – a dit un vers de poésie : « nos épées sont comme des étoiles qui tombent sur le sol ». Il a comparé les épées qui sont sur la terre qui est remuée dans tous les sens lors de la bataille, comme si c’était la nuit lorsque les étoiles brillantes apparaissent au milieu de l’obscurité. Quand les chevaux soulèvent la poussière lors de la bataille, ça devient obscur et les épées dans cette obscurité sont comme des étoiles dans la nuit.
Et Nous les préservons de s’écarter de l’ordre de Sulaymān : Dieu fait que les démons obéissent à la lettre aux ordres de Sulaymān et ils ne changent pas ce que Sulaymān leur ordonne de faire.
Autre explication ; Dieu fait qu’il n’y a pas de leur part de corruption. Malgré leur mécréance, Dieu les a asservis à notre maitre Sulaymān.
Verset 83 : et mentionne le récit d’Ayyūb qui a invoqué son Seigneur et qui a dit j’ai été touché par aḍ-ḍurr (Et c’est la nuisance dans le corps alors que aḍ-ḍarr c’est la nuisance en toute chose). Dans mon corps et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. Ayyūba employé beaucoup d’élégance et de douceur dans sa demande. Il a parlé de lui-même mais il a mentionné en lui ce qui demande la miséricorde. Puis il a mentionné son Seigneur par l’extrême miséricorde. Cela veut dire « j’ai besoin de Ta miséricorde et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux ». C’est comme s’il disait : ô Allāh Tu es celui Qui est digne de faire miséricorde et Ayyūb est celui qui a le plus besoin de ta miséricorde. Alors délivre- le de ce qui l’a touché ».
D’après Anas le serviteur du Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, Ayyūb a avoué sa faiblesse quand il n’a pas pu se lever pour faire la prière. Et il ne s’était pas plaint auparavant. Il est celui à propos de qui Dieu dit : Nous avons vu qu’Ayyūb patientait, il était un bon esclave. Il a été dit qu’il s’est plaint à Dieu parce qu’il avait du plaisir à invoquer Dieu et non pas parce qu’il évacuait ses douleurs en évoquant Dieu. Et le fait de se plaindre à Dieu est le fait de s’en remettre totalement à Dieu et de rechercher la délivrance de la part de Dieu directement.
Verset 84 : Nous l’avons exaucé : c’est-à-dire que Nous lui avons donné ce qu’il avait demandé dans son invocation.
Nous l’avons délivré de la nuisance qu’il avait : Dieu lui a fait grâce de le délivrer de cette nuisance.
Et Nous lui avons accordé sa famille et le nombre semblable d’enfants : il a été rapporté qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām était romain de la descendance d’Isḥāq fils d’Ibrāhīm ʿalayhi s-salām et qu’il avait sept fils et sept filles et trois mille chameaux et sept mille moutons et cinq cent charrues. Et en plus de cela, il avait cinq cent esclaves et chaque esclave avait une femme et des enfants. Il avait des dattiers. Et Dieu lui a fait subir une épreuve. Dieu l’a éprouvé par la perte de ses enfants, par la perte de sa fortune et par la maladie dans son corps durant dix-huit ans. Et qu’Ayyūb ʿalayhi s-salām ne s’est pas plaint.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit qu’il retenait cet avis-là car il y a un ḥadīṯ rapporté par ibnu Ḥibbān qui confirme cela.
La femme d’Ayyūb ʿalayhi s-salām était restée à ses côtés pendant tout ce temps-là. Un jour, elle lui a dit de demander à Dieu qu’Il le guérisse de sa maladie. Il a demandé à sa femme la durée qu’ils avaient passée dans une situation confortable avant sa maladie ; elle lui a dit : quatre-vingts ans. Il a dit : « j’ai honte de demander à Dieu de me délivrer de mon épreuve alors que la durée de l’épreuve n’a pas encore égalé la durée de l’aisance ». Quand Dieu l’a délivré de sa maladie, Il lui a ressuscité ces mêmes enfants qu’il avait perdus. Et il lui a donné le double.
C’est une miséricorde de Notre part et un rappel pour les adorateurs : ce qui est arrivé à Ayyūb est une miséricorde pour lui et c’est un rappel pour d’autres que lui afin que d’autres que lui patientent comme lui a patienté et qu’ils soient récompensés tout comme lui a été récompensé.
Verset 85 : et Ismāʿīl (le fils d’Ibrāhīm) et Idrīs (qui est le fils de šīṯ descendant d’Ādam) et Ḏu l-Kifl mentionne -les, Ḏu l-Kifl est le prophète Ilyās ou bien le prophète Zakariyyā ou bien le prophète Yūšāʿ fils de Nūn.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que c’est l’avis de certains mais en réalité Ḏu l-Kifl est un prophète autre que ceux-là. A ne pas confondre avec un homme qui s’appelle al-Kifl qui est un descendant d’Isrāʾīl. C’était un désobéissant puis il a fait le repentir.
Tous sont au nombre de ceux qui patientent : c’est-à-dire que tous ceux qui ont été cités font partie de ceux qui patientent.
Verset 86 : et Nous leur avons accordé Notre miséricorde : ici la miséricorde signifie le statut de prophète ou bien la grâce qui les attend dans l’au-delà.
Certes ils font partie de ceux qui sont vertueux : c’est-à-dire de ceux dont la vertu n’est pas souillée par une quelconque corruption.
A partir du verset 87, il est question du prophète Ḏu n-Nūn
Exégèse de sūratu l-ʾanbiyāʾ versets de 1 à 63
Verset 1 : le compte pour les gens est devenu imminent : l’exposition des œuvres pour les gens est devenue imminente. D’après Ibnu ʿAbbās, que Dieu les agrée, lui et son père, « les gens » ici, ce sont les associateurs parce que ce qui va venir par la suite, ce sont des caractéristiques des associateurs. « Les comptes » ici ce sont les comptes qu’ils vont rendre. Dieu leur demande de rendre des comptes et Il va les rétribuer pour leurs œuvres. Il s’agit du jour du jugement. « Imminent » : eu égard à ce qui reste comme jours dans ce bas-monde par rapport à ce qui est passé, ce qui reste est négligeable par rapport à ce qui s’est déjà écoulé.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a ajouté un commentaire. Il a dit : le nombre de jours qui se sont écoulés depuis le début du bas-monde jusqu’au jour où ce verset a été révélé dépasse de loin le nombre de jours qui restent jusqu’à la fin de ce bas-monde.
Toute chose qui va venir est proche.
Alors qu’ils sont dans une profonde insouciance et un rejet : ils sont dans une insouciance de l’exposition de leurs œuvres et de ce qui leur adviendra. Ils se détournent de la préparation pour ce jour-là. Cette imminence est générale pour tout le monde, les croyants et les mécréants. Par contre, l’insouciance et le détournement sont selon le cas de chacun : certains sont dans une insouciance plus profonde que d’autres dans un rejet plus profond que les autres. Combien de gens sont dans l’insouciance parce qu’ils sont noyés dans leur bas-monde et ne se préparent pas pour l’exposition de leurs œuvres. Certains ne se réveillent que lorsque la mort survient. C’est un devoir pour toi de demander des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Et détourne-toi des insouciants. Et occupe ton temps par l’évocation du Créateur de toutes les créatures.
Verset 2 : toutes les fois qu’il leur parvient des versets (du Qur’ān) de la part de leur Seigneur, ils l’entendent (de la part du Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam ou alors de la part de quelqu’un d’autre) et ils s’en moquent. (Les mécréants se moquent).
Les termes qui sont dans le livre révélé sont l’expression de l’attribut de la parole de Dieu. On les appelle aussi « parole de Dieu » mais pas dans le sens de l’attribut.
« Muḥdaṯin » c’est-à-dire qui arrive parties par parties : il s’agit des termes révélés.
C’est la crainte de Dieu qui va permettre à la personne de s’améliorer. Quand un grand pêcheur commet un grand péché, c’est comme si c’était une simple mouche qui l’atteignait. Tandis que le pieux, le petit péché est pour lui comme si c’était une montagne qui lui écrasait les épaules.
Verset 3 : leurs cœurs sont dans une profonde insouciance : leurs cœurs se détournent de ce qui leur incombe ; les cœurs de ces mécréants ne sont pas touchés par ce qui leur est ordonné. Ils reçoivent des ordres dans le Qur’ān mais leurs cœurs s’en détournent. Ils devaient avoir la crainte de Dieu mais leurs cœurs se détournent de cela. C’est à partir de là qu’un savant qui s’appelle Abū Bakr al-Warrāq a dit : « le cœur l-lāhī, c’est le cœur qui est noyé dans les plaisirs du bas monde, qui est dans la totale insouciance de l’au-delà ».
Ils se disent en cachette (quand ils se retrouvent entre eux), ceux-là qui sont injustes, ce n’est là qu’un humain comme vous. (Ils se disent cela en parlant du Prophète).
Vous assistez à de la sorcellerie alors que vous êtes témoins que c’est de la sorcellerie. Ils prétendent que les miracles sont de la sorcellerie. Parce qu’ils avaient pour croyance qu’un envoyé de Dieu ne pouvait être qu’un ange et que tous ceux qui prétendent être des envoyés alors qu’ils sont des humains et qui ont eu des miracles, ce sont des sorciers. Ils ont renié le statut de prophète de notre maître Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam.
Verset 4 : il a dit mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre.
Il y a deux manières de réciter : la première : il a dit et il s’agit de Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. C’est selon Hamza, ʿAlī et Ḥafṣ. La deuxième est avec : qul rabbī (dis, (Muḥammad, à ceux qui se parlent en cachette), mon Seigneur sait tout ce qui se dit au ciel et sur terre. Cela veut dire que rien n’échappe à Dieu, même ceux qui se parlent en cachette, Dieu sait ce qu’ils se disent entre eux.
Et Il est Celui Qui entend (ce qu’ils disent) et Qui sait (ce qu’ils ont dans leurs cœurs).
Verset 5 : plutôt ce sont plutôt des rêves qui se sont mélangés : ceux qui se moquent sont revenus sur leur parole du verset 2 où ils disaient que c’était de la sorcellerie, et ils disent maintenant que, suite à un rêve que le Prophète aurait fait, il aurait dit que c’est une révélation de la part de Dieu.
Ou ce sont plutôt des paroles qu’il a fabriquées de toutes pièces
Ou c’est plutôt un poète
Et c’est ainsi que le menteur ne reste pas sur une même parole, il change de discours, il n’est pas stable et c’est une preuve qu’il ment car il n’est pas stable sur un discours. Celui qui renie la vérité c’est quelqu’un qui ne reste pas ferme sur une même parole.
Ils ont dit que s’il est véridique sur ce qu’il prétend (qu’il est un envoyé de Dieu) alors qu’il nous amène un miracle, tout comme ont été envoyés les premiers. Comme Mūsā qui a eu la main blanche après qu’il l’ait mise dans sa poche, sans que ce soit une maladie ou bien quand il a frappé le rocher et de l’eau a jailli ou quand il a frappé la mer et des voies se sont ouvertes.
Comme celui a guéri l’aveugle de naissance et qui a ressuscité les morts et il s’agit de Jésus.
Ils n’ont pas dit : tout comme les premiers ont reçu des miracles, ils ont dit tout comme ont été envoyés les premiers. Mais An-Nasafī a dit que cela revient au même parce que le fait d’envoyer des messagers implique de leur donner des miracles. L’analogie est correcte parce que l’envoi des prophètes implique qu’ils ont eu des miracles.
Verset 6 : chaque ville avant eux qui n’a pas été croyante a été anéantie
Il s’agit des habitants de la ville qui n’ont pas été croyants, Dieu les a anéantis. Ils ont été anéantis lorsqu’ils ont reçu les miracles qu’ils avaient demandés. En effet ils avaient demandé ces miracles par entêtement. Ils voulaient montrer l’impuissance du prophète en demandant un miracle. Mais ils étaient décidés depuis le début à ne pas être croyants. Car même quand ils ont vu les miracles, ils ont persisté sur leur mécréance. Et Dieu les a anéantis.
Vont-ils être croyants. Ceux qui t’ont demandé des miracles, est-ce qu’ils vont faire mieux que les autres, les prédécesseurs qui, eux également, ont demandé à voir des miracles, mais ils ont refusé d’être croyants. Est-ce que vous, qui êtes encore plus têtus, vous allez être croyants lorsque vous allez voir ces miracles ?
Cela veut dire que les habitants des villes précédentes qui ont été anéanties, avaient demandé des miracles. Et ils avaient promis que, s’ils voyaient des miracles, ils allaient être croyants : ils ont juré mais, lorsqu’ils ont vu les miracles, ils n’ont pas tenu leur parole. Alors Dieu les a anéantis.
La moralité, est que, si Dieu accorde des miracles à ces gens-là, qui demandent des miracles, alors, ils vont, eux également, ne pas devenir croyants.
Verset 7 : ceux que Nous avons envoyés avant toi (Muḥammad) ce sont des hommes à qui Nous faisons parvenir la révélation. Ceci est une réponse à la question précédente « pourquoi croyez-vous en lui en tant que prophète ».
Ici il y a deux récitations (nūḥī) de Ḥafṣ qui signifie « Nous lui révélons » et (yūḥā) qui est à la voix passive qui signifie « il leur est révélé ».
Demandez à ceux qui ont la connaissance si vous, vous vous ne savez pas.
Ceux qui ont la connaissance ce sont ceux qui ont la connaissance des livres anciens c’est-à-dire de l’Evangile et de la Torah. Parce qu’ils savent que les messagers qui reçoivent la révélation étaient des humains et non pas anges. Et les gens de La Mecque se basaient sur leurs paroles, même s’ils étaient des idolâtres.
Verset 8 : et Nous n’avons pas fait d’eux un corps qui ne s’alimente pas. C’est-à-dire que Nous n’avons pas fait que les prophètes soient des corps qui ne se nourrissent pas.
Et ils ne sont pas éternels : c’est comme s’ils avaient dit : pourquoi celui qui nous est envoyé, ce n’est pas un ange, qui ne s’alimente pas et qui vit éternellement ? Parce qu’ils croyaient que les anges ne meurent pas. Ou bien ils ont dit que leur vie était une éternité, dans le sens d’une vie très longue.
La réalité c’est que les anges, au jour du jugement, ils vont mourir, sauf des exceptions, comme les anges qui portent le Trône. Puis Dieu ressuscite tous ceux qui sont morts au jour dernier.
Verset 9 : et Nous leur avons confirmé notre promesse. Dieu a réalisé la promesse qu’il a faite au Prophète, et ceci, en les sauvant de leurs peuples qui étaient incrédules.
Nous les avons sauvés de ce qui est arrivé à leurs peuples.
Ainsi que ceux que Nous avons voulu. Et il s’agit des croyants qui les ont suivis.
Et Nous avons anéanti ceux qui ont dépassé la limite. (Par leur mécréance).
Verset 10 : Nous avons fait descendre sur vous par révélation un livre dans lequel il y a ce qui peut être une cause de bien pour vous, « Vous » désigne ici les gens de Qurayš qui sont les gens de La Mecque à qui le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam s’est adressé.
Le « Livre », il s’agit du Qur’ān, il est la cause de votre honneur si vous l’appliquez : si vous appliquez ce qu’il y a dans ce livre, ce sera un honneur pour vous. Ou bien autre explication : c’est un livre qui est dans la langue que vous parlez et c’est l’arabe. Ou encore c’est un livre qui comporte beaucoup d’exhortations pour vous : une exhortation est une parole qui incite à l’obéissance à Dieu en rappelant la grande récompense que Dieu accorde à ceux qui obéissent et en mettant en garde du châtiment par lequel Dieu menace ceux qui désobéissent. Ou encore c’est un livre qui comporte les principes de votre religion et qui régule votre vie dans le bas-monde.
N’êtes-vous donc pas conscients : c’est-à-dire n’êtes-vous pas conscients de ce par quoi vous avez eu du mérite sur les autres. Prenez conscience de cette grâce que je vous ai accordée, par ce livre, et soyez des croyants.
Verset 11 : et combien de villes Nous avons brisées : il s’agit des habitants de ces villes. Qui étaient mécréantes : ce sont les habitants de ces villes qui étaient mécréants.
qaṣamnā est un verbe qui indique une grande menace de châtiment : ce verbe indique la pire sorte de brisure des os : al-qaṣm est le fait de briser les os, c’est la fracture déplacée, qui sépare les parties. En arabe, il y a un verbe qui désigne la fracture non déplacée.
Et Nous avons créé d’autres peuples après eux : d’autres habitants sont venus peupler ces villes à leur place, par la suite.
Verset 12 : quand ils (ceux qui ont été anéantis) avaient senti venir Notre châtiment : c’est-à-dire qu’ils ont pris connaissance d’une perception sensorielle et par observation
C’est alors qu’ils ont essayé de fuir leurs villes : ils ont essayé de fuir en courant, en galopant. « rakaḍa » est un verbe qui indique le galop d’un animal en général : il est possible qu’ils aient pris leurs montures qu’ils ont lancées au galop pour fuir leurs villes quand ils ont vu les prémices du châtiment venir. Ou encore ils ont été assimilés, dans la rapidité de leur course à pied, à ceux qui étaient sur des montures lancées au galop.
Verset 13 : il leur a été dit ne galopez pas : ce sont certains anges qui leur ont dit cela, de ne pas partir, de ne pas fuir.
Et retournez à votre confort et votre luxe et à vos habitations : retournez là où vous aviez une vie agréable et un confort de vie. Al-H̱alīl a expliqué ce verbe « utriftum fīh » par celui qui est dans un grand confort et un bien-être élargi, avec peu de soucis.
Puissiez-vous être interrogés : c’est une parole qui leur est dite par ironie, par moquerie ; c’est-à-dire « retournez à votre félicité, retournez à vos logements, peut-être que demain vous serez interrogés à propos de ce qui est arrivé, à vous et à vos biens, vous pourrez ainsi répondre en connaissance de cause ». Les anges ont appelé vengeance pour les prophètes.
Verset 14 : ils ont dit malheur à nous, nous étions injustes. Ils ont avoué qu’ils étaient injustes quand ce n’était plus utile pour eux, parce que le châtiment allait s’abattre sur eux parce qu’ils l’avaient mérité.
Verset 15 : c’était là leur invocation : quand ils disaient malheur à nous jusqu’à ce qu’ils soient devenus comme un champ de céréales qui a été moissonné mais non ramassé. C’est une métaphore qui indique qu’ils sont morts.
Verset 16 : Nous n’avons pas créé le ciel et la terre et ce qu’il y a entre les deux pour jouer. Le sens est que Nous n’avons pas élevé ce ciel qui est comme un plafond pour nous et Nous n’avons pas édifié cette terre qui est comme un berceau pour nous et ce qu’il y a entre les deux, entre ciel et terre, pour jouer : Nous les avons créés afin qu’ils soient une preuve de la manifestation de la toute puissance de leur Créateur et afin de rétribuer le bienfaiteur, celui qui agit en bien et celui qui agit en mal, conformément à la sagesse de Dieu. Puis Dieu S’est exempté Lui-même de toutes les caractéristiques des créatures c’est-à-dire de tout ce qui entre en existence. Il S’est exempté de toutes les contingences.
Verset 17 : si Nous avions voulu avoir une source de loisir (c’est-à-dire un fils ou une femme ; c’est comme une réplique à ceux qui disent que Jésus est son fils et que Marie était sa compagne).
Nous l’aurions pris de chez nous : c’est-à-dire des serviteurs du paradis – al-wildān –
Si Nous étions de ceux qui font cela : et Nous ne sommes pas de ceux qui le font car cela est impossible à Notre sujet. Il a été dit que cela revient à la négation c’est-à-dire que Nous ne faisons pas cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a précisé que Dieu, dans ces versets, S’est exprimé avec un pronom au pluriel et dans d’autres versets également – Nous donnons la vie et Nous donnons la mort ; les paroles de Dieu – alors qu’il est Unique. Il est le Créateur Unique et Sa parole est un attribut unique. Le pluriel employé ici est par glorification, par majesté.
Verset 18 : mais : c’est pour marquer que Dieu ne prend pas de source de loisir et c’est pour exempter Son Etre de toute imperfection. C’est comme s’Il disait : Nous sommes exempts d’avoir des sources de loisir.
Nous projetons le vrai sur le faux. Le vrai c’est-à-dire le Qur’ān et le faux c’est le šayṭān. Ou bien Nous projetons l’islam sur la mécréance. Ou bien Nous projetons le sérieux sur le loisir.
Il le détruit alors et le vrai annihile le faux. C’est une métaphore qui est élégante : à l’origine le mot qaḏf signifie projeter sur les corps et il a été employé ici à propos du vrai sur le faux et le damaġ indique la destruction suite à cette projection et cela a lieu habituellement dans les corps. Ici cela indique que le vrai a été projeté sur le faux et le damaġ indique que le faux disparait ainsi. C’est comme s’il a dit : Nous amenons le vrai qui est semblable à un corps qui est fort sur le faux qui est semblable à un corps qui est faible et il l’annule tout comme le corps qui est fort annule et a le dessus sur un corps qui est faible. C’est alors que le faux est perdu, il disparait,
Malheur à vous pour ce dont vous décrivez Dieu en Lui attribuant le fils et ce qui est du même ordre.
Verset 19 : et à Lui appartient ce qu’il y a dans les cieux et sur terre : c’est-à-dire que tout cela est la création de Dieu et Sa propriété, c’est sous Sa souveraineté. Comment se pourrait-il qu’il y ait parmi toutes ces choses-là qui se trouvent dans les cieux et les terres, ce qui soit un fils pour Lui ? Ce n’est pas possible qu’Il ait un fils alors que tout est Sa création, tout Lui appartient. Et entre les cieux et la terre, il y a une différence.
Car ce qui a un degré selon Son jugement (c’est-à-dire ici ce sont les anges) ne font pas preuve d’orgueil : les anges qui ont un haut degré ne sont pas imbus d’eux-mêmes,
De sorte à refuser d’adorer Dieu et ils ne se lassent pas de L’adorer : les anges sont tous des saints, ils ne commettent pas les interdits que Dieu a fixés. Ils ne se fatiguent pas de l’adoration de Dieu. Ils sont très forts.
Verset 20 : ils évoquent Dieu nuit et jour sans se fatiguer. C’est-à-dire que leur tasbīḥ qui signifie littéralement le fait de dire subḥāna l-Lāh (et c’est le fait d’exempter Dieu de tout défaut, de toute imperfection) mais ici le sens est plus large et vise toutes sortes d’évocations comme en disant lā ilāha illa l-Lāh ou al ḥamdu lil-Lāh ou Allāhu akbar. Et la prière est également une évocation de Dieu. Ils évoquent Dieu nuit et jour, cela veut dire que leur évocation est continue. Et l’adoration est l’extrême limite de la crainte et de la soumission. Le tasbīḥ des anges est comme la respiration pour nous. Et malgré cela, les prophètes sont meilleurs que les anges ; c’est Dieu Qui accorde ce qu’Il veut à qui Il veut.
Verset 21 : puis Il a parlé des associateurs en les blâmant et en leur faisant un reproche en utilisant un mot qui est « am » qui vient dans le sens de « ou alors ».
Ou alors ont-ils pris des divinités sur terre qui, elles, ressuscitent : c’est-à-dire qui donnent la vie après la mort. Ou alors ont-ils pris des divinités à partir de la terre et ces divinités seraient celles qui ressuscitent les morts. C’est un blâme. « A partir de terre » : c’est-à-dire à partir de ce qui se trouve sur terre : en effet, les associateurs ont adoré des idoles qui sont soit en or ou en argent ou en terre. « hum yunširūn » c’est-à-dire « qui ressusciteraient les morts » : c’est un blâme encore plus fort, même s’ils n’ont pas prétendu que leurs idoles ressuscitent les morts. C’est pour leur montrer que ce qu’ils adorent ne mérite pas d’être adoré.
Et comment oseraient-ils prétendre, et c’est quelque chose de fortement blâmable, que des morts ressuscitent des morts. Parce que la prétention à la divinité est une prétention à la résurrection, car celui qui est impuissant pour ressusciter, il n’est pas valide qu’il soit un dieu. Seul celui qui est tout puissant sur toute chose mérite la divinité.
Verset 22 : s’il y avait eu pour les cieux et la terre un autre dieu que Dieu, ils seraient corrompus (les cieux et la terre seraient désorganisés)
Le terme « illā » ne vient pas dans le terme de l’exception mais dans le sens de « autre », c’est-à-dire que s’il y avait eu plusieurs dieux pour gérer les cieux et la terre, autre que Celui Qui est Unique , Celui Qui les a créés , alors les cieux et la terre auraient été anéantis, ils se seraient détruits , ils seraient anéantis ; preuve en est la preuve de at-tamānuʿ : l’incompatibilité ou l’empêchement mutuel : argumentaire que nous avons développé dans la science de kalām , la science de la croyance. C’est une preuve rationnelle de l’impossibilité d’une seconde divinité. En résumé, s’il y avait eu deux dieux, ils seraient tous deux dotés de volonté, de puissance, de science, de vie et ils seraient tous deux libres de choisir. Or ceux qui sont libres de choisir, il est possible qu’ils aient un choix différent : comme si l’un des deux voulait la vie d’un tel et l’autre voulait qu’il soit mort. Or un tel est ou bien vivant, ou bien mort, il est impossible qu’il soit vivant et mort en même temps. Et il est impossible aussi qu’un tel soit dépourvu de vie et de mort. Donc dans les deux cas, la volonté de l’un de ceux qui choisit ne s’est pas réalisée. Et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible. De même, s’ils se mettent d’accord sur un choix, l’un des deux serait contraint et ceci est une preuve d’impuissance. Conclusion : il est impossible qu’il y ait deux dieux.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que An-Nasafī a un autre ouvrage qui porte sur la science de la croyance et qui s’appelle « baḥru l-kalām »
Il est exempt d’imperfection, Allāh le Seigneur du Trône. Il est exempt de ce qu’ils lui attribuent comme imperfection. Ici le Seigneur du Trône signifie que Dieu est le Seigneur de toute chose : le Trône est mentionné parce qu’il est la plus grande des créatures, donc si Dieu est le Seigneur du Trône, à plus forte raison, Il est le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône.
« subḥān » signifie un éloignement, ici il s’agit du fait que Dieu est loin de ce que les mécréants Lui attribuent comme imperfection. C’est un éloignement au sens figuré, c’est un éloignement métaphorique. Dieu est loin de ce qui Lui est attribué comme associé et comme enfant. Certains disent : « nous sommes les enfants de Dieu » ou encore « Jésus est le fils de Dieu ». Or Dieu est absolument exempt de cela.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : « si les cieux et la terre avaient eu une divinité autre que Dieu, ils seraient désordonnés, ils ne seraient pas organisés comme nous le constatons.
« law kāna fīhimā » : fīhimā signifie -lahumā- : s’ils avaient eu (les cieux et la terre) une autre divinité que Dieu, ou bien -ʿalayhimā – s’ils avaient été soumis à une divinité autre que Dieu, s’ils avaient été sous la domination d’autre que Dieu, ils seraient corrompus.
Dans le livre « tašnīfu l-maṣāmiʿ », il y a ce qui suit : si quelqu’un posait la question « y aurait-il une preuve selon la raison que le créateur de ce monde est unique ? ». La réponse est que la preuve est l’incompatibilité mutuelle à laquelle il est fait allusion par ce verset, le verset numéro 22 de sūratu l-ʾanbiyāʾet qui signifie : si les cieux et la terre avaient eu une divinité hormis Dieu, alors ils seraient corrompus.
Si ce monde avait eu deux créateurs, alors leur gestion ne serait pas organisée et ne serait pas parfaite. Et ils seraient impuissants, tous deux ou l’un des deux. Et ceci parce que si l’un des deux voulait donner vie à un corps et que l’autre voulait sa mort,
1/ soit leur volonté à tous deux se réalise, ce qui est contradictoire, que ce soit par un supposé accord ou sans qu’ils se mettent d’accord, dans les deux cas c’est impossible.
2/ soit leurs deux volontés ne se réalisent pas : c’est une preuve de leur impuissance
3/ soit la volonté de l’un se réalise au détriment de l’autre : celui dont la volonté ne se serait pas réalisée, il est impuissant.
Dans tous les cas, on aboutit à quelque chose qui est impossible rationnellement et ce qui mène à une impossibilité est en soi impossible.
Et il est impossible que le dieu soit impuissant.
Verset 23 : Il n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait. Dieu n’est pas interrogé à propos de ce qu’Il fait parce qu’Il est Celui à Qui toute chose appartient véritablement. Si quelqu’un avait émis une objection contre un président, un roi ou chef, un humain comme lui, alors qu’il est du même genre que lui, il est possible que son chef ou son roi se trompe, alors qu’il n’est pas celui à qui il appartient véritablement, cette objection contre ce roi ou ce président aurait été mal vue et aurait été considérée comme une impudence, alors que dire d’une objection contre Celui à Qui tous les rois appartiennent, Celui Qui est le Seigneur des gens, le Seigneur absolu Celui dont l’acte ne comporte pas d’erreur, à plus forte raison, Il mérite qu’on n’émette pas d’objection contre lui.
Alors qu’eux le seront. Les esclaves de Dieu appartiennent à Dieu et ils commettent des erreurs. Ils seront interrogés. Ils ont des comptes à rendre mais Dieu n’a pas de comptes à rendre.
On ne dit pas à Dieu : pourquoi châties-Tu ces mécréants ? Pourquoi châties-Tu ces désobéissants ? Pour des œuvres qu’ils ont faites conformément à Ta science éternelle et conformément à Ta volonté éternelle. On ne dit pas cela par objection contre Dieu. Emettre une objection contre Dieu est une mécréance, que Dieu nous en préserve. Dieu n’est pas interrogé (c’est-à-dire sur ce qu’Il fait). Autrement dit, on ne Lui demande pas de comptes. On n’émet pas d’objection contre Dieu, alors que les esclaves, eux, ont des comptes à rendre. Les esclaves, eux, seront interrogés. Quant à Dieu, Il n’est pas interrogé. Il est un devoir de se soumettre totalement à Lui et d’abandonner toute objection. S’Il égare une partie de Ses esclaves par Sa volonté et par Sa prédestination et qu’Il crée en leurs cœurs l’égarement, Il n’est pas injuste. Et s’Il guide une partie de Ses esclaves, s’Il fait qu’une partie de Ses esclaves réussissent à faire des bonnes œuvres, c’est par Sa grâce tabāraka wa taʿālā : donc le mérite revient à Dieu. Et il n’est pas permis de dire que Dieu est obligé d’accorder à un tel qui est un esclave de Dieu, qui est pieux et obéissant, on ne dit pas que Dieu est obligé de lui donner les hauts degrés dans l’au-delà. Dieu n’est pas obligé mais Dieu fait grâce à cet esclave en le récompensant parce que c’est Dieu qui lui a facilité l’accomplissement des bonnes actions que cet esclave a faites. C’est l’esclave qui a acquis ces bonnes actions mais c’est Dieu Qui a créé les bonnes actions dans cet esclave et c’est une grâce de Dieu. Et l’autre qui a échoué, celui à qui Dieu n’a pas accordé la réussite à faire le bien, il n’a pas, lui non plus, à émettre d’objection contre Dieu.
L’objection contre Dieu est la première mécréance qui a existé parmi les créatures de Dieu : et c’est Satan qui a émis une objection contre Dieu. Les anges ont été créés avant les djinns, ils ont été créés, tous croyants, obéissants, il n’y a pas de désobéissants à Dieu parmi eux.
Verset 24 : ou alors ont-ils pris d’autres dieux que Dieu. Dis : donnez donc vos preuves.
La première parole dans le verset 22 cite la preuve rationnelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu. Puis le verset 24 est la preuve textuelle qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu.
Il s’agit d’une réplique à ceux qui ont attribué un associé à Dieu. Il a dit à Muḥammad, dis : donnez donc vos preuves. Et les preuves, qu’elles soient textuelles ou rationnelles, rejettent l’existence d’un associé à Dieu. Aucun livre céleste ne comporte l’attribution d’un associé à Dieu. Tous les livres célestes comportent la confirmation de l’unicité de Dieu et la confirmation de l’exemption de Dieu de tout équivalent.
Ceci est la mention de ceux qui sont avec moi et de ceux qui m’ont précédé : cette croyance en l’unicité de Dieu, c’est la mention de ma communauté et également la mention de ceux qui m’ont précédé, c’est-à-dire que c’est également la croyance des communautés des prophètes antérieurs. Ce verset est une preuve de la croyance en l’unicité de Dieu et cela revient à nier un associé à Dieu.
Mais comme ils n’ont pas cessé leur mécréance, il s’est détourné d’eux par sa parole « bal akṯaruhum lā yaʿlamūna l-ḥaq » mais la plupart d’entre eux ne reconnaissent pas la vérité. Ici la vérité fait référence au Qur’ān.
Ici il y a deux manières de réciter : al-ḥaqqa ou al-ḥaqqu et selon la terminaison, le sens est différent.
Et en raison de cela, ils s’en détournent. Ils se détournent de l’apprentissage de ce qu’ils doivent accomplir.
Verset 25 : tout messager que Nous avons envoyé avant toi, Nous lui avons révélé qu’il n’est de dieu que Moi, adorez-Moi : c’est-à-dire ayez foi en Mon unicité. Ce verset est une confirmation des versets de tawḥīd qui l’ont précédé.
Verset 26 : ils ont dit que ar-Raẖmān a eu une descendance, Il est exempt de cela, ce sont plutôt des esclaves honorés. Ce verset a été révélé à propos d’une tribu qui s’appelle al-H̱uzaʿah qui ont prétendu que les anges étaient les filles de Dieu. Dieu S’est exempté de cela. Puis Il a nous informé au sujet des anges que ce sont des esclaves par Sa parole « bal ʿibādun mukramūn » qui signifie « ce sont plutôt des esclaves honorés » qui ont un haut degré et ce ne sont pas une descendance de Dieu. Le fait d’être esclave est contradictoire avec le fait d’être un descendant. (Esclave signifie « appartenir à » ; le terme serviteur n’est pas adapté).
Verset 27 : ils ne disent pas quoi que ce soit avant qu’Il ne leur ordonne : ce sont les anges qui ne disent rien avant qu’Il ne leur ordonne. Les anges n’agissent pas avant que ne leur parvienne l’ordre de Dieu ; ils ne font rien tant que l’ordre de la part Dieu ne leur est pas parvenu. Ils sont des esclaves obéissants.
Et ils agissent conformément à Ses ordres.
Dans la première partie du verset, leur parole suit la parole de Dieu. Et dans la deuxième partie du verset, leur acte est conforme à l’ordre de Dieu. Ils n’accomplissent pas un acte qu’ils n’ont pas reçu l’ordre de faire.
Verset 28 : Il sait ce qu’il y a entre leurs mains et derrière : le sens est que Dieu sait ce qu’ils ont déjà fait et ce qu’ils vont faire.
Et ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux que Dieu agrée. Les anges intercèderont uniquement en faveur de ceux qui sont morts musulmans.
Et ils sont emplis de crainte envers Dieu : il s’agit d’une crainte référentielle c’est-à-dire une crainte respectueuse.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : les anges n’intercèderont au jour du jugement qu’en faveur de ceux qui sont morts croyants.
Pour ce qui est du verset « man ḏal -laḏī yašfaʿu ʿindahu illā biʾiḏnih » dans āyat l-kursī, cela signifie que personne n’intercèdera au jour du jugement sauf par l’autorisation de Dieu. Aucun prophète, aucun ange et nul autre, n’intercèdera pour celui qui meurt mécréant, même si c’est quelqu’un de ses proches parents. Ainsi notre maitre Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam n’intercèdera pas pour son oncle Abū Lahab parce qu’il est mort mécréant et notre maître ʿīsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur de ceux qui l’ont adoré et notre maître Mūsā ʿalayhi s-salām n’intercèdera pas en faveur des yahūd qui ont mécru et qui ont démenti Jésus et Muḥammad ʿalayhima ṣ-ṣalātu wa s-salām. Telle est la signification de la parole de Dieu (wa lā yašfaʿūna ʾillā liman irtaḍā : Ils n’intercèderont qu’en faveur de ceux qui sont morts sur la foi). Celui qui prétend qu’un des prophètes de Dieu intercèdera en faveur d’un mécréant, que ce soit son père ou son fils, il aura réfuté le Livre de Dieu, il aura contredit le Qur’ān. De même celui qui croit que Dieu fait miséricorde aux mécréants au Jour du jugement, il aura démenti le Qur’ān et celui qui contredit le Qur’ān, il devient mécréant.
Verset 29 : celui d’entre eux qui dit que je suis un dieu autre que Dieu alors Nous le rétribuerons de l’enfer
C’est-à-dire si un des anges disait je suis un dieu hormis Dieu, alors Nous le punirons par l’enfer
C’est ainsi que Nous rétribuons les injustes : les injustes ici, ce sont les mécréants, c’est-à-dire ceux qui ont attribué la divinité à autre que Dieu. Et ceci c’est à titre d’hypothèse et d’exemple, parce que les anges sont préservés de dire qu’ils sont des dieux. Cela signifie que si quelqu’un disait qu’il était un dieu, hormis Dieu, Dieu le rétribuerait par l’enfer. Iblīs a été créé de feu et les anges ont été créés de lumière. ʿĀʾišah a dit que le prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam a dit que les anges ont été créés de lumière et les ǧin ont été créés à partir d’une flamme de l’enfer et Ādam a été créé de ce qui vous a déjà été décrit.
Verset 30 : est-ce que ceux qui ont mécru n’ont -ils pas vu que les cieux et la terre, Dieu les a créés. Il y a sept cieux et sept terres qui étaient ensemble et Nous – Nous de majesté- les avons séparés. Alors si quelqu’un dit : quand est-ce qu’ils les ont vus pour qu’ils puissent reconnaitre cela ? Parce que les humains ont été créés après cela. La réponse est que cela est parvenu dans le Qur’ān et le Qur’ān est un miracle et nous devons croire aux miracles : c’est comme si c’était quelque chose que nous avions observé.
Par ailleurs, ici, la vue est dans le sens de la connaissance. Et le fait que les cieux et les terres soient collés les uns aux autres ou qu’ils soient séparés les uns des autres, les deux sont des possibilités rationnelles. Donc, comme les deux cas sont possibles selon la raison, et qu’ils sont dans un des deux états, c’est qu’il y a bien eu qui les a spécifiés par cet état au lieu de l’autre. Et c’est Dieu Qui a fait cela.
Il a été dit que les cieux étaient collés à la terre, il n’y avait pas d’espace entre les deux. Et Dieu les a séparés. Le mot « fataqa » est utilisé en couture pour dire que c’est cousu puis on enlève le fil (et c’est également le terme utilisé pour désigner une hernie qui est l’ouverture de ce qui retenait un organe).
Et il a été dit que les cieux étaient un seul puis Dieu les a séparés pour qu’il y en ait sept.
Et il a été dit que le ciel était sec (dans le sens qu’il ne pleuvait pas) et que la terre était sèche (dans le sens qu’il n’y poussait pas de plante) et Dieu a fait que la pluie tombe du ciel et que les plantes poussent sur terre (et c’est l’explication de fataqa ici). Et notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde est de ce dernier avis.
Et Nous avons créé à partir de l’eau tout être vivant. Tout ce qui a une vie, Dieu l’a créé à partir de l’eau. Dieu créé tout être qui se déplace sur terre à partir de l’eau.
Ou encore : c’est comme si Nous l’avions créé à partir de l’eau. Parce que les êtres vivants ont extrêmement besoin d’eau. Comme dans le verset qui signifie : » l’être humain a été créé à partir de peu de patience » : cela veut dire que l’être humain est peu patient, en général.
Ne sont-ils pas croyants ? Ne croient-ils pas en la véracité de ce qu’ils voient ?
Dans ce verset, Dieu a mentionné particulièrement les êtres vivants par le fait qu’ils sont créés à partir de l’eau. Mais ce ne sont pas uniquement les êtres vivants qui ont été créés à partir de l’eau. Pourquoi les êtres vivants ont-ils été mentionnés ? C’est parce qu’ils ont quelque chose de plus par rapport aux objets inanimés. Parmi les êtres vivants, il y a les humains, les anges et les ǧin : ces trois catégories ont un mérite sur les objets inanimés. Le fait que l’eau soit l’origine de toutes les créatures, il n’y a pas de différence entre les êtres vivants et les êtres qui n’ont pas d’âme. L’eau est à l’origine des objets inanimés tout comme elle est à l’origine des êtres vivants. Même le feu et la lumière ont été créés à partir de l’eau. Donc si, dans ce verset, Dieu a mentionné les êtres vivants, c’est en raison de l’honneur qu’ils ont et non pas du fait que l’eau soit à l’origine des êtres vivants uniquement et pas à l’origine des objets inanimés. Dieu mentionne certaines choses dans des versets pour indiquer l’honneur de ces choses-là, et cela ne veut pas dire que les êtres vivants uniquement, sont créés à partir de l’eau.
Par exemple, Dieu a dit dans le verset 15 de surat l-burūǧ ce qui signifie : « Dieu est Celui à Qui appartient le Trône » c’est-à-dire le toit du paradis. Dieu est Le Créateur de toute chose, Il est Celui à Qui toute chose appartient. Pourquoi le Trône a-t-il été spécifié ? Parce que c’est la plus grande des créatures par les dimensions. Dieu nous apprend qu’Il est le Seigneur de ce qui est le plus grand par les dimensions. Il est donc le Seigneur de tout ce qui est plus petit que le Trône, à plus forte raison. Il est le Seigneur de cette terre et de ce qu’il y a sur cette terre, le Seigneur des cieux et de qu’il y a dans les cieux, Il est le Seigneur de tout cela.
Verset 31 : Et Nous avons créé sur terre des (rawāsī ) des piquets pour que la terre ne tremble pas. rasā est un verbe qu’on utilise pour dire qu’un bateau a jeté l’ancre, pour être fixé au sol. Dieu a créé sur terre ce qui la fixe, comme des piquets : les montagnes sont comme des piquets pour fixer la terre.
Et Nous avons créé des voies étendues pour pouvoir se déplacer, puissent-ils atteindre leur destination.
Verset 32 : et Nous avons fait que le ciel soit comme un plafond qui est préservé (un ciel que Dieu préserve pour ne pas qu’il tombe sur nous et qu’il nous écrase). Dans un verset, Dieu dit qu’Il maintient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur terre, sauf par sa volonté.
Ou bien : préservé des démons qui, lorsqu’ils essaient de monter au ciel pour écouter ce que les anges se disent entre eux, ils reçoivent des projectiles de feu, des météorites. « Nous avons préservé le ciel de tout démon maudit ».
Alors qu’eux se détournent de ces signes : il s’agit des mécréants qui se détournent des signes qu’il y a dans le ciel : comme le soleil, la lune, les étoiles. Ils n’y réfléchissent pas. Parce que s’ils méditaient sur ces signes ( en utilisant correctement leur raison) , ils deviendraient croyants.
Verset 33 : Il est Celui Qui a créé la nuit et le jour et le soleil et la lune : Il a créé la nuit pour que vous y trouviez un repos et le jour pour que vous vaquiez à vos occupations et le soleil afin qu’il soit une lumière en journée, et la lune afin qu’elle soit l’éclairage de la nuit.
Et tous ont une trajectoire qu’ils poursuivent. Le soleil a un parcours bien déterminé, la lune également, et aussi le jour et la nuit.
Verset 34 : Nous n’avons pas accordé à un humain de vivre éternellement sur terre. Si tu meurs, est-ce que ce seront eux qui vont rester éternellement ? Nous n’avons pas fait que, parmi les humains avant toi, il y ait qui vive éternellement ici sur terre. Les détracteurs du Prophète, les incrédules, disaient que le Prophète allait mourir un jour, ce qui est vrai. Pour repousser cette satisfaction qu’ils auraient, Dieu leur a rappelé qu’il n’y a pas un humain qui va rester éternellement sur terre.
Verset 35 : chaque âme va goûter à la mort. Nous vous éprouverons : c’est-à-dire que Nous allons vous faire subir des épreuves. Il y a la notion de faire ses preuves. Même si Dieu sait quelles sont les œuvres des gens avant leur existence, Il a appelé cela une épreuve parce que c’est à l’image d’une épreuve. Mais Dieu sait qui va réussir et qui ne va pas réussir.
Par le mal et le bien. Le mal ici c’est la pauvreté et la nuisance. Le bien c’est la richesse et le profit.
Et vous allez revenir à Notre jugement. Après la mort, vous allez être ressuscités. Et vous serez rétribués en fonction de votre patience et de votre remerciement.
Verset 36 : quand ceux qui ont mécru te voient, ils se moquent de toi en disant : est-ce donc là celui qui cite en mal vos idoles, alors qu’eux-mêmes n’évoquent pas Dieu et ne reconnaissent pas son unicité. Quand ceux qui ont mécru te voient, ils te considèrent comme sujet de moquerie. Ce verset a été révélé à propos de Abū Ǧahl, quand le Prophète Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam est passé à son niveau, il s’est mis à rire et à dire : « est-ce donc là le prophète du clan de ʿAbdu Manāf ? Est-ce donc là celui qui cite vos idoles en mal ? » Alors qu’eux, au lieu d’évoquer Dieu comme il se doit, ils mécroient en lui. Ce sont eux qui méritent d’être dénigrés et pas toi. Parce que, toi, tu es sur la vérité alors qu’eux, sont sur le faux.
Verset 37 : l’être humain a été créé avec la caractéristique de vouloir tout rapidement. Je vous montrerai Mon châtiment, ne vous empressez pas.
inna l-Lāha yumhilu wa lā yuhmil : certes Dieu donne du répit et ne néglige pas. C’est comme si le verset indiquait « à partir de » l’empressement.
C’est la première explication qui vise l’être humain en général.
Et il a été dit que ce verset a été révélé lorsqu’un homme qui s’appelle An-Naḍr demandait à voir le châtiment rapidement. Il a dit : « si vraiment il y a un châtiment, alors j’aimerais bien le voir rapidement ».
Mais An-Nasafī fait prévaloir le premier avis. C’est la nature de l’être humain en général qui veut tout rapidement. Dieu a fait qu’en général, dans l’être humain, il y a ce penchant à ce que les choses soient rapides. La tournure en arabe donne la phrase : l’être humain a été créé de rapidité. Et il y a d’autres explications. L’être humain a été empêché de s’empresser alors que c’est dans sa nature de s’empresser. Tout comme il lui a été défendu de laisser libre cours à ses désirs alors que c’est dans sa nature d’avoir ces désirs et de les exprimer. Parce que Dieu lui a donné la capacité de surmonter ses désirs et de délaisser l’empressement.
Je vais vous montrer Mes signes : c’est-à-dire Mon châtiment. Ne soyez pas pressés pour cela : pour voir le châtiment.
Verset 38 : ils disent quand est-ce que sera réalisée cette promesse, si vous êtes véridiques. Ils (les mécréants) disent quand aura lieu la réalisation de cette promesse, c’est-à-dire la survenue du châtiment ou le jour du jugement. Il a été dit que c’est une des formes de leur empressement.
Verset 39 : si seulement ceux qui ont mécru savaient ce temps qu’ils sont pressés de voir lorsqu’ils ne pourront pas préserver leurs visages et leurs dos de ce feu. C’est-à-dire qu’ils sont pressés de voir ce châtiment.
Ils demandent quand aura lieu cette promesse alors qu’elle aura lieu lorsque le feu va les entourer de toutes parts, par derrière et par devant, ils ne pourront pas s’en protéger. Ils ne trouveront pas de soutien quand ils avaient cet état de mécréance, de dénigrement et d’empressement. Mais c’est leur ignorance qui les a amenés à négliger cela, c’est-à-dire à ne pas se préparer pour le jour du jugement.
Verset 40 : le jour du jugement va les surprendre, ils ne pourront pas l’empêcher et ils n’auront pas de répit. C’est-à-dire que le jour du jugement arrivera par surprise, ils seront étonnés. Ils ne pourront pas empêcher ce qui va arriver, ils ne pourront pas se rattraper en faisant ce qu’ils n’ont pas fait avant.
Verset 41 : les gens se sont moqués d’autres messagers avant toi, il est arrivé à ceux qui se sont moqués d’eux ce qu’ils méritaient. Il est arrivé à d’autres messagers avant toi qu’ils soient dénigrés et il est parvenu à ceux qui les ont dénigrés leur juste rétribution. Ce verset est pour consoler le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam, du dénigrement et des moqueries des mécréants, puisque des prophètes avant lui ont été l’objet de moqueries également et que ce qu’ils font leur fera mériter ce qu’ont mérité ceux qui se sont moqués des prophètes auparavant.
Verset 42 : dis (ô Muḥammad) qui vous protège de nuit comme de jour du châtiment de Dieu, si ce châtiment vous parvenait mais malheureusement ils se détournent de l’évocation de Dieu. Il s’agit des mécréants qui se détournent de l’évocation de Dieu, ils sont dans une léthargie, ça ne leur vient même pas à l’esprit qu’ils peuvent subir un châtiment de nuit comme de jour et a fortiori ils ne le craignent pas. Le sens ici est que Dieu a ordonné à Son messager de poser la question à ces mécréants, de leur demander : « qui vous protège ? » et Il a informé Son messager qu’ils sont capables de reconnaitre que c’est Dieu Qui les protège, parce qu’ils se détournent de Son évocation.
Verset 43 : ou alors auraient-ils des divinités qui les protègent de Notre châtiment, or celui qui n’est pas capable de se protéger soi-même de ce châtiment et qui n’est pas soutenu par Dieu (pour s’en protéger), comment pourrait-il protéger autrui (du châtiment de Dieu) ? Tout autre que Dieu n’est pas capable de se protéger soi-même du châtiment de Dieu et à plus forte raison, ne peut pas protéger autrui du châtiment de Dieu.
Verset 44 : ceux que Nous avons protégés ainsi que leurs ancêtres, c’est pour qu’ils profitent de la vie du bas-monde. C’est un répit que Nous leur accordons, tout comme Nous en avons accordé à d’autres mécréants avant eux. Ces gens-là (ces mécréants à qui tu t’adresses) et leurs ancêtres, s’ils sont préservés (du châtiment de Dieu) c’est bien Dieu Qui les préserve. Et Dieu les fait profiter de la vie du bas-monde.
Le temps a paru long pour eux, au point que leurs cœurs se sont endurcis et qu’ils ont cru qu’ils allaient rester tout le temps ainsi mais ce n’est qu’un faux espoir.
Ne voyez-vous donc pas que Nous faisons en sorte que les régions sur terre où il y a la mécréance deviennent plus réduites et que l’Islam se propage, ce qui fait réduire les terres de mécréance et qui fait augmenter les terres de l’Islam.
Est-ce que, malgré tout cela, les mécréants de La Mecque auraient le dessus ?
Dieu leur cite ce qui est arrivé dans le passé et, malgré cela, ils ne sont pas exhortés. Ils pensent toujours qu’ils vont être victorieux, ces mécréants de La Mecque à qui le Prophète s’adresse.Non, ce ne sera pas ainsi mais ce sera le Messager de Dieu ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam et ses compagnons qui vont les vaincre grâce à Notre soutien.
Verset 45 : dis (ô Muḥammad) je vous avertis par la révélation qui me parvient : je vous mets en garde contre le châtiment dans l’au-delà par ce qui me parvient dans le Qur’ān.
Mais les sourds n’entendent pas l’appel, même s’ils sont avertis. C’est dans le sens que ces gens n’acceptent pas ce rappel.
Verset 46 : s’ils sont touchés par un léger châtiment de la part de ton Seigneur, ils vont dire « malheur à nous, nous étions injustes ». nafḥah c’est un souffle, c’est pour indiquer que c’est quelque chose de très léger. S’ils sont touchés par un léger souffle de châtiment dont ils ont été avertis, ils se seraient soumis et ils auraient invoqués le malheur contre eux-mêmes, ils auraient reconnu qu’ils avaient été injustes envers eux-mêmes pour avoir refus d’entendre ce rappel.
Verset 47 : et la balance sera installée : il s’agit de la balance du Jour du jugement (le mot « balance » est au pluriel mais il s’agit bien d’une seule balance, il n’y en a pas plusieurs), sur laquelle seront pesés les livres des actes.
Et c’est une balance qui est qualifiée de juste. Personne ne subira d’injustice, personne ne sera lésé au jour du dernier, même pas le poids d’un grain de moutarde. En fait, la justice ne se pèse pas en grammes mais le sens est que chacun sera rétribué au jour du jugement.
Personne ne sera lésé ce jour-là. Et il suffit comme justice celle qui sera donnée au jour du jugement.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit que la balance, au jour du jugement, est une réalité. Elle est comme la balance du bas monde, elle a une potence et deux plateaux, un pour les bonnes actions et un pour les mauvaises actions. Ce qui sera pesé ce seront les livres des œuvres sur lesquels auront été inscrites les bonnes et les mauvaises actions, au jour du jugement et ceux qui seront chargés de les peser seront les anges Ǧibrīl et Mīkāʾīl. Celui qui aura ses bonnes actions qui l’emportent sur les mauvaises sera au nombre de ceux qui seront sauvés. Et celui qui aura ses bonnes actions exactement égales à ses mauvaises actions fera partie de ceux qui seront sauvés également. Mais il aura un degré inférieur aux premiers et supérieur aux troisièmes. Et ce sont ceux dont le plateau des mauvaises actions l’emportera sur les bonnes. Ils seront sous la volonté de Dieu. Si Dieu veut, Il les châtie et si Dieu veut, Il leur pardonne. Quant au mécréant, c’est le plateau de ses mauvaises actions qui l’emportera car il n’aura pas de bonnes actions dans l’au-delà puisqu’il en aura été nourri dans le bas-monde.
Verset 48 : Nous avons accordé à Mūsā et à Hārūn al-furqān qui est un éclairage et un rappel pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Il a été dit que ces trois caractéristiques (al-furqān, un éclairage et un rappel) sont les trois caractéristiques de la torah. al-furqān signifie ce qui permet de séparer entre le vrai et le faux et l’éclairage est ce qui permet d’éclairer, de montrer notre chemin, c’est ce qui permet de parvenir à la voie de la sauvegarde et le rappel c’est dans le sens de l’honneur ou de l’exhortation ou de l’avertissement, ou encore c’est le rappel de ce dont les gens auront besoin concernant leur religion. La structure du verset avec la conjonction de coordination « wa » est une structure qui permet d’énumérer la même chose, tout comme à propos de Yaḥyā, le cousin de notre maître ʿīsā, sayyidan il était un maitre, il était chaste et c’était un prophète. Et tu dis en arabe : je suis passé auprès de Zayd, l’honorable, le savant et le vertueux. Et ce qui est mentionné (ces trois caractéristiques) est utile pour ceux qui cherchent à atteindre la piété.
Verset 49 : ceux qui craignent leur Seigneur quand ils sont tous seuls et qui craignent le jour du jugement. Quand on est seul, on est plus proche de la sincérité. Et ils craignent les stations importantes du jour du jugement.
Verset 50 : et celui-ci est une évocation bénie : ils’agit du Qur’ān qui comporte beaucoup de biens et qui est extrêmement bénéfique, Nous l’avons fait descendre sur Muḥammad ṣalla l-Lāhu ʿalayhi wa sallam. Est-ce que vous reniez cela : c’est une interrogation de réprimande, de blâme. C’est-à-dire « est-ce que vous reniez donc sue ce livre soit révélé par Dieu ? »
Verset 51 : Nous avons accordé à Ibrāhīm la bonne guidée auparavant : c’est-à-dire avant Mūsā et Hārūn, ou bien avant Muḥammad. Et Nous savons : c’est un « Nous » de majesté et non pas un « nous » de pluriel, il indique que c’est Dieu qui parle à propos de Ibrāhīm ou bien à propos de sa bonne guidée, qu’il est apte à recevoir ce que Dieu lui accordé. Il lui a été accordé le statut de prophète.
Notre šayẖ que Dieu lui fasse miséricorde a dit : Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, savait, avant même de recevoir la révélation que Dieu seul mérite la divinité. Certains se sont trompés, ils ont prétendu qu’Ibrāhīm al-Ġāzī avait pensé que l’astre était son dieu ainsi que le soleil également et que la lune. Puis ils disent que Dieu l’a guidé. Or ceci est faux. Et le Qur’ān confirme cela, le fait que Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, soit bien guidé, par ce verset. En effet Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam savait cela avant le débat qu’il a mené avec son peuple au sujet des astres qui ne sont pas des divinités. (ar-rušd) ici c’est la foi : le Qur’ān a innocenté Ibrāhīm de ce que pensent à tort certaines personnes. Et leur prétention que Ibrāhīm aurait prétendu que le soleil aurait été son dieu, puis la lune puis le soleil, cela contredit le Qur’ān. Il n’y a pas un seul prophète sans qu’il ne connaisse Dieu, sans qu’il ne connaisse ce qui est possible au sujet de Dieu et ce qui est impossible à Son sujet. Et ceci avant même de recevoir la révélation du statut de prophète. Et Dieu dit à propos de Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam, ce qui a pour sens : « Ibrāhīm n’était ni juif ni chrétien, il était sur l’Islam, à l‘écart de tout autre religion. Et il n’était pas au nombre des associateurs ». Al-Ġāzī (un exégète de la ville de Téhéran) a dit : « le plus authentique de l’explication de la parole d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam quand il a dit (hāḏā rabbī), est au titre de l’argumentation, il a établi la preuve contre son peuple. Ce n’était pas au titre de l’information. Dieu n’a pas blâmé d’Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam pour cela mais Il l’a mentionné par l’éloge et la glorification. Dieu lui a montré cela pour qu’il augmente en certitude ».
Verset 52 : Ibrāhīm disait à son père et à son peuple qu’est-ce donc ces représentations autour desquelles vous vous tenez. (Pour les adorer)
Le père d’Ibrāhīm s’appelait Āẓār et c’était un mécréant. Les représentations ici, ce sont les idoles qui ont l’aspect de fauves, d’oiseaux et d’humains. En disant « qu’est-ce donc », il feint d’ignorer ce qu’ils font, pour humilier leurs idoles, car il savait bien qu’ils les glorifiaient. Ils ont été incapables de donner une réponse à cela. Ils ont dit dans le verset suivant.
Verset 53 : ils ont dit nous avons trouvé nos ancêtres qui les adoraient.
Verset 54 : il (Ibrāhīm) leur a dit vous étiez, vous que vos parents, dans un profond égarement. Il vise par-là que ceux qui imitent (ceux à qui il s’adresse) et ceux qui sont imités (ce sont leurs ancêtres), tous deux se sont engagés dans une voie claire d’égarement qui n’échappe à aucune personne sensée.
Verset 55 : ils lui ont dit est-ce que tu es sérieux ou bien tu es en train de plaisanter ? Ils lui ont dit : tu veux vraiment qu’on abandonne l’adoration de nos idoles ? Ils ont considéré sérieusement le blâme qu’il leur avait fait. Et ils ne pensaient pas qu’ils étaient dans un état d’égarement. Ibrāhīm leur a répondu par le verset 56.
Verset 56 : il (Ibrāhīm) a dit non votre Seigneur est le seigneur des cieux et de la terre, c’est Lui Qui les a créés. Comment la créature serait-elle adorée au lieu d’adorer le créateur ?
Et moi je suis témoin de cela : c’est-à-dire qu’Ibrāhīm dit qu’il est témoin que Dieu est le créateur de ce que vous avez représentés et que vous vous êtes mis à adorer.
Verset 57 : par Dieu, je vais nuire à vos idoles et je vais les détruire. : ici c’est la lettre « ta » qui est employée pour jurer et pour marquer l’étonnement, car le fait de nuire aux idoles était quelque chose de difficile, face au pouvoir du gouverneur de l’époque Nabuchodonosor. Mais ici c’est pour marquer la facilité avec laquelle il va pouvoir détruire les idoles malgré cela.
Quand vous allez partir pour votre jour de fête : quand ils vont partir pour leur fête, ils vont laisser leur temple sans surveillance.
Ibrāhīm a dit cela à voix basse, à l’écart de son peuple. Mais un parmi eux l’a entendu. Notre maître Ibrāhīm a dit une parole qu’il ne faut pas prendre dans son sens apparent, quand il a dit « je suis malade » c’est-à-dire « je vais tomber malade ». Ceci pour ne pas se rendre avec eux à leur fête afin de pouvoir aller au temple où ils entreposent les idoles pour les détruire.
Verset 58 : il les a mis en pièces : Ibrāhīm a détruit ces idoles (il les a mises en morceaux) sauf la plus grande. Il a utilisé une hache pour les casser puis il a accroché la hache sur la plus grande des idoles.
Ceci dans le cas où son peuple se serait retourné vers la plus grande des idoles afin de savoir qui avait cassé les plus petites. Ceci pour leur montrer que l’idole est incapable de se défendre.
Verset 59 : ils ont dit qui donc a fait cela à nos idoles, c’est certes quelqu’un d’injuste. Cela signifie que celui qui a détruit ainsi nos idoles c’est quelqu’un d’extrêmement injuste parce qu’il a osé attaquer la divinité véritable (ce qu’ils considèrent comme mériter l’extrême glorification).
Verset 60 : ils ont dit nous avons entendu un jeune homme parler de nos idoles qui s’appelle Ibrāhīm.
Verset 61 : ils ont dit amenez-le devant tout le monde, comme ça ils vont témoigner. Ils (il s’agit de Nabuchodonosor et des nobles de son peuple) voulaient venger leurs idoles de notre maitre Ibrāhīm ʿalayhi wa sallam : Ils ont dit « convoquez-le devant tout le monde », ils voulaient lui faire son procès, pour que les gens puissent témoigner de ce qu’ils auraient entendu. C’est comme si Nabuchodonosor et sa cour rapprochée ne voulaient pas punir Ibrāhīm sans preuve contre lui. Ou alors ils voulaient rassembler les gens pour qu’ils viennent pour témoigner de la punition.
Verset 62 : ils ont dit est-ce donc toi qui as fait cela à nos idoles, ô Ibrāhīm ?
Verset 63 : il a dit c’est la plus grande des idoles qui a fait cela : c’est comme s’il avait dit : c’est à cause de la plus grande.
- Ce n’est pas un mensonge quand il a dit cela mais c’est la réalité car c’est la plus grande des idoles qui avait amené Ibrāhīm à détruire les idoles. Ibrāhīm était exaspéré de leur exagération dans la glorification de la plus grande des idoles ; en effet ils l’embellissaient, ils lui donnaient des offrandes. C’est ce qui a amené Ibrāhīm à détruire les petites idoles et à humilier la plus grande. De sorte que l’attribution du verbe à la plus grande est à prendre au sens figuré.
- Comme quand il avait dit que Sārah était sa sœur alors qu’ils étaient en Egypte : cela ne voulait pas dire qu’ils avaient le même père mais cela voulait dire qu’elle était sa sœur en Islam.
Posez-leur la question si elles sont capables de prononcer (de parler) : Ibrāhīm leur a lancé un défi car les idoles ne peuvent pas parler, ce qui prouve encore une fois leur impuissance. Et ceci montre que son peuple était dans l’erreur.
Réplique aux prétendus coranistes
بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Il se trouve aujourd’hui des gens qui disent à notre époque, qu’il nous suffit de nous attacher au Qour’an et que nous n’avons pas à croire au hadith prophétique ni à l’appliquer pour nous, ni à œuvrer conformément aux hadith. Ceci est une sortie de la religion, c’est une apostasie.
Ce groupe, cher bien aimés, ce groupe se prétend de l’Islam en apparence, ils disent d’eux même : « Nous sommes musulmans », ils prétendent qu’ils sont attachés au Qour’an mais ils disent : « Qu’est-ce que nous avons à voir avec le hadith prophétique ? Pourquoi ne devons avoir à faire aux hadith prophétique ? Nous n’avons pas à prendre le hadith prophétique ni à croire en la véracité en certains hadith prophétique que le prophète a dit. »
Nous disons : le Qour’an, nous devons y croire et le hadith authentique, sûr, que le messager de Allah a prononcé, il est un devoir pour nous de croire en sa véracité.
Tu les vois argumenter selon leur prétention par certains versets du Qour’an comme la parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
[sourat Al-An^am / 38] C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils disent que se verset est une preuve en leur faveur, une preuve pour eux selon leur prétention que le Qour’an comporte le détail de tous avec minutie et tous ce dont les personnes responsables ont besoin comme lois et autres.
Ils disent, Allah dit :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Ils prennent ce verset comme preuve en leur faveur pour rejeter la sounnah et pour ne pas œuvrer conformément à la sounnah. Ils disent : « Nous avons dans le Qour’an ce qui nous passe de la sounnah » c’est-à-dire qu’ils disent : « nous, si nous nous attachons au Qour’an nous n’avons pas besoin du hadith du messager de Allah ».
Nous parlons là de gens qui existent maintenant à notre époque, ils existent en Egypte et dans plus d’un état arabe, ils se prétendent comme les coranistes les -qour’aniyyine-. Il se font appeler les coranistes parce que selon leur prétention ils s’attachent au Qour’an et délaissent le hadith prophétique.
Ce verset :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
Le sens est correct mais ce n’est pas celui qu’ils ont prétendu. La parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
Signifie : le Qour’an comporte des choses que Allah a mentionné avec force détail, avec beaucoup de clarté, des jugements clairs, explicites, détaillés, nous devons œuvrer conformément à ces versets car Allah les a indiqués, les a détaillés, les a clarifiés. Mais dans le Qour’an il y a des choses que Allah a mentionné en globalité, en général, c’est-à-dire ce sont des choses générales, ce sont des choses dont Allah ^azza wa jall n’a pas indiqué le détail. Comment connaissons-nous le détail alors que Allah n’a pas détaillé ces jugements ? En se réfèrent au hadith du messager de Allah.
Et Allah, Lui qui a révélé le Qour’an, nous a ordonné de suivre notre prophète. Dans le Qour’an il y a l’ordre pour nous de suivre sa parole dans ce que le Qour’an a comporté en globalité, c’est-à-dire, là où le Qour’an n’a pas détaillé, là où le Qour’an n’a pas indiqué mais qu’il a mentionné en globalité, d’une manière générale sans détail.
N’est-ce pas que Allah ^azza wa jall dit :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ﴿ ٧ ﴾
[Sourat Al-Hachr / 7] c’est-à-dire : « Ce que le messager vous a indiqué prenez-le en compte ». Qui nous a ordonné de prendre en compte ce que le messager dit ? C’est Allah, Lui qui a révélé le Qour’an.
Allah dit :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾
C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».
Donc, nous si nous apprenons le hadith prophétique, que nous connaissons les Lois que notre messager a indiqué, qu’il nous a détaillé, nous aurons ainsi agit conformément à l’ordre de Allah, nous aurons appliqué l’ordre de Allah qu’Il nous ordonné dans le Qour’an par Sa parole :
وَمَاۤ ءَاتَىٰكُمُ ٱلرَّسُولُ فَخُذُوهُ وَمَا نَهَىٰكُمۡ عَنۡهُ فَٱنتَهُوا۟ۚ ﴿ ٧ ﴾
C’est-à-dire : « Ce que le messager vous a ordonnez de faire, faites-le, et ce qu’il vous a interdit de faire abstenez-vous en ».
Que veut dire alors la parole de Allah :
مَّا فَرَّطۡنَا فِی ٱلۡكِتَـٰبِ مِن شَیۡءࣲۚ ﴿ ٣٨ ﴾
C’est-à-dire : « Nous n’avons rien laissé de côté dans le Livre ». Elle veut dire que le Qour’an comporte des versets dans lesquels Allah a indiqué le détail. Allah a clarifié les jugements, dans le détail de ces jugements il y a une suffisance, c’est pour cela que le messager n’a pas rajouter sur ce que Allah ^azza wa jall a dit, tant que l’ordre est venu détailler dans le Qour’an. Mais il y a d’autres sujets que Allah ta^ala a mentionné en globalité, qu’Il n’a pas détaillé, les gens ont eu donc besoin de l’explication du messager, des détails qu’il nous a donné.
Allah dans le Qour’an a indiqué par allusion l’obligation des 5 prières par jour et nuit :
فَسُبۡحَـٰنَ ٱللَّهِ حِینَ تُمۡسُونَ وَحِینَ تُصۡبِحُونَ﴿ ١٧ ﴾
وَلَهُ ٱلۡحَمۡدُ فِی ٱلسَّمَـٰوَ ٰتِ وَٱلۡأَرۡضِ وَعَشِیࣰّا وَحِینَ تُظۡهِرُونَ﴿ ١٨ ﴾
[sourat Ar-Roum / 17-18]
تُمۡسُونَ fait référence à la prière du maghrib et la prière du ^icha’ car ce sont des prières qui ont lieu la nuit. Et وَحِینَ تُصۡبِحُونَ ceci fait référence à la prière de l’aube, as-soubh. وَعَشِیࣰّا c’est-à-dire la prière de al-^asr, وَحِینَ تُظۡهِرُونَ c’est-à-dire la prière de adh-dhouhr.
Donc ces versets comportent l’allusion, comme l’a compris Ibnou ^Abbas, de l’obligation des 5 prières.
Si nous nous suffisons de ce verset, nous aurons su qu’il y a 5 prières que Allah ^azza wa jall nous a ordonné d’accomplir, mais où est le détail de ces prières ? Est-ce qu’il y a un détail du nombre de rak^ah pour chaque prière dans le Qour’an ? Il n’y a pas le détail que la prière du soubh est de deux rak^ah, que la prière de adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ et de 4 rak^ah et que la prière de Al-maghrib est de 3 rak^ah. Il n’y a rien qui indique cela dans le Qour’an. Que ce soit concernant le nombre de rak^ah de chaque prière et leur nom.
C’est le messager qui nous a indiqué que la prière de Adh-dhouhr, du ^asr et du ^icha’ sont de 4 rak^ah et ainsi de suite. Ainsi, le messager nous a clarifié, nous a détaillé, ce que le Qour’an a mentionné en globalité.
Autre exemple : le Tawaf autour de la Ka^bah. Allah ta^ala dit dans le Qour’an :
وَلۡیَطَّوَّفُوا۟ بِٱلۡبَیۡتِ ٱلۡعَتِیقِ﴿ ٢٩ ﴾
[sourat Al-Hajj / 29]
C’est-à-dire : « Ils tournent autour de la Maison ancienne -c’est-à-dire la Ka^bah-. »
Combien de tour devons-nous faire ? 3, 5, 7, 14, 13 ? Comment avons-nous su qu’il s’agit de 7 tours ? C’est le messager qui a indiqué, qui a expliqué, qui a détaillé ce que le Qour’an a mentionné de manière globale sans détailler.
Le prophète a dit :
خذوا عنِّي مناسِكَكم
C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. », c’est-à-dire : « Apprenez à faire vos actes d’adorations en m’observant. » Quand il a fait 7 tours autours de la Ka^bah, pas 9, pas 5, nous avons su que les nombres de tours autour de la Ka^bah sont au nombre de 7. Car c’est le messager qui a dit :
خذوا عنِّي مناسِكَكم
C’est-à-dire : « Apprenez de moi les rites de vos actes d’adorations. » Donc, nous avons su qu’il s’agit de 7 tours par l’enseignement du messager.
Autres versets dans le Qour’an que Allah a fait descendre par révélation en indiquant des lois générales qui ont besoin de spécification, de restriction ; si l’un d’entre nous étudie la parole de Allah ^azza wa jall :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
[Sourat An-Niça’ / 11]
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille ». Donc, si un père meurt, ses enfants vont hériter de lui et le garçon aura le double de la fille, c’est-à-dire que le frère va prendre deux parts et la sœur va prendre une part. La mention est citée dans ce verset. Ceci est un jugement général.
Il est parvenu dans la loi du messager ce qui indique des exceptions, il y a des gens qui ne vont pas hériter. Notre prophète, quand il est mort a laissé sa fille Fatimah et il avait des épouses. Si c’était autre que le prophète, quelqu’un d’autre qui n’est pas prophète, n’est-ce pas que ses épouses, sa fille auraient héritées de lui ? Mais le prophète, lui, ne laisse pas d’héritage. Tous les prophètes ne laissent pas d’héritage.
C’est-à-dire que sa fille Fatimah, que Dieu l’agrée n’a pas hérité de son père, le messager de Allah. Pourtant dans le Qour’an, Allah dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » Et Fatimah est la fille du messager de Allah, malgré cela elle n’a pas héritée, pourquoi ? Car il est parvenu dans la sounnah ce qui spécifie la règle générale de ce verset. Dans la sounnah, c’est-à-dire le hadith prophétique, il y a ce qui a spécifié le caractère général de ce verset. Qu’est-ce qui est spécifié ? Le fait que les prophètes ne laissent pas d’héritage, le prophète a dit :
نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة
C’est-à-dire : Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons sera distribué aux gens », c’est-à-dire : « Quand nous mourrons, ce qui était notre propriété sera dépensée dans les intérêts des musulmans, dans des postes bien définis ».
Ainsi, comment avons-nous su que le verset :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
A un cas particulier qui est que le prophète ne laisse pas d’héritage ? Par le hadith ; le messager a indiqué que le jugement du prophète, du fait qu’il ne laisse pas d’héritage, c’est un jugement particulier qui décline du jugement général du verset.
N’eût été le messager qui nous a indiqué cela nous n’aurions pas su et nous n’aurions pas connu ce jugement et Fatimah aurait dit quand son père est mort : « Je veux ma part d’héritage, n’est-ce pas que Dieu dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ
Mais notre maître Abou Bakr a dit : « J’ai entendu le Messager de Allah dire :
نحن معاشر الأنبياء لا نورث ما تركنا صدقة
Qui signifie : « Nous autres prophètes nous ne laissons pas d’héritage ce que nous laissons sera dépensé dans les intérêts des musulmans ». Fatimah a ainsi su qu’elle n’avait pas de part dans l’héritage du messager de Allah.
Un autre point : Le messager a restreint le caractère général de ce verset par consensus, par l’unanimité chez les savants des musulmans dans leur totalité, que le fils s’il tue son père, que Dieu nous en préserve, il n’hérite pas des biens de son père. Car le père était la cause de la vie de son fils et le fils a été la cause de la mort du père, c’est cela qui le prive de l’héritage. Car il n’a pas répondu à la bienfaisance par la bienfaisance.
Il n’y a pas dans le Qour’an, depuis sourat Al-Fatihah, puis Al-Baqarah, puis ‘Ali ^Imran, jusqu’à sourat An-Nas, que celui qui assassine, même si c’est un fils, il n’hérite pas de son père, mais Allah ^azza wa jall dit :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
Donc, le caractère général de ce verset est que le fils hérite nécessairement de son père mais est venu ce qui a restreint, ce qui a spécifié le jugement de ce verset, à partir du hadith du messager :
Qui signifie : « L’assassin n’hérite pas de sa victime »
Et dans une version :
« L’assassin n’hérite aucune part du bien de sa victime ». Le messager nous a indiqué ce jugement, il a spécifié par ce hadith le jugement général qui est compris dans la parole de Allah ^azza wa jall :
یُوصِیكُمُ ٱللَّهُ فِیۤ أَوۡلَـٰدِكُمۡۖ لِلذَّكَرِ مِثۡلُ حَظِّ ٱلۡأُنثَیَیۡنِۚ ﴿ ١١ ﴾
C’est-à-dire : « Allah vous ordonne pour vos enfants que la part d’héritage du garçon est le double de la part d’héritage de la fille » et pourtant le fils n’hérite pas de son père s’il l’a assassiné. Si le fils a tué son père il n’hérite rien de lui par unanimité, par consensus car le messager l’a dit et en raison de l’unanimité de la communauté à ce sujet.
40 Hadith an Nawawiyy : Hadith 1
D’après l’Emir des croyants Abou Hafs, ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, il a dit : J’ai entendu le Messager de Allah dire :
((إنما الأعمال بالنيات وإنما لكل امرئ ما نوى . فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله ، ومن كانت هجرته لدنيا يصيبها أو امرأة ينكحها فهجرته إلى ما هاجر إليه))
ce qui signifie : « Certes, les actes ne comptent que par l’intention, chaque personne n’aura que ce pour quoi elle a fait l’intention. Celui dont l’émigration a été faite par recherche de l’agrément de Allah et par obéissance à Son messager, alors son émigration est acceptée et celui dont l’émigration a été faite pour obtenir quelque chose du bas-monde ou une femme à épouser, son émigration comptera pour ce pour quoi il a émigré« .
Rapporté par les deux Imams des mouhaddith Abou ^Abdi l-Lah Mouhammad fils de Isma^il fils de Ibrahim fils de Al-Moughirah, fils de Bardizbah Al-Boukhariyy et Abou l-Houçayn, Mouslim fils de Al-Hajjaj, fils de Mouslim dans les deux Sahih, qui sont les deux livres les plus authentiques qui aient été composés.
Commentaire du hadîth[1] :
C’est un hadith Sâhîh, il y a accord des savants sur son caractère authentique et sur les séquences bénéfiques de ce hadith. Ce Hadith a été rapporté par l’imam Aboû ^Abdi l-Lah Al-Boukhâriyy dans plus d’un passage de son livre, et il a été également rapporté par Abou l-Houçayn Mouslim, fils de Al-Hajâj à la fin du livre consacré au Jihad ; Il s’agit de l’un des hadith fondamentaux en Islam. L’imam Ahmad et l’imam Ach-Chafi^iyy qu’Allah leur fasse miséricorde ont dit (est contenu dans le hadith « innama l-^amalou bi n-niyât »[2] un tiers de la science), a dit cela Al-Bayhaqiyy et autre que lui. La raison de cela est que l’acquisition de l’esclave a lieu par son cœur, sa langue et ses membres, or l’intention est l’une des trois catégories[3].
En outre, il a été rapporté de Ach-Châfiˆiyy, que Dieu lui fasse miséricorde qu’il a dit que ce hadîth rentre dans soixante-dix sujets de fiqh, et la majorité des savants ont dit que ce hadîth constitue un tiers de la science.
Les savants ont apprécié de débuter les ouvrages par ce hadîth, et de parmi ceux qui ont commencé par cela dans son premier livre il y a l’imam Aboû ˆAbdi l-Lâh Al-Boukhâriyy, et ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy a dit : il convient pour toute personne qui compose un livre qu’il le commence par ce hadîth afin d’attirer l’attention de l’étudiant pour que son intention soit correcte[4].
Ce hadîth est devenu célèbre mais il a débuté en étant rapporté par seulement un compagnon, parce que seul ˆOumar Ibnou l-Khattâb l’a rapporté du Prophète, et seul ˆAlqamah Ibnou Abî Waqqâs l’a rapporté de ˆOumar, et seul Mouhammad Ibnou Ibrâhîm At-Taymiyy l’a rapporté de ˆAlqamah, et seul Yahyâ Ibnou Saˆîd Al-Ansâriyy l’a rapporté de Mouhammad Ibnou Ibrâhîm, ensuite il s’est diffusé car plus de deux-cent personnes qui sont pour la plupart des imams l’ont rapporté après cela.
En outre, le terme « innama » c’est pour la restriction confirmant ce qui a été cité et qui exclu ce qui n’a pas été cité, et parfois il peut être une restriction dans l’absolu, et parfois une restriction spécifique qui est compris par un lien, comme dans Sa parole taˆâlâ :
{ إِنَّمَا أَنْتَ مُنْذِرٌ ۖ }
[Sourate Ar-Ra`d 7]
Dans le sens premier : « Tu n’es qu’un avertisseur » donc le sens apparent est la restriction au rôle d’avertisseur, or le Messager son rôle ne se restreint pas à cela mais il a beaucoup de belles caractéristiques comme d’être un annonciateur de bonne nouvelle et autre que cela, et de même Sa parole taˆâlâ :
{إِنَّمَا الْحَيَاةُ الدُّنْيَا لَعِبٌ وَلَهْوٌ ۚ }
[Sourate Mouhammad 36]
Qui signifie : « La vie du bas-monde n’est que jeu et loisir », le sens apparent, et Dieu sait plus que tout autre, c’est une restriction pour celui qui a préféré cette vie au dépend de l’au-delà, en revanche pour ce qui est de sa réalité en tant que tel, il se peut que ce bas-monde soit une cause pour le bien, et il se peut que cette restriction soit pour indiquer la majorité. Donc, si le contexte et ce qui est visé par le terme indiquent une restriction en un sens particulier, alors on considère que la restriction est limité à ce sens spécifique, sinon alors la restriction est absolue. A partir de là, sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
Nous comprenons les actes par les actes légaux, cela signifie que ces actes indiqués dans la Loi ne sont considérés qu’avec l’intention, comme la petite ablution, la grande ablution, l’ablution sèche, et de même la prière, la zakât, le jeûne, le pèlerinage, la retraite spirituelle et l’ensembles des actes d’adoration, en revanche, éliminer l’impureté cela ne nécessite pas une intention car il s’agit d’éviter (délaisser) une chose, or éviter une chose ne demande pas d’intention, et certains savants sont allé vers la validité de la petite et de la grand ablution sans intention[5].
En outre, dans sa parole :
إنما الأعمال بالنيات
il y a un sous-entendu, et les savants ont divergés quant à ce qui a été sous-entendu, ainsi, ceux qui ont considéré l’intention comme une condition de validité ont dit que le sous-entendu est « la validité des œuvres est par l’intention », quant à ceux qui ne l’ont pas mis en condition de validité ils ont considérés le sous-entendu comme étant « la complétude des actes est par l’intention ».
Et sa parole :
وإنما لكل امرئ ما نوى
Al-Khattâbiyy a dit qu’elle apporté une information particulière autre que l’information de la première phrase, et il s’agit de préciser l’acte par l’intention. Le Chaykh Mouhyi d-Dîn An-Nawawiyy a dit : utilité, sa mention que la précision de ce que l’on met l’intention de faire est une condition, alors si quelqu’un devait rattraper une prière il ne lui est pas suffisant de mettre l’intention de rattraper une prière, mais il est une condition qu’il précise dans son intention quelle prière est-elle, le Dhouhr, le ˆAsr ou autre, et s’il n’y avait pas eu cette deuxième phrase, la première aurait impliqué la validité de l’intention sans précision ou aurait donné l’impression de cela, et Dieu sait plus que tout autre.
Et sa parole :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله فهجرته إلى الله ورسوله
La règle est selon les arabes que la condition et la réponse, le moubtada’ et le khabar, il est indispensable qu’ils soient différents, or ici ils sont similaires, la réponse à cela est que :
فمن كانت هجرته إلى الله ورسوله
« celui dont son hégire était pour Dieu et Son Messager » par son intention et son objectif
فهجرته إلى الله ورسوله
« alors son hégire est pour Dieu et Son Messager » selon le jugement et la Loi [la règle est donc vérifié car les deux parties sont différentes par leur sous-entendu].
Ce hadîth a été énoncé pour une cause, en effet il a été rapporté qu’un homme avant fait l’hégire depuis La Mecque jusqu’à Médine pour épouser une femme que l’on nommait Oummou Qays, il n’a pas recherché par cela le mérite de l’hégire, et il était surnommé l’émigrant de Oummou Qays, et Dieu sait plus que tout autre.
[1] Il n’est pas permis de faire rentrer dans la portée de ce hadîth les actes de désobéissance, comme font certaines personnes lorsqu’ils serrent la main à une femme qui ne leur est pas licite, ou qu’ils l’embrassent, ou qu’il boivent de l’alcool, ou qu’ils ont été injustes ils disent : les actes valent par l’intention, alors que ce hadîth n‘est pas approprié ici, cependant son sens est que les bonnes œuvres ont besoins d’une bonne intention pour leur validité ou pour leur acceptation.
[2] Le secret des œuvres réside dans l’intention, le sens de l’intention c’est de viser l’accomplissement d’un acte par le cœur, que celui qui veut accomplir un acte de bien oriente son intention pour l’agrément de Allah, qu’il se dise en lui-même : cet acte Dieu l’agrée, c’est pour cela que je le fais, ou ce qui est dans le même sens, comme lorsqu’un homme subvient à la charge de son épouse et de ses enfants ou fait preuve de bienfaisance envers ses proches parents ou encore vient au secours d’une personne en difficulté, ou lorsque quelqu’un récite du Qour’an, ou tout autre acte de cet ordre qui sont des actes d’adoration, la récompense est réalisé s’il met l’intention d’accomplir l’acte pour l’agrément de Allah, ou parce que Dieu l’a ordonné, mais le simple fait d’agir ce n’est pas suffisant pour qu’ait lieu la récompense.
Mais l’intention à elle-seule ne suffit pas pour la validité de l’acte pour lequel il est une condition avec l’intention autre qu’elle, comme dans la parole du Messager à celui dont sa prière avait un défaut :
ارْجِعْ فَصَلِّ، فإنَّكَ لَمْ تُصَلِّ
Ce qui signifie : « Retourne et prie, certes tu n’as pas prié » trois fois, et à chaque fois il voyait de sa part un défaut apparent, et il n’a pas pris connaissance de son intention, jusqu’à ce que l’homme lui fasse savoir en lui disant : ô Messager de Dieu je ne sais faire que cela, alors à ce moment-là le Messager lui a enseigné comment s’accomplit correctement la prière.
[3] Al-Boukhâriyy a commencé son livre « As-Sahîh » par ce hadîth, il l’a placé comme une introduction, en tant qu’indication que tout acte qui est accomplit sans vouloir par cela l’agrément de Dieu est rejeté, il n’apporte pas de profit ni dans le bas-monde ni dans l’au-delà, c’est pour cela qu’a dit ˆAbdou r-Rahmâni bnou Mahdiyy : si je devais composer un livre j’aurais fait que le hadîth de ˆOumar Ibnou l-Khattâb concernant les intention des actes soit au début de chaque chapitre, et d’après lui il a dit : celui qui veut composer un ouvrage qu’il commence par le hadîth « al-‘aˆmâlou bin-niyyât ».
[4] Par ailleurs, l’imam ‘Ahmad a dit : les fondements de l’Islam sont sur trois hadîth : le hadîth de ˆOumar « innamal-‘aˆmâlou bin-niyyât », le hadîth de ˆÂ’ichah : « man ‘ahdatha fî ‘amrinâ hâdhâ mâ layça minhou fahouwa radd » et le hadîth de An-Nouˆmân Ibnou Bachîr : « al-halâlou bayyinoun wal-harâmou bayyin ».
L’intention dans la langue c’est une sorte de décision et de volonté. Et l’intention selon la terminologie des savants elle a deux significations : l’une des deux est de distinguer les actes d’adorations les uns des autres, comme la distinction de la prière du Dhouhr de la prière du ˆAsr par exemple, et la distinction du jeûne de Ramadân du jeûne d’autre que lui, et la distinction des actes d’adoration des actes ordinaires, comme la distinction de la grande ablution de la janâbah du lavage pour se rafraîchir, ou pour se laver, ou tel que cela.
Quant à la deuxième signification c’est dans le sens de distinguer qui est visé par l’acte, est-ce que cela est pour Dieu Lui Seul sans Lui associer, ou bien pour Dieu et pour autrui, et ceci est l’intention que les connaisseurs soufis citent dans leurs livres lorsqu’ils parlent de la sincérité et ce qui s’en suit.
Soufiane Ath-Thawriyy a dit : je n’ai pas eu à gérer une chose plus difficile pour moi que mon intention. Et d’après Ibnou l-Moubârak il a dit : combien d’actes paraissant négligeables sont magnifié par l’intention, et combien d’actes paraissant grands sont amoindris par l’intention. Ibnou ˆAjlân a dit : la science n’est pas valide si ce n’est par trois choses : la piété à l’égard de Dieu, la bonne intention et de faire l’acte correctement.
Il est rapporté de Ibnou ˆAbbâs, que Dieu les agrée tous deux, concernant la parole de Dieu :
{ إِذَا جَاءَكُمُ الْمُؤْمِنَاتُ مُهَاجِرَاتٍ فَامْتَحِنُوهُنَّ ۖ اللَّهُ أَعْلَمُ بِإِيمَانِهِنَّ ۖ }
[Al-Moumtahanah 10]
Il a dit : la femme lorsqu’elle venait au Prophète il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie parce qu’elle détestait son mari, et il l’a faisait jurer par Dieu qu’elle n’est pas sortie par préférence d’un endroit sur un autre, qu’elle n’est pas venue chercher un bien mondain qu’elle n’a quitter sa terre que par amour pour Dieu et pour Son Messager » l’a rapporté Ibnou Abî Hâtim, Ibni Jarîr et Al-Bazzâr dans son Mousnad. Enfin, l’ensemble des actes sont comme l’hégire de ce point de vue, leur validité et leur invalidité est en fonction de l’intention qui a amené à les accomplir, comme le jihâd, le pèlerinage et autre.
[5] Les actes légaux ne sont considérés qu’avec l’intention, et celui qui inclut les œuvres qui sont dès le départ contraires à la Loi dans la portée de ce hadith il aura ouvert grand les portes de la corruption, comme l’a fait Sayyid Sâbiq l’auteur de « Kitâb fiqhou s-Sounnah » qu’il a rempli de faussetés, d’égarements et de contradiction avec la Loi, et de parmi cela sa prétention que la mécréance, c’est-à-dire les paroles de mécréance, son auteur ne sera considéré mécréant que par l’intention, c’est-à-dire que s’il a mis l’intention de la mécréance et ceci est un égarement évident.
Pouvons-nous affirmer que telle personne ira au paradis ?!
Parmi les points de croyance qui est un point commun à tous les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam, c’est que Allâh ta^ala pardonne à qui Il veut parmi les musulmans. Il leur pardonne tous leur péché hormis la mécréance.
La mécréance, quel qu’elle soit, qu’elle soit du chirk (c’est-à-dire une association à Dieu), autrement dit une adoration à autre que Dieu ou qu’elle soit autre que cela [du chirk] comme par exemple : insulter Dieu ou insulter Son messager ou insulter un de ces anges, ou un de Ses prophètes, c’est un péché qui ne sera pas pardonné. La mécréance sous ces deux formes est un péché qui n’est pas pardonné. Ce péché-là [la mécréance], Allâh ne le pardonne pas, mais tout autre péchés que cela, Allâh le pardonne.
Les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne déclaraient pas mécréant, quelqu’un pour un péché. Les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam ne déclaraient pas mécréant, un croyant qui a commis un péché, quel que soit le péché, qu’il soit grand ou petit. Même celui qui se suicide, qui se donne la mort, ils ne le considéraient pas mécréant. Ils le considéraient plutôt, croyant, grand pécheur.
Celui qui se suicide est selon les compagnons du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam est un croyant, musulman désobéissant. Et parmi eux [les musulmans grand pécheur] il y a ceux à qui Allâh pardonne, et il y a ceux que Allâh châtie, puis les fait sortir du châtiment. Il en est de même pour le buveur d’alcool. Il en est de même pour celui qui mange de la viande de porc. Ceux-là, Allâh pardonne à une partie d’entre eux. Ceux qui étaient musulman, Allâh pardonne à ceux qui commettaient ces péchés, à qui Il veut, ce qu’Il veut (c’est-à-dire, Il pardonne à qui Il veut leur péché). Allâh, Il pardonne à qui Il veut parmi ceux qui ont commis ces péchés et Il châtie une partie d’entre eux.
Par conséquent, c’est un devoir pour nous de croire que Dieu châtie une partie des musulmans désobéissant pour avoir commis la fornication, ou bu de l’alcool, ou consommer du porc ou pour d’autres péchés et Il pardonne à une partie d’entre eux. C’est pour cela que ce n’est pas permis de dire à propos d’un musulman qui commet un de ces grands péchés, que untel ira en enfer. Il ne nous ait pas permis de dire qu’il sera au nombre des gens de l’enfer. Nous disons : si Dieu le veut Il le chatie et si Dieu le veut Il lui pardonne, mais c’est Lui qui sait. Cependant, celui qui fait le repentir (at-tawbah) de ces choses-là, nous sommes catégoriques que Allâh lui pardonne, c’est comme s’il ne les avait pas faites et cet esclave sera comme s’il n’avait jamais commis ces péchés.
Donc celui qui a fait le repentir, celui qui a regretté, celui qui a qui délaissé ces choses-là, il a fait le repentir dans son cœur et il s’est décidé à ne plus les refaire, c’est comme s’il n’a jamais commis le péché, c’est comme s’il n’a pas fait le péché du tout. Il n’est donc pas permis de dire à propos d’un musulman désobéissant quel que soit ces péchés qu’il fera partie des gens de l’enfer. Il n’est pas permis de dire « untel ira en enfer ».
Qu’est-ce qui nous fait savoir si Dieu a su de toute éternité qu’Il pardonne à cet esclave ? Et qu’est-ce qu’il nous fait savoir si Allâh a su de toute éternité que cet être humain allait faire le repentir et mourir repentis, pieux, au nombre des vertueux. On ne sait pas.
C’est pour cela que nous gardon bien notre langue et nous ne disons pas cela, quel que soit l’état de péché dans lequel ce musulman est noyé, nous ne disons pas que untel fait partie des gens de l’enfer.
Et de la même manière, il ne convient pas d’être catégorique à dire que untel fait partie des gens du paradis. Nous ne sommes pas catégoriques parce que l’homme peut changer. Nous ne sommes pas catégoriques, nous ne savons pas ce que Allâh ta^ala a su de lui de toute éternité, dans quel état il finira sa vie.
De nombreuses personnes vivent noyer dans les péchés, puis Allâh leur permet de se rattraper grâce à Sa miséricorde. Ils font le repentir avant la mort, ils arrêtent ces péchés et ils meurent pures (ici le sens de la pureté c’est au sens figuré parce que les péchés sont comme la souillure) et ils seront selon le jugement de Dieu comme s’ils n’avaient jamais commis ces péchés.
Le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit : « celui qui fait le repentir d’un péché c’est comme s’il ne l’avait pas fait. »
Pour ceux à propos desquels le messager salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a affirmé qu’ils seront au paradis alors nous, nous témoignons de cela comme ceux qui ont participé à la bataille de ‘ouhoud ou encore les gens qui ont fait bay^atou ridhwaan (une promesse d’obéissance) qui étaient 1500. Ils ont fait allégeance au prophète sous un arbre (al-houdaybiya) qui se trouve entre la Mecque et Médine ; Ils ont promis plusieurs choses entre autres, ils ont promis qu’ils n’allaient pas déserter le front. Si le messager combattait les koufar, ils n’allaient pas fuir, ils ont promis qu’ils allaient rester avec lui. Le messager salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a informé qu’ils seront au paradis. Don ceux-là, il est un devoir pour nous de croire que chacun d’entre eux sera au paradis. Si on nous citait le nom de l’un d’entre eux et qu’on lui dit « il fait partis des gens du paradis » ça c’est vrai.
La purification, très importante en Islam !
C’est un cours que le chaykh ^Abdou l-Laah fils de Mouhammad al-^Abdariyy que Dieu lui fasse miséricorde a donné à un groupe de femmes en Suisse et c’était un cours pour indiquer l’importance de l’apprendre des jugements de la purification.
Et la signification du hadith : At-touhourou chatrou l-‘iman.
Le cours c’est l’explication de ce hadith.
La louange est à Allâh le Seigneur des mondes, que l’honneur et l’élévation en degré de la part de Allâh Celui Qui accorde le bien celui Qui est miséricordieux et que les invocations des anges des plus haut degré soit en faveur de notre maitre Mouhammad ainsi que sa famille et ses compagnons bons et pures.
Le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit : At-Touhourou chatrou l-‘iman. Hadith rapporté par Mouslim dans son sahih. C’est-à-dire que la purification du petit et du grand hadath et de la najaça est comme la moitié de la foi. Parce que la purification, le fait de se purifier est un sujet important dans la religion.
Il n’en n’est pas comme le disent les ignorants qui dénigrent ceux qui s’occupe du jugement de l’istinja’ à la suite de l’urine et aux selles et de la purification du grand et du petit hadath, ils considèrent que s’occuper de cela est inutile. Le prophète, il a bien dit « At-Touhourou chatrou l-‘iman », c’est comme la moitié de la foi et eux ils disent que c’est inutile.
Ces gens-là n’ont pas connu la religion de l’islam. Parce qu’ils considèrent négligeable quelque chose qui est très important dans la religion.
Alors qu’est-ce que la religion (en arabe a-dine) ?
C’est ce que Allâh ta^ala a légiféré par la bouche du prophète salla l-Laahou ^alayhi wa sallam (c’est-à-dire que Allâh nous a envoyé un messager, et c’est lui qui nous a transmis ce que Dieu légifère, ce que nous ordonne et nous interdit et Allâh Il sait à qui Il confie Ses messages et c’est le prophète qui nous a transmis).
Et par conséquent, ce que Allâh ta^ala a jugé comme étant bien c’est quelque chose de bien et ce que Allâh a jugé comme étant mauvais, c’est quelque chose de mauvais, ou de laid. Donc que l’un d’entre nous ne vienne pas dire de quelque de bien « je n’aime pas ça », il ne dit de quelque de mauvais « j’aime ça ». Même tes jugements de valeur, il faut que tu sois aligné avec la loi. Tu ne vas pas rabaisser ou détester quelque chose que la loi apprécie, et tu ne vas apprécier ou approuvé quelque chose que la loi rejette.
Et la priorité pour la purification des najaçah (= impureté rituel) de toutes les najaçah c’est l’urine. Ça c’est prioritaire sur toutes les autres najaçah. Donc la najaçah prioritaire pour s’en éloigner, s’en préserver c’est l’urine. Même si pour les gens, certains pourrait penser que c’est les excréments qui sont plus grave.
Dans la loi de Allâh, le châtiment de celui qui ne se préserve pas de l’urine est plus grave que le châtiment de celui qui ne se préserve pas d’autres najaçah.
Le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa sallam a dit :
استنزهو من البول فإن عمة عذاب القبر منه
ce qui signifie « Préservez-vous de l’urine car la plupart du supplice dans la tombe est à cause de l’urine ». Rapporté par Ad-Dara Qoutniyy.
C’est-à-dire que la plupart des gens qui sont supplicier dans la tombe c’est à cause de l’urine.
Dans la loi des descendants de Isra’il (c’est-à-dire la loi que Allâh a fait descendre au prophète Ya^coub fils de Ishaq fils de Ibrahim). Dans la loi qui lui a été révélé, si de l’urine touchait ou tâchait le vêtement de l’un d’entre eux, l’eau ne purifie pas ce vêtement. Ils devaient couper cette partie. C’était obligatoire chez eux.
Tandis que dans la loi de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam qui est la loi la plus facile, l’eau suffit.
Si on verse de l’eau sur ce qui a été touché par de l’urine, de sorte à faire disparaître l’odeur de l’urine, son goût et sa couleur cela suffit pour purifier cette partie/emplacement du vêtement. Louange à Dieu qui a fait que la loi de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam soit la plus facile des lois.
Les descendants de ‘Isra’il avaient eu beaucoup de prophètes. Le dernier d’entre eux était Jésus, ^Iça ^alayhi salam. Ce qui concerne l’urine était dans leur loi beaucoup plus contraignant que chez nous. Allâh ta^ala a révélé à ces prophètes (des descendants d’Isra’il que l’endroit touché par l’urine n’était pas purifié autrement qu’en le découpant. Tout comme Il leur a révélé que leur prière n’est valide que dans des endroits spécifiques.
Les gens qui suivaient Jésus, ^Iça, Al-Maçiih, faisaient leur prière dans al-Biya^ (pluriel de al-Bi^ah) dans des endroits prévus/dédié/consacrer à la prière. Ils ne faisaient pas comme nous (dans les commerces, dans la nature, aux marchés). Ils n’avaient pas l’autorisation de faire la prière n’importe où. Quant à la loi de Mouhammad que Dieu l’honore ainsi que tous ses frères prophètes et les élèvent davantage en degré, Allâh a fait que cette loi soit belle et facile. Il y a une facilité dans cette loi.
La communauté de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa sallam il leur est permis de faire les 5 prières dans leur commerce, dans la campagne, dans leur marché et même si la prière était accomplie dans la rue, elle est valide. Mais si c’est au milieu de la rue (là où les gens passent) c’est déconseillé parce qu’il risque de déranger les gens. Mais si quelqu’un se met à côté dans la rue (ce n’est pas au milieu de la rue) et qu’il fait la prière sur le côté, il n’y a plus de caractère déconseillé. Certains croient que s’il fait la prière il faut que tout le monde autour de lui s’arrêtent.
Et dans les lois des prophètes des fils d’Isra’il, ils faisaient la prière et ils faisaient le woudou’. Et même dans la loi de Ibrahim, ils faisaient le woudou’ et ils faisaient la prière.
Allâh n’a pas révélé une loi à un de ses prophètes sans qu’elle ne comporte la prière (autrement dit : il y a la prière dans toutes les lois).
Adam ^alayhi sallam qui était le premier des humains, il faisait la prière. Et ses enfants également, il faisait la prière. C’est lui qui leur a enseigné. Et les prophètes qui sont venu après également, ils faisaient la prière et ordonnait à leur communauté de la faire.
Mais après un certain temps du décès de Mouça et des prophètes qui sont venu après lui, c’est-à-dire à l’époque de ^Iça al-Massih ^alayhi salam, les yahoud ont altéré la loi de Mouça parce qu’ils n’ont pas cru en ^Iça al-Massih qu’il était prophète. Ils l’ont démenti et ils ont dit de lui que c’était un sorcier. Ils n’ont pas reconnu son statut de prophète. Par la suite la communauté de al-Massih ^Iça ^alayhi salam était sur l’islam pendant 200 années. Ils faisaient la prière, ils faisaient le jeûne, ils jeûnaient comme nous jeûnons. Ils ne mangeaient rien et ne buvaient rien pendant la durée du jeûne. Ils évitaient ce qui comportait du gras ainsi que ce qui ne comportait pas de gras. Ils évitaient ce qui était liquide et ce qui était solide. (Autrement dit ce n’est pas comme ceux qui aujourd’hui à notre époque qui disent qu’ils font soi-disant le jeûne ou le karem et ne mangent pas certaines choses et d’autres choses ils les mangent.) Ils s’abstenaient de tout, c’était le jeûne comme nous). Ils évitaient tout cela jusqu’au moment de rupture. Puis leurs savants leur ont falsifié la religion de al-Massih. Et 200 années après ^Iça, ils leur ont déformé la religion et la falsification augmentait de période en période au point qu’ils n’ont rien gardé de la religion de al-Massih. Ils ont remplacé le tawhid par l’adoration de al-Massih et l’adoration de sa mère et l’adoration de leur prêtre. Car ils considéraient que ce que leur prêtre leur autorisait en modifiant la loi de ^Iça comme étant correcte. Ils avaient pour croyance que le prêtre avait le droit de modifier et de gérer la religion. Ce sont justement ces prêtres-là qui leur ont dit « manger telle et telle chose et éviter telle et telle chose ». Et ils ont fait que cela était à la place du jeûne véritable que ^Iça leur avait enseigné. Pour ce qui est du woudou’ ils l’ont complètement abandonné, ils l’ont enlevé. Mais ils entrent dans leur église et ils s’inclinent. Ce n’est pas la prière que ceux qui avaient suivi ^Iça ^alayhi salam faisaient. Eux ils appellent cela « prière » alors qu’elle ne comporte qu’une sorte d’inclination et certains actes qu’ils font avec leur corps, c’est tout. Alors que ^Iça ^alayhi salam a enseigné la prière comme nous la faisons. C’est-à-dire avec le woudou’, le roukou^, le soujjoud,
Qui aime Dieu, suit le messager de Dieu !
Ce cours le chaykh l’a donné dans la première dizaine des années 1400 de l’hégire qui correspond aux années 80 du siècle dernier dans le calendrier grégorien pour indiquer que les œuvres sont conformes à la loi si la personne apprend la science de la religion.
La louange est à Allâh le Seigneur des mondes le chaykh a dit, et que Allâh honore et élève davantage en degré le rang de notre maître Mouhammad ^alayhi salatou wa salam ainsi qu’à sa famille et ses compagnons, il a dit le meilleur des textes, le meilleur des propos/textes c’est le livre de Dieu et la meilleure des directives, le meilleur des enseignements, la meilleure des guidés c’est celle de Mouhammad salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Ainsi dans le verset 31 de sourate al-^Imran, Allâh ta^ala dit : « Dis [dis leur oh Mouhammad] : si vous aimez Allâh alors suivez-moi, Allâh vous agréera ».
Ça c’est une preuve que nous devons apprendre qu’est-ce que le prophète a enseigné (parce que comment tu vas pouvoir faire pour suivre le prophète ?) et c’est une preuve qu’on ne prend pas que du qour’an (comme certains aujourd’hui qui te dise soi-disant on est des coraniste), dans le qour’an il est écrit que tu dois suivre le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Donc le signe de l’amour de Dieu c’est de suivre le messager de Dieu salla l-Laahou ^alayhi wa salam. Celui qui l’aura aimé, il suivra sa loi (sa chari^ah), il suivra son hadith (c’est-à-dire concernant les actes et les paroles : les deux).
Donc ce qui est rapporté du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam, il l’accomplit, sans falsification, sans modification/déformation et sans changement. Et ce qui est rapporté de lui salla l-Laahou ^alayhi wa salam comme acte qui sont des explications de sa loi parce que le prophète par exemple il dit « faites le woudou’ » puis il a fait le woudou’ devant ses compagnons donc c’est une explication de la loi. Il nous a dit de faire la prière et il a montré à ses compagnons comment faire la prière. Comment nous on est certains que c’est comme ça que le prophète il a fait ? Parce qu’il y avait des milliers et des milliers qui l’ont vu, qui ont transmis à des milliers et des milliers jusqu’à ce que l’information nous soit parvenue et à aucun moment la chaine n’a été cassé. Donc ça c’est la force. Donc tout ce qui est parvenu comme actes de lui salla l-Laahou ^alayhi wa salam qui sont une indication de sa loi salla l-Laahou ^alayhi wa salam, nous devons le suivre en cela également.
Celui qui prétend l’amour du prophète ^alayhi salatou wa salam mais qui contredit les préceptes qui nous sont parvenu de lui, c’est quelqu’un qui n’est pas agréer par Dieu. Comment il prétend aimer le prophète et il laisse de côté les préceptes du prophète ?
C’est pour cela que, ne laissez pas votre colère vous aveuglez, ne laissez pas votre fanatisme pour tel ou tel tribut ou tel ou tel race ou tel ou tel nation, l’emporter. Le prophète ^alayhi salatou wa salam nous a indiqué qu’est-ce qui est le plus important. Le plus important c’est de croire en Dieu et en Son prophète, c’est ça l’acte le plus important et au contraire il nous a dit « délaisser la prise de partie pour quelqu’un en raison d’une proximité, d’une proche parenté par exemple ou en raison d’une proximité géographique quand ce n’est pas conforme à la loi ».
Il nous a été autorisé de rapporter dans le sahih, du sahih de Al-Boukhariyy que le messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam a dit ce qui signifie : « faites la prière tout comme vous m’avez vu faire la prière. » Et le chaykh a dit : et ainsi il est un devoir de suivre le prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam concernant la zakat, concernant le jeune, concernant le pèlerinage et autre que cela. Par exemple pour le pèlerinage, comment est-ce qu’on sait que ces actes-là, c’est comme ça qu’on fait pour le pèlerinage ? Parce que le prophète, il a montré à ses compagnons, ses compagnons ont montré à leurs successeurs et ainsi de suite jusqu’à ce que ces actes nous soient parvenus. Il n’y a pas que les paroles, il y a les paroles et les actes qui nous sont rapporté du prophète ^alayhi salatou wa salam.
Si quelqu’un prétend accomplir un acte d’adoration (une prière, une récitation de qour’an, quel qu’elle soit) mais qui n’a pas été conforme à ce que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam a fait ou qui a délaissé ses préceptes (ses enseignements, la manière avec laquelle le messager nous a dit de faire) de sorte que cette adoration (que fait cette personne) n’est pas conforme à ce qui nous est parvenu du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam alors c’est quelqu’un qui n’est pas accepté (Allâh ne l’gréer pas). Et le fait qu’il pense qu’il a appliqué/accomplit la religion ne lui est pas utile. Parce que la religion n’est pas par les penchants des âmes des gens. Les règles de la religion ne sont pas issus/tirés des penchants des gens. La religion c’est ce que Allâh a légiféré par la bouche du prophète salla l-Laahou ^alayhi wa salam. C’est-à-dire Allâh lui a révélé et lui nous a transmis.
Celui qui a été conforme à cette loi, la loi du prophète, alors son acte sera accepté et bénit selon le jugement de Dieu. Et celui dont l’acte n’a pas été conforme, il lui sera refusé, quel que soit grand ses efforts (même s’il dit moi je suis fatigué, j’ai fait beaucoup). Donc ce qui est pris en considération ce n’est pas le trop d’effort et de difficulté mais c’est la conformité à l’acte du messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam (est-ce que c’est conforme ou pas conforme à ce que le messager a dit et fait ?).
Celui qui aura connu ce qu’il y a dans la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam et qui a œuvré conformément à cette loi sans déformation ni changement, alors il aura selon le jugement de Dieu, la rétribution de ses œuvres.
Ne vous laissez pas influencer par l’image des œuvres, ne vous laissez pas influencer par l’image de la prière, ne vous laissez pas influencer par l’image de la zakat, ne vous laissez pas influencer par l’image du jeûne (c’est-à-dire ne vous méprenez pas), ne vous trompez pas à propos de l’image du pèlerinage, ce qui compte ce n’est l’image des œuvres mais ce qui est à prendre en considération c’est la conformité des œuvres à la loi de Dieu. Combien sont nombreuses les œuvres qui ne sont pas acceptés par Allâh en raison de la non-conformité à la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Prenez par exemple le pèlerinage, beaucoup de gens vont en apparence pour l’accomplir, mais il ne leur est pas compté de pèlerinage selon le jugement de Dieu. Les gens y vont mais c’est comme s’ils ne sont pas partis en réalité, eux ils pensent l’avoir fait. Aujourd’hui, beaucoup y vont mais ce n’est pas accepté soit parce qu’ils n’apprennent pas comment faire le pèlerinage, soit ils n’ont pas la bonne croyance, pour différentes raisons, soit ils font une cause d’annulation. Donc beaucoup de gens font ce qui est en apparence le pèlerinage mais il ne leur est pas compté le pèlerinage. Tout cela parce que ce qu’ils ont fait n’est pas conforme au pèlerinage qui nous est rapporté du messager de Allâh en apparence. Ceux-là quel que soit les difficultés et les fatigues qu’ils ont enduré dans leur pèlerinage, il ne leur est pas compté de pèlerinage selon le jugement de Dieu.
Soubhana l-Laah ceux qui vont au pèlerinage, ils voient combien c’est éprouvant, comme les savants ils disent, la personne investie des moyens, elle quitte une patrie, elle quitte des bien-aimés, et même elle y va à époque avec des conditions qui semblent toutes confortable mais ça reste éprouvant. Déjà le prophète il a dit : « rien que le voyage c’est comme une part de châtiment. » Parfois c’est l’économie d’une vie, mais comme il n’a pas appris ou il fait une cause d’annulation ou un peu moins grave, il fait quelque chose qui lui fait perdre des récompenses (il s’est déchargé de l’obligation mais il est rentré sans récompense). La moralité c’est apprendre qu’est-ce que le messager a enseigné et l’appliquer. Et la patience ce n’est pas quand tu es à l’aise mais lors de la difficulté. La patience c’’est lorsque tu es éprouvé.
Même la prière, beaucoup de gens en apparence font la prière, ils accomplissent l’image de la prière mais elle n’est pas valide parce qu’elle n’est pas conforme à ce qui a été enseigné par le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam. Qu’est-ce que le prophète a dit ? « Faites la prière tout comme vous m’avez vu faire la prière. » Est-ce que nous on l’a vu faire la prière ? Non, donc ça veut dire que nous devons apprendre parce qu’il y a des milliers et des milliers de compagnons qui l’ont vu faire la prière, des milliers ont vu comment le prophète faisaient le woudou’ donc c’est quelque chose qu’on sait, on est certains que le prophète a fait le woudou’ de cette manière-là avec laquelle nous faisons aujourd’hui grâce aux savants qui ont rassemblé les avis dans leurs enseignements et qui ont indiqué avec des preuves qu’ils ont, des méthodes qu’ils ont eu que tel acte est obligatoire que tel acte est recommandé, tel acte est très conseillé, celui-là est conseillé mais de moindre importance donc c’est eux qui ont rassemblé tout cela ce qui fait ces écoles de lois que nous appliquons : l’école Chafi^ite, l’école Malikites, l’école Hanafite, l’école Hanbalite l’école de al-Awouza^iyy et y a d’autres Moujtahide que ceux-là. C’est ainsi que nous avons la certitude que nous appliquons la prière comme le prophète a fait. Mais si quelqu’un n’a pas appris selon une école, comment est-ce qu’il se garantit que ce qu’il fait est vrai ?
Également pour le jeûne, certains ils font actes d’abstinence mais selon le jugement de Dieu leur jeûne n’est pas valide. Ils n’auront par conséquent pas de récompense pour leur jeûne.
De même pour la zakat, de nombreuses personnes pensent donner la zakat sur leurs biens mais ce n’est qu’en apparence parce qu’en réalité leurs zakat n’est pas valide. Aujourd’hui par exemple certains te disent « j’ai fait le virement à tel organisme qui distribue la zakat » : non, ce n’est pas valable de faire la zakat par un virement. Il faut que le bien lui-même que tu vas donner parvienne à l’ayant-droit. Il y a des gens qui ne font pas attention à ces choses-là, il pense avoir payer la zakat mais le jour du jugement il sera réclamé de lui. En réalité leur zakat n’est pas valable parce qu’il n’est pas conforme à la loi du messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam.
Beaucoup de gens vont voir des associations caritatives et il leur donne la zakat sur leurs biens pensant avoir payer la zakat. Eux ils pensent avoir payer la zakat mais ils ne mandatent pas une personne dans cette association pour distribuer la zakat aux ayants-droits, ils ne font que leur confier cet argent sans les mandater pour le dépenser à qui a droit à la zakat. Lui son intention c’est de faire la zakat mais il ne leur mandate pas, il ne leur dit pas « ça cet argent donnez-le aux ayants-droits à la zakat », beaucoup de gens font ça. Il ne les mandate pas aux ayants droits selon la loi de l’islam. Et ces associations prennent cet argent et le gèrent d’une manière qui n’est pas conforme à la loi de Dieu. Certains te dit « c’est nos frais de fonctionnement », « c’est pour payer les salariés de notre association parce qu’ils travaillent », ils n’utilisent pas cet argent conformément à la loi de Dieu.
De même, beaucoup de gens payent dans l’intention de donner la zakat une partie de leur argent pour construire une mosquée et vous savez qu’on ne paye pas la zakat pour payer une mosquée. Cela est également non accepté selon le jugement de Dieu. Semblable à cela des actes qui sont perdu (nul, invalide) qui n’ont aucun poids selon le jugement Dieu, les exemples sont nombreux.
Le chaykh a dit : selon le jugement de Dieu ces actes-là ne sont pas agréer. Non seulement les actes ne sont pas agréés mais en plus ces gens-là se chargent d’un péché parce qu’il ne s’est pas acquitté de ce qu’il devait faire. S’il devait payer la zakat, il reste à sa charge, S’il devait faire la prière, elle reste à sa charge, S’il devait faire le pèlerinage, il reste à sa charge. Au lieu de gagner des récompenses il acquiert des péchés.
Et ainsi, celui qui fait une prière qui n’est pas conforme à la loi du messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam ou qui a donné de son argent dans l’intention de la zakat pour un poste non conforme à la loi du messager de Dieu, cela est invalide il n’aura selon le jugement de Dieu aucune récompense. Plus encore, il n’en ne sera pas déchargé de l’obligation. Au jour du jugement il rendra des comptes pour avoir manqué à cet acte, pour avoir gaspiller cet argent, car il aura placé cet argent avec l’intention de la zakat contrairement à ce que Allâh nous a fixé, contrairement à la loi de Allah.
La preuve qui vous indique que la zakat qui est donné aux associations sans mandater une personne dans ces associations pour distribuer cet argent à qui a droit à la zakat, mais ils ne font que leur confier cet argent en leur faisant comprendre que c’est une aide (celui qui donne fait croire à l’association que c’est un montant pour les aider dans leurs activités) et que le personnel de l’association gère cet argent selon leur avis personnel, selon leur passion parce que ce sont des gens qui n’ont pas appris, la preuve que cela est invalide et qu’il n’est pas permis de payer la zakat à tout acte de bienfaisance (comme le pense beaucoup de gens), c’est que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam a dit à deux hommes qui étaient fort physiquement et qui voulaient avoir une part de la zakat (ils étaient venu voir le prophète pour lui réclamer une part de la zakat). Le prophète les a d’abord bien observés (pour voir s’ils avaient une infirmité, un handicap). Il n’a rien noté qui indique une faiblesse physique dans leur corps, il n’a pas remarqué qu’ils avaient quelque chose. Il leur a dit : « pas de droit à la zakat pour quelqu’un de ghaniyy ni quelqu’un qui est kawiyy mouktassib. » Donc deux catégories de personnes n’ont pas droit à la zakat. Il leur a dit ça pour leur indiquer le jugement selon la loi, que n’a pas droit à la zakat quelqu’un qui a sa suffisance. Le mot qui est employé en arabe c’est « riche » c’est-à-dire qui a ce qui le suffit pour ses besoins de base. Donc dès lors que tu as ce qui te suffit pour tes besoins de base tu es considéré comme riche dans la loi de l’Islam, tu n’es pas pauvre. Ce n’est pas à partir de 100 000 € que tu es riche.
N’a pas droit à la zakat celui qui a ce qui lui suffit pour ses besoins de base (la nourriture, la boisson, la couverture, les vêtements, où dormir) ni pour un kawiyy mouktassib (quelqu’un qui a la capacité physique, qui est qui a la force physique qui lui permet de gagner sa vie, c’est-à-dire qui peut accomplir un travail qui lui donne sa suffisance). Le prophète dans le hadith il a dit : « que l’un d’entre vous aille à la montagne avec une corde ramasser des morceaux de bois qu’il va vendre pour avoir sa suffisance, c’est mieux pour lui que d’aller mendier. »
Après leur avoir enseigner le jugement selon la loi de l’Islam, il a confié leur réalité à Dieu (parce que selon l’apparence ils n’ont pas besoin mais peut-être qu’ils ont quelque chose qui est caché) mais il les a exhortés (il lui a fait craindre le châtiment de Dieu afin qu’ils ne prennent pas l’argent de la zakat que le messager de Allâh salla l-Laahou ^alayhi wa salam leur donnerait s’ils ne remplissent pas les critères de ceux qui ont droit à la zakat. C’est comme s’il leur disait « n’a pas droit à la zakat celui qui a sa suffisance c’est-à-dire qui possède suffisamment de bien ni quelqu’un qui a la capacité physique de faire un travail qui lui permette de gagner sa suffisance (c’est-à-dire que non seulement il est capable de travailler mais il trouve le travail aussi – deux choses). C’est comme s’il leur disait : si vous êtes dans ces cas-là alors ce que je vais vous donner sachez que c’est interdit pour vous de le prendre. Moi je juge selon l’apparence je vais vous donner mais vous, c’est interdit que vous le preniez (donc il leur a rappelé). Et si vous n’avez pas ces caractéristiques-là (c’est-à-dire la suffisance en termes de bien, vous ne possédez pas suffisamment de bien ou vous ne trouvez pas de travail qui vous garantisse votre suffisance, alors vous méritez de prendre cette zakat, c’est-à-dire vous y avez droit. Le prophète leur a apporté le conseil
Selon l’apparence il n’a pas constaté d’infirmité en eux mais comme c’était eux-mêmes qui avaient réclamé/demandé, il s’est dit que peut-être ils sont verdict et il leur a donné.
Ce hadith est authentique par sa chaine de transmission. Il a été rapporté par Abou Daoud par Al-Bayihaqiyy et par beaucoup de spécialistes du hadith.
S’il était permis de payer la zakat pour construire des mosquées qui va profiter des mosquées ? Les riches et les pauvres pour y faire la prière. C’est-à-dire que s’il était permis de payer la zakat pour tout acte de bienfaisance, dans lequel vont profiter/s’associer ceux qui ont leur suffisance et ceux qui ne l’ont pas, alors le messager de Allâh ^alayhi salatou wa salam n’aurait pas dit « n’a pas droit à la zakat celui qui a sa suffisance et celui qui a une force physique lui permettant de gagner sa suffisance. » mais il leur aurait donner sans leur dire ce qu’il a dit.
L’outrance et l’exagération : des fléaux à éviter !
L’outrance (Al-Ghoulouww) : c’est le fait de dépasser les limites fixées par la loi. La loi nous a fixé des limites et certains sous prétexte d’excès de zèle, ils dépassent ces limites-là et c’est quelque chose qui est blâmé. Notre prophète ^alayhi wa salam il a blâmé l’outrance. L’outrance ce n’est pas quelque chose de bien.
C’est une forme d’outrance que de qualifier un acte qui est de l’ordre de la recommandation, qui ne dépasse pas la limite du recommandé et de le considérer au niveau de l’obligatoire. Donc quelque chose qui est de l’ordre de la recommandation, le considérer comme étant obligatoire, ça c’est une forme de ghoulouww, d’excès.
Également c’est une forme d’outrance/d’excès que de considérer quelque chose qui est simplement déconseillé, de la considérer interdite. Certains disent du fait de parler pendant qu’on fait le woudou’, que si tu parles dans ton woudou’ tu commet un péché : ça c’est une forme d’outrance, c’est un mensonge et une calomnie.
La parole qui est une bonne parole, l’a prononcé pendant qu’on est en train de faire le woudou’ et il évoque Dieu par exemple comme dire la ‘ilaha ila l-Laah, cette parole elle n’est ni déconseillé ni interdite.
Quant aux paroles qui ne comportent pas de bien mais qui n’arrive pas à jusqu’à l’interdit, cette parole est simplement déconseillée pendant le woudou’. Cela veut dire que si tu l’évite, tu gagnes une récompense mais si tu l’as fait, tu ne commets pas de péché. Celui qui délaisse quelque chose de déconseillé parce qu’elle est déconseillée, il gagne une récompense. Mais s’il commet quelque chose de déconseillé, il n’est pas chargé de péché. Parler pendant qu’on fait le woudou’ ce n’est pas interdit, celui qui le considère interdit c’est une forme d’outrance que Dieu nous a interdit. Celui qui considère le déconseillé comme interdit, il aura dépassé la limite.
Certains ignorants disent quand ils voient quelqu’un qui tend les pieds vers la ka^aba, vers la qibla, ils lui disent « non c’est haram ». Celui qui interdit cela il tombe dans un grand péché, ce n’est pas interdit.
Règle : Ce n’est pas interdit de tendre les pieds vers la qibla, celui qui dit que c’est interdit il tombe dans un grand péché parce qu’il a parlé sans science. Le messager salla l-Laahou ^alayhi wa salam ne l’a pas interdit et il n’y a pas dans le qour’an le verset qui interdise de tendre les pieds vers la qibla (donc le messager ne l’a pas interdit, le qour’an ne l’a pas interdit). Et même les faqih (les spécialistes des jugements) ne l’ont pas interdit par déduction, alors d’où est-ce que ce serait interdit ? ni le qour’an, ni le hadith, ni la parole des savants, comment alors les gens osent-ils l’interdire ? Ça c’est une forme d’outrance. Ce n’est pas interdit s’il n’y pas devant les pieds de la personne un livre de qour’an ou des livres de science de religion.
Donc si quelqu’un a tendu ses pieds vers la qibla et qu’il y avait devant ses pieds des livres de religion ou des livres de qour’an là c’est interdit si les livres sont au niveau de ses pieds. Mais si les livres sont au-dessus d’une armoire et que ses pieds ne sont pas en direction de l’armoire (ses pieds sont vers le bas) dans ce cas, ce n’est pas interdit sauf s’il dirige ses pieds vers les moushaf auquel cas se serait interdit. Donc tendre les pieds vers le moushaf alors qu’il est en distance proche, ça c’est interdit. Mais si c’est au-dessus d’une armoire et lui tourne les pieds vers le bas et qu’il n’y a rien en face de ses pieds, ce n’est pas interdit.
Quand les gens viennent à interdire de tendre les pieds vers la qibla, ça c’est une forme d’outrance, ce n’est pas une glorification de la qibla.
Si quelqu’un est incapable de prier debout, il est incapable de prier assis alors il prie allonger. Il a les pieds dirigés vers la qibla, il relève un peu la tête (on met un coussin ou quelque chose pour qu’il dirige bien les pieds vers la qibla). Ce jugement, si c’était quelque chose qui était déconseillé ou mauvaise, Dieu n’aurait pas ordonné de le faire mais Dieu l’a ordonné.
Parmi une forme d’outrance surprenante qui est une mécréance claire, c’est ce qui s’est produit dans une région de l’Abyssinie (de l’Éthiopie) c’est un homme qui était profondément éprit de notre maître ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (il l’aimait beaucoup), et son âme l’a amené à faire un acte par lequel selon lui il allait honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy par quelque chose que personne d’autre n’a faite (regardez comment l’ignorance peut amener la personne à la mécréance). Il s’est dit « je vais faire un acte qu’aucun autre que moi n’a fait que moi pour honorer notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy (selon lui il voulait atteindre le summum de la manifestation de son amour pour notre maitre ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy). Il a dit : « je vais faire offrande de moi-même (se sacrifier) pour ^Abdou l-qadir a-Jaylaniyy » et il s’est égorgé. Et ça c’est une mécréance de se sacrifier pour autre que Dieu. Donc ça c’est un exemple d’outrance, de dépassement des limites qui est une mécréance. Que la personne fasse attention à cela.
Il est arrivé en Éthiopie également, qu’un saint, un waliyy de Dieu, Dieu lui a accordé des prodiges surprenants. Les prodiges, Dieu les donnes au sain. Les savants ont dit : tout ce qui est un miracle pour un prophète peut également être un prodige pour un sain sauf ce qui est spécifique au statut de prophète.
Règle : tout ce qui peut être un miracle à un prophète peut être accordé à un sain excepté ce qui est spécifique au statut de prophète comme la révélation d’un livre (ça c’est un miracle pour notre prophète Mouhammad). Cependant la résurrection des morts ce n’est pas quelque chose de spécifique aux prophètes, c’est quelque chose d’extraordinaire, Dieu l’a accordé à notre maitre ^Iça, il a ressuscité des morts par la volonté de Dieu. Et donc ce sain en Abyssinie lui aussi a eu un prodige semblable parce que c’est Dieu le créateur, s’Il veut donner la vie à quelqu’un qui est mort Il le donne.
Quel est le sens de cette karamah ? C’est une preuve que ce saint suit parfaitement ce prophète. La signification du prodige c’est la véracité de ce sain quand il suit le prophète. Il y a des gens qui en sont ignorant, au lieu d’apprendre et de dire « oui c’est un sain, c’est quelqu’un qui est sur la droiture », ils ont pensé autre chose de lui. Ils ont composé un poème dans leur langue où ils qualifiaient cet homme, ils disaient de lui qu’il est comme Dieu et ça c’est une mécréance, c’est une forme d’outrance, d’excès. C’est pour cela que c’est important de ne pas dépasser la limite, de connaitre. Dieu accorde des sains au prodige mais faut pas le mettre au-dessus de Son niveau. Donc ce n’est pas lui qui leur a dit de faire ce poème ou de le qualifier d’être comme Allah, c’est après sa mort qu’ils l’ont fait donc lui n’est pas d’accord avec eux sur ça.
Alors quel le récit de la résurrection des morts qui a été accordé comme prodige à ce saint ?
Ce saint avait un élève qu’il aimait énormément qui était à son service et Dieu a fait mourir cet élève alors qu’il était en voyage, absent. Et quand ce sain est revenu, on lui a annoncé sa mort, ils lui ont dit voilà on l’a préparé pour l’enterrement. Le chaykh est venu, il a supplié Dieu et Dieu l’a ressuscité. La raison de la mort de ce serviteur de ce chaykh c’est que des mécréants avaient attaqué la région de ce chaykh et ils ont tué un certain nombre de personnes entre autres, l’élève de ce chaykh, ils l’ont égorgé. Dieu l’a ressuscité quand ce chaykh a invoqué Dieu. Dieu a exaucé son invocation, Dieu l’a ressuscité. Et ces gens ont vu cette chose, ce n’est pas courant et ils ont vu d’autres choses surprenants. Ils ont dépassé la limite pour leur amour pour ce chaykh.
Ces gens-là ne sont pas excusé selon le jugement de Dieu. L’ignorance ici n’est pas une excuse.
L’esclave reste un esclave quel que soit les prodiges qu’il peut avoir, quel que soit les choses surprenantes qu’il peut avoir, l’esclave reste un esclave, il n’est pas permis de le qualifier par des attributs de la divinité.
Il n’est pas permis de dire de lui qu’il est pareil à Dieu. Bien sûr les sains de Ahlou l-Laah qui sont parfait, qui sont accompli, ne sont pas chargé de ce péché-là, ils n’ont aucune part de charge parce qu’ils n’ont pas accepté et n’ont pas ordonné cela. Ils n’acceptent pas en leur présence et ils n’ont pas ordonné cela.
Le péché est à la charge de ceux qui font preuve d’outrance, qui sont excessif dans leur amour pour ce sain et qui sortent de la loi de Dieu. Le péché leur incombe à eux, il n’est pas à la charge de ces machayikh (de ces sains). Mais les chaykh qui disent aux gens de leur obéir les yeux fermés dans ce que Dieu a rendu licite, dans ce que Dieu a interdit, s’ils leur dit de leur obéir, ils sont chargés des péchés à eux et des péchés de ceux qui les suivent également parce que c’est eux qui étaient la cause de l’égarement des autres. Quant à celui qui n’a pas été la cause, de péchés de ceux qui ont désobéis ou de la mécréance de ceux qui ont mécrus alors il n’est pas chargé de leur péché et de leur mécréance.
Dieu dit ce qui signifie : Le péché de quelqu’un n’est pas imputé à une autre personne. Al-‘An^am / V164
Réplique aux prétendus coranistes
Allah dit dans sourate An-Nur verset 54 “ قُلۡ أَطِیعُوا۟ ٱللَّهَ وَأَطِیعُوا۟ ٱلرَّسُولَۖ “
“Dis” c’est à dire que c’est une parole qui s’adresse au Prophète Muhammad
Allah dit dans le verset 54 ce qui signifie « Dis obéissez à Dieu et obéissez au Messager »
Dans ce verset il y a la preuve que appliquer le hadith du Messager de Allah est obligatoire tout comme appliquer le Coran est obligatoire.
Allah a révélé au Messager de Allah 2 sortes de révélation : La révélation coranique et la révélation hadithite
De sorte que celui qui renie l’un des 2 devient mécréant, il contredit ce verset et celui qui contredit un verset est mécréant.
Certains de cette époque ont une corruption dans le cœur, leurs coeurs sont malades mais ils ne le dévoilent pas devant les gens. Ils disent “Nous, nous ne prenons que le Coran”, ces gens là en réalité ce sont des athées.
S’il n’avait pas été un devoir de prendre le hadith, s’il était un devoir de prendre que le Coran, alors Allah n’aurait pas mentionné l’obéissance au Messager, Allah n’aurait mentionné que son obéissance à Lui. Mais Allah a cité son obéissance à Allah et Il a cité l’obéissance au Messager. Allah nous a ordonné de lui obéir et Il nous a ordonné d’obéir à son Messager.
C’est à partir de là que nous avons compris que appliquer le hadith c’est-à-dire la parole du Messager et les actes du Messager est une obligation qui nous incombe. Tout comme appliquer ce que le Coran a mentionné est une obligation qui nous incombe également.
Le hadith qu’il est un devoir d’appliquer, c’est le hadith qui est rapporté par des gens de confiance. Il y a une règle, c’est que les compagnons du Prophète ne mentent pas au sujet du Messager de Allah. Aucun individu d’entre eux ne ment au sujet du Messager de Allah. Le compagnon ne ment pas. Lorsqu’il rapporte un hadith du Messager de Allah, il est digne de confiance dans ce qu’il rapporte du Messager. Le compagnon n’est pas accusé de mensonge.
Cela est une règle, même ceux qui ont commis des péchés lorsqu’ils rapportent des paroles du Prophète ils ne mentent pas, même Mu’awiya qui était la cause de la mort de beaucoup mais quand il rapporte un hadith on prend en compte.
Mais ceux qui sont venus après les compagnons pour qu’il nous soit obligatoire d’appliquer le hadith il faut que le rapporteur soit digne de confiance. Ceux qui sont venus après les compagnons : les successeurs ou en arabe les tabi‘i i.
De même pour ceux qui sont venus après les successeurs il est une condition que le rapporteur soit digne de confiance, en arabe on dit thiq’
C’est un qualificatif mais aussi un nom, et quelqu’un thiq’, c’est quelqu’un digne de confiance. Il peut être utilisé en tant que mot pour signifier la confiance, ou en tant que qualificatif pour signifier digne de confiance.
La signification de celui qui est digne de confiance :
C’est celui qui est préservé des grands péchés, il est préservé de la persistance sur les petits péchés de sorte que ses petits péchés ne dépassent pas ses actes d’obéissance → Car si quelqu’un a ses petits péchés qui dépassent ses actes d’obéissance, il n’est pas considéré comme digne de confiance.
Ceux qui sont dignes de confiance ce sont ceux qui sont préservés des grands péchés, leurs mauvaises actions ne sont pas plus nombreuses que leurs bonnes actions.
Qui adopte le comportement de ses semblables, une conduite digne de ses semblables, il se comporte comme ses pairs. Autrement dit, il n’a pas une pratique que les gens considèrent comme indécente. Il y a des pratiques qui sont viles ou indécentes.
L’exemple que les faqih prennent ce sont ceux qui font voler les pigeons, ce sont les gens qui font des élevages de pigeons. Et certains d’entre eux pour augmenter son pigeonnier, il les fait voler et ramène les pigeons de quelqu’un d’autres en les faisant rentrer chez lui. Les gens ne sont pas tranquille avec lui car cela est suspect. Est-ce que s’il y en a un en plus il le rend ou pas ? Les gens ne sont pas en confiance avec lui. C’est un comportement qui est en contradiction avec le caractère de confiance car cela est suspect.
Il y a aussi le danseur, même s’il accomplit les obligations et évite les interdits. Le danseur ses semblables ne sont pas acceptés quand ils rapportent un hadith du Messager de Allah
L’imam Malik avant d’enseigner envoyait certains demander à ses étudiant s’ils venaient pour apprendre le hadith ou la jurisprudence et si c’était pour le hadith il faisait son wudhu, se parfumait, mettait ses meilleurs vêtements et s’asseyait avec respect car il allait transmettre la parole du Prophète.
C’est une lourde charge et celui qui ment à propos du Prophète qu’il se prépare à occuper sa place en Enfer, c’est au moins un grand péché et cela peut être de la mécréance.
Celui qui est préservé des grands péchés et de la persistance sur les petits péchés c’est à dire qu’il est préservé du fait que ses mauvaises actions dépassent en nombre ses bonnes actions, et qui a le comportement de ses semblables. Ce n’est pas quelqu’un qui a une pratique suspecte chez les gens et qui pourrait rejeter d’accepter sa parole.
Alors une telle personne est a’dal, juste ou thiq’, de confiance.
Un hadith rapporté par des gens de ce degré, il est un devoir de l’appliquer. Tout comme il est un devoir d’appliquer le Coran.
Ces athées qui se cachent sous la prétention qu’ils ne reconnaissent pas le hadith authentique, sahih, d’un autre qui ne l’est pas. Ils disent « Nous avons une confusion à propos du hadith, nous sommes confus pour le hadith. Qu’est-ce qui nous fait reconnaître ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas ?» A ces gens-là on dit, le hadith du Prophète à ses spécialistes : des gens qui sont capables de distinguer ce qui est authentique de ce qui ne l’est pas.
Ce que les spécialistes du hadith ont considéré authentique c’est la parole du Messager visée par la parole de Allah du verset 54 de sourate An-Nur qui signifie « Et obéissez au Messager »
Ce hadith rapporté par des gens de confiance, même s’il s’agit d’une seule personne de confiance qui le rapporte d’une personne de confiance ainsi de suite jusqu’au prophète.Il est un devoir d’appliquer ce hadith, tout comme il est un devoir d’appliquer ce qui est venu dans le Coran.
Par ailleurs tout ce qui nous est confirmé du Messager de Allah comme obligation (farai’d) et comme recommandation (nawaafil) s’appelle la sunnah du Messager de Allah. Sunnah cela veut dire sa voie, son chemin, sa tariqah.
La définition du terme sunnah à l’origine ce n’est pas le pendant de l’obligation. L’obligation, celui qui la fait est récompensé et s’il ne la fait pas il mérite d’être châtié. Tandis que le pendant de l’obligation c’est la sunnah, celui qui la fait il est récompensé et celui qui ne la fait pas il n’est pas chatié.
Le mot sunnah à l’origine c’est la voie du Prophète, ce qu’il a instauré, ce qu’il a indiqué.
Les faqih : ceux qui sont spécialistes des lois.
Ce sont les faqih qui ont pris ce terme pour désigner ce qui est recommandé et donc par opposition à obligation. Cela veut dire qu’il y a des récompenses à ce qui est sunnah mais celui qui ne le fait pas ne mérite pas de châtiment, pour désigner ce qui est recommandé.
Mais dans le fondement de la religion tout ce que le Messager de Allah a amené s’appelle sunnah. C’est-à-dire, c’est la tradition du Messager de Allah.
Et par la suite si on veut distinguer ce qui est obligatoire de ce qui ne l’est pas.
On dit telle chose est une sunnah qui est un devoir, telle chose est une sunnah qui n’est pas un devoir; telle chose est une sunnah qui est obligatoire et telle chose est une sunnah qui n’est pas obligatoire C’est de cette manière que l’on fait la différence.
→ Et c’est ce que le Messager de Allah a visé dans le célèbre hadith authentique dans lequel il a cité les 6 catégories de personnes que Allah a maudites.
Dans le sens : “6 catégories de personnes, Allah les maudits et tout prophète exaucé les maudit”.
Et parmi les 6 il a cité “Celui qui délaisse ma sunnah” c’est-à-dire sa croyance, celle qu’il a amené qui est le fondement de la croyance et les ramifications de la croyance. La croyance a des fondements et des ramifications.
Dans la croyance il y a ce qui est le fondement des fondements, et il y a ce qui est un fondement. La base de la croyance c’est de croire en Allah et en son Messager, la connaissance seule ne suffit pas. C’est cela qui fait mériter la sauvegarde dans l’Au delà. Il se peut que quelqu’un connaisse quelque chose mais la rejette par le cœur.
Comme le verset 20 de sourate An Naa’m Allah dit “ یَعۡرِفُونَهُۥ كَمَا یَعۡرِفُونَ أَبۡنَاۤءَهُمُۘ “ ce qui signifie « Ils le connaissent tout comme ils connaissent leurs propres enfants » Lui, c’est le Prophète Muhammad —> les yahoud savaient que le prophète Muhammad était le Prophète de Dieu car cela est inscrit dans la Tawrat d’origine et même dans les livres des autres prophètes, et leurs savants lorsqu’ils étaient sur l’Islam, leurs livres mentionnaient le Prophète avec sa description. La connaissance à elle seule ne suffit pas s’il n’existe pas de soumission dans le coeur. Ils ont su mais ils ont rejeté à cause de leur orgueil, ils ont démenti par la langue alors que leurs cœurs savaient qu’il était prophète. C’est une connaissance sans la foi, sans la croyance, sans la soumission du coeur. Celui qui est intelligent c’est celui qui fait soumettre son cœur à ce qu’il a su. Et celui qui est faible est celui qui s’entête à suivre ses passions.
Si cette connaissance s’accompagne de la soumission du cœur, c’est ça la foi. Si ton âme a accepté ce que tu as su par ton cœur, voilà la foi. Mais de simples connaissances sans la soumission ce n’est pas une foi qui est acceptée selon le jugement de Dieu. La foi qui est acceptée selon le jugement de Dieu, c’est celle qui implique pour la personne la sauvegarde du séjour éternel en enfer, et du séjour éternel au Paradis.
Qu’est-ce qui est visé par la sunnah dans ce hadith ? c’est la parole du Prophète dans les 6 que Allah a maudit et que tout prophète exaucé a maudit, c’est celui qui délaisse la croyance de ahlu sunnah, c’est la croyance des compagnons, la croyance de leurs successeurs, puis celle des successeurs de leurs successeurs.
La communauté du Prophète ne va pas quitter cette croyance, ce qui se sont singularisés de la croyance des compagnons et de leurs successeurs, ceux là Allah les maudit et tout prophète les maudit.
Quant à celui qui contredit à propos des actes, par exemple il a commis un interdit ou il a délaissé une obligation pratique, ce n’est pas une obligation en terme de croyance. Donc celui qui désobéit de la sorte mérite un châtiment mais pas comme ceux qui se sont singularisés dans la croyance.
Dans cette croyance il y a entre autre connaître les 13 attributs de Allah.
Un récit rapporté par An-Nasafi dans son tafsir, Muhammad fils de Yasin a dit :
Un chaykh m’a abordé alors que je faisais le tawaf et m’a dit
« – D’où viens-tu ? »
Alors ce savant a répondu « – Je viens de Khorasan ». (zone de l’actuel Ouzbékistan).
Il lui a dit “- Combien il y a entre chez toi et la Kaaba ?”.
“- Une distance entre 1 et 2 mois de marche”.
Il lui a dit “Ah vous êtes voisins de la Kaaba !”.
Je lui a dit “Et toi tu viens d’où ?”
Il a dit “Moi j’ai fait 5 ans de marche, je suis sortie jeune et maintenant je suis devenu vieux”
Je lui a dit “WAllah ça c’est un bel acte d’obéissance, et l’amour véritable. Quand tu passes 5 ans de ta vie pour visiter celui que tu aime c’est que tu l’aimes véritablement”.
Il a sourit et a dit en poésie :
« Visites celui que tu aimes même si tu te trouves éloigné de lui et que entre toi et lui il y a des barrières et des obstacles Que une longue distance ne t’empêche pas de le visiter parce que celui qui aime rend visite à celui qu’il aime”